(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Revue celtique"

the pResence of this Book 



in 



thej.m. kelly liBRapy 

h as Been maôe possiBle 

thRouqh the qeneRosity 



of 



Stephen B. Roman 

From the Library of Daniel Binchy 




REVUE CELTIQUE 







<> 



% 



CEI 



ï 



S 



c% 



FONDÉE 
PAR 

H. GAIDOZ 
1870-1885 

CONTINUÉE PAR 

H. D'ARBOIS DE JUBAINVILLE 

1886-1910 

DIRIGÉE PAR 

J. LOTH 

Professeur au Collège de France 



P 



tri 



G. DGTTIX 



AVEC LE CONCOURS DE 



E. ERNAULT 



J. VENDRYES 



Doyen de la Faculté des Professeur à l'Université Chargé de cours 

Lettres de Rennes de Poitiers à l'Université de Paris 

ET DE PLUSIEURS SAVANTS DES ILES BRITANNIQUES ET DU CONTINENT 



Année 1 9 1 2 . — Y l . XXXIII 




PARIS 
LIBRAIRIE Honoré CHAMPION, ÉDITEUR 

5, QUAI MALAQUAIS (6 e ) 

I 91 2 

Téléphone : 828-20 



Digitized by the Internet Archive 

in 2011 with funding from 

University of Toronto 



http://www.archive.org/details/revueceltiqu33pari 



SUPPLÉMENT A L'ESSAI D'UN CATALOGUE 

DE LA 

LITTÉRATURE ÉPIQUE DE L'IRLANDE 

DE 

H. D'ARBOIS DE JUBAINYILLE. 



Le Catalogue de la Littérature épique de l'Irlande, par H. d'Ar- 
bois de Jubainville a rendu et rendra aux celtistes de grands 
services en les renseignant sur les manuscrits et les éditions 
des textes épiques irlandais. Mais, publié en 1883, à une 
époque où, si l'on met à part le premier volume des Irische 
Texte de E. Windisch (1880), la masse des documents en 
moyen irlandais n'avait point encore fait l'objet d'éditions 
scientifiques, il a besoin d'être complété pour conserver sa 
valeur pratique. Je crois honorer la mémoire du maître que 
nous regrettons et épargner quelque peine aux celtistes en 
publiant les notes que j'avais portées sur mon exemplaire au 
fur et à mesure que paraissait un texte épique ou qu'était 
signalé un manuscrit. J'ai suivi le plan et je me suis enfermé 
dans les limites du Catalogue. M. Paul d'Arbois de Jubain- 
ville a bien voulu me communiquer l'exemplaire annoté par 
son pèreetj'ai pu y relever des détails qui m'avaient échappé. 

G. Dottin. 



BIBLIOGRAPHIE 

Arbois de Jubaixville (H. d'), Le manuscrit irlandais de 
Paris, chez H. Omont, Catalogue des manuscrits celtiques 
de la Bibliothèque nationale, Revue Celtique, t. XI, p. 389- 
404. 

Revue Celtique, XXXIII. i 



2 G. Dottin. 

Dottin (G.), Le manuscrit irlandais de Rennes, Revue Celtique, 
t. XV, p. 79-91. 

Gaidoz (H.), Les manuscrits irlandais d'Edimbourg, Revue 
Celtique, t. VI, p. 109-114. 

Book of Ballxmote (The), with introduction by R. Atkinson, 
Dublin, 1887. 

Book of Lecan (The Yelloiv), with introduction by R. Atkin- 
son, Dublin, 1896. 

Mackinnon, The Glenmasan Manuscript, The Celtic Review, 
t. I, p. 3-10. 

Mackay (G.), Ancient Gaelic médical manuscripts. Caledonian 
Médical Journal, t. VI (1904). 

Meyer (K.), Addenda to Mr. de Jubainvilles Catalogue, Revue 
Celtique, t. VI, p. 187-191. 

Meyer (K.), Celtic Magasine, t. XII (1887), p. 208. Cf. 
Revue Celtique, t. VIII. p. 189-190. 

Meyer (K.), The Irish mss. at Cheltenham, The Academy, 
mai 1890. 

Meyer (K.), compte rendu de The Yellow Book of Lecan, 
Zeitschrift fiir Celtische Philologie, t. I, p. 493-496. 

Meyer (K.), Supplément à la description du Bodleian B 
512, Anecdola Oxoniensia, vol. VIII, Hibernica minora, 
p. 39. Voir Stores. 

Meyer (K.), The Bodleian ms. Laud 61 j, Eriu, t. V, p. 7- 
14. 

Meyer (K.), Das Buch der Hûi Maine (Stowe collection) 
Archiv fur Celtische Lexikographie, t. II, p. 138; ms. 23. 
P. 3, Royal Irish Academy, ibid., p. 136. 

Nettlau (M.), Irish texts in Dublin and London manuscripts, 
Revue Celtique, t. X, p. 456-462. 

Nutt (A.), Textes contenus dans le ms. H. 6. 2, d'après 



I- 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 3 

une note de T. K. Abbott, Revue Celtique, t. XII, 
p. 203. 

O'Grady (St. H.), Catalogue of Irish Manuscripts in the 
British Muséum. Cf. Revue Celtique, t. XXV, p. 84. 

Rawlinson B. 502, with an introduction an indexes, by Kuno 
Meyer, London, 1909. 

Stern (L. Chr.), Le manuscrit irlandais de Leyde, Revue Cel- 
tique, t. XIII, p. 1. 

Stern (L. Chr.), Notice d'un manuscrit irlandais de la biblio- 
thèque universitaire de Giessen, Revue Celtique, t. XVI, p. 8- 
30. 

Stern (L.Chr.),Z)/> irische Handschrift in Stockholm, Zeitschrift 
fur Celtische Philologie, t. I, p. 115-118. 

Stern (L. Chr.), Ueber tint Sammlung irischer Gedichtc in 
Kopenhagen, Zeitschrift fur Celtische Philologie, t. II, p. 323- 
372. 

Stokes (Wh.), The Irish verses, noies and glosses in Harki au 
1802. Revue Celtique, t. VIII, p. 346-347. 

Stokes (Wh.), Description du Livre de Lismore dans Lives 
of saints from the Book of Lismore, Oxford, 1890, p. v. 

Stokes (Wh.), Description du Rawlinson B 512 dans The 
tripartite life of Patrick, p. xiv-xliii. Voir K. Meyer. 

Stokes (Wh.), Description du manuscrit de Bruxelles 5100- 
4 dans Faire hUi Gormain, London, 1895, p. vu. 

Zimmer (H.), Gottingische Gelehrte An^eigeiu mars 1887, 
p. 153 et suiv. (compte rendu du Catalogue). 

Zimmer (H.), Beschreibung der Handschrift F. C. (Liber 
hymnorum des Franciscains de Dublin), Keltische Studien, 
t. I, p. 13-16. 



4 G. Dotliu. 

SUPPLÉMENT 

(On n'a pas tenu compte, pour l'ordre alphabétique, des 
voyelles adventices de l'orthographe irlandaise ni de la 
notation moderne des consonnes.) 

Accallam. Voir Agallamh. 

Agallamh Coluimchille 7 ind oclaig. 

Manuscrits : xvi e s. Dublin, Trinity Collège, H. 3. 18. 
Imprimés : Publié et traduit par Kuno Meyer, Zeitschrifl 
fur Celtische Philologie, t. II, p. 313-320. 

Agallamh Cormaic 7 Fithil. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Hibernica 
Minora, p. 82-83. 

Agallamh na n-oinmide. Voir Immtechta na n-oinmhididhe. 

Agallamh Oisin 7 Phadruig. 

Manuscrits : Edimbourg, Advocates' library 62 ; — 
xvii e s. Giessen 1267, f° 56 v°. 

Imprimés : Cf. Cameron, Reliquiae Celticae, t. I, p. i6-\. 
The Dean of Lis more 's Book, I e éd., p. 11 o, ni, 143. 

Agallamh na Senôrach. 

Manuscrits : xv e siècle. Livre de Lismore, f° 159 a-197 b 
(fragments). — xv e s. Oxford, Bodleian library, Laud 610, 
f° 123 a-146 b (fragments). — xv c s. Dublin, Franciscains, 
n° 2 (n° 27 de Gilbert), f° 1-129 a. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Si ha 
Gadelica, t. I, p. 94-233; t. II, p. 101-265; publié par 
Wh. Stokes, Irische Texte, t. IV, p. 1-438 avec traduction 
des parties non traduites par O'Grady. 

Agallam in da suad ou Immacallam in da thuarad. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue Cel- 
tique, t. XXVI, p. 4-64. 

Adbar na Tâna, section du Tain bô Cualnge. 

Aed Baclam. Voir Stair etc. 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 5 

AlDED AlLELLA J COXAILL CeRNAIG. 

Manuscrits : xiv c s. Edimbourg, Advocates' library 40. 
p. 3-5. — xv e s. Dublin, Trinity Collège, H. 2. 17, f° 475 
b-476 b. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Zeitschrift 
fur Celtische Philologie, t. I, p. 102-111. 

Aided Athairxe ou Tochmarc Luaixe. 

Manuscrits : xv c s. Dublin. T. C, H. 2. 17, p. 464, 
col. 2. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stok.es, Revue Cel- 
tique, t. XXIV, p. 270-287. 

Aided Ceit maic Magach. 

Manuscrits : xiv e s. Edimbourg, Advocates' librarv 40, 
p. 7-8. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, The Death-tales 
of the Ulster heroes, Dublin, 1906 (Todd lecture Séries, 
t. XIV), p. 36-42. 

Aided Celtchair maic Uithechair. 

Manuscrits : xiv e s. Edimbourg, Advocates' library 40, 

P- 9-i i- 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Death Taies, 
Todd Lecture Séries, t. XIV, p . 24-3 1 . 

Aided chloixxe Lir. 

Manuscrits : xvm e s. Edimbourg, Advocates' library 56. 
Imprimés : Le texte d'O'Curry a été réimprimé par la 
Society for the préservation of the Irish language, Dublin. 

Aided chloixxe Tuirexd. 

Manuscrits : xvm e s. Edimbourg Advocates' library 56. 
Imprimés : La traduction d'O'Curry a été réimprimée 
dans The Gaelic Journal, t. II, p. 131-135, 176-183, 235- 
238, 260-269. 

Aided chloixxe Uisxig. 

Manuscrits : xvi e s. Edimbourg, Advocates' library 48. 
— Fin du xv e s. Edimbourg, Advocates' library, 53 (Gle- 



6 G. Dottin. 

nmasan ms.). — xvm e s. Edimbourg, Advocates' library 56 
(Peter Turner n° 3). — xvm c s. Edimbourg, Advocates' 
library 62 (poème). — Dublin, R. I. A. Stowe8é7, f° i86a. 
Imprimés : La seconde rédaction a été publiée et traduite 
par Wh.Stokes,7mf/# Texte, t. II, p. 1 01- 184. La première 
rédaction a été traduite parThurneysen,5ao r £ft aus demalten 
Irland,p. 1 1-20. Cf. Miss Hull, The Cuchullin Saga, p. 23- 
53. Voir aussi Cours de littérature celtique, t. V, p. 217-236, 
236-252,252-286 ; Leahy, Heroic romances of Ireland, 1905, 
t. I, p. 89-109; Cameron, Reliquiae Celticae, t. II, p. 421- 
463 ; Mackinnon dans The Celtic Review, t. I, p. 12-17, I0 4~ 
131, cf. Revue Celtique, t. XXVI, p. 268-270. Une rédac- 
tion moderne a été publiée par la Society for the préserva- 
tion of the Irish language, Oide Chloinne Ùisnigh, F a te of the 
Children of Uisneach, Dublin, 1898; cf. Revue Celtique, 
t. XVI. p. 426-449; D. Hyde, Zeitschrift fur Celtische Phi- 
lologie, t. II, p. 138-155; A. Carmichael, Deirdire and the 
lay of the children of Uisne orally collée ted in the island ofBara 
and literally Iranslated. London, 1905 (Transactions of the 
Gaelic Society of Invemess, t. XIII, p. 241-257); Celtic Maga- 
sine, t. XIII, p. 69-85, 129-138; Leabhar na Feinne, p. 19- 
29. 

AlDED CONAILL CeRNAIG. Cf. AlDED AlLELLA. 

Manuscrits : xiv c s. Edimbourg, Advocates' library, 40. 

AlDED CONCHOBAIR. 

Manuscrits : 1300 Dublin, R. I. A., D. 4. 2. (Stowe, 
992), f° 54 a 2. - - xvi c s. Edimbourg, Advocates' library, 
40, p. 1-3. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, The Death- 
tales of the Ulster heroes. Todd lecture séries, t. XIV, p. 2- 
22. — Traduit par H. d'Arbois de Jubainville, Cours de litté- 
rature celtique, t. V, p. 366-373 ; chez Miss Hull, The Cuchul- 
lin Saga, p. 267-272, et par R. Thurneysen, Sagen ans 
demalten Irland, p. 69-72. 

AlDED CONCULAINN. 

Manuscrits : xv e s. Edimbourg, Advocates' library, 45. 
— xvn e s. Edimbourg, Advocates' library 38. 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 7 

Imprimés : publié et traduit en partie par Wh. Stokes, 
Revue Celtique, t. III, p. 175-185; traduit par H. d'Arbois 
de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. V, p. 326- 
365. Cf. Miss Hull, The Cuchullin Saga, p. 253-263. 

AlDED CONLAOICH OU AlDED ÈNFHIR AlFI. 

Manuscrits : xvn c s. Edimbourg, Advocates' library, 38. 
— xvm e s. Edimbourg, Advocates' library, 62 . 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Eriu, t. I, 
p. 113-121. — Rédaction moderne publiée et traduite par 
G. Dottin, Revue Celtique, t. XIV, p. 1 19-136. — Cf. 
Cameron, Reliquiae Celticae, t. II (1892), p. 59-62; H. 
d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. V, 
p. 51-65. The dean of Lismores Book, I e éd,, 1862. p. 35, 
36, 50-53 ; J.-F. Campbell, Leabhar na Feinne, 1872^.9-16. 

AlDED COXROI MAIC DaIRI. 

Manuscrits : xv e s., Oxford, Bodléienne, Laud 610, 
f° 117 a 2-1 17 b. Cf. Revue Celtique, t. VI, p. 187. 

Imprimés : publié et traduit par R. I. Best, Eriu, t. II, 
p. 18-35. 

AlDED CrIMTHAINN MAIC FlDAIG 7 TRI MAC EcHACH Mui- 
GMEDÔIN. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue Cel- 
tique, t. XXIV, p. 172-207; et par St. H. O'Grady, Silva 
Gadelica, t. I. p. 330-336; t. II, p. 373-578. 

AlDED DERBFORGAILL. 

Manuscrits : xn e s. Dublin, R. I. A., Livre de Leinster, 
p. 125 a; — D. 4. 2. (Stowe 992), f° 54 b 1. 

AlDED Dl ARM ATA MEIC FERGUSA CeRRBEOIL. 

Manuscrits : 1390, Dublin, T. C, H. 2. 16, p. 171 ; — 
xv e s. Livre de Lismore, f° 94 b. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Silva 
Gadelica, t. I, p. 72-82 ; t. II, p. 76-88. 

AlDED ECHDACH MAIC MaIREDA. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Silva 
Gadelica, t. I, p. 233-237, t. II, p. 265-269. 



8 G. Dot tin. 

Aided Hxi-ir Aifi. Voir Aided Coxlaoich. 

Aided Htarcomail, section du Tâin bô Cualxge. 

Aided Fergusa maic Léide ou Echtra Fergusa. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Silva 
Gadelica, t. I, p. 238-252; t. II, p. 269-285. Cf. H. d'Ar- 
bois de Jubainville, Zcitschrift fur Ceîtische Philologie, t. IV, 
p. 456-461. 

Aided Fergusa maic Roig. 

Manuscrits : xiv e siècle, Edimbourg, Advocates' library, 
40, p. 5-6. 

Imprimés : K. Meyer, The Death-tales cf the Ulster 
Herœs, Todd lecture séries, t. XIV, p. 32-35. 

Aided Find. Voir Tesmholta Corbmaic. 

Manuscrits : première rédaction, xv e s. Oxford, Bod- 
léienne, Rawlinson B. 487 (c'est un épisode du Cath 
Finntraga). 

Deuxième rédaction ou Tesmholta Corbmaic Ui Cuixx. 
xv e s. Londres, British Muséum, Egerton 1782, f° 24 b 2 ; 
— xv e s. Oxford, Bodléienne, Laud 610, f° 121 b 1. 

Imprimés : Deux fragments de la première rédaction ont 
été publiés et traduits par K. Meyer, Zeitschrift fur Ceî- 
tische Philologie, t. I, p. 462. La seconde rédaction a été 
publiée et traduite par St. H. O'Grady, Silva Gadelica, 1. 1, 
p. 89-92; t. II, p. 96-99. 

Aided Fir baith, section du Tâin bô Cualnge. 

Aided Guill maic Carbada 7 Aided Gairb Glixde Rige. 
Manuscrits : xiv e s. Edimbourg, Advocates' library 40, 

P- 29-37- 

Imprimés : Extrait publié et traduit par Zimmer, Stein- 
meyers Zeitschrift, t. XXXII, p. 208-216; en entier publié 
et traduit par Wh. Stokes, Revue Celtique, t. XIV, p. 396- 
449- 

Aided ix togmaill 7 ix pheta eoix, section du TÂix bô 
Cualnge. 

Aided Lôich maic Mofemis, section du Tâin bô Cualxge. 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 9 

Aided Lôcha, section du Tâin bô Cualnge. 

AlDED LOEGAIRI BUADAIG. 

Manuscrits : xiv c s. Edimbourg, Advocat.es' librarv, 40, 

P- 8-9- 

Imprimés : Publié et traduit par K. Meyer. The Death- 
tales of the Ulster Heroes, Todd lecture séries, t. XIV, 
p. 22-23. 

Aided Lugdach 7 Derbforg aille. 

Manuscrits : xn e s. Dublin, R. I. A., Livre de Leinster, 
125 a; — 1300, Dublin, R. I. A., Stowe 992 (D. 4. 2), 
f° 54 b 1 ; — xvi e s. Dublin, T. C, H. 3. 18, f° 728. 

Imprimés : publié et traduit par C. Marstrander, Eriu, 
t. V, p. 201-218. 

Aided Maelfathartaig. Voir Fingal Ronain. 

Aided Maelodrain mic Dima Chroin. 

Manuscrits : xn e s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson B. 
502, f° 47 b 1 ; — xiv e -xv e s. Rawlinson B 512, f° 116 a. 1. 

Aided Meidbe (Medba). 

Manuscrits : xiv e s. Edimbourg, Advocates' library, 40, 
p. 6-7. 

Aided Muircheartaig maic Erce. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue Cel- 
tique, t. XXIII, p. 395-438. 

Aided Nathcrantail, section du Tâin bô Cualnge. 

Aided Nathi 7 a adnacol. 

Manuscrits : xv e s. Livre de Ballymote, p. 248 a, 42. 

Aided Néill maic Echach. 

Manuscrits : xir- s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson B 
502, f° 47 a 1-47 a 2. — xiv e -xv e s. Oxford, Bodléienne, 
Rawlinson B. 512, f° 1 ai (fragment). 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Otia Mer- 
seiana, t. II, p. 84-92 ; Archiv fur Celtische Lexicographie, 
t. III, p. 323-324. 

Aided na maccraide Ulad, section du Tàin bô Cualnge. 



io G. Dot tin. 

Aided Orlaim, section du TAix bô Cualnge. 

AlDED NA 1 Kl N-AED. 

Manuscrits : 1300, Dublin, R. I. A., D. 4. 2. (Stowe 
992) f" 54 b 1. 

Imprimés : publié par K. Meyer, Anccdota from Irish 
manuscripts, t. III, p. 47-48. 

Aided Oexgussa maic Oenlama, section du Tâin bô 
Cualnge. 

Aided tri mac n-Arach, section du Tâin bô Cualnge. 

Aided tri mac n-Diarmata mic Cerbaill, ou Orgain 
etc. 

Manuscrits : xn c s. Oxford, Bodléienne,Ra\vlinsonB 502, 
f° 73 b-74 b. — xiv e -xv e s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson 
B 512, f° 115 bi, p. 70-75. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Hibernica 
Minora, p. 70-75. 

Aided Ualand, section du Tâin bô Cualnge. 

Alexandre. Voir Scéla, etc. 

Ailill 7 Etain. Voir Tochmarc Etaine. 

Amra Chonroi. 

Imprimés : publié par Wh. Stokes, Erin, t. II, p. 1-14. 

Airec Mexmax Uraird maic Coisse. 

Imprimés: publié par M. E. Byrne, Anecdota from Irish 
manuscripts, t. II, p. 42-76. 

Airecur n-arad, section du Tain bo Cualnge. 

AlREM MUINTIRE FlXD. 

Manuscrits : 1390, Dublin, T. C, H. 2. 16, col. 768- 
770, p. 119. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Si Ira 
Gadelica, t. I, p. 92-96; t. II, p. 99-101. Cf. The Dean of 
Lis/non s Book, I e éd. p. 1, 2, 3. 

Airne Fixgin. 

Imprimés : publié par A. M. Scarre, Anecdota from 
Irish manuscripts, t. II, p. 1-10. 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. il 

Aslinge Conchobair. Voir Fis Conchobair. 

AlSLINGE MAIC CONGLINNE. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, The Vision oj 
Mac Conglinne, London, 1892 ; traduit par R. Thurneysen, 
Sagen ans dem allen Irland, p. 1 31-147. Une version en 
irlandais moderne a été publiée par P.O' Leary, An Craos 
Demhan, Dublin, 1905. 

AlSLINGTHI CONCHOBUIR. 

(Histoire d'introduction au Tain Bô Cualnge d'après ms. 
Stowe 992, f° 49 b 2). 

Aithed Emere le Tuir n-Glesta mac rig Lochlann. 

Manuscrits : Dublin, R. I. A., D. 4. 2 (Stowe 992), 
f° 84 b 2. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer. Revue Cel- 
tique, t. VI, p. 184-185, cf. 190. 

Aithed Grainne re Diarmait. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Zeitschrift 
fiir Celtische Philologie, t. I, p. 458. Cf. The Dean of 
Limorês Book, i rc éd. p. 20, 21, 30. Cameron, Reliquiae Cel- 
ticae,t.l, p. 72-7 5; Leabhar naFeinne, p. 151. 

Baile bic Maic De. 

Manuscrits : xiv c s. Dublin, T. C., H. 2. 16; — 1560, 
Londres, B. M., Harleian 5280, f° 41 b. 

Baile Binnberlaig. Voir Scél etc. 

Baile Cuinn Chetchathaig ou Baile in Scail. 

Imprimés : publié par K. Meyer, Zeitschrift fiir Celtische 
Philologie, t. III, p. 457-466. 

Baile Findachta rig Connacht. 

Manuscrits : xiv e s. Dublin, R.ï. A., Livre de Ballymote, 
p. 266. 
Bangleo Rochada, section du Tâin bô Cualnge. 
Barralam. Voir Stair, etc. 

BÀs Fhraoich. 

Imprimés: The Dean of Lismores Book, éd. Mac Laugh- 
lan, p. 36, 54. Leabhar na Feinne, p. 32-33. 



\2 G. Dot lin. 

BAS BHRAIN 7 DlIlARMAID. 

I m primés : publié et traduit par D. Mac Donald, The 
Ccllic Review, t. VI. p. 131. 

B.\s an macaim moir, mic righ na h-Easpaine. 

Imprimés : publié et traduit dans An Gaodhal, t. XIX, 
p. 1 39-141, 203-204. 

Bède. Historia ecclesiastica gentis Anglorum. 

Manuscrits : XV e s. Oxford, Bodléienne, Laud 610, f° 87 
b 1-92 a 1 (fragment). 

Imprimés : publié par K. Meyer, Zeitschrift fur Celtische 
Philologie, t. II, p. 321-322. 

Bibuis o Hamtuir (Bethadh). Bevis de Hampton. 

Manuscrits : xv e s. Dublin, T. C, H. 2. 17, p. 34S a- 
363 b. 

Imprimés : publié et traduit par F. N. Robinson, Zeil- 
schrift fur Celtische Philologie, t. VI, p. 173. 

Bodach in chota lachtna. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O' Grady, Silva 
Gadelica, t. I, p. 289-296; t. II, p. 324-331. 

Boroma. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue Cel- 
tique, t. XIII, p. 32-117 et par St. H. O'Grady, Silva Gade- 
lica, t. I, p. 3 59-390; t. II, p. 401-424. 

Briatharthecosc Conctjlaind, épisode du Serglige Concu- 

LAIND. 

Brislech mor maige Murthemne, section du Tàin bô 

CUALNGE. 

Imprimés : en partie traduit chez Miss Hull, The Cuchul- 
lin Saga, p. 236-249; publié dans The Gaelic Journal, 
t. XI, p. 81, 145, 161, 177. 

Bruiden Atha. 

Manuscrits : 1300 Dublin, R. I. A., Stowe 992, f° 66 a 
— 66 a 2. — xiv e s. Dublin, T. C, H. 2 16, p. 212, col. 

95 ï- 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 13 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Revue Cel- 
tique, t. XIV, p. 241-249. 

Bruiden bheg na h-Almaine. 

Manuscrits : Londres, B. M., Additional 18.747; — 
Dublin, R. I. A., Stowe 867, f° 248 a. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O' Grady, Si Ira 
Gadelica, t. I, p. 336-342; t. II, p. 378-385. 

Bruidheax Chaorthainn. 

Manuscrits : 1603, Edimbourg, Advocates' library 34. — 
xvii e s. Edimbourg, Advocates' library, 38. — xvm e s. 
Edimbourg, Advocates' library, 58. 

Imprimés : publié par P. Mac Piarais, Dublin, 1908. Cf. 
Campbell, Leabhar na Feinne, p. 86-88; West Highland taies, 
t. II, p. 186. Craigie, The Scoitish Review, 1894, P- 2 7)~ 
276, 287-295. Joyce, Old Celtic romances, p. 177-222. 

Bruidheax Cheise Coraix. 

Manuscrits : Londres, B. M., Additional 18.747, f° 75 b. 
— Edimbourg, Advocates' library 36. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O' Grady, Silva 
Gadelica, t. I, p. 306-310, t. II, p. 343-347; cf. Irish Echo 
de Boston, t. IV, n° 2 ; The Scottish Review, 1894, P- 2 7)> 
277-279. 

Bruidex Da Chocae. Voir Togail bruidxe Da Choca. 

Bruidex Da Dergae. Voir Orgaix bruidxe Da Dergae. 

Bruidheax Eochdach Bhig Dheirg. 

Manuscrits : xvm e s. Edimbourg, Advocates' library 56. 

Imprimés : O'Brien, Blaithfhleasg de Mhilseâinibh na Gaoi- 
dhelge, p. 129. Cf. The Scoitish Review, 1894, p. 276, 
279-287. 

Caladgleo Cethirx, section du Tâix bô Cualxge. 

Caxo mac Gartxaix. Voir Scéla etc. 

Cairdius Aexias 7 Didaixe, épisode de Imtheachta Aexiasa. 
Imprimés : publié et traduit par T. H. Williams, Zeit- 
schrift fi'tr Celtische Philologie, t. IL p. 419-472. 



14 G. Dot tin. 

Cath Almaine. 

Manuscrits : xvn e s. Bruxelles, Bibliothèque royale, 5301- 
20. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue CeJ- 
tique, t. XXIV, p. 41-70. 

Cath Airtig. 

Manuscrits : xvi e s. Dublin, T. C. H. 3, 18, p. 724. 

Cath Boindi ou Ferchuitred Medba. 

Manuscrits : Oxford, Bodléienne, Rawl. B512, f° 1 a-2 
a 2 — Lecan 351 b-353 a. — Dublin, R. I. A., C. I. 2 
(Stowe 872). 

Imprimés : publié et traduit par J. O. Neill, Eriu, t. II, 

P- I74-Ï85- 

Cath Cairnn Chonaill. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Zeitschrift 
fur Celtische Philologie, t. III, p. 203-219. 

Cath Catharda ou Cogad siuialta na Romanach (Pharsalc 
de Lucain). 

Manuscrits : 1300 Dublin, R. I. A.,D. 4. 2 (Stowe 992) 
p. 1-44. — Edimbourg, Advocates' library 46 (fragment). 

— 1633. Dublin, R. I. A., C. 6. 2. (fragment). — 1698 
Dublin, R. I. A., 24 P. 3. -- Dublin, R.'l. A., 24 P. 17. 

— Dublin R. I. A..D. 1. 1. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Irische 
Texte, IV, 2. 

Cath Cinn-abrad. 

Imprimés : publié par A. M. Scarre, Anecdota from ïrish 
Mumtscripts, II, p. 76-80. 

Cath Crinna. 

Manuscrits : xv e siècle. Livre de Lismore, f° 121 a- 
123 a. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O' Grady, Silva 
Gadelica, t. I, p. 319-326 ; t. II, 359-368. 

Cath Fikn Tragha. 

Manuscrits : Edimbourg, Advocates' library 58 ; — Chel- 
tenham, Phillips 6467. 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 1 5 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Anecdota 
Oxoniensia. Mediaeval and modem séries, vol. I, part IV, 
1885. 

CATH FORGAIRID ACUS IlGAIRIG. 

Manuscrits : cité dans le livre de Leinster 95 a 38, 44. 
5 1 ; 102 b, 11 ; 103 a 23 ; 107 a 15. 
Imprimés : Cf. Revue Celtique, t. VI, p. 188. 

Cath Gabhra. 

Imprimés : The Dean of Lismorês book, i re éd. p. 24, 25, 
32, 33, 35. 48. 

Cath Gairighi, section du TÀix Bô Cualxge. 

Cath Maige Mucrime ou Fotha Chatha Mucrama. 

Manuscrits : xvii* s. Edimbourg, Advocates' library 38 
(3 e rédaction). — xv e s. Oxford, Bodléienne, Laud 610, f°94 
d 17-97 a 26 (2 e rédaction). — 171 5 Londres, British 
Muséum, Egerton 106, f° iéb-25 a (3 e rédaction); — Egei- 
ton 150, f° 58 b-81 a (3 e rédaction); — Additional 18.947 
f° 56 b 74 b (3 e rédaction); — Egerton 118, f° 38 a-48 b 
(3 e rédaction); — Egerton 114, f° 46 a-53 b(3 e rédaction). 
— xvm e s. Cheltenham, Phillips 10.278; — Phillips 6467. 
Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Silva 
GadeUca, t. I, p. 310-318; t. II, p. 347-359 et par Wh. 
Stokes, Revue Celtique, t. XIII, p. 426-474; t. XIV, p. 95- 
96; Cf. The Gaelic Journal, Sept. 1907 — avril 1908. 

Cath Mltgi Rath. Cf. Fled Dltx xa x Géd. 

Manuscrits : Première rédaction : xiv e s. Dublin, T. C, 
Livre jaune de Lecan H. 2. 16 ; — Dublin, R.I. A., Stowe 
23 k, 44; — Dublin, R.I. A., BIV, 1 ;— Dublin, R. LA., 
Reeves 24 P. 9. — Bruxelles. — Deuxième rédaction : 
1390, Dublin, Livre jaune de Lecan, col . 945. 

La deuxième rédaction a été publiée et traduite par 
C. Marstrander, Eriu, t. V, p. 226-247. 

Cath Maige Tured xa Fomorach. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Rei'ue Cel- 
tique, t. XII, p. 52-130, 306; traduit par H. d'Arbois de 
Jubain ville, Cours de littérature celtique, t. V, p. 393-448. 



16 G. bot lui. 

Cath na tana i-Selmain Mide. 

Manuscrits : xn e s. Dublin, R. I. A. Livre de Leinster97 
a 17. 

Cath Ruis na Rig. 

Imprimés : publié et traduit par E. Hogan (Royal Irish 
Academy, Todd lecture séries, t. IV). Cf. The Acaâemy, 
22 juillet 1893. 

Cathreim Cellachain Caisil. 

Imprimés : publié et traduit par Al. Bugge, The victo- 
rious carter ofCellachan of Casbel, Christiania, 1905. 

Cathreim Chonghail Claringhnigh. 

Imprimés : publié avec introduction, traduction, notes 
et glossaire par P. M. Mac Sweeney, London 1904 {Irish 
Te.xls Society V). 

Cennach ind ruanada in Emain Mâcha (épisode final du Fled 
Bricrend). 

Manuscrits : xiv e s. Edimbourg, Advocates' library 40, 
p. 69-72. 

Imprimés : publié par L. Chr. Stern, Revue Celtique, t. 
XIII, p. 28-31 ; publié et traduit par K. Meyer, Revue Cel- 
tique, t. XIV, p. 450-459 ; cf. Celtic Magasine, t. XII, p. 
215-218. 

Ces noinden (ou Noiden) Ulad. 

Manuscrits : Dublin, R. I. A., Stowe 872 (CI. 2) f° 15 
a 2.— Dublin, R. I. A., Stowe 869 (B. 4. 2) f° 127 b. 

Imprimés : publié et traduit par Hennessy chez S. Fer- 
gusson, Congal, 1872, p. 92 ; par E. Windisch, Abhandluu- 
gen der Kôniglich-Sàchsischen Gesellscbaft der Wissenschafteu, 
philologisch- hislorische Classe, 1884, p. 338-342; traduit par 
Thurneyscn, Sagen ans dent alteu Irland, p. 21-24; par 
H. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. V, 
p. 320-325. Cf. miss Hull, The Cuchullin Saga, p. 95-100. 

Cinnit Ferchon, section du Tâin bô Cualnge. 

Clesa Conculaind. 

Manuscrits : 1390 Dublin, T. C.,H. 2. 16, p. 125. 



Catalogue de la littérature épique de VIrlanâe. 17 

C6lR An MANN. 

Manuscrits: première rédaction: 1500 Dublin T. C.,H. 

3. 18. — Seconde rédaction : xiv e s. Dublin, R. I. A., 

Livre de Ballymote, p. 249 a-255 a. — xv e s. Dublin, R. 

LA., 23. P. 2, p. 441-447; — Edimbourg, Advocates' 

library, Kilbride III. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Irische 
Texte, t. III, p. 283-444. 

COMAIRLE CONNACHT O RO GHAB MeDHB LIUDH J BIADH DI 

(histoire d'introduction au Tain bo Cualnge d'après ms. 
Stowe 992, f° 49 b 2). 

COMPERT CONCHOBAIR. 

Manuscrits : 1300, Dublin, R. I. A., D. 4. 2 (Stowe 
992), f° 48 a 2-48 b 2. — xvi e s. Dublin, T. C, H. 4. 
22, f° 42 a. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Revue Cel- 
tique, t. VI, p. 173-182. Cf. miss Hull, The Cuchullin 
Saga, p. 3-6; traduit chez H. d'Arbois de Jubainville, 
Cours de littérature celtique, t. V, p. 3-21 et par Thurney- 
sen, Sageu ans déni alten Irland, p. 63-65. 

COMPERT CONCULAINN. Voir FEIS TIGI BeCCFHOLTAIG. 

xManuscrits : 1300, Dublin, R. I. A., D. 4. 2 (Stowe 
992), f° 49 a. — Dublin, T. C, H. 4. 22, p. 41. 

Imprimés : Zeitschrift fur Celtische Philologie, t. V, p. 500- 
504; traduit par R. Thurneysen, Sagen ans dem alten 
Irland, p. 63-65 ; traduction critique par Duvau, Revue Cel- 
tique, t. IX, p. 1, et Cours de littérature celtique, t. V, p. 22- 
38. Cf. Zimmer, Zeitschrift fur vergleichende Sprachforschung, 
p. 419-426. Miss Hull, The Cuchullin Saga, p. 15-20. 

Compert Conlaich (épisode du Tochmarc Emere). 

COMPERT CORMAIC HUI CuiND OU GENEMAIN CORMAIC. 

Manuscrits : 1390 Dublin, T. C, H. 2. 16, p. 180. 
Imprimés : St. H. O'Grady, Silva Gadelica, t. I, p. 
253-256 ; t. II, p. 286-289. 

Revue Celtique, XXXIII. 2 



iS G. Dot tin. 

Compert Mongain. Voir aussi Serc Duibe Lâcha. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer. The voyage. 
of Bran, London, 1895, P- 4 2 "45 (Grimm library IV). 

Comrac claixxe Calatix, section du Tâin bô Cualxge. 

COMRAC CONCULAIND RE SENBECC HUA N-EbRICC 

Manuscrits : 1300, Dublin, R. L A., D. 4. 2 (Stowe 
992), t° 50 b 1. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Revue Cel- 
tique, t. VI, p. 183-184. 

Comrac Ferguso, section du Tâin bô Cualnge. 

Comrac Fhirdead, section du Tâin Bô Cualnge. 

Imprimés : traduit par Leahy, Heroic Romances of Ire- 
land, t. I, p. 1 13-159. Cf. Xettlau, Revue Celtique, t. X, 
p. 330, t. XI, p. 23, 318. 

Comrac Lairlxe, section du TÂix bô Cualxge. 

Comrac Leathaix fri Coinculaixx, section du Tâin bô 
Cualxge. 

Comrâd chixdcherchaille, section du Tâin bô Cualxge. 

Comrann na Clôenferta. 

Manuscrits : Oxford, Bodléienne, Rawlinson B 502, p 
134 a 40. 

COMTHOTH LOEGAIRI CO CRETIM J A AIDED. 

Imprimés : publié et traduit par Ch. Plummer, Revue 
Celtique, t. VI, p. 162-172. 

COXCHOBAR MAC NESSA. Voir ScÉLA etC 
COPHUR IX DA MUCCIDA. 

Imprimés : publié et traduit par E. Windisch, Irische 
Texte, t. III, 1, p. 230-275. 

Curathmér Emna Mâcha, épisode du Fled Bricrexd. 

Dergruathar Choxaill Cerxaig. Voir Aided Conculaixx. 
Imprimés : publié dans The Gaelic Journal, t. XI, p. 1, 
J 7> 33, 49, 65. 



Catalogue de la littérature épique de ^Irlande. 19 

DlXNSENCHAS. 

Imprimés : The Dinnsenchas of Mag Slecht, edited and 
translated by Kuno Meyer, chez Nutt, The Celtic doctrine 
of rebirth,Lonàon, 1897, P- 3 OT î. The Bodleian Dinnshenchas , 
edited and translated by Wh. Stokes, Folklore, t. III, p. 
467-516; The Edinburgh Dinnshenchas, edited and transla- 
ted by Wh. Stokes, Folklore, t. IV, p. 471-497 ; The prose 
taies in the Rennes Dindshenchas, edited and translated by 
Wh. Stokes, Revue Celtique, t. XV, p. 272-336, 418-484; 
t. XVI, p. 31-83, 135-167 ; 269-312; Poems front the Dind- 
shenchas, The metrical Dindshenchas, text and translation by 
Ed. Gwynn, Royal Irish Academy, Todd lectures séries, 
t. VII-IX). 

DOLUID DlARMAIT MAC CERBAIL FECHT N-AII.E. 

Manuscrits : xn e s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson B. 
502, f° 47 b 2. 

DUANAIRE FlNN 

Manuscrits : 1628 Dublin, Franciscains n° 2 contient 
dans sa seconde partie une collection de ^69 poésies ossia- 
niques, f° 1-94. 

Imprimés : publié et traduit par Eoin Mac Neill, Dita- 
naire Finn, the book of the lays of Fïoun, London, 1908 
(Irish texts Society VII). 

Echtra Airt Maic Cuinn 7 Tochmarc Delbchaim ingine 

MORGAIN. 

Imprimés : publié et traduit par R. J. Best, Eriu, t. III, 
p. 150-173. 

Echta Brain maic Febail 

Manuscrits : xiv e -xv e s. Oxford, Bodléienne, Rawlin- 
son B. 512, f° 119 a 1 -120 b 2. — xvi e s., Londres. B. M. 
Harleian 5280, f° 43 a-44 b. — xvi e s. Stockholm, biblio- 
thèque royale, f° 1 b. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, The Voyage 
of Bran, London, 1895, p. 1-42 (Grimm library IV). 

Echtra in chetharnaig chaoilriabaig xo chetarnaig Ui 
domnail do ré1r druixge. 



20 G. Dot tin. 

Imprimés : Silva Gadelica, t. I, p. 276-289 ; t. II, p. 31 1- 
324; Revue celtique, t. XVI, p. 15. 

ECHTRA CHLOINNE RlGH NA H-IORRUAIDHE. 

Imprimés : publié et traduit par D. Hyde, London 1899: 
Aàventures of the chïldren of tbe King of Norway (Irish texts 

Society, t. I). 

ECHTRA CHONAILL GhULBAIX. 

Manuscrits : xviii c s. Cheltenham, Phillips 10841. 

ECHTRA CONNLA CHAIM OU RUAID. 

Manuscrits : xiv c -xv c s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson 
B. 512, f° 120. 

Imprimés : traduit par H. d'Arbois de Jubainville, Cours 
de littérature celtique, t. V, p. 385-390, et parR. Thurneysen, 
Sagen ans dem ait eu Irlaud, p. 73-76, cf. J. Jacobs, Celfic 
fairy taies, p. 1-4. 

ECHTRA CORMAIC (MaIC AlRT) I TIR TAIRNGIRI J CeART CLAI- 
DIB CORMAIC. 

Manuscrits : xv e s. Dublin, R. I. A., Livre de Fermoy 
(fragment). 

Imprimés: publié et traduit par Wh. Stokes, Irische 
Texte, t. III, 1, p. 183-229. 

ECHTRA FERGUSA MAIC LeTI OU AlDED FERGUSA. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O' Grady, Silva 
gadelica, t. I, p. 238-252, t. II, p. 269-285. 

ECHTRA FlND. 

Manuscrits : xvi e s. Leyde, Vossii cod. lat. 7, f° ir°-2r°. 

Imprimés : publié et traduit par L. Chr. Stern, Revue Cel- 
tique, t. XIII, p. 5-22. Cf. Wh. Stokes, Find and the Phan- 
toius (Revue Celtique, t. VII, p. 289). 

Eachtra AN GHIOLLA DHEACAIR. 

Manuscrits : 1765 Londres, B. M., Additionnai 34. 119. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O' Grady, Silva 

Gadelica, t. I, p. 257-275; t. II. p. 292-311. Cf. Tbe Gaelic 

Journal, t. X, p. 464, 483, 495, 512, 538, 545, 557, 574, 

588, 604. 



Catalogue de la litlêral&re épique de F Irlande. 21 

Eachtra Ghiolla an Fhiugha. 

Manuscrits : xvm c s. Cheltenham, Phillips 10839. 
Voir aussi l'édition de l'Irish Texts Society, p. vin et xi. 

Imprimés : publié et traduit par D. Hyde, The lad of the 
férule (Jrish texts Society, I). London, 1899. 

Echtra Laegaire meic Chrimthainn go Mag Mell ou Sid 

FlACHNA. 

Manuscrits : xv c s. Livre de Lismore, f. 125 a. 
Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Silva 
Gadelica, t. I, p. 256-257 ; t. II, p. 290-291. 

Echtra mac Echdach Muigmedoin. Voir Aided etc. 

Imprimés : St. H. O'Grady, Silva Gadelica, t. I, p. 326- 
330; t. II, p. 368-373. M. Joynt, Eriu, t. IV, p. 91-111, 
a publié et traduit un poème sur ce sujet. 

Echtra Mâcha ingine Aeda Ruaid (épisode du Tochmarc 
Emere). 

Manuscrits : xn L ' s. Dublin R. I. A. Livre de Leinster 20 a 
(do flathiusaibh Erend). — xv c s. Oxford, Bodléienne, 
Laud 6 io, f° 84 a 2. — 1300 Dublin, R. I. A., D. 4. 2. 
(Stowe 992), f° 81 a 2. 

Echtra an mhadra mhaoil. 

Manuscrits : xv e s. Londres, B. M., Egerton 1872 (cf. 
Revue Celtique, t. X, p. 179). 

Imprimés : publié et traduit par R. A. Stewart-Macalis- 
ter, Two Arthurian romances, London 1908 (Jrish texts 
Society, X). 

Echtra Mhic an Iolair. 

Imprimés: publié et traduit par R. A. Stewart Macalis- 
ter, Two Arthurian romances, London 1900 (Jrish texti 
Society, X). 

Echtra Mhic na miochomairle. 

Manuscrits : traduction par O'Reilly dans le ms. 24 D 15 
de la Royal Irish Academy. 

Echtra Nerai (ou Tàin Bô Aingen). 

Manuscrits: xiv e s. Dublin, T. C., H. 2. 16, col. 658- 



22 G. Dot lin. 

662. — xv c s. Londres, B. M., Egerton 1782, f° 71 b- 

73 b. 

Imprimés : public et traduit par K. Meyer, Revue Celtique, 
t. X, p. 212-228; cf. t. XI, p. 210. 

EchtraTaidg meic Cein. 

Manuscrits : xv e s. Livre de Lismore, f° 121 a-123 a. 
Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Silva 
gadehea, t. I, p. 342-359; t. II, p. 385-401. 

Eachtra Thoirdhealbhaigh, mhic Stairn. 

Manuscrits : traduction par O'Reilly dans le manuscrit 
24 C. 12 de la Royal Irish Academy. 

Imprimés : publié dans Blaithfhleasg na Mhilséanaibh na 
Gctoidheilge, p. 9-59. 

Eachtra triur mac Righ na h-Iorruaidiie. Voir Eachtra 
chloinne Righ na h-Iorruaidhe. 

ErCHOITMED 1NGINE GULIDI. 

Manuscrits: xiv c -xv e s., Oxlord, Bodléienne, Rawlinson 
B. 512, f° 114 b 1. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Hibernica 
minora, p. 6y6<). 

ESNADA TIGE BUCHAT. 

Manuscrits : xn e s. Oxtord, Bodléienne, Rawlinson B. 
502, f° 73 a 2. 

Imprimés : publié et traduit parWh. Stokes, Revue Cel- 
tique, t. XXV, p. 18-39; 225-227. 

Faghail craoibhe Chormaic mhic Airt. 

Manuscrits : traduction par O'Reilly dans le ras. 24 D. 3 
de la Royal Irish Academy. 

Fagbàil in tairb, section'du Tàin bô Cualnge. 

Faillsiugud Tâna Bô Cuailngi (une des histoires d'intro- 
duction au Tàin Bô Cuailnge d'après Stowe 992, f° 49 
b 2). C'est aussi un chapitre de Ylmthccht na tromdaime. 

Manuscrits: xv e s. Londres, B. M., Egerton 1782, f° 87 
b. — 1300 Dublin, R.I. A., D. 4. 2. (Stowe 992), f°49 b. 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 25 

Imprimés : Ct. Zimmer, Zeitscbrift fur vergleicbende Spracb- 
forscbiing, t. XXVIII, p. 433-435; publié par K. Meyer, 
Arcbiv fur Celtische Lexikographie, t. III, p. 2-6. 

Fercuitred Medbe. 

Manuscrits : xiv e -xv e s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson 
B. 512, f° 1 a 2. 

Feistigi Beccfholthaigh (histoire d'introduction au Tâin bo 
Cualxge d'après ms. Stowe 992, f° 49 b 2) seconde ver- 
sion du COMPERT CoXCULAIXX . 

Imprimés : publié parK. Meyer, Zeitscbrift fur Celtiscbe 
Philologie, t. V, p. 500-504. 

FlAXSRUTH FlAXD. 

Imprimés : Cf. L. Chr. Stern, Zeitscbrift fur Celtische 
Philologie, t. I, p. 471. 

FlXD MAC CUMAILL. Voir ScÉL AS-AM-BERAR etc. 
FlXGAL RÔXAIX OU AlDED MAELFATHARTAIG. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Revue Celtique, 
t. XIII, p. 368-397; traduit par Thurneysen, Sagen ans 
dent alten Irland, p. 105-114. 

FlNGHALA ChLAIXXE TaXXTAIL. 

Manuscrits: 1300, Dublin. R. I. A., D. 4. 2 (Stowe 
992), f° 76 b 2. 

Fis Conchobair, partie du Tochmarc Feirbe. 

Manuscrits : XV e s. Londres, B. M., Egerton 1782,101. 
69 b (fragment). 

Flathiusa Erexd. Cf. Echtra Mâcha. 

Manuscrits: xiv-xv- s.. Oxford, Bodléienne, Rawlinson 
B. 512, f° 88-97. 

Imprimés: Cf. Revue Celtique, t. XI, p. 189. 

Fled Bricrexd, r rédaction. 

Manuscrits : Supprimer H. 4. 22. — xv e -xvi e s., 
Leyde, Vossius lat. quart. 7, fol. 3-9. 

Imprimés: publié par E. Windisch, Irische Texte,:.], 
p. 235-311 et par L. Chr. Stern, Zeitscbrift fur Celtische 



24 G. Dottui. 

Philologie, t. IV, p. 143-177; traduit par H. d'Arbois de 
Jubainvillc, Cours de littérature celtique, t. V, p. 81-148 et 
par R. Thurneysen, Sagen ans dem alla Irland, p. 25-57. 
Cf. Zimmer, Zeitschrift fur vergleichende Sprachforschung, 
t. XXVIII, p. 623-661. Stern, Revue Celtique, t. XIII, p. 22- 
3 1 . Une édition avec traduction, introduction et notes a 
été publiée par G. Henderson, Fled Bricrend (Irish texts 
Society, II) et une étude de R. Thurneysen sur les éléments 
qui ont servi à composer l'histoire a paru dans la Zeitschrijl 
fur Celtische Philologie, t. IV, p. 193-206. 

Fled Bricrend, 2 e rédaction ou Longes mac n-DuilDermait. 

Manuscrits: 1390 Dublin, T. C, H. 2. 16, col. 759-765. 

Imprimés : publié par E. Windisch, Irische Texte, t. II, 
p. 164-216; traduite par M. Grammont, Cours de littérature 
celtique, t. V, p. 149-169. 

Fled Dùin na n-Géd. Cf. Cath Muigi Rath. 

Manuscrits: 1390 Dublin, T. C, H. 2. 16, p. 319. 
Imprimés : publié par C. Marstrander, Videnskabs-Selsha- 
bets Skrifter, II, 1909, n° 6, Kristiania. 

Fochonn loingsi Ferghusa (histoire d'introduction au Tâin 
bô Cualnge d'après ms. Stovre 992, f° 49 b 2). 

Manuscrits :xv e s. Edimbourg, Advocatës library, 53. 

Imprimés : publié et traduit par Mackinnon, The Ccltic 
Revieiu, t. I, p. 208. 

Fogluim Choxculainn. 

Manuscrits: 1780. Cheltenham, Phillips 10840. 
Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue Cel- 
tique, t. XXIX, p. 109-152. 

Forbais Etair. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue Cel- 
tique, t. VIII, p. 47-64; cf. Thurneysen, Sagen ans dem 
alten Irland, p. 66-69; Miss Hull, The Cuchullin Saga, 
p. 87-100. 

Fortibras (Fierabras). Voir Stair etc. 

Forus feasa air Eirinn. 

" Manuscrits: 1696 Cheltenham, Phillips 6461. — xvn e s. 



Catalogue de la littérature épique de V Irlande. 25 

Cheltenham, Phillips 10283. — 1761 Paris, bibliothèque 
Mazarine 3075. — 1643, 1704 manuscrits appartenant à D. 
Comyn.Voir t. II de l'édition de l'Irishtexts Society, p. xm 
et suiv. 

Imprimés : publié et traduit par D. Comyn et P. Din- 
neen, The History of Ireland by Geoffroy Keating, London 
1902- 1908 (Irish Texts Society, IV, VIII, IX). 

FOTHA CATHA CxUCHA OU GeXEMAIX FlXD MAIC Cu.MAIL. 

Manuscrits: 1390 Dublin, T. C, H. 2. 16, p. 173. 
— xii e s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson B. 502, 70 b 2. 

Imprimés : traduit par H. d'Arbois de Jubainville, Cours 
de littérature celtique, t. V, p. 379-384. 

Geix Braxduib mic Aedàix 7 Aedàix mic Gabrâïn. 

Manuscrits: xn e s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson B. 
502, p. 47 a 2-47 b 1. — xiv e -xv e s. Oxford, Bodléienne, 
Rawlinson B 512, f° 1 a 1 (fragment). 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Zeitschrift fur 
Celtische Philologie, t. II, p. 134-137. 

Gexemaix Aeda Slàne. 

Manuscrits : xvir s. Bruxelles 5100-4, p. 18; — 
Bruxelles 2324-40, p. 74. 

Imprimés: publié et traduit par St. H. O'Grady, Si ha 
Gadelica, t. I, p. 82-84; l - H> P- 88-91. Cf. E. Windisch, 
Sit^ungsberichte der Koniglich-Sàchsischen Gesellschaft der 
Wissenschaften, 1884, p. 194. 

Gexemaix Cormaic Ua Cuixx ou Compert Cormaic. 

Manuscrits: 1390 Dublin, T. C., H. 2. 16, p. 180. 

Imprimés: publié et traduit par St. H. O'Grady, Transac- 
tions of tbe Ossianic societx, t. III, p. 211-229; Silva Gade- 
lica, t. I, p. 253-256; t. II, p. 286-289; par Wh. Stokes, 
Irische Texte, t. III, 1, p. 185. 

Geixemaix Fixd mic Cumail. Voir Fotha catha Cxucha. 
Manuscrits : xn c s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson B. 
502, f° 70 b 2. 

GEASA 7 ILBERTA XO BIBIS FOR CoXCULAIXD. 

Manuscrits : xiv e s. Edimbourg, Advocates' library 40. 



26 G. Doit in. 

Gleoud in chathAj section du Tâin bô Cualnge. 

Gui o Bharbhuic (Beathadh Sir). (Guy de Warwick). 

Manuscrits : XV e s. Dublin, T. C., H. 2, 17, p. 300- 

347- 

Imprimés : publié et traduit par F. N. Robinson, Zeit- 
schrift fur Celtische Philologie, t. VI, p. 24. 

Immacallam in dâ thuarad. Voir agallam in dà suad. 

Immathchor Ailello 7 Airt. 

Imprimés : publié par K. Meyer, Anecdota from Irish 
manuscripts, t. III, p. 27-29. 

Immram Brain maic Febail. Voir Echtra Brain. 

Immram curaig Mailduin. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue Cel- 
tique, t. IX, p. 447-495 ; X, 50-95 ; traduit par F. Lot 
dans le Cours de liitêrature celtique, t. V, p. 449-500. Cf. 
R. I. Best, Anecdota from Irish manuscripts, t. I, p. 50. Une 
traduction en irlandais moderne a été donnée par E. 
O'Growney, The Gaelic Journal, t. IV, p. 99, 119, 138, 
147, 172, 190. 

Immram curaig Hua Corra. 

Imprimés : publié et traduit par Zimmer, Zeitschrijt fur 
deut sches Al 1er tu m, t. XXXIV, p. 183-197 ; par Wh. 
Stokes, Revue Celtique, t. XIV, p. 22-69. 

Immram na lungi Argo (section du Togail Troi). 

Manuscrits : Advocates' library (contient un poème sur ce 
sujet). 

Immram Snedhghusa 7 Meic Riaghla. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue Cel- 
tique, t. IX, p. 14-25 ; traduit par R. Thurneysen, Sagen 
ans dein alten Irlaml, p. 126-130. Cf. Zimmer, Zeitschrift 
fur deutsches Altertuni, t. XXXIII, p. 211 ; R. Thurneysen, 
Zwei Versionen der mittelirischen Légende von Snedgus und 
Mue Riugla, programm, Halle 1904. Cf. Archiv fur Cel- 
tische Lexikographie, t. V, p. 418; t. VI, p. 234. Une tra- 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 27 

duction en irlandais moderne a été donnée par E. O'Grow- 
ney, The Gaelic Journal, t. IV, p. 85. 

Imrol Belaig Eoix, section du TÂix bô cuâlxge. 

Imslige glexdamxach, épisode du TÂix bô Cuâlxge. 

Manuscrits : xn c s. Dublin, R. I. A. Livre de Leinster, 
92 a 1-44. Cf. L. U. 73 a 17. 

Imtheachta Aexiasa. Voir Cairdius. 

Manuscrits : xiv c s. Dublin, R. I. A., Livre de Bally- 
mote, p. 449-485. 

Imprimés : publié et traduit par George Calder, The 
Irish Acneid, London, 1907 (Irish Texts Society, VI). 

Immthechta xa x-oixmhididhe ou agallamh xa x-oixmide. 

Manuscrits : Dublin, R. I. A., Stowe. B. IV, 1 (frag- 
ment); — Dublin, Royal Irish Academy 23 C 19 (frag- 
ment). 

Imprimés : Un épisode de cette histoire a été publié et 
traduit par W. J. Purton, Revue Celtique, t. XXIX, p. 219- 
221. 

I.MTHEACHT xa tromdhaime. 

Manuscrits : xv e s. Livre de Lismore, f° 144 a-151 b. 
Imprimés : Cf. H. Zimmer, Zeitschrift fur vergleichende 
Sprachforschung, t. XXVIII, p. 426-439. 

Ix carpat serda, section du Tâix bô Cuâlxge. 

Ixdarba ixxa x-Desi. Voir Tochomlod. 

Ixgex cholach. 

Manuscrits : xn e s. R. I. A., Livre de Leinster, p. 279, 
col. 1. 

Imprimés : publié et traduit dans la Revue Celtique, t. 
VIII, p. 150. cf. 403. 

Ixgex rig Ghréic. 

xii e s. Dublin, R. I. A., Livre de Leinster, p. 279 a 35. 
Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Silva 
Gadelica, t. I, p. 413-415 ; t. II, p. 449-452. 



28 G. Dot tin. 

Laoidii chnoic an air. 

Manuscrits : 1685. Giessen, 1267. 

Imprimes : Cf. Transactions of tbe Ossianic Society, t. [V, 
p. 80, 86-92; Flanagan, Deirdri, p. 199-203. Cameron. 
Reliqniae celticae, t. I, p. 137, 149; t. II, p. 305. 

Laoidh an Deirg mhic Dhroithchill. 

Manuscrits : xix c s. Paris, Bibliothèque nationale, fonds 
celtique, 4. 

Laoidh an Mhoighre Bhoirb. 

Imprimés : traduction en vers anglais, chez W. Hamilton 
Drummond, Ancien t Irish minstrehy, Dublin, 1852, p. 35. 

Leabhar na gceart. 

Manuscrits : xiv c s. Dublin, R. I. A., Livre de Bally- 
mote, p. 267. 

Leabhar Breatnach. 

Imprimés : publié et traduit par Todd, Dublin, Irish 
Archaeological Society, 1847. Cf. Zimmer, Monu inenta Germa- 
niae bistorica, Auctorcs Antiquissimi, t. III. 

Leiges coise Céix meic Mailmuaid meic Briain. 

Manuscrits : Londres, B. M., Egerton 1781, f° 147 a. 
— Dublin, R. I. A., Stowe 867, f° 180. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Si ha 
Gadelica, t. I, p. 296-305 ; t. II, p. 332-342. 

Loxges Eithxe Uathaige. 

Manuscrits : Cf. Livre de Leinster, p. 124, col. 2, 1. 40. 

Longes mac x-Duil Dermait. Voir Fled Bricrend. 

Longes mac n-Usnig. Voir Aided chloinne Uisnig. 

Mac Datho. Voir Scél mucci etc. 

Macgnimartha Find. 

Imprimés : publié par K. Meyer, Revue Celtique, t. V, 
p. 197-204; cl. Archiv fur Celtiscbe Lexikographie, t. I, p. 
482 ; traduit par K. Meyer, Erin, t. I, p. 180-190 ; publié 
et traduit par D. Comyn, Tbe youthful exploits of Fionn, 
Dublin, 1898. 



Catalogue, de la littérature épique de l'Irlande. 29 

MàCGNIMRADA CONCULAINN, section du TÂIN BÔ CUALNGE. 

Imprimés : Cf. Zimmer, Zeitschrijt fur vergleichende 
Sprachforschung, t. XXVIII, p. 446-449. 

Mac Lesc mac Ladaix aithech. 

Manuscrits : xn e s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson, B. 
502, f° 59 b 2. 

Maelosdan. Voir Sgél ixgnadh, etc. 

Mandeville (Voyages de Sir John). 

Manuscrits : xv e -xvi c s. Rennes, n° 598, f° 52 a 2-68 b 2. 
— • xv e -xvi e s.Londres, B. M. ,Egerton, 1781,1° 1293.-146 b. 
— Londres, B. M.,Additional, 33 993, f°6 a-7 a (fragment). 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Zeitschrijt 
fur Celtische Philologie, t. II, p. 1-63, 226-312. Cf. J. Aber- 
cromby, Revue Celtique, t. VII, p/66. 

Marco Polo (Livre de). 

Manuscrits : xv e s. Livre de Lismore, f° 79 a 1-89 b. 
Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Zeitschrijt 
fur Celtische Philologie, t. I, p. 245-273, 362-438. 

Mellgleo n-Iliach, section du TÂix bô Cuâlnge. 

Merugud Uilix mic Leirtis. 

Manuscrits : 1300, Dublin, R. I. A., Stowe 992, f° 59 
b 2-61 a 2. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, The Irish 
Odyssey, London, 1886. 

Mesce Ulad. 

Manuscrits : xiv e s. Edimbourg, Advocates' library, 40, 
p. 49-68. 

Imprimés : publié et traduit par W. M. Hennessy, Royal 
Irish Academy, Todd lecture séries, t. I, p. 2-58. Ct. The Aca- 
deuiy, 8 juillet 1893. 

Minadur (Minotaure). Voir Sgél etc. 

Moxgân. Voir Scél etc. 

Noinden Ulad. Voir Ces xoixden. 



îo G. Dot lin. 

NUALL-GHUBHA OlLEALLA OlOIM. 

Manuscrits : Cheltenham, Phillips, 10.840. 

OCTAVIAN. 

Manuscrits : 1671, Dublin, R. I. A., Stowe 867, f° 240 a. 

OlLEMAIN CONCULAIND. Voir AlDED Co: LAICH. 

Orgain bruidne Da Dergae ou Togail bruidne Da Derga. 

Manuscrits : 1300. Dublin, R. I. A., D. 4. 2. (Stowe 

992), f° 85 a 1 (trois fragments). Cf. M. Nettlau, Revue 

Celtique, t. XII, p. 229, 444; t. XIII, p. 252; t. XIV, 

p. 137. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue Cel- 
tique, t. XXII, p. 9-61, 165-215, 282-329, 390-437; tiré 
à part, Paris, 1902. Cf. Zimmer, Zeitschrift fur vergleichendc 
Sprachforschuug, t. XXVIII, p. 554-585. 

Orgain Cairpri Cinn-Caitt for saer-chlannaib hErenn. 

Manuscrits : xv e s. Livre de Lismore, f° 142 a. — xiv e s. 
Dublin, R. I. A., Livre de Ballymote. f° 255. Cf. Anecdota 
Oxoniensia V, p. xxxvn; — Edimbourg, Advocates'library, 
28 (Kilbride 24). 

Imprimés : publié par W. A. Craigie, Revue Celtique, t. 
XX, p. 335-339- 
Orgain Dind Rig. 

Manuscrits : xn e s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson B. 
502, f° 71-72. 

Imprimés : publié et traduit par Whitley Stokes, Zeit- 
schrift fur Celtische Philologie, t. III, p. 1-14. 

Orgain Neill Noigiallaig. 

Manuscrits : xn c s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson B. 
502, p. 84 a 1. 

Imprimés : publié et traduit par Kuno Meyer, Otia Mer- 
seiana, t. II, p. 84-92. 

Orgain tri Mac Diarmata mic Cerbaill la Maelodran ou 
aided etc. 

Manuscrits : xn e s. Oxford, Bodléienne, Rawlinson B. 
502, f° 73 b 2, p. 134 b 34. — xiv e -xv e s. Oxford, Bod- 
léienne, Rawlinson B 512, f° 115 b. 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 51 

Imprimés : publié et traduit par Kuno Meyer, Hibernica 
Minora, p. 70-75. 

Orlando 7 Melora. 

Manuscrits : 1697, Dublin, T. C, H. 3, 16, p. 24-71 ; 
— 1717, Londres, B. M., Egerton 106, f° 143 a. 

Oisligi Amargin 1 Taltin, section du Tàin bo Cuâlnge. 

Q.UESTE DU SAINT-GRAL. 

Manuscrits : 1300, Dublin, R. I. A., D. 4. 2. 
(Stowe 992), fragment. — xiv e -xv e s. Oxford, Bodléienne, 
Rawlinson B 512, fragment. — xv e s. Dublin, Franciscains 
(cf. Nettlau, Rev. Celt., t. X, p. 186) fragment. 

Imprimés : publié et traduit par F. N. Robinson, Zeit- 
schrift fiir Celtische Philologie, t. IV, p. 381-393. Cf. W. J. 
Purton, Revue Celtique, t. XXVII, p. 81-84. 

Richard 7 Lisarda. 

Manuscrits: 1742. Dublin, T. C, H. 1. 10. 

RlSS IN MUNDTUIRC DORINDE ULCAN DO ElSMIONE. 

Manuscrits : 1300, Dublin, R. I. A., Stowe 992, ï° 
77 ai. 

Ruadrucce Mind, section du Tàin bô Cuâlnge. 

Scéla Alexandir maic Pilip. 

Manuscrits : Dans le Rawlinson, B 512, f° 99 a, on 
trouve la correspondance d'Alexandre avec Dindimus (épi- 
sode des Scéla Alexandir). 

Imprimés : publié par Ch. Geisler, The Gaelic Journal, 
t. II, p. 65, 116, 129, 184 et Irish texls from Irish manus- 
cripts, Dublin, 1884; publié et traduit par K. Meyer, Bine. 
Irische Version der Alcxandersage (Inaugural-Dissertation), 
Leipzig 1884; Irische Texte, t. II, 2, p. 1-108. 

Scéla Ailill 7 Etaine. Voir Tochmarc Etaine. 

Scél Bailt Binnberlaig mic Bu AIN. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Revue Celtique 
t. XIII, p. 220-227 : c f- Hibernica minora, p. 84. 



j2 G. Do! lin. 

ScÉLA CANO MEIC GaRTNAIN 7 CkKDI INGINE Guaire. 

Imprimes : public par K. Meyer, Anecdota from Irish 
manuscripts, I, p. i-i 5. 

SCÉLA COXCHOBAIR MAIC NESSA. 

Manuscrits : xn c s. Dublin, R. I. A., Livre de Leinster, 
p. 106, col. 1, cf. Livre de Lismore, 125 b (fragment). 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Eriu, t. 
IV, p. 18-38. Cf. Lives of saints from the Book oj Lismore, 
p. xxxiv, xxw et Revue Celtique, t. VI, p. 174-175. 

SCÉL AS-AM-BERAR COM-BAD HÉ FlND MAC Cu.MAILL MONGAN. 

Manuscrits : 1390, Dublin, T. G, H. 2. 16, p. 193. 
Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, The Voyage 
ofBran, London, 1895 (Grimm library, IV), p.. 45-52. 

Sgél ixgxadh for Mhaelosdax. 

Manuscrits : 1300, Dublin, R. I. A., D. 4. 2. (Stowe 
992), f° 50 b 1. 

Sgél in mhixaduir (Minotaure). 

Manuscrits : 1300, Dublin, R. I. A., D. 4, 2. (Stowe, 
992), f° 61 a 2. 

Imprimés : publié par K. Meyer. Zeitschrift fur Celtische 
Philologie, t. IV, p. 238-243. 

Scél Moxgàix. 

Manuscrits : xvi e s. Dublin, T. G, H. 3. 18, p. 555 b. 
Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, The voyage 
of Bran, London, 1895, P- 5 2 ~)6. 

Scél mucci Mac Datho. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Hibernica 
Minora, p. 51-64, {Anecdota oxoniensia, mediœval and modem 
séries, part VIII); traduit par Duvau, Coins de littérature 
celtique, t. V, p. 66-80 ; par Thurneysen, Sagen ans dent 
alten Irland, p. 2-10; et par Leahy, Heroic romances oj 
Ireland, t. I, p. 37-49. 

Scél Tuain maic Cairill do Fhinx'ex Maige Bile. 

Manuscrits : xiv-xv e s. Oxford, Rawlinson, B 512. 
Imprimés : publié et traduit par K. Meyer chez A. Nutt, 
The Ccllic doctrine ofrebirth, London, 1897, p. 285. 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 35 

SeCHRAX NA BANIMPIRE 7 OILEMAIN A DEISE MAC. 

Manuscrits : Dublin, Royal Irish Academy, Stowe B IV, 
1, f° 240 a-248 a. 

Imprimés : publié et traduit par C. Marstrander, Eriu, 
t. V, p. iéi-199. 

Seilg dobi ag Finn mac Cumaill ar Benn Edair, mélangé 
d'éléments historiques et légendaires tirés de la vie de 
Magnus le Grand, roi de Norvège. 

Manuscrits : 1628, Dublin, Franciscains, n° 39, p. 129 
b-ijob. 

Seilg Sleibhe na m-ban. 

Manuscrits : xv e s. Londres, B. M., Egerton 1782, f° 
20 b 1 (version en prose) 

Seilg sleibhe Fuaid. 

Manuscrits : xv e s. Londres, B. M., Egerton 1782, f° 
20 b 1. — xix e s. Paris, Bibliothèque nationale, celt. 4. 

Seilg Sleibhe Guillinn. 

Manuscrits : xix e s. Paris, Bibliothèque nationale, celt. 4. 

Serc Dublacha do Moxgân. 

Manuscrits : xv e s. Dublin, R. I. A., Livre de Fermoy, 
p. 131 d. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, The Voyage of 
Bran, London, 1895 (Grimm library IV), p. 58-84. 

Serc ro char Mac in Oicc Chaire heabarbaithi, his- 
toire d'introduction au TÂin bô Cualxge d'après ms. 
Stowe 992, f° 49 b 2. 

Serglige Conchulainn. 

Manuscrits : xv e -xvi e s. Dublin, T. C., H. 4, 22, p. 89- 
104. 

Imprimés : traduit par H. d'Arbois de Jubainville, Cours 
de littérature celtique, t. V, p. 170-216; par Thurneysen, 
Sagen aus dem aiten Iriand, p. 81-104; par Leahy, Heroic 
Romances of Ireiand, t. I, p. 53-85. Cf. Zimmer, Zeil- 
schrift fur vergïeichende Sprachforschung, t. XXVIII, p. 594- 
623. Cf. Leabhar na Feinne, p. 1. 

Revue Celtique, XXXIII. 3 



34 G. Dot tin. 

Siabur Charfat Conculainn. 

Imprimés : publié par K. Meyer, Anecdota front Irish 
manuscripts, t. III, p. 48-56. Cf. Miss Hull, Ihc Cuchullin 
Saga, p. 275-287. 

SlDH FlACHNA OU ECHTRA LaEGAIRE MEIC CHRIMTHAINN. 

Manuscrits : xv e s. Livre de Lismore, f° 125 a. 
Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Silva 
Gadelica, t. I, p. 256-257 ; t. II, p. 290-291. 

SlRROBUD SUALTAIM, SCCtioil dll TÀlN BO CuÂLNGE. 

Slanugud na Môrrigna, section du Tâin bô Cualnge. 

Sligi na Tana, section du Tâin bô Cualnge. 

Stair ar Aed Baclàm. 

Manuscrits : xv e s. Livre de Lismore, f° 93 a r. 
Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Silva 
Gadelica, t. I, p. 66-72; t. II, p. 70-76. 

Stair Barralam. 

Manuscrits : 1600 Londres, B. M., Egerton 136, f° 57 a., 

Stair Fortibrais (Fierabras). 

Manuscrits : XV e s. Dublin T. C, H. 2. 7. p. 435, col. 
2. — xv e s. Londres, B. M., Egerton 1781, f° 2a. — xv s. 
Oxford. Bodléienne, Laud 610, f°45 a 2-56 b2. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue 
Celtique, t. XIX, p. 14-57, 1 18-167, 252-291,364-393. 

Tâin Bô Aingen. Voir Echtra Nerai. 

Suidigud Tellaig Temra. 

Manuscrits : 1390 Dublin, T. C, H. 2. 16, col. 740-749, 
p. 105-108. — xv e s. Livre de Lismore, ^90-92. — XIV e s. 
Dublin, R. I. A., Livre de Ballymote, p. 248. 

Imprimés : publié et traduit par R. I. Best, Erin, t. IV, 
p. 1 21-172. Cf. Stokes, Lires of saints from the Book of Lis- 
more, p. x\ IV. 

Tâin Bô Cualnge. 

Manuscrits : 1300 Dublin, R. I. A.,D 4- 2. (Stowe 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 35 

992), f ' 49 b 2; — 1390, Dublin, T. C, H. 2. 16, col. 
573-619. 

Imprimés : publié et traduit par E. Windisch, Irische 
Texte, extraband, Die ait irische Heldensage Tâin Bô Cualnge 
nach de m Bach von Leinster in Text und Uebersel^ung mit einer 
Einleitung herausgegeben, Leipzig, 1905 ; traduit par H. d'Ar- 
bois de Jubainville, Paris, 1907; cf. Revue Celtique, 
t. XXVIII, p. 17, 145, 241; XXIX, p. 153; XXX, P . 78, 
156, 235; XXXI, p. 5, 273; XXXII, p. 30. Le texte du 
Lebor na h-Uidre et du Livre Jaune de Lecan est publié en 
supplément à Eriu, t. I et suiv. par J. Strachan et J. G. 
O'Keefe; la traduction de ce texte est donnée par Miss 
L. Winifred Faraday, The. caille raid of Cualnge {Tâin bô 
Cuailnge), London, 1904. Cf. MissHull, The Cuchullin Saga, 
p. 111-227 y H. Zimmer, Zeitschrift fur vergleichende Sprach- 
forschung, t. XXVIII, p. 426-554; Xettlau, Revue Celtique, 
t. XIV, p. 254-266; t. XV, p. 62-78. 

TÂIN bô Dartada (une des histoires d'introduction au Tâin 
Bô Cualnge d'après ms. Stowe 992, f° 49 b 2). 

Imprimés : publié par Windisch, Irische Texte, t. II, 
p. 185-205, traduit par Leahv, Heroic romances of Ireland, 
t. II, p. 69-81. 

Tâin bô Flidais. 

Manuscrits: 1390 Dublin, T. C, H. 2. 16, col. 345 - 
364. — xv e s. Edimbourg, Advocates' Library, 53. 

Imprimés : publié et traduit par Windisch, Irische Texte, 
t. II, 2, p. 206-223'; traduit par Leahy, Heroic romances 
of Ireland, t. II, p. 101-125; résumé, publié et traduit par 
Mackinnon, The Celtic Revieiv, t. IV, p. 104. 

Tâin Bô Fraich (histoire d'introduction auTÀiN" bô Cualxge 
d'après ms. Stowe 992, f° 49 b 2. 

Manuscrits : XIV e s. Edimbourg, Advocates' library, 40, 
p. 37D-45 b. 

Imprimés: publié par K. Meyer, Zeitschrift jiïr Celtische 
Philologie, t. IV, p. 32-47; publié et traduit par A. O. 
Anderson, Revue Celtique, t. XXIV, p. 127; traduit par 



3 6 6". Doliin. 

Thurneysen, Sagcn ans dem alten Irland, p. 1 1 5-125 ; et par 
Leahy, Heroic romances of Ireland, t. II, p. 1-67. Sur la 
légende de Fraoch, voir Leabhar na Feinne, p. 29-33. 

Tâin bô Regamna. 

Imprimés : publié et traduit par Windisch, Irische Texte, 
t. II, 2, p. 224-256; traduit par Leahy, Heroic Romances 
of Ireland, t. II, 83-99; 127-141 ; cf. Miss Hull, The 
Cuchullin Saga, p. 102-107. 

Talland Etair. Voir Forbais Etair. 

Tairired nan-Dessi. Cf. Tucait indarba na n-Déssi. 

Manuscrits : xn e s. Oxford, Rawlinson B. 502, f°72 
a 2, p. 131 b 19. — xv e s. Oxford, Laud6io, f° 99 b 2- 
102 a 2. 

Imprimés : publié par K. Meyer, Anecdota front Irish 
mannscripts, t. I, p. 15-24; publié et traduit par K. Meyer, 
Y Cynunrodor, t. XIII, p. 104-135, et dans Erin, t. III, 
p. 135. 

Tecosca Cormaic . 

Manuscrits : Dublin, R. I. A., 23 N. 17, p. 1-6. — xv e s. 
Dublin, T. C, H. 4. 8. — xvi e s. Edimbourg, Advocates' 
library, VII, 3 ; f° 9 a-9 b. 

Imprimés : publié dans The Gaelic Journal, t. I, p. 
392-394 et par K. Meyer, Royal Irish Academy. Todd lec- 
ture séries, XV, Dublin, 1909. 

Tesmolad Corbmaic Ui Cuinn 7 Finn meic Cumhaill. Voir 
Aided Finn, seconde rédaction. 

Manuscrits: xv c s. Londres, B. M., Egerton 1782, f° 
24 b 2. — xv e s. Oxford, Bodléienne, Laud 610, t° 121 
b. 1. 

Imprimés: publié et traduit par St. H. O'Grady, Silva 
Gadelica, t. I, p. 89-92 ; t. Il, p. 96-99 

Thèbes (Guerre de). 

Manuscrits: XV e s. Londres, B. M., Egerton 1781, f° 87 
a i-i2oa 1. — -XV e s. Dublin, T. C, H. 2. 7, p. 457 a- 460 b 
(fragment); — Edimbourg, Advocates' library, Kilbridc 
(fragment). 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. 37 

TlMNA NEILL MlC ECHACH DIA MaCAIBM. 

Manuscrits: 13 10 Dublin, R. I. A., D. 4. 2. (Stowe 
992) f° 54 a 1. 

TOCHIM NA M-BUIDEX, SCCtion du TÂlN BÔ ClJALNGE. 
TOCHMARC BECFOLA. 

Manuscrits : 1390 Dublin, T. C, H. 2, 16. p. 117- 
119. 

Imprimés : publié et traduit par St. H. O'Grady, Silva 
Gadelica, t. I, p. 85-87; t. II, p. 91-93. 

TOCHMARC EMERE. 

Manuscrits: xiv e s. Oxford, Rawlinson B. 512, f° 117 
(fragment). — 1300 Dublin, R. I. A.,D. 4. 2 (Stowe 992) 
f° 80 a 1-84 b 1. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Revue Celtique, 
t. XI, p. 433-457; The archceological Revieiu, t. I, p. 68-75, 
150-155, 231-235, 298-307; Zeitschrift fur Celtische Philo- 
logie, t. III, p. 229-263; traduit par H. d'Arbois de Jubain- 
ville, Cours de littérature celtique, t. V, p. 39-50 ; Miss Hull, 
The Cuchullin Saga, p. 57-83 ; cf. Zimmer, Zeitschrift fur 
Deutsches AUerthum, t. XXXII. 

TOCHMARC EtÂINE. 

Manuscrits : xv e s. Londres, B. M., Egerton 1782. 

Imprimés : publié et traduit par Ed. Mùller, Revue Cel- 
tique, t. III, p. 350-360; traduit par R. Thurneysen, Sagen 
ans dem alleu Irland, p. 77-80; par Leahy, Heroic romances 
of Ireland, 1. 1, p. 3-32; t. II, p. 143-161. Cf. Zimmer, Zeit- 
schrift fur verglcichende Sprachforschung, t. XXVIII, p. 5 8 5— 
594; Nutt, Revue Celtique, t. XXVII, p. 325-339; L. Chr. 
Stern, Das Màrchen von Etâin, Zeitschrift fur Celtische Phi- 
lologie, t. V, p. 522-534. 

TOCHMARC FEIRBE. 

Manuscrits : xv e s. Londres, B. M., Egerton 1872, fol. 
69 b (fragment). 

Imprimés : publié et traduit par E. Windisch, Irische 
Texte, t. III, p. 445-548; traduit par A. H. Leahy, The 
courtslrip of Ferb, London, 1902. 



38 G. Do! fin. 

TOCHMARC FEARBLAIDHE. 

Manuscrits: 1630, Dublin, T. C, H. 4. 25; H. 3. 23. 
—xvu c s. Dublin R. I. A., 24 P. 12. — 1784, Dublin, R. 
I. A., 24 P. 31 (Reeves); — 1768 Dublin, R. LA.,. 24 P. 6 
(Reeves); — 1797 Dublin R. I. A., 23 E. 16. — xix c s. 
Dublin R. I. A.. 24 P. 21 (Reeves 842). — 1700 Dublin, 
R. I. A., 23 K. 7. — Franciscains 16, p. 217. 

Imprimés : publié par E. O' Neachtain, Eriu, t. IV, 
p. 47-67. 

TOCHMARC LUAINE J AlDEDH AlTHIRXE. 

Manuscrits : xv L s. Dublin. T. C, H. 2. 17, p. 464, 
col. 2. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue Cel- 
tique, t. XXI Y. p. 270-287. 

Tochomlod xa x-Desi o The.mraig identique au Coecad 
Cormaic, au Tairired xax Dessi, et au Tucait caechta 
Cormaic. 

Tochostul n-Ulad section du TÂix Bô Cualnge. 

Tochostul fer Coxkacht co Cruachaix Ai, section du Taix 
bô Cualnge. 

TOGAIL BRUIDXE Da CHOCA. 

Imprimés : publié et traduit par Wh. Stokes, Revue Cel- 
tique, t. XXI, p. 150-165, 312-327; 388-402. 

TOGAIL BRUIDXE DÂ DERGA. Voir ÛRGAtX BRUIDXE DÀ 

Dergae. 

Togail Dùixe Geirg (épisode du Tochmarc Feirbe). 

Manuscrits: xv e s. Londres, B. M., Egerton 1782, f° 
69 b. Cf. Livre de Leinsterf 254a. 

Togail Troi. 

Manuscrits: XV e s. Edimbourg, Advocates' library, 15. 
• xiv e s. Dublin. R. I. A. Livre de Ballymote, p. 411. 

Imprimés: publié et traduit par Wh. Stokes, Irische 
Texte, t. II, p. 1-142. 



Catalogue de la littérature épique de l'Irlande. ^9 

Tôiteàx tighe Fins. 

Imprimés: un poème sur ce sujet a été publié et traduit 
par E. J. Gwynn, Eriii, t. I, p. 13-37. 

ToRUIGECHT IN GILLA DECA1R 7 A CHAPAILL OU ECHTRA IN 
GILLA DECAIR. 

Manuscrits : 1765 Londres, B. M., Additionnai 34. 

ré- 
imprimés : publié et traduit par St. H. O Gradv, Silva 
Gadclica, t. I, p. 257-275 ; t. II, p. 292-311. 

TORUIGHEACHT SUAIDHBHE IXGH1XE EOGHAIX OlG. 

Manuscrits : Dublin, T. C, H. 1. 17, f° 124-15 1 ; — fin 
du xvii* siècle. Giessen, 1267, f° 29^-5 2 v°. 

TORUIGHEACHT DHIARMUDA ~ GhRAINNE. Voir AlTHED 
GraIXXE RE DlARMAIT. 

Tuan mac Cairill. Voir Scél etc. 

TUARASCBAIL DELBA COXCULAIXD, section du TÂlN BO Cl'AL- 
NGE. 

TUCAIT BA1LE MoXGAIX. 

Imprimés : publié et traduit parK. Meyer, The voyage of 
Bran, London, 1895, p. 56-58 (Grimm Library, IV). 

Tl'CAIT FAGBÂLA IX FESA DO FlXX 7 MaRBAD CuiL DuiB. 

Manuscrits : 1300 Dublin, R. I. A., D. 4. 2. (Stowe 992) 
i° 66 a 2. — 1 390 Dublin, T. C., H. 2. 16. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Revue Celtique, 
t. XIV, p. 245-248. 

Tucait ixdarba na n-Déssi, rédaction deTAiRiRED na nDessi. 
Manuscrits : xn c s. Dublin, R. I. A., Lebor na h-Uidri, 
p. 53 a-54 b. — Oxford, Bodléienne, Rawlinson B. 502, 
f° 72 a2. — Dublin, T. C. H. 3. 17, col. 720 b-723 a. — 
Dublin, T. C., H. 2. 15, p. 67 a-68 b ; Imprimés : publié 
parK. Meyer, Anecdota front Irish manuscripts, t. I, p. 15- 
24. Cf. Y Cymnirodor, t. XIV, p. 101 ; Eriu, t. III, p. 135. 



40 G. Dottin. 

TUIGE 1M THAMON, SCCtion du TÀIN BÔ CUALNGE. 

Turpix (Chronique de). 

Manuscrits : xv e s. Livre de Lismore, f° 96 a 1-109 a 1 ; 
Londres, B. M., Egerton 1781, f° 20 a 1-36 b 1. — xv c s. 
Dublin, Franciscains 16, f° 1-8 b 2. — 1453 Londres, B. 
M., Egerton 92, f° 1 5 a 1-16 a 2, fragment. — 1475 
Dublin, T. C, H. 2. 12, 3 e partie fragment. 

Uath Beinxe Etair, épisode du Tôruigheacht Dhiarmuda 
7 Ghrainne. 

Manuscrits: xv e s. Londres, B. M., Harleian 5280, 
f°35 a 2- 35 b 1. 

Imprimés: publié et traduit par K. Meyer, Revue Cel- 
tique, t. XI, p. 125-134. 



ADDITIONS 



Agallamh Fixd 7 Oisix. 

Manuscrits : xv e s. Londres, B. M., Harleian 5280, 
f° 35 b 1; — Edimbourg, Advocates' library 83, p. 251. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Fianaigecbt 
(Todd lecture séries XVI), p. 24-27. 

Reicxe Fothaid Caxaixxe. Cf. Catalogue, p. 36. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Fianaigecbt, 
p. 4-17. 

SCÉLA. MOG AULUM " MIC CoNN. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Fianaigecbt, 
p. 28-41. 

Seilg Sleibhe na m-ban. 

Imprimés : publié et traduit par K. Meyer, Fianaigecbt, 
p. 52-99. 



THE REPROACH OF DIARMA1D 



I 

The Aithed Grainne ingine Corbmaic la Diarmait ua Duibne 
(The Elopement of Grainne, daughter of Cormac with Diar- 
maid, grandson of Duibne), mentioned as one of the chief 
taies in the tenth century list in the Book of Leinster*, would 
furnish the best context for the lays hère published, but it 
is unfortunatelv lost . Certain allusions in tenth century 
texts indicate, however, the gênerai outlines of the story. 

Theaccount of the wooing of Grainne - relates her unwil- 
lingness to become Finn's wife. She requires as the condition 
of her marriage with him, a couple of every wild animal in 
Ireland 5 . This attempt to évade Finn's suit is, however, 
unsuccessful. With the help of Caoilte, Finn brings the bri- 
dai gift demanded. 

i. D'Arbois de Jubainville, Catalogue, p. 35. 

2. Ed. K. Mever, Z. C. P.. I, 458. Prof. Meyer dates this in the ninth 
or tenth century. Fianaigecbt, R. I. A., Todd Séries Wl, p. kxiii. 

3. Stories of a princess who sets her wooer difficult tasks are univer^al 
in popular literature. We find the particular task hère designated set by 
Cormac as the price of Finn's ransorn in a poem in the Dean' s Book (Me 
Lauchlan, Gaelic p. 42, 43 ; Eng. 62 ; Cameron, Rel. Celt., text, p. 72) and 
in Duanaire Finn (Irish Texts Society V, éd. Mac Xeill. Gaelic p. 19, Eng. 
p. 116). In this also, it is Caoilte who accomplishes the task for Finn. 
The épisode belongs to thecommon fund of popular tradition. Cf. Genesis, 
VII, 1-17. It would serve anv story-teller as a difficult task in anv narra- 
tive demanding one. It is hère used to illustrate Grainne's antipathv toward 
Finn. This attitude of Grainne's is emphasized also in the i8th century 
version, but the story of the bridai gift has been suppressed. Besides 
rationalizing the storv, this version has endeavored to improve its moral 
tone bv making Grainne elope with Diarmaid before her marriage with 
Finn is consummated, cf. n. 29 infra. 



42 /. H. Lloyd, O. J. Bergin, G. Schoepperle. 

« Then in an unlucky hour Grainne was given to Finn, for 
they never Iived in peace until they separated. Finn was hate- 
ful to the maiden and such was her hatred that she sickened 
of it ». 

She confesses to her father her feeling toward her husband. 
Finn, overhearing her words, déclares that itis time for them 
to separate. 

Connected with this occasion perhaps is an allusion in a 
gloss in the Anira Coluimb Chilh of the ninth century. As 
Grainne said : 

a There is one for a long look from whom I would be 
thankful : for whom I would give the whole world, O Son 
of Mary, though it be privation »'. 

According to the Tochmarc Ailbe, ingine Cormaic hui 
Chuind la Find h/ia mBaiscne, an unpublished taie also of 
the tenth century 2 , there was strife between Cormac and 
Finn, the cause being that Grainne had corne to hâte Finn 
and had set her love on Diarmaid, son of O'Duibhne. 

An allusion in the Book of Aicill, a law tract of the ninth 
century \ shows that already at that time the story of the elo- 
pement of Diarmaid and Grainne was traditional. It appears 
further that Lughaid was présent when the elopement took 
place 4 . The line 



i. Ed. Stokcs, A'. C. XX. p. 154-7. Meyer, K. C. XI, 126, prints : 
• Ut dixit Grainne ingen Cormaic fri Find, citing Kawl. B. 502, f° 56 
a 2. 

2. Ms. H. 3. 17, pp. 827-31. Meyer, Fiauaigecht, XXIV, places this in 
the tenth century. 

3. Ancient Laws of Ireland, III, clxii n. 

4:0p. cit., III, 533, The scène of the elopement in the eighteenth 
century literarv version is a feast at the house of Cormac in Tara, éd. 
S. O'Grady, Transactions of the Ossianic Society (Dublin, 1855); reedited 
for the Society for the Préservation of the Irish language (Dublin, 1895) 
in two parts. We hâve cited the Oss. Soc. édition by pages, the other by 
paragraphs. In oral tradition it is frequentlv during a feast that Grainne 
sees the love spot on Diarmaid (cf. stanzas 16. 18 of Kennedv's version) 
and begs him to elope with her. It is not until some time later however 
that she succeeds in prevailing upon liim to go ; cf. J. F. Campbell, 
Popular Taies of the West Highlands (cited W. H. T.), Edinburgh, 1862, 



The Reproach of Diarmaid. 43 

Grainne eloped with thee, O Lughaidh ', 

is cited to illustrate the légal responsibility of witnesses. 

The LJalh Bànne Etair (The Hiding in theHill of Howth 2 ), 
ofthetenth century*, gives a dramatic moment in the life 
ofthe fugitives. Thev hâve taken refuge in a cave and the old 
woman 4 who is serving them is about to betray them. They 
are saved bv the foster-father of Diarmaid, Aonghus of the 
Brugh, one ofthe Tuatha de Danann 3 . 

Another quatrain in the Amra Coluimb Chille gives a further 
glimpse of their life in the forest : 

« As Diarmaid said : Good is thy share, O Grainne, better 
for thee than a kingdom, the dainty flesh ot the woodeocks, 
with a drop of smooth mead 6 ». 

In the Duanaire Finn there are two lays of Diarmaid and 
Grainne ', dating somewhere between the tweltth and the 
fifteenth century. The one, The Slecp Sang for Diarmaid, gives 
an idyllic picture of the life of the exiles and contains allu- 
sions to numerous elopement stories of Middlelrish tradition. 



III p. 59, 54, 56: J. G. Campbell, The Fians (cited F), IVaijs and Strays 
of CelticTraJilion V (London, 1891), p. 52, 55; J. G. Campbell, 
Leabhar na Feinne (London, 1872, cited L. F), p. 153-4. In O'Gradv, 
P- JS (Ij S 7) there is no mention ofthe love spot. 

1. This Lughaidh, son of Daire Derg, is mentioned in the genealo- 
«ical lists ofthe Book oj Leinster, p. 311 ff. , and in Rawlinson B. 502, 1. 
128 a. According to the Agattamb (Silva Gadelica. éd. S. H. O'Gradv, 
lext, p. 106, trans. p, 114) the name is given to him in humorous allu- 
sion to the slowness of his character. He is frequently mentioned among 
the Fenian heroes. In the i8th century literarv version he is also repre- 
sented as one of those présent when Grainne eloped with Diarmaid. éd. 
O'Gradv, p. 50 (I, § 5). 

2. Ed. Meyer, R. C. AT, p. 125 ff. 

3. Meyer, Fianaigecht, p. xxiv. 

4. An old woman appears in oral tradition as the possessor of the 
mvsterious boar which caused Diarmaid's death IV. H. T., 55, 59, 64. 
She is called Mala Liée (Grey Eyebrow). 

5. Aonghus lias a similar rôle in the i8th century literarv version. 
Cf. O'Grady p. 71, 148, 150, 168 (I, § 21, 23, 26, 34). 

6. Ed. Stokes, R. C, XX, 264-5. 

7. Duanaire Finn, Irish Texts Society VII, éd. Mac Xeill, Gaelic 84, 
45; English 197, 149. 



\4 J. H. Lloyd, O. J. Bergin, G. Schoepperlc. 

The Danghtcr of Diarmaid gives a surainary of thc elopement 
of Diarmaid and Grainne and of the death of Diarmaid. It 
relates the revenge of Diarmaid' s daughter upon Finn. 

The unloverlike attitude of Diarmaid in the lays hère 
published is not accounted for in what survives of tenth cen- 
tury tradition unless by the mention, in the Tochmarc Ailbe 
and in the Attira Coluimb Chille, that it was Grainne who set 
her love on Diarmaid. We might infer that he was less 
eager than she for the elopement. A more complète explana- 
tion of Diarmaid's attitude is found in an incident which 
unfortunately has corne down to us only in documents of a 
later date. 

II 

The story of Diarmaid and Grainne survives in ballads and 
taies in Ireland and Scotlandto this dav '. Wehave alsoa num- 



i. For the annual Oireacbtas of the Gaelic League of Ireland in 1910, 
prizes were offered for the best version of the Diarmaid and Grainne 
story collected from oral tradition. The onlv contribution of importance 
was made by Mr. Humphrey Lynch, of Coolea, Ballvvournev, Co. Cork. 
The version is too diffuse to be printed at length, but it is interesting as 
testifying to the persistance in Ireland of traits of the story found in the 
Scottish Highlands and not appearing in i8th century literary version, 
the only Irish document in which the story seems to hâve survived. In 
the following summarv thèse traits are italicized. The version presented by 
Mr. Lynch was put together from the narration of several ' old people 
and considerably elaborated bv the collector. It runs as follows : Grainne 
sees the love-spot on Diarmaid when he strips to rescue the drowning 
Saidhbhin Oin Oin ; Grainne was Finn's wife, ' though she was not 
his first wife' ; D. refuses G. who wishes him to elope withher. She at 
hit puis spells on him and he is forced to go. They flee to the forest 
and at night Grainne sleeps on a bed of rushes and D. sits on a bag of 
sea sand. Accordiugly, when Finn chews his thumb, he learns that 
G. is on the rushes and D. on the sands of the sea, and he pursues 
them in vain. Episode of the splashing water. D., however, resists Grainne. 
He makes her bed on one side of Glen Daimh (Glendav, in the parish 
of Clondrohid, County Cork, Glen of Friendship) and his on the other. 
In the Scotch versions D.and G. rest in their flight at Carig an daimh, 
L. F. 156. Their réconciliation on the occasion described in the introduc- 
tion to the Reproach was on Sliabh Gaoil in Argyleshirc, near Cinntire 



The keproach of Diarmaid. \ \ 

berof eighteenth century Irisli manuscripts of a prose version 
of the story in florid literary style'. This version is proba- 
bly based on ballads. In thèse, as in the ninth and tenth 
century documents, the initiative in the tragedy is attributed 
to Grainne. She h as seen the love spot on Diarmaid and puts 
geasa upon him to elope with her. He submits rather than 
lose his honor 2 , but he hopes that Finn will overtake them. 
On their hVht he makes his bed at some distance from hers 



(Hill of Love). Cf. Stanza i of Kennedv's version, where G. overtakes D 
and begs him to forgive her. L. F. 153, 4. Appearance of the tairy 
woman, Maothaolach. who provides food for them. She says she knew 
D's tnother, who was mad in the woods while pregnant with D (confusion 
with Ossian). Quarrel ofD and G. Reconciliation through Maothaolach. 
D. follows the hunt and succeeds in killing the boar. Conan asks Finn 
why he does not demand G. F déclares thaï D has accomplished a deed 
of valor and that this is therefore not the moment to recall their 
enmity. Conan taunts D and succeeds in getting him to measure the boar 
against the bristle. D receives a poisoned wound. Maothaolach appears 
and tells Finn that D mav be healed bv three drinks of a certain well 
from Finn's hands. Finn is willing to save D. Maothaolach provides 
a messenger of sufficient swiftness and the water is brought. Conan 
taunts Finn with D's dislovaltv and F involuntarilv drops the water. 
D dies unsuccoured. M effects a reconciliation between F and G. By means 
of the mantle test she proves the innocence of Grainne's relation with 
Diarmaid. 

I hâve also an unpublished ballad of Diarmaid's death, from a man 
named Aoidhmin Mac Gregor of Bristol, furnished me by Miss Eleanor 
Hull. The tradition of D and G which I found surviving among the pea- 
santrv of Ballingeary and Ballvvournev, Co. Cork (summer, 1910) was 
confined to the following points : the elopement of Diarmaid Donn 
with Grainne wife of Finn Mac Cumhaill ; the love spot of Diarmaid ; 
the splashing water ; Diarmaid's death by the boar. Fiat rocks in diffé- 
rent vicinities were pointed out as beds of Diarmaid and Grainne. 

1. D'Arbois de Jubainville, Catalogue, p. 249-50; éd. S. H. O'Grady 
v. supra, note 8. 

2. V. supra n. 8. In most of the oral tradition Diarmaid refuses to 
elope with Grainne : ' eiiher bv night or dav, clothed or unclothed, 
on foot or on horseback, in companv or without company. She how- 
ever went to a fairv woman and got garments made from mountain 
down. She came with this garment on, riding on a he-goat in the 
dusk of the evening when it was neither light nor dark, and thus it 
could not be said that she was clothed or unclothed, on foot or on horse- 
back, in company or without companv, and consequently was deemed 



4^ /• H. lÀoyâ, O. }. Bergm, G. Schoepperle. 

or puts a stone between them and he leaves uncooked méat 
behind him at every resting place as a sign to Finn that his 
wife is untouched '. Grainne taunts him with cowardice and 
uses every means to tempt him. According to most versions 
he finally succumbs : 

Agus do trhaibh misneach agus mire meanman i agus do 
ghaibh ag siobhal re coisDhiarmada go dâsachtach gur sgeing 
baoithsteangcân uisge suas tré laghar a coise gur bhuail 
shuas ar a eeathramhuin go ndûbhairt go foithchiuin léfein. 

' Greada ort, a steangcâin stialluidh, 
Is dâna tusa féin inâ Diarmuid ! ' 

'Créad sin a dûbhraois, a Ghrâinne', ar Diarmuid. 

' Is cuma sin, ' ar Grainne. 

' Maise', ar Diarmuid, 'ni fulair liom a fhios dfâghuil, ôir si 
lim go gcualadh cuid de ? 

Iarsin a dûbhairt Grainne, go banamhuil tais leanbuighe 
naireach, ' a Dhiarmuid ', ar si, c gé môr do chrôdhacht 
agus do chalmacht a ccathuibh agus a ccomhracaibh, dar liom 
fein is dana an baoithsteangcân uisge ûd inâ tu'. 

'Isfiorsin, a Ghrâinne', do râdh Diarmuid, ' agus ce fada 
mise dam choimeud fein ortsa ar eagla Fhinn, ni fhuilngeôd 
mh'imdheargadh dhuit nisa mhô, agus is direach gur deacair 
taobh do thabhairt ris na mnâibh'. 

free from the spell laid upon her'. IV. H. T. p. 40. Similarly L. F. 153, 
154. This ingenuitv on the part of a woman in accomplishing sotne- 
tliing apparentlv impossible is fréquent in popular tradition. Cf. Kôhler, 
Kleinere Schriften, III, p. 513-4; Grimm. Kinder und Hausmârchen, 
p. 170. 

1. IV. H. T. p. 35. Diarmaid would not approach her and he used to 
put a svmbol before the door, a quarter of a slaughtered animal on a 
stake, and Finn whenhe saw the sign, was satisfied. Similarly IV. H. T. 
44. He left a spit of flesh uncooked in Doire dha Bhoth as a token to 
Fionn and the Fenians that he had not sinned with Grainne, and he left 
the secoud time seven salmon, uncooked, upon the bank of the Leamhain, 
wherefore it was that Finn hastened eagerlv after him. O'Grady p. 80-1 
(lnl,§ 23, the passage is suppressed). Sometime after this D went off with 
G. but where he passed the night he left unbroken bread to show that 
he was still blameless. F. 32. 



The Reproach of Diarmaid. 17 

Is annsin do rinn Diarmuid bean du Ghrainne ar tûis agus 
rug lcis san bfhiodhbhaidh i agus do mhairbh fiadh alita an 
oidche sin agus do chaitheadar a ccuid iarsin .i. a lôrdhôithin 
feôla agus fîoruisge. 

TRANSLATION 

She took heart and began to walk by Diarmaid's side bold- 
lv. A light jet of water splashed up through the tocs of her 
foot till it struck up to her thigh and she said toherself soft- 
tly and guardedly : 

A plague on thee streaky splash, 
Thou art bolder than Diarmaid. 

* What is it that you said, O Grainne '? asked Diarmaid. 

1 It isof no importance', said Grainne. 

' Not so ', said Diarmaid, ' I shall not rest until I know it, 
for I think I heard part of it '. 

Then Grainne said timidly, shylv and modestly : ' O Diar- 
maid, great as is thy valorand bravery in battles and encoun- 
ters, methinks this light splash of water is bolder than thou '. 

' That is true, O Grainne ', said Diarmaid, ' and although 
I hâve been keeping myself from thee for a long time for fear 
of Finn, I will no longer endure thy reproaches. Truly it is 
hard to trust women '. 

It was then that Diarmaid first made a wife of Grainne and 
took her into the thicket. He killed a wild deer that night 
and they ate their meal then — their fill of flesh and pure 
water. 

This is from one of the eighteenth century manuscripts 
ot the literary version'. The popular accounts are more 

1. R. I. A. Ms. 3 B. 8, f. 312. The Ossianic Society édition of O' 
Grady's manuscript gives a less detailed account, p. 108. The passage is 
not translated, p. 109. In the édition of the Society for the Préservation of 
the Irish Language the passage is entirely suppressed. It is of especial 
interest for its similarity to a passage which occurs in most of the ver- 
sions ofthe Tristan story : For love of the first Isolt, Tristan refrains 
from consummating his marriage with Isolt of Brittanv. One day, 
a year after their marriage. his wife is riding with her brother; her 



4« /. H. Lîoyd, 0. J. Bergin, G Schoepperle. 

blunt'.The incident may well hâve belonged to the story 
from a remote period. It sheds light on the attitude of 
Diarmaid in the lays hère printed . 



III 



In connection with the second lay hère printed, the fol- 
lowing incident was related 2 : 

A stranger, who seems to be a supernaturnal being, enters 
the cave in which the lovers hâve taken refuge, and he and 
Diarmaid engage in a game of dice. Diarmaid loses, and the 
stranger demands Grainne as the stake. Diarmaid is compelled 
in honor to relinquish her, and départs. Later he cornes to 
the cave in the disguise of a beggar. Grainne recognizes him 
when he ofTers her the first pièce of salmon he has roasted, 
for she knows that it is one of his geasa never to eat or drink in 



horse steps into a pool and the water splashes up under her robe. 
She says to herself : « 111 luck to you, water, you are bold, indeed ; 
how dare you spring farther under my clothes than ever knight's hand 
dared corne, or ever knight's hand came ? » Her brother overhears her words 
and demands an explanation. Eilhart von Oberg, Tristan, éd. F. Lich- 
tenstein, Queîlen und Forschungen XIX, 6138-60. The extant Tristan texts 
are rédactions ot a common French source written in the twelfth century, cf. 
J. Bédier. Le roman de Tristan par Thomas, Société des anciens textes français, 
1902, 1905, II, p. 308; W. Golther, Tristan und Isolde in den Dichtung- 
en des Mittelalters und der neuen Zeit (Leipzig, 1907), p. 71. The incident 
of the splashing water appears in the Tristan romance in a context which 
is almost certainly the invention of a French courtly poet of the twelfth 
century, and is used to illustrate one of the favorite problems of courtly 
love. In the Diarmaid and Grainne story, on the contrary, the primitive 
character of the splashing water épisode corresponds to the entire story. 
I am inclined to think that the épisode in Tristan is due to Irish influence. 

1. IV. H. T. p. 56 : Thev went awav and they travelled together three 
daysand three nights. They were crossing a river, andalittle trout rose and 
struck her (Grainne) and she said : Thou art bolder than Diarmaid. If thou 
couldst go on shore ! . . . F. 55 : Grainne put her feet in a pool of water 
and some of it splashed on her. She said, I am so long a time going with 
the third best hero of the Fians and he never approached so near. Then 
Diarmaid left broken bread behind him . 

2. L. F. 153 b, 154 ; IV. H. T. 41. 



The Reproach of Diarmaid. 49 

the présence of a woman without offering her the first 
morsel ' . 

He engages in a struggle with the stranger, kills him, and 
leaves the cave. Grainne follows him, overtakes him at dawn 
on the mountain of Sliabh Gaoil, and attempts to effect a 
reconcilation with him. He addresses to her this lay. 

It seems to be to Grainne's relations with the stranger that 
stanza 7 of the first lay hère printed and stanzas 19-21 of 
the following lay allude. The épisode is found in nurnerous 
versions in popular tradition 2 . In some versions it exercises 
an important influence on the story. In one taie, the stranger 
entering attempts to embrace Grainne, and Diarmaid slays 
him. In this version it is at this point that Diarmaid yields 
to Grainne, for she taunts him by comparing his boldness 
with that of the stranger 5 . 

In another version, in which Diarmaid never yields to 
Grainne, shegives herselfto the stranger. Diarmaid kills him 
when he discovers her dishonor, but he can now no longer 
leave the sign to Finn that his wife is untouched. Diarmaid 
thus remains to the end faithful to Finn. His innocence is dis- 
covered afterhis death 4 and Grainne is buried alive 5 . 

In the épisode of the stranger, popular transmission has 



1. According to oral tradition, supported by the i8th century literary 
version, Diarmaid's Geasa were the following : not to eat or drink in any 
place where there was a woman without giving her the first morsel, notto 
hear the cry of the hounds without follwing the hunt, notto watchagame 
without helping thelosing player, notto refuse his comrades anything they 
should ask of him L. F. 153, 156, O'Grady, p. 78, 174-6, 144 (I 23, II 
37, II 22). Cf. The Death of Diarmaid in the next number of the Revue 
Celtique. Hère Finn asks Diarmaid to measure the venomous boar against 
the bristle and he does not refuse. 

2. W. H. T. 41, 55, 61 ; F, 53, 55, 56; L. F. 153 p. 154. 

3. F. 53, f. 55. 

4. W, H. T. 44, 55 When Diarmaid gave out the shout of death, said 
Finn to Grainne : ' Is that the hardest shriek to thy mind that thou hast 
ever heard ?' ' It is not, said she, but the shriek of the ciuthach, when Diar- 
maid killed him.' ' Ye gods ! that Diarmaid were alive', said Finn. 

F. 54, 57- 

5. F. 57, 62; L. F., 162 a, stanza 26, 164 a, stanza 30, 1646, stanza 

13. 

Revue Celtique, XXXIII. 4 



5o /. H. Lïoyd, O. J. Bergin, G. Schoepperîe. 

perhaps corrupted the détails ofan incident whose significance 
the narrator did not understand'. We find something nearer 
perhaps to the original form of the épisode in a type of story 
of which we hâve several versions in older Celtic literature 
and numerous imitations in French Arthurian romance of the 
twelfth century 2 : 



i. The i8th century literary version préserves a few détails which are 
found, in the oral ones, in connection with the épisode of the stranger : 
the mention of Diarmaid's characteristic manner ot dividing the fish, 
p. 80-1 (I, § 23) cf. L. F. 153 b; the dwelling in the cave; Grainne asks 
Diarmaid for his knife, p. 96-7 (I, § 39) Cf. \V . H. T. 41 : ' Wouldst thou 
eat bread and flesh, Diarmaid' [says Grainne] ? ' Needful were I of it if I 
had it'. 'Hère I will give it to thee. Wheré is a knife will eut it ? ' 'Search 
the sheath in which thou didst put it last, ' said Diarmaid ." Grainne, 
ashamed, takes the knife out of the side of Diarmaid. She had aided the 
stranger against him. Similarlv L. F. 135 b. 

The stranger is called by the following names : W. H. T. 41, Ciofach 
Mac a Ghoill; IV. H. T. 55, a ciuthach (pronounced Keu/ack, described in 
Long Island as naked wild |men, living in caves. Supposed to be derived 
from ciutb, long bair behind, which word is applied in Islay to a pigtail 
(J. F. Campbell); F. 53: Ciuthach mac an Doill(Ceathach mag-an Doil). 
The editor suggests Mist, son of Darkness ; F. 55 : a giant ; F. 36 : the 
Ciuthach mor ; L. F. 1 53 : a giant called Ciach, meaning Fierceness ; L. F. 
154 : a giant called Cithich Mac Daol. Mr. Lloyd suggests An Citheach 
Ard, a giant in Uister folk lore, and proposes the meaning Rage, son of 
Chafer, An Claidheamh Soluis, Feb. 5, 1910. 

The suppression in the literary version of the épisode of the stranger is 
probably to be accounted for by the writer's effort, apparent throughout, 
to redeem the character of Grainne, 

2. Tochmarc Etaine, éd. Windisch, I, Scél Mongan, éd. Meyer, Voyage 
oj Bran, I, 58 ff; Pivyll Ponlnng Dyved, éd. Rhys and Evans, Mabinogion, 
Vita Gildae, éd. San Marte, $ 10: cited in Rom., X 491 n. ; éd. Mon. Ger. 
XIII, p. 107 (Chronica minora saec. IV, V, VI, VII). Ulrich von Zatziko- 
ven, Lan^elet, éd. K. A. Hahn (Franckfurt a. M. 1845), 11. 4972-5360, 
6710-7423 ; Heinrich von Tùrlin, Diu Crâne, éd. G. H. F. Scholl, Biblio- 
thek des lit. Ver. in Stuttgart, XXVII, 11. 3356-5370, 101 13-12588, Hartmann 
von Aue, Iwein, éd. F. Bech (Leipzig, 1873), 11. 4530-4725; Christian 
von Troyes, Der Karrenritter, éd. H. Foerster (Lalle, 1899); King Arthur 
and King CornwaU, éd. J. F. Child, English and Scotlish Popular Ballads, 
I, p. 279; Sir Orfeo, éd. O. Zielke (Breslau, 1880). Allusions to the 
abduction of Guinevere are scattered through Arthurian romance. Cf. 
Durmart le Galois, éd. E. Stengel, Lit. Ver. in Stuttgard, cxvi, 1. 4185- 
4340, Der Pleier, Garel von iem ilûbenden Tal, éd. M. Walz (Freiburg, 



The Reproach of Diarmaid. 51 

A stranger, prince of a mysterious realm, appears unex- 
pectedly in the court. The queen recognizes him, for he has 
been her betrothed, or, in some former life, her husband. To 
the others he is unknown. His haughty bearing attracts the 
attention of ail. He invites to a test of skill (in the Tochmarc 
Etaine, in a game of chess), and receives from the king in 
advance, the promise of whatever stake he may demand. He 
wins, and claims the queen. The king hésitâtes, but accèdes 
vvhen taunted with havingcompromised his honor.The queen 
shows no unwillingness to départ with the stranger. After 
many difficulties the king succeeds in hnding and winning 
back his wife by force or ruse. 

The épisode in Diarmaid and Grainne represents, it seems to 
us, a degenerate form of this type of story. It has lost the 
trait that the supernatural stranger was in some former life 
betrothed or married to the queen. The loss of this trait, 
which would explain the absence of résistance on the part of 
Grainne, alters, of necessity, the interprétation of her character. 
In conséquence we cannot accept the oral tradition as reprc- 
senting the attitude of the ninth (?) century poet toward his 
characters, or as correctly interpreting the significance of the 
épisode. It is possible, however, that the incident itself eon- 
stituted an élément in the original story. 

The first lay hère printed is contained in the Book of the 
Dean of Lismore, a manuscript of the sixteenth century '. The 
présent text is based on the diplomatie édition of Cameron 

1892) 1. I. ff., 1. 1280 ff. Malory, Le Morte Darthure, éd. H. O. Sommer 
(London, 1889), XIX, ch. 1. 6, p. 772, etc. etc. 

Studies on this type of story hâve beenmade, in connection with Chres- 
tien de Troyes' La Charette, by Gaston Paris, Romania, XI 459 ff. ; in con- 
nection witîi the English lay Sir Orfeo by G. L. Kittredge, American 
Journal of Philology VII, 176 ff; in connection with the English ballad, 
King Arthur and King Cornwall, by K. G. T. Webster, Englische Studien, 
XXXVI, p. 340 ff. ; in connection with Chaucer's Franhlyns Taie, by W. 
H. Schofield, Publications of the Modem Language Association of America, 
XVI, p. 405 ff. 

1 . The heroic poems in the Dean's Book were edited by Thos. Me 
Lauchlan, The Book of the Dean of Lismore (Edinburgh, 1862) with resto- 
rations in modem Scotch and English translations. The translation ot the 
Reproach of Diarmaid, p. 64, 20, is verv inaccurate. 



52 J. H. Lloyd, O. J. Bergin, G. Schoepperle. 

in Reliquiae Celticae 11,88. The language isearly modem Irish 
with a few Scottish characteristics. Stern (Zeitscbrift fur 
Celtischc Philologie, I, 294-6, 310-327) is probably right in 
attributing this type of poem to the end of the fifteenth century. 

TEXT 

1 . Do mhillis mise, a Ghrâinne ; 
Thugais nâire mhic Cumhaill : 
Bheith » mar atâim 5a» éigean -. 
Is beart nach féidir a ihulaing. 

2 . Do thrêigeas cluiche is conghâir, 
Ar chompân dhamh — ni as taire ' ; 
Do thrêigeas mnâ gan gille ; 
Is do mhillis mise, a Ghrâinne. 

3 . Do thrêigeas muirn is meadhair, 
Cuirm is greadhain is gâire ; 
Do thrêigeas cluiche fileadh, 

Is do mhillis mise, a Ghrâinne. 

4. Caoilte ««ar is Mac Lughdhach, 
Dias ar nach d'rugadh taire ; 
An fiocb* nior ro-mhaith rinne; 
Do mhillis mise, a Ghrâinne. 

5 . Goll is Osgar is Oisin, 
Aicme nach corrach pâirte 
Dob' ionmhuin leo sin sinne; 
Do mhillis mise, a Ghrâinne. 

6 . Fionn féin an aigne roi- mhir, 
Is uaidh [do]gheibhmis fâilte, 
Do thrêigeas muirn a thighe 

Is do mhillis mise, a Ghrâinne. 

7 . Mar a bhios an uaimh c — 5 , 
Dhamh-su ni haJhbhar gâire. 



i. BhithQ). 

2. Words printed in italics aredoubtful. 

3. gêi ni as taire, — what is more shameful (?); dà ni </ taire, — 
two most shameful things. 

4. a bfhioch. 

5. Mr. Lloyd translates 'as I was in a cave of battle', reading 
chat ha. 



The Reproach oj Diarmaiâ. 5 3 

Ag coimhéad uamlia bige ; 
Do mhillis mise, a Ghrâinne. 

8. Ag dol tar Bheannaibh Boirchc '. 
Is ar mhullach Bhoirne bâine*, 
Ni môr nach tuirseach sinne; 
Do mhillis mise, a Ghrâinne. 

9. Ag dol tar Eas Ruaidh 3 rôinne, 

Is beag nir fhôbair mo bhâidheadh ; 
Fi ro-fhuar geilte glinne ; 
Do mhillis mise, a Ghrâinne. 

10 . Tdim go fâda is go baitbghearr, 
Ag taisteal Eireann aine ; 
Is tréan do bhuaidhir sin sinne : 
Do mhillis mise, a Ghrâinne. 



TRANSLATION 

1 . Thou hast ruined me, o Grainne. 

thou hast brought shame on the son of Cumhall 
to be as I am in distress, 
is a load I cannot endure. 

2 I left play and uproar 

for a companion, which is more shameful ; 
I left women without an attendant, 
and thou hast ruined me, O Grâinne. 

3 I left merriment and delight, 

banquet and festive group and laughter; 

I left the play of poets ; 

And thou hast ruined me, O Grâinne. 

4 Caoilte the Sivift and Mac Lughdhach, 

a pair never put to shame — 

their anger tuas not very good toward us — 

thou hast ruined me, O Grâinne. 

5 Goll and Oscar and Oisin, 

a company not unstable in affection, 
we were dearly loved by them ; 
thou hast ruined me, O Grâinne. 

6 From Finn himself of joyous heart — 

from him tue used to get welcome ; 

1. Mourne Mountains, in County Down. 

2. Burren, in County Clare. 

3. Assaroe, the Salmon Leap at Ballyshannon, Co. Donegal. 



54 J. H. Lloyd. O. ]. Berghu G. Schocpperle. 

I left the delight of his house, 

and thou hast ruined me, O Gràinne. 

7 cave 

it is no cause of laughter to me; 

keeping a little cave : 

thou hast ruined me, O Gràinne. 

8 Going across the Mourne Mountains, 

and on the top of the white Burren, 

we are well nigh weary ; 

thou hast ruined me, O Gràinne. 

9 Going across the falls of Assaroe, 

I was almost drowned : 

verv cold were the spirits of the glen ; 

thou hast ruined me, O Gràinne. 

io By long ways and short ways, 
I atn traversing noble Erin. 
Sorelv has that troubled us ; 
thou hast ruined me. O Gràinne. 



The text of the second lay ' was printed by J. F. Camp- 
bell in his Leabhar na Feinne (London, 1872), p. 153 front 
Kennedv's first collection of Ossianic poems, made about 
1774, a manuscript in the Advocates Library, Edinburgh 2 , 
p. 100. It is a more elaborate version of the first lay and 
includes Grainne's reply to Diarmaid's reproach. 

TRANSLATION 

1. Grainnc : It is early the héron calls on the marsh which 
is on Sliabh Gaoil 5 ; O son of O'Duibhne, whom I hâve 
loved, Tell me the cause of its cry. 



1 . Restorations of both thèse lavs in modem Irish were printed by 
Mr. J. H. Llovd in An Claidheamh Soîuis, the organ of the Gaelic League, 
Dublin, igMarch, 1910. 

2. Campbell, Leabhar na Feinne (cited L. F.)also prints the introduction 
to the similarlav found in Kennedy's 2nd Collection, (c. 1774), p. 91, and 
its variants. We hâve printed the more important variants in notes 1, 4, 6, 
page 56, infra. 

3. Sliabh Gaoil is in Argyleshire near Kintyrc. 



The Reproach of Diarmaid. 5 5 

2. Diarmaid : O daughter of Cormac of Steeds, O woman 
who hast taken the wrong course, I will tell thee truly : Her 
foot hath clung to the ice. 

3 . O Grainne, who art more fair to see Than the smooth 
green tree in blossom, Thy love is as swift to change As the 
chill cloud at dawn of day. 

4. 111 hast thou used thy arts; When thon hadst entirely won 
my assent to thee 1 , Thou didst put me in hard distress ; Thou 
hast dealt grievously with me, O Grainne. 

5. Thou didst take me Trom a king's palace, To be in exile 
ail rav davs, Or like the night owl, Lamenting pleasure in 
every place. 

6. I am like a deer or a stag, Passing my days along remote 
glens. Xone desires to see me, Of ail who were kin to me in 
the house of hosts. 

7. I hâve forsaken ail my people, Those who were bright- 
er in nature than snow on the hillside. Their hearts were 
loving and generous to me, Like the sun high in the 
skv ; . 

8. But now thev hâve become mil of hatred toward me, 
like an océan that does not ebb, Since thou didst beguile 
me, O Grainne. O, thy love hath been of ill omen to me ! 

9. Through thee I hâve lost mv lands forever, And my 
white-sailed fleet upon the sea. I hâve lost my jewels and 
my gold. It is bitterly thou hast wronged me with thy 
love . 

10. I hâve lost my inheritance and my comrades, And my 
men who were not feeble behind shields. I hâve lost the 
kindness and love Of the men of Erin and ail the Fiann. 

n. I hâve lost delight and music; I hâve lost the right to 
my own honor; Erin and ail that are in it hâve forsaken me, 
On account of thy love and affection alone. 

12. I can never again return To the Fianns of Erin whose 
companies were great 5 ; My character is more hateful to Finn 
Than the terror of a monster of sharpest brisths. 

1. Mr. Lloyd reads : ' when thou didst solve mv whole task '. 

2. ' and the high skies ' ? 

5 . ' whose love was great ' ? • 



56 J. H. Lloyd, O. J. Bergin, G. Scboepperle. 

13. O Grainne of fairest form, No better for thyself was 
thy clopement. It \\ as thv choice to go with me like a phan- 
tom Rather than to he in ease with the king of the Fiann \ 

14. Grainne : O Diarmaid, brighter in face Than fresh 
snow or bog-cotton of the mountain, Dearer to me was 
the sound of thv lips, Than ail the music 2 among the 
Fiann. 

1 5 . Dearer to me was the glance of thy eyes, And thy 
fresh blue eyes like the grass, Than ail the strength and ail 
the gold In the great hall of the king of the Fiann. 

16. The love spot on thy bright face Was dearer tome 
than honey or a jet of milk; When I saw it above, It was 
dearer to me than the king of Erin and his host. 

17. My heart fell within me, When I saw thv image and 
thy beauty; If I could not hâve brought thee to my side, I 
should no longer be in the w r orld 3 . 

18. O dear warrior of brightest palm, Though it is I who 
caused ail thy fault, Accept me again as thy wife, And Iwill 
swear never to forsake thee 4 . 

19. Diarmaid : Why should I take thee as a wife, O woman, 
although thy voice is soft, — The woman who forsook the 
king of the Fiann, And forsook me afterward as surely. 

20. Grainne : Even though I did leave Finn,... s And 
although I forsook thee afterward, When I was altogether 
despondent ' . 

1. 111 was thv hehavior, hard the taie. Thou didst choose the fierce 
one of the hills, Rather than ail that the Fiann had, Kennedy s Second 
Collection. 

2. Leg. cheol with Kennedx's Second Collection. 

}. Mr Lloyd reads : ' If I got thee not to my side, I should not be in 
the world a single day'. 

4. O dear hero of the brightest palm, Great is my fault, and great is 
the reason [for it]. Accept the daughter of Çormac of the Heroes; I swear 
bv the bushes that I will not forsake thee, Kennedy s Second Collection. 

5. Lest I should fall through grief and sorrow'. ? The line does not fit 
the mètre or the syntax. 

6. Although I did désert Finn, Since I loved thy glory (speech) more, 
I did not side with the strong giant : Far dearer to me was thv music. 
Kennedy s Second Collection. • 



The Rcproach of Diarmaid. 57 

21. I will never forsake thee now, But true love to thee 
forever growing, [Shall be] like fresh branches on the bough, 
With gentle warmth throughout my life. 

22. Diarmaid: Fulfil thy promise, O woman, [Andj al- 
though thou hast tormented me with sorrow, I will accept 
thee as my wife, Although thou didst choose the great 
giant '. 

J. H. Lloyd, O. J. Bergin, G. Schoepperle. 



1. The text, translation, and textual notes from the Dean' s Book, are bv 
J. H. Lloyd and O. J. Bergin ; the translation of Kennedy 's version is bv 
G. Schoepperle, revised bv J. H. Llovd and O. J. Bergin. The introduction 
and literary notes are by G. Schoepperle. 

This article and one on the Death af Diarmaid to follow in the next 
number of the Revue Celtique will form the basis of a studv of the relations 
ofthe storv of Diarmaid and Grainne to that of Tristan and hait, to appear 
shortlv in a volume on the orisrins of the Tristan romance. 



ZUR INTERPRETATION DER ECHTRA CONNLA 



Anlàsslich der Vorbereitung einer kritischen Ausgabe der 
« Echtra Connla » fur meinen « Primer of Old-Irish » 
môchte ich an dieser Stelle einige von mir vorgeschlagene 
Emendationen nâher erôrtern. 

Vor allem ist es nôtig, auf das Verhaltnis der Manus- 
kripte etwas nàher einzugehen. Der Text ist zwar im Gross- 
en und Ganzen derselbe, doch finden sich am Anfang und 
Ende einige DifFerenzen. 

Die Manuskripte zerfallen in zwei Gruppen : 

A. Version I wird dure h LU p. 120, und Harleian 5280 
fol. j6 b 1 reprâsentiert. Der Text ist an einigen Stellen kor- 
rupt und die erlâuternden Zusâtze weisen deutlich auf die 
Hand eines Redaktors, der den ihm vorliegenden alten Text 
(der in Version II seine ursprùngliche Gestalt bewahrt hat) 
seinen Zeitgenossen mundgerechter zu machen suchte. 

Das Verhaltnis von LU und Harl. ist besonders deswegen 
intéressant, weil dadureh Zimmers Théorie, dass der Schreiber 
von LU nicht auch der Kompilator gewesen sein kann, son- 
dern sein Material von einer âlteren Kompilation, die eine 
Neuredaktion verschiedener alter Sagentexte darstellte, einfach 
abgeschrieben haben musste, sehr schôn bestâtigt wird. 

Das aus dem 16. Jahrhumdert stammende Harl. 5280 
kann nâmlich nicht von LU abgeschrieben sein, sondern muss 
gemeinsam mit LU auf eine altère Vorlage (die von Zimmer 
dem Flann Manistrech zugeschriebene Kompilation) zurùck- 
gehen, wie aus folgenden Lesarten erhellt : 

§ 1 LU : « in uachtor », Harl. : « indochtw » (Eg. N. 
R. : « indochtar »). 

§ 3 LU : « rochualatar », Harl. : « rocolawr » (Y ' : 
rocholatar »). 



Zur Interprétation der Echtra Connla. 59 

LU : « connach cûala », Harl. : « gonach colai ». 

Dem Schreiber von Harl. konnte es unmôglich einfallen, 
ein ihm leicht verstândliches vorliegendes cûala durch calai, 
etc. zu ersetzen ; in dem letzterwâhnten Fall hat Eg. 1782 : 
coala und YBLcol. 915 : coali. 

Entweder stand nun im Original cale und die Manuskripte, 
die ôa haben, gehen auf Abschriften zurûck, die zu einer 
Zeit gemacht worden waren, als ô zu ôa geworden war, oder 
(wie Prof. Thurneysen wir vorschlâgt) im Original stand 
ùberall ôa (das noch nicht zu Fia geworden war ; cf. g", das 
liber èa zu la wurde) - - so haben fast aile Handschriften 
Bôadao (= Bûadach) ôas (= lias) — das von verstàndigen 
Schreibern zu ûa, : von unverstândigen zu gebessert worden 
war. 

Das Original unserer Sage muss demgemàss, wie ich ein 
anderes Mal nâher zeigen werde âlter sein, als die Wùrzbur- 
ger Glossen in denen ô vor / und d schon regelmâssig als âa 
erscheint. 

Dass jene gemeinsame Vorlage von LU und Harl. nicht das 
Original, sondern eine Neuredaktion gewesen sein muss, wird 
am Ende dieser Abhandlung gezeigt werden. 

B. Version II, die die ursprùngliche Fassung des Textes 
giebt, wird durch sâmmtliche ûbrigen Manuskripte vertreten, 
nâmlich : Y. B. L. col. 399 (Y 1 ); Y. B. L. col. 914 (Y 3 ) ; 
Eg. 88 fol. n b i (88) R. I. A. N. 10 (Betham 145) fol. 70 
(N); Eg. 1782 fol. i9 b 2 (Eg.); H. r. 13 (T. C. D.) fol. 349, 
eine genaue Kopie von Eg. 1782. Schliesslich das Fragment 
in Rawl. B. 512 fol. i20 b 2 (R). 

1. Airunsur âlaib. 

Der Vers in LU : : Tathut airunsur âîaib 

fri tôind t'eôlehaire ofadib (= ôaditi). 
hat his jetzt der Ubersetzung scheinbar unùberwindliche 
Schwierigkeiten bereitet. Ursachen dieser Schwierigkeiten 
sind die Worte airunsur âlaib. 

Die andern Manuskripte haben : Y 1 arunsôer aildib Y 2 airun- 
sur alaibEg. : airiunnsur âlaib N : airiunnsur aluib, 88 : airiuu- 
sur alaib. 



60 Jiilius Pokorny. 

Ich halte àirunsur âlaib fur ein Cheville und will daher 
zuerst den ùbrigen Teil des Verses ùbersetzen. 

Wir mûssen uns vor allem vor Augen halten, dass knappe 
Diktion, die manche Worte nur erraten làsst, in der irischen 
Poésie sehr hâufig vorkommt. 

So ist in unserem Falle nach tâthut wohl ein Wort, das 
etwa « Widerwille » oder « Kampf » (vielleicht debuith') 
bedeuten kônnte, zu ergânzen. Ebenso ist vor oadib ein Wort 
fur « Fortgehen, Forteilen « zu ergânzen, so dass wiralso die 
Stelle ùbersetzen kônnen : 

Du strâubst dich, — àirunsur âlaib! - - gegen die Woge 
deiner Sehnsucht, [die dich treibt] von ihnen (den deinen) 
[fortzugehen], damit wir in meinem krystallenen SchifFe zum 
Sid des « Bûadach » kâmen, wenn wir es erreichten. » 

Die Konstruktion : Tâthut (debuith) f ri... « Du streitest 
mit..., hast (augenblicklich) Widerwillen gegen... », ist ganz 
unbedenklich (cf. O' Maille, Vcrbs of Existence § 80). Ver- 
gleiche Wb. 28 b 2 5 : ni bii debuith dpfri nech « he has not a 
quarrel with any one », wo fur ni bii do... ebensogut ein infi- 
giertes (resp. suffigiertes) Pronomen mit ta stehen kônnte ' 
Umgekehrt kônnte fur tâthut (« dir ist » cf. Fél. Juli 24) 
in unserem Falle auch ta duit, im Falle der Negierung : ni-t-tâ 
stehen. 

(Auch eine andere Erklàrung wâre môglich, die bei unserer 
ausserst mangelhaften Kenntnis der Syntax des archaischen 
Irisch vielleicht auch in Betracht zu ziehen wâre, die ich aber 
nur,"um aile Môglichkeiten zu erôrtern, hier mit grôsster 
Reserve anfùhre. In thâtut fri... kônnte vielleicht ein sonst 
zufàllig nicht belegtes Idiom « du bist unwillig gegen... » 
vorliegen . Vergleiche Wb 24 a 24 is hed romboth dont « this is 
why people hâve been at me » und neuirisch : céard ta ort 
« what ails thee ? ») 

Das Cheville àirunsur âlaib ist zweifellos nicht ganz richtig 
ûberliefert. Es sind zwei Môglichkeiten zu erwâgen. In der 
irischen Palâographie besteht die Eigentùmlichkeit, dass Zei- 
lenschluss und Wortschluss nicht zusammenfallen mùssen, so 

1. Eriu, VI, p. 65. 



Zur Interprétation der Echlra Connla. 61 

dass Worte oft an beliebiger Stelle ohne jeden Bindestrich 
abgebrochen werden. So kann leicht im Original (zusammen- 
gehôrige Worte wurden, besonders in Chevilles, oft ohne 
Worttrennung zusammengeschrieben) airunsur j| âlaib gestan- 
den haben, indem has r, das zu r âlaib gehôrte, gerade am 
Schluss der Zeile zu stehen kam. Unverstàndige Schreiber fass- 
ten dann airunsur als ein Wort auf. 

Das r kann aber auch auf andere Weise zu airunsu 
gekommensein. Die irischen Schreiber pflegen die in der Prosa 
eingestreuten Gedichte gelegentlich durch ein am Rand der 
Zeile hingesetztes R (Abkûrzung fur rose oder retoric) erk- 
ennbar zu machen. (So. z. B. in der LU Version unseres 
Gedichtes). 

\Yenn nun im Original die Zeile auf der rechten Seite 
eines Folioblattes mit airunsu endete und am Rand der Zeile 
(dies wàre ja die erste Zeile des Gedichtes gewesen) jenes R 
stand, konnte dièses leicht vom ersten Abschreiber des Ori- 
ginals aus Unachtsamkeit in den Text des Gedichtes hinein- 
genommen worden sein. 

Fur die Interprétation ist dièse Frage ùbrigens ganz kelang- 
los, da râlaib und âlaib ungelàhr die gleiche Bedeutung 
haben. 

Air(f)unsu ist der Komparativ eines Adjektivs air(J)unse 
(= ir-ansé) « sehr schwierig ». {anse aus *n-asse « nicht 
leicht »). Wie sich das erste u in air(i)unsu erklârt, ist zwei- 
felhaft, denn obwohl aile Handschriften u haben, ist deswe- 
gen noch nicht ausgemacht, dass es auch im Original stand ; 
es konnte auch eine mittelirische Korruption sein. So schrei- 
ben z. B. in § i aile Manuskripte das jûngere acailli u. 
âhnl., wâhrend nur ein Manuskript (Y J ) zafâllig die alte 
Form adglâiter, die also im Original gestanden haben muss, 
bewahrt hat. Wâre dièse Handschrift zufâllig nicht erhalten, 
konnte man immerhin zweifeln, ob \\\x das Recht hiitten, 
adglâiter zu restituieren. 

Daran, dassaw^im modernem Sûdirischen als auns3 gespro- 
chen wird, darf man wohl kaum denken. Dagegen 
halte ich es fur wahrscheinlich, dass wir in der ersten Silbe 
eine Kontamination der beiden Pràpositionen *{p)are (ir. air, 



62 Juliiis Pokorny. 

altcymr. ar) und *iru, iilter *(p)erô ' (irish />, altcymr. _yr) vor 
uns haben, dass airiunsu also auf irunsu (*iru-ansii) zurùck- 
geht. Fût irunsu wàredann durch Einfluss der mit air- zusam- 
mengesetzten Worte airiunsu eingetreten. 

Das Fehlen der Synkope in der zweiten Silbe ist ganz unbe- 
denklich, da das als Intensivprâfix gebrauchte ir u - erst nach 
dem Eintritt der Synkope angefùgt worden sein kann oder da 
daserste u auch ein Svarabhaktivokal 2 (aus* ir a nse) sein kônn- 
te. Ausserdem wird die Synkope ôfter durch schwere Kon- 
sonantengruppen verhindert. Zahlreiche Beispiele mangelnder 
Synkope findet man bei Meyer, Contributions, p. 43. 

Ebenso wie in air(J)unsu erklârt sich das u im mittelirischen 
irussa « sehr leicht » (ir° -)- assd) irud « grosse Furcht » 
(aus *int-ôto-, zu air. iïath)\ 

Râlaib erkliirt sich als Dativ Plur. eines Nominativs rail aus 
*pro-pakli (ci. got. fagrs) ebenso wie rân « herrlich » aus ro- 
àn entstanden ist, da im Irischen jedes Adjektiv durch Pràfi- 
gierung von ro- verstàrkt werden kann. So ist rail = ro-àil 
« sehr passend, erwunscht, Wunsch » und das nichtpalatale 
/ in âlaib erklart sich durch das vorher geschwundene h. Das 
Cheville ist somit wôrtlich zu ùbersetzen « Schwerst erfiillba- 
rer aller Wùnsche ! » (Wunsch, der am schwersten zu erfùl- 
len ist) oder mehr sinngemâss : « Vergeblichstes Bemùhen ! » 
Fur die Konstruktion cf. Félire Oengusso, Prol. 316 il dall- 
chéilliu doînib « thou art the most dull-witted of men » (Meyer 
in Eriii, VI, p. no, Amn.) 

2. In grêin n-gil. 
Der Vers in LU : 

Fil tir n-aill, 

nadbn messn do saigid 

1. Wahrschcinlich ein erstarrtcr Instrumental des Adjektivs *peros. Zur 
Bildung vcrgleiehe griech. i-'.n/iy'<>. Brugmann, Grunàriss, II, 2, p. 188. 

2. Zur u Qualitàt der Svarabhaktivokale c(. Pedersen, Grammatik, I, 
p. 268, 1. 19/20. 

3. Uher die Etymologie und Geschichte des air. asse und der Pràposition 
er-, ir-, werde icli demnâchst in Kuhns Zeitschrift austùhrlich handeln. 
Die genannten Composita wurden zu einer Zeit gebildet, als * erô schon zu 
* irû geworden war. 



Zur Interprétation der Echtra Cou nia. 63 

atchiit : tairnià in gréin n-gil ; 
cià clan, ricfam ria n-adaig. 

ist offenbar korrupt. in-gréin n-gil giebt absolut keinen Sinn, 
da tairnid « senkt sich » hier intransitiv gebraucht wird und 
wir demgemâss einen davon abhàngigen Nominativ erwarteri 

mûssen, wâhrend der Akkusativ hier keineswegs zu rechtfer- 
tia;en ist. 

In Version II fehlt ngilj atchiit (= ad-à-chiii aus *q*isô) 
« ich sehe es » ist wohl dreisilbig zu lesen ; auch Eg. und X 
haben das korrupte grëin ; 88 hat gràtie, wâhrend Y ' u. Y 2 
richtig <ni haben. Wie dièses !ni aufzulôsen ist. zeigt uns die 
nâchste Zeile. gh muss nàmlich mit einem Wort im Innern 
der letzten Zeile. reimen. LU und Harl. haben cian, wâhrend 
in Eg. X. und 88 das korrupte céin steht. Wieso die Korrup- 
tion grein, ccin entstand, wird uns klar. venn wir sehen, dass 
Y 1 Y 2 deutlich c?n schreiben, demzufolge auch gïi in gren 
aufzulôsen ist. 

Im Original stand also noch gren, cèn, mit erhaltenem ê, 
gerade so, wie ô noch nicht zu fia geworden, sondern noch 
erhalten oder erst zu ôa geworden war. 

Der gleichaltrige Imram Brain hat ebenfalls ê bewahrt, so 
in blédne § 55, 58, und das Xebeneinanderliegen von 6 und 
ôa ist dort âhnlich zweideutig, wie in unserer Sage. Xun ist 
auch begreiflich, wie die Korruption gréin, céin entstand. 
Manche Schreiber verstanden das ihnen vorliegende archaische 
cén (grin) nicht und schrieben dafùr céin, {gréin ; tairnid kon- 
nte irrtùmlich als transitiv gebraucht aufgefasst werden) wâh- 
rend die verstândnisvollen Schreiber das jiingere, regulâre cian 
dafùr einsetzten. 

3. tairnid 

Die Form tairnid kann nicht im Original gestanden haben, 
da erst im frùhen Mittelirischen komponierte \ T erba die soge- 
nannten absoluten Eudungen analogisch annahmen. 

Von den iibrigen Handschriften hat Harl. iaimind, X iai- 
rinde, 88 tairinvith, Y ' tairnedh, Y 2 tairnid, Eg. tairindig. 



64 J ii H us Pokorny. 

Régulai sollten wir do-airn{ri)i erwarten, was auch in den 
\'ers passen wurde : atchiu, do-airn(iï)i ingrên. 

Es ist aber nicht ausgeschlossen, dass im Original schon 
tairn(n)i (in welchem Fall das folgende i nicht elidiert werden 
durfte) oder — mit analogischem Zwischenvokal — tairinni 
gestanden haben kônnte, da in Wb schon gelegentlich das 
Prâverb to vortonig vor Vokalen als /- statt als do- erscheint 
(Thurneysen, § 844 B.) Altère Belege dièses Verbums finden 
sich bei Ascoli, Gloss. Palaeohib. p. lxxxv und Transactions of 
the Phi loi. Society, 1895, p. 64. 



4. mod nad mod ; 5. rondiacht 

Ein Vergleich des letzten Absatzes (§ 7 bei Windisch, Ir. 
Gramme) der Version I mit Version II zeigt deutlich die Infe- 
rioritât der Vorlage der LU Version. 

In LU (damit bis auf einige orthographische Verschieden- 
keiten ùberein stimmend Harl.) heisst es, nachdem Connla 
in das krystallene Schiff der Jungfrau gesprungen ist : 

Atconnarcatar uâdib mod nad mod i. in fat rosiacht ind radairc 
a roisc:. « Sie sahen (sie, sicb) von ihnen (entfernen) « mod 
nad mod » d. h. soweit der Blick ihres Auges reichte. » 

Dass der Redaktor der LU Version mod nad mod nicht vers- 
tanden hat und den Ausdruck in hôchst unsinniger Weise zu 
erklaren sucht, ergiebt sich, sowie wir Version II betrachten, 
die ganz klar und deutlich ist. 

Ich gebe den Text von Eg. 1782; in Klammern bessere 
Lesarten der andern Handschriften : 

« Foceird dzniu Connla bedg n-ûadaib, co m-boi isin (N : 
issind) noi glando. (Y ? , 88 : glandai). Atacondchatar (Y 2 , 
atacondarcadar ; leg. atacondarcatar) ûadaib. (Y ' hoadhib ; 
leg. ôadib) Mod nad mod rondiacht a sûil imram mara (Y 2 
maro) dogenset. Ni aicesa o sein (Y 2 sin) i-lle. Aspert (Y 2 
asbert) Conn iarum oc aicsin Airt : Is a oenar (Y 2 ocnur) 
indiu do Art. Is de ata Artt oinfiur (Y 2 oenfer). Finit. » 

Wir sehen sofort, dass die klare und durchsichtige Version 
II dem Redaktor von I als Grundlage fur seine Version 



Zur Interprétation der Echtra Connîa. 65 

gedient haben muss und gewiss den ursprùnglicheren Text 
reprâsentiert. Unklar ist nur die Form rondiacht.. 

Y ' und X haben gleichfalls rondiacht, Y 2 ronniacht, 
88 roniacht. Eine Form rondiacht ist jedenfalls unmôglich : ihre 
Entstehung ist aber ganz klar. s ist sowohl das Abkùrzungs- 
zeichen iiir acht wie auch fur sed. Ein rondi's des Originals 
konnte sehr leicht als rondiacht verlesen werden. Auch der 
Redaktor der LU Version beging diesen Irrtum und besserte 
daher das Wort zu rosiacht ; infolgedessen musste er auch den 
folgenden Text àndern. 

Zu lesen ist zweifellos rondîsed Çro-n-d-ised), 3. sing. Prâ- 
ter. des s subj. zu ro-icc « erreicht » : d ist das infigierte neutrale 
d, das sich auf das folgende intram bezieht, obwohl imram 
masculinum ist (cf. Thurneysen § 420, 2. Absatz). Die rela- 
tive Form des infigierten Pronomens steht hier, da das Yer- 
bum nach mod nad mod, einem Bezugswort, das die Art und 
Weise der Handlung ausdrùckt, (Thurneysen § 492) relativ 
ist. Aus demselben Grunde hat auch das relative -n- hier sei- 
nen Platz. mod nad mod heisst wôrtlich « (es ist) eine Art und 
Weise, die (eigentlich) keine Art und Weise ist, mit welcher 
(= -n-)... » also soviel, wie « kaum noch ». 

Ebenso ist mod nad mod im Fled Bricrenn (§ 84) zu ùberset- 
zen, wo es einen neuen Satz beginnt. 

Der ganze Abschnitt ist zu ùbersetzen : 

« Da sprang Connla von ihnen fort in das krystallene 
Schiff. Die Leute sahen sie, wie sie sich von ihnen entfern- 
ten '. Kaum konnte ihnen ihr Auge folgen, wie sie auf dem 
Meere dahinfuhren. Seitdem wurden sie bis heute nicht mehr 
gesehen. Als nun Conn seinen Sohn Art erblickte, sprach 
er : Jetzt ist Art ganz vereinsamt. Deswegen heisst er « Art 
der Einsame. » Ende. 

\Yien, den 25 Januar 19 12. 

Julius Pokorxv. 

1 . Vor ôadib ist iihnlich wie oben in éolchaire ôadïb ein Verbum der 
Bewegung zu ergànzen. 

Rnut Celtique, XXXIII. 5 



ALTIRISCH SEGUND, SEGOND, SEGAIND 



Auszugehen ist zweifellos von einem Adjektiv in der Bedeu- 
tung « trefflich, geschickt ». 

Der àlteste Beleg findet sich in Tain B6 Fràich § 1 1 : 
h ségond dofanic LL Is segonnd donfainicc Eg. (leg. do-n-ânicc) 
« trefflich ist es gegangen ». Als Adjektiv erscheint sêgund 
auch im Tain Bô Cûailnge (Strachan, Tain Taies, p. 23) 
« a n-as ségundo » undim Saltair na Rann 6065 « Ba segunn... 
lasin sluag ». Spàter erscheint meist nur die Form sêgaind,- 
(mit Ubergang des Wortes in die adjektivische i Flexion) so 
Revue Celtique, vol. XXIV, p. 44 seghaine (leg. sèghaiiuiiu) 
und F. M. 868 seghainn. Das Wort wird auch hâuflgsubs- 
tantivisch in der Bedeutung « champion », « Meister » 
verwendet. Weitere Beispiele findet man in Windisch's 
Wôrterbuch p. 766, Eriu IV, p. 124 und V , p. 42. 

Was die Herkunft des Wortes anbelangt, so haben wir es 
notwendigerweise mit einer Entlehnung zu tun, da ein Kom- 
positum kaum vorliegt und ein Suffix -ond, -und, im Irischen 
nicht vorkommt. 

Ségund ist zweifellos aus dem lateinischen secundus in 
der Bedeutung « glûcklich, geschickt » entlehnt. Vom Stand- 
punkt der Bedeutung lâsst sich wohl kaum ein Einwand erhe- 
ben. Aber auch in formeller Hinsicht ist ailes in Ordnung, 
obwohl « secundus » im Irischen vor allem *sechund ergeben 
hàtte. 

Es ist ohne weiteres klar, dass s'egund {segond ist nur andere 
Schreibweise) keine ursprùngliche Form darstellen kann, dass 
vielmehr irgend eine analogische Umbildung vorliegen muss, 
weil altes e vor nichtpalataltr Konsonanz zu la hâtte werden 
mûssen . 



Altirisch Sêgund, Ségond, Sëgaind. 67 

Auch von einer Form segund (mit kurzem e) kônnen wir 
nicht ausgehen, weil dièses e vor u farbenem g zu i gewor- 
den wâre. Es bleiben somit noch zwei Môglichkeiten zu erwâ- 
gen : Entweder ist sêgund analogisch aus *sigund umgebildet 
worden (durch dièse Annahme kamen wir jedoch der Erk- 
lârung unserer Form uni keinen Schritt nâher ; ausserdem 
wâre die analogische Umgestaltung von *sigund zu segund nicht 
gut denkbar ; es ist vielmehr wahrscheinlich, dass die urs- 
priingliche Form kurzes e hatte, das dann analogisch gelangt 
wurde).Oder aber segund kônnteaus *sechund umgebildet sein, 
(vor u farbenem ch wifd e nicht zu 1) eine Annahme, durch 
die aile Schwierigkeiten beseitigt werden. Lateinisch secundus 
wûrde nâmlich genau *sechund ergeben haben. Dièses ent- 
lehnte *sechund in der Bedeutung « trefflich, geschickt » — 
daher auch « heldenhaft » — konnte leicht durch Einfluss 
bedeutungsverwandter, lautlich àhnlicher Formen, wie séig 
« Falke, Held » — cf. cymrisch gwalch « Falke, Held » — 
Genetiv ségaLX) 16 b 33, 36, (das ê ist durch Einfluss des 
Nominativs beibehalten worden) sïgde « stattlich, prâchtig, 
tapfer » — ursprùnglich « falkengleich » (se g de statt *siagde 
wohl durch Einfluss von séig; wahrscheinlich sindauchindie- 
sem Wort zwei verschiedene Stâmme zusammenflossen : das 
erwâhnte séig « Falke » und ein dem in Gallischen hàufigen 
sego-, deutsch « Sieg » entsprechender Stamm seg- ; dann hat 
gewiss auch die Analogie des kurzvokaligen seg- zur Erhaltung 
des ê beigetragen.) zu sêgund, sêgond, spàter sëgaind, umgestal- 
tet worden sein. Die Form sëgaind ist zum Komparativ 
* sêgaindiu neu gebildet worden \ 

Dass man sich morphologisch unverstândliche Lehnworte 
durch Angleichung an andere, einfachere Worte mundgerecht 
machte, ist ja auch sonst oft genug geschehen. Ein évidentes 
Beispiel ist lateinisch carbunculus, das im Irischen als carr- 
mocol (durch Angleichung an carr und mocol) erscheint. 

Wien, den 6 Januar 19 12. 

JuliuS POKORNY. 

1. Das oben erwâhnte sêgiuido ist eine Analogiebildung zum Positiv 
séçunJ. 



LE MIROUHR DE LA MORT 
{Suite) 



(f. 39) DE la troysiesme fin de l'home qui est L'enfer : 

préparé par la Iuslice de Dieu, aux 
Diables, et les obstines en leur 
Pechè et Malice. 

