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thepResenceofthisBook 



thej.m. kellyliBRARy 

hàs Been màôe possiBle 

thRouqh the qeneRosiiy 

a 

Stephen B. Roman 

Fron, the Library of Daniel Binchy 



REVUE CELTIQUE 



TOME XXIV 





CHARTRES. — IMPRIMERIE DURAXD, RUE FULBERT. 



.^^ FONDÉE r J 

b. ^^ PAR V"^ 



M. ^ PAR V^ ^ 

\>y . H. GAIDOZ \^y^ 

/V^ 1870-.88S >\ 

^^^ PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE \ 

H. d'arbois de jubainville 

Membre de l'Institut, Professeur au Collège de France 

AVEC LE CONCOURS DE 

E. ERNAULT J. LOTH G. DOTTIN 

Professeur à l'Université Doyen de la Faculté des Professeur à l'Université 
de Poitiers Lettres de Rennes de Rennes 

ET DE PLUSIEURS SAVANTS DES ILES BRITANNIQUES ET DU CONTINENT 



Tome XXIV 




PARIS (2O 

LIBRAIRIE Emile BOUILLON, ÉDITEUR 

67, RUE DE RICHELIEU, AU PREMIER 
1905 



Digitized by the Internet Archive 

in 2011 with funding from 

University of Toronto 



http://www.archive.org/details/revueceltiqu24pari 



TABLE DES MATIERES 

CONTENUES 

DANS LE TOME XXIV 



Pages 



ARTICLES DE FOND. 



^ 



J. Loth, Études comiques, V, Les dix commandements de Dieu. . i 

Walter I. Purton, A note on Lchor na hVUn, p. 90, col. 2, I. 45. . 11 
J. Loth, La principale source des poèmes des xii^-xive siècles dans la 

Myvyrian Archaeology of Wales 15 

Whitley Stokes, The Battle of Allen 41 

Seymour de Ricci, Notes d'onomastique pyrénéenne 71 

J. Loth, Mélanges brittoniques 84 

Victor Tourneur, Note sur le sens juridique de //'r 121 

Alan 0. Anderson, Tâin bé Frdich 127 

Henry Jenner, Notes aux textes inédits en comique moderne publiés 

aux pages 175-200 du tome XXIIl 1^5 

H. d'A. de J., Conquête par les Gaulois de la région située entre le 

Rhin et l'Atlantique au Nord des Pyrénées 162 

A. Meillet, Étymologies irlandaises 170 

Whitley Stokes, The Death of Crimthan, Son of Fidach, and the 

Adventures of the Sons of Eochaid Muigmedon 172 

H. d'\. de J., Les éditions des monuments de la littérature épique 

irlandaise 237 

Alan 0. Anderson, Ptnnaui Adaim, « The Penance of Adam ». . . 243 

H. d'A. de J., La cause probable de la première Laulvcrschiebung. . 254 

Victor Tourneur, Ar Fumes ûc ar Jagrin, moralité bretonne. . . . 2^5 

Whitley Stokes, The Wooing of Luaine and Death of Athirne. . 270 

J. Loth, Carhais, Maraes, Ossismi, Uxis.una. Caer, car, ker. . . . 2S8 
Henry Jenner, Some rough Notes on the présent Pronunciation of 

Cornish Names 300 

C. Nigra, Une ancienne glose irlandaise 306 



VI Table des matières. 

J. Lolh, Les douze jours supplémentaires, gourdcziou, des Bretons, des 

Germains et des Hindous 310 

Seymour de Ricci, Un passage remarquable du calendrier de Coligny. 3 1 5 

H. d'A. de J., Le canddum gaulois 317 

J. Loth, La légende àç.MiUS Gn'yddneii dans \e Livre noir de Carnmrlhcn. 349 

G. Dottin, Le Tcanga bilhnua du manuscrit de Rennes 365 

Whitley Stokes, On Dr. Atkinson's Glossary to vols I-V of the Ancicnt 

Lairs of Ircland 404 

J. Loth, Notes étymologiques bretonnes, suite 408 

Victor Tourneur, Pangur bân 412 

F. P. Garofalo, Questioni di diritto celtico 414 

E. Krnault, Notes sur /Ir fur«£î i7c ^r Viigr/Vi 450 

PI. Ernault, Table des principaux mots étudiés dans le tome XXIV de 

la Revue Celtique 436 



BIBLIOGRAPHIE. 

Introduction au Livre noir de Carmarthen. La métrique galloise par 

J. Loth, compte rendu par G. Dottin 86 

NÉCROLOGIE. 

Alexandre Bertrand 119 

Gaston Paris 208 

Daniel Silvan Evans 219 

Louis Duvau 331 



CHRONIQUE. 



A. de J. (H. d'), Éléments de la 

Grammaire celtique, 219. 
Ar Moal (E), Dir na dor, Pipi Gonto. 

Marvailhou bre/.onek, 103. 
Ascoli, Glossarium palaeo-hiberni- 

cum, suite, 213. 
Baring Gould, mémoire sur saint 

Carannog, 104 — Vie de saint 

Germain l'Armoricain, 327. 
Best (Richard Irvine), The irish 

Mythological Cycle, and celtic 

Mvthology, 217, 



Foyé (Pierre), Les Hautes Chaumes 

des Vosges, 329. 
Brown (Arthur C. L.), iwain.a Stu.ly 

on the Origin of Arthurian Ro- 
mance, 323. 
Cais de Pierlas (E.), Chartrier de 

Saint-Fons hors les murs de Nice, 

211. 
Cameron Gillies, Grammaire gaélique, 

1 oiS . 
Chapiseau (Félix), Le Folklore de la 

Beauce et du Perche, 217. 



Table des matières. 



VII 



Comyn (David), Nouvelle édition de 
l'histoire d'Irlande de Kcating, t. I, 
98. 

Cymmrodor, t. XV, lo^. 

Dottin (G.), L'évolution de la décli- 
naison irlandaise, 100. — 11 est 
nommé professeur, 546. 

Dubuc, De Suessionum civitate, 212. 

Duine (F.), Notes sur les saints de 
Dol, 102. 

Ernault (E.), Rapport sur un con- 
cours de poésie bretonne, 100. — 
Collaboration aux Bleuniou Breiz- 
izet, 10 1. — Gwerziou, soniou ha 
marvaillou brezonek ha gallek gant 
toniou, 519. 

Evans (Gwenogfryn), Report on Ma- 
nuscriptsin theweish Language, 94. 

Fur (Yannik), collaborateur aux Bleu- 
niou Breiz-isel, 10 i . 

Halter (Edouard), Noël d'Alsace, 99. 

Héron de Villefosse, Note sur des 
fragments de vase recueillis au 
Puy-de-Dôme, 209. 

Holder (Alfred), Altceltischer Spra- 
chschatz, 328. 

Jaffrennou (François), Les poèmes de 
Taldir, 321. 

Juhellé (A.), La prêtresse de Koryd- 
wen, 218. 

Jullian (C.), Mémoire sur le mode de 
formation des cités gauloises, 216. 

Kittredge (Georges Lyman), Arthur 
and Gorlagon, 324. 

Krusch (Bruno), Passiones vitaeque 
sanctorum aevi Merovingici, 215. 

Kuypers(A.-B.), The Book of Cerne, 
104. 

Leahy (A. H.), Traduction anglaise 
de la Demande en mariage de Ferb, 
fille de Gerg, 99. 

Le Braz, La légende de la mort en 



Basse-Bretagne, nouvelle édition, 
216. 

Longnon (A.), Documents relatifs au 
comté de Champagne et de Bric, 
t. 1. — Fouillés de la province de 
Rouen, 2 10. 

Loth (J.), préface aux Bleuniou Breiz- 
izel, 100. 

Macalister, Studies in irish Epigra- 
phy, 102. 

Meillet, Introduction à l'étude com- 
parative des langues indo-euro- 
péennes, 327. 

Meyer (A.), The celtic Church in 
Britain and Ireland, 526. 

Meyer (Kuno), mémoiredans les Otia 
Merseiana, t. III, 215. — Four old 
irish Songs of Summer and Winter, 
319. — A school of irish Learning, 

347- 

Meynier (J.), Les noms de lieu ro- 
mans en France et à l'étranger, 
101 . 

Nissen (Heinrich), Italische Landes- 
kunde, t. II, 2 i 7. 

Paton (Lucy Allen), Morgain la fée, 
A Study in the Fairy Mythology 
of Middle Ages, 325. 

Robinson (F. N.), A Variant of the 
gaelic Ballad of the Mantle, 324- 
325. 

Saige (Gustave), Chartrier de Saint- 
Pons hors les murs de Nice, 211. 

Sir Cleges, 107. 

Sir Libeaux Desconus, 107. 

Spurrel (W.), An english-weish pro- 
nouncing Dictionary, A Dictionary 
of the welsh Language, 209. 

Stokcs (Whitley), Irish Étymologies, 
217. — A Criticism to Dr. Atkin- 
son's Glossary to Vols I-V of the 
Ancient Laws of Ireland, 328. 



VIII 



Tcible des matières. 



Strachan, A school of irish Lear- 

ning, ;47- 
Taldir (Les poèmes de), 321. 
Thomson (C. L.), The celtic Wonder 

World, 99. 
Vendryes (J.), Réflexions sur les lois 

phonétiques, 100. — De hibernicis 

PÉRIODIQUES 



vocabuiis quae a latina lingua ori- 
ginem duxcrunt, :o^. — Réclama- 
tion du même savant, 355. 
Zimmer (H.), Keltische Kirche, 326. 
— Sa maladie, l'incendie de sa bi- 
bliothèque, 355. 



Analecta boUandiana, 540. 

An Gaodhal, voyez The Gael. 

Annales de Bretagne, 223, 336. 

Annales de la Faculté des lettres de 
Bordeaux. Revue des études an- 
ciennes, 115, 230, 336. 

Annales du Midi, 338. 

Archaeologia cambrensis, 112, 227. 

Archiv fiir celtische Lexicographie, 
III, 219. 

Beitraege zur alten Geschichte, 114. 

Boletin de la real Academia de la 
Historia, 2;2. 

Bollettino délia Societâ geografica 
italiana, 1 14 

Bollettino di philologia classica, 338. 

Bollettino storico délia Swizzera ita- 
liana, I 14. 

Bonner Jahrbùcher, 111. 

Bulletin archéologique du comité des 
travaux historiques et scientifiques, 

54'- 
Bulletin biographique et pédagogique 

du Musée belge, 1 18. 

Bulletin internat;onal de Numisma- 
tique, 220. 

Celtia, I 18, 233, 344. 

Folklore, 1 1 5, 227, 344. 

Indogermanische Forschungen, 224. 

Journal of the Royal Institution of 
Cornwall, 1 14. 

L'anthropologie, 232, 345. 

Mémoires de la Société de linguistique 
de Paris, 227. 



Mémoires de la Société des Antiquai- 
res du centre, 22 1 . 

Mittheilungen des Instituts fùrOester- 
reiche Geschichtsforschung, 221. 

Revista Lusitana, 234. 

Revue archéologique, 1 1 2, 23 1 , 341. 

Revue des traditions populaires, 113, 
226, 344. 

Revue de synthèse historique, 234. 

Revue épigraphique, 1 1 1, 231, 340. 

Rivista archeologica délia provincia 
et antica diocesi di Como, 1 18. 

Romania, 229. 

Schuermans, président honoraire à la 
Cour d'appel de Liège, mémoire sur 
les Nutons, 1 1 7. 

The Classical Revievv, 338. 

The Gael, 116, 233, 342. 

The Journal of the Royal society of 
Antiquaries of Ireland, 113. 

The Scottish Antiquary, 221. 

The Transactions of the honorable 
Society of Cymmrodorion, 342. 

Westdeutsche Zeitschrift fur Ges- 
chichte und Kunst, 223. 

Zeitschrift fur celtische philologie, 
109. 

Zeitschrift fur romanische Philologie, 

I ' $ • 
Zeitschrift fur vergleichende Sprach- 
forschung, auf dem Gebiete der 
indogermanischen Sprachen, 225. 



ÉTUDES CORNIQJJES^ 



V 

LES DIX COMMANDEMENTS DE DIEU 

Plusieurs versions ont été publiées de ces commandements: 
l'une par Williams, en appendice à son Lexicon Cornu-Britaii- 
nicum et reproduite par lago (an English-cornish crJossar\, 
p. 198); l'autre par Pryce {Archaeoloi^ia). Pryce donne même 
deux versions en face l'une de l'autre : l'une serait, d'après le 
titre général, en ancien comique et l'autre en comique mo- 
derne, ce qui suffirait à prouver son ignorance, si besoin en 
était: les deux versions sont en comique moderne. Celle de 
Williams est en comique moyen. 

Les versions ci-dessous me paraissent inédites; elles sont 
tirées des papiers de Gwavas. L'auteur de la première version 
est, d'après le ms., Boson de Newlyn; celui de la 2% Williams 
Kerew. C'est du comique du xviii^ siècle, tout ce qu'il y a de 
plus moderne et déplus corrompu. 

Il est intéressant en ce sens que les auteurs ont fait effort 
pour reproduire la prononciation de leur temps. En général, 
dès la fin du xv!!*" siècle et, à plus forte raison, au xviii^, les 
Cornouaillais lettrés savent mal leur langue-. Ils ne possèdent 
que le vocabulaire courant assez pauvre; leur grammaire est 

1. Voir Rn'ue Celtique, XVIII, p. 401, et XXIII, pp. 173 et 257. 

2. Une lettre inédite de Gwavas à Boson est à ce point de vue fort ins- 
tructive (mss. p. 5): iiag ve icbath Imnter âean keriitiak Ja iha screfa do wliy 
leb ei dean broa^e ha pylta gwell skieiileJ; eu tai'ai ma, me:{ heninia eiv rag des- 
kians ve. « Je ne suis pas encore demi-homiue bon comique pour vous écrire 
à vous qui êtes un grand homme et bien supérieur dans cette langue, mais 
ceci est pour mon instruction. » (Lettre de 171 1). 

Revue Celtique, XXIV. i 



1 J. Lot h. 

également fort imparfaite. On le comprendra focilement si on 
songe que VArchaeologia de Llwyd est le premier livre où appa- 
raisse du comique imprimé ! Un exemple des plus probants de 
cet état de choses est la traduction anglaise de Givrcans an 
h\s par John Keigwin, donnée par Gilbert dans son édition de 
ce drame. Keigwin passait de son temps pour un maître en 
comique. Or il accumule les contresens dans la traduction 
de ce texte qui a été écrit en comique en i6i i par M. Jordan 
(ce dernier peut n'être que le scribe, mais le texte primitif 
ne saurait être beaucoup plus ancien). 



BOSON 



KEREW 



a[n] DÊG GWRA ' DEIU 

Les dix conimaiitleiiieiits de Dieu 



AN DEG LAVAR£)\V DA DEEW 

Les dix propos de ton Dieu 



Deiu cowsas gerrio 2 ma 
Dieu dit (ces) paroles-ci 

lia lavaras : tho'm 5 
et dit : Je suis 

guz4 arletli Diew rcg 
votre seigneur Dieu (qui) 

dro i whei meaz urt 

vous a chassés de 



an arleth da Deew 
h seig)ieur ton Dieu 

rcg da dry meaze 2 
(qui) t'ai chasse 



tho ve 
]e suis moi 



1 . Mot commencé pour i^ivramen 
(Pryce : guraininadaiv). 

2. représente, d'après Llwvd, la 
prononciation, du pluriel écrit géné- 
ralement -aiL' 

5. Pour V(f o(f) me; conjugaison 
nouvelle avec vi agglutiné. 

.\. Pour agu:(. 

5. reg dro U'hei; quia fait chasser 
vous ^r qui vous a chassé; reg = 
reeg, moyen corn, ruk, wruh en con- 
struction pour guruk : a ivruk, qui 
fit. Le verbe faire est d'un usage 
continuel comme auxiliaire. Dro, 
à l'intînitif habituellement dr\ : dro: 



1. Si en fait de da la préposition, 
la construction n'est ni comique, ni 
brittonique. 

2. Dr\ meaie ne fait qu'un et si- 
gnifie envover hors ; ve^^ a est pour 
a ve'^ a (cf. breton eve^i^ a). 



Les Dix Commandements de Dieu. 



tir Egypt ha meaz 
la terre d'Egypte et hors 

urt chei an kaithes ' 
de la maison de capiifitè 

1 na reau2 gauas Dieu 
ii'ayé:^^ pas de Dieu 

veth arall buz 5 ve 
jamais autre que moi 

2 na reau gwra tha 
ne faites pas 

guz vonyn 4 weal 
pour vous-même ouvrage 

trehis vitli na 
taillé jamais ni 

haval tra veth en 
semblable à chose (qui) est au 

neve aworra S na 
ciel au-dessus, ni 

en hor a wollas, na 
dans la terre au-dessous, na 



vez a pow Egypt ha 
hors du pays d'Egybte et 

vez a choy o chee gossel ' [teur 
hors de la maison où tu étais servi- 

1 na ra chee gowas 

'N'aies 

na hene2 Deew pozî vce 
antre Dieu que moi 

2 na ra chee geel 
ne fais pas 

theeza dah 4 honen image 
pour toi toi-même une image 

a wethan na mean 
(/(' bois ni de pierre 

ew haval da traveth S 

qui soit semblable à aucune chose 

ol eze en neav a warrali 
absolument qui soit au ciel eu haut 

na en oare a ollaz, na 
ni dans la terre eu bas, ni 



dro mea~, envover dehors ; urt, ort 
est sortie des formes agglutinées 
avec la y personne : orte, orty, 
orto (cf. br. outi, outo). Le comique 
moyen uvrth est arrivé a ivor (par 
■luorh). 

1. Contresens de l'auteur; caithes 
signifie femme esclave et a été em- 
prunté au voc. corn.: caites, ancilla. 
Captivité a été traduit par Borlase 
par caethiived, qui est gallois et non 
comique. 

2. La spirante guttur. finale de 
la 2<-" pers. du plur. ne se fait plus 
sentir : na reau écrit na re'au' = na 
■ureugh. 

3- Pour le moven comique mes, 
mas. 

4. Pour iconyn, ivonnen, avec 
développement d'une spirante (cf. 
vannetais ivenec, onze). 

j. Pour a luartha. 



1 . est rimp. ; gossel se retrouve 
au loe commandement avec le sens 
de serviteur, serf. On ne le trouve 
pas ailleurs, à ma connaissance : 
pour g^uas weel, homme de travail, de 
peine ? 

2. Corn, moyen, nahen = na 
heu, autrement. 

5. Pour hoi (/'ô-J = mes, mas. 

4. /; n'a pas de valeur par elle- 
même. 

5. travethol ou travylh usité aussi 
en moyen comique se décompose et 
tra, chose, et /n7/;, àjamais, toujours; 
travyth et trevyth ne forment plus 
qu'un en moyen comique, vytbol est 
également employé comme un tout. 



J. Loth. 



ne bor dadn an 
dans l'eau sous la 



aor ' ; na. 
teire; tie 



pledgie dothans, 
plie^ pas à eux, 

; rag ve guz arktli 
car moi votre seigneur 

Dieu o'vn- Dieu 
Dieu je suis Dieu 

guir 5 a vonyn tha 
irai moi-même pour 

tralia peeha4 an 
tourner le péché des 

Tazow [thjan fleaz s tha 
pères sur les enfants à 

an tridga ha padjarra 
la troisième et quatrième 

hinneth6 noingi? na el 
génération de ceux, qui ne peui\ 



en dowre ez en dadn an 
daiis l'eau qui est sous la 

oare; na ra chee 
terre, ne 

pledgie tlienze; 
plies pas ci eux 

; rag vee da Deew bonegath ' 
car moi ton Dieu béni 

vedn boaze engres 

je serai irrité 

gêna chee ba compoza^ 
contre toi et égaliserai 

cabmwithe 5 an zeera war 
les fautes des pères sur 

an flehaz de an 
les enfants ci la 

dridga ba hoswerba 
troisième et quatrième 

benetb, a rima 4 
'«/ cénération, et ceux 



1. Lisez oar, prononcez or. 

2. Cf. plus haut tho'ni. 

3. Il manque quelque chose: a 
:ior, de vengeance, ou peut-être a 
venjon^, que le voisinage de a von\u 
aura fait tomber; a von\n qui vou- 
drais? pour a venyn. 

4. Pour peho = peghoiv ; on trouve 
pech en moyen comique; pechad est 
un barbarisme de Williams qui l'a 
tiré de pechadoice, mal compris (v. 
Etudes comiques, I) pehas est régulier 
et égale * pechad pour peched (breton 
peched, gallois peched). 

5. Pluriel de fogh, floh, flo, pour 
fiehes. 

6. Cf. gallois hanu, descendre de. 

7. Pour aiiongi de: an-; cf. an- 
nethe, anothaiis, et angi, eux (v. cha- 
pitre de la Bible, plus haut). 



1. Pour henigas. 

2. Gallois crmhu'vso, breton co>u- 
pe:^a ; a le sens propre ici de com- 
penser, établir un niveau. 

5 . de cani et givvth, action : ac- 
tion tortueuse (cf. gallois cam-u'ei- 
thred); il est possible aussi que cam- 
■xv\th représente le gallois camivedd. 

4. Cf. les chapitres de la Bible 
plus haut. 



Les Dix Commandements de Dieu. 



pertha ' vc, ha 
m'hoiiorcr, et 

deskweetha trueth da 
montrer (ma) pitié pour 

milliow noingi es a 

des milliers d'entre eux qui 

kara vo ha gwitha 
n'aiment moi et gardent 

gerrio- ve 
(mes) dires à )noi 

3 na reau kamer hanow 
ne prenez pas le nom 

guz arleth heb orthani î 

de votre seigneur sans nécessité, 

rag na veedn an 
car le 

arleth sendg4 e heb 
seigneur ne le trouvera pas lui sans 

pe s ra kamer e 
péché (qui) prendra son 



na geeze ort a hara ' , 
qui ne m'aiment pas 

haskoyah^ bodnath war 

et je montrerai ma bénédiction sur 

villiaw a eze ort 
des milliers qui ;//' 

a kare > ha gwitha 
m'aiment et gardent 

o lavarow 
mes dires 

5 na ra komeras 
)ie prends pas 

hannaw Deew en veine, 
le nom de Dieu en vain, 

rag na vedn 4 an arleth 
car le seigneur 

gen S cawas en peraves 6 
ne le trouvera pas parfait 

rag 7 komeras 
(celui qui) prendra 



1. Prononcez perha; cf. gallois 
parchu. Ici encore il y a confusion 
par suite de l'évolution du groupe 
-rth et -rch (-rgh) en -rh, -rr. 

2. Le comique moderne était ar- 
rivé à supprimer le pronon préfixe à 
l'avantage du pronon renforçant 
suivant le mot : pour a gerio ve (a = 
oiv) . 

3- Lisez otham, corn, moyen 
ethom, olhoin (breton e-oni, vanuetais 
ehom~). 

4. Corn, moyen sens\. 

5 . Pour peh = pech. 



1 . na ge:(e ort a hara, qui ne sont 
pas m'aimant (ort a hara = breton 
OUI '^'^ c'harout, contre m'aimer); na 
gee\e (Ws&z nag e:{^=i nagus, en mov. 
comique. 

2. On pourrait lire shoyah, qui 
représenterait l'anglais sheiv ou shoiv, 
montrer. Il ne faut pas oublier que 
Kerew semble écrire sous la dictée 
d'un autre, peut-être un illettré usant 
du parler journalier, très pénétré 
d'anglais. Peut-être skoliah, verser, 
dépendant de a vedn. 

3. ort a kara, lisez ort a hara. 

4. menny sert d'auxiliaire, comme 
l'anglais iiill, pour le futur. 

5 . Par analogie avec gan, gen, gos 
= agen, agos. 

6. Je suppose que c'est une gra- 
phie inexacte pour *perves = corn- 
moyen /Êr/^v//;. 

7. ra; Kerew a entendu ra^o;«f; (M. 



J. Lotli. 



liaiiav en ganow 
nom en bouche 

heb ortham. 
sans nécessité. 

4 Kova tha gwitha 
Souvene^-voiis de garder 

benigas Diziel ; weeah 
le béni dimanche; six 

jorna ra whci gwra 
jours vous travaillerez 

weal, ha gwra mcnz 
et Jere^ tout 

es ilie'es ' tha 
ce qui est à vous à 

guil, buz an sithaz 
faire, mats le septième 

deth en zil benegas 
jour est le dimanche béni 

guz arleth Dieu, ena 

de votre seigneur Dieu, alors 

na ra- wliei gwra 
vous ne Jere^ 

ehel 3 weal, whei na 

aucune espèce de travail, vous ni 

na guz mab na 
ni votre fis ni votre 



e hannow en veine 
son nom en vain 



4 Pedeere ' da gwetha 
songe à garder 

an zeelva benegath^, 
le dimanche béni 

whee jorna chea ra 
six jours lu 

geele wlieal ha geele 
travailleras et jcras 

peth ez theez ilia weele. 
ce qui est à toi à faire. 

Hag an ziihvaz deeth 
Car le septième jour 

ew an zeele an 
est le dimanche du 

arleth Deew, ena 
seigneur Dieu, alors 

che na ra gecU zorth ? 
lu ne feras aucune sorte 

veth a wheel, chee, 
de travail, toi ni 

na da vab na verth4, 
ni ton fils ni ta flic, 



1 . Confusion avec le pronom de 
la 2« pers. du sg. ; ou emploi fautif 
du pronom possessif es avec tha, 
peut-être faut-il supprimer tha et lire 
thés guil (thages) guil, votre travail. 

2. Construction impersonnelle 
qui a été précédé par : ic7;v na ivreivgh 
why. 

5. Lisez «AeH?, sorte, espèce: M. 
C. 2\S ha spvcis leas ehen, et des 
épices de plusieurs sortes. 



1. Pour prcder-, ce n'est pas une 
faute vraisemblablement, mais une 
représentation de la prononciation. 

2. Cf. plus haut, 2. 

3. Pour :^ort :^ sort. 

4. Mauvaise graphie pour ver ou 
lerh (v. plus haut pertha). 



Les Dix Commandements de Dieu. 



mer i na guz dean 
fille ni votre homme 

woal na moas weal 

de travail ni votre femme de travail 

na guz chattel, na [de an 

ui votre bétail, ni homme 

uncheth - bar ; 
étranger dans l'enceinte 

giiz Jaricu4. 
de tes portes. 

Rag en wheah jorna 
Car en six jours 

an arleth gwraz 
le seigneur fit 

a 5 neve, an aor'', an 
le ciel, la terre, la 

more ha mens 
nier et tout 

es ena, ha 

ce qui est dedans, et 

pouesaz an sithes déth, 
se reposa le septième jour, 

rag lieddaT on arletli 
à cause de cela le seigneur 



na da dcan na 
ni Ion homme ni 

da voze, na 

ta servante, ni ton 

gattal, na da dean 
bétail, ni ton homme 

onketh na dra 
étranger ni chose 

ez a go\'c ' da 

(////' soit à l'intérieur de tes 

VOZOU2. Rag en 
murs. Car en 

whee jorna an arleth 
six jours le seigneur 

wraze neve ha'n 
fit le ciel et la 

oure ha en môre 
terre et la mer 

ha nienz a ez ena 

el tout ce qui est dedans 

ha boaze an zithvaz 
et se reposa le septième 

deeth, 
jour 



1 . Pour mergh. 

2. Lecture douteuse; cf. voc. 
corn, den unchut, advena; anglais 
uncouth. 

3. Pour barth = abarth. 

4. Mauvaise lecture pour daraso ; 
peut-être a-t-il existé une forme 
dar ou dor\ ce serait un néologisme. 

5. Pour an neve. 

6. Lisez oar. 

7. Trait du comique très moderne, 
a passé par hedna ; -dn = )in, bm 
= mm, se trouve déjà dans Gwreans 
an bys. 



1. Moyen corn, agy, à l'intérieur, 
dans la maison ; chy est devenu chey et 
choy. 

2. vo:^ pour le comique moyen 
fos. Du sens de fossé, le mot est 
arrivé à celui de murs; comme le 
breton c/«q; d'où en Basse-Bretagne, 
l'emploi de fossé, en français, dans 
le même sens. 



J. Loih. 



bcn[ig]as an sitlias dOtli 
bénit le septième jour 

hii sonaz ' e. 

et le sanctifia hti. 

5 Worria2 guz scera 
Respecte^ votre père 

ha dama, el s guz 

(•/ l'olre iinre, de façon que l'os 

dethiow beth pell 
jours seront longs 

vor4 an tir, es rcs thces [vous 
sur la terre, (qui) ont été donnés à 



6 Na reau latha 
Ne tiiex pas 

mâb dean 
l'homme 

7 na reau crovetha î 
ne couche^ pas 

gan gwreg dcan aral 

avec la femme d'un autre homme 



8 na reau laddra 
ne volei pas 



ha'n gwraze e\v ' 
cl k fit 

da. 
bon . 

5 Gwra mère da 
Respecte ton 

zeerali ha da dama 
père et ta mère 

malga^ da dcelliow 
que puissent tes jours 

booze heer en powe 
être longs dans ce pars 

rig an taaze da 

(ces jours) que le père ton 

Deew rv î theeze. 
Dieu te donna 

6 ne ra chee 



latha deneth 4 
tue d'hommes 

7 na ra chee 



gorwetha gcn gwrec 
couche pas avec la femme 

tha contrevack 
de ton voisin 

na re chee ladra 
ne vole pas 



1 . A aussi et plutôt le sens de bé- 
nir : Dursona = Diw r(a) soim, Dieu 
bénisse ; gallois sivvno. 

2. Corn, moyen gworthia. 

3. Pour avel ou [m]el (mal. 

4. Lisez uvr. 

5. Corn, moyen gorwetha ci gro- 
zvethe. 



1 . Peut-être en ou ev. 

2. Se décompose en iiùilje = nui 
al je. 

]. rig r\ fit donner = donna. 

4. Peut-être pour denveth homme 
jamais; peut-être aussi est-ce le plu- 
riel pour denes (cf. benigath). Il est 
possible encore que le mot soit tiré 
de denythyans, génération. 



Les Dix Commandements de Dieu. 



9 nd reau tea gou 
lie JKiei pas mensonge 

warpedn guz contrevak 
à l'encontre de votre voisin 



10 na reau gawaz 

N'ayei pas 

hirrath warler ' chei 
envie après la maison 

guz contrevack na 
de votre voisin ni 

hirrath var 1er gwreg 
envie après la femme 

guz contrevack na e 
de votre voisin ni soti 

guaz na e moas na 
serviteur ni sa servante ni 

e udgian 5 na e rozan 
son bœuf ni son âne 

na traveth es peth 

/// chose aucune qui soit sa propriété 

eve. 
à lui. 



9 na ra chee boaz 
ne sois pas 

faulz teaze ' heJn2 
faux jureur contre 

tha contrevack 
ton voisin 

lo na ra chee covityah 
ne convoite pas 

gwreg da contrevack, 
la femme de ton voisin, 

na ra chee covityah choyé 
ne convoite pas la maison 

da contrevack, na 
de ton voisin, ni 

e gossel i na e voze 

son serviteur ni sa servante, 

na e odyan na 
ni son bœuf, ni 

e varth 4 na tra 
son cheval ni chose 

vethal beawS eve. 
aucune que possède lui. 



Deewa 4 coniere niassy S waren 
Dieu prends merci sur nous 



1. Corn, moyen warlergh. i. Peut-être formé sur tea, jurer; 

2. Corn. moy. odion (gall. eidion, peut-être mal écrit pour tea : a tea, 
breton, ijen, eijen, vannetais e\jon). en jurant. 

3. Pryce: roun^an; cf. français 2. Pour icarbedn. 
rousin. 3. Voir plus haut, début. 

4. Pour varh, cheval (erreur de 
traduction). 

5. Pour a beavj, cf. gallois pieu, 
breton piaou. 

4. a parait ici de trop, d'après le contexte; ou peut-être faut-il Hre ra. 

5. Pour mercy. 



10 J. Loth. 

ha scrcffa ol da lavarow cttagon 
(•/ icris tous les propos dans nos 

colonow. Andclarabo4. 
cœurs. Ainsi soit- il. 



3 . Corn . moyen : en agen colonoic. 

4. Pour lin dil-na ra bo. 



J. LoTll. 



A NOTE OX LEBOR XA HUIDRE, v. 90, col. 2, l. 45 



Fer no bid i n-air thiur in tigi tis cébad frigit fri foscod in 
claid/A. 

So D' Whitley Stokes reads in bis édition of « Tbe Des- 
truction of Dd Derga's Hostel » {Rev. cclt., XXII, 2, p. 202). 
At îhe bottoni of the page he cites as variants to cébad : dobc- 
rat Eg., gehad YBL. St. gehadh Eg. His translation runs : « a 
man daiun in front of the house could sec a fleshworm by the 
shadow of the sword ! » 

In his corrigenda, R. c, XXII, 4, p. 437, he says « if cébad 
be, as I suspect, a scribal error tor gébad, then for sec read 
catch. 

The L. U. fac-similé also divides tis cébad as two words. 
It seems however reasonable to suppose, that tiscébad is one 
Word and a form of the rather cincommon verb ticsaiin or 
liscaiin, which is given in Windisch's Glossary. This word is 
used of drawing a sword from its sheath and plucking a lance 
froni a wound as well as of taking ofF clothes etc. « Might 
pluck out a tieshworm » would therefore seem to be correct 
rendering; cp. LL. 210 ,i 17 

co mbenfaide frigde friss 

is tig ar soillse a caem chniss. 

As regards the form tiscébad would be 3rd sing. fut. sec. 
formed on analogy ot compounds of gabaim. Compare the 
futures duiscebaid,fiiilngebaid {Passions and Hom. 2267, 61 16). 
also roichfea from rochim (Felire Oengusso, XXXVI, 3). 



12 .1 Xotc on Lebor na liUidre. 

h may bc noted that L. U. 65 [■:> 36-37, 63 3 14 and Fled 
Bricrend 8 ' agrée with our passage in making thc i long. 

WaLTER I. PURTON. 
Dublin, August 1902. 



Le directeur de la Revue celtique, ayant communiqué cette note à 
M. Whitlcy Stokcs, a reçu de lui la réponse suivante : 

Croome House, Camberlev, september 4, 1902. 

Dear sir axd confrère, 
I think Mf Purton is riglit, and hope you will publish his 
paper in the Revue celtique. 

Excuse this scrap of paper, and believe nie aKvays 
FaithfuUy yours, 

Whitley Stokes. 



I. Windisch, Iriscbe Texte, I, 299, 16. 



LA 

PRINCIPALE SOURCE DES POÈMES 

DES XII-XIV" SIÈCLES 
DANS LA 

MYVYRIJX AUCHAEOLOGY OF WALES 



Une question importante et qui n'a jamais été résolue, 
c'est la valeur des manuscrits sur lesquels reposent les poèmes 
de la Myvyriaii an-bacology, allant du xii^ au xv^ siècle, c'est- 
à-dire la partie de la littérature poétique du pays de Galles 
pour lequel ce recueil est encore aujourd'hui indispensable. 

On a, en effet, les œuvres des poètes antérieurs à cette 
époque ou passant pour tels dans d'autres publications dont 
les manuscrits sont connus et ont été sérieusement étudiés. 
Les auteurs de la Myvyrian se contentent en général d'indica- 
tions fort sommaires. Les manuscrits cités le plus souvent pour 
cette période sont ceux de Ed. Davies d'Olveston en Glouces- 
tershire (O. L. E. D.); du D"- John Davies deMalhvyd(0. L. 
D. D.) et de Paul Panton (O. L. P. P.), d'Anglesey. On 
trouve aussi mention du mss. de Lewis Morris, aujourd'hui 
au British muséum (O. L. L. M.). 

Souvent les poèmes sont sans aucune indication d'origine. 

Une collation rapide mais suffisante du ms. 14869 de la 
collection des Addilkvuil nianuscripts du British Muséum (an- 
ciennement Plutus, CLXMI-I) avec la Myv. m'a convaincu 
que la source principale, presque unique des poèmes de ce 
recueil du xii^ au xiV^ siècle, est bien ce ms. lui-même. Il est 
assez souvent indiqué dans la Myv. sous la rubrique : O. L. 



14 J- l.oth. 

D. D. (tiré du ms. du D'' John Davies de Mallwvd); mais 
souvent aussi, il n'y a aucune mention. Ce ms. appartenait à 
William Morris, comme nous Tapprend une note de sa main 
que l'on trouvera plus loin. C'est bien le ms. de John Davies, 
comme il appert de cette déclaration du folio 235'° : 

« tinis 16 april. 16 17). 

« Totum scripsi ego J. Davies. 

Hyd hyn allan o hèn lyfr ar femrwn a scrifenasid peth oho- 
naw vnghylch amscr Ed. 2 ac Ed. 3, fel y mae'n gyffelyb; a 
pheth vnghvlch amser Henri 5. yr hen lyfr hwnnw fuasai yn 
eiddo Gruft'. Dwnn ac yn eiddo Huw Ll)'n ac yn eiddo Rys 
Cain, ac yr awr hon sy eiddo Robert Vychan o'r Wengraig ger 
Uaw Dolgelleu. Scrifennyddiaeth y Uyfr hwnnw oedd fal hyn 
yr y llaw hynaf. .. » 

« J'ai écrit le tout, moi J. Davies. 

« Jusqu'ici [c'est tiré] d'un vieux ms. sur parchemin qui a été 
écrit en partie vers le temps d'Edouard 2 et d'Edouard 3, 
suivant toute apparence, et en partie vers le temps d'Henri 5. 
Ce vieux ms. avait été la propriété de Gruff. Dwnn, et de 
Huw Llyn, et de Rys Cain; maintenant, il appartient à 
Robert Vychan (Vaughan) de Gwengraig, près Dolgelly. 
L'écriture de ce ms. était ainsi pour la main la plus an- 
cienne... ». Suivent quelques échantillons de cette écriture, 
sur lesquels, je ne me hasarderais pas à me prononcer. Quant 
à la date du ms. original, l'orthographe me paraît confirmer 
l'hypothèse de Davies. 

Cette orthographe que j'appelle niiciciuic dans les notes qui 
suivent, se rattache par un trait à celle du Livre noir: 

/ = âil ; (/ final = / et d, explosives. 

V représente, le plus souvent i'', dans l'intérieur du mot. 
En revanche u {oii^ consonne ou voyelle est exprimé par iv. 
Il semble bien que dans certains cas, ce caractère soit un ra- 
jeunissement et que les originaux qui ont fait la base de la 
collection aient eu assez souvent m. Les voyelles irrationnelles 



I. Le Livre noir a régulièrement iu = f moderne; on trouve quelques 
traces de cet état encore dans notre ws. 



La Myr\riiin Archaolo^y of Wales. 15 

sont toujours écrites. La collation suivante établit jusqu'à 
l'évidence que de source principale de la Myv., pour la pé- 
riode indiquée, est notre ms. La différence se borne la plupart 
du temps à un rajeunissement de l'orthographe dans la 
Myv. 

Le ms. 14877 (anc. Plutus, CLXVII-C), dans les pièces que 
j'ai collationnées, offre l'identité la plus parfaite comme texte 
et orthographe, avec notre ms. Ce ms. a été fourni feuille 
par feuille à Lewis Morris par son frère William et finalement 
relié. C'est une copie, nous dit Lewis Morris, de VOld book 
of Gwern Eigron. D'après Lewis Morris, une copie de ce ms. 
existe aussi chez Lord Macclesfield. Cette copie a été écrite 
par W. Morris de Cefn y Braich d'après un ms. de Hengwrt, 
qui a été en la possession de Gruffudd Dwnn, HitivLlxn et Rhys 
Gain. Il est donc sûr que nos ws. remontent à la même 
source. Il est à craindre que le ms. de Gwern Eigron n'ait 
disparu. M. Gwenogfryn E^-ans, l'homme qui connaît le mieux 
les ms. gallois, n'en a pas jusqu'ici trouvé trace. II n'en con- 
naissait pas, il est vrai, l'existence, n'ayant pas encore revu le 
catalogue des mss. gallois du British Muséum. Il est sûr que 
toutes les éditions futures des Gogynfeirdd auront à tenir grand 
compte de ces deux ms. sinon à les prendre pour base. 



l6 J- Loth. 



14869 14877 "^YV. ARCH. 

Poème I. fol. 62 vo-64 ro P. 140. i-i4i2>. 

(Elégie sur la mort de Gruffudd 
ap Cynan). 

Meilir Brydyi a <^aiit yr awdyl 
variuimt hon i'iu vreimawl 
uchclrat Gnifjiit ap Kvnati... 

2, P. 142. I et 2. 

Marwysgajyii Veilir'^ Bryclyt. 

3, P. 144- 2-145 I 5. 

Givakh)uai ai cant i O-ivain. 

4, fol. 6-9 VO. P. 142. 2-144. 14. 

Gorhofet GicaJchmai . 

5, fol. 9 vo. fol. 67 x°. P. 147. 2. 

Marwiiad MaâaïucS iiiah Marc 
diuL 

6, fol. 13 r". P. 146. 2-147. I ^• 

Givalchiiiai i Rodri fab Owain. 



1. Dans les mss. 14869 et 14877, le début manque. Le poème jusqu'à 
Ced gahued unie (M3'v. arch., 140, col. 2, vers 17, est dans 14869 de la 
main de William Morris et dans 14877, de celle de Lewis Morris. Le texte, 
à partir de là, appartient à la même source que celui de la Myi'., mais dans 
ce dernier, on trouve comme variantes, des leçons des deux ms. L'ortho- 
graphe est la même : en général, t = dd; d = d. 

2. Le texte est le même, moins une ou deux variantes. 
5. Id. 

4. Le texte est le même. Les lacunes de la page 143 de la M^'v. sont 
exactement les mêmes; les mots sont coupés à la même lettre. Seulement 
l'orthographe de la Myv. est rajeunie. Le ms. 14869 a l'ancienne ortho- 
graphe : / = dd; d = t,d; c final = g ; « (généralement) =v (f);V/ et non 
ai (achubeis; Myv. achubais); eu = au ; voyelles irrationnelles. 

5. Même texte, mais ici encore l'orthographe de la Myv. est rajeunie, 
tandis que les deux niss. conservent l'orthographe ancienne (mss. kereiihyt 
= Myv. cerennyd ; mss. egylycii r= Myv. engylyoïi). 

6. Id.\ Myv.: orthographe rajeunie: 14869, dernier vers: /// dragyuyt 
anlraghedic ■= Mvv. yn dragyiiyd anuhranghedig . 



7, fol. 

8, fol. 

9, fol. 



La Myyyrian Arclmeology of Wales 
14869 '4877 

13 VO. 



17 



172. 



10, fol. 18 r'\ 



II, fol. 21 VO. 



12, foi. 22 ro. 



15, fol. 23 ïO. 



MYV. ARCH. 

P. 230. I et 2 '. 
Awdî vanvnad a gant Einyaicn 
vab Gwalchmai y Nest verch 
HyiveL 

? 

P. 193. I?. 
marivnad Ytuein Giiynet . Daniel 
ap Lhsgwrn Meiu ae c. 

fol. I. P. 225. 2-226. 24. 

(de la main de Caiiu y Lywelyn fab J01 uerth. 
Lewis Morris). Einyaiunvab Gwgaïun ae cant . 



fol. 6. 



fol. 47 VO. 



fol. 48 ro. 



P. 266. I et 2î. 
Au'dyl a gant Einyaivnvab Ma- 
dau'c ab Rbahaivd y Riiffut ab 
Llyivelyn. 
O. L. D. D. 

P. 266. l-lCl-J. I 6. 

Hoel voeî lap Griffri ap Pu'yU 
Giuvddel a gan t \r aivdvl bon . 
O.L. D. D. 

P. 267. I et 2 7. 
Du même au même. 



-1 I. Id., texte et orth. (anciens). 

2. Deest imiium. Il m'a été impossible d'identifier ce poème avec aucun 
autre de la Mwyrian. Voici les deux derniers vers : 

kymod ar Drindaivd drivy drugaret-hir 
\ny gwelir gwir a goniolet. 

3. Même texte, même orthogaaphe ancienne. 

4. Id. Dans les trois textes, même faute : Canyseazul (Gwcilb : la bataille 
de Canscaïul) pour Canyscaiul. Il y a dans la Myv. à la fe ligne une faute 
qui n'existe pas daus les deux mss. : hyvarch oni naf; il faut kyvarcbaf 
om naf. 

5. Même texte, mêmes particularités orthographiques: t ^ dd à la fin 
du mot ; en revanche, dd en construction syntactique, même en composi- 
tion : aromiyreaf, arDDitinant ; aiDUiJlng, etc. 

6. Identité complète ; orthographe ancienne. 

7. Même texte ; orthographe hybride comme dans le poème 11; deux 
différences : mss. prifletvf\ Àlyv. prijddeddyf; mss. gaji diduyU, Myv. gan 
ddidwyll. 

Revue Celtique, XXIV. 2 



i8 J. Loth. 

14869 '4877 MYV. ARCH. 

14, fol. 24. fol. 7 r». p. 2s6. I et 2'. 

luaiiL'imil RiiJJiit fab Kyiiaii 
Grtiffut ap Gwrgein'ii ae caiit. 
O.L. D. D. 

15, fol. 25. P. 255. 2-256. I 2. 

Diariunad Hyiue] vi. Madiiivc. 
Llvgad Gwr ae cant. 
O. L. D. D. 

16, fol. 26 V". P. 237. 2 3. 

Au'dyl y Riiffiil Maehr m. Ma- 
daivc. IJygad Gur ae cant. 

17, fol. 27 T°. P. 237. 24. 

Lîygad Givr ac cant y Lvuvlxn 
ni. Grnjftit lu. ma. ap. G. 
niaelor. 

18, fol. 28 ro. fol.48vo. P,25i. iS. 

Manvnady tri nieib Grnff'iit vah 

LJnuelyn . 
Bh'ddyn vart ae cant. 

19, fol. 29 ro. P. 253. 26. 

Bledvn vaid i Rvs ain Marcdudd 
ap Rvs. 
O. L. D. D. 

20, fol. 29 vo. P. 251. 2-252. I7. 

marivnad Dd. ap. G. ap. Ll. 
Bledvn uard ae cant . 
O. L. D. D. 



1. Id., orth. ancienne; même lacune: 

Oe dyg trigyant 

Edry... ant (Edrywant). 

2. Id., exactement. . 

3. Id. 

4. Id. Même texte, même orthographe hybride (comme au poème 11. 

5. Même orthographe qu'au poème précédent. 

6. Même texte, mêmes particularités, orthographes : généralement d final 
= dd ; mais aussi / = dd (lyyrnet) ; parfois dd : dans les deux : caer vyxdd'm 
vydd'in veiddyat. 

7. Identité complète; ici, ortiiographe plus récente et régulière : d final 
= dd: t = d. 



La Myvyrian Archaco'ogy of Wales 
14869 14877 



19 



MYV. At.CH. 



!I, fol. ^O. 



22, fol. 32. 

Oianan 
La i""*^ strophe est la j^ dans 
le Livre Noir. Les stro- 
phes manquant sont ajou- 
tées fol. 241. 

23 5. 
7 vers: 
deest initium : 

24, fol. 34 r*'. 



25, fol. 34 vo. 



26, fol. 35 vo. 



P. 235. 2-254. I ". 
marvjiiad Dd. ap Gruffiul af>. 
O. ap Madawc ap Maredud 
Bledvii vard ae caut. 
O. 1. D. D. 

P. 106-1082. 
Le texte de la Myv. est celui 
du Livre Noir rajeuni et par- 
fois défiguré. 



P. 254. I et 24. 
murwnad Oronwy ah Ednyvet. 
Bledyn vard ae eau t. 

O. L. D. D. 

P. 254. 2S. 

Mariunad Hoivel ap Goronivy. 
Bledxn vard ae caiif. 
d. L. D. D. 

P. 235.16. 
Eglynyon a gant Bledyn vard y 
Rtiffut ap loruerth ap Mare- 
dud Von. 



1 . Même texte ; même vers tronqué : 

Gwr rybu dd divevyl blegyt. 
Généralement t final ^ d et d =^ dd, mais dans les deux : a ddu'C ; 
dewroDreic. 

2. Id.; orth. ancienne dans les premières strophes; cependant dans les 
deux bviMn; à partir de la strophe 10 de la Myvyrian, dd = dd (Oian a 
parcheilan mor enryfedd. 

5. Je n'ai pu identifier ce poème avec aucun autre de la Myv. Voici le 
dernier vers : 

Llyw aber llew fr\v\-th ner fïraw. 

4. Même texte, même orthographe hybride; comme au poème 11. Même 
lacune. 

5. /(/. ; orthographe ancienne, une exception : rorf^ei dans les deux. 

6. /./. ; mêmes particularités orthographiques : en/Jrym aer^i^/reic ; 
llidyawciy^ur ; ailleurs t = dd. 



20 J. Lotli. . 

I4869 14877 MYV. ARCH. 

O. L. D. D. 

27, fol. 36 v'O. P. 251. I et 2 I. 

Eglynyon a gant Bhdyii vard \ 
David ap Grvffut ap Lleiveî. 
O. L. D. D. 

28, fol. 37 r°. P. 252. I 2. 

Eglyiuiyon a gant Bledvu heiivt 
Y Oiuein vah Gruffiil. 
O. L. D. D. 

29, fol. 58 vo. P. 149. I et 2-150. I 5. 

Arivyiain i Oivaln Guyiied. 
Cyiidehu ai caiit. 

30, fol. 40 ro. P. 150. 2 4. 

aru'vrein i Owaiii Guytied 
Cyiidehv a'i cant. 

31, fol. 41 vo. P. 151. I S. 

Ariuyrain i Oivaiii Guyiied 
Cyiiddw ai cant. 

32, fol. 42 vo. fol. 20 ro. P. 15 1. I et 2-1 53. 26. 

Marivnad i Owain Gwyned. 
Cviidehr B. M. ai cant. 

33, fol. 49 ro. fol. 9 ro. P. 186. 2-189. 2 7. 

Canii a gant Kyndehv y Hyuel 
1)1. Eivein. 



1 . Même texte, même orthographe hybride qu'au poème 1 1. 

2. /J. ; orthographe comme au poème 11, à remarquer dans les deux 
textes : vud vyooinawr (t'ud ^ Jiidd). 

3. Même texte ; mêmes lacunes; mais l'orthographe de la Myv. est ra- 
jeunie. Celle du vis. est l'orthographe ancienne avec quelques dd en con- 
struction. 

4. Mêmes remarques pour l'orthographe et les lacunes que pour le 
poème précédent. 

5. Même particularité que pour les poèmes 30 et 29. II y a plusieurs la- 
cunes ; elles sont les mêmes dans les deux textes. 

6. Même texte, mêmes lacunes dans les trois textes ; la seule diflférence 
est dans le rajeunissement de l'orthographe dans la Myv., tandis que les 
deux mss. ont l'orthographe ancienne. 

7. Identité dans les trois en exceptant afyrdwyth dans les ms., qui est la 
leçon correcte, tandis que la Myv. a asyrdwyth. 



Ld Myryrian Archaeology oj Wales. 21 

14869 14877 ^'''■^'- ARCH. 

34, fol. 37. P. 164. 2-166. 2'. 

Dadoliuch yr argluyl Rys. 
Cyiuiekc ae cant. 

35, fol. 61 VO. P. 166. 2-167. I ^■ 

Aiivyrein yr arglivxt Rys. 
C\ndekv ai cant. 

56, fol. 65 ro. P. 154. I et 2 5. 

arivyrain Madaivc fab Marediul. 
Cyndeliu Brydyd ai cant. 

57, fol. 63 vo. P. 155. 2 4. 

inaru-nad Fadaivg fab Marcdud. 
Cyndi'hv ai cant. 

58, fol. 64 vo. fol. 75 x^. P. 157. I et 2î. 

Aruyrain Eicein vab Mada-U'c. 
Cyndehc ai cant. 

39, fol. 66. P. 157. 2-159. ^''■ 

Rieingert Evaverch Vadaivc m. 
Maredut. Cyndehv ai cant. 



1. Id., exactement; orth. ancienne. 

2. Même remarque que pour le poème précédent. Le titre dans les deux 
textes est suivi de cette note : yn Uyfyr arall bon yw'r wythfed a^\dyl o'r Da- 
dolwch; à remarquer cependant dans la Myv. une mauvaise lecture au pre- 
mier vers : fwyr ieleic ier; le ms. a correctement :/vvyr /'eleic/er. 

3. Même texte, mais ici encore, l'orthographe de la Myv. est moder- 
nisée. 

4. L'orthographe delà Myv. est modernisée; le texte est le même. Voici 
les variantes du ms. comparées au Livre Noir (Skene, II, p. 58, poème 
XXXVIl) : 

Vers 9 : Twryf grue yg gotuc yg goteith. La variante est heureuse ; il 
manque une syllabe au vers du Livre Noir. 

Vers 1 1 : Ruyf. 

Vers 14 : divogyon diffeith. 

Vers 18 ; Ruyt v glod o gludaiv anreith. 

Vers 21 : Llevyn arivaud. 

Vers 32: Oet Uavar hygar oe gyvarwaith (Jiygar a été, par erreur de 
scribe, pris au vers précédent). 

Vers 34 : Gadyeith. 

Vers 3 8 : y diffivyn y cam . 

5. Même texte, orth. anc. dans les trois textes. 

6. Même remarque ; seulement la Myv. écrit le mot qui commence les 
strophes for/M'wau'c comme dans le nis. à la v^ strophe, puis après l'écrit 
goniynaivc ; et ce qui est digne de remarque, cette correction est empruntée 
à notre ins. : une main postérieure a écrit a.' au-dessus de Vu de goruynaivc. 



2 2 J. Lotit. 

14869 '4877 M\V . ARCH. 

40, fol. 69 ro. fol. 3 5 r". P. 1 59. 1-161 . i 1 . 

niamnad CadwaJhiivii iii. Ma- 
dairc, C\iidi'kc ai c.iiit. 

41, fol. 75 vo. fol. 38 ri'. P. 161. 1-165. 2 2. 

Ciinii V Yïveiii Kyve il mur, Kvit- 
dckv Brwhi ai caiil. 

42, fol. 79 vo. fol. 80 r". P. 167. 2-169. I '• 

Marivnad Kirid vlcit. 
Cxndcki' Br\d\t ac cani . 

43, fol. 85 ro. fol. 34 r". P. 169. 1-170. 24. 

Mancnad Einyaicii 
M. Madawc 
M. Iton. 
Cyndehv ac caiil. 

44, fol. 86 v'^ fol. 25 vo. P. 183. 1 s. 

Dans la Myv. Cyndehc a gaul \r aicdvl bon. 

45, fol. 86 vo. fol. 53 r". P. 183. I et 2''. 

Llyiiia cglviivon a gant Kyndckv 
y Ytnyved Bryf Crogen vab 
Madaivc ah Gwallairc. 

46, fol. 87 vo. fol. 60 V". p. 183. 2-184. I"- 

Marivnad meihyon Duywc vab 
loruerth. Kyndekv ae cant. 

47, fol. 88 \". fol. 29 rc. P. 174. l'A. 

Manrnad Itbel ap Cadifor 
JFvdde}, Cynddckv ai cant. 



1. Même texte ; vieille orthogriphe; cep-'ndant dans le ms. et la Mw., 
yi: aiuiiiiyaw ; aDcf. 

2. Même texte; vieille orthographe. 

3. /(/. Au dernier vers, la Myv. porte iiv rolcd ardiiant; le ms. 14877 a 
Roled artunyunt, qui paraît préférable. Je n'ai pas relevé ce vers dans le 
ms. 14869. 

4. Même texte, mèmeanc. orthographe; parfois /( --^ îc. 

5. Les trois textes n'ont que 8 vers; même anc. orthographe. 

6. Même texte, même orthosranhe. 

7. Id. 

8. On lit dans le ms. 14877 : En Ll. Cocb (dans le Livre Rouge). Et en 
effet c'est l'orthographe du Livre Rouge (/ final = / et d; d final =; dd) 
avec cette particularité que u = w. Au contraire, 14869 a l'ancienne or- 
thographe : Rii/glaii. Myv. Rudlan ; Kedivor, Myv. Kcdifor, les variantes 
sont du ms. 14869. 



La Myryrian Archai:oloi:\ of IVales. 23 

14869 '-1877 ^'"'"^'- ARCH. 

48, fol. 89 r". fol. 53 ro. P. 167. i et 2'. 

Eglynyon mariunad y Ririd vieil 
Kyndehv Brydyt uecaiit. 

49, fol. 89 vo. fol. 90 r". P. 184. i2. 

Kyndehv a gant y tri englyn hyn 
y vah eillt Lansadivrn. 

50, fol. 90 r". P. 255. I et 2 5. 

Mariunad a gant Bletynt l'art 
y Davyt Béniras. 

51, fol. 90 vo. P. 196. 2 4. 

Eglynyon a gant Givilym Ryvel 
e Dav\t vab Eicein. 

)2, fol. 91 ro. P. 196. 2-197. 1 S. 

Eglynyon dadokvch a gant Gu'i- 
lym Ryi'ele Davyt vah Ewein. 

55, fol. 926. 

54, fol. 93 ro. fol. 74 vo. P. 233. 2-234. 17. 

Maricnad y Lewelyn ah lor- 
nerth. Einyawn Wannaecant, 

5), fol. 94 vo. P. 235. I et 28. 

Awdyly Ruffut m. Llyivelyn ; E. 
Wan ae cant. 

56, fol. 9) ro. P. 234. 2-235. i9. 

Llynia dadolivch a gant Ein- 
niaivn Wann y Davyt vap 
LlyiLxlyn. 



1. Même texte; anc. orthographe. 

2. Même texte ; en général, anc. orthographe; cependant les deux niss. 
ont Doiheu DDeuDDryll et la Myv. (/iheu Jeui/ryll. Dans les trois textes, on 
remarque gu;;ei (gunei); g/aed (gicaed). 

3. Même texte, vieille orthographe; quelquefois dd en construction : dans 
les deux textes bro dewtfi/wr. 

4. Même texte: vieille orthographe. 

5. Id. 

6. Il ne reste que 9 vers; le poème a pour héros hxnuric} 

7. Même texte, même anc. orth.: mêmes lacunes. 

8. Même texte; orth. du Livre de Taliesin et du Livre Rouge (t final 
= t et d ; d = dd). 

9. Même te.xte; ancienne orthographe. 



2 4 J- l^oth. 

14869 '4S77 MYV. ARCH. 

)7. loi. 96 ro. p. 256. 2-257. I '• 

Gniffut vah Gu'ngeiieu a gant 
yr eglyiiyoïi hynn oc gedyuiei- 
thoti. 
O. L. D. D. 

58, fol. 96 VO. fol. 42 VO. p. 266. 2 2. 

Eglynyon a gant Gwcruec vab 
Clyddno. 
O. L. D. D. 

59, fol. 97 ro. P. 224. 2 ;. 

Eglynyon a gant Davyd Bén- 
iras. 

60, fol. 97 VO. P. 234. I et 2 4. 

Einyatun IVann ae caiit y Lv- 
ivelyn ap Jornerth. 

61, fol. 98 r". P. 278. 2-279. I '• 

Awdl i Jeiian Lhcyt ap Jeiian 
ap Gr. Voel. 
O. L. D. D. 

(La table delà Mv;'. attribue 
ce poème à Hillyn). 

62, fol. 99 ro. P. 278. I et 26. 

Hillyn aecant i Jcuan Lluyt ap 
Jenan ap Gniffut Voel. 
O. L. D. D. 

65, fol. 100 r>^. P. 277. 2-278. I 7. 

Lleivelyn Brydvd Hodnant ae 
kant y Jeuan ap Gr. Voel. 
O. L. D. D. 



1. Comme poème 55 (dans les deux heddhu). 

2. Même te.xte; orthographe du poème 55, mais dd en construction. 

3. Même texte ; orthogr. rajeunie; régulièrement rf(/ ; à remarquer la 
même inconséquence orthographique au dernier vers: 

y vcdd or diweJ y daw. 

4. Mêmes remarques : d final = généralement dd ; plusieurs (/(/ en con- 
struction (dans les deux textes anWelw). 

5. Mêmes remarque*^. 

6. Même texte ; orthographe du Livre de Taliesin et du Livre Rouge. 

7. Id.; orthographe habituelle du Livre de Taliesin et du Livre Rouge. 



La Myryrian Archaeologx of Wales. 2 S 

14869 I4'^77 "''^'- *'^''" 

64, loi. 100 vo. P. 278. I !. 

I Jeuan ap Gr. Voel. 
O. L. D. D. 

65, fol. loi ro. P. 192. I et 22. 

E^lynyon a gant Teiilu Yivein 
Ky-veilyaivc i gykhyau Kymry. 

66, fol. 102 v". P. 197. 1 5. 

Hyvjel vah Yimn a gant yr 
au'dyl honn. 

67, fol. 102 v. P. 197. I et 24. 

H}%cel ab Yicein aecaiilyr aw- 
dyl bon. 

68, fol. 103 r". P. 197. 2 s. 

Hynvel ab Yivain ae cant. 

69, fol. 103 vo. P. 197. 26. 

Hywel ab Yicein ae cant. 

70, fol 104 ro. fol. 83 ro. P. 279. I et 2 7. 

Awdyl a gant lorivth vychan ap 
lorivth ap Rotpert. 
O. L. D. D. 

71, fol. 105 ro. P. 279. 2-280. I. 

lonuth Vychan ae cant. 
O. L. D. D. 

72, fol. 106 V-o. fol. 28 vo. P. 203. 28. 

Eglynyon a gant Prydyt y moch 
y Riiffnt m. Llytvelyn. 

73, fol. 106 vo. fol. 28 vo. p. 203. 29. 

Eglyn. 

1. Id. 

2. Id.; orth. anc. ; une seule différence : arovun dans le \ns. ; dans Myv. ; 
arovyn. 

3. /(/.; 15 vers dans les deux textes. 

4. Id.\ orth. hybride : t = dd, et aussi des dd, aux mêmes mots. 

5. Id.\ le plus souvent dd, quelquefois d ; dans les deux textes, même 
aute : rivdeiir pour nid eiir (= ?iidd aiir). 

6. Id.; d final = dd, mais aussi des dd. 

7. Id.; généralement </ final z^dd; quelques dd. 

8. Id.; orth. anc. 

9. /(/. (4 vers). 



26 ./ Loth. 

14869 I 4877 MYV. ARCH. 

74, loi. 107 r". P. 194. 1-197. 21. 

Caiiii V Deu'i. Gtvxnvart Bry- 
cbeiii\au<c ac canl, 

7), fol. 113 vo. loi. 71. P. 193. 2-. 

Girsuvart Brychein]aivc a gant 
\r aivdyl hoiin yr arqhvyt 
Rys. 

76, fol. 114V0. fol. 36 ro. P. 247. 2 5. 

Aivd'irl a gant Llyurlxii Vani y 
L)iu'e}yn vah lonicrth. 
O. L. D. D. 

77, fol. 1 15 ro-i 17 vo 4. 

78, fol. 118 ro. fol. 59 rf. P. 215. I et 2 5. 

Arwyrein a gant Llywarch vab 
Llyivelyn y Leiuelyn vab lor- 
uerth. 

■jg, fol. 119 vo. P. 239. 1-240. 26. 

Llynia bymhaïudl a gant Llygai 
Gur y Llyivelyn vab Gnijfiid. 

80, fol. 125 vo P. 258. 1-239. ' ''• 

Llynia dcirawdl a gant Llygat 
Gur y Ruffnt vab Madaivc. 



1. Id.; ortb. anc. Le i"-"'' vers dans Li Mvv. est fautif; la version du nis. 
est à préférer : 

am roto Dovyi ded\v}-t dcweint (M_\-v. dyvol). 

2. Id.; orth. anc, même particularité dans 14869 et Myv. : Fyrt kcrtcii 
a threthati (je ne retrouve aucune note, à ce sujet, pour le ms. 14877). 

3. Id. ; orth. anc. ; dans les trois textes, cependant : Iwrw (Wiechrys. 

4. Je n'ai pu réussir à l'identifier. Le titre est : 

aiudyl y Duit. Llyivdyn vard ac canl. 
Voici les deux premiers vers et les deux derniers : 

Edivar gennyf edivar 
caru byd anglyd anglaear 

Archaf y Duw drwy uned 
un fyt a chrevyt a chred. 

5. Id. exactement ; orth. anc; même lacune : dy gy — ny. 

6. Id. ; quelques dd : vers i : y DDuvv'. 

7. Id. ; orth. anc. 



La Myiyrian Aicliaeolooy of Wales. 27 

14869 14877 MVV. ARCH. 

81, fol. 12) VO. (ol.4)V<\ p. 247. 2-248. 2 '. 

Aiuyrtiii Ouriii. Llyuelyn vard 
ae caiit. 
O. L. D. D. 

82, fol. 127 x°. P. 282. 2-285. I et 2 2. 

Deest titiilus. Azcdyl nis givyddis pivx ae cant. 

O. L. D. D. 

83, fol. 128 vo. fol. 4) 1-0. P. 257. I 5. 

Phylip Frydyd a gant yr awdwl 
hou y Rvs Gryc. 
O. L. b. D^ 

84, fol. 129 ro. P. 259. 24. 

Aivdivl varwnad y Rys leiianc 
Phylip Prydyd ae cant. 
O. L. D.' D. 

85, fol. 129 vo. p. 2)8. I et 2 s. 

Aîcdivl a gant Phylip Prydyd yn 
llys yr Argluyd Rys leiianc. 



O. L. D. D. 

86, fol. 150. P. 2)8. 2-259. ^^■ 

Amrysson Phylip Prydyd ar go- 
veird yspydeit. 
O. L. D. D. 

87, fol. 152^. P. 180. I et 2 7. 

Ll. Ddu ap y Bastard ae cant y 
Lrivelyn ap Gxuihm ap Ho- 
lid. 
O. L. D. D. 



1. Même te.Kte; dans les trois textes, orth. habituelle du xivc siècle (/ 
final = rf et / ; rf = dd). 

2. ld.\ en général, orth. du xiv^ siècle; quelques inconséquences. 

3. Id. e.xactement ; orth. du xive siècle, mais/;.YWyawc. Dans les trois 
textes, même faute : gelitrud. 

4. Comme au poème précédent; dans les deux : vn ddc. 

5. Mêmes remarques; à noter dans les deux textes : pan ivu (= fu). 

6. Mêmes remarques; il est à noter que dans la Myv., w est remplacé 
par b. 

7. LL ; orth. du xiv^ siècle. 



2 8 J. Lotli. 

14869 14877 M''^'- ARCH. 

88, fol. 152 vo. P. 346. I-Î47- I '• 

Aivdl a gant Grtiffud Gr\c. 
O. L. D. D. 

89, fol. 154. P- ^57- I et 52. 

Llyuia hxgoryon Dadohccb a 
gant Phylip Prydyd y Rys 
Gryc. . . 
O. L. D. D. 

90, fol. 15) vo. P. 257. 2-258. I 3. 

Eglynyon y Rys lenangc. Phylyp 
Prydyd ae caiit. 
O. L. D. D. 

91, fol. 136 ro. P. 266. 14. 

Eglynyon a gant y Prydyd by 
chan Deheuharth y Oivein 
Goch. 
O. L. D. D. 

92, fol. 136 vo. P. 261. 2-262. I s. 

Eglynyon a gant y Prydxt by- 
chan \ Ywein vab Gruffiit vab 
Rys. ' 
O. L. D. D. 

95, fol. 137 \"\ P. 259. 2-260. i<^. 

Eglynyon a gant y Prydyt bychan 
y Varediit vab Ytveiii. 
O. L. D. D. 

94, fol. 13? r». P. 260. I et 2 7. 

Eglynyon a gant y P. B. y Va- 
redut vab Yiuein. 
O. L. D. D. 



I . /(/. ; à remarquer dd, assez souvent en composition et construction 
syntactique; quelquefois même en dehors de ces cas: lonWonen. 
'2. /rf. ;orth. anc, mais des c/ii en construction et composition syntac- 
tiques. Le titre de la Myv. kygoryon est à corriger en kygogyon, suivant la 
version du ms. 

7,. Id ; orth. du xiv^ siècle; quelques dd. 

4. Id. ; orth. ancienne; à noter dans les deux textes : bumDDryll. 

). Id.; orth. anc; 2 ou 5 dd en composition. 

6. Id ; orth. anc; mais dans les deux textes : bla DDangos. 

7. Id.; vieille orthographe. 



La M\v\ri.An Arcfhuology of Wales. 29 

14869 14877 «''\'- ARCH. 

95, fol. 138. P- 260. 2'. 

Eghuwn a gant y PryJyl B\- 
Bxchau V Varedutvah Yurin. 
6. L. D. D. 

96, fol. 139 v°. P. 260. 1-261. 12. 

Egh'HYon a gant y Prxdvt By- 
chan V Varedut m. Yweiit. 
O. L. D. D. 

97, fol. 140 ro. P- 261. 15. 

Eghnyon a gaut y Prydyt By- 
chan \ Varedut vab Yiceiii. 
O. L. D. D. 

98, fol. 141 ro. P- 262. 2 4. 

Marujiad y Rys Gryc 
y Prydyt b)'chan ae cant. 
d. L. D. D. 

99, fol. 141 VO. p. 262. 2-263. I '■ 

Marunad y Vorgaut M. Rys 
y Prydyd bychan ae cant. 
d. L. D. D. 

100, fol. 142 ro. P. 263. I et 26. 

Marivnad Kynan vab Hyu'eh 
y Prvdvt h\chan ae cant. 
6. L. D. D. 

loi, fol. 143 ro. P. 259. I et 27. 

Marwnad Rys leuanc. 
V Prydyt bychan ae cant. 
6. L. D. D. 

102, fol. 143 VO. P. 262. I et 28. 

Marunad v Eivein m. Grujfut 
\ Prxdv! bvchaii ae cant. 
O. L. D. D. 



1. Id. 

2. Même texte ; orth. anc. 

3. Dans les deux textes, une strophe et un vers commencé. 

4. Id. ; orth. anc. 

5. Id. 

6. Id. 

7. Même texte; orth. anc. 

8. Id. ; mais dans les trois dernières strophes, d final = dd ; cependant, 
encore ^idet = ^ivledd. 



30 J. Loth. 

14869 '4877 MYV. ARCH. 

103, fol. 144 VO. P. 261. I et 2'. 

Manviiad Varediil m. Yuriii. 

V Prvdvt Bxchau ae auil. 
O. L. D. D. 

104, fol. 145 x°. P. 263. 22. 

Manuiiad Rys Vocl a Sanisun 
m. Meiirvc 

V P. B. ae rtiiit. 
O.L. D. D. 

105, fol. 146 r°. P. 264. I 3. 

Maru'iiad Rys val Llvicelyn 

V P. B. ae cant. 
O. L. D. D. 

106, loi. 146 v-o. P. 264. I et 2 4. 

Manunad Madawc Mon . 

V P. B. ae cant. 
O. L. D. D. 

107, fol. 147 ro. P. 264. 2 S. 

Maru'iiad Vlcixut m. Diuyivc 

V P. B. ae cant. 
O. L. D. D. 

108, fcl. 147 V". P. 264. 2-265. 16. 

Maiiunad Wen vab Goronwy 

V P. B. ae cant. 

O. L. D. D. 

109, fol. 148 r". P. 26). I et 27. 

Marivnad Lxwehn vab Rvs m. 
loruerth 

V P. B. ae cant. 

O.L. D. D. 



1. Id. ; vieille orth. ; cependant dans les deux textes : DDÎnbych. 

2. Id. ; orth. anc. ; en construction syntactique, d = dd, comme c'est 
l'habitude dans ces poèmes, même quand dd ailleurs est représenté par /. 

3. Même texte ; orth. anc; à noter cependant : urth Dduiu; gedym- 
dd(^hh. 

4. Id. ; orth. anc. 

5. Id. 

6. Id. ; mêmes lacunes ; orth. anc. ; dans les deux : hird^ryc; y DDwyn. 

7. Même texte; vieille orth. ; mêmes lacunes. 



La Myyyrian Archaeolony of Walcs. 31 

14869 14877 MVV. ARCH. 

MO, fol. 149 ro. rol.89ro. P. 265.21. 

Marivmul Blegni'ryt, y PryJxl 
B\chan ae caiit. 
O. L. D. D. 

111, fol. 149 v°. li^'d. 

Marivuat 2 Goroim' ap Eidiivivt 
Pr\d\i] Bxchan ae civit. 
O. L. D. D. 

112, fol. i)0 ro. P. 215. 2-217. 1 ;. 

Caiiii a gant Llvivarch Brydyt y 
iiioch y Dkw. 

113, fol. 153 vo. fol. 50 r". P. 199. 1-200. 24. 

Canu a gant Prydyt y vwch y 
Dav\t m. Yiueiii. 

114, fol. 157 ro. P. 200. 2-201. 2 S. 

Bvgwth Davyt ; Prxdyt y )iiochae 
cant. 

II), fol. 1)8 V". fol. ). P. 201. 26. 

Kwarch givell Davxl ; Prydvl y 
iiioch ae cant. 

116, fol. 1)9 ro. fol. 18 ro. P. 201. 2-202. i 7. 

AiL'dvl a gant Pr\dyt y moch y 
Rndri vah Yivein. 

117, fol. 160 vo. P. 202. I et 28. 

Arivyrein Rodri vab Wvein. 
Prxdxt X moch ae cant. 

118, fol. 162. 1. fol. 45 ro. P. 202. 2-203. 19. 

Arwyrcin Rodri vab Yiuein ; 
Prxdxt X moch ae cant. 



1. Id.; orth. du xiv^ siècle; quelques tfii les mêmes. 

2. Une seule strophe mutilée dans les deux textes. 

3. Id.\ vieille orth.; quelques i/i; à remarquer l'orthographe nan (nau 
::= naw, dans les deux textes, au vers final. 

4. Id. exactement dans les 3 testes (orth anc). 

5. Id. ; vieille orthographe. 

6. Id. 

7. Id.; cependant la Mxv. a A'i/tra Uwfvr, tandis que les deux ms. poi- 
tent correctement Rei: c'est une faute de lecture. 

8. Id. 

9. Id. ; orth. anc. 



J2 J. Loth. 

14869 '4^77 MVV. ARCH. 

119, fol. 165 v. fol. 59 r°. P. 203. I et 2 ■ 

Au'iJvl a gant Pt ..n/ v }iicxh v 
Rodri. 

120, fol. 164 r". fol. 25 v». P. 210. 2-212. 12. 

Canii a gant Prydyt y mocb \ 
Lvivelyu m. Iwuerlh. 

121, fol. 168 VO. P. 212. 2 5. 

Awdyl a gant Prydyt \ viocb v 
Lvireîxn m. loruerih. 

122, fol. 169 v-o. fo.. 19 r". P. 21 3. I et 24. 

Aivdxl a gant Prydxt v moch v 
L\ive]\n vah loriwrlh. 

123, fol. "G VO. fol. 47 l-o. P. 203. 2-204. I >'• 

Awdyl a gant Prvdvt v moch v 
Rujjut m. Llvirelvn. 

124, fol. 171 ro. P. 204. I et 26. 

Bygivth Griiffnt vab Kxnan ; 
Prvdyt y moch ae cant. 

125, fol. 172 1-0. P. 207. 1-208. 2 7. 

Canu a gant Prvdvt v moch v 
Rvs Grvc. 

126, fol. 17)1'". P. 206. 2-207. I ^• 

Awdvl a gant Prvdvt v moch v 
II 'cnl liant Dec' verch Hyivel. 

P. 205. 2 ^. 

Aîudvl vr Hacarn TiL'vmvn. 



127. fol. 176 1-0. 



i. Id. 

2. Id. à remarquer yr^Jant). 

3. Id.\ cependant dans les deux: arrft/yrnvras. Les deux textes ont la 
même faute: ae thlas pour ae chlas. 

4. Id.; quelques dd, les mêmes. 

5. Même texte; orth. anc. 

6. Id. ; même faute: enr Anya pour eiir Asya. 

7. Id.\ une différence: dans Myv. tangnheuet; ms. tagnheuet. 

8. /(/. : dans le ms. au 3^ vers: ehva et au-dessus de -iva, ivaivd. La 
Mvv. donne eJwa mais en note, donne la variante elivaicd. 

9. Même texte, même orth. ; il y a au 5'^ vers, une correction au-dessus 
de la ligne à Dyuynnyc dy tuir dy wynnyas ; c'est Dywynnyc di ivir yn uynias. 
Elle est reproduite en note par la Myv., sans indication de source; à noter : 
<ians le ms. un 11 au-dessus de n dans le 2^ vers : val v credw/; Yonas. 



•> Myryr'uui Arcliaeology oj Walcs. 53 

,-• '4877 ^'^^' ARCH. 

P. 213. I et 2 '. 
Au'dyl a gant Prydyt y moch y 
Lyzcelyn vah loruerth. 

129, to fol. 30 \\ P. 204. 22. 

Avjdyl a gant Prydyt y moch y 
Raffut ap Kyiiaii. 

130, fol. 178 vo. fol. 44 1' . i'. 2b'j. 2-281. I 3. 

. nnyoïi. a gant Llywarch 
:Miety y Un. ap Madaivc ap 
■ Maredud. 
O. L. D. D. 

131, fol. 181 ro. P. 213. 2-214. * ■♦' 

Prulyt y moch ae canty Lyivdyn 
vah J-'yuerth. 

152, fol. 182 ro. fol. 58 ro. P. 208. 2 S. 

Marwnad Hyivel vab Cruffut m. 
Kynan ; Pryd. v ))iocb Ui cant. 

153, fol. 183 ro. P. 142. 16. 

Meilyr Brydyt a cant yr aivdyl 
honn yn y ïïuyt y lias Dia- 
hearn vab Caradaivc a Meilyr 
m. Ryivallaivn vab Cynvyn. 

134, fol. 183 vo. P. 227. 1-228. 2 7. 

Awdl i Dduiu a gant Meilir ap 
Givalchmai . 



1. Mcnic texte; orth. anc; assez souvent dd (les mêmes). 

2. ld.\ orthographe du xive siècle. 

3. Id.; mêmes fautes. 

4. Id.-, orth. anc; même faute: trahaïuc pour trahaaivc. 

5. Id.; orth. anc; dans les trois textes, cependant: Hywel (Wiogel. La 
note sur Hywel dans le }iis. est de la main de Morris. Elle est reproduite 
dans la Myv. 

6. Quelques variantes. 

Vers I : ms. rem\ Myv. ren. 

— 5 : ms. tros; Myv. dros. 

— 9 : ms. }' niyiiyt : Myv. yni inynyt. 

7. Le texte est le même; l'orth. du ms. est ancienne; celle de la Myv. 
est hybride; d'abord, l'ortii. du .kiy^ siècle, puis l'orth. anc. ; de plus la Myv. 
a u pour iv. tandis que le ms. a îv; il y a quelques variantes; elles sont 
données dans la Myv. ave: l'indication : O. L. D. D. 

Revue Celtique, XXIV. 3 



54 J. Loth. 

14869 14877 MVV. ARCH. 

155, fol. 186 ro. P. 145- I '• 

Arwyrain Owaiii mab Mare- 
dtid. Givclclmiai ai ccvit. 

136, fol. 186 vo. P- 147- i^- 

Anvyrain Madazcc mab Mare- 
dtiâ. Givalchmai ai caiit. 

137, fol. 187 T°. P. 214. I 5. 

Pr\d\t V Dioch ae caiit \ Lywe- 
'ivii. ' 

138, fol. 187 vo. p. 209. 2-210. 14. 

Llviiia varivnat a gant Prxdyl v 
iiioch V loriveyth ab Rotpcrt. 

139, fol. 188 ro. P. 209. I et 2 S. 

Prxdyt y moch y Vadaivc ap 
Gntffitl Vaelaivr. 

140, fol. 189 vo. P. 283. I et 26. 

Clod i Jt'eiiUiaiit verch Gviiaii. 

141, fol. 191 ro. fol. 31 vo. P. 281. 27. 

Awdyl 
iris gvyddis pwv ai cajit. 
O. L. D. D. 

142, fol. 192 ro. P. 206. 28. 

LlvDia egh'iiyoi! manvuat a gant 
Prydyt y moch y Riiffut ab Ho- 
ivel ab Oivein Gtuynef. 



1. Même texte ; Torth. est rajeunie dans la Myv. (d final = d et dd); 
l'orth. anc. est conservée dans le ms. 

2. Mêmes différences que pour le poème précédent. 

3. Id.; vieille orth. (dans les deux ve^Jyant). Le i'-'"' vers est répété à la 
fin dans les deux textes. 

4. Même texte; orth. du xiv= siècle; quelques dd (hydd\n\ ketddwys). 

5. Même texte; mêmes lacunes; orthographe du xive siècle; de?, dd en 
construction; la source devait avoir / ^=dd; en effet, dans les deux : bren- 
hineixaf. 

6. Il y a quelques différences; elles sont données en note par la Myy. 
comme des variantes avec la mention O. L. D. D. Il y a erreur pour le 
i«r vers; la variante serait flf/u', tandis qu'il y a en réalité dans le ms. aelaw. 

7. Jd.; orth. anc; quelquefois Myv. a /le où les jhss. ont v (dans les 
mss. et la Myv. anhawrf). 

8. Id.; orth. ancienne (dans les deux textes: chwCiWyl). 



La Myvyrian Archaeologj of Wales. 55 

I4S69 '4877 MYV. ARCH. 

I 4, fol. 195 v^. P. 145- 2'. 

Givalchmai ai cant i Owaiii 
Gwyned. 

145, fol. 194 r". ' P. 145. I et 22. 

GivaJchinai ai catit i Qwain 
Gwyned. 

146, fol. 194 V. fol. 90 vo. P. 145. 2?. 

Arvjyrain Ywain Givynet. 

147, fol. 194 V". P. 149- I et 24. 

Breiidu'vd Gualchinai. 

148, fol. 195 v". P. 149- 2i. 

Awdyl a gant Gu'akJmiai y Efa 
ei uraig. 

149, fol. 196 r«. P. 146. lé. 

Awdl a gant Givalchmai y Da- 
vyd inab Owain. 

150, fol. 197 r". P. 231. 1-232. 17. 

Awd\l a gant Einyaivn vah 
Givalchmai y Duw. 

151, fol. 199 v. P. 232. I et 2 8. 

Awdyl a gant Einyawn vah 



I )2, fol. 201 r^'. P. 232. 29. 

Awdyl a gant Einyawn vah 



Gwalchmai y Duw. 

P. 232. 29. 
wdyl a gant Einy 
Gwalchmai y Duw. 



ï . 8 vers dans les deux textes. 
2. Id. ; orth. plus moderne : d final = i et dd. 

5. Une strophe de 4 vers dans les trois textes; vieille orth. dans les tnss. ; 
modernisée dans la M\ v. 

4. Id.; orth. modernisée dans la Mvv. 

5. Texte le même; une ou deux variantes. La variante donnée par la 
Myv. comme venant du L. D. D. edgyllaeth est inexacte: le ms. a edygyllaeth. 
L'orth. de la Myv. est modernisée. 

6. Id.\ orthographe rajeunie dans la Myv.; vieille orthographe amenée 
dans le ms. 

7. Id.; vieille orth. dans les deux textes. 

8. Id. ; {metdawd dans les deux textes). 

9. Id.; au vers 12, en marge, dans le ms. une note marginale: Ll. C. : 
hychydig au lieu de hychdid; vers 25, en marge : Ll. C. : addivyn. Ces notes 
sont reproduites par la Mvv. 



36 


;. Lo, 


14869 


14877 


I )3. fol- 201 v°. 


fol. 71 r". 


I u, fol. 202 r°. 


fol. 86 r". 



MYV. ARCH. 
P. 230. 2-231. I '. 

Au'dyl a gantEinyaiun vab Gwa- 
khmai y Lin. vab loraerth. 

P. 248. 2-250. 1 2. 
Canu V Gadvan. Llywelyn vart 
ae cant. 
O. L. D. D. 

155, fol. 206 r». P. 252. 2-255. I '• 

Llyma au'dl varwnad a gant 
Bhtynt vart y Ewein goch m. 
Griiffiit m. Lhiveh'H. 
O. L, D. D.' 

156, fol. 207 r". P. 253. I et 24. 

Llyma atudyl varwnad a gant 
Bleddynt vard y Lyivel\n vah 
Gruffut m. Llywelyn. 

157, fol. 208 r». P. 171. 1-174- I'- 

Dadolwch Rhys vah Grnfftidd 
Cynddelw ae cant. 

1. Id.\ dans les trois textes, vieille orth. 

2. là. ; vieille orth. Les variantes de la Myv. sont des corrections de 
notre ms. 

3. Id. 

4. Id.; orth. anc, mais avec bon nombre de dd. 

5. Ce poème se trouve dans la Myv. et le Livre Noir. Il se termine dans 
le nis. comme dans le Livre Noir. La Myv. continue par un poème évidem- 
ment différent. 

Voici les différences entre notre ms. et le texte du L. N. (Skene, II, 
pp. 40-41, poème XXIV : 

P. 40, vers I : ms. diamheu dy dawn. 
L. N. diamheu y daun. 
P. 41, vers 5: ms. asswynaf awch nawt, ?7a ^é'/ur/; auch porth. 
L. N. assuinaf ych naut, na cheluch ych porth. 
vers 9: ms. âssv^yn:iï nawt haw't haelonet zvorssaf. 
L. N. assuinaf /;az^/ naut haelvonet worsset. 
vers 13 : ms. mctgyrn eu gwirawd metgyrn ae gwarcha... 
ae gwercheidxv vn eurdyrn. 
L. N. metcuin ev guiraud met kirn ae givallav. 
ae givellig in eurdirn. 
vers 21, ms. : attep a ganaf a^a«în/. 

L. N. attep a ganaw ar canhuyiv. 
vers 25, ms.: y m rwyf. 
L. N. im ruw. 
Les 4 derniers vers sont d'une main différente. L'ordre des strophes est 
différent. L'orthographe de la Myv. est modernisée. 



La Myyyrian Archaeology of Wahs. 37 

14869 14877 ''I'>'V- ARCH. 

158, fol. 209 r". fol. 17 v«. P. 154. 2^. 

Tri etiglyn a gant Cyndekc 
Faivr i Fadawgfab Maredud. 

139, fol. 209 vo. P. 1)6. 12. 

Eglyii \on a gant Kyndeku i deiilu 
Madaicc m. Maredut pan vu 
uarw avi ghbod eu godurvf. 

160, fol. 210 r°. fol. 36 v°. P. 156. I et 2 }. 

Egl\n\on a gant Kyndekv y 
Ywein m. Madau'C. 

161, fol. 211 r». P. 156. 24. 

Aivd\l i Eivein. 

162, fol. 211 r». P. 199. I et 2 5. 

Aii'd\l a gant Hywelvab Ewein. 

163, fol. 211 r". fol. 37. P. 137. 26. 

Marivnad Yivein vab Madauc 
Cyndekv ae cant. 

164, fol. 212 v. P. 174. 2 et 175. 17. 

Marivnad loriverth Goch ap 
Maredudd. Cynddekv aecant. 

16), fol. 213 ro. P. 184. 28. 

Llyma eglynyon aegant Kyndeku,' 
y Hyii'el vab leuaf. 

1 . Id.; trois strophes, 

2. /(/. ; orth. anc. Voici les différences avec le texte du Livre Noir 
(Skene, IL, p. 57-58, poème XXXVL 

Au premier vers de chaque strophe, atn gJaur ^u lieu de ar claur. 

Strophe 3, vers 2 : Gwae wyr Lloegyr yn dvt kcin. 

(Il manque nyr au Livre Noir qui a une syllabe de moins). 

Strophe 2, vers 3 : mur dragon (L. N. galon): 

Strophe I, vers 2: eik'an ga.\vr {L. N. ehian). 

vers 3 : anaivr (L. N. anhaivr). 
Strophe 5, vers 2: Gleiu vadawc bieifu (L. N. Gloevj). 
Après cette strophe: Tyll eu hysgiuyd aur terfysc vawr vaon. Le texte est 
incomplet. 

3. Id. ; orth. anc. 

4. Id. 

5. Id. 

6. Id. 

7. Id.; orth. rajeunie dans la Myv. ; à remarquer toutefois que la Myv. 
a u pour li', tandis que le ms. a zv. 

8. Id. ; orth. anc. ; trois strophes. 



î8 

14860 

166, fol. 213 V". 

167, fol. 214 r". 

168, fol. 214 vo. 

169, fol. 21 5 v°. 

170, fol. 217 r". 

171, fol. 219 r". 

172, fol. 220 V". 

173, fol. 224 ro. 

174, fol. 224 v». 



J Loth. 
14877 



fol. 31 r'\ 



MYV. ARCH. 
P. 170. 2-I7I. I ■. 

Eiiglynyon a gant Kxudehv y 
Ëwein Kyveilyaivc. 

P. 176. I 2. 

Cyndehv y WeinL'\>myii. 

P. 176. I et 2 5. 
Englynyon molyant y Wenuy- 
muyn Cxndehv ae eau t. 

P. 176. 2-177. I **• 
Englynyon a gant Cxndehv y 
Wenivynu'xn. 

P. 185. 1-186. I. 
Givelygorteu S Poiuys. 
Kyndehu ae cant. 

P. 186. I et 26. 
Breinyeu givxr Pmrxs. 
CyndeJw ae cant. 

P. 163. 2-164. 27. 

Maivnad Teilii Ywein Givynet 
Cyndehu ai cant. 

P. 184. 28. 
Manvnad Vletynt vart. 
Kyndelw ae cant. 

P. 167. 29. 
Kyndeku ae cant x Ririd Vkit. 



6. Id. 

7. Id. 

8. Id. 

9. Id. 



orth. anc. 

orth. rajeunie dans la Mvv,, mais u = tu. 

orth. anc. 

même particularité qu'aux poèmes 164 et 167. 

orth. anc. ; à signaler: versé dans le ms. gyddyhiin (Myv. gy- 

dyhini). 
p. 185, str. 6: en dew'is gyflan : en marge gyflavan. 

str. 9: o iveilchyaivn : au-dessus de %v, une autre main a 
écrit/. Ces deux corrections sont données par la Myv., en note, 
comme provenant du L. D. D. 

orth. anc. 

deux fois dd dans le w/5. 14867 (cle^Wyf; la Myv. a cle^fyf). 



La MyvyrLin Archaeology of Wales. 39 

14869 '4S77 MYV. ARCH. 

175, fol. 22) r°. p. 185. I '. 

Llyma eglynyon a gant Kyndehv 
y Dygytitiehv y vab. 

176, fol. 225 v. P. 1)4. 12. 

Ainryson Cytidelw a Seissvll 
Bryj^urch. 

177, fol. 226 r". fol. 73 r". P. 214. 2-21). I 5. 

Y canu bvchan a gaiit Prydyt y 
iiioch y Lyii'elyii vab loriuertk. 

178, fol. 228 ro. P. 245. 24. 

179, fol. 228 V". p. 281. I et 2 s. 

180, fol. 229 r". P. 198. I é. 

Hyiuel vab Yicein ae cant. 

181, fol. 229 r". P. T98. I et 2 7. 

Gorhoffet . 

Hyivel vab Ywein ae caiit. 

182, fol. 231 ro. P. 205. 2-206. 18. 

Prydyt y moch ae cant y Ruffut 
ab Hyivcl ap Yzvein Giuynet. 

183, fol. 233 vo. P. 210. I et 29. 

Marwnad Mared. m. Kynan. 
Prydyt y moch ae cant. 



A partir du folio 235 v°, les quelques pièces qui suivent sont 
tirées d'un autre manuscrit. 



1. Id.\ orth. anc. ; 3 strophes. 

2. ld.\ orth. rajeunie dans la Myv. 

3. Id.; orth. anc. (dans les 3 textes: a.mddyïx-wys). 

4. Pas de titre dans les deux textes. Le ms. a l'ancienne orthographe; la 
Myv. a celle du xive siècle, avec un archaïsme: u = u'. Le poème de la 
Myv. serait tiré du ms. de Paul Panton (O. L. P. P.). 

5. Pas de titre. Le héros est un Rhys deGwynedd Qlyw Gwyndyd); orth. 
modernisée. 

6. Id. ; orth. anc. 

7. Id. ; orth. anc. 

8. Id. ; orth. anc. 

9. Id. 



40 J. Loth. 

14869 MYV. A.RCH. 

184, fol. 246 r". P. 218. 2-219. 2'. 

Aiudyl i Ddinv ac i Lyiuelyn Jab 
lorferth. Dajxdd Benfras ai 
cant. 

185, fol. 247 ro. P. 76. 2-79. 22. 

Divregivaii'd Taliesin. 

186, fol. 241 r". 

yr oiauaii sy yi! uiffyg foL 32 (Les strophes des Oianaii 
manquent au folio 32). 

187, fol. 243 V". 

Englynion a gant Dafydd Lhvyt ap Gwilym Gain i'r 
Grog Gaer. 

Le poème commence par : 

Cryf aberth iiii nerth. 

Il y a un poème différent sur le même sujet dans la Myv. 
arch., p. 3071-3092 attribué à Gruffudd ap Maredudd ap 
Dafydd. 

Après ce poème, on trouve la note suivante: 

Totum transcripsi fideliter et accurate examinavi ego Guil. 
Mauricius Lansilinensis anno 1662. Laus Deo. novembris 24, 

En marge : minna W. Morris Gaer Gyhi yiii Mon a bien 
hivn ijéi. Laus Dco. Piuy ai bieufydd yni nihcn y canmlvydd 
eitiua nis gwyddir. 

(C'est moi M. Morris de Caer Gybi (Holy Head) en Mon 
qui possède ce [manuscrit]. Qui le possédera encore dans cent 
ans, on ne le sait). 

Au folio 244, on lit qu'il y a 171 odes dans ce manuscrit 
et 3 en plus : ce qui n'est pas exact. 

J. Loth. 



1. Des lacunes dans le W5. 

2. On lit à la fin du poème cette note de la main de Morris: huas athro 
Fynytv ai cant iiiedd Heiilyfr darogan BodlieuUi. Or une note de la Myv. 
arch. nous apprend que ce morceau est tiré du ms. du D. J. Daz'ics; l'ori- 
ginal serait le Lyfr Darogan BodhcnlU. Des variantes sont empruntées à. des 
manuscrits divers. 



THE BATTLE OE ALLEN 



Had the story calltd in Irish Cal h Ahnaiiic, the Battle of 
Allen, been produced in Germany, it would hâve been called 
a Kindermâhrchen, a childrcn's taie. But its chief incident 
— a severed head speaking — occurs, not only in Cormac's 
Glossary, s, v. orc tréith, where Lomna's head tells Find of 
his leman's faithlessness, but in the Tdin bô Cualnge (LL. 
94"" 12), thedelight of many générations ofGaelic adults, where 
Sualtam's head repeats his warning to the men of Ulster. 

The présent édition of this story is based on three manu- 
scripts, hère respcctively denoted by Y, F and B. 

Y is the Yellow Book of Lecan, a codex in the library of 
Trinity Collège, Dublin, marked H. 2. lé. The part of the 
ms. containing our stoty was written at the end of the four- 
teenth century. It begins in colunni 939, line 8, and ends in 
column 942, 1. 35. In the exécrable fic-simile edited by Prof. / 
Atkinson in 1896 it begins on p. 206, col. i, 1. 9, and endsj 
on p. 207, col. 2, 1. 35. 

F is the Book of Fermoy, a fifteenth century codex be- 
longing to the Royal Irish Academy, and described by the 
late Dr J. H. Todd in the Proceedings of that body, Irish 
mss. séries, vol. I, part I. Our story begins on p. 128, col. 
2, and ends on p. 130, col. 2, 1. 13. 

B is a paper ms. in the Bibliothèque Royale, Brussels, 
now marked 5 301-20. It was transcribed, some time after 1643, 
from a copy made in that year bv Dudley Mac Firbis from 
a vellum belonging to Nehemias Mac Egan of Ormond, « Hi- 
bernici juris peritissimo ». It was edited, translated and anno- 
tated in 1860 by O'Donovan, with the title « Annals of 



42 Whiticy Sîokes. 

Ireland. Three Fragments ». The part of this édition corres- 
ponding with §§ 1-23 of our story begins in p. 32 and ends 
in p. 50. I coUated the whole ms. in May 1895. O'Donovan's 
notes are generally excellent ' ; but his text is incomplète and 
sometimcs inaccurate, and in his translation of the verse there 
is much gLiesswork . In O'Curry's Maiiners and Customs III, 
309-312 portions of B are cited with translations which are 
no improvements on O'Donovan's. 

The rarer words and forms in our story are collected in 
the glossarial index. Apart Irom its philological interesr, the 
taie seems worth printing from the light which it throws on 
the beliefs and superstitions of the mediaeval Irish (see §§ 9, 
II, 13, 14, 16), thcir music, their nianners and customs. 
Note especially the instance in § 26 of a funeral fcast com- 
posed of seven oxen, seven wcthers and seven bacon-pigs. 



1. In p. 7 he niistakes Manann (now Slamannan in Scotland) for the 
Isle of Mann : see Reeves Coîuinba, 371, note d. 

2. For instance, in p. 6, 1. 4, Hiberniie should be Hibernici : p. 12, 1. 2, 
mdm « handful » should be inserted before don : p. 14, 1. 8 insert, atî m 
before biidh: p. 16, 1. 4, caonurrach should be caoïiuarrach, and in 1. 15. 
Fiachna should be Fiachraich : p. 18, 1. 20, ... should be in tire dô: p. 22, 
1. 18, timndhuisi should be ttâ dhuidsi : p. 24, 1. 1. 10 senmain should be 
senmaim : p. 32, 1. 13, tertio should be tertt-id and in 1. 17, ;wd/- should 
be inserted before d'imnid: p. 36, 1. 21, taigh should be taighe, 1. 24, 
riiiicoinart should bc thuncomart : p. 42, 1. 23, ma should be am and biiô 
should htbnd; p. 44, 1. 18, ccnsla should be ccnala : p. 46, 1. 23 an lichit 
should be an mile ar iichit, and àr gein should be ard angein : p. 50, 1. 9 
frater should be fratres : p. 54, 1. 4, Loinsig should be Loingsig: p. 64, 1. 5 
Morluidh should be MorÛuidh: p. 66, 1. 10, Eochadha should be Eocbach : 
p. 74, 1. 20 coigior should hc cethrar: p. 112, last Une, gcbhtiia should 
he gebhtar. I pass over the many misprints in the following pages. Again 
in p. 190, 1. 23, Laighin should be Laoighisi: p. 192 mhuinnr ire sho\i\d be 
inhninntire : p. 194, 1. 14, no should be ra bhattar na. In p. 206, 1. 14, 
the sentence As ettreabhair anorduightheach duo tangatlur fir Miimhan is 
omitted. In p. 208, 1. 22 the sentence 7 tuitid an Ri dara ais siar is omit- 
ted. In p. 224, 1. 10 the words Braon, is are omitted. In p. 226, 1. 5, the 
sentence 7 ronert fir Eirenn ma io^hnamb codâor don Coimdbidb is omit- 
ted, and in p. 244, after 1. 4, the words Liolbacb ab Cbluana Eidbnecb are 
omitted. In p. 37, I. 21. Adâgar is misrendered by « was waged » and in 
1. 22, the verb ad-glionn. « I seek out » is misrendered by « in thy valley 
in p. 44, I. 9, timarnadb duibb à rigb secbt nime (« it has been commanded 
to you by the King of seven heavens ») by « AU praise be to thee, O king 
of the seven heavens )>, p. 47, 1. 14, iinbuaracb (« early this morning», a 
while ago ») by « last night ». 



The Battle of Allen. 43 

« Funeral feasts », says Mr John Rae (Encyclopaedia Britan- 
nica, 9'^ éd., vol. 9, p. 825) « prevail extensively in Ame- 
rica, Africa and Asia, and arise partly, like our own anniver- 
sary dinners, froni a simple désire to do honour to the dead, 
but partly also from the belief that the dead participate in 
the good cheer. They are not merely commemorative but 
communion meals ». Note, too, the vision (§ n) of the 
saints Columcille and Brigit heartening, like Homeric deities, 
their respective clans in battle. 

To seek an historical Foundation for such a story would be 
absurd. It will be enough to say that the annalist Tigernach 
has an entry^ corresponding with §§ 12, 13 that he quotes the 
poems ofCû Bretan^, § 6, andNuada § 14, that Almain(now 
Allen) is a hill about live miles north of the town ofKildare, 
and that at least two battles were fought there, one in the 
year 526, the other in the year 718. The latter was the fight 
in which Fergal, overking of Ircland, was defeated by Dun- 
chad, king of Leinster, and from which our taie has taken its 
title. 

W. S. 

Camberley, December 1902. 



1. Revue CeUiqjie, XVI, 220. 

2. Revue Celtique, XVI, 220, 221. In Rev. CelL, XVI, 220, 1. 32, for in 
dra.1 read ind ra\. The numbers of the notes should be i, 2, 3, and/or mata 
in read matain, and/o/trem read tren. 



44 Wliitley Stokes. 



CATH ALMAINE ANDSO 

(Slicht Lebuir Buidi Lecain). 



1. Bai cocad mor iier Chathal mac Findgune [ri L^^he 
Mogha% F.] 7 Fergal mac Maili duin [ri Lethe Ciiind F.] fri 
re fota^. Do crech Laigniu ira Fergal mac Mailiduin ar 
ulcuibfri3 Cathal-' m^c Findgaine. Ro airg dono Cathal mac 
Findgani Mag niBreg uili, co ndernsad sid 7 comosad5, 

2. Doluid tra ïecht and Fergal atuaid do saigid boroma ar^ 
Laignib co fe/'aib in tuaisczVt uime/. Ba fada tra ro bas acan 
tinol sin^ la Fergal, 7 is ed adb^red cach fer fris : dia ndechad 
Dond bô lat ra^adsa9 lat. 

3. Baintrebthach^° imiiiorro mâthair Duind bo, [7 ni dea- 
chaidh la na aidhchi a taigh a mathar imach riamh — B.] Is 
amlaid iminorro bai Dond bo, mac as aine^' 7 is ailli ^- 7 is 
chaime bai a n-Er iiui esen. [Ni rabha i n-Eirm;î uile budh 
gribhdhu'5 no budh seghaine '^ inds, 7 as uadh budh ferr 

1. Ms. modha. 

2. Hère Y inserts, but F omits, tlie foUowing pedigree : Cathal mac 
Fiiiiigune maie CongenmIthaiT mac Cathail, mac Aeda tlaind cathrach, ni. 
Cairpn, m. Crimtlia;;i Sreb, m. Echach, m. AengHi^a^ m. Nadfraich. 

3. Y adds a. 

4. ar ulc ri Cathal F. 

5. conders3.\. sith 7 comfossad F. 

6. boroime for F. 

7. imbi F. 

8. Bâ fota tra bis oc tinol F. 

9. ragatsa F. 

10. Bantrebtoch F. 

1 1. âinem F. 

12. ailenih F. 

13. griabhdhaB. 

14. leg. seghainniu? 



The Bank of Allen. 45 



THE BATTLE OF ALLEN HERE 

(The Yellow Book of Lecan, col. 939). 



1. For a long time there was great warfare between Ca- 
thal son ofFindguine, king of Leth Mogha^, and Fergal son 
of Mael duin, king of Leth Cuinn '-. Fergal son of Mael duin 
raided Leinster in order to injure Cathalson ofFindguine; so 
Cathal son of Findguine wasted the whole of Magh Bregh3, 
uniil thcy made peace and truce. 

2. Then once upon a time Fergal marched from the north, 
with the Northerners around him, to demand the boroma-^ 
(« tribute ») from the Leinstermen. Long had Fergal been 
mustering his forces, and this is what every one was saying 
to him : « If Donn-bô go with thee, / will go with thee ». 

3. Now Donn-bô's mother was a widow, and he had never 
gone for a day or a night out of his mother's house. Donn-bô 
was in this wise: the brightest and handsomest and dearest 
boy in Ireland was hc. Not in ail Erin was there one who 
was pleasanter or cleverer than he, and from him came the 



1. Mugh Nuadat's Half, the southern half of Ireland. 

2. Conn's Half, the northern half of Ireland. 

3. a large plain in East Meath. The dévastation took place A. D. 717, 
according to the Four Masters. 

4. See Revue Celtique, XIII, 32. 



46 Whitley Stokes. 

ra[i]nn espa 7 n[g]scéhi for domhon. As é budh ferr do ghlés 
each 7 do indsm.i slegh 7 d'tighe folt, 7 bud ferr i[n] aichni 
'na cinech ^ — B.] Nir' Icic - a mâtbak do Dunn bo dul araen 
re FtTgal co tard^/d ratha ^ 7 c//;a > Col////;/ chilli f;is co tisad 
slan ar culu-t. Tuctha do sin. 

4. Tic 'arsin Ferg.il d'indsaigid^ Laigc;/. Badar Imniorro 
drocheo!^7/V ria Fergail, 7 tucsad i n-aimrcidib^ na crichi 7 
uili hé. Lsi iar//in coiimv thucsad*^ ind'^ colaig .i. do Cluain 
Dobhail '° [in Almain B.], 7 gabsad longport ar bru na cilli, 
7 tucsad iniadall" mor ar in cill .i. araili clam bai intansin 7 
aen bo ogai '-, Tanr//j iartain doc/;//ni in chlaini, co ro henad 
a tech dia chind, 7 tard//d forgom do gai tair, co tdrla t/iana 
brat, 7 co ro marbad a énbo, 7^> ro hindeonad ar b^raib 
iaraind in bo i arsin ^K 

[5 . Co n-erbert an clamh co mba dighal go brath for Uibh 
Néill an digal dobherf^h an Coimdi'» fair sin, 7 tainicc an 
clamh remhe go puball Fergail, 7 battur riograidh Leithe 
Cuinn uile arachinn 'sin phuball intan sin. Ro baoi an clamh 

1. bud fer ri aichni .i. ingne inntlecta, na einech, de quo dicitur 
Aille macaibh Donnbo biidh binne a lai'dh luaidhid beoil, 
aine ôgaibh Innsi Fâil ra thôgaibh tâin trillsi a threôir. B. 

2. Ni ro léic F. 

3. the final a added under the line. 

4. go ttuccadh M.iol mac Failbhe mie Erannain mie Criomhthainn, co- 
marha Colaim cille, fria aisic béo, 7 go ttuccsaidhe Colam cille dno dia 
chionn go risedh Donnbo slàn da taigh féin a crich Laighen, B. en tarât 
Fergfl/ raith Coluim cille fria si im hethaid Duinn bo doridissi a do(ehum). F. 

5. Tanic iarsain Fergtj/ du saigid, F. 

6. aimréigib Y. for aimrcid F. 

7. coicriehc F. 

8. (do):uicsat F. 

9. sic F. an Y. 

10. Doleain Y. Dolchailleh.. F. 

11. imagall Y, imadhall V . 
I 2. aici F. 

1 3. om. F. irom the beginning of this sentence 

14. For 7 gabsad... iarsiii, B has : As ann bûi Aodhan clamh Cluana 
Dobhail ar a chinn. Doronsad doiio na slùaigh mieostadh .i. a aonbhô do 
mharbhadh 7 a fuine ar bheraibh n'a fiaghnaisi, 7 a thech do bhreith da 
chinn 7 a losccadh 

15. eoinuiidh B. 



The Bdtîle of Allen. 47 

best wanton staves^ and king-stories» in the world. 'Tis he 
who was best to train ^ horses, to set spears, to plait hair, and 
whose wit was clearest in his countenance-^. His mother did 
not let him go along with Fergal until the king had given 
Columkill's guarantees and bonds for him that he would 
come back safe^. Those were given to him. 

4. Thereafter Fergal comes to invade Leinster ; but there 
Nvere bad guides before him, and they brought him into ail 
the rugged parts of the province. This is the way the guides 
brought him, to Cluain Dobhail^, in Allen, where they pitched 
a camp at the edge of the church. They greatly maltreated 
the church, for at that time there was a certain leper (there), 
and he had a single co\\'. Then they came to the leper and 
unroofed his house, and they dealt him a spear-thrust which 
went through his mantle, and they killed his only cow, and 
cooked it afterwards on spits of iron7. 

5. And the leper said that the vengeance which the Lord 
would wreak on the Hûi Néill for that would be an 
eternal vengeance ; and he came forward to Fergal's tent, 
wherein were the kimrfolk of ail Conn's Half then before 



1. lit. « staves of vanity » (or idieness) « amusing verses », O'Curry. 

2. i. e. « stories relating to kings », O'Don. 

3. « harness, » O'Don. 

4. The first three lines of the quatrain in B mean : « Most beautiful of 
boys was loveable Donn bô : most melodious were his lays, which mouths 
lUter : most splendid of the voutlis of Inis-Fàii. » I carmot translate the 
fourth line, which O'Donovan renders by « The brilliancy of his example 
took the multitude » — a bad guess apparently. 

5. B has : « until Mael son of Failbe, son of Erannan, son of Crini- 
thann, a successor of Columkill, was pledged for his return alive, and 
until he also pledged Columkill for himselfthat Donn bô would return 
safe to his own house from the province of Leinster » O'Don. F has 
« until Fergal gave her the security of Columkill that Donn-bô would re- 
turn to her alive ». 

6. a This name is now forgotten », O'Don. 

7. B has : 'Tis then, Aedan the leper of Cluain Dobail, was there before 
him. The hosts maltreated (him): they killed his only cow and cooked it 
on spits in his présence, and unroofed his house and burnt it. 



48 Whitley Stokes. 

ag acaoine a imnidh 'na ffiadhnaisi', ni tainig cride neich 
dibh fair achtcridhe Con-bretan meic Congusa, ri Ffer Ross ; 7 
as edii on nâ ba aithrech do Coin-bretan, uair ni terna ri do 
neclî ro bliàoi isin pliuball aclit Cu-bretan mac Congusa a 
aonar as in cath — B.] 

6. JS annsin asbtvt Cu Bretan mac Aengusa, ri Fer Rois : 



Adâgur2 cath (ordergûand, 
a fir ? fergaile adgliunn 4, 
brônach muinter Maie Maire S 
iar mbreith a taige dia ciunn 6. 

Bo in chlaim 

ro gâet indegaid in daim 7, 

mairg lâimS 1er' tollad a brat9 

ria techt i cath "o co mac mBrain ' 1. 

Da mbeith neach dob^rad ' ^ cath 
matain dreman '3 ria mac mBrain, 
andsa leam oldas ind rae '4 
in cae ro canad 'S in chlaim. 

7. IS andsin asb^rt [Ferga/ F.] fria^"^ Dond nibo in aidchi 
sin re tohûirt^7 m chatha: Dentar lat ar n-airiided innocht, a 



1. Ms. ffiaghnaisi 

2. atagar Y, F. Adâgar B. Ataghur, Tigernach. 

3. firg Y. fir B. fir Tig. 

4. adghnd Y. ad glionn B. a deghhnd Tig. leg. atgHunn? 

5. ad bronaig muintt'r maie Muiri Y. badh bronaigh muinter Mie Maire 
B. bronach muinter Muire de, Tig. bronach muinnter Mie Muire, F. 

6. ar mbreith a taighi dia chind, Y.ar mbreith an taighe dar cionn B. iar 
breth a taige dia cind, Tig. 

7. dogaed andegaid an doim Y. rogaod andeaghaidh a daim B. ro gâet 
in arradh in daim, Tig. 

8. laim Y. Tig. lâimh B. 

9. ra toll a mbrad B. ro geoghain a brath Tig. (wliere hrath rhymes with 
cath in the following line). ro tollai a brat, F. 

10. re techt a cath Tig. 

11. ar ni thimcomart mac Brain 7 ri. B. 

12. Ma beth neach do bera Tig. Ma beth nech dob^ra F. 

13. ma tren dreman Y. matain derb main Tig. 

14. inas indrai Tig. (in)dâs ind roe F. 

15. in coe ro cechain F. in cai rochestair Tig. 

16. The a added in Y. 

17. taba/rt F. 



The Bjîtle of Allen. 49 

him. The leper was bewailinghis tribulation in their présence; 
but the heart of none ofthem moved towards him save the 
heart of Cù-Bretan^ son ofCongus, king ofthe Men of Ross-; 
and of this Cû-Bretan had no reason to repent, for of ail the 
kings who were in the tent none escaped from the battle 
save Cû-Bretan alone. 

6. Then said Cû-Bretan son of Oengus, king of the Men 
of Ross : 

I.dread the red bloody battle, 
ô Mail of valour ;, I seek it oui : 
sorrowful is the Son of Mary's servant 
after the roof has been taken off his house. 

The leper's cow 

has been slaughtered after the ox : 

woe to the hand by which his mantle was pierced 

before going into battle to the son of Bran 4 ! 

If there be any who would deliver violent battle 
in the morning against the son of Bran, 
harder than the fîght I deem 
the leper's lamentation which has been uttereds. 

7. Then that night, before deUvering the battle Fergal said 
to Donn-bô : « Make minstrelsy for us tonight, O Donn- 



1. « Hound of Britain ». 

2. Fir Roiss, a tribe in parts o[ the présent counties of Monaghan, 
Aîeath and Louth, i?t'r. G7/., IX, 15. 

3. a référence to the nam Fer-gai. 

4. i. e. Murchad mac Brain, king of Leinster, ob. A. D. 721. 

5. As to the dévotion generally shewn to lepers in Ireland, see The 
Tn'partite Lifeof S. Patrick, pp. 447, 449, Lisinore Lives, pp. 295, 340, 
and Rei-iic Celtique, XII, 342, 344. 

Revue Celtique, XXIV. 4 



50 Whitley Stokcs. 

DuinJ bo, ar Fcrgal, ar is c Dt)nd bo ter airfidii;^ as dcch bai 
inn Er/;;;/ ncr scncha^" 7 runda 7 c«.dind 7 cach ciniul air- 
tîdig ' archeana-, Adhen Dond bo : Ni fcdaimsea ein acntbcol 
ar mo bel anocht, 7 airtided ncch aili thu anor/;t. Jcht chena 
cid be airm a rabais[i] amarach dagaid dogénsa? th' airfidcd. 
Denad iar?/m Hi'ia Maigliiidi ïnnocbl ar n-airtided, ar is é 
rigdruth Eroin he. 

8. Dor6nadh4 do)io amlaid sin an aidchi sin. [Tugadh 
Hua Maighlcni chuca iarttain. Ro gabh-saidhe og indisin cath 
7 comramha Leithe Cuinn 7 Laigii^'77 6 thoghail Tuama 
Tenbath .i. Deanda righ, in ra marbhadh Cobhthach Caol- 
bhrcgh, conigi an aimsirsin; 7 ni bd môr codalta dorinnedh 
leo in aidchi sin ni mcd eagla leo Laighen 7 la méid na doi- 
ninne .i. uair aidhche tele Fhinniain gaimhridh sin, B.] 



9. Lodar'>La\gin arnamarach^ co Cruachan Claenta, [daigh 
ni mhaidh for Laig7iiu da ndearnat a comairlc ann, 7 gurob 
as tiasad dochum an chatha, B], 7 tancad^ïr iarsin co Dind 
Canand. 

10. IS and sin tra do rancada/'^ I.eth Cuind 7 Laigin 
ceand i ccnd 7 7 ro comniorad and sin tra ind //rgal 7 inn 
imargul [Y col. 940] isfichda ro fcrad i nEviiin riam. Ba tortren, 
ba ft'/rda ro tîged in gleo guineach gàibihcach9 intan sin. 
Bad^r imda tra andsin maie rig 7 ruirech 7 rodaeine 7 tanaisti 
i^atha fodesin, 7 saerclanda socheneoil a n-egmais a n-annia. 



1. leg. airfidi? (air)fitiuch, F. 

2. dodensa Y. 

3. issinn aimser sin F. Déna airfidedh dûin, a Doinn-h'i, fo bith as tuas 
dcach airfididli fuil i n-É\rinn .i. i cùisigh 7 i cûislendoibh 7 i cruitib 7 
ranJaibh 7 raidsechoibh 7 righsgélaibh Exreini, 7 isin madin-si imbârach 
dobéramne cath do Laighnibh, B. 

4. Doron«adh Y. 

5. Dollotar F. 

6. iarnabarach F. 

7. cowdrecait F. 

8. For the rest of this paragraph F has only : Cath Ahiiahie ainm in 
catha sin. 

9. gaimtheach Y. 



Tlie Bdttle of Allen. 51 

bô », qiioth Fergal — for Donn-bô was the oest minstrel in 
Ireland both tor stories and staves and pipes and every otlier 
kind of amusement ^ Said Donn-bô: « I cannot hâve a 
single Word on my lips to-night, so to-night let some one 
else amuse thee. Howbeit in whatever place thou mayst be 
tomorrow evening I will make minstrelsy for thee. But to-night 
let Hua Maiglinni amuse us, for he is the king-buffoon of 
Ireland ». 

8. So thus was it donc on that night. Hua Maiglinni was 
fetched to them, and he began reciting the battles and valiant 
deeds of Conn's Half and of Leinster, from the Destruction of 
Tuaimm Tcnbath, that isof Dinn Righ^, in which Cobthach 
Coelbreg was killed, down to that time. And it was not much 
sleep that thcy slept that night because of the greatness of their 
drcad ot the Leinstermcn, and because ot the greatness of the 
storm, for it was the eve of the feast of Finnian in the 
winter3. 

9. On the morrow the Leinstermen marched to Cruachan 
Claenta4, because the Leinstermen are never defeated if they 
hold their council (of war) there and thence proceed to 
battle. Thereaftcr they came to Dind Canann^. 

10. 'Tis then that Conn's Half and Leinster came together, 
and then was fought the fiercest battle and fray that had ever 
been delivered in L'eland. Mighty and manly was the slaugh- 
terous, perilous combat fought at that time. Many were the 
sons of kings and princes and magnâtes and tanists of lords 
themselves, and nobles of good race, in lack of their life. 



1. According to B : « makc minstrelsy for us, O Donn-bô, because 
thou art the best minstrel in Ireland in... and on pipes and harps, and 
in staves and Icgends and king-storics of Etin; and this morning to-mor- 
row vve will deliver battle to the Leinstermen. » 

2. See the taie, LL. 269», Zeitschrift f. Ccltische Philologie III, 1-14. 
This destruction is said to hâve occurred as far back as A. M. 56S2. 

3. i. e. the iith December. 

4. i. e. the round hill of Glane, about five miles N. E. of Allen, 
O'Don. 

). Now Duncannon, nearlv midwav between Glane and the Hill of 
Allen, O'Don. 



52 Whitley Sîokes. 

Ba buideach Badb birach belsal(7r/; in uair sin, 7 bad bronaig^ 
xwàthaiï baeid ig gui 7 ig goXgain ac cainead na saerclrtn/î in 
uair sin. 

11. Ni ro an tra, 7 nir' tairis m(';/ma Colniiit cilli ar Uib 
Neill isin cath sin, la faicsin- mBrigdi os cath Laign; ac fubdad 
sloig Leth'i Cuind, aviad la faicsin mBrigdi amlaid sin ro 
mebaid in cath ar ¥ergal 7 ar Leth Cuind ria n-Aed3 .i. ri 
descein Laigen, 7 is é sin ro marb Vcrgail 7 Buan mac Baili 
ri Albfl;; t, 7 condorchair Dond bo dinni ro marbad Yergal. [Ni 
ro marbud Fergal ^ co torchair Donn bô.] Ata duin Cnoc [Fergail, 
B.] 7 Bri Buain maie Baile ri Albaii andsin beos. 

12. Seasca ar cet ro marbad and d'amsaib in rig and .i, 
Conall Meand ri Cçnml Cairpr/^, 7 ¥orhusach ri Cencoil 
Boguine, 7 Fergal hua hAithechda, 7 Fergal mac Echdacb 
Leamnai ri Tamnaigi, 7 Condahch mac Conaing, 7 Eignech 7 
mac Olcan, ri na n-Aïrther. Coibdinach^ m^c Fiachrach 7 
Muirgius mac Cona'ûl, Lethait[hech] maie Ccwcarad9, 7 Acd- 
gen h//a Mathgne, Nuada m^c Oirc'° ri Gall'^ 7 dech '^ hiii 
Mx'ûï fithrig. At e and sin tra riga in tuaiscr/rt doc^'rsad isin 
chath sin. 

13. At iat-so ïmDiorro riga H/h/ Neill in deisc/rt ro mar- 
baid'3 and .i. Fland mac Ragnaill ^^, Ai//ll mac Feradais:, Aed 
Lâïgmch hila Qrnaig, Suibni mac Co;;galaig, Nia m^c Cor- 
maic, Dub da crich mac Duib da mher, A///11 mac 



1. hronaid Y. 

2. hascin F. 

3. cur roemid in cath re n-Oed, F. 

4. Y adds : 7 Dond bo 

5. F préfixes the words: ni ro marbad Ferga/. 

6. Çonall mac ng ceineoil Conaill Coirpri, F. 

7. Eicnecii F. 

8. Coibdenach F. 

9. Cowcharat F. 

10. Eirc F. 

1 1. riguill F. 

12. Dcich F. 

1 3. marbait F. 

14. RogeUaiii F. 



Tlh' Battlc of Allen. 5? 

Thankful was the javelin-armed foul-mouthed Badb'that 
hour, and sad were the loving mothers, wailing and lamen- 
ting and keening for the noble children. 

11. Now in that battle the mind of Colunikill did not 
rest or stay for the Hùi Néill, for above tlie battaHon of 
Leinster he saw Brigit terrifying the host of Conn's Half3, 
whereupon Fergal and the Northerners were routed by Aed 
the king of South-Leinster. And it was he that killed Fergal 
and Buan son of Baile, king of Scothind. And Donn-bô fell 
since Fergal had becn killed, but Fergal was not killed until 
Donnbô had flillen (in his defence). « Fergal's Hill » and 
« Buan mac Baile's berg » are still there. 

12. Of the king's soldiers one hundred and sixty were 
killed there, to wit, Conall Mcnn, king of the Kindred of 
Cairbre, and Forbasach, king of the Kindred of Boguine-^, 
and Fergal hua Aithechdai, and Fergal son of Eochaid Lemnai, 
king of Tamnach, and Condalach son of Conang, and Ecnech 
son of Olcu \ king of the Airthir, Coibdenach son of 
Fiachra and Muirgius son of Conall, Lethaithech'^ son of 
Cù-charat and Aedgen hua Mathgne7, Nuada son of Orc ^, 
king of the Foreigners, and ten descendants of Mael-tithrig9. 
Those are the kings of the North who fell in that battle. 

13. Now thèse are the kings of the Southern Hùi Néill 
who were killed there, to wit, Fland son of Ragnall '°, Ailill 
son of Feradach, Aed Laignech hua Cernaig, Suibne son of 
Congalach, Nia son of Cormac, Dub-da-crich son of Dub-da- 

1. one of the three Irish war-goddesses : see Hennessy's. paper, Rev. 
Celt., I, 32, and Lottner's note, ibid., 55 ; see too Bruden dâ Derga § 122 
{Rev. Celt., XXII. 294), and Three Fragments, 190. 

2. the principal patron of the Cenél Conaill, O'Don. 

3. So at the battle of Dûn bolg, A. D. 870, the Leinstermen relicd on 
their patroncss S. Brigit, whiletheir opponents, the men ofOssory, trusted 
their patron, S. Ciaran of Saighir, Three Fragments, p. 190. 

4. Ceih'l Cairhri now the barony of Granard, co. Longford. Cenél Bog- 
haine, now Bannagh in the west ot the co. of Doncgal. O'Don. 

5. Colgu, Four Masters, 718, Ann. Ul. 721. 

6. Leathaithaech, ibid., 718. 

7. Mathghamnae, ibid. 

8. Ere, iliid. 

0. dechnebhar do hsiol Maelefithrig, ibid. 
10. Raghallach, ibid., Rogellnach Ann. Ul. 121. 



5 4 Whiticy S'okes. 

ConaWl Grant S Flaitheanv//7mac Dluthaig, ri Corp/7 Cruim, 
Ferg//i- o hEog^?/». Hic lotus numiriis de reigib//j- ccciderunt 
et àln .ix. - uobtiles. uii. M. cccidcrunt ' in [eoj bello ab 
ulroque exercitu. 

14. £"/ inde Nuadu htiû Lomthuilc dixit : 

Mcdon laithi Almaine 4 
ag cosnînn buair Bregmainc, 
ro la Badb beldcrg birach 
ilach im clieand Feargaile. 

Scarais Murchad fri midlaig, 
mrogais trénu S for talmain 6, 
dosoi focbar fri Fergail?, 
co féin dtTmair des 8 Almain. 

Adbath9 cet ruireach rathach 1°, 

co cet ' I costadach carnach, 

im naei ngelta gin mini '2, 

im secht '5 mili ïer n-armach. M. 

15. A tcrtkl. [leg. tertid] Decinip/V arai laitlii mis g/vne, 7 
dia mairt arai laithi scchtma'mè, ro figead cath Almaine't. 

16. IS and sin ro gabad Hi'ia Maiglindi .i. in rigdruith, la 
Lzlgniu 7 la M/oxhad, 7 doradrïd fair géim^> drûith^*^^ do 
denam. Ba mor va in geim sin 7 ba bind, co fuil géim hiii ^7 
Maiglindi ac sochaide d'fcraib Erenii o sin ille. Dorad^jd iarsin 



1. Graint F. 

2. ix. M. Y. 

3. cecinerunt Y. 

4. medon lai a n-Almaine Y. Dcodh laithe Almaine B. Do dith laithe Al- 
maine, Tig. 

3. imrogœs tren Y. brogais a triuna B. 

6. ittalmuin B. 

7 . Feargal Y* B'. 

8. co fen ndt'rmair de Y. go ffcin dcarmair des B. 

9. Bath ann B. 

10. Y. adds ruamach 

11. For cocet B has cruadhach. 

12. mine Y. 

13. naoi B. 

14. F. omits tliis paragraph and the verses in § 14. 

15. sic B. gem Y. 

16. druith B. druad Y. 

17. gem ua Y. 



The Battle of Allen. ^5 

inber, Ailill son of Con.ill Grant, Flaithemail son of Dlu- 
thach, king of Corbre Cromm, Fergus hua Eogain. Hic 
îotns Jiuiiierus de regibiis ceciderunt, et alii novem uolatilesK 
Septem milia ceciderunt in eo bello ab utroque exercito. 

14. Et inde Nuadu hi'ia Lomthuile- dixit: 

At midday in Allen 

contcnding for the kine of Bregia, 

the rcd-mouthed, javelin-armed Badb uttered 

a paean round Fergal's head. 

Murchad parted from cowards : 
he increased the strong ones on earth : 
he turns a weapon against Fergal. 
with the vast champions south of Allen. 

There died a hundred gracions princes, 
with a hundred brawny guardsmen, 
with nine ferorious flying madmen, 
with seven thousand men-at-arms. 

15. On the ihirJ of the ides of December? as regards the 
dayofthe solar month, and on a Tuesday as regards t'ne 
day of the week, the battle of Allen has been fought. 

16. Then Hua Maiglinni, the royal buftbon, was captured 
by the Leinstermen and Murchad, and he was enjoined to 
make a « buffoon's shout ». Great, then, was that shout, and 
melodious, so that many of the men of Erin hâve « the 
shout of Hua Maiglinni » from that time to this. Then a 



1. As to the beliefs that men struck with panic sometimes become 
lunatics, and that lunatics are as liglit as feathers, see the Battle of Magh- 
rath, p. 25 [. note o, and Tbrec Fragments, p. 41, note d. 

2. I know nothing of this poet. 

5. Ann. Ult. 72:, where ni die feriae seems an error for iii die feriae. 



56 Whitley Stokcs. 

béim^ dàva muncP cor bcanad a chcand de. Adbcraid aroili 
na hcoliich ro bai géim5 hi'ii Maiglindi isinn aér œ ccann i/i 
trath4. IS desin ata géim > hiii Maiglindi ac tofund > na ïcr 
isiri monaid. 

17. IS andsin adbtrt araili laech maith do Cboiwarblaïh 
ria mrtcaib^: Nacham ïachaid, a gillu, ol se: bid fearr-di frib 
menma bar mathrzr dianum-ruca[id]sa lib. Impoid iarsin fris 7 
tocbaid leo he [for crann a sleg F. Nit berad, or Laighin, 
conadh ann sin ro marbhadh Aodii Laighen, ri Hua Maine.] 
Doluid Aed Allan mac Feargaile asin cath co ranic in Gall 
dar' comainm Craibtliech7, 7 adchi[s]seoni^ in Gall ( .i. 
Lincach nô Lilcach Icis) dia comairq//i : Pruidens dldii ainm 
in Gaillsin, [Ycol. 941] co ndeachaid in t-aingel ar in cleith a 
ncbt in clcrig, air doarngert9 bithanad isin chill sin'°. IS 
andsin ■ddhcri Aed Allan in rand sa : 

Ni rancamar ' ' artalmain 12 
Almain badid-rédithir '5, 
ni fuaramar iarsin câtli 
Liicach ' 4 badid-ncmithir ■ S . 



1. bem Y. om. F. 

2. Ro gadadha chcnn iarttain d'Fergal 7 ro gadadhacenn don drûth, B. 

3. Ro baoi raac-alla gheimi an drûith sin aieor go cenn tri la 7 tri 
n-oidhché, B. 

4. gemY. 

5. tafan B. 

6. fria macu F. Doluidh do»o Aodh Laighen mac Fithclieallaigh, ri Hua 
Maine Connacht i râon madlima 7 teicliidli, go n-ebertfria macoibh, B. 

7. lilach Y. 

8. 7 euro ataigh F. 

9. doargewrt Y. 

10. For this sentence B lias: Ro siachtattur imurro a mhic Aodiia 
Laigin im Aodli Allâin mac Fergaile go Lilcach, airm a mbùi mo-Dichu 
mac Amhairgin 7 an Gall Craibhdeach, [marg. Gallus devotus] conadh ann 
sinclaidhisit Hui Néill 7 Connachta cladh na cille, 7 iad i riocht nagcléireach, 
7 as amhlaidh sin ra saoraid tri miorbh;///e na naomh, go fîuil cotach Hua 
Néill 7 Chonnacht 6 sin aie sin cill sin... Ba buadhach tra an la sin do 
Laighnibh. 

11. fFuaramar B. 

12. artalmain Y. ar lalmfl//; B. 

15. bade redigthir Y. badid redithir B. badid réidit/)/V F. 

14. lilcach ulchach Y. lilcach ulccach F. 

15. budi neimidhir Y. badid nemethar 13. nemidir F. 



The Batlle of Allen. 57 

blow was delivered across his neck, so thathisheadwas struck off 
him ' ; and certain scholars assert that his shout remained in the 
air to the end of three days and nights^. Hence is (the saying). 
« Hua Maighnni's shout chasing the men into the hog )>. 

17. Then a certain good warrior of Connaught (Aed 
Laighen, king of Hy-Many), said to his sons 3. « Do not 
leave me, my hids », quoth he: « your mother's love for you 
will be the greater if you take me with you ». So they turn 
towards him and lift him up on the shafts of their spears. 
« They shall not take thee », say the Leinstermen, and then 
Aed Laighen was killcd. Aed Allan son of Fergal fled from 
the battle till he came to Lilcach, belonging to the foreigner 
called the Pious, and entreated the foreigner for his protection. 
Prudenswas that foreigner's name. So that the angel went on 
the roof-beam in the shape of the cleric, for he had promised 
to remain always in that church4. Then Aed Allan uttered 
this stave : 

On earth we never reached 
an Allen that was as smooth : 
after the battle we found not 
a Lilcach that was as bright. 



1. B. has: « Then his head was taken from Fergal and his head was 
taken from the bufifoon. « 

2. B. has « the écho of the buffoon's shout was in the air to the end of 
three days and three nights ». 

3. B has : « then Aed Laigen son of Fithchellach, king of the Hùi Maini 
of Connaught, fled in rout and said to his sons. » 

4. This sentence is obscure tome. B has : « Aed Laigcn's sons went with 
Aed .\llâin, son of Fergal, to Lilcach a place in which were mo-Di'chu son 
of Amargen and the Pious Foreigner, and there the Hùi Néill and the 
Connaughtmen dug the dyke of thechurch, and they in the form ofthe 
clerics, and "tis thus they were saved through the miracles of the saints, 
so that thenceforward there is an alliance of the Hùi Neill and the Con- 
naughtmen in thatchurch... That day was a victorious one for Leinster. » 
Lilcach has not been identified. Hennessy conjectured Bective, co. 
Meath. Ere of Slane is called epscop Liolcaigh « bishop of Lilcach », in 
Rawl. 480 (Proceedings of R. L Academy, Irish ms. séries, I, 88). 



5 s Whitley Swkes. 

[Ba biiadh:ich tra an la sin do Laighnibh — B,] Ro anacht^ 
im/;/('/7'i) Cu-Brctan mac Avngnsii À. ri Fer Rois, [ar na 
runna dorighne an aidhchc rcimhe, B.] 

i8. BaJjr Laig/// tra ac Hcadug/M 7 :\g ol an aidchi sin-. IS 
annsin adbtvt M/vrchad mac Brain re haen dona sluagaib 
hixdar isin tig' tearZ;/ar ceand cind duine isinn armuig, 7 dobt'- 
rad scchi c//mala donti no ragad 4 risin>. Ragat-sa^ and, ar 
aenoclach :\mra d' tcraib M/aiian/. Luid sen amach 7 a errad 
catha 7 comlaind uime, co rocht co hairm a mbai corp Fcr- 
gail. Anirt/ bai[and|co cualaiinni ncsc^n'ri ^ isin àer, ar rocloss 
Liili fris hc'^: Timarnad duib o maig nime '" airiided bar tigcrna 
do denani imocht À. ¥ergal mac Maili duin, [cia] dorochra- 
bair uili in barn-eicsib " sunn arx-n re bar tigtvna .i. ri Fcargal, 
[ni tairniesccadh ertuath no hoccomnart sib d'airhdci/h 
anocbi.t d'Fergal, B.J Ro chualad^z/- [mniorro in ceol iartain, 
her aes dana 7 cornairi 7 caisleannach 7 cruit/ri, co cuala 
imiiiorro na ceola ecsamla, 7 ni cuala riani na iar//ni ceol 
bud ferr. Co cuala d'idii in guth ^- isin tsupilluac/;ra'3, ba bindi 
in ceol isin anad ^4 ceola in domain. 



