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REVUE CELTIQUE 



TOME III 



Digitized by the Internet Archive 

in 2010 witii funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/revueceltique03pari 



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A ^ PUBLIÉE V"^ V" 

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^J^ AVEC LE CONCOURS DES PRINCIPAUX SAVANTS V^^ 

***'DES ILES BRITANNIQUES ET DU CONTINENT 



DIRIGEE PAR 



H. GAIDOZ 

Directeur-Adjoint à VÉcole des Hautes Études, Professeur à l'École des Sciences Politiques, 

Secrétaire correspondant de la Cambrian Archceological Association, Membre de h 

Royal Archdcological Association of Ireland, etc. 



Tome III 



af Or, Th.BAAOÊR 

4, /f/f(? 




F. VIEWEG, LIBRAIRE-ÉDITEUR 
67, rue de Richelieu, PARIS 

TRUBNER AND C" 
57 and 59, Ludgate Hili, LONDON 

1876-1878 



581459 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Liste des collaborateurs xi 

Liste des souscripteurs xiii 

L'orographie de la Gaule à l'époque romaine, par M. Ern. Desjardins . i 

On theCeltic Comparisons in Bopp's Comparative Grammar, by Whitley 

Stokes, Esq 31 

Le Celtique et l'Ombrien, par M. H. d'Arbois de Jubainville . ... 40 
Le dialecte vannetais de Sarzeau, par M. Emile Ernault. . . . 47 et 232 
Proverbes et dictons de la Basse-Bretagne, recueillis et traduits par 

M. L.-F. Sauvé (suite et fin) 60 et 192 

Liste des noms supposés gaulois, tirés des inscriptions, par M. le 

général Creuly, vice-président de la Commission de la topographie des 

Gaules '55 et 297 

Une Énigme d'onomastique fluviale, par M. H. d'Arbois de Jubainville . 168 
Cuchulainn's Death, abridged from the book of Leinster, by Whitley 

Stokes, Esq • 175 

On the Gaelic Names in the Landnamabok and Runic Inscriptions, by 

the same 186 

Chaden, chaîne, par M. H. d'Arbois de Jubainville 223 

Le dialecte breton du bourg de Batz (Loire-Inférieure), par M. Léon 

Bureau 230 

Vases sigillés et épigraphiques de fabrique gallo-romaine, par M. Anatole 

de Barthélémy 313 

Les finales irlandaises, d'après M. Windisch, par M. H. d'Arbois de 

Jubainville, correspondant de l'Institut 321 

Formules initiales et finales des conteurs en Basse-Bretagne, par 

M. F.-M. Luzel 336 



VI Table des Matières. 

Two Irish Taies, by D' Eduard Muller 342 

L'achat de la femme dans la loi irlandaise, par M. H. d'Arbois de Ju- 

bainvilie 5^' 

Rashin Coatie. — Nicht, Nought, Nothing; Scotch Taies, by A. Lang, 

Esq 365 et 374 

Observations de M. Reinhold Kœhler sur ces contes 567 et 376 

Contes populaires des Bretons-Armoricains. — V. L'homme juste, par 

M. F. -M. Luzel 379 

Une représentation de sainte Tryphine, par M. F.-M. Luzel. ... 386 
Mots bretons dans les chartes de l'abbaye de Beauport (Côtes-du-Nord), 

par M. H. d'Arbois de Jubainville 59^ 

Extraits des dictons du sage Cadoc, traduits du gallois par M. W.-G. 

Jones 419 

MÉLANGES. 

Cornica, by Whitley Stokes, Esq 85 

Corrigenda et Addenda, by John Rhys, Esq 87 

Les derniers échos de la langue comique, par M. W.-S. Lach-Szyrma. 239 
Recherches sur l'origine des ornements connus sous le nom d'entre-lacs, 

par M. Eug. Mùntz 243 

Tableaux exposés dans les églises bretonnes, par M. L.-F'. Sauvé . . 246 

La place du verbe dans les langues celtiques, par M. H. d'A. de J. . . 248 

Nouvelles légendes de monnaies gauloises, par M. A. de B 249 

A Parallel, by W. S 443 

Un Conte populaire dans l'Évangile, par H. G 444 

Owen de Galles, par Siméon Luce 445 et 512 

Le Songe de Marie, prière populaire galloise, par H. G 447 

Quelques Noms de saints bretons dans un texte du XI« siècle, par H. 

d'A. de J 449 

L' Arc-en-ciel, par F.-M. Luzel 450 

La Lune, par F.-M. Luzel 451 

The Killeen Cormac Stone again, by the Rev. J.-F. Shearman, with an 

introduction by H. G 453 

BIBLIOGRAPHIE. 

Andrée, Ethnographische Parallelen und Vergleiche (H. G.) . . . . 501 

D'Arbois de Jubainville, Les premiers habitants de l'Europe (H. G.). 458 

A. de Barthélémy, Les temps antiques de la Gaule (H. G.) .... 467 

Beauvois, La découverte du Nouveau Monde par les Irlandais (H. G.) . 101 

Becker, Die rœmischen Inschriften der Stadt Mainz (H. G.) . . . . 117 

Bertrand, Archéologie celtique et gauloise (H. d'A. de J.) .... 251 

Blackie, The Language and Literature of the Scottish Highlands (H. G.). 484 



Table des Matières. vu 

Bourke, The Aryan Origin of the Gaelic Race and Language (H. G.). 288 
Brandan, Les voyages merveilleux de saint Brandan, publiés par Fr. 

Michel (H. G.) 480 

Brenner, Nord- und Mittel Europa in den Schriflen des Alten (H. d'A. 

de J.) 465 

Brueyre, Contes populaires de la Grande-Bretagne (H. G.) ... . 12 j 
Buhot de Kersers, Épigraphie romaine dans le département du Cher 

(H. G.) 264 

Bulliot et de Fontenay, L'Art de l'Emaillerie chez les Eduens ; le temple 

du Mont de Sene 118 

Cartailhac, L'âge de pierre dans les souvenirs et superstitions popu- 
laires (H. G.) 466 

Congrès archéologique de France 291 et 506 

Desjardins, Géographie historique et administrative de la Gaule ro- 
maine, T. I (R. Mowat) 2S7 

T. II (H. d'A. de J.) 469 

Lord Dunraven and Miss Stokes: Notes on Irish Architecture (H. G.) ici et 478 

Ernault, De l'urgence d'une exploration philologique en Bretagne (Loth) . 49 1 

The book of Fenagh, éd. by Hennessy and Kelly (H, G.) 1 10 

Ferguson (Samuell, Congal (H. G.) 482 

Fergusson, Les monuments mégalithiques de tous pays (H. G.) . . . 465 

Ferk, Ueber Druidismus in Noricum (H. G,) 475 

Transactions of the Gaelic Society of Inverness (H. G.) . . . 1 1 1 et 487 

Galy, Le portique du temple de Vesunna (R. Mowat) 265 

Geslin de Bourgogne et A. de Barthélémy, Anciens évêchés de Bretagne 

(H. d'A. de J.) 289 

J. Graves, The Church and Shrine of St. Manchan 109 

Gregor, An Echo of the olden Time from the North of Scotland (H. G.). 488 

Guyot-Jomard, Étude de géographie celtique (H. G.) 250 

Haug, Die rœmischen Denksteine des Antiquariums in Mannheim (H. G.) 476 

Hùbner, Inscriptiones Britanniae latinas et christiana? (H. d'A. de J.) . 267 

Keller, Archaeologische Karte der Ostschweiz (H. G.) 263 

Kerslake, The Celt and the Teuton at Exeter ; Saint-Ewen, etc. 1 26, 29 1 et 506 

Koschwitz, Chanson du voyage de Charlemagne CJ. Rhys) 287 

Lach-Szyrma, A short history of Penzance (H. G.) ^04 

Leabhar Breac (W. S.) 274 

Le Bos, Causeries bretonnes (Ernault) 494 

Le Men, Etudes historiques sur le Finistère (H. G.) 119 

Le Men, Monographie de la cathédrale de Quimper (A. de B.) . . . 489 
Lemière, Examen critique des expéditions gauloises en Italie; études sur 

' les Celtes et les Gaulois (H. d'A. de J.) 254 

Longnon, Géographie de la Gaule au VI' siècle (H. d'A. de J.) . . . 472 

Luchaire, Les origines linguistiques de l'Aquitaine (H. G.) . . . . 468 
Mannhardt, Wald- und Feldkulte, T. I et II (H. G.) .... 120 et 502 



VIII Table des Matières. 

Martigny, Dictionnaire des Antiquités chrétiennes (H. G.) 505 

Mehiis, Der Rhein (H. d'A. de J.) 47J 

Mêlusine, publ. par Gaidoz et Rolland (P. Regnaud) 497 

Franc. Michel, voir Brandan. 

Miin, Fouilles faites à Carnac (H. G.) 495 

O'Curry, On the Manners and Customs of the ancient Irish (Whitley 

Stokes) 91 

O'Grady, History of Ireland (Ed. Mùller) 476 

O'Hanlon, Lives of the Irish Saints (H. G.) 279 

G. Perrot, Mémoires d'Archéologie (H. G.) 115 

Rambaud, La Russie épique (H. G.) 124 

Rhys, Lectures on Welsh Philology (H. d'A. de J.) 280 

Ch. Robert, Numismatique de la province de Languedoc (H. d'A. 

deJ.) 260 

Sauvé, Proverbes et dictons de la Basse-Bretagne (H. G.) 496 

Simpson, Archasological Essays (H. G.) 272 

Stephens, The Literature of the Kymry (H. G.) 112 

Miss Stokes, voir Lord Dunraven. 

Stokes (Whitley), Middie-Breton Hours (H. d'A. de J.) 285 

Stokes (Whitley), Three Middie-Irish Homilies (H. G.) 481 

Thuriet, Traditions populaires de l'arrondissement de Poligny. ... 126 

Werner, Bonifacius (H. G.) 504 

Ouvrages divers 126, 291 et 506 

REVUE DES PÉRIODIQUES. 

Archœologia Cambrensis 127 

Beitrxge zur vergleichenden Sprachforschung 130 

Bulletin Monumental 135 

Bulletin de la Société d'Anthropologie de Paris 137 

The Celtic Magazine 129 

Mémoires de la Société des Antiquaires de France 131 

Revue Archéologique 133 

Revue de Bretagne et de Vendée 293 

Revue de l'Instruction publique en Belgique 137 

Revue des Sociétés Savantes 132 

Romania 131 

Zeitschrift fur vergleichende Sprachforschung 130 

NÉCROLOGIE. 

MM. Evander W. Evans; — O'Beirne Crowe ; — Ebel ; — Lester; 

— Adolphe Pictet ; — Brash ; — Sir William Wilde 147 

MM. John Peter et John Johnes. 295 



Table des Matières. ix 

MM. Morin; — Geldart; — Stuart; — Geslin de Bourgogne; — Tho- 
mas Wright; — D"" Stokes; — Levot; — De la Saussaye; — Mas- 
siat; — Ropartz 510 

CHRONIQUE. 

M. Renan sur Tréguier. — M. Whitley Stokes et l'Académie d'Irlande. 
— M. Eug. Mùntz sur l'origine de l'entre-lacs irlandais. — Projet de 
recueil sur la Numismatique gauloise. — Cours de philologie celtique 
dans les Universités allemandes. — La chaire de philologie galloise à 
l'Université d'Aberystwyth. — La philologie celtique à Oxford et à 
Edimbourg. — Les revenants et les gendarmes à Lanmeur. — Un 
académicien français sur l'île de Man. — Un projet de revue de mytho- 
logie française. — La bibliographie de la Gaule de M. Ruelle. . . 138 

The Congress of the British Archaeological Association in Cornwall 

(1876) 292 

Création de chaires de philologie celtique 296 

Les auteurs des Dictionnaires vannetais d'après M. l'abbé Luco. — 
M. Le Men et le musée ethnographique de Quimper. — Le premier 
centenaire de la langue comique. — M. Ascoli et les gloses irlandaises 
de Milan. — La Bibliographie générale de la Gaule de M. Ruelle. . ^10 

Nouveaux errata du t. II m 2 

Errata du présent t. III 152 et ^12 



LISTE DES COLLABORATEURS 



AU PRÉSENT VOLUME ET AUX PRÉCÉDENTS. 



MM. 

H. d'Arbois DE JuBAiNviLLE, Correspondant de l'Institut, à Troyes 

(Aube). 
Anatole de Barthélémy, membre de la Société des Antiquaires de 

France, à Paris. 
J. G. BuLLiOT, président de la Société Eduenne, à Autun (Saône-et- 

Loire) . 
J. F. Campbell, Esq. (of Islay), London. 
Général Creuly, vice-président de la Commission de la topographie des 

Gaules, à Paris. 
Ernest Desjardins, membre de l'Institut, à Paris, 
-j- H. Ebel, professeur à l'Université de Berlin. 
Emile Ernault, professeur à l'École Saint-Charles, à Saint-Brieuc 

(Côtes-du-Nord). 
The Rev. D. Silvan Evans, B. D. Lalnwrin, Machynlleth, North 

Wales. 
Henri Gaidoz, à Paris. 
Charles de Gaulle, à Paris. 

Louis Havet, répétiteur à l'École des Hautes Études, à Paris. 
W. M. Hennessy, Esq., Member of the Royal Irish Academy, Dublin. 
Eugène Hucher, au Mans (Sarthe). 
W. G. Jones, à Birkenhead (Angleterre). 
H. Kern, professeur à l'Université de Leyde, à Leyde. 



XII Liste des Collaborateurs. 

Reinhold Rœhler, conservateur de la Bibliothèque Grand-Ducale, à 

Weimar. 
A. Lang, Esq., Londres. 
Louis LEGER, docteur ès-lettres, à Paris, 
f Guillaume Lejean. 

R. F. Le Men, archiviste du Finistère, à Quimper (Finistère). 
-J- P. Levot, bibliothécaire de la Marine, à Brest (Finistère). 
F. LiEBRECHT, professeur à l'Athénée, à Liège ^Belgique). 
LOTH, agrégé de l'Université, à Paris. 
-j- D"" G. LOTTNER, à Dublin. 
Siméon Luge, archiviste aux Archives nationales, à Paris. 

F. M. LuzEL, à Morlaix (Finistère). 

R. MowAT, membre de la Société des Antiquaires, à Paris. 

D"" Eduard Mùller, Colombo, Ceylan. 

Max MûLLER, associé étranger de l'institut de France, professer of 

Comparative Philology at Oxford. 
James A. H. Murray, LL. D. Member of the [London] Philological 

Society, London. 
C. NiGRA, ministre d'Italie à Saint-Pétersbourg. 
Gaston Paris, membre de l'Institut, à Paris. 

G. Perrot, membre de l'Institut, à Paris. 

f The Rev. John Peter, Bala, North Wales. 

j Adolphe PiCTET, à Genève iSuisse). 

Ernest Renan, membre de l'Institut, à Paris. 

Albert Réville. 

John Rhys, Esq., professor of Celîic Philology at the University of 

Oxford. 
L. Sauvé, à Audierne (Finistère). 
The Rev. J. F. Shearman, C. C, member of the Royal Irish Academy, 

Howth, near Dublin, Ireland. 
Whitley Stokes, Esq., member of the Governor-General's Council, 

Calcutta. 
Charles Thurot, membre de l'Institut, à Paris. 
F. W. Unger, professeur à l'Université de Gœttingue. 
W. Wattenbach, professeur à l'Université de Berlin. 



LISTE DES SOUSCRIPTEURS 



AU PRÉSENT VOLUME '. 



ÉDITION SUR PAPIER DE HOLLANDE. 

M. 

Nigra, ministre d'Italie à Saint-Pétersbourg. 

ÉDITION ORDINAIRE. 

MM. 
Mme veuve Aillaud, Guillard et Cie, libraires, à Paris. 
D'Arbois de Jubainville, archiviste à Troyes (Aube). 
Asher et C", libraires à Berlin (Prusse) (3 ex.). 
Asher et C", libraires à Londres. 
Audran, notaire à Quimperié (Finistère). 
J. Baer et Cie, libraires, à Paris (2 ex.). 
Bardonnet, à la Crèche (Deux-Sèvres). 
A. de Barthélémy, à Paris. 
Barthés et Lowell, libraires à Londres (3 ex.). 
Beauvois, à Corberon (Côte-d'Or). 
E. Benoist, à Paris. 

Benrath et Vogelgesang, libraires, à Aix-la-Chapelle (Allemagne). 
Bibliothèque de l'Institut de France. 

I. We regret that we cannot print the names of our British subscribers : the English 
booksellers dedined to communicate them, so that we can mention only those whose 
subscription is sent directly to the Paris publisher. 



XIV Liste des Souscripteurs. 

Bibliothèque de l'Université de France. 
Bibliothèque de la ville de Moulins (Allier), 
Bibliothèque de la ville de Francfort-sur-le-Mein (Allemagne). 
Bibliothèque de l'État-Major général au Ministère de la guerre, à Paris. 
Bibliothèque Vittorio Emmanuele, à Rome (Italie). 
Bocca frères, libraires à Turin (Italie). 
Bonneau du Martray, ingénieur, à Nevers (Nièvre). ' 
Borrani, libraire, à Paris. 
Bossange et Cie, libraires, à Paris (8 ex.). 
Boucherie, professeur au Lycée, à Montpellier. 
H. Bradshaw, Esq., King's Collège, Cambridge. 
Bréal, membre de l'Institut, à Paris. 
J.-G. Bulliot, Président de la Société Éduenne, à Autun. 
L. Bureau, à Nantes. 

P. du Casse!, au château de la Grivellière, près de Lassay (Mayenne), 
Le comte de Chaban, à Rouen. 
H. de Charencey, à Paris. 

A. Chassaing, juge au tribunal civil, secrétaire de !a Société académique du Puy. 
Le comte Arthur de Circourt, à Fontainebleau. 
C. Claverie, négociant, à Tarbes. 
F. -A. Coelho, à Porto (Portugal). 
Cohen et fils, libraires, à Bonn (Allemagne). 
G. Comont, curé, à Saint-Pierre-le-Viger (Seine-Inférieure). 
A. Constantin, à Annecy. 
Contet, libraire, à Paris (2 ex.). 
H. Courel-Groult, à Lisieux (Calvados). 
Mgr David, évêque de Saint-Brieuc. 
L. Deglatigny. au Havre. 
Drucker et Tedeschi, libraires, à Vérone (Italie). 
G. Stirling Home Drummond, Esq., à Ardoch (Ecosse). 
Dybwad, libraire, à Christiania (Norvège). 
Ernault, professeur à l'École Saint-Charles, à Saint-Brieuc. 
Flagelle, expert agronome, à Landernau. 
Gariel, conservateur de la Bibliothèque, à Grenoble. 
Charles de Gaulle, à Paris. 
Gautier, libraire à Moscou (Russie) (2 ex.). 
La librairie H. Georg, à Genève (Suisse) (2 ex.). 

Geslin de Bourgogne, Président de la Société d'Émulation, à Saint-Brieuc 
Grosjean, libraire, à Nancy. 
Le D"" Halléguen, à Chàteaulin (Finistère). 
Hauvette-Besnault, à Paris. 
W. G. Jones, à Birkenhead (Angleterre). 

Le vicomte Hersart de la Villemarqué, membre libre de l'Institut, au château 
de Keransker, près Quimperlé (Finistère). 



Liste des Souscripteurs. xv 

Jourdain, à Paris. 

Klincksieck, libraire, à Paris. 

Kramers, libraire, à Rotterdam (Pays-Bas). 

-{- De La Saussaye, à Paris. 

Lecoz, ingénieur civil, à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord). 

L. Léger, à Paris. 

Le Men, archiviste du département, à Quimper (Finistère). 

Lemoigne^ libraire, à Paris (3 ex.). 

Leroux, libraire, à Paris. 

A, de Longpérier, membre de l'Institut, à Paris. 

Lorenz, libraire, à Paris. 

Luzel, à Morlaix. 

Henri Martin, membre de l'Institut, à Paris. 

Gabriel Monod, à Paris. 

f L.-A. de Montluc, à Paris. 

Mme veuve More, libraire, à Porto (Portugal). 

Le Rev. D' Moriarty, Bishop of Kerry, Killarney (Irlande). 

R. Mowat, à Paris. 

E. Mùntz, bibliothécaire de l'École nationale des beaux-arts, à Paris. 

Librairie Muquardt, à Bruxelles (Belgique). 

L. Naville, à Genève. 

Nigra, ministre d'Italie à Saint-Pétersbourg. 

Noiriel, libraire, à Strasbourg. 

D. Nutt, libraire, à Londres (3 ex.). 

Odobesco, Conseiller d'État, à Bukarest (Roumanie). 

G. Paris, membre de l'Institut, à Paris. 

A.-J. Patterson, à Londres. 

Penlou, libraire. 

A. Peyrot, professeur au Lycée, au Mans. 

C.-E.-A. Plicot, médecin, à Fère-Champenoise. 

G. Ploix, à Paris. 

G. Reinwald et Gie, libraires, à Paris (4 ex. ). 

Renan, membre de l'Institut, à Paris. 

Ronarc'h, à Redon (Ille-et-Vilaine). 

Saint-Jorre, libraire, à Paris, 

Samson et Wallin, libraires, à Stockholm. 

Francis Martin Moraes Sarminto, à Guimaraes. 

Sauvé, receveur des douanes, à Audierne (Finistère.) 

Sayvé, à Versailles. 

Le comte de Tertu, à Tertu (Orne). 

Thonnelier, à Paris. 

E. Thomas, à Marseille. 

Le baron de Tourtoulon, à Valergues (Hérault). 
Treuttel et Wurtz, libraires, à Strasbourg. 



XVI Liste des Souscripteurs. 

Trûbner et Cie, libraires, à Londres (31 ex.). 

K.-J. Triibner, libraire, à Strasbourg (2 ex.). 

G. Turrini, professeur à l'Université, à Bologne (Italie). 

Van der Kindere, à Uccle (Belgique). 

Williams et Norgate, libraires, à Londres (4 ex.). 

E. Windisch, professeur à l'Université, à Leipzig. 

W. Weber, libraire, à Berlin. 

Le général Wolff, commandant la province, à Alger. 



L'OROGRAPHIE DE LA GAULE 

A L'ÉPOQUE ROMAINE '. 



Ce n'est pas une des moindres faveurs de la nature, si prodigue pour 
notre pays, que ce soulèvement imposant du sol qu'elle semble avoir 
dressé à dessein comme une barrière entre nous et l'Italie. La ligne prin- 
cipale de la chaîne des Alpes présente en effet une courbe dont la con- 
vexité engendre, avec ses puissants contreforts, des vallées divergentes 
de notre côté et convergentes sur le versant opposé, ce qui rend et a 
rendu dans tous les temps les invasions sur notre sol difficiles et presque 
toujours stériles, parce que les armées d'attaque s'éparpillent à de 
grandes distances, — tandis que les expéditions sur le sol ennemi ont 
toujours été promptes et souvent glorieuses par la facilité des ralliements 
et des concentrations dans les vallées du Pô et de ses affluents supé- 
rieurs. 

L'inégalité qui résulte pour les deux pays de cette disposition de la 
chaîne Italo-Gallique n'avait pas échappé aux Romains, qui ont mis une 
sage lenteur à soumettre d'abord la Cisalpine, à s'assurer ensuite les 
principaux passages alpestres, et à ne s'avancer que par des progrès me- 
surés et certains dans la vallée du Rhône, jusqu'au jour où cette région 
bien soumise et presque assimilée à l'Italie permit à César de frapper les 
grands coups qui ont mis la Gaule entière sous la main de Rome. Aussi 
peut-on dire que cette attaque prudente de notre pays par les armées 
romaines venues d'outre-monts est la seule qui ait réussi : toutes les 
autres ont échoué, depuis celle des Lombards et des Saxons avec Amo, 
Zaban et Rhodane^, au temps d'Ennius Mummolus, en 570, jusqu'à celle 



I. Cet article est extrait d'un grand ouvrage aujourd'hui sous presse, intitulé Géogra- 
phie historique et administrative de la Gaule Romaine, qui comprendra 2 vol. in-8", avec 
cartes, planches, inscriptions en fac-similé, etc. et de nombreuses notes justificatives, dont 
la plupart sont supprimées ici. Comme le premier vol. ne sera pas terminé avant l'an 
prochain, nous avons pensé pouvoir offrir à nos lecteurs le chapitre relatif à l'Orographie 
de la Gaule, chapitre inédit, bien entendu, et qui rentre par plus d'un côté dans le cadre 
spécial de notre Revue. 

Rev. CelU lU i 



2 L'Orographie de la Gaule 

de Charles-Quint en 1 556 ; tandis que toutes les invasions en Italie par 
les Alpes gauloises ont réussi d'abord, depuis le temps d'Hannibal jus- 
qu'à celui de Charlemagne, depuis les expéditions des Valois jusqu'à 
celles de Louis Xlil, de Catinat et de Bonaparte, et, plus récemment, 
des trop chevaleresques alliés de Victor-Emmanuel. 

Le Saint-Gothard forme, comme on sait, le nœud du système alpin. 
C'est de ce point que partent à la fois les cinq chaînes : des Alpes Poe- 
ninae (Alpes Pennines , au sud-ouest ; des Alpes Raeticae et Lepontiae 
(dénomination générale qui s'applique à plusieurs contreforts, les Alpes 
Grises, Lépontiennes ou Centrales, et les Alpes d'Uri, à l'est et au nord- 
est ; des Alpes Bernoises, ou nord-ouest, et enfin des monts de l'Ober- 
wald vers le nord (deux chaînes auxquelles les anciens ne paraissent pas 
avoir donné de noms particuliers'. Ces puissants contreforts resserrent 
étroitement les cinq vallées du Rhodanus Rhône), du Rhenus Rhin), du 
r/cj/îui (Ticino ou Tésin), de VArula [kâvj et de la Reuss. Négligeant 
les Alpes Centrales, qui sont en dehors de notre cadre, nous nous atta- 
cherons d'abord aux Alpes Poeninae, qui renferment, comme on sait, les 
plus hauts sommets de la chaîne. 

Le Saint-Gothard lui-même est le mons Adulas, où le Rhin prend sa 
source, peu éloignée, à l'est, comme on sait, de celle du Rhône. 

La section des Alpes comprise entre le Saint-Gothard, ou mieux le 
col de la Furca, et le col de la Seigne, situé au nord du petit Saint- 
Bernard, porte aujourd'hui, comme autrefois, le nom d'Alpes Pennines, 
Penninae ou Poeninae Alpes, mentionnées par Ptolémée, par l'auteur 
anonyme d'une cosmographie (Strabon ne distingue pas les sections des 
Alpes), par plusieurs historiens, enfin, par l'Itinéraire d'Antonin. Le 
Summus Poeninus iGrand Saint-Bernard) est cité dans de nombreux 
textes. Ce serait un des plus anciens passages des Alpes, s'il fallait en 
croire Tite-Live, qui fait venir par cette route les Boii et les Lingones, 
lorsque ces peuples émigrèrent, vers le v« siècle avant notre ère, de 
Gaule en Italie '. Au temps de Strabon, cette route n'était pas même 
accessible aux bêtes de somme (Strabon IV, vi, 7). Trompé par une 
fausse analogie, Tite-Live se demande si le nom de Poeninus ne rappel- 
lerait pas le passage des Carthaginois, Poeni, commandés par Hannibal ; 
mais nous connaissons aujourd'hui l'origine de ce nom ; elle est due à 
une divinité topique, gauloise, le dieu Pcnn ^^ dont les Romains ont fait 



1. « Poeninon... Boii Lingonesque transgressi ». V, 3J. 

2. Voy. Zeuss, Die Deutschen und die fiachbarstsmme. Mûnchen, iSjy, p. s et note. 
— fLe thème gaulois pdnno- signifie « tête, sommet » si on l'identifie, ce qui est philo- 
logiquement légitime, à l'irlandais cenn, au gallois et breton penn « tête j. H. G.] 



à l'époque Romaine. j 

Jupiter Poeninus ; l'historien latin paraît lui-même accorder plus de 
créance à cette seconde hypothèse, et il ajoute que la tradition, chez 
ces peuples, n'a conservé aucun souvenir du passage d'Hannibal, mais 
qu'ils connaissent le sommet sacré appelé par les montagnards de ces 
régions Poe«//7ii5 ou, suivant d'autres documems, Penninus '. De nom- 
breux monuments épigraphiques, rappelant la dévotion païenne à Jupiter 
Poeninus ou au dieu Poeninus (car on trouve ce dernier nom seul), ont 
été réunis à l'hospice du Grand Saint-Bernard ; on en connaît trente-et- 
un ; ces ex-voto, gravés sur des tablettes de bronze ou d'argent, avaient 
dû être cloués sur les murs du temple de Penn ou Jupiter Poeninus, dont 
l'emplacement a été reconnu entre l'hospice et le petit lac. Toutes ces 
tablettes, sans exceptions, donnent l'orthographe Poeninus, Puoeninus. 
Ce sommet est encore mentionné par Strabon ^, et le col l'est par Pline 
l'Ancien?. Le Grand Saint-Bernard a porté certainement aussi, dès les 
temps anciens, les noms de Mons Jovis, comme l'attestent les appella- 
tions de Mont-Joux et de Plan-dc-doux, qu'ont conservées jusqu'à nos 
jours le sommet et l'esplanade voisine de l'hôpital, et comme le prouvent 
divers textes des ix«, x'^ et xii'= siècles. Nous verrons bientôt que ce n'est 
pas ce passage qui est désigné comme une des grandes routes pratiquées 
au temps de Polybe à travers les Alpes; mais c'est bien celui que durent 
suivre L. Cassius Longinus en 107, Servius Galba en 57 avant notre 
ère, et que mentionne Strabon vers l'an 20 de J.-C. (voy. plus bas). Le 
petit lac qui est auprès de l'hôpital est nommé, dans la table de Peutin- 
ger, Menus lacus, pour Penus, Poenus, Penninus^^ Poeninus lacus. 

Deux inscriptions sont les seuls documents qui nous fassent connaître 
les Alpes Atrectianae ou Atractianae 4, et l'une d'elles associe ce nom à 
celui des Alpes Poeninae dans l'énoncé officiel du gouvernement d'une 
seule et même province impériale procuratorienne. Aucun passage des 
textes classiques, aucun nom moderne ne nous permettent d'identifier 
avec certitude ces montagnes, soit avec une section, soit avec un ou 
plusieurs contreforts de la chaîne alpestre ; or, nous ne pouvons les 
confondre avec les Alpes Poeninae, puisque ces dernières sont nommées 
spécialement dans une des deux inscriptions ; d'autre part, les Alpes 
Graiae le sont avec les Alpes Poeninae, pour le gouvernement de la pro- 
vince procuratorienne, qui figure sur les documents des iv^ etv'' siècles; 
les Alpes Atractianae pourraient donc être, à la rigueur, les mêmes que 

1. Table Peut.,l, B. I; Itin. Anton., p. 351 ; Noîit. prov. Gall., Guérard, p. 2j. 

2. IV, VI, 7 et II. 

3. « Fores Poeninae », III, xxi (xvii), i. 

4. Wilmanns, Exempta inscriptionum latinarum n"» 690 et 1 266. 



4 L'Orographie de la Gaule 

les Alpes Graiae (voy. plus bas). Si l'on n'admet pas cette assimilation, il 
faut se rappeler que la province des Alpes Poeninae s'étendait sur le ver- 
sant gaulois de la chaîne, et devait être limitée à l'ouest par le territoire 
de la cité de Vienne, qui comprenait les vici de Cularo (Grenoble] et de 
Genava (Genève) ; il semble donc que le nom d'Alpes Atractianae ait pu, 
dans cette seconde hypothèse, s'appliquer aux contreforts septentrio- 
naux et occidentaux compris entre le lac de Genève, le canton du même 
nom, la vallée de l'Arve, sauf sa partie supérieure, et la crête des Pen- 
nines, c'est-à-dire aux Alpes du Valais, du Faucigny, et aux monts 
Voirons. 

Entre le Saint-Gothard et le col de la Seigne, où nous croyons que 
les Romains limitaient la désignation d'Alpes Poeninae (nous en donnerons 
plus bas la raison), se trouvent, comme on sait, les sommets les plus 
élevés de l'Europe. Mais les anciens, qui n'avaient pas de procédés 
exacts pour mesurer les altitudes, ne paraissent avoir nommé ni le mont 
Rosa, ni le Cervin, ni même le mont Blanc ; le Simplon ne l'a pas été 
davantage, et, bien que la voie romaine du Valais ait laissé des vestiges 
reconnaissables jusqu'à la hauteur de Brieg ', il est certain qu'aucune 
issue carrossable n'a été pratiquée dans cette direction pour faire com- 
muniquer la vallée supérieure du Rhône avec celle du Tésin, 

Si nous bornons les Alpes Poeninae au col de la Seigne, c'est qu'im- 
médiatement au sud de ce col est celui du Petit Saint-Bernard, où se 
trouvait la station In Alpe Graia^. Ce passage appartient donc à la sec- 
tion des Alpes Graiae (Alpes Grées). L'ancien historien Caelius Antipater, 
dont le témoignage est cité par Tite-Live, dit qu'Hannibal avait passé les 
Alpes par le Jugum Crcmonis'-', qu'il faut certainement identifier avec le 
mont Cramont ou Gramont, entre la Thuile au sud et Entrèves au nord, 
sur le versant italien, vers la source la plus occidentale de la Dora Bal- 
tea, en face du mont Blanc. Ainsi, d'après Caelius, les anciens auraient 
connu la route du col de la Seigne, dont le Cramont forme le contrefort 
méridional, et qui conduit du point extrême de l'Allée-Blanche à la por- 
tion la plus septentrionale de la Tarentaise, au nord de Saint-Maurice. Il 
est toutefois plus probable qu'ils n'ont pratiqué qu'un seul passage dans 
les Alpes Graiae, celui que Strabon nous indique en ces termes : « ceux 
qui, partant d'Italie, veulent franchir les Alpes [au nord-ouest] doivent 
prendre leur route par la vallée des Salassi (val d'Aoste) ; ce chemin 

1. Voy. la carte qui accompagne l'ouvrage de M. de Haller, Helvetien unter den 
Roemern, t. 11. 

2. Table de Peutinger, Segment, II, B. i p. 57, col. i, n° 9 de l'édit. in-fol. ; Gaule, 
d'après la Table de Peutingcr, p. 396, in-8 ; — Anon. Ravenn, IV, 50 ; Guido, 12. 

3. « [Hannibalem Caeliura per Cremonis Jugum dicere transisse », XXI, 38. 



à l'époque Romaine. 5 

bifurque : une des deux routes, âpre et inaccessible aux bêtes de somme, 
gravit le Poeninus ; l'autre, plus à l'occident, gagne le pays des Ceutrones 
(Tàrentaise, vallée de l'Isèrel ' «. Le même géographe ajoute plus bas 
que, pour se rendre à Lyon, cette dernière route était carrossable, mais 
plus longue que l'autre ^ L'un des deux passages, — soit celui du 
Petit Saint-Bernard, soit celui du Grand Saint-Bernard, — ne parait 
pas avoir été frayé au temps de Polybe ', qui cite seulement quatre 
routes pour sortir d'Italie : 1° celle de la Corniche, « sur le rivage de la 
mer Tyrrhénienne », 2" celle qui traverse le pays des Taurini, 5° celle 
du pays des Sabss'i (val d'Aoste), 4° celle de la Rétie. Un passage de 
Varron (qui écrivait après Polybe et qui était contemporain de César), 
nous a été conservé par Servius '^ et nous en fait connaître cinq pour la 
seule frontière physique de la Gaule, sans y comprendre même les Alpes 
Poeninae : 1° celle de la Corniche ; 2° 5° et 4° celles que suivirent Han- 
nibal, Pompée lorsqu'il se rendit en Espagne, et Hasdrubal lorsqu'il vint 
rejoindre son frère en Italie ; ^° celle des Alpes Graiae. Nous réservons, 
quant à présent, le texte de Varron pour nous en occuper plus bas. Pour 
ce qui regarde le fragment de Polybe, qui écrivait vers l'an 1 30 avant 
notre ère, on ne peut dire lequel des deux cols du Grand ou du Petit 
Saint-Bernard il entend désigner comme donnant issue au pays des 
Salassi ; car, à une époque fort ancienne, comme nous le montrerons 
bientôt, l'un et l'autre étaient connus, et tous deux donnaient accès à 
deux routes partant du pays occupé par ce peuple. Ce qui est incontes- 
table, c'est que ces deux passages, ainsi qu'on l'a vu plus haut, étaient 
pratiqués au temps de Strabon, c'est-à-dire vers l'an 20 de notre ère. 
Or, César lui-même nous apprend qu' « il avait envoyé Servius Galba, 
avec la douzième légion et une partie de la cavalerie, chez les Nantuates, 
les Veragri et les Seduni, qui s'étendent depuis les frontières des Allo- 
broges, le lacus Lemannus et le Rhodanus, jusqu'au sommet des Alpes, 
parce qu'il voulait assurer une route commode s à travers ces montagnes, 
que les marchands ne pouvaient traverser qu'en s'exposant à de grands 
dangers et à de fortes rançons"^ ». Donc le passage du Grand Saint- 

1. IV, VI, 7. 

2. IV, VI, II. 

}. Fragment cité par Strabon, IV, vi, 12. 

4. Ad Aeneid, X, 13 : « sane omnes altitudines montium, licet a Gallis Alpes vocen- 
tur, proprie tamen montium Gallicorum sunt, quas quinque viis Varro dicit transiri 
posse : una quae est juxta mare per Ligures ; altéra qua Hannibai transiit ; tertia qua 
Pompeius ad Hispaniense bellum profectus est, quarta qua Hasdrubal de Gallia in Italiam 
venit; quinta, quae quondam a Graecis possessa est, quae exinde Alpes Graccae appd- 
lantur. » 

5. « iter... patefieri volebat. » 

6. B. G. m, I. 



6 L'Orographie de la Gaule 

Bernard était praticable avant l'an 57 ; César le rendit seulement plus 
facile et plus sûr. Nous savons que c'est par les Alpes Graiae^ c'est-à- 
dire par le Petit Saint-Bernard, que César effectua son dernier passage 
delà Gaule en Italie avant la guerre civile de 49'. La facilité et la 
promptitude avec lesquelles il se rend d'Italie dans la Gaule Transalpine 
font supposer que les passages du Grand et du Petit Saint-Bernard lui 
étaient familiers aussi bien que celui du mont Genèvre, qu'il franchit lors 
de sa première campagne (voy. plus bas). Le sommet du Petit Saint- 
Bernard (Mons Graius était, comme le Summiis Poeninus, consacré à 
Jupiter : la célèbre colonne de gneiss porphyroide placée au sommet de 
la route même, s'est appelée columna Jovis, colonne de Joux, et l'hôpital 
portait encore, en 1 177, le nom de Domus paupcrummontis Jovis ^ ; ainsi, 
de même que le nom du dieu topique Penn a dû précéder celui de Jupi- 
ter Poeninus an Grand Saint-Bernard, de même le nom de Grau, Crau 
ou Craig a pu engendrer le latin Graiae j ; on voit en effet, sur l'espla- 
nade qui domine la route, à 2500 mètres d'altitude, un cromlech composé 
de 54 pierres brutes cubant environ un demi-mètre chacune, distantes 
les unes des autres de 5 mètres, et disposées en un cercle de 72 mètres 
de diamètre 4. A tous ces indices d'une haute antiquité il faut ajouter la 
vraisemblance du passage des légions romaines par ce défilé des Alpes 
au temps de la guerre contre les Allobroges (120 av. J.-C), aucun 
obstacle du côté de l'Italie ne s'opposant à leur marche depuis la sou- 
mission des Salassi par Appius Claudius Pulcher(i45 avant J.-C); il 
faut rappeler encore la facilité et la fréquence des voyages de César se 
rendant dans la Gaule Celtique, à laquelle le col du Petit Saint-Bernard 
conduisait bien plus directement que le défilé du Summus Poeninus ou 
que le mont Genèvre. Toutes ces circonstances nous donnent à penser 
que c'est bien plutôt le Petit Saint-Bernard, Graius Mons, que Polybe a 
désigné au 11' siècle avant notre ère, que le Grand Saint-Bernard, qui ne 
fut rendu viable que par César, comme nous l'avons vu plus haut, et 

1. Petron. Satyric. Utrecht, 1654,53. 178 : 

« Alpibus aereis ubi Graio nomine, vulsae 
Descendunt rupes, nec se patientur adiri, 



Haec ubi calcavit Caesar juga » 

2. Elle est aussi appelée Domus Sancti Bernardi Montis Jovis, et, dans une charte de 
II9Î, Hospitak Moniis Jovis (Carlo Promis, Le Antichità di Aosta, in-4. Torino, 1862, 
p. 119). Le sommet lui-même est appelé Mons Columnae Jovis, et au xiv' siècle, Mont- 
Jouvet. 

j. Voy. Carlo Promis, id., ibid. Daus le dialecte savoisien, Crau signifie encore 
aujourd'hui rochers. 