CHAPITRE III 

1955 AN trede poent hon Leffr, à comps cref ha defri, 
An Yffern» eternal, so Sal à contraly ' : 
Nep à delch leni memoar, dispar he amloary, 
A tech digant pechet, oar an bet pan edy. 
Pe a heny trv tra, heruez an faet ma so 2 , 

1. J'ai traduit : « sans contredit », Dict. étym. v. salu, contraly: mais so 
serait inexplicable ; sal pour salu ne se lit qu'une fois, N 200, en dehors de 
la rime; ce mot n'est jamais suivi de a ; enfin la majuscule de Sal indique le 
nom, cf. 1966. Dans an tan Infernal, so sal d contraly 2004, il y a une extension 
admissible de cette expression ; contraly 2354, a un sens analogue (comme 
contredy au v. précédent). Hep contraly paraît signifier « sans différence »B 
310 ; « sans opposition »N 1337. R el ms. porte : « Controll, Countreur, Con- 
traire Contraria contrarier, me veqp Controll deoeb je serai contre vous » ; 
Pel. controll contraire, coutrolli s'opposer, contrarier, résister; Maun. n'a 
aussi que controll et controllia. Grég. donne controll, contrell, van. contrée! 
contraire, er c'hontroll-beo, e controll-veo tout au contraire, clioari ar c'bon- 
troll, ober ar c'bontroll ou ar c'hontrell contrarier (j'ai eu tort de mettre un 
astérisque à cette expression, qui est devenue en tréc. ober c'hontel faire du 
bruit, ennuyer, gêner, faire tort, Études d'étym. bret., 66, 67, Mém. Soc. 
ling.. XII, 442, 443;: controllya contrarier, contredire (ar re père a gontroli 
ou-onip ceux qui nous offensent, Le Bris, cité Chrestom. Bret. 539), control- 
lyus contrariant (adj.), controllyer pi. -èryen contredisant, controllyt\ pi. ou 
contrariété, contradiction. Ce doit être le v. bret. conlroliabt, gl. controuer- 
siam, moy. bret. * controliae\. Le niov. bret. contraria)]' Aient du fr. contra- 
rier; contraliaff du v. fr. contralier (morvandeau id. contrarier, taquiner, 
de Chambure), que M. Grammont explique par un mélange du précé- 
dent avec contrelier = contra-ligare ; contrel, contrell contraire, contrariant, 



Le Miroiter de la Mort. 69 



De la troisième fin de l'homme, qui est T enfer préparé par 

la justice de Dieu pour les diables et les obstines 
en leur péché et malice. 



CHAPITRE III 

1955 Le troisième point de notre livre parle fortement et sérieusement 
De l'enfer éternel, qui est une salle de torture ; 
Celui qui garde vivement la pensée de son tourment sans égal 
Évite le péché, quand il est en ce monde. 
Sur lequel il y a trois choses, à ce sujet, 

odieux, peut venir du 1. contrarias ou du franc, contraire (cf. grignol 
et grignel grenier, Gloss., 293, etc.). M. Loth, Mots lat. 158, où contrell 
est à tort qualifié de v(ieil)-arm(oricain), tient pour l'origine latine, et 
explique la finale moderne -ol par -eu! non accentué. Countreur semble 
une forme latine non dissimilée. Countrol et control se montrent au 
commencement de la période moderne, voir Gloss. 118. La finale -ol 
était appuyée par counteroll pi. -olyou, conterollxou, contrerol pi. you con- 
trôle, counterolli contrôler, critiquer, countroller, counteroller , pi. -éryen, 
controllour pi. yen contrôleur, ar c honte roller-vor le contrôleur de la 
marine, counteroller pi. yen contrôleur, critique, censeur, pi. -éryen «copieux, 
qui contrefait, et raille les autres », counterollèr'es pi. -eresed contrôleuse 
Gr. ; le mélange des deux familles se montre dans sa traduction de « con- 
trariant » par controller pi. -éryen. Re' ms. a conterolli contrôler, conterol 
contrôle. Pel. tire eontroll contraire de ce mot français, qu'il décompose 
avec iaison en contre-rolle. En van., l'A. montre les deux familles distinctes 
pour la forme, mais non toujours pour le sens : contrell contraire, contra- 
dictoire: coutréllage m. opposition, contrariété; conterolle m. pi. -leu con- 
trôle : contrariété, contradiction, contredit : conterollein contrôler; contra- 
rier, contredire; conterollour m. pi. -lerion contrôleur; contrariant, contra- 
dicteur, -lourr gloseur. 

2. Devant ce vers et devant le titre précédent, il y a un petit fleuron 
comme celui qui termine la première page, reproduite fig. 1 . Ce signe se 



yo E. Ernauli. 

i960 Scier da considerafr, hada notaffaffo : 
Hac eue/, aneze, goude me ho lenno 1 , 

Eui - m'o euitv, quent > v da/. espio4 

An quentaff aneze cret se ha na refus, 
Eu an diuers hanuou. an lechvou caffouus > : 
1965 An aeil eu diraeson, affliction confus, 

Compaigneunou an Sal 6 , Infernal scandalus. 
An trede chede eu, am deseu nede 7 gaou, 
Diuers condition, à punissionou s : 
Enhv Impatient ?/ha diuers tourmantou, 
1970 A punis pechezrien, reuseudien en craou. 

Du Feu Infernal, et ses conditions. 

Quentaff cz describiff, credet diff an Yffcrn;/, 
Drez caflfaff em auis, lie bezaff vn Cistern;; Io : 
Carguet haznat â Tan, goa eff aya dan berrm, 

(f. 39 v.). So tem; enhy dia:s, en ères hep espern/z. 

1975 Ahane oar é quis, nep heny ne distre «, 

Mar die bezaff damnet i2 , dre é pechet chede : 
Quentse en tan manet, hep remet na trete, 
Vezo eff bizhuicquen, tra quen nen soutenhe. 



retrouve ensuite au commencement de chaque quatrain et devant les titres 
français, sauf qu'il est remplacé par une croix aux v. 2081,2143, 2191, 2267, 
2283, et par une feuille, v. 2206, 2263. 

1. Littéralement « je les lirai », impropriété admissible à la faveur des 
rimes. L'emploi du pron. ane^e forme une plus grande difficulté. Faut-il 
lire la» eue-, prends(-v) garde, cf. v. 954? 

2. Lire euil . 

3 . Litt. « avant elles à t'épier"», comme goude te do quaret, v. 373. Ceci 
est bien plus fréquent avec evit, quoique je n'en aie pas trouvé d'exemple 
avant le Doctrinal; il v en a un plus loin, v. 2079 : euyi y da goelaff. Aux 
passages cités Gloss. 227, on peut ajouter evit-han da venait pour lui à être, 
quoiqu'il soit, Ba>\. Br. 226 ; 'ivit-on da ira quoique je sois-, Gwer\iou Brei^- 
Iiel,.ïl, 74. 

4. On ne connaissait que spiaff, espérer. Grég. donne spya, van. spval, 
spyein épier, qu'il tire « de spy, qui signifioit œil »; c'est, naturellement, le 
aT:ou d'Hérodote (IV, 27), que l'historien n'attribue point au celtique, 
mais au scythe. Espio est exactement le gall. ysbîo. Le Miroiter n'a qu'un 
autre infinitif de ce genre, c'est plouo (mal imprimé plond) frapper, v.2069, 
également à la rime. La terminaison -0 n'est, par ailleurs, représentée à 
cette époque que dans les Middle-Breton Hours : efuo boire 8, effuo 13 
(rimes en 0); coue^o tomber 13 (sans rime), 58 (en prose; la variante 
coue^u p. 59 doit être une faute), cf. gall. cwyddaiv, civyddo. Il y a un indice 



Le Mirouer de la Mort. 71 

i960 A considérer clairement et à remarquer vite : 

Et elles aussi, ensuite je les expliquerai (?) 

Pour que tu les évites, avant qu'elles te guettent. 
La première d'entre elles, crois-le et ne refuse pas. 

Ce sont les divers noms des lieux douloureux : 
1965 La seconde est l'excessive affliction accablante 

Des compagnons du séjour infernal maudit. 

La troisième, c'est, voici, ce me semble, ce n'est pas mensonge, 

Les diverses conditions des châtiments 

Là, intolérables, et les divers tourments 
1970 Qui punissent les pécheurs, misérables à l'étable. 

Du feu infernal, et de ses conditions. 

D'abord je décrirai, croyez-moi, l'enfer, 
Comme je trouve, à mon avis que c'est une citerne 
Pleine, évidemment, de feu ; malheur à celui qui va au tas, 
Qui s'y trouve, empilé incommodément, dans la douleur, sans pitié. 
1975 De là pas un seul ne revient sur ses pas, 
S'il doit être damné pour son péché, voilà ; 
Mais resté dans le feu sans rémission ni grâce, 
Il sera à jamais, plus rien ne le secourrait. 



de cano chanter dans le dérivé canoenn chant, à coté de canauenn (canafenn 
v. 2535, et amaffen NI 105) de canaff, cf. gall. canuan petit chant, de canu. 
Le haut cornouaillais a gardé kano, comme goelo pleurer, gwisko vêtir, gall. 
giuylaw, -lo, gwisgaw, -go, etc. ; il a beaucoup multiplié ces infinitifs en 
(quelquefois ou). On a plusieurs exemples en v. bret. d'une terminaison 
voisine, -otn (=: van. -on dans crenon trembler, euhon cacher, Rev . Celt., 
XXXII, 20, gall. cuddio). Voir Ztschr. f. celt. PhiL, II, 387-390, 397, 400. 
Les Heures sont aussi le seul texte qui emploie (p. 8) à la sollicitation de la 
rime, ane^of de lui, équivalent de ane^aff resté dans le van. anehon. 

5. Écrit caffouvs N 1 175 (mal transcrit au Dict. étym.), caffuous B 705. 

6. Fém. comme en franc., d'après enhy, v. 1969 ; cf. saliras, sal vihan 
grande, petite salle Gr. ; sale f. pi. -Jeu, « très-anciennement ce mot signi- 
fioit, Manoir » l'A. 

7. La rime exige la variante nedeu. 

8. Premier exemple de ce plur. (punicionou Gr.). Ce vers est ainsi imité, 
D 160 : Lies condition à punissiounou. 

9. La rime demande impatiant, voir v. 1933 ; cf. van. dibatiantt l'A., 
etc., Eludes d'étym. bret., 16, 17. 

10. On voit, par le v. 1974, que ce mot était fém., comme en franc. 

11. Cette forme, qui n'est pas nouvelle, doit s'ajouter à la liste donnée 
au v. 113. 

12. Lis. daffnet. 



72 



E. Eruault. 



An tan man ne aues ', nedeu da vn moeson ', 
1 980 Ez casty pep heny, gant é affliction : 

Er pep diouz é pechet, en deues garredon, 
Bezet bras pe bihan, heman eu an canon '. 

Nedeu cuit sclerder, saluder nac espcranç. 
Ho deues an tan man, nac euit contananç : 
1985 Dreizafïne guelont quet, nemet ho penetanç 1, 
Han abec pe aban, ho poan so en mananç. 

Guelet areont glan, dre'n tan man ho poanyou, 
Maz cresq pemdez dreizaff, claff ouz claff s ho caffou : 
Hac ez guelont pepret, an fet ho pechedou, 
1990 Hodeuoa comeret 6 , lier drez oant en bedou. 

Entre Tan an bet man, han tan pe'bân canaff, 
Ez eux teirdiferanç î, an re diauançaff : 
Nedeux den nep heny, mar car é studiafï, 
Na lesse é pechet, quent eguet decedaff. 
1995 An diferanç quentaff, heruez maz cafafl se 8 , 
Entreze dimerit, en he9 acerbite '" : 
Er an tan an bet man, hac an tan ahane, 
Xo deues vn tomder, da nep ho prederhe. 

An tan a vez peinctet ", ouz tan gruet en bet man, 
2000 Nedeu da vezaff quet, comparaichet ledan : 
Er an tan en moguer, nendeues tomder glan. 
(f. 40 ). Hac eguile so tom, hep patrom en bro man. 

1. Lis ânes ; de même au v. 3456. 

2. Mot nouveau, qui se retrouve v. 3473, 3551; c'est le v. fr. maison, 
moesoii, moinson, mesure, capacité, dimension (du lat. mensionem), resté en 
fr. du Centre et du Haut-Maine maison mesure ; en bourguignon, loyer 
d'une terre payé en nature, etc. God. 

3. Mot masc, se litAmcore v. 2341. Ne s'était trouvé qu'au sens de pièce 
d'artillerie. 

4. On ne connaissait que peu i tance, pénitence NI. 

5. Premier exemple d'une locution comme le tréc. moan-euç-mofln de 
plus en plus maigre, léon. stârd-oc'h-stard de plus en plus fortement; on ne 
connaissait de cette époque que nu/y on~ muy de plus en plus, goa% o\goa\ 
de pis en pis, avec des mots de sens comparatif; voir Rev. CelL, XXII, 
381-384; Pedersen, Vergl. Grain. II, 122. 

6. Lire cornet cl. 

7. Ceci montre que le mot, écrit differance B 310, etc., était féminin, 
comme en franc. Grég. donne diffarançç, Maun. diffarancç; l'A. différence 
m.; au mov. bret. differancifu distinguer, Gloss. 165 (diferances tu distin- 
guerais, v. 204) répond diffaranci discerner, Maun. ; Grég. a diffaranti diffé- 
rencier, discerner, cf. Gloss. 479. 

8. Le I er vers de cette strophe reprend, comme rime interne, la finale 
du précédent. lien est de même des v. 2003, 2007. De semblables sys- 



Le Miroiter de la Mort. 73 

Ce feu et son supplice, ce n'est pas d'une seule façon 
1980 Qu'il châtie chacun avec sa douleur; 
Car chacun a le prix de son péché, 
Qu'il soit grand ou petit ; c'est la règle . 

Ce n'est pas pour la clarté, le salut ni l'espérance 
Qu'ils ont ce feu, ni pour le confort : 
1985 Par lui ils ne voient rien que leur châtiment 
Et la cause pour laquelle leur peine demeure. 

Ils voient nettement, par ce feu, leurs peines, 
Si bien que par lui s'accroissent chaque jour leurs douleurs, de plus 

[en plus vives 
Et ils voient toujours cet objet .: leurs péchés 
1990 Qu'ils avaient commis, tant qu'ils étaient au monde. 
Entre le feu de ce monde et le feu dont je parle 
Il y a trois différences, des plus terribles : 
Il n'est homme, quel qu'il soit, s'il veut y réfléchir 
Qui ne laisse son péché avant de mourir. 
1995 La première différence, selon que je le trouve. 
Énorme, entre eux, c'est selon sa violence : 
Car le feu de ce monde et le feu de là 
N'ont pas la même chaleur, pour qui les considérerait. 
Le feu qui est peint, au feu allumé en ce monde 
2000 N'est pas à être comparé, de loin; 

Car le feu sur une muraille n'est pas réellement chaud 
Et l'autre est d'une chaleur sans exemple sur cette terre . 

lèmes d'enchaînement comprennent : 7 str., v. 2015-2042 ; 2 str., v. 2043 ï 
6, v. 2051-2074 ; 8, v. 2087-2118; 7, v. 21 19-2146; 2, • v. 2151, 2211, 
2243, 2251, 2263, 2315; 3, v. 2375-2386; 2, v. 2387, 2403, 2443,2539, 
2567, 2699. Sauf les 3 str. v. 359-363, ces rapports sont toujours isolés 
dans les autres parties du Miroiter écrites également en alexandrins (v. 59, 

479, 5i9>53i> 57i, 743, 8o 3> 875, 895, 947, 979, "3 1 , n 47, I2 95, l >%>> 
1467, 1547, 161 1, 1703, 1727, 1799, 1935). H n'y a aussi qu'un exemple 
de 3 strophes liées par la rime finale, v. 387-398; elles le sont 2 à 2, v. 35, 
179, 219, 235, 287, 347, 387, 419, 467, 503, 583, 659, 687, 723, 783 (et, 
imparfaitement, 1771). 

9 . Lire eu. 

10. Mot nouveau, du v. fr. acerbité. Le latin porte : « Primo in acerbitate. » 

11. Mot écrit de même, v. 2006. Ce radical ne s'était ttouvé a cette 
époque que sous la forme peut- : pentet rime en eut-, B 273. Maun. donne 
p:iuta peindre, peinter peintre, peintadure- et peintadur peinture; Grég. 
pgnta.et peinta, van. peinteiii peindre, l'A. pênntein; du Rusq. pintr pi. 
cl ctpenturer pi. ieit peintre, pintra etpentitri peindre, penturi. pi. ion pein- 
ture. On peut ajouter : peiuta faire des gestes avec les mains en parlant 
pour mieux montrer (ab. Caer) ; pented evel eur benu-lvre- « attifée comme 
une héritière », Proux, Bomba ni Kerne 68, 69. Cf. Gloss. 478; Ztschr. /. 
ceit. Philoi. II, 519. 



74 E. Ernault. 

Euelse an tan man, en bet mandamany, 

Ouz an tan Infernal, so sal a contraly : 
2005 Nedeu da bezaff quel, comparaichet clietuy, 

Muyguet an tan peinctet, ouz heny gruet detry. 
Y ucz entreze y, ez eux diuision, 

Ha differanç digraç, disoulaç * difaeçon : 

So bras dre fantasy en ho duration -, 
2010 Hac en ho stat padel, peur cruel ha fellon. 

Er an tan an bet man,- an tra man so haznat : 

A guell bezaff lazet, ha steuzet 5 a prêt mat, 

Ouz lamet credet glan, tiz ha buhan an coat, 

Pe teurell enhaff dour, neguell muy labourât t. 
2015 Hoguen tan an yffernw, maz eux huern« s eternal, 

1. Mot nouveau, composé de soulacc consolation. 

2. Mot nouv.j du v. franc duration. Le latin a : « Secundo in duracione ». 

3. Voir Gloss. 655, où stcû-ia n'est pas de Pel., mais de Le Gonidec 
(v. n. fondre, disparaître, s'abîmer, se perdre; au fig. se ruiner). Troude 
donne comme ancien esteu^iff décroître, baisser, et comme cornouaillais 
steuçi éteindre (une lumière); il a aussi steuçia disparaître comme sous 
terre, s'abîmer, se ruiner. Steit~ict se dit à Gouézec, où il n'est, d'ailleurs, 
pas courant, pour « avachi, aveuli, qui ne se tient plus » (M. Gueguen). 
Pel. a cet exemple : steusiet ew an- den man, « cet homme-ci est ruiné, est 
perdu, ce que l'on exprime quelquefois en François, par est fondu »; il y 
voit un « composé d'Es, et de Terni, fondre, et disparoître comme un fan- 
tôme, comme la fumée ». C'est encore ce qu'il y a de plus probable; 
Henry Lex. 253 voit la un j- prothétique, qui n'expliquerait pas la variante 
esteuçiff. Seulement Pel. compare à tort teiïs « Lutin, phantôme, spectre, 
esprit folet ». Ce dernier paraît avoir 1 dur (th gall.), cf. Gloss. 691, Rev. 
Celt. XIII, 496, 497. Le van. tê « s. m.... en quelques localités... fantôme, 
spectre, et aussi... adj., fondu » Trd. doit résulter d'une interprétation, 
fausse de Gon., qui renvoie de te a Uû{ fonte, et qui assimile ce dernier à 
teû\ lutin. Le % de teu^i est doux; il n'y a d'autre indice positif, pour expli- 
quer ainsi celui de esteuçi, steuqi, que le van. lacat stai apaiser, mettre la 
paix Chàl. ms. (qui ajoute : « quelques-uns n'entendent pas lacat stai ». 
Mais il y a au moins autant de raisons pour identifier ce stai a celui de 
gouil-stai « sivadiere » l'A., = voile d'étai. Esteu^iff se trouve aussi écrit 
i'slu;i/f; ce qui rappelle stu\ yen, misère, esclavage ? J 129, stu~ m., en corn. 
manière, façon, état Trd., « pi. stusiou, état, condition, situation, façon, 
manière, sorte, c'est le même mot que stad si ce n'est que stu\ s'emploie à 
peu près toujours en mauvaise part » Mil. ms. ; « État. Stad, stu~ », Suppl. 
aux dicl. 83 (existe à Beuzec-Cap-Sizun, Ann. de Br. XVII, 163); s/nqm., 
corn, mine, contenance, façon, on dit plus souvent stu~; gwall stni;ict 
corn, qui a mauvaise mine Trd., « ou qui est malade » Mil. ms. Pel. dit 
que selon Roussel stru% est le même que stroue- (épines, ronces, buissons, 
halliers, toutes sortes de mauvaises productions d'une terre inculte), et 



Le Mi rouer de la Mort. 75 

Ainsi ce feu en ce monde, certes, 
Au feu infernal, qui est un séjour de torture, 
2005 N'est pas à être comparé, voilà, 

Plus que le feu peint à celui allumé en réalité. 

De plus entre eux il y a un écart 
Et une différence fâcheuse, désolante, funeste, 
Qui est grande à l'esprit, dans leur durée 
2010 Et leur persistance, très cruelle et horrible. 

Car le feu de ce monde, cette chose est évidente, 
Peut être éteint et étouffé bientôt 
En enlevant, croyez bien, vite et promptement le bois 
Ou en jetant dessus de l'eau, il ne peut plus opérer. 
201 5 Mais le feu de l'enfer, où il y a une clameur éternelle, 



s'emploie aussi pour « la mine, la façon, l'air et la contenance»; il n'v voit 
« aucune apparence de raison, malgré l'exemple de Roussel « Un dm 
Droite stru~iet, un homme mal façonné, de mauvaise mine, qui a le visage 
mal' coloré ». Mil. ms. dit que ce mot est a l'île de Batz struj ; il dit aussi 
qu'on y emploie à tort struj pour stu- : e pe struj enta ? (en quel état est-il ?). 
C'est un autre mot, en effet, qu'il définit « pousses » : « struj patates, les 
pousses des pommes de terre » ; « er struj a vugale en deus, il a beaucoup 
d'enfants ». Stru\ doit être un croisement de struj et de stu^, ce dernier est 
connu dans tout le Léon, où il a un pluriel en ion : ne e'bell ket mont da 
bourmen er stu-iou nui ' ma (il ne peut aller se promener, dans le triste état 
où il est), et un dérivé en iet : stu^iet fait qui a mauvaise mine (M. Caer). 

4. Cl. tréc. labourât être en activité, marcher, n'être pas arrêté, en pari, 
d'une horloge, etc. 

5. Mot nouveau; se retrouve v. 2456, 3270, 3363, toujours en 1 syll. 
Grég. donne huerni attaquer de paroles; Intérims hargneux, querelleux, de 
mauvaise humeur; Gon. huerni a. et n. attaquer de paroles, quereller, inju- 
rier, insulter, agacer (H. de la Villemarqué ajoute Interna) ; huernu^, htter- 
nek &&]. et s. m. (pi. huernéien) celui qui attaque de paroles, querelleur, 
hargneux. Troude a huernu\ adj.; il ne connaissait huerni que par Gon. : 
H. de la Vill. a employé le part. Internet (livre) attaqué, critiqué violem- 
ment, dans une lettre bretonne qu'il m'a adressée. On lit huerni ho e'hauo 
inad attaquer, ternir votre réputation, Trub. 331 ; c'hoërçnus de mauvaise 
humeur, hargneux 200, 201, karante^ ne deo ua trenk na c'hoërgnus la cha- 
rité n'est ni désagréable ni revêche, 116. Henry tire huerni du v. fr. hergner 
« hargner ». On peut penser aussi à coernie injure, honte God. Mais il fau- 
drait admettre une influence de bu huée (min ray hit da ehasseal blaissie je 
donnerai la chasse aux loups, Jac. ms. 4; tréc. 'mon hu ar vro warne, ils 
sont la risée du pays; skei an huo da donner le signal à quelqu'un par des 
cris); et cela eût plutôt donné 2 syll. Huerni répond mieux au gall. cfnvyrnu 
ronfler, s'ébrouer, qui tient, d'autre part, à c'huirinnat « hannir » Maun., 
etc., Gloss. 104. 



-jG E. Ernault. 

Dre nep neuz bout steuzet, neguell é fet detal : 
Sech na gluep a nep sort, nen groahe scort ' niortal 
Na de lazaff affet, ne caffet nep métal. 
Vn differanç arall, heny sali â galler, 

2020 Entre'n daou tan s hanuet, da bout lecquet seder : 
Er an tan an bet man, homan eu é manier 4, 
A goast net aredec >, pan crecq 6 ha pan lecquer7. 

Hema s so tra noter, ha fier hep guer gaou, 
Tan an bet man haznat, â losq dre grat 9 coadou : 

2025 Quement enhaff aya, eff ho lacqua dani° glaou, 
Peur rstut " ha ludu, â pep tu dre'n ruou. 

Hoguen tan an poanyou, en yffernou couen, 
GoastafF quel ne gra eff, dre nep leff eneff den : 
Nan Corff dre é torfet, pan vez aet me cret plen. 

2030 (f. 40 v.) Beu enhaff neraff sy, vezont y bizuicquen. 
Pez eu oarse dien, da den nen em ezneu, 
Ha pridiry é stat, quent lauaret a dieu : 
Ha distreiff é enep, ouz nep lier drez é beu, 
A guell é ren de les, lie pales hep deseu ? 

2035 Bizuicquen me'n ezneu, ha nedeu tra neuez, 
Dan tan man damany, nep avel en diuez : 
Goude fet an bet man, en poan ha bihanez, 
Ez chomo bizuicquen, hep quen â leuenez. 
Ha me â men yuez, priuez ez goufezy, 

2040 Nac eux plen den en bet, quen sciançet l2 detry : 



1. Gl. ms. jamais. Voir v. 1346. 

2. On ne connaissait que la forme mortel, Gloss. 426. 

3. Tau est aussi masc. en bret. moderne, comme tau en gall. 

4. Manier est ici fém. ; le genre de ce mot varie, tant en bret. moyen 
que dans la langue moderne, cf. Gloss. 390, 391. 

5. Nous avons vu, v. 446, compret aredec concevoir du regret de ses 
fautes, avoir la contrition ; cf. I.vp quemprei aqrectet sans me repentir J 99 b 
(var. plus récente /;e/> quemeret arretef); aqrec « compunction, tristeur des 
péchiez» Ca, </^ra:Cms.,N i$o,aezrec NI 207, a^recat « auoir compunction 
des péchiez » Ca, a~redecat Cms.; ajrec tristesse Maun., et non a^reo que 
cite Pel. en disant qu'il le croit mal écrit ; sans doute pour a^rec'h. qu'il 
donne lui-même en traduisant « tristesse, affliction, chagrin », et ajoutant : 
« Ce nom est assez commun en Cornwaille. M. Roussel ne le connoissoit 
pas en son pavs de Léon. C'est un composé de A\, et de Rec'b, qui a 
presque la même signification ». Mais c'est là une refonte par « étvmologie 
populaire » (ou « savante » ?) du mot que Grég. donne comme suranné en 
l'écrivant œçrecq tristesse, sans doute d'après Maun. ou plutôt le Catholicon. 
Celui-ci est la source des articles aprëk contrition (Lag.), apréka souffler, 
être essoufflé, être contrit (Lag.) ajoutés par H. de la Vill. à Le Gonidec; 
le correspondant intermédiaire (voir la note au v. 1 568) devait écrire très 



Le Miroiter de la Mort. 77 

Son état d'aucune façon ne peut être éteint, certes : 
Sec ni humide, rien d'aucune manière ne le ferait mourir 
Et pour le détruire tout à fait, on ne trouverait aucune matière. 
Une autre différence tranchée, se pourrait 
2020 Mettre, sûrement, entre les deux feux ainsi nommés : 
Car le feu de ce monde, c'est sa propriété, 

Consume tout à fait douloureusement (?) quand il prend et qu'on l'al- 
lume. 
C'est chose notoire et certaine, sans mentir. 
Le feu de ce monde, évidemment, brûle aisément des bois : 
202 5 Tout ce qui v va, il en fait des charbons 

Très chétifs et des cendres de tout côté par les rues. 

Mais le feu des peines dans les enfers affreux 
Il ne consume point, malgré tout gémissement, l'âme humaine, 
Xi le corps pour son crime quand il (y) est allé, je le crois tout à fait. 
2030 Vivants en lui, je n'en fais pas de doute, ils seront à jamais. 
Qu'a donc l'homme, en vérité, qu'il ne se connaît pas 
Et ne médite pas son sort, avant de dire adieu, 
Et ne tourne pas sa face vers celui qui, tant qu'il est vivant, 
Peut le conduire à sa cour et son palais, sans contredit ? 
2035 A jamais, je le sais, et ce n'est pas chose nouvelle', 
A ce feu puissant celui qui ira enfin 
Après les événements de ce monde, en peine et misère 
Il restera à jamais, sans joie désormais. 
Et je veux aussi que tu saches intimement 
2040 Qu'il n'y a point d'homme au monde si savant, certes, 



mal, son ^ a été lu p; je ne sais comment est venue l'erreur de sens. Dans 
l'art, du même genre blénen âme pi. blênennou (Lag.), ;1 représente gn pour 
m, et ame est pour cime (bleynenn an gue^enn g. cvmet 1. cvma). Le Gon. 
donne asrec'h m. comme renchérissant sur rech f. tristesse, asrec'bi sur 
rechi attrister, asrec'hu^ sur rec'hn- triste; Troude donne asrech et asrechi . 
Ici areJec semble proprement unadj. ; pour *a~reguedec, cf. ayedecat, comme 
moy. br. binidigne; bonheur de *biniguidigae~, van. beledigueb prêtrise, de 
*baeleguidigae%, etc., Gloss. 68? 

6. On ne connaissait que l'équivalent croc. Voir v. 113. 

7. Cf. Licquaer, rime ec-, B 118. 

8. Ce mot est pris au sens d'un pronom neutre, cf. v. 1267, plutôt que 
d'un déterminatif de tra, nom dont le genre était variable (cf. Rev. Celt., 
XV, 386, 387 ; Gloss. 707 ; Pedersen, Vergl. Gravi. II, 67). 

9. Gl. ms. prend, qui se rapporte peut-être à hsq. Je n'ai pas noté 
ailleurs l'expression are grat . 

10. Lire da. 

1 1 . Lire astut. 

12. Mot nouveau, dérivé de scianç, v. 765. cf. v. fr. scientiè versé (dans 
une science). 



78 } : .. Ernault. 

A gouffe aecitaff 1 , na contart' neraff sy : 

Ent scaff bihanaff poau, so en tan man hary 2 
Eno nemet goeluan, ha poan dicontananç ', 

Pénaux pennac ha cry, entre pep alianç : 
2045 Nedeux flam nep amour, sycour na recouranç +, 

Nac espéra caffout, nep rout nemet doutanç. 
An tan man hep mananç, nac excellanç lancet, 

Muyguet naguell goastaff, nepso enhaff daffnet : 

Ne guell yuez deze, chede an tra se cret, 
2050 En nep queuer sclerhat, ho stat so en drouc atret. 

De la grande perturbation des damnes : qui pro- 
uiendra premièrement, delà diuersitè des peines. 

En eil description, dren ton maz sarmonaff, 
An Yffernn hep quernez, â caffaff he bezaff : 
Vn lech hep nep yechet, pepret inquietaffs, 
(f. 41). Hep repos nep costez, nos dez ditruezaff. 
2055 Ha dre se pan leaff, ez cafTaff am haual, 

Trv abec ten« enhv 6 , so deffry spécial : 
De bezaff en tourmant, gourmant gant pep scandai 
Da pep hep nep repos, dez hâ 7 nos en ho sal. 
An quentaff am haual, formai 8 en teffalyou, 
2060 Eo an variaeson^, ho punissiounou : 

Deze fresq quemesquet, dre fet ho pechedou : 

An eil poan gant heben 10 , tom ha yen hep quen gaou 

Goude en yffernou, lechiou peur dilaouen Ir , 
Da nep re enhe y, nedeux spy bizhuicquen : 
2065 Repos enhe nedeux, nemert reux nac eux den ", 
A galhe quet detry, é pridiry dien. 

Dre'n pez ferm nep termen, nendeues den eno, 
Nep span â bihanez, lastez ditruez so : 
Gant an Diaoùlou,poanyou ouz ho plono 1 ', 
2070 Repos nodeues quet, goude pechet hedro. 
An Diaoul ho foulo, drez gallo é ober, 

1 . Lire recita ff. 

2. Ce mot ne se "trouve que là. Il est douteux qu'il soit exact, la rime 
ne l'appuyant pas. On attendrait damany. 

3. Mot nouveau, qu'on retrouve v. 2090; cf. hep contanaucc sans délai, 
incontinent NI 523 ; v. fr. contenance séjour God. Ce vers et le suivant sont 
ainsi imités, D 161 (Archiv . f. ceît. Lexik. I, 578) : 

Eno nemet goueluau, ha poan dicontananç, 
Ha bemdez nemet cry entre pep alianç. 

4. Mot nouveau, dérivé de recour secours, secourir, sauver. 

5. Mot nouveau, superlatif de inquiet, pris au fr. 



Le Miroiter de la Mort. 79 

Qui sut exposer ui conter, je n'en fais pas de doute, 

Facilement la plus petite peine qui soit dans ce feu... 
Là rien que pleurs et peine continuelle 

De toute façon, et cri, entre chaque groupe; 
2045 H Q 'y a clairement nul amour, secours ni aide, 

Xi espoir de trouver nulle part, autre chose qu'angoisse. 
Ce feu sans consistance, sans qualité utile. 

Plus qu'il ne peut consumer ceux qui y sont, damnés, 

Ne peut aussi pour eux, voilà, crois cette chose, 
2050 A aucun égard éclairer; leur sort est en mauvaise situation. 

De la grande confusion des damnés qui proviendra, 
premièrement, de la diversité des peines. 

Le second caractère, de la façon dont je l'explique, 
De l'enfer sans pitié, je trouve que c'est 
Un lieu sans aucune santé, toujours très angoissant, 
Sans repos d'aucun côté nuit ni jour, très impitovable. 
2055 Et c'est pourquoi, comme je le jure, je trouve, me semble-t-il, 
Trois raisons graves en lui qui sont tout à fait spéciales 
Pour être en tourment dévorant, avec tout opprobre 
A chacun, sans aucun repos, jour et nuit dans leur séjour. 

La première, ce me semble, dans les ténèbres profondes, 
2060 C'est la variété de leurs punitions : 

Vivement mélangée pour eux, à cause de leurs péchés, 
Est une peine avec l'autre, chaud et froid, sans mentir. 

Ensuite, dans les enfers, lieux tout à fait désolés, 
Pour tous ceux qui y sont, il n'v a d'espoir jamais; 
2065 II n'y a pas de repos, mais une douleur qu'il n'y a personne 
Qui pût, certainement, la bien imaginer; 

Parce que, là, l'homme n'a pas de terme fixé, 
Aucune interruption de misère, c'est un désastre impitoyable, 
Avec les diables, les peines qui les déchirent. 
2070 Ils n'ont pas de repos, après le péché perfide. 

Le diable les écrasera, tant qu'il pourra le faire, 

6. Ce mot montre que yflernn était fém. ; cf. 2086; ht v. 1972, 2052. 
La langue moderne fait toujours masc. ifern, ivern, van. ihuern, inhuer n. 

7. Lire ha. 

8. Cf. fourmal (eau) pure N 947 . 

9. Mot nouveau, cf. fr. variation; sur le suffixe -«oh, cf. Gloss . 633, 
634. 

10. Ceci montre que poan était fém., comme aujourd'hui. 

11. On n'avait de ce mot que deux exemplesdu Doctrinal, Gloss. 157. Il 
est écrit dylouen, v. 21 18. 

12. Cf. D 161 : Repos eno nedeux nemet reux nedeux quen. 

13. Lire plouo, voir v. 1962. 



So /.'. Èrnaûlt. 

Goude ho bout bezet, cm empliget seder : 

Euyt é seruichaff, hep outaff tardafF guer, 
Heman eo a» merit, en scruyt' drez reciter. 
2075 Ha goude se repos, dez^nos en fos obscur, 
Ne galhent ent quentrat, ho stat so dinatur : 
Gant goueluan entreze, an deu se mal eur ? 
Ha cry hepvnyon, malédiction sur. 

Euyt y da goelaff, ha bout claff gant caflou, 
2080 Do drem nedeux remet, dre fet ho pechedou : 

Quentse sur incurabl, hep comps goap na fablou, 
(f. 41 v.). Vezo lem dan reman, ho doan hac o poanyou. 
En trede ez leaff, maz cafafF diauanç, 
Nac eux enhv fier, nep queuer Temperanç - : 
2085 Quentse scot dimoder, hep guer a Reueranç, 
En poanvou so enhy, da pep sort alianç. 

Eno teffalien, so plen goude renabl 3, 
Dez ha nos quen obscur, hep musur naturabl 4 : 
Pe dre en ho deues, angoes so incessabl, 
2090 Ha poan dicontananç, ha meschanç offansabl s. 
Tomder intollerabl, dihabl, a drouc applic; 
Eno pep tro so reud 6 , nedeu a neubeudic : : 
Het ha treux nedeux den, en nep termen quen die. 
A exprimhe vn poan, na ve mar bihanic. 
2095 Neuse da reuseudic, nedeux guic a sicour, 

Ne taluezo pompât, é gloat dan Marchadour : 
Neuse scrap nep à preiz, gant esfreiz na leizour 8 , 
Ne guell yuez mezee, mar hoantee ho recour. 
An quic gant é vigour, ne vezo recouret, 



1. Écrit serait dans la seconde édition de Sainte-Barbe, 560; ailleurs 
sait, scryt. 

2. Mot nouveau, du fr. tempérance ; tcniheranç~\â., Gr., va. tampërance 
f. l'A.; tempérant tempérant, témperi tempérer Gr. hl latin a : « Tèrcio dici- 
tur infemus locus intemperatissimus. Unde dicitur auernus quasi sine 
vere. i. sine temperautia ». 

3. Premier exemple de ce subst., en franc, de Bretagne renable compte, 
xv e siècle; voir G/055. 568, 569. 

4. Mot nouveau, du v. fr. naturdble. 

5. Lire offançabl, cf. offane;abI coupable B 743, 784 (v. fr. offensable 
offensif), et plus loinoffanqpt offensé, r. aue, v. 2376. Ce radical avait les 
deux variantes, par s et e, voir Arch., I, 623 (cf. Rev. Celt. XX, 240, 241). 

6. Premier exemple de ce mot; reut roide, Maun., remit van. redt 
roide, inflexible, remit maro roide mort Gr., refit roide, ne 1 pliant, 
« M. Roussel ajoûtoit Roml à force d'être plein, comme un cac..., un 
homme trop gras... » Pel., remla roidir Maun., reudi van. r:\.à, reudein 
roidir, devenir roide, reuder van. redér roideur, violente ten ion, remhler 



Le Miroiter de la Mort. 

Après qu'ils se sont emplovés, sûrement, 
Pour le servir, sans lui résister d'un mot ; 
Voilà la récompense, comme on le rapporte dans l'Ecriture. 

207) E l ensuite, reposer, jour et nuit, dans la fosse obscure. 
Ils ne pourraient le faire vite, leur état est cruel, 
Avec des pleurs entre eux, n'est-ce pas un malheur? 
Et des cris désordonné:, malédiction assurée. 
Ils ont beau pleurer et être torturés d'angoisses, 

2080 II n'y a pas de remise pour leur face, du fait de leurs pèches. 
Mais incurables, bien sur, sans dire de plaisanterie ni de fables, 
Seront à ceux-ci leur tourment et leurs peines. 

En troisième lieu, je le jure, ce que je trouve horrible, 
C'est qu'il n'v a point, à aucun égard, de modération, 

2085 Au contraire : mesure immense, sans aucun ménagement. 
Dans les peines qui sont là, pour toute famille. 
Là il v a obscurité complète, après le compte, 
Jour et nuit aussi sombre, sans mesure naturelle, 
Par quoi ils ont une angoisse qui est incessante. 

2090 Et peine continuelle, et malheur irritant. 

Une chaleur intolérable, horrible, malfaisante, 
Là de tout côté est rude, ce n'est pas peu de chose : 
En long et en large il n'v a personne en aucune façon si exact 
Qui en exprimerait une peine, si petite soit-elle. 

2095 Alors au malheureux il n'y a point de secours : 

L'étalage de sa richesse ne servira pas au marchand : 
Alors ceux qui pillent avidement, de vive force ou par ruse(r) 
Un médecin non plus ne peut, malgré son désir, les aider. 
La chair par sa vigueur ne sera pas aidée, 



roideur, inflexibilité, dureté, fermeté Gr.j'On dit eur pôtr reul un homme 
trapu (Plomodiern) : reudi se dresser (sur la tète, pari, des cheveux). Cf. 
Gloss. 582. Reud %'ient de *roed, du fr. roide. Roedennaffdéfaiïïïr, 1. fatiscere 
C, roudennaff Ce avec renvoi à treudiff maigrir doit être différent, et dériver 
de*roeden filet, mod. roueden, qui se dit de plusieurs membranes, comme 
la plèvre; « roueden ar galoun s. f. péricarde » Mil. ms., van. roédèn voile, 
taie (sur l'œil), etc. Roedennaff pourrait être proprement « devenir mince 
(comme une membrane légère) » . 

7. Variante de nebeudic petit peu Gloss. 439, 440. 

8. Unique exemple de ce mot, qui semble dérivé de lei\ humide; plein, 
Gloss. 362, cf. moy. br. glébour moiteur, mod. sechour sécheresse, cor- 
nou. kledour abri, Gloss. 259, 619, 105, 106. L'idée d'" humidité » a pu 
amener à celles de « souplesse », « menée sournoise ». Le v. fr. leisour, 
laissour, loisor, etc. « loisir, faculté, permission : plaisir » a donné en moy. 
bret. lisouregue- paresse (\ 7 otes d'étym. bret. 16), dont la forme est toute dif- 
férente. 

Rnue Celtique. XXXIII. 6 



82 EJErnauit. 

2100 En tan goude Luxur, ez vezo maillurct : 
Ha dreizaff an eneff, en neff ne receffet, 
Quentse da poan tan flam, ez ve?o condaffnet ». 

Bezcoaz ne voe croeét, oar an bet na gruet tan, 
Quen tom parha-somet -, é bout 3 meurbet ledan : 
2105 En fornes dre esquem, na quen lem ha heman ♦, 
Goa efF doe pan croeat, ayelo dan stat man. 

Yenien goude > tan, ho goan quen auanant, 
An muihaffà guell quet, bout soinget competant : 
Dimoder tan ha dour, disaour ho tourmant, 
(f. 42) 21 10 Dour erch ha dour grisill, ho pil 6 re peur 7 cillant s . 

Langour quez quen gourma;n, mescha«t dicarantéz 
Disaçun ho punis, pep guys maz eo tristez : 
Prydiry an ruyn, maz termin ho finuez, 
Pechet neudeu quet splan, nep queffran en anhez. 
21 15 Dre se chetu truez, pemdez eu buhez den, 
A quementayel dy, da bout en yenien : 
Guez arall en tomder, dymoder9 souueren, 
Goude fet pechedou, pez poanyou dylouen ? 

Hep mar en peuare adarrhe Io pan leafF, 



1. Prononcé condamnet ; de même v. 2616, celui-ci, au contraire, est à 
lire condaffnet, v. 586; ce dernier est exact, v. 3586. 

2. Parasomet r.battu, accablé B 519, v. fr. parassommer accabler, affliger 
complètement. 

3. Ceci paraît exiger l'ellipse d'un mot comme on~ penn outre; mais il 
suffit d'un simple ha et, que supplée la ponctuation : ci. léon. al levr-ma a 
ve~o lennet ha d'eqan beqa diaes ce livre sera lu, bien qu'il soit difficile 
(annonce dans le Courrier du Finistère); van. bout ma é diès (= être qu'il 
est). 

4. Ce mot montre que tan était masc. comme aujourd'hui, cf. v. 2020. 

5. Lire probablement goude'n, ce qui donne 3 syll. en en. 

6. Pilât battre rime en /7-,B 457 ;pillatCms. doit être une simple variante 
orthographique. Grég. donne urglao pil a ra il pleut à verse ;on dit glao a ra 
a-bil il pleut à verse; eurpilad dour une averse (h. Corn, et Trég.).Cela ne 
s'accorde qu'imparfaitement avec grisill grêle — grisilh, van. gresilbGr . , 
qui a / mouillé. On peut supposer que l'auteur avait pensé à pill, de pilla)) 
piller, et que l'imprimeur a mis pil parce que c'était l'expression habituelle. 

7. Je ne vois pas d'autre exemple de cette surcharge d'intensifs, re peur-. 

8. Mot inconnu par ailleurs. Il devait avoir / mouillé. C'est le v. fr. «7- 
lant qui fouette, qui frappe, de ciller fouetter ; exciter : « Et de cillans verges 
cillée »;« Cillante pierre... Aveit il entur son flanc » ; cf. cillance action de 
fouetter, cilandem. cravache God. ; sile « ciller, cingler, frapper avec quel- 
que chose de délié et de pliant », Dottin Gloss... du Bas-Maine. Cf. encore 
v. fr. allier couper à la faucille, fauciller? Cela rappelle le van. guet scilV 
er glean (coup) de tranchant d'épée ; tréc. (et van. ?) cilîartt pierre posée 



Le Miroiter de la Mort. N3 

2100 Dans le feu, après la luxure, elle sera emmaillotée 
Et à cause d'elle l'âme dans le ciel ne sera pas reçue, 
Mais à la peine du feu flamboyant elle sera condamnée. 

Jamais ne fut créé au monde, ni fait de feu 
D'une chaleur si accablante, (outre) qu'il est très vaste, 

2105 En (aucune) fournaise à comparer, ni aussi vif que celui-ci: 

Malheur, Dieu ! quand il fut créé, à celui qui ira dans cette condition. 

Le froid après le feu les torture aussi bien, 
Le plus qu'il est possible de penser sérieusement : 
Excessifs, le feu et l'eau cruellement les tourmentent, 

21 10 Eau de neige et eau de grêle les frappent tout à fait violemment. 
Une langueur très rongeante, méchante, ennemie, 
Désagréablement les punit de toute façon, que c'est tristesse 
De penser la ruine où s'achève leur fin; 
Le péché n'est pas brillamment, nulle part, en logement. 

2ii) Aussi, voilà, c'est pitié chaque jour que la vie de l'homme, 
De quiconque ira là pour être au froid, 
Une autre fois, dans la chaleur immodérée, suprême: 
Après le fait des péchés, quelles peines affligeantes ! 

Sans aucun doute, en quatrième lieu de nouveau quand je le jure 



obliquement ou debout sur son tranchant. Rev. Celt. XI. 359. Mil. ras 
donne : « Sill, s. m. pi. ou éruption lente, sortie douce de quelque liquide, 
écoulement léger et fin [,] flux d'écoulement » ; « Silla v. n. découler, 
couler, fluer. Silla a les deux significations de sortie prompte et abondante 
et de douce et lente. (Comp. di-^ilki).» Et il cite ailleurs ce passage de 
Combeau : koll e c'hoad km a ~ilk perdre son sang en quantité. Cet 
auteur, qui a daté de 1836 le manuscrit de ses Môjennou Lafontaine, 
emploie constamment (/')//; pour / mouillé, comme le P. Grégoire l'avait 
fait un siècle auparavant; la création de ce signe, le seul pratique, m'est 
attribuée àtort,5r«^, Carhaix 1910, p. 118. Le sens de « sortie prompte 
et abondante » parait propre au radical silh- : l'autre doit appartenir à 
si!-; sila filtrer est le moy. bret. si^laff, Gloss. 629, 630. 5/7/;- pourrait 
provenir de 5/7- sous l'influence de dishilya, disilha s'égrener, G/055. 180, 
que Milin décomposait en di-çilla ; il en donne cet exemple : « dare eo an ed, 
di^illa a ra le blé est mûr, il s'échappe de l'épi grain à grain ». Ce com- 
posé a pu subir l'influence d'un radical français sill-, cf. sillée trace, traînée : 
« Ce sac s'est ouvert, et a laissé une sillée de blé sur la route » (Jaubert, 
G/055, du centre de la Fr., avec comparaison de sillage). Mais l'explication 
par le gall . hil semence n'est pas refutée par l'objection que cite Henry 
Lexiq. 97, et qui était elle-même contredite d'avance parla citation du van. 
dihiliai il égrenait (des épis), Gloss. 180. 

9. Ailleurs dimoder, v. 208 ~ } , etc. : diioder immodéré: immodération 
Gr. 

10. Les autres documents n'ont jamais cet /;, d. adàrre v. 2263 : voir 
v. 2131 . 



84 E. Ernauli. 

21 20 Ez caffaff an danuez ', da comps rez he bezaff : 
Yn lech nac eux é sort, gant ord - disconfortaff, 
Priuet â pep ébat, ha mat dre'n relataff, 

Enhy hep deduiaff, goelaff ha doen caffou, 
Arer fournis disneuz 5, hep diuez a dezrou : 
2125 Rac no deues esper, goude ho oberou, 

A caffout diouz an bet, remet â nep metou. 

Deze Qfferennou, pedennou golaouet, 
Na reiff plus alusen, den peuryen sourprenet : 
Mar dougo/u treux an gruech, na bech â nep pechet, 
2130 Ne tal vn aual put, mar astut reputet. 

Arrhe 4 an neffdefaet, no deues nep preder, 
A caffout remet fiam, ho blam en nep amser : 
Feunten â leuenez, hac â trugarez scier, 
Oute so goloet, ha serret ent seder . 
2135 Na bizuicquen esper, en nep amser certen, 
No deues v fier, â saluder na termen : 
Faeçon â essounv ;,*nedeux muv bizhuycquen, 
(f. 42 V.) Pedre ho deffe lanc, da dianc à ancquen. 
Dre se ez dlehe den, er na ve sourprenet, 
2140 Pridirv é diuez, ha bezaff aruezet 6 : 

A myret en vffernw, en cernw na ve bernet, 

1. Le poète avait pensé à la variante plus ancienne daffne- ; mod. dan- 
t'^Maun., Gr., Pel., m. Gon. Trd., van. Jaune m. l'A., bien, Chai, 
ms., auj. danné, daonè, tréc. danve, dannve, danfe (et non danve, Dici. étytn. 
et Pedersen Vergl. Gramm, I, 167; Henry écrit à tort daùve-): gall. 
defnyddet denfydd, corniq. defnydh,v. irl. damnae. 

2. Ord est ici subst. : souillure, horreur; on ne connaissait que l'adj. 
ort sale, cf. v. 2389. Grég. n'a que ordous malpropre, adj. et s. m. pi. ed 
(mov.br. ordous, h. bret. ordoù), ordoiisès femme malpropre pi. -sesed ; 
ourdousded, ourdousder ordure, saleté. 

3. Premier exemple de disneu^ (homme) de mauvaise façon, qui n'a pas 
bonne façon; qui a mauvaise gràcej (personne) de mauvaise mine ; frivole ; 
vil, bas; méprisable'Gr., qui a de mauvaises façons Trd., disneû- difforme 
laid, défiguré, monstrueux ; frivole, vain et léger ; qui n'a nulle solidité 
Gon., tréc. et cornou. diçneu qui ne sait pas s'y prendre Rei\ Celt. IV, 163, 
on dit aussi disneu et non eus na stinii na neu, il n'a ni manière ni façon (M. 
Even). Maun. donne la variante dineu\ vain (où Pel. veut voir une erreur 
pour nain, mais l'ordre alphabétique s'y oppose); Pel. dinëus etdimux «qui 
est sans façon, sans mine,. . . de peu d'apparence, simple et idiot »; Gon.. 
dineù~ informe, défiguré, imparfait, mal proportionné; Trd dineu^ défiguré, 
informe. Composés de mov. br. neu~ (v. 175), veux forme, figure; drouc 
neu^ mauvais naturel, mod. ober neus studia faire semblant d'étudier Maun., 
ober neu~ da studva, van. gober ne ou neu ou en ne de studxein Gr., gober en 
né Chàl., gobérr enn /«''feindre, ni m. semblant l'A., neu- façon, apparence; 



Le Mirouer de la Mort. 85 

2120 Je trouve la matière, pour dire nettement qu'il est 

Un lieu qui n'a pas son pareil très désolé avec horreur, 
Privé de tout plaisir et bien, comme je le rapporte. 

Là, sans se réjouir, pleurer et souffrir des tourments, 
(Voilà ce qu')on fait amplement, vilainement, sans tin depuis le 

[commencement : 
2125 Car ils n'ont pas d'espoir, après leurs œuvres. 

De trouver de la part du monde rémission, par nul moyen. 

Pour eux messes, prières solennelles, 
Ni donner un surcroît d'aumône aux pauvres affligés, 
S'ils portent la largeur d'un ciron ou son poids d'aucun pèche, 
2130 Cela ne vaut pas une pomme aigre, si peu estimée. 
Du ciel encore, certes, ils n'ont aucune pensée 
De trouver rémission heureuse de leur crime en aucun temps : 
La fontaine de joie et de douce miséricorde 
Est couverte pour eux et fermée, sûrement. 
2135 Et jamais d'espoir en aucun temps, certes, 
Ils n'ont, assurément, de salut ni de fin : 
Nulle sorte d'excuse légale il n'y a plus jamais, 
Par quoi ils auraient moven de se délivrer de peine. 
Aussi l'homme devrait, pour n'être pas surpris, 
2140 Songer à sa fin et être attentif 

A éviter d'être jeté en enfer dans le cercle, 

mine, physionomie: tiens apparence: a neiq vad (homme) de bonne mine. 
goall-neu- mauvaise mine, a voall mu\ (personne) de mauvaise mine, 
droucq-neu~ mauvaise grâce, sans grâce, neu^ fall pi. neu^you fall grimace: 
hep neui e-beJ sans feinte; mont dû lu'irç tomber en décadence Gr., ueu~ façon, 
mine, apparence, contenance, feinte, semblant, neu^ mat bonne façon, 
bonne mine, etc. Pel. ; f. façon, etc.; décadence; neii^ vad bonne 
façon, bonne mine, etc. Gon. : neu% f. mine, etc., iieusiou-fall grimaces 
Trd; Mil. ms. change f. en « m. pi. iou grimace, façon »; il barre le pre- 
mier mot dans drouk neu\ mauvaise mine, et ajoute : « On dit plutôt : 
neus fall , doare fall en deus » (ces 2 mots remplacés ensuite par ^0 war n 
haii); « an neu^ a ra ia ve;a kousket, il fait semblant de dormir »; « neusia 
v. a. et n. feinte» (lis. feindre), « faire semblant, affecter, avoir la forme, 
la façon, la mine ». On ht droug-neu mauvaise mine, air maladif, Hist . de 
Moïse, ms. de 1832, p. 196. Voir Gloss. 444. Sur la rime de eu à e, voir 
v. 537. Disneuy rime en eu% et en e^, v. 2191. 

4. Cet h ne se trouve pas dans les autres documents ; cf. adarrhe v. 21 19. 

5. Ecrit ailleurs essony; terme de droit (v. fr. essoine, excuse alléguée pour 
ne pas se présenter en cause devant le juge, ou ne pas se rendre à un com- 
bat judiciaire God.); semble être cause de la consonne dure dans xç~ony 
aisance, facilité à faire les choses, en regard de azçans, ea~amand, id., x^a- 
mand, ea\, x% aise, plaisir, commodité Gr.: cf., par exemple, lourdâny pi. 
ou lourdise, de lourdi lourd Gr. 

6. Ce mot ne se retrouve que dans le Doctr., écrit arveset: voir Gloss. 41. 



86 E. Ernault. 

Ha ma/, ahe dan knech, en lech ma/ eux yechet. 

Birman ez fell sellet, goude fet pechedou, 
Lies punission bac afflictionou ' : 
2145 A creffhac an deffoul -, ara diaoulou, 

EhafFn dan re daffnet, aya quet do metou. 
Quentaff ez lauarafF, hac ez caffaff affût, 
Ez eo vu tra horribl, terribl hep aesibdet : 
Certen da vn eneff, ha creff en groa greffet, 
2150 Guelet an drouc A : .\c/., quent drez vez finuezet. 
Euel maz eu diuoe, guelet Doe an croeér, 
En stat glorifiet, Illnminet net scier : 
So vn yoa excellant, triumphant hac antier, 
Da pep eneff deuot, en muvhaff scot noter, 
21 5 > Euelse en vffern», dan bermz so éternel *, 

Enhy impatiant », en tourmant ha scandai : 
Ezeu an poan muvhaff, horriblhaff dihaual, 
Ha muvhaff en ho greff, corfhac enef tei'al. 
Eu guelet an deffoul, an holl diaoulou, 
2160 Faç en faç disacun 5, deze compaigneunou : 

Deze ez eu muv poan, homan eguyt tan glaou, 
Na nep affliction, mar don en prisounou. 

Dan propos man haznat, en buhez an tadaou, 
Vn coz a lauaras, vn guer bras peur hasou : 
2165 Pe dre ez dlehemp scaff, spontaff gant cals caffaou. 
(f. 43) Ha clasq dre guir miret, nac ahet do metou. 
Heman à lauare, ez crede ne grue fabl, 
Nac oa den nep heny, a remsy é quen dihabl : 
Quen scier quen souueren, quen certen quen renabi 
2170 Quent gent quen squientus, quen yoaus quen rusabl : 
Ajguelhe an droue ad, euel ma en guelont, 



1. Premier exemple de ce plur. (affliction, f. pi. -tien id., affligein affliger 
l'A., afligea id., afiijus affligeant Gr.). 

2. Ce vieux radical n'est gardé que par Grég.,en matière de droif.de/oida 
abolir, abroger; defoulanç^, abolissement, révocation d'une loi, d'un acte, 
suppression, extinction de cha'rge, etc. ; defouîapî révocable, qui se peut 
annuler. 

3. Lire déniai . 

4. Variante nouvelle de impatient. 

5. Lire disaçun. 

6. Dans les autres passages en moy. bret., ce mot se rapporte à la 
« durée »; ce serait ici « depuis l'espace si énorme (des siècles) ». Je crois 
que le contexte est plus favorable à l'explication par « espèce » ; l'idée 
intermédiaire est celle de « générations (successives) ». Pel. donne « Rems, 
Durée, l'espace de tems que les choses durent et subsistent dans leur état : 
et il se dit particulièrement de la vie de l'homme. On employé au même 



Le Mirouer de la Mort. 87 

Pour aller en haut, là où il y a la santé. 

Maintenant il faut regarder, après le fait do péchés, 
Beaucoup de punitions et d'afflictions, 
2145 Et le violent tourment que font les diables 
Hardiment aux damnés qui vont parmi eux. 

D'abord je dis et je trouve tout à fait 
Que c'est une chose horrible, terrible, sans agrément. 
Certes, à une âme, et qui la rend fort peinée, 
2150 De voir les mauvais anges, dés qu'elle a trépassé. 
Comme c'est certain que voir Dieu le créateur 
Dans l'état de gloire, illuminé bien brillamment 
Est une joie excellente, triomphante et complète 
Pour toute âme dévote, dans le plus beau sort, évidemment ; 
2155 Ainsi en enfer, dans le tas qui est éternellement 
Là, impatient, en tourment et ignominie. 
Il v a la peine la plus grande, la plus horrible, sans pareille: 
Et ce qui les afflige le plus, corps et âme sombre, 
C'est de voir le tumulte de tous les démons 
2160 Face à face, affreux, (qui sont) leurs compagnons : 

Pour eux c'est une plus grande peine que le feu ardent 
Et qu'aucune affliction, si profondes que soient les prisons. 

A ce propos, on le sait, dans la vie des pères 
Un vieillard dit un mot tout à fait important, 
2165 Pour lequel nous devrions promptement trembler avec beaucoup de 

[douleurs, 
Et chercher, en prenant bien garde, à ne pas aller parmi eux. 

Celui-ci disait, il crovait ne pas faire erreur, 
Qu'il n'y avait homme d'aucune sorte de condition si extraordinaire, 
Si net, si puissant, si sur, si juste, 
2170 Si aimable, si sage, si gai, si prudent, 

Qui verrait le mauvais ange, comme ils le voient, 

sens Remsi, verbe, qui signifie Durer, vivre, subsister, régner. Rem si kir, 
vivre, régner, durer longuement. Le P. Maunoir écrit Rempsi, durer, 
régner. Cette signification de Régner est impropre, comme elle l'est souvent 
en François. Ce mot n'est plus gueres en usage, que dans la bouche des 
vieilles gens ». Régner, en effet, doit avoir ici le sens du moy. br. renaff 
exister, tréc. en attirer \o bremaii 'rén, par le temps qui court, cf. Gloss. 
566. Gon. a rems, remps m. « peu usité aujourd'hui », et remsi, rempsi 
durer, subsister, vivre; Troude donne tout cela comme suranné. Remsi se 
dit en Haute-Cornouaille (M. Jaffrennou) : rem~iad m. pi. ami génération 
en Goëlo et petit Trég. : Ar rem^iadoon ail a berrey bon labour les généra- 
tions suivantes parferont notre travail (M. Even). Voir Gloss. 567, 568. 

7. Dérivé nouveau, cf. ruset rusé v. 108, etc. Godefroy a un article 
rnsauble pour renvoyer à rusable, qui manque. 



S8 E. Ernault. 

An re so claff dafïhet, drc pechet en bet hont, 
Bcuaff quct ne galhe, quent cz maruhe drc spont, 
Mar horribl eu neuse, en stat su gant é gront. 

217) ^ >cz s pont yen dan éneff, pez leff, ha pez greuanç, 
Goude lesell exprès, traou iraes ' ha plesanç 2 : 
Yoaius meurbet detri, hep sy dan conscianç. 
Hac habitation, mansion consomme i. 
Vezo monet gant cry, dan ty ban région, 

2180 Ma/, eux dyaoulou, ha nionstrou 1 en craou don: 
Hep nep fmuez dezy, guelet an vision, 
Han rez aneze y, en daffnacion > ? 

Possibl eu ez guell Doe, an roe nep ho crocas, 
An neff hac an douar, heaul lia loar drez caras : 



1. Proprement « ras, plain, uni », d. Aoûr mil musur rés « mille 
mesures rases d'or » ; rês-ribus « rés le bord d'une mesure », Les Amourettes 
du Vieillard, Peh.voir G/055. 571, 575. Pel. donne rés plein, garni, fourni, 
bien rempli : (épi) bien fourni de grains ; Grég. r«j ras, uni, re\ ar verenn 
a vin, re\ toupicq rasade, plein un verre de vin, eva a re\ toupicq 
lyès taç;ad lamper, boire en goinfre (cf. van. èr huiren harget-re\ dans 
la coupe pleine à déborder, F Hermine XLIV, 205), re\, ê re;, a re;, 
reç;ed, c reç;ed « au niveau, de plein pié », lacqât re; ou e re; 
niveler, trêmen ê re;, ê reç;eJ, reç;ed raser, effleurer; re;, reç;ed « rez, ou 
rais, superficie rase », re; an douar. reç;ed an douar « rez de chaussée, le 
sol delà terre », 1/// astaich re; « l'étage de rez de chaussée », discarr . . . 
re; an douar, lacquaat. . . é re; ar sol, é reç;ed an douar détruire (une ville 
« rez pié. rez terre » ; re;, è re;, é reç;ed à fleur (an douar de terre, an dour 
d'eau), re; e dal (il a de beaux yeux. . .) à Heur de tète ; Le Gon. re; ras, 
plein jusqu'au bord; rez, à fleur, au niveau; H. de la Vill. ré; ha ré; au 
même niveau; Troude re;, rea; m. niveau, re; comble, il regarde à tort ce 
dernier comme un nom masc. suranné ; D. Malgorn a réa; au ras de, au 
niveau ; >r'</- plein ; re; f. rangée : ed diw re; épis à deux rangs de grains 
(Ann. de Bret. XXV, 232, 414, 415). M. Vallée cite de Combeau (trad. de 
Lachambaudie) : Dion re; dent en e c'henou deux rangées de dents dans sa 
bouche. Ce mot doit se trouver dans le tréc. en res, e res sous forme 
de, Gloss. 567 (où je voyais rei; droit). On dit en Goëlo lalïdt an treo '« 
rea;, ou -war res mettre les choses en ordre, les tirer au clair; en haute 
Corn, ober eur re; da, chapitrer (qqn); re;o rendre uni, raser (ab. Besco) 
= re;an mettre à fleur (ab. Estienne), rai;ein « boulverser » l'A. (voir mon 
Dict. breton... de Vannes, v. re;). On dit tremen a-re; côtoyer (l'Afrique) ; 
léon. be;a a reséd gant être au même niveau que, lakaat daou damm koat eu 
eur resed ajuster deux pièces de bois. On peut ajouter ris 'vel eur gannel 
juste comme une bobine, h. Trég. (Mcl. XI, 201); koad re; bois sans 
défaut, facile à travailler, Goèlo; mais ce mot a dû se mêler avec rei; droit, 
régulier ; règle, qui avait une variante re; (cf. pe en re; de quelle manière, v. 
954, etc.) C'est plutôt ce dernier qui est dans Ira re; chose régulière, ;e ;o re% 



Le Mirouer de la Mort. 89 

Ceux qui sont douloureusement damnés pour le péché, dans l'autre 

[monde, 
Qui pût vivre, avant de mourir d'épouvante ; 
Tant il est horrible alors dans cet état, avec son grondement. 
2175 Quelle froide épouvante à l'âme, quel pleur, et quel chagrin 
Après avoir quitté tout à fait les choses commodes et le plaisir 
Très joveux, certes, sans remords à la conscience, 
Et son séjour, demeure de beauté, 

Ce sera, d'aller avec cris à la maison et la région 
2180 Où il y des démons et des monstres, dans l'étable profonde, 
Sans qu'elle ait aucune fin, de voir lajvision 
Et leur aspect, dans leur damnation ! 

Il est possible que Dieu puisse, le roi qui les créa, 
(Et) le ciel et la terre, soleil et lune ainsi qu'il voulut, 

mat c'est très bien; re; war e labour, war e vicher habile, propre au tra- 
vail, expert dans son métier; kontcho re\ comptes bien faits, clairs, kom; re- 
parler bien, de façon intelligible, Breton re~, vrai Breton bretonnant, koms 
resoe'h parler plus facilement, goût resoe'h savoir mieux, plusieurs de ces 
expassions sont en van. reïh, reh. Resaat devenir plus habile (Estienne) 
répond au léon. reisaat rendre ou devenir tranquille. 

2. Mot nouveau, du fr. plaisance: on ne connaissait que l'adj. plaesant, 
phsani plaisant, agréable. 

3. On n'avait également que l'adj. consonant juste, admirable ; cf. v. fr. 
consonancie accord, harmonie, concordance. 

4. Premier exemple de ce plur. Grég. a mounstr monstre pi. ou, van. 
monstr pi. eu, dim. niounstricq pi. -strouïgou ; mor-vounstr p. morvounstrou 
monstre marin; mounstrtis monstrueux. Maun. a « monstre, monstr »; 
« faire monstre, ober monstrou » ; ce dernier = « faire montre, la revue de 
l'armée », ober moustr, moustra Gr., et. moustr pi. ou montre, revue des 
troupes, monstrou bras montre générale Gr., montreu m. montre, revue 
l'A. (montre par e muet, pi. eu montre portative l'A., uioutr pi. ou montre 
de poche Gr., tréc. mont m. pi. moncho, voir v. 18 1 6 ; moucher marchand 
de montres, horloger). Monstre pi. ou rêve importun et incommode, rêve 
tàcheux Gr. ne vient pas du fr. monstre : son e, qui .se retrouve dans mons- 

Jrei part, -cet avoir des rêves fâcheux, semble provenir de hunvre pi. ou 
rêve, buvréi rêver Gr. La variante moustr pi. ou doit être plus ancienne, 
voir Gloss. 432; Yn s'est introduit par imitation de monstrou, équivalent de 
monstrou montre, revue. Grég. donne aussi modestou, molestou, cf. moy. 
bret. molest contradiction. Les dérivés ne montrent que ous- : an Diaul 
moustrer démon incube, ar moustrericq « cauchemar, le foulon... oppression 
d'estomac... que les Simples attribuent au Démon incube », ar mousterhq 
incube, oppression nocturne Gr. J'ai cru à tort, Gloss. 432, que Maun. 
attestait un autre verbe moustra « souiller » : le texte porte « soulier », 
qu'il faut corriger en « fouler ». 

>. Premier exemple de cette forme hybride, cf. Gloss. 140; daunacion, 
daounacion Gr. (damnation f. pi. -ueu l'A.). 



90 E. F.rnault. 

2185 Hac ho lacquas d,\ chom, hep patrora dre compas, 
Hep muv dre é squient, euel maz ententas. 

Dileuzriff dan vffern», emesq an bera« cernet, 
Aneualct rebours ', da comours hac Ourset : 
Serpantet difasçon, ha Con, ha Leonet, 
2190 Pe diuers loeznet goez, ha diaznauezet 2 . 
Pe croeaff a neuez, loznet disneuz euzic, 
A ve deffrv dihabl, hep fabl à drouc aplic : 
Humordre'n dou orga» 1, ho diou froa», nat 4 dan quic, 
(f. 45 y) De lesquift han speret, â taulhent net cret die. 
2195 Pe vn moguet flerius, anequenus "> dreist musur, 
Pe tan ho dou lagat, en pep stat dinatur : 
Hep span do huanat, na franequat é do statur, 
Na hoaz bezafflazet, ouz ho guelet, cret sur. 
Bezcoaz elguennou 1 tan, en bet man ne goanas, 
2200 Quic den à nep heny, na muv ne castias : 
Eguet visaig Sathan, en poan aban manas, 
Effhe compaingnuou 8 , ouz tnon? aban gnouas, 

Rac se pep lech pechezr, quemer dif scuezr'pe dre 1 " 
Ez mirv nac y quet, do sellet en bet se : 
2205 Na da bezaffardant, sellet do hoant gante, 
Er ho guelet horribl, re terribl az fiplhe ". 

1. Du fr. rebours revêehe ; premier exemple de ce mot; van. rebource, 
rebours ; revèche, de mauvaise humeur ; bizarre (mal imp. réboruu), 
rebource bizarrement ; a rebource à rebours, rébourcein rebourser ; reboursein 
vomir, rendre gorge, rebourcereah m. vomissement l'A., en ur ber rebours 
(il a fait son affaire) « en un retourne main » Châl. ras, 

2. On n'avait que l'inf. dia^iauout « decognoistre », Gloss. 162. Grég. a 
dia^naout, disa^naout, van. dianaouein méconnaître, part, dianavciet, dia~- 
nave^et, diapiaoudecq, van. dianoudecq méconnaissant ; dieneff, disanaff, dia- 
naff, van. dianaù méconnaissable: dianàff inconnu. 

3. Mot nouveau, du fr. 

4. Lis. tan. 

5. Voir v. 1388. 

6. Mot écrit franchat affranchir, Gloss. 245 : francaat se porter mieux 
Maun., ne franka ket war an Jeu clanv le malade ne va pas mieux Mil. ms., 
francaat affranchir, délivrer, dégager Pel. (qui y voit un abus pour francaa, 
forme imaginaire); francqaat élargir, faire plus large Gr. , fraùkaat rendre 
ou devenir plus spacieux Gon., van. frankat élargir, mettre au large, déli- 
vrer ; commencer à revenir d'une maladie. 

7. Plur. d'un mot écrit eluenn, eluen, et dans ses dérivés elueuu-, mod. 
tlvenn, Gloss. 206; ce g n'a jamais été prononcé, c'est une fausse imitation 
des cas comme celui du v. 3 16. Ces deux vers sont ainsi reproduits, D 161 : 

Bizcoas evelennotan, er bet-man ne goanas, 
Quit den à nep hini, na muv ne affligeas. 



Le Miroiter de la Mort. 91 

2185 Et les fit demeurer, sans modèle, avec justesse, 

Seulement par son intelligence, comme il l'entendit. 
Envoyer en enfer, au milieu du tas encerclé, 

Des animaux revèches d'humeur, et des ours, 

Serpents difformes, et chiens et lions 
2190 Ou diverses bètes sauvages et inconnues: 

Ou créer de nouveau des hétes difformes, affreuses, 

Qui soient, sérieusement, odieuses, sans mentir, de mauvais rapports ; 

De l'humeur parleurs deux organes, leurs narines, du feu à la chair 

Pour la brûler, et l'âme, ils en jetteraient fort, crois bien : 
2195 Ou une fumée puante, pénible outre mesure, 

Ou du feu de leurs yeux, de toute façon monstrueux, 

Sans répit à leur soupir, ni liberté à leur taille 

Et aussi sans être tués en les voyant, crois sûrement. 
Jamais étincelles de feu en ce monde ne torturèrent 
2200 La chair d'aucun homme, ni ne la châtièrent plus 

Que le visage de Satan, depuis qu'il est resté en souffrance 

Lui et ses compagnons, là-bas, dès qu'elle apparut. 

Aussi en tout lieu, pécheur, prends-moi la règle par quoi 

Tu éviteras d'aller les regarder en ce monde-là 
2205 Et d'être ardemment regardé à leur gré par eux, 

Car leur vue horrible te saisirait trop terriblement. 



Evelenno doit ètrepour evlennou.cî. Gloss. 225, 248. Roussel ms. donne : 
« elle, v : eufl, elwen, eufîen, étincelle de feu » ; « eulien sing. euliennen tau, 
étincelle de feu ». 

8. Lis. -ngunou. 

9. Lis. tttou. 

10. Prononcé pe ;re, cf. v. 643, 674, 1018, 1234, 1842, etc. Pey client 
nar quel lieu Ca, expliqué par pe\-rac-hent, Mid. Bret. Hours 61, est une 
taute pour pe;rehent. Cb et Ci" ont pe^drebent, où il ne faut pas voir pe; — 
ire, mais pe-;re, avec un d ajouté comme dans Perdrai, etc.. Glas. 486, 
487. Cf. pe dre lient, etc., 467. Une mutation du même genre est notée 
dans pe;alech à quel lieu C, ailleurs pe du, Gloss . 467, 468. 

11. Cf. fiplo torturera 2388; premiers exemples dejîbla battre Maun., 
« batre à bons coups, tous portans », fiblet caër eo bet « il a été bàtonné qu'il 
n'y manquoit rien » Gr., fibla battre à grands coups, frapper fort, ros- 
ser, en Cornou. Gon., Trd, en emfibla se battre, Bar;. Brei; 336; d.fibler 
pi. yen celui qui bat Gr., celui qui frappe fort, en cornou. Gon., Trd, fiblad 
m. pi. ou fort coup donné à qqn en le battant, en cornou. Gon., Trd. 
Cf. van. ftmble, fible m. pi. eu boucle de porc, l'A., à Sarzeau flêmienn, 
Rii. Celt., III, 236, fimblein, fiblein « boucler le groùin » l'A., d'une 
forme française du lat. fibula, cf. fr. affubler et anciennement fubler, affutn- 
bler. 



92 E. Eruault. 

En eil ez lauaraff, hac ez calaff affet, 
An drouc .Elez puplic, reuseudic milliguet : 
So cruel dan Eneff, hac en gref en effet, 
2210 Mar déliez ef bezaff, gante re claff dafnet. 

Allas nendeu hep muy, deffrv dre vision, 
Na spont ez grueont y, hep sy affliction : 
Hoguen ouz tourmantaff, deuoraff anaffon, 
Ho cannaff dre affuy, ha dre dérision. 
221 <, Bezcoaz ne voe Léon na con quen disounest, 
Mar outraig arraget, buanecquet medest : 
Pan ve lazet ho enot ', en ho bot - me'n protest, 
Pe ouz bezaff naounet 5, dre na caffet boet prest, 
Euel maz eu pemdez, hep diuez a dezrou, 
2220 A cref gant cals deffoul, an holl diaoùlou : 
Da tagaf anaffoun, so en ho prisounou4, 
(f. 44) Dre an bech ho pechet, cometet en bedou. 

i. Ce mot se trouve N 836 comme terme d'injure (engeance?). Il peut 
être devenu crot, « petit enfant... peu en usage hors le pays de Léon » 
Pel. ; krot m. petit enfant, plac'h krot bonne d'enfant, en cornou., Trd. 
Cf. gall. ciitnud chair. 

2. Ce mot s'est trouvé au v. 382 ; voir Gloss. 74 « On dit rei bod donner 
asile, abri, cacher, receler au sens de rei gdlo » Mil. ms. A rei bqdenu 
1L1 cul îaer donner asile ou receler un fripon Trd, Mil. a ajouté : « On dit 
plutôt rei bod ». Pel. cite d'après « le Nouv. Diction »: « Rei boden, rece- 



Le Miroiter de la Mort. 93 

lin second (lieu) je dis et je trouve tout à fait 
(Que) les mauvais anges publiquement misérables, maudits, 
Sont cruels à l'âme et la torturent, certes, 

2210 Si elle mérite d'être avec eux douloureusement damnée. 
Hélas ! ce n'est pas seulement, sérieusement, par la vue 
Et l'épouvante qu'ils font, sans doute, de la peine, 
Mais en tourmentant, dévorant les âmes, 
Les battant par envie et par dérision. 

2215 Jamais il n'y eut lion ni chiens si furieux, 
Si outrageusement enragés, irrités, je l'atteste, 
Quand on a tué leur progéniture dans leur antre, je l'affirme, 
Ou en étant affamés, parce qu'ils ne trouvent pas de nourriture prête, 
Que le sont chaque jour, sans fin depuis le commencement, 

2220 Fortement avec beaucoup de tumulte, tous les démons, 
A étrangler les âmes qui sont dans leurs prisons 
Par la charge de leur péché commis dans le monde. 

E. Ernault. 
{A suivre.) 



1er, c'est-à-dire, donner retraite, en sous-entendant au voleur ». Rei bod est 
en h. Corn, soutenir, encourager, surtout pour le mal (ab. Besco) ; en Trég. 
donner abri, asile (en bonne part aussi). 

3. Premier exemple de cette forme, cf. Gloss. 438. 

4. Cf. v. 171 8. 



MISCELLANEA 



i. Eremôn. 

In Mr Goddard H. Orpen's remarks on early Ireland accom- 
panying the map of Ireland in the i2th century in Poole's 
Historical Atlas (Clarendon Press) \ve read as follows : 
« Emer, or as the name is often written Eber ', represents the 
primitive, Ivernian or pre-Aryan inhabitant (the'Iojépvio; of 
Ptolemy), while Erimon (= the ploughman) represents 
the Aryan farmer who introduced agriculture'. Ihis positive 
statement is a mère fanciful expansion of a much more cau- 
rious remark made by sir John Rhys in his ' Studies in early 
Irish History' p. 17 (Proceedings of the British Academy, 
vol. I) : ' The name of Erem or Airem (genitive Erimon, Ere- 
môn, or Airemon) seems to hâve meant a ploughman'. Zim- 
mer also lias followed Rhys, for I see that in his translation 
of a wellknown passage in Fiacc's hym r, hrenders meicc 
Erimon by 'die Sonne Airem's' (Sitzungsber. der Kgl. preuss. 
Akad. 1908, p. 1 1 1 9) . 

The truth is that the form Airem, gen. Airemon 2 , neveroccurs 
for the name of the son of Mil at ail. The only form in ail 
Irish Mss., oldor young, is Eremôn or Erimon, gen. Eremôin . 
There can be no doubt as to the quantity both of è and ô, though 
the marks of length are often omitted by the scribes. In 
LL 143 b 52 Erimon rhymes (in debide) with ôg, LL 4 a 41 

1. The correct form is Eber, gen. Èbir. Emer is a late spelling. 

2. The word airem ' ploughman ' occurs with the diminutive ending -on 
as the epithet of a fabulous king of Ireland Echaid Airemon (LU 99 a 14). 
This may hâve misled Rhys. 



Miscellanea. 95 

with slôg, and in an old poem quoted by the tour Masters A. 
D. 940 the whole name rhymes with gU-dedôl ' bright twilight'. 

There were genuine old-Irish names ending in a diminu- 
tive -an, Ogam -ognos, as I hâve shown in Eriu IV, p. 68. 
But bremôn is not one of thèse. It never was a living 
name '. It must ranktogether with Bith, Bile, Beothacb. Fénins, 
Mil, Ir, etc. as a mère learned figment ofthe eighth century. 
It isevidently based upon Eriu, while togive it a genuine look 
the archaic suffix was added, as it figures in Partholôn, Setniôn. 
If thèse were genuine old] names they would make their 
genitives in -ûin, not 'in -ôin. 

So the Aryan ploughman vanishes. It is high time that spé- 
culations such as thèse should cease altogether until philo- 
logy has better prepared the ground. It is a sign of the 
continued neglect of Celtic studies to find so many fallacious 
or highly doubtful statements on early Ireland — and indeed 
on Irish history generally j — making their appearance in 
text-books for schools and universities, statements which 
however plausible they may seem to their authors and the 
gênerai reader, betoken a sad ignorance of Irish philology and 
literature. 

2. Mâcha. 

The word mâcha which figures in Windisch's Wôrterbuch, 
in the glossary to Stokes' édition of the Tripartite Life and in 
the Urkeltischer Sprachschatz p. 196 with the meaning 'field' 
is deduced from a single passage in a poem ascribed to Patrick 
thus printed and translated by Stokes (Trip. p. 480, 22) : 

clin bess mâcha fo thor\th]aib 
' So long as field shall bide under crops' . 

1. In the Annals of Ulster A. D. 885 Eiremhon occurs as the name of 
a king of Ulster. But, as Hennessv has pointed out in a note, this is a mis- 
take for Auromun, as the king is called in LL 41 c. Indeed the AU them- 
selves write the name correctly (Erutnan) under A. D. 913. 



96 A*. Meyer. 

There is however no occasion for any emendation. The 
line makes sensé as it stands : 

cêin bess Mâcha fo thoraih 

' So long as Arniagh shall be under princes'. 

Mâcha is hère used, as often, for Ard Mâcha, literally 
1 Macha's : Height'. It is latinized Machia in Trip. 330, 20 and 
elsewhere. As to tor, it means originally 'tower' and meta- 
phoricallv f a chief, or hero'. 

3. Erim. 

In rav paper on the early relations between Gael and Bryth- 
on I suggested on p. 73 that the namc Erim which occurs in 
Kulhwch and Ohven (Rhys-Evans, p. 108, 11 ff.) as that of 
a father whose sons are ail remarkable for their swiftness is the 
Irish érimm 'course'. This suggestion receives further support 
from the fact that in the Agallamh na Senôrach (ed . Stokes, 
1. 268) Erim is the naine ota horse. 

4. reniai 11, erâin. 

In the Glossary to his second édition of the Félire Stokes 
hasa word remain of doubtful meaning. As the word occurs in 
rhyme with Enâir ' January' (Jan. 1, 31, Sept. 19, Epil. 6) 
and with the proper name Senàin (March 3), he ought to hâve 
written remâin. This I take to be originally the verbal noun 
of * remi-agim -I drive before, in front'. It would dénote the 
' tront-drive' (Germ. Vordertreiben) in a hunt, a race, or of a 
troop on the march. But in ail passages which Stokes has col- 
lected 2 we find the word used adverbially, no doubt in the 
dative (locative) case, in the sensé of ' in the foremost rank 
or front'. Thus it éside nobitis remâin resi\n] slôg LU 57 b 
15 means ' it is they who would march in tront before the 
host'. Similary, téit ind ingen remâ[i]n remib Met the girl go 

1. The name Mâcha is either masculine (e. g. Rasvl. 502, 120 a 6) or 
féminine. There is a diminutive Machacân, Dinds. § 21. 

2. Seealso Windisch, Tain Bô Cualnge, s. v. riam. 



Misceltanea. 97 

first before them ' LU 72 b 2; luid Cûchidainn riant remain 
rempli 'C. went forward in front before them', LL 68 a 26 ; 
îarra-su nech n-aill riam remâ\i]n rempo ' do thou seek some 
one else to go in front before them', ib. 

In the Félire the word is always used in connexion with the 
leading or most prominent saints whom the poet sélects for 
mention out of the vast number of saints (cf. loimm de romuir 
'a sip from the océan', Epil. 42). Thus feil ai rétglainn 
remâin (March 3) might be freely rendered ' there are two 
stars above ail' ; ai ri m remâin (Jan. 31) ' a name among the 
tirst ' ; buiden cecha laithi dosruimdemar remâin (Epil. 6) 'a 
troop for each day, we hâve measured out (= selected 
them after careful weighing) as leaders' — not 'heretofore' 
as Stokes renders ; for the word is never used of time. Râith... 
co Crist . . . co slôg rig rân remâin 1 ' he ran to Christ in the 
fore-front of a host of noble kings'. In the same way tôided 
in Ri remâin (Jan. 1) must be taken in the sensé Met the king 
lead in front', tôided being used without an object as in Prol. 
340 (tôided re s'ù daine). 

A second compound of âin has also caused difficulties to 
Stokes. This is er-âin or anr-âin, as he prints Epil. 7. The 
original meaning would be 'a driving beyond ' (Germ. iïber 
etwas hinaus), the préposition air being hère employed in 
the same sensé which it has in ôin ar fichit c one beyond 
twenty' etc. Again it is used adverbially, as is well seen in 
the following passage (CZ VIII, p. 309, 29) : intan doluith 
Art ô Themuir dochum in chatha, dodeochaid tri\b] côicdaib ôcJach 
riasna slûagaib aurâin ' when Art came from Tara to the battle, 
he came with 150 men in advance of the host (as a van- 
guard)' ; or in a poem preserved in LB 242 b : 

A Dé mâir ! 
coragbainn 1 ma di erâiJ (./. ilge) : 
nianimm la baingliu erâin, 
nïmthair duinebad gelâin ! 

1. This is the readingof the best Mss, not coua slôg rig remdin, as Stokes 
prints. 

2. oj/magbaind Fcs. 

Rtvue Celtique, XXXIII. 7 



9 8 K. Meyer. 

'O great God ! may I obtain my two requests! My soûl 
with angels in die van ! may death by lightning not corne to 
me ! ' 

Theretore the passage in Féi. Epil. 7, co n-ecmaingsem ' train 
should not be rendered with Stokes ' we eut off the excess', 
but 'so that we hâve reached (hit upon) the vanguard (i. e. 
Christ)'. We probably hâve the same word in a difficult pas- 
sage in Fianaigecht, p. 24 : berte in n-urâin n-ellaig, perhaps, 
' who carry (= lead) the vanguard of the combat'. 

From the original meaning of 'a driving beyond' we easily 
arrive at the meaning 'an exceeding, excess', which the word 
has commonly in the Laws. See Atkinson's Glossary s. v. 
airain and urâin. 

5. On some passages in Tigermch's Annals. 

In his édition of thèse Annals Stokes was constantly puzz- 
led by the idiomatic use of the adverb and in such passages 
as the following : Findgaint mac Con cen mâlhair ri Maman 
ann (A. D. 677). Hère and in ail other similar passages he 
suggests at first doubtfully, and then positively, the reading 
moritur instead. Ifhe had consulted the other Annals as to the 
dates of the various personages mentioned in thèse entries he 
would hâve seen that not their death but their accession to 
the throne is denoted. In the passage quoted the context shows 
at once that this must be so ; for the immediately preceding 
entry mentions the death of the king of Munster (mors Col- 
gan maie Failbe Flaind rig Maman). So we should translate : 
Fingaine son of Cû cen màthair begins to reign as king of 
Munster'. And so in ail other cases {Bran mac Conaill ri Lai- 
gen ann 6jy, Dânchad Mairsce mac Maeldnib ri Connacht ann 
681, Cellach Câaland mac Gerlhide ri Laigen ann 689, Maire- 
dach Mnilletban ri Connacht ann 695 &c. 



1. In the Glossary p. 296, Stokes puts -ecmaingsem under ad-comaingim, 
where, as Thurneysen, Handb. p. 470 has shown, ad- has taken the place 
of en-. For the verbal noun is ecmatig ; see Betlia Colmâin p. 124. 



Miscellanea. 99 

Under the year 697 \ve hâve Fland mac Mâile tuile ri 
Ceneôil Eogain nepos Crundmael, where Stokes wrongly adds 
[moritur]. Flann began to reign in that year, succeeding his 
uncle Anrothân who, the sarae entry tells us, had been expell- 
ed to Britain. 

Berlin. 

K. Meyer. 



TWO GLOSSES IN VALENCIEXXES MS. 413 



My attention had been called by Mr Jenkinson to two glosse 
occurring in the Commentaire Anonyme sur Prudence d'après 
le manuscrit 413 de Valenciennes, published by Prof. John 
M. Burnam (Paris, 19 10). It is stated in the préface that the 
Ms. was copied by a Low German or Dutch scribe from an 
insular archétype in half-uncial hand. Unfortunately the 
glosses in question are very obscure. They mav very well be 
Welsh, but this could not be definitely established without 
further palaeographical évidence. 

P. 69. Eseforium est parva tunica quae vulgo guurscbalt 
dicitur. 

P. 70. Scutulis id est vestibus scutulatis id est orbiculatis 
quae rustice glitinne dicuntur. With regard to glitinne it should 
be observed that Ducange (cited by Burnam p. 243) s. v. clin- 
tinna quotes a similar passage from a S. Germain Ms. of Pru- 
dentius : Scutulatam vestem appellat orbiculataru, quam rus- 
tici Clintinnam vocant. 

E.-C. Quiggix. 



A PROPOS DE L'INSCRIPTION D'ALISE 



L'explication que j'ai donnée en 1908 de l'inscription gau- 
loise d'Alise a été discutée dans la Revue Celtique, tome XXXI, 
p. 119, par M. Vendryes qui a rappelé à ce propos l'explica- 
tion donnée par M. Thurneysen dans une note publiée égale- 
ment en 1908. 

M. Vendryes a fait remarquer que, si les deux explications 
donnaient à peu près le même sens général, celle de M. Thur- 
neysen était grammaticalement plus correcte, et je suis 
entièrement d'accord avec lui sur ce point. 

Je voudrais seulement revenir sur mon interprétation du 
mot gobedbi dont M. Vendryes n'a rien dit, et qui reste le 
seul point sur lequel je diffère d'avis avec M. Thurneysen. 

J'ai traduit ce mot par « forgerons », en m'appuyant sur 
les deux arguments suivants. 

En premier lieu, j'ai cru reconnaître dans gobedbi le radical 
celtique gob- de irl. goba, gall. gof. Il est vrai que goba fait 
gobann au génitif, et que cette dernière forme entre dans la 
composition de certains noms gaulois. Mais je crois que le 
radical gob- a pu former plusieurs dérivés, et j'ai rappelé à ce 
sujet qu'un conte populaire irlandais parle d'un forgeron 
appelé Gavida ' dont le non serait comparable igobed. 

D'autre part la mention des forgerons dans l'inscription 
est justifiée par l'importance historique de l'industrie des 
métaux à Alésia. Cette cité avait la spécialité du travail des 
armes et Pline nous dit qu'on y avait inventé le placage des 
armes et des harnachements. Les ouvriers en métaux devaient 
y former une de ces puissantes corporations comme on en 

1. O'Donovan, Annales des Quatre Maîtres, t. I, p. 18-21. 



102 G. Poisson. 

connaît de nombreux exemples dans la Gaule romaine, et 
c'est pour leur usage que Marti alis aurait dédié un édifice au 
dieu Ucuetis, considéré comme leur patron. 

Bien que M. Thurneysen ait déclaré qu'on ne pouvait son- 
ger à rattacher gobedbi au radical de goba, je maintiens mon 
interprétation, en ajoutant aux considérations précédentes le 
fait suivant qui vient les appuyer. 

Dans le Livre des Quatre Maîtres, on lit le passage suivant à 
propos des progrès de la civilisation irlandaise sous le règne 
de Tighernmas ', après l'arrivée de la race de Milet : 

As la Tigernmus bheos ro berbhadh or ar tus i nErinn i 
Foithribh AirthirLiffe. Uchadan cerddFeroibh Cualann rodus 
berbh. As lais ro cumhdaighit cuirn ocus brethnassa dor ocus 
dargat in nErinn ar tus. As lais tugadh ruamnad tor edoi- 
ghibh, corcair, gorm ocus uaine. 

Traduction : 

« It was by Tighearmas also that gold was first smelted in 
Ireland, in Foithre-Airthir-Liffe 2 . It was Uchadan. an arti- 
ficer of the Feara-Cualann, that smelted it. It was by him 
that goblets and brooches were first covered with gold and 
silver in Ireland. It wasby him that clothes were dyed purple, 
blue and green. » 

Dans les Annales de Clonmacnois, on lit un passage ana- 
logue 5 , au sujet du règne de Tighernmas : 

« He was the first who caused standing cuppes to be make, 
the refining of gold and silver, and procured his goldsmith 
(named Ugden) that dwelt the Liffie, to make gold and silver 
pinns to put in men's and women's garments about their 

i. D'après les Quatre Maîtres, Tighernmas serait mort l'an 5200 du 
monde, 1544 ans avant Jésus-Christ. 

2. C'est sur la rive orientale de la Liffey que Tighernmas aurait eu ses 
forges, c'est-à-dire dans le comté actuel de Wicklow, où il y a eu en effet 
de tout temps des forges. D'autre part, la forge de Goibniu, le forgeron 
des Tuatha de Danann, est localisée dans la forêt de Glenn Treithim, près 
de la colline de Mullach Maisten (comté actuel de Kildare) ; or le Glenn 
Treithim s'étend à l'est dans la direction de la Liffey, à cheval sur les deux 
comtés de Wicklow et Kildare (Voir O'Curry, Manners and distants of 
Ancient Irish, II, 246). 

3. Cité en note des Annales des Quatre Maîtres, p. 42. 



A propos de l'inscription <T Alise. 103 

necks; and also he was the first that ever found the dveing 
of coloured clothes in Ireland ». 

Le personnage auquel ces vieilles traditions attribuent d'im- 
portantes découvertes métallurgiques, et notamment le pla- 
cage en or et en argent porte un nom qui, sous ses deux 
variantes, Uchadan et Ugden, peut être rapproché de celui 
d'Ucuetis. 

Certes je ne puis établir un lien philologique certain entre 
ces diverses formes, mais il me semble qu'il y a là autre chose 
qu'une simple coïncidence fortuite, et qu'il n'est pas indiffé- 
rent de retrouver dans les traditions irlandaises un person- 
nage ayant un nom voisin de celui d'Ucuetis, avec des attri- 
butions analogues à celles que j'avais prêtées à ce dieu pour 
d'autres motifs. 

Je crois donc utile de signaler ce rapprochement hypothé- 
tique, avec toutes les réserves qu'il comporte, et j'y vois une 
probabilité de plus en faveur de l'interprétation que j'ai don- 
née du mot gobedbi. 

G. Poisson 



BIBLIOGRAPHIE 



SOMMAIRE. — I. F. Hertlein", Die Juppitergigantensâulen. — IL W. 
Dinan, Monumenta Historica Celtica, tome premier. — III. W. Havers, 
Untersuchungen \ur Kasussyntax der indogermanischen Spracben. — IV. 
O. Schrader, Die Indogermanen. — V. Martin Gemoll, Die Indoger- 
manen im alleu Orient. — VI. Dr Hôfler, Volksmedi^inische Botanik der 
Kelten. — VII. E. Ernault, F Ancien vers breton. — VIII. Kuno Meyer. 
Hail Brigit. — IX. W. Lewis Jones, Kiug Arthur in History and Legend. 
— X. D. J. Saer, The Story of Cardigansbire. — XI. George Coitey, 
New Grange. — XII. P. S. Dinneen et Tadgh O'Donoghue, The Poetns 
of Hgan 'O'RahiUy. — XIII. R. Latouche, Mélanges d'histoire de Cor- 
nouaille. — XIV. R. Edens, Erec-Geraint. 

I 

F. Hertleix. — Die Juppitergigantensâulen, — Stuttgart, E. 
Schweigersbart, 1910, yiii-i68 p. in-8°. 

C'est toute une théorie, complète et cohérente de ces curieux 
monuments que nous apporte M. Hertlein. Ils se composent d'un 
groupe, formé d'un cavalier (ou d'un « charioteer ») barbu qui 
écrase du poids de son cheval (ou de ses chevaux) une figure 
anguipède, un géant ; d'une colonne, au fût le plus souvent couvert 
d'imbrications; d'un chapiteau dont les feuilles abritent quelquefois 
des têtes divines ; d'une base composite, formée d'un tambour à 
sept ou huit faces, portant les figures des dieux des jours ; et d'un 
dé dont deux, trois ou quatre faces portent les figures de diverses 
divinités. Les dédicaces prouvent que ces monuments sont de nature 
religieuse. Mais quel en est le dieu? De quel culte et de quelle reli- 
gion? Est-ce le Jupiter Optimus Maximus, que mentionnent leurs 
inscriptions ? Est-ce l'empereur divinisé, en costume de triomphe ? 
Est-ce un dieu indigène? Est-ce un dieu oriental? C'est un dieu 
germanique, dit M. Hertlein, et germanique est, selon lui, l'en- 



Bibliographie. 105 

semble du monument qui le porte. J'en suis moins sûr et je le crois 
celtique, au moins également. Témoins des mélanges et des syn- 
thèses du germanisme et du celtisme à leurs confins, les colonnes 
au cavalier portent en outre témoignage, à mon avis, de cette reli- 
gion complexe qui s'est élaborée dans les provinces à la fin de 
l'empire romain, vivifiant de science astrologique et de cosmogo- 
nie orientale les vieux restes mal ajustés des panthéismes indigènes 
et gréco-latins. 

Certes, la couronne de dieux des jours, dieux planétaires, sym- 
boles du temps et du monde, qui encercle la base des colonnes 
montre qu'elles ont un sens cosmologique comme l'a fort bien éta- 
bli M. Maass dans ses Tagesgotter. M. Maass voulait qu'ils fussent 
également des monuments triomphaux ; mais c'est un triomphe 
cosmologique qu'ils célèbrent, si triomphe il y a, celui du ciel sur 
la terre, et non pas un triomphe impérial. Ce ne sont pas des 
monuments de victoires, de victoires sur les nations germaines, 
que l'on a cru reconnaître sous les traits des monstres. Car, là où 
ils abondent, ce sont, dans la plupart des cas, des particuliers qui 
les ont élevés à leur guise, petits ou grands, plus souvent petits, 
aussi nombreux que nos croix de carrefours, dans leurs villas, dans 
leurs fermes, en tout cas sur leur propre sol (p. 68 sq). Monu- 
ments religieux et monuments privés. Le cavalier, qui parfois porte 
un costume indigène (Ehrang, cercle de Trêves, monument I) doit 
être, au surplus, un dieu du pavs. 

Le pavs est germanique ou confine à la Germanie. C'est la 
moyenne vallée du Rhin, celle du Main, le pays des Suèves, qui 
possèdent la plupart de ces colonnes ; vers l'est, on les trouve jusqu'en 
Rétie ; vers l'ouest, elles sont communes chez les T révires, et ceux- 
ci, M. Hertlein nous le rappelle, avaient des affinités germaniques. 
La démonstration est poussée dans le détail : limites des Rauraques 
et des Triboques, colonisation celtique des champs Décumates, 
cantonnements de corps auxiliaires germaniques (cf. p. 56); 
M. Hertlein n'oublie rien qu'une carte. Toute étude de répartition 
dont les résultats ne sont pas effectivement reportés sur une carte 
est incomplète. 

Le monument est germanique. Voilà le principe de la thèse. Il 
fallait s'attendre à trouver en Germanie des colonnes cosmologiques. 
Universalis columna traduit Irtninsal dans un passage d'une Transla- 
tif S. Alexandri (c. 3, M. G. H. II, p. 676) écrite entre 863 et 
865 ; la traduction est des plus vraisemblables. D'ailleurs n'est-ce 
pas chez les Herminones, Suèves, Hermundures, Cherusques et 
Chattes, adorateurs del'Irminsul, que se trouvent en pays germain 



io6 Bibliographie. 

les colonnes au cavalier. L'Irminsul n'était pas, pense notre auteur, 
une colonne toute simple ; elle était surmontée d'une idole (p. 76). 
Or, le groupe que portent nos colonnes est remarquablement con- 
forme à l'un des thèmes essentiels de la mythologie germanique : 
l'opposition des esprits de la terre à ceux du ciel ; ceux de la terre 
sont tout justement des géants et des dragons, moitié hommes, 
moitié serpents. Tantôt le cavalier écrase les anguipèdes, tantôt 
ceux-ci le supportent; c'est précisément la relation variable des 
géants et des dieux dans la mythologie. Quel est le dieu ? C'est évi- 
demment le dieu céleste, c'est-à-dire Ziu, qui a été déguisé soit en 
Jupiter, soit en Mars, mais, quant au nom, identifié à Mars. 

L'attribution du nom de Mars au dieu de L'Irminsul, est fondée 
sur un curieux passage de Widukin de Corvey qui est fait pour ins- 
pirer confiance : « ... quia Hirmin, vel Hermis, graece Mars dici- 
tur. . . » (I, 12) Hirmin-Mars est donc Ziu. 

La thèse est spécieuse et bien démontrée, mais elle n'est pas aussi 
bien établie. Le peu de monuments que M. Hertlein aurait pu 
ajoutera la liste des cavaliers trouvés en France n'en modifie cer- 
tainement pas sensiblement les données. Je les cite seulement pour 
mémoire : Un, et peut-être deux monuments à Entrains (Espé- 
randieu III, 2293, 2298); un monument, très mal définissable, à 
Alise (Espérandieu III, 2971); un monument à Auxerre (id. IV, 
2886); un autre à Melun (id. IV, 2355); un monument auvergnat 
de provenance indéterminée (S. Reinach, Répertoire, II, 334, 2); 
un monument à Chàteau-Bellant (Oise), aujourd'hui au musée de 
Saint-Germain. Ils allongent la liste sans en changer les propor- 
tions. La mention de quelques colonnes qui ont pu porter des dieux 
cavaliers ne les altérerait pas davantage. 

Si je voulais conclure de la présence des dieux cavaliers en 
France que le dieu est gaulois, M. Hertlein m'a répondu d'avance 
en rappelant les colonies germaniques établies en Gaule à 
partir du 111 e siècle, reste à faire la preuve que les monuments en 
question aient coïncidé avec elles. Mais ce n'est pas tout. 

L'une des attributions du dieu cavalier est la roue, roue de for- 
tune ou roue solaire. Or, l'inventaire archéologique de la Gaule 
romanisée compte un certain nombre de monuments représentant 
également un dieu porteur de roue. Il est à pied sans doute. Mais 
il se présente aussi vêtu du costume militaire et, pour préciser ses 
attributions, flanqué d'un aigle et de serpents. Le plus remarquable 
exemplaire de ce Jupiter gaulois, comme on l'appelle, a été trouvé 
à Vaison. Enfin, Nîmes a fourni toute une série dejpetits autels 
ornés d'une roue et d'un foudre qui ne laissent aucun doute sur 



Bibliographie. 107 

leur attribution. Si l'on fait abstraction de la roue, qui est bien du 
pays, on peut songera voir dans les serpents, enroulés aux pieds du 
dieu, la preuve qu'il s'agit d'un Jupiter vainqueur des Titans. Maison 
a également pensé que le groupe du cavalier à l'anguipède procédait 
du type classique de Jupiter- vainqueur. Bref, cavalier et piéton sont, 
à mon avis. le même dieu. D'ailleurs, au cœur même de l'aire 
d'extension des dieux cavaliers, la colonne la plus importante, celle 
de Mayence, portait un Jupiter debout, dieu celtique bien certaine- 
ment, hésitant entre Jupiter et Mars. On démontrera avec peu de 
peine que le Mars des Gallo-romains a eu des attributions aussi 
larges que celles du Ziu. Que l'idole gallo-romaine ait habillé 
dans les pays rhénans des divinités germaniques, je suis loin de 
le nier ; qu'elle leur ait même prêté forme et nature, je le crois très 
volontiers. Je ne suis même pas non plus tout à fait sûr que le 
vainqueur céleste, cuirassé en chef d'armée, n'ait jamais symbolisé 
des victoires impériales et quasi nationales. 

Le livre de M. Hertlein a une deuxième partie aussi importante 
que la première, où il traite des figures qui décorent la base des 
colonnes. Ces dés de base, souvent isolés, ont été, à tort, pris 
pour des autels, qu'on connaît sous le nom d'autels à quatre 
faces. Si le groupe du haut et la couronne des dieux des jours ont 
un sens cosmologique, la base et ses figures ne sont pas dénuées de 
sens. M. Hertlein suppose qu'elles représentent le cours de l'année. 
La statistique de ces monuments révèle la constance de leur com- 
position. Ce sont, en règle générale, les mêmes divinités qui y 
figurent, et dans le même ordre. Les exceptions, pour la plupart, 
confirment la règle. Ces divinités sont : Junon, Mercure, Hercule 
et Minerve. Leur ordre se déroule suivant les monuments vers la 
droite ou vers la gauche. Le nombre des faces se réduit à trois ou 
à deux; d'autres divinités, Mars, Apollon et Yulcain, s'introduisent 
dans la série, à la place ou à côté de Mercure ou d'Hercule ; Minerve 
et Junon se confondent ou se laissent remplacer par une Victoire 
ou une Fortune. Mais comme tous ces changements ne se font pas 
simultanément le style conserve sa constance apparente. 

Divinités des saisons, dit M. Hertlein. L'alternance de quatre, 
trois et deux figures sur les monuments correspond à la concur- 
rence de trois systèmes de divisions de l'année, en pays germa- 
niques, en deux, trois et quatre saisons. La Junon de la face fron- 
tale, qui fait pendant au Jupiter-Mars-Ziu, du sommet, a la pre- 
mière place et ouvre l'année. Aussi bien est-elle munie d'une 
torche symbolique. L'année germanique commence avec le prin- 
temps. Junon allume le printemps et sa torche est celle du jour 



io8 Bibliographie. 

des Brandons. Minerve, au contraire, est le dieu de l'hiver. Si nous 
en croyons les vieux auteurs qui nous ont conservé le souvenir 
des restes du paganisme au début du moyen âge, c'est une Minerve 
qui présidait aux veillées d'hiver et aux travaux qui s'y faisaient. 
Mercure et Hercule président respectivement à l'été et à l'au- 
tomne. 

Dans cette partie du travail, l'argumentation n'est pas aussi com- 
plète que dans la précédente. Il reste quelque chose à faire pour 
préciser les affinités saisonnières des dieux, même si on les tient 
pour germaniques. 

Or," le fait est partiellement contestable. Il est certain que les 
bases à quatre figures sont tout particulièrement fréquentes dans la 
vallée du Rhin et le pays des Trévires. La publication du Recueil des 
reliefs par le commandant Espérandieu permet de constater facile- 
ment qu'elles ne manquent pas en Gaule et que l'on peut étendre 
à la Gaule les constatations que M. Hertlein a faites pour la Ger- 
manie. D'autre part, si les figures représentent bien un système 
de quatre saisons il faut reconnaître que la division de l'année en 
quatre saisons est, en pays germanique, chose d'emprunt. Les 
Germains peuvent l'avoir empruntée aux Romains. Ils pourraient 
également l'avoir empruntée aux Celtes, dont l'année se divisait 
régulièrement en quatre saisons. C'est plutôt à la division celtique 
de l'année, qu'à la division romaine que correspondraient, à mon 
avis, les représentations saisonnières de ces monuments. Mais je ne 
me dissimule pas que la preuve de cette proposition est à faire. 

H. Hubert. 

II 

W. Dinan. Monumenta Historien Celtica. Notices of the Celts in the 
writings of the Greek and Latin authors from the tenth Cen- 
tury B. C. to the fifth Century A. D., arranged chronologic- 
ally, with translations, commentary, indices and a glossary 
of the Celtic names and words occuring in thèse authors. 
Vol. I.London,D. Nutt, 1 9 1 1 . xij-3 5 5 p. 8°. 15 sh. 

Les textes des auteurs anciens relatifs aux Celtes ont été pour la 
première fois réunis par Dom Bouquet dans le premier volume de 
ses Reriuu Gallicarum et Franciscariim scripiores, publié en 1738. 
Un siècle plus tard, ces mêmes textes étaient publiés à nom eau par 
Henry Pétrie et Thomas Hardy au début de leurs Monumenta 
Historien Britannica (1848), p. î-cv. Enfin, plus près de nous, 



Bibliographie . 1 09 

sous le titre rocXXtxcov ffUYYf>a<peîç ÏXkrftinoi (Paris, 1878-1892), 
Edmond Cougny a pour la troisième fois réédité la même collec- 
tion, limitée toutefois aux auteurs grecs. 

Ces trois recueils ont ceci de commun qu'ils sont divisés en trois 
parties, respectivement consacrées aux géographes, aux historiens 
et aux auteurs divers qui ne sont ni historiens, ni géographes. 
C'est une disposition singulière ; elle était encore aggravée par des 
erreurs de méthode à l'intérieur de chaque division. Ni Dom Bou- 
quet, ni Pétrie, ni même, ce qui est moins excusable, Edmond 
Cougny n'ont adopté, pour classer les textes, un ordre chronolo- 
gique exact ; ils ont méconnu la nécessité de mettre à leur date 
les fragments d'auteurs anciens conservés par des écrivains plus 
récents ; et, faute d'un triage des sources, ils ont donné la même 
valeur au témoignage d'écrivains aussi différents par la date 
qu'Etienne de Bvzance et Hécatée de Milet, Pausanias et Jérôme de 
Cardie, Diodore de Sicile ou Strabon et Pvthéas ! 

En se proposant d'entreprendre à son tour le recueil des textes 
anciens relatifs aux Celtes, M. Dinan s'est bien gardé de tomber 
dans les mêmes fautes. Sa classification est rigoureusement chro- 
nologique et s'applique indifféremment à tous les écrivains, grec* 
ou latins, prosateurs ou poètes, qu'ils soient philosophes, orateurs, 
géographes ou historiens. C'est ainsi qu'il débute par Homère et 
Hécatée de Milet, pour continuer par Festus Avienus Rufus, dont 
le poème, écritau iv e siècle de notre ère, n'est qu'une rédaction latine 
du Périple accompli par Himilcon vers l'an 500 avant J.-C. 
Viennent ensuite, entre autres écrivains, Hellanicus, Hérodote, le 
pseudo-Scylax, Pythéas, Jérôme de Cardie, Polybe et Posidonius. 
Le volume s'arrête à ce dernier ; mais il sera suivi de deux autres, 
et l'ouvrage se terminera par un index alphabétique et un glossaire 
étymologique des mots celtiques cités. 

M. Dinan parait fort satisfait de la disposition qu'il a choisie ; il 
a raison. C'est l'arrangement des matériaux qui doit faire la valeur 
de ce livre, annonce-t-il dans la préface ; et pour arranger les maté- 
riaux dans un ordre chronologique, il ne s'est, dit-il, épargné nulle 
peine, même considérable : « considérable pains hâve been taken 
to arrange the materials of thèse volumes in chronological order » 
(p. viij). Il n'ajoute pas que cette disposition, qui lui a coûté tant 
d'efforts, est exactement celle d'un livre excellent, qui a déjà dix 
ans de date : Principaux auteurs de l'antiquité à consulter sur l'his- 
toire des Celtes depuis les temps les plus anciens jusqu'au règne de Théo- 
dose 7 er , Essai chronologique, par H. d'Arbois de Jubainville (Cours de 
littérature celtique, tome XII ; Paris, Fontemoing, 1902, xvj-344 



i io Bibliographie. 

p. 8°). Cet ouvrage, il est vrai, n'est pas un recueil de textes (et 
cela explique sans doute que M. Dinan ne le cite même pas), mais 
il est à la fois plus et mieux que cela. C'est un exposé par ordre 
chronologique de ce que les Anciens ont dit des Celtes. On y 
voit les progrès réalisés peu à peu dans la connaissance des choses 
celtiques. On y apprend la valeur des sources, le rapport des écri- 
vains entre eux. Bref, c'est un livre substantiel, où tous les pro- 
blèmes sont examinés, discutés, élégamment résolus. Venant après 
un recueil comme celui de M. Dinan, le livre de d'Arbois conser- 
verait tous ses mérites. Venant après le livre de d'Arbois, le recueil 
de M. Dinan n'offre plus guère que l'intérêt de pièces justificatives. 

Encore ceux qui l'utiliseront devront-ils s'armer de critique et 
n'accepter que sous réserves aussi bien le texte que la traduction 
ou les notes. Quelques exemples suffiront à justifier cette 
défiance. 

Pythéas est, comme on sait, le premier auteur qui nous parle 
des Iles Britanniques. Toutefois, il est établi depuis longtemps que, 
dans les extraits de son livre conservés par Diodore de Sicile ou 
par Strabon, les îles en question étaient appelées ns£Tav.xa( et non 
BpeTavixaî ou Bç£~av!y.a! (v. d'Arbois de Jubainville, op. cit., p. 69 
et Rev. Celt., XIII, p. 398). Cela n'empêche pas M. Dinan d'im- 
primer bravement t>) Bç£ttxv'.-/.y, à la page 62 sous le nom de Pythéas 
et d'adopter partout la même graphie dans les extraits de Diodore 
ou de Strabon qu'il retire à Pythéas pour les attribuer à Posido- 
nius (p. 304 et suiv.). Sous cette graphie uniforme, il dissimule 
un problème historique de grande importance, qu'un lecteur non 
prévenu ne soupçonnerait pas. 

Voici un cas en revanche où il ajoute au texte d'une façon 
fâcheuse. Aux pages 334 et 335 se trouvent face à face le texte 
d'Athénée et la traduction anglaise qui suivent : 

Kai oî akv to'j: Qupeoùç tnrXoopo- Behind them stand their ar- 

ooîjvt£!; Ix twv oTcéffto 7:ap£(7T7.G'.v, mour-bearers holdingtheir large 
oî oè oc/i'j-ioio'. /.axà T7|v àvT-.y.pj oblong shields, which are cal- 
xa6V)u.evo( /.jx./.w, jcaScwtep oî Zin- led Bupeoî, Their spear-men sit 
7TOTX'., suveuto^ouvxai. Tb oï ttotov down opposite in a circle, and 
oî BicexovoCvTEç Iv ày-feioiç irepupé- feast in the samemanner as their 
pouotv ï r J\-/.'jQ<. ■j.vj KupVxoiç r ai- masters. Their cup-bearerscarry 
pau.£0'.; r\ ipyupotç. round the wine in jars like ordi- 

nary casks in shape, and made 
of either earthenware or silver, 
and wich thev call iu.êixoç. 



Bibliographie. 1 1 1 

Un lecteur qui se bornerait à lire la traduction croirait que ôupeôç 
et aufJ-.xo; sont des mots celtiques, et que l'écrivain grec les 
donne comme tels ; d'autant plus qu'à la page 320 les phrases 
Xoy/2; xç Ixetvoc Àayx*.aç xaXouatv et iz(ïiy\xai [xeXwv o'j; jiapSouç ôvo- 
pâÇoucnv sont régulièrement traduites par « pikes which they call 
lances » et « poets whom they call bards ». 

Enfin il convient de mettre le lecteur en garde contre certaines 
assertions formulées dans les notes ou dans les remarques préli- 
minaires au texte de chaque auteur. Elles sont parfois erronées. 
Ainsi M. Dinan écrit p. 54 : The visit of Pytheas to the Cimbri is 
of interest as affording some grounds for believing that the Cim- 
bri spoke a Celtic tongue. Il est regrettable qu'il n'ait pas indiqué 
plus clairement ces raisons, car rien dans les textes qui suivent ne 
vient naturellement appuyer une pareille doctrine ; sur les Cimbres 
v. d'Arbois de Jubainville, op. cit., p. 212-213 et Revue Celtique, 
XXIX, 215. 

J. Vexdryes. 
III 

Wilhelm Havers, privat-docent de linguistique indo-européenne à 
l'Université de Strasbourg. Uutersuchungen \ur Kasussyutax der 
imlo-germauischeu Sprachen, Strasbourg, Trùbner, 191 1, xix-335 
p. 8°. 11 M. 

Dans ce gros livre sur la syntaxe des cas dans les langues indo- 
européennes, l'auteur, que connaissent déjà les lecteurs de la Revue 
Celtique (v. t. XXXII, p. 129), ne traite à vrai dire que d'un seul 
cas, le datif, et même que d'un emploi particulier du datif, celui 
qu'il appelle le « dativus sympatheticus », nommé par d'autres 
avant lui « dativus ethicus ». Ce datif est très voisin de sens d'un 
génitif, mais il indique l'intérêt particulier que le sujet porte à 
l'objet de l'action. Il y a ainsi une nuance entre i-rapoiciv lit'oû- 
y-y. ttxtiv aÀs'.'J/x (jx 177) et ît.i 0' ouxt' àÀsi'l/a-. Étxisojv XTjpèv 
oî'l/v^aç (a 47) ou entre « die Kugel durchbohrte dem Feinde das 
Herz » et « die Kugel durchbohrte das Herz des Feindes » ou encore, 
car le datif du pronom personnel s'oppose à l'adjectif possessif, 
entre « der Knabe zerriss sich beim Fallen den Rock » et « da 
zerriss der Hohepriester seinen Rock ». M. Havers distingue six 
catégories du « dativus sympatheticus ». Il fournit pour cha- 
cune d'elles des exemples abondants, qu'il emprunte à toutes les 
langues indo-européennes, considérées aux diverses époques de 
leur histoire. 



112 Bibliographie. 

Un des chapitres du livre est consacré au celtique (p. 240-256) ; 
on v trouve des exemples irlandais et gallois des six catégories du 
« dativus sympatheticus », exprimé naturellement au moyen de la 
préposition do en irlandais, y en gallois : maie ni dosom « nous 
sommes ses enfants » (Wb. 19 d 8), achwaeruaeth Ht ivyf ynneu 
« je suis ta sœur de lait » (R. B. I, 204, 4). Toutefois, le génitif 
(ou l'adjectif possessif) s'emploie en celtique plus souvent qu'ail- 
leurs au lieu du datif : co m-bert do suil as do chind « de sorte qu'il 
t'enleva Tceil de la tête » (L. L. 113 a 22), arganuot yr adanc a 
wnaeth...a llad y benn « il aperçut l'addanc... et lui coupa la tête » 
(R. B. I, 226, 6). D'autre part, plusieurs prépositions se substi- 
tuent souvent à do (v), transformant ainsi le caractère du « dativus 
sympatheticus » ; après les verbes qui signifient « enlever » par 
exemple on emploie en irlandais la préposition ar (cf. Rcv. Celt. 
XXXI, 405), et les prépositions fri, for, la ou or après divers autres 
verbes. 

Il résulte de l'enquête de M. Havers 'que de toutes les langues 
indo-européennes le celtique est celle où le dativus sympatheticus 
est le moins bien conservé. Et M. Havers de conclure : « Il semble 
hors de doute qu'ici comme sur tant d'autres points nous avons 
affaire à une particularité linguistique de la population non indo- 
européenne qui a précédé les Celtes dans les Iles Britanniques » 
(p. 255). Cette conclusion est un peu hasardée. Il est assurément 
exagéré d'interpréter parl'indo-européen tous les détails des langues 
celtiques, mais il ne faut pas non plus invoquer sans bonne raison 
l'influence étrangère. Comme nous ne savons rien des langues qui 
ont précédé le celtique dans les Iles Britanniques, recourir à ces 
langues pour interpréter un fait du celtique équivaut pour le lin- 
guiste à un aveu d'impuissance. On ne doit se résigner à une 
pareille conclusion négative que lorsqu'on a épuisé toutes les pos- 
sibilités d'éclaircissements positifs. 

L'influence étrangère a été forte sur le vocabulaire celtique, parce 
que le vocabulaire est dans une large mesure l'image ou le 
reflet de la civilisation, et que la civilisation des Celtes contient un 
bon nombre d'élémentsétrangers.Il existe donc en celtique un voca- 
bulaire spécial, que connaissent d'ailleurs plus ou moinsleslangues 
immédiatement voisines, et qui n'est pas indo-européen. Mais n'ou- 
blions pas que le grec a subi presque aussi fortement l'influence 
d'un vocabulaire, qui ne l'est pas davantage. 

En ce qui concerne la grammaire, l'influence étrangère est plus 
douteuse. Les preuves qu'en donne M. Havers d'après Zimmer ne 
valent rien (v. Rev. CclL, XXXII, 235); et il est vraisemblable 



Bibliographie. 1 1 3 

qu'à mesure qu'on examinera le détail de la syntaxe celtique, on y 
reconnaîtra le développement normal de tours qui existaient en 
germe en indo-européen. La place du verbe en tête de la phrase, 
particularité frappante du celtique, peut bien être caractéristique 
aussi du berbère ou de l'égyptien ; elle ne s'en laisse pas moins 
expliquer en celtique par deux tendances bien connues de l'indo- 
européen (v. Mèm. Soc. Ling., XVII, 337). Et dans la question 
présente, la disparition du datif en tant que cas isolé en celtique 
ne suffit-elle pas à expliquer que la langue ait dû, suivant les types de 
phrases, affecter diverses prépositions à l'expression de ce qui était 
d'abord un dativus sympatheticus ? Tout se ramène donc à une 
question particulière de la syntaxe des cas, et on sait combien 
Temploi des cas présente de divergences d'une langue à l'autre. 

Quel que soit l'intérêt des collections de faits celtiques qu'a 
réunies M. Havers, il convient de faire certaines réserves sur ses 
conclusions. 

J. Vexdryes. 

IV 

O. Schrader, Professeur à l'Université de Breslau. Die Indogenmmen. 
Leipzig, Quelle und Meyer, 191 1, 165 p. 8°. iM.(cart. 1 M. 25). 

Ce livre forme le numéro 77 de la collection « Wissenschaft und 
Bildung » que dirige M. Paul Herre. 

Ceux qui ont suivi les travaux de M. O. Schrader et qui con- 
naissent notamment son livre Sprachvergleichung und Urgeschichtc 
(2 e éd. Iena, 1890) ou qui pratiquent son précieux Reaïïexikon ier 
indogermanischen Altertumshunde (Strasbourg, 1901) ne devront pas 
s'attendre à trouver beaucoup de nouveau dans cet exposé som- 
maire des origines indo-européennes. Pourtant c'est, croyons-nous, 
le premier livre de vulgarisation où soit utilisé le tokharien (v. 
notamment p. 10, p. 76, p. iéo) ; et ce détail suffit à montrer 
jusqu'à quel point M. Schrader tient son information au cou- 
rant. 

Toutefois, ce n'est pas dans la nouveauté du fond que réside le 
mérite de ce petit livre ; c'est dans la clarté et l'élégance de la 
forme. La lecture en est fort agréable. L'auteur sait rendre aisés 
les développements les plus techniques. Il connaît l'art de piquer 
et de soutenir l'attention par des remarques, des anecdotes, des 
citations appropriées. Bien qu'il ait destiné son livre à des lecteurs 
allemands et qu'il donne par suite à la civilisation germanique une 

Rei ut Celtique, XXXIII. S 



114 Bibliographie. 

importance prépondérante dans ses comparaisons, il peut intéresser 
un étranger ; il a fait aux choses slaves une assez large place, et 
même çà et là recourt au témoignage du celtique. Sans doute un 
celtiste pourrait lui reprocher quelques lacunes ; il ne dit rien par 
exemple du calendrier de Coligny dans le chapitre du temps, où 
le celtique n'est pas utilisé autant qu'il conviendrait. En revanche, 
il faut savoir gré à l'auteur d'abandonner définitivement (p. 90) 
pour le mot cétmuinter « épouse légitime » l'étymologie singulière 
à laquelle quelques celtistes, à la suite de Zimmer, restent obstiné- 
ment attachés (v. d'Arbois de Jubainville, Rev. Celt., XXI, 109). 

Les douze chapitres du livre sont respectivement intitulés : I, 
Das indogermanische Urvolk und die indogermanischen Einzelvôl- 
ker ; II. Die Erschliessung der indogermanischen Kulturzustànde 
III. Die Wirtschaftsform ; IV. Siedelung; V. Der Rauschtrank 
VI. Handel und Gewerbe ; VII. Zeitteilung ; VIII. Die Familie 
IX. Stamm und Volk ; X. Blutrache ; XI. Die Religion ; XII. Die 
Frage derUrheimat/Ce sont douze études détachées, indépendantes, 
quelques-unes plus poussées que d'autres ; le chapitre de la famille 
par exemple est de beaucoup le plus riche de faits. Mais toutes sont 
d'excellentes mises au point dequestions délicates, qui ressortissent 
à diverses disciplines et exigeaient à la fois la compétence d'un his- 
torien, d'un archéologue et d'un linguiste. Sur certains points 
la linguistique de M. Schrader prête bien à quelques critiques ; 
elle manque parfois de fermeté dans la doctrine et de précision dans 
les laits. Mais quel autre archéologue pouvait à moins de risques 
entreprendre la même tâche et se diriger plus sûrement dans le 
dédale de l'indo-européen ? C'est le mérite de M. Schrader de con- 
naître la linguistique comme pas un archéologue, et l'archéologie 
aussi comme pas un linguiste. 

J. Vendryes. 

V 

Martin Gemoll. Die Indogermanen in allen Orient, Mythologisch- 
historische Funde und Fragen. Leipzig, Hmrich, 191 1, viij-124 
p. 8°. 3 M. 60. 

M. Martin Gemoll est un hébraïsant. Nous ignorons quelle opi- 
nion peuvent avoir de lui ses confrères en philologie sémitique. 
A en juger par cet ouvrage, il est à craindre qu'il n'obtienne pas 
grand crédit auprès des indogermanistes. 

La thèse qu'il défend offre à tout le moins le mérite de l'imprévu 



Bibliographie. 1 1 5 

et de l'originalité. Il est convaincu que la mythologie hébraïque 
est d'origine étrangère ; que les Israélites ont reçu leur religion 
d'un peuple conquérant installé dans la terre de Chanaan, et que 
ce peuple était de race indo-européenne. 

Pour lui, Abraham et Aharon sont des personnifications d'Ahura- 
[Mazda] ; et il identifie Jahvê avec Yama. Ces premiers rapproche- 
ments une fois établis, il n'y a plus qu'à en chercher d'autres, qui 
les fortifient et qui les complètent. Et c'est alors que les Celtes 
entrent en scène. La forme sous laquelle la mythologie indo-euro- 
péenne a pénétré chez les Hébreux est en effet, suivant M. Gemoll, 
celle de la mythologie celtique, et particulièrement britto- 
nique. 

Le roi Arthur est tout simplement le prototype à la fois d'Ahura, 
d'Abraham et d'Aharon ; et la famille d'Arthur est à peu de chose 
près celle que l'ancien testament donne à -Abraham. Les mêmes 
noms s'y retrouvent : Lot, Urien, Arawn. 

La comparaison se poursuit ainsi pendant plus de cent pages, et 
la conclusion en est exprimée chemin faisant, comme un refrain, 
avec une conviction touchante. Il paraît à l'auteur évident, frap- 
pant, indubitable, incontestable, que la Palestine a été habitée par 
les Celtes ; Galaad d'ailleurs a conservé le nom des Galates, et les 
Amorites ont le même nom que les Armoricains. Les Celtes ont 
laissé des traces chez tous les peuples d'Asie Mineure : Eremon 
équivaut à Aryaman, et Erin à Iran. Les Chaldéens aussi sont des 
Celtes, car Kaldu (ou Kardu- ou Kardunias) c'est le pays des Celtes, 
le même nom que Celyddon, la Calédonie. Medrawd le neveu 
d'Arthur n'est autre chose que [le Mithra des Iraniens et Gwalch- 
mei, c'est Gilgames ; etc., etc. 

Nous pensons en avoir dit assez pour édifier nos lecteurs sur la 
valeur du travail. 

J. Yendryes. 

VI 

D r . Hôfler. Volkstnedi%inische Botanik der Kelten. 

M. le D r Hôfler, dont nous avons signalé précédemment une étude 
sur l'usage des bains chez les Gaulois (v. Revue Celtique, t. XXXII, 
p. 368) vient de publier une nouvelle étude qui n'est pas moins 
instructive . Elle est intitulée Volksmediiiuische Botanik der Kelten et 
a paru dans YArchiv fur Geschichte der Medrjn publié à Leipzig 
sous la direction de M. Karl Sudhoff chez l'éditeur J.-A. Barth 



né Bibliographie. 

(t. V, pp. 1-55 et 241-279). Elle contient une énumération des 
plantes utilisées par les Celtes avec l'indication de l'usage qu'ils en 
faisaient. Les listes de M. Hôfler reposent avant tout sur le témoi- 
gnage des auteurs anciens, qui nous ont transmis, avec quelques 
noms celtiques de plantes, de nombreux renseignements sur les 
vertus médicinales que la croyance populaire leur attribuait. 
M. Hôfler a tiré parti aussi du vocabulaire des dialectes celtiques 
modernes et a fait appel à Pétymologie pour reconstituer la forme 
ancienne des mots employés aujourd'hui par ces dialectes. Il ne 
fait guère que reproduire la doctrine des principaux maîtres de la 
philologie celtique ; mais son érudition est abondante et généra- 
lement de bon aloi. Son répertoire de botanique médicale celtique 
sera utile ; il le serait plus encore s'il était accompagné d'un index 
alphabétique des noms de toutes les plantes mentionnées. 

L'ouvrage fait une large place aux superstitions populaires, au 
folk-lore. Toutefois le folk-lore des Celtes insulaires (Irlandais ou 
Gallois) n'y apparaît pour ainsi dire pas. C'est à la flore populaire 
française, telle que l'ont constituée les travaux d'Alfred Maury, 
d'Eugène Rolland, de M. Paul Sébillot, que M. Hôfler emprunte 
ses exemples. Mais il a le tort de substituer trop souvent « cel- 
tique » à « français » (p. 25 : « im keltischen département 
Vienne » !) : il faut se garder d'attribuer aux Celtes toutes les 
superstitions populaires de la France. Pour établir et préciser les 
croyances celtiques relatives aux plantes, il rappelle aussi celles 
qui sont aujourd'hui encore en vigueur dans le sud de l'Allemagne, 
notamment en Bavière. En faisant ainsi porter son étude sur la 
France et l'Allemagne, à l'exclusion de la Grande-Bretagne et de 
l'Irlande, M. Hôfler nous paraît déplacer un peu trop l'axe du 
monde celtique. 

Au point de vue linguistique, il y aurait aussi quelques critiques 
à lui adresser. Bien qu'il ait eu parfois recours à la compétence de 
M. J. Pokorny, et qu'il se soit en général documenté avec soin, 
on sent qu'il n'est en linguistique celtique qu'un novice et un 
amateur. Ses restitutions de mots celtiques sont le plus souvent 
empruntées à YUrhcltischer Sprachschat\ de Whitley Stokes, qu'il 
cite p. 7 sous une forme bien singulière (iounkos « jung » Bezzen- 
berger, 224) ; mais ce livre, d'ailleurs indispensable, ne doit être 
utilisé qu'avec une certaine critique. Et il convient d'avoir plus de 
prudence encore en citant Roget de Belloguet ou Bacmeister, qui 
sont des autorités un peu surannées aujourd'hui. P. 2, M. Hôfler 
semble croire que le breton armoricain est un reste du gaulois. 
P. 259, sa traduction du nom des Matres Udra-vari-nehae paraît 



Bibliographie. 117 

purement fantaisiste. P. 276, il rapproche les mots grecs ïncvoç et 
«orna (sic) ! Ses références manquent parfois d'exactitude : p. 
247. la traduction française attribuée à Whitley Stokes est en 
réalité du D r Ricochon (v. Rev. Celt., XXIII, 107) et p. 16, 
la phrase latine donnée comme de Lucain appartient simplement, 
comme nous l'apprend le Sprachschat^ de M. Holder (t. I, col. 
1326), à un commentateur. Quant au mot àriadac, cité à ce même 
endroit, c'est un mot masculin, comme le gallo-latin druidae, 
et par suite la question des druidesses pouvait être laissée de 
côté. 

M. le D r Hôfier nous jugera peut-être trop sévère ; il aurait 
bien plus sujet d'exercer contre nous sa sévérité, si nous écrivions 
médecine ou botanique. 

1 . Yendryes 

VII 

E. Ernault. V ancien vers breton, Paris, Champion, 1912, 79 p. 8° 
2 fr. 50. 

Notre collaborateur M. Em. Ernault avait déjà étudié l'ancienne 
versification bretonne dans la préface à sa réédition du Mirouer 
de la Mort (Rev. Celt., XXXI, p. 71-91), où l'on trouvera mention- 
nés les plus importants travaux antérieurs sur la question. 

Dans la brochure annoncée ici, il reprend le même sujet, mais 
en se bornant à l'exposé des faits principaux, sous une forme 
simple et commode. L'exposé comprend quatre parties : i° Elé- 
ments du vers breton : mesure, césure, rime (finale et intérieure) ; 
2 séparation des vers : 3 vers sans césure fixe ; 4 vers à césure 
fixe. L'exposé est illustré de nombreux exemples empruntés au 
Grand mystère de Jésus (éd. la Villemarqué, Paris, 1866), au Mystère 
de sainte Barbe (éd. Ernault, Nantes, 1887), aux Heures (éd. Wh. 
Stokes, Middle Breton Honrs, Calcutta, 1876), aux Cantiques du 
Doctrinal (éd. Ernault, Arch. f. Celt. Lexic., I, 213, 360 et 556), 
surtout aux anciens Noels édités dans la Revue Celtique, tomes X à 
XIII. 

Toutefois ces exemples ne suffisaient pas à montrer l'opposition de 
la versification ancienne et de la versification moderne. Pour rendre 
le contraste saisissant, il fallait présenter un même poème sous les 
les deux formes. Grave difficulté qui n'était pas pour arrêter notre col- 
laborateur. Il n'a eu qu'a se dédoubler. En lui, le philologue a fait 
appel au poète, et Barz ar Gouet a répondu à l'appel d'Emile Ernault ; 



1 1 S Bibliographie. 

c'est de leur collaboration qu'est sortie la seconde partie du volume. 
Le lecteur v goûtera d'abord la Chanson des Chênes de M. A. Le Braz 
dans une triple traduction, en breton ancien et en breton moderne, 
de Léon et de Vannes ; ensuite YElegy wriiten in a country church- 
yard de Thomas Grev, traduite également en breton ancien et en 
breton moderne ; enfin, pour terminer le volume, une pièce de 
facture et d'inspiration personnelle, en breton moderne, sur la 
mort de Marc'harit Phulup, la vieille chanteuse de Pluzunet. 

J. Yexdryes. 

Y1II 

Kuno Meyer. Haiî Brigit, an Old-Irish poem on the hill of Alenn. 
Halle, Niemeycr et Dublin, Hodges, Figgis and C°, 1912, 24 p. 

Cette jolie plaquette est un cadeau de Noël, offert par l'auteur à 
M. et M me Best, en souvenir de son séjour à Dublin, et notam- 
ment d'une excursion qu'il fit en leur compagnie à Knockawlin, 
anciennement Cnoc Ailinne, « la Colline d'Alenn ». 

Le choix du sujet double le prix de l'hommage. Le poème vieil- 
irlandais publié et traduit ici pour la première fois se rapporte en 
effet à la colline d'Alenn. Sur cette colline s'élevait une forteresse 
qui, après plusieurs siècles de splendeur, fut détruite au cours du 
vm c siècle et ne se releva pas de ses ruines : 

Borg Ailinne ùallach 

dtbath lia slôg inbâgach 

« L'orgueilleuse forteresse d'Alenn 

a péri avec ses guerriers » 

lit-on dans le Félire d'Oengus, Prologue, v. 189. 

L'auteur inconnu du poème a tiré un fort beau parti du contraste 
entre la désolation d'Alenn, l'ancienne citadelle du paganisme 
irlandais, et la prospérité de sa voisine, Kildarej brillant foyer de 
christianisme. Il oppose le succès éphémère des rois d'Alenn, dont 
la puissance s'est évanouie, à la gloire toujours triomphante de 
Brigitte, patronne de Kildare : slân seiss a Brigit eo mbi'taidl La 
gloire de Brigitte, c'est tout le sujet du poème. 

M. Kuno Meyer a fait précéder le texte d'une introduction, où 
il discute les données historiques et géographiques du poème. Sur 
le nom d'Alenn, sur la personne des princes qui s'y rattachent, sur 
les batailles qui s'y livrèrent, il donne, suivant son habitude, 
maint détail exact et précis, qu'il emprunte à des sources générale- 
ment inédites. 



Bibliographie. 119 

Il n'y a du poème qu'un seul manuscrit, le Book of Leinster 
(p. 49 b), lequel est du milieu du xn c siècle. Mais le texte porte 
la marque d'une composition bien antérieure à cette date. M. Kuno 
Me ver l'attribue à la période du vieil-irlandais, et probablement au 
début du ix c siècle. La langue conserve en effet plusieurs formes 
anciennes, qui sont énumérées p. 10 et suiv. ; quelques autres, un 
peu plus modernes, indiquent en tout cas sûrement le ix c siècle. 

Le texte est accompagné d'une traduction anglaise et suivi de 
notes explicatives, surtout lexicographiques et grammaticales, qui 
aident à interpréter les passages difficiles ; il y en a quelques-uns. 
On notera trois passages, dans lesquels le substantif est précédé 
de son régime : lir co bor (str. 1), lir co trâig (str. 16), rein eu hor 
(str. 18); et aussi un passage où la préposition est placée entre le 
substantif et l'épithète : fein co ngairg (str. 13). Il y a un exemple 
de la construction ro chatbu clôi « qui a livré des combats » (str. 
21), que l'on doit comparer à cia ro chatbu clôi « though he won 
battles », dans la Tripartite Life, p. 214, 7 ([ro catha clôi dans le 
ms. Rawlinson B 512). A signaler encore l'emploi de fin « digne 
de » avec un régime à l'accusatif (str. 14; cf. p. 20-21), un 
exemple du datif d'accompagnement (buidnib slùaig, str. i)et deux 
du tour môu epert (str. 2), mô fosenad (str. 7). Le mot tundsem 
« fait de fouler aux pieds » (str. 5), infinitif de *to-nessaim, est donné 
p. 20 comme masculin, à cause sans doute de la forme d'accusatif 
singulier tundsem. Mais les infinitifs en -em, quand ils ne sont pas 
thèmes en -//-, sont toujours féminins (voir Thurneysen Hdb., I, 
p. 414): airegem « plainte » g. œreigme Ml. 90 c 12; caithem «con- 
sommation » dat. cathim L. U. 52 a 17: dinsem « mépris », dat. 
dinsim Hib. Min. 327; egem « cri » ace. pi. eigmea Ml. 113 b 7; 
fetbem« attente » ace. sg. fethim Fél. Ep. 266 ; indithem « attention » 
g. iiidithmeMl. 85 d 1 ; etc. Toutefois on lit au datif sg. tnoidem 
Wb. 14 d 37 et accaldam \Vb. 3 c 4 ; tundsem est sans doute une 
exception du même genre. 

J. Yendryes. 

IX 

\V. Lewis Joxes. King Arthur in Historx and Legend. Cambridge 
University Press, 191 1, 145 pp. 

The above volume, written bv Professor Lewis Jones of the 
University Collège of North Wales, Bangor, forms one of a séries 



iao Bibliographie. 

pi manuals ol science and Uterature published by the Cambridge 
University Press. It has been very rightly said of this séries, « For 
those who hâve neither the time nor the preliminary training to 
study great subjects on a grand scale thèse excellent handbooks 
seem specially designed ». This is particularlv true of the présent 
volume, as itssuccess will prove : published last vear it has already 
reached a second édition, although the first was of 5.000. In a 
private communication Prof. Jones states that it is a popular manual 
rather than a work for « the elect » ; no one however, learned 
though he be, will regret the time given to reading it. Prof. Jones 
has been able to give in a hundred pages or so a very concise 
account of king Arthur as he appears in history and legend from 
the earliest times up to the présent day. 

The first of the five chapters of which the book is composed 
deals with the earliest Arthurian records. According to Prof. Jones 
little historical significance is to be gathered from the form oi 
Arthur's name which in the Latin chronicles appears as Ariurus, 
probablv of Roman origin derived from the form Artorius, a name 
common in Rome. Prof. Jones is not inclined to agrée with Sir 
John Rhys who suggests that it was a Celtic name given in the 
first instance to a god Arthur. The oldest historical document in 
which Arthur is mentioned by name is the famous Historia Britîo- 
num ascribed to Nennius who lived about 800 A. D. He speaks of 
Arthur's military exploits and says he fought with the kings as a 
kind of commander in chief, sed ipse dux erat bellorum, a military 
office as suggested by Rhys similar to one of those established in 
the island during the later years of the Roman administration 
and corresponding to that of the Welsh gwledig. It is noticeable 
that in Welsh literature Arthur is always known as the Emperor, 
never king, this was probably the title given to the highest officer 
in the island after the departure of the Romans. 

The twelve battles mentioned by Nennius as having been fought 
and won by Arthur are also found in the De Excidio et Conqueslu 
Britanniae compiled by Gildas, but Arthur's name does not occur. 
Prof. Jones suggests that this is due to the fact that Gildas' work is 
not so much a history as a homily. In the mirabilia attached to 
Nennius' Hisiorv Arthur is pre-eminently the warrior and the 
marvels show that his name was connected with the topogra- 
phy of Wales even in the vmth century : they are also valuable 
as affording the Connecting link between the earliest Latin docu- 
ments in which Arthur's name is found and one of the very oldest 
of the Welsh Arthurian taies, Kulhwch and Ohuen. 



Bibliographie. 1 21 

Strangelv enough Arthur's name does not occur again in the 
Pre-Norman chronicle literature. Bede makes no mention of him, 
n'or is his name found in the Saxon Chronicle. But if history has 
little to say of Arthur, this is not true of the romance literature of 
the xuth and xmth centuries. As Prof. Jones says, the contrast is 
so startling as to suggest at once that the coming of the Normans 
to Britain had much to do with what may be called the aggrandi- 
sation of Arthur. Among those who contributed to this aggrandisa- 
tion the first place must be given to Geoffrey of Monmouth although 
ail the évidence seems to point to the period extending from the 
xth to the xuth centuries as that of the popular growth of an 
Arthurian legend on a large scale among the « Celtic fringe ». By 
the beginning of the xuth century Arthurian stories were circula- 
ting freely in Brittany, Cornwall and Wales. Others who wrote of 
Arthur were William of Malmesbury, in his History of the kitigs of 
England, the first version of which was completed in 1 125, and 
Henry of Huntingdon in a letter addressed to a friend named 
Warinus. 

The second chapter of the book is devoted to « Arthur in Welsh 
Legend and Literature » [and Prof. Jones concludes that there is 
enough in old Welsh poems and prose stories to indicate that a 
legend of Arthur existed in Wales from a very early period, long 
before Geoffrev of Monmouth. He takes his évidence from Welsh 
poetry, the Black Book of Carmarthen, the Book of Aneirin, etc., 
from Welsh prose romances such as Kulhwch and Olwen, and 
from the Triads. 

In the third chapter devoted almost entirely to Geoffrey of 
Monmouth, the remainder being given to the chroniclers who fol- 
lowed Geoffrey, Prof. Jones shows that his great book, Historia 
Regiiui Britanniae, isto be taken as a romance rather thanas authen- 
tic historv, not that it is sugaested that he invented ail or even the 
greater part of his matter, he did as others had done before him, 
he borrowed largely from his predecessors, Nennius, Bede and 
others, though, of course, a great deal is due to his own imagina- 
tion. The popularity of Geoffrey 's historv was so great that not 
only was it copied abundantly (there exist at présent 5 1 manu- 
script copies), but it was also translated. Geoffrey Gaimar was the 
first to translate it into Anglo-Norman verse, and he was soon 
followed by Wace in 115 5. In the next century Layamon wrote his 
English Brut in which he made many interesting additions to 
Geoffrev and Wace's narrative. 

In the fourth chapter entitled « Romance » Prof. Jones speaks 



122 Bibliographie. 

ofthe nietrical chronicles of Wace, of the romances in verse ofthe 
great poet Chrétien de Troves, and ofthe prose romances of those 
who followed him, among the most renowned being Walter Map 
and Malorv. It was Malory's work, Morte Darthur, which gave 
new life to the Arthurian legends and to him is due the fascination 
which Arthurian stories hâve had for so many modem English 
poets, Spenser in the Faerie Queenc, William \\ r arner's Albion's 
England, Dravton's Polyolbion, and last but by no means least Ten- 
nvson's Idylls of the King. 

Time and space do not permit of an exhaustive survey ot the 
last chapters but it is hoped that enough lias been said to make 
everyone interested in Arthurian literature wish to read this volume. 
It should certainly be the first book read by those who intend 
ta king up the study of the Arthurian legend. 

Marv Williams. 

X 

D. J. Saer, The Slory of Cardiganshire, YVelsh County Séries, The 
Educational Publishing Company, CardifF, 191 1. 

This little book as M r Saer himself savs in the préface has been 
written for the children of Cardiganshire withthe object of making 
them acquainted with the story of their beautiful and historié 
countv. It has already been adopted by the Cardiganshire Education 
Committee for use in the schools under its control : this is not 
surprising seeing that evervthing which is to be told of Cardigan- 
shire is found in this volume as a perusal of the Contents will 
show. They include chapters on Situation and Climate, Extent and 
Elévation, the River Teifi, The River Valleys, the Sea Coast, the 
Story of the Roads and Railways, of the Fairy Taies of Cardigan- 
shire, Dewi Sant, the Story of the People, the Caer, War, the 
Homes, Farming, Lead Mines, Schools, Collèges, Ancient Games, 
of Dafydd ab Gwilym, the great poet, the Dante of Wales, of the 
Abbey of Strata Florida, of the Towns, Villages and Hamlets, and ot 
the Notable Cardiganshire Men. One willalso find a Bibliography, 
a list of important dates and a glossary of Welsh words occurring 
in the place names, very helpful to those unacquainted with the 
Welsh language. 

The whole storv has been written in simple language suitable 
for children of ail âges, but in language so interesting that everyone 
will read it with pleasure. To add to the value of the book, in 



Bibliographie. 123 

addition to a map of Cardiganshire,'it has been profusely illustra- 
ted with skctches, reproductions of photographs, etc., of ail that 
is most interestingin the County. 

Mary Williams. 

XI 

George Coffey. New Grange (Brugh na Bottine > and other incised 

tumuli in lreland. The influence of Celt and the Aegean in the 

extrême West of Europe in earlx tintes. Dublin. Hodges, Higgis 
and C°. London, Williams and Xorgate. 1912. 

Il v a deux parties dans ce travail : l'une descriptive qui mérite 
tous les éloges et telle qu'on devait l'attendre du célèbre archéo- 
logue irlandais ; l'autre, hypothétique, soulevant des questions de 
la plus haute importance, maintes fois agitées et diversement réso- 
lues. 

Le groupe de beaucoup le plus important des tumuli préhisto- 
riques d'Irlande est celui qui a été désigné du nom du plus considé- 
rable d'entre eux, celui de New Grange. Il y a là un véritable 
cimetière. Il est situé à cinq milles à l'ouest de Drogheda et ses 
ruines s'étendent sur environ trois milles le long de la rive nord de 
la Bovne vers Slane. 

Les trois tumuli les plus intéressants sont ceux de Dowth, New 
Grange et Knowth, en vue l'un de l'autre, séparés par un mille de 
distance. Celui de New Grange est le plus connu et le plus consi- 
dérable. Une carte, qui est une réduction de celle de six pouces à 
un mille de l'Ordnance Survey, montre la situation des tumuli 
existant, des pierres debout et des raths 2 de ce groupe. Ce cimetière 
a été identifié avec le Brugh na Bobine des mss., plus particulière- 
ment du Senchas na Relec, ou Histoire des cimetières, conservé dans le 
Leabhar na h-Uidbri, et du Dindshenchus du Livre de Ballvmote. 



1. Brugh a pris le sens de demeure, palais ; il a eu aussi le sens plus large 
de région, district: cf. vieil-irl. mruig, bruig, gallois et bret. bro. Macbain, 
dans son Gaelic Dict., lui attribue aussi le sens de tumuhts, sens évidem- 
ment venu de ce que certains tumuli portent ce nom. Brugh na Boinne, 
le tumulus (demeure) de la Boy ne. 

2. Le sens ancien de râth a été celui de fort circulaire en terre, demeure 
seigneuriale entourée d'un rempart en terre. C'est l'équivalent de lios (less, 
liss). Riith est commun dans l'est de l'Irlande, lios dans l'ouest (et. gallois 
Llys, breton Les). 



124 Bibliographie. 

Ces trois tiimuli sont décrits avec une grande précision par 
M. Coffey. Celui de New Grange est un énorme tumulus enceint 
d'un cercle de pierres placées de champ (pierres de S à 10 pieds de 
long) se touchant (même disposition à Dowth et Loughcrew Hills). 
Ce tumulus est circulaire et couvre une aire d'un acre et même 
deux, si on prend toute la superficie inscrite dans le cercle de 
pierre. 

Le plus grand diamètre est de 280 pieds. Sa hauteur actuelle est 
de 44 pieds '. L'intérieur du tumulus se compose d'une allée cou- 
verte de éo pieds de long, composée de pierres placées de champ 
de 5 à 8 pieds de haut, recouverte de larges pierres plates, et d'une 
grande chambre présentant la forme d'un hexagone irrégulier. 
Elle s'élève en forme de dôme : c'est ce qu'on appelle souvent une 
fausse voûté ; le dôme est formé de pierres en encorbellement, pla- 
cées horizontalement et avançant l'une sur l'autre graduellement, 
si bien qu'au sommet l'ouverture est fermée par une simple pierre. 
La chambre a 19 pieds 6 pouces de long; 18 pieds depuis la fin du 
passage jusqu'à la paroi nord et 21 de l'est à l'ouest. Autour des 
parois, il y a des pierres dressées qui par endroit supportent la 
voûte, mais la construction du dôme en est en réalité indépendante : 
c'est le contraire à Dowth. L'allée couverte n'a guère que 
3 pieds de large en moyenne ; à 14 pieds de l'entrée, les pierres 
de côté se rapprochent jusqu'à se toucher par le sommet, de façon 
qu'on est obligé de ramper sur une étendue de 6 pieds. A par- 
tir de ce point, le passage ne présente pas de difficulté : à l'en- 
trée, il a 4 pieds 9 pouces de haut ; ensuite, il s'élève graduellement 
jusqu'à 9 pieds sur une distance de 26 pieds. Des plans et photogra- 
phies accompagnent la description. 