1. Ro adnocht Y. Ra hanact B. Ro a.nacht F. 

2. I Condail na riogh bâttur Laighin an aidhchi sin ag 61 fina 7 medha 
ar ccur an catha go subhach soimenm[n]ach, 7 càch diobh ag innisin a 
comhramha, is iad medraig medliarchaoin, B. 

5 . fri hoenfer istich din tsluag, F. 

4. noradad Y. 

5. As and sin ra râidh Murchadh mac Brain : Dobhcrainn carpat cethre 
cumala 7 mo ech 7 m'erradh don lâoch no raghadh isin ârmach 7 dobhé- 
radh comhartha cliugainn as, B. 

6. radadsa Y. 

7. ar Baothghalach laoch di Mumain, B. 

8. co cuala in n-escaire, F. go ccuala ni in esgairgairc, B. 

9. ar ro dois uili fri sic, F. 

10. isin aéor os a cinn condi.'pert ar dois, uilc timarnadh duibh 6 righ 
sccht nimhe, B. 

11. inbhar n-àois dàna, B. 

12. crôinsig F. 

15. san tsup luachra F. go ccùala da;io san tum luachra ba nesa dhô an 
tord fiansa ba binnc céolaib, B. 
14. oldat F. 



The Batlle of Mien. 59 

So that was a victorious day for Lcinstcr. Howhcit Ci'i- 
Bretan son of Oengus, king of Fir Rois, was protectcd 
because of the quatrains which hc liad madc the night 
before. 

18. Now tliat nio;ht the Leinstcrmen were feastins and 
drinking'. 'Tis then Murchad son of Bran told one of the 
troops which were in the house to go into the battlefield for 
a man's head, and that he would give seven cminils to him 
who should go for it-. « I will go », says Baethgahtch, a 
vahant warrior of the men of Munster. Forth he fared, wear- 
ing his dress of battle and combat, till he reached the place 
where Fergal's body hty. As he w-as there he lieard the 
procLamation in the air, for ah heard it : « Ye hâve been 
commanded from the PLain of Heaven ^ to make minstrelsy 
to-night for your lord, Fergal son of Mael Duin. Though ail ye 
poets4 hâve fallen hère together with your lord, let 
not fear or feebleness prevent you from making music to- 
night for Fergal ». They heard the music afterw^ards, both 
poets and hornplayers and pipers and harpers, and he (Baeth- 
galach) heard the varions mélodies ; and never did he 
hear, before or after, better music. Then he heard a voice 
(from a head) in the wisp of rushes, and sweeter was that 
tune than the tunes of the world '• ! 



1. For this sentence B has : « At Condail of the Kings the Leinstcrmcn 
were that night, aftcr fighting the battle. a-drinking wine and mead, 
joyously and in high spirits, and each of them recounting his trophies, 
and thev jolly and mirthfuUy talking. » 

2. B has : Then said Murchad son of Bran « I would give a chariot 
worth four c?/»/(;/.'; (twelve cows), and mv horse, and my "battledress to 
the warrior who would go intq the battlefield and bring us a tokcn from 
it. n 

3. From the king of seven heavens ;> B. 

4. cf. Pedersen, Ta se va ri'gh, Celt. Zeitschr. II, 379, where hc cites zV 
bés dâibsi infar n-Ultaib, LL. Ii2b47, is f;ess ddib iiifar n-ÙUaib, LL. 65t'43. 

5. B has : « so then he heard in the clump of rushes that was nçxt him 
a dord fiausa that was the sweetest of mélodies. » 



6o Whitley Stokcs. 

19. Luid in t-ochicch iarsin ina doc/;/(m '. Na tairr cuc/<m, 
ar in cenn fris. 

Cid on, c'màus atai, ar in t-ochiech. 

Misi Donn bo, ar in ceand, 7 ro naisced orm airfidcd dom 
thig^rna anocbl À. do Fergal : ni do M/^-chad itt'r, ar in ccand, 
[7 na erchoididh diiam, B.] 

Cait - ata Fergal fen, ar an t-oclaech. 

Is e a chorp in taitneamach rit anall, ar in ceand 5. 

Ct's/4, ar in t-oclaech, cia nod-her lium. Is tu is deach 
lium. 

Nom-brra ar bith, ar in ceand, acht nama menum-berad 
Crist mac De. Dia nom-brra, arin ccnd, curam-tuca doridisi^ 
com cholaind^. 

Dot-b^rtar eigin, ar in t-oc\accb. 

20. Dochuaid imworro in t-oclaecii dia thig 7 in ceand lais/. 
[7 fuair Laighm og 61 ara chenn 'sin aidhchi cétna, B.J An 
tuca/5 lat ni asan armuig^, ar Mwrchad. 

Tuais tra, arin t-ocl^ech [cenn Dhuinnbo, B.] 

Tobair9 ar an uaitni thall^°, ar Mwrcad. 

Dorât in slog uili aichni ar in ceand, 7 raidsead^^ uli : 
Nirb [sjirsan duid, a Duind bo, bith amlaid sin. IS tu is ailli 
7 is fearr airfidid bai i n-Er/m/! 

21. Maith, ar in laech das-bert a maig in ceand, dena airfi- 
ded duind, a Duind bo, fodaig M.aic De .i. Isa Crist, 1 ndea- 



1. dia ndocum F. 

2. Caide F. 

3. Asé do aithtne frit anall, B. 

4. Cesc F. /■ 

5. dorigisi Y. 

6. Nombéra, ar an cenn, acht rath Crist dod chinn da nom-ruga go 
dtuga mé ar amus mo colla doridhisi, B. 

7. Dobér cgin, ar an t-ôglaoch, 7 impoi an t-oglaoch 7 an cenn lais cor- 
rige Condail, B. 

8. An ttugais comartha lat? B. 

9. Fuirim B. 

10. Tabuir forsinn uaithne tall, F. 

1 1 . aithne fair 7 dorâid F. 



The Battte of Allen. 6i 

19. Then the warrior went towards it. « Do not corne to 
me », says the head to him. 

« What ? how art thou ? asks the warrior. 

« I am Donn-bô, « says the head ; « and I hâve been pledged 
to make music to-night for my lord, that is, for Fergal, not 
bv any means for Murchad. So do not annoy me ». 

« Where is Fergal himself ? » says the warrior. 

« That is his body, the shining one^ bcTond thee », says 
the head. 

« A question», says the warrior: « whom shall I take with 
me? 'Tis thou whom I most prefer ». 

« Thou shalt take me », says the head 2, « but only if 
Christ the Son of God take me. If thou take me », says the 
head, « bring me again to my body 3 ». 

« Indeed thou wilt be brought », says the warrior. 

20. So the warrior went to his house and the head with 
him S and on arriving he found the Leinstermen carousing 
that same night. « Hast thou brought anything from the 
batiletield > ? », says Murchad. 

« I hâve brought Donn-bô's head », the warrior answered. 

« Put it on the pillar yonder », says Murchad. 

The whole army recognised the head, and they ail said : 
« It was no luck for thee, O Donn-bô, to be like that, for 
thou wert the best and most beautiful minstrel in Erin 1 » 

21. « Well », says the warrior who brought the head from 
outside, «make minstrelsy for us, O Donn-bô, for the sake of 



1. cf. huas mo lebrin ind lînech « over my booklet the lined one », Sg. 
203 ; a rose a ngU se, « his eye this bright one », St P. II, 5. do rdith a 
aithig in trûaig « for her vassal, the wretched one ». Brocc. h. 60. 

2. For other instances of a severed head talking, see the Tdin hô 
Cuainge, LL. 94» 12, and Cormac's glossary, s. v. oir trêilh. 

5. B has : « thou shalt take me », says the head : « but if thou bring 
me, may the grâce of Christ be on thee if thou bring me to my body 
again. » 

4. B has : « I will bring thee indeed », says the warrior ; and he relurns 
with the head to Condail. » 

). « Hast thou brought a token with thee? » B. 



62 ■ Whiilcy Slokes. 

chaid 'Tiûis. Airfid Laig;//» anocbt feib ro iiirfedis do thig^rna 
o chianaib ^ 

22. IMpais [De^nnbô, F.] iar//m a aiged re fraighidh in tigi 
ardais^ cumad dorclia do, 7 tocbais a chruisich os airdco mbo 
bindi [oldas F.] cach ceol ar tuind talm.in, co mbad^rr in slog 
uili a^T cai 7 ac toirrsi ria truaigi 7 ri taidiuiri in ciuil ro 
chan-. 

23. INtan tra ba scith in slungh ac toirrsi ac estechd frisin 
ceol, luid in t-oclaech ct^Vna lasin cend co rlacht an corp. 
Maitlî em, ar in ceann risin oglaech, tuidmi [dam F.] mo 
cheand rim chorp. Coraigis5 didii in t-oclaech in cend risin 
colaind, 7 leanaid de focMoir : do comall brethri Coluiin 
c'iWc on, air is e Col///// cille bai 'na slanaiger/;^ fona lecht i 
tuaid-* doridisi doc/;//m a màthar'\ co ro indised scela in 
catha 7 aided^ Ferg(7/7 disi 7 do chach/. 

24. Ann ecmais^ àono Cathail [col. 942] maie Findgaine 
ro fersad9 Laig/n in cath-sa Almaine, 7 rob olc ria Cath/?/ in 
cath do chur ina aecmais fen '°, 7 adcualad/r/- Laig/// grog" Ca- 
tha/7 do b^/7h riu, conxà hi comairli doronsad : ceann Fergail 
do breith co Catha/ da comaideam in gnima'^ Rucad iarsin 

1. TuCTsat an sluagh uile aithne fair gur bc cenii Duinn bô, 7 as edli ro 
raidhsid uile : Dirsan dhuit, a Duinn bô, bâ caomh do dealbh, déna airfi- 
àedh. dhûinn anocht, febh dorignis dot tigherna imbuarach, B. 

2. Impo;V/ner a aighi^i/; àono 7 attracht a dord fiansa attruagh ar âird 
go mbâttur uile ag câoi 7 ag tuirsi, B. 

3. Coraigid F. 

4. tuaig Y. 

5. 7 do comallad breithir nDé 7 Cohiiin cille ria slânaisec fo tuaid docum 

a mdlhar doridhissi, F. 

6. aiged Y. 

7. For § 23 B bas : Idhnaic/Jh an Lioch cédna an cenn dochum a choUa 
amliail ro gheall, 7 coirghidh é ar a mheide. Cittracht rainic Donnbô go 
tech a mh^thar, uair as siad tri' ionganta an catha sa .i. Donnbo do roch- 
tain 'na bhcthaid gonige a thech dar cenn breithre Coluim cille, 7 géini 
an druith Hûi Maigléine tri la 7 tri haidhche 'san àeor, 7 na naoi mile do 
foriiaisligh an mile ar fichit. 

8. In ecmuis F. 

9. ro cuirsit F. 

10. 'na ingnais F. 

1 1. grucàn F. 

12. do commaid(im in ch) atha F. 



The Battle of Allen. 63 

God's Son, (to wit, Jésus Christ, into whose présence lie had 
gone). Amuse the Leinstermen tonight as thou amusedst 
thv lord not long ago ^ ». 

22. Then Donn-bô turned his face to the wall ofthe house 
so that it might be dark to him, and he raised his crninsecb (?) 
on high so that it was sweeter than any mclody on the 
earth's sward ; and ail the host were weeping and sad at the 
piteousness and misery ofthe nuisic that he sang ^ 

23. No\v when the host was weary of the sorrow caused 
by listening to the music, the same warrior went with the 
head till he reached its body. « Good indeed ! » says the 
head to the warrior: « join my head to my body ». Then 
the warrior fitted the head to the body and straightway it 
adhered thereto+. That took place in order to fulfil Colum- 
kill's word, for Columkill was security that Donn-bô should 
go northward again to his mother3 and tell to her and to 
every one tidings of the battle and Fergal's death >. 

24. The Leinstermen had delivered this battle of Allen in the 
absence of Cathal mac Finguini, and Cathal was grieved 
that the battle was fought while he himself svas away. They 
heard ofCathal's grudge against them, so this was the counsel 
they framed, to carry to Cathal Fergal's head as a trophy of thé 



1 . B bas : « Ail the host knew it, that it was Donn-bô's head, and this is 
what they ail said : « Sad for thee, O Doiin-bol Fair was thy form ! 
Make minstrelsy for us to-night as tliou hast niade it for thy lord in the 
morning. » 

2. « bo his face is turned, and his plaintive dord fiausa rose on high, so 
that ail were wailing and sorrowing » B. 

S. F has: « and the word of God and Columkill was fulfilled for his safe 
return northward to his mother. » 

4. So St. Ciaran replaces Cairbre Croin's head, Lismore Lives, pré- 
face XVIII. 

5. For §236 has : « The same warrior conveys the head to its body, as 
he had promised, and adjusts it to its neck. In a word, Donn-bô reached 
hismother's house, for thèse are the three wonders of this battle, Donn-bô's 
getting home alive in conséquence of Columkill's word, and the shout of 
the buffoon Hua Maigleini for three nights in the air, and the nine thous- 
and prevailing over the twenty-one thousand. » O'Donovan compares the 
three wonders of the Battle of Moira, p. 282, viz. the defeat of Congal 
Claen, the madness of Suibne Geilt, and Cennfaelad's loss of his « brain 
of fora;etfulness. » 



64 Whiiley Stokes. 

in ceand siar co Cathal, aviad anJ sin ashtTt Rumand fili Fer- 
gail and so : 

Ro hith Fergal, fer cain cnedhniar ' 
g?ib glond galann, 
ro gob - oengol ama// toraind 
ota Indsi Mod co Manann. 

25. IS andsin dïdn bai Cathal a nGlendamain na rig ac 
Sleb Chrot, 7 inslog dodeochaid lasin ceand, ro tiiaWad amar- 
bad la Cathal, uair ba holc lais dith Fergail darceand a 
shida 3. 

26. Do foilced, ro figedh, ro slemanchirad do chind Ftv- 
gail iarsin la Cathrt/4, y dohrclha breid sroill uime4 iarsin, 7 
dobn'/ha sechl ndoim 7 secbt muilt 7 j-tr/;/ tindi, 7 siad uili 
fonaigthi, ar belaib cind Ftvgail. Ro himdtTgad iarsin imon 
ceand a tiadnaisi ier M//man uili, 7 dofoslaic a shuili ria Dia 
doaltug»d> na hairmiden 7 na honora moiri sin lucad do. 
Ro fodlad iarsin la Cathal in biad sin do hocbtaih na cell 
comfbc//i- bai doib .i. Ath Chros MoLaga 7 Tulach Min 
MoLaçia. 



27. Luid iarsin Cathal co ngleri tinoil fer M/vman les 
d'idnocol chind Fé'/'gail, co mo tarad fen d'Uib Neill, 7 co 
tarad rigi Htia Neill do Flaithb^rtach nwc Aeda, 7 flicbais 
Cathal amlaid sin iad, 7 tanic co Gleandamain na rig i cind 
chaectigis ar mis. 

28. IS iarsin tra ro figh cocad mor i Laignib inagaid Ca- 
thail maie Findgune, 7 co ro thinoil Cathal fir[u] Mwman les, 



1. eetinmar F. 

2. ro gab F. 

3. (dar)cenn tsi'dha F. 

4. Ro loilced iartain cenn Fergail la Cathal, 7 dobreth bréit sroill imnie 
F. 

). atlaghadh F. 



The Battle of Allen. 65 

action. Thereafter the head was taken westward to Cathal ; 
whereupon Rumann, Fergal's poet, said : 

Fergal lias been slain, a man fair, full of wounds, 
a griffin, a champion, a foe : 
there is one wail like thunder 
from the Clew Bay islands to Mann. 

25. Cathal was then dwelling in Glendamain ' ofthe Kings 
at MoLint Grud-; and lie tried to kill the troops that came 
with the head, for Fergals destruction, in violation of his 
peace5, was grievous to him. 

26. Then Fergal's head was washcd and plaited and combed 
sniooth by Cathal, and a cloth of vclvet was put round it, 
and seven oxen, seven wethers and seven bacon-pigs - — ail 
ofthem cooked^ — were brought before the head. Then the 
head blushed in présence of ail the men of Munster, and it 
opened its eyes to God to render thanks for the respect and 
great honour tliat hai been shewn to it5. Then that food 
was distributed by Cathal to the poor of the ncighbouring 
churches, to wit, Ath Gros Molaga^ (the Ford of Mo- 
Laga's crosses) and Tulach Min Molaga/ (the smooth Hill 
of MoLaga). 

27. Atter that Cathal went with a chosen gathering of 
the men of Munster to bury Fergal's head, and he himself 
gave it to the Hiii Néill, and he conferred the kingship of 
the Hûi Néill on Flaithbertach son of Aed. Thus then Cathal 
left them, and at the end of a month and a fortnight he came 
to Glendamain of the Kings. 

28. Now afterwards a great war against Cathal mac Find- 
guni sprang up in Leinster, so Cathal mustered the men of 

1 . A valley near Molana, \n the barony of Coshmore and Coshbride, in 
the county of Waterford, O'Don. F. M. 945, note p. 

2. In the county of Tipperary, F. M. 1058, note y. 
5. See above 3 i . 

4. Cf. « the funeral baked méats », Haiiikt i, 2. But the « baked méats « 
hère, and in Romeo and JuUet IV. 4, are said to mean « pastry ». 

5. For the usual practice of treating the heads of conquered kings (put- 
ting them under the conqueror's thigh), see Three Fragments 212. 

6. Now Aghacross, N. of Fermoy. 

7. Now Mitchelstown, co. Cork: see Mart. Gorm. Jan. 20, gl. 3, and 
Ann. Ult. 1505, note 10. 

Revue Celtique, X.KIV. 5 



66 Whitley Stokes. 

7 co ndeachaid anagaid Faelain rig Laigen co Laignib uili 
araen ris, 7 cuinher and sin catli Fcli ner Faelan 7 Cathal, 7 
doar Faelcar ri Osraidi and, 7 brist^/' an cath ar L^'ignib. 



2<^. Imscan^d Oxûiail 7 Laigin <:o;migi sin. 

Finit, amen. FINIT. 



The Baltle of Allen 6-j 

Munster and marched against Faeldn ^, king of Leinster, who 
had ail the Leinstermen along with him. And then the 
battle of Feile^ was fought between Faeldn and Cathal-î, and 
Faelchar-1, king of Ossory, fell there, and the Leinstermen 
were defeated. 

29. So far the severance of Cathal and the Leinstermen. 

It endeth. Amen. It endeth. 



1. he died, according to the Four Masters, in 744, iar ndeighhhethaidh, 
« after a good life ». 

2. This seems to be the battle of Belach Ele, Four Masters, 731. If so, 
ihe f o( Feik is prothctic. 

3. he died, according to the Four Masters, in 737. 

4. Perhaps we should read (with the Four Masters, 731) « Cellach son 
of Faelchar ». 



68 Whitley Stokes. 



GLOSSARIAL INDEX 



ad-àgur I dread, près. ind. pass. sg. sg. 8. d. ni dgor Sg. 112. 

ad-gliunn 6, I seek oui, examine. Cf.fo gliuim (cf. doceor) C. Pr. 59-^. 

attrûagh 22 B. vei-y ivretched. Cymr. athrn, 

bad-id 17, cf. Rev. celt., XX, 261. 

béim dar a munél iG décapitation, lit. a WtKc ovcr his ncck. 

bélderg, 14, 19, red-vwiithed . 

bcl-salach 10, Joul-mouthcd . 

birach 10, 14, verutiis, arnied u'ith a javcVni or dart. 

bitli-anad 17, evcr-ahiding. 

bûarach ; imbuaruch 21 B, a a/i/Vc ago, v. Zimmcr, KZ. XXX, 13, and K. 

Meyer, Contribb. 286. 
carnach 14 flesby} brawny} « victorious », O'Don.; but this is ccnhich. 
cenn roof, dat. ciunn 4, 6: cf. cenn francach, Aiin. Ult. III, 160, cenn 

luaidi, Ir. Maundevile 69. 
cennmar 24 F. great-headed . 
cittracht 23, note 7, = cid tra acht. 
cleith 17, dat. sg. of cleth roojheam. 
cloisim Ihear, prêt. sg. act. sg. 3 ro dois 18. 
cnedmar 24, //(// of wounds. 
commàidem 24, triumph. 
commôï3.\mI co)Uend, ro commorad 10. Cf. co»/w(i/7//5Wettstreit, Ir. Te.xte, 

III, 1,277. 
costadach 14, derived from costud hère perhaps a loan from cusiodia ; elsewhere 

from Lat. consiietudo. 
cotach 17 B. treaty. 

crôinsech, ace. croinsig 18 F. a deriv. of tlie crôn in crûnan} 
cruisech (?) ace. crusich 22, leg. cruinsighl crôiiisigh} 
cùisech(?), dat. cuisigh 7 B. a scribal error for cruinsigh} crôinsigh ? 
cuislennach iS, piper. •;, a collective, from ihe stem oî cnislr. 
dagaid 7, at night. 
dar cenn a sida 25 « in considcratio)i of his peacc » : cf. dar cend frithaisceda 

LL. 262^ 38. 
dirsan 2 B, sad. Corm. s. v. fc: et. sirsan. 
do-ailh-tne 19 B. slnncs, ortliotonic form of the enclitic taitni. 



\ 



The Battle oj Allen. 69 

doinenn stonn, gen. doininne 8. 

dord iiansa 22 B. is variously explained as = dord fiannachta, Ir. Texte 

IV, 398 « wild song », « niurmuring music of Find and his warriors » 

the battle-cry or war- chorus, « a species of wooden gong music pro- 

duced bv striking togetlier the handles of a number of brazen [?J spears 

so as to accompany or blend with the voices of a chorus of singers » 

O'Curry, Manners and Customs III, 311, 317, 377, 378, 380, 571. 
dreman 6, violent. 

é-comnart 8, feebleiiess, Cym. annghyfiicrth. 
erfùath 18 B. horror. 
escaire 18 F. prùdamatiou, esgaire, O'Mulc. 830 perhaps esgre, Cambray 

sermon, escair-gaire 18 F. 
flânas championship, gen. fiansa 18 B, 22 B. fri tiannas, LL. 32». 
fichini / boil, spring iip, O'R. prêt. sg. act. sg. 3 rofich. 
ffchda 10 rvarlike, combative, piignacious. 
galann 24, .i. nâmha, foe, O'Cl. .i. gaisgeadh bravery, O'Cl. doringned 

guingaland, LL. 258^15. 
géim druad 16 lit., a druid's sboiit, but prob. re^id gêini driîith « a buffoon's 

shout ». 
geha M = uolatilcs 43, hmatics caused by terror, who were supposed to 

fly like birds. 
glére 27, choice, gléire .i. togha, O'Cl. cf. glan-glére, Mart. Gorm. May 28. 
glés ech 3, seems to mean training of horses ; but O'Don. translates do 

glès by « to harness ». 
glond 24, a champion} cf. da glond na cath, Bk. of Fenagh 14^. 
grib 24, a griffin. 
gribdu (Ms. griabhdha) 5, compar. of gnh&A. pleasantl mnâ glana gribda, 

LU. 38i'23, gillai gribdai grâda, LL. 201^19 cited by K. Meyer, Aisl. 180. 
grue (ms. grug) 24 sulking, grudge : Abimel sala siît mairg, risa nibia a 

saer grûc, LL. 143^15. hence grucan F. 24. 
guinech 10, slaughterous, comlonn guineach, YBL. 919. 
immadall 4, ioniadhall .i. cionta, evildoings, O'Cl. 
imscarad 29, severance: iarfaigis de cind»s no biad a imscarad, .\ided Crim- 

thainn § 11. 
inbar n-eicsib 18, ye poets. 
mac alla 16 B. écho, lit. son of a cliff. 
medar-chciin 18 B. mirthfully talkiug. 
mi-costad 4 B. misbehaviour. 

midlach cmvard, nom. pi. for ace. pi. midlaig 14. 
mrogaim I increase, s-pret. sg. 3. mrogais 14. 
muinter f. jamilia, but in 6, fainuhis. 
némithir us bright 17, equative of niam brighl. 
ô chianaib 21, a ivhile ago. 

olc bad, rob olc ria Cathal, 24, ar ulc (ulcaib Y.) fri Catliali. ba holclais 25. 
raidsech 7 B. a silly taie ? Aduath do airscelaib. Miscais do raidsechaib, LL. 

371C51. 



70 Whitley Stokes. 

rann espa î, lit. a quatrain of idleness, perhaps a uianton stave, a bawdy-song. 

rathach 14, ^rac/oM^, deriv. of raih. 

rédithir as smooth, 17, equative oï rèid « smooth ». 

rig-scél 3, a taie about kings, pi. dat. righscélaibh 7 B. 

ro duine a magtiate, a noble, pi. ro-daoine 10. 

segainn clever, ingénions 7 suî slân seghainn sochlach, F. M. 868, compar. 
seghaine 3 « more entertaining », O'Don., seems cogn. with seaghdha 
.i. ealadhanta, O'Cl. 

sirsan 20 = sirson (gl. euge), Thés. pal. hib. I, 3 : cf. dirsan. 

slânaigecht 23. légal security, giving securily, iudcnuiifying. 

slân-aisec 23 F. a safe return. 

slemon-chi'raim, I comh smooth : prêt, pass sg. 3 ro slemanchirad 26, pi. ro 
slemun-chirtha a fuilt LL. 174'' 45. 

sop ^visp, dat. sg. sup. 18. 

taidiuire 22, better loidiûire, misery, ace. fri todéri, Aug. 24a, deriv. of 
todiûir « misérable ». 

-tim-com-art 6, has constraineâ, t- prêt. sg. oï do-imm-urc I constrain: the 
com is a perfective prefix, as in d-a-im-choni-arr Ml. 77» 12. 

-timmarnad 18, timarnad LL. 117» 16 and Ir. Texte I 209, 212 = do-imm- 
arnad Ml. 34*6, perf. pass. sg. 3 of -timnaim I conimand: wrongly 
explained as a subst. by O'Clery, O'R. and Windisch. The -ar, seems a 
perfective prefix as in to-er-baig, LU. ii^ 21. See Sarauw, Irske Studier, 
p. 46, and KZ. XXXVIII, 177. The prêt. act. sg. 3 oi timnaim (to-imm- 
dnaini) occurs in the Kilnasagart inscription with an infixed pronoun, 
viz. tan-imm-air-ni, and cf. timairne, Rev. celt., XV, 491. 

triallaim / try, prêt. pass. sg. 3 ro triallad a marbad 25 : cf. co trialta a 
ndith, Ir. Texte, I, 73. 

tuidmim I join, 1 affix, imperat. sg. 2 tuidmi 23. tuidmithe, Ml. 58-'9. 

trillsi a thréoir, 5. B. meaning? 

tord fiansa 18 B. doubtless an error for dord Jiansa, 22 B. 



NOTES D ONOMASTIQUE PYRENEENNE 



Les travaux publiés jusqu'à ce jour sur l'onomastique pyré- 
néenne sont nombreux et fort dispersés; l'aspect singulier des 
noms propres que l'on trouve dans les inscriptions romaines 
des Pyrénées françaises, intrigue depuis longtemps les philo- 
logues et les solutions les plus diverses ont été proposées pour 
expliquer ces singularités. 

D'autre part nous ne connaissons que depuis peu de temps 
d'une manière relativement exacte les inscriptions romaines 
de cette région. Les résultats remarquables des patientes re- 
cherches de Julien Sacaze ont été publiés après sa mort dans 
son beau livre sur les hiscriptions antiques des Pyrénées (Tou- 
louse, 1892, in-8°). En février 1899 M. Hirschfeld, en pu- 
bliant enfin le premier fascicule du tome XIII du Corpus 
Inscriptionuni Laiinarnm, a amélioré encore la lecture de plus 
d'un texte et a donné aux travailleurs un répertoire aussi riche 
que précis. 

A l'heure actuelle les documents sont donc connus avec une 
précision suffisante, mais il reste à les grouper et à les catalo- 
guer: c'est pourquoi je n'ai pas cru inutile de dresser une 
liste alphabétique des noms propres indigènes qui se rencon- 
trent dans les inscriptions romaines des Pyrénées. 

Une hste analogue a déjà été puMiée deux tois : la première 
par Achille Luchaire dans ses Etudes sur les idiomes pyrénéens 
de la région française (Paris, 1879, in-8°), p. 45-61; la 
deuxième par Emil Hûbner dans ses Momimenta lingnae iberi- 
cac (Berlin, 1893, in-4°), p. 253-254 'et 261-264. Ces deux 
listes sont des plus imparfaites et ne sauraient suffire aujour- 



72 Se\mour de Ricci. 

J'hui : celle Je Luchaire ne contient que 241 noms tandis que 
j'en signale 400 ; celle de Hûbner renferme plus d'un nom 
mal lu ou inventé par des fluissaires comme Dumège; enfin 
l'une et l'autre ont été publiées avant que n'aient paru les 
Inscriptions antiques des Pyrénées àe Julien Sacaze. 

La base de mon travail a été le Corpus, contrôlé incessam- 
ment, d'abord par l'ouvrage de Sacaze, et ensuite par mes 
propres copies de près de deux cents inscriptions, copies prises 
par moi en septembre 1902 avec le Corpus et Sacaze à la main. 
La lecture de ces noms peut donc être considérée comme 
certaine, chaque fois que je n'ai exprimé aucune réserve : j'ai 
cru devoir, en effet, signaler par une remarque spéciale tous 
les noms que nous ne connaissons que par des inscriptions 
disparues, illisibles ou dont le texte ne paraît pas avoir été 
bien copié. De même, chaque fois qu'il peut y avoir incerti- 
tude soit sur la lecture d'une lettre, soit sur la division des 
mots, soit sur l'étendue d'une lacune j'ai eu soin de le noter: 
rappelons que le signe ...] ou [... indique une lacune de lon- 
gueur indétenpinée et que les lacunes dont la longueur est 
connue sont représentées par des crochets [ ] contenant au- 
tant de points qu'il parait manquer de lettres. 

La première liste contient les noms de dieux, au datif sauf 
indication contraire : j'ai cru imprudent de rétablir le nomi- 
natif, dont la forme exacte est, en bien des cas, douteuse. 

La deuxième liste contient les noms de personnes, au no- 
minatif, sauf indication contraire : j'ai conservé à ces noms la 
forme qu'ils présentent dans l'inscription, sauf pour les noms de 
la première et de la deuxième déclinaison que j'ai cru pouvoir 
sans inconvénient ramener au nominatif. Je me suis efforcé de 
distinguer avec soin les noms de femmes des noms d'hommes 
que je différencie par les exposants F et H. En cas de doute je 
n'ai pas mis d'exposant. Cette distinction, parfois très délicate, 
est uniquement faite avec l'aide des renseignements que nous 
fournissent les inscriptions elles-mêmes : je n'ai fait exception 
que pour les noms en -us dont le genre n'est pas douteux. 

Tous ces noms, sauf indication contraire, sont tirés d'in- 
scriptions romaines de l'Ariège, de la Haute-Garonne et des 
Hautes-Pyrénées : c'est le territoire occupé à l'époque romaine 



Notts d'onomasîique pyrénéenne. y^ 

par les Conserani, les Convenae (de qui dépendaient les Oncsii) 
et les Bigerriones. Ces noms ont un air de famille qui ne jus- 
titierait guère de nouvelles subdivisions géographiques : les 
noms, au contraire, que l'on rencontre dans les inscriptions 
des Ausci (environs d'Auch) sont tellement singuliers que j'en 
ai dressé une petite liste, séparée de la première. 



I. Divinités ' 



1 Abelioni deo 338; Abelioni 30, 40. 

2 Abelionni deo 333 ; Abelionni 148. 
5 Abellioni deo 39; Abellioni 171. 

4 Abellionni deo 166; Abellionni 357; Abellionn(i) deo 77. 

5 deo Aereda 312. 

6 Ageio deo 384 ; lecture suspecte. 

7 Ageioni deo 180, 386; deo [Ajgeioni 385; Ageioni 221, 383 ; [Ag(eioni) 

251 ; lecture très suspecte.] 

8 Aherbelste deo 174. 

9 Alar 47; Wxt Alar(dossi)} 

10 Alardossi 48 ; fAlalrdossi 222 ) , . ,, . , 

y\ A . A A lardos ... 432. 

11 Alardosto deo 313 W ' i -+^ 

12 Algassi (?) 72 ; lecture de M. Hirschfeld ; Sacaze lisait Argassi ou Al- 

cassi; ma copie donne 'M aioassi» ^^ = [H]aloassi} 

13 deae Andei 1 5 ; la dernière lettre douteuse, lire peut-être Aiider ( ). 

14 Herculi llunno Andose, Narbonne C. I. L., XII, 4316. 

I) Arixo deo 365. ) Il manque peut-être une lettre 

16 Marti Arixoni 366; [A]rixo(ni| deo 63.^ en tête ([Clarixonir). 

17 Arpenino deo 167. 

18 Artae 71 (ma copie). 

19 deo Artahe 70. 

20 Artehe deo 71 ; Artehe 64. 

21 Astoilunno 31. 



B 



22 Baeserte deo 85. 

23 Baicorisco deo 162. 

24 Baico[r]rixû deo 323. 



I. Les chiffres qui suivent les noms renvoient aux numéros du t.^III 
du Corpus Inscriptioinim Latinariun. 



74 Srymour de Ricci. 

25 Baigorixo deo 92; ma copie (G certain). 

26 Baiosi deo 86. 

27 deo B.iscciandosso 26. 

28 I(oui) O(ptimo) M(aximo) Beisirisse 370. 

29 Mineriuc Belisamae 8; probablement celtique. 

30 Bocco Harausoni 78 ; Bocco Harousoni 79. 

3 1 Borienno deo 301. 

32 deo Buaigori.\e 124; ma copie; Wnschkld 'ïn Biiaicorixi. 



32 his [Cjarixo, [CJarixoni, cf. Arixo, Arixoni. 

33 deo Carrenio 93; ma copie confirme la lecture de Sacaze contre celle 

de Hirschfeld Carrnio ou Carpnto. Le C initial est certain mais il 
faut peut-être lire Garrenio. 

D 

34 Marti Daho 87. 



5) Edelati deo 146. 

36 Ele deo 58. 

37 Elh 59; la dernière lettre douteuse. 

38 Erdae 307. 

39 Erditse d(eo) 397; inscription perdue. 

40 Erge deo 182, 186, 187, 189, 190, 191, 192, 194, 196, 199, 201, 

206; Erge d[eo] 203; [Erjge d[eo] 202; Erge d(eo) 200; E(rge) 
d(eo) 204; deo Erge 188; deo [E]rg(e) 207; Erge 193, 19)-, Er[ge] 
181; Erg(e] 198; Erge Ano (?) 197; Erge [... 184. 

41 deo Exprcennio (sic) 329. 

F 

42 Fago deo 33, 223, 224, 225. 

G 

43 Garre deo 60; d[eo] Garri 49. 

H 

44 Bocco Harausoni 78; Bocco Harousoni 79. 

45 fauo Herauscorritsehe sacrum 49; Mommsen Vit fano Hei( ) Anscor(uw) 

Ritsehe sacrum: Hirschfeld ajoute: clei nomen ah Auscorum petite duc- 
tum crediderim; je préfère décomposer Heraus-corrits-ehe. 
46*Horolati 60. 



Notes d'onomasti(jiie pyrénéenne 75 



I 

47 deo Idiatte 65. 

48 Ilixoni 345; Ilixom (lire Ilixoni) 3'l6; Ilixoni deo 347; deo [I]lixo[ni] 

348. 

49 Ilumbero42; ma copie, la dernière lettre douteuse. 

50 Iluni de(o) 27; ma copie et Sacaze; Hirschfeld lit Ilunn[.] ; lecture 

douteuse; Iluni 374 (est-ce un nom divin?); [Iljuni 371 (est-ce un 
nom divin ?) cf. 371. 

51 Herculi Ilunno Andose, Narbonne C. I. L., XII, 4316. 

52 Ilurberrixo 23. 

53 Ilurberrixon[i] 231. 

54 deo Iluroni 154. 

55 Iscitto deo 534, 335. 



56 Lahe deae 143, 145, 147; Lahe nu[mini] 142; Lahe 144. 

57 Larrasoni, Moux (Aude) C. /. L., XII, 5369 et 5370. 

58 Leheren deo 103 ; Lelieren Marti 109; Leherenn 93; [M]ar[ti] Lehe- 

renn deo 100; Leherenni 106, 107; Marti Leherenni m; [Marti 
Leherejnni 118; Leherenno 97 (Hirschfeld lit Ij:herenn Marti mais 
le deuxième mot est douteux); Leherenno deo 98, loi, 102; Lehe- 
renno Marti 1 1 3 ; Leherenno Mar(ti) 112; Lehe[.. ] Mart[i] no; 
Lehereno 96. 

58 his Lerenno deo 104; [LJerenno [M]arti 1 14. 

59 Marti Lelhunno 422, 425 (cf. 425); Marti Leih [lire Lelh(iinno)] 424 

(inscriptions d'Aire sur Adour). 



60 deo Stoioco 588 ; inscr. perdue, probablement mal lue. 

61 Sutugio 164. 



62 Xuban deo 150. 



X 



NOiMS MUTILES 



63 ...] arsoni 168. 

64 ...] bahaloisso 14; ma copie, les deux lettres initiales douteuses. 



76 Seymonr de Ricci. 



NOMS CONTliXUS DANS DES INSCRIPTIONS FAUSSES 



I* Abelloni deo 29*. 

2* Armastoni deo i 7*. 

5* Avcrano deo 3*. 

4* Baicoriso deo 37*. 

5* Barcae deae 18*. 

6" Cagiro deo 8*. 

7* Dunsioni deo 6*. 

8* deo Garo 7*. 

9* Heliogmouni deo 10* 
10* Heiae deae 39*. 
II* Lexi deo 2*. 
12* Lixoni deo 23*, 28. 
13* deo Teixonox 36*. 
14* Teotani deo 24*. 
. I )* d(eo) Tus... 9*. 



IL Personnes 



65 Acan 130; ma copie et Sacaze ; Hirschfeld lit Agau. 

66 AdeituLis H 268; inscr. perdue. 

67 Ahoissus H 406; peut-être incomplet au début. 

68 Aldeni F {dut.) 5 . 

69 Alfia F 261 ; probablement romain. 

70 And[... 56. 

71 Andere F 138; Andereni F {dat.) 169. 

72 Anderes 187. 

75 Anderexo 23; il manque peut-être une lettre à la fin; Anderexso F 

324; je lis Anderexso Condaïutossi et non pas Aiulerex Socondannossi. 
74 Anderitia 344; la même inscr. mal lue, au n. 351 : Andem[..]. 

73 Andos 226, 247. 

76 Andossic (gên.}) 263. 

76 Andossus H 124, 188, 192 (?), 202 (?), 264, 268. 

77 Andost( ) H (gén.) 321. 

78 Andosten H 84; Andostenni (dat.) 268, inscription perdue; Andos- 

tenno (dat.) 321. 

79 Andoston 188; copie de Sacaze, Hirschfeld lit Aiidosiou; Andostonis 

H (gén.) 8^. 

80 Andoxponni H (dat.) 80, inscr. perdue. 



Notes d'onomastique pyrénéenne. 77 



81 Andoxus H 26. 

82 Andrecconi F (rfa/.) 280, inscr. perdue. 

83 Andus H 53. 

84 Anerdeseni F (dat.) 343. 

8) Anesorinus H 276. 

86 [A]nnoss(us) H 199, lecture douteuse. 

87 Annous H 60, 315; peut-être à lire Antinous. 

88 Anteros 136; probablement nom grec. 

89 Arhonsus 188; peut-être à lire Narhoitsus. 

90 Arserris H (gi'ii.) 95. 

91 Asspercius H 3 14. 

92 Attaconis H (gén.) et Attaconi H (dat.) 265. 

93 Attixsis H (gén.) 76. 

94 Axionnis H (^S;^('h.j 323. 

9) Axtouri peut-être H i'^cn.) 37t. 



B 

96 Baesella F 90. 

97 Baisothar [... 46; peut-être complet. 

98 Bambix 96, 109. 

99 Barhosis H (gcu.) 39. 
100 Barosis H (gén.) 247. 
ICI Belex 167. 

102 Belexconis H (gi'n.) 167; [B]elexconis 214. 

103 Belexennis H (^e/ï.) 190. 

104 Belheiorix H 90. 

105 Belix [... 307. 

106 Bellaisis H (gi'n.) 1 5 3 ; on a lu à tort BiUaisis, Bilaisis, Billaisis et Bei- 

lasis. 

107 Berhaxsis H (gcn.) 343. 

108 Bihoscinnis H(gL'n.) 59. 

109 Bihotarris H (gén.) 137. 

no Bihotus H 230; lecture d'Hirschfeld ; d'après ma copie Biboxus n'est 
pas impossible. 

1 1 1 Biboxus H 321. 

112 Biiossi 393; inscr. perdue. 

113 Pompeia Bocontia F 160; nom celtique, lire Vocoutia. 

1 14 Bonbelex H 324. 

115 Boncoxsus H 134. 

116 Boneconis H (gén.) 338. 

117 Bonexsi F (dat.) 178. 

118 Bonici 328; à quel cas? 

1 19 Bonna F 179. 

120 Bonnexi[s] 72. 

121 Bonnoris H 267. 



78 Seymour de Ricci. 

122 Bonsilcxsi F (dut.) 62. 

123 Bontar 342. 

124 Bonten [... )<.)i. 

125 Bonxorius H 241 . 

126 Bonxsoni H (à quel cas ?) 326. 

127 Bonxsus H 260. 

128 Bonxiis H 225; Bo[nxus] H 326. 

129 Borei [... {gé'i.) 309; lecture douteuse. 
] 50 Borroconis H (gi'ti.) 30. 

131 Borsei H (gcn.') 55. 

132 Britexanossi 192; inscr. perdue, peut-être msil cop'iùe {Britex Andossi}). 

133 BuUuca 261 . 

C 

134 Calixsonis H (gén.) 54. 

135 Cassillus H 138. 

136 Cison H 125. 

137 Cisonten[.] 337; je doute qu'il manque une lettre à la fin. 

138 Cissonbonis H (gén.) 337. 

139 Condannossus H 324; la lecture Socondannossi résulte d'une division 

fautive des mots. 

140 Congus H 311. 

141 Cugur 312. 

142 Cunduesenus H 125. 



D 



143 Dannadinnis H (gén.) 260. 

144 Dannonia F 118. 

145 Dannonus H 17. 

146 Dannorix H 5. 

147 Derro 30. 

148 Donnus H 5. 

149 Dunnis H (gén.) 260. 
1)0 Dunohorix H 267. 

151 Dunohoxsis H (gén.) 138. 

152 Dunomagius H 17. 

153 Dun[s]iosi[nn]is H (gén.) 270. 



154 Ebelc (ou Ebelo) 354. 

155 Edunn [... F 326. 

156 Elonus H 342. 

157 Ennebox 194. 

138 Epamaigus H 268 perdue. 

1 59 Erdenius H 33. 

160 Erdescus H 33. 



Notes d'onomastiéjue pyrénéenne. 79 

161 Eresenl F (dat.) 341. 

162 Erhexoni F (dat.) 267. 

163 Erianosserionis 566; comment diviser ces deux mots? Eria Nosserionis 

parait vraisemblable. 

164 Estenconis H (géii.) 271. 



16) Frontaccus H 280; inscr. perdue; le nom s'il est bien copié ne paraît 
pas pyrénéen. 

G 

166 Gelais 55. 

167 Gerexo 164. 

168 Gerexso H 369. 

169 Gisondoni (dat. ?) 278. 

H 

170 Hahanni F (quel cas?) 273. 

171 Hahanten F 173; Hahantenn (plutôt que Hahantenu) 32; dans les 

deux textes il s'agit de la même femme. 

172 Halsconis H (gén.) 341. 

173 Halscotarris H (gé)i.) 277. 

174 Hanabus (plutôt que Hambus) H 288. 

175 Hanaconis H (gén.) 344. 

176 Hanarrus H 5. 

177 Hanna 174. 

178 Hannac 87. 

179 Hannas (ou Hanna ou Hannac) 195. 

180 Hannas 201. 

181 Hannaxus H 323. 

182 Harbelex H 85, 173, 316; Harbelexis igéii.) 327; Harbelexsis (géti.) 

324. 

183 [H]arbelsis H (gcn.) 54.' 

184 Harontarris H (gên.^ 289, inscr. perdue. 

185 Harsori (à quel cas?) 270; H {nom.) 369; H (gén.) 369. 

186 HarspusH 118. 

187 Harsus H 85. 

188 Hautense F 369. 

189 Hautensoni F (dat.) 277. 

190 Hontharris H (gén.) 306; la dernière lettre est douteuse. 

191 Hotarris H (gén.) 342, 267; Hotarri H (dat.) 342; Hotarri 46 (peut- 

être incomplet au début). 

192 Hunnu 334. 

I 

193 lacessis H (gén.) 289. 



8o Styniour de Ricci. 

194 larbonis H (gén.) 248. 

195 Ilunnosi H igi'ii.) 106. 

196 Ittixonis H (gén.) 17. 

L 

197 Lexeia F 64, 84. 

198 LEX.^MK•I•s H (o-é«.) 105, iiiscr. perdue (Lf.v.j/Và?). 

199 Liannassis H (géii.) 280. 

200 Litano [... 127. 

201 Lohisus H 261, inscr. perdue. 

202 Lohitton 258 inscr. perdue; peut-être au datif. 

205 Lohixsus H 173. 

M 

204 Monsus H 301. 

N 

20) Namroni 351 ; sans doute une mauvaise lecture du n. 344 {Hanacouis). 

206 Nescato F 3 14. 

207 Neu[... 198. 

208 Neuresini F {dat.') 2. 

209 Neurus H 304. 

210 Nosserionis H (G) 366; lecture douteuse (Cf. Eria). 

O 

211 Occasus H 178. 

212 Odannus H 64. 

213 Odossus H 400; peut-être mutile au début. 

214 Odoxus H 268; inscr. perdue. 

215 Ohasseris (ou Onasseris) H {gi'ii.) 74. 

216 Ombecco, C. I. L., XII, 5381, ma copie. 

217 Ombexonis H (gên.). 

218 Orcot[i?] H {ghi.) 288. 

219 Orcotarris H {gén.) 342. 

220 Orgoannus H 80. 

221 Oro 190. 

222 Osjon loi. 

223 Oxson H 369. 

P 

224 Pelopsis H {gin.) 136, plutôt un nom grec. 

223 Piandosponnius H 124 ma copie; Hirschfeld lit Piandossonnius. 

226 Priamus H loi, plutôt un nom grec. 

R 

227 Rhe[aJ 199, plutôt un nom grec. 



S'otes d'onomastique pyrénéenne. 8i 



228 Saherossis H {gèti.') 287, inscr. perdue. 

220 Salinis H (^^ên.) 381, peut-être incomplet à la fin. 

239 Salus H 156, lecture douteuse. 

231 Sapalonis YiÇgén.) 187. 

232 Sem[b... 238. 

255 Sembecconi {dat.) 287, inscr. perdue. 

234 Sembedonnis H (gén.^ 389. 

235 Sembetel[... H(gén.)46; les deux dernières lettres douteuses. 

236 Sembetennis H (gén.) 137. 

237 Sembetten 59. 

238 Sembexonis H (gên.) 4; Scmbexonis H (gén.) 62. 

239 Sembus H 56, 136, 166, 434. 

240 Sendus H 2. 

241 Senicco H 80. 

242 Seniponnis H (gén.) 267. 

243 Senitennis H (gèii.) 125, ma copie, plutôt que Senheimis ou Seuilennis. 

244 Senius H 174, 288, 311. 

245 Senixsonis H {gin.) 80, 178, 369. 

246 Sennacius H 265. 

247 Sennagi {gèii. ou dat.) 178. 

248 Sentarri (ou Senarri) F (dat.^ 542. 

249 Serana F 13, 573. 

250 Seranus H 42, 92, 112, 142, 275, 330, 369, 373, 391, 471. 
2)1 Serranconi H {dat.^ 90. 

2)2 Silex 173, 329, 381; F 268. 
253 Silexconis H {gén.) 283. 
2)4 Siradus H 3 10. 

255 Siricconis H {gén.) m ; Siricconi H (gén.) 265. 

256 Sirico 173 ; lecture douteuse. 

257 Somenaris H {gén.) 369. 

258 Sonbrabonis H {gén.) i^-j. 

259 Sori[... 201. 

260 Sorus H 96. 

261 Sosonnis H {gén.) 313. 

262 Sunducca F 80 inscr. perdue. 
265 Surus H 32. 

264 Surusis H {gén.) 29. 



T 



26) Tottonls H (gén.) 2. 

266 Toutannorix H 17. 

267 Troccus H 4. 

268 Vennonius H 122. 

Rnue Celtique, XXIV. 



82 Sfymour de Ricci. 

269 Ulohoxo H (dat.) 170, inscr. perdue. 

270 Ulohoxis H (o-t'M.) 334. 

271 Ulucirris H (gén.) 170, inscr. perdue. 

272 Uriassus H 166. 
27^ Uriaxe 106. 



NOMS MUTILÉS 

274 [..]aurias[..] H 172. 

275 ...]bele[... 151. 

276 ...]erennate[... H (gé)i.)} 305. 

277 ...]hoxsi[s] H (gén.) 282. 

278 ...]nibo[... 305. 

279 [.]onna 29. 

280 [.]ose 54. 

281 ...]resse 46. 

282 ...|uni 571. 



OKOMASTiaUE DES AtlSCt 

283 Ahoissus H 477. 

284 Attaiorix H 463. 

285 Baiexe 455, lecture douteuse; à quel cas? 

286 Belexeia F 456. 

287 Cambuxae (dat.) 449. 

288 Comba[... 458. 

289 Derus H 485. 

290 Dunaius H 456, 459. 

291 Holox[... 465 ; lettre initiale douteuse, peut-être incomplet au début. 

292 Igillus H 463. 

293 niai H (jén.) 477. 

294 Laurco H 472. 

295 Laurina F 472, fille du précédent. 

296 Matico H 475. 

297 Orcuarus H 461, inscr. perdue. 

298 Orguarra F 485. 

299 Osaherr[us] H 479; [Osa)herri H.(gên.) 479. 

300 Saleduna F 477. 

301 Sambus H 485. 

302 Soemuti H (fén.) 471 ; lire SoJimuti} 

303 Talseia F 452. 

304 Tarc[... ou Taro[... 479. 

30) Tariebissus H 450 (lire Tarlebissus)[T]âr\ehlssus H 484. 

306 Tautinnus H 483. 

307 Titiluxsa F 471. 



Notes d* onomastique pyrénéenne. 83 



308 Herculi Toliandosso 434. 

309 Torsteginnus H 487. 

310 Toutaronia F 459. 

311 Urupas H 487. 



NOMS CONTENUS DANS DES INSCRIPTIONS FAUSSES 

16* Atae 19*. 
17* Lexeia F 4*, 23*. 
18* Merlorix 77*. 
19* Nihevini 21*. 
20* Ombe... 75*. 
21* Ontalian 6*. 
22* Serranus 3 1*. 
23* Tivoiius 12*. 
24* ...unagilla 42*. 

Seymour de Ricci. 



Martres-Tolosanes, 16 septembre 1902. 



MÉLANGES BRITTONIQUES 



LE GALLOIS ûiiciuyn. 

Anczvy}! a le sens de friandise, mets délicat Çv. Silvan Evans, 
WeJsh-Engl. Dict.). Dans les Lois il a bien le sens que lui 
attribue Wotton : ancwyn erat demensum cibi et potus quod 
regiis quibusdam domesticis de penu regio praebebatur. Silvan 
Evans tait remarquer que Vanciuyn est opposé Ixciuynos (cœna'): 
as being a privileged private allowance for that meal, the ciuy- 
nos being the public evening meal. Il me paraît évident que 
ancwyn reproduit exactement le latin antecœniuni. La sourde 
initiale de -auyn s'explique bien par le / disparu aujourd'hui 
d'ante-, et ne pourrait même pas s'expliquer autrement. 

Pour le sens latin, il varie quelque peu. Chez Isidore, 20 
Orig. 2. 12, il équivaut à iiierenda; chez Apulée, il est em- 
ployé métaphoriquement, Apul. 2. met. Gladiatoriae veneris 
antecœnia. 

anciuyn = antecêniuni . 



IL 



D intervocaliqne en haiit-vannetais. 

Pendant un assez long séjour à Larmor-Baden, sur le 
golfe du Morbihan, entre autres remarques sur la prononcia- 



Mélanges brittoni^ues. 85 

tion du breton de cette région, j'ai pu constater qu'il n'y a 
plus d'explosive dentale sonore ; que partout le d interdental 
des autres dialectes y est une spirante interdentale sonore. Il 
est de même dans la plus grande partie du haut vannetais à 
l'intérieur des termes; j'ai constaté la même évolution à 
Guern et à Noyal-Pontivy, au nord-ouest et au nord-est de 
la zone du haut vannetais. Il y a des différences dans la posi- 
tion de la langue. A Baden et sur le pourtour du Golfe, le 
plus souvent, la langue touche ou effleure la rangée inférieure 
des dents ; la spirante s'entend peu et, pour des oreilles 
françaises, n'existe pour ainsi dire pas. J'ai entendu des gens 
voulant imiter la prononciation du mot Baden, prononcer 
Ba-enn. A Noyai, le d est nettement interdental. La pronon- 
ciation de cette spirante est exactement celle qui a été relevée 
dans les mêmes zones pour le son correspondant à //; ancien, 
c'est-à-dire à la spirante dentale sourde arnésienne, en com- 
position syntactique (devant le pronom possessif de la i"""^ 
personne du singulier, le pronom possessif féminin de la 3^ 
personne du singulier; le pronom possessif de la 3^ personne 
du pluriel), son devenu :{ (quelquefois s), partout ailleurs 
qu'en haut vannetais; haut vannetais : ;?zt' ââd; bas vannetais: 
me :(âd; léonard va ^âd. Dans certaines communes de l'arron- 
dissement de Faouët, par exemple à Berné et au Faouët, des 
deux côtés de l'Ellé, on prononce : me sàd. 

J. LOTH. 



BIBLIOGRAPHIE 



Introduction au Livre Noir de Carmarthen et aux vieux 
poèmes gallois. La métrique galloise depuis les plus an- 
ciens textes jusqu'à nos jours, par J. Loth. Paris, Fontemoing, 
1901-1902 (t. IX-XI du Cours de littérature celtique). 

Si j'ai si longtemps tardé à présenter aux lecteurs de la 
Revue celtique cet important ouvrage, c'est qu'il me semblait 
nécessaire d'attendre, pour le juger, qu'il eût paru en entier. 
Je ne tenais pas a ce qu'il m'arrivât pareille aventure qu'à un 
critique trop pressé qui après avoir parlé, sur un ton plutôt 
acerbe, du premier volume, fut forcé de reconnaître dans un 
hâtif postscriptum^ que le second tome paru pendant l'im- 
pression du compte rendu comblait en grande partie les la- 
cunes constatées dans le premier. 

M. Loth, préparant une édition du Livre Noir de Carmar- 
then, s'aperçut bientôt que l'étude de la métrique des vieux 
poèmes gallois lui fournirait un important élément de critique; 
et comme il n'y avait point de livre où l'histoire de la mé- 
trique galloise fût traitée, il a dû commencer par écrire cet 
ouvrage. Il n'est point douteux que les Gallois ne lui en sa- 
chent gré. Hérissée de termes techniques, compliquée à l'in- 
fini par des prescriptions minutieuses, peut-être obscurcie à 
dessein par des bardes qui la regardaient comme un trésor 
dont ils devaient défendre l'approche au vulgaire, la métrique 
galloise n'avait point jusque-là tenté l'effort des crudits et il 
est probable que de longtemps nous ne verrons pas paraître 
sur cet aride sujet une étude plus pénétrante. 

I. Zeitscbrijt fiir Celtische Philologie, t. IV, p. 142. 



Bibliographie. 87 

Le premier volume contient l'exposé de la métrique galloise 
d'après les grammairiens du xvi= siècle. Le plus instruit de 
ces grammairiens, en tout cas le plus ancien, est Simwnt Vy- 
chan qui mourut vers 1606. Son traité, resté manuscrit, con- 
stitue la source principale de J. D. Rh3's qui publia en 1592 
une grammaire galloise en latin, et a été reproduit assez inexac- 
tement dans la Dosparth Edeyrn Davod aur publiée en 1856 
par Williams ab Ithel. Mais, dans la métrique de Simvnit 
Vychan, les exemples sont empruntés à des poètes du xv^ et 
du XVI'' siècle. Les autres sources de J. D. Rhys sont du même 
temps. De même, Griffith Roberts qui publia en 1567 une 
grammaire galloise en gallois n'a guère utilisé pour sa mé- 
trique que les poètes de son temps. Il ne faut donc pas s'at- 
tendre à trouver chez les métriciens gallois les éléments d'une 
étude sur le développement historique de la métrique galloise. 
On n'y trouve que la classification confuse et peu logique où 
les théoriciens avaient rangé les diverses sortes de mètres em- 
ployés par les bardes. La valeur respective de ces différents 
mètres d'après leur emploi n'entre pas en' compte. Les défi- 
nitions sont obscures. A l'exception de remarques précises sur 
la prononciation, et d'une classification scientifique des sons 
il n'y a pas grand'chose à retenir de l'œuvre des métriciens 
gallois du XVI'' siècle. L'intérêt du premier volume de M. J. 
Loth est dans la classification rationnelle des systèmes de vers 
(p. 117-no) et dans l'étude directe qu'il fait des poètes des 
xv^-xvi'' siècles (p. 159-266). Aux xviP et xviii^ siècles, le bar- 
disme est en décadence; les grandes réunions poétiques et 
musicales, les eistcddfodau n'ont plus lieu de 1568 à 1798 ; les 
sociétés des Cyinmrodorion, des Gzuyneddigiou, des Cyrnreigyd- 
dion, qui ont puissamment contribué à ranimer, puis à con- 
server la poésie galloise n'ont été fondées que vers la fin du 
xviii^ siècle. Une étude détaillée de la poésie galloise au xix= 
siècle, qui eût été si importante et si intéressante à divers 
points de vue, n'aurait pas trouvé sa place dans le livre de 
M. Loth qui se proposait surtout d'étudier l'œuvre des plus 
anciens poètes gallois. 

L'exposé de la métrique galloise du ix^ à la fin du xiV siècle 
occupe les deux parties du tome IL M. Loth étudie d'abord 



88 Bibliographie. 

les laisses monorimes et les systèmes devers (p. 1-163); puis 
les strophes (p. 164-272), enfin les genres isolés et les poèmes 
à système varié (p. 272-293). Ensuite vient l'étude interne du 
vers gallois ; la cynghanedd, c'est-à-dire la rime ou l'allitération 
(r'^ partie, p. 295-373; 2^ partie, p. i-ioo); la scansion (p. 
101-131); les coupes (p. 132-145), l'accent, la quantité et le 
rythme (p. 146-17 1). L'ouvrage se termine par un résumé de 
l'histoire de la versification galloise et une comparaison avec 
la métrique du breton-armoricain, du comique et de l'irlan- 
dais (p. 173-269). La comparaison avec l'irlandais est singu- 
lièrement facilitée par la publication en appendice de la mé- 
trique contenue dans la grammaire irlandaise d'O'MoUoy, 
publiée en 1677. 

La métrique galloise est caractérisée par la cynghanedd c'est- 
à-dire par l'harmonie qui résulte de l'allitération ou de la 
rime. La cynghanedd sain consiste dans l'identité de la voyelle 
finale et, s'il y a lieu, de la consonne qui suit cette voyelle, 
sans tenir compte de la consonne précédente. La cynghanedd 
brost, dans l'identité de la consonne, initiale, interne ou finale, 
sans tenir compte de la voyelle suivante ou précédente. Mais, 
dans la cynghanedd sain, l'identité absolue de la consonne ou 
de la voyelle n'est pas de règle pour les anciens poèmes ; i, 
H, \, dont les sons sont voisins, assonnent souvent ensemble; 
les sourdes et les sonores de même organe allitèrent entre 
elles; il en est de même de / et de r; de m et de ;z; de 1, r et de 
la spirante dentale sonore. Il est rare que les consonnes soient 
d'ordre et d'articulation différente, ou que la sourde allitère 
avec la sourde, la sonore avec la sonore sans tenir compte du 
lieu d'articulation. Dans la cynghanedd brost, les sourdes peu- 
vent allitérer avec les sonores de même organe ; les explo- 
sives sourdes avec les spirantes sourdes de même organe, en 
cas de mutation ; dans un groupe de deux consonnes initiales, 
il suffit parfois que la première allitère. 

La cynghanedd , sain ou prost, n'a pas seulement pour but 
d'unir les vers entre eux; elle sert aussi à unir les diff^crents 
membres de chaque vers. Dans la cy)ighanedd sain, dcuxnmcs 
internes terminent les différents membres et indiquent ainsi les 
coupes; l'une indique la coupe principale, l'autre une coupe se- 



Bibliographie. 89 

condaire, précédant ou suivant la coupe principale. Le vers se 
trouve ainsi divisé en trois parties ; les deux premières terminées 
par une rime identique, la dernière terminée par une syllabe de 
son différent qui constitue la rime finale. Mais il est possible que 
la seconde rime interne fosse défout, et que le vers ne se com- 
pose que de deux membres. Dans hcynghanedd lusg, la syllabe 
finale du premier membre rime avec la pénultième du mot 
final. Quant à la cynghanedd brost, la place des initiales allité- 
rantes n'est pas fixée d'une foçon invariable; la consonne alli- 
térante du second membre est d'ordinaire l'initiale du premier 
mot accentué ou important de ce membre. Dans les anciens 
poèmes, il arrive qu'il n'y a pas d'autre cynghanedd que la rime 
finale; dans ce cas, la syllabe qui précède la coupe rime avec 
la finale du vers. 

En dehors de la rime et de l'allitération, les vers gallois sont 
caractérisés, à l'époque où la métrique et la prosodie furent 
codifiées, par le nombre des syllabes. On trouve des vers de 
toute longueur depuis trois syllabes jusqu'à douze syllabes. 
Mais l'unité métrique, pour la plupart des métriciens, est non 
pas le vers, mais la strophe. Les espèces de strophes sont au 
nombre de vingt-quatre, réparties par les grammairiens en 
trois genres : le cyiuydd, Vengh'n, Vaiudl. La classification des 
strophes d'après le nombre des syllabes offre peu d'intérêt; 
tantôt la longueur des vers est la même dans tout le système; 
tantôt les vers de la strophe sont d'inégale longueur. Les laisses 
monorimes, qui sont très longues dans la seconde moitié du 
xii^ siècle, se réduisent dès le xiv^ siècle à un nombre fixe de 
vers. La monotonie de ces longues tirades est rompue de temps 
à autre par l'introduction d'un vers dont le ou les derniers 
mots ne riment pas avec la finale des autres vers, mais riment 
ou allitèrent avec une syllabe du vers suivant. Régularisé et 
systématisé, ce procédé poétique est devenu la caractéristique 
originale delà strophe galloise. Il permet de classer logiquement 
les diverses espèces de strophes. On peut distinguer: 1° les 
strophes à vers égaux ou inégaux, mais rimant ensemble ; 2° 
les strophes dans lesquelles un vers ne rime pas avec les 
autres. Cette seconde classe contient deux genres distincts. 
Dans l'un, le groupe qui ne rime pas et que l'on appelle tod- 



90 Bibliographie. 

daid, est précédé d'une syllabe qui rime avec la finale des vers 
de la strophe : 

Merion coed perion lie i càd puredd, 
Mostyn an arial moes dwyn mowredd; 
Maelgwn i "th rifwn a 'th rvfedd — fowart 
Mowrddart mab Risiart yn mhob rhysedd. 

Le toddaiâ semble avoir été primitivement un rejet et avoir 
appartenu au vers qui le suit. Cela est évident dans les stro- 
phes où le toddaid a le nombre de syllabes qui manque au 
vers suivant pour que les deux vers aient la même longueur. 
Par exemple dans le hyrr a ihoddaid : 

1 Gwawr, Domas, solas ddisalwedd — a bair 

2 Gwin bîr a llysienfedd 

3 Gwawr dwf Essyllt, gair difaswedd 

4 Glan ryw hadyd, gloew anrhydedd 

5 Gwelwyd o'i gwin gael digonedd : 

6 Gwir Dduw a'i gâd a'i gwrdd gydwedd 

7 Gorau gwyr synnwyr gysonedd — gynnal 

8 Gannwyll yr iawn fuchedd 

Dans cette strophe les vers 3,4, 5,6 ont 8 syllabes ; les 
vers I, 7 ont 10 syllabes, les vers 2, 8 ont seulement 6 syl- 
labes. Si l'on restitue le toddaid des vers i et 7 aux vers 2 et 
8, on a une strophe de 8 vers dont tous les vers sont égaux et 
ont chacun 8 syllabes. 

Dans le second genre, le groupe qui ne rime pas, et qu'on 
appelle cyrch, n'est précédé d'aucune rime : par exemple dans 
ce cywydd odliaid : 

Llwyth Trefor, 11 u waith trafael 
Llew ebrwydd hael llwybraidd hedd ; 
Llwyth Edwin oll i 'th hadyd 
Llawn dowys yd llin hyd Sedd. 

L'absence de rime dans le vers 3 doit être un souvenir de 
l'époque où cette strophe était composée de deux grands vers 
de 14 syllabes dont les hémistiches ne rimaient pas avec la 
finale. Il est probable d'ailleurs que les petits vers n'étaient à 
l'origine que des membres de vers plus longs et que l'unité 
métrique était le système ou la strophe. 



Bibliographie. Çfi 

Le vers gallois, tel que les métriciens nous le font con- 
naître, semble fondé sur le nombre des syllabes; la quantité 
et l'accent n'y interviennent pas. M. Loth démontre au con- 
traire que, dans les anciens poèmes, le nombre des syllabes 
est chose accessoire; ce qui importe, c'est le rythme du vers, 
qui consiste dans le retour, à intervalles réguliers, de l'accent 
tonique. Chaque membre porte un ou deux accents toniques. 

Oed llâchar | kyvlâvar | kyvlâvan. 

Dûu, an gôbeith | téilug pfrfeith | toc y pùrfaud 

La quantité, qui, à première vue, n'entre pas en compte 
dans le vers gallois, est un élément important pour établir 
l'isochronie des divers membres. 

Les vers suivants : 

Calchdôet | seith rivet | syr. 
Dillwgwalch | terrw\-nvalch | tirion 

ont évidemment leurs derniers membres isochrones entre eux; 
le monosyllabe long syr équivaut donc au dissyllabe composé 
de deux brèves tirion. 

De même, il est possible que les trois membres du vers 

suivant : 

yn elwch | yn hed\\-ch | yn hed 

soient isochrones, le monosyllabe long bèd ayant la même 
durée que les dissyllabes à voyelles brèves hëduch, èlûch, et que 
le vers ne soit catalectique qu'en apparence. 

L'obscurité de l'ancienne poésie galloise est causée en 
grande partie, non seulement par les rigueurs de la cyngha- 
nedd, mais aussi par la nécessité d'écarter des vers toutes les 
unités grammaticales exigeant l'emploi de plusieurs procliti- 
ques, pour que les accents toniques ne soient pas trop rares. 
« Dans le poème CXI du Livre Noir deCarmarthen, la presque 
totalité des membres est composée de substantifs subordonnés 
l'un à l'autre ou d'adjectif et de substantif. Sur trente-cinq 
vers, sept seulement présentent des verbes à un mode per- 
sonnel; on n'y trouve qu'une fois l'article ; il y a quatre préposi- 
tions. La conséquence c'est que la pensée est continuellement 
traduite par des ellipses... » (t. II, 2^ partie, p. 1 70-1 71). 



c)2 Bihliogrjphie. 

M. Loth termine l'étude de h métrique galloise en la com- 
parant à la métrique des autres peuples celtiques. La métrique 
du moyen breton repose essentiellement sur le nombre des 
syllabes, et sur la rime finale et la rime interne à des places 
déterminées. L'avant-dernicre syllabe du vers rime toujours 
avec la coupe principale du vers quand il n'y a qu'une césure, 
et souvent avec les deux coupes s'il y en a deux. Il peut y 
avoir d'autres rimes internes : 

Pan guelas Satan damany. 

me a ia partout da gouzout diouty. 

On peut comparer à ces vers les vers gallois à cynghanedd 

lusg : 

Ban winnvis gochel y deli. 

Rhag twr Gwallter blaidd traidd trymder tra niferawg. 

Comme en gallois, les strophes de petits vers semblent en 
breton avoir été à l'origine composées de longs vers à rimes 
internes. Ainsi cette strophe du Grand Mystère de Jésus : 

Carguet a prcnden 
Juzas oa ho penn 
Hac ho quelennas 
Neuse tut he ty 
Gant aoun ha study 
En renoncias. 
pourrait s'écrie : 

Carguet a prenden Juzas oa ho penn hac ho quelennas 
Neuse tut he ty gan aoun ha studi en renoncias. 

En comique, les strophes sont bien moins variées qu'en 
gallois et en breton. Les petits vers étaient à l'origine comme 
en breton des membres de vers plus longs. On ne trouve pas 
de rime intérieure. Il n'y en a d'autres traces que les rimes 
finales des strophes sorties des grands vers. 

La métrique irlandaise est, comme la métrique brittonique, 
fondée sur la rime, l'assonance et le nombre des syllabes. Mais 
les règles en sont moins étroites que celles qui régissent la 
métrique galloise. Pour la rime, il suffit que les consonnes 
soient, non pas identiques, mais seulement apparentées ; or 



Bibliographie 93 

les consonnes sont apparentées, non seulement à l'intérieur 
d'une même classe, mais même d'une classe à l'autre; ainsi 
c t p, g d h riment ensemble dans le Martyrologe de Gorman ; 
en vieil irlandais / et ;/ riment avec ph, bh avec II, etc. Quant 
à l'assonance, dans le genre le plus usité, les consonnes sont 
identiques ou apparentées, les voyelles sont différentes : il est 
rare que, comme dans les langues romanes, les voyelles soient 
identiques tandis que les consonnes diffèrent, La place de la 
rime interne est variable; tantôt les deux membres du vers 
riment ensemble, tantôt la dernière syllabe du premier 
membre rime avec un mot du second membre. Comme la 
rime, l'allitération est moins fréquente en irlandais qu'en gal- 
lois; en moyen irlandais par exemple il arrive que des vers ne 
contiennent aucune allitération. Les strophes sont beaucoup 
plus simples qu'en gallois; la longue laisse est inconnue; le 
quatrain de vers de sept syllabes est le genre prédominant. 
Mais tandis que, en gallois, on ne tient compte que dans une 
seule espèce de strophes, le cyiuydd deiiair hirion, du nombre 
des svllabes du mot final du vers, en irlandais, dans vingt- 
sept cas sur trente, les vers impairs se terminent par un mono- 
syllabe; les vers pairs dans dix-sept cas se terminent par un 
disyllabe et dans treize par un trissyllabe. Comme en gallois, 
on trouve en irlandais des traces du temps où la poésie était 
fondée sur l'accent et la régularité .des coupes et non sur le 
nombre des svllabes, par exemple dans la strophe fameuse : 

Fôchen Làbraid | lûath-lam ar cUiideb 
Cômarbae bùidne | snéde slégaige 
Slâidid scfathu | scâilid gôu 

où les trois premiers vers ont respectivement 9, 10 et 8 syl- 
labes mais sont de même partagés chacun en deux membres 
comprenant deux accents toniques. 

La comparaison de la métrique des Gaëls et des Bretons 
conduit M. Loth à formuler quelques conclusions sur l'an- 
cienne métrique celtique. x\ssez semblable à la métrique ger- 
manique elle reposait sans aucun doute sur l'accent et le poète 
recherchait surtout l'équilibre entre les membres du vers, 
ainsi que la mise un relief par la rime ou l'allitération des 



c)4 Bibliographie. 

mots les plus importants. L'introduction en Grande-Bretagne 
de la poésie rythmique des Romains amena les Bretons, 
puis les Gaëls, à tenir compte non seulement de la succession 
des syllabes accentuées et atones, mais aussi du nombre des 
syllabes. Lorsque l'intensité de l'accent fut affaiblie, l'isosyl- 
labie passa en règle; et la métrique nouvelle ne conserva plus 
de l'ancienne que l'allitération et la rime. 

Nous n'avons pu dans cette revue rapide que résumer quel- 
ques-unes des nombreuses questions posées et résolues par 
M. J. Loth, sans pouvoir donner une idée de l'énorme do- 
cumentation de cet ouvrage et du labeur considérable qu'il 
représente. C'est surtout par des études de ce genre que l'on 
peut essayer de reconstituer quelques parties de l'histoire des 
anciens Celtes sur lesquels les auteurs de l'antiquité ne nous 
ont livré que des renseignements rares ou insuffisants ^ 

G. DOTTIX. 



I, C'est une vérité dont on pourra se convaincre une fois de plus en 
lisant le très ingénieux article de M. C. Jullian sur la littérature poétique 
des Gaulois (Revue archéologique, t. XL, p. 304- 327). 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE : I. Report on Manuscripts in Welsh Language. — II. Nouvelle édition 
de l'histoire d'Irlande de Keating, t. I. — III. Traduction anglaise du Tochmarc 
Feirbe. — IV. The celtic Wonder- World. — V. Noël d'Alsace, édition française. 
\T. Mélanges linguistiques offerts à .M. Antoine Meillet. — VII. Bleuniou Breiz- 
izel. — VII. Les noms de lieu romains en France et à l'étranger. — IX. Notes sur 
les saints bretons, les saints de Dol. — X. Studies in irish Epigraphy, tome II. — 
XI. Pipi gonto. — XII. Cymmrodor, tome XV. — XIII. — The Bo'ok of Cerne. 
— XIV. De hibernicis vocabulis quaea latina lingua originem duxerunt. — XV. 
Sir Cleges, sir Libeaux Desconus. — XVI. Une nouvelle grammaire gaélique. 



I. 

Au tome XIX de cette revue, p. 543-344, nous avons annoncé la publi- 
cation de la première partie du tome h'^ du Report on Manuscripts in the 
îvelsh Language. Ce travail si utile a été entrepris sous les auspices de la 
Commission des manuscrits historiques, Historical Manuscripts Commission 
par un savant très avantageusement connu, M. Gucn^fryn Evans. 

La première partie du tome I^"" avait paru en 1898. Il avait pour objet 
les quarante-deux manuscrits gallois qui, appartenant à Lord Mostyn, sont 
conservés à Mostyn Hall, et dont la date va du xiii« au xviii= siècle. 

La seconde partie du volume I est datée de 1899. Elle concerne les ma- 
fiuscrits gallois conservés à Peniarth depuis 1869 et dont la plus grande 
partie provient de la collection Hengwrt, ainsi nommée du nom de la 
localité où elle était installée dans le comté de Merioneth au Pays de 
Galles. La collection Hengwrt avait été créée par Robert Vaugham, qui fut 
un ami du célèbre archevêque Ussher, en latin Usserius, 1580-165 5. Elle 
est aujourd'hui la propriété de M. Wynne. Les manuscrits de Peniarth sont 
au nombre de 590, dont 180 gallois, décrits dans le volume I (seconde 
partie) du rapport sur les mss. gallois. Le n" i de cette seconde partie est 
le Black Book of Cannarthen, recueil de poésies lyriques, publié en fac-similé 
par les soins de M. Gwenogfr}'n Evans en 1888 '; Les poésies qu'il contient 

I. Revue celtique, t. IX, p. 297. 



96 Chron'ujae. 

avaient été précédemment insérées par M. Skcne dans ses Four ancien t Books 
of Wales. Le manuscrit paraît avoir été l'œuvre de plusieurs scribes, xii^-xine 
siècle. Le n° 2 contient aussi une collection de poésies Uniques, c'est le Livre 
de Taliessin, déjà publié en fac similé, et précédemment imprimé dans les 
Four aitcienl Books of Waks ; ce manuscrit semble avoir été écrit en 1275. 

Une des parties les plus importantes de la collection est formée par les 
numéros 29-40 qui consistent en copies du texte gallois des lois attribuées 
à Howel Dda. Le plus ancien de ces manuscrits légaux est catalogué sous 
le n" 29, c'est le Black Book of Chirk, copié vers l'année 1200 sur un manus- 
crit bien antérieurement écrit avec une orthographe archaïque, dont le 
Black Book of Chirk conserve des traces nombreuses. Les numéros suivants, 
30-40, contenant également les lois de Howel Dda, datent du xiii'^, du 
xive, du xve et du xvie siècle. 

Ces manuscrits ont été la plupart employés par Aneurin Owen pour 
établir les textes qu'il a donnés en 1841 dans ses Aucient Laivs and Iiisti- 
tutes of Wales. Voici la concordance entre les numéros de la collection Pe- 
niarth et les cotes que leur a données Aneurin Owen. 

Collection Peniarth n" 29, vers 1200, ms. A d'Aneurin Owen. 

— no 30, xiiie siècle, non cité par Aneurin Owen. 

— no 31, première moitié du xiv^ siècle, ms. R d'Aneu- 

rin Owen. 

— no 32, 1 380-1416, ms. D d'Aneurin Owen. 

— no 53, commencement du xv'^' siècle, ms. M d'Aneu- 

rin Owen. 

— no 34, xvi^ siècle, ms. F d'Aneurin Owen. 

— no 35, fin xiiie siècle, ms. G d'Aneurin Owen. 

— ^° 36 A, peu après 1282, ms. O d'Aneurin Owen. 

— no 36 B, fin xiiie siècle, ms. N d'Aneurin Ovvcn. 

— no 37, fin xiii« siècle, ms. U d'Aneurin Owen. 

— no 38, xv= siècle, ms. I d'Aneurin Owen. 

— no 39, vers 1500, non mentionné par Aneurin 

Owen. 

— no 40, vers 1469, ms. K d'Aneurin Owen. 

Le no 28, dernier quart du xii'^ siècle, contient le texte latin des lois 
d'Howel Dda, publié à la suite des textes gallois par Aneurin Owen. Sous 
les no5 36 C, xv^-xvie siècle, et 173 fin du xv^ siècle, figurent les lois gal- 
loises, Wehh Latus, également éditées par le même savant dans les Ancient 
Laïus and Institutes of Wales. 

A côté et au niveau de ces textes légaux on doit placer le Llyvyr givyn 
Rhyderch « Livre blanc de Roderic » formant les nos 4 et 5 . Le no 4 con- 
tient le texte le plus ancien des Mabinogion, supérieur au no i de Jésus Col- 
lège dont on parlera plus bas '. Les trois nos s, 9, 10, xive-xve siècles, sont 

I. Cf. Revue celtique, t. VIII, p 192 193. 



Chroniijué. 97 

consacrés à la légende galloise de Charlemagne ' ; le no 11, fin du xive 
siècle, au saint Graal. Les textes plus ou moins historiques gallois connus 
sous le nom de Brut se trouvent sous les nos ig, vers 1400; 20, xv^ siècle; 
21, première moitié du xiv^ siècle; 24, écrit en 1477; 25, vers 1500 et 
depuis; 44, xiii*= siècle ; et 46, xiv^ siècle. 

Nous mentionnerons aussi le texte latin de VHistoria regiim Britanniae, 
par Geofifroy de Monmouth, no 42, premier quart du xiii^ siècle; une 
liste des cantred, commots et paroisses du Pays de Galles, no 147, xvi^ 
siècle; deux grammaires galloises, no 20, xv^ siècle, no 160, xvi<= siècle, 
enfin de nombreuses généalogies et une multitude de poèmes lyriques. 

La première partie du volume II publiée en 1902 concerne les manus- 
crits gallois conservés dans sept bibliothèques. 

La plus importante au point de vue celtique est celle de Jésus Collège à 
Oxford. Elle contient dix-neuf manuscrits gallois dont le no i qui est le 
célèbre Red Book of Hergest, xive-xv^ siècle, si connu grâce aux éditions 
faites d'après lui àts Mabinogion, des Brut, etc, et six autres manuscrits du 
xive et du xf'e siècle. 

La bibliothèque libre, Free Librarx, de Carditî, vient ensuite avec quatre- 
vingts manuscrits, la plupart des xvie, xvii«: et XYiii^ siècles : font exception ; 
le no I, Livre d'Aneirin, 1350 environ; et le no 3 intitulé Extenta de Naiit 
Conwy, contenant des listes de tenanciers avec l'indication de leurs rede- 
vances pendant la vingt-sixième année du règne d'Edouard III, couronné 
roi d'Angleterre le 24 janvier 1327. Il est rédigé en latin, mais contient une 
foule de noms propres gallois. 

M. Gwenogfryn Evans a placé en troisième lieu les vingt-six manuscrits 
gallois de la collection Havod, aujourd'hui propriété des héritiers de Wil- 
liam Laurence Banks de Conway, mais déposés dans la Free Library de 
Cardiff. Les nos i et 2 datent l'un du xiv^ siècle, l'autre du xv^ et leur 
principal contenu est une version galloise de VHistoria regtun Britanniae de 
Geoffrey de Monmouth; le n" 16 consiste en un traité de médecine écrit 
vers 14OO; les autres manusctits paraissent postérieurs; parmi eux nous 
citerons le n» 26 contenant un vocabulaire gallois rédigé au xvie siècle. 

La quatrième bibliothèque est celle du Rév. R. Péris William de Wrex- 
ham. Les mss. gallois qu'elle renferme ont comme les précédents été au- 
trefois la propriété de William Laurence Banks de Conway. Ils sont au 
nombre de trois, xvie-xvn^ siècles. 

Arrive en cinquième lieu la bibliothèque d'un savant bien connu, le Rév. 
D. Silvan Evans, qui possède quatre manuscrits gallois, XYie-XYiii^ siècle: 
l'un contient un mystère de la passion, un autre une grammaire galloise. 

Le sixième rang est occupé par un volume de poésies ; il a été écrit 
sous Jacques I^"^, 1603-1625, il appartient aujourd'hui à M. Llywarch Rey- 
nolds. 



I. Cf. Revue celtique, t. XIV, p. 337-341. 
Revue Celtique, XXIV. 



C)8 Chronique. 

Viennent en dernier lieu les deux mss. gallois qui appartiennent à D. P. 
Davies d'Ynvshvvd. Ils datent du xviii« siècle. 



II. 

M. David Comyn a commencé pour I'k Irish Text Society » Coiuaim va 
s^ribheann Gacdbilgc, la publication de l'histoire d'Irlande, Foras Jcasa ar 
Eiriiin, écrite au xvii^ siècle par Geoffrey Keating. Son tome I^'' a paru 
en 1902. M. David Com\-n s'est donné beaucoup de peine pour repro- 
duire les variantes de divers manuscrits : il mérite sur ce point toutes 
sortes de louanges. Mais le plan qu'il a suivi n'est pas celui que j'aurais, je 
crois, adopté. Il existe au monastère des Franciscains de Dublin un manus- 
crit de l'histoire d'Irlande composée par Keating, ce manuscrit passe pour 
être autographe: M. D. Comvn suivant l'exemple donné par Haliday en 
181 1 ' et plus récemment par M. Joyce^, a pris pour base de son édition les 
copies faites par les O'Mulconry, quoique ces copies soient certainement 
postérieures au manuscrit qui appartient aux Franciscains de Dublin, et en 
oénéral il a rejeté en note les leçons contenues dans ce précieux volume. Il 
sio-nale dans sa préface une de ces variantes que par exception il a intro- 
duite dans son texte. 

En irlandais moderne le prétérit sigmatique et le parfait ne font qu'un 
seul temps qui a au singulier les désinences du prétérit sigmatique, au plu- 
riel celles du parfait. En conséquence l'ancien prétérit sigmatique, à la 3e 
personne du pluriel tiicsat « ils portèrent », est aujourd'hui supplanté 
par tugadar, Keating écrit iiigadar suivant l'usage moderne déjà introduit 
de son temps; les O'Malconry, voulant faire montre de science, ont substi- 
tué à tugadar V!i.rc'h^\(\\\c tugsad; ici M. D. Comyn se séparant d'eux a, 
comme Keating, écrit tugadar (voir par exemple, p. 4, 1. 30), mais en gé- 
néral c'est la leçon des O'Mulconry qu'il préfère à celle de Keating : page i, 
ligne I, Cibe au lieu de Giodh hé « quel que soit »; même page, ligne 3, is 
eadh au lieu de as eadh « c'est », littéralement « est-il »: as 3e personne du 
singulier du présent de l'indicatif du verbe substantif est une variante mo- 
derne de l'archaïque et moderne is : cette variante est mentionnée par 
O'Donovan dans sa grammaire, p. 160. 

Qj-ielle que soit l'importance de cette critique, la publication de M. D. 
Comyn semble constituer un grand progrès sur les précédentes et on ne 
peut qu'en désirer le prompt achèvement. Keating considérait comme his- 
toriques tous les récits épiques irlandais; son livre est aujourd'hui, pour une 
partie de ces récits, dont le texte original a été détruit ou est resté inédit 
jusqu'à ce jour, la seule source à laquelle il nous soit possible de puiser. 

1 . A Complète History of Ireland from the first colonization of the Is- 
land by Partholon to the anglo-norman Invasion, vol. I, in-8, 415 pages. 

2. Gaelic Union publications. Forus feasa ar Eirin, Keating's History of 
Ireland, Book I, Part i, Dublin, 1880, vi-168 pages in-12. 



Chronicjue. £)0 



III. 

Un de ces récits qui n'est pas perdu a pour objet la démarche faite par 
Mani fils d'Ailill et de Medbh, roi et reine de Connaught pour demander 
en mariage Ferb, fille de Gerg. On trouve cette composition dans deux 
manuscrits, i° le livre de Leinster, xm siècle, où manque le commence- 
ment; 2° le ms. Egerton 1782 du Musée Britannique, xve-xvie siècle, qui 
est complet mais bien plus court. M. Windisch a publié et traduit les deux 
rédactions dans les Irische Texte, 3^ série, 2^ livraison, p. 443-556. M. A. 
H. Leahv a voulu mettre ces documents à la portée de ceux de ses com- 
patriotes qui ne lisent pas l'allemand. En conséquence il a transporté en 
anglais la traduction allemande de M. Windisch. La librairie David Xutt a 
édité le travail de M. A. H. Leahy en xxxi et 102 pages in- 12. Nous ne 
pouvons que l'en féliciter. 

Suivant le légende irlandaise, Mani est attaqué et tué en route quand il 
allait demander la main de Ferb ; Gerg, père de Ferb, reçoit aussi le coup 
mortel. Medbh, mère de Mani, voulant venger son fils, est vaincue, et 
Ferb, que Mani voulait épouser, meurt de la douleur que lui cause la mort 
des guerriers tués dans la bataille. 



IV. 

Le joli petit livre publié par M. A. H. Leahy s'adresse aux grandes per- 
sonnes. M. G. L. Thomson a des prétentions moindres, c'est à l'usage des 
enfants qu'il a écrit son opuscule intitulé The Celtic Wcmder World, recueil 
d'histoires irlandaises, galloises et bretonnes édité à Londres par Horace 
Marshall and Son, ix et 150 pages in-8". Il a réuni sous ce titre quatorze 
morceaux, dont un conte populaire breton « Le pot d'or », une légende 
galloise extraite des Mabiuogion « Pwyll, prince de Dyved », trois contes po- 
pulaires irlandais, et neuf récits appartenant à la littérature légendaire de 
l'Irlande. De nombreuses gravures ornent ce petit volume. 

V. 

A la suite de son édition d'un Noël d'Alsace', M. Edouard Halter a 
trouvé bon de placer une dissertation sur l'étymologie du mot Noël. Il le 
prétend celtique et l'explique en deux mots gallois: i» no « nuit » dans 
he-no « cette nuit », et gwyl « fête ». Il n'était pas besoin d'aller chercher 
du nouveau sur l'étymologie de ce mot qui se trouve dans le glossaire de 
Ducange, au mot natale, comme on le peut voir par exemple au tome IV, 
p. 1144 de l'édition des Bénédictins, 1753. Comparez chez Pline la formule 
aies natalis sui « jour de sa naissance » (Cf. Hatzfeld, Darmesteter et An- 

I. Petit théâtre de famille. Noël d'Asace, édition française par Edouard 
Halter, Strasbourg, librairie Noiriel, F. Staat successeur, 28 pages, 1902. 



100 chronique. 

tomeThomas, Dictiotwaire général de la lano^ue française, p. 1593; G. Koer- 
tiiig, Lateiiiisch-romaiiisches ÎVoerterbuch, i^e édition, col. 513, n» S5So). 

VI. 

Sept des anciens élèves de notre collaborateur M. Antoine Meillet qui a 
terminé à l'Ecole des Hautes-Etudes, le 31 juillet 1901, une période de dix 
années d'enseignement, lui ont offert, comme témoignage de reconnais- 
sance, un recueil de travaux linguistiques composés par eux'. 

Un de ces mémoires, dont l'auteur est M. G. Dottin, concerne un sujet 
spécialement celtique : « L'évolution de la déclinaison irlandaise étudiée 
« dans deux dialectes du Connacht )>. La façon dont cette question si inté- 
ressante est traitée atteste chez M. Dottin une connaissance approfondie de 
l'irlandais moderne comme de l'irlandais ancien. Une grammaire complète 
de l'irlandais moderne rédigée sur ce plan mériterait un excellent accueil. 

Le dernier mémoire traite un sujet moins spécial que celui qu'avait 
choisi M. Dottin ; son titre est « Réflexions sur les lois phonétiques ». L'au- 
teur, M. J. Vendryes, y parle cependant entre autres choses de phonétique 
celtique en exposant ce que 1'/ et Vu consonnes des Indo-européens sont 
devenus en irlandais et en brittonique; et il le fait en homme compétent. 

VIL 

U" Union rêgionaliste bretonne avait en 1901 organisé cinq concours poé- 
tiques avec prix. Un de ces concours était celui des recueils en dialecte de 
Tréguier, Cornouaille et Léon. Chaque poète concurrent devait choisir dans 
son portefeuille ses meilleures pièces et les envoyer au concours. Le jury, 
présidé par notre savant collaborateur M. Ernault, a reçu vingt envois et a 
décerné dix-neuf récompenses, savoir: six médailles, la première de 25 
francs, la seconde de 20, la troisième, la quatrième et la cinquième de 15, 
la sixième de 10, trois mentions très honorables, trois mentions honorables 
et sept simples mentions. Il y avait vingt concurrents, un seul n'a rien 
obtenu. 

Le volume qui rend compte de ce concours 2 commence par une préface 
très bien pensée et très bien écrite par le doyen de la Faculté de Rennes, 
M. J. Loth. Vient ensuite le rapport de M. Ernault sur le concours de re- 
cueils, puis le texte breton : 1° de pièces produites en 1901 au concours de 



1. Mélanges linguistiques offerts à M. Antoine Meillet par ses élèves D. 
Barbelenet, G. Dottin, R. Gauthiot, M. Grammont, A. Laronde,M. Nieder- 
mann, J. Vendryes, avec un avant-propos par P. Boyer, Paris, Klincksieck, 
1902, in-8". 

2. Dkiiniou Brci\-iid, Dihhad hariO)iieion ktuiinet gant Kcvredigci Brei^ e 
Kemperle « Fleurs de Basse-Bretagne, choix de poésies par l'Union rêgiona- 
liste bretonne à Quimperlé ». Rennes, Plihon et Hommay, 1902, in-8", 
232 pages. 



chronique. loi 

recueils par neuf auteurs sur les dix-neuf récompensés ; 2" de pièces en- 
voyées par trois auteurs qui s'étaient présentés aux concours de drame, de 
sône et de^ttw:^, sans rien adresser au concours de recueils, et en outre par 
un abbé Marion, premier prix de 1900. Après ces morceaux poétiques on a 
placé le rapport sur le cinquième concours, celui de la poésie vannetaise. Il 
est signé Ab-I\ean « fils d'àme » et il ne contient aucun classement; il est 
suivi du texte breton de six pièces émanées de quatre auteurs. 

Les textes bretons de la première et de la seconde partie sont accompa- 
gnés de traductions françaises en prose. Quelques-unes sont de M. Ernault, 
beaucoup ont été écrites par les auteurs. Il est curieux de voir combien ces 
derniers ont peine à se décider à traduire littéralement leur breton : Un 
amant suit sa maîtresse get eitn a vont guelet « avec crainte d'être vu » : 
M. Yannig Fur écrit, p. 227 « dans la crainte qu'on ne me voie ». La jeune 
fille a quitté la fontaine, l'amant y va et cherche « à voir son image (l'image 
de celle qu'il aime) au fond [de l'eau], guelet he skeiid en don; Yannik Fur 
traduit: « à saisir son image au fond ». Plus haut un vers breton dit pour- 
quoi la jeune fille quitte la fontaine; c'est parce que « son pot est plein », 
Hefot e i^oti karget ; le traducteur a écrit : « son vase est rempli d'eau » : 
« vase » au lieu de « pot » qui probablement n'a pas semblé assez noble en 
français; mais dans le texte breton /o/ avec mutation de l'initiale pour pot, 
mot d'origine française et qu'emploient en France les gens les mieux élevés : 
enfin « rempli d'eau », quand le texte breton porte karget: ce mot emprunté 
à un dialecte normand du français veut dire littéralement « chargé » par 
extension « plein, rempli »; mais pourquoi avoir ajouté « d'eau »? L'au- 
teur craignait-il qu'on ne crût que la jeune fille avait trouvé à la fontaine 
du vin ou du sang ? 

VIII. 

Le D"" J. Meynier, médecin principal de l'armée territoriale, membre de 
l'Académie de Besançon et de la Société d'Emulation du Doubs, a publié 
en 1901 un volume in-8 de 430 pages intitulé: « Les noms de lieu ro- 
« mans en France et à l'étranger » ; ce volume est en vente chez Dodivers 
à Besançon. 

M. Meynier connaît en grande partie les sources à consulter — , je 
dis en grande partie, mais sauf exception, — il faut excepter par exemple 
V Altceltischer Sprachschali de M. A. Holder; de plus M. Mevnier a 
considérablement travaillé; mais sur certains points l'instruction première 
lui manque. Il a du gaulois l'idée la plus étrange. Par exemple il croit, 
p. 256, que Milan est la forme gauloise des noms de lieu que les Romains 
ont écrit Mediolanum; pour Troyes (Aube), nom dont la forme antique est 
Tricasses, il cite comme primitive, p. 201, la notation du moyen âge Trecae; 
enfin lui, habitant Besançon, écrit, p. 200, que dans les commentaires de 
César Besançon s'appelle Bisantii; il ne connaît pas Vesontio, à l'accusatif 
Vesontionem, De beîlo galîico, 1. I, c. 38, 39. 

Tous ceux qui ont quelque souvenir de la géographie de la Gaule sous 



102 Chroni^jue. 

l'empire romain savent que l'Oise s'appelait à cette époque Tsara; M. Mey- 
nier trouve pour cette rivière le nom d'Esia, et il l'explique, p. 162, par le 
nom divin Esiis, dont le dérivé est Esiniits et serait au féminin Esxivia. Je 
n'insisterai pas sur le lapsus caîami qui, p. 206, à propos de Condate 
« Rennes », le fait renvoyer à Coes. coin, au lieu de Ptolémée. Mais M. Mey- 
nier sait-il bien que César se dit en latin Caesar par ae et non oc, et devons- 
nous mettre au compte de l'imprimeur Coes. coin, pour Cues. coiniii. (Cac- 
saris commentarii) dans les notes des pages 200, 201, 202, 205, 204, 205, 
206? A la page 162 Incolisina pour Iciilisna « Angoulême », est-il une faute 
d'impression ? Je ne sais, mais que dire de la traduction de ce nom de lieu 
par « temple d'Igol » ? 

M. Meynier me cite avec des éloges que je ne mérite point et me trou- 
vera bien ingrat. Mais suivant moi les études de médecine sont une pré- 
paration insuffisante pour quiconque entreprend des travaux de géographie 
historique; un mémoire sur la médecine antique serait beaucoup de la 
compétence d'un médecin principal de l'armée territoriale; tel est le genre 
d'occupation auquel M. Meynier, s'il suit mon conseil, devrait employer 
désormais ses laborieux loisirs. 



IX. 

Je crois au contraire que mon devoir est d'encourager M. F. Duine à 
continuer le genre de travail Httéraire dont il s'occupe actuellement. Il vient 
de publier une brochure de 54 pages in-8», intitulée « Notes sur les saints 
bretons '. Les saints de Dol ». C'est un recueil d'études sur les sources im- 
primées et manuscrites de la vie de sept saints bretons. L'auteur, comme 
Mgr Duchesne et comme les Bollandistes, sait ce que c'est que la critique. 
Voici comment, dans sa préface, il s'exprime : 

« Au respect profond que nous devons aux premiers instituteurs de la 
« conscience bretonne, j'ai tenté d'unir les droits de la critique, — lesquels 
« bien compris ne sont autres que ceux de la vérité. » 

Les saints dont M. Duine s'occupe dans la brochure dont nous parlons 
sont Samson, Magloire, Budoc, Lucher, Genève, Turiaus, Gilduin, Jean 
de Saint-Sanison. Il semble fort bien renseigné sur chacun (cf. Périodiques., 
no VII). 

X. 

M. Macalister a donné à la librairie David Nutt le second volume de ses 
Studies in irishEpigraphy^-. C'est un volume in-8" de 175 pages, dédié à la 
mémoire de deux épigraphistes irlandais, l'évêque protestant de Limerick 
Charles Graves et Edmond Barry. Je ne puis sans émotion écrire le nom 

1. Rennes, Fr. Simon, 1902. 

2. Le tome premier a été annoncé dans la Revue Celtique, t. XIX, p. 85. 
M. Rhys à qui j'ai demandé ce qu'il pensait de ce volume, m'en a fait 
l'éloge. 



chronique. 103 

du premier que j'ai connu personnellement et dont les travaux sur l'écri- 
ture ogamique sont ceux par lesquels j'ai débuté dans l'étude de l'épigra- 
phie irlandaise. 

Dans cette seconde partie M. Macalister s'occupe d'abord de celles des 
inscriptions de Kerry dont il n'a point parlé dans sa première partie, ensuite 
des inscriptions de Limerick, Cavan et King's County, enfin il termine par 
celles des inscriptions d'Ecosse et de l'Ile de Man qui sont du type oga- 
mique irlandais. La plupart des inscriptions sont à la fois reproduites par 
M. Macalister en écriture ogamique et en caractères latins. D'amples tables 
terminent ce volume, que je ne puis critiquer pour deux raisons, l'une que 
je n'ai pas les originaux sous les yeux, l'autre qu'il s'agit d'une paléographie 
dont la pratique me fait défaut. 

M. Macalister compte terminer en un troisième volume le relevé des 
inscriptions ogamiques d Irlande. Il publiera ensuite les inscriptions d'Irlande 
dans lesquelles ont été employés les caractères latins qu'il appelle hiberno- 
saxons, puis les inscriptions irlandaises de Grande-Bretagne, enfin les in- 
scriptions gauloises du continent. Il est fort à désirer que ce projet reçoive 
prochainement son exécution. 

XI. 

La librairie PrudommeàSaint-Brieuc vient de mettre en vente un recueil 
de contes bretons : Pipi Gonto. Marvailhou bieionek gant E. ar Moal (Dir na 
dor')- 

Voici la traduction des premiers mots de la dédicace placée en tête de ce 
volume. 

Ce livre ci est dédié à chacun des Bretons qui le lira. 

Il est dédié d'abord à tous les laboureurs et ouvriers de Basse-Bretagne, 
parmi eux à mes proches, par-dessus tout à ma mère, à ma tante, à ma 
sœur, à mes frères, à tous mes parents vivants et morts : puissent leurs 
descendants être à tout jamais de courageux travailleurs sur la terre de 
Basse- Bretagne ! 

Il e.st dédié dans chaque ferme, d'abord au père et à la mère, mais aussi 
aux enfants. En vérité c'est pour les enfants qu'il a été fait, pour leur ap- 
prendre à lire et à aimer le breton en leur donnant par lui, d'une manière 
qui leur plaise, de sages exemples et de bons enseignements. 

Les images qui s'y trouvent ont été faites pour eux : elles ont été dessinées 
par un jeune peintre de Locquenvel, Emile Dudoret, d'âge à être leur frère 
aîné, élevé ainsi qu'eux dans ce pays-ci par des gens comme eux. Ils lui 
diront merci comme je le fais. 

XII. 
Le volume XV du Cyinmrodor , publié par la Society of Cymmrodorion a 

I. Acier qui ne se rompt pas. 



104 Chronique. 

tout récemment paru à Londres au siège de la Société qui Tcdite, New 
Stone Buildings, 64, Chancery Lane, à Londres. 

Il contient, outre la bibliographie, trois articles. Le premier concerne 
Lewis Morris qui devint en 1746 depiity Steward c'est-à-dire sous-rcgisseur 
des manoirs seigneuriaux appartenant à la couronne d'Angleterre dans le 
comté de Cardigan. Les terrains non clos étaient propriété de la tribu dans le 
droit celtique primitif qui est le droit indo-européen. Mais en vertu du 
principe que le droit féodal français a formulé: « Nulle terre sans seigneur », 
ces terres sont devenues en Angleterre propriété du seigneur, c'est-à-dire 
dans la partie du Cardigan dont nous parlons, du roi. De là entre la popu- 
lation celtique et le gouvernement royal anglais une lutte dont les monu- 
ments sont intéressants à étudier. 

Le second article concerne saint Carannog := * Carantacus, en bas latin 
de Grande Bretagne Cfl?7r«/oa«. M. Baring Gould croit qu'on a confondu 
ce saint avec saint Cairnech, évêque, un des soi-disant auteurs du Senchus 
Afd;- (Whitley Stokes, The tripartite Life of Patrick, p. 564; Aucient Latvs 
of Irelatid, t. I, p. 16). 

Cette identification, que M. Barin Gould repousse, est absolument inad- 
missible phonétiquement parlant. Mais suivant lui Carannog = *CflraK- 
taciis et Caradec = Caradoc = Caratacus, en irlandais Carthacli, seraient 
le même nom, ce qu'on ne peut davantage admettre : Caratacus dérive d'un 
participe passé, Carantacus d'un participe présent. Du reste l'auteur paraît 
bien connaître son sujet. 

Le dernier article est un mémoire de M. Francis Green sur l'histoire 
d'une famille du pays de Galles, les Wogan de Boulston. 

XIII. 

Dom A. B. Kuypers, bénédictin de l'abbaye de Downside, a publié à 
Cambridge, imprimerie de l'Université, un volume in-40 de xxxvi-286 
pages intitulé : The Prayer Book of Aedeluald the Bishop, commonly called 
the Book of Cerne. 

Le volume connu sous le nom de Book of Cerne est formé par la réunion 
de trois mss. : i" un cartulaire de l'abbaye bénédictine de Cerne, comté 
de Dorset, en Angleterre; ce cartulaire est l'œuvre de plusieurs scribes, xii^- 
xive siècle ; 2" le livre de l'évêque Aedeluald ou Aethelwold, ix^ siècle, 
avec corrections du xii^, et notes marginales du xive ; 3" un recueil de 
proses latines dont l'écriture est du xv^ siècle. 

Le livre de l'évêque Aethelwold ou Aedelwald a été probablement écrit 
pour l'évêque de ce nom qui occupa le siège de Lichfield de 818 à 830; il 
consiste en 99 feuillets; qui sont l'objet de la publication de Dom B. 
Kuvpers. Ce livre débute par un fragment de prière en anglo-saxon, {° i. 
Ensuite viennent : 2» les récits de la Passion et de la Résurrection de J.-C. 
tirés des quatre évangiles texte latin, fos 1-40; 5" 74 prières ou hymnes 
latines, f°s 40-87; suivie 4° d'un choix de psaumes également en latin, 
f^s 87-99, et 5" d'un dialogue latin entre J.-C, Adam et Eve aux 



chronique. 105 

enfers, au moment où J.-C. y était descendu, f'' 99. La troisième partie 
de ce recueil contient quelques morceaux d'origine irlandaise; ces morceaux 
attestent l'influence exercée, au ix^ siècle, sur les Anglo-Saxons par les mis- 
sionnaires irlandais. Un des plus curieux est la lorica de Loding, f°s 43-44 
du ms., p. 85-88 de l'édition; comparez la hrka de saint Patrice. La lorica 
de Loding est accompagnée d'une traduction interlinéaire en anglo-saxon. 
Un fac-similé de la première page accompagne le texte imprimé de la lorica 
de Loding. 

La publication de Dom Kuypers paraît faite avec grand soin et atteste 
chez son auteur une science liturgique qui fait défaut au rédacteur du 
compte rendu. 

Le volume se termine par un mémoire où M. Edmond Bishop recherche 
quelles ont été les sources du livre de l'évèque Aethelwold. 

XIV. 

M. Bruno G. Gùterbock a fait paraître en 1882 sous le titre de Bemer- 
kungeii liber die lateinischen Lehnwôrter im Irischen, in-8°, 105 pages, une 
étude sur les mots latins qui ont pénétré dans la langue irlandaise'. Un 
compte rendu de ce travail par M. H. Schuchardt a paru en 1883 dans le 
tome V, p. 489-491 de la Revue Celtique. Vingt ans après M. Gùterbock, 
M. J. Vendryes nous a donné un travail sur le même sujet, c'est une thèse 
latine de doctorat : De hibernicis vocabulis quae a latina liiigua originem duxe- 
runt, Paris, Klincksieck, 1902, grand in-8'', 200 pages^. 

Ce livre, beaucoup plus complet que celui de M. Gùterbock, commence 
par la liste des ouvrages cités en abréviations. On trouve ensuite la préface 
et cinq chapitres : le premier est un exposé des faits historiques qui ont 
produit en irlandais des emprunts à la langue latine, le second a pour objet 
la phonétique des mots latins qui ont pénétré dans les textes irlandais, le 
troisième la morphologie des mêmes mots, le quatrième leur sens, le cin- 
quième la conclusion de l'auteur qui présente son travail comme un essai 
destiné à être perfectionné dans l'avenir. Deux index, l'un des mots irlan- 
dais, l'autre des mots latins, terminent le volume. 

L'œuvre de M. Vendryes mérite avant tout des éloges. Je ferai quelques 
observations de détail. La première n'est pas une critique, c'est un déve- 
loppement. 

La formation des mots irlandais s'explique par deux accents, l'un le prin- 
cipal, sur la première syllabe, l'autre, un accent secondaire sur la pénul- 
tième même brève, exemple : cairde « amitié » = *cârantfia. Les deux 
syllabes accentuées de cdrantna sont seules maintenues en irlandais et la 
pénultième — qui dans cet exemple est / bref changé en e par l'action ré- 

1. Comparez le volume pue M. J. Loth a publiéen 1893 sous ce titre: 
Les mots latins dans les langues brittoniques. 

2. C'est un développement de l'étude consacrée au môme sujet en 1868 
par M. Whitley Stokes: Three irish glossaries, p. xx-xxvu. 



io6 Chronique. 

trograde de Va suivant — est devenue finale. En gallois et en breton la 
syllabe médiale, tombée en irlandais, se maintient, mais la pénultième 
brève persiste et elle est finale comme en irlandais, exemple en gallois ca- 
rennydd « bonté, parenté », en breton karantei, knranlè « amitié )),le même 
mot que l'irlandais cairde. 

En latin, quand la pénultième était brève, elle était atone; au moyen âge 
elle tombe, Tantépénultième frappée de l'accent devient finale en français. 

Un certain nombre de mots d origine latine sont traités en irlandais de 
cette manière : eclais, à'ecclésia, en français « église » ; en gallois eghoys, en 
breton ilis ; heist de hestia, en français « bête » ; monaistir, niainistir, mainis- 
ter, du latin moiiastérhim, en bas latin monastirium, en français « monas- 
tère », en breton mous 1er ; le point sur lequel le système suivi en Irlande 
dans les mots de cette catégorie diffère du procédé français consiste en ce 
qu'en Irlande le / et le c précédent -io- et -ia ne sont pas assibilés ' : poeni- 
tentia est devenu en français « pentance » dans « re-pentance » ^, mais en 
irlandais on trouwt petmit = * pendentif * penilcntia avec maintien du l de 
la désinence -Ha ; comme exemple du maintien du c dans la finale -cio 
nous citerons le nom commun irlandais sacarbaic, de sacrificiiim « sacri- 
fice », et le nom propre Patrie de Patricins « Patrice »?. A côté de ces mots 
irlandais d'origine latine en -io-, -ia- qui paraissent empruntés à un dialecte 
roman, il y en a d'autres qui ont pris en irlandais la même désinence que 
les mots d'origine celtique dont nous avons cité cairde ;= * carantia, tels 
sont iiiiige = iincia, timide = modius, caille = palliuni, etc. Voir sur ce 
point dans le volume de M. "Vendryes les pages 50-52, 88-89 où ces 
faits sont exposés avec des exemples plus nombreux. Ces mots d'ori- 
gine latine qui en irlandais se terminent en e-, = -io-, -ia-, paraissent em- 
pruntés au latin classique, être entrés en irlandais quand leur finale au 
nominatif singulier -nw, -ia- subsistait encore, tandis que les mots d'ori- 
gine latine qui n'ont plus de désinence proviennent d'un dialecte plus 
récent où déjà les svllabes finales étaient tombées. Il suffit de lire les inscrip- 
tions du Pays de Galles, réunies par M. Rhys dans ses Lectures on welsh 
Philoîogy, pour avoir la preuve qu'en général dans les temps qui ont suivi 
le départ des légions romaines au commencement du v^ siècle ceux qui en 
Galles prétendaient écrire en latin avaient perdu la notion de la valeur des 
désinences qu'ils essayaient d'employer; ces désinences n'étaient plus usi- 
tées en Grande Bretagne et le latin parlé y était déjà une langue romane 
dont les débris sont conservés par une partie des mots irlandais dont 



1. L'assibilation ne se produit point en cette situation dans les langues 
néoceltiques: irlandais, dahe ^=*daîtios « disciple », esca \>o\ir esce =: cskio-ti 
« lune »; gallois marchogion, pluriel de marchatvg =^* marcâcos, breton ka- 
rantei de *karantia. 

2. Je ne parle pas de « pénitence » qui est un mot savant. 

3. Patraicc dans l'hymne de Fiacc est déjà devenu irlandais par l'addi- 
tion d'un a dans la seconde syllabe. 



Chronic\iie . 1 07 

M. Vendryes a dressé la liste 1. Patrie ^=. Patricius est un mot roman qui 
s'oppose à son synonyme Cothraige créé conformément aux règles de la 
phonétique irlandaise. 

Il y a quelques points sur lesquels je ne suis point d'accord avec le savant 
auteur: Je ne puis admettre que anam-chara, p. 92, soit la forme irlandaise 
du latin atiachorela ; anam-chara signifie « directeur de conscience » littéra- 
lement « ami de l'âme du client » ; voici la définition de ïanachoreta, 
telle qu'elle est donnée dans la collection canonique irlandaise, livre 
XXXIX, c. III. intitulé : De variis generihiis moiiachorum : 

Tertium genus est anachoretarum, qui, jam coenobiali conversatione 
perfecti, semetipsos includunt in cellulis, procul a conspectu hominum 
remotis, nemini ad se praebenles accessiim, sed in sola contemplatione theorica 
viventes persévérant. 

Des moines, nemini ad se praebenles accessum, ne peuvent diriger la con- 
science de qui que ce soit. 

Je n'admets pas davantage que le substantif féminin viontar, niuinter = 
* monotera « famille » vienne du substantif neutre latin monasteriiim, en bas 
latin monastiriinn, dont le représentant irlandais bien connu est monaistir, 
mainister, mainislir; Va de montar exclut phonétiquement monasterimn. Le 
sens présente une autre difficulté. Monasteriiim désigne le bâtiment où 
habitent les moines, ce mot n'est pas le nom de la famille monastique. Le 
chapitre précité De variis generibiis monachoritni dit que la quatrième espèce de 
moines consiste en sarabaite qui domum in casteUo sive in monasteriofaciiint. 
Enfin il est inadmissible que les Irlandais aient attendu l'établissement des 
monastères pour concevoir l'idée de la famille et pour trouver le mot qui 
dans leur langue exprime cette idée? 

Cûairt « cercle », ne me paraît pas venir du latin coi-tis w basse cour » 
son étymologie vraie me semble celle qu'a donnée M. Whitley Stokes, 
UrkeJiischer Sprachschati, p. 93. 

XV. 

La maison David Nutt vient de publier en un volume in- 16 de ix-77 
pages la traduction en anglais moderne de deux romans en vieil anglais : 
l'un, Sir Cleges, nous a été conser\-é par un seul manuscrit datant du xv^ 
siècle, l'autre, sir Libeaux Desconus (Le bel inconnu) paraît remonter au 
xive siècle et on en a plusieurs manuscrits. Le dernier est une imitation 
d'un roman français. Tous deux appartiennent au cycle de la Table ronde. 



I . Un des plus intéressants de ces mots romans est poc « baiser » mot 
gallois, breton et irlandais, emprunté à la formule liturgique dona nohis 
pacem, signal du baiser dit de paix que se donne le clergé et que se don- 
naient autrefois les fidèles à la messe. 



lo8 Chroni(jue. 

XVI. 

Je terminerai cette chronique en annonçant les éléments de grammaire 
gaélique que M. Cameron Gillies a tout récemment publiés à la librairie 
David Nutt. L'auteur ne se borne pas à constater l'usage actuel. Il compare 
au vieil irlandais et aux autres dialectes noé-celtiques le dialecte parlé ac- 
tuellement dans les hautes terres d'Ecosse. Il connaît les doctrines de Zeuss, 
de M. Macbain, de M. Windisch et de M. Whitley Stokes, il sait à propos 
les exposer. 

Jubainville, Vosges, le ii novembre 1902. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



PÉRIODIQUES 



SOMMAIRE : I. Zeitschrift fur celtische Philologie IV, 2. — II. Archiv fur celtische Lexico- 
graphy, I, 4; II, i;. — III. Boiiner Jahrbûcher (Jahrbùcher des Vereins von Al- 
tertiinisfreunden in Rheinlande), Heft 108/9. — IV. Revue épigraphique, avril, 
mai, juin 1902. — V. Arcliaeologia Canihrensis, 6" série, vol. II, partie 5, juillet 
1902. — VI. Revue archéologique, juillet-août, septembre-octobre 1902. — VII. 
Revue des traditions populaires, septembre-octobre 1902. — VIII. The Journal of 
the Royal Society of Antiquaries of Ireland, 30 septembre 1902. — IX. Bolletino 
storico délia Svizzera, vol, XXIII. — X. Boliettino délia societa geogratica italiana. 
— XI. Beitrage zur alten Geschichte. — XII. Journal of the Royal Institution of 
Cornwall, n° XLVIII. — XIII. Folklore, 29 septembre 1902. — XIV. Zeitschrift fur 
romanische Philologie, t. XXVI. — XV. Annales de la Faculté des Lettres de Bor- 
deaux, Revue des études anciennes, t. IV, i, 2, ^. — XVI. The Gael, juillet à 
octobre 1902. — XVII. M. Schuermans et les Nutons. — XVIII. Rivista archeolo- 
gica délia provincia e antica diocesi di Coino, septembre 1902. — XIX. Celtia, août 
à octobre 1902. — XX. Bulletin bibliographique et pédagogique du Musée Belge, 
I j octobre 1902. 



Zeitschrift FUR celtische Philologie, t. IV, 2^ livraison. Elle débute 
par un très intéressant article de M. Thurneysen sur les différentes recen- 
sions du Fled Bricrenn. Ces recensions sont au nombre de trois : 1° celle 
du Lehor na hUidre, p. 99-112, publiée par M. Windisch, Irische Texte, 
t. I, p. 254-303, et du ms. XL de la Bibliothèque des avocats d'Edimbourg, 
Revue Celtique, t. XIV, p. 450-459; 2° celle du ms. du Musée Britannique, 
Egerton 93, fos 20-25 (dont M. Windisch a donné les variantes en note de 
son édition du texte de L. U., et p. 303-307, 335-336) et du ms. de Leide 
dont le texte a été publié par M. Stern {Zeitschrift fur celtische Philologie, 
t. IV, p. 143 elsuiv.); 3° celle qui est contenue dans le ms. H. 3. 17 du 
Collège de la Trinité de Dublin dont M. Windisch a donné les variantes, 
Irische Texte, t. I, p. 330-335. M. Zimmer a comparé ces trois recensions 
dans la Revue de Kuhn, t. XXVIII, p. 648 et suiv. ; il croit qu'il a d'abord 
existé du Fled Bricrenn trois rédactions aujourd'hui perdues, que les trois 
recensions mentionnées ci-dessus sont autant d'arrangements de ces trois 
rédactions primitives et que ces arrangements relativeinent nouveaux sont 
indépendants l'un de l'autre. Suivant M. Thurneysen, les auteurs des deux 



iio Périodiques. 

recensions mentionnées ci-dessus sous les no^ 2 et 5 se sont bornés à rema- 
nier le texte de la récension à laquelle nous avons donné le n" i, et que 
nous a conservé le Leior na hUidre. 

Le second article est dû à la plume spirituelle du fondateur de la Revue 
Celtique qui a eu pour collaborateur dans ce nouveau mémoire M. Llywarch 
Revnolds. Il est intitulé : « une version galloise de l'enseignement par les 
cartes |à jouer] ». Il s'agit d'un domestique qui a trouvé dans un jeu de 
cartes un moyen mnémonique pour conserver l'instruction variée et plus 
ou moins fontaisiste dont il se glorifie. 

Le troisième article a pour objet les textes légaux irlandais contenus dans 
un ms. de la Bibliothèque royale de Copenhague. Une édition de la plus 
grande partie de ces textes d'après d'autres mss. a déjà paru dans les tomes 
II et V des Ancient Laivs of Ireland. Le ms. de Copenhague donne des 
variantes intéressantes. L'éditeur, M. Whitley Stokes, renvoie pour chaque 
passao^e au tome et à la page des Ancient Laws of Irelnnd. 

Viennent ensuite, comme 4'-', 3*= et 6^ articles, trois continuations: d'abord 
la suite des mélanges irlandais de M. Kuno Meyer ; nous y remarquons un 
poème sur la science nécessaire au fiH irlandais, une rédaction irlandaise 
de la légende grecque du Minotaure, et une homélie irlandaise. Les deux 
autres continuations sont la suite du mémoire de M. George Hendcrson 
sur les dialectes gaéliques d'Ecosse, et celle de la vie de saint Columba 
éditée par M. Richard Henebry, ancien professeur à l'Université de Wa- 
shington, qui date son travail de Nott's Ranch, Bennet, Colorado, Etats- 
Unis d'Amérique. 

Le septième article est de M. A. Anscombe qui critique la chronologie 
de M. Mac Carthy, éditeur des Annales d'Ulster. 

Dans le huitième article M. T. O. Russel se pose la question de savoir 
où était située la forteresse de Finn mac Cumhail: est-ce Allen, où la tra- 
dition la place et où il n'y a pas trace d'une construction quelconque? est-ce 
Knock Awlin, plus anciennement Aillinne où un rempart de terre enve- 
loppe un emplacement circulaire d'environ dix hectares? 

Le 9s article est de M. Kuno Meyer, ce savant y traite de la substitution 
de l'o et de Vu à l'a dans les syllabes initiales des mots latins que l'irlan- 
dais a adoptés, comme pupall « tente » du latin papilio ' . Ensuite il pro- 
pose de considérer le nom propre Tundal comme une corruption de Tung- 
daliis, tenant lieu de Tinigdabis qui serait lui-même le substitut d'un primitif 
irlandais Tnâtligal. 

La livraison se termine comme d'habitude par les comptes rendus biblio- 
graphiques dont les deux principaux sont le premier et le dernier, 
d'abord la critique par M. Whitley Stokes du Glossary to tlie Ancient 
Laïcs of Ireland publié par M. R. Atkinson, trente pages, et les deux 
pages consacrées à la partie celtique du savant recueil que les deux direc- 



I. Cf. Vendryes, De liiheiiiicisvocahuUs quae a lingua origineni duxerunt , 
p. 36. 



Périodiques. 1 1 1 

teurs MM. H. Gaidoz et E. Rcland ont intitulé Mèhisine, et qui compte 
aujourd'hui dix volumes. L'auteur de ce dernier article a signé St. 

II. 

Archiv fur celtische Lexicographv, t. I. La 4e livraison contient ; 

Suite des Additions et Remarques au Diclioiiaryof tbe u-elsh Laugiiagc, du 
Rév. Silvan Evans, par J. Loth. 

Suite des index dressés par M. A. Anscombe pour les vieilles généalo- 
gies galloises. 

Etude d'E. O'Growney sur le dialecte irlandais d'Aran. 

Suite de l'édition donné par M. Ernault des cantiques bretons contenus 
dans le Doctrinal. 

Note de M. J. Loth établissant l'identité du gallois hoed « regret » avec 
l'irlandais saith « souffrance ». 

Suite des contributions de M. Kuno Meyer à la Lexicographie du moyen 
irlandais : arha-hachah 

Dans les livraisons i et 2 du tome II on trouve le glossaire dressé en 
Allemagne à Marburg par Agnès et Franz Nicolaus Finck pour le caté- 
chisme irlandais de Donlevy, édition de 1742 ; la continuation des contri- 
butions à la lexicographie du moyen irlandais par M. Kuno Meyer, bachall- 
cei! ; enfin une collation de l'édition du livre d'Aneurin donnée par Skene 
dans ses Four ancient Bocks of Wales; l'auteur de ce dernier mémoire est 
M. Whitley Stokes qui a eu la collaboration de M. J. Loth. 

III. 

BoNMER jAiiRBiiCHER {Jahrhûchcr der Vereiiis von Altertumsjreunden im 
Rbeinlande), Heft, 108/9. — O" ^ trouvé en 1818 en Suède dans une tom- 
belle située près de Fyckling, province de Westmanland, aux environs du 
6oe degré de latitude non loin d'Upsal et de Stockholm, un seau de bronze 
provenant d'un temple consacré au dieu gaulois romanisé Apollo Grannus ; 
en effet sur ce seau est gravée une inscription latine qui peut être lue ainsi : 
Apollini Granno doiiuni Ainmilliiis Constans praej(cctus) templi ipsius v(otum) 
s(olvit) l(ihcns) m(crito). 

M. Ihm, dont les lecteurs de cette revue connaissent le nom et les savants 
travaux, a cherché où pouvait être situé le temple d'où ce seau provient. 
La base de son mémoire est l'article Grannus de M. Holder, Altceltischer 
Sprachschati, t. I, col. 2037-2039. M. Ihm arrive à cette conclusion que le 
temple en question devait se trouver dans l'Allemagne méridionale. C'est 
à la suite du pillage de ce temple que le seau dédié au dieu par le praefectns 
templi, ayant été compris dans le butin, est arrivé en Suède. 

IV. 
Revue Éi'iGRAPHiauE, n° d'avril, mai, juin 1902. — Recueil d'épitaphes 



1 1 2 Périodiquei. 

conservées au Musée de Langres, estampées par M. Rover, directeur du 
Musée de cette ville et publiées par M. Mowat. (Quelques noms propres 
gaulois s'v rencontrent: Maddacatus, par deux d barrés; Satta, Gentil Jîlia ; 
Cameius, Auexthviari filins ; Gippa, Cintusviifilia. Citons en outre un cachet 
d'oculiste trouvé en Allemagne près de Homburg vor der Hôhe et aujour- 
d'hui conservé au Musée de La Saalburg. L'oculiste s'appelait Gains Cintiis- 
tiiliis Blandiis. Suite du mémoire d'Allmer sur les dieux de la Gaule : Pater, 
Perta, Plplus, Poeniniis. 



Archaeologia cambrensis, 6e série, vol. II, partie 3, juillet 1902. — 
Mémoire de M. Boyd Dawkins sur le cairn et la caverne sépulcrale de Gop 
près Prestatyn à six milles à l'Est de Rhyl au comté de Flint dans la partie 
septentrionale du Pays de Galles. 

Le cairn est un amas ovale de pierres, long d'environ 100 mètres, large 
de 68, haut de 14. Les fouilles qui v ont été faites n'ont amené aucun 
résultat. 

Il en a été autrement dans la caverne qui doit avoir servi d'abord à l'ha- 
bitation des vivants et qui plus tard est devenue lieu de sépulture. Les sque- 
lettes appartiennent au.K deux types dolichocéphale et brachycéphale, le 
premier ibérique, le second goidélique suivant l'auteur du mémoire qui ne 
dit pas comment il a pu deviner quelle langue parlaient de leur vivant les 
humains auxquels ces squelettes ont appartenu. 

Etude approfondie et développée de M. Romilly Allen sur le chevron et 
ses dérivés dans la poterie et dans la sculpture tant sur métal que sur 
pierre à l'âge de bronze. 

Note du même sur une croix haute de deux pieds trois pouces à Llan- 
veynoe, comté de Hereford, en Angleterre, sur la frontière du Pays de 
Galles, elle paraît remonter au x^ siècle; on y lit une inscription: Haerdiir 
fecitcnicem istam. 

Notes sur la paroisse de Llandafï par M. G. H. Halliday. Une des planches 
qui est jointe à cet article paraît représenter une maison évidemment 
moderne, mais de forme ronde, avec toit conique et cheminée au milieu : 
comparez la maison gauloise de l'époque romaine. 

Il vient de paraître un Alphabetlcal Index to the fijth Séries, 1884- 1900, de 
V Archaeologia Cambrensis, par M. Francis Green. C'est un volume in-8 de 
108 pages qu'on trouve à la librairie Chas. J. Clark, 36, Essex Street à 
Londres. 

VI. 

Revue ARCHÉOLOGiauE, juillet-août 1902. Description des petits monu- 
ments de bronze et d'or trouvés par M. Benoist dans un vase de terre à 
Arc'enton, Indre. L'article est de M. l'abbé Breuil. Ces objets précieux sont 
aujourd'hui conservés au musée de Bourges. Ils paraissent dater de la même 
époque que les nombreuses et célèbres trouvailles de Hallstadt. 



Périodiques. 1 1 i 

Septembre-octobre 1902. 

Premier article de M. Hubert sur la collection Moreau, si connue grâce 
à V Album de Caranda, et aujourd'hui conservée au musée de Saint-Germain. 
De nombreuses planches représentant des colliers, des anneaux, des fibules, 
des épées, des fers de lance, des vases, ornent les pages de ce mémoire. 

Etude de M. René Merlet sur les origines de la cathédrale de Chartres et 
notam.ment sur le légende suivant laquelle cet édifice aurait été construit 
sur un emplacement où les Druides avaient érigé un autel virgini pariturae. 

Résumé critique par M. J. Déchelette d'un ouvrage de M. Henri Villers 
sur les seaux de bronze de Hemmoor, Hanovre, 150-350 ou 200-400 après 
J.-C. M. Déchelette démontre que les chaudronniers gaulois ont continué 
leur industrie sous la domination romaine en gardant les procédés d'un art 
qui se distingue clairement de celui des chaudronniers italiens dont les 
produits paraissent avoir pénétré dans l'Allemagne du Nord et jusque dans 
la péninsule Scandinave dès le xi^ siècle avant J.-C. 

VII. 

Revue des Traditions populaires, septembre- octobre 1902. — Mé- 
moire de M. Ernerst Doudon sur la légende des Nutons. Suivant lui les 
Nutons remontent au temps de l'Empire romain. Ce sont des fugitifs réfu- 
giés dans des cavernes (?). Comparez ce qui est dit plus bas, no XVII, 

Recueil des termes de commandements adressés aux animaux domesti- 
ques en Bretagne dans le Basse-Cornouaille. L'auteur est M. H. Le Car- 
guet. 

Légendes chrétiennes de Basse-Bretagne, saint Yves, saint Hervé, par 
M. F. Duine, cf. Chronique, n° IX. 

La fraternité bretonne, les secours aux veuves, par Lucie Guillaume. 

VIII . 

The Journal of the Royal Society of Antiquaries of Ireland, 30 
septembre 1902. — Notice sur une découverte d'objets d'or dont un beau 
collier et un vase en forme de bateau à Broighter, paroisse de Tamlacgt, 
baronnie de Keenaght, comté de Londonderry en Irlande. L'auteur est 
M. Robert Cochrane qui suppose que ce trésor est un ex voto de l'époque 
chrétienne et qui rattache cet ex voto à l'assemblée célèbre de Drumceat où 
saint Columba joua un rôle prééminent, c'était en 575. Des planches 
accompagnent ce travail. Un peu plus bas le Rév. Joseph Mac Keefry émet 
la même opinion??? 

Etude sur deux inscriptions ogamiques de Connor par le Rév. Geo. R. 
Buick. Ces inscriptions ont été trouvées dans un souterrain. Voici les lec- 
tures de l'auteur qui a consulté M. Rhys : 

I" TORAESCEUSAS MAaUI MUCCOI MEUTIN'I 

c'est-à-dire Monumentum Ceusis filii generis Meutini ou Monumentum Esceusis 
filii generis Meutini. 

Revue Cdiiqut, XXIV. 8 



Iii( Périodicjues. 

2° CVIS BAI MACIUI VOBARACI Oîi CALUS BOI MAQ.UI LABARACI. 

M. Waltcr Fitzgerald annonce qu'il a découvert près de Mavnooth une 
inscription ogamique dont il a envo\'é l'estampage à M. J. Rhys. 

Suit le compte rendu d'un voyage archéologique f;;it à Londonderry par 
la compagnie à la fin de juillet et au commencement d'août dernier. Parmi 
les gravures qui ornent ce compte rendu nous signalerons celles qui repré- 
sentent : plusieurs croix monumentales, un portrait du franciscain Colgan, 
auteur des Acta saiictonnii et de la Trias thamnatiirga ; une restitution du 
grimian d'Ailech, célèbre dans l'histoire d'Irlande depuis le iv^ siècle 
de notre ère: le dolmen de Tirnoney près Moghera. 



IX. 

BOLLETTINO STORICO DELLA SwiZZERA ITALTAMA, VOl. XXIII. — Article 

de M. Garofalo, Note cU Storia Elvdica. L'auteur y parle \° des migra- 
tions helvétiques antérieures à l'an 58 avant notre ère; 2° des limites du 
territoire Helvète sous la domination romaine; 5" des pagi helvétiques 
(M. Garofalo propose d'ajouter au pagus Tigorinus et au pagus Verhigenns 
ceux des Tidiiigi et des Latovici') ; 4° de la route par où les Cimbres arri- 
vèrent en Italie. Je ne saisis pas bien la différence que le savant auteur pré- 
tend trouver entre la doctrine de Tite-Live, Epitome 68, qui les fait passer 
près du flunien Alhesis, l'Adige, et celle de Plutarque, Marins, 23 qui parle 
du fleuve Atison, xov ÂT'.awva. 

X. 

BoLLETTINO DELLA SoCIETA GEOGRAFICA ITALIANA, faSC. XII. — M. Ga- 

rofiilo donne en vingt pages un relevé des routes qui d'après l'itinéraire dit 
d'Antonin existaient en Gaule sous l'empire romain. 

XI. 

Beitraege zur altenGeschichte. — Notes de M. Garofalo sur l'histoire 
la plus ancienne des colonies romaines de Vienne et de Lyon, et sur la 
question de savoir pourquoi le nombre des cités de la Gaule, 64 chez 
Ptolémée et chez Tacite, n'est que de 60 chez Strabon. 

XII. 

Journal of the Royal Institution of Cornwall, n° XLVIII. — 
Suite du catalogue alphabétique des saints qui ont été l'objet d'un culte 
dans la Cornouaille insulaire, par le Rév. Baring Gould. L'auteur donne 
sur chaque saint un résumé de sa vie et la liste des églises et chapelles pla- 
cées sous son vocable : Kiaran-Mawgan. 

On y peut remarquer certains saints apocryphes, tels saint Lanty, résultat 
d'une mauvaise traduction du nom de lieu Lant-eglos qui veut dire « enclos 



Périodicjues. i 1 5 

de l'église », on a supposé « église de Lanty ». De même le nom de la 
chapellenie de Lanfab « enclos du fils », a fait imaginer un saint Mab qui 
n'a jamais existé. 

XIII. 

FoLK-LORE, 29 septembre 1902. — A notre point de vue spécial la partie 
la plus intéressante de cette livraison consiste dans les comptes rendus 
d'ouvrages concernant les études celtiques. Le premier est celui de 
M. Wood-Martin : Traces of the Elder Failh of Ireland. A Folklore Sketch. A 
Handbook ofPre-Christian Tradition, 2 volumes in-8, Longmans, éditeur. Le 
critique donne une idée peu favorable des doctrines hardies exposées dans 
ce volume que l'auteur n'a pas envové à la rédaction de la Revue Celtique. 