4. Id., ibid., tav. II, fig. K. — Voy. surtout le récent travail de M. Borrel, Etude 
ur le s monuments de l'antiquité dans la Tarentaise {Lectures de la Sorbonne, séance du 

avril 1875, section d'archéologie. Journal officiel àa 5 avril 1875, p. 2428). 



à r époque Romaine. 7 

qui n'était pas carrossable encore au temps de Strabon. Il faut rappeler 
toutefois que le consul L. Cassius Longinus fut tué sur les confins du 
pays des Allobroges, l'an 107, dans une guerre qu'il fit aux Tigurini, 
Gaulois Helveti qui avaient quitté leur canton ' situé vers Zurich, et que 
la route qu'ont pu suivre les légions pour marcher contre ce peuple devait 
être plutôt celle du Pocninus que celle du Graius Mons. 

On remarquera que Strabon ne mentionne pas par leur nom les Alpes 
Graiae : mais elles le sont dans Ptolémée- et dans Tacite ' qui désigne 
clairement les trois passages, des Alpes Pennines, Cottiennes et Grées, 
comme étant tous trois accessibles à des armées, et qui nomme pour ce 
dernier col, non la chaîne, mais le Graius Mons (Petit Saint-Bernard) 4. 
Pline et Ammien Marcellin, sans la discuter, rapportent la légende 
d'Hercule, qui aurait valu à ces montagnes le nom d'Alpes Grecques, 
Graiae Alpes 5. Ce n'est donc pas à la crête du partage des eaux du 
Rhône et du Pô qu'il convient d'appliquer le nom de Ceutronicae Alpes 
que le premier de ces deux écrivains donne aux sommets dont les pâtu- 
rages produisaient les fromages, renommés encore aujourd'hui, ancien- 
nement appelés Vatusiques, et dont les mines de cuivre étaient célèbres, 
mais bien aux contreforts appelés les Bauges, au nord, et les monts de 
la Vanoise au sud, qui entourent la Tarentaise et la vallée supérieure de 
l'Isère. Nous savons, en effet, par les inscriptions trouvées à la Forclaz 
du Prarion et à Aîme ou Aixme, l'ancienne Axima de Ptolémée et de la 
Table de Peutinger, que les Ceutrones, dont cette localité était une des 
deux villes principales, habitaient cette vallée. Mais ils s'étendaient aussi 
au temps de César sur le versant italien (voy. plus basl. 

Les Alpes Graiae, ou même Graecae Alpes^ sont encore nommées dans 
un certain nombre de textes/. Elles formaient une section convention- 
nelle de la chaîne entre le col de la Seigne et le Mont Cenis [Cenisius 
Mons, au moyen-âge), où l'on fait commencer d'ordinaire les Alpes 
Cottiae. 

1. Epitomel. Liv. lxv. — Cf. Caes. B. g. I, 7. •• 

2. 111,1, 57. 

3. Hist. II, 66. 

4. « Legiones... Penninis Cottianis que Alpibus, pars Monte Graio traducuntur. » 
Hiit., IV, 68. 

5. Pline : « ejusdem exercitus iHerculis] et Graios fuisse Graiarum Alpium incolas » 
III, XXIV (xx), 2 ; — Amm. Marcell., XV, x, 9. 

6. Varro ap. Servium ad Virg. Aen., X, 13; — Patron., Sat., 122. 

7. Itin. Anton., p. 344 et 346; — Notit. Dignit., Boecking, II, p. 7, 13, 71, 72 ; — 
Notit prov. Gall., Guérard, p. 23; — Liste de Vérone de 297, Mommsen, Verzeichniss, 
dans \ts Abhandlungen de l'Ac. de Berlin, 1862, p. 492 et 5 1 1 et trad. fr. par E. Picot, 
Rev. arch. déc. 1866, t. XIV, nouv. sér., p. 371 et 389, ou p. 2761 45 du tir. à part; 
Liste de Polemius Silvius, même trad., Rev. arch., juin 1866, t. XIII de la nouv. série, 
p. 386, ou p. 10 du tir. à part. 



8 L'Orographie de la Gaule 

Les Alpes Coitiae ou Cottianae ' formaient dans la chaîne un angle 
droit dont le sommet est le Tabor, et dont les côtés se terminent au 
Cenis, vers le nord ; au Vcsulus mons 'Monte Viso), vers le sud, et qui 
embrassent, par conséquent, la vallée de Bardonnèche et le val d'Oulx, 
sur le versant italien. « Elles doivent leur nom, comme on sait, à Cottius 
ou Cottus, qui, caché dans ses étroits défilés, confiant dans l'impraticable 
âpreté de cette région, résista seul dans toutes les Gaules soumises, mais 
consentit cependant à adoucir sa sauvage humeur et à devenir l'ami 
d'Octave. Pour prix de cette amitié, il construisit, au milieu des Alpes, 
des routes plus courtes et d'un plus facile accès... Le tombeau du petit 
roi auquel nous devons ces chemins est près des murs de Suse ^. » A 
l'ouest.de cette ville s'élève encore aujourd'hui, à peu près intact, un 
arc honoraire dont l'architrave porte une inscription de quatre lignes, et 
dont la frise représente, par un relief animé, les apprêts du sacrifice 
solennel appelé suovetjurile ^ . 

L'inscription qui est gravée sur cet arc (Orelli, n° 626) nous apprend 
que ce monument a été élevé en l'honneur d'Auguste, l'an 8 avant notre 
ère : 1° par M. Julius Cottius, qui se qualifie de préfet des cités, dontla liste 
comprend quatorze noms de peuples, et 2" par ces cités elles-mêmes 4. Ce 
Cottius nous est connu par d'autres témoignages. Son père le xo\Donnus, 
l'est également grâce à Strabon iIV, iv, 6; et aux médailles s. On remar- 
quera que, sur l'arc de Suse, Cottius ne prend pas le titre de roi, mais 
celui de préfet, et qu'il adopte le nom de famille des Jules, Julius, corViVCït 
s'il eût été fait citoyen romain par Auguste. Il faudrait supposer qu'après 
l'achèvement de la route du mont Genèvre et la cérémonie religieuse 
dont cet arc semble consacrer le souvenir, il eût vécu longtemps dans 

1 . Cette appellation ne fut donnée à cette section des Alpes que quelque temps après 
la mort du roi Cottius, qui arriva sous Néron (Suét., AVro, 18), car elle ne figure, ni 
dans Strabon, ni dans Mêla, ni même dans Pline. Elle se rencontre pour la première fois 
dans Tacite : Vitellius ordonna à Fabius Valens « de faire irruption en Italie par les 
Alpes Cottiennes, Cottianis Alpibus, » Hist., 1, 61 ; cf. 87 et IV, 68 (passage pour 
lequel on trouve dans un manuscrit Cocitanis) ; — elles le furent ensuite : par Ptolémée : 
èv KoTTÎaiç 'A^Tieaiv (var., KouTtai;), 111, 1, 38; — par Dio Cassius, parlant de 
Cottius (IX, 24) ; — dans une ancienne description anonyme (voy. Dom Bouquet,!, 
p. 102 c) : « Alpes Cotîiae ». — Les inscriptions donnent les deux formes, Cottiae et 
Cottianae. 

2. Amm. Marcell, XV, x, 2 et 7. 

3. Sacrifice dans lequel on immolait un porc, un mouton et un taureau. 

4. « A l'empereur César Auguste, fils du divin César, grand pontife, revêtu de la puis- 
sance tribunicienne pour la quinzième fois (la première étant de l'an 23, ce monument est 
daté par conséquent de l'an 8 avant J. C), ayant reçu treize salutations impériales (par 
suite de ses victoires) ; M. Julius Cottius, — préfet des cités dont Us noms suivent: 
Segovii, Segusini, Bclaci, Caturiges, Medulli, Tebavii, Adanates, Savincatii, Egdinii, Vea- 
minii, Venisani, lemerii. Vcsubiani, Quadiates, — et les cités qui furent sous le gouverne- 
ment de ce préfet {ont élevé ce monument). » 

5. Une monnaie gauloise porte au droit: DVRNACVS, tête casquée; R. DONNVS, 
cavalier. 



à l'époque Romaine. 9 

une sorte d'indépendance, ou tout au moins que ses peuples eussent 
conservé leur autonomie, puisque l'empereur Claude accrut son domaine 
et lui donna le titre de roi^ qu'il prit alors pour la première fois. Ce 
ne fut qu'à sa mort, arrivée sous Néron, que son royaume fut réduit en 
provincç romaine (Sueton, New, iS<. Ce fut vers cette époque, c'est-à- 
dire dans la dernière moitié du i«'- siècle seulement que l'usage s'établit 
de désigner par son nom cette région des Alpes ; on dut même continuer 
à l'appeler, dans le langage usuel, Royaume de Cottius. Nous trouvons, 
dans la table de Peulinger, en gros caractères, CoîtiRegnum, et dans une 
inscription provenant dAvigliana, entre Suse et Turin, FINIE | COTTI. 
Nous en connaissons les peuples, nous en pouvons déterminer les 
limites. Du côté de la Gaule, il s'étendait jusqu'au pays des Vocontii, et 
les territoires d'Ebrodunum (Embrun) et des Caturiges (Chorges) en for- 
maient les points extrêmes à l'ouest. Sur l'autre versant des Alpes, il 
s'étendait jusqu'à VOcelum de César ' et de Strabon, Ocelum qu'on a 
longtemps cherché et dont la vraie position a été déterminée récemment 
à Drubiaglio, en face d'Avigliana, sur la rive gauche de la Dora Riparia, 
à XX milles de Suse ^. La délimitation du royaume de Cottius avait dû 
être à peu près celle que reçut plus tard la province des Alpes Cottiae ou 
Coîtianae, créée sous Néron, et le nom d'Alpes Cottiae dut s'appliquer 
non-seulement à la chaîne principale, mais à toutes les montagnes com- 
prises dans le périmètre de cette province. Nous savons, par Ammien 
Marcellin, que, sur le versant italien, cette dénomination ne s'étendait 
pas, à l'est, au delà de Segusio 3. 

Dans la section des Alpes Cottiae, nous connaissons un grand nombre 
de sommets remarquables, mais les anciens n'ont nommé ni le Cenis4, 
dont le col parait être demeuré inaccessible pour eux, ni le Tabor, nœud 
entre la crête principale, les Alpes du Dauphinéet cellede la Maurienne; 
quant au mont Genèvre, s'il n'avait pas de nom particulier avant le 
moyen-âge, il faut reconnaître tout au moins le massif auquel il appar- 
tient dans le Mons Matrona d'Ammien Marcellin, et de l'Itinéraire de 

1. » Ocelum quod est Citerioris Provinciae extremum. » Caes., B. g. I, 10. 

2. Carlo Promis, Storia dell' antica Torino, p. 288 ; — cf. Rev. archéol., nouv. sér., 
t. XXII, p. 125 et suiv. 

5. u In his Alpibus Cottiis, quarum initium a Segusione est oppido », XV, x, 3. 

4. La première mention du mont Cenis date du commencement du viii' siècle : il 
figure dans un acte de donation, faite au monastère de Novalèse, des » Alpes in Cinisio », 
(voy. Durandi Notizia dell' antico Piemonte Traspadano, in-4. Torino, 1803, p. 71). 
C'est par le col du mont Cenis que passèrent Pépin en 755, et Charlemagne en 774 : 
« Pipinus cum exercitu suo Monte Cinisio transacto », Fredeg. (Duchesne, Script Fr., 
I, p. 774 et suiv.); « perrexit ipse [Carolus Magnus] per Montem Cinisium » [Annal. 
Fr., ad ann. 773). Il est aussi mentionné dans le capitulaire de 806. U est fort 
douteux pour nous que ce soit le lac du mont Cenis qui se trouve cité dans Strabon (IV, 
vil, 5). 



10 L'Orographie de la Gaule 

Bordeaux à Jérusalem. Enfin le Monte Viso, où le Pô prend sa source, 
est incontestablement le Vesiiliis Mons, très-élevé, couvert de pins et 
peuplé de sangliers. 

Mais les passages ouverts ou pratiqués par les anciens dans les Alpes 
Cottiae présentent un tout autre intérêt. Pour aborder cette étude, il 
faut d'abord s'entendre sur le nom que devait prendre cette section de 
la chaîne alpestre avant Cottius. Il parait probable qu'avant César, la 
dénomination d'Alpes Graiae lui était appliquée, ce qui nous obligerait à 
étendre par conséquent cette dernière du col de la Seigne au Monte 
Viso. On peut remarquer, en effet, que Ptolémée, près d'un siècle après 
la mort de Cottius, place encore Ebrodunum (Embrun), ville des Catu- 
riges, dans les Alpes Graiae, et l'on sait qu'Embrun est sur la même lati- 
tude que le Monte Viso. Mais, à partir du passage de César, en 59 avant 
notre ère, elles s'appelèrent Juliae Alpes : c'est le nom que leur donne 
Tite-Live (V, 341 (voy. plus bas). 

Le plus ancien passage pratiqué dans la section des Alpes Graiae qui 
reçut plus tard le nom d'Alpes Cottiae fut très-probablement celui du 
mont Genèvre ou du mons Matrona. Ce col dut être franchi, vers le com- 
mencement du vie siècle, au temps de Tarquin l'Ancien, par les Gaulois, 
que l'ancienne tradition, recueillie par Tite-Live, fait arriver en Italie 
sous le commandement de Bellovèse, car l'historien nous les montre 
quittant le pays des Tricastini, dans la vallée du Rhône, et gagnant les 
Alpes sur un point qui n'aurait pas encore été gravi, et il ajoute qu'ils 
refoulèrent les Saluvii, et qu'ayant passé les Alpes, qui s'appelaient, — 
non pas au temps, bien entendu, où cette migration s'accomplit, mais 
au temps de l'historien qui la raconte, — Juliae Alpes, ils arrivèrent chez 
les Taurini [Id., ibid.]. Or, toutes ces circonstances démontrent que ces 
peuples avaient remonté le bassin de la Durance, et avaient dû franchir 
les Alpes vers le mont Genèvre ; que, du moins, telle était la tradition 
adoptée au i^' siècle de notre ère. Sans être alors très-facile, ce passage 
était évidemment celui qui s'offrait le plus naturellement aux émigrants 
de la vallée du Rhône. César l'estime le plus court, c'est-à-dire le plus 
prompt '. Il dit, en effet, dans le même chapitre, qu'il « se rendit, en 
six jours, d'Ocelum, qui était sur la limite de la Province Citérieure 
(c'est-à-dire de la Cisalpine), au pays des Vocontii, situés dans la Pro- 
vince Ultérieure « ; il ajoute que les Ceutrones, les Graioceli et les Catu- 



I. B. g., 1, 10 : qua proximum iter in Ulteriorem Galliam in Alpes erat » ; Ulterior 
sigïiifie ici, non la Gaule Celtique, qui était encore à soumettre, mais la Gaule Transal- 
pine tout entière, y compris la Province, par opposition à Gallia Citerior qui était pour 
César la Cisalpine. 



à répo(]ue Romaine. 1 1 

riges lui disputèrent le passage, mais qu'il les repoussa dans plusieurs 
combats, et qu'il gagna le pays des Allobroges. Or, les Graioceli, dont le 
nom indique, selon nous, la position, — et l'on peut s'étonner que per- 
sonne jusqu'à ce jour ne l'ait remarqué, — devaient s'étendre sur le 
versant oriental des Alpes Graiae, et comprendre le territoire à'Ocelum, 
sans doute leur ville principale (Graiorum Ocelunï). Nous savons qu'elle 
était située sur la rive gauche de la Duria (Riparia), entre Turin et 
Suse, à XX milles de cette dernière '. Les Cenirones, dont le siège prin- 
cipal était la Maurienne et la Tarentaise (voy. plus haut), devaient 
aussi s'étendre sur le versant italien, dans la vallée de Suse ; quant 
aux Caiuriges, on sait que leur centre était Ebrodunum au temps de 
Ptolémée (III, i, 59), et que la ville de Chorges a retenu leur nom; 
mais il est certain qu'antérieurement, ils s'étendaient aussi sur le ver- 
sant oriental des Alpes, dans la vallée supérieure de la Duria [Riparia), 
et Pline nous apprend même que les Vagienni lau sud de Turin) 
étaient issus de ces peuples ^. Il est donc assuré que, lors de sa pre- 
mière campagne. César suivit la vallée de la Duria (Riparia), passa les* 
Alpes au mont Genèvre, gagna le pays des Voconîii, par la vallée de la 
Druentia, et celui des Allobroges par la rive gauche du Rhône. Les obs- 
tacles naturels et plus encore les combats qu'il eut à livrer contre les 
peuples des Alpes durent retarder sa marche, car il employa six jours à 
effectuer un passage qu'il dut faire beaucoup plus rapidement dans la 
suite, d'abord parce qu'il l'avait frayé une première fois, ensuite parce 
que, dans les voyages multipliés qu'il accomplit deux fois au moins 
chaque année (de 58 à s i avant J. C), il était souvent seul, ou n'avait 
avec lui que des forces moindres, composées de quelques recrues ; il dut 
même passer tantôt par le mont Genèvre, tantôt par le Grand ou par le 
Petit Saint-Bernard, plus naturellement indiqués pour se rendre sur le 
théâtre de la guerre ou pour en revenir, tantôt enfin par le mont 
Genèvre. Mais le vrai passage des Alpes par César, celui qu'il a effectué 
avec le gros de son armée au début de la guerre, celui qui a valu à 
cette section de la chaîne le nom d'Alpes Juliac que lui donne Tite-Live, 
— appellation éphémère d'ailleurs et remplacée peu après par celle de 
Cottiae Alpes, — se fit au mont Genèvre 5. Cette route fut incontestable- 
ment la plus fréquentée, et elle devint le grand chemin de la Gaule en 

1. Vases Apollinaires, Garrucci, I, p. 163. 

2. « Caturigibus orti Vagienni », III, vu (v), i. 

3. C'est ainsi que l'a compris l'auteur de la Vie de César, voy. t. II, p. jo et pi. 3 ; 
mais Ocelum est mal placé par lui à Usseau, les Graioceli de même. — On a peine à 
comprendre pourquoi M. Carlo Promis conduit César par le Petit Saint-Bernard pour 
cette première campagne (Le Antichità di Aosta, p. 86), sans tenir aucun compte du 
texte même des Commentaires. 



12 L'Orographie de la Gaule 

Italie à travers les Alpes, après que CoUius y eut accompli les grands 
travaux dont parle Ammien Marcellin. C'est par le mont Genèvre 
(Matrona) que passent les itinéraires anciens : celui d'Antonin, la Table 
de Peutinger, le Hiérosolymitain, et trois sur les quatre que nous font 
connaître les Vases Apollinaires ', enfin l'Anonyme de Ravenne. Mais 
entre l'époque de l'émigration de Bellovèse, qui a dû suivre cette route, 
ainsi que nous l'avons vu plus haut, et la première campagne de César 
(59 av. J. C), ne l'avait-elle pas été par quelqu'autre armée, en cer- 
taine circonstance mémorable ? 

Nous n'avons garde de nous engager témérairement ici dans l'étemelle 
discussion du passage d'Hannibal ; rappelons-nous d'ailleurs que les 
écrivains anciens eux-mêmes n'étaient pas parvenus à se mettre d'accord 
sur ce point, et qu'au temps de Sénèque l'inutilité de leurs efforts était 
devenue proverbiale 2. La géographie des guerres puniques n'est pas de 
notre sujet; mais, en faisant l'historique des moyens de viabilité connus 
des Romains et en recherchant l'origine des passages frayés avant eux, 
nous rencontrons incidemment cette question ; on peut même dire que 
la géographie historique doit prendre ici la place de la géographie phy- 
sique ; car, de cols naturels dans cette portion des Alpes, il n'y en a 
Jamais eu et tout chemin accessible, au milieu de cette nature tourmen- 
tée, est une conquête de l'homme. Or, la plus mémorable de toutes les 
entreprises de ce genre fut sans contredit celle d'Hannibal, — et encore 
ne la connaissons-nous que par les récits de ses ennemis. Sans prétendre 
donner la solution défmitive du problème, nous chercherons seulement 
s'il est possible ou même probable qu'il ait franchi les Alpes Graiae et si 
le col du mont Genèvre répugne aux données de la question ou y satis- 
fait dans une certaine mesure. On a proposé tour à tour > le Simplon, 
le Grand Saint-Bernard, le Petit Saint-Bernard, le Cenis, le mont 
Genèvre, le mont Viso, le col de Largentière et m.ême le Saint-Gothard. 
La méthode la plus élémentaire oblige celui qui aborde cette étude à 
classer d'abord les sources par ordre d'ancienneté : Polybe, Varron, 
Tite-Live, Pline, Appien, sauf à discuter leur autorité relative. Quant 
aux textes du moyen âge et des temps modernes, ils ne sauraient avoir 



1 . Voyez le tableau comparatif que nous avons dressé de ces itinéraires, Table de Peu- 
tinger, édit. in-fol., p. 149. 

2. Qujest. Nûtur., 111, praef. — Si la divergence d'opinions que nous signalons ici 
n'existait pas encore au temps de Polybe, les récits qui avaient été faits du passage des 
Alpes avant le sien ne laissaient pas d'être obscurs et embarrassés (voy. liv. III, 
ch. xLvin). 

]. M. A. Bouché-Ledercq, dans un excellent article {Revue critique d\i 19 sep- 
tembre 1874), sur l'ouvrage de M. Maissiat, intitulé Annibal en Gaule, a rappelé ces 
diverses opinions. 



à l'époque Romaine. i ^ 

la même importance. Nous sommes tenté d'en dire autant des traditions 
locales, car le nom d'Hannibal se rencontre partout en Italie, et son 
incomparable éclat a rayonné dans un cercle beaucoup plus vaste que 
celui de sa réelle et victorieuse empreinte. L'audace et la grandeur d'une 
telle tentative a laissé dans l'esprit des hommes d'ineffaçables souvenirs 
que l'imagination populaire a étendus et transformés en les propageant. 
En Italie, la légende d'Hannibal dure encore '. Mais on ne saurait attri- 
buer une valeur sérieuse aux mille traditions locales que l'on peut 
recueillir encore aujourd'hui dans les diverses issues des Alpes et dans 
les vallées qui en descendent. Toute roche taillée plus ou moins ancien- 
nement devient la Roche d'Hannibal ; tout passage où se conservent 
quelques antiquités, le Pas d'Hannibal; de même que la Provence nous 
offre partout, autour d'Aix, le nom et les légendes de Marius. Mais le 
géographe ne doit pas oublier que la légende est l'ennemie et non l'auxi- 
liaire de ['histoire, que, partant d'une donnée exacte, et courant au loin 
le pays, elle laisse en route la précision, se dérobe à la vérité et mécon- 
naît les traces authentiques des plus grands souvenirs. 

Du récit de Polybe se dégagent les données suivantes : les historiens 
qui l'ont précédé ont exagéré, dit-il, les dilficultés que présente le pas- 
sage des Alpes; « ils ne savaient donc pas que les Gaulois des rives du 
Rhône, mainte et mainte fois avant l'arrivée d'Hannibal, et tout récem- 
ment encore, avaient franchi les Alpes avec des forces immenses afin de 
combattre les Romains et de secourir leurs compatriotes dans les plaines 
du Pô... En résumé Hannibal, loin d'agir comme ils le rapportent, mon- 
tra dans toute sa conduite la plus grande prudence. Il s'était soigneuse- 
ment informé de la fertilité du pays qu'il devait traverser 2, des sentiments 
de haine qui animaient ces populations à l'égard des Romains, etc.; dans 
les passages difficiles, il prenait pour guides les gens du pays appelés à 
partager sa fortune. Si je parle avec cette assurance, c'est que je tiens 
les faits dont il est question de la bouche même de témoins oculaires, 
et que, pour ce qui regarde les lieux, je les ai parcourus dans un voyage 
que je fis autrefois aux Alpes afin d'en prendre par moi-même une con- 
naissance exacte ^III, 481. » Il est donc hors de doute qu'aucun témoi- 

1. Il y a quelques années, un pêcheur de Passignano, sur les bords du lac de Trasi- 
mène, improvisait des récits colorés, mais quelque peu altérés, de la bataille. Hannibal, 
victime d'une légère confusion avec Masséna, y était devenu un général français vain- 
queur des Allemands et des Russes. Il est vrai que les traces authentiques du véritable 
Hannibal sont inscrites à chaque feuillet des registres du cadastre pour toute cette région 
de Trasiméne et qu'elles nous rappellent jusqu'aux moindres circonstances de la lutte 
de 217, par les noms des champs qui en ont été les témoins. 

2. Appien dit même qu'étant encore en Espagne, il avait envoyé des émissaires chez 
les Gaulois pour explorer les passages des Alpes {De reb. Hisp., 15). 



14 L' Oroij,raphie de la Gaule 

gnage ne peut être mis en comparaison avec celui de Polybe ; or il nous 
montre Hannibal, après une marche de quatre jours depuis le point où 
il avait passé le Rhône, parvenu en un pays très-peuplé et fertile en blé, 
qu'on appelle Ile, et qui tire ce nom de sa situation, le Rhône l'arrosant 
d'un côté, l'Isère d'un autre, ces deux fleuves donnant à cette /7e la forme 
d'une pointe vers leur confluent; quant au troisième côté, il est formé 
par des montagnes de difficile accès dont les gorges étroites sont presque 
impénétrables '. Hannibal suit la rive du fleuve (il ne dit pas lequel, 
mais c'est évidemment l'Isère) et franchit l'espace de 800 stades 
(148 kilomètres) qui le sépare des Alpes. Il a à lutter pendant ce trajet 
contre les Allobroges qui l'attaquent dès qu'il a quitté les pays de plaines 
pour s'engager dans des régions plus escarpées (III, l, en entier). 

Tout ce qui suit ne nous fournit aucune indication topographique assez 
caractérisée pour qu'on en puisse tirer une appropriation précise à tel ou 
tel point de la chaîne. On peut induire seulement du récit de Polybe 
{Ibid., Lx, en entier), que les difficultés que rencontra le général car- 
thaginois furent telles qu'il semble avoir frayé sa route dans des lieux 
presque inexplorés avant lui ; mais on doit tenir grand compte ici de la 
saison peu avancée à laquelle le passage des Alpes fut effectué. Polybe 
nous apprend aussi qu'Hannibal campa sur la crête des montagnes, et 
qu'il ne mit pas moins de quinze jours à accomplir son ascension et sa 
descente; enfin qu'il entra dans les plaines du Pô sur les terres des 
Insubres [Ul, lvi, 5) : mais cependant il ajoute plus bas qu'il avait établi 
son camp au pied même des Alpes (III, lx, 21, et qu'après avoir vaine- 
ment recherché l'alliance des Taurini, peuple situé au pied de ces mêmes 
montagnes, et pour lors en guerre avec les Insubres, il attaqua et prit 
leur place principale. Puis nous ne le retrouvons plus que sur les bords 
du Tésin. Il faut remarquer que le fragment de Polybe cité par Strabon 
dit en propres termes qu'Hannibal passa les Alpes au pays des Taurini 
(Strab., IV, vi, 12). 

Vient ensuite, dans l'ordre des temps, le texte de Varron, rapporté 
plus haut et qui nous apprend seulement que, sur les cinq passages des 

I. 'Hz£ Ttpô; Tr;v xa)ou[j.£vr|V Nr;<jov, /wpav TTo)\io-/_),ov xai (îiTOçôpov, lyourrav oè 
TTJv TTpoariYopiav an' aÙToy toù (juiXTVTWjxaTo;- T:^ {làv vàp 6 'Pooavô:, 'f, 6É 6 'Icipa; 
•7rpo<7aYopîuô(i£vo;, psovTc; Trap' èxaTSpav Tr;v 7t).£'jpàv, x. r. À. (III. 491. Le mot 
'Icàpa; est contesté ; il l'a été récemment par M. Maissiat, auteur d'un ouvrage cité plus 
haut, qui lit, pour les besoins de sa thèse, 'Apapo: « de la Saône ». Or les manuscrits 
portent ïxotpa:, Sxopa;, Ixtôpa; ; le général Melville assure avoir même lu sur le ma- 
nuscrit du Vatican 'laipa;. En tout cas, comme le remarque judicieusement M. A. Bou- 
ché-Ledercq (Re\'ue crit., 19 septembre 1874, p. 189), on comprend mieux l'altération, 
par les copistes, du nom 'Ifjâpa; en Ixâpix^ que celle d'Iaàpa; en 'Apapo;. En outre, 
tous les détails du contexte et l'ensemble du récit justifient pleinement la correction 
généralement admise. 



à l'époque Romaine. 1 5 

Alpes existant de son temps du côté de la Transalpine, celui qu'Hannibal 
avait franchi était distinct de ceux que suivit Hasdrubal, son frère, lors- 
qu'il vint à son secours en l'an 207, et Pompée lorsqu'il se rendit en 
Espagne pour la guerre de Sertorius en 75, et distinct encore de celui 
des Alpes Graiae qui ne peut correspondre qu'au Petit Saint-Bernard). 

Tite-Live rapporte, à peu près comme Polybe, la marche d'Hannibal 
sur la rive gauche du Rhône, en le faisant remonter vers le nord et il en 
donne les motifs : « il prit cette route non pas, dit-il, qu'elle fût plus 
directe pour gagner les Alpes, mais parce que, plus il s'éloignait de la 
mer, moins il était exposé à rencontrer l'armée romaine avec laquelle il 
n'entrait pas dans son plan d'en venir pour lors aux mains. » En quatre 
jours il gagna Vile formée par le Rhône, les montagnes et l'Isère ', Près 
de ce point (c'est-à-dire du confluent) habitent les Allobroges. De là, il 
gagne les Alpes par des chemins détournés ^, se replie vers la gauche 
(c'est-à-dire vers la rive gauche du Rhône, car c'est évidemment la 
droite d'Hannibal qu'il faut entendre), comme s'il eût voulu marcher vers 
les Tricastini. Tite-Live nous le montre ensuite côtoyant l'extrémité 
septentrionale du pays des Vocontii et gagnant le pays des Tricorii, sans 
rencontrer d'obstacle jusqu'à la Druentia (Durance) ; rien de plus vrai 
que la description qu'il donne de cette rivière, qui ne peut porter de 
bateaux, dont les rives sont mal encaissées, qui se divise en plusieurs 
bras, présente des bas-fonds et des gouffres, roule des rochers et gonfle 
subitement, à la suite des grandes pluies, ses eaux tumultueuses. C'est à 
partir de là que commencent l'ascension et avec elle les luttes du vain- 
queur de Sagonte contre les hommes et la nature. Le neuvième jour, 
arrivé sur la crête de la chaîne, Hannibal fait reposer son armée pendant 
deux jours. Les difficultés de la descente donnent lieu d'après ce récit 
aux mêmes observations que d'après celui de Polybe ; enfm quinze jours 
ayant été employés au passage des Alpes, il arriva chez les Taurini. Il 
faut se rappeler que Tite-Live a connu les récits de L. Cincius Alimentus 
qui avait été prisonnier d'Hannibal et s'était même entretenu avec lui; 
on doit remarquer en outre que l'historien Padouan dit expressément 
que, si le Carthaginois eût passé par les Alpes Graiae, il fût descendu 
chez les Salassi et non chez les Taurini (XXI, 31-58). 

La phrase dans laquelle Pline dit que les Alpes franchies par Hannibal 

1. XX I, 31. Les manuscrits présentent la même incertitude que ceux de Polybe sur le 
mot Isara. On y trouve Bisarar, Ibisara que la plupart des savants et des commen- 
tateurs, notamment Cluvier, Gronovius, Crévier, Drakenborch, Weissenborn et Madvig 
ont lu avec beaucoup de vraisemblance « ibi Isara ». Casaubon propose Arar, mais sans 
en donner la raison. 

2. « Non recta regione iter instituit », id., ibid. 



1 6 L'Orographie de la Gaule 

le furent aussi par les Cimbres (XXXI, i, 2) n'offre pas un sens assez 
précis pour qu'on s'y arrête, le texte ne signifie même pas que les Car- 
thaginois et les Cimbres aient dû passerau même endroit, mais seulement 
que tous deux ont franchi la chaîne des Alpes, ce que tout le monde sait. 

Le texte d'Appien a une tout autre valeur et on ne l'a pas assez 
remarqué, car il nous montre Hannibal comme ayant frayé une voie dans 
les Alpes, et « c'est cette voie, ajoute-t-il, qui est fréquentée aujourd'hui 
et qui porte le nom de Pas d' Hannibal '. » 

Quelle est donc cette route fréquentée au temps d'Appien, c'est-à-dire 
sous Hadrien ? Ne serait-ce pas celle que Cottius avait rendue si com- 
mode ? le nom de Pas d'Hannibal, que l'historien Alexandrin attribue au 
col lui-même, n'est contredit par aucun texte; car, en admettant que le 
mont Genèvre, qui s'est appelé Matrona Mons au ive siècle de J.-C. 
(Amm. Marcell., XV, x, 6', eût déjà porté ce nom au 11% cela n'a nul- 
lement dû empêcher le col de recevoir ou de conserver un nom différent. 
Si la table de Peutinger donne sous le nom à'In Alpe Coitia ^ la station 
placée au sommet de la route du mont Genèvre, il ne faut y voir que le 
nom d'un relai postal ou d'une auberge, et cela n'aurait nullement fait 
obstacle à ce que le col se fût appelé différemment, d'autant que In. Alpe 
Coitia est à peine un nom géographique, c'est le mot qui indique simple- 
ment le point culminant d'une route quelconque dans les Alpes Cottiae;en 
effet nous le trouvons employé par le IV'-' vase Appollinaire iGarrucci, I, 
p. 163) pour désigner un autre point du faîte dans une section diffé- 
rente de la chaîne, ainsi que nous le verrons plus bas, tandis que le 
troisième vase nous donne comme équivalent aux mots In Alpe Cottia de 
la Table, ceux de SVMMAS ALPES [Id., ihid.\. 

En rapprochant maintenant les diverses données fournies par les textes 
classiques que nous venons de passer en revue, nous voyons que tous 
s'accordent; ou, du moins, qu'aucun d'eux ne s'oppose aux conclusions 
suivantes : 

1° Hannibal, après son passage du Rhône, a suivi pendant quatre 
jours la rive gauche de ce fleuve en la remontant vers le nord jusqu'à 
son confluent avec VJsara ilsère) ; 

2" Il a suivi la rive gauche de ce fleuve jusqu'au point où il cesse 
d'arroser la plaine ; 

3"^ Il a ensuite changé de direction pour s'engager dans des défilés de 



1. 'OooTTOKîiv, r, y.aî vùv è^jTw iirt -ôJv ôpwv Èv-ptêf,; xal xaÀîÎTat SioSo: 'Awiêoy 
(Hannib., 4). 

2. Segment, II, B. i et 2, p. 58, col. 1, n' 9 de l'édit. in-folio., et Caule d'après 
Table de Peutinger, p. 403. 



à répoque Romaine. 17 

montagnes et c'est en se repliant vers le sud, comme s'il voulait gagner 
le pays des Tricastini (vers le sud-ouest du département de la Drôme), 
qu'il a marché vers les Alpes. Pour y parvenir, il a côtoyé l'extrémité 
septentrionale du territoire des Vocontii ,c'est-à-dire la lisière de l'ancien 
diocèse de Die, Dca, aujourd'hui le nord du département de la Drôme) 
et en traversant celui des Tricorii (qui par conséquent, comme le remarque 
judicieusement d'Anville, devaient se trouver sur les bords du Drac, 
affluent de gauche de l'Isère) ; 

4° Il a atteint le cours supérieur de la Durance ; 

$° Il a gravi les Alpes et est parvenu sur un point du faîte qui présen- 
tait une sorte de plateau capable de contenir le campement d'une armée 
de 25 à 50 mille hommes; 

6° Il a opéré une descente dans le pays des Taiirini, car le nom des 
lusubres et celui des plaines du Pô qui figurent dans Polybe, visent évi- 
demment, non le point où s'arrête la descente sur le versant oriental des 
Alpes, mais l'objectif du général carthaginois, c'est-à-dire la vallée du 
Pô et les bords du Tésin, qui coulait en effet chez les Insubres. Il ne 
peut y avoir d'hésitation sur ce point, attendu que, d'une part, en des- 
cendant des Alpes Graiae, Poeninae ou Cottiae, on rencontre les Doires 
et qu'on ne trouve le Pô qu'à Turin ; que, d'autre part, les lusubres ne 
se sont jamais étendus, jusqu'au pied des Alpes de ce côté et que les trois 
grands peuples qui touchaient la base orientale de la chaîne étaient : 
1° les Salassi, au nord, dans la vallée de la Dora Baltea ou d'Aoste et 
chez lesquels on arrivait par les cols du Grand et du Petit Saint-Ber- 
nard; 2° les Taurini, au milieu, vallée de la Dora Riparia, et chez les- 
quels conduisait le col du mont Genèvre (le Cenis n'ayant pas été franchi 
dans l'antiquitéi ; 3° les Vagienni, vallée du Pô supérieur et de la Stura. 
D'ailleurs le sens trop précis qu'on a attribué à ce passage de Polybe est 
infirmé par la suite du récit de cet écrivain qui parle d'une place des 
Taurini enlevée par Hannibal au sortir du campement qu'il avait fait au 
bas de la descente du versant oriental, et par le fragment du même auteur 
rapporté dans Strabon, fragment qui fait descendre le général cartha- 
ginois chez ces mêmes Taurini. 