Ce monument a été fouillé évidemment dès l'antiquité. L'entrée 
n'en est pas cachée ; elle est clairement indiquée par la direction 
des pierres du cercle vers l'intérieur. 

Les tiimuli étaient groupés en cimetières, ce qui est, suivant la 
juste remarque de l'auteur, l'indice d'une société plus ou moins 
régulièrement organisée. 11 semble qu'ils aient été respectés jusqu'à 
l'arrivée des Danois, qui, comme on le sait, ont été les plus redou- 
tables des archéologues : ils ont fouillé svstématiquement les tombes 
de l'Irlande pour y trouver des objets précieux. 11 n'est que juste 
de dire qu'ils n'ont pas été seuls à se livrer à cet utile passe-temps. 
Il v a un curieux souvenir de ces fouilles à la fin du Mabinoçi de 



1. Le tumulus de Tumiac en Arzon (Morbihan) est élevé de 20 mètres 
au-dessus du sol. 



Bibliographie. 12$ 

Branwen, tille de Llvr. Après l'expédition de Bran, il ne restait 
plus en Irlande que cinq femmes enceintes. Arrivés à l'âge d'homme, 
les cinq fils dont elles accouchent prennent pour femmes chacun la 
mère de l'autre. Ils peuplent l'Irlande et se la partagent, d'où les 
cinq parties de l'Irlande. Ils se mirent ensuite à inspecter le pays, 
là où il v avait eu des batailles, et ils y trouvèrent de l'or et de 
l'argent, si bien qu'ils devinrent riches. Les Gallois semblent 
avoir eu d'ailleurs les mêmes goûts que les Danois. Dans le poème 
des tombes, dans le Livre Noir de Carmarthen, on trouve ce vers à 
propos de la tombe de Tavlogeu fils de Lludd : 

aeclathei caffei but 

« qui les creuserait trouverait butin. » 

M. Coffey s'est reporté judicieusement, le monument ayant beau- 
coup souffert, aux descriptions qui en ont été faites précédemment. 
Là première se trouve dans une lettre du célèbre Edward Llwyd 
(lettre de 1699), alors conservateur de l'Ashmolean Muséum, à 
Oxford. Il signale notamment sur le sommet du tumulus un 
menhir qui a disparu. Un chapitre fort intéressant est consacré aux 
traditions écrites de l'ancienne Irlande qui associent le grand tumu- 
lus de New Grange à Bntgh na Boimie. La partie qui traite des 
cimetières dans le Leabhar na h-Uidhri (fin du xi e ou commence- 
ment du xn e siècle) est particulièrement intéressante ; on y lit que 
les nobles des Tuai ha Dé Danann avaient l'habitude d'inhumer à 
Brugh. 

La description des autres tumitli ainsi que des cairns de Lough- 
erew Hill, Knockmany et Seskilgreen (Tyrone), Clover Hill (Sligo) 
est tout aussi précise. L'auteur les a minut ieusement étudiés 
tous. 

Ce qu'il y a de plus caractéristique et de plus important dans ces 
tumuli, surtout dans celui de New Grange, ce sont les signes gra- 
vés sur les pierres de ces monuments. A New Grange, on en trouve : 
dans la chambre, sur des pierres des parois, sur des pierres de 
voûtes (East recess), sur des pierres de l'allée couverte, de l'entrée. 
Il v en a même deux du cercle extérieur qui sont gravées. 

De nombrenses photographies permettent d'étudier les signes 
gravés. Ces signes gravés consistent en losanges, chevrons, feuilles 
de fougères, triangles, cupules, cercles, demi-cercles concentriques, spi- 
rales simples ou doubles. A Dowth, on remarque en outre des soleils 
(cercles avec rayons à l'extérieur du cercle, il y en a avec un autre 
cercle extérieur), des cercles concentriques, des roues, des signes res- 
semblant à ceux de Scandinavie qui représentent des bateaux, etc. 



1 26 Bibliographie. 

Ce qu'il v a de plus caractéristique, ce sont les spirales. Arthur 
Evans était d'avis que la spirale était venue de la région Egéenne 
en Irlande par l'Espagne, la France et l'Angleterre. Les gravures 
de New Grange offrent les plus frappantes analogies avec celles de 
Gavrinis dans le Morbihan 1 . M. Coffey croit que la spirale, qu'il 
fait venir aussi de la Crète et des Iles Egéennes, a pris la voie de 
terre (Butmir en Bosnie, Lengyel en Hongrie marquent des étapes 
importantes), suivi les grands fleuves, la Moldau et l'Elbe, atteint la 
Baltique. Elle serait passé de là en Scandinavie, d'où elle serait 
venue en Ecosse et de là en Irlande. D'après la carte montrant la 
distribution des spirales dans les Iles Britanniques (p. 113), les spi- 
rales gravées ne se montrent pas dans le sud de l'Angleterre. On en 
trouve un exemplaire dans le nord du Pavs de Galles, près de 
Liverpool, dans le nord de l'Angleterre, quelques-unes en Ecosse. 
En Irlande, on ne les trouve que sur la côte nord-est : deux sont 
indiquées sur la côte nord-ouest. Dans l'état actuel de nos connais- 
sances archéologiques, il est certain qu'il est difficile de faire venir 
la spirale de l'Armorique en Irlande, d'autant plus que, même à 
Gavrinis, il n'y a guère que trois spirales proprement dites. On y 
trouve de fausses spirales, des cercles et demi-cercles concentriques, 
lismes ondulées, losanges, etc. M. Déchelette a fait à la théorie de 
M. Coffey une objection des plus sérieuses 2 . Si la spirale en Irlande 
vient de Scandinavie, comme elle apparaît dans ce pays pendant le 
deuxième âge du bronze Scandinave, il faudrait admettre que New 
Grange et Gavrinis appartiennent à la même époque, ce qui est 
impossible. New Grange parait bien appartenir à la première 
époque du métal, à ce qui est en Europe occidentale, la période de 
transition du néolithique au bronze : le marteau perforé en pierre 
de Seskilgreen (p. 109) appartient à cette période. Les ossements 
incinérés de New Grange, la forme de la voûte indiquent égale- 
ment la première époque du métal. Mais Gavrinis, qui ne peut être 
séparé de New Grange >, est de la fin du néolithique. Il ne peut y 
avoir de doute à ce sujet, et M. Coffey eût été de cet avis s'il avait 
étudié les poteries provenant de dolmens et allées couvertes du 
Morbihan dans l'ouvrage de M. du Chàtelier (La poterie à l'époque 
préhistorique et gauloise en Armorique). On trouve sur ces poteries 

1 . Pour d'autres comparaisons avec d'autres tumuli de Bretagne, notam- 
ment Locmariaquer, v. p. 30, p. 59. 

2. Déchelette, Manuel I, p. 615, 616. 

3. Il n'y a pas que les spirales à considérer. Les autres signes sont éga- 
lement d'une frappante identité. 



Bibliographie. 127 

non seulement des chevrons et losanges, ce qui est commun, mais 
des cercles, des demi-cercles, des lignes ondulées, identiques aux 
dessins de Gavrinis. Je signalerai surtout les poteries provenant 
du dolmen de Mané-Hui, à Kerléarec en Carnac ; du dolmen de 
Mané-Ronguellec, en Plouharnel ; de Conguel en Quiberon ; de 
Beg-er-Lann en Plœmeur; de Lami-Blaen en Guidel ; d'un dol- 
men ruiné de Baden '. A signaler aussi les dessins d'une plaque de 
schiste ardoisier dans le dolmen de Kervadel en Plobannalec (Finis- 
tère). 

Il est donc, en tout cas, parfaitement sûr que la spirale n'est 
venue en Armorique, ni de la Scandinavie, ni de l'Irlande. Pour 
l'Irlande, ce serait le contraire qui serait probable. D'un autre côté, 
les étapes pour faire venir la spirale de la mer Egée en Armorique 
manquent absolument. Il n'est donc pas impossible que les trois spi- 
rales de Gavrinis soient dues à un développement indigène. D'après 
Montelius et Coffey, là où on trouve à la fois cercles concen- 
triques et spirales, ces dernières sont des dégénérescences des pre- 
miers (Déchelette, Manuel, I, p. 616). J'incline d'autant plus à 
croire à une création isolée de la spirale à Gavrinis, qu'on la trouve 
à une époque où assurément on ne peut songer à les faire venir 
de Crète, à V époque paléolithique : il y a des spirales gravées sur 
ivoire par des chasseurs de renne, trouvées dans les grottes d'Arudy 
et de Lourdes (Déchelette, Manuel, p. 613). 

On fait venir aussi généralement la fausse voûte de la région 
égéenne. On a comparé New Grange au fameux tumulus de 
Mvcène, connu sous le nom de Trésor d'Atrée. Quoi qu'il en soit 
de la question d'origine, nous avons, en tout cas, en Armorique, 
des tumulik fausse voûte qui sont de la fin du néolithique, comme 
par exemple, celui de Crubelz 2 . Il a livré des pointes de flèche à 
ailerons et pédoncules caractéristiques de cette période. 

De plus, il y a des dolmens, dans la région, appartenant à la 
pleine époque néolithique, qui montrent les débuts de la fausse 
voûte. 

J. Loth. 

XII 

Dânta Aodhagâin Ui Rathaille, The poems of Egan O'Rahilly, with 
introduction, translation, notes and indexes together with ori- 

1. Planche 7, f. 12, 13, 14; pi. 6, fig. 2, 4„ 5, 6, 7; pi. 5, fig. 6, 7, 
8, etc. 

2. Société pol. du Morbihan, 1864, p. 6. 



128 Bibliographie. 

ginal illustrative documents, edited by Rev. Patrick S. Dinneen 
and Tadhg O'Donoghue, second édition revised and enlarged. 
London, 191 1 (Irish texts Society vol. III) in-8° Lxn-360 p. 

Cette édition diffère de la première édition (1900) en ce que les 
poèmes d'écrivains contemporains ont été remplacés par une com- 
position satirique en prose d'Egan O'Rahilly intitulée Eachtra Thaidhg 
Dbuibh Ui Chrôininet divers poèmes du même auteur, que quelques 
pièces apocryphes ont fait place à des pièces authentiques et que 
de nombreux documents d'archives, qui éclairent à la fois l'œuvre 
du poète et l'histoire de son temps, ont été ajoutés en appendice. 
Le glossaire qui terminait la première édition a été supprimé ; mais 
la seconde édition comporte trois index : un index des premiers 
vers, un index des noms de lieux et un index des noms de per- 
sonnes. 

O'Rahilly, né vers 1670 et mort après 1726, vécutau temps des 
confiscations et des ventes des terres possédées par les catholiques ; 
il vit vendre le domaine de Kenmare, ruiner les habitants des dis- 
tricts de O'Keeffe et de O'Callaghan et conçut contre les auteurs 
ou les agents de ces exactions une haine violente qu'il exprima dans 
une langue vigoureuse. Il poursuit particulièrement de ses invec- 
tives les Irlandais qui, pour s'enrichir, passèrent au parti des 
vainqueurs. La vie d'O'Rahilly fut difficile, à une époque où les 
anciens nobles d'Irlande, hospitaliers et généreux pour les ollanib, 
étaient remplacés par des hommes nouveaux qui ne s'intéressaient 
guère à la littérature nationale. Ses dernières années semblent 
s'être écoulées dans la misère et l'abandon. 

Ses œuvres sont variées de sujet et de ton. Instruit dans les écoles 
irlandaises du genre de celle qui pouvait encore subsister alors sous 
la protection du château de Killala et des O'Donoghue, pénétré des 
anciennes traditions de sa race, connaissant les généalogies aussi 
bien que les légendes merveilleuses du haut moyen-âge irlandais, 
suffisamment versé dans les lettres classiques et possédant quelque 
connaissance de l'anglais, O'Rahilly nous apparaît comme Yolhuuh 
le plus instruit de son temps. La plupart de ses pièces sont des 
élégies, marbhna, sur la mort de personnes de distinction. Ce genre 
cultivé surtout aux xvi e et xvn e siècles, mais dont un exemple est 
déjà cité dans le Glossaire de Corniac au mot gamh, n'avait pas 
tardé à devenir quelque peu artificiel. Une élégie comporte un cer- 
tain nombre de thèmes banals que le talent du poète ne suffit pas 
toujours à renouveler : les héros de l'épopée irlandaise sont représen- 
tés comme des parents du défunt ; les dieux de l'Olympe païen inter- 



Bibliographie. 129 

viennent comme des fées bienfaisantes à sa naissance pour le parer de 
tous les dons de l'esprit et du cœur ; plus originale est l'intervention 
des mnà sidhe (banshees) qui se lamentent à la mort des membres 
des anciennes familles milésiennes et dont les palais sont d'ordi- 
naire situés sur les côtes, au milieu de rochers dont les cavernes 
font entendre dans les tempêtes des mugissements funèbres . Le 
poète rappelle encore les amis et la famille du mort, le deuil de la 
maison déserte où le pauvre attend en vain qu'on lui donne le mor- 
ceau de pain habituel. Parmi les poésies lyriques de O'Rahillv, la 
plus saisissante est Mac an chcanuuidhc (p. 12-16), allégorie où 
quelques allusions historiques sont obscures, mais dont la forme 
et la composition sont d'un art raffiné. Les satires sont précieuses 
pour étudier l'histoire locale ; dépourvues d'imagination et de pas- 
sion mais singulièrement âpres dans leurs attaques contre les par- 
venus qui s'enrichissent aux dépens des anciennes familles irlan- 
daises, elles témoignent du souvenir religieux que le poète gar- 
dait au glorieux passé de son pays et de sa foi, parmi les tristesses 
présentes, à un avenir meilleur. 

La métrique de O'Rahillv est rarement inspirée des modèles clas- 
siques; l'allitération y est peu employée. L'harmonie des voyelles 
toniques y est recherchée au point que dans les élégies, la dernière 
voyelle tonique de chaque vers est identique d'un bout à l'autre 
de la pièce et que, dans les poèmes lyriques, les vers de chaque 
strophes offrent les mêmes voyelles toniques. 

G. Dottiw 

XIII 

Robert Latouche. Mélanges d'histoire de Cornouailk (V e -XI e siècles). 
125 pp. Paris, Champion, 191 1, in-8° (Bibl. de l'Éc. des Hautes- 
Études, 192 fasc). 

M. Latouche auquel on doit déjà une excellente histoire du comté 
du Maine pendant le X e et le xi e siècles nous donne maintenant un 
ensemble de trois importants mémoires relatifs à l'histoire de Cor- 
nouaille et en particulier à l'abbaye de Landevenec : il étudie 
successivement la vie de Saint Guénolé, fondateur de l'Abbaye, 
puis celle de Saint Idunet, enfin le cartulaire de l'abbaye. On retrou- 
vera dans ces dissertations, issues en partie des conférences de 
M. Ferdinand Lot à l'École des Hautes-Études, la clarté, Télégance 
et la solidité qui sont la marque ordinaire des travaux de 
M. Latouche. Son travail a amené l'auteur à refuser toute valeur 

Revue Celtique, XXXIII 9 



130 Bibliographie. 

historique aux deux biographies de Saint Guénolé, compo- 
sées l'une par un moine de Landevenec, Clément, après 857, 
l'autre par l'abbé Gourdisten entre 857 et 884. Ni l'un ni 
l'autre n'ont eu sous les yeux de texte ancien. Clément a uti- 
lisé Gildas, développé des thèmes hagiographiques, et inventé 
des noms de personnages à l'aide de noms de lieux. Gourdisten a 
ajouté quelques renseignements légendaires sur Grallon, roi de 
Cornouaille, et quelques réflexions édifiantes ; il mentionne de 
plus un privilège accordé en 818 à Landevenec par Louis le 
Débonnaire. La vie de Saint Idunet ne renferme rien d'historique. 
Le cartulaire de Landevenec est composé de 48 pièces dont 36 
sont fausses. Il n'y a rien à en tirer pour l'histoire de Cornou- 
aille qu'il faut nous résigner à ignorer à peu près pour cette 
période. 

On pourra peut-être relever dans le travail de M. Latouche 
quelques petites lacunes : l'auteur ne nous semble pas avoir suffi- 
samment creusé le sens juridique du mot notice : il confond sous 
ce nom la notice qui contient le nom des témoins et a une valeur 
juridique, et la notice proprement historique. Peut-être aussi la pré- 
sence d'une double date (charte n° XXIV du cartulaire) n'est-elle 
pas nécessairement une preuve de fausseté : la première date étant 
celle de la réalisation de la donation, la deuxième celle de la 
confection de l'instrument. Enfin le mot indolis (quidam vir 
indolis, charte n° XL), dont M. Latouche n'a pas vu le sens, 
figure dans du Cange avec le sens d'adolescent. Mais ce sont là de 
petits détails qui ne diminuent en rien le mérite du travail de 
M. Latouche. 

Jean Marx. 

XIV 

R. Edexs. Erec-Geraint . Der Chrétien'sche Versroman und das 
wàlsche Mabinogi. Inaugural-Diss. Rostock, 1910. 

On peut adresser tout d'abord à M. Edens quelques critiques 
concernant la base de son étude. Jusqu'à présent tous ceux qui ont 
étudié les rapports des trois romans de Chrétien de Troyes et des 
récits gallois correspondants se sont limités à l'un des trois. M. E. 
s'est malheureusement conformé à l'usage de ses devanciers. Or une 
étude de ce genre ne peut aboutir que si elle porte sur l'ensemble 
des trois. Car on rapporte de l'étude de chacun d'eux certaines 
considérations d'ordre méthodologique qui sont de grand profit 



Bibliographie. 131 

pour l'étude des autres. On les oublie vite en se bornant à un 
récit, et tout est à recommencer. 

Ensuite, M. E., qui ne sait pas ie gallois, a dû se servir de la 
traduction, et pour des recherches aussi délicates il n'est rien de tel 
que de se référer à l'original'. Nous en verrons plus loin un 
exemple, p. 133. 

Enfin, M. E. n'a tenu compte que d'un seul MS. gallois, le Red 
Book; il ne mentionne même pas les MSS. Peniarth 4 et 6, 
publiés par M. J. G. Evans sous le titre WhiteBook Mabinogion (cf. 
Rc-v. G//, XXXI, ioé). Or, Miss Mary Williams a montré le parti 
qu'on pouvait tirer de ces manuscrits (Essai sur la composition du 
roman gallois de Peredur, Paris, 1910). Voici un exemple du fait pour 
Gérant. Dans le MS. Pen. 6 (W. B. M., p. 208), ce n'est pas «le 
fils du duc de Bourgogne » qui donne à Gereint un conseil banal 
concernant son gouvernement, mais « le fils du duc » tout court. 
De plus son nom n'est pas Ondyaw (R. B., 265, 267), mais Ondra 
(Pen. 6; \V. B. M., p. 208) ou Ondryaw (Pen. 4; W. B. M., 
p. 206). Je ne prétends pas que cette leçon soit préférable; en 
tout cas, il y avait lieu de discuter les variantes. 

La thèse de M. E. est que le récit gallois (que nous désignerons 
ici en abrégé par M) est absolument indépendant du roman de 
Chrétien (en abrégé, C) et que les deux remontent à une source 
commune. Ses arguments sont loin d'être convaincants, et 
presque à chaque page on trouve des fautes de méthode. 

Avant d'exposer ses arguments, M. E. soumet, dans un long 
chapitre, à une juste critique l'étude de M. Othmer (Das Verhàlt- 
nis von Chrétiens Erec und Enide \u dent Mabinogi des roten Bûches 
von Hergest « Geraint ab Erbin » Diss. Bonn. 1889), suivant lequel 
M ne serait qu'un remaniement de C. Sa tâche était d'autant plus 
facile que M. Wilmotte, tout en approuvant les conclusions de 
M. Othmer, avait ruiné la plus grande partie de ses arguments. 
En se fondant sur des impressions arbitraires et souvent fausses, 



1 . Quelle que soit l'excellence de la traduction il est souvent indispen- 
sable de consulter l'original en ce qui concerne la forme des mots même. 
Ainsi, dans le Peredur gallois M. J. Loth traduit par « seigneur de la clai- 
rière >■> (Mabinogion, II, 5 1) le syberw y llanerch, qui correspond à l'a Orgueil- 
leux de la Lande » du roman de Chrétien. Syberw est emprunté au latin 
superbus ; Uanerch est très proche comme sens et comme son du mot « lande ; 
on voit donc que les deux expressions sont beaucoup plus voisines que la 
traduction ne permet d'en juger. 



1 32 Bibliographie. 

M. Othmer s'efforçait d'établir que la version de C est « plus 
belle >■> et « plus logique » que celle de M. Il en concluait que M 
provient de C. Mais M. E. commet la même erreur de méthode 
que son devancier, en soutenant qu'en de nombreux passages M 
est plus clair et plus logique, et, par conséquent, reproduit mieux 
la source commune que C. 

La plus grande partie de ses remarques portent sur le fait que 
tel ou tel épisode est fort bien motivé dans M, tandis qu'il ne 
Test pas du tout dans C et y devient par là même incompréhen- 
sible. Mais, en règle générale, la version non motivée n'est-elle 
pas comparable à la lectio difficilior, qu'il serait trop facile de rejeter ? 
Il n'est pas d'aussi médiocre et gauche remanieur (ce qui n'est pas 
de beaucoup le cas de l'auteur de M !), qui ne saurait rendre son 
modèle dans quelques endroits « plus clair » et « mieux motivé ». 
Si l'on admet que M remonte à C, on comprend aisément la rai- 
son pour laquelle le narrateur gallois a « motivé » tant d'épisodes 
qui ne l'étaient pas dans Chrétien. Pour Chrétien le sujet n'était 
qu'une pure féerie, dont il se proposait de tirer tout autre chose 
qu'un roman historique. Par contre, le narrateur gallois a dû y voir 
quelque chose d'authentique, tiré de l'histoire nationale. Il était 
donc important pour lui de communiquer au récit une allure natu- 
relle et vraisemblable. Il ne saurait plus être question d'un 
remaniement décousu (« planlos », selon M. Othmer) de la part 
de l'auteur gallois. Ce serait méconnaître le vrai mérite de son art. 

D'ailleurs, dans bien des cas où M. E. prétend que C. aurait 
omis les « motifs » qui se trouvaient dans sa source, il n'a pas 
compris le poème français. Ainsi, lorsqu'Erec, tout brisé et cou- 
vert de blessures, se refuse, dans C, à se rendre, sur les instances 
de Gauvain, auprès d'Arthur, M. E. trouve que son refus est incom- 
préhensible, tandis que dans M nous en avons la raison : c'est 
que les vêtements d'Erec sont en très mauvais état. De même, 
lorsque Gauvain, qui, dans C, n'a pas reconnu Erec, annonce à 
Arthur qu'il a rencontré « le meilleur chevalier », cela est incom- 
préhensible, tandis que dans M, où Gwalchmei a reconnu Geraint 
sur le coup, tout est à sa place. Il faut méconnaître complètement 
les idées sur la chevalerie dans la poésie française, pour ne pas 
voir combien la version de C est claire et logique. C'est la « des- 
mesure » d'Erec qui le pousse à refuser tout secours et à vouloir 
poursuivre son expédition à lui seul. C'est le fait d'avoir renversé 
Keu, mais surtout l'état d'Erec et son attitude, qui produisent une 
impression si profonde sur Gauvain. L'explication qu'on trouve 
dans M est au moins superflue et a l'air d'être ajoutée après coup. 



Bibliographie. 133 

Il v a autre chose aussi. Lorsque Gauvain demande à Arthur d'a- 
journer l'adjudication du prix qu'aura celui qui a tué le r cerf 
blanc » jusqu'au retour d'Erec, cela n'aurait, selon M. E., aucun 
sens dans C, puisque le vainqueur y a le droit d'embrasser la plus 
belle dame, et rien ne fait prévoir qu'Erec reviendra avec une 
belle ; d'autre part, la version de M serait logique, puisque là le 
vainqueur a le droit d'offrir la tète du cerf « à sa maîtresse ou à son 
compagnon » : ce dernier, donc, pourrait être Geraint lui-même, 
encore qu'il revienne seul. Malheureusement cette remarque ne 
repose que sur une omission fortuite de deux mots dans la traduction 
française : c'est « à sa maîtresse ou à celle de son compa- 
gnon », qu'on lit dans le texte gallois (R. B. I, p. 24e, 8). 

Pour prouver que C a mal interprété sa source (qui était pour- 
tant française !) M. E. n'hésite pas à lui prêter non pas de légères 
inconséquences, mais les incohérences les plus énormes. S'il avait 
raison, ce n'est plus la « génialité » de Chrétien qui serait com- 
promise, mais son bon sens élémentaire. Combien est absurde, dit 
M. E., de désigner la chasse au cerf blanc comme une « coutume », 
comme si un cerf blanc se présentait toutes les fois qu'on en a 
besoin ! Mais ce n'est pas du tout en cela que consiste la coutume : 
elle consiste en ce que celui qui aura la chance de tuer un cerf 
blanc à la chasse pourra réclamer le baiser de la plus belle dame. 

Autre exemple. Quelle était la raison de toute l'expédition 
d'Erec, où il emmène Enide avec lui ? Selon M. E., dans la source 
de C c'était la jalousie. C l'aurait reproduite (dans une bonne leçon 
qui est perdue pour nous '), mais n'aurait pas compris son carac- 



1. C'est une application des plus maladroites du principe indiqué par 
M. Fôrster (v. la préface de son édition de Lancelot, 1899, p. cxxxiv s. 
et celle de la petite éd. d'Erec, 1909, p. xxv). Il a constaté que la version 
de Hartmann von Aue (H) et celle de Saga (S), qui remontent sûrement 
à C, sont plusieurs fois d'accord contre la version de C telle qu'elle nous 
est conservée. On l'expliquera facilement en supposant que ces divergences, 
qui peuvent se résumer en peu de lignes, proviennent d'un texte de C 
quelque peu différent du nôtre qui fut à la base de H et de S. Il en serait 
de même pour les cas ou M. et H. sont d'accord contre C. M. E. l'admet 
et s'engage à ne pas insister sur les divergences, où M + H ou H -f- S 
coïncident contre C. Cela ne l'empêche pas de conclure à une autre source 
que C dans un cas (à savoir, qu'Erec dédaigne de se venger sur le nain qui 
lui porta injure, cela étant indigne d'un chevalier, — pensée qui ne se 
retrouve pas dans C). où M coïncide avec le roman français en prose (P). 
Il se contente de constater que « merkwùrdigerweise » P coïncide avec M 
(p. 274, n. 1), et l'idée ne lui vient pas que le principe indiqué par 



1 34 Bibliographie. 

tère « prépondérant », de sorte qu'il a pu dire en plusieurs endroits 
(Êrec, v. 3304, 3767 ss., 3812) qu'Erec n'était nullement jaloux. 
C'est le copiste du MS. ayant servi de base à tous ceux qui nous 
sont parvenus qui s'est aperçu de la contradiction et qui prit soin, 
pour la faire disparaître, de biffer le passage sur la jalousie. Heu- 
reusement il s'est trouvé un scribe plus intelligent que Chrétien ! 
Ce n'est pas en traitant ainsi le poète français que M. E. pourra 
nous convaincre. Il est vrai qu'il essaye d'atténuer en quelque sorte 
la faute de Chrétien : plusieurs contre-sens se seraient déjà trouvés 
dans la source directe de C, par l'intermédiaire de laquelle il 
remonte à la source première. Mais cette supposition, qui ne peut 
pas disculper C des absurdités citées, ne fait qu'augmenter l'in- 
vraisemblable du système de M. E., comme on va le voir plus 
loin. 

M. E. insiste beaucoup sur les divergences entre C et M. Il n'y 
a, dit-il, que 4 °/ de l'œuvre qui soient textuellement identiques 
dans M et C (statistique étrange et fantaisiste, mais admettons-la, 
puisque M. E. le veut). N'est-ce pas déjà beaucoup, si on y ajoute 
l'étroite correspondance de toute la trame du récit ? Cependant, 
M. E. a oublié une chose : si M et C remontent à une source com- 
mune, il faut qu'ils aient reproduit textuellement chacun les 20 % 
de cette dernière pour aboutir à avoir 4 °/ de commun entre 
eux deux (puisque les coïncidences portent sur des endroits diffé- 
rents et sur des détails tout à fait secondaires). Et, s'ils n'y 
remontent pas directement, mais par l'intermédiaire des autres 
formes, ces 20 % deviennent 50 °/ ou même davantage. Ce n'est 
plus le « génie » de Chrétien, c'est le talent de l'auteur gallois 
qui est en jeu. Conteur intelligent et fin qu'il est, on admettra plus 

M. Fôrster pour les cas de M + H ou H + S porte aussi bien, sinon 
mieux, sur le cas de M + P> puisque personne jusqu'à présent, ni M. E. 
lui-même, ne s'est encore hasardé à supposer que P remonte à une autre 
source que C. De même, M. E. ne croit pas possible que M. ait eu pour 
base un MS. de C légèrement divergent des nôtres, sans que ces diver- 
gences soient forcément attestées par une autre version quelconque. Tout 
cela n'est dit, d'ailleurs, que pour prouver combien tout ce qui touche à la 
méthode est faible dans le travail de M. E. Ce qui est plus important — et 
M. Fôrster l'a dit le premier — c'est qu'il ne faut pas abuser de ce prin- 
cipe. En effet, la coïncidence des traits insignifiants dans les différentes 
versions d'un même récit peut et doit se produire quelquefois de façon for- 
tuite. (C'est ainsi, je crois, que dans l'exemple cité P et M ont introduit un 
trait nouveau commun indépendamment l'un de l'autre.) Il faudra toujours 
en tenir compte dans les études de ce genre. 



Bibliographie. 155 

volontiers qu'il ait copié les 4 % de C que les 50 °/ d'un roman 
anglo-normand ou latin. 

La seule partie importante du travail de M. Othmer est d'avoir 
établi les coïncidences textuelles, et c'est précisément cela qui lui 
a valu l'adhésion (partielle) de G. Paris. Comment les expliquer ? 
M. E. invoque le fait (et il s'appuie sur l'autorité de Miss J. YVes- 
ton, dont il cite un long passage : « The Legend of Sir Lancelot », p. 
61) que les conteurs professionnels récitaient des histoires apprises 
par cœur, en s'y défendant de changer un seul mot. Le fait est 
connu ; pourtant il ne se produit que dans des conditions détermi- 
nées : il faut que le récit ait quelque chose de profondément tradi- 
tionnel, qu'il soit quelque chose de sacré. C'était bien le cas des 
« Quatre branches du Mabinogi », peut-être aussi de Kulhiuch et 
Oliven, mais non pas de nos trois contes arthuriens (v. p. ex. la 
distinction établie par M. J. Loth, Rev. Celt., XXXII, p. 422). En 
plus, ce qui irait très bien pour les conteurs gallois n'est guère 
admissible pour les conteurs anglo-normands ou français. D'autre 
part, après les études si instructives de M. Bédier sur les diffé- 
rentes versions du roman de Tristan et surtout sur les chansons 
de geste, on sait combien il serait hasardeux de vouloir rechercher 
une source précise ou un modèle pour chaque trait particulier, 
et de refuser toute création individuelle à un remanieur doué de 
sens artistique. Et il ressort de plus en plus clairement que l'auteur 
gallois a été un véritable artiste. 

Pour être complet, il faut dire deux mots sur quelques passages 
où M. E. croit que M reproduit mieux que C quelques données 
mythologiques traditionnelles. Il n'y a rien à en tirer. En ce qui 
concerne Morgue : Morgan tut ( Morgant tut une fois dans Pen. 6), 
on aura de la peine à admettre l'explication de certum per incertum 
et Morgan tut, qu'elle qu'en soit Tint erprétation, reste jusqu'à 
présent un incertum pour nous. Quant à quelques traits de l'épi- 
sode de la Joie de la cour, qui seraient plus authentiques dans M, 
rien n'est moins sûr. Je passe toute la discussion de M. E. sur les 
noms propres et la géographie de notre récit. Il ne fait que citer 
des travaux bien connus sans apporter une seule remarque nouvelle. 
On sait que les recherches ingénieuses de MM. F. Lot, J. Loth, 
Zimmer et Brugger n'ont pas abouti à des conclusions absolument 
convaincantes, et on n'apprend rien du relevé qu'en fait M. E. 
Toujours est-il à remarquer, que du fait que la géographie est 
mieux coordonnée dans M il ne s'en suit nullement que sa version 
soit plus primitive. 

Pour M. E. il est hors de doute que la source de C u'était pas 



136 Bibliographie. 

dans les récits séparés, comme celui de l'épervier ou de la « Joie 
de la cour «, mais dans un récit suivi comprenant tout l'ensemble 
du roman. Il en voit la confirmation dans le passage du début 
à'Erec, où le poète se plaint des conteurs professionnels qui « depe- 
cier et corrompre suelent » (v. 21) le beau conte qu'il va traiter : 
il aurait donc existé un récit d'ensemble, que les conteurs se plai- 
saient à dépecer, pour en tirer les épisodes séparés. Sans insister 
sur la valeur (bien médiocre) de ces lieux communs du début, et 
sans recourir à l'hypothèse plus ingénieuse que vraisemblable 
de M. Cohn qui voit dans ce passage une interpolation ', il suffi- 
rait d'observer que le v. fr. depecier — et M. E semble l'ignorer — 
peut avoir tout simplement le sens de « gâter, gâcher ». D'autre 
part, si l'on voulait insister, d'accord avec M. E., sur le sens essen- 
tiellement moderne du mot, n'en ressortirait-il pas plutôt que le 
poète n'a connu que des récits épisodiques, qu'il aurait refondus 
dans un récit d'ensemble pour constituer son roman ? 

Tout à la fin de son étude M. E. expose sa doctrine sur la généa- 
logie de notre récit ; elle est aussi embrouillée qu'invraisemblable. 
La source commune et première serait un X (M. E. ne nous dit 
pas si c'était un poème ou autre chose), en tout cas d'origine insu- 
laire, qui aurait été composé dans l'une des quatre langues sui- 
vantes : anglonormand, français, anglais ou latin (probablement 
en cette dernière, si j'ai bien compris), et qui aurait contenu 
quelques épisodes d'origine celtique. On voit que la thèse de la 
« celticité » du récit y perd plutôt qu'elle n'y gagne ! Cet X serait 
parvenu, après avoir revêtu plusieurs formes intermédiaires, à M 
sous la forme d'un conte oral, à C sous une forme écrite, un con- 
teur ayant transcrit son conte pour le mieux retenir. M. E. ne 
semble pas s'apercevoir qu'il arrive par-là à n'admettre rien de 
moins que l'existence de romans arthuriens en prose française au 
beau milieu du xu e s. ! On pourrait difficilement imaginer quelque 
chose de plus confus et de plus invraisemblable. 

La lecture du travail de M. E. est très instructive. Elle suggère 
plus d'une observation d'ordre général sur la méthode à suivre dans 
cet ordre de recherches. L'enseignement qu'on en rapporte pourrait 
être appliqué avec profit à bien^d'autres cas. D'autre part il en res- 
sort clairement, combien serait utile une étude sur l'ensemble des 
trois récits gallois en question, où l'on tâcherait de rechercher si 

1. Zeitschrift f. fran\. Spr. it. Lit., XXXVIII (1911), 1/3. Selon M. Cohn 
c'est contre les remanieurs du roman même de Chrétien que l'interpolateur 
proteste. 



Bibliographie. 137 

les trois récits remontent à des auteurs différents, et, en ce cas, 
quels sont les procédés de composition et l'art personnel de cha- 
cun d'eux, et si l'un d'eux n'a connu l'œuvre de l'autre et n'a subi 
son influence. Ce serait la meilleure façon de rendre justice à l'ori- 
ginalité artistique des récits gallois. 

A. Smirxov. 



CHRONIQUE 



Sommaire. — I. Élection de M. P. Fournier à l'Académie des Inscrip- 
tions. — II. Election de M. Déchelette comme correspondant de l'Insti- 
tut. — III. Acquisition de la bibliothèque de Stern par l'Univer- 
sité de Berlin. — IV. Un cours de celtique à l'Université de Chi- 
cago. — V. Découverte de gloses irlandaises. — VI. Aitceltischer 
Sprachschatz, 20 e livraison. — VII. Les Dette Ma très dans l'Encyclopae- 
dia of Religion and Ethics. — VIII. Suite de la collection des Vies de 
saints bretons. — IX. Un manuel du moyen-irlandais par M. Dottin. — 
X. Un nouveau périodique consacré à l'irlandais moderne. 

I 

Dans sa séance du 10 novembre 191 1, l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres a élu membre libre M . Paul Fournier, doyen 
de la faculté de Droit de l'Université de Grenoble. Dans ses études 
sur les recueils canoniques, M. P. Fournier a touché au droit 
irlandais et il a notamment donné à la Revue Celtique (t. XXX, 
p. 221 et suiv.) un intéressant article sur le Liber ex lege Moysi, où 
il fait ressortir les tendances bibliques des canonistes irlandais. 

II 

Dans sa séance du 22 décembre 191 1, l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres a élu correspondant national M. Joseph 
Déchelette, conservateur du musée de Roanne, auquel nous devons 
les deux volumes du Manuel d'archéologie préhistorique, celtique 
et gallo-romaine (v. ci-dessus, tome XXXII, p. 343). 

III 

On nous annonce que la bibliothèque celtique du regretté Lud- 
wig-Christian Stern vient d'être pour la plus grande part acquise 



Chronique. 139 

par l'Indogermanisches Seminar de l'Université de Berlin, où elle 
servira aux élèves de notre savant collaborateur, le Professeur Kuno 
Meyer. 

IV 

Nous apprenons que l'Université de Chicago organise, pour le 
trimestre d'été de 19 12, un cours de langues et littératures cel- 
tiques. C'est M. Edward G. Cox qui est chargé de ce cours. La 
Revue Celtique a signalé l'an dernier les débuts comme celtiste de 
M. Edward G. Cox (v. t. XXXII, p. 222). 

V 

Dans son numéro du 28 février 19 12. le journal The Irish Times 
publie une lettre de M. Mario Esposito, où le jeune érudit annonce 
une intéressante nouvelle. En étudiant le manuscrit C. 1. 8 de la 
Bibliothèque de Trinity Collège de Dublin, manuscrit copié au 
xm c siècle, il y a découvert, cousu sur le dernier feuillet, un frag- 
ment de parchemin contenant un texte latin avec des gloses mar- 
ginales et interlinéaires. Parmi les gloses, quelques-unes lui 
semblent écrites en irlandais. Comme l'écriture du parchemin 
remonte au moins au ix e siècle, ce serait une nouvelle addition à la 
littérature du vieil-irlandais. Le manuscrit C. 1. 8 a certainement 
passé en des mains irlandaises ; on y lit une phrase en irlandais à 
la marge inférieure du folio 39. 

Nous espérons que l'un des celtistes de Dublin nous renseignera 
bientôt sur la valeur de cette découverte . 

VI 

La 20 e livraison de Y AHceltischer Sprachschati de M. Holder 
comprend les colonnes 760-1024 du tome III, qui est, comme l'on 
sait, un supplément aux deux premiers. Elle va du mot Avedo au 
mot Cabilloneusis. Nous y relevons les remarques suivantes. 

Col. 780, sous le mot auotis, il fallait citer, outre Whitley Stokes 
(K. Z., XL, 244 anm. 2), d'Arbois de Jubainville {Recueil de 
Mémoires publié par la Société des Antiquaires de France, Paris, 1903), 
d'après lequel avotis serait un nom d'agent, « celui qui fait faire ». 
— Col. 820, sur * hecos, voir Meillet, Mém . Soc. Lingu., XIV, 
476. — Col. 833, la forme helion « feuille » du Pseudo-Apulée, 
fournit le prototype du gaélique d'Ecosse bile (v. Macbain, An 



140 Chronique. 

Élyni . Dict., 2 e éd., p. 36, et Wh. Stokes, Urk. Sprachsch., p. 174). 
— Col. 852, le nom de la montagne Berigiema en Ligurie est 
ingénieusement interprété comme « porte-neige ». Ce serait l'équi- 
valent pour le sens de skr. himâlayah « séjour de la neige», et cela 
déjà peut faire naître des doutes, car les montagnes de Ligurie ne 
sont pas caractérisées par des neiges éternelles. Mais il y a une 
autre difficulté à cette étymologie. Le composé Beri-giema serait un 
exemplaire unique en celtique du type skr. trasâdasyuh <■<■ qui fait 
trembler l'ennemi », gr. ÉXércoXiç ip^éxaxoç ou oaxÉ8u(/.oç, lat. 
Verticordia ou poscinummius (cf. Pedersen, Vgl. Gr., II, 3). N'est- 
il pas plus simple de voir dans ce mot, comme le faisait jadis 
M. Holder lui-même (t. I, col. 403), une forme altérée de Berg- 
(Berga, Berginius, Bcrgomon, Bergusia) ? 

VII; 

Le quatrième volume de YEucyclopaedia of Religion anà Elhics, 
edited by James Hastiugs, vient de paraître (Edinburgh, T. and 
T. Clark, 191 1); il va du mot confirmation au mot Draina. 

On y trouve p. 406-411 un substantiel article de M. F.-N. Robin- 
son, consacré aux Deae Maires. Le savant professeur expose suc- 
cinctement, et avec sa clarté habituelle, l'essentiel des questions 
qui se rapportent au nom de ces déesses (Matres, Matrae, Matrô- 
nae, Matrônae), à l'extension géographique, l'origine et les survi- 
vances de leur culte, à leurs fonctions et leurs attributs, à leur 
groupement en triades. Le texte est accompagné d'abondantes réfé- 
rences données en notes au bas des pages. 

P. 410, en mentionnant le culte des « Trois Maries », qui semble 
avoir succédé en plusieurs endroits au culte des « Matres », l'auteur 
ne dit rien des « Trois Maries » de Provence, les « Saintes 
Maries », qui sont aujourd'hui encore l'objet d'un pèlerinage. — 
P. 409, il n'est pas exact de parler d'une racine celtique sul dans 
l'irlandais sûil « œil » ; ce mot passe avec raison pour le nom 
ancien du « soleil » (Wh. Stokes, Urk. Spr., 292), qui aurait rem- 
placé en irlandais l'ancien nom de l'« œil » tombé en interdit (v. 
Meillet, Quelques hypothèses sur des interdictions de vocabulaire dans 
les langues indo-européennes, Paris, 1906, p. 16). 

VIII 

L'Honourable Society of Cymmrodorion (New Stone Buildings, 
64 Chancery Lane, London) vient de publier à la fin de 191 1 le 



Chronique. 141 

volume III de The Lives of the Britisb Saints de MM. S. Baring- 
Gould et John Fisher. Ce volume, qui a 509 pages 8°, comprend 
les vies des saints, par ordre alphabétique, de saint Faustus à saint 
Mvnno inclus. 

Les deux premiers volumes, datés de 1907 et 1908, traitaient 
respectivement de saint Aaron à saint Bvrnach, et de saint Cadell 
à saint Ewryd. L'ouvrage sera complet en quatre volumes. 

IX 

La librairie Champion annonce la publication prochaine d'un 
manuel de l'irlandais moyen, comprenant une grammaire et un 
choix de textes, dû à notre collaborateur, M. G. Dottin. La gram- 
maire est déjà, nous dit-on, en grande partie imprimée. 

X 

Nous recevons l'annonce d'un nouveau périodique : Gadelica, 
A Journal of Modern-lrish studies, publié à Dublin chez Hodges, 
Figgis and C°, sous la direction de M. Thomas F. O'Rahillv. Ce 
journal paraîtra en cahiers trimestriels au prix annuel de 6 s. 6 d. ; 
le premier numéro en est annoncé pour le mois de mars 1912. En 
ce qui concerne l'objet qu'il se propose, nous ne pouvons mieux 
faire que de reproduire les termes mêmes du prospectus : 

« The need ofa scholarly journal, devoted exclusively to studies 
and researches in the field of Modem Irish, has been keenlv felt 
for many years. The aim of Gadelica will be to do for Modem 
Irish what has been, and is being, done so successfullv for the 
older forms of the language bv such periodicals as Eriu, the Zeit- 
schrift fur Ccltische Philologie, and the Revue Celtique. Hitherto, 
owingtothe want of a suitable publishing médium, there has been 
no encouragement for students of Irish to pursue much-needed 
investigations into the lano-uage and literature of modem times. 

« The extant literary output of Modem Irish (say, from iéooto 
1850) is immense, and exceeds manv times over that of Middle 
and Old Irish. But only a mère fraction of it has as yet seen the 
light, and the greater portion is still buried in MSS., unknown to 
ail, save to a verv few students, and only partially known even to 
thèse. In the Roval Irish Academy alone there are considerably 
more than 1.000 Modem Irish manuscripts; while in Mavnooth 
Collège, Trinity Collège, and the British Muséum there are other 



142 Chronique. 

large and important collections. It will thus be seen howvast is the 
held from which Gadelica will glean. Not until years of patient 
labour hâve been devoted to gathering this harvest, will it be pos- 
sible to write the history of Modem Irish literature. Furthermore, 
for the proper cultivation of the living Irish speech of to-day the 
publication and study of our modem MS. literature is indispen- 
sable, inasmuch as it will not only show how far the language has 
alreadv adapted itself to modem requirements, but it will also 
make clear, as nothingelse can, its innate tendencies and potentia- 
lities, and thus guide us as to the lines on which its future deve- 
lopment should proceed. Finally thèse MS. remains will throw a 
new and valuable light on modem Irish historv, and particularly 
on that of the eighteenth century ; for it is in this buried literature, 
and not in English State Papers or parliamentary reports, that the 
mind ofthe historié Irish nation is mirrored, and their hopes and 
feelings and aspirations faithfullv recorded. In short, Gadelica 
will, by concentrating its efforts on exploring the hitherto neglec- 
ted MSS. ofthe last three centuries, make spécial appeal to that 
numerous class who, not unnaturallv, fell a more lively and svm- 
pathetic interest in the language and literature of their own or 
récent times, than they would in those of a too remote and unfa- 
miliar past. 

« In addition to publishing (a) Modem Irish Texts, both prose 
and verse, from MSS., accompanied by introductions, notes and 
(when such is considered necessary) English translations, Gadelica 
will publish : 

(fr) Original contributions dealing with the Modem Irish Lan- 
guage, or with its Literature, including such subjects as dia- 
lects, grammar, idiom, etvmology, metrics, biography, biblio- 
graphv, and topographv . 

(r) Folk-Songs, Folk-tales, and such like matter, taken down 
from oral narration; and studies upon thèse. 

(d) Reviews and Notices of books and periodicals in, or concer- 
ned with, Modem Irish. 

a It is also hoped to publish from time to time Catalogues of 
small collections of modem MSS., whether in public or semi- 
public libraries, or in private hands ». 

Nous souhaitons bonne chance à M. O'Rahilly pour la réalisa- 
tion de ce beau programme. 

J. Vendryes. 



PÉRIODIQUES 



Sommaire. — I. Proceedings ofthe Prehistoric Society of East Anglia. — 
II. Journal of the Royal Society of Antiquariesof Ireland. — III. Mannus. 
— IV. Praehistorische Zeitschrift. — V. Bulletin de la Société archéolo- 
gique du Finistère. — VI. Revue Numismatique. — VII. Revue des Etudes 
anciennes. — VIII. Annales de Bretagne. — IX. Hermathena. — X. 
The Journal ofthe Welsh Bibliographical Society. — XI. Journal of the 
Folk-Song Society. — XII. Mémoires delà Société de Linguistique. — 
XIII. Indogermanische Forschungen. — XIV. Romania. — XV. Revue 
des traditions populaires. — XVI. Folk-lore. — XVII. Analecta Bollan- 
diana. 

I 

Une nouvelle société préhistorique s'est fondée en Angleterre 
et commence la publication d'un nouveau périodique, les Procee- 
dixgs of the Prehistoric Society ofEast Anglia (1, 191 1, année 
1908-9 et 1909-10). Le premier fascicule débute par une allocu- 
tion du président, le D r W. Allen Sturge, qui trace à grands traits 
un tableau des études préhistoriques et déplore, non sans apparence 
de raison, le peu de progrès qu'elles ont fait en Angleterre. Nous 
souhaitons à la nouvelle société d'y remédier efficacement. Sans 
doute elle a des préoccupations qui ne sont pas les nôtres. Néan- 
moins nous ne doutons pas qu'un jour le progrès de ses recherches 
ne l'amène à s'occuper des Celtes. Salut donc et bon succès aux 
préhistoriens de Norwich. 

Commençant à l'origine de l'homme, ils se sont d'abord occupés 
d'éolithes. M. J.Reid Moir, sous le titre de Fîint Itnplements of the 
Sub-crag man, p. 17, traite d'éolithes ou de pré-paléolithes (le mot 
ne fait rien à l'affaire), trouvés près d'Ipswich, qu'une commission 
a, après lui, examinés de fort près. Le D r W. Allen Sturge apporte 
une intéressante contribution à IzChronohgyof the Stoneage, 43 sqq. 
Il signale à l'attention de ses lecteurs les stries qui raient la 
surface d'une notable quantité d'outils néolithiques. Ces stries sont 



Î44 Périodiques. 

des stries glaciaires pour l'auteur. Les outils néolithiques ont donc 
été recouverts par les glaces. De quand datent-ils donc ? Que le 
début du néolithique ait été contemporain des dernières oscillations 
stadiaires des grands glaciers, c'est une idée qui nous est déjà très 
familière. Que celles-ci datent de 200000 ans, à d'autres de le con- 
firmer. Les géologues nous diront quelque jour leur dernier mot sur 
les dernières conquêtes des glaciers. Il faudra l'attendre pour juger 
de l'explication proposée par M. Sturge. — Lt. colonel W. Under- 
wood, Animisticforms in certain flints, showing buman ivork, p. 106 : 
ceci sort tout à fait de notre compétence. 

II 

LE JOURKAL OFTHE ROYAL SOCIETY OF AXTIQUARIES OF IrELAND, 

juin et septembre 191 1, nous apporte d'intéressantes discussions 
sur la date, l'origine, la nature des buttes et des remparts de terre 
de tormes diverses qui parsèment l'Irlande. M. H. T. Knox 
traite de ceux qui portent le nom de Croghans dans le mémoire 
intitulé : The croghans and some Connacht raths and moies. Les crog- 
hans sont essentiellement des buttes et leur nom, sous les diffé- 
rentes formes qu'il affecte en Irlandais désigne bien des buttes 
de terre, mais a-t-il un sens plus spécial ? Ces buttes plus ou moins 
fortifiées, quelque nom qu'elles portent, l'opinion générale les attri- 
buait aux Celtes. Depuis peu d'années une thèse différente a été 
soutenue par Mrs ArmitageetM. Goddard H. Orpen. LesNormands, 
d'après eux, auraient été les premiersà construire dans les îles Britan- 
niques des châteaux sur des buttes artificielles ; les petits châteaux 
forts, les châteaux privés correspondraient à l'état social que désigne 
le nom de féodalité. Tel n'était pas celui de l'Irlande avant que les 
Normands y eussent pris pied. Le clan et la tribu y étaient les formes 
essentielles du groupement des hommes. On s'attend à ce que les 
enceintes fortifiées d'une pareille société soient d'assez vastes enclos 
de taille à contenir une importante population et ses troupeaux. 
On en connaît de tels en Irlande et en Angleterre. Il ne me 
semble pas que M. Knox prenne une position fort nette à 
l'égard de cette thèse. M. G. H. Orpen ne prétend pas que toutes 
les buttes paraissant fortifiées datent de l'arrivée des Normands. Il 
en est, selon lui, de préhistoriques et entre autres celles qui 
portent le nom de croghans. Mais ce n'étaient pas des châteaux, 
c'étaient des lieux sacrés, des lieux d'inauguration, de consécration, 
des places de fête et d'assemblée; des pierres levées s'y dressaient, 
des arbres sacrés; mais il va de soi, et l'histoire nous l'atteste, 



Périodiques. 145 

qu'au cours des lattes tribales beaucoup de ces sanctuaires aient été 
profanés et défigurés. Pour de pareils sanctuaires les grands tumulus 
funéraires étaient désignés d'avance et M. Orpen suppose que le 
principal des croghans, celui d'Ai, le Rathcroghan, renferme une 
chambre funéraire semblable à celle de New-Grange. Qu'on le 
fouille donc une bonne fois! M. H. T. Knox discute longuement 
la question et conclut contre lui ; retenons néanmoins cette affir- 
mation, p . 207, qu'il n'y a jamais plus d'un croghan par territoire tri- 
bal et que chaque fois qu'un croghan porte un nom distinctif, 
c'est un nom de territoire ou de tribu. Le fait est d'importance. — 
M. Orpen répond à M. Knox dans les Miscellanea (Croghans ami 
Norman Motes, p. 267-sqq.); par bonne fortune son article est 
remarquablement clair et démonstratif. Un certain nombre de 
rois ont été consacrés en des lieux nommés Cruachan ; quant au 
Rath croghan, il n'est pas douteux, selon M. Orpen, qu'il ne soit 
analogue au Rath Mhedba, ou la reine Medb accomplissait les 
rites de pronostication du jour de Samhain. — M. Knox traite des 
Raths dans un second article, p. 206 sqq. — M. Th. Johnson Wes- 
tropp décrit le Cahermurpby Castic and its eartbivorks, with certains 
forts near Milltown-Maïbay, co. Ciare, p. 117 sqq. — M. G. H. 
Orpen nous fait connaître le Rathgall, co. IVickloiv, p. 198, l'une 
de ces forteresses préhistoriques qu'il distingue des châteaux nor- 
mands. Ce serait, selon lui, la forteresse des rois d'Okinselagh, les 
plus puissants de Leinster ; il y voit le Bolg luatha ou Dûn-Bolo- 
des Annales. 

H. S. Crawford, Early slabs ai Lenianachan, King's County, p. 
151 sqq. ; spécimen de l'entrelac irlandais. 

E. M. F. G. Boyle, Records of the toiun of Liniauadv, 1609-1804, 
p. 157 sqq. 

G. Coffey. Prehistoric grave ai Seskiigreen, co. Tyrone, p. 175. 
C'est le reste d'une chambre funéraire mégalithique dont deux 
piliers sont couverts de gravures, cupules, étoiles, cercles concen- 
triques ; un hache marteau de pierrey a été trouvée. 

Lt. col. W. O Cavenagh, Castletown Carne and its owuers, p. 
246 sqq. 

Rev. J. L. Robinson, Christ Church Cathedra!, Dublin, Proctors 
accounts, 1689-yo, p. 259 sqq. 

Dans les Miscellanea, M. P. W. Joyce a inséré une Note on a 
Passage in Siokes Cormacs Glossary, p. 180, passage ou le forgeron 
Goibniu est représenté construisant son fourneau de forge. O'Do- 
novan a traduit par pôle, bâton, le mot crand ou ness qui désigne 
l'objet qu'il tient à la main. C'est une forme de bois sur laquelle 

Revue Celtique, XXXIII. 10 



14e Périodiques. 

était moulée l'argile réfractaire du fourneau. O'Donovan traduit 
à tort par « les deux soufflets » les mots di bolg qui désignent les 
deux chambres du soufflet dont se servaient les forgerons irlan- 
dais. Le soufflet est désigné concurremment par dibolg duel, et par 
le pluriel builgg. 

M. G. Orpen, publie une Carved Stone uear Holyivood, co. JVick- 
îow, p. 783 ; représente-t-elle une croix ? C'est son opinion. Mais 
n'est-ce pas une dalle gravée de monument mégalithique ? 

G. \V. Forsayeth, Holy well near Modeligo, co. Waterford, p. 186. 

Sir John Rh) T s, p. 190, convient, avec M. G. H. Orpen, que 
dans le calendrier de Coïigny, le mois Equos, correspondant à 
février, ayant bien 30 jours et non pas 29 comme il l'avait pensé, il 
n'y a plus lieu d'y voir un adaptation du calendrier julien. 

Journalof the Royal Society of antiquariesof Ireland, déc. 1911. 
— M. H. T. Knox décrit Some Connacht raths and motes, p. 301 
sqq ; hauts et bas, de plan circulaire ou quadrangulaire, ils nous 
sont soigneusement présentés en plan et élévation. — M. Th.-J. 
Westropp nous arrête danslecomté deClareet continue rémunéra- 
tion descriptive des Prehistoric remains (forts and dolmens) in the 
Burren,p. 343 sqq. ; il s'agit toujours de longs murs en pierre sèche, 
à parements, percés de couloirs et de niches, couverts de larges 
dalles, ou voûtés en encorbellement. — Monsignor Fahy parle du 
S'Colmans oratory, in Burren, co. Clare, p. 368. — Sous le titre de 
Some archaelogical finds in Ulster, M. Seaton F. Milligan décrit un 
certain nombre de moules datant de la 2 e période de l'âge du 
bronze. Parmi eux, je note deux moules de faucilles qui ont un 
intérêt tout particulier. Ce sont des moules de faucilles sans douille. 
On sait combien les faucilles de cette sorte sont rares dans les 
Iles-Britanniques. Celles qui ont été coulées dans ces moules se 
distinguent des faucilles continentales par une côte centrale très 
forte ; dépourvues d'ailleurs de languettes et de boutons latéraux, 
elles sont fort originales. 

Dans Miscellanea, p. 38e, M. E.-C.-R. Armstrong signale une 
de ces figures rudimentaires dites Sheela-na-gig, découvertes par le 
major Trevelyan dans l'île de Lustymore, à douze milles d'Ennis- 
Killen. — M. Michael Beavv donne une note sur une fontaine 
sacrée, à Madeligo. 

III 

. Le 2 e ErgànTjingsband de Mannus donne le compte-rendu de la 
deuxième assemblée générale de la Société préhistorique allemande, 



Périodiques. 147 

qui s'est tenue à Erfurt du 31 juillet au 3 août 19 10, sous la prési- 
dence de MM. Kossinna et Bezzenberger. Une communication, 
celle du D r Gôtze, a pour nous un intérêt tout particulier. Il y 
étudie une série d'enceintes fortifiées du Rhôn, Die vorgescbkbtli- 
chen Burgen der Rbon itnd die Steinsburg aufdem kleinen Gleicbberge 
bei Ronihild. Ces enceintes, où l'on n'a trouvé que des objets datant 
de l'époque de La Tène, paraissent constituer un système de 
défense dont le réduit est à la Steinsburg. Celle-ci, par son impor- 
tance, par la masse et l'étendue de sa fortification, se présente 
comme l'œuvre collective d'une société d'assez grande taille. C'est 
un travail national. Pourquoi les sommets du Rhôn portent-ils ces 
retranchements et non pas ceux du Harz. Ces forts de sommets, 
nous dit M. Gôtze, sont celtiques. Les Celtes les ont élevés par- 
tout où ils se sont sentis sous la menace d'un ennemi trop puis- 
sant. C'est ainsi qu'ils ont dressé, sur des hauteurs, les oppida de 
la Gaule, contre l'invasion des Cimbres. Ils ont fortifié le Rhôn 
contre les Germains. Après avoir abandonné la Thuringe. ils se 
sont retranchés en arrière. 

M. O. Fleischer a fait appel aux trésors de la toponomastique 
pour nous renseigner sur la situation des Indo-Germains en Asie- 
Mineure vers 1500 avant J.-C. : Die Stellung der Indo-Germanen 
in inner. KJeinasien uni dus Iabr 1000 v. Cbr (1500-700), p. 4)Sqq. 
Les noms en -ene se sont égrenés de l'Asie-Mineure vers l'Inde. 
Toute une famille de noms géographiques a essaimé du Caucase 
vers l'Halys, puis vers la Perse et la Caramanie. Les Perses sont 
des Artéens c'est-à-dire des hommes du pays de Yan (Urartu). 
Enfin M. Fleischer nous assure que, la légende de Persée, éponyme 
des Perses, ayant quelque chose d'historique, les Grecs ont voi- 
sinéen Asie-Mineure, vers le 16 e ou le 17 e siècle avant J.-C. avec 
les Indo-Iraniens. Tout beau! C'est aller vite en besogne. Il y a 
quelques gens dont il faudrait parler : Arméniens, Phrygiens, d'autres 
peut-être aussi M. Bezzenberger a fait remarquer avec bon sens 
que les noms géographiques n'apprennent peut-être pas tant de 
choses et sans doute il a dit qu'il fallait les interroger avec cir- 
conspection. 

Ces Messieurs d'ailleurs ont chanté de compagnie les chansons 
préhistoriques du Geheimrat Zchiescke et se sont sans doute fort 
bien amusés. 

La 3 e année de Maunus commence par un article de M. Gunther 
sur la Besiedlungsgescbichte des Neuwieder Beckens, p. 1 sqq. C'est la 
2 e partie du mémoire de M. Gunther. Il y traite de l'âge du 
bronze, des deux âges du fer, des établissements des Romains et 



l 4& Périodiques. 

des temps mérovingiens. Dès la fin de l'âge du bronze, les deux 
rives du Rhin, autour de Coblenz, ont été occupées par les Celtes. 
Mais c'est là que s'est fixée pendant longtemps leur frontière sep- 
tentrionale, tombeaux, fortifications, traces de culture (Hochâcker) 
attestent leur établissement. A la fin de l'époque de La Tène les 
Celtes se sont repliés sur la rive gauche. Ceux dont on y trouve 
les tombeaux pratiquent les mêmes rites funéraires que leurs voi- 
sins germains : ils incinèrent leurs morts. — Le distingué conser- 
vateur du musée de Bergen, M. Schetelig, expose sous le titre de 
Vorgeschichte Norwegens les résultats des recherches archéologiques 
de ces dix dernières années, p. 29 sqq. — Faut-il attirer l'attention 
sur un article de M. K. Schirmeisen, de Brùnn, intitulé Buchsta- 
benschrift, Lautwandel, Gottcrsage und Zcitrechnung, p. 97 sqq. ? 
Il est d'une hardiesse, dont M. Kossinna éprouve le besoin de 
s'excuser. Rapprocher l'histoire de l'alphabet du développement 
phonétique, c'est une tentative méritoire ; mais il faudrait n'ignorer 
pas que l'alphabet gréco-phénicien n'est pas sans parenté avec les 
syllabaires égéens. S'il est exact que les runes ont été des signes 
magico-religieux, s'il est spécieux de colorer de religion les ori- 
gines de l'alphabet, on ne saurait choisir les exemples avec trop 
de discernement. Les connaissances de M. Schirmeisen en archéo- 
logie préhistorique ont besoin de compléments ; il devra trier ses 
connaissances mythologiques et s'entendre avec les linguistes sur 
la classification généalogique des langues indo-européennes. 

IV 

Le nouveau volume de la Prahistorische Zeitschrift, III, 
191 1, nous fait connaître d'intéressantes incinérations néoli- 
thiques des environs d'Hanau (G. Wolff, Neolitbische Brandgràber 
in der Umgebuiig von Hanau, p. 1 sqq.). M. G. F. L. Sarauw, de 
Copenhague, y publie les résultats de ses fouilles de Maglemose, 
qui ont si largement étendu notre connaissance des temps obscurs 
qui séparent la paléolithique (p. 105-195) du néolithique. — M. Max 
Ébert publie et étudie un curieux anneau d'or trouvé en 1799 à 
Strobjehnen, dans la Prusse orientale, et que possède depuis lors 
le musée de Berlin. Il en établit la parenté avec quelques œuvres 
de cet art celto-scandinave, dont les entrelacs compliqués souvent 
étouffent et absorbent pour ainsi dire tant de restes de formes 
vivantes. Mais les guerriers et les chasseurs qui galopent ou tirent 
de l'arc sur la crête de l'anneau, les chiens, cerfs, serpents à 
oreilles, le principal de la décoration, rappellent l'art scythique 



Périodiques. 149 

représenté déjà en Prusse par les pièces d'orfèvrerie bien plus 
ancienne, du trésor de Wettersfeld (p. 105 sqq.). 

M. Carthaus rend compte des fouilles pratiquées près de Vel- 
mede, dans la haute vallée de la Ruhr, dans la Yeledahohle. Les 
trouvailles datent de l'époque de laTène. Elles sont peut-être cel- 
tiques. Dans la couche archéologique sont disposés sans ordre des 
ossements humains. Qu'était-ce? (p. 132 sqq.). — M. E. C. R. 
Armstrong relate les principales découvertes archéologiques faites 
en Irlande dans les années 1909-1910 (p. 184 sqq.) : Il s'agit sur- 
tout de cistes sous tumulus de l'âge du bronze. De l'époque de la 
Tène datent deux cornes de casque trouvées à Cork en 1909. 

V 

Le commandant A. Martin a publié dans le Bulletin de la 
Société archéologique du Finistère, t. XXXVIII, 191 1, une 
intéressante notice sur le tumulus à dolmen de Kermaric en Lan- 
guidic (Morbihan). La chambre du tumulus était circulaire. Le 
commandant Martin nous donne à ce propos une énumération 
complète et descriptive, accompagnée de plans, des monuments 
mégalithiques à chambre circulaire de la Bretagne; ils sont assez 
étroitement localisés dans le Morbihan, à part un monument ruiné 
qui se trouve dans les Côtes-du-Nord, à Kerbors. Le Men-Brec'h 
Kermaric présente une particularité nouvelle en Bretagne. Des 
deux côtés du couloir se détachent les restes d'un mur en pierres 
sèches qui entourait à l'origine la base entière du tumulus. L'auteur 
pense à ce propos aux cercles et enceintes concentriques de pierres 
alignées que présentent les monuments des Orcades et du Caith- 
ness, dont MM. Keller et Le Rouzic ont récemment trouvé l'équi- 
valent au monument du Noterio en Carnac. Mais la ressemblance 
n'est pas complète. Les monuments de la péninsule ibérique lui 
auraient fourni de plus exactes comparaisons. — On a supposé que 
les constructions des monuments mégalithiques de Bretagne 
avaient une unité de mesure, à savoir un pied d'environ o m. 90. 
Les mesures prises par le commandant Martin dans ses dernières 
explorations lui ont fourni des longueurs qui, à peu de chose près, 
multiplient cette unité. 

VI 

Le n° I delà Revue Numismatique, 191 1, p. 1-59, a publié un 
important article de M. Déchelette sur les origines de la drachme 



150 Périodiques. 

et de l'obole qui nous explique l'usage et la valeur de certaines 
tiges et faisceaux de tiges de fer trouvées dans les fouilles qui ont 
livré des objets gaulois. C'est une des formes de la monnaie de 
fer dont César (B. G., V, 12, 4) signale encore l'usage chez les 
Gaulois. M. Déchelette la suit de Gaule en Thrace et d'Etrurie en 
Grèce. Monnaie d'origine technique, l'obole est une broche à rôtir; 
la drachme est une poignée de broches, et les chenets, tant gaulois 
qu'étrusques, sont établis pour être garnis par le jeu de broches 
qui constitue la drachme. M. Déchelette pense que l'obole de 
Charon a été une broche garnie de viandes placée près de la bouche 
du mort. Cette amusante hypothèse a besoin d'un peu plus d'exa- 
men (v. Rev. des Et. Gr., t. XXIV, p. 344). 

VII 

Dans la Revue des Études anciennes, 19 11, octobre-décembre, 
p. 453 sqq., M. Déchelette traite du Javelot ôXoffi&jpcç des Ibères. 
On a été tenté de l'attribuer aux Celtes, dont le gaisum est qualifié 
par Pollux et par Hésychius de oépu èXo<rf§T)pov. On a trouvé dans 
les pays occupés de longue date par les Celtes, Suisse, Carniole, 
et d'où sont venus en Italie les Gésates, des javelots qui sont mon- 
tés sur une longue tige de fer analogue au pilurn des Romains ; 
mais ils ont tous été munis d'une hampe de bois. Par contre, des 
javelots tout en fer et, qui plus est, pourvus de petits crochets, 
comme l'ont été, suivant les auteurs, les javelots ibériques, figurent 
dans le mobilier funéraire des tumulus d'Avezac-Prat. Les morts 
d'Avezac-Prat étaient-ils des Ibères ou des Celtes ? Disons que ce 
furent des Celtibères, M. Déchelette croit que les javelots sont 
ibériques. Peut-être. Mais je ne puis m'empêcher de les rapprocher 
des javelots de l'Europe centrale. 

H. Hubert. 



VIII 

Annales de Bretagne, tome XXVII, n° 2 (janvier 1912). 

M. J. Loth publie p. 199 une chanson recueillie par lui au 
Croesty, canton de Guémené-sur-Scorff (Morbihan) ; il l'intitule 
le Comte ci la fée, et en donne en regard du texte breton une tra- 
duction française. 

M. G. Esnault continue (p. 264-279) son étude sur le poète 
breton Le Laé, et poursuit l'histoire critique de sa réputation. 



Périodiques. 151 

P. 292 et suiv., se trouve une étude de M. H. Quilgars sur la 
langue bretonne dans le pays de Guérande ; elle comprend surtout, 
outre quelques indications de toponomastique, un lexique de mots 
bretons empruntés à la collection des aveux de la sénéchaussée de 
Guérande (qui va de 1380 à 1791). M. J. Loth a fait suivre cet 
article d'une série de remarques critiques, en partie rectificatives 
(p. 309-3I4)- 

Une exploration linguistique de ce coin de Bretagne est urgente 
et devrait être accomplie avant quelques années. Ce serait vrai- 
semblablement la dernière. Nous connaissons quelqu'un qui, pas- 
sant au Bourg de Batz dans l'été de 19 10, a eu la curiosité de se ren- 
seigner auprès de diverses personnes, et notamment de l'instituteur 
du pays, sur les limites actuelles du breton dans la presqu'île. Ces 
limites sont bien restreintes. On ne parle plus breton que dans quatre 
hameaux de la commune de Batz, Kervalé, Kermoisan, Trégaté et 
Roffia, habités principalement par des paludiers. Encore le breton 
n'est-il plus employé que par les vieillards. Nul individu ayant 
moins de cinquante ans ne parle ni n'entend le breton. On pourrait 
presque fixer d'avance la date où le breton disparaîtra définitivement 
de ce coin de terre. Les noms de personne sont généralement bre- 
tons dans la commune de Batz : le plus répandu est Le Huédé ; on 
rencontre aussi beaucoup de Le Berre et de Le Gars ; viennent 
ensuite Le Breton, Pichon et Picot. 

IX 

Dans le tome XVI de I'Hermathexa, nous relevons deux articles 
de M. Mario Esposito : p. 264-287, The pilgrimage of an Irish Fran- 
ciscan in A. D. 1322 ; p. 325-333, Some further notes on Mediaeval 
Hiberno-Latin and Hiberno-French literature. 

Le second n'est qu'un supplément à l'article du même auteur que 
nous avons résumé précédemment (tome XXXII, p. 229). Quant au 
premier, il est relatif à un curieux récit de voyage, Yltinerariuni 
Symonis Simeonis, conservé dans un manuscrit de la fin du 
xiv e siècle, le n° 407 de la Bibliothèque de Corpus Christi Collège, 
à Cambridge (f° 1-33). Symon Simeonis, frère mineur de Saint- 
François, appartenait sans doute au monastère de Clane (Co. Kil- 
dare en Irlande) ; le 16 mars 1322, il quitta l'Irlande avec un com- 
pagnon, Hugo Illuminator, pour faire un voyage en Terre Sainte. 
Ses principales étapes furent Chester, Litchfield, Londres, Canter- 
bury, Amiens, Beauvais, Paris, dont il fait une longue et magni- 
fique description, Lyon, Valence, Arles, Marseille, Gênes, Bobbio, 



152 Périodiques. 

Mantoue, Vérone, Padoue, Venise, Pola, Zara, Durazzo, Candie, 
Alexandrie, le Caire, où il perdit son compagnon, victime de la 
fièvre, et enfin Jérusalem, où il arriva au milieu de décembre de la 
même année. Ce qu'il paraît y avoir de plus important et de plus 
neuf dans son récit de voyage, c'est la description qu'il fait de 
l'Egypte. M. Esposito indique en terminant quelques points de 
comparaison avec le traité de géographie que le moine irlandais 
Dicuil rédigea vers 825, cinq siècles plus tôt. Tandis que Dicuil, 
malgré son intelligence, se fie aveuglément aux récits merveilleux 
d'un Pline, d'un Solin ou d'un Isidore, Symon se montre un obser- 
vateur perspicace et curieux, dont le témoignage personnel a une 
réelle valeur. 



X 

Le numéro 3 de The Journal of the Welsh Bibliographical 
Society est daté de décembre 191 1. Il débute par un article de 
M. E. A. Lewis, a Bibliographical Note on the sources of the Mediaeval 
Historv of the Welsh Boroughs (p. 65-75) '■> l'auteur y donne une liste 
d'ouvrages spéciaux ou généraux à consulter pour l'étude de l'his- 
toire communale en Galles, et notamment dans le Nord de Galles ; 
rien de complet ni de définitif, simples indications comme peut en 
recueillir chez nous tout étudiant qui dresse la « bibliographie » 
d'un sujet. — P. 76-83, se trouve un article anonyme sur The 
Hengwrt Library of printed books, relevé des imprimés les 
plus rares et les plus précieux de la célèbre collection. — -Enfin, p. 
83-89, M. T. C. Evans étudie John Walters and the first printing 
press in Clamorganshire ; John Walters, recteur de Llandough près 
Cowbridge, vécut de 1721 à 1797 ; il est connu comme l'auteur de 
l'English-Welsh Dictionary, dont l'impression commença en 1770 
à Cowbridge chez les imprimeurs Rees et Dan Thomas, mais ne fut 
terminée qu'en 1794 à Londres. 

XI 

Il existe à Londres depuis 1898 une Folksong Society, dont l'ob- 
jet est de recueillir et de publier des chants populaires, besogne 
dont s'acquittent également en Irlande Ylrish Folksong Society et en 
Galles la Welsh Folksong Society. Le secrétaire de la Folk-song 
Society est M. Frederick Keel, 19 Berners street, London W.; les 
membres paient une cotisation annuelle de 10 s. 6 d. 



Périodiques. 1 5 3 

Cette société publie un journal. Le fascicule ié (3 e du tome IV) 
du Journal of the Folk-song society est entièrement consacré 
à une étude de miss Frances Tolmie, A neiu collection of Gaelic 
Songs (décembre 191 1 ; p. i-xjv et 143-278). 

Miss Frances Tolmie, nous dit la préface, est une Ecossaise des 
Iles Hébrides, qui depuis son jeune âge — elle a aujourd'hui 
70 ans passés — s'intéresse au folk-lore gaélique. Elle s'est parti- 
culièrement occupée de recueillir des chansons populaires. Le 
recueil qu'elle publie est des plus importants : il se compose de 105 
morceaux, qu'elle a tirés soit de ses propres souvenirs, soit des 
souvenirs de deux amis, natifs comme elle des Iles Hébrides, mais 
qui tous proviennent de chanteurs du pays. Ce caractère tout local 
du recueil n'en n'est pas le moindre intérêt. Les différents chants 
sont groupés sous cinq chefs : 1. Songs of Rest and Récréation, 2. 
Songs of Labour (Waulking, Reaping, Rowing, Milking), 3. 
Ancient heroic Lays (relatifs notamment à la légende de Finn), 4. 
Songs to chiefs and others, 5. Laments and Love Lyrics. Le folk- 
lore occupe naturellement dans ces chansons une place importante. 
Les folk-loristes pourront glaner dans le recueil une riche quantité 
de faits variés. Les musiciens aussi apprécieront le charme de ces 
mélodies vraiment populaires, qui se ramènent toujours à la gamme 
pentatonique (ou pentaphone), simple ou renversée, parfois accrue 
d'une sixième note supplémentaire. Il y a en tout quinze modes 
dans la musique des chansons de miss Frances Tolmie ; c'est égale- 
ment le nombre des modes de la musique bretonne, telle que l'a 
définie M. Duhamel (v. Annales de Bretagne, t. XXVI, p. 73e). Une 
intéressante comparaison s'impose entre les deux pays ; bornons- 
nous à recommander le sujet aux musicologues. 



XII 



Le tome XVII des Mémoires de la Société de Linguistique 
contient dans son premier fascicule (p. 60 et suiv.) un article de 
M. Meillet sur les Formes verbales de V indo-européen *melg- 
« traire ». Il s'agit d'une tentative fort originale de restitution d'un 
prototype indo-européen pour le verbe qui est en grec xuéXyw, en 
vieux-haut-allemand milchu, en irlandais bligim, en latin mulgeô, en 
vieux-slave mh\q, en lituanien mél{ii. En mettant à part les forma- 
tions qui se dénoncent ou se laissent interpréter comme récentes, 
M. Meillet établit qu'il faut poser pour l'indo-européen un présent 
athématique comportant l'alternance *mêlg-, *>nlg-. Il utilise pour 



154 Périodiques. 

sa démonstration les formes parallèles *inêrg- *nn g-(\'éd'ique ""'' - 
jwi mrjântf), qu'il interprète comme des doublets dus à la dissi- 
milation et issus de formations redoublées du orenre des intensifs 
sanskrits mârmrj- et marmrjyâ-. Et cela le conduit à déterminer 
le sens ancien de la racine, qui était « faire sortir » ; de là le sens 
de « traire » spécialisé dans le type *melg- (cf. tous les présents 
cités plus haut), tandis que le type merg- prenait le sens de « es- 
suyer » (skr. mârjmi, gr. dpwpyvufAi) ou de « cueillir, extraire o 
(gr. iaÉcyo). Le sens ancien se retrouve pour le type *melg- en 
italo-celtique. Il est impossible en effet de séparer des mots précé- 
dents le latin promulgâre et l'irlandais durinmailc gl. promulgauit 
Ml 31 d 3, dont l'infinitif tinmlegun gl. promulgatione Ml. 71 c 
18 a la même forme que blegon « traite » (mbleguin dans les Annales 
d'Ulster, à l'année 732) ; et le subjonctif vieil-irlandais coduiiiuiail 
traduit le latin « ut eliceat » (Ml. 50 b 1). L'évolution sémantique 
a été ici « faire sortir, mettre en évidence ». Ce n'est pas la 
première fois qu'on constate en italo-ceitique de précieux archaïsmes 
de vocabulaire. 

Dans le cinquième fascicule du même tome XVII, p. 337 etsuiv., 
figure un article, signé J. Vendryes, sur la Place du verbe en celtique. 
L'usage de placer le verbe en tête de la phrase attesté en irlandais 
et en gallois (mais non en gaulois) serait sorti des phrases où le verbe 
comportait un préverbe et un pronom infixe. En effet, en indo-euro- 
péen on plaçait les particules ef les formes enclitiques des pro- 
noms après le premier mot de la phrase. Or le celtique a conservé 
l'usage des pronoms régimes enclitiques. D'autre part le groupe 
préverbe + verbe tendait en celtique à devenir inséparable. Ainsi 
se trouvait pour ainsi dire stéréotypé le début de toute phrase dans 
laquelle le verbe était composé et avait pour régime un pronom ; 
une pareille phrase devait nécessairement commencer par préverbe 
-f- pronom régime + verbe ; ensuite se rangeaient naturellement 
le sujet et les autres régimes. La langue aurait généralisé l'usage 
de placer le verbe avant sujet et régimes, c'est-à-dire en tête de la 
phrase. 

XIII 

Vient de paraître le premier cahier du tome XXX des Indoger- 
makische Forschungen. Aucun article n'y est particulièrement 
consacré au celtique. Toutefois, M. H. Gùntert, dans un travail 
Zur Bildung der altindischen Desideraliva(p. 80-137), utilise quelques 
rapprochements avec l'irlandais. Il signale notamment p. 108 que 



Périodiques. 155 

l'irlandais gae « javelot », gaulois guiso- répond au mot sanskrit 
hésas- qu'il traduit par « arme de trait » dans un passage du Rg- 
Veda, X, 89, 12. De plus, p. 109, il explique d'après M. Thurney- 
sen le verbe sanskrit kridali « il joue » (de *kri^d-) en le ratta 
chant a l'irlandais cless « tour d'adresse ». Enfin, p. 133, étudiant 
l'origine des désidératifs sanskrits, il passe en revue les formations 
analogues des autres langues et consacre un développement au 
futur sigmalique de l'irlandais. Son information est précise et juste. 

J. Vendryes. 

XIV 

La Romania (t. XL, n° 157) contient une note de miss G. Schœp- 
perle sur un vers de la Folie Tristan de Berne. Dans le n° 158 un 
article de M. Huet sur le Château tournant dans la suite du Merlin : 
on sait que parmi les aventures merveilleuses du cycle arthurien il 
est question d'un château qui tourne avec une grande rapidité, dans 
lequel un chevalier doit pénétrer. Or précisément un château sem- 
blable est décrit dans la navigation de Maelduin (d'Arbois, L'épo- 
pée celtique en Irlande, I, 293). Dans les n os 159 et iéo, M. Cos- 
quin, un des meilleurs folkloristes français, étudie avec beaucoup 
de sagacité le conte du chat et de la chandelle dans l'Europe du 
Moven Age et en Orient. 

XV 

Les lecteurs de la Revue Celtique trouveront comme toujours à 
glaner des faits curieux appartenant au folklore celtique dans la 
Revue des Traditions populaires : citons en particulier dans le 
ii° 1 1 du tome XXVI des contes bas-bretons recueillis par M. Fri- 
son, dans le n° 12 des contes de Haute-Bretagne rassemblés par 
M. Paul Sébillot, dans le n° 1 du tome XXVII des chansons popu- 
laires du Bas-Vannetais publiées par M. Frison, etc. 

XVI 

Dans le n° 2 du volume XXII de Folklore, M. Th. Westropp 
poursuit sa très utile description du folklore du comté de Clare en 
Irlande : il examine les croyances relatives à la chance, aux pré- 
sages, aux rêves, à la divination. On notera la persistance d'une 
curieuse coutume le jour de la Saint-Etienne : un cygne est mis à 
mort, et son corps promené sur des branches arrangées en croix. 



156 Périodiques. 

M. Westropp croit reconnaître là un reste des superstitions rela- 
tives aux druides, le cygne étant l'oiseau druidique, donc maudit 
en pays chrétien. N'y auraii-il pas là plutôt la survivance d'un 
rite de sacrifice agraire, peut-être de sacrifice du dieu. On n'en 
sait plus d'ailleurs la raison, et on cherche à l'expliquer : si un 
cygne est mis à mort, dit-on, c'est que jadis précisément un cygne 
trahit la cachette de saint .Etienne. 

Les traditions relatives aux sources sont particulièrement abon- 
dantes dans les vies de Saints, échos de légendes topologiques : 
de plus le Saint hérite des attributs du héros découvreur de sources. 

Dans le n° 3 on notera la description d'un certain nombre de 
fêtes et cérémonies traditionnelles, notamment celle qui eut lieu 
jusqu'à une époque récente à Iniscatha (Scathery Island sur le 
Shannon) et qui commémorait la victoire de saint Senan sur un 
monstre. 

Dans le n° 4 on trouvera une série de superstitions relatives aux 
animaux et aux plantes. 

XVII 

Dans le tome XXX des Axalecta Bollandian'a nous trouvons 
au fascicule 2 un article nécrologique consacré au regretté P. Ch. 
de Smedt : la Revue Celtique a déjà eu l'occasion de dire tous les ser- 
vices qu'il a rendus à l'hagiographie et à l'hagiographie celtique en 
particulier (t. XXXII, p. 243). Depuis, un nouveau deuil est venu 
frapper les Bollandistes avec la mort du regretté P. Poncelet. Mais 
leur œuvre ne s'en poursuit pas moins; les articles originaux 
restent des modèles de critique, les textes sont édités de façon 
excellente, et le bulletin des publications hagiographiques est un 
instrument bibliographique de premier ordre. 

J. Marx. 



Le Propriétaire-Gérant, H. CHAMPION. 



MAÇON, PROTAT FRERES, IMPRIMEURS. 



THE DEATH OF DIARiMAID 



In a preceding article, The Reproach of Diarmaid, p. 41 
above, we hâve attempted to form an idea of the contents of 
the lost Aithed Grainne ingine Corbmaic la Diarmait tta 
Duibne (The Elopement of Grainne, daughter of Cormac, 
with Diarmaid grandson of Duibne), mentioned in the 
tenth centurv list of taies in the Book of Leinster. 

Of the death of Diarmaid we hâve no mention previous to 
that contained in a lay in the Duanairc Finit, dating some- 
where between the twelfth and the fifteenth century 1 . In this 
we are told that Finn makes peace with Diarmaid and 
Grainne after sevén years unsuccessful pursuit. He forms 
the treacherous design of sending Diarmaid to hunt a magie 
boar which he knows the hero is destined not to survive. 
Diarmaid dies in overcoming the beast. A similar account is 
preserved in the eighteenth century literary version 2 . 

L. C. Stern, in tht'Zeitschrift fur celtische Philologie, V, 564, 
gives an account of the published versions of the ballad of 
Diarmaid's death, and an estimate of their relative values. 
They ail give substantially the same narrative. The variants 
will be mentioned in the notes to the présent article. Some 
versions not noted by Stern hâve been included in our study. 
In thèse Diarmaid is represented as coming from the struggle 
unharmed. Finn disputes his measurement of the boar, and 

1. Duanaire Finit, éd. J. MaeNeill, Irish Texts Society, VIII (Londou, 
1908), p. 45, 149. 

2. Toruigheacht Dhiarmuda agus Ghrainne, éd. S. H. O'Grady, Ossianic 
Society Publications, III (Dublin, 1857) cited by pages; reprinted for the 
Society of the Préservation of the Irish Language, in tvvo parts, cited by 
parugraphs. 

Revue Celtique, XXXIII. 1 1 



158 /. //. Lloyâ, O. J. Bergin, G. Schoepperh. 

asks him to measure it against the bristle. In doing so, the 
hero is fatal ly wounded by the poisonous spike. The three 
Iays hère printed give this version. The first is from a six- 
teenth century manuscript, the Book oj the Dean of Lismore. 
The second is a hetter version of the same lay ; the third is 
from Kennedy 's second collection of Ossianic ballads, made 
about 1774 (v. infra). 

The third lay gives an account of how Finn learned the 
whereabouts of Diarmaid, and enticed him to take part in 
the hunt. A prose introduction to the lay and an account 
current in Scotland ' gives a similar version : 

They went up the side of a burn that was there and took 
their dwelling there, and they had beds apart. Diarmaid was 
making dishes, and the shavings which he was making were 
going down the burn to the strand. The Fianna were hunting 
along the foot of the strand, and they w T ere on the track of 
a venomous boar that was discomfiting them. Finn took 
notice of the shavings at the foot of the burn. 'Thèse', said 
he, 'are the shavings of Diarmaid'. ' They are not;he is not 
alive', said they. 'Indeed', said Finn, 'they are'. ' We wiil 
shout Foghaid, a hunting cry, and in any place in which he 
may be, he is sworn to it that he must answer. 

The introduction to the lay which we translate from Ken- 
nedy 's collection, gives a description of the shavings : 

The speal curled around nine times, and it was S. . . quar- 
ters long ; there was none in Ireland that could do the 
like 2 . 

We find the following instances of a similar identification 
by whittlings in Middle Irish. In the Rennes Dindsenchas 3 : 

Slechtaire discovered an underground cave wherein they 
dwelt for a long time. Every night they used to go forth 
from it a-raiding, and one day they found, on Luachair Aine, 
Find's son Ossian alone. They make a prize (?) of him and 



1. J. F. Campbell, Popular Taies of the West Highlands (Edinburgh, 
1862), cited W. H. T. 

2. J. F. Campbell, Leabhar na Feiwie (London, 1872), 158 b, cited L.b. 

3. Rev. Celt., XV, 447. 



The Death of Diarmaid. 159 

carry hirn orî" to their dwelling, There Ossian eut a chip 
from a spearshaft (which Crimthann had given him to trim) 
and cast it into the stream from the well, so that it got to 
Ath na Féile « the Ford of the Féale », where Finn was 
dwelling. Then Find took the chip in his hand and said, 
' Ossian ruade this' and Find's men ascended the stream to 
its source and saw the earth cave. 

This story is versihed in the Book of Leinstcr, where it is 
said that Ossian cast into the stream a bail made of the chips 
from the spear shaft. 

Another middle Irish story which contains this trait is the 
folio wing : : 

Finn went on the track of Ferchess to avenge Mac Con..., 
until he slew him at the end of seven years at the Pool of 
Ferchess on the Bann, when he found the chips carried down 
the river which Ferchess had set free. 

A similar incident occurs in the French romances of Tris- 
tan and Isolt. Hère the clue for identification seems to the 
poet so hazardous that he adds others. The oldest form of 
the incident is the following 2 : 

The king has dismissed Tristan from the court. Separated, 
the lovers languish. Isolt sends Brangien to tell Tristan that 
he must find means of seeing her. He promises that he will 
meet her that very night in her orchard. Moreover, when- 
ever, night or day, she sees a branch in the stream that flows 
through her chamber, she is to wait and see if a bit of bark 
tollows it, on which is carved a five pointed cross. Whenever 
she finds this in the stream, she may know that Tristan is 
under the linden near its bank. The device is repeatedly suc- 
cessful. 

The Norse translation of the lost version of Tristan by the 
Anglo Norman poet Thomas further describes the shavings 
made by Tristan 3 : 

1. Fianaigecht, éd. Mever, R. I. A., ToJJ Séries, XVI, p.xxm, 38, 9. 

2. Eilbart von Oberge, éd. Franz Lichtenstein (Strassburg, 1876), Quel- 
len und Forschungen, XIX, 1. 3278-3355, cf. 3490-3494. 

3. Die nordische und die englische version der Tristausage, éd. E. Kôlbing, 
Heilbronn, 1878, 1882, I, p. 167 1. 19 ff. 



i6o /. H. Lloyd, O. J. Bergin, G. Schoepperle. 

He took a branch and whittled fair shavings so skilfully 
that no one had ever seen their like ; for when they were 
cast into the water, they were not damaged and floated 
like toam on the water and no current could destroy 
them. 

This identification by whitllings carried on the stream is 
unique in French romance and is probahly a survival in 
Tristan as in thèse late versions of Diarmaid and Grainne, of 
older Celtic tradition 1 . 

When Finn knows that Diarmaid is in the vicinity, he looses 
the dogs and stations the hunt about Ben Gulbain. According 
to the oral versions 2 it is one of Diarmaid's geasa ahvays to 
follow the barking of the dogs of the chase. This trait seems 
to be understood in two ot the lays hère printed : Diarmaid 
insists upon following the hounds although Grainne does lier 
best to dissuade him, and both seern to be aware that to do 
so is to fall certainlv into the hands of Finn (K, stanza n). 
Finn's stationing the hunt about Ben Gulbain in order that 
Diarmaid might hear the baying of the hounds (K, stanza 9) 
is alluded to by the poet in the Dean's Book as treachery 
(stanza 4; cf. K. stanza 16). According to the oral versions } , 
another of Diarmaid's geasa was never to refuse a request 
made bv one of the Fenians. This is alluded to in Kennedy's 
version (stanza 25) to explain his compliance when Finn asks 
him to measure the boar. 

It is noteworthy that neither the version of the Death of 
Diarmaid in the Dean's Book nor that in Kennedy's collection, 
contains the stanza, common to almost ail the others 4 , 
recounting the death of Grainne : 

Dh' adhlaic sinn air an aon tulaich, 

An àm suidheachadh na muice fiadhaich, 

1. Cf. Remania, XXXVIII, p. 196-218. 

2. L. F. 153, 156, 158, 160; W. H. T. 45; O'Grady, 172-4, II, 
1137. 

3. Cf. The Reproach of Diarmaid, R. C, XXXIII, p. 49,11. 1. 

4. J. G. Campbell, TJie Fiuns, JVaifs and Strays of Celtic Tradition, V 
(Loodon, 1891), cited F, p. 60, 62 ; cf. IV. H. T. 45, 72, F. 57, 68, 62, 
L. F. 163, 164 a, 164 b. 



The Death of Diarmaid. 1 6 1 

Grainne nie Chormaic a Chuillinn, 
Da chuilcan, agus Diarmaid. 

We buried in the same hillock, when settling the wild pig, 
Grainne, daughter of Cormac of Ulster, the two whelps and 
Diarmaid. 

According to some versions, Grainne was buried alive, 
because Finn discovered Diarmaid's innocence and her trea- 
chery with the stranger of the cave '. According to the 
manuscript of the eighteenth century literary version edited 
by O'Grady, Finn persuades her to become his wife 2 . 

The extant fragments of the tenth century tradition of 
Diarmaid and Grainne do not extend to the death of Diar- 
maid. They also fail to furnish any light on the attitude of 
Diarmaid toward Grainne beyond the fact of her initiative, 
their elopement, and their life together in the forest. The oral 
tradition may, it seems to us, préserve faithfully the outlines 
of the rest of the story : Diarmaid's loyalty to Finn and his 
résistance to Grainne, the épisode of the stranger in the cave 
and the rash boon, the discovery of Diarmaid by Finn by 
means of the chips on the stream, his luring Diarmaid to the 
hunt by taking advantage of one of his geasa, the death of 
Diarmaid by the boar, and the death of Grainne. Wë cannot 
however trust the interprétations in the oral versions of the 
characters or of the signifiance of the épisode of the stranger 
in the cave. 

The most important ballad of Diarmaid's death is the one 
in the Book of the Dean of Lismore, a manuscript of the 

i. F. S7- 

2. I have examinée! ail the manuscripts of the Joruigheacht Dhiarmuda 
agus Ghrainne, Catalogue, p. 249-50, and the others in the Royal Irish 
Academy and in Trinity Collège, Dublin ; also those in the British Muséum. 
They vary greatly in the amount of episodic material contained, and in 
the point at which they conclude. None of them contain as much as that 
edited by O'Grady. They usually end with Grainne's appeal to her sons 
for vengeance (O'Grady, p. 204 ; II, § 55) or with Aonghus's lament for 
Diarmaid (p. 199-201, II § 52. Hence they do not contain the account of 
Grainne's marriage with Finn. In MS. 23. P. Q. R. I. A, it is said that 
Grainne grieved for Diarmaid until her death. 



i62 /. H. Lhyd, 0. J. Bergin, G, Scboepperle. 

sixteenth century, containing Ossianic poetry written in Ear- 
ly Modem Irish with Scotch peculiarities. The poem proba- 
bly dates toward the end of the fifteenth century. This text 
of the Death of Diarmaid was edited with an English transla- 
tion by Thos. Me. Lauchlan, The Book of the Dean of Lismore 
(Edinburgh, 1862), p. 64, 20. The Reliquiae Celticae of Came- 
ron, I, 36, contains a diplomatie text, with a restoration in 
modem Scotch Gaelic. Mr. J. H. Lloyd published a restora- 
tion in Modem Irish in An Claidheamh Soluis, the organ of 
the Gaelic League, Dublin, in July, 1910. The ianguage of 
the Dean's Book being a cross between Irish and Scotch Gae- 
lic, restoration into either of thèse dialects is inevitably unsa- 
tisfactory. The folio wing transcription of the phonetic spel- 
ling of the original, attempts to represent as accurately as 
possible the peculiar dialect in which the lay is written. 
Besides the difficulties offered by the orthography, there are 
many which are no doubt due to errors in the Dean's texts 
(cf. Stern, ZCP, I, 29e). The présent text is based on Came- 
ron's diplomatie édition. 

A HUGHDAR SO AILIN MAC RUAIDHRi 



i . Gleann Sidhe an gleann so rem thaoibh, 
i mbionn (?) faoidh éan agus Ion ; 
meinic [a] rithdis an Fhiann 
ar an tsrath so in diadh a geon. 

2. An gleann so fa Bheinn Gulbain ghuirm, 
is aille tulcha fa ghréin, 
nior bh'annamh a shrotba go dearg 
in diadh shealg ô Fhionn na bhFiann. 

3 . Eistidh beag madh dil libh laoidh, 
a chuideachta chaomh so, uaim, 
ar Bheinn Gulbain is ar Fhionn fiai, 
is ar Mhac Ui Dhuibhne, sgéal truagh . 



. . le Fionn fa truagh an scealg ', 
ar Mhac Ui Dhuibhne is dearg H 



1. anchealg ? 



) 



The Death of Diarmaid. 163 

dhul do Bheinn Ghulbain do shealg 
an tuirc nach féadann arm [do] dhith 

Le Mac Ui Dhuibhne an airm àigh 

do gon dtorchair an tore 

Finn 

is é rinn do locht '. 

a dhdil, 

Mac Uf Dhuibhne, grddh nan sgol, 
ag so an sgéal fan tuirseach mndn 

gabhar leis do ldimh an tore . 

[A] dhiongbhdil do na bhFiann, 

dd gcuirthi (?) é as an genoe, 
an sean-torc sidhe ba garbh 



Suidhighfis] Fionn is dearg dreach 
fa Bheinn Ghulbain ghlais an tseslg, 

leis an tore, 

mor an t-olc a rinn an scealg. 

Re cloisteacht comhghdir na bhFiann, 
anoir 's aniar [ag] teacht fa a ceann, 

éirghis an uath-bhéist 6' suan, 
is gluaisis uadh ar an gleann. 

Corruighis (?) re faicinn nan laoch, 
in sean-torc sidhe ar fraoch borb, 

ba géire nd gdinne sleagh, 

ba tréine feagh (?) nd an ga bolg 2 . 

Mac Ui Dhuibhne na n-arm géar, 
freagrar leis an uath-bhéist uile : 

'na taobh .... trom nimhneach gdidh 
cuiris sleagh in ddil an tuirc . 

Brisear an crann leis fa thri, 
's a cheann farior ar an muic, 

an tsleagh 6' bhais bharrdheirg bhldith, 
. . .nochar shdidh 'na corp. 



1 . is é as mo rinn do locht, that tuas the greatest fault he committed ? 

2. feag, tooth. O'Reilly? fedh, Rrf. Celt., I, 166, Stern's reading saigh, 
Z. C. P., I, 323, does not rhvme well with sleagh. 



164 /. H. Lloyd, 0. J. Bergin, G. Schoepperle. 

1 3 . Tairngis an tscan-lann ô' truaill, 

do chosain môr buaidh i n-âr 
marbhais Mac Ui Dhuihhne an phéist, 
do thâinig féin dâ héis slân. 

14. Tuitis sprocht ar Fhionn na bhFiann, 

is suidhis se [siar] sa gcnoc ; 
Mac Uî Dhuihhne nâr dhiûlt dâimh, 
olc leis a theacht sldn on tore. 

15. Ar bheith dhô fada 'na thost, 

adubhairt, gér bh'olc re râdh, 
' Tomhais a Dliiarmaid ô' shoc 
gâ mhéid troigh san tore so atà.' 

16. Char dhiûlt é athehuinghe Finn, 

olc linn gan a theacht dâ thoigh, 
toimhsidh [an] tore ar a dhruim, 
Mac Ui Dhuihhne nach trom troigh. 

17. Tomais 'na aghaidh aris, 

a Dhiarmaid, go min an tore, 
budh leatsa do (?) rogha dhâ chionn, 
a ghiolla na n-arm rionn goirt. 

18. Iompoidhis, ba thurus gâidh, 

agus toimhsidh dhâibh an tore, 
goinidh an friodh nimhe garbh, 
bonn an laoich ba gharg in dtroid. 

19. Tuitidh ann sin ar an raon, 

Mac Ui Dhuibhne nâr fhaomh feall, 
'na laighe do thaobh an tuirc, 

ag sin fa] oidheadh dhuit go dearbh. 

20 . Atâ se ann soin fa chriaidh, 

Mac Ui Dhuibhne, ciabh na geleacht, 
aon-mhacaomh fuileach na bhFiann, 
san tulaigh so 'chiam, fafheart. 

21. Seabhac sûlghorm Easa Ruaidh, 

fear le [mjbeirthi buaidh gach air, 
in diaidh a thorchairt le tore, 
fa thulchain an chnuic so atâ. 

22 . Diarmaid Mac Ui Dhuibhne fhéil, 

[a] thuitim tre éad mo nuar, 



The Dectth of Diarmaid. 165 

ba ghile a bhràgha nâ grian, 
ba deirge a bhéal nâ blâth cn[uas]. 

23 . Fa buidhe a fhionnfadh's a fholt, 

fada [aj rose barrghlan fa fhleasg, 
guirme is glaise 'na shùil, 

maise is caise i gcûil na geleacht. 

24. Binneas is grinneas 'na ghlôr, 

gile 'na dhôid bharrdheirg bhlâith, 
méid agus aobhdhacht (?) san laoch, 
seinge is saoire 'na chneas ban. 

25. Cumhachtach (?) is mealltôir ban, 

Mac Ui Dhuibhne ba mhear (?) buaidh, 
an tsuirghe char thôg a sûil, 
ô cuireadh ûir ar a ghruaidh. 

28. Imeartach (?) éididh is each, 

fear i n-éigean creach nâr chearr, 
giolla a b'fhearr gaisgeadh is saoi (?), 
ach, truagh mar ataoi (?) sa ghleann. 

TRANSLATION 
The author of this is Ailin mac Ruaidhri. 

1 . Thisvalley beside me is Gleann Sidhe ; 

in which are (?) the cries of birds and elks; 
often would the Fenians rush 
up this valley after their hounds. 

2 . This valley under Beann Gulbain ' the blue, 

whose hills are the fairest beneath the sun, 
not seldom were its streams red, 
after chases by Fionn of the Fenians. 

3 . Listen a little if vou wish for a lay, 
O dear company, from me, 
of Beann Gulbain, of generous Fionn, 
and of Mac Ui Dhuibhne, a sad taie. 

4 Fionn, sad wastheguile 

upon Mac Ui Dhuibhne, of ruddy hue, 

1. The original mountain is Benbulbin in Barnarobin townland, barony 
of Carbury, Co. Sligo.The Scottish Gaeis transferred the name to a moun- 
tain in Perthshire.. Hence Ben Gulbain and Glen Sidhe beside it. 



i66 /. H. Lloyd, O. J. Bergin, G. Schoepperîe. 

to go to Beann Gulbain to chase 

the boar that no weapon can destroy '. 



) 



6. 



Bv Mac Ui Dhuibhne of the triumphant weapon 

that the boar fell, 

Fionn. 



Mac Ui Dhuibhne, the darling of the schools, — 
this is the taie that makes women sorrowful, — 
he undertakes [to meet] the boar. 

7. His match. . . . of the Fenians, 

if he were put (?) out of the hill, 
the old fierce magie boar 

8. Fionn of ruddy countenance set, 

the chase about Beann Gulbain the grey, 

by the boar, 

great was the harm wrought bv the deceit. 

9 . Hearing the claraor of the Fenians, 

coming towards it from the east and irom the west, 
the^monster arose from sleep, 
and moved along the vallev. 

10. At the sight of the warriors 

the old magie boar started (?) in fierce rage, 
(the boar) which was keener than spear points, 
with tusk (?) stronger than the ga bolg. 

1 1 . Mac Ui Dhuibhne of the keen weapons 

answers the raging monster, 

in its side. . . heavy, venomous, dangerous, 

he cast a spear against the boar. 

12 . His spear-shaft breaks in three, 

its head, alas, in the boar, 
the spear from his red-tipped smooth hand 
. . he did not thrust into its bodv. 

13. He drew from its sheath the old blade, 

which had won many a victory in battle ; 
Mac Ui Dhuibhne killed the beast, 
he himself came back safe 2 . 

1. For the magie character of this boar see O'Grady's édition, 176-82 
II, § 38-41. The association of the life of a hero with that of a certain 
animal is a fréquent trait in popular tradition. 

2. Contrast O'Grady 182-4, II §41. 



The Death of Diarmaid. 167 

14 . Anger seized Fionn of the Fenians, 

and he sat back on the hill, 

itgrieved him that Mac Ui Dhuibhne (who never refuscd 

poets) 
should hâve corne safe from the boar. 

1 5 . When he had been long silent, 

He said, though it was an ill saving : 
' Measure, O Diarmaid, from its snout, 
how many feet there are in this boar ? " 

16. He did not refuse Finn's request ; 

we grieve that he did not come home. 

He measured the boar on its back, 

the son of O'Duibhne, of tread not heavy. 

17 . ' Measure again, backward, 

O Diarmaid, carefully, the boar ; 

thou shalt hâve thy (?) choice in reward for it, 

O youth of the sharp-pointed weapons. 

18 . He turned — it was a dangerous movement — 

and measured the boar for them ; 

the venomous rough bristle 

wounded the sole of the warrior fierce in fight '. 

19 . Then he fell on the path, 

the son of O'Duibhne, who consented not totreacherv, 
on the ground beside the boar — 
there is his fate for you trulv. 

20. He is there under the clav, 

The son of O'Duibhne with curlv hair, 
the most warlike youth of the Fenians, 
on this hill which we see, in a grave. 

2 1 . The blue eyed hawk of Assaroe, 

by whom victory was won in everv slaughter, 

since his fall by the boar, 

is under the summit of this hill. 

22. Diarmaid, son ofgenerous O'Duibhne, 

alas, thathe should havefallen through jealousy! 

1 . Diarmaid is represented in the versions collected from oral tradition 
as vulnérable only in his right heel, W. H. T. 44: F 54, 63 ; L. F. 158 b, 
161 a. 



i68 /. H. Lloyd, O. J. Bergin, G. Schoepperle. 

His neckwas brighterthan the sun ; 

his lip was ruddier than the blossom of clusters. 

23 . Yellow was his hair : 

long his fair topped eye under a curl ; 
blueness and grayness in his eye : 
beauty and curliness in his curly hair. 

24 . Sweetness and merriment (?) in his voice ; 

whiteness in his smooth, red-tipped palm ; 
size and charm (?) in the warrior, 
Grâce and nobility in his white skin. 

2 5 . Master (?) and charmer of women, 

Son of O'Duibhne of swift victories, 

wooing has not lifted her eye 

since the clay was placed on his cheek. 

26. One who was busy (?) about armour and steeds, 
and was not crooked in hardship offorays, 
the man who was best in war, and the sage (?), 
ah, it is sad how thou art (?) in the glen ! 

The best version of the ballad of Diarmaiâ's Death is the 
fragmentary one found in the Edinburgh Gaelic manuscript 
XLVIII (v. Reliquiae Celticae, I, xm). The text is printed in 
Reliquiae Celticae, I, 166, and \ve publish a translation hère. 
It is infortunate that the manuscript breaks off at this point ; 
for its readings, as shown by the mètre, are often better than 
those of the version in the Dean's Book . 

1 . This glen beside me is Glenn Sîodh, 
wherein is the cry of birds and elks, 
frequently would the Fenians run 
(along) this strath in the west after their hounds. 

2 . Beinn Ghlasbha (?) and Beinn Ghulbann the blue, 
whose hillocks * are the loveliest under the sun, 
often were its streams red 
after chases by Finn with his Fenians. 



1 . Diarmaid is the hero of numerous love stories in Ossianic literature. 

2. tuilm rhymes with ghuirm, and hence is better than the reading in 
the Dean's Book, tulach. 



The Death of Diarmàid. 169 

3 . Listeri a little, if you would hâve a lay, 

about this dear company that is gone, 

about Ben Gulbain, about generous Finn, 

and about the grandson of Duibhne, my sad taie ! 

4. It was allotted by Finn (sad was the treachery), 

upon the grandson of Duibhne of ruddy hue, 

to go to Ben Gulbain to hunt 

the boar that no weapon could subdue. 

5 . The beast awoke from its sleep, 

andlooked l away over theglen, 

and it saw the foragan - of the Fenians 

from east and west coming against it. 

6 . Is roused (?), at the sight of the warriors, 

the old boar of the elf mounds 3, 
longer was its tusk than a spear ; 
sharper ixsfedh than the ga bolg. 

7. Diarmàid, son of generous O'Duibhne, 

cast a spear at the boar ; 

the shaft was broken in three, 

but it went (if the taie be true) into the boar. 

8. The spear from his smooth white-tipped hand, 

he pulled ■ivhat was in its body. 

9 . He drew the old blade from its sheath, 

which had won many victories in battle : 

the beast fell by Diarmàid, 

and he came back safe thereafter. 

10. When Finn had long been silent, 

he spoke, and it was ill to say : 

' Measure, O Diarmàid, from its snout 

how many feet there are in the boar'. 

11. 'I will not refuse thv request, O Finn, 

I am sorry that I did not come against her (?) +. 

1 . d'amharc seems to be a better reading than gluaisis of the Dean's 
Book. 

2. forgan, (a) keenness, anger; (b) noise, chime, Highïand Society Dic- 
tionary. 

3. under heather (anger') oftbc hills. But benn does not rhyme. 

4. '«a haghaidh, against her, ie. the boar (mue) or beast (beist). But 
the text is corrupt. 'na thaigh, to his house, would rhyme with traigb 
(sic leg.). 



ijo /. H. Lîoyd, O. J. Bergin, G. Schoepperle. 

He measured the boar on its back, 

tlie grandson of Duibhne, thc light-iboted. 

1 2 . Seventeen feet of true measure 
there were . . . that pig 
'That is not its true measure but — 



The following fragment in late hand (seventeenth or eigh- 
teenth eentury?) and bad spelling oceurs on p. 39 ofMSH. 
4.22 (T. C. D.). It isofinterest as offering an Irish représen- 
tative of the ballad of Diarmaid's death so popular in Seotland. 

A Diarmaid eisd/; nac/; ghadhair 

na freag/w/Y an ûadh&ch breige 
decatY taeb/; ré Mac Cuaill 

is cui»/ai» beith gan ceile. 

Fiadac/; breigfre an fiadac/; so 

ataid a coin ar slabr«id 
ac/;d fiad/;ac/j na peisteso 

âcbuni tusa do marbad/;. 

Na abait si» a Grane 

na ïobbair naire dod ceile 
dm (?) tregWind ma sealg/.'a 

ar agla na Feine. 

Trug si» a Mie hi Dui«»bne 
is cuiwmig mar 

Translation. 

O Diarmaid, heed not the hounds, answer not the sham hunt. It ishard 
to trust the Son of Cumhall : (he) remembers that he is without a wife. 

This hunt is a sham hunt ; his hounds are chained ; but the hunt of this 
beast is in order to kill thee. 

Say not so, O Grâinne; put not thy husband to shame. I would not aban- 
don my hunt for fear of the Fian. 

Alas ! thou Son of Ô Duibhne, consider how... 



We append a translation of a version of the Deatb of Diar- 
maid collected by Kennedy, about 1774 and printed in J. F. 






The Deatb of Diarmaid. 171 

CampheH's Leabbarna Fànne (London, 1872), p. 158 b. The 
more important variants of the version in Kennedy's second 
collection, noted in Leabbar un Fciiuie p. 161 b, are mention- 
ed. 

1 . Ossian : This glen beside us is Glen Shee, In which 
was wont to be the sound of deer and elk, Often the 
Fenians used to run In the valley westward after the 
hounds. 

2. Listen a while if you want a lay Concerning this dear 
company that is gone, About Ben Gulbain and the prince 
of the Fianna, And the son of O Duibhne of the sad taies. 

3 . Patrick : Why should we not listen to thy lay, Belov- 
ed ' Ossian, sweeter in voice than the birds of the shore 
lamenting, Or the birds of the wood at the coming of 
day? 

4. Ossian : One day my generous king And his Fenians 
w ho were not timorous 2 , Were hunting along dark glens. We 
went down to the strand. 

5. Then my king saw, In front of the true man ol 
strength of Ireland 5 , A chip in the white, pure whirlpool, 
Folded nine times, coming to the sea. 

6. He caught it in his white hand, And he gazed sharp- 
ly and keenly. He measured it with his comely |foot, And 
its length was five feet and a span. 

7. Then he spoke fiercely : It is Diarmaid who made this, 
in ail truth, And none of the men of Cormac, or the swords- 
men of the Fianna . 

8. My king refused absolutely to take food or drink, until 
the face of the champion should be found, If he were alive 
in Erin in a cave. 

9 . We set loose our hounds on the mountain, And 
through the very dark and lovely woodland, After the 
wild cat of the cairns, So that he might hear their bay- 
ing. 

1. Generous K. 2. 

2. Who were strong in battle. K. 2. 

3. Whose knowledge was greatest among the men of Fal. K. 2. 



172 /. H. Lloyd, O. J. Bergin, G. Schoepperlc. 

10. The warrior who was not weak in battle Heard a 
shout on the side of the mountain, And he said to his 
wife : I urillfollow the hounds. 

11. 'O Diarmaid, do not answer the hounds ', Since it is 
but a false hunt; it is hard to trust Finn; He is grieved 2 at 
being without a wife'. 

12. Yet I will answer the hounds; I will visit every hunt 
of the mountain. It were shame for me to désert my lawful 
hunt, On account of the enmity of the king of the 
Fenians. 

13. Diarmaid came to the glen, Toward the famous 
Fenians of Inisfail, And it was a pleasing sight to Finn, To 
see him coming toward them into their power . 

14. We went to Ben Gulbain the blue, the fairest hil- 
lock under the sun, On whose red streams had many a time 
been the hunt of Finn of the Fianna. 

15. Ben Gulbain was the lair of the boar; It was often 
trodden by the deer. Through the good son of O Duibhne 
Grainne lost her mind and her reason. 

16. Finn of ruddy cheek stationed About green Ben Gul- 
bain the hunt. 'O Diarmaid, watch the boar'. Great the 
harm that treachery caused. 

17. Listening to the clamor of the Fenians From east and 
west coming towards us, The evil beast rose from his sleep, 
And started away from us up the glen. 

18. The venomous old boar of violent rages, became exci- 
ted at the sight of the heroes; his bristle was stronger than 
the wood, and his sting was sharper than the ga bolg. 

19. A mysterious old boar is yonder, Full of fierce blood 
and slaughter. O Diarmaid, princely son of O Duibhne, fol- 
io w the evil beast. 

20. The hero whose hand was stout followed The evil 
beast that was of highest bristle; It moved toward him to 
meet him, like the sound of a wave in the high torrent. 



1. The warning of the hero bv his wife on the day of his death or of a 
great misfortune is an epic technicalitv. 

2. Leg. cumha} cf. W. H. T. iii, 65. 



Thé Dedth of Diarmaid. 173 

21. The spear from the bright-topped white palm, He cast 
toward it to destroy it. He broke the shaft in three upon it, 
And left the head of it down in the body. 

22. He drew the old blade from its sheath With which 
used to be won victory in every contest. The beast fell by O 
Duibhne, And Diarmaid came away safe. 

23. Déjection fell upon the Fenians, When he sat down 
backward on the hill ; He thought it no triumph for him, 
That Diarmaid should corne come safe from the boar. 

24. After he had been a while silent, He said, and ill was 
the speech : 'O Diarmaid, measure the boar, How many feet 
from its snout to its heel ?' 

25. He never refused anything to the Fenians, Which 
they had put before him ail his life. He measured the boar on 
the back, And he came away safe. 

26. 'Measure it backward again, O Diarmaid, and if it 
hurts thee, Make what request thou wilt therefor, Lad or 
the keen, sharp-pointed weapons. 

27. He measured it for them and great was his fear; 
The son of O Duibhne measured the boar. The bristle, sharp- 
edged and heavy, Wounded the sole of the warrior fierce in 
fight. 

28. Then he fell on the moor, The son of O Duibhne, the 
curly-haired. The peerless x hero of the Fenian company, On 
the hillock westward from the house. 

29. His blood was running from his beautiful body, Like 
a small stream from a high well ; It was sad to see his suffer- 
ing, In torment without guilt or falsehood. 

30. Although more ruddy his cheeks than. the berry, In 
the grass on the brow of the hill, They grew darkly cloud- 
ily blue, As when a chilly cloud cornes over the brightness 
ofthe sun. 

3 1 . 'One drink from thy cup % O Finn, O man ot sweet 



1. Lit. one bloody warrior. 

2. Simikrlv in F. 59, L. F. 158 b. In O'Grady's version, 184, II, § 42, 
cf. The Reproachof Diarmaid, R. C. XXXIII, 4s.— W. H. T. 44, 71, F 44, 
54, 56, the drink must be from Finn's palms. L. F. 161 a is indefinite. 

Revue Celtique, XXXIII. 12 



i74 /• H. Lloyd, 0. J. Bergin, G. Schocppcrlc. 

and pleasant words, Since I hâve shed much of my blood 
Bring me a drink from the well.' 

32. 'I will not give thee a drink of it, to check thy anguish 
or thy thirst, For thou hast never done anything for me 
for my good, Which thou hast not done in the end for my 
harm. ' 

33. 'I hâve never injured thee, Yonder or hère, from east 
or from west, But (it was) Grainne vvho carried me ofF cap- 
tive ', When she caused me to break my word'. 

34 = 3 1 

35 =32 

36. 'If thou didst remember the day of Suibhne 2 , there is 
no need to be recalling it ; I killed eight hundred and three 
men for thee 3 , 

37 = 3i 
38= 32 

39. In Bruidhen Caorthainn thou wast prisoner, O Finn, 
I was good to thee, When the White-toothed one was wound- 
ing thee And thou wast in distress and in combat . 

40= 31 

41 =32 

42. Another day I was of service to thee, In Tara when 
thou wast in distress, I was victor in the house, Protecting 
thee from every combat. 

43 = 3 1 

44 = 32 

45. Three king's sons of Inis Tire-fo-thuinn, I killed 
them ail in spite of their résistance; And I washed thee 
in their blood, Though thou hast overcome me with 
cruelty. 

46. One drink now from thy cup, O Finn, O manof the 

1. Cf. R. C. vol. XXXIII, p. 41 sqq. ; Mr. Lloyd translates : went with 
me into captivity (outlawry ?), etc. 

2. Cf. O'Grady 184-92, II, § 42-5 for Diarmaid's enumeration of his 
services 10 Finn. Also P. Joyce, OU Celtic Romances, XIV, 177 ff; W . H. 
T. 70, stanza 21-3. 

3. Great was my service with my sharp sword. K. 2. 



The Death of Diarmaid. 175 

sweet words and help ', Since I hâve lost m y strength and 
my bloom, a drink from the well 2 ... 

47 = 32 

48. If thou didst but remember the day of Conall. [When] 
Cairbre and his people were before thee, Thyself and thy 
Fenians in thy train, O sad is my face toward Ben Gulbain ! 

49. If the women of Oighe 3 but knew that I had been 
broughtinto this trap, Their husbands would be weary 4 . O 
sad is my face toward Ben Gulbain. 

50. I am Diarmaid ofthe yew tree >, Of Connaught and 
Dursey and Berehaven. I am the foster-son of Aonghus of 
the Brugh 6 , One of choice beauty. 

51. I am the foster-son of Aonghus of the Brugh, Every 
shot of mine was excellent; I excelled every man in hunting 7 , 
O sad is my face toward Ben Gulbain ! 

52. I am the blue-eyed hawk of Eas Ruadh, By me was 
won the victory in every battle. O sad is my death from 
the boar, Under the peak of this hill s . 

1. Leg. càbhair} Mr. Lloyd translates « syllables », but the reading is 
certainly corrupt. 

2. Wilt thou not give ? 

3. Lit. of youth ; cf. IV. H. T. iii, 73, mnathan na Firme, Oighe, cor- 
ruption of a place name? 

4. Mr. Lloyd reads ' sorrowful...'. 

5. One of the best known incidents in the story of Diarmaid and 
Grainne is the chess play between Fionn and Oisin under the tree in 
which the fugitives hâve taken refuge. D. sends down a berry to show 
Oisin how to move. His présence is thus discovered to Finn and he es- 
capes with difficulty. Cf. O'Grady's version, 142 ff., II, § 20 ff. ; Mr Lloyd 
has edited a composite text made up of the version in R. I. A. MS. 23 
L. 27, O'Grady's version and the Scottish versions in An Claideamh Salais, 
Mardi, 19, 1910 and ff. ; L. F. 155 prints the versions collected by Ken- 
nedy. The incident is alluded to in almost ail the stories of D. and G. cf. 
I. F. 156 q, 161 a etc. 

6. Cf. the ioth century Uath Beinne Etair, R. C. XL 124 ff. in which 
Aonghus, mentioned as the foster father of Diarmaid, appears and saves 
him in a moment of great péril. His rôle is similar in O'Grady's version 
pp. 71, 148, 150, 168, 198; I §21, 23, 16, 34, 35, 52. 

7. Or Icg.foighiJ, patience, endurance. 

8. R. I. A. MS. 3 b. 8, f°. 321 représenta Conan as taunting Finn 
when he is bringing the water to Diarmaid : is minic thug an beal sin pog 



176 H. Lloyd, 0. J. Bergin, G. Schoepperle. 

53. We buried at last, With mourning, sorrow, and shed- 
ding of tears, The suprême warlike vouth ofthe Fenians On 
the hillock westward under a stone. 

54. When the wïcked Grainne saw That he was put under 
the grouud, She lost consciousness and color, And fell in a 
trance on the ground. 

55. When she arose out of her stupor, She sang, with 
torment and sorrow, The praises of Diarmaid of brightest 
color, Lying ghastly on the moor. 

56. 'There is a bed for twoin the rock ' ; Finn wasseeking 
it for a year, fhere is a stream above it to the sea, And it 
never wet thy love Diarmaid. 

57. This is the bed where — 2 was, Who used to rouse 
the attack in hunting, The man who did not think of fear, At 
the cry ofthe hounds on vonder mountain. 

58. Alas, that was the rime of torment, How bitter and 
sharp is my sorrow for thee, That thy blue eye should 
be without sight, O man of delightful mouth and words. 

59. Thou wast the sister's son of the high king, Thou 
wast loving, fortunate, and bountiful ; O, it is a pity that 
he put thee to death, without any reason, O love Diarmaid. 

60. Thou wast the suprême hero ofthe men of Fal, In 
winning triumph in battle, Thou wast the best of them 
ail in every sport, And didst cause them gladness and solace. 

61. Thy skin was brighter than the cotton down, On fresh 
snow in narrow glens; Thy form surpassed those of ail 
therest, O man of ruddier cheeks than the quicken berry. 

62. Thy eye was bluer than the berry, On the edge of 
wild high peaks, And the flash of thy eye was gentler Than 
the sigh ofthe wind which bends the grass on every ridge 5 . 

do bheal Ghrainne. Il is often that mouth gave a kiss to Grainne. Simi- 
larly, the version collected from oral tradition in Ballyvourney, v. The 
Reproacb of Diarmaid, R. C, vol. XXXIII, p. 44, n. In O'Grady's version, 
192-4, II, § 45-48 and in the other manuscripts ofthe i8th century literarv 
version, as in the versions collected in Scotland, Finn is alone responsible. 

1. Cromlechs, caves, etc., are frequently known in Ireland as the beds 
of Diarmaid and Grainne. 

2. Leaihni, long hair, or proper name ? 

5. The gentle sigh on the grass of the ridge. K. 2. 



The Death of Diarmaid. 177 

63. Thv tooth was brighter than the henbane ', That 
quivered ail the day, And the sound of thy dear mouth was 
sweeter than woodbirds' music on every plain. 

64. Thy hair is like the brightness of the sun, Bright, 
yellow, curly, and dear ; thy skin is as smooth as the foam 
O thouwho wast helpful in every place. 

65. I am mournful without consoling mirth, But [with] 
weariness and sorrow ever lamenting; The musical harp of 
sweetest frolic Will never awaken my heart to joy. 

66. My spirit has fallen into a billowy sea, Crying heed- 
lessly without rest, Ever recollecting thy ways, Ah, my atflic- 
tion, and I without jov ! 

67. I shall no more hear thy speech, That was more 
delightful than the music of the fiddle, Or the thrush in the 
wild glens ; It has left my heart dark forever. 

68. No more shall I see thv face 2 , Or the brightness of 
thy gentle blue eye 3 , Alas, I am under overwhelming dis- 
tress ; I shall never arise to light 4 . 

69. Dark is thy dwelling under the sod, Narrow thy bare 
bed prepared for thee ; Never till doomsday will break the 
morning That will awaken thee from thy slumber, O hero >. 

70. But hidden ever in the ground, Is thy head, O thou 
desired of every eye. Farewell to thee and thv beautv, Now 
and forever, O Diarmaid.' 

71. Every poet got ready his harp, To sing to us praise 
of the great hero, Mournfullv, and verv sorrowfully, Music 
at which every eve was weak and teartul. 

72. May'st thou be happy, O Diarmaid, Man best in 
speech and fight Of ail the Fenians in Ireland, To-dav our 
cry is mournful. 

73. Thy strength was as a torrent of water, descending to 



1. Gagan, a cluster, or bunch. Highlancl Societv Dict. 

2. Be seen. K. 2. 

3. Bcaming bright in Tir Conall K. 2. 

4. When, O love, shall light come upon thee? K. 2. 

5. Awaken mv love the hero K. 2. 



178 /. H. Llovd, O. T. Bergin, G. Scboepperle. 

vanquish thv foes; in speed as the eagle of the skies, or as 
the race of a fish skimming through the sea '. 

74. O chieftain of Bearra of more beautiful hair - Than 
any vouth among the Fenians, Undisturbed be thy golden 
locks, Beneaththe weight of the level sod 5 ! 

75. Never again shalt thou be seen on the sea, On which 
the high waves rise, Xor in the wood hunting the deer, 
Nor in battle against a hundred, hewing bones. 

76. Never more shall be heard the shout of thy mouth, 
which was sweeter than the call of birds, In the house of 
Tara forever, O man most excellent in love and appear- 
ance. 

77. Dark to-day is every eye, Bright was thy pal m, bright- 
er thy face ; Strong and serviceable wast thou, O hero Plen- 
tiful in beauty and courtesy and curls. 

78. A thousand curses on the day That Grainne fell in 
love with thv face; It was this that angered Finn 4 . And put 
thee in thy might beneath the ground. 

79. Although there was many a one > of strength, Around 
thee, O curl of beauties, Thou wert the best hand in fence 
and fight, Alas, of ail that were in the glen . 

80. But thy beauty was wont to beguile every woman, O 
son of O Duibhne, swift in victory 6 . 

81. There h as not taken sword in hand, Of the best satin 
cloaks of the Fenians, Anyone who could take thee from us, 
In spite of the hosts of Fianna. 

82. Nor lias any taken shield or sword, That was determi- 

1. Sic. Highland Soc. Dict. s. v. steud, quoted from Smith' s Collection 
of Ancieni Gaeïic Poems (Scan Dàna), p. 114. 

2. More beautiful in brilliance. K. 2. 

3. S. v. samhach, Highland Soc. Dict. 

4. From his sensés. K. 2. 

5. A hero of great strength K. 2. 

6. Cf. W. H. T. iii, 75; F. 62. Highland Soc. Dict. s. v. suire, sui- 
readh. An t-suireadh cha do thog a sùil, O chaidh an ùir do ghruaidh. 
GUI. 287. The maiden raised not an eye, since thv cheek was laid in the 
dust (sic). Mr. Llovd translates : thy wooing has not raised thv eye, until 
the mould went over thy cheek. But the reading is corrupt, as the Dean of 
Lismore's version (stanza, 25, 11. 3, 4) shows; see translation thereof. 



The Dealb of Diarmaid. 179 

ned to approach thee, O son of O Duibhne vonder who art 
dead, When thou wast in the arrnor of heroes. 

83. But from the time thou didst go away with Grainne, 
Along every place ' like a phantom of death, Evervone of 
us took aversion to thee, Especially Fionn — it is a sad 
storv. 

84. No wonder that I am without heart for food. Dark 
and gloomy without solace, Seeing how manv strong and 
valiant warriors of ours Fell every time in combat. 

85. They hâve ail fallen but me alone, Like a tree rotten, 
without foliage ; Every man % youth ; , and stripling, 
Although very numerous were they to recount. 

86. Although I am to-day without strength or protection, 
Great was my violence and my vigor; without lack of men 
oranything. This has left me.. 4 . 

J. H. Lloyd, O. J. Berge*, G. Schoepperle >. 

1. Along the hills K. 2. 

2. Lit. oak. 

3. Lit. twig. 

4. Lit. an alternate life. 

5. The text, translation, and grammatical notes from the Dean's Book 
are bv J. H. Lloyd and O. J. Bergin; the translation of Kennedy' s version 
is by G. Shoepperle, revised bv J. H. Lloyd and O. J. Bergin. The intro- 
duction and literary notes are bv G. Schoepperle. This article and the pre- 
ceding one on TJie Reproach of Diarmaid (v . p. 41 above) will form the 
basis of a study of the relation of the storv of Diarmaid and Grainne to 
that of Tristan and Isolt, to appear shortly in a volume on the origins of 
the Tristan romance by G. Schoepperle. 



BLEDHERICUS, BLEDDRI, BRÉRI 



Giraldus Cambrensis, writing of the Welsh coracles, tells 
the following anecdote, which is important enough, as we 
shall see later, to be quoted in mil : 

" The fishermen, according to the custom of the country, 
carry thèse coracles on their shoulders to and fro from the 
river : commenting, therefore, onthiscircumstance, the famous 
cyvarwydd, Bledhercus, who lived a little before our 
time, used to deliver himself of this enigma : " There are 
people among us who, when the}- go out to hunt, place their 
horses on their shoulders, and carry them as far as the 
hunt : to catch their prey, they jump on their horses, and 
after catching it, they cast their horses again on their shoul- 
ders and carry them ail the way home 1 ". 

Now Bledhercus, or, according to other manuscripts, Bled- 
hericus is Gerald's Latin for the rather uncommon name Blcdd- 
ri, and the late M. Gaston Paris, with whom Sir John Rhys 
agrées 2 , has identified him with another fabulator, called in 
French Bréri, whose name occurs in the work of a certain 
Thomas who, according to G. Paris, wrote in England about 
the year 1170. " According to what I hâve heard ", says Tho- 
mas, (speaking of the writers of the Tristan taies), "they do 
not tell it according to Breri, who knows (?) the gestes and 

1 . Naviculas istas piscatores patriae ritu eundo et redeundo humeris por- 
tant, unde et famosus ille fabulator Bledhercus, qui tempora nostra paulo 
praevenit, super hoc casu sic aenigmatice proloqui consueverat : Sunt apud 
nos gentes quae cum ad praedandum deproperent, equos humeris imposi- 
tos usque ad praedam ipsam portant, ad praedam vero capiendam equis 
insiliunt, atque capta statim equos humeris iterum injectos, domum redeundo 
reportant. — Desci iptio Katnbriae,!. Chap. 17 (Powell's édition, 1804, 
p. 212). 

2. Arthurian Legend, p. 373. 



Bledhericus, Bledâri, Brêri. 181 

the taies of ail the kings, of ail the counts that hâve been in 
Britain «. " The inference is that the French writer considered 
Bréri to he the original authority, and that the rest were inac- 
curate because they did not follow him. 

Since G. Paris made this discovery, otheraccounts of Bledd- 
ri hâve been found. Wauchier de Denain, the continuator of 
Chrétien de Troyes's Percerai, attributes the original of the 
Perce val collection to one Bleheris, " who was born and bred 
in Wales... and who related it to the Count of Poitiers, who 
loved the history 2 . " The name Bleheris is again mentioned 
further in the story 3 , and another of this séries of taies is 
attributed to one Maistre Blihis 4 . 

Proceeding on the assumption that ail thèse names — Bled- 
hericuSj Bleddri, Bréri, Bleheris, and Blihis — represent only 
çne person, is it not possible to ascertain anything about the 
history of this great Welsh fount of continental Romance ? 
Miss Weston is inclined to see in him the Bleddri who was 
consecrated Bishop of Llandaf in 983, and who died in 1022. 
According to the Myvyrian Archaeology>, he was a great scho- 
lar and lover of literature, and it is to be noted that he was 
acontemporary of Guillaume le Grand, Count of Poitou (990- 
1029) 6 . Against this identification is Gerald's statement that 
" he lived a little before our time ". Gerald was born in 
1 147 ", so that his birth was separated from Bishop Bleddri's 
death bv 125 years, and, therefore, it seems quite impossible 
that he could refer to him. Further, it seems to us certain 
that Gerald, who knew the ecclesiastical history of Wales to 

1 . Mes sulum ço que j'ai oï 
Nel dient pas sulum Breri, 
Ky soit les gestes e les cuntes 
De toz les reis. de toz les cuntes 
Ky orent esté en Bretaingne. 

2. See Miss Weston's Legend of Sir Percez-aï, p. 288. 

3. //>«</., p. 288. 

4. Ibid., p. 276. 

5. This is Iolo Morgannwg's version of Brut y Tywysogion, and likeall his 
documents, is open to grave suspicion. 

6. Miss Weston's Percevai, p. 293. 

7. Dr Owen's Gerald the Wélshman, p. 2. 



182 W.J. Gruffydd. 

perfection, would never hâve referred to a well-known bishop 
merely as z fabulator. 

The only other Bleddri known to Welsh historians was 
Bleddri ah Kedivor who, in 1116, had charge of a Norman 
Castle *. This same Bleddri, as shown by the attestations, 
gave between 1129 and r 134 2 a pièce of land at Eglwys 
Newyddby Caermarthen to thepriorvofSt John in thattown 5 . 
He and his daughter are mentioned in 1131, and in the 
same year he is one of the Knights of the " honour " of Caer- 
marthen 4 , and is mentioned as Bleheric the Wélshman. His 
son Gruffudd, according to a prior entry in the Cartulary 5 , 
makes a grant of the land which his father had already given, 
so that the King's confirmation of the grant already noticed 
was not made when Bleddri gave it, but when the heir 
Gruffudd gave it; so that Bleddri must hâve died before n 34. 
We hâve seen that he was alive in 1131, and therefore the 
date of his death lies between 1131 and 1134, tnat * s to sa y> 
about fifteen years before the birth of Gerald. 

Now, we think it certain that this Bledhericus of Caermar- 
then was the fabulator referred to by Gerald, and the Bréri or 
Breheris of the French writers, and thèse are some reasons for 
thinking so. First of ail, his date fits exactly with Gerald's 
remark " that he lived a little before our time ", and 
it is not likely that there were two famous fabnl alorcs of the 
same name living at the same time. Secondly, there is the 
riddle concerning the coracles, — which makes it necessary 
that the fabulator who uttered it should hâve lived somewhere 
where such coracles were commoti sights, and of ail places in 
Wales, Caermarthen is the most likely spot. To this day, it is 
the head-quarters of this method of fïshing, and Gerald's co- 
racles, as he describes them, correspond in every détail to 
those still used by the Tywi fishermen at Caermarthen. Hère 
" Bleheris the Wélshman " admirabty fits the requirements 



1. Brut v Tywysogion, p. 126. Lloyd's History of Wales, p. 428. 

2. Do. p. 428. 

3. Cartularium S. Johannis Bapt. de Caermarthen, p. 10. 

4. Lloyd's Hist. of Wales, p. 248. 



Bledbericus, Bledri, Bréri. 183 

of the case, — his home was at Caermarthen, and most of 
his life wasprobably spent within view of thefisheries of the 
Tywi. Thirdly, (and this is the most important point), he is 
called in the cartulary Bïcdericus Latimeni, which further on, 
is written Latimeri. Now the final i is not the genitive ter- 
mination, and cannot be explained as part of a Latin word; 
latimeri, therefore, is a half-hearted attempt to Latinise the 
Welsh lladmerydd, the final i representing ydd, as it does to 
thisday in the speech of South Wales. Now Lladmerydd (from 
an English Latimer, from O. French Latinier) means " inter- 
préter", and Prof. Lloyd thinks that this epithet means that 
" it was his spécial duty to convey the royal commands to his 
fellowcountrymen ",\vhich may very wellhave been the case. 
It mav, however, hâve a much wider significance, that he inter- 
preted the " matter of Britain " to the Normans 1 , exactly as 
Bréri or Breheris is represented as doing by the French wri- 
ters. Apart from his significant title, he seems to hâve been, by 
virtue of his rank as Norman Knight and Welsh land-owner, 
in the very position which would enable him to make the Nor- 
mans acquainted with the taies of Wales. Lastly, there is the 
date of 11 70 which G. Paris assigns to the author who men- 
tions him, that is about 38 years af ter the death ofBledericus, 
of whom, therefore, he may well hâve been a contemporary. 
To us, the évidence seems as certain as such évidence can, from 
the nature of the case, be. At least, the search-light of future 
scholarship may very profitably be turned in the direction 
of Bleheric the Welshman, and if further confirmation of our 
theory be lorth-coming, the last nail will hâve been driven 
into the coffin of Prof. Foerster's arrogant théories. 

Cardifï . W. J. Gruffydd. 



i. Sur ce point, comme sur plusieurs autres traités dans cet article, voir 
la lettre de M. Edward Owen, qu'a publiée la Revue Celtique, t. XXXII. 
p. 5 et suiv. [N. d. 1. R.]. 



LLYMA VABINOGI IESSU GRIST 



Such is the title of a fragmentary manuscript included in 
the volume known as Peniarth 14, Part II (= Hengwrt 13), 
formerly in M r W. R. M. Wynne's collection at Peniarth, 
but now with many others in the National Library of 
Wales, Aberystwyth. 

This manuscript which deals with incidents in theearlylife 
of Christ is incomplète; the first folios, and also two others in 
themiddleof the text, are missing and the MS begins with the 
flight into Egypt. Fortunately we possess two other Welsh 
versions of the mabinogi, also in Peniarth MSS at Aberys- 
twyth, one in the WhiteBook of Rhxdderch or Peniarth j 1 and 
the other in Peniarth 14, Part I (== Hengwrt 2f). The three 
MSS contain independent translations of a Latin text relating 
to the Virgin Mary and the child Jésus. According to the 
introduction to Peniarth j fol. xiv, Matthew the evangelist 
wrote an account of Christ's doings in Hebrew ; this was 
translated into Latin by S 1 Jérôme at the instigation of Chro- 
matius and Eliodorus. 

In order to compare the Welsh translations with the Latin 
original use has been made of the édition of the Aprocryphal 
Gospels brought out by Tischendorf 2 . In the introduction to 
the Gospel of S 1 Matthew (Pseudo Matthaei Evangelium sive 
Liber de orlu beatae Mariae et Infantia Saluatoris), Tischendorf 
mentions four Latin MSS : 1) in the Vatican, which he has 



1. Edited in 1892 with an English translation by the Rev. Robert 
Williams, Sélections from the Hengwrt MSS, vol. II, pp. 212-237, under the 
title Buehed Meir Wyry (translated pp. 582-599). 

2. Fr. Const. Tischendorf, Evangelia Apocrypha, Lipsiae, Avenarius et 
Mendelssohn, 1853. 



Llvma Vabinogi Icssu Grist. 185 

principally utilised for his édition, 2) Laurentian Library, 3) 
and 4) at the Bibliothèque Nationale, Paris, the one dating from 
the xiv' and the other from the xv th century. The dates ot 
1) and 2) are not given. 

Without a very thorough investigation it is not easy to say 
ofwhich Latin MSS the Welsh are translations, nor is this 
necessary for our purpose. 

There is not sufficient internai évidence to show where the 
Welsh translations were made, but it is less diffkult to fix 
their respectives dates. According to D r Gwenogvryn Evans x 
the folios of the JVhitc Book containing the translation belong 
to the first quarter of the xiv th century : the folios of Peniarth 
14, containing Llxma Vabinogi Iessu Grist date from the second 
quarter of the same century 2 , while those containing the 
third MS. are earlier in date than either of the other two, 
having been written about the middle of the preceding cen- 
tury. The language of this MS may well be compared with 
that of the Book of Aneirin which also dates from the early 
part ofthexm th century. 

It has beendecided to re-editthe version found in Peniarth j. 
The late Rev. Robert Williams, probably to make his text 
appear less diffkult, modernized the spelling generally; 
in a few cases, however, he has given older forms of the 
words than those actually occurring in the MS, e.g. he has 
taken no notice of the spelling dd for d, although several 
instances occur of its use. In this way a great many forms 
which are of interest to the philologist hâve been lost : thèse 
hâve everywhere been restored, and errors in the reading of 
the manuscript hâve also been corrected. A list of those words 
in the Sélections which differ from the MS (followed in the text 
by an asterisk) will be found immediatelv after the text itself, 
p. 234. Corrections ofthe textshave been suggested in the notes, 
and a very literary translation has been given of the first MS, 
mainly for those who are not familar with mediaeval Welsh. 

It is my pleasant duty to thank those friends who helped 



1. Report on MSS in the Welsh Language, vol. I, Part II, Peniarth, p. 305. 

2. Ib. p. 532. 



i86 Mary Williams. 

in the copying of one of the MSS at a time when it was inacces- 
sible to me, as well as Sir Edward Anwyl for his kindness in 
reading through the texts and in giving many valuable hints. 
I hâve heen able to consult ail the manuscripts personally at 
Aberystwyth where I received every attention from the 
Librarian, M r Richard Ellis. 



I 

LLYMA VABIXOGI IESSU GRIST ' 

(P. il 6) 2 I. 3 Kymer y map ae uam heb yr angel wrth 
iosep a dos y fford y diffeith yr eifft A Iosep ynteu a aeth mal 
y gorchymynnawd yr angel A gwedy dyuot onadunt hyt yn 
emyl gogof a mynnu gorffowys y disgynnawd y wynuydedic 
wyry y ar y march yr llawr ac eisted a oruc a daly y map 
yessu ar y harffet Ac yd oed y gyt a Iosep tri gweis A chyt a 
meir llawuorwyn uechan yn kerdet a llyma yn disymwth 
llawer o dreigieu yn dyuot allan or ogof Sef a oruc y gweision 
pan y gwelsant dodi gweidi rac ouyn. Sef a oruc yessu dis- 
gynnu yr llawr y ar arffet y uam a seuyll ar y draet e hun ger 
bron y dreicieu ac adoli a oruc v dreigieu ydaw Ac odyna 
mynetymeith y wrthunt. Yna y kyrlenwit yr hynn a dyuawt 
dauyd broffwytchwchwi v dreigieu or daear mohvch yr arglwyd 
A cherdet a oruc v mabyn bychan yessu rac eu bron a gorch- 
ymyn udunt na wnelynt godyanl nac argywed yundyn Meir a 
Iosep hagen a oedynt ac ouyn arnadunt rac gwneithur or 
dreigieu argywed ydaw Ac yna y dyuawt Iessu wrthunt Na 
uit arnawch chwi ouyn amdanaf i yr uy mot yn uabyn 
bychan perffeith wyf i yr hynny a reit yw y holl aniueili- 
(p. 117) eit y koedyd bot yn dof ger uy bron yn unffunut a 
chyt bydynt dof a hynny heuyt y lleot ar lleoperteit yn adoli 
ac yn kytgerdet ac wynt yn y diffeith. Pa fford bynnac yd ei 
ueir a Iosep y kerdynt wynteu yn eu blaen hwy y dangos ford 

1. According to Peniarth 14, Part. i/(= Hengwrt 13), pp. 1 16-135. 

2. Thèse numbers refer to the pages of the manuscript. 

3. Refer to the paragraphs of the manuscript. 



Llyma Vabînogi Iessu Grist. [87 

udunt ac y adoli Iessu A ffân weles yr arglwydes ueir. gyntaf y 
lleot a llawer o amryw genetloed o uwystuiloed yn dyuot yn eu 
kylch ouvnhau a oruc A than chwerthin y dyuot y map Iessu 
wrthi Na uit arnat ouyn uy mam nyt yr sarhaet yt uy mam 
nyt yr sarhaet y maent yth ganhymdeith namyn yth wassa- 
naethu y maent yn dyuot Ac or ymadrodyon hynny y tyn- 
nawd ef ouyn oc eu kalonneu hwy Ar lleot a oedyn yn ker- 
det ygyt a wynt ac ygyt ar essyn ac ar ychen ac ar pynuairch 
a arwedynt eu hagenreidieu Ac ny wneint argywed y dim 
namyn kerdet yn hynaws war ym plith y deueit ar aniueilieit 
ereill a dugessynt ganthunt o Iudea. ym plith y bleidieu y 
kerdynt ac nyt ouynheynt dim ac ny wneit argywed y nep 
yna y kyflenwit yr hyn a dyuot y proffwyt y bleidieu a bor- 
thir ymplith yr wyn ar llewpart gyt ar myn Deu ychen ynteu 
a oedynt yn tynu ben ac eu bwyllwr yndi Ac odyna y pen 
y trydyd dyd gwedy eu kerdet oc eu gwlat blinaw a wnaeth 
yr arglwydes ueir (p . 118) yn y diffeith o ormod gwres yr 
heul Ac arganuot prenn a oruc hi a dywedut wrth Iosep mi 
a orffwyssaf ychydic ynghysgawt y pren hwnn A bryssyaw a 
oruc Iosep parth ac attei ae dwyn y tu ar pren palym ae her- 
byn y ar y march yr llawr Ac gwedy eisted or arglwydes 
edrycha oruc ymricy prenn a hi a welei y prenn yn gyflawn 
o aualeu Ac yna y dyuawt hi wrth Iosep da oed gennyf beth 
or aualeu rackw pei gellit yw caffel A iosep a dyuawt wrthi 
Ryued gennyf dywedut o honot hynny a thi yn gwelet uchet 
y balmitwyden honn Medylyaw ydwyt ti am uwyta ffrwyth y 
palym A goualu ydwyf inheu rac eissieu dwuyr y syd yn 
treiaw yr awr hon yn an barileu ac nyt oes yn ford y an date- 
bru Ac yna sef a oruc yesu yn uabyn bychan ar arffet y uam 
dan chwerthin dywedut ual hynn Gostwng brenn dy uric a 
fforth ni oth ffrwyeu ' Ac ar yr ymadraw 2 hwnnw y gostyng- 
hawd y pren y ulaen adan draet yr arglwydes ueir A chyn- 
nullaw a orugant y frwytheu a bwyta a orugant a uu da gan- 
thunt or ffrwytheu hynny Ac gwedy daruot kynullaw yr holl 
aualeu y pren a drigawd yn grwm ar y llawr y aros erchi 



1. L. ffrwytheu. 

2. L. ymadrcewd. 



i88 Mary Williams. 

idaw gyuodi or gwr a archassei ydaw ystwng Ac yna y 
dyuawt yessu wrth y pren. ymdyrcha balmitwyden ac ymga- 
darnhaa (p. 119) a byd gedymdeith ym gwyd ineu y syd ym 
paradwys uyn tat i. Ac egor oth wreidieu gwytheu o dwuyr 
y syd yn kud yn y daear megis y llithro dyfred onadunt y an 
gwalonacau ni Ac yn y lie ymdyrchauel a oruc y pren yn y 
seuyll Ac yna ymollwng ffynnawn or dwuyr gloewaf ac oeraf 
a dechreu redec y adan wreid y pren A fFan welssant hwy y 
dwuyr ar fynnawn llawenhau a orugant o lewenyd mawr a 
chymryt digawn ac wynt ac eu haniueilieit or dwuyr ae 
diolwch yr unduw. 

2. A thrannoeth ac wynt yn l^chwyn odyno ymchwelut 
a oruc yesu at y balmitwyden a dywedut ual hynn Mi a 
orchymynnaf y ti balmitwyden yny dycko uy engylyon i beth 
oth wreid di odyma or blaen J y baradwys uyn tat i Ami ath 
uendigaf megis y caffo pawb or ath arwedo gorffen dan ar ba 
weithret da bynnac a dechreuo ae uot yn uudygyawl y m pob 
peth Ac ual y dyweitef hynnyllyma y gwelvnt wynteu angel 
yr arglwyd yn seuyll ar y pren palym ac yn dwyn un oe 
cheingkev ac yn ehedec yr nef ar geing yn y law. A ffan wel- 
sant hwy hynny eryneigiaw a orugant megis pei bydynt 
meirw A dywedut a oruc yessu wrthunt. Paham y byd ouy 2 
arnawchwi pany wdaw T ch chwi y mynnaf (p. 120) vi dwyn 
y balmitwyden a wneuthum uuhun y baradwys uyn tat i ac 
y byd yno yn digriuwch ym seint i megis y paratoet yn y lie 
diffeith hwnn. 

3. Ac odyna gwedy kerdet onadunt. y dyuot Iosep Arglw- 
yd hep ef gormod gwres ysyd yn argywedu yn yn uawr 
Arglwyd os da gennyt ti ni a ganlynwn y ford gan yr aruor- 
dir mal y gallomgaflel dinassod 5 yn amyl gan lan y mor y 
orffowys : le heb yr yessu wrth Iosep. Na uit arnat ouyn mi 
a diuyrraf y wch megis y galloch gerdet yn un dy^d ymdeith 
dec niwyrnawt arugeint ysyd odyma hyt yno Ac val y bydynt 
yn ymdidann am hynny llyma y gwelynt mynyded yr eifft ae 



1. L. oe Manu, cf. p. 224, 1. 6 and the Latin et pîantetur. 

2. L. ouyn, the mark above y, denoting », has been omitted. 

3. L. dinassoed, and cf. p. 224, 1. 19. 



Llxma Vabvnogi Iessu Grist. 189 

dinassoed yn vmdangos udunt A llawen uu ganthunt hynny 
a chyrchu dinas a orugant ac nyt oed nep a etnepynt yno 
wrth geissiaw llety '. Pobyl y dinas hwnnw ynteu agyrchess- 
vnt v datlcu. Ac yno yd oedynt effeirieit y dinas hwnnw yn 
dvsgu y bawp aberthu yr dwyweu yn wahanredawl herwyd 
anrvded eu dwvwolder Ac yd oedynt o eu dwyweu yna yn y 
dinas hwnnw gwedy ryossot pymp ar ugeint a thrychant. 