Suivent : i° un compte rendu naturellement élogieux de l'édition donnée 
par M. Whitley Stokes du Togail Bruidne D.i Derga qui a paru dans la 
Revue Celtique et dont il y a un tirage à part; 2° une appréciation de l'ou- 
vrage de M. Ivor B. John, The Mahinogion (cf. Revue Celtique, t. XVIII, 
p. 459); 3° quelques mots deMissEleanor HuU sur le volume que M. Alfred 
Nutt a intitulé : Cuchulainn, the irish Achilles;4" l'opinion de M. Alfred 
Nutt sur le Cuchulainn of Muirtemne de Lady Grégory : cette opinion est à 
peu près d'accord avec celle qui a été exprimée dans la Revue Celtique, t. 
XXIII, p. 5U. 

XIV. 

Zeitschrift fur romanische Philologie, t. XXVI. — Article de 
M. H. Schuchardt intitulé : Etymologische Problème und Principien et oij le 
savant professeur de Graz discute quelques-unes des doctrines émises par 
M. A. Thomas, Remania, t. XXXI, et Mélanges d'ètymohgie française. Je 
suis incompétent pour trancher les questions qui divisent les deux éminents 
romanistes. M. Schuchardt croit que « trouver » vient du latin turhare, 
ce qui comme sens peut paraître singulier. A l'appui de sa thèse, il cite 
p. 487 : I " le gallois cyn-hyrfu « mettre en mouvement » « agiter » ; 
dont le second terme est tyrfu « élever », « resserrer », « reculer », 
2° le gallois cy-thryflu, dont le second terme est le même mot que le 
français « troubler ». Nous marchons sur un terrain plus solide, p. 402, 
avec le breton skolp « éclat », copeau », en vieil irlandais scolb aujourd'hui 
sgolb (cf. V. Henry, Lexique étymologique, p. 242). L'explication d'amélanche 
« nèfle » par un celtique * aball-inca dérivé d'*aballa « pomme », p. 421, 
peut être admise, mais doit-elle être considérée comme prouvée ? Le rap- 
prochement d'un nom de l'alose sdbalo en espagnol avec le nom antique de 
la Sewcrn, Sabrina, p. 423 est séduisant, mais est-il justifié? 

XV. 
Axx.\LES DE L.\ Faculté des Lettres de Bordeaux. Revue des 



ii6 Périodiques. 

ÉTUDES AN'CIENNES, t. IV, II" I. — Article de M. Jullian qui pense qu'on 
doit faire remonter à lan 300 environ la date de l'enceinte gallo-ro- 
maine de Paris. Le même auteur donne un fac-similé en photogravure 
de l'inscription latine d'Hasparren ; il étudie un autel gallo-romain trouvé 
à Melun et qui paraît dater du règne de Tibère ; la divinité serait Apollon 
suivant M Hirschfeld, M. Jullian propose Sérapis. — Lettre de M. Walzing 
qui maintient que l'inscription lapidaire découverte à Tongres est une dédi- 
cace à Vulcain faite par des Gesates. 

N» 2. 

Mémoire de M. Jullian sur la religion des Gaulois. Etude par M. de la 
"Ville de Mirmont sur l'astrologie chez les Gaulois. 

N" 5. 

M. Seymour de Ricci relève les fautes d'impression ou de lecture conte- 
nues dans le tome XIII du Corpus hiscriplioiunii laliuaruni. Citons n"2652, 
1. I, Deae Bibraci, pour Deae Bibracti. 

M. Jullian critique la doctrine de M. Salomon Reinach suivant laquelle 
Teutates n'aurait pas été un dieu panceltique ; et il donne une liste d'autres 
divinités, panceltiques suivant lui, mais dont les noms celtiques ne nous 
sont pas connus. 

XVI. 

The Gael. An Gaodhal, juillet à octobre 1902. — Ce journal sait 
comme on dit associer le plaisant au sévère. Dans le numéro de juillet un 
article est consacré à la défense des Trustées de l'Université catholique de 
"Washington qui ont jugé à propos de ne pas renouveler la nomination du 
D"" Henebry, précédemment nommé pour trois ans professeur de celtique 
dans cette "Université. L'auteur de l'article approuve cette décision. En 
effet, dit le journaliste, il y a aux Etats-Unis cinq journaux qui publient des 
articles en irlandais; or jamais le Rév. Henebry n'y a écrit une ligne. De 
quoi se plaint-il? Il n'a pas été destitué; il est simplement arrivé ceci : on 
ne l'a pas renommé. Voilà le sérieux. Ce qui suit est moins grave. 

Le même numéro raconte que dernièrement à Dublin on a joué chez 
M. George More, devant un public de trois cents personnes une petite 
pièce de théâtre écrite pour la circonstance par le savant M. Douglas Hyde. 
Le titre est le « Chaudronnier et la Fée », An tincéir agiis an t-sidheôg. La 
fée est une laide vieille âgée de mille ans qui doit mourir le dernier jour de 
la miUième année, si elle n'obtient pas, ce jour même, un baiser donné 
sur ses lèvres par un homme mortel. Le rôle de cette fée était joué par une 
jeune et jolie personne Miss Jane O'Flanagan qui, au début de la pièce, 
était -.accoutrée pour la circonstance dans un grand manteau et un immense 
chapeau. 

D'abord elle demanda un baiser à un chasseur qui passait (M. T. O'Do- 
noghue) et qui refusa; puis, rencontrant un fermier (M. P. O'Sullivan) 
n'eut pas plus de succès; enfin elle obtint le baiser du chaudronnier 
(M. Douglas Hvde) qui rompit le charme, et lui permit de se débarrasser 
du manteau et du vaste chapeau qui déguisaient ses atraits. Au début de 



Périodiques. i 17 

l'article on voit le portrait de Miss Jane O'Flanagan dans sa toilette de 
ville ordinaire, trois autres gravures nous la montrent dans son costume 
de vieille fée en face du chasseur, du fermier et du chaudronnier. Dans le 
Gael on ne voit pas M. Douglas Hyde donnant le baiser à Miss Jane O'Fla- 
nagan. Mais chez M. George More les trois cents spectateurs en ont été 
témoins. 

Ce baiser rappelle les vers de Molière dans les Femmes savantes : 

Quoi Monsieur sait du grec ? Ah permettez de grâce, 
Que pour l'amour du grec, Monsieur, on vous embrasse. 

M. Douglas sait-il du grec? je l'ignore, mais il sait l'irlandais. 

Dans le numéro d'août le Gael revient sur le cas du D^ Henebry qui a 
été inutilement défendu à la réunion biennale du Clan na Gael et à celle de 
l'Ancient Order of Hibernians, fondateur de la chaire de celtique à l'Univer- 
sité catholique de Washington. 

Le numéro de septembre constate avec regret qu'en Ecosse le nombre 
des gens qui ne savent pas l'anglais et qui ne parlent que le gaélique va 
diminuant: de 43 758 en 1891, il est tombé à 28706 en 1901. Mais la 
Society for Propagating Christian Knoivled^e va faire paraître une nouvelle 
édition de la Bible en gaélique d'Ecosse. Le texte a été revisé par une com- 
mission de trois membres dont le professeur Mackinnon. Ce sera un vo- 
lume in-4 qui se vendra une guinée, soit 26 fr. 48 et qui par conséquent 
sera, pense-t-on, tout à fait populaire. 

Suivant le numéro d'octobre le nombre des personnes qui en Irlande parlent 
l'irlandais et ne peuvent s'exprimer en anglais s'élevait en 1891 à 38 192, 
et en 1901 il était réduit à 20 943. Q.uant au nombre des personnes parlant 
anglais et irlandais, il était de 642 053 en 1891 et de 620 189 seulement en 
1901. Mais la population de l'Irlande a dans ces dix ans diminué de 245 975 
habitants, en sorte que la proportion des Irlandais parlant leur langue et 
l'anglais était un peu plus forte en igoi qu'en 1891. 

Quoi qu'il en soit, un événement qui s'est produit à Londres consolera les 
amis de la langue irlandaise. Le lundi sept septembre dernier dans l'église 
catholique de la Très Sainte Trinité, Dockhead, Bermondsav, un mariage a 
été célébré en gaélique. C'était la première fois qu'à Londres on entendait 
pareille chose. 

XVII. 

La Revue Celtique a dernièrement reçu de M. Schuermans, premier pré- 
sident honoraire à la Cour d'appel de Liège, plusieurs extraits de pério- 
diques belges où il discute et repousse l'étymologie admise par les roma- 
nistes pour le nom des Nutons, anciennes divinités païennes qui persistent 
dans la littérature du moyen âge. Nuton suivant les romanistes vient du 
latin Neptunus. M. Schuermans croit que ce nom a une origine celtique. 



ii8 Périodiques. 

Ce nom a dans les textes français du moyen âge une orthographe qui varie: 
Nuton, Nuitun, Luitun, Noitun, Netun, Neitun; or on peut voir chez 
Alfred Holder, AU-celtischer sprachschat:^, t. II, col. 7^9, que M. Schucr- 
mans a public on 1868, dans le Bulletin des comniiss. d'archéologie, p. 39, 
une inscription romaine conservée à Celles, province de Namur : Neutto 
Tagaiisi (filins). Il prétend que dans cette inscription Neutto est un nom de 
divinité. J'ai grand'peine à l'admettre. Mais il y avait en Espagne un dieu 
Nelon (Holder, ibidem, col. 738). Sur les Nutons, comparez le mémoire de 
M. Ernest Doudon mentionné plus haut, p. 115, n" VII. 

XVIIl. 

RiVISTA ARCHEOLOGICA DELLA PROVIN'CIA E ANTICA DIOCESI DI COMO, Sep- 
tembre 1902. — Mémoire de M. A. Giussani sur deux inscriptions nord-étrus- 
ques découvertes en 1900 à Tesserete, canton du Tessin, et sur les inscrip- 
tions préromaines des provinces de Come et Sondrio , formant l'ancien diocèse 
de Come. On lit les inscriptions de Tesserete ainsi qu'il suit : rkomiii pala, 
aai paîa, otiiii pala. Elles semblent ligures et on les traduit « tombe de 
Rkomos », « tombe d'Aa », « tombe d'Otios ». Suit un relevé d'après 
Pauli des inscriptions pré-romaines des provinces de Come et de Sondrio, 
avec excursions sur les territoires voisins, grâce aux écrits de quelques 
auteurs autres que Pauli notannnent de M. Kretschmer (cf. Revue Celtique, 
t. XXIII, p. 221). 

XIX. 

Celtia, août, septembre-octobre 1902. — Reproduction du texte breton 
et traduction anglaise du « chien de la tète de mort » extrait du volume 
intitulé Pipi Gonto (voir plus haut, p. 103). Suite d'une introduction à la 
grammaire bretonne par le Rév. J. Percy Treasure. Compte rendu de la 
visite faite à Tara le 27 septembre dernier par la Celtic Association. Grâce au 
comte Russell tout n'y est pas détruit (cf. Revue Celtique, t. XXIII, p. 364). 

XX. 

Bulletin Biographique et PÉDAGOGiauE du Musée belge. Le no du 
I) octobre 1902 contient un article sur l'enseignement celtique en Europe 
et en Amérique, et un compte rendu des trois volumes de M. Loth sur la 
métrique galloise. L'auteur de ces deux articles est M. Victor Tourneur, 
bibliothécaire de l'Université de Liège. 

H. d'Arbois de Jugainville. 
Paris, le 20 novembre 1902. 



NECROLOGIE 



Les études celtiques et la plus ancienne archéologie de la France viennent 
de faire une perte considérable par la mort de M. Alexandre Bertrand, 
auquel on doit d'abord l'organisation du musée des antiquités nationales 
créé au palais de Saint-Germain-en-Laye, ensuite d'importants ouvrages : 
Celles, les Gaulois et les Francs dont la Revue Celtique a rendu compte en 
son tome II, p. 251 ; Archéologie celtique et gauloise (Revue celtique, t. III, 
p. 251); Lrt Gaule avant les Gaulois d'après les monuments elles textes (^Ibidem, 
t. XII, p. 472) ; Les Celtes dans les vallées du Pd et du Danube (Ibidem, t. XVI, 
p. ici). Un de mes plus agréables souvenirs est celui de la visite qu'en sa 
compagnie j'ai faite en Irlande au célèbre monument mégalithique de New- 
Grange en 1881. duand on vieillit, ce qu'il y a de plus pénible pour un 
érudit est de voir disparaître peu à peu les confrères qui ont travaillé chacun 
au progrès dans une branche de la science à laquelle il a consacré sa vie. 
Heureusement je vois autour de moi des jeunes gens laborieux et intel- 
ligents sur lesquels se fonde pour moi l'espérance du progrès à venir quand 
j'aurai disparu. H. D'A. de J. 



POST-SCRIPTUM 

xvl. Salomon Reinach vient de me communiquer les inscriptions suivantes : 

10 COIXNAGI TITALVIS F 
ET DVBNAE VIREDONIS F 
VXORI VIVS SIBI / 
H M H X S 

Coinagi Tit.ilvis J(ilii) et Dubnae Viredonis f(iliae), uxori, v!v[u]s sibi (fccit) 
H[oc] 7n[onumentum] h[^redem] n[on] s[equetur]. 
Cette inscription a été trouvée à Thionville. 

20 OTENI TOOYTA 
KOTAAPOTNIA 

5° VECTIT 
BIRACI 

Ces deux dernières inscriptions ont été découvertes à Ventabren (Bouches- 
du-Rhône), par MM. Gérin Ricard et l'abbé d'Agnel. Le nom de femme 
Kojaopouvia = Ouadrunia = Petronia est probablement ligure. 

H. D'A. DE J. 



CORRIGENDA 



Revue celtique, tome XXIII. 

P. 399, last line, for may read could. 

401, 1. 6, for he pledged himself, read she bound him. 
1. 22, for over flood read as seems to us. 

403, 1. 13, for let them rmii allow them to be let. 

404. note I, add The ms. reading, robennach bec should probably be 

emended 10 ro ben a chlocc « he struck his bell ». 
407, 1. 10, for came read come. 

1. 24, for against read in place cf. 
409, 1. 8, for let no regret read that no regret mav. 
415, 1. 23, for lengthily for read far into. 

1. 25, for he rests read they cease. 
417, 1. 14, for Wednesday read Tuesday. 
419, 1. 22, for wrongful sufFering read impotence. 
423, 1. Il, for that foundered read to founder. 

432, I. 2'j,for ro-atrig «a^ ro-ataig. 

433. 1. 30, for heary read heavy. 

For most thèse corrections, and for reading, during my récent illness, 
a proof of The Baille of Allen, I am deeply indebted to Professor Strachan. 

W. S. 



Le Propriélaire- Gérant: Veuve E. Bouillon. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



NOTE SUR LE SENS JURIDIQUE DE /-/T? 



Le traire de la saisie qui ouvre le Senchus Môr commence 
par la phrase bien connue tcora ferha fira dos nacht Asal^ . 
Sur la foi d'une glose de ce passage, fira À. finda, les 
traducteurs des vieilles lois de l'Irlande ont rendu ks premiers 
mots par trois vaches blanches, et tous ceux qui se sont 
occupés de ce texte ont, jusqu'à présent, admis cette inter- 
prétation. Cependant, on peut se demander si elle est bien 
exacte, càx fir n'est pas, ordinairement, un équivalent de ^nJ 
blanc. Ce doute conduit tout naturellement à l'examen des 
garants de cette synonymie, et, tout d'abord, à l'analyse de 
l'article du glossaire de Cormac qui y est consacré. 



Bien que ce glossaire soit d'une importance capitale pour 
l'étude de la lexicographie irlandaise, il n'en existe pas encore 
d'édition critique, à l'heure qu'il est. Le plus ancien manuscrit 
connu, dans lequel il soit contenu intégralement, est le Lea- 
bhar Breac écrit en l'an 1400, reproduit en foc-similé par 
l'Académie royale d'Irlande; puis, vient un manuscrit du xv^ 
siècle conservé à l'Académie royale d'Irlande, coté H. S. 224, 
dont le texte a été publié par M. Wh. Stokes; et enfin, le 
Livre Jaune de Lecan, écrit vers le xv^ siècle, et également re- 
produit en fitc-similé. Voici en un tableau comparatif ce qu'ils 
donnent : 



1. Aiicient Laivs of Irelaud, I, p. 64. 

2. Wh. Stokes, Three Irisb Glossarics, Londres, 1862, 

Revue Celtique, XXIV. 



122 



Victor Totinieiir. 



Leabhar Breac 267" 29 et ss. 

fir. i. find, ut Feacht mac 
Sencha dixiî, i. fono/mdiur 
tri dirnu di argut airiu ar 

no i 
teo''a fera ferba fort aenerc 
necoscc iler lathi Li'igba li 
sùla sochar. Ba head di/zo e- 
niuchna echdach 
cosc na nerc neclito nechbel 
no nechbeoil a halpa do acht 
a alpa 

Cuiru, i. bai fira. i. finda 
ho derga \nd. 



Stokes, p. 20. 

fir. i. find ut Fachtna mac 
Sencha dixit, i. fordomdiur 
tri dirnu di argut airiu ar 
teora fera (nofira: ferba fon 
aenerc necoscc iter lathi 
Li'igba li si'ija sochar. Ba- 
head din écosc nanerc i,niu- 
chna Echdach) echbel no 
nechbeo;l a hAlpa toacht 
Cuiru, i. baifira, i finda ho 
derga ind. 



Livre jaune 267" 3 et ss. 

fir .i. find, ut est Fachtna mac 
Sencha, fortomidiur ir/dirna 
do arj^at airae ar teorae ferbai 
firae fon oen nerc necuscc it^r 
laiihiLugbali sulaisochar. Ba 
hed dirto ecusc na nerc niu- 
chnae echdi echbeoila hAlpin 
do doacht Curi for Ultaib i. 
bae findae a didergae. Do 
ticdis dino na bai sin echdi 
echbeil for ingeilt a haird 
echdai echbeil a halbai, a a 
crich dalriatioi combitis i 
seimniu U\ad toroxal iarom 
curi ar ultaib 7 ri. 



Les mots «;;o i , niiichiia echdach et a alpa » ont été ajoutés 
dans les interlignes du Leabhar Breac. 

On voit que les leçons fournies par les deux manuscrits les 
plus anciens sont presque identiques : tous deux ont dans le 
texte a r teora fera ferba; dans le Leabhar Breac ^ Ve de fera est 
pointé au-dessous, et, au-dessus, se trouve écrit 110 i. Par 
contre, le manuscrit H. S. 224 a /;(' Jîra en toutes lettres, 
mais également dans un interligne, puisque M. Stokcs a mis 
ces mots entre parenthèses: la phrase finale est instructive : le 
Leabhar Breac fournit une leçon beaucoup plus ancienne que 
le H. S. 224; on y lit en effet: ba head dino ecosc na iierc^ 
nechlo nechbel a alpa no nechbeoil a halpa. 

nechto n- manque dans H. S. 224; mais c'est une expression 
à retenir. C'est, en effet, le génitif de /r/;/', clan connu par le 
glossaire de Cormac 4; quant à Vu qui le suir, Ton ne doit pas 
y attacher d'importance : le scribe l'a écrit par inadvertance, 
parce que tous les mots qui précèdent ou suivent en ont un 

1. erc, earc est glosé /'o, wiche, par O'Clerv. Voy. Revue Celtique, IV, 
1880, p. 408, cf. Ô'Reilly, s. v. 

2. Je traduirai Alba par (Grande) Bretagne, et non par Ecosse, comme 
le fait M. \Vh. Stokes, Cormac s Glossary, transi, by J. O'Donovan, éd. by 
Wii. Stokes, Calcutta, 1868, p. 62. Dans les plus anciens textes, en effet, 
Alba a le sens de Bretagne. Voy. l'hymne de saint Fiacc, v. 9, etc. 

3. îcbt, gén. ecbto, de même que rïinl, gén. renda, etc. 

4. S. V. eoffanacht et meracht. Leabhar Breac, 266'' 60 et 269b 12. Stokes, 
Three Irish Glossaries, p. 1 8 et 3 1 . 



i 



Note sur le sens juridique de fi'r. 12 J 

à l'initiale. Ce membre de phrase signifie par conséquent : 
« c'était donc l'apparence des vaches du clan d'Echhel de Bre- 
tagne que saisit^ Cuira. « Il s'en suit que la sentence précé- 
dente est une décision arbitrale provoquée par une saisie de 
vaches appartenant au clan d'Echbel de Bretagne, qu'exécuta 
Cuiru'. 

Dans le libellé, les deux plus anciens manuscrits donnent 
le mol fera. D'abord, ce ne peut être une variante de f'ira, car 
aucune loi phonétique ne permettrait de justifier ici la pré- 
sence d'un e au lieu d'un /; on remarquera ensuite que fera 
précède ferba ; il entre donc en composition avec lui, et, par 
conséquent, doit être sous la forme du thème sans désinences 
obliques. Si fira se trouvait dans ces conditions, il devrait se 
présenter sous l'aspect de fir. C'est pour cette raison que la 
version du Livre jaune de Lecan écrit en corrigeant : ar teorae 
ferbai firae. On doit conclure de ces observations que /^m est 
un mot tout difiîerent de fir, dont il faut rechercher la signifi- 
cation. Or, O'Davoren l'a inséré dans son glossaire; on y 
lit 3 : fera, i.fârthain, ut est conAmim-roda-feara,i.cona furthain 
do intini. Fi'irthain est expliqué sàsadh no daothain, c'est-à-dire 
aisance ou suffisance, par P. O'ConnelH ; en réalité, il 
désigne la quantité, la valeur suffisante, pour que l'on ait 
assez. Cela ressort de]à de l'exemple cité par O'Davoren, qui 
signifie « avec une quantité suffisante de bon beurre ». On 
peut en citer d'autres : ainsi, dans la vie de saint Findchua, 



1. Le verbe doagaim, qui signifie emmener (Lu. ago) est le terme juri- 
dique pour saisir. Voy. Aiicient Laivs, I, 64. 

2. L'auteur du remaniement du glossaire de Cormac contenu dans le 
Livre jaune de Lecan a éprouvé le besoin de compléter ces renseigne- 
ments. -Il ajoute après Cuiru : for Ultaib, c'est-à-dire des habitants de 
rUlster. Ceci tend à montrer qu'il considérait le clan d'Echbel de Bretagne 
comme faisant partie de l'Ulster, ce que l'on ne peut vérifier ; de même, il 
explique ce qu'étaient ces vaches; elles avaient l'habitude, dit-il, de venir 
paître des hauteurs d'Echa Echbel de Bretagne dans la province de Dal- 
riada, si bien qu'elles étaient à Seimne d'Ulster. Là-dessus, Cuiru les 
enleva aux hommes d'Ulster. Mais on ne saurait se montrer trop sceptique 
vis-à-vis d'explications aussi tardives, aussi longtemps qu'il n'aura pas été 
possible d'en vérifier la valeur. 

3. Wh. Stokes, Three Irish Glossaries, p. 90. 

4. Wh. Stokes, Lives of Saints of the Book oj Lisinore. Oxford, 1890, 
p. 393, a. 



r 24 Victor Touniiiir. 

rintcndant énonce au roi de Munster et ii sa temnie les 
revenus qu'ils tirent de Fan Muilt. Ce sont : œucJ.u'ira fljiim, 
OCHS a furrthain d'fhokadh ociis d'itnadh^, etc.: une brebis blan- 
che, et ce qui leur est suffisant en tait de lavage et de net- 
tovage. Plus loin, toujours dans le même texte, le roi demande 
au saint quelles rentes il veut recevoir de lui. Findchua lui 
demande: iniach bracha gâcha bai le, cona fnrlhaiii do bJnudh cacha 
bliadne-, une mesure de malt de chaque endroit, avec ce qui 
est suffisant pour vivre chaque année. Si tel était le sens de 
furthain, tel aussi devait être celui de fera ; on peut donc le 
traduire par quantité suffisante, valeur suffisante, et l'expres- 
sion juridique teora fern-ferba devra se rendre par ■< trois 
vaches de valeur suffisante ». On sait en efl'et, que toute pro- 
cédure devant avoir des conséquences pécuniaires, devait, en 
.vieux droit irlandais, être précédée d'une saisie 5, et il fallait 
naturellement que les objets saisis eussent une valeur suffi- 
sante, ce qui est exprimé dans la sentence en question. 

La phrase est bouleversée par le déplacement d'un com- 
plément: iter lathi Li'igba, littéralement entre les balances de 
Lugba, c'est-à-dire pesé aux balances de Lugba. Celui-ci dé- 
pend, en effet, de tri diriiu di argut, et devrait le suivre. Il a 
été rejeté après les mots ar teora fera-ferba fou aeiierc necosc, et 
ce déplacement intempestif a eu pour conséquence regrettable 
de séparer ecosc de son complément // si'ihi. 

Li s II la, littéralement « couleur d'œil », remplit le rôle 
d'un adjectif, et se rencontre fréquemment dans l'épopée; 
ainsi, la peau de Labraid Luathlam4 devient // su la dans le 
combat; c'est aussi la couleur de Cuchulin pour les femmes 5, 
etc. Li sala indique donc une teinte que l'on ne peut préciser ; 
on peut, à défaut d'information précise, le rendre par la tra- 
duction facile de brillant. 

Quant à sochar, il ne se rattache en rien à ce qui précède : il 



1. Wh. Stokes, Lives of Saints, 2920, et ss. 

2. Wh. Stokes, Lives of Saints, 5196, et ss. 

5. Voy. H. d'Arbois de Jubainvillc, Eludes sur te droit cettiquc. Paris, 
Thorin I, .1895, p. 255, s. (Cours de littérature celtique, VII). 

4. Sergtige Coiicutaiiul (éd. Windisch), 31, 10. 

5. Serglige Concutaind (éd. Windisch), 38, 6. 



I 



Note sur le sens juridique de fi'r. 1 2 5 

le résume: on le trouve dans le Soichiis Môr avec le sens de 
contrat honnête', par opposition aux contrats malhonnêtes. 
On peut le rendre par « conditions honnêtes ». 

Le texte fourni par le Leabbar Breac doit donc se traduire 
comme suit: « J'adjuge trois onces d'argent pesées aux ba- 
lances de Li'igba pour elles, (c'est-à-dire) pour les trois vaches 
de valeur suffisante, par tête de bétail brillant : conditions 
honnêtes. C'était là la couleur des vaches du clan d'Echbel de 
(Grande) Bretagne, que saisit Cuiru. C'est-à-dire, vaches //n/^ 
c'est-à-dire blanches avec les oreilles rouges. » 

Comme on s'en aperçoit à la simple lecture, la glose finale 
ne peut être exacte : elle explique fera par fini, puis celui-ci 
par blanc avec les oreilles rouges. On a vu plus haut ce que 
signifie réellement^m; si l'exemple sur lequel s'appuie le glos- 
sateur est inexact, il s'en suit que la glose elle-même est né- 
cessairement erronée. Plus tard, on a corrigé ecbto n- en 
îitchna echdach, que l'on ne comprend pas, mais qui a passé 
néanmoins dans le texte du Livre jaune de Lecan. Peut-être, 
probablement même, cet iiichna est un dérivé corrompu de 
icht. 

En dehors de ce texte dont l'inexactitude est patente, fir 
dans le sens de blanc ne se rencontre que dans la glose du 
passage qui a servi de point de départ à ces recherches. Aussi, 
l'on peut se demander avec raison si ce n'est pas là une répé- 
tition abrégée du glossaire de Cormac : ar teora fera fcrba, i. 
bai fira, i. fnda hô derga ind, devenu simplement fir, i. 
find. 



Le texte du traité de la saisie feora ferba fira se trouve re- 
produit en deux passages fort précieux du Glossaire de Cor- 
mac, d'abord, au mot alhgabail, où on lit : na teora ba toisechii 
rogab Assal ar Mog mac Kiiadbat-; ensuite, au mot ferb, où 
les manuscrits portent, i. Trcde fordingair, i. ferb hô cétanius 



1. Ancicnt Laïcs of Ircîaiid, I, 50, 30. — Astad caich in socJiar ocus in a 
dochiir ar^air hailiuth in bctha. Glose : sochar, i. cor coniloige. 

2. Leabhar Breac 263^76, s. Three Irish Glossaries, p. 4. 



1 20 Vicfor Tourneur. 

lit est isiiit [Sb]ciicbas iiiâr : tcora fcrha fini. i. tri ha K Or, 
remarquons que, dans aucun des deux càs,fira n'est ni repro- 
duit, ni interprété dans la glose de la citation du 5('/n'/;//j- tuôr, 
ce qui nVût pas manqué de se produire — surtout dans l'ex- 
plication précise de l'expression tout entière qui se trouve dans 
le second article (au mol fer b) — , s'il avait eu un sens maté- 
riel, s'il avait désigné une qualité physique des vaches, telle 
que leur couleur. On doit conclure de ce fait que fira a un 
sens juridique, sans rapport direct avec le bétail. 

Remarquons d'abord que fîr qui signifie d'abord vrai, a pris 
tout naturellement l'acception bien connue de juste, un fir- 
diiine est un homme juste-; la justice a été ensuite confondue 
avec la loi; de là, jir a pris le sens de légal. C'est ainsi qu'il 
se présente dans une glose du Senchus Mor, dech nuinge fire'^, 
c'est-à-dire dix once légales, où il ne peut v avoir doute. 

C'est aussi de cette manière qu'il faut le comprendre dans 
l'expression teora ferba fra. Ce furent donc trois vaches 
légales, c'est-à-dire ayant la valeur qu'exigeait la loi 4 que saisit 
Asal. C'est enfin a cause ^le cette signification que ferba fira 
est en quelque sorte un équivalent de feara ferba, comme le 
donne la première glose recueillie dans le glossaire de Cormac. 
A une époque très ancienne ce sens de légal dut se perdre ; 
un interprète mal informé, mais voulant être ingénieux, a 
ajouté cette note: i.finda dodergaind, qui a passé en abrégé, 
comme on l'a vu plus haut, dans le commentaire du traité 
de la saisie, et a fait maladroitement l'objet d'un article er- 
roné du glossaire de Cormac. 

Victor Tourneur. 



1. Leabhar Breac 267» 24 s. Three Irish Glossaries, p. 19. C'est à tort que 
M. Wh. Stokes supplée ^/?Ja après /. tri ha. 

2. Voy. Windisch, Irisches IVôrterhuch, s. v. 

3. Ancient Laws of Ireland, II, 276. — Cumul ficint seoit, i. da teagait 
dech mbd, i. leth nuinge, i. dech nuinge fire. 

4. Cette valeur a dû varier suivant les époques. Voyez sur là dessus 
d'Arbois de Jubainville, Etudes sur le droit celtique, I, p. 289. 



TAIN BO FRAICH 



The following text is taken from MS. XL, Advocates Li- 
brary, Edinburgh, pp. 37-45. 

A collatéral version from the Book of Leinster was pu- 
blished by O'Beirne Crowe (in the Proc. R. Ir. Acad., Ir. MS. 
Ser., 1870); but this book is not now to be had. 

Prof. Kuno Mever has published the Egerton MS. version 
of this taie (Zcitschr. f. Celt. Phil. IV i. 1902, p. 32-47); 
and has at the same time given copions notes coUating the 
différent versions. 

I hâve endeavoured to make the translation as literal as 
possible; and hâve given the text practically as it stands in 
the original MS., because there is occasional doubt as to 
where the sentences and speeches should be divided. Exten- 
sions of ail but the simplest contractions are italicised. 

The notes are meant for elucidation of the présent text 
onh^ or for the suggestion of a more plausible reading. For 
comparison of the différent versions, référence must be made 
to Prof. KunO Meyer's text and notes. 

Références in the notes to the Book of Leinster (LL.) are 
taken from the facsimile: to the Egerton MS. (Eg.) from 
Prof. Kuno Meyer's transcription. 



128 Alan 0. Andcrson. 



THE « REAVING OF FRAECH'S COWS » HERE 



FRAECH, son of Idach of the Connanghtmen : a son he 
was to Befinn of the Side ; a full sister she to Boinn. 

He is the hero that \\as most beauteous of the men of 
Erin and Albin, but he was not long-lived. His inother gave 
him twelve cows from the Sid-hill : they are white, with red 
ears. He dwelt to the end of eight years, with no wife given 
to him. Fifty king's sons was the numbcr of his hoiisehold, 
ail of the same âge and like to him both in form and in fea- 
ture. 

Finnabair, daughter of Oilill and Meadb, loved him, from 
the great reports about him. This was told to him at his 
house. Erin and Albin were ftdl of his £mie and of talcs about 
him. After that he cast ^ upon himself to go to speak with 
the maiden. He discussed this matter with his people. « Do 
thou send then » (said they), « to thy mother's sister, and 
let somewhat be given thee by lier of wondrous clothing and 
ofgiftsof the Side ». Thereupon he went to (his mother's) 
sister, to Boinn, and came into Mag-Breg. And he took fifty 
blue mantles : and each was like unto a beetle's lustre^; and 
four dark-grey ears were upon each mantle : and with each 
mantle a brooch of ruddy gold. And fifty pure- white shirts, 
with clasps of gold and of silver upon them. And fifty shields 
of silver, with rims. And in the hand of each man a royal- 
palace candie 3, with fifty rivets of white bronze in each, 
Fifty rings of refined gold on each one. Butt-blades^ of car- 

1. Going to a dialogue with the daughter fell upon him. Crowe. 

2. Was like to the fiiidrnine of a work of art. Cr. 

3. i. e. a spear. 

4. Pins of carbuncle uncer them (i. e. the shields) from beneath. Cr, 



Tdiii bo Frdich. l 29 

buncle on their lower ends, and of precious stones their 
heads. They blazed in the night as though they were rays of 
the sun. And fifty gold-hilted swords they took; and for each 
man to sit upon, a soft grey horse, with a bit of gold. A band 
of silver with Httle bells of gold under the neck of cach horse. 
Fift}' purple caparisons, with silver fringes out of them, with 
buckles of gold and of silver, and with head clasps ^ Fifty 
whips of white bronze with crooks of gold on the end of 
each one. And seven hounds in chains of silver, and an apple 
of gold between each of them. Shoes of bronze upon them. 
Therc was no colour that was not upon them. Seven horn- 
blowers with them, with horns of gold and of silver ; with 
robes of many colours, with golden locks, long and yellov^^, 
with shining cloaks. Three druids- were before them, with 
diadems of silver overlaid with gold. Shields with embossed 
emblems? had each one, with dark crooks, with bars of 
bronze*^ along their sides. Three harpers, each with a kingly 
countenance. 

They set out thereupon after this flishion for Cruachan. 
The watchman sees them from the castle when they hâve 
corne to the plain of Cruachan. « I see a numerous company 
approaching the castle : since Oilill and Meadb took sove- 
reignty, there came not ever, and there will not come, a finer 
or more brilliant company. I deem it the same as though in a 
vat of wine my head should be, with the (fragrant) breeze 
that goes over me. The feats and the practice 5 that the young 
man who is in it makes, I never saw their equal. He flings 
his javelin the length of a spear's cast from him; before it 
reaches the ground, the seven liounds in their seven chains of 
silver catch it. » 

Upon that the hosts in the castle of Cruachan come forth 
to behold them : the folk crush one another in the castle ; so 
that sixteen men died at seeing them. 



1. With drops of gold and of silver, and with head-animals. Cr. 

2. Jesters. Cr. 

5. With a cover of embroidcry. Cr. 

4. With black staffs with tiligrees of bronze. Cr. 

5. The activitv and the play. Cr. 



1^0 Alan 0. Andeywn. 

Tliev dismount in the door of the castle. They unbridle 
their horses and let loose their dogs. They hunt seven deer 
to tlîc fort of Cruachan, and sevcn foxes, and seven beasts of 
the plain, and seven wild boars ; and the youths killed them 
in the forecourt of the castle. After that the hounds leap into 
Brei. They seize seven otters. They carried thcm up into the 
door of the main-rampart. 

There they sat down. Men corne froni the king to spcak 
with thcni. It is asked of them whence they hâve corne. 
Thereupon they name themselves after their true Uneages. 
« Fraech son of Idach is hère », say they. The steward tells 
it to the king and queen. « Welcomc to thcm », say Oilill 
and Meadb. « He is a noble youth », says Oilill; « let him 
corne within the stronghold ». A quarter of the house is 
granted to them. 

This is the fashion of the house : — seven rows ; seven 
rooms from lire to wall in the house ail round. A fronting ^ 
of bronze upon each apartmein ; woodwork (?) of red yew, 
ail planed and mottled-. Thrce strips of bronze in the cei- 
ling(.^)5 of each room : seven strips of copper from the ox- 
cauldron to the rooftree in the house. Of pine was the house 
made; it was a roof of shingles that was upon it outside. 
Sixteen windows were in the house, and a shutter of copper 
on each one. A yoke of copper 4 across the roof-hght. Four 
corner-poles of copper ail ornamented with bronze upon the 
apartment of Oilill and Meadb, and it in the very centre of 
the house. Two frontings of silver about it, overlaid with 
ijold. A rod of silver in the front reached the mid timbers) of 
the house ; they stretch round the house "^^ ail round trom one 
door to the other. 

They hang up their arms in that house; they sit, and wel- 



1 . A rail. Cr. 

2. A partitioning of red yew, under variegated planeing ail. Cr. 
5. The skirting. Cr. 

4. A tic of brass. Cr. 

5. Girders. Cr. 

6. The house was encircled. Cr. 



Tdhi bô F; aie h 1 3 1 

corne is given to them. u Welcome to thcm », say Oilill and 
Meadb. ^ 

« It is that they hâve corne for », says Fraech. 

« Let not this be a journey for strife » ^ says Meadb. 

Meadb and Oilill play chess after that. Thereupon Fraech 
takes to playing chess with a man of his people. They were 
beautiful -, the chess things: a board of white bronze, with 
four ears and clbows of gold; a candie of prccious stone 
giving light to them ; gold and silver the mcn that were upon 
the board. 

« Prépare ye food tor the youths », says Oilill. 

« That is not what I wish », says Meadb; « but to go to 
play chess yondcr with Fraech ». 

« Rise and do it, I deem it good », says Oilill. 

Thereupon she played chess \vith Fraech. His folk mean- 
while were cooking the animais. 

« Let thy harpers play to us », says Oilill. 

« Let them play indeed », says Fraech. 

A harp-bag of otterskins round the harps, with their bor- 
dering of scarlet leather 5 under their adornment of çold 
and ot si ver. The skin of a roe about them in the middle : it 
was as white as snow ; dark grey spots in its centre. Linen 
cloths white as the swan's raiment about the strings. (The 
harps of gold and silver and white brcÊize, with figures of 
serpents and birds and dogs in gold and silver. Whenever 
those strings were touched), thèse figures thereupon ran 
about the men ail round. 

Then they played to them ; so that twelve men of their 
household died of weeping and sadness. 

Sweet and tuneful were thèse three ; and they were mel- 
lower even than Uaithne4. The famous Three were three 
full brothers, Tear-bringer, Smile-bringer and Sleep-bringer 
by name. Boinn of the Side was the mother of the Three. It 
is from the music which Uaithne, harp of the Dagda, played, 

1. It shall not be a habitation for begging contention this. Cr. 

2. It was a beauty of a chessboard. Cr. 
j. Adornment of ruby. Cr. 

4. And thev were the Chants of Uaithne. Cr. 



I :;2 Aldn 0. Andcrsori. 

th;U the Three are namcd. When the woman was in child- 
birth, it wept for sorrow ovcr the sharpncss of the pangs at 
hrst. It Nvas a smile and a laugh it phiyed in the middle, for 
jov of tlie two sons. A sweet sleep it phiys ■ — the last son 
— for the heaviness of the birth. Whence Nvas named the 
third part of nuisic. Aftervvard Boinn awoke out of the sleep. 
a I accept » said she, « thy three sons, Uaithne of perfect 
ardour, since there are Sleep-bringing and Smile-bringing 
and Tear-bringing upon cows and \\'omen who will go with 
Meadb and OiHU. Men shall die, ^Yho hâve an ear for iiarnio- 
nies^ ». 

They cease from the playing after that in the palace. 

« Majestically it came- », says Fergus. 

« Distribute to us », saysFraech, « the food ». They bring 
it in. Lothur steps on to the floor of the house : he distributes 
to them the food. Upon his palm? he divided each joint with 
his sword, and there was not redistributed fell or flesh4. 
Since he assiniied dividing food was never wasted under his 
hand. 

They vvere three days and three nights at the playing of 
chess, by (the light of) the multitude of precious stones in 
the Company of Fraech. After that Fraech addresses Meadb: 
« Well hâve I won from thee 5 », says he. « I take not thy 
stake from the chess ; let there be no loss of honour therein 
to thee^ ». 

« From thy coming to this castle, this is the day which 
seems longest to me 7 », says Meadb. 

« That is not strange », says Fraech, « three days and 
three nights are in it ». 

Upon that Meadb rises ; she thought it shame that the 
vouths should be without food. She goes to Oilill and tells 
it to him : w A great deed hâve we done », says she, « the 

1. Bv the hearing of art from them. Cr. 

2. It is rushing that has cOme. Cr. 

5. On his haunches. Cr. 

4. And he useci not touch the eating of the méats. Cr. 
$. It is well we hâve been entertained by thee. Cr. 

6. That there be not a decay of liospitality for thee in it. Cr. 

7 Since I am in tliedun, this is the day which I deeni quiet. Cr. 



Tdin bô Fràich. î^^ 

youths who hâve corne to lis from outside to be without 
food '). 

« Thou preferrest playing chess », says Oilill. 

« It hinders not the distribution to his folk through the 
house. Il is three days and three niglits », says she. « But 
we noted not the night, through the white Hght of the pre- 
cious stones in the house » . 

« Let them cease from their laments ' (?) till distribution 
is made to them ». Thereupon distribution is made to them; 
and it was well with them ; and they continued three days 
and three nights at the feasting. 

It is then that Fraech was bidden into the speech-house, 
and the question (put) to him- what had brought him. 

« PleasinCT to me » savs he, « is a visit to vou ». 

« Truly not ill-pleasing to the household is your acquain- 
tance », says OiiHl. « Your présence is better than your 
absence ». 

« We will stay then », says Fraech, « another week ». 

After that they stay in the castle to the end of a fortnight; 
and cach day they hunted towards the castle. The Con- 
nauglumen came to see them. 

Fraech was troubled that he had no speech with the maiden, 
for this was the purpose which brought him. One day he 
rises at the end of night to wash at the river. It is then that 
she too went with her maid to wash. He takes her hand. 
« Stay to speak with me », says he. « It is thee we hâve 
come for ». 

« It were truly welcome to me », says the maiden, « if I 
could> : I can do nothing for thee ». 

« Tell me, wilt thou flee with me ? » says he. 

« Indeed I will not flee », she says, « for lam the daughter 
of a king and queen. There is naught of thy display that I 
learn not from my people ; and it will be my choice to go to 
thee. Thee hâve I loved. And take thou with thee this 



1. Cbanting. Cr. 

2. It is asked of him. Cr. 

3 . Il I were to come. 



I ^4 ■•1/''^ 0. An Je r son. 

thumh-ring », sa^vs the maidcn, « ;ind it shall bc as a token 
betwcen us. My mother gave it to me », she says, « to lav it 
by; and I will say that I hâve losi it ». 

After that they part. 

« I fear » says OiHll, « the llight of yonder maiden with 
Fraech : though she would be given to him for a price, and 
(on condition) tliat he would conie to us with bis beasts to 
help us at the Reaving. » 

Fraech goes to thcni into the speech-house. « Is it secret 
conférence ye hold ? » says Fraech. 

<c Thou wilt ht in it », says OiUU. 

« Will ye give to me your daughter ? » says Fraech. 

The people look one upon another ^ 

« She shall be given », says Oilill, « it a bride-gift be given 
as is asked. » 

« It shall be thine », says Fraech. 

« I ask three score ofdark grey horses », says Oilill, « with 
their bits ofgold; and twelve milch kine, each one of which 
gives milk (for fifty) to drink, and a white calf, red-eared, 
with each one ; and that thou comest with me, with ail thy 
host, and with thv musicians, to take the cows from Cuailne : 
and my daughter will be given to thce, provided that thou 
comest. » 

« I swear by mv shield, by my sword, by my war-gear, I 
would not give that as bride-gift even for Meadb ». He goes 
from them out ot the house. 

Tliereupon Oilill and Meadb speak with one another. « It 
will incite against us many of the kings of Frin it he takes 
the niaiden. VVhat is best, let us go after him and slay him 
straightway, ère he bring destruction upon us. » 

« Evil is that », says Meadb, « and it is a dishonour to 
us. » 

« It will be no dishonour to us », sa3's Oilill, « the way 
that I shall plan it. » Oilill and Meadb go into the palace. 

« Let us go out », says Oilill, « and see the hounds hun- 
ting till mid-day, and until they are tired. » 

I. Tlie liosts will clearly sce she shall be given. Cr. 



Tâ:n bô Frâich. 1 55 

Afterwards they ail go out to the river to bathe. « It is 
told to me », says Oilill, « that thou art a good swimmer. 
Corne into this pool and let us see thy swimming. » 

« What of this pool ? » he says. 

« We know no danger in it », says Oilill. « Bathing in it 
is fréquent. » Thereupon Fraech puts his clothing oti him 
and goes into the pool, and Icaves its helt above. Then 
Oilill opens Fraech's purse bchind hini, and the ring was in 
it. Oilill recognises it. « Conie O Meadb ! » says Oilill. 
Then Meadb cornes. « Knowest thou that?» says Oilill. « I 
do », she says. Oilill casts it down into the river. 

Fraech noticed that thing; and saw this, that the salmon 
leapt to meet it and caught it in its mouth. He springs 
towards it and seizes its gill. He goes to the land, and hrings 
it to a hidden place in the bank of the river. Then he pro- 
ceeds to corne out of the water. 

« Corne not », says Oilill, w till thou bring me a branch 
from the rowan-tree yonder, on the bank of the river. Bcau- 
tiful to my thinking are its berries. » 

Thereupon he goes away, and breaks a branch trom the 
tree, and takes it on his shoulder' into the water. This then 
was the sayingof Finnabair : «A beautiful thing ye see-. » She 
thought it the more beautiful to see Fraech over a dark pool 
— the body ofgreat whiteness, the hair of great beauty, the 
face of comeliness, the eye of grey ; and he a lissome youth, 
without fault or blcmish; his face narrow below, broad 
above, and he straight-limbed and flawless : the branch with 
the red berries between his white throat and face. It is this 
that Finnabair said : « I havc seen nothing that would ap- 
proach him halfor tliird part for shapeliness ». 

After that he flung to them the branches out ot the water. 

« Splendid and beautiful are the berries; bring us more of 
them. » He goes out again into the middle of the water. The 
•Beast seizes him in the water. « Bring me a sword 5 », says 



1. At his back. Cr. 

2. Is it not beautiful he looks. Cr. 

3. Crowe, Hterally : Let a sword come îo me from you. 



1 36 Alan 0. Andcrson. 

he. And there was no man upon the shore who dared to 
give it to him through fear of Oilill and ot Meadb. Upon 
that Finnabair throws off her clothing, and springs svith the 
sword into the water. Her father casts a five-pointed spear 
the length ofaspear's throw down, and it goes through her 
two tresses; and Fraech caught the spear in his hand. He 
leaps up over the spear ashore', with the Beast still in his 
side. He hurls the spear with the prowess of weapon-wiel- 
ding tribes -, so that it goes through the purple robe and 
through the shirt that was on Oilill. Upon that the young' 
men gather round Oilill. Finnabair cornes out of the water, 
and leaves the sword in the hand of Fraech : and he smote the 
head from the Beast, so that it remained on his side; and he 
brought the Beast with him to land. It is from this is named 
the « Black Linn of Fraech », in Brei, in the lands of Con- 
naught. 

Thereupon Oilill and Meadb go into tlieir castlc. « A great 
deed hâve \ve done », says Meadb. « We regret », says 
Oilill, « what we hâve done to the man. As for the maiden », 
says he, « she shall die to-morrow night, and it shall not 
be the fault of taking the sword that will be (ascribed) to 
her. Make ye a bath for this man, a broth of fresh fat, and 
cow's flesh minced by adze and by axe ; and bring him into 
the bath ». Ail was done as to that thing even as he said. 

Fraech's horn-blowers go before him into the castle. They 
play so that thirty men of the spécial friends of Oilill die of 
themelody3. Thereupon he goes into the castle and enters 
the bath. The women-folk gather round him al the vat to 
chafe him + and to wash his head. 

Then he was taken out and a bed was laid for him. And 
they heard something, a wailing upon Cruachan. Thrice 
fifty women were seen, with purple tunics, with green head- 
gear, with silver bracelets upon their wrists. Messengers go 



1. So MS. In Eg. and LL : He throws the spear up ashorc. 

2. Lets it fly with a charge of the methods ot playing of championship. 
Cr. 

3. Die for pleasurableness. Cr. 

4. For ablution and for washiug of liis head. Cr. 



Tdin bô Frdich. 1 37 

to them to learn the taie of wherefor they lamented. « Fraech, 
son of Idach », says the woman. « the favourite son » says 
the woman, « of the King of the Side of Erin «. With that 
Fraech hears the wailing. « Lift me out », says he to his 
folk; « this is the weeping of my mother », sa3's he, « and 
ofthe women of Boinn. » Upon that he is lifted out and 
carried to them. The women come round him and carry 
him away into Cruachan. 

At nones on the morrow^ this is what they saw. — he 
comes, quite whole, without hurt or blemish, with fifty 
women around him — alike in âge, in aspect, in beauty, in 
sweetness, in size and in form, with features of women of 
the Side, so that there was no recognising of one from ano- 
ther of them. Folk were well-nigh smothered (in the crush) 
around them. 

They parted in the door of the stronghold. They give 
forth their weeping as they go from him, so that they dis- 
tracted the people in the stronghold. It is hence comes the 
« Wailins; ofthe Women of the Side », ofthe musicians of 
Erin. 

Thereupon he goes into the castle. Ail the folk rise to 
meet him, and give him welcome as though it were from ano- 
ther world he came. Oilill rises, and Meadb ; they make 
apology to him for the hurt they had caused him % andthey 
make peace. 

They take to feasting in the evening-. Fraech calls a lad of 
his Company : « Go out » says he, « to the place where I 
went into the water. I left a salmon there. Take it to Fin- 
nabair. Let her charge herself with the care of it. Let the 
salmon be well cooked by her: the ring is inside the salmon. 
I think it likely that it will be asked of her tonight?. » Wine- 
mirth seized them, and music and play delight them. 

Then Oilill spoke : « Bring to me ail my jewels », said he. 
They were brought to him, and lay in front of him. « Won- 



1. For the attack they had made at him. Cr. 

2. At once. Cr. 

5. It will be set to us tonight. Cr. 

Revuc Cdùquc, XXIV. 10 



i 



I ^8 AliUi 0. Andcrson. 

drous, wondrous! » says everyone. « Call to me Finnabair », 
says he. Finnabair cornes to them, with fifty niaidens around 
her. 

« O daughter », says Oilill, « the ring which I gave to 
thee last year, hast thou it yet ? Bring it to me, that the 
young men may see it. Thou shalt hâve it afterwards. » 

« I know not », she says, « what was done with it. » 

« Find out, forsooth », says Oihll. « It is needful to seek 
it, or for thy hfe to go out from thy bod3\ » 

« That is not fitting », say the youths; « there is much 
that is good hère already. » 

« There is not one of my jewels that shall not go for the 
maiden's sake », says Fraech, « because she brought the sword 
to me in pledge of my hfe. » 

« Thou hast naught amongst thy jewels that will help 
thee, if the ring come not from her », says Oihll. 

« I hâve not the power to give it », says the maiden. « Do 
with me as thou wishest. » 

« I swearby the God my tribe swears by % thou shalt die^, 
if it come not from thee », says Oilill. « It is for this that it 
is sought of thee, because it is difficult. For I know that 
until the men who hâve died from the beginning of the 
world come again, it comcs not out of the place into which 
it was cast. » 

« Well, it will not come for treasure or longing », says 
the maiden, « the jewel which is asked for. — Let me go 
that I may bring it, since it is often that it is asked for ». 

« Thou shalt not go », says Oilill, « but let some one go 
from us to fetch it. » 

Finnabair sends her maid to fetch it. « I swear by the God 
my people swears by, if it be found, I will be under thy 
power no longer, even ïîforsaroh be my occupation. » 

« I shall not hinder thee, though it were to the groom thou 
shouldst go, if the ring be found », says Oilill. 



1. I swear the oath my territory swears. Cr. 

2. Thy flesh shall perish. Cr. Literally : thy lips shall die. 

3. Though I shouid be at great drinking continually. Cr. ! 



Tàin bô Frdich. 1 39 

Thereupon the maid hrought the plate into the palace, and 
upon it the salmon, cooked, and dressed with honey; it was 
well prepared by the maiden ; and below upon the salmon 
was the ring of gold. Oilill saw it, and Meadb. Afterward 
they look upon Fraech^; and he looked at his purse. 

« Me thinks it is testified- that I left off my belt », says 
Fraech. « By the truth of thy Kingship », says Fraech, « tell 
what thou didst with the ring. » 

« That shall not be hidden », says Oilill. « Mine is the 
ring thou hadst in thy purse. I know it is Finnabair who 
gave it to thee. It is therefore that I cast it into the deep pool. 
By the truth ofthy honour and thy hfe, O Fraech, tell after 
what fashion was accomplished the bringing of it out. » 

« It shall not be hidden from thee », says Fraech. « The 
very day I found the ring in the door of the stronghold, I 
knew that it was a precious jewel. It is for this that I laid it 
by heedfully in my purse. I heard, the day that I went to hte 
water, the maiden who had lost it seeking for it. I said to 
her, « What reward wilt thou give me for finding h? » She 
said to me, she would give a year's love to me. It chanced 
that I had not brought it with me : I had left it behind in 
my house. We met not (till \ve met) at the giving of the 
sword into my hand in the river. After that I saw when thou 
didst open the purse, and didst cast the ring into the water. 
I saw the salmon which leapt to meet it and caught it in its 
mouth. Thereupon I caught the salmon, put it up in the 
mantle, and sent it into the hand of the maiden. And it is 
that salmon which is on the plate. » 

The bewilderment and the surprise of thèse taies occupy 
the household. a I shall not set my mind upon another 
youth in Erin after thee », says Finnabair. 

« Pledge thyself to it and come to us », say Oilill and 
Meadb, « with thy cows to the Cattle-reaving from Cuailne : 
and when thou comest again from the East with thy cows, 
then shall ye wed that very night, thou and Finnabair. » 



\. After that Froech looks at it. Cr. 

2. Methinks it is for proof I left my girdle. Cr. 



140 Alan 0. Anderson. 

« I will do that thing », says Fmcch. After that they abide 
there till the morrow. 

Fracch makes ready with his folk, and they bid farewell to 
Oilill and to Meadb. Then they départ to his lands. 

It chanced that meanwhile his cows had been stolen. His 
mother came to him : « Not fortunate ^ thy journey » says 
she, « which has been made. It will cause great harm to thee. 
Thy cows hâve been stolen, and thy three sons, and thy 
wife, and are at the Range of the Alps. Three of them are 
in Northern Albin with the Picts. » 

« Tell me, what shall I do ? » says he to his mother. 

« Thou shalt not s;o to look tor them. Thou wilt not o;ive 
thy life for them », she says. « Thou shalt hâve other cows 
from me. » 

« Not thus is it », says he ; « It lies upon my honour and 
upon my life to go with my cows to Oilill and Meadb for 
the reaving of the cows from Cuailne ». 

« What thou seekest », says his mother, a will not be 
attained. » And with that she goes from him. 

Thereupon he sets off with thrice nine men, and a hawk 
and a leash-hound with them; till he came into the land of 
Ulster, and met with Conall Cearnach at the mountains of 
Boirche. He tells his difficulty to him. 

« Not fortunate for thee », says that one, « will be the 
thing (which is upon thee). A sore trouble is upon thee^ », 
says he ; « what is thy purpose in it ? » 

« Thou wilt help me 3 », says Fraech, « and go with me 
whatever time we meet. » 

« Yea, I will go, » says Conall Cearnach. 

They set out, the three 4 of them, over the sea, across the 
North of England, across the Sea of Icht, to the North of 
Lombardy, till they came to the Mountains of Alps. They saw 
in front of them a girl herding sheep. <( Let us two go, O 
Fraech », says Conall « and let us speak with the woman 

1. Not active of journey hast thou gone. Cr. 

2. Much of trouble awaits thee.. though in it thy mind should be. Cr. 

3. It occurred to me. Cr. 

4. That is. the three nines. Cr. 



Tain bô Frdich. 141 

yonder; and let our youths stay hère ». Thereupon they 
went to speak with her. She said, « Whence are ye ? » « Of 
the men of Erin », says Conall. 

« Not fortunate truly for men of Erin is their coming to 
this land. Of the folk of Erin is my mother. » 

« Thou wilt hclp me for fricndship's sake. Tell us some- 
thing of our wanderings. What kind of land hâve \ve come 
to ? » 

« A grim and fearful land, with fierce youths, who go ono 
every side to take cattlc and women and raiment ^ », says 
she. 

« What is the last thing they hâve taken ? » says Fraech. 

« The cows of Fraech, son of Idach, from the West et 
Erin; and his wife, and his three sons. His wife is hère with 
the king. Tiiere are his cows, in the land before you. » 

« Thou wilt come to our aid », says Conall. 

« Little is my power save knowledge of the woman -. » 

« This is Fraech », says Conall, « and they are his cows 
that were taken. » 

« Do ye think the woman taithful ? » she says. 

« Though we thought her faithful when she went, yet we 
think her not faithful since she came. » 

« The woman who tends the cows, go ye to her. Tell her 
your need. Of the people of Erin her race, of the Ulster-folk 
in spécial. » 

They go to her; they accost (?)> her, and tell her their 
race : and she gives them welcome. 

« What has brought you ? », says she. 

« Trouble has brought us », says Conall. « Ours are the 
cows and the woman who is in the stronghold. » 

« It will not be fortunate for you, in sooth », says she, 
« to go against the woman. Harder for you than ail else », says 
she, « is the serpent which guards the stronghold. » 

« Name me not4 », says Fraech. « I think her not foithful. 

1. Captives. Cr. 

2. LL: save knowledge only. 

3. They receive her. Cr. 

4. She is not my countrv name. Cr. 



142 Alan 0. Anderson. 

I think thoLi art faithful- We know that thou wilt not deceive 
us, since thou art of the Ulster-folk. » 

« Who of the Ulstermen are ye? » says she. 

« Hère is Conall Cearnach, the best warrior among the 
Ulstermen », says Fraecli. She throws two hands upon the 
neck of Conall Cearnach. « The Destruction will arrive this 
time ^ », says she, « seeing that he has comc. For it is to him 
was prophesied the destruction of this castle. Let me go 
hence », says she. « I shall not be at the milking of the 
cows. I shall leave the stronghold with open gâte: it is I who 
tasten it. I shall say that the calves were sucking-. Ye may 
come into the castle, if but they are asleep5. Most grievous 
for you is the serpent which is at the castle ; many hosts are 
destroyed by it4. » « Thus shall we go », says Conall. 

They go against the stronghold. The serpent springs into 
the belt of Conall Cearnach, and they pillage the castle 
straightway. Thereupon they rescue the wife and the three 
sons, and take what is best of the jewels of the castle. And 
Conall looses the serpent out of his belt, and neither of them 
did harm to the other. 

And they go into the realm of the Northern Picts, so that 
he takes from there three oftheir cows. 

And they went to the castle of Ollach mac Briuin, into 
Aird hUa n-Eachdach. It is there that Conall Cearnach's man 
died, while driving the cows: Biccne son of Laegaire by 
name. It is from this comes a Inber mBiccne », at Bennchur. 
And they brought their cows across from there. It is there they 
cast their horns from them ; so that from this comes « Tracht 
mBeannchuir. » 

Thereupon Fraech departed to his land, and his sons and 
his wife and his cows with him : so that he went with Oilill 
and Meadb to the Reaving of the Cows from Cuailne. 

THE END. Amen. 



1. Has come in this expédition. Cr. 

2. It is for drink the calves wcre sucking. Cr. 

3. Come thou into the dun when they are sleeping. Cr. 

4. Several tribes are let loose from it (i e. of serpents). Cr. 



Tdin bô Frdich. 14:; 



TAIN BO FRAICH ann so 



Fraeach macc idhaich do chonnachtaib. Mac side do befinn 
a sidaib. Deirb siur saide do bofinn. IS é laeach as aille bai 
ann d'kraib e'ircnn 7 alban. Acht ni ba suthdin. 

Dobert a mcilbair di bai déc dô asin t-sid it é finna ôderga. 
Bai treabad occa co ceann ocht mhl'iadiia (p. 38) cen tabairt 
mna chucca. Cae£ra mac ris; robe lin a theao;laich cornais com- 
chiitrama fris uile cter chruth 7 ecoscc. Carthair^ finnabair 
ingean oililla 7 meadba ar irscelaib. Adliadar dosom occa 
thaig. Ro ba lan eire 7 alba dia allad 7 dia scelaib. lAr suide 
do chorastar fliir dul do agallaim na hingeine immaraig fri 
muinntir anisin. Tiagar Liait din co siair do matJmr- co tucc- 
thar ni do etach ingnathach 7 do aiscceadaib side duit uaidi. 
Luid iarum co siair [a mathar] .i. co boinn combai a muig 
breg 7 dobert caeanz mbrat ngorm 7 ba cosmail cech ae ré 
finndruine' ndoile 7 cethora oa dubglassa for cech mbrut 7 
mileach ndergoir la cach mbrut 7 leinte bangeala co tuaigmi- 
laib ôir 7 airgid iumpa 7 caeca sciath n airgide co n-imlib 7 
caindeall rigthige illaim cech aé 7 cacca seamann finndruine 
ar gach n-ae. Caeca toracht di or forrloiscthe in cach n-ae. 
Eirmitiuda di charmoccol foib anis et di leachaib logmaraib a 
n-airiarn. No lasdais a n-aidche amal beitis ruithni greni 7 
caeca claidim n-orduirn leo et gabar bocglas fô shuide cech 
fir. 7 beilge oir friu. Maellann argait co cluicinida4 oir fo 
braigid cech eich. Caeca acrann corcra co snaithib airgid eistib. 



Carthui Eg. carthai LL. 

« Tiagar uait didiu », ol a muinntcr, « got fiar ». Eg. 

Pria druimni dùile. Eg. 

Cluciniu LL. cluiginib Eg. 



144 "^^^^ ^- ^"'^ffion. 

Co siublaib^ oir 7 argaid 7 co (p. 38, col. 2) ceinnmilnib. 
Caeca echluscc finndruine co mbaccana orda for chinn cech aé. 
Et secbt milchoin i slabradaib airgid 7 uball n-oir etcr cech 
n-ae. Brocca creduma umpu. Nocho roibe dath nad beith 
inntib. Morfeisir corrnaire leo co corrnaib ôrda 7 airgdigib co 
n-edaifîîib illdathachaib co mongaib ordaib siadbuidib co lean- 
naib etrachtaib. Badar tri druide reimib co minnaib airgid fo 
dior. Sceith co fethul chonduala la cech n-aé co cirbaccanaib^ 
co n-easnadaib creduma iarna thaebaib. Triar cruitiri 5 co 
n-ecoscc rig im cech n-ae. 

Dochumlatt ass iarum do chruachnaib cosin ecoscc sin leo. 
Dosneaccaid in derccaid don dun intan do dechadar co mag 
cruachna. Dirrimm atchiussa don dun inna lin o gahsat oilill 
7 meadb flaith ni cos tainic riani 7 ni cos tiuccfa dirimm hus 
chaime nd bus ainni. IS eu ma leam beit a tulchoba fina no 
beth mo cheann lasin ngaith dothaed tairrsium^. Abras 7 
abairt dogni in t occlach fil ann nochon accasa riam a chu- 
truma. Fôcheird a bundsaig rôat n-urchora uad. [rejsiu co tri 
ria talani nosgaibet na5 secht milchoin na^ secbt slabradaib 
airgid. 

Lasodain dothiagaid na sluaig a dun chruachan dia ndeach- 
sain imm«5muchaid in daine isin dun co n-aptadur se fir dec 
aco ndécsin (p. 39). Tairling[it] a ndorus in duin. Scoirit a 
n -eocho 7 leicid a milchono. Doseannaid na sccbt n-aige do 
raith cruachan 7 secht sinnchu 7 secbt mila muge 7 secbt turcca 
alita co ndorubadar in oicc asin urrlainn in duine. lArsin fo- 
chertad in milchoin bedc i mbrei. gabait secht ndohurchona. 
Dosbertadar dochum na harda a ndorus na primratha. Dei- 
sidar a suidiu. Dotiagar on rig dia n-agallaim. IMchomarccar 
cia bo chan doib. Nodojsloindid iarum iarna sloiimte fire. 
Fraeach mac idaig annso ol siad. Raitte in rachtaire frisin rig 
7 in rignai. Fochean doib ol oilill 7 meadb. IS ôclach an fil 



1. Siblaib LL. siblannuib Eg. 

2. Cirbachlaib LL. cirbachluib Eg. 

3. Cruittirc LL. cruiti Eg. 

4. tairsiu LL. 

5. MS. na na. 

6. cona LL. gusna Eg. 



Tdin bô Frdich. 145 

and ol oilill. taed isin les. Doleiccter doib ceathraimthi in 
taige. Ed a ecoscc an taige. 

Seacht ordd ann. secht n-imdai o thein co fraig annsin 
taig imecuirt. Airenach do creduma for cech n-imdai. Aurrs- 
cartad deirggiubar fo mreacht runchain^ uile. Tri sdeiil chre- 
diimai i n-aulaith ceclia himdai. Secht stialla umai on damda- 
baicli co cleitlie asin tig. De gius dognith in teach ba thuga 
slinnead bai foir dia n-eachtair. Batair se seinistir dec asin taig 
7 comlae umai ar cacli n-ai. Cuing umai darsa torrles. Ce- 
theor ochtga umai for imda oililla 7 meadba immdernide de 
chredumai uile asi aceirtmedon in taige. Da auraineach argaid 
impe fo diôr3. 

(p. 39, col. 2). Flescc airgid asin airinach rosaeigid midlissiu 
in taige timchillid a teach immecuairt on dorus colaile. 
Arocbat a ngaiscidu isin taig sin sedaid 7 ferthair failte friu. 
Fôchen daib :! ol oilill 7 meadb. ISed dorochtadar4 ol fraech. 
ni ba durais ar airbaig 5 on ol meadb. IMbrig meadb 7 oilill 
ficheall iarsin. Gabaig fraech iarum imbert fichli ria ter dia 
muinntir. Ba cainide fichilla^. Clar finndruine ann co ceitho- 
raib auaib 7 uillnib oir. Cainneal do lig lôgmair ôc fursannad 
doib. Or 7 argat in fuirinn bai forsin clar. Urgnaid biad 
donaib ôcaib ol ailill. Ni head as occob[or] lium or meadb. 
Acht dul d'imbert na fichlli thall fri fraech. Eirg dô is maith 
Humsa oloiHU. IMbert in fichill iarum 7 fraeach. Bai a muind- 
tir coleic ac fuine na tladmil. Sennet do chruittir/7 dunn ol 
oilill fri fraeach. Seinnit eim ol fraeach. Crotbolg do chroicc- 
nib dohorcbûn umpo cono n-imdenum do parttaing fo ri-im- 
denum di ôr 7 argad. Biann n-erbad umpo ameadon. Ba 
giligter snechta. sealla dubglassa ina medonaide. Bruit lin 
gilidter fuan ngeissi ima teta sin. [Crota di or 7 arccut 7 fin- 
druine co n-delbuib nathrach 7 en 7 milcon di or 7 arccut. 



1. fomreachtruncaifi LL. fo mbrectrad cain Eg. 

2. fo diorad airgit Eg. 
5. duib Eg. 

4. Is ed doroachtamar Eg. 

5. MS. aigbaig : sic LL. 

6. ba cainside iarum in fi[d]chell .i. clar findruine and Eg. 

7. cruiti Eg. 



146 Alan 0. A II Jet son. 

Amail nogluaistis na teta sin]', IMarcithidis na dcalba sin 
iarum ina Hru imme cuirt. Sennait doih iariim co n-apatar da 
ter déc dia muindtir la cai 7 toirrsi. Ba cain 7 ba binn in 
triar so 7 batar caine uaitne ^ insein. 

(p. 40) ISe in triar irrdaricc tri dearbraithri .i. gol- 7 
gean-7 [sjuantraiges. Boinn a sidaib a miUbair in triur. IS 
don cheol scafiiinn uaithne cruit in dagdai ainmnigter a triur. 
INtan nibai in ben occa lamnad. ba gol mairg lee la guire na 
n-idàn itosach?. Ba gean 7 ba gairc'i arbith ar medon ar im- 
tholtain in da mac. Ba suan ailgine arabeiti in mac deiginach 
ar thruime ina breithe. conad de ro hainmnigead trian in 
chiuil dofuisig 5 iarum asin t-suan i boind. Afurtoim-si ol si 
do thri mie a uaichni lanbrotha fobith file suantraide 7 geinn- 
tride 7 goltride ar buaib scco mnaib do thaesat la meidb 7 
oilill. Atbelat fir la cluais nglesa doib. Anait don t-seanmuim 
iarsin isin rigthig. is segaind^ dofanicc ol ïcrgiis. Foglaid 7 
duind ol fraech a mbiad tucaid astech doching lothur for lar 
in tige fodaile doib a mbiad for derrnainn no ronnagh cach 
n-aighe conachlaeidiub 7 ni aidled toind^ na feoil. O gabais 
rannainr/;/ ni archiuir biad fo laim riam. Batur tri la 7 teora 
aidche oc imbert na fichilli. Lai immet na lie logmur i teglach 
fraich. lArsin adgladar fraech meadb IS maith rongab//.v frit ol 
se ni biur do thochaill dind fichill — Na roib mcth n-enigh 
daeit ann. O tusa asin dunsa is ed laithe in so as siam lium ol 
meadb. Deithbir on ol fraech. atat tri la 7 teora aidchi and. 
La sodain atraiç meadb ba meabul lee huith donaib ocaib cen 
biad luid co hailill raite fris Môrgnim dorigcnsum ol si inn 
oie inechtar donangatar (p. 40, col. 2) dohelh ccn biad. Diliu 
duit imbert fichilli ol oilill. ni derban in fodail dia muinntir- 
seom seathnu in taige atat tri \à 7 teora aidche and ol si Acht 



1. Omission Csupplied from Eg.) in MS. froni tcta sin to tcta sin. 

2. câini ùaitni LL. cain huaitni Eg. 
5. MS. na n-id;in. ITosacli ba. 

4. ba gen 7 failte arbitli LL. gen 7 gaire 7 failte Eg. 

5. dofiussig LL. 

6. scgond LL. segonnd Eg. 

7. Change of hand : foglaid... immacallamae. 

8. MS. teind. ni aidletli toinn na feôil LL. ni aithleth ieoil na tunn dô. 
Eg. 



Tdin bô Frdich. 147 

natanairigamar in aidche la bansoillsi na lig logmar isin tig. 
Apraid riu or ailill. Anat dianacuinib co fodailter doib. Fo- 
dailter doib iarum 7 ba maith romboth friu 7 ansat tri la 7 
teora aithche and forsant[l]edug//^f. IS iarum conacrand^ Fraech 
isa tech immacallamae 7. imcaemrus - do cid dodnuccai. IS 
maith ol se lium celide libsi. Ni holcc eim lasa teaglach for 
ngnas ol oilill. is ferr for tormach oldas for ndigbail. Anlimni 
din ol fraech nach j"rr/;/muin. Anait iarsin co ceann caec[thig]is 
issin dun. Et t//jfunn > doib cech aen la dochum in duine. 
Dosaeigdis connachta dia ndescain. Ba himnid la fraeach cen 
agallaim na hingeine. Seach ba he les nod mbert. Laithc 
n-ann atraig diud aidche do indlad do abainn. IS é tan do 
luidh si on 7 a hinail[t] do indlat. Gabaid-som allam-si An 
rim agallaim ol se. IS tu dorochtamur. IS fochean liumsa 
eim ol in inçean ma cotisainn. Ni chumcaim ni duid. Ceist 
in elafa lium ol se. Ni elub eim ol si onis am ingein rig 7 
rigna. Ni fil dod [d]aidbri-siu nach ameta-sa o[m] muinntir 7 
bidh hé mo thogassa di;w4 dul chucadsa is tù rochanis 7 ber- 
si lat ind orrnaisc seo ol in ingean 7 bid atarind do chomar- 
tha. Dosrad mo mathair dam or si dia taiscid 7 asber co ro 
tallus amuga'. Teid d\no ceachtar de a leth iarsin. Atagur-sa 
ol ailill eludh na hingeine (p. 41) ucad la fraech ce dobcrtha 
dô ninmudde 7 do thaisid inar ndochum cono cheit[hjri do 
chobair duinn acon tain. Dothaed fraech chucca asin teach 
n-immagaldae. IN coeur fil lib or fraech. Dotallfo-sa inné or 
oilill. IN tiberaig damsa for n-ingein ol fraech immanaicid in 
sluag doberthar or oilill. dia tûdcha tinnscra ama/ asberthar. 
Rodbia ol fraeach. Tri /icbh each ndubglas damsa or oilill 
cono mbeilgib oir friu 7 dia lulgaid déc om meltar ol n-ais^ 
o cach de 7 laeg finn oderg la gach n-ae 7 laigeacht duit lium 
cot lin uile 7 cor aes ciuil do thabairt ina mbo a cuailgne 7 
doberthar mo ingean-sa duit acht co tis ". Dothonga-sa dar mo 

1. conaccrad Eg. 

2. Change of hand, to samc as at first. 

3. toffund LL. 

4. dâ LL. MS., hère and below, dT.. 

5. immudu LL. 

6. ol naiss coica[t] Eg. 

7. acht go tisium don t-sluaigid. Eg. 



148 Alan 0. Anderson. 

sciiith 7 dar mo chlcidcam 7 dar mo threalam. ni tbibrinn a 
tinnscra cid mcidbbi insin. Docbing uadaib ;isa tbaig iarum. 
IMM^nagailHt iarum oilill 7 meadb. Farbbiba socbaid n-im- 
munn do rigaib eirend dia rucca-soiii in ingcin. Ani as maitb 
tuaiprem ina degaid 7 marbaim focbedoir resiu forruma bine 
frinn. IS liach on ol meadb 7 is meath n-einig diiinn. Ni ba 
meth n-einig duind ol ailill. Tucht aranna[l]far-sa. Dothaed 
oilill 7 meadb asin rigthig. Tiagam ass ol oilill co n-accomar 
na milcboin occ tofonn. Commedon lai 7 comdor scithaig. 
Tiagaid as uili iarum ' don abainn dia fothruccad. Adfiatar 
dam or oilill ad maith an uisciii. Tair isin linn seo co n-acco- 
mar do snam. Cinnus na lin ni seo (p. 41, col. 2) ol se ni 
fedamar nach dodainginti ol oilill. 7 is comthigfotracad innte. 
Gadaid a etach de iarum 7 teit innti 7 fagbaid a chris tuas. 
Oslaigid oilill iarum a bossan dia eis 7 bai in t-orrnasc ann. 
Atageuin oilill iarum. Tairche a meadb or oilill. Dothaed 
mead[b] iarum in aithchein sin ol oilill. Aithchin ol si. Fos- 
cheird oilill asin abaind sis. Roairigistar fraeach ani sin Conac- 
cai^ doUeablaig in t-eicni ar a cheann 7 gab//j- ina beola. 
Focheirt beadc chuice 7 gabaig a oilech > 7 dothaed do chum 
thiri 7 dober a maicin diamair i mbruach na habann. Dothaed 
do thaedeach[t] asin uisce iarum. Na tair or oilill co tucca 
craib dam don chairthinn thall fil a mbruach na habann. IT 
aildi lium a chaera. Teidsium as iarum 7 brisis gescu don 
crand 7 dober ria ais asin uisce. Ba hed iarum aithisc finna- 
brach. Nach alainn adchid^ ba hailldiu lé fraeach do faiscin 
tar duiblinn in corp do rogile in toltt do roailli in aigeadh do 
chumdachtai in suil do roglaissi. IS e maeth oclach cen locht 
cein ainim co n-aigid fochail forrW/;ain. IS e diuriuch 5 dia- 
nim. IN craeb cosna caeraib^ dergaib eter in mb[rjaigid 7 in 
aigid ngil. IS ead adberid finnabair nochon facca ni ro saisid 
leib no triain do 7 chruth. lArsin docuiridter na craeba doib 

1. MS. uil narum. 

2. conaccai ni LL. 

5. a ôilcch LL. gaibid 7 brissis a geolbach Eg. 

4. nach n-aluinn atchid Eg. 

5. diriuch LL. Eg. 

6. MS. craebaib. 

7. dia Eg. 



Tdin bô Frdlcli. 149 

asin uisce. IT segdai 7 id ailldi na caera. Tucc tormach dûn 
dib. teid as aithirach co nibai amedon in uisce. Gaibtlii in 
beisd isin uisce. (p. 42) Domicead claidem uaib ol se 7 ni 
roibe forsin tir fer no lamad a thabairt do ar oman oililla 7 
meadba. lArsin gadaid finnabair a hedach 7 fôcheird beadc 
asin uis[c]e cosin claidim. D[o]lleic a hathair sleig coigrinn 
d'uio^ anuas road n-aurchora colluid treda trilis 7 condoragaib 
fraeach ina laim in t-sleig. Fôcheird sede asin tir uasin thsleig - 
7 ammil ina thaeb. Leicid on co forgabail ceinele n-inibcrta 
gaiscid. Colluid tarsin tlacht corcra 7 tarsin leinig bai am 
oilill. Lasin coteirged in oie la hoilill. Dothaed finnabair asin 
uisce. 7 Facbaid in claeidim allaim fraich 7 combean a cheann 
don mil co mbai foro thaeb 7 dobert a mil leis dochum thire. 
IS de atd duiblinn fi-aich a mbreib i tirib connacht. Teid oilill 
7 meadb ina ndun iarum. Morgnim dorignisium ^ ol meadb 
is sinn ait[h]reach ol ailill anndorignisium frisin fear. IN in- 
gean ol se adbelad a mbeoiM side ambarach dadaig 7 ni ba cin 
mbreithe in chlaeidim beithir di. Dentar fotracad Hb don nfir- 
sa. i. aenbruithe n-ursailli 7 carna samaisce do indargain fo 
thaï 7 beuil 7 a tabairt asin fothrucad. Dognith uile ann ni 
sin nmal aspert som. A chorrnnaire iarum roime-sium chum 
in duine. Seannait di 5 coiiad abbad tricha fer di sinchaemaib 
(p. 42, col. 2) aililla ar sirechtai. Dothaed iarum asin dun 7 
teid isin fotracad. Co/zeiraig in ban-chuire imbi ocon dabaig 
dia mblith 7 dia folcad a chind. Dobreith as iarum 7 dognith 
dergud. Cocualatar ni an golgaire for cruachnaib. Co//accas 
na tri caecah ban co n-inaraib corccraib co ceanbaraib uai- 
nidib co mbileachdaib"^ argaid fora ndoidib. Tiagar chucca 
do fis scel dus cid ro chainsid. Fraeach mac idaig ol in 
bean mac dreittel ol in bean rig side n-e'irenn. Lasin ro chlui- 
nithir fraeach in 2:ols;aire. Domthocbaid as ol séria muinntir. 
Gol mo mntbar-sà annso ol se 7 banntracht boinnc. Tocabair 



1. di LL. Eg. 

2. fosceird seda issa tir suas in slig LL. foscuiri suas for tir in slig Eg. 

3. dorigensum Eg. 

4. atbélat abbeôil LL. 

5. idi Eg. 

6. MS. coinbileachdaib. co miledhaib LL. 



1 50 Alan 0. Andcrson. 

amach la sodain 7 berar chucca. DothiagaiJ na mna uinie 7 
bertait uaidih asin cruach^ï/;/^ Conaccatur ni a trathnona 
arnabarach dothaed 7 cacca ban uimc isse uagslan cen on cen 
ainim. Comacsa conidcaclba. Comaille. comchainc. comcho- 
rai. coni[chro|tha. co n-eccosc ban-sidc umpu cona bai aithne 
neich seach alailc dib bec nad nuichtha daine umpa. scarsad a 
ndorus in lis. 

Adnagad a ngol oc dul uad co doviis- na daine batar isin 
lis tar ceand. IS de ata golgaire ban-side la haes ciuil n-elrcnn. 
Teid-sium iarum isin dun. Ataragad in sluag uile ara cheann 
7 tearaid failte fris amal ba do domun aile thisad. (p. 43) 
Atraig oilill 7 medb 7 dongiad aithrige ndo dondes 3 do- 
ringinsid fris 7 dogniad choire. gabur flegugud leo dagaid. 
Gongair fraeach gilla dia muinntir airg ass or se cosin maigin 
an dechad-sa asin uisce. Eicni foriagbus-sa ann. Donucc do 
tlnnabair 7 irbbadfeisin fair. 7 fonaigter in t-eicne lee co maith 
7 ata int orrnascc amedon iil eiccne. IS doig lium condeisir 
chucca anocht. Gabthus measca 7 ar?/ipetiut ceola 7 oirfidead^. 
Aspert oilill iarum tuccaid mo seoda damsa uile ar se. dobret| h]a 
dô iarum co m batar ara belaib. Amra. Amra ol cach. Gairid 
damsa finnabair ol se. Dothaed finnabair chuca 7 caecA ingean 
uimpi. a ingean ol oilill ind5 ordnascc doradas-sa duitsiu 
anuraid in mair latt. Tucc dam condaccadar in oig. Rodbia- 
sa iarum. Ni fedar ol si cid derrnad de. findtusa^ eim ol 
oilill. IS eicin a cuingid. no th'anum do dul as do chorp. 
Nicon fin ol in oie. Ata mor do maith ann cheana. Ni fil ni 
dom sedaib-sea na te dar ceann na hingeine ol fraeach. Daig 
rucc in claidim dam daigiull7 dom anmain. Ni fil lat do she- 
daibni nodotain mina aisce uaide in orrnasc ol ailill. ni com- 
tha-sa cî^wang dia tabair[t]S ol in ingean (p. 43, col. 2) 
anrocharadagne dimsa. TugaDiatoingiz/i- mothuathaadbelad do 

1. issi'd cruachan LL. hissin gCruachuin Eg. 

2. co corastar LL. gurcorustar Eg. 

3. do neocli dogniat friss Eg. 

4. airfiti LL. 

5. MS. is dordnascc. 

6. finta-sa LL. 

7. do giull LL. Eg. Attracted to Daig preceding? 

8. dia tabairltl LL. 



Tdln bô Frdich. i ^ i 

beoil mina aiscce uait or oilill. is aeire coneagar chucad. Uair 
as deaccmaing. Ar ro fedar-sa co tisad na daine adbathadar o 
thosach domain ni thic asin^ maigin in roiadh. Nicon ticfo ri 
moin no adlaic tra ol in ingean in sed connegar ann. Tiagar- 
sa- condatLic-sa uair as tricc conegar ni rega-sa ol oilill. Taed 
neach uainn3 Imnionv dia tabairt. Faidis in ingean a inailt 
dia tabairt. Tonga-sa do dia thongz/i' mo thuatha dia fuigbi- 
ther nicon beo-sa fod chumachta-sa ba sire. Dia ndomroib 
forsarol mo gras. Ni congeb-sa ditso on cid cossin n-eachair 
theissi ma foo;abthair in orrnascc ol ailill. Dobert iarum in 
inilt in meis isa rigtheach 7 in t-eicni fonaigthi fuirri. isse 
fuilleachtai fo mil dognith lasin [injgin co maith 7 bai in 
orrnascc oir forsin eicne anuas. Dtwfeccai oilill 7 meadb. 
Dalei. conderccar ar fraeach 7 dechai^ a bossan. INdar leam 
is la teist forfaccb?/i" mo chris ol fraeach. for fir do flatha ol 
fraech. apair cid derrnais dond orrnaisc. Ni celtar on ol 
oilill. Leamsa ind orrnascc rodbai ad bosan ro i'eadar is finda- 
bair dorad duit. IS i?rum ro lasa isin duiblinne. For fir th'ei- 
nigh (p. 44) 7 t'anma a fraich asnith cia cruth aralad a tabairt 
ass. Ni celtar fortsa ol fraeach. Acedla fosluar/zi ind ordnascc 
i n[d]orus in lis. Rofetar cor bo sed caem. IS oire dosroiscid- 
sa5 co leir am bosan. Rodchual-sa alaa dochodh dond uisciu. 
IN ingean rodlaa amach aga iarmoracht. Aspert-sa fria cia log 
rombia latt ara fogbail. Aspert si riumsa doberad seirc 
mbliadna damsa. Eaccmaing nisragbwja imum. Fosragbw^ am 
thaig dom eis. Ni comairnech[m]ar-ni [co comairnechmar] oc 
tabairt in chlaidim isin abainn im laim-si. lArsin adchonnarcc- 
sa in tan ronoslaig-siu in mbossan 7 rollais ind ordnaisc asin 
uisce. adchonnarcc in eicni doreablaing ara chinn conadgab 
ina beolu. Nongabusa in eicni iarinn cotnoccaib asin mbrat 
daralus allaim na hingeine. IS e in t-eicni sin iarum fil forsin 
meis. gaibthir aidmillid 7 agamrugadh na scel-sa a teglach. 
Ni foichur-sa mo meanmain for ôclach n-aeile a n-ciriiin 



1. MS. isin. 

2. tiag-sa LL. 

3. uait LL. 

4. doéccai LL. 

3. dosroisecht-sa LL. 



I s 2 Alan 0. Anderson. 

ITiad-sa ol finnabair. Arrodnaiscc dho ol oilill 7 meadb 7 
tair chucainde cod buaib do thain na mbo a cuailgne 7 in 
tan dorega-sa cod buaib anair doridaissi. Fibaid sinn an 
aithche sin dadaig [7] tinnabair. Dogen-sa ann ni sin ol 
fraeach. Biit ann iarum co harnabarach. Gabais fraeach uime 
con:\. muindtir. (p. 44, col. 2) Ceilibraid iarum do ailill 7 do 
mcidb. 

Dochumla da crichaib iarum. Eaccmaing ro gâta a bae 
colleic. Tainic a mathair chuige ni beoda do fechtus ar si 
docoas. Rofîrti mor n-imnid duid. Ro gâta do bai 7 do tri 
mie 7 do bean conda fuil ag sleib n-ealpa. Ataad teora bae 
dib an albain tuaiscert la cruithniuchu. Ceist cid dogen-sa ol 
se ria mathair. dogena neiptheacht dia chuingid. Ni thibera 
th'anmain forro ol si. Rodbia Bai leamsa cheana ol si. Nimtha 
son ol se. Dochoid for m'einech ^ 7 for m'anmain. Aircc^ co 
hailill 7 co meidb com buaib do thain na mbua a cuilgne. 
Ni rochebthar ol a mathair a connaige. Teide uad iarum la 
sodain. 

Dochumlai som as iarum trib nonboralb 7 fidchuach 7 cu- 
lomna leo. Coluid a crich n-ulad Co comarnaicc ria conall 
cerrnach ace beannaib boirche. Rodid' a cheisd fri side. Ni 
bo sirsan duit ol side a ni ardotâ [ardotd] mor n-imnid ol se 
cid ann do beth do meanma. Dommair-si ol fraeach ri ro»all 
co ndichis lem nach re coiuârneachmar. Ragat-sa eim ol conall 
cearrnach. Dochumlat as a triur tar muir [tarj saxanu4, 
tuaiscert tar muir n-icht co tuaiscert longbard. co rangadar a 
sleibti ealpa. Co;/accatar fraccnatain oc ingaire chaeireach ara 
cinn. Tiagam ar ndis ol conoll a fraich co n-agaldam in mnai 
thall 7 anat ar n-oic sunn. (p. 45) Lodar iarum dia agall- 
daim. Aspert si can daib5. Do feraib eirinn ol conAl. Ni 
sirsan do feraib e'irenn eim tiachtain in tir seo. Do feraib e'nenn 
eim mo mathair-se. Dom fair [ar conall] ar ro//ndailbe. Ai- 



1. MS. ei3. 

2. airec LL. 

3. râdid LL. 

4. tar muir tar saxain tuascirt LL. 

5. dûib LL. 



Tdin hô Frâich. 1 5 5 

seidh^ ni Juinn diar n-imtheachtaib. Cindus in tire donan- 
camar. Tir n[d]uaid n-uathmur co n-ocaib ansib ragaid for 
cach \eth do thabairt bo 7 ban 7 brat ol si. Cidh as nuideim 
tucsad ol fraech. Bai fraich mie idaig a hiarthar oirenn 7 a 
bean 7 a thri mie. Uinnsi a bean lasin rig. Ondat a bai asin 
tir ar far mbelaib. Donfair-ni do chobair or roz/ali. IS bec mo 
chumang acht eolus na mna-. Is e fraeacli annso ol conall 7 
ate a bai thucctha. IN tairissi libsi in bean ol si. Cidh tairissi 
linn in tan doluid béas ni tairissi iar tiachtain. Bean tathaige 
na bua airgid a dochum. Eipridh ré for toiscc' do feraib eiveuii 
a ceinel di ulltaib in t-sindrud. Tiagaid co suidiu ardogaibed 
7 doslaeinnit di 7 ferais failte friu. Cichib foruirich olsi. Fon- 
ruirith imnid ol conall leam4 na bai 7 in bean fil isin lis. Ni 
bo sirsan daib eim ol si dul fo dirim ina mna. Ansa daib 
ceach raed ol si. INd nathir fil ag imdegail inn lis. Nimthi- 
rainm'î ol fraeach. Ni tairissi lium. Atairisisiu lium. Ro 
fedamur ninmera uair is di ulltaib duit^. Can di ulltaib daib 
olsi. Huinnse conoll cearrnnach sunn-laeach as deacli la huUta 
ol fraeach. Focheird si di laim fo braigid conaill cearrnaig. Reis 
in orgain in feacht-sa ol si (p. 45, col. 2) Uaire dodnainic 
sein. Uair is do side rorarngairead orgain in duine seo. Tiag- 
saass ol si. Nimbeo fri bleogan na mbo. Faiceba in les n-obela. 
IS me noniada. Asbeir is deol ro dineadar ind loig7. Tistaissi 
asin dun acht comtholad'^. IS annsa daib in nathir fuil acon 
dun Dileigidar9 iltuatha di. Reagma amin ol conall. Fuabraid 
in leas. Focheird in [n]athir^° beadc a cris chonaill cherrnaig 
7 orgaid in dun fôchedoir. Teassairgid iarum in mnai 7 na 
tri mie 7 dobert" anus deach séd in duin 7 leigid conall in 



1. aisnid ni dam Eg. 

2. nanima Eg. LL. 

3. toich Eg. 

4. lenn Eg. 

5 . nimthirim frissin mnai sin Eg. 

6. duinn Eg. 

7. MS. in deoig. is deôl ro dinetar ind lôig LL. rodentar in loig Eg. 

8. cointalat LL. comtabeitd Eg. 

9. dolleicetar LL. 

10. ind [njatiiir Eg. 

11. doberat Eg. 

Revue Ce] ligne, XXIV. 11 



1 54 ^/'''' 0. Andersen. 

[njathair^ asa cris. Et ni deirgine neachtar de olcc fria cheile. 
Et dotliiagad a crich cruichintuaithe. Co tucca teora bu dia 
mbuaib a saide. Contulladar do dun ollaich mie briuin friu co 
mbadur an aird hwa n-eachdach. IS ann adbath gilla conaill 
chcrrnaig oc timain na mbo. i. biccne mac laegaire. IS de 
ata indber mbiccne. oc bennchur co tucasat a mbû - tliairis 
aile. IS ann ro lasad adarcca dib ronad de ata ttracht mbeann- 
chair. liiid fraech as iarum dia crich 7 a mie 7 a bean 7 a 
bai lais. fo/Kid luid la hoilill 7 meidb do thain na mbo a cuail- 
gne. 

FINID. amen. 



ALAN O. ANDERSON. 



1. in [njathraig Eg. 

2. MS. ambu ambu. 



NOTES 

AUX 

TEXTES IXÉDITS EX CORXIOUE MODERXE 

(Revue Celtique, avril 1902, pp. 173-200.) 



M. Henry Jenner, qui n'est pas un inconnu pour les lecteurs 
de h Revue Celtique et a fait du comique, et surtout du comique 
moderne, une étude particulière, m'a adressé un certain nombre 
de notes concernant les textes en comique moderne publiés 
par moi en me laissant libre d'en faire l'usage que je voudrais. 
Je crois devoir en faire profiter les lecteurs de notre Revue, 
M. Henry Jenner a fait, il y a 25 ans, le catalogue des Givavas 
mss. dans le Catalogue of additionnai mss. du British Muséum. 
Il vient de copier tout le comique de ces viss. qui n'a pas 
encore été imprimé. Il a donc, en ce qui concerne les mss. des 
textes en comique moderne, une compétence indiscutable. Ses 
notes consistent surtout en différences de lecture, dont quelques- 
unes me paraissent intéressantes. Il a sùretnent raison contre 
moi, en cas de doute. Ses notes 10 et 16 portent sur des 
questions de grammaire; la note 10 est particulièrement inté- 
ressante. M. Henry Jenner me fait l'honneur de me demander 
mon avis à ce sujet. J'avoue n'en avoir pas encore de définitif. 

Quant à la note 25 (page 186, note 3, de la Revue Celtique), 
je suis complètement d'accord avec M. Jenner, d'autant mieux 
que c:;; a do~ est une faute d'impression pour e:^^ a to:^. 

Nos lecteurs apprendront avec plaisir que M. Henry Jenner 
vient de terminer une grammaire en comique moderne pour 
la Cornish Ccltic Society. 

J. LOTH, 



I 



1 56 Henry Jenner. 



NOTES 



ON 

THE CORNISH GENESIS III AND St MATTHEW II & IV 
(in the Revue Celtique, of April 1902.) 



I. P. 173. Dr Jago and the Bibliotheca Cornuhiensis are 
wrong. There is a version of Genesis I. in the Gwavas MS 
in Mrs Veale's hand-writing, but Gen. III. and St Matth. 
II. & IV. are in the writing of the Rev. H. Ustick, Vicar 
of Breage, and thèse, with a version of the Decalogue in 
the same hand and, like Gen. III., attributed to William 
Kerew (of whom nothing is known), are said to be copied 
from the MS of Matthew Row of Rendra, in Sancreed. The 
writing was identified by me, some twenty five years ago, 
from a copy of a short trcatise entitled, « Nebha:^Gerriaii dro 
iho Carnoack « (A Few Words about Cornish), by John Boson 
of Newlyn, author of several ktters, verses, epigrams, etc. in 
the Gwavas MS ; of the Pilchard Curing Song in Davies Gil- 
bert's édition ofthe*« Création » ; and, according to a note 
in the Borlase MS (now lent to me by its owner, Mr J. D. 
Enys of Enys), of the translation of Gen. I. in Mrs Veale's 
hand. The « Nebbai Gerriau »^ which has Ustick's name as 
copyist, formerly belonged to the late Mr W. C. Borlase, but 
has disappeared, luckily not before it was printed by the 
Royal Institution of Cornwall. Boson knew the colloquial 
Cornish of his time very well, and wrote it idiomatically, 
though his spelling was wild. 

2. P. 174, 1. 5. Z)é^zi^, notZ)^mzt' in the MS, -but the letters 
are rather run together. 

3. P. 174, 1. 6 and note. I think ra:^' is meant for ivres 



Notes aux textes inédits en comique moderne. 157 

(older zcreth) and should be sounded as the English word raise 
(or rage, cf. raage in p. 182, 1. 3). In late Cornish, chiefly in 
négatives, one finds tlie inflected verb with the pronoun prece- 
ding it, as in Welsli. Lhuyd gives this form and I think 
Carew's Meea na uidna cawsa Sou^^nek ïs a. caseof it, and ismeant 
for Mi na vednav cowsa Sousnek. 

4. P. 175, 1. 4. ihore, not ihorr, in MS. 

1. 6. thorl, not thorh, in MS. 
P. 176, 1. 2. eve dehre, not eve e debre, in Ms. 

5. P. 176, 1. 8. Blork was probably written bleck in the 
original MS from which Ustick copied. The old English e is 
easily mistaken for and ck is very like a modem rk. Pryce 
gives blek=:^ pleasant, and there is the verb plekye or plegye, to 
please. Cf. roog for 7-eeg, goath for geath, etc., and it is évident 
that Matthew Row's MS was in an old fashioned hand. 

6. P. 177, 1. 3. Ma}' not goore goshe be really goore goihe 
îoï gûr coth^=^6[à. man ? Lower class English people not infre- 
quently speak of their respective hiisbands or wives as « my 
old man », and « my old woman » ; the epithet « young » being 
similarly used before marriage. In the MS the letter may be 
either / or s. 

7. P. 177, 1. 6. ieler an gye, probably for del erans y, the 
regular plur. 3rd pers. plur. of the late imperfect erani or 
dherain. 

8. P. 177. 1. 7. I think wrovas is the English rove, the pre- 
terite of reeve, Cornicised by the termination. Its primary mea- 
ning is « to run a rope through a block » {passer une manœuvre 
dans Mie poulie), but a seafaring man, as most Cornish speakers 
were, might talk of reeving a threadthrougha needle, or even 
apply the word to sewing. The w is probably due to some 
false analogy with English words in wr. 

9. P. 177, 1. 9. aprodnieo, not aprodnies, in MS. 
P. 178, 1. I. an, not en, in MS. 

1. 5. an, not au, in MS. 
P. 179, 1. 2. p Reg, not pu reg, in MS. 

10. P. 179, 1. 4. I think reeg a vee is meant for an inflected 
I st pers. sing. wrîgav vi, formcd by a false analogy from 
the 3rd pers, sing. wrig (or ruli). The old tense gurys, gurussys, 



I ^8 Henry Jciiner. 

guntk, gitnissx)!, !:^unissûitgb, gtirussons (or gwreilhou, gwrei- 
thoii^h, i^'rii'cilhoiis) was forgotten and a newtense, with personal 
terminations as of the présent, was formed, wrignv vi, zvrîges 
dî, ivrtg ev, lurîgon ny, wrîgough why, wrîgans y. As it was only 
used for négatives, interrogatives, and dépendent sentences (for, 
except with the présent and imperfect of bas, to be, I think it 
is the invariable rule in late Cornish to use the impersonal form 
for simple affirmative sentences), the radical form does not 
exist. I hâve found na rigga ve (Boson's « Nebha^ Gerriait »), 
na rig a vee (Bodenor's Letter); rigo ny (for lurîgon ny), po 
rigo huei mos ker (when }ou went away), in John of Chy-nn- 
Hur ; and wrîg an gy, reeg an gy, etc. for wrigans rare common 
enough. When the pronoun begins with the letter that the 
verb leaves off with, the final of the verb disappears. I hâve 
never noticed a 2nd person sing. of this form. 

11. P. i8o, 1. 7, note 4. The English is « thon art cursed 
above ail cattle », so adrcs is right, through the Latin is certainly 
« /«/cr omnia anin^antia ». But the translation is clearly from 
the English « Authorised Version ». 

12. P. 181, 1. 8. doone flehas, not doen îha fichas, in MS. 

1. 8. deieria, not dc^erio, in MS. 

13. P. 182, 1. 3. raage, see my Note 3. 

14. P. 182, 1. 6. vownva:{ not voiunga/^. 

1. 8. an Joxp in MS. 

15. P. 182, 1. II. tereba chee îha îraylya in ms. This cons- 
truction is common after drefen, tereba, rag own, etc. in late 
Cornish. 

16. P. 183, 1. I. The MS has rag a vcsta che ve conicrcT^e. I 
think the ta oi avesta is not to be rendered toi, but is a 3rd 
pers. sing. pronominal suffix, the iho of ragtho, drelho, luarno- 
iho, îhotho, etc. forming a prepositional compound with a ves, 
out of. The English A. V. is, « till thou return again to the 
ground; for ont of it thou wast taken », which differs from 
the Latin « donec revcrtaris in terram de qua sumptus es », in 
having an simple affirmative instead of a relative sentence. 

17. P. 183, 1. 2. ha, not ba, in MS. 

1. 8, 10. Deew, not Doeiu, in MS. 

18. P. 183, 1. 8. goole ior geele, with tlie old English e. The 



Notes aux textes inédits en comique moderne. 1 5 9 

u of gnl was probably the French (and Devonshire English) u 
and became i (ee) in late Cornish, and was never representcd 
by 00 = ou (Fr). 

19. P. 184, 1. 5. Koiiierai a weeth in MS. 

20. P. 184, 1. 9. eve not ea. Tlie tris partly covered by 
the guard on which the leaf is mounted. 

21. P. 184, 1. 13. om-6' is the preterite oï gora = to piil, to 
place rather than io send. 

22. P. 185, 1. I. clotha, miscopied for cletha. The fuli sen- 
tence would be cletha tan a reeg traylya (a sword of fire \vhich 
did turn). The relative a is often omitted before reeg. 

23. St Matth. IV. V. I. humbrege:^ translates the English 
« led », so the note is not necessary. 

24. St Matth. IV. V. I. geen, not gan in MS. 
P. 186, 1. 3. hay not ha. 

1. 10 {jiioi misprinted for mot^. 

25. P. 186, 1. 10. e:^e ioa~e. Surely (see note) e^ a io^ not e^^ 
a do^, would be right. A{=ow) causes « provection » in the 
présent participle. 

26. P. 186, 1. 12. an comera^e e man. I think the e is the 
répétition of the pronoun(alsoexpressed by the n of=:anrt'/z). 
In late Cornish }nan and aman are common for « up ». A 
similarly redondant pronoun occurs in p. 187, 1. 2 an ■^ettyas 
e wor gwarha. 

27. P. 187, \. 'j. et a go doota tro tha doone man. I read not 
tro, but jra, which I take to be y ra, they shall. The English 
is, '« in their hands they shall bear thee up ». Evidently et a go 
doota =^ et\en'] aga doola. Ustick mistakes / for t in rawtya (for 
rou'lya), p. 181, 1. 9. If //ï7, \vhich evidently puzzled him is 
y ra=y fl wra, the sentence is perfectly simple. Y is used 
instead of the more usual an gy, for « they » in St Matth. II. 
II. 

28. P. 187, 1. 8. /tY- a turn vethal in MS. The English is 
« lest at anv time ». Turn or /orw = time, in the sensé of 
occasion. [« We shàn't do un thicky turn », we shall not do it 
this time, is good Cornish-English.J 

29. P. 187, 1. 12. tha, not the, in MS. 

30. P. 188, 1. 2. eu mann, not en manu in MS. The //^ and 



i6o H cm y Jcnner. 

us of this ms are perfectly distingiiishablc. Probdbly eu is ev, 
another case of redundant pronoun. 

31. P. 188, 1. 10 rg [rag] not ry in MS. English, « for it is 
written . 

32. P. 189, 1. 7. The English is « and leaving Nazareth ». 
I do not think, therefore, that ouga (=: ûja, older luosè) is 
needed., hui garah^gara] should be cara, the particle a {=oiu) 
of the participle coalescing with ha. 

33. P. 189, 1. 9. irca not tre a in MS; though a note in MS 
says « Tre a luôre, a town by the sea », I think the original 
writer may hâve intended to indicate the long e sound by ea 
(still so pronounced by old people in Cornwall in such words 
as sea, méat, hast, etc.). The change of more to vore (not vor 
in MS) may mean that it was regarded as an adjective, not as 
an appositional genitive, tre being féminine so that trea vore 
(=trê vor^ would mean « a maritime town » « a sea town », 
as we might easily say in English, where « sea » as an adjective 
is common enough. 

34. P. 190, 1. 1 1. tha dorn. The English is « at hand », and 
most Cornish people, even after thirty years of board-schools, 
prefer to say « to hand » . 

35. P. 191, 1. 8. strafl not skaph in MS. It is the English 
Word straight (the English A. V. reads straightiuay). The word 
strajt in the sensé of « immediatelv » occurs in the letter in 
the Gwavas MS from Oliver Pender to William Gwavas (f. 4). 
me rig fanja gux^ lether :(ithen lebma, bu^ nager r a termen dem de 
screffadastraftarta (I received [fauja, a word which is otherwise 
unknown to me] your letter a week ago, but I had not time 
to Write to you again immediately). In the Cornish-English of 
old people even now gh is sounded as/, more Irequently than 
in standard English, dafter for daughter slafter for slaiigbter, etc. 

36. P. 193, 1. 3. Jowlov not jo-wles in MS. 

37. P. 194, 1. II. I do not know the dérivation o( coggas, 
priest, but I doubt its dérivation from cog, and there its no 
reason to crédit the Cornish with any hatred or contempt of 
priests, seeing that they remained largely Catholic for a long 
time, perhaps 150 years, after the apostasy of England. Until 
they became Wesleyans they retained a favourable view of 



Notes aux textes inédhs en corn'ujue moderne. i6i 

Catholicism, and the way side crosses of Cornwall still remain 
in hundreds to prove that the Cross was no offence to them as 
it was to the English. It is true that a monk is the villain 
of a scandalous storj- in John of Chy an Hiir, but there were 
satires on monks long before Protcstantism. 

38. P. 199, 1. 5. I do not think that gease is the English 
jest. The g must be hard, for Boson, in « Nchha^ Gerriau » 
changes the initial to lu {bn^ tho gweel luec:;^, but to make a joke). 
There is an English or perhaps an American slang word ■iuec:ie 
or iuhee~e (I never saw il written, so I do not know the appro- 
ved way of spelling it), which means a Irick or joke. There is 
also a Christmas entertainment in Corn^\all callcd the guise- 
dancers (pronounced get^-danccrs, with a hard o). though 
perhaps this means only « costume-dancers ». 

Henry Jexxer. 



CONQUÊTE PAR LES GAULOIS 

DE LA 

RÉGION SITUÉE ENTRE LE RHIN ET L'ATLANTIQUE 

AU NORD DES PYRÉNÉES ^ 



Il y eut à l'Ouest du Rhin, dans h vaste région qui porta le 
nom de Gallia ou Galliae sous l'empire romain, deux grandes 
invasions celtiques ; la première est bien postérieure à celle 
des Gôidels ou Scots dans les Iles Britanniques, et elle précède 
de plusieurs siècles la seconde, qui est elle-même antérieure à 
la conquête de la Grande-Bretagne par les Gaulois, ii^ siècle 
avant J.-C. L'établissement des Gôidels dans les Iles Britan- 
niques était déjà un fait accompli à la date à laquelle remontent 
les deux épopées homériques, huit cents ans avant notre ère. 
C'est entre l'année 700 et l'année 5 00 environ, vers l'année 600 
avant J.-C, qu'il faut placer le premier établissement des Gau- 
lois dans le pays que les historiens sont convenus d'appeler 
Gaule. Les Ligures y ont précédé les Gaulois. 

Au temps d'Hésiode, vii^ siècle avant J.-C.^ les Ligures, plus 
exactement Liguses, étaient un des trois grands peuples qui habi- 
taient au Nord-Ouest, au Nord-Est et au Sud les extrémités du 
monde connu des Grecs, savoir : les Ligures au Nord-Ouest, les 
Scvthes au Nord-Est, les Éthiopiens au Sud. De là l'interven- 
tion des Ligures et de l'ambre dans la forme la plus ancienne 



I. Leçon faite par M. d'Arbois de Jubainvillc au Collège de France, le 
14 février 1905. 



Conijaête par les Gaulois an nord des Pyrénées. 165 

du mythe de Phaéton qui, à l'origine, est un p.oétique récit du 
coucher du soleil en été, c'est-à-dire nu Nord-Ouest. Phaéton, 
c'est-à-dire le soleil, meurt tous les soirs; son parent, Cucnos, 
roi des Ligures, en est profondément affligé, car il ne prévoit 
pas la résurrection du soleil qui doit reparaître vivant le len- 
demain à l'Orient; les sœurs de Phaéton, aussi mal instruites, 
versent des larmes qui se changent en ambre; cet ambre est 
celui que les Phéniciens, au temps de leur grande puissance, 
avant la conquête perse, vi^ siècle avant J.-C, allaient chercher 
au pays des Ligures sur les côtes méridionales de la Mer du 
Nord et vendaient ensuite sur les côtes de la Méditerranée. Il 
y avait encore de l'ambre sur les côtes méridionales de la Mer 
du Nord au commencement de notre ère. Ce fut alors que les 
soldats de Germanicus trouvèrent de l'ambre dans l'île d'Ame- 
land, près des côtes de la Frise; et du nom germanique de 
l'ambre, glèsiim, appelèrent cette île Glésaria, comme nous 
l'apprend Pline le naturaliste. C'#st probablement en l'an 16 
de notre ère que fut ainsi créé ce nom de Glésaria. L'exploi- 
tation de l'ambre au Sud de la msr Baltique en Poméranie 
date du règne de l'empereur Néron, 54-68 après J.-C. 

Le carthaginois Himilcon, dans un périple, écrit vers 
l'année 500 avant J.-C. et reproduit en partie, au iV siècle de 
notre ère, par Rufius Festus Avienus, parle encore d'une région, 
jadis habitée par les Ligures, mais alors occupée par les Celtes 
et où l'on arrivait en partant des îles Oïstrymnides, c'est-à-dire 
de la côte méridionale des Iles Britanniques, et en se dirigeant 
vers le Nord, lisons vers le Nord-Est, c'est-à-dire en allant 
gagner les côtes méridionales de la Mer du Nord. Ainsi les 
Ligures ont jadis habité entre autres pays le royaume des 
Pays-Bas qui a été une petite partie de leur vaste territoire. 
Festus Avienus, copiant Himilcon, nous montre également les 
Ligures en Espagne, près des Ceinpsi et des Saefes, au Nord 
des Cenipsi ; or, les Cempsi ont pour voisins au Sud les Cynetes, 
c'est-à-dire les habitants de la partie la plus méridionale du 
Portugal. Le même Festus Avienus, copiant également Himil- 
con, met la source du fleuve Tartesse, aujourd'hui Guadalquivir, 
dans le lacus Ligiistinus, c'est-à-dire dans le lac ou marais ligu- 
rien ; il s'agit vraisemblablement d'un marais qui se trouve 



164 H. d'Aibois de juhainvïlle. 

entre Séville et l'Océan ; ce marais probablement alors inter- 
rompait la navigation et arrêtait les navires venus de la haute 
mer. En Italie, les Ligures ont occupé Rome; plus au Sud, ils 
ont été maîtres de la région orientale de la Sicile ; cette île 
tout entière tire son nom d'une tribu ligurienne, les Sicules. 

Entre le Rhin, les Alpes, et l'Océan Atlantique, il y a de 
nombreuses traces de la domjnation ligurienne qui a précédé 
la conquête gauloise. 

Une des traces les plus évidentes de cette domination con- 
siste dans les noms de lieu terminés par les suffixes -asco-, -asca, 
-usco-, -usca, -osco, -osca. 

Les langues indo-européennes possèdent un suffixe -sko-, -sha, 
exemples: 1° en grec oir/.z-, pour c{x-7z.3ç, « palet rond qu'on 
lançait dans certains jeux », comparez c'//.£i, « il lance » ; 2° en 
latin -csca, « nourriture », ^our èd-sc a de la même racine que cdo, 
« je mange ». Ce suffixe a servi à former des présents de verbes 
tels que : y'.vvoj7/,w en greo^ nosco, co-gnosco en latin, d'où le 
français « je connais ». Il y a de ce suffixe une variante déve- 
loppée au moyen d'un / antécédent: -isko-, -iska: 1° en grec 
T.x'.y.zv.zz, « petit garçon », -y.'.oir/.r^, petite fille; 2° en germa- 
nique le gothique thindisk-s, le vieux haut allemand diulisk, 
en allemand moderne dcutsch qu'on traduit en français par 
« allemand », trois formes en trois dialectes différents d'un 
dérivé, en -isko-, du nom commun qui est en gothique thiuda, 
en vieux haut allemand diot « peuple ». 

L'emploi des suffixes -asco-, -asca, -usko-, -uska, -osko-, -oska, 
pour former des noms de rivières,, de montagnes, de vallées et 
de lieux habités est spécial à la langue des Ligures; cet emploi 
fait défaut notamment dans les langues germaniques où l'on 
peut citer quelques exemples de ces suffixes; tel est Gannascus, 
chez Tacite, nom d'homme, dérivé du nom d'homme et de 
femme Ganna ; on peut citer aussi Warasci, nom d'une peu- 
plade germanique qu'au vu'' siècleaprès J.-C. on trouve établie 
en France dans la vallée du Doubs près de Besançon, trois 
vies de saints nous l'apprennent ; c'est probablement un dérivé 
du vieux haut allemand luara « attention », « protection » ; 
Warasci peut signifier « les gens attentifs », « les protecteurs ». 
Ajoutons à cette courte liste le vieux haut allemand mannaskin. 



Conquête par les Gaulois au nord des Pyrénées. 165 

« humain », qui suppose un précédent mannask, dérivé de 
manna, « liomme » ; et le nom du peuple Cherusci. 

En ligure, ce suffixe, bien plus fréquent, a un emploi géogra- 
phique qu'on ne trouve ni en germanique ni ailleurs. 

Les Ligures sont toujours restés dominants en Italie, sur les 
côtes du golfe de Gênes, et là, en 117 avant J.-C, nous ren- 
controns quatre rivières dont les noms se terminent en -asca. 
Encore aujourd'hui, on y trouve un mont Pescasco et les cours 
d'eau Sermiclj'iasca, Carisasca. L'Italie du Nord-Ouest dans la 
Ligurie moderne, en Piémont, en Lombardie, en Emilie, en 
Massa-Carrara, anciennes possessions des Ligures, oftre aujour- 
d'hui 257 exemples au moins de ce suffixe terminant des noms 
de Heux habités. Dans l'ile de Corse, ancien domaine des Li- 
gures, où jamais les Gaulois n'ont pénétré, on a compté vingt 
exemples de noms de lieux terminés par le suffixe -asco-, -asca. 

Le suffixe -usco- apparaît dans le nom des Rugusci, tribu 
ligure, un des peuples alpins vaincus par l'empereur Auguste; 
ce suffixe a été employé pour former dix noms encore usités 
de heux habités dans l'Itahe du Nord-Ouest et le nom du 
mont Carmuschio dans la même région. Quant à la variante 
-osco, on en trouve dans cette région huit exemples. 

Passons en Gaule. Il a été relevé dans le bassin du Rhône 
seize noms de lieu terminés en -asco-, -asca^, savoir: 1° cinq 
dans le département des Alpes-Maritimes ; 2° deux dans le Var ; 
3° un dans les Bouches-du-Rhône; 4° un dans les Basses- 
Alpes; 5° trois dans les Hautes-Alpes; 6° deux dans l'Isère; 
7° un dans 1 Ardèche ; 8° un dans la Côte-d'Or; en tout huit 
départements. Notons que le nom antique du Rhône, Rbodaiios, 
paraît être le même nom que celui d'une rivière de Corse, 
Rotaiios^ aujourd'hui Tavignano. 

Dans quatre départements voisins du bassin du Rhône, il y 
a aussi des noms de lieu terminés en -asco-, -asca, savoir : 
1° trois dans l'Hérault; 2° deux dans l'Aveyron ; 3° un dans 
chacun des départements de la Haute-Loire et de l'Aube, au 
total sept noms de lieu. 



:. Sur les noms de lieux ligures en France, voyez l'ouvrage intitulé Les 
prniiicrs babitunls de l'Eitiûpe, t. II, pp. 99 et suivantes. 



i66 H. d'Arbois de Jubainiille. 

Le suffixe -iisco-, -usca- et son dérivé -usco-, -nsconis appa- 
raissent dans sept noms de lieu appartenant au bassin du 
Rhône dans sept départements : i° Bouches-du-Rhône, 2° Vau- 
cluse, 3° Isère, 4° Drôme, 5° Saône-et-Loire, 6-° Doubs, 
7° Haute-Saône. On en trouve un dans chacun de deux dépar- 
tements voisins, Ariège et Marne, total neuf; enfin, dès le 
temps de l'empire romain, un nom ligure est Carauusca, 
aujourd'hui en Lorraine allemande, près de Thionville. Total, 
dix exemples. 

On a relevé dans le bassin du Rhône trente-quatre exemples 
de noms de lieu terminés en -oscus-, savoir: 1° Alpes-Mari- 
times, un ; 2° Var, trois ; 3° Bouches-du-Rhône, un ; 4° Basses- 
Alpes, cinq; 5° Hautes- Alpes, quatre; 6° Drôme, cinq; 7° 
Ardèche, un; 8° Isère, quatre; 9° Rhône, trois; 10° Savoie, 
trois; 11° Ain, un; 12° Jura, un; 13° Saône-et-Loire, un; 
14° Doubs, un ^ Ajoutons dans les bassins voisins : Gard, un; 
Yonne, un; Saône-et-Loire, un. 

Ainsi tout le bassin du Rhône, depuis les départements des 
Alpes-Maritimes, du Var et des Bouches-du-Rhône au Sud 
jusqu'à ceux du Doubs et de la Haute-Saône au Nord, depuis 
le département de l'Ardèche à l'Ouest jusqu'à ceux de l'Ain 
et de la Savoie à l'Est, nous offre des noms de lieu terminés 
par les suffixes -asco-, -asca, -usco-, -usca, -osco-. Ces noms 
de lieu sont au nombre de cinquante-sept. 

A ces cinquante-sept noms, on peut en ajouter dix appar- 
tenant à d'autres bassins, limitrophes de celui du Rhône, à ceux 
du haut Rhin, de la haute Seine, de la haute Loire, de la haute 
Garonne et aux bassins secondaires qui, à l'Ouest du Rhône, 
versent leurs eaux dans la Méditerranée. Nous citerons au Nord 
les départements de l'Aube et de la Marne et la Lorraine 
allemande (probablement aussi la Lorraine restée française, 
Meurthe-et-Moselle, Vosges, Meuse); à l'Ouest, les départe- 
ments de l'Yonne, de Saône-et-Loire, de la Haute-Loire et de 
l'Ariège, de l'Aveyron, de l'Hérault, du Gard. Il s'agit au total 
de vingt-sept départements plus la Lorraine allemande. 



I. Larnosch, aujourd'hui Larnod, charte originale de 1124, archives du 
Doubs, fonds de Saint-Paul, cartcn 4. 



Conquête par les Gaulois au nord des Pyrénées. 167 

Tel est le territoire qui paraît être resté ligure après le pre- 
mier établissement des Gaulois dans la région qui sous l'Em- 
pire romain s'est appelée Gaule. Ce premier établissement 
date des environs de l'année 600 avant J.-C., tandis que le 
second semble s'être fait au moins trois cents ans plus tard, au 
iii^ siècle avant notre ère. La première conquête gauloise en 
Gaule paraît avoir eu pour objet la partie méridionale du 
royaume des Pays-Bas, la Belgique, et près des deux tiers 
de la France, c'est-à-dire tous les départements situés au Nord 
et à l'Ouest. 

Les noms de lieu terminés en -asco-, -asca, -usco-, -usca, 
-osco- y font défaut, mais il y reste quelques traces de l'ancien 
établissement des Ligures. Quand les Gaulois s'y installèrent, 
ils avaient déjà changé tx\ p \q q indo-européen conservé par 
les Gôidels; cette mutation subsistant dans les mots où elle 
s'était déjà produite, mais ne se faisant plus alors à nouveau 
dans la langue des Gaulois, les Gaulois ont conservé le nom 
de Sêqiiana, la Seine. Sêquana est ligure, comme le nom des 
Quariaîes, peuple qui habitait la vallée dite encore aujourd'hui 
Queyras, Hautes-Alpes, comme les gentilices : Quiamelius 
attesté par une inscription d'Antibes, Alpes-Maritimes, et Qua- 
drunia (Ks'jaopj'jvb) dans une inscription de Ventabren, 
Bouches-du-Rhône. Quadninia est identique au gentilice ro- 
main Petrnnia d'origine osque ou ombrienne. 

La présence des Parisii sur les deux rives de la Seine, 
Sêquana, est caractéristique de la conquête. Les Parisii sont 
arrivés avec un p initial = ç, et l'ancien nom du fleuve a gardé 
son q primitif qui avait une existence séculaire. Le nom des 
Parisii n'est pas le seul que dans cette région un p initial 
caractérise. On peut citer aussi: 1° les Pictavi d'où les noms 
modernes de Poitiers = Pictavôs et de Poitou = Pictaviiui, 
1° les Petru-corii, d'où Périgueux = Petrucoriôs et Périgord = 
Pctriicorium. Le premier terme pclrn- de Petru-corii « quatre 
bataillons », est identique au ligure et latin quadru d'où dérive 
le gentilice ligure Quadrunia = Petronia. 

La seconde invasion gauloise en Gaule peut être placée vers 
l'année 300 avant J.-C. ou un peu après. Elle peut être con- 
temporaine de Texpédition gauloise à Delphes, 279 avant J.-C, 



i68 H. d'Arbois de Jiibainvillc. 

et de l'établissement, immédiatement suivant, des Gaulois en 
Asie Mineure. Les Gaulois du Nord-Est, chassés de la région 
entre l'Elbe et le Rhin par les Germains vainqueurs, passent 
le Rhin et s'emparent premièrement de la région située entre le 
Rhin, la Seine et la Marne, secondement du bassin du Rhône 
et des pays voisins dont les Ligures avaient jusque-là gardé 
la possession. Cette invasion était un fait accompli en l'an 
218 avant notre ère. A cette date, Hannibal, traversant la 
Gaule méridionale pour se rendre d'Espagne en Italie, n'y 
rencontra que des Gaulois. Le Périple de Scylax au milieu du 
iv^ siècle avant J. -G. n'avait mentionné que des Ibères, mêlés à 
des Ligures entre les Pyrénées et le Rhône sur les côtes aujour- 
d'hui françaises de la Méditerranée, et rien que des Ligures 
entre le Rhône et les Alpes sur les mêmes côtes. Aristote, 
384-322, mettait en Ligurie la perte du Rhône à Bellegarde, 
plus tard dans le territoire de la tribu gauloise des Allo- 
broges, aujourd'hui en France, département de l'Ain. 

César, De Bello gallico, donne les noms d'une partie des 
peuples gaulois nouveaux venus entre la Seine, la Marne et le 
Rhin : on les appelait du nom collectif de BeJgae. Les princi- 
paux étaient les Suessiones, Soissons ; les Reiiii, Reims ; les 
Veliocasses, Rouen ; les Caletes, Eu ; les Amhiani, Amiens ; les 
Atrchates, Arras ; les Morini, Thérouanne; les Viromandiii, 
Saint-Quentin; les Nervii, Cambrai, en France; en Belgique, 
les Menapii, Tournai ; les Condnisi, près de Liège ; les Eburones, 
Tongres. On peut y ajouter, d'après Tacite, les Treveri, 
Trêves, car les Treveri, nous dit Tacite, se vantaient d'être 
d'origine germanique; enfin les Medioniatrici, Mttz; les Leiici, 
Toul. L'arrivée de ces conquérants contraignit à émigrer les 
peuples gaulois établis entre le Rhin, la Seine et la Marne. 
Un de ces peuples avait pris le nom de la Seine sur les bords de 
laquelle il était installé, c'étaient les Sequani qui furent obligés 
d'aller occuper une partie du territoire des Ligures, Besançon 
et les environs où ils portèrent le p = q, avec le nom d'Epa- 
manduo-durum, aujourd'hui Mandeure, Doubs. Un autre peuple 
gaulois établi dans le pays des Ligures, vers l'an 300 avant 
notre ère, si notre hypothèse est exacte, ce sont les Allo- 
broges, dont le nom signifie « les émigrés », littéralement 



Conquête par les Gaulois au nord des Pyrénées. 169 

« ceux d'un autre pays » ; les villes de Vienne et Grenoble, 
en France, de Genève, en Suisse, sont dans leur territoire. 
Mais nous ne pouvons dire avec certitude s'ils venaient direc- 
tement des pays entre le Rhin et l'Elbe, ou s'ils avaient d'abord 
élu domicile encre le Rhin et la Seine et s'ils avaient été chassés 
de ce pays par la conquête belge. On peut considérer comme 
venant directement de la rive droite du Rhin, les Volcae Are- 
comici, Lodève (Hérault), Nîmes (Gard), et les Volcae Tecto- 
sages, Toulouse (Haute-Garonne), Narbonne (Aude), Béziers 
(Hérault). César, De bello gallico, nous apprend qu'il y avait 
de son temps sur la rive droite du Rhin des Volcae et que ces 
Volcae résistaient encore avec succès à Tinvasion germanique. 
Mais alors ils n'étaient qu'un débris d'un peuple puissant qui 
avait envoyé des colonies dans le midi de notre France et en 
Asie-Mineure et dont le nom, devenu Walah, Walahîsko, 
Wehcb, Wales chez les Germains, est le terme employé par eux 
pour désigner en bloc les Gaulois, les Romains et les popu- 
lations romanes. 

Dans les vingt-sept départements français que les Ligures 
occupaient avant cette invasion et en Lorraine allemande la 
langue des Ligures a dû survivre à la perte de leur liberté ; 
elle continuait à se parler concurremment avec le gaulois, delà 
certainement les noms de Ijcu en -asco-, -asca, -osco-, qui 
sont dérivés de gentilices romains, comme Gratiasca, Gréasque, 
Bouches-du-Rhône; Vitroscns pour Victorioscns, aujourd'hui 
Vitrieu =z Victoriacus, Isère, Amilioscus pour Aeiiiiliosciis 
Ardèche; Flaioscus pour Flavioscus, aujourd'hui Flaiosc, 
Var, etc. 



Revue Celtique, XXIV. 



ÉTYMOLOGIES IRLANDAISES 



doe « tardas ». 

Le V. irl. doe signifie « lent, tardif », ainsi, dans obesi cordis 
ac tardi, le mot tardi est ainsi glosé : Ml. 20 a, 26 i. maill. i. 
doi, cf. Zcuss^, p. 31. Il est surprenant qu'on n'enseigne pas 
déjà depuis longtemps que ce mot fait partie de la famille de 
lat. dildum (Solmsen, Stiidien ^ur lat. laiitgcschichte, p. 196 et 
suiv.), hom. o(F)r,v, o(/")Y]p;;, o(/)-/;0â, o(/^)r]Ojvw, arm. teiuem 
« je dure », etc. (v. Osthoff, I. F., V, 279). 



hrû « ventre ». 

On a rapproché irl. brû « ventre » de skr. hhruuàh « em- 
bryon », m. h. a. brime « uulua » (v. Fick-Stokes, Et. ivôrt., 
Il4, 187; Uhlenbeck, Et. luort. d. altiiid. spr., 208); mais les 
sens sont assez divergents ; le lette braiina n'a le sens de « en- 
trailles » qu'entre beaucoup d'autres, et ce sens peut être tout à 
fait secondaire. Un mot dont la forme est moins voisine, mais 
dont la signification s'accorde très bien avec celle du mot irlan- 
dais, se trouve en slave: russe brjiïcho, polon. br^ucb (et vieux 
polonais brxiicho) « ventre » ; après u, un ch slave a toutes 
chances de représenter i.-e. *s\ la différence entre le thème 
en -n-, irl. brû, et le dérivé de thème en -s-, russe brjiïcho, est 
donc comparable à celle entre skr. pivan- « gras » et pivas- 
« graisse » ; on a une alternance de suffixes analogue dansgr. 



Êiymologles irlandaises. 



do uccim « je sais ». 

M. W. Stokes, à.:JLns\QEtym.ivôrterbiich,àQ}A. Fick, Il4, 50, 
rapproche v. irl. do uccim « je sais, je comprends » (par exem- 
ple dans dû tcic « il sait », Ml. 18 c. 5) de got. fâhan (ancien 
*fanh-^ ; mais u reste inexpliqué dans cette hypothèse, car on 
ne donne pas u en irlandais, mais ô, à en juger par côic « cinq » . 
Le u du. mot irlandais se retrouve exactement dans arm. usa- 
nim « j'apprends », v. si. vyhiati « apprendre », got. bi-ûhts 
« accoutumé », lit. jànkstii « je m'accoutume à » ; le sens ne 
fait pas difficulté; quant à la forme, il semble naturel de partir 
du thème à infixe *u-n-ke-, et alors -uccim apporte une pré- 
cieuse confirmation à la remarque présentée par M. Strachan 
h propos de slnccim (BB, XX, 3 i et suiv.), que la disparition 
de n, second élément de diphtongue à premier élément i, n, 
n'entraîne pas allongement de / et u ; on ne saurait d'ailleurs 
être surpris de voir in et un traités autrement que an, en, on : 
les voyelles les plus fermées / et u, quoique susceptibles d'être 
nasalisées, le sont cependant moins facilement que a, e, 0; 
d'autre part elles sont souvent moins intonables et moins 
capables d'être allongées (voir A. Meillet, Etudes sur le vocabu- 
laire et l'étymologie du vieux slave, p. 121 et suiv.). 

A. Meillet. 



THE DEATH OF CRIMTHANN SON OF FIDACH, AND 
THE ADVENTURES OF THE SONS OF EOCHAID 
MUIGMEDÔN. 



The following stories are now for the first lime edited from 
the Yellow Book of Lecan, a ms. of the fourteenth century 
in the Hbrary of Trinity Collège, DubUn, and the Book of 
Ballymote, a ms. of about the saine âge, belonging to the 
Royal Irish Academy. The persons mentioned in them flour- 
ished in the fourth and fifth centuries, Crimthann, son of 
Fidach, havins; be2;un to rei^n as overkino of Ireland A. D. 
366, and his successor Niall of the Nine Hostages, son of 
Eochaid Muigmedôn, having been slain A. D. 405. Of the 
witch-queen Mongfind, who plays a leading part in each of the 
taies, I can find no other account except in O'Mahony's Kea- 
ting, pp. 371, 372. 

Neither taie is a good example of the art of the Irish saga- 
man. But their contents, though clumsily put together, are 
fuU of interest to the student of ancient Irish beliefs, manners 
and customs. Note especially in the Death of Crimthann, the 
account of Mongfind's prophétie dream (§§ i, 2), the military 
éducation of her son Brian in the north of Scotland (§ 3) : 
the poisoning of herself in order to induce her brother to 
drink a poisoned draught (§§ 6, 7) ; the prayers to the dead 
witch on samain-tve. (§ 7); the funeral of Fiachra and the bu- 
rial of the hostages aUve (§ 17); the référence to sea-attacks 
made on foreign countries (§ 18). 

In the Adventures of the Sons of Eochaid the account of the 
trcatment of Cairenn and the birth of her babe (§§ i, 2) is not 



Dcaîh of Crimthanrij etc. 173 

without simple but poignant pathos. Noteworthy, too, is the 
ordeal deviscd by the druiJ-smith (§5) to test tlie respective 
qualities of Eochaid's sons. But for tolklorists themost interest- 
ingpartofthisstory is the version in §§9-17, oftheweli-known 
incident of the transformation of a hideous hag into a loveable 
damsel, who is hère an embodiment of the sovranty of Ireland. 
Three other versions of this story are found in Irish hterature : 
the late J. F. Campbell has a somewhat similar incident in his 
Popiilar Taies of the West Highlands, III 403, 404; and the 
parallels in the Percival of Chrestien de Troyes, in Chaucer's 
Wyf of Bathes Taie, in Gower's Confessio Amantis, éd. Pauli, 
i, 89, and in the Marriage of Sir Gaïuain (Child, English and 
Scottish Ballads, II 295-'') are noticed by Mr Alfred Nutt 
and myself in The Academy, n°' 1042, 1043 (April 23, 30, 
1892). See also Skeat's The Works of Geoffrey Chaucer, Oxford, 
1894, vol. III, p. 447-450. The mention of Brian Boruma,§ 16, 
and of Maelsechlainn mac Domnaill § 19, shews that this taie 
cannot be older than the elevenih century. 

The Irish topographer will find some valuable indications 
in the Death of Crimthann , and for the lexicographer I hâve 
collected, in the glossarial index, the rarer words which occur 
in each of our stories. 

The text of both stories is printed from theYellow Book of 
Lecan ; but the varions readings of the Book of Baliymote are 
given as footnotes whenever they seem of any importance. 

W. S. 



174 Whitlcy Stokcs. 



AIDID CA'IMTHAIND MAIC FIDAIG 7 TRI UAC ECHACH 
MUIGMEDOIN .1. B/?IAN, AILILL 7 VIACHRA. 

(SLICHT LEBAIR BUIDI LeCAIN, COL. 898.) 



I. Ri uasal airmitnech ro gab righi n-Ereiui fecht n-aill .i. 
Eochaid Mmgiiiedôn mac Muiredaig T'irigh. Bai bainclieli' a 
dingbala lais .i. Moingtind inoeji Fidaig. Ben side .iiii. maie 
do Eochaid, Brian 7 Fiachra, Ail/// 7 Yergus a n-anmann. 
Atchi a mmathair aislingi doib. Based- an a'isUnge^ a ndul a 
ndealbaib a'///;;7 con À. Brian a ndeilb leomain 7 Fiac/;ra i richt 
m'ûchon, Ail/// a ndeilb gadair 7 Fearg//^ a ndeilb madaid. 
No bidis iai7/m ic imsreangail 7 ic conglec 5 etarro. Srainis in 
milchu for in leomun cach re fecht i tosach. Fortamlaig/d-t in 
leoman fodeoid 5 forsin triur aili 7 adnaigit co deaith 7 co riarach 
cen frithorcain^ do. 



2. INdisid Moingfind do Sithchcnd drai in fis. Fir, ar in 
drai, bid leoman laimthinach lonnaindsclech Brian 7 a sil dia 
eisj 7 bat irgal nemi fria fergaib caich, 7 bâti dura ac fulang 
imfochaidhi caich forro. Bid eu aigh 7 taircill7 dïdu Fiachra 7 
a sil dia eis. Co;zsela for Brian, rc^nsela didii Brian foir seom. 
Teid cirgala 7 imserga etarro, 7 rannfoider ^ in rigi cach re fecht 



1. banchele B. (i. e. Book of Ballvmote), p. 263'' 1. 24. 