Aussi, sans conclure de ce qui précède qu'Hannibal a dû franchir les 
Alpes au mont Genèvre, nous croyons pouvoir affirmer du moins qu'au- 
cun des textes faisant autorité n'y contredit. D'après les seuls témoi- 
gnages qui soient vraiment anciens et authentiques, il aurait quitté la 
rive gauche de l'Isère pour s'engager dans la vallée du Drac, puis 
dans celle de la Romanche jusqu'au col de Lautaret; traversant 
ensuite sur ce point les Alpes du Dauphiné, par un passage où l'on 
Rev. Celt. Ill 2 



1 8 L'Orographie de la Gaule 

fit plus tard la voie romaine de Cularo (Grenoble) à Brigantio 
(Briançon], il a dû se trouver dans celle de la Durance aux pieds du 
rocher qui supporte Briançon ; puis il a pu gravir le mont Genèvre au 
sommet duquel est une vaste esplanade ; de là enfin, il a sans doute 
opéré sa descente dans la vallée de la Dora Riparia, chez les Taurini. Il 
est bon de rappeler toutefois que les anciens ont connu un autre pas- 
sage dans les Alpes Cottiae, entre le mont Tabor et le mont Genèvre et 
que nous en possédons un témoignage irrécusable qui date de l'époque 
de Trajan. C'est le quatrième des Vases Apollinaire publiés par le Père 
Garrucci. D'après le parcours indiqué sur ce vase, la route en quittant 
Brigantio 'Briançon , au lieu de gravir, à l'est, le mont Genèvre, suit, 
au nord, la vallée de la Clairée, que les anciens ont dû considérer comme 
la vraie Durance [Druentia] ' , et franchir la chaîne au sud du Tabor, par le 
col des Muandes qui conduit à Suse à travers la vallée de Bardonnèche. 

Entre le mont Genèvre et lemontViso, cette section des Alpes Cottiae 
présente aujourd'hui, il est vrai, d'autres passages; mais ils sont d'un 
accès difficile et ne paraissent pas avoir été pratiqués par les anciens. 
C'est donc au sud du mont Viso, c'est-à-dire dans les Alpes maritimae 
qu'il faut chercher les deux passages d'Hasdrubal et de Pompée men- 
tionnés par Varron. 

Les Alpes Maritimae^ avec le sommet du Cerna ''mont Lerres), où le 
Varus iVar) prend sa source, correspondaient autrefois, comme aujour- 
d'hui, à la section de la chaîne principale comprise entre le Vcsulus Mons 
et le col de Cadibone, par lequel passe la route moderne de Cairo à 
Savone. Parmi les nombreux passages que présentent les Alpes Maritimes, 
les plus connus sont : i° le col d'Agnello qui fait communiquer, par un 
chemin difficile, le val Queyras, arrosé par le Guil, avec la vallée de la 
Vraita à Castel-Delfino ; 2° le col de l'Argentière (2031 mètresl, entre 
la vallée de l'Ubayette et celle de la Stura ; 5° le col de Tende (1795 
mètres), entre Tende et Coni. Il est possible que le premier ait été 
connu des Romains, mais aucune voie n'y a été pratiquée. Il n'en est 
pas de même du second : bien que les itinéraires anciens ne mention- 

1 . Le cours de la Clairée, affluent de cette rivière, est en effet plus long que celui que 
les modernes ont appelé du nom de Durance (voy. la Carte de l' Etat-major français, 
n. 189). C'est au mont Genèvre qu'on place aujourd'hui la source de cette dernière. 

2. Pline, Vlll, Lix (xxxix), 2; XIV, iv (m), 17, passage où il parle du mauvais vin 
qu'on y récolte ; XXI, lxix(xviii), 3, passage oià il vante les joncs énormes qu'ony coupe. 
— Ptolém. : èv napa/.îoi; 'Aàitesiv, III, i, 41, 42, 4}. — Table de Pcutinger : » In Atpe 
Maritima, Segm., 11, B. 2, col. 2, n" 6. — Itin. Anton., p. 289. — Anon. Ravenn., 
IV, 32, V, 2 el 3. — Guido, 35, 79, 82. — Tacit., Ann., XV, 32. — Dio Casius : al 
''A).7t£i; al Ua.r.abxli'jrnoi, LIV, 24. Zosim. : lAXTrEi; Mapi-ijxai, VI. — Vopiscus, 
Aurelianus, 47. — Notifia dignit.^ Boecking, II, p. 13,71. — Notit. Prov. Galliae, édit. 
Guérard, p. 32. — Agathémère, II, 4, etc. 



à l'époque Romaine. 19 

nent pas la voie romaine qui devait partir de Vapincum (Gap) et s'engager 
dans la vallée de Barcelonnette pour gagner le col de l'Argentière, 
suivre la vallée de la Stura, en Italie, et atteindre Pollenîia (Polenza) et 
Alba Pompeia Alba* , les vestiges qu'elle a laissés et les inscriptions 
qu'on y a trouvées, témoignent de son existence, sur le versant italien 
du moins. Quant au versant français, la vallée de l'Ubaye et celle de 
rubayette qui conduisent au col de l'Argentière, renferment, il est vrai, 
des ruines, des monuments romains et quelques inscriptions ; elles ont 
surtout donné un très-grand nombre d'objets de bronze de l'époque 
celtique; mais on ne trouve pas dans les ouvrages des antiquaires qui 
les ont parcourues et décrites qu'il y soit parlé de traces certaines de 
voies romaines. 

Pour le col de Tende qui fait communiquer le bassin de la Stura avec 
celui du Var, il ne renferme pas non plus d'indices de voies romaines. 
Or, comme ces deux passages de l'Argentière et de Tende sont les plus 
accessibles des Alpes Maritimae pour les communications militaires entre 
les deux Gaules Cisalpine et Transalpine, et que le premier a certaine- 
ment été fréquenté à l'époque romaine, nous inclinons à y voir les points 
signalés par Varron comme ayant été franchis par Hasdrubal et par 
Pompée, sans pouvoir toutefois dire lequel des deux a été le lieu de 
passage de l'un et de l'autre de ces chefs. 

Contreforts des Alpes. — Sauf pour ce qui regarde les Ceuîroni- 
cae Alpes (voy. plus haut), les anciens ne nous ont laissé aucune 
désignation applicable aux contreforts du versant occidental des Alpes. 
Les monts de l'Esterel, qui séparent les bassins du Verdon, puis de 
la Durance de ceux du Var et de l'Argens, et engendrent les Alpines 
vers l'ouest, et la montagne des Maures, vers le sud, parallèlement à la 
mer, ne nous rappellent aucun nom ancien. On en peut dire autant des 
Alpes de Provence qui s'élèvent entre l'Ubaye, la Durance et le Verdon; 
des Alpes du Dauphiné, qui, en s'éloignant du Tabor, s'abaissent pour 
laisser passer, au col de Lautaret, la voie romaine de Cularo (Grenoble) 
à Brigantio (Briançon;, et se relèvent aussitôt en hérissant leurs flancs 
de glaciers aux abords du grand Pelvoux (5030 mètres), puis se rami- 
fient en sens divers, entre le système fluvial de la Durance et celui de 
l'Isère et de la Drôme, en isolant le Ventoux au sud (191 2 mètres) et en 
jetant sur les deux rives du Buech, affluent de droite de la Durance, le 
Gaura ' (les Aspresi et le Mons Seleucus^ (vers Monsaleon). C'est sous le 

1. Itin. Hierosolym., p. 555 : « Inde ascenditur Cauramons », sur la route de Dea (Die) 
à Vapincum (Gap). 

2. Itin. Anton., 357 P- ; — Hierosolym., p. jn, sur la route plus près de Gap. 



20 L'Orographie de la Gaule 

nom de Ceutronicae Alpes, nous l'avons vu, que les anciens désignaient 
les hauts contreforts de la Vanoise, qui, dans la presqu'île agreste et 
tourmentée formée par l'Arc et l'Isère supérieure, séparent la Tarentaise 
de la Maurienne ; il faut croire aussi qu'ils étendaient l'appellation de 
Poeninae Alpes à ces ramifications célèbres des Alpes de Savoie et à ces 
reliefs pittoresques qui s'étagent au sud du lac de Genève et du Rhône 
supérieur pour s'élever jusqu'aux faites éclatants des monts Blanc, Cer- 
vin, Rose et Simplon ; à moins qu'on ne préfère y voir les Alpes 
Atractianae. On peut s'étonner que le temps ne nous ait transmis 
les noms anciens d'aucun de ces sommets, non plus que des différents 
rameaux des Alpes Helvétiques. 

Si du Saint-Gothard, nœud d'où nous sommes parti en commençant 
cette étude, nous nous dirigeons vers l'orient, la grande ceinture de la 
péninsule italique se continue au sud du Rhin supérieur sous les noms 
d'Alpes Raelicae et Lepontiae; mais, de ce côté, nous nous écarterions du 
cadre que nous nous sommes tracé, qui est celui de la Gaule. Des con- 
treforts, qui, à partir du Mons Adulas, forment, par leur épanouissement, 
le gigantesque éventail des Pennines, des Lépontiennes, des Rétiques, 
du Titlis et des Alpes Bernoises, distribuant dans des vallées divergentes 
qu'elles animent ou fertilisent, les eaux limpides du Rhône, de l'Aar, de 
la Reuss, du Rhin et du Tésin, pas un seul n'est nommé. Ce sont des 
géographes modernes qui ont baptisé les Bernoises du nom de Summae 
Alpes ', mais les Romains ne paraissent avoir distingué par des appella- 
tions particulières aucun de ces sommets célèbres, Finster-Aar-Horn, 
Jung-Frau, Faul-Horn, etc., qui dominent l'Oberland Bernois ; ils ne 
semblent y avoir frayé aucun passage, et le Grimsel leur a été sans 
doute aussi inconnu que la Gemmie. Ce n'est qu'au point où ces mon- 
tagnes s'abaissent sensiblement et disparaissent presque tout-à-fait au 
nord de Vevai qu'on rencontre la première route romaine de ce côté ; 
mais c'est là même que finissent les Alpes. 

Le panorama, pris dans l'ensemble de cette chaîne, qui forme le prin- 
cipal relief de l'Europe, et l'aspect des vallées supérieures qui en sont 
comme les verdoyantes avenues, sont, pour ainsi parler, les mêmes 
qu'autrefois. Partout où l'homme a peu de prise sur la nature, et ne 
peut, ni la plier à ses désirs, ni la soumettre à ses besoins, c'est lui qui 
subit son influence : il devient immuable comme elle; aussi les peuples 
montagnards se transforment-ils peu et très lentement. On peut dire 
que tout est constant dans les Alpes : climat, paysage, produits et habi- 

I. Voy. Haller, Helvetien unter den Rœmern, II, p. 34. 



à l'époque Romaine. 2 1 

tants ; sur leurs escarpements inhospitaliers, la faune comme la flore ont 
peu varié pendant les âges historiques. Les quelques rares données que 
nous ont laissées à cet égard Strabon (L. IV, ch. VI) et Pline (voy. plus 
haut), sont encore vraies de nos jours. Les petits chevaux, le miel, 
les joncs, le maigre champ d'orge, s'y rencontrent encore ; les riches 
pâturages, les troupeaux de chèvres, de vaches et de moutons y 
donnent, comme jadis, les produits variés de cette industrie laitière, 
vieille comme le monde, et plus d'un trait de ces mœurs étranges, con- 
servées dans les cantons les moins accessibles des Alpes ' , a sans doute 
son origine dans les usages des sujets de Donnus et de Cottius. 

Au nord du Léman, les Dents de Jaman et de Jorat n'ont pas de noms 
anciens ; il nous faut gagner, pour retrouver les souvenirs de l'antiquité 
dans cette onomastique des montagnes, le rempart du Jura (Jurassus), 
qui séparait la Sequanux de VHelvetia^. Le Jura dont les pins sont vantés 
par Pline ?, l'altitude remarquée par César 4, n'ofirait, au 1" siècle, qu'un 
seul passage accessible à une armée, pour se rendre en Séquanie : le 
défilé étroit de la rive droite du Rhône, appelé \e Pas-de-P Ecluse 'i. Ainsi 
le Jura, aujourd'hui sillonné de routes, ne présentait pas de cols natu- 
rels et aucun artificiel, avant la conquête de César. Celui que fraya plus 
tard la voie romaine de Vesonîio ^Besançon) à Avenîicum (Avenches], par 
ArioUca iPontarlier) et Ehurodunum lYverdun) ^ fut donc dû à la main de 
l'homme. Il y avait toutefois une communication facile entre le pays des 
Helvetii et la Gaule, par la rive gauche du Rhin et la trouée de Belfort. 
Mais César n'en parle pas, sans doute parce qu'il était trop au nord et 
devait exposer les Helvetii aux attaques d'Arioviste et des Suevi qu'ils se 
proposaient surtout d'éviter. Quant au défilé de la Pierre-Pertuis, au- 
dessus de Biel, passage qui fut pratiqué par les Romains à la suite de 
travaux accomplis sur ce point, bien qu'il paraisse à M. de Saussure 



1. Voyez les premières pages de l'ouvrage d'Henry. Recherches sur les antiquités du 
département des Basses-Alpes 2' éd. Digne, 1842. 

2. Strabo : IV, m, 4 ; cf. ibid., vi, 11. — Pline : « Jura », III, v (iv), i : cf. IV, 
XXXI (xvii), I ; Juia est ici un pluriel neutre, voy. la note suivante. — Ptolém. : II, 
IX, 5 ; cf. 20. 

3. « [AbietesJ laudatissimae, in Gallia, Juribus »,X\l, lxxxxvi (xxxviii), 2; voy. édit. 
Detlefsen, III, p. 46. 

4. « Monte Jura alfissimo, qui est inter Sequanos et Helvetios », B. g., I, 2. 

5. « Unum per Sequanos, angustum et difficile inter montem Juram et flumen Rho- 
danum. vix qua singuli carri ducerentur, mons autein altissiinus impendebat, ut facile 
perpauci prohibere possent », id., ibid., 6, cf. 8 ; — voyez, pour toute cette topogra- 
phie du commencement de la première campagne, VHistoire de Jules César, par l'em- 
pereur Napoléon 111, t. 11, p. 41-52 et pi. Il et III. Cette partie y est remarquablement 
traitée. 

6. Table de Peutinger, Segm. II, A, I, p. 34, col. 2, in-fol. et Gaule, in-8, p. 233.— 
Itin. Anton., p. 348. 



22 L'Orographie de la Gaule 

avoir été antérieurement ouvert par les eaux, il était inconnu au temps 
de César. 

C'est au contrefort septentrional du Jura qu'appartient le Vocetius mons 
(Boezberg, canton d'Aarau, sur la rive gauche de l'Aar, entre P'rick et 
Bruggi, où Cécina, lieutenant de Vitellius, battit les Hclvetii avant de 
marcher sur Aventiciim '. 

Le nom ancien des Vosges nous est parvenu sous les deux formes de 
Mons Vosegus - et Vosagus 5. Les pins qui les couvraient étaient célèbres 4 
et Vosegus était le dieu topique de la montagne s. 

C'est la forêt, et non la chaîne des Ardennes, qui est citée dans les 
textes anciens, Silva Arduenna'^. César nous la montre comme s'éten- 
dant sur le pays des Treveri .Trèvesi, depuis le Rhin jusqu'aux confins 
des Rem/ Reims 7 dans le sens du nord-ouest au sud-ouest; et jus- 
qu'aux Nervii ^Hainautet Bavai, département du Nord^ dans le sens de 
l'est à l'ouest, sur une longueur, dit-il, de plus de cinq cent mille pas^, 
ce qui ferait 740 kilomètres, chiffre évidemment exagéré. Entre Bavai 
et Mayence, on n'en compte que 350 en ligne droite : ce serait la lar- 
geur. Si nous appliquons maintenant la mesure de César au sens de la 
longueur, c'est-à-dire de la longitude, il faudrait admettre que la forêt 
d'Ardenne eût couvert tout le pays qui s'étend des bouches du Rhin 
jusqu'à Langres ou même jusqu'à Dijon, c'est-à-dire qu'elle eût occupé 
plus d'un tiers de la Gaule ; mais on peut lui accorder que c'était de 
beaucoup la plus grande, « quae est totius Galliae maxinia ». Comme il 
donne à entendre plus bas qu'elle se terminait vers le nord au confluent 

1. Tacite, Histoire I, 68; — voy., pour l'identification, Haller, Helvetien unter den 
Rœmern, II, p. 39-40. 

2. Caes., B. g., IV, 10 : « Mosa profluit ex Monte Vosego, qui est in finibus Lingo- 
num » ; un manuscrit de Paris (tx" ou x» siècle) porte Uosgo ; — Plin., voy. plus bas ; 

— Lucan, Phars.^ I, 397 : 

« Castraque quae Vosegi curvam super ardua rupem 
Pugnaces pictis cohibebant Lingones armis » ; 
voy. Ed. Oudendorp, p. 51; — vib. Seg. au mot Arar. 

3. La Table de Peutinger nous les représente dans son dessin sous la forme d'une 
forêt et elle porte Silva Vosagus (Segm. II, B. i, p. 2, col. 2, in-fol., et Gaule, ih-8, 
p. 4 ; — cf Creg. Turon., V, 10, ann. J90 : « Vosagus Silva; Vosagense territorium »; 

— Venant. Fortunat., VII, 4. 

4. Pline : « [abietes] laudatissimae in Gallia... Monte Vosego », XVI, lxxvi (xxxviii), 
2; le manuscrit ce Paris, n" 6795, porte Vosago. 

j. On a trouvé sur le faîte des Vosges cette inscription : VOSEGO | MAXSII | MINVS 
I V-S-L-L- (Gruter, xciv, 10; Orelli, 2072); « au Dieu Vosegus, Maxseminus (sic) a 
acquitté son vœu volontiers et avec joie ». L'orthographe Vosegus doit donc être préférée 
à celle de Vosagus. 

6. En grec 'Ap5o^j£'vva'j)r,, Strab., IV, m, 5. 

7. B. g., V, 3 : « Indutiomarus... ils... qui per aetatem in armis esse non poterant, 
in Sivam Arduennam abditis, quae ingenti magnitudine per medios fines Treverorum a flu- 
mine. Rheno ad initium Remorum pertinet, bellum parare instituit. » 

8. B. G. VI, 29. 



à ^époque Romaine. 2j 

de la Meuse et de l'Escaut', c'est vers le sud qu'il la prolonge beaucoup 
trop, à ce qu'il semble, à moins qu'il n'enclave sous ce nom la forôt des 
Vosges, Sih'd Vosegus, qui doit, croyons-nous, en demeurer distincte. Il 
est vrai que, si l'on veut s'en rapporter à un celtologue, le nom même 
d'Ardiunna signifierait forêt 2, ce serait donc la forêt par excellence. 
Strabon toutefois ne l'entend pas comme César et il relève l'étendue exa- 
gérée que certains écrivains lui ont attribuée. Le passage du géographe 
grec est intéressant à plus d'un titre : « il existe une forêt d'arbres peu 
élevés, grande assurément, mais non pas tant que les écrivains l'ont dit, 
en lui accordant une étendue de quatre mille stades (740 kilomètres), 
on l'appelle la forêt d'Ardenne ^'Aooiuéwavj. Dans le temps des incur- 
sions militaires, ils 'les Gaulois) rassemblent les rameaux des arbres les 
plus touffus et ferment tous les passages en fichant en terre çà et là des 



1. « 'CaesarJ ad flumen Scaldem, quod influit in Mosam extremasque A rduennae partes 
ire constituit », VI, 35. 

2. « Arduenna, ou peut-être Ardvenna. Ce nom semble formé du radical ard k élevé » 
qu'a conservé le gaélique dans ard « élevé » et dans les nombreux dérivés de ce 
dernier, et qui est commun au latin {arduus, même sens). Je ne saurais dire s'il faut le 
séparer en Ardu-enna (auquel cas -enna serait simplement un suffixe, comme dans 
Cebenna, Clorenna, Ravcnna, etc.), ou Ard-venna [venna étant un terme composant). 
L'analogie des autres noms de lieu en -enna rend pourtant la première division préférable. 
Quoi qu'il en soit, le sens du terme principal ard nous permet de traduire le nom d'AR- 
DUENNA par « Haut-Pays ». Cette explication étymologique, que confirme la région 
représentée par ce nom, est rendue plus vraisemblable encore par l'analogie. Comparez 
en effet les noms suivants qui ont absolument le même sens, Hercynia {Silva), Highlands 
(Ecosse), Oberland (Suisse), Pays-d'en-Haut (Suisse, canton de Vaud) Terre-Haute (sur le 
Wabash, dans l'indiana, aux États-Unis). Par contraste on peut de même citer les Pays- 
Bas, UnterH'alden (Suisse), littéralement « Forêt-d'en-bas '\ Canipania, en Italie, et 
Champagne, nom donné à plusieurs régions de la France. En latin le même radical ard, 
d'ardaus, a fourni le nom à'Ardea ; une des villes qui portent ce nom, le chef-lieu des 
Rutules, était construite sur un rocher élevé. Je crois avoir établi que ce nom à' Arduenna 
a été, par fausse analogie, traduit par Hohe-Venn par les Germains conquérants de la 
Gaule. C'est le nom dont les Allemands appellent la partie septentrionale des Ardennes, 
et, en Belgique, on appelle la même région Haute-Fagne. Fagne est la forme dialectale 
wallonne du français Fange et tous deux viennent du mot germanique latinise Fania 
« marécages ». L'extrémité des Ardennes forme à l'heure actuelle la limite des langues 
française et allemande, et comme c'est en général à la naissance des montagnes que l'on 
rencontre les frontières linguistiques, il n'est pas téméraire de supposer qu'à l'époque où 
les Germains entrèrent en contact avec le monde gallo-romain, c'était déjà la limite de la 
langue latine. Les Germains, en présence de ce pays montagneux, en demandèrent le nom : 
Arduenna, leur dit-on. Peut-être le prononcèrent-ils Arduhenna par analogie avec les noms 
de lieu germaniques en henna, comme le Baduhenna dont nous parle Tacite [Ann., iv, 
73) ; peut-être même disait-on Ardvenna. C'est chose fréquente que, guidé par une 
fausse analogie, un peuple déforme, en voulant leur donner un sens, les noms pour lui 
nouveaux dont la forme étrangère étonne son oreille. Les transformations de ce genre 
échappent aux lois linguistiques parce que l'instinct populaire, faisant violence aux noms 
pour les rapprocher de mots connus, leur ajoute des lettres adventices. Ardu était l'ad- 
)ectif latin et aussi gaulois signifiant « élevé » ; enna ou venno qui semblait, une fois 
dégagé d'ardu, être un mot par soi-même, rappelait à l'oreille un mot germanique comme 
fenna ou fenni; Arduenna devint ainsi pour les Germains la Haute-Fagne, Die Hohe Venn. 
(Voy. mon article Fagne, Fange, Hohe-Venn, Finnois, dans les Mémoires de la Société de 
linguistique, t. 11, p. 171 et suiv.) ». Note communiquée par M. Gaidoz. 



24 L'Orographie de la Gaule 

pieux. Puis ils se cachent dans la profondeur de la forêt avec leur 
famille, se réservant de petits ilôts au milieu des marais, où, pendant la 
saison des pluies, ils trouvent une retraite assurée ; mais, à l'époque de la 
sécheresse, on les prend sans difficulté ' «. C'est un reste des anciennes 
mœurs qui remontent à l'âge des habitations lacustres. Dans ce bois se 
cachèrent et furent prises, l'an 2 1 de notre ère, les recrues du Trévir 
Fiorus qui avait excité, sous Tibère, un soulèvement en Gaule, de con- 
cert avec l'Éduen Julius Sacrovir 2. M. Alfred Maury a pu, à l'aide des 
textes du moyen-âge et des vestiges reconnaissables encore dans des 
noms de localités modernes, restituer à cette forêt célèbre son étendue 
primitive, il en a dénommé et déterminé les différentes parties, 
il en a écrit l'histoire 3, il a enfin expliqué les légendes auxquelles 
l'effroi qu'elle inspirait avait donné naissance et dont l'écho se 
retrouve dans les chants de nos trouvères 4. On sait qu'elle a joué un 
grand rôle^ surtout à l'époque mérovingienne s, et tout le monde connaît 
les récits miraculeux de la conversion de saint Hubert*^. 

On comprend que la forêt d'Ardenne ait, sous ses ombrages redoutés, 
caché aux yeux des géographes anciens les ondulations de l'Argonne, des 
collines de Belgique et de tout le système orographique qui sépare les 
bassins de la Moselle, de la Meuse, de l'Escaut et de la Seine, aussi ne 
leur ont-ils donné aucun nom. Reprenant donc la recherche des dénomi- 
nations anciennes de nos montagnes, à partir du pied des Vosges, nous 
suivrons, comme Pomponius Mêla/, la ligne de partage des eaux de 
l'Europe en gagnant, par le plateau de Langres et les collines de la 
Côte-d'Or, du Charollais et du Beaujolais, les Cévennes proprement 
dites, Gebennici ou, mieux, Cevennici Montes, Ccvcnna 3/oa?5 s ^ désignation 
qui ne paraît s'appliquer, dans César, qu'à la partie méridionale de la 
chaîne, celle qui sépare le pays des HdvU 'Ardèchci de celui des Arvernh, 
ces derniers peuples la considérant comme une excellente défense natu- 



1. IV, m, 5, 

2. Tacite, Ann., 111, 42 : « Saltus quibus nomen Arduenna ». 

3. Les forêts de la France dans l'antiquité et au moyen-âge (Mèm. présentés par div. 
savants à l'Acad. des inscript, et belles-lettres, 2"sér. ; Antiquités de la France, t. IV, 
p. 31 et suiv.). 

4. Chanson de Roland, édit. de Franc. Michel, stance LVl, p. 29, etc. ; voy. Maury 
{ouvr. cité), p. 39. 

5. Grég. Turon, Hist. ecclés., II, ix, col. (S et suiv. 

6. BoUand. Acta Sanct., II, octobr., p. 528, col. 2. 

7. « La Gaule est divisée par le lac de Genève et les Cévennes en deux versants, l'un 
atteignant la mer de Toscane, l'autre l'Océan ; le premier s'étendant du Var aux Pyrénées, 
l'autre du Rhin aux mêmes montagnes», II, v, i. Gebennici est l'orthographe adoptée 
dans l'édition de Gronovius. Leyde, 1722, p. 186. 

8. Caesar, iî. g., Vil, 8 et 56; les plus anciens manuscrits donnent tous cette leçon. 

9. « Cevenna, qui Anenos ab Helviis disdudit », ibid., 8. 



à l'époque Romaine. 2 5 

relie' ; mais Strabon lui accorde une bien plus grande extension. Disons 
d'abord que la transcription qu'il nous donne du nom latin ou gaulois en 
Cemmcna, -h K£|x;j.îv:v Bpoç, est évidemment mauvaise. Le vrai nom de 
cette chaîne devait être alors ce qu'il est resté, Cevenna. Le géographe 
grec la fait partir des Pyrénées avec lesquelles elle forme, dit-il, un angle 
droit, et il en étend le nom jusqu'à la hauteur de Lyon ; donc les mon- 
tagnes du Vivarais et du Lyonnais sont comprises par lui sous la désigna- 
tion commune de Cemmena ^, et il lui donne 2000 stades de développe- 
ment (570 kilomètresl, chiffre un peu inférieur à celui de la longueur de 
la chaîne entre les Pyrénées et le Beaujolais. Il nous la montre comme 
serrant plus étroitement le Rhône en face du confluent de l'Isère avec ce 
fleuve iIV, I, II ; d.ihid., 11, 3) et il enfait une limite ethnographique 
entre les Aquitains (Ibères) et les Celtes [Id., ibid., i) ; il ajoute enfin 
que l'Aude, l'Orb et l'Hérault descendent de l'un de ses versants [Id., 
ibid., 6) et la Loire de l'autre [Id, ibid. 14]. Pline semble étendre aussi 
le nom de Cebenna 3 vers le nord jusqu'à Lyon, puisqu'il en fait la limite 
de la Narbonnaise4 et de la Gaule proprement dite, se conformant en cela 
aux commentaires d'Agrippa s. Les Gaulois prétendaient, au dire de Stra- 
bon, que les Cévennes renfermaient des mines d'or (III, 11, 8), mais il 
aurait eu tort d'y croire. Ptolémée étend le nom de Cemmena aux mon- 
tagnes d'Auvergne'^, qui ne semblent pas en effet avoir eu dans l'anti- 
quité une désignation particulière. Nous connaissons du moins, depuis 
peu, et par suite des fouilles pratiquées au sommet du Puy-de-Dôme 
pour l'établissement du nouvel observatoire, le nom ancien de cette 
montagne. L'inscription, dont voici la traduction, et qui a été gravée 
sur une petite plaque de bronze servant d'ex-voto, y a été découverte 
le 24 août 1 874 : « Aux divinités Augustes et au dieu Mercure-Dumias ; 
)) Maîuîinius Victorinus a fait cette offrande ))7. Ces fouilles, commencées 
le 1 5 août 1873, ont mis au jour, sur le culmen du Puy-de-Dôme, c'est- 
à-dire à 1463 mètres d'altitude, les vastes substructions d'un temple de 
grandes dimensions, ruiné, au rapport de Grégoire de Tours, sous le 
règne de Valérien et de Gallien, vers 258, par Chrocus, roi des Alamans, 

1. c( Quibus 'An'ernis] oppressis inopinantibus, quod se Cevenna ut muro munitos 
existimabant», /b;^., 8 ; et, au ch. 56 : u oppositus Mons Cevenna viarumque difficultas 
impediebat ». 

2. IV, I, 1 ; cf. 11, V, 28. Il emploie tantôt le singulier, tantôt le pluriel. 

3. Orthographe adoptée, d'après le meilleurs manuscrits, dans l'édition Detlefsen, t. III, 
p. 135. , ^ 

4. 111, v^iv) I. 

5. IV, XXXI (xvii), I. 

6. i 'Apo'jÉpvoi ; 0'. irc'.potxoÛTi xà Kîa|j.îva ôpr, (11, viii, 14). Les deux mss. 1403 et 
1404 de la Bibliothèque nationale de Paris portent Kcî[Xcva. 

7. Cette inscription a été reproduite Rev. celt. II, 426. 



26 L'Orographie de la Gaule 

qui ravagea la Gaule à la tête d'une armée, et qui, « à Clermont (c'est- 
à-dire dans le territoire de la cité de Clermont, appelée elle-même alors, 
du nom de l'ancien peuple, Arverni], incendia, renversa et détruisit un 
temple célèbre, que les habitants appelaient Vasso, en langue gauloise, 
édifice admirable et solide,... dans l'intérieur duquel le marbre se mêlait 
aux mosaïques ' ». Ce temple dont les ruines viennent d'être retrouvées 
assez complètement pour ne permettre aucun doute sur son identité avec 
celui que décrit l'historien du vu^ siècle, n'est autre que le sanctuaire du 
Mercure-Arverne, où se trouvait la statue de cette divinité dont Pline, 
après avoir énuméré les colosses les plus célèbres de son temps, parle en 
ces termes : u les dimensions de toutes ces statues ont été dépassées de 
notre temps par le Mercure que Zénodore a fait pour la cité gauloise des 
Arvernes, moyennant 400000 sesterces 180000 fr. du poids de notre 
monnaie d'argent) par année, pour prix de sa main d'œuvre pendant 
dix ans. S'étant fait connaître par ce travail, il fut mandé à Rome par 
Néron et y exécuta la statue colossale de ce prince ^. » Pline nous 
apprend en outre qu'à l'époque où Zénodore se trouvait chez les 
Arvernes, le gouverneur de la province, c'est-à-dire le légat de l'empe- 
reur dans l'Aquitaine, était Vibius Avitus. Or d'autres inscriptions, ou 
plutôt des fragments d'inscriptions, gravés en lettres monumentales sur 
marbre, ont été trouvées au même endroit, et divers monuments élevés 
en l'honneur du Mercurius Arrernus dans d'autres parties de la Gaule et 
jusque sur les bords du Rhin, prouvent que le temple dont on voit les 
débris au sommet du Puy-de-Dôme était le centre d'un cuhe national et 
qu'il a dû être élevé, non pas seulement par la cité qu'il dominait si 
majestueusement, ayant pour piédestal un ancien volcan, mais par toute 
la Gaule ; aussi rien de plus commun que le souvenir de Mercure sur 
tous les points de notre pays >, le nom de cette divinité est resté attaché 
à de nombreux sommets comme à une foule de villages ou hameaux 4. 
Pour nous résumer, disons que l'intérêt direct qui résulte de la décou- 
verte faite au Puy-de-Dôme est de nous montrer, sur l'emplacement 
situé au faîte de cette montagne, un temple magnifique consacré à la 
principale divinité nationale des Gaulois, qui y était représentée par un 
des premiers artistes du monde ; que ce colosse, tout en bronze, y 
atteignait des proportions inconnues ailleurs, que le nom de ce temple, 

1. Greg. Turon., Hist. des Francs, I. }6, trad. de M. Guizot. 

2. XXXIV, xviii (vu), 6. 

3. Caes. B.g VI, 17 : » Deum maxime Mercurium colunt, etc. » 

4. Tels que Saint-Michel-Mont-Mercure en Vendée, Mercurey en Bourgogne, Mercœur, 
Mercoiret, Mercury, Mercurette, etc. Voy. Mowat, /?fv. archéolog. de janvier, 187$, p. 
}4, note I. 



à l'époque Romaine. 27 

en gaulois Vasso, et celui de la localité où il avait été construit, distin- 
guaient topiquement ce sanctuaire célèbre de tous les temples secon- 
daires et de tous les lieux où le Mercure Arverne était honoré ; enfin que 
ce nom était Dumias [gén. Dumiatis\ d'où est certainement venu Podium- 
Dumiatis, Puy-de-Dôme, d'autant mieux que la prononciation des habi- 
tants du pays, Puy-de-Doume nous a conservé la phonétique latine de 
Dumias [Doumias). 

A la naissance du contrefort qui rattache le système des monts 
d'Auvergne aux Cévennes était le Lesuni ou Lesora Mans ' (mont Lozère,, 
1530 mètres! , où le Tamis (Tarn) prend sa source et dont le canton 
était renommé pour ses fromages. 

Nous ne trouvons aucun autre nom ancien à appliquer aux systèmes 
orographiques, qui séparent, plus ou moins nettement, le bassin de la 
Loire de ceux de la Seine, au nord^ et de la Garonne, au midi ; malgré 
l'importance des collines de Normandie et des monts de Bretagne qui 
avaient cependant dû fixer les regards des Romains. Il ne nous reste 
donc plus qu'à gagner les Pyrénées. 

Les Pyrénées. — Pyrenaei montes^, Pyrenaea juga'^, Pyrenaeus 
mons^, PyrcnCi sont mots synonymes 6. Cette chaîne, mentionnée 
dans un grand nombre de textes, séparait, moins autrefois qu'aujour- 
d'hui, deux pays et deux races, car l'ancienne Ibérie débordait sur la 
Gaule et la Gaule sur l'Ibérie?. Les Pyrénées, dit Strabon, présentaient 

1. Sidon. ApoUin., Carm., XXIV, Propempt., 44 : « hinc te Lesora, Caucasum Schytha- 
rum vincens, aspiciet. » 

2. Ta riupr.vaïa ôor, Polyb. , III, xli, 6 ; cf. XL, I ; xxxvii, 9 ; xxxix, 4. — Diod. 
Sic, V, 35. — Marcien. d'Hérad., II, 6{Geogr. min. de Didot. I, p. $4}). — Strab., II, 
I, II, etc. ; mais il emploie le plus souvent le singulier, voy. note 3. — Agathém., II, 
9, p. 47, — Ptolém., XV, 2, où le géographe Alexandrin rapporte qu'elles avaient été 
décrites par Marin de Tyr: VIII, iv, 2, v, 2. — Tite-Live, XXI, 23 : u Pyrenaei montes. » 
— Justin., XLIV, I. 

3. Pline, III, II (1), I. 

4. Sil. Italie, m, V, 41J : « at Pyrenaei frondosa cacumina montis i>. — Auson. 
Epigr., XXIV, 68 : « bimaris juga ninguida Pyrenaei ». — Dionys. Perieg., V, 288 : 
ITypr.vaTov ôoo;. — Plin. : « Pyrenaei promontorium, juga... » IV, xxxiv (xx), i ; « in 
Pyrenaeo » VII, xxvii (xxvi), i ; cf. XIV, viii (vi), 8 ; « Pyrenaei jugis... » XXXVII, 
VI (i), 13 ; « Pyrenaei montes... » IV, xxxi (xvii), i ; « radice Pyrenaei », III, iv (m), j ; 
u saltus Pyrenaeus» IV, xxxm fxix), i. — Tite-Live, XXI, 23. — Auson., Epigr., 
XXV, 51 : « Pyrenaeum transgreditur »; XXI, 24. — Mêla, II, v, i ; III, i, 10 ; « Pyre- 
naeus mons » II, VI, I. 

5 Polyb., III, xxxv, 2 ; f, n-jpr,vr,, et, au même chapitre, § 7 : oià twv nvpr,vaîti)v 
opwv, cf. xxxvii, 9; xxxix, 4, etc. (voy. note i). — Marcien. d'Hérad., II, 6 [Geogr. min. 
de Didot. I, p 543). — Strab., III, i, 3 : -^ n'jpr,vr,, passim, mais il emploie aussi le 
pluriel (voy. note i). — Athén., VIII, 2. — Steph. Byz. — Auson.: « confmia propter 
ninguida Pyrenes » Clar. urb.. Tolosa. 

6. Eustathe [Commentarii ad Dyonis. Perieg. ad v, 338, Geogr. min. de Didot, II, 
p. 277) dit que le mot n-jpr.vr, s'applique non-seulement au n-jp-ovatov ôpo;, mais aussi 
aux II-jpr,vaîa ôpr,, au pluriel. 

7. Strabon dit 'bien, il est vrai (III, i, 3) : rj Il'jprjvr,... ôpo;... àTrô Nôto-j upô; Boppàv 



28 L'Orographie de la Gaule 

au nord leurs flancs dénudés ; leur versant méridional, au contraire, 
aurait été couvert de forêts (III, iv, 1 1). Or, malgré les changements 
que dix-huit siècles de culture et de déboisement ont pu apporter à l'as- 
pect de ces montagnes, c'est le contraire de ce que rapporte le géo- 
graphe grec qui est vrai aujourd'hui et nous semble l'avoir été jadis. 
Ses mines d'or des Pyrénées illl, ii, 8) sont une imagination, est-il 
besoin de le dire ? « Les Pyrénées, dit DiodoreiV, ^<^], l'emponent sur 
les autres montagnes par l'étendue et l'altitude...; elles étaient autrefois 
couvertes d'épaisses forêts, mais on raconte qu'à une époque ancienne 
des bergers y ayant mis le feu, toute cette région montagneuse devint la 
proie d'un vaste incendie qui dura pendant bien des semaines, toujours 
se propageant, et que la surface du sol, étant comme calcinée (d'où est 
venu le nom de Pyrénée, llucvala, de 7:jp, feu), mit à nu une grande 
quantité d'argent; que ce minerai liquéfié donna naissance à des ruis- 
seaux de métal dont les indigènes ignoraient l'usage et dont surent bien 
profiter les marchands Phéniciens... ». Il est probable que ce récit 
légendaire a un fond de vérité et qu'il fait allusion à ces belles mines de 
plomb argentifère de l'Espagne dont on extrayait autrefois, comme 
aujourd'hui, l'argent par le procédé de la coupellation ; seulement il faut 
pour cela étendre le nom de Pyrénées à toutes les montagnes qu'elles 
engendrent et qui sillonnent le centre de la Péninsule ' et non le limiter 
à la chaîne des Pyrénées proprement dites que Diodore nous montre, 
lui aussi, comme séparant la Celtique de l'Ibérie (Diod. loc. cit.) ; car il 
n'existe aujourd'hui dans cette chaîne, à l'état d'exploitations, sur le 
versant français du moins, que le gisement argentifère de Bagnères-de- 
Luchon, produisant par an de 40 à 50 tonnes de plomb et yj kilo- 
grammes d'argent environ ^ Les mines de l'intérieur de l'Espagne sont 



TîTajjLÉvov ôpt'îi Tr,v K£>.tixy)v àTzô -rj; 'lêcpt'a?. — Silius Italicus dit aussi dans son lan- 
gage plus poétique qu'exact (111, 417-419) : 

(( Pyrene celsa nimbosi verticis arce 

Divisos Cellis late prorpectat Iberos 

Atque aeterna tenet magnis divortia terris «, 
et Polybe : upô; twv IFupavaitov ôp<ôv à 5iopî;:;£i toô; "lêr.pa: v.ai K£>,toû; (III, xxxix, 
4). EÛstathe, dans son commentaire au v, 338 de Denys-le-Périégéte [Ceogr. min. de 
Didot, 11, p. 277) dit la même chose; mais il est de notoriété que la Celtibérie, qui 
correspond à l'Aragon et à la Catalogne, devait son nom même au mélange des Celtes et 
des Ibères et personne n'ignore d'autre part que les Ibères étaient établis dans la Gas- 
cogne et dans le Roussillon : Elimberris est le nom ancien, et certainement Ibérien 
d'Auch, et lllibcris celui d'Elne [Hdena étant une appellation romaine et presque chré- 
tienne qui date des fils de Constantin). 