4. Ac yna v damweinniawd pan gyrchawd yr arghvydcs 
ueir yr demyl digwvdaw yr holl eu dwyweu yr llawr yn uriw 
vssic mal na dvwedvnt dim ac na (p. 121) ellynt dywedut 
dim rac llaw o hynny allan. Ac yna y kyflenwit y geir a 
dvuot Isaias broffwyt. Ef a daw yr arglwyd ar wvbren ysgawn 
Ac ef a gyrch yr eifft Ac ef a gyffryoir holl eu dwyweu gwyr 
yr eifft o weithret llaw Ac yna pan gannatawyt hynny y affro- 
dis tvwvsawc v dinas hwnnw. Ef a doeth yr demyl ef ae 
holl lu y geissiaw gwelet pwy rybarassei yr dwyweu digwvd- 
aw. A chvrchu yr demvl a oruc ef ac gwedv gwelet yr holl 
eu dwyweu gwedy ry digwvdaw yn gorwed ar y llawr. nessau 
a oruc ef ar y wvnuydedic ueir a ytoed yn kynnal y harglwyd 
ar v harffet Ac adoli a oruc vdaw ac odvna dywedut wrth yr 
holl lu ae holl gedymeithyon Ony bei uot hwnn yn duw ny 
syrthyassei an dwyweu ni yn wysc eu hwynepeu ac ny orwe- 
dynt yn angwvd ni. Ac vmaent yn ardystu eu harglwyd pan 
ytynt yn tewi. Ac onv wnawn ninheu yn ehegyr yr hynn a 
welwn an dwvweu vn v wneithur ef a allei yn gaffel y anuod 
.a mynet yn gwbvl ym pervgvl megis v damweiniawd gynt y 
fïarao urenhin yr eifFt am na chredawd gynt yr sawl wvrth- 
yeu ef a uodes yn v mor ac ef ae holl lu Ac yna y credawd 
holl bobyl v dinas yr arglwvd yesu grist. 

5. Ac odyna gwedy mynet Iessu ymeith orre(p. i22)ifftac 
et yna yn trigaw vn galilea ac yn dechreu mynet vn y bymhet 
uulwvdvn oe oet ac vd oed diwsadvrnçweith ef a meibion 
bychein yn gware ar lan eurdonen. Ac wedv eisted o Iessu 
gwneithur a oruc or llwch seith lyn bychein agwneuthurrvg- 
neu bychein y dwyn y dwuyr o bop un onadunt yw gilyd ac 
or llynneu elchwyl yr auon wrth y arglwydiaeth ef Sef a oruc un 

1. Y. p. 224, n. 3. 

Heviu Celtique, XXXlll. 15 



19° Mary Williams. 

ormeibion hynaymapo uedwl kynghoruynus gwarche y kwn- 
dit a oed yn gwasanaethu dwuyr yr llynneu a throssi y 
gwarche rywnadoed yesu Ac yna y dyuawt Iessu wrthaw yn 
wir map angheu map kythreul. paham v gwasgarut y gweithyeu 

a wneuthum i Ac yn y lie y bu uarw y map a wnathoed 
hynny Ac yna ogynhyruus lef kyriaw ' a oruc y 2 ryeni y mab 
marw yn erbyn Iosep a meir a dywedut awch map chwi a 
ymgeiniawd acan map ni yny uu uarw. A phan gigleu Iosep 
a meir hynny dyuot a orugant ar vessu o achaws kynnwryf 
ryeini 3 y map marw a thraplud yr Ideon Ac vna y dyuot 
Iosep wrth ueir yn kyfrinach Xv lauassaf vi dvwedut wrthaw 
ef dysc di euo a dywet wrthaw ual hynn Paham y kyfroeisti 
di y bobyl y an atkassau ni megis ydym yn godef blinder y 
bobyl Ac yna pan doeth y uam ataw 4 .... 

6. (p. 123') a dyuot wrthaw ynteu Pwy a allei kynnal y 
map hwnn ae dysgu Ac os gelly di dise ef a ehynnal a ffan 
gigleu Iesuyr hynn a dywedassei Zachias atep aoruc efa dywe- 
dut wrthaw Tvdi athro v dedvf y bychvdic a dy wedeist di reit 
yw y dyn kyffelyp a thydi v gadw Estronawl wyf i ywrth dy 
ossodeu di ac ywrth awch dedyf chwi kanyt oes dat knawdawl 
ym a thydi a darlle y dedyf ac yddwyt yn dysgedic yndi A 
minheu a ytoedwn kyn bot y dedyf Ac yd wyt ti yn tebigu 
nat oes dy gyfftlvp di o doethinep. Myui ath dysgaf di ac nyt 
oes nep a allô uyn dysgu i eithyr y nep a henweist di Euo 
hagen ae dichawn kanys teilwng yw A phann ym dyrehauer 
inheu or daear mi a baraf beydyaw a ehymwyll boned y gene- 4 
dyl honn Ac ny wdosti pa bryt yth anet a myui uuhun a wn 
pa bryt ywch ganet chwi a pha hyt v bvdwch uvw ar y daear 
honn Ac yna pan gigleu bawp y geirieu hynny aryneic mawr 
ac ouyn a aeth arnunt a chriaw a orugant a dywedut O. O. 
O. llyma beth mawr anrvued. Xv chlvwyt eirioet kyfryw a 
hynn na chan ramadegwr na chan naturwr nvni a wdom pa 
le y ganet hwnn Ac abreid yw bot hwnn (p. 124) yn bumlw- 
yd et\va a ffa delw y dyweit ef v ryw eirieu hynny Ac atep 

1. L. kriaw, cf. 1. 30. 

2. This is not a Welsh construction. Cf. p. 212, 1. 17, and Strachan, 
Introduction to Early Welsh, p. 21, § 24 b. 

3. L. ryeni. 

4. Four pages of the manuscript are missing. 



Llyma Vabinogi Iessu Grisl. 191 

a oruc or Ideon Ni warandawassam ni eirioet y ryw eirieu 
hynn gan y gyfryw uebyt Ac atep a oruc yessu wrthunt 
Ryued yw gennwch chwi dywedut o uap kyfryw a myui Ac 
am hynny ny chredwch chwi yr hynn a dywedeis i ywchwi 

A mi a dvwedeis ywçh y gwydywnichwchwia ffa bryt ywch 
gartet Mi a dywedaf ywch beth y syd uuwy a ryuedach gen- 
nwch Efream y gwr a dywedwch y uot yn dat ywch mi ae 
gweleis ac ynteu am gweles inbeu a mi a ymdideneis ac ef A 
phann glawssan hynny sythu a orugant ac ny lauassei nep 
dvwedut dim Ac vessu a dvuot wrthunt Mi a uum yn awch 
plith chwi ac nvt atnabuawch chwi vyui Mi a dywedeis 
wrthuwch megis pet uydewch prud ac ny dyallassawch uy 
llef i kanys llei oedewch a bychan oed awxh ffyd 

7. Ac eilweith yr athro Zachias dysgyawdyr y dedyf a 
dvuawt wrth Iosep. rodwch ataf i y map a minheu ae rodaf 
ef yr athro leui a hwnnw a dysc ydaw lythyr Ac yna drwy 
ymanhed ac ef y duc meir a Iosep yesu yr ysgol oe disgu at y 
meistyr leui A phan doeth y mewn tewi a oruc Ar athro leui 
a dyuot wrth Iessu gan dechreu y a(p. i2 5)gwydor dywet 
hep ef alpha Tewi a oruc yessu hep atep ar dim Ac yna llidiaw 
a oruc yr athro leui ae ysgvfleit a gwialen ae daraw 1 ar y 
benn Ac Iessu a dyuot wrth yr athro leui Paham y treweist 
di vyui yn y wirioned Gwybyd di y nep a drewir a dysc y 
nep y syd yn y daraw yn uwy no hwnnw euo Myui a allai 
dysgu y ti yr hynn a dywetych du hun. A deillion yw pawb 
o hynn or ysyd yn dywedut ac yn gwarandaw. megis euyd 
yn seiniaw neu gloch yn datsein yr rei ny synnya ac ny 
dyallan eu sein eu hun. Ac odyna y dyuawt Iessu wrth Zachias 
pob llythyren alpha hyt yn thau a ossodir yn llunyethus 2 
wrth hynny dywet ti y mi beth yw thau a minheu a dywedaf 
y ti beth yw alpha Ac eilweith y dyuot yessu wrthunt Ar 
ny wypo beth yw thaw pa delw y dichawn ef dywedut Chw- 
chwi eu grefdyfwyr 5 dywedwchwi yn gyntaf beth yw alpha 
a minheu a dywedaf y chwi beth yw beta. Ac yna y dechreu- 

1. L. aeysgyfleit aedaraiu a gwialen ar y benn. Cf. theforms ysclyfyeit and 
ysglyuyeit, R. B., II, pp. 54, 17 and 55,6. 

2. L. llunyeithus. 

3. For the form of the vvord see Strachan, Introduction to Early II elsb, 
p. 278, 1. 10, and IVelsh iictionary (D r Silvan Evans) under crefyddwr. 



192 Marx Williams. 

aud yessu gouyn udunt hen w pob llythyren a dywedut Dywet 
tiy mi Athro y dedyf paham y mae y llythyren gyntaf yn deir- 
konglawc gronawn blaenllym kymhedrawl dygedic tynnedic 
kyrymyon A phan giglcu yr athro leui hynny dechrynu a 
oruc ef o achaws ansawd y llythyren Ac yna y dechreuawd 
leui a phawb yn y glyw (p. I26)etkriaw a dywedut Ny dyly 
hwnn vyw ar y daear honn namyn teihvng yw idaw y dibyn- 
nyaw vn y groc Ef a dichawn difodi y tan a guneuthur hut 
ar betheu ereill A mi a debygaf y mae kyn diliw y ganet 
hwnn Pa groth a arwedod hwnn neu pa uam ae hymduc ef 
neu pa uron ae magawd ef Mi a foaf racdaw ef kany allaf 
diodef un geir oe eneu A m kallon ysyd yn dechrynu ynof vn 
gwarandaw y ryw eirieu hynn Ac ny tebygaf vi nep a allô 
dalv ar y eir ef ony byd duw gyt ac ef A megis dirieit yr 
vmdroeis i y hwnn ym kellweiriaw Pan dygasswn ■ gaffel 
disgvbyl o hwnn y keueis inheu athro beth a dywedaf vi Ny 
allaf ui diodef geirieu y mabyn hwnn Mi a ffoaf or lie honn. 
kany allaf ystyryaw hynn Ac neu ryderiw yr mab\ T in 2 
hwnn oruot arnaf ui yn hen wr kany allaf gaffel na dechreu 
na diwed ar yr hvnn a gadaranhao ef . kanys anawd yw kaff- 
el dechreu y dadvl lie na chaffer y diwed Mi a dywedaf ywch 
yn wir ac ny dvwedaf gelwyd na heniw hwnn o dyn nae 
weithret nae ymadrawd nae ynni. E mae y neill a bot hwnn 
yn dewin ae y uot yn duw ae ynteu angel y (p. 127) duw 
yn dywedut yndaw Ac ny wnn i o ba le yd heniw ef neu o 
ba le y doeth na pha ryw wr uyd Ac yna gowenu a oruc 
Iessu Ac vn llawen arglwydieid a holl ueibion yr israel yn 
seuyll ac yn gwarandaw dywedut ual hynn rïrwythlonokaent 
y rei dirïrwyth ac edrychent y rei deillion a cherdent y rei cru- 
pleit A bit gyfoethawe yr rei tlodyon Ac atuywhaent y meirw 
Ac ymchwelent yn eu kyuan ansawd Ac ymchwelet bawp a 
fFresswylyent gyt ar nep y syd wreidin bywyt a melysder tra- 
gwvd 5 . Ac yn y lie pan dyuot y mab yessu hynny pawb or 
a syrthyassei yng kleuyt a heint a gawsant waret yn dyannot 



1. L.débygassmn. 

2. L. mabyn as in 1. 17 andp. 186, 1. 22. 

3. L. tragwydawl and cf. p. 230, 1. 20, and note. 



Llxma Vabinogi Iessu Gris t. 193 

Ac nv lauassad nep dywedut wrthaw mwy na gwarandaw dim 
y ganthaw 

8. Ac wedy hynny yd aeth odyno meir a Iosep y gyt a 
yssu ' hyt yn dinas nazareth ac yno yd oed gyt ae ryeni Ac 
ual Yd oed Iessu diwsadwm dreilgweith yn gware ef a meib- 
ion ereill ar llofft ef a damweiniawd digwydaw un or meib- 
ion gan y uwrw o un arall or llofft yr Uawr yny uu uarw 
A phan weles ryeni y map màrw hynny lleuein a orugant a 
dywedut yn erbyn Iosep. awch map chwi a ymgeiniawd ac an 
mab ni or llofft yny uu (p. 128; varw Athewi a oruc yessu 
hep atep udunt ar dim Ac yna y bryssyawd meir a Iosep ar 
Yessu A gouyn oe uam ydaw vy arglwyd i ae tydi a uuryawd 
hwnn yr llawrSef a oruc yessu galw r y map erbyn y henw - 
Zeno hep ef llyma vi hep ef Ae myui ath uuwryawd di 
or llofft yr llawr Xa thi arglwyd hep ynteu A ryuedu hynny 
a oruc pawb. ac ann'dedu Yessu am y gwyrth hwnnw 

9. Ac odyna yd aeth Iosep a meir hyt yn Ierico ac yssu 3 
a oed chweblwYd Yna ae uam ae hanuones dydgweith y gyr- 
chu dwuyr ac ysten ganthaw Yr ffynnawn y gyrchu dwuyr 
gyt a meibion ereill Ac Yna gwedy gweliYnnu y dwuyr oho- 
naw y gwthyawd un or meibion ef yny dyrr yr ysten Sef a 
wnaeth yessu lledu y uantell a chymryt Yndi or dwuyr kymint 
ac a oed yn y llestYr ae dwYn y uelh' oe uam Ac edrych a 
oruc hi ar liYnny a rYuedu Yn uawr a medylyaw a chadw 
hynny yn y challonn Ac eilweith dydgweith yd aeth ef yr 
tir a dwyn ganthaw ychYdic o wenith o ysgubawr y uam a 
heu y gwenith a oruc ef atfiYuu a wnaeth y gwenith ac amyl- 
hau yn uawr a phan uu aduet dyuot a oruc oe uedi ac y 
gynnullaw y ffrwyth Sef y kauas kangrennoc a rodi hynny y 
dynnyon a oedynt yn keisiaw da 

10. Fford ysyd a a o Ierico y gyrchu auon eurdonen(p.i29) 
yffordy kerdawd meibion Yr israel gynt Arlle y dYwedireis- 
ted orarch ystauen Ac yd oed Iessu Yn wyth mlwyd yna Ac ef 
a aeth o Ierico y tu ac eurdonen ac Yd oed Yn erm-l y ford goçof 



s^t? v 



1. L. ressu, but cf. 1 . I7,andthe Irish forms, Issu (Thés. Pal. II, p. 385), 
hu. 

2. L. emi and cf. p. 196, 1. 16. 

3. Cf. n. 1 . 



194 Mary II illiâms. 

yn agos y lann eurdonen Ac yno yd oed llewes yn meithrin 
y chanauon Ac nv allei nep yn dibrvder kerdet y ford honno 
Sef a wnaeth lessu dyuot o Ierico parth ar lie honno A gwybot 
uot v llewes yn meithrin y chanauon yn y lie honno A mynet 
y mewn a wnaeth lessu A phan weles y lleot yessu yn dyuot 
y mewn. kyuodi a orugant yn y erbyn ac adoli ydaw ac eis- 
ted a oruc lessu yn yr ogof a chanauon y lleot yn redec yn 
kylch traet vessu ac yn llywenychu wrthaw ac yn gware ac 
ef Ar lleot ynteu yn gostwn eu penneu ac yn seuyll o bell ac 
yn adoli ydaw ac yn llywenychu ac eu llosgyrneu wrthaw. 
Ac yna yd oed y bobyl yn seuyll o bell Ar am na welynt 
lessu dywedut a orugant. Pei na wnadoed hwnn bechodeu 
diruawr nvt vmrodei hwnn oe uod yr lleot Ac ual yd oedynt 
yn medylvaw acyndaly tristwch yndunt ehun (p. 130) llvma 
lessu yn gwyd y bobyl yn dyuot allan or ogof Ar lleot yn 
kerdet oe ulaen ac yn gware vngkylch y draet Ae reeni ynteu 
ar bobvl yn gostwng eu penneu ac yn seuyll o bell rac y lleot 
hep lauasu dvuot nés no hynnv racdunt Ac yna y dechreuawd 
yessu dywedut wrth y bobvl. llawer y mae gwell yr aniueil- 
ieit yn atnabot eu harglwyd yn y glotuori no chwchwi yn 
dvnyon gwedy rvwneithur ar delw duw hep wybot dim y 
bwvstuiloed am atwen i ac a uydant war y dynyon hagen 
nym atwaenant i. Ac gwedy hynnv y kyrchawd lessu ef ar 
lleot eurdonen a phawb yn edrych ar hynnv Ar dwuyr a 
wahanawd oc eu blaen hwy ar deheu ac assw Ac yna y 
dvuawtef wrth v lleot mal y klywei bawp Ewch yn tangneued 
ac na wnewch argvwed v nep na nep y chwitheu yny ym- 
chweloch yr lie y doethawch ohonaw A llawenhau a orugant 
o lef canys gellynt o gorff a mynet ymeith y eu lie e hun Ac 
vmchwelut a oruc lessu ar y uam 

11. A saer prenn oed Iosep ac ny wnei amgen weith noc 
ereid (p. 131) yr a gwelyeu prenn Ac yn hynnv y damwein- 
iawd gorchymyn o nebun was ieuang idaw gwneuthur 
gwely prenn ydaw o chwe chuuyd yn y hyt ac erchi a oruc 
ynteu oe was torri prenneu herwyd y messur a adawsei ef ar 
gwas ny chetwis y mod teruynedic namyn gwneuthur un 
onadunt yn uyrrach nor Hall Ac yna gwelet o lessu ef yn 
gofualu ac yn medylvaw ae uedyant ynteu a druanhaei wrth 



Llyma Vabinogi Ies'sti G ri st. 195 

oawp a dvwedut wrth Iosep o ymadrawd didan Dyret a chyn- 
halvwn bcnneu y prenneu a chyhydwn benneu y prenneu y 
gyt a thynnwn hwynt atam kanys galhvn kyhydu y preneu 
Ac uuydhau a oruc Iosep ydaw kanys gwydyat ygallei wneu- 
thur yr hynn a uynnei a dodi penneu y gwyd y gyt a oruc 
wrth v paret ac Iessu a dynnawd y penn arall yr prenn bryrr l 
vnv oed gvhvt ar hwyaf. Ac yna y dyuawt wrth Iosep dos 
bellach a gwna dy w r eith a Iosep a wnaeth y gwely megys y 
hadawssei. 

12. Ac odyna eilweithyd erchis y bobyl y ueir a Iosep péri 
dysgu llythyr yr mab yn ys (p. 132) gol Ac ynteu a dywed- 
assant nat eynt yn erbyn hynny A herwyd gossodeu yr hyneif 
wynt a dugant ef ar athro y dysgu dynyawl wybod ydaw. 
Ar athro adechreuawd dywedut wrthaw yn arw ac erchi idaw 
dywedut alpha Dywet hep yr Iessu yn gyntaf beth yw beta 
Sef a oruc yr athro yna llidiaw a tharaw yessu ac yn y lie 
marw } T r athro ac ymchwelu Iessu adref ar y uam Ac ouyn- 
hau a oruc Iosep a galw ataw veir a dywedut wrthi Gw) r byd 
di uy mot i yn drist o achaws y map hwnn rac ouyn y daraw 
o ryw dyn yny uo marw. Ac atep a oruc meir a dywedut Na 
chret ti wr da sant gallu hynny. namyn gwybyd di y nep ae 
hanuones ef y w eni ym plith y dynyon. hwnnw ae keidw ef 
rac pawb a rybucho drwc ydaw a rac pob drwc yn y enw ef 

13. Odyna y dryded weith yd erchis yr ideon y ueir a Iosep 
dwyn y map ar yr athro oe dysgu drwy ymanheed A meir a 
Iosep a oed arnadunt ouyn y bobyl Ac aflonydwch yr efFeirit 2 
a bygwth y tywyssogyon ac (p. 133) wynt a dugant Iessu 
yr eilweith yr ysgol. ac wynt a wydynt na aallei ef dysgu 
dim y gan dyn y gwr a oed eidaw berffeith wybot y gan duw. 
A phan doeth Iessu yr ysgol y mewn ar ysbryt glan vn v 
dwyn. kymryt y llyuyr a oruc o law yr athro a oed yn 
dysgu y "dedyf a dechreu darllein ar holl bobyl yn edryeh ac yn 
gwarandaw. Ac nyt o ysgriuen y llythyr v dvwedei namyn 
or ysbryt glan megis frwt o dwuyr yn kerdet o ffvnnawn 
uyw. Ac yna yn gyflawn o nerthoed a rat y dysgei ef uawr- 

1. L. byrr. 

2. L . eifciricit . 



196 Mary Williams. 

ydicrwyd dûwyr hobyl. Ar athro ynteu yn digwydaw ae wy- 
nep wrth y llawr ae adoli ar bobyl yn eisted ac yn gwaran- 
daw ar hvnnv ac a dechryn mawr arnadunt. A phan gigleu 
Iosep hynny ouyn uu ganthaw rac marw yr athro a redec 
ataw A phan weles yr athro hynny y dyuawt ef wrth Iosep 
Nyt disgvbvl a rodeist ti ataf i namyn athro. a phwy a allei 
diodef v eirieu ef Ac yna y kyflenwit yr hynn a dyuot dauyd 
broffwyt Auo ' duw a gyflenwit o dyfyed 2 . 

14. (p. 134) Ac gwedy hynny yd aeth Iosep a meir a lessu 
odvnoac v'doethant hyt yn aruordir capharnawm racdrwc dy- 
nvon a oed yn eu herbyn Ac gwedy trigaw o honunt yng kaffar- 
nawm yd oed yn v dinas gwr a elwit Iosep a chyuoethawc oed 
a chleuvchu a wnaeth a marw A phan gigleu lessu dynyon y 
dinas yn kwvnaw ac yn udaw ac yn wylawuch benn y marw 
ef a dvuot wrth Iosep paham na nerthey di y gwr a oed un 
henw ' a thi. pa uedyant neu pa aallu ysyd y mi heb y Iosep 
v hvnnv. Kymer hep yessu y lliein ysyd am dy benn a dotef 
ar wvnep v marw. A dywet wrthaw lessu ath iachao ac ef a 
gvuvt yn v lie yn vach. A Iosep mal yd erchis lessu aeth 4 
yr ty ac a dodes v lliein a oed am y benn ar wynep y marw 
Ac vnteu a gyfuodes y uynyd ac a ouynawd pwy yr lessu 

15. Odvna vd aethant o gaffarnawm hyt y bethlem ac 
vd oed Iosep a meir yn y ty ac Iesu a oed gyt ac wynt A 
Iosep dvdgweith a elwis ataw Iacob y uap yr hynaf. ac erchi 
ydaw uynet vr ard y gynullaw kawl y wneuthur plwmant ac 
Iesu a aeth yn ol Iacob y urawt yr ard ac ny wydyat Iosep na 
(p. 135) meir v uvnet ef ac ual y byd Iacob yn tynu y kawl y 
neidiawd neidvrobwll vdawae urathuyn y lawdeheu. agweidi 
a oruc ef rac dolur ac ochein a dywedut y urathu o neidyr ef 
yn v law deheu. Ac yessu a oed yn seuyll gyfuerbyn ac ef ac 
a redawd wrth y arym ac ymauel a oruc ae law a chwythu 
arnei ac agori v law ae wneuthur yn hollyach a 'marw y 
neidvr ac ny wydyat ueir a Iosep y kyfrang A redec a wnaeth- 
ant allan wrth y llef o arch lessu ac y kawssant y sarph 
yn yr ard yn varw a Iacob yn hollyach 

1. L. Auon. 

2. L. dyfred, and cf. p. 233, 1. 32, and p. 248, 1. 6. 

3. L. enw, and cf. p. 193, 1. 13. 

4. L. i! aeth. 



Llvma Vàbinogi lessu Grist. 197 

16. A phan elynt hwvv wahawd ydoilosepaeueibion. Iacob 
a Ioseph a Iudas a simeon ae dwy chwiored aedwyuerchetar 
arglwvdes ueir ac lessu a meir cleoffas y chwaer hitheu arodass- 
ei duw oe that ac y anna y mam hi am rodi onadunnt 
hwvueir uam lessu vn offrwm yr arglwyd a honnoa dodetar 
henwmeirarallyr duhudyant y rieni. A phan delynt y gyt lessu 
ac eu bendigeu ac a dechreuei uwyta. ac yuet. Ac ny lauasei 
nep uwyta nac yuet nac eisted ar uwrd na thori bara hynny 
bendigei ef yn gyntaf ac ony bei ef yn y lie ef a aroit yn y 
delei. A phan vynnei ef uwta ' meir a Iosep ae urodyr ae 
ueibion a uvdynt vn y gylch. y urodyr ynteu a getwynt y 
uched 2 efger bron eu llygeit megis Uugorn ac ae houynheint 
ef. A phan gvsgei lessu nac y nos nac yn dyd eglurder duw 
a dywynnei arnaw. yr hwnn a uuchedokaa ac a wledycha y 
gyt ar tat ar ysbryt glan heb d range heb orffen yn oes oesoed 
Amen. 

this is the mabinogi of jesus christ. 

1. Take the child and his mother, said the angel to Joseph, 
and take the road to the désert of Egypt. And Joseph went 
as the angel commanded. When they h ad corne near a cave 
and wished to rest, the Blessed Virgin came down from her 
horse and sat holding the child Jesus in her lap. And there 
were walking with Joseph three servant men and with Mary a 
little maid. And suddenly a number of dragons came out of 
the cave. When the menservants saw them they uttered 
cries of fear, but Jesus came down from his mother's lap 
and stood before the dragons, and the dragons worshipped 
him and then left them. Then was fulfilled that which the 
prophet David said : « Ye dragons of the earth, praise the 
Lord ». And the child Jesus walked before them- and com- 
manded them that they should do neither harm nor injury 
to any man. But Mary and Joseph feared lest the dragons 
should harm him. Then Jesus said to them : " Fear not lor 



1. A. dialectal (?) form of uwyta. 

2. L. uuched. 



198 Mary Williams. 

me, although I am a little child I am perfect and ail the 
beasts of the wood must needs be tame in my présence just 
as though they were tame ». The lions also and the léo- 
pards worshipped the m and walked with them in the wilder- 
ness : whichever road Mary and Joseph took the)- walked 
before them to show them the way and to worship Jésus. 
When first the Lady Mary saw the lions and various kinds of 
wild beasts around them she feared, and laughing the child 
Jésus said to her : « Fear not, my mother, it is not to hurt 
thee that they accompany thee but to serve thee. » And by 
those words he removed ail fear from their hearts. And 
the lions walked with them and with the asses and 
the oxen and the sumpter horses which supplied their 
need. They did no harm to anyone but walked, gentle and 
tame, among the sheep and the other animais which they 
had brought with them from Judea. Among the wolves did 
they walk and they feared not and no one was hurt. Thus 
was fulfilled that which the prophet said : « The wolves shall 
be fed among the lambs and the léopard with the young 
goats ». Two oxen drew a waggon with their provisions in 
it. 

At the end of the third day of their journey from their 
country the Lady Mary became weary in the désert from the 
excessive heat of the sun. And she beheld a tree and said to 
Joseph: « I will rest awhilein the shadeof this tree ». Joseph 
hastened towards her and leading her towards the palm-tree 
took her down from her horse. When the Lady had sat 
down she looked among the branches cf the tree and saw that 
the tree was full of apples, and then she said to Joseph : 
« I would willingly hâve some of those apples, were they to 
be had. » He replied : «I wonder to hear thee say that when 
thou seesf the height of the palm-tree. Thou thinkest of 
eating the fruit of the palm, whereas I am anxious lest we be 
in want of water which is now decreasing in our barrels, 
and there is no way of reviving us. And then Jésus, a little 
child on his mother's lap, laughing spoke thus : « O tree, let 
down thy branch and feed us with thy fruit. » And at those 
words the tree bent down its tips under the Lady Mary 's feet. 



Llyma Vdbinogi lessu Grist. 199 

And thev gathered the fruit and ate as much of the 
fruit as seemed good to them. When they had finished 
gathering ail the apples the tree remained bent on 
the sround waiting to be told to erect itself bv him who 
had bidden it bend down. Then Jésus said to the tree : 
«Arise, palm, and grow strong and be the companion 
of mv trees which are in ni}' Father's Paradise. And 
out of thv roots open veins of water which is hidden in 
the earth, so that water may flow from them to quench our 
thirst ». And at once a spring ofthe purest and coldest water 
was let loose and began to flow from under the roots of 
the tree. When they saw the spring and the water they 
rejoiced exceedingly and tookenough ofthe water for them- 
selves and for their cattle and gave thanks to the one 
God. 

2. The next dav, as they were starting thence, Jésus 
returned to the palm tree and spake thus : « I command 
thee, O palm-tree, that my angels take some of thy roots 
and plant them in mv Father's Paradise. And I will bless 
thee that whosoever shall bear thee shall accomplish whatever 
good deed he may begin, and he shall be successful in every 
thing. » And as he spoke thus they beheld an angel of the 
Lord standing on the palm-tree and taking one of its branches 
and flying to heaven with the branch in his hand. And when 
they saw that they were struck with terror as though they 
were dead. And Jésus said to them: « Why should ye fear, 
do ye not know that I will take the palm I myself made to 
my Father's Paradise, and there it shall be a delight to my 
saints as it was prepared in this wilderness ! » 

3. When they hadjourneyed Joseph said: «Lord, said he, 
we are greatly oppressed by too much heat. Lord, if it be 
thy will, we will follow the road along the shore so that we 
may frequentlv find cities near the coast where we mav 
rest. » Jésus spoke to Joseph : « Fear not, I will shorten the 
way tor you so that in one day ye mav make the journey 
of thirty days which there is from hère to that place. » And as 
they were speaking of this they saw the mountains of Egypt 
and its cities appear before then. And they rejoiced thereat 



200 Mary Williams. 

and went intoone of the cities, and no one recognised theni 

as they sought a lodging. The people of that city had met 
to dispute, and the priests of that city were engagedin teach- 
ing everyone to sacrifice separately to the gods because of 
the honour due to their deity ; and three hundred and 
twenty five false gods had been set up in that city. 

4. And then it happened when the Lady Mary went into 
the temple that ail the false gods fell down and were broken 
so that they said nothing nor could they say anything from 
that time forth. Then was fulfilled the word which the pro- 
phet Isaiah spoke : « The Lord will corne on a light cloud 
and He will go to Egypt, and He will disturb ail the false 
gods of the men of Egypt, made with hands. » And when that 
was made known to Affrodis, the prince of that city, he came 
to the temple with ail his host in order to see who had caused 
the gods tofall. And he went to the temple and after seeing ail 
the false gods fallen and lying on the ground he approached 
the Blessed Mary who was holding her Lord on her lap and 
he worshipped him and then said to ail his host and his com- 
panions : a Were this one not a God our gods would not 
hâve fallen on their faces and they would not hâve lain before 
us : and they bear witness to their Lord by their siience. 
If we do not do immediately as we see done by our 
gods we may incur His displeasureand run into great danger as 
iormerly befell Pharaoh King of Egypt : because he did 
not believe in the many miracles he was drowned in the sea 
with his entire host. » And then ail the people of the city 
believed in the Lord Jésus Christ. 

5. When Jésus had left Egypt and was living in Galilée and 
beginning thesixth yearofhis âge, on a Saturday he went with 
little boys to play on the banks ofthe Jordan. When Jésus had 
sat down, outof the dust he made sevensmall ponds and small 
channels to take the water from one pond to the other and 
from the ponds again to the river as he directed. But one of 
those boys, a child of envious mind, closed up the conduit 
which served the water of the ponds and broke down the 
dam which Christ had made. Whereupon Jésus said to him : 
« Verily, child of death, son of the evil one, why didst thou 



Llyma Vdbinogi lessu Grist. 201 

disperse mv work ». And the boy who had done so at once 
died. With turbulent cry the parents of the dead boy com- 
plained against Joseph and Marv, saying: « Your son quarrell- 
ed with ours so that he died. » When Joseph and Mary heard 
that they came to Jésus because of the tumult raised by the 
dead bov's parents and the turmoil of the Jews. Then Joseph 
said secretly to Mary : « I dare not say anything to him, do 
thou teach him and speak to him thus : « Why hast thou 
roused the people to dislike us so that we surfer the people's 
anger ? » And when his mother came to him 

Four pages are missing in the manuscript. 

6. and said to him : « Who can keep this boy and teach 
him? if thou canst, teach and keep him. » When Jésus heard 
what Zachiashad said he answered and said tohim: « Thou, 
teacherof the Law, the little that thou hast said, a man such 
as thou art must observe. I am a stranger to thy ordinances 
and to your law for I hâve no earthly father. Thou readest 
the Law and art learnèd in it, I was before the Law. Thou 
thinkest thou hast not thy equal in wisdom. Iwill teach thee. 
There is no one who can teach me except the one thou hast 
named, but He may, for He is worthy. W T hen I am exalted 
from the earth I will cause the life of this race to cease to be 
spoken ot. Thou kno^est not when thou wast born nor 
how long thou shalt live on this earth. » When every one 
heard thèse words great terror and fear came upon them and 
they cried and said : « O, O, O, hère is a great and very 
wonderful thing ! We hâve never heard such as this, from 
either a grammarian or a naturalisa We know where this one 
was born, and he is hardly five years old and how can he 
speak such words ». And the Jews answered : « We hâve 
never listened to such words from a child. » Jésus replied to 
them : « Ye deem it strange to hear a child like me speak 
and so ye will not believe that which I hâve said to you. 
I hâve told you I knew you and when ye were born. I will 
tell you what seems greater and more wonderful to you. 
Abraham whom ye call your father, I hâve seen him and he 
has seen me, and I hâve spoken with him ». When they 



202 Marx Williams. 

heard that they stood erect and no raan dared say anything. 
And Jésus said to them : « I hâve been amongst you and 
ye did not recognize me, I hâve spoken to you as though ye 
were wise and ye hâve not understood my cry for ye were 
less and your fait h was small. » 

7. And againthe rabbi Zachias, expounderofthe Law, spake 
to Joseph : « Give me the boy and I will give him to the 
master Levi, and he will teach him letters. And then by per- 
suasion (?) Marv and Joseph took him to school to be taught 
by the master Levi. When he came in he was silent. And 
the teacher Levi said to Jésus, beginning his lesson : « Say 
Alpha », said he. Jésus was silent and answered not. Then 
the teacher Levi became angry and seizing him struck him 
with a whip on the head. Jésus said to Levi: Why didst thou 
strike me ? Verily know ye that whoever is struck teaches 
the one who strikes him more than he is taught. ï can teach 
thee that which thou sayest thyself. Ail those who speak and 
listen are blind, like a sounding copper or a tinkling bell 
which hâve no idea of, and do not understand, their own 
sound ». And then Jésus said to Zachias : « Every letter 
from Alpha to Thau is ranged in order : tell me therefore 
what Thau is and I will tell thee what Alpha is ». And again 
Jésus said to them : « He who knows not what Thau is how 
can he say [what Alpha is] ? Ye false believers, tell me first 
what Alpha is, and I will tell you what Beta is ». Then 
Jésus began asking them the name of each letter saying : 
« Tell me, teacher of the Law, why the first letter is triangu- 
lar, rounded, pointed, symmetrical, drawn out, curved ? ». 
When the teacher Levi heard that he feared because of the 
nature of the letter and then in the hearing of ail he began to 
cry and say : « This one ought not to live on this earth, he 
is worthy of being hanged on ihe cross. He is capable ot 
putting out the fire and of laying a charm on other things. 
I think he was born before the flood. What womb has 
borne this one, what mother bore him, what breast nourish- 
ed him ? I will flee before him for I cannot bear a word from 
his lips. My heart fears within me listening to such words. 
It does not seem to me that any one can hold upon his 



Llyma Vabinogi Iessu Grist. 203 

words unless God be with him, and as though by misfor- 
tune hâve I turncd to this one to be mocked. When I had 
thought of having a pupil in this one I found a master. 
What shall I say ? I cannot bear this child's words. I will flee 
from this place for I cannot understand this. And now this 
child has overcome me, an old man, for I can find neither 
beginning nor end in what he maintains, for it is difficult to 
find the beginning of a subject when one cannot findthe end. 
I will tell vou truthfully, I will not lie to you, this one 
cornes of no man, nor his works, his words nor his energy: he 
is either asorcerer, God, orelse an angel ofGodspeaks within 
him. I know not whence he originates or whence he has 
come or what kind of man he will be. » Then Jésus smiled 
and full of majesty, ail the sons of Israël standing and listen- 
ing, he spake thus : « Let the barren bring forth fruit, the 
blind see, the lame walk : let the poor be rich and the dead 
live again and résume their perfect nature : let ail return and 
dwell with Him who is the root of life and the eternal sweet- 
ness. » Thereupon when the boy Jésus spake thus ail who 
had fallen sick and into âge were at once healed. And no one 
dared speak to him nor listen to any thing he said. 

8. Thereafter Mary and Joseph went with Jésus from that 
place to the city of Nazareth, and there he remained with 
his parents. And as Jésus was playing one Saturday with 
other children in a loft, one of them, struck bv another, fell 
from the loft to the ground so that he died. When the dead 
child's parents saw this they cried and spake against Joseph : 
« Your son quarrelled with ours in the loft so that he died. » 
Jésus was silent and answered them not : and then Mary and 
Joseph hastened to Jésus, and his mother asked him : » My 
Lord, was it thou who didst strike this one to the ground ? » 
Jésus then called the boy by his name : « Zeno », said he ; 
« Hère am I », said he. « Was it I who struck thee from the 
loft to the ground ? » — « No, Lord, » said he. And ail 
were astonished and honoured Jésus for that miracle. 

9. From there Joseph and Mary wentto Jéricho and Jésus 
was then six years old. His mother sent him one day to fetch 
water in a pitcherto the fountain with other bovs. And when 



204 Mary Williams. 

he had drawn the water one of the boys pushed him so that 
the pitcher broke. Jésus then spread his mantle and gathered 
in it as much of the water as the pitcher held and brought it 
thus to his mother. And she beheld that and was greatly sur- 
prised and kept that in lier heart. 

And another day he went on the land and took with him 
a little wheat from his mother's barn, and he sowed the wheat 
and it grew and multiplied greatly. When it was ripe he 
came to reap it and to gather the fruit, and he had a hun- 
dred larçe vessels full which he e;ave to those who sought 

o O O 

to do good. 

10. A roadgoesfrom Jéricho to the river Jordan, the road 
along which the children of Israël formerly went and where 
the ark of the covenant is said to hâve rested. Jésus was then 
eight years old, and he went from Jéricho towards the Jor- 
dan. There was a cave on the road-side near to the shore of 
the Jordan, and there a lioness was rearing her cubs : no one 
could go fearlessly along that road. Jésus came from Jéricho 
towards that place knowing that the lioness was there rearing 
her cubs, and he went in. When the lions saw Jésus corne 
in they arose to meet him and worshipped him, and Jésus 
sat in the cave and the lions' cubs running around his feet 
rejoicing and playing with him. And the lions bent their head 
and stood afar off, worshipping him and rejoicing with their 
tails. The people stood afar off and as they did not see Jésus 
they said : « Had this one not sinned greatly he would not 
voluntarily give himself up to the lions. » As they were medi- 
tating and feeling sad within themselves, behold Jésus in the 
sight of ail came out of the cave, the lions walking before 
him and playing around his feet. His parents and the people 
bowed their heads and stood afar off for fear of the lions, with- 
out daring to come nearer. And then Jésus began to say to 
the people : « The animais know their Lord and praise him 
much better than ye men, made in the image of God. Know- 
ing nothing the beasts recognize me and are gentle, but 
men know me not. » Then Jésus went with the lions to the 
Jordan, every one watching them. And the waters divided 
before them to the right and to the left. Then he spoke to the 



Llxma Vabinogi Icssu Grist. 203 

lions that ail might hear : « Go in peace and do harm to no 
one, and be not hurt until ye return to the place whence ye 
came. » And they rejoiced with a shout for they could not 
with their bodies and went to their own place. Jésus return- 
ed to his mother. 

11. Joseph was a carpenter : he made nothing except 
ploughs and wooden beds. And it happened that a young man 
commanded him to make him a wooden bed six cubits long. 
And he bade his servant eut the wood according to the mea- 
surement left him. But the servant did not keep to the 
appointed measure, so that one of tbe pièces of wood was 
shorter than the other. And then Jésus saw him anxious and 
lost in thought for his possessions, he who had pity upon 
every one, and he spoke to Joseph comfortingwords : « Corne, 
let us hold the ends of the pièces of wood, and let us put 
the ends together : let us pull them towards us for we can 
make them of the same length. » And Joseph obeyed him for 
he knew he could do what he wished. The ends of the wood 
were put together against the wali and Jésus pulled the other 
end of the pièce of wood until it was of the same length as 
the longest. And then he said to Joseph : « Go now and do 
thy work ». And Joseph made the bed as he had promised. 

12. Again the people bade Mary and Joseph let the boy 
be taught letters in school : they said they would not go 
against that, and because of the ordinances of the elders they 
took him to a teacher to be taught human knowledge. 
The teacher begaii to speak harshly to him and told him to 
say Alpha. « Tell me first », said Jésus, « what Beta is ». The 
teacher then became angry and struck Jésus, and he at once 
died. Jésus went home to his mother. And Joseph feared 
and called to him Mary and said to her : « Know that I am 
sad on account of this boy lest any man strike him so that he 
die. » And Mary answered and said : « Believe not, O good 
and saintly man, that this may be. Know that whoever sent 
him to be born amongst men will guard him from ail who 
meditate wrong to him, and from ail evil through His 
name. 

13. A third time the Jews bade Marv and Joseph take their 

Reine Celtique, XXXIII. 14 



2oé Mary Williams. 

son to a teacher to be taught by persuasion (?). And Mary 
and Joseph fearing the people, the unrest of the priests and 
the threats of the rulers, took him again to school : they 
knew he could be taught nothing by man, he who had per- 
fect knowledge from God. When Jésus came to the school, 
led by the Holy Spirit he took the book out of the handof the 
master who was expounding the Law, and began to read, 
ail the people looking on and listening. He did not read 
. what was written in the Scriptures but from the Holy Spirit, 
flowing like a stream of water from a living fountain. And 
then full of power and grâce he taught the people the great- 
ness of God. The teacher fell on his face on the ground and 
worshipped him, the people sitting listening and fearing 
greatly. When Joseph heard that he was afraid lest the mas- 
ter die and he ran to him. When the teacher saw that he 
said to Joseph : « Thou didst not give me a pupil but rather 
a teacher and who could bear his words ?» Then was fulfill- 
ed that which was spoken by the prophet David : « The river 
of God shall be filled with water. » 

14. Then Joseph, Mary and Jésus went thence and came 
to the shore of Capernaum for fear of the people who oppos- 
ed them. After they had dwelt in Capernaum a man in the 
town named Joseph, a rich man, fell ill and died. When 
Jésus heard the people of the çity moaning and crying and 
weeping for the dead he said to Joseph : « Why dost thou 
not succour the man who bore the same name as thou ? » 
« What power or what might hâve I, said Joseph, for that ? » 
« Take, said Jésus, the cloth which is around thy head, and 
put it upon the face of the dead, and say to him : « Jésus 
heals thee », and he will at once arise well. » And Joseph, 
as Jésus had commanded, went to the house and put the 
cloth which was around his head on the dead man's face. And 
he arose and asked who Jésus was. 

1 5 . Then they went from Capernaum to Bethlehem, and 
Joseph and Mary were in the house and Jésus with them. One 
day Joseph called to him his eldest son, Jacob, and bade him 
go to the garden to fetch some cabbage to rnake broth. And 
Jésus followed his brother Jacob to the garden and neither 



Llxnia Vabinogi Iessu Grist. 207 

Joseph nor Mary knewthat he had gone. As Jacob was pull- 
ing the cabbage a snake leapt from a hole and bit his right 
hand, and he screamed with pain, and cried and said he had 
been bitten bv a snake in his right hand. Jésus was standing 
opposite him and he ran at his cry; taking hold of his hand, 
he blew upon it, opened the hand and healed it, and the 
snake died. Mary and Joseph did not know what had happen- 
ed, and thev ran out at the cry at Jesus'bidding and found the 
serpent dead in the garden and Jacob perfectly well. 

16. And when they were invited Joseph and his sons went, 
Jacob, Joseph, Judas and Simeon and their two sisters and 
their two daughters and the Lady Mary and Jésus and Mary 
Cleophas her sister whom God had given to her father and 
to Anna her mother because they had given Mary, Jésus' 
mother, as an offering to the Lord, and to her was given the 
name of the other Marv as a consolation to her parents. 
And when they came together Jésus blessed them and began 
to eat and drink. And no one dared eat or drink or sit down 
to table or break bread until he had first blessed it : if he 
were not présent everv one waited until he came. And when 
he wished to eat Mary and Joseph and his brothers were 
around him. His own brothers kept his way of life before 
their eyes as a lamp and feared him. And whenever Jésus 
slept, at night or bv dav, the brightness of God shone upon 
him who lives and reigns with the Father continually with- 
out end for ever and ever. Amen. 



II 



BUCHED MEIR WYRY. 

Fol. XIV aI . Llyma mal y treithir o vuched Meir wyry. 
ac o vabolyaeth an Hargluyd ny Iessu Grist. her- 
6yd mal y yscriuen6ys Matheu euangelystor yn 
Eurey. a sein Jeronym o lyuyr Matheu ae troes o 

1. Refers to folios of Peniarth j. 



2o8 Mary Williams. 

yeith Eurey yn Lladin. tr6y adolôyn y gan Chroma- 
tius ac Elyodorus. 

I ' Y mae Chromatius ac Elyodorus esgyb* yn anvon annerch 
a charyat ynyr argluyd. oc eu karediccaf vraut. wy* y Gero- 
nym offeirat. Nyny a gaussam ganedigaeth Meir wyry. a 
mabolyaeth an hargluyd ny Iessu Grist. y my6n* gev lyureu. 
yn yr rei y guelsam la6er o betheu gurth6yneb yn ffvd ny. 
Ar petheu gurthodedic oll a gudyassom rac rodi o honam ny 
yr ancrist le6enyd druy blyc ar Grist. A guedy edrych hynny 
o honam y managassant deu 6r. nyt 2 Armenius a Iunius yni. 
caffel o 3 santeiruyd dy lyuyr yn Eurey a ysgriuynassei * 
Vathev euangelystor ae Ia6 ehun. yn yr h6nn yd oed bu 
(fol. XIV b )ched* Meir wyry. a mabolyaeth yn prynnaôdyr* 
ny. Ac 6rth hynny ny a éediun dy garyat dy yn yr argluyd 
Iessu Grist. hyt pan v\-nelych*dy tvnnv y llyuvr h6nn6 
yn Lladin o Eurey y gymryt o hona6 arderchogruyd Crist. 
Ac y vur6 ymeith ystry6 geugreuyd6vr. yrreia ymgyssgant 4 
ëukeluyd gytar anedigaeth anrydedus y geissa6 kymryt gan- 
tunt 6y dysc drue. Val y kelynt ch6eruder agheu druy 
velyster* buched. trugared garedic y 6 y titheu yn guarandav 
ny esgyb. a brodyr yth \vedia6 o dylyet caryat. Ac a 6elych 
titheu* y vot yn yiaun* g6nna *. Iechit ytt y gan Due. a 
guedia drossaôm. 

Eronymbellach dracheuenyn anvon pob gleindit ac annerch 
y Chromatius ac Elyodorus esgyb. Canys ydy6ch * ch6itheu 
yn chéennychu guelet hynny. nyt kudya6 dysc a dylyir 
namyn y dangos yn amluc. Matheu a vynnaéd dangos y 
llyuyr h6nn6 yn gyhoedauc. y llyuyr h6nn6 truy nerth 
du6 mynnev ae tynnaf yn Lladin y ch6i. Canys caryat Crist 
y6vuufydhav* y wedieu seint valcbôi. val y galloch dyuot ar 
vabolyaeth Crist truydofi. 

II. Yn y dydyeu hynny yd oed gur yn yr Israël. Ioachym 

i. Refers to paragraphs \n Sélections from the Hengwrt MSS. (S.). 

2. L. nyt atngen. 

3 . MS. has â . 

4. L. ymgymyssgant. S. has ymgytnysgant. 
* V. p. 234 et sqq. 



Lh'wa Vabinogi Iessu Grist. 209 

y eno* o luvth Iuda. A huné* hugeil deueit oed. ag* ouynn 
Du6 arnaé vnnv vulder*. yr H6nn nyt oed amgen bryder 
arna6 namvn cad6 y deueit. or rei y porthei efyr rei a ofuen- 
neyn * Du6. Ac yn rodi deu ry6 rodyon yn ovyn Du6. y rei 
a lauuryeint yn y dvsc. ac y rei a wassannaethei* vdunt. oe 
wyn a mynnev. a g61an. ae holl da bydaul. teir rann pob 
bluydyn. Vn a rodei yr meibon ymdiueit. ar guraged guedu. 
ar pererinyon. ar aghennogvon. ar eil rann a rodey y rei a 
diwyllynt Du6. ac ortryded rann yntev ae dyléyth a ymbor- 
tliey arney. yn pymtheg ml6ydy dechreuod y vuched velly. 
ac yn yr vgeinvet vl6ydyn y kymerih wreic Anna y heno* 
verch Ysachar o lin Dauid. ac vgein mlyned* y buant y gyt 
heb caffel* plant. 

Dydgueith guyl y doeth Ioachim y gyt a niver a oed yn 
gueuthur ' aberth y Du6. A phan yttoed Ioachim yn arluya6* 
y anrygyon* yntev y Du6. y doeth atta6 vn o hynauyeit y 
temyl. Ruben y eno*. Ac y dy6ot vrtha6. nyt cannyat y ty 
seuyll yn y temyl y aberth y due. Cany* vendigaudDué dydi 
y rodi plant yt yn yr Ysrael. Ke6ilyd a fu arna6 yg guyd y 
bobyl. ef a gilyaud or temel* ac a 6ylaud. ac nyt ymch6oel- 
aud* y ty. namyn ar y ysgrybyl. a déyn y gyt ac ef bugelyd 
yr y myned* y eithauoed val na chly6ei y 6reic dim y 6rthaé. 
Tra yttoed hitheu yn 6ylya6 yn y guedy. y dya6t 2 val hynn. 
Argluyd cany rodeisti y mi veibon. paham y dugost vy gér y 
gennyf. llyma pymhis na weleis * vy g6r. ac na en pa du y bu 
varo*. val y kaffun péri y gladu. A hi vn y \vvla6 yn y herber. 
ac yn y g6edia6. dyrchauel y llygeit ar yr argluyd a 6naeth hi 
a éelei ederyn yn y Uawrwyden. hitheu a vyryod eb6ch ar yr 
argluyd. ac a dy6ot. Argluyd Due hollgyuoethauc ty a rodeist 
y pob creadur etyued. yr annyueileit. yr pryuet yr pyscaut. 
ac yr adar. a lle6enyd * vdunt y6 eu plant. Mivi vy hun a dieith- 
reist or rod h6nn6. titheu a adnabuost o drechreu 3 vym 
priodas.i. pe rodut ym blant. ae mab. ae merch. mi ae rodun 
yth wassanaeth. 



1. L. guneiithur, MS should hâve gueuthur. Cf. pp. 215, n. 1, 226, n.2. 
S has gwneuthur. 

2. L. dy6a6t, but cf. pp. 212. 1. 1, 214, 1. 6. S. has dyuiawt. 

3. L. dechreu as in S. cf. p. 216, 1. 20. 



210 Mary Williams. 

III. A thra yttoed yn diéedut* hynny gar y bron hy y 
ymdangosses idi agel. vn dy6edut. Anna, nac ofnaha. Canys 
yg kygor* Du6 y mae dy hlant ty. ac a aner o honat ty. a vyd 
ryueda6t yr holl oessoed* hyt y dy6ed. A guedy dyéedut or 
agel hynny a ônaeth ■' y 6rthi. Hi a ergrynna6d pan welsei yr 
agel yn dvéedut yr ymadraud. Ac yna hi aeth y chudygyl. ac 
a yntredaud vr guely. a megys marw. yn hyt y nos ar dvd y 
trigyaud yn y guedy*. Guedy hynny hi a eléis y mor6yn attei 
ac a dv6ot vrthi. A wely dy vy guëddaut 2 . i. ara gouut. ac 
nv wnneisty dvuot attaf .i. Ac yna y hattebaud y moréyn hy 
dan trablud. A o chayod Du6 dy groth dy. ac a duc D6y dy 
wry * gennyt. beth a 6nafi y ty 6rth hynny. Anna pan giglev 
y vor6vn yn dyvedut hynny. a 6ylod eiléeith. Yn yr amsser 
h6nn6 yd ymdangosses guas jeuag y rug y mynyded y lie 
yd yttoed Ioachym 6rth y ysgrybyl. ac a dyéot 6rtha6. 
Paham heb ef nat ymch6ely di att dy wreic atref. Ioachym a 
dy6ot. ys vgein mlyned ydym y gyt. ac am nat oed yn blant 
my a gil) r eis* or temvl yn waraduys > geôilydyus. Beth a 
vmhoelaf attei pan ym bérrver vnweith y 6rthi. yma y trig- 
yaf .i. gyt am deueit y tra vynno Du6 vy myé. dr6y d6yla6 
vy meibon. i.y rodaf y aghenogyon. a géraged géedé. a meib- 
on ymdiueit. ar rei (Fol. XV a ) a diwyll6ynt* Du6. y rann 
om da. Ac yda6 ynteu yd attebaud y guas jeuang. Agel y Du6 
wyf i a ymdangosseis hedi6 yth 6reic ty. yn wyla6 ac yn gued- 
ia6. a my ae dideneis hi. Yr onn 4 a 6yppechdy y keiffveich- 
ogi o honnat *. a honno temel* y Du6 vyd. ar yspryt glan 
a orff6ys* yndi. a hi a vyd gôynuydedic ar yr holl wraged . 
vn gymeint ac n'a dyéetto bot y cheffelyp* kynno hy na guedy. 
Dysgynn* or mynyd ar dy wreic. A thitheu ae keffy hy eneit > 
yn y chroth. yr argluvd Du6 a gvffroes hat yndi. ac ae génaeth 
3m vam yr tragy6ydaul vendith. A Ioachym ae guediaud ac a 
dy6ot vrtha6. O cheueis .i. rat gar dy vron dy. eisted ychy- 

i. L. mynet a 6naeth, as in S. 

2. Note the spelling and cf. p. 222,1. 13. V.also Mary Williams, Essai 
sur la composition du roman gallois de Peredur, p. 29. S. has vyguedaïut. 

3. L. ifuradwvdus as in S. 

4. L. honn as in S. 

5. L. 1/ eneit. 



Llynni Vabinogi lessu Grist. 21 [ 

dyc vn temyl i. a bendicca dy was dy. Yr argel ' a dvéot 
ida6. Na dyéet dy dy was. namyn dy gytwas. y vn argluyd 
ydym weisson. nyt amgen y du6. Canys vy my6yt .i. am 
diaét 2 *. anweledic y6. yr dynyon. ac érth hynny nyt myvy 
a dvlvy tv. y \vedia6 vynet yth temel * ty. namyn yr h6nn 
a rodut v my. Gwna aberth y Du6 o hona6. Yna y kymerth 
Joachym oen ac y dyéot 6rch yr agel. Ny veidun .i. wneuth- 
ur aberth v Du6. pei na bei didi ae harchei. a rodet gannyat 
ymi y aberthu. Yna y dyéot yr agel. Nyt annog6n .i. didi y 
aberthu pei nat adnebydassaon* eéyllys Du6 ymdanat. Ac 
ef yn g6neuthur yr aberth. y gyt ar m6c or aberth yd aeth yr 
agel y nef. 

IV. Yna y dyguydaud Ioachym yn dadoluch. or héechet 
a6r or dyd hyt bryt gosper. Meibon. a chyneéitêyr a doeth- 
ant atta6. cany6ydynt paham y dygéydassei. a debegyssynt 
y vot e hun yn y lad. breid y drychauassant. A phan dy6at 
ef vdunt 6y yr hynn a 6elsei o ryveduch ac ovyn. wynteu a 
annogassant yda6 g6neuthur yr hynn a archassei yr agel heb 
ohir. ac ymchuelut* ar* y wreic yn diannot. Guedy treigla6 
o Ioachym yn y vedul beth a 6nelei ae ymchuelut ae peid- 
ya6. v dygéydaôd kyscu arna6. Ar agel a ymdangossassei 
idaé y d)'d h6nn6. ac ef heb gyscu. a ymdangosses truy y 
h6nn >. ac a dy6ot 6rtha6. Myvy v6 yr agel a rodes Du6 yn 
geit6at ytti. dysgyn yn diogel ac ymchuel ar dy wreic. y da a 
6nnaethost* di * ty ath wreic. y mae yn amluc ger bron yr 
hollgyuoethauc a ry6 hat a rodet y t. y kyury6 ny bu eiroet. 
ac nyscauasy prophuydi eiroet ykyffelyb. ac nys cafFantvyth. 
A phan deffroes Ioachym y geléis attaô y veibon. ac y megis 4 
vdunty vreudéyt. ac wynteu. a wediassant Du6. acadyéedass- 
ant.Mogel bellach rac tremygu agel Due. kyuot*a cherdun. 
ac vn arafgadun dan gerdet yr yscrybyl*y bori. Wvnt a uuant 
dec niaéarnnaét 5 ar hugeint yn dyuot. Yna yd* ymdangosses 

1. L. aiigel. ci. p. 219, 1. 14. S. has augel. 

2. L. ni6yt. . . diaét (M S has dia6f), cf. Latin text : « SeJ et cibus . . . et 
potus meus a nullo mortali potest videri. » (Tischendorfs Edition, c. III). 

3. L. hun as in S. 

4. L. menegis as in S. 

5. L. niawarnnawt. S. has niwarnawt. 



212 Mary Williams. 

yr agel y Anna a hi yn guedia6. ac y dyaét * idi. Dos yr 
porth a el6ir y porth eur. a thi a gyuarvydy ath 6r yno. 
canvs hedi6 y da6 attat. A hitheu a vryssyod hy ae morvn- 
nyon. ac yn y porth y seuis ac y guediod. a guedi hir aros pan 
dyrcheuis y llygeit y gueles Ioachym yn dyuot ae yysgryby! - 
gar y vronn. A hy a aeth duyla6 mynwgyl yda6. a hy a 
dalaud dioluch y Du6. ac a dyuot. Guedu oedun ac nyt wyf 
bellach. diffrwyth eodun 5 a beichauc 6yf yr haur 4 honn. 
A lle6enyd maur vu gan baép oe chefnessafyeit ac eu ketem- 
deithon hynny. 

V. Na6 mis guedy hynny y ganet merch y Anna, a Meir 
vu y heno *. Guedy meithrin y verch teir blvned. yr aeth 
Ioachym ac Anna y temel *Du6. i wnneuthur* aberth yda6. 
o* rody Meir yn Ha6or6yn > ida6. ac ygketemdeithas y g6er- 
ydon. Yr honnydydac yt 6 nos a triga6d * yguassanaeth Du6. 
A guedy gossot gar bron y temyl. hy a esgynnaôd pymthec 
or gradeu y temyl 7 . hyt nat etrychei * Veir ar y reeni mal 
y gnotaei maban jeuegtit. Am hynny y ryuedaud paub o 
hyneif yr egluys. Yna Anna yn gyulaun or ysbryt glan. hy 
a dyéot ygkyfedrychedigaeth paub. Du6 argluyd y lluoed. 
cof yb ganta6 ef *y geir a dy6ot. ef a ov6yha Du6 y bobyl o 
lau tram6y yny drossei ef y kenedloed. a challonnev y rei 
vfyd. Ac ef a agorres* y glusteu ef ar yn gvvedieu ny. ac 
a bellaod y 6rthym ny kyrcheu yn gelynyon. diffrwyth oed 
y vam. a hi a vagaud goruchelder yn yr Israël, a lle6enyd. 
Yr aér honn y gallaf i rody offr6m y Du6. ac * ny allant* vy 
gelynyon .i. vy gwahard. Du6 a drosses y rei hynny y 
vrthyf i. ac a rodes y m le6enyd tragy6ydaul. Yttoed Meir yn 
ryuedaôt yr bopyl. yr honn pan oed teir bluyd a gerdey o 
gam da(?) 8 . ac yn berffeithaf y dy6edei. Ac velly yd ytto- 

i. Cf. p. 209, n. 2. 

2. L. ysgrybyl as in S. 

3. L. oedun, cf. S. oedwn. 

4. L. aur, cf. S. awr. 

5. L. llaêuorôyn as in S. 

6. L. hyt as in S. 

7. This is not a Welsh construction : cf. p. 190, 1. 6, and Strachan, 
Introduction to Early Welsh, p. 21, § 24 b. 

8. MS verv indistinct : cf. Latin text « tain maturô gressu ambulabat ». 
S. bas a gerdei oganeu. Cf. p. 240, 20. 



Lhnin Vàbinogi Iessu Grist. 213 

(Fol. XV b ) ed vn ystudyaé y my6n molyannev du6. ac a 
oleuhaei. hvt na thebygit y bot yn verch namyn vn vaur y 
hoet. Kanvs kvnn brudet y ymrodei y wedieu a chynn bei 
deg ml6vd ar hugein. ae hwyneb ac oleuhaei yn gyn egluret 
a breid y gallei neb kyuedrym 1 yn y h6yneb. Ymrodi a 6naei 
yn y du. ac y wnneuthur *g6eitheu ny allei wraged yn yr 
oes yn 2 eu g6neutbur. A hi a gynnhalaud *y reol honn yn 
oet tynner heb y thorri. 

VI. Or bore beunyd hyt traean dvd y guediei. or na6uet 
eihveith vd aei y wedia6. yny ymdangossei yr agel idi 
yr h6n a rodei véyt idi. A gwellell 5 o hynny alkon* y 
dvgronoes* yn ovyn a charyat Du6. Ac yn y di6ed guedy 
kvmrvt dvsc o honei y gan \verydon oed hyn a m6y no 
hi. yn diruaér garyat daeoni y llauuryod *yn y vei gyntaf 
hi vn y gévluaeu. a dyscedigaeth yn doethineb kyureith. 
Ufuvdach vn vfuydaut. ad6ynnach *yn y cantygleu. karuei- 
dach yngkaryat *Du6. glanach ym pob* gleindit. perffeithach 
vn y nerthoed. Cadarn oed ac agkyffroedic yn y ffyd. A 
pheunvd gwelhvell y kerdei yn y gleindit. nys guelsei 
dvn eiroet hi yn llittyaé. nac yn dyôedut geir drue eiroet. 
pobymadravd or a *dyéettei oed gyulaun o rat. yny ett6einit 
bot Du6 yn y thauot hi. Y guedi a chyssynededigaeth 
kvureith Du6 y trigei. A goualus ygkylch *y chetemeithes- 
seu oed.rac pechu or vn yny hamadraud *rac* dyéedut 
or vn geir vchel. na chéerthin. a rac daly syberuyt heuyt. 
neu dyéedut drue 6rth neb. Du6 a volei heb deéi. ympob* 
amadraud* diolch a talei y Du6. yn y di6ed genti kyntaf y 
dysg6yt. pan ressa6 dyn dyn arall. atteb . Du6 a ro da * ytt. 
Peunvd vd oed vn y phorthi hi vr h6nn a gymerei o la6 yr agel. 
ar hynn a delei ydi y gan wyr y temyl. y agkennogyon* y 
rannei. Yn vynych y gelynt 4 egylyon yn ymdidan a hi. Ac 
yn ymadraud yn garedicaf. P6y bynnac hagen or rei cleiuyon 
y rodei hi y laé > arnaé. iach vydei. 

1 . L. kyuedrych as in S. 

2. L. hyn. 

3. L. gwellwell as in S. 

4. L. gôelynt as in S. 

5. L. llmu as in S. 



2i4 Mary Williams. 

VII. Yna knygyaud Abysachar offeireit* y rodyon amvlv 
esgyb y temel * yr y rodi yn wreic oe vab ef. Meir a dyéot 
yna. Ny dichaun* hynny na chymryt o honaf i. wr. nac o 
wr vvnnev. Yna y dv6at y gur pennaf. Du6 a dihévllir vn 
y meibon. ac yn yr etiuedyon a anrydedir. vab * y bu eiroet 
ym pobyl yr Israël. Ac yna y dyaét 2 Meir vrthunt. Yn 
di6eirdep gyntaf y molir du6. ac y anrydedir. kanvs kyn 
Abel ny bu wyryon neb. y offr6m ef a ragaud bod y Du6. 
yr h6nn ny ragaud bod y Du 6 ae lladadaéd 5 . Du6 y goron 
hagen a gauas Abel. coron weryndaut. a choron tros y aberth. 
Cany adaud llygredigaeth yn y gna6t. Ac velly y cauas 
Helv* canvs ket6is y gnaét yn wvrv. Hynny a dysgeis*.i. yn 
y temyl o mabolyaeth. a hynny a vedylyeis ym callon na 
chymerwn vyth 6r. Pan doeth y betuar vléyd ar dec. )'• 
dyéedyssant g6yr y temyl o deua6t gureigaul na allei hi 
wedia6 yn y temyl. Ac yna y caffat* ygkygor. péri yr holl 
dinessvd. a lléytheu yr Israël, v trydydyd bop 4 pa6b tr6y 
dyvyn yn y temyl. Guedy dyuotyr holl boploed. y kyuodes 
Ysachar hyt y gradeu vchaf. val y gallei paub y welet. ae 
glybot. a gostec a rodet ida6. Meibon yr Israël heb ef. 
guerendeuch vy geireu .i. yn da. Yr pan adeila6d Selyf y 
temyl honn. y buant merchet y brenhined ar prophuydi. 
ar offeireit yn guedia6 yndi. A phan doethant y oet* dedua6l 
wynt a gymerassant wyr. a her6yd v rei kyn nogévnt*bod- 
laun vu Du6 vdunt. Y mae Meir e hun yn g6neuthur creuvd 
ne6vd yr honn yssyd yn ymrodi y Du6 vn wvrv v tra vo 
bv6. Ef a welit y ni* bot vn ia6n studyaé o honam y gyt 
truy nerth Du6 y geissau atteb y gantha6. ar b6y y* rodit 
Meir oe guarchadé. 

VIII. Ar vmadraud h6nn6 a ragaud > y baup. a b6r6 
coelbrenn ar holl léyth yr Israël. Ac erchi y baup or a uei 
heb wreic ida6 dyuot trannoeth yr temyl. a guialen yn lla6 



i. L. val, S has vab, 

2. Cf. p. 209, n. 2. 

3. L. lladaïud as in S. 
4 . L. bot as in S. 

5. L. ragaud bod as in S. 



Lly uni Vabinogi Iessu Grist. 215 

bop* vn. Velly y guaethpéyt '. A Iosep oed hynnaf 01 
temyl y r6g vr rei heb wraged vdunt. A guedy rodi y 
gueelin* vn lla6 yr hynaf or temyl. ynteu a rodes y guyei] 
vn aberth y Du6. ac a erchis yr Argléyd gyghor. Yna y 
cauas atteb y gan Du6. Dyro heb y Du6 y guyeil oïl 
yn y cor. a gat yno hyt avory. a doent avory y 
gyrchu eu guyeil. ae o vlaen vn or guyeil yd ehetta colomen 
yr nef. ac ar berchen y wialen honno roder Meir oe chadu. 
Velly v gêna (Fol. XVP) ethpuyt*. Yn voreaul trannoeth y 
doeth paub vr temyl. a guedy gwneuthur offrymeu. yr 
aeth yr esgob vr cor. ac ef a rodes y wialen yn llaw baup. 
ac nvt aeth colomen or vn. Ac yna y guisgaud Abys- 
achar escopéisc ymdanaé. ac yd aethant y gyt ac ef hyneif 
y temyl. ac y dyvynna6d yr aberth. ac yr aeth y guedy. 
Ac yna yd ymdangosses agel or nef ida6. ac y dy6at. Y mae 
yma wialen verraf heb gyurif o honat. ac nys dugost y gyt 
ar lleill. honno pan y rodych yn lla6 y neb pieu honno a 
dengys yr aruyd itt. Yna yd oed. guialen Iosep kan oed hen 
guedy yr vur6 y ymdeith. ac ynteu nys gouynaéd. A phan 
yttoed Iosep yn diéethaf bll. Ysachar esgob a el6is arna6 yn 
vchel. Dabre. a chymer dy 6ialen kanys tydy ydym yny aros. 
Iosep a dynessaud yn ofnauc am al6 or esgop yn vchel arna6. 
IX. Yr a6r y rodes y laé ar y wialen. yd ehedaud colo- 
men 6ynnach y 1H6 nor eiry. a gwedy ehedec rynnawd o 
honnei* y nenn y temyl yd aeth yr nef. Yr holl bopyl a hoftes 
hynt yr henn *. Géynvydedic wyt ti heb 6ynt yth eneint. 
Kanys Du6 athangosses 2 yn aduyn y gymryt Meir. Pan 
dy6ot yr offeireit 6rthav. kymer Veir. kanys Du6 ath etholes 
or holl bopyl. ac or holl lwyth. Iosep vna ac eu guediaud. 
ac a dy6at yn ge6ilyduys*. Hen y 6yfi a meibon yssyd ym. 
paham y roduch y verch vechan honn ymi. o oet a allei 
vot yn wyr ym. a llei y 6 noc vn om hôyron. Abysa- 
char escop vchaf a dy6at yna. Pony da6 cof itt vegys 
y tremygaud* Dathan ac Abyron e6yllvs Du6. ar daear ac 



1. Cf. pp. 209, n. 1, 226, n. 2. 

2. L. ath dangosses. Cf. Strachan, Introduction to Early Welsh, p. 165,1.28 
athrudannaeth for ath drudannaeth. 



2i 6 Marx Williams. 

eu llygkaud. ac attoed ysderuyd y titheu y kyuryé os trem- 
ygu a 6ne* yr hynn a vynn Due ytt y 6neuthur. Ioseph ae 
hattebaud. Ny thremygaf i e6yllys Du6. Mi a vydaf geittuat 
idi y tra vynho Du6 hollgyuoethauc. Roder rei or guerydon 
y chetemdeithesseu*oe chanlvn. Abysachar ae hattebaud. Hy 
a geiff rei a honunt yn didanuch idi yny del y dyd y kymer- 
ych di hy. Iosep a gymerth Meir a phymp or guerydon 
y gyt a hy. ac a doethant y ty Iosep. Y enweu y guerydon 
hynny oedynt. Rebecca. Serora. Ieramia*. Abygena. Zael. Yna 
y rodes yr escop vdunt svndal. a sidan. a saffr6m. a jacin- 
tus. a llin. a ffyrfïbr. Yna y buryassan brennev y edrych beth 
a 6nelei pob vn. ac vellv y g6naethpuyt. ac y Veir y doeth 
gweith or pyrffor yn temyl yr Argluyd. A phan y kymerth y 
dy6edassant y guerydon. Kanys ieuhaf 6yt ac vfydaf* ti a* 
hedeist gynnal y pvrffor. Ac wynt val ar watwar y gal6 
yn vrenhines y guerydon. Atthra yttoedynt yn hynny yd 
ymdangosses agel vrygthunt, ac y dy6at. Na phaeiduch* ae 
gal6 velly kytas guneloch her6yd gogan. ch6i a dyéedassauch 
g6ir prophuvdolvaeth. Y guerydon a ergrynysssan yg guyd yr 
agel. ac yn y eirev. Ac wynt a drechreussant I éediaé Meir. 
am vadeueint. a guedia6 drostunt. 

X. Dydg6eith arall yd oed Meir yr llenéi llestyr yno o 
d6fyr. yd ymdangosses yr agel ydi. ac y di6at* 6rthi. 
G6ynvydedic 6yt Veir. canys vcheyryeist preséylua y du6 
yth uedul. Llyma y daé* goleuat or nef y bress6ylya6. ynot. 
a thréydoti y goleuhaa yr holl vyt. Y trydydyd a hy yn 
gôneuthur gueith or pyrffor. y doeth guas jeuang attei. y 
deguch ny ellit y dattcann. Pan yg6elesMeir kryné 2 oofuyn* 
a 6naeth. Ynteu a dy6at. Meirnac ofuynhaa*. ti a geueist rat 
gan Du6. ti a geueist veichogi. ac a vyd mab ytt. yr h6nn a vyd 
brenhin nef a daear. ac a 6ledycha yn oes oessoed. Y tra 
yttoed yn hynny yd oed Iosep yn lie pell yn llauuryaé. ac 
yno yd oed gof prenn. a na6 mis y trigyaud ef yno. A phan 
doeth tracheuen ydoed Veir* yn veichauc. ac o diruaur ovyn 
a gouit y geluis ar yr Argluyd. Argluyd heb ef kymer vy 



i. Cf. p. 209, n. 3 . 
2. L. Krynu as in S. 



Llytna Vabinogi Iessu Grist. 217 

ysprit .i. canys guell y6 vy mar6 nom by6. Yna y dyéat y 
guervdon oed ygyt a Meir. Nyny a * 6ydam bot yn gyua y 
gueryndaut* ac yn anllygredic. ydymgetuis. Canys géastat yé 
yn guedia6 Du6. peunyd yd ymdidan yr agel a hi. ac y d6c* 
ef v Veir y hvmborth. pa del6 y dichaun bot neb ry6 bechaut 
vndi. ac omvny* dy dyôedut yn tyb ny. ny wnaeth neb hy 
yn veichauc hy onyt yr agel. Iosep a dy6at Beth a 
d6vllueh o honaf i. val y crett6yf i y beichogi or agel. 
gallei vot* v théyllau o arall yn rith agel. Ac 6yla6 a 6naeth 
a dv6edut. Pa del6 y beidyaf i vynet yr temyl. neu y ym6elet 
ag offeireit Du6. beth a 6naf i. ac y medylyaud (Fol. XVP) 
vmgudyav ac ada6 Meir. 

XI. A gwedy llunyeithvau o honaf ' ef kyuodi oe 6ely hyt 
v nos a ffo. nachaf yr agel druy y h un yn ymdangos 2 ef 
v nos honno. ac yn dy6edut. Iosep vab Dauid. *nac aet 
ovvn arnat yr kvmrvt Meir yn briaut ytt. kanys yr hynn 
vssvd yn v ehroth. or ysprvt glao y mae. hy a esgyr ar 
vab a el6ir Iessu Grist. h6nn6 a 6na yn iach oc eu pechod- 
eu. Iosep a gyuodes oe hun. ac a dalaud diolch y Du6. ac 
a dv6at vrth Veir. ar guervdon a oed y gyt a hy. ac a 
dattkanna6d y 6eledigaeth. A didan6ch a gymerth am Veir. Mi 
a becheis heb ef. canys bu typ gennyf vrth Veir. Odyna 
yd aeth* y chôedylydaeth vot Meir vu vechoc 3 . Agéassan- 
aeth6yr y temyl ae delis hi a Iosep. ac ae dugant aryrhyneify 
temyl 4 . Ar esgob a ymliéod* ac efyn serth. Neut 6yt tuyll- 
edic am wvry mal honn. yr honn a vaga6d yr agel yn y temyl 
vegvs colomen. yr honn ny vynnod guelet g6r eiroet. yr 
honn a gauas y dysc goreu ygkyureith Du6. pei na wnaeth- 
oeduti treis arnei hy a vedyei* wvry hedi6. Iosep a tygaud 
nachvhyrdasseia hi eiroet. Abysachara dyéat Du6 yssvd vv6. 
ef a vyd reit ytt vuet d6fvr kyuryé ac a leua6d an Hargluyd ny. 
ath bechaut a vmdengvs yn diannot. Yna yd oed kynulleitua* 
yr honn ny ellit y rifa6. a d6yna 6naethpuyt Meir yr temyl yr 



1. L. honaô as in S. 

2. L. idaôd. 

3 . L. veichoc as in S. 
4- V. p. 212, n. 7. 



2i8 Mary Williams. 

Argluyd '. Acyna \vvla6 a 6naeth yr offeireit. a reeni Meir. 
ae chyfnesseiueit. ac ydy6edassantvrthi. Kyffesa* Meiryr offei- 
reit dy bechaut. vegys colomen y porthes yr agel dvdv \ n 
temyl Du6. Ac yna y gel6it Iosep vrth* yr allaur. ar dufvr a 
rodet ida6. Yr a6r y lleua6d. y damgvlchynnaud ef y d6fvr 
seith 6eith. nv rodes Du6 aruvd vn y bvt arnaé. Ef a vu 
diogel canyt ymdangosses aruyd neb rv6 bechaut ynda6. 
XII. Yna y génaethvr offeireit ar géassanaethuyr ar bopyl ef 
yn iach. Bendigedic* 6vt*canyt oes g6l ynot. A gal6 Meir a 
6naethpuyt. a gouyn ydi pa esgus oed genthi. neu pa aruvd 
a ymdengys yn wuy* nogvt yr hénn *adengys beiehogy d) r 
groth. Vn peth a ovvnun *yt. canvs glan Iosep. adef yn p6y 
ath t6yllaud. guell y6 ytti adefdy hun. nogyt rodi o var Due 
aruyd yth wyneb y damlleéychu ygkvmperued y bopyl. Yna 
y dyéat Meir yn diergrynedic. Ossit neb rv6 lygredigaeth 
neu bechaut ynofi. Du6 ae hardangosso arnaf i ygg6yd yr 
hollboplotd. yny aller vy rodi i. vn agkvffret y baup. A hi a 
doeth y ymyl yr alla6r. ac a gyrherth y d6fyr. ac ae lleuas. 
ac a troes vn y chylch seith weith. ac ny chat na aruyd nac 
arlléybyr neb ry6 bechaut yndi. A rvuedu a 6naeth yr holl 
bobyl y guelet yn veichauc ac ymodérd y rygthunt yn amry- 
ual. Vn a dv6edei o santeidrôvd. arall o drycvedul. Yna y 
guelas Meir typ rei or bobyl na buassei dogyn ydym6naeth- 
oed yn 6iryon. A phaub vn guaranda6 hy a dy6at yn 
vchel. Bv6 v6 Argluvd paub. ac vgguvd h6nn6 y dy6edaf i 
na bu 6r ym eiroet. namyn o dechreu vy oes yn teruynedic y 
rodeis y gouunet hénn6 y Du6 y mabolyaeth yny drychéyf i 
yn gyua yn eno*y g6r am crea6d. yndaé y mae vy ymdiret 
ym by6yt y wassanaeth ef ehun. ac yda6 ef ehun trig} r a6 heb 
lygredigaeth tra vuyf vy6. Yna yd aeth paub ar tal eu glinyeu 
y gussanu y thraet. ac y erchi madeueint ydi am eu dryctyp. 
Ac yr holl bobyl. ar offeireit ar guervdon druy diruaur 
leuenyd ae hebrygassant hy adref. ac o lef vchel yn dy6edut. 
Bendigedic vo eno * yr argluyd. kanys damlle6ychaéd y sant- 
eidruyd y holl bopyl yr Israël. 



i. V 



Llxiiia Vabinogi Iessu Grist. 219 

XIII. Gwedy* chydic o araser guedy hynny y g6naethp6yt 
kyureith ygkyuoeth César, ac yn gyntaf ygkyuoeth tyéyss- 
auc* Svria. na thriccyei neb ny hanffei or 6lat yndy namyn 
mynet paub oe élat. Yna y bu reit y Yeir a Iosep mynet* 
tu a Beethlem. ac y dy6ot Meir vrth* Iosep. My a éelaf duy 
bobvl o vm blaen. y neill yn \vyla6. ar llall yn chéerthin. 
Ta6 heb y Iosep. eiste ar yr anyueil. ac na dy6et* geireu 
goruac. Yna yd ymdangosses mab tec vdunt guisgedic* o 6isc 
echtv6vnedic. Iosep heb ef paham y dyéedeisti vot yn 
woréac* y geireu am y d6y bobyl. géir a dyéat Meir. pobyl 
yr Ydeon oed ynwylaé. ar bopyl arallyn chéerthin. yr hénn 
yssyd agos y Du6. mal y hedeéis* yn tateu ny. nyt aragen. 
Abraham. Ysaac. a Iacob. yr amser a doeth. yny del o lin 
Euream. rat a bendith yr holl bopyl. Aphan dy6ot yr argel '* 
hynny. yd erchis yr assen seuyll. Canys amsser y Yeir* a doeth 
y escor. (Fol. XMI a ) Ac yd erchis y Yeir disgyn yr llaur yr ; 
ar yr assen. A dos yr ogof vssyd* adan y daear. yn yr honn ny 
bu oleuat. namyn ty6ylluch eiroet. Canys goleuat Du6 ny 
allei dyuot idi. Yr aur yd aeth y myun. y dechreuod yr holl ogof 
oleuhau. mal pei hanner dyd. Yna yd aeth ydyéaul okur6yd 
y my6n yn ardechauc \ hyt na diffodei goleuat yndi nac yn 
nos. nac yn dyd. 

XIV. Ac yna yd esgores y wynvededic* wyry. pennadur 
yr eneiteu. Lleg o egylyon a doeth yg kylch y mab yr aur 
y ganet. yr h6nn adolyssant truy dyéedut yn vchel. 
Gogom r ant yn y goruchelder y Du6. a thagneued yr dynyon 
ar y daear. Yna y doeth ganedigaeth yr Argluyd. yd aeth 
Iosep y geissa6 g6raged at Yeir. a phan y cauas yr ogol y 
doeth tracheuen. Yna y cauas y mab guedy yr eeni* ac y 
dy6at Ioseph O wynvydedic Yeir Mi a dugum duy wraged 
attat. a gerllaé drus yr ogof odieithyr y maent yn seuyll. ac 
rac diruaur oleuréyd dyuot yn hylithvr nys llauassant. Meir 
dan owenu a guerendeéis. Ioseph a erchis idi teuy ae chéer- 
thin. Byd gall heb ef yny delont y myén rac bot yn reit itt 
6rth vedyeynyaeth. Hitheu a erchis vdunt jmtredu attei. Zelo- 

1. L. angel, cf. p. 21 1, 1. 1. 

2. L. v as in 5. 

; . L. ardercbauc as in S. 



220 Mary Williams. 

my a doeth. a Salome nyt yntredod. Zelomy a dyuat 6rth 
Veir wynvydedic gat ti ymi gyhurd a thi. Pan g\ r hyrdod. o 
lef uchel hy ae dy6ot. Argluyd. Argluyd maur trugarha 
6rthyf. ny chly6yt. ac ny welet bronneu yn lla6n o laeth. a 
geni mab ae mam yn wyry yn ymdangos. ac nat oes lygred- 
igaeth guaet nae arll6ybyr yr ganedic. na dolur ar y neb ae 
hesgores. gwyry kvnn escor a guyry yn trigyan guedy escor 
val y mae* aml6c. Yr hynn a gly6af yny prouy nys credaf 
heb Salome odieithyr yny guelévd. acar y wynvydedic Veir y 
doeth. ac yd erchis idi gat ti y mi dy balualv ual y cretuyf* y 
Zelomiorhynn a glyéaf. Yna y kanhadaud Meir idi vphrouv. 
Hv a estvnna6d y llaé. ac a diffruythod y llau yn diannot. ac 
o diruaér dolur wylau a oruc yn ryulaenllym dan leuein a 
dv6edut. Ti a adnabuost Argluyd. ofynhau ohonafi dydy yn 
wastat. ar tlod) T on a nertheisamy heb dal. aguragedguédu.a 
meibon ymdiueit mi ae canhorthéyeis. ac eissy6edic* iaun nyt 
aeth y 6rthyf yn amnat or a archei. ac yr aur honn y dyguyd- 
eis o achaus vy agkreteduyaeth ' yn trueny yr* edryeh dy Yen 
wyry. 

XV. Aphan dy6at hy hynny. yd ymdangosses guas jeuang 
tec achtywynedic* yn eglurder ger y llaé. ac a dy6ot vrthi. 
Dvnessa ar y mab. ac adolaf 2 ef. a dyro dy la6 arna6. ef 
ath iacha yn diannot. ef yssyd iechyt yr rei gobeithaul. ac 
euo yssvd brynnaédur yr holl ossoed 3 . Yr aur y dinessaud 
ac y rodes y lla6 ar odre y llenn a oed ygkylch y mab. y cauas 
ffruyth y llau. A chan dy6edut yn vchel géyrtheu mab Du6 
yd aeth allan dieithyr dr6s yr ogof. ac a uengys 4 a éelsei. ac 
val y ka6ssodyat iechyt oe lla6. Ac ar y ffregeth hy llauer a 
gredassant. canys bugelyd a oed yny chylch hynny. a getern- 
hevnt rv6elet o honunt egylyon beryued* y nos yn disgynu* 
or nef gan ganu ymnev. a chy6ydolaeth yn moli Du6. ac yn 
y vendigau. ac yn dyéedut. Hedi6 y ganet yiach6a61* paub. 
yr hénn yssyd Grist argluyd. yn yr h6nn y telir iechyt pobyl 

i . This form of the word is not noticed in D r Silvan Evans' Welsh 
Dictionary . S. has agkredinyaeth. 

2. L. adola as in S. 

3. L. oessoed as in S. 

4. L. ueneg\s as in S. 



Llytna Vabinogi Iessu Grist. 221 

yr Israël, aseren o osper hyt y bore a ymdangosses vch bcnn 
yr ogof. diruaur y meint ae goleuny. yr honn ny welsit yr 
iechreu byt v chyffelyp. Ar prophuydi a oedynt yg Kaerusa- 
lem. a dyéedassant* pany6 honno a dangossei ganedigaeth 
Crist. yr h6nn a gadarnhei y adaéedigaeth yn yr Israël, ac yn 
yr holl genedyloed. 

XVI. Y trydydyd o anedygaeth an Hargluyd ny Iessu Grist. 
Meir a aeth or ogof. ac a gyrchaud ystabyl. ac a ossodes y 
mab y meun y presep. ar ych ar assen a guediod. yna yd 
efle6nit ' yr hynn a dy6at Ysayas prophuyt. Yrych a adnabu 
y berchennauc. ar assen gorchymyn y hargluyd. yr anvueileit 
nyt amgen. yr ychen. ar assen yn seuyll yn y perued yn y 
\vedia6. Yna yd eflenôit* yr hynn a dy6ot Abacuc prophuyt. 
Ymperued deu anyueil yth adnabydir. Yno e * trigyaud* Meir 
a Iosep. ar mab tridieu. Yhôechetyd y doeth y Vethlem. ac 
yno y cuplaaud y seithuet dyd. yna y duc Iosep y mab y 
temyl yr Argluyd. ac y ducpuyt kyulvyn. a deubarogolomen- 
ot. Yn y temyl yd oed g6r perffeith a guirion Symeon y eno*. 
yd oed deudecmlyned arhugeina chant. (Fol. XVIP) gan Du6 
y caussoedat na bei var6 yny welei Grist vab Du6 yn y gnaut 
yn y vy6. A phan welas* y mab y dyéot yn vchel iaun. Neur 
ouôyaud Du6 y bluydt*. ac neur eflenéis y edeéit. ac ar vrys 
y doeth y adoli y mab. A guedy hvnnv v kymerth y mab yn 
y vantell dan wedia6. ac y cussannaud guadneu y traet. ac 
y dy6ot Yr aur honn y gedy ty dy was y tagneued . 

XVII. Yna ydoed yn y temyl Anna verch Samuel o 16yd* 
Asser. a honno a vuchedoccassei gyt ae gur oe g6yrdaut yr yn 
seith mléyd. ac yna ydyttoed wedu druyyspeit pedeir blyned a 
phetuar ugeint. ac yn y temyl yn wastat yn kynnal wvmpryt* 
a guedy. Ac y wediau v mab v doeth. ac y dvéot. Yn h6nn 
y mae prouedigaeth y bopyl. Guedy yspeitduy vlyned y doeth- 
ant y deéinyon or duyrein y Gaerusalem. ac anreccyon maur 
ganthun. Ac ar bynt y gouynyssant yr Ydeon mae y brenhin 
la anet y ni. ny a 6elsam* y seren ef yn y duyrein. a nynheu a 

doetham y \vedia6. Y chéedvlyaeth a aeth ar Erot vrenhin. ac 
|yna y kynnullaud Herot hyneif y Ffarisewydon a dyscéyr y 

1. Cf. 1. 13. 

Revue Celtique, XXXIII. 15 



222 Mary Williams. 

bobyl. A gouyn vdunt. Ponv prophuyduys y prophuydi 
ganedigaeth Grist. Wynteu a dyéedassant vot yn 6ir hynnv. 
y m Bethléem*. Ynay gel6is Herot yde6inyon.acygouynnaud 
pa bryt yd ymdangosses y seren udynt. Odvna yd anuones y 
rei hynny yVethlem. Euch hebeftu a Bethlem a*gouynuchy 
mab. Guelet a 6naeth ef vot y deôvnvon a aethoed y geissa6 
y mab heb di6at. ae yn y d6yllau. Yna y kyffroes ar yrlloned 
druy ennynedigaeth diruaur lit. ae yd anuones gennadeu oe 
keisiaé 1 yn y eu herbyn y bop fford. Ac erchi ev dala ac ev llad. 
XYIII. Guedyna alléyt cael y dewinyon y anvonnes* ken- 
nadeu y Vethlem. ae holl teruvneu y erchi llad holl veibon* 
bychein a geffit. Dvdgueith kvnn dyuot y kynnadev* ar dal y 
lie yddoedvnt*. nachafagel o* nef vn dyuot truy y hunarlosep. 
ac yn dy6edut 6rtha6. Dos ymdeith ti a Meir ar mab genuch 
ar hyt dydryf a fford diffeith hyt yr Eifft. Iosep a énaeth her- 
uyd gorchymyn yr agel. Eu hynt 2 a gymerssant. ac a gvrass- 
ant tu ar ogof y vynné 3 gorfFuys yndi. yna y disgynnaud 
Meir y ar yr assen. ac a 4 eisted a wnaeth Meir ar mab ar y 
harffet. Nachaf yn deisyuyt llauer o seirfF yn dyuot 'or ogof. 
Ac ofynhau a 6naeth Meir pan y guelsant ». Yna y doeth y 
mab o arffet yvam vrllaur ac y kerdod. ac y seuys ary nadred. 
wynteu adolyssant Iessu. ac a gilyassant y vrthunt. Yna yd 
eflen6it yr hynn a dy6ot* Ysayas prophuyt. Y seirff or daear 
adadoluch 6 vr Argluyd. Y mab agerdod oc eublaen. ac a orchy- 
mynnaéd vdunt. nat argy6edyn y neb ry6 dyn. Meir a Iosep a 
ofuynnaud* rac gueuthur 7 ohonunt godyantyr mab. Alessu a 
dy6ot vrthunt. Na deluch ofuyn* amdanaf i. yr vy mot. i.* yn 
vab. perfFeith 6yf i. ac agkenreit*y6 y holl wuystuileit 8 guyllt 
or koedyd bot yn dof ger vy mronn y. ac yn hynnaus. Y lleot*. 
ar pardyeit. ar anyueileitcreulaun a oed yn eu guedia6. ac yn 
kytgerdet ac wynt. ac yn eu* ketymdeithoccav *yn y diffeith. 



I. 

2. 


The word lias bcen altered trom keissaw (as in S.) to keisiaw. 
t written above the word inred ink. 


3- 


L. vxnnu as in S. 


4- 
S- 

h. 


Omit as in S. 

L. guelas. 

L. adoluch. S. lias adeidokuch. 


7- 

■s. 


Cf. p. 209, n. 1. 

L. uwystuileit as in S. 



Llyma Vàbinogi lessu Grist. 223 

A pha du bynnac y kerdynt. yr anyueilcit kynny a oed oc eu 
blaen yn menegi fford vdunt ac yn guediaé y mab. 

XIX. A phan welas'Meir hynny ac amraualyon genedyloed 
bvvstuileit yn eu herbyn. y delis ouyn. O la6en oluc y mab a 
edrychod arnei. ac a dy6ot. Vy mam y nac ofuynhaa*. nyt yr 
sarhaet ytty deuant. namyn yrdy 6assanaethu y dybryssyant. ac 
vn v bydynt dywededigyonus* pethev ef a tynnaôd y mab ofuyn* 
oe callonnev. Yna y kerdod y lle6ot gyt ar essyn ar ychen oed 
yn aréein y hagenreiteu. ac nyt argyéedynt y neb. yr y press- 
éyluaeu y gyt namyn hynaôs oedynt ym plith y deueit. ar 
meherin a dugassant gantunt o Iudea. ac a oed y gyt ac wynt. 
y gyt ar bleideu y kerdynt. ac nyt ergrynynt dim. ac nyt 
argy6edei yr vn oe* gilyd. Yna yd eflen6it geireu y prophuyt. 
Y bleyd ar oen a besgit y gyt. y lle6 ar arth a borant beisséyn 
y gyt. Yna yd oed deu ychen yn déyn kerbyt ac eu haghen- 
reiteu ynda6. Yna yd oed Veir guedy blina6 gan tra gures yr 
heul yn y ditryf. a phren palym a gyherdod ac wynt. a Meir 
a dy6at érth Iosep. Mi a orffy6ysaf ychydic dan wasgaut y 
prenn. Iosep a tynna6d Meir y ar yr assen yrlla6r. A phan 
eistedaud Meir wynvydedic. edrych a 6naeth ar vric y prenn. 
a hi a éelas y prenn yn lla6n o aualeu. ac y dyéot érth Iosep. 
Mi a h6enychun peth o fFruyth y prenn. pettei a allei eu caft- 
el. Iosep a dyéotvrthi. Ryved y6 gennyf y dy6edyt ohonnoti 
hynny rac vchet bric y prenn. a medylyaô o honat cael peth 
or ffruyth o le kyuuch ac y mae. m6y yssiéet yé gennyf a m 
défyr. Kanyt oes dim yn y costreleu. ac nat oes le y ymgyg- 
hori y geissaé défyr. Yna y dy6ot y mab ac yn eisted (Fol. 
XVIII a ) ar arffet y vam. ac edrych ar y prenn. Gostug prenn dy 
vric val y gallom cael peth oth ffruyth. Ac yna y prenn a 
ostygaud y vric hyt y llaur ger emyl*traet yr argluydes Veir. 
Ac yna y kaussant dogyn or ar 1 aualeu. 

XX. Guedy daruot vdunt gynullaé* yr holl aualeu trigyaé a 
wnaeth y pren ae vric ar y llaur yny gaffei* gannyat y mab y 
gyuodi. Yna y dy6ot lessu Dyrchaf dy vric ac ymgadarnhaa a 
byd getymdeitheis yr g6yd ereill yssyd ym paraduys. vyn tat i. 
Yna yd ymdyrchauaud y vyny. ac o wreid y prenn yd ymdan- 

1 . Omit as in S. 



224 Mary Williams. 

goses ffynnaén loe6af ac oeraf a melyssaf. Pan leéyssant détyr y 
ffynnaun y kymerassan le6enyd diruaur. ac ymlenôassant or 
d6fyr ac wynt. ae hyscrybyl. Yna y talassant diolch y Due. 
Dydgueith arall yd oedynt yn kerdet odyno yd ymch6elod Iessu 
y oluc ar y prenn palym. ac y dy6ot. Mi a orchymynaf yt prenn 
palym. mvnet vn oth geigeu gan vy egylyon.i. ae blanv* ym 
paraduys vyn tat i. Y vendith honn yma a rodaf ytti hyt p6y 
bynnac a orchyvygwyttt l vn amrysson da amdanwynt y 
dy6edir. Neur doethauch ar balym budugolyaeth. Ac euo yn 
dy6edut hynny. nachaf agel o nef yn seuyll ar y prenn. ac yn 
d66yn* vn or keigeu ac yn hedec yr nef. Pan welas paub hynny 
syrthu 2 a wnaethant megys meiré. Iessu a dyéot. Paham yd 
ergryna ych callonneu* ch6i. pony 6dauch ch6i y prenn 
h6nn a 6neuthym* ac a vynnaf y d6yn y baraduys. ac yno y 
byd yn teguch y holl seinnyeu nef. megys y mae paraut yn 
y lie y goual h6nn g6edyr* hynt honn. 

XXI. Ac yna y dy6ot Iossep*. Y mae gormod* g6res yn yn 
lloscy. o reig* bod ytt kerdun gan ystlys y mor. Val y cafFom 
gorffwys yn y dinessyd* yssyd* ar yr arvordir. Iessu ae hatte- 
baud. Iosep nac ofuynna*. my a vyrrhaaf* ytt y fford. Val y 
teruynnych hedi6 e hun. yr hynn a oed ar yn bryt y gerdet yn 
yspeit dec ny6arna6t arhugein. Ac yr aur y dy6ot hynny nachal 
yn diannot y gôelynt mynyded yr EifFt. ae dinessyd. A dechreu 
lly6enhau a énaethant. ac y dinas a el6it Sotraent y doethant 
heb ohir. yn y lie nyt oed gyfuadnabot* vdunt 6rth lettya6 \ 
G6yr yr Eifft yn y dinas h6nn6 a doethant y le vchel y dyd 
h6nn6. ar ofFeireit y gyt ac wynt. ac yno beunyd y doent y 
wneuthuraberth y Du6 her6yd anrydeddyéolder. Pan aeth Meir 
wynvydedic yr temyl. yr holl eu del6eu a dygéydassant gar y 
bronn val yn vriéedic megys kyn bythynt dim. Yna yd eflen6it 
yr hynn a dy6at Ysaias prophuyt. Llyma yr argluyd yn 
dyuot. ac yn ercheuynv yr Eifft. gar y vronn ef y dyg6ydant 
holl wéithredoed geu d6yeu* g6yr yr Eifft. Yna y menegit 

i. L. orchyvygtuyt as in S. 

2. L. sytbu,d. pp. 239, 1. 11, 240, 1. 8. 

3 . Latin text reads (c . XXII) : « Et in quandam civitatem Egypti quae 
Sotincn dieitur ingressi sunt ; et quia in ea nullus erat notos aquo petissent 
hospitium templum ingressi sunt. « 



Llyma Vàbinogi Tessu Grist. 225 

hynny v AtTrondosius tv6yssauc y dinas henné . Yna y doeth 
ef a llu ma6r y gvt ac ef y tebygu g6neuthur dial ar vr rei y 
dyguvassei ï eu d6y6eu* oe hachaés. Yr temyl y m6yn - y 
doeth. Ac yna v gueles yr holl eu d6y6eu* guedy dygévda6 
yn eu goréed gar eu bronn. Yna y dvnessaaud* ar v vvnved- 
edic* wyry . vr honn a oed. ar mab yn y harffet* ac yn guediaé. 
Ef a dyéot érth y llu oll ae getymdeithon ef. Pa nebei Du6 
h6nn ny dyg6ydassei yn dy6y6eu* ny gar y vronn. ac nv orde- 
dynt ; yn vri6edic rac y oiyn. yr y rei vssvd yn arestug oe 
vot yn due vdunt. Peth a 6elun ny vn d6yéeu* nv ny vn 
wneuthur. Ony \vna6n ny yn gallach perigvl v6 y nv oll 
haedu y anvod. an dyuot oll ar balledigaeth tragv6vdaul. 
megys y darvu y Pharaon, ac y lu vr Eirït yr hun* ny chred- 
a6d. ef ae lu yn nerthoed h6nn6 a vodes yn v mor. Yna 
holl bobyl y dynas h6nn6 a gredaud ida6 ef yn diannot. 

XXII. Gwedy kerdet o* Iessu yr Eifft pan yttoed yn* Galilea 
yn dechreu y bymet vléydyn* oe oet. dy6 sad6rn. vd oed yn 
guare gyt a meibon ar lan Eurdonen ac y trosses y d6fyr or 
auon yn seithranny seithlyn. ac ef a 6naeth g6ndit guahanred- 
aul y bop vn druy y rei y kerdynt orhaeadyr val y har- 
chei. ac eiléeith dracheuen. Yna vn or meibon mab v gyth- 
reul o gyghoruynus vryt. a gaeod hytth\nt* y défyr a oed 
yn kerdet yr llynnev druy y kéndit. ac a droses* y gueith a 
lauuryassei* Iessu. Yna y dy6at Iessu 6rthav. Yn wir mab 
agheu 6yt ti.a mab y gytthreul*. y llauur a wnathoedun .i. 
paham y guesgery ty. Ar mab a v/naeth hynny a fu varé. 
Yna o lef aflonyd y lleuassant reeni y mab mar6. yn erbyn. 
a Meir a Iessu ac a dyéedassant Ych mab chéi aemelltigaud* 
yn mab ny an mab nv a* vu* var6. 

XXIII. Pan gygleu* Meir a Iosep hvnny. wynt a doethant 
ar Iessu rac géneuthur (fol. XYIII b ) eu brat or reeni y 
mab mar6. ac* rac ovyn lleuein yr Ydeon. Yna v diéat* 
Iosep yn g6ydauc. Ny beidaf i dy6edut vrthav. Meir dysc ti 
euo. Hitheu a dy6ot Paham y .pereisti y ni kas y bobyl 



1 . L. dxguxdassei as in S. 

2. L. my6n. S. has » 

3. L. orwedynt. MS has ordeèdxnt : S has orihiLcdxiit. 



226 Mary Williams. 

honn. a ni a gaffun molest gan y niver h6nn. Vy argluyd.i. 
beth a wnaeth y mab h6nn var6. Ynteu a dy6ot. Teilug 
oed o agheu. Kanys efa guascaraud y gueith a lauuryassun.i. 
vy ' vam a guediod yna. Vy argluyd i. na wna di velly. 
canys paub a gyuodant yn yn herbyn. Ynteu a adnabu bot 
y vam yn trista6*. ac ae troet deheu ef ae tre6is y mab 
mar6 ar y duy ffroen. ac a dyéot 6rtha6. Kyuot vab enwired. 
nyt wyt teilug ty yvynety teyrnas vyn tat i. Canys guesger- 
eist vy gueith .i. Yna y kyuodes y mab yn vy6. A Iessu a 
aeth. ac a duc y d6fyry hyttynt dracheuen yr aur y herchis. 

XXIV. Yna yg g6yd paub y kymyrth* Iessu y dom or llynnev 
a wnaethoed. ac or rei hynny y génnaeth* deudec ederyn. 
dy6 satérnn oed hynny pan wnaeth Iessu y petheu hynn. 
a meibon llauer y gyt ac ef. Pan welas vn or Ydeon euo y 
gyt ar meibon yn g6neuthur hynny. y dyéot 6rth Iosep. 
Iosep heb ef . pany wely di y mab Iessu yn gueuthur 2 g6eith 
dy6 satôrnn. efa énaeth yr adar or lluch. Iosep pan gygleu* 
hynny ae hagreithaud. ac a dy6at 6rtha6 Paham dy6 sat6rn* 
y g6ne* dy yry6 petheu hynn. yrhynn nyt ryd y ni eugôneu- 
thur. Y iessu pan gigleu hynny a tre6is y llaé yn y Hall . 
ac a dy6ot vrth* yr adar Eheduch. Yr aur y herchis ef. wynteu 
a hedassant. A phaub yn y welet. ac yn y warandav*, y dy6at 
Heducharhyt yr holl vyt. a budchedocce6ch \ Pan welas paub 
yr aruydon hynn. yd eflenéitpaub o ovyn. a moli Du6 a wnaeth- 
ant gan ryuedu. ereill oed yn guatuar ymdanaé. Ac yna yd 
aeth y rei ar tyôyssogyon yr offeireit amenegi vdunt wneuth- 
rur o Iessu vab* Iosep*. llauer o betheu ryued ygg6yd popyl 
yr Israël, acynay menegit hynny y deudec lluyth yr Israël. 

XXV. Yna eilôeith mab Anna offeirat y temyl yr 
hénn a doeth y gyt a Ioseph a guialen yn y la6. A phaub 
or bobyl yn edrych yn llityauc. a agores hyttynt a warch- 
aeassei Iessu. Ac ef ae gollygaud y redec or raeadyr- Pan 
walas 4 Iessu hynny. ef a dyôot vrth* y mab a 6asgarassei y 



i. L. Y as in S. 

2. Cf. pp. 209, n. 1, 215, n. 1 . 

3. L. budchedocceéch as in S. 

4. L. welas as in S. 



Llyma Vabindgi lessu Grist. 227 

llynnev. O waethafhat en6ired. O vab agheu. O weithret 
kythreul vn wir ffruyth dy hat bit heb rym. Ath wreid hcb 
wylybur*. Ath geigeu yn \vv6 heb d6yn ffruyth. Ag g6yd ' 
paub gogévéaé* a wnaeth y mab. a heb ohir* mar6. Odyna 
v kymerth Iosep lessu ac yd aeth ac et atref. ae vain y gyt 
ic ef. A llyma yn deissyuyt yn wrthéyneb mab a llauuryvr 
en6red 2 dan redec. ac yn tara6 y ysguyd vrth ysguyd lessu 
yr* mvnnv* argy6edu idaé Y iessu a dyuot nyt ymchéely 
di or fford yd wyt yn y cherdet. Ac yn diannot y dygéydod 
m var6. Yna y guaedassant reeni y mab mar6. yn edrvch 
îr hvnnv. ac yn dy6edut. Pa du yganet y mab h6nn. aml6c 
y6 pob peth or* a dy6etto. ac a vynno yd eflenôir. Yna y 
Jynessa6d reeni ar Iosep ac y dy6edassant. Iosep dos ymdeith 
1 lessu. nv dichaun ef pressuylla6* yn yn plith ny. neu dysc 
:itheu euo y vendigau yn meibon ny heb ymelltigaô. Iosep 
1 dynessaod* atta6. ac a dysgaud. Paham y g6ne* dv v 
'\6 betheu hvnn. ymaellaueryn dolurya6yth erbyn.othachaus 
Iv v maent yn yn cassau nynnev. ac yd yttym yndiodef mo- 
lest y bopyl* oth achaus lessu a attebaud Iosep. nyt oes vn mab 
Icymen. onyt megys y dengys eu tat heruyd keluvdvt yr 
imserhônn. Am tat ynheu nyt emellticca neb onyt a 6nel 
, r dr6c. Yna yd ymgynullaud paub yn erbyn lessu. yn y 
^udhudaô 5 vrth* Iosep. Pan welas Iosep hynny. diruaur 
)vyn rac pobyl yr Israël a gymerth. Yn yr aur honno 
j kymerth lessu y mab mar6. ac erbyn y glust y dercheuis y 
>rth y llaur yg g6yd paub. A phan welssant* 6y lessu vn 
rmdidan ar mab meg}-s ae vab e hun. ysprvt a ymchuelod 
;\\ y mab. ac yn vv6 v kyuodes. A rvuedu a wnaeth yr holl 
?obyl hynnv. 

XXVI. Neb vn athro Zachias y eno* a gigleu lessu yn dv- 
jedut kyury6 eireu a bot ynda6 anorchyvygeedic* doethineb a 
îerth. a doluryaud. ac a dechreuod yn anysgybleid dv6edut 
r n erbyn Iosep. Iosep heb ef paham na rodv tv dv vab v 
lyscu dysc dyn} T aél. ac vrth* hynny diogel bot yn wellgenéch 



1. L. Ac yg gwyd as in S. 

2. L. enuired as in S. 

3. L. giidhudaôàs in S. 



228 Mary Williams. 

ot gén dyscû och mab. nogyt arhos bredycheu hyneif y 
bobyl reit y6 y ch6i anrvdedu offeireit holl egluysseu yr Ysrael. 
a chymryt echéyn garyat y rvgthun. ac velly y disgit* y ryg- 
tunt dysc caredic. Iosep a attebaud ida6. P6y a allei attal y mab 
hénn rac dyscv. pei tydi a allei disgu* idaé ef dynyaul geluyd- 
it. nys guahardem ny. Iessu*a dv6ot* (Fol. XIX a ) pan gigleu 
Zachias yr atteb h6nn ida6. gorchymynnaédur* kvureith*. y 
petheu a dyéedeisti oll ac an6eisti ' reit yé y dyn tebic y ti 
eu cad6. estronnaél hagen éyfi y 6rth ossodeu dynadon. 
a phell yé vy anssaud. i. y érth ych emynogev chéi. nvt 
knaédaul ren yé yr mev. i. y gyureith hagen a dysgeisti yndi y 
trigye. kynn honno vd oedun. i. kyt tebyccych ty nat oes 
dysc kyffelyb* yth tev dy. dysc ty y gennyf i. mynnev nvt 
oes neb a allô vv nyscu onyt y géryd 6yfyn y ené. h6nn6 
ae dichaun. kannys* teilugyé. Aphan wyf ynheu dyrchaued- 
ic or daear. my a baraf gorffuys medul. ac amer y kenedl- 
oed. pan ych ganet ch6i nys g6thost. myvy ae gén vy hun. 
a pha amkan y vuchedoccaa paub ar y daear. 

XXVII. Yna yd ergrynnassan yn ovvnna6c pan y cly6yssant 
yn dyéedut hvnnv. A than leuein y lleuassant. O ! O ! O ! llyma 
beth maur. anrvued* iaun. anryued. ny chlywyssam ny hynn 
eiroet n} T s klyéir gan arall na chan yr offeireit nar prophvydy*. 
nar gramadec6vr. nyny a dodam 2 o pa du y ganet Iessu. ac 
etto nyt pvmluvd. a pha delé y dichaun dy6edut y ryé eireu 
hynn. Paham na chreduch ch6i y mi heb ef yn y pethev a 
dyéedeis. a chan dyéedeis. i. y chéi yg6n.i. pa bryt ych ganet 
yd yéch oll yn ryuedu. Euream y gur a dyéeduchéy } T vot yn 
tat y chéy oll. my ae gueleis. ac ynteu am guelas* ynheu. a 
my a ymdideneis ac ef. Pan glyéyssant 6y euo yn dyéedut 
hynny. ny veidod neb dyéedut dym*. A Iessu a dyéot vdunt. 
My afvum* yn ych plith chéi gyt ach meibon. ac nyt 
adnabuoch6y vyvy. mi a ymdideis 5 a chéi. megys a géyr 
prud. ac nym deaallyssauch 4 . kanys llei no myvy yéchéi. a 
bychan yé ych rîyd. 

i . L. ac a emveisti as in S. 

2. L. ivihiw as in S. MS lias doadam. 

3. L. viitliiltiit'is as in S. MS has ymdi»f/deis. 

4. L. deallyssawch as in S. 



Lhma Vàbinogi hsui Grist. 229 

XXYIII. Eil6eith Zachias dysgur kyureith. a dyéot 6rth 
Iosep a Meir. Roduchéy y my y mah. a mynnev ae rodaf ef* 
v athro hegar. a dysgo* idaé lythyr. ac. a. agano*. Yna Iosep 
a Meir vn glaear a dvéedassan 6rth Iessu Xy a6n a thy yr 
vscol. vr aethan ac ef yr yscol y dyscu llythyr ar ér henn*. 
Pan doeth vr vscol vmy6n. yr athro a dechreuod or llyther- 
en* gvntaf. Alpha a ovynnaéd idaé. Iessu a de6is. ac ny 
dvôotdvm*. Gorchvmynnér* ar athro am nad yttyoed* yn 
llev a gvmerth géialen vn y laé ac ae treéis ar y lau. Iessu a 
ovvnnaéd Paham y trewi ty vyvy. ac yn lie gwir gwybyd dy. 
v neb vdvs vn y taraé m6y y g6yr ef dyscu y neb ae terev 
noc v dvsger v gantha6. Mivv a dysgeis yt ty y petheu a 
dywedydy. namvn vrrei hvnn oll deillonynty rei a dvéedant. 
ac a \varanda6ant. kanvs yttynt megys euyd yn seinaé. neu 
gloch vn canu. vn v rei nyt oes synnwyr na deaall ' méy 
noc vn datsein vr euvd. Ac y gyt a hynnv v dyéot Iessu 
6rth Zachias. Pob Uyureu o Alpha hyt yn Thaé a wehen- 
ir herévd amgen anssaéd. Ac 6rth hynny dyéet ty v mi yn 
gvntaf beth vé Ta6. a mvnnev a dv6edaf y tithev beth yé 
Alpha. Ac eiléeith v dvéat Iessu. Ar* nv wdant Alpha pa 
delo* v gallantdv6edut g6vbot Tha6. geugrefuvdévr*dvsguch 
vn gvntaf beth vé Alpha, a minheu yéchi pan dyéetoch. B. A 
Iessu a dechreuod dyéedut enweu yr holl llythyr. ac amovyn. 
Dywet ty y mi dysg6rv kyureith y llytheren*gyntaio Alpha, 
paham v mae idi figer* teir coglauc. ereill mein. ereill blaen- 
llvm y waeret. ereill crénn. ereill cam. ereill dyrchauedic. 
ereill troedauc. 

XXIX. Pan gigleu v dysg6ir 2 hvnnv. anmeigawa wnaeth 
g6vbot o Iessu en6i yr holl lythyr. ac eu hanssaud. ac y 
dv6ot vn vchel val y kly6ei paub. Ny dvlv h6nn buched- 
occaé 5 ar v daear. namyn teilug yé y dyrchauel ar y groc 
vchel. nv dvlv ef diffodi y tan a dvlyé poeneu ereill. 
mv a tebvgaf v eni ef or blaen. pa groth ae haréedaud hénn. 
neu pa vam ae magaud. nev pa vronnev* ae llaethaud. Mi a 



1. L. deall as in S. 

2. L. dysgur as in S. 

3. L. buchedoccau as in S. 



230 Mary Williams. 

tfoaf y 6rtha6. ny aallaf i dyodef y geireu a dyéeit. namyn 
vyg kallon vssyd yn ergrynaé guaranda6 y ry6 eireu a dy6cit. 
nyt yttéyf i vn tebygu gallel o neb dilit y barabyl ony bei 
Du6 v gyt ac ef. Mynneu gan oed6n dirieit a ymrodeis ym 
guatuar gar y vroonn '. Pan dybyeis gael dysgybyl. sef y keueis* 
yn athro. nyt reit y my dyôedut ymi dy6edut. namyn ony a 
allaf yr y mab ovn geir. or kyule h6nn cany allaf y diodef. 
hen wyf i ar mab am gorchyvygaud. kany allaf gaffel na dech- 
reu na dy6ed ar a dy6et. Ana6d y6 caffel na g6ybot y dedyf 
gyntaf. yn diheu y dy6edaf i y ch6i hebgel6yd heréyd y gallaf. 
y dirnabot géeithret y mab h6nn. a synn6yr y amadraud*. a 
sen.tens di6ed y barabyl ny welir y gytt6edu* y dynyon ny 
hanffont o dym* daeraul. ny 6n. i. beth y6 ef. (Fol. XIX b ) ae 
hudaul ae Du6. ae agel y Du6 yn dy6edut ynda6. o ba du 
yd heny6. neu pa du pan doeth. nev beth vyd rac llaé. Yna 
Iessu dan owené 2 a dyéot vrtha6 ygguyd paub. Pan arch6yt 
i meibon anfïruythlaun a dyborthant ffruyth y deillon a 
6ellant* crupleit a gerdant. agkynnogyon* a vydant oludauc. 
yny cof ganthunt trigaé o baup o honunt yn anssaud gyua 
dr6y yr hônn yssyd wreid melysder tragy6daul >. A phan dyéat 
Iessu hynny. yn diannot y talp6yt y baup iechyt oe holl 
heinnev. ac ny veidaud neb dyéedut vrthau. nae warandaé. 
XXX. Odyna yd aeth Meir a Iosep gyt a Iessu hyt yn 
dînas Nazareth, ac y bu yna gyt a reeni. Ac yd oedynt yno 
dyésatyrngueith yd aeth Iessu y ware gyt a meibon ereill ar 
lofft. Damweinaud hagen gythyau o vn or meibon y Hall yr 4 
ar y llofFt yr llaur yny vu var6. A phan welsant reni s y mab 
mare hynny. y dyôedassant yn erbyn Meir a Iosep yn llittyauc. 
Ych mab ch6i. a ythyod yn mab ny or llofFt yr llaur yny vu 
var6. Iessu a de6is. ac ny dy6at dim. Yna y doethant Iosep. 
a Meir ar vrys ar Iessu. ae vam a dy6ot vrthau. vy argluyd i 
dy6et y mi os tydi a uyryod y mab yr llaur. Ac Iessu yn 



1. L. vroimâs in S. 

2. L. oivenu as in S. 

3. L. tragéydaul, or Iragyivydaivl as in S. Cf. p. 192, n. 3. 

4. L. v as in S. 

5. L. reeni as in S. 



Llyma Vdbinogi Iessu Grist. 231 

diannot a disgannaud * or llofft ac a el6is y mab ervyn ' y 
en6. Zeno. ar mab a attebaud ida6. yn da. Iessu a dy6ot vrthau. 
Ae mvvv ath vyrryod di yr llaur. Ynteu a dy6ot Nac 
efargluvd. A ryuedu a 6nnaeth * reeni y mab mar6. A 
moli Du6 a 6nnaethant* am y g6yrtheu hynny yn vrdass- 
eid. 

XXXI. Ac odyno vd aeth Iosep a Meir hyt yn Iericho 
ac yna wvthmluyd oed Iessu. Ac yd anvones* Meir Iessu 
a llestyr prid ganthaé gyt a meibon ereill y gyrchu d6fyr 
yr ffynnaén. dam\veina6d guedy llen6i o Iessu y llestyr or 
d6fvr. dvuot vn or meibyon ae ythyaé y llestyir 2 ae torri. 
Iessu ena * a erbvnnva6d y d6fyr or llestyr yn y vantell oed 
ymdanaé ac ae duc y d6fyr heb golli dym* oe vam. Hitheu 
pan y guelas. a rvuedaud. ac a adeilaud hynny yn y challon 
yn gat6edic. 

Dyd arall damweinnaud* vynet o Iessu yr tir yd oedit yn 
medi ynda6. Ac ef* a duc ychydic or guenith oe vam. ac et* 
ae* heod ychydic. Ac ar hynt y tyua6d yn amyl. ac a aedued- 
aud*. heb olud ef* ae medaud. ac o hynny y caffat cant lles- 
treit o wenith. ac ef* ae rodes y baup ynn* hehalaeth* 3 . 

XXXII. Fford oed o Iericho y vynet y Eurdonen. yr lie yd 
aethant meibon yr Israël, vny lie y dyéedit bot arch ystauen 4 . 
ac \vythml6vd oed Iessu yna. ac ynteu a aeth or dinas* tu at 
Eurdonen. Ac ar emyl y fford ar lann Eurdonen yd oed y 
ry6 le yd oed llewes yn meithrin y channaéon. Ac ny veidei 
neb kerdet y fford honno. Iessu a doeth yno ac ef a adnabu 
bot y lleées yno y m meithrin y chanaôon. Ac val y guelei 
paub ef a aeth y my6n. Pan welas y lleot Iessu yn y erbyn y 
doethant y adoli ida6. A Iessu a eistedod yn yr ogof* kan- 
naon * y lleot a redassant yg kyleh y traet. ac a hwareyssant 
ac ef. y lleot o bell y 6rtha6 a sauassant. ac ae guediassant. 



1. L. erbyn.as in S. 

2. L. llestyr as in S. 

3. L. ehalaeth as in S. 

4. According to Sir Edward Anwyl from archa testainenti which became 
arch y tystauen and later arch ystauen. D r Richard Davies wrote arch 
Esefn. 



232 Mary Williams. 

a llywenychu* 6rthaé a wnaethant. Yna yd oed y bobvl o 
bell yn seuyll heb welet Iessu yn dyuot. a dywedassant. Pan 
na wnnaethoed * h6nn neu y reeni pechodeu gorthrôm nyc 
ymrodei oe vod yr lleot. A phan vedlyassant* hynny nachaf 
Iessu yn dyuot dracheuen ar lleot yn y raculaenv. ar cannaon* 
yg kylch y traet yn chéare. ac eu reeni vngostugeu pennev 
ida6 truy vvydaut. Ar bobyl oed o bell yn seuyll heb veidva6 
dynessaé ' atunt. rac y lleot. Y iessu adyéat yna vrth y niver 
val hynn. Maur y mae guell y buystuileit no chéy. y rei 
yssyd yn adnabot. ac yn moli eu creaédyr. ac eu hargluyd . 
Hwchwithev dynyon a \vnnaethp6)-t* ar ffuryf due e hun. ac 
ar y \verthua6r drych. nys etwenôch. ar anyueileit am hatt- 
6en i. ac arafant ger vym 2 dynyon am guelant. am pellaf )m 
y byt y 6 vdunt vy adnabot. 

XXXIII. Pan yttoed Iosep. gof prenn oed. ac ny wnay 
weith eithyr g6yd eithyr. a guelyeu prenn. damôeinaud 
dyuot guas jeuang attaé y erchi ida6 guely prenn o hwech 
cufyt*. Iosep a erchis y vab torri y prenn a hesglif heruyd y 
messur. Ac ny chetuis hagen mod iaun ar y prenn. vn a 
wnaeth yn vyrrach nor Hall. Ioseph a vedvlva6d vnda6 gan 
ovuttya6 beth a wnelei. Pan welas Iessu euo yn ymo(Fol. 
XX a ) uudyaéam hynny. Iessu a dy6ot jvrthau yn vmdidangar. 
Dabre heb ef. a chyssylltun y prenneu a gogvhvdun. Ioseph*a 
wnnaeth* val y herchis. canvs g6ydat y gallei Iessu wneu- 
thur yr hynn a vynnei. Ac wynt a kyssylldassant* y guyd eu 
penneu y gyt. a Iessu a tynnaéd attaé y prenn byrraf. ac ae 
g6nnaeth* yn gyhyt ar h6yaf. ac ' dy6at vrth Ioseph*. 
Gwnna * dy weith. Ac velly y gwnaeth Ioseph mal y harch- 
aud. 

XXXIV. Eihveith yd erchis y bobyl y Veir. a Ioseph*. 
anvon Iessu yr yscol y dysgu* llythyr. a henvyd gorchymyn 
hvnafyeit*. yna y dugant Iessu ar vr athro y dysgu* ganthau 
dynyaél geluydyt. ar athro h6nn6 a dechreuod yn anhegar 
y dysgu*. a dyéedut vrthaé Dy6et.A. Iessu a dyéot vrthau 



i . L. dynessau as in S. 

2. L. vym niron as in S. 

3. Insert y as in S. 



Llytna Vabinbgi Iessu Grist. 233 

Dywet ti v mi vn gvntaf beth y6 .B. a minhev a dywedaf y 
titheu beth v6 .A. Odyna yr athro yn llittyauc a treéis 
Iessu. ac vn y lie yr h6nn'ae treéis a fu varo*. Y iessu a 
ymchuoelaud * atref. ar y vam. Ioseph dr6y ovynn * a el6is 
atta6 Meir vam Iessu. ac a dy6ot vrthi. Yn wir géybyd ty 
trist y6 vy eneit .i. hyt agheu. o achaus y mab. ef ' allei 
dyuot vn tréy v lit a tharav y mab yn y vo mar6. Meir ae 
hattebaud ac a dy6ot vrthau. A 6r na chret ti a allei* o hynn 
vot. namvn ti a elly credu yn diogel. p6y bynnac ae hanvon- 
nes * efy eni y m plith dynyon. ef ae keidé rac dynyon dryc- 
ysbrvdaul. ac yn y eno* ef. ef ae hamdiffynn * rac pob 
dr6c. 

XXXV. Eihveith yr Ydeon a archassant y Ioseph. a Meir 
d6yn y mab ar athro ae dysgei druy hegaruch. Meir a Iosep 
rac ovyn creulonder bobyl a gogyuydaw* eu tywyssogyon 
ofFeireit 2 . ae dugant yr yscol. ac yn gwvbot na allei 
neb dyn rodi ida6 dim dvsc. yr h6nn yd oed ganta6 o per- 
ffeithruyd keluydyt. a chébled or g6ybot y gan Du6 e hun. 
Pan doeth Iessu yr yscol ef a gyffroes or ysbryt glan. ac a 
gymerth y llyuyr o la6 y gér a dysgei y kvureith* paub yn 
edrych. ac yn guaranda6. ef a dechreod* darllein nyt petheu 
ysgrivenedigyon yneu llyureu wy. namyn yn yspryt Du6 by6. 
megys y kerda raeadyr or fFynnaun. ar ftynnaunyn trigyau yn 
gyfulaun*. Ac velly yd oed yndyscuyr bobyl rinwedeu Du6 
by6.anerthoedyr hollgyuoethauc. yny dygéydod yr athro yr 
llaur gar y vronn. ae* adoli. callonnev y niver a oed yn guar- 
andaô arna6* yn diwedut* a arneygyod. Pan gygleu* Iosep* 
hynny dan redec ef a doeth ar Iessu rac ovyn mar6 yr athro. 
Pan welas yr athro ef. y dy6at vrtha6. Nyt dysgybyl a rodeisti 
y mi namyn athro. p6y a dichaun kynnal y eireu. Yna yd 
eflenwit a dv6etp6yt vn v sallévr. Avon Due a efuleéit ' or 
dyfred*. 

XXXVI. Gwedy hynny y doethant Meir a Iosep a Iessu hyt 
yn dinas a eléit Capharna6n dréy arvordiret rac dryctet* y 
bobyl a \vyrth6ynnepynt* vdunt. Guedy press6yla6* o Iessu 

1 . Insert a after ef. 

2. L. eu tywyssogyon ar offeireit, cf. p. 247, 1. 31. 

3. L. efulenôit as in S. 



234 



Mary Williams. 



yno yn y dinas. yd oed neb vn 6r a cl6it. Iosep. aberthauc 
oed. A h6nn6 a oed niver vch y ben. ac ef yn var6. yn 
6da6 l ac yngueidi. Iessu a dvot 2 yna érth Iosep y tatmaeth. 
Paham na rody di allu dv rat yr g6r a fu var6. ac a oed vn 
en 6 a thi. Iosep ae hattbeaud >. Py allu yssyd y mi. neu pa 
veddyant* y rodi benffic rat y neb. Yna y dyôot Iessu. Tynn 
y lliein yssyd am dy ben di. a gossot ar wyneb y gér mare, a 
dyéot Iessu ath ellug. Ac yn diannot y kyuyt yn yiach * oe 
wely. Iosep yn y lie a 6naeth mal y gorychymynaéd* Iessu. 
Y ty y g6r niaré y doeth. Ar suder* oed am y ben a ossodcs 
am ben y gér mare, ac yn y lie y kyuodes y g6r mar6 oe glaf- 
wely. ac a ovynnaud p6y oed Iessu. 

XXXVII. Odinas Capharnaum wynt a doethant hyt vn dinas 
Bethléem. Ac yna y doeth Meir a Iosep a Iessu hyt yn ty Iosep 
aoedyn y dinas henné. Ae bresséylua. Ac yr vtv vdoethant. A 
dydgueith y gel6is Iosep attaéy mab hynaf. Yago*a*oed henné, 
ac yd erchis ida6 vynet yr ard y gynnulla6 caul y wneuthur 
bressych. A Iessu a doeth y gyt ac ef heb wybot * y Veir ac y 
Iosep. Atthra yttoed Iago yn kynullaé * y caul. neidyr ae 
brathod yn y la6 deheu. ac rac diruaér dolur. ef a leuaéd. Ac 
ac ef yn diffygyaé dr6y wheruder ymadraud. a dv6ot. Guae 
vy g6ae vi. y neidyr waethaf * am brathaud ym lla6. Iessu oed 
yn seuyll ar y lla6 arall pan gigleu ef Iago yn lleuein. y red- 
aéd* tu ac attaé. ac y kymerth y la6 yn y la6 yntev. Ac ny 
wnaeth dim eithvr hwythu ar y la6. Ac yn diannot y 
iachaa6d y la6. ac y bu var6 y sarff . A Meir a Iosep ny wy- 
dynt pa daroed. eithyr klybot llef Iago. yny* menegis Iessu 
vdunt. 

Forms fouxd i\ Select ions from tbe Hengwrt Manuscripts. 



P. 208, 1. 



3 esgyb omitted 

4 wy omitted 
6 mewn 

1 1 yscriuennassei 

12 vuched 



13 prynnyawdyr 

15 wnelyd 

20 veluster, for spelling of 

word v. Y Beirniad, 

vol. I, p. 207. 



1. L. udaô as in S. 

2. L. dyivot as in S., but cf. p. 209, n. 2. 
$• 



L. hattebaivd as in S. 



Llxma Vabinogi Iessu Grist. 



P. 208, 1. 22 ditbeu Y 

. h gwna 
25 ydyeh 

30 ufudbau 
P. 209. 1. 1 e>iu; cf. 11. 11, 17^ 

p. 212, 1. 12, 218, 
II/28, 34,221,1. 18, 
227,1. 30,233, Lu. 

humnv) P. 

ac 

2 yn y 

3 ofuennyn, evidently a 

colloquial lorm . 
i wasannaethei 

12 ndwyd 

13 gaffel 
ij anfuya 
16 anregyon 
18 canyt 
20 temyl, cf. pp. 210, 1. 26, 

211. 1. 5. 
ymchoélawd 
22 mynet 

25 îre7rts 

26 vorw P. 

3 1 llawenyd 
P. 210, 1. 1 dywedut 

3 jgftjgar 

4 O«0ft/ 

8 gwely 
12 v omitted 

18 gylieis 
22 diwyllynt 

26 7;o«a/ P. 

27 orffoicys 

28 cbyffelyp 

29 disgynn,d. p. 21 1 ,1. 23. 
P. 211, 1. 4 diwawt 

10 adnabydassaii'n 

19 ymchwelyt at 
25 lïuaetJmt, di omitted P. 

30 &)«oi 

31 wi-g-vM-Z 

32 vr 



^3) 

.212,1. 13 femyZ, cf. p. 214, 1. 2. 
wneuthur 
14 a 

I j trigyawd 

lj edrychei 
21 <?/ omitted 
23 agores 
26 tfr «v allait 
,213,1. 6 wneuthur 
7 gynhalawi 

II a//o« 
12 dygrones 
14 llauuryawd 

16 adwyn 

17 ygharyat 
ymhob 

21 a omitted 

23 ^Ayfe* 

24 ymadraud 
rat . . . heuyt omitted 

26 ymhob 

27 ymadraud 

28 roda 
30 aghennogyon 

214, 1. 1 offeirat 
3 dichon 
12 /;eZy 

16 cajf<^ 

23 oed 

24 kynnog urvnt 

27 »«' 

28 v omitted 
215,1. 1 /w/> 

3 £WlWvH 

9 S inserts ac 

25 /ro/iez 

26 ft«l 

30 graiïydyus 
34 tremygod 
216, 1. 2 zrH^y 

5 cbetemdeitbeseu 
9 Jamia. MS hasfamia. 
14 ufydhaf, a omitted 



236 


Ma 


rv FF 


illtams. 




P.2I6, 1 


. 1 7 phaedwch 
23 dywat 
25 duw 




P . 220, 1. 


32 v iacbwawl, but cf. 
p. 234, 1. 8 and 
p. 238, I.33. 




28 ofyn 




P. 221,1. 


4 dyuedasant 




29 ofynhaa 






1 3 v</ eJJewnit 




34 meir 






1 4 _)' trigawd 


p. 217,] 


i. 2 a omitted 

3 gueryndaivd 

4 </mC 

6 mynny 
9 ï/o£ omitted 
1 5 <M 






16 seilhued 

21 weZes 

22 Wwy/ 
26 /u'v//; 
29 ympryt 
34 wélsem 




23 ydaeth 




P. 222, 1. 


3 bethlem 




25 ymhwod 






5 a omitted 




29 wedyei 






10 anuones 




32 kynnulleidua 






1 1 meïbon 


P. 2l8, 


1. 2 kyfjessa 






12 Iceuiiadeu 




4 wrth,c£. pp. 226, 11 


, 21, 




1 3 yd oedynt 




33,227,1. 23, 34 


,etc. 




or 




9 bendigedic wyt omitted 




23 dywat, cf. p. 225, 1. 32. 




1 1 zwy 






26 qfynnawd 




foft« 






27 q/yw 




12 ouynnwn 






» omitted 


p. 219, 


1. 1 J^ttty 

3 tywyssauc omitted 

4 ti ynet 
7 fjya/a/ 






28 aghenreit 

29 /few/ 

31 <?« omitted 
cctymdeithoccau 




8 gwiscedic 




P. 223,11, 


.5,7 ofynhaa, ofyn 




10 orivac 






7 dywededigyon y. MS 




1 2 _yrf edewis 






has dywededigyon, 




14 ao-«/ 






pethev 




1 5 »/('/> 






13 ? 




17 ^55jyrf omitted 






30 jy//n7 




23 wynvydedic 






32 gynnullaw 




29 ^r mt 






33 «#* 


P. 220, 


1. 8 j» inserted 




P. 224, 1 


6 blaunu 




10 j' cretwyf ual. MS ! 


bas : 




11 Ju'jy« 




bàlualu " _y cr< 


'Huyf 




13 caloneu 




ÎIflZ " 






14 wnaeihym 




16 eissydedic 






16 gwedy yr 




18 jy« 






17 ùwep 




21 echtywynedic 






gortnot 




30 berued 






18 mwg' 




disgynn 






19 dinesyd ar yr arvordir 



Llyma Vabinogi 
P 



yssyd . MS lias : <iî- 
««5\(/ " a. y. a. 
yssyd". 
P. 224, 1. 20 ofynna 
vyrrhaf 
25 gyfadnabol 
33 dyuyeu, cf. p. 225, 1. 3, 
4, 8, 10. 
P. 225, 1. 5 dynessawd 
wynvydedic 
6 arffet 

13 mutin 

16 or... y 

17 bkixdyn 

22 hyttynt 

23 drosses 

24 lauryassei 

25 gythreul 

28 a emelldigawd 

29 5v;z 

30 gigleu, cf. pp. 226, 

1. 17, 233, 27. 

31 a 

P. 226, 1. 6 tristau, a différent verb • 
cf. Strachan, Intro- 
duction to Early 
Welsh, p. 275. 

1 1 kymerth 

12 gwnaetb 

18 satwrmi 

19 gwney, cf. p. 227, 1. 16. 
22 gwarandaw 

26 ^ iac//; 

27 wzè zote/> omitted 
P. 227, 1. 3 wlyhvr 

4 gogîLyïi'aw... a beb hir 

hir 
8 _yr mwyn 
1 2 0?- omitted 

14 presswylaw 
16 dynessawd 
19 toJ_y/ 

26 ivelsant 
3 1 anorchyvygedic 
Revue Celtique, XXXIU 



Icssu 

228, 1. 



Gn'i/. 



237 



3,5 </v#/7 

6 7c55« rt (/vu'o/ omitted 

7 gorchymynnawd Iessu 
13 fcy/*7#i 

1 5 £aw^s 

21 a ryued 

22 propbicvdi. 

28 giveles 

30 <f/w, cf. pp. 229, 1. 8 ; 

230, 1. 1 3, etc. 

31 a vum 
P.229, 1. 2 ?/ omitted 

3 dysco ...ac. a. agano 
5 hen 

7 llythyren, cf. 1. 24. 

8 gorchymynwr 
yttoed 

20 ^4c 

2 1 (/t'/lC 

geugrefydwyr 
2 S $gw 
34 bronneu 

P. 230, 1. 5 fe/m 

11 ymadrawd 

12 gytuedu 
18 welant 

aghynnogyon 
P. 231,1. 1 disgynnaivd 

4, 5 wnaetb, cf. p. 232, 
IL 3, 11,24,27,28. 
8 ydanuones 
12 _y«fl 

16 damweinawd 

17 ç/ë, cf. 11. 19, 20. 

18 a 

19 aduedawd 

20 jw ehalaeth 

23 <fyff05 

29 ao-o/" 

30 kennawon 
P. 232, 1. 1 llawenychu 

4 vedylyassant 



5 cannavon 



té 



238 




Ma 


rv W 


'illiams. 




P. 232, 


1. l8 (7//W 






P. 


2 33> 


1. 26 ne 




23 Josep, cf. 11. 


27> 


3°, 






27 yn dywedut arnaw. MS. 




p. 233,1. 27 










bas : gwarandaw " v 




25 kyssvll lassant 










d. arnaw ". 




31 Jvic«, cf. 11. 3: 


i, 34- 








32 dyfroed 




32 bynafeit 










34 dry ci et 


P 922 


1. 3 varw 

4 ymchwelawd 










3 5 wyrthwyheppynt 
preswylaw 




ofynn 






P. 


234, 


[. 6 vedyant 




8 «//«' 










8 tacJE) 




10 hanvones 










9 gorcbymynnawd 




1 1 hamàiffyn 










10 smJ. MS has : s«d'. 




15 gogyuydaweu offeireii 


! / v- 






16 /fl<, r o. a omitted 




wyssogyon ; 


MS 


has 






18 ic^'/v/ jifliy. MS has 




g. eu " 0. 


t. ". 


Cf. 






/</iHt' barred in red 




MS 3. which lias t. 






ink. 




flf effeiryeit 










19 hynnuïïaw 




20 kyfreith 










22 ivaelhaf omitted 




21 dechreuod 










24 rt'Jo^ 




24 ^y/Ant'» 










27 yna 



III 



HWN YU PROL YR ESGYP l 



Y en caredicaf vraut y Ieron effeiryat chromatius ac eliodo- 
rus esgyb en anvon annerch en er argluyd. Boned meir wyry 
ae ganedigaeth gyt a henné a mabolaeth yessu grist a gaussam 
ni en llyvreu kyuarwydyt ene rei yd edrychassam ni llawer 
o betheu gurthwynep y an fyd ac a gynullassam ninheu in 
gubel rac rodi llewenvd yr antycrist o gysgaut crist. Ae val 
yd oedem ninheu en edrech y petheu henné y dywanvs deu 
wr atam armenius a uernius 2 a dywedut yn ry dywanu oth 
santolyaeth di ar lyuyr evrei en ysgrivenedic o law e g\vyn- 
uydedicaf vatheu euengylwr en er hvn e mae en ysgrivenedic 
buched e wyry vam a mabolaeth an yachwydaul argluyd ni 
Ac urth henné ninheu a adolygun gan vmdiryet yth gar) - at 
ti yrn an argluyd ni yessu grest eny rodych di e llyuyr eurai 



1. According to Peniarth 14, P* I (= Hengwrt 25), pp. 58-78. 

2. Unless it be ueriuns. The MS. is difficult to read. 



Llyma Vabinogi Iessu Grist. 239 

hwnw en lladin yn warandav o honam nyt mwy yr gwan 
(p. 59) a dywedut urth yr ange] Ny lauassvn i hep ef 
offrymu aberth y duw onyt dy arch di a rodei ym teilygdaut 
y aberthu. Ac y dywaut yr angel urthav. Ac nyt anogvn 
inheu y ty aberthu onyt atnapvn ewyllys duw. A thra ytoed 
ef en aberthu gan arogleu er aberth vegys gan uwc y kerdws 
yr angel y nef. Ac ena e digwydvs ioachim ae wynep urth y 
ïlawr o avr hanner dyd hytosper. Ac ena y doeth y weissyon 
a hep wybot pa daroed idaw ae arganvot a thebygu mynnv o 
honav y dihenyd e hun ae gyuodi o vreid. A guede datcann 
o honau udunt ry welsei ae warandav o nadunt mal sythu a 
wnaethant o ryvedaut ac annoc idav en diannot gwneithur 
kyngor yr angel ae arch a chyrchu ar y wreic en diannot. Ac 
val yd oed ioachim en medylyav en e vryt beth a wnelei ara 
emchwelut ar y wreic y digwydus hun arnav. Nachaf atav yr 
angel a emdangosassei idav dieithyr y hun ac en dywedut. 
Myvy hep hef yu yr angel a rodes duw y ti en geitwat. dis- 
gin en dibryder or menyd ac emchwel ar anna. Pob peth or a 
wnaethost a thi ath wreic datcanedic ynt rac bron y 
go(p. 6o)ruchvelaf a chyvryu etiued a rodet yt ac na bu e 
gyfryu er dechreu e byt ac ny bu yr proffwydi eryoet y gyffel- 
ip ac ny byd byth. A phan deffroes ioachym galw attav e 
weissyon a mynegi e vreudwyt udunt. Ac wynteu a adolass- 
ant e duw ac a dywedassant Edrech na thremyckych bellach 
angel duw namen kyuot a cherdun a dan bori oc an ysgrybel 
ychweric. A gwedy eu kerdet dec diwyrnaut ar ugeint yd 
emdangosses angel er argluyd y anna a dywedut urthi. Dos 
yr porth eureit en erbyn dy \vr canys hediu e daw attat. Ac 
ar vrys y kerdws hitheu ae morynnyon hyt e porth hvnnv ac 
eno arhos e gur a gwediav. A gwede blinav o honei en arhos 
pan dycheif y hwynep nachaf e gwyl ioachim en dyuot ae 
ysgrybyl a chyrchu en y erbyn dwy law mvnvgyl idav a diol- 
uch y duw a dywedut. Gwedw oedwn ac nyt wyf weitheon. 
Diffrwyth oedvn a mi a veichyogeis neu a geniereis ' . A 11e- 
wenyd mavr a vu gan eu carant ac eu kyvathrach. Ac odena 
ym pen e nav mis y ganet merch y anna ac e dodes Meir en 

1. Glossed concept bv a later hand. 



240 Mary Williams. 

enw arnei. A phan ydoed en dynu y drvded vlwvden vd 
aethant y gyt ioachim ac anna y wre(p.6i)ic y demyl duw ne 
offrymu eno offrymv yno eu merch Maria y enw y greuydd 
gweryddon. a hitheu dyd a nos en parhau y m molyaneu 
duw. A phan ossodet e uerch er llavr ger bron drws y demyl 
yd esgynnvs ar y redec pymtheg grad e drws y demyl hep 
edrech nac ar vam nac ar dat val e mae deuaut e vab amouvn 
amdanunt. A sythu a oruc paub. o welet e gweithret hvnnv 
hyt en oet esgyp y demyl. Ac ena e dywaut anna en gyflavn 
or yspryt glan yg gwyd paub. Arglwvd duw e lluoed.hep hi 
cof vu ganthau y eir a duw a ouwyaud e bobyl oe gvsygredic 
ouwyedigaeth ef y emchwelut e giwdaut a oed ene erbyn 
oc eu callon ac an emchwelut ninheu en vuvdvon idav ac a 
agores e glustyeu ar an gwedieu ac a urthladus gurthwynep an 
gélynyon y urthym . Gureic anvab a wnaethpwvt en vam ac 
a enis llewenyd a gogonyant en er israel. lleman e gallaf ui 
offrymu rodyon yr argluyd ac ny eill vyg gélynyon y ludvas 
ym. canys yr argluyd ae trosses y urthym ac a rodes vm 
llewenyd tragywyd. Ac anryvedaut yr deneon oed veir pan 
oed deir blwyd kerdet en frwythlavn a dywedut (p. 62) en 
brud ac emdangos y lavuryau ym molyanheu duw mal na 
chyffelibit y uerch namen y vorwyn vaur neu val ket bei deg 
mlwyd arugeint hep orfowys o wediaw a chyn echtywynedik- 
et oed v hwynep ac yd oed vreid y nep edrech arnei. Hi 
hagen a lavuryei y nydu gwkn ar hyn ny allei wraged oed- 
yauc v wneithur hi ae cuplaei en er yeuenctit hvnnv. Hon 
oed y ryol a osodassei arnei e hun. or bore hyt echwyd e 
bydei en v gvedieu. O navn eilweith y bydei en e gwedi eny 
emdangosei idi yr angel y kymerei uwyt oe law ac val henné 
wellwell y raglydei y gwasanaeth duw ac en y ouyn. Ac en 
e diwed pan dysget eilweith y gan werydon a vei uwy no hi 
o dirvaur eidiged davoni y kymerei val y caffet hi en dyuot 
en gentaf yr gwyluaeu ac en doethinap y dedyf en hydysgaf. 
ac yn vuyddaut en vuydaf. yg kvvs'ydolaetheu en ordetholaf. 
en rodi cardaut en hygaraf. yg gleindit en buraf. em pob 
kvfrvu nerth en berfeithyaf. Canys gwastat disymut dianwa- 
dal oed a gwell well beunyd y kerdei. Nys gweles den eryoet 
en llidvau. nvs kideu den en 



Llytna Vabinogi lesm Grist. 241 

(p. 63) en temyl duw megys colomen ac ny mynei edrech 
ar wr ac a oed genthi y dysc goreu yn dedyf duw a phei na 
threissut titheu hy hy hi a uydei wyry etwa. Ac enteu a 
emdiheurvs na dodassei law arnei eryoet. Byw vu duw hep er 
abyathar esgop mi a rodaf yt yr aur hon dwuyr. yd sechi o o 
diaut yr argluyd ac en diannot yd ymdengys dy bechaut. 
Henné oed yr hyn dyenafen e dedyf. Ac enae kynulhvt niver 
nvt oed haud eu rif nac eu dodi en rivedi a dwyn meir e 
demyl yr argluyd ar effeiryeit ae ryeni ae charant ae chyfnes- 
eiuyeit en wylav am veir ac en dywedut urthi. Kyfessa dy 
bechaut yr effeiryeit val colomen wyt yn temyl duw ac ny 
chvmerut uwyt namen o law angel. Ac ena y gelwit ioseph 
uch ben er allaur uchaf ac ena e rodet idaw e dwuyr bendig- 
eit vu yvet. Ac yr y yvet o hanav a gogylchynu yr allaur 
seith weith ny dangosses duw vn arwyd arnav o bechaut. Ac 
ena y bendigus yr effeiryeit ar gwassanaethwyr ar bobyl a 
bendigedic wyt heb wynt (p. 64) can wyt dibechaut. Ac ena 
galw meir atun a gouyn idi pa esgus a allei neu pà arwyd uwy 
a allei vot noc beichyogi yth groth hep wynt. vn peth a 
ouynnvn } 7 t canys yach ioseph o honaut adef yn pwy âth 
dwyllus. canys gwell yt tu hun adef dy bechaut no dangos o 
duw y arwyd arnat trwy y var ac y perved e bobyl y danlle- 
wychu arnat. Ac en wastat dianwadal y dywaut meir. O sit 
enof vi hep hi nep ryw halogrvyd pechaut neu o bu enof e 
chwant yr arglwyd duw hep hi ae datoto arnaf yg gwyd yr 
holl bobloed val e bwyf diarhep yr bobyl. Ac ena dyuot yr 
allaur a chemryt e dwuyr o diaut er argluyd ay yvet a gogylch- 
ynu yr allaur seith weith ac ny chàffat arnei nac arwyd 
pechaut nàe arllwybyr. Ac ar henné sythu e bobyl ac ual dar- 
vot ac en gwelet e beichyogi en e chroth dechreu y rygthun 
amrysson gorwac. vn a dywédei pan vu o gleindit. arall a 
dywedei pan yu o gytwybot drwc y kuhudit. Pan weles meir 
ena ymodurd e bobyl ac eu typ or nat oed dogvn yd emdi- 
heurassei val e klywei baup o hvt y 

(p. 65) uwystuilet y koedyd aralhau rac vym bronn i. y 
eirth a lleot a lleopardyeit a adolynt idau ac ae canymdeynt 
en e diffeith y dangos ford y ueir a ioseph pà du bennàc y 
kerdynt ac y racvleynynt y dangos eu ford a phan wehenynt 



242 Mary Williams. 

yd àdolynt idau. Pan weles meirgentaf e llcot ac amrauaelyon 
genedloedhwystuileten dvuot o bop tu uduntouyn a vu arnci. 
Ac edrech henné a oruc vessu e mah ac erchi idi na bei ouyn 
amei. nyt yr afles yt hep ef e maent en dyuot namen yr dy 
wassanaethu e maen en brvssyau. Ac o henné allan ny bu 
arnunt vn ouyn. Ar lleot a gerdynt y gyt ac eu hessyn ac eu 
hychen ac eu sumereu y dwyn udun eu reidyeu ac nyt argy- 
wedynt udun dim ket bedynt y gyt. namen bot en dof em 
plith e deueit ar meherin ry dugessynt oc eu gwlat ganthunt. 
Em plith y bleidyeu y kerdynt en diaryneic ac en digodyant e 
bop peth. Ena e cuplaut a dywaut e proiuyt. y bleid ar oen a 
gytvydànt yn eu porthyant ar llew ar ych à gytuwytaant. Ena 
yd oed deu ychen a benn arnunt ac eu reidyeu endunt ac en 
henné blinav y wvnuvdedic veir en e diffeith gan dra gwres 
er heul ac ârganvot palmitwy (p. 66) den o honei a dywedut 
urth ioseph y mynnei orfowys ychydic yg gwascaut e pren 
Ac ar vrys y duc ioseph hi parth ar pren ae herbyn y ar y 
mul. ac wedy eisdet ychydic o honei a dan e prenn edrech ar 
e bric ae harganuot en llavn o aualeu a dywedut urth ioseph 
e damunei hi beth o frwyth e pren ac y kymerei o gellit e 
gaffael. Ryued vu dywedut henné o honaut hep e ioseph 
medylyau o honaut caffael dim o frwyth e pren hvn a gvelet 
y huchet. Mwy yu arnam ni er aur hon eissyeu duvvr ac ar 
an tylwyth ac ny allwn na ni nac wynt emwaret. Ena y 
dywaut yessu o arfet y vam en eisted Gostung bren hep ef 
dy frwyth yn. ac en diannot ar er emadraud hvnnv gystung 
y holl vric adan draet y wvnuvdedic veir ac oe frwyth kem- 
ryt digavn. A guede kemryt e frvyth onadunt ymarhos en y 
archei ef idi hi gyuodi dracheuen val e gystyngassei ar y arch 
Ac ena yd erchis yessu idi emdyrchavael ac emgadarnhau a 
byd gyt a gwyd vyn tat in heu em paradwys. Ac en diannot 
ymderchauael oe lie nachaf y adan y gwreid e fynhaun 
eglurhaf ac oerhaf a melyssaf. A phan welsant e 

(p. 67) enteu a doeth er demyl ac a weles yr holl geu 
delweu aceu hwyneb urth e daear en eu gorwed. A dynesau 
ar y W3'nuydedic veir a oruc yd oed e mab en e harfet ac 
adoli e mab. Ac emchwelut ar y lu ae gedemdeitheon ae weis- 
syon a dywedut urthunt pei na bei duw ema hep ef ny dig- 



Llyma Vabinogi Jcssu Grist. 243 

wydei an dwyweu ni rac e vron ef ac ny orwedynt val hun. e 
maent en dawedauc en tystu pan vu eu duw vu. ac urth 
henné pa wnavn ni y an dwyeu. ac ony bydun gall ni allwn 
haedu y var ac an llad en gubel. val e damweinnyus gynt y 
pharao vrenhin y reifft cany chredus y nerthoed duw y bodet 
ef ae holl lu e mor rud. Ac ena e credws holl lu e dinas 
hvnnv vr arglwyd duw trwy vessu grist . 