2. Ba hi B. 

3. conglcic B. 

4. fortamlaidh B. 

5. andseiii B. 

6. crithorcain B. 

7. bid tairchill B. 

8. randfadar B. 



Dcatli of Crimîhann, etc. 175 



THE DEATH OF CRLMTHANN SON OF FIDACH, AND OF THE 
THREE SONS OF EOCHAID MUIGMEDÔN, BRIAN, AILILL 
AND FIACHRA. 

(Yellow Book of Lecan, col. 89S. Facsimile, p. 186" iz.) 



1 . Once Lipon a time a noble vénérable king assumeJ the 
realm of Erin, to wit, Eochaid Muigmedôn^, son of Muredach 
Tirech-. He had a spouse befitting him, even Mongfind daugh- 
ter of Fidach. She bore Eochaid four sons, namely Brian and 
Fiachra, Ailill and Fergus. Their mothersees a dream of them. 
This was the dream: that they passed into the shapes of four 
dogs : Brian into the form of a lion 3, Fiachra into the shape of 
a greyhound, Ailill into that of a beagle, and Fergus into that 
of a cur. Then they used to be rending and quarrelling with 
one another. At first the greyhound every other time beat the 
lion; but at last the lion overcame the other three, and they 
surrendered to him, timidly and obediently and without 
offence. 

2. To Sithchenn the wizard Mongfind relates the vision. 
« Truly », says the wizard, « Brian, and after him his race, 
will be a greedy, wrathful-ruinous lion, and a virulent weapon 
against every one's angers; and they will be hardy in enduring 
the assaults of every one upon them. Now Fiachra, and 
after him his race, will be a hound of battle and rapine. He 
will attack (?) Brian, then will Brian attack him. Deeds of 
arms and ruptures occur between them, and the kingship will 



1. See Côir Aiimaiin, Ir. Texte, III, 339, 416, 420. 

2. Ir. Texte, III, 339, 416. 

5. The author evidently supposcd the lion to be a kind of large, fierce 
dog. 



176 Whitlcy Stokes. 

etcr a clannnaib, acht cheana fartamlaigfid ^ sil mBriain fodeold 
ior clannaib na n^ac aile, co mbo leo a n-aen/<r in t-aireoch//j. 
BiJ gadhar tafaind \mmorro hWill oc iarraid crich 7 ig cosnwm 
mennato dia braithrib, Feargw^ nnmorro, ni bai acht brocc 
aithcch dia sil side -, 7 is bec cid dia fesstar a chenJl. 



3. Marb Eoch^/J iardain. Bai à\du imchosnum dt'rmair im 
forba EchrtfZ; eter a coic mc/caib .i. Niall a aen//r dindara \cil\\ 
7 .iiii. wxaic Moingfmdi din 5 \cit\-\ aili. \S câ tra ni aranic4 
lAowxgîind , o nach fuair cena in righi dia mac À. do Brian, ar 
ba heside a leannan dia claind, a aslach for fearaib Erm;/ tria 
impidhe 7 tria ceird ndraidechta5 — ar ba heolach sidhe an cach 
ceird draidt'f/;/a5 7 aimidechta — in rigi dia braith/r, fo bithin 
co ro cuircdh. si Brian tar muir dia foglaim inmilti 7 comad 
oaisceodach amra iardain fri cosn//m na ris[i. 



Luid iar«m Brian dar niuir 7 ro foglaim suitbi inmilti oc 
Senoll mac Ongai i tuaisc^rt kVoan, cor'bo treorach in cac^ 
ccirà ga'iscid 7 engnoma. 

4. lar forbad iar?/m a fogloma inti Brian i cind secbt mhliadan 
dodechaid anair iarsin, fear donn tailc tarbda^, co sonairti 
ballraid, co n^'rt nônhà'ir, co conideisi engnama o dib lamaib 
inti 7 Brian. 

5 . Bai Crimthann a righi n Eroin beo//jr. Ba saeth la Moingfmi 
[col. 899] nach he Brian ba ri. Luidh duiu Crimx.hann forcuairt 
rigi a n-A\bain, ar is amlaid ro^ chinged ri Tenir^rh for a 
chuairt rigi .i. a Temraig i colccdh nGa'ûeon, 7 a sen for da 
coicedh Mwman, hi côiced Olnecmar/;/ aseandad, assen i coiced 
UW, a n-Albain a suidiu. 

1. fortamlaid B. 

2. acht brocc a sil sidhe aitheach B. 

3. don B. 

4. maranic B. 

5. ndraig('r/.'ta Y, ndraighec/na B. 

6. tarba B. 

7. anti Y, indti B. 

8. sic B, do Y. 



Death of Crimthann, etc. 177 

be divided from time to time among their children. Howbeit 
at last the race of Brian will prevail over the children of the 
other sons, so that they alone hâve the princedom. AiHll, 
however, willbe a hunting hound,seekingterritories and gain- 
ing an abode from his brothers. But as to Fergus, there will 
be noihing of his seed save a sorrowful peasant, and his kin 
will be almost unknown. » 

3. Thereafter Eochaid died. Then there was a huge con- 
test about his héritage among his five sons, that is, Niall alone 
on the one side and the four sons of Mongfind on the other. 
When Mongfind found that the kingship was not for her son 
Brian — he being the darling of her children — this is what 
she planned, to persuade the men of Ireland by supplication 
and witchcraft (for she was skilled in every art of magie and 
sorcery) to besrow the realm on her brother (Crimthann son 
of Fidach) ^ in order that she might send Brian over sea to learn 
soldiership, and so that he might then become a wondrous 
warrior for gaining the realm. 

Then Brian went over sea and learnt the science of soldier- 
ship with Senoll, son of Onga, in the north of Alba, till he 
became a leader in every art of valour and prowess. 

4. At the end of seven years, Brian, having completed his 
instruction, came back from the east : a man brown, strong, 
taurine, with firmness of limbs, with the strength of nine, \vith 
fitness of valour in both hands alike. 

5. Crimthann was still in the kingship of Erin. Mongfmd 
felt sore that Brian was not king. Then Crimthann went to 
Alba on a royal progress, for thus used the king of Tara to go 
on his progress : from Tara into the province of Leinster, and 
thence to Munster's two provinces : thereafter into the province 
of Connaught: then into Ulster, and from this into Scotland. 



I. Overking of Ireland, see Four Masters, 366, 3^ 



lyS Whitley Stokes. 

6. Gabsad maie Mo'mg^inde ianmi iornen 7 ïorhmiis i'or 
forba Cnmihainji dia eis, 7 randsad a tri he. Dodeochaid 
CnmihûiDi anair iarz/m iarna cloistin sin, 7 ro tinoil sloig 7 
sochraide leis a Connaf/;/aib do indarba mac a shethar asa rigi. 
Cechaing iar;mi Cnmthann co ro gab \ongphon oc Muaid hi 
Conmir/jtaib. IMforgenair ^ iar//m comairli la Moingùnd, 7 as 
i comairli ariacht, flead do thargad acci dia hraihair i n-Inis 
Dornnglais for Muaid Hua n-Amalgrtda, 7 a bratha/r do gairm 
chuici and a.mal bid do sid fria macaib, 7 neim da dail fair and 
fodaig na rigi do Brian. 

7. Tic d'idu Moing^ind iar/aii do saigid - a brathar, 7 doroinde 
sith5 celgi ewrro 7 a clann, 7 bmd le a brathair da saigid na 
ûedï. O vu icaich iar/mi taisbenad na flcJhi doheir Moingfind 
copan neime il-laim a brathar. iVocho n-ib, ar Cnmthann, 
noco n-eba so {omis. 

Ibid Moingt}W digh 7 ibid Cnmûiann iar/rai. 

Atbail iar//m Moms,{ind aidchi samna dosonrad K Coiiid si 
aided5 MoingfiW^ bansidaige. Con'id de dogarar^ fcil Moing- 
ïindc frisin samain icon daesc/^rsluagh, ar ba cumacbtach si 7 
bantuathaid 7 cen bai a colaind, con\d de cuindgid mna 7 daes- 
cursluag itcheada aidchi samna fw/rri. 

8. Ticc Crimth^/;z;z atuaid iartain do fascn^m a crichi bunaid 
.i. Fer Mwman, co ranic Sliab suidi in rig, co n-erbailt andsin, 
con'id desin dogarar*^ Fert Crïmthainn. Dodeachaid9 Fidhach a 
athair, 7 a mathair, 7 a muime conici in baili i n-erbailt 
Crimth^n;?, 7 fearaid nemeli ^° truag ann, 7 adbathadar a triur 
isin maigin sin, con'id desin ro chead in senchaid andso '^ : 



1. IMorgenair B. 7. sic B. bantuatha Y 

2. thaigh B. 264a I. 8. garar B. 

5. leg. sid. 9. dochuaidli B. 

4. dosondradh B. 10. nemfeili B. 

5. aidig Y B. 11. so B. 

6. garar B. 



Deaîh of Crimthann, etc. 179 

6. Now in his absence Mongfind's sons oppressed and 
dominated Crimthann's héritage, and divided it into three. 
On hearing that, Crimthann came westward, and gathered 
hosts and multitudes out of Connaught to expel his sister's sons 
from his realm. Then he marched and pitched a camp by the 
(river) Moy in Connaught. Then a plan was formed by 
Mongfind, and this is the plan which she found, to coUect a 
banquet for her brother in Inis Dornglais on the Moy of Hûi 
Araalgada (Tyrawley), and to invite her brother to it as if he 
were at peace with her sons, and there to administer poison to 
him in order that Brian might get the kingship. 

7. So then Mongfmd cornes to her brother (Crimthann), 
and made a false peace between him and her children, and 
brings her brother vv'ith her to the banquet. When the display 
of the banquet was ended, Mongfind puts a cup of poison into 
her brother's hand. « I will not drink », says Crimthann, 
« unless thou drink first ». 

Mongfind drinks, and then drinks Crimthann. 

Then on the eve of samain (November i) precisely Mong- 
find dies. So this is The Deaîh oj Mongfind the Banshee. Hence 
samain is called by the rabble « Mongfind's feast », for she was 
a witch and had magical power while she was in the flesh ; 
wherefore women and the rabble make pétitions to her on 
samain-Q\'ti. 

8. Thereafter Crimthann cornes southward to visit his here- 
ditary district, i. e. Fir Muman ; but on reaching the « Moun- 
tain of the Throne » there he dies, whence it is (now) called 
« Crimthann's Grave-mound ». His father Fidach, and his 
mother and his fosteress came to the stead where Crimthann 
perished, and there they make piteous plaining; and in that 
place the three of them died : wherefore the shanachie sang 
this : 



i8o Whiîley Slokcs. 

Fcartan Crimthaind cid diata ? 
sloindid sruithi sench;/5a. -jvl '. 

9. [col. 900, 1. 3] Ni ro fogain tra ni do Moing/z'/zJ in chelg 
sin doraJ im ii brathazV 7 bas do thoga di ten ardaig c//inad 
he Brian bad ri ara hesi^. Ar is e Niall Nôio'iaWach ro gab rigi 
nEuiin darcis^ Crimthainn, acht cheana is é Brian ba tuairgnid 
catha fn[a] laim side ic tocbail giall 7 cana do as cach aird4. 

10. Gthais Brian iarsin rigi aî/Vid CoDiachl. Gixhais Fiac/;ra 
d'ulii o Charn F^radaig co Mag Mucrama. Bai imchosn//m 7 
tnuth mor efcr Brian 7 Fiac/;ra desin, co fiis5 cocad etrtrru, 
Dobrrar cath Damchluana etorro 7 maidhidli^ for Nathi 7 for 
a athair, 7 cloid Nathi as, 7 gabar Fiac/;ra and, 7 idnaigther co 
Temraig il-ldim/ Neill a brathar he. 

1 1 . Fasaid ardchocûtd mor de side itcr Nathi 7 Brian dori- 
dhisi^. IS and bai a longp/;ort, ac Damcluain i n-H/h'Z' Briuin 
Eola9 inoc//5 Conmafcni Cuih. Nathi co clannaibh Fiachra i 
n-Aidne^° inaaigid. Dob^'rar a drai co Brian .i. DrithHu drai, 
7 iarfaigis ^^ de cinda^ no biad a imscar^^ 7 Nathi dia chogad '2. 
Asp^rt in d/'ai comad he Nathi bud choscrach 7 co ngebad rigi 
co SUab n-Elpa. Dobcrtha^3 a clann co Brian ina diaid, 7 
beandachais^4 iad, 7 asbert friu comad he Echen a sinst'r bud ri 
doib dia eiseom. Ceit/;ri maie iichct ro badar oc Brian, dia 
n-ebairt in tili : 



1. I omit the rest of this pièce, wbich eontains eleven quatrains statinc 
metrically the preceding part of the story. 

2. sic B. after ara Y, has {man. rec.) cl. 

3. areis B. 

4. tir B. )iiau ait. 

5. sic B. In Y after co an r is inserted iitaii. rec. 

6. moidhi B. 

7. ilaim Y, iilaim B. 

8. aris B. 

9. leg. Seola. 

10. Aigne Y. B. 

11. fiarfais B. 

12. cindiis no biadh imscaradh a cocaidli 7 Nathi, B. 

1 3. Dobf/'ar B. 

14. bennachas B. 



Deatli of Crimthann, etc. i8i 

Crimthann's little grave, whence it is, 
vénérable historians tell, etc. 

9. Howbeit, that treachcry which Mongfind practiseJ upon 
her brother did not avail her, nor did the choice of death for 
herself in order that Brian miglit be king afterwards. For it was 
Niall of the NineHostages^ that took the kingship after Crim- 
thann. Brian, however, was « smiter of battle » in his stead, 
at levying hostages and tribute for him from every airt. 

10. After that Brian seized the kingship of the province of 
Connaught. So Fiachra took from Carn Feradaig^ to Mag 
Mucrama5. Hence there was much contention and jealousy 
between Brian and Fiachra, so that warflire grew between 
them. They fight the battle of Damchluain, and Nathi and his 
father (Fiachra) are routed, and Nathi escapes, but Fiachra is 
captured and taken to Tara as a prisoner of his brother Niall. 

11. From this again grows a great war between Nathi4 and 
Brian. Brian's camp was at Damchluain in Hiii Briuin Seola) 
near Conmaicne Cuile. Nathi with the clans of Fiachra was in 
front of him in Aidne^. To Brian is brought his wizard, 
even Drithliu the druid, and he asked him how he and Nathi 
would part from the warfare. The wizard replied that Nathi 
would be the victor, and that he would conquer a realm as 
far as the Alps. Finally hischildren were brought to Brian, and 
he blessed them, and said that after him Echen, the eldest of 
them, would be their king. Four and;t\venty sons had Brian, 
whereof the poet said : 



1. overking of IrelanJ A. D. 379-40^ Cô/r Aninanii, § 118, Ir. Texte, 

m, 539, 416. 

2. probably the ancient name of Secfin, in the barony of Coshlea, in the 
south of the co. Limerick. O'Don. Four Masters A. M. 3836, note 9. 

3. a plain in the co. Gahvay, west of Athenry, F. M. A. M. 3790, notex. 

4. otherwise Dathi : see Côir Amnann, § 140. 

5. in the barony of Clare co. Galway, F. M. A. D. 811, note w. 

6. a territor\' in the south west of the co. Galwav. 



iS2 Whitky Stokes. 

Brian mac Echach Muigmcdôin. is iiiaith a clann can chaiti 
cliar drechach nar' duibde/eoil. cethri maie i\chet aici, yrl. 

Be;innochrt/.s' didn in sosar co mor .i. Dai galacb, 7 ro tliairr- 
ngen do comad uad in rigi. 

12. Ticc Nathi co ;/-idnaib catha lais do saighid Briain ait a 
mbai uathad 'na longphori, 7 fearthair ^ cuibleang angbaid etorro, 
7 sraintcr- for Brian andsin Cath Damcluana, 7 lentar Brian 
asin maidm3 coTulchaib Domnaill, 7 marbais4 Cnmûmmi mac 
Enna Chennselaich hc, 7 marb^/5 Enda Emalach mac Briain 
Cnmthann iocbéto'ir, 7 adnaicther Brian isin maigin sin. Tic 
iarwm Beo-aed Rois Caim iar cein moir iartain, 7 bmd taisi 
Briain co Ros Cam les, co ro adnocht iad i Ros Camm, coma 
and ata otharligi Briain indiu5. Marbthar didu Drithliu drai 
for bru Findlacha, coind uad ainmnigt/;gr Aenach nDrithleand. 



o 



Conid dibsin ro chead in seanchaid : 

Gahais Brian rigi rebach 

for Lf.'h Cuind caeni comrmnach. yri^. 

14. [col. 901, 1. 5] Leigid Niall Nô/giallach immorro Fiac/;ra 
a gemil annsin, 7 doheir rigi Connacht do, 7 as e ba tuairgnid 
catha fri laim Néill7 iarsin tareis Brinin oc tabach giall do 
Themnz/>. Bt-rar Fiachna^ mac Nathi 7 Amalgaid mac Fiac/;rach 
fesin5 i ngialhii" il-laim Neill, comd i ngiallnwi- i TQmraig is 
marb Fiachna^° mac Nathi, comd uad Wù Fiachrach Cuili Fabair 
a Midi. 

15. Lotar tra maie echach À. AWill 7 Fiac/;ra, do thobach 
chana 7 giall a M/miain co sluag 7 co sochraidi dfrniair. Tiagaid 

1. fcarthar B. 

2. srainther B. 

3. chath B. 

4. marbas B. 

5. aniu Y, andîu B. 

6. I hâve hère omitted scveii stanzas. 

7. Nell Y, neill B. 

8. co B. 

9. Fiacra E. 264^9. 

10. sic Y, B. : the facsimile of Y has acesin. 



Death of Crimîhann, etc. 185 

Brian son of Eochaid Muigmèdôn, good are his children without question, 
a comely following that wasnotdark and feeble, twenty-foursonswithhim. 

Then he blessed greatly the youngest, namely Dai Galach, 
and prophesied to him that the kingship would descend from 
him. 

1 2 . Nathi with his weapons of battle cornes to Brian p.t a place 
where there were (but) a few encamped, and a ruthless fight 
is fought between them. Brian is defeated there in the battle of 
Damchluain, and is followed from the rout as far as Tulcha 
Domnaill. Crimthann, son of Enda Cennselach'', kills him, and 
Enda Emalach, son of Brian, straightway kills Crimthann, 
and Brian is buried in that place. A long while afterwards Beo- 
aed of Ross Camm- cornes and takes Brian's remains to Ross 
Camm, and buried them in Ross Camm, so that there today 
is Brian's grave. Drithliu the druid is killed on the shore of 
Findloch^ so that Oenach Dritbleiiii takes its name from him. 

13. Of those thcn the shanachie has sung : 

Brian seized a featful l\ingship 

over Leth Cuinn 4 loveable, triumphant, etc. 

14. Then Niall of the Nine Hostages lets Fiachra out of 
prison, and bestows upon him the kingship of Connaught, 
and 'tis he who was after Brian the « smiter of battle » for 
Niall in levying hostages for Tara. Fiachna, son of Nathi, and 
Amalgaid, son of Fiachra, himself are brought in hostagcship 
into Niall's power, so that Fiachra died as a hostage in Tara, 
and from him descend the Hiïï Fiachrach of Cûil Fabair in 
Meath. 

15. Then Eochaid's sons, namely Ailill and Fiachra, went 
with an army and a vast multitude to levy tribute and hostages 



1. Ir. Texte, III, 372, 420. 

2. Perhaps the bishop commemorated in the Irish martyrologics at 
Mardi 8. But he was of Ard carna. 

3. The Lower Lough Erne in Fermanagh. 

4. The northern half of Ireland. 



184 Whitlcy Stokes. 

rempo^ co Caenraige^ Hi'ia Cairpri. Tinoilit fir Mz/man iarMm 
irui n-aigidh im Eochaig mac Cnmihainii Moir maie Fidaich 
7 im Maige5 Mescorach co n-idnaib catha in-aigid Fiachrach. 
Ba maith em inti cusa tancus annsin .i. Fiachra : ba laech ar 
gaisced, ba coicertaich^ catha 7 tiri ar gais, ba rigda5 ar deilb 
.i. loech foltfind lebar co mbeanad folt braine a da imda, couid 
de dosairer Fiacha Foltsnaithech de. 



16. Dobcraid iar//m fir Mum^n cath do i Caenraide, 7 gonais 
Maidhi Mescorach co hamnas Fiac/;ra isin chath. Aighthi^ 
iarwm in cath (or feraib Mzmian 7 for Ernaib andsin tria nen 
imbualta, 7 lait/?cr ar forro. Dob^fr iarwm Fiac/jra .l. giall a 
MMinain leis 7 doheir a lanchain, 7 luid reime iartain do ascnum 
co Temraig. 

17. Antan iar/mi dorocht Forraig/i n-Uib maie Cuais Midi, 
adbath Fiac/;ra dia guin andsin. Ro claidead a leacht 7 ro 
laigeadh^ afeart 7 ro hadhnadh a cluichi caintech, 7 ro scribad 
a ainm oghaim, 7 ro hadnaiced na geill tuctha9 andeas 7 siad 
beoa im fert Fia.chra, co mba bail for Mnmain dogrés 7 co mb^/h 
i comruma forro. IS t'^ adbmd gachfer^°: « Och, Och ! » ica 
chor beo i tahnain. Isfor uch dognither^^ na fearta sa, ar cach. 
Bid e a ainm, ar in drai, Forrach. Conad do forgell na ngnim 
so ro chan in senchaid : 



Maicne Echoch, ard a ngle, 

im Niall, im chanaid Cairnc yrl '2. 

1. rompo B. 

2. Caenraide Y. Caenrighi B. 

3. sic Y, B. leg. maide? d. § 16. 

4. coicertaig B. 

5. righa B. 

6. Atchi B. 

7. forraidh B. 

8. sic B, laidead Y. 

9. tucadh B. 

10. Adbtraid cach. fear B. 

11. sic B. gnithcar Y. 

12. Thirteen quatrains are licre omittcd. 



Death cf Crimthann, etc. 185 

from Munster. They fare forward to Cacnraige^ Hiia Cairbri. 
Against theni then the men of Munster coUect around Eochaid, 
son of Crimthann the Great, son of Fidach, and Maide Mesco- 
rach with weapons ot battle against Fiachra. Good in sooth 
was he towards whom they came, namely Fiachra. He \s'as 
a hero in valour: for (his) wisdom he was an adjuster of 
battles and territories : he was royal in form, a hero with fair 
hair so long that it touched the edge of his shoulders : hence 
he is called Fiacha of the Threaden Hair -. 

16. Then the men of Munster give battle to him in Caen- 
raige, and in the battle Maide Mescorach wounded Fiachra 
severely. But by dint of mutual smiting the battle was gained 
over the Munstermen and the Ernai >, and a slaughter is inflicted 
upon them. Then Fiachra takes out of Munster fifty hostages 
and the fuU tribute, and afterwards fared forward to Tara. 

17. Now when he reached Forrach in Hûi maie Cuais-^ of 
Meath, Fiachra died there of his wound. His grave was dug, 
and his tomb was laid, and his funeral game was started, and 
his ogham name was written, and the hostages whe had been 
brought froni the south wcre buried alive around Fiachra's 
tomb, that it might always be a shame for Munster and be as 
a triumph over them. This is what each man said when he 
was put alive into the earth ; Och, och ! « 'Tis for uch (« on 
ach »), those tombs are built », says every one. « This shall be 
its name », says the wizard, « Forrach »5. So that to bear 
witness ot thèse deeds the shanachie sang : 

Eochaid's sons, high their brightness, 
including Niall, Cairenn's wolfwhelp, etc. 



i. now Kenry. 

2. See Côir Anmann, § I4), Ir. Texte, lîl, 352. 

3. See FourMasters, AM. 5656, 5790,4169. Erna Mumhan, A. D. 186. 

4. Now Moygish in Wesimeath. 

5. See LL. 190» 16. Compare a somewhat similar etymological legend 
in the Dindsenchas of Ochonn Midi, Rev. celt., xv. 293. 

Revue Celtique, XXÎV. 1 3 



i86 Whitia Slokes. 

i8. [col. 902, 1. 10] Tangadar fir M//man iai'tain rtniar iar 
cloisin ' cga Fiachrach, 7 gabthar Ail/7/ la hHoclv//i; nvic Criin- 
thiiiiin maie Fidaig la rig n-Eveini. Ba folaith- la firu M//nian 
innisin, uair ba toich 3 doib do tecmail chucu m^rc na mna do 
niarb a tigcrnai. Ar ro saigcd in fer sin a n-engi'esa4 tri cricha 
echtranna^, 7 ro indsaig^v/ giall cdich^, 7 dorad iathu Erciiii 7 
Alban fo smacht [\A\th\nsa M//nian. Dognither guin galann 
andsin d'Ail///, ùv/id aiiib/V/ sin tuair bas. 



19. Bai cocad mor etarro fyi re ciana iarsin, coiild fotha do 
chosn/nn in f^raind forsa tait TuadM/zma" anniu sin, 7 r(i;/id 
cd^ sin fotha cocaid9 Connacht 7 fer Mz/man iartain, 7 cach 
imforran imforgensad ^° et^rro. Coma de sin asbrrtin seanclK/ZJ : 



Tri maie ¥,chach na ngnim ngrinn, 
F'iac/jra ociis Brian is Ailill, yrP'. 

20. Lugaid Meann mac Oeng//ja Tirigh maie Fir chorp is 
e ro gab ar eigin fearand TuadM/iman^^ art/zi', 7 is desin raitry 
Gairb-ferand^^ claidim Luigdech Lainidm-^'', ar is iat da ferann 
do chosainsead fir Mz/manar eigin .i. fearand Osraige'4, an-eraic 
£'/é'rsceoil ro marbsad Laigin, 7 ferann '5 TuadM/zman a n-eraic 
Cnmihainn maie Fidaig, acht ceana ni dlegad som arai dleas- 
tan/z/s"''' sin, ar is do chôicid Chondacht iar ndlighed roindi 

1. cloisdin B. 

2. folaich B. 

3. doig B. 

4. engreasa B. 

5. eclîtranda B. 

6. caich B. chaitii Y. 

7. tuagniï/ma Y, om. B. 

8. iad^B. 

9. cogaid Y, cocaidh B. 

10. imforran forgeinsed B. 

11. I hère omit three quatrains 

12. tiiagm»man Y, B. 

13. sic B, gairbfearand Y. 

14. osraidiii B. 

15. sic B. fearand Y. 

16. dlistinzzw B. 



Death of Crirnthann, etc. 1S7 

18. After hearins: of Fiachra's death the men of Munster 
came from the west, and AiHU is taken by the king of Erin, 
Eochaid, son of Crirnthann, son of Fidach. That seemed of 
importance to the Munstermen, for they had a natural right 
to gather unto them the sons of the woman that had killed 
their lord. For that man had been used to go on their sea- 
attacks on foreign territories and to seek the hostages of each, 
and he brought the lands of Erin and Alba under the control 
of the princedom of Munster. Then a warrior's wound is 
inflictcd on Aihll, so thus he died. 

19. Thereafter for long times there was much warflire be- 
tween them, the cause being a contention for the land on which 
the men of Thomond are today. And that was afterwards the 
cause of the warfare ot Connaught and the men of ÏVIunster, 
and of every mutual destruction that was wrought between 
them. Wherefore of that said the shanachie : 

Three sons of Eochaid of the lovelv deeds, 
Fiachra, Brian and Ailill, etc. 

20. LugaidMenn, son of OingusTirech, son of Fer corp, is 
he that first took by force the land of Thomond, and hence 
« the Rough Swordland of Lugaid Red-hand » is so called. 
Thèse are the two lands that the men of Munster gained by 
force, namely, the land of Ossory as an eric for Eterscél 
whom the Leinstermen had killed, and the land of Thomond 
as an eric for Crimthann son of Fidach. Howbeit, as regards 
légal right they are not entitled thercto, for according to the 



i88 Whitlry Stokes. 

coicid in feninn sin TuadM//nv/n, ar is o Luimncch œ Drolxiis 
hc. 

21. G);/iJ Aidid Cr'mnhûi)iii maie T-idai'o; 7 Moingjhnh' 7 tri 
mac Echacb Muigmcdoin ; Brian, Fiachra, Ail///^ Finit. 



I. B. adds : Eachtra mi7C Eachar/; Muigmedôin, tlic title of the following 
story. 



Death of Crimthann. etc. 189 

lawful division of the province that lanJ of Thomond belongs 
to Connaught, for it extends-from Luimnech ^ to Drohais -. 

21. So far the Death of Crimthann son of Fidach, and of 
xMoingfind, and of Eochaid Aluigmedôn's three sons, Brian, 
Fiachra, AiHll. Itendeth. 



1. the lower part of the Shannon. 

2. now the river Drowes. 



1 90 Whilley Stokes. 



FXHTRA M.-/C ECHJCH MUIGM£DOL\ 
(Slicht Lebair Buid! Lecain) 



I. [col. 902, 1. 41] Bui ri amra airegda for Eri)in À. Eochaid 
MuigviediVi. Badar coic maie aicci, Brian, Ail/7/, Fiachra, Ferg//j-, 
Niall. Moingfind ingen Fidaig mdthair Briain 7 Yuchrach 7 
Ferg//5a 7 Axlella. Caireand Casdub, ingen Sgail ^ Bailb, ri 
Saxau, mâthak Neill. Ba miscais lasin righain inti Niall, ar is 
daraceand^ dorinde in ri fri Cairind he. Ba mor didu dochraidi 
Chairinde oc in rigain, 7 ba he med na dochraidi co mba hecin 
di usce na Temracb da tharraing do \eth 7 cach cwmal aruair? 
'na haghaidh, 7 intan ropo torrach si 4 for Niall ba hecen di 
sen [col. 903] uili ardaig co ;?-eplead in lenap5 ina broind. 



2. Ranic tra co ham tuismeda di, 7 arai nir'scuir^ dind 
fognam. Rue si" iarsin mac forsin faichthi ina Temrc/r/;, 7 si 
fo leith na dromlaigi, 7 nir'lam in mac do gabail cuici do lar, 
acbt forfacaib^ isinn9 inadsin fo na hethaidib, 7 nir'lam dit/// 
nechdoferaibHern/;/ a breth leis ar uaman'° Moingf7;/J/, ar ba 
mor a cumachtâ si 7 a huaman " ïor cach. Tanic Torna eices 
iarsin dar lar na faidchi, 7 adchondairc in noidhin a oennr 7 



1. saxaill B. 2652 3. Sacheill, Otia Mersciaiia, III, 88. 

2. sic B. cheand Y. 

3. arariar B. 

4. hi B. 

5. lenabh B. 

6. scar B. 

7. sic B, Rugsi Y. 

8. ro facaib isin. 

9. sic B, isan Y. 

10. huamain B. 

1 1. huamain B. 



Adrentiire of tlie Sons of Eocha'ui. 191 



THE ADVEXTURE OF THE SONS OF EOCHAID MUIGMEDÛN 
(Yellow Book of Lecan, col. 502. Facsimile, p. i88'^i ) 



1 . There was a wondrous and noble king over Erin, namely, 
Eochaid Muigmedon. Five sons had he, to wit, Brian, Ailill, 
Fiachra, Fergus, Niall. The mother of Brian, Fiachra, Fergus 
and Ailill was Mongfind, daughter of Fidach. The mother of 
Niall was CairennCasdub, daughter of Scdl the Dumb, king of 
England. Niall was hated by queen Mongfind, for Eochaid had 
begotten him on Cairenn instead of on lier. Great then was 
the hardship which Cairenn suffered trom the queen : so great 
was the hardship that she was compelled to draw the water of 
Tara, apart, and every handmaid in turn in sight of her; and 
(even) when she was in child with Niall, she was forced to do 
ail that in order that the babe might die in her womb. 

2. The time of her lying-in arrived, and yet she ccased not 
h'om the service. Then on the grecn of Tara, beside the pail, 
she brought forth a manchild, and she diu'st not take up the 
boy trom the ground, but she left him there exposed to the 
birds. And not one of the men of Erin durst carry him away, 
for dread of Mongfind ; since great was her magical power, 
and ail were in fear of her. Then Torna the Poet' came across 
the green, and beheld the babe left alone, with the birds attack- 



I. See as to him Fetschrilt fur W. S., p. 3, and Otia Merseiana, 11,88 



192 Whitlcx Stokes. 

na hethaidi ica fuab^/Vt. Rogab tra Tor;w in mac ina ucht, 7 
ro fallsighcd^ do cach ni no biad iarsin, co n-ehert: 

5. Mochean aigidan, bid he Niall Noegialkr/;, 

rusfith- ria re tuir. 

morfaiter maigi, sraintirc/' geill, firtiu'/' catha 

tacbtbta Temrach, dunadach Femin Muigi, costadach Maen- 
maigi. 

airmitnech Alman?, airsid Lifi, gliiinfind Codail. 

secht mhliadna ûchet fallamnaigis^ Herenn, 7 bid uad Herm 
co brath. 

Ar ba maith in tindsct'/al 7 in f()rba {crgalach foltgarb, co 
/zhebailt i n-iarnoin dia sathairn uas Muir Icht iarna geognad 
d'Eochrt'/V mac Enna Chendsealaiç '. 



4. Rue Torna leis iarsin in mac 7 ron-alt, 7 ni thanicTorna 
nô a dalta co Temraig iarsin cor'bo inrigh^ in mac. Tangadar7 
iarsin Torna 7 Niall co Temraigh. IS andsin dorala^ Cairend 
doib ic Vàhain usci do TemrrtzV. Asb^/t Niall fria iarsin : Leic 
a oeniir in fogn^m, ol se. Ni lamaim, ol si 9, frisin rigain. Ni 
bia mo mâtbair, ol se, oc fogn//m, 7 me mac^° righ Herenu. 

Dorad les iarsin hi co Temnr/V, 7 dorad ^' édach corcarda iiinipi. 

5. Ro gab fearg in righan, ar'^ ba holc le anisin. Ba he rad 
fear n-Eroin andsin, bid hé Niall hiis ri tareis a athar. dvnd 
iarsin ro raid M.o'ms.îi}id re hEochrt/V : 



1. faillsidh B 

2. sic B, rusfigh Y. 

3. armar B. 

4. fallamnaight/;rr B. 

5. ceindselaigh B. 

6. inrigi B. 

7. tanic B. 

8. tarIa.B. 

9. sisi B. 

10. me mo mac B. 

11. docuir B. 

12. 7 B. 



Adrentiin: of tlie Sons of Eochaid. 19J 

king it. So Torna took the boy into his bosom, and to him 
was revealed ail that \vould be thereafter. And he said : 

3. « Welcome, thc littlc guest; he will be Niai! of the Nine 
Hostages ^ : 

« In his time he will redden a multitude. 

« Plains will be greatened : hostages will be overthrown - : 
battles will be fought. 

« Longside of Tara : host-leader of Magh Femin 3 : cus- 
todian of Maen-magh4. 

« Revered one of Almain), vétéran of Liffev, white-knee 
of Codai (?). 

« Seven-and-twenty years he rules Erin, and Erin will be 
(inherited) from him for ever. » 

For good was the beginning and the completion, manly, 
rough-haired, till he died in the afternoon on a Saturday by 
the sea of Wight, slain by Eochaid son of Enda Cennselach^. 

4. Torna took the boy with him, and fostered him; and 
after that neither Torna nor his fosterling came to Tara until 
the boy was fit to be king. Thereafter Torna and Niall came 
to Tara. 'Tis then that Cairenn, as she was bringing water to 
Tara, chanced to meet them. Said Niall to her : « Let the 
service alone. » « I dare not », she answered, « because of 
the queen ». « My mother », said he, « shall not be serving, 
and / the son of the king of Erin ». 

Then he took her with him to Tara, and clad her in 
purple raiment. 

5 . Anger seized the queen (Mongfind), for that seemed 
evil to her. But this was the voice of the men of Erin, that 
Niall should be king after his father. Wherefore Mongfmd said 
to Eochaid : « Pass judgment among thy sons », quoth she, 



1. V. supra p. 181. 

2. For sraiiiftier read nensitir (redupl. fut. pass. pi. 3 oînascim), Celt. 
Zeitschr., III, 465, note 6. 

3. a plain in Munster. 

4. now Moinmoy, a territory in Clanrickard, co. Gahvav, O'Donovan. 

5. now the Hill of Allen, co. Kildare. 

6. See Côir Anmann § 209, Ir. Texte III 372, 420 and Otia Merseiana, 
III, p. 84. 



194 IVhitley Stokcs. 

Ber brc'/7h hcr do m^rcaib, ol si, eux dib gchits t'forba^ Ni 
hér, ol se, achl hérïid Sithcheann drai. Rofaidtv/h iarsin co 
Sithcheann cosin ngabaind bai i Temraig -, ar ba fisid side 7 ba 
fliaidh am;a. 

6. Ro loisc iarsin in goba in cheardclia forro. Doriacht 
Niall immach 7 in ^ indeoin coin cip lais. Niall (V//fortamlaig, 
ar in drui, 7 bud indeoin totham^/// hc co brath. Doriacht 
Brian 7 tue na huird leis. Brian da bur cathraib, ol in drai. 
Doriacht Fiachra, 7 tue dearb corma 7 na builg leis. Bar sciam 
7 bar n-dàn + la Fiachra, ol in drai. Doriacht Ail/// 7 in comrar 5 
a mbadar na hairm les. Ail/// do bar ndigail, ol in drai. 
Dorocht Ferg//i 7 cual crinaig lais 7 crand ibair inti. Ferg//5 
crin, ol in d/ai. Ba fir on, ar ni niaith sil FergHsa cenmotha 
oen .i. Cairech Dt'/'gan CUu///a Bairind. Coiiid desin ata « maidi 
ibair i cuail c/inaijj ». 



7. Coiild dia fc^rgell sin ro can in seanchaid : 

Coic maie Echach, Niall indeoin oll, 

Brian ord ù'i tuarcain fir, 
Ail/// comrar gai fri fine 

Fiachra sidhi, Fergus crin. 

IS la Fiachra ol corma, 
is la hAil/7/ gai bodba, 
is la Brian tocht isan «^ cath, 
is la Niall in t-indarrad. 

8. [col. 904] Robo trom tra la Moingfind an ni-sin, co n- 
cbairt fria7 m<7caib. Trodaid-si, ar si, bar ceathrar mac co ti 
Niall do bar n-eadrain, 7 marbaid-si he. Trotaid iarum. Fearr 
damsa a n-edargairi, ol Niall. Nato, ol Torna, bad sidaig 
nviic na Moingt7;iJ/, coiiïd desin ata in seantoc///. 

1. t'orba B. 

2. Temraid Y. 

5. in B, an Y. 
4. nâni Y. 

3. corma B, comra Y. 

6. sa B. 

7. sic B, fri Y. 



Adventure of the Sons of Eochaid. 195 

« as to which of them shall receive thy héritage ». « I will 
not pass judgment », he answered ; « but Sithchenn the wizard 
will do so ». Then thcy sent to Sithchenn, the smith who 
dwelt in Tara, for he was a wise man and a wondrous prophet. 

6. Then the smith set tire to the forge in which the four 
sons were. Niall came out carrying the anvil and its block. 
« Niall vanquishes », says the wizard, « and he will bc a solid 
anvil forever ». Brian came (next), bringing the sledgeham- 
mers. « Brian to your fighters », says the wizard. Then came 
Fiachra, bringing a pail of béer and the bellows. « Your 
beauty and your science with Fiachra », says the wizard. Then 
came Ailill with the chest in which were the weapons. 
« Ailill to avenge you ! » says the wizard. Last came Fergus 
with the bundle ofwithered wood and a bar of yew therein. 
« Fergus the withered ! » says the wizard. That was true, for 
theseed of Fergus was nogood, exceptingone, Cairech Dergain 
of Cloonburren^ And hence is (the saying) a stick of yeiu in a 
bundle of firewood. 

7. To bear witness of that the shanachie sang : 

Eochaid's five sons, Niall the great anvil, 
Brian the sledge-hammer for true striking, 

Ailill the chest ofspears against a tribe, 
Fiachra the blast, P'ergus the withered. 

Fiachra has the drink of aie, 
Ailill has the warlike spears, 
Brian has the entrance to battle, 
(but) Niall has the reward. 

8. Now that seemed grievous to Monghnd ; so she said to 
her sons. « Do ye four sons quarrel, so that Niall may come 
to separateyou, and then kill him ». Then they quarrel. « I 
would fain sunder them », says Niall. « Nay, » says Torna, 
« ht the sons of Mongfind bc peaccfitl ». Hence is the proverb. 



I. in Hy-Maine, i. e. the territory of the O'Kellys, in cos. Galway and 
Roscommon. As to St Cairech Dergain see Fél. Oeng. Feb. 9, and Fél. 
Hui Gormain at the same day. 



196 Wliitlcy Stokes. 

9. Ra raid d'uiii Moïngiiini n:\ biad ar in nibreith sin. Ro 
fciidid co Sithchend cetna iad d'iarraid arni. Dollot^r iar//m 
cosin ngohaind 7 doroindi s/Je' arnni doib, 7 in t-arm is 
derscaigthiu - bai dib dorad il-laim Ncill, 7 ro tliidnaic na hainn 
archeana dona m(7caib aili. Eirgid feasta do shealga 7 fromaid 
forn-armu, ar in goba. Docbuadar iarsain 5 na meic 7 doronsad 
sealga. Dosraladar for mcrugitd iarsain co fada iar n-iadad do 
cach leith umpiH. 

10. O m ansad don mivugud ro tadaighset tcnidh doib, 7 
ro tuinsfdar^ ni don t[s]eilg doib, 7 ro thomailset comdar 
doithenaiclî. Bawr a n-itaid 7 i tart mor iarsiii dend îiûacht. 
Tiagar d'iarraid usa acaind, ar siad. Ragadsa ^, for Vergus. 
Doluid in gilla for iaraid/ usr/, co//us3-tarla doc/.'/mi thopw/V 
7 ïacais seantuindi og cornet in top///V. 

11. IS anilaid bui in chaillcr/;, co mba duibithir^ gual cech 
n-alt 7 cach n-aigi di o muWach co xalmaiii. Ba samalta fri 
herboll fiadeich in mong glas gaisidech 9 bai tria cleithi a 
cheandmullaich. Conscalgadglasgegdarach fobrith dia^°corran 
glaistiacla bai 'na cind co roichead a hou. Suh duba dethaighe '^ 
le, sron cham chuasach. Medon fethech brecbaindech ingalair 
le, 7 luirgni fiara fochama siad, adbronnach leathansluaistech 
si, glunmar glaisingnech. Ba grain tra a tuarascbail na cailligi. 



12. Amlaid sin, ol in gilla. 

Is amlaid eigin, ol si. 

In a comed in topu ir atai ? ol in gilla. 

Is ead am, ol sisi. 

1. seB. 

2. derscaidti Y, dg/scaithi B. 

3. iartain B. 

4. do chach iimpu do cach Icith Y, do gacli leth umpu B. 

5. fuinset B. 

6. rachadsa B. 

7. d'iarraidh B. 

8. duibigt/;«' Y, duibi her B. 

9. gaiscachdach B. 

10. dia cach Y, cm. B. 

11. dethaidc B. 



Adventure of thc Sons of Eochaid. 197 

9. Then Mongfind saiJ that she woulJ not abide by that 
judgmcnt. So shc sent her sons to the same Sitbchenn to ask 
for arnis. Tiicn they rcpaired to thc sniith, and hc niade arms 
for them : the weapon that was finest he put into Niall's hand, 
and the rest of the arnis he gave the other sons. « Now go to 
hunt and try your arms », says the smith. So then tlie sons 
went and hunted, and thereafter it came to pass that they went 
far astray, every side being closed against them. 

10. When they ceased from straying they kindled a fire, 
broiledsomeof their quarry, andate it until they weresatisfied. 
Then they were athirst and in great drouth from the cooked 
food. « Let one of us go and seek for water », they say. « I 
will go », says Fergus. The lad went seeking water, till he 
chanced on a well and saw an old woman guarding it. 

11. Thus was the hag : every joint and lirnb of her, from 
the top of her head to the earth, was as black as coal. Like 
the tail of a wild horse was the gray bristly mane that came 
through the upper part of her head-crown. The green branch 
of an oak in bearing would be severed by the sickle of green 
teeth that lay in her head and reached to her ears. Dark smoky 
eyes she had : a nose crooked and hollow. She had a middle 
fibrous, spotted with pustules, diseased, and shins distorted 
and awry. Her ankles were thick, her shoulderblades were 
broad, her knees were big, and her nails were green. Loath- 
some in sooth was the hag's appearance. 

12. « That's so », says the lad. 
« 'Tis so indeed », quoth she. 

« Art thou guarding the well ? » asks tlie lad. 
« Yea truly », she answered. 



I 98 Whitley Slokes. 

In cetaigi ■ damsa ni don usci do breith lini, or in gilla. 

G'taigfet-, or si, acbt conom-thi oenpoicc dom leccoin > 
duit. 

Nitho, ol seseom. 

Ni bt'Va+ usa' uam, ol sisi. 

Dob(vim mo breithir^, ol se sem, conad taesca no ebelaind 
do itaid na dobrraind poic duit. 

13. Doluid in gilla iarsin co hairni i rabadar a braithri, 7 ro 
raid f/iu nach fuair usr^. Doluid Ail/// iarwoi (or iarraid usa 7 
dorala cosin tobw;' CÉ'Vna, 7 ro op poicc forsin ^ cail//V, 7 ro sai 
cen usn, 7 ni ro ataim in wpur d'fagbail. Dolluid Brian .i. 
sinser na mac, iarsain for iarraid usci, 7 dorala forsin topwr 
D'Vna, 7 ro hop phoicc forsin t[s]entuind, 7 ro sai cen usr^, 
Doluid FiacZra 7 fofuair/ in topwr 7 in cailli^ 7 ro iarr^ usce 
fw/Vri. Dobé'Vsa, or si, 7 tue poic dam do. Dobmnd poici uaddi 
ind. Tadall i Temraig duidsi, ar si. Ba fir on, ar [rjogab dias 
dia shil som rigi n-Erenn À. Dathi 7 Ail/7/ Molt, 7 ni ro gab9 
nech ittT do sil na mac aili .i. Brian, Ail/7/, Fergus. 



Ro sai t;a Fiaeh/a cen usce. 

14. Doluid d'uiii Niall iarsain ior iarraid usci, 7 darala forsin 
top///' cf'/na. Usce damsa, a beau, ïor Niall. DobeV, or si, 7 tue 
poie dam. Laigfead lat [col. 905] la taeb poici do thaba//'t fri 
taeb '°. Tairnid t///rri iarsin 7 dolv//' poic di. Antan Imuiorro 
ro shill f////ri iarsin ni raibi fo/'sin domun ingoi bid ehaime 
tachim" nô tuarascbail inda si. Ba samalta fri dc/ead snechta 



1. cedaide Y, ceadaighi B. 26)^ i. 

2. Cyaigfed Y, Cr//.'aigid B. 

3. nomleicein Y, dom leacoin B. 

4. bcrair B. 

5. briathar B. 

6. ar in B. 

7. rofuair B. 

8. sic B, iar Y. 

9. gob Y. 

10. fria taebh B. 

11. toichim B. 



Adrcntiirc of ihe Sons of Eochaid. 199 

« Dost thon permit me to takc away some of the watei' ? » 
says the lad. 

« I will permit », she answers, « provided there corne trom 
thee one kiss on my cheek ». 

« Nay ! » says he. 

« Then no water shalt thou get from me », quoth she. 

« I give my word », he rejoins, « that I wcnild rather 
perish of thirst than give thee a kiss ». 

13 . Then the lad went (back) to the place where his brothers 
were biding, and told them that he had not found water. So 
Ailill went to look for water, and chanced on the same well. 
He (too) refused to kiss the hag, rcturned without water, 
and did not confess that he had tound the well. Then Brian, 
the eidest of the sons, went to seek water, chanced on the 
same well, refused to kiss the old woman, and returned water- 
less. Fiachra then went, found the well and the hag, and asked 
her for water. « I will grant it », quoth she; « but give me a 
kiss » « I would give few kisses for it ». « Thou shalt visit 
Tara », quoth she. That fell true, for two of his race took 
thekingship of Erin, namely Dathi^ and Ailill Wether-, and no 
one of the race of the other sons, Brian, Ailill, Fergus, took it. 

So Fiachra returned without water. 

14. So then Niall went a-seeking water and happened on 
the same well. « Water to me, O woman », says Niall. « I 
will give it », she answers, « but (first) give me a kiss ». 
« Besides giving thee a kiss, I will lie with thee! ». Then he 
throws himself down upon her and gives her a kiss. But then, 
when he looked at her, there was not in the world a damsel 
whose gait or appearance was more loveable than hers ! Like 
the end of snow in trenches was every bit of her from head 



1. V. supra, p. 181. 

2. See Côir Anmann, § 147, Ir. Texte, III, 552, 418. 



200 ' Whithy S!okes. 

i claiJib cach n-alt o ind ' co bond di. Rigthi rcnira rignaidhe 
lé. Méra scta sithlebra. Colpta- dirgi dathailli le. Da maelasa 
tindriiine her a troigthib mine maethgela 7 lar. Brat logmarda 
lancorc/a inipi. Bretnass' gelairgit i timthach in bruit. Fiacla 
nianida ncniannda-i le, 7 rose rignaide 5 romor, 7 beoil partar- 
dc/Vg. 

15. Is ilreachtach sin, a bean, ol in mac. 
Fir on, or si. 

Cia t//^Li ? or in mac. 

Misi in Flaithi//i, or si, 7 asbfvt andso : 

A ri Temra, is me in fiaitlii^/i" : 

atbtT rit a nioniiaithius, yrl '^. 

16. Eirig" do saigid do braithrech, or si, feasta, 7 hcr usce 
lat, 7 chena bid lat 7 lad eblaind co brath in rigi 7 in (orhmus 
cenmotha dias do sil Viiichrach À. Datbi 7 Ail/7/ Molt, 7 oenrigh 
a M//main .i. Brian Bor//ma, cen tVesabra na riga sin uili. Acus 
amnil adcondarcais misi co granna connda^ aduathmar amis 
7 alaind flideoid, is amlaid sin in HaithiMi-, uair is annam9 foga- 
bar he cen chatha 7 cen chongala, alaind maisech \mnion-o ria 
nech e fodeoid. Acht chena na tabair-seo in t-usce dod braithrib 
co tucad aisc^^a dait .i. co tucud a sindsirrdacht "^ duid ^^, 7 
co ro thocba th'arm ed lama uas a n-armaib seom. 



17. Dogentar amlaid, or in gilla. Célébrais in gilla iarsin 
di, 7 brrid usce da braithrib, 7 ni tharad doib co tucsad do 
cech coma ro iar forro, àmail ro thegaisc in ingen he. Fonaiscid 
forro iar/mi cen tiac/;/ain fris fen nach fria claind co brath. 

1. cind B. 

2. colpa B. 

5. breatnais B. 

4. niamanda B. 

5. raegnaidhc B. 

6. Four quatrains omitted. 

7. Eirgidli Fj. 
fci. conda B. 

9. [in marg.) amhl^ïù/ Y, i B. 

10. co tucad a senx^sere^bt B. 

11. duit B. 



Advenlure of the Sons of Eochaid. 201 

to sole. Plump and queenly fore-arms she had : fingers long 
and lengthy : calves straight and beautifully coloured. Two 
blunt shoes of white bronze between her little, soft-white feet 
and the ground. A costly fuU-purple mantle she wore, with a 
brooch of bright silver in the clothing of the mantle. Shining 
pearly teeth she had, an eye large and queenly, and lips red as 
rowanberries. 

15. « That is many-shaped, O lady ! » says the boy. 
« True », quoth she. 

« Who art thou ? » says the boy. 

« I am the Sovranty », she answered; and then she said : 

king of Tara, I am the Sovranty : 

1 will tell thee its great goodness, etc. 

16. « Go now to thy brothers », she says, « and take 
water with thee, and the kingship and the domination will 
for ever abide with thee and thy children, save only with 
twain of the seed of Fiachra, namely, Dathi and Ailill Wether, 
and onekingout of Munster, namely Brian of the Tribute^ — 
and ail thèse (will be) kings without opposition-. And as thou 
hast seen me loathsome, bestial, horrible at first and beautiful 
at last, so is the sovranty ; for seldom it is gained without battles 
and conflicts; but at last to anyone it is beautiful and goodly. 
Howbeit, give not the water to thy brothers until they make 
gifts to thee, to wit, senioritv over them, and that thou mayst 
raise thy weapon a hand's breadth over their weapons ». 

17. « So shall it be done », says the lad. Then he bade 
her farewell, and takes water to his brothers; but did not give 
it to them until they had granted to him every boon that he 
asked of them, even as the damsel had taught him. He also 
binds them by oath never to oppose himself or his children. 



1. Son of Cennétig. slain at Clontarf (Cluain-tarbh) A. D. 1014, 

2. See as to this the Tripartitc Life, p. )2). 

Revue Celtiqac, XXiV. 14 



•202 Whitley Stokes. 

i8. Lotar iarsin co Temraig. Ro thocbaiset ' iar//m n n-arniu, 
7 ro thocaib Niall ed lama laich uastu. Desidar na suidi 7 
Niall i medon et^rru. Ro fiarfaig in ri scela dib iarsin. Ro 
frecair Niall 7 ro indis in cchtra - 7 am^/7 dochuadar fer ia[r]raid 
use/ 7 amail doraladar tl'rsin top///' 7 cosin mnai, 7 an 3 ro 
thairrngir side doib. Cid fodcra nach lie in sindsear indises na 
scela, for Moingt7;zJ, .i. Brian. Doradsam ar sindserrdacht-^ do 
Niall 7 ar rigi in ct^Yteacht dar ceand usa, ar siad. Doradsaid 
dogrfô, ar Sithchend, ar bid les 7 ria5 cloind caidchi in forla- 
mus 7 rigi n-Erenn on uair-se amach. 



19. Ba fir on didu, ar ni ro gab nech aili rigi n-Ere}in o Niall 
ille ocbt nech dia cloind nâ huib^ cosin Tokbuilleach Uisnig .i. 
Maelseachlrt/nn mac Domnaill/, acht mina gabad co fresabra 
[col. 906]. Ar ro gab se ar fich//^ a Huib Neill in descein nô 
in tuaisc^zVt .i. deichnebor CoimW 7 se riga dec Eoghain, am^f// 
adfet : 

IS eol dam in lin ro gib 
Her/«« o Niall na n-ardgal, 
o flaith Laegairi mad chin 
cusin Tolcbuillech n-Usnigh. 

Loegaire 'sa m/c, ni chel, 
Diarmaid ociis Tuatha/ tren, 
no?ibar Aeda Slaine slain 
is moirfes£?- clawn 9 Colmain. 

Se riga àéc Eogain aird 
deichneobur 'o Conaill cruadgairg 
douair Niall fri soirthi seol ' ' 
rigi coidchi da cheneol. 



I. 


thocbaidhsed Y, togaibsid B. 2. imechta B. 


3- 


zmail B. 4. sindsearacht B. 


5- 


leB. 


6. 


ua B. 


7- 


died A. D. 1022. 


8. 


Ar ro gabh fiac/jra B. 


9- 


cloindi B. 


10. 


dcithneobi/r Y. deichneabflr B. 


II. 


seon Y. seoin B. ; but cf. seol soiiibe, Thrce Fragments, p. 84 



Adrenture of the Sons of Eochaid. 2o^ 

10. Thereafter they went to Tara. Then they raised their 
weapons, and Niall raised (his) the breadth of a hero's hand 
above them. They sate down in their seats with Niall among 
them in the midst. Then the king asked tidings of them. Niall 
made answer and related the adventure, and how they went 
a-seeking water, and how they chanced on the well and (came) 
to the woman, and what she had prophesied to them. « What is 
the cause », says Mongfind, « that it is not the senior, Brian, 
that tells thèse taies ? » They answered « We granted our 
seniority and our kingship to Niall for the first time in lieu of 
the water ». « Ye hâve granted it permanently », says Sith- 
chenn, « for henceforward he and his children will ahvays 
hâve the domination and kingship of Erin ». 

19. Now that was true, for from Niall onward no one 
(except with opposition) took the kingship of Erin save one 
of his children or descendants, until the Strong-Striker of 
Uisnech^ Maelsechlainn son ot DomnalP. For it was taken 
by six and twenty of the Hiii Néili of the North or of the 
South, that is, ten kings (of the Kindred) of Conall and sixteen 
of (the Kindred) of Eogan ; as said (the poet) : 

I know the number that took 
Erin after Niall of the lofty valours, 
from Loegaire's reign, if it be a fault, 
to the Strong-Striker of Uisnech. 

Loegaire and his sons, I will not conceal, 

Diarmait and mighty Tuathal, 

nine of sound Aed Slâine, 

and seven of the clans of Colmdn. 

Sixteen kings of lofty Eogan, 
ten of cruel-savage Conall: 
Niall got with speedy course 
the kingship always for his race. 



1 . in Westmeath : sec Revue Celtique, XV, 298 and Four Masters, 
A. D. 507. 

2. He was overking of Ireland and died A. D. 1022. 



204 Whitley Stokes. 



GLOSSARIAL INDEX 



A = Aided Crimthainn maie Fidaig. 
E = Echtra mac Echach Muigmedoin. 

adbronnach E. ii. having (large) ankles, deriv. oiadhroui, odbrann (gl. talus) 

or adhran(n) Tur. 127a, Laws, III, 350. 
ad-naigim 1 yield, I surreiider, pi. 3 adnaigit A. i z=: atnagalt LU. 63bi9. 
âigedàn(bettcr ôegedân) E. 3, littlegiiest, diniin. of the/-stem âcg i k gucst y> . 
aimidecht A. 3, zuitchcrajt, better aiiunaitecht. 
amm tuismeda E. 2, time of hriiigiiig-forlh. 
ard-chocad A. 11. high ivarfare. 
ard-gal E. 19, high valour. 
ariacht A 6, for aricht (K. Meyer). 

asennad A. $,finaUy, ajterivards , Ascoli Gloss. pal. hib. XXXI. 
ballrad limbs, memhers, gen. sg. ballraid A. 4, from bail ^= çaX/.o;. As to 

-rad see GC.^, 856. 
ban-sidaige A. 8, a banshee. 
brecc-bainnech E. 1 1 lit. speckle-piistuled : cf. baindeda pustules, O'Grady's 

Catalogue of the Irish mss. in the British Muséum, p. 199. 
britli : glasgeg darach fo brith, E, 11 literally « green brandi of an oak 

under bearing » (acorns). 
brocc-aithech A. 2, a sorrotujul peasaiit ; brog .i. brônach, O'Cl. 
cach re fecht A. i, every now ami theu. 
caite how ? caitte .i. cionnas O'Cl, can chaiti A. 1 1, wilhout qucslioii : cf. rad 

gan chair, Aided Muirch. 49. 
cana .i. cuilén zvhelp, O'Cl. .i, cuilen mie dire [leg. thiré], O'Dav. 70. dat. 

ace. canaid A. 16. In Laws, V. 472, cana is glossed by cuilen cen gnim 

« a pup without action, not able to hunt ». 
cas~dub curly-dark, E. i. 

cathar (= cathfer-, Cymr. cadivr), pi. dat. cathraib E. 6. 
cenn-mullach E. 11, lit. head-crown. 

ro-cét A. 8, 13 (ms. rochead) cecinit, t-pret. of canim, 9. 
cetaigim I permit, cetaigi thou permittest, cetaigfet Iwill permit, E. 12, denom. 

oi cet « permission ». 
cirgal « deed of arms » pi. ci'rgala A. 2, LU. 55'=30. Hère cir « jet » is a mcre 

intensive prefix. 



Gbssarial Index. 205 

cléithe En, cleth B. 

coicertaich f-aig) A. 15, leg. coicertaid ? personal noun of coicertaim « I 

adjust ». 
com-deise A. 4,Jîtiiess, a derivative o( coimdes. 
conda E. 16, caninus, beastly, bestial: in gai conda, Laws, III, 192. 
confortamlaig E. ^, prevails, for confortamlaigid. 
con-glec A. i, dogs-quarrel. 
con-selgaim / eut, conj. sg. 3, conselgad E. 11. Cf. sealgadh .i. sleachtadh, 

O'CI. selgadh .i. slaide, H, L. 22, p. 37a. 
copân A. 7, a small cup. pi. n. copain, Three Frags. 8, copan(a) 7 ballana 

7 milana, O'Dav. 70, s. v. cno gnae. 
corcarda E. 4, ad], purple, a deriv. oî corciir Tur. 115 from Lat. purpura. 
costadach E. 3 , custodian ? 

crich bunaid, A. 8, lit. territory of origin, a heredilary country. 
cruad-garg E. 19. cruel-savage. 

dath-àlaind beautifiilly coloured, pi. n. dathailli E. 14. 
de-aith timid, la\y, adv. co deaith A. 1, pi. n. na codnaig deaithe, Laws, 

III, 170, t. n. 
derb E. 6, pail, churn : dearbh .i. cuinneog no ballan, O'CI. derb loma 

Corm. Tr. 58, bo derba a milch-cou', Laws, II, 262. 
diestanus A. 20, a rightjul share, dorât a dlestanus do chach di, LL. 226^6, 

a ndlestenus « duly », Laws, I, 132. 
dochraite E. i, hardship, oppression, docraitie, Cogad Gaedel 2. 
dôithenach E. 10, sated, satisjied, a deriv. of dôithen. 
dorala E. 13, he came, it came to pass, happened, darala E. 14, doraladar E. 18, 

do-s-raladar E. 9, conus-tarla E. 10. 
drechach A. n, comely, dreachach .i. dealbhdha no abaind, O'CI. a deriv. 

o( drech « face », gen. dreiche, Laws, I, 66. 
dromlach E. 2, a pail. 
duib-dereoil A. 11, dark (and) feeble. 

dûnadach E. 3, having a <■ dûnad », or host, Fél. Jan. 23, July 22, Nov. 6. 
em Y. 15 = amh B. 
en-gress A. 18, water-attack (gréss), maritime Joray, a compd. oien « water » 

and grèss « attack ». 
etar-gaire A. 15, a sundering, interférence, eadarghaire .i. dealughudh, O'CI. 

fri fer n-etargaire, Laws, III, 238, bla etargaire im grein, ibid. III, 286. 
féil Mongfinde Mongfind's feast, a name for samain (Nov. i), A. 7. 
fertân A. 8. a Utile grave-mound. 
fethcch (féthech?) E. 11, fibivus} sinauy 7 
fiad-ech E. ii, a ivild horse. 
folaith A. 18, gen. sg. of folad substance: ind folaid, Sg. 27*8. In thc use 

of the genitive cf. ba méite Wb. 29^8, ba nirt LL 92*25, and GC291 t. 
folt-find A. I ) , fair-haired . 
folt-snaithech A. 15, threaden hoir. 
fo-naiscim E. 17, / bind. 
for-lamus A. 6, E. 16, domination. 



2o6 Whitley Stokes. 

for-nert A. 6, oppressive power, ara fornert, Laws, IV, 326. 

ibthamail E. ),fundamental, solid, a deriv. oî fotha. 

fresabra E. 16, 19, opposition. Trip. Life, p. 63 1. Laws, V, 50. 

frith-orcun A. i, offeiice, Ascoli. Gloss. cxxi. 

gadar beagle, gadar tafaind A. 2, gen. gadair A. i, If the d is miswritten for 

g, this word is borrowed from ON. gagarr « a dog ». 
gairb-ferann A. 20, rough hnd. 
gel-airget hright silver, gen. sg. gelairgit E. 14. 
gtmé., gwe, fetter, a gemil A. 14. 

geognad, geodhnadh BjSlaugkter. E. 3. formed from geouin, pcrf. oigonim. 
giallus, giallnus A. 14, bostageship, deriv. oigiall. = Cymr. gw y stl. 
glas-t'iacail E. 11, a green tooih. 
glas-géc E. II, a green hranch. 
glais-ingnech E. 11, green-nailed . 
glé A. 17, hrightness. Cymr. gloyiu « lucidus ». 
guin galann A. 18, « ein Kunstausdruck fur eine Kampfart », Ir. Texte III, 

542, the précise meaning of which is unknown. 
iarnoin E. 3, afternoon. 
il-rechtach E. 15, -oÀûaosço;, multiform, many-shaped, referring to the two 

shapes, one of the hag, the other of the beautiful damsel. 
im-fochaid act of tmpugning } assailing, gen. pi. A. 2. ni fil occu 'ca imfo- 

chaid, Celt. Zeits. III, 21 b. This seems a variant of imfoichid, Laws, V, 

430, 12. 
im-for-gniu l prépare myself, depon. prêt. sg. 5 imforgenair A. 6, s. prêt. 

pi. 3 imforgensad A. 19. 
im-forran A. 19, niuliial destruction. 
imserg (*imm-ess-erg), imsergc. Rev. celt., XX, i$8, a breaking, rupture, 

pi. imserga A. 2. Cognate with imsergain Sait. R. 894, 3178, and insarta 

(*en-ess-arg-ta) (gl. infractum), Aug. 27^1. The imferga of LU. 55^30 is 

a mistake for imserga. 
im-srengail A. i, mutual tearing. 

indarrad E. 7, ivages, rezuard : ionnaradh .i. tuarastal, O'Cl. 
inmilte A. 3, soldiership: cf. do foglaim inmilti, Celt. Zeitschr., III, 

246, 247. 
laimthinach A. 2, eager .i. mianghasach hnging, désirons, O'Cl. In the 

Laws, IV. 180, 190, laimthinach applies to évidence or testimony, and 

seems to mean ready, at hand, sed quaere. 
lân-châin A. \6, full trihtite. 
l;in-chùrcra E. 14, full purple. 
Icthan-sluaistech E. 11, literally hroad-shovclled, herc refers to some part of 

the human body, and probably means having bruad shoulderblades. So Lat. 

pala « shovel », is used by Caelius Aurelianus (cire. A. D. 420) for 

« shoulder-blade ». 
lôgmarda E. 14, precious, costly. 

lonn-aindsclech A. 2, lonn « angry » : of aindsclech the meaning is obscure: 
perhaps from an -+- scèilech z= sgcileach <■< calamitous, ruinous » H. Soc. 



Clossarial Index. 207 

Die. Cf. leo lamderg londansclech, Leb. Lecain, ciled in B. of Vcntry, 

p. 80. Luch Lonnandsclech. Rev. ceU., XII, 74. 
matad cur, gen. madaid (leg. mataid) A. i. 
môr-maithius E. 1 5, great goodiiess. 
opaim / refuse (= obbaim Wind. Wtb. e.K *od-baim), prct. sg. 3 ro op E. 

13 : verbal noun obbad Sg. 90*2, ObaJh luighe « refusing to Jitake oalh » ; 

O'Don. Supp. 
ord sledgehamiiier E. 7, pi. uird E. 6. 
othar-lige A. 12, a grave. 
paitar-derg scarlet-red} red as roiuauberries, pi. n. raasc. partardeirg E. 14: 

parlar seems a corruption oi partaing, as to which see Rev. celt., XXII, 

429. 
rebach A. 13, zA]. featful. rcabhach .i. fear doni clcasa, O'Cl. 
rignaide E. 14, qiieenly. 

rusim (rûsim?) I redden. b-fut. sg. 3 rusfith E. 3. 
selgad, see conselgaim. 

sen-tuinne E. 10, old ivoman, bag, sentuind E. 13. 
si'd celge A. 7, a guileful peace. 
sidaige, eJf, see ban-si'daige. 
sinserdacht E. 16, 18, seniority, deriv. oï sinser. 
sith-chenn longhead, name of a wizard-smith {sith = Cymr. hyd). 
sith-lebar ktigthv, pi. n. sithlebra E. 14, Silva Gadelica, I, 329, 1. 11. 
sluaistech v. lethan-sl., an adj. derived from sluasail « shovel ». 
soirthe E. 19, speed, from *so-rethe. 
taesca E. 12, rather, taosga O'Br., a corruption of tôisechu, conipar. of 

tùisech. 
tairchell robbcry, gen. sg. tairchill A. 2, verbal noun of tairchellaiin, Ml. 

2805. 
targad A. 6, act of collectiug, A. 6, targadh .i. tionôl no cruinniughadh, 

O'Cl. tarcud, Laws, II, 35b, 9, III, 44, gen. tarcada, III, 48. 
tecmail A. 18, act of collée ting, a metathesis of teclaim. 
timthach in bruit E. 14, literally « the clotliing of the mantle ». 
toich A. 18, natural, a ualural right. 
tolc-buillech E. 19, strong-striker . 
tor multitude, ace. sg. tuir E. 3. 
trotaim E. 8 / quarrel, denom. of trot « strife ». 
tuairgnid catha .\. 9, 14, lit. siniter-of-battle, commander-in chief : pi. n. is 

iat ba tuarcnige (kg. -idi) catha la Muiredach Ti'rech na tri Collai, 

Laud 610, fo. i04t'i. 

Camberley, April 19 1903. 

Whitley Stokes. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE: I. Mort de Gaston Paris. — II. Nouvelles inscriptions du Puy-de-Dôme. 

— III. William Spurrel, Dictionnaire anglais-gallois et gallois-anglais, 4" édition. 

— IV. A. LONGNON, Documents relatifs au comté de Champagne. — V. a. Longnon, 
Pouillls de la province de Rouen. — VI. Cais de Pierlas et Gustave Saige, Char- 
trier de Saint-Pons. — VU. Dubuc, De Suessionum civitate. — VIII. ascoli, Clos- 
sarium palaeo-hibernicum, livraison nouvelle. — IX. Kuno Meyer, texte irlandais 
dans les Otia Merseiana, t. III. — X. Bruno Krusch, tome IV des Scriptores rerum 
mcrovingicarum. — XI. Le Braz, Légende de la mort. — XII. Jullian, Formation 
des cités gauloises. — XIII. Whitley Stokes, Irish Etymologies. — XIV. F. Chapi- 
SEAU, Folklore de la Beauce. — XV. Richard J. Best, The irish Mythological Cycle. 

— XVI. H. NissEN, Italische Landeskunde. — XVII. Juhellé, La prêtresse de 
Korydwcn. 

P. -S. — Éléments de la grammaire celtique. — Mort du Rév. D. Silvan Evans. 



I 

Le S mars dernier, les études celtiques ont perdu en la personne de 
Gaston Paris un de leurs plus éniinents et plus chauds amis. Paulin Paris, 
son père, avait publié à la librairie de Léon Téchener, de 1868 à 1877, cinq 
volumes in-12 dont le titre est : Les Romans de la Table ronde, mis en nouveau 
langage, accompagnés de recherches sur l'origine et le caractère de ces grandes 
compositions. Paulin Paris dit qu' « elles sont comme le reflet des traditions 
répandues au xii^ siècle parmi les Bretons d'Angleterre et de France ». 
Gaston Paris a consacré aux mêmes romans une savante étude dans les 
tomes XXX, p. 1-270 (1888), et XXXI, p. 153 et suivantes (1895), de 
V Histoire littéraire de la France; il a donné une analyse de cette étude dans 
la première partie, section première, chapitre iv, § 53-64, de son Manuel 
d'ancien français dont la deuxième édition a paru en 1890 à la librairie 
Hacliette (voir aux pages 86-104 et 265-267 de cette édition). Sur le saint 
légendaire irlandais Brendan et sur le purgatoire de saint Patrice, on peut 
consulter la deuxième partie, section I, chapitre v, § 148, p. 214 et 283 du 
même ouvrage. Personne plus que Gaston Paris ne laissera d'inefïaçables 
regrets, car ces regrets sont ceux qu'inspire une inaltérable amitié; et quand 
on fréquentait cet homme aussi éloquent et savant que laborieux, conscien- 
cieux et bienveillant, deux sentiments devenaient inséparables, l'admiration 



Chronique- 209 

et l'affection. C'est l'amour de la science, c'est l'excès de travail qui ont 
amené sa fin prématurée. 

II 

A l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, dans la séance du mer- 
credi 8 avril, M. Héron de Villefosse a donné communication d'une inscrip- 
tion, qui récemment a été trouvée trois fois sur des fragments de vases de 
terre recueillis au Puy-de-Dôme, là où s'élevait le temple du Mercure 
Duiniatis : delubrum illud, qiiod galUca lingtia Vasso Galate vocaut, dit Gré- 
goire de Tours, Htstoria Francoruni, 1. I, c. 32. Il s'agit ici du dieu appelé 
au datif Dfo Mercitrio Vasso Caleti dans une inscription de Bittburg, province 
de Trêves (Brambach, Inscriptiones Rhenanae, n° 835). C'est probablement 
le dieu dont le nom également au datif, Mercurio régi, apparaît dans une 
inscription des Pays-Bas, province de Gueldre (Brambach, n» 70). Enfin, 
une inscription perdue de la même région a été jadis copiée ainsi : 

MERCVRO 
ET . REGI S . FI L (Bramback, no 79) 

M. Héron de Villefosse propose de lire: Merciir[i]û [Cal]et[i] régi fel[ici'\. 
La nouvelle inscription du Puy-de-Dôme, trois fois répétée, est ainsi con- 
çue G • V • K • R • F. ; M. Héron de Villefosse pense qu'on doit lire : Genio 
Vassi Kalelis régis felicis. Le nom divin dont il s'agit ici se traduirait en 
breton Givai kalet, « homme dur ». Kalet est identique au vieux haut 
allemand halid aujourd'hui held « héros ». Il s'agit, peut-on croire, du dieu 
Lugus, en irlandais Lug, qui, d'une balle de sa fronde, tua Balor, son terrible 
adversaire et ainsi assura la victoire des dieux bons sur les dieux méchants. 



III 

Il vient de paraître à Carmarthen (Caerfyrddin), chez W. Spurrel et fils, 
une quatrième édition des commodes petits volumes in-12 intitulés: An ci:- 
glish-ivelsh pronoiiiicing Dictionary, 436 pages, et A Dictioiiary oj the lixlsh 
Langiiage with english Synonyms and Explanations, 304 pages. Les précédentes 
éditions avaient paru en 1850, 1861 et 1872. 

J'ai trop peu manié les deux volumes de la dernière édition pour me 
rendre compte de l'importance des additions qu'ils contiennent. Mais il y a 
une partie dont l'utilité me semble contestable et qui, en tout cas, aurait eu 
besoin d'une sérieuse révision. Elle se trouve dans le premier volume, 
p. 397-417. Elle est intitulée: A vocabuhry of Roots of english ÎVords, with 
Exaniples of their Derivatives and kindred Ternis. L'auteur aurait bien fait de 
consulter le petit volume intitulé : English Etymology. A sélect Glossary serving 
as an Introduction to the History of the english Language by F. Kluge and F. 
Ltiti ; ce livre a paru chez Karl Trùbner à Strasbourg en 1898 '. Sa lecture 

I. Walter W. Skeat, An etymological Dictionary of the english Language, 



2 10 Chronique. 

aurait évité à M. William Spurrel un certain nombre d'étymologies contes- 
tables qui sont déjà dans sa seconde édition, p. 392-412, et qui ne valent 
pas mieux pour cela. Je ne puis dire si elles sont dans la première édition 
que je ne possède point. 

IV 

Les Documents relatifs au comté de Champagne et de Brie, 1 1 72-1 361 , tome I, 
Les Fiefs, par M. Auguste Longnon, forment un volume in-40 de lui et 
809 pages, qui vient de paraître dans la collection des Documents inédits sur 
l'Histoire de France, publiés par le Ministère de l'Instruction publique. Ce 
volume, daté de 1901, n'a été mis en distribution qu'au commencement de 
1903 . La date des foi mes qu'on y trouve est souvent trop récente pour nous 
permettre de rétablir avec sûreté les formes primitives celtiques des noms 
de lieu les plus anciens. Cependant il y a des exceptions; nous citerons, 
d'après l'index: Ballovre, aujourd'hui Balœuvre, Marne (p. 514) = *Belo- 
briga ; deux Boiacum, Bouy, Seine-et-Marne, et Bouy-Luxembourg, Aube, 
sans compter Bouy-sur-Orvin, Aube, et Bouy, Marne, qui paraissent être 
aussi deux anciens Boiacus, p. S20'; Capa, La Cheppe, Marne, p. 534, 
dont le nom paraît identique au premier terme de Cape-dunum, ville des 
Scordisci- ; Loverni, peut être Louverny, Aisne, p. 6so, tenant lieu d'un 
primitif * LoverniaciLS , dérivé du nom d'homme Lovernios 5 ; Menovra pour 
*Meno-briga, Manoeuvre, Seine-et-Marne, p. 666, dont le premier terme 
Menos a été signalé par M. Holder4. Le second terme de Bratu-spantium, 
nom d'une ville des Bellovaci, apparaît au féminin dans Espance, Espancia, 
aujourd'hui Epense, Marne (p. 579), qui suppose un primitif Spantia (villa). 
Nous nous bornerons à ces quelques exemples qui concernent un des 
moindres aspects sous lesquels on peut considérer un ouvrage considérable 
dû au prince des géographes français. 



On doit au même auteur un autre volume in-40, celui-ci daté de 1903, 
ce sont les PouiUés de la province de Rouen. Ce volume, lxxv et 602 pages, 
appartient à la nouvelle série du Recueil des historiens de la France, publié par 
l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Malheureusement, au point 
de vue spécial de la Revue Celtique, ce gros et savant volume ne contient pas 
de documents antérieurs au xive siècle. Nous pourrons cependant y signaler 
quelques mots qui paraissent avoir une origine celtique. Nous laisserons de 



fe édition, 1881 ; 2^ édition, 1883 ; 5^ édition, 1898, est beaucoup plus 
volumineux, mais moins digne de confiance. 

1. Cf. Holder, Altceltischer Sprachschat^, I, col. 462. 

2. Cf. Holder, I, col. 757. 
5. Holder, II, col. 293. 

4. Holder, II, col. 548. 



chronique. 2 i l 

côté les nombreux dérivés en -àcos de gentilices romains ; nous citerons seu- 
lement parmi ces dérivés ceux qui tirent leur origine d'un nom gaulois, 
ainsi Karanlilleium, pour *KaranlUUacus de *Karantillius, dérivé de Carati- 
tiUus ', c'est aujourd'hui Carantilly, Manche (p. 422) ; Ceniilkiwn, corrigez 
*CintiiUiacus, dérivé de *CintidUus, qui vient de CiutuUus^, c'est aujourd'hui 
Sentillv, Orne (p. 424) ; deux Tournay, Tournayutii, Tornayum = *Tur- 
naciis, l'un dans l'Orne, l'autre dans le Calvados, dérivés tous deux de 
Turtios, et un Torniacus, dérivé de Tumiiis, aujourd'hui Tourny, Eure 
(p. 582). Dans une autre catégorie de formations on trouve Bevron, aujour- 
d'hui Beuvron, Calvados (p. 406), qui suppose un primitif latinisé Behro, 
-onis, dérivé du gaulois bebros « castor » ? ; Carentonna, corrigez *Carantonna, 
Carantonne, Eure (p. 422), du masculin *Carantoimos, d'où dérive *CaraH/ciH- 
nacKs, Charantonnay, Isère 4. Nous terminerons par Vandopera ou Vendopera, 
Vandeuvre, Calvados (p. 589), qui tient lieu d'un ancien Uindo-briga, et par 
Verdunum, aujourd'hui Verdun, Eure (p. 590) qui, sous les Romains, a du 
s'appeler Uirodumim. 

VI 

La Collection de documents historiques publiée par ordre de S. A. S. le prince 
Albert I", prince souverain de Monaco vient de s'enrichir d'un volume nou- 
veau, le Chartrier de Saint-Pons hors les murs de Nice, dont l'édition, com- 
mencée par le comte E. Cais de Pierlas, a été terminée par M. Gustave 
Saige. La pièce la plus ancienne date de 999, la plus récente de 1749 ; elles 
sont au nombre de 427, reproduites, les unes in extenso, d'autres par extraits, 
d'autres enfin simplement analysées. On y peut signaler quelques noms de 
lieu intéressants. 

Tel est celui d'un ruisseau appelé Brau en 1541, et à l'ablatif (/e Bravo en 
1439 ! °" V^^^ ^" rapprocher dans la péninsule ibérique le nom de la ville 
des Murbogi que Ptolémée appelle BpaSov S, et en France celui de la villa 
appelée Brans en 854 dans un diplôme de Charles le Chauve 6, aujourd'hui 
Braux, Aube, celui du ruisseau dit Braux qui arrose le village de Braux- 
Saint-Remi, Marne ; ce village a été appelé Brous, Braus du xi= au xiv^ siècle ; 
il a un homonyme Braux-Sainte-Cohière dans le même département 7. 

Nous citerons encore le cours d'eau appelé à l'accusatif Drapum, dans 
une charte de 1075 ; comparez l'article Drappus de M. Holder, t. I, 
col. 131 5. 



1. Holder, I, col. 767. 

2. Holder, I, col. 1023, cf. col. 990. 

3. Holder, 1, col. 363. 

4. Holder, I, col. 770. 

5. Holder, I, col. 622. 

6. D. Bouquet, t. VIII, p. 531 A; cf. Boutiot et Socard, Dictionnaire 
topographique du département de VAube, p. 24, 25. 

7. Longnon, Dictionnaire topographique du département de la Marne, p. 36. 



212 Chronique. 

Dans une charte de 1046 la notation de Cortedoiie, peut remplacer un 
primitif t/f Corti-duno. Il s'agit de Courthezon, Vaucluse. 

On voit plusieurs fois paraître dans ce recueil l'antique ville ligure appelée 
dans l'antiquité Cemenehim, aujourd'hui Cimiez, faubourg de Nice. Dans 
une charte de 999 on lit in loco qui dicitnr CimcUa \ mais, en loio, prope 
civitate Cimeîla ; en 1028, jnxta antiqiia iirbe Chimela, etc. 

VII 

M. A. Longnon, dans son savant volume intitulé Atlas historique de la 
France, Paris, Hachette, 1888, s'exprime ainsi, p. 17: « La cité de Senlis 
et la cité de Meaux sont bien réellement le prolongement du territoire sois- 
sonnais au v^ siècle, celle-ci dans la vallée de la Marne, celle-là sur la rive 
gauche de l'Oise. D'ailleurs, l'attribution de Senlis aux anciens Suessiones 
ne fait que donner plus de force à la qualification àtfinitiniis que César (II, 4) 
applique aux Suessiones par rapport aux Bdlovaci. » S'inspirant de ces paroles 
du maître, mais allant plus loin que lui, M. P. Dubuc, professeur au Col- 
lège de Romorantin, a composé une description du territoire des Suessiones, 
où il comprend non seulement les cités romaines de Senlis et de Meaux, mais 
encore 1° tout le pagi/s Noviomensis ou pays de Noyon, dont M. Longnon, à 
la page 125 de l'ouvrage précité, rattache la plus grande partie à la civitas 
Vironianduoriim, 2" le pagus Lauditiieiisis ou pays de Laon qui, suivant 
M. Longnon, ibidem, p. 120, est un démembrement du territoire des Renii, 
remontant à saint Rémi. Enfin, contrairement à l'opinion de M.. Longnon, 
p. 120, il attribue aux Suessiones la totalité du Tardenois, dont une partie, 
suivant le compétent géographe, appartenait à la cité de Reims. 

M. Dubuc a écrit en latin ; de là un volume intitulé De Suessiomun civitate, 
qui a été l'année dernière présenté comme thèse de doctorat à la Faculté des 
lettres de Paris et qui est en vente chez le libraire Fontemoing. 

M. Dubuc donne la liste des localités comprises dans chaque ^ao-u5 ; pour 
chacune de ces localités il indique le nom latin et le nom français avec un 
mot sur l'étymologie. Il y en a d'intéressantes quoique pas toutes nouvelles: 
ainsi, p. 115, l'hvpothèseque Compendiuin, Compiègne, peut être corrigé en 
Cunopennius , dérivé de Cunopennus, nom d'homme relevé par M. Holder, 
Altcellisclicr Sprachschat:^, t. I, col. 1087, cf. col. 1086. 

Il y aurait sur quelques points de détail des critiques à soumettre à 
l'auteur: ainsi, il donne tantôt la forme antique -ensis, tantôt la forme du 
moyen âge -isus, au suffixe qui est devenu -ois en français, Tardenois, 
Valois, etc. ; écrivant en latin classique, c'était la première qu'il aurait dû 
préférer. II m'attribue l'explication de Liigu-duniini par diinuni dei Lugi 
(p. 30, note), ignorant que Lugus est un thème en u, qui serait en latin de 
la quatrième décHnaison et non de la seconde. M. Longnon avait, p. 120, 
corrige en Tardunensis, le Tardanensis, Tardinistis du moyen âge. J'aurais 
été plus Jiardi que le savant géographe ; j'aurais écrit Tarodunensis, de Taro- 
dunum, nom identique au nom antique de Zarten, grand-duché de Bade. 
M. Dubuc, p. 53, rétablit l'orthographe du moyen âge, Tardanensis, Tar- 



Chronique. 213 

datiisus, la donne comme antique et suppose pour l'expliquer une racine 
gauloise tard « source : Tard id est gallice fons ' . Le maintien du d dans Tar- 
denois est la conséquence de ce que Vo de Tarô-dàniim, précédant la syllabe 
accentuée, a du tomber de très bonne heure et de ce que par conséquent le 
d de Tarodunum, devenu Tardtinuin, était placé entre r et voyelle, quand, 
au xie siècle, les d intervocaliques ont disparu en français, cf. ardentem, 
« ardent >■>, perdere, « perdre » (Traité de la formation de la langue française, 
dans le Dictionnaire gètièral de la langue française de MM. Adolphe Hatzfeld, 
Arsène Darmesteter et Antoine Thomas, p. 146, cf. p. 124, 125). 

VIII 

Les lecteurs de la Revue Celtique apprendront avec grand plaisir la publi- 
cation d'une livraison du Glossarium palaeo-hihernicum de M. Ascoli. Elle 
comprend les pages cccix-cccciv. On y trouve la fin de la lettre /, la lettre 
n et le commencement de la lettre m, nous voulons parler des initiales. Les 
livraisons précédentes contenaient les mots commençant par les voyelles 
dans cet ordre a, e, i, 0, u, et par les consonnes /, r, s, plus le commence- 
ment de Vf. Reste à terminer Vm et à nous donner les mots dont les initiales 
sont g, c, d, t, b, p. M. Ascoli nous a fait attendre sept ans la livraison qui 
vient de paraître, la précédente porte la date de 1894. Si la suivante txige 
une préparation aussi longue, ce ne sera probablement pas moi qui en 
rendrai compte dans la Revue Celtique, puisque, d'après V Annuaire du Bureau 
des longitudes, je n'ai plus que cinq ans neuf mois de vie probable. Q.uoi qu'il 
en soit, cette livraison-ci sera, comme les précédentes, lue par tous les celtistes 
avec un vif intérêt. 

Ainsi on peut y voir, p. cccxxx, neuf exemples à'adfét, troisième per- 
sonne du singulier du présent de l'indicatif du verbe adfiadaiin « je raconte » : 
cela me semble confirmer l'opinion que dans l'hymne de Fiacc en l'honneur 
de saint Patrice 2, adfêt ou atfét est aussi une troisième personne du singulier 
du présent de l'indicatif. Alfél, adfêt « il raconte « renvoie au document 
connu sous le nom de confession de saint Patrice où le célèbre apôtre de 
l'Irlande donne un récit de sa vie. Adfét est la notation irlandaise de Vipse 
ait de la vie de Patrice par Muirchu Maccu Machtheni 5, auquel on peut 
comparer l'ipse dixit in commemoratione lahoruin de Tirechan 4 dans son recueil 



1. Le breton tar~ veut dire « coup violent » « fracas «; le gallois taj-dd 
« sortie, écoulement, cours d'eau, pousse de végétal ». 

2. Windisch, Irische Texte, t. I, p. 11, 347; Bernard et Atkinson, Liber 
hymnorum, t. I. p. 97, 218 ; Colgan, Trias thaumaturga, p. 6, col. i. 

3. Whitley Stokes, The tripartite Life of Patrick, t. II, p. 494, 1. 7 ; 
Hogan, Documenta de sancto Patricio, p. 21, 1. 10; Analecta Bollandiana, 
t. I, p. 549, 1. 10. 

4. Whitley Stokes, The tripartite Life of Patrick, t. II, p. 302, 1. 22-23 '■> 
Hogan, Documenta de sancto Patricio, p. 58, 1. 8-9 ; Analecta Bollandiana, 
t. II, p. 36, 1. 8-9. 



2 1 4 Clironii]ue. 

de notes sur le même saint. Ipse ait renvoie à la confession ', comme ipse 
ilixit in coinmeiiuvatioue renvois aux Dicta Patricii 2. L'attribution de la con- 
fession à saint Patrice est très ancienne puisque Tirechan la cite formel- 
lement : Expendit Patricius stiam pretium xv animariim hominum, ut in 
scriptione sua adfirmat ? ; on lit dans la confession : censeo non minimum 
qiiain pretium quindccim hominum distribui illisA. 

Malgré mon admiration pour le beau travail de l'illustre érudit italien, 
je vais lui soumettre une critique. Une règle qu'il suit est de placer les 
composés et les dérivés à la suite du mot primitif: or, dans son glossaire, 
p. cccxLiii, la nomenclature des mots dont / est la lettre initiale comprend 
fugell « jugement ». Fu-gell me semble être un composé du préfixe fu, fo 
« sous » et de gell « gage », « enjeu ». Dans le droit primitif gréco-romain, 
il n'y a pas de jugement sans enjeu. VJliade, XVIII, 505-508, nous met 
sous les yeux un tribunal; les juges sont assis en cercle; au milieu d'eux 
on voit deux talents d'or, donnés chacun par l'une des parties en cause, 
ils seront attribués au gagnant 5. Nous trouvcns à peu près le inôme usage 
dans le plus ancien droit de Rome, dans la legis actio sacramenti ; les deux 
parties déposaient chacune entre les mains du grand pontife une somme, la 
même pour chacune d'elles; cette somme était appelée sacramentum ; elle con- 
sistait en cinquante ou cinq cents as suivant l'importance de l'affaire ; le 
gagnant retirait son dépôt ; le dépôt du perdant était acquis au collège des 
pontifes et employé aux frais occasionnés par les sacrifices 6. Aujourd'hui 
encore, en France, le demandeur en cassation doit, en exécution d'un règle- 
ment datant de 1738, consigner une somme de 75 ou 150 francs suivant l'im- 
portance de l'affaire ; il perd cette somme s'il succombe ; on la lui restitue 
s'il gagne son procès. C'est un reste d'un usage certainement commun aux 
Grecs et aux Romains les plus anciens et qui a du exister aussi chez les 
Celtes; le mot irlandais /î/^é// « jugement » paraît tirer son origine de cet 
usage antique. Breth était la sentence du brehon, c'est-à-dire du juriscon- 
sulte choisi comme arbitre. Fugell était la promulgation de cette sentence 
par le roi ou par l'assemblée populaire?. Un des effets de cette promulga- 



1. Whitley Stokes, The. tripartite Life of Patrick, t. II, p. 3S7-375 ; cf. 
Arthur West Haddan et William Stubbs, Councils and ecclcsiastical Documents 
relating to Great Biitain and Ircland, vol. II, partie II, p. 296-313. 

2. Whitley Stokes, The tripartite Life of Patrick, t. II, p. 301 ; Hogan, 
Documenta de sancto Patricio, p. 57 ; Analecla Bollandiana, t. II, p. 585. 

3 . Whitley Stokes, The tripartite Life of Patrick, t. II, p. 310, 1. 5 ; Hogan, 
Documenta de sancto Patricio, p. 65, 1. 9-10 ; Analecta Bollandiana, t. II, p. 43, 
1. 8-10. 

4. Whitley Stokes, The tripartite Life of Patrie!;, t. II, p. 372, 1. 35-34; 
Haddan and Stubbs, Councils and ecclesiastical Documents relatitig to great 
Britain and Ireland, t. II, partie II, p. 311. 

5. Buchholz, Die homerischen Realien, t. II, p. 22. 

6. Moritz Voigt, Die xii Tafdn, t. I, p. 590-591, 695. 

7. Cours de littérature celtique, t. VII, p. 326-327. 



Chronique. 21 ç 

tion était de fixer le sort des consignations, ou, si l'on veut, des enjeux, 
des gages, gell, et probablement une partie ou la totalité de l'enjeu du per- 
dant constituait les honoraires du brehon. 

Enfin, il me paraît difficile d'admettre que midiiir « je juge » s'explique 
par une racine mid (p. cccxciii) ; 1'/ de la première syllabe me paraît, à 
moi, comme à M. Whitley Stokes ', provenir d'une racine med dont l'ë a 
été changé en / par l'influence de Vi de la seconde syllabe. Nous sommes 
là-dessus d'accord avec M. Brugmann^. 

Ces critiques n'empêchent pas que le GJossarium paho-hilicruicinn ne soit 
une grande oeuvre et ne fasse beaucoup d'honneur à l'érudition des xix^ et 
xxe siècles. 



IX 

Parmi les récits légendaires irlandais il y en a qui sont originaux ou qui 
remontent à l'antiquité celtique. D'autres attestent que les Irlandais con- 
naissaient la littérature classique des Grecs et des Romains. 

Ovide, Mt'tamorplioses, livre XI, vers 180 et suivants, a chanté les oreilles 
d'âne de Midas, roi de Phrygie. Hygin en parle aussi, Fabiilae, 191 3. Cette 
légende a pénétré en Irlande et y a eu deux fois l'honneur d'une reproduc- 
tion. Un texte irlandais publié par M. Whitley Stokes dans \aRevtie Celtique, 
t. II, p. 196-197, attribue des oreilles d'âne au roi irlandais Labraid Lorc. 
M. Kuno Meyer vient de publier dans les Otia Merseiana, t. III, p. 46-54, 
un autre texte irlandais qui donne des oreilles d'âne à un autre roi irlan- 
dais, Eochaid, qui régnait sur les tn-FaUgi, plus tard Ofïaly en Lcinster, 
comté de Kildare. C'est beaucoup de succès pour l'inventeur probablement 
grec du récit primitif. Malheureusement le nom de cet auteur est inconnu. 



MONUMENTA GERM.\NIAE HISTORICA. ScRIPTORUM RERUM MEROVINGICA- 

RUM t. qiiartits. Passiones vitaeclue saxctorum aevi merovingici cdidit 
Bruno Krusch, avec index par W. Levison. 

Ce volume contient entre autres vies celles de trois saints irlandais, 
Columban, Gall et Furseus. Gall en latin Gallus est une traduction latine 
de l'irlandais callech, puis callech « coq », p. 241. Le père de Gallus s'ap- 
pelait Cethernach, il était roi. Une note qui suit sur la même page parle de 
sainte Brigite, donne le nom de son père Tubthach, lisez Dubthach, et de 
sa mère Brocsach, Broicsech dans les vies irlandaises de cette pieuse per- 



1 . Urkdtischer Sprachschat^, p. 204. 

2. Grundriss, t. I, 2^ édition, p. 566, 538, 685; cf. Planta, Grammalik 
der oskish-uiiibrischen Dialecte, t. I, p. 83, 92, t. II, p. 590. 

3. Cf. Roscher, Aiisjuhrliches Lexicon der griechischen tuid roemischen 
Mythologie, t. II, col. 2957, 2958. 



2i6 Chronique. 

sonne '. Sainte Brigite était bâtarde, elle avait pour mère une concubine de 
Dubthach, rivale de la femme légitime, de la reine, puisque Dulthach était 
roi, et même cette femme légitime l'avait fait père de six fils 2. La vie latine 
écrite à l'usage des continentaux transforme Brocsach en femme légitime, 
tixor, de Tubthach et ainsi efface d'un trait de plume la tache de bâtardise 
qui, en Irlande, ne comptait pas ou semblait même constituer pour Brigite 
un titre de plus à la gloire. 

On peut recueillir dans ce volume quelques noms de lieu intéressants par 
leur origine celtique. Nous citerons en premier lieu la liste des localités où 
étaient situés les biens donnés par saint Didier aux églises du diocèse de 
Cahors, p. 586-588, puis Behrona, cours d'eau (la Biesme) et village (Fosse- 
la-Ville), p. 580, u4«rfe-.fflcrmrt(Saint-Loup-sur-Bresle), p. 182, 18), Sanomus 
:^= Sano-niagus (Senon), p. 206, etc. Signalons enfin une description des rem- 
parts de Ratisbone, p. 478 3. 



XI 

En 1894, la Revue Celtique, t. XV, p. 124-126, annonçait la première 
édition d'un livre de M. Le Braz, La légende de la mort en Basse-Bretagne. 
Une nouvelle édition a paru en 1902. Elle a été, suivant la formule, revue 
et augmentée : au lieu d'un volume elle en forme deux intitulés : La légende 
de la mort che:( les Bretons armoricains. M. George Doitin, devenu folkloriste, 
y a joint de savantes notes sur les croyances analogues chez les autres peuples 
celtiques, duelque sérieux que soit le sujet, on lit ce livre avec plaisir. 



XII 

Festschrift zu Otto Hirschfeld sechzigstem Geburtstage. 

Mémoire de M. G. JuUian sur le mode de formation des cités gauloises. 
L'auteur établit: i» que les fleuves ne sont pas en général limites de cités 
et que donner aux cités des fleuves pour limites est en général une façon 
approximative de parler ; 2" qu'une cité, qui a un territoire montagneux, y 
joint ordinairement une partie de plaine. 

J'ignorais que ce Festschrift fut en préparation, si je l'avais su je me serais 
fait un plaisir d'y insérer un mémoire. 



1. Whitley Stokes, Thrce middle-irish Homilies, p. 52, 53 ; Lit'es of saints 
from the Book of Lismore, p. 35. 

2. Whitlev Stokes, Threi middle-irish Homilies, p. 55 ; cf. De Smedt et 
De Backer, Âcla sanctonnn Hiherniae ex codice Salmanticensi, p. 1-7. 

5. Nous ne parlons de ce volume qu'au point de vue celtique. Sur sa 
valeur à un point de vue plus général on peut consulter le compte rendu 
donné dans les Analecta Bollandiana, t. XXII, fascicule i, p. 103-109 (1905). 



J 



Chronique. 2 1 7 



XIII 

A mon ins'j également il a été publié à Leide en 1905 un recueil de 
Mélanges Kern auquel j'ai le regret de n'avoir pu collaborer. Il contient un 
article de M. Whitley Stokes « Jrish Etyinologies » : dl « timide », = *cgJo-; 
an, « splendide », du, « rapide » = *agiio- ; ajmig, « mûr »,=; *ad-hagi-\ 
bhiilhe, « fleuri », collectif féminin en -id; druine, « broderie », aussi col- 
lectif en -id, proche parent du grec Opo'va, « fleurs en broderie » ; cen-choss- 
ach, « têtes et pieds », collectif en -ach\ labar, « arrogant » = Xâopo;, 
« violent », « impétueux » ; lap, « boue » — lap-iio-, cf. Àâ-T), a mucosité » ; 
vileilh, « soins aux bestiaux », cf. a£).£xr], « soin, souci » ; iiibne, « petit vase 
à boire » =: *oh-nio, cf. latin oh-ha, sorte de vase ; on, « défaut », « tache », 
cf. ovoaai, « j'injurie », « j'outrage » ; or, « plaidoirie », « prière », cf. 
latin or are, « plaider » « prier ». 

XIV 

Le Folklore de la Beauce et du Perche, par Félix Chapiseau, 2 vo- 
lumes in-12, Paris, Maisonneuve, 1902. 

Une grande partie des usages et des croyances constatées dans cet ouvrage 
n'a rien de celtique. Mais, on trouve des exceptions. Quoique les monuments 
mégalithiques remontent plus haut que l'arrivée des Celtes, il est possible 
que les superstitions modernes relatives à ces monuments remontent à la 
période celtique. On peut en dire autant du culte des sources. Les habitants 
de la campagne ne croient plus aux fées, mais quelques noms topographiques 
en conservent le souvenir, Pierres-des-Fées, Croth-aux-Fées, etc. Les lutins 
jouaient de mauvais tours à quelques personnes, il y a des vieillards qui 
parlent encore d'eux. 

XV 

Il vient de paraître à Dublin, Hbrairie O'Donoghue and Co. M. H. Gill 
and Son, un volume intitulé Tbc irisb MytbologicaJ Cycle and cellic Mvlhologv. 
C'est une traduction, par M. Richard Irvine Best, du tome II du Cours de 
littérature celtique, publié à Paris, librairie Thorin, en 1884, et qui, par con- 
séquent, ne peut mentionner les publications faites depuis cette date sur les 
divers sujets traités dans ce volume. Des notes additionnelles rédigées par 
M. Besi renvoient à ces publications. 

XVI 

Italische Landescunde, von Heinrich Nissen, zweiter Band, un volume 
en deux parties, Berlin, Weidemann, 1902. 

C'est en 1883 qu'a paru le premier volume du savant ouvrage de 
M. Nissen sur la géographie et l'histoire de l'Italie. Nous avons pendant 

Revue Celtique, XXIV. 15 



2i8 Chronique. 

(Ji\-nciif ans atteiiLiu le second qui semble avoir la même valeur que le pre- 
mier. Quelques critiques ont, peut-être avec raison, douté de l'exactitude 
de la doctrine exposée par l'auteur, quand i! pense retrouver, dans les cir- 
conscriptions occupées par les dialectes de l'italien moderne, les territoires 
possédés par les diverses populations qui se sont partagé l'Italie avant la 
conquête romaine. Mais ce que l'on ne peut contester à M. Nissen, c'est la 
connaissance approfondie des textes de l'antiquité classique qui sont relatifs 
à son sujet. 

Le premier volume a un sous-titre : Lainl iiiul Leiile, « terre et gens ». 
Le onzième et dernier chapitre traite des peuples et neuf pages de ce cha- 
pitre concernent les Gaulois. 

Le titre du second volume est Die StacJle, « les villes ». Sur les seize 
chapitres dont ce volume se compose, le premier, consacré à la Ligurie, 
contient un paragraphe affecté au royaume du gaulois Cottius. Dans le cha- 
pitre li, intitulé Die Tnmspadmia, trois paragraphes sur quatre concernent 
des peuples gaulois, les Salassi, les Lihici, les Insiihirs. Le chapitre m, 
VciH'tia et Histria, est divisé aussi en quatres paragraphes et, de ces para- 
graphes, le premier est occupé par les Ccnoiiiaiii, le troisième par les Caini, 
deux peuples gaulois. Enfin le premier paragraphe du chapitre vi, Ombrie, 
est intitulé GaUische Mark ; on y trouve, p. 585, quelques lignes consacrées 
à Sinigaglia, capitale des Seiioiies, peuple gaulois comme les précédents. 

XVII 

La prktresse de Korydwen, par A. Juhellé, est un roman dont l'auteur 
a eu l'intention de nous transporter dans la Gaule indépendante au temps 
de la lutte contre les Romains conquérants et de nous foire connaître les 
mœurs des Gaulois à cette époque reculée. Il a emprunté les matériaux de 
son œuvre à de nombreux écrivains modernes, parmi le''.quels il cite surtout 
avec distinction l'auteur de Finirai et de Teniora et celui du i'ar^i?* lhei\, 
Macpherson et La Villemarqué. 

Nous souhaitons à M. Juhellé le succès qu'ont obtenu ces deux célèbres 
écrivains. On peut remarquer chez lui un mélange intéressant de noms 
gaulois sous leur forme antique romanisée, diiniim, Neniaiisus, par exemple, 
et de noms bretons modernes, tels que Morvarch qui serait en gaulois Mo- 
rimarcos, Louarn qui serait en gaulois Luernos. Un érudit pointilleux 
pourrait dire qu'en nous donnant Louarn et Morvarch pour contemporains 
de Nemansiis et de diiniim, M. Juhellé commet un anachronisme, mais 
cette association du présent au passé devra plaire à ce grand public que la 
subtilité des linguistes rebute et qui voit dans leurs critiques l'effet de leur 
mauvais caractère. Courage donc, M. Juhellé ! 

H. d'Arbois de Jubainville. 
Paris, le 9 avril 1903. 



Chronique. 219 

P. -S. — I. La librairie Fontenioing, 4, rue Le Goff, Paris, a tout récem- 
ment publié un volume in-12 intitulé: Eléments de la grammaire celtique. 
Déclinaison, conjugaison . 

IL Les Études celtiques viennent de faire une grande perte en la per- 
sonne du Rév. Daniel Silvan Evans, mort le jour de Pâques, 12 avril, à 
l'âge de 94 ans. Il est l'auteur de nombreuses publications dont la princi- 
pale est le commencement d'un dictionnaire gallois qu'il laisse inachevé, 
et dont il a paru, de 1887 à 1896, quatre livraisons formant 1828 pages; 
elles renferment les mots dont les lettres initiales sont A, B, C, D '. C'est 
aussi, paraît-il, à lui qu'est due la traduction du livre noir de Carmarthen, 
du livre d'Aneurin et des poèmes extraits du livre rouge de Hergest dans 
l'ouvrage de Skene, intitulé : The four ancient Books of Wales, vol. I, 1868. 

H. dA. deJ. 

I. M. J. Loth a publié dans .4/v/;ù' fiir celtisck' Lexicography, t. I, p. 400- 
470, et 485-512, deux articles intitulés: Additions et Remarques au Dic- 
tionary of the ivelsh languagc du Rév. D. Silvan Evans. 



PÉRIODIQUES 



SOMMAIRE: I. Bulletin international de Numismatique. — II. The Scottish Anti- 
quary. — III. Mémoires de la Société des antiquaires du centre. — IV. Mittlieilun- 
gen des Instituts fur Oesterreiche Geschichtsforschung. — V. Westdeutsche Zeitschrift 
fiir Geschichte und Kunst. — VI. Annales de Bretagne. — VII. Indogermanische 
Forschungen. — VUI. Zeitschrift fur vergleichende Sprachforschung. — IX. Revue 
des traditions populaires. — X. Folklore. — XI. Mémoires de la Société de linguis- 
tique de Paris. — XII. Aicliaeologia Cambrensis. — X!II. Romania. — XIV. Revue 
des études anciennes. — XV. Revue épigraphique. • — XVI. Revue archéologique. 
— ■ XVII. L'anthropologie. — XVIII. Boletin de la real Academia de la Historia. — 
XIX. The Gael. — XX. Celtia. — XXI. Revista Lusitana. — XXII. Revue de syn- 
thèse historique. 



I 

Bulletin intern.'VTional de Numismatique, dirigé par Adrien Blancliet, 
t. II, no I. 

Il y eut en Thrace, au iii^ siècle avant notre ère, un royaume gaulois 
dont la capitale, appelée Tyla, TûÀr], ou Tylis, TûXt;, avait été bâtie près 
du mont Haemus, c'est-à-dire des Balkans. Ce royaume était situé dans la 
Bulgarie moderne et devait s'étendre plus au Sud, puisque Byzance, la future 
Constantinople, en était tributaire. Il comprenait donc probablement une 
partie de la Roumélie. On peut consulter, sur ce royaume, Cary, Histoire 
des rois de Thrace et de ceux du Bosphore Cimmerien ècJaircie par les médailles, 
Paris, 1752, p. 45-46, et surtout Contzen, Die ÏFanderutigen der Kelteii, 
Leipzig, 1861, p. 213-226. On connaît les noms de deux rois des Gaulois 
de Thrace: Comontorios, le premier', Cavaros, Kajapoç, le dernier 2. 

M. D. E. Tacchella, conservateur du médaiilier au Musée national de 
Bulgarie à Sophia, signale au monde savant la récente acquisition faite par 
ce musée d'un tétradrachmc du roi Cavaros: cette monnaie, imitée de celle 
d'Alexandre le Grand, nous offre sur la f;ice une tête d'Hercule, coiffée de 
la peau du lion, sur le revers un Jupiter avec la légende KAYAPOl' 



i. Holder, Altccllischer Sprachschati, t. I, col. 1085. 
2. Holder, Altceltischer Sprachschati, t. I, col. 873-874. 



Périodiques. 2 2 1 

BASIAEQS et le différent de Périnthe, aujourd'hui Eregli en Roumélie 
sur la mer de Marmara ; de ce différent on pourrait conclure que Périnthe 
dépendait du royaume gaulois de Thrace et que ce royaume atteignait la 
mer de Marmara, la Propoiilis des Anciens. 

II 

The ScoTTisH Axtiq.l'ary, no 66, octobre 1902. 

Article de M. Alexandre Gibb, intitulé: Neu' Measureiuent of the IVaU of 
Aiitoninus Fins. On y trouve reproduites en photogravures les inscriptions 
qui portent les nos 1135, 11 33 a, 11 37, 1143 dans le tome VII du Coi pus 
inscriptionum latinarniii, dont l'auteur est, comme on sait, Emile Hûbner, 
et qui a paru en 1875. Cet article de M. Gibb a été précédé d'iin autre sur 
le même sujet dans le n" 65 du même recueil. On sait que le vallum Anto- 
iiini allait du Firth of Forth à l'embouchure de la Clyde, laissant au Sud 
Glasgow et Edimbourg. On en trouve la description dans le tome VII du 
Corpus inscriptioiinm lulinariiiii, p. 191-205, tandis que celle du plus méri- 
dional Viillinii Hadriani est aux pages 99-164. 

III 

MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ DES ANTiaUAIRES DU CENTRE, t. XXV, BourgCS, 
1902. 

M. le marquis des Méloises raconte une découverte que MM. Arnal, curé 
de Sagonne, et E. Duroisel, curé de Sancoins, ont faite à quelques centaine 
de mètres des dernières maisons de Sagonne (Cher), sur la route de Sancoin 
à Blet. C'est la base d'une statue dont les pieds seuls subsistent, mais sur 
cette base reste gravée une inscription presque intacte : 

7;vm[////] • .\VG[iisti] • v[cae] • soucoNae 
(//VI.XTVS • SII.AXI • F[iliiis] 

Soiicoiia est probablement le nom primitif du Sagouin, ruisseau qui prend 
sa source sur le territoire du village de Sagonne ; à l'origine ce ruisseau a dû 
être homonyme du village et se décliner comme l'irlandais ulcha = *ulcàs, 
génitif idchan = *iilcanos, « barbe ». M. desMéloizes pense <\\ie.Soiicoiia, nom 
antique du Sagonin, est identique à celui de la Saône, Sauconiia, puis 
Sagoiiiia, Sagona, comme on peut le voir chez M. Holder, Altceltischer 
Sprachschati, t. II, col. 1580. 

IV 

MiTTHEILUXGEX DES INSTITUTS FUR OeSTERREICHE GeSCHICHTSFOR- 
SCHUNG, t. XXIV. 

Mémoire de M. Hermann Krabbo sur Virgile, évèque de Salzburg, et sur 
les idées cosmologiques de ce prélat. Ce Virgile est un moine irlandais qui, 
étant venu sur le continent en 745, occupa de 767 à 784 le siège épiscopal 



22 2 Périodiques. 

de Salzburg ' et qui a été mis dans la liste des saints par le pape Grégoire IX 
en 1223. On célèbre sa Icte le 27 novembre^. Il avait apporté d'Irlande 
une doctrine qui, dans le clergé franc, parut hérétique, c'est qu'il y avait 
sous la terre un autre monde et d'autres hommes éclairés par le soleil et 
par la lune. Saint Boniface, alors archevêque de Mayence, où il siégea, de 
747 à 755, adressa une plainte contre Virgile au pape Zacharie. Nous avons 
la réponse du pontife romain, elle contient deux énoncés contradictoires. Il 
invite Boniface à faire une enquête, et, si la culpabilité est prouvée, Boniface, 
après avoir pris conseil, chassera Virgile de l'église et le dépouillera de 
l'honneur du sacerdoce. Cependant, ajoute le pape, nous invitons Virgile à 
se rendre en cour de Rome pour nous être présenté, être interrogé, et, 
après examen soigneux de la cause, être condamné, s'il y a lieu 5. Il ne 
parait pas que Virgile ait été condamné, ni par Boniface, ni par le pape. 

En Irlande, dans les Annales des quatre maîtres 4, Virgile est qualifié de 
géomètre. 

La croyance à une population humaine établie aux antipodes est d'autant 
plus remarquable chez lui qu'elle avait été rejetée par Lactance S, par saint 
Augustin», par Isidore de SévilleT. Elle se rencontre chez les philosophes 
grecs 8, puis elle a pénétré chez Pline le Naturaliste 9 et chez Macrobe > o; 
tous deux la considèrent comme certaine en dépit du scepticisme de 
Cicéron ' 1 . L'irlandais Virgile avait probablement lu Pline ou Macrobe, que 
M. Hermann Krabbo ne cite pas; il est inutile de supposer qu'il eût consulté 
des auteurs grecs et formé son opinion d'après la leur. Cette opinion est une 
conséquence de la croyance à la forme sphérique de la terre; mais Isidore 
de Séville et Bède ^-, qui admettent cette forme sphérique, saint Au- 

1. Gams, Séries episcoponnii, p. 507. 

2. Bibliotheca hagiographica, publiée par les Bollandistes, p. 1253; Potthast, 
Bibliolheca historica medii aevi, 2^ édition, t. II, p. 1027 ; Ware, The IVriters 
of Irelaitd, édition Harris, p. 49-50. 

5. Momimeiita Gernianiae historien, in-4", Epistolae, t. III, p. 360, 1. 19- 

25. 

4. Annales des quatre maîtres, édition d'O'Donovan, t. I, p. 390-591, 
année 784, corrigée à tort en 7S9. Les Annales d'L'lstcr, t. I, p. 268-269, 
donnent la date de 788. 

5. Lactance, Divimirittn iiistitiitiouuin 1. III, c. 24; Migne, Palrohgia 
latimi, t. 6, col. 42)-428. 

6. Saint Augustin, De civilate Dei, 1. XVI, c. 9; Migne, Patrologia htliiia, 
t. 41, col. 487. 

7. Isidore de Séville, Elyinohgiarum 1. IX, c. 2, § 133 ; Migne, Patrologia 
latina, t. 82, col. 341. 

8. Thésaurus linguae graecae aux mots àvti'no'j; et âvT'i/Otuv ; cf. Hugo 
Berger. Die geographischeii Fragmente des Eratosthciirs, p. 86 et suivantes. 

g. Pline, 1. II. c. 65, § 161-165. 

10. Macrobe, Commentarius in somnium Scipionis, 1. II, c. 5. 

11. Cicéron, Academicorum pi-iorum 1. II, c 39, § 123. 

12. Bede, De rerum natura, chap. 46; Migne, Patrologia latina, t. 90, 
p. 264. 



Périodiques. 223 

gustin, qui la croit possible ', n'en concluent pas qu'aux antipodes il y ait 
des hommes. 

Quoi qu'il en soit, Virgile, évéque de Salzburg, est un des témoins qui 
attestent la connaissance de l'antiquité classique chez les Irlandais antérieu- 
rement à la renaissance dont Charleniagne a donné le signal sur le conti- 
nent. 

Avant d'être assis sur le siège épiscopal de Salzburg, il avait été abbé de 
Saint-Pierre de la même ville ; on lui altribue la paternité du livre des con- 
fraternités de cette abbave 2. 



Westdeutsche Zeitschrift fur Geschichte und Kunst. 

Mémoire de M. Franz Cramer sur la forteresse Aliso, son nom et sa situ- 
ation. Suivant l'auteur, il faut reconnaître dans ce mot un composé de deux 
racines verbales dont la première est al, cf. 3Ï/.Aoij.a' « je saute » (p. 565), la 
seconde is qui se trouve par exemple dans Isara, « Oise » (p. 365-367). Il y 
a une difficulté à cette thèse : â/./.oaa'. avec esprit rude tient lieu d'un pri- 
mitif *sal[o>fiai cf. latin salio 5. 

Jliso est d'abord le nom d'un atBuent de la Lippe, elle-même affluent du 
Rhin en Allemagne, cercle de Paderborn. En l'an onze avant J.-C, Dru- 
sus construisit une forteresse au confluent de V Aliso et delà Lippe, Litppia. 

L'opinion reçue est que Aliso, forteresse, doit être traduit par Elsen 4. 
M. Cramer conteste cette opinion qu'il avait admise, p. 9 de son mé- 
moire, intitulé Rhciiiiscbe Ortsnaiiieii. Il y a là une question d'archéo- 
logie et de topographie locale sur laquelle je suis incompétent. 

VI 

Annales de Bretagne, novembre 1902, janvier et avril 1903. 

Notes d'étymologie bretonne par M. Emile Ernault. C'est l'œuvre d'un 
linguiste compétent. On doit au même auteur beaucoup de travaux du 
même genre (Voir par exemple plus bas n"' XI, p. 227). Nous espérons que 
leur conclusion sera la publication d'un grand dictionnaire breton destiné à 
remplacer celui de Le Gonidec. 

E.xtraits du rapport sur les concours de poésie bretonne de l'Union régio- 
naliste par M. E. Ernault. président du jury, cf. plus haut, p. lOO-ioi. 

Note de feu Luzel, publiée par M. Le Braz : « L'abbé Henry et l'abbé 



1. Saint Augustin, De Gciiesi ad Utteram, I, 9; Migne, Patrohpa latiiia, 
t. 54, p. 270. 

2. \loniimeiita Germaniac historica, in-4, Lihii coiif rater nitatum, p. 27. 

3. Prellwitz, Etymologiscbes Wœrterbuch der griechischen Spraclie, p. 15; 
Brugmann, Gnmdriss, t. II, p. 75. 

4. Ihm, dans Paulys Real-encyclopaedie, édition Wissowa, t. I, col. 1496- 

1497- 



2 24 Périodiques. 

« Guegen, recteur de Xizon, auraient, d'après M. de la Villemarqué lui- 
« même, établi les textes bretons du Barr^a- Brei~. Je le tiens de la bouche 
« de M. de la Villemarqué, 50 octobre 1890. » Voir sur ce sujet ce qui a 
été dit dans la Revue Celtique, tome XXI, p. 258-266. Au.x noms des colla- 
bor.iteurs de M. de la Villemarqué, qui ont été cités dans cet article de la 
Revue Celtique, il faut ajouter celui de l'abbé Guegen. 

Te.\te breton de la légende intitulée : « L'histoire de Mari-Job de Ker- 
guenou » (Le Braz, La Jè^^eiide de la luoif, 2>-' édition, t. II, p. 162-176). 

Fin du savant glossaire étymologique du breton armoricain composé par 
M. Victor Henry : index sanscrit, zend, arménien, grec, latin, ombrien, 
osque, français (et autres langues romanes), gotique, vieil-islandais, anglais 
et anglo-saxon, bas-allemand, haut-allemand, lituanien, vieux-slave, gau- 
lois, irlandais, gaélique, vieux-breton, cvmrique, comique, moven-breton. 

VII 

In'DOGEr.manische Forschungen, Zeitschrifl fiir inâogeimauischc Sprach- 
uiid Altertumslniude, herlfusgegehcn von Karl Brugmann und W'ilhelm Streit- 
berg, tome XIV, Strassburg, Trûbner, 1905. 

Étvmologies par M. R. Thurnevsen. Le savant linguiste propose de 
considérer le latin plûnia comme égal à *plus-uia et comme dérivé d'une 
racine pleus, plus « plumer » qui pourrait se reconnaître dans l'irlandais 
LOM.M, dans le gallois Ihum, féminin Uom, « nu » (littéralement plumé). 
L'allemand vliess « toison » s'explique par la même racine. 

Suivant le même auteur, le latin trux, génitif trucis, « féroce » est le 
même mot que l'irlandais tri'i = *trul:-s, datif /ro/V/j = *truki, « mort », soit 
avec sens d'adjectif, soit avec valeur de substantif; de là le verbe latin liu- 
cidare = triici-âdare , « massacrer ». Plus tard, trà, « mort », a pris en 
irlandais le sens adouci de « malheureux ». 

M. Thurneysen maintient son opinion que l'irlandais cïl, cead, « permis- 
sion », est de la même famille que le latin d'do ^= *he\do, d'où vient le 
français « céder ». Il l'avait soutenu dans la Revue de Kuhn, t. 32, p. 568 
(1893, mémoire daté de 1891); sa doctrine a été contestée par M. Zinmier 
dans la même revue, t. 53, p. 155-156 (1895), et l'opinion de M. Zimmer 
parait admise par M. Brugmann, Indo-gennanische Forschungeu, t. 13, p. 85 
(1902). M. Thurneysen ne cède pas. 

Il propose de rejeter le rapprochement de l'irlandais in-made, « en vain », 
madiuh, « inutile », avec le grec uâratoç, « inutile », proposé par M. Whitley 
Stokes ' . Il fait observer qu'entre voyelles la dentale sourde devient en 
irlandais th- et il rapproche les mots irlandais du latin viadêre, madeo, dont 
un des sens est « être ivre » ; un homme ivre n'est bon à rien, de là iu-made, 
« en vain, inutilement », madach, « inutile ». 

Mémoire de M. Windisch, intitulé: Fnvioiiien iufixum iin Aitiiischen und 

I.- Urkeltischer Sprachschal:^, p. 206. 

2. Brugmann, Grundriss, t. I, 2"^ édition, p. 537, 688. 



Périodiques. 225 

im R^veJa, « Le pronom infixe en vieil-irlandais et dans le Rigveda ». 
M. Windisch commence par faire observer que l'expression « pronom 
infixe », exacte si Ion prend pour point de départ l'irlandais moderne, 
c'est-à-dire si on prend l'ordre chronologique à rebours, est fausse histori- 
quement, c'est-à-dire, si l'on remonte à l'usage primitif indo-européen, où 
les mots emplovés comme préfixes peuvent être séparés du verbe, non seu- 
lement par un pronom, mais par un nom au vocatif, par un nom sujet, etc. 
M. Windisch donne des exemples nombreux dans lesquels le Rigveda nous 
offre le traitement qu'on observe en vieil irlandais, c'est-à-dire dans lesquels, 
en sanscrit archaïque, 1° le pronom enclitique sépare le préfixe du verbe ; 
2° la négation est suivie du pronom enclitique qui alors précède le préfixe. 
Il a paru dans les Mémoires de la Société de linguistique de Paris, t. X, p. 283- 
289, un article intitulé : L'iufixation du siibslaiilif et du pronom entre le préfixe 
et le verbe en grec archaïque et en vieil irlandais. L'expression grecque -'j-f,:!::, 
« tmèse », qui est habituellement employée pour désigner ce phénomène, 
quand il se produit en grec, est aussi inexacte historiquement que celle de 
pronom infixe lorsqu'il s'agit d'irlandais. 

VIII 

Zeitschrift fur vergleichende Sprachforschukg auf dea[ Gebiete 
der indogermanischen sprachen, t. xxxviii (1902), p. i76-i93. 

Savante étude de M. Chr. Sarauw sur l'emploi du préfixe ro en irlandais. 
C'est un sujet qui présente de sérieuses difficultés et les matériaux réunis 
par M. Sarauw ne peuvent, ce semble, être considérés que comme la pré- 
paration d'un travail à venir. Telle est la manière de voir à laquelle j'arrive 
malgré le titre donné par M. Sarauw à son mémoire : Ahschliessende Bemer- 
kungen fiber die Perfect-formation im irischen ; « Remarques servant de con- 
« clusion aux recherches sur la formation du parfait en irlandais ». Ce 
travail nous offre de nombreuses citations du manuscrit irlandais de Milan 
et de celui de Wùrzburg. J'en ai vérifié une partie. 

On sait que les feuillets de ces manuscrits contiennent chacun quatre 
colonnes, et ordinairement on les désigne parles lettres minuscules a, Z», c, d, 
en distinguant les manuscrits par les majuscules M et W. M. Sarauw a 
supprimé ces deux majuscules et distingue les deux manuscrits en désignant 
les colonnes de celui de Milan par des lettres, suivant l'usage, et les colonnes 
de celui de Wiirzburg par des chiffres au lieu de lettres. La seule observation 
que j'aie à fiiire au sujet des citations extraites de ces manuscrits est que, 
pour immaesaitar , glosant vexari, M. 27 d 13, MM. Stokes et Strachan, 
Thésaurus palaeohibcrnicus, vol. I (1901), p. 57, proposent la correction 
immescaigther. M. Sarauw n'avait sans doute pas encore le Thésaurus entre 
les mains quand il a écrit son mémoire. 

Parmi les détails intéressants contenus dans ce mémoire, nous en signa- 
lerons un. M. Windisch, dans sa grammaire irlandaise, 1879, p. 66, pose la 
règle que les prétérits sigmatiques vieil irlandais appartiennent tous à l'une 
ou à l'autre des deux conjugaisons dérivées qu'il a numérotées deuxième et 



2 26 Pcrioiii.iiies. 

troisième et qu'on n'en trouve pas dans les verbes primitifs, première conju- 
gaison. A cette règle, il ne signale qu'une exception, ro-gabus, «j'ai pris ». 
de gabiiit, première conjugaison, autrement dit verbe primitif. Une autre 
e.\ception a été indiquée en 1887 par M. Thurneysen, Revue de Kuhn, 
t. XXVIII, p. 152, siasair, siassair (avec désinence de parfait déponent;, 
« il s'est assis « (cf. Zimmer, ibiii., XXX, 123, et Brugmann, Gniiidiiss, 
t. II, p. 1191). Plus tard en 1894, la variante seiss, sans désinence de par- 
fait, a été signalée par M. Whitley Stokes, UrkeUischer Sprachschat\, p. 297. 
M. Sarauw propose, p. 181, note, deux additions, dont une est évidente, 
c'est le prétérit sigmatique du verbe ar-neut-sa, « j'attends ». Un exemple 
de ce prétérit a déjà été signalé en 1894 par M. Whitlev Stokes, d'après M. 
46 b 14, dans Urkellischer Sprachscbat^, p. 191 : ar-nit-neilhius-sa (sustinui 
te). Un autre exemple, ad-ro-neestar (sustinuit), avait été cité dans la Gram- 
matica ceJtica, p. 466, d'après W. 4 d 3 3 ; mais le troisième exemple, ar-rii- 
neastar (quia sustinuit), M. 50 b 8, parait être une trouvaille de M. Sarauw ' . 
C'est après son mémoire qu'a paru la livraison du Glossariiiin palaeohiherni- 
cum où, p. cccLViii, ce mot est rele%'é. D'ailleurs, ni M. Whitley Stokes, 
ni la Grammatica celtica, n'avaient fait observer que les exemples donnés par 
eux constituaient une exception à la règle générale qui, dans le vieil irlan- 
dais, refuse le prétérit sigmatique aux verbes de la première conjugaison. 



IX 

Revue des traditions populaires. Tome XVII, novembre 1902. 
Légende du château de Toulhouct, commune de La Vraie Croix, Morbi- 
han, recueillie par M. F. Douine. 

Décembre 1902. 

Météorologie populaire du Cap Sizun : le ciel, les étoiles, la lune, par 
M. H. Le Carguet. 

T. XVIII, janvier 1903. 

Élégie d'un jeune clerc, publiée par Lucie Guillaume, vers en dialecte 
breton du Morbihan, avec deux traductions en français, l'une en vers, 
l'autre en prose. Le morceau est joli. Malheureusement, les épreuves n'ont 
pas été corrigée avec assez de soin. 

Février-mars 1903. 

Le Calvez, Les superstitions de la Basse et de la Haute-Bretagne sur le 
corps humain. 

Lucie Guillaume, L'os qui chante, légende du Morbihan. 

D'Ault du Mesnil, Superstitions du Morbihan et du Finistère. Elles con- 
cernent les haches de pierre, les dolmen et les menhir. 



I. Ce verbe, en moyen irlandais, appartient à la troisième conjugaison. 
Windisch, Irische Texte, t. I, p. 645, au mot irnaidiiii. 



Périodiques. 227 



X 



Folklore, t. XIII, 11° 4. décembre 1902. 

Grand article de M. Lang : The ori'^in of Totem Naines and Deliefs : inté- 
ressant pour l'étude du totémisme. 

T. XIV, no I, mars 1905. 

Mémoire de M. E. Sidney Hartland, sur la pierre de la destinée, autre- 
ment dite pierre du couronnement, qui a, dit-on, servi aux rois suprêmes 
d'Irlande, qui serait de là passée en Ecosse et enfin serait aujourd'hui la base 
du trône sur lequel sont assis les rois de Grande-Bretagne et d'Irlande quand 
on les couronne; cf. Revue Celtique, t. XXIII, p. 220, 227, 228. 

XI 

Mémoires de l.\ Société de linguisticiue de Paris, t. XII. 

Article de M. Vendryès intitulé: Latin vcrvex (vervl.x), irlandais Jeih. 
L'auteur décompose l'tTiv.v, « mouton, brebis », en ueru-ex; l'irlandais )tT/;, 
« vache » = ueru-a, ne diffère que par le suffixe ; c'est probablement le 
rapprochement de tauro-s avec veru-a qui a produit en celtique le déplace- 
ment de Vu de tauros et qui l'a ftit prononcer taruos. 

Ajoutons que ueruex et uerua signifient chacun « cornu » et dérivent de 
iieru « broche ». 

Études d'étymologie bretonne \):.v M. E. Ernault. Ce travail, excellent comme 
tous ceux du même auteur échappe à l'analyse (Voir plus haut no VI, 
p. 223). 

XII 

Arciiaeologia cambren.sis, 6e série, vol. II, 4^ partie, octobre 1902. 

Exploration d'un camp préhistorique au comté de Glamorgan par M. H. W. 
William. Ce camp est placé sur un éperon qui fait saillie en avant d'une 
colline ; cet éperon est séparé du reste de la colline par un fossé fait de main 
d'homme, les autres faces sont difficilement accessibles à cause des pentes 
naturelles du sol. Sur la plate-forme délimitée par ce premier fossé et par 
ces pentes, un second fossé à peu près circulaire détermine une grande 
enceinte, au milieu de laquelle une seconde enceinte de moindre étendue 
est formée par un troisième fossé. Des fragments de bronze découverts grcâce 
à des fouilles permettent d'attribuer ce camp au premier âge du bronze. 

Volume III, partie I, janvier 1903. 

Exploration de la forteresse dite de Clegyr-Voya, par le Rév. S. Baring- 
Gould. Le second élément du nom composé Clegyr-Voya est Boya, nom 
d'un chef irlandais contemporain de saint David ; 601 semble être la date 
approximative de la mort de saint David '. On a aussi donné une date plus 

I. Bibliolheca liagiographica latina par les Bollandistes, t. I, p. 318. 



2 28 Périodiques. 

ancienne, 544 '. M. Baring-Gould suppose que Boya mourut vers l'an 520 
de notre ère, mais les fragments de vases trouvés dans les fouilles paraissent 
remonter au premier âge du fer ou au dernier âge du bronze, être par con- 
séquent antérieurs à la conquête romaine et d'environ cinq siècles plus vieux 
que saint David et Boya. 

M. F. Haverfield étudie les forteresses romaines situées dans la partie 
méridionale du Pays de Galles, Il parle principalement de celle de Gaer 
près Brecon. Il émet l'opinion que le Baiiiiiiiin du géographe de Ravenne - 
doit être corrigé en Gobannium et que c'est par conséquent Abergavenny. 
Notons ici que cette correction est donnée déjà par M. Holder, Altceltischer 
Sprachschat:{e, t. I, col. 2030 au mot Gohaiinion. Il ne faut donc pas dire que 
la forteresse romaine de Gaer près Brecon s'est appelée Banniimi. 

Le professeur E. Anwyl recherche quels ont été les premiers habitants du 
comté de Brecon ou Brecknockshire. Il y a, dit-il, de nombreuses traces de 
l'homme paléolithique dans le Sud de la Grande-Bretagne, mais on n'en 
trouve pas dans le comté de Brecon ou Brecknockshire, il faut descendre 
jusqu'à l'époque néolithique. Il donne, p. 28-31, une liste de noms de lieu 
modernes qui lui semblent antérieurs à l'arrivée des Celtes. On pourrait 
contester la valeur d'une telle liste dressée la plupart du temps sans remonter 
aux formes anciennes. Je me bornerai à une observation de détail. Clydach, 
en Brecknockshire, qui serait préceltique suivant M. Anwyl, est le nom écrit 
Civdagli en Irlande et qui désigne une petite rivière en Kerry, un village 
en Galway, c'est un dérivé de la racine kleu, klou, klu « entendre », 
sur laquelle on peut consulter Whitley Stokes, Urkeltischcr Sp)-iU'hscbat:(^, 
p. 101-102. Clydach = Chitâcos est une forme gaélique qui persiste en 
Galles, comme les inscriptions ogamiques. Il faudrait en gallois quelque 
chose comme Clncedog. Je ne vois pas pourquoi supposer que Clydach est 
préceltique. 

Le dernier article émane de M. I. E. Lloyd qui s'occupe du petit territoire 
appelé Ystrad Yw. Il dit que Ystrad ne peut venir du latin stràtiim ou strâta 
qui donnerait en gallois Ystrod. Il oublie que dans les derniers temps de la 
latinité la distinction entre a bref et r7 long avait disparu. Ystrad peut être 
un emprunt tardif à straluni ou shata par a commun. 

Volume III, partie 2, avril 1903. 