1. Pline appelle de même Pyrenaei juga les montagnes de l'intérieur de l'Espagne : 
IV, XXXIV (xx), I ; cependant il distingue, dans un autre passage, le Solorius mons et les 
juga Oretana et Carpetana : III, 11, 2. 

2. G. Roswag, Us métaux précieux considérés au point de vue économique. Paris, i86j, 
in-8, p. 59- 



à l'épocjue Romaine. 29 

au contraire très-riches et leur exploitation par les Phéniciens nous est 
attestée par Strabon, dont le texte paraît concorder d'ailleurs avec celui 
de Diodore, sauf en ce qui regarde la situation géographique de ces 
mines : Strabon cite à cet égard le témoignage de Posidonius'. Les 
Pyrénées produisaient du buis (Plin., XVI, xxviu (xvi), 2) et leurs eaux 
thermales sont vantées par Pline (XXXI, 11, 1). Quant à l'étymologie 
grecque, -njp, feu, on est édifié aujourd'hui sur sa valeur, comme sur 
celle de la plupart des anciennes étymologies géographiques. La sage 
réserve dont M. Gaidoz nous donne ici même l'exemple^ nous avertit 
de nous défier de Byrin, Bryn, qui signifierait montagne, et que Forbi- 
ger 5 nous propose, après Astruc 4, comme origine du nom des Pyrénées. 
La neige et les lacs glacés de ces montagnes ont été chantés par Lucain 
(IV, 85-87), mentionnés par Festus Aviennus s et par Ausone^. 

Les Romains ont connu plusieurs passages dans les Pyrénées ; trois, 
entre autres, ont été rendus plus accessibles par la création de voies 
romaines : 

1° Celui de Barcino (Barcelone) à Narho-Martius (Narbonne), par 
Gerunda iGirone) et Ad Pyreneum (col de Pertus) 7 ; c'est aujourd'hui la 
route de Perpignan à Barcelone par le Boulou, la Junquera et Figueras; 
c'était de beaucoup la plus fréquentée dans les temps anciens, et c'est 
certainement ce col que franchit Hannibal (Polyb., III, xl, i), ce qui le 
conduisit directement à llHberis (Elne) dont il fit le siège (Tite-Live, XXI, 
24. Strabon nous explique parfaitement que le chemin d'Italie en 
Espagne s'écartait de la mer pour gravir les Pyrénées au point où se 
voyaient les Trophées de Pompée et qu'en le suivant depuis Tarragone on 
traversait le Campus Juncarius dont Junquera rappelle certainement le 
nom ancien ^ ; on sait qu'il n'y a pas de passage possible à l'est du col 
de Pertus, le cap Creus, autrefois Pyrenaeum promontorium 9, s'avan- 

1. m, II, j, 8 et 9 ; — cf. Aristote {De Mir. ausc, 88 p. 11 57), qui raconte la même 
chose. Ce n'est pas dans les Pyrénées, comme semble le croire Forbiger (III, p. 8) que se 
trouvaient les mines d'or, d'argent, de fer et de plomb dont parle Pline (IV, xxxiv (xx),4), 
car cet écrivain désigne clairement ici l'Espagne à partir des Pyrénées et non la région 
des Pyrénées: «omnisque dicta regio (id est Hispania) a Pyrenaeo metallis referta auri, 
argenti, ferri, p'.umbi nigri albique ». 

2. Revue celtique^ t. Il, p. JSJ et suiv. 

}. Handb. der alten Geogr., III, p. 7, note 22. 

4. Hist. natur. du Languedoc, III, 2. 

5. « Inde Pyrenaei turgescunt dorsa nivalis », Descript. Orb., 421. 

6. il emploie deux fois cette épithète de ninguida en parlant des Pyrénées ; voy. plus 
haut. 

7. Itin. Anton., p. 390; Table de Peutinger, Segm. 1, A, 2, p. 80. — Vaset Apolli- 
naires, etc. 

8. m, IV, 9 et cf. 7 pour les Trophées de Pompée ; cf. aussi Pline, VII, xxvn (xxvi), 
1-4; XXXVll, VI (1), 3. 

9. Mêla, II, 6; — Pline, IV, xxxiv (xx), i. 



^0 L'Orographie de la Gaule 

çant dans la mer et y projetant ses rochers ''Polyb., III, xxxix, i). 

2° Le second passage frayé par les voies romaines donnait accès à la 
route de Caesar-Augustd (Zaragoza, Saragosseï à Ihiro lOléron), par 
Jaca (dont le nom s'est conservé sans changement) et le col de Sainte- 
Christine, ou Port-Cantran '1644 mètres), un peu au sud-est du Pic- 
du-Midi, port ou passage qui représente le [/n| Summo Pyreneo de 
l'Itinéraire d'Antonin. 

3° La route de Pompclone iPamplona, Pampelune) aux A(]uae Tarbel- 
licae (Dax], par le Summum Pyrenaeum ^Roncevaux, 1068 mètres^, 
Vîmum Pyrenaeum (Saint-Jean-Pied-de-Port) et Carasa iGarris) : c'est la 
célèbre vallée de Roncevaux'. Mais il est indubitable que d'autres pas- 
sages ont été suivis par les anciens à travers les Pyrénées et même que 
d'autres routes y ont été pratiquées, ne fût-ce qu'au bord de la mer, 
entre les positions modernes de Saint-Sébastien et de Bayonne, par les 
points où passe le chemin de fer; et aux sources de la Garonne dans le 
val d'Arran ; c'est évidemment par ce dernier col que vinrent les peuples 
chassés d'Espagne qui fondèrent Convenue Lngdunum-Convenarum (Saint- 
Bertrand-de-Commingesj ^. 

Ernest Desjardins. 



1. Itin. Anton., p. 455. 

2. Saint-Jérôme, Adversus Vigilantium, p. 281 (Dom Bouquet, I p. 744). 



ON 

THE CELTIC COMPARISONS 

IN BOPP'S COMPARATIVE GRAMMAR '. 



The Celtic words — genuine or fabricated — noliced in Bopp's Com- 
parative Gramwar are seventy-five in number. Of thèse twelve are cited 
either for the ending or for the treatment of the terminal letter of conso- 
nantal stems. Thèse are : — 

Ir. athair 'father,' Z. 262 : retains the r of the stem : 

brathair [\eg. hrdîhair] 'brother,' Z. 262. Same remark : 

comharsa 'neighbour,' gen. comharsan, the modem îorm oî comarse : 

is dia mo-chomarse 'God is my neighbour/ LU. i6b : 
geallamhuin, gen. geallamhna 'promising' : a stem in-mani, Z. 277 : 
geanmhuin, ginmhuin 'engendering^ ; ditto : 
geineamhuin 'birth' \geinemhain, gl. generacio) H. 2. 13 : 
guala 'shoulder/ gen. gualann^ Z. 264 : 
leanamhain, leanmhuin 'following' : a stem in mani : 
mathair ^leg. nidîhalr<, 'mother,' Z. 262 : retains the r of the stem : 
naoidhe 'child,' 'gen. naoidhin,' 0. Ir. nôidiu, gen. nôiden, Z. 264, 

26<^ : 
ollamh 'princeps poetarum,' gen. ollamhan : a stem in n, Z. 264 : 
scramhain ^séparation,' a stem in -mani. 

Ten seem fabrications or blunders of O'Reilly, Shaw or other Gaelic 
lexicographers, namely : — 

Ir. disk, I 89, 'request.' This is Shaw's aisg 'petitio.' But there is 
no such Word. The word meant is ascid or aiscidh s. f., which 
bas probably lost initial v^. It occurs in O'Don. Gr. 106 : ni 

1. Vergleichende Grammatik... von Franz Bopp, zweite Ausgabe, Berlin, 1857-1861. 
Grammaire comparée des langues indo-européennes, par M. François Bopp, traduite 

sur la deuxième édition par M. Michel Bréal, Paris, 1866-1872. 
Francis Meunier. Registre détaillé, Paris, 1874. 

2. The initial vowel forbids us to connect ascid with Skr. icha ex iskâ, the European 
iorm of vihkhïs aiskâ, Fick^, 511. 



J2 On the Celtic Comparisons 

li-aiscidh carad ar charaid, and in LU. 41a (Rev. Celt. II. 88) : 
tucad disi ind ascidsin l'that request was granted to her'l. Cognate 
with this is toise 'voluntas' [='do'v]ansci] and both belong lo 
ihe Skr. vânchâ, OHG. wunsc, Eng. wisli : 

beasach 'l'adjectif beasach signifie éclat,' I. 267 ', where it is con- 
nected with Skr. bhâs 'briller.' There is no such word. Bésach 
(now written beasach or beusach] is a derivative from bés 'mes,' 
and means 'moral,' 'modest,' 'well-behaved.' It can hâve nothing 
îo do with bhâs. The Ir. bâtt 'fire/ Corm. Tr. 52, may corne 
from this root : 

galleamhain 'offense.' I know of no such word except in O'Reilly : 

gnia, gnic 'connaissance/ ^«o 'ingénieux/ I. 259. I doubt if there is 
any such word as g/j/a 'connaissance.' O'Reilly doubtless cites 
it from O'Clery, who has gnia aithne. cia dognia À. cia doaiihéonta, 
whence it would seem to be a verbal form. As to gnic I know it 
only from O'Reilly and Lhuyd. As to gno ileg. gnô) it means 
'remarquable/ not 'ingénieux' : 

logha 'brillant/ I. 58. This is from O'Reilly, but I know of no 
such word. Perhaps loche 'lightning' (gen. lôchet] gave rise to 
this forgery : 

ollamhain 'instruction.' This is from O'Reilly. I hâve never met it; 
except as the dat. or ace. sg, ornom. pl.of the/z-stemoZ/dm/i 'chief- 
poet' : 

ruad/2 'force,' Waleur,' et comme adjectif 'fort,' 'vaillant,' IV. 291/2., 
where it is connected wiih Skr. ruh agrandir' for rudh. This may 
be right as to the adjective ruadh, which O'Clery explains by trén 
no Ididir. But though it occurs in O'Reilly) I know of no such 
substantive as ruadh ^force/ 'valeur' : 

rud 'wood.' From O'Reilly, who gives a gloss, '.i. eoill no fidh,' 
found no where else, so far as I know : 

ruigheanas 'éclat,' connected by Bopp with Skr. râj. This also is 
unbelegt, and is almost certainly a forgery or a blunder. ^Can it 
be = ro- gênas 'great chastity' ?) : 

There remain fifty-three, of which the foUowing twenty-four are (I 
venture to think) wrongly compared : — 

Ir. am 'time,' \V. amser, Br. amzer, Vergl. Gr. i. 492 : I cannot 
fmd it in the French version, II. 77, 80, to which the index refers 

1. Hère as elsewhere, I cite from M. Bréal's translation. 



in Bopp's Comparative Grammar. 5 5 

one. Bopp compares ihe Skr. amasa 'tempus' ; but the hardness 
of the m in the Celtic words ^which are genuine) points either to 
the root AMB amhati 'gehen,' which however is not helegt, or to 
the root AG, through the form 'a-n-g-va, cognate with the 
Oscan angetuzet, angit : 

anal 'breath,' IV. 299:2, is compared with the Skr. anila 'wind.'The 
Irish Word meant is a/ÎLî'/ =W. anadl, an 0. Celt. *anatlo, which 
is only radically connected with anila : 

anoclhi ""noctu,' 'hâc nocte,' II. 355. 'Hère/ says Bopp, '^ est em- 
ployé comme thème démonstratif.' But a-nochd is a mère modem 
corruption of the 0. Ir. in-nocht, Z. 609, where in for inn isthe 
ace. sg. masc. or fem. of the article, of which the stem is sinda : 

arasaim 'j' habite,' I. 59. Bopp compares the Skr. â-vasâmi, assu- 
ming a change of v to r. But this is impossible in Irish. I hâve 
never met with arasaim except in O'Reilly's Dictionary. If it be 
a genuine word, it is a denominative from aros 'a dwelling' (= W. 
araws 'a staying') which seems compounded of the préposition ar 
and foss = vastu, Curtius No. 206 : 

as 'hors de,' IV. 394/?, is compared with the Skr. adverb avis 
'offenbar/ 'vor augen.' But terminal s is never preserved in 
Irish. As- (which is only found combined with the article and 
pronouns or in composition) is = Lat. ex, Gr. ï: : and like 
o\>.ox'ko:, umbilicus, imbliu : cvuç, unguis, inge] may be quoted as 
a relie of the Graeco-italo-celtic unity : 

beosaighim 'j'orne,' 'j'embellis', I. 266, where it is compared with 
Skr. bhûshayâmi. As s between vowels disappears in Irish, this 
comparison must be wrong. I hâve not met with beosaighim except 
in O'Reilly's Dictionary : 

bhus 'il sera/ III. 501, when it is compared with the Lith. èu^, Skr. 
bhavishyati. But Ir. bhus means 'qui sera,' and isthe modem ^d. 
sg. relative future, the Old-Irish bes, Z-.498. Compare Keating 
cited in O'Don. Gr. 161, cir as tu bhus aoin-bhean damhsa ôso 
amach ^car c'est toi qui seras ma seule femme dorénavant,' in 
Oid-Irish air istâ bes-ôenben damsa ôso immach. Whatever may 
be the s in bhus, it can hâve nothing to do with the s in bus or 
the sh in bhavishyati : 

bleachd 'lait', I. 285, is explained as from bo-leachd [bo, leg. bà 
'vache') . But hère, as in blith and other Irish words, bl is from ml, 
ar\d bleachd is from mleclit (cf. bo-mlacht, Corm. T.) and cognate 
with à-iJ.éAvw, etc. : 
Rev. Celt. III 3 



J4 On the Celtic Comparisons 

bri 'parole/ IV. 276, note 4. This should be hri. Bopp connects it 
with the Skr, root BRU 'parler'; but the vowels do not agrée; 
and hri, like briathar, is cognate with FpY;-;;.a, Vzf-cç, Fpr-Tpa : 

cac, cacach, cachaim, seacliraith, I. 351, are compared with Lat. 
caco, etc. The first three words would be better spelt cacc, 
caccach, caccaim ; cf. W. cach, cachu, where ch = ce. As to 
seachraith or sechraid (i. salchar 'filth,' O'Cl., O'Dav. 116) it has 
obviously nothing to do with the other words, and seems a deri- 
vative from the préposition secli ; 

dasachd 'férocité,' 'courage,' I. 150, iv. 269 (0. Ir. ddsacht) is 
connected with Ocasûç, Skr. root DHARSH 'audere.' But this is 
impossible. R never is lost in Celtic. Ddsacht properly means 
'insania/ Z*. 805. Its etymology is quite obscure : 

déagh., deich 'di.x' are equated with daçam, decem, I. 52. Hère déagh 
is a mistake for déag = 0. Ir. déac 'ten,' a dissyllable, the etymo- 
logy of which has not been explained. It is used as the absolute 
form of the numéral, while deich is used with substantives : 

deanaim [\eg. déanaim], vide infra p. 37, s. v. dan : 

dear 'fille,' I, 35?, is quoted as an example of the préservation of 
the final r of the thème. This is very unlikely. TheOld-Irish form 
der occurs in Cormac's Glossary, s. v. ainder, and in the Lebar 
Brecc 85 : petronilla der petair 'S. Pétri filia.' So in numerous 
women's names; Der-inill, LB. 17a, 22^, Der-mor ijd, Der- 
chartaind 19c, Der-lir 22a. Der may perhaps be the Neo-Celtic 
reflex of the Gr. OiXoç, which in Homer always means 'stripling.' 
It cannot possibly be (as Bopp supposes) = Or;3.-r^p, duhita, etc. : 

fiafruighim 'je demande', I. 268, is connected with Skr. prchasi 'tu 
demandes,' and Bopp says it appears to contain a reduplicative 
syllable. Here_, as often in modem Irish land modem Ireland), 
appearances are deceptive, for the Old-Irish form is iar-faigim. 
Hence we see that the firsl f m f-iafraighim is only prosthetic, that 
the r has undergone metathesis, and that the root^ instead of being 
(as Bopp supposes! PARSK, is VAK: 

grith 'cri,' I. 264, is connected by Bopp with Goth. grêta. He is 
possibly right if we assume that in Old-Celtic there was a nasa- 
lised root GRA-N-D = Skr. hrâd 'tœnen' (see infra s. v. nadu). 
It seems more likely that grith (== W. gryd) descends from 
*gariti, a derivative from the root CAR, whence 7r,puç, OHG, 
kirru, etc., Curtius No. 133 : 

mile (\eQ. mile), W. m/7, 'a thousand,' II. 243, is treated as a 



in Bopp's Comparative Grammar. ^ s 

•loanword from Lat. mille. But, first, the quantities ofthe penults 

differ : secondly, in Latin loanwords // is represented by // (cf. cella 

'cell'), and, lastly, the genders differ, for mile is a fem. w-stem : 

piuthair 'sœur,'l. 553, is stated tobefor spiuthairÇpiusthar, II. 323) 
'avec endurcissement du i' en p, comme dans speiir 'ciel' qui 
répond au sanscrit iivîr.' So far as concerns piuthairihh is right 
(cf. paadh À. îart 'thirst', roo\. svas, whence Skr. fi'a^/'m/'spiro'); 
but spenr or spéir (gen. spére, O'Don. 1 1) is a loan from sphaera 
(caelestisl. Piuthair is still living in Scotland, but in Ireland I bave 
only met with it in the gen. sg. in the following extract from 
LU. 59^ : Cia th-aimn-seo ol-conchobar. Setanta mac sualtaim 
atomchomnaicse 7 mac dechtere do-pbethar-sii 'What is thy name ?' 
says Conchobar. 'Setanta, son of Sualtam, am I, and son of 
Dechter, thy sister' : 

raidim *je dis,' I. 59/2, is put with OHG. far-wâzu '^maledico' and 
Skr. vad. This is obviously wrong : v never becomes r in Irish. 
Raidim (rectè râidhim) isthe O. Ir. -ràdlu or -rdidiu, Fél. Ep. 358, 
and is = the Goth. rodja {rodjan TvaXsTv, Xé^ïw, etc.) : 

roid 'race' (rectè 'course') is connected, I. 266, with Skr. riih 'venant 
de rudh grandir.' As this connection is obviously due to Bopp's 
having taken O'Reilly's 'race' to mean 'genus,' 'progenies,^ 
whereas it means 'cursus,' nothing more need be said on the 
subject save ihat raid and O'Davoren's ruitech .i. rith may come 
from a root RAS, Fick^. 842 : 

seasamh 'se tenir debout', IV, 205. Bopp séparâtes seasamh thus : 
^seas-a-mh,Va est la voyelle caractéristique, le mh est probablement 
un reste de -mhuin.' This is ail wrong. Seasamh {=0. Iv.sessam) 
is a reduplicated form, and stands îor *se-stam-a, aderivative from 
the extended root STAM {STA, Skr. stha), whence Ir. samaigim 
^pono/ W. sejyll, safiad, Br. seuell : 

smigeadh 'le sourire,' I. 261. Bopp compares this with Skr. smayati 
'il rit' and says 'le j est endurci en g.' This can hardly be, as 
smigeadh (with its hard g) points to an 0. Ir. smiced, cognate 
perhaps with the English smirk : 

speur, vide supra s. v. piuthair : 

staighre 'pas,' 'degré', I. 265, is connected with the root STIGH 
'monter,' Greek cz'.y. But staighre is a loanword from the Eng. 
stair., A. S. sîàger, stegher. The st in anlaut in Irish either loses 
s or assimilâtes /. The root STIGH appears as tiaga, cctiy^ui, 
Curtius No. 177 : 



^6 On the Celtic Comparisons 

Bopp also notices the following British words : — 
cais 'contentio,' Mabor,' I. 54, he connects with Lat. qu£ro, for 
qu£SO, and Skr. cesht. But cais means 'conamen,' 'tentative' (rhoi 
cais ar beth 'to make an attempt on a thing'i Davies : 
danhczu 'mordre' (rectè dannheddu) is connected jpy Bopp, I. 62, 
with ciy.vw, lacero, Goth. talija. But it cornes from 'dantedu, and 
is cognate with cSojç, dens and tuntli-u-s, Curtius No. 289 : 
nadu 'crier,' III. 558, where it is connected with Skr. nad, nâna- 
dati, 'ils résonnent.' The Ir. natli [taithmeî fiadat ferr cech nath 
'commémoration of God is better than any nath,' some kind of 
poem, Br. 94), seems cognate with W. nadu, nâd 'sonus,' 'stre- 
pitus,' 'clamor.' As nadu ('sonare/'strepere,' 'clamare,' Davies) 
points to an Old-Welsh "natu, it cannot be right to refer thèse 
Celtic words directly to the unnasaHsed nad, Curtius No. 287^». 
But possibly Bopp meant to deduce them from an Old-Celtic root 
nand = the Skr. fréquentative nânad 'to roar.' Compare 0. W, 
i-strat, Ir. srath with Eng. strand (Rhys, Rev. Celt. II. 190). So 
perhaps 

Ir. dîli 'vadum', ex *[v]a-n-du, root VADH, Fick^ 396 : 

Ir. flaith 'dominium', ex *vla-n-di (cf. vaUlan etc.) : 

Ir. luath 'celer', ex "plu-n-da, rool plud, Fick 2 532 : 

Ir. maith 'good' ex "mandi. root MAND, Fick 145 : 

Ir. Util 'stone' ? ('jewer O'R.) Corm. s. v. adba othnoe = 

"pUnda, Fick 5 377, whence zXb^oqandflint, and 
Ir. grith 'cry/ W. gryd ex "grandi : cf. Lat. grando, Goth. 
grêla, Skr. hrâd, Curtius No. 181. 
The etymology of ail thèse Celtic words is still highly uncertain : 
tyvu 'croître,' II. 9^. (leg. îyfu) is compared with Vedic tavisha 'fort, 
tavishî 'force.' But this is impossible, as the v would hâve been 
vocalised. Tyfu, like twf, tyfiad and tyfiant 'incrementum,' seems 
cognate with Lat. tumeo, root TU, Curtius No. 247. 

The rest of the words are rightly compared : — 

a 'ejus/ ^-/z 'eorum,' II. 334. Of thèse pronouns Bopp equates a 
'his' with Skr. asya, and a 'her' with Skr. asyas, 'dont le 5 final 
est joint en Irlandais, sous la forme d'un h, au mot suivant, si 
celui-ci commence par une voyelle ; (e. g., a hathair 'ejus au 
féminin] pater,' pour ah athair.' But this h appears only in 
Middle-Irish MSS. In the Old-Irish a-altram-si 'nutritionem ejus, 
mulieris,' Z^. 337, it does not appear at ail, and in tria h-esséirge- 



in Bopp's Comparative Grammar. 37 

soin *per resurrectionem ejus, Christi,' it occurs after the mascu- 
line form. It is however worth noticing that in Welsh (not in 
Cornish nor in Breton) 'si secuntur vocales, /; praemittitur post 
pronomen [possessivum] femininum, abest post masculinum.'Z^. 
386. Thus, in Old-Welsh là h-ataned 'her wings'gl. Ox., Ovid's 
Ars Amatoria, but / anu 'his name,' MC. 1 1 , a. b : 

cluas 'oreille', I. 261. is rightly connected with cru, -/A'j, du : 

con, cona,]. 533. The former wordis the gen. oïcû (notcu) 'hound'; 
the latter, the ace. pi. of the same noun : 

creanaim 'j'achète,' W. pyrnu, IV. 237 note, is rightly compared 
with Skr, krinâmi. See further comparisons by Windisch, Beitr. 
VIII. 38, where, however, perchenokyon 'possessores,' Coxr\.per- 
lienek 'possessor/ should be connected rather with Lith. perkù 
'kaufe' ; 

cru. The index to the French translation refers to I. 167. The word, 
however, is not to be found there. In the German édition, I. 
92, ^, Bopp rightly connects cru (leg. crû} 'blood,' W. crau 
with 0. Slav. kruvi^ Skr. kravya-m. See Curtius No. 74 : 

daghaim 'je brûle' is (at I. 38 and III. 418), rightly equated with 
Skr. dahâmi. But at III. 134, where Bopp equates daghamaid or 
daghamaoid 'nous brûlons' with dahâmahe., he falls into serious 
error from not knowing the Old-Irish form of the modem suffix 
-maoid. This is mi-t, which cannot possibly be the same as -mahe 
from -madhe^ Gr. p.sOa : 

dan 'œuvre,' I. 259 {dan .i. obair, Leb. Lecain Vocab. No. 446), 
and deanaim, leg. déanaim (0. Ir. dénim) 'facio,' are rightly con- 
nected with Skr. ^/iâ, Os, etc. See Curtius No. 309 : 

dearbh 'certain,' IV. 47 [bh for v) is equated with OHG. îriu, now 
îreu. This seems perfectly right. (The 0. Ir. derhb, with hard b, 
is the Goth. triggvs). I would add 0. Ir. drui (a i-stem), W. 
derwydd, and the Old-Celtic druis., gen. "druidos, which means 
merely 500//2-sayer, wa/ir-sager, and has nothing to do with ofjc. 
The Ir. adj. dron (= 'dru-na^ A. direach, O'Cl., belongs to the 
same root : 

eile, I. 58, is rightly equated with 'alius,' àXXo;. The older form 
is aile : 

fasaim 'je crois,' I. 236, iv. 49, is put with the Skr. vakshàmi. The 
Irish Word meant ïsfdsaim^ where the/ is prosthetic, as we see 
from the 0. Ir. dsaimm, which has lost initial v : 

fasamhuil (leg. fâsamhuiJ) 'crescens', IV. 49, is rightly explained as 



j8 On the Celtic Comparisons 

fds-amhuil, the latter part of the word signifying 'semblable' {fds 

'growth,' O'D. Gr. 98) : 
feadhaim 'je rapporte,' III. 76 (where it is mlspnnleà feadheim) is 

connected with Skr. vad 'parler.' I do not know the Irish word 

given by Bopp. O'Reilly has feadaim, Lhuyd feadam : 
jearamhuil 'semblable à un homme,' IV. 49, is rightly explained as 

a compound oifear = vir and amhuil = similis : 
garaim 'j'échauffe,' I. 47. This verb (in 0. Irish goraim, guirim) is 

hère rightly connected with Skr. ghar-ma, Russian gorju 'je 

brûle' : 
genieoir leg. genteôir) = Lat. genitor, I. ^^4. This word, if it really 

exist (I know it only in O'Reilly and Lhuyd), must be a masc. 

z-stem, and is therefore wrongly quoted by Bopp as preserving 

the fmal r of the base : 
gradli 'amour,' charité,' I. 1 50 n. is connected with the Skr. root 

GARDH^ the Goth. gairnja, the Eng. greedy. This may be so : 
graidlieag (\eg. grdidheag =^ \t. grâidlieôg) -femme aimée,' I. i$6. 

This is a Highland derivative from grâdh, vide supra : 
gus 'désir,' I. 265 is rightly connected with Goth. kus 'choisir.' It 

stands for *gus-tu. 
macamli 'garçon,' and mag (leg. mac] 'fils' are connected by Bopp, 

II. 250, with the Skr. root MAG H 'croître,' Goth. magus 'garçon,' 

mavei 'fille,' magath 'virgo.' Thèse comparisons seem quiteright. 

The Indo-European speech had apparently a root meaning 'to 

increase' in two forms, — the primary one MAGH whence Skr. 

mah^ and the nasalised MANGH, Skr. manh^ W. magu. From the 

former corne Ir. miig 'servus', Corn, maw = Goth. magus, and 

Goth. ma'g)vei and magath : from the latter, Ir, macc 'filius', W. 

map. Ir. mang 'fawn'. The oghamic "ma^jo is ^ mac-va, mang-va : 
min, mion 'petit,' II. 212, is rightly connected with Lat. minor, etc. 

The Irish word is min (Corn, muin, Br, moan, Z^. 99). It occurs 

often in composition, e. g. min-chasc 'Low-Sunday,' 'Pascha 

minor,' min-cethra 'menu bétail,' S. M., I. 190: 
Tuaidneacli 'cheveu,' I. 266, where it is connected with the Skr. 

root RUH from RUDH 'grandir.' The word intended is riiainne 

[ruainne im a fiacail, S. M. I. 174, riiaindi gl. pilus, Ir. Gl, No. 

465). The etymology is obscure : 
samhuil 'semblable,' IV. 49, is rightly put with Skr. sama, Gr. ^;j.;ç, 

Lat. similis : 
siol 'sçmence,' siolaim 'je sème,' III. 2^7, are connected with the 



in Bopp's Comparative Grammar. ^9 

Goth. scîhs 'seed' and îhe Skr. sàîi 'don.' This is right enough 
as to seth-s : 
suidiugliaim 'je place.' 'je plante,' suidhim 'je suis assis,' III. 414, 
are connected with sâdayâmi and saditi. This is right, but when 
Bopp goes on to say that in suidinghaim {0. Ir. suidigim) Me gh... 
comme en général dans les causatifs Irlandais, représente le y 
Sanscrit' he errs, for this gh is for ch ; compare — 
cuiligim (gl. prosto) with cuilech (gl. prostibulum) ; 
intonnaigim (gl. inundo) with tonnach 'undosus' : 
ru-s-madaigset 'se frustrârunt,' with madach gl. cassa : 
cumachtaigim ^gl. potior) with cumachtach 'potens : 
dephthigim 'dissideo' with debihach 'dissidens.' 
tar^ tair 'au delà, à travers, pardessus,' II. 175, tri ' à travers, par,' 
IV. 415. Bopp compares thèse prépositions (of which the Old- 
Irish forms are iar and îri) with Lat. îrans and Goth. thair-h. 

Whitley Stokes. 



LE CELTIQUE ET L^OMBRIEN. 



M. A. Fick croit que les Indo-européens ne sont pas arrivés d'Asie 
en Europe par l'Asie-Mineure. Il a tracé la route que semble avoir suivie 
au nord de la mer Caspienne et du Pont-Euxin le peuple européen, quand 
se séparant des Ariens, restés en Asie, il alla chercher à l'Occident de 
nouvelles demeures '. Après cette grande émigration le bassin du Danube 
parait avoir été le premier domicile d'où la race européenne, d'abord 
une, mais bientôt subdivisée en rameaux secondaires, alla chercher dans 
les diverses régions de l'Europe les établissements nouveaux où ces 
rameaux distincts se montrent sous des noms différents aux temps histo- 
riques. Le haut Danube semble avoir vu réunis sur ses rives, jusqu'à 
une date assez rapprochée de nous, peut-être jusqu'au xv" siècle avant 
notre ère, les trois peuples dont les linguistes ont désigné l'unité primor- 
diale par le composé gréco-italo-celte 2. 

Le plus ancien séjour historiquement connu de la race grecque, dite 
plus tard race hellénique, fut sur les bords de la Mer Adriatique en 
Epire 5. C'est de là qu'elle gagna d'abord les côtes occidentales de la 
mer Egée, puis les côtes orientales de cette mer, c'est-à-dire l'Asie- 
Mineure, où dès le temps d'Homère le nom primitif de cette race, 
TpxX/.o:, Graecus, était oublié, tandis que les Italiens, ses premiers v^oi- 
sins, l'ont conservé jusqu'à nous 4. C'est donc de l'ouest au sud-est que 
la race grecque a voyagé depuis sa séparation du tronc commun. 

1. Verglekhendes Wœrterbuch, 2* édition, p. 104 j et suivantes. 

2. La race grecque était séparée du tronc commun et avait déjà atteint le Péloponnèse 
sous le règne de Meneptah, fils de Ramsès II, roi d'Egypte, c'est-à-dire au xiv"' siècle. 
L'établissement des Scythes en Europe date de l'an i so8 avant notre ère, suivant une 
tradition rapportée par Hérodote, IV, 7. Les conquêtes des Scythes sont peut-être la 
cause qui força la race grecque de se diriger vers le sud-est. On sait que les Scythes 
étaient des Iraniens, c'est-à-dire appartenaient à une des deux familles entre les- 
quelles se divise le groupe asiatique de la race indo-européenne. 

3. Aristote, Meteorologica, 1. I, c. 14, § 21 et 22, édition Didot, t. III, p. 572 : cf. 
Marbre de Paros, 1. n, dans Didot-Mueller, Fragmenta historicorum grtecoritm , t. I, 
p. 542, 5 59- " ne faut pas confondre les Grecs ou Hellènes avec les Pélasges. Ces 
derniers venaient probablement d'Asie-Mineure et n'étaient pas indo-européens. 

4. Voyez Hésiode, fragment xx, édition Didot, p. 49, et une note intéressante de 
M. Mommsen, Rœmischc GeschichtCy 6'' édition, t. I, p. iji. 



Le Celtique et l'Ombrien. 41 

Le haut Danube est resté un fleuve celtique jusqu'à l'époque où ses 
rives ont été englobées dans l'empire romain. Cependant la Gaule est 
depuis bien des siècles considérée comme le domaine par excellence de 
la race celtique. Or Plutarque nous a conservé un récit de l'invasion des 
Celtes dans cette contrée '. Il ne nous donne pas le nom de l'historien 
d'après lequel il a reproduit ce récit. Mais nous savons que cette invasion 
était déjà ancienne à l'époque où vivait l'auteur de la description des côtes 
occidentales et septentrionales de l'Espagne, mise en vers par Festus 
Avienus, c'est-à-dire aux environs de l'an 500 avant notre ère, en 470, 
ou à peu près, si l'on suppose que cet auteur soit le carthaginois 
Himilcon et si l'on adopte la chronologie de M. Charles Mûller^. Cette 
invasion semble postérieure à Hésiode, qui n'a pas connu le nom des 
Celtes. Elle paraît contemporaine de la grande puissance des Scythes 
;Vii'' sièclel, peut-être en aura-t-elle été la conséquence. Aussi, tandis 
que dès le xv^' siècle avant notre ère la race grecque aurait quitté le 
haut Danube pour se diriger vers l'est, la race celtique ne se serait mise 
en marche vers l'Ouest que sept cents ou huit cents ans plus tard, sept 
cents ou six cents ans avant J.-C. 

La race connue des linguistes sous le nom d'Italique paraît s'être 
séparée de la race celtique et s'être dirigée vers le sud après le départ des 
Grecs, et bien avant que la race celtique ne passât le Rhin. La conquête 
de l'Italie du Nord et du centre par celle des nations italiques qui fut 
d'abord la principale, par les Ombriens, a précédé l'établissement des 
Étrusques dans ce pays 5, et les Étrusques, dans leur histoire nationale, 
mettaient au plus tôt vers l'an 992 avant J.-C, au plus tard vers l'an 
974, le commencement de leur empire 4. L'invasion ombrienne en Italie 
paraît même antérieure à l'an 112$, où aurait été fondée la ville 
ombrienne d'Amerias. 



1. Plutarque, Camille, XV, i, édition Didot, Vies, t. I, p. 162. 

2. Festus Avienus, Ora maritima vers 130-134, cf. vers 195. Sur l'interprétation de 
ces textes voir les notes de M. Ch. Mueller sur le vers 338 de Denys le Périégéte, 
Geographi Gr<£ci Minores, t. II, p. 123. Sur la date du voyage d'Hannon qui, suivant 
Pline, a été contemporain de celui d'Himilcon, voir la dissertation du même M. Mueller, 
Geographi Gr<eci minores, t. 1, p. xix-xxu. 

3. Hérodote, I, 94,6; Pline, édition Teubner-Ianus, 1. III, c. 5, t. I, p. 133, 1. lo; 
édition Littré, 1. III, c. 8, § i, t. I, p. 162; Lycophron, vers 1351-1359, édition 
Bachman, p. 273-274. 

4. C'est le calcul de Fréret, Œuvres, t. IV, p. 241-243. Les textes auxquels Fréret 
renvoie un peu vaguement sont les suivants : Censorin, De die natali, c. 17, édition 
Teubner-Hultsch, p. 31-32; Plutarque, Sylla. c. 7, édition Didot, Vies, t. I, p. J44; les 
trois premiers paragraphes du fragment 102 de Dion Cassius, édition Bekker, t. I, 
p. 91; cf. Varron, De lingua laUna, 1. VI, c. 11. M. Preller a singulièrement défiguré le 
texte de Censorin, Rœmische Mythologie, i" édition, p. 472, et la traduction française a 
reproduit religieusement l'erreur de l'auteur allemand. 

5. Caton, Origines, fr. 49, ap. Hermann Peter, Historicorum romanorum relliqaiae. 



42 Le Celtique et l^ Ombrien. 

Cependant la tradition italienne, à l'époque de la domination romaine, 
conservait le souvenir du temps où les Italo-celtes, vivant ensemble au 
nord des Alpes, ne formaient qu'un seul peuple. Elle nous montre les 
Ombriens se séparant des Gaulois pour venir habiter l'Italie '. 

Quelques auteurs modernes ont cru devoir conclure qu'il y avait entre 
les Ombriens et les Gaulois une parenté plus intime que celle qui aurait 
uni les Ombriens au rameau latin de la race italique. C'est une erreur 
évidente dans l'état actuel des études de linguistique. 

Sans doute, l'ombrien s'accorde avec le gaulois, le gallois et le bre- 
ton armoricain, pour remplacer par p le cv ou qu primitif ^, mais ce 
phénomène, qui se rencontre aussi en zend, en grec 5 et en valaque4, 
s'est produit dans chacune de ces langues d'une manière indépendante. 
Les Grecs ont changé le kv en p après leur séparation de la race italique, 
et ce qui le prouve c'est qu'ils ont conservé des variantes dialectales qui 
échappent à cette loi : tV.y.c; à côté à'I-r.zz, y.yj à côté de ttsj, y.iOîv à 
côté de rrfOsv, y.w; à côté de ttwç, "é/.7,oç à côté d's'V.;, r.ii'zisi = -Éy.jo) 
à côté de r.ir.-i^. Le changement du qu en p en ombrien, est également 
postérieur à la date où la race italique se divisa en deux rameaux, l'un 
latin, l'autre ombrien. Les Celtes ne connaissaient pas ce changement, 
quand ils se divisèrent en deux branches, la branche irlandaise qui 
garde le qu, et la branche gauloise qui le change en p. Ce phénomène 
était étranger à la langue latine quand elle a donné le jour au valaque : 
ce n'est pas des Romains que les Valaques ont appris à prononcer ape le 
latin aqua « eau «, patru le latin quatuor « quatre » ; ils ne doivent pas 
cette permutation à l'influence des Slaves, qui leur ont fourni une partie 
si notable de leur vocabulaire, mais auxquels cette permutation est 
inconnue : cette permutation est le produit spontané, sinon original, du 
développement naturel de la langue latine chez les Valaques ; et elle est 
cependant restée étrangère aux autres langues néo-latines. Cet exemple 
nous explique comment le même phénomène a du se produire en zend, 
en grec, en ombrien, en gaulois. Il est dans chacune de ces langues un 
fait spontané et indépendant. 



t. I, p. 64; cf. Fabretti, Glossarium italicum, col. 90; Pline, édition Teubner-Ianus, 
1. III, c. 14, t. 1, p. u6, 1. 16; édition Littré, 1. III, c. 19, § h t. 1, p. 173. 