A gwedy mynet yessu or reifft pan ytoed yg galilea en 
dechreu y bvmhet ulwydyn oe oet sadyrngweith yd oed en 
gwarc y gvt a meibeon arganaul eurdonen. Ac yd oed yessu 
wedy ry wneithur seith lynn a gwneithur kvndit y arwein e 
duwyr o berved e canaul urth y arch ef. yr Uynnyeu ac vn 
aruein odeno dracheuen e gwarchayus vn or mei(p. 68) beon 
e ford a wassanaethei yr Uynnyeu a diwreidyau er hyn ry 
lavurvasei yessu. Ae tidi vab angheu mab y diauwl hep yr 
yessu a wasgar er hyn rv lavuryeis i ac en diannot e digwy- 
dav T en varw e den a wnathoed henné . Ac ena val ket bei o 
vrat lleuein reeni e mab marw en erbyn meir a ioseph a 
dywedut udunt. Auch mab chwia emelldigus an mab ni ene vu 
uarw. Pan gigleu ioseph a meir henné dyuot ar yessu racovvn 
llevein y reeni trwy vrat. Ny lavassaf vi hep e ioseph en issel 
urth veir dywedut urthau ef. dysc di evo a gouyn idau pa rac 
v peir ef yn ni digassed e bobel a molest deneon. A phan 
doeth e uam atav e gouynnvs idav pa beth ry wnathoed e 
mab a vuassei varw. Ef a haedus hep ef e varw am wasgaru 
y gweith a lavurvassvn. Argluyd uab hep hi na wna henné rac 
kvuodi e bobyl en an erbyn. Ac adnabot tristau e va m a tha- 
rau e mab ae droet deheu ar y dwy froen a dywedut urthau 
kyuot uab yr enwired nyt teilung y ti dyuot y deyrnas vyn 
tat (p. 69) i am wascaru vy llavur i. Ena e kyuodes e mab 
marw y emdeith ac o arch yessu o dena y kerdus e duvyr yr 
llunnyeu vu ford mal kynt. Ac dena diwyrnaut val e gweles 
paub e kemyrth yessu prid or Uynnyeu ac y gwnaeth o honau 
deudec ederyn. a sadwrn oed pan wnaeth yessu henné a 
meibeon llawer gyt ac ef. Ac val y gweles vn or ideon a oed 
y gyt ar meibeon henné y dywaut urth ioseph. Pony wely di 

1. L. digwydavd. 



244 Mary Williams. 

ioseph yessu dy vab en llavuryav e sadurn. er hyn nyt cannyat 
cf a wnaeth or lhvch deudec ederyn. Pan gigleu ioseph henné 
y angreffyau a oruc a gouyn idau pa ham e llavuryei e sadurn 
y peth nyt cannyat yn ni hep ef. Pan gigleu yessu henné e 
gan ioseph tarav y law ar y llaw arall ac erchi vu adar ehe- 
dec. Ac ehedec onadunt wynteu ar y arch ef. ac yggwyd paub 
or a oed eno en edrech ac en gwarandau e dywaut urthunt 
Euch ac eheduch trwy er holl vyt a byduch uyw. Pan weles 
e nep a oed eno y ryw arwydvon henné svthu a wnevnt ae 
voli ae anrwedu. ac ereill ae kelhveiryei ac ae gwaradwvdei. 
Arei onadunt a aethant ar dywyssogyon (p. 70) vr effeirvcit 
ar athraon i genatau udunt bot yessu vab ioseph yg gwyd 
pobyl yr holl israel en gwneithur anryuedodeu a gallu mawr 
a henné a gennatunty holl hvytheu yr israel. Acena eilweith 
e doeth mab anna effeiryat y demyl a dothoed gyt a ioseph a 
gwyalen en y law a phaub or bobyl en edrech arnav a chan 
g} T ndared llesteiryau e gweith a wnathoed yessu ar y llynnyeu 
a gelhvng e dwuyr onadunt a dugessit udunt or avon. canys 
cavudygvat e dwuyr trwy er hvn e kerdei yr llvnnyeu ac o 
dena yd emchwelvyt. A phan weles yessu henné y dywaut 
urth e mab hvnnv O waethaf etiued enwired. O vab angheu. 
O weithredoed e diauwl. Ny byd grym o frwytheu dy etiued. 
ath wreid a uvd heb dim ir endav ath gangeu a uyd krin. ac 
yg gwyd paub e difrwythvs e mab ac e bu varw. Ac ena e 
deliis ioseph yessu ac y duc vu dy ae vam y gyt ac ef. ac ar 
henné nachaf mab en dyuot en eu herbyn gweithretwr enwir- 
ed a neidvau ar vsgwyd yessu y vynnv. argywedu idau os 
gallei. Nyt ey di yth ford dracheuyn yr ford honno adigwydav 
e mab en varw. a llevein reeni e (p. 71) mab marv a welsynt 
ry daroed a dywedut amluc yu pob peth or a dyweto hvn y 
guplau o weithret a gweithyeu kyn y dywedut o hanau e cup- 
pleit. Nessau a orugant ena ar ioseph a dywedut urthau. Diot 
yr yessu hvn oc an plith cany eill bresswylyav y gyt a ni en 
kemryt dim neu enteu dysc ef y dywedut da ac na dyweto 
drwc. Ac ena e dywaut ioseph urth yessu. Paham y gwney di 
v ryu betheu henné mae llawer o deneon llidyauc urthyt a 
thrwy dy bennyd ym ninheu en atkas acdiodef molest llawer 
o deneon . Nyt oes vn mab kymen hep yr yessu urth iosep 



Llyma Vabinogi lessu Grist. 245 

ar ny dysco y reeni idau kymendaut e byt hvn ac nyt 
argyweda emelldith onyt yr nep aehaedo. Ena yd emgynull- 
us paub en erbyn yessu ae guhudau urth ioseph. Ac o henné 
e bu ar ioseph ouyn pobyl yr israel. ac ena y deliis yessu e 
mab marv erbyn e glust ae dyrchauael y vynyd yg gwyd 
paub ac y gyt ac yd emdidanws yessu ar mal? marw y doeth 
endav y eneit ac y ryuedus paub henny. 

Pan gigleu athro zachias y enw yessu en dywedut y ryw 
betheu henné ny allei nep e orchy(p. 72)uygu oe doethinap 
ae nerth a doluryau o honav am henné a dywedut en disgyfrit 
en erbvn ioseph. Paham na rody di dy uab vu dysgu o dysc e 
bo arnau ouyn deneon ac arwyd vu bot en well gennych ti a 
meir auch ewyllys chwi hun no gossodeu auch reeni ac auch 
hvneif. Reitiaf oed y chwi en gentaf anrydedu effeiryeit er 
israel ac odena caru auch meibeon ac eu dyscu o dysc. Pwy 
hep e ioseph a eill atal e mab hvn ae dysgu. ac os ti di a eill 
y atal ef ae dyscu nyt ni ni ae llud y ty yu dyscu ef or dysc a 
dvskir e deneon. Pan gigleu yessu emadrodyon zachias atep 
idau val hyn a oruc. Gorchymynnvr y dedyf y bychydic o y 
emadraud a dvwedeist a phob peth or a dysgeit reit uyd yt y 
gadw ac y den val ti. ny hanwyf ui o ossodeu y deneon ac o 
dieithyr knaut deneon pan hanwyf om dedyf a thitheu a bress- 
wvlv trwy dvsc y dedyf minheu a oedvn kyn no dedyf. A 
chet tebykych na bo en doethinab dy gyffelip ti a dysgy e 
gennyf ui cany eill nep dysgu namen y nep a enweist di 
canys ef y svd deilung v dvscu. A minheu pan ym dyrchauer 
y ar e daear 

(p. 73) reth ac val yd oed eno diwyrnaut sadyrngweith a 
yessu en gware y gvt a meibeon e mevn llofft y ryv dy a 
damweinnyus grynnyau o vn or meibeon vn arall trosy llofft 
ac or kwymp e varw. A phan weles y ryeni eu mab en varw 
lleuein ar veir a ioseph a dywedut. auch mab chwi hep wynt 
a uwrvvs an mab ni y dorri y uwnvgyl a yessu en tewi hep 
ateb. Ac ar henné y doeth meir a ioseph ar yessu a gouyn 
idav ae evo a vyryassei e mab er llavr. Ac ena y disgynnvs 
yessu or llofft a galw e mab erbyn y enw zeno. Argluyd hep 
e zeno. Ae mivi hep yr yessu a.th vyryvs di. Na thi argluyd 
heb e zeno. ac anryved vu henné gan ryeni e mab a vuassei 
varv ac anrydedu duw am e gwyrth hvnnv. 



246 Mary Williams. 

Ac odena yd aeth ioseph a meir hyt en icricho ac ena yd 
oed yessu en chwe blvyd ac yd anvonet a llestyr ganthav y 
wehynnv duvyr o fynnavn y gyt a meibyon ereill ac y dam- 
weinnyus wedy gwehynu e duvyr y uthyau ef o vn or meib- 
eon ar y llestyr yd oed endav e dwuyr a thorri y llestyr a 
thanu o honaw enteu y vantell a oed amdanav a chemryt e 
(p. 74) dwuyr endi kubel or a oed en e llestyr ae dwyn yu 
vam. a phan weles henné ryuedu a oruc ae vedylyau a chadu 
pob peth o henné en y medul. Ac o dena diwyrnaut yd aeth 
yr tir ac y duc ganthau ychydic o gravn o ysgubaur y vam 
ae heu en e tir a thyvu a oruc en amyl o dena pan doeth 
amser yu vedi e kynullut can pyn o hanau ac y rodes yu 
wasssaneth denyon. 

Ford a oed a gerdei o iericho y avon eurdonen e ford y 
kerdessynt gynt meibeon yr israel en e lie e dywedir bot yr 
arch ystauen en gorfowys. Ac ena yd oed yessu en wyth 
mlwyd ac yd oed en mynet o iericho y eurdonen. ac ar e 
ford yd oed gogof ger glan eurdonen ac en honno yd oed 
llewes a chanavon genthi ac nyt oed nep a vei diogel ganthau 
gerdet y ford honno. A phan doeth yessu o iericho ac adna- 
bot bot y llewes vlith ac chanavon en er ogof yg gwyd paub 
yd aeth y mevn. A phan weles y lleot yessu y doethant en y 
erbyn y adoli idau ac eisted yessu en er ogof ar canavon en 
llewynychu yg kylch y draet ac en gware y gyt ac ef. ar lleot 
mavr en seuyll o bell a gystung eu penn ae adoli a llewyny- 
chu eu (p. 75) llosgurn rac e vron. ar bobel ena en seuyll o 
bell ac yn absent yessu e dywedynt. pei nar wnelei hvn 
diruaur bechaut neu y ryeni nyt emrodei oe vod yr lleot. 
Ac val yd oedynt en medylyau ac en tristau amdanau nachaf 
efen dyuot or ogof. ar lleot en y vlaen ar canavon en gware 
yg kylch y draet. a ioseph a meir ar bobyl en seuyll o bell 
rac ouyn y lleot hep lauassu nessau atav. Ac ena e dywaut 
yessu urthunt Gwell yu synnwyr yr aniueillyeit ar bwystuilet 
en adnabot eu hargluyd ac en y adoli noc vn e deneon a chwi- 
theu wedy auch gwneithur ar lun duw ae delw hep y adna- 
bot. e bwystuilet ara atwen i ac a vydant dof rac vym bronn 
ar delleon ' ym gwelet hep vy. adnabot. 

1. L. àeilleou. 



Llyma Vabitwgi lessu Grist. 247 

Ac val yd oedioseph en saer pren ac ny wnaei dim namen 
gwyd ereidyr ac veu a charvaneu y welyeu dyrchauat e dam- 
weinnyus erchi o wryanc idav gwncithur gwely idav o chwe 
throetved ac erchi o ioseph y was idav torri e carvaneu a 
hesglif haearn ar e messur y hadawsei ac ny chetwis e gwas e 
messur namen gwneithur e neill yn vyrrach nor Hall a medwl 
die a gemvrth ioseph endau am hen(p. y6)ne a dywedut a 
oruc vessu urthau. kvmer hep ef pen y prenneu achyssyllun ! 
wynt v gyt. a gogyhydvn wynt. a thynnvn wynt en o gyhyt. 
Ac urth v orchemyn enteu yd ymatuerthus ioseph canys 
gwydyat e gallei wneithur a vynnei. Ac ena vd ymeueilis 
ioseph a phen e prenneu ac y kyssyllus e tu 2 atau e hun ac e 
kemyrth yessu y pen arall ac y tynnvs e bvrr en o gyhyt ar 
hir. Ac o dena yd erchis y iosep gorfen y weith raedav. 

Ac o dena eilweith yd erchit y ioseph a meir y gan e 
bobyl dysgu llethyr y yessu yn yscol. a henvyd gorchymvn 
henurveit e dugant yessu ar athro y dyscu dysc deneon idav. 
ar athro hvnnv en gvueilvornus a dechreuws y dysgu. 
Dywet alpha hep ef. Dywet ti y mi en gentaf hep yr yessu 
beth yu beta a minheu a dywedaf y ty beth vu alpha. Ac 
am henné llidyau yr athro a tharau yessu ae varw enteu 
en diannot. ac emchwelut yessu yr ty ar e vam. Ac ouyn 
a vu ar ioseph a dywedut urth veir. Gwvbyd di hep ef vy 
mot i en gyn dristet am angheu am e mab hvn . canys ef a 
dichavn y darau ef o dryeden en y vo marv. A \vr duw 
hep hitheu na chret henné namen cret gallu or neb ae 
(p. 77) hanuones yu eni em plith denyon y amdiffyn en dio- 
gelrac dryedenyon. ac v keidu rac drwc en v env. Eilweith o 
dena yd erchis yr ideon y ioseph a meir ymanhyed ar mab ae 
dwyn ar athro arall yu dyscu. A rac ouyn e bobvl a bvguth 
tywyssogyon ar effeiryeit y dugant meir a ioseph ef v ysgol ac 
en gwybot nat oed vn den a allei y dyscu er hvnn a oed ber- 
feith y wybot y gan duw e hun. Ac eissyoes wedy dyuot 
yessu yr ysgol o bleit yr vspryt glan kemrvt en y law llyuyr 
yr athro a dysgei y dedyf a dechreu canu arnav a phaub en e 



1. L. chyssylltwtt, but cf. 1. 12. 

2. Insert ac. 



248 Mary II 'il lia m s. 

welet ac en y warandau. Nyt e peth hagen a oed yn y llyuyr 
a gant ef namen o yspryt duw byw y dywedei. valket kerdei 
frwt o fynhavn ar fynhavn yn llavn ual kynt. Ac val henné 
yn rymus y dysgei enteu maurweithredoed duw byw. ac ena 
digwvdau yr athro yr llawr ae adoli enteu. Callon e bobyl 
hagen a oed en eisted ac en e warandau enteu en dywedut a 
dvwedei a emchwelus yn sythder. Pan gigleu ioseph henné 
bryssyau ar yessu a oruc rac yr varw yr athro. A phan y 
gweles yr athro en dyuoty dywaut urthaunyt dis(p. y8)gibel 
a rodeist di ym mi hep ef namen athro ac nyt oes a allô kyn- 
nal y dysc. Ac ena e cuplaut a dywetpuyt trwy y profwyt . 
Avon duw a lenwit o dwuyr. Ac o dena y dissymythus 
ioseph gyt a meir a yessu ac a doethant 1 capharnaum trwy 
arvordired rac digassogyon . A phan doeth yessu eno yd oed 
eno gur kyuoethauc en glaf wan ioseph y enw a niueroed en 
v gwvnav ac en drycyruerthu amdanau. Paham hep yr yessu 
urth ioseph na rody di waret y hwn ac ef en vn enw a thi . 
Pà allu e syd y m mi y waret idau ef hep e ioseph. Kymer y 
lliein y syd yg kylch dy benn hep yr yessu a dos yu dodi ar 
wvnep y marw a dywet yr yessu ath ellung ac en e lie ef a 
uyd yach ac a gyuyt e marw oe wely. Ac ar e geir hvnnv 
e kerdus ioseph hyt en ty e marw a dodi am ben y marw y 
wisc a vuassei am y benn e hun ac ar henné kyuodi y marw 
oe wely a gouyn pa le yd oed yessu. Ac o dena yd aethant 
hyt y m bethlem ac yd oed ioseph en y dy y gyt a meir a 
yessu. A diwyrnaut y gelwis ioseph attav yago y mab hynat 
idau ae anvon yr ard y gynnull cawl y wneithur bressych ac 

Mary Williams. 



1. Notice the construction and cf. Strachan, Introduction toEarly Welsh, 
î 26, p. 23. 



CONTRIBUTIONS A L'ETUDE 

DES 

ROMANS DE LA TABLE RONDE 

{Suite) 



V 



MORGAN TUT 



Miss Lucy Allen Paton a consacré dans ses Studks on the 
mythobgy of Arthurian Romances un consciencieux et judicieux 
Excursus à l'énigmatique Morgan Tut 1 . 

Ce personnage n'apparaît que dans le roman gallois de 
Geraint et Enid 2 . Edeyrn blessé est soigné par lui sur l'ordre 
d'Arthur : c'est le chef des médecins. Une autre fois, c'est 
Gereint blessé qui reçoit ses soins. Dans la scène de l'Erec de 
Chrétien de Troyes où Yder (Edeyrn) blessé arrive à la cour 
d'Arthur, il n'est question ni de ses blessures ni de médecin 3 ; 
Erec, en revanche, dans le passage qui répond à la seconde 
apparition de Morgan Tut est guéri par un onguent magique 
donné à Arthur, par sa sœur Morgue 4 . 

Miss Paton énumère et discute les interprétations diverses 
qui ont été données de ce nom. 

John Rhys > a proposé ingénieusement de lire Morgant httd: 



i. Raddiff Collège Monography, n° 13. Boston, 1903, pp. 259-274. 

2. Mabinogion du Livre Rouge, éd. John Rhys-Gwenogvryn Evans, 
p. 261, 286-287 ; cf. J. Loth, Mabinog., II, p. 132, 163. 

3. Foerster, Erec uni Enide,v. 1089-1243. 

4. Ibid. y 4218-4230. 

5. Arthurian Legend, p. 391. John Rhys avait renoncé à l'interprétation 



250 /. Loth. 

bud signifie illusion, enchantement, mais il est possible, dit 
Rhys, que bud ait désigné quelqu'un pratiquant la magie, 
magicien. 

H. Zimmer lui a consacré une de ses plus fâcheuses élucu- 
brations. Je la traduis dans ses parties essentielles de peur 
qu'on ne m'accuse d'avoir mal interprété sa pensée. Elle a été 
insérée tout au long par Foerster, dans son Introduction à 
son édition d'Erec (XXVII-XXXI). Zimmer part de l'idée 
que l'auteur gallois de Geraint a fait un contre-sens sur le 
nom de Morgan la fée. Morgain serait un personnage entière- 
ment inconnu dans la légende galloise ; le conteur gallois aurait 
pris ce nom d'une fée pour celui de Morgan (vieux-gallois Mor- 
cant) très répandu en Galles. Reste à expliquer Tut. Ce mot 
ne signifie en gallois que région, pays. Morgan Tut, c'est- 
cà-dire Morgan le pays, est en apparence, inexplicable. Zimmer 
résout l'énigme, saisi dans une heure de déseuvrenient, d'une 
subite inspiration. « Morgan est un nom d'homme, connu et 
fréquemment usité en gallois ; la forme, en ancien gallois, 
serait ' Morcant. Au fait que Morgan est en gallois un nom 
d'homme, si on ajoute qu'aux yeux d'un conteur gallois de 
cette époque l'existence d'un médecin attitré à la cour d'Ar- 
thur était chose qui allait de soi, on s'explique comment un 
remanieur gallois en vint tout naturellement à faire de 
Morgain la fée ou la sage, qui lui était inconnue, Morgan penn 
meâygon (Morgan le chef des médecins) à la cour d'Arthur. 
Mais que voulut-il dire, en ajoutant le mot Tut ? Tut, en 
gallois, est un mot tout à fait courant : comique tus, breton 
tud, irl. tûath (vieux-celtique *toutà = gothique thiuda). 
Dans tous les dialectes celtiques, le mot est féminin ; en irl., 
il signifie, peuple (populus) ; en comique et en breton, nation, 
peuple, et le plus souvent sert à exprimer le pluriel de den 
(homo). En gallois, depuis le commencement de la littéra- 
ture, il n'a que le sens de région, district... Comme la signi- 
fication galloise de tut est plus ancienne que le roman de 

beaucoup moins vraisemblable qu'il avait proposée dans ses Lectures ou Ihe 
Celtic Heatbeudoiu, p. 160, note. 

i. était Morcant serait plus juste. C'est une forme que l'on trouve fré- 
quemment même dans le Book ofUandav, ainsi qu'en vieux-breton. 



Romans de la Table ronde. 251 

Geraint, elle est l'unique point de départ possible pour inter- 
préter 7m/ dans Morgan Tut, et alors l'épithète n'a pas de sens... 
Or, si le nom de Morgan Tut ne s'explique ni directement par 
la source, ni d'après la signification connue et sûre de ////, une 
troisième hypothèse seule est possible : c'est qu'une erreur a été 
commise dans V interprétation de l'original... Morgan Tut est, au 
point de vue de l'intelligence qu'avait le Gallois de son original 
français, une traduction soit de Morgan la fée, soit de Morgan 
la sage. Je crois à la première. Morgan Tut donne en français 
Morgan le pays. Le Gallois considéra Morgan la fée comme un 
nom propre et l'interpréta ainsi : Morgan Tut (Morgan le pays) 
... C'est un phénomène général que dans les langues où existe 
la différence de genre, le sentiment de la langue prête au 
mot étranger le genre du mot indigène correspondant... Or, 
tud est en gallois, comme dans tout le celtique, un féminin; 
par suite, un Gallois qui n'était pas très fort en français 
devait penser naturellement à un la pays équivalent de tud. » 

« Une autre chose s'y ajoute. En gallois, comme dans toutes 
les langues celciques, la phonétique syntactique est développée 
à l'extrême, si bien que d'après les mutations qu'une initiale 
consonnantique subit aujourd'hui dans la phrase, on peut 
retrouver sûrement la finale du mot précédent. En vertu de 
cette phonétique, un mot commençant par / peut apparaître 
avec un d ou th (spirant) ; une initiale c peut devenir g ou ch 
(-/) et une initiale p devenir b ou ph (prononcé et écrit aussi 
dans les mss./.) : ainsi penn (tête) peut, d'après sa place, appa- 
raître sous la forme benn ou fenn (pbemï). » 

« Si donc notre Gallois ne comprenait pas le qualificatif la 
fée dans Morgain la fée qu'il avait sous les yeux — et nous 
devons l'admettre comme certain ; autrement, il ne pouvait 
pas transformer un être féminin en un médecin Morgan — si 
donc, dans Morgan la fée, il ne comprenait pas la fée, il devait 
naturellement y voir un qualificatif ajouté au nom et se creu- 
ser la tête pour traduire ce qualificatif avec ses connaissances 
défectueuses. Pourquoi notre Gallois n'aurait-il pas entendu 
Morgan la fée dans le sens de Morgan la pays ? On eût ainsi 
Morgan tut. » 

« Le vocalisme ne fait aucune difficulté, puisque pour fée 



252 /. Loth. 

(fata), en anglo-normand on trouve fcic, comme le montre 
aussi le moyen-anglais Morgue la faye {Behrens Beitr., p. 81, 
83). On peut objecter que s de pays était encore prononcé à 
cette époque. Cette difficulté disparaît ainsi. Le gallois moderne 
a un suhst. fém. sing. paît, plur. peuoedd, région, contrée, et 
aussi paies, contrée. Dans la prononciation h et i gallois se 
valent... ; comme en gallois actuel ai, au en monosyllabe 
viennent de «, eu moyen-gallois, nous avons pour le 
moyen-gallois un subst. fém. peu et peues (prononcé pe-i et 
pe-i-es), contrée... '. Il est naturel de penser que peu et paies 
sont empruntés au français pays, peu sans s s'expliquant 
comme l'anglais cherry. » 

« Quoi qu'il en soit, ces points demeurent établis : 

i° le moyen-gallois a un mot étranger peu et peues qui 
doit son genre féminin au mot indigène tud ; de même que 
l'allemand das douceur est fait d'après Trinkgeld ; 

2 le mot étranger devait rappeler à tout Gallois connais- 
sant le français, le pays, mot dont il vient peut-être ; 

3 en gallois, d'après les lois de la phonétique syntaetique, 
peu et peues deviennent bat, beues aussi bien que fat, feues. » 

« Le qualificatif la jeie dans Morgaint la feie étant obscur 
pour notre Gallois, il n'y a rien d'extraordinaire à ce que, rap- 
prochant la feie de son mot féminin feu {feues) et arrivant 
ainsi à pays, il ait traduit, d'après la façon dont il comprenait 
sa source, Morgaint la fée par Morgan Tut. » 

On reste confondu devant un pareil tissu d'invraisem- 
blances, pour employer un terme poli, et on est vraiment peiné 
de les voir exposer avec tant de complaisance par un homme 
comme H. Zimmer. 

Il a eu un premier tort, c'est de poser en principe que 
l'erreur vient de l'auteur gallois : c'est une mauvaise prépara- 
tion pour une discussion impartiale. Il en a eu un second, c'est 
de supposer que tut ne peut signifier que pays : nous allons en 

1. Zimmer dit d'abord qu'on peut admettre que peu vient de pagus. Il 
aurait dû s'en tenir à cette idée. Peu a son pendant en comique : pow. Enfin, 
en Bretagne, il y a des paou qui représentent des pagi de l'époque gallo- 
romaine, ex. : Poher, vieux breton Pou Caer, traduisant Pagus Castri 
(Carhaix et sa région). 



Romans de la Table ronde. 253 

avoir la preuve. Quant à son argumentation, l'exposer, c'est 
la réfuter. Que dire d'abord de ce Gallois qui traduit ou 
adapte un roman français et en fait plus ou moins fidèlement 
un roman gallois, et qui ignore le sens d'un des mots les plus 
connus en français du moyen âge :fée ? Ce Gallois ne parait pas 
mieux connaître sa langue maternelle. Il est bien vrai que peu 
peut se présenter sous la forme beu et feu ; mais ces formes ne 
se trouvent que dans des cas bien précis. Ainsi pau supposé 
féminin, avec T article gallois, ne peut devenir que beu : y beu,\e 
pays. C'est le cas de se demander : qui trompe-t-on ici} Assuré- 
ment pas les Celtistes. Le Gallois de Zimmer, tout idiot qu'il 
le suppose, devait, s'il ignorait le sens de fée, connaître au 
moins l'article le, la. Inutile d'insister. 

Il n'est pas sans intérêt toutefois de faire observer avec miss 
Paton, que le passage d'Erec que l'auteur gallois traduirait 
d'une façon si absurde d'après Foerster et Zimmer, ne con- 
tient pas du tout les mots Morgue la fée (vers 4217). 

un antret 

Que Morgue sa suer avait fet 

Il est vrai que dans Yvain (vers 2955) le baume magique 
qui devait le guérir avait été donné par Morgue, mais par 
Morgue la sage. Dans Erec même (vers 1957) Morgain la fée 
apparaît comme amante de Guingomar, mais a passage ne se 
trouve pas dans Gérai nt. 

Enfin, contrairement à ce qu'affirmait Zimmer avec tant 
d'assurance, Morgan pouvait très bien être un nom de femme 
et qui plus est de fée. Les fées des eaux des parages d'Oues- 
sant sont connues sous le nom typique de Mari-Morgant ; une 
fée s'appelle, avec la terminaison féminine ajoutée à la forme 
ancienne sans suffixe, une Morganes. 

J'avais proposé (Revue celt., XIII (1892), ^96, 497) une 
autre explication qu'avait adoptée F. Lot (Roman ia, XXVIII 
(1899), p. 322). Je faisais remarquer d'abord que les fées 
femmes devaient être plus familières à l'auteur français que les 
fées mâles et que sûrement, s'il y avait une erreur, elle devait 
venir de l'auteur français. Il avait dû trouver dans sa source 
anglo-normande Morgain le Fé ou Le Fed et avait lu tout 

Revue Celtique, XXX III. 17 



254 /• Lot h. 

naturellement la Fede ou la Fée (y. Godefroy, Dict.anc. franc. 
au motfee; Littré, au mot fée remarque que fé est masculin en 
Normand). Tel devait être, à mon avis, le sens de l'épithète 
tut dans le récit gallois. J'en trouvais la preuve dans l'armori- 
cain teu%, esprit follet, lutin, vieux-breton tuth, démon, écrit 
tuihe dans une vie de Saint-Maudez, que M. de la Borderie 
croyait composée vers la fin du xi e siècle. Dans ce cas natu- 
rellement, le gallois tut représentait une graphie tuth ou tud, 
graphie qui n'a rien d'impossible en vieux-gallois. Néanmoins, 
mon interprétation de tut supposait une erreur de scribe; de 
plus, comme miss Paton le fait remarquer, le sens de démon 
ne paraît pas approprié au rôle de Morgan Tut dans Geraint. 
J'étais cependant très près de la vérité, comme on va le voir. 

A son tour, miss Paton propose une solution sur laquelle 
il me paraît inutile d'insister. Elle est d'ailleurs parfaitement 
invraisemblable. Morgan Tut serait pour Margetiud, forme 
vieille-galloise de Mareduâ, nom gallois bien connu. 

Persuadé que Tut devait avoir un correspondant irlandais 
capable de nous éclairer sur le vrai sens de ce mot, je l'ai 
cherché dans la littérature de l'ancienne Irlande. Mes re- 
cherches ont abouti : tut a pour équivalent exact tûatb. Tt'tath 
a non seulement le sens de à gauche, nord, mais encore celui 
de magique, magicien : Revue Celtique, XII, p. 113 (The second 
baltle of Moytura) : ban-tùath 1 18, sorcière, magicienne (cf. 
Index, p. 300) ; ibid., 30, tûathach, magicienne. Rennes Dinshen- 
chas (Revue Celt., 1895) 10 -.tûathach; Revue Celt., 1894, 
p. 310 : 18 : Bé cuille na ban-tûaithib (faisant partie des 
magiciennes); ibid., p. 332 : 30, la Nâir tuailhig, avec Nar le 
magicien. 

J'y ajoute ces formes données par Kuno Meyer dans ses 
Contributions to lrish Lexicographie : ban-tùathach (Revue Celt. 
XIII, cité par moi plus haut); ban-tûathaib BB z ; 264 a 7. 
SG 3 . 332. 9; ban-tùathach LL 4 . 9 b 27 ; 39 ; 137 a 19 ; 11 a 



1. Ban femme, sert à donner au composé la valeur féminine. 

2. Le Livre de Bàllymote. 

3. O'Gradv, Silva Gadelica. 

4. Le Livre de Leinster. 



Romans de la Table ronde. 255 

41 (à divers cas et nombres). Les vies des saints du Livre de Lis- 
more (Whitley Stokes, The Lires of the saints) nous donnent 
le terme très intéressant de tûaith-cherd, l'art magique (p. 402, 
2975 ; cf. tûaith-cbleas P. O. C). 

Il est donc sûr que Morgan Tut signifie Morgan le magicien, 
le Fé, et même vraisemblablement, comme on va voir, ce qui 
est dans son rôle, le bon magicien. 

Le sens étant assuré, je me suis demandé comment tûath, à 
gauche, nord 1 , pourrait avoir le sens de magicien. Whitley 
Stokes (Lives of the saints..., p. -^02) fait remarquer que tûath 
dans les composés a le sens de sinistrous, awkward. Cela est 
vrai pour certains passages et certains composés, comme 
tiïaith-chleas, cités plus haut (au awkward pranh or trick) ; 
mais il semble bien avoir un sens plus large et il y a des cas 
où sûrement il n'a nullement le sens péjoratif. Mon collègue 
M. Vendryès, le savant et dévoué secrétaire de la Revue 
Celtique, se trouvait tout justement, dans un de ses cours 
de la Sorbonne, avoir étudié le rapprochement de tûath avec 
le gothique fouft, bon ; tûath et j>iuf>, comme l'avait déjà signalé 
Strachan, Indogerm. Forschg., II, 370, remontent clairement 
tous les deux à un indo-européen *teuto-. Ce qui restait à 
expliquer, c'est l'opposition apparente de sens entre l'irlan- 
dais et le gotique. Il en a trouvé une explication aussi 
ingénieuse que solide. Je donne ici la note qu'il a bien voulu 
me communiquer à ce sujet. 

« L'irlandais tûath « gauche » a été depuis longtemps rap- 
proché du gotique j>iuj> n. à-;aOiv (unftiuf xoxôv, fin feins 
&Y<zO(i>ffwn] etc.), v. isl. $>ydr « tendre, amical » (ftyda « amitié» 
etc.), v. angl. ge-fiede « bon, vertueux ». C'est le sens de 
« bon «qui doit être ancien. 

« Un grand nombre de langues ont en effet désigné la 
gauche par des mots de bon augure, éveillant une idée favo- 
rable : 

sanskrit vamah, de vàmàh « aimable, cher » avec une oppo- 
sition d'accent caractéristique; 

1 . Les Celtes s'orientant la face au soleil, le nord était à gauche : cf. gal- 
lois gogledd, à gauche, nord. 



2)6 /. Lot h. 

sanskrit savyâh, zend baoya, v. slave suj/t, cf. sanskrit su 
v bien »; 

zend vâiryastara-, cf. skr. vârïyas- « meilleur » ; 

grec àpi(JT£pâçj cf. apiotoç « le meilleur » ; 

grec £j(.')vu;j.;ç, « (bien nommé), de bon augure »; 

latin sinister, cf. skr. sâniyas- « plus profitable » ; 

v. h. a. winistar, v. isl. vinstri, cf. v. h. a. w/m « ami ». 

« Cela ne veut pas dire que la gauche soit le côté favorable; 
cela veut même dire le contraire. Il est manifeste qu'en grec 
le nom de la gauche, sùwvj;;.;;, doit son origine à une anti- 
phrase, comme le nom des Euménides ou du Pont-Euxin. Le 
vocabulaire des langues indo-européennes présente une diffé- 
rence frappante entre les mots pour « droit » et pour 
« gauche ». Tandis que pour la droite on possède un mot 
indo-européen bien attesté, maintenu sans changement ou avec 
simple alternance de suffixes (*deks-io-, *deks-ivo-,*deks-itero-) 
dans toutes les langues de la famille, il n'y a pas au contraire 
de mot indo-européen pour « gauche ». L'idée de « gauche» 
est exprimée par des mots variés, qui s'étendent rarement à 
plus de deux ou trois langues, qui souvent se dénoncent 
comme des mots récents et qui sont même parfois exposés à 
être éliminés au profit de nouveaux mots. Cela justifie l'hypo- 
thèse que la gauche était le côté qu'il ne fallait pas nommer; 
on a dû pour la désigner recourir à des synonymes, à des 
équivalents, ou plus souvent encore, afin d'écarter tout mau- 
vais présage, à des antiphrases (cf. Meillet, Quelques hypothèses 
sur des interdictions de vocabulaire, p. 18). 

« En grec, où le côté gauche est de mauvais augure, les deux 
mots anciens cry.aii; et Xa'.iç ne sont maintenus qu'en poésie ; 
ils ont été remplacés dans le langage courant par àpis-zpôq et 
sùwvujjioç, dont la valeur antiphrastique est évidente. En latin, 
deux traditions se juxtaposent : la tradition indo-européenne, 
où la gauche est « sinistre » (cf. cliuium [auspiciuui], irl. clé, 
gall. cleddet gogledd), et la tradition étrusque, qui considérait 
la gauche comme de bon augure (cf. Pottier, Mélanges Bois- 
sier, p. 405). Rien ne vient justifier l'idée que la gauche serait 
favorable en celtique. Le « tour à droite » (dessel) est en 



Romans de la Table ronde. 257 

irlandais un moyen d'éviter les mauvais présages (v. L. U. 55 
a 34); lorsque Cuchullin en fureur tourne son char du côté 
gauche, l'auteur du récit fait remarquer que c'était violer une 
interdiction (gess, L. U. 63 a 25); pour adorer leurs dieux, 
les Gaulois se tournaient à droite (Athénée, IV, 151). 

« On peut donc croire à l'existence d'un celtique *teuto- 
« bon », équivalent au gothique f>iuf> (de *teuto-n) s qui aurait 
été utilisé par antiphrase pour désigner la gauche. C'est ce 
*leido- qui figure dans l'irlandais tùathach « sorcier » et dans le 
gallois Tut. » 

Ce sens de tut ne se trouve plus nulle part en gallois avec 
certitude '. Il est donc probable qu'au xn e siècle, il n'était 
plus guère usité. En tout cas, dans Morgan tut, son sens précis 
ne saurait être mis en doute. 

Il s'ensuit avec évidence que la faute est à la charge de 
l'auteur français et que mon explication de l'origine de cette 
légère erreur de genre est la bonne : « Chrétien aura trouvé 
dans « sa source anglo-normande Morgain le Fe ou le Fed et 
aura tout naturellement lu Morgain la Fée ou la Fede : fée, dit 
Littré, (Je), est masculin en normand. » 

Je crois inutile de souligner la grande importance de ce 
fait : il est évident que Chrétien avait sous les yeux une œuvre 
française insulaire qu'il a remaniée et à laquelle a également 
puisé l'auteur gallois. Cette source française pour le fond 
remontait elle-même à une source galloise. 

Le sens de bon magicien, médecin même pour Tut dans Mor- 
gan Tut, est assuré d'une façon vraiment saisissante par une 
épithète donné dans deux inscriptions latines à Y Apollon gau- 
lois qui, d'après César (de Bello Gall. VI, 17, 2) était le dieu 

1 . Livre noir de Carmarthen (F. a. B. II, p. 53,3) Pan gagitueircb tud : il 
s'agit de Kei et on ne peut qu'être frappé que dans le même poème il est dit 
avoir tué neuf sorcières (52, 323) ; dans ce passage même il va combattre 
le Cath Paluc (Chat Palu). — Livre de Taliessin 1 52, 9 : gogvfarcb veird tut : 
tut peut signifier ici pays, mais le sens est banal et peu satisfaisant. — Dans 
le Livre Noir, 8, 3, on aurait peut-être un sens approchant de magique, si 
l'on lisait tud au lieu de dud : y Xvtry teint tud : en quittant les harpes 
magiques {\—di). 



258 /. Lolh. 

médecin (Apollinem morbos depellere) : CIL, XII, 2525 : Apol- 
l(ini) Viroiuti T. Rutil(ius) Buricus — CIL, XIII, 3185 : 
[Apol(liui) [Vir]otuti... (apud Holder, AU. celt. spré). La 
seconde inscription a été trouvée à Jublains, Mayenne (et 
non Maine-et-Loire, comme le dit Holder) ; la première, à 
Les Fias d'Annecy, dép. de la Haute-Savoie, et tout justement 
près d'une source à vertu curative. V'iro iuli (datif) doit être pour 
viro-touti; cf. le nom de femme Viro-tautac {CIL, XII, 3802). 
Si Viro- représente viro-s, homme, viro-iuii a le sens de celui 
qui guérit les hommes ; peut-être, ici viro- est-il viro-, vrai : le 
vrai médecin. Tu ti- est sûrement à rapprocher de notre touto-, 
tut. Le rapprochement de tûalb, fiufc avec le latin tût us, 
tfttari, tueor est aujourd'hui admis (Walde, Lût. étym, JVort., 
2 e édition, p. 797) r . 

VI 

LE CORN WALL ET LE ROMAN DE TRISTAN. 

Après des années de patientes investigations sur la matière 
de Bretagne, dans lesquelles d'éminents critiques ont fait 
preuve d'autant d'imagination, parfois même de passion que 
de science, le seul point sur lequel on soit à peu près d'acord, 
c'est que les romans arthuriens et les lais dits bretons, 
sont, pour le fond, d'origine celtique. On est divisé sur tout 
le reste. Quelle part ont prise les écrivains de langue fran- 
çaise à l'élaboration de le matière de Bretagne ; où et par 
qui l'ont-ils connue : est-ce par des rapports directs avec les 
Celtes ou par l'intermédiaire des Anglo-saxons ; quelle est la 
part, dans ces rapports, des Gallois, des Bretons du Cornwall et 
ceux d'Armorique ? autant de questions qui ont reçu les 
les solutions les plus diverses. 

Je ne m'occupe ici que du seul roman de Tristan et Iseut tel 
que nous Font fait connaître Béroul et Thomas au XII e siècle. 
Il importe d'ailleurs de distinguer entre les genres et les 
sujets ; la solution du problème peut être différente suivant 

1. John Rhvs a traduit viro-tuti(s) par man-heding or man-protecting. 



Romans de la Table ronde. 259 

qu'il s'agit de lais ou de romans ; d'Yvain, de Perceval ou 
d'Erec et Enide. Il est non moins essentiel de préciser quel 
stade de la légende on a en vue; c'est particulièrement impor- 
tant pour Tristan. 

Un point capital parait à peu près acquis dès maintenant : 
c'est qu'il faut renoncer à voir dans Tristan un tissu de lais 
indépendants dont des écrivains français seraient arrivés à 
faire une composition ayant pour centre et unité l'amour 
invincible de Tristan et Iseut. 

Le Tristan de Béroul, celui de Thomas, tels que nous les 
connaissons par les fragments qui nous en restentet les œuvres 
de leurs imitateurs, Eilhart d'Oberg, Gottfried de Strasbourg, 
l'auteur de sir Tristrem, et celui de la Folie Tristan, ont été 
précédés par un ou plusieurs Tristan plus primitifs, Tristan 
dont tous les traits ne nous sont pas connus et qu'ils ont plus 
ou moins fidèlement suivis. M. Bédier croit à un archétype 
unique et a soutenu cette thèse avec autant de science que de 
talent. Longtemps rebelle à l'idée d'un archétype, Gaston 
Paris, à la fin de sa vie, avait fini par l'adopter. Commissaire 
responsable des éditions de Béroul et de Thomas qu'avaient 
entreprises MM. Muret et Bédier, il avait repris l'examen du 
problème dans des conditions nouvelles, avec une conscience 
et une ardeur dont témoignent les nombreuses notes dont il 
avait couvert le manuscrit de l'édition qu'à publiée M. Bédier '. 

L'éditeur du Tristan de Béroul, M. Muret, a voulu recon- 
naître tout ce que son œuvre doit à Gaston Paris, qui en avait 
collationné les épreuves sur le manuscrit, en la dédiant à sa 
mémoire. 

L'archétype 2 , sur lequel reposeraient tous les poèmes fran- 
çais sur Tristan, d'après Gaston Paris {Journal des Savants, 
juin 1902), serait un poème anglais perdu, peut-être incom- 
plet (Jb. nov. 1901, p. 702). Les raisons sur lesquelles il 
s'appuyait ont été discutées par M. Bédier, dans son édition 

1. Le Roman de Tristan, II, pp. 314-315. 

2. Je ne crois pas à un archétype unique d'où découleraient les romans 
connus en question, mais, ce qui est sûr, et sur ce point M. Bédier a plei- 
nement raison, il faut renoncer à la théorie des lais indépendants réunis et 
fondus en un roman par les Français . 



2éo /. Loth. 

de Tristan (II, p. 314-317). M. Bédier qui a consacré la plus 
grande partie du tome II de son édition à établir l'existence 
d'un archétype et à en retrouver le canevas, ne se prononce pas, 
en terminant, sur le point de savoir si le poème primitif était 
anglais, anglo-normand ' ou français. Il a été plus affirmatif 
quelques pages plus haut (p. 128-129). D'après lui, ce serait 
le contact des jongleurs armoricains avec leurs congénères gal- 
lois après la conquête de l'Angleterre, qui nous aurait donné la 
légende de Tristan, mais pour le roman, le drame moral qui 
en fait l'essence et l'unité ne pouvait être l'œuvre des Celtes. 
Je crois avoir suffisamment réfuté cette théorie pour n'avoir 
pas à 3" revenir 2 . Quant au rôle des Armoricains, j'aurai occa- 
sion d'en dire quelques mots plus bas. 

Béroul (je ne distingue pas ici entre lui et son continua- 
teur) semblerait avoir vu par lui-même certains paysages 
du Cornwall; mais je crois comme M. Muret que ce qui 
indiquerait chez lui quelque familiarité avec les choses et les 
hommes d'Outre-Manche, est dû à ses sources. Dans ses 



1. II, p. 315-317- 

2. Les Sit~u>igsberichte der Kôn. preuss. Ahademie der TViss. (191 1, p. 174- 
227), contiennent un article posthume de H. Zimmer, revu par Kuno Meyer : 
Der Kulturgeschichtliche Hintergrund der alten irischen Heldeusage. C'est, 
en somme, un développement de son article (Zeitscbrift der Savigny-Stif- 
tung, XV, 209) : Das Mutterrecht der Pikten und seine Bedeutung fur die 
irische Altertumswissenschaft. Le dévergondage des femmes d'Irlande pro- 
viendrait de ce que les Celtes, en Irlande, ont succédé à des populations qui 
pratiquaient le Mutterrecht. Il en avait conclu aussi que les Pietés n'étaient 
pas de souche indo-européenne. Whitley Stokes, fort versé dans les ques- 
tions de droit historique, vovait dans ces conclusions une preuve d'igno- 
rance de l'histoire dit droit (sur les noms matronymiques en irlandais, v. 
Whitley Stokes, Érin, IV, p. 18; cf. pour d'autres pays, Ridgewav, Pro- 
ceedings of the british Academy, III, pp. 16-30. Il y a des restes de mutterrecht 
chez la plupart des peuples indo-européens, notamment chez les Grecs. 
Le Mutterrecht (filiation par la mère) n'est pas du tout ce que pense Zim- 
mer. Il est parfaitement compatible d'un côté avec la puissance paternelle, 
de l'autre avec une remarquable pureté de mœurs chez la femme (sur 
l'origine et les effets du mutterrecht, voir l'excellent livre de von Dargun, 
Mutterrecht und Vaterrecht, notamment p. 42, 44 et suiv.). Il est clair que 
Zimmer ne connaît pas la question. Quant aux faits de dévergondage qu'il 
cite, ils ne prouvent pas plus contre les mœurs des Celtes que la con- 
duite des personnages de l'Olympe contre les mœurs des anciens Grecs. 



Romans de la Table ronde. 261 

sources il y a des traits précis de la géographie du Cornwall ; 
en revanche, les bévues qu'il commet démontrent qu'il n'a 
lui-même que de fort vagues idées sur ce pays. 

Sa source principale est évidemment insulaire. Gaston Paris 
était près de la vérité en plaçant entre les légendes des Bre- 
tons insulaires et les romans français un archétype anglais. 
M. Bcdier, de même, quand il a montré que le roman de 
Tristan, tel qu'il nous est parvenu, supposait la connaissance 
de trois langues, le celtique (le brittonique), l'anglais et le fran- 
çais. Il a eu le tort, égaré par un guide des moins sûrs, 
H. Zimmer, défaire honneur de ce trilinguisme dans l'élabo- 
ration du roman, aux jongleurs armoricains. Ils y ont eu un 
rôle, mais non celui qu'il leur attribue. 

Il est impossible de chercher au roman de Tristan une 
autre patrie que l'Angleterre. En l'étudiant, on a en effet 
nettement l'impression que Celtes, Anglais et Français y ont 
collaboré, à tel point que son berceau idéal serait un pays 
trilingue, où celtique, anglais, français, fussent couramment 
parlés. Ce pays existe : c'est le Cornwall. 

On a longuement discuté sur le rôle des Gallois et des 
Armoricains dans la transmission des légendes celtiques ; il 
n'est jamais question que d'eux ; ce serait à croire que les Bre- 
tons du Cornwall n'ont pas existé. C'est d'autant plus 
étrange, que le Cornwall joue un rôle important, prépondé- 
rant presque, dans la légende d'Arthur, chez Gaufrei de Mon- 
mouth lui-même. Gorlois est un Cornouaillais. La forteresse 
où il enferme Igern pour la défendre contre les entreprises 
d'Uter Pendragon, Tintagel, est bien connue : Tintagel est 
une paroisse actuelle du Cornwall. Le Castelliim de Dimelioc 
où se réfugie Gorlois lui-même, porte encore ce nom. Je 
le retrouve en Saint-Dennis dans la hundred de Poudre; 
c'est un manoir figurant dans le Domesday Book. Le bras 
droit d'Uter Pendragon est Ulfin de Richaradoc. Or, Ricara- 
doc pour Rit-Caradoc, le gué de Caradoc, figure également 
comme manoir, dans le Domesday Book : c'est sûrement' 
Rescraddeck actuellement en Saint-Cleer '. Son ami de Tintagel 

1. En 1201-2202, Ricaradoc ; 1194 Riscaradoc ; 1786-87 Rescaradoc. 
(Assize Rolls 109). La forme Roscradoe, qu'on trouve parfois actuellement 



262 /. Loth. 

s'appelle Jordan. Ce nom est également connu en Cornwall 
au xii c siècle : Jordan figure avec Hoel parmi les propriétaires 
du pays vers 1 15 5-1 1 66 l . Le nom du neveu d'Arthur, le traître 
Modrct, ne peut être gallois : il est comique de forme. 
C'était un nom répandu au XII e siècle en Cornwall : un Robert 
Modret figure dans un document de la fin du xn e siècle (/. D. 
Hardy, Roîitli çhartarum, 1, part. 1838, p. 83). Ce nom entre 
dans la composition de plusieurs noms de lieu : Tre-Moderet % 
Rosmodres 3 pour Modrct). 

Une des demeures favorites d'Arthur, d'après divers textes 
gallois, était Kelliwic en Cernyw (Cornwall). C'est à peu 
près sûrement Giueek wood, en S 1 Martin's dans la péninsule 
de Meneage ou du cap Lizard : wood est la traduction exacte 
du gallois comique et breton Kelli, bois. Sur le haut de Gweek 
wood (Kelli-wic) il y a encore des traces d'un ancien établis- 
sement ; à un mille et demi, est The Gear, la forteresse appe- 
lée aussi Caer bridge, une des enceintes fortifiées les plus con- 
sidérables du Cornwall. Il y en a une autre moins importante 
dans le voisinage à Carvallack : les trois forts sont en vue 
l'un de l'autre 4 . 

Le fatale Castrum de la prophétie de Merlin d'après Jean 
de Cornwall 5 qui écrivait au xiv e siècle, s'appelle, dit-il, en 
anglais Ashbiri, en breton, Kair belli et suivant d'autres Caslel 
ucbel coed (le château du bois élevé). J'ai fini par retrouver 
Ashbiri dans Ashbury en Weeck-S te -Mary, paroissse du nord- 



est fautive et refaite d'après l'analogie : Res, Ros . Les prétoniques sont très 
atteintes en comique. Pour rit donnant res, il faut savoir que / et</ à la fin 
d'un mot sont toujours assibilés en comique. 

1. Journal of the Roy. Inst. of Cornwall 1890-1861, p. 165 : Principal 
Landowners en Cornwall. 

2. En Duloe, Roche. 

3. En Buryan(Ci!/iï/. of anc. deeds 1. a 232). 

4. A Complète parochial history of Cornwall, Lakes, Turo 1867 (4 vol.) : 
voir à S 1 Martin s in Meneage, tome III, p. 274. Il est possible que ivood 
ne soit pas très ancien. Le camp est en effet situé dans un bois aujourd'hui 
encore. Dans ce cas, l'identification serait douteuse. Il y a beaucoup de 
gweek en Cornwall, notamment, Week 5 te Marx, paroisse non loin de 
Timtagel (v. plus bas Ashbiri). 

5 . Whitley Stokes, Cornica (Revue Celtique, III, p. 84). 



Rom a us de la Table ronde. 263 

ouest du Cornwal : le nom comique a disparu au profit de 
l'anglais comme bien d'autres. Il existe cà Ashbury un des plus 
grands british camps ou ouvrages en terre du Cornwall ' . 

Chaque fois qu'on rencontre dans nos romans français 
Carlion, ou Carbon, on pense à Caer-llion sur Wysc dans le 
pays de Galles. Or il existe plusieurs Carlyon en Cornwall. Il 
y en a un dans la paroisse de Kea, où nous allons retrouver un 
autre nom d'un intérêt capital pour la légende de Tristan. On 
trouve Carlyon sous la forme Caer-leghicm, en 1286-87 (Will. 
le Daungers, junior de Caerleghion). Il y a un autre Carlion 
en Sain t-Min ver. 

On a vainement cherché le nom de Loholt, ce fils d'Arthur 
qui apparaît dans Perlesvaux et est traîtreusement occis par 
Keu : c'est le nom d'un tenancier de terres en Cornwall au 
XII e siècle 2 . 

Pour comprendre le rôle du Cornwall, il faut bien con- 
naître sa situation au xn e siècle. Elle est très différente de 
celle du pays de Galles et de l'Armorique. En Galles, le con- 
tact avec les Français (j'emploie ce terme plutôt que celui de 
Normands, parce que c'est le seul connu des Gallois,. et aussi, en 
somme, le plus exact) a commencé dès la fin du xn e siècle. Les 
Lord-marchers établis sur les confins du pays y commencèrent 
de bonne heure des établissements, notamment en Glamorgan. 
En Pembroke il faut compter avec les Flamands et les Anglais. 
Néanmoins, au xii e siècle, le pays de Galles a une existence, 
une langue et une littérature nationales. Les mariages sont 
fréquents entre l'aristocratie indigène et l'aristocratie étrangère; 
les deux peuples sont sur un pied d'égalité. On ne peut pas 
dire que le français ait été parlé couramment à cette époque en 
Galles. Il y avait, en Powys, sur la frontière, avant la conquête, 
des gens de langue saxonne, combattant même sous les éten- 
dards des chefs du pays. Mais en somme, à l'époque de la con- 

1. A Complète parochial history of Connuaîl, IV, p. 308. 

2. Principal Landowners in Cornwall in 1165-66 — Cornish Landholders in 
Cornwall circa 1200 (Journal of the Royal Inst. of Cornwall 1890-1891), Le 
nom de Bleri dont Thomas invoque l'autorité se retrouve dans Tre-Bleri en 
Davidstow non loin de Tintagel. — Il ne faut pas perdre de vue que boit 
signifie bois en anglo-saxon. 



264 /. Lotb. 

quête normande, l'anglais était en Galles une langue étrangère. 

Il ne saurait naturellement être question d'anglais en Armo- 
rique. Les Bretons jouissent d'une autonomie complète. Le 
français n'avait jamais cessé d'être la langue des pays rennais 
et nantais de l'intérieur ; les deux langues bretonne et romane 
avaient continué à être parlées dans une large. zone, dans 
l'est du territoire occupé par les Bretons. Pour des raisons que 
j'ai données ailleurs, dans cette zone, le français tendait 
à dominer. Au xn e siècle, le français était la langue des souve- 
rains et d'une bonne partie de l'aristocratie. La culture fran- 
çaise prenait le dessus. Le français était sans doute connu de la 
plupart des chefs bretons qui passèrent en Angleterre avec 
Guillaume le Conquérant, et aussi de leurs soldats. Un bon 
nombre étaient de la zone de langue française. 

Il faut être vraiment bien peu au courant des choses de 
Bretagne et ignorer les points fondamentaux de son histoire 
pour aller chercher, comme l'a fait Zimmer, une explication 
de ce fait dans une prétendue conquête des Normands de 
Neustrie amenant la francisation d'une partie des Bretons : 
le français était aussi bien chez lui, dans une partie notable de 
la Bretagne, qu'en Normandie 1 . Quant aux jongleurs bretons, 
ils suivirent sans doute leurs maîtres outre-Manche. Nul 
doute ausssi qu'ils n'aient fréquenté les châteaux d'autres pro- 
vinces françaises, Normandie, Anjou, Champagne. 

Tout autre est l'état des choses en Cornwall. 

Le Cornwall ne formait qu'un tout avec le Devon, jusqu'au 
commencement du vm e siècle. Dans les premières années 
de ce siècle, le Devon fut occupé par les rois de Wessex. Les 
progrès de la langue anglaise paraissent y avoir été rapides. 
Dans une charte de 739 concernant un don en terres du roi 
Aethelward à l'évêque Fortcherne, en Devon, les noms de 
terres et de champs sont saxons (de Gray Birch, Chart. 
saxon., IV, n° 1331). Au ix e siècle l'élément saxon y joue 
un rôle prépondérant. Cependant, dans une charte de 938 



1 . Sur les deux langues bretonne et française en Armorique je ne peux 
que renvoyer à mon étude : Les langues romane et bretonne en Armorique 
(Revue Celtique XXVIII, 374). 



Romans de la Table ronde. 265 

(ibid.y n° 724) parmi les noms de terres autour de Culmstock 
en Devon, deux sont encore incontestablement bretons. Il résul- 
rait même du testament d'Alfred le Grand (880-885) °l ue 
les quatre comtés du sud-ouest, Dorset, Somerset, Devon et 
Cornwall, étaient encore considérés comme étant de Weal- 
cyn, c'est-à-dire faisant partie de la famille bretonne (Earle, 
Handbook to Land-charters, p. 144). Quoi qu'il en soit, le 
Cornwall se trouve isolé au VIII e siècle. Il est entamé au ix e , 
car Alfred le Grand possède des terres en Cornwall, notam- 
ment dans le pays qu'il appelle Tricônscire qui a formé la hun- 
dred de Trigg (pour Triger) et comprenait sans doute aussi 
celle de Stratton. La conquête est complète et définitive 
au x e siècle sous Aethelstan (Aethelstan est à Exeter en 926). 
Les propriétaires de terres sont évincés ou saxonisés . Rien 
ne marque mieux les progrès de l'élément saxon qu'une charte 
de 938 en faveur de Saint-Petroc de Bodmin : les noms de 
terres de Nywanton (Newton en Cornwall) sont anglais. Les 
vassaux d'origine bretonne des rois de Wessex, soumis au 
nouvel ordre de choses, prennent des noms saxons. Le béné- 
ficiaire d'un don de terres du roi Eadgar en 967 (de Gray- 
Birch, Chart., n° 1 197) s'appelle WuJfnod Rumuncant (pour 
Rumanton?): Wulfnod seul est saxon. Un autre fidèle du 
même roi, auquel il octroie des terres en Cornwall, en 969 
(Jbid., n° 123 1), porte le nom de Aelfheah Gèrent et sa femme 
celui de Moruurei : rien de plus comique que Gèrent et Moruu- 
rei, et de plus saxon qu'Aelfheah. Des esclaves, en revanche, 
portent des noms saxons aux x e et xi e siècles l . L'état des per- 
sonnes et des terres, à la fin du xi e siècle, est mis en pleine 
lumière par le Domesday Book. Tous les propriétaires de 
terres avant la conquête, moins trois, Caduualant, Blethu, 
et Griffin, sont des Saxons. Beaucoup de manors ont des 
noms anglais : 

Aissetone, Alvevacote, Akuaretone, Beivintone, Bichetone, Belles- 
done, Bennarton , Betneecote, Beveshoc, Boictone, Brecelesbeorge, 

1. Charte de Byrhtricen 970 (de Gray-Birch, Chart., n° 1250) : il libère 
Ribrost (comique) et Hivite (saxon). De même pour quelques-uns des 
libérés des Matiitiuissions on the Bodmin Gospel (Revue Celt.,I, p. 332). 



266 /. Lolh. 

Brodeboc, Cahuelone, Cametonc, Chiîchetone, Clismcslonc, Conar- 
ditone, Croftededor, Diuibevet, Fawntone, Forchetestone, Glustone, 
Cudiford, Helstone, Henlistone, Hiltoue, Horniecotc, Langui- 
tetone, Lanscaveton, Lisncstocb, Macretone, Maronecircljc, 
M id cl loue, Mort une, Neotcstov, Niwetone, Nortonc, Or col, 
Otreham, Paulone, Pedclcford, Pigcrdonc, Pilelone, Pochcbcllc, 
Pondcstocb, Rieltone, Risleston, Stralton, Taveslocb, Tedintone, 
Telbrig, Tremetoti, Ulhweshvi, Ulnodeston, Wadefcste, Walcs- 
brau, Wescote, Widewot, Wilewrde, Wltcmot, Witestan. Il y 
en a environ soixante. Quelques-uns de ces manoirs se 
trouvent à l'extrémité même du Cornwall. Au moment de la 
conquête, quoique le peuple continuât à parler comique, 
l'anglais était répandu un peu partout. C'était de plus la 
langue officielle \ 

La conquête normande introduisit en Devon et en Corn- 
wall, comme ailleurs, un bon nombre de Français, seigneurs, 
vassaux et soldats. Ce qui est particulièrement important 
pour notre sujet, c'est que parmi eux on compte une fraction 
importante de Bretons. Les Bretons avaient pris une part très 
active à la conquête et en avaient recueilli aussi les traits. 
Raoul de Gaël (ou Wadcï) avait reçu à lui seul le royaume 
d'Est-Anglie. Brient et Alain le Roux, fils d'Eudon de 
Penthièvre, de la maison ducale de Bretagne, obtiennent des 
terres considérables : Alain le Roux devient comte de Riche- 
mont ; Brient qui commandait les troupes dans la bataille 
contre les fils de Harold, devait être, avec le comte de Mortain, 
le personnage le plus important du Cornwall. Son neveu, 
Alain le Noir 2 , qui avait épousé Berthe, fille du duc Conan III 



i . La conquête définitive du Cornwall paraît avoir amené rapidement 
la décadence du bardisme. Dans le Vocabulaire comique du commencement 
du xiii c siècle qui copie un manuscrit du xn e , barth (baril) est glosé par 
mimus vel scurra. Chez les Gallois indépendants à cette époque le ba'rJisme 
était très honoré ; les bardes occupaient un rang officiel et appartenaient à 
l'aristocratie. 

2. Alain le Noir était le deuxième fils d'Etienne I er , comte de Penthièvre 
et héritier légitime du comté de Richemont, fondé par Alain le Roux, fils 
d'Eudon le Vieux de la maison de Penthièvre, branche de la famille ducale 
de Bretagne. Alain le Roux avait eu un commandement important dans l'ar- 



Romans de la Table ronde. 267 

et devait, s'il avait vécu, devenir duc de Bretagne, dans une 
charte de 1 145 , fait donation de terres qu'il dit tenir de son 
oncle Brient et se donne le titre de eûmes Brilanuiac, Cornubiae 
et Richemontis (Oliver, Monasticon, p. 32). D'autres Bretons 
sont propriétaires en Cornwall ; par exemple, Jovinus, Wi- 
huinar, Bîohiu (mal lu Blohhi), Juthael de Totenes. La famille 
de Dinan ne figure pas dans le Domesday-Book pour le Corn- 
wall, quoique des Dinan aient pris part à la conquête 1 . Au 
xn c siècle les Car-dinan sont des personnages considérables 
dans le pays. Suivant Oliver {Monasticon), p. 339, le prieuré de 
Tywardreath aurait été fondé par un membre de cette famille, 
qui, il est vrai, devait être Normand. Il semble que les Dinan 
descendants de la famille bretonne de ce nom ne soient entrés 
en possession de Cardinan et des biens de cette famille que 
par alliance et un peu plus tard. En Devon, on relève les 
noms de Raoul de Fougères, Alvred le Breton, Wihucnec z , 
Hervé de Helion, Ruald, grand propriétaire, et surtout Iuthael 
de Totenes, le plus riche propriétaire du Devon. Ce n'est 
pas sans doute par un pur hasard que Marie de France fait 
aborder le héros armoricain Eliduc qui va chercher aventure 
en Angleterre, à Totenes même : il va de là se mettre au 
service du roi d'Excestre (Exeter). Dans des chartes de la 



mée de Guillaume à Hastings. Il est continuellement confondu par les his- 
toriens anglais, même par Freeman, qui paraît médiocrement au courant 
des choses de Bretagne, avec Alain Fergent, duc de Bretagne, qui fit la 
guerre à Guillaume le Conquérant en personne, après la conquête, le força 
à lever précipitamment le siège de Dol, et ensuite épousa une de ses filles. 

1. Geoffrov de Dinan, en 1122, donne deux manoirs, Nothoella et Hel- 
pefort, en Devon, à Marmoutier (Calendars oj Documents, France I, p. 427). 
La même année, Alain fils de Flaald, donne des terres en Angleterre, à 
Saint-Florent (ibid., p. 414). En 1080-1108, Guillaume fils de Rivallon de 
Dol a des démêlés au sujet de terres sises en Angleterre (ibid., p. 405). 
En 11 50 un accord est signalé entre Geoffroy, archevêque de Dol, et Alan 
fils de Jordan, qui doit être le propriétaire du Devon, vir strenttus et illustris 
(ibid., p. 440). 

2. Je ne sais si ce Wihenucc est le même que Wihenoc dit de Monetnuda 
(Monmouth) qui, à l'époque de la conquête (vers 1086) fait don de terres 
en Angleterre, et aussi dans la région de Dol, à Labot^ac (La Boussac) 
dons approuvés parGuillaume le Conquérant (Calendars of Docum. France 
I, p. 40.4, 406, 408). 



268 /. Loth. 

seconde moitié du XII e sièele apparaissent Alan fils de Bloihiou 
un Gralant (en 1166), un Graciant (121 1), de la même 
famille, un Hoel, lui aussi descendant de Bretons. 

Les Bretons de lepoque de la conquête étaient, en partie, 
Bretons de langue et n'avaient aucune peine à comprendre les 
Cornouaillais et à se faire entendre d'eux. Les rapports depuis 
l'émigration ont toujours été fréquents entre l'Armorique et 
le Cornwall. 11 y en a des preuves au vi e siècle. Il y en a au 
xvi e : au début de ce siècle, le 6 e de la population mâle de la 
hundred de Penwith, susceptible de payer l'impôt, était com- 
posée de Bretons nés en Armorique. Il n'est guère douteux, 
que les Bretons de marque établis après la conquête en Corn- 
wall et en Devon, à plus forte raison leurs descendants, n'aient 
su le français r . 

Il y eut bientôt des Bretons dans le Clergé du Cornwall. En 
1 177 un chanoine de Bodmin, un Breton du nom de Mar- 
tin, vole le corps du saint le plus vénéré du pays, saint Petroc, 
et l'emporte en Bretagne au monastère de Saint-Meven de 
Gaël. Roland de Dinan, sur l'ordre de Henri II, oblige les 
moines de Gaël à le rendre à l'abbé de Bodmin (d'après Roger 
de Hoveden, Compl. par. Hist . of Cormuall, I, p. 93). 

Le français devient naturellement en Cornwall la langue 
officielle. Mais l'anglais ne cesse d'être parlé et même, d'après 
nombre de documents du moyen âge, de continuer à faire des 
progrès 2 . En prenant possession du pays, les Français se 
trouvent en présence de Celtes dominés par une aristocratie 
anglaise et non comme en Galles, en face de Celtes restés 
indépendants, tandis que les Saxons étaient placés sous le joug. 
Les propriétaires anglais du Cornwall ne sont qu'en partie 
dépossédés. 

1. Les Bretons et les Cornishmen à l'époque de la conquête et pendant 
le moyen âge se comprenaient facilement. C'est constaté par Giraldus Cam- 
brensis. L'évêque Grandisson (Episcopal Registers of Exeter, III, p. xx) 
constate que le peuple du Cornwall parle une langue inintelligible aux 
Anglais et connue des seuls Bretons. Cf. Les Bretons en Cormuall au xvi e s. 
(Revue Celt ., 191 1, 2 e fasc), 

2. En 1297-98, il y a une contestation à propos des terres de Nansculc en 
Illogan. Les jurés déclarèrent que la propriété est appelée en anglais Lancuk 
et en comique Nansculc : Nanscuk est, eu effet, la forme sincère (Assise 
Rolls, Edw., I). 



Romans de la Table rotule. 269 

Plusieurs (au moins une quinzaine) voient leurs terres 
prises, mais en reçoivent d'autres qu'ils tiennent à titre de 
vassaux de Français. Le Cornwall devient un pays trilingue 
où les gens de marque parlent français ou anglais, probable- 
ment les deux, et le peuple, comique. Cette situation a dû se 
prolonger au moins jusqu'au xv e siècle. Elle peut se constater 
de la façon la plus précise au xiv e siècle. 

Des documents intéressants nous renseignent sur la situa- 
tion linguistique du Cornwall à cette époque. L'évêque 
d'Exeter va en personne, en 1336, recevoir la soumission des 
habitants de Saint-Burvan près Land's End, révoltés contre 
son autorité. Les notables (majores parochianî) la font in Hngua 
anglica et gallica ; ceux qui ne connaissent que le comique, la 
font en comique ; le recteur de Saint-Just leur sert d'inter- 
prète auprès de l'évêque. Les noms d'une partie (pro parte) des 
notables (treize) sont donnés : tous portent après leur nom 
de baptême un nom de terre, suivant l'usage comique, moins 
deux : Fyvxan et Le Brun. On a aussi les noms de cinq capel- 
lani : deux sont à relever : Pet rus Vicount et Thomas Perys. 
Perys, qu'on trouve ailleurs sous la forme Pères est le nom 
breton Pères (cf. Jakes de Jacques) dont on a fait un nom espa- 
gnol '. 

En 1355-56, l'excommunication est prononcée contre un 
hérétique avéré, Raoul de Tremur : il est signalé comme 
d'autant plus dangereux qu'il est plus instruit : il parle cou- 
ramment les quatre langues : latin, français, anglais et cor- 
nique (Jingua quad'iiplici, latina, gallica, anglica et cornubicaque 
et brilannica garrulus et disert us 2 ). A cette époque même, les 
progrès de l'anglais sont très sensibles. Dès 1303, dans la 
hundred de Lvsnewvth, au nord, à l'intérieur, beaucoup de 
noms et de termes communs pour la désignation des terres 
sont anglais. En Stratton, en 1428, l'anglais paraît dominer. 
Dans la Hundred de l'Est (Estwevehshire), qui touche la 



1. Episcopal registers oj Exeter : Grandissson Reg. 1, Reg. éd. Hingeston 
Randolph : II, p. 820. 

2. Ibid., p. 1579-1 580. 

Revue Celtique, XXXIII 18 



270 /. Loth. 

Tamar, au nord-est, dès 1303, l'élément anglais est très con- 
sidérable ' . 

On le voit : si le roman de Tristan est dû à la collabora- 
tion des Celtes, des Anglais et des Français ; si, comme cela 
paraît sûr, le roman primitif a été composé en Angleterre, 
il ne peut avoir eu d'autre berceau, a priori, que le Cornwall. 
En a-t-il été réellement ainsi ? 

Nous ne pouvons l'établir, en dehors de tout renseignement 
direct, que par l'étude des noms d'hommes et de lieux, par 
la géographie surtout du roman. 

La clef de cette géographie c'est le lieu de résidence du roi 
Marc : c'est le premier point et le plus important à établir. 
Aussi le nom de cette résidence chez Béroul, a-t-il, avec rai- 
son, grandement préoccupé tous les critiques qui se sont occu- 
pés de Tristan : Lancicn, en trois syllabes 2 . On ne le trouve 
que chez Béroul et dans le conte de Tristan ménestrel 3 . 

Il a ce mérite d'être isolé, de n'avoir pu être inventé ou pris 
dans la matière courante de Bretagne. Tintagel était devenu 
banal, comme l'a fait remarquer M. Bédier; on ne concevait 
pas d'autre demeure pour un roi de Cornwal. On a vainement 
cherché Lancien jusqu'ici. Or, Lancien, qui n'est aujourd'hui 
qu'un village sur la rivière de Fowey, a été le chef-lieu d'un 
très important m'anor qui paraît dans le Domesday Booh sous la 
forme Lantien et Lanlhien. Aujourd'hui, on écrit Lantien ou 
Lnntyan, et on prononce, dans le pays, Lantïn (à la française 
Lantiné) comme on prononce Lanïn pour Lanyon, Mara~în 
pour Mara~ion. Les formes du moyen-âge attestent, au con- 
traire, une prononciation Lctntsien : en 1283-84 Lan^ian 
(Assise Rolls 121 : 12 Edw. I); dans le même document 
Nauncyan (hameau de) ; plus loin, à la même époque Lant- 
yan 4 , etc. Cet important inanor a été divisé en deux de bonne 

1. Feudal aids, I, aux années 1303, 1306, 1346, 1428. 

2. Le roman de Béroul (éd. Muret) : Lancien, aux vers 1 1 5 5, 2357, 2436, 
145 1, 2392 : vers 2390 il est dit que les noces d'Iseut ont eu lieu à Lan- 
cien . 

3. Dans le Perceval de Gerbert ; le passage a été signalé à M. Bédier par 
miss Jessie Weston qui a depuis publié ce conte. 

4. Feudal Aids I, p. 198 : Lantien ; parva Lantyen ; 1346 Nauntyane; 
p. 225 Nantvant; p. 216, 1401-2 Lantien; ibid. tome III, p. 265 Joh. de 



Romans de la Table ronde. 271 

heure ; Lantien est déjà dans le Domesday Book possédé par 
deux propriétaires différents. Au moyen âge, on distingue 
entre Lantien et Parva Lantien. D'après une communication 
que je reçois du savant Vicar de Saint-Just, en Penwith, le 
Rev. Tavlor, l'homme qui connait le mieux l'histoire des 
manors du Cornwall, la Parva Lantien (1262, Nanatean, sic; 
1332 Nantean Parva; Nantyan 1522), comme situation, 
répond à Xantellan, dans la paroisse de Creed, entre Gram- 
pound et Tregonv, sur la rive gauche de la rivière Noir Lai. 
Le Rév. Tavlor, qui me donne ces détails, ajoute une remarque 
dont on comprendra l'intérêt quand on lira les lignes que 
je consacre au Saut de la Chapelle, c'est que le manoir de Parva 
Lantyen fut possédé sans interruption par la famille de 
Bodrugan, jusqu'à la fuite de Henri de Bodrigan, qui renou- 
vela vers 1485, le saut de Tristan. 

Il n'y a pas à s'étonner de la variation Lan- Kan-; elle est 
continuelle dans les noms du Cornwall 1 . Par dissimilation, 
nant-, vallon, vallon arrosé par un ruisseau, ruisseau, devenait 
Lan, qui a un tout autre sens et signifie, monastère, lieu con- 
sacre 2 . Devant certains mots à initiale consonnantique, ils 
sont souvent difficiles à distinguer. Si le Lancien était com- 
posé de nant et d'un second terme à initiale vocalique, / 
final étant assibilé, on eût régulièrement prononcé en cor- 
nique, au xn e siècle Nantsien ou Lantsien (ou Nandjien) : cf. 
aujourd'hui Nanji^el pour Nant-I^el. Il est fort possible que 
la prononciation actuelle Lantin se soit modelée sur la forme 
écrite, comme cela s'est produit en nombre de cas ; si, au con- 
traire, elle est exacte, on a affaire dans Lancien à une pronon- 
ciation française ou anglaise. C'est le cas pour Tintagel ; en 
gallois le g est dur ; au contraire, les formes écrites prouvent 
que la prononciation actuelle est très ancienne : on prononce 
Tintadpl. 



Xtintian (sous Edw. 11 1) — ■ Extenta manorum 1345 Nantyan : j'ai trouvé 
ce ms . inédit au Duchy of Cornwall Office à Londres. 

1 II y en a un frappant exemple en Galles, dans Lancarvan ancienne- 
ment Nantcarvan : il en est de même de Lantivy en Bretagne (Xant-Divy). 

2. Les Anglais Font confondu avec LanJ et les Français parfois avec 
Lande . 



2J2 /. Lolb. 

L'église où le roi Marc et Iseut vont faire leurs dévotions, 
s'appelle, dans Béroul (vers 2977), l'église Saint-Saiison. Iseut 
fait don à l'église de son garnement que Ton ne sortait qu'aux 
grandes fêtes (vers 2998) : 

Encore est clé à Sa'uit-Sanson, 
Ce aient cil gui l'ont veite. 

Or, la paroisse où se trouve Lantien s'appelle communé- 
ment Saint-Sampson's. Le nom de Golant qu'on lui donne 
aussi, s'applique plus particulièrement au hameau qui est plus 
bas que l'église actuelle. 

Saint-Sampson n'a pas toujours été paroisse ' . Jusqu'en 1 507, 
c'était une chapellenie dépendant du prieuré de Tywardreath, 
qui est dans le voisinage, fondé peu de temps après la con- 
quête. Mais le culte du saint doit y être très ancien. D'après 
la vie la plus ancienne de Saint-Sampson, le saint, en passant 
de Galles en Cornwall, séjourne d'abord dans le pagus Tricurius 
qui est le Trigersbire, aujourd'hui Trigg minor et major, au 
nord-ouest (peut-être englobait-il la hundred actuelle de Strat- 
ton). Il a dû s'embarquer pour l'Armorique sur la côte est, 
sur la rive peut-être même de Saint-Sampson, à Lantien, 
ou plus bas à Fovrey : d'après William de Worcester, qui 
écrivait à la fin du xv e siècle et Leland, au xvi e siècle (il est 
mort en 1552), c'est de Fowey au passage du Four (le 
Foorne) qu'était la traversée la plus courte du Cornwall en 
Bretagne 2 . Dans le voisinage même de Saint-Sampson, deux 
paroisses portent le nom de deux des amis de Sampson qui, 
comme lui, passèrent de Galles en Cornwall, puis de Cornwall 
en Armorique où ils sont également honorés : saint Mewen 
(Mewaii) et saint Anstol {saint Austeï). 

La géographie du Cornwall dans la principale source de 
Béroul était, comme nous allons le voir, précise. 

Il l'a parfois gâtée. Visiblement il ne connaît pas la situa- 



1. Une charte de 1281 provenant de Tywardreath mentionne : Eccle- 
sia beati Andreae de Tywardreath cuin capetta sancti Sampsonis (Compl. par. 
hist. of Cornwall, II, p. 22). 

2. Complète parochial history of Conncall, tome IV, p. 106, p. 78. 



Romans de la Table ronde. 273 

tion de Lancien qu'il confond parfois avec Tintagel. C'est ainsi 
encore qu'il met dans la bouche du roi Marc (vers 3136), ce 
serment : 

Par Sain! André que Ton vet querre 
Outre la mer jusqu'en Escoce. 

Béroul à songé à Saint-André d'Ecosse (Saint-Andrews), parce 
qu'il n'en connaissait pas en Cornwall. Or, le grand prieuré 
de Tywanlreatb dont dépendait ecclésiastiquenient Saint-Sampson 
et par conséquent Lancien était sous le vocable de Saint André. Je 
ferai remarquer, en passant, que pour aller de Cornwall 
en Ecosse, on prenait sans doute la voie de mer. Je ne crois 
pas qu'il y ait rien à tirer de ce passage en faveur de l'origine 
continentale de Béroul, que je ne mets d'ailleurs pas en doute. 

Au vers 3074, Marc jure par Saint Estiennele Martyr. Or. 
il v a au moins trois paroisses de Saint-Etienne en Cornwall, 
dont une touche Nantellan, c'est-à-dire Parva Lantien l . 

Il y a tout près de Saint-Sampson, en Tywardreath,un nom 
de lieu d'une grande importance, lorsqu'on lui restitue sa 
véritable physionomie ; c'est Kil-mnrth : Kilmarth est sans le 
moindre doute - à corriger en Kil-niarch, la retraite, le lieu de 
retraite de Match. De même, Kam-Marth, en Gwenap, au 
sud-est est pour Karn-March ; d'ailleurs, la forme Kam- 
Margb se trouve. Il n'est pas sans intérêt à ce propos de 
remarquer qu'à Karn-Margh (tertre Rocheux, caim de Mardi) 
est un grand tumulus qui fut fouillé en 1789 ; deux urnes 
de l'époque celtique y furent découvertes (Compl. par. hist. oj 
Corn., p. 142). 

1. Iseut, en faisant son serment à la Blanche Lande, jure par Saint Ylaire. 
Or, le mont Saint-Michel de Cornwall dépend de la paroisse de Saint-Hi- 
lary. 

2. 77; et ch après r, de bonne heure, se changèrent en /; et disparurent. 
Dès le xvie siècle, sinon plus tôt, ils s'écrivent l'un pour l'autre. C'est 
ainsi que le village de Saint-Just en Penwith qui s'écrit et se prononce 
aujourd'hui Carnyorth était au xiv* siècle Carn-yorch,\e tertre du chevreuil. 
Kil-march, pourrait s'interpréter la nuque du cheval, mais le voisinage immé- 
diat de Lancien rend ce sens terre à terre peu probable, ou plutôt, il peut y 
avoir eu comme dans l'épisode des oreilles un jeu de mot. — ch final dispa- 
raît également et a été remplacé dans l'écriture par //; : Rospeth pour Rospegh, 
Trembath pour Trembegh. 



274 /■ Loth. 

Resterait à trouver dans le voisinage de Lancien, File où 
eut lieu le fameux combat entre Tristan et le Morholt. Il eut lieu 
en effet, non loin de la résidence royale. Tristan se rendit en 
barque dans l'île ; elle était assez près du rivage pour que la 
foule angoissée pût suivre les péripéties de la lutte. Il n'y a 
pas d'ile, près de Lantien, dans le bras de mer de Fowey, ni 
à l'embouchure. Sur la foi de l'itinéraire de William de Wor- 
cester, j'avais pensé d'abord à l'ilot appelé Grecf : il le met à 
trois milles à l'ouest de la ville de Fowev '. Leland en parle 
aussi, mais il le place beaucoup plus au sud entre Dudeman's 
Head et Falmouth 2 . Et c'est lui qui a raison d'après la carte 
de VOrdnance Survey. En revanche, il y a, à 8 milles a vol 
d'oiseau de Lantien, une île qui répond à peu près aux don- 
nées du roman : c'est Looe I si and ou Saint-George s Island, ou 
Saint-Nicholas ou Saint MichaeTs Island. Avec l'îlot de Greef, 
c'est la seule île qui existe sur la côte est du Cornwall avant 
les îles de Scilly. Du côté de Tintagel il n'y en a pas du tout. 
L'île est un peu au sud de l'embouchure de la rivière Looe, à 
un tiers de mille ou un demi-mille de la terre ferme. Du 
rivage on pouvait facilement suivre la lutte. L'île a un demi- 
mille de circonférence et une superficie de 14 acres. Tristan 
pouvait s'y rendre en barque de Lancien même. Le nom de 
Ile Sant-Sanson paraît dans le roman en prose, la Folie Tristan, 
ms. de Berne, et dans YErec de Chrétien de Troyes \ Ailleurs, 
l'île n'a pas de nom. Il n'y a rien à arguer de ce chef contre 
Looe Island par conséquent. De plus, outre la chapelle 
actuelle, il en a existé une autre dans l'île, qui a pu être 
sous le vocable de Saint Samson. 

Il n'est pas inutile de remarquer que le bras de mer sur 
lequel se trouve Lancien est large, que la rivière charrie 
beaucoup d'alluvions. Peut-être, très anciennement, y a-t-il 
existé quelque îlot sablonneux que les flots auront rongé, et 
peu à peu fait disparaître. 

Le Saut de la chapelle ou Saut Tristan me paraît pouvoir 
être fixé, avec grande vraisemblance, à Chape] Point en 

1. A comptete par. Hisl. of Cornwall, IV, Append., p. 106. 

2. ïbid., p. 78, 88. 

3. Bédier, Le roman Je Tristan, II, p. 201. 



Romans de la Table ronde. 275 

Goran, à quelques lieues au sud de Lancien. C'est le seul 
endroit où le fameux saut ait pu avoir lieu. Tristan condamné 
au feu, passant près d'une chapelle, obtient de ses gardiens 
d'y entrer. Il ouvre une fenêtre et se précipite dehors ' . Le 
sable amortit sa chute (Muret, Tristan, vers 956). 

Tristan saut sus : Varaine ert molle; 
To^ a geno^ chiet en la glise. 

Ce saut fut renouvelé peu après 1485, par Henri de Bodru- 
gan 2 . Ce seigneur était un chaud partisan de Richard III. 
Après la bataille de Bosworth où il avait combattu pour 
lui, poursuivi sur les ordres de Henry VII, il alla se cacher 
dans son manoir de Bodrugan, en Goran. Il y dépista les pour- 
suites pendant quelques mois, mais il avait dans le pays des 
ennemis d'autant plus acharnés à sa perte qu'ils avaient été 
persécutés par lui comme partisans de Henry Tudor. Surpris 
un jour dans sa demeure, il s'enfuit par une porte dérobée ; 
serré de près dans sa fuite, il se précipita du haut de la falaise 
dans la mer, a 1 ' une hauteur de cent pieds, et tomba sans se faire de 
mal, sur une petite île herbeuse qui est au pied. Un canot 
qui l'y attendait le transporta à un navire avec lequel il gagna 
la France. L'endroit s'appelle encore Bodrigans Leap ou jumpQe 
saut de Bodrigan~). Il y avait autrefois une vieille chapelle sur 
le domaine même de Bodrugan; le promontoire qui y attient 
est encore appelé Chapel Point. Cet. endroit, d'après Leland, 
est dans le parc de Bodrugan ; la demeure de Henrv de 
Bodrugan y était aussi. Il y a à côté, sur le bord de la falaise, 
un retranchement renfermant trois tumuli; le plus grand 
s'appelle Bodrigans castle. A une petite distance du tumulus est 
le Bodrigans Leap 5 . 

Le fait qu'un canot attendait Bodrugan au pied de la falaise, 
près de l'îlot herbeux, semble prouver que dans un cas désespé- 

1 . D'après Béroul sur une large pierre au milieu du rocher ; mais les 
vers que je cite semblent indiquer qu'il bondit de la chapelle sur une roche 
dominant la falaise et de là en bas sur le sable. 

2. Ou Bodrigan. La forme ancienne est Bodrugan, mais u- devient i en 
comique ; Bodrigan est la forme moderne . 

3. Compl. par. Hist. of Corn., p. 99, 106-107. 



276 /. Loth. 

ré, les issues considérées comme possibles lui étant fermées, il était 
décidé à ce saut périlleux. Il semble bien en résulter aussi qu'il en 
connaissait les possibilités et qu'une tradition existait à ce sujet. 
Le Saut de Bodrigan aura vraisemblablement remplacé le Saut 
Tristan. Il est très frappant que Parva Lancien était une pos- 
session de la famille de Bodrugan. On peut sans trop d'imagi- 
nation supposer que le Caste! de Bodrugan était une résidence 
du roi Marc. Parva Lan tien et Goran où se trouve Chapel 
Point sont fréquemment associés dans les chartes du moyen- 
âge x . 

On n'a pas réussi jusqu'ici à trouver le Mal Pas ou Mau- 
vais Passage ni la Blanche Lande où eut lieu pour Iseut, 
l'épreuve du jugement par le fer rouge, suivant certaines ver- 
sions, l'épreuve simplement du serment sur les reliques sui- 
vant Béroul ou son continuateur. On a sans doute supposé 
que ces noms étaient dûs à l'imagination de nos conteurs. 

Les Mal Pas et les Blanche Lande ne manquent pas ; il y en 
a en France et en Angleterre. Dans la Loire-Inférieure, il y a un 
Maupas en Château-Thiebaud (canton de Vertou), la Limou- 
zinière (canton de Saint-Philibert-de-Grandlieu), en Saint- 
Philibert-de-Grandlieu. Il y a une Blanche Lande en Oudon, 
près d'Ancenis. Il 3^ en a une autre dans le Calvados. La plus 
importante paraît avoir été Blanche Lande, mieux Blanque 
Lande, en Varanguebec, canton de la Haye-Dupuis (Manche) ; 
un monastère fort important y fut fondé en 1 1 54 2 (dans le 
lieu appelé Blanca Landa). Ce monastère, dont dépendaient 
les chanoines de Blanche Lande en Guernesey 5 , reçut d'im- 
portantes donations de terres en Angleterre, notamment dans 
la région de Lincoln 4 . Il n'avait rien en Cormvall. En Angle- 
terre, il y avait un manoir de Malpas, dans le comté de Ches- 
ter > . Dans les archives de l'abbaye de Saint-Marie de Glou- 

1. Fautai Aids, I, p. 225, (1401-2) saint Goran et parva Lan tien, ibid. 
p. 203 (1306) saint Goran et Petite Lanyon (à corriger en Lantyen). 

2. Cart. de Blanche Lande, Bibl. nat., ms. 10065, P- 9 1 • 

3. Calendar 0/ Charter Rolls. III, p. 428 (Blannchelannd) . 

4. Calendar of Patent Rolls, XI, p. 558, (en 1361) — Calendar of Charter 
Rolls II, p. 134(1257-1300); III, p. 362(1317). 

5. Calendar of Patent Rolls, temp. Edward III, (1340-43), Calendar of 



Romans de la Table ronde. 277 

cester », il est question d'une Blanheland in Rogeditch. Il y avait 
un important monastère de Blùnchland en Northumberland 2 . 
Le comté actuel de Carmarthen possédait aussi une abbaye 
appelée tantôt Alba Lvida, Alba Donuis, Whiteland et aussi 
BlanchlandK Le nom le plus ancien, Alba Domus, n'est que 
la traduction du gallois Ty Gwynn ar Dav, la maison blanche 
sur la Tav, résidence de chasse de Howel Dda, au x e siècle. 

Nulle part, en revanche, on n'avait signalé de Mal Pas 
qu'il fallût traverser pour arriver à une Blanche Lande. Aucun 
de ces noms même n'avait été découvert en Cornwall où 
avait lieu la scène du jugement. 

Or le Mal Pas existe encore : il n'y a qu'un changement, 
c'est qu'on l'écrit en un seul mot Malpas qu'on prononce à 
l'anglaise Môpôs. Il se trouve sur la rivière de Truro, à un 
mille et demi environ de cette ville. La rivière est navigable 
à marée haute jusqu'à Truro 4 . Malpas est mis par certains 
géographes sur la rive gauche, par d'autres sur la rive droite : 
pour ceux-ci le passage a lieu de Saint-Nicholas de Penke- 
vil à Kea, tandis que pour les premiers, il a lieu de la rive 
de Saint-Clements, rive gauche, à la rive droite. En réalité, le 
passage sur les deux rives devait porter ce nom . Le Mal- 
pas apparaît chez Béroul dans bon nombre de vers (3299, 

335i> 3693, 3701, 37H» 3790, 3888. le Pas 3618, 
3873). Tristan, déguisé en lépreux, attend Iseut au bout des 
planches; il l'emporte dans ses bras et en abordant, elle se 
laisse choir et lui sur elle, ce qui lui permet de prononcer 
sur les reliques son audacieux serment : 

v. 4207 : Q entre mes cuises n entra home 
Fors le ladre quifist que some. 

Fine Rolls, I, p. 483 (1303) — Cf. Bâtes, The part, descr. of the county oj 
Somerset, 19 10, p. 96. 

1. Rotalia et Castomaria abbatial beatz Mariae Gtastoniae (Somerset 
Records V, p. 136. 

2. Calendar of papal Registers, I, p. 13 (1203), II, p. 569 (1355). 

3. Catalogues ofanc. Deeds B 727 (1209) — Dugdale, Monasticon Angl., 
p. 884.2-885.1. 

4. A certains jours, elle ne l'est pas. Le cours de la rivière a d'ailleurs 
été rectifié pour les besoins d'un commerce local important, surtout celui 
de l'étain. 



27S /. Loth. 

Avant son arrivée, les barons de Cornouaille, sur de fausses 
indications de Tristan, s'étaient embourbés dans la rivière. 
Aujourd'hui même, à marée basse, on ne peut traverser à 
cheval. L'atterrissage sur la rive de Kea est encore une opéra- 
tion difficile en raison des vases qui s'y accumulent. A ne 
prendre que Béroul, il semblerait qu'il y ait eu une sorte de 
pont en planches sur lequel les piétons pouvaient à la rigueur 
traverser 1 . D'après la version de Gottfried de Strasbourg et 
par conséquent, suivant toute vraisemblance, celle de Tho- 
mas, on faisait une partie du trajet en barque. Il est pro- 
bable qu'il y avait sur les deux rives, une sorte d'apponte- 
ment permettant aux -bacs faisant le passage de prendre les 
voyageurs et de les débarquer. Iseut connaissait d'avance les 
difficultés du passage, car en faisant avertir Tristan de se trou- 
ver au Mal Pas, elle fait la remarque : 

G'i soUai ja un poi mes aras. 

La Blanche Lande 2 est le nom d'un important manoir qui 
s'étendait sur une partie notable de la paroisse actuelle de 
Kea 5 et même un peu sur Kenwyn. Kea est sur la rive droite 
de la rivière de Truro, en face Malpas. La situation de Blan- 
chelande est précisée dans YExtenta manorum de 1345 4 , entre 
les manoirs de Landege (Lamidege), aujourd'hui Old Kea, et de 
Tregavethan, en Kenwyn. On s'accorde à fixer à Nansavel- 
lan en Kea le siège du manoir et la principale demeure de la 
famille des Alba Landa qui s'éteignit dans le cours du 



1. Il est possible que suivant la voie de la côte pour venir de Lancien, 
il avait d'abord traversé sur un pont, la rivière de Tresilian, pour .arriver à 
Moresc, auj. Saint-Clement's, où se trouve le Mal Pas. 

2. La première mention que j'aie trouvée de ce manoir est de 1306 
(Feudal Aids I, p. 204) : Blaunchelound in Rostuget, cf. Calemlar of Inquis. 
VII, Edward IV, p. 276. 

3. C'est notre Saint-Quay; avec le préfixe to-, on a eu Lan-dege ; en 
Devon, Lami-hey (Lan-ke); en Somerset : Lan-to-cai en 725 (J. Loth, Les 
noms des saints bretons, p. 20). 

4. Dans un manuscrit inédit du Dncbv of Cornwaïl office, à Londres. 



Romans de lu Table ronde. 279 

xiv c siècle '. En venant de Lancien qui est à 7 ou 8 lieues de 
h rivière de Truro, le long de la côte, ce qui paraît d'après 
certains itinéraires peu précis, il est vrai, du moyen âge, avoir 
été la voie peut-être la plus suivie % il fallait traverser le 
Mal Pas, soit de la rive de Saint-Nicholas de Penkevil, soit de 
celle de Saint-Clément's, pour arriver à la Blanche Lande qui 
était à peu de distance du point d'atterrissage 5 . 

Il y a d'autres noms de lieux français non loin de là : à 
quelques lieues au nord-est de Truro, on remarque la paroisse 
de Grampound, un peu plus au nord, celle de Roche 4 . 

Blanche Lande est vraisemblablement la traduction d'un 
nom comique, comme c'est le cas, nous venons de le voir, 
pour la Blanchland du Carmarthenshire, comme c'est le cas pour 
Grampound, dont le nom comique était encore au moyen âge, 
Pons mur {Pont grand) >. Lan, lieu consacré, monastère, 
église, a été souvent confondu par les Anglais avec leur land, 
et par les Français avec lande. De même qu'il existait, en 
Cornwall, un Lan -du (le monastère ou l'église noire), il a pu 
exister un Lan-iuen ou Gwen-lan (monastère ou église 
blanche), qui aura été interprété Blanche Lande. Quant au 
choix de la Blanche Lande pour être le lieu du jugement 
d'Iseut, j'avais pensé d'abord qu'il avait pu être déterminé par 
la présence, à côté, en Kea, de Caer-kghion (Carlyou, actuel- 
lement) : ce Caer-leghion avait pu être une des résidences des 
rois de Cornwall ; le souvenir d'Arthur y était peut-être atta- 
ché. C'était en tout cas, semble-t-il, un endroit fréquenté par 



1. Compl. par. hist. ofCornivall, d'après Hais et Tonkyn, II, p. 315, 316, 

3 17- 

2. C'était la voie obligée si le cortège venait de certains points du domaine 
de Lancien, comme Bodrugan. 

3. Dans le Tristan de Thomas, éd. Bédier, I, vers 2177, la Blanche 
Lande est mise en Petite-Bretagne. C'est une erreur évidente. La géogra- 
phie de Thomas est des plus confuses pour les pays du sud-ouest de l'An- 
gleterre . 

4. La principale foire de Bodmin, au xm e siècle, s'appelait la Long[u]e 
Feyre. J'ai cité plus haut Noir Fait . Il y a aujourd'hui encore près du 
Cap Cornwall (au moven âge, le Cape Cornwall) les Brisons (The Bri- 
sons). 

5. Complète par. Hist . of Cormuall , II, p. 112. 



28o /. Loi h. 

le chef du pays du temps de Marc, car, comme nous l'avons 
vu plus haut, Iseut connaissait les difficultés du Mal Pas. Or, 
Blanche Lande, au moyen âge (15 15 et antérieurement) 
dépendait du manoir de Restronguet que nous savons avoir 
été un fief du comte de Mortain ', c'est-à-dire, à l'époque de 
la conquête, un fief du domaine royal. Il me paraît possible 
que Rostuget dans une charte concernant Blanchelande (Blan- 
cheland in Rostuget : v. p. 278, note 2) soit à corriger en Ros- 
t rouget. En tout cas, il semble certain que Blanchelande a été 
une des résidences des anciens rois de Dumnonia, c'est-à-dire 
de Devon et Cornwall. 

La forêt de Morrois, où se réfugièrent Tristan et Iseut après 
la découverte de leurs amours, avait été non sans apparence 
de raison, identifiée, quant au nom, avec le pays de Morav, 
en Ecosse 2 . Il faut la restituer au Cornwall. Morrois me 
paraît être Moresc ou Saint-Clement's, prèsTruro, où se trouve 
le Mal Pas. Morrois se présente presque toujours avec deux r; 
Moresc paraît bien primitivement les avoir eus aussi. En 
1205, c'est Morres 5 ; vers 13 19, on trouve encore Morres *, 
Aussi ne faut-il pas hésiter à corriger le Moireis du Domesdav 
Book, qui incontestablement, de l'aveu de tout le monde, est 
le Moresc actuel, en Morreis. Morreis indique une prononciation 
anglo-saxonne régulière Morrei du comique Morresc, en suppo- 
sant les formes actuelles sincères ; sur cette prononciation de se 
après une voyelle palatale, je renvoie à l'excellent Livre de Biil- 
bring A Itengliscbes Elementarbuch^ 506-5 12. Quant àlagraphie 
s pour se (sb), elle n'est pas rare. Page dans sa Victoria History 
of Devon sbire., p. 38, en fait la remarque. Dans le fac-similé 



1 . Je dois ces détails sur ces manoirs au Rév. Taylor. Le manoir de 
Restronguet est en Mylor, à peu de distance de Kea. 

2. F. Lot, Etudes sur la provenance du cycle arthurien, pp. 14 et suiv. — 
Cf. J. Loth, le roi Loth îles romans delà Table ronde (Rev. Celt., XVI, p. 84). 

3. Calendar of Fine Rolls. I, p. 279, Henry, évêque d'Exeter, donne à 
Saint-Michel de Cornwall diverses terres en Devon et Cornwall, notam- 
ment Morres et Saint-Hilary . 

4. Calendar of Inqu., XI, p. 123. Il s'agit d'une contestation au sujet de 
l'âge de Ralph fils d'Alan Bloyou, seigneur de Cornwall. Parmi les signa- 
tures figure Morres ; le nom de baptême est effacé. 



Romans de la Table ronde. 281 

en photozinco-gravure du Domesday Book pour Somerset (X, 
2), je relève Brentemerse (merse représente marsh actuel). Une 
forme plus frappante encore est Brentemareis. On trouve aussi 
Moreis en 1205 '. C'est la forme que donne le Tristan en 
prose 2 . La forme Moresh se montre en 1303 3 et n'est pas 
rare depuis. Ce manoir fort important était pourvu d'un châ- 
teau-fort existant encore du temps de William de Worcester 
(1478 : Castellum de Morysh). 

C'est la forme anglo-saxonne, qu'ont certainement connue 
les conteurs français. 

Il n'y a pas de raison impérieuse de douter de la sincérité 
de la forme Moresh; ce serait la forme comique. Le Moresck cor- 
nique peut être pour une forme plus ancienne Morresc pour 
mor-hesc, roseau de mer, irlandais moderne muir-seisc (prononcer 
besc, avec se palatal), gallois tnor-hesg 4 , même sens. Mais je suis 
porté à croire que Moresc. pour Morresc remonte plutôt à une 
forme vieille comique mor-roisc, absolument identique à l'ir- 
landais, imiir-riasg, vieux celtique mori-reisco- : Dinneen (Jrish- 
Engl-Dict.'), le traduit par sea-marsh, ce qui va parfaitement à la 
situation de Moresh (S 1 Clement's). Seul, en irlandais, riasg a un 
sens analogue : moor, fen. En gaélique d'Ecosse, il en est de 
même 5 . Suivant les lois de la phonétique comique, les diph- 
tongues se réduisent à une voyelle simple. La composition du 
mot n'étant pas sentie (roisc a disparu du comique comme du 
gallois), l'accent a été de bonne heure sur Dior : dans ce cas la 
diphtongue, étant posttonique, fait place à une voyelle brève : 
moyen-cornique compes=coinpois, gallois cymhwys, haut-vanne- 
tais campouis, mais ailleurs en breton, comme en comique, 



1. Çalendar of documents, France, I, a. 2S0. Mathilde de Meulan donne 
au mont Saint-Michel-de-Cornwall une villa de Moreis, près de la fontaine 
de Saint-Clément . En 1294, c'est encore Mores. 

2. Bédier, Le roman de Tristan, II, app., p. 362. 

3. Calendar of Fine Rolls, p. 483. 

4. Hesc, en breton, désigne plus spécialement la lèche, herbe très cou- 
pante ( — *sec-scà). En comique, dans le Vocabul. du commencement du 
xm e siècle, bersh-en traduit par canna vel arundo. 

5. Macbain, Gaelic Dict. lui donne les sens de moor with sedge, land 
covered with sedge or dirk-grass. 



282 /. Loth. 

rompes, du latin compësus (compensas) ; au contraire, le subs- 
tantif composter subit bien une réduction de la seconde 
voyelle de la diphtongue au profit de la première, mais 
garde cette dernière parce que la diphtongue est accentuée. 

Il y a un pendant à Moresc= Morroisc; c'sst le nom d'Exeter 
en comique, donné par Edw. Lhwyd et d'autres : Car-esk pour 
Cair-oisc : cf. gallois wysc de Eisca qui nous est donné par des 
écrivains grecs et latins sous les formes Isca (Isca Silurum, 
Isca Ditmnoniorum). Quant aux deux rr, réduits à un seul r, 
c'est un tait conforme à le phonétique du moyen-comique. 
Il ne fait aucune différence entre deux r ou deux / dans l'inté- 
rieur du mot entre voyelles : on trouve deux liquides là où 
étymologiquement il n'y en a qu'une seule et inversement. 

Par suite de la réduction de la diphtongue, il y a eu vrai- 
semblablement aussi confusion avec un mot de sens ana- 
logue cité plus haut : morde pour mor-hesc, roseau de mer. 
Par suite de la présence du i dans mor-roisc, se a dû se pro- 
noncer palatal, à peu près s. En comique la sifflante même, si 
elle provient de / au d, précédée d'une diphtongue avec i 
comme deuxième élément, est palatalisée; cos, bois, ancienne- 
ment coit, s'est prononcé de bonne heure cots; il s'écrivait 
souvent coys. Il est vraisemblable que, même en vieux-cor- 
nique, mor-roisc se prononçait à peu près mor-rois. 

Le manor de Moresc était encore fort boisé à la fin du xi e 
siècle : le Domesday Book lui donne 200 acres de bois contre 
100 ares de pâture. On ne peut néanmoins établir d'après le 
Domesday Book l'existence d'une grande forêt autour de ce 
manoir. Nulle part, en Cornwall, ce document ne mentionne 
de vaste étendue sous bois, quoiqu'il indique en général la 
contenance en bois de chaque manoir. Mais il n'y a 
aucune conclusion à en tirer. En effet, dans le Domes- 
day Book, comme dans beaucoup de documents du xn e et 
du xm e siècle, le terme de forêt, au point de vue doma- 
nial, indique que l'étendue de bois ainsi désignée est réservée 
aux plaisirs du roi ou du grand propriétaire, et que le paysan 
n'a pas le droit de la cultiver. Tout le Cornwal fut sous la 
loi dite forestière jusqu'au règne de Jean-sans-terre ! . 

1. Pearson, Historical maps ofEiigland, p. 49. 



Romans de la Table ronde. 2S} 

Il y a cependant un sérieux indice qu'il y a eu une grande 
zone de bois entrecoupée de rivières, bras de mer. marais, 
landes et bruyères, depuis Moresk (peut-être de plus haut, 
depuis Lancien), jusqu'à Constantine sur le bras de mer de 
Helford d'un côté et jusqu'au mont Saint Michel de Cornwall 
de l'autre. Le Rev. Taylor à qui j'ai dû plus haut mes connais- 
sances sur Parva Lantien, et qui ne doute pas que je n'aie 
raison dans mon identification de Morrois, appelle mon atten- 
tion sur un fait important : c'est que le manor qui englobait la 
paroisse actuelle de Constantine s'appelait Trecut, écrit aussi 
Tricot[t], Tucowit, mais aujourd'hui Trecoycs, ce qui signifie 
clairement, la démettre du bois ou dans le bois l . Or, Treeoit, 
comme Morreis, avait pour seigneur le comte de Cornwall et, 
ce qui est également digne de remarque, Treeoit était en réa- 
lité, la propriété du Breton Wïbumarc : la suzeraineté du 
comte de Cornwall n'était probablement que nominale. Ces 
faits éclairent d'un jour éclatant un passage de Béroul qui n'a 
pas été compris, et ce passage à son tour, bien interprété, 
confirme mon hypothèse sur l'étendue de la forêt de Morrois. • 

L'ermite Ogrin, chez Béroul, conversant avec Tristan dans 
la forêt de Morrois, en plein Cornwall, lui rappelle le fameux 
saut de la chapelle {y. 2384) : 

Tel saut feistes qu'il na honte, 

se il le vit n'en ait hisdor 

De Costantin entres qu'a Rome. 

M. Muret — ce en quoi, il était fort excusable — en a 
conclut que Béroul est du Cotentin normand. 

Comparer un pays à une ville a déjà quelque chose d'anor- 
mal. Il est également invraisemblable que Béroul mettant la 
scène en Cornwall ait eu une pareille idée. En tout cas, il 

1 . La forme actuelle suffirait à établir qu'il faut préférer Treeoit ou Trecut 
Le comique de bonne heure réduit la diphtongue oi ni à la première voyelle, 
la dentale finale estassibilée et se prononce palatale à cause de ïi précédent : 
au lieu de Tre-coit on a prononcé Trecos ou mieux Trecoti ou Trecuts 
L'Exon Domesday aussi donne un manor de Ticoit (Ticoith) toi. 247 b. Il 
est probable qu'on prononce Tre-godj\ autrement, si c'est Trecodj, il faudrait 



284 /• Loth. 

est évident que l'auteur primitif n'a pu prendre comme point 
de comparaison un pays étranger situé au loin sur le con- 
tinent. La source de Béroul devait porter Costentin, mais un 
Costentin deCornwall. Or, il y en a un, écrit aujourd'hui Cons- 
tantine, paroisse qui atteint le bras de mer de Helford, au sud- 
est de Moresk, à cinq ou six milles de Falmouth. Ce nom est 
écrit au x e siècle Custentin s — Côstantinus, vieux breton Cus- 
tentin. Il a été écrit sûrement de bonne heure Costentin : dans 
les Maniiniissions on the Bodmin Gospel qui sont du xi e siècle, 
avant la conquête de Guillaume, on trouve parmi les témoins 
Custentin', le nom est également écrit Costentin; on a prononcé 
de bonne heure Costentin, comme en fait toi le nom de lieu 
Tre-gesteyntxn en 1386 et aussi Tre-gostenlin, la demeure de 
Kôstentin. On trouve encore Constantinus dans le Domesday 
Book (Constantine actuelle) comme propriétaire de terres. On 
a vu plus haut que le nianor qui englobait Costentin était 
Trecoit, la demeure du bois, et que son seigneur était en 
même temps maître de Morreis. Il est tout naturel qu'Ogrin 
ait pris comme terme de comparaison l'extrémité même de 
la forêt où il vit. Peut-être aussi le conteur primitif vivait-il 
à l'ombre du manoir de Trecoit et voulait-il faire sa cour au 
maître de ce lieu et de Morreis; peut-être encore était-il con- 
teur attitré de Wihumarc ou d'un de ses descendants '. 

Si Ogrin a voulu prendre comme terme de comparaison un 
des points les plus reculés du Cornwall par rapport à Rome, 
il y a un autre Constantine qui conviendrait encore mieux : c'est 
Saint-Constantin e en Merryn, à peu de distance de la rive 
gauche de la rivière Camel, à l'est de Cornwall, à quelques 
lieues au sud de Tintagel. La baie qui touche s'appelle 
Constantine Bay. L'église envahie par les sables a été aban- 
donnée (Compl. par. hisl. III, p. 318). 

Quand le roi Marc accepte de reprendre Iseut et que les 
amants vont quitter la forêt, Ogrin va faire des achats pale- 
froi, étoffes) pour la reine, au Mont (v. 2735) 

supposer Treg-(Trig-)-coit\ trig pour treg est un terme fréquent dans les 
noms de lieu et signifie séjour, lieu de séjour. La graphie Tricoit me ferait 
pencher pour cette hypothèse. 

1. Tre-gostentin étant en Lanlivery, à un mille et demi, au nord- 
ouest de Lancien, mérite d'être signalé. 



Romans de la Table ronde. 285 

Il est certain qu'il s'agit du Mont Saint-Michel de Corn- 
wall, dans la paroisse actuelle d'Hilary, sur la baie de Pen- 
zance. 

Le mont n'est pas loin de Constantine et n'est pas à une 
grande distance non plus de Moresk. Le nom comique du 
mont est : Karrek lu% en Ku~, écrit aussi d'après une ortho- 
graphe plus usuelle Carrée lowçe en Caws ; il est exactement 
traduit par l'auteur anonyme de la grande Parochial History 
of Cornwall (II, p. 210) : The hoary rock in the zvood, le rocher 
grisâtre dans le bois 1 . Ce terme curieux semble bien indi- 
quer qu'il était à l'extrémité d'une grande forêt dont il n'était 
pas séparé à marée basse. Près de là, à Helston, le Domes- 
day Book signale un bois d'une lieue de long 2 . 

D'après Pearson ', il serait certain, à la suite des travaux 
des géologues, que le mont, à l'époque historique, était 
bordé de bois. Le mont Saint-Michel de Cornwall avait été 
donné par Robert, comte de Mortain, en 1105, au mont 
Saint-Michel de Normandie. Saint-Michel de Cornwall fut 
l'objet de nombreuses faveurs et donations. Robert de Mortain 
lui avait attribué des terres assez importantes en Cornwall et 
l'autorisation de tenir un marché tous les jeudis 4 ; Richard I er 
autorisa les moines à tenir en plus trois foires annuelles 5 . 
Henry, évêque d'Exeter, en 1205 é , leur fait don de diverses 
églises en Devon et Cornwall, notamment de Morres et de 
Saint-Hilary dans ce dernier pays, pour l'entretien des pèle- 
rins et des hôtes. On comprend facilement qu'Ogrin pour faire 
ses achats se soit rendu à un centre de foires et de com- 
merce si connu, le seul probablement dans un rayon étendu, 
dans ce pays de landes et de bruyères qu'est le Cornwall. 

1. On a dit que ce terme se serait appliqué d'abord au mont Saint-Mi- 
chel de Normandie et plus tard par erreur à celui de Cornwall ; ce n'est pas 
vraisemblable. Max Mùller a écrit un Essay sur The Insulation of Saint-Mi- 
chaels mount. Il est probable que les auteurs de l'hvpothèse que je viens de 
citer ont entendu parler de la fabuleuse forêt du mont Saint-Michel. 

2. La leuca, à cette époque, paraît valoir un mille et demi de long. 

3. Historical maps, p. 1, col. 2. 

4. Calendar of Doc, France, p. 256, 265. 

5. D'après Complète par. hist. of Cornioall , II, p. 206. 

6. Calend. oj Doc, France, I, p. 279. 

Bévue Celtique, XXXIII. 19 



286 /. Loth. 

Sur les pays d'origine de Tristan, on est en présence de 
versions contradictoires. Eilhart d'Oberg (probablement 
Béroul) et le Roman en prose font du père de Tristan, Riva- 
len,un roi de Léonais ou Loenois. Gottfried de Strasbourg, s'ap- 
puyant sur Thomas, le fait roi d'Ermenie : « plusieurs pré- 
tendent qu'il était de la terre de Loonnois et roi sur ce pays : 
mais croyez-en Thomas, qui l'a lu dans Yestoire, il était roi 
d'Ermenie. La leçon Parmenie de Gottfried est évidemment à 
corriger en Harmenie. » La saga fait de Rivalen un seigneur 
de Bretagne, mais fait d'Enncnia une ville de Bretagne ayant 
appartenu à Rivalen. Sir Tristrem donne Ermonie. Le frag- 
ment en bas-allemand publié par Titz (Zeitschrift f. deutsches 
Alt. XXV, p. 250, 125) donne Armonie ou Àrmenye l . 

Loonois ou Ermenie, le pays de Tristan, est situé en Grande- 
Bretagne, d'après Eilhart d'Oberg et Thomas. D'après Tho- 
mas, Marc règne même non seulement sur la Cornouaille, 
mais encore sur toute l'Angleterre. Quant à Rivalen, tout 
en étant roi d'Ermenie, il tiendrait le Loonois, à titre de 
fief, et son suzerain serait Morgan, duc de Bretagne. Le 
Roman en prose ajoute que le Loonois marchisoit à la terre de 
Cornouaille 2 . 

En résumé, c'est en Grande-Bretagne qu'il faut chercher la 
patrie de Tristan, et même, semble-t-il, non loin du Corn- 
wall. Le Loonois a été identifié par F. Lot, avec le Lothian, 
en Ecosse 5 . Il n'est pas impossible non plus que ce pays ait 
désigné la région de Caerlleon sur Wysc dont la situation 
conviendrait mieux. D'après Gottfried, Rivalen traverse la 
mer pour aller voir Marc. Cette région n'est pas loin du Corn- 
wall. On peut même dire qu'à l'époque où le pays de Somer- 
set était encore indépendant des Anglo-saxons, le royaume 
de Dumnonia comprenant le Devon et le Cornwall était limi- 
trophe du Sud-Galles. Au début du vm e siècle, Gèrent 



1. Pour ces formes et sources, v. Bédier, Tristan, I, p. 2, 3 ; II, p. 
194. 

2. Bédier, Tristan, II, p. 194, 195. 

3. Remania, XXV, 16 ; XXVII, 608; cf. J. Loth, Revue Celt., 189s, p. 
86. 



Romans de la Table ronde. 287 

(Geruntius) était roi de Dumnonia et est salué comme tel 
par Pévêque Adhelm '. Le pays de Somerset ne semble pas 
avoir été occupé par les Saxons avant le vn e siècle ; vers la 
fin de ce siècle, on y parlait les deux langues brittonique et 
saxonne 2 . 

Le nom d'Ermenie me paraît beaucoup plus important que 
celui de Loonois s , lequel est plus connu et prête à confusion à 
cause de sa ressemblance avec le Léon de Bretagne. Comme 
d'autres j'ai cherché l'Ermenie fort loin. Peut-être, et c'est plus 
conforme à la tradition telle que nous l'avons constatée plus 
haut, faut-il encore ici se rabattre sur le Cornwall et ses 
confins. Il y a en tout cas un nom qui le rappelle singu- 
lièrement, sur les confins de Devon et Cornwall. sur la 
rive droite de la grande rivière Tamar : c'est Harmony en 
Tamerton (sur la rive opposée, en Devon, il y aussi un 
Tamerton). La forme Parmenie de Gottfried ne peut guère 
s'expliquer que par une forme Harmenic. On est donc en 
présence de deux formes : Hermmie et Ermenie, [H]ennoiiie, 
Ermonie, ou même Armonie. Le Rév. Taylor, sans se laisser 
guider par d'autres considérations que l'ordre même de distri- 
bution des manoirs dans le Domesday Book et des arguments 
d'ordre topographique, est d'avis que le manoir dénommé 
Ermenheu dans YExchtquer Domesday, et plus exactement Hir- 
meneu dans YExon Domesday, est représenté aujourd'hui par le 
village de Harmony. 

Malheureusement les formes intermédiaires manquent. Ce 
qui rend cette identification fort séduisante, c'est que Er- ou 
Her-meneu serait sans doute en vieux comique : Hir-moniu. 
Le Mynyw ou Saint David' s des Gallois était au ix e -x e siècle : 
Mon in : Moniu signifie buisson : Hen-moniu est traduit par vêtus 
Rubus. Il est identique à l'irlandais muine. Ce nom d'Er- ou 
Hir-moniu a bien pu rester sous la forme Harmony (Hermony) 
dans la région nord-ouest où le comique a disparu de très 

1. Patrol. Lat., LXXX1X, 87-82. 

2. J. Loth, Le Brittonique eu Somerset à la fin du VII e et au commencement 
du Vllte siècle {Revue Celt., XX, 340). 

3. Il faut remarquer qu'on a non seulement Carleon et Carlyon mais 
aussi Carloon. 



288 /. Loih. 

bonne heure. En pays resté de langue comique, à l'époque 
moderne, la terminaison -ïw non accentuée, fût demeurée 
-ow l : on eût eu, dans la prononciation, mais non probable- 
ment, dans l'écriture « Er » ou Her-tnenow. La forme du 
roman en prose, la Grani Hermenie, confirme curieusement la 
forme Her-nieneu, le Long Buisson, le Long nieniu. L'évolution 
de Hir en Her, en composition, peut se comparer à celle de 
Trig, donnant Treg. Tir, terre, en premier terme, est écrit 
Ter- dans Terradenec (terre à fougère), à la fin du xm e siècle 
(Catalogue of ancient Deeds, I, A. 226). La situation de Her- 
menie 2 est tellement imprécise dans les versions où ce nom 
apparaît qu'il n'y a rien à en tirer contre mon identification \ 
Une hypothèse est encore possible, c'est que Hermonie soit 
une méprise pour Hen-iiioniu, lu Her-moniu, et qu'il s'agisse 
de la région de Saint-David's. Dans le roman de Béroul (éd. 
Muret, vers 2762), le roi Marc demande à Tristan déguisé en 
lépreux d'où il est, Tristan répond : 

De Carloon fil\ d'un Galois. 

Marie de France donne également le Sud-Galles (Suth- 
wales), comme la patrie de Tristan. 

La géographie du roman s'explique assez bien dans cette 
hypothèse. 

Parmi les noms propres, il y en a un qui mérite l'attention : 
c'est le nom du fameux sénéchal de Marc, Dinas de Lidan. Je 
suis sur ce point de l'avis de F. Lot 4 : on a pris le Pirée 
pour un homme. Il est de toute impossibilité que Dinas seul 
soit un nom d'homme. C'est un des noms de lieux les plus 
répandus du Cornwall 5 . Dinas en comique comme en gallois 



1. Cf. Kernow, le Cornwall, pour Kerneiv, Kernizc. 

2. Il me paraît sûr que la source de Gottfried devait avoir Hermenie ou 
Harmonie. 

3. Cf. Bédier, Le roman de Tristan, I, pp. 255-256, note. 

4. Roman ia, XXIV, 359. 

5 . Les Dinas et Pen-dinas (écrit aussi Pendennis) sont nombreux. Un mérite 
surtout l'attention. William de Worcester, dans son Itinéraire (1478) ; 
Compi. par. hist., IV, app. p. 94) à propos du Caslelan Dynas en Saint-Co- 
lumb Major, dit : Castellum Dynas super altum montem dirutum, fons in 



Romans de la Table ronde. 289 

signifie forteresse^ cité forte. En pays brittonique, Galles, Corn- 
wall, Bretagne armoricaine, quand on voulait indiquer la 
résidence de quelqu'un, on faisait suivre son nom du nom de 
lieu sans préposition. Ici, le nom du personnage me paraît 
être Dinan. C'est le nom de la puissante famille dont la prin- 
cipale résidence était Car-Dinan (jCaer-Dinan) aujourd'hui 
Cardinham, près Bodmin. Dinan est également donné comme 
une possession de Dinas de Lydan 1 . Si ce personnage était 
originaire de Dinas que la source distinguait en l'appelant 
lidan, large, ample, ou y résidait, on devait dire couramment 
Dinan Dinas Lidan 2 (cf. plus loin Rivalen Kanelangres). Le 
nom de Dinan est assez curieusement associé à celui de Dinas- 
Ie ou de Pen-dinas en Saint-Ives (dont le vrai nom est Porth- 
Ie, écrit Protb-Ia), dans une légende rapportée par Lelant : 
un Dinan, grand seigneur en Cornwall, aurait bâti une église 
à Pen-Dinas en Saint-Ives, à la requête de Saint-la ou Iva, qui, 
avec Ehvine, avait abordé, venant d'Irlande, à Pen-dinas : 
c'est écrit, dit Lelant, dans la légende d'Iva K 

Mais le Dinas qui mérite le plus d'attention, c'est Dinas 
en Saint-Anthony in Kerrier, au sud-est du Cornwall. Il y a 
là deux retranchements appelés Great and Little Dinas (écrit 
aussi Dennisf D'après Tonkin, le promontoire est appelé Little 
par suite de sa ressemblance avec Pen-dinas (Pendennis) en 
Budock-Falmouth 4 . Dinas (Dennis) était compris dans le 
manoir de Porthla Prior et dépendait donc, comme ce manoir, 
de Tywardreath dont j'ai relevé l'importance > à propos de 
Lancien. Il est regrettable que les termes comiques pour grand 
et petit ne nous aient pas été conservés. Pour Little Dinas nous 

medio castri ubi Tador (leg. CaJor) aux Cornubiae, marilus matris Arturi 

fuit occisus, juxta villam S li Columhae. Il y a un autre castle an Dyncts en 
Ludgvan, etc. 

1. Muret, Le roman de Tristan, vers 1085, 11 33, 2851 (et glossaire, à 
Dinan). 

2. Il y a dans une charte anglo-saxonne de 969 (de Gray-Birch, Char- 
tul. saxon., n° 1231) un Caer Lydan, en Cornwall, mais dont la situation 
n'est pas certaine ; peut-être Car-lidden en S'-Austel. 

3. A compl. par. hist. of Cornwall, II, p. 266. 

4. Complète par. hist. ofCormv., I, p. 63. 

5. Tbid., p. 35. 



290 /. Loth. 

aurions eu sans doute Dinas vyan ; et peut-être pour Great 
Dinas, Dinas Lydan. Il importe de remarquer qu'il n'existe 
pas de Dinas en Armorique. Bien plus : la graphie Dynas 1 
du Roman en prose est vraisemblablement comique. L'ï long 
s'écrit régulièrement en comique y, comme en moyen- 
anglais. — Les Gallois qui, comme les Cornouaillais, ont 
emprunté y aux Anglo-saxons, ne l'emploient que pour 
ï bref. Dans Dinas, i est long. 

Le nom de Tristan a été porté par une famille qui paraît 
avoir été assez nombreuse et importante en Cornwall, les 
Trestan (écrit à l'anglaise Trestane), mais je ne sais à quelle 
date il apparaît pour la première fois, ni quelle est la forme 
primitive du nom. 

L'étude des noms propres d'hommes dans le roman de 
Tristan ne fait que confirmer les données fournies par les noms 
de lieux : ils se retrouvent à peu près tous, français, anglais 
ou brittoniques, en Cornwall ou dans le voisinage. 

Parmis les noms propres français, il n'y en a que deux qui 
soient rares : Estait l'orgueilleux, et Petimi, nom du chien de 
Tristan. Estult est vraisemblablement le même nom que 
Esturt, nom d'un vassal du comte de Mortain % en Somerset- 
shire. 

Peticru est un nom très répandu dans le sud-ouest de l'An- 
gleterre, notamment en Cornwall. Joh. Peticru est l'objet 
des faveurs du prieur de Saint-Peter de Bath, en 1265 3 . En 
Cornwall, dans un acte de 1302, paraît un Thomas Peticru \ le 
même personnage est juré à Lostwithiel en 1303. Il y a eu 
un manoir de ce nom en Gerrans, sur la Manche, à l'est du 
Cornwall 4 , connu sous la forme de Pettigrew 4 . C'est un nom 
encore répandu aujourd'hui sous cette forme en Angleterre. 

1. Bédier, Le Roman de Tristan, II, appendice I, p. 371. A remarquer la 
tournure : a ung chastel qui est cy près, qui est Dynas, ce qui prête à une 
double interprétation. 

2. Le comte de Mortain était aussi comte de Cornwall. Esturt est 
mentionné dans le Domesday Book pour Somerset {Fac-similé en photo- 
^incogravure, 1862, XIII). 

3 . Hunt, Two chart. of the Priory of St. Peter at Bath, 1893 : 2e Chart., 

P- 173 - 

4. Complète par. lu 'st. of Connu., II, p. 76. 



Romans de la Table ronde. 291 

L'influence des Anglo-saxons se manifeste surtout dans le 
nom du philtre d'amour ehexBéroul : Loucvendris et Lovendrani 
pour Lovendrinc et Lovendranc '. Ce terme avait été sans doute 
adopté par les Cornouaillais de langue hrittonique eux-mêmes. 
11 va déjà d'importants emprunts anglo-saxons dans le Voca- 
bularimn cornicum dont le manuscrit est du commencement 
du xm e siècle, mais qui est vraisemblablement une copie 
d'un manuscrit du xn e siècle. Il est, en revanche, fort pos- 
sible que le terme anglo-saxon ait supplanté un mot cor- 
nique du même sens. On connaissait en Cornwall, l'herbe 
if amour : dans le Voc. corn., c'est les-serchoc (herbe amoureuse 
qui donne l'amour), glosant lappa. Actuellement encore, en 
Basse-Bretagne, on croit à la vertu en quelque sorte amoureuse, 
de breuvages où entrent certaines herbes, et on en a même 
usé à ma connaissance, dans mon propre pays, vis-à-vis de 
jeunes filles, dans une intention des plus blâmables. 

L'arc de Tristan, Y Arc-qui-ne faut, dont parle Béroul, leur 
appartient, comme l'a fait remarquer M. Muret (Le roman de 
Tristan, Préface, ix). Une tradition recueillie par Geffrei Gai- 
mar, dans son Estoire des Engîes (écrite entre 1147 et 1151) 
attribuait l'assassinat du roi Eadmund (en 10 16) à XArc-qui- 
ne-faut, dressé par le traitre Eadric. 

C'est par les Anglais, vraisemblablement, que les Français 
ont connu Lantienet Tintagel avec les prononciations Lantsien, 
et Tintad'pl 1 . La graphie Morreis et Morrois leur parait due 
également. C'est à eux qu'il faut restituer soit Andret, soit 
Audred. Andret ou Andred est un nom de lieu répandu en An- 
gleterre, inconnu en Galles et en Armorique 5 : Andredes-ceaster, 
Andredes leage 4 , Andredes uuda >, en Kent; Andredes-ye 6 (île) 



1 . Il y a un prieur de Landewednack au xiv e siècle du nom de Joh . 
Lowedrem qu'on serait tenté de lire Lovedrenc {Grandissait Reg. II, p. 536, 
dans Epi scop. Reg. ofthedioc. ofExeter). 

2. E et dans Tintagel, tintajol, représentent un son intermédiaire entre 
ô et 0, v. plus haut. 

3. Efbélwearâi Chron. I, apud Pétrie, Mon. hist. brit., p. 503. 

4. Chronique anglo-sax., année 476, ibid.,p. 500. 

5 . Etbehcerdi chr. ni, ibid . , p . 518. 

6. Hunt, Two Cbart.; 2 e Clart., p. 358(1273). 



292 /. Loth. 

près Glastonburv. On trouve Andréa seul '. Ce nom a été 
déjà confondu en anglo-saxon, avec celui à' Aldred : c'est ainsi 
que dans la chronique d'Ethehverd (composée entre 975 et 
ion), au lieu à'Andredes-lege, on a Aldredes-Jeage 2 . Il est 
donc fort possible que la forme du nom du traître qui 
varie entre Andréa et Audret ait été d'abord Andret. En tout 
cas, Audret, si la forme n'est pas évoluée â'Andred, représente 
le nom anglo-saxon très connu Aldred, avec la vocalisation 
française de /. Deux évêques de Saint-German's en Cormvall 
ont porté ce nom avant la conquête. Il apparaît fréquem- 
ment dans YExon Domesday (IV, 1, 6, 11, 12, 16, 18, 
70, 398, 144 etc). Audret, contrairement à l'opinion reçue, 
ne peut être breton. Ce nom n'a rien à faire avec le breton 
Autret, malgré les apparences. Suivant une loi bien connue, 
en breton / se vocalise dans l'unique cas où elle est suivie 
immédiatemment de / ou d, mais alors le résultat est voyelle 
-f- /, jamais d, même si rfest étymologique : c'est ainsi quecal- 
daria, chaudron: après avoir été caltor, devient et est aujour- 
d'hui encore caoter, dialectalement coter : le d de caldâria est 
traité comme le / de altâre qui passant par allor est arrivé à 
aoter. Le nom breton Autret remonte au vieux-breton Alt- 
rit, Alt-ret. Quant à la vocalisation de / devant t ou d en 
breton, elle ne paraît pas antérieure à la fin du xn e ou au 
commencement du xm e . Elle est inconnue en comique, et 
en gallois. La forme Audret pour Aldred est due aux Français. 
De même Alter-non (autel de Nonn, mère de saint Dewi, 
nom d'une paroisse du Cormvall), est encore aujourd'hui Alter- 
mtn, mais, au moyen-âge, à diverses reprises, ce nom apparaît 
sous la forme française Autrenon 3 . 

Gondoine est d'origine germanique et a pu venir du conti- 
nent, mais il est fort possible que ce soit une forme altérée de 
Godwin : ce nom anglo-saxon se trouve sous la forme Godc- 
wine chez Geffrei Geimar, Estoirè des Engks, vers 4801, 4814 

1 . Chron. anglo-sax., année 755, 891 . 

2. Lib. I, ap. Pétrie, Mou., p. 503. 

3. Catalogue of anc Deeds, III, A. 6004 (34 année d'Edward I er ) — 
L Autret breton a dû exister en Cormvall ; on le trouve, en effet, sous la 
forme Otret (de Saint Newlvn), en 1 301-2 (Assise Rolls, 118). 



Romans de la Table ronde 293 

(cf. Pétrie, Mon., p. 822, col 1 et 2). En tout cas, Gundewin 
et Gunduinus existent dans l'Exon Domesday '. Un Rie. Gund- 
ewine paraît également dans une charte du xm e siècle, con- 
cernant le Glamorgan 2 . 

Enfin c'est sous une forme anglo-saxonne que le nom du 
Cornwall 3 est parvenu au français, avec une modification 
savante : Cornwàlia est évolué de l'anglo-saxon Corn-wealas. 
Pour les rapports des Anglo-saxons avec les Brittons, v. J. Loth, 
Des nouvelles théories sur l'origine des romans arthuriens {Revue 
(y//., XIII, p. 485-188), cf. plus haut, Contr., I, p. 13; III, 
p. 28. 

Restent les noms celtiques ou plus exactement brittoniques. 

Nous avons vu qu'Eselt est comique, comme Essyllt est 
gallois. Il n'apparaît nulle part en Armorique 4 autrement que 
sous la forme Iseut, évidemment d'importation française. 

Pour Tristan, j'ai été beaucoup tropaffirmatif(Gw/rz7>. 1 1 1), 
en soutenant que le nom du héros, sous cette forme, ne pou- 
vait être qu'une forme écrite galloise. En gallois du x e et même 
du commencement du xr siècle, c'est bien Tristan qui repré- 
sente la prononciation Trôstan avec ô bref. Mais en Cornwall, 
ont eût eu, l'orthographe étant anglo-saxonne, dès le X e siècle, 
Trystan, avec y anglo-saxon, si \'o de Drostan, Trostan se 
prononçait ô : or, il n'y a guère de doute à avoir à ce sujet. Si, 
en effet, (u devient dès le x e siècle en comique) a moins de 
tendance à s'affaiblir qu'en gallois, il y en a cependant des 
exemples, et, en tout cas, (etu) suivi de s -^-consonne, s'affai- 
blissait sûrement. Vit long brittonique lui-même est atteint 
dans cette situation ; dans les Manumissions on the Bodmin Gos- 
pel >, document du x-xi e siècle, datant d'avant la conquête, le 



1. TomelYdeTéd. in-folio dei8i6, p. 3, 8, 14, 415. 

2. Clarke, Cartae et alla munimenta quae ad dominium de Glamorgan per- 
tinent, 1885, tomelV, p. 439. 

3. Le gallois Cernyw, comique Kernozv (plus anc. Kernew), breton 
Kerneo, représentent le vieux brittonique Cornovia . 

4. Jean de Dol, en mourant (1 162), confie sa fille Iseut à Raoul de Fou- 
gères . 

5 . Whitley Stokes, Revue ceît., I, p. 332 et suiv. 



294 /• Lotb. 

nom Custentin — Cô(n)stantïnus est écrit Custentin et Costen- 
liii, ce qui indique uneprononciation Côstentin, qu'on retrouve 
au xm e siècle dans Tre-gestentyn (la demeure de Côstentin) ■ 
A plus forte raison, o bref dans le nom de Trostan devait 
arriver à un son que les écrivains du Cornwall devaient trans- 
crire au x-xi e siècle par y anglo-saxon 2 . Les écrivains fran- 
çais ne connaissant pas la valeur de cette graphie lui ont donné 
la valeur d'un i et auront transcrit Trystan par Tristan. Une 
forme Trytan avec un y ne peut guère être galloise, avant 
le xi-xn e siècle 3 . 

Parmi les autres noms brittoniques, il n'y en a qu'un qui 
paraisse nettement breton-armoricain, et encore unique- 
ment par la raison qu'on ne le trouve ni en Galles, ni en Corn- 
wall. C'estRoald, leFoitenant, nom du père nourricier de Tris- 
tan. Pour le Cornwall, son absence n'a rien de démonstratif. 
De bonne heure, sûrement dès l'époque de la conquête nor- 
mande, les noms propres d'homme d'origine brittonique 
y sont rares; ils sont remplacés par des noms de lieux pré- 
cédés d'un nom qui est généralement un nom de baptême. 
En Galles même où l'onomastique brittonique jusqu'à l'avè- 
nement des Tudors est copieuse, il n'est pas rare que 
certains noms d'origine ancienne, courants en Bretagne, ne 
soient pas représentés et réciproquement. H. Zimmer a sou- 
tenu que Rodait était un emprunt germanique, et qu'il 
remontait à Hruodwald. Or, c'est à tout point de vue impos- 
sible. Hruodwald eût donné au ix e et au x e siècle, en breton, 
Rot-wald ou Rod-walt ;pour t oud, cf. Rot-bert*, au xn e siècle 
Rot-berth*, devenu au moyen âge Roper\ et Ropar^. Pour le 

i . Cf. Gilbert de Costantin in Costantinestun, en Glamorgan (Clark, 
Cartae IV,p. 107, année 1262). 

2. Cf. dans les Manum. Cyngelt (pour Congelt probablement), Myr- 
men(Mormïn, Mermiri), Gyâiccael (bret. Iudicael), Ongynedel (On-cenedfy&u 
x e siècle caer Lydan. 

3. Le Rennes Dindshenchas (Revue Celt., 1894, p. 427, 39, fait mention 
d'un Trostan drài Cruithnecb, Trostan druide Picte (des Pietés d'Irlande). 

4 . Ce nom germanique n'apparaît que sur la fin du XI e siècle ; la forme 
Rotbert est encore fréquente à cette époque dans le cart. de Redon, à côté 
de Robert, forme plus française. 

5. Cart. deQuimperIê,èd. Maître et Berthou, p. 218, 1107-1112. 



Romans de la Table ronde. 295 

sort du second terme ivald,'ùeût été le même que celui de wal 
et -walt brittonique. Les noms brittoniques avec -wal, -tuait, 
pour second terme, sont nombreux et conservent -wal et -walt 
intacts, après une consonne comme après une voyelle, jus- 
qu'au xn-xin e siècle, en zone bretonnante. Au x e on a assez 
fréquemment -gnal ' : exemples, au ix e siècle : Cliit-uual, 
Drid-uual, Et-uual, lud-ival, Tut-wal, Uuoet-uital, Reth-miall, 
Rit-nuald, Ri tu naît, Uiioct-uualt 2 . Il en est de même en Galles 
et en Cornwall. Les noms en -wallon, -walloe, -ivant, -ivas, 
-wcith, -uiiere, -ivethen, -ivinn, -walatr etc., etc., montrent le 
même traitement de -w après consonne ou voyelle. 

Inutile d'insister. Je me bornerai à ajouter que Rodait ' ne 
figure pas dans les chartes en territoire roman où les signa- 
taires portent, en général, des noms germaniques. Je ne l'ai 
trouvé qu'une fois, en compagnie d'une majorité de ces noms 
En zone bretonnante Rodait (et Rudalt) évoluent régulière- 
ment : Rodait au ix e siècle (834, 878); au xi c (1046, etc.) — 
xii-xm e siècle, Rodait (Rudalt) et Rodaud : au XIV e , Roland 
et Rou^aud + . En zone française de Bretagne, par la chute 
du d intervocalique >, on eut Roald dès 11 12, Roall en 1144 6 , 
Roâut en 1144-1148 7 . Un nom vieux-breton Ro-alt était 
possible (cf. Ro-hoiarn, Ro-mael, Ro-min, Ru-mantoiî); mais, 
comme on ne trouve pas Roalt avant le xn e siècle, et que dans 
un cas Roaut H remonte sûrement h Rodait, il est clair que Roalt, 
Ruait (ou Roald, Ruald), est une forme française de Rodait, 

1. Tut-gual en 924 (J. Loth, Chrest. bret., p. 170). 

2. Uni., p. 171, 172. 

3. Voici les passages du Cart. de Redon où il paraît. J'ai vérifié les 
références de M. de Coursonet rectifié quelques erreurs : Rotait, Rotdalt, 
p. 255,346, 293, 288 (le même personnage est Rodait en 1108): Rotdalt 
indique une tentative pour exprimer la spirante d — Rudalt p. 223, 225, 
320, 316, 304,283, 281, 234, 231, 315 390, 384 — Roalt, p. 348, 161. 

4. J. Loth, Chrest. bret., p. 161,228. Dans le Cart.de Quimperlé on 
trouve Rodaud dès 1191 (Maître et Berthou, Cart. Ouimp., p. 141). 

5. Ibid., p. 228. 

6. Cart. de Redon, p. 390. 

7. J. Loth, Chrest., p. 161. 

8. Cart. de Redon, p. 287, 345. Roaut (p. 187, en 1144), est fils de Kara- 
doc de Mova (Mouais, Loire-Inférieure); or Karndoc était fils de Rodaldus 
de MoyaQp. 304, an 1104). 



296 /• Loi]). 

Rodait. La forme Rudalt avec ù bref (ou français) étant 
assurée, d'abord par l'échange avec Rodait, en second lieu par 
des graphies du moyen âge comme Rou^aud, il n'y a pas 
lieu de douter de sa valeur ni de la séparer de Rodait. Il est 
probable que Rodait est plus ancien, Rudalt ne se montrant 
pas avant 913 '. Si la celticité de ce nom est assurée, son sens 
n'est pas certain 2 . Ruald devenu, dans le Morbihan breton 
Ruant, avec n français est un nom tout différent 3 . 

Le nom de Ruald, Roald est porté en Angleterre par des 
Bretons ou descendants de Bretons. Dans le Domesday Book, 
Rualdns Adoubcd figure parmi les grands propriétaires du pays 4 . 
Parmi les signataires d'une charte de Wihenoc de Monemuda 
(Monmouth), concernant des dons de terres en Angleterre et 
en France à Saint-Florent de Saumur, donation confirmée par 
Guillaume le Conquérant en 1086, un des signataires s'appelle 
Rudalt'. En n 37-1 146 dans une charte d'Alan le Noir, qui 
se qualifie cornes Angliae et indigena en même temps que comte 
de. Connuall, Roald signe comme connétable du prince 6 . Un 
Will. filius Roaldi apparaît dans une charte faite à York, 
concernant des donations de terres de Conan,duc de Bretagne, 
qui paraît êtreConanlV" (1146-1171). J'ajouterai qu'on ne 
trouve pas du tout Rudalt ni Rodait dans les documents 
français où les noms germaniques sont les plus abondants, 
comme lepolyptique d'Irminon. 

1. Cart. lie Redon, p. 121, 115. 

2. Il semble devoir se décomposer en rod-alt, l'homme au don élevé, 
mais comme Ro-derch devient Ro^ercb au moyen âge, il est possible qu'il se 
compose de ro- particule intensive etdalt, cf. irl. datte daita, disciple. Le 
sortde rodans Roderch montre que ro peut se conserver dans cette situation. 
Pour Rud-aJt cf. Ru-mantôn, clairement pour Ro-mantou. 

3 . Ruait qu'on ne trouve que très tardivement est pour Ri-watt , cf. 
Ruallen pour Rhvallon (v. plus bas); s'il remontait à Rud-alt, le pre- 
mier terme serait ru%, rouge. 

4. Fac-similé en photoqincogravure, Devon, 1865 : I, Rualdns adobtd. 

5 . Caleudnr ofdoc, France, I, p. 406, 407-408. 

6. Ibid., p. 20. 

7. Dugdale, Mon. angl.,p. 391. Une bulle d'Urbain III (1186) confirme 
à Saint-Florent de Saumur les donations de l'église de Saint-Roald en Gla- 
morgan. C'est une forme altérée du gallois Rôdol, Cart. de Llandav 
Ridol : c'est Llan-rolhal aujourd'hui. 



Romans de la Table ronde. 297 

Les noms Morgan, Rivalen, Donoalen, Hoel, Permis, Cadio, 
Cariado, Màriadoc, Urgan, sout aussi comiques que bretons. 
Hoel, sûrement Rivalen, et Donoalen, peut-être, ont subi dans 
leur transcription l'influence française. Hoel ' est un nom porté 
au xn e siècle, en Cornwall, par un propriétaire descendant des 
Bretons installés dans le pays par la conquête. C'est en vieux 
breton Ho-zvel, nom commun sûrement à tous lesBrittons.il 
apparaît dès 1062, sous la forme Hoel dans le Cart. de 
Redon 2 . 

Morgan est resté à peu près intact : la forme du ix-x e siècle 
est Mor-c ant. Il appartient à toute la famille brittonique \ Il 
apparaît en Cornwall, au x e siècle (Ma munissions on the Bod. 
Gosp.) sous la forme ancienne Morcant. 

Rivalen ou Rivalin ne peut en aucune façon remontera Rigo- 
belinos (et non Rigo-bilinos) : cf. Conobelinus. Dès 868 4 , dans 
le Cartulaire de Redon, ce nom de Rivelin est présenté sous la 
forme Rivilin. Le breton a changé de bonne heure un e en i 
sous l'influence d'un i long ; c'est un fait qui lui est propre. 
Le comique et le gallois ne pratiquent pas en général ce genre 
d'assimilation. Quant à la graphie Rivalin ou Rivalen, elle est 
française par le changement de w de Riwallon en v, et la 
forme de la terminaison. Aujourd'hui encore dans le Morbihan 
bretonnant, ce nom est écrit Rivalan, ce qui correspond à 
la prononciation vannetaise qui, sincère, serait Riivalan avec 
a nasal ; plus fréquemment Rivalain (prononcez en français 
Rivalin, qui se trouve d'ailleurs). Rivalin et Rivalen sont des 
graphies françaises 5 : en 1275, dans le cart. de Prières, on trouve 



1. J'ai déjà signalé plus haut Hoel parmi les propriétaires du Cornwall. 
Hoel apparaît aussi dans le Winton Domesday (éd. in-fol., 1816, IV, 

P- 547)- 

2. J. Loth, Chrest., p. 140. 

3. Il existe encore en Cornwall dans Tre-vorgant (Tre-Morganf) en 
Buryan. On sait que Morgant a donné son nom au Glamorgan (en gallois 
Morgannuc pour Morcantac; Glamorgan pour Gidad Morgant, mieux Gulad 
V or gant). 

4. J. Loth, Chrest., p. 159, no. 

5. Les Rivelen du Cart. de Quimperlé remontent à Ri-melen d'après 
le Cart. lui-même. 



298 /. Loth. 

après Riuallonus, la mention : gai lice Riallen 1 . Pour la termi- 
naison -en, -on, dans Rivalen pour Riwalon (Eilhart : Rkvaliu), 
le seul des trois groupes brittoniques au xi-xn e siècle, qui puisse 
la présenter régulièrement est le comique. L'accent comique 
est un accent énergique, heurté (c'est ce que les Allemands ont 
caractérisé par gestossen) et très destructeur des voyelles postto- 
niques. Pour-on nous en avons unexemple clair dans funten de 
fontâna dans le Voc. comique écrit au commencement du 
xm e siècle, mais sûrement copié d'un manuscrit antérieur. En 
Armorique, au xi e siècle, c'est encore junton 2 . On peut citer 
dans le Domesday Book pour le Cornwall, par conséquent dès 
la fin du xi e siècle ; ': Tre -wallen (pour Tre -wallon), Cadwallcn 
(Cad-ivalloii)l Epies pour Eglos, Egloes, église, dans Egles-ros; 
Pen-fontenio (fontenio pluriel de funten, fônteri) ; Modred 
(Modredes) dans les Manumissions on ihe Bodinin Gospel, qui sont 
du x-xi c siècle, si on le compare augallois Medraud et àl'armo- 
ricain Modrot, nom d'homme du Cart. de Redon, montre déjàcet 
affaiblissement de la terminaison, qui, même dès le xi c siècle, 
atteint les diphtongues posttoniques : par exemple Tal-gollo 
pour Tal-golow (cf. Penfonienio). Rivalen pour Riwalen serait 
donc une forme comique régulière 3 , si on fait abstraction du 
changement de w en v . L'affaiblissement de -on en -en est, en 
somme, tardif en armoricain; à part Roallen (p. 295 en 
1080) 4 et Graalend, p. 750 en, 1 124-1 125, je n'en vois guère 
d'exemple avant le xiv e siècle. Dans le Cart. de Redon, 
comme dans celui de Quimperlé, on a Riitnallon, Donnuallon 
ou Riwallun, Doniuallun, Dumuallun (var. Riguallon, Dnn- 
guallon). 

S'il devait rester le moindre doute sur Rivalcn=Rkuallon,\a 
forme Roui and qui apparaît plusieurs fois dans sir Tristrem 5 

1. J. Loth, Cbrest., p. 228. Cf. Cadoualaiii en 1233, p. 195. La forme 
Ruvaïen est sur le chemin qui la mènera kRuaïen que l'on trouve en 131 5 
dans Ker-rudlen. 

2. J. Loth, Cbrest., p. 205 135. En gallois c'est finnaun. 

3. En 1350 Rosonïvallen ; 1403 Ros-wallen (History of Trigg minor, II, 

p. 13° ; m > P- 8-0- 

4. A cette date, Roallen pourrait bien être une faute de lecture pour 
Roaîlon : cf. p. 283 (1072) Roallon . Il n'est pas sûr. 

5. Bédier, Tristan, I,p. 2, note 2. 



Romans de la Table ronde. 299 

le lèverait- Rouland remonte clairement à une forme écrite insu- 
laire Ruaïand pour Ruallan : cf. Cadoalant dans le Domesday 
Book pour le Cornwall. Le groupe Rizu est arrivé à Rit (i't fran- 
çais) et dans Ruait pour Riwàlt et dans Ruallon pour Ri-wallon. 
La terminaison -an (et-ant) pour le vieux-breton, vieux-cor- 
nique et vieux-gallois on (gall. -a un) et vieux-celt. âno-, ne parait 
pas en Armorique avant le xv e siècle et n'est guère usité qu'en 
vannetais; elle est proprement insulaire. J'ai cité dans le Domes- 
day Book, Cadoa lant. Dans une charte de l'abbaye de Margam 
en Galles, c'est encore Caduuallan en 11-29 l . Dans Layamon 
Riwallon est transcrit par Riwaââlan. De plus, land pour lan est 
également fréquent dans le Domesday Book : Hen-land pour 
Hen-lan, auj. Hellan en Probus; Porttalant, auj. Portalla en 
Ta lan (écrit à tort Taland) ; Trelaud, auj . Trelan en S^Keverne . 
La forme qui explique Rouland se trouve dans une charte de 
11 33 : Ruallan, variantes Ruwathlan, Rwatlan 2 {The Bruts 
(à l'année 1062 : Ruallawn). Une forme Rualand, avec / 
simple et terminaison d, serait plutôt comique, le comique ne 
connaissant pas / sourd et ayant indifféremment une ou deux 
liquides en situation intervocalique, mais avec transcription 
anglo-saxonne. Eilhart aura lu le u de sa source écrite ù 
(ou français) au lieu de iïK II est possible que pour Rouland 
il y ait eu confusion avec un autre nom. Après avoir envoyé 
ce travail à l'impression, j'ai relevé, en Devon, le nom de 
Rouland dans le nom de Rouland-es ton (Feudal Aids, I,p. 314 : 
an 1284-1286). 