Cette livraison contient le compte rendu de l'excursion faite en août der- 
nier et qui avait pour point central Brecon. On a visité une habitation lacustre 
découverte en 1869, le seul exemple gallois de ce genre de construction 
si commun en Ecosse et en Irlande où on le nomme craiinog. La partie la 
plus intéressante du compte rendu semble être celle qui concerne les monu- 
ments funèbres dont une reproduction en photogravure accompagne le texte 
imprimé. Voici les épitaphes : 

1° Johannis Moridic surexit hune lopidem (minuscules); 



1. Bibliolheca hislorica viedii acvi, t. II. p. 1264. 

2. Bannio, édition Parthey et Pinder, page 417, ligne 3. 



Périodiques. 229 

2° Briamail Flou (minuscules) ; 
30 Maccvtrem salicidvni (capitales); 
Maquitreni Saliciduni (Ogham) ; 

40 CATACVS HIC lACIT — FILIVS TEGERN'ACVS (capitales). 

L'inscription n" i est le n" 44 de Hùbner, Inscript iones Britaniiiae Cbris- 
tianae, qui a lu Moridici avec un / final invisible dans la photogravure. 
L'inscription n9 2 se trouve dans le même ouvrage de Hùbner sous le no 40. 
L'inscription no 5 a été publiée par M. Rhys, Lectures on the wehl} Laiigtiage, 
2= édition, no 39, p. 382 ; le génitif Maccutreni de cette inscription se ren- 
contre aussi, mais avec un seul c, chez Hùbner, sous le no 108. L'in- 
scription no 4 est le no 35 de Hùbner. Tegernacus se lit également dans 
l'inscription n° 58 du même auteur, cf. Rhys, no 46, p. 585. 

XIII 

ROMANIA, t. XXXI, p. 201-249. 

Article de M. Philipon intitulé : Les accusatifs en -on et en -ain. La plus 
grande partie de ce mémoire concerne les noms propres de personnes d'ori- 
gine latine ou germanique, Pierron, Huon, Bertain, au cas indirect, cor- 
respondant à Pierres, Hues, Berte, au cas direct. Le sujet est traité avec une 
abondance d'exemples qu'on ne trouve nulle part ailleurs, mais il ne con- 
cerne pas les études celtiques. Cependant, aux trois dernières pages, l'auteur 
passe des noms de personne aux noms de rivière et ici le domaine celtique 
est entamé. Un grand nombre de rivières, dont le nominatif est en a dans 
les textes latins, ont pris en français la désinence ain, in, qui est celle des 
cas indirects. Quelle est l'origine de cette désinence ? Il me semble qu'elle 
est celtique. 

Les noms de rivière en a, tels que Garuuina, Sequa)ia, qui sont devenus 
féminins, étaient masculins à l'origine : Tibulle, au i^r siècle avant notre 
ère, a écrit la fin d'un vers hexamètre : magnusque Garumna. Strabon nous 
donne les nominatifs 6 Papoûvaç, 6 Sr/.oâva;, d'où l'on doit conclure un 
nominatif primitif Gannnnas, Sequanas, changé en Garumna et Scquana par 
les Romains qui n'avaient pas de nominatifs masculins en -as et qui disaient 
au masculin Agricolj, PuhlicoJa. Au iv^ et au v^ siècle, Garumna devient 
féminin chez Ammien Alarcellin et chez Paulinus Pelleius, mais il n'v a pas 
à cette époque unanimité pour changer le genre puisque, au" v^ siècle, 
Sidoine Apollinaire écrit encore : Ipse Garunna ■ . Les noms de grandes 
rivières comme Garumna, Sequana, Mosa, sont passés par influence littéraire 
dans la déclinaison latine ; mais les noms des petites rivières prononcés par 
des paysans illettrés n'ont pas été soustraits aux lois de la déclinaison cel- 
tique, telle qu'on peut l'observer dans le nom commun masculin irlandais, 
»/t7;<i « barbe » = *u}kàs = *u]/:an-s, génitif ulchan = *ulko.nos, dans les 
noms propres Muma, a Munster », génitif Munun, Alba, « Grande-Bre- 

I. Voir Holder, Altceltiscljer SprachscJiati, t. I, col. 1956, 1957; t. II, 
col. 1306. 



2^0 Périodiques. 

tagne », génitif Alhau. En français, le cas indirect dans les noms de rivière 
a été préféré au cas direct, de là Saiicoiu devenu Sagonin, comme on a vu 
plus haut, p. 221, comme Mogra, aujourd'hui Morin, département de la 
Marne ', Osa, Hozain, Aube -, comme la Saône, Sauconna, appelée Sonnan 
au cas indirect vers 1525 dans le terrier de Bagé, Ain, ainsi que nous l'ap- 
prend M. Philipon dans l'article dont nous rendons compte, p. 24g, note. Il 
cite aussi des noms de lieux habités qui ont été traités de la même façon, 
tel un village appelé au x*-" siècle Osa et qui est aujourd'hui Osan, Ain. 

XIV 

Revuf-: des études anciennes, tome IV, ii" 4, octobre-décembre 1902. 

Jullian. Remarques sur la plus ancienne religion des Gaulois: animaux 
sacrés, plantes, fétiches, temples, biens des dieux, autels, statues, effigies et 
signa. 

G. Gassies, Cavalier et anguipède sur un monument de Meaux. Il s'agit 
de fragments faisant partie de la collection d'un amateur de Meaux, 
M. Dassy, et avec lesquels l'auteur de l'article a reconstitué un cavalier 
dont le cheval foule aux pieds un monstre. Une cinquantaine de monuments 
semblables ont été trouvés ailleurs ; deux ont été décrits dans la Revue 
archéologique en 1879 et 1880. Le plus récent travail sur ce sujet paraît être 
un mémoire de M. Toutain, Beitraege x^r alten Geschichle, 1902, p. 194-204. 

M. Bouché-Leclercq examine si un texte de Palchos, copié par M. Fr. 
Cumont, se rapporte aux Gaulois. Il en doute. 

Note de M. Julian sur les relations de Trêves avec Bordeaux au temps de 
l'empire romain. 

Tome V, janvier-mars 1903. 

Jullian, Remarques sur la plus ancienne religion gauloise: Sacrifices 
humains et suicide, autres sacrifices, repas sacrés, libations, prières et 
chants, danses, musique, vœux et dons, gestes de prière et d'adoration. 
M. Jullian atteste dans ce travail une connaissance approfondie des textes 
grecs et latins qui rentrent dans son sujet. II signale, p. 27, une contradic- 
tion entre Poseidonios et Pline l'Ancien, suivant Poseidonios, les Gaulois, 
dans les cérémonies du culte, se tournaient à droite. Suivant Pline l'Ancien, 
c'était à gauche. M. Jullian croit que des deux auteurs, c'est le premier, 
Poteidonios, qui se trompe. Ici je ne partage pas l'avis du savant professeur. 
Les textes irlandais donnent raison à Poseidonios qui, du reste, est d'accord 
avec Cicéron. 

Jullian, Compte rendu critique de la thèse de M. Dubuc sur les Suessiones, 
cf. plus haut, p. 212. 

G. Gassies. La fabrique de Graufetcnque (Aveyron), nouvelle étude 



1. Longnon, Diclioiviaire topographique du département de la Marne, p. 179. 

2. Socard et Boutiot, Dictionnaire topographique du département de l'Aube, 
P- 77- 



Pt't iodi(jnes. 251 

sur les origines de la poterie sigillée gallo-romaine, mémoire accompagné 
de nombreuses planches. 

XV 

RuvuE ÉpiGRAPiiiauE, fondée par Auguste AUmer, continuée par le 
capitaine Espérandieu, n^ 106, juillet-août-septembre 1902. 

Épitaphe de Connius Tyticus, trouvée à Briord, Ain (cf. Corpus iiisaip- 
tioniim lalinarttm, t. XII, p. 870). 

Notices 1° sur la dédicace découverte par M. Dumuvs (voir Revue Celtique, 
t. XXIII, p. 218) ; 2° sur la dédicace publiée par M. des Meloizes (voir ci- 
dessus, p. 221). Ces deux notices sont chacune accompagnée d'une photo- 
gravure du monument. 

Recueil des estampilles de poterie rouge collectionnées par un M. E. Kuhn 
qu'il ne faut pas confondre avec le professeur de Munich ; il est receveur à 
Marcillac, Allier. 

Suite du mémoire d'Allmer sur les dieux de la Gaule, les Pioxitmae. 

XVI 

Revue archéologique, 3^ série, tome 41, novembre-décembre 1902. 

Don par M. Piette au musée de Saint-Germain de sa collection d'objets 
de l'âge du renne et du premier âge du fer. 

Revue des publications épigraphiques par M. Gagnât. N" 155, épitaphe 
trouvée en Roumélie de deux jeunes filles nommées, l'une Maccusa Muceris, 
l'autre Vicloiiosa ou Valeiiosa qui, du fond de la Gaule, allèrent voir un oncle 
à Edesse, en Macédoine, aujourd'hui Vodena, en Roumélie, et y moururent. 

No 174, dédicace à Epona trouvée en Allemagne, à Capersburg, près du 
Taunus. 

NiJ 243, inscription gravée sur une table de bronze en l'honneur de 
Valerius L'almatius, ancien reclor de la troisième Lyonnaise dont la métro- 
pole était Tours. C'est un hommage de cette province à cet ancien fonc- 
tionnaire dont elle se dit cliente et qu'elle traite de patron. Elle lui envoie 
cette table de bronze à son domicile nouveau, là où ce monument a été 
trouvé, à Magyar-Boly, en Hongrie, alors en Pannonie, dans l'angle que 
forment la Drave et le Danube avant leur confluent. 

4^ série, t. I, janvier-lévrier 1903. 

Notice de M. S. Reinach sur la dédicace à la dea Soucona, mentionnée 
plus haut, n" III, p. 221. M. Reinach fait observer que le nom de cette 
déesse est identique à celui de la Saône. 

Installation de la collection Morel au musée britannique. Cette mention est 
riche surtout en objets provenant des sépultures gauloises de la Champagne. 

Mars-avril 1903. 

Note de M. S. Reinach contestant que les Gaulois aient connu l'usage 
de ferrer les chevaux. 



1 



232 Périodiques. 



XVII 

L' ANTHROPOLOGIE, t. XIII, no^' 3 et 6, septembre-octobre, novembre- 
décembre 1902. 

M. Cartailhac résume en trois pages un très intéressant mémoire de 
M. Déclielette : L AnhioJogie celtique en Europe, qui a paru dans Revue tic 
synthèse historique, no de juillet-août 1901. Cf. ci-dessous no XXII, p. 254. 

Critique par M. S. Reinacli d'un article de M. Georges Seure dans le 
Bulletin de correspondance hellénique, 1901, sur des tunuili fouillés et des chars 
découverts dans l'empire turc, en Roumélie, dans les environs de Pliilippo- 
polis. M. Seure attribue ces chars aux Sarmates et les date du iv^ siècle de 
notre ère. M. S. Reinach croit qu'un char fort bien étudié par M. Seure 
n'est pas postérieur au ler siècle de notre ère. On peut se demander si ce 
char ne serait pas gaulois, ne remonterait pas au iii« siècle avant notre ère 
et au royaume gaulois, de Thrace sous les rois Comontorios et Cavaros. 

T. XIV, no I, janvier-février 1903. 

M. S. Reinach, rendant compte d'un article de M. J. Heierli, Die PJahl- 
batiten des Zuger-sees, « Les palafittes du lac de Zug », dans les Priihistorisclie 
Blâtter, 1902, constate que l'on connaît aujourd'hui en Suisse près de deux 
cents stations lacustres, que celles du lac de Zug appartiennent à l'âge néoli- 
thique et paraissent avoir été détruites et abandonnées avant l'âge de bronze. 
Au contraire, une partie au moins des habitations lacustres ou crannogs . 
d'Irlande est restée habitée jusqu'aux temps modernes. 

XVIII 

BOLETIN DE LA REAL ACADEMIA DE LA HISTORIA, t. XLII, mars et avril. 

Parmi les inscriptions romaines d'Espagne publiées par le P. Fidel Fita, 
on peut citer un nouvel exemple du cognonien gaulois ou peut être ligure 
Reburrus '. Il a été trouvé à Astorga, l'antique Asturica ; il s'agit de O. Va- 
rius, Rehurri /[ilius] Seurrus, c'est-à-dire membre de la petite nation des 
Seurri, dont le nom paraît être conservé par Sarria en Galice, province de 
Lugo2. Ce personnage est dit en outre Transniini, c'est-à-dire originaire 
d'une localité située à l'Ouest du Minho, à l'Est duquel se trouvent Sarria 
et Astorga. 

Doit-on considérer comme celtique ou comme ibérique le nom de Teusca 
Petrei filia dans une inscription de Villar del Rey, province de Badajoz ? Ce 
peut bien n'être qu'une mauvaise leçon de Tusca, fréquent dans la péninsule 
ibérique 5. 



1. Cf. Holder, Allceltischer Sprachschat-, t. II, col. io<S9-io92. 

2. Cf. Holder, ibid., col. 1550. 

3. Hùbncr, Corpus inscriptionum latinarum, t. H, p. 1094. 



Périodiques. 25^ 



XIX 

The Gael, novembre et décembre 1902. 

Une statistique officielle, qui vient d'être publiée, établit qu'en Ecosse il 
y a 28 106 personnes qui ne parlent que le gaélique et 202700 qui parlent 
le gaélique et l'anglais, p. 366. 

Un article fourni par un irlandais, éditeur à Buenos-Ayres, accompagne 
p. 378-379 deux portraits : l'un de M. Douglas Hyde, auteur d'un recueil 
de contes irlandais', et de A litterary history of Ireland-, l'autre de lady 
Augusta Gregory qui a publié Cuchidain of Miiii Iheiimey. Il y a, p. 584, 
un second portrait de lady Augusta Gregory. 

Note sur les superstitions irlandaises relatives aux oiseaux, p. 397. 
L'alouette et l'hirondelle sont de bon augure. Le moineau, l'étourneau et 
le pluvier passent pour être en termes amicaux avec les fées. Le merle et la 
grive sont la forme d'âmes de morts exilés sur la terre en punition de leurs 
péchés. Le corbeau, la corneille, le hibou sont animés par des âmes dam- 
nées, de même que les chauves-souris. Dans la littérature épique la plus 
ancienne de l'Irlande, les fées, side, apparaissent souvent sous forme d'oi- 
seaux. 

Janvier-mars 1894. 

Portrait de M. Joyce, le savant irlandais bien connu, dont le nom et les 
ouvrages ont été plusieurs fois mentionnés dans la Reine Celtique +. Son 
histoire de l'Irlande à l'usage des enfants « Child's History of Ireland », 
vient d'être adoptée comme lecture supplémentaire à l'Université de Chicago, 
p. II. 

Notice de M. James-A. Clarkson sur le Book of Kells, le plus beau des mss. 
irlandais, aujourd'hui conservé à Dublin au Trinity Collège. M. James-A. 
Clarkson le date de la seconde moitié du viiie siècle ; la forme qu'y reçoit 
la tonsure cléricale est antérieure à l'année 700, p. 49. 

Reproduction, p. 94, d'un article du Liverpool Daily Pcw/ qui dit qu'il y 
a trois raisons pour créer une chaire de celtique à l'Université de Liverpool : 
jo importance croissante des études celtiques; 20 chiffre considérable de 
la population celtique à Liverpool; 3^^ mérite éminent du professeur Kuno 
Meyer. 

XX 

Celtia, novembre, décembre 1902. 

Protestation par MM. L. C. Duncum-Ioul contre les doctrines du 



1. Revue Celtique, t. XIV, 352; XV, 146; XVI, 558, 360; XVIII, 1:9; 
XVII, 107. 

2. Revue Celtique, t. XVI, p. 364. 

3. Revue Celtique, t. XXIII, p. 334. 

4. Voir t. I, p. 160; t. II, p. 500; t. IV, p. 294 ; t. V, p. 154, t. XV, 
p. 399 ; t. XVI, p. III, 116. 

Revue Celtique, XXIV. 16 



2 ^ 4 Périodiques. 

docteur Magnus Maclcan sur le comique dans le livre intitulé: The Litera- 
ttire of the CcUs. M. Maclean dit que le comique est un dialecte éteint. Ce 
n'est pas un dialecte, c'est une langue, proteste M. Duncum-Ioul indigné; 
non, s'écrie-t-il, cette langue n'est pas éteinte; M. Maclean ne connaît 
qu'une partie des textes tant imprimés qu'inédits qui ont été écrits en cor- 
nique et qui existent encore, p. 173. 

Continuation de la traduction anglaise du conte breton du chien de la 
tête de mort, p. 168, 185 ; voir notre précédente livraison, p. 118. 

Procès-verbal de l'assemblée annuelle tenue dernièrement par la Société 
de la langue de l'île de Man (Maux Lauguage), p. 186. 

Janvier-mars 1903.' 

Fin de la traduction du conte du chien de la tête de mort, p. 3, 20. Pro- 
testation de lord Castletown contre les termes peu mesurés de la lettre de 
M. L. C. Duncum-Ioul, p. 6. Triades en gaélic d'Ecosse, p. 19. 

Lettre de M. Alfred Nuttqui déclare que, suivant lui, le livre de M. Maclean 
est tout à fait mauvais, a thoronghly had Work, p. 22. La rédaction de la 
Revue Celtique n'a pas d'avis à donner. M. Maclean, homme prudent, ne 
lui a pas envoyé son livre et elle n'a pas cru nécessaire de l'acheter. 



XXI 

Revista Lusitana, vol. VII. 

Dans la Revue Celtique, t. XXIII, p. 90 ; il a été rendu compte d'un mé- 
moire de M. Gaidoz intitulé : La réquisition d'amour et le symbolisme de la 
pomme. M. Leite de Vasconcellos a publié dans la revue portugaise dont 
nous donnons le titre, des chansons populaires portugaises relatives au même 
sujet. 

XXII 

Revue de synthèse historique, t. III, n" i. — Nous sommes fort en 
retard avec cette livraison qui date de 1901. Outre l'article de M. Dé- 
chelette, signalé plus haut, no XVII, p. 232, cette livraison contie)nt, p. 60- 
97, un important mémoire de M. G. Dottin intitulé: La littérature gaélique 
de l'Irlande C'est l'exposé sommaire le plus complet que nous sachions de 
l'état actuel de nos connaissances en ce qui concerne les monuments de la 
littérature irlandaise tant publiés qu'inédits ; il est divisé en onze paragraphes : 
I Notions générales. — IL Les cycles épiques. — III. Le cycle mytholo- 
gique. — IV. Le cycle de Conchobar et de Cuchulainn. — V. Le cycle de 
Finn et d'Oisin et les compositions épiques ou romanesques qui se rappor- 
tent à des personnages plus récents. — VI. La poésie lyrique. — VIL Les 
textes historiques. — VIII. Les emprunts aux littératures profanes anciennes 
et modernes. — IX. La littérature chrétienne. — X. La littérature didac- 
tique: philologie, droit, médecine, astronomie. — XL Progrès à faire dans 
la connaissance de la littérature irlandaise. 



Périodiques. 25 c 

L'auteur fait connaître avec grand soin toutes les éditions publiées jusqu'à 
la date de son travail. Il est sur quelques points plus complet que la Reine 
Celtique. Il désire des critiques, il m'a écrit pour m'en demander, en voici 
quatre : P. 66, « Les Druides de Grande-Bretagne, d'après César, faisaient 
« apprendre à leurs élèves un grand nombre de vers. » Dans le passage de 
César dont il s'agit, c'est des Druides de Gaule qu'il est question ' . — P. 74, 
M. Dottin mentionne une analyse du Tain bô Ciîaibige, celle de M. Zimmer, 
il ne dit rien du travail plus développé de M. Standish Hayes O'Grady dans 
la Ciicinillin saga de M™e Eleonor Hull^. — P. 84, ce n'est pas « en com- 
pensation de la mort de ses deux sœurs », c'est pour venger la mort de ses 
deux filles que Tuathal Techtmar imposa au royaume de Leinster l'impôt 
dit Bàrama ?. — Enfin la conversion du roi Loegaire par saint Patrice en 432, 
p. 79, semble une des légendes relativement modernes dont s'est embellie 
la vie du célèbre apôtre de l'Irlande. — Cela fait presque une critique par dix 
pages. On m'en inflige souvent à moi, et non sans bons motifs, une bien 
plus forte proportion. 



Paris, le 20 avril 1903. 



1. Dehello oaUico, 1. VI, c. 14, 63. 

2. Revue Celtique, t. XX, p. 91. 

3. Revue Celtique, t. XIII, p. 36-59. 



H. d'Arbois de Jubainville. 



Le Propriétaire- Gérant : Veuve E. Bouillon. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



LES ÉDITIONS DES MONUMENTS 
DE LA LITTÉRATURE ÉPIQUE IRLANDAISE 



La littéraiure épique de l'Irlande est la plus considérable et 
une des plus curieuses qui existent en Europe. Elle est restée 
complètement inédite jusqu'à la seconde moitié du xix^ siècle. 

C'est en 1853 qu'a paru le premier texte épique irlandais qui 
ait vu le jour; il fut édité par un des membres de VOssianic 
Society. 

De l'année 1853 date le tome I" de la collection publiée par 
cette compagnie. On y trouve la « bataille de Gabra » Cath 
Gahhra, texte irlandais, avec traduction anglaise par Nicolas 
O'Kearney. Deux ans après a paru le tome II contenant « La 
fête de la maison de Conan de Cenn-Sleibe », Feis tighe Cho- 
nain Chinn Shkihhe, copiée et traduite en anglais par le même 
Nicolas O'Kearney. Dans le tome III de la même collection, 
1857, M- Standish Hayes O'Grady a donné le texte et la tra- 
duction de « La poursuite de Diarmaid et Grainne, » To- 
ruigheacht Dhiannuda agus Ghraiiim. Le tome V, 1860, contient 
« La promenade de la lourde compagnie, » hntheacljî na trom- 
dhaime reproduite et mise en anglais par Connellan. 

A l'année 1855, date du tome II de VOssianic Society, re- 
monte la première publication d'Eugène O'Curry. Cette 
année il lit imprimer pour la Celtic Society deux textes irlan- 
dais avec traduction anglaise : « Bataille de Magh Leana, » 
Cath Muighc Léana, et <( Cour faite à Moméra, » Tochinarc 
Moinera. Puis en 1858 il inséra dans le tome I", p. 370-392, 
de VAtlantis, le texte irlandais et la traduction de la première 
partie du morceau intitulé Seirg-lige Conculainn ocns oen-ét Ern ire, 
Revue Celtique, XXIV. 17 



2;8 H. d'Arbois de Juhainville. 

« Maladie qui alita Cûchulainn et unique jalousie d'Emer ». Il 
termina cette édition en 1859 dans le tome II de VAtiantis, 
p. 98-124. En 1862, l'année de sa mort, il donna au même 
recueil, t. III, p. 398-421, le Loiigas mac ii-Uisleaiid, u Exil des 
fils d'Usnech, » qui fut suivie de deux œuvres posthumes, Oidhe 
chloinnc Lir, « Mort violente des enflints de Ler, » et Aoidhe 
chloinnc Tuireann, « Mort violente des enfants de Turenn, » 
t. IV, p. 114-227 (1863). 

Dans un célèbre ouvrage d'O'Curry, Lectures on ihc luaniis- 
cript Malerials of ancient Irish History, 1861, réimprimé en 
1878, on trouve de nombreuses analyses de textes épiques 
irlandais, considérés par lui comme historiques. La mort 
l'enleva avant qu'il eût publié la suite de ses leçons qui ne 
parut qu'en 1873. 

D'autres savants irlandais marchèrent sur les traces d'O'Curry. 
En 1870, on vit paraître dans les Proceedings of the Royal Irish 
Acadeuiy, Irish iiiss. Séries, Vol. I, Part I, p. 134-183, les deux 
morceaux intitulés Tain bô Fraich, « Enlèvement des vaches 
de Fraech, » et Tochinarch Bec-fola, « Cour faite à la femme au 
petit douaire », textes irlandais et traductions anglaise, publiés, 
le premier morceau par J. O'Beirne Crowe, le second par 
Brian O'Looney. O'Beirne Crowe, qui avait plus de bonne 
volonté que de science et de tenue, donna en 1871 au Journal 
ofthe royal historical and archaeological Association of Ireland le 
Siabur carpait Conculainn, « Fantôme du char de Cûchu- 
« lainn, » texte irlandais et traduction anglaise. 

Un homme fort supérieur à lui fut William M. Hennessy 
qui en septembre 1873 inséra au Fraser s Magasine la tra- 
duction de la « Vision de Mac Conglinne; » à la môme 
époque il donnait à la Revue Celtique, t. II, p. 86-93, le texte 
et la traduction de Fotha catha Cnucha, « Cause de la bataille de 
Cnucha ». 

Il devait en 1889 publier pour la Royal Irish Acadcniy dans 
Todd Lectures séries, vol. I, p. 2-58, Mesca Ulad, « Ivresse des 
guerriers d'Ulster ». C'est la révision d'un cours tait pendant 
l'année scolaire 1882-1883; 1'^ préface est datée de mars 1884. 

Mais déjà étaient entrés en scène deux plus forts jouteurs 
que lui, MM. Whitley Stokes et Ernst Windisch. 






Éditions de la littérature épique irlandaise. 259 

Dès 1876 M. Whitley Stokes avait donné à la Revue Cel- 
tique, t. III, p. 175-185, un récit abrégé du « Meurtre de Cû- 
chulainn « avec de nombreux extraits du texte irlandais qui 
est intitulé Aidai Conculaiiui. De M. Whitley Stokes le même 
périodique a publié le texte irlandais avec traduction anglaise 
des morceaux suivants: en 1887, « Le siège de Howth, » 
Talland Etair (t. VIII, p. 47-64); en 1888, « Le voyage de 
Snedgus et de Mac Riagla, » Iniuiram Snedgussa ocus Mie Riagla 
(t. IX, p. 14-25), et « Le voyage du bateau de Mael Duin, » 
hnmram curaig Mailduiii (t. IX, p. 447-493); en 1891 « La 
[seconde] bataille de Moytura, » Caib Maige Turedh (t. XII, 
p. 52-130); en 1892 la légende de l'impôt appelé Boroma 
(t. XIII, p, 32-124) et « La bataille de Mag Mucrime, » Cath 
Maige Mucrime (t. XIII, p. 426-474, cf. t. XIV, p. 95); en 
1893, " Le voyage de la barque des Hui Corra, » lomramh chur- 
raig Hua gCorra, t. XIV, p. 22-69; " Le meurtre de GoU, fils 
de Carbad et celui de Garb de Glenn Rige, » Aided Guill maie 
Carbada ocus aided Gairb Glenne Rige (t. XIV, p. 396-449); 
en 1900 « Le château de Dà Choca, » Bruiden Dâ Choca 
(t. XXI, p. 388-402). 

Les (.(.Irische Texte, deuxième série, deuxième livraison, 1887, 
contenaient « Le meurtre des fils d'Usnech, » Aided mac n-Ui- 
sn:g, avec traduction anglaise par le môme savant qui dans la 
troisième série en 1891 a donné « Les aventures de Cormac 
dans la terre de promesse, » Echira Connaic i tir Taingiri. 

Dans la Zeitschrift fiir Celtische Philologie, t. III, M. Whitley 
Stokes, a inséré en 1899, p. 1-14, « La destruction de Dind 
Rîg, » Orgain Dind Rig, et en 1900, p. 203-219, « La bataille 
de Carn Conaill, » Cath Caini Chenaill. 

C'est en 1879 qu'ont paru les premiers textes épiques irlan- 
dais publiés par M. Ernst Windisch : « Les aventures de Condle 
« le Bossu, fils de Gond aux cent combats ou valant seul cent 
« guerriers, » Ecbtra Condla Chaim maie Chuind Chetchathaig, 
et « La cause de la bataille de Gnucha, » Fotha catha Cnucha, 
qui ont été imprimés à la fin de sa Kur:(gefasste irische Gram- 
uiaiik, p. 1 18-123. Ce volume a été suivi en 1880 par le 
tome I" des Irische Texte, dont les pages 59-145 et 197-3 11 
sont occupées par des textes épiques irlandais : « L'exil des fils 



l^ù H. d^Arbois de Jubainrille. 

d'Usneclî », Longes mac n-Usui^-^ « L'histoire du cochon de 
Mac Dâ Thô, » Scél inucci Mie Dà Thé; « La cour faite à 
Etain, » Tochmarc Etaine ; « La maladie qui alita Cûchulainn, » 
Serglige Conculainn; « Le festin de Bricriu, » Fled Bricrend. 
Le texte irlandais de ces documents n'est pas accompagné de 
traductions, mais un glossaire qui termine la Kur::^efasste iriscbe 
Grammaiik, un dictionnaire considérable placé à la fin du 
tome l" des Iriscbe Texte mettent le lecteur en état de traduire 
lui-même les récits irlandais contenus dans les deux volumes. 

Dans les tomes suivants des Iriscbe Texte M. Windisch a re- 
produit et traduit en allemand les monuments épiques irlan- 
dais dont voici les titres : « Festin de Bricriu et bannissement 
des fils de Dul Dermat, » Fled Bricrend ocus Loinges Mac n-Duil 
Derviait; « Enlèvement des vaches de Dartaid, » Tàin bô Dar- 
tada; « Enlèvement des vaches de Flidais, » Tâin bô Flidais ; 
« Enlèvement des vaches de Regamon, » Tàin bô Regûniain; 
« Enlèvement des vaches de Regamna, » Tâiji bô Reganina , 
seconde série, deuxième livraison, 1887; « De la génération 
des deux gardiens de cochons, » De cophur in dà mitccida, troi- 
sième série, i'^ livraison, 1891; « Cour faite à Ferb, n Tocb- 
inarc Ferbe, troisième série, 2^ livraison, 1897. 

Les Iriscbe Texte n'ont pas suffi à l'activité de M. Windisch 
qui a donné aux comptes rendus de la classe de philosophie 
et d'histoire de l'Académie royale de Saxe, Genemain Aeda 
Slane, « Naissance d'Aed Slane, » et Noinden Ulad, « Les 
guerriers d'Ulster en mal d'enfant » ou « La neuvaine des 
Ulates, » 1884. 

L'émulation attira des concurrents à MM. Windisch et 
Whitley Stokes. Nous citerons en premier lieu M. Kuno 
Meyer. Il a donné au tome V de la Revue Celtique, 1883-188^, 
« Les exploits de Find enfant, » Macgnimartba Finn ; au tome VI 
du même périodique, 1883-1885, « La conception de Con- 
chobar, » Coinipert Conchobuir ; au tome X, 1889, « Les aven- 
tures de Nera, » Ecbtra Nerai; au tome XI, 1890, « La 
cachette de la colline de Howth, » Uath beinne Eiair, et la 
plus ancienne rédaction de « La cour foite à Emer, » Tocbinarc 
Emire; au tome XIII, 1892, « l'histoire de Baile aux douces 
paroles, » Scél Bail i bimiberlaig ; et « Ronan tuant son fils, » 



Éditions de la littérature épique irlandaise. 241 

Fingal Ronain; au tome XIV, 1893, tl^"^ courtes histoires 
concernant Finn et « Le marché de l'homme fort, » Ceunadh 
ind rucvindo, donnant h fin du Fled Bricrcnd, publié en 
1880 d'après deux manuscrits incomplets par M. Windisch 
dans le tome I des Irische Texte. Dès 1892, M. Kuno Meyer 
avait fait paraître en un volume le texte irlandais et la traduc- 
tion anglaise de « La vision de Mac Conglinne, » Aislinge 
Meic Conglinne, dont Hennessy n'avait donné que la traduction. 
C'est de l'année 1895 que date le livre intitulé: The Voyage of 
Bran son of Febal to the Land of the Living publié en collabo- 
ration par MM. Kuno Meyer et Alfred Nutt, où M. Kuno 
Meyer a fait imprimer le texte irlandais et la traduction 
anglaise des pièces suivantes : « Voyage maritime de Bran 
fils de Febal et ses aventures, » Imrani Brain, maie Fehail, 
ocus a echîra; « Conception de Mongân, » Compert Mon- 
gain; « Histoire où l'on raconte que Mongân était Find Mac 
Cumail et comment fut tué Fothad Airgdech, » Scél asa 
m-berar co m-had hé Find mac Cumail Mongân ocus ani dia 
fil aided Fothaid Airgdig; « Une histoire sur Mongân, ^Sa^ 
Mongâin; « Cause de la folie de Mongân, » Tucait bai le 
Mongâin; Conception de Mongân et amour de Dub Lâcha pour 
Mongân, » Compert Mongâin ocus serc Duibe Lâcha do Mongân. 
En 1897 le même auteur a inséré dans le tome l" de la 
Zeitschriftfiïr ceJlische Philologie, deux récits irlandais concernant 
Find, l'un qu'il intitule Find et Grainne, l'autre consistant en 
deux fragments relatifs à la mort du héros irlandais. 

En 1892 on avait vu reparaître M. Standish Hayes O'Grady, 
dont la Silva Gadelica en deux volumes in-8, l'un de textes ir- 
landais, l'autre de traductions anglaises, contient un trop grand 
nombre de morceaux épiques pour que nous en donnions ici 
la nomenclature. 

La même année le père Edmund Hogan avait donné dans 
Todd Lectures Séries IV le texte irlandais et la traduction an- 
glaise de « La bataille de Ross na Rig sur Boyne, » Cath Rtiis 
na Rig for Bôinn. 

En 1898, Miss Eleanor Huila publié, chez David Nutt, le 
recueil de traductions anglaises qu'elle a intitulé : Cuchullin 
Saga, et 1899 est la date des deux premiers volumes édités 



242 H. if Artois de Jubainrillc. 

par VIrisb Tcxt Society, dont le deuxième contient « Le festin 
de Bricriu. » 

En 1901, M. Rudolf Thurneysen a fliit paraître ses Sagen 
ans dem alten Irland, traductions allemandes de quatorze mor- 
ceaux épiques irlandais. 

Déjà la Zeitscbrift fiïr vergleichciideSpracbforschuiig, t. XXVIII, 
1887, avait publié l'analyse par M. H. Zimmer de six pièces 
importantes dont deux inédites, les deux plus considérables de 
la littérature épique irlandaise : Tâin hô Ci'taJngi, « Enlève- 
ment des vaches de Cooley, » p. 442-475 ; et Orgain ou Togail 
bruidne Dâ Derga, « Destruction du château de Dâ Derga, » 
p. 556-563. Les résumer, en sautant à pieds joints sur les 
passages difficiles, était plus aisé que de les éditer et de les 
traduire en entier. 

Hennessy avait entrepris la publication de cqs deux docu- 
ments et n'avait pu aboutira M. E. Windisch foit imprimer 
le texte et la traduction du premier, qui paraîtra prochai- 
nement, et nous avons été heureux d'offirir aux érudits en 1901 
le texte et la traduction anglaise du second, dus à la plume 
savante de M. Whitley Stokes et qui ont paru dans le t. XXII 
de la Revue Celtique où sa bienveillance Ta inséré. Depuis, le 
même érudit a publié d'abord en 1902 dans le t. XXIII, 
p. 394-428, du même périodique, Aided Mnircberiaig iiiaicErca, 
« Mort violente de Muirchertach mac Erca, » puis en 1902, 
dansle t.XXIV, 1° p. 41-70, Catb Ahuaiue, « Bataille d'Allen, 
2° p. 172-207, Aided Ciinitbnind maie Fidaig, « Mort de 
Crimthann mac Fidaig, » et Echtra mac Ecbacb Muigmedôn, 
« Aventures des fils d'Eochaid Muigmedôn. » Nous espérons 
qu'en dépit du poids des années sa juvénile vieillesse conti- 
nuera longtemps encore à publier et à traduire les textes ana- 
logues qui sont encore inédits. 

H. D'A. deJ. 

I. Hennessy est mort le 13 janvier 1889, à l'âge de 60 ans. 



PEANNAID ADAIM 



This text is taken from MS XL, Advocates Library, Edin- 
burglî, pp. 45b to 48b. 

A closely concurrent version is to be found in the facsimile 
of the Yellow Book of Lecan, ff. I58a-i59b (YBL). 

A longer version in verse stands in (SR) the Saltair na Rann 
(Whitley Stokes, 1883, XI, p. 22); the speeches especially 
are ampHficd, and in particuktr the discussion between Adam 
and Lucifer. 

In the Yellow Book of Lecan, this pièce is preceded by the 
story of Lucifer's Pride and Expulsion, and of Adam's Fall : 
Saltair na Rann carries the history of Adam and Eve further 
than does the Penance, and in another poem (XI, on the Death 
of Adam) continues the same subject. 



>44 Alan 0. Andcrson. 



THE « PENANCE OF ADAM » BELOW HERE 

GOD miide the Earth for Adam and for Eve, after their sin 
in Paradise. 

It was then that Adam remained for a week, after he was 
cast out from Paradise, without drink or food, clothing, or 
house, or fire, but in grief and in sorrow. And they reproa- 
ched each other mutually. 

And he said : — « Much of good was given to us, had it 
not been for Lucifer's persuading us to disobey the Lord : — 
converse with angels, and honour done us by every créature of 
God. Pire would not burn us », said he, « and water would 
not drown us, fever would not eut us down, and sickness 
would not lay hold upon us; and this in honour of the Lord : 
for it is in honour of the Lord that (now) every créature is 
against us. And it was through no fault of his, but of our 
own », 

Eve spake to Adam : « It is I who am to blâme », said she; 
« inflict thou death upon me, O Adam, that so the more may 
God take pity upon thce ». 

« Enough already hâve we vexed the Lord », said Adam, 
« and I will not do kin-murder upon thee », said he, « for 
wretched and naked art thou already. And I will not spill my 
own blood upon the earth ; because part of my own body art 
thou : and it is not right again to transgress against the Lord 
after our fall, lest the Lord give us over to devils in the depths 
of Hell, and lest he make us forfeit to those realms of Lucifer. 
For we are already in a place of torment, and we shall die of 
cold, since (ail the) twelve hours we are without food or clo- 
thing ». 

2. « O Man », said Eve, « wherefore shouldst not thou make 
a journev round on every side to learn if thou canst iind for 
us aught that we might cat » ? 

And Adam went, and made a journey round to seek for food 



Pcannaid Adaim. 245 

that they might eat ; ant he found no food but the herbs of the 
earth, that is, the lot of lawless soûls ^ This was not grateful 
to them after the food of Paradise. So that then Adam said to 
Eve : « Let us do penance, and make atonement, and put from 
us something of our guilt and of our transgression ». And 
Eve said : « Do thou instruct nie, yea, teach me, for I know 
not how penance is done ». 

And Adam said : « Let us worship the Lord, and keep silence, 
without either of us speaking to the other at ail : and go thou 
into the river Tigris^ ; and I shall go into the river Jordan », 
said he; « and be thou three days and thirty in the river Tigris, 
and let me be seven days and forty in the river Jordan. And 
take with thee a flat stone (to lay) under thy feet, and let the 
water reach to thy neck; and let thy hair be spread from thee 
on every side upon the surface of the river, and lift water in 
thy hand to the Lord ; and open thine eyes to the Holy Oncs, 
and beseech the Lord for pardon to thee for thy sin ». 

3. Eve said, « It may be that it would not cleanse me (?) 
to pray to God, because there are many infirmities in my 
flesh ». 

Adam said to Eve, « Let us beseech ail the créatures that 
were made by a pure prayer, that ail their number pray for 
pardon to us and for thy sin ; and let us make this compact, 
and not approach to one another ». 

4. Seven days and forty for Adam after that in the river 
Jordan, and three days and thirty for Eve in the river Tigris. 
And angels came from God each day to speak with Adam, 
instructing him, to the end of nineteen days. Then did Adam 
pray of the river Jordan with its many beasts, so that ihey 
fisted with him before God for his transgression against Heaven. 
And the River came, and every living thing that was in 
it; they gathered together to Adam, and ail prayed, both beast 
and stream, and made a great roaring to ail the ranks (of 
angels) that are about the Lord, even for fuU pardon of his 
guilt to be given to Adam, and a dwelling upon Earth, and 



1. the food of the lawless beasts, Stokes. SR. 

2. MS Tiber. 



246 Alan 0. Anderson. 

Heavcn, after parting of his soûl from his body : and to his 
children, and to his race after him, unless that any of them 
should transgress against the Lord, that is, against his 
will. 

5. The Devil heard this message^ that was sent, and he 
went to Eve again in the form of an angel of God, to deceive 
hcr in the river, to mar for her her atonement ; and he spake 
to her : « Long art thou in the river Tigris, O Eve, » said he, 
« and thoLigh good was thy appearance, thou hast changed 
figure and form, and thou hast killed and spoiled thyself. Come 
quickly out of the river : God has sent me to thee to pity 
thee and to take thee out of the river ». 

After that Eve comes out of the river; and she was upon 
the land ahove the river, drying herself, when a swoon came 
upon her and bereft her of her sensés. And Eve perceived not 
that it was Lucifer who was in the form of an angel : and her 
mind was in bewilderment. 

6. Lucifer spake to Eve : « O Eve », said he, « Much dost 
thou ponder. By the command of God hâve I come to thee 
from Heaven. Let us go hence », said he, « to Adam, and 
pray God of Heaven to give pardon to you for your sins ». 

After that they went to the place where Adam was in the 
river Jordan. When Adam looked upon Eve and upon Lucifer, 
shuddering and loathing seized him before the face of the 
Devil. 

7. « Alas, O Eve ! » said Adam, « he has deceived thee, he 
who deceived thee before in Paradise. Sad to me is thy coming 
out of the river Tigris till an angel of God came to take thee 
out ». 

When Eve heard Adam's rebuke she fell upon the ground, 
and ail but went to God in death. And Adam said, « O 
Lucifer, yea O Devil ! Wherefore dost thou persécute me ? 
Thou didst cast us out of Paradise, and thou delightedst in our 
exile; and thou hast put me to silence: and not we it was 



I . Tliis rcplv that was given to Adam YBL. In SR, the foregoing benefits 
are actually grantcd to Adam, upon the intercession of the angels; presu- 
mably on condition of the completion of the penance. 



Peannaid Adaim. 247 

who sent thee into Hell, but pursuit bv the King of the Palace. 
And it was not we who required of thee to assume pride and 
arrogance against the Lord ». 

Lucifer said to Adam : « I hâve learned thy wickedness ; 
through thy persécution hâve I learned it. And I will tell thee 
how I hâve found it. 

8. « We were both cast out of Heaven, thus : — when thy 
soûl was given to thy body, and when it was fashioned after 
the likencss of the figure of God ; and when every one was 
bidden to do thee honour, even when xMichael was sent from 
Heaven to thee to bring thee to worship the Creator ; and 
after thou hadst worshipped the King of Psalms : then did he 
enjoin upon every créature to do honour to thee for ever. So 
that then he sent Michael through the seven Heavens to bid 
the angels corne in their tribes under the archangels to honour 
his image; and Michael said to me that afterwards it was I 
should lead them. I went at last, and sat in the présence of 
the Creator. And the King said to us, even to the nine ranks 
of the angels of Heaven, and to the people of Heaven, « Give 
ye glory and honour to my image, even to Adam ». 

« Then did Michael say, « It is right for each rank which is 
in Heaven to worship and to honour thy image ». 

« And then I said that Adam was not the Eldest of ail créa- 
tures, and that it was not right for the elder to do homage to 
the vounger. Then said one third of the people of Heaven, 
both angels and archangels, that what I had said was right, 
Then the King said to his people, « It is the Youngest who 
shall be the greatest in Heaven, so long as I reign in Hea- 
ven » (?). I said that I would not go to honour Adam, 
because I was older, even if every other one wcnt to honour 
him. 

« Thereupon he drove me at once from Heaven, throughthy 
fault, O Adam, because I went against the will of God; and 
into Hell was cast the w^iole number of our host, or one third 
of the people of Heaven : and thou didst remain in Paradise 
after us. And prosperous would thy life hâve been thereafter, 
had no change been wTought upon thee. 

9. « I tell thee, O Adam », said Lucifer, « every evil and 



248 Alan 0. Andersen. 

every sorrow that ye shall reçoive, it is T who will cause them 
to you : and every evil I shall do, upon you shall it be donc, 
O Adam. And thou hast brought dcath (?) to thy children 
and to thy posterity in battles and in conflicts and by fire, in 
pestilences, in sicknesses and in great tribulations, without so 
much as food upon the earth, through the quarrel that is 
between us and thee ». 

After that Adam came out of the river, after he had com- 
pleted^ seven days and forty in it in repentance; and Lucifer 
went from them. He left Adam and Eve thus in weariness and 
in sorrow. 

Thèse two continued then to the end of a year, alone, 
without sufficiency of food, but eating the herbs and the grass 
of the earth, like every lawless soûl, and drinking water from 
their palms; without clothing, without any fire, but under 
the shade of trees, and in dry carthy caves. 

THE END. Amen. 



I. In SR, Adam appears to leave the water immediately after Lucifer's 
discourse. 



i 



Peannaid Adaim. 249 



PEANNAID ADAIM ANNSO SIS 

DOROINE DIA TALUM do adum 7 do eba iar n-\marhus 
a parrthus. IS annsin do bai adam secbtmmn iar ndichor a 
parrthus can dig, can biadh (p. 46), can edach, can teach, can 
teine, ocht fo aithmela 7 fo atoirrsi. Et ro badar ag aifir im 
aifir ara cheile. Et aspert : « as mor do maith tucad duinn, 
muna heth luitcifir da foslach orainn in coimde do sarugadli .i. 
comrad fri haingliu, 7 na huile duile de ag ar n-anorugad ; 7 
ni loiscfi^ teine sinn », ar se, « 7 ni baigfid uisce 7 ni theascfad 
faebur 7 ni gebar galur .i. a n-anoir in clioimgead ata cach 
duil co cotarsna frind ; 7 ni he roba chintach, ach sinn fein ». 
Aspert eua fri adum, « as missi as chintach », ar si, « 7 imbir 
bas forum, a adaim .i. comad moide dogenad dia troccaire 
ortt-sa ». « As leor cheana do craidsimur in coimde », ar 
adum; « 7 ni dingan-sa fingal fort-sa », ar se, a aratai chena 
co truag tarrnocht; 7 ni dailib m'fuil fein for talmuin; uair 
rann dom chorp-sa thussa : 7 ni coir atharrach saraigthe do 
thabairt for in coimgeiar ndilgeann, naro dilsig in coimde sinn 
do demnaib a fudomnaib iffirn, 7 na ro dilsige sinn do rigaib 
side luitcitir; uair ataimid chena a n-aird peinn 7 aipelmait do 
fuacht, uair da uair dec ataimid can biad can edach. 

2. « A fir » airse eua, « cid na cuire cuaird ar gach le//;, 
da fis in buigthea^ duind ni dothoimelmais ?» 7 atracht adam 
7 dorad cuairt d'iarraig bid do chaithfidis, 7 ni fuair biad acht 
luibe in talmun .i. cuid na n-anmund n-inndligtheach : nirbo 
th[s]asda5 leo-san sin iar mbeathaig pharrthais. Conad annsin 
adbert adam fri heua, « denum peandait 7 aithrige, 7 cuirim 
dinn ni diar cintaib 7 diar toirmtheacht ». Et adbert eua: 
« dena-sa mo thinchosc-sa .i. mo thecosc, air ni feadar-sa 



1. loiscfed SR. 

2. fuigthea YBL, fogebtha SR. 

3. sasta YBL. 



250 Alan 0. Anderson. 

cinn//5^ dogniter peannaid »; 7 adbert adam, « adram don 
choimde, 7 denum tocht ceii chomlabra do neoch againn fria- 
roile elcr ; 7 cirig-siu a sruith tibcr-, 7 rachat-sa a sruth oriha- 
nan 5 » ar se, « 7 bi-siu /// la trichait a sruth tiber, 7 bed-sa 
secht la cethorchaw.'^ a sruth orthanain : 7 beir latt lie chloiche^ 
fod chosaib, 7 roichid co hucht^ do braiged, 7 bid t'folt" scailte 
uait ar gar/; Icath tor uachtar in t-srotha, 7 tocaib ad ad laim 
frisin coimde; 7 foscail do rose frisna naemaib, 7 guid in 
coimde imlogad doit tar ceann t'imarbais ». 

3. Adbert eua, « nib dur glana me^ do guide de, uair ataid 
ilbaiehthi9 ar m'teoil ». Adbert adam fri heua, « aitchim na 
huile dul doronta tre e;uide a;laein co nguidit in eoimlin sin 
imdilgad duind 7 do thoirmeacht, 7 denum sin do mod ehomull 
7 na cuimiseeam ^° ara cheile ». 

4. Secht la cethorchaxl iarsin do adani a sruth orthanain, 7 tri 
la trichait do eua a sruth tiber. 7 tiédis aingil car/; laé o dia do 
agallaim fri hadam tria foirceadal co ceann noi la dée. IS 
annsin ro guid adam sruth orthanan cona ilmilaib eoro trois- 
ccdis^' leis co dia im dilgud^^ ara thoirmtheacht sin do chum 
nime. IS annsin ro thoiris in sruth 7 gach mil beo bai ann. 
(p. 47) ro thinoilsid co hadum 7 ro guiditur uile eiter mil 7 
tsruth^3, 7 doronsad nuallguba mor forsna huili gradaib fuilid 
imon coimde, im deiliugad do adam frisin n-imarhus doroine 
fri dia '4 .i. slan-dilgud a chinad do thabairt do adam, 7 atreab 



1. cinnus cinniis MS. 

2. Hère and below, contracted tib. Sic YBL. isruth Tigir SR. 

3. co sruth orthandain YBL, isruth n-Iordanén SR. 

4. MS .x.it, for .xl.it. 

5. MS chloithe. 

6. Leg. in t-usce. roithead in t-usqi do braigid YBL. 

7. MS tfolt. 

8. nibtar glana me YBL. Nidarglain d'acallaini Dt^SR. 

9. illnithi YBL. 

10. cumaiscem YBL. nitgluase, nitchumscaige SR. 

11. troiscid YBL. 

12. o dia add. YBL. 

13. iter mil 7 tsruth YBL. 

14. SR rcads : Dorigni Dia aragradaib 

slandilgud cinad Adaim, 
con-aittreib thalman &c. 



! 



Peannaid Adaim. 25 1 

a tcilmuin dô, 7 neam iar n-eadarscarad a anma fria chorp ^ ; 
7 dia clîloind 7 dia chinid dia eis, mina fuil nech dib ticfad tar 
sarugad in choimged .i. tar a thimna. 

5. Adchualaid diabul in aithisc sin tugad-, 7 dochuaid ar 
amus eua doridissi .i. a richt aingil dé, dia breccad asin t-sruth >, 
do millid a liaitrige uimpe ; co ndebairt fria : « As fada atai a 
sruth tiber, a eba », ar se, « 7 ger[bo] maith do gne do 
chlaeachlais4 dealb 7 cruth, 7 ro marbais 7 ro mudaigis tù 
fodein : 7 tair colluath asin t-sruth : 7 dia romcuir missi cliucad 
do t'airchiseacht 7 do tabairt asin t-sruth ». Tic eua asin t-sruth 
sin iarsin, co roibe aga tirmugad arin tir uasin t-sruth, co 
tainic nell chuicce iarsin co tairbert hi^ can anmain; 7 nir 
aithin eua comad he hùtcitir dobeth a richt aingil ; 7 ro bai a 
meanma a cunntabairt. 

6. Adbert kutcifir fri heba, « a eua » ar se, « as mor do 
mi-aimridib ro forchongar dé^ do nim tana2;-sa chucad-sa. 
tiagam-sa~ as », ar se, « do chum adaim, co nguidim dia do 
nim imdilgad do thabairt daib o dia^ bor cintaib ». Dochuadar 
iarsin co hairm ambai adam a sruth ôrthanain. Mar do dercc 
adam for eba 7 for kiitsifir, dogabcrith 7 grain regnuis diabail 
hé. 

7. « Monuar, a eua » ar adam, « ro mealh/^tar tû inti ro 
meallw^tar a parrthus roime. Truag leam do thaigeacht a sruth 
tiber co tisad aingil dé dod tabairt ass ». Amail ro chuala eua 
achmussan adaim ro fuirmid îor Iar, 7 as bec nacb deachaid do 
dia an bas9. Conadh annsin adbert adam: « a luitcifir .i. a 



1. 7 aitreba talmain do 7 nemi iar n-irnscaraïf anma ria chorp YBL. 

2. do adam add. YBL. 

5. MS hère and below, tsruth. 

4. chlacchlois YBL. 

a ben, ciarbogle do chruth 
rochoemclâis gné 'sin-garbsruth SR. 

5. co tairber he can anmain YBL; cotarmairt héc cenanmain SR. 

6. Read: asmor dogni d'imridib? SR reads : 

A Eua, cid arnotgeib ? 
ismor dogni d'imrateib : 
cucut glethanac donim 
laforngairi De derbdiL 

7. tiagam as YBL (sic leg.) 

8. do thabairt duib dia bar cintaib YBL. imdilgud duib forcintaib SR. 

9. nach deachaid do dia nbas Y'BL. nadechaid dianbas SR. 



252 



Alan 0. Andirson. 



diabail, cidh diatai am leanmain ? Et ro innarbais a parrthus, 
7 ro charais ar ndichur, 7 domratais a socht; 7 ni sinn rod 
cuir a n-iffirn, Acht ingreim rig in rigthige; 7 ni sinn rod furail 
fort dium//^' 7 anumla do denum do tigerrna ». Adbert luitcifir 
[fri] hadam, « a fuarus d'ulccas^, trid t'ingreim-siu fuarus; 7 
indeosat duit Amail inavus. 

8. « RocLiirid^ araen do nim .i. dia tardad th'anum-sa do 
cliLim do chuirp, 7 ro chruthaigead fo chosmailiw^ deilbe dé; 
7 dia ndebrad fri cach n-uile th'aeirmidniug//^ .i. dia ro faiged 3 
michel do nim ciiugad avida rug dia adrad in duilim4, 7 ora 
adrais do ri na rann .i. ro forchongair for c:\ch nduil th'oirmidin 
tria bitha do denum. Coiiid annsin ro taid michel fono secbf 
nimib, co tistais aingil ana ndrongaib drchaingil do airmidin a 
deilb sin 5 ; 7 ro raig michel (p. 48) rium-sa comad mé bod"^ 
taiseach rompo ia[r]sin. Ro dech//.ca fo deoig cor suigi//j a 
fiadnaissi in duiliman. Et adubairt rinn in rig .i. frisna nae[i] 
ngradaib aingeal nime 7 fri muinntir nime : « tabraid uaisli 
7 oirmidin dom chomdealbaig-sea .i. do adam. » IS annsin 
adbert michel, « is coir do gach grad fuil for nim do chomdeal- 
baide-siu do adrad 7 do oirmitin ». Conad annsin adbert-sa 
conach he adam sinnsear na n-uile dul, 7 ni coir in sinnsear 
do airmidniugadh in t-sosir. IS andsin ro raig/ trian muinntiri 
nime .i. aingil 7 drchaingil corbo choir a ndebarrt-sa. IS and 
aspert in rig fria muinntir, « ase in soisir bos uaisliu ar nim 
a cin bera-sa for nim^ ». Adbert-sa n:\ch rachainn d'oirmidin 
adaim, uair fam sine, ce thigead cach uile dia oirmidin. Rom- 
luid-siu 9 iarsin fochedoir do nim, tred chinaid-siu, a adaim; 
uair thanacc-sa a n-ai^id toile dé : cor cuirid lin ar sluaig-ni a 



1. d'ulc is... YBL. 

2. Ronaired YBL. (The sign 7 is very freely used in YBL.) cf. SR: 

Adfiasa duit... 

feib leir donralad donim, 

Missi ocus tûssu, a Adaim. 

3. ro faid dia michel YBL. Diarfâid Dia michel SR. 

4. in duileaman YBL. conotruc... doadrad in Duleman SR. 

5. a deilbi-sium YBL. 

6. bud YBL. 

7. iwMwroraid YBL. 

8. in gain ber-sa for nim YBL. cei'n beosa 'coadinduasad SR. 

9. Romla... Dia SR. 



Peannaid Adaim. 25 j 

n-iffirrn, no trianmuinntiri nime ; 7 luss. a parrth«j d'ar n-eisi : 
7 ba so-maineach do beatha iarsiii muno heth cumscugad fort. 

9. « Adbertaim-sea^ frit, a adaim », bar iuitcifir, « cach 
olcc 7 cach im-snim fogebthai, as missi fodera daib ; 7 cach 
olcc dogen, is foraib dogentar, a adaim. Et adbath-su - do 
chlaeinn-siii 5 7 do t'iartraide a cathaib 7 a n-irgalaib 7 a teann- 
taid 7 a teadmonnaib, a ngaUraid 7 a n-imnidaib moraib, cen 
biad-sa forin talmuin, triassin n-imrisin ata adtarinn 7 tusa ». 

Tainic adam asin t-sruth iarsin, iar forbo^ secht la cethorchat 
ann fo aithrig; 7 do chuaid luitcitir uaidib. lArsin ro fagaib î 
adam 7 eba am^nV sin fo meirtin 7 fo mêla. Ro batar di(/m in 
lanamain sin co ceann mbliadna annsin ana n-aenur, can t-sasad 
acht luibe 7 fer in talmun do ithe, am^// cac/; n-anmann ind- 
dligiheach^, 7 uisce dia mbosaib, can edach can teinid for bith, 
acht [a] foscaJ crann 7 a n-uamaib tirma talmudu. FIN[IJT 
amen. 

Alan O. Anderson. 



1. Adberim-sea YBL. 

2. adbYYBL. 

3. dod claind-siu YBL. 

4. iar forbad YBL. 

5. rogab YBL. 

6. acht fér, cuit nan anmanna. SR. 



Revue Celtiqw, XXIV. 



LA CAUSE PROBABLE DE LA PREMIERE LAUTVERSCHIEBUNG 



La première substitution des consonnes, Laùtvej schiebung a 
déformé dans les langues germaniques le consonantisme indo- 
européen. Cette révolution phonétique s'est produite plusieurs 
siècles avant J.-C. Pourquoi un long intervalle la sépare-t-elle 
des phénomènes analogues qui postérieurement se sont effectués 
dans les langues romanes, tels que le changement du t médial 
en d, l'assibilation du t suivi d'/ et d'une autre voyelle, les 
changements de son du c suivi d'f ou d'i, etc. ? 

Ce qui empêche, ou du moins ralentit les modifications iné- 
vitables des langues, ce sont les monuments littéraires appris 
par cœur et conservés invariables pendant une longue suite de 
générations. 

Les Germains ont été, pendant une certaine période, sujets 
des Celtes dont ils n'ont secoué le joug qu'au iii^ siècle avant 
notre ère. Il n'y avait guère alors chez les Germains d'autre 
littérature que les chants de guerre composés en celtique par 
les bardes. Les soldats germains conduits au combat par des 
chefs celtes, les chantaient avec leurs maîtres sans peut-être les 
comprendre. Ces chants s'appelaient barditus, ternie conservé 
par les Germains après leur affranchissement et qui alors désigna 
des chants composés en langue germanique. C'est pendant la 
domination celtique que s'est probablement accomplie la pre- 
mière Lautverschiebung. Ainsi, la domination romaine en 
Grande-Bretagne a précipité la modernisation des langues brit- 
toniques, tandis que l'Irlande indépendante conservait un sys- 
tème morphologique beaucoup plus ancien. 

H. D'A. DE J. 



AR FURNES AC AR JAGRIN 

MORALITÉ BRETONNE 



Le théâtre breton offre la particularité remarquable d'avoir 
conservé jusqu'à la fin du siècle dernier les genres du moyen 
âge^: c'est ainsi que les mystères et les tragédies tirées des 
romans de chevallerie ont continué à être représentés en 
Bretagne, longtemps après que, dans les autres parties de la 
France, la comédie et le drame les avaient supplantés. Le but 
de toutes ces œuvres était d'édifier les auditeurs. A côté de 
ces pièces d'ordre supérieur, il s'en trouvait d'autres d'étendue 
moins considérable, mais qui participaient du même esprit; 
elles correspondent aux débats et aux disputes de la vieille lit- 
térature française. On peut les ranger en deux classes : d'abord 
celle des dialogues comiques, tels que le Débat entre un vieillard 
et un jeune garçon, par Yves Sourimant ; Débat entre un cordon- 
nier et un sabotier, par Yann ar Gwenn ; Débat entre Jean et 
François, par Yann ar Minous-; Dispute entre Paul le fumeur 
et Simon qui ne fume pas^, etc., pour lesquels les Bretons d'au- 
jourd'hui ont encore un goût très prononcé. Ensuite, vient la 
classe des moralités ou débats, pièces didactiques inspirées par 
des idées édifiantes dont il se dégage une morale que peuvent 



1. Voy. Ém. Souvestre, Les derniers Bretons. Paris, s. d., I, p. 233, s. ; 
II, p. 1-108 ; H. de la Villeiiiarqué, Le Grand Mystère de Jésus, Paris, 1866, 
introd. ; Ch. Le Goffic, Le Théâtre breton {L Ame bretonne, Paris, 1902, 
p. 260-283). 

2. Le Goffic, L'dme bretonne, p. 6-12. 

3. Disput entre Paoïil ar butuner a Simon nabutun quel. Ms. de la Biblio- 
thèque nationale de Paris, fonds celtique, no 33, f° 93. s. 



256 Victor Tourneur. 

mettre en pratique les assistants. Ce dernier genre est né seu- 
lement au xV siècle'. C'est dans cette catégorie que rentre le 
morceau dont il va être question. 

La moralité intitulée Ar Fumes ac ar Jn^rin, la Sagesse et 
le Chagrin, est conservée dans le ms. n° 27 du fonds celtique 
de la Bibliothèque nationale de Paris, dont elle occupe les 
folios 67 et 68. Ce ms., qui a été décrit par M. H. Omont^, 
est de la fin du xviii' ou du commencement du xix"" siècle. 
On n'y trouve ni le nom de l'auteur de la moralité, ni celui 
du copiste. 

La pièce est en dialecte de Tréguier, comme il ressort des 
formes trégorroises caractéristiques signalées dans les notes. 
Cependant, les spirantes sont notées d'après l'usage vannerais : 

1 . La spirante gutturale sonore, ordinairement écrite /;, n'est 
pas notée : 

aiio, ij, 28; a}ivet, i, 40, ici; e, 60; eues, 58; /;//_, 14; 
irrie, 4; 0, 2, 16, 104. On trouve toutefois /; : rt) pour éviter 
un hiatus: hini^ 44; ho, 52; />) après l'article henor, 4; c) uni 
à pour représenter w: hoar {= war), 10. 

2. La spirante gutturale sourde, ordinairement notée c'h, 
est rendue de plusieurs manières : cï) à l'initiale par /;: halloud, 
67; hivnarad, i ; hanc, 78; hciis, 29, 69; hondiitor, 58; hoiii, 

53- 

F) à l'intérieur des mots par /; : yehed, 12. 

c) à la finale par ch\ ganuch, 19; iniiyoch, 23 ; och, 17, 33, 
68; peoch, 52; elech, 78. 

De plus, on trouve une forme évidemment vannetaise, f//3 
21, à côté de evit, 72, 81, 90, etc. Pour expliquer ces acci- 
dents et d'autres encore d'une nature plus douteuse et que 
l'on trouvera discutés dans les notes, on pourrait peut-être 
supposer que ce texte trégorrois a été transcrit par un van- 
nerais. 

Quoi qu'il en soit, la métrique a été fort maltraitée par le 



1. Petit de Julleville, Histoire de. la litlcrature française, II, Paris, 1896, 
p. 424. 

2. H. Oniont, Catalogue des mss. celtiques et basques de la Bibliothèque 
nationale, n° 27. Extrait de la Revue Celtique, XI (1890). 

3. Il est à remarquer que la forme eit est nécessitée par la métrique. 



Ar Fumes ac ar Jagrin. 257 

copiste. Les vers avaient douze syllabes à l'origine; dans le 
ms., ils en ont en général plus ou moins. J'ai essayé de les 
rétablir en mettant entre ( ) les syllabes à syncoper et en res- 
tituant parfois entre [] les mots nécessaires pour compléter 
le vers. Quand le remaniement à faire était trop considé- 
rable, j'ai conservé le texte du ms. J'emploie le signe - pour 
séparer les mots qui se trouvent écrits ensemble dans le ms., 
et le signe — pour réunir ceux qui y sont séparés alors 
qu'ils devraient être léunis. 

La traduction qui accompagne le texte s'efforce d'être aussi 
littérale que possible. On voudra bien lui pardonner de n'être 
pas bien française; elle a été foite dans le but de serrer le texte 
breton d'aussi prés que possible. Qu'il me soit permis d'adresser 
également ici mes remerciements à M. René Le Roux qui a bien 
voulu se charger de collationner sur le manuscrit la copie que 
j'en avais prise pendant mon séjour à Paris, et m'a fourni des 
corrections importantes à ma traduction. 



258 Victor Tourneur. 



f" 67 AR FURNES 

Bonjour, ma hamarad so anvet ar Jagrin ; 
setu nin et(a) en-eus rancontret a la lin ; 
drese, me o salud dre leys carante, 
dre-ma m-eump an henor da goseal irrie^ 

AR JAGRIN 

5 -f Me o salud ive, ma mignon (anvet) ar Furnes ; 
ni a so choaset on dau da vean assembles ; 
rac an otrou Doue en deveus lavaret : 
7 Ar Furnes ac a(r) Jagrin a vije mignonet. 

AR FURNES 

Holo ! ma mignon, tavomp breman eur pennad, 
10 rac me voel-e-r(a) aman demp hoar eur hamarad. 

AR jOAUSTED^ (« deu gaul eur voiilail) 

Bonjour ma dau vignon, penos a r(a) o yehed ? 
-|- (a)na h-eus quet plijadur pa voelet ar Joausted ? 

Me ez eo an ini a ve joaus nos, de, 
15 -J- ac (a) laça rejouissans ebars en peb contré. 

Li(vi)rit di-me breman, pa m-eus o rancontret, 

och an(o), o profession, p'ini och eus er bed3, 
-|- (a) neuse, pa m-o cleovet ebars en ber langag, 

m(e) yelo ganuch o-taou, assuret, en beag. 

1. irrie, variante trégorroise de hirio, ici avec r redoublé sans doute 
arbitrairement. Voy. E. Ernault, Petite gratiiniaire bretonne, Paris, 1897, 
p. 55. Dans le Biiei ar pêvar niab Enion, éd. A. L. M. L(édan), Morlaix, 
1882, on trouve indifféremment hirie, par exemple V, 10, 11, etc., et hirio. 
La première forme est souvent amenée par les nécessités de la rime, comme 
c'est le cas ici. Dans Pipi Gonto, de Le Moal, Saint-Brieuc, 1902,- hirie est 
très fréquent. 

2. Joausted est la notation bretonne du français joyeuseté, emprunté par 
le breton ; il signifie ordinairement gaieté, joie, par opposition à chagrin, 
douleur : é chanchct hor chanvou ebars en joaiïstet. Biie\ pêvar ?nab Emon, VI, 



Ar Fuma ac ar Jagrin. 259 



LA SAGESSE 

Bonjour mon camarade (qui) est appelé le chagrin ; 

voilà que nous nous sommes donc rencontrés à la fin ; 

c'est pourquoi je vous salue en pleine amitié, 

puisque nous avons l'honneur de nous entretenir aujourd'hui. 

LE CHAGRIN 

Je vous salue également, mon amie appelée la Sagesse; 
nous sommes choisis, nous deux, pour être réunis; 
car le seigneur Dieu a dit : 
La Sagesse et le Chagrin seront des amis, 

LA SAGESSE 

Holà ! mon ami, taisons-nous maintenant un peu, 

car je vois que nous tombons (venons) ici sur un camarade. 

LA JOYEUSETÉ Vient avec une bouteille 

Bonjour, mes deux amis, comment va votre santé ? 
et n'avez-vous pas de plaisir quand vous voyez la Joyeuseté ? 
C'est moi qui suis celle qui est joyeuse nuit (et) jour, 
et cause des réjouissances en toute contrée. 
Dites-moi maintenant, puisque je vous ai rencontrés, 
votre nom, votre profession, si vous en avez une au monde, 
et alors, quand je l'aurai entendu brièvement, 
j'irai avec vous deux certainement en voyage. 

29, 6. Dans ce morceau, il ressort de toute la pièce que joaiisted signifie 
action de faire la noce ou, pour employer une expression triviale, mais plus 
juste, l'action de rigoler. Comme il n'y a pas de substantif abstrait corres- 
pondant en français à cette idée, j'ai laissé joyeuseté, bien que ce mot ait 
actuellement le sens de « parole ou action plaisante ». 

3. p' ini och eus er hed. J'avais traduit: « que vous avez au monde ». 
M. R. Le Rou.'i me fait remarquer avec raison que si cette traduction était 
exacte, on aurait ^m/, forme trégorroise de pehini et non^' ini. Il faut donc 
croire que p' = pa. La construction régulière serait : pa oc'h eu^ hini er 
bed. 



200 Victor Tourneur. 

AR FURNES 

20 Me cz eo ar Furnes, gant eun Doue crouet 

-|- eit ' servigin d(a) exempl da quement so er bed ; 
drese ta, ma mignon d(i)les ar gouin dinatur^, 
ac e-po er bed man muyoch a blijadur. 

AR JOUAUSTED 

Ma evit ganide me ne gosein quen, 
25 a ne rin quet er pas3 er bed man birviquen; 

a me fel din dansai, efa, ober cher-vad, 

a ne delesin birviquen ar voutaillat. 

At(e) ive, ma mignon, lavar din da ano, 

petore vocation a h-eus-te er vro, 
30 a me assur dide, assur, mar d-out den, gue-^l 

e-tevin da suiva ebars en peb contré, 

AR JAGRIN 

Me a so, ma mignon, gant ma salver devin, 
er bed man antier(a)mant lesanvet ar jagrin, 
pini a so choaset da vean quam(a)ret ar furnes, 
35 drese e vemp on daou atao assembles. 

AR JOAUSTED 

Ma mignonet, dileset och anoys, o taou, 
a deut da imitan an divertess(a)manchou, 
car me a so pinvidic er bed man a bep tra, 
en aour ac en archant — treo deus a-re vravan. 

AR FURNES 

40 Quement-se, ma mignon anvet ar joausted, 

(a) s(o) eun doneson o h-eus digant Salver er bed ; 



1. eit, forme vannetaise de evit, dont k présence est nécessitée par la 
métrique. On pourrait rétablir evit en syncopant le premier / de servii^iii. 

2. dinatur, contre nature Cf. tad dinatur, Biie:{ pèvar iiiab Etnoii, VI, 22, 

3 . a ne rin quet er pas. J'ai traduit : et je ne marcherai pas ; er fait difficulté ; 
faut-il le prendre pour la forme vannetaise de l'article? ou, est-ce la prépo- 



Ar Fumes ac ar Jagrin. a6l 

LA SAGESSE 

Moi je suis la Sagesse, créée par Dieu l'Unique, 

pour servir d'exemple à ceux qui sont au monde ; 

c'est pourquoi, mon amie, abandonne donc le vin contre 

et tu auras dans ce monde plus de plaisir. [nature, 

LA JOYEUSETÉ 

Mais, pour toi, je ne te parlerai plus, 

et je ne marcherai jamais (avec toi) en ce monde ; 

et je veux, pour moi, danser, boire, fliire bonne chère, 

et n'abandonnerai jamais la bouteille. 

Et toi de même, mon ami, dis-moi ton nom, 

quelle vocation tu as sur la terre, 

et moi je t'assure, t'assure, si tu es un homme, va ! 

que je viendrai te suivre en n'importe quelle contrée. 

LE CHAGRIN 

Moi, je suis, mon amie, par mon sauveur divin 
dans ce monde tout entier surnommé le chagrin 
qui est choisi pour être le compagnon de la sagesse; 
c'est pourquoi nous sommes toujours ensemble. 

LA JOYEUSETÉ 

Mes amis, abandonnez vos ennuis tous deux, 
et venez imiter les divertissements, 
car je suis riche en ce monde de toute chose, 
en choses d'or et d'argent que j'ai les plus jolies. 

LA SAGESSE 

Cela, mon amie appelée la Joyeuseté, 

est un cadeau que vous tenez du Sauveur du monde; 



sition er avec l'article? dans ce cas. il faudrait traduire : je n'irai pas au pas 
(avec toi). Peut-être est-ce tout simplement une faute de copie pour l'article 
indéfini eu/- : je ne ferai pas un pas (avec toi) dans ce monde. 

4. gue, interjection qui ne se trouve ni dans Le Gonidec, ni dansTroude. 
Elle marque l'enthousiasme. Cf. Kanaoïiennou Kerne, Brest, 1900. p. 46 : 
ettr boiin soun, ha racial, potred, fringal ! gué. Elle me parait se rendre assez 
bien pour va ! allons ! 



202 Victor Toiunenr. 

7 drese, grit gante [eur] usag vad, ma mignon, 
y p(e) abars fin o pu(e) o pezo queun ^ en-o calon. 

AR JOUAUSTED 

Sellet m(a) abit en quichen a hini o taou, 
45 ac evelfet neus-e- ; a ne d-on quet otro ? 

■f Nan, ne n-eus quet er bed, [a]man, ma mignonet, 
eur vro ane ve quet anavat ar Joausted. 

AR JAGRIN 

Dioualit, ma mignon, de3-neus glorifian re, 
-J- pe-otramant e coefet er4 memeus paner gane ; 
50 rac ar mad(o) alies a dremen dreist peb ini5, 
f° 68 f a goud(e) [alies] chom d-o bisitan en-o zy. 

AR JOAUSTED 

Roit peoch da-m descouarn, ma mignon, me ho ped; 
houi a gont ase cojou, ne intentan quet; 
rac m(e) a-m-eus commancet, assur, eur vicher vad, 
55 ac a heuillin atao abred pe devoead^. 

AR JAGRIN 

Lavar din, ma mignon anvet ar Joausted, 
a te sonj alies en-or Salver beneguet ? 
Enes e(o) or souveren ac iv(e) hor hondutor 
partout, dre ar bed, var douar a voar vor. 

1. queun, regret, aujourd'hui écrit keùu, forme trégorroise du léonard 
keûi, regret. Cf. E. Ar Moal, Pipi Gonto, p. 24: « ne chôme ket gantan 
nemet... eur c'hi hag eur marc'h, hagen evoa hanvet ane, ar c'hi Kcun, hag 
ar marc'h, Diene\, o laret aiiez, 'n eur sonjal d'e amzer dremenet, ne chôme 
netra gantan nemet l;eun ha dienez ». M. R. Le Roux me signale une alter- 
nance analogue entre le léonard khi'ti, clôture, et le trégorrois Mcuit. Dans 
l'article qu'il consacre à ce mot, Le Gonidcc donne la forme kkun pour la 
Cornouaille et attribue au trégorrois la variante klcù. 

2. Le manuscrit porte neiise en un seul mot, ce qui semble à première 
vue être l'adverbe neuse, alors ; mais evelfcd demande un complément direct ; 
il est donc probable qu'il faut chercher celui-ci dans ueuse, puisque, dans la 
phrase, il n'y a pas d'autre mot qui s'y prête ; il est donc, vraisemblable que 
neuse est pour an neus-^e, abrégé d'abord 'n neu-^-^e, puis l'article a disparu 
totalement, de même qu'une des deux s, parce que le scribe laisse générale- 
ment tomber l'une de toutes les lettres doubles. 



Ar Furnes ac ar Jagrin. 265 

c'est pourquoi faites-en bon usage mon amie, [cœur. 

ou, avant la fin de votre vie, vous aurez du regret dans votre 

LA JOYEUSETÉ 

Voyez ma manière de faire à côté de celle de vous deux, 
et imitez cette façon. Est-ce que je ne suis pas un seigneur? 
Non, il n'y a pas en ce monde, mes amis, 
une terre où ne soit pas connue la Joyeuseté. 

LE CHAGRLV 

Prenez garde, mon amie, à cette façon de trop vous vanter, 
ou autrement vous coifferez le même panier que moi, 
car les biens souvent passent au-dessus de tout le monde, 
et après, cessent souvent de les visiter dans leur maison. 

LA JOYEUSETÉ 

Laissez la paix à mes oreilles, mon ami, je vous prie ; 
vous dites là des paroles que je ne comprends pas. 
Car j'ai commencé vraiment un bon métier, 
que je suivrai toujours tôt ou tard. 

LE CHAGRIN 

Dis-moi, mon amie appelée la Joyeuseté, 

est-ce que tu songes souvent à notre sauveur bénit ? 

C'est celui-là qui est notre souverain et aussi notre conducteur, 

partout de par le monde, sur terre et sur mer. 



5. de paraît être la forme vannetaise de la préposition da. Cependant le 
verbe dkualloiit se construit surtout avec diouch et eû^. Peut-être pourrait- 
on lire le vers : dioiialit, ma mignon den, eus glorifiaii re, prenez garde, 
mon amie (qui êtes) homme, de trop vous vanter. Le chagrin insisterait 
sur cette qualité d'homme, parce que celui-ci est toujours tenté de se vanter. 

4. er paraît bien être ici la forme \^nnetaise de l'article ar. 

5. dreist peb ini au-dessus de tout le monde, c'est-à-dire à portée de tout 
le monde. 

6. abred pe devoead, tôt ou tard, léonard dive^ad ; devoead est la forme tré- 
gorroise (vo = w), aujourd'hui divead, diwead, dinad. ahret pe diveat. Bi4e:i 
pévar mab Emon, V, 1 1 , 69 ; rac ne vemp diveat, ibidem, VI, 9, 2. Cf. Quellien, 
Annaik, an hccl oa ku'^a diwad. 



264 Victor Tourneur. 

AR JOAUSTED 

60 Ja, en doue Baccous, ac cn-e Seleno, 
pini a brocur di-me bemde e liqueurio ; 
pa ven asseet deus toi o tibri, och cfan, 
ne songean quet en Doue a gomsit anean. 

AR FURNES 

-j- Couscoude, [liep]^ anesan, ni ne domp netra, 
65 car en doeus crouct quement so er bcd man, 
ar paour ac ar pinvidic, en eur gir, tout; 
n(e) allomp ober netra panevert e halloud. 

AR JOAUSTED 

Me a guiniad ouz och breman, ma dau vignon, 
pa voelan no h-eus quet er^ memeus oppinion. 
70 -|- Doue d-o conduo partout dre ar bed, 
■f car me a so eus al gont3 ma joausted. 

AR BAURENTE 

Me a so voar ar bed man, ya da hras Doue, 
anavat partout evit bean ar baourente 
y ac er4 [memeus] istant ma voan bet ganet, 
75 e commansis eno as — ractal da redeq ; 
ne n-eus bro oloed dre ar bed en antier, 
a guement ne meus quet baleet en peb quartier; 
a partout e-lech m(a) hane cavan, mignonet, 
-|- ac a bartag o maleur ganin, evel ma z-eo gleed 5. 
80 Drese, ma mignonet, bezit sur a sertin, 

■\- evit ar Joausted, memeus preparet eur chaden ; 
ac eur veag ma veso gani-me chadenet, 
me assur n(e) allô nemert eun nebeut redeq : 

1. Il faut restituer hep dans ce vers, sans quoi la phrase ne se comprend 
pas. La métrique indique d'ailleurs qu'une syllabe est tombée. 

2. er forme vannetaise de l'article. 

3. car vie so eus al goiit ma joausted. eu^ ou Jjciq, terreur, épouvante, tne 
so eus, j'ai peur; al go)it, al est composé de la préposition a et de l'article, 
ordinairement ar, ici sous la forme al, ce qui ne se présente généralement 
que devant / ; gont, forme trégorroise affaiblie à l'initiale parce que féminine, 
de kount, Compte; al gont signifie donc au compte de. Le vers doit donc se 



Ar Farnes ac ar lagrirt. 265 

LA JOYEUSETÉ 

Oui, au dieu Bacchus et à son Silène, 
qui me procure chaque jour sa liqueur ; 
lorsque je suis assis à table à boire (et) à manger, 
je ne songe pas à Dieu dont vous parlez. 

LA SAGESSE 

Cependant, sans lui, nous ne sommes rien, 
car il a créé ce qui est dans le monde, 
le pauvre et le riche, en un mot, tout ; 
nous ne pouvons rien faire sans sa puissance. 

LA JOYEUSETÉ 

Je cède devant vous maintenant, mes deux amis, 
puisque je vois que nous n'avons pas la même opinion. 
Que Dieu vous conduise partout de par le monde, 
car j'ai horreur (de vous) pour ma gaieté. 

LA PAUVRETÉ 

Je suis sur ce monde, oui, par la grâce de Dieu, 

connue partout pour être la pauvreté, 

et au moment même où je naquis, 

je commençai là tout de suite à courir; 

il n'y a pas de terre cachée dans le monde entier 

que je n'aie parcourue dans toutes ses parties ; 

et partout, à l'endroit où chante la corneille, amis, 

elle partage aussi son malheur avec moi, comme c'est dû. 

C'est pourquoi, mes amis, soyez sûrs et certains, 

(que) pour la Joyeuseté j'ai préparé une chaîne, 

et une fois qu'elle me sera enchaînée, 

je (vous) assure qu'elle ne pourra courir qu'un peu. 



traduire : j'ai horreur (de vous) pour le compte de ma gaieté, c'est-à-dire 
ma gaieté vous a en horreur. 

4. er, le ms. porte en qui est la forme requise devant istant. 

5. gleet, correspondant trégorrois du léonard dleet, aussi usité en trégor- 
rois : evel ma é dleet, Bue:(^ pévar mab Emoii, VI, 16, 14. Cf. l'expression 
trégorroise tennan gîé, contracter une dette. E. Ernault, Glossaire moyen 
breton, Paris, i89)-i8-)6, p. 190. 



266 Victor Tourneur. 



AR FURNES 



Dcnip ive en hent, ma mignon ar Jagrin 
a pedomp assembles on Salver devin 
da-tont er bed man partout, en peb contre 
f da rei e ven(e)diction voarnomp a (voar) on ligne. 

f° 68^ AR JOAUSTED, €11 pÙOUr 

A piou anije la(va)ret en amser basseet 

e vijen me bed quen miserabl reduiset ? 
90 Despignet eo ma mado a pinvidegues al, 

och evit an deboch ac ar vue criminal. 
-|- Bean so sur, eur pennad (amser) e voa din la(va)ret, 

gant daou gamarad em-oa bet rancontret. 
-|- Penos a vije bet cruet (ganin) — a dra serten, — 
95 ar pes a so eruet ? Pa ra Doue din scler(i)gin, 

reson so da lavaret : penos ar mado 
-|- ne chomje (quet) atao gant ar memeus, met ma Otro ? 

mes me a-voel eru amon ma mignonet; 

mont a ran do sal(u)din gant enor a respect. 

{Liant a iront o-:^;'/.) 

AR BAOURENTE 

100 Ebien, ma mignon, lavaret a rcn guevier? 
-|" Setu on honpagnon [so] rentet en miser ; 

en pini gœchal a voa anvet ar Joausted, 
-|- Setu (rentet) en-eur état pitoyable meurbed. 

AR JOAUSTED 

f O Doue ! ma mignon, [breman] m(e) a m-eus song mad, 
105 en-o comsio prudant a memeus diriad ; 
me carjen bean bet heuillet och avisiou 
'|- nije quet tolet ar baourente voar-n-on - e ' hriffo. 

I . voarnoue est écrit en un mot dans le manuscrit ; c est vraisemblablement 
l'adjectif possessif se rapportant à hriffo; on pourrait peut-être aussi supposer 
que voar-n-on-e = voar-n-on-me, et traduire: la pauvreté n'aurait jamais 



Ar Fumes ac ar Jagiin. 267 

LA SAGESSE 

Mettons-nous donc en chemin, mon ami le Ciiagrin, 
et prions ensemble notre Sauveur divin 
de venir en ce monde partout, en toute contrée, 
pour donner sa bénédiction à nous et à notre lignée. 

LA JOYEUSETÉ, sûisie de peur 

Qui aurait dit dans le temps passé 

que j'aurais été si misérablement réduite ? 

Mes biens et mes autres richesses sont dissipés 

par la débauche et la vie criminelle. 

Qu'il en serait certainement ainsi, il y a peu de temps cela m'a 

par deux camarades que j'avais rencontrés. [été dit 

Comment pourrait m'étre arrivé, — et (c'est) chose certaine, 

ce qui m'est arrivé.? Lorsque Dieu agit pour m'éclairer, 

il y a lieu de dire : « Comment les biens 

ne resteraient-ils pas toujours au même sans mon Seigneur? 

Mais je vois arriver là-bas mes amis : 

je vais les saluer avec déférence et respect. 

(JJs vienne ni eux irois.^ 

LA PAUVRETÉ 

Eh bien ! mon ami, ai-je dit des mensonges ? 

Voilà notre compagnon [qui est] rendu dans la misère; 

lui qui autrefois était appelé la Joyeuseté, 

le voilà rendu en un état très pitoyable. 

LA JOYEUSETÉ 

Dieu ! mon amie, maintenant je songe bien 

à vos paroles prudentes et même bien séantes ; 

j'aimerais à avoir suivi vos avis : 

la pauvreté n'aurait jamais porté ses griffes sur moi. 



jeté de griffes sur moi-même. Mais la première interprétation me paraît 
préférable. 



268 Victor Tourneur. 

AR FURNES 

Rentomp grasso da Doue, an eil ac cguile, 
a goulennomp digantàn rouanteles an ev; 
1 10 ac, er mcmeus amser, ass(i)stans e vam Mari 
pini a so atao ev(i)domp tout o pedi ^ 

AR MARO 

Me [a]so deut aman cbars an-eternel, 
da anonsi d-ech-tout penos eo red mervoel ; 
rac gont a rit er fad quement den so ganet, 
115 a renquo sur quitad divaad^ pe abred. 

Na furnes, na jagrin, joausted na modestie 
n'allo quet rajestan3 pa aruin en-o zy. 
A qucrcouls paourente a memeus ar glacliar 
a renco tont mervoel a quitad an douar. 

120 Setu aman breman, compagnones ar fin 

■j- doe an tamiq discour (entre) ar Furnes ac (ar) Jagrin, 
a neuse ar Baourente ac ive Joausted, 
péré dre ar Maro a so ol destruget. 

Vcrviers, le 10 juin 1903. 



1. pedi. Le ms. donne une n finale. La rime et l'orthographe habituelle 
de cet infinitif indiquent qu'il faut lire pedi. 

2. divaad pour divocad, voy. 55. 

3. rajestmi, ce mot ne se trouve ni dans Le Gonidec, ni dans Troude, et 
il ne me souvient pas de l'avoir jamais rencontré. C'est probablement un 
vieux mot (qui ne figure pas dans le Glossaire moyen breton de M. E. Ernault), 



Ar Fumes ac ar Jagrin. 269 



LA SAGESSE 

Rendons grâce à Dieu l'un et l'autre, 

et demandons lui le royaume du ciel, 

et en même temps l'assistance de sa mère Marie, 

qui prie toujours pour nous tous. 

LA MORT 

Je suis venue de la part de l'Éternel, 

pour vous annoncer à tous qu'il faut mourir; 

car vous savez très bien que quiconque est né 

devra certainement s'en aller tôt ou tard. 

Ni sagesse, ni chagrin, joyeuseté, ni modération 

ne pourra résister quand j'arriverai dans leur maison, 

et d'ailleurs, la pauvreté, et même l'affliction, 

préparent l'arrivée de la mort et l'abandon de la terre. 

Voilà maintenant, compagnon, la fin 
qu'eut le petit discours entre la Sagesse et le Chagrin, 
et ensuite la Pauvreté, et encore (Lf) Joyeuseté, 
qui sont tous détruits par la Mort. 

Victor Tourneur. 



emprunté au français résister. Pour la transformation de s en /, cf. pJijachtr, 
plaisir. Cependant, il est à remarquer que le français résister a été emprunté 
récemment par le breton sous la forme reiista. Voy. par exemple ii'aUan 
)iiui re:^ista. Biie:^ ar pèvar map Emoii, VI, 27, 25. Si l'explication proposée 
est exacte, le même mot français aurait été emprunté par deux fois par le 
breton à des époques différentes. 



Revue Celticjue, XXIV. 19 



THE WOOING OF LUAINE 
AND DEATH OF ATHIRNE 



The following taie is taken from two fourteenth ccntury 
mss., the Yellow Book of Lecan (Y) and the Book of Bally- 
mote (B), which hère agrée so closely that both copies seem to 
hâve been made from the same codex. But the scribe of the 
Book of Ballymote has modified the spelHng of his ori- 
ginal a little more than the scribe of the Yellow Book. The 
taie belongs to the Conchobar-cycle of romance, and turns on 
the Irish belief in the supernatural power of oftended poets. 
It thus aftords a parallel to the story of Néde and his uncle 
Caiar as told in Cormac's Glossary, Codex B, s. v. gaire, 
and printed with an English translation in Three Irish Glos- 
saries, London, 1862, p. xxvi-xxx. It is now for the fîrst time 
edited, with the omission of some uninteresting and occa- 
sionally incompréhensible verses ; but O'Curry gave a précis 
of it in his Manners and Cusloms, III, 373. This précis is both 
inaccurate and incomplète. To support the statement that 
Luain (as he miscalls the heroine Luaine) was « brought 
in triumph to Emania, where she was solemnly espoused by 
the King, after which happy event he soon forgot his grief 
and recovered his cheerfulness », there is not a word in the 
Irish story, which tells the girl's sad fate and the punishment 
of her murderers with brief and stern simplicity. The ven- 
geance taken by the Ulstermen on the lustful poet and his 
sons -was to wall them in (somewhat like unchaste vestals 



The Wooing of Liiaine and Death of Athirne. 271 

and nuns), and then to burn tbeir fortress. O'Curry sofcens 
this down to « they killed, not only himself, but bis two 
sons and bis two daugbters, and levelled tbe bouse witb tbe 
ground. » D"' Atkinson also, in tbe « contents » prefixed to tbe 
facsimiles of tbe Yellow Book and tbe Book of Ballymote, 
bas made a précis of our story ; but, like O'Curry, be omits 
ail mention of tbe lengtby interpolation wbicb mars its conti- 
nuity. Tbis interpolation gives an account of tbe four Ma- 
nannâns, and of tbe dealings of Mananndn son of Atbgno witb 
tbe men of Ulster after tbe deatbs of Derdriu and ber lover. 
It contains some détails wbicb I bave not met elsewbere, and 
wbicb supplément tbe tragic taie of tbe sons of Uisnecb. 

The rarer w^ords of our story are collected in tbe glossarial 
index. 

W. S. 



l~2 Whitley Stokes. 



TOCHMARC LUAIiNE 7 AIDEDH AITHAIRNE ANDSO ' 

[YBL.. col. 8S0 =: Facs., p. 177".] 



1. Bai Ct'//cobar mac Nt'sa i ciimix 7 i toirrsi 7 i ndomt'/zmain 
dermair iar n-ec Derdrindi uadh, 7 ni thlathaiged- nach ni a 
mt'/nnain do cheol no d'athlas nô d'aibn///5 nô d'airtidt'Jii (or 
domun, acht a he/7h dubach dobronach tria bithu sir. Ro badar 
maithi \J\ad ïc a rad fris coiced Erciin do shiredlT ^ dus in 
foiglibed inti ingen rig }iô flatha do dic«/rfed uad c//ma Derdrindi. 
Ro faem-sam sin. 

2. Tucaid a da eclilaig chuici .i. Leb//rchani Ingcii Ai 7 
Adairci 7 Lebî<rcham Rannach ingcn Uangamna. Ba dochraidli 
tra 7 ba haidt'% delba na n-ech\acb sin 4... 

3 . Ro shirsed in da echlach iarsin Eirinn etir dunai 5 7 degbaili, 
7 ni fuaradar intib mnai n-aentuma ro coisced cnma Concho- 
hair. Dorala tra Lehurchain ingen Ai 7 Adairci ïor sid Doman- 
chind maie Degad lii coiced Ulad fesin, 7 adcoimairc ingin caim 
chendchais cuchtglain ro derrscaig do mnaib domuin i comre 
fria .i. Luaine ingen Domainchind. Rofiarfaig^Lebatrc^ûî;;/ coicli 
in ingen. INgen Domainchenn maie Degad, ar siad. Adbcrt 
Lthnrchani conidh he Concohar ro lai si dia hiarair/ do, air isi 
sin oen-ins'en ro gab moda Derdrinni ïnirri a n-Erinn, ciir cruth 



1. The title is takcn from the Book of Ballvniote, p. 25724. 

2. thlâthaighe dh B. 

3. sirthain BB. 

4. Hère I omit ninety-six alliterative hendecasj'llabic lines, each ending 
in a trisyllable accented on the antepenuh, and describing Conchobar's 
two she-messengers. 

5. duine B. 

6. Rofiai-faid Y. B. 

7. hiarraidh B. 



The Wooing of Liiainc and Death of Athirne. 273 



THE WOOING OF LUAINE AND THE DEATH 
OF ATHIRNE HERE 



1. Aftcr Derdriu's death from him ' Conchobar mac Nessa- 
was in grief and sorrow and exceeding great déjection; and 
noLight of music, or hrightness, or beauty, or delight in the 
world appeased his spirit, but he was ever and always sad and 
mournful. The magnâtes of Ulster were telling him to search 
the provinces of Erin if perchance he might find therein the 
daughter of a king or lord, who would drive away from him 
his grief for Derdriu. To that he assented. 

2. His two messengers were broughtto him, namely Lebar- 
cham, daughter of Ae and Adarc3, and Lebarcham Rannach, 
daughter of Uangamain. Hideous indeed and horrible were 
the forms of those messengers... 

3. Then the two messengers searched Erin, both forts and 
goodly towns, and in them they found no unmarried woman 
who could heal Conchobar's grief. Now Lebarcham, daughter 
of Ae and Adarc, chanced on the dwelling of Domanchenn son 
of Dega in the province of Ulster itself, and there she beheld 
a maiden loveable, curly-headed, pure-coloured, who surpassed 
the world's women in her time, namely, Luaine daughter of 
Domanchenn. Lebarcham asked whose daughter she was. « The 
daughter of Domanchenn son of Dega», they answer. Lebar- 
cham said that it was Conchobar who had sent her to seek 
Luaine for him, for she was the one girl in Ireland who had 
upon her the ways of Derdriu, both in shape and sensé and 



1. see Ir. Texte, I, 82 ; Ils, 150, 177. 

2. see Riv. Celtique, XXIII, 331. 

3. ingen Oa 7 Adairce, Scirgl. Conculainn, § 4. 



274 Whitlty Stokes. 

7 chell 7 lamdai. IS maith sin, for a hathair, 7 faemaid amJaid 
sin tarceann' tochra dingbala di. 

4. Tanic inn echlach co hairm i roibi Concohar, 7 adfet do 
scela na hino'///t', ft);/ad and asLwt : AdfO?/narcsa and am, ar si, 
ingin 

minalaind mrtcdacht mongbuidi, yrl. 

5 . Ro lin tra hirna do serc- na hinginc, 7 ni ro damair do co 
ndechaid fen diafeg-forcsin. Odfo;?[n]airc iar//m aningenni bai 
cnaim met n-ordlaig ann na ro lin searc sirbuan na hingine. 
Ro naisatih do inn ingen iardain, 7 ro naisc^^ tochra na hingine 
fairseom, 7 ro sai co hEamain afrithisi 'na frithing. 

6. Isanaimsir sin dodechaid Manannan mac Athgno, ri 
Manand 7 Insi Gall, morloinges moradhbal d'innrad 7 d'argain 
\J\ad do digail mac n-Uisnech forro, uair is e in Manannan sa 
ro bo cara doibsium, 7 is e ro ailestar cland Naisen 7 Deirdrinni 
.i. Gaiar in mac [col. 882] 7 Aibgrmi an ingen. 

7. Robadar .iiii. Manannan and 7 ni in enaimsir dobadar. 
Manandan m^c Alloit, drai an do Thuathaib de Danann, 7 a 
n-aimsir Tuaithi de Daiiann robai. Oirbsean imjiiorro a ainm 
diles. IS e in Manandan sin ro bai a n-Araind, 7 as fria side 5 
adbfrar Eamain Ablach, 7 is e ro marbad i cath Ciiilleann la 
hUilleann Abradruad4 mac Caithir mcic Nuadad Airgedlaim > i 
cosn«m righi Connacht, 7 intan roclas a adnocol is ann ro me- 
baid Loch nOirbsen fo thir, coind uad ainmnight/;^- Loch 
nOirbsean in c^^'Z-Manannan. 



8. Manannan mac Cirp, ri na n-Indsi 7 Manann, 7 a n-aimsir 
Conâ'ire meic Etirsceo'û ro bai side, 7 is e dorigne tochmarc 



1. arcenn B. 

2. seirc B. 

3. is fria sidein B. 

4. Uillend Farburderg, Rev. Cell., XVI, 276. 

5. Rev. Celt., XV, 325; XVI, 308. 



The Wooing of -Liiaine and Death of Athirnc. 275 

hnndiness. « That is well », says her father; and thus he 
accepts in considération of a proper bride- price to her. 

4. The messenger came to the place where Conchobar was 
biding, and tells him ihe tidings of the girl ; so then she 
said : « There I beheld a maiden 

gcntle-beautiful, ripe for marriage, yellow-haired, etc. '. 

5. So love for the girl filled his brain(?) and he could not 
bcar not to go himself and see her clearly. Now when he 
beheld the maiden there was no bone in him the size of an 
inch that was not filled with long-lasting love for the girl. She 
was afterwards betrothed to him, and the maiden's bride-price 
was bound upon him, and he turned back again to Emain. 

6. At that time came Manannan son of Athgno, king ot 
Mann and the Foreigners' Isles, with a vast sea-fleet, to raid 
and ravage Ulster and take vengeance on it for the sons of 
Uisnech ; for this Manannan had been a friend of theirs, and 
'tis he that fostered the children of Ndisi and Derdriu, to wit, 
Gaiar the son and Âib-gréne the daughter. 

7. There were four Mananndns, and not at the same time 
were they. 

Manannan son of Allot, a splendid wizard of the Tuath dé 
Danann, and in the time of the Tuath dé Danann was he. 
Orbsen, now, (is) his proper name. 'Tis that Manannan who 
dwelt in Arran, and from him Emain Ablach is called, and 'tis 
he that was killed in the battle of Cuillenn by Uillenn of the Red 
Eyebrows, son of Caither, son of Nuada Silverhand, contending 
for the kingship of Connaught. And when his grave was dug, 
'tis there Loch n-Oirbsen- broke forth under the earth, so 
that from him, the first Manannan, Loch n-Oirbsen is named K 

8. Manannan son of Cerp, king of the Isles and Mann. He 
was in the time of Conairc son of EtirscéH, and 'tis he that 

1. Hcre I omit about fifteen rhetorical lines (mostly hendecasyllabic, 
ending in a trisyllable) in which Luaine is associated witli legendary 
beauties and compared to Clothru, to Sadb daughter of Ailill and Medb, 
to Emer, to Medb, to Mugaine. 

2. now Lough Corrib, co. Galway. 

5. See the dindsenchas, Rev. Celt., XVI, 276, and as to this Manannan, 
Rev. Celt., XVI, 145. 

4. See the Bruden Dâ Derga, Rev. Celt., XXII, pp. 20 et seq. 



276 Whitley Stokes. 

Tuaide ingine Gwaill Collamrach dalta Gwairi, 7 is uaiJi ainm- 
nighthcr Tuagh inb^r. 

9. Manannan mac lir .i. cendaigi am/a rohai dir En;/;/ 7 
Alhdinj Manaind, 7 drai side beos, 7 as e luamairi as dech. bai 
ac tathaigi' Erenu he, 7 is e rofindad t/ia nemgnacht t/ia dech- 
sain in aeoir airet no heth in tshuithnend nô in duithneann, 
7 de aen Manannan no;;//«abat//r, et ideo Scoti et Britones eum 
deum maris uocauerunt, etinde filium maris esse dixerunt ma^ 
ut deuni;, et ideo adorabatur a gentibwj ut deum, quia 5 transfor- 
ma(u)it se in multis formis pcr gentilitatem. 

10. Manannan m^c Athgnai in ceathromad Manann. Is e 
tainic in raor-loinges do dighail mac n-Uisnig, 7 is e ro fothaich 
meic Usnich a n-Albflf/;z. Se bli(7i/;/a dec robadar mcic Visiiig i 
n-AIbi7/;/ 7 ro gabsad o Manaind fothuaid don Alpaiii, 7 is iad 
ro indarb tri meic Gnathaii meic Morgaind .i. latach 7 T/'iatarii 
7 Mani Lamgarb, asin ferann sin, uair is aca n-athair ro bai for- 
lam//5 in tiri sin, 7 is iad mcic Uis///Vro marb eside. Co tangadar 
in triar co Co;zcobar ior indarba, con'id iad ro marb tri mcic 
Uis;//V f/'i laim Eoghain mcic Durrthacht. 



11. Ragob4 t/'a Mananua)! ïor fogail co mor inn Vlad. Ro 
thinoilsed Ulaid do thabrt//t catha do Manannan. Asb^rtadar 
\J\aid nar'bo maith fir catha Cojicohairïr'i meic Naisin. Doronnad 
imluad sida ctarru 7 Manannan 7 as 5 e ro cuircd re hadaid in 
tshida 7 an aithisc .i. Bobaran fili .i. aidi Gaiair mcic Naisen. 
IS and asb^Tt Bobaran : 

Gaiar mac Naisen co mblaid. dalta Manannan morglain, 
is aire tanic aile, do indrad in tiri se. yrl. 

12. [col. 883, 1. 4] Et doronnad sid ctir Manannan 7 ca- 
radrad re^ Concob^r andsin, 7 daradad eraic a athar do Gaiar 

1. tathaide Y.is e luamaire aisdeach bai ic tathaide B. 

2. The Latin is hère so corrupt that I cannot correct it. See Cormac's 
glossary, s. v. Manannan. 

3. ar Y, B. 
4 Rogab B. 

5. is B. 

6. fria B. 



The Wooing of Liiaine and Death of Athirne. i-j-j 

v7oced Tuag daughter of Conall CoUamair, Conaire's fosterson, 
and froîri her Tuag Inber is named ^ 

9. Manannan « son of the sea », to wit, a famous marchant 
who traded between Erin and Alba and the Isle of Mann. 
He was also a wizard, and 'tis he was the best pilot who was 
frequenring Ireland. 'Tis he too thatwould find out by heavenly 
science (i. e.) by inspecting the air, the time there would be 
fair weather or storm, and Manannan was named àea en {J), et 
ideo, etc. 

10. Manannan son of Athgno was the fourth Manannan. 
'Tis he that came with the great fleet to avenge the sons of 
Uisnech, and 'tis he that had supported them in Alba. Sixteen 
years were the sons of Uisnech in Alba, and they conquered 
from Slamannan - to the north of Alba; and 'tis they that 
expelled the three sons of Gnathal son of Morgann, namely 
latach and Triatach and Mani Rough-hand, from that terri- 
tory, for their father held sway over that land, and it was the 
sons of Uisnech that killed him. So the trio came in exile to 
Conchobar, and 'tis they that killed the three sons of Uisnech 
as deputies of Eogan son of Durthacht '. 

11. So Manannan fell to plundering Ulster greatly. The 
Ulstermen gathered to give battle to Manannan. They said 
that Conchobar's ordeal of battle against the sons of Nâisi was 
not good. A movement of peace was made between them (the 
Ulstermen) and Manannan ; and Bobardn the poet, the fosterer 
of Gaiar son of Nâisi, was sent at the time of the peace and 
the answer. Then said Bobardn : 

Gaiar son of famous Nâisi, fosterling of great-pure Manannan, 
therefore he came hither, to raid this country, etc. 

12. And peace was then made between (Conchobar and) 
Manannan, and friendship with Conchobar; and the eric for 



1. See the dindsenchas, Rtv. Ceît., XVI, 150. 

2. See Rev. Celt., XXIV, p. 42, note i. Slamannan {SJiab Manann) is a 
parish « on the south-east of Stirlingshire » (Reeves). 

3. See Ir. Texte I, 76, where the murder is ascribed to Eogan, and Ir. 
Texte II2, 143, 170, where the slayer is called Maine Redhand. 



278 Whitley Stokcs. 

doreir tig^mnd UW, 7 ro Iccthea in dias aile .i. Annli 7 Ardan, 
anagaid enigh Concohnir. Tuc^d tricha cet Liathmainedofcrann 
do Gaer ^ .i. ttvann Dubthaich Daelthengthaig-, ar ro bai side 
for coazd i tarrad Fergn^a fri Ul/w, 7 ro scarsad fo sid amlrt/W 
sin, 7 badar caraid iad asa haithli ^ sin. 

13. Dala Luainc ïminonv, is cd cestnaigt/;rr sunn coleic. 

14. O rochuala Athairni Ailgisach 7 a da mac À. Cuind- 
gedach 7 Apartach, dalana hingine do denam fri Conchobar, 
\oxar side do athchuindgid for an ingin d'iarraid asceth {iiinï. 
Odchonncadar iar«m in ingin doradsad a triur grad di, 7 ro 
lin a serc iad conar fear[r]-di doib heith a mb^/haid4 mam chom- 
raicdis fria. Ro gabadar maseach oc guidi na hingine 7 adu- 
bradar na hehs ina mb^fhaid 7 co ndingnidis glam dicind cach 
fir di mana aentaifred friu. 



15. Asbcrt an ingen ni cubaid daibsi sin da rad, ar si, 7 me 
do mnai ic Concobi^r. 

Ni fetmaidne bt'//h beo, for siad, matn comraicem fritsu. 

Opais an ingen a comlebaid. Doniad son d\dutn haera disi, 
co ro £icaibsit tri bolga for a gruaidib .i. On 7 Ainim 7 Aithis 
.i. dub 7 dt'rg 7 ban. 

Adbath d'idu in ingeii do teli 7 do nairi iartain. 



16. Ro thech d'uiii Athairni coni nirtcaib iartain co Benn 
Athairni os Boind .i. ar rob ecail lais a indeochad fair o Con- 
chobar 7 o DWlaib in gnim doroindi. 

17. IMthwja Co?;coba/r miniorro. Fada laiside can feis le 
mnai. Dodechaid side co maithib \Jlad aroen fris .i. Conùll 



1. Gaiar B. 

2. see C6ir Anmann, § 263, Ir. Texte, III, 398. 

3. asathaitli B. 

4. nambethaidh B. 



The Wooing of Luaine and Deaîh of Athirne. 279 

his father was given to Gaiar by désire of the lords of Ulster, 
and thetwo others, Annli and Ardan, were left against Con- 
chohar's honour. A cantred of Liathmaine ■ was given for land 
to Gaiar, to wit, the land of Dubthach Chafertongue, for he 
was (then) warring against Ulster along with Fergus. Thus 
they parted in peace, and thenceforward they were friends. 

13. The doings of Luaine, however, this is now enquired 
into hère. 

14. When Athirne- the Importunate and his two sons, 
Cuindgedach and Apartach, heard of the plightingof th^ maiden 
to Conchobar, they went to solicit her, to beg for boons. 
from her. So when they beheld the damsel, the three of them 
gave love to her, and désire for her fiUcd them so that they 
preferred not to be ahve unless they should forgather with 
her. They took by turns to beseeching the damsel, and they 
declared that they would cease to live, and that for each man 
of them they would make for her a glâiii dicinn, unless she 
would hâve commerce with them. 

15. Said the damsel: « Unmeet it is for you to say this, 
and I to be a wife with Conchobar ». 

« We cannot remain alive, » say they, « unless we go in unto 
thee ». 

The damsel refused to lie with them. So then they 
make three satires on her, which left three blotches on her 
cheeks, to wit, Shame and Blemish and Disgrâce, black and 
red and white?. 

Thereafter the damsel died of shame and bashfulness. 

16. So then Athirne fled with his sons to Benn Athirni above 
the Boyne, for he feared that for the deed he had done vengeance 
would be inflicted upon him by Conchobar and the Ulstermen. 

17. Now touching Conchobar. Long it seemed to him to 
be sleeping without a wife. So he came, and beside him the 

1. Liathmuine i n-Ultaib LU. 39'', which seems to hâve become the bed 
of Lough Neagh : see the dindsenchas, Rrc. Celt., XVI, 153, and Tigernach, 
ibid., 413. 

2. For more as to Athirne see Talland Etair-, Rev. Celt., VIII, 48 et sq. and 
the Book of Leinster, p. 117. In his Lectures on Ms. Materials, p. 383, Rev. 
Celt., XVI. 328, 0'Curry confounds him with Ferchertne, who was his father. 

3. Of the same colours were the blotches caused by an unjust judgment. 



28o Whltlcy Stokes. 

Grnach 7 Cuchulainn 7 Cealtchair 7 Blai Brugaid 7 Eogan mac 
DMrthacht7 Cathbad 7 Seancha, co dunDomangen meic Dcgad, 
do Thuathaib deachenel, 7 is annsud ro bai a firann. Conad^ 
annsin fuaradar an ingen iarna hec 7 lucht an duni aca caimvf. 
Robai socht mor tor Coiichobar im an ni sin, 7 ba tanasti do 
CMmaid D^rdrindi a c//ma tair. 



18. Robai Coiicohar ac a rad ca liindcochad bud choir and 
sud. Adubradar maithi UW corob si digal bud comdid ind, 
Athairnni cona. chiloind 7 rona miiintir do marb^r^ ann -, 7 mor 
feacht, ar siad, fuaradar Ulaid imdfVgad catha tremid ^ 

19. Tanic m(7//;air na hingine iarsin .i. Be guba, 7 ro bai oc 
nuallguba t;-ua[i]g thoirrsich i ÛAdnaise Concohair 7 maithi Vlad. 
A ri, for si, ni bas oenduni bias don gnim ud, uair fogebsa^ 7 a 
hathair bas dia c//maid. Ro bai i ndan 7 i tairngiri in aided ud 
diar mbreith doreir fliistine in druad dia n-ebrad : 



Bronaid bantrochta diihba fer fria f^rbaib Athainii, yrl. 

20. [col. 884, 1. 6] IS ann asbfrt Cathbath : cw/rfitcr on- 
choin chucaib o Athairni, [or se, in bar n-agaid .i. aer 7 athais 
7 imdtvgad, glani 7 gris 7 goirtbriathar. IS aigi atat na se 
nmccu mienich .i. dochell 7 dibi 7 diultad, caillti 7 galma 
7 forgabail. Laifight^r sin inbar n-aigid si, ar se, co mbet i 
cathaib frib. 

21. Ro bai Domaingen annsin og greasar/;/ 7 ig gldmad 
UW. 

22. Cest, cmniis dogentai, a Ul/« ? ar Concob^r. Ba Cuchu- 
lûinn comarligestair orcain Athairne amnais. Ba Conall com- 
rumach firen fegastair. Ba Cealtchair cnedach cograstair. Ba 

1. Conidh B. 

2. ind B. 
5. trid B. 

4. dogebhsa B. 



The Wooing of Luaine and Death of Athirne. 281 

magnâtes of Ulster, to wit, Conall Cernach and Cûchulainn 
and Celtchair and Blai Brugaid, and Eogan son of Durthacht, 
and Cathbad and Sencha^ to the fort of Domanchenn son of 
Dega — of the Tuatha dé was his kin^, and there was his land. 
So there they found the damsel dead, and the people of the fort 
bewaihng her. Great silence fell on Conchobar concerning that 
matter, and the grief upon him was second (only) to his grief 
for Derdriu. 

18. Conchobar was saying, « what vengeance would be 
just therein ? « The magnâtes of Ulster answered that this would 
be the fitting punishment for it, to kill Athirne with his sons 
and his household ; « and many a time, » say they, « Ulster 
has found reproach of battle by means of him ». 

19. Thereafter came the damsel's mother, even Bé-guba, 
and was wailing sadly and sorrowfuUy in the présence of Con- 
chobar and the magnâtes of Ulster. « O king, » she said, « it 
is not the death of one person only which will resuit from 
yonder deed, for I and her flither svill die of grief for her. That 
yon death would carry us off was fated and promised according 
to the wizard's prophecy, when he was saying 

Women-troops grieve at the destruction of raen by Athirne'swords, etc. 

20. Then said Cathbad: « Beasts of prey » quoth he, « will 
be sent against you by Athirne, namely, Satire and Disgrâce 
and Shame, Curseand Fire and Bitter word. 'Tis he that hath 
the six sons of Dishonour, to wit, Niggardliness and Refusai 
and Déniai, Hardness and Rigour and Rapacity. Those will 
be hurled against you », quoth he, « so that they will be 
in battles against you ». 

21. Then too was Domanchenn egging on and censuring 
the men of Ulster. 

22. « A question », says Conchobar : « how will ye act, 
O men of Ulster ? » It was Cûchulainn who counselled the 
destruction of Athirne the severe. Itwas Conall the combative, 
the righteous, who looked on. It was Celtchair the wounding 

1. See as to thèse heroes, Rev. Ceît., XXIII, 303 etseq. 

2. Hence perhaps his dvvelling was called sid (leg. sîth) Domanchinn, 
supra § 3 . 



282 Winticy Stokes. 

Munreamrtr morclothach m<'//mnaigestair. Ba C?^msc;-aig costa- 
dach cindi/z.Ttair. Ba hocbaidôclaechda ^ imimWacb amnus imfoe- 
brach Uliid cindset in comarli-sin tocht d'ar^ain lis Athairni. 



23. Is ann ashen : 

Truag am sin, a Beguba. is tniag in dail rudruba, 
is guba troni r//sta de. t'faiscin os lighi Luainc, yrl. 

24. Doronnad nuallgubadermair os cind na hingine andsin, 
7 ro haghadli a cepoc 7 a cluichi caintech 7 ro saigid a lia. 
Ba truag 7 ba toirrseach tra badar a hathair 7 a mathair, 7 ba 
truag bt'//h na fiadnaisi don guba dognitis. 

25. Is and asb(7t Coticohar: 

Lecht Luaine seo forsin leirg2. ingine Domaincenn deirg, 
ni taraill Banba buidi. nina bud doilgi do guidi. 

[Celtchair :| 

An abraid rind mar ta sin, a chuingid, a Conchobair, 
Luaine ociis Derdr'm na ndam. cia dib fa caine comrad. 

[Conchobar :] 

Adbersa frit mar ta sin. a Chealtchair meic Uithechair, 
ba fearr Luaine narluaid e;o, ni d'imairbaig etrtrro. 



Truag nach baile nodobtT. comad di digseadh for cel, 
co mbad de ro claitea a tert. comad de bad 1er a lecht. 

Be guba ociis nwc Dega. Luaine is bas ardombeba. 
inand la luidsead (or feacht. coiâ. fuil slcu acht oenleacht. 

Athairni in ct'//;rair cloindi. bid olc do in gnim doirrindi 5 
taethfaid uili, ter, meic, mna. an digail in ler/)/a sa. L. L. 

26. [col. 179 b, 1. i] Ro bai Concohar ig caine na hingine 
co mor annsin, 7 ro gab asa haithli ag grcsachd \]\ad anaghaidh 

1. dolaechda in the facsimile of Y (where the photographer seems 
to hâve « faked » his négative), oclsechdh.i B. 

2. lerg Y, B. 

3. doigrindi B, and in the facsimile of Y the fourth letter is doubtful. 



The Wooing of Luaine and Death of Athirne. 28^ 

that conspired. It was Munremar the famous that planned. 
It was Cumscraid^ the custodian (?) that decided. It was 
the heroic, haughty, severe, two-edged youths of Ulster 
that determined that counsel, to go and destroy the abode 
of Athirne. 

23. Then said [Domanchenn to Luaine's motherj : 

Sad iiideed is that, O Bé-guba, sad is the lot that has slain thee: 
'tis heavy grief one has from it, to see thee over Luaine's grave, etc. 

24. Amighty lamentation was then made about the damsel, 
and her death-chant and her funerai game were performcd, 
and her grave-stone was planted. Sad and sorrowful indeed 
were her father and her mother, and sad it was to be in présence 
of the wail that they were making. 

25. Then said Conchobar : 

On the plain is this grave of Luaine, daughter of red Domanchenn : 
never came to yellow Banba - a woman that was harder to entreat. 

Celtchair : 

Will you tell us how that is, O champion, O Conchobar, 

Luaine and Derdriu of the conipanies, whose was the foirer converse? 

Conchobar : 

I will tell thee how that is, O Celtchar son of Uthechar : 
better was Luaine, who never uttered falsehood, there was norivalry between 
them. 

Sad is any prophecy that carries her ofî", that from it she should go to death, 
that from it her barrow should be dug, that from it her grave should be 

conspicuous. 
Bé-guba and Dega's son, and Luaine — 'tis death that will eut me oflf — 
on the same day they went on the journey, so that they hâve only one 

grave. 

Athirne of the four children, evil for him the deed he has done : 
they ail will fall, man, sons, wives, in vengeance for this grave. 

26. Conchobar was then mightily hewaihng the damsel and 
after that he took to e2;2:ina;-on the Ulstermen ao;ainst Athirne. 



1. i. e. Causcraid Mend Mâcha, LL. 97l'28. 

2. one of the names for Ireland. 



284 Whitley Stokes. 

Athairni. Dolotar Ulaid iarwm andiaiJ Athairni co Beann 
avn cloind 7 cona muintir uile he, 7 ro marbsad Mor 7 Mideng 
a da inj,'-/;/, 7 ro loiscsed a dun fair. 

27. Rob olc le haes dana ULzJ in gnini sin do dcn/mi, 
a);/id ann asbf/t Amairgin : 

Mor mairg mor liach iurad an Athairne ollbladaich, yrl. 

Feart Atharne sunna na. chher lib, a aes dana, yrl. 

Mairg do iiir orcain in fir. is mairg doroindi a roguin, 

bai les bir cruaid, buan a gle. donid C/idhin Bel cainte. 

Bai les gai no gonad righ 7 ri. 

Dogen a cepoic sunna, ociis dogen a guba, 

ociis saigfead ' sund a leacht. ocus dogen a chaemfeart. 

Fat Athairni. Finit. 
I . saigfid B. leg. sâithfet. 



The Wooing of Luaine and Death of Athirnc. 285 

Then the Ulstermen followed Athirne to Benn Athirni, and 
walled him in with his sons and ail his Household, and killed 
Môr and Midseng his two daughters, and burnt his fortress 
upon him. 

27. The doing of that deed seemed evil to the poets of 
Ulster, wherefore Amargen ' said tlien : 

Great grief, great pity, the destruction of Athirne the greatly famous, etc. 
Athirne's tomb hère, let it net be dug by you, O poets, etc. 

Woe (to him) that wrought the man's destruction, woe to him that 
caused his slaughter ! 

He had a hard javeHn — Listing its briglitness — whicli Cridenbél the 
satirist - used to make. 

He had a spear which would slay a king, etc. 

I will make his death-chant hère, and I will make his lamentation, 
and I will plant his grave hère, and build his fair barrow. 



1. Chief-poet of Ulster, Athirne's fosttirling and pupil, see LL. 118^ 5. 

2. See Revue Celtique, XII, 125. 



Revue Celli^ui, XXIV. 



286 WhitUy Stokes. 



GLOSSARY OF THE RARER WORDS 

(The numbers rcfer to the paragraphs.) 

ablach, 7, pomosus, is a woman's name in LL. 141-^ 6. 

abratruad, 7, having red eyehrows: v. Côir Anmann, § 154. 

adaid, 11, for athaid a time, a ivhile. 

âib-gréne, 6, lit. « nitor solis », dib = oib, Ascoli Gloss. pal. hib. CXIII. 

ailgisach, 14, shamejully importunate, deriv. of «ilges, Corm. 

Apartach, 14, name of one of Athirne's sons, ineaning obscure. 

ar-dom-beba, 25, luill ait vieoff, ^à sg. redupl. fut. ofar-benim l strike, eut, 

break, with infixed pronoun of sg. i . 
Athirne = Paternius, Rev. celt., VIII, 143. 
athlas, \,brightness : cf. the verb ro athlas « rckindled » Amra Chol. 139 

(Rev. Celt., XX, 415). 
baile, 2'^, piophecy} v. K. Meyer Contribb, 

Bé-guba, 19 « woman of lamentation », name of Luaine's mother. 
caillte, hardness, ro, where it is spcit caillti. v. K. Me3'er, Contribb. cailte 
• no caillte .1. cruas, O'CI. 
cel, 25, death, gen. cil, O'Dav. 64, ceal .1. bas, O'CI., cognate with Ags., 

Eng. hell, ON. bel. 
cenn-chass, 3, curly-headed. 
cepôc, 24, deatb-chant, ckgy, ace. sg. ctpoic, 27, see O'Curry's M. &; C, III, 

37i> 374- 
cnedach, 22, ivoiinding, deriv. o( cned. 
com-airligim, 1 counsel, prêt. sg. 3, comarligestair, 22. 
com-ré, i comre 3, at the same time. 
costadaeh, 22, custodian} based on Lat. ciislos} 
cucht-glan, 3, pure-coloiired . 
cuindgedach, 14. i»iportu!iate} 
cuingid, 25, champion. Bk. of Jenagh 330, 342. 
dâel-thengthach, chafer-toiigtted, gen. sg. msc. daelthcngthaig, 12. 
dân, 19, /a/e dân cimbeda, LL. 96b26. 

Dega, gen. Degad, 3, or Dega, 25, name of Domanchcnn's father. 
di'be, 20, refusai, dibhe .1. deala, diultadh no doicheall. 0"C1. Rodibi 7 ro- 

dochell 7 rochessacht. LL. i88':2. 
dochell, 20, niggardliness. gen. doichle, LL. 117^42. 
Domanchenn, 3. name of Luaine's father. 
duithnenn, 9 ^= doinenn /o!i/ weathcr (do-si'ncnn). 
fég-forcsiu, 5, seeing-keenly . féigh .1. gér, O'CI. 
ferb from Lat. vcrbum, dat. pi. ferbaib 19. 
fir catha, 1 1, truth (or ordeal) of battle. 
(or-gaha'û, 20, graspingness, rapacity. This is forngabâil in Rawl. B. 312, 

fo. 112b, as quoted by Meyer, Contribb. s. v. cailte. 



The Wooing of Liiaine atui Death of Athirne. 287 

fothaigim, found, I support, prêt, ro fothaig, 10. 

frith-ing, 5, a return-journey. 

galma, 20, rigour, .1. crùas O'Cl. 

glâm dicinn, 14, a kind of extempore satire. Rev. CeU., XII, 119. 

goirt-briathar, 20, hitter-ivord . 

hirna, $, nieaning obscure: possibly borrowed from ON. biariie « brain ». 

im-dergad catha, 18, reproach of baille. 

im-faebrach, 22, tuv-edged. 

im-liiad sida, 11, rnavemeul of peace. 

indcochad, 17, 18, vengeance. 

iurad, 27, destriiclioii. This, like the prêt. act. sg. 5 do iitr, 27, is a Middle- 

Irish misformation from the redupl. s-fut. of orgim : see Strachan, Sigmatic 

Future, p. 5. 
lâmgarb, 10, roitgh-hand. 
1er, 25, for léir conspiciious, Wb. 4<^32. 
maseach, 14, for immasech by tiirns. 
Midseng, 26, name of one of Athirne's daughters. 
mi'-enech dishonour, gen. mi-enig, 30. 
mi'n-àlaind, 4, genlle (and) beaiiliful. 
mod, from Lat. modus, pi. ace. moda, 3. 
mong-buide, 4, yelloiu-haired. 
môr-adbul, 6, great (and) vasl. 
môr-chlothach, 22, great (and) famous. 
môr-glan, 11, great (and) pure. 
mor-loinges, 6, a great feet. 
mùraim, I luall in} s-pret. ro mursat, 26. O'Curry (M. & C, III, 373), 

rcndered this by « levelled the house with the ground ». But the verb 

refers to men, not to a house. For the meaning « wall in » d. gur' niurad 

aige in tipra iarsin, Chron. Scot., 286. 
nem-gnacht, 9, heaven-sttidy. 
('claechda, 22, soldierly, hercic, deriv. of éclaech. 
oll-bladach, 27, great (and) famous. 
onchu léopard, beast of prey, pi. n. onchoin, 20. 
rannach, 2. meaning obscure, 
ro benim, -perf. sg. 3 ru-d-ruba, 23. 

ro-guin, 27, great killing, slaughter. ro = -:o in -;rJxa/.o;. 
sir-buan, 5, long-lasting, everlasting. 
suîthnenn, 9 = soinenn (so-soinenn) /a/V lueather. 
taethfaid, 25, for toethfait //;ev îw// /a//, a Middle-Irish contamination of 

the 5-fut. and the J-future of tiiitim. 
tarcenn, 3, in considération of, cf. darcenn frithaisceda, LL. 262-1, 35. 
tathaige, 9 = taithige, Wind. Wtb. 

tochra, 5, 5, bride-piice, anglicised tacher, tochra .1. coibhche, O'Cl. 
Uangamain, 2, father (or mother?) of Lebarcham Rannach. 

London, June 1903. 

Whitley Stokes. 



CARHAIX; MARAES ; OSISMII; UXISAMA. — CAER; 
CAR; KER ET LA QUESTION DU RECUL DE LA 
LANGUE BRETONNE DE LA FIN DU X^ SIÈCLE 
JUSQU'A NOS JOURS. 



Cûi'baix. 

M. Ferdinand Lot a publié dans la Roinania, 1900, p. 380, 
une fort intéressante étude sous ce titre : Le roi Hoel de Kérahès, 
Ohès k vieil barbé, les chemins d'Ohès et la ville de Carhaix. 

L'auteur y établit après d'autres (La Borderie, par exemple) 
que la capitale des Osismii, Vorgium, était à l'endroit même 
où se trouve aujourd'hui la patrie de La Tour d'Auvergne et 
voit dans le nom de Carhaix un composé de Caer, plus ahes 
pour ohes = Osismii. 

Tout en étant de l'avis de M. F. Lot quant à la position de 
Vorgium, j'envoyai un mot à la Roinania déclarant que l'éty- 
mologie proposée me paraissait inadmissible et apportant à 
l'appui de mon opinion quelques arguments qui me parais- 
saient solides. M. Ferdinand Lot y a répondu (Roniaiiia, 1900, 
p. 604, 605 ; sur la légende d'Obês, cf. ilmi., un article de 
G. Paris). Je n'ai pas voulu prolonger dans la Roniania une 
polémique fort courtoise assurément, mais qui ne pouvait guère 
intéresser les lecteurs de cette revue. Elle me paraît au contraire 
à sa place dans la Revue Celtique, non point tant à cause de 
l'étymologie même de Carhaix que pour certaines questions 



Carhalx, Maraes, Osimi'i, Uxisama. — Caer, Car, Kcr. 289 

de linguistique brittonique intéressant l'histoire tout en éclair- 
cissant l'étymologie du nom de cette ville. 

Je ne retiens de mes objections que les deux suivantes : 
Carhaix ne peut se composer ni <\'ahes = Osismii, ni même de 
Car = Caer, 1° parce que s de Osismii eût dû subsister et qu'on 
eût eu Osesowvcièvaeeses, si on admet Osismii, à cause de l'in- 
fection vocalique; 2° parce que C^^r, dans toute la zone breton- 
nante, devient en toute situation, dons la prononciation, ker^, 
et que Car- dans Carhaix se prononce partout car- et non ker. 

M. Ferdinand Lot n'a pas, en réalité, répondu à ces deux 
arguments ; il a répondu à des arguments que je n'ai pas donnés. 

Pour s intervocalique, il avance que je suis en désaccord avec 
Zimmer; qu'en outre, j'aurais moi-même reconnu que s inter- 
vocalique ne paraît pas changé en /; avant le v^ siècle. Or, 
d'après lui, l'Émigration bretonne aurait commencé, non au V, 
mais à la hn du iv^ siècle-. A cette époque, s subsistait dans 
les mots indigènes; par conséquent, les mots latins ou gallo- 
romains d'Armorique auraient été dans la même situation que 
les mots indigènes et dans les deux groupes s aurait été traité 
de même ; d'où ohes, ahes = Osismii. 

La querelle entre Zimmer et moi ne porte que sur une dif- 
férence d'explication et aussi sur ce point que, d'après lui, s, 
comme toutes les consonnes, doit être traitée à l'initiale comme 
elle est traitée à l'intérieur du mot, théorie que je crois avoir 
surabondamment réfutée. 

Il ne peut y avoir qu'une opinion sur le traitement de s inter- 
vocalique dans les mots latins et aussi les noms propres de 
lieux gallo-romains d'Armorique, parce que c'est une question 
de fait : jamais s intervocalique ne disparaît dans les mots latins 
empruntés par les Brittones (Gallois, Cornouaillais insulaires. 
Armoricains), ni dans les nous de lieux gallo-romains d'Armo- 
rique"^. On reporterait Témigration bretonne au i""" siècle après 
J.-C. que cela ne changerait rien à l'aftaire. 

1. En léonard accentue, caer se prononce liéar, avec un a très atténué. 

2. L'argument de Corisopitum n'est en rien probant; une poussée des 
Gaëls entraînant l'émigration est une des hypothèses qui soulèvent le plus 
d'objections que je connaisse. 

3. V. J. Loth, Mots latins, p. 23, 83, 123 ; cf. Vocabulaire et Commentaire, 
p. 120, passiin. 



290 J. Loth. 

Pour s indigène, ou il avait disparu, ou il est sûr que s 
intervûcaliquc n'avait pas le son de s latin ; sans cela, il eût eu 
le même sort, c'est-à-dire eût été conservé ; or, de l'aveu de 
tous les celtistcs, il disparaît. 

Pour kcr- qui serait devenu car-. Terreur de M. Ferdinand 
Lot est des plus naturelles. D'abord, l'étymologie qui voit dans 
Carhaix-, /:<?/'- est ancienne; j'ai signalé {Chicst. bret., p. 104) 
le nom de P. de Kerahcs {Cart. Coris, charte de 1348). Elle 
est courante; elle m'a été servie tout récemment par l'insti- 
tuteur de Plouguer (commune qui englobait Carhaix)^ quand 
je lui demandai des renseignements concernant sa commune. 
De plus, on peut signaler, en Bretagnebretonnante même, 
des caer authentiques écrits car ; M. Ferdinand Lot a cru 
réfuter mon objection sur ce point, en m'en citant quelques- 
uns. Or, ce n'est nullement de cela qu'il s'agit; la question est 
de savoir: 1° comment se prononce en Bretagne bretonnante 
le nom de Carhaix ; 2° si caer se prononce (je ne dis pas s'écrit 
quelquefois), se prononce quelque part, en quelque situation 
que ce soit, car et non pas ker. 

Je connaissais la prononciation de Carhaix dans une bonne 
partie de la Bretagne. J'ai étendu mon enquête : partout on pro- 
nonce ou Cares, ou Cares, ou Carcys (h n'apparaît pas). L'ins- 
tituteur de Plouguer a lui-même renoncé, je crois, à son 
étymologie après quelques exphcations de ma part et l'interro- 
gatoire qu'il a fait subir aux illettrés de sa commune. Le nom 
de PJon-gucr (Plebs Caslri), de Pobcr (Pag us Castre), suffirait 
seul à édifier sur la prononciation de caer dans la zone ici la 
plus intéressée dans la plus question. 

Caer-aes serait-il devenu, non Keracs, mais Caracs, à cause 
de Va initial du second terme ? Il y a bon nombre de noms de 
lieux et d'hommes en ker-, dans cette situation, et toujours on 
a ker : Keraer {Ballet. Soc. arch. des Cotes-du-Nord, 185 5, p. 20) ; 
Keraot {ihid., p. ')2);Kerael (Bull. Soc. arch. Finisicrc, 1893, 
p. 207 '). Les Ker-an...- sont très nombreux. 

Parmi les deux ou trois noms que cite M. Ferdinand Lot, il 



I . Tous les composés de l'ancien Caer sont Arr dans le cadastre même de 
Plouguer. 



Carha'ix, Maraes, Osimci, Uxisama. — Cacr, Car, Ker. 291 

y en a un qui est bien composé de caer et s'écrit car-; c'est 
Canielan, en Baden. Or, j'ai voyagé cent fois sur la baie à 
laquelle le village a donné son nom et j'ai visité le village même : 
on prononce Kcrddan, avec un k très palatal (il y a un autre 
Kerdelan en Spézet, écrit correctement). 

Si on étudie avec soin les graphies du nom de Carhaix, à 
part quelques fantaisies étymologiques, on trouve Carabes ou 
son équivalent. Dans des lettres patentes de Henri II au sujet 
de la recette du domaine royal de Chcâteaulin {Mérn. soc. Emul. 
C. des V., 1899, p. 163, 170-176), je relève Kcranmadou, 
Keriecuf, Kerangliiydic, Kermoellien, Keranlaouen et, dans la 
même pièce, Karahès, deux fois. 

Inutile d'ailleurs d'insister sur ce point qui est hors de doute. 

Une raison qui rendait encore l'étymologie visée séduisante, 
c'est qu'incontestablement il y a eu à Carhaix un Caer, un 
Castriim (Castra) gallo-romain. Les noms de Plouguer et de 
Poher l'attestent. Mais à côté, ou sur son emplacement, il s'est 
fondé une localité bretonne de Carabes. Il y a des traces encore 
aujourd'hui de cette double origine. J'ai relevé au cadastre de 
Plouguer deux chemins, l'un s'appelant Hent caer, l'autre Hent 
Cares. J'avais engagé M. Le Page, l'instituteur de Plouguer, à 
essayer de retrouver le tracé de ces deux chemins. Malheureu- 
sement, ce ne sont plus que des tronçons, il paraît qu'ils ne 
vont point dans la même direction. 

M. Le Page m'a appris qu'il y a dans la commune une 
Feunleun Caé'r ou Gaé'r, Fontaine de Caer, et un hameau dit 
Roc'b Caé'r : ces endroits ne sont pas à Carhaix. Il est donc fort 
probable que Carbaix ne se superposait pas exactement aux 
anciens Castra. 