1 . Bocchus absoh'it Gallorum veterem propaginan Umbros esse. Solin, c. 8, édition 
Grasser, p. 32; cf. Isidore, Origines, 1. IX,ch. 87. Servius, ad ^neidem,\. XII, v. 75}, 
attribue la même opinion à Marcus Antonius. Il donne la variante veterum pour 
veterem, qu'on trouve aussi chez Isidore. 

2. Or. C-, p. 66; Schieicher, Compendium, 2' édition, p. 27 j, 277; Corssen, 
Aussprache, 2* édition, t. I, p. 115. 

3. Curtius, Griechische Etymologie'*, p. 452 et suivantes. 

4. Diez, Grammaire, traduction, t. I, p. 244. 



Le Celtique et l'Ombrien. 4J 

Un caractère distinctif des langues celtiques, un caractère qui les 
sépare nettement des langues italiques, c'est la perte du p indo-euro- 
péen, sinon dans tous les mots où ce p a primitivement existé, au moins 
dans le plus grand nombre de ces mots. La perte du p indo-européen 
est dans les langues celtiques antérieur âu p = qa du gaulois, du gallois 
et du breton armoricain, puisqu'elle est commune et à ce groupe et 
au rameau irlandais qui n'a jamais connu p = qu. 

Suivant M. Corssen, Aussprache, 2" édition, t. I, p. 114, un p initial 
suivi d'un / est tombé en latin dans les mots suivants : lanx, làtus, later, 
Lietus, livere (et les autres dérivés de la racine latine nv), lunter ou 
linter. Mais les étymologies que M. Corssen donne de la plupart de ces 
mots sont rejetées par d'autres savants : sur/anx on peut voir MM. Cur- 
tius, Grieclnsche Etymologie^^, p. 164, etFick, VergleichendesWœrterbuchi, 
t. I, p. 748; — sur laeîus, M. Froede dans la Zeitschrift de M. Kuhn, 
t. XXII, p. 251; — sur livere, M. Jolly dans la même Zeitschrift, 
t. XXII, p. 354. M. Curtius (p. 279) admet que le latin lâtus « côté» 
puisse être identique au sanscrit prathas « largeur », mais il y a entre les 
deux mots une différence de sens qui a empêché M, Fick de rapprocher 
ces deux mots dans son Vergleichendes Wœrterbuch ?, t. I, p. 149. Il ne 
reste donc que later « brique », « tuile », qui dériverait peut-être de la 
même racine que le grec -/avOoç « tuile », et lunter <.< baquet », « bar- 
que », qui serait le même mot que le greczAuvrôp. M. Curtius, p. 279, 
280, cite ces deux hypothèses de M. Corssen sans les combattre; mais 
elles sont évidemment contestables toutes deux. Quoi qu'il en soit, le 
maintien du p initial suivi d'une lettre autre que / et le maintien du p 
entre deux voyelles sont une loi absolue des langues italiques, et ces 
langues gardent ordinairement même le p initial suivi d'/. Dans les 
langues celtiques les choses se passent tout autrement. 

Je n'ai pas à insister sur l'usage ordinaire, dans les langues cel- 
tiques, de supprimer le p indo-européen. Dans le dernier volume de 
la Revue Celtique il a été plusieurs fois question du beau travail de 
M. Windisch sur ce curieux sujet. Je vais seulement signaler quelques 
mots ombriens qui établissent combien la langue ombrienne s'écarte 
de l'usage celtique sur ce point si important. 

La racine indo-européenne park, prac « demander », d'où le latin 
precor, devient arc en irlandais et en gallois {Beitr., VIII, 1-2) : elle est 
signalée sous la forme per[cJ, dans l'ombrien persnimu, perskluin (Corssen, 
Aussprache ^, II, 19). Elle conserve donc en ombrien son p initial. 

L'identité de l'irlandais Un, du gallois laun, de l'armoricain leun avec 
le lâùnplenus, est depuis longtemps établie [Beitr., VIII, 8). Dans l'om- 



44 Le Celtique et l'Ombrien. 

brien plener = plenis (Corssen, Aussprache^, I, 714) on retrouve le p 

qui manque en celtique. 

Le celtique vo « sous » = u[p]o = upa ; le celtique *veri « sur » = 
ii[p]gn = upari sont bien connus; l'un est devenu fo en irlandais, guo 
en gallois; l'autre /or en irlandais, guor en gallois Beitr., VIII, 14); 
mais le p supprimé dans ces deux mots subsiste, affaibli en b dans 
V ombrien s- ub, intact dans Pombrien s-upra (Corssen, Aussprache^, I, 
119, 130). 

Le celtique ro, également irlandais et gallois, est identique à la prépo- 
sition latine pro {Beitr., VIII, 12^ qui existe aussi en ombrien sous la 
même forme qu'en latin, par conséquent avec son p (Corssen, Auss- 
prache^, II, 44). 

Le celtique ari, en irlandais ér ou air, en gallois er, tient lieu de pari 
forme primitive de la préposition latine per Beitr., VIII, 12) signalée 
aussi en ombrien où pas plus qu'en latin elle n'a perdu son p (Corssen, 
Aussprache, il, 17). 

On remarquera que les mots celtiques que nous venons de citer appar- 
tiennent au rameau gallois, représentant moderne du gaulois, comme ils 
appartiennent à l'irlandais. Il est donc établi que pour ces mots il y a eu 
en celtique, avant que les Gaulois ne se séparassent des Irlandais, une 
chute du p à laquelle l'ombrien est resté étranger. L'ombrien a gardé 
le p dans ces mots, d'accord avec le latin, tandis que les Celtes s'accor- 
daient pour y supprimer le p. L'unité celtique en regard de l'unité ita- 
lique ressort avec évidence de ces faits. 

Je n'insisterai pas sur les mots ombriens qui ont conservé le p indo- 
européen, et qui manquent, soit dans le rameau gallois, soit dans toutes 
les langues celtiques. Cependant, quoi qu'on pense de la doctrine de 
M. Windisch, on m'accordera qu'il n'eût pu soutenir la thèse de la 
chute absolue du p indo-européen dans les langues celtiques, s'il eût 
trouvé dans ces langues des e.\emples du p indo-européen aussi évidents 
que ceux qui nous sont fournis par des mots ombriens comme pater, en 
latin pater (Corssen, Aussprache^ I, 425); porca, en \at\n porca; pursus, en 
latin pedes (Corssen, Aussprache^, II, ij); pequo, en latin pecua (Corssen, 
Aussprache 2, II, 1 5). De la loi celtique qui supprime le p indo-européen, 
loi étrangère aux langues italiques, je passe à deux lois de la phonétique 
italique qui sont restées inconnues aux langues celtiques. Les langues 
italiques ont deux lettres : / = gh, dh, bh, el h = gh, qui dans les 
langues celtiques sont toutes deux inusitées. 

Un caractère distinctif des langues italiques est l'emploi de l'/pour 
tenir lieu des aspirées sonores de la langue indo-européenne primitive. 



Le Cdtiijue et l'Ombrien. 45 

La langue grecque qui a assourdi ces aspirées primitives, n'avait pas 
encore accompli cette évolution à l'époque où elle s'est séparée du 
macédonien qui a conservé la sonorité de ces lettres en supprimant leur 
aspiration. M. Fick l'a établi dans un mémoire fort curieux qu'a publié 
la Zeitschrift de M. Kuhn, t. XXII, p. 193. Le gh indo-européen devient 
•/ en grec, v en macédonien; le dh indo-européen devient en grec, o 
en macédonien ; le bli indo-européen devient ç en grec, ^ en macé- 
donien. 

Le celtique avait aussi conservé les aspirées sonores quand il s'est 
séparé des langues italiques, car, perdant l'aspiration, il a remplacé 
toutes les aspirées sonores par les sonores non aspirées du même organe 
[Gr. C.2, p. 57), tandis que, dans les langues italiques, la spirante 
sourde / devenait en nombre de cas le successeur des sonores aspirées 
des trois organes. 

J'ai essayé d'établir qu'il y avait exemple en gaulois de / = dh (Revue 
celtique, t. II, p. in). Mais M. Kern a ôté toute valeur à mon raisonne- 
ment en expliquant par les langues germaniques le nom propre Aufania 
que je croyais gaulois [Revue celtique, t. II, p. 164). Il n'est donc pas 
prouvé qu'il y ait en celtique exemple de l'emploi de Vf pour tenir lieu 
des aspirées sonores indo-européennes, comme cela se passe dans les 
langues italiques. 

Voici des exemples d'aspirées sonores indo-européennes remplacées 
par / en latin et en ombrien, et par la sonore non aspirée dans les lan- 
gues celtiques. La racine indo-européenne bhu «être» devient /u en 
latin et en ombrien (Corssen, Aussprache^, I, 145), bu dans les langues 
celtiques (Curtius Gn'ec/;/5c/ze Etym.'i., p. 305). L'indo-européen ^/iwrar 
« frère » devient /ra/er en latin et en ombrien, brJthir en vieil-irlandais, 
brawd en gallois (Curtius, ibid. p. 303-304). La racine indo-européenne 
BHAR « porter » devient fer en latin et en ombrien (Corssen, Aussprache^, 
p. 467), ber dans les langues celtiques Curtius, Griechische Etym.4, 
p. 300). La racine indo-européenne rudh « être rouge », devient ruf 
en latin et en ombrien, rud dans les langues celtiques [Curtius, Grie- 
chische Ety m ^, p. 251-252). 

L'/z = gh est encore une lettre italique étrangère au celtique. L'h 
italique =: gh et ne doit pas être confondu avec Vh breton r= 5. A 
défaut d'un exemple ombrien je prendrai l'osque hortom, en latin hortum 
'Corssen, Aussprache^,l. II, p. 21, 43, iii), mot qui suppose un thème 
gharta, en vieil irlandais gort (Fick, Vergleichendes Wœrterbuch 5, 
p. 580), en moyen gallois garth. 

L'ombrien, et l'osque qui en est un dialecte, forment donc avec le 



46 Le Celtique et l'Ombrien. 

latin une famille, la famille italique, parfaitement distincte de la famille 
celtique. Il n'y a aucune raison pour distinguer la famille italique en deux 
fractions, l'une ombrienne qui serait plus prochainement apparentée à la 
famille celtique, l'autre latine qui en serait plus éloignée. Quand les 
Ombriens se séparèrent des Gaulois du haut Danube et vinrent habiter 
l'Italie, ils ne formaient avec les Latins qu'une seule famille, dont la 
séparation en deux branches distinctes est un fait postérieur à cette 
grande et féconde émigration. Parents des Ombriens, suivant une 
tradition romaine, dont les travaux des savants modernes ont confirmé 
la justesse, les Gaulois étaient au même degré parents des Latins; et, 
sur ce point, le résultat des recherches faites par les linguistes de notre 
temps s'accordent avec la prétention celtique rapportée par Lucain : 
Arvernique ausi Latio se fingere fratres ^ . 

La note que je termine pourra être complétée par d'autres observa- 
tions quand aura paru le savant travail que M. Bréal prépare sur les 
tables Eugubiennes, mais je ne crois pas que cet ouvrage, dont j'ai 
pu, grâce à la bienveillance de l'auteur, lire les premières feuilles, 
modifie le résultat auquel la présente étude nous a conduits. 

H. d'Arbois de 3UB/\1NV1LLE. 



1. Pharsale, 1. 426. 



LE 



DIALECTE VANNETAIS DE SARZEAU 



Le langage que je vais décrire est, à peu de différences près, celui de 
toute la presqu'île de Rhuys. A moins d'indications spéciales, les expres- 
sions et les formes citées sont communes à Saint-Gildas et à Sarzeau. 

I. PRONONCIATION. 

J'adopte le système de transcription de Le Gonidec, avec quelques 
additions : 

à ei û = a et u très-brefs, non accentués, et souvent confondus 
avec é. 

e =: e dans le ; e = é. 

ï se détache de la voyelle précédente. 

Deux voyelles de suite forment diphthongue, excepté ai = ée, ou = 
franc, id. La voyelle dominante n'est /, o, u, ou, que dans les diph- 
thongues ui, iô, iâ, iou. 

au est donc du (souvent do) ; eu = èii (comme on prononce encore 
près de Saint-Brieuc eu étymologique du vieux français : eu, beii, veiï, 
meiïf), etc. 

ein sonne à peu près enn^ ou an; en est le en de Le Gonidec. 

w et y, demi-voyelles, se prononcent comme u et / rapides, et par 
elles-mêmes, n'ajoutent pas de syllabe au mot. 

li = tch ; g = dj. 

L'accent aigu, pour une brève, et l'accent grave pour une longue, 
indiquent la place de l'accent tonique dans les polysyllabes, quand il 
ne tombe pas sur la dernière. 

Enfin, les lettres en caractères ordinaires ne se prononcent pas. 



48 Le dialecte Vannetais de Sarzeau. 

II. PARABOLE DE l'eNFANT PRODIGUE (SAiNT LUC, XV, II) TRADUITE 
(verbalement) PAR DES PAYSANS DE SUSCINIO, PRÈS SARZEAU, 

Un dein en ' duai ^ deu bautr '. 

Hag^ àrs yuankan anai' ^ due làrèti d'i dâd : « Ma :àd, reit t'ein-mi 
àrlod ag ànn ddhnai^ a zelei9 kouec'hgei-n-ein '°. » Ha ian '^' due lôdcî 
i vddeu 'tre-z-ai. 

Hag un di benak arlarh '2, àr pautr yuankan a pë' due chairr'éî kmid 
en duai, a zou oet '5 d'urvro piall ; ha pi oe inou ahanî '4, ian' duefônd'éî i 
dreu i vin'ein ir horolleu. 

Ha p'en due drèbët rah 'S / zdfinai, iir bekàlienn famein '^ a zou koued '7 
ar àr vro-hond ha ian ' deid '^ dd vout pèr '9. 

Ha ian ' due ein cht.ig'ét ^° doh un dein ag àr yro-hond, ha ian ' due ian 
kâsct in i glozeu -' da hoarn àr moc'h 22. 

Ha ian ' de ^5 kdr'ct kargein i gôf ged à'r 24 hourienn ^s a zrcbe àr moc'h : 
mèz 26 hanei '7 nou rai ^^ d'où. 

Nezi ian ' due chônj'ct in-ou i uenah ^9, ha ian' due lard : « Pigimiî 3° a 
hounideioh 3' / tei 52 tnà zâd en dès bcra 3 5 ou goalh, ha mi zou-mi ama 
vanvein get nan^^ ! 

Misawou 5S, ha mi g-ei^^ dà gaviel ma zâd, ha mi 'larou d'où 57 : — 
Ma zâd, pihied 58 em es doh ?9 ànn nian ha doh-iac'h huei. 

'Zelian ket mouei bout drwët ou pautr ^° : lakeit-mi dà vout 4' unah^^ ag 
ou koazief^K 

Ha ian sdouet, ha oet dà gaviet''^ i dâd. Ha deid i dâd ager guilet^'i, e/46 
ma oai anou^7 hoac'h iin tamek piall, ha ian' due bet ?un 48 doh-t-ou : 
ian ' due ridét d'ein 49 dâleïn doh i houg, ha ian 'due bôkct fou. 



Notes et variantes. — Le langage de Suscinio est identique à celui de Sarzeau. Je 
donnerai la façon de parler de Saint-Gildas toutes les fois qu'elle s'écartera du texte; 
mais la plupart des autres variantes sont spéciales à Sarzeau. i en — 2 dui, St-Gild. 
doe, devoe — 3 vûb ; St-Gild. bôtr —4/1 n'est guère sensible que dans ha interrogatif 

— 5 hag'r — 6 en , in — 7 Rarement a lârâs ; plus souvent, à St-Gild. a lâràs — 
8 danni — 9 zilei — 10 douhet Veih — 11 ean, eian — 12 St-Gild. arliarh — 13 a oe 
oeit, a g-âs\ St-Gild. a g-iâs — 14 St-Gild. pi oe du-hont — 15 hol, toud — 16 Les 
vieux à St-Gild. disent ùr geltrei vras, ûr goal-goeltrei — ij a oe deid, dèd — 18 ha 
ian a zâs, hag i tds — 19 prononcez cet è accentué comme eu du franc, la peur — 20 
St-Gild. stàgët — 21 glojeu, barkeu ; à St-Gild. on dit aussi in / varadeu — 22 moc'hiet 

— 2} en dëve — 24 g'<er - - 2 j hourienneu — 26 — maiz — 27 St-Gild. hannei — 28 
rei — 29 ûnan (St-Gild. unann); ian miemh — 30 pikemid, St-Gild. pegement — }i 
hounidizion, hounidiyon (St-Gild. hounidion) ; piet gounidek — 32 a St-Gild. on dit 
encore tiy — 33 St-Gild. bârd — 34 ged <cnn nann — 35 saouou (pron. comme l'angl. 
who) — 36 St-Gild. w.i-g-iei — J7 Vou — 38 St-Gild. pehet — 39 iniemb (St-Gild. 
enienAi) d'<£nn nian ha d'iac'h — 40 krocdur, kroeduir — 41 mê silet-mi aviall — 42 
uinan — 43 koskôr — 44 dëvâd, drema — 45 guiliet — 46 al, aviall — 47 à St-Gild. 
on n'ajoute pas anou — 48 trui — 49 in 



Le dialecte Vannetais de Sarieau. 49 

Har àr pautr en due làr'ét s° t'ou : « Ma zâd, pihied em es doh ann niah 
ha doh-iac'lî-lmei, ha heliah kel mouei bout drwët ou pautr. » 

Hag ànn tàd' due lâ'r'ét d'i hoskôr : « Digaset àr vrauah sai ha ^uchket- 
ei d'où ; ha Ukeil fou ûr bizcu ar i viz, ha boîteu in i drueid. 

Digaset iwi àr lai lart, ha lac'het-ian ; ha drêbamh,, ha gruamh fiecht 5' : 

Kar s» ma fautr a oe manv, ha che-ian n deit d'àr vuï î4 indrou; koll'd 
oai a/zou is, ha kdved i. » Ha ou due gruet fiecht. 

Hag àr pautr kohah a oe ir hlozeu s^. Hag in ûr zoûnet, al ma dochte 57 
d'ànn tei, ian' due kléw'et brud àr zonnienneu s8 hag àr horolleu. 

Ha iah ' due driv'et unan ag àr goaziet, ha ian ' due gouUénn'ct get-ou 59 
petra oai ànn dra-zi. 

Uanah a lare d'où : « Ou prêr a zou deit d'àr gir ^°, hag ou tâd en des 
Idlïét àr lai lart, rag m'en des iah ^' guil'ct ir yahel ^^ mat. » 

Ha iah ' zou oet droug in-ou, ha ne f aile ket d'où ^J mônet ^4 in tei. I dâd 
ita a oe deid ermez, dà lâreit'ou dônet. 

Ha iah ' due làr'ét d'i dâd : « B'a zou un tachâd ^5 bleieu ma'd-on goas 
d'iac'h 66j ha biskoac'h n'imon oet^i in arbienn da ou^s ^j>; ha ne os chet 
gueah erhîd^') reil t'eih tir bihan ag iir v'ékêt7o.^ d'oubir fiecht gel m'ameietT. 

Ha p'é 72 za àr pautr'é-zi d'iac'h 7î, pianei en des drèbet rah i dreu gelfal 
virhiet 74, huei a lac'h àr lai lart avet-ou. » 

Hag i dâd' due Idrel t'ou : « Ma fautr, druahd 75 ' d-ous-ti get-n-eih, ha 
rah peh em es, a zou d'ëz. 

Mèz oe red in doud plejadur ha goubir fiecht : kar ha vrèr-ti a oe marw, 
hag ima deit d'àr vui indrou; koll'd oai anou, ha kdv'éd i. » 

m. PHONÉTIQUE. 

Voici des exemples de transformations de sons qu'on aura remarquées 
presque toutes dans le texte précédent. Je prends pour type le langage 
de Vannes. 

1° Voyelles. 

A devient rarement ê : nêren ou nêran, non. Mais ce changement 
semble avoir lieu régulièrement dans des variétés voisines : à Surzur on 
dit bêrê-segêl, pain de seigle, petrê, quoi, netrê^ rien, yê oui (à Pontivy 
ye], piêr, quatre etc. 

50 a Idre — 51 fiest 'surtout à St-Gild.) — 52 rak (St-Gild. et Sarzeau) — 53 ch'-ian, 
ch't-eian — 54 veut; ࣠vout bi^- — 55 St-Gild. koll'à oai — 56 St-Gild. ir mezeu — 
57 St-Gild. doste — 58 hannienneu — 59 doh-î-ou — 60 g(>, gair — 61 er 62 yaheid ; 
St-Gild. in giet — 65 ni vienne ket — 64 mouniet, moniet, mond. — 65 b'a zou paut- 
mad, pôt-mad a vleieu — 66 ou koas — 67 ne d-on bel — 68 d'où — 69 ebet, erbià — 
70 havr; vëdjet (— fr. biquette] — -ji ma hansordiet — ji pi — ■/} ou mab haniûc'li 
— 74 fal-virhet, mirhiet-fal — 74 durand, pierpet, aitau, dalh-mad. 

Rev. Celt. III A 



50 Le dialecte Vanneîais de Sarzeau. 

Le changement d'à en o est rare aussi û Sarzeau : marwein ou mor- 
weiri, mourir; piar ou pior, quatre •pianiek, quatorze). 

E redevient a des autres dialectes dans -mj, -man 'quelquefois men) 
et ses composés : bcrma, berman, maintenant, etc. ; et dans d'autres cas 
où, n'étant pas accentué, il forme un son flottant entre a el e (à). 

E français final, tantôt muet, tantôt prononcé c est assez rare. En 
voici un exemple : pienn'c-ru (tête-rouge; macreuse. 

E final se change presque toujours en / ; karanîi, amour ; bi, tombe ; 
fi, foi ; kiri, cordonnier [\es jeunes gens à'isenl kordannir\ nâdui, aiguille; 
guli, lit; leuini iSt-Gild.], joie; p'eranti, volanti, kosd, etc. àr ri, ceux ; 
iir ri mahniegeu. une paire de gants ; péri, piri, qui, (pluriel) ; pi-noz, 
comment ; pi-get (Sarz.) combien ; egîli, l'autre ; ki, va ; bali ('Saint- 
Gildasl se promener ; goudi, après ; revi, selon ; mdrsi, peut-être, etc. 
Iternili et arri, de nouveau St-Gild.) se terminent en e à Sarzeau. Au 
contraire a pi vi, quand il est, a pi velii^ quant il serait (Sarz.) se disent 
à St-Gild. a pe ve, a pe vei. La Y P^rs. sing, du conditionnel est en ei à 
St-Gild., et en e à Sarzeau. 

Dans les deu.x endroits on prononce e à la 3^ pers. sing. de l'impar- 
fait de l'indicatif, et dans les mots itre, entre ; dre par ; îre, très ; rai, 
trop. 

Er final devient très-souvent ir. Ainsi, \\ahnr, moitié ; amzir, temps ; 
i kevir, à l'égard de; meliouir, miroir; diguinir, vendredi ; danjir ,- salvir; 
inidir (ou midour), moissonneur, etc.; ovîr-ienn, messe, gouspir-eu, 
vêpres; berdir, frères, etc.; tenir, tendre ; poiinir, lourd; distir, dichtir, 
faible; kcmir, prendre ; a hrir, on fait, / tiskir, tichkir, on apprend, etc. 

Quelques noms font exception, comme koler^ mister, alêr ; 1er, cuir. 
On dit ôter et ôtir, autel ; stair et stir 'St-Gild.) rivière. 

El final devient quelquefois // ; ahil, essieu ; àvil vent ; brezil, brizil, 
guerre ; mil, miel ou du mil guil ; St-Gild. guel) mieux. 

Il reste intact dans ehhuel, haut ; ehzel, bas ; tènhuel, sombre. 

Ce changement d'^ en / a toujours lieu devant a ; souvent, devant une 
autre voyelle ou une h ; et enfin dans d'autres cas, moins régulièrement. 
Exemples: liac'h, lait; lieach'egienn , lieahgienn, pi. lieahgict, laitue; 
/)/ti//, paix ; madeliah, bonté; prieddiah, mariage; ranteliah, royaume, 
etc. ; krecheniah, chrétienté ; dihoudegiah, ignorance ; sahadegiah, salut, 
gei-n-iac'h, avec vous, etc. ; nuienn, extrême-onction ; diheu, droit ; 
divihan, dernier ; niein, filer ; badiein, baptiser, etc. ; gioa si (affirmatifi ; 
hiy (Sarz.) ou hei, de l'orge; / pour "iy au lieu de eix dans i petra, pour- 
quoi ; m'ou-s-hilei, je vous suis, etc. 



Le dialecte Vannetais de Sarzeau. 51 

E est remplacé par / devant z dans diz, viens lizienn, loi. 

Devant une seule consonne finale autre que /, r ou n, e devient ie. 
Exemples : 

Ek. Biek, pointe ; dick dix, etc. ; halliek, saule ; galliek, français ; lo- 
diek, participant ; huïek, doux ; perdiek, parler ; ridUk, courir, etc. 

Exceptez tosek, crapaud ; Idvrck, pantalon, et quelques autres qui ont, 
comme miarhek belle-fille, une diphthongue à l'avant-dernière. 

Es. Folies, folle ; laeries, voleuse; golhoi'iries, lavandière (oiseau), etc. 
(pi. ieziet, iaiziet). 

Ce changement n'a pas lieu aux 2« pers. sing. des verbes. 

Et. Effiet (Sarz.) ; Nanniet, Nantes ; Guîniet, Vannes; moaiziet, femmes ; 
potriet, garçons ; dioliet, diables ; ronsiet, chevaux ; berlaziet, lézards ; 
guuilaniet . goéhnàs ; rahiet, St-Gild. r^/îd, rats, etc.; p/ârv/e/, quatrième; 
piemviet, St-Gild. piempiet, cinquième ; haec'hviet, hueachviet, sixième ; 
sec'iiviet, septième ; ec'hviet, huitième, etc. 

Ce changement arrive quelquefois à l'infinitif et au participe : siliet, 
regarder; ivieî, boire ^St-Gild. ivein] ; monet d'horoiïkiet, aller se bai- 
gner ; benegiet, béni; forhiet (St-Gild. forhet] sevré; mais jamais aux 
2e pers. pi., ni dans le mot kàlet, dur. 

E devient aussi ie devant n suivie d'une consonne {en final demeure, ou 
devient ein, ain), mh cht [k St-Gild. st]. Ex. : 

En. Ar sient (St-Gild. zient), les saints; dient dents, iir golaivienn., 
une ruche; iir goleuienn, une chandelle; pirienn, poire; azienn, âne; 
mirienn, collation ; subienn, St-Gild. soubienn, soupe ; lienn, étang, etc. ; 
dihuienn, défendre; achtiennein, étendre; tiennein^ tirer; hmennein, 
sarcler ; etc. hiemh sans ; tiemh à nous, ge\-n-iemh avec nous, etc. piemh, 
piamh ou piomh 'St-Gild. piemp] cinq; piemziek, quelquefois piemiek, 
quinze ; piemziegviet, quinzième, etc. ; /ec/jf, moisson ; oniecht, féni'ccbtr, 
miechtr 'ou mechtr . On dit cependant dr'cst, pardessus. 

Il faut remarquer que les terminaisons enn, es, et demeurent assez 
souvent intactes après/ ou ch, g ou k, et quelquefois après k et h. Ainsi 
Von d'il ichenn, scie; ujenn bœuf (St-Gild. ujon] ; pinijenn, pénitence; 
dichenn, descendre; feges, des figues; sein jet, des singes; pisket, des 
poissons; pistrofiket, des pétoncles, etc. Enn ne change pas à la i"^ pers. 
sing. de l'impf. 

E devient ia (rarement ie], devant deux consonnes dont la première 
est / ou r ; miarh, fille ; 'd^ous-îi a giarh mat, tu vas bon pas ; ag i biarh, 
de sa part; niarh, force; piarson ou piersoU, recteur; sierpantou siarpant, 
serpent; biarw, bouillant; afidiarw, le soir; kandiaw, cousin, pi. 
kandierwiet ; kenitiarw, cousine, pi. keneitiarwieziet ; viam ou viern ket, 



<,! Le dialecte Vannetais de Sarzeau . 

n'importe ; — divachkiall, ailes ; uriransiall, une balançoire ; iir gludiall, 
une herse; piziM, de la vesce ; kardiallai, engraisser (une terre); 
goachkiall {k St-Gild. goaskin , pressoir; piall , de la balle; kaviall, 
berceau; rniekhon ou mulchoh, trèfle; kabiallek, alouette; drueiniall, 
druniaU, tourterelle ; koutiall, mantiall, kachtiall, rachtiall, etc. ' 

Exceptions : gorail, forge 'à St-Gild. goviall) ; karli, avoine ; ^uarh, 
vends ; bierr, court ; chpicrnienn, épine. 

Le même changement se trouve devant // dans piah ou pieh liau, 
combien de lieues. 

/ devient e devant/, ch, g, k, ly 'pour /), n : servech ou serveich, ser- 
vice p'éneuek, pënek, riche; deliad, habits ; chpelienn, épingle, etc. 

Il se change en ei devant une voyelle (cela n'arrive presque jamais à 
St-Gild. ; à la fm des mots, et devant m et n. Ex. : 

Deies, malaisé; leies, beaucoup; leiorh, courtil; sileienn, anguille, pi. 
siliet, et à Sarz. silienneu^ St-Gild. silieu ; krecheneion, chrétiens. Tous 
ces mots ont / simple à St-Gild. On dit dans les deux localités m'ou-s- 
hilt'ioii, je vous suivrai ; leiein ou liyain toile; hei, elle ; nei, nous ; m'é 
huei on m'é hiii, Si-CWà. houeb je sais; chctuei, chiuei, voici; gounci, 
gagner ; kirei, des charrettes ; hoàrci, jouer ; goulei, plaie ; àr huirhies 
Vàrei, la Vierge Marie ; dispartei, chtudei, petra senefei, que signifie ; 
enfinei ; St-Gild. givrei, chèvres, azei-ti, assieds-toi (inf. aziein), etc. 
[tri plus souvent que trei, trois ; trhiet, ou truii, troisième ; treinhuec h, 
dix-huit; laironsei, à St-Gild. lairofisiy, larcin; lianei ou haniy, celui; 
friy nez; kiy, chien: priy , argile ; — leimaj ; peimp , pipe; laîein, 
leinot^ tabourein ; lein, du lin; fein, la fin; mitcin, matin; liiemkein, 
seul; birwikein, jamais; irein, ongle; ircin, prunes sauvages ising., et 
nom du prunier sauvage à St-Gild., irinienn ; koulein, lapin ; bahein, 
bahain, goémon, etc. 

Voici des exemples du son yi : a zelyir, qui est du ; pë yir, quand on 
va; serruryir, plus usité q\i'alliuiour ; pe radeyir, quand on baptise; 
leyir, lehir, à St-Gild. liyir, lettre; avyil iSt-Gild.\ à Sarz. areyil, 
évangile *. 

Y s'endurcit assez souvent en g, à St-Gild. : giein, froid; gîr, à Sarz. 
yîr, des poules ; kiges, à Sarz. keics, chienne. 



1 . D'autres mots, empruntés plus récemment au français, ont changé eau en iau : 
mouniau, moineau; toufiau, tufiau, du tuffeau. 

2. Ce son existe aussi en Tréguier, où l'on prononce )'în, froid; pa yi, quand tu iras; 
— ainsi que le son wo (ouo) : me zauv, je me lèverai ; diwonet, poussé (en parlant des 
plantes). 



Le dialecte Vannctais de Sarzeau. 53 

devient quelquefois e, ou, u. Ex. : 

Kol'cm, pi. koiémiet (St-Gild. koulmienn, pi. koulmiei], colombe; chcm, 
demeurer ; en éz, nous avons ; / emh, nous étions (== e oemb] ; plein, 
plomb ; — amounienn, beurre; ounionneu, des oignons, etc. — Kaduir, 
St-Gild. k ado air ; gluair, druaid, le droit. Ce dernier changement n'a 
lieu que devant e et /, et est très-rare à St-Gild. 

On met assez souvent pour oa, et réciproquement : korcis, à St-Gild. 
koaris, carême; gorantein ou goaranteiii, garantir; oahcin, à St-Gild. 
oihin, des bœufs; échkal, des chardons, à St-Gild. oaskal, (pi. d'ochka- 
lienn, oskalienn] . 

U se change quelquefois en 'é, i, ou (devant a). Ex. : 

Kur'cn, tonnerre ; dilcn, lundi ; plénienn, plume ; beîën, tabac ; — ein, 
in, se (= hum\ ; siaou, du savon ; tïcni, chaud ; — houannadein, gémir; 
Iwuarv (St-Gild.) amer. 

Il se supprime à Sarzeau après //, dans kleinheî (St-Gild. kleinwiet], 
maladie ; hianv, amer. 

Ou peut devenir u devant une voyelle, surtout dans la même syllabe : 
rui, roi; ruafinies, rouannies, reine; tuein, toueiri, tuïein, jurer; kruaiî, 
créé ' ; kruaiour, créateur, etc. ; et au contraire, mouïarienn, mûre. Ce 
changement est moins fréquent à Saint-Gildas. 

2° Consonnes. 

K devient k surtout après e pour / ; pek, pie ; kek, viande ; harek, 
barrique ; dcinck, petit homme ; àr gourek, le plus jeune de la couvée 
(ou de la famille) ; ànn doulek, le roitelet (de toid, me dit-on, parce 
qu'il s'introduit dans les plus petits trous au milieu des tas de bois, etc.) ; 
karekiall, brouette; milcinek, verdier ; etc. 

Quelquefois la terminaison ik devient simplement eik : trueik, maigre; 
nehedeik, très-peu ; uneik, uncik ou unek, unique. 

G devient de même g, et change assez souvent en e la voyelle précé- 
dente : bugul, begul, berger^ pi. — ion ; b'egàli, enfants; bugulies, bugu- 
lies, bergère ; bëgenn, ver de terre ; degour, ouvert, large ; pegiall, 
pioche; begein, béguin; gaoî, à St-Gild. giaot, herbe; rougein, déchi- 
rer ; iir huiriennad guein, iplein un verre de vin ; ^uen, guin, blanc, etc. 
Souvent, et surtout à la fm des mots, g peut remplacer sa forte k. 

I. Ce doit être le même mot qu'on emploie à Sarzeau, sous une forme différente, 
quand on dit, par exemple : mi zou bet kraiët i Sœrhau, je suis né à Sarzeau [kraiët au 
lieu dt gannêt : cf. krouadur, enfant, le fr. procréer, etc.). 



54 Le dialecte Vannetais de Saneau. 

S simple quelquefois, et presque toujours s devant une consonne 
deviennent ch. Mais on n'observe pas ce changement à St-Gild Ex. : 
chardronnienn, un bourdon ; cliàcli, des chiens , clipis, clair ; cliplanwer, 
St-Gild. splanouir, épervier; chiclitr, cidre ; /:/c/i/e/>j, châtaignier ; chkoai, 
épaule ; chkeul, milan ; chhriraniàl écrivain, nom d'oiseau; ànnechkritur; 
chklavaj ; kouchkoùrics, dormeuse, sorte de crabe ; fr'cchk, frais , clikan, 
léger; clikoarn, oreille; chkornienn, glacière, etc. 

Sk devient même ch, à Sarzeau : chuiciii, répandre ; chuec'h, St-Gild. 
choc' h, fatigué ; chum, écume i^St-Gild. skum). 

T se prononce parfois comme k ou plutôt (] français, devant / suivi 
d'une voyelle : reii kiemh, donnez-nous; ikiernel, éternel. On dit de 
même à Sarz. àr giâd, la langue, ce qui n'empêche pas de prononcer 
iïr fal-diat, une mauvaise langue. 

D, dans la même position, devient g dans miluigienn, limaçon ; chu- 
giall ou chugel, écuelle. Cela arrive surtout à St-Gild., où l'on dit iïr 
bigienn, une pnère; kogegiennek^ contracié en kogiennek, alouette (à Sarz. 
kogediennck, iïrbidienn). 

Le même abus a lieu quelquefois en Tréguier (3^" pers. pi, nk pour 
nt ; gle, dette; mar-g-eus, s'il y a, mar-g-c^ s'il est, etc.). 

D répond à h vannetais dans le mot drogonnienn, éclair, pi. drogon (à 
Vannes brogon). 

L mouillé final devient y, et dans le corps des mots, /y ; ôze/, osier; 
emhrei, avril; papelioh, papillon; kelicnn, du houx, kasîei, des groseilles, 
sing. kastelienn, etc. Cependant on dit fameil, famille. 

1 s'introduit après / dans liuarn, pi. iet, renard ; Uuannies ou luannies, 
religieuse. 

L se supprime à Sarzeau dans biau, cheveux, à St-Gild. bleau, et 
devient n dans nammein, sortir, tirer, et dans l'expression, dal ket kan a 
dra, il ne vaut pas grand chose [kan =''kalh pour kalz], 

N s'amollit en n dans inian^ âme ; unick, onze ; seiiitiek, dix-sept; lein, 
dîner; gancn, abeilles, pi. de guncnicnn, à St-Gild. gunannienn. 

Le contraire a lieu dans kinenn, kinain, kcnicnn, de l'ail 1 St-Gild. 
kenion] ; arenienn, araignée. 

Après cl et 0, cette lettre se nasalise à la fin des mots, et quand elle 
est redoublée : îcih, feu ; bran, corbeau ; gloah, laine; rah, pi. ranicî, 
grenouille ; / oh, je suis ; eià-oh^ pour moi ; oh deu, nous deux ; kaloh, 
cœur ; aluzoh, St-Gild., aluzioh, aumône; mots franc, en on, pi. ohnieu, 



Le dialecte Vannetais de Sarzeau. 55 

onniet; kann, canal ; lonn, bête; kelionnienn, mouche ; melionnienn, fourmi 

(on ajoute à Sarzeau le mot air, de couleuvre, je ne sais pourquoi!; etc. 

M est elle-même nasalisée dans / o/i, nous sommes (= e oinbj ; un, 

se ^== hum). 

R est souvent transposée ou ajoutée, ou changée en / ; kerdein, croire, 
mi gerd, kerdienn, croyance; kourhienn, peau; belorsienn, prune sau- 
vage, chaldrein, St-Gild, saldrein, sardine; iir gernienn, un grain, 
St-Gild. iir lannienn. iir lénienn [= ur hranenn); etc. 

Il arrive quelquefois, à Sarzeau, qu'on fait rouler r entre deux con- 
sonnes, sans insérer de voyelle : trchoi), trrchon, oseille; brn, brrn, du 
jonc ou du son iSt-Gild. hrienn). 