Le nom de Donoalen ,Denoalen, n'est pas exclusivement bre- 
ton comme l'a avancé M. Bédier. On ne le trouve pas d'ail- 
leurs sous ces formes ni dans le Cart. de Redon ni dans celui de 
Quimperlé. On ne trouve que les formes avec finale -on, -un ; 
aucun des noms cités par M. Bédier nelamontre. Je ne vois de 
forme armoricaine -m pour ce nom qu'en i434(Donguallen) 4 . 

1. De Gray-Birch, History of Margam Abbey, p. 9. 

2. Clarke, Cartae et alla munimenta quae ad dominium de Glamorgan 
pertinent, 1885, p. 74, 92. La graphie -thl n'est pas rare ; c'est une tentative 
pour rendre / sourd gallois. 

3. Ed. Rhys Evans, p. 268. 

4. Cart. Redon, p. 74, 86, 129, 261, 243, 333. — Cart. de Qui m- 



300 /. Lotb. 

Il n'est pas rare en gallois : x e -xi c siècle dans le Livre de Lan- 
dav ' Diuunguatlaun (prononcé Dôv-gwallaun 2 avec voyelle de 
résonnance entre v et n) ; Din-gitallaun, Diin-guallaun (pron. 
Dôn-gwallawn, ou Dôn-wallawn). En Cornwall Duvn-wallon 
devenait régulièrement Dônwallon, Donwallcn (e = ô bref), 
ù bref étant devenu o de très bonne heure, dès l'époque du 
vitux comique. 

Ce nom paraît un peu plus commun en Armorique, mais 
on ne peut rien en arguer, car pour des raisons données plus 
haut, l'onomastique comique pour les noms propres d'hommes 
dès la fin du xi e siècle est fort pauvre : on n'en trouve guère 
que dans quelques rares chartes anglo-saxonnes et les Mânumis- 
sions on the Bodmin Gospel. A propos des formes de noms britto- 
niques apparaissant dans les lais et romans arthuriens, il me 
semble utile dédire un mot de Gracient qui a grandement servi 
et n'est pas encore hors d'usage pour étayer la thèse armori- 
cainede Ziminer et G e . Gracient a donné son nomàun lai célèbre. 
La forme vieille-armoricaine (ce serait aussi la forme vieille- 
cornique) estGrddlon, gallois Grat-laun. En zone bretonnante, 
il a évolué enGra^lon et Grallon. En zone bretonne française 
1124-1175, c'est Graetend (terra Graalendi presbyteri) 5 . 
Actuellement la forme courante venue de la Bretagne française 
est Gralan, souvent écrit Gralland. On en a conclu que Grae- 
lent ne pouvait être que d'origine armoricaine. Or, c'est un nom 
très connu en Cornwall : on trouve en 11 66 Gralan, en 1212 
Grealant*, a corriger en Graciant; au xm e siècle Gr ancien >. 
Ce sont deus descendants de Bretons: le Gralan de 1166 est 
de la famille des Blohiou (mal écrit Blohin pour Blohin dans le 
Domesday Book). 

perlé, éd. Maître-Berthou (Donuuallonus, Donguallonus, Dunguallon, 
Dunguallonus, Dunguallun); cf. J. Loth, Chrest., p. 127, 202. 

1. The Book of Llandav, éd. Evans, 223, p. 200-251 . 

2. Cf. Dibrguyr(ib\d.,p. 129) Duvuguyr pour Dôvr-gwyr, p. 128. Cf. la 
forme moyenne-galloise Dyvyr-Dwy, vieux-gallois Dubr-Ditiu. 

3. J.Loth, Chrest., p. 13 G rat entre en composition dans d'autres noms : 
cf. en Cornwall, dans les Manum. Gratcant. Parmi les hommes de l'ab- 
baye de Beaugency, figure à côté de Herveus, Graalan^ dans un document 
de la fin du xi<= au début du xn e (Longnon, Potyptique cPIrminon, II, v. 98). 

4. Journal of the Roy. Inst. of Cornwall, 1890-1891. 

5. History of Trigg minor, I, p. 115, note 3. 



Romans de la Table ronde. 301 

Cadio, qui apparaît dans leTristan en prose (cf. pour la termi- 
naison, plus haut. Penfentenio, Talgulld) est le nom d'un pro- 
priétaire du Devon. 

Pour Perinis, qui joue un rôle médiocre, dans le roman, 
sa celticité est douteuse. Aussi ne l'ai-je pas mentionné dans 
ma Chrestomathie. Il est remarquable que Perenes (Pere- 
nesius), est un nom de moine, d'abbé, ou de personnage 
ecclésiastique dans le Cartulaire de Redon. Le plus souvent, 
il en est de même dans le Cartulaire de Quimperlé. Mais à 
côté de Perenesius, dans la Cart. de Redon, apparaissent des 
témoins, au ix e siècle, du nom de Pirïnis, Perinis (p. 42, 104, 
183); Perinis devient régulièrement Perenes, au xi-xn e siècle; 
il désigne aussi des laïcs dans le Cart. de Quimperlé '. Le nom 
Pirinis, Perinis, puis Perenes, paraît devoir se décomposer en 
Pir-(Per-)inis, l'île de Pir (vieux-celt. Porius : cf. Porius dans 
les Inscr . Br. Chr. vieux-gallois Pir) 2 . Je ne l'ai trouvé, en 
Angleterre, qu'en Galles, sous la forme analytique Ynys Pyr, 
nom ancien de Caldey Island rattaché à la paroisse de Penaly 
en Pembrokeshire : c'est l'équivalent de Pir-inis 5 . 

Gor-venal est probablement pour Gor-wenival. Il peut appar- 
tenir aux trois groupes, 

Il en est de même de Goron ou Guron. Néanmoins, si 
Guirun est la forme sincère 4 , Goron est plus proprement 
comique. C'est, en effet, la seule des langues brittoniques qui 
réduise une diphtongue sous l'accent à une seule voyelle >. 

Mériadoc est commun au trois groupes. Meriadoc est un 
nom de district en Galles. On sait que Saint Meriasek, forme 
régulière de moyen comique pour Meriadoc, a été le sujet d'un 
drame comique. Ce saint est armoricain; on trouve en Galles, 
en 1139, le nom d'homme Meriadoc 6 . Branguain ou Breu- 

1. Ed. Maître-Berthou, p. 245, 248, 155. 

2. Cf. John Rhys, Lecture on Wehh Philology, p. 376; cf. Mainaur Pir 
(Book oj Llandav,p. 124), en Pembrokeshire ; moyen-gall. -Pyr (breton Per). 

3. Lewis, A topogr. Diet. of Wales, I, à Caldey Island, v. aussi II, 
Manorbeer. 

4. Bédier, Le roman de Tristan, I, vers 835, 839. 

5. Seul, en Galles, à l'époque moderne, le dialecte de Glamorgan, fait 
cette réduction. 

6. De Gray-Birch, History of Margam Abbey, p. 96. 

Revue Celtique, XXXIII. 20 



502 /. Lotb. 

gain n'est pas connu en Armorique. C'est sûrement le vieux- 
gallois Bran-wen, nom de la sœur de Bran, dans le mabinogi 
qui porte son nom. Brangvain représente Bran-gwen, forme 
caractéristique du X e siècle et qu'on peut trouver même 
au xi e . 

Nous avons vu plus haut que Dynas étaiteornique. On peut 
en dire autant de Cariado, de Caerdin et probablement de 
Kanelangres. 

Cariado semble un dérivé de cariad, qui signifie, en gallois, 
amant ou amante, objet aimé, mais ce peut être, ce qui est plus 
probable, une forme comique signifiant aimable (Thomas, 
vers 956 : del biau Cariados se dote). La forme courante en 
comique moyen est caradow, aimable. Ces mots en-adow 
sont propres en comique et conformes à sa phonétique; en 
gallois, c'est caradwy ; en breton, au xn e siècle, c'eût été 
caradoue l . En Cornwall, au contraire, cette réduction se 
montre dès le x e siècle : ivy se réduit même à : Morhaytho, 
Morhaeftfto, Mor-haedo 2 ; dans le Cart. de Redon : Iarn-haiiboiii \ 

Kaherdin est composé de Caeret de din citadelle (vieux-celt 
d ri nos). Din est fréquent comme second terme en Cornwall : 
Pendin écrit auj. Pen-deen en Saint-Just en Penwith. Il 
y a même en Crowan un Kcrthen que Lelant donne sous la 
forme Cairdine 4 . Din n'apparaît en breton que dans le dimi- 
nutif ou dérivé Dinan. Le nom propre Kaherdin, Caerdin 
est donc sûrement comique. 

CanoeJ, résidence du père de Tristan, a été rapproché de 
Canuel près Guérande, qui paraît dans une charte du IX e siècle 
du Cartulaire de Redon >. M. Quilgars qui a composé un 
Dictionnaire toponomastique de la Loire-Inférieure et est guéran- 
dois, l'identifie avec le nom actuel, Canvel, en Piriac. Je 



1. Diatectalement, plus tard, on a le nom propre de femme Caradou. 

2. Man. on ihe Bodmin Gospel (Revue Celt.,l, p. 432). 

3. On a, il est vrai, à coté de Iarn-haithoui, Iani-bailou. mais il semble 
qu'on ait confondu deux terminaisons différentes ; haithoui et baithoew. Il 
n'y a aucun exemple d'affaiblissement de -oui -oue, en Bretagne, avant le 
xm e -xive siècle. 

4. Coiupl. Par. Hist. of Cornwall, I. p. 268. 

5. Cari. Redon, p. 21. 



Romans de la Table ronde. 303 

ne sais sur quoi il se fonde, car la charte le donne comme 
situé en Guérande (JVenran). S'il a raison, Canûel doit être lu 
Camel. Cela n'a guère d'importance, d'ailleurs; Canoë] était 
incontestablement situé en Angleterre. Quoi qu'il en soit, 
Rivalen tirait son surnon de Kanelangres, de son manoir de 
Canoel. Or la seule langue brittonique qui puisse réduire 
Camel en Canal ou Cane! au xi e siècle est le comique (cf. plus 
haut Egles pour Eglos = Egloes, Eglois ; cf. Yoc. corn, bros, 
aculeus, pour brot == bruit). 

Canol est connu dans la toponomastique comique: CanaU 
Idy en 1287-88, en 1302, Canalesy ' aujourd'hui Canel-igey 
ou Canal-igey : c'est un nom de lieu en Saint-Issey, ancienne- 
ment s te -Ide de Eglos-cruc. Il est possible qu'il faille couper 
Kanelangresen Kanelan grès : Canclan serait un dérivé de Canoel 
et grès pour cres indiquerait la situation de la résidence de 
Rivalen. Bon nombre de propriétés aujourd'hui encore, en 
Cornvvall, sont divisés suivant leur situation : la partie du 
haut sera caractérisée par ivartha (la plus haute), gallois 
warthàv ; la plus basse par woles (golas pour goclet, breton 
gonelel, gallois gwaelod) et celle du milieu par cres, breton 
crei~ : cres dans ce cas est toujours changé en grès: en 1283- 
84 % Porihilly-gres ou Porthilly du milieu, à côté de Porthilly 
Egles ou Porthilly de l'Eglise (du quartier de l'église). De 
même goles et gwartha (gallois giuarthav) deviennent woles 
et wctrtha : en 1283-84 Trewynt woyles et Trewynt wartha. 

Canoel a pu prendre la forme Caonoelan et, régulièrement, 
en comique, Canolantt Canelan'-> : le dérivé (parfois diminutif) 
-an se trouve pour des noms de propriétés : la villa de Uueten- 
uuoion, c'est-à-dire vraisemblablement d'un Uuioion, s'appelle 
dans le Cartulaire de Redon : Ran(iv7/rt, part) Uuoion-an 
(p. 9 année 833 834) 2 . Il est fort possible aussi que Kana- 



1. Maclean, Historyof Trigg Minor, II, p. 26, 29. 

2. Assise Roll, III (12 Edward I, 20 novembre). 

3. Le nom de lieu Canota, notamment Cortes Canota apparaît plusieurs 
fois dans VExon Domesday (éd. in-fol., tome III, p. 320). Canota peut être 
anglo-saxon pour Canol an : cf. Caedwah pour Cadwallon. Malheureuse- 
ment l'origine et le sens de Canota sont douteux. 



304 /. Lot h 

langrèssoit composéde Canel pour Canoclci d'un nom d'homme 
Angrès. M. Bédier a signalé Angrès dans Cliglès. Il apparait 
aussi dans un document anglais du temps d'Edward III : le 
sheriff des îles Anglo-normandes (Jersey, Guernesey, Sierk, 
Aurigny) est invité à donner une indemnité à John Angrees 
dont le fils a été tué dans ces îles, en combattant contre les 
Français : . 

Le nom du chien Hudent, variantes Hodain, Huden, paraît 
bien composé de bu -, bon, bien (vieux-celtique su-) 
et de dent, pluriel de dant, dent : qui a de bonnes dents. 
La forme galloise correspondante eût été Hu-deint qui eût 
été, au xi e siècle, écrite Hi-deint ou Hy-deint. Hudent peut 
être aussi bien comique qu'armoricain. La graphie Husdent 
me paraît une tentative maladroite pour exprimer le son du à 
intervocaliquequi est spirant. 

En somme, les noms propres d'homme du roman (même 
ceux des deux chiens), qu'ils soient français, anglais, breton- 
armoricains, se trouvent presque tous en Cornwall ou dans les 
régions voisines ; plusieurs apparaissent avec une forme plu- 
tôt comique ou tout au moins celtique-insulaire. 

On le voit, l'étude de ces noms ne fait que corroborer les 
résultats acquis par celle des noms de lieux. 

La légende de Tristan et Iseut était certainement courante 
chez tous les peuples de langue brittonique de l'Ile de Bre- 
tagne, du nord au sud. Elle se montre dans les traditions de 
ceux qui, à l'époque de sa diffusion chez les Français, parlaient 
encore la langue de leurs ancêtres. Pour le pays de Galles, la 
preuve n'en est plus à faire 2 , mais la version dont se sont 
surtout inspirés nos poètes est sûrement celle qui a été loca- 
lisée et élaborée en Cornwall. Elle était fixée dans ses traits 
essentiels avant la conquête de Guillaume ; on en a des 
témoins et les plus impartiaux de tous, dans les noms de lieux : 
Lancien (sans parler de lintagel), Morreis, (Morroisc, Morresc), 



1. Cahndars of Close Rolls, Edw. III, p. 204. 

2. Y .Contributions à V étude des romans delà Table Ronde, VI. Cf. J. Loth, 
Mabinogûm, I, p. 92, note 1, 311 ; II, p. 205, note 8, 231, 238, 247, 248, 
260, 267. 



Romans de la Table Ronde 305 

qui figurent dans le Domesday Book, le gué d'Esell (967), 
l'église Saint-Samson, Costentin avec Trecoit (Domesday Book). 
Le philtre d'amour qui symbolise tout le drame moral ou 
immoral de la légende et en atteste l'existence, porte, chez 
Béroul, un nom anglo-saxon : Loucvcndris, pour Lovendrinc, ou 
Lovendrant pour Lovendranc. Cette légende de fond celtique 
(brittonique), courante chez les Anglo-Celtes du Cornwall et 
sans doute du Devon, les Français y ont aussi collaboré; les 
noms du Saul Tristan, Mal Pas, Blanche Lande sont signifi- 
catifs, quoiqu'ils soient vraisemblablement traduits de noms 
comiques. La civilisation française a sans doute aussi influé 
sur les mœurs et la physionomie du roman, plus ou moins, 
suivant les époques et le tempérament des poètes : Thomas, 
en ce sens, a plus innové que Béroul. Les Français ont puisé 
à deux sources : une source écrite, et une source orale : la 
prononciation que trahissent Lancien (Lantieri), Tinta jol (Tin- 
tagel), Morrois, Morreis (Morroisc, Morres) est anglo-saxonne 
et ne répond pas à la forme celtique écrite. Dinas de Lidan, 
pour Dinas Lidan, indique également une source orale mal 
interprétée ; une source écrite eût donné Dinas Lidan ; au 
contraire, Rivalen Kanelangrès pour Rivalen de Kanelangrcs est 
parfaitement correct et comique. Tristan (Trystan) suppose 
une forme écrite. 

Resterait à établir, sommairement, la part des Bretons-Armo- 
ricains. Elle serait à peu près nulle, s'il s'agissait des Bretons 
vivant en Armorique. On ne peut guère signaler à leur actif 
que saint Tresmor de Carabes et encore Tresmor est-il une forme 
purement littéraire. La forme sincère est Trechmor qui figure 
dans la vie de saint Gildas de Rhuys. Mais il y avait, nous 
l'avons vu, des Bretons de marque établis en Devon et Corn- 
wall, grands propriétaires entourés sans doute de soldats et 
de serviteurs de leur pays, à la suite de la conquête française. 
S'il n'y avait à leur attribuer que les noms de Roald et peut- 
être de Perinis, leur rôle serait bien effacé. Il est cependant, a 
priori, invraisemblable que ces Bretons parlant la même langue 
que les Cornouaillais, ayant les mêmes goûts pour la poésie, 
les récits romanesques, ne se soient pas intéressés à une légende 
aussi captivante, et ne l'aient pas plus ou moins modifiée, au 



306 /. Loth 

profit de celle que leurs ancêtres insulaires leur avaient léguée 
et qu'ils apportaient aussi d'Armorique. L'Ile Trestan (insula 
Trestannï) aujourd'hui Ile Tristan dans la baie de Douarnenez, 
ne peut avoir une origine savante : on eût eu Tristan. C'est 
en vain qu'on ferait remarquer que le nom le plus ancienne- 
ment connu est l'île de Saint-Tutuarn. Il arrive fréquemment 
(il v en a notamment en Cornwall de nombreux exemples) 
qu'un lieu ait deux noms : un nom religieux et un nom 
laïque. Tutnam était le nom du prieuré; Trestan, sans doute, 
le nom de l'île entière. Nulle part la légende de March aux 
oreilles de march (cheval), n'est aussi répandue que dans notre 
Finistère 1 , et particulièrement dans le voisinage de Vile Tres- 
tan. Cambry - l'avait déjà recueillie en 1794, près de Douar- 
nenez, au fond de la baie : « vous serez étonné de rencontrer 
ici une fable à peu près pareille à celle du roi Midas; elle 
existe clans toutes les têtes, dans les plus anciennes chansons. Le 
roi de Po>\inarcb> faisait mourir tous ses barbiers, de peur 
qu'ils racontassent au public qu'il avait des oreilles de cheval. 
L'intime ami du roi venait de le raser; il avait juré de ne pas 
dire ce qu'il savait, mais ne pouvant résister à la rage de 
raconter ce fait, par le conseil d'un sage, il fut le dire aux 
sables du rivage. Trois roseaux naissent dans le lieu; les bardes 
en firent des anches de hautbois qui répétaient : Port~marc'h, 
le roi Port^niarch a des oreilles de cheval. » M. Luzel m'a 
affirmé avoir recueilli la même légende au même endroit. 
Plusieurs autres versions ont été recueillies : une à Lost- 
march, en Crozon 4 , une seconde à Prat-an-Rons, en Penhars, 
près Quimper, une troisième à Portsall par Sébillot. 

Elle existait aussi à Pont-1'abbé. M. de la Borderie > signale 
dans l'île Chevalier, dans la rivière de Pont-L'abbé, un Cas- 
tel roe Marc' h (château du roi Marc'h). Le nom exact de ce 
château qui appartenait aux barons de Pont-L'abbé, est en 

1. Il v a dans le Morbihan des Poulviarch, mais il n'y a rien à conclure 
de pareils noms, quand la légende n'y est pas jointe. 

2. Voyage de Cambry dans le Finistère en 1794, éd. Souvestre, 1836, 
p. 179. 

3. Auj. Plomarch, en Ploaré. 

4. Bulletin de la Soc. arch. du Finistère, XIX. XXV, XXVI. 

5. Géographie féodale de la Bretagne, p. 134. 



Romans de la Table Ronde 307 

1425 ' le château du roi Guimnrc'h. C'est également le nom 
que porte le roi March dans la légende de Prat-an-Rous en 
Pcnhars. racontée par son confrère, M. Allait] à Paul Sébillot 2 , 
d'après le recil breton de son père. Cette version a un caractère 
visiblement populaire (par la réflexion concernant le roi 
d'Yvetot). Comme elle est moins connue, je la donne in- 
extenso : « Autrefois, il y avait à Prat-an-Rous, un roi appelé 
Gwivarc'h 5 , qui avait des oreilles de cheval, et, pour les cacher, 
il était toujours coiffé d'un bonnet qui les recouvrait exacte- 
ment. Il n'y avait que son barbier qui fût dans le secret, 
parce qu'il était obligé de se découvrir pour se faire tondre et 
raser. Or, il lui avait fait jurer, sous peine de mort, de ne 
jamais livrer son secret à âme qui vive. Comme tout secret 
pèse, il alla un jour faire sa confidence à une touffe de sureau 
qui croissait au coin d'un talus. L'été suivant, il y avait aire 
neuve dans un village voisin, et l'on devait y mener grande 
danse. Le joueur de biniou, passant près du buisson de sureau, 
en coupa une branche pour refaire l'anche de son instrument. 
Quand la danse fut en train, dès qu'il se mit à souffler, le 
biniou, au lieu de donner ses sons et ses airs habituels, disait 
et répétait : 

ar roué Givivarch 4 
En den~ diou scouarn marc h. 

au grand ébahissement des danseurs. 

Le roi Gwivarc'h vint lui-même de Prat-an-Rous pour 
assister aux ébats, et ne fut pas peu surpris d'entendre le 
biniou faire à tout le monde cette révélation indiscrète. Plein 
de colère, il apostropha vivement le sonneur ; mais celui-ci 
lui dit qu'il n'en pouvait mais, et que, malgré toute sa bonne 

1. Inventaire des Archives de la Loire-Inférieure, série B 2028. Ce docu- 
ment m'a été signalé par M. Bourde de la Rogerie, archiviste d'Ille-et-Vil- 
laine. 

2. Revue des trad. populaires, VII (1897), p. 356 et suiv. 

3. Ce nom très intéressant remonte à un vieux-celtique, * Visu-marco-s 
(visu, gall. gv/iw, \x\.fiu, digue); vieux-breton, iviu- Gniu-march, est dif- 
férent de Wiu-ho-march qui a donné Gwyonvarc'h. 

4. Le roi Gwivarc'h a des oreilles de niairh (cheval). 



3o8 /. Lot h 

volonté, il ne pouvait pas faire [dire] autre chose à son ins- 
trument. « Voyez plutôt vous-même », dit-il, en passant le 
biniou à Gwivarc'h. Celui-ci, tout aussi peu fier que le roi 
d'Yvetot, se mit à souffler dans le sac à biniou, qui se remit 
à sonner et à répéter : 

a r roue Gwivarc'h 

Eu deu~ diou scouaru marc h. 

« — Eh bien, dit le roi, puisque ce biniou endiablé vous a 
dit mon secret, jugez-en par vous-même » ; et il retira son 
bonnet, et tous les assistants purent contempler ses oreilles 
de cheval. » M. Allain, dans la séance du 28 avril (de la Soc. 
Arch. du Fin.), a ajouté à cette légende un détail intéres- 
sant : « un de ses barbiers, pour son indiscrétion, fut mis à 
mort, et sur sa tombe, il poussa un sureau. Le sonneur en cassa 
une branche pour réparer son instrument \ » 

C'est, à mon avis, de la juxtaposition en Cornwall, des 
deux légendes, comique et armoricaine, et d'un compromis 
entre les deux, que vient la création des deux Iseut 2 . Il est 
remarquable que la géographie de l'Armorique, quand elle 
devient la scène du roman, y est des plus vagues. On y sent 
que ce sont des souvenirs déjà confus : c'est le fait de Bretons 
nés en Cornwall. Le roman en prose, auquel je n'attache pas 
grande importance au point de vue du roman primitif, même 



1 . La légende recueillie par Sébillot ne donne d'autre nom au roi que celui 
de Karn, nom d'une île près Portsall. Il est clair qu'il manque un nom : 
du seigneur de Karn, on aurait fait le seigneur Karn (cf. Dinas de Lidan). 
Il devait s'appeler Mardi Karn, Marc'h de Karn. Peut-être l'île s'est-elle 
appelée Karn-march. Sur une tête sculptée de March ou prétendue telle 
v. Revue des Tr.pop., VII, p. 3 57-3 s8. 

2. J'avais envoyé ce travail à l'impression, quand j'ai pu prendre con- 
naissance du très intéressant compte rendu qu'a consacré, récemment, 
M. E. Muret, à l'ouvrage de Golther (Tristan und Isolât in den Dichtungen 
des Mittelûîters und der ueueu jeit ; Leipzig, 1907), dans la Zeitschrift fur 
fran%. Spr. und Letter. (Sonderabdrùck). L'auteur me l'avait adressé, il y a 
déjà quelque temps. Je suis heureux de me rencoutrer avec lui sur la ques- 
tion d'origine des deux Iseut, comme sur d'autres points. Il renvoie, à ce 
propos, à un ouvrage que je n'ai pas lu : Deutschbein, Studien %ur sagenges- 
chichte Englands (Gotha, 1906). 



Romain de la Table Ronde 309 

dans ses parties dites anciennes, a été remanié évidemment 
sur certains points par des Armoricains ou sous leur influence. 
Je n'en veux pour preuves que les scènes à Nantes, Gaudri 
le fèvre, le comte Urvoy (mal écrit Urnoy), le port de Pen- 
marck ' ». Le remanieur parait, en revanche, fort mal con- 
naître le Cornwall : Tintagel même, sous sa plume, devient 
Tinthanel. 

Outre les apports armoricains, il est clair que la version 
comique conserve comme l'écho de traditions quelque peu 
différentes, venues peut-être de Galles ou même de Cumbrie. 
La géographie même, par exemple pour le pays de Tristan, 
pour ses voyages, en est un indice 2 . Mais dans l'ensemble, 
c'est bien cette version qu'ont popularisée nos poètes, surtout 
Béroul, et leurs imitateurs. Il y a eu sûrement des rédactions 
intermédiaires entre eux et une version plus ancienne et plus 
sincère, circulant en Cornwall avec d'importantes variations 
qu'explique facilement la source en grande partie orale d'abord 
des récits. Dans cette version primitive ou plus ancienne, on 
retrouve aussi sûrement la collaboration des Brittons du 
Cornwall auxquels est due aussi sûrement la trame du roman 
et des épisodes capitaux, celle des Anglo-Saxons, mêlés aux 
habitants du pays, en partie Cornouaillais saxonisés, puis des 
Franco-Armoricains établis dans le pays. Ce sont ces derniers 
venus qui y ont mis la dernière main. C'est même peut- 
être chez Wihumar\ch\ ou un de ses descendants, sous les 
ombrages de Trecoit, que le roman a pris sa dernière forme, 
franco-armoricaine. 

Le terrain de la discussion se trouve ainsi sensiblement 
déblayé, quoique tout ne soit pas éclairci. Il faut renoncer à 
Tristan Picte, à Iseut, fille de Viking etc. Pour la première 
fois le lieu d'origine d'un romande la Table Ronde et du plus 
important de tous, est fixé avec précision. C'est la ruine de 

1. Il v a un Pemiiark en Cornwall, en Wendron et un autre en Galles 
(Glamorgan). 

2. On a, je crois, vainement cherché le Hjatland où, d'après la saga, 
aborde Roald le Foitenant lancé à la poursuite des ravisseurs de Tristan; 
c'est sans aucun doute les Shetlands : c'est, en effet, la forme normale du 
nom de cette île (Jespersen, A modem English Gramtnar, p. 53, n° 2, 742). 



310 /. Loi h 

la théorie uon-celtique, je serais presque tenté dédire anti-cel- 
tique, de l'origine de la matière de Bretagne. Jointe à mon tra- 
vail sur Morgan Tut, cette étude sur Tristan la rendra désor- 
mais, pour tout esprit de bonne foi, insoutenable. Ainsi, se 
trouve confirmée, dans sa donnée essentielle, la théorie sou- 
tenue à diverses reprises, avec quelques variations et fluctua- 
tions, par Gaston Paris ; il a approché de la vérité en faisant 
remonter le Tristan français à un original anglais, et en dési- 
gnant comme intermédiaires entre les Celtes de l'île et le con- 
tinent, les Français ou Anglo-Normands de l'Angleterre. Cette 
théorie, avec d'importantes modifications, a été soutenue en 
France, avec autant de science que de talent, surtout par 
F. Lot. L'auteur de ces lignes s'est jeté aussi de temps en 
temps dans la mêlée ; il est heureux d'achever la déroute 
d'adversaires redoutables et tenaces, mais auxquels manquait 
Tanne essentielle dans cette lutte : la connaissance approfon- 
die de l'histoire des peuples et des langues brittoniques. 

(A suivre.) J. Loth. 

N. B. — La carte ci-jointe est une carte moderne assez défec- 
tueuse. Elle m'a paru encore préférable à la carte de Bartholomew, 
réduction des cartes de l'Ordnance Survey (Collection des Ouarfcr- 
inchs to mile maps). Les noms qui intéressent directement ou indi- 
rectement le roman de Tristan sont en caractères saillants ; les 
autres servent de points de repère. 



r -W A { , i 




BETHA IUILIANA 



Sainte Julienne de Nicomédie, martyrisée dans sa ville 
natale au temps de l'empereur Maximien, était connue en 
Irlande. Le Félire d'Oengus lui consacre un quatrain à la date 
du 16 février (éd. Wh. Stokes, 1905, p. 61), et son aventure 
avec le démon est rappelée dans les notes du même poème 
empruntées à trois manuscrits (p. 74 et 75). 

On trouvera deux vies latines de sainte Julienne dans le 
répertoire des Bollandistes, Acta Sanctorum, février, t. II, p. 
868 et suiv. C'est de la première de ces deux vies (p. 873 et 
suiv.), ou en tout cas d'une source identique, que dérive visi- 
blement le texte irlandais qui suit. 

Ce texte est tiré du manuscrit de Paris (fonds celtique 
n° 1, f° 43, v° 1) et publié ici pour la première fois; on y a 
joint une traduction française. 



>i2 /. Vendryes. 

TEXTE IRLANDAIS 
Betba Uiliana ami so. 

i. [RJobôi aroili urraigi 1 darbacomainm eleseus aca[th]ir 2 
nicomedia inaimser mhaiximianus imp/V 7 rohairnaidmeth 
Ingen sociniultr/; donurraigi sin .i. iuliana ingen afracain 7 
rothaithigethintempull 7 robûid oc[g]uidi incoimde[d]7 rocur 
inturraighi techtu diasoigei diarada riafeis 3 lais fein 7 rodiult 
sisi sin. Et roinnis eleseus diahath/r 7 atben antath/V mina 
oentaigheth dia déoin condigneth diahainneoin 7 dochuaid 
mar aroibi 7 itbert frie : Cid imanobai eleseus, 7 itbert 
uiliâna diacindethsom intrinoid nofoeifed lais 7 m/nac[i]ndeth 
nicoimregdais dogrâ. Luigimsea nadei, arintatha/,", cotiubria 
dophiastaib thû d/anradi 4 na briat[h]ra sin. Atben iuiliana cid 
rte'med nocurthae conadingned air. 



2. Robôi ahatlWr aris ogarada frie feis leisin urraigi. Atlvrt 
si friahathtfzV isisi cach pian nofuilengad ardia riasnbeth ocfer. 
Bentar ahedach di gahatlWr ocus tuairgter ôflescaib i occaura- 
lam 5 uirri adrad nandei. Atbert iuiliana. nach aideorad nadei 
balba bodhrai, acht ro (f° 43 v° 2) aideorad issu crist. Dorat 
intatWr diapiannad do eleseus hi. Otconnaicsim hi rathai- 
tin Cl adealb fris 7 robôi acaradai fria adrad nandei 7 feis lais 
fein. Diantfdrasu domdiasa' ariuhVma daghensa oentu frit 
mmaderna nichoimregum dogre'ss. Diandernuind romuirfcd 
antimpzr mé. Mata eclai inimp/r ort, orsi, nabi damsa, arni- 
letfa mosaebad ocredim natrinôide ; acht déna mo piannad 
mrtdâil leat. 



1. Le mot est écrit urraigi au début du récit, mais plus loin ttrraig, § 10, 
airrig, § 12 ; c'est le mot errigdes Pciss. and Hom., p. 687. 

2. Ms. akair. 

3. Pour l'emploi de ré, marquant le but et l'intention, voir Three Shajls, 
p. 422, col. 1. 

da 

4. Ou d/jiwdi'iai (?). Le manuscrit porte dnri. 



Bctha Iuiliaha 313 

TRADUCTION 

Fie de Julienne. 

1. Il y avait un préfet de la ville de Nicomédie, au temps 
de l'empereur Maximien, qui portait le nom d'Elisée. A 
ce préfet était fiancée une fille de bonne naissance, Julienne, 
fille d'Africanus ; elle fit visite au temple et y resta à prier le 
Seigneur. Le préfet envoya des messagers à sa recherche pour 
lui parler, pour qu'elle couche avec lui, et elle refusa. Eli- 
sée en fit part au père, et le père dit que si elle ne consen- 
tait pas de plein gré, il le ferait en dépit d'elle ; il alla la trou- 
ver, et lui dit : « Pourquoi repousses-tu Elisée ? », et Julienne 
dit que si la Trinité le permettait elle coucherait avec lui, 
mais que si la Trinité ne le permettait pas, ils n'auraient 
jamais commerce. « Je jure les dieux, dit le père, que je te 
donnerai aux bêtes si tu dis ces paroles-là ». Julienne répon- 
dit que quand bien même elle serait jetée au feu, elle ne le 
ferait pas pour lui. 

2. Son père lui dit une seconde fois de coucher avec le pré- 
fet. Elle répondit à son père qu'elle supporterait toute peine 
pour Dieu avant d'être à un homme. Elle est dépouillée de 
ses vêtements par son père et battue de verges, tandis qu'il 
lui ordonne d'adorer les dieux. Julienne répondit qu'elle n'a- 
dorait pas les dieux sourds et muets, mais qu'elle adorait 
Jésus-Christ. Le père la donna à Elisée pour qu'elle soit punie. 
Dès qu'il la vit, sa beauté le frappa, et il se mit à lui dire 
d'adorer les dieux et de coucher avec lui. « Si tu adores mon 
Dieu, dit Julienne, je m'unirai à toi ; si tu ne le fais pas, 
nous n'aurons jamais commerce. — Si je le faisais, l'empe- 
reur me mettrait à mort. — Si tu as la crainte de l'empereur 



5. Cf. furàileamh, Three Shafts, p. 380. 

6. Pour rothaitin, prétérit du verbe taitnim « j'apparais » et je « plais » 
cf. Pass. and Hotn.,\. 7238. 

7. Domdiasa répété deux fois dans le manuscrit. Pour le verbe adraint 
suivi de la préposition do, cf. P. H., 1. 134e : co ruédrur dot deeb siu. 



314 /• Vendryes. 



3. Rocur inturraighi se mili diamuinnter diasoigid 7 rotuair- 
csit ofleasgaib 7 rocureth i 7 afolt icuibrech. Atuhrt inturraigi 
fria : D[i]amtfdâil leat gandopiannad ni ismô, dénai eàhurt 
donadeib .i. doapuill 7 dodeàn. Attart iulw?//a nadingnfld tre- 
bithu. Atlvrt acur nocht acoiri fiuchach lan do linn luaigi 7 
dorônrfd amlaid sin 7 nidernai irchrad di. 



4. Rocureth icarcuir i iarsin 7 robôi icimigdh'i innti 7 ised 
rorâid : Adé uilicumachtaig, orsi, aath/r na nuili, athidnaicid 
grtc[h]a comairli, namcoimét isnapiannaib amail racomé- 
tuis daniel icuitig nâleom[a]n, 7 amail rosaôrais teclai ontei- 
ned 7 namtfcaim ontsurn teined, 7 amail twcaiss mie Israël 
cocossaib tirmaib tremur raaid 7 amail rabâidis nahéigiptig 7 
forann fdrô ; cofuasluigea dimsa amlaid sin 7 cotttca don 
urraighi coropiannter 6 gallnz/b 7 corochnaièa ocrumtf//', 7 
curab treab do iffrenn. 



5. Tan/c deamtf// innsin indeilb aingil cohiuiliâna 7 itlvrt 
frie : Dena edbuirt donadeib, olsé, ardâig naropianntar ni 
ismô. Cia thû ', oriuil/rt/za? Aingil dé misi, orsé, 7 is aire 
romeuirrd chugadsa diarada frit édbuirt dodéntfm 2 donadeib 
ardaig narqeible. Adé nime 7 talmàn, oviu'ûiâna, calmaig mé 
iderabaid, 7 (oillsig dam cid fil oc[u]macalb/». AtWrt inguth 
frie : miliâna, dena calmai, olsé ; itûsai maille frit ; 7 glac lat 
inti fil ocutagalkw, coieasae cuich é. Atracht iuiliana 7 roglac 
diabrt/ tresighnuim nacroice, 7 kben fris : ciatû, olsi, 7 canas 
tangais. Romléic as, ordiab/*/, 7 atber frit. Abair ortûs, oriui- 
liâna, 7 leiefet iartain. 



1. Ms. ciaht/.'û. 



Retint Iuiliam. 315 

dit-elle, ne sois pas à moi; car je ne pourrai me laisser 
détourner de croire à la Trinité ; mais fais-moi supplicier si 
cela te plaît. » 

3. Le préfet envoya six mille de ses gens vers elle, et ils la 
battirent de verges, et elle fut enlevée et pendue par les che- 
veux: Le préfet lui dit : » S'il t'est agréable de ne plus être 
suppliciée davantage, fais un sacrifice aux dieux, c'est-à-dire à 
Apollon et à Diane. » Julienne répondit qu'elle ne le ferait de 
sa vie. Il ordonna de la jeter nue dans un chaudron bouil- 
lant plein de plomb fondu ; cela fut fait ainsi, et elle n'en 
éprouva aucun mal. 

4. Elle fut jetée ensuite en prison, et là elle se mit à prier 
et voici ce qu'elle dit : « O Dieu tout-puissant, dit-elle, ô 
père de toutes choses, ô dispensateur de tout conseil, con- 
serve-moi dans les supplices, comme tu as conservé Daniel 
dans la fosse aux lions ; comme tu as sauvé Thècle du feu 
et les enfants dé la fournaise ; et comme tu as envoyé les 
enfants d'Israël à pied sec à travers la mer Rouge, et comme tu 
as noyé les Égyptiens ainsi que le Pharaon. Écarte [cela] de 
moi de la même façon et reporte-le au préfet; qu'il soit tour- 
menté par les maladies, qu'il soit rongé des vers et que 
l'enfer soit son séjour!. » 

5 . Le démon arriva là auprès de Julienne sous forme d'un 
ange, et lui dit : « Fais un sacrifice aux dieux, dit-il, afin 
que tu ne sois pas suppliciée plus longtemps. — Qui es-tu ? », 
dit Julienne. — « Je suis un ange de Dieu, dit-il, et j'ai été 
envoyé vers toi pour te dire de faire un sacrifice aux dieux 
afin que tu ne meures pas. — O Dieu du ciel et de la Terre, 
dit Julienne, fortifie-moi dans ta foi et indique-moi qui est-ce 
qui me parle. » Une voix lui répondit : « Julienne, aie cou- 
rage ; je suis avec toi ; saisis-toi de celui qui te parle, afin de 
savoir qui il est. » Julienne se leva, saisit le diable par le signe 
de la croix, et lui dit : « Qui es-tu, et d'où viens-tu ?» — 
« Laisse-moi aller d'ici, dit le diable, et je te le dirai. » — 
« Parle d'abord, dit Julienne et je te lâcherai après. » 



2. Ms. dodéni/m dodendm. 



3 16 /. Vendryes. 

6. Ismé ifirnaig, olsé. Ismé doter forguin ' manfer 7 fingala. 
Ismé cathaithigi 2 sarthoile. Isme thaithmigws insidh 7 dobtv 
aaca[th]a 3 foferc ; ismé dorat foréva 7 foradam imarbhus digé- 
iiflfm ; ismé derat forcaidin abél dimarbmi ; ismé dimarb crod 
ioip 7 imuinntir 7 achlann 7 roaimsig é imabalWè; isme dirat 
for mate israthel isindithreib inloeg ordai da adradh 7 iosafa 
laid dothescad otwrisc; ismé (f° 44 r° 1) dorat 4 fornabgodon- 
sôr natrigilli dicur isinsorn tem'd ; isme dorat foriruaith inm#- 
crad domarlW; ismé dorat foriudâs cm/ dobrath ; isme 
dorat ïor'mm'ûed crist doguin ; ismé darat forirh s eoin baisti 
didic[h]ew/ad ; isme [dojra*: arsimôn 6 arad çurab druig 7 petar 7 
pôl ; ismé tor[at] fonear petar dicrochtfrf 7 uile imdai ele. 



7. Cia rodhiïd ille, or'miliânz. Matha/r fe[i]n, olsé. Caide 
aainmsiu, oriuih'awa. Belsebub, ar deman. Caide agnimsidein 
armùiâna. Wiansa ; aircid cech uile, arsé. Cid dulc fodamtai for 
innarbai onacm/aig/b, oriuiliâna. Ismoide arnanoir, ardemon, 
beth icathugwi frisna krènaib. Arnihail le lucifer arfo/csin 
m[ijna chlaidim infiren, 7 m[i]nadernum nagnima c[u]macur- 
thar sinn, piàntar sinn ; conid aire sin isécin dûin umaloit 
didénum dos[o]m zmail donet nech diaath/r. Indis duin 8 
oriuilziwa cindus siltâi bar nuilc. Inneos/<7t 9 d/«tsiu on, or 
diab///. 



8. Tigmid gus innduine 7 é urlum ôgnim dé 7 dobtvam 
imraiti eili dulc forammman, 7 saobumaid onadeidgnimaib 7 



1. Cf. sans doute forgan « anger » O'R., bien que ce dernier mot soit 
donné comme masculin. Mais le singulier 'manfer « autour de l'homme » 
est embarrassant. 

2. De cothaigim « je nourris » (K. Meyer, Contr., p. 500). 

3. Ms. naka ; cf. ci-dessus, p. 312, n. 2. 

4. Ms. dorat dirat. 



Bétha Iuiliana. 317 

6. « Je suis un être infernal, dit-il ; c'est moi qui cause le 
courroux des hommes et les meurtres ; c'est moi qui nourris 
les mauvais désirs ; c'est moi qui dissouds la paix et qui cause 
les luttes de colère. C'est moi qui ai fait commettre le péché 
à Eve et à Adam ; c'est moi qui ai fait tuer Abel par Caïn ; 
qui ait fait périr le bétail de Job, sa famille et ses enfants, et 
qui l'ai tenté dans ses membres ; c'est moi qui ai fait adorer 
le veau d'or aux enfants d'Israël dans le désert et qui leur ai 
fait découper à la scie le prophète Isaïe ; c'est moi qui ai fait 
jeter par Nabuchodonosor les trois garçons dans la iournaise ; 
c'est moi qui ai fait tuer les enfants par Hérode ; c'est moi 
qui ai fait trahir le Christ par Judas ; c'est moi qui ai fait per- 
cer le Christ par le soldat ; c'est moi qui aj fait décapiter Jean- 
Baptiste par Hérode ; c'est moi qui ai fait dire par Simon que 
Pierre et Paul étaient des druides ; c'est moi qui ai fait cruci- 
fier par Néron Pierre et tous les nombreux autres. » 

7. « Qui t'a envoyé ici ? » dit Julienne. — « Mon père 
lui-même », dit-il. — « Quel est son nom ? » dit Julienne. — 
« Belzébub », dit le démon. — « A quoi s'occupe-t-il ? » dit 
Julienne. — « C'est bien aisé; il est, » dit-il, « l'inventeur de 
tout mal ». — « Quel mal souffrez-vous pour l'expulsion [du 
corps] des chrétiens ? », dit Julienne. — « Notre honneur en 
est plus grand », dit le démon, « de combattre contre les justes ; 
car Lucifer n'aime pas nous voir si nous ne terrassons pas le 
juste ; et si nous ne faisons pas l'action pour laquelle on nous 
envoie, on nous punit ; aussi nous est-il nécessaire de lui 
obéir comme chacun fait à son père. » — Dis-nous », dit 
Julienne, « comment vous répandez vos maux. » — « Je vais 
te le dire », dit le diable. 

8. « Nous allons trouver l'homme, quand il est distrait de 
l'action de Dieu et nous inspirons à son esprit d'autres pen- 

5. Lire iruath « Hérode ». 

6. Ms. arsimôn arsimô» . 

7. Ici, drui signifie « magicien » ; cf. Simon drûi =z Simo magus, T. B. 
C, 2530 et v. Rev. Celt., XXX, 83 et n. 

8. Sic. Lire sans doute dam « à moi ». 

9. Ms. inneos. Cf. indisfetsa P. H. 926. 

Revue Celtique, XXXIII. 21 



3 iS /. Vendryes. 

onahirnaithchib hé 7 dobgraimni fochuide foramefnjmtfn 
conidiat amaslaichi gabad cuccu; gach 6en doni irmgthl j 
scrutan nascribture diadae, innarbaw sin sinne uadhaib. Cin- 
nus lamthàisi amus {orna, cristaigïb, or'miliâm. Amail rofé- 
thaisi infasdogsa triathairismi dait icr/jr/, ardemon, isamWd 
sin lamuimsea triaforcongra satanais aimsiutin nafirén. 



9. Isann sin rochengail iuihVma indeman 7 rochuir fbrlar é 
7 rosbuail .i. oen dinacuibrigib bûi furri fein. Arcrist crochda 
frit, arsé, léic immach. Abair frim, oriuiliana, cid gné uiic 
rocnris isnadâinib. Drem dib didalW, aroili dib acossa dobri- 
s^d. Cid tra acht cach ernail uilc fil isin dom/m ismisi dogni ; 
gurroaimsigus tra nà heaspail 7 na mairtinr/? 7 na faide. Nir- 
cengail nech dib me, acht tusa 7 roratus aimsiugfld arm^c nde 
darugus isliab isin dit[h]rib 7 nircho/dig dam. Tusa immorro 
romhspailis ophiànaib môra. 



10. Atbtvt inturraig iuilianai dotabtf/rt chugi. Tain/c iui- 
liàna, 7 t//c le andemon 7 robôi indeman r ig etarguide iui- 
liana imaleagan immach conid aiïn sin rolàid si uaithi é illog 
salach. Tan/e iu'ûians. isin teach inturraig 7 i fâilig oghnûis. 
Atbevt intarm/V ce rofuaslaicc thû odmôrphiân^/T? a'm'ùiânâ. 
Incoimdiu c//machtach sin rofâid aingil domfurtachtsa. Tusa 
immorro truag aineolach 7 fogeba tene suthain 7 cruma ncm- 
marbai 7 dorchatu marthan<7ch. Déna ait[h]rigi. Istrôcar (f° 
44 r° 2) dligthach incoimdiu 7 dobera slanti âuk. 

11. Isann sin t//cad r[o]tha hmide gusinrig 7 cloidmi géra 
as 7 tene fâi 7 milig oga luth 2 7 rocureth iuilitf //a ann ; acht 
nirothesgsat na cloidmi 7 roloisc intene. Tain/c iarsin aingil 
7 robâid inteine 7 rothaithmig na cuibrighi bûi uirri. Bôi iui- 
liana. ocait[h]rigi. Adé uilicwmachtaig, orsi, aslanû n^marb- 



1. Ms.7 robôi indema» 7 robôi indeman. 



Bel ha ïuiliana. 319 

sées de mal; nous le détournons de ses bonnes actions, de ses 
prières et nous tourmentons son esprit jusqu'à ce que nos 
séductions l'aient saisi. Quiconque se livre à la prière, à 
l'étude des saintes écritures, nous l'en détournons. » — 
« Comment », dit Julienne, « osez-vous tenter les chrétiens ? » 
— « De même que tu as pu te saisir de moi par ta fermeté 
dans le Christ », dit le démon, « de même j'ose, par l'ordre de 
Satan, tenter les justes. » 

9. Alors Julienne saisit le démon et le jeta sur le sol et le 
frappa, en se servant d'un des liens qui se trouvaient sur elle- 
même. « Parle Christ crucifié ! » dit-il, « laisse-moi aller ». — 
« Dis-moi », dit Julienne, « quel genre de maux tu as fait aux 
hommes ». — « A certains d'entre eux l'aveuglement, à 
d'autres le brisement des pieds. Bref, tous les genres de maux 
qu'il y a dans le monde, j'en suis l'auteur ; j'ai tenté les 
apôtres, les martyrs, les prophètes. Aucun d'eux n'a pu se sai- 
sir de moi ; il n'y a que toi. J'ai donné tentation au fils de 
Dieu quand je l'ai mené sur la montagne dans le désert, et il 
ne m'a fait aucun mal. Mais toi, tu m'as frappé de grands 
maux. » 

10. Le préfet se fit amener Julienne. Elle arriva, traînant 
avec elle le démon, qui la suppliait de le laisser aller, si bien 
qu'elle le rejeta loin d'elle dans un lieu immonde. Julienne 
entra dans la demeure du préfet, le visage rayonnant. Le pré- 
fet dit : « Qui donc t'a délivrée de tes grands maux, ô 
Julienne ?» — « C'est le Seigneur tout-puissant qui a envoyé 
un ange à mon secours. Mais toi, malheureux ignorant, tu 
trouveras le feu éternel et les vers impérissables et les ténèbres 
perpétuelles. Fais pénitence. Le Seigneur est miséricordieux 
et indulgent, et il te donnera le salut. » 

11. Alors on apporta au roi une roue de fer, d'où partaient 
des glaives acérés et sous laquelle il y avait du feu ; des sol- 
dats la faisaient mouvoir; on y plaça Julienne. Mais le? 
glaives ne la coupèrent pas, le feu ne la brûla pas. Ensuite 
vint un ange qui noya le feu et détacha les liens qu'elle avait 

2. Cf. sans doute luth « uis, impetus, impulsus » (Ascoli, Gloss., p. 
clxxxij) et v. Windisch, T. B. C. 1. 1709, p. 216, n. 3. 



320 /. Vendryes. 

dae, atidnaicid in betha, istû doiridina parrthais ' ; istû 
sdiuraigi incinid dabna ; istû robentach iacob 7 rosaer ioséph 
arfo/-mat abraithrech ; istû roforchan mayssi immthuaitb dé 
dotaba/Vt aheigpht 7 tri muir ruaid cosaib tirmaib co rangan- 
tar tir tarrngaire ; istû romarb goilias tre duaià ; istû romo- 
lad onahaingl//; 7 onadruith[ib] ; istû rothodhuisc marbu 7 
rothogh apstal ; istû rotidnaic/'d oiudas 7 rocésad oiuda/b 7 
rohadnaic/d 7 roeirig omarbaib isintreslô 7 rofreasgab 
doc[h]/mi noue ; istû 2 inoentarrngaire, adé dogni nahuili sin 
7 rofurtachtaig dimsa gustrasta, saer mé inchuradsa 5 ; 7 
curab comaitrebh dosom ré dhbitl inif[e]r« chaidche. 



12. AtbtTtatar basai retha na cat[h]rach nicomedia : Isé 
intoendia uilicz/machtaig atcheas iuùiâna. 7 nidia aile acht se 
7 dorinsit uili aithrigi 7 rocomtbog[arJsat uili dia ; 7 roindis 
intairrig sin donimp^r 7 adubairt antimpir amarbad tre cre- 
dim do dia; conid tricad 7 cet rodic[h]entad dib. 

13. Rocureth iuiliana xtehvd ac on urraig ; dorinni si 
aitrige iarsin 7 dochuaid aingil diafoir/V/;in 7 rocur intene 
uaithi. Bôi si ocmoW incoimdeth 7 mrchcidig intene di. 
AtbtTt mturraig amaiergugad À. linn luaigi docur isuacht 4 7 
aûuchad 7 iuiliana. dicur ann >. Dorindeth amlctid. Rolig/d 
ûuchad intsuachtai tairis imhach gurmarb .v.er ar .lxxx. 
do muinntir merroig 7 nirmô inaid fothruicthi doiu- 
litf/za e. 

14. Otconnairc inturm/^ sin, rodluid a étach 7 bôi oce- 

1. Faut-il couper doiri dina parrthais ou doiridi na parrthais} Dans les 
deux cas le texte serait à corriger. Lire peut-être doirindi « qui as fait » et 
supposer un mot tombé dont dépendrait le génitif parthais ; dina génitif du 
mot dut i< protection » ne parait fournir aucun sens. 

2. Ms. istû. istû. 

3. Lire sans doute onchuradsa. Pour le sens de ce mot, cf. corad, Thne 



Betha Iuiliana. 321 

sur elle. Julienne se mit à faire pénitence : « O Dieu tout-puis- 
sant », dit-elle, ô salut immortel, ô dispensateur de la vie, 
c'est toi qui as fait... du paradis, c'est toi qui a guidé la race 
humaine ; c'est toi qui as béni Jacob et qui as sauvé Joseph 
de la jalousie de ses frères ; c'est toi qui as enseigné à Moïse 
à faire sortir d'Egypte le peuple de Dieu et cà traverser la mer 
Rouge à pied sec pour atteindre la terre promise ; c'est toi 
qui as fait périr Goliath par David ; c'est toi qui as été célé- 
bré par les anges et les druides, toi qui as ressuscité les morts 
et qui as choisi les apôtres; c'est toi qui as été livré par 
Judas et supplicié par les Juifs, qui as été enseveli et qui es 
ressuscité d'entre les morts le troisième jour et qui t'es élevé 
au ciel ; c'est toi l'unique promesse ; ô Dieu, qui as fait 
toutes ces choses et qui m'a protégée jusqu'à ce moment, 
délivre-moi de ce scélérat ; qu'il partage désormais le séjour 
du diable en enfer ! » 

12. Les bourreaux de la ville de Nicomédie déclarèrent : 
« Le seul Dieu tout-puissant est celui que voit Julienne ; il 
n'y a pas d'autre Dieu que lui », et ils firent tous pénitence et 
tous invoquèrent Dieu. Le préfet raconta cela à l'empereur, 
et l'empereur ordonna de les mettre à mort pour avoir cru en 
Dieu ; cent trente d'entre eux furent décapités. 

13. Julienne fut placée dans le feu par le préfet; elle y fit 
pénitence et un ange vint à son secours, qui écarta d'elle le 
feu. Elle se mit à louer le Seigneur et le feu ne l'incommoda 
point. Le préfet, s'étant mis en colère, ordonna qu'on apporte 
du plomb fondu dans une cuve, qu'on la lasse bouillir et 
qu'on y jette Julienne. Ainsi fut fait. Le liquide bouillant 
s'échappa en dehors de la cuve, si bien que périrent quatre- 
vingt-cinq personnes de la maison du préfet ; pour Julienne 
cela ne lui fit pas plus d'effet qu'un bain. 

14. Quand le préfet vit cela, il déchira ses vêtements et se 

m. lr. Hom. p. 42, 23 et côraidh .i. drochdhaine O'R. Il y a eu confusion 
de car ad et de curad. 

4. Le mot suacht, gcn. suachtai désigne évidemment une espèce de réci- 
pient ; mais je ne l'ai rencontré nulle part. 

5. Ms. ann ann. 



322 /. Vendryes. 

gnach na ndei, uair narfétsat bas dotaba//'t di. Atbtvt anter- 
raig iarsin abreth dia dic[h]«»iad. Bafail/d im[morro] mïïiarm 
imcrich abethad ditecht. Orwead culog indic[h]c»rfaJa, taimc 
indem<w rocheangail reime 7 hben frisnabasairib : Nacoi- 
gligi ', orse ; (f° 44 v° 1) isisin rochairigbar ndei 7 isi dorone 
ulco imdai frimsai 7 isi dorât frimsai aindisin di gach ni 
rifiarfo/d dim. Rothôgaib iuliana arosc inairdi cofeasad ciaro- 
labair, 7 roteith indeman annsin. 



15. Bôi îuilwwa ocinntôd câich 7 ocfurail credim forru 7 
conhadradais nadei bodrai balbai, acht isu cri si 7 rofaid aspi- 
rât iarsin cum nime 7 rohadiMceth a corp anicomedia. Ta me 
bannscàl onicomàfta do saigid naroma 2 7 dorat tnisi iuilwwa 
le 7 roadnaic gairt onmûr icomfocraib naroma. 

16. Tanic àidiu mtmraig eleseus iluing inaroili la 7 robai- 
ded inlong 7 triar artricad imesim 7 iduatar eathaiti alita 
acorp arnacur dintuind itir tre briat[h]raib nahoigi iuiliaana. 
Finit. Amen. 



1. Cf. coicïtm « je ménage, j'épargue » (K. Meyer, Contr., 413). 

2. Pour l'emploi de l'article devant le nom de la ville de Rome, voir 
P. H., p. 765. 



Bel ha lui lia 11 a. 323 

mit à insulter les dieux, parce qu'ils n'avaient pas pu la mettre 
à mort. Puis il donna l'ordre qu'on l'emmène pour la déca- 
piter. Julienne se réjouit d'être arrivée au terme de sa vie. 
Comme on la conduisait au lieu du supplice, arriva le démon 
qu'elle avait saisi précédemment ; et il dit aux bourreaux : 
« Ne la ménagez pas », dit-il, « elle a repoussé vos dieux; elle 
m'a causé des maux nombreux ; elle m'a forcé à lui raconter 
tout ce qu'elle me demandait. » Julienne leva les yeux en 
l'air pour savoir qui parlait, et le démon partit aussitôt. 

15. Julienne se mit à convertir chaque assistant, à les pres- 
ser de croire et de ne plus adorer des dieux sourds et muets, 
mais Jésus-Christ. Puis son âme s'en alla au ciel et son corps 
fut enterré à Nicomédie. Une femme alla de Nicomédie à 
Rome, emportant avec elle les restes de Julienne, et elle les 
enterra près du mur dans le voisinage de Rome. 

16. Quant au préfet Elisée, il partit un jour sur un vais- 
seau, et le vaisseau fit naufrage avec les trente-trois personnes 
qui le montaient; et les oiseaux sauvages mangèrent leur 
corps, après que les flots les eurent rejetés sur la terre, con- 
formément aux paroles de la sainte Julienne. Finit. Amen. 

J. Yexdryes. 



ÛBER DEN GEBRAUCH DES FUT. II. IM IRISCHEN 

UND 
UBER DIE BILDUNG DES AIR. FUTURS. 



literatur: I. Thurneysen, KZ. XXXI. S. 68 f. 

Strachan, Subjunctive Mood in Irish, Transactions of the 
Philological Society. London 1895-8, S. 225 ff. 

Pedersen, Vergleichende Grammatik der keltischen 
Sprachen IL I. 312 ff. 

II. Vgl. auch Vendryes, Mémoires de la Société de Lin- 
guistique de Paris, XI, 258 ff. 

Stern, CZ. IL 383 ff. 

Thurneysen, KZ. XXXI. S. 77 f. 

Vendryes, Mél. Havet, S. 587 ff. 

Kieckers, IF. XXVII. S. 325 ff. 
abkurzungen : SR. : Saltair na Rann, herausgegeben von 
Stokes. 

TBC. : Tain Bô Ciialnge, herausg. von E. Windisch. 

Cath Riiis : Cath Rûis na Rig for Bôinn, herausg. von E. 
Hogan. 

PH. : The Passions and the Homilies from LBr. herausg. 
von R. Atkinson. 

I 

Das Prâteritum Futuri steht nach Thurneysen (Hb. d. Air. 
S. 31 1) « sowohl in Hauptsàtzen als in indikativischen Neben- 
sâtzen:Es vergleicht sich mit demromanischen Kondizional. » 
Seine Funkzion ist die des Pràteritums Futuri (lat. die- 



Dus Fùturum im Irischen. 325 

tutus eranî), die des Potenzials oder des Irreals. Dièse letzte 
Bedeutung ist besonders hiiufig in der Apodosis der hypothe- 
tischen Périoden. Allein die Potenzialbedeutung hat auch das 
modale Imperfektum(Imperfektum desSubjunktivs) und zwar 
in den Subjunktivsâtzen. Da aber der Potenzial schon an und 
fur sich eine subejektiveBedeutungsnuance hat, eine Nuance, 
die im Irischen durch den Subjunktiv zum Ausdruck kommt, 
so musz man annehmen, dasz der irische Subj. II. (Subj. Impf.) 
mit dem Fut. II. teilweise konkurriert, was auch Vendryes 
(Gram. § 470) annimmt, er sagt nàmlich : « Mais le principal 
rôle de l'imparfait du futur, c'est d'exprimer le potentiel du pré- 
sent ou du passé (irréel) en proposition principale. Il partage cet 
emploi avec l'imparfait de l'indicatif et l'imparfait du subjonc- 
tif. . ., sans qu'on puisse établir d'ailleurs une différence de 
sens entre les trois. » Fur die Apodosis der hypothetischen 
Périoden kônnte man das zwar nicht behaupten (vgl. Strachan 
Subjunçtive Mood § 34 ft), jedoch gilt das z. B. fur die Fra- 
gesiitze (Strachan a. a. 0. § 29 ff.). Es ist auch weiter zu 
beachten, dasz im Mittelir. in gewissen Fâllen anstatt des air. 
Subjunktivs Imperfekti ein Prâteritum Futuri stehen kann 
(vgl. Strachan a. a. o. « Thus, in the Saltair na Rann, 1. 
5776, is found ni frith dib oenfer folilsad, ' there was not found 
one man of them who could endure '. Hère, according to the 
Old Irish usage, we shouldhave had, no.t thésecondary future 
folilsad, but the past subjunçtive folôsad. ») Es wirdalso nicht 
iiberflùssig sein den Gebrauch des Prâteritums Futuri nàher 
zu betrachten ; wenn auch schon Strachan manches konstan- 
tiert hat, geschah dies nur mit Rùcksicht auf den Subjunktiv. 

§ 1. Das Prâteritum Futuri wird also 1) als Ausdruck fur 
eine in der Vergangenheit bevorstehende Handlunggebraucht : 

Ml. 43b 9, diem tribulationis uocat tempus quo cinctura 
erat Assiriorum obsidio ciuitatem. gl . bon imthimchellfad. 

Sg. 209b 27, qui se sciret non deserturum gl. naich 
ndeiserd 

Ml. 48a 5, huic [Ezechiae] qua oratione infïrmitatis suas 
tempore sit Ezechias ussurus, profetatur hoc carminé, gl. 
honerberad biuth. 

Ml. 68a 1,.. qui tune futuri sunt... gl. indaim ser dundiefitis 
assair.. (die Zeit, \vo die A. kommen sollten.) 



326 Josef Baudis. 

(Ml. 100c 7, carpit futura d\sc\d\ag\. duadbatsom indinchlidid 
inna debthi nobetis la israheldu iartain.) 

Vgl. weiter : Wb. 5a 20, Non repulit Dcus plebem suam, 
quam praesciuit gl . i. inti nochrdtfed diib « den von ihnen, 
der glauben wird » (Zeuss 2 461. qui crediturus esset. — Ich 
glaube, daszhier die potenziale Auffassung nicht nôtig ist. Es 
handelt sich hier uni eine Prâteritalisierung der Aussage : 
Gott verstôszt nicht denjenigen, der glauben wird). 
Vgl. Ml. 59a 22, airet nombèinnisnaib imnedaib. 
Sg. 138 b 1. Cum igitur masculinum sit ' nutritor ' et ex 
eo secundum analogiam nascebatur nutritrix. gl. nogigne(J), 
Zeuss 2 433 : nasceretur, nasci debebat. Das Zweite ist das 
Richtige : « es sollte gebilded werden », fur die indikativische 
Auffassung sprieht ùbrigens auch der Indikativ des lateinis- 
chen : nascebatur. 

IT. I. S. 213 : ochs atchilhe dô i n-asîingi innas ind fir nô rig- 

faide ( das Aussehen des Mannes, der zum Kônig 

gemaeht werden sollte. Vgl. auch Tog. Br. Dâ Derga § 11 : 
no ibead a enbruithi, 7 no chanta or firindi fait ina ligiit- Fer 
atchicheàd inà chotlad is e bad ri.). So auch PH. 4893 ff. : is 
aire ro-damair ïsu do diabid a aiinsiitgud ar tus, co mbad fJiollas 
a chumachtu iar fholad a deachta ; 7 din do thaidb(shi) na 
mbuada 7 in choscair no-berad de iartain. 

Vgl. neuir. : Geallais an ri dhi gan an mac do mbarbbadh, 
dâ ndéarnadh rftn àr an ni do-chijeadh (Sgéalaigheacht Chéitinn 
1, 15). Der Kônig versprach ihr, dasz er ihren Sohn nicht 
tôten lassen wird, wenn dieser verhehlen wird, was er sehen 
wird. 

Die Vergangenheit ergibt sich aus dem Zuzammenhang in 

SR. 3389 : Ni gcbed Ioseph nachfiach 

An m. Die Bedeutung « ich wollte » liegt im folgendem 
neuirischen Beispiel vor : agus ors ' a ' niadadh : « Fnaidh 
beirt dearbhrâitbi cacha duil-se thart, agns ni thabharfadh 
siad dadaih damh-sa... » (Cruach Chonaill, S. 5), und der 
Hund sagte : « Deine zwei Brùder sind vorbeigegangen 
und wollten mir nichts geben » (nihil mihidaturi erant; 
— der kondizionale Sinn ist da deshalb ausgeschlossen, 
da der Hund tatsachlich uni ein Stùck Brot gebeten 
hatte). 



Dos Futurum lui Irischen. 327 

Eine bevorstehende Handlung liegt auch im folgenden 
Beispiel vor : Cath Finntrâga Z. 489 : ni drudôcheili Ubronsat 

amhail as gnathdo comrac igur thicfedh aghaidb ( als die 

Nacht (heran)kommen sollte). 

Die Bedeutung ' ich sollte tun ', mihi faciendum erat, facere 
habebam liegt in PH. 5102. vor: co wbad anilaid domcltis bé. 
Atkinson : that they should eat it thus. 

§ 2. So sind auch die Inhaltssiitze aufzufassen, die eine 
indirekte Rede enthalten. Solche Sâtze sind entweder Subjekt- 
satze, oder Attributivsâtze, oder endlich Objektsâtze : 

§ 3, 1) Subjektsâtze : MI. 46a 19, nadnersoilcfitis nadoirsea 7 
nad ticfed in ri nach in popul asindoiri isbe inmachdad insin robôi 
forsnaib doirsib 7 ised rodaucai dorad innàm briathar sa. i. qui s 
est iste ri. ' (der Umstand), dasz die Tûr nicht geôffnet wer- 
den sollte (im Pràs. : nicht geôffnet wird, w.soll) und dasz 
weder der Kônig noch sein Volk aus der Knechtschaft (ent)- 
kommen sollte (im Prâs: entkommen wird), das wunderte 
die Tûr (wôrtl. : das war die Venvunderung, die auf der Tùr 
war) und dies war, was sie zu diesen Worten veranlaszte : 
quis est 

PH. 6975, ba doig leocombad Hiruath no-genfed in t-i batar 
iarraid. 

ebend. 2044, Dar le hhïdaidib imorro connicfitis a Jhastad 
bas. 

(futural oder potenzial aufzufassen). 

ebend. 3224-25, Ar ba dôig h-(J)sium co mbertba a animm a 
biffer n. 

Cath Fintr. 393. uair ba dearbh leo nacb ticfaidis tara ri- 
ais aris. 

(I T. I. 2ji,Ba samalta co rachdd long forlan seolacb dar 
a cbrxs gin osluictbe : lâszt auch die potenziale Auffassung 
zu. vgl. 

otibedsom amangfbàitbiud gaire foraird impu condigsed tresbess 
oanirt nonbair dargincbrœs dô (bei Zimmer ZfdA. XXXII. S. 
208 ; RC. XIV. 404) also... dasz ein Schiff hindurchkommen 
kônnte ) 

§ 4. 2) Attributivsâtze. 

Ml. 108a 5, robôi dam dodia domberad fortacbtain dam gl. 
zu prouidentias. 



328 Josef Baudis. 

Vgl. auçh Ml. 33b 13, abhângig von einem Modalsatz 
Ml. 111 d 4.). 

Ml. 97d 10, ia mai ris nandatiberad dia doit 7 nach coimna- 

cuir « dasz Gott es ihnen nicht geben wird » (gedacht in 

Vergangenheit !) Vgl. noch Wb. 16 b 19, was man auch zu 
§ 5b rechnen kann. 

Cath. Finntr. Z. 88. Do bhi imoro a fis ag Finn 7 ag fia- 
naibh Eirennco ticfad in tromdhamh sin d'innsaighi Eirenn. 

PH. 610-1. O atchuala imorro Marcellinius na briathra-sin 
7 na cindte, na berdais breith fair (Prateritalisierung des direk- 
ten : ni berum breith fort-su etir, ebend. Z. 608). — Vgl. noch 
1026. 

§5.3) Objektsatze : 

a) Ml. 34c. 8, credebant eos impetu primo se esse capturas : 
nundagebtis. 

Ml. 131 c y, intain iarum rocretset nondasoirfed dia . . . als sie 
geglaubt hatten, dasz sie Gott befreien wird. 

Ml. 46a 14, is ed rochreti câch ditibsi nachaibersoikfithe etir 

7 nachablicfed for ri nach far tuad atoiri Zeuss 2 743 : 

id est hoc credidit unusquisque de vobis, vos apertum non 
iri omnino nec vobis venturum esse regem vestrum nec 
populum vestrum e captivitate. 

Ml. 127a 6, qui a Deo quod iniuste posceret credidit 
impetrandum : noloichfed (môglich wâre hier auch der kon- 
dizionale Sinn : cr iviïrde crlangen). 

Ml. 124b 6, air adraigsetar nondabértais iterum in captiuita- 
tem, « sie haben gefùrchtet, dasz sie sie i ter uni in capliuitatem 
bringen werden ». 

Ml. 123c 1, rocretset dungenad diaani dnrairfigert, « sie haben 
geglaubt, dasz Gott tun wird, was er versprochen hatte ». 

Wb 21 a 3, Ut simus in laudem gloriae eius nos, qui 
ante sperauimus in Christo. i. per profetas doniefad encunn 
(Zeuss 2 461 : eum venturum esse ad nos) '. 

PH. 4436 ff. Tri-a rcmfhis din 7 tria fholïsingud in spiruta 
noib ro-thuc in slaniccid su Ico faigebtha assan and, 7 co n-id i 
cuibrech fogebtha, 7 co mbiad 6c ech imallefria, . .. 

1. Sieh noch Mi. 126 c 10 (abhiingig von einem Modalsatz). 



Dus Futuruni vu Irischen. 329 

Eine Bestimmung des Verbalnomens liegt ebend. Z. 2012 
vor : a chinded ai i 11-a menmain, na findfad ocntaid fherscail, 
(Atkinson : in resolving in her heart that she would not 
know ) 

b) Ml. 5 3d 6, asberad som nambutressa dia hirusalem imbôi 
dia cccha cathrach olchena 7 nachasoirbed dia lamaib som « ...dasz 
er sie aus ihren Handen nicht befreien wird » 

Ml. 25 a, hac autem uoce, quam magnitudo admirationis 
elicuit, spicialiter indicatur quoniam omnem terram praedicatio 
euangelii completura sit, darauf bezieht sich Gl. 11, no linfed 
und Gl. 8, nolinjed preceupt asoscelai innuit cuaird in talman 
(dasz erfùllen wird). 

Ml. 16c 10, dorimther hi libur essais; âscelso À. asbert side 

contra ezechiam aîbclad d:::ch side ( dieser sagte , 

dasz er sterben wird). 

Wb. 7a 2 isdiimsa tairrchet adcichitis genti per mé.Zeuss 2 
454 : de me praedictum est vissuras esse gentes per me. 

Vgl. weiterWb. 6d 8, doarrchet dichéin nombiad adrad dé 
lagenti. 

Ml. 108b 5, pradicens ea quae erant... mansura .i, rofeidlig- 
fitis. 

Glosse zu Hy. v. 19 : nothcrcanad Brigit do Chôemgen chaith, 
air dire conidluaitbfed géth tre snechta. 

TBC. 145 6-7 Andsain bàgais Ciichulaind, port i faicjed 
Meidb dobérad chloich furri. (Windisch ûbersetzt : ... wo er 
Medb sehen wùrde, wiirde er den Stein nach ihr werfen » ; 
ich glaube, dasz es sich um eine Aussage handelt, die direkt 
lauten wùrde : « Wo ich Mêv sehen werde, werde ich einen 
Stein nach ihr werfen » ). 

Arm. 18b. 1, Asbert fiacc frisinaingel nandrigad contised 
pat ri ce. 

IT. I. S. &i,Dorarngert si nach facfed a da céili for talmain 
in oenfecht « sie hatte gelobt, nie werde sie ihre zwei Mânner 
zugleich auf Erden sehen (Thurneysen : nie wolle sie...). 

Ibid. 260, ûair iss ed alrubairt Bricriu fri cach x timchell 
araile, issi ro bad banrigan in chôicid uli inti dib cétna ragad 
issa tech (direkt mûszte das heiszen: « die wird Kônigin der 
ganzen Provinz sein, die von euch als die erste in das Haus 
kommen wird. »). 



33° Josef Baudis. 

Ibid. 5. 75 : ar isbertatar maie Uisnig noch istais biad i n- 
hErinn acht biad Conchobair i tossueb. 

TBC. Z. 1073 f., atbert Cathbad, mac bec con gebad gasced bad 
an 7 r a bad irdairc. 

PH. Z. 3921-2 di-a nd- ebert... co ngébad ard-rigi... 

Ibid. 1785 ff., Adubartus-(s)a frit-su cofhclar in ni roi m raid 
Simon .i. co tibred aingliu coudai i m'agaid-si... 

Vgl. 1946, 2365 ff., 2720, 2724. 

Ibid. 906. atbert, is tiisca no-berad in l-crrandus bad mo di-a 
rige « (Herodes) sagte, er werde (od. wùrde) lieber den grô- 
szeren Teil seines Kônigreiches hingeben » (hier ist also auch 
die potenziale Auffassung môglich). 

Vgl. noch SR. 2806-7, 38465 6 774 f> 7524, 3385-7. 

PH. 7009, uair is s-ed ro-gell sechtair, co n-aidérad in coim- 
did. 

Ibid. 6543, Ro-chind imorro in fer- sa i n-a menmain, na din- 
gned na hi na-ptar dilmain dô dodenum.. 

ibid. 3146, Ro-mâid infer-sa ro-laifed tar cend tempull 

Dé, 7 dogénad a athcumtach... 

Cath Ruis. § 20, Dâig nir-cheil Conchobor riant bar a namait 
bail i ngebad sosad. 

Vgl. noch PH. 3056 : ar ni-s-jitirsium na coma il If ed à gellad 
fri Dia cen a diultad. 

c) Weiter kommt das Pràteritum Futuri in Sâtzen vor, die 
in der direkten Rede als Nebensàtze fungieren mùszten : 

PH. 332, atber friu uli aine imite amàl connictifis. 

ibid. 972, atbert cech oen no-gébad ainm Crist fa'u\ a marbad 
focetoir. So auch 474. f. 

Anm. SR. 5795-6, rogell aingin cenmeth friôcnfer dafingge- 
bad ist zwar eine Pràteritallisierung der Fumralaussage, 
kann aber auch zu I. gerechnet werden, so auch 5817-20. 

Vgl. auch neuir. Dnbhairt an madadh Jeis gach uile fhear a 
chasfadh air 6 shoin go tigh an riogh a thabhairt leis (Sgéalaidhe 
Ôirghiall S. 61). 

§ 6. Das Pràteritum Futuri fmdet man in indirekten Frage- 
sàtzen : 

a) im Hauptsatz steht ein historisches Tempus. 



Dits Futurum im Irischen. 331 

M. 43c! 20, bacumdiibart in ctaste fanaic dubium erat utrum 
obtineretur an non (vgl. Ascoli Gloss. lxxii). 

Ml. 102 d 4, lasinrubu chumtabari indabiad torbac fanaic 
domolad dé. 

SR. 2924, nifitir cid dogenad, ibid 3189. ff. Roscrutai... chi- 
nas doberad baegol. 

IT. 1-28), Dobrctha rogu doib, cid biad no ragad dia n-e- 
chaib. 

PH. 499 f. ni fhetàr cia kth do-rechaind... (gehen soll). 

Ibid. 2976, ni fetatar cid cormali dogéntais iaruni. 

Ibid. 8150, Iàr-sin ira Icit in animai cus-in miel, di-a fins in 
fbctfad dul irit imàch. 

Ibid. 1028, boi oc guide De im a fhoillsiugud cid dogenad 
inuue-sin. 

Ibid. 262, Ro-fhàs ira iàr-sin ceist cid dodénad friss-in 

iestar lit.. 

Ibid. 1203 (atbert...) Georgi trâ do thabairt hi carcair,co ro-s- 
imrâided indus-no-malartfad he (wie er ihn vernichten sollte). 

Cath Rûis § 19, Et raconiarleiced accu cià doragad risin tcc- 
îairecht sain. 

PH. 3138, cofesed in orcain Isa 7 à bas no-chindfed in sacart. 

Nach dûs in SR. 6152, 2567, 2583 (nach Pràs. histor.) 

55 é 3>5 567 ( Priis - hist 0- 
IT. I. S. 256. Ro imrâid iarom Bricriu iuna menmain, dûs 

cinnas doragad ar imchossâit Ulad. (vgl. auch. ibid. §§ 16, 

17).. 

Ibid. S. 105, corailcet eturro, dûs cia dib dongegadh (H.). 

(L. hat notbogad.) 

PH. 1. 6340^ Ro-fôidset ira techta uadib... dus cid dogéntais 
im choisecrad na beclaisi. 

Ibid. 7221-2, docbôtar catbarda in baile hi comairle, dûs cid 
dogéndâis fria. In allen diesen Besipielen ist ebensogut die 
temporale wie die potenziale Auffassung môglich — so auch: 

Ml. 90c 19, nifetar in damsoirfad dia fanacc « ich weisz 
nicht, ob mich Gott befreien wird (wiïrde) oder nicht. » 

Bei fetar kônnte man zweifeln, ob es sich nicht um ein 
urspr. histor. Tempus handelt, jedoch man hat Bispiele, dasz 
das Futur II. auch nach einem Prasens vorkommt : Ml. 99b 10, 



332 Josef Bauâis. 

anial nadfinnatar sidi cia loc sainriud diaregtais. Stokes : « as 
they do not discover to what particular place they would go. 
(besser : wohin sie gehen sollten). So auch nach Imperat. : 

SR. 1 561/4, cuiri cuaird. . . dûs infogebtha frifeis/dobiud di'oi 
ni domelmais, Vgl. auch. IT. I. S. 190, Maire bias oc estecbt fri 
giiba ocus golgairi ina n-anniand ic trogi ocus oc neméli frisin 
coimdid im ihorachtaih chitecu lathi bràtha co luath, dûs in fui- 
gebtis nâch n-etarfuarud isin fuigell (bei der Beschreibung der 
Vision, wo also das Fut. des Hauptsatzes als « das wird ( — das 
ist wohl — ) traurig sein » aufzufassen ist.) 

Die potenziale Bedeutung ist in allen diesen Beispielen 
schon deshalb môglich, weil auch in der direkten Frage oft 
das Prateritum Futuri im Sinne des lateinischen conj tinctivus 
deliberativus (oder potcntialis) steht. Aber diesem deliberati- 
ven Konjunktiv nàhert sich manchmal das Futur. Dièse 
Erscheinung kann man ùbrigens auch in anderen Sprachen 
beobachten, so z. B. in der âlteren Latinitat qnid vivo meo res- 
pondebo misera Ter. Hec. 516. Im Irischen findet man eine 
âhnliche Bedeutungsnuance des Fut. I. : Wb. yd 4, Tollens 
ergo membra Christi, faciam membra meretricis?. i. irigét 
abullu arcrist etindigén biilht mertriqe diib absit. « Soll ich 
Christus seine Glieder nehmen und soll ich aus ihnen Glie- 
der der Hure machen ? absit ! » Man kônnte also einige Prà- 
terita Futuri in indirekter Frage als Pràterita eines solchen 
Futurs auftassen (selbstverstàndlich nur, wenn im Hauptsatze 
ein histor. Tempus steht.) jedoch ist das nicht notwending, 
da, wie gesagt, das Fut. II. auch in der direkten Frage ste- 
hen kann . 

§7. In direkten Fragesàtzen musz man zwei Môglich- 
keiten unterscheiden : 

a) entweder entspricht das Prât. Fut. dem lat. Delibera- 
tivkonjuntiv, 

b) oder es entspricht dem Potenzial . 

a) Tog. Bruid. DA Derga § 70, Cia no ragad. . . achl mad 
messi « Wer (anderer) sollte gehen als ich ? 

Cath Ruis. § 8, « Cia doragad and... aeht niad Findchad... » 

Ibid. § 8, Cia doragad risin tectairect sin ? « Wer sollte gehen 
mit dieser Sendung? » (cfr. auch §§ 18, 27.) 

[Vgl. IT. I. 262, Z. 25 f., 



Das Futur um itn Irischen. 333 

Cid nabb sin Lendabair-se 11 sida câich 
cicbsed ria cach ninai hi tech rig. 

Warum [wâre das nicht] Lendabair (ich), Augenglanz jedes 
(Mannes) [die] vor allen Frauen den Palast betreten sollte ? 
(Warum sollte L. . . den Palast nicht betreten ?)] 

IT. IV, S. 1, maith, a anum, a Oisin, câ conair no rachmais 
riâ ndeôidh laoi d'iarraidb âighedechta na hoidhchi so? « Gut, 
mein lieber Ossian, welchen Weges sollen wir gehen, um 
eine Herberge fur dièse Xacht zu suchen ? » 

b)\Vb. 10a 10, aut unde scis, uir, si mullierem saluam 
faciès ? ./. âûr can rofestasu iccfe inmnài ciatasode lat arécin. 
« Woher kônntest du das wissen, o Mann, dasz du das Weib 
retten (wirst) wùrdest, wenn du auch sie durch Gewalt bei 
dir festhalten wûrdest » . 

So sind auch Ml. 17b 26, 35a 17 zu beurtheilen. Vgl. 
auch : 

Ml. 14a 6, aircia salmscribdid oicfed son. « Welcher Psal- 
mist hâtte das tun kônnen ? » 

IT. I. S 104, « Eirg on muicc din! » or Conall . « Cid 
daim dot bérad-su cbuccil » ar Cett . « Geh weg von dem 
Schwein ! » sagte Conall. « Was kônnte dich zu ihm fùh- 
ren ? » (Thurneysen : Was sollte dich zu ihm fùhren?) so 
auch S. 102 (§ 12), 103 (§ 13). 

Einen Ubergang zwischen einer unabhâgingen Frage und 
einem abhângigen Inhaltssatz findet man in 

TBC. Z. 812, Is machtad 7 iss. ingant us Um, cia tiefad 
cucaind co hor crichi 7 no bifed in cethrur bi'ii remaind in traiti 
se. Windisch : Staunen und Verwunderung erfûllt mich, wer 
zu uns an die Grenze des Landes gekommen und in dieser 
Schnelligkeit die vier Mann, die vor uns her waren, getôtet 
haben kônnte. 

Anm. Eine deliberative Frage ist PH. 1776 : Ma do- 
rigne na niora, cid ar na dingneâ na becca ? « Wenn er 
(Simon) grosze (Wunder) gemacht hat, weshalb sollte 
er nicht kleine (Wunder) tun ? » Der Xebensatz, der 
von dem Fragesatz abhângig ist, ist mit der Protatis 

Revue Celtique, XXXIII. 22 



3 34 Josef Bandis. 

der Kondizionalperioden (= mit einem kondizionalcn 
Nebensatz) identiscb . 

In den direkten Fragesâtzen entspricht also das irische Prà- 
teritum Futuri entweder dem lateinischen deliberativen oder 
dem potenzialen Konjunktiv. In den indirekten Fragesâtzen 
kann er teilweise aus diesem Potenzial (deliberativ) oder aus 
einem einfachen Futurum, das in der direkten Frage stehen 
mùszte, erklart werden. 

Anm. : Mit « wollen » kann man IT.I. 223 iibersetzen : 

« Cesc tra . . . cid ar na leicfideà àam-sa mo denus i n-dâil 
mnâ ? 

§ 8. Nach Strachan (Subj. § 5 b) kann das Pràteritum 
Futuri « in a conditional sensé by itself, or in the apodosis of 
a conditional sentence » vorkommen . In § 44 . behauptet er 
weiter, dasz « An apodosis of this form (nâml. der hypothet. 
Perioden, die in der Protasis Pràt. Subj., in der Apodosis 
Fut. II. haben) may stand without a protasis. » Die dann 
von Strachan angefûhrten air. Beispiele sind aber vielmehr 
aïs « conditional sensé by itself » oder ùberhaupt anders 
zu erklâren. i)SoSg. 137b 5,Sciendum autem, quaedamuerba 
inueniri difectiua. . . et hoc. . . uel naturae necesitate fieri 
uel furtunae casu fadidmed aicned acht dondecniaing anisiu. 

2) Ml. 55a 10, àuucthar triàrosc an: nolabraifitis musz man 
gerade durch « was sie sagen môchten » iibersetzen (vgl. 
das bei den Fragesiitzen zitierte Cesc. . . cid ar na leicfideà 
dani-sa mo demis i n-dâil mnâ ? IT. I. 223). 

3)Wb. ia 3 las spater Strachan (CZ. III. S. 55) cretfid. 

4) LU. 73b 2, bid tû dogénad « it will be you that would 
do it » (richtiger : du wirst es sein, der dies tun sollte) ent- 
spricht dem deliberativen Fut. IL der Fragesâtze (sieh oben) 
und ich glaube, dasz solehe Phrasen im Anschlusz an « Cid 
dogénad » und ahnl . entstanden sind . 

Als « apodosis without protasis » kônnte man noch am 
ehesten Ml. 14b 4, Sg. 130 b 2, SR. 1505-6 betrachten. 

Ml. 14b, 4, Huic ergo qui templum Dei spoliauit.... quod 

profeta Dauid beatitudinis apicem contulisset ni digned 

Duid innuaisletaid.. 



Das Fui uni m im Irischen. 335 

Sg. 130b 2, quod in heroico stare métro non possit nisi in 

e terminans eorum ablatiuus .i. dofôichred traig nécninilt 

and « es wûrde einen unge\vôhnlichen(Vers)fusz herbeifùh- 
ren ». 

SR. 1505-6. Ninîoiscfed laie ninbaidfed (usce) (uns 

wûrde nicht das Feuer brennen", etc.). 

Ebenso wie Sg. 173b 5 sind auch Wb. 17a 10, TBC. 108 
zu beurteilen : Wb. 17a 10, Et in prumptu habentes ulcisci 
omnem inobedientiam, .i. Jicjîinmis adigal, wo das Ir. das 
participiale in prumptu habentes glossiert, was gerade einen kon- 
zessiven Sinn hat. 

TBC. 1081 : Nil meràd-su sain « Dieser (Cathbad) wûrde 
dich nicht verraten » '. 

Àhnlich wie Ml. 55a 10 ist auch IT. I. 72 (§ 9) aufzu- 
fassen : 

No thogfaind-se elruib far n-dis ocus no gebaind tarbin ôc 

amal tussu « Ich môchte zwischen euch zwei wahlen. Dann 
nàhm ich mir ein junges Stierchen, wie du eins bist » (Thur- 
neysen). 

Manchmal kann man gerade durch « kônnte » ûbersetzen, 
so : 

IT. I. S. 176, Ar ni indisfed nech aile a bntth, L. Br. (LU. 
Ar ni inisfeaÇlf). 

TBr. DâDerga § 128, Atcondairc imdae as nesam do Conaire : 
tri primlâich inti... Tri claidib duba dimôra léo.... No didlastàis 
finnae for usciu . 

((Dièse Schwerter) kônnten ein Haar (das) im Wasser 
(schwimmt,) spalten.) so auch § 137, PH. 2106. 

Wb. 15a 20 sieh unten. 

§ 9. Das Prat. Futuri kommt massenhaft in der Apodosis 
der hypothetischen potenzialen und irrealen Perioden vor. 



1. Vgl. auch IT. I.S. 124, Ocus a ingin... ro bud urusa doit »/' ic-sa do 
denam dont ghatar, ocus iss dôich not icfaithea, hier kann man das Fut. II. 
als einen Potenzialis der 'Inhaltssàtze oder auch wie Apodosis der hvpot. 
Période aufïassen ; ich glaube jedoch, dasz es sich auch hier uni keine wir- 
kliche Apodosis handeit, sondern, dasz auch hier der « conditional sensé 
bv itself » vorliegt 



336 fosef Baudis. 

Beispiele bei Strachen Subj. § 41. und dann § 5b (Wb. 9c 
8, Ml. 42c 32). 

Weitere air. Beispiele : 

a) das Air. glossiert die lat. Apodosis : 

Wb. 4d 9, sicut Sodoma facti essemus .i. abtélmis et niiai- 
dirsed nech huann (Zeuss 2 453, 923, 1007), Ml. 15c 8, lucrifi- 
carent .i. no indbadaigfitis . 

Sg. 6a 6, si enim esset semiuocalis, necessario terminalis 
nominum inueniretur forceinnfitis anmmann inte (Zeuss 2 417, 
461a). 

b) Das Air. bildet Apodosis. Wb. 8a i^.fagcbtis si credidi- 
sent (Zeuss 2 332, 454, 874). 

c) Wb. 13b 3, mad ai II duib cid accaldam neich diib dari- 
gente. Zeuss 2 453. 

Wb. i9d 24, ciachondesin farsidi dosmbérthe 3dm. (Zeuss 2 
367, 332, 914). 

Ml. 40c 17, air dommuinfide bed niseî ititî dia matis hé indfcr- 
sai grandi insin nanuna dumberad duaid. 

Ml. 15c 7, nitibertais piana foraib mani esersitis. 

So auch Wb. 2c 17, 9d 1, 25, Ml. 32d 25, 134b 3, Sg. 
207b 2, 209b 6 ; 90b 2. 

Das Imperfktum Fut. ist hier ebenso zu erklâren wie in 
anderen selbststandigen Sâtzen. Meistenteils handelt es sich 
hier um einen Potenzialis, oder um eine Prâteritalisierung 
des Futurs, (so z. B. 1 : LU. 52a 32, asbert Mugain frisin 
m-bancainti dobérad a breth féin di dia m-berad a mina ôir do 
chind na rigna, bei Strachan § 42). Der Potenzialis hat jedoch 
auch hier die Nebenbedeutung der Sukzession, also eine 
Temporalbedeutung. Dasz ich hier recht habe, beweist der 
Umstand, dasz dem Typus : Protasis : Subj. IL — Apodosis : 
Fut. II. der Typus Protasis : Subj. Prâs. — Apod. : Futurum 
gegenùbersteht, und dasz durch Prâteritalisierung des letzte- 
ren der erstere Typus entstehen musz (vgl. oben). Es handelt 
sich also auch hier um eine ursprùnglich temporale Auf- 
fassung der bedingten Handlung. 

1. So auch PH. 6621 ff. , atbert in rig, 7 ro-thestaig luga, co tibred 
anoir 7 càtaig ngradai 7 muinnterus do dia n-adrad na hidlu. 



Dus Futurum im Irischen. 337 

§ 10. Ein potenzialer Nebensatz liegt 

a) in SR. 5811-12 vor : 

coalog dobeir no ciarath 
inri dondfiur nombifad? 

« Welehen Lohn oder Vorteil gewâhrt der Kônig demjeni- 
gen, der mich erschlagen wùrde? » (vgl. auch 1563 : 

dûs infogebtha frifeis 

dobiud diin ni domehnais. 

(( was wir verzehren kônnten »). 

b) mit « sollte » musz Sg. 30a 1 ùbersetzt werden : Quasi 
ad aliquid dictum est, quod, quamuis habeat aliquid contra- 
rium et quasi semper adhaerens, tamen non ab ipso nomine 
significat etiam illud .i. ani hua nainmn ichfide (Zeuss 2 481 : id 
e quo nominaretur) « das, wornach es benannt werden 
sollte ». 

PH. 835 yff : co na ro-thadbatis gné mbroin in tan doden- 

dals aine (wenn sie fasten sollen) '. 

Zwischen a) und b) steht PH. 6067 : uair is molad Dé ro- 
pud choir doib do chuinchid, 7 ni a molad fén ar a ndeg-gnim 
dogéndais. Vgl. weiter ibid. 8370 : in tan chaithius nech for- 
craid rempi no iarum, no in tan taisces a chuid budéin in ni no- 
chaithfcd i n-amsir a aine. « Wenn jemand das Ubermasz (d. 
h. das, was er wâhrend der Fastzeit nicht gegessen) zuvor 
oder nachher verzehrt, oder wenn er seine Porzion auf- 
bewahrt, das, was er wâhrend der Fastzeit (bei normalen 
Verhàltnissen, wenn er nicht fasten wùrde) verzehren wùrde 
(sollte) » ; man mùszte es durch ein lat. quod ei consuniendiim 
erat (esset) wiedergeben, oder man kônnte es durch das 
spâtlat. quod consumere habebat ausdrùcken. Die in unserem 
Satze enthaltene Aussage ist also als etwas in Vergangenheit 
eintreten Sollendes, also Bevorstehendes, gedacht. Das Ver- 
zehren der gewôhnlichen Porzion ist fùrdieZeit, als man die 



1. In TBC. Z. 1164 kônnte man das Fut. II. als eine Pràteritalisierung 
des Fut. auffassen, da aber der Satz ricfad a less ein integrierender Teil der 
Bedingung Da m-bad chommairgi ist, so stelle ich dièse Stelle zu $ 12. 



338 Josef Bavais. 

Porzionaufbewahrte, etwas Vergangenes, fur dieZeit, wo dièses 
Verzehren stattfinden sollte, war das etwas Bevorstehendes. Es 
werden hier also zwei verschiedene Tempusrelazionen ausge- 
drùckt : eine (nàhmlich die der Zcit, fur die Porzion bestimmt 
war) findet in dem Futuralstamm. die andere(die der Zeit, wo 
die nichtverzehrte Porzion autbewahrt wird) in den Prâterita- 
lendungen (Endungen der Tempora Secundaria) ihren Aus- 
druck. Man hatalso auch hier ein temporales Prâteritum Futuri, 
es hat jedoeh hier den Sinn, den man in der Apodosis der 
hypothet. Perioden wiederfindet; man kônnte ja hier ergiin- 
zen : was man verzehrt hâtte, wenn man nicht gefastet hâtte. 
Dennoch wird man es auch ohne dièse Ergânzung verstehen, 
und ich glaube, dasz man die Apodosis der hypothetischen 
Perioden aus solchen, jedoeh selbstândigen Sâtzen erklaren 
musz (sieh oben). Hiemit ist auch der Weg gezeigt, wie das 
Futurum II. den irrealen Sinn bekommen konnte, und wie es 
dazu kam, dasz es den Irrealis der Hauptsâtze ausdrùckt : es 
wurde uberall gebraucht,\vo es sich um eine in Vergagenheit 
bevorstehende, oder in Vergangenheit eintreten sollende 
Handlung handelte ; es driickt also eine Handlung aus, die 
ùberhaupt oder unter gewissen Umstânden stattfinden sollte 
oder muszte. 

(Àhnlich ist auch das « Futurum der direkten Fragesâtze » 
zu beurteilen, das « sollen » wird auch hier durch den Futu- 
ralstamm ausgedrùckt, es wird jedoeh durch die Sekundàr- 
endungen anstatt der Vergangenheit die Ungewiszheit oder 
der Zweifel angedeutet, die Pràteritalbedeutung tritt hier also 
in den Hintergrund. 

Die Prâteritalbedeutung kann sich in eine allgemein poten- 
ziale umwandeln (vgl. auch des Fut. II. in den Fragesàtzen), 
so z. B. SR. 2761 

IN ri nadrelic doib sain 
rostairmesc tria hilberlaib, 
conatucad nech cogle 
cid notharged diaraile. 

wo cid (was auch) einen Inhaltsatz einleitet. 



Das Fui uni m im Irischen. 339 

Vgl. weiter den Tempôralsàtz : 

PH. 2346 f. (Ro-po cubaid ) 7 dogénta adrad infhir Dia, 

co soitea do menmain na deeib. (Es wâre passent!), das/ du 
deinen Sinn von den Gôttern abwendest, wenn (seit, bis) du 
den wahren Gott verehren sollst (wo also das Pràteritum die 
Ungewiszheit ausdrùckt). 

Objektsiitze : PH. 7747, Ma-s ead, in ni do-thoigébad ferg 

Dé is cingan a toirmesc, « Wenn dem so ist, so ist es eine 

Sùnde, das, was (ûberhaupt) Gotteszorn erwecken sollte 
(kônnte), nicht zu verhindern ». 

Ebend. 7526, In sessed gné do'n duine-marbad à. spreid le 
ndingned nech a bethugud a bein de. 

Atributivsatz : ebend. 2418 : In-dar Vun-sa, ol se, is i 
comairle dogénta-su, anad do molad Crist, 7 idpurta do dénam 
do na deeib, fo-dâig na digthea hi croich (was du tun solltest). 

Vgl. ebend. 6128 : is ê lin mbocht marbait in fhairend-sirt 
cech lâi, in lin do bochtaib conicfatis do shassad. 

§ 1 1. Das Pràteritum Futuri kommt weiter in gewissen kon- 
sekutiven, mit co" eingeleiteten Sâtzen vor, es sind Sâtze wie, 
« er streckte sich, das^ ein monatliches Kind ywischen je %wei 
seiner Rippen Rautn habcn kônnte ». Es handelt sich hier also 
wieder um einen Vorgang, der unter Umstànden (ûberhaupt) 
zustande kommen miiszte oder sollte ' . 

IT. I. S. 265-6, Ro riasîrad inuni iarom iar sûdi, co rabi 

banna fola im bun cacha finna dô ocus ro gab imbri brô, ocns râ 

sini iar sudi, co taillfed fertraig feroclaig eter cach da asna do, 
er geriet darauf in eine Wutverzerrung, dasz ein Blutstropfen 

an der Wurzel jedes einzelnen Haares ihm war und es 

erfaszte ihn « das Kreisen des Mùhlsteins » und er streckte 
sich darauf, dasz ein Mannesfusz eines Kriegers zwischen je 
zwei seiner Rippen Platz gehabt hâtte (Zimmer CZ. I. 75-6). 

So auch. Cath. Finntrâga 1. 642, tue sinedh ar a cholainn co 
toillfedh mac mis edir gach da asna do 

(Dazu vergl. IT. I. S. 271 : Ba samalta co rachad long for - 
Ion seolach dar a chrxs gin osluiethe. § 3.) 



1. Cfr. air. Ml. 98c 8, connabiad dliged nerchissechta ladia(auch bei Str. 
S. 297). 



340 Josef Ba iidis. 

Mit diesen Stellen hângen die oben zitierten Hauptsàtze 
aus Tog. Br. Dâ Derga §§ 128, 137 aufs engste zusammen 
(No didlastâis finnae for usciu); der ganze Unterschied besteht 
darin, dasz in den unabhàngigen Sâtzen anstatt der Prâterital- 
bedeutung die allgemeine (Potenzial)bedeutung hervortritt ; 
der Potenzialis in den erwàhnten Hauptsâtzen entsteht also 
dadurch, dasz die Prâteritalbedeutung(nàmlich die prâteritale 
Relazion, die im Fut. II, mitausgedrùckt ist) zur allgemeinen 
(zeitlosen) Bedeutung wird, wobei aber die Futuralbedeutung 
(eigentlich die zweite Relazion, die man durch « kônnen, 
sollen, mùszen, werden » ùbersetzt) ganz deutlich zu spûren 
ist 1 . Daneben musz man auch solche Sâtze berùcksichtigen 
wie Wb. 15a 20, ita ut non possent intendere filii Israël in 

faciem Moysi .i. nifoiJsitis 2 dcicsin agnûsa , \vo man gerade 

durch « sie konnten (kônnten) nicht ertragen » ûbersetzen 

kann. 

Strachan Subj. Mood § 62 S. 297 meint, dasz z. B. co taillfed 
« is used just as in conditional sentences ». Ich môchte das 
prâcisieren : in Konsekutivsâtzen musz man zwei Typen 
unterscheiden und zwar : a) er streckte [sich, dasz zwischen je 
zwei seiner Rippen ein Kind Platz haben konnte (kônnte), 
wo es sich also um einen Verbalausdruck handelt, der in 
Vergangenheit eintreten konnte, sollte, und dann b) einen 
Typus, wo es sich um einen Vorgang handelt, der allgemein 
unter gewissen Umstanden eintreten konnte oder sollte (sien 
die in Anm. zitierte Stelle aus IT. I. S. 191, 17). Der Typus 
b) steht dem Potenzialis « in conditional sentence » nâher, 
jedoch ist auch dieser Potenzialis auf Grund des rein tempo- 
ralen Gebrauches entstanden, man hat also mit « conditional 
sensé by itself » zu tun. 

Man sieht also, dasz man das Prâteritum Futuri manchmal 
durch « sollte, konnte » ûbersetzen musz; das erinnert an das 
nachklassische habcbam dicerc (ich hatte zu sagen, ich konnte, 



1. Den selben Kondizional findet man auch im konsekutiven Nebensatz 
IT. I. 191, 17, co m-bàidfed octis co hiscfedfiru in talman nli neim cech oen 
dût dïbside CL Br. viz auch ebend. 191 Zeiie 9). 

2. HS.fôistis. 






Das Futurum im Irischen. 341 

ich sollte sagen) dièse Vergleichung trifft mehr zu als die 
mit « dictants eram,fui ». 

Anm. I) Ich glaube, dasz dicere habebam eine Uberfùhrung 
des passiven mihi dicendum est in einen persônlichen Ver- 
balausdruck darstellt (vgl. passiv. unpersôhnlich : mihi 
est pater — persônlich subjektiv habeo patreni). Das roma- 
nische Futurum und der rom. Kondizionalis fuszt also in 
erster Reihe auf dem klassischen : mihi dicendum est, erat 
und dann erst auf dem dicturus sum, eram . 

Anm. 2) Man sieht, dasz ein Vorgang, der in Vergangen- 
heit oder ûberhaupt (zeitlos) eintreten sollte (konnte, 
konnte) als Irrealis aufgefaszt werden kann. Das findetman 
auch im Aind. (Vas schon Strachana. a. O. vcrgleicht) 
und dann auch im Lat. : dort wird z. B. zu einem Fut. 
* fusèti (psk.fusf) ein t'-Prateritum * fusët > foret gebildet, 
das dann als Irrealis oder Potenzialis fungiert (Konj. 
Impf. •). 

§ 12 Das Pràteritum Futuri kommt auch in Nebensâtzen 
vor, die von einem Modalzatz abhângig sind. 

a) PH. 19 14, batar secht mis for bliadain is-in inad-sin, co 
tâirsed cûmtach na n-inad, i sitidigjitis na citirp fa-deoid . 

b) ebend. 4512, ... daig co mbad erlaimite tomus in argaii 
don foirind no-chennaigjitis na hedparta. (die die Opfer kauten 
wollten). 

c) ebend. 3074, ar na bud ed no-airigftis fair... Atkinson : 
« that they might not notice 2 ». 

rf) ebend. 4007 ff. Diithracnr-sa,a Dé,co mptis dirge mo 

1 . Der ganze Unterschied zwischen der Entwickelung des Lateinischen 
und dem irischen Pràteritum Futuri besteht darin, dasz das lat. Imperf. 
Fut. (Konj. Imperf.) an das Prâsenssystem angegliedet wurde und infol- 
gedessen die temporale Bedeutung ganz verloren hatte und somit zu einem 
rein modalen Ausdruck wurde ; im Irischen blieb dagegen das Prât. Fut. 
bei dem Futuralsystem. 

2. Vgl. auch TBC. Z. 1 164 : Da m-bad chommairgi ricfad a less inti ticfad 
suiid « Wenn es eine Bûrgschaft wàre, die der brauchte, der hierher kâme » 
(Windisch). Hier hat der Potenzial eine temporale Nebendeutung ; ohne 
die potenziale Farbung kônnte man diesen Gedanken durch Fut. I. Wie- 
dergeben. Vgl. weiter IT. I. 122, ocus dia fessmais iudni not fôirfed, und 
noch PH. 6940 1 : Cubaid énu ce mad is-in cathraig rigdai no-genfed mac 
in rig. 



342 Josef Baudis. 

shéta do chômai Und do thimna-su trias-a techtfaind noime yfiren- 

chi . Atkinson : « I désire, O God, that my ways should be 
straight in the fulfilment of Thy commandment, by which I 
may obtain holiness and righteousness ». Ob der Typus b-d 
auch air. ilblich war, ist schwer zu sagen ; namentlich bei c) 
wùrde man im Air. den Subj. IL erwarten, da doch das 
bad nur dazu dient, ein anderes Satzglied als das Verbum an 
die Spitze des Satzes zu bringen ; in Strachans Sammlungen 
(Subj. Mood) iinde ich : Ml. 95 c 2, combad ellam nocomal- 
laitis ani asrochoihct (Strachan § 70), Wb. 14 c 23, combad 
sain anasberin (Strachan, § 72, S. 312). Vgl. auch. Ml. 125a 
4, ebend). 

Anm. Jedoch ist m. E. beim Typus b) und c) das Fut. IL 

fûrs Air. nicht ausgeschlossen ; die angefùhrten Beispiele 

haben doch eine futurale Bedeutungsnuance, und dièse 

Nuance liegt keinesfalls in den konjunktivischen Sâtzen 

vor (Ml. 93a 2, Wb. 14a 25); es ist also die Frage, ob 

fur 'das altirische Sprachgefùhl in solchen Sâtzen die 

Futuralbedeutung existierte, d. h. ob die mittelirischen 

Tvpen im Altirischen ebenso wie im Mittelir. (also futu- 

ral — Fut. IL) oder eher subjunktivisch aufgefaszt 

vurden . 

§ 13. Anstatt des Subj. IL steht das mittelir. Fut. IL in 

PH. 1. 4520 ; hier steht das Fut. IL in einem Satz, der von 

der Protasis der hypot . Période abhângig ist und den Kern 

der in der Protasis auszudrûckenden Aussage bildet. (vgl. 

§12. — Sieh auch Strachan § 72). PH. 4519 : in doig Jib cia 

haithe ddberad forru, dia mbad ocdebaid no ic essaenlaid, ic ecnach 

no ic adchossan, no ic nach anoirches ar-chcna, fogebad ar a cbind 

is-in tempul... (Vgl. lat. Quid ergo fratres putatis faceret 

Dominus, si rixis dissidentes fabulis uacantes, si risu dissolu- 

tos, uel quolibet alio scelere reperiret irretitos. . .). 

Anm. : Strachan (Verbalsystem in SR.) hielt auch dobertha 
im V. 6033 (Cia dobertha dam frimthôir, \ aboi, cet n-unga 
ndergôir, \ argais galais no gart figle, \ nianais mac n-Iesse.) 
fur ein Fut. II; falls man wirklich ein dobertha anneh- 
men soll und wenn es nicht vielmehr dobertha (Subj . IL) 
zu lesen ist, so hâtte man ein mittelirisches Beispiel fur 



Das Futurum im Irischen. 343 

das Vorkommen des Fut. II. in der konzessiven Protasis 1 . 

§ 14. Strachan (Subj. Mood. S. 297, Anm.) bemerkt : 

« In LU 74a 1 5. it seems to corne nearer to purpose : ni ntba 

é nachamfacba-sa cm hrâthir, ar is airi doberar sorti chucutsu ar 

daig co forgénmais ar n-dis debuid, Slay him not, that thou 

leave me not without a brother : for it is for that that he is 

brought to you, that \ve two should corne to strife. But the 

sensé of purpose cornes from the context rather than from 

the form. » Solchen finalen Sinn findet man auch SR. 3 1 3 1- 

2 : cocrait 'nambratbreib abrath \ dial-lathreib conaragad. 

Anm. Atkinson hait die Formem na ro-epled sib (PH. 

2832) na ro-epldis (3035) fur Futura II. (PH. 2831-2... 

acht mi-ne guided Moysi mac Attira dar bar cend, na ro-epled 

sib nli i n-oen fhecht ; 3035-6 : acht is ed ro-toirmisc umpit, 

cotlud aimsire 7 uttnaille mentnan, — na ro-epletis i n-aprisce 

pecctha) aber dies ist keinesfalls nôtig, es sind vielmehr 

Subjunktive II. Also epled (ebM) * ek(s)belaâ, epletis 

(ebhdis) * ék(s)beladis. 

§ 15. Im Mittelirischen kommtdasFut. II. in Relativsat- 

zen vor, die von einem negativen Satz abhangig sind . Im Air. 

war in solchen Satzen der Subjunktiv (Pras., Pràt.) ùblich 

(sieh Strachan § 73). 

a) Der Negativzatz ist in einem historischen Tempus : 

SR. 6435-40, //<#/;■ adiïn ndonn iarnacrod cenduine tiibeo 

fonim nél ninnisfed dôib nachn-oenscél. 

Ebend. 5776 : nifrith dib oenfer... folilsad 2 ... 
Vgl. auch neuir. lue leath-nair châ rabh an oiread agus 
dhéanfadh slat marcaigheachta ar thalanih an riogh nâ tharraing 
Fear na nAdharc (Sgéalaidhe Oirghiall S. 64). 
/') Der Negativsatz ist prâsentisch : 
TBC. 817, Ni fil ni nad gellfad dar cend a enig. 
Strachan (Subj. S. 226) zitiert die Stelle aus SR. 5776 und 
betrachtet es als « neologismus ». Soviel musz man zuge- 

1. Mir scheint jedoch wahrscheinlicher zu sein, dasz es sich uni einen 
Subj. II. handelt. Auch Strachan, Subj. § 47, hait ddberiha fur eine Sub- 
junktivform. 

2. Vgl. auch Cath Ruis v 36, Daig ha demiii leo ni fil inad i faicfilhi 
gnùis Chonaill ar a teichfithe and. 



344 Josef Baudis. 

tehen, dasz wir hier nach dem, was wir von dem Air. wis- 
sen, einen Subj. II. envarten mûszten (vgl. ad a) Ml. iooc 23, 
125b 7, Soc 9, Wb. 33<J ro; ad b) Ml. 107b 8, Wb. 28b); 
darauf môchte ich jedoch hinweisen, dasz dièse Sàtze sol- 
chen, wie air. nifoi(J}sitis deicsin agnûsa (Wb. 15a 20) sehr 
nahe stehen, dasz also das Futurum II. auch hier « conditio- 
nal sensé by itself » hat. Damit will ich aber nicht sagen, dasz 
dieser Typus bei den in Rede stehenden Sâtzen schon altirisch 
vorkommen muzte l . 

§ ié. Man kann also den Gebrauch des ir. Fut. II. folgen- 
denveise definieren : es bezeichnet eine in der Vergangenheit 
geschehen sollende Handlung, dann eine Handlung, die 
ùberhaupt unter Umstânden eintreten sollle, hmnte oder 
kônnte. Daraus entwickelt sich sein Gebrauch in den direkten 
Fragesàtzen (Potenzial, Deliberativ) und der Potenzial ùber- 
haupt als Ausdruck einer Handlung, die eintreten sollte und 
dessen Verwirklichung durch gewisse Umstânde (objektiv, 
nicht subjektiv) bedingt war. Endlich konkuriert es im Mittel- 
ir. mit dem air. Subj. II, d. h. es wird in gewissen Neben- 
siitzen zum Ausdruck einer subjektiv als môglich gedachten 
Handlung. Ursprùnglich drùckte jedoch das Pràteritum 
Futuri zwei Tempusrelazionen aus ; die éventuelle Potenzia- 
litàt hat in den meisten Fàllen dièse relative Fârbung und 
man mûszte sie durch das lat. mihi faciendum esset, fuisset 
wiedergeben. Dagegen ist der irische Subjunktiv ein subjek- 
tiver Verbalausdruck (cfr. Thurneysen Hb. d. Air. § 511); 
der Unterschied zwischen dem Gebrauch der beiden Forma- 
zionen besteht also darin, dasz der Subjunktiv die Subjektiv- 
anschauung, das Fut. II die Temporalauffassung zum Aus- 
druck bringt. 



'&* 



1. In einem Fall hat gewisz Strachan unrecht, wenn er nàmlich LU. 
68 b 28 zu dem Tvpus der negativen Sàtze stellt (nifelar ni ariottâigthe 
« ich wcisz keinen Grund, weshalb du fùrchten solltest. »). Dieser Satz 
gehôrt vielmehr zu der Kategorie solcher Inhaltsàtze, die den Objekt eines 
Verbum appercipiendi bilden, odernoch besser zu den indirekten Fragesàt- 
zen (unser § 6.); in solchen Sàtzen war aber schon air. nicht nur Subj., 
sondern auch Fut. II. môglich. Strachans Beispiel LU 68 b 28 ist also eher 
ein Beispiel des Subj. in indirekter Rede, oder in indir. Fragesàtzen. 



Dtis Fti! u ru m im Irischen. 345 

Daraus erklârt sich auch, wiedie Typen der hypoth. (kon- 
zess.) Perioden : Protasis a) Konj. b) Konj. II. — Apodosis 
a) Futurum b) Futurum II. zustande kamen. Die in der Pro- 
tasis enthaltene Aussage ist ein Ausdruck der subjektiven An- 
schauung, die Apodosis dagegen ist die notwendige Folge des 
in der Protasis ausgesprochenen Vorgangs ; die Protasis 
drùckt also einen Umstand aus, unter dem die in der Apodo- 
sis ausgesprochene Handlung zustande kommen musz oder 
soll, und nur dieser Umstand (Bedingung) ist von dem Spre- 
chenden als subjektiv môglich gedacht ', die Folge dieser 
Bedingung istschon objektiv notwendig. 

Dasz manchmal die temporale AufFasung in eine subjektive 
(modale) umschlagen kann und umgekehrt, ist bekannt : man 
vergleiche z. B. die verschiedenen Futuralformazionen der 
idg. Sprachen, die meistenteils aus « Aoristkonjunktiven » 
entstanden sind, oder die « italokeltischen » à- konjunktive 
die auf Grund von Aoristen der zweisilbigen Wurzeln gebil- 
det wurden. So wird man auch begreifen, wie spater das Prâ- 
teritum Futuri mit dem air. Subj. II. in gewissen Xebensàtzen 
konkuriert. Das spâtere Irisch bevorzugt die temporale Auffas- 
sung und làszt die modale Fârbung manchmal unbezeichnet. 
Dasz das Irische immer eine Neigung zur temporalem Aus- 
druckweise hatte, geht auch aus der irischen « consecutio 
temporum » hervor. Sie besteht darin, dasz der Verbalaus- 
druckdemganzen Aussageniveau angepasst wird, wasderselbe 
Vorgang ist, dem auch das Prât. Fut. seine Entstehung ver- 
dan kt. 

Bedenkt man weiter, dasz schon das Mittelir. den Subjunk- 
tivgebrauch beschrànkt, so musz man daraus erschlieszen, 
dasz die subjektive Auffasung nach und nach verschwand. Dies 
offenbart sich im Air. darin, dasz bei komponierten Verben 
der Unterschied zwischen dem s-Subj. und s-Fut. verschwin- 
det. Man wird dagegen wohl einwenden, dasz dieser Zusam- 
menfall eine notwendige Folge der vorhistorischen Akzent- 
wirkungen ist; dasz ist es wohl auch, aber der Umstand, dasz 



1 . Dasz auch die Bedingung objektiv aufgefaszt werden kann beweist : 
PH. 1776, Ma do-rignc na mora, cid ar na dingnedna becca} \vo aber die 
Apodosis als deliberativ aufgefaszt werden kann (Sieh § 7). 



346 foséf Btiutlis. 

eine Sprache zwei einmal gcschiedene Ausdrucksweiscn zusam- 
mentallen lâszt, ohne es nôtig zu haben, sie durch einanderes 
Mittel auseinander zuhalten, beweist, dasz die Sprache dieser 
Scheidung nicht bedarf. Damit will ich jedoch nicht behaup- 
ten, dasz das Ir. die modale Auffassung nicht kennt, ich sage 
blosz, dasz die temporale Auffassung im spateren Irisch domi- 
nierend ist. Der inhaltlichen Seite nach existiert auch im 
Neuir. ein Subj., nur dasz er selten formell ausgedrùckt wird. 



II 



Das air. Futurum der starken Verba unterscheidet sich 
meistenteils von dem Subjunktiv (Konjunktiv) durch die i- 
Reduplikazion ; wenn es sich nun wirklich um einen alten 
Zusammenhang zwischen dem Konjunktiv (Subjunktiv) und 
dem Futurum handelt, so hat man hierin einen Beweis, dasz 
schon in einer vorhistor. Zeit im Goidelischen das Bestreben 
herrschte, die Temporalformen recht deutlich zum Ausdruck 
zu bringen. 

In den brittonischen Sprachen wurde dagegen das Futurum 
entweder durch das Prâsens (so im Neu- und Mittelkymr.) 
oder durch den Konjunktiv (so im Bret. und Mittelkymr.) 
ausgedrùckt ; der formale Konjunktiv hatte also im Brit. zwei 
Funkzionen : 1) die modale, 2) die temporale. Das Goide- 
lische unterscheidet sich also von dem Britannischen dadurch, 
dasz es die temporalen Formen von den modalen scheidet, 
jedoch darf man nicht vergessen, dasz auch im Air. bei 
gewissen Verben kein wirkliches redupl. Futurum gebildet 
wird; hier fungieren die Subjunktivformen als Futura. So 
wird z. B. bei den Wurzeln : ret, tek, reg, ang, lag, sad 
das Fut. und der Subjunktiv durch dieselben 5-Bildungen 
ausgedrùckt (Thurneysen Hdb. § 66 1). Das weist auf einen 
âlteren Zustand hin, wo im Goidelischen noch ahnliche 
Verhàltnisse herrschten wie im Britannischen, d. h. die Kon- 
junktivform hatte damais zwei Funkzionen : 1) die temporale, 
2) die modale. 



Dus Fut u ru m im Irischen. 347 

Dièse Erscheinung ist ùbrigens nichts Ungewôhnliches, auf 
dem Gebiete der idg. Sprachen kommt sie ôfters vor : so 
fungiert auch im Ved. der Konjunktiv im Sinne des Futurums, 
die lateinischen Futura sind teilweise alte Konjunktive. Es 
bestehen aber auch Beziehungen zwischen Konjunktiv (Futu- 
rum) und dem Aorist, eventuell auch Prâsens : so sind z. B. | 
die lateinischen Konjunktive und die mit îhnen verwandten 
Futura aus dem Aoristtypus der zweisilbigen Wurzeln entstan- 
den, so z. B. lat. . -gruat = ïït. griitvo (Verf. IF. XXIII. 147). 
Das Altindische und das Griechische unterschied bei dem 
langvokalischen Aorist den Konjunktiv und den Indikativgar 
nicht. Angesichts dieser Tatsachen musz man erschlieszen, 
dasz das Idg. gewisse Formen bald modal (konjunktivisch), 
bald temporal (aoristich, futural) gebrauchen konnte.Diesgilt 
auch von den .r-Bildungen . So bediente sich das Italische 
solcher thematischen 5-Formazionen zur Bildung des Futu- 
rums ; ein ë-Prâteritum zu solchen 5-Futuris liegt im lat. 
Irrealis vor. 

An den lateinischen Konj. Imperfekti erinnert nu 11 der 
brittonische Z?-Konjunktiv : 

mky. carhivyf carhom 

cerhych carhoch 

carho carhont. 

Das Konjunktivszeichen ist hier -bwy-/-bo-, das auf ein 
altères -së-f-sâ zurûckgehen musz. Der Ubergang des s ^>h war 
selbstverstàndlich nur bei den vokalisch auslautenden Verbal- 
stàmmen lautgesetzlich, von diesen Stâmmen wurde das -/;- 
auch auf die konsonantischen Verbalstàmme ùbertragen. 
Der Wechsel -ê/â- erinnert an den lateinischen ê/â Ablaut z. 
B. ferâm : ferès, ferët. Der walisische />Konjunktiv steht for- 
mell dem lateinischen Konj. Imperfekti sehr nahe. 

Syntaktisch aber sind die beiden Bildungen grundverschie- 
den. Die lateinische Bildung ist ein t ? -Pràteritum l zu einem 

1. Delbrùck (Vgl. Syntax II. S. 404 und nach ihm Sommer Hb. d. lat. 
Spr. S. 5701) erklart den lat. Konj. Imperf. als einem ("-Konj. des 5-Aorist, 
mir scheint aber die oben ausgesprochene Deutung (Brugmann, K. vgl. Gr., 
S. 541) wahrscheinlicher zu sein und zwar aus folgenden Grùnden : 1) 



348 José) Bu udis. 

5-Futurum, der brit. /j-Konjunktiv ist eine Kontaminazion 
von zwei verschiedenen Konjunktivbildungen, die entweder 
futural oder konjunktivischfungieren konnten. 

Die alte j-Bildung liegt im mky. giuares (* vo-ret-sel), vgl. 
\x.fumrc (*vo-rct-s-t) vor, und dann auch im Imperfektum des 
/>Konjunktivs ky. carhum, die anderen Personen des Konj. 
Impf. gehen auf einen -së-St&mm zuriick, dem man auch im 
Irischen und Italischen begegnet (vgl. lat. faxit). 

Die primiiren Bildungen kann man also folgender Weise 
veranschaulichen ; 

i). -Â-Bildungen ir. -cara, -lia. lat. fcrani, tuïam, ky. 
caro. 

2). -s- Bildungen lat. faxo, osk. fust, ir té *tèkst (Wz. 
steig/i). 

Von diesen Bildungen wurden in den kelt. Sprachen 
Sekundàrprâterita gebildet : ir. gessin(n) (bei kons. Stammen) 
ky. carhivn (urspr. bei den vok. Stammen). 

a) Im Lateinischen wird von dem ^-Fut. ein t 7 -Pràteritum 
gebildet : lat. forem, foret, *fusêm, *fusêti. 

b) Im Brittonischen werden kontaminierten sa / sê-Kon]\ink- 
tive gebildet : carhivyf *karasêm, III. sg. carbo, *karsasât. 

Fur das Keltische musz man also s- und â-Bildungen 
annehmen; sie hatten zwei Funkzionen, eine modale und eine 
temporale. Als Modalformen drûckten sie eine gewùnsehte, 
gewollte ' oder gedachte 2 Handlung aus, sie entsprachen 
also sowohl dem gr. Konjunktiv als auch dem Optativ. Als 
Temporalformen fungierten dièse Bildungen futurisch. Reste 
von solchen Verhàltnissen haben sich auch im Air. erhal- 
ten, dort haben nâmlich noch einige unreduplizierten Bil- 
dugen die futurische Funkzion bewahrt : die ^-Bildungen 



ein ^-konj. des 5-Aorists ist sonst nirgendsbelegt (die kymr. se- Konjunktive 
sind keine Konjunktive des .s-Aorists, sondern es sind Kontaminazionen 
von 5-Konj. (Aoristen) und d-/-c- Konjunktiven), 2) fur die Richtigkeit der 
von uns vertretenen Deutung sprechen analoge Bildungen des Altindischen 
und des Altirischen. 

1. In Absichtssàtzen, Konzessiv- und Bedingunssatzen. 

2. In Temporal- und Vergleichssatzen und Nebensâtzen, die von einem 
Negativsatz abhangig sind. 



Dus Futur uni im Iriscben. 349 

haben wir schon erwàhnt, von den Â-Bildungen sind es rega 
und dann Bildungen wie bia, u. ahnl. : rega ist ebenso zu beur- 
teilen wie lat. regat, bia ist eine Wurzelform, der die â- 
Konjunktive ihren Ursprung verdanken (Wz. *bbeia : *bhiia), 
also eine Form, die man gewôhnlich als Injunktiv bezeichnet. 

Es fragt sich jetzt, wie das Air. dazu kam, von diesen alter- 
erbten Bildungen die reduplizierten Futura zu bilden. In den 
europàischen Sprachen kamen solche Bildungen wie gr. 
■/.i-y/.pv.j.: vor; bei diesen Bildungen muszte ursprùnglich der 
Indikativ und der Konjunktiv gleich sein. Solche Forma- 
zionen sind dureh Redukzion der ersten Wurzelsilbe charak- 
terisiert; was entspricht ihnen im Altirischen ? Von einer Wz. 
pera prâ muszte eine solche Bildung *piprà-^> *pibrà-^> *ibrâ- 
ir. *ebrâ- lauten und dièse Bildung existiert auch tatsachlichim 
Ir. ebartbi zu Fut. * ebraid (ebarfr-i, *ebr*id). So sind auch For- 
men wie -çênat.-iba zu beurteilen; -oénat ist dem gr. yiyvwo'xw 
verwandt, (im Ir. ist das * ' gignô analogisch nach den à- 
Konjunktiven zu * giguâ- umgestaltet worden); mit den Fut. 
iba ist der Stamm des faliskischen pipafo zu vergleichen. 
(Bei manchen solchen Bildungen ist die erste Stammsilbe 
restituiert worden, so z. B. in gigniîhir anstatt des zu erwar- 
tenden *gcnithir = lat. gignâtur). Dièse Bildungen hatten 
wohl ursprùnglich die beiden Funkzionen, sowohl die modale 
als auch die temporale (futurale). 

Neben diesen Bildungen existierten wahrscheinlich auch 
Bildungen, die Zimmer (KZ. XXX. S. 128) mit den aind. 
Desiderativis vergleicht . Das indische Desiderativum bezeich- 
net eine Handlung als eine gewûnschte oder beabsichtigte, 
manchmal bezeichnet es eine bevorstehende Handlung, z. B. 
pipatisati phalam « die Frucht wird bald fallen », niumûrsati 
moriturus est. Speyer (Ved.und Skr. Synt. S. 46) bezeichnet 
es als « eine seiner Bedeutung nach dem Futurum und Kon- 
junktiv verwandte Bildung ». Ursprùnglich lag die desidera- 
tive Bedeutung dieser Formazionen nicht in der Reduplika- 
zion, das beweist der Umstand, dasz es auch Desiderativa 
ohne Reduplikazion wie z. B. lat. vïsô, capessô gibt. Ich bin 
geneigt, die Desiderative fur eine reduplizierte konjunktivar- 
tige Bildung zu erklàren. 

Revue Celtique, XXXIII. 2 j 



3 5° Josef Baudis. 

Im Irischen existierten also reduplizierte rt-Bildungen, die 
die Futuralbedeutung haben konnten, und dann auch redu- 
plizierte j'-Bildungen, die auch dièse Funkzion hatten; so lag 
es nahe, dièse Reduplikazion fur die Bildung der « primaren » 
Verba ûberhaupt zu verwenden. 

Wie war es nun bei den schwachen Verbis? 

Da nimmt man an, dasz der Verbalstamm mit dem Futu- 
rum der Wz. * bheija/bhijà zusammengesetzt wurde. Auf 
Unmoglichkeit einer solchen Erklârung hat mit vollem Recht 
Thurneysen (Hb. d. Air. S. 372) hingewiesen. Das Charakte- 
ristikon des air. schwachen Futurums sei ein / und nur 
verhaltnismaszig selten kommt daneben das h vor. Weiter 
hebt Thurneysen namentlich hervor, daszdas/-Futurum schon 
deswegen auf kein -bb- Futurum zurùckgehen kann, da im 
Air. Formen wie atrefea vorkommen, die unmôglich auf 
ein altères -ireb-\-fa zurùckgehen kônnen. Deswegen hait 
Thurneysen das -f- des Futurums fur ein ursprùngliches 
/und will es zuerst aus einemidg. su, oder sp erklàren; 
spater jedoch denkt er, dasz das air. / aus einem b-\-h ent- 
stehen kônnte (Seite 527 zur S. 373) '. Dasz atrefea auf ein 
-treb-fea (einem treb-suà oder treb-spâ) zurùckgehen kônnte, 
ist schon deswegen ausgeschlossen, weil man sonstannehmen 
musz, dasz b-\-f >> / 2 wird, dies widerspricht aber dem 
bekannten Homorganitiitsgesetz, und dann ist uns kein -sij- 
(od. -sp-} Suffix bekannt. Somit bleibt der einzige Weg 
offen : das / in atrefea kann nur aus einem b-h entstanden 
sein. Dasz b-h zu/wird, ist aus dem Sandhi genùgend bezeugt ; 
im altirischen Sandhi wird ein stimmhafter Laut + /; zu dem 
entsprechenden stimmlosen. Dieser Lautwandel w T iederholt 
sich im Wortinnern im Neuir. und kommt auch im Britanni- 
schen vor : vgl. neuir. ['deff] aus ["dèhbr] deithbhir, [skrîfi] <C 
[skrîbha]; mky. : dyjjo « veniat » *dyvho; rotho \_rofo], « det »aus 
*rodbo, cretto « credat » (*kredho). Gilt dies auch fur den air. 
Inlaut, so mùssen wir atrefea aus einem alteren *adtreb-ha 

1. Voir toutefois Revue Celtique, XXXII, 367 (N. d. 1. R.). 

2. Dies tut man auch tatsàchlich, da jedoch die samtlichen Beispiele fur 
dièse vermeintliche Ausnahme des Homorganitiitsgesetzes eben die f- 
Futura sind, so ist dièse Meinuns; kaum aufrecht zu halten. 



Das Futurum im Irischen. 351 

* ad-treba-sài erklaren. Die so gewonnene Grundform (vgl. 
auch Thurneysen Hb. d. Air. S. 527. zu S. 372) ist mit den 
britannischen /;-Konjunktiven identisch, sie wâre also ebenso 
zu erklaren wie kvmr. carho * karasat, cretto, rofo. Man kann 
aber einwenden, dasz dièse Wirkung des s > h im Irischen 
nur im Sandhi bezeugt ist. Da will ich auf die indischen 
Sandhiformen wie mânôbhih, mânahsu hinweisen ; hier begeg- 
nen wir auch im Inlaut einem Lautwandel, den wir sonst nur 
im Sandhi kennen. Etwas àhnliches musz man auch fùrs 
Irische voraussetzen : * ad-trebasât wurde lautgesetzlich zu 
-trebahàt > -trebbât; nun sollte dièses h- schwinden, aber es 
blieb erhalten, wohl deswegen,weil das Suffix -ha fur die Futur- 
(Konjunktiv)formazion zu charakteritisch war, d. h. atreb-ha 
wurde âhnlich aufgefaszt wie *imb-su (impu). Als nun das /; 
mit dem benachbarten Konsonanten zusammenflosz, muszte 
bh ganz lautgesetzlich zu/ werden,undes entstand ein atrefea. 
Der Unterschied der Sandhiformen und des Inlauts besteht 
wohl nur darin, dasz s > /; im Inlaut frùher schwand; das 
Konjunktiv-Futursuffix widerstand aber aus obenerwahnten 
Grùnden den destruktiven Inlautswirkungen. So stand neben 
*carha (ky. carho) ein atrefea und ahnliches; es lag nun sehr 
nahe, das *carha nach dem Muster von atrefea u. âhnl. umzu- 
bilden ; und so bildete man ein carfa und âhnl., d. h. das / 
verdràngte das altère -h- und wurde zu dem Futurzeichen l 
der schwachen Verba . 

Somit kommen wir zu folgendem Résultat : das Keltische 
kannte drei « Konjunktivbildungen » : 

a) die primàren -à- und -s- Bildungen 

b) und die kontaminierten (se-) -à- Bildungen . 

Dièse Bildungen hatten sowohl die futurische, als auch die 
konjunktivische Funkzion. Das Air. adaptierte sich gewisse 
Primarbildungen fur das Futurum der starken Verba (redupl. 
s- und â- Futura) ; die kontaminieten Bildungen waren im Ir. 
als Futura produktiv, wobei das h im Inlaute zuerst erhalten 
blieb und dann auf dem Wege der Analogie durch ein/ 
(<C bh) ersezt wurde. 

Josef Baudis. 

1. Formen wie itoibfea haben die Stammkonsonanz analogisch restituirt. 



BRETON-MOYEN GLOEDIC, GALLOIS GWLEDIC 



Ce terme, jusqu'ici inconnu, se trouve dans un aveu de la 
seigneurie de Quimerch en Bannalec (Finistère), de 1539. 
Il m'a été signalé par le savant et obligeant archiviste d'Ille- 
et-Yilaine, M. Bourde de la Rogerie, que ce mot intriguait. 
Il ne se trouve pas dans le résumé de l'aveu mentionné dans 
Y Inventaire sommaire des Archives de la Loire-Inférieure antérieures 
à iyyo, B. M. Bourde de la Rogerie l'a découvert dans les 
papiers de P. Hévin, savant jurisconsulte breton du xvm e siècle, 
conservés aux Archives d'Ile-et-Vilaine, sous ce titre : Fonds 
P . Hévin, cote (notes diverses pour le glossaire). Le mot appa- 
raît dans une redevance appelée Boedgloedic et traduit par viande 
au Comte. Je donne l'extrait d'Hévin in-extenso : « Boet gloedic 1 , 
c'est-à-dire viande au Comte. C'est une chef rente due en 
quelques paroisses du domaine de Quemperlé au Roy, quoyque 
les seigneurs prétendent avoir la proche mouvance ; laquelle 
rente se paye au seigneur de la Roche Moisan pour la mettre 
en la main du receveur du domaine ; et les anciens adveus du 
seigneur de Kimerch, l'un des seigneurs féodés de Quemperlé 
disent que c'est pour emploier a la derïense de la foi, c'est-à- 
dire in subsidium terrae sanctae. Ceste imposition fut faite vray- 
semblablement lorsque les ducs de Bretaigne se croisèrent. » 
Hévin renvoie à son résumé de l'aveu de 1539. Il est évident 
que boet gloedic traduit exactement viande au Comte, c'est-à- 
dire au comte de Cornouailles. Le premier duc qui se croisa, 
fut Alain Fergent en 1096; il était fils de Hoel comte de 
Cornouailles et duc de Bretagne. Gloedic est au gallois gwledig. 
comme le breton moyen gloat, royaume, au gallois gwlad : 

1. Citant l'aveu, il écrit ailleurs Boet GlocJio. 



Breton-moyen Gloedic, gallois Gwchlic. 353 

le mot est pan-celtique 1 . Gzvlad a le sens de pays, royaume. 
Cf. comique gluat, patrie. D'après le sens de gzvledig, chef 
suprême, impcrator, gloedic devait se rapporter non pas spéciale- 
ment au comte de Cornouaille mais au duc dt 'Bretagne, au chef 
suprême du pays au ix e siècle; dans la seconde moitié de ce 
siècle, à l'apogée de la puissance bretonne, les chefs suprêmes 
de la Bretagne se qualifiaient indifféremment derex ou de dnx 1 . 
Le terme de roe a été appliqué à Alexis le Grand. Les princes ou 
grands seigneurs soumis à l'autorité suprême étaient des Macb- 
tiern (représentants, cautions du tieru). Comme en Galles, de 
terme breton exact pour dux, impcrator, a dû être gloedic (= 
*ulattco-s). 

J. Loth. 



1 . La Gitoletec de Cart. de Redon est à écarter. 

2. De laBorderie, Histoire de Bretagne, tomesecond, p. 339. 



UNE ANECDOTE SUR SAINT COLOMBA 



La courte anecdote qui suit est tirée du manuscrit de Paris 
(fonds celt., n° i, f° 56 v°, col. 2), où elle fait suite à une 
vie de saint Colomba, qui commence au f° 53 v°, col. 1 
(v. Revue Celtique, XI, 398). Elle présente un résumé fort 
sec d'un récit qui figure sous une forme plus développée dans 
la vie de saint Colomba du manuscrit d'Oxford, publiée par 
M. Richard Henebry aux tomes III, IV et V de la Zeitschrift 
fur celtische Philologie. On trouvera le récit en question au 
tome V, p. 82. 

La même anecdote nous a été conservée par le manuscrit 
Rawlinson B 512, f° 141 a 1. Le texte en a été publié par 
M. Kuno Meyer dans the Gaelic Journal, IV (déc. 1892), p. 162. 
Il difFère très peu de celui du manuscrit de Paris, sauf pour le 
second vers du quatrain. Mais il est plus complet et contient, 
après le quatrain, un paragraphe supplémentaire où sont 
donnés quelques renseignements sur le personnage dont la 
tombe fait l'objet du récit. 

TEXTE IRLANDAIS 

Laa n-ann tainic Colum Cille a-timceald Airne, aw-accaid 
ind-adlacctfd n-arrsaig 7 an cloch n^wgluaisti fair ; corro fiar- 
faid : cia hadlacad fon lie ucut. Ni tet[a]mar, ol-sruithi an- 
baile, 7 ni-chualamar romaind. Rofoildsic Dia dosam sin 
tria rath fessa aw-dubairt sa rann-so àidiu : 

A Baithin, anam ccw-licc : ; 
is Canan an-gaeth salmglicc ; 

1. Au lieu de coti-licc, le ms. Rawlinson B 512 a collcic « awhile » ; et de 
même le manuscrit d'Oxford coïeic. 



Une anecdote sur Saint Golumba. 355 

7 bim co-madain ann 
ag-abaid ' Iarusailim 2 



TRADUCTION' 

Un jour Colum Cille vint visiter Aran; il vit une vieille 
tombe dont la pierre n'avait pas été remuée, et il demanda : 
«Qui est enterré sous cette pierre-là? — Nous ne savons pas», 
dirent les vieillards de l'endroit, « et nous ne l'avons jamais 
entendu dire jusqu'ici ». Dieu le lui révéla par la grâce de la 
science, et alors il dit cette strophe : 

O Baithin, restons près de la pierre. 
C'est Canan, le sage, versé dans les psaumes. 
Trouvons-nous là jusqu'au matin, 
Auprès de l'abbé de Jérusalem. 

Le second vers du quatrain est ainsi conçu dans le ms. 
d'Oxford : 

fa dà san Talgaeth sailmglicc 

et dans le manuscrit Rawlinson B 512 : 

ga tas in Talgaeth salgair, 

que M. Kuno Mever propose (dans une communication écrite) 
de corriger en : 

ga taisi in Talgaeth salmglain 

ou quelque chose d'approchant. Le personnage porterait donc 
le nom de Talgaeth, et c'est ce même nom qui revient en effet 
dans le paragraphe supplémentaire du ms. Rawlinson. Il s'agit 
d'un abbé de Jérusalem qui était venu en pèlerinage, lit-on 
dans ce paragraphe, de Jérusalem à Aran, au temps d'Enna 

1. Ms. agabail. 

2. Le texte se termine par Finit don betha sin Oillann. Oillann, c'est 
William mac an Legha, dont le nom revient ailleurs dans le manuscrit de 
Paris (v. Rev. Cett, XI, 391, 395, 401); il écrivait en 1473. M. Paul Walsh 
(de Mullingar) nous signale la signature de William Mac an Leagha dans 
le Ms. Egerton 91 du British Muséum et dans deux manuscrits de Dublin 
(v. Siïva Gadelica, II, p. vij). 



3 5^ /• Vendryes. 

(sans doute Enna mac Neill, grand-père de Scandai compagnon 
de Colum Cille), et qui était mort à Aran.Le nom de Canan, 
que fournit le manuscrit de Paris, se retrouve dans le Book of 
Leinster 213 b 16 (K. Meyer, Contrib., p. 313). Quanta 
Baithin, c'est le saint bien connu, né en 536, cousin et com- 
pagnon fidèle de Colum Cille, auquel il succéda comme abbé 
de Hi de 597 à 600, date de sa mort. 

J. Vendryes. 



BIBLIOGRAPHIE 



Sommaire. — I. Kuno Meyer, Betha Colmdin maie Lûachdin. — II. G. W. 
Hoey, An Irish Homily onthe Passion. — III. W. Meredith Morris, A 
Glossary of the Demetian dialect of Nortb Pembrokesbire. — IV. D. Mac- 
KINNON, A descriptive catalogue of Gaelic Manuscripts in Scotland. — V. 
Ph. Kropp, La Tène^eitliche Fluide an der keltisch-gennanischen Voiker- 
gren^e çurischen Saale und Weisser Elster. — VI. Sir John Rhys, The Celtic 
Inscriptions of Gaul, additions and corrections. — VII. The National 
Library ofWales, Bibliotheca Celtica for iyoq and 1910. 



I 

Kuno Meyer. Betha Colmâin maie Lûachâin, Life of Colmân son of 
Lûachan. (Royal Irish Academy, Todd Lecture Séries, vol. 
XVII), Dublin, Hodges, Figgis and C°, 1911. XYiij-136 p. 8°. 
2 s. 6 d. 

Cette vie de saint Colman est une des plus longues que nous ait 
laissées l'hagiographie irlandaise ; une des plus copieuses aussi, et 
des plus fournies de matière. Il n'y a guère que Patrice et Colum 
Cille qui aient été honorés d'une biographie aussi développée. Mais 
ces deux grands hommes avaient des titres sérieux à cet hommage. 
L'humble Colman, au contraire, n'y était, semble-t-il, désigné par 
rien. Le peu qu'on puisse affirmer de précis et de véridique sur sa 
vie est banal et terne. Il était né à la fin du vi e siècle dans le comté 
actuel de West-Meath non loin de la ville de Mullingar. Il avait 
trois frères et quatre sœurs, qui tous entrèrent dans les ordres. 
Dans son enfance, il semble qu'il ait gardé les vaches. Vers la 
trentaine il alla étudier à Lismore sous la direction de Mochuta ; ce 
dernier lui confia la charge de distribuer la nourriture à une colo- 
nie de lépreux, d'où son surnom de Lâmglan « main pure ». 
Ordonné prêtre, il fonda plusieurs monastères, parmi lesquels celui 
de Lann, où il mourut un 17 juillet dans la seconde moitié du 



358 Bibliographie. 

VII e siècle et où il fut enterré. Ces traits ne donnent pas à Colman 
une physionomie bien saillante. Mais par son insignifiance même, 
sa vie prêtait aisément à tous les embellissements que la fantaisie 
pouvait imaginer. Plus heureux que le peuple irlandais, Colman 
n'avait pas d'histoire ; son biographe s'est chargé de lui en faire 
une. 

Ce biographe écrivait selon toute apparence dans la première 
moitié du xn e siècle et à Lann même, comme plusieurs détails 
l'indiquent. C'était sans doute un membre du monastère. Il a voulu 
célébrer la gloire du fondateur et du patron, l'exalter au-dessus de 
tous les autres saints et surtout répandre les vertus de ses reliques, 
talisman précieux pour la maison. Il a fait de Colman une sorte de 
parangon du merveilleux et de sa biographie un manuel du parfait 
thaumaturge, un répertoire de miracles. Quels miracles ! Il y en a 
de qualités très diverses. Certains sont pleins de fraîcheur et de 
poésie, vraiment dignes de la Légende dorée ; d'autres sont d'une 
puérilité niaise, qui rappelle les almanachs bien pensants. On en 
trouve de touchants, de cruels, de ridicules, de scabreux. Mais 
le naïf biographe ne se préoccupait guère des contradictions et des 
disparates; il a ramassé sans étude et sans choix tout ce qui lui 
tombait sous la main, le bon, le médiocre et le pire. Et ainsi cette 
biographie est un excellent spécimen, grossi à souhait, de ces créa- 
tions artificielles de légendes pieuses, comme le moyen âge, sur- 
tout en Irlande, en a tant connues. 

Le procédé est des plus simples, et à la portée de tous. Il con- 
siste d'abord à constituer au personnage une généalogie illustre : 
ainsi Colman descendrait par son père du roi Conall Cremthainne, 
et compterait parmi ses ancêtres directs Niall Nôigiallach, Echaid 
Mugmedon, Cairpre Lifechair et Conn Cétchathach ; c'est une race 
princière. Ensuite, il faut confondre habilement le saint avec des 
homonymes plus célèbres que lui, tels Colman Elo ou Colman 
Comraire, quitte à multiplier les anachronismes, et le mettre en 
relations avec le plus grand nombre possible de personnages haut 
placés, quitte à prolonger sa vie au delà des limites humaines ; 
ainsi Colman aurait connu successivement cinq rois de West- 
Meath, depuis Conall Guthbinn (m. en 635) jusqu'à Domnall mac 
Murchada (m. en 763), et il aurait reçu d'eux maint honneur et 
maint privilège. Enfin, il faut en faire un thaumaturge de premier 
ordre, supérieur à tous ceux du pays, tel que Dieu lui-même n'en 
connaisse pas de plus fort (follus Ira asna seelaib-so... nàch fil cU- 
rech is amru ac Dia oldâs-som, § 103). Ainsi Colman accomplit les 
même miracles que Patrice, Brigitte ou Colum Cille ; bien plus, il 



Bibliographie. 359 

reproduit ceux de Moïse, en faisant traverser un lac à pied sec 
(§ 64), ceux de l'apôtre Paul, en restant vingt-quatre heures sous 
l'eau (§ 13), ceux du Christ lui-même. Et le biographe ne manque 
pas de signaler ces coïncidences, qui sont toutes à la gloire de son 
héros. On voit sans peine à quoi tend le récit : à constituer au 
monastère des titres inattaquables. Cette littérature hagiographique 
n'a pas un but d'édification ; c'est une littérature utilitaire (cf. Rev. 
Celt., XXXII, p. 105). 

La Vie de saint Colman nous a été conservée dans un seul manu- 
scrit, conservé à Rennes, et qui est du xiv e ou xv e siècle. La vie 
elle-même, comme on l'a dit plus haut, peut avoir été composée 
au début du xn e siècle, si l'on s'en rapporte à l'état général de la 
langue. Mais le biographe a dû se servir de documents plus 
anciens, dont la trace apparaît çà et là dans des formes ou des gra- 
phies archaïques, qui indiquent le x e ou le ix e siècle. Parmi les 
pièces de vers, assez nombreuses, que renferme le texte, l'une 
même, la première de toutes (§ n), semble remonter à la période 
du vieil-irlandais; telle autre, comme celle du § 19, ne peut être 
antérieure à la deuxième moitié du x e siècle ; plusieurs enfin sont 
de date beaucoup plus basse. 

M. Kuno Meyera édité le texte, comme il fait toujours, avec une 
science impeccable. Il y a joint une traduction anglaise et l'a fait 
précéder d'une substantielle introduction, à laquelle nous avons 
emprunté tous les détails qui précèdent. L'ouvrage se termine par 
des notes abondantes, un glossaire des mots rares et un double 
index des noms propres de personnes et de lieux. 

J. Yexdryes. 



II 



Rev. George W. Hoey, S. S. An Irish Homily on the Passion, Text 
and Translation. Baltimore, J. H. Furst Company, 1911. 21 p. 
8° (reprinted from The Catholic University Bulletin, vol. XVII, 
n os 5 and 6). 

Le texte de cette homélie sur la passion nous a été conservé par 
deux manuscrits, l'un de la bibliothèque de Rennes, l'autre du 
British Muséum (Egerton, 1781). Elle porte comme titre Passio 
Christi secunduin Bernardutn et se compose d'une suite de réflexions 
sur la passion, précédées généralement de la formule adeir Bernard 
« Bernard dit ». Aussi M. Dottin, dans son étude sur le manuscrit 



360 Bibliographie. 

de Rennes, supposa-t-il que l'homélie irlandaise était inspirée du 
Liber de passione Chri-ti de saint Bernard, publié dans la Patrologia 
latina de Migne, t. 182, col. 1133-1142^. Rev. Celt., XIV, 83, 
n. 2). Mais une comparaison des deux textes prouve qu'ils n'ont 
rien de commun. Rien dans les œuvres de saint Bernard ne rappelle 
même l'homélie qui lui serait attribuée ici. Et M. Hoey est amené 
à croire qu'il s'agirait plutôt d'un homonyme du grand saint, peut- 
être Bernard de Cluny, dit aussi de Morlaix, auteur d'un traité de 
contemptu mundi. Toutefois il indique en même temps une autre 
hypothèse : c'est que nous aurions affaire à une collection de notes 
pieuses, réunie par un inconnu et attribuée après coup à saint 
Bernard. Cette dernière hypothèse n'est pas la moins vraisem- 
blable, si l'on considère surtout la valeur littéraire de l'homélie, 
qui est des plus basses, « below the average of Irish works of this 
kind », comme le confesse M. Hoev. Et ce n'est pas peu dire. 

Il était cependant très bon de la publier. On n'aura jamais trop 
de textes pour édifier la grammaire du moyen-irlandais, et toutes 
les publications, quelle que soit la valeur littéraire du texte, sont 
les bienvenues. M. Hoey a reproduit tel quel le manuscrit de 
Rennes et donné en notes les plus importantes variantes du manu- 
scrit Egerton. P. 4, 1. 20, est-il bien sûr d'avoir lu algeit ? Il faut 
alors certainement corriger en aigeit « vinaigre » (cf. aigéte, p. ié, 
1. 13). P. 6, dern. ligne, do leigen a-ruin riut est traduit par a to 
place his affection before thee » ; est-ce que rùn n'a pas ici son 
sens habituel « secret, mystère »? P. 10, 1. 23, il n'est pas juste de 
couper an-mesarda ; c'est un mot un, comprenant un préfixe. 
P. 16, 1. 3, il faut corriger en do marbadar, ou bien alors traduire do 
marbabar par une seconde personne du pluriel. 