Je ferai remarquer, en passant, que le caer, si commun 
aujourd'hui, ne s'est appliqué d'abord qu'à des endroits impor- 
tants, munis en général de fortifications. On trouve en Bretagne 
bretonnante des caer dans tous les centres s;allo-romains de 
grande importance. C'est ainsi qu'une portion notable de Vannes 
et de sa banlieue constituait une seigneurie de Caer et qu'une 
rue, un quartier même de cette ville autrefois, portait le nom 
de Caer. Locmariaquer est authentiquement Locmaria in Caer. Si 
on se demande aussi comment ce terme est devenu si commun, 



292 



J. Loth. 



la réponse est facile. Les Bretons ne se sont point, en général, 
cantonnés dans les villes. Les textes et les chartes du ix"- 
x^ siècle nous montrent tous nos chefs installés en pleine cam- 
pagne dans leurs lis. Les villages (//V^ tref, etc.) étaient sûrement 
pourvus de fortifications ou remparts ou palissades plus ou moins 
solides; d'où l'extension du mot caer et sa dissémination de 
plus en plus grande au fur et à mesure de nouvelles conquêtes 
du sol. Ni Vannes, ni Corseult n'ont préfixé caer au nom de 
la peuplade. 

Enfin, ce qui suffirait à renverser la théorie de M. Ferdinand 
Lot, c'est que ce nom de Carabes, loin d'être réservé à une 
ancienne civitas est assez commun. Nous le trouvons d'abord 
dans le CorniuaJl anglaise Dans le Morbihan, je relève Carahais 
en Pleucadeuc ; Carhaix {Carahais, 1533) en Trédion ; Carhaix 
en Bréhan-Loudéac (J. Loth, Christ., p. 194); Co:i~Caracs en 
Maël-Pestivien (Bull. soc. arch. C.-dn-N., p. 58); Land Carcse, 
Land Garés en Guidel (Cadastre). 

Qu'est-ce que Caraes ? Le nom li'aes seul ou en composition 
avec d'autres mots que car existe. Je relève Julien ^ki", recteur 
de Guéhenno en 1597 {Soc. pal. du Morbihan, 1882, p. 133); 
Penhais-, nom de lieu en Guéhenno {ibid .') ; Sont Wenhacs en 
Kerfeunteun près Quimper (xiii^ siècle); Aes Clercs en ScaerK 
Il est même vraisemblablement composé avec Ker- dans Keraise, 
village et fontaine, en Inguiniel; Kcrcse en Saint-Géran (Mor- 
bihan) 4, 

Aes existe dans le pays de Galles. La Myvyrian Archacology-, 
p. 748, colonne 2, donne, sans indication de situation, deux 
phu)'f: yr Aes fach (la petite Aes) et yr Aes fawr (la grande 
Aes). 

Le Wclsh-English Diciionary de Silvan Evans donne aes avec 
le sens de flat, plane or superficies, et, à l'appui, un seul exemple : 

1. Carhayes seul, ne serait pas probant; car, en Cornwall, caer se pro- 
nonce souvent, en composition car. 

2. Penhays, Parc hays, en Cornwall (Rannister, Glossary, p. 112). 

3. Christ, hret., p. 187, 211 ; j'ai hésité sur la valeur de s dans Aes Cîeres 
et Wenhaes. Les exemples ci-dessus prouvent que s est bien ancien et ne 
représente pas //;. 

4. A Inguiniel comme à Saint-Géran, le nom breton de Carhaix est 
Car es. 



Carhaix, Maraes, Osimii, Uxisama. — Caer, Car, Kcr. 295 

c'est un proverbe emprunté à Owen Pughe; le proverbe 
existe réellement (Jvlyr. Arch., m, 142): namyn iaïundcr ni 
eniuir aes. L'interprétation est celle de Pughe : Except equity 
nothing caii be caUed plain. C'est un contre-sens; il faut com- 
prendre : // n'y a qu'un bouclier, c'est l'équité. Le sens donné de 
plaine n'est donc pas nettement établi. Il n'y a de sûr que celui 
de bouclier. Aes n'a rien cà faire avec ais, eis, flancs, côtes, et 
aussi lattes : ais est un dérivé de la même racine que asen, côte 
et latte. Il est donc fort difficile de se prononcer par le gallois 
seul sur l'étymologie de aes. Il a le sens de protection, défense 
dans le composé aesfa, endroit de refuge. Quel rapport a cet 
aes, nom commun, avec notre aes ? Est-ce même le même mot ? 
Il n'est pas inutile de remarquer que le bouclier gallois, à 
l'époque même où on employait aes pour le désigner, paraît 
avoir été arrondi; il est qualifié, en effet, assez souvent de 
rhûdawr, dérivé de rhod, roue. 

Il 3' a un composé avec car- fort répandu en Bretagne, c'est 
Carniacs que l'on prononce aujourd'hui Car-vçs ou Car-ves. Le 
second terme est niaes = niagos, champ. 

Le composé signifie champ, territoire, vraisemblablement des 
parents ou de la parenté. C'est un composé analogue à quevaise, 
=^co-maes. Il me paraît probable que Car-aes a le même sens que 
Car-maes. Cette hypothèse deviendrait une certitude si on adop- 
tait l'explication que je vais proposer d'un terme encore cou- 
rant en vannetais. Je ne la hasarde qu'avec quelque hésitation. 
Il s'agit du mot maraes (prononcez mares ou mares^ que donne 
Cillart de Kérampoull {L'Arnuryè) dans son Dict. breton-fran- 
çais, au mot champ; le mot a le sens de grand champ. 

Il existe dans ce sens encore, d'après des renseignements qui 
me sont fournis de divers côtés. Dans certains endroits on 
prononce maies, ce qui n'a rien de surprenant, étant donnée 
la valeur de r dans certains cantons. Si le mot est celtique, 
comme il en a l'air, il serait composé de mar, grand, forme 
faible de inâros ou affaiblie de mor (cf. mar, si, tellement, en 
comique et breton = gallois mor, avec le même sens et la même 
origine), et li'aes. Qu'est-ce que aes} Vraisemblablement, dans 
ce cas, un mot à dérivation analogue à mag-os, ma^-es-, venant 
de la même racine que ag-ro-s, champ. Il est possible que ce 



294 ■^- ^'^f^- 

mot ait caractérisé d abord un terrain d'assez grande étendue et 
ouvert, peut-être entouré d'un iort talus, peut-être de forme 
plus ou moins arrondie. Dans ce cas, on s'expliquerait le sens 
de bouclier donné au gallois acs. Hciil aJjcs aurait désigné tm 
chemin uni, fortement constitué et défendu. 

Parmi les noms de lieux comiques, il y a un Marrais qui pour- 
rait être identique à notre mares, mais je ne le connais que par 
Bannister; son orthographe et sa prononciation ne sont pas 
sûrs. 

Il est naturel que dans un composé comme Hent-ahès, le 
second terme ait été pris pour un nom propre et, à cause de 
-es, pour un nom de femme. 

M. Ferdinand Lot ne doute pas que la véritable forme du 
nom de la peuplade en question ici ne soit Osisinii. J'avoue en 
être moins sûr que lui. A tout prendre (v. Holder, Altcelt. 
Sprachsh.), la forme qui parait la plus recommandée par les 
auteurs est Ossisiiiii. Il y a d'autres variantes, notamment celle 
de Oxismii, Oxiiiii (à côté d'Ossismii dans la Not. Gall.); la 
vie de Ermeland donne Oxiiiiensi. Si on rapproche ces variantes 
de Oximensis {ÏHiénwis, diocèse de Séez), Oxina (Villiers-le- 
Morhier, en Eure-et-Loir; v. Holder, ilnd.), Oxomensis, dérivé 
de *Oxama, Uxama (en Espagne; aujourd'hui Osiiia); si on se 
rappelle que Ouessant, situé en tace de l'extrémité du territoire 
des Ossismii, s'appelait authentiquement Uxisaina, on arrive à 
se demander si la forme exacte ne serait pas Oxismii. Qu'eût 
donné en breton une forme Oxisma ou un adjectif OxisDios, 
forme gallo-romaine traitée par les Bretons ? Elle eût donné 
Oisma et ensuite Oism, et peut-être Oes, plutôt que oem. Mais oes 
accentué fut resté oes ou tout au plus devenu oas. L'explication 
que j'ai donnée de Eiissa = Uxisama en passant par Uchsam, 
Ossam, n'est pas exacte. Uxisama, Oxisama, a donné suivant 
la phonétique des mots latins ou gallo-romains empruntes par 
les Bretons (cf. croes =^ crnx') . Oysama, Oysama; oyi-, n'étant 
pas accentué, a donné régulièrement os-, d'où Ossam (prononcez 
ôssai') et la torme actuelle Eussa (ôssa). L'explication à'Achm, 
aujourd'hui ach par Osismi est encore plus fautive; d'ailleurs, 
il est évident que Co:{ castell ach n'a rien à faire avec le civitas 
Ossismorum . Il est intéressant de constater aussi la sincérité 



Carhaix, Maraes, Osimii, Uxisjma. — Caer, Car, Ker. 295 

du doublet Uxaiiiis. Les Ouessantins s'appellent, en cftet, en 
breton, Eussantis; les Bretons ont donc trouvé, à leur arrivée, 
une forme Uxaiit- qui a évolué en oysant-, puis assaut-, laquelle 
a reçu la terminaison usuelle -is, indiquant les habitants d'un 
pays. 



II 



Car, Ker ci le recul de la langue hrctonne. 

On croit communément que la langue bretonne a reculé 
brusquement vers le xi'^-xii^ siècle de tout le littoral Nord depuis 
le Couesnon jusqu'un peu au delà de Saint-Brieuc, à l'intérieur 
des bords du Meu et de la Vilaine, de Rennes, Redon, jusqu'aux 
environs de Loudéac, Rohan et Elven. Je l'ai moi-même écrit. 
Les explications de ce phénomène sont assez différentes, quoique 
tout le monde soit d'accord pour en faire remonter la cause 
première aux ravages des Scandinaves, à leur domination pen- 
dant trente années en Bretagne au x^ siècle et par suite à 
l'émigration d'une notable portion de la population breton- 
nante. L'émigration n'explique rien. Nous savons, en effet, que 
la partie de la Bretagne où on parle encore breton a été tout 
aussi éprouvée. Ce sont surtout les chefs, les nobles qui ont 
émigré, comme le disent formellement des documents contem- 
porains. Il n'y a qu'une explication possible : c'est que cette 
émigration a tellement affaibli l'élément bretonnant dans la 
partie du pays où il y avait encore un fort élément de langue 
romane, que le roman a fini par devenir prépondérant et étouffer 
assez rapidement la langue bretonne. J'ai établi que même en 
zone bretonnante, les Bretons ont vécu assez longtemps dans 
bon nombre d'endroits avec des Gallo-romains. Certains noms 
de lieux le prouvent, par exemple Séné aux portes de Vannes; 
on dit, pour un habitant de Séné, un Senegôw, en breton (dans 
le français de Vannes, un Scnago), ce qui met hors de doute 
que primitivement le nom de Séné devait être Senacuni. Pour 
qu'il soit arrivé à Séné, il faut que jusqu'au vii^-viii^ siècle, on 
ait parlé roman au bourg de Séné. On peut en dire autant de 



296 J. Loth. 

Redené auprès de Pontscorff, évidemment le même nom que 
Radcnac, également dans le Morbihan. Berné, près Faouët, 
paraît bien remonter aussi à un Bcniacuiii. Dans le vocabulaire 
breton, il y a des emprunts dits français qui sont vraisembla- 
blement des mots du roman local, par exemple un certain 
nombre de mots qui montrent ca- initial, non transformé en 
che-. A ce propos, il n'est pas sans intérêt de remarquer que 
Grandchamp, près Vannes, devrait être écrit Grandcamp; on 
prononce, en effet, en breton Gr-gamp pour Gren-camp, Gran- 
aamp = *Grandi-campo. 

Maintenant, le recul a-t-il été aussi brusque qu'on l'a dit? 
Une étude rapide du cadastre de la zone Sud-Est du territoire 
anciennement bretonnant m'a prouvé nettement qu'il n'en 
était rien. La côte Est du Morbihan est encore à peu près in- 
tacte, excepté du côté de la Roche-Bernard; toute la pénin- 
sule guérandaise, en un mot la côte Sud entière, n'a perdu 
le breton que très lentement. On sait que dans la 'péninsule 
guérandaise on parlait encore breton tout autour de Batz, il y a 
peu d'années. Un des critériums les plus simples est de relever 
les car et les ker, surtout en correspondance avec les noms en 
-eue et -ec. 

Dans la zone où le breton a brusquement reculé au xi^ siècle, 
peut-être au xii*, on a car; dans les communes où le breton 
ne s'est éteint qu'à l'époqu.' moderne, on a her. De plus, les 
noms mêmes en car ne sont pas nombreux dans la première 
zone; dans plusieurs communes, à part quelques noms très 
anciens de villages, le cadastre est entièrement français ; dans 
les communes, à Kcr, le cadastre est en grande partie breton. 
La raison de la prononciation car, c'est qu'anciennement l'accent 
était très fort sur a dans càer, comme en gallois et en comique, 
et Ve s'entendait peu. En zone bretonnante, càer a passé par 
caer, kear, ker et, en léon, par keer, kear, avec a très atténué. 
Voici des communes à car, dans le Morbihan : Caden, Molac, 
Pluherlin, Malansac, Guillac. 

Le cadastre est à peu près entièrement français (je n'y trouve 
même pas de car), à Thchillac, Rochefort-en-Terre, Saint- 
Congard, Saint-Grave, Saint-Jacut, La Polaric, Saint-Vincent, 
Saint-Perreux, La Gacilly, Carentoir, La Chapelle-Gacelin, 



Carhaix, Maraes, Osimii, Uxisama. — Caer, Car, Ker. 297 

Cournon ; Les Fougerets, Glenac, Quelneuc, Saint-Martin, 
Tréal, Saint-Laurent. 

Au contraire, des ker l\ : Camoel, Férel, Marzan, Penrestin, 
Saint-DoLi}', Questembert, Lauzac, Noyal-Murzillac, Penerf, 
Péaule, Elven (en partie bretonnant, il y a peu de temps), 
Trédion. 

Les communes de la côte qui ont perdu le breton, dans le 
Morbihan, sont encore en petit nombre et ne se trouvent guère 
que dans le canton de la Roche-Bernard, c'est-à-dire au delà de 
la Vilaine- Mais là encore, il est clair, par le cadastre, que le 
breton a disparu à l'époque moderne. Au contraire, dans 
l'intérieur, dès qu'on arrive vers les confins de l'arrondissement 
de Vannes, dans le canton de Rochefort-en-Terre même, on 
est en zone très anciennement française. Je n'ai pu encore étu- 
dier l'arrondissement de Ploermel ; mais il n'y a guère de doute 
pour moi que dans toute cette zone, le breton n'ait disparu de 
très bonne heure. Dans les anciens évêchès de Dol, Saint-Malo 
et la plus grande partie de Saint-Brieuc, il en a été de même. 
Ceci n'est qu'une esquisse. Le sujet a besoin d'être traité en 
grand détail. J'y reviendrai prochainement. Un fait historique- 
ment important en ressort, c'est que la partie Sud de la Bre- 
tagne a été beaucoup plus fortement bretonnisée que l'intérieur 
et la côte Nord. Ceci explique que toute la lutte contre les 
Francs ait été menée par les Bretons de Browerec, fortement 
établis dès le vi^ siècle à l'Est de Vannes et dans toute la 
péninsule guérandaise. Cette zone a joué dans le niaking of 
Britanny un rôle analogue à celui du Piémont en Italie. Cela 
rend aussi vraisemblable l'assertion d'Einhard, que les Bretons 
insulaires se seraient établis d'abord sur le territoire des Cirrio- 
solites et des Veneti. Il est frappant, en outre, que dès la 
deuxième moitié du v^ siècle, les Bretons, situés sur la Loire, 
aient pu envoyer 12000 combattants à l'empereur Anthémius. 
Dernièrement, le D' Topinard et le D' Collignon, d'après 
des statistiques anthropologiques font du Morbihan, de toute 
la côte particulièrement, un îlot doUchocéphale et blond. Avec 
leur façon simpliste de traiter l'histoire, ils en ont conclu que 
les Morbihannais étaient des Belges; ils triomphent en citant 
Strabon qui fait en effet des Vénètes des Belges. L'erreur de 



298 J. Lotli. 

Stuibon est due à une méprise et à une fiiusse cartographie. 

S'il y a réellement une différence entre les Bretons vannetais 
et les autres, elle est due sûrement à la densité de l'élément 
immigré. J'avoue que les statistiques de MM. Topinard et Col- 
lignon sont en contradiction avec mes propres observations, 
surtout en ce qui concerne la couleur des yeux et des cheveux. 
Sur ce point, la question sera prochainement élucidée. Je fais, 
en effet, procéder, en ce moment, à une enquête complète sur 
la couleur des yeux et des cheveux dans les écoles primaires 
des deux sexes de toute la Bretagne. 

Un avis à ceux qui s'occuperaient de Ker. Il a été et il est 
encore de mode, par bretonnisme, de donner le nom de kcr- à 
des maisons et châteaux en territoire français. C'est ainsi que 
j'ai relevé à ma grande stupeur, Ker-EncJos, à Dinard et dans le 
cadastre de Malansac : Ker-MOBLOT ! ! 

J. LOTH. 



APPENDICE A CARHAIX: CAIR, CATHIR, CASTRA 



Dans l'article ci-dessus, l'équation caer ^= castra n'implique nullemen 
dans ma pensée que caer sorte de castra ; il y a simple équivalence de sens 
et aussi, dans un grand nombre de cas, superposition. Les Brittones ont 
incontestablement transcrit castra par caer, de même que les Anglo-Saxons 
par ceaster. On le voit même pour les mêmes lieux ; par exemple Chester était 
à l'époque romaine Castra et porte encore en gallois le nom de Caer. 

C^ns mes Mots latins, p. 95, j'ai indiqué que caer ne pouvait sortir de 
castra d'après la phonétique brittonique. Il est également impossible de faire 
sortir de castra l'irlandais cathir et tout aussi impossible de ramener caer à 
cathir ' et à une forme celtique commune. 

Foy {Indogerm. Forsch., 1896, p. 326-327, d'après Planta, Gr. osk. und 
u. D., p. 422-424) a tenté une autre explication: castrttni viendrait de ciit- 
trôm et cathir de *cat-rcx. Cette solution est peut-être satisfaisante pour 
l'irlandais ; à coup sûr, elle est inadmissible pour le brittonique. Si nous 
supposons une forme assez invraisemblable en elle-même, *cal-rex, nous 

I. Le géi\\\.\{ sethar pourrait justifier calhair s'il venait de *svcslr-os, mais 
ce peut être un fait d'analogie d'après hrdthar, màlhar. 



Carhaix, Maraes, Osimii, Vxisama. — Caer, Car, Ker. 299 

aurons en gallois: cadr; en vieiix-bretoii, il en serait de même. En moyen 
breton, on aurait eu ca~r. 

J'avais proposé, comme une hypothèse désespérée (Mots latins, p. 95), 
une forme celtique '^casra qui se serait confondue par suite de la ressemblance 
de sens et de son avec castra ; mais castra n'eût donné vraisemblablement 
que carr. On ne peut, en effet, invoquer ici teîr = *tesr-es, pedeir = *qetesr-cs, 
ni chivaer = *svesr ' ; \& processus n'est pas clair, à cause de l'irlandais, on a 
à compter avec svesôr, tesor-es. De plus, la voyelle devant -sr-, dans ces 
deux derniers exemples, est palatale. Enfin, si -sr- semble bien se réduire 
à -rr-, il n'est pas sûr que -dt- intervocalique donne, au moins en irlan- 
dais, une s assimilable à ;• : casair, grêle, peut remonter à kass-ri venant 
de kad-tri. 

Je ne vois aucun moyen sûr de se tirer d'affaire avec caer. Peut-être faut-il 
abandonner tout parallélisme avec castra. On pourrait songer à un dérivé 
de kag : gallois, breton cae, champ clos de haies ou talus, gaulois caiiiin = 
*cagio-n. Le sens est très satisfaisant. 

Le vieux haut allemand hag est donné une fois avec le sens de nrhs -, évi- 
demment ville entourée de remparts. Une forme hdg-ro- ou kag-rd- donnerait 
régulièrement en gallois et breton cair, puis caer. Il est sûr que / dans cair 
représente un son spirant. Pour l'irlandais, dans ce cas, il faudrait le sup- 
poser emprunté au brittonique ; cathir serait une graphie de cair : th inter- 
vocalique, même en vieil irlandais, était vraisemblablement, surtout devant 
une voyelle palatale, réduit à /;. 

Une fois le mot cahir, cathir acquis, il a été naturellement traité comme 
un nominatif et, dans sa déclinaison, il a suivi l'analogue de iiathir, na- 
thiach, etc. 

J. LOTH. 

1. Il me semble que svesor a dû être accentuée au nom. sg. comme 
brdthir, gall. brazued et au pluriel comme brâtèr-es, gall. brodyr ; cf. gall. 
chwtor-ydd, anc. *chivyaii'r ^^*svesâr-es, svesôr-es. 

2. Kluge, Etym.Wort., VI« éd., à hag. 



SOME ROUGH NOTES ON THE 
PRESENT PRONONCIATION OF CORNISH NAMES 



The présent pronunciation of Cornish phice-names is not 
altogether a safe guide to the old pronunciation, because of 
late years there has been considérable altération, owing to the 
spread of « éducation », whereby the « London twang », 
taught in the Board-School training collèges as standard 
English, is every where gradually superseding the old local 
pronunciations. The same influence tends to make people 
think it correct to pronounce names as they are spelt, without 
regard to traditional contractions, or the older sounds of the 
letters. Still, a good deal may be learnt from the mouths of 
old people, and from the spellings ofwordsof whose dérivation 
there is no doubt, especially when, as is frequently the case, 
thèse spellings were phonetic English représentations of Cornish 
sounds, adopted while the old language was still in use. 

The vowel sounds heard at présent seem to be : 

1. — A. I. â, the Sound of «/ in air (without a trilled r) 
is represented by a with a mute e following the closing con- 
sonant or in an open syllable by a. This is heard in words 
compounded with glas (blue or green), pras (a meadow) and 
others, e. g. PolgIà~e, Hallage, Chyprà:^e, Trebrà:(e, etc. Educa- 
ted people pronounce this vowel as ay in may, but the à, the 
natural elongation of à, as in man, is heard in the mouths 
of old people. It is the long a of Scottish Gaelic and North 
Welsh. 

2. à, as in luan. This is represented by a, with the letter 
tliat follows it sometimes doubled or else without an e mute 
after it, e. g. Hàlvcan, Baldhii, Trcvânyon, Angârrack. 



Some roiigh Noies ou thc Pronunciation of Cornish liâmes. 301 

3. à as in father, the long^of South Welsh, is almost unk- 
nown, except when followeJ by r, and in tlie words in which 
it is used in standard English the modem Cornish generally 
give it the à sound described above. Thus father, cal m, calf 
arc pronounced fairther, càirm, cairf, with the r untrilled. 

4. â of Old Cornish sometimes, but rarely, became aiu (as 
in thaiiî) in later Cornish. Thus \ve find bras, great, written 
brao^e, brau::^, brau^e, and its superlative brossa or brau:^a, and 
als, diff, is written aul~ by Boson. This is the long a of Irish 
Gaelic. It is found in Cornish names in the case of zvariha 
(meaning, higher^, with is sounded zuawtha, and in other cases 
of a foUowed by // or r. 

IL — E. I . ê, the sound of ay in fiiay is generally represented 
by ai or ay, with or without an e mute in the case of a closed 
syllable, e. g. Tremaim (tre = dwelling, nién = stone). Some 
timesa^ with the e mute after theclosingconsonant, represents 
this sound, but generally that is meant for à. Occasionally ea 
is pronounced é, especially in an accented open final syllable, 
e. g. Tredrea. 

2. ë, as e in men, is represented by c, sometimes with the 
consonant doubled, e. g. Tregenna. 

III. — I. I. /, as ee in see, is represented h\ ea or occasio- 
nally, ee, e. g. Halvear, Halvean, Porthmear, Wheal, Pentreatb, 
Portreath, but old people often sound ea as ay in iiiay, even 
in English words. 

2. î, as / m pin, is represented by / or y, the latter generally, 
but not always, in unaccenced syllables, e. g. Trevérhyn, 
Porthméllin. In Pelynt, Bochym (pron. P'iint, Bochim) the 
accent is on the y, but usually an accented y is pronounced as 
l in jnine, e. g. Bonython, and in words compounded wiih 
chy, house, the y has usually the same sound, e. g. Chy-an- 
Dowr (a suburb of Penzance) but sometimes the y represents 
a short ;, as in Chypra^e (in Morvah), which is pronounced 
like a combination of the English words Chip-ràise (or rairse). 
Sometimes the sound of î in mine is represented as in English 
by /, with a mute e after the consonant, or, with a single con- 
sonant foUowed by a vowel, e. g. Pentire, Pencalinick. 

IV. — O. I. ô varies between 0, as in bone, and the a of 
Revue Celtique, XXIV. 21 



502 Hem y Jcnncr. 

ail. Probabl}' English influence is gradually substituting the 
former for the lutter, which was probably the older Cornish 
value of t'. The sound of ô in hone is usual for a final oiv, 
especially when unaccented. There is indeed the same uncer- 
tainty about oiu that there is in English (cf. boiu, arcus and 
boiu, flectere or knoiu and now). Generally in any case except 
an open final syllable ow is pronounced as in now. 

2. ô, as in on, is represented as in English, and unlike 
English, it never in an accented syllable represents the obscure 
vowel, as in London. 

V. — U. I. fi, the Sound of oo in moon, is generally written 
00, as in English, e. g. Goonhilly, Halwoon (pronounced 
Hàlôon). The English l'i, as in tune, is represented u or eiu, 
e. g. Dnpath, Carnsew, Uny, Ustick or Ewstick, etc. 

2. //, as // ïn full, bull, is hardly found at ail. The short u 
of Cornish names is generally the obscure vowel, as // in until, 
e. g. Dimheved, Gidval, Ludgvan. 

Rarely u is pronounced î, e. g. Luxûlyan, which is sounded 
Luxillyan (the first u being the obscure vowel). 

3. The French il sound of Old Cornish and of modem 
Devonshire English does not exist in Cornwall now, except 
on the borders of Devon. This sound had changed to / (repre- 
sented by / or eè) beforê Cornish ceased to be written, e. g. 
/;^ or tees for tus, etc. 

The consonants hâve generally the same value as in English. 
G is usually hard even before e and /, its English soft sound 
being represented by dg or y . Thus : 

Hard g sound : Tregeniber, Tregelles, Polgear. 

Soft g sound : Penjerrick, Ludgvan, Poljew, Cadgiuith. 

There is some doubt occasionally as to the sound of s or ^, 
especially before a thin vowel. Thus Carnseiu(at Hayle) wdiich is 
probably either black rock or dry rock (more probably the latter, 
for the rock is certainly not black) is usually called Carnjeiv; 
Trebel:^ue (formerly a manor of the Arundels in St Columb 
Minor), used to be called Tribbyjéw (with the accent on the 
last syllable) by old people thirty years ago. But s representing 
an old Celtic d or t after ;/ or / is rarely/;, but is usually s or 
occasionally by assimilation with a sonant which follows ;(. 



Some rougli Notes on the Pronunciation of Cornish nanus. 503 

Thus Nans {jiant = vallev) is sometimes written Kance, and 
the onl}^ case I can think of in which its s lias changed to/is 
Nanji^el (= Nans isal) in St Levan. 

Th, especially when it follows a consonant, tends to disap- 
pear. This is very common in the case of the word portb, 
harbour or creek : which becomes por, per or p'r, e. g. 
Bosporthennis (pro. Bosp'réunis), Porthcuel (pro. Porcitel), 
Porihscatho (pro. Porscatho). Th serves for both db and th. 

There is a strong tendency in the Cornish pronunciation 
of EngHsh to turn / into ë, thus et ednt or tednt = it isnt. Also 
to divide the long ê (ay in may) into îu (eea or eeïi, the last 
being the obscure vowel, as u in untiï), and to sound as aw 
in saw. Thus, I received the following sentence on asking my 
way to a certain crellas (« bee hive hut ») in Zennor. 

« Dhës édn't naw way té Bosp'rennis. Yoo dé gaw 'long 
dh' lee-ûn, tell yoo dé cùm t'a gee-ùt, an'dhén yoo dé gaw 
owt'pon a crawft an' dheeùr et tes. Aw, naw, dhés ednt naw 
way^ » 

[In this sentence the open c (in té = to, dé = do) is sounded 
as in the French de, le, nie, & the same sound is given to the 
indefinite article a.] 

In Cornish names, as well as in English words as sounded 
in Cornwall, there is a tendency, stronger even than in English, 
to turn ail unaccented vowels except /(and sometimes even that) 
into the obscure vowel, especially in closed final syllables. 
Liidgvan, Poi-thcuel, Angarrack, Trevanyon, are sounded Lûjûn, 
Porkéu'ûl, Angàniïck, Trevànyûn. But a final en is often soun- 
ded ïn, or an. Thus I heard, at a Cornish railway station, a 
man say to the booking-clerk « whàn àr'ee gawûn té gee us 
ar teckûts 1 » for « When are you going to give us our tickets ? » 

It should be noted that you, when it follows a verb or a 
préposition, becomes ee (/) or perhaps rather its short sound 
(for in thèse cases it is usually made an enclitic) like the final 
y in tarry, Mary, Sec. 



I. In proper English spelling : « This isnt no way to Bosporthennis. 
You do go along the lane, till you do corne to a gâte, andthen you do go 
out upon a croft and there it is. Oh, no, this isn't no wav ». 



504 Henry Jenner. 

Y when followed by a vowel is usually a consonant, like 
the German j, but there is an exception in the case of words 
compounded with Yon, when it means Job)i. Thus Lanyon, in 
Madron (where the Knights of St John had some property) is 
called Lan-\un, or Lanine (the y as / in mine, or the nine as 
the Enghsh numéral nine), though young people are now 
taking to call it Lan-yôn, with the consonant y. Simihirly Ma- 
ra:^ion, which is Marha~ Yon (or the Market of [King] John) is 
sounded Mû rrai-yon, or Màrra-xyon, from which arose a theory 
that the word was Hebrew and was 'V^TOÇ (the Bitterness of 
Sion), and a home of exiled Jews, which of course is nonsense. 

The stress accent of Cornish names préserves a sensé of 
their dérivation. In words compounded with tre, pol, peu, ras, 
car, lan, bal, wheal, chy, park, porth, nans (or nan), carn, hal, 
gooti, gweal, hos, and other monosyllabic nouns, as well as 
dissyhables such as triga, ireva, &c., the accent is always on 
the quaUfying word, whether itcomes after one of thèse nouns, 
or (as is rarely found) before one. Thus : Trevéar, PoJglàxf, 
Pen:;ànce, Rosevéar, Carlyon [prob. Castra Le.gionitm. This is 
another case of y not being a consonant before a vowel], 
Lanéasî, Baldhû, Wheal Vôr, Chytàn, Por[th]îréaîb, Nansniéer, 
Carnjéw, Halvéar, Goonvéan, Bosiuàrîh, etc. Héudrea (old 
house) has the accent on Hen, which is the adjective. 

If the qualifying word has more than one syllable the accent 
is almost invariablyon the penultimate; Tregcnna, Polgwàrra, 
PencaUnick, etc., unless that syllable happens to be the article 
an or a préposition, such as war. Croiusanwrà , Tyiuardréath, 
Chyandôiur , etc.Two of thèse lastare often written with hyphens 
between the component parts, Crows-an-Wra Chy-an-Doivr. 

In words that are not compounds the accent is almost always 
on the penultimate, and I hâve knovvn this applied even to 
« foreign » names. Thus, there was a Wesleyan minister at 
Hayle some 20 years ago whose name was Kennedy, a Scottish 
(Galloway) name accented on the first syllable, but he was 
generally called « Mr Kenéddy ». 

On the contrary when Cornishmen leave Cornwall the 
accentuation of their names often changes in a çieneration or 



Some roiigh Notes on thc Pronunciation of Covnish naines. 305 

two. Thus, Iknewof a St Columb man named NajikivcU, with 
the accent on the second syllable^ who went to Australia and 
settled there, and his son, whom I hâve met, was called and 
even called himself Nànhivell, with the accent on the first 
syllable. Similarly there is a Mr Rosevear of my acquaintance, 
who is of the second génération away from Cornwall, and is 
always called Rosevear, not Rosevear. Yet in Cornwall no one 
ever misplaces the accent even on a name that he has never 
heard before. There seems to be an instinctive understanding, 
a sort of ghost of the old language still hovering around its 
old habitation. 

I know of one curions apparent exception to the rule of 
stress accent, and I believe it to be a remarkable instance of 
the persistence of tradition. Penwith, a district extending from 
about Camborne to the Lands Ead, is always called Pénwith, 
not Pcmuith. I think it was once Pen-emuith, the headiand of 
ash-trees, which abound therein, and thc old meaning has 
survived in the accentuation. 

Occasionally a final g sound is shown to be hard by the 
insertion of a u before the e mute which is used to lengthen 
the preceding vowel (as in the English wor as plaque, vague, etc.). 
Thus in Trevagiie, the last syllable, vague, is pronouncedexactly 
like the English word of the same spelling, but this is rare, 
and is only found in East Cornwall. 

The real place in which to study pronunciation is the 
Lands End district (West Penwith), in the parishes of Stives, 
Towednack, Zennor, Morvah, St Just, St Levan, St Buryan, 
St Paul, Gulval, Madron, St Erth and Ludgvan, where the 
names offields, farms, houses, creeks and coves and hills are 
mostly descriptive and are in the latest form of Cornish, 
which there is only just out of reach. 

I was staying in Zennor last summer, and noticed that the 
country people there pronounced the compounded place names 
as though they quite understood their component parts. 
Sometimes I think they really did, for I am sure they knew the 
différence of meaning between vear and vcan, or luarlha and 
wollas. 

Henry Jenxer. 



UNE ANCIENNE GLOSE IRLANDAISE 



Il y a 33 ans, je publiai dans le i^'' volume de la Revue Celtique 
(p. 58, 59) une courte notice sur un manuscrit du viii' siècle, 
de la Bibliothèque impériale de Vienne, côté 16, d'origine 
irlandaise, provenant de Bobbio, et contenant dans sa pre- 
mière partie le texte latin de Probus et dans la seconde celui 
d'Eutyches, accompagné de gloses, dont quelques-unes en vieil 
irlandais. La notice reproduisait trois de ces dernières gloses, 
insérées aux feuilles 57.58 du manuscrit. L'une d'elles, placée 
sur le mot prurio, à la feuille 58% ligne 16, était grattée ^ 
Toutefois, malgré le grattage, par l'inspection directe et répétée 
du ms., contrôlée sur une bonne épreuve photographique, je 
pus lire assez distinctement incrhigiiii. 

M. W. Stokes qui, deux ans plus tard, publia les trois gloses 
irlandaises de ces feuilles et deux autres de la feuille 64^, avait 
cru pouvoir lire (tout en déclarant que la y et 4^^ lettre étaient 
obscures) ménaigim, répondant à l'irlandais moderne mianui- 
ghim « I long for », dérivé de niîan « désire »-. 

D'autre part, M. Zimmer, après avoir également consulté 
une photographie de la feuille 58^ du manuscrit et s'appuyant 
sur l'autorité de Br. Guterbock, lisait meraigim et rattachait ce 
mot à l'irlandais moderne mear « concupiscence, lust » du 



1 . Transcription de la ligne 1 6 : rrcsAGio salio sepelio stabilio micturio 

(gl. MICTUS) PRURIO (gl. *merbigim) PARTURIO (gl. PARTUS) HAURIO (gl. 

HAusTus) iNRETio (traces de lettres effacées sur ce mot) sentio gestio 
UESTio EFFiGio (corrigé EFFUGio, recte effutio, Keil. Gr. Lat., V, 451) 
MOLLio bul[lio]. — La remarque de Keil « vestio omittit B[obiensis codex] », 
comme on voit, est erronée. 

2. V. W. Stokes, Goidelica^, 51, 52. 



Une ancienne glose irlandaise. P7 

Dict. de O'Reilly^ Cette leçon a été reproduite dernièrement 
par M. Ascoli, qui l'a rapprochée du mot nieracht a excite- 
ment », cité, d'après O'Donovan, dans le supplément de 
O'Reilly^ 

A mes yeux, ces deux leçons ne cadrent pas avec les traces 
d'écriture laissées par le grattoir. Les deux premières lettres de 
la glose et les trois dernières, soit me. . .gini, peuvent être lues 
aisément et ne sont pas contestées. La troisième, faisant partie 
du groupe er, est identifiée par sa comparaison avec d'autres r 
écrits dans la même page, notamment avec le r de la glose 
irlandaise airect qui est de la même main, et avec ceux du 
groupe ER des mots uerbum tertiae, etc. La cinquième est sans 
doute /; cette voyelle est ici postulée par la désinence verbale 
qui la suit; elle est en outre indiquée par l'étroit espace qui lui 
est réservé. Le seul doute possible porte donc sur la quatrième 
lettre que MM. Stokes, Zimmer et Guterbock ont lue a et que 
j'ai lue b. Le grattage de la glose, opéré horizontalement, 
ayant effacé, d'après ma supposition, le point de jonction de la 
tige perpendiculaire du h avec la panse de cette lettre, on a 
pu, par suite d'une illusion d'optique, prendre cette panse 
pour un a, et le sommet de la tige pour un accent un peu 
déplacé à droite (c'est ainsi que je m'explique Vé accentué de 
ménaingim lu par M. Stokes) ou pour une trace de l'ancienne 
écriture du palimpseste (Guterbock). Mais en comparant bien 
attentivement ce qui reste de cette lettre avec les b écrits sur la 
même page du manuscrit, on est amené à reconnaître que la 
lettre effacée est réellement un b. C'est ainsi qu'elle vient encore 
d'être lue par M. le P"" J. Karabacek, directeur de la BibHothèque 
de la Cour de Vienne, et par M. le D'' R. Béer, secrétaire de 
la même bibliothèque, qui ont bien voulu m'aider de leur 
expérience paléographique. Quant à moi, j'ai examiné le ma- 
nuscrit et l'épreuve photographique bien des fois et à de longs 
intervalles et il m'a toujours été impossible d'y lire autre 
chose que merbigim. 



1 . V. H. Zimmer, Gîossae hibcrnicae e codicibiis lVii\iburgensi CavoUsrnhensi 
aliis, etc. Berolini, 1881, p. 228. 

2. V. Ascoli, Glossarium palaeo-hibernicum, ccclxxvii. 



5o8 C. Nigra. 

Convaincu de l'exactitude de cette leçon et cherchant à 
découvrir une connexion sémantique entre elle et le latin pru- 
Rio,- j'avais hasardé tout d'abord, dans la notice précitée, la 
supposition d'après laquelle, par un changement de la consonne 
initiale (comme dans ben, mnà, muai, etc.), nierbigim aurait pu 
représenter un *bcrbigi)n « ferveo » et se rattacher à bcrbaim 
« COQ.UO », néo-irl. hearbhaim « I boil », etc. Après la publi- 
cation de ma notice, je ne tardai pas à reconnaître que le chan- 
gement phonétique susénoncé n'est pas admissible dans ce cas 
et que d'ailleurs ferveo est encore autre chose que prurio. 
Mon explication était donc fausse. Mais la leçon mcrbigini n'en 
restait pas moins vraie. Seulement elle ne pouvait pas passer 
comme une traduction irlandaise du latin prurio. Dès lors, 
comment l'expliquer ? 

Il y a longtemps que je crois avoir trouvé la bonne solution 
et c'est bien tardivement que je me décide à en faire part aux 
lecteurs de la Revue Celtique où le mot à déchiffrer a paru pour 
la première fois. 

La glose placée sur prurio ne peut être lue que iiwrbigim, 
comme je l'ai lue, ou meraigim, comme l'ont lue MM. Guterbock 
et Zimmer. Il s'agit d'établir laquelle des deux leçons est la 
vraie. Tout d'abord on doit remarquer que les quelques gloses 
irlandaises contenues dans le manuscrit qui est sous nos yeux 
représentent toujours la traduction fidèle du mot latin sur lequel 
elles sont placées (baritona, gl. ettorsondi, curia, gl. airect, etc.). 
Il paraîtrait donc, au point de vue sémantique, qu'il faille hre 
meraigim, puisque le substantif irlandais werar/;/ « excitement », 
cité ci-dessus, peut faire supposer l'existence de ce meraigim 
avec la signification approximative de prurio, tandis que îiier- 
bigim n'a rien à faire avec le verbe latin. Mais alors, si la glose 
est juste, pourquoi l'a-t-on grattée ? Et, qu'on le remarque 
bien, le grattage est intentionnel, ainsi qu'il est démontré par 
le fait que la glose grattée se trouve placée entre deux autres 
gloses restées intactes. D'autre part, le mot merbigim, que je 
persiste à lire dans le manuscrit, n'a aucun rapport sémantique 
avec prurio. C'est un verbe dénominatif du vieil irlandais, 
issu de me\i^rb « putris, pourri, flasque », et il doit signifier 
PUTREO, c'est-à-dire toute autre chose que prurio. Mais 



Une ancienne glose irlandaise. 309 

c'est précisément ce putreo qui doit fournir le mot de 
l'éniorme^ 

Le glossateur irlandais avait mal lu ou mal compris le texte 
latin. Cela se voit parfois dans les gloses irlandaises du viii^ et 
du ix^ siècle. Au lieu de prurio, il avait lu ou compris putrio 
(graphie irlandaise de putreo) et avait en conséquence écrit 
sur prurio la traduction irlandaise de putreo, qui est en effet, 
comme on vient de le dire, inerbigim. S'étant aperçu de l'erreur, 
le glossateur lui-même ou un lecteur irlandais qui eut après 
lui le manuscrit dans ses mains, gratta la glose irlandaise qui 
ne convenait pas à prurio. Seulement le grattage ne fut pas 
assez complet pour la rendre illisible. 

La signification de merbigim = putreo procède de celle du 
mot déjà cité i}îe[i]rb (*mervi), gallois nienv, « putris, flac- 
ciDUS », dont les gloses de Milan présentent une forme parallèle 
en fonction d'épithète ou de synonyme de « cadavre » : dunaib 
merbib .i. dunaib corpaib marbaib (fuxeribus), 65 '^4 ; iunammerbi 
À. MORTUA coRPORA (fuuera) 113^8 (cf. lat. morbus morbidus, 
it. niorbido, ladin miervi, ail. miïrbe, aha. marawi, etc.). 

L'explication que je soumets au jugement des lecteurs de la 
Revue Celtique est, je crois, rationnelle; mais elle n'a pas le 
caractère de la certitude. On pourra donc contester l'interpré- 
tation que j'ai donnée du mot merbigim. Mais quant à ce mot, 
je suis sûr, autant qu'on peut l'être, qu'il a été écrit sur le 
manuscrit comme je viens de le transcrire ici. 

C. NiGRA. 



I. pulrio n'est pas seulement une graphie irlandaise, il faut l'admettre 
pour expliquer le provençal poirir et le français pourrir (Kœrting, Latei- 
nisch-roinaiiisches JVôrterbuch, i^e édition, p. 587; cf. Schuchardt, Z)t'/- Voka- 
lismus des Vulgàr-lateins, t. I, p. 272 et suivantes. — Note de la rédaction. 



LES DOUZE JOURS SUPPLÉMENTAIRES (GOURDE- 
ZIOU) DES BRETONS ET LES DOUZE JOURS DES 
GERMAINS ET DES INDOUS. 



Je dois à mon ami, M. Fr. Vallée, dont tous les amis du 
breton connaissent, en Bretagne, le dévouement et la compé- 
tence, une communication des plus intéressantes et, à mon 
avis, des plus importantes au sujet des gourdeiiou ou gourdei- 
siou bretons. 

Le père Grégoire de Restrenen écrit, dans son dictionnaire, 
au mot mois, au sujet de goiirdeiTJou : « Les dou:{e premiers 
jours de janvier, ar goiirdeziou, ar gourd i^^ioii, de gour, mâle, et 
de dezjoii, jours, id est, les jours mâles, sur l'opinion qu'a le 
peuple que la qualité de ces douze premiers jours de l'an dénote 
celle des douze mois. » 

M. Vallée m'apprend que cette tradition existe toujours en 
Cornouaille ; seulement, ce ne sont plus les douze premiers 
jours de janvier qui servent de pronostics, mais bien les six der- 
niers jours de décembre et les six premiers de janvier. Ces jours 
présages portent en Haute-Cornouaille le nom de titennaou (au 
sg. titen : eun diten). 

Dans le Goele (toujours d'après M. Vallée), gourdeio s'em- 
ploie pour désigner les jours supplémentaires de la gestation 
d'un animal: ne ht prcst ar vuc'h d'alan ; oourdeio c'b a ganli 
pcr givech, la vache n'est pas prête à vêler; elle a toujours des 
jours (de gestation) supplémentaires'. A Ploubalanec, on dit 
beau war e c'hourdeio, être à toute extrémité^. 



1. Mot à mot, des jours supplcuicittaircs vont avec elle cijaqtie fois . 

2. En trégorois, l?eas[ gant e dalaiv, être avec les sillons du bout. 



Gourdeziou. 3 1 i 

Le sens Je goiir-dei^iou ^ est clair d'après ce qui précède ; il 
signifie nettement jours en plus, jours supplémentaires. Le mot 
titenn est évidemment idjentique au gallois titen, bout de la 
mamelle. C'est sans doute une expression métaphorique indi- 
quant qu'il s'ajoute quelque chose au chiffre rond. Les Bretons 
voyaient l'année lunaire sous la forme d'un cercle auquel 
venaient s'ajouter comme un petit bout, les douze jours 2. 

Ces douze jours (du 25 décembre au 6 janvier, ce qui repré- 
sente la tradition la plus ancienne) sont identiques aux fameux 
Zwôlften des Allemands qui, également, vont du 25 décembre 
au 6 janvier >. Depuis longtemps, on a rapproché les Zwôlften 
des Allemands des dou^e nuits sacrées des Lidous. L'opinion 
la plus répandue jusqu'à ces derniers temps était qu'il y avait 
là un essai préhistorique d'égaler l'année lunaire de 354 jours 
avec l'année solaire de "^GG jours. Weber-^ croit que la con- 
naissance de l'année solaire est venue aux Indo-Européens par 
les Babyloniens. Dernièrement, Tille (Yule and Christmas 
their place in the Germanie year, 1899), dont je ne connais 
l'ouvrage que par Schrader, a soutenu que ces 12 jours étaient 
le temps sacré entre Noël et l'Epiphanie. Ce qui a beaucoup 
contribué à donner un certain poids à la théorie de Tille, 
c'est que jusqu'ici ces 12 jours étaient connus seulement chez 
les Germains et les Indous. Or, les voici découverts chez les 
Celtes. De plus, comme les Indous, comme chez les Germains, 
ces 12 jours ont un caractère nettement payen. Chez les Ger- 
mains et les Indous, il s'y mêle des traditions mythiques. 

De plus, et cela ruine irrévocablement la théorie de Tille, 
gour-de~iou signifie nettement, sans qu'il puisse y avoir d'é- 
chappatoire, jours en plus, jours supplémentaires. 

Comme Weber, je suis d'avis que nous avons affaire ici à 
une tradition indo-européenne; l'année solaire a dû être connue 

1. L'interprétation populaire, yo^ri mdlcs, vient d'une confusion a.vcc goiir, 
homme. 

2. Le pis est, en breton te~, vannet. teh, gallois teth = iïtta. L'origine de 
titen ne me paraît pas sûre. Il a pu y avoir emprunt à l'anglo-saxon tit, 
mais ce n'est pas prouvé. 

3. Schrader, Reatlexicon, Jahr., p. 391. 

4. Omina uud Portenta, p. 388. IndischeSludicn, XVII, 224; d'après Schra- 
der, Realtcxicon, p. 392. 



512 J. Loth. 

des peuples indo-Européens, suivant toute apparence, par les 
Babyloniens et je vois dans ces jours supplémentaires un effort 
pour accommoder l'année lunaire indo-européenne à l'année 
solaire'. Les Indo-européens devaient être voisins des Babylo- 
niens à l'Est, 

En passant, je ferai remarquer que Tille dénie toute notion 
indigène de l'équinoxe chez les Germains, parce que les mots 
en usage paraissent traduits du latin aequinocHum (v. h. a. 
chennaht, ags. efennihl'). Or, l'équinoxe est bien connu des Bre- 
tons et des Gallois et les mots en usage n'ont rien à faire avec 
aeqninoctium : bret. kehidell, keidell, kede^ = kebede:^^ ; gallois 
cybvdedd. Tous ces termes sont dérivés de : breton kebed, kebeit, 
gallois cybyd = *cO'Seti-, d'égale longueur. 

J. Loth. 



I. Ainsi s'expliquerait le fait bizarre que le mot irl. n» = *n'vi signifie 
lune, tandis que le sanscrit ravi-, arm. arcv signifie soleil (cf. Stokes, A'. Z., 
XXV, 596). 



UN PASSAGE REMARQUABLE 

DU CALENDRIER DE COLIGNY 



Un travail de M. Loth communiqué aujourd'hui même à 
l'Académie des Inscriptions par M. d'Arbois de Jubainville a 
pour sujet une curieuse survivance du calendrier celtique dans 
la Bretagne moderne. Les douze jours qui vont du 26 décembre 
au 6 janvier sont connus sous le nom de goiir-de:jou « jours 
en plus », sur-jours et représentent apparemment les douze 
jours qu'il fallait ajouter à une année lunaire de 354 jours 
pour obtenir une année tropique de 365 jours et une fraction. 

Il était intéressant de rechercher comment le calendrier de 
Coligny avait tenu compte de ces douze jours supplémentaires. 
J'ai eu l'occasion de montrer ici même que tous les deux ans 
et demi on intercalait un mois de trente jours, ce qui fait bien 
douze jours supplémentaires par an. Il y a donc là une certaine 
analogie entre le calendrier de Coligny et le vieux calendrier 
breton. Autre rapprochement: les gour-de::;^iou sont les douze 
premiers jours de l'année bretonne qui commençait à Noël. Le 
mois bissextile du calendrier de Coligny est au commencement 
du semestre et non comme notre jour bissextile, à la fin d'un 
mois quelconque. 

La dernière analogie est encore plus frappante. Dans son 
Dictionnaire françois-celtique (1732), Grégoire de Rostrenen 
(p. 632) nous apprend que les douze jours des gour-de^iou ont 
la vertu des douze mois correspondants de l'année ^ 



I. Il signale V opinion qu'a le peuple que la qualité de ces dou:(e premiers jours 
de l'an dénote celle des dou^e mois. Dans la littérature brahmanique (Schrader, 
Real-h'xicon, I, p. 191), ces jours sont das Abbild des kommcndcn Jahres, 



5 14 Seymoiir de Ricci. 

Voici le mois intercalaire du calendrier de Coligny tel qu'il 
est donné en tète de la neuvième colonne. 



10 



CIALLOSBilS 
soxnocIngos 
]mman-m-m-xiii 
]lat ccclxxxv 
jcantaran • m 
j simivis 

d]vmaxxi IVOS 
dv]max • Ivos 
rivJri ivo 
]vrivrian 
Jsanag 
ogJroc 



Lacune d'environ cinq lignes. 



20 



25 



^0 



35 



[vu] 


4 




VIII 


D[ 




VIIII 


N . 


i 




[nis 


[ 


X 


N 


el[ 


XI 


t D 


EDRl[ 


XII 


It E 


caxtl[ 


XIII 


ni- 


MDSAMONI 


XIIII 


D 


DVMANNI 


X\' 


DS.\A • NS RIVR 


ATEN OVX 


I 




D ANACAN 


II - 


-II ] 


VID Q.VTI IN OGR 


III 




D OGROXI Q,VT 


iiii 




D GIAMONI 


V 




D SIMIS AMB 


VI 


lit 


D SIMIVISONN 

avTio 


VII 




N GIAMONI 
ELEMBI 



Un passage remarquable du Calendrier de Coligny. 



^n 



40 



45 



VIII 




\ GIAMOXI 
AEDRIXI 


VIIII 




D GIAMO GANT 
AMB RIVR 


X i 


il 


MD SAMON 


XI 




D DVMX AMB 


XII 




MD RIVRI 


XIII 




D AXAC • AxMB 


XIIII 


Ht 


D OGRONV 


XV 




D AMB Q.VT 



Voici maintenant la liste des mois du calendrier de Coligny : 
Giamon, Simivis, Equos, Elemb (ou Elembiii), Edrini, Canths, 
Samon, Duman, Riiiros, Anacan, Ogron, Cutios. Nous ne savons 
pas, à vrai dire, si l'année commençait par Giamon ou par 
Samo)i qui sont très probablement le mois d'hiver et le mois 
d'été. 

Il n'est pas difficile de voir que cette liste se retrouve assez 
exactement deux fois et demie dans les noms qui accompa- 
gnent les trente jours du mois intercalaire. Les noms de mois 
paraissent être au génitif. 



I 






16 


ANACAN 


2 


[d]v 


MAXXI [dvJmAX 


17 


OGR 


3 


[riv 


]ri Jvrivriax 


18 


Q\'T 


4 




AXAG 


19 


GIAMONI 


5 




[ogJro 


20 


SIMIS 


6 






21 


Q.VTIO (il fuidrait eq.vi) 


7 






22 


ELEMBI 


8 






23 


AEDRINI 


9 






24 


CAXT 


10 




el[embi] 


25 


SAMOX 


II 




edri[ni] 


26 


DVMX 


12 




caxtl[ ] 


- / 


RIVRI 


13 




SAMOXI 


28 


AXAC 


14 




DVMAXXI 


29 


OGRONV 


15 




RIVR 


30 


Q.VT 



j i6 Scymotir de Ricci. 

Dans le calendrier de Coligny chaque jour du mois interca- 
lant parlait donc le nom d'un des trente mois qui suivaient. La 
superstition que Grégoire de Rostrenen signalait en Bretagne 
au xviii'' siècle et que connaît aussi la littérature brahmanique, 
existait donc déjà en Gaule au premier siècle de notre ère. 

Une survivance aussi remarquable ne sera pas sans étonner 
les sceptiques ; il paraît difficile de ne pas en admettre l'exac- 
titude. 

Seymour de Ricci. 
17 juillet 1903. 



LE CANDETUM GAULOIS 



Par Columelle, De re rustica, livre I, c. r, § 6, et par Isidore 
de Sévilie, Origines, I. XV, c. 15, § 6, nous savons que les 
Gaulois avaient une mesure de surface rurale qu'ils appelaient 
candetuiii. Candetum, pour cantetum, est un dérivé du nom de 
nombre gaulois *canion « cent ». Le candetum était un carré 
dont le côté, comme nous l'apprtnons par Columelle et Isidore, 
était long de cent cinquante pieds romains; ce côté consistait 
donc en un multiple par cent d'une mesure gauloise de lon- 
gueur égale à un pied romain et demi. Or, le pied romain et 
demi c'est la coudée, cubitus en latin % égale à quatre cent 
quarante-quatre millimètres; le pied romain vaut o"', 296 dont 
la moitié este", 148 qui, ajoutés à o"',296=:o"\444. 

La coudée qui explique ainsi le candetum rural des Gaulois 
rend compte également de la lieue gauloise. On sait que la 
lieue gauloise, leuga, égalait un mille romain et demi 2. Le mille 
romain, c'est mille passus et chaque passus = cinq pieds; le 
mille romain contient donc cinq mille pieds; par conséquent, 
la lieue gauloise contient cinq mille coudées ou cinquante fois 
le côté du candetum rural gaulois. Le passus romain vaut i"',48, 
le mille romain i 480 mètres, la lieue gauloise i 480 mètres 
plus 740 = 2 220 mètres. Or, 2 220 mètres ■= o"',444 x 5 000 
et aussi 44", 4 (côté du candetum) x 50. 



1. Vitruve. 1. III, c. i, § 7. Le correspondant grec, -f^/j;. est de deux 
centimètres plus long que le cubitus. 

2. Voir les textes réunis par Alfred Holder, Altceltischer Sprachschati, 
t. II, col. 197, 198. 

Revue Celtique, XXiV. 22 



3i8 H. iVArbois de Juhainvilk. 

A côte du ùiiulcluiii rural les Gallo-romains avaient, suivant 
Columclle et Isidore, un candeium urbain dont le côté égalait 
cent pieds romains, soit 29'", 60 au lieu de 44™, 4- Son intro- 
duction paraît avoir été le résultat de la conquête romaine. 
Les Romains construisirent en Gaule un grand nombre de 
villes nouvelles: Augusta, Aoust (Drome); Augusta, Aoste 
(Isère); Augusta Suessionuni, Soissons; Augusta Viromanduo- 
rum, Vermand ; Augusto-bona, Troyes ; Augusto-dunum, Autun ; 
Augusto-duruiu, Bayeux ; Augusto-magus, Senlis ; Augusto-neme- 
tuiii, Clermont-Ferrand ; Augusto-ritum, Limoges ; Caesaro- 
dunuvi, Tours; Caesaro-viagus, Beauvais; Julio-bona, Lille- 
bonne ; Julio-magus, Angers. De là, par une sorte de transaction, 
l'introduction d'un candetuiu urbain, multiple du pied romain, 
tandis que pour la mesure des champs, on conservait l'antique 
candetum gaulois, multiple de la coudée, comme la lieue gau- 
loise, supplantée par le mille romain au Sud de Lyon. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE : I. Quatre chansons irlandaises sur l'été et l'hiver publiées par M. Kuno 
Meyer. — II. Un volume de vers bretons par M. Emile Ernault. — III. Les poèmes 
de Taldir (Jaffrennou). — IV. Etude de M. arthur-C.-L. Brown sur le roman 
d'iwain par Chrétien de Troyes. — V. A variant of the gaelic Ballad of the Mantle, 
par M. F. N. RoBiNsoN. — VI. Une histoire galloise de loup garou éditée par 
M. George Lyman Kittredge. — VII. Morgain la fée ou étude sur les fées dans les 
romans de la Table ronde, par Miss Lucy Allen Paton. — VllI. Traduction an- 
glaise par Miss ANTONiA Meyer du mémoire de M. H. Zimmer sur l'église celtique en 
Grande-Bretagne et en Irlande. — IX. Introduction à l'étude comparative des langues 
indo-européennes par M. A. Meillet. — X. Vie de saint Germain l'Armoricain par 
M. Baring Gould. — XI. Quinzième livraison de /'Altceltischer Sprachschatz de 
M. A. HOLDER. — ■ XII. Critique par M. Whitlev Stokes du Glossaire des Ancient 
Laws of Ireland composé par M. R. Atktnson. — Xlil. Les Hautes Chaumes des 
Vosges, par M. Pierre Boyé. — XIV. Mort de M. Louis Duvau. — .XV. Incendie de 
la bibliothèque de M. Henri Zimmer. — Postcriptum. Corrections par M. Vendryès d 
la chronique de la livraison précédente. 

I 

M. Kuno Meyer vient de publier à Londres, librairie David N'utt, une 
jolie brochure intitulée : Four old irish Soiigs of Sumiiicr and Winter. De 
ces quatre poèmes irlandais qui paraissent remonter au ix^ siècle ou aux 
premières années du x^, l'un célèbre le début de la belle saison : 

« Premier mai ! Voici le beau temps, sa couleur si noble. Les merles 
« chantent toute leur chanson dès que le jour a lancé son premier rayon. » 

« Le coucou gris à la voix éclatante crie : Salut, noble été. L'amer mau- 
« vais temps s'arrête en route; les branches, poussant dans les bois, lui 
« barrent le passage », etc. 

Les trois autres poèmes ont pour sujet l'hiver. Le dernier commence ainsi : 

« Toujours le froid ! La tempête est plus grande que jamais, chaque 
« sillon brille, c'est une rivière ; tous les gués sont pleins d'eau et changés 
« en lacs. » 

Le texte irlandais est accompagné d'une traduction anglaise et un glos- 
saire termine le petit recueil. 

II 
Notre savant collaborateur, M. Emile Ernault, si connu jusqu'ici comme 



^20 Chronique. 

linguiste et comme lexicograplic, vient de publier un volume de poésies '. 
Ses vers sont joliment tournés, mais il a beau faire ; à chaque pas le gram- 
mairien apparaît à côté du poète. D'abord une préface, dont le texte français 
mis au bas des pages est accompagné de deux traductions, Tune à gauche 
en dialecte de Tréguier, l'autre à droite en dialecte de Vannes; on y lit, 
p. xviii : « L'orthographe bretonne, qui est très supérieure à celle qu'on suit 
« en français, est fondée sur la phonétique. Chaque lettre garde toujours le 
« même son : g et s ne se prononcent pas y, -. » Voici la traduction en dia- 
lecte de Tréguier : 

An doare skriva en hreioneg a ^o kaJs givellûc'h eget an hini a ve^ heiiUhet en 
galleg ; ar ~oniou a :^o a ren anean ; pep liieren a lùr ataii an heicJep iiii ; g ha 
s na vent nepret lavaret cvel j na z. 

« La manière d'écrire en breton est beaucoup meilleure que celle qui est 
« suivie en français ; les sons, c'est ce qui la règle ; chaque lettre garde 
« toujours le même [son] : ^ et i ne sont jamais dits comme / ni \. » 

La traduction vannetaise n'est pas aussi littérale : 

E brehoneg ne skriiièr ket èl ê galleg, mes éleih gtieJ, rak pep lihèrcn e gon\ 
ataii èl ataù. Ehé ne vé laheit giiéb erhet g de gon\ èl ], pê s èl z. 

« En breton, on n'écrit pas comme en français, mais beaucoup mieux, 
« car chaque lettre se prononce toujours comme toujours. Ainsi on ne met 
« jamais g pour prononcer comme /, ou s comme -. » 

Plus loin, cette leçon de grammaire continue. 

Les deux traductions en vers bretons qu'on trouve souvent en regard l'une 
de l'autre au-dessus du texte français sont très instructives ; ainsi, page 67, 
en dialecte de Vannes : 

Hui e er hetan e ^a. 
Hiniu aharh èr gèr ma. 

« Vous êtes'le premier qui vient aujourd'hui dans cette ville-ci. » 

Mais en trécorois, p. 66 : 

C'houi, 'nie^^an, eo ar chenta. 
'Antre hidiv er gaer-uia. 

« Vous, dit-il, êtes le premier qui entre aujourd'hui dans cette ville-ci. » 
En vannetais, le superlatif ketan = ketan = *kintiisamos (?) « tout premier » 



I. Giver-{iou, sonioii ha niarvaiUou brei^oneh ha galleh gant toniou. Barz ar 
Gouet. « Poésies bretonnes et françaises avec un conte en prose et airs 
notés par Emile Ernault », Saint-Brieuc, Prudhomme, 1903, in-i8, xxi-293 
pages. Barz ar Gouet, parce que le Gouet arrose les Côtes-du-Nord. 



Chronique. 521 

a perdu 1'// qui précédait le / et a gardé sous forme d'« un débris de l'w de 
la dernière svllabe ; le trécorois chenta =^ kenta a consers'é 1'» suivi de / et 
n'offre plus aucune trace de l'w. Le vannetais hiniu « aujourd'hui » nous 
met sous les 3'eux r« de l'irlandais indiu qui est le même mot ; le correspon- 
dant trécorois hidiv doit être rapproché du gallois beddyn', où cet n fait 
défaut. 



III 

Les poèmes de Taldir (ironx. d'acier) ', c'est-à-dire de M. François Jaffrennou, 
sont écrits avec verve et un vrai talent, mais sans les préoccupations scien- 
tifiques dont M. Ernault ne peut se séparer. Les traductions du breton en 
français ou du français en breton faites par M. Jaffrennou ne sont pas tou~ 
jours littérales. Je prends à la page 147 : 

Enor d'ar re a ^oiig hepred 
GxL'iskamanchou ar Vretoiied 
Ar c'botirii hag ar boudriou. 

« Honneur à ceux qui portent toujours 
« Les vêtements des Bretons 
« La ceinture et les guêtres. » 

Voici la traduction de M. Jaffrennou : 

« Honneur aux hommes qui portent toujours les costumes des Bretons, 
« les larges braies et les guêtres. » 



Larges braies se dit bragou bra^ et non goiiris ; j'allais ajouter que gouri:^ 
étant masculin, il faut dire ar gotirii et non ar c'hoiiri:^: mais M. Vallée, 
dans sa grammaire, contredisant LeGonidec etTroude, dit que goitris peut 
être considéré comme masculin ou féminin indifféremment. 

Je passe à la page 171 : 

1 . Me anve:( eur goulmik 

2. Dindan ar c'boajoti, 

3. Uhel eo be nei'^ik 

4. Ha teo ar boujou 

5. Kouhkotide me am euz esper 

6. Da gaout an doare 

7. Da c'boiinid be c'balon tener. 

8. Ha d'bi c'baoïit d'in-me. 



I. Paris, Champion, 1905, in-i8, xxvii-426 pages. 



52 2 Chronique, 

Voici Li traduction littérale : 

1. Je connais une petite colombe 

2. Sous les bois. 

5. Haut est son petit nid, 

4. Et touffues [sont] les branches. 

5. Cependant i'rtf espoir 

6. De trouver la manière 

7. De gagner son cœur tendre 

8. Et de l'avoir à moi. 

M. JatTrennou a traduit comme il suit : 

1. Je connais une petite colombe 

2. Sous les bois ; 

3. Haut placé est son nid, 

4. Et touffues les branches. 

5. Cependant je far^fe l'espoir 

7. De gagner son tendre cœur 

8. Et de l'avoir à moi. 

Cette traduction, d'une part, supprime le vers 6, d'autre part, ajoute au 
vers 3 un mot « placé » qui manque dans le texte breton, et au vers 5 elle 
substitue le verbe « garder » au verbe « avoir ». 

M. Jaffrennou donne à côté de ses poésies quelques traductions galloises 
et gaéliques. A la suite de la pièce bretonne dont nous venons de donner la 
première strophe, on trouve une traduction galloise par M. Gwynn Jones 
et une traduction en gaélique d'Ecosse par Miss Ella Carmichael. 

M. Gwynn Jones traduit vers par vers; mais, sur les huit vers de la 
strophe que nous venons de citer, un seul est un calque exact du vers bre- 
ton correspondant : Uche! yiv ei iieithig rendant le breton Uhel eo he neiiik ; 
sauf quelques mots, comme v cbalon dyiter, en breton he chahn teiier, la plus 
grande partie de la traduction galloise se tient étymologiquement fort loin 
texte breton: ainsi le vers 5, Kotûskoude me am eu\ esper, « Cependant 
j'ai espoir, » devient en gallois Etto mi a gadivaj hyder « Cependant je garde 
espoir » ; c'est un exemple propre à démontrer la distance qui existe entre 
le breton et le gallois. 

Si l'on passe au gaélique d'Ecosse la différence est bien plus grande. Miss 
Ella Carmichael traduit bien, mais voici ce que deviennent sous sa plume 
gaélique les quatre premiers vers de la strophe bretonne : Is aithne domh 
calman's a chaille mhor, agtis Iha a nead fo mheaitgan craoib mor ard. Littéra- 
lement : « Est connaissance à moi colombe qui est en forêt grande et est 
« son nid sous branche d'arbre grandement haut. » Il faut certaines con- 
naissances linguistiques pour arriver à reconnaître dans le gaélique aithne 
une racine indo-européenne qui est dans le breton anve^, et, quant au 
reste, sauf caïman « colombe « et nead « nid », tous les substantifs 
et les adjectifs employés par Miss Ella Carmichael sont étymologiquement 
étrangers au texte breton. 



Chronique. 32^ 

Si le but que s'est proposé M. Jaffrennou est de montrer combien les 
langues néo-celtiques modernes s'écartent les unes des autres, ce but est, ce 
nous semble, atteint. 



IV 

M. Arthur C. L. Brown, aujourd'hui professeur à l'Université de Wis- 
consin, a été reçu docteur en philosophie à Harvard University en mai 1900. 
Le sujet de sa thèse était une étude sur l'origine du roman d'Ivain par 
Chrétien de Troves. Cette thèse, revue et corrigée, vient de paraître dans le 
tome VIII des StiuUes and Notes in Phihlogy and Literature, et, comme tirage 
à part, elle forme un volume in-8 de 147 pages intitulé: huain, a Study in 
the Origins of Arthurian Romance. Une grande partie de ce travail est con- 
sacrée à l'analyse des textes épiques irlandais qui racontent un voyage dans 
l'autre monde. Ces textes, principalement le Serglige Conciilainn, nous offrent 
le prototype de la légende d'Iwain. Telle est la conclusion à laquelle arrive 
M. Brown et il paraît difficile d'en contester l'exactitude. 



Un des récits, qui nous donnent la peinture des mœurs à la cour du roi 
légendaire Arthur, nous parle du manteau que seule pouvait revêtir une 
femme réellement chaste : ainsi ce manteau servait à éprouver la vertu des 
dames. Malheureusement le plus grand nombre d'entre elles, malgré les 
plus énergiques efforts, ne parvenait pas à s'envelopper dans ce magique et 
rebelle vêtement. 

L'exposé de leurs humiliantes tentatives faisait partie du cycle de la Table 
ronde, en France, au xii= siècle 1 ; vers le xv^, il pénétra en Irlande et prit 
place dans le cycle d'Oisin, mais sous une forme abrégée : au lieu de neuf 
cent vingt-deux vers français, soixante-seize ou quatre-vingt-quatre vers 
irlandais seulement. Au xvi^ siècle, ce récit était parvenu chez les Gaëls 
d'Ecosse et nous l'y trouvons dans le livre du doyen de Lismore, où il est 
transcrit avec une notation phonétique non conforme à l'orthographe tradi- 
tionnelle 2. Une copie écrite suivant la méthode ordinaire a été conservée 
également en Ecosse dans le manuscrit 54 d'Edimbourg, xviiie siècle 5. 



1. Une édition du texte français par M. F. -A. Wulff a paru en 1885 dans 
la Romauia, 14e année, p. ^58-380. 

2. Thomas Mac Lauchlan et William F. Skene, The dcan of Lisinore's 
Book, Edinhurgh, 1862, p. 51-52 du texte, p. 72-74 de la traduction. — 
Campbell, Leahhar na Feinne, London, 1872, p. 13g. — A. Macbain et J. 
Kennedy, Reliquiae celticae..., left bv..., A. Cameron, Inverness, 1892, 
p. 76-80. — • L. Chr. Stern, Zeitschrift fiir Celtische Philologie, t. I, 2« livrai- 
son, 1896, p. 296-500. 

3. A. Macbain et J. Kennedy, Reliquiae Celticae... left by... A. Cameron, 
Inverness, 1892, p. 116-118. 



^24 Chronique. 

En Irlande, le plus ancien manuscrit où ce poème se rencontre date de 
1628, il appartient aux Franciscains de Dublin. Il a été signalé en i.SSy par 
M. H. Zimmer dans les Nouvelles savantes de Goettingen. M. E. Clir. Stcrn 
a publié en i8g6 la leçon de ce manuscrit '. 

M. F.-N. Robinson, professeur à Harvard University, Cambridge, Massa- 
chusetts, États-Unis d'Amérique, vient de fliire paraître une brochure de 
15 pages intitulée: A variait l of tbe gaelic Ballad of the Matitle. C'est un 
tirage à part du recueil intitulé Modem Philologx, vol. I, no i, juin 1905. 
On y trouve, d'après un manuscrit appartenant à Harvard University, une 
rédaction en quarante-six strophes de quatre vers chacune, tandis qu'il y a 
seulement dix-neuf strophes dans le manuscrit des Franciscains de Dublin, 
vingt et une dans le livre du doven de Lismore et dans le manuscrit 54 
d'Edimbourg. Lems. de Harvard date de 1842. Une des principales variantes 
consiste en ceci. Dans le manuscrit des Franciscains et dans le manuscrit 54 
d'Edimbourg, la femme d'Oisin est une de celles qui tentent l'épreuve du 
manteau et qui ne peuvent venir à bout de mettre ce vêtement terrible. La 
strophe qui, en racontant cet essai infructueux, atteste la honte de cette 
grande dame, manque dans le livre du doyen de Lismore et dans la rédaction 
plus récente que publie M. Robinson. 

VI 

Un autre tirage à part fait, comme le précédent, aux Etats-Unis d'Amé- 
rique, est intitulé Arthur and Gorlagan et a pour auteur M. George Lyman 
Kittredge, c'est un extrait des Stiidies and Notes in Philology and Literature, 
t. VIII, p. 149-275. 

L'objet est l'histoire d'un loup garou, c'est-à-dire d'un homme changé en 
un terrible loup. La croyance au loup garou était comnume en Bretagne au 
moyen âge. La légende de saint Ronan ou Renan nous apprend que ce 
pieux personnage fut accusé d'avoir pris la forme d'un loup et d'avoir mangé 
des moutons et un enfant après s'être ainsi métamorphosé 2. Une légende 
qui repose aussi sur la croyance au loup garou apparaît dans les poésies de 
Marie de France. C'est le lai du Bisclaveret 5, YxstzBhiigarvet, participe passé 
d'un verbe dénominatif formé sur blei^^aro, plus anciennement hh'i:^arv 
K loup méchant ». BIei:(garvet signifiait « devenu méchant loup >^ 4. Cette 
expression est d'origine bretonne. 

Le Bisclaveret de Marie de France est un chevalier qui, de temps en temps, 



1. Zeitschrift fur Celtische Philologie, t. I, 2^ livraison, p. 301-302. 

2. Voir sur ce sujet la publication du père De Smedt analysée dans la 
Revue Celtique, t. XI, p. 242-243 ; cf. Lobineau, Les vies des saints de Bre- 
tagne, Rennes, 1725, p. 42 ; Albert Le Grand, La vie ...des saints de la Bre- 
tagne Annorique, 1637, p. 131 ; édition Thomas et Abgrall, 1901, p. 206. 

3. Édition donnée par Roquefort en 1820, tome I, p. 178-201. 

4. Cf. G. de Rostremen, Dictionnaire françois-celtique aux mots ^aro« et 
loup garou. 



Chroniijue. 325 

se rendait dans un bois, y déposait ses habits dans une cachette et se chan- 
geait en loup, puis revenait prendre ses habits et la forme humaine. Il eut 
l'imprudence de révéler à sa femme son secret, la femme fit prendre les 
habits par un amant et, le malheureux loup étant par là condamné à rester 
loup toute sa vie, elle épousa l'amant. Mais le loup qui, sous forme d'ani- 
mal sauvage, avait conservé l'intelligence de l'homme, sut obtenir la bien- 
veillance du roi qui lui fit rendre ses habits, par conséquent la forme humaine. 
Ce récit n'est pas la seule rédaction française du conte breton ; le lai de 
Melion en est une autre '. 

En outre, M. Kittredge a trouvé à Oxford, dans le manuscrit B 149 de 
la Bibliothèque Bodléienne, xiv^ siècle, un récit légendaire analogue rédigé 
en latin, mais d'origine galloise ; il s'agit d'un roi que sa femme change en 
loup et cela au moven d'un procédé magique indiqué par le trop confiant 
époux; puis elle se marie avec un amant. Mais, comme chez Marie de 
France, l'époux malheureux recouvre plus tard forme humaine. 

De ces récits, M. Kittredge rapproche la rédaction irlandaise traduite par 
M. Larminie aux pages 10-30 de ses IVest-irish Folktales-; la femme y 
transforme successivement son mari en corbeau, en vieux cheval, puis enfin 
en loup, mais ce loup redevient homme. 

M. Kittridge signale sept éditions de cette rédaction irlandaise, outre 
l'édition de M. Larminie. 

Nous avons donc quatre rédactions du conte du loup garou, deux sont 
françaises, une est galloise, une dernière est irlandaise. M. Kittredge étudie 
et compare entre elles les variantes de ces quatre rédactions et recherche 
leurs sources. 



VII 

Les dames anglaises qui s'occupent de littérature celtique, Eleanor IluU 
et lady Gregory, ont une rivale américaine, Miss Lucy Allen Paton qui a 
obtenu à Harvard University, Cambridge, Massachusetts, le titre de docteur 
en philosophie pour une thèse intitulée Mor^ain la fée, a Stiidx in the Fairy 
Mytbohgy of the Middle Ages. Cette thèse, déjà rédigée en mai igoo et depuis 
remaniée, a paru trois ans plus tard avec un titre légèrement différent ; Studies 
in the Fairy Mythology of Arihurian Romance. C'est un volume in-8° de xi-288 
pages qui est en vente à Boston, librairie Ginn and Co. 

Suivant l'auteur, qui étudie les divers passages du cycle de la table ronde 
où apparaît Morgain, cette fée est identique à laMorrigan de la « Seconde 



1. Le lai de Melion a été publié en 1832 aux pages 43-67 du volume 
intitulé : Lai d'Jgnaurés en vers du douzième siècle, suivi des lais de Melion et de 
Trot. Ce volume avait pour auteurs Francisque Michel et Monmerqué. Une 
analyse du lai de Melion a été insérée en 1856 par Paulin Paris dans le tome 
XXIII de l'Histoire littéraire de la France, p. 65-66. 

2. Ce volume a paru en 1893 à Londres, librairie Elliot-Stock. 



;26 Chronicjue. 

Bataille de MoytLira », Cath Maige Tured ' ; ce n'est pas une fille de la mer, 
morigéna, c'est une déesse qui, de l'autre monde, vient, quand il lui plaît, 
exercer sa puissance dans le monde des humains. Miss Lucy Allen Paton 
la considère comme identique à Anna, fille d'Uther Pendragon et sœur 
d'Arthur-; et l'Anna des textes gallois ne serait autre qu'J;/a ou Anu, 
mère des dieux irlandais ?. Le double n d'Anna serait dû à l'influence d'un 
nom propre bien connu dans le monde chrétien, celui de sainte Anne. 

Outre Morgain, l'auteur s'occupe aussi de la dame du lac et de Niniane 
et, contrairement à la doctrine de M. John Rhys, dont elle adopte souvent 
les enseignements, elle ne croit pas que ces deux fées doivent être consi- 
dérées comme deux aspects différents de la même figure mythique qui serait 
Morgain 4. La politesse française exige qu'on donne toujours raison aux 
femmes, quand même on est convaincu qu'elles ont tort. Mais j'ai, moi, la 
mauvaise habitude de dire toujours ce que je pense et la fréquentation qu'en 
ma qualité de celtiste j'ai eue avec M. Heinrich Zimmer donne souvent à ce 
que je pense une forme un peu brutale. Je dirai donc que M. John Rhys 
me semble avoir dit la vérité. 

Quoi qu'il en soit de ce détail, l'étude de Miss Lucy Allen Paton me 
semble très sérieusement travaillée et fait honneur tant à elle qu'aux profes- 
seurs américains dont elle a été l'élève. 



VIII 

La Revue Celtique, t. XXII, p. 554-356, annonçait, il y a deux ans, le 
savant mémoire intitulé « Église celtique », Keltische Kirche, et où, dans la 
Realencyclopacdie fiir protestantische Théologie und Kirche, t. X, p. 204-243, 
M. H. Zimmer avait exposé les origines de l'église chrétienne dans les Iles 
Britanniques. Une élégante traduction anglaise de cette œuvre érudite a été 
récemment publiée par la librairie David Nutt. C'est un joli volume in-8° 
de XV- 1 3 1 pages intitulé : The celtic Church in Britain and Ireland by Heinrich 
Zimmer, professor of celtic Philology in the University of Berlin, translated by 
A. Meyer. L'auteur de la traduction est Mlle Antonia Meyer, sœur du savant 
professeur de Liverpool, M. Kuno Meyer, si connu des lecteurs de la Revue Cel- 
tique, sœur aussi de M. Edward Meyer, professeur à l'Université de Berlin, 
auteur de travaux fort remarquables sur l'histoire de l'antiquité. La division 



1. Revue Celtique, t. XII, p. 128, article de M. Whitley Stokes. 

2. John Rhys et J. Gwengvryn Evans, The Tcxt of the Bruts front the 
Book of Hergest, p. 180, dernière ligne. — Galfridus Monumontensis, His- 
toria regum Britanniae, VIII, 20, édition Giles, p. 153. — Le roman de Brut 
par Wace, vers 9053 ; édition Le Roux de Lincy, t. II, p. 30. — -John Rhys, 
The arthurian Legend, p. 22. 

3. Glossaire de Cormac, chez Whitley Stokes, Three irish ghssaries, p. 2, 
6; et dans la traduction anglaise, p. 4, 17; cf. Côir anmann, dans Irische 
Texte, t. III, p. 288. 

4. Cf. Arthurian Legend, p. 348. 



Chroni(jue. 527 

du texte en paragraphes, une table correspondant à ces paragraphes et d'abon- 
dantes manchettes facilitent les recherches dans ce volume. M"e Meyer a mis 
en note les renvois aux sources, tandis que M. Zimmer avait intercalé ces 
renvois dans sa rédaction. Elle a souvent traduit en anglais les textes latins 
que M. Zimmer avait insérés dans son mémoire en leur conservant la saveur 
de la langue originale. Beaucoup de gens apprécient peu, pour cause, cette 
saveur érudite. Le petit volume anglais de M"'' Meyer trouvera probablement 
plus de lecteurs que la savante composition allemande. 

IX 

M. iMeillet vient de faire paraître à la librairie Hachette un volume plus 
gros que celui de M'ie Meyer, xxiv-434 pages in-80. Le titre est: Introduc- 
tion à Vétiide comparative des langues indo-européennes. Cet ouvrage est l'œuvre 
d'un linguiste éminent ; on ne peut lui donner trop d'éloges et il fera faire, 
nous l'espérons, en France de grands progrès à l'étude de la grammaire 
comparée. Le celtique y apparaît souvent. Le directeur de la Revue Celtique 
regrette de ne pas l'y rencontrer davantage. Ainsi, p. 64, M. Meillet dit que 
s initial se change en /; dans plusieurs langues, dont le brittonique, il donne 
des exemples de ce changement dans trois langues pour le mot qui signifie 
vieux et il oublie le brittonique hen. P. 66, parmi les langues qui perdent 
1'^ intervocalique, il ne cite ni l'irlandais ni le brittonique. P. 78, il donne 
une liste des langues chez lesquelles persiste Vi consonne initial, il ne parle 
pas du brittonique, par exemple du gallois ieuanc et du breton iaouank 
« jeune » ; pour plus amples détails, voyez Whitley Stokes, Urkeltischer 
Sprachschati, p. 222-223. P- ^5) ligne 2, à côté du gallois gwerthyd « fuseau », 
M. Meillet aurait pu citer l'irlandais /er/a5, même sens. P. 91 et 354, j'aurais 
désiré voir le vieil irlandais arco « je demande », rapproché du sanscrit 
prcchdti « il demande ». P. 361, en regard du lituanien derva « bois de 
sapin », on aurait pu mettre le gaulois dervo- « chêne ». P. 363-364, le 
breton iod « bouillie », en gallois uwd, en irlandais /'//;, suppose un primitif 
ijito-, dérivé de la même racine que le latin iîis, le sanscrit ju/j, le vieux slave 
jucha et le lituanien jù.s::^è « préparation de viande avec une sauce ». Nous 
terminerons par deux remarques : P. 84, ligne 19, au lieu de déa, dieu, lisez 
dia. P. 89, l'autorité d'Ausone, de Rutilius et de Sidoine Apollinaire ne me 
paraît pas suffisante pour établir que Ve à' aremoricus soit long; toutes les 
voyelles de cet adjectif étant brèves, il fallait allonger la seconde ou la troi- 
sième pour le faire entrer dans un vers hexamètre. Ces observations critiques, 
toutes de petite importance, ne peuvent diminuer en rien la valeur du beau 
livre que nous devons à M. Meillet. 



X 

^L s. Baring Gould, dont la Revue Celtique a plusieurs fois déjà annoncé 
les travaux hagiographiques, a envoyé à la rédaction de ce périodique une 
brochure de vingt pages traduite de l'anglais en français et intitulée : Vie de 



3 28 Chronujuc. 

saint Germain VaiDioricaiit, cvcque et confesseur. Il s'agit d'un saint resté 
jusqu'ici peu connu et que généralement on confond avec saint Germain, 
évêque d'Auxerre, 418-448. Saint Germain l'armoricain aurait été évèque 
de Tilede Manvers 447 (Gams, Séries episcoporum, p. 197). C'est lui que des 
textes irlandais appellent Mo-Garman ou Mo-gorman, d'autres Garmon ou 
Gorman. 11 était, dit-on, lîls d'un breton nommé Restitutus et de Liamain, 
sœur de saint Patrice; son père habitait à l'Ouest de Q.uimper entre Pen- 
mark et Cap Sizun. 

XI 

La quinzième livraison de VAltcdtischer Spracbschati de M. Alfred Holder 
vient de paraître. Elle comprend les colonnes 1 537-1792 du tome II et va 
de Se-iana à. Tchnnitm. Cette publication si utile et qui représente un travail 
si considérable approche aujourd'hui de sa fin. 



XII 

La Revue Celtique, t. XXIII, p. 96-99, a rendu compte des tomes V et VI 
des Ancient Laivs of Ireland. Elle a constaté le grand service rendu aux études 
celtiques par M. Atkinson, auteur du tome VI, qui est tout entier occupé 
par le glossaire des cinq volumes précédents. Il ne se suit pas de là que ce 
glossaire soit parfait. Aucun glossaire ne l'est, et, plus un glossaire est con- 
sidérable, plus nombreux sont ses défauts. 

On sait quelle a été l'histoire -du Totiiis Latiniialis Lexicoii de Forcellini, 
1771 ; la troisième édition, terminée en 183 1, contient, dit-on, cinq mille 
mots de plus que les précédentes et dix mille corrections. Le nombre des 
additions et corrections nouvelles est aussi fort considérable dans l'édition 
malheureusement inachevée qu'a donnée Vincent De Vit, de 1858 a 1892, 
en dix volumes au lieu des quatre de l'édition princeps. Et aujourd'hui, en 
Allemagne, ce grand travail est recommencé. Nous voyons paraître le 
Thésaurus linguae latinae éditas auctorilate et consilio acadeiniarinii quiuque ger- 
manicarum. 

Le Glossariiiw inediae et iiifimae latinitatis de Ducange a une histoire ana- 
logue. 

Nous avons déjà parlé, p. no, de la critique que M. Whitley Stokes, 
dans la Zeitschrift fiïr celtische Philologie, t. IV, 2^ livraison, a faite du glos- 
saire de M. Atkinson; il y a relevé: i" 83 omissions; 2" 1 1 3 mots mal 
transcrits ou qui n'existent pas; 3° 52 exemples de cas obliques donnés 
pour nominatifs; 40 41 erreurs de quantité; 3° six exemples de mots dont 
M. Atkinson a fait deux mots ; 6° 24 exemples de mots confondus avec 
d'autres; 7° 49 traductions défectueuses; 8" 25 étymologies erronées. 

M. Whitley Stokes vient de faire paraître à la librairie David Nutt une 
nouvelle édition de sa critique. Le titre est : A Criticism ta Dr Atkinson Glos- 
sary to Volumes I-V of the Ancient Lazvs of Ireland. Cette édition est revue et 
augmentée. Le nombre des pages a passé de 30 à 49 et par exemple le 
nombre des mots omis par M. Atkinson est de 130 au lieu de 83. 



Chroniijiie. 329 

J'ai, pendant l'année scolaire 1902-1905 consacré la moitié de mes leçons 
à l'étude des premières pages du Seuchus Môr. Je dois déclarer que le glos- 
saire de M. Atkinson m'a rendu grand service. Mais je crois que M. Whitley 
Stokes n'a pas, dans sa nouvelle édition, épuisé la matière par ses critiques. 
Ainsi, voici dans les pages 64 à 152 du tome I des Ancient Laws, neuf mots 
omis par M. Atkinson et que M. Whitley Stokes n'a pas relevés: 

Andlonn, p. 106, 1. 3, 28', assaisonnement; 

Cauru, caura, p. 122, 1. ii ; p. 126, 1. 20, mouton, manquant à l'article 
caera ; 

Doceir, p. 64, 1. 12; p. 68, 1. 15, fut tuée; 

Eitiiid, p. 168, 1. I ; p. 172. 1. 53, vêtement; 

Inbuid, p. 1)2, 1. T : p. 136, 1. 19, période; 

Itbath, p. 150, I. 17; p. 136, 1. I, périssait; 

Lugarman, p. 150, 1. 7; p. 132, 1. 16, dévidoir; 

Oena, p. 78, 1. 13 ; p. 80, 1. 7, un jour; 

Soia'Uh, p. 118, 1. 6, bonne sûreté. 

Dans le tome II, p. 278, j'en puis signaler quatre autres aux lignes 20 et 
23: sobestich, soc[h]oinais, ecnigiu, sochruigiu, signifiant respectivement: de 
bonnes moeurs, capable, plus instruit, plus populaire. 

Total, treize mots qui, additionnés avec 1 50, font 163 ; mais, nous sommes 
loin des cinq mille mots ajoutés en 183 1 au Lexique de Forcellini. M. Atkinson 
aurait grand tort si, désespéré par les critiques adressées à son livre, il montait 
sur le parapet du pont qui est au bout de la principale rue de Dublin et se 
jetait dans la rivière. Il a, en cette circonstance, le sort commun de tous 
ceux qui font des dictionnaires. Les savants qui consacrent leur temps à ce 
pénible labeur sont des bienfaiteurs de l'humanité, cependant ceux de leurs 
confrères qui les critiquent ne méritent pas d'être mis au nombre des ennemis 
du genre humain. 



XIII 

M. Pierre Boj-é vient de faire paraître à Paris, librairie Berger-Levrault, 
un volume in-80 fort bien fait intitulé Les Hautes Chaumes des Vosges. Les 
Hautes Chaumes des Vosges sont des plateaux herbacés sans arbres, situés 
au sommet des montagnes vosgicnnes et entourés de pentes que des forêts 
couvrent. AL Boyé raconte l'histoire de ces plateaux qui, en été, servent de 
pâturage. Le plus ancien document à date certaine où il soit question des 
Hautes Chaumes des Vosges est un diplôme de l'empereur Otton I^r, daté 
du II juin 9482, confirmant un diplôme faux du roi Childéric II qui doit 
avoir été fabriqué peu de temps avant ; on y voit mentionnées des propriétés 
qui s'étendent in summas campanias. Ces summae campaniae sont les Hautes 
Chaumes des Vosges. 

1. Cf. Kuno Meyer, Contributions to irish LexicograpJry, p: 97. 

2. Monumenta Germaniae historica, in-40. Diphmatum regum et imperato- 
um Germaniac tonius primus, par Th. von Sickel, p. 186. 



^30 Chronique. 

M. Boyé raconte, p. 22, qu'il m'a demandé si le substantif féminin 
« chaume » , en bas latin calma, était d'origine celtique et que ma réponse 
a constaté mon ignorance sur ce point. En effet, je ne crois pas que ce mot 
existe dans aucune langue celtique. Il doit avoir été emprunté à une langue 
qui a précédé le celtique dans les régions où ce mot se rencontre. 

Il y avait des terrains qualifiés de calma ailleurs que dans les Vosges. En 
665 un diplôme du roi Clothaire III mentionne des calmas à Larrey (Côte- 
d'Or)'. Charmes (Côte-d'Or) est un ancien Calmac à l'ablatif Cahuis^; 
Chaumes (Côte-d'Or) apparaît au même cas sous la même forme 5. En 861 , 
Charles le Chauve, dans un diplôme en faveur de l'abbave de Saint-Claude 
(Jura), donne à ce mot l'ablatif pluriel calniihiis ■\. 

En 103 s, une calma, voisine de forêts, ipsam calmam cuin silvis suis, 
eamdem calmam, silvas, situées en Ccrdagne, est mentionnée dans une charte 
en faveur de l'abbaye de Saint-Martin de Canigou (Pyrénées-Orientales) S. 

On peut consulter sur ce mot Antoine Thomas, Essais de pliilologie fran- 
çaise, p. 13-14, qui cite La Calm (Aveyron), La Chalm (Haute-Loire), La 
Chaup (Drôme) et d'autres déformations du substantif féminin cah>ia dans 
diverses localités de la France. Voir aussi Mistral, Dictionnaire provençal- 
français, qui mentionne, t. I, p. 503, article caiwio, un Caumo situé près 
de Saint-Rémy-en-Provence (Bouches-du-Rhône). 

On trouve en espagnol un adjectif calmo, calma. Tierra calma veut dire 
ce terre friche et sans arbres ». La forme masculine se trouve probablement 
dans le nom Montcalm, d'un écart de la commune de Vauvert (Puy-de- 
Dôme) et elle se rencontre certainement dans un diplôme de l'empereur 
Otton I"-'"" pour une abbaye de Pavic. Dans cet acte on lit : cnm monte qui 
nominatur cahiium(>. Ce diplôme est faux, il est daté de 962; il ne remonte 
pas au delà du xii^ ou peut-être même du xiii^ siècle, mais sa valeur géo- 
graphique n'est pas diminuée par là. Dans les pays de langue germanique 
l'adjectif calmus se trouve associé avec le substantif masculin herg « mon- 
tagne » dans le composé Hoch-kalm-berg « haute et friche montagne », nom 
d'un village de haute Autriche où le k initial échappe à la Lautverschiehung ; 
Vh initial paraît tenir lieu d'un /.• dans Halm-berg probablement « montagne 
friche », nom de deux villages de Bavière. 

Le mot calmo-, calma est peut-être ligure. La région où nous le rencon- 

1 . Monumenta Germaniae historica, in-f». Diplomatum imperii tomus primas, 
p. 39, ligne 9. Cf. Du Cange, Glassarium ad scriptores mediae et infimaelatini- 
tatis, t. II, 1733, p. 53, au mot calma. 

2. Chronique de Saint-Bénigne de Dijon, édition Bougaud et Garnier, 
p. 571, 372. 

3. Ibidem, p. 388, 408. 

4. D. Bouquet, t. VIII, p. 383 D: cf. Boemer, Regesta chronologico-diplo- 
malica Karoloruni, p. 157; Du Cange, Glossarium, au mot calma, attribue 
ce diplôme à Charlemagne. 

5. Marca hispanica, col. 1060, 1061. 

6. Monumenta Germaniae historica, in-40. Diplomatum regum et imperatoi'um 
Germaniae tomus primus, p. 628, ligne 10. 



Chronique. 531 

trons appartient au territoire où les noms de lieu ligures ont été le plus 
souvent rencontrés. 



XIV 

La rédaction de la Rtinie Celtique a eu la douleur de perdre M. Louis 
Duvau qui a été son secrétaire pendant cinq ans, de 1897 à 1901. M. Louis 
Duvau avait été un des premiers élèves du directeur de ce périodique et en 
même temps un des élèves les plus distingués de la Faculté des Lettres de 
Paris et de l'École des Hautes Études. Il devint successivement ensuite 
membre de l'École française de Rome, maître de conférences aux Facultés 
des Lettres de Dijon et de Lille, maître de conférences, puis directeur adjoint 
à l'École des Hautes Études. En dernier lieu, il cumulait cette dernière 
fonction avec celle de suppléant au Collège de France dans la chaire de 
grammaire comparée dont le titulaire est M. Bréal ; mais au mois de janvier 
dernier, il fut contraint de cesser tout enseignement. La cause était une 
maladie dont il avait pris le germe à Rome il y a environ quinze ans et qui, 
s'aggravant continuellement, l'avait obligé d'abandonner le secrétariat de la 
rédaction de la Revue Celtique en 1901. L'excès de travail a été le principe 
de son mal et, quand la force du mal l'a obligé à prendre du repos, c'était 
trop tard. Il est mort à Angers le 14 de ce mois. Il avait 5g ans et le direc- 
teur de la Revue Celtique a eu le regret d'être empêché par sa santé de se 
joindre aux quelques amis qui, de Paris, sont allés suivre le funèbre convoi 
de cet homme au cœur généreux et à l'esprit si distingué. Je ne pourrais 
énumérer ici tous les services qu'il m'a rendus. 

Le Courrier de Saitmur du 19 juillet a donné des funérailles de M. Duvau 
un compte rendu que nous reproduisons, sauf quelques inexactitudes de 
détail corrigées sur les indications d'un témoin oculaire. 

« Hier ont eu lieu les obsèques de M. Louis-Léon Duvau, directeur à 
l'École des Hautes Études, professeur suppléant au Collège de France, officier 
de l'Instruction publique, décédé à Angers le 14 juillet à l'âge de 39 ans. 

« La levée du corps a eu lieu à 8 heures à la gare d'Orléans, d'où le 
cortège s'est dirigé vers l'église de la Visitation. 

« Le corbillard disparaissait sous les couronnes offertes par les parents et 
les amis du défunt. 

« Les cordons du poêle étaient tenus par: M. Châtelain, membre de 
l'Institut, secrétaire de l'École pratique des Hautes Études; M. Cuny, admi- 
nistrateur de la Société de linguistique, représentant M. Michel Bréal, pro- 
fesseur au Collège de France, membre de l'Institut ; M. Auvrav, biblio- 
thécaire à la Bibliothèque nationale; MM. Roger et Lanusse, professeurs à 
Paris ; M. Bredif, avocat à Orléans. 

« Bon nombre d'amis avaient tenu à accompagner M. Duvau à sa 
demeure dernière. Dans l'assistance nous avons remarqué : MM. Louis 
Duvau, propriétaire à Chacé ; Chopin, négociant à Varrains ; Lorrain, 
négociant à Saumur, parents du défunt ; MM. Milon, conseiller générai ; 
Perrein, pharmacien à Saumur ; Roland, directeur du Courrier de Saumur, etc. 



^^2 Chronique. 

« A l'issue de la cérémonie religieuse le cortège s'est dirigé vers le cime- 
tière où l'inhumation a eu lieu dans un caveau de famille. 
« M. Châtelain a prononcé le discours suivant: 

« Messieurs, 

« Quelle triste année pour la section des sciences historiques et philolo- 
« giques de l'Ecole pratique des Hautes Études ! L'Ecole n'est pas encore 
« remise du coup que lui a porté la mort de Gaston Paris, son président 
« honoraire, l'un de ses fondateurs, et soudain elle doit déplorer la perte 
« d'un des plus jeunes maîtres, qu'elle avait formé, qu'elle avait choyé 
« pendant six années et qui, depuis douze ans, était venu lui apporter 
« l'appui de sa science et de son talent, en lui rendant avec usure ce qu'il 
« avait reçu d'elle. Peut-être a-t-il poussé trop loin le témoignage de sa 
« reconnaissance en abusant des veilles et en négligeant outre mesure les 
« soucis vulgaires de l'existence. 

« Né à Saumur, le 12 juillet 1864, Louis Duvau avait fait d'excellentes 
« études au l^-cée d'Orléans. Quand il fut bachelier, le proviseur de ce lycée 
« lui conseilla de concourir pour avoir une des bourses de licence qui 
« venaient d'être fondées à l'Université de Paris. Duvau l'obtint, suivit les 
« cours de la Sorbonne et fut reçu brillamment licencié en 1883 ; puis, 
« pourvu d'une bourse d'agrégation, il fut déclaré agrégé de grammaire, 
« dans un bon rang, dès l'année suivante. Le voilà donc, à vingt ans, 
« agrégé de l'Université, seul à Paris, sans autre protection que celle de ses 
« maîtres qu'il avait su gagner par son travail, et abordant en toute liberté 
« les études qui le séduisaient. Dès 1882, la préparation de sa licence ne 
« l'avait pas empêché de suivre les cours du Collège de France et de l'Ecole 
« des Hautes Études ; il n'était pas d'un caractère à restreindre sa curiosité 
a dans les limites des programmes. Nos conférences de métrique grecque ou 
« latine, de paléographie, de grammaire comparée n'eurent jamais d'élève 
« plus zélé et plus distingué. L'École eut la chance de garder Duvau pendant 
« deux ans après son agrégation, puis, grâce à une subvention de la ville 
« de Paris, elle put l'envoyer en Allemagne où il eut le loisir d'apprendre 
« à fond la langue allemande, de suivre des cours à l'Université de Leipzig, 
« d'étudier divers manuscrits dans les bibliothèques de Wolfenbiittel, "Vienne 
« et Prague. 

« En 1887, Duvau fut nommé, sur notre proposition, membre de l'École 
« française de Rome ; les articles qu'il a publiés dans les Mélanges de cette 
« École, un Glossaire latin-allemand tiré du manuscrit Vatic. Regin. 1701, 
« et un Commentaire sur une Ciste de Prèneste, accompagné d'inscriptions 
« archaïques, accusent une maturité rare chez un jeune homme. 

« Au retour de Rome, il fut nommé maître de conférences de grammaire 
« comparée à la Faculté des Lettres de Dijon et, deux mois plus tard, chargé 
« d'une conférence complémentaire de philologie classique à la Faculté des 
« Lettres de Lille. Après trois ans d'enseignement dans ces facultés, il fut 
« rappelé, en 1 891 , à l'École des Hautes Études qui devait rendre à la Suisse 
« M. Ferdinand de Saussure. 



Chronique. ^35 

« Dans ses conférences, Duvau n'a jamais cherché à grouper, autour de 
« lui, par le choix de sujets faciles, un grand nombre d'auditeurs. Pénétré 
« du véritable esprit de l'Ecole, il voulait faire simplement marcher la science 
« et aider à la formation d'un petit nombre de futurs savants. Il avait assez 
« voyagé pour savoir que ce sont nos érudits qui assurent, dans une forte 
« proportion, le respect de la France à l'étranger. Les matières qu'il traitait 
« dans ses conférences n'étaient pas banales, c'étaient par exemple les ins- 
« criptions dialectales latines, le vocalisme du latin et des dialectes italiques, 
« la phonétique du gothique, la phonétique Scandinave comparée avec celle 
« des autres dialectes germaniques, l'analyse étymologique du vieux-norrois, 
« l'explication de textes anglo-saxons ou de l'Edda. 

« Le vieil islandais était un sujet qu'il étudiait avec passion depuis plu- 
« sieurs années. L'article qu'il a donné en 1901 au Journal des Savants sur 
« la mythologie figurée de l'Edda montre ce qu'il aurait pu faire dans un 
« domaine si peu cultivé chez nous. 

« Duvau était avant tout un professeur ; c'est pourquoi son directeur 
« d'études, M. Bréal, ayant besoin de repos et cherchant quelqu'un qui fût 
« digne de le remplacer dans la chaire du Collège de France, n'hésita pas 
« à désigner notre jeune collègue. On vit rarement un philologue ou un 
« linguiste mieux préparé à l'enseignement et plus au courant des derniers 
« travaux. Pendant dix ans (1888-1897), Duvau, comme directeur de la 
« Revue de Philologie, avait fait ou dirigé l'analyse annuelle de plus de 500 
« périodiques savants relatifs à la philologie ou la linguistique. De 1897 à 
« 1 901, il avait été un remarquable secrétaire de la rédaction de la Revue 
« Celtique. Depuis janvier 1892 il était aussi administrateur de la Société de 
« linguistique. 

« Les publications de Duvau ne donnent qu'une faible idée de son acti- 
« vite scientifique. Outre les articles insérés dans les revues, il avait rédigé 
« en 1886 le Cours élànentaire de métrique grecque et latine professé à la 
« Faculté des Lettres par M. Havet ; en 1890 il avait revu, pour la librairie 
« Hachette, l'édition classique de Virgile publiée par M. Benoist et introduit 
« là des améliorations importantes; — M. Guillaume Breton comptait sur 
« lui pour une revision de l'édition savante de Virgile ; — enfin, et ceci 
« montre à quel point Duvau poussait le souci de la perfection, après avoir 
« fait imprimer, pour la librairie Bouillon, une nouvelle édition de la Décli- 
« liaison latine de Bùcheler, traduite et augmentée par M. Havet, refonte 
« encore améliorée et qui aurait rendu dans l'enseignement de bons services, 
« il s'opposa à ce qu'on la mît en vente, parce qu'il avait relevé, après le 
« tirage, quelques incorrections. 

« C'est que Duvau ne courait pas après la renommée, il travaillait pour 
« le plaisir de savoir et d'enseigner. Un caractère droit et ferme, éloigné de 
« toute intrigue, le garantissait contre tout sentiment d'ambition. Ce sont 
« uniquement ses chefs, depuis le proviseur du lycée d'Orléans jusqu'à l'il- 
« lustre maître du Collège de France qui, après avoir reconnu ses mérites, 
« l'ont poussé dans une voie digne de sa valeur. Il était arrivé, à 59 ans, 
« à une situation scientifique de premier ordre ; il allait bientôt connaître 

Rivue celtique, XXIV. 23 



5^4 Chronique. 

« raisancc, la consldcration, les honneurs. Mais une terrible maladie d'es- 
« toniac, qu'il n'avait surmontée que par la force de la volonté, a fini par le 
« vaincre. Ni les soins, ni le dévouement de sa mère n'ont pu réparer un 
« organisme épuisé. La volonté était si puissante chez Duvau qu'on espérait 
« au delà de toute mesure. Q.uand, il y a douze jours, je serrai pour la der- 
« nière fois sa main décharnée, les yeux qui animaient son cadavre ambulant 
« étaient encore si vit's et sa parole si forte que je me laissais tromper par 
« de vaines apparences ; jusqu'aux derniers jours sa volonté a dominé son 
« corps anémié. 

« La France perd un philologue remarquable, un de ceux qui étaient prêts à 
« occuper une large place dans la philologie Scandinave, l'École des Hautes 
« Etudes un maître autorisé, respecté, chéri de ses élèves, et en même temps 
« un de ses enfants qui ont le mieux aimé, pratiqué, propagé le désintéres- 
« sèment scientifique, l'idéal de la fondation de Victor Duruy. 

« Au nom de l'École des Hautes Études, au nom de l'École française de 
« Rome, au nom de la Revue de philologie, cher Duvau, adieu ! » 

« Ces paroles, tremblantes d'émotion, ont arraché les larmes de tous les 
assistants. 

« Ensuite, M. Guny a excusé M. Bréal et lu en son nom le discours 
suivant : 

« Messieurs, 

« Parmi les nombreuses et importantes fonctions que M. Louis Duvau 
« exerçait à Paris, à l'École des Hautes Études, au Collège de France, à la 
« Revue de Philologie, etc., on comptait aussi celle d'administrateur de la 
« Société de linguistique. 

« C'est à la fois comme professeur au Collège de France et au nom de 
« cette Société que je viens prononcer ici quelques mots de profond et sin- 
« cère regret. 

« Partout où Louis Duvau a passé, il a donné l'impression d'une intel- 
« ligence vive et ouverte, au service d'un caractère droit et d'une conscience 
« délicate. 

« D'autres diront ce que la science perd en lui, car il a été enlevé en 
« pleine possession de ses facultés de travail, au moment où il allait donner 
« tout ce qu'il avait amassé par vingt ans de labeur. 

« A la Société de linguistique, nous avions en lui le collègue le plus 
« dévoué, le plus prêt à se charger de travaux souvent ingrats, dont il ne 
« songeait même pas à faire mention devant ses confrères. 

« Difîficile pour lui-même, il n'a publié que des travaux longuement mûris, 
« gardant pour l'avenir la plus grande partie de ce qu'il avait acquis. 

« Ses élèves, ses auditeurs — depuis ceux qu'il a eus à la Faculté de Lille 
« jusqu'à ceux qui, cette année encore, suivaient ses leçons au Collège de 
« France — pourront dire combien son enseignement était sérieux et nourri. 
« On peut s'en faire une idée également en lisant les deux grands articles 
« que, sur la demande de ses amis, il s'est récemment décidé à donner au 
« Journal des Savants. Nous aurons de la peine à le remplacer et la Société 



Chronique. 555 

« de linguistique frappée en lui gardera toujours le souvenir de ce modeste, 
« savant et infatigable collaborateur. 

« Louis Duvau, s'il avait voulu, aurait pu aspirer à des situations plus 
« en vue ; mais il préférait à tout de servir la cause de la science selon les 
« inspirations d'une conscience sévère et d'un cœur qui n'aimait que le 
« juste et le vrai. » 

XV 

Huit jours auparavant, une lettre de M. Kuno Mever m'apprenait un 
grand malheur arrivé à un des celtistes les plus distingués que nous con- 
naissions. M. Henri Zimmer, obligé de suspendre son enseignement, est en 
traitement dans un sanatorium à Braunlage, en Brunswig, dans les montagnes 
de Harz. Pendant ce temps, sa bibliothèque, à Berlin, a, dans un incendie, 
péri presque entièrement. Mr"^ Zimmer, voulant arracher aux flammes 
quelques précieux volumes, perles du trésor de son mari, a failli y perdre 
la vie ; heureusement ses cheveux seuls ont été brûlés. On craint que la 
nouvelle de ce désastre n'ait aggravé l'état de M. Zimmer qui, probablement, 
ne pourra pas reprendre son enseignement l'hiver prochain. 

Comme Louis Duvau, il est une victime de l'excès de travail. Nous espé- 
rons que le résultat final ne sera pas aussi funeste. 

Paris, le 21 juillet 1905. 

H. d'Arbois de Jubainville. 

POST-SCRIPTUM 

Au moment de mettre sous presse nous recevons la lettre suivante : 

" Clermont-Ferrand, 20 juillet. 
« Cher Monsieur, 
« Dans l'aimable note que vous consacrez à mon rapprochement de 
ueruex et de ferh {Revue Celtique, tome XXIV, p. 227), vous ajoutez que les 
deux mots sont dérivés de ueni « broche ». Permettez-moi de protester au 
nom de la phonétique : ueruex et ferb commencent par un iv indo-européen, 
tandis que le latin ueru a un ^"' initial, ainsi que le prouvent à la fois Tom- 
brien berva (ace. pi.), herus (abl. pi.) et l'irlandais bir. 

« 

« Veuillez, etc. 

« J. Vendryès. » 

M. Vendryès doit avoir raison. Ce qu'il dit de l'étymologie de ueru est 
conforme à la doctrine de MM. Whitley Stokes, Urkeltischer Sprachschati, 
p. 170; Brugmann, Grundriss, t. I, 2^ édition, p. 599, 606; Stolz, Handbuch 
d'Iwan von Mùller, t. IL 2^ édition, p. 290. 

Sur l'étymologie de ueruex, Prellwitz, Etymohgiscbes Wœrterbuch der 
griechischen Sprache, p. 86, au mot eipo; ; Gustav Meyer, Griechische Gram- 
matik, p. 115 ; Brugmann. Handbuch d'Iwan von Millier, t. II, 2^ édition, 
p. m, sont d'accord avec lui. H. d"A. dbJ. 



PÉRIODIQUES 



SOMMAIRE. I. Annales de Bretagne. — II. Annales de la Faculté des lettres de 
Bordeaux. Revue des études anciennes. — III. Bollettino di filologia classica. — 
IV. Annales du midi. — V. The classical Review. — VI. Revue épigraphique. — 
VU. Analecta Bollandiana. — VIII. Revue archéologique. — IX. Bulletin du Co- 
mité des travaux historiques et philologiques. — X. The transactions of the hono- 
rable Society of Cymmrodorion. — XI. An Gaodhal, The Gael. — XII. Celtia. — 
XIII. The P'olklore.— XIV. Revue des traditions populaires. — XV. L'Anthropologie. 
— Post-scriptum. — Annonce de l'école d'enseignement supérieur irlandais fondée 
à Dublin par MM. Kuno Meyer et John Strachan. 



I 

Annales de Bretagne, t. XVIII, n» 4, juillet 1903. 

Relevé par M. Duine des noins de saints bretons et irlandais contenus 
dans le calendrier de Rennes conservé à la Bibliothèque nationale dans le 
ms. latin 9439, xii'^ siècle. 

Notice par M. Loth sur la légende bretonne suivant laquelle le ,corps de 
l'apôtre saint Mathieu aurait été transporté du Caire à Saint-Pol de Léon ; 
c'est un pendant à la légende espagnole qui nous apprend que le corps de 
l'apôtre saint Jacques aurait été apporté à Saint-Jacques de Compostelle. 
Ainsi, les Bretons n'ont pas de motif pour être jaloux des Espagnols. 

II 

Annales de la Faculté des lettres de Bordeaux. Revue des études 
ANCIENNES, tome V, no 2. 

Trois mémoires de M. JuUian. Le premier est la continuation de ses 
études précédentes sur la religion gauloise; il traite: i" de la divination 
qui, d'après M. Jullian, pouvait se faire, suivant les circonstances, par dix 
procédés différents ; 2° du calendrier qui était lunaire '. Le second mémoire 



I. Voir plus haut, p. 513-316. 



Périodiques. ^^7 

a pour objet une inscription trouvée à Toulon en Saintonge et qui paraît 
quant à présent illisible, sa date ne peut être déterminée. 

Dans le troisième, M. Jullian recherche l'étymologie des noms de deux 
localités voisines de Bordeaux, Lormont et Cypressat ; il conteste la leçon 
proposée par«M. Holder pour le texte d'Avienus, Ora maritima, vers 700- 
702 ' ; et il admet que la civitas Boiorum était située à La Teste de Buch ; 
comparez Longnon, Atlas historique de la France, p. 26, au mot Boii, et 
p. 151, aux mots civitas Boiatium (Notitia proviiiciarum et civitatum Galliae), 
enfin Mommsen, Cbroiiica minora, t. I, p. 606. La doctrine de M. Jullian 
est celle qu'on trouve chez De-Vit, Onomasticon, t. l, p. 737, au mot Boios 
(Itinéraire d'Antonin). M. Longnon préfère à La Teste de Buch, Argenteyres, 
commune de Biganos (Gironde). Je n'ai pas d'opinion sur ce point. 

La livraison se termine par un très aimable compte rendu des Éléments 
de grammaire celtique récemment publiés. L'auteur de ce compte rendu est 
un savant romaniste, M. Bourciez ; il m'adresse un certain nombre de cri- 
tiques toutes formulées d'une façon bienveillante dont je le remercie. Je me 
permettrai cependant de répondre à une de ces critiques. Il s'agit des in- 
scriptions de Nîmes et de saint Rémy commençant, l'une par KaacjiraXo;, 
l'autre par Oijri6po'j;j.apo; et contenant chacune le mot opatouôs. Jai dit que 
KaacjtTaAo; et OjrjSpoyaapo; sont des noms propres gaulois 2. Si ces noms 
propres sont gaulois, il faut nécessairement, dit M. Bourciez, que cette in- 
scription soit tout entière écrite en langue gauloise ; de là il conclut que le 
mot bratude est gaulois et que je me trompe en le contestant. Voici ma 
réponse: en 1886, il a paru chez le libraire Klincksieck, rue de Lille, à 
Paris, un volume dont le titre est ainsi conçu : De praepositione ad casuali in 
latinitate aevi merovingici Thesim Facultati litterarum Parisiensi proponebat 
Eduardîis Bourciez, Scholae Normalis ex alumno, in Faciiltate litterarum 
Bitrdigalensi docens. Bourciez est un nom propre français ; donc, en raison- 
nant comme l'auteur, c'est en français que tout ce titre est rédigé. On lit 
au livre V, chapitre 36 des Tusculanes : Leviculus sane noster Demosthenes, 
qui illo susurro delectari se dicebat aquam ferentis mulierculae, ut mos in Graecia 
est, insustirrantisque alteri : Hic est ille Demosthenes. Demosthenes est un nom 
propre grec, donc c'est en grec que toute cette phrase est écrite ; ainsi rai- 
sonne mon savant critique. Il y a un texte biblique (vulgate et liturgie): 
Benedictus dominus deus Israël. Israël est un nom propre hébreu, donc, 
suivant le raisonnement de M. Bourciez, benedictus, dominus, deus, sont 
des mots hébreux. 

Mais, me dira-t-il, les phrases que vous citez, vous ne les prenez pas dans 
des inscriptions. 

Recourons aux inscriptions. Aux angles des voies qui sillonnent la ville 
de Paris, il y a des inscriptions fort commodes pour ceux qui parcourent un 
quartier sans le connaître à fond ; en voici quelques-unes : 



1. Rufi. Fcsti Avieni carmina, p. 170. 

2. Revue Celtique, t. XVIII, p. 518-324. 



^;8 Péîiodi,]tics. 

Avenue Mac-Mahon. Mac-Mahon est un propre irlandais, je vais raisonner 
comme M. Bourciez : donc aveulie, est un mot irlandais. 

Avenue Raphaël. Raphaël est un nom propre hébreu : donc avenue est un 
mot hébreu. 

Boulevard Magenta. Magenta est un nom propre italien : donc boulevard 
est un mot italien. 

Boulevard Haussmann. Haussmann est un nom propre allemand : donc 
boulevard est un mot allemand et il est faux qu'on dise en allemand Bollwerk. 

Rue Vercingétorix. Vercingétorix est un nom propre gaulois : donc rue 
est un mot gaulois. 

Rue Keller. Keller est nom propre et un nom commun allemand: donc 
rue est un mot allemand. 

Rue Lord Byron. Lord Byron est un nom propre anglais : donc rue est un 
mot anglais. 

Il y a quarante et quelques années, j'ai eu occasion de parcourir à 
Strasbourg un cimetière. J'ai fait l'observation qu'en général la langue des 
plus anciennes épitaphes était l'allemand et que parmi les plus récentes le 
français paraissait dominer, quoique les noms propres fussent allemands. Si 
j'avais eu M. Bourciez à côté de moi il m'aurait dit: « Vous vous trompez, 
puisque les noms propres sont allemands, le reste du texte l'est certainement 
aussi. » 



III 

BoLLETTiNO Di FiLOLOGL\ CLASSICA, neuvième année, mai 1903. 

Article de M. Garofalo sur le candetum gaulois, dont nous parlons plus 
haut, page 268. 

Suivant M. Garofalo, le caiidetuui urbain était un parallélogramme rect- 
angle de 150 pieds romains sur 100, c'est-à-dire de i 314™, 24 carrés, ce 
que nous n'admettons pas. En ce qui concerne le candetum rural, il est 
d'accord avec nous (voyez ci-dessus, p. 317, 318). 



IV 

Annales du midi, 15e année, n" 58, avril 1903. 

M. C. JuUian conteste l'origine phénicienne de Monaco. Sa conclusion 
est formulée ainsi : « L'Hercule de Monaco a été tour à tour indigène, 
« étrusque et grec, mais il n'a sans doute jamais été phénicien. » 



The classical Review, vol. XXVII, no 2, mars 1903. 
Mémoire de M. J. P. Postgate sur la campagne faite en Gaule pendant 
l'année 726 de Rome, 28 avant J.-C., par M. Valerius Messalla Corvinus et 



Périodiijues. ^^g 

pour laquelle il triompha le 25 septembre de l'année suivante. On lit dans 
les actes triomphaux : 

M. VALERIVS • M • F . M • X • MFSSALLA • A • DCCXXVI (lisez 727) 
CORVINVS • PROCOS • EX • GALLIA • VII • K • OCT • ' . 

On n"a, sur cette campagne, d'autres détails que ceux qui sont donnés 
par TibuUe, I, vu, 1-14, où sont mentionnés: 1° comme vaincus les Aqui- 
tains : Aqiiitanas génies ; 2° comme témoins de ce succès l'Aude, Atax ; les 
Pyrénées, Tarhella Pyrene 2 ; la Saintonge, Oceani litora Santonici ; la Saône, 
Aiar ; le Rhône, Rhodamis ; la Garonne, Garumna ; Chartres, Carnuti et la 
Loire, Liger. On sait par la Vie de TibuUe que ce poète avait accompagné 
Messalla dans la guerre contre les Aquitains. 

A cette occasion, M. Postgate examine la question de savoir à quelle date 
la Gallia cowata a été divisée en trois provinces, ayant chacune un gouver- 
nement distinct. D'accord avec M. Mommsen, il établit que cette division 
est postérieure à l'année 20 avant J.-C, puisque, postérieurement à cette 
date, Tibère eut seul le gouvernement de la Gallia comata ' tout entière. La 
division de la Gaule en trois provinces se place probablement entre les 
années 16-13 ^v- J-"C. et non en 27, comme on le croit généralement en 
France 4. 



Mai 1903. 

Article de M. H.-A. Strong sur le grammairien Virgilius Maro. Ce 
mémoire a pour base l'édition donnée par M. Huemer, Leipzig, librairie 
Teubner, 1886. Virgilius était originaire de Gaule, probablement de 
Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) ou des environs ; il traite, dit-il, 
du pouvoir des lettres, higerro sernione S. 11 vivait probablement au vii« siècle 
de notre ère. Il se sert d'un grand nombre d'expressions bizarres ; V index 
verboriim et locutionum praecipuaruni dressé par M. Huemer, p. 181-195 de 
son édition, n'est pas complet. M. Strong essaie d'expliquer un certain 
nombre de mots qu'il prend aux pages 89 et 90 de cette édition, chapitre xv, 
de catalogo graminaticoniui, et qui auraient été enseignés à Virgilius Maro par 
son maître Virgilius Assianus. 



1. Corpus inscriptiontiin latiiianiin, t. I (fc édition), p. 461. Messalla avait 
été consul en l'année 723 de Rome, 31 avant J.-C. {Ibidem, p. 544; 2^ édi- 
tion, p. 160). 

2. Sur les Tarbelli, vovez Holder, Altceltischer Sprachschat^, t. II, col. 
1730; Longnon, Atlas, p. 7. 

3. Suétone, Tibère, c. 9. 

4. Hermès, XV, m. 

5. Édition Huemer, p. 8, 1. 13. 



:;40 Périodiques. 



VI 

Revue épigraphiq.ue, octobre, novembre, décembre 1902. 

Suite du catalogue des estampilles de potiers conservées dans la collection 
de M. E. Kuhn, à Marcillat (Allier)[; citons comme exemples Dago-iuanis, 
Icciiis, IlUo-marus. Suite du mémoire d'Allmer sur les dieux de la Gaule, 
Mars Randosatis. 

Janvier, février, mars 1903. 

Notices sur deux épitaphes trouvées à Ventabren (Bouches-du-Rhône), 
la première écrite en caractères grecs contient deux noms de femme qui 
paraissent, l'un gaulois OTENITOTTA, l'autre ligure, KUTAAPOTNIA 
:= Petronia ; la seconde en caractères latins VECTIT... BIRACI. Le premier 
de ces deux noms est incomplet. Quant au second, c'est le génitif du nom 
propre gaulois Biracos ' . 

Suite du catalogue des estampilles conservées dans la collection de 
M. E. Kuhn. 

Notice détaillée sur les inscriptions du Puy-de-Dôme dont il a été dit 
quelques mots plus haut, p. 209. 

Suite du mémoire d'Allmer sur les dieux de la Gaule : Ricoria, Mars 
Rigisamiis. 



VII 

An'alecta Bollandiana, t. XXII, fascicule 11. — Vie inédite de saint 
Riquier, fondateur de l'abbaye de ce nom, qui a donné naissance à une 
petite ville du département de la Somme. Ce pieux personnage mourut en 
645. Il avait été converti par deux missionnaires venus d'Irlande (?). Chav- 
dociis -, dont le nom semble breton ou gallois et signifier « le batailleur » et 
Fricorus ) ou FithoriA « l'éveillé ». On n'avait jusqu'ici que l'arrangement 

1. Holder, Altceltischer Sprachschatu^, t. I, col. 423. 

2. Chaydoctis paraît identique à Cataciis, Cattic (Hùbner, Inscriptiones Bri- 
lanniae christianae, nos ^5^ ^g)^ Catocits (J. Gwynogvryn Evans, The Text of 
the Book of Llan Dav, p. 390, col. 2), Catoc (Cartnlaire de Redon, p. 13, 
année 837 ; p. 207, année 872), Kadociis (ihideni, p. 268, année 1 100), Cadoc 
(ibidem, p. 203, année 826). Cf. Holder, AUceltischer Sprachschat:^, t. I, col. 
837. 

3. Ferdinand Lot, Chronique de l'abbaye de Saint-Riquier, par Hariulf, 
1. Il, c. II, p. 76. Krusch, Scriptores rerum mer oiviiigic arum, t. IV, p. 390, 
note; le même auteur, p. 878, propose la notation Fricliorius d'accord avec 
Duemmler, Poetae latini, t. I, p. 565 note. 

4. Analecta Bollandiana, t. XXII, p. 186. Ce nom d'homme est probable- 
ment celui qui est noté si fréquemment Fredoriiis dans le Cartnlaire de Redon, 
voir à l'index, p. 653, 654. C'est une forme masculine du substantif féminin 
vieil irlandais /r///;fl/rg, aujourd'hui /r/o//;a//t'j qui signifie « veille ». Ere- 



Périodi{]ues. 541 

littéraire de cette vie rédigé par Alcuin au commencement du ixe siècle et 
où le second des deux missionnaires est passé sous silence. 

T. XXII, fascicule m. 

Compte rendu peu favorable de l'ouvrage de M. Wood-Martin, Traces of 
the elder Failhs of bdand, 2 volumes in-S", Londres, Longmans, Green et 
Co, 1902. La rédaction de la Revue Celtiqnen'a. pas d'opinion sur ce volume 
qui ne lui a pas été envoyé, et ce qui en a été dit dans plusieurs revues n'a 
pas semblé de nature à faire considérer l'achat comme nécessaire. 

VIII 

Revue archéologique, 4^ série, tome I, mai-juin 1903. 
Mémoire sur le pantalon gaulois. 

IX 

Bulletin archéologique du comité des travaux historiques et 
SCIENTIFIQUES, année 1902, 2^ livraison. 

P. LXi. Communication de feu Blancard sur l'inscription phénicienne de 
Marseille. Elle a été découverte <f à Tintersection de l'axe du transept et de 
« la grande nef de la cathédrale actuelle de Marseille... à plus de trois 
« mètres au-dessus du niveau de la mer. Il est donc impossible que le 
« monument ait été jeté sur le rivage. C'est bien plutôt une inscription 
« provenant d'un temple de Baal qui aurait été celui d'une colonie phéni- 
« cienne établie à Marseille ». 

P. Lxxx. M. Babelon parle des fouilles faites dans la banlieue de Toulouse. 
« A Vieille-Toulouse les fouilles exécutées en 1901 ont mis à jour une 
« enceinte de huit kilomètres ; des restes d'habitations en pisé et en bois 
« couvrent le quart de cette superficie. En même temps, une circonstance 
« particulière permettait d'étudier à nouveau la nécropole de Saint-Roch 
« située à l'extrémité Sud de Toulouse et que l'on regardait depuis deux 
« siècles comme un cimetière romain. De nombreuses fosses et puits funé- 
« raires ont fait reconnaître des sépultures d'au moins trois époques, dont 
« deux gauloises, et aussi des restes d'habitations analogues à celles de 
« Vieille-Toulouse ». 

P. 202 et suivantes. « Les monuments mégalithiques des iles du Finistère, 
« de Béniguet à Ouessant », par M. Paul du Chatelier. Ces îles sont 
Béniguet, Trielen, Quémenès, Molène, Lédénés de Molène, Ouessant. Les 
monuments qui s'y trouvent sont des menhir, des dolmen, des cromlech, 
des chambres, des enceintes. 

dorius pourrait, en conséquence, se traduire par « l'éveillé ». Cf. Whitley 
Stokes, Connac's Glossary, p. 77; Windisch, Irische Texte, t. I, p. 579. 
Fredorius, Fiiconts, Frichoritis, Fithori devrait être corrigé en Fritharius ou 
Frithorius avec long variante de a long. 



342 Périodiques. 

p. 214 et suivantes. Notice sur onze maillets de pierre découverts à 
Picholet (Basses-Alpes) par M. l'abbé Arnauld d'Agnel. 

P. 222 et suivantes. 

« Un tumulus Hallstattien à jMinot (Cote-d'Or) » par M. Henri Corot. 
Ce tumulus était long de dix-huit mètres, large de douze, haut de deux 
mètres cinquante. On y a trouvé de nombreux objets de parure, surtout des 
bracelets pour bras et des anneaux pour janibes. 

P. 417 et suivantes. Note par M. Audollent sur une nouvelle Tabella 
devotionis trouvée à Sousse (Tunisie) par M. le capitaine Chappard. Cette 
Tabella contient une liste de cochers et de chevaux. Un des chevaux 
porte un nom d'origine gauloise et s'appelle à l'accusatif 5r«i;fl/«[w], c'est- 
à-dire « culotté ». Un autre venant probablement des bords du Danube est 
désigné par le nom géographique Danuuiii[)ii]. 



X 

The Tr.^ns.'^ctions of the honorable Society of Cymmrodoriok. 
Session 1901-1902. 

Ce volume contient d'abord le Rapport du Conseil pour l'année 1901- 
1902. Puis viennent les mémoires. 

M. T. E. Morris, sous le titre de Rcnaudng of Wchhmen, se plaint de ce 
que la plupart des noms de famille en usage dans le pays de Galles sont à 
la fois très peu nombreux et d'origine biblique ou normande. Il voudrait 
les voir remplacer par des noms d'origine galloise et en plus grand nombre. 

M. T. Marchant Williams, sous ce titre: The Romance of u'ehh Education, 
raconte l'histoire de l'enseignement et de son organisation dans le pays de 
Galles pendant la seconde moitié du siècle dernier. 

M. W. Llewelyn Williams expose les renseignements qu'il a recueillis sur 
les Gallois catholiques établis sur le continent depuis la réforme. 



XI 

An G.\odh.\l, The Gael, avril 1903. 

Le 12 février dernier, une partie des terres de Castletown, où est située 
l'emplacement de Tara, jadis capitale de l'Irlande, a été adjugée aux enchères 
pour le prix de 3 700 livres sterling. 

Résumé d'une lecture faite par M. Douglas Hyde dans une séance de la 
National Literarx Society à Dublin sur le poète aveugle irlandais Raftery né 
entre 1780 et 1790 et qui, pour vivre, jouait du violon. 

Dans une récente séance de l'Académie royale d'Irlande le professeur 
Atkinson, président de cette compagnie, a fait une annonce intéressante, 
c'est que l'édition, si longtemps désirée, du livre d'Armagh est actuel- 
lement sous presse. 

Article de M. Michael Lynch sur l'importance des éléments épiques dans 
la littérature irlandaise. 



Périodicjucs. ^45 

Mai 1903. 

M. T. O'Neil! Russell publie le texte irlandais et donne la traduction d'une 
lettre adressée au lord lieutenant d'Irlande en 1561 par Shane O'Neiil dont 
les Anglais mirent la tête à prix dix ans plus tard. En 1571, on voyait cette 
tête fixée au bout d'une pique au château de Dublin. Sa lettre, aujourd'hui 
conservée au British iMuseum, a été publiée en photogravure, transcrite deux 
fois en caractères typographiques et traduite en anglais par John T. Gilbert, 
Facsimilés of National Manitscripts of Ireland, quatrième partie, première 
livraison, planche IV. M. T. O'Neiil Russell a trouvé que la transcription 
en caractères typographiques donnée par Gilbert était très peu correcte ; 
c'est dit-il, a very incorrect translitération, c'est à-dire qu'elle n'est pas con- 
forme à l'orthographe irlandaise telle qu'on l'observe ordinairement aujour- 
d'hui ; en conséquence il l'a corrigée. J'ai collationné les huit premières 
Hgnes de sa copie avec la photogravure et avec la transcription de Gilbert. 
M. O'Neiil Russell écrit: eih « autre » quand la photogravure et Gilbert 
donnent ele; bheanrioghain « reine », pour hanrioghan; dhaoibhse « à vous », 
pour dhaoibhsi; orin « sur moi » (bis), pour oruin; Eirinn « Irlande » (bis), 
pour Erinn. 

Voilà, suivant moi, sept fautes de copie commises par M. O'Neiil Russell, 
presque autant de fautes que de lignes. Je n'ai trouvé qu'une correction légi- 
time, onôir « honneur », écrit par M. O'Neiil Russell avec un apex sur le 
second ; cet apex existe dans la photogravure et manque dans les deux 
transcriptions typographiques de Gilbert. M. O'Neiil Russell se moquera 
sans doute de mes critiques ; il est probablement un élève de M. Standish 
Hayes O'Grady qui est un homme de grand talent, mais j'appartiens à une 
autre école, celle où l'on croit qu'on doit copier exactem'ent ; cela ne m'em- 
pêche pas de constater que M. O'Neiil sait Tn-landais. Se croyant parent de 
Shane O'Neiil, il a été humilié de voir dans la leltre de ce personnage his- 
torique des leçons qu'il prend pour des fautes d'orthographe parce qu'elles 
diffèrent de l'orthographe qu'on pratique aujourd'hui. 

Mémoire sur l'archéologie des environs de Dublin « Historic Points of 
Interess near Dublin ». L'auteur rend compte d'une promenade à la colline 
de Houth où se trouvent un dolmen qui serait le tombeau de la femme du 
célèbre Oscar, filsd'Oisin (?), et les ruines de la petite église de Saint-Fintan, 
douze pieds anglais de long sur huit de large ; c'est auprès de ces ruines 
qu'a été enterrée la regrettée Miss Margaret Stokes. Des vues du dolmen et 
de la petite église accompagnent ce mémoire. 

Note racontant qu'à une récente séance de la Société des antiquaires 
d'Ecosse, le D^ W. W. Ireland a lu un mémoire où il rend compte d'une 
visite dans une île aujourd'hui inhabitée, Eilean na Naoinih « Ile des Saints », 
qui serait l'Himba mentionné par Adamnan dans sa vie de saint Columba. 
On peut voir encore dans cette île les ruines d'une petite église construite 
en pierres sèches et quelques pierres tombales. 

Juin 1903. 

Étude comparative par M. Edward Garnett sur deux livres récents, The 



i44 Périodiques. 

CuchiiUin saga, par Miss Eleonor HuU et Cuchidain of Muirtcnuic, par lady 
Gregory. 