En vannetais commun, r tient la place de diverses consonnes : fari^ 
erreur =1 fazi (cf. meza ou mera. pétrir), gurein = gwenan, abeilles. La 
même substitution a lieu, aussi bien à Saint-Gildas qu'à Sarzeau, dans 
les mots arw, nom ^==^ hano; lêrad, ortie = leinad ; lùrii ou lùri, cendres, 
= ludu ; gouriadienn, feu de joie, = gouiladenn. Mais kcneuienn, noix, 
garde son n, comme à Vannes, tandis que dans tous les autres dialectes 
bretons cette lettre est devenue r. 

H est plus dure à la fm des mots, où elle équivaut à peu près à c'h : 
huec'h, six ; sec' h, sept ; ec'h^ huit. 

Elle est souvent insensible après / ou r ; kiarhcin^ ou kierheirl, mar- 
cher ; houarhein^ rire, yàlhad, boursée ; dimerher, mercredi; gourhid, 
fuseau ; dalhein, tenir icf. bret. commun dal, dalid, dalet ; marek, cavalier). 

Au commencement des mots, h se perd quelquefois : ànn huer, huair, 
la sœur ; ou-s huair, votre sœur. — Quelquefois cette aspiration se 
change en g : i mien, i g-a, St-Gild. i g-ia, où va-t-il, =:: e men e ha^. 

Il se fait souvent une contraction entre la voyelle qui précède et celle 
qui suit h : e\ pë vir, comme si l'on était (:= veher] i vadîr, on baptise ; 
pîriofi, pécheurs; bronniek = brehonek, breton. 

Remarques. 

On voit que cette phonétique n'est autre que celle du vannetais en 
général, mais celle-ci plus hardiment développée, et logique jusqu'au 
bout. Les changements de voyelles viennent presque tous delà tendance 

I. Cela arrive parfois aussi en Cornouillais : geulia, suivre ; e gani, le sien. H n'est 
pas un simple signe orthographique ; les Trécorois la prononcent c'/z, surtout dans cer- 
taines constructions {c'hir, c'hirvoud, c'houarn, etc.). 



56 Le dialecte Vannetais de Sarzeau. 

à faire prédominer / ; et de même, ceux des consonnes ne sont guère 
que des chuintements. Il est à remarquer que ce zétacisme qui règne 
dans les autres dialectes spécialement aux pluriels inanimés, se manifeste 
en vannetais partout ailleurs que là. 

Cette machine phonétique dont ie viens de décrire les principaux res- 
sorts, joue en général d'une manière sûre et, on peut le dire, intelli- 
gente. 

Ainsi, bien qu'il n'y ait pas de différence entre la prononciation de 
ya, yc, et celle de ia, ie, la forme de l'article montre assez que la langue 
sent la distinction entre y demi-consonne et / voyelle : àr yar, la poule, 
et ànn iarh, la neige; ànn iarw, le sillon; àr yehet, la santé, et ànn ient, 
plus souvent, ànn ient, la route. Ainsi encore, on dira posément m'es 
chei ou kuiiét, je ne vous ai pas vu; mais si, ce qui arrive souvent dans 
la rapidité de la conversation, l'ë de la terminaison du dernier mot dis- 
parait, la voyelle e, qui s'était changée en / devant / simple, deviendra 
diphthongue, maintenant que cette lettre est suivie d'un /, et l'on dira 
m'es chel ou kiol't. Le t final peut lui-même disparaître, mais son effet 
reste : m'es chel ou A'/o/'t. Cette dernière forme est très-fréquente. 

Les mots qui subissent deux transformations successives, comme ean, 
iah, eian, sont rares. 

Certaines méprises ont lieu qui tiennent à ce qu'il y a, en vannetais, 
de la confusion et de l'incertitude au sujet de la réduplication des con- 
sonnes. Ex. : chàpiL chapelle; lein, lire; bialêg, pi. bialian, prêtre. 

Quant aux mots qui échappent le plus souvent aux règles de pronon- 
ciation, ces exceptions s'expliquent par l'influence directe du langage de 
Vannes. 

Enfin, il y a dans cette variété, aussi bien que dans toutes les autres, 
des mots oij les sons primitifs, transformés partout ailleurs, ont été con- 
servés fidèlement, grâce aux sympathies d'une phonétique spéciale. 
Voilà pourquoi sans doute on prononce à Sarzeau ; àr lût, le monde ; 
plig, pli Si jamais, dans ces mots, \'i était devenu e, cet e à son tour 
devait ici se changer en ie. 

N, dans balanienn, balai, est insérée peut-être par suite d'une fausse 

analogie. 

30 Les finales. 

A Sarzeau, surtout, la finale tombe souvent, même quand le mot qui 
suit commence par une voyelle : moue\, plus; / hanei t'ian, le sien à 
\u\; nameà, SI ce n'est; Jezus-Krist ; aye\, comme; p'ép iroug, chaque 
mal ; er bed-men, en ce monde; tâà, père; spiril-santcl; aveit ou eit-onh, 
pour nous; vowd, bouillie ; t/r^jc/ikl, pi. drachkiet, grive; maisk\, smg. 



Le dialecte Vannetais de Sarzeau. 57 

maisklienn . une moule ; ivl de l'huile; ?/i'l, sing. tivUcnn, tu\\e;pont, 
pont ; ru/d, filet, pi ruideii, etc. 

La même habitude existe, mais moins générale, dans le reste de la 
Bretagne : iôd siUt ; ne kel brao ; dek gwennek ; pemp lùr ; etc., surtout 
quand le mot finit par deux consonnes [omp, str,sk\, i^l^etc). Seulement, 
elle n'apparaît guère dans l'écriture que dans certains mots composés, 
comme beveach = bep-veach ; Goarc'had, le Vieux-Marché ; = Koz-Var- 
dhad; dijentil, dejentil = den-jentil, pi. tuchenîil = tud-jehtil, pemoc'h=: 
penn-moc'h ; pedabenn =^ penn-da-benri ; hemiken = hep-mui-ken ; breman 
= 'bret-man ; are, ure (P. Mannoiri = ^r re, ur re ; anrod = anl-rod ; et 
dans de petits mots très-usités, qui perdent leur consonne finale régu- 
lièrement devant une consonne Ihag, hoc'h, Van. ou-s ; Trég. hec'h, 
son, sa, à elle, dont le c'Ii s'assimile à l, r, n du mot suivant; mar^ ez, 
fc'h, etc.). 

Il y a en breton plusieurs phénomènes que la même cause a pu au 
moins contribuer à produire. Ainsi la suppression de z, générale en 
Tréguier, a lieu plus souvent dans les autres dialectes à la fin que dans 
le corps des mots ; au contraire, la nasale, conservée et même ajoutée 
sans raison par les Trécorois et les Vannetais, se perd fréquemment à la 
fin des mots, en Léon et en Cornouaille, etc. 

Au commencement des mots aussi, il peut se faire une élision, un 
mot même disparaît quelquefois : 'd-'i keVnn i dei, il n'est pas chez lui ; 
'd a zou, ihd a zou, ils sont ; 'ri-nei, les nôtres \hun re-ni] . 

4° L'accent. 

L'accent est rarement sur l'antépénultième : àziet., assis (j syll.). 

Quand il est sur l'avant-dernière, il fait quelquefois disparaître entiè- 
rement celle qui suit. Cela arrive dans les participes : ainsi kârgét, karg't 
ou karg'i, rempli. 

L'accent sur la dernière fait, dans certains cas, alléger la syllabe pré- 
cédente, comme en vannet. aval, av'éleu : les noms d'agents en ir (non 
précédé de i), eïr, our, font leur pluriel en crion, aour fait arion. Tous 
font leur féminin en changeant ir, eïr, our, enouries, pi. ouriezet, ouriai- 
zet. Ex. : 

Pobir (\es jeunes disent plutôt boulanjir); fornir, pi. crion, chacheïr, 
St-Gi\d. chaseïr, chasseur; chkoleïr, écolier, pi, érion, gouryir, tailleur, 
gouryirion; niirion, des fileurs, etc. Meleinour, meunier; teisour, tisse- 
rand, pi. ërioà; cfiivrerion^ des pêcheurs de crevettes; chkolaour, maître 
d'école; pisketaour, pêcheur; (piskedienn , un poisson); airietaoar, 
chasseur de couleuvres (verbe, airietat, du pi. airiet ou airioii); gouie- 



$S Le dialecte Vannetais de Sarzeau. 

taour, chasseur de taupes (du verbe gouieta ou gouietat, du pi. gouiet\, 
pi. ariori ; etc. 

Enan , petit serpent qu'on dit aveugle, représente anaff Cath.), 
accentué sur la dernière anJff à la vannetaise, tandis que la forme 
des autres dialectes, anv^ = ànaff. 

IV. QUELQUES OBSERVATIONS SUR LA GRAMMAIRE ET LE VOCABULAIRE. 

1° Mutations. 

Un aradienn, une brebis ipl. divit), est un des rares exemples, en 
armoricain, de la mutation nasale. On pourrait en ajouter quelques autres 
à la liste de la Gr. C^ 206. Ainsi mcn Dui, mem brêr, = gall. /y nuw, fy 
mrawd; la conjugaison trécoroise du verbe en dout aux 3^* et r" pers. : 
en eus, an eus, an eveus ; en oa, an eva, en ifoa, en ivoa ; en oe ; en efe\ 
en eve ; en ije; en eo, an efe, etc. ; am ô, am oa ; em ije, etc. ; un nerwenn, 
un chêne (Man. bret.-fr. par A. Guyot-Jomard, Vannes 1867, p. 9I. 
A St-Gild. on prononce aussi quelquefois iin niarwienn, à Sarz. iin diar- 
wienn, et plus souvent iir huiyenn-diarw. 

La dentale finale disparait après n : badeient^ baptême; ugienX, vingt; 
arganx, argent; etc. H n'y a là qu'une chute de finale ; mais dans les 
autres dialectes, n reste nasalisée, et la dentale s'assimile à n : Tréc. 
ugend, ugenn; arc'hahd, archann. 

2° Pluriel. 

Il est plus régulier que dans le vannetais commun, surtout à Sarzeau. 
Ainsi kouiliar, perdrix, pi. kouliariet ; kazick, jument, pi. kezekieî (St- 
Gild. kezek) ; kahiet, chats; màrhiet, chevaux [bl-G'ûd. kezek) ; kogiet, 
coqs (St-Gild. kigiy) ; mouialhict, merles, St-Gild. moualhiy ; grâgiet, ou 
groagi, gragi, femmes; blciet Sarz.), blcidci (Saint-Gildas et Sarzeau), 
loups ; dorneu, mains (au propre). 

Le mol neiadcu, St-Gild. niadeu., nichées, est usité : khisk ànn ncia- 
deu, chercher des nids. Du pi. goei, des oies, on forme le sing. ùr 
hoeienn. Chifr, crevette, est singulier, et a pour pi. chlrriet, d'où monet 
dd chivrictat. 

Quelques noms ne changent pas au pluriel : mein: pierre, pi. meiii ou 
ineineu. — Remarquez les pi. hoairziet, sœurs ; ahnuairzicî, ahnairziet, 
génisses; moairicuziet iSarz.) tantes, de moairieb. 

5° Féminin. 
Le mot pekol, grand, sorte de nom adjectif qui précède toujours son 
substantif, prend au féminin la terminaison ienn : pekàlienn rocs, grande 
femme ; pekàlienn lioc'h, grande vache. 



Le dialecte Vannetais de Sarzeau. 59 

Au pluriel, devant un nom d'être animé, il peut prendre la terminai- 
son iet. peliolid tud, plus souvent pckol tiid, grands hommes. Pdol teyir, 
à St-Gild. iiyir, grandes maisons. 

Ce suffixe féminin enn, dans les adjectifs employés substantivement, 
n'est pas très-rare en breton Le masculin prend quelquefois un autre 
suffixe. Ainsi koziad, vieillard, fém. kozcnn, St-Gild. koc'hicnn; luduek, 
frileux, à Sarz. luruiek, luriyek, à St-Gild. lurick, fém. luduenn, Sarz. 
lariycnn, St-Gild. lùrienn, etc. Grég. de Rostrenen donne hailhebod, 
coquin, fém. haitlebodès ou hailhebodenn. On dit à St-Gild. duardicnn, 
noiraude, dans Grég. de Rostrenen « duardès, van. duardell. « 

Cette autre terminaison féminine, cil, qui se trouve dans arvorel, armo- 
ricaine, fém. à'an'oridd iLe Pelletier et Le Gonidec), camutell [Le P., 
camuses] craczousell, friponell ^Grég. de Rostrenen) sodel (vocab. vann. : 
ah pikôl sodel ! ah grande sotte ! cr sodèd hag er sodcllèd, les sots et les 
sottes , n'est usitée, à ma connaissance, que dans ce dernier mot ; et les 
deux exemples ci-dessus se disent : ah pekàlienn sodiall! àr sodied hag 
dr sodiallict, St-Gild. : dr zodied hag àr zodialliet. Le même suffixe paraît 
dans kairiall == kaerell, belette. 

4° Construction et Vocabulaire. 
On emploie à Sarzeau anou, de lui, etc., dans des expressions comme 
celles-ci : marw i anou, mort est de lui, c'est-à-dire il est mort; parteiet i 
anou, il est parti ; 'houïan ket pigours i tei anou, je ne sais pas quand il 
reviendra; a p'en due anou chairr'ct, ou a p'en due ch.iirrët anou k'emid en 
duai, quand il eut rassemblé tout ce qu'il avait ; 'labour ket anei, elle ne 
travaille pas, klaH i anou, il est malade, etc. 

Parmi les particularités de vocabulaire, je citerai seulement ici les mots 
pitau^ richard; iïr bagous., une fauvette; tir be'rah (par eu franc.], un 
bouvreuil ; iir jabouru, tir jabot-ru, un rouge-gorge ; iir huein-kuein, un 
pinson ; iir vronnon, un hanneton; iin arondiall (ou iïr logodienn] pienn- 
dal, une chauve-souris ; yâr ànn entru Dui, Doui, la bête à bon Dieu ; 
magan, maigah [iïr vagannienn, au sing.1 à St-Gild. guegan, le fruit de 
l'aubépine; ouallein, comme en fr.gâ/er, répandre; toleinoudichkar{guein] , 
verser là boire); Roah-doar, Rennes ;-en-terre), St-Gild. Ruiafi-doar ; 
et Roah-mour Rouen i-sur-mer], St-Gild. Ruian; enfin le mol goskôr., 
collectif féminin, = gall. gosgordd, Cath. coscor., que d'après les témoi- 
gnages écrits on avait tout lieu de croire disparu à jamais des dialectes 
armoricains, et qui pourtant est employé à Sarzeau et à Saint-Gildas, par 
les jeunes comme par les vieux, pour pluriel de goas, serviteur. 

p:mile Ernault. 



LAVAROU KOZ A VREIZ IZEL: 



SEIZVED STROLLAD. 

AR MIZIOU. 
I 

MIZ GENVER. 

(J63 Ann armanach ne lar ket gaou : 

Pa ve erc'h 've gwenn ann traou, 
Pa ve a\el fich ar bodou, 
Pa ve glao 've vil ar poullou. 

664 Mi: Genver, 

Kalet pe dener. 

66 J Miz Genver, hirio vel kent, 

A ziskouez eo hir lie zent. 

C66 Pa ve tremeneî dent Genver 

E ve diskouloc'h ann amzer. 

667 Ne veio ket leun ar zolier 

Mar bez heol tomm da viz Genver. 

668 Gwell eo -gwelet ki en kounnar 
Evit heol tomm e miz Genvar. 

669 Allez ar wenn reo 

A zeu araog ar glao. 

670 Reo gwenn war ar c'hresk, 
Amzer gaer hafresk. 

671 Reo gwenn war loar nevez 
A denn d'ar glao allez. 

672 Reo gwenn en diskar, 
Amzer c'hleb hep mar. 

67 ^ Pa vez ann erc'h war ann douar 

Ne vez na tomm na klouar. 

I. cf. t. 11, p. }62 et suiv. 



PROVERBES ET DICTONS 

DE LA BASSE-BRETAGNE. 



SEPTIÈME SÉRIE. 

LES MOIS, 
I 

MOIS DE JANVIER. 

663 Un almanach jamais ne ment: 
S'il neige, tout au loin est blanc, 

S'il vente, les branches sont en branle, 
S'il pleut, il y a des mares partout. 

664 Mois de Janvier, 
Rigoureux ou tempéré. 

665 Janvier, aujourd'hui comme avant, 
Montre qu'il a longues les dents '. 

6(i(> Les dents de Janvier passées, 

Moins glacial est le temps. 

667 Point ne s'emplira le grenier 

Si chaud soleil brille en Janvier. 

668 Mieux vaut voir chien enragé 
Que chaud soleil en janvier. 

669 Souvent de blanche gelée 
La pluie est précédée. 

670 Gelée blanche au croissant, 
Du frais et du beau temps. 

671 Gelée blanche à lune nouvelle 
La pluie souvent appelle. 

672 Gelée blanche au décours, 
Temps humide toujours. 

673 Quand la neige couvre les champs, 
Ni tiède ni chaud n'est le temps. 

I . Les aiguilles de glace qui pendent aux toits sont généralement connues sous le nom 
de dents de janvier. 



62 


Lavarou Koz a Vreiz Izel. 


674 


Re a erc'h, re a gerc'h^ 




Re a skorn, re a zegal. 


675 


Pa skorn ann dour en ti, 




A koll ar c'Iierc'h hefri. 


676 


Pa varv ar gerc'hen gand ar riou^ 




Unan a chomm a dalv diou. 


677 


Genvirig alavar 




Ez euz vi gand ar iar. 




II. 




MÏZ C'HOUEVRER. 



6y8 Hanter-Genver eun eur a hed, 

Da cVwuel Chandelour diou abred. 

(3-jc, Da chouel ar Chandelour, 

Deiz da hep micherour, 
Nemet d'ar c'hemener 
Ha d'al luguder. 

680 Da c'houel Varia Goulou. 
Kuzeî ar chantoleriou 
Ha torret ar c'higelou; 
Hanter-greun, hanter-bloaz, 
Ann had diaveaz, 

Ann ozac'h en eaz. 

681 Miz C'houevrer a c^houez, a c'houez, 
Hag a laz ar voualch war lie nez. 

682 Gand dillad tomm ha hevans mad 
Pep miz goanv zo deread. 

683 Da c'houel Mathiez, 
Vi e reor ann houadez, 

Hag ar hik a choas he barez. 

684 Tremenet gouel Sant Maîhiaz, 

Ann heol d'he liv, ann dourd'hefiaz, 
Ha lezenn ann hent da rean glaz. 

685 Genver a garg ar foz, 
C'houevrer hen dalc'h kloz. 

686 Avel gevret, da ziwada moc'h 
Diwallit ho kountel gan-e-hoc'h. 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 6 3 

674 Trop de neige, trop d'avoine; 
Trop de glace, trop de seigle. 

675 Quand l'eau gèle dans la maison, 
Perd son nez l'avoine au sillon. 

676 Quand l'avoine meurt de froid, 
Un grain qui reste en vaut deux. 

677 Le gentil Janvier dit 

Qu'il est œuf dans la poule. 

II 

MOIS DE FÉVRIER. 

678 A la mi-janvier, le jour croît d'une heure, 
De deux environ à la Chandeleur \2 février). 

679 A la Chandeleur, 
Jour pour tout travailleur, 

Hormis le tailleur 
Et le flâneur. 

680 A la fête de la Chandeleur, 
Cachez les chandeliers 

Et brisez les quenouilles; 
Le grain demi-consommé, l'an demi-écoulé, 

La semence prélevée, 
A l'aise se sent le maître de la maison. 

681 Février souffle, souffle. 

Et tue le merle sur son nid. 

682 Quand on a chauds vêtements, bonne table, 
Chacun des mois d'hiver est supportable. 

683 A la Saint-Mathias, 
L'œuf est au c. de la cane, 

Et la pie cherche à s'apparier (24 février). 

684 La Saint-Mathias passée. 

Le soleil reprend son éclat, l'eau sa saveur, 
Et la lisière du chemin de reverdir. 

685 Janvier remplit le fossé, 
Février le tient clos. 

686 Par vent de sud-est cochon ne saignez 

Et votre couteau ramassez. 



64 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

687 Erc'h a dreon, glao a viz, 
Gwasa diou amzer a weliz. 

688 Meurlarjez kaillarek, 
Arc' h ha solier harrek. 

689 Mar leuje Meurlarjez teir gwech ar bloaz, 
E lakafe ann dud da redek e noaz. 

690 Red eo lakat piz e gleac'li^ 

N'e ket liirio evel deach. (Al ludu.) 

/// 

MIZ MEURS. 

691 Ber, her, miz Chouevrer, karg ann and hag ar foz, 
Me ho dizecVio en eun dciz hag eun noz. 

692 Meurs gand eur c'houezadenn 
A zizefh ar foz penn-da-benn. 

69 j Miz Meurs gand eur c'houezadenn 

A laz meur a vagadenn. 

694 Ar miz Meurs gand he vorzoliou 

A zeu da skei war hon noriou. 
69 5 Miz Meurs gand he vorzoliou 

A laz al lueou en ho mammou. 
696 Meurs a laz gand he vorzoliou 

Ann ejen braz e korn ar c'hraou. 
6c)-j Miz Meurs gand he vorzoliou 

A zo ker gwaz hag an Ankou. 

698 E mis Meurs glao hag avel joli 
A rai lakat evez d'ann holl. 

699 Meurs, gand he veurzeri, 

A ra d'ar c'hrac'h staota barz ann ti, 
Ha d'he merc'h kerkouls hag hi. 

700 Deuet Meurs e-giz ma karo, 
Grafh e korn ar c'hleun a dommo. 

701 Da c'houel sant Guennole, 
Stanka 'r focnnek oc'h ar c'hole. 

702 Da chouel Pol, 

Lakiid mern vihan war ann daol. 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 6 5 

687 Neige de derrière, vent de nord-est, 

Les deux plus mauvais temps que je connaisse. 

688 Carnaval crotté, 

Huche comble et plein grenier. 

689 Si le Carnaval venait trois fois l'an, 
Tout nus à courir il mettrait les gens. 

690 II faut mettre à tremper les pois, 

A hier aujourd'hui ne ressemble pas lie mercredi des Cendres). 

III 
MOIS DE MARS. 

691 Coule, coule. Février, remplis rigole et fossé, 
En un jour et une nuit je les dessécherai. 

692 Mars, d'un souffle, 
Dessèche le fossé de bout en bout. 

69? Mars, d'un souffle, 

Tue beaucoup de nourrissons. 

694 Mars avec ses marteaux ' 
Vient frapper sur nos portes. 

695 Mars avec ses marteaux 

Dans leurs mères tue les veaux. 

696 Mars tue avec ses marteaux 

Le grand bœuf dans le coin de l'étable. 

697 Mars avec ses marteaux 

Fait autant de mal que la Mort. 

6c)8 Au mois de mars pluie et vent fou : 

Sur nos gardestenons-noustous. 

699 Mars^ avec ses Marseries (rigueurs), 
Fait qu'à la maison pisse la vieille. 
Et sa fille aussi bien qu'elle. 

700 Arrive Mars quand il voudra, 

Dans un coin du fossé vieille se chauffera. 

701 A la Saint-Guennolé, 

Au taureau ferme le pré (4 mars). 

702 A la Saint-Pol, 

Mets collation sur table (12 marsl. 

I. La grêle. 

Rev. Celt. III i 



66 Lavarou Koz a Vreiz I:el. 

70 j Tri de goude ma kan ann drask, 

Ez ia ar vioc'h ioaiis d'he nask. 

704 Pa glewjct ann drask kanan, 
Serret keuneud mad da doman ; 
Pa glewfeî ar welc'h goude-ze, 
Tolet ho chupenn a goste. 

705 D'ar zul Bleuniou, 

A lamm arzaout dreist ar c'hleuziou. 

706 Da Vener ar groez 

A kroaz ar bik he nez. 

707 D'ar zul Bask, 

A lamm ar zaouî dreist ho nask. 

708 Da c'houel Sant Joseph pe Sant Benead, 
Gounid ar panez hag al lin mad. 

709 Da zul Bleuniou, konf ar viou ; 
Da zul Bask, terri ho fennou; 

Da zul ar Chasimodojrik' ar c'hoz podou\ 

710 Epad ar zizun santel, 
Amzer goloet, avel, 

7 1 1 Deuz ann lieol, Meurlarjik, 
Deuz ann eteo Paskik. 

712 Ann ened seac'h, Pask kaillarek 
A lak ann arc'h da veza barrek. 

IV 
MIZ ERREL. 

71 3 Ebrelik, Ebrelik, 
Digor da ziou askellik. 

7 1 4 Pask a dost, Pask a bell, 
Pask a vo en Ebrel ; 
Pask en Ebrel a vo 

Pe ar C'hasimodo. 

715 Deuet Meurlarjez pa garo, 
Pask pe Gasimodo 

En Ebrel hcn em gavo. 

I . La très-ancienne coutume de briser, le dimanche de la Quasimodo, les pots hors de 
service, est toujours en vigueur dans les vieilles familles bretonnes. Bien que les jeux bruyants 
auxquels elle sert de prétexte, semblent dépourvus de toute signification, il ne serait pas 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 67 

705 Trois jours après que la grive a chanté, 

La vache va joyeuse au-devant de son lien. 

704 Quand vous entendrez la grive chanter, 
Enfermez le bois propre à vous chauffer; 
Quand vous entendrez le merle plus tard, 
Jetez bas pourpoint pour le mettre à part. 

705 Le dimanche des Rameaux, 

Les vaches sautent par-dessus les fossés. 
70c Le Vendredi Saint, 

La pie croise son nid. 

707 Le dimanche de Pâques, 

Les vaches sautent par-dessus leurs liens. 

708 A la Saint-Joseph ou à la Saint-Benoît, 

Semez les panais et le bon lin (19 et 2 1 mars). 

709 Le dimanche des Rameaux, compte tes œufs; 
Le dimanche de Pâques, casse-les en deux; 

Le dimanche de la Quasimodo, brise tes vieux pots. 

710 Pendant la semaine sainte 
Temps couvert et vent. 

71 1 Carnaval au soleil, 
Pâques au tison. 

7 1 2 Carnaval sec, Pâques crotté ; 
La huche est pleine à déborder. 

IV 

MOIS D'AVRIL. 

7 1 ^ Petit Avril, petit Avril, 

Ouvre tes deux petites ailes. 

714 Pâques de près, Pâques de loin, 
Pâques en Avril sera; 

En Avril sera Pâques 
Ou la Quasimodo. 

71 5 Vienne Carnaval quand il lui plaira, 

Pâques ou Quasimodo 
En Avril se trouvera. 

impossible qu'elle n'eût eu dans l'origine un caractère sérieux, et ne se rattachât par 
quelque côté à certaines pratiques, touchant la purification des vases, dont font mention 
les Codes religieux de plusieurs peuples de l'antiquité. 



68 Lararou Koz a Vreiz îiel. 

7 1 6 Etre Pask ha Meurlarjez, 
Seiz sizun nemet daou dez. 

7 1 7 Etre Pask ha Pentekost, 
Seiz sizun penn ha lost. 

7 1 8 Pask gleborek, 
Eost baraëk. 

719 Pa zav al loar abarz ann noz, 

Fjad ar panez antronoz. 

720 Ar ran a gan kent miz Ebrel 
A ve gwelloc'h d'ezhan tevel. 

721 Pa gan ar ran e kreiz an deiz, 
Neuze vez poent gounid ann heiz. 

722 Pa gan ar ran e kreiz ar prad, 
Neuze vez poent gounid peb had, 
Nemet al lann hag ar pilad ' . 

72 î Evit ar raned da gano. 

Ma bioc'hik paour-me a varvo ; 
Pa gano ar goukoa d'eomp-ni, 
Ma bioc'hik-me ne varvo mui. 

724 Dre ma tosta hanter-Ebrel, 

E kousk ann oac'h hag ar mevel; 
Ar vroeg a lâr en miz Mae 
D'ar vatezik : demp ive ! 

725 Er bloaz biseost nep a ve finn. 
A laka kanab el lec'h linn 2. 

726 Da c'houel Pèr, planta kignenn ; 
Da c'houel Pêr, skoulma kignenn ; 
Da cViouel Pêr, tenna kignenn. 

727 Ebrel c'harw, 
Porc'hel manv. 

728 Blavez gliz, 
Blavez gwiniz. 

1. Le pilât, aujourd'hui inconnu en Bretagne, mais très-souvent nommé dans les anciens 
titres, était, si l'on en croit Cambry qui pourrait en avoir vu les derniers échantillons, 
« une espèce d'avoine ou de blé avorté qu'on ne pouvait manger qu'en bouillie. On n'en 
donne point aux chevaux, dit-il, ses extrémités trop aiguës pourraient s'attacher à leur 

2. Var. Bloavez biseost, nep a ve finn, 

A losk ar c'herc'h hag a had linn; 
Nep a ve finn, ar bloaz warlerc'h. 
A losk al linn hag a had kcrc'h 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 69 

716 Entre Pâques et Carnaval, 

Sept semaines moins deux jours. 

717 Entre Pâques et Pentecôte, 
Sept semaines tête et queue. 

718 A Pâques de la pluie partout, 
Abondance de pain en août. 

719 Quand la lune se lève avant la nuit. 

Sème tes panais le lendemain. 

720 Grenouille qui chante avant Avril 

Ferait mieux de se taire. 

721 Quand grenouille chante au milieu du jour, 

Il est temps de semer l'orge. 

722 Quand grenouille chante au milieu des prés, 

Il est temps de mettre en terre chaque semence, 
Excepté celle d'ajoncs et de pilât. 
72 3 Malgré le chant des rainettes 

Ma pauvre petite vache mourra; 
Quand le coucou pour nous chantera. 
Ma petite vache sauve sera. 

724 Plus approche la mi-avril, 

Et plus maître et valet trouvent temps pour dormir; 

Au mois de Mai la femme dit 
A la jeune servante : allons dormir aussi. 

725 L'an bissextile, l'homme fin 
Mettra du chanvre au lieu de lin'. 

726 A la Saint-Pierre, plante l'ail 11 5 avrilj; 
A la Saint-Pierre, noue Pail 129 juin); 

A la Saint-Pierre, arrache l'ail [i^^ août). 

727 Rude Avril, 
Cochon mort. 

728 Année de rosée. 
Année de froment. 



gosier, et leur causer une toux dangereuse ; ils le refusent et le rejettent. » (Voyage dans 
le Finistère, par Cambry, avec des notes par le comte de Fréminville, Brest, 1836, in-S", 
p. 130.) 

I . Var. L'an bissextile, l'homme fin 

Délaisse l'avoine et sème du lin: 
Quiconque est fin, l'année qui suit. 
Délaisse le lin et sème de l'avoine. 



70 



730 



732 



Lavarou Koz a Vreiz Izel. 
■729 Bleun e Meurs, fcurm en Abril, 

A ia lioll gandar morzil. 

Sant Jorc'hdik diwar he dorchenn 

A lak' ar goz saout da vreskenn. 
7JI Da c'houel Mark, 

Mer en bilian d'ar park. 

Pa vez ann deillo er wevodenn 

Kement ha diou skouarn eul logodenn. 

'Tle advern beza war wenojenn. 
75 j Da c'houcl Mark, 

Diodet ar park. 
734 Da c'houel Mark 

Ann had divezan er park. 
755 Pa ve glao da c'houel Mark 

E kouez ar c'hignez er park. 



MIZ MAE. 

7j6 Digant kala — Mae goulennet 

Pe da zeiz e teui Nedelek, 
Ha mar na gredet ket c'hoas, 
Goulennet da zarit Jerman Bras. 

7^7 Goudc miz Ebrel da fin Eost, 

Da dan ebet na-d-a tost. 

7j8 Da viz Mae, 

Ar medisin a ve gae. 

739 E miz Mae, 

Ar c'hezek a dol ho zae. 

740 Da viz Mae 

'Lamm ar segal dreist ar c'hae. 

74 1 Meurs e skoulm, 
Ebrel e vodenn, 
Mae e bleunvenn, 
Even e greunenn, 
Gouere e gwastel wenn . 

742 E miz Mae, 
Kanab gae. 



Proverbes et Dictons de la Basse- Bretagne. 7 1 

729 Fleurs de Mars en avril nouées 

Par vent de sud-ouest sont toutes brûlées. 
7J0 Saint Georges, assis sur son coussinet, 

Met les vieilles vaches à fringuer (25 avril). 
731 A la Saint-Marc, 

La collation au champ (25 avril). 
7?2 Quand les feuilles se montrent sur le chèvrefeuille, 
Grandes comme les oreilles d'une souris, 
La seconde collation doit être sur le sentier, 
733 A la Saint-Marc, 

Au champ monte l'herbe. 
754 A la Saint-Marc, 

Au champ les dernières semailles. 
75 5 Le jour de la Saint-Marc, s'il pleut, 

Partout aux champs tombent les guignes. 

V 
MOIS DE MAL 

736 Demandez au premier jour de Mai 
Quel jour Noël doit arriver, 

Et si vous n'êtes satisfaits, 

A Saint Germain le Grand ' allez vous adresser. 

737 De la fin d'Avril jusqu'à la fin d'Août, 
D'aucun feu ne t'approche. 

738 Au mois de Mai, 

Le médecin est gai. 

739 Au mois de Mai, 

Les chevaux jettent leur robe. 

740 Au mois de Mai, 

Le seigle saute par-dessus la haie. 

741 En Mars le nœud, 
En Avril la touffe, 
En Mai la fleur. 
En Juin le grain. 

En Juillet le blanc gâteau (de seigle). 

742 Au mois de Mai, 
Du chanvre gai. 

I . Le jour de la semaine par lequel s'ouvre le mois de mai correspond toujours exacte- 
ment au jour où le calendrier place la fête de saint Germain l'Auxerrois (31 juillet), et la 
fête de Noël. 



72 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

745 Pa gcino ar durzunel, 

M'em bô lez eleiz ma skudel. 

744 Glao tendez a zo re, 
Re neubcut hep e'd de. 

745 Pa vo barvou kelvez e miz Mae 
Kalon ann ijuler a zo gae. 

746 Bleun en Abril,feurm e Mac, 
Euz ar re-ze e kargimp hon zae. 

747 Ann deliou 'zigor en dero 
Kent evid digeri erfao. 

748 Da fhouel ar Pentekost, 

Al linn a ra ann dro da gern ann tok. 

749 Brumen dupa vez 
A bad tri dervez. 

750 Brumen vor, 
Tomder en gor. 

7 5 1 Mogedenn diwar ar mor, 

» Heol tomm ken a faouto ann nor. 

7 5 2 Seiz blavez sec'hour ne reont ket cur blavez kernez ; 
Eun devez glebour hen grafe. 

VI 

MIZ EVEN. 

755 Serret ar gwaziou, 
Douret^ ar prajou. 

7 54 Sant Ronan dilost Mae 

A laka kerc'li e-leac'li na ve. 
7 5 5 Miz Even a ra al linn 

Ha Gouere hen gra finn. 

756 Eur park a zo gwall fall 
Mar da viz Even ne dalv. 

7 5 7 Kurun dioc'li ar gwalarn , 

Toi ar varr er sanaill. 

7 ) 8 Kurun dioc'h ar gevret, 

Marrad bcpret. 

759 Ann avel su ha gevret, 

Mad d'ar goullo ha d'ar garget. 



Proverbes et Dictons de Li Basse-Bretagne. yj 

745 Quand chantera la tourterelle, 

J'aurai du lait plein mon écuelle. 

744 De la pluie, — c'est trop chaque jour. 
Et pas assez tous les deux jours. 

745 Quand coudrier a barbe en Mai, 
Le cœur de l'engeôleur est gai. 

746 Fleurs d'Avril en mai nouées, 

De celles-là nous remplirons nos robes. 

747 Les feuilles s'ouvrent sur le chêne 
Avant de s'ouvrir sur le hêtre. 

748 A la Pentecôte, 

Le lin fait tout le tour du chapeau. 

749 Brume noire s'il y a, 
Avant trois jours ne s'en va, 

750 Brume de mer, 
Chaleur qui couve. 

7 s 1 Vapeur montant de la mer. 

Soleil chaud à fendre la porte. 
j)2 Sept années de sécheresse ne font pas une année de disette ; 
Une journée humide est capable de la faire. 

VI 
MOIS DE JUIN. 

753 Fermez les ruisseaux. 

Les prés sont couverts d'eau '. 

754 Saint-Renan, à la fin de Mai, 

Où ne se montre avoine en met (1" juin). 
753 Juin fait le lin, 

Juillet le rend fin. 

756 II faut qu'un champ soit bien mauvais. 
S'il ne vaut en juin quelque chose. 

757 Si le tonnerre gronde au nord-ouest, 
Jette ta marre dans la grange. 

7)8 Si le tonnerre gronde au sud-est. 

Continue ton écobuage. 

759 Vent de sud et vent de sud-est, 

Bons pour le (navire) vide et le 'navire) chargé. 

I. C'est le vers si connu de Virgile : 

Claudite jam rivos, pueri, sat prata bibêre. 



74 


Lavarou Koz a Vreiz Izel. 




700 


Avel a c'hreste, 
Glao hep dale. 




76i 


Gwalarn kalmet diouz ann noz, 
Su pe gevret antronoz. 




762 


Pa val V vilinn diwar ar c'hoad, 
'Ve trist doare ar merdead. 




763 


Diwallit rag ar mcnvent koz 
Hag ar gwalarn iaouank. 




764 


Pa vez ann avel er gornaouek, 
E vez tapet meur a c'henaouek. 




765 


Da c'honcl Barnabaz, 
Gand eur fourniad poaz 
Hag eun ail en arc' h, 
E paseo awalc'h. 




766 


Hanter-Mac dllost goan, 
Hanter miz Even hen lakan. 




767 


Pa vez ker arpiz, 
E vez ker ar gwiniz. 




768 


Bluvez hoginn, blavez ed, 
Blavez irinn ne veket. 




769 


Blavez c'huiled, blavez ed, 
Blavez gwenan ne ve ket. 




770 


N'ê ket ganet gand he vamm 






'Nn hini glev ar goukou nao devez 


goude gouel lann 


771 


Da c'houel lann, 
la-l-ar goukou d'al lann. 




772 


Da c'houel Per, 
la-l-ar goukou d'ar ger. 




775 


Pa vez ar bleun er gwiniz, 
E vihanna leaz liviriz. 

VU 
MIZ GOUERE. 





:74 Heol a zavo re vintin, 

A zo tec'hct da wall fin. 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 75 

760 Vent de sud. 
Pluie sans tarder. 

76 1 Vent du nord-ouest se calme-t-il sur le soir, 
Vent de sud ou vent de sud-est le lendemain. 

762 Quand le moulin moud de dessus le bois (C.-à-d. quand le vent 

souffle du côté des bois), 
La situation du marin est triste. 

765 Défiez-vous de vieux vent de sud-ouest 

Et de jeune vent de nord-ouest. 

764 Quand souffle le vent d'ouest, 
Beaucoup de badauds sont pris. 

765 A la Saint-Barnabe ', 
Fournée de pain cuit si vous avez 
Avec une autre dans la maie, 

La journée vous pourrez passer (i i juin). 

766 Fin de l'hiver à la mi-mai, 

A la rai-juin, moi, je la mets. 

767 Quand les pois sont chers. 
Cher se vend le froment. 

768 Année de baies d'aubépine, année de blé ; 
Année de prunelles point ne l'est. 

769 Année de scarabées, année de blé; 
Année d'abeilles ne l'est pas. 

770 II n'est pas né de sa mère 

Celui qui entend le coucou neuf jours après la Saint-Jean. 