J. Yekdryes. 

III 

Rev. \Y. Meredith Morris, Vicar of Clydach Vale. A Glossary oj 
the Demetian diaïect of Norîh Ponbrokeshirc. Tonypandy, Evans 
and Short, 19 10. 341 p. 8° (issued to subscribers only). 

Il convient d'attirer sur ce livre l'attention des celtistes. C'est un 
livre de dialectologie; et l'on sait combien la dialectologie galloise 
a été négligée jusqu'ici, combien sont limités et imparfaits les 
moyens d'information dont on dispose à cet égard. Il arrive sans 
doute périodiquement qu'aux eisteddfodau annuelles soient insti- 
tués des concours et décernés des prix pour des descriptions de 



Bibliographie. 361 

prononciation ou des recueils de vocabulaire. Mais les travaux pré- 
sentés, même ceux qui obtiennent des récompenses, restent géné- 
ralement manuscrits. Depuis quelques années, l'Université de 
Galles encourage particulièrement les enquêtes dialectologiques ; 
sa Guild of Graduâtes comprend une Dialects sedion, et les Transac- 
tions de la Guild ont déjà publié quelques collections utiles, notam- 
ment en 1902 une liste de pluriels du district de Llein (Carnarvon- 
shire) et en 1904 des répertoires de mots dialectaux de l'East- 
Den.bighshire (p. 40 et suiv.), du Carmarthenshire (p. 49 et suiv.), 
du Breconshire (p. 54 et suiv.) et même du Pembrokeshire (p. 
58 et suiv.). Ce dernier, dû à Miss Phoebe Griffiths, est directe- 
ment comparable au livre de M. Meredith Morris. Mais tous ces 
travaux ne sont que des ébauches, des essais fort courts et qui ne 
prétendent pas à être complets ; l'aire géographique en est de plus 
mal définie, et généralement trop vaste. 

M. Morris a au contraire soigneusement délimité le champ de son 
enquête. Il s'est restreint à la Gwaun Valley, qui s'étend de la 
Foel Ery à Fishguard, dans le nord du Pembrokeshire. C'est une 
partie du pavs de Dyfed, l'antique Demetia, si connu par les 
Pedair Caingc, et notamment par le Mabinogi de Pwyll. Du parler 
de cette région, M. Morris a relevé tous les termes qui diffèrent 
du gallois littéraire, y compris ceux qui sont en voie de disparition 
ou même ont aujourd'hui complètement disparu. Et cela fait un 
gros volume, où il y a surtout beaucoup de termes techniques de 
culture et d'élevage, des noms d'objets usuels, de plantes et d'ani- 
maux, de maladies, mais aussi des termes de jeux populaires 
(p. 55, p. 109), des proverbes, des dictons, des formules de com- 
paraisons. L'auteur a pris soin de définir exactement les mots qu'il 
enregistre, recourant au besoin au dessin pour rendre ses défini- 
tions plus saisissables (p. 55, 73, 81, 109, 230); c'est ainsi qu'il 
donne, p. 304, le plan d'une ferme du pays avec le nom des diffé- 
rentes parties qui la composent. Le livre intéressera donc parmi 
les linguistes ceux qui, à l'école de M. Meringer, ont appris à ne 
pas séparer les mots des choses, et aussi les folkloristes, curieux 
de trouver dans le langage l'expression des traditions popu- 
laires. 

M. Morris est avant tout un lexicographe. Bien qu'il offre aux 
étymologistes une matière abondante et riche, il ne fait pas lui- 
même d'étvmologie. Il ne fait pas non plus de phonétique. Il se 
borne à quelques brèves et vagues indications sur la prononciation, 
p. 10 et 11. Mais en principe il exclut de son livre les mots qui ne 
diffèrent du gallois littéraire que par la prononciation, de même 



362 Bibliographie. 

qu'il en exclut les mots anglais, à moins qu'ils ne se soient incor- 
porés au langage gallois et que l'emprunt en soit pour ainsi dire 
devenu méconnaissable au sujet parlant. 11 y avait là une réparti- 
tion assez malaisée à faire, et dont M. Morris s'est tiré avec succès. 
Malgré ces restrictions volontaires, le livre fournit aux phonéticiens 
quelques données intéressantes. Ainsi le dialecte de la Gwaun Val- 
ley parait avoir perdu dans les mots de plus d'une syllabe les spi- 
rantes sonores finales/ et dd; il dit dweiha, gâtre, geua, bidre, oga 
pour diweddaf, gartref, gauaf, bidref, ogof, et de même adlc, nezuy, 
slaiuer-dv pour adladd, ncuydd, erys llawer dydd. Les diphtongues y 
sont en grande partie réduites, notamment ae qui est devenu à sous 
l'accent dans les monosyllabes et e dans les potysyllabes après l'ac- 
cent : sâth, trâth, gwâd, areth, arfeth, avmdogetb, etc. La même 
réduction est commune aux dialectes du sud de Galles et caracté- 
rise, comme on sait, éminemment le comique. Il y aurait lieu de 
Systématiser les renseignements fragmentaires que nous fournit 
M. Morris et de constituer une phonétique du parler de la Gwaun 
Valley. Nul n'est mieux placé que lui pour entreprendre cette 
œuvre. Qu'il s'y mette sans retard : il nous la doit. 

J. Vexdryes. 

IV 

D. Mackinxox. A descriptive catalogue of Gaelic Manuscripts in tbe 
Advocates Library Edinburgh and clsewbere in Scotland. Edinburgh, 
William Brown, 1912. xij-348 p. 8°. (compiled at the instance 
of John, fourth Marquess ofBute, through whose liberality it is 
published). 

Voici encore un ouvrage qui rendra de très grands services et 
dont le besoin se faisait depuis longtemps sentir. C'est un catalogue 
méthodique et descriptif de tous les manuscrits en gaélique con- 
servés dans les bibliothèques d'Ecosse. Il faut remercier le marquis 
of Bute d'avoir généreusement encouragé l'entreprise, et féliciter le 
Professeur Mackinnon de l'avoir si heureusement exécutée. Ce 
dernier, à qui la philologie celtique doit déjà tant d'utiles travaux, 
continue dignement la tradition des O'Curry et des O'Donovan. 
Son catalogue des manuscrits conservés en Ecosse prendra place à 
côté du Catalogue de d'Arbois de Jubainville pour la littérature 
épique de l'Irlande et, pour le gallois, des précieux Reports de 
M. J. Gwenogfryn Evans. 

C'est à {'Ad-cocates' Library d'Edimbourg qu'est consacrée la plus 



Bibliographie. 363 

grande partie du volume. Cette célèbre bibliothèque présente en 
effet, au point de vue des manuscrits en gaélique, un intérêt pré- 
pondérant. Dans le tome VI delà Revue Celtique, p. 109 et suiv., 
M. Gaidoz lui a consacré un article, où il énumère rapidement les 
principales richesses qu'elle renferme. Mais il s'est surtout servi 
pour cela du catalogue manuscrit qu'avait dressé W.-F. Skene vers 
1860. Depuis, le fonds celtique des manuscrits de la bibliothèque 
s'est considérablement accru, et aux 63 manuscrits enregistrés 
par Skene (moins deux, aujourd'hui perdus), s'en ajoutent aujour- 
d'hui 38 autres que M. Mackinnon étudie dans un premier 
appendice. Ce sont néanmoins les 63 manuscrits de l'ancien fonds 
qui sont les plus importants. Quelques-uns, sur papier, ne 
remontent pas plus haut que le xix e ou xvm e siècle ; mais il y en a 
de beaucoup plus anciens, et notamment le n° V, du xiv e siècle, 
dont le contenu est religieux, et le précieux n° XL, qui débute par 
une série de « morts violentes » (aideda), et qui a été décrit en 
1887 par M. Kuno Meyer dans le Celtic Magasine, t. XII, 
p. 208. 

M. Mackinnon a disposé son catalogue par ordre de matières et 
divisé sa description en neuf chapitres, respectivement consacrés 
aux traités de médecine (p. 5-71), aux textes religieux et ecclésias- 
tiques (p. 72-105), historiques et généalogiques (p. 106-128), aux 
récits légendaires et mythologiques (p. 129-176), aux traités de 
droit et de grammaire (p. 177-182), aux maximes, triades et pro- 
verbes (p. 183-193), aux traductions d'épopées classiques (p. 194- 
202), enfin à des sujets variés (p. 203-216). Un dernier chapitre 
(p. 217-246) est consacré aux deux manuscrits aujourd'hui perdus 
qui portaient les numéros XXXII et XXXV et à un manuscrit d'im- 
portance toute spéciale, le fameux Dean of Lismore's Book, copié 
sur papier entre 15 12 et 1529 et rédigé, comme on sait, en 
gaélique d'Ecosse. Il porte le numéro XXXVII dans la collec- 
tion. 

La plupart de ces manuscrits sont de contenu varié et par suite 
reviennent deux ou plusieurs fois dans les différents chapitres du 
répertoire. Il eût été bon de dresser un tableau d'ensemble de tous 
les manuscrits par ordre de numéros, avec l'indication des pages 
du catalogue où ils figurent. M. Mackinnon a bien fait quelques 
renvois d'un chapitre à l'autre, mais en nombre insuffisant. Ainsi 
le début du ras. n° XXVIII est étudié p. 113 sous la rubrique 
« history and genealogv », mais rien n'indique que ce ms. doive 
revenir plus loin, p. 138, sous la rubrique « legend and lore ». 

Comme on l'a vu dans le résumé précédent, c'est la médecine 



364 Bibliographie. 

qui est le mieux représentée dans les manuscrits de l'Advocates' 
Library. Il n'y a pas moins de 21 manuscrits qui en traitent. Il faut 
entendre ici la médecine au sens le plus large, en y comprenant 
toutes les sciences naturelles, et même l'astronomie et la métaphy- 
sique. L'an dernier, nous parlions dans la Revue Celtique (t. XXXII, 
p. 355) d'un traité de médecine en gaélique d'Ecosse conservé 
dans un manuscrit du British Muséum et édité par M. Cameron 
Gillies ; ce traité provenait d'une famille de médecins écossais, les 
Mac Beath. C'est au zèle et à l'activité des Mac Beath que M. Mac- 
kinnon attribue aussi les richesses médicales de l'Advocates' 
Library. Souhaitons à M. Cameron Gillies de poursuivre l'œuvre 
qu'il a commencée en s'attaquant maintenant aux textes médicaux 
d'Edimbourg; ils sont tous inédits. 

Les textes religieux et historiques n'ont pas non plus été jus- 
qu'ici utilisés autant qu'ils le méritent, bien que quelques-uns aient 
été çà et là partiellement publiés. Ce sont les récits épiques qui 
ont, comme toujours, attiré le plus les éditeurs. On retrouvera en 
feuilletant le catalogue de M. Mackinnon quelques vieilles con- 
naissances ; rappelons notamment aux lecteurs de la Revue Celtique 
que le Cennach ind Rûanado publié par M. Kuno Meyer (tome XIV, 
p. 450) et le CairpreCindchait qu'a publié M.W.-A. Craigie (t. XX, 
p. 335) étaient tirés des manuscrits XL et XXVIII de l'Advocates' 
Library. 

Dans les appendices II et III, M. Mackinnon passe en revue les 
manuscrits gaéliques conservés dans les autres bibliothèques 
publiques d'Edimbourg et de Glasgow et dans quelquesbibliothèques 
privées de l'Ecosse ; un quatrième appendice traite des manuscrits 
égarés ou perdus. Enfin, l'ouvrage se termine par quatre index, 
des auteurs mentionnés, des sujets traités, des autres manuscrits et 
des livres ou périodiques cités. 

J. Vendryes. 



Ph. Kropp. La Tène\eitliche Funâe an der keltisch-germanischen Vôl- 
kergrenie \wischen Saale und Weisser Elster (Mannus-Bibliothek, 
n° 5). — Wùrzburg, C. Kabitzsch, 191 1, iv-132 pp. in-8°. 

Sur la frontière où se rencontraient les Celtes et les Germains, 
quatre cents ans avant Jésus-Christ, c'est à la façon dont leurs 
morts y sont traités que l'on distingue les cimetières qui leur sont 
respectivement attribués. Les inhumations sont celtiques; les inci- 



Bibliographie. 365 

aérations sont germaniques. Quelque temps auparavant et trois 
siècles plus tard, les Celtes, à vrai dire, brûlaient leurs morts ; 
plus tard encore, une partie des Germains ont inhumé les leurs. 
Il semble néanmoins que, à l'époque en question, on n'ait pas tort 
d'interpréter comme il vient d'être dit la différence des rites funé- 
raires dans la zone contestée. La preuve se fait dans chaque cas 
par le concours des vraisemblances qui ressortent de tous les restes 
ethnographiques constatés. 

M. Kropp relate des fouilles et des découvertes qui ne sont pas 
les siennes, mais en majeure partie celles de la Société des Anti- 
quaires de Yoigtland (Hohenleuben, Reuss). Il s'agit de cime- 
tières à inhumation datant de la phase ancienne de l'époque 
de La Tène. La région considérée s'étend du grand coude méridio- 
nal delà Saale à l'Elster blanc, entre Saalfeld et Géra. Le plus 
important de ces cimetières est celui de Ranis. Si ces cimetières 
sont celtiques, il en résulte que les Celtes occupaient alors la partie 
des collines, coupées parla Saale, qui longent, au Nord, le Thùrin- 
ger Wald. A la fin de l'âge du bronze, selon M. Kossinna dont 
M. Kropp adopte l'opinion, ils étaient au Harz ; à l'époque de 
Hallstatt,ils tenaient sur la ligne Quedlinburg, Aschersleben, Merse- 
burg, Halle. Ils étaient en recul et déjà les Germains empiétaient 
sur eux. Quelques tombes à incinération sont attribuées à ceux-ci 
par l'auteur, qui contiennent à peu près les mêmes objets que les 
tombes à inhumation. Les Germains ont emprunté à leurs voisins 
celtiques. Au surplus, M. Kropp se plaît à nous signaler les mé- 
langes (p. 73). 

De la date des tombes celtiques, quelques indices doivent être 
pris en considération. On y trouve encore des tombes circulaires, 
des squelettes recroquevillés et couchés sur le flanc et, dans le 
mobilier funéraire, des fibules à timbale. Le pavs fut abandonné par 
les inhumants bien avant le temps où les fibules de la Tène I 
(i re époque de la Tène) furent hors d'usage. Par contre, les tombes 
à inhumation ont fourni des fibules de La Tène III. Il est à noter 
toutefois que dans le tumulus de Dobian, qui contenait beaucoup 
de choses diverses, ont été trouvées des monnaies d'or ; la seule qui 
soit conservée est une copie celtique de monnaie grecque portant 
une Athéna casquée et une victoire. Elle peut dater d'environ deux 
cents ans avant J.-C. Les autres tombes sont probablement plus 
anciennes. Cette monnaie, si elle vient d'une tombe celtique, 
marque l'extrême limite du stationnement des Celtes. Il n'est resté 
d'eux qu'un peu de leur civilisation. 

La Steinsburg du Gluchbergprès de Rômhild, à l'extrémité méri- 

Revue Celtique, XXXIII. 24 



366 Bibliographie. 

dionale des monts de Thuringe, paraît avoir été le réduit de leurs 
établissements. J'ai signalé dans cette revue que les traces d'un 
boulevard, plus fort et plus récent, sont conservées dans le Rhônen 
Bavière. 

Il est à noter que les Celtes de Ranis pratiquaient le rite de plier 
l'épée du mort. Il faut donc allonger vers le Nord l'aire d'extension 
de cette coutume. Une tombe paraît contenir un mort sacrifié ; une 
autre (p. 32), une femme qui a suivi son mari dans la tombe. 

H. Hubert. 



VI • 

Sir Johx Rhys. The Celtic inscriptions of Gaul : additions and corrections. 
London (Proceedingsof the British Academy, Y, 191 1). 

Ce nouveau mémoire traite principalement d'un groupe d'ins- 
criptions récemment découvertes, qui n'ont pas encore été étudiées 
au point de vue philologique, et se termine par de nouvelles con- 
tributions au déchiffrement et à l'interprétation du calendrier de 
Coligny. Après avoir lu ce travail, cependant si consciencieux et si 
nourri, on est pleinement d'accord avec l'auteur, quand il dit en 
commençant que les inscriptions celtiques sont si rares et si énigmatiques 
qu'il n'y a guère d'espoir de leur arracher leur signification qu'en s'y 
attaquant sans cesse. Il est même plus probable qu'on n'y arrivera pas 
malgré tous les efforts, si de nouvelles découvertes analogues à 
celle du calendrier de Coligny ne viennent pas apporter aux cel- 
tistes de nouveaux éléments d'information et de nouvelles lumières. 
En tout cas, on ne peut que souscrire au jugement de l'auteur sur 
son œuvre lorsqu'il se flatte, trop modestement, d'avoir fait faire 
quelques progrès à ces recherches difficiles entre toutes. 

Pour suivre pas à pas l'auteur et discuter les hypothèses fatale- 
ment nombreuses auxquelles il est entraîné, il faudrait un volume 
aussi considérable que le sien; je mécontenterai de relever les ins- 
criptions les plus intéressantes avec l'interprétation proposée. 

1 . Les cinq inscriptions trouvées prés de Cavaillon publiées par 
M. Mazauric dans la Revue dit Midi, octobre, 1909. 

1. Elouissa. 

Magourai. 

Giaoua. 

D'après l'interprétation préférée par l'auteur, Giaoua serait un 
nom commun : Elvissa serait la giava de Maçureos. Ce serait un 



Bibliographie. 367 

terme de parenté :gall. gieu nerfs, sing. gewyn (pour giew-yn) ; pour 
le sens, cf. ail. schnur, belle-fille, et lien, lat. nurus (snusus). Les 
noms propres Dugia, Dugiavus, Dugiava, en sont rapprochés. Un 
parallèle est offert par le composé celtique Com-iog-ia (près Saluzo, 
Piémont). Com-iog-ia aurait le sens de conjugalis. 

Dans la note 2, pp. 4 et 5, l'auteur traite du groupe og- dans les 
langues brittoniques. Il deviendrait en brittonique ow susceptible 
d'évoluer en gallois en ew, eu, au. Outre que cette diversité d'évolu- 
tion en eiu eu (ou), qui ne sont pas confondus en gallois, est peu 
vraisemblable, cette évolution ne semble se produire que devant 
-u-. On a, dans ce cas, vraisemblablement ou> et aiu, àenjuger par le 
comique maw, breton mao (cf. uaw, neuf = *nouan). Le gallois nieit 
dans meu-dwy s'explique autrement (cf. J. Loth, Remarques etadd. à 
riutrod. to early Welsh de Stracban, p. 15). Il en est de même de 
eg devant -u-: tegu-s épais a donné tewûs,tew. Il en a été de même, 
je pense, pourle groupe -ûg-u-. Le gallois Llywarch comme Llywe- 
Ixn doit avoir pour premier terme Lugu-. Lugu- a passé par luwù- 
lowù- d'où Loumareh dans Nennius ; loivù- à donné régulière- 
ment Ivzu : Llywarch remonte à Lugu-marco-s et Llywelyn à Lugu- 
belino-s, cf. Lyivelyâ (Caer) de Lugubalium. Leu dans go-leu, leu-veme 
me paraît pas pouvoir s'expliquer par lugu- qu'a proposé Pedersen 
(Vergl. Gr. 1, p. 98). La racine est lou- : on la trouve au début du 
iv e siècle, dans le nom breton Lovocatus. 

2 Balaudoui Makkarioui . 

Makkarivos est justement rapproché des noms Maccarus, Maccius 
Maeco, Maceonus et du gallois mach, caution. 

3 Kabiros Ouiudiacos. 

Cabiros se trouve au génitif dans une inscription de Cologne (C. 
I. L. XIII, 8342). 

L'auteur rapproche Cabiros du grec Kaëipoi. Les divinités auraient 
été confondues avec lesDioscures. On trouve lesDioscures, Pollux et 
Castor, associés sur l'autel de Notre-Dame à Cemunnos et Smertulla. 
Cette hypothèse me parait invraisemblable, d'autant plus qu'à 
côté de Cabiri on peut citer Cabrus à York, à Castel près Mayence 
et ailleurs. 

4 Mitiesi mitis. Magouli Ouua Koui. 

-Koui, -qui, serait l'équivalent celtique du latin -que et Onna un 
génitif pour un plus ancien onnàs (cf. irl. mnà). 

Le génitif onna me paraît peu vraisemblable, moins toutefois que 
-koui = -que. L'auteur voit en revanche dans sapsuiaipe de l'inscrip- 
tion d'Ornavasso sur la Toce près du Lac Majeur, pe gaulois 
= que. 



368 Bibliographie. 

5 Missoukos Silouknos. 

Sihis, Silu sont connus. Missukos serait à rapprocher de Missillus, 
Medsillus, McddiUus. 

Dans une note, au sujet des graphies ds, dd, l'auteur traite du cor- 
nique cescor, gallois cosgord, breton coscor ; cascord remonterait à cansa- 
coj w identique au germ. hanse, angl. sax. hôs, société, troupe. L'éty- 
mologie est séduisante. L'auteur toutefois n'aurait pas dû donner cos- 
goord comme comique. J'ai démontré que les gloses de YOx. post. 
étaient galloises {Revue Celtique, XIV, p. 70). Il eût dû aussi distin- 
guer entre cascord et goscord ou gosgord. La forme vieille-galloise de 
gosgord est guoscord (cf. J. Loth, Revue Celt., XXIX, p. 68) ; gosgord 
n'est donc pas une forme moderne corrompue comme il l'avance; 
gosgord (woscord) est largement représenté à toute époque dans la 
littérature galloise. 

En terminant l'exposé des inscriptions du Vaucluse(p. 16) l'auteur 
revise l'inscription XI de ses Celtic inscriptions. Il propose : ...soui 
Klirnitous Lanaknos (ou Manaknos) iade. Iade rappellerait bratoude. 

Inscriptions de Nîmes (p. 17). Quelques-unes avaient été vues 
par l'auteur, quoiqu'il ne les ait pas décrites. D'autres sont entrées 
au musée après qu'il eut écrit en 1905 et publié en 1906 son tra- 
vail sur les Celtic Inscriptions of France and Italy. 

1 Inscription du quartier S te Baudile de Nîmes (Mazauric, Musée 
arch. de Nîmes -.Recherches et acquis. Nîmes, 1908, p. 16). Il y a 
sur la même pierre ces deux inscriptions : 

Adgenoui dede br Adgenouid. Mazauric lit dans les deux 

cas : adgennoui. L'auteur compare Cou-genno y plus bas, p. 29. 

2. Sur un fragment d'autel gallo-romain de Montmirat (Gard) ; 
br atout. .. 

3. Sur une pierre, dans une tranchée de St-CésaireàNimes : ritou. 
L'auteur compare le noms de potier Rit us, Ritu-mara, Ritukalos. 

6. L'inscription de Collias {Celtic Inscr. p. 39-41). Ecinuos Riou- 
inanos andoounnaleo dede bratoude Kanien. 

L'auteur propose une nouvelle solution de bratoude. Il rappelle la 
construction de l'article défini avec le nom, au datif, dans le sens 
adverbial/;/ biucc, gallois ynfach l . Il y ajoute des formes en-id,-ith 
avec l'article : ind oindid gl. semel,ind airmith, sommation. L'auteur 
suppose qu'à un ancien datif est venu se joindre un élément de ; airiuid 
serait le datif vieux-celtique ad-ritnc {ad-riml}) plus de. Bratou, dans 
ce cas, serait un datif. Il est certain que les formes irl. en id 

1 . Sur cette construction et l'identité avec la construction galloise et bre- 
tonne (yndda, enta), cf. J. Loth, Revue Celtique, XV, p. 105. 



Bibliographie. 369 

sont difficiles à expliquer. Pedersen les suppose empruntées aux 
formes brittoniques en-/*/ ce qui est passablement hasardé. L'expli- 
cation de John Rhys est, en tout cas, des plus ingénieuses. Pour lui, 
bratou serait un datif et signifierait avec plaisir, bratu-s équivaudrait 
à grâtus. 

Dans la note à la page 25 je lis que dans eirif(irl. dirent, aireamh 
dead-rimâ) le premier i est pour d comme dans cadeir de cathedra. 
Cadcir n'est pas facile à expliquer en face du breton cadoer . Pour 
eirif, il faut compter avec une forme antérieure eirriv *edrimà ou 
edrimi-. Pedersen soutient la même doctrine que John Rhys; pour 
lui -dra serait traité comme -gr~. Il cite gwyr, tri. fitir ; creir irl. 
crctair. Tous ces exemples sont discutables. Il est en tout cas 
indispensable de distinguer les cas où dr est précédé d'une vovelle 
non palatale : cadr beau, fort (cf. Belatu-cadrus) remonte à cadro-s 
L'accent peut aussi avoir une influence en pareil cas. Que dr spi- 
rant dans -dr- puisse donner un i, c'est ce que montre le breton 
moyen cae~r, le breton d'Ouessant laedroun, voleurs. 

Page 27. L'auteur appelle l'attention sur deux inscriptions latines 
découvertes vers 1906. L'une vient d'un oppidum delà Baume près 
Belvezet (Gard). 

Tertius Tincorigis f. Segomannae Y. S. I. L. 

Rapprochant Tincorius de Tincommius fils de Commiusbien connu 
parles monnaies bretonnes, l'auteur pense que Tincommius est 
pour Tin-cocommius. La seconde a été trouvée àXimes en 1906. 

D. M. 

Messinae Messin i 

filiae 

Tasgia Titulla 

posuit. 

Tasgia (cf. Tasgius) avec son g suppose s doux ; ce serait un 
dérivé de Ta^go- à rapprocher de l'irlandais Taidgg, Taidc, plus tard 
Tadhg. 

L'auteur revient surlesfameuses inscriptions Mariiaîis Dannotali 
etc. 

Dugiiontiio serait pour dug(J)iontiïo-s de Dugiotitiïo-n et signifie- 
rait mariage. Voici sa traduction : 

Martial, DannotaVs son, mode Ucueti this toiver and may the mariage 
rejoue Ucuetis in Alisia. Cette interprétation est beaucoup plus aven- 
tureuse et moinssatisfaisante que celle quia été donnéedansla Revue 
Celtique XXXII, 119. L'auteur l'attribue à M. Yendrves. Celui-ci, 
comme il leditlui-méme,ne fait que reproduire l'interprétation de 



370 Bibliographie. 

Thurneysen (Zcitschrift fùrceli. Philologie, 1 908). Thurneysen voit 
dans gobedbi un datif pluriel et dans dugiiontiio la forme de la y°* 
pers. du plur. relative (irl. berle de*berontio). 

A la même époque, M. G. Poisson, sans avoir pu connaître l'ar- 
ticle de Thurneysen, dans une note, faisait aussi de gobedbi un datif 
pluriel comme l'avait fait Pictet déjà, mais avait le tort de supposer 
dans dugiiontiio un participe. L'explication de Thurneysen pour 
Dugiiontiio est définitive. Ce sens, comme le dit Vendryes, serait à 
peu près : « Martialis fils de Dannotalos a fait pour Ucuetis cet édi- 
fiée et pour les prêtres qui serrent Ucuetis à Alise ». L'auteur (note 2, 
page 36) n'a connu ces interprétations qu'après avoir rédigé son 
travail. Il semble cependant tenir à son explication de dugiiontiio 

(P- 35-36)- 

En passant, p. 32, il parle d'une légende de monnaie ainsi conçue: 

Labrodiios. Ce serait pour lui une forme abrégée pour Lâtnâ-rodiiâ 

main généreuse. Il l'identifie (p. 32-34 et notes) avec le gallois 

Llawfrodeâ. 

Il faut pour ce sens supposer que roded est pour roded. Or, rot- 
existe dans des noms propres comme Rol-ri. Lawfroded devrait 
être, si c'est un composé ancien, Lof-roded : cf. lof-rud. Il peut 
avoir été refait, il est vrai, sur l'analogie de llaw. Le rapproche- 
ment est au moins douteux. De plus, le mot gaulois pourrait être 
coupé en Labro-diios. 

Parmi les inscriptions trouvées au Mont-Auxois, il y a une ins- 
cription découverte en 1908 : 

Dec Ueueti et Bergusia Remus Primi fil. donnvit. VSLM. 

Elle nous fixe sur le sens d'Ucuetis. Bergusia rappelle bergo- 
montagne, allemand berg. L'auteur rappelle avec raison le gallois 
berei, tas de blé ou de foin (Davies : acervus segetis) : bera est pour 
berg- comme boly, bola pour bolgo ; giuala pour ualg etc. Il ne faut 
pas oublier que bera indique plus précisément un tas de blé ou de 
foin de forme pyramidale (comme le breton beru). 

P. 38-39, on trouvera une intéressante digression sur avot, 
avotis. 

P. 40. Inscription sur un mur dans un champ appelé Lapipe-Sené 
au Mont-Auxois (publiée par Espérandieu dans Pro Alesia, 1906, 

P- 43-5). 

L'inscription est sur quelques fragments, sans compter quelques 
menus morceaux. Le déchiffrement en est naturellement fort diffi- 
cile et l'interprétation des plus conjecturales. 

Voici la lecture à laquelle s'arrête l'auteur : 

Samotalos awôtiknos. sesia Klamaki Garma. Biràkotôu Tisabannô 
Kobritoulou bartib. : alnodo. 



Bibliographie. 371 

Samotalos son of Awôtis (and) sesia Garma daughter of Clama- 
cios, tearfullv (set up) this monument, to their children Biraco- 
tus, Tisabannos (and) Cobritulus. 

Ce serait baptibÇos) qui aurait le sens de enfants : il serait au 
datif (de la racine 1er- porter). Le tearfully serait explique par 
adnodô pour ale-nodd ou ate-snodô, gall. nod, jus d'une plante, sève 
d'un arbre. L'auteur suppose avec raison que le snôdacb d'O'Reilly, 
sap or juice doit avoir bref : C'est en effet la forme avec bref 
qui a persisté en gaélique d'Ecosse. Le sens serait, on le voit, 
fortement métaphorique. 

Pour les noms propres, tout ou partie, on les trouve ailleurs. 

P. 52. Deux inscriptions latines récemment découvertes dans les 
fouilles du Mont-Auxois associent le nom de Moritasgos à Apollon : 

ang sac 

Deo Apollini 

Moritasgo 

Catianus 
Oxtai 

Apollon étant le dieu qui écarte les maladies, l'auteur identifie 
mon- avec le mor- de Morrigain, reine des esprits : Apollo moritasgus 
serait Apollon qui écarte les mauvais esprits '. 

P. 59 : Quelques notes et corrections relatives aux inscriptions 
du musée de Cluny et des musées de Saint-Germain avec référence 
aux pages du travail précédent. 

Pour l'inscription qui se trouve à Saint-Germain sur les épaules 
du Mercure gaulois, l'auteur avait proposé sosin pour sosi : il a 
retrouvé trace de n : voici sa lecture : Aproniosicuru sosin (G)eso-m- 
aro. Geso-maro serait d'après C. Jullian pour Gaiso-mâro, datif : 
l'homme à la grande lance. L'auteur parait plus disposé à y voir le 
nom à? Esus : grand comme Esus, ou, avec Esus. 

L'auteur, p. 61, revient sur une inscription latine bien connue - : 

Esumopas Cnusticus 
V S L M 

Cnusticus seraità rapprocher de l'irlandais amas, collection, trésor. 
Mopas pour mopat-s est sans doute de la même origine que mapos- 
fils. Suit une dissertation de l'auteur sur mop, génitif momid et 
mug, gén. mogo etc. 

1. Cf. J. Loth, Contrïb. à l'étude des romans de la Table Ronde : Morgan- 
Tut (ci-dessus, p. 249 et suiv.). 

2. Publiée par S. Reinach dans la Revue Celt., XV, 413-17. 



3J2 Bibliographie. 

De la page 63 à la page 79, l'auteur étudie des noms qui se 
trouvent sur des vases de la Gaule (Corpus Lise. Lai., XIII, part 
108). Une des inscriptions est assez intéressante : elle se trouve sur 
un vase de Banassac, Lozère (C. 1. L. XIII, p. 480, n° 10.016- 

Nedàamon Delgu Lxnot 

Delgu serait un verbe au prétérit comme ieuru, à rapprocher de 
l'irl. mod. coindealghaim, I advice, gall. cynhaliàf. En note, il est 
question d'un gallois clêr, moucheron, et aussi ménestrel ; ce clêr 
serait l'irl. char. La voyelle irlandaise serait expliquée par le sing. 
cléheren. Je ne suppose pas que l'auteur tienne beaucoup à ce 
rapprochement de tout point impossible. Il est évident que clêr 
est une contraction récente. L'auteur semble aussi avoir oublié la 
glose bretonne de Berne : clehurin. °L musca. Le cliar irl. a 
pour équivalent, en gallois moyen, clwyr : L. noir (F. a. B. II, 
p. 63): 

Kelvit id gan cluir vir aedan 

cf. ibid, 48-7; L. Tal. 154. il, Myv. arch. 726. 1. Le mot 
est écrit cher dans addit. Ms. 15.003;, fol. 150 r° : 

a llef cloer, gwedi cyrn 

clwyr, cloer, parfois semble désigner le clergé (breton cloer, irl. 
cliar). Nedàamon à côté duquel on peut supposer Xessanuon serait 
expliqué par l'irl . moderne neas, the wheel pr machine by vhich 
an earthen vessel is turned in apottery. Le sens préférable serait : 
« The ness stick ivas held by Linot ». Le mot neta que l'auteur lit 
uetta sur un autre vase, l'amène à une longue digression sur l'irlan- 
dais net, net, nia, seul ou en composition. 

De la page 79 à la fin, l'auteur revient sur certaines lectures du 
calendrier de Colignv. Il y aura lieu d'en tenir compte pour une 
édition définitive du calendrier. Occasionnellement il cite d'assez 
copieux extraits du travail et du compte rendu de M. Goddard H. 
Orpen, de ses Notes on Coligny calendar dans The Journal of the 
royal society ofantiquaries of Ireland 1910, p. 367-74. 

P. 88 il donne in-exienso deux lettres de l'astronome Fotheringham 
touchant certaines théories de M. Orpen. La deuxième est parti- 
lièrement intéressante. Après avoir soutenu dans la première que 
le calendrier de Coligny était un calendrier qui avait faussé compa- 
gnie à la lune, le D r Fotheringham (p. 98) est nettement d'avis 
que le calendrier est véritablement lunaire. Le cycle de cinq ans 
est pour lui un cycle de fêtes qui se répète sans tenir compte des 



Bibliographie . 373 

cycles astronomiques. Pour mettre d'accord le comput lunaire et 
solaire, il eût fallu des intercalations en 19 ans et 35 en 95 ans. 

Or, le calendrier présente 7 intercalations en 5 ans, ce qui en 
donne 38 en 95 ans ; il eût donc été nécessaire d'omettre un des 
mois intercalaires 3 fois en 95 ans. De même, le calendrier nous 
donne 37 mois de 30 jours en 62 mois, tandis que la vraie propor- 
tion eût été 33 ; de sorte qu'il devenait nécessaire, quatre fois en 
chaque période de 5 ans, de supprimer le dernier jour d'un des 
mois de 30. Le D r Fotheringham est aussi d'avis, ce que j'avais 
affirmé dans mon travail sur L'inscription latine de Gélignieux et le 
prétendu ligure ou celtican du calendrier de Coligny l , que le mois 
Equos n'avait normalement que 29 jours, mais que parfois une 
fois dans chaque période de 5 ans (ce n'était pas toujours la même 
année), il était nécessaire de lui donner 30 jours, pour mettre 
d'accord le calendrier avec la marche de la lune ; son caractère de 
mois néfaste n'avait pas été affecté par cette exigence du calen- 
drier. 

Le D r Fotheringham discute aussi la question des trous qui se 
trouvent devant les chiffres des jours du calendrier. Son attention 
avait été appelée par son collègue le D r W. H. Forbes, du collège 
de Balliol. sur la ressemblance entre ces trous et des trous sem- 
blables dans les fragments de parapegmata ou calendriers solaires 
découverts pendant l'hiver de 1902-3, à Milet, et discutés par Diels 
et Rehm (Parapigmasfragtnenten ans Milet) dans les Sitqungsber. d. K. 
Preuss. ahid. d. IVissensch. (1904) I, pp. 92-111 ; par Dessau, Zu 
den Mile sis chen Kalendarefragineuten, ibid.pp. 266-8 ; par Rehm, Wei- 
teres \u den Milesischen Parapegmen, ibid. pp. 752-9. Ces fragments 
datent d'environ 100 ans av. J.-C. Un point est certain, c'est que 
les chevilles qui étaient placées dans ces trous avaient pour objet 
d'indiquer des dates mobiles, qui n'avaient pas de place fixe dans 
le calendrier, par exemple le commencement de l'année officielle par 
rapport à l'année astronomique, ou le commencement du mois 
lunaire (les calendriers de Milet étaient astronomiques et même 
météorologiques). Si les chevilles dans un calendrier solaire 
comme ceux de Milet étaient destinées à indiquer des dates lunaires, 
il est probable que dans le calendrier lunaire de Coligny elles 
devaient indiquer des dates solaires, vraisemblablement les dates 
du calendrier Julien. 

John Rhys termine par le récit de son pèlerinage à Colignv 
(Ain), à l'endroit où eut lieu la découverte du calendrier. Il se 

1. Académie des Insc. et Belles-Lettres, 1909. 



374 Bibliographie. 

demande s'il ne serait pas possible de retrouver l'emplacement du 
temple où était placé le calendrier et peut-être quelques ruines de 
l'édifice. M. Orpen croit que le Brig Rivros que l'on remarque 
au 4° jour de Riuros dans la 2 e année et les années suivantes, 
indique un tumulus ou tertre sur l'emplacement du temple ou 
auprès ; se fondant sur les usages de l'Irlande préhistorique, il 
croit, en effet, qu'on doit s'attendre à trouver près de ce temple, 
un tertre artificiel, sépulcral à l'origine ou un tertre à forme de 
tumulus, peut-être avec un pilier de pierre et une pierre plate à 
côté. La civilisation de l'Irlande préhistorique, même celtique, et 
celle de la Gaule romaine sont mêlées d'éléments si différents, que 
c'est s'exposer aux plus graves mécomptes que de conclure de 
l'une à l'autre. Il ne me paraît cependant pas impossible que 
des recherches bien conduites puissent amener la découverte de 
quelques ruines du temple de Coligny. Il est à remarquer qu'une 
voie romaine passe au flanc de la colline voisine du champ où eut 
lieu la découverte. 

J. Loth. 

VII 

The national Library of Wales, Bibliotheca celtica (a 
register of publications relating to Wales and the celtic peoples 
land language fort the year 1909). Aberystwyth 19 10. 

La préface annonce qu'il s'agit d'une publication annuelle : 
ce sera la revue de toutes les publications concernant le pays de 
Galles et les peuples et langues celtiques. 

Cette publication ne peut qu'être accueillie favorablement. Il 
est à souhaiter qu'elle soit aussi complète et aussi détaillée que 
possible pour le pays de Galles. Il y a, je crois, peu de chose à 
désirer à ce point de vue dans la présente publication. Il n'en est 
pas de même pour d'autres pays celtiques comme la Bretagne. Les 
auteurs ignorent l'existence d'importantes revues archéologiques, 
comme la Revue arch. d'Jle-et-Villàine ; Revue arch. de la Loire-Inf. ; 
Revue arch. du Finistère ; Bulletin de la Société polym. du Morbihan ; 
Bulletin et mém. de la Société d'Einul. des Côtes-du-Nord ; Mémoires 
de l'Association bretonne. 

Le grand défaut de cette revue bibliographique, c'est que tout y 
est par ordre alphabétique, en principe mais non en réalité : 
par exemple, vous trouverez : Baptists, Burnett, Bible, Borodine; sous 
Baplists, vous avez : Radnorshire and Montgomcry association à Dow- 



Bibliographie. 375 

lais, Caersalem, etc. Prenez maintenant Raduorshire (p. 100-101), 
vous chercherez vainement Radnorshire and Montgomery association. 
L'économie de ces Bibliotbeca est entièrement à bouleverser. Il faut 
un catalogue par ordre de matière, un sommaire avec les noms d'au- 
teurs. 

The national Library of Wales. 1910. Aberystvyth, 1912. 

La disposition est la même. On trouve, en plus, à la fin du 
volume, une liste des journaux et revues, intéressant les études 
celtiques. Le titre seul est donné. Il eût été beaucoup plus utile de 
donner une analyse des principales revues étrangères consacrées à 
ces études. Un sommaire des articles parus dans la Revue Celtique, 
dans la Zeitschrift fur Celtiscbe Philologie, les Annales de Bretagne 
eût été d'un vrai profit pour les lecteurs gallois trop souvent peu 
initiés aux travaux parus hors d'Angleterre. Ce qui est vrai pour 
les revues qu'on peut appeler celtiques, l'est encore bien davantage 
pour les revues qui ne traitent des choses celtiques qu'incidemment ; 
à quoi bon, par exemple, citer la Zeitschrift fur vergl. Sprachfor- 
schung, les Indogermanische Forschungen, si on n'indique pas ce qui, 
dans ces revues, touche aux études celtiques ? 

Pour la Bretagne, il v a à peu près les mêmes lacunes que dans 
le tome précédent; à corriger : Le pays de breton en Le pays breton. 

Parmi les revues françaises pouvant intéresser les lecteurs s'oc- 
pan't de celtique, je signalerai à l'auteur, la Revue des études 
anciennes dirigée par Camille Jullian. Les lecteurs trouveront aussi 
souvent des articles intéressants au point de vue archéologique 
et historique, dans La revue archéologique, L'anthropologie, etc. 

J. Loth. 



CHRONIQUE 



Sommaire. — I. Festschrift V. Thomsen. — II. Mots celtiques empruntés 
par le Scandinave. — III. Une nouvelle édition de Y Introduction de 
M. A. Meillet. — IV. M. Pokorny et l'origine du druidisme. — V. Un 
cours de vieil-irlandais à l'Université d'Urbana. — VI. Programme de 
l'University Collège de Galway. — VII. School of Irish Learning. 
— VIII. Welsh Language Society. — IX. Nomination de Miss Mary 
Williams à l'Université de Manchester. — X. Ouvrage reçu. 



I 

Dans la Festschrift offerte à l'illustre savant danois V. Thomsen, 
à l'occasion du 70 e anniversaire de sa naissance (parue à Leipzig, 
19 12, chez Harrassowitz), figure, p. 70 et suiv., un article où 
M. H. Kern rapproche les formes du vieil-irlandais telles que tes- 
bantU « ils manquent » (à côté de testât), -céiibani « tu concordes », 
du verbe pâli -bhunâti « il existe ». Il s'agirait d'une forme en -Mo- 
de la racine *bhew3- (lat. fui, etc.). Cette explication parait préfé- 
rable à celles que l'on a proposées jusqu'ici pour les formes en 
question. Nous rappellerons les trois principales : celle d'Ascoli 
(acceptée par Zimmer, Kuhns Zeitschrift, XXVII, 474), suivant 
laquelle l'élément -ban- contiendrait la racine de gr. fiaivw, lat. 
ueniô (Arcbivio Glottol. ItaL, X, 57 et ss.) ; celle d'Osthoff qui rat- 
tachait -ban- à la racine du grec cpaîvco, soit *bha-nâ-mi (Zur Ge- 
schichte des Perfekts, p. 519) ; et enfin celle de M. Thurneysen, qui 
vovait dans -banat, -boni un développement analogique issu des 
composés du verbe benaim « je frappe » (Kuhns Zeitschrift, XXXI, 
92 et Handlmch, I, 333, 431). L'explication de M. Kern offre cet 
intérêt, qu'elle établit un nouveau point de contact entre le voca- 
bulaire celtique et le vocabulaire de l'Inde. On peut d'ailleurs l'ad- 
mettre sans rejeter complètement l'idée de M. Thurneysen. L'ir- 
landais a bien pu confondre avec les composés de benaim « je 



Chronique. 377 

frappe » les composés de la racine % bhexvd- développée en *bhu-)ià-. 
Dans la même Festschrift V. Thomsen, p. 202 et suiv., M. F. de 
Saussure a publié un article sur les adjectifs indo-européens du type 
caecus, où l'irlandais câicb « borgne » trouve naturellement sa place. 
Il ne semble pas à l'illustre linguiste que le celtique ait développé, 
comme le grec et le latin, ce type ancien d'adjectifs à vocalisme 
radical a (lat. claudus, balbus, etc. gr. ix'/io.-. sxafifioç, etc.) dési- 
gnant des infirmités. On pourrait cependant joindre à la liste les 
adjectifs irlandais baeth « fou, insensé » (de *baito- ; YVb. 12 d 16) 
et dall « aveugle » (de *dvahw-, cf. got. diuah puopoç). 



II 



La collection « Palaestra » (Untersuchungen und Texte ans der 
deuischen und englischen Philologie, Berlin, Mayer und Millier) a 
publié en 1909 sous le numéro 85 une étude de M. Frank Fischer 
intitulée Die Lehnwôrter des Altnordischen (vij-233 p. 8° ; 6 M. 50). 
Ce travail a échappé à la chronique de la Revue Celtique ; mais il 
est encore temps de l'indiquer à nos lecteurs. Il contient, p. 12 et 
p. 18, deux listes de mots Scandinaves empruntés au celtique. 

La première ne comprend que quelques mots, qui remontent au 
germanique commun et dont l'emprunt date, par suite, d'une 
époque fort reculée ; ils se rencontrent naturellement dans les autres 
langues germaniques. Ce sont les mots vieil-islandais : ambôtt f. 
« servante », embœtti n. « service, fonction », embœtta « servir » 
(gallo-latin ambactus) ; brôk « culotte » (gallo-latin brâca ; l'em- 
prunt pourrait être du celtique au germanique) ; r'xkr « puissant », 
riki « puissance » (gaulois -r/.v, rlgo-) : valr « autour, oiseau de 
proie », identique à Valir « Celtes (Français) », et qui remonte- 
rait au nom de peuple gaulois Volcae. 

La deuxième liste, sensiblement plus longue, se compose de 
mots empruntés à l'irlandais ; quelques-uns avaient été signalés 
déjà par M. W. A. Craigie dans la Zeitschrift fur celtische Philologie, 

I> 439- 

bagallm. « bâton recourbé » (irl. bâchai): 

biannak « bénédiction » (irl. bennacht) ; 

dâlkr m. « épingle » (irl. delg « broche ») ; 

des f. « meule de foin » (irl. daiss) ; 

d'iar pi. « prêtres » (irl. dm « dieu ») ; 

ergin n. « hutte » (irl. airge « pâturage, pacage ») ; 

gaflak « épieu » (irl. gabhlach « fourchu »); 



37§ Chronique. 

ai vieilli « fou » (irl. geilt « fou », proprement « volage », cf. 
Wh. Stokes, B. B., XVIII, 63) ; 

iarn, éarn « fer » (irl. iarri) ; 

kapall m. « cheval » (irl. caball); 

kartr m. « voiture » (irl. cref) ; 

hesia f . « épieu » (irl . ceis) ; 

kross m. « croix » (irl. cross) ; 

tninpàk n. « sorte de mets » (irl. menadach et non niinu, cf. 
Pedersen, Vgl. Gr., I, 110 et Mon. of Tallaght, p. 173) ; 

papar pi. « moines » (irl. papa « ecclésiastique ») ; 

trùpr m. « charlatan » (irl. drûtb « joveux, bouffon »); 

piisi, sùsf f. « fléau abattre le blé » (irl. saisi « bâton »). 

On remarquera dans cette liste des mots irlandais d'origine 
latine, hachai, bennacht, cross, papa, sùist, ce dernier modifié par 
une dissimilation intéressante. Quelques autres semblent venus 
de l'irlandais au Scandinave par l'intermédiaire de l'anglais : ainsi 
dalkr (v. angl. dâle) et kartr (v. angl. cari, crœï). 

La liste doit être augmentée de quatre mots mentionnés par 
l'auteur p. 189 et 197 : biçp f. « pays » (irl. hiih, biuth « monde ») ; 
l'uni f. « flot » (irl. lind « élément liquide ») ; luug n. « vaisseau » 
(irl. long de lat. longa naitis); tarfr m. « taureau » (irl. tarb). 

En revanche, il faur rayer de la liste trois mots que l'auteur y a 
rangés à tort : laustik, leystik « rossignol » qu'il fait venir du breton 
eosiik avec prothèse due à l'article français et qui n'a par suite en 
tout cas rien à faire avec l'irlandais ; poki m., poka f. « poche », qui 
est donné par une erreur singulière comme emprunté à l'irlandais 
poca « id. » alors que c'est ce dernier qui en est emprunté (cf. 
K. Meyer, Rev. Celf., XII, 461); enfin ôrkn-selr, m. « sorte de 
baleine » qui viendrait, dit l'auteur, de l'irlandais on, comme le v. 
anglais orc et le latin orca (Pline). Un mot de Pline emprunté de 
l'irlandais, voilà qui serait extraordinaire. Il va sans dire que le 
latin orca suppose une tout autre origine. L'irlandais orc, entre plu- 
sieurs sens fort variés, désigne en effet la baleine ; dans quel rap- 
port est-il avec le vieil-anglais et le Scandinave, c'est ce qu'il est 
malaisé de décider. 



III 

La librairie Hachette vient de mettre en vente (février 191 2) 
une troisième édition de V Introduction à l'étude comparative des 
langues indo-européennes de M. Antoine Meillet. Il n'y a plus à faire 



Chronique. 379 

connaître cet excellent livre, ni à en détailler les mérites. La faveur 
qu'il a obtenue en France et à l'étranger, tant dans les éditions 
françaises que dans les traductions allemande et russe, en dit le 
meilleur éloge. C'est le livre de chevet des linguistes, l'exposé le 
plus clair de la grammaire de l'indo-européen, soutenu d'enseigne- 
ments profonds sur le développement du langage. Chacun peut 
y puiser à la fois des faits précis et des idées générales. On ne le 
relira jamais sans profit. 

Cette troisième édition a été revue complètement, corrigée, 
remaniée et augmentée. Les celtistes pourront apprécier la docu- 
mentation si soignée de l'auteur en constatant qu'il n'est pas une 
question de leur domaine qu'il ait négligée et dont il n'ait tiré 
parti en homme compétent. 

IV 

La Smithsonian Institution de Washington publie dans son Report 
for 1910, p. 583-597, une traduction anglaise du travail de 
M. Julius Pokornv sur l'origine du druidisme. Der Ursprung des 
Druidentums avait paru en 1908 dans le tome XXXYIII des Mit- 
teilungen der Antbropologischen Gesellscbaft in JVien (p. 34-45) et en 
même temps dans le n° 17 de The Celtic Review (15 juillet 1908). 
On en trouvera une critique dans la Revue Celtique, t. XXX, 
p. ioé. 

V 

L'enseignement du celtique se développe aux États-Unis. Xotre 
collaboratrice, Miss Gertrude Schoepperle, nous écrit qu'elle a été 
chargée pendant le semestre d'hiver 1911-1912 d'un cours de 
vieil-irlandais à l'Université d'Urbana (Illinois), et que pour ses 
débuts, elle a réuni autour de sa chaire une demi-douzaine d'étu- 
diants zélés, qui lui ont donné toute satisfaction. Nous applaudis- 
sons à ce succès. 

VI 

M. T. O' Maille, professeur à l'University Collège de Gahvav, 
nous adresse le prospectus suivant, qui doit intéresser tous les 
jeunes celtistes : 

UNIVERSITY COLLEGE, GALWAY 
COURSES IX CELTIC. 



380 Chronique. 

Students of this Collège may obtain the following Degrees : 
B. A., M. A., M. Litt. Celt., ot the National University of Ire- 
land. For Students not wishing to proceed to a Degree spécial 
courses will be arranged. 

B.A. 

Students may obtain this Degree by presenting Irish and one 
other language, Modem or Classical, and a subsidiary subject. 

LECTURES 

The Lectures on the B.A. Course in Irish include the follo- 
wing : 

1. Spoken Irish and Phonetics. 

2. Composition in Irish. 

3. Irish Literature : The Cuchulainn or Red Branch Saga ; 
the Finn or Ossianic Saga ; various periods of Ancient or 
Modem Irish Literature ; and the Interprétation of Texts. 

4. Comparative Grammar of Old Irish. 
j. Irish History. 

M. A. AND M. LITT. CELT. 

Thèse Degrees may be obtained by Graduâtes on attending a 
Course of Lectures in the Collège and presenting a satisfactory dis- 
sertation on some subject treated of in the Courses. 
Courses are arranged in : 
dlalects of modern irish. 
Old and Middle Irish Texts. 
Middle Welsh Texts. 
Celtic Philology. 
Spécial Provision is made for Graduâtes of other Universities 
who may obtain one of the higher Degrees by attending a Course 
of Lectures for two sessions and by carrying out research unde 
the direction of the Professor. 

The Degree of D. Litt. Celt. is obtainable five years after the 
primary Degree B.A. on original published work. 

The Celtic Faculty of the Collège comprises the following ; 
Professor O'Maille, M. A. (Manchester), Ph.D. (Freiburg iBr.) ; 
Professor Trench, M. A. (Dublin); Dr. MacEnri, M. A., M.D. 
(Dublin). 

The Collège is situated in an Irish-speaking area and Irish is 
the language of the market place . Galway is the centre of a very 
picturesque district. 



Chronique. 381 

For further information and détails of the Courses of Lectures 
applv to 

PROFESSOR O'MAILLE, MA., PH.D., 

Professor of Irish and Dean ot the Faculty of Celtic, Univer- 
sity Collège, Galway ; or 

PROFESSOR PYE. M.D., D.SC, 
Registrar, University Collège, Galway, Ireland. 

VII 
SCHOOL OF IRISH LEARNING 

122 St. Stephen's Green, Dublin. 

Director : 

Professor Kuno Mever, Ph. D. 

Course ox 

Old-akd Middle-Irish Poetry akd Metrics 

September 16-27, l 9 12 
Mondavs, Tuesdays, Thursdays, and Fridavs. 
Professor Kuno Meyer will give on the above dates a Course of 
Lectures introductorv to the Srudy of Old and Middle-Irish Poe- 
trv and Metrics. The text-books used will be the lecturer's Primer 
of Irish Metrics and Sélections from Early Irish Poetry (School of 
Irish Learning). 

The lectures will take place in the afternoon from 5 to 6.30 
o'clock. 

Fées : 10 s. the Course, payable in advance to J. G. O'Keeffe, 
Hon. Treasurer. 

Intending students should communicate beforehand with 

R. I. Best 
Hon. Secretary. 

VIII 

La dixième session de 1' « École d'été >> (Ysgol Hat) de la Welsh 
Language Society (Cvmdeithas yr iaith Gymraeg) se tiendra cette 
année à Abervstwvth du 29 juillet au 10 août, comprenant, comme 
les précédentes, des cours élémentaires, moyens et supérieurs. Le 
droit d'accès aux cours est de 1 5 shillings (8 pour une seule 
semaine). 

Reiue Celtique, XXXIII. 25 



382 Chronique. 

Dans la liste du personnel enseignant, nous retrouvons les noms 
de sir Edward Anwyl, du Prof. J. E. Lloyd, du Rev. H. Elvet 
Lewis, de MM. S. J. Evans, Howell T. Evans et W. J. Griffkhs, 
qui traiteront, comme précédemment, de grammaire, de littérature 
et d'histoire. A ces noms se joignent cette année ceux de sir Mer- 
chant Williams, président de la Welsh Language Society-, du Prof. 
T. Powell, de CardifF, de M. D. Samuel, principal de la County 
School d'Aberystwvth, de M. Morgan YVatkin, fellow de l'Univer- 
té de Galles. 

Le secrétaire de la Société est toujours M. D. James (Defynnog) 
à Treherbert, auquel il faut s'adresser pour tout renseignement. 

IX 

Miss Mary Williams, qui possède, comme on sait, le doctorat 
de l'Université de Paris, a été nommée le 20 juin 19 12 assistant 
lecturer in French à Victoria University, Manchester. Nous félici- 
tons notre collaboratrice de ce succès et nous espérons qu'en un 
centre gallois comme « Manceinion » elle trouvera le loisir de 
travailler encore à nos études. 

X 

Nous avons reçu l'ouvrage suivant dont il sera prochainement 
rendu compte : 

Cùirt au Mheadhon Oidbchc, Bryax Mérrymak cet. Riséard 
O'Foghludha .i. Fiachra Éilgeach dochuir in eagar (Le Tribunal 
de Minuit, composé par Brian Merriman, édité par Richard 
O'Foghludha, dit Fiachra Eilgeach). Dublin, Hodges, Figgis and 
Co. 1912. x-185 p. 8°. 10 s. 6 d. 

J. Yexdryes. 



PÉRIODIQUES 



Sommaire. — I. Journal des Savants. — II. Abhandlungen der kôn. preuss. 
Akademie der Wissenschaften. — III. Sitzungsberichte der kôn. preuss. 
Akademie der Wissenschaften. — IV. Zeitschrift fur vergleichende Sprach- 
forschung. — V. Indogermanische Forschungen. — VI. Proceedings of 
the Royal Irish Academy. — VII. Archiv fur slavische Philologie. — 
VIII. The Celtic Review. — IX. Gadelica. — X. Mannus. — XL Zeit- 
schrift fur Ethnologie. — XII. Revue Préhistorique de l'Est de la France. 
— XIII. Pro Alesia. — XIV. Korrespondenzblatt der deutschen Gesell- 
schaft fur Anthropologie. — XV. Boletin de la Real Academia de la 
Historia. — XVI. Transactions of the Honourable Society of Cyrara- 
rodorion. 



I 



M. J. Loth a donné au Jourxal des Savants (septembre 191 1, 
p. 403-414) un article sur le Sort et récriture che\ les anciens Celtes. 
Il montre d'abord le rôle important qu'a joué le bois dans l'un 
comme dans l'autre. Les Celtes consultaient le sort avec des mor- 
ceaux de bois ; leur langue a conservé plusieurs traces de cette 
ancienne pratique. Ainsi crann-chur « lancement du bois a désigne 
le sort en irlandais, et de même en gallois coel-bren, m. à m. 
« bois à pronostic » ; blaen-bren « excellent bois » désigne la chance 
dans un passage du songe de Rhonabwv ([Red Book, I, 145, 22), et 
cocrann traduit consors dans le manuscrit de Milan, 37 b 13. D'autre 
part, c'est également sur bois que les Celtes gravèrent les premiers 
signes d'écriture, signes conventionnels et mvstérieux, à la façon 
des runes germaniques. L'ogham dut être une écriture sur bois 
avant de s'allonger au flanc des pierres. De nombreux mots rap- 
pellent cette origine. Le nom indigène de la « lettre » est en irlan- 
dais fid qui signifie « bois » ; la ligne centrale de l'écriture ogha- 
mique porte le nom de flesc « tige, baguette » ; l'ogham écrit s'ap- 
pelle ogham craobh « ogham en branche » ; toeb omtiu « côté du 



384 Périodiques. 

chêne » désigne la « consonne », et nin « la lettre » (particulière- 
ment la lettre n) signifie proprement « frêne ». On peut ajouter 
que dans le glossaire d'O'Davoren (Arch. f. Celt. Lex., II, 424) la 
même lettre nin est qualifiée àefren oghuim, qu'il faut vraisembla- 
blement corriger en frem oghuim « racine d'ogham ». 

L'écriture chez les "Celtes consista donc d'abord en traits et 
entailles sur bois ; mais ces traits et ces entailles avaient aussi une 
valeur magique, servaient à la divination, au sort, aux incanta- 
tions. Cette double valeur est probablement fort ancienne. M. Loth 
est tenté d'en faire remonter l'origine à une époque extrêmement 
reculée, à l'époque paléolithique. Il y a certaine ressemblance 
entre l'écriture oghamique et les signes gravés sur des objets en os 
de l'époque magdalénienne. On observe des caractères qui rap- 
pellent l'ogham sur une ardoise trouvée dans un monument méga- 
lithique de l'île de Groix, sur la paroi intérieure du premier dol- 
men de Mané-Kérioned, etc. 

Cela n'empêche pas, bien entendu, que les philologues sont 
dans le vrai, qui voient dans l'alphabet dit oghamique, comme 
dans l'alphabet runique d'ailleurs, un calque de l'alphabet latin. 

M. Loth rappelle au cours de son article (p. 411) le nom du jeu 
d'échecs en celtique (irl. fid-chell, gall. gwydd-bwxll soit « intelli- 
gence du bois ») et l'épisode des pions animés dans le roman gal- 
lois de Peredur (R. B-, I, 240,7). P. 407, il propose une heureuse 
étymologie du mot gallois cyiuydd « mesure » qui sortirait de *com- 
tuidu- (li'idu- « bois ») et serait par suite l'exact équivalent de l'ir- 
landais cubaid « harmonie » (Thurneysen, Hdb., I, p. 211, 457). 



II 

Les Abhandlungex der kôxigl. preuss. Akademie der Wis- 
sexschaften de l'année 19 12 contiennent un nouvel article pos- 
thume de Heinrich Zimmer, édité comme les précédents par les 
soins de M. Kuno Meyer. Il est intitulé : Auf welchem Wegekamcii 
die Goidelen vom Kontinent nach Irland ? et devait faire partie, nous 
dit une note de l'éditeur, d'un grand ouvrage que projetait le 
regretté savant sous le titre : Ans der Celtie Fringe, Forschungen \ur 
Geschicbte der Insclkelten im Altertum, MUtelalter und Neu^eit. Les 
longs articles de Zimmer publiés précédemment par l'Académie de 
Berlin se rapportaient, comme on sait, au même projet. 

Dans celui-ci, Zimmer combat une doctrine et corrige une carte. 
I a carte est de sir John Rhys et figure dans les diverses éditions 



Périodiques. 385 

de son livre bien connu, The Celtic Brilain . C'est la carte delà 
Grande-Bretagne à l'époque de l'occupation romaine.. Elle est 
en trois couleurs, qui représentent respectivement le domaine 
des Pietés (aborigènes préceltiques suivant l'auteur), des Goidels 
et des Bretons. Le domaine picte est au Nord, au-dessus d'une 
ligne qui relierait le Firth of Clvde au Firth of Forth, mais 
avec des prolongements jusqu'à Carlisle et Newcastle. Le domaine 
goidélique comprend quatre régions : le Sud-Ouest de l'Ecosse à 
g. d'une ligne qui relierait Glasgow à Lancaster; les pointes 
Nord-Ouest et Sud-Ouest du Pays de Galles, enfin le Cornwall, 
avec les comtés actuels de Devon, de Somerset et de Dorset. Le 
domaine britonnique comprend le reste. C'est-à-dire qu'à l'époque 
de l'occupation romaine la position respective des Goidels et des 
Bretons aurait été à peu près la même que celle des Anglo-Saxons 
et des Bretons cinq ou six siècles plus tard, après les batailles de 
Deorham (578) et de Chester (616) ; il y aurait eu transposition : 
les Bretons auraient pris la place des Goidels et les Anglo-Saxons 
des Bretons. Cette hypothèse est favorable à la doctrine, enseignée 
notamment par sir John Rhys et par d'Arbois de Jubainville, sui- 
vant laquelle les Goidels après avoir quitté le continent et avant 
d'aller conquérir l'Irlande, auraient occupé la Grande-Bretagne. La 
carte s'accorde ainsi avec la doctrine, mais remarquons bien qu'elle 
n'en est pas l'expression nécessaire. La position respective des Goi- 
dels et des Bretons au premier siècle de notre ère ne dépend pas 
nécessairement du chemin qu'ont pris les Goidels pour gagner l'Ir- 
lande. Ce sont là deux questions différentes et indépendantes ; au 
point de vue de la saine méthode, on pourrait reprocher à Zimmer 
de les confondre. 

La carte elle-même ne peut se défendre. Zimmer la critique avec 
âpreté et la bouleverse du haut en bas. Il a le tort de donner à sa 
réfutation une allure de triomphe; le triomphe est trop facile, et 
un peu bruyant, à notre goût. Il est certain qu'au premier siècle de 
notre ère, lors de l'occupation romaine, les parties de la Bretagne 
que sir John Rhys attribue aux Goidels étaient occupées par des 
Bretons. Nous connaissons les noms de ces Bretons : c'étaient les 
Dumnonii et les Cornovii (que l'on retrouve plus tard dans la Bre- 
tagne trançaise) ; c'étaient les Silures, les Demetae, les Ordovices ; 
c'étaient, dans le Cantire actuel, les Epidii ('EwéSiov obtpov chez 
Ptolémée), dont le nom seul atteste le caractère brittonique, même 
s'il n'est pas, comme le \ eut Zimmer, l'équivalent de l'irlandais 
Eochaid. Tous ces peuples étaient des Bretons : le témoignage des 
historiens, et notamment celui de Tacite, que Zimmer invoque, 



3 86 Périodiques, 

est là pour le prouver. L'île de Man même aurait été bretonne à 
cette époque. Zimmer rapproche de son nom gallois Manaw 
(Manau chez Nennius) le Manau Guotodin des Bretons du Nord, le 
Moniu, plus tard Miniu (auj. Mynyw en Saint-Davids) dans l'an- 
cienne Demetia, et enfin le nom du Monmouth actuel (gall. 
Mynwy) dans l'ancien pays des Silures 1 . La présence des Menapii 
en Irlande au témoignage de Ptolémée (Mavaitta ttoXiç) prouve 
même que les Bretons s'étaient étendus à l'Ouest au-delà du Canal 
Saint-Georges et suppose par conséquent qu'ils détenaient les deux 
pointes occidentales du pays de Galles. C'est d'une logique pres- 
sante et irréfutable. 

D'autre part, nous connaissons par Nennius les rapports des Goi- 
dels, des Pietés et des Bretons antérieurement au vn e siècle. Les 
deux premiers se mirent souvent d'accord pour combattre les troi- 
sièmes. C'est que les Goidels avaient fait en Bretagne les mêmes 
incursions que les Bretons en Irlande ; ils s'y étaient même établis. 
Les fils d'un Goidel nommé Lethan occupèrent pendant un temps 
la région de Demetia qui s'appelait Guir Cetgueli (auj. Gwyr et 
Kedweli sur les confins des comtés de Carmarthen et de Glamor- 
gan) ; ils en furent expulsés par un Breton de Manau Guotodin, le 
célèbre Cunedda. La presqu'île du Carnarvonshire porte aujour- 
d'hui encore le nom de Lleyn ; ce mot est l'équivalent de l'irlan- 
dais Laigin « les habitants de Leinster », et rappelle certainement 
des établissements de Goidels au Nord-Ouest du pays de Galles 
actuel; mais ces établissements sont bien postérieurs aux début de 
l'occupation romaine. C'est par eux qu'il faut expliquer la présence 
en Cornwall et en Galles d'inscriptions en écriture oghamique; ces 
inscriptions ne remontent guère plus haut que le vi e siècle. De 
cette époque date sans doute aussi l'occupation définitive de l'île 
de Man par des populations goidéliques. Les Goidels, à partir du 
v e siècle, vinrent fréquemment en Grande-Bretagne, se mêlèrent à 
la population brittonique et même entrèrent comme mercenaires 
au service de l'empire. Avec les armées romaines, ils passèrent 
parfois en Gaule où, sous le nom de Scotti et de Atecotti, les écri- 
vains latins les mentionnent, généralement pour flétrir leurs atro- 
cités. Il y a trace de ces expéditions dans les textes irlandais ; 
témoin le curieux récit du Lebor na h-Uidre (f° 38a), que cite 
Zimmer, où il est question d'une expédition de Dathi, fils de 
Fiachra (et neveu de Niall aux Neuf Otages) jusqu'aux Alpes 2 . 

1. Sur les noms de l'île de Man, voir J. Loth, Ment. Soc. Ling., VI, 70. 

2. Par une correction toute simple, mais fort heureuse, Zimmer 



Périodiques. 387 

D'après la chronologie irlandaise, celle-ci aurait eu lieu entre 
375 et 425 et coïncide justement avec le soulèvement des 
usurpateurs bretons Maxime (tué en 388) et Constantin (tue en 
412) en Gaule. Peu après commencèrent les exodes de religieux 
irlandais sur le continent, dans les forêts des Vosges, dans les val- 
lées solitaires des Alpes, où les poussait un besoin d'ascétisme. Le 
plus célèbre d'entre eux, saint Colomban, fournit à Zimmer une 
conclusion à son article en le ramenant à la question que pose le 
titre. 

Lorsqu'à l'instigation de sa grand'mère Brunehaut, Thierry II, 
roi de Bourgogne, chassa Colomban de Luxeuil pour le renvoyer en 
Irlande, le moine irlandais traversa la France de l'Est à l'Ouest pour 
aller s'embarquer à Nantes, et de là gagner l'Irlande directement 
sans passer par la Grande-Bretagne. Telle aurait été suivant Zimmer 
la voie ordinaire de tout temps suivie par ceux qui voulaient aller 
du continent en Irlande. C'est cette voie que les Goidels auraient 
jadis prise aussi, lorsqu'ils firent la conquête de l'Irlande antérieu- 
rement à l'ère chrétienne. Les Celtes auraient ainsi pris les Iles 
Britanniques comme dans un étau, dont les Goidels formeraient la 
branche de gauche et les Bretons celle de droite. Il est possible. 
Mais, comme d'Arbois de Jubainville l'a fait remarquer (Rev. Celt., 
XXX, 212), rien n'empêche de croire que les deux routes d'Ir- 
lande — celle par l'Angleterre et la route directe par mer en par- 
tant d'un port continental sur l'Océan — aient été de tout temps 
connues et suivies. Quelle que soit la justesse des critiques adres- 
sées par Zimmer à la carte de sir John Rhys, il ne nous parait pas 
apporter les arguments décisifs pour détruire la doctrine tradi- 
tionnelle. Le seul fait sûr est qu'à l'époque de l'arrivée des 
Romains, les Bretons occupaient toute l'Angleterre actuelle, y 
compris le Pavs de Galles. A cette même époque les Goidels occu- 
paient l'Irlande. Par quelle voie y étaient-ils venus ? Ni l'histoire 
ni la linguistique ne permettent, crovons-nous, de le décider sûre- 
ment. C'est à l'archéologie qu'appartient ici le dernier mot. Mais 
Zimmer ne le lui a pas demandé. 



M. Kuno Meyera donné aux Sitzuxgsberichte der kôn. preus- 

SISCHEN AKADEMIE DER WlSSEN'SCHAFTEX (t. XXV, p. 436-443) 

retrouve dans ce récit le nom de Pharamond roi de France (p. 43, n. 1) ; 
le texte irlandais porte Formenus ri Tracta. 



388 Périodiques. 

une jolie étude sur un poème moyen-irlandais relatif à saint Bren- 
dan. Parmi les saints d'Irlande, saint Brendan occupe une place à 
part; c'est un voyageur, mieux encore un navigateur, dont les 
aventures sur mer font pendant à celles de Bran, le héros païen 
(voir notamment Gust. Schirmer, Zur Brendanuslegende, diss., 
Leipzig, 1888 et Zimmer, Brendan s Meerjabrt, Z. f. deutsebes Alter- 
îitrn, XXXIII 1889], cahiers 2, 3 et 4). On pensait jusqu'ici que le 
plus ancien texte en langue vulgaire relatif à saint Brendan était un 
poème anglo-normand composé vers l'an 11 20, lequel a pour base, 
comme l'a montré M. Plummer {Z.j. Celt. PMI., Y, 124 et 
suiv.), une vie latine du saint. Il faut abandonner cette opinion. 
Le poème irlandais que publie M. Kuno Meyer est tiré du Book 
ofLeinster (f os 366 et 369), manuscrit copié vers 1160, mais repré- 
sente un état linguistique de cent ans environ plus ancien. C'est 
au xi e siècle qu'a du être composé ce poème, qui faisait vraisem- 
blablement partie d'une vie, aujourd'hui perdue. Il comprend neuf 
quatrains du mètre dit rannaigecht chetharchubaid recomarcach. La 
donnée en est fort simple : c'est une bienvenue adressée au saint 
par un inconnu, soit dans une rencontre au cours d'un voyage 
soit au retour du saint dans sa patrie. Les principales étapes de 
Brendan y sont mentionnées, même les plus légendaires : la Bre- 
tagne armoricaine, avec Gildas, Tours, à cause de saint Martin, 
Rome, la Grèce, la Palestine, et jusqu'à l'Inde. Le texte mentionne 
en effet, l'île de Taprofane, à laquelle l'arbre du soleil sert de 
pilier (dianid âge crand grene); cette ile estCeylan. 

Le texte du poème présente quelques difficultés, qui tiennent 
pour une part à l'état du manuscrit, illisible à certains endroits . 
M. K. Meyer a dû çà et là laisser des blancs dans sa transcription. 
De l'ensemble, il fournit, comme toujours, une interprétation à la 
fois élégante et solide. De savantes notes justifient et complètent 
la traduction. A signaler, le nom. plur. traigtbe « les pieds » au 
lieu du v. irlandais traigid; la 2 e pers. sg. du prétérit docbûadais à 
côté de dochûad « tu es allé a, c'est-à-dire côte à côte la forme 
nouvelle (de prétérit sigmatique) et la forme ancienne (de prétérit 
radical) ; la 2 e pers. sg. ropsat « tu as été » du prétérit du verbe 
copule, qui est également caractéristique du moyen-irlandais (cf. 
P. H., 1. 3099), bien qu'elle figure déjà dans le Saltair na Rann, 
1318 (nârbsat), 3574 (ro[pjat) ; cf. nirsat, L. L. 54a 11. 



Périodiques. 389 



IV 

Dans le tome XLY de la Zeitschrift fur vergleichexde 
Sprachforschuxg (i cr cahier, p. 72 etsuiv.), noire collaborateur, 
M. J. Pokornv, a publié trois articles : 

i° gallois caiûr, irlandais c(a)ur, cor. En face du gallois cawr 
« géant » (cf. gaulois Kauapoç, Cavarillus), l'irlandais possède deux 
mots différents : car (de * côar), gén. côrad « héros » (Fél. Prol., 
65, 167), qui est régulièrement issu d'un primitif * caivaro- et doit 
sa flexion à l'analogie des thèmes à dentale eirr, citig, mil, uiae ; et 
d'autre part caur, car, qui est un emprunt au brittonique. L'em- 
prunt caur a passé à cur, comme Caulann à Culann (de Cal u nos), 
maug- à mug (ogam Magu), laubair à hibair (empr. lat. labor), etc. 
M. Pokorny explique de même le mot lau, lu a petit » comme un 
emprunt au brittonique (v. Rev. Celt., XXXII, 202 et 213). 

2 tûare « nourriture » (formes plus anciennes tore et toure) 
sortirait de *to-griyâ- ; cf. skr. girâti « il avale », garâh« boisson », 
gr. popâ, lat. norâre, lit. giria « boisson », etc. 

Enfin, 3 , continuant ses Bcitràge %ur irischen Grawmatik, 
M. Pokorny étudie, p. 77-82, die Verschiedeufarbigkeit von Konsonan- 
tengruppen innerhalb des einheitlichen Wortes. Il s'agit du groupe 
cbt, dont on enseigne d'ordinaire qu'il est rebelle à la palatalisation 
(v. Pedersen, Vgl . Gr., I, 349; Thurneysen, Hdb., I, 99), et cela 
aussi bien à l'intérieur qu'à la finale. Dans ce dernier cas, quand 
une ancienne terminaison palatale était tombée à la fin du mot, 
M. Pokorny soutient que le / du groupe cht conservait la position 
palatale. Il en voit la preuve dans quelques faits de graphie du 
vieil-irlandais : boicht Ml. 31 c 1 (et 27 d 7, avec 1'/ au-dessus delà 
ligne), nochit Wb. ne 18 avec 17 au-dessous de 17; (les éditeurs 
du Thésaurus lisent à tort nocbtchenn). La prononciation moderne 
justifie, parait-il, l'intéressante hypothèse de M. Pokorny. 

V 

Dans les Ixdogermaxische Forschuxgex, t. XXX (3 e et 4 e ca- 
hiers), nous relevons, p. 225 et suiv., un travail de M. H. Hessen 
sur die konsonantische Flexion in den Mailànder Glossen. C'est un 
répertoire de tous les mots à thème consonantique attestés dans le 
manuscrit vieil-irlandais de Milan. L'auteur les a classés d'après la 
consonne finale du thème ; cette classification est empruntée au 



390 Périodiques. 

Handbuch de M. Thurneysen, p. 192 et suiv. Comme collection 
lexicographique, le répertoire sera utile. A trois endroits seule- 
ment, M. Hessen a dégagé de ses statistiques une conclusion ; 
c'est à propos du datif-accusatif singulier des mots en -lu (gén. 
-tad), en -îiit (gén. -teu) et du datif singulier des neutres en -;// 
(gén. -e). En ce qui concerne les premiers, il établit, p. 230, 
qu'au datif, la forme en -tu est régulière dans Wb., tandis que 
dans Ml. la forme en -laid est deux fois plus fréquente et le devient 
davantage encore dans Sg. ; à l'accusatif, c'est la forme en -laid 
qui est la plus fréquente dans Wb. et dans Ml., la seule même 
attestée dans Sg. Pour les mots en -liu (p. 236), l'accusatif est 
généralement en -in dans les trois manuscrits ; le datif est dans 
Wb. plus souvent en -e qu'en -iu ou en -in, dans Ml. plus sou- 
vent en -iu qu'en -in et en -in qu'en -e, dans Sg. plus souvent en 
-in qu'en -e, une seule fois en -///.Enfin, les trois manuscrits s'ac- 
cordent en ce qui concerne le datif singulier des neutres en -m 
(p. 241), qui présente partout la forme longue (madmaiin) beau- 
coup plus souvent que la forme courte (inaidm). 

Dans le même périodique, p. 145 et suiv., M. Kieckers étudie 
die Stelluncr der Verba des Sagens in Schàltesâhen im Griecbiscben 
und in den verwandten Spracbcn. Quelques alinéas sont consacrés à 
l'irlandais (p. 180 et s.), ce qui est beaucoup, puisque le verbe 
« dire », qu'il ait la forme oJ, ar, or, for ou bar, se place toujours, 
comme tous les autres verbes, avant son sujet. Il y avait peut-être 
lieu de signaler que l'irlandais olsé « dit-il » joue exactement le rôle 
de la particule iti en sanskrit ou des guillemets dans nos langues 
modernes, en ce qu'il s'introduit dans les phrases du style direct, 
même quand celles-ci sont précédées d'un verbe déclaratif; type : 
isand asbert : Xi lbo, olse « c'est alors qu'il dit : Non, dit-il ». Ce 
tour est constant en moyen-irlandais. 



VI 

Les Proceedikgs of the Royal Irish Academy, vol. XXX, sec- 
tion C, n° 1, publient p. 1-1 1 , la deuxième partie de l'enquête 
poursuivie par M. Mario Esposito sur les Hiberno-lalin manuscripls 
in Ibe libraries of Swit%erlanâ (v. Revue Celtique, t. XXXII, p. 
118). 

Les bibliothèques dont il est question cette fois sont les biblio- 
thèques municipales de Zurich et de Berne. A la bibliothèque muni- 
cipale de Zurich, M. Esposito a trouvé seulement trois manuscrits 



Périodiques. 391 

hiberno-latins (C 68, C 78 et C 99), qui remontent tous trois au 
ix e siècle. La bibliothèque de Berne, une des plus riches de Suisse 
en manuscrits, lui en a fourni onze (n os 19, 123, 167, 172, 212, 
258, 265, 363, 510, 517, 582), parmi lesquels ilfaut mettre à part 
le n° 363, bien connu des celtistes par les gloses en vieil-irlandais 
qu'il contient. 

VII 

Dans I'Archiv fur slavische Philologie, t. XXXIII, p. 51-99. 
M. A. Schachmatov reprend en allemand une partie des théories 
qu'il a développées en russe dans l'article des Mémoires de l'Aca- 
démie de Saint-Pétersbourg dont la Revue Celtique a parlé, t. XXXII, 
p. 504. Mais cette fois il laisse de côté les Finnois, pour ne s'occuper 
que des « plus anciens rapports entre les Slaves et les Celtes ». 

Il rappelle d'abord l'extension des populations celtiques dans le 
centre et le Sud-Est de l'Europe, le nom de la Bohême, Boiohaemum 
et celui des BprroXayai dans la Bessarabie actuelle, avec la ville 
d"A/.'.o j:'.c, les noms de villes Nouiodunum, auj. Isaccea sur le 
Danube, dans la Dobrogea, et Carroduuum auj. à la fois Krappitz sur 
l'Oder en Silésie, Karnberg près Wasserburg, en Bavière, et Pitomaca 
en Slavonie. Tous ces faits sont bien connus. Il y a joint les suivants 
qui sont nouveaux et qui n'offrent pas les mêmes garanties : l'Oder 
aurait un nom celtique (irl. odhar « gris brun ») ; de même la 
Wiede, affluent de l'Oder, et la Wied, affluent du Rhin, l'Osobloga, 
affluent de l'Oder (cf. irl. bolg « sac » proprement « gonflé » ?), 
laLatorica dans le bassin de laTheiss (cf. Latara, nom de lieu en 
Gaule), la Bodva, affluent de la Theiss (cf. irl. Bodb, déesse de la 
guerre). Voilà des rapprochements bien problématiques et qui dès 
le début mettent le lecteur en défiance. 

La suite n'est pas moins inquiétante. Passons sur l'identification 
du nom des Vendes de la Baltique et des Vénètes de la Bretagne 
armoricaine, dont nous avons déjà parlé. M. Schachmatov sait 
même la place qu'occupait le ton indo-européen dans le nom dés 
Veueti ; c'était l'initiale, et par là s'expliquent les formes du nom des 
Vendes, v. h. a. JViuidù, v. isl. Vindir, d'un prégerm. *Viuidî\. Il 
énumère ensuite une série de noms géographiques du bassin de la 
Vistule,quilui paraissent d'origine celtique, à commencerpar le nom 
du fleuve lui-même, Visla, formé d'une racine *veis-« couler » et du 
suffixe d'instrument -tlo- ; soit un celtique J'istln, devenu Vislâ chez 
les Germains et chez les Slaves. Cette doctrine est déjà consignée 
dans le Sprachschat^ de M. Holder. Puis, remontant vers le Nord, 



39 2 Périodiques. 

M. Schachmatov essaie de prouver que les Celtes ont occupé les 
provinces baltiques ; il utilise le témoignage de Tacite, qui dit des 
Estes (Aestii, cf. le nom des Aeduî),quïbus. . .îingua Britaiinicae pro- 
pior (Germ. , 45);et il dresse pour les bassins de la Duna et du Memel 
le même tableau de correspondances celto-slaves que pour le bassin 
de la Yistule (p. 76 et suiv.). Le nom que les Slaves donnent aux 
Germains, Némââ, représenterait celui d'un peuple celtique, les 
Nemetes, installés dans le bassin du Memel (p. 84) ; le nom de la 
Lituanie serait de même un nom celtique, donné à la côte orientale 
de la mer Baltique par les Vénètes (cf. Letauia « l'Armorique ») ; 
et la ville de Riga tirerait son nom du gaulois rlgo- de Rigodu- 
mim ou Rigomagus, etc. etc. L'établissement des Celtes dans ces 
régions aurait même laissé des traces dans le vocabulaire com- 
mun des langues slaves. M. Schachmatov termine son article en 
donnant une liste demots du slave commun, empruntés du cel- 
tique : 

russe bojarinù « chef » ; cf. irl. bô-aire « maître du bétail, proprié- 
taire ». 

braga « malt » ; irl. brach, gall, brag. «id». 

byknv bœuf», v. gall. bucb « vache ». 

russe obcekryiitt « tailler tout autour» ; irl. cocricb « frontière ». 

cetù dans cçiùchiih « 7rcwT07-a6âç'.o; » ; irl. cet-, gall. cynt. 

cigotû « T7:a6ap'.o; » ; gall. cig « viande », cigydd l « bou- 
cher » . 

russe droga « brancard, timon » ; irl. drocb « roue ». 

jàkù « fort » ; gall. iach « bien portant». 

jablûko « pomme » ; irl . aball. 

russe klasti « couper, châtrer », irl. claidim « je creuse ». 

hlètï « maison » ; irl. cliath « treillis ». 

kobi « charme » ; irl. cob « victoire ». 

russe hosira « ivraie » ; irl. cass « crépu ». 

kotia « hutte » ; irl. coit « id. ». 

hotora « combat » ; irl. cotarsna « contraire ». 

1. M. Schachmatov nous apprend qu'il tire ce mot de Bullet, Mémoires 
sur la langue Celtique, 1759, tome II. Singulière référence, et qui étonnera 
bien des celtistes ! Heureusement, le mot est mieux attesté : il figure dans 
tous les dictionnaires gallois. Mais pourquoi M. S. le fait-il précéder de 
l'abréviation wal. ? C'est sans doute aussi un emprunt à Bullet. — Signa- 
lons çà et là quelques erreurs géographiques : p. 61, M. S. parle du dépar- 
tement des « Bouches de Loire », et p. 80 il place en Allemagne (heute im 
Westdeutschland) la ville belge d'Alost, située en pleine Flandre entre Bru- 
xelles et Gand! 



Périodiques. 393 

russe korgu « poupe » ; gall. czurivg, irl. curach «sorte de bateau». 

kos'uîja « chemise » ; irl. cassai «sorte de vêtement ». 

russe ludâ « étain » ; irl. luaide a plomb ». 

Içdina « terre inculte » ; irl. lauu, bret. lann . 

Uto « année » ; irl. lilh «. fête ». 

* Içska (tchèque liska) « noisetier » ; irl . flesc « baguette » . 

mos'ti « pouvoir » ; irl . -magim « j 'accrois » . 

otici « père » ; irl . aithecb « maître de maison » . 

sluga « serviteur» ; irl. sluag « troupe ». 

skoeiti « sauter » ; irl . -scaigim « je passe » . 

snadi « légèrement, un peu» ; irl . -suaidim « je coupe ». 

stitu « bouclier »; irl. sciatb « id. ». 

tctti « voleur » ; irl. tâid « id. ». 

têsto « pâte » ; irl. tais, gall. îoes « id. ». 

tlùkû « traducteur » ; irl. -lluchur «je parle ». 

valu « fossé » ; irl. fâl « mur ». 

vlatû « géant » ; irl. flàitb « seigneur ». 

Ces correspondances de vocabulaire, d'ailleurs rarement limitées 
au celtique et au slave, ont été pour la plupart depuis longtemps 
signalées ; maison a toujours considéré jusqu'ici qu'elles remon- 
taient à l'indo-européen et témoignaient par suite seulement d'une 
parenté dialectale. M. Schachmatov est le premier qui les inter- 
prète par l'hypothèse d'un emprunt. Cette hypothèse ne nous 
convainc pas. 

VIII 

Le numéro de juillet 191 1 de The Celtic Review (vol. VII, 
n° 26) contient le commencement d'une édition de la Gaelic Version 
of the Tbebaid of Statius parle professeur Mackinnon (p. 106-122). 
Cette édition s'ajoute utilement à celles qui ont été données jus- 
qu'ici d'œuvres irlandaises inspirées ou traduites des littératures 
classiques (voir Revue Celtique, t. XXXI, p. 393). 

La version gaélique de laThébaïde était inédite. Il v en a une 
copie complète dans le manuscrit EgertonijSi du British Muséum, 
p. 173-253 (daté de 1487), et une autre dans le manuscrit VIII. 
Kilbride, n° IV, de l'Advocates'Library d'Edimbourg (commen- 
cement du xv e siècle). Enfin, un fragment du même texte est con- 
servé dans le manuscrit H. 37. (auj. 1298) de la bibliothèque de 
Trinity Collège, à Dublin, p. 457 a-460 b (daté de 1479). Le 
manuscrit Egerton et le manuscrit d'Edimbourg sont la reproduc- 
tion presque identique d'un même original ; ils offrent jusque dans 



394 Périodiques. 

l'écriture les mêmes particularités. M. Mackinnon a pris comme- 
base le manuscrit d'Edimbourg ; il donne en note les variantes de 
l'autre manuscrit. 

Le récit gaélique est sensiblement différent de la Thébaïde de 
Stace, qu'il suit d'assez loin seulement; il est également différent 
de la version du même poème faite en moyen-français. M. Mackin- 
non n'en donne encore que le début, correspondant à peine à la 
moitié du premier livre de l'œuvre de Stace. C'est une entreprise 
de longue haleine qui sera continuée dans les numéros suivants de 
la Revue. Nous espérons qu'à la fin M. Mackinnon fera suivre son 
édition d'un glossaire des principaux mots du texte. 

Dans le même numéro, M. James Fergusson termine une étude sur 
The Pictisb Race and Kingdom (p. 122-138) ; et Miss E.-J. Lloyd en 
commence une sur The Mabinogion asLitcrature(jp. 164-174). C'est 
une fort jolie étude que celle de miss Lloyd. Elle définit fort bien 
l'originalité des Mabinogion et le caractère propre de ces récits, 
« spiritual in their nature and Imaginative in their form, whether 
in the world of fact or inthe world of fiction ». Et elle analyse très 
finement les éléments variés qui y ont été combinés. Les Mabino- 
gion forment une collection disparate de récits qui représentent 
des civilisations et des époques différentes. Nos lecteurs ont été 
depuis longtemps édifiés à cet égard par les travaux de M. J. Loth 
publiés dans cette Revue, ou par les notes qu'il a jointes à sa traduc- 
tion française du texte gallois. Ils connaissent aussi les préfaces de 
M . J . Gwenogfryn Evans et, en ce qui concerne les Pedair Kaingc, 
le bel article de Sir Edward Anwyl dans la Zeitschrift fur celtische 
Philologie (t. I, p. 277; II, p. 124 ; III, p. 123). Miss Lloyd tire un 
heureux parti des savantes études de ses devanciers; elle y joint des 
remarques personnelles qui ne sont pas sans mérite. 

L'étude de Miss Lloyd se termine dans le numéro 27 (octobre 
191 1) de la même Revue, p. 220-248. Ce même numéro 27 con- 
tient la suite de l'édition de la Thebaid, par le professeur Mackin- 
non, p. 204-219. 

IX 

Le premier numéro de Gadelica, le nouveau périodique dont 
nous avons annoncé plus haut la création (v. p. 141), contient, p. 
35 et suiv., le début d'une édition du Pairlement Chloinne Tomâispar 
M. Bergin. Le regretté L. Chr. Stern a signalé naguère, dans \& Zeit- 
schrift fii r celtische Philologie, t. V, p. 541, l'intérêt de ce curieux 
texte, si caractéristique de l'humour irlandais, et où les mœurs 



Périodiques. 395 

des paysans sont décrites avec un sens vigoureux du comique. Le 
« Parlement des enfants Thomas » est une satire anonyme com- 
posée vers le milieu du xvn e siècle. Elle comprend deux parties 
séparées. M. Bergin n'en publie encore, d'après un manuscrit en 
sa possession, que le commencement de la première partie. Le 
morceau se termine sur l'ardente bataille que se livrent les préten- 
dants à la main de Siligean, fille de Cairpre Crom O' Céirin. Il a 
en tout 550 lignes. 

J. Yendryes. 

X 

Mannus, 191 1, 3-4, p. 313, nous apporte un acte d'une polémique 
qui s'est engagée entre son directeur, M- Kossinna, de Berlin, et M. 
Schliz, de Heilbronn au sujet du peuplement de l'Allemagne à l'âge 
du bronze. Les premiers établissements des Celtes différenciés sont 
en question. Des lacunes dans la série des faits archéologiques attes- 
tent des vides partiels, pour certaines époques, en certaines con- 
trées, tant à l'Ouest qu'à l'Est; des signes d'abondance y succèdent, 
correspondant à la détente probable de peuples dont l'origine est 
précisément le sujet du débat. M. Kossinna a vigoureusement 
appelé l'attention sur cette sorte de faits, qui signifieraient évi- 
demment beaucoup, s'ils pouvaient être établis d'une façon qui ne 
laisse place à aucun doute et, tout justement, ces messieurs nous en 
suggèrent plus d'un. M Schliz voit les choses de l'Ouest et il est féru 
d'anthropologie; M. Kossinna les voit de l'Est, de Berlin et peut-être 
d'un peu plus haut. — M. Schliz constate que la population du 
S. O. de l'Allemagne a changé de caractères physiques depuis le 
temps où cette région nous apparaît assez bien peuplée, au milieu de 
l'âge du bronze (période II) de gens qui enterrent leurs morts, inciné- 
rés ou non, sous des tumulus, s'étant établis dans un pavs apparemment 
presque désert. Au début du i er âge du fer (époque de Hallstatt), on 
y trouve des hommes de petite taille, dolichocéphales, d'apparence 
méditerranéenne, venus du S.-O. semble-t-il ; au fort du I er âge de 
fer ce sont des hommes de grande taille, également dolichocéphales, 
venus du nord des Balkans ; à l'époque de la Tène des brachycé- 
phales de belle taille, qui sont les Gaulois. M. Schliz doute fort que 
les populations précédentes aient eu rien de commun avec ceux-ci 
et qu'elles aient parlé celtique. 11 ne serait donc pas sûr, au regard d'un 
anthropologue que le S.-O. de l'Allemagne eût été occupé par des 
Celtes avant 500 ou 400 avant J. C. Les Bavarois du milieu de l'âge 
du bronze, ceux des tumulus, auraient à peu près abandonné le 



396 Périodiques. 

pays pour gagner le Nord-Est, presque désert (période II de l'âge 
du bronze) ; ils y auraient porté une céramique caractéristique, 
décorée de bossages (céramique du type dit deLusace) dont l'origine 
serait italienne. Or, ce sont ceux-ci que M. Kossinna considère 
comme les premiers Celtes. Il pourrait demander à M. Schliz sur 
combien d'exemplaires reposent ses définitions des races. Il se con- 
tente de lui répondre en substance, que les caractères physiques des 
groupes humains, formés d'éléments anthropologiques différents, se 
modifient pour ainsi dire automatiquement, sans admixtion d'éléments 
nouveaux et que, dans le cas présent, les indications fournies par les 
restes de la civilisation ont plus de valeur que les renseignements 
anthropologiques. Or, que doit-on conclure de ceux-ci ? Que les 
mouvements de peuples qui nous intéressent se sont produits non pas 
du S.-O. vers le Nord, à l'âge du bronze, mais de l'Est vers l'Ouest et 
le Sud-Ouest. Les urnes à bossage de l'Allemagne du Sud ne sont pas 
les ancêtres; mais les descendants de celles de Lusace; elles ne provien- 
nent pas de celles d'Italie, mais celles-ci procèdent de celles-là, par 
une autre voie. Les unes et les autres sont les signes de la descente vers 
le Sud des peuples celtiques et italiotes. Mais le mouvement était com- 
mencé avant l'existence des urnes à bossages. — Le cimetière bohé- 
mien d'Aunjetitz, qui date delà première période de l'âge du bronze 
et de ses débuts, a donné son nom à une civilisation définie par ses 
objets usuels, sa céramique en particulier, et ses rites funéraires : 
lesmorts y sont inhumés recroquevillés. Là où elle s'est développée, 
en Bohême, la population était dense. Son habitat s'est agrandi vers 
l'Ouest et vers le Sud. Tombeaux et objets apparaissent un peu plus 
tard dans la Basse Autriche d'une part, dans l'Allemagne occiden- 
tale de l'autre. De part et d'autre, la propagation s'est étendue. L'Italie 
a été atteinte et Tlllyrie remplie. C'est là, selon M. Kossinna, qu'est le 
tronc de trois branches septentrionales des Indo-Européens, Celtes, 
Italiotes et il ajoute Illyriens. Il ne dit rien des Germains, mais il 
en traite dans un volume de sa bibliothèque dont je dirai un mot 
quelque jour. Tableau un peu sommaire, mais, je crois, bien cons- 
truit, de la série de faits ethniques dont dépend la différenciation 
et la fixation des premiers Celtes. A cette descente vers le Sud des 
Nordindogermanen correspondrait la montée vers le Nord des Sudin- 
dogermanen que M. Kossinna désigne sous le nom commode de Car- 
podaces. C'est à ceux-ci qu'il attribue la civilisation du type de 
Lusace. 



Périodiques. 397 



XI 

La Zeitschrift fur Ethnologie public, dans son fascicule V de 
191 1, p. 664-817, le 5 e rapport de la commission pour l'établisse- 
ment des cartes préhistoriques, constituée par la Société d'Anthro- 
pologie de Berlin. Les précédents rapports sont de feu Lissauer, le 
promoteur de l'entreprise, et portent sur l'âge du bronze. Celui-ci 
est de M. Robert Beltz et a pour objet les fibules de La Téne 
(JFûnfter Berichi ûber die Tdtigkeit der von dcn d. anthropologischen 
Gescllschaft gew'àhlten Kohi mission fur prchistorischc Txpcuhartev). 
Le rapport se compose d'un court aperçu sur la classification des 
types, leur répartition, lesconclusionsgénérales qui s'en dégagent et 
de longs tableaux statistiques. Le fascicule VI, p. 930 sqq., donne 
des tableaux supplémentaires et la carte. La carte comprend l'Alle- 
magne, la Bohême, une partie de la Suisse et de l'Autriche. Son 
aspect e^t très instructif. Les fibules dites de La Téne sont un des 
produits significatifs de la civilisation celtique. L'extension de celles 
qui appartiennent à la i re période de la civilisation de La Tène 
est assez exactement limitée aux pavs occupés par les Celtes. Les 
plus anciennes ne sont nombreuses que là où la civilisation cel- 
tique a été, dés le début, le plus vivace, dans la movenne vallée 
du Rhin, en Bavière; il y en a aussi en Bohème. Les fibules de la 
i rc période manquent totalement en Westphalie. L'influence de la 
civilisation celtique sur celle des Germains se manifeste par la diffu- 
sion des fibules de la II e et de la III e période de La Téne au-delà 
de l'Elbe. Il s'y développe des variétés inconnues aux pavs cel- 
tiques. A l'avancée des Germains, en deçà de l'Elbe, correspondent 
sur la carte des lignes de points ; ce sont les cimetières germaniques 
à incinération où ont été trouvées, dans l'Allemagne occidentale, 
les plus récentes fibules de la série. Voilà de bons documents pour 
l'étude des Grenibe~ x iehungen celto-germaniques. 

XII 

La Revue préhistorique de l'Est de la France reprend avec 
l'année 19 12. Souhaitons-lui de longues années de vie. Elle com- 
mence par un article de M. Perrault-Dabot sur les menhirs percés 
de la Haute-Saône, qui ne paraissent pas avoir rien de commun 
avec les cloisons perforées des chambres funéraires mégalithiques, 
telles que celles de- Conflans-Sainte-Honorine, auxquelles l'auteur 

Revue Celtique, XXXIII. 26 



^9° Périodiques. 

les compare. — M. Pierre Bouillerot traite (p. 14 sqq.)avec beau- 
coup de minutie d'une Cachette de lit fin de l'âge de bronze, décou- 
verte près de Gray (Haute-Saône). L'article contient toute une dis- 
sertation sur les symboles religieux préhistoriques, qui est peut- 
être hors de saison, à propos d'une croix de Saint-André figurée sur 
la base d'une faucille. 



XIII 



Nous avons beaucoup négligé Pro Alesia. C'est dommage, car 
la lecture en est instructive. On y trouve sans doute des vers et 
beaucoup de discours, de M. Chaussemiche, du D 1 Simon, de 
M. Ferrero, de M. Toutain, etc. La Société de Semur, ou M. Matru- 
chot, bien qu'ils affichent une indépendance farouche, tout appel aux 
gloires et aux compétences étrangères. MM. Hirschfeld et Bohn 
publient chez eux l'Instrumentum domesticum d'Alise (46-47, 1910, 
p. 665), où se trouvent, en bonne place, les graffites du vase d'ar- 
gent ; il semble qu'on veuille y lire une marque de fabrique. — 
M. Toutain (53-54, 1910, p. 766) fait un Mercure chevauchant sur 
un bélier d'une figure dont il ne reste que le tronc de l'animal et 
les jambes du cavalier. M. Déchelette lui donne la réplique dans ie 
fascicule suivant. — On a confié les vases de bronze trouvés en 
1909 à M. M. Besnier, professeur à l'Université de Caen ; l'étude 
est minutieuse, mais, ô vanité des raisons ! M. Besnier en trouve 
pour dater d'avant l'occupation romaine des vases de bronze, fort 
usuels, du IV e siècle après notre ère, ainsi qu'un plat gravé au sym- 
bole chrétien du poisson. Et que de bibliographie, hélas! Mais 
bibliographie n'est pas connaissance ; notre jeune université s'y 
trompe. — Le lieutenant-colonel Frocard invoque la stratégie pour 
bien montrer qu'Alise était Alésia (53-54, 1910, p. 753). — M. Bou- 
tron décrit les hypocaustes (49-50, 1910, p. 710); M. Van Gennep, 
les clefs (46-47, 19 10, p. 675). — M. Henry Barbe, sous le titre de 
la Civilisation de Hallstail au Moût Auxois (55-56, 57-58, 191 1, 
p. 777 sqq., 817 sqq.) nous en apprend peu sur Alise même, mais 
montre qu'il pratique les meilleurs des archéologues allemands. — 
M. Berthoud continue la publication des textes anciens concernant 
Alésia. — M. L. Matruchol décrit une voie gauloise (57-58, 1911, 
p. 809) et défend la Société de Semur contre l'accusation calom- 
nieuse d'avoir déposé dans un musée national quelques produits 
de ses fouilles; elle a mieux mérité de l'Auxois. Certes, par les 
subventions qu'elle reçoit du ministère, elle "exerce sur l'Etat une 



Périodiques. 399 

reprise au profit de l'arrondissement. Souhaitons que cet esprit, 
j'allais dire de clocher, soit favorable à la science, en tout cas à 
la bonne conduite des fouilles. Le pays a d'excellentes traditions: 
Pro Alesia en donne la meilleure preuve par la publication de ses 
notes rétrospectives sur les découvertes faites au mont Auxois : 
on y trouve, avec de la modestie, de l'observation, de la préci- 
sion, du sens critique et les marques d'une culture qui n'a pas fait 
de progrès. 

XIV 

Le KoRRESPOXDEXZRLATT DER DEITSCHEX GeSELLSCHAFT FUR 

Axthropologie, 1912, i 2, p. 9, rend compte de la réunion du 
Verband bayeriseber Gescbicbt-und Urgeschichtsvereine, fédération des 

sociétés bavaroises d'histoire et de préhistoire. M. Reinecke y a 
parlé de la ville « gallo-romaine » de Cambodunum (près de 
Kempten). — Le D r Hock a traité des rapports que présentent les 
phases anciennes de la civilisation dite de Villanova, en Italie, avec 
les phases anciennes de la civilisation halstattienne. 

XV 

Le R. P. Fidel Fita publie dans le Boletix de la Real Acade- 
mia de la Historia, t. LVIII, juin 191 1, p. 5 12 sqq., trois inscrip- 
tions romaines de Mosteiro da Riveira. La première, inédite, est un 
ex-voto à une déesse Rêva (Rêve). 

Le même auteur, Ibid., LIX, sept.-oct. 191 1, p. 276 sqq., publie 
une série de documents et pièces anciennes relatives à La Gran 
Caverna del Pico Sacco dos léguas al oriente de Compostela, préface à 
l'étude archéologique de la caverne. Quelque culte préhistorique a 
peut-être fait, avant celui de saint Jacques le Majeur, de la mon- 
tagne un pic sacré. 

Le fascicule suivant, novembre 191 1, p. 398, nous apporte sous 
la même signature de Xuevas lapidas romanas de Noya, Caudo, Cere\o 
y Juncîlla, Noya 3. Diane venatriciArpo Uref... etc.; 4 (funéraire) : 
Moso...; 5, stèle funéraire avec une figure très grossière qui ne 
représente certainement pas le mort. — Cerezo : D(eo) Ae(jno). Un 
appendice publie des notes inédites du P. Sarmiento sur La mamula 
celto-romane y épigràfiea de Bretal, en Galice, tumulus à incinération, 
sépulture d'indigènes, Celtes peut-être, où a été trouvée une inscri- 
ption latine, — p. 482. Nuevos dôlmenes de Xavarra : aux douze déjà 
mentionnés, le R. P. Fidel Fita en ajoute quatre, avec trois photo- 
graphies. 



400 Périodiques. 

M. Juan Sanguino y Michel public, dans le fascicule de décembre, 
p. 439 sqq. des Antiguedades de las Terri Uns (Alciiescnr), sorte de 
catalogue d'objets, de fragments de marbre, de monnaies, le tout 
romain. 

Le R. P. Fidel Fita, p. 467, traite du Castro Romano de Câceres el 
Viejo et donne de nouvelles inscriptions. Il établit qu'une statue- 
antique, aujourd'hui placée sur une tour de l'église S. Mateo était 
une statue de la Fax Augusta. — F. 5 29, il signale une inscription 
inédite trouvée a 20 kilomètres de Burgos, à Reville del Campo : 
L. RennioSy Renni f. — Le nom de Rennius apparut pour la pre- 
mière fois en Espagne. Le savant épigraphiste n'est pas assez bon 
celtisant pour donner crédit au rapprochement qu'il suggère entre 
ce mot et le brenn celtique. 

LX, 1912, janvier, p. 37 sqq. R. P. Fidel Fita. El trifinio romano 
de Villenueva Je Cordoba : Limite commune des Sacilienses, Epo- 
renscs, Salienses, fixée sous Hadrien. — Dans les nouvelles, p. 98, 
on lit une inscription inédite de \ 'inuesa : Abicus, Casancus, Qiri- 
cucotta, Saiclus. noms celtibériques. 

Février, p. 158, du R. P. Fidel Fita, Nueva lapida romana del Escu- 
rial (Triijillo) : Aetura, Alugius. 

Mars, p. 233. Autre inscription de Santa Amalia (R. P. Fidel 
Fita). 

XVI 

Les Transactions of the Hoxourable Society of Cymmro- 
dorion' (1908-9) ont récemment publié (1910) un important 
mémoire de M. F. Haverfield sur les établissements militaires 
romains dans le pays de Galles ( Military aspects of Roman U'ales). 
L'auteur y passe en revue les camps et les postes romains dont il 
reste trace, dans l'ordre d'un itinéraire rationnel, correspondant a 
peu près à celui des routes qui reliaient les postes entre eux. Il 
figure le plan des ruines et des retranchements qui n'ont pas disparu, 
relate les découvertes et les publications ; il y ajoute de l'inédit, 
quand il y a lieu, par exemple, deux fragments en l'honneur de 
Trajan trouvés à Gellygaer ; en tout cas, il a colligé la copie de la 
plupart des inscriptions qu'il mentionne. 

M. Haverfield nous montre ainsi le pavs de Galles très fortement 
occupé par les troupes romaines. De l'armée de Bretagne il distrait 
deux légions, la XX e et la IF Augusta, cantonnées dans deux grands 
camps légionnaires: celui de l'a XX e légion à Deva (Chester), celui 
de la II e Augusta à Isca Silurum (Caerleon), l'un au Nord, l'autre 



Périodiques. 401 

au Sud. M. Haverfield les laisse Je coté. Entre les deux et jusqu'à 
la cote orientale s'échelonnent 17 camps d'auxilia, au passage 
de rivières, commandant des vallées et gardant par les hautes val- 
lées les massifs montagneux. Ce sont des camps du type usuel, car- 
rés, avec leur habituelle disposition intérieure, leurs bourgs de catlà- 
bàe à l'extérieur. Les constructions intérieures ont été laites en 
maçonnerie; des parements de maçonnerie ont renforcé les rem- 
parts de terre; quelques tours dominaient les plus récents. De ces 
constructions, il n'y a de restes un peu considérables qu'à Caersws, 
Penydarren, Gellvgaer et Cardiff. M. Haverfield ne cite qu'un 
seul poste de moindre importance et de plan irrégulier, celui de 
Cumbrwyn, à l'extrémité sud-ouest, qui pouvait être occupé par un 
petit détachement de cavalerie destiné à surveiller la côte. Celui-ci 
était un poste de garde ; les autres étaient des cantonnements, can- 
tonnements fortifiés et non pas forteresses. Il n'y a pas à signaler, 
en dehors des camps légionnaires un seul camp de plus d'une 
cohorte ou d'une aile auxiliaire, comme Tétait Newstead sur la 
Tweed et comme les Romains en ont établi sur plus d'un point 
pour consolider l'extrémité d'une ligne de défense. Carnarvon, en 
face d'Anglesev, était un simple camp de cohorte. C'est qu'il n'y 
avait pas ici de ligne de défense, ni contre les indigènes du pavs 
de Galles, ni contre les insulaires irlandais. Tacite témoigne que 
ceux-ci ne donnaient aucune préoccupation (Agricola, 25); ceux-là 
n'étaient pas cantonnés dans une réserve. Les cantonnements du 
pavs de Galles n'étaient pas des cantonnements frontières, mais des 
cantonnements d'occupation. 

Sont-ils tous contemporains ? L'étude archéologique des castella 
gallois retrace-t-elle les étapes de la conquête ? Il y en eut plusieurs. 

M. Haverfield ne fait qu'une brève allusion aux travaux d'ap- 
proche de la XIV e légion qui, pour un temps, fut cantonnée dans 
la haute vallée de la Severn. 

La plupart des camps sont postérieurs aux Flaviens, à partir de 
l'avènement desquels l'occupation se poursuivit méthodiquement. 
Il v en eut qui d'ailleurs ne furent occupés que pour une assez 
courte durée. Tels sont ceux de Pendarren et de Gellvgaer, fondés 
sous Trajan et abandonnés peu après. Il serait intéressant de retrou- 
ver les camps d'Ostorius Scapula, qui commença en 47 l'avancée 
méthodique et eut à lutter contre le fameux Caractacus. 

La poterie rouge sigillée trouvée dans les camps peut, à la rigueur, 
servir d'indice chronologique. Des vases de la fabrique gauloise de 
la Graufesenque, signés Methillus et Yitalis, ont été trouvés au 
Gaer, près de Brecon. Ce sont les plus anciens des vases datables 



Georges DOTTIN 

PROFESSEUR A L'UNIVERSITÉ DE RENNES 



Louis Eunius ou le purgatoire de Saint-Patrice, mystère breton en 
deux journées, publié avec introduction, traduction et notc^. 1910. Fort 
vol. in-8, 500 p 10 fr. » 



En préparation : 

MANUEL 



POUR SERVIR A 



L'ETUDE DE L'ANTIQUITE CELTIQUE 

NOUVELLE ÉDITION REVUE ET CORRIGÉE 
1912. In- 1 2 5 If. » 



Sous presse : 

MANUEL 

DE 

L'IRLANDAIS MOYEN 
1° GRAMMAIRE 

In- 12 5 fr. Environ. 



La Vision de Tondale (Tnudgal), textes français, anglo-normand et 
irlandais publiés pour la première fois, par V . H. Frielel et Kuno 
Meyer . 1907, in-8 7 fr. 50 

Ce livre petit être considéré comme la Descente aux enfers d'un Dante breton. 



CONTRIBUTIONS A L'ÉTUDE 

DES 

ROMANS DE LA TABLE RONDE 

(Suite ) 



VII 

FRAGMENT D'UN POEME SUR TRISTAN' 
DANS LE LIVRE NOIR DE CARMARTHEN 

Il y aune dizaine d'années, j'avaissignalé à Gaston Paris l'exis- 
tence de ce poème. Je iui avais exposé les raisons qui permettaient 
de le rapporter au roman de Tristan. Le sens de ce poème, évi- 
demment fragmenté, avait totalement échappé aux critiques. Il 
m'avait engagé à l'étudier à fond et à en donner une traduction. 
D'autres travaux m'en détournèrent. Si la valeur de ce fragment 
de 22 vers : a été méconnue, cela tient à sa réelle obscurité et 
aussi à ce que le nom de Tristan y apparaît sous une tonne 
difficilement reconnaissable, Di ris tau. La quantité indique 
Dristan, forme excellente de ce nom : i = y moyen-gallois 
(o bref) : i a encore souvent cette valeur au xn e siècle. Quant à 
l'apparition d'une voyelle irrationnelle entre d et r dans dr 
initiale, ce n'est pas rare dans les textes du xii-xm e siècle, en 
particulier dans le plus ancien des manuscrits des Lois de 
Gwynedd. 

Skene n'y a rien compris. Dans la note au poème de la page 

i. Skene. Four une. Books of IVales, II, 55-56. Gweuogfryn Evans The 
Black book of Carmarthen, Pwllheli 1906, p. 100-ioi . — Du même : Fac- 
similé of the Black book of C. 50 verso 51 r°. 

Revue Celtique, XXXIII. 27 



404 /. Loth. 

352 (tome II), il déclare que c'est le plus confus du tous les 
poèmes du Livre Noir et qu'il est pour lui inintelligible. Sa 
traduction (tome I, p. 325) en fait foi. Silvan Evans (même 
note) écrit qu'il s'agit de Mechyd, fils de Llywarch Hen : Il 
transforme fechid (qui est un verbe) en mechyd . 

Dans son édition du Black Book , p. 138, note à la page 100 
v. 6, Gwenogfrvn Evans à propos de Fechid Diristan r àit : « Le 
prof. J. M. J. {Jones Moi ris Joncs) pense que nous avons ici 
vraisemblablement affaire à un nom composé : Fechid Diris- 
tan. Mais p. 160 (Additional notes), l'auteur s'est ravisé '.fechid 
serait un verbe 3 me pers. sing. prés. ind. ; le sens suggère nu 
nyth ervyll, ce qui n'explique pas, dit-il, la bévue im djod. Puis 
viennent ces lignes qui auraient gagné à être plus explicites : 
The third Une conirasts favorably the réception given lo the snbject 
of the poem by the ha ni witb that by Tristan. 

Le manuscrit du Livre Noir est de la fin du XII e siècle ou du 
commencement du xnr siècle; à part les vers de la fin des 
Englynion y bedeu {Fac-similé, p. 35 recto depuis y beddeu jus- 
qu'au bas de la page), manifestement plus récents, le manuscrit 
peut être considéré comme de la même main ou tout au moins 
de la même époque d'après de bons juges '. 

D'après la métrique, pour des raisons que j'ai indiquées dans 
ma Métrique galloise (tome I. i re partie, p. 350), le poème est 
au plus tard delà première moitié du xn e siècle 2 . 

Le poème est composé de deux fragments d'un mètre et 
d'une structure différents. Le premier se compose de trois 
strophes, deux de six vers ayant la même rime ', une troi- 
sième de quatre vers : il me paraît fort probable que deux vers 
manquent. 

Le deuxième fragment se compose de six vers formant deux 
tercets. Les vers du premier fragment sont de 9 syllabes, ceux 

1. C'est L'opinion de M. Omont ; les différences tiennent à des diffé- 
rences de calante, et à une plus ou moins grande rapidité dans l'écriture. 

2. Je songeais, au moment ou j'ai publié ma Métrique, à étudier de plus 
près ce poème dont j'avais déjà découvert le sens général. 

3 . On serait tenté de supposer dans le I er vers de la i re strophe une asso- 
nance entre tnor et le mot rlual du 2 me vers camhur, mais c'est improbable 
et inutile (v. J. Loth, Métrique galloise, II, impartie, p. 161-162). 



Romans di la Table Roule. 405 

du second de 7. Le dernier vers en compterait 9, mais elles 
peuvent être réduites à 7. 

Les deux fragments se rapportent aux mêmes personnages, 
mais ils ont trait à des époques différentes de la légende. 
Il est évident que ces morceaux poétiques devaient être accom- 
pagnés chez les conteurs gallois de récits ou commentaires en 
prose, comme chez les Irlandais. Ces récits, malheureusement, 
ne nous sont point parvenus. Aussi l'interprétation de ce genre 
de poèmes est-elle laborieuse ; les dialogues lvriques des 
poèmes XXXIII, XXXV, XXXI, le poème XXII, si impor- 
tants pour les traditions galloises, seraient d'un intérêt capital 
s'ils étaient accompagnés d'un simple récit explicatif en prose. 

Les deux fragments ont été évidement juxtaposés : il 
manque un chaînon intermédiaire. Le premier est clairement 
incomplet; aussi, est-ce un essai de traduction et d'interpréta- 
tion que je propose. 

Je donne Le texte d'après le fac-similé, en séparantles strophes, 
avec une ponctuation qui est de moi. La traduction suit 
avec un commentaire lexicographique sommaire. Puis vient 
une tentative d'interprétation au point de vue de la légende 
de Tristan. 

Kvd karwiv (e) morva, cassaav ' (e) mor, 
Pyr toei wanec carrée camhur 
Glev. diwal, hygar, hael, huvscur, 
Yscinvaen beirt bit, butic clvdur. 
Goruc clôt heilin benffic awirtul 2 : 
Hid braut parahaud y ertiwul 

Kvd karhuiw (e) morva casaav (e) ton : 
Digones ton treis oer cleis y ron; 
E\v kuynhiw (i)nv wuiw in hervit hon; 
Gweith heinyw golchiw ar winvy wron ; 
Kid y lleinu keudaud nis beirv calon, 
Ac yn lluru kyheic kimod yron ; 



1. Skene avait donne cassau : le fac-similé donne cassaav qui se trouve 
d'ailleurs au I er vers de la strophe 2. 

2. awirtul : i est irrationnel. 



40e ./. Lot h. 



Yssim edivar oe ncgesseu ; 
Ban wrissuis pebrur pell y agheu 
Glev diwal kyweithit (yd)vuam in dev 
Menic it arwet duwir dalenneu 



Deuxième fragment. 

Fechid Diristan othiwod ', 

Nu nvth ervill im ch..od ■ ; 

O'm parth guertheiss(e) March irod. 

Dial Kyheic am oet blis 

Am v kvwreu y melis : 

Och, corr, dv sorr(de) (ymi) bu ewnis. 

Premier fragment . 

« Quoique j'aime le rivage, je hais la mer, depuis que j'ai vu 
la vague couvrir le rocher du champion, lui le vaillant, actif, 
aimable, généreux, prêt à l'attaque; lui, le perron des bardes du 
monde et leur profitable abri. Il a fait, l'échanson de la gloire, 
un emprunt bien triste : jusqu'au jour du jugement durera 
sa folie. 

« Quoique j'aime le rivage de la mer, je hais la vague : elle 
a usé de violence, la vague, froide est sa meurtrissure. Je me 
lamenterai, tant que je serai près d'elle. Je laverai (cette tache) 
avec allégresse sur mon sein. Si l'estomac est rempli, le cœur 
n'y est pour rien. Kyheic, faisons un accord. 

« J'ai du regret à la suite de ses messages, depuis que le beau 
guerrier s'est hâté au loin vers la mort. Nous avons été tous 
les deux de vaillants collaborateurs là où l'eau entraîne les 
feuilles. » 



i. Pour o'th à yvod (Métrique galloise, i re partie, p. 9). 
2. Après im on peut hésiter, mais il me semble certain qu'il y a ch ; 
pour ch, cf. au vers précédent, le ch de fechid. 



Romans de ht Table ronde 407 

Deuxième fragment 

« Drystan gronde de fureur à la pensée de ta venue; il ne te 
recevra pas dans.... Pour moi, de mon côté, j'ai vendu March 
pour toi ; je voulais me venger deKyheic à cause de ses paroles 
si douces. Hélas, nain, que ta colère m'a été funeste. » 

Strophe i, vers 2 :pyr toei : pyr signifie : depuis que, et aussi 
parce que, et toei semble indiquer une action répétée: sur pyr, 
sa construction et son sens, voir J. Loth : Questions de gram- 
maire et de linguistique brittonique, 1, p. 107; Rev. Celt. 
t. XXXI, p. 27. 

Vers 3 : D'après l'orthographe du Livre Noir, diwal doit 
représenter le dyfal actuel (cf. L. Xoir, 34, 15 et plus bas, 
strophe 3, vers 3.). Il y a un autre mot, actuellement dywal, 
qui a le sens de cruel (Myv. Arch. 163.). 

huyscur au sens propre, parait signifier au trait (javelot, 
pique) hardi: pour yscwr, cf. (L. Rouge, F. a B., II, 219, 18.): 

Neu'm gwant ysgwrr g\vrr dy got. 

Mais il a pris un sens métaphorique (Myv. Arch. 231-2 ; 
146, 2 ; 150, 1 ; il est dit d'un aigle: eryr huyscur.) 

Vers 4 : yscinvaen, mot à mot, montoir de pierre (pierre 
pour monter). Le mot est employé métaphoriquement (cf. 
Myv. Arch. 13) : 

Xvth orseif esgar esgynvaen mawr vro. 

« Il ne peut t'arrèter, l'ennemi, toi le grand perron du pays. » 

Beirt bit, les bardes du monde : bit est souvent ajouté ainsi 

pour donner une idée d'ampleur. Clxdur, abri confortable, 

au sens métaphorique, est resté en usage. Dafydd ab Gwi- 

lym dit d'Ifor Hael : (17). 

Harddenaid beirdd a'u clydwr 

« âme aimable des bardes et leur abri ». 

Vers 5 : awirtul =■ afrddwl actuel. J'ai identifié ce mot avec 
l'irlandais abardall et donné son étymologie (Arcbiv f. Celt. 
Lexk. I, p. 397). 



jo8 /. Loth. 

Vers. 6 : ertiwul ne se trouve nulle part ailleurs; ce serait, 
je crois, actuellement erddyfwl. J'ai supposé folie, passion folle, 

en pensant à l'irlandais actuel />«//<■ folie, désespoir (Dinneen, 
//'. £»g7. Dict.) ; c'est une hypothèse bien séduisante. Faut-il 
lire érwitul (er-fyâwlï). Le mot ne se trouve pas. 

Strophe 2, vers 2 : treis a bien un sens de violence, mais 
surtout exprime un acte d'enlèvement, de rapt fait avec violence. 
Ce sens est précisé dans les Àncient Laws I, 254; cf. 424; II, 
232; cf. Iolo Goch, id, p. 161). 

— : y ron : ron paraît employé ici métaphoriquement ; il 
a le sens propre de lance (Mvv. Arch. 278. 2 : GrufTyd 
rud ron); de même giuayzu plus employé dans ce sens. 

Yron du vers 6 à un sens tout différent. Ron, dans l'expres- 
sion pei ron a le sens de quand même, même s'il était possible 
{Sélections front Heng. mss. S 1 Greal, p. 26. p. 5.) Ron a peut- 
être ici ce sens, ou un sens approchant. 

Vers 3 : Pour eir. v. J. Loth, Remarques et Add. à ïlntroduc- 
tion de Strachan, p. 62; Rev. Celt. t. XXXI, p. 321. 

Pour le sens de buiw, on peut hésiter et traduire : je me 
lamenterai, tant que j'existerai, à cause d'elle (la vague). 

C. Myv. Arch. 243. 1 : 

Tra y bwyf, y bo dy ganmawl 
Bard fyddaf y Dduw, tra fwyf ddyn. 

Herwid a le plus souvent, en prose, le sens de suivant, 
selon, mais le sens que je lui donne ou un sens approchant 
n'est pas rare. Herwydd Duw traduit apud Deum dans Dafydd 
Hiraddug. {Myv. Arch. 369. 1); yn herwyt calan, en ce qui 
concerne les étrennes {Myv. Arch. 211. 1). En comique, 
herwyth a le sens de au pouvoir de, en compagnie de. On pour- 
rait d'ailleurs, dans notre passage, traduire : à cause d'elle. 
C'est la vague qui est visée, car treis et cleis sont mascu- 
lins. 

Vers 4 : heinyf est traduit par vif, allègre, et aussi dans les 
dictionnaires modernes, comme celui de Walter, par luxu- 
riant, en parlant de la terre (Walters,£";/o-/. IVelshDict. -.végété). 

On ne voit pas bien à quoi se rapporte exactement goU 



Romans de la Table ronde. 409 

chlw. Dans un passage de Cynddelw (M\v. Arch. tél. 1), 
goîchi a le sens du français laver un outrage dans le sang : 

Golchynl eu deurut dewr weissyon : 

« Ils lavaient leurs joues, ces vaillants jeunes gens en sor- 
tant du combat. » 

Le visage (les deux joues aussi) est synonyme d'honneur. 

Vers 5 : Keudawd a le sens primitif d'estomac (il vient du 
latin cavitatem) et de pensée : c'est le sens qu'il a en breton. 
Il semble qu'il s'agisse ici d'un acte lucratif, avantageux, mais 
que le cœur n'a pas inspiré. Berwi, bouillir, est souvent 
employé métaphoriquement, par exemple en parlant de la 
trahison : Myv. Arch. 249. ny verwynt vrad (id. L. Rouge, 
258. 5.6: berwyt bryt brai). 

Vers 6 : Ikurw (irl. Iqrg) signifie proprement trace, sentier, 
mais il est plus souvent employé au sens métaphorique : 
llwrw, en ce que, du moment que, en ce qui concerne, eu fait de. 
Il apparaît aussi dans des idiotismes comme yn llwrw y tenu, 
la tête la première. Son sens primitif est encore très net dans 
certains passages : sur la trace, sur le sentier, à la poursuite de 
(L. Aneurin, 104. 1 ; Myv. Arch. 159. 2, ar llwrw camawn : 
« sur la piste (le sentier) de guerre ».) Il est possible que dans 
notre passage, il faille traduire : à la poursuite de. 

Kyheic, d'après le vers du deuxième fragment est manifes- 
tement un nom propre. 

yron : il y a des exemples de suffixes de la première per- 
sonne du pronom avec, préposition en -n (J. Loth, Remarques 
et additions, p. 66); Rev. Celt. t. XXXI, p. 325. 

Strophe 3, vers 1 : yssini edivar . mot à mot, est repentir à 
moi. 

Peut-être y a-t-il un vers disparu entre le premier et le 
second. Ban pour pan a le sens propre de quand; je l'ai tra- 
duit à cause du sens, par depuis que : or pan est employé dans 
ce sens. Ce vers paraît expliquer edivar. 

Vers 2 : pell y agheu pourrait signifier : celui dont la mort est 
connue au loin, ou encore, qui répand la mort au loin. Ces 
deux sens seraient faciles à justifier par des exemples; mais le' 
verbe vryssivys a évidemment un objet qui ne peut être que 



4io /. Loth. 

agheu. Pebrur se trouve sous la forme décomposée pebir gur 
(p. 54, vers 15). 

Vers 3 : ■;•//#/// ne compte que pour une syllabe ; de même 
pour biiost (L. Noir, p. 48, vers 3_|). 

Vers 4 : mente. On aurait pu songer à corriger en my- 
nych 1 , mais menic existe; c'est un dérivé de men : men, myn, 
vannetais men, où : Gwalchmai, Mxv. Arch. 149. 1 : 
Dyfryded vonhed j'en nie yd wyt (là où tu es); 

cf. the Book of Llandav, p. 120 : y pop mynnic yd voy, partout 
où ce pourra è re; ibid. y pop mynnic ar tir Telian. 

Dalenneu : dalen peut indiquer un feuillet de livre, une 
feuille d'or (dalen eur). Silvans Evans lui donne même, non 
sans raison, le sens général de lamina . 

Deuxième par lie. 

Vers 1 : Fechid est très clairement la 3 e pers.dusg. ind. prés, 
d'nn mot rare dont le sens est précisé par le passage suivant des 
Sélections from Heng. ms. II, p. 125 : il s'agit d'un sanglier : 

Ac vgvt ac y gwvl, tnrxnffychein, ac agori y safyn etc. « et 
dès qu'il l'aperçut, il se mit à gronder (pur les naseaux), et à 
ouvrir sa gueule ». Cf. Myv. Arch. 228. 1 : Ef keif kerenhyd 
oe fyt fechyn v il obtiendra pardon pour sa foi ardente ». 
Trwynffychein signifierait donc, gronder en jetant une haleine 
enflammée par les naseaux. 

Diristan, d'après la mesure, doit être corrigé en Drisian : 
sur l'apparition d'une voyelle de résonnance entre d initial et 
r, v. J. Loth, Remarques et add., p. 17 ; Rev. Celt. t. XXXI, 
p. 145. 

Vers. 2 : Le sens paraît exiger ;;//. 

Vers 4 : Kywreu : pour le sens de paroles, cf. L. noir, 8. 
17; 13, 12; L. Tal. 121. 11 ; 15 1. 25 , 109. 227. Il a aussi le 
sens de chant (John Rhys, Revue Celt. II, 120, a rapproché 
cyfreu du v. gall. cobrouol, gl. verbialia.) Il y a un autre 
cyfreu, d'origine différente, signifiant joyau, ornement, et qui 
se retrouve dans le terme juridique ar-gxvrau, breton argou- 
rou, vannetais argouvreu. 

1. Dans ce cas, le sens serait : souvent fonde emporte les feuilles. Le sens, 
même en lui donnant une allure de proverbe, ne serait guère satisfaisant. 



Romani de la Table ronde. 411 

Vers 6 : avnis (moderne efnys); le sens de hostile, ennemi, 
est assuré par bon nombre de passages (L. noirci. 20; L. Tal. 
214. 6; Myv. Arch. 164. 1 : Rxs ruthyr efnys; 184. r vrî 
efnys: 200. 20, chwant Eva, efnys baivlS)l\ a le plus souvent 
le sens d'un adjectif, mais dans le passage suivant d'un poème 
du xv e siècle (Gorchestion beirdd Gvmru; Huan ab H. S. 
Swrdwal), il a le sens d'ennemi : ni //;roed ei gefyn ar efnys 
« il ne tourna jamais le dos à l'ennemi ». Il a pris le sens 
d'un substantif pluriel qu'il ne semble pas avoir eu d'abord 
(}' Cymmrodor, IX, p. 2^2; Ohi words glossed : efnys = gely- 
nyon). 

Dans l'état du texte, tel que je viens de le donner et d'en 
faire un commentaire lexicographique. toute interprétation 
d'ensemble ne peut être que des plus hasardeuses. 

Le personnage principal que l'on trouve dans les deux frag- 
ments est Kyheic. Au vers 6 de la strophe 2 du premier frag- 
ment, la personne qui parle propose un accord qui le vise. 
Dans le deuxième fragment, cet accord a eu des résultats 
funestes : Dristan 1 , c'est-à-dire Tristan gronde de fureur à la 
pensée de l'arrivée du partenaire de la personne qui parle, 
une femme certainement dans ce fragment. Son partenaire est 
un nain; il est appelé ainsi au dernier vers. Cette femme 
s'accuse, de son côté, d'avoir trahi (vendu) Marc (Mardi), 
pour le nain. Elle s'écrie en finissant que la colère du nain lui 
a été funeste. Le motif delà trahison, de l'accord avec le nain, 
elle nous le donne expressément au vers 4 du 2 me fragment : 
elle avait un ardent désir de se venger de Kxheic à cause de ses 
paroles si douces (douces comme le miel). Ce Kyheic me parait 
être en substance le Kehenis d'Eilhart d'Oberg. Kyheic a deux 
syllabes. Le nom a pu être écrit Keheic, Keheuc 2 : à cette 
époque eu, dans cette situation, se prononce comme ei; le 
cribe aura lu Kehenic. Il est fort possible que le scribe 

1. Prononcez Dràstan. avec bref avant la valeur de e muet français, 
par exemple, dans petit, dans l'article le. Au xn e siècle, ainsi qu'en vieux 
gallois, au lieu de y qui représente déjà ce son à la fin du XI e siècle, on a 
encore i oue. 

2. Prononcez Koheic (Kô-heyc) avec ô bref : voir page précédente la 
remarque au nom de Dristan. 



412 /. Loth. 

ait cru voir un signe d'abréviation sur e : Keheic. Ce nom 
propre paraît dans le Book of Llandav sous deux formes Cû£«c 
et Ceheic (p. 207, 212, 227) : Co/.v/V est plus ancien. Le 
Kehenis d'Eilhart qui répond à peu près au Kaherdin de- 
Thomas, est le frère, dans les romans français, d'Iseut l'Armo- 
ricaine. Passé en Cornwall avec Tristan, il obtient les faveurs 
de Brangvein 1 , la célèbre suivante et compagne d'Iseut : 
Brangwein se donne à lui. Trompée ensuite par de faux 
rapports, elle croît qu'elle a sacrifié son honneur à un lâche; 
elle en est tellement irritée qu'elle songe même à dénoncer 
Iseut et Tristan à Marc. Kehenis revenu en Armorique devient 
l'amant de la femme d'un seigneur qui est un nain. Le nain 
le surprend dans son château en compagnie de Tristan. 
Kehenis est tué, et Tristan mortellement blessé 2 . 

Les versions que nous possédons sont sûrement ioin de la 
légende originale. Le motif du ressentiment de Brangvein 
contre Kehenis a dû être plus sérieux qu'un faux rapport 
sur la fuite du héros. Dans notre poème, la femme qui paraît 
être Brangvein, a été trompée par les douces paroles de Kyheic. 
Elle aura appris les amours de Kyheic avec la femme du nain, 
ce qui explique à la fois la colère du nain et son propre 
désir de vengeance. Elle aura aidé le nain dans ses projets, et 
peut-être amené ainsi la mort de Kvheic, ce qui explique 
aussi la haine de Tristan. Ces scènes, suivant toute vraisem- 
blance, se passaient non en Armorique mais eu Corinuall.Le nain 
est connu de Tristan et de Marc. Il semble vouloir revenir à 
la cour. 

La personne qui parle dans le premier fragment, une 
femme, est-elle la même que l'amoureuse de Kyheic, et s'a- 
dresse-t-elle aussi (strophe 3) au nain? La collaboration 
qu'elle a eue avec son interlocuteur là où Veau entraîne les 
feuilles, est une claire allusion au fameux épisode où Tristan 
jette des branches ou copeaux dans un ruisseau qui les emporte 
à travers la chambre d'Iseut, l'avertissant ainsi de sa présence. 

1. Cf. Bédier, le Roman de Tristan, II, p. 271 et suiv. 

2. Il semble l'avoir trompée plutôt qu'il n'en a été amoureux. Dasn 
Thomas, Kaerdin qui est le même personnage est amoureux de Brangvein 
(Britigvain, Brangien). 



Romans de la Table ronde. 413 

L'expression galloise, indeu. nous deux, où deu est masculin, 
au lieu de/// duy (duy féminin), semble prouver qu'un des deux 
partenaires au moins est un homme. Mais le nain dans les 
poèmes français et leurs imitateurs, dans cet épisode, est le 
traitre. Aurait-il, au moins pendant cette période, favorisé les 
amours de Tristan et d'Iseut, dans la légende galloise? D'un 
autre coté, l'éloge du début parait bien viser Tristan. L'emprunt 
funeste, dont le effets se prolongeront jusqu'au jour du juge- 
ment, semble être le philtre d'amour, qui ne lui était pas des- 
tiné 1 . Il est difficile aussi de dire à quoi il est fait allusion a 
propos du flot qui couvre le rocher du champion ou guerrier 
(le Saut Tristan ?). La personne qui parle a quelque chose à se 
reprocher vis-à-vis de son interlocuteur et lui propose un 
accord visant Kyheic. En quoi consiste le différend ? Xous ne 
le savons pas davantage. L'éloge de Tristan, les regrets de son 
départ seraient mieux dans la bouche d'Iseut ; elle avait eu de 
grands torts vis-à-vis de Brangvein et devaitdésirerune recon- 
ciliation. Néanmoins, il semble bien que ce soit le même 
personnage qui parle dans les deux fragments et que le per- 
sonnage auquel elle s'adresse soit bien le nain. L'objet prin- 
cipal de leurs préoccupations, dans les deux fragments, est 
aussi Kvheic. On peut donc conclure que le rôle du nain y a 
été tout autre que celui du nain de nos poèmes français. Il 
est fort possible qu'après avoir été l'allié de Tristan et Iseut, 
le complice de Brangvein, il ait fait volte-face après avoir appris 
les amours de sa femme avec Kyheic, amours favorisées par 
Tristan, et qu'après une brouille passagère, il ait tait accord 
avec l'amante irritée. 

On ne peut que déplorer qu'un poème dont l'intérêt 
seraitcapital, nous soit parvenu dans un pareil état de mutila- 
tion. La métrique, la structure des strophes, la rime et l'alli- 
tération présentent des caractères tels, que je n'hésite pas à 
affirmer que ce poème ne peut être postérieur au milieu du 
xn e siècle. Intact, il aurait pu nous donner une version sincère 
de la légende de Tristan en gallois. 

1 . L'expression iebanson de la gloire dans le vers même où il est question 
de l'emprunt funeste, quand on connaît les procédés de la rhétorique bar- 
dique, n'est pas sans signification. Si mon interprétation était sûre, la perpé- 
tuité des effets du philtre aurait une grande importance. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 



CONTRIBUTIONS A L ETUDE DES ROMANS DE LA TABLE RONDE 



Rei: Celt., t. XXX: 
Page 275 : au lieu de Sumrner, lire Sumner. 

Rev. Celt., t. XXXII : 

Page 298, note 5 : au lieu de Windish, lire Windisch. 

— 407, 1. 21 : au lieu de est, lire eût. 

— 408, 1. 6 : au lieu de le Cirttsius, lire /// Cirusius. 

— 410,1. 24 : au lieu de âliyo-s, Ya&dl-yo-s. 

— 411, 1. 6 : au lieu de Dès, lire Les; 

— 418, 1. 12 : mettre un astérisque devant cx-caras ; 

ibid., 1. 16 : au lieu de au, lire eu. 

— 420, 1. 1 3 : au lieu de e bref, lire i bref : 

— 420, 1. 12 : après sont, ajouter les : 

— 431, 1. 3 : supprimez la virgule après la version. 

Rev. Celt.. t. XXXIII : 

Page 261,1. 29, on prononce Diiuelioek, dans le peuple, Dimel;ok (Dïmehack); 
avec très bref; pour un phénomène analogue, cf. Tregiffion en Saint- 
Just-in-Penwith, qui se prononce Tregijsôn (0 ou mieux 9). Il y a un 
autre Dimeliock. 

— 265, 1. 4, à propos du Carlvon de Kea, M. Henry Jenner me cite une 
hypothèse curieuse de Henry Mac Lauchlan dans un travail publié par 
The Royal Institution of Cornu-ail en 1847, et intitulé iYotes on the castles 
and Eartb-u-orks in Cornu-ail. Il émet l'hypothèse que ce Carlvon a été la 
résidence de Sir Tristram et cite, à ce sujet, deux strophes du Sir Tris- 
tram de Walter Scott. Le port de Falmouth qui est dans le voisinage 
serait le port d'où Sir Tristram serait parti pour faire ses voyages. 



Additions et corrections. 41 ) 

Page 270, ligne 25. Dans un voyage à Lantyan, j'ai pu constater que la pro- 
nonciation anglaise l'a emporté : on prononce Lantai-m : l'accent est 
sur v, c'est-à-dire à sa place régulière en comique. 

— 270-272 : Lancien. Dans un récent voyage, j'ai pu constater que Golant 
est le nom d'un village sur le bord de la rivière de Fowey. L'église 
paroissiale de Saint-Sampson en est à un kilomètre environ, dans une 
situation abrupte, dominant la rivière. Lancien (Lantyan) n'est plus 
qu'une ferme à deux ou trois kil. de l'église. J'ai tenu à me rendre 
compte de sa situation. Lancien est au fond d'un vallon étroit, resserré 
entre deux collines. Un ruisseau descendant de la hauteur, serpente entre 
les collines et passe à travers la ferme et des dépendances. J'ai pensé 
tout de suite au ruisseau qui passait à travers les chambres royales et ou 
Tristan jetait des copeaux pour avertir Iseut de sa présence. Des hauteurs 
avoisinantes, en se rapprochant de Saint-Sampson's, on aperçoit la mer 
dans la direction de Tyrwardreath. 

— 274. C'est au Rév. Taylor que je dois l'indication de Looe Island. 

— 275 -276. Il y a aussi un Tristram's Jump ou saut Tristan à Tintagel, mais 
c'est une invention de littérateurs. 

— 277. Il y a un autre Slalpas prononcé et écrit Mopespiès de S 1 Michael's 
Mount, entre les rochers et la côte : sur les canes il apparait sous le nom 
de Mount-mopes. 

— 279. Dans le roman de Béroul (vers 4010-401 1). il est dit que Tris- 
tan et Gouvernai qui sont sur la rive droite, c'est-à-dire sur la rive oppo- 
sée à Mal Pas : 

Par .1. vert pré, entre .ii. vans, 
Soldent sus en la Blanche Lande. 

Nunsavalien (Blanche Lande; est, en effet, à peu près au sommet d'une 
colline assez élevée qu'on aperçoit d'auprès du Mal Pas, à une faible dis- 
tance de la rivière. En y allant, en partant d'une crique, formée par la 
rivière, presque en face de Malpas, on passe entre deux vans. 

Le nom de la crique vaseuse en face la pointe de Malpas m'avait 
échappé. Il est d'une grande importance : Lamb Creek, tout auprès, 
Lamb wood. Lamb est, suivant toute vraisemblance, le comique lamtn, corn, 
mod. labm, qui, comme en breton, a le sens de saut, et aussi de chute. 
C'est un souvenir de la chute voulue de Tristan sur Iseut. 

Quant au nom de Blanche Lande, il paraît dû a l'aspect même des 
terres du manor. M. Henrv Jenner me fait part d'une communication du 
Rév. D. G. Whitley, vicar de Baldhu, paroisse ecclésiastique formée 
d'une partie de Kea et de Kenwyn. Il en résulte que le manor de Blanch- 
land s'étendait dans sa paroisse et que la partie non cultivée est pour une 
bonne part parsemée de pierres de quartz blanc. Le Rév. Whitley pense 
qu'une grande partie de la zone actuellement cultivée a été enclose à une 
époque assez récente et qu'une bonne partie du manor était littéralement 
une IVhite-land. 

Me fondant sur l'analogie de Ty Gwynn en Carmarthenshire devenu 
Alha Doinus, Alba Landa et Whiteland, j'avais supposé que Blanche Lande 



4 1 6 .-Militions et corfeclionS. 

devait être une traduction du comique. Ce qui n'était qu'une supposition 
devient une réalité. La veille d'un pèlerinage que j'ai eu le plaisir de faire 
au Mal Pas et à Blanche Lande, le 25 juillet dernier, en compagnie de 
M. et M me Jenner, et du Rév. Tavlor. j'avais fait part à mes amis de mon 
hvpothése. Le Rév. Tavlor se rappela qu'il connaissait une famille de 
Chygwinne (maison Blanche") habitant Kea. c'est-à-dire, la paroisse ou se 
trouve la Blanche Lande. M. Henrv Jenner. étudiant la topographie de la 
paroisse, au point de vue de notre voyage, le lendemain matin, décou- 
vrait, en effet, un lieu-dit Chy-gwynne, à peu de distance de Nansavallan. 
Le Rév. Tavlor a fait depuis des recherches pour savoir si Chygwinne, 
appelé aussi Chy-wine, faisait partie du manor de Blanche Lande. Ses 
recherches n'ont abouti qu'à un résultat, c'est qu'à l'époque où le pro- 
priétaire actuel a acheté Chywine et une autre propriété appelée aussi 
Cheween, ces terres étaient indépendantes de tout manor. La graphie 
Cheu i ine me paraît inexacte. M. Henrv Jenner en consultant les 

County maps (carte de 6 pouces à un Slatute mile de 1908) a constaté 
l'existence de deux maisons en Kea : Chegwyxe et Chirgwiw Je suis 
pleinement de son avis: Chir-gwin est pour Tir-gwynn, terre blanche, et 
Chegwynne signifie maison Blanche. L n trait du comique, c'est de trans- 
former un / initial suivi d'une palatale, dans certains termes, en t's : ty 
est devenu Chy (t'si). 

Il est très possible qu'à une époque ancienne, la demeure de Ty- 
ou de Tir-gwynn ait été transportée à Nansavallan. Tir-gwynn est natu- 
rellement devenu White-lanà pour les Anglais et Blanche-lande pour les 
Français. Ty-gwynn devait désigner la demeure, et Tir-gwynn, tout le 
manor. 
Page 281, 1. 17. Il existe, en Irlande, au moins un lieu du nom de muirresc. 
Il est dans le comté de Sligo et mentionné dans les Annales of Ulster 
(603, 707, 735, 758) : bellum im Muiruisc (tome I, 603"). 

— 284, dernière ligne. Aujourd'hui encore on n'appelle guère le Mont 
Saint-Michel que le Mont (The mount). 

— 288. Il est important de remarquer que sous le nom de Wealas, les 
Anglo-Saxons comprenaient les habitants du Cornwall aussi bien que 
ceux de Galles. Suth-wealas a très bien pu désigner le Cornwall. Il a pu 
v avoir, de ce fait, confusion, chez les auteurs français, entre le pays de 
Galles et le Cornwall. 

— 293, ligne troisième avant la fin, au lieu de ù long brittonique,lire il long 
vieux-comique. 

— 296. 1. 1 : au lieu de Rodait, lire Rmlalt. 

— 297, 1. 15 : au lieu de Conobelinus, lire Cunohelinus : 

ibid., 1. 19 : dialectalement, d'après le Voc. comique, l'assimilation de 
i' en i sous l'influence d'un i suivant, parait avoir eu lieu. 

— 304, note 2 : au lieu de VI, lire VII. 

— 310, N. B. La carte est celle de Kelly. 



2/ 

Htib uupcù; uïïlilr tutufia rimnann v.pul.n 

Chituu; duliirfioîi fuîi>i cidiTT cltsn^MP 1 *^^ * 
quant» in fptfaïica-mmiuî tfanitxufq-.Tiû^a 

j^fJto'Uiptf mji&ur qimtJttinœ^iMp ' 
dngLitaPâttp aiiiTiiirpbrcVnmaailrt .noftnif 
aiiur^onarîaie^ miiir n^a t*|mtf futUic- 

fteaiimr.scï coriiurtcxosps çocop* 

qïïœ ricïiais sdcwc .ïKvau8unauoe$)i£» 

S&np ire unœ manoir ctf aras pwrntx: pn u " I 
quoei sipipa^xiiupUceD qdq^a^ucnpiœr,TJ 
h a« èjio itv WclUf? txinc spnoiic habxi u" &aii rn; 

^aieWgcwi^a»" *\*oi*à idetw». *«t-yi>«Af m. «'.,'. 

CttiTuui>itXHv*.qajTui(Xt3axiicr. mx*xim 
^faiivi^r^çus Ttft i> >poueœ cietospsusVaxi tac 
Connu i o »fcr£a u moisus p txra tnxr pfuî îôi • 
txuucccuu'fsftiïîutTusîi'i qxppt«c-piiaie 
uiscuufevpusïs tiaxxms çfq uavawiWTKiiUfi 
d«r>tt*8:ppmfi quinimrnJmcKcpaiittxai 

titurciixUJ ooriu ^uxxli&snmiftunr.i'tv 
«xj-, fio r mnts inciicrdï rintaHe r»mn* A • 



; 



Fac-similé du ms. d'Orléans 502 (255;, page 21. 



GLOSES BRETONNES 
INÉDITES DU IX SIÈCLE 



Il v a un peu plus cTùri mois, le professeur \Y. M. Lindsay, 
de l'Université de saint-rvndrews (Ecosse), m'informait qu'il 
avait découvert trois gloses bretonnes dans un manuscrit de 
Sedulius, du ix e siècle, suivant le catalogue de la bibliothèque 
qui le possède, la bibliothèque d'Orléans : cote 302 (255). Il 
ajoutait qu'il pouvait y en avoir d'autres mais que le temps lui 
avait manqué pour s'en assurer. Je fis venir ce manuscrit aux 
Archives départementales de Rennes, afin de pouvoir l'étudier 
à loisir. Des trois gloses que me signalait le Prol. Lindsay, 
deux sont bretonnes (peiiberthoii, /or) ; Ion, de la page 25, ligne 
5, glosant diu doit être lu longo ou longnm. Il y a sur et 
atteignant /; un trait horizontal lôn, et 11 est suivi d'une vir- 
gule; d'après les habitudes du scribe, c'est un mot commencé; 
il y a, à la même page, au-dessus de necis : mor, c'est-à-dire 
tnortis. J'ai découvert sept autres gloses bretonnes, ce qui lait, 
en tout, neuf. C'est peu, mais la qualité rachète la quantité ; 
cinq nous donnent des mots qui étaient jusqu'ici inconnus en 
breton ; quatre ne sont pas représentés en gallois. Il y en a 
quatre également qui, à ma connaissauce, manquent au voca- 
bulaire irlandais. Les celtistes ne peuvent qu'être reconnais- 
sants au Prof. Lindsay de sa perspicacité. 

Voici ce que donne au sujet de ce manuscrit le Catalogue de 
la bibliothèque d'Orléans ' : 

P. 150 : 302 (235) : ouvrages de Sedulius et de Bède. 
Page 1 : Hoc opus ScduJii inter cartas .... presque effacé 2 

1. Catalogue général des »iss. des bibl. publiques de France. XII. Orléans. 

2. Cf. Patrol. lat., tome XIX, p. 486. 2 et suiv. 



4î8 /. toi). 



Page 2 : « Incipit apologeticus prologus Sedulii rhetorîs. 
Domino meo sancto ac beatissimo patri Macedonio presbytero Sedu- 

luts in Chrislo salutem ' quia pascha nostrum immolatus 

est Chnstus 

Page 9. [Opus paschale Seduliij 

Paschaks quicumque daper conviva rcquïrls 2 

Portantes nostros, Chris ta veniente, maniplos 5 . 
Page 24. << Incipit liber 1^ novi testamenti 4 . » 
Expulerat primogenitum sœvissimus anguis > 

sufficeret densos per tanta volumina libros 6 
Finit. Amen. Deo gratias ago 
Page 82. « Incipiunt versus Sedulii de Christo » 

Cantemus, socii, Domino, cantemus honorem '■ 

Duin cessant plage, perfide cœde péris 8 

La seconde partie, qui est du xi e siècle, contient TArs 
metrica de Bède, et à partir de la page 151, un ouvrage de 
Sedulius, le même qu'au début. 