Texte de l'éloquent discours prononcé par M. le professeur Kuno Meyer 
à Dublin le 14 mai dernier pour établir la nécessité de créer dans cette ville 
une école de littérature irlandaise, de philologie irlandaise et d'histoire 
d'Irlande, cf. plus bas, p. 347. 



XII 

Celtia, avril 1903. 

Résumés approbatifs 1° de l'article publié par M. T. E. Morris dans le 
Cymmrodor sur les noms de famille dans le Pays de Galles (voir ci-dessus, 
p. 542); 2° d'un mémoire lu récemment à Cardifï par M. T. H. Thomas 
sur le folklore du Pays de Galles, où il retrouve la fée Geridwen et la 
légende d'Arthur. M. L. G. Duncombe Jewel alias Duncum loul proteste 
de nouveau contre la doctrine qui fait du comique une langue morte (voir 
ci-dessus, p. 213, 303). Arrangement en irlandais moderne d'un texte moyen 
irlandais publié avec traduction anglaise par M. Kuno Meyer dans Otia 
Merseiana, III, 46-54, ce texte donne des oreilles d'àne (littéralement de 
cheval) à un roi irlandais (voir ci-dessus, p. 215). 

Mai-juin 1903. 

Reproduction du discours prononcé à Dublin par M. le professeur 
Kuno Meyer le 14 mai dernier et publié aussi dans The Gael. M. Douglas 
Hyde présidait. Il prit la parole le premier, d'abord en irlandais, puis en 
anglais. Il dit que l'orateur allait parler en anglais et non en irlandais 
comme quelques gens le craignaient ; cela fit rire les auditeurs. 

XIII 

The Folklore, juin 1903. 

M. Alfred Nutt discute les doctrines exposées sur l'origine de la légende 
du saint Graal par M. A. N. Wesselofsky dans Archiv fiïr Slavische Philo- 
logie, t. XXIII, et par M. W. Staerk dans la brochure intitulée : Ueher dm 
Ursprung der Grallegende, ein Beitrag itir Christlichcii Mythologie, Tùbingen 
et Leipzig, 1903. Suivant M. Alfred Nutt, il faut distinguer dans la légende 
du saint Graal deux éléments, dont l'un est britannique d'origine, l'autre 
chrétien. Les deux auteurs qu'il critique prétendent la faire en partie 
remonter à l'Orient payen. 

XIV 

Revue des traditions populaires, t. XVIII, mai 1903. 

« Questionnaire sur le folklore du gui », par M. J. Heather. La pre- 
mière question est : « Q.uel est le nom breton du gui ? » Il est facile d'y 
répondre en ouvrant les dictionnaires. Dans le glossaire breton-français de 



Périodiques. 34 j 

Maunoir, Le sacré Collège de Jésus, 1659, t. II, p. 64, « gui « est traduit par 
cloii7- dero. Nous retrouvons cette expression en 1732 dans le Dictionnaire 
françois-celtiqiie de Grégoire de Rostrenen, p. 480, au mot « gui » qui donne 
la variante vannetaise deur-derv. Dour-dero et detir-derv « gui » reparaissent 
en 1869 dans le Nouveau dictionnaire pratique français et breton de Troude, 
p. 455, et dour-dero seul en 1876 dans le Nouveau dictionnaire pratique bre- 
ton-français du dialecte de Léon publié par le même auteur. Dour-dero, deur- 
derv paraissent signifier « eau de chêne ». 

Il y a pour désigner le gui une autre expression bretonne : ubel-varr 
(Rostrenen), uc'hel-var (Le Peletier, Dictionnaire de la langue bretonne, 1752, 
col. 923) ; variante vannetaise ihuel-varre (Larmery, Dictionnaire français- 
breton, 1756, p. 280). La variante huel-var ou buel-varr se retrouve dans les 
deux dictionnaires de Troude, p. 455 du Dictionnaire français cibreton, p. 297 
du Dictionnaire breton-français. Le correspondant gallois est nchelfar (Spurrell, 
An english zvelsh pronouncing Dictionary, 1903, p. 209, et A Dictionary 
of thc welsh Language, 1889, p. 290); on trouve la notation galloise 
uçelvar en 1805 chez William Owen, A Dictionary of the welsh Language, 
tome II: le sens propre est « haute branche ». 

Il n'y a donc aucun rapport entre ce sens et celui des mots goïdéliques 
que nous offrent les dictionnaires: idl-ic, uil-ioc « toute guérison », « re- 
mède universel », « panacée » (A Dictionary of the gaelic Language... published 
under the direction of the Highland Society of Scotland, t. II, p. 259, col. i ; 
p. 639, col. 2). La variante uile-iccadh donnés en 18 17 par Edward O'Reilly, 
An irish english Dictionary, offre la même signification. 

Dour-dero <( eau de chêne » peut s'expliquer si l'on suppose que ce com- 
posé désigne, non le gui du chêne, mais l'infusion, la tisane obtenue en 
faisant cuire le gui du chêne dans l'eau. Il faut se reporter à Pline l'ancien, 
1. XVI, S 251, qui dit que, suivant les Gaulois, la tisane de gui rend fécondes 
les femelles stériles et de plus est un remède contre tous les poisons : fecun- 
ditatem eo poto dari cuiciimque animaliuni sterili arbitrantur , contra venena esse 
omnia remédia. On trouve la même doctrine dans le dictionnaire précité de 
Grégoire de Rostrenen : « Le gui est bon pour plusieurs maux », Ar uhel- 
varr a so inad oud nieur a ~roug. 

Reste à examiner si cette doctrine de Grégoire de Rostrenen et le nom 
goïdélique du gui ne sont pas de modernes inventions savantes inspirées par 
le texte de Pline l'ancien. 



XV 

L'anthropologie, tome XIV, mars-avril 1903. 

Très intéressant mémoire de M. Cartailhac. Il concerne les stations de 
Bruniquel sur les bords de l'Aveyron, mais il y est question de la fin des 
âges paléolithiques, par conséquent d'une époque antérieure à la période 
celtique. Nous sommes amenés à cette période par une note de l'abbé 
H. Breul sur un torques d'or découvert à Massigny (Vendée). Dans cette 
note l'auteur rappelle qu'on a récemment trouvé des pépites d'or en Bre- 



546 PérioJiijues. 

tagne, à l'embouchure de la Vilaine, et à Lothuen, commune de Kervignac 
(Morbihan). Cela explique l'existence 1° des nombreux bijoux celtiques en 
or qu'on a recueillis en Gaule, 2° de ceux dont parlent les anciens. 

Paris, le 27 juillet 1903. 

H. D'ArBOIS de JUB.'ilNVILLE. 



POST-SCRIPTUM 

Au moment de mettre sous presse nous apprenons une nouvelle offi- 
cielle : 

« M. Dottin, maître de conférences à la Faculté des lettres de Rennes, 
« est nommé professeur de langue et littérature celtiques à cette Faculté 
« (fondation de l'Université de Rennes) ». 

Nous adressons avec le plus grand plaisir nos félicitations à l'Université 
de Rennes et au savant professeur. De 1886 à 1896, M. Dottin a été secré- 
taire de la rédaction de la Revue Celtique, un secrétaire très zélé, et depuis 
l'époque où ses fonctions à Rennes l'ont obligé d'abandonner ce secrétariat, 
la Revue Celtique n'a pas cessé de le compter parmi ses collaborateurs les 
plus actifs. 



Nous publions un peu tardivement Fannonce suivante: 

A SCHOOL OF IRISH LEARNING 

Much interest has becn cxcitcd bv the idea of tbrming a 
School for the higher studv of Irish sus;e;ested in the lecture 
deUvered by Dr Kuno Meyer at the last Oireachtas. 

A beginning will be made in June. The authorities of Uni- 
versity Collège, Stephen's Green, hâve kindly offered rooms in 
which classes could be held during the summer vacation. On 
the 23rd of that month at 4 p. m. Dr Kuno Meyer will deliver 
an inaugural lecture. On Monday the 6th of July Professor 
John Strachan, LL. D. will begin a course of Old-and Middle 
Irish Grammar which will be continued for two hours daily 
throughout the month. It is hoped that othcr courses can 
shortly be arranged. 

To form a School of Irish Learning it would be necessary 
to establish a séries of lectures and classes covering the whole 
field of Irish study, Old, Middle, and Modem Irish langiuage 
and literature. 

A little later, after further consultations hâve taken place, 
proposais will be put forward for a definite scheme. 

We feel sure that Irish people will willingly help to the best 
of their power in making Dublin what it ought to be, the 
centre of Irish studies. This can onl}' be done by providing a 
fund which will yield a yearlv income, or by the payment of 
subscriptions vear by year. 

Mr Charles McNeill has kindly consented to act as Hono- 
rary Secretary and Treasurer. Subscriptions can also be paid 
to the Hibernian Bank of Ireland. Chèques to be made payable 
to School of Irish Studies. 



Le Propriétaiii-Gérant : \'euve E. Bouillok, 



Chartres. — Imprimerie Durand, nie Fulbert. 



LA 

LÉGENDE DE MAES GWYDDNEU 

DANS LE LIVRE NOIR DE CARMARTHEN 



La légende de Maes Gwyddneu est le pendant de celle de la 
ville d'Is chez les Armoricains; mais elle n'a guère d'autre 
trait commun avec elle que la submersion par la faute d'une 
femme. En revanche, telle qu'elle se présente dans le Livre 
Noir ', elle offre les plus frappantes ressemblances avec la légende 
de Lough Ree et de Lough Neagh dans le morceau connu sous 
le nom d'Aided Eochaid Me Maireda^. 

Le rapprochement entre ces légendes a été souvent fait 3. 
M. J. Rhys, qui s'en était déjà occupé, y est revenu avec plus 
de détails récemment et a même donné le texte et la traduction 
du poème du Livre noir {Celtic Folklore, I, p. 381 et suivantes). 

Le pays submergé, Maes Gwyddmti, serait le même que le 
fameux Contre' r Gwaelod ou Cantref du fond Çgwaelod=^ breton 
gzveled, même sens : Basse-Bretagne est souvent traduit par 

1. Skene, Four a ne. B., H, p. 59; Fac-similé, 55 v. 

2. Leabhar na hUidhre, foL 99^-4 ib. O'Grady, Silva Gadelica, l, 233-7-, 
265-9. Pour le Leabhar na hUidhre, je cite, d'après M. Rhys. Pour la biblio- 
graphie, V. d'Arbois de Jubainville, Catalogue Litt. Ep., 22 (Aided Echdach 
niaic Maireda). 

3. M. de La Villemarqué, notamment {Bulletin de la Soc. arch. du Finis- 
tère, 1887, p. 3 54 et suiv.). Il signale la légende du Lough Weagh dans Girald. 
Cambr., Topogr. Hyber, I, c. 9). Il cite aussi, mais à tort, la prophétie dans 
Gaufrei de Monmouth (VII, c. iv). Ce qu'il y a de plus fort (je ne puis dire 
extraordinaire quand il s'agit de M. de la Vill.), c'est qu'il prétend qu'il y 
a dans la prophétie comme dans la légende galloise une puella qui cause tout 
le mal ; or, c'est tout le contraire. 

Revue CeltKjue, XXIV. 24 



Î50 J. Loth 

Gweled Breii). Quant à ce dernier pays, la tradinon populaire 
le place dans la baie de Cardigan. 

D'après la légende populaire courante, le prince de Dyved, 
Seithenin, se serait enivré et aurait oublié de fermer les écluses ; 
d'où l'inondation des états de Gwyddneu ^ La version du 
Livre noir est plus ancienne et plus curieuse. Comme dans la 
légende irlandaise, le soin d'une source enchantée ^ est confié 
à une femme. Par sa faute elle laisse ouverte la source : d'où 
la submersion. Là s'arrête la légende dans le Livre noir. Il y 
aurait aussi un fou, comme en irlandais. On pourrait supposer 
que ce fou est Seithenhin qui est qualifié de synhnir vann, 
c'est-à-dire à intelligence faible, mais M. Rhys préfère voir le 
fou dans le Kinran qui paraît dans le dernier vers et le rap- 
proche du nom de Curnén que porte dans la version irlandaise 
Vidiol, qui, comme beaucoup d'idiots, dit-il, était en même 
temps un prophète. Ce prophète s'égosillait à prédire l'irruption 
des flots et à crier à ses amis de préparer des barques : naturel- 
lement il n'était pas cru. L'interprétation que je vais donner 
du texte du Livre noir diftère sur des points importants, au 
point de vue du sens, de celle de M. Rhys, mais je suis d'accord 
avec lui sur ces traits de la légende : il y avait une fontaine ou 
source confiée aux soins d'une femme ; cette femme laisse 
s'échapper les eaux qui couvrent le territoire de Gwyddneu; 
il y a un fou dans la légende et ce que M. Rhys n'a pas vu, 
c'est que ce fou crie en vain, prophétise vainement la submer- 
sion. 

Je donne d'abord le texte et la traduction de M. Rhys {Celtic 
Folkl.,l, 384): 

Seithenhin saw de allan Seithennin, stand thou forth 

ac edrychiiirde varanres mor And see the vanguard of the main 

Macs Guitneu rytoes Guyddno's piain has it covered 

Boed emendiceid y morvin Acciirsed be the maiden 

ae helligaut gvydi cvin who let it ioose after siipper 

finaun wenestir mor terrvin well cup-bearer of the mighty main 



1. J. Loth, Mabin, I, 244, n. 2 ; II, p. 286, 295. 

2. Dans la légende irlandaise, la source qui devient ensuite un lac est 
produite par un cheval. M. Rhys a retrouvé la même légende en Galles 
(Cet tic Folkl., I, p. 380). 



La Légende de Maes Gwyddneu. 



351 



Boed emendiceid y vachteith 
ae golligaut guydi gueith 
finaun wenestir mor diffeith 

Diaspad vererid yar van caer 

hid ar duu y dodir 

gnaud guydi traha trangc hir 

Diaspad mererid, y ar van kaer hetiu. 
hid ar duu y dadoluch. 
gnaud guydi traha attreguch. 

Diaspad mererid ain gorchuit heno 

ac nim haut gorlluit 

gnaud guydi traha tramguit. 

Diaspad mererid y ar gvineu kadir 
kedaul duu ae goreu 
gnaud guydi gormot eisseu. 

Diaspad mererid am kymhell heno 

y urth uy istavell 

gnaud guydi traha trangc pell 

Bet Seithenhin synhuirvann 
rug kaer kenedyr a glan 
mor maurhidic a kinran. 



Accursed be the damsel 
who let it loose after battie 
well minister of the high sea 

Mererid's cry from a city's height 
Even to God is it directed 
after pride cornes a long panse. 

Mererid's cry from a city's height today 
Even to God her expiation ; 
after pride cornes reflexion 

Mererid's cry overcomes me to-night 
Nor can i readily prosper ; 
After pride cornes a fall 

Mererid's cry over strong' wines 
Bounteous God has wrought it ; 
After excesse cornes privation. 

Mererid's cry drives me to-night 

From my chamber away ; 

after insolence comes long death 

Weak-witted Seithenhin's grave is it 
Between Kenedyr's Fort and the shores 
with majestic Mor's and Kynran's. 



Le texte donné par M. Rhys est celui du Fac-siraile; à la 
strophe 7 il adopte kedaul avec raison; le mss. porte kadaul, 
mais avec un petit t au-dessus de la ligne entre k et rt. Si on 
compare sa traduction avec celle de Skene, les principales diffé- 
rences sont l'interprétation de/»a«;zM.'mgi^îV traduit par J. Evans 
par Fontaine de Vénus\ M. Rhys, adoptant le sens que j'ai établi 
dans mes Mots latins, traduit correctement wenestir ^ par 
échauson (de la mer). De plus, Silvan Evans avait transformé 
mererid en myrwerydd, agitation, bruit des flots; M. Rhys y 
voit un nom propre. On peut encore signaler chez S. Evans, 
à la strophe VI, la traduction de guineii par winds, ce qui ne 
saurait se défendre, tandis que M. Rhys y voit le pluriel de 
giiin, vin, ce qui ne me paraît pas plus vrai, mais outrage 
moins la langue. Tous les deux donnent à Kinran un sens 
manifestement flmx. S. Evans, aussi bien que M. Rhys, me 
paraissent, pour l'établissement du texte, avoir négligé un point 
important : l'étude de la métrique de ce poème. 



I. Dans l'orthographe habituelle du L. noir, iu 
à-dire v français. 



/gallois actuel, c'est- 



5 52 J. Loth. 

Il appartient au genre Triplet, mais il y a bon nombre de 
variétés de ce genre qui apparaît déjà fixé au ix^ siècle (poèmes 
dits à Juvencus^). 

Dans celui-ci, il y en a deux : 

I" Les strophes de vers de 7 syllabes rimant entre eux 
(strophes 2, 3 et 9, c'est-à-dire la dernière) ; 

2° Les strophes où le premier vers, en y comprenant le §,air 
cyrch, a de 9 à 10 syllabes ; le 2^ vers en a 6 et le 3^ en a 7. 

Dans cette dernière catégorie, il 3^ a deux types différents : 
1° le type dans lequel le premier vers en dehors du gair cyrch 
rime avec les deux autres vers : 

Diaspad mererid am gorcHurr — Heno 
ac nim Haut gorlluiT 
gnaud gu3'di traba tramguiT 

(cf. strophes 6, 7, 8.) 

2° Dans le premier vers, le gair cyrch seul rime et allitère 
avec un mot du second vers : 

Diaspad mererid y ar van kaer — Hetiu 

Hid ar duu y dadoLUCH 
gnaud guydi traha attregucH 

Dans la strophe 4, il faut absolument ajouter au premier 
vers : hetiv. 

La première strophe soulève des difficultés. Il est très sûr, 
d'après la structure régulière des autres strophes, que le pre- 
mier vers, peut-être le second, sont altérés. Le début saiu de 
allan rappelle le début de l'élégie de Kynddylan, dont la pre- 
mière strophe est également et clairement altérée : sefwch aJlan, 
luorynyon a syJlwch. Il faut en tout cas faire de mor au 2^ vers 
un rejet (cyrch) et le compter avec le 3'' vers, comme l'indique 
la dernière strophe. Comme dans tous les poèmes gallois de 
cette époque, les nolac augentes ne comptaient pas : de. dans saiu 
de ne compte pas pour la mesure. M. Rhys voit dans cdrychuir 
une sorte d'impératif déponent de la 2" personne; de serait la 

I. J. Loth, Métrique galloise, II, F^ partie, p. 17S et suiv. ; II, 2« partie, 
p. 77- 



La Légende de Macs Gwyddneu. 353 

nota auoens. Il est assez peu vraisemblable que de, nota augens, 
se trouve ainsi répété ; de plus, le composé edrychuir est difficile 
à défendre. Pour moi, je prends uirde pour gwyr'S-de ou sim- 
plement iùrte = gwyr'Se : cf. chez Taliesin giuyrlin : 

edrych uirde varanres mor. 
« remarque la verte ligne de front de la mer. » 

gwyrdd est souvent appliqué aux flots: 

Gwedi toiiiian giuyrl 
« après les flots verts. » 

(Meilir. Myv. arch., 14, 1, s.) 



Je lis donc : 



Dymhunis ton u'xrd wrth Aberflfraw 

(jhid., 144, I. 



Seithenhin, saw de allan, ac edrych 
|Ton] uirde varanrES ; 
mor maes Guitneu rytoES. 



II est possible qu'au lieu d'allan, il y ait eu primitivement 
un mot rimant avec les autres vers (y maes?). 

Il n'est pas sûr que ///()/■ soit un cyrch: le point du vis. après 
lui semble l'indiquer, ou au moins indiquer qu'on le compre- 
nait ainsi. 

Dans les strophes 2 et ^ , le premier vers a 8 syllabes ; il est 
probable que y ne compte pas pour la mesure. Il est possible 
aussi que euicndiccit qu'on ne trouve ni chez Aneurm, ni chez 
Taliesin ait remplacé un autre mot : incllliccit. Einciidiceid, il 
est vrai, se trouve ailleurs dans le L. noir avec le même sens. 
C'est probablement un terme ecclésiastique. 

Dans la strophe 5, au i"" vers, y se joint à duii dans la me- 
sure. Dans l'avant-dernière strophe, / de istavcU compte. 

Dans la strophe 6, au 2" vers, il faut lire gorlliiit en trois 
syllabes, d'après la mesure ; ce serait donc gorlluydd ou gorlliu- 
ydd, actuellement, et non gorlluydd. 

Pour la lexicographie du sujet, il n'y a que deux ou trois 
mots actuellement qui présentent des diflîcultés sérieuses : 



^54 •^- Lotli. 

d'abord et avant tout mcrerid. Comme le dit M. Rhys, sous 
cette forme, le mot a le sens de perle et représente margarita. 
On le trouvera dans mes Mois latins sous cette forme et une 
autre qui a dû précéder: meryerid : 

mal heu rac moch meryerid 

« comme semer des perles devant des porcs » : (margaritas ante porcos). 

(Prydydd y moch, Myv. arch., 204, i.) 

La forme nier cria avec le sens de perle se trouve chez Talie- 
sin : le bord du chaudron de Pen anniufn en était orné (Skene, 
Ane. B., II, p. 181, 22.) 

M. Rhys suppose que c'est un nom de femme, celui de la 
femme qui a laissé s'échapper l'eau. Le reste du poème proteste 
contre cette hypothèse. De plus, mererid, comme nom de 
femme, ne doit pas être antérieur à la difl'usion des noms de 
saintes par l'influence normande ^ 

Il me paraît sûr que dans un poème reposant sur une tradi- 
tion évidemment commune aux Gaëls et aux Bretons, le mot 
capital })iererid doit être celtique. Le suffixe -/W peut représenter 
-id ou -yd. Le suffixe -id est rare, l'autre fréquent. S'il n'y a 
pas de fitute de copiste, mererid (niereryd) me paraît décompo- 
sable en nier, fou, plus un dérivé ou composé de -ar. Pour mer, 
cf. irlandais W(?rj fou (Cormac) ; meraidh, i. amadan (O'Clery). 
Mer apparaît encore incontestablement dans mer-werydd qui se 
présente d'une façon fort curieuse, avec les deux sens incon- 
testablement de: agitations, vaines futilités ({.. noir, 8, 14; 
Myv. arch., 195, i; Livre Rouge, 292, 14) et aussi celui 
d'agitation des flots de la mer (Livre noir, 46, 25 ; TK, 156, 
36; Myv. arch., 218, 2; 144, r; 279, 2; 329, 2; 195, i; 
279, i)^ 

Quant à la valeur de -ar devenant -cryd avec le suffixe, je 
n'ai que Tembarras du choix. 

1. On n'a qu'à parcourir le cartu'aire de Redon pour se rendre compte 
combien l'usage des prénoms chrétiens était peu en faveur chez les Bretons, 
notamment pour les femmes. Et ils avaient raison. Nos noms sont beaucoup 
plus poétiques. 

2. Pour préciser le sens, cf. Myv. arch. 144-1 : 

Dymbunis ton, ntor y menvery^. 



La Légende de Macs Gwyddneu. 3 5 5 

dyar, bruyant, bruit (paroles, gazouillement): L. n., 11, 28. 

Kintewin kcinhaw amser 
Dyar adar 

« Printemps, le plus beau temps : 
bruyant les oiseaux. » 



ibid., 28, 2 



lais adar, dvar eu grid. 



L. Rouge, 285, 5 : 

Eglwyseu Bassa ynt barvar 
Heno, a minneu wyf dyar. 

Myv. arch. , 25 1 : 

Wvthfcd dydd dybydd dyar K 

Gorddyar, intensif de dyar : 
L. Rouge, 250, 13 : 

Hir nos, gordyar morva. 

GROAR : L. noir, 26, 28 : 

a groar adar kir kaer Reon 

« et le cri rauque^ des oiseaux près de Kaer Reon. » 

Enfin, ar, chez un poète du wx" siècle : 
(jwalchniai (iVf)'!'. ^ï/r/;., 143, i): 

Cathl ar adar, awdl gosymwy 

« chant, poème fait du gazouillement (ou langage) des oiseaux. » 

Cet (7;', à ma connaissance, n'a pas de similaire en irlandais'. 
Il est ici en construction. Ce qui peut faire hésiter, c'est que 
dans toniar, bruit des flots, on pourrait supposer que primiti- 
vement ar est pour oar : 

1. Signes précurseurs du jugement. 

2. Cf. pour gro, irl. grau-berla, A. herla fiachdd ; gro, grau = grava, d. 
kràhe. 

3. Cependant, cf. ar, inquit; cf. ar, dicicns, GloseScàguv. ; gall. araitb, 
discours. 



556 i. Loth. 

L. N., 53, 20: 

In abcr Duwir dyar, 

Yn V gwna Tawue toniar, 

« à Aber Divfr ■ bruyant, 

là où le Tafwy fait entendre son bruit de flots. » 

Le i y provenant de g spirant est susceptible de disparition 
comme suffirait à le prouver mererid à côté de meryerid. Il est 
donc probable que ar représente gar, d'une racine bien connue 
par gaïur, gair, breton ger, etc. Ce qui confirme cette manière 
de voir, semble-t-il, c'est le haut-vannetais merier, bruit con- 
fus; iir merier voeh, un bruit confus de voix (Châlons). Mererid 
pour un plus ancien iiier-yerid ou mer-yeri'S, me paraît signifier 
fou. J'avais songé à le corriger en nieredic, fou, sans raison, 
dont j'ai établi clairement le sens dans mes Mabinogion (I, 
p. 230; V. note, ibid., p. 343) et qui est dérivé en -cdic de la 
même racine ; mais cela ne me semble pas absolument néces- 
saire. 

Dès lors, le poème devient assez clair. La première strophe 
est une exclamation annonçant la catastrophe; suit la malédic- 
tion à la jeune fille qui a laissé échapper l'eau. Puis viennent 
des lamentations, des réflexions morales du poète qui se donne 
comme spectateur et revient en arrière ; il se souvient des cris 
perçants du fou, cris partant du sommet des remparts ou de 
dessus un cheval; probablement, c'est le fou fuyant au dernier 
moment: dans la légende irlandaise, il se sauve. J'aurais été 
tenté de traduire Diaspad mererid ou vererid par rri perçant de 
voix confuses, folles ou cri de folie, sans le gtiinen kadir qui mani- 
festement n'a rien à faire avec le pluriel de gain : )' ar suffirait 
à prouver le contraire, rapproché le y ar vann caer. Il y a 
d'autres mots qui ont été mal compris. 

GWINEU : le sens de giuineu est des plus clairs. Cf. Livre noir : 

43, 22 ystarn de u^iiieu fruin guin 

« selle le cheval bai au frein blanc. 



I. Naturellement on en a tiré aux Abcr Dyar, synonyme de tolo en un 
autre passage du L. noir. 



La Légende de Maes Gwyddneu. 357 

43, 23 ystarn de wineu birr y bleu 

« selle le cheval bai, aux crins courts 

43, 28 ystarn de u'i)jeu hir y neid 

« selle le cheval bai au saut allongé. » 

ibid., 10, 10 (à propos des chevaux célèbres): 

Guyneu ' Godvflf Hir, nmrch kei 

Cf. L. N., mein wineu, 3, 9, etc. ^. 

Giuineu est dérivé de gwin, vin. 

Quant au pluriel de gwin, vin, on ne le trouve jamais dans 
les Vieux Livres et il ne parait guère usité, même aujourd'hui. 
Il n'existe pas en breton. 

MAURHiDic et KiNRAN n'out été compris ni par Skene (S. 
Evans), ni par M. Rhys. 

maurhidic signifie magnanime, majestueux, de noble aspect ou 
de noble race, généreux. 

L. n., 15, 3: 

vv maurhidic nen 
« mon roi magnanime » 
ibid., 30, 18 : 

Bet Mor, maurhidic diessic unben 

« La tombe de Mor, monarque magnanime et irréprochable. » 

Cyndelw (Myv. arch., 155, i): 

mathredic tyweirch gan draed meirch mawrydig 

« Les glèbes sont foulées par les pieds de génireux coursiers. » 

Mabinog. II, p. 286 (Peredur) : 

a morwyn vaivrhydic delediw 

Myv. arch., 371, i : 

Mair faturydig 

Cf. ihid., 312, 2; L. Taliesin, ap. Skene, 132, 21. 

1. L'v pourrait faire supposer ^ît'v^wu qui est différent. 

2. Pour^u.'/;;t'», cf. Myv. arch., 149, i, Lliaws o'ît'iVww. 



5^8 J. Lot h. 

Le mot est d'ailleurs connu, ainsi que mctivrhydi, majesté, 
et donné dans tous les dictionnaires. Pour mémoire, je rap- 
pelle qu'il apparaît dans une inscription chrétienne du pays de 
Galles : Johannis moridic (Jean le magnanime). Il est probable 
que mawrhydic est composé de utawr, grand, plus un dérivé 
de hyd = irl. sitb, long, ou encore de la même racine que 
hydr, hardi, irl. sethar. 

KiNRAN = kynran a été correctement traduit par S. Evans 
(Wehh-Engl. Dict.) par bead or cbîef {oï a tribe), leader, cbicf- 
tain. Parmi les très nombreux exemples qu'on pourrait citer, 
je choisis les suivants : 

L. Talies., 123, 6 : 

a chenwch deu leuan 
Ragof V deu gynran 
« et chantez les deux leuan devant moi, les deux cIkJs. » 

L. Rouge, 242, 8 : 

Gnavvt gan gynran eiryan nraf. 

L. Aneur, 64, i : 

kynraji en racwan 

« le chef frappant les premiers coups. » 

ibid., 72, 2: 



ibid., 80, 28 : 



Keredic caradvvy gynran 
« Keredic, chef aimable » 

Tri theyrn maon 
a dyvu o Vrython 
kynri a chenon 
kxnrein Aeron 

(' chefs originaires d'Aeron » 

Meilis (Myv. arch., 140, i) appelle Gruffydd ap Cynan : 
Pascadiir Kynrein, nourrisseur de chcts. 

Le pluriel est kinrein et parfois kynrcinyon. Le mot est un 

I. Cf. pour kynran, L. Ta)., 172, 4; 148, S; 209, 16; L. Anem, 80, 
28; L. Rouge, 241, 13. 



La Légende de Maes Gwyddneu. 359 

composé cin =■ *dntu- et rannâ, part : celui qui a droit à la 
première part, héros, chej. 

Cynran existe aussi dans le sens de première partie. 

CuiN a été traduit par M. Rhys par souper. Le mot n'est jamais 
employé dans les textes anciens, non plus, je crois, que dans 
les modernes, dans ce sens. Les Gallois ne connaissent que 
cwynos, souper, et ancwyn = *antecènium. 

Au contraire, non seulement cwyn, plainte, même plainte en 
justice, grief (quelquefois actuellement compassion pour quel- 
qu'un) est d'un emploi courant, mais l'expression même wedy 
cwyn se retrouve dans le Livre Rouge, 261, 19 : 

lia wisc luedy kzuyn, na vit vnvyn 
Dy vryt ' . 

Le mot GORLLUiT présente de réelles difficultés. Le mètre 
exige trois syllabes, ce qui rend suspecte l'identification avec 
gorlliuydd, prospérer, lequel ne peut avoir que deux syllabes. 

Gorllwydd, en deux syllabes, a le sens de prospérer dans 
quelques passages. Ce sens ne va pas très bien ici. D'ailleurs, 
gorllwydd même paraît avoir un sens différent dans d'autres 
endroits 2. 

Jusqu'ici je n'ai pas trouvé gorlliuydd en trois syllabes; c'est 
la forme qu'indique l'orthographe du Livre Noir. Lluydd (llu- 
ydd) dans le sens de chef d'armée se comprendrait ; gorlluydd 
serait intensif et serait un substantif verbal ayant le sens de 
diriger^. Puisque nous entrons dans le domaine des supposi- 
tions, on pourrait supposer une racine *//« =^ *loug, qui se 
trouve dans l'irl. luamain : 

ac nim haut gorlluit 

« et il ne m'est pas facile de m'enfuir? (me sauver.) » 

GORCHUIT est donné par les dictionnaires, par Davies même, 
comme l'équivalent de cwydd ou cwymp, chute. Phonétique- 



1. Cf. strophe plus bas, guedi giieilh. 

2. Par exemple, da.ns (Myv. arch., 199-2): 

Ked orllwyt (= gorllwydd) arglwyt. 

3. Dans ce sens, gorllnvydd pour gor-Uywyd, diriger, piloter en chef, serait 
irréprochable, mais il y aurait dans le texte gor-Uyuit. 



360 J. Loih. 

ment, c'est possible, mais le mot me paraît difficile à séparer 
de gorchii'x dont le sens est difFcrent : Myv. arch., 262, 2 ; dans 
un manv-nad: 

neu'r (ou neu'tî) gorchwy rwy trugar 

« vraiment c'est trop lourd, roi miséricordieux •>■> 

Le mot apparaît dans un proverbe dont le sens n'a jamais 
été fixé : 

nid gorchvy elw medelwas 

« ce n'est pas une grande charge que le salaire d'un moissonneur. » 

On peut, je crois, comparer la racine à celle de Tirlandais 
ciall À. tinol ^ ; skr. ci, sammeln. 

Ici, dans gorcbivy, on a la forme forte *cci : Diaspad mcrcrid 
am gorchiiit heno signifierait donc : « les cris perçants du tou 
m'accablent ce soir. » 

terruin: nior terruin est traduit par M. Rhys par: thc mighly 
main. Le sens de ce mot fort employé parait être terrible, 
redoutable. Dans un autre passage du Livre noir (54, 22), il 
s'applique encore à la mer : 

Erir mor terruin. 

Dans un autre passage (40, 14), il signifie évidemment 
redoutable, bouillant (40, 14). 

Terruin am tir (il s'agit de Hywel ab Goronwy) 

« redoutable, prompt à s'emporter, pour la terre (ses domaines). » 

Cf. L. Tal., 117, 23 : Ynys Gwyr, tcnuyn mor-. JoloGoch 
(éd. Ashron, 3 16) : 

Torri yn chwvrn, ter-ivyn clnvacu ;, 
Giau a gwythau 

Myv. arch., 203, i : 

aerdoryf goryf, givrt dcrivyii y ncid 4 

1. Stokes, Urk. spr. 

2. On trouve le mot avec une seule r. 
5. Souffles, tourbillons terribles. 

4. rude et impétueux son élan. 



La Légende de Macs Gwyddneu. 361 

ibid., 184, I : 

Kyflavan tra than, ira theruyn y haivl ' 

ibid., 299, 2 : 

Gwr addwyn, terrivyn yn torri cad 

ibid., 143, I : 

Gwaith Aberteifi teruyn gad Owain 

ibid., 187, 2 : 

Teyrn glyw terrwyn tyrrynt prein, 

Walter, dans son Eiigl. Wchhdicl. traduit /o/w7 ^^x icncynnu 
et teriuyn par bold, je ne sais d'après quelle autorité. Ternvyn 
me paraît dérivé de *ters : cf. terreo-. La mer ienuyn apparaît, 
semble-t-il, comme nom propre dans les Mabin. Cette mer 
Ternvyn est évidemment la même que la mer Torrian des Irlan- 
dais. Les deux ont été parfois identifiées avec la mer Tyrrhé- 
nienne (Tyrrhenum mare), mais il est clair que dans l'origine ces 
deux mots-là avaient un sens différent. Cette confusion me paraît 
avoir été pour quelque chose dans les voyages de certains saints, 
comme saint Patrice, en Italie. 

Pour le sens précis de quelques autres mots, voir les notes à 
ma traduction plus bas. 

Voici le texte tel que je compte le donner dans mon édition 
du Livre noir. 

Les traits particuliers de l'orthographe de ce poème et, en 
général, du Livre noir, sont les suivants : 

VOYELLES : / peut représenter l (y), î. 

— e quelquefois représente j' : de, nota augens, = -dy. 

— y, le plus souvent, représente;)' actuel. 

— H = zv actuel (zu voyelle) et u (il) . 

Les voyelles irrationnelles sont écrites, mais ne comptent 
pas pour la mesure, non plus que les notae augenies. 
wenestir :=■ fenestr (menestr) ; 
kadir = kadr ; kenedir = kenedr. 

1. très redoutable sa poursuite (réclamation). 

2. A moins qu'on ne songe à lars-, cf. torreo. 



j6-2 J. Loth. 

CONSONNES : t =z dd actuel, généralement 

— d = d actuel; 

— zv =J actuel (v français). 

ff représente non seulement g mais ng : ae hellygaut = ae(h)el- 
lyngawdd, ae golligaut = ae goUyngawdd , rug = rwng. 

Seithenhin saw de allan — ac edrych 
[Ton] uirde varanres, 
mor maes Guitneu rytoes ' . 

Boed emendiceid y morvin 
ae hellygaut guydi cvin 
finaun wenestir mor terruin. 

Boed emendiceid y vachteith 
Ae golligaut guvdi gucith 
finaun wenestir mor difFeith 

Diaspad vererid y ar vann cacr — [hetiu] 
Hid ar Duu y dodir : 
Gnaud guydi traha trangc hir 

Diaspad mererd y ar van kaer — hetiu, 
Hid ar Duu y dadoluch : 
Gnaud guydi traha attreguch. 

Diaspad mererid am gorchuit — Heno 
ac nim Haut gorlluiT ; 
Gnaud guydi traha tramguiT. 

Diaspad mererid y ar gwinEU 2 — Kaoir 
KCDaul Duu ae gorEU : 
Gnaud guydi gormot 3 eissEU. 

Diaspad mererid am kymhELL — heno 
V urth vy istauELL : 
Gnaud guydi traha trangc pELL. 

Bet Seithenhin synhuir vann 
Rug kaer kenedir a glAN 
Mor, Maurhidic a kinrAN. 

Seithenhin, lève-toi, et sors ; regarde 

la verte ligne de bataille des flots 4 ; 

la mer a recouvert le territoire de Gwyddneu. 

1 . D'après l'orthographe régulière, il faudrait rydoes. 

2. Il faudrait régulièrement ^mîm^i. 

3. Goitnot = gonnodd et non gormod. 

4. Baranres indique la ligne de bataille, le front des troupes. 



La Léi^ende de Maes Gwyddneu. 565 

Maudite soit la jeune fille 

qui l'a lâchée, après plainte, 

échanson de la fontaine 1, la mer redoutable; 

maudite soit la jeune fille 
qui l'a lâchée, après lutte, 
échanson de la fontaine, la mer stérile 2. 

De grands cris du fou s'élèvent du haut des remparts, aujourd'hui ; 
Ils sont poussés jusqu'à Dieu : 
après arrogance, d'habitude longue disparition 3. 

De grands cris du fou s'élèvent du haut des remparts, aujourd'hui ; 
jusqu'à Dieu va la depircation ; 
après arrogance, d'habitude regrets 4. 

De grands cris du fou m'accablent, cette nuit, 
et il m'est difficile de m'eiifidr? 
après arrogance, d'habitude chute. 

De grands cris du fou s'élèvent de dessus un coursier bai solide; 
c'est Dieu généreux qui l'a fait : 
après excès, d'habitude besoin. 

De grands cris du fou me chassent, cette nuit, 
de ma chambre ; 
après arrogance, d'habitude longue disparition 

La tombe de Seithenhin à l'intelligence faible > (ou plutôt orgueilleux) 

est entre Caer Kenedr et le bord 

de la mer, Seithenhin magnifique et chef. 



1. On pourrait comprendre : qui l'a lâchée la fontaine, échanson de 
la mer redoutable ; /; dans ae hellygaut semblerait indiquer un féminin, mais 
ce n'est pas rare même pour un masculin, à cette époque. 

2. mor diffeilh est traduit par M. Rhys, je ne sais pourquoi par high sea ; 
diffeith signifie stérile, sans valeur et désert, nu. 

3. Traiigc hir \ trangc a le sens de fin, déclhi et mort. Dans la vie de 
Gruflfydd ap Cynan (xMyv. arch. 727, i) : canysgosper ywyn awr bon ar dydd 
sydd yn trenghi (cf. irl. trctcim, j'abandonne). 

4. attreg a plus souvent le sens d'arrêt: 

Gnawd giuedy rhedeg attregiuch (proverbe) 
Cependant il paraît avoir aussi celui de regret. Livre noir, 5 : 
Ny tiuuic rac dricweithred imattrec guydi darfio. 

5. Il est probable qu'il faut lire : Seithenhin synhuir wun (ban): Seithenhin 
à V esprit orgueilleux. En effet, le fou, ce n'est pas lui. Dans la pièce, c'est 
Vorgueil, Varrogance qui est en question et puni. Il semble bien que l'inon- 
dation soit considérée comme un châtiment de l'orgueil de Seithenhin. Llan- 
gynidr se trouve mais non Caer Genedr, ou la forteresse de Cenedr. 



564 J. LQîh. 

M, Rhys a voulu rapprocher le nom de Seithin du breton 
si:{tm dans Bcu:;ec-cap'si::jin. D'après les formes les plus anciennes 
si:;jiin remonte à si'Sun, avec d spirante dentale sonore. Il y a 
un autre Si:{un en Léon. Si^un est le nom breton de Sein''. 

Seithenhin suppose *scytàntïnos, qui est à rapprocher des 
noms de lieux vieux celtiques Sextanîio (Hérault), Arelate 
Sextanorum; pagi Sextanmand u i (suv un autel gallo-romain de 
Rennes); cf. Pompeius Sextantius ex civitate trajanensi (Xan- 
ten) dans une inscription près de Carlisle-. 

J. LOTH. 



1. M. de La Villemarqué a pensé aussi à si:^un = setthun. Pour lui, 
Seithenhin feddw est quelque chose comme siiuner me:;p, le semainier ivre. 

2. Annales de Bretapie, XII, p. 269. 



LE TEANGA BITHNUA DU MANUSCRIT DE RENNES 



M. Whitley Stokes^ a signalé à l'attention des celtistes le 
curieux traité irlandais intitulé Teaiiga hiîhnua « La langue 
toujours renouvelée ». Ce traité est conservé dans de nom- 
breux manuscrits- : 

Bibliothèque nationale, fonds celtique et basque, n° i ; 
f° 24 a 1-27 b 2. 

British Muséum, Egerton 171, p. 44-65. 

Trinitv Collège Dublin, H. 2. 16 (fac-similé, p. 81 a 1. 49 
— 86 b 1. 28). 

Mss. Phillips 9754, fol. 7 r°-9 r°. 

Rennes, fol. 70 r° a-74 r° b. 

Lismore, f° 46-52. 

De ces cinq manuscrits 3 trois nous étaient plus facilement 
accessibles. Ce sont le manuscrit de Rennes, le manuscrit de 
Paris et le Livre Jaune de Lecan, dans le fac-similé donné par 
la Royal Irish Academy. Ces trois textes du Teanga hithmia 
sont apparentés entre eux. La marche du récit, ainsi que la 
plupart des détails sont les mêmes dans les trois manuscrits. 
Le Livre Jaune de Lecan et le manuscrit de Paris ne différent 
que sur quelques points. La rédaction du manuscrit de Rennes 
est rarement moins complète, souvent plus développée que 



1. Lives of saints from the Book of Lismore, p. xvii-xviii. 

2. Cf. Revue Celtique, t. XI, p. 394; t. XV, p. 88. 

3. M. Douglas Hyde m'a communiqué le texte d'une rédaction mo- 
derne, très détaillée, du Teati^a bithnua et qui provient d'un manuscrit 
daté de 1817. 

Revue Celtique, XXIV. 25 



566 



G. Doit m 



les deux autres. L'introduction est écourtce dans le manuscrit 
de Rennes. La fin, au contraire, n'est conservée intégralement 
que dans ce manuscrit. De plus, le manuscrit de Paris a une 
lacune considérable comprenant les §§ 17-20. 

Quant à la langue, on peut classer ainsi par ordre de date 
nos textes, en commençant par le plus ancien: Paris, Lecan, 
Rennes, Il est facile de se rendre compte de ce classement en 
consultant le tableau ci-dessous : 



VIEIL-IRL. 


PARIS 


LECAN 


RENNES 




detinoilsct 


tinoilit 


dotinoladar 


ro-compred 


romcoimprcad 


docoimpred me 




dorigni 


dorighne 


doroindi 


doroine 




dorinnedh 


doroinn 


doroinc 




dorindi 


dorigr.i 


doroiiie 




dorinde 


doroindi 


doroine 


rofitir 


rofhitir 


rofid/V 


dofhider 


co aicti's 


co faicdis 


arnafegdais 


feghadais 


adchither 


atchither 


adciter 


dociter 




regeined 


geincJ 


ûogeined 


rogabsat 


roghabhsat 


rogobsad 


doghabadur 


comberat 


comberat 


combcrit 


comberid 




doberet 


doberaid 


doberid 



Le texte de Rennes n'a donc d'autre avantage c]ue d'être le 
plus complet de ceux que nous avons étudiés. Il nous permet 
de connaître en détail un curieux traité, aussi intéressant pour 
les folkloristes que pour les historiens de la littérature reli- 
gieuse. Je n'ai cité en note les variantes des deux autres ma- 
nuscrits que là où elles pouvaient aider à déterminer le sens 
du texte du manuscrit de Rennes ^ Le texte du manuscrit de 
Paris fera l'objet d'une publication ultérieure. 

Voici le sujet du Tenga biihnua. L*auteur suppose que la 
langue de l'apôtre Philippe, laquelle coupée trois fois a été 
toujours renouvelée par Dieu, révèle aux Hébreux assemblés 



I. Mon ami M. Douglas Hyde a bien voulu me donner son avis sur les 
passages obscurs et revoir une épreuve. 



Le Teanga bithnua du Manuscrit de Rennes. 567 

les merveilles du monde, de l'enfer et du ciel. Les merveilles 
du monde sont énumérées dans l'ordre, des six jours de la 
création : d'abord le royaume du ciel, puis les mers, les sources 
et les fleuves avec les pierres précieuses qu'ils contiennent, les 
arbres étranges, les astres et le cours du soleil, les espèces d'oi- 
seaux, les races d'hommes. Quant à la description des peines 
de l'enfer et des joies du Paradis, elle ne figure pas dans le 
manuscrit de Paris; dans le manuscrit de Rennes elle est peu 
détaillée et n'offre pas le même intérêt que le reste du Tenga 
bithnua. C'est sans doute une addition au texte primitif. 

J'ai respecté scrupuleusement la division des mots telle qu'elle 
figure dans le manuscrit de Rennes en séparant par un trait 
d'union, pour faciliter l'analyse grammaticale, les éléments des 
divers groupes syntactiques. Il est intéressant de savoir com- 
ment le copiste de notre texte concevait l'unité d'un mot, et il 
serait utile de comparer les divisions des mots dans les divers 
manuscrits. 

Les principaux groupes syntactiques de notre manuscrit 
sont : 

article + nom : an-doiiihain, i-sin-aer, nan-Eahraidc, cu-sna- 
faidib ; 

possessif -j- nom : a-fochuinn, a-lin, con-a-socraidib, ôs-a-cinn, 
as-nw-ccann, arn-aniunis ; 

négation -f- nom ou pronom : na-grian, ni-hedh, na-gach ; 

préposition + nom ou pronom : can-fis, co-mullach, ô-indsib, 
do-righaib, a-nellaib, ré-fogur, fô-tri, do-innisin, ar-Jàr, ire-bilJm, 
lar-ti)n)ia, as-ar-benad, in-a-curîur ; 

a vocatif + nom : a-thruadha ; 

particule + verbe : do-chuaidh, y-do-Iasfadais, ro-tinnscain, 
no-gurtuisniedb ; 

conjonction -(- verbe : co-tainic, ô-do-clos, j-da-iuaircthir; 

négation + verbe : ni-roibi, nmna-dheaclmd, ni-deniaidh, j-ni- 
gluaisinn ; 

copule H- comparatif: is-lreisi, is-glica, is-neasa; 

copule H- sujet ou attribut : ba-cenn, ba-cosmail, is-ed, ôir-is- 
torrachtach, dob-adhbur, achl-is-amlaidl), is-i'iadha ; 



3 68 G. Dflttin. 

ar -\- sujet : ar-sé, ar-siai, a Mua! ha ; 
ocus H- mot suivant: j-is-é, y-do-salcur, j-fearcc, y-atberf ; 
acht -\- mot suivant : acht-cheana, acht-cach, acht-do-hi, acht- 
amnanna ; 

nom ou pronom + démonstratif: an-tan-sin, leani-sa. 

Comme on le voit, les groupes syntactiques comprennent 
pour la plupart une des particules qui produisent des mutations 
de consonnes. 

La traduction que j'ai jointe au Tenga hithnua est très im- 
parfaite. Elle est parfois sans doute fondée sur de mauvaises 
leçons; elle est loin d'élucider les obscurités du texte et je 
prie les celtistes de ne la considérer que comme un essai pro- 
visoire. 



Le Tcanga bithnua du Manuscrit de Rennes. 569 



Texte. 

f° yo 1° ai. r. ^irdrig/; ûasal an-dow/;ain, is-treisi na-cach 
ri, is-airdi na-gach tig^'rna, ïs-nenmbaire na-gach leogan, is- 
feoc/'a na-grtc/; dregan, is-glica do-gribhaib, is-bcod/;a do- 
d/;2éinib, .i. âenmrtc Dia uile cuiiiacbta'igh tue an-scél-sa do- 
tbùathaib na-talman i/;/-cen;z deilbe y-denmZ/a in-domain. Oir 
ba-cenn a-coi/» j-fli-beit/; a-pn'sû;z cu;;/ang do-sil Ad/;aim^ uile 
san-aimséT-sin can-fis ni do-gni/»aibh an-duilem^« acu co-tâinic 
an-scél-sa do mMrbuilib Dia c/;ucu ar-cruthug//J nan-dûl aic- 
sid/;e y-nemfaicsidZ^e do-ri;me Dia îor-â-cwnachtaïh^. Oir ba- 
dorc/;a cac/; rét sa-doman co-lainic an-tenga bithniia? j-cur- 
laba/r ôs-chlèhhib neiwe ôs-mhu\hch sieibi Sioi». 

2. Oir do ti?2olad^r fir an-domaiw uile ô-indsib Sabuirw 
anoir co-mullac/j sleibe Sioi/z 7-bà-hé a-lin .i. u. mile escop 
7 sé-ri .X. ar .uii. mile do-rig/jaib 7 .1. mile airdr'igb 7-is-é fad 
do bad»r i-sin coiiitb'inol s'm .i. co cc;m .iiii. mis cow-a-sluag- 
haih 7-fC7z-a-socraidib co-cûalad/<;' a-nellaib nÏDie Gloria in- 
excelsis 7-do-c/;ûalad//r na-slûaig/; i/z-glor siii aris co-céolaib 
ai/zgel rtr-grad/;aib dlig/;t/;eac/;a an-airdngb. Oldbcb'i cbasc do- 
sbunnvad in tan si»4 7-do-clos aris an-gut/; cétna a-néllaib an- 
xôlr 7 ba-cosmfif/7 ré-ten;zdil tein;ztide a;/-delb 7 an-grianbruth 
édrocbt do-con/zcadz/r in-a-d/;iaid/; i-sin-aer às-a-cb'mn 7 mar 
do-bdd/<r anii ac-taicsin na-delba sin co-cûaladwr ni n-insnaîd 



1. ar bâ cenn im-bulg 7 bâ bidg i-tig dorcha do sil Adaim. P. 

2. re suidigeasta fo-chumachtu P. ro suigidi tair dia fa-cumachta Lee. 
5. P. et Lcc. développent en quelques phrases l'état des Hébreux avant 

les révélations de la Langue toujours nouvelle. Ce passage n'est pas inutile, 
car il annonce les divisions du traité : Atcitis rith gréine 7 ésca 7 na renra 
in-dimthigid/s gen chumsanadh. 7 atcitis tiprada 7 âibne date bearsain cen 
chumsanad in gech aimser. Atcidis cumsanadh 7 cotlud in talman 7 na 
toraid 7 na soillsidha la-taidhecht ngréinengeimrid Atcitis immorro eirge 
na soillsi 7 na blaith 7 na toraid ic taidecht int shamraid 7 ni featur cîa 
roroine in cumachtu sin co tainic in scél-sa P. 

4. antan fan-aidchi na case Lee iarsin deraidhsed derig na tisgann P. 



570 G. Dottin. 

cile ac-labrt/Vt do-Wrla ainglidln ùs-a-cmn j-do-cbmr shîa-ceist^ 
môir na-slùaig 7-do-gab cela j-ùamhan môr iad réïogur \n- 
ghoibà do gualad///- y-i/zdar-leo bâ-cowmôr régàir sMiiaid/; é 
7-ni-f/.;acad//r i;/té do-lab//r an;/ 7 ni-c/;Lialad//r ào-chk:o\aib 
:\n-l'i'th:\ ^ a-coni/;/bin;/ 7-dofiarfaid/;cd//r ecnaid/;i nan-Ebm/t/c : 
« Cret so do chûalam/zr », ^ir-siat. 

3. Dof;-eag///r an-tenga bitbniia dôib, j-is-ed ishcn. « Do 
choiiiipcrt rir7-m/;nâ da;;/4 », ar-sé, « 7-do-beanad mo-t/;eangrtd 
fô-trî as-mo- (/" yo r" l>)chc.\nn 7 do aibnûagûi^ Dîa dam/; aris 
i, j-dociiir Dia do-in/zisin scél 7-i//gnad 7-ilbérla dibsi mé, 7 is 
do-rcid/;iugrt^ an-scéoil so do-c/;uaid/; an-sp/rat-ni\;;// co Mâ'isi 
mac Ani/;i-a 7-cu-sna-fàid/;ib ata ar-ne/;/. Acht-c/jcana i//-cruth 
a-fuilit fcasa i«-do/;/ain arn-eiscirg/;! Crist 6-mbarhaib i-sin-lait/;i 
so na-Câsc adért//r leam-sa da.nb-si iad. Oir càchadhhur 7-gar/; 
duil 7-gac/; a'icned doniter isin-do///an ata a-cosmrt/7es sin uilc sa- 
corpdacwia. Axa ann ar-ihi'is an cet adbur d-aér 7-do-gh2éit/;. Is-si 
a-toc/;uin/z.sin .i. tôghail j ti»fead/;analaa-corprt/Z'daenna5. Atnt 
dd ad/;b//y' ele ann do-gréin 7 do-ren?zaib neiwe 7-is-é is ad/;b//r 
do sin : .i. soilkt' radhairc a-sûilib. Atâ do7ia ad/;b/o' ele an// do- 
t/;ene 7-is-i a-toc/;uin// sin .i. dat/j fola 7 teas a-corpaib. Aiâ 
ad/;b//rclc an;/do-sf/'b//i7-do-salc//r7-is-ft/dobeir sin .i. do/;/blas 
j-ïearcc a-craid/;ed/;aib nan-daeine. Atat diMia ad/;b//r ele do- 
c/;lochrt//'7-do-c/iaid/;cor-ab-ead/;dobhirsincu/;/ascféola7-cna/;/ 
a-C(7rpaib daeine. Auï dono ad/;b?/r cile an// do-blatlw//^ 7-do- 
lid/zatlid'/T' ro;/-id/; ead/; si;/ .i. féile7 -nairc 7-u;'naid/.'ti a-clûasaib 
7-dath i;/-grùad/.;aib ôir hidh aicne nan-uile dùl i-sin ciirp dacn;/a 
7-muna-d/;eachfl'J Cm7 a-co;'p dbxniia 7-mu/;a-d/;each//c/ da-cc- 
sadb tar-ccnii sil Ad/.;ai;;/ y-miu/a-dZ/each^J an-if;'/n;/ 6-ég 7 6- 
adlac//(/do-t///tf(V/(//; an-do;//an sul-tainic an-dili^ 7-ni-geintcad/; 

1. tlocliuir cest 7 omun mor adhhul for-na sluaghaib P. lo-cur-sin ccst 
7 omun for na sluagaib Lee. 

2. Dans P. au-dessus de «■ on lit : /. c, c'est-à-dire 110 c (ou c). 

3. 7 issé fa-bin/ze do cheolaib in domain P. 

4. Oiltuatliaib in talman rigéinedli mliisi ar-sé 7 dichounpert lliir 7 nma 
romcoimpread P. oilltuathaib talman ro gein-sa ar se 7 do eoimpert lir 
7 mna docoimpred me Lee. 

5. isé forcaemnacair tinfedh 7 tinnsailin anâla i corpaibh d.iine P. 7 ase 
a adbarsin tinfead 7 todail andala a corpaib daine Lee. 

6. do legfed in domun uli re sil Adaim re teeht in bratha Lee. do leiecfi- 
thea in doman uili imugha la-taideaeht in bratha P. 



Le Tennga bithnua </./ Manuscrit de Rennes. 571 

dûil co-b;77ch y-do-lasfliddis na .uii. neime y-ni-blad/j lalaiii na- 
muir na-ci//cl eile i-sin-do/;/an acht iîrinn amdin can-c/ich can- 
(orccnn. » Isbcrt a»-tenga bit/jnùa: « is-é adhhiir ma-tanac dm- 
caib-si do-in/nsi;/ scél 7 inganta an-do///ai;î dib, ôir is-dall 7-is- 
dorc/;a cach-aen bis can-eôl//^ ac/;/-beit/; an-aij/iis do-sir. » 

4. Innis diiinn », ar tûat/;a nan-Ebmid/;e « na-sccla diamra 
atàt acat. Oir atdmait ainmft,'s^?f/;. » O-do-clos 'inru}n an-icnga 
hhlmùa do-lahain do-b^Tla ai/;glid/;i j-is-ed isb^Tt : « ni-roibi 
talam/; na niuir na ïùinii anii », ^r-si, « 7-ni-robadz/;' na-dùile 
an;? 7-ni-roibe teas ar-talman na-tort/;a 7-ni-roibi gséth na-grian 
na-ésca i;/-àit reltan»a nei;//e 'm-âh h\adh (f° jo v° a) m/;ila 
muirid/;i, i//-ait-src)//;a, in-âit-aibne, in-ait-énlait/;i, i»-ait-ilpiasta 
an;/ an-tan sin ». 

Ro ïxarîaigtàiir ecnaid/;i nan-hEabnz/J/;e : « cret eile do bi 
isi//-do/;/an i/z-tau sin ? » Do-fregz/r an-tenga bithnûa dôib 7- 
aduW//rt: « Do-bi », av-si « Dia iiile cuniachtach can-tosach, 
can-dercdh, can-i/y/snim/;, can-brôn, can-torrsi, flc/;/-fdilti, can- 
ïés, can-urcm, 7-ni-roibi na-ai/;îsir ni-bud/; doaiwg dô do-dénam/; 
acht-cAch ni ào-\inridh 7-ba-hu;-lam/; cac/;-dûil ré-himrddh 7-is- 
\war sin ro-tin»scain Dia ant-oibriug^f/jf sé-lait/;i .i. doroi/ze ar- 
tûs an-rig/;t/;eg/; co .ix. n-g;'rtd/;aib ai??gel 7-atait da-t/;ûait/; 
.uii. m/;og/;at co .ix. n-glanbrog/;aib .xx. 7 uii.c. mile do ceôlaib 
innta si». 

5. Do-tiflrfiiighed/<r ecnaid/;i nan-Eabrfl/i//;e. « Cmnits atat 
suid/;ig/;t/;i in-doz/ni// ' », rtr-siat. Do-tregur an-tenga bithni'ta 
dôib7-ist'J-isbt'/'t : «génco-faicid/;isi-é»,â'r-si, «is-C77/in»dorôine 
Isa ïn-doman 7-na-diiile 7-na. uii. neime 7-na .uii. mani 7-an- 
talam/; ar-ldr na-marann sin, 7-is crinnn ti///cillit rean;z.a neime 
in-domun 7-is c/7/inz/delbach dociter an;;Kin//a nan-d<'éine arn-ég 
dôib 7 delbgrei«e 7-ésca 7-is-.x.fe/-sin5 6ir-is-torn7r/;/ach can-t7/.y 
can-forcen» an-dûik/» fei« ôir do-bi se 7-atd 7-biaid/; îre-h'nbii 
sir, 7-doroi;/e se na-huile reanz/a comcrmini. 

6. Do f/;i(7rfaiged/<recnaid/7inan-Ebr^/V//;e : « c/éttdob-ad/;b//r 
do/z dom^//7 7-d-ifrenz7 nô-g/^/'tuism/;ed/; iad fô-a7ôir 7-con- 

1. c!a suidigud fil for-in-doman P. ciiulus suidighthi fuil for sin domun 
Lee. 

2. gen go faicthi si Lee. 

^. as deithbeir in-iii sin P. 



372 G. Doltin. 

dheachad ant-rtrc/;ai;;gel Mr-timna Dé ». Do-fregur zn-tenga 
bithnua y-atbtrt friû : « \s-cd dob-ad/;b//r dô », ar-si, « iùacht 
y-teas, soillsi j-dorcacht, ard 7-isel, serhus 7-millsi, sonairti 
7-donairti 7 cûck\-ni ar-cbeana 7 do-bad//r na-hadb//f sin uile 
sa-m/;ais dob-ad/;bz/r do;z-do;;/an 7-do-bean(7i/ adbhur ifrenn as- 
an-mais 7-ni-dfrnaid/; se ifren;/ nô-condeach^J ant-drcai;/gel 
ta;'-ti/;ma an-rr/Vdrig/;c?r/;/-do-bi da//zna ifrin;/ i-sin-mhais ild/;el- 
haig -às-ar-henad an-do/;zan ca;z-a-uile c/;inel 7-mur-do-c/;uaid/; 
Luxcife/' rt);/-a-leig/;e6n ai/zgel uir-recb! amach do-cruthrt/Ved/; 
ifrin;/ i;/-tan sin. Is-sé so tra gni;/z an cet lai o;?-dûilem .i. in-\i 
doroi//e Dia firmint it/r na-huisa'Jaib.Ro-suiJ/gna .uii. neiiTi/;e 
i-si^-lo cc'/na 7 na- huile ni nejiidba {f° jo v° b) ôir do-fidtT 
Dia co vAchad an-dui»e t^r-a-rer/;/. Is-aire si;/ dosuiJ/g Dia 
fiai neïme ré-gnûisib sil Ad/;aim a';/-ndc/;-fég/;adâis a'nrehba 
neim/;e na-socra'idbeacbt an-dûilemfl!;;. 

7. Ro-ïiarïaigs'n ecnaidbi nan-Ebrrt/^/;e ègiisc denùgbdn na 
.uii. nei;;/e 7-na .u, rig/;t/;ig/;i t'uncb'ûles na .uii. nei/;;e mon 
mbith môr-ad/;bal j-doïregtir an-tenga hitbm'ia dôib. « Is am/?- 
\aidb so », ar-s\, « ata^ .i. neuf m so\us édrocbt is-neasa dibsi 
a-taitnenw ésca ac-mesrugwJ na reanw co-himlan. Nea;// fliuc/; 
ôs-a-cZ;in7; sin con-'imal ai?;gil 7-arc/;ai;zgel a-measr//^en;/ gaet/;. 
Neam/; fûar oigreta do;/-tdeb tZ/ûas de sin 7-is-glaisi na-gach H 
a-dat/; 7-is .uii. ïùaire hi na-sner/;/a 7-is-in;;ti is-co;;;naid/;t/;i 
bis grian 7 atat da-neam loin;zerd/;a ûad/;a si// suas as-a-tic an- 
teinz/tec/; 7-dobeirit torrnac/; f/'ià nea;// na-nie;;/. Ardnem na- 
ném/; ûas-a-cin;/ sin uile \s-aird\ na-gac/; ne/// j-is-amb\ûidh 
aw se sol//i"g/'ianda co-céo\aibb ai;/gil 7-(7rc/;ai;/gil :\-ûiiicbc\U na 
.uii. neiwe sin 7-ni-hed/; abai;/ acbt-\s-i\mb\aidb alâ ne/;/ 7 .uii. 
mile ai/zgil con-d/zel^rt/// each 7-én <7/'-d(7'glasrtd a-ti///c/;ill neim/;e 
7-iad/;ad/; aen-rean?/a orra uile co-co/;;cruin;/ imonmbith amal 
iad/jad/; na-c/'esan;/ aduhramar rom/;ain;;. Atat do//c) d/'egai;/ 
con-Q.na\aibb tein;/tid/;i a-cresaib na .uii. nei/;/e 7-timc/;illit sin 
airdnem n:\-namb. Atat imnwrro .uii. ùincb'ûl im-an-talnw/// 
.i. \n cet ti/;/c/;ill do-ni/;/ .i. cris fû^r dôsilit môrân do-m/;aruib 
fû-s;-ad/;aib an-talnM// atùaid/;. Cris ïûar .ii. ô-silet môrdn do- 



is ' 



i. co ceolaibh aingel in a cresaib. An seachtmad ncm immorro foralaighit 
in da chenduil décc con-delbaib P. 



Le Teanga bithnua du Manuscrit de Rennes. 375 

m/;^raib fo-r/;2êb in-talman an-des san-akm a-fuilet .ix. tuiri 
teinHtid/;^ (ô-nem an-des. C/'is elle atâ an« j-ïs-ùaàba th'idt 
iltort/;a an-talman uile. Da cris eile di]g/;ena atat an;/ 7 ûair 
an» dobtrit sin gorta 7 ain;«ti//e i-sin dom/;an j-ùair ele 
dobmt (ûacbt 7-tes for-talma/n 7-do/;<'rit na-cresa c^Vna sin 
fot/;aébaib nn-talman dà-gacb-\ehb ilci;/ela uisci 7 sdl muirid/ji 
7-is-iat na-cresa c^Vna sin m/;easraid/;is i«-talam co?z-a-sleibt/7' 
j-cofi-a.-fidhadu[hb (/° ji r° a) y-is-iat fôs doni ilc/7inela cranw 
j-clocb 7-leag logbmur i-si/z-cruinne. 

8. Adubradar eoiaidbi nan-F.hrûidbe: « in»is dui//zz ilci/zela 
ïn-mbara ar-i;/suigt'rf a-fuilitt siat. » Do ïregur an-tenga hitbniia 
dôibh 7-atb^rt riu. « Atat iri Une do-mbnra'xh in flr-ti/;/c/;ill .i. 
muir dborcba dbi:ihaigc auî an-dor//5 ifrinz/ f;i-t/;a;b an-talnw» 
7-teit rann do//-m/;uir sin an-dor//.v aitrebi na-pia» asiccb. Muir 
g/;las-g/;lonrcZ; at(? a-ti;//c/;ill an-talm^/// da gacb leth ac-tuile 7 
ac-t/-ag/;ad/; dosbir j-sgehbïgb in m/;uir s'vi do-s/;ir a-hiltort/;a 
doc/;//;/;-na-talm/;an. Aui dano an-t/-es-muir loin//erd/.'a hsamail 
an;/ j-atâ si ac-sirt/;uile do-s/;ir o-iosacb an-do;;/ai;/ co-b;'(Zch 
y-ni-faictc;- Idn i co-b;'ach acbt-Dh-doninaïgb j-iôs bid/;si a-sûan 
7-a-ceas Dé-do;;maig/; 7-ni-gluâisin;/ géêth, na-toirrnt'c/; na- 
aniad ele lii Dia-do;;;naigh lé-coicetal ai;?gil 7 arc/;ai;;gel ac- 
oirfit^J an-anôir in-do;;;naigh. Aiat do;;o ilci;îela do-maraib 
examla im-t/;aebaib an-talmfl'w dâ-gacb le//; .i. Muir d6';'g cuiris 
imat leag logbmur con-dath fola ûahbi j-con-dbaiha ib exam/a 
ele 7-it/V Eig/;ipt 7 In;;ia at^ si. Muir geinirech con-dath sneacbtà 
atâ an-in/?sib Sab/;uirn;; a-tûaid/; 7-do-soich osnad a-ton;; co- 
neWaib neime ac-togbairm. i;/-b;arha. Muir mi;2ton;;ach dubf/;o- 
gr^ch an-m/;uir si// adubrt;t rib .i. muir in;/si Sab/juirn;/ 7 ni- 
lamha;/;/ lo;/g na-eth//;' a-taistill na-a-tad/;all, ôir ni-térna uaitM 
ni dâ;'-t/;ad/;aill nain hiacbt én-eas^ u;;/aid/;i le-na-etru;;/a 7-le- 
n^rt gieit/;i ac-a-s/zéidid/; do-na-ton;/aib. Aui in;;si fo;'-an-muir 
sin 7-is-6r a-gainem 7-atrt muir ele ann 7-docitt';- i ac-lin^r^f o- 
Belltai;;e co-Sam/jai;/ 7 ac-t;'ag/;ad/; o-Sambain co-Bdluiini aris 
• i. /t'/Z;bliad^/;/ ac-tuile j-leth-hliadain a.c-îragbi\db y-eigZ/it piasta 

I. oen-ses Lee. xn ses P. On trouve dans le Glossaire de Cormac : sess 
ethair « bench of a boat ». 

seas « a plank for the convenience of passage between a ship and the 
land » OR. 



374 G. Dottin. 

in-mara sin 7-a-blad/;m/.uhi angci» bis ac-tuile 7-bit a-ccas 7-a- 
sûan angein bis ac-mTg/;adh. 

9. 7 atbtvt an tenga hilhiiiia: « an ilAdcr sib a-t/v/ad/^a 7-a- 
\i\cht an-meraig/;t/;i co-f/;uilit da-ci//el .x. 7 tri xx'' do-tipraw//' 
isi;/ c;7/in;/e co-rer/;/aib cxamla^ orra. Tlpra Ebriôn- .i. bld/j si 
ac clacchlod/; dat/.;a ciicb lai .i. dat/; sner/;/a bis (/> 7/ r" /') urri 
ô-t///-gbdil gréine co-tc/rt, 7-dat/; iiaiz/c bis urri à-tcin co-nôi/i' 
7-dar/; fola 6-n6i;/ co-hesp^7/-ta, 7-caf/; ivn blaisis ni di si// ni- 
ticta grt'/Vc W/--a-bél co-bràcli. Tip/'a Adidsia ' a-tirt/.nb Libis 
7-dobir si// b/-eith do-ninaib aimridi blaisis ni db'i. Tip/'a cle4 
aw a-sliab Sioi// y-ni-fliictc/- i do-g/rs acht ac-sirt//uile ô-thosach 
in-do///ain co-brn'ch, 7-bid/; an-lan uisci sin do-grcs in;/ti acht- 
i-sin-do/z/nac/; amài// 7-bi a-ldn fina g(7c/;a doninciii^ in//ti 7 
car/?-ac;/ blaisis ni di ni-tabur bron na-toirrsi d-a-uid// 7-bi làn 
d-ecna ac-cosmiiii na-hrin//e 7-ni-thic sruth in//ti na-aisti. Atâ 
sruth uisci a-tes reine a-inxcbt in;/si na-pian j-n,cjch ae// téit lé 
b/'éicc an// ni-thic ar-cûl co-b/-ach aris 7-anf/;id^/'sib a-t/'uadZ;a «, 
ar-sé, « mar aiâ snith na-pian .i. uisci co .uii. tes na-tene so 
ann 7-ni-aithid/./en// an;/ acht-aninaniia na-pccdach 7-na-de///na 
bis an-a-co/z/aidcr/;/ ac-a-pianrtd 7-an-tuict/.n a-truad//a a-mhét 
do-pei// beith isin-sruth sin do-g/;ndtb. Atat fôs, » ar-sc « ceit/'i 
sYiilhii an-glen// tsleibi na-pian con-i^//7/;blasaib fina 7-con-dtrgi 
f//ola 7 con-gain^'/// 6ir 7-co-fog///' nibinde-sa mur céol ai//gil. 
At^z svuth ele an-in//sib Tibir 5, » ar-si, « 7-métaig/;i se co///ainm 
na-haid/;c/;i an-ro-ces^d Cr/.s7 7-bi anlân si// ann gu-san-ûrt//' 
màr-éirig/j Crisl ô-mai-haib 7 t///'naidh iarsin. 

10. Atat fôs .uii. n-crnaile do-leagaib log/;m///'aib isin sriilb 
cétna co-céill j-con-dbe'ûh dui//e orra, 7-an-lur/;/ ac-am-bitt iir- 
imcbiir cia-beitis tarrnor/j/ ré sner/'/a, ni-fiu///'iti iat hé, 7-cia 



1. con illdcalblniibli imda cxanila P. 

2. cbûnini P. 

3. asiaP. 

4. tipra presens a tirib daraith (iuchaid sein for ocs fingaili 7 adliarlliai î 
gai 7 gcch bel biaises di rosla i feirg 7 in desccainne go-la in bratlia condei- 
pleat eitir bis 7 bethaidh 7 brôn 7 toirrsi. Tipra Sioin a tiribh Ebrai ni 
faictcr gan tuili i 7 ni bi lân acht diadomnaig 7 ni Caicter sruth aisti 7 ni 
tiiainic isin bith do lanad ihi'n na domblas na ni bi fuirrc 7 m cuininigh 
bron na toirrsi aici P. 

5. sruth oliua indinnsibh tcibc P. 



Le Teanga bithnua Jn Manuscrit de Rennes. 575 

beitis a-teine, ni-tédaiti iat hi, y-ni-fuil ar-hhh ann àcr^us ar- 
inti ac-am-bit y-da-tùa/rctZ/ir d-ordaib an-beatha iat, ni-fétMr 
am-b/'is^i 7-an-nech ac-am-bi cloch dib sin n-a-laiw a-cat/; né-. 
a-cowlan«, ni-fét//r hnsed na-clôd/; îair 7-is-é beiris bùaid/; ii- 
d/;ciread/;. Leag ]ôg/;mû!r ele do ga^wr a-tirt/;ib Libia 7 lie sten 
a-hain;« 7 a-sruth sa-tir si« aui si 7 an-i;z.cin» dregan do-gahur 
iii j-in-srulh nô-an lin;/ mharb in-a-CMrt//r an-cloch sin ïn- 
am brûachrt/^soilli'/^/jf/ji iat j-ÛDiaircedcacb uile iasc 7 ainmid/;i 
béo bis i-sna-srothrt/7; sin in-a-timcill fein co-marhîur iat fa- 
t/;oil nan-daéine fcin 7-is-co?//soh/5 la j-o\dhqï Q° 7/ v° a^ do;;-ti 
imurdmires hi nô-ac-am-bia. Mad/;-an-geiwmf sbi mghar do- 
uisci nô-do-sMile doni toirrnrc/; dcrmlmr 7 n:ad/;-a-sam/;i7i'd 
doni osnad/;ac/; m/;6rgdeithe. Auî cloch elle a-iinhaib Laibia 
7-lia-fanis a-hain/;/ 7-docittT an-darot/; .x. 7-rit/;greine' 7-csca 
in-a-taeb^ï//' 7-a-craid/;i dregai;/ i-sin-sruth si// dogab///' hi j-cacb- 
neac/; ac-am-bi si n-a-laimh ni-f/;étan// b/'ég do-radh 7-ni-t/;oi- 
llen//- na-tiinc/;ill do daeinib lin a-b/'cith a-tig// f/;irf/;clltrt(i na- 
f/;ingfl/7/ na-ad/;alt/77n//ais. Canait na-clocha sin céol is-bin;/e na- 
cac/z-uile c/jéol j-o'iriidhll an-ai///Si'/'na-hia;m^/'g/;i ac-ad/;molr/^/ 
an-duûemaii j-hidh grâdach cach-xn imo// ti ac-am-bia si fôs. 
II. Atflt do//c/ .III T. c/7/in;/ a-talm/7/7/ « ar-sé » co-céill 7 
con-d/;eilb dui//c ar an duill/Wt^ .i. crann Sciulis ata ac-sr///// 
Orrta;/ain 7 it/V da-t//obwr Orrt/jan/zain at^ sin 7-iôr 7-dan da- 
ainin in-c/7/in// sin j-cuindh^^ t/i torad dhe gachà-hliadiià .i. 
torad gor;// 7-torad derg 7-tonïd gcal j-gach-aen blaisis i//-toi7/d 
gorm hudb cu///ai// leis gach-ni da-cùâlaid 7-da-clui//rt'J gé-m^d- 
olc a-c/;uimne roi///e, 7-gû'c/;-den blaisis i//-torad derg ni-bia 
atac//a hidb na-étaig/; angcin mbciris, J-gach ae// cbàkbïs i//-toi7/d 
geai gé-mrtd eslan ai//mech hé roi//ie, hudb slân n-a-diaid/; a 
céfôir é 7-ni-rt/;oit duïllidc an-c/ain// sin ria/// 7-ni lam/;an// 
aimsiug//J inti blaisis é. an-cùala/////' a-t/'uad/'a », ///'-se « scéla 
c/'ainn na-bet/;/7/i a-pamus 7-do-ba-c/;ôir creide/// don-ti do- 
c/'uth/7/V é. ôir gach-;t// bk/Ves a-torad, ni-tcit d-ég co-b/'/7ch 
7-is-t/'it sin do-c///'cd Hhua 7-Adani :\-parr:ns y-da-tZ/orad/; .x. 

1. atchitlicr da rétlainn dccc ann P. adcitcr da rctlind dcc Lcc. 

2. talla Lcc. lin a-breithte P. 

3. crann games co-comracc ôir 7 stain 7 curtcr P. crand somesc a cruth 
eorthannan .i. itir an dana thobar .1. iorrdan cuirid Lee. 



:;76 G. Doltin. 

c/;uires se de gacbi\-h\iadiia 7 .i. towd gacb^x-mis 7-uid/;i .uii. 
sa;»ld do-cluinurfog///' a-d/;uill/V/(' 7-ni-f/;uil céol ïs-coin-hïnn ris 
ac-adhmol7(f an-dbuûenwn. Cran;/ ALiip a iinhaib Arabia 7- 
samailuT re-deilb dui;/e a-d/Aath 7-uig/;i .uii. samla ro-soic/; a- 
deghbhah/(/ îor-gacb-\eib de j-gacb- xiihlaisis a-t/;omd, nî-bi firg 
na-fonn^zt aici ré neac/; na-ac-neac/; ris 7-bud/; Idn d-hviûecht 
7 do-m/;ait/;is hé n-a-dhiaidh co-br^ch aris. A-t/;riiad/;a »,ar-sc, 
« in-cûalab/vr an-cr^'nn at^i a-iinaib {f° 7/ v° U) Eabrr//Wc an- 
d/jeisavt sleibe Sinabile 7-na-biiana a-ainm 7-ni-trith ' é 6-ibosacb 
iii-donrïi)! co-haiwser c/;esta Ci'ist 7-is-as-g/;égaib an-crain/z si;z 
do-ge'/radZ; crnnii na-croiche dar-tesrt'/rgc^ an-do/;/an 7-gac/;-aen 
bkjTus a-t/;orrtd ni-roic/.; sxlb na-gal//r é 7-gé-m(?d docraidh a- 
d/;elb roiwe, bud/; niait/; \ii-a-dbu\idb a-d/;elb, j-ni-rt/saigen/z 
angéi;/ mharus, 7-ni-thàinic a-talnw/;2 fin is-comait/; hladb ris 
7 atâ soillj-g gréine na dbmWidc j-daîb derg ôir orra 7-da-c/;i«él 
.X. 7 tri .XX'' d-atbanacb céol ca.nus a-b/;arr 7 .u. éin .x. 7-tri 
•xx''. en bis air con-gï\c sbnecbta. 7-co-scitMnaib ôrd/;a 7-C0- 
SLiilib lega logbmbzvo. 7-canaid na-heôin sin céol is-bin;ze na- 
gacb céol 3.c-adbmo\ad De. 

12. Adubradflr ecnaid/j nan-Ebn//We : « is dec///V si// do- 
creldcmb ». Do freguir in-tenga b. n. dôib 7-isb(îrt friu. « is- 
ioïgbidccb in-ri cuiiiacbtach ndc/;-doirten« an-do;//an in-«rcenw 
tre-bnr mic/;reidem/; 7 an-ciialab;/r a-trûad/n » ar-sc « in-mil 
hendûcb môr do-c/niaid/; a-inùgbmara Eig/;ipt a-tir an-oidbdn 
dogeincd Crist, 7 mar dobdd//r \ucbt i;/-tire an;/ do co;/ncad//r 
an-mil ingamacb con-im^^t dat/; cxam^i/7 (air 7-dom/;uidhsit tri 
srot/;a as-a-bél .i. svut-b ôir a-ldr a-béoil, j-sriitb fina di-gacb 
\ctb de, 7 .uii. n-ad/;arca 7 .u. c. ad/.wrc air, 7 61 da .xxx. 
ocléch in-car/; adbairc dib 7-mairid fôs bean//a an-mil-sin ac-a- 
hur-ngbaihb 7 ac-a-bur-taisecaib in-a-catrachcr//' 7-dobo-c/;ô- 
ruidt'dibsi creidew d.n-sccl sosi;/. A-thrûadki », ar-sé, « in-ciia- 
hbnr scelà an-irûait/; 7-an-ingnrtd lib curab uid/.;i .uii. saniMa 
rosoic/; {oscad a-scit/;dn i;/-ta;/ scséilcs iat- 7-is-é biad/; ibogbnus 



1. Bile na taiben an-deiscert sleibhi Sioin a tirib Eabra. ni fuaratar P. Bili 
nam buan a tirib Ebraidi an descert siebi Sioin 7 ni fuair Lee. 

2. iiid-aithnid daibh en na-neime machtnaighthi dianad ainni int-iruath 
fil la tirthibh India ata do-mét ind-eoin sin conidh uidhe tri-ngemla rosoich 
fosccud a-eitedh intan sgailes uadha iat P. 



Le Tcanga bithnua du Manuscrit de Rennes. 577 

do .i. i7Mnil mor mumdhl îbôchas a-cin» a-crmhh 7 herïàb leis 
éar-sliabg/;aini/« dbmh isin-India 7-it/;id/; isin-sliab sin é a-cin« 
a-c/;ruib/; y-asn ogh beires isin-sliab sin C3.chc\-hliadna 7 -in (/° 
'/2 r° rt) grian guiris an-ug/; 7-tic sin fei// da-fis ïn unir c/;etai- 
ohus Dia dô 7-donitfr Ions, i/z/fuilniihes seol do-Iethh\ivisc na- 
huid/;i si» 7 .x. nemiir 7 .uii. c. x. <:c';î-a-iôi»tib7-con-armuib 
bms wr-muir 7 atat soch^7/(/e i-si;;-co/«ti//ol sin fein tainic wr 
muir .r. a-/£'//;pla;isc na-iiuid/;i sin 7-na-dénaidlî amurus ar-dia 
a-daéine trudd/;a » ar-sè « 7-a-hait/;Ie nan-i;zgnfld s'm adûbra- 
mur ». 

13. Ishcn in-teuga. .b. .n. Do-trar/;/ àclâecb do-ibùathaib 
luda .i. ludâs mac Ciiis m^c Ge/;/ir m^zc ludais Scarioth dobraith 
Isa 7-adubert nech d-fine ludais ac-sséurad/; an-Tuddis o-rgeiw : 
« Is-brécc an-abrati a-Pilib apstal ». (Oir is-é Pilip apstal m .t. 
b. n. 7-is-as-a-cen/î do-benad a-tenga fd-tri 7-do-athnûaig^^ dô 
aris lii) j-mur-dohregnad an-fer-sin i»-tenga b. n., do-mntôgb 
se tuait/;fell ar-lâr mi-sluagh 7-dochLiaid/; a-anuw as-na-fiad;7rt/j'i 
uile ar-tecbt dô an-agaid tbo'ûe dé 7-tainic tala;7/c?»;/scugz^^ ar 
ncL-duûib anûair s'm 7-dosoicli te'mûdbi ^ ar-fiarldit mbnidbi na 
céiti co-cœruib troma d^rga teinwtidM cor-Ieag/js^t sùile an-fir 
s'm a-fiad;/rt/V/ na-slùad/; 7 (ûair bds can-chunntabrt/rt j-mur- 
do-concadiir sh'iaigb an-do;/zaài an-fer sin arn-ég, dog/;abadzzr ac 
atach an dùilemzïn co-dicraid^ 7-ot-con?zcadwr 'm lûamcûniscxi- 
gud sin, tucad/Y/' uile an-gnûisi ré làr ar-mét an-gdbazW sin 7- 
adiibrad//r : « a-Dia uilecu.';zz7r/;/aig ar-do-bdid/; j-ar-do-vocaire 
dui«;ze j-na-tabair fala arn-amuvus dmnn fan-ni ndc/;-faicmit », 
â!;'-siat. Ishen 'mt-apstal : « da-marb^i séndui/ze a-fuil i-sin-do- 
man-so do d'-éinib 7-da-n-it/;i a-féoil 7 da-n-ibed/; a-fuil, is- 
doilg/;i lé-Dia amurus ar-a-dml'ihb j-he'mi ar-a-ecna na-sin » 7 

14. Do-liarfo/o-ed//r ecnaid/;e nan-EbmzWe ni-d-oibr^chaib Dia 
for-a-dûilib. Dofreguir an tenga b. n. 7 adubcrt : « dorinne 
Dia a-ceitri hhb'i^ da-c/jinél .uii. m/;og/;at nan airdrenwach do- 
ncoc/j ti;;zc/;ellw5 grian 7-téit iarsm iar a-nœ-;;md/; .x. 3 fo- 
t/;aebaib an-talmû^zz ô-nôi« co-maiti». » 



1 . doriacht nell teinntighe tar P. 

2. isin cethrumad 16u P. 

3. da magh dhécc P. da mag dec Lee. 



jyS G. Dottin. 

Adiibr.idar hivnaidf' nan-Ehvaide : mms dmnii cad iat na- 
nde-m/;ad/; x. sin ' adc/'id/; ». « Indéos^/t », ar-sé, « ùair is se 
.c. siuW// doni-g/'ian dul tar-^riith man\ gaibt/;ig co-soilljz['nnn 
rc-iiuiir orr/ivaig/; i//-di)ni(//// 7-cot (/" J2 r° b^aiincnii ôs-cïnn 
a-c/'.iis- tûir ar-tiis y-an-deisc^vr an-do;;/<//y/îar-sin 7-c)s-cin«in?/si 
duin» arn-un-tiir iar-sin 7-ti/;icill/J uisci an-donifl'/// /^r-si;; ac- 
dcn II m an-mcsraig/;t/;i 7 derguir an-grian i(?rsin ô-aitrebaib 
tein;/t;id/;i :m-mhara ârn-ianiir 7-atait tùatha <?/'-an-muir siw 
7-dt'rgMr iat 7-an-m/;uir auï na-timc/;ill ô-sreab tein?nid/;i do- 
neoc/; eirg/;is ô-imbûak^ na-maranw sin 7-0-griis imwrcrach 
na-g/'éine 7-teit an-m/;uir derg lasamhai» sin co-mag/?-na- 
macmide 7-is-gdibt/;ech atàt//;- i-sin-mag/; sin ôir car/;-U(i'//' linM^ 
an-m/;uir sin gu-san-macraid sceinnit piasta 7-blad/;m/;ila cucu- 
san co leadn/id iad 7-comZ't'rid leô dronga diairm/je dib conéig/;et 
sin j-an-aightJn doc//;;/-neim/;e7-m//r donidsi» an-aitrig/;t/;isin 
traidZ/id/j an-m/juir derg sin 7-bmd/; lé a-piasta 7-a-blad/;mila 
7-fàgait iat sin i;/-a-rcr/;/aib féin 7-in7nstrr ciin\h-\\'clhnig Mat 
sa-péin sin 7-taitnid/; grÏMi iar-sin ré dorus ifrin;/ a-tûaid/j j-tar- 
gIen/?t<7/7'7-M/'-tibrataib ifrin;; a-tûaid/;7-taitnid/; i^?;'-sin re-téb5 
in-m^/-a môir sgeit/;is a-tort/;a, re-téb na talnw;; i-smdJjidh aris 
a-teilgin;; 7-taitnid irt;--sin ré-sleibtib tencd/; aîat ar-derghsaà 
dosir a-coiiiair i/;-b;'atha do-m/;étugati 7-taitnid/; ii7;'-sin re-glenw 
ndubar/; na-pian 7-téit i^ry-sin mr-phantus sair j-tôcbaid anair 
a-cean;; a-fûdo;;;ain an-Z'^Z/ja 7-da-mb^'//; tenga ac-an-g;-éin, do- 
biad/; imat scél aici ré-in;;isin. 

15. « Indis duin;; », rt;'-tùat/;a nan-Eabraide, « na-hil-chinela 
ran/; do-fuidMis ». Do-ù'cgair an-tenga b. n. j-ïshen: « ni- 
cosmail », ar-si, « ant-inad a-fuilit .x. ran;;a tein;;tid/;i 7-con- 
gabait c;'ith dotulaing cbncu 7-coc;'Othait in an-firmdmint le- 
n^;'t na-soig/mén a-cur m/;ong ten7ztid/;i dib c?»'-ab-urM^a a- 
tLw;'Liscbail do-t/;ab^;;V/, ôir dobmd na-soignei;; .c. na 7-na 
hairdvGWiaigh ro-tes y-ro-flmacbl: f(?;'-san-tal;;;fl/;;. 

Ran;;a cilc ata an;; 7 rithid siad {or-ana\aib dregan maill^-re 
neim ïergl an-dûilem^;;; do digbàhns hnsû a-ref/;/a flr-sil Adhaimh 



1. in da magh décc sin P. in dana mag dec sin Lee. 

2. co taithnenn rc linntib lethna lan mora na cris uiscide P. 

3. re-slis P. Lee. 



Le Teanga bithnua ./;/ Manuscrit de Rennes. '^'JC) 

7- unir ann aibid/;it na-ran?ia neim/je sin ionha 7 ticid tedwanjîa 
7 gabfif^ tre-c/;ait/;im na tomd sin (/° 72 t;° «) atat rean;?a eile 
dib rit/;es co-cenn mhlïachià 7-is-isin is-aimsir ad/;anta dôib 7- 
bid/; unir elc .uii. mhWadiiA gan-rith ûair is-f6-m/;uir bis fi'cli 
an-duilem/;an ri-sna-dôeinib doc///// a-ticit na-tead///a si// 7-i//ta;/ 
\s-(crgacbé riu riilnt na-rean//a c///na ma/'adûb/'amar romhainn. 

16. Doroi/ze Dia isin .u. la da-c/;iriel .Ixx. d-énlait/;ib inn- 
éoir 7-da cinél .Ixx. do-b^'/Z/ad/zach^//' for-muir co-cinelaib 
7-co-céolaib 7-com-bésaib exam/a a-comciweoil ^ fein acu. 
Énlait/;i in//si Sab/;uirnn H dat/;a nan-eitib ndc/;-bi nâ-sciat/;d- 
naib nd-na taeb/7/7/ 7-donit sin dob/'on an-ai///sir réoig/; nô 
sne^Tr/;/a 7-donid subach//,s" a-soinin// 7-eirg/;et a-mcd//o// oid/;c/;i 
dog/'(/s 7-canait céol mrt/'-ceol ai;/gil ac-adhmo\adh CrisI dosir. 
Enlaitlie i//nsi Eabar soill.f/o'it an-eited/;a amal Iôc;'an//aib ar- 
lasad/; car/; n-aid//c/;i 7-cirg/.ni siat na-t/i-d/'ongaib gncb n-aid/;c/;i 
7-canait céol suthâïii sir bin// t/-c-na-cod//7/f ac-ad/;moL///h an- 
duûeman. airdi a-ceol na-céol ai/7gil. Énlaïtb innsi Eiboi// an- 
oirrtt'/- na-Hafraici 7-ni-bi daib nàcb bi na-sciat/;dnaib 7-ni-dea- 
chaid eiti na-cluim/; dib 6-tosacb do///ain 7-nir-rom/;atfl'r an- 
énlait/;si;/ bet/;a daèn/za nani acbl beith d-aeii-hetbadb ac-moladb 
Crist 7-ni-roibi salch/ir na-scanwal an-én acu riam 7-is-glôrm7//' 
ai//glid/;i bldtha 7-bolW/; an-tire a fuilet ûatha 7-ni anat an- 
cnlaitb sin ac-canain// ciuil i//-a-t/i-healt(î//aib7-dd en Ixx. ar 11. 
ex en bis in-gacb ealta dib 7-canaid/; an .c. elta dib céol sut/;ai// 
sirainglid/;i ac-ad/;molad/7 Crist co-diit/'ar/;fach 7-ac-sirin//isin 
nan-ad/;ani/-a doroi//e Dia ria-na-duilr .an. c. t/'ian do-n-aid/;c//i 
dôib mar sin 7 éirgit iarsin an énlaith medbonacb a-med/;ôn 
aldbcbi dos/;ir 7-canait céol n-ai//gl/V/i ac i//nisin nan-gni/// 
doroi//e Dia 6-tbmnsccîiil an-bct/;a co-b/'ath. Éirgit an énlait/;i 
deig/;en^/c/; 7-canaid si// céol ûii. n-delbach ac-in//isin liathbdis 
an-l^i b/-acha do-sil Adbïiiii 7-da-cluindis i//-cined/; d?én;/a {J° 
72 r" //) i//-céoI cZ/anait an-ènlailb sin ni-f/;uid/.;itis a-sdsad// dia 
éis, 

17. Ar-.in .m. la dorônaJ/; Ad/?ani 7 atatda-cinél .Ixx. do- 
sil ar-neim/; no arn-i///arb//s- j-gacb aen is-ingnad dib indeostfl/' 



1. 7 con-aicncd for-lcitli in ccch cincl P. 7 con-aigned arleth Lee. 

2, do sil Adaim arn-iniarbus Lee. 



380 G. Doltin. 

dibsi iat. Curaid/; in?zsi emion .uii. t;'oig/;t/;i ar .1. an-airdi a;in 
f/;ir dih 7-ni-dùiscen» ni as-a-codlrtrf iad acht anïad fa/Vgi nà-gdir 
cat/;a 7-donit co;;/d/;ord ciùil arn-éirgi as-a-codla^//; j-soilk/o-it 
a-sûile amal reltan«a ac-réod 7-buaid/;rit an-m/;uir rc-sill^'J a-sûl 
co-tecait na-bled/;m/;ila a-tir ciicu \e-nen a-sûl 7-it/;it si» iad 
m^ï/'-biad/;. Atdt dc-éine iîn»a ïoiiasardba an-in;;si Edronia 7-tic 
lasair thined as-ani-bfaid/;dib ré-d//^cad/; a-fr/gi 7-soill5'/crit a- 
sûile amal cho'mnlidh j-gil'iter sneachta an-gnûisi 7-do-b^nd 
iasc a-hin»bmb 7-cait/;it caa-herhhadb é j-is-âmJjhidh atdit 
tudt/;a Eit/;e6ir a-sliab Guguisg 7-a-meadlioi?z do-let/; a-cùil 
7-as»-cliab easnaig in-â-med/;ônaib 7-ceitri sûile an-druim cach 
îen-ûr dib j-aiat do-rot/jeas in-a-corpaib/; nacli-fag/;ait a-toil 
acht-ac-mndib a-cowc/jinéoil féin.Tùat/;a eile édrocbta atat i-sna- 
hAsardib 7-is-iad is-c:\,n;;/e do-sil Ad/;aim 7-is-bin»e an-urlabra 
indid céoil an beat/;a. Tûatha atat an-deisctTt na hln^ia .i. na 
lupracai;/ 7-is-iad is-Iug/;a do sil Adaim .i. iiii. duirn/z an-a!rdi 
gacb ù'r dib 7-ni-fuil dib uile neacli is-airdi in-a-c/;eile. Ban;/- 
tracbt t-sleibi Arméinia ni-b^nt acbl ingena do-g/rs eirg/t as-a- 
codlad/; a-med/;on aid/;che dos/jir 7-c«rit sblancach ibenedb as- 
am-hé\ûib 7-fôs roit/;it a-fésôga an-imlecai;î dôib 7-ar-a-lam/;aib 
deasa ^rn-ég dôib bit a-fés6ga. Tùatba arfaneis a-tinhib Libia 
lasaid a-sûile lé-ferg m^r théine 7-ni-tuillen« a-timchill f/;ir acu 
(J° 7^ r° a) lin a-trascrtrt/;a 7-canait céol tré-na-codlad/; ama/ 
céol ai»gil 7-tecait srot/;a tened [no fiona] ^ as a;«-braig/;dib arn- 
ég dôib. 

18. Adubradi<r ccnaidx nan-Ebra/dhe : « in/zis dui;/;/ », ar- 
siat, « in-lin cinél do ordaig/; Dia for-a-dûil//' » « indéos^t », 
ar-sé. « Atat dd ciwel .Ixx. do-b^^/jadach^/è ar-muir 7-da-ci;2él 
.Ixx. d-énlaith//' an-ér 7-da-dnel .Ixx. do-tortha//' ar-lid/;brt'Jaib 
7-da-c/;inel .Ixx. do-reltanwaib a-firmamint 7-da-cinel .Ixx. do- 
rim/; ai;/gel ar-ne?» 7-da-cinél .Ixx. do-cuibr^'CM/Z' pian an-if^rn» 
7-da-r/nc7 .Ixx. do-cto\aib ar-neain 7-dd-cinel .Ixx. da-t/;eang- 
laib ac-dsêinib 7-da-nn£7 .Ixx. do-fin^'/ dséine do-sil Adba'imb 
uile. Ac-so airemb tbuaib an-dowaiu .i. ûii. tûat/;a .1. ar .c. do- 
t/;ûat/;aib atat sin-bit/; 7-atait iltûat^a in-an-égmais sin isin-bit/; 
fd-m/;uir um-an-mbit/; amuic/;. 

I. Ces deux mots sont dans le manuscrit au-dessus de tened. 



Le Teanga bithnun du Manuscrit de Rennes. 381 

19. Adubrad//;- ecnaid/; nan-Ehraiiibe : « in7Ùs dubin ar- 
airmbestur Dia do-pi:inuib na pecth:\ch an-ifrinw. » Do-fregwr 
an-tenga .b. dôib y-itbt'rt : « ria m-brath ni-fétanw tenga a-rt/Vem/; 
imat pian ifrinn nô-conairmestiir gainem/; mar^i no-ithla na- 
héngrainz/'eib nô-snec/;/a na-ïenladhôcaib ni-h^7/rniéoch»r imat 
pian n-écsamflf/7 n-dot/jiiarascbala na-teg/;daisi sin y-a-trùad/^a », 
ar-sé, « c'idh in;nsin;ï-si r^ed éicc'ui dibsi do-t/jiwrascbala na- 
tegd/jaisi sin ni-bud nenmiir mé ar-a-inz/isin ôir i//t-én is-lùait/;i 
7-is-trcisi Ixiimhairccht fd-neim/; da-m-beit/; se ré-mile hliadiia 
ac-taist<j/ ifrinn ni-bud/; e'ider leis nmh pian ifrin/i 7 .uii. teng- 
t/;a file na-c/;ind 7 .uii. so-urlabra sùadh in-gach tengaid/; dib 
it/r gui/i 7-leadrag/j j-\oscûd, itir srailki 7-Mrruing j-hùaïad, 
nir gerrâdb 7-césad/; j-cnain\oscadh na-haitreibi iiatlim/;aire sin. 
A-truad/;a », ar-sé, « atrf do-gsre theïnedh ifr/n// da-ndoirtidi 
fo/;'gi 7-srot/;a an-dom^?;; na-cen;? ndcli-t//rnfadais xii-rxd d-a- 
tés 7-ni-c/;oiscfidis sin uile an-m/;uai/; ce;/-dui/ze an-ifrinn oir 
ni-tene ïlnucbus an» acbt ïerg Dia. (/'° 7^ z" Z'). Au't do//c? do- 
m/;ét an-f/;ûaf/;/a aw and, da-Iéicct/;i oiret anala géoid/; ^ de 
amacli do-eibèlddis an-ci;/ed/; d;en//a, it/r-dui/ze 7-beat/;adrtf/;. 
A-t/;rùad/;a » ar-sé, « auï do-dcine t/zene ifrinzz da-lt'ict/.n sén- 
cz'itcz'di fozz-mbit/; a-fuil d-ïbairrgi 7-do-srt)//zaib 7-do-loc/zaib isizz- 
bit/z, do-t/zeithfidis roizz/pi 7-ni-tz<z'nfadâis sin uile a^n czit/zir do- 
neim/z na-tened/? sin 7-dogebdais izî-cined d^nzîa bas da-neim/z 
7-a-tzuad/za » ar-sé « atrt do-dborcbacbt lïrinn, dâ-leict/;i oiret 
iwac imresaizz sula de fôn-m-bit/z ni-fliicfid/;i lés gzeine na-soilU/ 
lains co-bz'ach 7-at(? do-niM na-gorta 7-na-hita aw anzz con- 
eibéldais na-huili anmanzz da-f/zaicdis i^zz-buille d-à-sûil de 
7-auz do-bz-éutz/i" itz'inzz 7-loc/;a na-pian co-ha/z'ig/zti dd-léicti 
aen-bz'den de fa-n-dozzzan con-eibélddis a-fuil sa-dozzzazz it/V-d/zuizze 
7-bet/jad^7r/z. Aw do-mZzét na-n-ùathbds aw anzz, da-faicdis sil 
Ad/;aiz/z uile a:;zz-buillc d-d-sûil d-xzz-péizz dib, con-eipelddis 
uile ôir ni-fétzzz- direm/; ar izzzat peine na-haitz-eibi sin .i. baile 
ndr/z-cluizzt<'z- fdilti na-cuzzzsan^d tz'e-bithu sir acbt-g\i\ 7-mairg 
7-ùam/zan 7-eig/zm/;e 7-niiall 7-gerdin tz'uad/za imd/za toirrseac/za 
dos/.n'r anzz 7-baile ndcZz-Sctiltt'z- cobz^z' ni-ïunacbt d-ibxgail sin 
7-naf/.'-fuid/;tez'C0-b/-ach 7-drz«sin a-fuilet do-hbx\ad 7-izziat sreab 

I. da lecthea coibes anala cait Lee. 

Rivue Celtique, XKIV. 26 



382 (7. Duiin. 

tenntid/;i n-dofulaing j-snccbtA dub tcin;/tid/;i j-niûch^/^/ ïor- 
gnûisib 7-crith ar-dctaib j-liias ior-aiùldib y-truimc {or-osna- 
daib ». 

20. Adûbrad/zr ecnaid/; nixn-Ehraidhc : « in;/is duin scch laéi 
bracha 7 cind//.^ disca;i!fid/;ttT an-bith 7-ca haimsir an-dingen- 
tar ». At/vrt an .t. a. b. « ni-haibin;z dib an-scc'l si// d-taghb^7/7 
6ir i//-ta// dobc/id aingil ncim/;c d-an-aire iiam/;an na .u. cubât 
.X. Ix. ar iri .c. cirges an-muir ôs-t-sleibt^///' an-beat/./a 7 hsïaidh 
an-c/'uin//e an-^/Vdi .c. na ~-géhaidh c/'ith dofuk///i,'- an-dom//an 
6-t//;'gabail co-fui/zed 7-di'iiscf/i//;tr;' na .uii. nci///e on-cZ/ùil 
deiscuvaigdo-neim// co-rô an-cûil tûaisctt'rach 7-as-sin côholvw 
7-6-horrtt'rgo-hifl!;'t//;- j-hudb lè'n co-tahiunn Çf° 73 v^ r/) soillsi 
édrocbt aingil ac-commhnsed nan-grian-brud/; uile fûtZ/a 7-na 
.in'i. nei/7/e g-a-sîned 7-ac-a-slisblad/;ad/; 7-ac-d-sianM/Tiiing lé 
C()///L'ii'g//i ai//gil 7-drcaingil 7-na .c. ngàet/; teindtid/;i a-ceit/'i 
cùlaib an-do///ai// 7-brcis beimnfc// 7-fLiai/;i na .11. rann .Ix. tri 
.c. ar-dâ-mile ac-t///tim d-a-s/;osa^ féin 7-da-gablr!'/VV;/; iulains^ar- 
talm/;ai// 7-èscaac-t///tini d-a-sosad fei/z an-dath tola 7 g/'ian an- 
duibi g/;Liail ar-ccla ïn-gbahaid sin 7-biaid/; do-m/;ét m-gàbaid 
sin con-nach bia ai//gil ùtr fo/'nei/// nar/; aithrcb^?;//; dclb^ lé met 
in-oiihûid sin génmothâ gniiis Dé nama. Ba-trûad/; t/a met an- 
gb-\haid sin 6ir biaid/; loscadb 7-t///tim na-ûdbhaid'i i-sin t/'eas 
si/z lé-hanfa^ na-mara tein//tid/./i 7-leag/;fot piasta i//-m/;j/-a lé- 
ro-t/;cas na-tene ar-tnxdbadb nà-manx umpo 7 p///'gat6ir na- 
n-anu//z 7-siang/;al énlait/;i i//-éir rtr-sro/Z/aib tein//tid/;i 7-bûir- 
fed(7r/; na-piast n-hc'csamail lé-ro-tZ/eas na-teinedh ^7r-t;'agrtd 
umpo. Coicetal .ix. ng/ad/; ni/;/e J-gàir nan-anmann ac tccbl 
ar-cen// na-co/p as-an-dern/zs^t sogni/na 7-dogni/;/a. Ba truadb 
t/'a gdir na-pm/ach ac-tecbt tar-ti;//na dôib 7 fa-haihrig/;i can- 
o'ircbisecbt 7-f;i-hégai//e gan taitZ/leac/; j-ïà-gàhad gan-fo/xcn// 
an-gabad/; sin do-«a-pef^achflf//.' triiada s'in ». 

21. Ro-fiarfaid/;ed//;' ecnaidZ/i nan-Ebra/J//c : « cà-huair do- 
16 nô db-o'idbcbl discàïltcr hi-doman nô-ca trât/; t/;iucf/yj Dia 
a-coin//ean-b/;ràit/; do-dcnui)i an-bZ/reit/zemlinais ». Do-f/'eg///'an 
t. b. an-lâ at/'ar/.;/ Dia ô-m/;arbrt/7' 7 a-la drndb an-do/;/ain 
hcrus an-bn//// 7-an-la dovonad Ad/;amh 7-an-la do-roi //e 

I. conach bia aingil edrocht nach saefea delb Lee. 



Le Tcanga bithniui du Manuscrit de Rennes. 385 

CaidJnn fingal fo;--Aibél 7-an-lâ do-geined/j Crist 7-in-ld do- 
césad Crist tar-œnn pccaig/:? Éua 7-Adaim con-a-cloinn. ôir 
do-lin dorcacht 6-t/;eirt co-nôi« an-ld sin, y-iw-lâ do-aircc Crist 
lïremi 7-dosMraid/; diabi// im-dann Adha'im an-coiwdM doroine 
si» uile co-CHDiachtach, is-diaisneisi a-nért 7-is-môr a-mirbuile 
■j-3.-cumus fo/--a-dûilz7' 7 atâ do-âille d/7eilbi an-dûilemaw a-fuil 
an 'ûrenn ni ibmhr (/° 7^ v° h) addis a-pian d-an-fl/Ve ac-faicsi?î 
a-gniiisi, 7-at da-s/jolabûfrta/Vi da-labraddis a fuil d-aingl//' ar- 
uem 7-d-cnaib an-asr j-do-piastaib ar-muir 7-do-diabk/Z' an- 
ïircnn ■m-xn'techt ré-Dia 7-comad-b^;'la comaid/;eac/; do-labnzd 
gach an dib do-bad/;-tuaL7/;z^i,'^ Dia fregra diles do-lhahairt ar- 
gacb acn iô-Ieth dib. Atrt do-soliis i;z-a-d/;eilb co-soillséochai 
ifren// mur neam damad/; awi do-beit/;. Dia fis ^ tra is-diais- 
neisi \n-covndbi j-'wial a-ceôl ai;zgil 7-drc/7aingil ac-sdsrtd a- 
theagbdbïisi J-gacb œin bis ann ô-becc co-môr. Ttgbdbxis sin 
in-a-fuil sid/; sut/;ai/? 7-im^7/ aingcl 7-arc/;aingil ïin-d.\\-airdngb 
is-aille delb 7-is-Lœinie caidreb ôir ni-clos-gut/; (tTgi na-format 
na-fic/; na-fùat/; na-celg na-faltanM5 ac-neac/; re-ceile ann. Mo- 
ghènrtr curtur isint-sos^d sin .i. a-c\imusc nâm-hennacht, balle 
nàcb regiir a-leas soillsi gréine na-ésca na-réltann acht-soilk/ 
glainidi j-édrocbta Dé ac-soillsiugï<û? dôib ô-bec co-môr, ôir 
is-é ïciii topwr na-soilb/ sut/;ai»e, 7-iw-betha can-bds, 7-i7/- 
t-3éibnes can-foz'bds, 7-in-t-slai//ti can-gal/zr, 7 in-rèinchc co- 
rat/;, t/;cag/;d/;ais siu a-ïbml sid sutham j-sxgul fata 7-ôibnes 
can-forcend 7-taitnem/7 na-f/;irindi j-mnmus rigd/;a d-a»7;7an«aib 
na-firenac/;. Teag/;d/jais sin a-fuilet s;'ot/;a orda 'j-mo\ad ai«gil 
7-arc/;aingil j-nàcb fuil "-nAcb-volbï 7-nac/;-bia a leit/;eit 7-ni- 
t/nic neach dd-roibe na-dam-biad/j a-lûad/; ar-son na-tegdaisi sin 
gén-co-f^iict'^ acbt xn buille dd-sùil di. ddig/;-ni-fuil near/; 
ambor/;/a iii-a-anocbta na-an-dit/; hidb na étaig na-ôir na airgit 
\niiû. Ôir gén co-bclh do-glôir SA-tegdbais s'm acbt na .uii. mile 
ai;7gilat^?/ in;;tian-d/;elb«/^coin?7ell ac-soilliug//^ car/jœi?/ ô-bec 
co-môr 7-dosdsfrt/t/;i fir an-dowai;/ uile do-hha\ad c'mii en 
coin;/le dib 7-ni-CMrtî/;' do-t/(c-sin i/z-flait/;e/»nais sin a-feraib 



I. Au-dessus de /il y a un c ; est-ce pour corriger fis en m ou faut-il 

Wtq Ji't'is} 



584 (/. DoVdn. 

an-do?;/ain ni-na-bud/.'-glc')rm//re léo gni'iis cn-ai;/gil dib si;/ a- 
foicsin en ixair na-sé. 

22. Atb^/'t an t. a .b. rc-livàÛMih (J° 7^ r° a) nan-EhraidhQ 
is-bség^jf/dib an-co/»m6rt//^atâ acaib ré Dia 7 luipaidln a-truad/;a 
ô-b^/--com/;mort//^ trdth nô-beit/;i mt-corp 7-anuw in-a-g/;ell a- 
pnsLinaib b/'éna tein»tid/;i na-pian, ôir an-fir Dia forbt/n t'or- 
ord/.'a doroine an-dûbram^r d-i«gantaib 7-d-ilci7/élrt/7' exam/a 
it/V-dui/;e y-ènlaith ~-ïomb6rach j-hetbadacb j-dosmgii^ na .uii. 
nc/m/;e 7-an-dowa;/ uile kir ér j-ta\main 7-tene 7-uisci 7-an-ti 
do-innrrrp LuxciffV' con-a.-léogc6naih ai«gel trena dim»i 7-tre- 
na-n-iiab//r j-in-n do-saér Ad/;am con-a-cblaiiii ô-ifren// j-Crist 
cuiiiacbtàch do-sbàr pop/// Moisi on-Eigipt 7 Daiiid o-Golids 
7-Iôsép ô//-p;'isii// 7-i;/-ti do-Scér na-huile f/jaéisidt'c/' 7-taid/; 
7-easpcv 7-m/7/'tiiYc/; 7-ai7/hs6ir 7-banna;/;/ ar-pianaib ô-h'ini na- 
p^z/Visincac/; 7-nan-iLib/7/(/é; aca-r-bad///- am-b/'oid. A-rrLÏad/;a », 
ar-si, ni héid<v' rhnb dr-///Vimh ri nan-aingel d-i//gant(//7' 7 d- 
Wc'viclaib exam/a ar-doniiu ». Do-bôi in t. a. b. ac-siracalk/;/ 
t/'Liat/j nan-Ebi7T/i//je fead/; an-ldoi 7-andar-leô uile ni-t/7dinicc 
an ûûir do-lô ris an-fead/; sin ar-a deibne léo hftb ac-éïsiecbt 
ris. Oir do bi fog/zr bin//e-sa na-u/'labraco/z/md-sam/ï/td ré-céol 
aiwgel -gûcb u;'labra d//rc/;an riu. Adub^rt an t. a. b. riu iar-sïn 
« da-b//r-teg//.s"c docw/'id m/;isiô-Cr«/. » Adubrad///' tiiat/;a nan- 
Eabra////;e : « dob^/'mdit gloir do-Dia fà.-éistecbt riut » ar-siai. 
AdubiTt an t. b. « dam-beitis tengta m-domain ris ni-tt'/tadais 
a-cu///dach iwét m/;ait/;isa i//-diiilem/77/ 7-na-t^7//-gisi, a-d/.'éine 
t/-uad/;a, air-vé tmcs'in cuinacbf an-aird/ig ». 

23 . Do cbe'ûehur an t. a. b. doib iarsiw j-doiingbcdiir tûat/.;a 
nan-Ehmidbe (/° 7^ r° b^ iarsin da-catrachrt//; co-subac/7//s n-dt'/'- 
vaàir 7-co-fdilti môir 'j-doscrVoad leô gacb ni dd-n-dûbr/rd riu 
7-bd hé i//-tec//5c sin tue \n t. a. b. tosacb in c/'eidi///. Finit. 



Le Tcano-a bitlmua ai: Manuscrit de Rennes. 



Tradiiilion. 

1. Le roi suprême, très haut, du monde, plus fort que tout 
roi, plus élevé que tout seigneur, plus fort que tout lion, 
plus féroce que tout dragon, le plus sage des griffons, le plus 
vivant des hommes, c'est-à-dire le fils unique du Dieu tout- 
puissant, a apporté cette histoire-ci aux nations de la terre sur 
la formation et la création du monde. Car toute la race d'Adam 
avait la tête enveloppée et était comme dans une prison étroite, 
sans rien savoir des œuvres du Créateur jusqu'à ce qu'il leur 
vînt cette histoire des merveilles de Dieu sur la formation des 
créatures visibles et invisibles que Dieu a faites par sa puis- 
sance(?). En effet, toute chose au monde était obscure quand la 
langue toujours nouvelle vint^ et qu'elle parla du haut des bar- 
rières du ciel, par-dessus le sommet de la montagne de Sion. 

2. Car les hommes du monde entier s'étaient assemblés 
depuis les îles Sabuirn, à l'Est, jusqu'au sommet de la mon- 
tagne de Sion, et voici leur nombre, c'est-à-dire cinq mille 
évêques et sept mille seize rois et cinquante mille rois suprêmes 
et ils furent longtemps dans cette assemblée, c'est-à-dire jus- 
qu'à la fin de quatre mois, avec leurs armées et avec leurs suites, 
en sorte qu'ils entendirent dans les nuées du ciel : Gloria in 
cxcelsis et les armées entendirent de nouveau cette voix-là, 
avec les chants des anges sur les degrés justes du Roi suprême. 
La nuit de Pâques spécialement dans ce temps-là, et on entendit 
de nouveau la même voix dans les nuées de l'air et elle était 
semblable à un brandon enflammé la forme et la lueur enso- 



I. Ici s'intercale dans P. et Lee. le passage dont nous donnons le texte 
ci-dessus : « Ils voyaient le cours du soleil et de la lune et les étoiles qui se 
mouvaient sans repos et ils voyaient les sources et les rivières qui sont 
sans repos en tout temps. Ils voyaient le repos et le sommeil de la terre et 
des productions et des choses éclairées par l'arrivée du soleil, en hiver. Ils 
voyaient d'autre part le lever de la lumière et de la fleur et de la production 
à la venue de l'été et ils ne savaient qui avait fait cette puissance jusqu'à ce 
que vînt cette histoire. « 



;;86 G. Dottin. 

leillèe et brillante qu'ils virent à sa suite dans l'air au-dessus 
et comme ils étaient là à regarder cette forme, ils entendirent 
une autre chose merveilleuse qui parlait dans la langue angé- 
lique au-dessus d'eux et cela intrigua beaucoup l'armée et ils 
furent pris d'une grande frayeur et d'un grand effroi au son 
de- la voix qu'ils avaient entendue et il leur semblait qu'elle 
était aussi forte que la voix d'une armée et ils n'avaient pas 
vu celui qui parlait là et ils n'avaient entendu de chant aussi 
mélodieux au monde, et les sages des Hébreux demandèrent: 
« Qu'est-ce que nous aVons entendu ? » dirent-ils. 

3. La langue toujours nouvelle leur répondit et voici ce 
qu'elle dit : « Je suis né d'un homme et d'une temme », dit-il, 
« et ma langue a été trois fois séparée de ma tète et Dieu me l'a 
renouvelée, et Dieu m'a envoyé pour vous raconter une his- 
toire et une merveille et de nombreuses langues, et c'est pour 
arranger cette histoire que le Saint-Esprit est venu vers Moïse 
fils d'Amra et vers les prophètes qui sont au ciel. Mais c'est la 
forme qu'ont les sciences du monde après la résurrection du 
Christ d'entre les morts en ce jour de Pâques que je vous dirai. 
Car toute matière, toute créature et toute nature qui est faite 
dans le monde a toute sa ressemblance dans le corps humain '. 
Il y a d'abord la première matière pour l'air et le vent. Voilà 
sa cause à ceci, c'est-à-dire : à la prise et inspiration du souffle 
dans les corps humains. Il y a deux autres matières pour le 
soleil et les astres du ciel, et voilà la matière de ceci, c'est-à- 
dire de l'éclat du regard des yeux. Il y a aussi une autre matière 
pour le feu et voilà la cause, c'est-à-dire de la couleur du sang 
et la chaleur des corps. Il y a une autre matière pour l'amer- 
tume et la saleté, et voilà ce qui a donné ceci, c'est-à-dire 
l'amertume et la colère des cœurs des hommes. Il y a encore 
une autre matière pour les pierres et la dureté en sorte que 
c'est ce qui a donné le mélange de chair et d'os des corps 
humains. Il y a encore une autre matière pour les fleurs et 
les couleurs en sorte que c'est la pudeur, la honte et la prière 



I. Cf. les éléments de l'homme dans un texte attribué A Taliesin (The 
physiciaus of Myddvai, p. xiv-xv) et qui sont la terre, les pierres, l'eau, le 
se!, l'air, le soleil, le Saint-Esprit et le Christ. 



Le Teanga bithnua du Manuscrit de Rennes. 387 

dans les oreilles et la couleur sur les joues car la nature de 
toutes les créatures est dans le corps de l'homme et si le Christ 
n'était pas venu dans un corps humain et s'il n'était pas venu 
souffrir pour la race d'Adam et s'il n'était pas venu en enfer 
après sa mort et son ensevelissement, le monde avant que vînt 
le déluge aurait péri et aucune créature n'aurait été engendrée à 
jamais et les sept cieux auraient brûlé et il n'y aurait ni terre ni 
mer ni une autre race dans le monde, sinon le seul enfer sans 
limite, sans fin. » La langue toujours nouvelle dit: « C'est là 
la cause pour laquelle je suis venu vers vous pour vous raconter 
l'histoire et les merveilles du monde, car aveugle et dans l'obs- 
curité est quiconque reste sans savoir, mais à jamais dans 
l'ignorance. 

4. « Raconte-nous », dirent les tribus des Hébreux, « les 
histoires secrètes que tu as. Car nous sommes ignorants », 
Quand on entendit ensuite la langue toujours nouvelle parler 
ensuite dans la langue angélique et voici ce qu'elle dit: « Il 
n'y avait ni terre, ni mer, ni enfer », dit-elle et les créatures 
n'étaient pas là et il n'y avait pas de chaleur sur terre ni de 
productions et il n'y avait ni vent, ni soleil, ni lune à la place 
des astres du ciel, à la place des cétacés, à la place des fleuves, 
à la place des rivières, à la place des oiseaux, à la place des 
nombreuses bêtes en ce temps-là. » 

Les sages des Hébreux demandèrent : « Qu'y avait-il d'autre 
dans le monde en ce temps-là ? » La langue toujours nouvelle 
leur répondit et dit: « Il y avait », dit-elle, «Dieu tout-puis- 
sant, sans commencement, sans fin, sans souci, sans chagrin, 
sans tristesse, mais joie, sans âge, sans destruction, et il n'y avait 
dans son temps rien de difficile qu'il eût à faire sinon de penser 
toute chose et toute créature était prête à être pensée et c'est ainsi 
que Dieu commença l'ouvrage de six jours, c'est-à-dire qu'il 
fit au commencement le royaume avec neuf degrés d'anges et 
ils sont soixante-douze peuples avec vingt-neut purs territoires 
et sept cent mille chants dans ceux-ci. » 

5. Les sages des Hébreux demandèrent: « Comment sont 
les situations du monde », dirent-ils. La langue toujours nou- 
velle leur répondit et voici ce qu'elle dit : « Quoique vous ne 
le voyiez pas », dit-elle, « c'est rond que Jésus a tait le monde 



388 G. Dotlin. 

et les créatures et les sept cieux et les sept mers et la terre au 
milieu de ces mers, et c'est en rond que les étoiles du ciel 
entourent le monde et c'est sous la forme ronde que l'on voit 
les âmes des hommes après leur mort, et la forme du soleil et 
de la lune et cela est naturel, car c'est rond sans commen- 
cement sans fin qu'est le Créateur lui-môme, car il fut, et est 
et sera dans les siècles des siècles et il a fait tous les astres aussi 
ronds ». 

6. Les sages des Hébreux demandèrent: « Quelle fut la 
matière du monde et de l'enfer jusqu'à ce qu'ils apparurent sur 
l'heure et que l'archange transgressa l'ordre de Dieu ? » La 
langue toujours nouvelle répondit et leur dit: « Voici ce qui 
en fut la matière », dit-elle, « le froid et le chaud, la lumière 
et l'obscurité, le haut et le bas, l'amertume et la douceur, la 
fermeté et la faiblesse et toute chose en outre et toutes ces 
matières furent dans la masse qui fut la matière du monde et 
la matière de l'enfer fut formée de la masse et il ne fit pas 
l'enfer jusqu'à ce que fût venu l'archange à transgresser l'ordre 
du Roi suprême, mais la matière de l'enfer était dans la masse 
multiforme de laquelle fut formée le monde avec toutes ses 
races, et lorsque Lucifer avec sa légion d'anges transgressa la 
loi, l'enfer fut créé à ce temps-là. Voici donc l'œuvre du pre- 
mier jour du Créateur, c'est-à-dire le jour où Dieu fit le firma- 
ment entre les eaux. Il établit les sept cieux le même jour 
et toutes les choses célestes, car Dieu savait que l'homme 
transgresserait sa loi. C'est pour cela que Dieu établit le voile ' 
du ciel devant les faces de la race d'Adam pour qu'ils ne vissent 
point les demeures du ciel ni la beauté du Créateur. 

7. Les sages des Hébreux demandèrent la forme secrète des 
sept cieux et des cinq royaumes qui eutourent les sept cieux - 
autour du grand monde vaste et la langue toujours nouvelle 
leur répondit : « C'est ainsi », dit-elle, « qu'ils sont, c'est-à-dire 
un ciel lumineux, brihant, le plus proche de vous, qu'éclaire la 
lune modérant les astres entièrement. Un ciel humide au-dessus 
de celui-là avec une multitude d'anges et d'archanges qui 



1. Cf. Fis Adavmiui, § 5. 

2. Cf. Fis Adamnâin, § 13-18, 



Le Teanga bithnua du Manuscrit de Rennes. 389 

modèrent le vent. Un ciel froid, glacé, au dessus de celui-là et 
sa couleur est plus bleue que toute couleur et il est sept fois 
plus froid que la neige et c'est en lui qu'est la demeure du 
soleil et il y a deux cieux brillants après celui-là, au-dessus, 
d'où vient l'éclair et qui portent le tonnerre vers le ciel des 
saints. Le ciel supérieur des saints au-dessus de tous ceux-ci 
plus haut que tout ciel, est ainsi : lumière du soleil avec les 
chants d'ange et d'archange autour de ce septième ciel là et ce 
n'est pas seulement ^ cela, mais c'est ainsi qu'est le ciel et sept 
mille anges avec des formes de cheval et d'oiseau, d'un éclat 
rouge autour du ciel et une seule étoile les enferme en rond 
autour du monde comme la fermeture des enceintes que nous 
avons dites auparavant. Il y a donc des dragons avec des 
souffles de feu dans les enceintes du septième ciel et ils entou- 
rent le ciel supérieur des saints. Il y a sept zones autour de la 
terre, c'est-à-dire la première zone du ciel, c'est-à-dire une 
enceinte froide d'où coulent un grand nombre de mers sous les 
degrés de la terre au Nord. Une seconde enceinte froide d'où 
coulent un grand nombre de mers du côté de la terre au Sud, 
à l'endroit où sont neuf tours enflammées sous le ciel du Sud. 
Il y a une autre enceinte et c'est de là que viennent toutes les 
productions de la terre entière. Il y a deux autres enceintes agréa- 
bles et tantôt elles portent la famine et la tempête dans le monde 
et tantôt elles portent le froid et le chaud sur la terre et ces 
mêmes enceintes portent aux côtés de la terre de chaque côté 
de nombreuses espèces d'eau et de sel marin et ce sont les 
mêmes enceintes qui modèrent la terre avec ses montagnes et 
avec ses bois et c'est encore elles qui font les nombreuses espèces 
d'arbres et de pierres et de pierres précieuses sur la terre. 

8. Les sages des Hébreux dirent: « Raconte-nous les nom- 
breuses espèces de mer avec la situation qu'elles occupent. » 
La langue toujours nouvelle répondit et leur dit : « Il v a trois 
lignes de mers autour de nous, c'est-à-dire une mer obscure, 
entumée, qui est la porte de l'enfer sous un côté de la terre 
et une partie de cette mer-là entre par la porte de la demeure 
des peines. Une mer verte bruyante qui est autour de la terre 

I. abdin est sans doute une faute pour amjin, irl. mod. amhdin. 



39° G. Doltui. 

de chaque côté avec flux et reflux continuel et cette mer-là 
rejette toujours ses nombreuses productions vers la terre. Il y a 
la troisième mer irritée, ardente, et elle est toujours en train de 
monter sans cesse depuis le commencement du monde jusqu'au 
Jugement et on ne la voit jamais pleine jusqu'au Jugement, 
sinon le dimanche et encore elle est dans le sommeil et le repos ' 
du dimanche et ni le vent ni le tonnerre ni un autre orage ne 
la trouble le dimanche à cause du concert des anges et des 
archanges qui joue en l'honneur du dimanche. Il y a encore de 
nombreuses espèces de mers diverses sur les côtés de la terre 
de chaque côté, c'est-à-dire une mer rouge qui apporte un grand 
nombre de pierres précieuses avec la couleur du sang et 
d'autres couleurs diverses et elle est entre l'Egypte et l'Inde. 
Une mer hivernale, de la couleur de la neige, est dans les îles 
de Sabuirn- au Nord et il vient un soupir de ses vagues jus- 
qu'aux nuages du ciel qui appelle le Jugement. Une mer aux 
vagues douces, à la voix sombre, cette mer que je vous ai dite, 
c'est-à-dire la mer des îles de Sabuirn et n'ose vaisseau ni bac 
y naviguer ni en approcher, car il n'y a eu à lui échapper jamais 
qu'un banc de rameur d'airain, par suite de sa légèreté et de la 
force du vent qui le soufile des vagues. Il y a une île sur cette 
mer-là dont le sable est d'or et il y a une autre mer dont on 
voit le flux de Beltaine à Samhain et le reflux de Samhain à 
Beltaine de nouveau, c'est-à-dire une moitié de l'année à croître 
et une moitié de l'année à décroître, et les bêtes de cette mer 
et ses cétacés crient tant qu'elle monte et sont en repos et en 
sommeil tant qu'elle décroît. 

9. Et la langue toujours nouvelle dit: « Savez-vous, ô mi- 
sérables et ô insensés, qu'il y a soixante-douze espèces de 
sources dans le monde avec des formes diverses. La source 
Ebrion5, c'est-à-dire qu'elle change de couleur chaque jour: 
elle a la couleur de la neige du lever du soleil à tierce, elle a 
la couleur verte de tierce à none et la couleur du sang de none 

1. a-ceas. Il est douteux que le sens de « chagrin » donné à ceas par 
O'Clerv puisse s'appliquer ici. Ceas est plus probablement dérivé du latin 
cesiare. 

2. Les îles de Saba de la Bible ? 

3. Hebron de la Bible? 



Le Tcanga bithnua Jh Maruisciit de Rennes. 391 

au soir, et quiconque en goûtera n'aura plus jamais de rire en 
sa bouche. La source Adidsia^ des terres de Libis et qui donne 
des enflints aux femmes stériles qui y goûtent. Une autre fon- 
taine- est dans la montagne de Sion et on ne l'a vue que 
croître du commencement du monde au Jugement, et elle est 
toujours pleine d'eau sauf le dimanche mais chaque dimanche 
elle est pleine de vin 3 et quiconque y goûte ne fait pas attention 
au chagrin ni à la tristesse et il est plein de science en défen- 
dant la vérité et aucune rivière n'y entre ou n'en sort. Il y a 
un fleuve d'eau de la chaleur du feu sur le rivage de l'île des 
châtiments et quiconque y entre avec un mensonge n'en revient 
pas et savez-vous, ô misérables », dit-il, « comment est le fleuve 
des châtiments, c'est-à-dire de l'eau avec sept chaleurs de ce 
feu et il n'en approche que les âmes des pécheurs et des démons 
qui sont en leur conipagnie à les tourmenter et comprenez- 
vous, ô misérables, la somme de peines qu'il y a dans ce fleuve 
d'ordinaire. Il y a encore », dit-il, « quatre fleuves dans la 
vallée de la colline des châtiments avec des arrière-goûts de 
vin et la rougeur du sang et avec du sable d'or et avec une 
voix douci.' comme un chant d'ange. Il y a un autre fleuve dans 
les îles de Tibir », dit-elle, « et il croît à l'anniversaire de la 
nuit oii soufl'rit le Christ et il est dans son plein jusqu'à l'heure 
où le Christ ressuscita des mons et il descend ensuite. 

10. Il y a encore sept espèces de pierres précieuses dans le 
même fleuve qui ont l'intelligence et la forme humaine et tous 
ceux qui les portent quand même ils seraient tout nus sur la 
neige ils n'en seraient pas refroidis et quand même ils seraient 
dans le feu ils n'en seraient pas échaufl^és et il n'y a pas au monde 
d'arme qui blesse celui qui les a et si on les frappe de marteaux 
quelconques du monde, on ne peut les briser, et celui qui a 
une de ces pierres à la main dans un combat ou un duel on ne 
peut le briser ni le vaincre et c'est lui qui emporte la victoire 

1. Hadid de la Bible? 

2. P. et Lee. indiquent ici encore une autre source merveilleuse: « La 
source Presens dans les terres Daraith (Israhel Lcc), elle bout sur les 
meurtriers et les idolâtres et toute bouche qui v goûte tombe en colère et en 
malédiction jusqu'au jour du jugement, en sorte qu'ils meurent entre mort 
et vie et chagrin et tristesse. » 

3. Cf. The Voyage ojMael Diiiii {licvite Celtique, t. X, p. 31). 



392 G. Dût lin. 

à la fin '. Une autre pierre précieuse se trouve dans les terres 
de Lybie, on l'appelle pierre de sien et c'est dans un fleuve de 
ce pays-là qu'elle est et c'est dans la cervelle des dragons qu'on 
la trouve- et le fleuve ou l'eau dormante sur les rives desquels 
se trouve cette pierre-là, sont éclairés et tout poisson et animal 
vivant qui est dans ces fleuves-là s'amasse autour en sorte qu'ils 
sont tués par la volonté des hommes mêmes et le jour et la 
nuit sont aussi brillants pour celui qui la porte ou chez qui elle 
est. Si c'est en hiver, auprès de l'eau ou de la mer elle fait le 
grand tonnerre, et si c'est en été elle produit un grand soufile 
de vent. Il y a une autre pierre dans les terres de Lybie et 
piene fanis est son nom et on voit les douze roues et le cours 
du soleil et de la lune sur ses côtés et c'est dans le cœur d'un 
dragon dans ce fleuve-là qu'on la trouve et quiconque l'a dans 
sa main ne peut dire de mensonge et ne trouveraient place 
autour assez d'hommes pour la mener dans la maison d'un 
homme traître meurtrier ou adultère. Ces pierres-là chantent 
un chant plus beau que tout chant et s'amusent le temps 
de nocturnes à louer le Créateur et est aimable chacun autour de 
celui chez qui elle est encore. 