771 A la Saint-Jean 

Le coucou dans le jan (24 juin). 

772 A la Saint-Pierre 

Le coucou rentre à la maison (29 juin). 
775 Quand la fleur est dans le froment, 

Le lait doux va diminuant. 

VII 

MOIS DE JUILLET. 

774 Si le soleil se lève trop matin, 

Il est sujet à triste fin. 

I. Ce dicton trouve son explication dans le suivant que j'emprunte à la Haute-Bre- 
tagne : La Saint- Barnabe, 

L'pus long jou d'I'été. 



•jd Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

■j-j^ Ann heol gwenn 

Da c'filao a denn. 

776 Heol gwenn a ro glao 
Hag heol ruz amzer vrac. 

777 Ruijcnn deuz ann noz, 
Glao antronoz. 

778 Ruz dioc'h ann noz, gwenn d'ar mintin, 

Laka joaiïs ar perchirin. 
77c) Hanter Gouero 

Fais en ero. 
7S0 Da c'houel Maria Karmez, 

Gwelloc'h gavr egct eur vioc'li lez. 

78 1 Biskoaz foar Sant Weltas ne vez 
Na zans en hi bar a segal nevez. 

782 Pa vez glao da c'houel Madalen, 

A vrein ar c'hraon hag ar c'hesten. 
78^ Sant lann a oa eur sant braz, 

Ma sant Kristof brasoc'h c'hoaz. 

784 Da gann Gouero 
Eost e peb bro. 

Vin 
MIZ EOST. 

785 Pa grosmolo ar mor, 
Paourik, sarrit ho îor. 

786 Mar-d-a ann arne d'ar menez, 
Kemer da freill ha kerz er mez : 
Euz ar menez mar-d-a d'ar mor, 
Sarr war da gein prenestr ha dor. 

787 Da c'houel Itron-Varia ann erc'h, 
Pa vez avel grenv e vez ann ed ker. 

788 Kaneveden dioc'h ann noz, 
Glao pe avel antronoz. 

789 Gwarek-glao euz ar heure, 
Stignit ho tevez koulsgoude. 

-cjo Kaneveden dioc'h ar mintin, 

Sin vadd'ar perc'hirin. 



Proverbes el Dictons de la Basse- Bretagne. 77 

77 j Soleil blanc 

Attire la pluie. 

776 Soleil blanc donne de la pluie, 
Et soleil rouge du beau temps. 

777 Rougeur au ciel le soir, 

De la pluie pour le lendemain. 

778 Ciel rouge le soir, ciel blanc le matin, 

Rendent joyeux le pèlerin. 

779 A la mi-juillet 

La faucille aux sillons. 

780 A la fête de Sainte-Marie du Carmel, 

Mieux vaut chèvre que vache à lait (16 juillet). 

781 II n'est foire de Saint-Gildas ' 

Où ne danse pain de seigle nouveau. 

782 Quand il pleut à la Madeleine, 
Pourrissent noix et châtaigne (22 juillet!. 

78; Saint Jean était un grand saint, 

Mais saint Christophe était plus grand encore (2$ juillet). 

784 A la pleine lune de Juillet, 

Moisson en tout pays. 

VIII 
MOIS D'AOUT. 

785 Quand la mer gronde sourdement, 
Fermez vos portes, pauvres gens. 

786 Si l'orage s'avance du côté de la montagne, 
Prends ton fléau et va dehors ; 

Si de la montagne vers la mer il se porte, 
Ferme sur toi fenêtre et porte. 

787 A la fête de N.-D. des Neiges, 

Si le vent est fort, — cher est le blé (5 août). 

788 Arc-en-ciel du soir, 

Pluie ou vent le lendemain. 

789 Arc-en-ciel du matin. 

Aux travaux de la journée disposez-vous quand même. 

790 Arc-en-ciel du matin. 
Bon signe pour le pèlerin. 

I. La foire de Saint-Gildas (arrond. de Châteaulin) a lieu le lundi qui suit le deuxième 
dimanche de juillet. 



yS Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

791 Kaneveden araog deg heur, 
Rei fie lein d'al laboureur. 

792 Kaneveden araog deg heur, 
Treac'h ar zec'hor d'ar glebor. 

795 Kelc'h bar dioc'h ann noz, 

Glao pe avel antronoz. 

794 Kelc^li a dost, 
Glao a-hcll ; 
Kelc'h a-bell, 
Glao a dost. 

795 Mar bez glao da c'houel hanter-Est, 
Kenavezo d'ar c'hraon kelvez. 

IX 

MIZ GWENGOLO. 

796 E miz Gwengolo 

En abardae 'ma ann dorno. 

■jc)-j Hirlo ema gonel Sant Jili, 

Kant levenez, mil prediri. 

798 Da c'houel Sant Jili 

'Teu ar goanv e penn ann ti. 

■jc)() Da riz Gwengoulou 

E teu dour er poullou. 

800 Frimm er bloaz koz, 
Avalou leiz arfoz. 

801 Da c'houel Maze, 

Ar f rouez hoW zo dare. 

802 Da c'houel Mikel, da c'houlou-de, 
Ann Tri Roue vez er c'hreiz-de. 

805 Gourmikael hag ann Ankou 

Laka kalz a chànchamanchou. 

804 E joar-ann-Drogerez 

Eun eheul cvid eur givennek. 

805 Gounid oc'h diskar loar Gwengolo 
Ne vez na grcun na kolo. 



Proverbes et Dictons de la R.nse-Bretagne. 79 

791 Arc-en-ciel avant dix heures. 
Donnez son dîner au laboureur. 

792 Arc-en-ciel avant dix heures, 

Sur l'humidité la sécheresse l'emporte. 

793 Cercle autour de la lune, le soir, 
Pluie ou vent le lendemain. 

794 Cercle (halo) qui s'approche, 
Pluie qui s'éloigne ; 

Cercle qui s'éloigne. 
Pluie qui s'approche, 

795 A la mi-août s'il pleut, 
Aux noisettes dites adieu. 

IX 
MOIS DE SEPTEMBRE. 

796 Septembre arrivé, 
Le soir on bat le blé, 

797 C'est aujourd'hui la Saint-Gili, 

Cent liesses, mille soucis i i"^'' septembre). 

798 A la Saint-Gili 

L'hiver vient au pignon de la maison. 

799 En Septembre, 

Aux mares arrive l'eau, 

800 Frimas l'année passée, 
Des pommes plein le fossé. 

Soi A la Saint-Mathieu, 

Tous les fruits sont mûrs (21 septembre), 
802 A la Saint-Michel, au point du jour, 

Les Trois Rois' paraissent au midi (29 septembre), 
805 La Saint-Michel et la Mort 

Font beaucoup de changements, 

804 A la foire du Troc, 

Un poulain pour un sou (29 septembre). 

805 Au décours de la lune, en Septembre, semez, 

Et grain ni paille vous n'aurez. 

I. La constellation des Trois Rois. 



8o Lavarou. Koz a Vreiz Izel. 

X 
MIZ HERE. 

806 Tremeneî pardon Bulat 

A beb goabren, peb gaouad. 

807 Da foar Paol, 
Kefelek war ann daol. 

808 E miz Hero^ 

Teilit mad hag ho pezo. 

809 Eoar Hère e Goueznou 
Poent eo skuilla ann trempou. 

810 Gldo da zul, glao da lun^ 
Clao epad ar zizun. 

81 1 Glao a zeu dhvar greisteiz, 
Glao epad ann deiz. 

8 1 2 Glao dioc'lî ar viz, 
Glao epad ar miz. 

815 Glao, glao, 

Ken a zimezo 
Merc'h ar Maho. 

814 Merc'h ar Maho 'zo dimezet 
Hag ar glao na ehan ket. 

XI 

MIZ DU. 

815 Eat miz Hère en he henî, 

Da hanter-noz goiiel ann Holl-Zent. 

8 1 6 Hadet da galan-goanv, stanket ann îoull karr, 
Poent eo d'ar mevel mont gant ar gounnar. 

817 Kal-ar-goanv, kal-ar-miz, 
Nedelek a-benn daou viz. 

8 1 S Da galan-goanv ed hadet, 

Hag ive frouez dastumet. 

819 Pa ziverr ann dour euz korn ann ejenn, 
E vez poent gounid ar vinizenn. 

820 Goanv abred, 
Goanv bepred. 

821 Pa gler ann dour da c'houel Marzin 
Ez ia ar goanv war benn he c'hlin. 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 8i 

X 
MOIS D'OCTOBRE. 

806 La fête de Bulat passée, 

A chaque nuage une ondée (8 octobre). 

807 A la foire Saint-Pol, 
Bécasse sur table (10 octobre). 

808 Au mois d'Octobre, 

Fumez bien votre terre et votre terre produira. 

809 Quand vient la foire d'Octobre à Gouesnou, 

Il est temps d'épandre la fumure (25 octobre). 

810 Pluie le dimanche, pluie le lundi, 
Toute la semaine de la pluie. 

81 1 Pluie qui vient du midi. 
Tout le jour de la pluie. 

812 Pluie du nord-ouest, 
De la pluie tout le mois. 

815 De la pluie, de la pluie, 

Jusqu'à ce que se marie 
La fille de Mathieu. 

814 La fille de Mathieu est mariée, 
Et la pluie ne cesse de tomber. 

XI 
MOIS DE NOVEMBRE. 

81 5 Octobre a fini son chemin, 
A minuit la Toussaint. 

816 Semez à la Toussaint, bouchez toutes les brèches, 
C'est l'heure où le valet se donne à tous les diables. 

817 La Toussaint, premier jour du mois, 
Noël arrive dans deux mois. 

818 A la Toussaint semez le blé, 
Et aussi le fruit ramassez. 

819 Quand l'eau dégoutte de la corne du bœuf, 
Il est temps de semer le froment. 

820 Hiver prématuré, 
Hiver de longue durée. 

821 Quand l'eau gèle à la Saint-Martin, 

L'hiver s'agenouille en chemin '(11 novembre). 

I . Quand il gèle à la Saint-Martin, l'hiver s'annonce rigoureux, et, sur les chemins 
partout glacés, les chutes sont à craindre. 

Rev. Celt. III 6 



82 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

822 Da Zantez Katel 

Ez ia ar mcstr da vevel ' . 
82 3 Mad eo hada ann douar 

War ann diskar eut al loar, 

Hogen segalik Sant Andrez 

Dent Nedelek pa deu er mez. 
824 Hag neza emoc'h-hu c'hoaz! 

Gouel Sant Andrez a zo warc'hoaz. 
82 5 Gouel ann Holl-Zent' ziraou ar miz^ 

Ha sant André gamm hen finiz. 

826 Sant André gamm na vanhas ket 
Ter sun tri deiz kent 'n Nedelek. 

XII 
MIZ KERZU. 

827 Tremenet gouel Sant Andrew, 
Aret don hag liadet tew, 

Ha diwallet dirag al loened bew. 

828 Han-goànv betek Nedelek : 
Diwar neuze ve goanv kaled^ 
Ken e vezo bleun en halek, 
Hag ac'hano goanv tenn 

Ken ne zavo bleun er spern gwenn. 

829 Miz Kerzu, miz ar gouelio, 
Eo miz ar givadagenno . 

830 Mar-d-eo ien ha kriz ar goan 

Da goj oc' h taol, da gein d'ann tan. 
8 3 1 Gwell eo moged forn 

Evit avel skorn. 
8 3 2 Nao grozadenn forn 

A ia gand eur bar avel skorn. 
8 3 3 Erc'h kent Nedelek, 

Teil d'ar zegalek. 
834 Pave loar wenn d'ann Nedelek, 

E ve lin mad e pep havrek. 

I. A la Sainte-Catherine, les travaux des champs sont tellement pressants que !e chef 
d'exploitation se voit réduit à partager les fatigues de ses serviteurs, sous peine de compro- 
mettre sérieusement ses intérêts. 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 8^ 

822 A la Sainte-Catherine, 

Le maître devient valet (25 novembre). 

82^ Il est bon d'ensemencer la terre 

Quand la lune est à son décours, 
Mais le seigle de Saint-André (30 novembre) 
One avant Noël ne s'est montré. 

824 Comment, vous êtes encore à filer, 
Et c'est demain la Saint-André! ' 

825 La Toussaint commence le mois, 
Et saint André le boiteux le finit. 

826 Saint André le boiteux jamais ne fit défaut 
Trois semaines trois jours avant Noël. 

XII 
MOIS DE DÉCEMBRE. 

827 La Saint-André passée. 
Labourez profond et semez dru, 

Et de toute bête vivante gardez-vous. 

828 L'automne jusqu'à Noël : 
Depuis là le dur hiver 

Jusqu'à ce que fleurisse le saule; 

Depuis là l'hiver cruel, 

Jusqu'à ce que l'aubépine soit en fleur. 

829 Décembre, le mois des fêtes, 
Est le mois des boudins. 

830 Si l'hiver est froid et cruel. 

Tiens ton ventre à table et ton dos au feu. 

83 1 Mieux vaut de four fumée 

Que rafale glacée (C.-à-d. : mieux vaut supporter l'incom- 
modité de la fumée à l'intérieur, qu'être exposé dehors à 
la rigueur du temps). 
852 Neuf charges de bois, 

Autant emporte un coup de vent glacé. 
85^ Neige avant Noël 

Pour champ de seigle vaut fumier. 
834 Blanche lune à Noël, 

Bon lin dans chaque guéret. 

I . Les veilles prolongées sont nuisibles à la santé. 



84 Lavarou Koz a Vreiz Izcl. 

83 5 Nedelek ha gouel lann 

A laka ar bed être diou rann ; 

Kalan Ebrel ha gouel Mikeal 
A laka e-leal. 

836 Eur gelienenn d'ann Nedelek 
A zo kouls hag eur c'hefelek. 

837 Ema Guillou oc'h ober he dro, 

Nevezinti a vezo. 
8j8 Hère, Du ha Kerzu, 

A c'halver ar miziou du. 

839 Nedelek seac'h, Pask kaillarek, 
Laka ann arc h da veza barrek, 
Hag ann ozac'h da veza bouzellek. 

840 Pa vez da zul deiz Nedelek, 
Hada da linn war ar garrek, 
Ha d' brena ed gwerzdagazek. 

Daslumd ha troet c gallck gant L. F. Salvet. 



835 Noël et la Saint-Jean 
En deux coupent l'an ; 

Le premier avril et la Saint-Michel 
En font autant. 

836 Mouche à Noël 
Bécasse vaut. 

857 Guillou ' fait sa tournée, 

Il y aura du nouveau. 
838 Octobre, novembre et décembre 

Sont appelés les mois noirs. 
859 Noël sec et Pâques crotté 

Remplissent la huche à déborder, 

Et donnent du ventre au chef de famille. 
840 Si Noël arrive un dimanche, 

Sur le rocher sème ton lin, 

Et vends ta jument pour acheter du grain. 

Recueilli et traduit par L. F. Sauvé. 

1. C'est le loup que la faim fait sortir du bois. Guillou est aussi un des noms du 

diable. 



MÉLANGES. 



CORNICA. 



I. Durdala, Dursona. 

The Rev. Canon Williams of Rhydycroesau recently communicated to 
me his explanation of Pryce's obscure durdala « thanks. )> Mr. Williams 
explains it as = du. re-dala « may God pay (tala) you! ', équivalent to 
the Welsh duw a daïo. 

This at once suggests the true explanation of the phrase dursona, dor- 
sona, which occurs four times in Beunans Meriasek (^Trùbner, London, 
1872): 
1. 3 107. Meriasek dursona dys 

'Meriasek, may God sain thee!' 
587. Marner s dorsona dywy 

'Mariners, may God sain you !' 
1076, dorsona dyugh mester Jlor 

'may God sain you, flower of masters !' 
4194. dorsona thys a thremays 

'may God sain thee, excellent (man)!' 
Hère dursona is a contraction of Du re-sona = W. duw a swyno! Ir. 
dia ro-séna. 'Signare, signum crucis digitis ac manu effmgere', i. e. 

benedicere. 

II. Cornish in the Vatican. 

Merlini prophetia cum expositione Joannis Cornubensis, cod. membr. 
8. Ottob. 1474. Saec. xiv « Die Weissagung », says Greith ( Spicilegium 
Vaticanum, Frauenfeld, 1838, p. 92) « die hier unter dem namen Mer- 
lins erscheint, ist nicht die Merlinische des Gaufrid, sondern eine 
Fortsetzung derselben, die Johann von Cornubien in Walles aus dem 



86 Cornica. 

Brettonischen ins Lateinische brachte und mil einem Kommentar 

geschichtlich und sprachlich erlasuterte. » 

I find the foUowing Cornish and Welsh phrases in this commentary 
(Greith, pp. 99-10$) : 

P. 100. u pepliden Warnungens hahanter i. e. xxv annos et dimidium. » 
This is obviously pemp hliden warn-ugens ha hanter. 

P. loi. (( apud villam quse dicitur tervf. « 

P, 103. Hoc malum nominal ipse in Britannico G uentdehil el \n\er- 
pretalur venli excussio. 

'Canus adoplatus, hoc esi quod dicilur in briiannico michîien luchd 
mal igasuet. ' 

'casirum apud Perironem quod dicilur DindaioL' 

'Armon appellatur regio illa scilicet superior, mon quia mon simpliciter 
dicilur illa quae accedil ad insulas ei suni regiones Norwalliae.' 

P. 104. Brenligia, quoddam deserlum esl in Cornubia et dicitur in 
nostra lïngua : goen bren, in lingua Saxonum : fawi-mor... 'Ventorum 
[rabies], quod malum dicit Merlinus a Welgaru [leg. awel garu] i. e. 
auram asperam.' 

PP. 104, 105 : « fatale castrum dicit illud municipium in partibus 
nosiris quod in anglico dicilur : Aschbiri, in britannico Kair belli, et ut 
placet quibusdum et castel uchel coed. 

III. A Cornish Life of S. Columba. 

The Rev. Canon Williams informs me thaï Mr. Jenner, of the British 

Muséum, has found a letter in Cotlon Ms. Jul. C. IV, from Nicholas 

Roscarrock to Camden, mentioning a translation, then in his possession, 

of a Cornish life of S. Columba. One of the historiés of Cornwall (either 

Davies Gilbert's or Polwhele's, thinks Mr. Jenner) « mentions the book 

under the parish of S. Columb. » 

W. S. 



ADDENDA AND CORRIGENDA. 

10 the articles, Etymological Scraps, II, 1 1 5-120, and The loss of Indo- 
European P in the Celtic Languages, II, 321-341. 

P. 1 16 : for Eriu read Eriu. 
P. 1 18 : for inchin read inchinn. 

To my instances oi dd for y in Welsh Mr. Stokes suggest the follo- 
wing additions : Welsh llawendyd 'joy', 0. Ir. Idine: liawdd *easy', Ir. 



Addenda and Corrigenda. 87 

ansa 'diftkult'; newydd 'new', Ir. nne\ culedd 'leanness', 0. Ir. côile; 

defnydd 'material', Ir. damna^; carennydd, Ir. cairde 'truce'. Others may 

be suggested such as t7A2/mnfi(i ^ Lat. insomnia; todd-i 'to mell', Eng. 

tliaw : the most interesting of ail is perhaps Welsh efydd 'bronze, copper', 

jr. umae, Gen. humi (Stok.es), which I equate with Gothic acjvizi 'an 

axe'. 

P. 188 : à propos oi the instances there given of ch = ne Mr. Stokes 
reminds me of Welsh cwc/! ''aboat', Greek y.Ô7/oç, y.ô'{'/Jii Sanskr. 
çahkha 'concha'. 

P. 190 : for Ir. stratt read srath, and to the instances of 0. Welsh ?, 
Mod. W. à = nd add gwyddfid = wood-bine, 0. English wudu- 
bind. 

P. 191 : with lleibjo compare Latin iinguereXo bemetwith_, according to 
Mr. Stokes, in Priscian X, 11. 

P. 192 : for Ir. ingen 'unguis' read Ir. inge^ genitive ingen. 

P. 195 : from no. 1 strike out breuan 'a handmill', Ir. brô, gen. hrôn, 
which Stokes has found also in the sensé of stone and long ago 
equated with Sanskr. grâvan used in the Rig-Veda for the stone 
employed to squeeze out the soma juice. The interest attaching to 
such a Word needs no comment. 

P. 195 : forO. Ir. brdgat read brdge, genitive brdgat. 

Id. : for Ealon read Eulon geifr with which Mr. Stokes now hesitatingly 
compares 0. Ir. diledu 'stercora.' 
To the instances of eu = ag he adds Welsh ea-od « lumbrici lati in 

hepate ovium » pavies'i and eu-on 'the bots in horses' : hère we hâve 

the équivalent of ïy.q. To thèse I would add meu-dwy 'a hermit' lite- 

rally in Irish Cèle Dé i. e. ^servus Dei', Corn, maw 'servus', mowes 

'ancilla'. 

P. 194 : with i:/£05C 'to strip', Mr. Stokes compares Breton di-uisquaff. 
The Mabinogion has the form with the dental in diosdes : also in 
Mabinogion ii., p. 210 one readsy ueistawn for what would now in 
Cardiganshire be y wiscon which means hay trodden and pressed 
down in a hay rick or the like probably from the same origin as 
gwasgu 'to press, to squeeze.' 

P. 196 : I cannot say that my faith in h = p has been confirmed since 
writing the paragraph in question : the h in the instances there given 
are perhaps to be regarded as ail inorganic. For Hérinn read Héria 
accusative and dative Hérinn, and for mac-hwy or mag-hwy read 
mac-wy. According to the last account I hâve had of the Cilleen 
Cormac stone 1 should read the Ogam Uvanos avi Emcattos. As to 



88 Addenda and Corrigenda. 

Ir. uile or huile 'ail', Welsh o//, hoH, the aspirate has got prefixed 
to oll in Welsh on account of the article usually placed before it to 
make yr holl 'the whole, ail'. This yr lioll is literally ; ttsXj; and 
the meaning has in the Celtic languages been as it were provected ; 
but the old meaning crops up in the 0. Irish comparative huilliu 
« plus » (Zeuss -, p. 275J. Formally oll coïncides with the Greek 
base tuoVâc- probably for'TrsXjc- not ttoXFo-. 

P. ^21 : for Ir. atli genitive aîha read dth gen. diha. 

P. 322 : for T.i-Yr,[u read zitvo). 

P. 325 : for r.tkôLo read -rreXaCw. 

P. 524 : à propos of Ir. niae see Diefenbach's Origg. p. 362, where he 
cites from the Isidore Glosses : « Gnabat natus, generatus, filius, 
creatus vel enixus, lingua Gallica. » He mentions also but to little 
purpose the Germ. knabe. 

P. 325 : I hâve again examined the Trallong Ogam and come to the 
conclusion that the reading is Cunacennivi ïlvveto and that the latter 
stands for Ilu-veto, with ilu of the same origin as Irish // (-0X6;) 
also an u-base. 

P. 326 : to the sevks pal a ma, plamà, llaw, Ir. lâmh I could now add a 
number of other instances ; the second part of Joh. Schmidts Voca- 
lismus supplies plenty of parallels especially in 0. Bulgarian. 

P. 327 : for Ir. read ô in no. 45. 

Ib. : for ane read âne in no. ^Gb. 

P. 328 : Ir. sui genitive suad is the opposite of dui genitive duad 'a 
fool', and stands for *su-vid-s2iS Mr. Stokes writes to me : the con- 
nection with Welsh sywedydd must in that case be given up. 

Ib. : Article no. $2 had perhaps better be cancelled and the root assu- 
med to be su not sup. 

P. 329 : crynu 'to tremble' may be for 'crynd-u for in N. Wales it is 
pronounced crynnu. So prynnu is the Northwalian for prynu 'to 
buy' and this I am now inclined to consider as the older pronun- 
ciation. 

p. 331 : to the names in -val -wal for "valp add Cloîuali on a stone at 
Phillack in Cornwall : some of the Teutonic équivalents are Chlo- 
dulf, Hlodolf, Ludolph. The Mod. Welsh would be Clodwal but 1 do 
not know it. 

P. 332 : ior provection of the mute read provection of the consonant at the 
end of article 6 1 . 
In article c cancel gwlychu 'to wet' which is probably in spite of the 

/ to be identified with Irish frass, Scotch Gaelic frass 'a shower", for 



Addenda and Corrigenda. 89 

'vrass = "vars (see Fick5, p. 776) : compare Welsh gwrych 'bristles' 
from Fick's varsa 'hair', and ch for ss = ns in Welsh comparatives. 
P. 555 : the Irish équivalent to gwraig 'a woman' is fracc : the discre- 

pancy in the consonants occurs elsewhere in case of provection as 

for instance in Welsh mab, Ir. macc. Cf. 0. Ir. creiîem, Welsh credu 

'to believe.' 
P. 554 : for Ir. cor read corr and for A. Sax. hvâgra read hrâgra. Add 

the Ir. cerc 'a hen' : cf. Sansk. krkara ad krkavâku, 'a cock.' 
P. 557 : for the first cariwTch read caeriwrch in article i (37). 
P. 538 : in the 9th and lines from the top instead of 'a goat\ 'a year 

old lamb' read 'a goat', 0. Norse gymbr 'a year old lamb'. 
Article 2 (41) : crip is so written in Cormac's Glossary under the word 
Cernine : crib is the Mid, Irish spelling. My difficulty arose from not 
having turned the former out. 
P. 359 : Art. 3 (98] Mr. Stokes justly objects that ch does not occurs 

fore in the Juvencus Codex and proposes to dérive "palach. pi. 

pelechi from *palanca whence Ducange's palancatum « contextus et 

séries palorum. « 
To the instances of \ost p in Celtic words mentioned in p. 321-332, I 
would add : Welsh llyg 'a dormouse', llygoden a mouse, Ir. luch, Germ. 
bilchmaus, Lith. pilkas 'grey', pelé 'a mouse' (Fick 5^ p. 560) ; Welsh 
crair 'a relie', Skr. karpara 'a potsherd' : see the other cognâtes in 
Schmidt's Vocalismus, II, p. 368: Welsh perth ^abush', Engl. Imrst Ihid., 
p. 1 39, 458; Welsh 0, 'if,' (followed by spirants as in îhery efe 'if he 
strike') stands for 'op of the same origin as English if, Germ. ob (see 
Fick 5, p. 489) ; Irish iar 'after' cornes from Ficks apara 'der hintere', 
p. 490. 

J. Rhys. 
Rhyl : North Wales. 



BIBLIOGRAPHIE. 



On the Manners and Customs of the Ancient Irish. By E. 

O'CuRRY. Edited by W. K. Sullivan. London, 1873. 

In the Revue Celtique (II, pp. 260-264) Mr. Gaidoz has noticed this 
fantastic book from the points of view of a critic trained to weigh docu- 
mentary évidence and of an historian seeking above ail things truth. 
But there is a third point from which O'Curry's work and Mr. Sullivan's 
additions thereto hâve not hitherto been regarded, and that is the point 
of view of a student of Gaelic. The following lists of corrigenda might 
easily be lengthened; but^, such as they are, they supply sufficient 
material for judging of the accuracy of O'Curry's Irish scholarship and 
the compétence of Mr. Sullivan to correct his errors and supply his 
defects. 



Vol. II. 
9 in. 'cia tiassam cain 
temadar' (printed 
Cia tiassaca in ti- 
madar)L. H. 5 b. 

192. tir... hi fil rind 
(LU. iji.) 

193. amra tire tir ûsbiur 
ni thcit oac and 
r£-j(u/2(HJ.i3 1.) 



p. 196. ni bo sirsan inta 

nad (LU. 44^) 
— domficfeuaimsc{L\} 

44b) 
p. 255, n. cairchiu 7 gnn- 

dcgar na saigid- 

bolc 
p. 309. fodb 



Vol. III. 
p. 18. la 

» dojciscd jor gùalaind 



O'CuRRY 

'wherever we go , — 
though great our num- 
bers.' 

'a country which ismine.' 

'the only land to praise is 
the land of which I 
speak, where no one 
ever dies of décrépit 
âge.' 

'Thy stay should not be 
long.' 

•from me shall be sent.' 

'the music and harmony 
of the belly darts.' 

'lance.' 



O'CURRV 

'way.' 

•he sat at Conchobar's 



Read 

'wherever we shall go, let 
him guard (us) well.' 



'a land wherein is music' 
{rinn .i. ceol, O'Cl.). 

'A marvel ot a land is the 
land I mention. There 
the younggoeth not be- 
fore the old.' 

'the delay was not good 

news.' 
'will go from me.' 

'the din and ringing of the 
quivers" (lil.'arrowbags' 
or 'dart-bags'). 

'axe, hedgingbiir? (W. 
gwddi). 

Read. 
'day.' 
'herested on Conchobar's 



conchobair (LU . 

p. 19, [a ladywith her 50 
women go out of 
the palace] iar 
trummi ôil (LU. 

lOI^. 

p, 20. tuargabsat a Unie 
co mcllaib a Idrac 
(LU. 102a) 

p. 21. briatharchath (LU. 
102a) 

p. 77. combôi forindotruch 
in-dorus ind-rig- 
thige (LU. ma) 
» do orgain inna ca- 
thrach (LU. ma) 
» mâ-s-tat carait co- 
nd-m-usn-àgat : 
ma- s-tat ndmait 
co-m-os-r-alat ' 
(LU. Mi^) 

p S. adrolaic a-bcolucon- 
dechsad ôen na- 
riglhigc inna-croes 
(LU. 111^) 
» foraithmenatar-som 

p. 141. hua smcch cô a 
imlind 

p. 143. adbrund co ur- 
glune 

p. 145. rig-drûth 

p. 146. IX. mbuilc 

p. 147. teora caunsi hi fo- 
dilib impu 

p. 149. folt dcrg forsind- 
laech 7 abrait 
déirg lais 
» tri dorsaide rig Tcm- 
rach ... tri mie 
ersand 7 comlad 
(LU. 96^) 

p. I J2. cumala bana .i. di 
argat 

p. 165, hi sedgrcgaib os s 
neng (printed hi 
sedghangaib oss 
nég!) 

p. 187. aurslocud. 



Bibliographie. 

shoulder. ' * 

'to take the cool air out- 
side for a while.' 



'they even took up their 
dresses to the calves of 
their legs.' 

'battle speeches.' 

'so that he fell upon the 
bench ♦ at the door of 
the royal house.' 

'to corne to the cathair.' 

'let them speak if friends; 
let them attack if foes.' 



'it so opened its jaws that 
the vat of a king's house 
might enter them.' 

'He executed.' 

'from his chin to his 

waist.' 
'from his bosom to his 

noble knees.' 
'royal druid.' 
'nine shields.' 
'wearing shirts of full 

length.' 
'the champion himself had 

red hair, and had a red 

cloak near him.' 
'three door-keepers of the 

King of Teamair. . . . 

three sons renowned for 

valeur and combat.' 
'white flnc(7/^or anklets of 

silver.' 
'as fleet as roebucks.' 



91 



'its buttoning.' 



shoulder.' 



after heaviness of drink- 
ina.' 



'they lifted their smocks 
to their buttocks' (lit. 
'to the globes of their 
forks'). 

'wordfight' (),0Y0[j.axta). 

'so that he was on the 
dunghill in thedoorway 
of the palace.' 

'to wreck the burgh.' 

'if they are friends, let 
them not fight me ; if 
they are foes, let them 
corne to me.' 

'It opened its jaws so that 
one of the palaces would 
go into its gullet.' 

He calls to mind.' 
'from his chin to his na- 
vel.' 
'from ankle to kneecaps.' 

'royal buffoon.' 
nine bags.' 
'three nightgov^^ns girt (lit. 

'in girdles') aboutthem.' 
'Red hair (was) on the 

hero and red eyelashes 

had he.' 
'three door-keepers of the 

King of Tara ..., three 

sons of Doorpost and 

of Valve.' 
white cumals^ i. e. of 

silver' (see Tir. 6). 
in the tracks of deer.' 



'an opening' (= ersolgud., 
irsolcoth. GC^ 868. 



1. This mistranslation is not due to ignorance, but (like those at pp. 19 and 20) to a 
désire to conceal a fact militating against théories of early Irish civilisation. 

2. This is the most wonderful example of polysynthesis that 1 hâve yet met in old 
Irish; co-na-m-usn-dgat (literally 'that-not-me-they-fight') might almost be Basque or 
Accadian. 



92 Bibliographie. 

So far Professsor O'Curry. For the foUowing errors in the version of 
part of the Tciin Hô Cnalngne, vol. III, p. 41 5, Mr. Sullivan has gene- 
rously made himself responsible. [*With this object I (jic) made a literal 
translation from that romance of a complète épisode recording the com- 
bats of Ferdiad and Cuchulaind, which, together with the original text, 
I hâve printed as one of the Appendices to vol. III.'J : 



Vol. m. 
p. 414. drùith 

» ral-fia 
p. 416. rût-fiat 
p. 418. rodfia 
p. 422. ciunaid 

» dàil 
p. 426. droich 
p. 426. is dcmin donrua 

p. 426 et 428. thdnac 

ôtig. 
p. 450. is missi rat-gcna 
p. 432. robud 

» nit-fia luag na logud 

» gnatbaid 
p. 434. tiglccht 
p. 436. ropdar 
p. 438. assa aithlc 

» fri dé 
p. 440. elc 
p. 450. cach n-alt 7 cach 

n-ùgc 
p. 452. ko ni bec bar 
mbith-scarad 

» mûd iartais ind fhir 
sein 
p. 454. dar lind 
p. 456. /5 gat im ganemna 
im grian 

p, 458. beôil bâna 

p. 462. ïndar limsa fer dit 
dead is am diad 
rabiad gobrath 



Mr. Sullivan 
'druids.' 

I 'I will give.' 

t 

'court.' 

'challenge.' 

'roll.' 

'he is [the présage of] 

bloody slaughter.' 
'since he came from his 

home.' 
"tis I that will do it.' 
'vauntings.' 
'nor pay nor reward hast 

thou received.' 
'respective.' 
Mast end.' 
'\ve were.' 
'forthwith,' 
'at dusk.' 
incantation.' 
'every crevice and every 

cavity.' 
'to them seemeth not too 

smail [the numbersj who 

hâve parted for ever.' 
'if thou hadst consulted 

thèse men.' 
'\ve then resolved.' 
'it is putting a gad on the 

sand or sunbeam.' 

'angry words.' 

'dear to me the beloved 
Ferdiad. It shall hang 
over me for ever.' 



Re.\.d 

'buffoons.' 

'thou shalt hâve' (lit. 'tibi 
erit'). 

'leaguer, camp.' 

'meeting.' 

'wheels.' 

'it is certain that he will 

corne to us.' 
•since thou camest from 

thy house.' 
•'tis I that will slay thee.' 
'warning.' 
'thou shalt not hâve pay 

nor reward.' 
'usual,' 

'grave' (lit. 'final bed'). 
•they were.' 
'thereafter.' 

'daily' (cf. Fiacc. h. 38. 
'unguents.' 
'every limb and every 

joint.' 
'not little to them (were) 

parting with you for 

ever.' 
'if those men were asked.' 

'it seemed to us.' 

"tis a withe round sand 
or round gravel' {grian 
m, = W. graian). 

'white lips.' 

'meseemed that the dear 
Ferdiad would hâve 
been after me(i. e. sur- 
vived me) for ever.' 



A similar séries of strange mistakes is found in Mr. Sullivans's pre- 
fatory volume. The followinglist is by no means exhaustive. 



Vol. I. Text 
p. XV. Foic(h)cda anaith- 
g(ont[a]\sinûnnoso 
(H. 3. i8,p. 24*) 

Ixxxv. asin port 

clxxiv. frinJ andcs (LU. 

H*) 
cxci. soc (H. 3. i8,p.i3<2) 
cclxxvij. cuimn briathar 

ccxcix. ttssaigid indlat doib 

» ô raptar mesca tenais 

jf/!cha baschrand 

contùasisd fris uli 

(LU. 19^) 
ccciij. intan iarom arro- 

chiùirtar na ubla 

(LU. 23J). 
» màr a dicsa on muir 

acht nad rochcd 

ncolu (LU. 23a) 
cccxxxv. arba si dcochair 

lasna jianna hi 

tossuch etcr orgain 

7 maidm nimairic 

(LU. Ub) 
cccxxxviij. far rigna (LU. 

8i(j) 
cccxlj. do gae gand os ga- 

bur gil (H, 2. 18, 

109^. 1) 
oscur robi a lam 

dcss (H. 2. 18, 

109e. i) 
cccxliij. Dobrcth robud 

fergus i suidia co 

alla ar chondalbi 

(LU. 57a) 
cccxliij. ind robaid (LU. 

— ortha (.1. eirg) uan 
cor robud do ultaib 
(W. ^-ja) 
cccxliv. aruspcttet an aes 
ciuil (LU. sjb) 

friscuriur mo phopa 
fergus (LU. si^) 

cccxlviij. do chose in te- 



Bibliographie. 

Mr. Sullivan 
[*I amthe] laughing-stock 
of mockery in this 
anno.' 

■■to the port' (place) 
'hard by us on thesouth.' 

'crowbar.' 

'the intricate or crooked 
words.' 

'Prépare the Lalh for 
them.' 

'And when they were in- 
toxicated and separated 
from their people, they 
were put to the sword.' 

'When afterwards they 
chewed thèse apples.' 

'Great was the view from 
the mur ['wall'J if 
clouds were not over it.' 

'for such was the custom 
of the Fians when going 
to make a plunder or a 
gênerai battle'. 

'our maidens.' 

killed on a white steed by 
a sharp spear 

To Oscur — it killed his 
right hand. 

'Fergus made a friendly 
excursion into Ulster.' 



'of the scouts.' 

'let us pounce upon them 
and chase them off 
Ulad.' 

'the strings of their mu- 
sical performers were 
strung.' 

'let my triend Fergus be 
questioned [as to who 
he is].' 

'to pacify the household.' 



9? 

Read 

'Unknown tribulations in 
this annus' (anaithgeonta 
= anaitheanla O'Cl.Gl. 
s. V. ancadargnaid). 
'out of the place.' 
•to the south of us.' 

'ploughshare' {soccus). 
'conciseness of words.' 

'Warm ye a bath for 

them.' 
'And when they were 

drunk, Sencha struck a 

clapper so that they ail 

listened to him.' 
'Now when the apples had 

perished' (i. e. had been 

eaten). 
'Great was the sight of it 

from the sea : it (ail) 

butreached(the)clouds.' 
'for this was the distinction 

(made) by theFiannaat 

first between a massacre 

and a skirmish.' 

'your queens.' 

'by a sharp spear over 
white Gabur '.' 

'his — Cairpre's — right 
hand slew Oscur.' 

'There a warning was sent 
by Fergus to the Ulster- 
men , for friendship's 
sake.' 

'of the warning.' 

'go thou from us with a 
warning to the Ulster- 
men.' 

'their musicians play to 
them.' 

'I put it for my master 
(lit. pope) Fergus.' 



'to correct the household.' 



Thename of a river, called 'Grey Gabur' 14 Unes below. 



94 

ceci dichcltir innalàim nadbû 
crbec{U}. \iib) 

fri rig antar (LU. 
133e). 

coragaib cdch alc- 
paid and isind- 
rigthigiLU. loob) 

ccdxj. dotbcrar i car put 

(LB. 63^1) 
ccdxviij. sel cach thrir 

(LU. 25Û) 
ccclxx. facaib a enchcndaich 

for lar in tigi (H. 