Le manuscrit paraît incomplet; le poème (Elegia de Christo) 
s'arrête au 25 e vers; entier, il en compterait 110 {Pair, lai., 
XIX, p. 762), mais on en retrouve la suite plus haut p. 23. 
Le Carmen paschale reprend deux pages plus loin. Sur l'auteur 
Cœlius Sedulius, voir Patrol. lai. tome XIX, Prolegom., p. 
435 et suiv. 

1. Patrol. Ut., XIX, p. 534. 

2. Ibid., p. 550. La note opus pascha le Sedulii n'existe pas dans le ras. 

3. Ibid., p. 559 : fin du Livre premier. 

4. Ibid., p. 594. Le ms. porte : Incipit liber primus novi testamenti. 

5. Patr. ht., XIX, p. 594. 

6. C'est la fin du Livre V (Patrol., p. 753). 

7. Patrol., p. 754 (en tête: Cœlii Sedulii Elegià). 

8. Dans le manuscrit, il y a au lieu de caede, corde avec un r engagé 
dans et ressemblant à e incomplet. Ce n'est pas le dernier vers du ms. Il 
y a un vers suivant, final : 

agnus ab hoste sacer reduxit sanguine 
Le dernier mot patres manque {Patrol., p. 75 5, col. 1, vers 25. 



Gloses bretonnes inédiles du IX' siècle. 419 

Le manuscrit est donné comme étant du ix e siècle. Un 
manuscrit de Sédulius figure, en effet, parmi les mss. de ce 
siècle portés au catalogue manuscrit de l'abbaye de Fleury ou 
Saint-Benoit-sur-Loire conservé aujourd'hui à la bibliothèque 
de Berne ', sous la cote 3. L'écriture du ms., sorte de demi- 
onciale, est du type anglo-saxon. Les caractères rappellent de 
très près ceux d'un ms. du vm e siècle, de ce type, auquel 
M. Léopold Deii^le a consacré une notice dans son Catalogue 
des manuscrits des fonds Libri et Barrois, p. 7, fac-similé, pi. VI, 
n° 1. M. Prou en a reproduit cinq lignes aux pages 40-41 de son 
Manuel de Paléographie. Il y a traces cependant dans notre 
manuscrit de l'influence continentale et le scribe fait preuve 
d'un certain éclectisme : il y a deux r, l'un identique à celui du 
ms. du vm e siècle que je viens de citer, et se contondant facile- 
ment avec n ; l'autre du type continental ; on peut en dire 
autant des; n est parfois un peu plus arrondi par le haut. Il 
en est de même pour les signes abréviatifs : p. 8, ligne 3, ligne 
6, on a l'abréviation irlandaise ou anglo-saxonne de per (/>") ; 
au contraire, p. 1 1, 1. 4; p. 21, 1. 15 et 23, j'ai relevé l'abré- 
viation ordinaire (p). L'écriture du glossateur ne diffère pas de 
celle du manuscrit. Ce manuscrit a dû être écrit en Bretagne, 
et a émigré comme beaucoup d'autres, en France et ailleurs, 
lors des grandes invasions Scandinaves de la fin du ix e siècle. 
Il n'y a pas à s'étonner de trouver un pareil type d'écriture 
dans un manuscrit breton. Le fragment de Leyde, qui est du 
ix e siècle, contient un ms. de botanologie médicale ; plus de 
cinquante mots bretons font partie intégrante du texte. Le 
scribe, à en juger par le nom du gui (isœl-barr) qui n'existe 
qu'en haut-vannetais, était probablement du Bro-weroc ou van- 
netais- breton. Or, M. Whitley Stokes, qui a publié ces mots, 
nous dit que le ms. est en caractères nettement irlandais. 
Lems. 193 d'Orléans qui a donné de 200 à 300 gloses bre- 
tonnes et qui est de la fin du ix e ou du commencement 
du X e siècle, présente encore des traits insulaires, comme 

1. Catalogue des mss. d'Orléans, p. m. Les deux catalogues ms. des 
ouvrages du X e et du xi e siècle ont été publiés par Hagen dans les Jahrbùcber 
fur CLissiscbe Philologie de Fleckeisen, 1869, p. 510. 

Bévue Celtique, XXXIII. 28 



i-:o /. Lotb. 

caractères et abréviations, notamment les abréviations de 
per et d'enim. Le ms. 1616 (Nouvelles acqu.^) provenant 
de Fleury, ms. du ix e siècle, et contenant des gloses bre- 
tonnes présente, dit M. Léopold Delisle, le type hiberno- 
saxon '. Les caractères des inscriptions funéraires chrétiennes 
sur cippes ou menhirs du VIII e au x e siècle, sont à peu près les 
mêmes que ceux des inscriptions de la même époque en Galles. 
Il me paraît probable que le type d'écriture insulaire était 
encore courant en Bretagne, au moins dans la zone bretonnante 
pendant la plus grande partie du ix'' .siècle. L'écriture, comme 
les mœurs, a dû se modifier sous l'influence française qui 
devint de plus en plus active après la conquête des pays de 
langue française de la péninsule au milieu du ix c siècle et l'ex- 
tension de la domination ou de la suprématie bretonne sur le 
Cotentin, une bonne partie du Maine et de l'Anjou 2 . 

La lecture du ms. et surtout des gloses n'es: pas sans diffi- 
culté. M. Teulié, conservateur de la Bibliothèque universitaire 
de Rennes et chargé d'un cours de bibliographie et paléogra- 
phie à la Faculté des Lettres, a bien voulu me prêter le secours 
de son expérience : je lui dois plus d'une indication utile. Une 
seule glose dont la celticité n'est pas assurée, a résisté à ses 
efforts et aux miens. Elle est au-dessus de situ {consomption, 
d'après le contexte). Le mot semble commencer par s t, et 
encore peut-on hésiter entre setf; il parait se terminer par 
-cou, mais ce n'est pas sûr. Le signe entre t et c n'est pas lisible. 

Au haut de la page 3 on lit ces deux mots d'une main difié- 
rente de celle du scribe et du glossateur : cumsanlis sius. Les 
caractères sont nettement irlandais, et les deux mots le sont 
aussi. Ils ne paraissent avoir aucun rapport avec les lignes qui 
suivent (clementius fabricant sui juris aspexit et siullos in memun- 
danae sapientiae diutius babere sensus indoluit). Cumsanlis est une 
3 e pers. du plur. de l'imparfait de l'ind. de cumsanad, subst. 
verbal bien connu dans le sens de repos. Sius parait dans 

1. Catalogue des mss. des fonds Libri et Bar/ois, p. 76 (planche 6, n° 2). 

2. Les moines bretons fréquentaient volontiers l'abbaye de Fleury Sur 
cette abbaye, v. abbé Rocher, Histoire de V abbaye royale de Sainl-Benoit-sur- 
Loire, Orléans, 1865. — Cuissard, L'Ecole de Fleury-sur-Loire à la fin du 
IX e siècle. Orléans, 1876. 



Gloses bretonnes inédites du IX e siècle. 421 

l'hymne 7 ' (Jsius) et est traduit par M. Whitley Stokes par 
in length. L'expression signifierait. « Ils se reposaient longue- 
ment (tout leur saoul). » Cumsantis est une forme jointe, ce 
qui constitue une difficulté, mais des formes analogiques de 
ce genre ne sont pas sans exemple. De plus, il est possible 
que la glose soit du moyen-irlandais. Or, c'est la forme jointe 
qui domine à cette époque; sius pour i sius s'explique assez 
facilement après cumsantis. 

La présence de mots irlandais dans un manuscrit bre ton ou 
galloisn'a rien que d'ordinaire. Le ms. lat. 12021 de laBibl. nat. 
écrit par le Breton Arbedoc avec l'autorisation de l'abbé 
Haelhucar, contient trois phrases irlandaises. Le ms. de Berne 
(167), au milieu de gloses bretonnes, présente une glose irlan- 
daise. A côté de 8 gloses bretonnes, le ms. latin 1 141 11 delà 
Bibl. nat. a 20 globes irlandaises. De même, il v a environ 10 
gloses irlandaises au milieu d'assez nombreuses g oses galloises 
dans le ms. de Juvcncus de Cambridge du ix e siècle 2 . En 
revanche, le ms. de la Bibl. Bodieienne, connu sous le nom 
tïOxonicnsis prior, qui est pour le texte un ms. gallois, a donné 
environ 50 gloses bretonnes, à côté d'un nombre beaucoup 
plus considérables de gloses galloises \ Il ressort d'un savant 
et intéressant travail du Prof. W. M. Lindsay {Breton scrip- 
toria. Their Latin abbreviation-symbols) récemment paru dans 
Zentralblalt fiïr Bibliolheksivesen, que les scribes bretons, même 
dans les mss. à caractères continentaux, ont conservé, dans 
leur système d'abréviations, en très grande partie, jusqu'au 
xi e siècle, les habitudes des scribes insulaires. 

GLOSE5 BRETOKNES : 

1. Page 3, ligne 17:1 tornouidociox gL et egros(et egros 
mihi anhelitus separatio commovebat) 4 . Après tornouidocion 

1. Thesattrtts, II, p. 357; Thurneysen, Handbuch, p. 365, Mippose que 
sius est une forme jointe du subj. en s, i re pers. du sg., de saidid. Le con- 
texte ne me parait pas être en faveur de ceue hypothèse. 

2. Sur ces gloses îrl., cf. Whitley Stokes et Strachan, The.aurus palaeo- 
hibernicus, II, p. 42, 44. 

3. Parmi les gloses bretonnes, il y en a une qui est sûrement galloise : 
c'est laitr, gl. sohim. 

4. Patrol., XIX, p. 536 : Ma mihi ratio. 



42 2 /. Loti). 

qui est au-dessus d'egros, séparé par un point, sur la même 
ligne : egranimo egrotus cor porc. 

2. Page 4, 1. 3 : ROGOTETicgl. credilam (nefas esse pensabam, 
muti tenacitate silentii cum nullo partiri ne unius ralenti 
creditamquantitatem dum nitor cautius custodire, culpadefos- 
sas pecuniée non carerem). 

3. Page n, 1. 15 : guoed guiniin gl. labruscam 

(Labruscam placidis quid adhuc pneponitis uvis ?) 

4. Page 17, 1. 17 : adnou gl. depositttm (en parlant de Jonas 
dans le ventre de la baleine) : 

. . . Tutusque in ventre fer ii 10 
Depositum, non praeda fuit. 
5 et 6. Page 21, 1. 5 et 6 : Milinion ' gl. fulvis; 

PEXBERTHOU gl. tholis 

(. . . . radians ubi regia fulvis 
Emicat aula tholis) 

7. Page 26, 1. 23 : lor gl. solnm 

(ierrarum non onine solnm) 

8. Page 4, 1. 23 : lath gl. stipitc 
(Reppcrit esuriens lustrato stipile pomum) 

9. Page 62, 1. 4 : dodicouant gl. extorsit 
(unanimum panent sic Me petebat amicum 
Qui foribus clausis per opaca silentia noctis 
Obnixcquc diu, confidenterqne neganti 
Vocibus assiduis precibnsque extorsit anhelis). 

Quelques gloses, qui n'ont rien de celtique, m'ont paru 
valoir la peine d'être relevées. A la page 3, à la dernière ligne, 
on trouve une glose fort énigmatique, pour moi tout au moins; 
on lit au-dessus de parvifoniitis :fomes est anôesos (est en abrégé) 
À. ignis alimentum : contexte : et id ipsum parvi fomitis nutri- 

mentum quod in me po 'luit doni cœlestis oleo permanere on 

ne peut lire, je crois que : anomesos ou anonesos. 

Page 33, 1. 10, il y en a une autre également singulière, au- 
dessus de ce vers : 

En lapis irriguus, satiare, incrédule, fonte, 

1. M. Teulié me fait remarquer que le scribe semble avoir voulu d'abord 
écrire m final; s'apercevant de son erreur, il a laissé le 3 e trait inachevé, à 
peine ébauché. 



Gloses, bretonnes inédites du IX" siècle. 423 

vers suivant : 

Qui Christum reprobas, en lapis irriguus. 

On lit au-dessus à partir de lapis : a quo manauere aque in 
deserto. ualdriguus. Ce mot se trouve au-dessus de incrédule; 
il est suivi de popule qui doit gloser incrédule. Le glossateur 
entend-il par là : valde irriguus ? Egranimo pour egro anima 
après tornouidocion, à la page 3, pourrait le faire supposer. 

Plus étrange paraît encore une glose de la page 6, 1. 9 : au- 
dessus de tirocinio, on lit inilitia vel pifritia (Ursinum, qui 
Juin ' ab aetalis suae primaevae tirocinio régis aeterni castra non 
deserens. ..). Militia est au-dessus de tirocinio. 

Page 58, 1. 11, au-dessus de urna (viduaverat uma), on lit 
tarba (ou torba) et au-dessous se reliant à l'autre glose : torna. 

M. A. Thomas, que j'avais consulté au sujet de ces étranges 
gloses, m'écrit que torna rappelle le provençal dorna pour 
urna -, dont le à est à expliquer; ce d se trouve encore dans 
dorga (prob. arcà), dans douire (prob. uter). Je ne crois pas 
impossible qu'il s'agisse ici du dorna provençal. Notre scribe 
a des hésitations, précisément, au sujet du t et du d (v. plus 
bas matudina et Daviticis). 

Les mots suivants m'ont paru dignes d'être relevés, à des 
points de vue divers : 

p. 17, 1. 11 : sur régi : Etsechiae (E^ecbias); 

p. 23, Lu: crocis sur signum (p. 72, 1. 21 : crox sur por- 
tavit); 

p. 73, 1. 5 : toxica (sur sacra vestis) : (dans les Gloses à 
Amalarius, ms. latin 1202 1 de la Bibl. nat., p. 124 : taxa m 
est glosé par ionicam) ; 

p. 77, 1. 18 : in matudina Paschaegl. hoc luminis ortu; 

p. 81,1.3: noitua gl. recens. 

P. 10, 1. 18, cette fois dans le texte, on lit Daviticis au 
lieu de Davidicis (cur ego daviticis assuetus cantibus). Ce flotte- 
ment dans la graphie de l'occlusive sourde ou sonore intervo- 
calique, au ix e siècle, est digne de remarque. Dans les gloses 
brittoniques (galloises, comiques ou armoricaines), l'occlusive 



1. Le texte de la Patr . lat. n'a pas dum\ il existe dans quelques mss. 

2. M, Teulié avait aussi pensé à dorna. 



■\2\ J. Loth. 

sourde intervocalique paraît intacte ; mais elle était sans doute 
en voie d'évolution ; au xn e siècle, régulièrement elle évolue 
en sonore, quoi qu'il y ait encore d'assez nombreuses excep- 
tions. De récentes expériences au laboratoire de phonétique 
du Collège de France ont établi qu'en Galles, ces occlusives, 
aujourd'hui sonores dans l'écriture, ne le sont qu'en partie 
dans la réalité ; dans le Glamorgan, elles sont encore nette- 
ment et indubitablement sourdes, chaque fois qu'elles suivent 
immédiatement la voyelle accentuée. Il me paraît certain que 
si on écrivait encore au ix e siècle p t c entre voyelles et non 
b d g, ce n'est pas par suite d'un simple retard de l'écriture 
sur la pronociation et en vertu d'une tradition littéraire : l'é- 
volution n'était que commencée et, à l'oreille, le plus sou- 
vent, on avait encore l'impression plutôt d'une sourde. 

Il esta remarquer aussi que le gallois croes, comique croivs, 
breton vannetais croes (ailleurs, aujourd'hui croas), supposent 
erox et non crux. L'irlandais croch (croix, gibet) vient aussi de 
crocem; de même crochaim, je crucifie, je pends; gallois crogi, 
pendre. 

Tunica devait, en brittonique, évoluer régulièrement en 
*toneca et eût donné, en gallois et en breton *tonec] on a eu, 
en vieil-irlandais, tonach. 

REMARQUES AUX GLOSES 

Les gloses brittoniques ne sont sûrement pas galloises : lor 
gl. solum suffirait à le prouver ; à cette époque déjà on eût eu 
la forme diphtonguée laur ; dodicouant eût été vraisemblable- 
ment, si la glose était galloise, écrit didicouant '. Au lieu de 
milinion qui montre e de nielin, jaune, blond, transformé en i 
surtout sous l'influence de la terminaison -ion, on eût eu 
aussi : vidinion. En revanche, ces formes pourraient être cor- 
niques. Un mot semble cependant écarter l'hypothèse cor- 
nique : c'est guoed guiniin glosant labruscam (mot à mot : sau- 
vage vigne). Le mot ne se trouve qu'en moyen breton; il est 
vrai qu'il a pu disparaître du comique 2 ; en tout cas, guoed, 

i . di pour do est équivalent à do. 

2. Dans le Voc. corn., vinea est traduit par guin-bren. 



Gloses bretonnes inédites du IX e siècle. 425 

sauvage, moyen-breton goe%, ne paraît pas comique, pour cette 
époque; on le trouve, en effet, dans le Voc, corn, dont le ms. 
est du xm e siècle, mais qui a été écrit au xn% sous la forme 
guit (pour guid) dans guit-fil-, fera; à ne prendre que le cor- 
nique moyen, milinion, serait plutôt armoricain. Mais il semble 
bien qu'au xn e siècle, dans une partie du Cornwall, dans une 
variété dialectale du Nord qui aura disparu, i se montre au 
lieu de e, peut-être sous l'influence d'un i bref suivant ' : v. 
corn, midi!, messor; milin, flavus ; comique moyen melyn.En 
marge, on a écrit melyn, qui est, en effet, la forme correcte du 
comique moyen des textes. 

1. torxouidociox gl. egros : le sens est précisé par la glose 
marginale qui suit ce mot : egranimo egrotus corporé, c'est-à- 
dire, comme on dit en français : uni Inde de corps et d'esprit. 
C'est un adjectif au pluriel, composé du préfixe intensif tor-, 
d'un double suffixe (-id-oc-\ et d'une racine représentée en 
gallois moven par diverses formes : neu-aj (r e pers. du sg. 
du prés, de l'ind.); neu-ed, substantif; af-neued, adjectif. Le 
sens de ces mots à d'autant plus besoin d'être précisé qu'ils 
ont disparu de l'usage et qu'il n'ont pas toujours été compris. 

neu-af a clairement le sens d'être dans un état d'abatte- 
ment, de perplexité, de regret. 

Myv. arch., p. 168. 1 : 

Eryr glyw glewaf, neuaf na daw 
« Aigle, chef le plus vaillant, je suis aux regrets qu'il ne 
vienne pas ». 

Ibid., 164. 2 : 

Cvn ei far arnaf, neuaf nam lias. 
« Avant que sa colère ne fût sur moi, je regrette qu'on ne 
m'ait pas tué. 

Ibid., 160. 1 : 

o'r pan lias llvw ked, neud neited nés. 

1 . Contrairement au breton, i bref conservé en comique influence la 
vovelle précédente, comme je l'ai déjà montré (keligen, saule ; breton 
halegen), mais e paraissait échapper à cette assimilation. 



426 /. Loth. 

« Depuis qu'a été tué le maître des présents, voici que 
l'affliction approche. » 

af-neued n'a pas été compris par Silvan Evans : c'est un 
composé par suffixe privatif av- (cf. af-lavar, muet) et de 
nened : 

L. Aneurin (Skene, F. a. B. II, 87, 25) : 
ys deupo eu heneit \w wedy trinet 
kynnwys ygwlat nef adef avneuct 

« Puisse leur âme après le combat avoir bon accueil dans 
le pays du ciel, demeure sans chagrin où on ne refuse rien. » 
Cf. Myv. Arch. 164. 1 : 

Lias Rys, ruthyr efnys, afneued y dawn. 

« Rhys a été tué, Rhys à l'élan furieux, au talent fécond. •> 

Phonétiquement, il paraît difficile de séparer ces mots de 

gii'rth-neu, refuser; de ad-neu, dépôt : {Ane. Laïcs, I, 332) : 

tystonn a ellir eu gwrth-mu 

« Des témoins qu'on peut récuser. » 
Livre Blanc de Rbyddercb, p. 172 : 

ny wrth-neuaf i hynny 

« Je ne refuserai pas cela. » 

Le sens de adneu est des plus connus, et dans les Lois et 
ailleurs : il a le sens de dépôt (voir plus bas : adxou). 

Dans ce sens, on peut comparer l'irlandais moyen at-nuu, 
je promets (Kuno Meyer, Contrib.y, at-noi, il le confie (Peder- 
sen, Vergl. Gramm. ', p. 440, 441, §§ 306). Peut-on concilier 
ce sens avec le premier? L'évolution de sens du latin *nno, 
faire signe (dans un sens ou l'autre), à celui de niito, osciller, 
hésiter, présente quelque chose d'analogue. L'irlandais no, 
gallois ncu, ou (vel), dans lequel Pedersen voit un impératif 
figé (ibid. : *newe), semblent indiquer déjà, dans la racine, une 
évolution de sens, un pas vers V hésitation. De ce sens à celui 
de neu-af, neu-ed, il semble qu'il n'y ait pas loin. Ad-neu, 
gwrth-neu, représentent pour le sens anniw, abnuo. 



Gloses bretonnes inédites du IX^ siècle. 427 

Af-neued, dans le sens d'abondant est expliqué par cet 
exemple de neued en moyen-gallois, donné par le Dictionnaire 
d'Owen Pughe : 

yn ymae yfed heb neued 

« Là où on peut boire sans regret », c'est-à-dire sans marque 
de refus, sans compter, abondamment : heb neued équivaut exacte- 
ment a af-neued. Keu-af, neu-cd, af-neued, sont des composés 
faits sur neu ; il y en a d'autre formés directement sur *nou- : 
er-nyw, er-nywed ; ils ont le même sens : 

Myv. Arch. 147. 2 : 

A hwyaf arnaf ernywed 
« et le chagrin le plus long que j'aie. . . » 

Ibid. 183. 2 : 

Hwn am emyiv er na daw 
« Je suis perplexe (affligé) que celui-ci ne vienne pas. » 

Ibid, 152.2: ... edlid . . . 

y s trnyWy ys arnaf yd gwyd '. 

« Le reproche vraiment me tourmente, c'est sur moi qu'il 
tombe. » 

Le préfixe tor- dans tor-nouidocioti est le même que dans 
tor-leberieti, gl. phitonistarum (Coll. Can. I), tor-uisiolion gl. 
ûdis (Gl. de Lux). Pour le sens tor-leberieti équivaut à dar-leber 
(pour dar-leber[iatj), gl. phitonicus (Gloses d'Orléans). 

Tor- est le même suffixe que dor-, dans dorguid gl. pithoni- 
cus (ibid.) : dorgutd = *do-ro-uid-, qui sait d'avance (gall* 
moy. denuyd). Tor- a pu être accentué dans certains compo- 
sés ; il représente, en tout cas, une forme plus ancienne que 
dor-; tor est vraisemblablement pour to-ro-. Il n'est cependant 



1. Cf. Livre Rouge (Skene, F. a. B. II, p. 286, v. 10) : 
nyt angheu Ffreuer a ernncaf 
Heno 

« Ce n'est pas la mort de Ffreuer que je déplorerai ce soir. » 



.}2S /. Loih. 

pas impossible que tor- soit équivalent à l'irlandais tôr-= /o-f- 
for-. Nous avons, en gallois, un préfixe do- représentant do- 
wo- : dovot = do-wovot {Ane. Laws I, 94 : do-ovof); do-îef 
(ibid. I, 210 : do-olef); de même dodivf (do-odtuf); dodrefn 
(do-odrevn), etc. L'absence d'allongement de dans tor- s'ex- 
plique aisément par le fait que ce suffixe, de très bonne heure, 
sans doute, ne fut pas accentué ; d'ailleurs do pour do-wo- 
présente un cas identique. 

Il a existé, sans doute, un substantif tor-noivid : -noiuid = 
*uoijijo-)i ou no-uijà avec a bref. 

2. rogotetic gl. créditant. Le contexte précise le sens : 
confié. Le mot est composé du préfixe ro- qui me parait ici 
avoir le sens de pro, avant, et d'une racine inconnue, je crois, 
sous cette forme, got, avec le suffixe bien connu -etic, gallois 
moyen et moderne -edic, -edig, qui parait avoir été fort usité 
aussi en vieux-breton (dehlouetic, edemnetfc, anfumeiic, ddreen- 
neti[cion], dieteguetic, bantertoetic, ittgurlhconeiic). 

C'est un suffixe en pleine activité dans le sens passif en gal- 
lois, mais mort et figé en breton Qeshidic, guiridic, ki~idic, 
etc.). 

Le seul mot qui, phonétiquement, en gallois rappelle la 
racine got- est rx-otlic, mais le sens est difficile à préciser : le 
sens ordinaire paraît être généreux, fier, peut-être prodigue. 

Myv. Arch. 195. 1 : 

Rys mawr, Mon wledic, reodic rec 
« Le grand Rys, seigneur de Mon (au don généreux) » : reo- 
dic est une graphie qui n'a rien de surprenant, au xn e siècle, 
pour ry-odic. 

L. Tal. (F. a. B. II, p. 154. 227): 

Elphin pendefic ryhodigion 
« Elphin, le chef des généreux ? » 

Ibid. 192. 15 : 

Glew ryhawt glewaf un yw Uryen. 
« Vaillant, généreux, le plus vaillant de tous est Uryen. » 

1. Glew doit être lu vraisemblablement glyiï, chef. 



Gloses bretonnes inédites du IX" siècle. 429 

La forme rx-haiut, suppose gât. Le sens parait trop éloigné 
pour conclure à une parenté entre les deux mots. Cette racine, 
pour le moment, parait isolée. On pourrait, tout au plus, son- 
ger à une forme, à un degré vocalique différent, de gat- : gad- 
u, laisser, concéder : gl. vieille-galloise : di-r-gatisse gl. con- 
cesserat : ro-goi-etic, laissé, concédé avant ' ? 

3. guoed GUixiix, gl. labniscam. Le mot breton correspon- 
dant est le moyen breton goe^ guinyenn, vigne sauvage; 
lech a goc~ guiny, lieu à vignes sauvages (Ernault, Glossaire 
mox.-bret., p. 277, 306) : gioed, sauvage, guiniin, vigne. Cf. 
vieil-irl. feadinm gl. labniscam, pour fead-flnne {Ascoïi, Gloss. 
palaeo-hib. Thésaurus palaeoh. II, p. 361). La seule chose 
embarrassante est la terminaison -in : le mot étant évidem- 
ment féminin, on attendrait -en. Il est possible qu'on ait 
affaire à -in avec i long, suffixe assez commun, en gallois, 
dans la formation de substantifs et adjectifs. Ce suffixe -in 
pourrait être pour un vieux-celtique -ïnjà, Guinion, dans les 
gl. d'Orléans n'est pas à corriger en guinionou : il est fait 
sur gti'nn. 

4. adxou, gl. depositum. Cf. gallois adneu, même sens. Son 
sens est précisé dans les Lois; métaphoriquement, il a le sens 
de dépôt en terre, inhumation : 

L. Tal. 198. 7 : cynoer adneu. 
L. Noir. 37. 30 : guydi gaur garu atneu. 
L. Rouge, 247. 18 : gnawt atneu yn llann. 
Voir plus haut, iornouiâocion . 

5. milinion gl. fulvis. Cf. Gloses de Lux. milinon, gl. libo- 
sas : plur. de melin, jaune, blond; milinion pour melinion, sous 
l'influence de la terminaison -ion. Le Voc. corn, donne aussi 
milin, fulvus vel flavus. 

Pour les Brittons, fulvus est l'équivalent de flavus. Ainsi 
s'explique l'interprétation par Gildas dans son Epistola, du 
nom du chef breton, Cuno-glaso-s. Il l'interprète : Cuneglase, 
romana lingua Lanio Juive. On en a tiré la conclusion queGil- 



1 . Si doiwy est pour do-oduj (do -f- godwy), on aurait là la racine got ; 
mais dodi qui ne peut en être facilement séparé, semble avoir eu long : la 
racine serait donc dût. 



43° /. Loth. 

das parlait latin et ne savait guère le breton. Or, juive repré- 
sente parfaitement glase (fauve, roussâtre, à reflets fauves), et 
prouve, au contraire, une connaissance exacte du sens de g la- 
ssos. En effet, en vieil-irl., glas glose croceo, rossei coloris '. Le 
sens de glas est précisé par ce passage du dis. de Peniarth 21, 
1. 21 (xm e siècle), dont je dois communication à un de mes 
auditeurs, M. Diverrès : glas traduit le latin refulgens (Venus 
refulgens : il s'agit de l'étoile brillante). Quant à lanio, il inter- 
prète cune dans lequel Gildas a vu sans doute chien (épithète 
honorable, chez les anciens Celtes) et qu'il traite métaphori- 
quement. Lanio, en latin du moyen âge signifiait : celui qui 
déchire : ms. de Sedulius du xi e siècle de la Bibliothèque d'Or- 
léans, p. 24 : omnis qui laniat et lacerai lanio vel lanista polest 
dici. 

6. penberthou gl. tholis. Le mot est composé de peu, tète, 
et de berth = *indo-europ. *bbérsto- ou bhersii-, pointe, faite : 
Skr. bhrsti-s; sous sa forme réduite, cette racine est largement 
représentée dans les langues indo-europ. (cf. Walde, Lai.- 
Etym. IVôrt., afastigium ; Kluge, Etym. Wôrt. iBorste, Biïrste.) 
Le norrois bursi a un sens très voisin du nôtre (Dacbspit; ara 
Hausgiebel, d'après Kluge). Pen-berlh est identique à l'irlandais 
moyen cend-bert que Kuno Meyer (Contrib. sous cend-adart) 
traduit par casque. 

7. lor gl. terrarum soluni. Le mot est pan-celtique et n'a 
pas besoin de commentaire (irl. lâr, gall. llaïur, corn, hier, 
bret . leur {lor). 

S. lath gl. stipite = vieux-celt. * slattâ; v. irl. slatt, 
virga, pertica; gall. llath, même sens; breton moyen laç-aray, 
manche ou queue de la charrue ; vannetais lah (Cillart de 
Kérampoul, à charrue : gaule de la charrue. 

9. dodicouant gl. extorsit. C'est sûrement une 3 e pers. du 
sg. d'un prétérit en -/. 

La racine est uau : et. gall. moyen gwan-t {L. Noir, ap. 
Skene, F. a . B . II, 34. 9 ; 51. 58 ; L. Tal. 139. 26 ; 188. 
26 ; L. Rouge, 279 . 20 ; L. Aneurin, 105 .21). Gwauu, percer, 
a aussi le sens de pénétrer, se faufiler à travers (Mab. du Livre 

I. Thésaurus palaeohih. II, p. 361, IV, 44; addenda, p. 418, 47, 9. 



Gloses bretonnes inédites du IX* siècle. .\\i 

Rouge, p. 28, 1. 29 : gwan y dan y nieireb, se glisser sous les che- 
vaux). La double particule do-di- est sans doute pour beaucoup 
dans la modification de sens de la racine. Elle apparaît dans la 
glose bretonne de Lux, dodiprit, dont le sens n'est pas sûr ; cf. 
vieii-irl. do-di-hei gl. deerraverat (Whitley Stokes, Old.-ir. 
Glosses on (ht Bucolics, Revue Ce! t. XIV, p. 232, 41). Wan a 
eu, sans doute aussi, un autre sens que frapper, perctr; il a dû 
avoir le sens de varia-, en sanskrit, que Lick traduit par gewin- 
neu, sitgen, schlagtn (Etyrn. Worl., .y éd., I, p. 312). Dodi- 
eouan-t {couanl pour * com-'uant) a, en somme, un sens très 
voisin de l'allemand ge-winnen, acquérir quelque chose par 
effort, avec peine; vieux-haut-all. winna, Streit (Kluge, Et. 
ITort.). Il me semble que le rapprochement qu'a fait M. Meil- 
let de vtnari avec le skr. vânati, et l'ail, gewinntn (Méin. Soc. 
liug. IX. 5 5) aide à comprendre ces différents sens et en parti- 
culier notre dodicouant, extorsit. En comique (guane, frap- 
per, percer), comme en gallois, gwan est écrit avec un n ; Va 
est prononcé long en gallois dans gwan. Cet allongement est 
néo-celtique, mais il suppose, en vieux-brittonique iiân-, avec 
voyelle brève, et un seule n. 

Pour l'expliquer, si on veut établir un raccord avec les 
autres formes de cette famille, il faudrait supposer *ijuno-, ce 
qui donne uan et non ijann-. 

J. Loth. 



THE PRETEXDED EXHUMATION OF ARTHUR AND 
GUIXEVERE 1 



AN UXPUBLISHED WELSH ACCOUNT BASED ON GIRALDUS 
CAMBREXSIS 

Whilst preparing my édition of the OU French prose 
romance, Mort Artu (Halle, 1910), I learned from Prof. 
F. X. Robinson ofHarvard University ofthe existence of Car- 
difTMS. 36, containing the item, De sepultura Arthuri Régis. 
On further inquiry I discovered that this was merely a copy 
of Ms. Llanstephan 4 (with some use of Llanstephan 2), 
now in the National Library of Wales. Mr. Timothy Lewis ot 
University Collège, Aberystwyth, wasso good as totranscribe 
and translate for me the text of Llanstephan 4. It was a 



1. For accounts of this affair in the mediaeval chronicles see R. H. 
Fletcher, The Arthurian Material in the Chronicles : Harvard Studies and 
Notes in Philology and Literature, vol. X, pp. 189 ff. (Boston, 1906). The 
idea that Arthur had two wives does not appear in the romances, but 
seems to hâve been a part of Welsh tradition. See Fletcher, p. 190, note 2. 
It is a debated question whether Arthur's name was ever connected with 
Glastonburv before this affair of the pretended exhumation. For the 
literature ofthe subject see W. W. Newell's article, « The antiquity of 
Glastonburv », Publications of the modem Lmguaçre association of America, 
XVIII, 459, note 1. As Newell, p. 508, remarks, Giraldus is wrong in 
Connecting Henry II with the exhumation (1191), for this king died in 
1 189. The author ofthe Mort Artu, pp. 250 ff., combines awkwardly the 
old Celtic tradition of Arthur's translation to Avalon with this new idea 
that he was buried at Glastonburv. So too Malory in Morte Darthur Book 
XXI, ch. 5-6. His account is, of course, based on a modified version of 
the Mort Artu. 



The pretended exhumation pf Arthur and Guinevere. 4^ 

disappointment to me to tind that this text offered nothing 
original, but Welsh matcrial relating to King Arthur is so 
scanty that even a secondary narrative like the présent one 
seemed worthv of publication. 

At the beginning of his account the Welsh author himself 
indicates clearly the Spéculum Ecclesiaeoi Giraldus Cambrensis 
as his source. In the rirst part of the text, liowever, as I 
soon observed, he also uses the De Principis Inslructione of 
the same writer. His account is based entirelv on thèse two 
books and I hâve given the necessarv indications of source in 
the Xotes. In some cases where the unique Ms. of the 
Spéculum is détective, the Welsh préserves in translation the 
original text. 

I haveused the édition of Giraldus Cambrensis in the Rolls 
Séries : Spéculum Ecclesiae edited by J. S. Brewer in vol. 4 
(1873). The passage which concerns us will be found, 
pp. 47-51 (Distinctio II, ch. 8-10). For the De Principis 
Inslructione, edited by G. F, Warner, see vol. 8 of the same 
séries ( 189 1) — especiallv, pp. 126-9, Distinctio I. The 
Spéculum dates from shortlv aiter 121 7, Distinctio I of the 
De P. I. probably from the last décade of the I2 th century, 
(cf. Warner, pp. xvi-xviij). Each of thèse works exists in 
only one MS. — the Spéculum in Cotton MS. Tiberius, B. 
xm (early 1 3 th century), De P. I., in Cotton MS. Julius 
B. xm (middle of I4 rh century), both in the British Muséum. 
Brewer says, p. vu, that only one MS. of the Spéculum has 
ever existed, and again, p. x, that this unique MS. came 
« beyond ail doubt » from the hands of Giraldus himself. If 
this istrue and if \ve could ascertain the provenance of Tiberius 
B. xm, beibre it passed into the Cottonian collection, we 
should hâve the means of rixing the place where the présent 
text was composed ; but, as far as I can discover, the early his- 
tory oi this MS. is not known. 

It is sufricient to say that Mr. Lewis is responsible for the 
description of MSS., text and translation in the following 
article, as I am for the notes. — J. D. B. 



434 Timothy Lewis et J. Douglas Bruce. 



i. Description of MSS. 

The followingtext, containing the story of the burial of king 
Arthur, is taken from Llanstephan MS. 4 now at the Natio- 
nal Library of Wales, Aberystwyth. 

The first four MSS. in the Llanstephan collection bear the 
title « Didrefn Gasgliad »,and true to their titlethey contain 
a miscellaneous collection of Bruts, Lives of Saints, Theologi- 
cal Tracts etc. 

Llanstephan Ms. 4, comprising folios 505-57 of this 
« Didrefn Gasgliad », is avellum AÏS. of 53 folios each measu- 
riïtg 6 3,8x3 5/8 inches with2élines to a page. It contains, 
in addition to the tract on the burial of Arthur, a collection 
of Aesop's Fables, The Lives of SS. David and Beuno, The 
Vision of St. Paul and The Purgatory of St. Patrick. 

The MS. begins with a fragment on the Coronation of 
king Arthur, but it is impossible to say whether this is a 
continuation ol folio 50401" vol. III of the « Didrefn Gasgliad», 
because the last folio is illegible and the numbering of the 
folios is in a much later hand. 

The textofthe story of the Burial of Arthur begins on f. 505 
a 1. 21 and was written acecording to D r Gwenogvryn Evans 
circa 1400 (See Report on MSS. in the Welsh Language. Vol. 
11, p. 424. Historical Manuscripts Commission). 

There is another text in Llanstephan MS. 2, ff. 206 sqq. 
This forms a part of the same « Didrefn Gasgliad », but it is 
considerably later than the text of MS. 4 and according to 
the Assistant Commissioner it belongs to the second half ol 
the xv th century. 

The text at the beginning, corresponding to Llanstephan 
MS. 4, ff. 505-506 a. 1. 3, is wanting, but what remains fol- 
lows the text of MS. 4 almost word for word. There is still 
another text of the Burial of Arthur in CardiffMS. 26, pp. 365 
sqq. which bears the title « Gladdedigaeth Arthur Frenin out 
of the Didrefnyn P. 434 ». This however belongs to the 
beginning of the xvin th century according to the Assistant 
Commissioner (See. Report. Vol. II, p. 22 r). 



The pretended exhumation of Arthur and Guincvere. 435 

In Cardiff MS. 36 there is also a transcript based upon 
the « Didrefnyn » wich begins with the following 



note 



« De sepultura Arthuri Régis 
Historiola imperfecta ex duobus 
Fragmentis in Codice Didrefnyn 
Saepius memorato descriptis et 
inter se collatis conflata. » 



This MS. according to Mr. Farr, Chief Librarian of the 
Central Library in Cardirï « is an earlv i8 th century transcript 
made by W. T(homas?) about 17 17-8 and seems to follow 
the original as regards spelling etc. » 



Revue Celtique, XXXIII. X) 



43^ Timothy Lavis et J . Douglas Ërùcé. 

2. TEXT 

Fol. $os a 21 Llyma hyspysréfyd y llyfreua.ce 
glurach noc a[dy]we[itjy brut y 

23 érth diwed arthur vrenhin at adna 
bot géirioned am ch6edleu a dyehym- 

2 5 ygyon geua6c adnabydet y darllea- 
6dyr bot yma deu gabidél gwedy eu 



Fol. ;o; b 1 hyspyssu on llytyr ni yr hénn a elwir drych 
yr egléys. Bit diheu y baép panyé ym 
mynnwent manachlaôc glastynbri g6e- 
dy géeli agheua61 ar auon gamlan y 
5 cladéyt Arth r . yréng d6y groes o vaen 
géneuthuredic o gywreinréyd saeroni- 
aeth. Ac eudrychatel yn eu seuyttyn 
uchel. a llythyr yndunt g6edy ry ysgri- 
uennu y venegi bot yno bed arthur. 
10 Ac weithon y mae y llythyr h6nn6 g6edy 
rydreulaô oheneint. Bit honneit ha- 
gen y ba6p nat maen marmor oed ved 
Arth r na bed ar arthur nyt oed namvn 
y ossot ymy6n derwen g6edy rygeu- 
15 a.6 ae gladu vn droetued arbymthec o 
dytynder yny daear. Déy rann ohyt y 



1 . This and the next two sentences hâve nothing corresponding in the 
Spéculum Ecclesiae. They are based on the following sentences of" the De 
Principis Instructione : (p. 127) et ossa ipsius [i. e. Arthur's second wife] 
cum ossibus viri simul inventa, sic distincta tamen, ut duae partes sepul- 
chri, versus caput scilicet, ossibus viri continendis deputatae fuissent, tertia 
vero versus pedesossa muliebria seorsum contineret. — pp. 128 f. sciendum 
etiam quod ossa reperta corporis Arthuri tam grandia fuerunt ut et illud 
poetae completum in his videri posset : 

« Grandiaque effossis mirabiturossa sepulchris ». 

Os enim tibiae ipsius appositum [tibiae] longissimi viri loci, quem et 
nobis abbas ostendit, et juxta pedem illius terrae affixum, large tribus digi- 
tis trans genu ipsius se porrexit. Os etiam capitis tanquam ad prodigium 



The pretended exhumation of Arthur and Guiucveie. .157 

}. Translation 

Fol. foj a This is the inlormation of the books 

which is dearer than that which the brut says 
concerning the end of king Arthur for the 
purpose of recognising the truth concerning 
taies and false imaginings. Let the reader 
recognise that there are hère two chapters 



Fol. )-oj b rendered from our book which is called the 

[Mirror 
of the Church. Be it certain to ail that it is 
in the Grave vard of the monastery of Glaston- 

[bury 
after a mortal wound on Camlan river, that 
Arthur was buried between two crosses oî 

[stone 
fashioned with cunning workmanship. Thèse 
had been set standing high with letters writ- 

[ten therein 
to make known that Arthur's grave was there. 
And at this time those letters hâve betn 
worn by (old âge) time. Be it known however 
to ail that Arthur's grave was not of marble 
And that Arthur had no grave, but he 
was placed in an oak after it had been 
hollowed out and he was buried at a 
.depth of sixteen feet in the earth. Two 1 thirds 

[of the 
length of the grave, for about the upper two 

[thirds was 

vol ostentum capax erat et grossum, adeo ut intercilium et inter oculos 
spatium palmalem amplitudinem large contineret. Apparebant autem in 
hoc vulnera decem aut plura, quae cuncta praeter unum raajus caeteris, 
quod hiatum grandem fecerat, quodque solum létale fuisse videbatur, in 
solidam convenerant cicatricem. 



438 Timothy Lewis et J. Douglas Bruce. 

bed megysatn ydeudraean uchai a 

oed wahanedic v6rth v trydyd ac me- 
gys teruvn vrygthunt ar dryded ran 

20 yn wahanedic y6rthunt éynteu 

6rth gyflehau esgyrn arthur a oedynt 
va6r a phraff. yri asg6rn y benn yr 
oed vn weli arbvmthec. a phob un 
o hynny géedy ry gaeu a ry gadarn- 

25 haunamvnvn. arvn honno a oed 
agoret a phraft megys yd oed diheu 



Fol )oh a i panv6 ohonno y buassei agheuaôl et. 

yn y dryded rann or bed megys or deu- 
parth v waeret || r yd oed esgyrn g6enh6- 
vuarv wreic ual y gellit eu hadna- 
5 bot yn vanolach ac yn wreigeid. Ac 
ym plith y rei hynny y kaffat pleth 
o warit melyn. tec oed edr\ r ch arnaé. 
ac ar y bleth honno y dodes manach or 
vanachlaéc y ol6c a rydathoed y gyt 
io ar niuer 6rth agori y bed. ac yd argan- 
uu ymblaen pa6b. A bryssyaé a oruc 
ac }^sglyfyeit y bleth. Ac val y kymerth 
yny laé ae dangos a pha6p yn edrych 
ac yn ryuedu y thecket yn deissyfyt 
15 yggéyd pa6p y difflannaéd oe la6. Ac 
nyt heb wyrtheu y damchweinya6d hy- 
ny. ac y dangosset yn honneit y ba6p 



1. Llanst. MS. 2. begins hère. 



The pretended exhumation of Arthur ami Guinevere. 139 

separated from the third and a division, as it 

[ were, between 
them and the third part separated from them 
to place Arthur's bones which were big and 

[thick. 
In the bone of his head there were sixteen 

[wounds and each 
of those had dçsed and healed firmlv 
except one and that one was 
open and it was an extensive wound so 
that is was undoubted that it was 



Fol. ; 06 a from that one that he had died. 

In the third division of the grave from about 
the twothirds downwards |[ * were the bones of 
Gwenhwyvar his wife, more délicate and like 

[those of a 
woman,so that they could y berecognised. 
And among those (bones) was found a plait 
of yellow hair, fair to look upon 
And a monk from the monastery who 
had corne together with the crowd at the 
opening of the grave, saw the plait 
before anyone else and he fixed his gaze upon 
it and herushed and snatched away the plait 
of hair. And as he took it in his hand an while 

[showing 
it, and ail the people looking on and wonde- 

[ring 
at the beauty of it; suddenly in the présence ol 
ail it vanished from his hand. And this 3 did not 
happen without miracles. And it was made 

[wellknown 

2. Llanstephan MS. 2 f. 206 begins hère. 

3. The MS. of the Spéculum for the passage corresponding to « And 
this — flowers of spring » (p. 48, 11. 3-8) is détective. 



44° Timotby Lewis et J. Douglas Bruce. 

ac vn bennaf yr creuydwyr a dathoed 
vno. Y rei lleiaf a berthvn udunt nac 

20 edrych na theimlaé bruger g6reic. a 
bot pop peth bvda61 yn daruodedic ac 
vn sathredic ac vn bennaf oll y petheu 
teckaf o edrych arnunt. megys y tystir 
tr6y vraét ac aédurdaét y doeth. yr 

25 h6nn a dvweit. Teg6ch a gosged dynaél 
brvt cribdeiledic v6 a buan. a chvnt 



Fol. }o6 b i v tî'v ac y difflanna noc an\vadal6ch 
blodeu g6anh6yn Dyeithyr hynn 
y brenhin Arth r a vu bennaf seilaédyr 
manachla6cglastvnbri. kanvs kvnn 
5 dyuot saesson yr vnys v rodassei ef tir 
a daear a da arall yr vanachlaéc hon- 
no a daroed y chyssegru yn enryded yr 
wynuydedic veir wyry. yr honn a garei 
yn v6y noc yssyd o sant a santés ac 

io nyt heb acha6s. Ac 6rth hynny y 
paryssei ynteu dodi y del6 hi yn d6y 
ysg6yd y daryan ef or tu atta6. Ac 
megys y dyweit ym pob br6ydyr ac 
ymlad or a vei arna6 o wir uvydda6t 

15 a charyat arnei hitheu y cussanei ef 
y thraet. A chanys gnottaei dywedut 



1. Down to the end of this passage about the Virgin Mary our author 
follows not the Spéculum, which has nothing corresponding, but the De 
Principis Instructione pp. 126 f : Arthuri quoque Britonum régis inclyti 
memoria est non supprimenda, quem monasterii Glastoniensis egregii, 
cujus et ipse patronus suis diebus fuerat praecipuus et largitor et sublevator 
magnifiais, historiae multum extollunt. Prae cunctis enim ecclesiis regni 
sui sanctae Dei genetricis Mariae Glastoniensem ecclesiam plus dilexit et 
prae caeteris longe majori devotione promovit. Unde cum vir bellator 
exstiterit. in anteriori parti clipei sui Beatae Virginis imaginem interius, ut 
eam in conflictu praeoculis semper haberet, depingi fecerat, cujus et pedes, 



The pretended exhumation oj Arthur and Guinevere. 441 

to ail, but particularly to the religious that had 
corne there — those to whom it least belongs 
either to look on or to handle a woman's hair 
that ail earthly things are perishable and 

[to be 
trod under foot, and above ail the things 
fairest to look upon, as it is witnessed through 
the judgment and the authorîty of the wise, 
who savs — Beautv and the comeliness of the 

[human 
form are snatched away and are swift 



Fol. jo6 b and they flee and vanish quicker than 

the changeableness of the flowers of spring. 

[Besides 1 this 
King Arthur was the chief founder of the 

[monastery 
of Glastonbury, for before the coming of the 

[Saxons to the island 
he had given land and other goods to that 
monastery which he hadconsecrated in honour 
of the blessed Virgin Mary whom he loved 

[above 
ail the other saints, and this was not without 
reason Therefore he had caused her image to 
be set in the twoshoulders of his shield in the 
side next tohim. And as he says, in every 
battle and fight where he was engaged he used 

[to kiss 
her feet out of true humilitv and love towards 

[her 
And as it was customary to sav manv doubtful 
things concerning the end of Arthur. And 
particulary the British storytellers contend 

[and 

quoties positus in congressionis articulo fuerat, deosculari cum plurima 
devotione consueverat. 

From this point on the writer uses only the Spéculum, 



44 2 Timothy Lavis et }. Douglas Bruce. 

llawer o betheu petrus am diwedarth r . 
Ac yn enwedic chôedvlvdvon y bryta- 
nyeita ymryssonant ac a gadarnha- 

20 ant etto yvot et yn vv6 yny véynt 
wrthladedica dittbdedic a difflanedic 
y chôedleu geu hynny. a cherdet y wi- 
rioned racdi am hynny yn aml6c 
o hynn allan y paryssam ni dodi 

25 yma petheu prouedic or wirioned di- 
amheu. Gwedv v vr6vdvr ar avon gam- 



Fol. ;oj a 1 lan ygkerny6. a liad medra6t enwiraf 

vradér. géedy kyuodi ohona6 yn erbyn 
Arth r y ewythyr vra6t y vam o geidw- 
adaeth y deyrnas. a brathu arlhur yn 
5 agheua61. y duc hen wreicda a mar- 
gan oed y hené y gorff hvt vn ynys 
avarkch. y He a elwir yr a6rhonn 
glastynbri. A thrannoeth g6edv y 
var6 y péris y wreicda honno y gladu - 

10 yny vynwent gyssegredic val y dy- 
wetpéyt uchot. Sef y gnotaei beird 
ynys prydein ae ch6edylydyon dech- 
ymygu pany6 margan dwywes o 
annwfyn ae ry gudyassei ef yn ynys 

15 auartach yr Iachau oe welioed. a phan 
veynt iach yd ymchoelei drachefyn 
att y brytanyeit oe hamdiftyn rae- 
gys y gnotaei. Ac am hynny etto 
y maent mal yny adoléyn ef ac yn 



1. This sentence is only partially preserved in theSpcculuw (p. 48). 

2. Spéculum (p. 48), a nobili matrona quadam ejusque cognata et Morgani 
vocata est delatum. 

De Princ. Inst. (p. 128), Morganis, nobilis matrona et partium illarum 
dominatrix atque patrona, necnon et Arthuro régi sanguine propinqua . 

3. Spéculum (p. 48), in insulam Avaloniam. 



The pretended exhumation of Arthur and Guinevere. .\ ; ; 

affirm that he is still living. Until those untrue 
taies are abandoned and cease to be and havc 
disappeard and the truth concerning 
it become manifest henceforth, we hâve 
caused to be set down hère things witnessed 
to by nnquestionable truth. After the battle 
Fol. joj a on river Camlan in Cornwall 1 , and after 

Medrawt, that basest of traitors was slain after 
he had made an insurrection against his unclc 
Arthur — his mother's brother — for the pos- 
session of 
the kingdom, and after Arthur was mortallv 

[wounded, 
an old dame 2 of the nameof Margan bore his bodv 
as far as the Isle of Avallach 5 the place which is 

[nov. 
called Glastonbury. On the following day< 

[after h;.' 
had died that dame caused him to be buried in 
the sacred burialground as has been said above. 
The bards of the Isle of Britain and its storv- 

[teller.. 
used to imagine that il was Margan — a goddess 

[oi 
the netherworld ; — that had hidden him in 

[the Isle oi 
Avallach to heal him of his wounds; and that 

[when 
they became whole, he would return again te 
the Britons to défend them as was his wont, ancl 
therefore they still as it were beseech him and 

[await 
his future coming as the Jews do concerning 

[Christ 
except that the Jews are deceived to a greater 

[extent 

4. Merely« postea » in Spéculum (p. 48). 

5. Spéculum (p. 49), dea quaedam phantastica. 



444 Timolhx Lavis et J. Douglas Bruce. 

20 aros y dyuodyat rac lla6 megys yr 
Idewon am grist onyt bot vn v6y 
yd ydys yn téyttaé yr Idewon o yn- 
vvdr6yd ac anfydlonder ac andedwy- 
dyt. Bit honneit y ha6p acamléc 

25 panyé glastynbri y gelwir kanys 
f[ry]dyeu ac auonyd o eigyaén mor 



Fol. J07 b 1 hatren yssyd yny gylch. kyt bei prio- 
dolach y gale keffinyd auonyd o ach- 
a6s y bot ygkymherued auonyd. ac 
yn ia6nach gale ynyssed. tir ymperued 
5 y weilgi. Pa acha6s y gelwir ynteu a- 
vailach. namyn oe vot yn lie amyl 
auaitgyrn. neu ynteu o vot yn argl6- 
yd ar y He h6nn6 g6r g} r nt a elwit a 
elwit auattach. Efa notteit heuyt 

10 gal6 y tte h6nn6 ynys wydrin o acha6s 
auon a oed yny damgylchynu a rH6 
glas géydra6l ar y d6fyr ac 6rth hyn- 
ny y gelwïs y saesson hi g6edy y go- 
resgvn glastynbri. kanys glas yn sa- 

1 5 esnec y6 g6ydyr ygkymraec. honneit 
y6 weithon paham y gelwir y lie h6nné 
ynys wydrin. paham auallach a 
phaham glastynbri a honeit y 6 heuyt 
pa dylyet a oed y chéedylydyon gale y 

20 wreic honno margan yn d6ywes o ann6- 
fyn a bit honneit hynn heuyt kyt 
kaffo y dvwededic abat uchot gyuarô- 
ydyt y érth gorf Arth r o hen lyfreu ac 
ystoryaeu. a pheth heuyt or llythyr a 

25 oed g6edy eu hysgriuennu yny cr6ys 
a géedy eu rydileu haeach oheneynt 



1. This passage in the Spéculum (p. 49, 11. 10 ff.) is defective. Our text, 
no doubt, préserves the sensé accurately. 



The pretended exhumation of Arthur and Guinevere. 44 5 

through foolishness and faithlessness and mis- 

[fortune 
Be' it known and manifest to ail that it is 
called Glastonbury for streams and rivers flow 
about it from the çreat Severn sea 



Fol. soj b though it would be more fitting to call it 

the confines of rivers, insomuch as it is in the 
middle of rivers and it is more fitting to 
call islands land in the middle of the océan. 
Why is it then called avallach ? because it 
is a place abounding in appletrees or because 
one who was formerly lord of that place was 
called Avallach 2 That place used to be called 
also the isle of glass because of a river that 
flowed around it v\-hose waters had a blue 
glassy hue and hence the Saxons called it 
Glastonbury after they had conquered it, for 

[glas 
in Saxon is gwvdyr in Welsh. 
It is well known now then, why that place is 
called Isle of Glass, why Avallach and why 
Glastonburv; and it is well known also why 
the storvtellers were bound to call that woman 
Margan a goddess from the netherworld. Let 5 

[this 
also be known though the above mentioned 
abbot should find a story concerningthe body 
of Arthur in old books and historiés and some 
also from the inscription that was inscribed 
in the crosses which had become illegible 
in course of time, he had the çreatest 



2. Spéculum (p. 49), vêla Vallone quodam territorii illius quondamdomi- 
natore. 

3. Spéculum MS. (p. 49, 11. 26 ff.) defective hère. Our text makes the 
meaning clear. 



44^ Timothy Lacis et J. Douglas Bruce. 

Fol. )oS a i méyaf eissyoes o gyuaréydyt a hyspys- 
r6yd a gafas ef y gan henri vrenhin 
kanys ef a dywedassei y hrenhin 6rth- 
a6 lawer g6eith megys y clvwssei vn- 
5 teu gan hen dynyon a beird a chy- 
uar6ydeit y datcanu o weithredoed 
y brytanyeit pany6 y réng y d6y 
groes a oedyn y vynwent vgglastynb[ri] 
yn eu goréed. Ac odyna ydrychaf6yt 

10 yn eu sefytty cladyssit arthur yn 
défyn rac ofyn y saesson a 6rthladvs- 
sei ef yn vynyeh ac a deholassei or y- 
n3 T s. ac a dugassei vedraét y nei yn- 
teu y géas direitaf yny erbvn y ge- 

15 issa6 amdifîvn y ennwired. y rei aores- 
gynassant eilweith yr vnvs o g6byl 
g6edy y agheu ynteu. Ac rac yr vn 
ofyn h6nn6 yn datkladu ybed me- 
gys am seith troetued yny daear 

20 o dyfvnder y kaffat anysgogedic 
uaen praffa chroes bl6m g6edv rv- 
ansodi ynda6 or tu ass6 ida6 ar tty- 
thyr h6nn yman yny groes bl6m. 
yman y mae yr ardercha6c vrenhin 

25 Arthur yn gorwed géedy y gladu yn 

y bed h6nn. ac y gyt ac ef yr eil nyt amgen. 



Fol. ;oS b 1 g6enh6yuar y wreic. Ac yn is no 

hynny eilweith na6 troetued y kaf- 
fat bed arthur. y groes honno géedv 
y thynnu or maen a weles ttawer. ar 
5 abat yny dangos y henri vrenhin. 
ac a dartteassant y hythyr. Ac megys 



1. This sentence corresponds to the defective passage, Spéculum, p. 50, 
11. 6 ff. 



The pretended exhumation of Arthur and Guineverè. 44? 

Fol to8 a part of his storyand information from king 

Henri. For the king had often told him, ashe 
himselfhad heard from old men and bards 
and storytellers recounting the deeds of the 

Britons, that it was between the two crosses 
that lav on the ground in the burialground oi 
Glastonburv —the crosses were afterwards rai- 

[sed and 
set on end — it was hère that Arthur was buried 
deepin theearth from fear ofthe Saxons whom 
he had often repelled and whom he had 

[banished from the 
island — those whom that most wicked youth 
Medrawd, his nephew, had brought against him 
in his effort to défend his wickedness, those 
who the second time completely conquered the 
island after his death. And ■ for the very 
same fear, while they were re-opening the 
grave, at the depth of about seven feet in the 
earth, there was found a huge immovable 
stone with a cross of lead set in the left 
side of it with this inscription in the 
cross of lead — Hère lies the exalted king 

[Arthur having 
been buried in this grave and tgoether with 
him a second : to wit Gwenhwyvar his wife. 



Fol $oS b And nine feet still deeper Arthur's grave was 

[found 
and many people saw that cross after it had 
been taken out of the stone and many saw 
the abbot showing it to king Henri, and read 
the inscription. And as the cross had been 
fixed in and hidden underthe stone, so in like 



2. Llanstephan MS. 2, has : « the second Gwenhwyvar his wife ». 



44§ Timothy Lewis et J. Douglas Bruce. 

yd oed y groes wedy v ry ansodi ae chu- 
dva6 y dan v maen. verly yd oed y gro- 
es eilchôyl wedi ry vmehoelut tu v rry- 

10 thvr idi 6rth v maen o anryued vstry6 
a chy\vreinr6vd adoethineb v dynyon 
a oed vna vn medru ac vn mvnnu 
cudyaé a dirgelu g6r kvmeintv an- 
ryded a h6nn6. ac eu hargléyd 6ynteu 

i) a seilya6dyr pennaduraf y lie h6nné. 
Ac vn bennaf oH o acha6s kvnnéryf y 
rvuel a oedarnunt.Eissyoes g6edy 
hedychei ar y lie h6nn6 eihveith. ual 
v keffit manac ar ved arth r . y gosso- 

20 dassant 6 y y groes ar llvthyr yndi 
val hynnv. ac yn g6bvl megys y dy6- 
edassei y brenhin v cariât corf arthur 
Nyt vmv6n marmor megvs v g6ed- 
ei y vrenhin kvmeint v anryded a 

25 H6nn6. nyt vmv6n ysgrin o vaen nad 
na maen glas, namyn vmy6n dryll 
dar géedv ry geua6 a hynny o vn 



Fol. joç a i droetued arbymthec neu a vei v6y o 

dyfynder vn y daear. o acha6s eu brys 6y 
vn v6v noco acha6s anryded cladu g6r kyf- 
urd a h6nn6. Ac nyt oed ryued hynny yn 
5 y kymheHei gynn6rvf ryuel 6ynt a gouit. 
Ac odvna v dvwededic abat henné o arch 
a dvsc henri vrenhin a beris gôneuthur 
vsgrin arderchaéc o vaen marmor y es- 
gyrn arth r megA's y géedei ac y dylyii y 
io seilva6dvr peiîaduraf y Heh6nn6. Ac 

vnteu [a garei] vr eglévs honno vn v6v noc 

'[egl6- 
vsseu vr holi devrnas. ac ef ae g6nathoed 



The pretended exhumai ion of Arthur and Ouineverè. .\ $ 

manner had the cross again turned the inscri- 

[bed side 
towards the stone through the 
wonderful artifice and cunning and wisdom 
ot the men who were able,and who desired to 
hideand to secrète a man so honoured as lie 
who was their lord and the principal tbunder 
of that place. And above ail [it was done] 

[owing to 
disturbance and war among them. 
Howewer after peace had been restored in that 
place they set the cross with the inscription up 

[in that wav 
to indicate thegrave of Arthur. And ' 
Arthur's body was found exactly as the king had 
said not in marble as it became a king 
so exalted as he, nor yet in a coffin of 
polished stone or marmor but in the trunk oi 

[an oak 
which had been hollowed out, 



Fol. foc a and that at a depth of sixteen feet or more 
in the earth, more on account of their haste 
than [lack of] honour in burying a king so 
exalted as he ; and that was no wonder when 
they were harassed by the tumult and the dis- 
stress 
of war So the above mentioned abbot, follow- 

[ in g 
the command and adviceot king Henri 

caused a splendid coffîn of marble to be 

made to contain the bones of Arthur 

in a becoming manner, and as was due 

to the principal founder ofthat place. And 

he loved that church above the churches of 

i. Spéculum MS. (p. 50, beginning ofch. 10) is defective hère. Our text 
makes it clear that the subject of praedixerat 'vas Henry. 



4jJ Ttmowy Lavis et J. Douglas Bruce. 

yn gvuoetha6c o dir a daear yn amyl ac 
yn ehelaeth. Ac nyt heb y obryn ohona6 

15 ynteu. namyn o gyfyaén vra6t du6 
y g6r a dal p6vth pob da yn ehalaeth heb 
petruster. nyt yny nef ehun. namyn ar 
y daear heuyt ac yn vy6 ac yn var6 
A g6edy bo mar6. yny vuched dragy6yd. 

10 Ac yny diwcd yny vanachla6c hynaf 
ac aédurdodaf or holl deyrnas y cladéyt 
anh r . yn anrydedus. megys y g6edei kyf- 
lehau g6r kymeint y glot ae anryded a 
h6nn6. Ac velly y teruyna cladedi- 

10 gaeth Arthur vrenhin 



ihe pretenàed exhumation of Arthur and Guinevere. 431 

the whole kingdom and he made it rich 
with many and extensive pièces of land. And 
this he did not, without reward, but 
of the just judgment of God, the one who 
rewards bountifully and without anv doubt, 
every good that is done; and that not only 
in heaven itself but also on earth, both ' the 
living and thedead, and after death in the 
life eternal. And in the end Arthur was 
buried in the oldest and most powerful 
monastery in the whole kingdom as it was 
becoming to bury a man so famous and 
honourable as he. And thus ends the Burial 
of king Arthur. 

Timothy Lewis, 
University Collège of Wales, Aberystwyth. 

J. Douglas Bruce, 

University of Tennessee. 
1. From hère to the end is defective in the Spéculum (p. 51). 



Revue Celtique, XXXIIl. 50 



MABOK AB MODRON 



Mabon appears to play a much more important part in the 
French romances than in the taies which hâve been preserved 
in the Welsh language. Under other names, however, as wè 
shall attempt to show, he is as well known in Wales as on the 
continent. 

His most important appearance in France is in Chrétien de 
Troyes's hrec. in this épisode, the hero enters the castle of 
Brandigan, which belon^s to Kin£ Evrain, who conducts him 
to a wonderful orchard, full of the most luscious fruit, but 
which is, as many writers hâve pointed out, nothing more 
than a magie prison. In the orchard stands a row of stakes, ail 
except one bearing a human head, and the empty one has a 
horn attaehed to it. Penetrating further into thisland of magie, 
fcrec sees a silver couch, and on it is reclining a most beauti- 
ful maid. Heapproaches her, but as he does so, he is confront- 
ed by a giant with whom, after many bitter words and 
reproaches, he fights. Erec conquers his adversary, who tells 
him that he is called Mabonagrain ; at least, that is how he is 
known in that country, but he does not know his real name, 
— a most important détail preserved by Chrétien, in view 
oï the history of the Welsh Mabon. He is kept imprisoned in 
the orchard by a beautiful maiden, who has by her magie wiles 
forced him to remain there as her lover, and fight every new- 
comer until he is defeated by one ol them. Then and not till 
then will he be released. « Sound the horn » says he to Erec, 
« as a sign, of my deliverance ». After many days of rejoicing, 
Erec départs with Énideinto the court of king Arthur. 



Mnbo>i ah Modroti. 45 5 

The points to which we wish to call spécial attention in the 
above narrative are the following : 
i) The name Mabonag/ain. 

2) Mabonagrain is a prisoner. 

3) He can only be delivered by fighling. 

4) He has a name, but no one knows his real one. 

5) His deliverance is signalised by the sounding of a horn. 
In the Welsh version of Gcraint ac Enid, this incident 

differs in many important détails from the corresponding part 
of the Érec. Some ot thèse différences are immaterial to our 
thème. 

1) The magie prison is covered with mist. 

2) The horn is suspended from an apple-tree. 

3) « Lord » said the conquered warrior « I pray for quar- 
ter, and thou shalt hâve what thou wilt ». « I will naught » 
said Geraint « save that there never be hère any more this 
chivarc ( — jeu) nor the hedge of mist, nor the magie, nor 
the enchantment which has been » . « Thou shalt hâve that 
willingly, lord. And cause thou the mist to leave the place. 
Sound thou that horn, and the moment that thou soundest it, 
the mist will départ. And untilthe knight that should conquer 
me should sound it, the mist might never départ hence. . . 
Then Geraint came and sounded the horn, and the moment 
that he gave one blast on it, the mist departed ». Hère it is to 
be noticed that the Welsh version, with far greater probabi- 
iity, makes the blast of the horn the cause of the breaking of 
the enchantment that bound the strange Knight, and not the 
signal of his deliverance. 

(Il hite Book Mabinogion, folio 283.) 

Let us for the moment leave the story of Mabonagrain, and 

dévote our attention to the Mabon of the Welsh taies. In 

Kulhwch ac Okven, we note the following facts, among others 

concerning him. 

1) His name is Mabon, son of Modron. 

2) He was siolen from between his mother and the wall 
when he was three nights old. 

3) No one knows what has become of him till he is found 
a prisoner in a stone fortress at Gloucester, which can only 
be.approached by water. 



454 tV.J. Gruffydd. 

4) He is the oldest of ail men or beasts then living on the 
earth. 

5) He is delivered from bis prison by Arthur and his 
men. 

(Red Book of Hergest, folios 834-837). 

Now it is strange that no student of the Arthurian legend 
has realized that the story of the stealing of Mabon from his 
mother is given in great détail in the Mabinogi of Pwyll, 
where Rhiannon'sson, whose name is not mentioned, isstolen 
from her bed soon after his birth. The Mabinogi does not 
actually state that he was ' three nights old ', as in the case ot 
Mabon, but he could not be much older, as the midvvives 
were still watching by Rhiannon's bed. This is the incident 
upon which the whole of the latter part of the Pwyll is hin- 
ged. 

We see, then, that the son of both Rhiannon and Modron 
was, according to Welsh tradition, snatched from his mother's 
bed soon after birth. If we can prove that Rhiannon and 
Modron are one and the same person, then we know the story 
of the râpe of Mabon. 

Modron, as is well known, implies an earlier Mâtrôna, 
the name of a goddess which is of fréquent occurrence in 
Celtic inscriptions (Anwyl, Celtic Religion, pp. 41-3. Rhys, 
Hibbert Lectures, pp. 278-9), and which gave in French the 
proper name Marne. The termination -ôna is common in the 
names of Celtic goddesses such as Epona, Sirona etc., and its 
masculine form -ônos (in Roman inscriptions -ônus) is found 
in Mapônus, the name of a well known Gaulish god, which 
gave in Welsh Mabon. Mabon vab Modron, then, may be 
translated as «the Great Son, the son of the Great Mother» \ 

We return to Rhiannon. The original form of her name 
also shows the termination -ôna ; it would be Riganiona, 
that is 'the great queen'. But the root * rig may mean in 

1. It would be interestingto trace how far this deity has influenced what 
mav be called the « mythology » of Christ, as contrasted with his history 
given in the Gospels. Christ is certainly called in Welsh Mabon and Mab 
Mawr, — which makes us think at once of the italian bambino. I throw 
out this suggestion to scholars compétent to investigate the matter. 



Mabon ab Modron, 45 5 

Welsh not only 'king' or ' queen ' but 'parent'. Rhieni, for 
instance, the plural of a word *rigan — means in Welsh both 
i) « parents » and 2) « ladies ». In modem Welsh, it has the 
former meaning, while in Médiéval Welsh it meant the latter. 
Branwen, (Mab. tf Branwen, Red Book ofHergest, folio 728) 
is called tryded prif rient yn yr ynys bon, « one of the three 
greatest ladies of this island », or « one of the three greatest 
queens ». 

It must be noticed that the modem Welsh singular rhiant 
(implying a plural rhienni, with two n's) is a fabrication, 
probablv due to Dr. Pughe. I cannot find the word in any dic- 
tionary before his. 

William Evans's Englisk-Welsh Dictionary (177 1) gives sitb 
« Parent » : ' rhieni, tad neu fam ', as if rhieni were a singular 
noun ' . 

The transition from « queens » to « parents » is, of course, 
easy andobvious enough. Even in thèse days, far removed as 
thev are from patriarchal rimes, the word ' governor' in ple- 
beian English has the three distinct meanings of 1) gouver- 
neur, 2) père and 3) monsieur, just as in Welsh rhieni means 
1) queens, 2) parents and 3) ladies. Therefore, Rhiannon, con- 
taining the root *rig, may mean 'queen' 'lady' or 'mother', 
and in the third sensé of « mother », or rather « great 
mother » has exactlv the same signifkanceasÀfWrcw. So that 
the storv of the râpe of Rhiannon's son is the ston- of the 
râpe of Mabon. 

Who then was the father of Rhiannon's son? According to 
the Mabinogi, it was Pwyll chief of Annwvn, but it is extre- 
melv signifîcant that when he was saved from the magie 
claw, he was adopted bv Teyrnon who persuaded his sub- 
jects, with the connivance of his wife, that his wife had been 
pregnant and had given birth to the child. In other words, the 
subjects of Tevrnon thought that he was the father of the 
child, but as the Mabinogi had already said that the father 
was Pwyll, it was necessary to invent some such story for the 



1 . On trouvera toutefois une autre interprétation du gallois rhieni dans 
la Revue Celtique, t. XXXII, p. 255 (X. d. 1. r.). 



45.6 W. J. Grujfydd. 

sake of consistency. Now Teyrnon, as Sir Edward Anwvl has 
already pointed out (Zeitschrift fur celtische Philologie, vol. I, 
p. 288) makes with Rhiannon a perfect pair, his namc, sup- 
posing an old form Tigernonos, meaning « great king ». We 
may then, without much hésitation, write down the pedigree 
of Mabon as follows : 

Matrona 



Tigernonos — 1 or 

f Rigantona 

I 
Maponos 

And now cornes a moststriking confirmation ofthis theory. 
Teyrnon, when he had decided to adopt the child, caused 
him « to be baptized with the baptism which was at that 
time practised. And the name given him was Gwri Wallt 
Euryn. What hair was on his head was as yellow asgold» 
(Red Book of Hergest, fol. 724.) — but this remark only 
explains the epithet Euryn, and not the more important name 
Gwri, to which we shall return later. Now, it is not surpri- 
sing, in view of what we hâve said, that Mabon and Gwri 
are named together in Kulhwch ac Oliven, — « After that, 
Arthur went to Llydaw with Mabon son of Mellt and Gware 

Gwallt Euryn » (Red Book, folio 837 d.). M. E. Phili- 

pot, in an extremely clever and careful article 1 , has already 
explained the curious name Mabonagrain which, as we hâve 
seen, was the name borne by the prisoner in Erec. « Il est la 
synthèse de deux noms que nous trouvons appliqués à deux 
personnages différents, dans le groupe du Bel Inconnu et dans 
Erec lui-même. On sait que l'enchantement de la « Gaste 
Cité », qui a totalement disparu du récit d'Erec, bien que, 
comme le montre Carduino, il fît très anciennement partie 
essentielle du cycle, est l'œuvre de deux personnages maudits : 
l'un, nommé Mabon, est de beaucoup le plus important, « li 
plus sires » (v. 3321) Eurain n'est guère qu'un com- 
parse, un fantôme dont la seule utilité est, semble-t-il, de 

I. Romania, 1896, p. 258, 



Mabon ah Modron. 457 

parfaire un couple traditionnel. Dans LD ', le premier s'ap- 
pelle Maboun, ou Mabounis, le second s'appelle Irayn. Le 
même couple se retrouve dans Erec, où à côté de Mabona- 
grain, nous voyons le roi Eurain 2 Mais alors, quelle pour- 
rait être l'origine de ce personnage vague, de ce « second » 
de Mabon ? Il est possible qu'il ait été au début une simple 

épithète homérique, l'adjectif gallois Euryn Nous donnons 

évidemment cette conjecture sous toutes réserves ». 

Without knowing it, M. Philipot has struck on the verv 
explanation wbich throws light on the history of Mabon. 
One comment \ve would like to make on his article, — his 
explanation does not dispose of the g of Mabonagrain, or of 
the a. I suggest that Mabonagrain is not simply Mabon-Eurxn, 
as M. Philipot suggests, but Mabon a Gwri Euryn, i. e. 
« Mabon and Gwri (Wallt) Euryn ». 

Now it is tirne to consider whether we hâve any traces 
of such a captivity as that of Mabon or of Mabonagrain in 
that hero's history when he goes under the name of Gwri 
Wallt Euryn? 

When Gwri was restored to Rhiannon, the 'author' of the 
Mabinogi of Pivyll was confronted with a further difficulty. 
The name of Pwyll's son was not Gwri Wallt Euryn, but 
Pryderi, as Welsh tradition, indepently of the Mabinogion, 
amply testifies K So, in a verv lame and unconvincing fashi- 
on, she insists that his name be changed to Pryderi, and hence 
torward in the Four Branches, we hâve toseek for Gwri under 
this new name, though in Kulhivch ac Olwen , as we hâve 
seen, he is still found under the earlier appellation. Therefore, 
though the Pryderi of Math vab Mathomuy is partly Pryderi 
and partly Gwri, the Pryderi of Manauyddan vab Lîyr, is cer- 
tainly Gwri under another name. In this mabinogi, the 
widow Rhiannon is given in marriage to Manawyddan, and 

1. Le. Lx Beaus Desconnus, 

2. In the Welsh Géra bit, « Ywein. » Opposed as we are to the German 
theory of the Arthurian legend, we must admit hère that the Welsh is 
following a French written taie. — which neither M. Loth nor M. F. Lot 
norM. Philipot ever denied. 

3. See under Pryderi in the Index to Skene's Four Ancient Books. 



458 W. J. Gruffydd. 

the three — Rhiannon, her husband and her son — together 
with her son's wife, are described as celebrating the mar- 
riage when suddenly « there was a noise, and in the midst 
ot ,the great noise, a shower of mist came, so that not one 
of them could see the other. And after the mist, everv place 
became light, and when they looked where they had seen 
the rlocks and the herds and the houses before, they could 
see no manner of thing, — neither house, nor beast, nor 
smoke, nor fire, nor man, nor dwelling, except the palace of 
the court, which was empty and desolate and deserted, 
without man or beast. » (Red Book, folio 741.)- After many 
adventures, which we need not describe, they came one day 
to a caer, which Pryderi entered. « When he came into the 
caer, nor man nor beast nor boar nor hounds nor house nor 
habitation could he see in the caer. There was, as it were in 
the middle of the floor, a well, enclosed with marble ail 
around. And on the brink ot the well, a golden goblet above 
a slab of marble, and chains going upwards to the skv, and 

he could see no end to them And he came to the goblet, 

and grasped it. And as he grasped the goblet, his hands became 
fast to the goblet, and his feet to the slab on which the 

goblet stood « Alas, my lord » said Rhiannon « what 

dost thou hère ? And she grasped the goblet with him, and as 
she grasped it, her hand became fast to the goblet. and her 

two feet to the slab As soon as night fell, a noise came 

upon them and a shower of mist, and with that the caer 
disappeared, and away they were taken with it. » After some 
further adventures of Manawyddan and Kicva, Pryderi's wife, 
who were thus left alone, Manawvddan finds a means of deli- 
vering his wife and her son — « Then Manawyddan arose, 
and when he looked, he could see the whole country with 
its houses and inhabitants, with ail its flocks and habitations 
in their place » (Red Book, folio 745-751). 

Thèse quotations carry their own taie, and require no 
explanation of ours. We will only notice one or two points. 

1) It is évident that the interval between the first mist and 
the second is due to the storv-teller. The captivity was proba- 
bly a çontinuous one. 



Mabon ah Modron. 459 

2) The essential factor is the mist, as in the taie of 
Gerçant. 

3) The mist suddenlv disappears as in Gemini. 

4) It required a deliverer hère — in this case, Manawyddan, 
— just as Arthur delivered Mabon, and Geraint delivered the 
Knight of the Mist-Hedge. 

\o\\ it is important to notice that the cyvarwyddyd, or spoken 
taie, from which this Mabinogi was made up, was called the 
« Mabinogi of Mynnweir a Mvnordd » if \ve are to take the 
verv lame and impossible explanations of the names given by 
the 'author' (Red Book, fol. 75 1), but more probably we should 
rcad them as « Mvnnweir a Mvnord. » It should be noted 
ïtoOj that their sojourn in the mist is distinctlv called a car- 
char = « prison ». A word about thèse names. 

There is little doubt that Manawyddan 1 is a later addition 
to the storv as the référence to its older name proves, and 
thaï Mynnweir and Mynord were the original protagonists. 
Modron is also written Mydron, as in the following from the 
Black Book of Caermarthen (Dr. Evans's édition p. 94). 

Mabon am mydron 
Guas uthir pen dragon. 

It seems to us likelv that Mynord hère represents an original 
Mydron, through a séries of scribal errors, because it is clear 
from the storv that the scribes did not understand what the 
names meant. Mvdron written as Mydrô could easily develop 
into Mvnord, for we know that copyists are capable of much 
greater things than this. As to Mynweir, we suspect that we 
hâve hère an instance of the influence of one word of a pair 
on its fellow, which is so common in Médiéval Welsh. Just 
as Sodom and Gomorrah appear in Llyfr \r Ancr (1346)35 Souir 
ac Ovir (Ehicidariii))i,eà\ieà.bxR\\xs and Jones, p. 157), and 
just as we hâve Se ac Asse, Sach a Salach. Lotor a Fotor in 
Kulhwcb ac Olwen (White Book Mabinogion, folio 285), so 
Gweir a Mynord became Mynweir a Mynord in this case. Whe- 

I. He is, of course, one of the Irish characters of the 'Four Branches'. 



460 II'. J. Grujfydd. 

ther this bc right or not, there is little doubt that Mynweir 
conceals, under some addition, the narae Gweir. 

Now, who was Gweir ? It will not surprise us to find that 
ne was one of the « three famous prisoners » of Welsh 
legend, and the most complète account of him is found in the 
Book of Ta lies s in : 

Bu kyweir Karchar gweir ygkaer sidi. 
Truy ebostol pwyll a phryderi. 
Neb kyn noe efnyt aeth idi 
Yrgadwyn tromlas kywirwas ae ketwi 



Tri lloneit prytwen ydaetham ni idi 
Nam seith ny dyrreith o gaer sidi. 

« Complète was the prison of Gweir in Caer Sidi, on the 
quest (?) of Pwvll and Pryderi. Before him no one entered 
into it, — into the heavv dark chain which held him, laithful 
wight. Three times the freight of Prydwen were we when 
we went into it; save seven, no one returned from Caer 
Sidi. » 

Further on, the poem describes Arthur as leading the 
expédition against the fort of Sidi. From the above, thèse 
facts are to be noted : 

i) Gweir is rescued from his prison by Arthur just as 
Mabon was. 

2) His prison was over the water, just as Mabon's 
was. 

3) He is in the poem associated with Pryderi. 

4) Just as Mabon was the oldest of ail living créatures, so 
Gweir was the first to go to it; — whether it means the chain 
or Caer Sidi it does not rnatter ; he is the oldest prisoner. 

And now, let us see what Sir John Rhys says ot the name 
Gweir. In the Hibbert Lectures, p. 282 (3 rd édition) he writes 
asfollows : 

« But we seem to be again led back to the latter by the 
name Gweir,.... for it probably meant « manly » : at any 
rate, that is the natural inference from the fact that it is a 



Mabon ab Modron. 461 

derivative from an earlier from of givr, the Welsh équivalent 
in sensé and etymologv of the old Iris h fer and the Latin vir. 
Anotlierot lus names of this origin is prohably to be detectèd 
in Gwron, which means a great man or hero ». He might hâve 
added « and in the name Gturi. » 

In the Arthurian Legend, pp. 365-366, the same author esta- 
biishes a connection between Pryderi and Gloucester, the 
legendarv prison of Mabon. 

There is little doubt in my mind that Mabon, Gwri, Gweir, 
and Mynwàr ail represent the name of the same person, — 
the original of the Mabonagrain of Erec, and the famous pri- 
soner of Welsh mythology. If thèse équations are accepted, 
many mysteries in the development of the Arthurian legend 
will be cleared up. Another time, we hope to show the bea- 
ring of thèse identifications on the origins of the Arthurian 
taies. 

CardifF. W.-J. Gruffydd. 



AN CAOCH O CLUAIX 



In the Book of the Dean of Lismore a well-known poem 
on the deathofFraoch(Skene-M'Lauchlan, p.54; Cameron, I, 
p. 62) is attributed to In Keich Cloan (=An Caoch O Cltmin 
or Clumhctiri), who is stated by Skene and by Mackinnon in 
his receutly published Catalogue of Gaelic MSS. in Scotlanà (p. 
232) tobe otherwise unknown. The attributions in Macgre- 
gor's collection are not such as to inspire great confidence, 
with the resuit that one is apt to grow sceptical as to the exis- 
tence of certain of the pocts whose names he places at the 
head of poems. It is therefore not without interest to find a 
Caech Ceise O Clumhain appearing in the Magauran Book in 
the possession ofthe O'Conor Don,. as the author ofa poem 
of 36 stanzas in praise of Niall Magauran who died according 
totheAnnals of Ulster and the FourMasters in 1362. For what 
is known of the bardic femily of O'Clumhain see O'Grady 
Catalogue pp. 343 and 366-7. 

E.-C. QlIGGIN. 



L'ETYMOLOGIE DU GAULOIS DU MI AS. 



Dumias, surnom du Mercure Arverne honoré au sommer 
du Puv-de-Dônu, est vraisemblablement un nom local. 
M. Rhys, suivi par M. Holder, Altcdt. Sprachsch., I, 1369, le 
tire d'un mot *dumio- qui signifierait « colline » et qu'il rap- 
proche de l'irlandais duma. Ce rapprochement, que l'on trouve 
utilisé dans l'excellent travail de M. Hessen analysé plus loin, 
p. 470, est certainement possible phonétiquement, mais il 
importe de savoir à quelles conditions sémantiques. 

Le sens de l'irlandais duma demande avant tout à être pré- 
cisé. Dans la langue des gloses, on n'en trouve que les dérivés 
dumaigim, dumugud, dumaigthe : 

Ml. 55 d 3 exaggerauit .i. ro dumaigestar. 

Ml. 44 d 4 exaggerationis .i. indumichtho. 

Ml. 35 d 17 cumulatius .i. 7 nibi indumakhthiu .i. nibi chon- 
duinuÇgud) do degnimaib « ce n'est pas d'une façon plus exagé- 
rée ; il n'y a pas exagération de bonnes actions » (le sens du 
mot conditmiigiid n'est pas sur, v. le Thésaurus, et l'aspiration 
en est irrégulière, v. Pedersen, K. Z., XXXV, 322). 

Ml. 77 d 2 exaggerenter .i. indumaigthid .i. dudumugud 
innanimned « d'une façon exagérée ; pour exagérer les souf- 
frances ». 

Pour qui connaît les principes de traduction servile habi- 
tuels aux glossateurs irlandais, il est évident que le mot duma 
a le sens du latin agger. Et c'est en effet avec cette valeur que 
le mot apparaît dans la littérature postérieure; il désigne une 
levée de terre, un mur, un rempart. Au lieu de tank renie assa 
aithle for lice na ngiall in-Emain Mâcha « il s'avança ensuite 
sur la pierre des otages à Emain Mâcha » (Book of Leinster, 



4&4 /• Vendryei. 

93 b 24), le Book of Lecan porte for duma na ngiall « sur le 
mur des otages » (44 a 7). 

Dans les Passions and Humilies, p. 675, le sens de rempart 
est bien net : rosiiidiged in dama « the mound was raised » 
(1. 1576) ; f itanis duma cloch « I found a mound of stones » 
(1. 1571); rochlaidset induma « thev excavated the mound » 

G- '573) : 

Mais l'idée première est celle d'un ouvrage par accumula- 
tion de matériaux : ni chumdaigem adnocla na duma for marbii 
« nous n'élevons pas de tombes ni de tertres au-dessus des 
morts », lit-on dans l'Alexandre, 1. 902 {Irische Texte, II, 2, 
78). Et le passage suivant du Togail Trôi (1. 1180) précise 
encore cette idée : rolâset a n-étaige diib 7 doronsal du mai dïb 
arambélaib « ils enlevèrent leurs vêtements et en rirent un 
rempart devant eux {Irische Texte, II, 1, 38). Disons plutôt 
« un tas » dans cette phrase, et nous comprendrons alors que 
le mot du ma ait pu être employé pour désigner simplement 
une grande quantité, comme synonyme de imat « beaucoup » 
(O'Davoren, n°75i, dans YArchiv. f. Celt. Lex., II, 320). 
C'est le cas du français familier « un tas d'objets, des tas de 
gens », et aussi du lituanien tûlas qui du sens d'« aggloméra- 
tion, masse » en est venu à désigner « un grand nombre ». 

Un mot très voisin de duma est en irlandais même dua 
« rempart » : dar dua ind liss (L. L. 274 a 51) « par-dessus 
le rempart de la cour » ; cf. duae dans le Glossaire des Lois. 
Il a une forme plus ancienne dans le mot dôe (disyllabique), 
attesté à deux reprises dans le Félire d'Oengus (2 mars et 27 
août). Et le glossaire d'O'Clery enregistre dae no dua À. 
cloidhe ard no mûr ard « a high rampart or high wall » {Rev. 
Cdt., IV, 395). 

Il est regrettable que M. Hessen, dans le travail cité au 
début de cette note, n'ait pas étudié le cas de dôe. D'un proto- 
type *dou-yo- on attendrait, d'après la règle qu'il a posée p. 27 
et suiv., ou bien *dâi monosyllabique ou bien *due (duae) 
disyllabique. La règle serait-elle en défaut ? Le mot d<k du 
Félire résulterait-il d'une contamination ? Faudrait-il séparer 
dua de dôe, et voir dans ce dernier un suffixe plus complexe 
que le suffixe -yo- ? La question vaudrait d'être discutée. Il ne 



L Ètytnologk du Gaulois Ùumias. .(65 

paraît pas douteux en tout cas que àuma et dot (tlua) ne 
dérivent tous deux avec un suffixe différent d'un radical *doij-, 
*du- en alternance vocalique, dont le sens se rapporte à un 
ouvrage de protection en terre amoncelée. 

On peut préciser davantage le sens ancien de ces mots, en 
y rattachant le gaulois dûros (dùron) « ville ». Dans l'article 
où il a fort justement défendu la quantité brève de Vu de 
dûros, M. Philipon a proposé de l'expliquer par le nom indo- 
européen de la porte, grec ftjpx, etc. (R. Celt., XXX, 73) ; ce 
qui ne va pas sans difficulté. Il est plus simple d'expliquer 
*dû-ro- comme un dérivé de la même racine que àuma et dôe. 
Le sens premier en serait « enceinte fortifiée, formée d'une 
levée de terre », d'où plus tard tout simplement « ville ». 

On observe une évolution de sens analogue dans l'histoire 
d'un mot qui a plus d'un rapport avec les précédents. C'est 
le gaulois dunom, qui désigne une ville forte, une forteresse. 
Plusieurs écrivains des bas temps, et en particulier l'auteur ano- 
nyme du Glossaire dit d'Endlicher, nous disent qu'il signi- 
fiait « montagne » (v. les références chez Holder, I, 1375). 
C'est une interprétation, due au lait que les forteresses étaient 
généralement placées sur les hauteurs. Mais il y en avait ail- 
leurs, par exemple dans des îles commandant le cours d'un 
fleuve : tel Metlodunum, aujourd'hui Melun. Et d'ailleurs l'é- 
tymologie n'est pas favorable à l'interprétation proposée. Le 
gaulois dunom, comme l'irlandais di'inÇg. dune, thème en -es-') 
signifiait simplement « enceinte » à l'origine. Le verbe dérivé 
dùnaim traduit en irlandais l'idée d'enter mer. On désignait 
donc par dunom une ville fermée. Le mot, passé en germa- 
nique, a conservé le sens de « ville » en anglais (joivn), mais 
ne signifie plus que « haie » en allemand (Zauri) comme en Scan- 
dinave (v. dan. tun). Sur l'emploi des haies pour enceindre et 
fermer les villes, voir O. Schrader, Reallexikon, sous le mot 
Wall et Fr. Kluge, Etym. Wtb. der deutschenSprache, 7 e éd., sous 
les mots Etter, Hag, Garten et Zaun. M. Kluge suppose que le 
sens ancien de dûnom était celui de « haie », d'où « enceinte ». 
C'est possible. On pourrait aussi bien cependant imaginer le 
processus inverse ; et il y aurait alors peut-être un moyen de 
rattacher le mot dunom, malgré la différence de quantité, aux 



466 /. Vendryés. 

mots dûros (dïiron). du ma et dâe. Mais ce serait reculer trop 
loin les bornes de l'hypothèse ' ; contentons-nous d'indiquer 
ici que ces trois derniers mots forment un groupe étymolo- 
gique dont les rapports paraissent des mieux établis. Il s'agit 
de termes techniques, de mots de civilisation proprement 
celtiques. 

Nous voilà bien loin du gaulois Diimias. Le simple *dumio- 
sur lequel se fondait Pétymologie de M. Rhys existe peut-être 
dans un nom de lieu d'Espagne (Dumium, d'après Holder, I, 
1368) : la traduction « colline » ne repose en tout cas sur 
rien et est certainement aussi en l'air que la traduction « mon- 
tagne » donnée à dûnom par le glossaire d'Endlieher. S'il a 
existé un gaulois *dumio-, il ne pouvait signifier que levée 
de terre, rempart, enceinte fortifiée ». C'est aux archéologues 
à nous dire si l'on a pu tirer de ce mot le nom d'une divinité, 
si cette traduction convient à la topographie du Puy-de-Dôme, 
au caractère du sanctuaire, au culte du dieu. Tant qu'ils n'au- 
ront pas répondu à ces questions, il sera plus prudent de s'abs- 
tenir de tout essai d'étymologie du nom propre Dumias. 

J. Vendryés. 

I. On pourrait être tenté aussi de rapprocher des mots celtiques en ques- 
tion le grec oji;a qu'Hésychius donne comme cypriote et qu'il traduit par 
rou to./o'j -y. -îp'.ç. Mais ce mot est isolé en grec même. M. Hoffmann 
(Gr. Dial., I, in, 112) a probablement tort de le rattacher aux mots Setv 
crrpéçeiv, IjsiSeudai" £-:Trp:yx'., È7Ci8c(u)<ïov' ÈîtîaTpeJ/ôv, également donnés par 
Hésvchius comme cypriotes. On a dans ces mots la racine bien connue 
*Jen<>- •< s'éloigner, se détourner » (sanskrit dûrâh, ddvlydn, etc.). 



BIBLIOGRAPHIE 



Sommaire. — I. J. Pokorny, Der Gral in Irland und die mythischen 
Grundlagen der Gralsage. — II. J Hessen, Zu den Umfàrbuugen der 
Vokale im altirischen. — III. D r M. Hôfler, Organotheiapie hei Gallo- 
Kelten und Germanen. — IV. L. Gougaud, Étude sur les lcicae cel- 
tiques. — V. \Y. M. LlNDSAY, Eiirly Welsh Script. — VI. Sailm 
Dhaibhidh. — VIL A. Perceval Graves, Welsh Poitry Old ami New. 



I 

J. Pokorny. Der Gral in Irland und die mythischen Grundlagen der 
Gralsage. Wien, Verlag der anthropologischen Gesellschaft, 
1912. 15 p. 4 , 1 K. 

Notre savant collaborateur, M.Julius Pokorny, est un esprit fer- 
tile et plein d'imagination. 11 a déjà émis, en mythologie celtique, 
quelques hypothèses hardies, sur la formation de la légende d'Ar- 
thur, par exemple, ou sur l'origine du druidisme. Il s'attaque main- 
tenant à la légende du Graal, dont il croit avoir découvert le fin 
mot. 

C'est à la Société anthropologique de Vienne qu'il a révélé sa 
découverte, dans la séance du 14 février dernier ; et il vient de la 
publier dans les Mitteilungen de ladite société, t. XL1I, sous le 
titre : Der Gral in Irland und die mythischen Grundlagen der Gral- 
sage. 

La légende du Graal nous est connue par les romans dits arthu- 
riens et se trouve, par suite, naturellement localisée dans les tradi- 
tions brittoniques; les deux héros de la légende sont Perceval 
(Peredur) et Gauvain (Gwalchmei), celui-ci probablement plus 
ancien que celui-là, comme l'a prouvé miss Weston. Mais, diffé- 
rents érudits l'on déjà remarqué, Perceval et surtout Gauvain pré- 
sentent certains traits de ressemblance avec Cuchullin ; si bien que 

Rnix Ceiliqut. XXXIU. 31 



468 hibliogr aphte. 

M. Pokorny croit pouvoir soutenir que nous avons dans les trois 
personnages trois exemplaires d'un seul et même héros précel- 
tique, qui serait le héros par excellence du Graal. Qu'est-ce que le 
Graal lui-même ? Sous sa forme ancienne, débarrassée des élé- 
ments que le mysticisme chrétien a pu y ajouter, c'est un vase, 
de forme ronde, qui contient un aliment inépuisable ; et c'est un 
dispensateur de fécondité (« Fruchtbarkeitsspender ») ; il est gardé 
dans un endroit difficile d'accès, où le héros ne l'obtient qu'après 
plusieurs tentatives et au prix des plus grands efforts. Or, dans la 
légende de Cuchullin (v. Siaburcharpat, in Anecd. from Ir. Mss., 
III, 54), il est question d'un chaudron magique où trente vaches 
épandent leur lait, et dont Cuchullin réussit à s'emparer. Nous 
retrouverions là, suivant M. Pokorny, le Graal sous une forme plus 
ancienne et plus rapprochée de ses origines. On peut aller plus 
loin encore : le chaudron, les vaches et le lait, cela lait tout de 
suite penser à l'Inde. Déjà M. L. v. Scbroeder a trouvé dans le 
Rig-Veda le pendant du chaudron de Cuchullin ; et voilà M. Po- 
korny, à la suite de M . v. Schroeder, voguant sur l'océan de la 
mythologie védique. C'est un océan fécond en naufrages, où plus 
d'un exégéte a déjà sombré. Malgré d'illustres exemples, dont celui 
de Max Muller lui-même, M. Pokorny ne craint pas de s'y aven- 
turer. Il est vrai qu'il ne suit pas exactement le même chemin que 
Max Muller. Il a une boussole bien à lui. Ce n'est pas sur le soleil 
qu'il la règle, c'est sur la lune. Toute la légende du Graal, telle 
qu'on peut la reconstituer d'après les données galloises ou irlan- 
daises, ne serait qu'un mythe lunaire, abondamment développé. Le 
Graal, c'est la lune qu'un héros cherche à conquérir ; mais Perce- 
val aussi, c'est la lune, et Gauvain, et Cuchullin. Les fameux tours 
d'adresse par lesquels Cuchullin se distingue, les contorsions extra- 
vagantes qu'il exécute ne seraient que des représentations mythiques 
des phases de la lune. Les nombres fatidiques, qui jouent un 
rôle dans la destinée de Cuchullin, se laisseraient ramener aux 
divisions du mois lunaire. Bref, le héros du Graal, en Irlande 
comme en Galles, serait à la fois le conquérant de la lune, repré- 
sentée par un chaudron, et l'astre lui-même. 

M. Pokorny développe sa théorie avec verve et adresse, sous 
une forme nette et décisive, qui a dû faire sur son auditoire une 
forte impression. Nous ne croyons pas cependant qu'elle résiste à 
un examen attentif. Sans doute, tous les détails qu'il a réunis s'ac- 
cordent le mieux du monde, concourent logiquement à la démons- 
tration, constituent en un mot une excellente argumentation. Mais 
d'autres exégètes avant lui, par des arguments non moins convain- 



Bibliographe. 469 

cants, avaient prétendu prouver que Cuchullin était le soleil ; et 
leur interprétation solaire de l'épopée irlandaise n'a pas prévalu. 
Il est à craindre que l'interprétation lunaire n'ait le même sort. 
L'objection fondamentale que l'on doit faire aux auteurs des Théo- 
ries de ce genre, c'est qu'ils ne tiennent jamais compte que d'une 
partie restreinte des faits; ils ont une vue partielle et unilatérale, 
ils ramassent sur l'immense étendue Jes traditions et des littératures 
tout ce qui peut servir à construire leur thèse, et négligent le reste. 
M. Pokorny n'est pas exempt de ce défaut. Faut-il prouver l'iden- 
tité de Cuchullin et de Gauvain ? Il rappelle un certain nombre de 
correspondances entre les légendes, par exemple, le combat singu- 
lier que livre chacun des héros à son fils; comme si ce trait était 
particulier à Gauvain et à Cuchullin ! comme si le combat du père 
et du fils n'était pas un thème général de folk-lore, répandu dans 
une foule de littératures ! Faut-il prouver la nature lunaire de 
Cuchullin ? Le chiffre 3 entre en ligne de compte, avec ses mul- 
tiples 9 et 27, comme si Cuchullin était le seul personnage de 
légende qui soit soumis à l'influence du chiffre 3 ! Remarquons bien 
d'ailleurs que dans la légende irlandaise le chaudron dont s'empare 
Cuchullin est alimenté par trente vaches, et que malheureusement 
ni le chiffre 30, ni les chiffres 3,9 et 27 ne correspondent aux 
divisions du mois lunaire. Mais M. Pokornv ne parait pas s'embar- 
rasser de la difficulté. Pas plus qu'il ne s'embarrasse de quelques 
autres. Le héros du Graal devant être chaste, il faut que Cuchul- 
lin le soit aussi ; et M. Pokorny, fermant les yeux sur les exploits 
amoureux du héros, s'ingénie à découvrir en lui un « rudiment de 
chasteté ». C'est ce qu'on est tenté d'appeler du parti pris. Et il 
y a bien du parti pris aussi dans la façon dont il utilise le témoi- 
gnage du Rig-Yeda. Il dit que le mot carù, dont le thème répond 
exactement à celui de l'irlandais coire (ce qui n'est qu'à moitié vrai) 
désigne dans le Rig-Yeda « das Mondgefâss ». Nous ne savons pas 
trop comment traduire en français « Mondgefâss » ; mais ce qui 
est sur c'est que le mot carù ne signifie que « Gefàss » tout court. 
Nous avons eu la curiosité de parcourir tous les passages où il 
figure dans le Rig-Yeda (I, 7, 6 ; 162, 13 ; VII, 104. 2 ; IX, 52, 
3 ; X, 86, 18 ; 167, 4). Nous n'y avons rien vu qui fasse penser à 
la lune, sauf dans un seul, IX, 52, 3, où il s'agit d'une comparai- 
son toute naturelle : carùr nà yàs tara ïnkhayéndo va dânath Ihkhaya 
« toi qui es comme un plat, ô lune, fais-nous le tomber, fais-nous 
tomber le don ». Il faut avoir de bons veux pour découvrir là le 
prototype du Graal. 

Ce n'est pas à dire, bien entendu, que nous proscrivions toute 



17" Bibliographie. 

comparaison entre l'Inde et les pays celtiques. 11 y a entre le cel- 
tique et l'indo-iranien d'étroites affinités linguistiques, qui sup- 
posent des traits communs entre les deux civilisations, notamment 
au point de vue religieux. Mais c'est l'esprit même et la méthode 
de la mythologie comparée que nous blâmons ; il n'est rien au 
monde de plus décevant. Devant les théories mythologiques les 
plus solides, où la raison ne trouve rien que de convaincant, on 
doit rester sceptique d'instinct. C'est qu'ici on n'a pas, comme en 
linguistique, le contrôle d'un élément concret et permanent, indé- 
pendant de la volonté humaine. De plus, l'essence du langage est 
d'aller vers la clarté ; l'essence de la mythologie est au contraire de 
tout obscurcir et de tout embrouiller. Pourquoi un mvthe ne con- 
tiendrait-il pas pêle-mêle la légende du soleil, celle de la lune, 
celle de l'éclair, celle du feu de l'autel et de la cuiller du sacrifice, 
celle qu'on a bâtie sur un jeu de mots mal compris, celle qu'on a 
imaginée d'après la vue d'une peinture ou d'un bas-relief, et par 
dessus le marché l'histoire orale d'un héros conquérant ? Car 
révhémérisme contient probablement aussi une part de vérité. Et 
puis comment distinguer ce qui appartient à la tradition nationale, 
localisée dans l'épopée irlandaise ou dans le Rig-Yeda, de ce qui 
appartient à la tradition humaine, qui semble la même chez tous 
les peuples ? Il est bien malaisé d'analyser les éléments hétéroclites 
que renferme un mythe et d'en démêler la formation. Comment 
choisir entre tant de possibilités contradictoires ? C'est d'avoir fait 
un choix arbitraire, et d'avoir prétendu le justifier rationnellement, 
que nous critiquons M. Pokorny. 

J. Yekdryes. 



II 

Johannes Hessew Zu den Umjârbungen der Vokale im altirischen. 
Halle, 1912. 88 p. 8° (Sonderabdruck aus der « Zeitschrift fur 
celtische Philologie », Band IX). 

Le nom de M. Hans Hessen a déjà été mentionné ci-dessus, p. 
389, comme celui d'un collaborateur des Indogermanische Forschuri- 

gen, auquel on doit un relevé des substantifs à thème consonan- 
tique du manuscrit de Milan. Le nouveau travail signé du même 
nom, mais du prénom Johannes, est une dissertation inaugurale, 
présentée en vue du doctorat en philosophie à l'Université de Fri- 
bourg en Brisgau. Cette Université est depuis longtemps déjà un 



Bibliographie. 47 1 

Centre actif d'études celtiques, sous la direction de M. Thurnev- 
sen. 

Le phénomène que M. Hessen appelle « Umfârbung s a été jus- 
qu'ici désigné de différents noms. L'auteur de ce compte rendu a 
lui-même, dans un article des Mémoires de la Société de Linguistique 
(t. XIV [1909], p. 393-411), proposé celui de métaphonie » 
qu'il a continué à employer depuis. D'autres disent a Umlaut ■ ; 
d'autres a Hebung ». Mais « Umfârbung » a pour lui l'autorité de 
M. Thurneysen, qui l'a adopté dans son Handbuch(§ 71). Il s'agitde 
l'altération de timbre qu'éprouvent certaines voyelles brèves sous 
l'influence de la voyelle suivante. Un e (ou un 0) devient ; (ou u) 
quand la syllabe suivante contient un i ou un u, vovelles fermées; 
un i (ou un u) devient e (ou 0) quand la syllabe suivante contient 
un a ou un 0, vovelles ouvertes. Telle est, grosso modo, la règle 
posée dans l'article précité des Mémoires de la Société de Linguistique, 
où d'ailleurs le but de l'auteur était avant tout de définir les rap- 
ports chronologiques de la métaphonie et de l'infection. La règle 
a été précisée par M. Thurneysen qui enseigne dans son Handbuch, 
I. 71, p. 44, que l'altération de e (ou 0) en / (ou m) sous l'in- 
fluence d'une voyelle fermée suivante se produit seulement si la 
consonne qui sépare les deux vovelles est une sonore aspirée (« le- 
niert »). M. Pedersen est revenu à plusieurs reprises sur la question 
dans divers paragraphes de sa Vergleiehende Grammatik ; il en a 
tiré, comme toujours, mainte observation originale et féconde. 
Néanmoins on n'avait jamais soumis à une étude d'ensemble les 
conditions très variées du phénomène ; il restait à réunir tous les 
exemples, à les interpréter étymologiquement, à les classer. C'est 
la tâche que s'est proposée M. Hessen, en limitant toutefois son 
étude au cas où la voyelle exposée à la métaphonie est un ancien 
0. De ce cas il a rassemblé tous les exemples que fournissent les textes 
de gloses du vieil irlandais, et il les a répartis en deux groupes 
suivant que la voyelle de la syllabe suivante est un ancien i ou un 
ancien u ; il v a joint un troisième groupe, comprenant les mots 
où la voyelle de la syllabe suivante était un ancien e, mais sans en 
fournir des listes « exhaustives ». De là les trois divisions de son 
travail (pp. 3-45, 45-57, 57-69)- Dans chaque division il a pris 
comme principe de classement l'élément consonantique intermé- 
diaire (occlusives, spirantes, géminées, groupes de consonnes). 

Le principal résultat de son enquête est de déterminer quelles 
sont les consonnes qui favorisent la métaphonie et au contraire 
celles qui l'entravent. Nous trouvons la règle formulée à la page 69 : 
la métaphonie de en u se produit sous l'influence d'un ; (i) ou 



47- Bibliographie. 

d'un //, lorsque les deux voyelles sont en hiatus ou qu'elles sont 
séparées par un des éléments consonantiques suivants (en dési- 
gnant par des lettres grecques les consonnes « aspirées ») : r, /, m, 
;/, b, d, g; p, À, a, v, (ï, o. •■ ; et ; |xp, y./ ; /»/, r//', _«,'/, »/</, ////>. La 
métaphonie n'a pas lieu devant un ancien e. Toutefois, M. Hessen 
met à part, p. 72, la position en hiatus et le cas où la consonne 
intermédiaire est une labiale ; il y aurait alors métaphonie devant e, 
mais une métaphonie un peu spéciale et de date postérieure à la 
précédente. Je serais tenté de séparer plus complètement qu'il ne le 
fait les deux phénomènes et de rayer radicalement des exemples de 
métaphonie c uinau ou ti'tus. Dans l'hiatus, il s'agit d'un fait tout diffé- 
rent ; et dans le cas de cumatr, l'action de la consonne labiale est 
prépondérante et suffit à expliquer l'altération du timbre. Mais 
M. Hessen enregistre même parmi les cas de métaphonie eruim de 
*qrmi- (p. 15) et crutb, de *(jrtu- (p. 52), où il s'agit d'une évolu- 
tion particulière de ri en ru, sous l'influence des consonnes voi- 
sines. C'est donner à la métaphonie une extension injustifiée, que 
contredit même la définition si précise où M. Hessen a pris soin, 
dès le début, de s'enfermer. 

On pourrait plutôt lui reprocher en général d'avoir adopté un 
cadre trop étroit. Il a restreint son étude au changement de en 
// devant vovelle fermée ; il a laissé de côté le changement inverse, 
de // en devant voyelle ouverte. Il y avait pourtant là un parallé- 
lisme intéressant à établir, et sans doute aussi dans le détail 
quelques différences instructives à relever. Quand il suppose un 
ancien //, p. 34 au mot borp « fou » et p. 52 au mot molh « stu- 
por », on se demande si la métaphonie qui a changé *burpo- en 
*borpo- et *muto- en *moto- n'aurait pas dû être entravée par la 
consonne ; mais il ne pose pas la question. De toute façon l'étude 
de la métaphonie de u en méritait d'être traitée d'ensemble et 
complétait naturellement celle de la métaphonie de en 1/. 

La règle posée par M. Hessen souffre pas mal d'exceptions. Ce 
sont en grande majorité des exceptions dues à l'analogie. Suivant 
les diverses catégories morphologiques, l'alternance vocalique qui 
résultait de la métaphonie a tantôt été supprimée, parce qu'elle 
dérangeait les paradigmes, tantôt été étendue, parce qu'on lui attri- 
buait une valeur significative. L'examen de ces divers cas fait l'ob- 
jet des pages 73 et suivantes. 

M. Hessen termine sa dissertation en montrant l'indépendance 
chronologique de la métaphonie et de l'infection. 

Comme on le voit, ses conclusions ne sont pas complètement 
nouvelles ; mais elles offrent l'intérêt d'apporter à des doctrines 



Bibliographie. 473 

qui n'étaient qu'à moitié fixées ou même seulement soupçonnées, 
pleine et entière confirmation. En outre, s'il est un peu maigre de 
résultats généraux, le travail fournit dans le détail nombre de ren- 
seignements utiles. En classant tous les exemples, M. Hessen en a 
du discuter quelques-uns, qui ne rentraient pas directement dans 
sa règle ou même faisaient franchement exception. Dans cette dis- 
cussion, où il fait preuve d'une sérieuse connaissance du vieil-ir- 
landais et d'une solide préparation linguistique, il corrige parfois 
l'opinion courante, ou bien, fort de sa règle, il décide entre 
diverses interprétations, sur lesquelles on hésitait jusqu'ici. Nous 
réunissons dans ce qui suit quelques remarques de détail. 

P. 5-6, observation intéressante — il est vrai qu'elle vient de 
M. Thurnevsen — sur le vocalisme radical de plusieurs subjonctifs 
de verbes en -ye o- qui ne présentent pas la métaphonie. Cela 
serait dû à l'influence analogique des verbes en -ye/o- dont le sub- 
jonctif se formait directement de la racine (type *gab-a-, *gar-a-< 
*dani-a- ; et. le latin aduenat, euenat, peruenaf). 

P. 6. Le nom de la caille, mariai, est rattaché au mot muir 
« mer » ; mais M. Hessen met un point d'interrogation et n'a pas 
l'air de croire lui-même à cette étvmologie, au premier abord 
inquiétante. Peut-être, cependant, le point d'interrogation est-il de 
trop. Suivant Pellicot, Remarques concernant les migrations des 
oiseaux sur les côtes de Provence (ap. Rolland, Faune populaire, t. II, 
p. 343), « les marins croient que la caille fatiguée se pose sur la 
mer et se laisse pousser par le vent avec une aile relevée en guise 
de voile ». 

P. 9. Des deux mots foil, « gite » et « bracelet », le second est 
interprété comme avant un a ancien ; mais le premier aussi a cer- 
tainement un a ancien ; cf. le gallois gwal « gîte, tanière ». Il s'a- 
git donc ici de l'altération de a en devant consonne palatale, 
signalée dans le Handbuch de M. Thurnevsen, p. 47 et dans ma 
Grammaire, p. 49. La cause de l'altération est la présence devant la 
voyelle d'une consonne labiale ou labio-vélaire (cf. Thurneysen, /. 
cit. et Pedeisen, Vgl. Gr., I, p. 360). Les principaux exemples en 
sont coire « chaudron » (Hessen, p. 7), boill « les membres », 
proind « dîner », broitenc « mantelet », etc. Il faut sans doute 
joindre à la liste foirin « foule, troupe » Wb. 24 a 24, foirenn gl. 
factio Ml. 33 a 8, v.-gall. guerin gl. factio, gall. gwerin « foule » 
(Hessen, p. 6), qui sort de *wariu-, à rapprocher peut-être du 
latin uarius « agité, mobile » ? Pour le suffixe à nasale, cf. irl. bui- 
deti « troupe », gall. byddin. 

P. 13, l'irlandais dom « maison » (ace. doini) est peut-être un 



474 Bibliographie. 

emprunt latin (Thurneysen, ap. Walde, Etym. Wtb., 2 e éd. p. 241); 
la forme dam, également «attestée (cf. Kuno Meyer, Contr., p. 
585), serait due au composé air-dam. On pourrait toutefois faire 
l'hypothèse inverse : admettre avec Whitlev Stokes (JJrk. Spr, p. 
141) l'antériorité de la forme dam, qui serait indigène, et expli- 
quer la forme dom par l'influence du latin. Dans les deux cas, l'ab- 
sence de métaphonie est aisément explicable. 

P. 21. En interprétant l'irlandais cuit, M. Hcssen a négligé de 
dire ce qu'il fait du brittonique, gall. corn, pelh, bret. pe\. 

P. 30. Les mots tossach et toissech sont nettement séparés ; c'est 
la confirmation d'une opinion de M. Thurneysen, Hdb., p. 473. 

P. 36. M. Hessen sépare étymologiquement les adjectifs ele et 
olc, qui signifient tous deux « mauvais » ; c'est bien peu vraisem- 
blable. Les formes à métaphonie (uilec, ulc, itlcu) peuvent être 
analogiques ; quant au rapprochement de olc et de Ulcagnus, il est 
évidemment problématique, comme tout ce qui s'appuie sur le sens 
des noms propres. 

P. 39. L'explication proposée pour cuing « joug » qui sortirait 
de *uing avec un c- analogique (?) est d'une hardiesse troublante. 

P. 41. A propos du mot cuimliucht « utilité », M. Hessen 
apporte une confirmation intéressante à l'hvpothèse de M. Meillet 
sur le sens primitif de la racine *melg- (v. ci-dessus, p. 153). 

P. 48, s. u. ger-chrub, fallait-il citer foch roi b « at hand » Sg. 151 
b 2, dont Yô est étrange ? 

P. 51. Fort heureuse interprétation, suggérée par M. Thurney- 
sen, du mot routh dans i ronth gl. in stadio Wb. 11 a 3 ; ce serait 
le datif d'un substantif *rot-o- différent de *rot-o- « roue », bien que 
dérivé comme lui de la racine du verbe rethim « je cours ». Nous 
avons ici évidemment un exemple — bien rare en celtique — de 
l'opposition du nom d'action et du nom d'agent, qui se marquait 
en indo-européen par une différence dans la place du ton (Meillet, 
Introduction, 3 e éd., p. 238). A côté du verbe ~y-'/y> « je cours », 
le grec possède de même Tpojrôç (nom d'agent) « roue » et rpô^oç 
« course, carrière pour la course ». 

P. 69, signalons une étymologie très plausible proposée pour 
fuirsire « parasitus » ; et enfin, p. 75, notons que le génitif robuir 
Ml. 96 c 1, pour lequel est donné un prototype *rubri de *rubros, 
est tout simplement un emprunt latin : moro robuir « maris 
rubri », 

J. Vendryes. 



Bibliographie. 475 



III 

D r M. Hôfler. Orgànothèrapie bci Gallo-Kelten und Germanen. Leyde, 
H. J. Brill, 191 2, 58 p. 8°, (tirage à part de la Revue « Janus »). 

Poursuivant ses études de philologie médicinale, M. le Docteur 
Hôfler vient de donner à la revue Janus, de Leyde (xvn e année 
[1912], pp. 3-19, 77-92, 192-216), un travail intitulé Orgànothèra- 
pie bei Gallo-Kelten und Germanen. C'est un sujet qu'il connaît bien 
et qu'il a déjà traité d'un point de vue général dans son ouvrage 
Die volk$medi~ x inische Orgànothèrapie und ihr Verhàltniss %um Kultopfer 
(1908). Ce qu'il appelle l'organothérapie est une manière d'opéra- 
tion magique, qui consiste à s'incotporer pour guérir un organe 
malade l'organe correspondant d'un individu sain. Ce procédé tient 
du totémisme, puisqu'il suppose qu'on attribue certaines vertus 
sacrées au corps ou à une partie du corps d'un être vivant. Aussi 
M. Salomon Reinach a-t-il pu dire en parlant des survivances du 
totémisme chez les anciens Celtes (Revue Celtique, t. XXI, p. 304), 
que pour « taire valoir tous les indices qui autorisent à reconnaître 
une phase totémique dans le développement des religions de la 
Gaule,... il faudrait notamment tirer parti des données de la méde- 
cine populaire. » C'est à ce vœu que M. Hôfler a voulu répondre. 

Il fait avec raison remonter le procédé thérapeutique en question 
à l'observance primitive d'un rite. C'est le rite bien connu suivant 
lequel à certaines époques fixes les hommes sacrifiaient leur totem 
et s'en partageaient la chair pour se sanctifier; en temps ordinaire, 
l'animal était tabou, on ne devait ni le manger, ni le tuer. Cette 
communion avec le totem, destinée à procurer à l'homme les qua- 
lités de l'animal, devient naturellement un moyen curatif lorsqu'il 
s'agit de guérir un malade. De là l'intérêt qu'offre la médecine 
populaire pour l'histoire du totémisme, et réciproquement. Chez 
les Celtes, il est aisé de retrouver la trace de nombreux animaux 
totems. M. Hôfler en dresse la liste ; il énumère quelques textes 
qui en définissent le caractère, il réunit les superstitions dont ils 
étaient l'objet, et marque le rôle qu'ils ont joué dans les traditions 
médicinales. La liste est longue et comprend les animaux suivants : 
le corbeau, l'ours, le chien, le loup, le renard, l'élan, le cerf, le 
castor, le taureau, le bœuf, la vache, le veau, l'auroch, le sanglier, 
le lièvre, le coq, l'oie, le canard, le cheval, l'âne, le serpent, la 
grue, le cygne, le blaireau, la belette, la taupe, le hérisson, la sou- 
ris, le rat, le cerf, le mouton, le chat, le lynx, différents .oiseaux, 



4jé Bibliographie. 

l'alouette, le moineau, le hibou, le coq de bruyère, l'hirondelle, 
le pigeon ; des poissons comme le brochet, le saumon, la truite, 
l'anguille; le lézard, la grenouille, le crapaud, le ver de terre, la 
fourmi, l'abeille, La guêpe, la mouche. Dix figures, empruntées sur- 
tout au recueil de M. Espérandieu, illustrent l'ouvrage. 

Le vocabulaire des langues celtiques fournit naturellement à 
M. Hôfler d'importantes données. Quelques détails appellent la 
critique. Ainsi le même mot Matugenos est traduit p. 7 par « Bàren- 
kind », ce qui parait exact, et p. 21 par « Sohn des Schweins », 
ce qui est faux : le radical matu- semble bien en celtique n'avoir 
désigné que l'ours. L'opinion que Lugudunwn signifierait « ville 
du corbeau » a été, comme on sait, contestée par d'Arbois de Jubain- 
ville à plusieurs reprises (v. notamment Rev. Cclt., VIII, 169, IX, 
267, X, 238). M. Hôfler a tiré, comme d'habitude, toutes ses con- 
naissances en lexicographie et étymologie celtiques de Y Urkeltisêber 
Sprachschatz, de Whitley Stokes. Malgré cela ce qu'il dit est parfois 
inexact, et souvent incomplet. Il enseigne par exemple que le nom 
celtique du cerveau est une traduction tardive du grec, ou qu'il 
n'existe pas de nom celtique ancien pour le foie (p. 58); mais d'une 
part l'irlandais inchinn et le gallois ymmenydd ont bien l'air d'authen- 
tiques composés celtiques, et d'autre part l'irlandais ôa (ae) « foie ». 
gallois afu « id. » supposent un prototype ancien. A côté de cela, 
il oublie de mentionner nombre de mots, attestés dans les dialectes 
celtiques modernes, et qui lui eussent fourni d'utiles enseignements. 
Ainsi, il était bon d'indiquer que certains animaux, comme l'ours 
ou le saumon, sont pourvus en irlandais d'un nombre de noms 
vraiment considérable. Cela eût conduit M. Hôfler à tirer parti pour 
sa thèse d'un argument important, qu'on s'étonne de ne pas même 
le voir mentionner : je veux parler du rôle qu'ont joué les inter- 
dictions de vocabulaire. Quand le nom ancien d'un animal a dis- 
paru et se trouve remplacé par plusieurs synonymes variés, c'est 
la meilleure preuve, M. Meillet Ta montré, que l'animal était tabou 
(v. Quelques hypothèses sur des interdiction? de vocabulaire, Paris, 1906). 

C'est toujours naturellement le côté linguistique qui est le moins 
fort dans les travaux de M. Hôfler. La connaissance des littératures 
celtiques lui fait aussi malheureusement défaut. S'il avait pu inter- 
roger les textes, et surtout les recueils de folk-lore, il aurait trouvé 
un nombre considérable de faits utiles qui eussent avantageuse- 
ment accru ses listes et nourri ses développements. 

J. Yendryes. 



Bibliographie. 477 



IV 



L. Gougaud. Étude sur les Loricac celtiques et sur les prières qui s'en 
rapprochent (extrait du Bulletin d'ancienne littérature et d'archéo- 
logie chrétiennes, t. I [191 1], p. 265-281 ; t. II 1912], p. 33-41, 
101-127). 

On sait ce qu'il faut entendre par le mot lorica dans les traditions 
celtiques. C'est « une prière de forme litanique, généralement pro- 
lixe, écrite soit en latin, soit en langue celtique, dans laquelle on 
réclame en termes pressants la protection des trois personnes 
divines, des anges et des saints, contre les maux et les dangers spi- 
rituels ou matériels, surtout contre ces derniers ». Telle est la défi- 
nition que donne en tète de son étude M. L. Gougaud. Autrement 
dit, la lorica « cuirasse » est une formule de protection, que l'on 
adresse à Dieu et aux saints en cas de danger. La littérature irlan- 
daise nous en a conservé un certain nombre, onze en tout, au 
compte de M. Gougaud, parmi lesquelles la fameuse lorica de 
saint Patrice ; il y en a deux en gallois ancien, et deux également 
en latin, la lorica de Brendan et celle de Gildas. M. Gougaud donne 
de chacune une bibliographie complète ; il joint à la liste quatre 
anciennes prières, en latin, qui sans être de vraies loricae, four- 
nissent avec les précédentes plusieurs points de comparaison. La 
lorica-type est pour l'auteur la lorica de saint Patrice {Thés. Pal., II, 
354-358); aussi l'analyse-t-il minutieusement pour définir la struc- 
ture de ce genre de prière. On y doit distinguer huit parties : i° 
une invocation à la Trinité et au Créateur du monde; 2° une adju- 
ration où interviennent les événements de la vie du Christ; 3 un 
appel aux mérites des saints; 4 une énumération des forces et des 
beautés de la nature; 5 un appel direct à la protection divine; 6° 
une énumération des dangers physiques et moraux ; 7 une litanie 
adressée au Christ ; 8° une invocation finale à la Trinité. Cette com- 
position, qui ne brille pas par l'ordre ni par la logique, est plus 
ou moins bien respectée dans les autres loricae. En tout cas, la 
plupart d'entre elles contiennent généralement une invocation à la 
Trinité, un appel à la protection des saints et surtout une énumé- 
ration des dangers que l'on redoute. L'énumération est même 
la partie essentielle de la lorica, dont elle définit l'objet. Par là, on 
peut aisément rattacher la lorica celtique à un type de formules 
magiques et rituelles, comme on en trouve dans le folk-lore de la 



47§ Bibliographie. 

plupart des peuples. M. Gougaud, préoccupé de faire ressortir les 
cléments celtiques de la lorica, ne met pas suffisamment en lumière 
ce qu'il y a en elle d'humain, au sens général. Ainsi, p. 28, il 
semble admettre que l'énumération minutieuse des parties du corps 
qu'on veut protéger est particulièrement celtique. Qu'il ouvre donc 
le recueil de M. Audollent; il trouvera en abondance dans les defi- 
xionum tabellae des énumérations non moins longues, non moins 
précises, et qui vont parfois, comme dans les loricae, « jusqu'à 
l'indécence ». C'est qu'il est indispensable, quand on conjure les 
puissances divines d'attaquer le corps d'un ennemi ou, ce qui 
revient au même, de protéger le sien propre, de définir aussi exac- 
tement que possible l'objet de la conjuration. « C'est comme un 
contrat d'assurance où rien n'est oublié » ; le mot est de M. Gaidoz. 
Mais M. Gougaud se montre enclin à faire trop bon marché des 
éléments païens de la lorica. Il voudrait n'y voir qu'une prière 
chrétienne ; il écarte l'idée que la lorica ait « pour prototype l'in- 
cantation magique », que ce soit une « incantation démarquée ». 
Nous lui accorderons sans peine que l'élément chrétien y domine ; 
mais que le fond soit païen, il nous paraît difficile de le nier. La 
lorica rejoint directement la conjuration desatharvans. Saint Patrice 
a bien pu combattre les druides, et brûler leurs livres ; il n'a pas 
détruit leur magie, ni anéanti leurs pratiques. La lorica est-elle donc 
le seul exemple, surtout en Irlande, de traditions païennes colorées 
d'esprit chrétien ? Et d'une façon générale, n'y a-t-il pas, depuis 
l'origine, un vieux fond de paganisme, que les religions, même 
les plus nobles, se sont incorporé, qu'elles se transmettent pieu- 
sement d'âge en âge, et souvent même renouvellent ? Nous 
posons la question à notre savant collaborateur, si bien informé à 
la fois des choses religieuses et des choses celtiques. 

J. Vendryes. 



V 



W. M. Likdsay. Early Welsh Script (Saint-Andrews University 
Publications, n° X). Oxford, James Parker, 1912, 64 p. 8° (with 
seventeen plates). 5 sh. 

Grâce à M. J. Gwenogvryn Evans, il est aisé de se renseigner sur 
l'écriture des manuscrits en langue galloise : ses reproductions en 
fac-similé du Black Book of Carmarthcn ou du Book of Aneirin four- 
nissent aux paléographes un instrument d'étude de premier ordre, 



Bibliographie. 479 

Mais les manuscrits en langue galloise ne remontent pas plus haut 
que le xn e siècle. Pour la période antérieure, où les scribes gallois 
écrivaient en latin, tout moyen d'information faisait jusqu'ici défaut. 
M. W. M. Lindsay a voulu combler cette lacune. Il consacre aujour- 
d'hui à l'ancienne écriture galloise une monographie détaillée, qui 
fait pendant à l'étude de l'ancienne écriture irlandaise, dont la 
Revue Celtique a parlé t. XXXI, p. 392. C'est la même disposition 
des matières, c'est la même 'méthode. Pas d'exposé systématique, 
mais une énumération simple de neuf manuscrits typiques, choisis 
avec soin, dont toutes les particularités sont minutieusement ana- 
lysées. Ces manuscrits sont les suivants : i° VÊvangéliaire de Lich- 
field, appelé aussi Evangéliairç de Saint-Chad, du nom de saint 
Chadou Ceadda, patron de la cathédrale de Lichfield. C'est sans doute 
le plus ancien manuscrit connu qu'ait tracé une main galloise ; mais 
la date n'en est pas établie avec certitude. — 2 Un manuscrit d'Ox- 
ford (Bibl. Bodl., Auct. F 4. 32), provenant de l'abbaye de Glas- 
tonbury ; recueil composite, formé de quatre parties distinctes, dont 
seules les deux dernières sont d'une main galloise : à savoir, le 
Liber Commouei, copié pour un certain Commoneus en 817, et 
un texte d'Ovide antérieur au x e siècle. — 3 VÊvangéliaire de Berne 
(N° 671), qui date de la fin du ix e siècle et semble provenir du 
Cornwall. — 4 Le manuscrit de Juvencus de la Bibliothèque de 
Cambridge, bien connu par les gloses galloises qu'il renferme. Il 
est dû à un scribe du nom de Nuadu, ce qui ferait croire à une 
provenance irlandaise, et en effet parmi les gloses galloises se sont 
glissés, comme on sait, quelques mots irlandais (cf. Thurneysen, 
Rev. Celt., XI, 91). Mais, en général, l'écriture est galloise; on y 
peut d'ailleurs distinguer plusieurs mains. — 5 Le fragment de 
Comput de la Bibliothèque de Cambridge, qui contient un texte 
vieux-gallois, édité l'an dernier, par M. Quiggin (Zeitsch. f. Celt. 
Philol. VIII, 407; cf. Rev. Celt. XXXII, 509). — 6° Le Martianus 
Capella de Cambridge (Corpus Christi Collège, n° 153), dû à un 
grand nombre de mains et contenant une série de gloses galloises; 
il n'est pas antérieur, dans ses parties les plus anciennes, à la fin du 
ix e siècle. — 7 Les fragments de Leyde et de Berne, deux feuilles 
détachées provenant d'un même original, de contenu apparemment 
philosophique. Le fragment de Leyde comprend la « lorica » édi- 
tée par M. Friedel dans la Zeitsch. f. Celt. Phil., II, 64; M. Lindsay 
y compare les tablettes d'exécration sur plomb, mais oublie (p. 23, 
n. 1) de renvoyer à l'ouvrage fondamental de M. Audollent. — 
8° Le manuscrit d'Oxford (Bodl. 572), connu depuis Zeuss sous 
le nom d'Oxoniensis Posterior. La première moitié seule, jusqu'au 



4.00 Bibliographie. 

f° 50 inclusivement, est de main galloise ; elle comprend d'ailleurs 
quatre parties, de différentes écritures, mais qui semblent toutes 
remonter au x e siècle. L'Oxoniensis Posterior renferme un certain 
nombre de gloses, dont M. J. Loth a démontré l'origine galloise 
(Rev. Celt., XIV, 70). — 9 Les manuscrits de Rhvgxfarcb, aunombre 
de trois, conservés à Cambridge (Corp. Coll. 199), à Dublin (Trin. 
Coll. A. IV. 20) et à Londres (Br. Mus.; Cotton Faustina C. 1). 
Ils doivent leur nom à Ricemarch, fils de Sulien, évêque de Saint- 
Davids de 1072 à 1085, et sont par suite de la fin du xi c siècle. 

De tout ces manuscrits, M. Lindsay fait une étude minutieuse, 
précisée et complétée par l'addition de dix-sept planches fort bien 
venues. La conclusion de cette étude est formulée à la page 40. 
C'est qu'il va, non pas un seul, mais plusieurs types d'écriture gal- 
loise, dont deux au moins s'opposent pleinement : un type d'écri- 
ture ronde ( « round » ), particulièrement net dans le texte d'Ovide 
d'Oxford ou dans les fragments de Levde et de Berne, et un tvpe 
d'écriture aplatie (« flat-topped »), qui caractérise les manuscrits 
de Rhygyfarch. 

J. Vendryes. 



VI 



Sailm Dhaibhidh, d'réir lâimhscribhinne bunaidhe liam Bheidil, 
easbog, ar n-a gcur in eagar do Shéan Og Mac Murchadha 
Caomhânach, le réamh-râdh ô E.R. Mac G. Diocs(Les psaumes 
de David d'après le manuscrit original de l'évêque Bedell, édités par 
M. John Mac Morrough Kavanagh, avec un préface de M. E. R. 
MacG. Dix). Dublin, Hanna andNeale, 1912. w-203 p. 2 s. 6 d. 

Depuis que l'évêque protestant William Bedell, aidé de trois col- 
laborateurs, traduisit en irlandais le texte de l'Ancien testament, de 
nombreuses éditions de son œuvre ont été imprimées. La première, 
faite aux frais de Robert Boyle, date de iési ; il parait qu'elle diffé- 
rait déjà sur quelques points du manuscrit original. Les différences 
se sont accrues avec le temps dans les rééditions successives, si bien 
qu'une publication exacte du travail de l'évêque Bedell ne serait 
pas sans utilité. M. Kavanagh se borne aujourd'hui à en publier 
un fragment, les Psaumes de David, pensant avec raison que cette 
partie des Écritures, étant la plus lue et la mieux connue de ses 
compatriotes, leur fournirait des comparaisons plus variées et plus 
instructives. C'est une heureuse inspiration, dont profiteront tous 



bibliographie. .|Ni 

les amis de la langue irlandaise. Le manuscrit de l'evèque Hedell, 
conservé a la Marsh's Librarv de Dublin, est du second quart du 
xvn e siècle; la traduction des psaumes notamment était achevée en 
1637. Nous avons dans ce document daté un essai de langue com- 
mune, destinée à être entendue également dans toute l'Irlande ; et 
c'est avec le Forus Feasa de Geofïrey Keating, mort en 1644, deux 
ans après L'évêque Bedell, un monument important de l'irlandais 
moderne. Il est donc inutile d'en souligner davantage l'intérêt. 

J. Yen'dryes. 



VII 



A. Perceval Graves. Welsh Poetry Old ami Xar, in english verse. 
London, Longmans Green and C° 1912. xlij-170 p. 8°. 2 s. 6d. 

C'est l'amour des chants populaires qni nous vaut ce petit livre. 
L'auteur, qui n'est ni gallois, ni « galloisant » de naissance, est un 
fervent du folksong. Il a été séduit par les mélodies populaires, 
dont le Pays de Galles offre, comme on sait, une abondante variété; 
mais il a déploré que les paroles anglaises, adaptées à ces mélo- 
dies par d'obscurs traducteurs, fussent en général si plates, si 
ternes, si peu celtiques. Et il se mit lui-même à esquisser quelques 
traductions, qui parurent dans divers périodiques et obtinrent le 
suffrage des connaisseurs. Encouragé par ce succès, il se mit à l'é- 
tude de la littérature poétique du Pays de Galles, et en tira un 
recueil de morceaux choisis, qui embrasse tous les âges, depuis 
l'époque héroïque d'Aneurin, de Taliessin et de Llywarch Hen 
jusqu'à nos jours. Cynddehv, Dafvdd ab Gwilym y figurent digne- 
ment; Ceiriog y occupe une place d'honneur; on y trouve jus- 
qu'à Eifion YYynn, jusqu'à M. W. J. Gruffydd, notre collaborateur, 
sans parler des bardes d Anglesey, Goronwy Owen au xvm e siècle , 
et aujourd'hui, le professeur J. Morris Jones. Il nous est malaisé 
de porter un jugement sur les vers anglais de M. Perceval Graves. 
Ils s'écartent assez, par endroits, des originaux gallois. Mais ils 
paraissent avoir un joli tour poétique ; leur rythme est raffiné, leur 
langue abondante et riche. Pour tout dire d'un mot, M. Perceval 
Graves nous semble encore meilleur poète que traducteur. Et c'est 
là sans doute, pour le public auquel il s'adresse, un mérite prépon- 
dérant. 

J. Vendryes. 



CHRONIQUE 



Sommaire. — I. Mélanges offerts à M. Kuno Meyer. — IL Election de 
M. Kuno Meyer à l'Académie de Berlin. — III. Etat de la langue irlan- 
daise en Irlande. — IV. L'Irlande et le Home Rule, d'après Mrs. A. 
Stopford Green. — V. Répertoire des publications relatives à la langue 
et à la littérature irlandaises. — VI. H. Harrisson, Surnames of United 
Kingdom. — VIL Le sens du latin argutus, d'après M. Ehrlich. — 
VIII. Etymologies de M. Evald Lidén. — IX. L'œuvre d'Eugène Rol- 
land. — X. Découverte de manuscrits bretons. — XL Un nouveau 
périodique breton, Brittia. — XII. Une collection de proverbes en 
breton de Vannes. — XIII. Troisième édition de la Légende de la Mort 
de M. A. Le Braz. — XIV. La renaissance du théâtre breton. — XV. 
Examens bretons de la Faculté des Lettres de Rennes. — XVI. Ouvrages 
reçus. 

I 

La nomination de M. Kuno Meyer à l'Université de Berlin, dont 
nous avons déjà entretenu nos lecteurs, est un événement impor- 
tant dans l'histoire des études celtiques. MM. Osborn Bergin et 
Cari Marstrander ont eu l'heureuse pensée de le célébrer. Ils ont 
pris l'initiative d'un volume de Mélanges auquel ils ont convié les 
celtistes de tout pays à collaborer. Plus de trente ont répondu à 
leur appel. Le volume vient de paraître à Halle, chez l'éditeur 
Niemeyer. 

Nous en rendrons compte prochainement. Mais nous voulons dès 
aujourd'hui adresser nos cordiales félicitations au donataire. Aucun 
nom ne pouvait plus sûrement que le sien unir les sympathies et 
rallier les bonnes volontés ; car c'est celui d'un chef d'école, dans 
tous les sens du terme. Par l'exemple de sa féconde activité, il a 
suscité aux études irlandaises de fervents adeptes ; il a dispensé à 
tous sans compter les trésors de son érudition ; il a encouragé les 
efforts de chacun avec une inlassable bienveillance. Et en même 
temps, par la droiture de son caractère et le charme de son com- 



Chronique. 483 

nifcc, il a contribue plus que tout autre à maintenir entre les tra- 
vailleurs cette bonne entente, cette confiance mutuelle, qui sont si 
favorables aux intérêts de la science. N'est-ce pas un spectacle 
touchant, à l'heure présente, de voir la petite phalange des cel- 
tistes, sans distinction de nationalité, donner l'exemple d'une ému- 
lation toute amicale et pacifique ? 

II 

Appelé à occuper le fauteuil de Zimmer à l'Académie de Ber- 
lin, M. Kuno Meyer y a pris séance le 4 juillet 1912. Le discours 
qu'il a prononcé à cette occasion, et celui par lequel M. Roethe, 
secrétaire de la section philologique et historique, lui a répondu, 
ont paru dans les Sit^ungsberichte der kôn. preussischen Akademie der 
JVissenschaften, t. XXXIV (1912), p. 589-593. On y trouve 
exprimé l'espoir que dans le pavs de Zeuss les études celtiques 
ne périclitent pas. Cette éventualité n'est pas à craindre. Chacun 
peut avoir confiance dans le maitre éminent appelé par l'Académie 
à occuper la place d'honneur que la mort de Zimmer laissait 
vide. 

III 

Le numéro du 10 août 1912 du journal Sinn Féin, « Nous- 
mêmes », de Dublin, contient une bien intéressante statis- 
tique. C'est la statistique du parler irlandais en Irlande, telle 
qu'elle résulte du recensement de 191 1 comparé au recensement 
de 1901. Il y manque toutefois les chiffres pour les villes de Bel- 
fast et de Dublin, ce qui empêche de faire entrer en ligne de 
compte les trois comtés d'Antrim, de Down et de Dublin. Pour 
les vingt-neuf autres, les chiffres sont les suivants : 

MCN'STER 

1901 191 1 

Comté de Cork 105 .716 83.898 

» Kerry 71.669 60.719 

» Gare 43 . 486 36 . 704 

» Waterford 3 r . 600 23 . 820 

» Tipperarv 9-735 10.020 

» Limerick 14 . 060 13.533 

Total 276.266 228.694 

en moins : 47. 572. 
Revue Celtique, XXXIII. ?2 



4 84 Chronique. 

COKXACHT 



1901 191 I 



Comté de Galway 108.870 98. 523 

» Mayo 99.764 NS.601 

» Sligo 17.510 15 .927 

» Roscommon 15.372 10. 113 

» Leitrim 4.004 3-923 

245.520 217.087 
en moins : 28.433. 

Ulster 

1901 191 1 

Comté Je Armagh 4 . 487 2 . 792 

» Cavan 5 • 4 "M 2 . 968 

» Derry 3 . 476 4 . 029 

» Fermanagh 1 . 005 1-563 

» Monaghan 5 . 324 5 .430 

» Tyrone 6.454 7 . 586 

» Donegal 60.677 59 3 T 3 

Total • 86 . 847 83.689 

en moins : 3.158 (manquent les comtés d'Antrim et Down, 
c'est-à-dire la ville de Belfast). 

Leinster 

1901 19 1 1 

Comté de Carlow 222 1 .00S 

» Kildare 1 . 198 1 . 677 

» Kilkenny 3-568 3.264 

» King's County 522 1-933 

» Queen's Countv 405 1 .427 

» Longford 340 9 1 5 

j> Louth 3 . 204 3 . 760 

» Meath 1.357 2 . 44 7 

» Wexford 1 . 300 2 . 90 1 

» Westmeath 691 2 .096 

» W'icklow 631 1054 

Total : 13 .438 22.482 

en plus : 9.044 (manque le comté de Dublin, c'est-à-dire la 
ville de Dublin). 



Chronique. 



485 



Total général pour les 29 comtés : 551.37.1 individus parlant 
irlandais en 191 1 contre 622.132 en 1901, soit une diminution de 
70.75S. Si l'on tenait compte des trois comtés mis à part, la dimi- 
nution serait sans doute un peu moindre. Belfast comptait, en 
1901, 3.587 individus parlant irlandais, et Dublin 9.453 ; ces 
nombres ont du augmenter. 

Cette statistique comparative est complétée par celle de la popu- 
lation qui ne parle qu'irlandais. La répartition en est la suivante : 



1901 



1911 



Munster. Cork 1.067 558 

Kerrv 2 . 495 1 . 891 

Clare 326 166 

Waterford 477 1 5 2 

Tipperary 15 3 

Limerick 7 1 

Cokn'achï Galway 9 . 442 7 . 8 1 1 

Mayo 2 -5 2 9 1.5 18 

Sligo 77 24 

Roscommon 55 14 

Ulster Armagh 2 o 

Derry 4 o 

Donegal 4-448 4-733 

Leinstkr Queen's Countv 1 o 

Westmeath 5 o 

Total 20.950 16.841 

L'examen de ces tableaux est évidemment affligeant. Il convient 
toutefois d'en atténuer un peu l'impression mauvaise, en faisant 
remarquer que, la population globale de l'Irlande ayant considéra- 
blement diminué, le nombre des individus parlant irlandais a moins 
diminué que le nombre de ceux qui ne parlent qu'anglais. Malheureu- 
sement l'article du Simi Féin ne fournit pas les chiffres de la popu- 
lation globale, mais il indique pour chaque comté le pourcentage 
de la population qui parle irlandais. Or. on constate que ce pour- 
centage s'est légèrement élevé dans deux comtés, celui de Leitrim 
et celui de Donegal, où cependant le chiffre total des individus 
parlant irlandais a diminué. Ce qui revient à dire que l'Irlande a 
perdu en ces dix dernières années un peu plus de sujets parlant 
anglais que de sujets parlant les deux langues. 

Un autre résultat intéressant des statistiques précédentes est d'in- 



486 Chronique. 

diquer sur quels terrains l'irlandais recule ; on constate que c'est 
surtout dans les régions occidentales du Munster et du Connacht, 
qui ont été de tout temps des régions gaéliques ; là l'anglais 
pénétre de plus en plus, entame et réduit les réserves de la langue 
celtique. En revanche, l'irlandais s'étend au Nord et a l'Est ; le 
comté de Donegal offre même ce fait curieux, que le chiffre des 
individus ne parlant qu'irlandais y a augmenté. Evidemment, cela 
indique un mouvement de population de l'Ouest au Nord et à 
l'Est ; il v a émigration à l'intérieur, dans les limites mémo de 
l'île. 

Cette émigration parait dangereuse pour le celtique. Car en 
pénétrant dans des régions où l'anglais depuis longtemps domine, 
les Irlandais unilingues sont exposés à devenir plus rapidement 
bilingues, et les bilingues à sacrifier plus volontiers leur propre 
langue a l'anglais. Toutefois, elle offre aussi un avantage, c'est 
d'effacer les différences dialectales et de contribuer à la créa- 
tion d'une langue commune par le mélange des individus. C'est 
aux directeurs de l'instruction populaire à tirer parti de cet avan- 
tage, aux chefs de la Gaelic Leaguc, aux maîtres de la School of 
Irish Learniiig. Peut-être le Home Rule viendra-t-il bientôt leur 
apporter un nouvel et précieux appui. 

IV 

Sur « l'Irlande et le Home Rule » la Revue de Paris a publié, 
dans sa livraison du 15 septembre 1912, p. 423-44S, un remar- 
quable article, signé Alice Stopford Green. Nous y avons retrouvé 
les qualités de pensée et de style, justement appréciées l'année 
dernière dans Y Irish Nationality du même auteur (v. Rev . Celt., 
t. XXXII, p. 484). Mrs. Green possède un réel talent d'histo- 
rien : elle voit les faits d'un coup d'œil large et précis à la fois, 
elle saisit avec justesse l'enchaînement des causes, elle s'exprime 
en une langue claire, terme, entraînante. La lecture de son article 
est un plaisir pour l'esprit. 

Un plaisir a tous égards. Car en analysant les éléments du pro- 
blème, un démêlant les intérêts, les sentiments en présence, l'au- 
teur laisse entrevoir le succès du Home Rule, ou d'un compromis 
qui y ressemble, comme la solution fatale de la crise actuelle. Et 
ce sera pour l'Irlande le commencement d'une ère nouvelle, où la 
vieille race celtique reprendra conscience d'elle-même dans l'indé- 
pendance et la dignité. On pourra citer parmi les grandes dates 
de l'histoire nationale celle du 11 avril 1912, où le cabinet anglais 
a soumis aux Communes le nouveau Home Rule Bill. 



Chronique. .(87 

Il faut dire que si le projet de M. Asquith a de sérieuses chances 
de succès, il le doit pour une large part à son auteur. Ce projet 
témoigne d'un véritable progrès sur les Jets de 1886 et de 1893 ; 
il est plus courageux, plus avancé d'esprit, et en même temps plus 
ingénieux, plus subtil dans ses dispositions, plus souple. M. As- 
quitb a fort bien vu l'intérêt qu'il y avait du point de vue anglais, 
à améliorer le gouvernement de l'Irlande et, partant, le sort de la 
« nation irlandaise ». Il v a pour l'Angleterre, à l'adoption du 
Home Rule Bill, des nécessités à la fois constitutionnelles et finan- 
cières : il s'agit d'une part de soulager l'activité du Parlement du 
Rovaume-Uni, de le délivrer du fardeau intolérable des préoccupa- 
tions secondaires de la politique irlandaise ; et d'autre part il faut 
adapter les finances irlandaises aux besoins irlandais pour obliger 
le pavs à être plus économe et ne pas contraindre l'Angleterre à 
combler, comme elle fait depuis quelques années, le déficit irlan- 
dais. Ces nécessités sont reconnues et senties de plus en plus. 
Mrs. Green nous montre le fossé qui séparait jusqu'ici Unionistes 
et Libéraux en train de s'aplanir et les deux partis également dési- 
reux de résoudre définitivement le problème irlandais. 

C'est d'Irlande même que viendraient .plutôt les difficultés. On 
sait que si les catholiques, qui s'élèvent au nombre de 3.238.656, 
sont tous nationalistes et favorables au Home Rule, les protestants 
n'y sont pas moins ardemment unionistes et hostiles au projet. 
Or, il y a 1. 13 6. 000 protestants en Irlande, dont 575.487 angli- 
cans (épiscopaliens) et le reste presbvtérien. Et l'une des quatre 
provinces d'Irlande, celle du Nord-Est, l'Ulster, compte 886.000 
protestants contre 690.000 catholiques. L'Ulster esthostile au Home 
Rule, hostile à la langue irlandaise, hostile à toute mesure qui 
favoriserait les catholiques irlandais ; les protestants d'Ulster se con- 
sidèrent comme formant une nation à part, différente du reste du 
pavs, comme une colonie britannique en Irlande, comme des 
« Anglais résidants ». Belfast est la citadelle où s'organise la résis- 
tance. Mrs. Green ne croit pas cependant que cette résistance soit 
effective, et surtout durable. Sans doute l'intérêt des commerçants 
de Belfast serait plutôt dans le statu quo ; et les protestants d'Uls- 
ter se résigneront difficilement à perdre les bénéfices d'une situa- 
tion privilégiée qui dure depuis plusieurs siècles. Mais le statu 
quo est devenu impossible ; et Mrs. Green espère que, différences 
confessionnelles à part et grâce à quelques concessions accordées 
par les privilégiés, tous les partis s'entendront au profit d'une 
Irlande nouvelle, forte, prospère et unifiée. Il faut lire les raisons 
qu'elle donne. Il faut lire tout son article ; c'est l'exposé complet 



488 Chronique. 

et impartial du problème le plus attachant de l'histoire moderne 
des Celtes. 



La National Library of Ireland est sur le point d'éditer un réper- 
toire général des publications relatives à la langue et la littérature 
irlandaises, jusqu'à la fin du x'ix^ siècle. C'est un colossal travail 
bibliographique qui comprendra plus de 300 pages et qui rendra 
de bien grands services aux celtistes. lia été confié à M. R. I. 
Best; ce nom seul est une garantie d'exactitude et de probité. Nous 
avons reçu une épreuve spécimen, qui fait bien augurer de l'ou- 
vrage ; il sera, espère-t-on, prêt à paraître à la Noël de cette 
année. 

VI 

Il y a beaucoup de mots d'origine celtique dans le dictionnaire 
étymologique de noms propres anglais que publie M . Henrv Har- 
risson sous le titre Surnames ofthe United Kiugdoni, a concise etxmo- 
logical dictionary (London, The Eaton Press, 191 2). A en juger par 
le spécimen qui nous en a été adressé, le travail est sérieu- 
sement fait et mérite d'être recommandé à nos lecteurs. 

VII 

Dans un livre excellent, plein d'ing