II. Il y a sur terre quatre arbres «, dit-il, « avec l'intelli- 
gence et la forme humaine sur le feuillage, à savoir l'arbre 
sciiilis qui est auprès du fleuve Orrtanain- et entre les deux 
sources de l'Orrthannain, il y a encore deux noms ior et dctn 
pour cet arbre-là et il produit trois fruits chaque année, à savoir 
un fruit bleu, un fruit rouge et un truit blanc et quiconque 
goûte au fruit bleu a le souvenir de tout ce qu'il a entendu et 
de ce qu'il entendra, quelque mauvaise qu'ait été sa mémoire 
auparavant et quiconque goûte le fruit rouge n'a pas à demander 
de nourriture ou de vêtement tant qu'il vit, et quiconque mange 
le fruit blanc, quelque mal portant et horrible qu'il soit aupa- 
ravant, devient aussitôt après bien portant et le feuillage de 
cet arbre ne tombe jamais et celui qui y goûte n'ose pas 
tenter. Avez-vous entendu, ô malheureux », dit-il, «l'histoire 



1. Cf. le clach na Bratach des superstitions populaires écossaises. Simp- 
son, Archaeological essays, p. 211. 

2. Le Jourdain ? me suggère avec raison M. Douglas Hyde. 



Le Teanga bithnua du Maniiscril Je Rennes. ^9^ 

de l'arbre de vie dans le Paradis et il fut juste de croire à celui 
qui le forma car quiconque goûte son fruit ne va jamais à la 
mort et c'est à cause de lui que Eve et Adam furent chassés du 
paradis et il donne douze fruits chaque année, c'est-à-dire un 
fruit chaque mois et à sept samhlà ^ de voyage de lui, on entend 
le son de son feuillage et il n'y a pas de chant aussi beau que 
lui lorsqu'il loue le Créateur. L'arbre Alaip dans les terres 
d'Arabie et sa couleur ressemble à la forme humaine et à sept 
saniblt'i de voyage de lui, atteint sa bonne odeur de chaque côté 
de lui et quiconque goûte à son fruit n'a ni colère ni envie 
contre personne et personne n'en a contre lui et il est plein 
d'intelligence et de bonté après cela à jamais. O malheureux », 
dit-il, « avez-vous entendu parler de l'arbre qui est dans les 
terres des Hébreux au Sud du mont Sinabile et arbre de la 
moisson est son nom et il n'a pas été trouvé depuis le com- 
mencement du monde jusqu'au temps de la Passion du Christ 
et c'est des branches de cet arbre qu'on a taillé l'arbre de la croix 
par quoi fut sauvé le monde et quiconque goûte son fruit n'est 
atteint ni par la fluigue ni par la maladie et quelque horrible 
que soit sa forme auparavant elle est bonne après cela et il ne 
vieillit pas tant qu'il vit et il ne vient pas sur terre de vin aussi 
bon au goût que lui et la lumière du soleil est sur les feuilles 
et une couleur rouge d'or sur elles et il y a soixante-douze 
sortes d'espèces de musique que chante son sommet, soixante- 
quinze oiseaux sont sur lui avec la blancheur de la neige, avec 
des ailes dorées et a\ec des yeux de pierres précieuses et ces 
oiseaux chantent un chant plus beau que tout chant, en louant 
Dieu ». 

12. Les sages des Hébreux dirent: « Cela est difficile à 
croire. » La langue toujours nouvelle leur répondit et leur dit : 
« Le Roi puissant est patient, de ne pas détruire le monde au 
commencement à cause de votre incrédulité et avez-vous 
entendu parler, malheureux, de la grande bête cornue qui vint 
du rivage de la mer d'Egypte dans le pays la nuit que naquit 



I. Ce mot est sans doute, comme me l'écrit M. Douglas HyJe, com- 
posé de samh « été » et Id « jour », comme gemla de geinh « hiver » et li 
V. jour « et sigaitie la distance parcourue en un jour d'été. 



^94 G. DoUin. 

le Christ et comme les gens du pays étaient là, ils virent la bête 
merveilleuse avec beaucoup de couleurs diverses sur elle et 
il sortit trois fleuves de sa bouche, à savoir un fleuve d'or au 
milieu de sa bouche, un fleuve de vin de chaque côté et cinq 
cent sept cornes sur elle, et la boisson de trente-deux guerriers 
dans chaque corne et des cornes de cette bcte restent encore 
chez vos rois et chez vos chefs dans les villes et il serait plus 
juste que vous croyez cette histoire-ci. Malheureux », dit-elle, 
« avez-vous entendu l'histoire de Viruaith ' et vous étonnez- 
vous que ce soit à sept samhlà de voyage qu'atteint l'ombre de 
ses ailes lorsqu'il les étend et voici la nourriture qui lui sert, 
à savoir la grande bète marine qu'il enlève au bout de sa patte 
et il l'emporte sur la montagne de sable noir dans l'Inde et la 
mange sur cette montagne au bout de sa patte et un seul œuf 
qu'il pond dans cette montagne chaque année et le soleil qui 
échauffe l'œuf et celui-ci même vient le visiter lorsque Dieu 
lui permet et on fait un bateau qui porte voile de la moitié de 
la coquille de cet œut et dix neuvaines - et dix-sept cents avec 
leurs provisions et des armes qu'il porte au delà de la mer et 
il y a une multitude assemblée qui traverse la mer Rouge 
dans la moitié de la coquille de cet œuf-là et vous ne pour- 
rez pas ne pas croire à Dieu, ô malheureuses gens », dit-il, 
« après ces merveilles que nous avons dites ». 

13. La langue toujours nouvelle dit. Il se leva un guerrier 
du peuple de Juda, à savoir Judas, fils de Cus, fils de Gemar, 
fils de Judas Scariote qui trahit Jésus et quelqu'un de la fimille 
de Judas dit en sauvant Judas dont il descendait : « C'est un 
mensonge qui a été dit, apôtre Philippe (car c'est l'apôtre 
Philippe qui est la langue toujours nouvelle et c'est de sa 
tête que l'on a coupé la langue trois fois et elle lui a été 
renouvelée) et comme cet homme niait la langue toujours 
nouvelle, il tourna sur lui-même au milieu des armées et son 
âme s'en alla hors de leur présence à tous comme il allait 
contre la volonté de Dieu et un tremblement de terre vint 



1. Sans doute un aigle. Cf. Each'.ra Cloinne ri'gh iia b-Toruniàhi' cd'ited by 
Douglas Hyde, p. 52, 203 et le « roc » du conte de Sindbad le Marin. 

2. veiniir est peut-être une faute pour naebiir = naonhhar. 



Le Teanga bithnua du Manuscrit de Hennés. 395 

alors sur les créatures et une nuée errante de feu atteignit 
la plaine de l'assemblée avec des météores lourds, rouges, 
en feu, en sorte qu'ils firent fondre les yeux de cet homme 
en présence des foules et il mourut sans aucun doute et 
quand les foules du monde virent cet homme mis à mort, 
ils commencèrent à prier le Créateur avec ferveur et lors- 
qu'ils eurent vu ce treuiblcmcnt de terre ils mirent tous 
leur figure sur le sol à cause de la grandeur du péril et ils 
dirent : « ô Dieu tout puissant, à cause de ton affection et de 
ta miséricorde pour nous et ne blâme pas notre incrédulité 
pour une chose que nous ne voyons pas », dirent-ils. L'apôtre 
dit : « si une personne tuait tout ce qu'il y a de gens au 
monde et en mangeait la chair et en buvait le sang, il est 
plus pénible à Dieu de voir l'incrédulité sur ses créatures et 
l'offense à sa science que cela. 

14. Les sages des Hébreux demandèrent quelque chose des 
œuvres de Dieu sur ses créatures. La langue toujours nouvelle 
répondit et dit : « Dieu fit en quatre jours soixante-douze espèces 
de grands astres de tout ce qu'entoure le soleil et il va ensuite 
à travers ses dix-neuf plaines aux côtés de la terre, de none au 
matin. » 

Les sages des Hébreux dirent: « Raconte-nous quels sont ces 
dix-neuf plaines dont il parle. » « Je vous le raconterai », dit- 
elle, « car la première marche que fait le soleil c'est d'aller à 
travers le cours de la mer dangereuse jusqu'à ce qu'il brille 
sur la mer à l'Est du monde et qu'il luise au-dessus de 
l'enceinte à l'Est d'abord et au Sud du monde et au-des- 
sus de l'île à nous à l'Ouest ensuite, et entoure l'eau du 
monde ensuite immodérément et le soleil rougit ensuite 
depuis les demeures enflammées de la mer à l'Ouest et il y 
a des peuples sur cette mer-là et ils rougissent ainsi que la 
mer qui est au milieu par suite du cours enflammé de tout 
ce qui se lève du conflit de ces mers-là et par suite du feu 
excessif du soleil. Et cette mer rouge brûlante va jusqu'à la 
plaine des enfants et il est dangereux d'être dans cette 
plaine-là car chaque fois que cette mer s'emplit jusqu'aux 
enfnits, des serpents et des cétacés se jettent sur eux en sorte 
qu'ils les déchirent et qu'ils en emportent des foules innom- 



596 G. Dottin. 

brables, en sorte qu'ils crient et leurs faces vers le ciel et comme 
ils font leur repentir, la mer rouge se dessèche et emporte ses 
serpents et ses cétacés, et ils sont laissés dans leurs propres 
formes et on raconte que ce sont les pécheurs qui sont ainsi 
punis et le soleil éclaire après cela la porte de l'enfer au Nord 
et à travers les vallées et les sources de l'enter au Nord et il 
éclaire ensuite du côté de la grande mer qui rejette ses fruits, 
du côté de la terre où il arrête de nouveau sa course et éclaire 
après cela les montagnes de feu qui brûlent éternellement pour 
augmenter le Jugement ^ et il éclaire ensuite la vallée sombre 
des peines et il va ensuite à travers le Paradis à l'Est et il élève 
à l'Est sa tète de la profondeur du monde et si le soleil avait 
une langue, il aurait une foule d'histoires à raconter. » 

15. « Raconte-nous », dirent les tribus des Hébreux, « les 
nombreuses espèces d'astres dont tu as parlé. » La langue tou- 
jours nouvelle répondit et dit : « Il n'est pas semblable », dit-il, 
« l'endroit où sont dix astres enflammés, et en sorte qu'ils sont 
pris d'un tremblement insupportable et ils sont secoués dans 
le firmament par la force des éclairs qui tirent d'eux une cri- 
nière de feu, en sorte qu'il est aisé de donner leur description 
car les mêmes éclairs et les principaux astres portent grand 
chaud et grand froid sur la terre. D'autres astres sont là et ils 
courent sur des souffles de dragon avec le poison de colère 
du Créateur pour venger ses droits enfreints sur la race d'Adam 
et parfois ces astres du ciel mûrissent des fruits et des maladies 
et des maux viennent par le fait de manger ces fruits-là. Il y a 
d'autres astres parmi eux qui courent jusqu'au bout de l'année 
et c'est alors le moment de s'allumer pour eux et ils sont une 
autre fois sept ans sans cours, parce que c'est sous la mer qu'est 
la colère du Créateur contre les hommes vers qui viennent ces 
maladies-là et lorsqu'il est fâché contre eux les mêmes astres 
courent comme nous l'avons dit auparavant. 

16. Dieu a fait, le cinquième jour, soixante-douze espèces 
d'oiseaux dans Tair et soixante-douze espèces d'animaux sur 
mer avec des espèces, et avec des chants et des mœurs diffé- 
rentes propres à leurs races à eux. Les oiseaux de l'île Sabhuirnn 

I. Sans doute : le feu du jugement. 



Le Teanga bithnua du Maniiscril de Rennes. 397 

[il n'y a pas] de couleur d'aile qui ne soit dans leurs 
ailes ni dans leurs côtés et ils se font du chagrin au temps 
de la gelée ou de la neige et ils se réjouissent au beau temps 
et se lèvent au milieu de la nuit toujours et chantent un chant 
semblable au chant des anges qui louent le Christ éternelle- 
ment. Les oiseaux de l'ileEabar, leurs ailes éclairent comme de 
lampes qui brûlent chaque nuit et ils se lèvent en trois troupes 
chaque nuit et chantent un chant éternel, mélodieux pendant 
leur sommeil en louant le Créateur; leur chant est plus haut 
que le chant des anges. Les oiseaux de l'ile Eiboin à l'Est de 
l'Afrique et il n'y a pas de couleur qui ne soit sur leurs ailes 
et il ne leur est tombé ni aile ni plume depuis le commence- 
ment du monde et ces oiseaux-là n'ont pas eu dévie humaine 
auparavant mais sont toute la vie à louer le Christ et il n'y eut 
saleté ni offense chez aucun d'eux jamais et est glorieuse, angé- 
lique la fleur et l'odeur du pays d'où ils viennent et ces oiseaux- 
là ne s'arrêtent pas de chanter un chant en trois troupeaux et 
quinze cent soixante-douze oiseaux sont dans chaque troupeau 
et le premier chante un chant éternel, très angélique louant le 
Christ bienveillamment et racontant sans cesse les merveilles 
que fit Dieu, avant ses créatures; le premier tiers de la nuit se 
passe ainsi pour eux et ensuite les oiseaux du milieu se lèvent 
au milieu de la nuit sans cesse et chantent un chant angélique 
racontant les actions qu'a fiites Dieu depuis le commencement 
du monde jusqu'au Jugement. Les derniers oiseaux se lèvent 
et chantent un chant septuple, racontant la terreur du jour du 
Jugement pour la race d'Adam et si la race humaine entendait 
le chant que chantent ces oiseaux-là ils ne pourraient pas 
s'en rassasier. 

17. Le sixième jour fut fiit Adam et il y a soixante-douze 
espèces de la race de notre poison ou de notre crime (?) et tout 
ce qu'elles ont de merveilleux vous sera raconté. Les héros 
de l'ile d'Emion ont cinquante-sept pieds de haut chacun et 
rien ne les éveille de leur sommeil sinon la tempête ou le cri du 
combat et ils font un chant de basse en se levant de leur som- 
meil et leurs yeux éclairent comme des étoiles en temps de gelée 
et ils troublent la mer par le clignement de leurs yeux jusqu'à ce 
que viennent les cétacés à terre vers eux par la force de leurs 
P\evuc Celtique, XXIV. 27 



59S G. Doltin. 

yeux et ils les mangent pour leur nourriture. Il y a des hommes 
blancs flamboyants dans l'île Edronia et une lueur de feu vient de 
leurs gorges, lorsque s'éveille leur colère et leurs 3'eux éclai- 
rent comme des chandelles et plus blanche que neige est leur 
face et ils prennent du poisson dans les estuaires et ils le man- 
gent sans le bouillir et c'est ainsi que sont les peuples d'Either 
dans la montagne Gugusg et leur milieu est du côté de leur 
dos et une seule côte dans leurs milieux et quatre yeux par 
derrière chacun d'eux et il y a une telle chaleur dans leurs corps 
qu'ils ne peuvent se contenter que sur les femmes de leur propre 
espèce. D'autres peuples brillants sont dans l'Assyrie et ce sont 
les plus beaux de la race d'Adam et leur parole est plus douce 
que tous les chants du monde. Les peuples qui sont au Sud 
de l'Inde, c'est-à-dire les nains et ce sont les plus petits de la 
race d'Adam; chacun d'eux a quatre poings de haut et il n'y 
en a pas un d'eux qui soit plus grand que l'autre. Les femmes 
de la montagne d'Arménie, elles n'enfantent toujours que des 
filles, elles se lèvent de leur sommeil toujours au milieu de la 
nuit et elles jettent des étincelles de feu de leurs bouches et 
de plus leurs barbes vont à leur nombril et sur leurs mains 
droites à leur mort sont leurs barbes. Les peuples Arfaneis 
dans les terres de Lybie ; leurs yeux brillent par la colère comme 
du feu et autour de l'un d'eux ne trouveraient pas place assez 
d'hommes pour le renverser et ils chantent un chant pen- 
dant leur sommeil comme un chant d'ange et des fleuves 
de feu [ou de vin] sortent de leurs gorges à leur mort. 

18. Les sages des Hébreux dirent : « Raconte-nous », dirent- 
ils, « le nombre des races que Dieu ordonna sur ses créatures. » 
« Je le raconterai » dit-il. « Il y a soixante-douze espèces de 
bêtes sur mer et soixante-douze espèces d'oiseaux dans l'air et 
soixante-douze espèces de fruits sur les arbres et soixante-douze 
espèces d'astres au firmament et soixante-douze espèces de 
nombres d'anges au ciel et soixante-douze espèces de chaînes 
de peines en enfer et soixante-douze espèces de chants au ciel 
et soixante-douze espèces de langues chez les hommes et 
soixante-douze espèces d'hommes en tout de la race d'Adam. 
Ainsi le nombre des peuples du monde est de cent cinquante- 
sept peuples qui sont dans le monde et il y a de nombreux 



I 



Le Teanga bithnua du Manuscrit de Rennes. 599 

peuples outre ceux-ci dans le monde sous la mer autour du 
monde extérieur. 

19. Les sages des Hébreux dirent: « Raconte-nous ce que 
Dieu a compté de peines des pécheurs de l'enfer. » La langue 
toujours nouvelle leur répondit et dit : « Avant le Jugement, une 
langue ne peut compter le nombre de peines^e l'enfer; jusqu'à 
ce que l'on compte le sable de la mer, ou l'aire grain par grain, 
ou la neige flocon par flocon, on ne comptera pas le nombre 
des peines diverses indicibles de cette demeure-là et malheu- 
reux », dit-il, « bien que je vous raconte quelque chose de la 
description de cette demeure-là, je ne serais pas assez fort pour 
la raconter, car l'oiseau le plus rapide^ et le plus vigoureux 
pour se diriger dans le ciel quand il serait mille années à voyager 
dans l'enfer ne serait pas capable de raconter les peines de 
l'enfer et sept langues de poètes dans sa bouche et sept élo- 
quences de sages dans chaque langue : tant blesser que hacher 
et brûler, tant fouetter que tirer et battre, tant couper que 
crucifier et brûler les os, dans cette demeure effrayante. Mal- 
heureux », dit-il, « telle est l'ardeur du feu de l'enfer que si on 
versait les mers et les fleuves du monde dessus ils ne diminue- 
raient rien de sa chaleur et tout cela n'arrêterait pas le malaise 
d'une seule personne de l'enfer, car ce n'est pas le feu qui bout 
là, mais la colère de Dieu. Telle est la grandeur du froid qui 
est là que si on laissait la valeur du soufiie d'une oie en sortir 
la race humaine mourrait tant personnes que bétes. Malheu- 
reux », dit-il, « la violence du teu de l'enfer est telle que 
si on en jetait une étincelle par le monde, ce qu'il y a de 
mer, de fleuves et de lacs dans le monde s'enfuiraient devant 
elle et tout cela ne diminuerait pas une étincelle du poison de 
ce feu-là et la race humaine mourrait de ce poison et malheu- 
reux », dit-il, « il y a une telle obscurité en enfer que si on en 
jetait la valeur de la pupille de l'œil par le monde on ne verrait 
l'éclat du soleil ni la lumière à travers jamais et telle est 
la grandeur de faim et de soif qu'il y a là que toutes les âmes 
mourraient si elles jetaient un coup d'œil dessus et il y a tant 
de puanteur en enfer et de lacs des peines en vérité, que si on 

I. Cf. Scela hii hratha § 24 (Revue Celtique, t. IV, p. ?.56). 



400 G. Dollin. 

en jetait une goutte sur le monde, tout ce qui est dans le monde 
mourrait, tant personnes que bêtes. Il y a tant de terreur là que 
si toute la race d'Adam jetait un coup d'œil sur une seule des 
peines, ils mourraient tous, car on ne peut compter le 
nombre de la peine de cette demeure-là, lieu où on n'entend 
ni joie ni repos dans les siècles des siècles, mais pleurs et 
malheurs et crainte et clameur et cri et plaintes pitoyables, 
nombreux, douloureux, sans cesse, là, et lieu où on n'espère 
ni aide ni secours et où on n'en aura jamais et demeure où 
sont de mauvaises odeurs et nombre de cours d'eau en feu 
insupportables et neige noire enflammée et suffocation sur les 
faces et tremblement dans les dents et hâte dans la respiration 
et lourdeur dans les soupirs. » 

20. Les sages des Hébreux dirent: « Raconte-nous les his- 
toires du Jugement et comment le monde sera détruit et quand 
ce sera fait ». La langue toujours nouvelle dit.* « Il n'est pas 
joyeux pour vous d'avoir cette histoire car lorsque les anges 
du ciel auront aperçu l'horreur des trois cent soixante- 
quinze coudées que s'élève la mer au-dessus des montagnes 
du monde et la terre brûlera à la même hauteur et le monde 
sera pris d'un tremblement insupportable depuis le levant 
jusqu'au couchant et les sept cieux seront éveillés depuis 
le coin Sud du ciel jusqu'au coin Nord et de là jusqu'à l'Est 
et de l'Est jusqu'à l'Ouest et serait visible jusqu'à la terre la 
lumière brillante des anges en train de briser tous les palais du 
soleil sous eux et les sept cieux s'étendant et se brisant et 
s'étirant avec le lever de l'ange et de l'archange et des cent vents 
enflammés dans les quatre coins du monde et le cri violent et 
le bruit des deux mille trois cent soixante étoiles tombant de 
leur place et de leurs supportssur la terre, et la lune tombant de 
sa place, couleur de sang et le soleil noir comme le charbon 
par crainte de ce danger et la grandeur de ce danger sera telle 
qu'il n'y aura pas d'ange au ciel supérieur qui ne change de 
forme par la grandeur de ce danger-là, excepté la hice de Dieu.. 
La grandeur de ce danger est donc pitoyable, car les bois brû- 
leront et tomberont en cette bataille-là par suite de la tempête 
de la mer enflammée et les bêtes de la mer fondront par la 
trop grande chaleur du feu desséchant la mer autour d'eux et 



Le Teanga bithiiua du Manuscrit de Rennes. 401 

le purgatoire des âmes et le cri aigu des oiseaux dans l'air 
sur les rivières de feu et le mugissement des bêtes diverses 
par suite de la trop grande chaleur du feu desséchant autour 
d'elles. L'harmonie des neuf ordres du ciel et le cri des âmes 
venant pour les corps d'après ce qu'ils ont fait de bonnes 
actions 0t de mauvaises actions. Il est pitoyable le cri des 
pécheurs qui viennent à leur commandement et ce fut repen- 
tir sans pitié et sanglot sans satisfaction et danger sans fin ce 
danger pour ces malheureux pécheurs. 

21. Les sages des Hébreux demandèrent: « A quelle heure 
de jour ou de ^it sera détruit le monde ou à quelle heure 
viendra Dieu au Jugement pour juger? » La langue tou- 
jours nouvelle répondit : « Le jour où Dieu est ressuscité 
des morts et le dernier jour du monde qui portera le Jugement, 
et le jour où fut fait Adam et le jour où Caïn commit le meurtre 
d'Abel et le jour où naquit le Christ et le jour où fut crucifié 
le Christ pour le péché d'Eve et d'Adam avec leurs enfants, 
car l'obscurité emplit ce jour-là de tierce à none, et le jour où 
le Christ alla en enfer et vainquit le diable pour la race d'Adam. 
Le Seigneur a fait cela, puissamment, sa force est indicible et 
son miracle est grand et son pouvoir sur ses créatures et elle est 
si belle la forme du Créateur que ceux qu'il y a en enfer ne 
feraient pas attention à leur peine en voyant son visage et 
quelque éloquemment que parleraient ce qu'il y a d'anges au 
ciel et d'oiseaux dans l'air et de bétes sur mer et de diables en 
enfer réunis devant Dieu et quand même chacun d'eux 
parlerait une langue étrangère, Dieu serait capable de donner 
une réponse particulière à chacun d'eux séparément. Il y a tant 
de lumière dans sa forme qu'elle éclairerait l'enfer comme le 
ciel si elle y était. Après cela donc est indicible le seigneur et la 
multitude de ses chants d'ange et d'archange qui égaient sa 
demeure et chacun de ceux qui sont là du petit au grand. Cette 
demeure où est la paix éternelle et un grand nombre d'anges et 
d'archanges autour du roi suprême, la plus belle forme et la 
plus jolie compagnie, car on n'y entend cri de colère, ni envie, 
ni fureur, ni haine, ni tromperie, ni inimitié chez personne à 
l'égard d'un autre. Heureux ceux qui sont placés dans cette 
demeure à savoir dans le mélange des bénédictions, lieu qui n'a 



40 2 G. Doiliri. 

pas besoin de la luniicre du soleil, ni de la lune, ni des étoiles, 
sauf la lumière transparente, brillante de Dieu qui brille pour 
eux du petit au grand, car il est la source de la lumière éter- 
nelle et la vie sans mort et la joie sans assaut et la santé sans 
maladie' et la sérénité avec grâce, cette demeure où est la paix 
éternelle et la vie longue et le plaisir sans fin et l'éclat de la 
vérité et une richesse royale pour les âmes des justes. Cette 
demeure où sont des fleuves d'or et la louange de l'ange et de 
l'archange qui n'a, n'a eu et n'aura son pareil et personne qui 
fut ou sera n'a donné sa récompense pour cette demeure bien 
qu'il n'en voit qu'un coup d'œil. Vraisemblablement, il n'y a 
personne dans la pauvreté ni la nudité ni le besoin de nourriture, 
ni de vêtement ni d'or ni d'argent dedans. Car quoiqu'il n'y ait 
pas de gloire dans cette demeure-là, sauf les sept mille anges qui y 
sont en forme de chandelles -à éclairer chacun du petit au grand 
et tous les hommes du monde se satisferaient de sentir l'odeur 
d'une seule chandelle et il n'y a pas dans ce qu'a donné ce 
royaume-là aux hommes du monde une chose qu'ils trouvent 
plus glorieuse que de voir la flice d'im de ces anges une heure 
ou six(?). 

22. La langue toujours nouvelle dit aux tribus des Hébreux: 
« c'est un danger pour vous la comparaison que vous tenez à 
l'égard de Dieu et vous vous repentirez, malheureux, de votre 
comparaison à l'heure où vous serez, corps et âme, en gage 
dans les prisons puantes enflammées des peines, parce que le 
vrai Dieu parfait, glorieux, a fait ce que nous avons dit de 
merveilles et de nombreuses espèces diverses tant homme 
qu'oiseaux et géants marins et bêtes et a placé les sept cieux et le 
monde entier tant air que terre et feu et eau, et celui qui a chassé 
Luxcifer avec ses lésions d'ancres à cause de son orgueil et à 
cause de sa vanité, et celui qui a sauvé Adam avec sa postérité 
de l'enfer et le Christ puissant qui a sauvé le peuple de Moïse 
de l'Egypte et David de Goliath et Joseph de la prison, et celui 
qui a sauvé tous les confesseurs et prophètes et évéques et mar- 
tyrs et confesseurs et saintes femmes des peines de la main des 



I. Cf. Scéla Ui brdtha § 23 (Revue Celtique, t. IV, p. 256-257). 
2. Cf. FisA ilamn.iin ^ 13. 



Le Teanga bithnua du Manuscrit de Rennes. 405 

Pharisiens et des Juifs chez qui ils ont été en captivité. Mal- 
heureux », dit-elle, « il n'est pas possible de compter ce qu'a 
raconté le roi des anges des merveilles et des nombreuses et 
diverses espèces dans le monde ». 

La langue toujours nouvelle fut à entretenir le peuple des 
Hébreux pendant le jour et il leur sembla à tous qu'il ne s'était 
pas écoulé une heure du jour pendant tout ce temps-là tant ils 
avaient de plaisir à Técouter. Car un son harmonieux était à 
ce langage en sorte qu'était comparable au chant des anges 
toute la conversation qu'il leur prédit. La langue toujours nou- 
velle leur dit ensuite : « C'est pour votre enseignement que 
j'ai été envoyé par le Christ. » Les tribus des Hébreux dirent : 
« Nous rendons gloire à Dieu de t'avoir entendu », dirent-ils. 
La langue toujours nouvelle dit: « Si les langues du monde 
y prenaient part, elles ne pourraient par suite de la grandeur 
de la bonté du créateur et de l'otfrande, ô hommes malheu- 
reux, taire comprendre la puissance du roi suprême. » 

23. La langue toujours nouvelle leur dit alors adieu et les 
tribus des Hébreux s'en allèrent ensuite à leurs villes avec une 
très grande joie et une grande satisfaction et ils écrivirent tout 
ce qui leur avait été dit et cet enseignement que donna la 
langue toujours nouvelle fut le commencement de la foi. 

G. DOTTIX. 



ON DR ATKINSON'S GLOSSARY TO VOLUMES I-V 
OF THE ANCIENT LAWS OF IRELAND 



In this review, XXIV, 329, our IcarneJ director lias pointed 
out six omissions I in Dr Atkinson's law-glossary, viz. caitni, 
doct'ir {(■<■ tomba », not « fut tuée»), citiud, inhuid, ilbalb and 
oemi. To thèse I can add the tollowing as a supplément to the 
list of 83 in my Criticism of that glossary, London, Nutt, 
1903 : 

ûitir in cclhri haitir <.<- four hostages », III, 134, 9 : pcrhaps 
a mistake for haitiri. 

anogaih, III, 96, 2, dat. dual of (7//-()i,'- « imperfect ». 

arimraiter, III, 112, 2, « is|Said ». 

cairt-liiihair, III, 88, 17, « parchmcnt-books ». 
"^ cumaid, III, 84, 23, dat. sg. oi cunia « grief ». 

dnime, V, 108, 21, leg. dàhiie, a collective of J^w := y^'J-^;. 

doancatar, III, 106, 19, orthotonic form of tàncatar « tliey 
came ». Cf. do-sn-amalâr, LU. 64'', 17. 

ecosca III, 136, 4, gen. o( ecosc. 

eiliud cleib, I, 168, i, « cradle-clothes ». 

fi'oir, III, 128, (where it is misprinted seoir), gen. sg. of 
fer « grass ». 

fir-dcilbbircs, III, 94, 22, >< true necessity ». 

gaedilgid, III, 90, 3, « speaker of Gaelic ». 

I. The seven other words which lie supposes to be omittcd will be found 
in their propjr p'aces. Thus andlonii is under aiinlaun, lii-garimm is under 
lu, so raith, so besuch, so-choinais are under so, p. 669, ecnaigiu is under 
ecnaide, and so-chriiiçriu is under sochraid. So in my Criticism, p. 6, ainiin 
« animal » was inadvertently inserted. 



On Dr Atkinson's Law-Glossaiy. 405 

glan-mebni, III, 88, 14, dat. sg. « clear memory ». 

iinraid, III, 136, 14, 19, gen. oî imrad « intention ». 

iicin-Irebad, III, 128, 15^ « non-ploughing ». 

iiiine, III, 30, 3, gen. sg. of ncm « heaven », III, 30, 3, 
whcrc J1 ai tb niiiie ria cach is misprinted ^rt///;; ni meria cach. 
Dr Atkinson (\''I. 559) lias seen this. 

no-chrolhaigh, III, 84, 19, dat. sg. fem. oî nà-cJjroihach « frcsh- 
formed », see Côir Anmann, Ir. Texte III, 396. 

raind nom. pi. of rand « a quatrain », III, 84, 20, where 
waebda in raind « beautiful the quatrains », is misrendcred by 
« celebrated in verse » . 

-rnimenn (leg. -rnirmemi), III, 82. 

subailterda, III, 96, 20, « subalternate ». 

itia-r-gaib, IV, 166, 4, « can raise », an cxaniple of this use 
of /•(). V. Thurneysen, K. Z., XXXVII, GG, 67, 69. 

To my list of 1 13 non-existing or misspelt words in the glos- 
sary, the following may be added : 

di-cnlaid cited from IV, 334, 24, where it is printed, more 
correctly, dicûlaid, i. e. the ace. dual oî ci'dad « the back of the 
head » preceded by the fem. form of the numéral « two ». 

dithct cited from II, 126, 16, IV, 92, 25 % where it is a 
scribal error for dicbct, id sg. près. ind. of the pcrf. do-citaid. 

iiigcniin « I am born, spring from », is inferred from ingcnes, 
III, 328, 6, where ////// ingeucs is an obvious scribal error for 
iiiiii gt')ics Çw\. près. sg. 3 oî gciiiiii^. 

inhdaid cited from IV, 16, 21, is a misspelling of inlolaigh, 
as it is rightly written in O'Davoren's glossary, p. 99. 

-roibla cited from IV, 198, 18, 23, where fo-da-ro-thla, 
« who may hâve taken them away », is the subj. sg. 3 oîfo- 
tlcniin, with the infixed pron. da and infixed particle ro. 

niiriin « I make onslaught », is inferred îrom forsa ruirei, 
W , ijG, 20, where rniret is a contraction oî ro-rctbet . So inrui- 
rcl, IV, 176, 22, is for iii-ro-redjct « they attack ». 

To my list of 52 oblique cases given as nominatives may be 



I. Hère the édition bas iiiindichcl smachia, which is not Irish. Read ii)ia 
ndichel sinacbt « for which a fine conies » (i. e. is payable). 



4o6 ll''/j;7/t7 Stokes. 

added airbir dut. ace. sg. o( airhcr « armful », cli dat. sg. fcm. 
oî clé « Icft », co'uuimcda gen. sg. of. coindnicd « billcting », 
and tairidhi, dat. ace. sg. tairidcii « aqueduct », « millrace » 
= *to-air-fcdm (j ooi fed « to lead »). Dr Atkinson calls this 
« simply a spelling for tarraing ». Conversely in p. 522, he 
gives a nom. instead of a genitive mcachben dciroe lajiamnas, 
where the last word should bc laiianmasa, a gen. sg. govcrned 
by déirgc. 

To my list ot 24 confusions of différent words \ve may add 
cûimse « small », and coimse « power », fnaibn'iii, p. 423, and 
fiindam-thabarlis-se: iiiidicJj'nii and dichet : naill, II, 60, 22, 23 
(= lia aill) and noill « oath ». Worst of ail is the failure to 
discriminate (VI, 184, 310) heiwiiQw cor pd ire, a fixed payment 
for homicide, and éric, a variable compensation for any oftence. 

Further instances of wrong or vague meanings are Dr 
Atkinson's rendering (VI. 414) o( friscoiiiûrcar ni freciiiairc^ 
« when he is asked anything he is ready ». It means of course 
« he is consulted, he does not consult ». 

« rfa/;wr/;(?) banquetting (?) » (VI. 215) is made ont of the 
phrase dithie didnd daiiiaig, V, 440, 21, where dàniaig (sic 
leg.) is the gen. sg. msc. of the adj. dài)iach « having a dài)i 
« Company ». 

iiiifcn « he watches, keeps safely » (VI. 479). It means 
« he fences » {ciiihàgct): ci. iDi-iiui-fcilbe Ml. iio-'y. 

niescbaid « he will stir up or fling into confusion » (VI. 560). 
Hère Dr Atkinson lias mistaken a noun (= incscbuid, Laws, 
I, 240) for the Z'-future of a verb : cf. iiicsbiiid À. dcbaid a a 
quarrel » Ml. 19^15, 50'i8. 

tâthaim « I sew » (VI. 701). It means « I join », « I weld ». 

tathchur « act of sending away » (VI. 701). It means 
« act of returning » : cf. Ir. taidcljor Ml. I3i''i2, Cymr. ad- 
gori, Bret. d-as-kori. 

tallnil liuiii, IV, 372, 12. The absurd mistranslation (« I 
hâve ») in the édition is left uncorrected in VI. 701. 

techlai jri siid/ji iniar « messengers to the west of (i. c. 
bchind) him », is misrendered in the édition (IV, 339, 18) by 

I. The édition (IV, 558, ii) h^s mdiCC\i'Cà\.c\y friscomarchar ni frecnairc. 



On Dr Atkinson's Law-Glossdry. 407 

« He is seated by thcse bchind ». Dr Atkinson says (VI, 704) 
« prps it Qcchtaf) nicans tcchlai(gid) « he basa right to be ». 
It is tht; nom. pi. of Iccht « messenger ». 

tuai (?), hoUow (?), I, 140, 22. I think it mcans the hop- 
per of a mill (infundibulum). 

uaid (?), ro hiiaid « seweJ », « framed » [?] (VI. 765). 
The contcxt (V, 368, 10) is ro buaid Dia daitsiu, rohuadso 
damsa, i. e. « God has lent it to thee, thou hast lent it to 
me », -A'here the verbs are cognate with Ir. odhir, O'Dav. 
p. 108, odatar Laws V. 370, i, ô'ui, ha'ui, « loan » (trom 
*odiii), and Lat. vas, vadis. 

uair, the gen. sg. masc. or neuter of uar « cold », is misren- 
dered (VI, 764) by « proud », and identified with uahair. 

To my list of 25 wrong etymologies add : 

fitalach « abduction, râpe » is brought (VI, 425) from fb-od- 
bâch. 

iiiniircl, IV, 176, 2. « The root », says Dr Atkinson 
(VI, 513), « is prpsori^^ ». The root-is rcl. 

luesta, V, 394, I. As to this form he says (VI. 569) « prps 
on!}' a mistake for nieslar, as it can hardly be the impf. future 
pass. » It is a middleTrish prêt. pass. sg. 3 of niidiur. For 
other such forms see Zimmer, K, Z. XXVIII, 363, and 
Strachan C. Z., II, 482-3. 

ro-ralha, II, 338, 19. Of this perfectly correct form, which 
occurs also in Fiacc's hymn 50, Dr Atkinson (VI. 608) says 
« prps dorata (?) ». Many of its relatives are collected by Sa- 
rauw, Irske Studier, p. 126. 

Camberley, 11 September 1903. 

Whitley Stokes. 



NOTES ETYMOLOGIQUES BRETONNES 

(suite) ' 



36. AMBRiou (Haut-Léon): deux bandes de terre rejetées 
par la charrue de chaque côté pour former un sillon nouveau, 
sillon du creux ou aiit (= iiaiiiy; aiuhrion est un pluriel de 
*anihri = *ainbi-bngio-; cf. Are-brij^iiim. L'i actuel s'explique 
ainsi facilement par l'évolution delà spirante intervocalique _y 
suivi de io-; cf. gall. bry^ irl. bri, colline = *bri.x (Whitley 
Stokes, O'Davoren GIoss., Archiv ji'ir C. L., 1903, n° 218). 

37. AMSKANV (Goelo) : trop léger : iiiiiskaiw c'a ar :^ac'hûd ;(t' : 
ce sac (le contenu) est trop léger; cf. gall. auiysgaj'ii ou nuiys- 
gawii, très léger, et aussi ai^rcablc. Le sens de cdii ■= aiiibi est 
ici à noter. 

38. ARDANT, plur. ardaiitoii (FLtute-Cornouaille) : quatre 
chevilles en bois ou en fer qui se trouvent sous la charrette et 
servent à fixer la corde que l'on fliit passer en diagonale et en 
croix d'un bout à l'autre de la charrette pour maintenir la 
charge ; ardant =. *arc-laiila-. Pour ianl, cf. gallois tant, corde, 
(et aussi spann, strctch); tannan, instrument de musique à 
cordes; irl. tct = *lntà. Taiil = vieux-britt. -*lanlit-, indo-eur. 
înti'i-. 

39. BARR, jouissance d'une propriété; la nue propriété se 



I . Les mots à partir du 11° 36, inconnus ou de forme ou sens rares, m'ont 
été fournis presque tous par mon ami, M. Fr. Vallée, bien connu par sa 
connaissance approfondie du breton et son dévouement à la cause de notre 
langue nationale. Ces mots font partie d'un recueil composé de termes 
techniques qui formeront un supplément au Dict. breton et seront publiés 
par les Annales de Brela^nc. 



Notes étymologiques bretonnes. 409 

traduit par gzvir; cf. irl. bnrr = *barso- dans le sens de clomi- 
natioti (siuay). 

40. BiDiEZ, chèvre, plur. bidi (Pont-Labbé). Je serais tenté 
d'y voir une expression pittoresque dérivée de la racine bci, b'i, 
frapper, tailler; irl. ro bî, percussit; v. bret. bitat, gl. resicaret; 
bidic::^, 

Le gallois bid-wcn, little girl, aurait la même origine (jeune 
chèvre). Cependant, bidwyn indique un petit animal , en général ; 
de plus, en Haute-Cornouaille (région de Faouët), on emploie 
l'expression bitec (^ bitic), dans le sens de petit. 

41. BREiXAR (H. -Corn.): breinarek: mise en culture d'une 
terre relativement jeune. M. Vallée a rapproché lui-même ce 
mot du gallois braenar, fallow land. L'identité de sens avec 
breinarek est frappante dans braenani, to break up of follow 
(Sole Ev., Welsh-Engl. Dict.^. Le mot est probablement com- 
posé de braeu, bret. brein, en décomposition, et de -ar, terre 
labourable. 

42 . BROUEDOU (Corn . bredoii) : pièces du métier de tisserand ; 
sorte de peigne qui sert à maintenir le fil et à l'empêcher de 
s'embrouiller; cf. gallois brwydan, harness, healds of a loorn 
(Silv. Ev., Welsh-Engl. D.); en Cornouaille, bredi, qu'on ne 
peut séparer de bredou, signifie tricoter; cf. de même, en gal- 
lois, briuydo, broder (et aussi to interweave^ ; briuydj broche, 
instrument à pointe. Ces mots n'ont rien à faire avec l'irland. 
brot, aiguillon. 

43 . GOURiMEN : lisière d'un champ. Ce mot paraît devoir être 
rapproché du gallois gorimyn, little chirk. Goriniyn, il est vrai, 
est évidemment composé de go -\- rhiniyn, dérivé de rhini, 
emprunté ou apparenté à l'anglais rini. 

Goiirinien et gorimyn sont à séparer àtgoureni, ourlet = gallois 
giurym. 

44. Kixo : labourer en billons, petits sillons. Cf. gallois cin, 
shred, snip ; ciniachu, to cup into shreds, snips, slips. 

45. LHiEX : lin de second choix, sert à fure la trame. Dérivé 
vraisemblablement de*lei, moindre, gall. liai, irl. laigiit, com- 
paratif de *legn-. Le superl. Iciham est conservé dans salina leiham 
du cart. de Red. (J. Loth, Chrest.). 

46. LEZEGEN, laitue. Cf. gallois llaethygcn. Le gallois paraît 



410 J. Loth. 

indiquer une forme *llûcthiig = '^lactnca ou Jacli'icnc. C'est 
probablement à la dérivation en -en qu'est due, en breton, la 
forme !t\Ci^en au lieu de Ic:^ii(rcu. La forme h\eges est connue : 
V. Ernault, Gloss. 

47. Lixv, lime; cf. gallois ////, scie; diir-Uif, lime; ces mots 
sont empruntés au latin lima. 

48. XEix : ncin an ii, le faîte de la maison. La forme ordi- 
naire est lein, amenée par la dissimilation. Ce mot a été rap- 
proché de nen, gall. et corn., mais, si le sens y invite, le voca- 
lisme s'y oppose. Il me paraît préférable de ramener ncin i\ 
*nclmo- ou *nemno-; cf. kcin, dos = *kcbno-. 

49. PALARAT, effondrer le sol pour fliire un labour profond; 
ce travail est fait avec la charrue, puis axi^c la bêche. Ce mot 
est des plus connus. Je ne le cite que pour le comparer au 
gallois paJar, delving soil or ground. Le mot est composé de 
pal H- ar. 

50. peluc'hex, forme intéressante; la forme ordinaire est 
paludhen, pesseau. Elle confirme mon hypothèse de foire 
remonter ce mot et le verbe palnc'hal à *pihtcco. 

51. MOBRENNOU (H. Com.), mauchcs de la cliarrue. C'est 
clairement un mot composé de mo -\- prcnnou. Prcnnou. est le 
pluriel de prcnn. Quant à mo, il est à rapprocher du gallois 
niawaid, both hands full. M. Whitley Stokes a rapproché maïuaid 
de l'irl. màm, hand voU, im'iimc, a handful et supposé un 
prototype celtique *niaminâ (j= *inanmâ} qui peut expliquer 
l'irlandais, mais non le gallois, que l'on fasse remonter maïuaid 
à *maiufaid, qui repose sur une hypothèse, ou non. Le breton 
mo-hrennou montre clairement que le gallois niawaid repose sur 
viaw. Cf. moy. h. a. mouiue, muff; ndd. hands-mauen, hands- 
armeln; v. fr. mowc, aermel = *niôvâ. 

52. PI : au sens de pi, pic, ajoutez celui de planloir. Il est 
clair qu'on a établi un rapport entre le bec de la pie et cet 
instrument (gall. pi: y bi, la pie). 

La variante bretonne pic, pie, est empruntée à pica, mais non 
pi. 

53. ROUEL, pièce du métier de tisserand = gall. rhiuyll 
gwehydd, weaver's braids. 

54. RUiLHEN : ce mot est connu dans le sens de racloir, 



Notes étymologiques bretonnes. 411 

rouleau ; pour le sens, ajouter : ar ruilheii-skoa:^, la rondelle de 
l'essieu qui appuie sur l'épaule; ar ruilhen-vihan, la rondelle 
qui appuie sur l'esse. Ce mot a sûrement le sens propre, non 
de rouler, mais de racler, frotter. Il est à séparer de ruduiller, 
dont M. Ernault l'a rapproché, et me paraît identique au gallois 
rhuglen, a drum, brush ; rhugio, to clear, to rub. 

55. SEGALEN, grosse perche avec laquelle on tourne la vis 
du pressoir : cf. gallois sag, a squeeze of the gullet ? sagiad, a 
squeezing together. 

56 : RIZ : ri:^ ar mor, le bord de la mer a aussi le sens corniche 
en vannetais; cf. gall. rhis, what is broken into points? 

57. TiRiAXEM (Cap), pelouse. Tiryen, gazon, est connu. Les 
deux mots sont à rapprocher du gallois lirion, traduit à tort 
par Pughe par familiar spot, situation ! 

L. noir, 920 : 

Myn y mae meillion a gulith ar lirion, Myv. arch., 194, 2 : 
kylch y veyssyt, 

Haelon a thiryon a thec drefyt. 

Pour -ien = -ion, cf. euryen = v. br. or ion. 

J. LOTH. 

(à suivre). 



PANGUR BAN 



Dans un manuscrit conservé au monastère de Saint-Paul, en 
Carinthie, se trouvent plusieurs poèmes dont l'un, bien connu 
de tous ceux qui se sont occupés de vieil irlandais, a été com- 
posé }t;ir un moine qui y chante ses occupations et celles de son 
chat^ 

Qu'il s'agisse d'un chat, cela ne peut foire l'ombre d'un doute : 
en effet, l'animal, dont l'espèce n'est pas nommée, a l'esprit 
tourné vers la chasse 2, et attrape les souris 5, tout en restant 
toujours enfermé avec le moine -+, sans jamais le troubler dans 
ses études zélées et silencieuses 5 ; il n'aurait pu en être de 
même, si notre religieux avait eu pour compagnon un chien 
ratier. 

Le nom donné au chat est Piiiii^Nr Bân. Bàn en vieil irlandais 
est bien connu et signilie blanc ; Pangur Bàn est donc le « Blanc 
Pangur ». Mais PcDignr lui-même ne peut être un nom fon- 
cièrement irlandais, la présence du p s'y oppose. 

M. H. Zimmer a proposé de lire Pan Gurhâu. Ce serait, 
d'après lui, un nom slave signifiant Doniiniis Gihbar, « Mon- 
sieur le Bossu ^ » ; mais M. Windisch a montré aisément l'inexac- 
titude de cette hypothèse 7: la métrique exige que l'expression 

1. Ce texte a été publié plusieurs fois; voy. Windiscli, Irische Texte, I, 
Leipzig, 1880, p. 316; Zimmer. Glossae hibernicae, Berlin, 1881, p. 267; 
Windisch, Revue Celtique, V(i882), p. 128, etc. 

2. V. 2, Bi'tb a inennia-sani fri seilgg, mu meiiimi cein im saiiieheinhl . 

3. V. 7, gihith huaralb ar gressaib gai glenaid hich inini Uii-sani. 

4. V. II, ru biani, scèl ceu sci's, innar tegilais ar n-oeuis. 

5. V. 13, Cia beiiiimi aniin nach ré ni derban cjch a chele. 

6. Zimmer, Glossae hibernicae, p. xxxix. 

7. Windisch, Revue Celtique, V (1881-1883), p. 129. 



Pan gui Ban. 41 5 

soit coupée Paugiir Bân; la lecture de M. Windisch est donc 
bien exacte. 

Si Paiigiir Bân n'est certainement pas un nom irlandais, il 
peut être gallois : pendant le moyen âge, il a existé d'étroites 
relations entre l'Irlande et la Grande-Bretagne ; les moines de 
cette dernière île allaient faire leurs études dans les célèbres 
écoles d'Irlande; Alcuin, l'un de ceux qui nous sont le mieux 
connus, n'avait pas fait exception à la règle ' ; il s'en suivit de 
part et d'autre des emprunts de noms communs comme de 
noms propres; Pangiir pourrait bien être l'un de ces derniers. 

Pangiir pourrait être en effet composé de pan et de gur \ 
gur, en vieux breton -, écnigwr en gallois moderne, ne signifie 
pas seulement homme, mais encore mâle, et, dans cette der- 
nière acception, se dit également des animaux; c'est ainsi 
que l'on a givrab, singe, et gwrcath, matou 5. Quant h pan, 
il faut probablement y voir le gallois pan, drap, fourrure4, qui 
doit être un emprunt très ancien fait au latin pannus. On 
retrouve en effet ce mot en breton, pann (trég.) et en cor- 
nique, pan, drap, étoffe >. P^ï« signifiant fourrure, Pangur^ 
aurait le sens de « mâle à fourrure », et Pangiir Bân, « le mâle 
à fourrure blanche », qualification qui convient admirablement 
à un chat, pourvu qu'il soit blauc. 

Victor Tourneur. 



1. Ephtola Alhini magistri ad Coîcinii Jcctoreiu in Scolia. Migne, Palrologie 
latine, 100, p. 142. 

2. J. Loth, Vocdbulaue vieiix-hretoii, Paris, i8(S4, p, 147. 

3. Voy. Owen Pughc, s. v. 

4. Voy. Owen Pughe, 2= éd., II, p. 394, dowu, fur. nap. 

5. E. Ernault, Glossaire moyen breton, 2'^ éd., Paris, 1896, II, p. 458. Le 
fait que toutes les langues brittoniques ont ce mot montre qu'il n'est pas 
emprunté au vieux français panne, étoffe de soie à longs poils, mot qui vit 
encore en wallon moderne, panne, peluche de laine (dialecte de Verviers), 
mais au latin pannus dont les mots vieux français et wallon dérivent égale- 
ment. 

6. Dans Pangur, le g qui, en gallois moderne, disparaît en composition, 
est conservé ; en gallois moderne, on aurait /'iihut, mot qui existe d'ailleurs 
et signifie foulon. Le g était encore parfois conservé en moyen gallois; cf. 
gellyngwr, à\m\isor \ guicgiir, negociator, Graninialica celtica 2, p. 828. Quant 
à ce que pangur serait un composé possessif, mâle qui a une fourrure, cl. le 
moyen breton marliegour, chevaucheur, homme qui a un cheval. Voy. Le 
Calholicon de J. Lagadeuc, éd. Le Men, Lotient, s. d., p. 147. 

Revue Celliijue, XXIV. 28 



QUESTIONI DI DIRITTO CELTICO 

(i° Saggio) 



I 

Nel campo dellc Antichità Celtiche si presentano non poche 
question!, intéressant! non per se stesse soltanto, ma anche per 
le rehtzioni con le Antichità Ciassiche, e per lo studio delhi 
cvoluzione générale dei principi etici e giuridici délie società 
antiche. Il loro esame quindi giova a meglio coniprendere il 
mondo antico, oltre di essere un contributo non trascurabile 
alla scienza del diritto comparato, che alla sua volta conferisce 
a dar maggior luce aile antiche istituzioni, e fra queste, aile 
Celtiche. 

Verso la meta del primo secolo av. Cr., le genti Celtiche 
délia Gallia ancora barbaraavevanoun ordinamento politico fon- 
dato sul Comune — Cantone, suU' sOvsr, sui pagi ', una strut- 
tura sociale imperfetta. L'organizzazione gentilizia, il reggimcnto 
patriarcale aveva molto perduto délia primitiva durezza e rigi- 
dità, ma ancora durava; e non si era formate un sistema che 
assicurasse i singoli diritti e doveri nell' interesse générale, 
che mettesse in vera armonia Tindividuo con la comunità. Lo 
Stato era già sorto, ma con autorità debole, quasi inefficace. 
Fazioni e dissension! acr! dovunque ; oppression! da parte dei 



I. Da confrontarc con le « tetrarchiac » dei Galli Asiatici : istituzionc 
anch' essa Ccltica, come fu dimostrato in un nostro articolo pubblicato 
nella Zeitschrift f. alte Geschichte, I, 80 sgg. 



I 



Questioni di Diritto Ccliico. 415 

potcnti ; abbatiimcnto, immiserimento, semischiavitù del 
popolo : iino stato di quasi nnarchia feudale ; e per conse- 
guenza, il necessario e relativamente efficace istituto délia 
protczionc e dclla clientela'. Di questa condizione di cose si 
aveva naturale rirtesso nella vita giuridica. 

Lo Stato non interveniva-nc lo poteva-nei rapporti interni, 
dei privati o délie tamiglie fra di loro. Eccettuati i casi di offesa 
o di attentato alla sua sicurezza, nei quali lo Stato doveva in 
tutti i modi cercare di difendere e conservare se stesso, benchè 
non di rado con molta difficoltà^, e giudicava direttamenteJ, 
infliggendo la pena del fuoco^, tutto era lasciato ail' azione 
individuale o famigliare; ogni fatto criminale dava luogo ad 
un processo privato, civile. Durava 1' antica procedura délia 
vendetta privata, attenuata e mitigata dalla composizione pecu- 
niaria specialmente5, per i reati di sangue, e anche per altri 
meno gravi delitti. Quanto ail' omicidio, qualora non si pagasse 
il prezzo del sangue, si faceva luogo o si ritornava ail' obbligo 
délia rigorosa vendetta dei prossimi parenti. Ma vi era già un 
progresso, inquantochè 1' esilio del reo era un mezzo per 
evitarne le dolorose conseguenze. L' esilio valeva-nel diritto 
Celtico-probabilmente per qualunque specie di omicidio, senza 
differenza^. In ogni caso perô doveva esistere una distinzione 



1. Caes. (b. G., VI, 1 1 sgg., ecc.) raffigura una turbolenta società, esclu- 
sivamente o prevalentemente aristocratica, in cui dominano i druides e gli 
équités, con più o meno numeroso e forte sèguito di servi, clientes, ambacti, 
e la plèbe è quasi schiava. Il colorito evidentemente è, per la tendenza 
dello scrittore, esagerato. Per una certa analogia alla gerarchia sociale 
deir Irlanda prima délia conquista inglese, cf. H. d'Arhois de JubainviUe, 
Études sur le droit celtique (in Cours de littérature celt.), !> 116 sgg. 

2. 'E nota la procedura seguita dagli Helvetii contre Orgetorix accusato 
di « regni cupiditas », che con la sua potenza sfidô i magistrati (b. G., I, 
2 sg.), e dai Senones contre Cavarinus (V, 54, 2). 

3. Cioè il « publicum consilium » (b. G., I, 3 ; V, 54, 2), dove appunto 
si trattavano gli affari generali délia civitas (b. G., VI, 20, 3). 

4. b. G., 11. ce. Per il medesimo diritto e dovere di difesa lo Stato 
giudicava dircttamentc nel caso di omicidio di uno straniero (Nie. Datnasc, 
fr. :0) in FHG., ill, p. 4)7). 

5. Cf. R. Dareste, Nouvelles études d'histoire du droit (Paris, ■ 1902), 
p. I sgg. — Per i Celti dell' Irlanda dov' è durata fino a tempi rccenti, 
vedi H. d'Arhois, op. cit., I, 79 sgg. 

6. Non é perô da escludere, che 1' esilio non bastasse nel caso di omi- 
cidio non premeditato, in cui, seconio il diritto Ateniesj (^o'i'o: ï/. ~oo- 



41 6 Franccsco Paolo Garofalo. 

fra omicidio i-d oniiciJio, cioc fra il prcmcditato, il non prc- 
meditiito, l'involontario ^.. ed cssa si espliciiva almeno ncllo 
iimmontare maggiore o minore délia composizione-. 

Un altro-semprc relativo-progresso cra segnato dall' intcr- 
vcnto dci Druides. Dallo scrittore dei Commentarii c attribuito 
al flimoso Collcgio 1' ufficio di giudice. I Druides riuncndosi 
una volta ail' anno nel centro délia Gallia (nel pacse dci Car- 
nutes = od. Chartres), decidevano nclle svariate controversie 3, 
e fra le altre, in quelle derivanti da un facinus conimesso, da 
una caedes fotta, e specialmente dagli omicidi4. Essi stabilivano 
« praemia poenasque », cioè — nei predetti processi — le 
condanne, che non erano soltanto pecuniarie, dei colpevoli. 
La loro giurisdizione, in mancanza délia riconosciuta autorità 
dello Stato e di un potere superiore ai singoli Stati, era se non 
sempre, in molti casi risolutiva ; meno nei conflitti tra Civitas 
e Civitas > ; e più che formale obbligatorietà, aveva un carattere 
morale. 

Certo è che la religione è stata qui, come sempre e dovunque, 
promotrice d'incivilimento; e la sanzione dell' interdizione o 
scomunica^ fu spesso efficace. Con taie influenza religiosa si 
connette il tatto, che anche nel tempo di Cesare i Druidi 



vo'!aç) e 1' antico romano (« dolo[malo]sciens ») non v' cra luogo ne alla 
composizione né ail' esilio, ma alla pena di morte. Se Nie. Daniasc. (1. c.) 
dicc semplicemente che per 1' omicidio di un indigeno la pena era 1' esilio, 
bisogna osservare ch' cgli vuol notare solamente il divario fra la pena 
deir uccisore di uno straniero e quella dell' uccisore di un concittadino, e 
non si addentra in particolari che non gli interessano. Onde si limita a 
rilevare la diffcrenza generica. Perô è sempre probabile, che almeno per 
regola, agli omicidi d' indigeni non si applicasse la pena capitale. 

1. Questa distinzione-quantunque non ancora ben précisa frai' omicidio 
non premeditato e 1' involontario-era già avvenuta nell' antica Icgge -iz^l 
-ryj ^fjvoj, ripubblicata nel v secolo c cheandava sotto il nome di Draconte. 
In essa appariva 1' antico diritto délia vendetta, ma temperato di molto 
(v. nostra nota « Sulla legislazione di Draconte », in Rendiconti d. R. 
Accademia dei Lincei, vol. X, p. 420 sgg.). 

2. Come nel diritto irlandcse (H. d'Aihois, cit. op., I, 181 sgg.). 

3. b. G., VI, 15, 5. Délia loro competcnza giudiziaria ci occupercmo più 
innanzi. 

4. Cf. anche Slrahon, IV, 4, 4. Q.uanto agli omicidi pres.so i Galati d'Asia 
Minore, Slrahon. XII, 5,1. 

5. Vedi, G. Bloch, in Histoire de France, I (1900), p. 56 sg. 

6. b. G., VI, 13, 6. 7. 



Qjicstioni di Diritto Celtico. 417 

immolavano agli Dei, corne i prigionieri di guerra', cosi i 
colpevoli di gravi delitti (omicidi, briganti, ladri)-. Ciô signi- 
ficava la diminuzione dell' antica durezza délia privata ven- 
detta 5, per r ingerenza délia casta rappresentante délia religione, 
in vece e in mancanza délia magistratura politica. 

Perô negli ultinii tempi anteriori alla conquista romana, la 
potenza reale dei Druidi era molto scemata, corne appare dalla 
minima parte ch' essi ebbero nello svolgimento délia grande 
catastrofe sallica-^. 



II 

Nel tempo di Cesare com' era la proprietà nella Gallia Tran- 
salpin a ? 

Prima di tutto è d'uopo discutere 1' opinione dell' illustre 
H. d'Arbois de JuhainvUle^, cioè che allora proprietà individuale 
fosse la sola mobiliare, e che quanto ail' immobiliare, esistessero 
particolari possessori, a titolo precario, dei suolo, rimasto ancora 
proprietà collettiva, dei Comune; e tali possessori fossero i 
potenti cittadini. 

Scnza fermarci intorno al confronto col romano « ager 
publicus » occLipatodai patrizi, il quale era proprietà dello Stato 
già fortemente costituito (mentrechè nelle civitates Galliche 

1. Vcdi anche Cicer., de rcpubl. III, 15 sgg. (per 1' a. 53). Questo inter- 
vento dei Druidi si collega con quelle nei rapporti di natura internazionale. 

2. b. G., VI, 16,5. — Diodor.,y , 32, 6 [daPoseidoaios . Le notiziedegli 
scrittori greci (come Diodoro, Tiniagene) sui Druidi risalgono a Poseidonios, 
che parecchie diocine di anni prima di Cesare, aveva visitato la Transalpina, 
osservato moite usanze e lasciatone ricordo nella sua opéra, continuazione 
delb Polibian.1. Non prendendo da lui, come crede H. d'Arbois, in Cours 
de littér. celtique, XII. 204; cf. 184. i38 (« Principaux auteurs de l'anti- 
quité à consulter sur l'histoire des Celtes »), ma per autopsia il grande 
générale e statista romano conobbe i costumi particolari dei Galli e 1' isti- 
tuzione druidica. 

3. Accanto rimaneva il diritto di uccidere il laJro in flagranza(b. G., VI, 
16, 5). 

4. Che deboU fossero cramai 1' autorità e il prestigio dei Druidi, si vede 
dalle continue guerre private nel tempo di Cesare. 

). Reclierches sur l'origine de la propriété foncière et des noms de lieux 
habités en France, Paris 1890 (= Comptes rendus de l'Académie des 
inscriptions et belles-lettres, 1887). 



41 s Franccsco Paolo Garofalo. 

cra quc.sto ancora incipiciite e dcbolc), esaminiamo gli argo- 
nienti addotti in sostegno délia rifcrita opinionc, per dimostrarc 
elle nessuno è fondato sui testi né é verosimile'. — Infatti, la 
mancanza in Caes. dei vocaboli tundus, villa non deve indurre 
a credere ail' inesistenza di proprietà rurali; del resto in Caes. 
si hanno i sinoninii ager, aedificium rispettivamente-. Ne il 
fatto che latine e dell' età romana sono le denominazioni dei 
donîinî fondiari, implica che questi non siano anteriori alla 
conquista; invece la spiegazione più ovvia è che tali nomi si 
latinizzarono dopo la conquista, corne i nomi dei proprietari 
Galli. 

Ne maggior valore hanno gli argomenti presi dalla storia 
degli Helvetii e dei Boii'. L'emigrazione Elvetica dell' a. 58 
non fu prodotia dal desiderio délie genti di lasciare le proprie 
sedi perché rette dal sistema comunistico, ma semplicemente 
dal desiderio o bisogno di terre migliori, tanto piû che aile 
attuali non erano attaccate, dimorandovi da poco tempo ■^. I 
Boii dopo l'insuccfsso dell' ora accemata emigrazione, si stabi- 
lirono nel territorio degli Aedui. In numéro di 11 mila circa), 
ebbero dagli Aedui, allora il primo popolo délie Galliae^, una 
parte di « ager » insieme con pari condizione « iuris liberta- 
tisque » 7; cioè furono a quelli « adtributi^ », e ail' occorrenza, 
prestarono seri servizi militari 9. Le terre loro assegnate si 

1. Conf. Fiistel de Coulantes, Le problème des origines de la propriété 
foncière, in Qiiestions historiques, Paris 1893 (= Revue des quest. hist., 
avril 1889), p. 104 sgg. Egli confuta la dctta ipotesi, corne anche il Ucrivaiii, 
La propriété foncière chez les Gaulois (in Annales de la Faculté des lettres 
de Bordeaux, 1889, p. 182 sgg.). 

2. Fiistel lie Coiilatiges, lav. cit., p. 113. 

3. L' esempio dei Galli Cisalpin! non dice nuUa, perché si riferisce ad 
età molto antécédente. Per altro vedi innanzi, pag. seg., nota i. 

4. Corne ammetta lo stesso H. d'Arbois, id., p. 119. 

5. Da 52 mila, quanti erano alla partenza (b. G., I, 29, 2). La cifra si 
ricava dall' approssimativo rapporto di 1/3 tra la cifra di tutti i partent! e 
quella di tutti i rimasti dopo la disfatta di Bibracte (v. nostro articolo « Suihi 
popoiazione délie Galliae nel tempo di Cesare «, nelki présente Revue, XXII, 
p. 228 sgg.). 

6. b. G., VI, 12. 

7. b. G., I, 28, 5. 

8. b. G., VII, 9, 6. 

9. Infatti nella sollevazione dell' a. 52 fornirono un contingente di 
2 mila soldati (b. G., VII, 75, 5), superiore, quasi più del doppio, alla 



Qucstioni di Diritto Celtico. 419 

prcsero forse da quella parte di suolo che la potente civitas degli 
Acdui, corne e più degli altri Cornu ni, aveva, accanto alla 
proprietà privaia ; ma farono divise tra i Boii, e d' ora innanzi 
non rimasero in comunc, ma diedero origine a particolari 
proprietà. 

L' ipotesi adunque del Prof. d'Arbois sulla comunità di tutto 
il suolo non si regge. Non v'ha dubbio che la forma più antica 
di proprietà privata è stata la mobiliare '. Ma nel tempo al quale 
noi ci riferiamo, si era estesa al suolo la nozione délia proprietà 
privata, per la maggior parte-, quantunque non si debba negare 
ch' esistessero tuttora non piccoli tratti di terra, di uso comune, 
ma nel futo sfruttati, in quelle condizioni sociali e politiche, 
dalle persone e fimiglie più potenti. Ma-per regola — il 
suolo era già divenuto proprietà privata. Questo si desume 
chiaramente da Caes. in quel passo dove, interrompendo la 
narrazione, tratta dei « mores » Gallici, ed evidentemente, di 
quelli maggiormente degni di nota (VI, ir sgg.)5. Ivi non 
accenna affatto ad un régime comunistico, che certamente, per 
la sua grande diversità dalla vita economica dei popoli civili a 
lui nota, avrebbe fermato la sua attenzione e sarebbe stato 
menzionato. Anzi venendo egli a parlare, immediatamente 
dopo, dei costumi dei Germani e délie loro più important! dif- 
ferenze dai Gallici (21 sgg.), fra queste pone principalmente 
il modo di vivere dei Germani barbari, dediti alla caccia e aile 
fatiche guerresche, e alieni dall' agricoltura (22, i). Di essi 
« neque quisquam agri moditui cal uni aut fines habet proprios », 



média circa degli altri contingenti, seconde k rispetliva popolazione (v. 
nostro articolo cit., p. 234). 

1. Cf. d'Arbois, lav. cit., p. 67, n. i. Lo stesso si vede per i Galli 
Cisalpini nei primi tempi : Polyb., II, 17, 11, dov' é detto che questi popoli, 
pur coltivando i campi (Jd., 10), conservavano ancora in parte le abitudini 
dclla vita nomade e avventuricra; onde non consideravano corne proprietà 
la terra, ma soltanto il bestiame e 1' oro, che ail' occorrenza potevano condur 
seco. Conoscevano cioè la sola proprietà mobiliare, ma ii^noriamo se pro- 
priamente individuale ovvero famigliarc, poichè alla parola « individuale » 
dello storico Megalopolitano non si puô dare che un signitîcato gencrico. 

2. Onde « pecunia » significava oramai qualunque oggetto, mobile od 
immobile. 

3. V. r edizioni Holder, Kîihler, Meiiscl (1882. 93. 94); e anche Ri'ce 
Holmes, Caesar's Conquest of Gaul (1899)... 



420 Franccsco Paolo Gcirofalo, 

perche esiste la distribuzionc anima, nuitevole delT agro, fatta 
dai capi (22, 2). 

Bisogna ora vcdere se qiiesta proprietà privata inimobiliare 
rimanesse ancora famigliarc o piuttosto fosse passata allô stadio 
individiuilc. Senz' addentrarci in uno studio che sarebbe cstraneo 
al nostro scopo, suUe varie forme délia proprietà e le loro origini 
e storia, ci basti osservare, che nell' antica organizzazione gen- 
tilizia, dclla gens (yivoç), avente naturalmcnte e ncccssaria- 
mente esistenza propria, di essa cra la proprietà (tamilia)^ che 
rimaneva inalienabile, e si trasmetteva per iinea maschile, 
senz' altro-. Ma oramai taie régime gentilizio aveva perduto 
tutto o quasi il vero contenuto e significato originario. 

Inoltre allora 1' agricoltura — come si legge di sovente in 
Cesare 5 — fioriva ed era il maggior fottore délia vita sociale, 
e da non poco tempo (a differenza da altri paesi, come la Bri- 
tanniadeir interno4). Specialmcnte il commercio e lo scambio 
del danaro era molto vivo^ ; la quai cosa implica che di libéra, 
individuale disposizione fosse non solo il capitale mobile, ma 
anche 1' immobile, perché quello sarebbe stato insuffi- 
ciente. 

Tutte questc sono argomentazioni non prive d'importanza, 
perô sempre indirette. Ma in Cesare potrcmo trovare la desi- 
derata soluzione del problema. 

Il grande scrittore, ch' è l'unica fonte attendibile, ci mostra, 
nella descrizione dello stato sociale, délia plèbe e dei nobili, e 



1. Dair csprcssioni corrlspondenti fra di loro » familia pccimiaqite », 
« doiniis familiaquc »... si riieva che pecniiia ebbe anticanicnte il significato 
di iloiiiiis, cioè del complesso di béni posti sotto la giurisdizione del paterfa- 
milias. 

2. Per tutto leggi, ma con !e necessarie cautele, Fiisld de Coiilauç^cs, La 
Cité antique. 

3. V. anche Strahoii. IV, i, 2, ove si dice solanienté, che per cffetto délia 
coiiquista romana ebbero fine le secolari abitudini bellicoso e faziose e 
rimasero esclusivamente le occupazioni agricole. 

4. b. G., V, 14, 2. 

5. Come si riieva anche dai culto che i Galli prestavano più che ad altri 
dei, al dio che Cesare (VI, 17, i) assimila al romano Mercurio, cioè al dio 
Celtico Lu2;us. 



Ouestioni di Diritto Ccllico. 42.1 

nella narrazione dci fatti, individualité potcnti ', e 1' esistcnza 
indubbici délia grande propricià. 

La proprictà individuale doveva essere costituita, ma in modo 
torse non del tutta sicuro e preciso, perché duravano tracce 
deir organismo gentilizio. Una conferma probabilmente si ha 
nel silenzio stesso di Cesare, che potrebbesi spiegare col fiitto, 
che non grande appariva la differenza agli occhi di lui, che si 
limitava a notare gli usi differenti dai romani, tra la forma dl 
proprietà Gallica e quella che gli era nota, del mondo classico-. 
Ma il fondamento délia nostra opinione si trova in quel passo 
di Caes. ove si parla délie attribuzioni giudizarie dei Druides 

(vr, 13, 5): 

I Druides « fere de omnibus controversiis publicis privatisque 
« constituunt, et si quod est admissum facinus, si caedcs 
« facta, si de hereditate, si de finibus controversia est, idem 
« decernunt, praemia poenasque constituunt ». — E (6. 7) 
infliggono la grave pena délia scomunica « si qui aut privatus 
aut populus eorum decreto non stetit ». 

Decidevano suUe coût r ave rsiae, cioè secondo il significato' 
che Cesare ha inteso dare, sulle liti o giudizi in génère. Erano 
esse puMicae e privatac^, vale a dire, d'intéressé pubblico, di 
un popolo intero, e di interesse privato, cioè di un individuo 
o di una famiglia >. Si riferivano a flitti penali e a civili. E' vero 
che secondo le idée giuridiche di quella società semicivile, i 
giudizi penali erano compresi fra i privati. Ma ci pare che 
Cesare taccia distinzione tra le due catégorie di processi e 

1. Cf. b.G.,VI. II. 13. 15. Ricordiamoil ricchissimo elvezioOrgetorix 
(I, 2 sg.) che aveva una familia di circa 10 mila uomini e numcrosi 
clientes cd obaerati ; l'Arverno Vercingetorix (VII, 4, i). 

2. Perô il nostro autore, per quanto diretto e acuto osservatore dclle 
usanzc dci barbari, non sempre poté o credette necessario od ebbe occasione 
di fermarsi a studiarle profondamente e diffusamente riferirle. E perciô la 
mancanza di ogni tenno di testamcnii e di vcndite (segni sicuri délia pro- 
prietà individuale) non significa nulla contre 1' esistenza di taie proprietà. 

3. Che non bisogna circoscrivere al senso tecnico di processi civili sola- 
mente (corne fa H. d'Arhois, id., 115). 

4. Cf. T3c; -i 'O'.djT'.y.aç -/.pi-jH'.; /.a-, -ri; zoivâ: di Stiahoii, IV, 4, 4, che deve 
aver attinto a Cesare. 

5. Xeir ultima parte del brano, a proposito délia sanzione religiosa onde 
i Druidi potevano far uso contro i disobbedienti, si ha 1' espressione « aut 
privatus aut populus ». 



42 2 Fraiicesco Paolo Garojalo. 

giudizi, chc a lui romano erano note ^ In fatti subito dopo 
parla : i" dcllc controvcrsiae per un facinus c una caedcs, e 2° di 
quelle per hereditas e per fines. 

Inoltre dalla frase « praemia poenasque constituunt » (sebbene 
formata di due terniini posti in contrasto generico) risulta, che 
il nostro scrittore ha voluto dare particolare rilievo alla parte 
criminale, poichè nei proccssi per hereditas, fines e simile 
oggetto non avrebbero ragione di essere le « poenae ». 

Venendo ai processi privai i veri e propri, vedianio che 
v' erano i processi di heredilas e di//zn-. Se 1' hereditas puô 
riguardare qualunque specie di béni, immobili e mobili, senza 
dubbio i fines si riferiscono alla sola proprietà immobiliare. Se 
ne deduce adunque l'esistenza dclh proprietà inunobiliare privaia, 
e per di più, individuale, particolarmente per conseguenza délia 
esistenza délie contese per eredità. 

Perô si fatta forma di proprietà non aveva ancora caratteri 
precisi, sicuri. Solo dopo la conquista romana si défini compiu- 
tamente la nozione délia proprietà individuale. 



III 

Se nel campo economico, ch' è il principale, la famiglia 
ccdeva, da tempo, ail' aftermazione, anzi alla prevalenza 
degl' interessi individuali, essa s' indeboliva scmprc più anche 
nella sua etica essenza. 

La « potestas » del paterfamilias, assoluta secondo 1' antica 
concezione délie stirpi indo-europee, durava anche presso i 
Celti; ma nell' età di Cesare era, nel fatto, attenuata non poco. 
In questo possiamo trovare analogia al diritto romano. Qui la 
patria potestà appariva sempre assoluta e perpétua (eccettuato 
il caso deir emancipazione dei figli) ; si poteva pur sempre dire, 
che in teoria susslsteva la « vitae necisque potestas » sui liberi; 
ma per 1' evoluzione naturale, le cose erano in sostanza assai 

1. Fer i tcsti, cf. Fusle! de Coulantes, cit., p. 104 sgg. 

2. Esscndo processi civili, crcdiamo superfluo fermarci a cunfutarc Topi- 
nione, chc si traitasse df contese per crédita régie o per limiti di tcrritori di 
popoli. 



Qucstioni di Diritio Celtico. 423 

mutate. Taie somiglianza fu, due secoli dopo, costatata, a 
proposito dei Celti d'Asia (o Galaii), dal giureconsulto Gaio^ 
il quale notô il divario fra il diritto celtico e il greco, cssendo 
per altro ellenica o ellenizzante la civiltà dell' Asia. Perô nelle 
consLietudini dei Galli contiiuiava una rigidità formale mag- 
giore, che doveva far imprcssione al conqiiistatore straniero^, 
e duré eziandio nel diritto irlandese e nelle usanze dei Galles 3. 
Quanto alla potestà sulle donne e alla loro condizione nella 
fliniiglia Celtica, è da premettcre, che se in contormità alla 
civiltà Aria, il matrimonio era monogamico, esistevano forme 
di poligamia 4 di fatto. Ma giuridicamente era ammessa la 
monoganiiasoltanto ^. Unicaniente délia moglielegittima(uxor) 
erano riconosciuti i diritti, e solo i figli di lei erano legittimi. 
Che la potestà dei padre di famiglia tosse assoluta suU' lixor 
corne sLii liberi, fu notato da Cesare^, ma in modo superficiale 
che rivcla un' osservazione, tratta dalle apparenze di un antico 
sistema, oramai nella realtà scarso, se non privo, di efficacia/. 



1. Gai. Instit., I, 35. Cf. Moinmsen, in Berlin. Festgabe f. Beseler (i885\ 
p. 268. 

2. b. G., VI, 19, 2. Fra gli usi più curiosi egli notô il divieto al figlio 
non pervenuto ail' età atta aile armi, di avvicinare o apparire al cospetto dei 
padre, pubblicamente (VI, 18, 3). 

3. Vedi H. d'Arbois, Études ecc, I, 242 sg. c 246 sgg. 

4. Particolare era un uso di poliandria, che Caes. (V, 14, 4) trovô presse 
i Britanni, consistente in ciô che « Uxores habent déni duodenique inter se 
« communes et maxime fratres cum fratribus parentesque cum liberis ; sed, 
« qui sunt ex his nati, eorum habentur liberi quo primum virgo quaeque 
« deducta est ». — Non era esso di tutti i Britanni, ma solo di quelli 
deir interno, diversi dai più civiii, abitanti presso le coste e somiglianti ai 
Galli. Trovavasi anche in Irlanda (Cf. specialmente Slrabon, IV, 5, 4), come 
anche oggi presso alcane popolazioni ([F. Nestlé, in Neues Korrespondenz- 
blatt fur die Gclehrten-und Realschulen Wùrttembergs, 1902, n° 12, p. 422 

sg-)- 

5. Cos! si conosce per 1' Irlanda fin dal 11 secolo d. C. (v. il racconto délie 
due figlie dei re Tuathal Techtmar), e in tempi più recenti (H. d'Arbois, 
Cours de littér. celt., XII, p. I7))- Non c' interessano qui i racconti o 
Icggcndari o storici délie donne galatiche Camma o Chiomara (I testi in 
Holder, Altceltische Sprachschatz, a qq. vv.) e quelli contenuti nella Ictte- 
ratura epica irlandese, dove si hanno esempi di fedeltà coniugale e di senti- 
mento d'onore, non dissimile da quello espresso dall' usanza dei Celti dei 
Reno di accertare la paternità di un neonato col deporlo sul fiume (Jiiliau. 
imper., op., 104 sg. 495, éd. Teubn. ; Aiithol. Gr., II, 24 sg., Did.). 

6. b. G., VI, 19, 2. 

7. Un uso antico, che doveva perô essere molto raro né coasistere sem- 



424 Franccsco Pdolo Garofiuo. 

Piuttosto, alla nioglie Ici^ittima vcniva assicurata una posi- 
zione che la taceva pari o quasi al niarito (vir), e le dava 
un' indipendcnza non minore di quella che aveva acquistata 
in Roma la donna negli ultinii tempi repubblicani. 

Oltrechè r esistenza personale \ era ail' uxor-nel diritto 
Celtico-garcntita la proprietà. Da ciô che la donna nelle Galliae 
deir epoca di Cesare non appare con attribuzioni religiose, 
politiche e militari ^ (a differenza dai Celti délie isole 3), non 
consegue neccssariamentc, che fosse sfornita délia capacità di 
ereditare e (// essere proprieiarin. La connessione fra questa 
capacità e quella di maneggiare le armi — ammesso pure che 
r ultima non esistesse nelle Galliae — non si puô applicare al 
caso nostro; perche se in età remote la donna, inadatta alla 
guerra, non poteva difendere e non aveva quindi dominio, lé 
condizioni délie Galliae ora non erano tali da richiedere asso- 
lutamente la detta relazione'K 

Il diritto di proprietà délia donna si puô costatare, special- 
niente con lo studio di un' importante questione riguardante i 
béni dotali, e che ora ci proponiamo di risolvere. 

Ecco il famoso passo di Cacs. (VI, 19, i), dove è lasciato 
ricordo dell' usanza relativa alla dote: 

« Viri, quantas pccunias ab uxoribus dotis nomine accepe- 



pliccmcnte in cio clic si dicc, è quelle mcn/.ionato dallo stesso autorc (VI, 
19, 5) : Che se moriva un notabile pater faniilias e sorgevano sospetti sulla 
sua morte, si sotto ponevano a processo le donne a mo' dei servi, e potevano 
essere torturate ed uccise. Fra le donne doveva forse essere compresa la 
stessa materfaniilias (?). 

1. In Irlanda 1' uxoricida è obbligato a pagare la zom^os'v/Àon^ {tV A rbois, 
Etudes sur le droit celt., I, 216 sg.). 

2. Nei Commentarii le donne non si niostrano partccipanti attivaniente 
agli avvenimenti guerreschi. 

^. In Britannia si vedono, alla mclà del P secolo d. C, donne con poteri 
militari e politici supremi. Es. le regine Cartimandua dei Brigantes, Bou- 
dicca degl' Iceni (Tacit., Ann. XII, 36. 40; XIV, 31 sgg. ; Hist., III, 45). 

4. Se in Irlanda un tempo la donna non era propiietaria e lo divenne 
più tardi, quando ebbe conseguito il diritto o fu sottoposta ail' obbligo del 
servizio nnlitare (corne si rileva dai testi giuridici e letterari, e lo stesso 
dicasi délia capacità di agire personalmente nei sequestri privati), qui abbiamo 
un' evoluzione particolare dell' Irlanda, che non puô valere uniformemente 
per i Celti del Continente (contrariamente ail' opinione di H. d'Arbois, Le 
droit des femmes chez les Celtes, in Nouv. revue historique de droit français 
et étranger, XV(i89i), p. 301 sgg.). 



Questioni Ai Dintto CiUico. " 42^ 

« riint, tantas ex suis bonis aestimatione facta cum dotibus 
« communicant. Huius omnis pecuniae coniunctim ratio 
« habetur fructusque scrvantur; uter eorum vita supcrarit, ad 
« cum pars utriusquc cum fructibus supcriorum tcmporLmi 
« pcrvenit. » 

Gli démenti costitutivi dell' istituzione sono : 

I. La nécessita délia « dotis constitutio » per parte délia 
moglie o di chi per lei. — Questo era il carattere essenziale 
del matrimonio legittimo ^ 

IL L'obbligo del marito di prendere dai béni propri un a 
parte équivalente (in base ad un' aestimatio = £v-'.y.r,7a70a'.) alla 
dote, e di porla in comune con questa^. 

Le due parti erano di béni tanto mobili (bestiame, danaro) 
quanto immobili [Pecuniae = omnes res3]. 

IIL L' amministrazione spéciale délie due parti messe 
insieme : consistente nel conservarne, e non toccare affatto, i 
frutti, i quali erano non solo del bestiame e di simili oggetti, 
ma anche del suolo, cioè il ricavato pecuniario dalla vendita^. 

IV. La pertinenza finale di questo « blocco », aumentato 
dei frutti raccolti per tutta la durata del matrimonio. Cioè in 
favore del coniuge superstite. 

Il matrimonio si scioglieva solamente per la morte di uno 
dei coniugi : questo dice il testo in maniera che non ammette 
dubbi ed obbiezioni 5. Benchè rara ed isolata, 1' esistenza 
deir istituto dell' indissolubilità matrimoniale non è assurda. 
Laonde non si puô parlare mai di « restitutio dotis » che nel 
diritto classico avveniva in déterminât! casi di dissoluzione 
naturale o civile del matrimonio^; anzi nel tempo di Cesarc, 



1. Corne nel diritto classico (cf. Leist, Graeco-itnl. Rechtsgescliichte, 
lena, 1884, p. 7s sg.). 

2. Non trattandosi perciô che di una parte dei béni rispettivi, non si puô 
parlare di un vero e proprio régime di comunità (CoUinet, Revue Celtique, 
XVII, 327). 

3. Gai., III, 124. 

4. Ftistel de Coiilanges, Recherches, tcc, p. m sg. 

5. Per quanto superficiale possa essere stata 1' osservazione dello scrittore 
su questo punto, siamo dinanzi a un fatto inoppugnahile. 

6. Da consultare, fra gli altri, Darcmbcrg et SagUo, Dictionn. d'Antiq. gr. 
et rom. (artic. del Caillemer per il diritto ateniese, e del Baudry per il 



426 Franccsco Paolo Gaiofalo. 

pcrquanto indeboliti fosscro i Icgami Rimigliari, non si garcntiva 
la donna se non con 1' « arbitrium rci uxoriac », chefinalmcnte 
con la legislazione di Aiigusto si trastormô in una vcra « actio » 
pcr la restitiizionc dclla dote in vantaggio délia moglie'. Ncl 
nostro caso, si ha iinicamente e sempliccmente alla morte di 
uno dei coniugi, il passaggio di tutto al sopravvivente. 

Adunque la riferita consuctudine, che dovette fare a Cesare 
grande impressione, si allontanava molto dagli istituti romani, 
perche non aveva lo scopo di aiutare il padre di faniiglia in 
perpetuo e definitivamente (come nell' antico diritto romano) 
ne di .sopperire temporaneamente ai bisogni délia vita comune 
matrimoniale, durante l'unione. Ma non puo averne avuto 
altro se non che di assicurare i béni délia moglie, ed inoltre, 
anzi in primo luogo, di provvedere ali' utile dei ligli. 

Durante il matrimonio, Tamministrazione dei predetti béni 
apparteneva direttamente al marito, ma con la necessaria coo- 
perazione délia consorte, che n' era anch' essa, virtûalmente, 
proprietaria. Non si trovava quindi costei nella condizione 
délia donna romana « in manu ». Era e poteva cssere propric- 
iaria, e non soltanto délia dote e dell' équivalente contribuzione 
maritale (cioè comproprietaria nel corso délia vita coniugale, 
proprietaria dopo la morte dei marito). Perocchè è possibile 
che la donna Gallica avesse béni propri oltre délia dote, extra- 
dotali, cioè i paraphenialia, prima che questi fossero introdotti 
nel paese per influsso romano. 

La nostra opinione si appoggia sulla probabilità, che anche 
nelle Galliae esistesse per la dote un maximum, lîssato se non 
dalla Icgge, dalla consuetudine^; e sulla esistenza di parafernali 
nella Bretagna e nel Galles'. Oltracciô dalla notizia di Ulpiano 
(ad Sab. L. 9, § 3, de Jur. dot. Dig. XXIII, 3), che i Galli 



romano); Fo/j,''/, Rom. Rechtsgcsch., I, 783 sgg. ; II, 553 sgg. Ciig, Les 
institutions juridiques des Romains, I, 496 sg. ; II, 103 sgg. 

1. Cf. Cii(j, op. cit., II, 103 sgg. 

2. Cosi p. es. per il Galles (cf. Dareslc, Nouv. études d'hist. du droit, 
p. 358 sgg.). Forse dai Galli Massilia prese i! costume dei maximum dotale 
e io coditicô {Straboii, IV, i, 5). 

3. Colliih'l, Revue Celtique, XVII, 332 sg. ; //. iVArhois, op. cit., I, 236 
sg. Nella Bretagna dei i» secolo d. C. le tiglie, in mancanza di maschi, 
ereditavano. 



Qucstioiii di Diritto Ccltico. 427 

dcnotavano col vocaholo peculiuin i -xpxotp'/x dei Grcci, seguc 
— amraessa l' esattezza del testo^ — che questo termine pccu- 
liuin, benché non del tutto proprio^, sarebbe stato spéciale dei 
Gain. Ma giacchè esso appare altrovc col medcsimo signi- 
ficato (fragm. Vatic, § 112), c da ritenere che nel passo in 
questione si parlasse o per espriinere compintamente il con- 
certo, si dovesse parlare di un istituto particolare dei Galli, 
preromano. 

Da quanto si è detto, potrebbesi dedurre un fatto importante, 
cioè la parità giuridica délia moglie al marito, anche presso i 
Galli. Sericordiamo che nel diritto irlandese (diritto anch' esso 
Celtico, immune da influsso straniero) la rispettiva posizione 
dei coniugi variava seconde il rapporte dei béni, e si aveva la 
parità di condizione nel caso di uguaglianza di fortuna', ci è 
permesso aflermare, che l'obbligo o vantaggio délia parità dei 
béni da mettere in comune si connctte con la parità giuridica 
dei coniugi : cioè quello fu posto per conseguire questo fine, e 
conferma appunto ciô che già dicemmo, dell' uguaglianza di 
diritti, almeno per la parte economica, dell' uxor rispctto al 
coniuge. 

Non sarà inutile finalmente qualche altra osservazione. 
L' analizzata regola Gallica ha una certa corrispondenza con 
r uso che si trova in legislazioni primitive*, dei doni (ocôpa) 
del marito (p. es. presso i Cantabri) ; ma ha délie partico- 
larità che la distinguono da ogni altra. 

Nel diritto romano si aveva 1' istituto detto « donatio ante 
nuptias », consistente in una liberalità del fidanzato, e nel 
quale Cesare non poteva trovarc nessun'*analogia ail' istituto 
gallico. Più tardi perô questa donatio venue ad acquistare grande 
importanza. Si avvicinô sempre più alla dote per diventare 

1. Vedi Brciiwr, Zcitschrift d. Savignv. Stiftung, Rom. Abtheil., II, 

2. CoIHiiet, art. cit., ^,31 sg. 

3. Allora il matrimonio si denominava Comtincur. Vcdi H. d'Arl>ois, 
Nouv. revue hist. de droit, XV, 304: Études sur le droit celtique, I, 227 e 
229 sgg. 

4. CoUiiiet, cit. lav., 322, che dimostra non esservi relazione fra la dona- 
zionc Gallica c il « douaire » francese, dcrivato invece dalle costumanze 
Germaniche. — Puoi inoltre leggerc d'Arbois, Etudes, ace, I, 232 sgg. 



428 Francisco Paolo Garojalo. 

un' altni dote; e cio allô scopo di reiidcrc niigliorc c più garen- 
tita la condizione economica dcUa donna. Il suo valore tu tissato 
a meta délia dote, per i paesi dell' Oriente (seconde il libro di 
diritto Siro-romaiio) ^ Finchè Giustiniano non ebbe stabilito 
corne principio assoluto in qualunque caso, 1' identità del 
valore dclla iios con quello délia clonatio (chiamata ora « propter 
nuptias »)-. 

Su queste innovazioni hanno influito senzadubbio i costumi 
giuridici dell' Oriente?, fin da Costantino, e specialmente dal 
V secolo, mentrechè in Occidente, cioè nell' Occidente civile, 
non esistever la nécessita délia o^pr^ e dei l^zzy.'^. Noi notiamo 
soltanto, che 1' uso necessario délia dote e délia donazione, 
anzi del loro perfetto equilibrio, esisteva in una parte dello 
Occidente, sei secoli prima di Giustiniano. Se non è lecito 
credere ad una diretta relazione fra il costume Gallico e la 
misura générale Giustinianea, é innegabile che taie costume 
non era proprio del solo Oriente, ma era invece diffuso e 
antico. 

Per effetto délia conquista romana, grande fu il mutamento 
nella vita civile e politica dei Galli, con inestimabile buneticio 
générale. Segui la trasformazione del Cantone in Civitas del 
tipo romano; con l' introduzione sempre più ampia del diritto 
romano5 scomparvero successivamente le istituzioni e usanze 
incompatibili^. 

1. Cod. Paris, p. 40; cf. Milleis, Reichsrecht u. Volksrecht, p. 256. 
Ciô aveva luogo nel solo caso di matrimonio dette k'yyiiaso;, che differiva 
dall' ayoaso; in sostanza per la çï,':;vr| e i ooicsâ (vedi St. Brasslo/f, Zur 
Kenntniss des Volksrechtes in den romanis. Ostprovinzen des rôm. Kaiser- 
reiches, Weimar, 1902, p. 70 sgg.). 

2. Nov. 97 ; e anche il cit. libro Siro-romano (cod. P. 40, Arab. 51, e 
Arni. 45). Dei moderni scrittori cf. Cuq, o. c, II, 810. La riferita misura 
non era liniitata alF Occidente soltanto; onde non esisteva più difterenza 
tra r Oriente e 1' Occidente quanto al rapporte fra la donatio e la dos. 

3. Vedi M. Foiot, Rôm. Rechtsgesch., lll (1902), p. 239. 

4. lirasslojf, opusc. cit., 90 sg. 

5. Che prima si applicô aile città romane e latine, indi man mano aile 
altre. Puoi cf. Gilsoii, Le droit sous la domination romaine, 1900. 

6. Alcuni particolari costumi rimasero, conciliati coi principî giuridici 
romani. Intorno ai fidecommessi si puô osservare, che se fin nel tempo di 
Ulpiaii. era permesso redigerli in lingua « gallicana » (Dig. XXXII, tit. I, 
De leg. et fideiconmi., § 11), ciô doveva essere in corrclazione con qualche 
particolarità intrinseca ail' istituto niedesimo. 



Questioni di Diritio Celtico. 429 

Si afFermô incontrastata 1' autorità dello Stato ^ ; furono 
salvagLiardati gV interessi di ognuno e di tutti; e la proprieta 
divenne definitivamcnte e interamente individiiale-. 

Napoli, agosto del 1903. 

Fraiicesco Paolo Garofalo. 



1. Il Collegio dei Druidi finalmcnte scompar%'e. Le attribuzioni giudiziarie 
furono certamente le prime o tra le prime ad essere soppresse. 

2. Da suddivisioni del territorium (délia civitas) e del pagus sorge il 
« fundus )) gallo-romano col suo ager e le sue villae, ch' è la base del 
catasto e dell' imposta fondiaria sotto 1' Impero. 



Revue Celtique, XXIV 2g 



NOTES SUR AR FUKNES AC AR JAGRIN 



Rev. Celt., XXIV, 258, v. 2, ct(a) cn-eus, lisez (c)ta cn-em 
(enem, signe des verbes réfléchis). *Et' pour cia donc est aussi 
insolite que 1a est connu, cf. mon Glossaire moyen-breton, 
p. 21, 325, etc. ; on le trouve au vers 23 de notre texte. Nin 
... en-ens voudrait dire « nous avons » (rencontré), ce qui 
n'aurait pas de sens ici. Voir une faute du même genre, au 
v. 48. 

V. 6, 1. ni (a) so. 

V. 7, supprimer la ponctuation finale (Dieu a dit que... 
seraient). 

V. 8, 1. a(c ar). Pour la suppression du second article, cf. 
les vers 121, 122; c'est le premier qui est sous-entendu, au 
V. 118. 

V. 9, mal rythmé, qu'on peut rétablir ainsi: Hola 'ta, via 
mignon, tavomp hrerna 'r pennad. Voir v. 98. 

V. 10, texte et traduction impossibles. Il doit y avoir (rac) 
me voel eru... boas, je vois arriver... encore. Hoar n'est donc 
pas pour voar sur (p. 256), cf. v. 72. 

Le personnage Ar Joaiislcd, annoncé par les mots cnr 
hamarad un camarade est, dans toute la pièce, un être masculin ; 
au lieu de « la Joyeuseté » il faudrait « le Plaisir ». Cette 
petite rectification eût pu prévenir la distraction singulière 
relative au mot paoïir, entre les v. 87 et 88. 

V. II, 1. penos (a) ra. 

V. 17, p'ini est le trécorois pini écrit par quelqu'un qui y 
sentait une réduction de pehini. Pa (pour 7110) oc'h cii:^ biiii 
n'eût jamais abouti à p'ini oc'h eus. Cf. pini, v. 34. Ces variantes 



Notes sur Ar Furncs ac ar Jagrin. 45 1 

graphiques n'ont aucune importance ; voir la remarque au 
V. 44. 

V. 19, 1. me yel(o) ganach. Le fontastiquc f^^/;;«r/; (cf. p. 256) 
appuie la correction du v. 10, qui suppose une confusion 
inverse entre a et u. 

P. 260, V. 20, eun Doue = « un Dieu », c'est-à-dire tout 
simplement « Dieu », cf. Gloss. 732. 

V. 21, la rencontre avec le vannetais cit est fortuite. Peut- 
être taut-il lire vit. La syncope *serigin est inacceptable; de 
même pour toutes les autres de ce genre, admises sans un seul 
indice sérieux. 

V. 22, 1. (cll)Ics. 

V. 24, 25 := « Mais avec toi (littéralement « pour avec 
toi ») je ne parlerai plus, et ne ferai pas un pas en ce monde 
jamais ». Sur cet emploi de cvit^ pour, cf. mon Glossaire moyen- 
breton, p. 227, 228. Er n'a rien de vannetais, c'est une notation 
de eur, un (on prononce er dans une partie du Léon). Voir 
V. 68. Ne vin quel n'a jamais voulu dire « je n'irai pas ». 

V. 27, mal rythmé, qu'on peut corriger ainsi : a [me\ ne 
delesin bi(rvi)qiien ar voutaillal. 

V. 28, 1. A-te ive, (ma) mignon. 

V. 29, lis. probablement [bars] ervro. 

V. 30, 1. assîir, mar d-out den giie, certes, si tu es un homme 
gai. Cf. assnr, v. 54; gue, Rev. Celt., XI, 189, 190, Gloss., 
250. 

V. 33, 1. er bed (man) anlieramant (peut-être à l'origine er 
bed man en antier). 

V. 34, ]. (pini) ou (pini a)... guainaret (quamarat). 

V. 36, 1. (di)leset; anoys est peut-être pour d/wjv. 

V. 37, 1. (an) divertessamanchou. 

V. 38, 1. me (a) so. 

V. 39, treo deiis a-re vravan = choses des plus belles. 

Y. 41, l. (a) so (eii)n; ou peut-être a so eun ... (0 h-eus). 

P. 262, V. 42. En rétablissant eun (et non eur), on a un 
vers mal rythmé. Il pouvait y avoir gante (oll), oi\ g rit (-hu). 

V. 43, 1. pe quent (pour abars) fin pue p(e:^)oqucuu (c)u-o 
calon. 

V. 44, 1. probablement sellet ma abit [me] (en) quichen (a). 



4? 2 E. Ernault. 

Abit veut dire « habits, habillement » et non « manière de 
faire ». Après en qiiichen on ne met point la prép. a; le 
copiste a voulu dire o hini o taou, « auprès des vôtres, tous 
deux », cf. V. 36. Pour la notation, cf. bciis vous avez, 

V. 41, rr: och eus, IJ. 

V. 45, 1. ac c-veljet neiise a ne d-on quel otro = et vous verrez 
alors si je ne suis pas un monsieur. Il n'y a pas de verbe *evelf- 
ni *evel-, imiter. 

V. 46, 1. prob. Nan ne n-cus quet \)iep lecb]cr hed niau, ()iia) 
mignonet. 

V. 47, 1. a-ne... ana(va)i ; cf. vers 73. 

V. 48, 1. d-en-eui, cf. v. 2. La construction est irrépro- 
chable; cf. dihoaUit da oher foJIénte:^^, gardez-vous de fliire folie, 
dict. du P. Grégoire, etc. C'est *diounIit eus gJ or i fi an qui aurait 
besoin de garant! Il n'y a donc rien de vannetais dans la 
syllabe de. 

V. 49. Il n'y a pas à séparer pe-ot ramant, cf. paut ramant, 
petramaùn, Gloss., 466. Coefet = vous tomberez, cf. e-veljet, 
V. 45. Er = dans le, ce qui est la forme commune. Son e 
pouvait disparaître dans la prononciation, à moins que paner 
n'ait remplacé un autre mot {sac'b, sac) ? 

V. 50, 1. mado (a)Ues (a) dremen. Dreist peb iiii signifie « à 
côté » plutôt que « à portée » de chacun. 

V. 51, il faut quelque chose comme a goudechom \bep iiuvit] 
d-o bisitan (e)n-o-~y « et après reste sans les visiter » ; cbom da 
ne veut jamais dire « cesser de ». La syllepsc qui fait accorder 
un verbe au singulier avec un nom au pluriel (inado, les biens 
personnifiés = la Fortune) se retrouve aux v. 96, 97. 

V. 53, 1. boni (a) gont ase cojou [/;a] ne, ou [pere^ n(e). 

V. 54, 1. me (a)m-eus. 

V. 57, 1. (e)n-or. 

V. 58, 1. eo (o)r... (ac) ive, ou peut-être (eo) or, et ac i(v)e, 
cf. eil, V. 21 ? 

V. 59, 1. dre ar bed \man]. 

P. 264, V. 60, e SeJcno serait « ses Silènes » et non « son 
Silène »; encore attendrait-on *Selencd. Je suppose plutôt tme 
erreur pour leseno, lois. 

V. 61, di-me, a corriger en d-in. 



Notes sur Ar Fûmes ac ar Jagrin. 433 

V. 64. Langue et métrique sont invoquées à faux. Anesan 
=■ sans lui, de ânes, sans, Gloss., 444. La locution hep anesan 
est insolite et donnerait d'ailleurs ici aman, comme à la ligne 
précédente. C'est le second hémistiche qui doit s'allonger: ni 
ne d-omp \iii\ nctra ? 

V. 65, doens, 1. prob. deveiis. 

V. 66, 1. ar paour, (ac) ar pinvidic, ou ac ar pinv(id)ic, 
en car g[u]ir, [an dud] tout (tous les hommes). 

V. 68, nie a guiniad (pour gnimiad, peut-être guinviad) oii^^ 
och = je vous dis adieu, je vous quitte. No h-eus quel = vous 
n'avez pas; er doit être pour eur (une même opinion), cf. v. 
25. 

V. 70, 1. partout [ol] ? 

V. 71, très corrompu. Ce qu'il y a de sûr, c'est que me a so 
ne veut point dire « j'ai », et que al n'est pas l'article devant 
gont. 

V. 72, 1. nie (a) so\ da est probablement pour dre. Ya oui 
a deux syllabes, comme ia, Bue:{ ar pêvar mab Enion, Morlaix 
1866, p. 25, 66, 169, 182, etc., cf. Rev. Celt. xiii, 356. 

V. 73, 1. ana(va)t, cf. v. 47. 

V. 75, 1. e-noas \a\ ractal (nu et immédiatement)? 

V. 78, 79, 1. a partout (e-)lech ma ban-e cavan mignonet (Ac) 
a bartag maleur... (e)vel =^ « et partout où je vais je trouve 
des amis qui partagent leur malheur avec moi. » C'est un peu 
loin de la corneille qui chante, etc. : il faudrait en ce cas ma can 
ar gavan... e maleur. 

V. 80, voir V. 94, 95. 

V. 81, evit ar à corriger en d-ar. 

V. 82 = qu'il sera par moi enchaîné. 

V. 83, 1. me assur ne allô (ne)mert. 

P. 266, V. 84, 1. Demp [ta] ? 

V. 85, on Sa l ver, à corriger en Jésus on niestr? 

V. 86, er, à corriger en dre ar ? 

V. 87, le premier hémistiche à corriger a da rei e venno\} 

Dans l'indication scénique qui suit, en paour = en pauvre, 
en habits de pauvre; jamais ce mot n'a signifié peur. Sur les 
représentants de cette dernière famille romane en breton, on 
peut voir Gloss., 644, 645. 



4^4 ^- f'^^'^iUilt. 

V. 88, 1. a piou (a) ni je. 

V. 89 = réduit à un état si misérable. 

V. 90, l. despignel (co). 

V. 91, cviî devrait être ober, ou quelque autre verbe. 

V. 92, 1. l avare t ; =:= il y a, certes, quelque temps, il m'avait 
été dit. 

V. 93, pas de point final. 

V. 94, 95, 1. (Penos) a vije bel émet ganin a dra serieii Ar 
pes a sa cruel. Pa ra Doue (d-iii) sclerigen = « que m'arriverait 
assurément ce qui est arrivé. Quand Dieu donne (sa) lumière ». 
La rime prouve que scJeripn est une fliute (sertiii, v. 80, est 
une variante possible de serien, cf. GIoss. 102, 103, mais mau- 
vaise à cet endroit, la rime étant également en f;/). 

V. 96, 97, 1. reson so da la(va)ret \d-in\ penos ar niado Ne 
chomje quel atao gant ar memeiis (met ma) Otro = on a (eu) 
raison de me dire que les biens ne resteraient pas toujours avec 
le même maître. D-in avait passé, par erreur, au vers précé- 
dent. Met ma doit être de même une méprise provenue des 
mots mes me qui commencent le vers suivant. Voir v. 50, 51. 

V. 98, 1. aman au lieu d'amoîi (cf. holo, v. 9, à lire bola). 
Voir V. 115. 

V. 99, 1. mont (a) ran d-o saJndin. 

V. 100, 1. la(va)rel : ebien a trois syllabes, comme he bien 
dans Tragédien sant Gnillarni, Movh'ix, 181 5, p. 31, 38, etc. 

V. 102, 1. (a) voa. 

V. 103, 1. setn [en] (e)ii-enn état [so] ; car il est peu probable 
qu'on ait prononcé Ve de pitoyable. 

V. 104, 1. me (a) m-eus song mad = je me rappelle bien. 

V. 105, me est à changer en ma: « si j'avais voulu suivre 
cet avis » ; autrement il y aurait car je. 

V. 107, 1. prob. n-oa quel tolet voarnon Paoïireiite c hriffo. 

P. 268, V. 109, 1. (di)gantan. 

V. iro, assistans a dii remplacer siconr. 

V. III, 1. (e)vidoi)ip. 

V. 112, ebars, faute pour abers. 

V. 114, <;^();// est à lire goiit ; cf. v. 119. 

V. Il), divaad, sans doute pour divoad ; cf. v. 98. 

V. 117, rajeslan est une corruption, peut-être purement 



Notes sur Ar Furnes ac ar Jagrin. 435 

graphique, de rejistah, variante de re:{ista, en moyen bret. 
n'sislaff. 

V. 118, 1 19 = « et aussi bien pauvreté et même la douleur 
devront toutes mourir et quitter la terre ». Tout est à lire tout ; 
cf. v. 114. 

V. 121, doe à corriger prob. en deiis ; 1. a(c ar), voir v. 8. 

V. 122, 1. (a)r Baourente. 

De ces notes résultera, je l'espère, la preuve que l'auteur 
de la pièce en question, pauvre poète assurément, mettait 
pourtant la césure classique au milieu de ses alexandrins, et 
qu'il ne faisait subir aux mots de sa langue ni mutilations arbi- 
traires, ni constructions barbares. 

E. Ernault, 



TABLE 



DES PRINCIPAUX MOTS ÉTUDIÉS DANS LE TOME XXIV 
DE LA REVUE CELTIQUE'. 



I. Gaulois ou viEux-CELTiauE, 

ET OGAMIQUE. 

(Voir pp. 75-83, 102, 112, 118, 119, 
164-169, 210-212, 218, 221, 223, 229, 
251, 2Ç2, 5H, ;i5, 518, 330, 337.) 

aball-, pomme, 115. 

-acos, 2 10, 211, 295, 296. 

Aliso, 225. 

Allobroges, ceux d'un autre pays, 

émigrés, 168, 169. 
ambi-, 408. 
Andesagina, 216. 
Anextlomari, i 12. 
are-, 408. 
Arebrigium, 408. 
aremoricus, 327. 
BAI .'' 114. 

bardes, barde, poète, 254. 
bebr-, castor, 2 10. 
Bebrona, 216. 
Belgae, 168. 
Bibracti, 1 16. 
Biraci, 1 19, 340. 
BOI? 114. 
Boiacus, 2 10. 
Bracatu'm), culotté, 342. 
Bratuspantium, 2 10. 



Bpaùov, 211. 

Briamail, 229. 

-briga, 210, 211. 

-brigium, 408. 

caium, enclos, 299. 

CALUS? 1 I 4. 

Cameius, 1 1 2. 

candetum, mesure de surface rurale, 

317, 318, 338. 
Capedunum, 2 10. 
Carantillus, 211. 
Carantocus, 104. 
Caratacus, 104. 
Carentonna, 211. 
Kaaa'.Ta/.o:, 337. 
Catacus « guerrier », 229, 340. 
Cavaros, 220, 221, 232. 
CEUSAs, 113. 
Cintullus, 211. 
Cintusmius, 112. 
Coinnagi, 1 19. 
Comontorios, 220, 232. 
Cunopennus, 2 1 2. 
cvis? 114. 
Dagomarus, 340. 
dervo- « chêne », 327. 
Drappus, 211. 



I. Cette table a été faite par M. Ernault. 



Table des principaux mots étudiés dans le tome XXIV . 4^7 



Dubnae, 1 19. 

-dunum, 212, 218. 

Epamanduodurum, 168. 

Esus, 102. 

Flou, 229. 

Gentil, t 1 2. 

giamon « mois d'hiver », 315. 

Gippa, I 12. 

Gobannion, 228. 

Grannus, i i 1 . 

Iccius, 340. 

Illiomarus, 340. 

LABARACI ? 114. 

leuga, lieue, 5 1 7. 

Lovernios, 210, 218. 

Lugu-, 209, 212. 

Lugudunum, 21 2. 

Maccutreni, 229. 

Maddacatus (les deux d barrés), 112. 

-magos « champ », 293. 

MAaui, du fils, 113, 114. 

MAaUITRENI, 229. 

-maros « grand >■>, 293. 
Mediolanum, 101. 
Menos, 2 lo. 
MEUTiNi, 113. 

Moridic « magnanime », 228, 229, 
3S8. 

MUCCOI, 113. 

Neutto, 1 18. 

Osa, 230. 

Osismii, 288, 289, 294. 

Ossismii, 294. 

Oxismii, 294. 

Parisii, 167. 

Petrucorii « quatre bataillons », 167. 

Pictavi, 167. 

Randosatis. 340. 

Reburrus? 232. 

Ricoria, 340. 

Rigisamus, 340. 

Sabrina, 1 i 5. 



SALiciDUXi, 229. 

samon « mois d'été », 315. 

Sanomus, 216. 

Satta, 112. 

Sauconna, 221, 230. 

Sequani, 168. 

Sextani, 364. 

Sextanmandui, 364. 

Sextantio, 364. 

Sextantius, 364. 

Soucona, 221 , 230, 231. 

-spantium, 210. 

Tarodunum, 212, 213. 

tarvos, taureau, 227. 

Tegernacus, 229. 

Teutates, 1 16. 

Titalvis, i 19. 

TORAEs? " monument »? 113. 

Tricasses, 101. 

TJÀr], TjÀ'.;, 220. 

Turnos, 211. 

Uxama, 294. 

Uxantis, 295 . 

Uxisama, 294. 

Vasso Caleti, 209. 

Vectit..., I 19, 340. 

O'JcV'.TOQjTa, 119, 340. 

( )jYjZ0J'J.7.Z,rj; , 537. 

Verdunum, 211. 
Vesontio, 101. 
vindo-, 211. 
Viredonis, 1 19. 
voBARACi? 114. 
Volcae, 169. 

II. Irlandais. 

(Voir pp. 42, 47, 49, 51, 55, SI' 65. 
68-70, 98, 181, 183, 185, 189, 193, 
19s, 202-207, 225, 27J, 277, 279, 
281, 285, 286, 287, 306-308, 329, 
345, 366-368, 573, 394. 404-407-) 

-ach, collectifs, 217. 

adroneestar, il a attendu, 226. 



45S Table des principaux mois étudies dans le tome X'XIV . 

al, timide, 217. cirgach, fait d'armes, 20^. 

Alba, Grande-Bretagne, 122, 229. Clydagh. 22S. 

amdin, amhain, seulement, 389. 

an, rapide, 2 1 7. 

an, splendide, 2 17. 

Ana, Anu, 526. 

anamchara, directeur de conscience, 

107. 
apaig, mûr, 217. 
ar, dit-il, ]<^\. 

-ar-, -er-, préfixe de parfait, 70. 
arco, je demande, 527. 
arneutsa, j'attends, 226. 
arruneastar, parce qu'il a attendu, 

226. 
arutneithiussa, je t'ai attendu, 226. 
atfét, adfét, il raconte, 213. 
attrùagh, très misérable, 68. 
ballrad, membres, 204. 
bân, blanc, 41 2, 
barr, domination, 409. 
beist, bête, 106. 
bi (ro — ), il frappa, 409. 
bir, broche, 335. 
blâithe, fleuri, 2 17. 
bràthir, frère, 298, 299. 
bretli, sentence du brehon, 214. 
bri, colline, 408. 
brot, aiguillon, 409. 
bru, ventre, 1 70. 
cailech, coq, 215. 
caille, manteau, 106. 
cairde, amitié, 105, 106. 
Carthach, 104. , 

casair, grêle, 299. 
cathar, guerrier, 204. 
cathir, ville, 298, 299. 
ceas, repos P 390. 
cel, mort, 286 

cenchossach, têtes et pieds, 217. 
cet, cead, permission, 224. 
ciall, amas, 360. 



coïc, cinq, 171. 

corcarda, de pourpre, 205. 

Cothraige, Patrice, 107. 

crannog, 228. 

Curnén, 3 50. 

dalte, disciple, 106. 

doagaim, j'emmène; je saisis, 123. 

dia, dieu, 327. 

doe, lent, tardif. 170. 

do uccim, je sais, je comprends, 171. 

druine, broderie, 2 1 7. 

eclais, église, 106. 

écomnart, faiblesse, 69. 

esca, lune, 106. 

fera, quantité ou valeur suffisante, 

1 22-1 24. 
ferb, vache, 227, 535. 
ferb, mot, 286. 
fertas, fuseau, 327. 
fir, vrai, juste; légal, ayant la valeur 

exigée par la loi, 121-126. 
frithaire, friothaire, veille, 340. 
fu-, fo-, sous, 2 14. 
fugell, jugement, promulgation de la 

sentence du brehon, 214. 
fûrthain, quantité, valeur suffisante, 

123, 124. 
gadar, basset, 206. 
Garmon, Gorman, 328. 
gell, gage, enjeu, 21^, 215. 
giallus, état d'otage, 206. 
glé, éclat, 206. 

grauberla, langue du corbeau, 555. 
hirna, cerveau? 287. 
icht, clan, 122, 125. 
indiu, aujourd'hui, 521. 
in-made, en vain, 224. 
ith, bouillie, 327. 
labar, arrogant, 2 1 7. 
laigiu, moindre, 409. 



Tdblc des principaux mots étudiés dans le tome XXIV . 459 



lap, boue, 2 17. 

li sûla, couleur d'oeil, brillant, 124. 

madach, inutile, 224. 

mam, main pleine, 410. 

mer, fou, 3 ^4. 

merb-, pourri, flasque, 308, 309. 

merbigim, je pourris, 306-309. 

midiur, je juge, 215. 

mleith, soin aux bestiaux, 217. 

mod, façon, 287. 

Mogarman, Mogorman, 328. 

monaistir, mainistir, mainister, mo- 
nastère, 106, 107. 

montar, muinter, famille, 107. 

Morrfgan, 325. 

muide, muid, 106. 

Muma, Munster, 229. 

nathir, serpent, 299. 

on, défaut, tache, 2 17. 

onôir, honneur, 343. 

or, plaidoirie, prière, 217. 

Orrtanain, Jourdain? 392. 

Pangur Bân, 412, 413. 

Patraicc, Patrie, 106, 107. 

pennit, pénitence, 106. 

pupall, tente, 1 10. 

ro-, préfixe de parfait, 225. 

rogabus, j'ai pris, 226. 

roguin, grand carnage, 287. 

sacarbaic, sacritice, 106. 

sâith, souffrance, 111. 

samhlâ, distance parcourue en un jour 
d'été, 393. 

scolb, sgolb, éclat, copeau, 1 1 5. 

seiss, il s'est assis, 226. 

sethar, fort, 3 58. 

sethar. de la sœur, 298. 

siasair, siassair, il s'est assis, 226. 

sith, long, 5 58. 

Sithchenn « longue tète », 207. 

sochar, conditions honnêtes, 124, 
125. 



tathchur, taidchur, retour, 406. 

-timmarnad, il fut commandé, 70. 

ticsaim, tiscaim, je retire, 1 1 . 

ti'scébad, il tirerait, 11, 12. 

Torrian, ?6i. 

tréicim, j'abandonne, 363. 

trû, mort, 224. 

tucsat, ils portèrent, 98. 

tugadar, ils portèrent, 98. 

Tundal, 1 10. 

uibne, petit vase à boire, 217. 

uile iceadh, gui, 34^. 

uinge, once, 106. 

ulcha, barbe, 221, 229. 

III. GAÉLIQ.UE d'Ecosse. 

aithne, connaissance, 322. 
caïman, colombe, 322. 
nead, nid, 322. 
uilic, uilioc, gui, 345. 

IV. Gallois. 

(Voir pp. 99, 361-363.) 

aes, bouclier, 292-294. 

Aes, 292. 

aesfa, endroit de refuge, 293. 

ais, eis, flancs, côtes; lattes, 293. 

amysgafn, amysgawn, très léger ; 

agréable, 408. 
ancwyn, friandise, mets délicat, 84, 

359- 
Anna, 326. 

annghyfnerth, faiblesse, 69. 
ar, gl. diciens, 355. 
ar, gazouillement, langage.'' 355. 
-ar, 5H-3S6- 
araith, discours, 355. 
asen, côte ; latte, 293. 
athru, très misérable, 68. 
attreg, arrêt; regret, 365. 
baranres, ligne de bataille, front des 

troupes, 362. 



440 Tdtlt des principaux mots étudiés dans le tome XXIV. 



bidwen, petite fille, 409. 

bidwyn, petit animal, 409. 

braen, en décomposition, 409. 

braenar, terre en jachère, 409. 

brawd, frère, 299. 

brwyd, broche, 409. 

brwydau, pièces du métier de tisse- 
rand, 409. 

brwydo, broder; entrelacer, 409. 

bry, colline, 408. 

cadwr, guerrier, 204. 

cae, enclos, 299. 

caer, ville, 299. 

Caer, 298. 

camvvedd, faute, 4. 

camweithred, faute, 4. 

carennydd, bonté, parenté, 106. 

Cenedr, 365. 

chwaer, sœur, 299. 

chwiorydd, sœurs, 299. 

cin, morceau, lambeau, 409. 

Clydach, 228. 

cuin, cwyn, plainte, 3 59. 

cwynûs, souper, 8^, 359. 

cyhyd, d'égale longueur, 312. 

cyhydedd, équinoxe, 3 1 2. 

cymhwyso, égaliser, 4. 

cynhyrfu, mettre en mouvement, agi- 
ter, 115. 

cynran, première partie, 359. 

cythryflu, troubler, 115. 

ditfeith, stérile, sans valeur; désert, 
nu, 363. 

dyar, bruyant, bruit, 355, 356. 

-cdic, 356. 

edrych, vois, 352, 353. 

eglwys, église, 106. 

eidion, bœuf, 9. 

emendiceid, maudit, 3^3. 

gair, mot, 3 ^fa. 

gloyw, brillant, 206. 

gorchuit, il accable? 359, 360. 



gorchwy, grande charge, 360. 

gorddyar, très bruyant, 555. 

gorimyn, petite crevasse, 409. 

goriluit, s'enfuir, se sauver? 359. 

gorllwydd, prospérer, 3 (9. 

groar, cri rauque, 355. 

gur, homme, 413. 

gwaelod, fond, 349. 

gwerthyd, fuseau, 327. 

gwin, vin, 351, 356, 357. 

gwinen, bai, 356, 357. 

gwr, homme; mâle, 413. 

gwrcath, matou, 413. 

gwrym, ourlet, 409. 

gwyrdd, vert, 353. 

gwystl, otage, 206. 

Haerdur, i i 2. 

hanu, descendre de, 4. 

heddyvv, aujourd'hui, 321. 

hen, vieux, 327. 

hoed, regret, i 1 1 . 

hyd, longueur, 207, 3 58. 

hydr, hardi, 3 58. 

ieuanc, jeune, 327. 

kinran, kynran, chef, 350, 351, 357- 

llaethygen, laitue, 409. 

liai, moindre, 409. 

Ilif, lime, 410. 

llwm, nu, 224. 

marchogion, chevaliers, 106. 

maurhidic, magnanime, majestueux, 

généreux, 3 57, 3 58. 
mawaid, plénitude des deux mains, 

410. 
mawr, grand, 3 ^8. 
mawrhydi, majesté, 358. 
mer, fou, 354, 5S<^''- 
meredic, fou, sans raison, 3 0. 
mererid, fou, 351, 354, 356. 
mererid. perle, 3 54. 



Table des principaux mois étudiés dans le tome XXIV. 441 



menv, pourri, flasque, 309. 
merwerydd, agitations, vaines futili- 
tés ; agitation des flots de la mer, 

5S4- 
meryerid, perle, 554, 356. 
mor, si, tellement, 293. 
nen, faîte, 410. 
palar, action de bêcher, 410. 
pan, drap, fourrure, 415. 
panwr, foulon, 415. 
parchu, honorer, ^. 
pedeir, quatre, fém., 299. 
pi, pie, 410. 
pieu, il possède, 9. 
rhim, bord, 409. 
rhis, ce qui est brisé, 411. 
rhod, roue, 293. 
rhodawr, bouclier, 293. 
rhuglen, brosse, 411. 
rhuglo, brosser, 411. 
rhwyll gwëydd, partie du métier de 

tisserand, 410. 
sagiad, action de serrer, 411. 
Seithenhin. 364. 
seithun, semaine, 364. 
swyno, bénir, 8. 
tant, corde, 408. 
tardd, sortie, écoulement, cours d'eau, 

pousse de végétal, 215. 
teir, trois, fém., 299. 
terruin, terwyn, terrible, redoutable, 

360, 361. 
teth, (un) pis, 311. 
tirion, gazon, 41 i . 
titen, bout de la mamelle, 311. 
toniar, bruit des flots, 555, 356. 
trangc, fin, déclin, mort, 363. 
tyrfu, élever, resserrer, reculer, 115. 
uirde, vert, 353. 
uchelfar, gui, 34^. 
uwd, bouillie, 327. 
wenestir, échanson, 351, 361. 



-wr, 415. 
Ystrad, 228. 

V. CoRNiauE. 
(Voir pp. 2-10, \^fy.\6i, 300-505.) 

a, qui, 159. 

a, ow, en (faisant), i 59, 160. 

adrès, par-dessus, 1 58. 

a goye, à l'intérieur, 7. 

aman, en haut, 1 1;9. 

andelarabo, ainsi soit-il, 10. 

angi, eux, 4. 

a vesta. de lui, 1 58. 

beaw, il possède, 9. 

bo5, être, i ^8. 

cabmwithe, fautes, 4. 

caites, femme esclave, 3. 

Carabes, 292. 

coggas, prêtre, 160. 

compoza, égaliser, compenser, 4. 

coth, vieux, 1 57. 

crovetha, coucher, 8. 

darieu, portes, 7. 

deneth, hommes.? 8. 

dro, dry, envoyer, 2, 3. 

Dursona, Dieu bénisse, 8. 

ehen, sorte, espèce, 6. 

el, de façon que, 8. 

ethom, nécessité, 5. 

fanja, recevoir, 160. 

fleaz, enfants, 4. 

fos, fossé ; mur, 7. 

gease, weez, moquerie, 161. 

gora, mettre, 1 59. 

gossel, serviteur, serf, 3, 9. 

hinneth, génération, 4. 

humbregez, conduit, 1 59. 

Lanfab c enclos du fils », 11^. 

Lanteglos « enclos de l'église », 114. 

man, en haut, 1 59. 

mar, si, tellement, 293. 



44 2 Table des principaux mots 

Marliaz Yon, le marché du (roi) Jean, 

504. 
Marrais, 294. 
massy, merci, 9. 
menny, vouloir; auxiliaire du futur, 

S- 
mergh, merth, mer, fille, 6, 7. 
na hene, autre, 5 . 
noingi, de ceux, 4. 
-G, -ow, pluriels, 2. 
ort a hara, m'aimant, 5. 
otham, nécessité, 5. 
Parc hays, 292. 
pedeere, songe (à), 6. 
peeha, péché, 4, ^. 
Penhays, 292. 
Penwith, 505. 
peraves, parfait? <. 
pertha, honorer, ^. 
plekye, plegye, plaire, 1^7. 
reeg, reg, qui fit, 2. 
reeg a vee, je fis, 157, 158. 
skoyah, montrer? 5. 
sonaz, sanctifia, 8. 
straft, immédiatement, 160. 
-ta, -tho, lui, 1 58. 
teaze, jureur? 9. 
tha dorn, tout près, 160. 
traveth, aucune chose, 5. 
tre, ville, 160. 
turn, fois, 1 59. 
udgian, bœuf, 9. 
uncheth? étranger, 7. 
urt, ort, de, 2, 5. 
ve, à moi, mon, 5. 
vonyn, même, 5. 
warler, après, 9. 
worth, wor, de, 3. 
worria, respectez, S. 
wrovas, il cousit, 1 57. 
wruk, il fit, 2. 
y, ils, 159. 



étudiés dans le tome XXIV . 

VI. Breton armoricain. 
(Voir pp. 2(6, 430-4H-) 

abit, habits, habillement, 452. 

Aes Cleres, 292. 

Ahes, 292. 

-ahes, 288-294. 

am-, 408. 

ambriou, deux bandes de terre reje- 
tées par la charrue de chaque côté 
pour former un sillon nouveau, 408. 

amskanv, trop léger, 408. 

ânes, sans, 455. 

ant, sillon, 408. 

anvez, il connaît, 322. 

-ar, terre labourable, 409. 

ardant, pi. -ou, quatre chevilles en 
bois ou en fer qui se trouvent sous 
la charrette et servent à fixer la 
corde qui maintient la charge, 408. 

assur, certes, 43 1 . 

barr, jouissance d'une propriété, 408. 

bidiez, chèvre, 409. 

bitat, gl. resicaret, 409. 

bitec, petit, 409. 

bleiz, loup, 324. 

b.redi, tricoter, 409. 

bredou, voir brouedou, 409. 

brein, en décomposition, 409. 

breinar, mise en culture d'une terre 
relativement jeune, 409. 

brouedou, bredou, pièces du métier 
de tisserand ; sorte de peigne qui 
sert à maintenir le fil et à l'empê- 
cher de s'embrouiller, 409. 

cae, champ clos de haies ou talus, 
299. 

caer, ker, ville, endroit fortihé, 288- 
292, 296-299. 

Carahais, 292. 

Carahes, 291 . 

Cares, Careys, 289-292. 



Table des principaux mots étudiés dans le tome XXIV. 445 



Carves « champ, territoire des parents 

ou de la parenté »? 295. 
Catoc « guerrier », 540. 
chom, rester, 432. 
cleuz, fossé; mur, 7. 
compeza, égaliser, 4. 
Coz-Caraes, 292. 
Coz castell ach, 294. 
croes, croix, 294. 
daskori, rendre, 406. 
de, à, 263. 

devoead, tard, 265, 268. 
dinatur, dénaturé, contre nature, 260. 
divezad, tard, 265, 454. 
diwallout, prendre garde, 265, 452. 
dour dero, deur-derv, gui, 345. 
dreist, au-dessus, 265. 
ebien, eh bien ! 434. 
-ec, -eue, 296. 
eijen, eyjon, bœuf, 9. 
eit, evit, pour, 236, 260, 431. 
en em, signe des verbes réfléchis, 430, 

452. 
er, le, 265, 264. 
er, eur. un, 260, 261 . 
-es, fém., 294. 
eta, donc, 430. 
eun, eur, er, un, 431, 433. 
euryen, bord, 411. 
Eussa, Ouessant, 294. 
Eussantis, Ouessantius, 295. 
evez a, de, 2. 
evit, vit, pour, 45 1 . 
ezom, ehom, besoin, ^. 
Fredorius, 340, 341. 
ganac'h, avec vous, 431. 
garv, méchant, 324. 
ger, mot, 3 56. 
gleet, dû, 26 ^. 
goueled, fond, 349, 350. 
gourdeio, jours supplémentaires de la 

gestation d'un animal ; beau war e 



c'hourdeio, être à toute extrémité, 
310. 
gourdeiziou, gourdeziou, gourdiziou, 
les douze premiers jours de janvier : 
les six derniers de décembre et les 
six premiers de janvier, 310, 311, 

gourem, ourlet, 409. 

gourimen. lisière d'un champ, 409. 

gouriz, ceinture, 521 . 

Grgamp, Grandchamp, 296. 

gue, gai, 261, 431. 

gwaz, homme, 209. 

gwir, nue propriété, 409. 

Hent ahes, chemin uni? 294. 

hidiv, aujourd'hui, 321. 

hiniu, aujourd'hui, 521. 

hirie, hirio, aujourd'hui, 258. 

ia, oui, 435. 

iaouank. jeune, 327. 

-ien, 4!i. 

ijen, bœuf, 9. 

ilis, église, 106. 

iod, bouillie, 327. 

-ion, 411. 

-is, habitants de, 29^. 

Joausted, gaieté, joie, plaisir, 258, 

259,430. 
kalet, dur, 209. 
karantez, karanté, amitié, 106. 
karget, rempli, 101 . 
kéar, ville, 289, 296. 
kehedez, kedez, équinoxe, 312. 
kehet, keheit, d'égale longueur, 312. 
kehidell, keidell, équinoxe, 3 1 2. 
kein, dos, 410. 
kenta, premier, 321. 
Kerael, 290. 
Keraer, 290. 
Kerahes, 290. 
Keraise, 292. 
Kerangluydic, 291. 



444 Table des principaux mots étudiés dans le tome XXIV . 



Kcranlaouen, 291. 

Keranmadou, 291 . 

Keraot, 290. 

Kerdelan, 291. 

Keriecuf, 291 . 

Kermoellien, 291 . 

ketan, premier, 320. 

keuz, keûn, regret, 262. 

kino, labourer en billons, petits sil- 
lons, 409. 

kleuz, kleû, kleun, clôture, 262. 

Land Garés, 292. 

leien, lin de second choix, 409. 

leiham, le plus petit, 409. 

lein, faîte, 410. 

leseno, lois, 432. 

lezegen, laitue, 409, 410. 

lezeges, laitue, 410. 

linv, lime, 410. 

Locmariaquer, 291. 

maes, champ, 293. 

mar, si, tellement, 293. 

mares, maies, grand champ, 293 , 294. 

marhegour, chevaucheur, 413. 

mado, biens, Fortune, 432. 

merier voeh, bruit confus de voix, 
3S6. 

me /.ad, mon père, 8^. 

mobrennou, manches de la charrue, 
410. 

mouster, monastère, 106. 

nein, faîte, 410. 

neuze, alors, 262. 

orion, bord, 411. 

outi, à elle, 3. 

ouz va c'harout, m'aimant, 5. 

pal, bêche, 410. 

palarat, elTondrer le sol, faire un la- 
bour profond, 410. 

paluc'hat, pesseler, 410. 

paluc'hen, pesseau, 410. 

pann, drap, étoffe, 413. 



paour, pauvre, 453. 

pec'hed, péché, 4. 

pedin, prier, 268. 

peluc'hen, pesseau, 410. 

Penhais, 292. 

peotramant, ou bien, 432. 

pi, plantoir, 410. 

piaou, il possède, 9. 

pic, pie, 41 0. 

p'ini, pini, qui, que, 259, 430. 

plijadur, plaisir, 269. 

Plouguer, 290, 29 I . 

poc, baiser, 107. 

Poher, 290, 291. 

pot, pot, 101 . 

prenn, bois, 410. 

quichen (en — ), à côté de, 432. 

rajestan, résister, 268, 434. 

rejistan, rezista, résister, 269, 435- 

riz, bord (de la mer); corniche, 41 1 . 

rouel, pièce du métier de tisserand, 

410. 
Ruduiller, 411. 
ruilhen, racloir, rouleau ; rondelle, 

410, 411. ' 
segaien, grosse perche avec laquelle 

on tourne la vis du pressoir, 411. 
Senegow, habitant de Séné, 295. 
serten, certain, 434. 
servigin, servir, 45 1. 
sizun, semaine, 364. 
Sizun, Sein, 364. 
skolp, éclat, copeau, 115. 
Sont Wenhaes, 292. 
ta, donc, 30. 
talaro, sillons du bout; bean gant e 

dalaro, être à toute extrémité, 3 10. 
tarz, coup violent, fracas, 213. 
teh, (un) pis, 311. 
tez, (un) pis, 311. 
tirianen, pelouse, 411. 
tiryen, gazon, 411. 



Table des principaux mots étudiés dans le tome XXIV. 44^ 

titon, pi. titennaoïi, les six derniers 'jhel-varr, ihuel-varre, gui, J4^. 

jours de décembre et les six pre- vit, pour, 43 1 . 

miers de janvier, 510, ; i 1 . voar, sur, 430. 
u:-nec, onze, 3. 



ERRATA 

Page 211, ligne yy,Drapum est, non un cours d'eau, mais un li:'u habité. 
Page 269, ligne 14 : au lieu de compagnon, liseï compagnons. 
Page 340, au lieu de OTENITOTTA, lire -TOOTTA, cf. p. 119. 



Revue Celtique, XXIV. 



CORRECTIONS AND ADDITIONS 



REV. CELT. T. XXIV 



P. 4S, I- 3, /i^'' tinie reaJ while. 

51, 1. 26, for tanists of lords themselves read even tanists of lords. 
55, 1. 4, iox exercito rti2ià exercitn. 

1. 16, for fcrovious read ferocious. 
6), 1. 12, for velvet read satin. 
185, 1. 19, for whe read who. 
191, note, for Fetschrift read Festschrift. 

272, 1. 8, after Yellow Book mserl The présent édition lias therefore 
been based upon the latter nianuscript. 
1. 14, after XXX insert : It reminds one, too, of Archilochus and 
the daughters of Lycambes. 
■275) 1- 7) /<"' brain read haunches. 

1. 24, for from him Emain Ablach is called read it is called Enuin 
Ablach. 

add as a note on Emain Ablach, cf. créib diud abaill a 
hEiiiain « a branch of the apple-tree out of Emain », Im- 
ram Brain, éd. K. Meyer, p. 5. 
277, § II, 1. 6, for at the time read for the purpose. 
279, 1. 27, for shame read modesty. 
281, note 2, for sith read ski. 

285, 1. II, /or javelin read lance. 

286, s. V. adaid, for athaid a tiiiie, a ivhile, read agaid, and sec 
K. Meyer, Contribb. 

V. V. cuingid, /o/- Jenagh read Fenagh. 

287, s. V. hirna, add or cognate with Lat. penta. 

W. S. 



Le Propriélairc-Gérant : Veuve E. Bouillon. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



/' 



PB 1001 .R5 V.24 SMC 
Revue celtique 



Does Not Circulate 



r.-ym