2. 16, col. 717) 

ccclxxj. in ôm sist (LU. 

i2ib). 
cccxc. con-aurslocud ara 

dib n. ullennaib 

(LU. 113*) 
ccccxxxj. remithir mcdôn 

fir (LU. 9^.) 
cccclxx. nem tcned (LU, 

loib) 
énlailh ghgel (LU. 

loib). 



Bibliographie. 

'in his hands he held two 
broken spearshafts.' 

'with his face eastward to 

the king.' 
'and each person occupied 

[a place according to] 

his birth in the kingly 

house.' 
'I am bringingtheento a 

chariot.' 
'three by three for 

while.' 
'hs left his seed (sic !) on 

the floor of the house 



'sitting on the one bank.' 

'with its openings upon 
his two sleeves.' 

'rounder than the body 

of a man.' 
'a burning mass of fire.' 

'one white sheet.' 



'in his hand a spearshaft 
which was not very 
small.' 

'to the west of the king.' 

'so that each took his bed 
there in the palace.* 



'thou art being brought 

in a chariot, 
'three at a time.' 

'he left his birdskin (0. N. 
fjadhrhamr, Dan. fiadr- 
ham) on the floor of 
the house.' 

'at one while.' 

'with an opening for his 
two elbows.' 

'thicker than a man's 

waist.' 
'a sky (or 'cloud')offire.' 

'a bright white birdflock.' 



More than fifty pages {549-604) of the third volume are occupied 
with a 'Glossarial Index of Irish Words.' 'In preparing it/ says Mr. Sul- 
livan (Préface, 15), 'I hâve taken advantage of the latest results of my 
inquiries and increased knowledge ofthesubject to improve the meaning 
[sic) and correct the spelling of several words.' The following are fair 
spécimens of this glossary, which is worthy to rank with the most cha- 
racteristic work of O'Reilly, Vallancey and Betham. I can give it no 
higher praise : 

1. ^Adid, his two, iii, 497.' Thèse two syllables commence the word 

ad-idn-giallna îm. 497), where idn is an infixed personal pronoun 
of the jrd sg. (Z. 330) and ad-giallna (ex "ati-gisallnât) a verb 
meaning 'renders service.' 

2. 'AiriUiud, good works, iii. 514.' This common word is singular, 

notplural, andalways means 'meritum,"deservingness.' A similar 
error is commited under Aideadh ulad, which is rendered 'the 
deaths of the Ultonians.' 

3. ^Aitherach, a gain, iii. 493. 'Read aitherracli 'again.' 

4. ^Alamu, her hands.' The référence is to vol. i, p. ccciij, where we 



Bibliographie. 9^ 

find a version of the foUowing passage from LU., p. 42^ : Ro- 
chumtaiged di'in ocan-druid andsin in-Almain 7 rocomlcd alamu 
dia-sund corbo aengel uli... dond-alamain tue dia-thig isde ata almii 
ar almain. In the face of the dative singular alamain, this easy 
passage is thus rendered by Mr. Sullivan : 'The druid built a Dun 
then in Almhain and she rubbed her hands to its walls until it was 
ail lime-white... From the two hands which she rubbed on the 
house, it is from it Almhain was calledM/mu.'Thetrue version is 
obviûusly : 'Then a stronghold was built by the soothsayer in 
Almu, and alamu was rubbed on its house (lit. 'toits stake'), 
so that it was altogether white... From the alamu which he 
put on [lit. gave to] his house, hence 'Almu' is so called." ' 

5. '■Allaid, a wild stag, iii, 428,' allaid is a common adjective meaning 

'wild.' 'A stag' would be ag allaid ov dam allaid. 

6. ^Apdaines, persons whose rank was proclaimed or legally admitted.' 

Apdaine, better abbdaine, is a common word meaning 'abbacy.' 

7. 'Arfuin, Arfoimsin, accept thou (or I présent to thee), iii. 221. 'The 

words meant are arfôim arfôim-siu 'accept thou.' Mr. SuUivan's 
correction in parenthèses reveals the intimate acquaintance with 
Irish conjugation which we shall fmd exemplified infra at Nos. 
8, 9, II, 14, 19, 20, 2^ 26, H. 37, 40, 4^ 47, 48, 49, 
52, 57, and 65. 

8. M5fl//ui, in revolt, agressive, iii. 505.' And again ' Satlui, veYoh, 

aggression, iii. 505.' Hère we hâve, not a préposition and a 
noun, but the common verbal root LU (for PLU, Windisch, 
Beitr. VIIL 9) compounded with the two prépositions as and at : 
G. C2. 869, 881. The passage in which asatlui occurs (iii. $05), 
slogud tar crich fri tuaith as-at-lui, means 'a hosting over the 
border against a tribe that fiées forth.' 

9. 'Atchisiu, I perceive, iii. 446.' It means 'thouperceivest,'^/c/i/-5z«. 

10. ^Baar, top or head.' The word meant is barr 'pileus'. 

1 1. 'Barficfa, will be fought, iii. 5 58.' This means 'he will come {ficfa) 

toyou (bar).' Compare do-bor-ficba LU. 15 a; ro-bor-ficba 84 a : 
ro-bar-cured 84 b : ar-ndch-bar-accaister 85 a; do-for-fuc, ro- 
bar-bia, LL. 197, a. 2 : no-bar-beraid, LL. 46b, 2 ; ro-bar-tinoil 
'vos coUegit,' LB. Sa : do-bar-ruachtadar, Leb. Buide Lecain, 
col. 647. 

I. Can alamu hâve lost initial pznd be connected mth pal-ita, tîsX-it-vô?, Lit. pal-va, 
OHG. falo ? It may possibly be not only cognate, but identical in meaning, with 0. N. 
fœlski (= *fal-viskan) 'asché,' Fici< 792. 



96 Bibliographie. 

12. 'Bemmim, a stroke, a blow.' This word 'rectiùs bémmimm) is the 

dat. sg. of béim. It is hère treated as a nominative : cf. Duilemain 
infra No. 27, Ercman No. 29, F/tiu No. 36, Cn/mu No. 42, 
Orifa/Vz No. 55, Togarmand No. 66, Tomadmaimm No. 67. 

13. '■Berrach, a junior barrister' {sic). 

14. 'Brethem no Dobeir, judges or givers.' Brethem raeans 'a judge,' and 

<iok/r is not a noun in the plural, but the ^d sg. près, indic. act. 
of the verb dobiur 'I give.' What would be said of a Greek lexi- 
cographer who translated oiSwit as if it was BwTrjpeç ? 

15. 'Cing... cf. A. S>z\.cyning.., Eng. King.\_\'y 

16. 'Claidem Môr, a large sword... Welsh Llawmawr' (sic). 

17. 'Cnairseach, probably a sledge or large hammer.' This should be 

cnairrsech 'javelin,' a diminutive oi cnarr ''spear,' O'Dav. 68. 

18. ^Comopair na bairse, the instrument of the manufacturing woman 

... iii. 116.' This is comopair n-abairse 'instruments ofwork,' 
where comopair is an accusative sg. and abairse the gen. sg. of 
abras. 

19. 'Comracut, concentrated, iii. 258/ read comracat 'they meet.' 

20. 'Corp, until, iii, 90.' The word is doubtless corop (= con-ro-p) 

^donec sit.' 

21. 'Craes, mouth.' It means i, 'gullet;' 2, 'gluttony.' 

22. 'Did, two,' see Adid. 

23. 'Didla, to eut, see Didlasiais.' Didlasîais is the ^rd pi. reduplicated 

secondary s-future of a verb dlongim, whence ro-dloingset, iii. 
448. Didla 'to cut'is a mère invention. To set down in a Greek 
lexicon Xsasi 'to leave' because the form Xz'hzi'iiz-j.'. is found in 
Homer would be a fair parallel. A similar instance of guesswork 
occurs in the notes to Mr. Crowe's édition of the Siaburcharpat 
Conculainn, p. 409, where mebdatar (for memdatar', Corm. B. s. 
v. maidinn, * me-mad-aîar , the ^d pi. reduplicated preterite active 
of maidim 'frango') is actually referred to "the verb meb 'to 
break.' " 

24. 'D^innaigid, towards each other, iii. 440.' D'innaigid (for do inn- 

saigid) simply means 'insequi,' 'adiré.' In iii. 440.' Tanic cdcli 
dib d'innaigid a chéile literally means 'each of them came to 
approach his fellow,' /. e. 'towards each other.' 

25. 'Domna, base of 'sic). 

26. ^Dot nimcellat, encircled by, iii. 508.' This is do-tn-imchellat 'they 

I. Soforruib Fiacc h. 8 is = forruim, Tir. 13. 



Bibliographie. 97 

encircle him,' the third pi. près, indic. active of the verb mi7- 
chellaim^ with theinfixed pronoun tn. 

27. 'Duilcmain, the creator,' This is the ace. sg. oi dùlem. 

28. 'Eochraide, gen. plu. of each, a steed.' The word meant is echraide, 

gen. singular of echrad ^cavalry,' a collective noun, Z. 856. 
Mr S. might as well say that equitaîïïs was the gen. plural of 
e^uus. Compare, for the knowledge of Irish declension hère dis- 
played. No. 4^; infra and vol. iii. 56 : "This word coîctighis is 
compounded, according to the published translation, of coic 'a 
cook' and tighis, the plural oïtigh 'a house.' " So in vol. i, p. 14, 
Erin is stated to be the genitive of Eriu, and at p. ccccxcvi 
chruith (sic !) is actually given as the dat. sg. of croî. 

29. 'Ercman, a ploughman.' The word meant is aireman, which is the 

gen. sg. oï airem. Like mistakesaremadein vol. i., p. cii., where 
caireaman gen. sg. oi cairem 'a shoemaker'i and daileman [ihe 
gen. sg. of dailem 'cupbearer') are quoted. What would Mr. 
Sullivan say to a Latin lexicographer who gave as nominatives 
singular aratoris, sutoris, and cauponis ? 

50. 'Faesam, the right possessed by freemen of entertaining strangers 
for a certain time, varying with the rank of the host, without 
being obliged to give bail or security for the guests.' What sheer 
guesswork ail this is appears from the fact that (under Mac 
Faesma, iii. 587) the gen. sg. of faesam is rendered 'of adop- 
tion.' Faesam (otherwise spell foessam Colm. 4, 2, fôesam ib. 52, 
fôessam Broc. h. 106) means 'protection/ and in law-language 
'the escort or protection which a guest received on his visits 
passing from one house to another.' See O'Don. Supp. s. v. 
faosamh. The W. gwaesaf 'a pledge/ gwaesafu 'to insure/ may 
also be cognate. 

3 1 . 'Fén, Fedhen, Feadhan, a bier or hearse.' There is no such word as 
fedhen; and feadhan means 'yoke' or 'team,' Corm. Tr. 79. Fén 
(gl. plaustrum) Z. 19, which Mr. Sullivan (I. cccclxxvi) says 
'seems to hâve been the spécial vehicle used as the bier or hearse 
of kings and warriors,' he will fmd, in the gloss on Broccân's 
hymn, line 25, meaning 'a butter-cart.' 

52. 'Ferbolgs, pawTis for chess-playing.' Fer-bolg means 'a manbag,' the 
bag (sometimes made of bronze wire) in which were kept the 
pièces used in playing fidchell. 

33. Fersad, a club.' The word meant is fersaid (W. gwerthyd) i, *a 
spindle;' 2, 'an axis' (Mart. Don. 1 54); 3, 'a spit of sand at a 
Rev. Celt. III 7 



98 Bibliographie. 

ford or estuary.' If it really was the name of a weapon used by 

the P'irbolg (ii. 256) it probably meant 'an arrow;' cf. the Greek 

à-cr/.Tû; 1, 'spindle;' 2, 'arrow.' 
54. '■Fessir, knoweth, iii. 510.' This (better spelt fesser) means 'thou 

shouldst know,' and is the 2d sg. deponential s-conjunctive (Z. 

468) oifctar'-l know'; 'knoweth' \%jiîir. 

35. 'Fetorloic, patriarchal.' This word (properly spe\t fetarlaic) is a 

substantive, not an adjective, and means the Old Law, the Law 
of the Old Testament. It is a loan from vêtus (veteris) and lex 
Qegis). 

36. 'Filin; a tree, iii. 448.' This is the ace. pi. of fid. It is hère treated 

as a nom. sg. So gnimu No. 42. 

37. '■Fonluing, the same as folaing, to endure, to suffer, to bear or 

support, iii. $18.' Fo-n-luing means 'who endures." Folaing 
means 'endures.' 

38. 'Forîtrena, brave rumped' (sic). Forlethan, broad-rumped, iii. 428.' 

Of thèse words the former is the pi. of fortren 'mighty,' one of 
the commonest of Old-Irish adjectives, the latter merely means 
'very broad.' 

39. 'Frepaid, to cure, no Frepaid., incurable (5/c), iii. 521.' Frcpaid, 

gen. freptim, means 'remedium' : but the Irish for 'incurable' is 
neplifrepîhae. Ir. no means 'or.' 

40. '■Frisaicci, are consulted, they appoint, or elect, or respond .? iii. 

501.' This common verb means 'expects,' 'awaits.' It is the 
third sg. près, indic. act. of frisaiccim (gl. opperior, Z. 429, 
1024). 

41. '■Gêna (same as denà), to do.' Gêna (leg. gêna) the subjoined form 

of the 3d sg. reduplicated future act. oï gonaim, means 'occidet;' 
(cf. O'Clery, s. v. gén : fear do-da-géna .\. fearglionfas tu] ."there 
is no such word as dena. Dénum means 'to do.' 

42. 'Gnimu, a deed or deeds.' The word meant is gnimu, the ace. pi. 

oî gnim 'a deed.' 

43. 'Indlacli, instigation, iii. 448.' Indlacli means 'interruptio,' Rev. 

Celt. i. 1 $ $, or 'divisio,' Z. 855, and is cognate with indlung (gl. 
fmdo), Z. 877. 

44. 'Inna, thèse, iii. 493.' Inna is hère the gen. pi. of the article. The 

blunder is as if one should confound tiov with tcjtwv. 
4^. 'Laechraid, a form of the gen. pi. (sic) of luegli, a calf, iii. $00.' 
46. 'Maclan [sic] airgiî, shoes of silver, iii. 1 59.' Our glossarial indexer 

means mâelân, a nom. dual occurring in the following short 



Bibliographie. 99 

passage from LU. 24b — i^a printed (with only fifteen faults) 
in vol. iii., p. 15^: Isinchetwmad lou iarum doUuid in-banscâl 
an-do-cum. alainn em tinaic ann. brat gel impe 7 buinne 6ir 
imm-â-moing. mong orda forri. dâ-mdelân argit imm-a-cossa 
gelchorcwi. bretnas argit com-brephnib 6ir in-a-brut 7 léne 
srebnaide sita fr/'-a-gelchnes. 

47. 'Mf'w, when he has, iii, 490.' The passage in which this singular 

word occurs is : in-îan m-bis diabol n-airech desai lais 'when 
double (the property) of an Aire-desa is with him' : bis (recte 
bis] is the ^rd sg. relative présent of biu 'sum' (=vivo), andthe 
prefixed m is the transported n of the accusative tan 'tempus.' The 
phrase intan m-bis [c\im est) occurs twice in Z. 492. 

48. '■Melastar, he grinds [recte thou art ground {sic !)] iii. 488.' This 

is a deponential jrd sg. s-pret. and means 'he ground'; the 
'recte' is Mr. Sullivan's. This in one of the cases in which he has 
'improved the meaning'. Soat p. 598 he renders snigestar 'stilla- 
vit' by 'thou art thrown.' One would like to see his paradigm of 
an Irish verb in the passive. 

49. ^Memaid, frightened to flight, iii. 450.' Ro-memaid [-^d sg. redupl. 

prêt, of maidim\^ simply means 'fregit.' 

50. 'Miodhcuaird, mead-circling, i. ccciii.' This word, rectè mid-chuairt, 

simply means 'mid-court.' 

5 1 . 'Net, a trance, iii. 452.' The word meant is ncl 'a cloud.' 

52. 'Nenaisc^ to bind, to govern, iii. 514/ This is the ^d sg. redupli- 

cated prêt. act. of naiscim and simply means 'nexuit.' 

53. 'Nin, "id est" that is, etc., iii. 492.' This, one of the commonest 

of Irish contractions, stands for ninse^ which does not mean 'that 
is,' but 'not difficult' [ni-ansa]. 

54. ^N-ue, grandsire, iii. 479.' The passage in which this occurs is is 

nueo rogabh treabhadh, where nue\z obviously the common adjec- 
tive meaning 'new,' 'récent,' referring to the time at which the 
âc-aire or 'young noble' commenced householding. Compare 6 
gobais trebad LU. 96a, rightly rendered by O'Curry, iii. 149, 
'since he has taken to housekeeping.' 

55. 'Ordain, the thumb, iii. 14.' This is the dat. sg. oïordu, gen. ordan. 

56. '■Pes-Bolg a foot-bag [sic !j in which sorted wool is kept by carding 

women.' Pes isa loan from the Lat. pexa, and has nothing to do 
(as Mr. Sullivan obviously supposes) with the Lat. pes. 

57. ^Rop is, it is.' This, one of the commonest of Irish verbal forms, 

means 'sit,' not 'est.' Z. 494. 



1 00 Bibliographie. 

^8. ''Ropp, a tuft.' The word meant is popp = pamp-inus. 

59. 'Seir, the rear, the back part.' 'Seirtiud, [rectè seirthid,'] 'a young 

man of noble race.' Scir means 'heel,' and seirthid, 'heelman', 
/. e. 'one who stands at his chiefs heel.' The other guards were 
respectively called rigthid 'forearm-man' and taebîhaid 'side-man.' 

60. 'Sicc Occ, Sic Oc, a name given to Aires having Sac and Soke that 

is to those entilled to holdthe Airechî Foleithe or Court Leet.' It 
is scarcely crédible, but it is a fact, that that this is nothing but 
the Latin sic hoc, and expression of a surety's or guarantor's 
assent to the statement of his principal (Athendum Jan. 3 1 , 1874, 
p. 156. 

61. 'Snadad, Snadha, 10 traverse.' The word meant {sndducT) means 

'to protect.' The cognate verb is of constant occurrence in the 
Félire of Oengus. It is the Irish reflex of the W. noddi 'prote- 
gere,' 'defendere,' 'asylum prsebere/ from nandd 'protectio.' 

62. 'Snegair, is thrown.' Snegair, the third sg. près, indic. pass. of 

snigim 'stillo' (misspelt snidhim by O'R.) means 'is dropt.' 

63. ^Sonn, a sound, from the Latin sonus, iii. 308.' On looking to iii. 

308 we fmd the passage 'co cliiinn a sonn jona .uii. nimib,' which 
is rendered by 'untiltheyare heard throughout the seven heavens.' 
But no such gibberish ever existed. The MS. iLB. ii\a\ has 
distinctly co cluinter fona .uii. nimib 'so that it — Gabriel's trum- 
pel — is heard throughout the seven heavens.' Mr. Sullivan's 
sonn (like his ropp supra) isa mère misreading of the MS. 

64. 'Sruith, high.' Sruith ipl. sruthi 'maiores' Ml. 31 d = 0. W. 

sîrutiu gl. antiquam gentem) means 'vêtus' [inna sruithe gl. 
maiorum, Ml. 26 b, 44 b, gl. patrum Ml. 44 b, gl. veterum, 
Ml. <)^r). I know not whether to connect it with the Old-Latin 
struere 'augere' or with the Skr. sthavira 'old,' sthlvira 'old âge.' 

65. 'Suifi, to return or fall back into vice, iii. 493.' The passage refer- 

red to is : in gell nad suifi friu aitherirach 'the promise that he 
will not return to them again.' -Suifi is not, as Mr. S. supposes, 
an infmitive, but the subjoined form of the 3d sg. b-fut. act. of a 
varb cognate with the Lat. su-cula Svindlass/ root SU 'to turn.' 
The Irish infmitive is soud 'conversio'. Ml. 47 d = sood LU. 
18, a. 1 3. 

66. 'Togarmand, a title of distinction or honour.' This is the nom. or 

ace. plural of the neuter n-stem togainn 'appellatio,' Z. 268, 269, 
but is hère treated as a nom. sg. 

67. 'Toinadmmaini, to break up the ranksof an army, etc.' Hère again 



Bibliographie. iot 

an oblique case is given as a nom. sg. Tomadmaimm is the dat. 
sg. oiiomaidm 'a bursting/ 'a breaking-forth,' Cliron. Scot. 6. 
68. 'T-Saland, salted' f.M 

But enough of this melancholy production. We hâve unfortunately hère 
in India more than one dictionary, the authors of which hâve omitted to 
learn how to translate the commonest words, to décline the commonest 
nouns and to conjugate the commonest verbs of the language with which 
they purport to deal. But is there any country in Europe save Ireland 
{penitus Mo divisa orbe] in which such a glossary as Mr. Sullivan's could 
be compiled and published ? 

Whitley Stokes. 

La Découverte du Nouveau Monde par les Irlandais et les pre- 
mières traces du christianisme en Amérique avant l'an looo, par 
E. Beauvois, chevalier des Ordres du Danebrog et de Saint-Olaf, 
membre de la Société des Antiquaires du Nord (Copenhague], etc., 
5 5 p. in-8. Nancy, typographie de G. Crépin-Leblond, 1875. 

Cette brochure est extraite du volume des mémoires lus au Congrès 
Américaniste de Nancy en août 1875; c'est aussi un fragment d'un livre 
que l'auteur prépare sur les Européens dans le Nouveau-Monde avant 
Christophe Colomb. On s'accorde généralement à reconnaître que les 
Normands découvrirent l'Amérique du Nord bien longtemps avant l'é- 
poque de Christophe Colomb; M. Beauvois, bien connu chez nous par 
ses travau.x sur le nord Scandinave, veut déposséder les Normands de 
cet honneur en faveur des Irlandais. Si flatteuse que soit cette théorie 
pour la race à l'histoire de laquelle est consacrée cette Revue, il nous 
faut l'examiner avant de savoir si nous l'acceptons. 

Nos lecteurs connaissent les témoignages de Dicuil sur la présence de 
moines irlandais en Islande et dans des îles qui sont sans doute les îles 
Shetland i Revue Celticjue, I, 161) et celui de l'historien norvégien Are 
Frôdhé, cité par Zeuss \Gr. C, p. xii, Gr. Cr-, p. x, n.). M. B. pense 
que ces Irlandais ou Paps, c.-à-d. prêtres ou moines ' comme les appe- 
laient les Norvégiens, ont été plus loin vers l'ouest, qu'ils se sont établis 
dans le Nord de l'Amérique, et que ce sont même les Irlandais chassés 
par les pirates de l'Islande et des autres îles septentrionales qui se sont 
réfugiés dans ces régions lointaines. 

Les principaux arguments de M. B. sont trois documents islandais. 

I 

1 

I. A propos des Guidées que M. B. nomme en pas.sant, nous sommes étonné qu'i 

se réfère au vieil ouvrage de Jamieson et qu'il ne connaisse pas le savant et défmiti 

ouvrage du D'' Reeves. 



102 Bibliographie. 

Le premier est un passage du Landndmabôk où il est question du « Hvi- 
tramannaland [pays des hommes blancs] que quelques-uns appellent 
Irland il mikla jla grande Irlande]. Ce pays est situé à l'ouest dans la 
mer, près de Vinland it godha [le bon pays du vin] et, dit-on, à six jours 
de navigation de l'Islande n. C'est à propos d'un homme qui y aurait été 
jeté par une tempête, Are Marsson qui avait disparu de l'Islande et dont 
on expliquait ainsi la disparition. 

Le second texte est tiré de \'Eyrh)ggia Saga^ et raconte l'histoire d'un 
certain Gudhleif qui « ayant fait un voyage à Dublin, naviguait vers l'ouest 
pour retourner en Islande ; et il se trouvait à l'ouest de l'Irlande, lorsqu'un 
grand vent du nord-est le poussa si loin en mer, vers l'ouest et le sud- 
ouest, qu'il ne savait plus où se trouvait la terre. » Les voyageurs arri- 
vèrent enfm à une grande terre où ils débarquèrent et eurent de nom- 
breuses aventures, après lesquelles ils retournèrent en Irlande et de là en 
Islande. Parmi les aventures qu'ils eurent dans cette grande contrée que 
la Saga ne nomme pas, il faut noter qu'ils virent une troupe de cavaliers. 

Le troisième texte est emprunté à la Saga de Thorfmn Karlsefné. Il y 
est question des Skraelings, indigènes du Nouveau-Monde et probable- 
ment ancêtres des Esquimaux. Thorfmn Karlsefné et ses compagnons 
descendent dans le Markland (probablement la Nouvelle-Ecosse) , ils y 
font prisonniers des Skraelings enfants. « Les enfants emmenés par eux 
apprirent leur langue et se firent baptiser. Ils rapportent qu'il n'y 
avait pas de maisons dans le pays; que les habitants vivaient dans des 
cavernes avec des lions, qu'une autre grande contrée située en face de 
leur pays était habitée par des gens qui marchaient vêtus de blanc, por- 
tant devant eux des perches où étaient fixés des drapeaux et criant fort. 
On pense que c'était le Hvitramannaland ou Irland it Mikla.» M. B. veut 
reconnaître des prêtres irlandais dans ces hommes vêtus de blanc et 
pour cela il s'appuie sur VHistoria Norvegix qui, parlant des Pap<£ comme 
d'anciens habitants des Orcades (d'où les noms de lieu Papa stour et 
Papa Unie aux Orcades), dit: « Les Papas ou Pap£ sont ainsi nommés à 
cause des habits blancs dont ils se vêtaient comme les clercs. -> 

Tels sont les textes soigneusement rassemblés et ingénieusement com- 
mentés par M. Beauvois. Ils ne nous semblent pas convaincants. Le 
second doit être mis de côté tout d'abord, et il nous semble impossible 
d'admettre qu'il désigne une région quelconque de l'Amérique. En effet, 
il y est question de cavaliers et l'on sait que le cheval n'existait pas 
en Amérique avant d'y avoir été introduit par les Européens. — Le 
premier ne contient que le nom légendaire de la région d'existence 
problématique, Pays des hommes blancs ou Grande-Irlande, mais ce 



Bibliographie. 103 

nom de Grande Irlande donné par les Sagas à une région de l'Amé- 
rique du Nord ne prouve pas, à lui seul, une colonisation irlandaise. A ce 
compte, le Nouveau-Brunswick. devrait son origine à une colonie 
brunswickoise, la Nouvelle-Ecosse à une colonie écossaise, la Nouvelle- 
Galle-du-Sud à une colonie galloise, etc. On sait assez qu'il n'en est rien. 
Ce nom peut avoir été donné à ce pays par les Norvégiens à cause de 
quelque analogie avec l'Irlande, il peut même avoir été donné par des 
Norvégiens d'Irlande, car on sait qu'il y avait autre chose que des 
Irlandais en Irlande; il y avait des Scandinaves qui occupaient la côte, et 
toutes les grandes villes des côtes irlandaises leur doivent leur origine. 
En réalité le seul texte qui nous semble avoir quelque précision est 
l'histoire racontée par les petits Skrselings, mais la question est de savoir 
si dans ce texte unique il y a autre chose qu'une légende. 

M. B. a cherché à entourer ces textes de preuves accessoires, mais 
celles-ci nous paraissent sans force. Ce sont : 

1° les récits de missionnaires au Canada, qui prétendaient retrouver 
chez les sauvages de nombreux restes de christianisme; — mais on 
sait que c'a été souvent la manie des missionnaires de vouloir trouver 
des traces de la religion « révélée » chez les peuples qu'ils prêchaient; 

2" des ruines d'édifices, trouvées dans le bassin du Saint-Laurent, et 
qui ne pourraient avoir été élevées par des sauvages; — mais l'archéolo- 
gie américaine est encore trop dans l'enfance pour qu'on puisse tirer 
aucun argument de ces monuments ; 

?° ce qu'Antonio Zeno, célèbre voyageur vénitien de la fm du xiv'^ siè- 
cle, raconte de VEstotilanda (qu'on identifie d'ordinaire avec la Terre- 
Neuve) et de Vicaria. M. B. donne ces deux noms comme désignant 
le même pays; bien plus, il suppose qu' Estotilanda est une faute de 
lecture pour Escoîilanda., ce qui donnerait « Terre des Ecossais, c.-à-d. 
des Irlandais. » — Cette correction est purement gratuite, et fût-elle 
exacte, elle ne prouverait rien en faveur de la thèse de M. B.; car une 
ressemblance entre des noms géographiques n'est nullement, prise à part, 
une preuve en histoire ni en ethnographie. Quant à Vicaria, il nous semble 
que M. Major dans sa belle édition des voyages des Zéni (publiée en 
1873 pour la Société Hakluyt) l'a par de solides arguments identifiée 
avec l'Irlande, Icaria étant le nom même du Kerry ' ; 

Quant à l'Estotilande, M. B. attribue à tort à Antoine Zeno un témoi- 
gnage que celui-ci ne donne pas. D'après M. B., Antoine Zeno affirme- 



I. Aux arguments d'ordre géographique présentés par M. Major pour identifier Icaria 
_.ecle Kerry, on peut ajouter l'observation que ce nom d'icaria s'explique parfaitement 
par le nom irlandais du Kerry, Ciarraighe, précédé de la préposition ; « dans. » 



avec 



1 04 Bibliographie. 

rait que « ces habitants d'Estotilande avaient une écriture particulière [et, 
observe M. B., l'alphabet irlandais est en effet une modification des 
caractères latins], que leur roi possédait une bibliothèque où il y avait 
des livres latins qu'ils ne comprenaient plus; qu'ils cultivaient les céréales ; 
qu'ils brassaient la bière; qu'ils faisaient des constructions et murs et 
avaient de nombreuses villes. » Si M. B. avait lu avec plus de soin le récit 
des Zeni, il aurait vu que ces assertions proviennent d'un seul pêcheur 
que la tempête aurait jeté en Estotilande, et qui en serait revenu après 
y avoir séjourné un long temps; mais que lorsqu'Antoine Zeno, pour 
vérifier ces assertions, alla lui-même en Estotilande, il y trouva seulement 
des hommes à moitié sauvages et vivant dans des trous de la terre. Le 
récit du vieux pêcheur était donc une fable. Ce n'est d'ailleurs ni la pre- 
mière ni la seule fois que des voyageurs se sont laissé entraîner par 
leur imagination ou par le plaisir de raconter des choses étranges. C'est 
ainsi qu'au siècle dernier le bon Daines Barrington rapportait les histoires 
de marins hollandais qui prétendaient avoir atteint le Pôle Nord et que 
dans notre siècle, en 1854, Morton, le steward du D' Kane, assurait 
avoir, du cap de la Constitution, vu la mer libre du Pôle, ce qui est 
aujourd'hui reconnu inexact. A beau mentir qui vient de loin, dit, non 
sans raison, notre proverbe; 

4" M. B. cite aussi, comme témoignage, « les triades galloises qui 
paraissent avoir été transcrites au xiT' siècle » (p. 58); ce sont là des 
documents postérieurs, et en tout cas sans autorité dans cette question; 

50 II est certainement curieux qu'Eâfrm, le géographe arabe du xii^ siè- 
cle, parle de la Grande- Irlande, Irlandah-al-Kabirah , comme étant à un 
jour de navigation de l'Islande, mais dans ce vague renseignement il n'y 
a, comme M. B. le remarque lui-même, qu'un écho des traditions Scan- 
dinaves. 

M. B. dit, non à tort : « Parmi les clercs qui pendant un siècle au 
moins entretinrent des relations entre les îles Britanniques et l'Islande, 
// dut s'en trouver quelques-uns que les vents ou les courants jetèrent 
sur les côtes d'Amérique. On peut le conclure par analogie de ce que 
dans l'espace de moins de cinquante ans, cinq navigateurs Scandinaves 
abordèrent par hasard ou par force dans des pays transatlantiques à eux 
inconnus. » Nous n'en disconvenons pas, mais nous pensons que cette 
vraisemblance a priori devrait être étayée de faits historiques, de 
preuves autres que quelques vagues mentions des sagas ou des chroni- 
ques du Nord. 

Il ne nous semble donc pas que M. B. ait établi la thèse qui lui est 
chère, mais nous devons rendre hommage à son érudition, et le remer- 



Bibliographie. 105 

cier de nous faire connaître des documents Scandinaves accessibles à si 
peu de lecteurs ' . Son travail mérite à tous égards d'attirer l'attention des 
historiens. H. G. 

Notes on Irish Architecture, by the Late lord Dunraven, edited 
by Margaret Stokes, Associate of the Scottish Society of Antiquaries. 
Vol. I, with sixty-five large photographie illustrations and fifty-one 
woodcuts and numerous lithographie plates of architectural détails, 
xxvii-i 27 p. in-4". London, George Bell and Sons, 1 87 5 . Prix : 84 sh, 
(lojfr.y 

Ce magnifique ouvrage, consacré aux plus anciens monuments de 
l'Irlande, est un monument lui-même non pas seulement par la précise 
exactitude de ses descriptions, et par la valeur des renseignements histo- 
riques qu'il réunit, mais aussi par sa splendide exécution, ses photogra- 
phies, ses gravures et ses plans. Les auteurs ont pris pour eux l'axiome 
du poète latin : segnius irritant animos demissa per aurem Qaam qu£ sunî 
oculis objecta fidelibus, et qu£ Ipse sibi tradit spectator. Tous les monu- 
ments dont il est question dans ce volume sont présentés au lecteur en 
photographie, et même plusieurs fois, de façon qu'aucun de leurs 
aspects ou de leurs détails n'échappe à l'attention. On ne saurait trop 
louer la générosité qui a permis à ce livre d'apporter un aussi grand luxe 
de documents archéologiques. 

Comme le titre l'indique, cet ouvrage de feu Lord Dunraven sur l'ar- 
chitecture et l'archéologie de l'Irlande est publié d'après les notes de 
l'auteur par Mlle Stokes. Lord Dunraven avait pendant toute sa carrière 
pris part au mouvement scientifique de l'Irlande. Il avait coopéré à la 
fondation de la Société archéologique irlandaise et à celle de la Société 
celtique de Dublin; il avait aidé de ses conseils notre Montalembert 
lorsque celui-ci écrivit son Histoire des moines d'Occident., et le volume de 
cette histoire consacré aux grands moines irlandais est, en signe de 
reconnaissance, dédié à Lord Dunraven. Dans les dernières années de 
sa vie, Lord Dunraven s'était pris d'un grand intérêt pour les antiquités 
irlandaises; chaque été il explorait une partie de l'Irlande accom- 
pagné d'un photographe; il accumulait notes, photographies, plans, 
dessins, etc., quand il mourut en octobre 1871. Mlle Stokes, dont on 
connaît la compétence en tout ce qui touche l'ancienne Irlande ^ et qui 

1. Dans un travail où il est si souvent question d'Irlande et d'Islande, il serait éton- 
nant que les typographes n'eussent pas quelquefois confondu les deux noms : ainsi p. 33, 
1. 3, il faut lire Islande pour Irlande. Pareille confusion ne peut-elle pas avoir été faite 
quelquefois par les vieux scribes Scandinaves r 

2. Nous attendons l'achèvement de son recueil des Inscriptions chrétiennes d'Irlande, 
qui paraît en livraisons, pour le faire connaître à nos lecteurs. Cf. Rey. Celt. I, p. 177. 



io6 Bibliographie. 

connaissait l'ouvrage futur de Lord Dunraven pour en avoir souvent 

causé avec lui, se chargea de mettre en ordre et de publier cet ouvrage 

auquel on a donné le titre modeste de Notes. 

Le premier volume que nous avons sous les yeux se compose de 
deux parties ainsi divisées: Première partie: Monuments en pierres sans 
ciment, i) Forts de l'époque païenne. 2) Monastères des premiers temps 
du christianisme ; Seconde partie : monuments en pierres avec ciment. 
1) Eglises sans chœur [without chancel). 2) Eglises avec chœur {witli 
chancclj . 

Première partie. — Les forts de l'époque païenne sont le Dûn 
Aengusa ou fort d'Aengus dans la plus grande des îles Aran (dans la baie 
de Galway), le Dubli Cathair ou fort Noir, le Dûn Eoghanaclita ou fort 
d'Ounacht, le Dûn Oghil on fort d'Oghil, dans la même ile, le Dûn-Con- 
chobhair ou fort de Conor, le Mothar Dûn ou fort du bois, dans l'ile 
moyenne d'Aran, quelques forts de l'ile méridionale du même groupe et 
quelques forts du continent d'Irlande, dans les comtés de Galway, de 
Sligo, de Clare, de Kerry (le plus célèbre de ceux de Kerry est le fort 
de Staigue que quatre photographies représentent sous ses différents 
aspects). Ces forts consistent en remparts de pierres sèches, de forme 
circulaire ; quelques-uns se composent de deux cercles concentriques, 
formant une double ligne de défense. Ils sont pour la plupart assez grands 
pour contenir en cas de défense la tribu et son bétail — ce qui est la 
destination primitive de tous les oppida. C'est ainsi que le mur circulaire 
du fort de Staigue a 89 pieds de diamètre; le mur lui-même a 12 pieds 
10 pouces à la base et 7 pieds au sommet : sa hauteur va jusqu'à 
18 pieds. D'autres forts tels que le fort d'Aengus et le fort de Conor 
dans les îles Aran sont de beaucoup plus considérables. Ils sont en général 
en un lieu d'où l'on domine le pays environnant et la mer. 

Les monastères de la première époque du christianisme sont les ruines 
du Mont ou plutôt du Roc de Saint-Michel, une des deux îles Skellig, 
au large de la côte de Kerry, magnifique panorama qui rappelle notre 
Mont Saint-Michel et sa célèbre église ; — le chapitre consacré à ces 
ruines est un des plus intéressants par ses pittoresques photographies et 
dessins. — Les ruines de l'île de Senach, une des îles du groupe des 
Magherees, aussi au large de la côte de Kerry, l'oratoire de Saint-Bren- 
dan, dans l'Inisglora, île au large de la côte de Mayo, les diverses 
ruines de l'Inismurray, île au large de la côte de Sligo, celles de quelques 
autres petites îles de l'Atlantique au large de la côte occidentale de l'Ir- 
lande, et quelques autres ruines du continent d'Irlande, mais toujours 
sur sa côte ouest. 



Bibliographie. 107 

Pourquoi ces monuments de construction tout-à-fait primitive, auxquels 
le ciment est inconnu, ne se rencontrent-ils que sur cette côte et dans 
ces îles sauvages et misérables qui sont comme des postes avancés dans 
l'Atlantique ? C'est une question générale que ne traitent pas les auteurs, 
tout entiers à leurs descriptions archéologiques, mais que le lecteur se 
pose instinctivement, et qui a son importance. Il est difficile d'admettre 
que ces monuments aient été particuliers au Far West de l'Irlande ; ce 
ne peuvent être que les débris, nous n'osons dire d'un art, mais d'un 
mode de construction usité à certaine époque dans toute l'Irlande. On 
pourrait comprendre que les premiers anachorètes de l'Irlande, que ces 
moines énergiques et ardents qui donnent un caractère si original à l'an- 
cienne Eglise d'Hibernie, se fussent établis et comme cachés de préfé- 
rence dans ces îles pauvres et sauvages où ils étaient seuls avec Dieu et 
une mer irritée, et, en vérité, bien séparés du monde. Mais, à supposer 
que cela pût s'admettre des premiers oratoires chrétiens, il n'en est 
pas de même des forts primitifs en pierre sans ciment, qui ont dû être 
communs à toute l'Irlande et qui n'ont subsisté dans les îles et sur la 
côte de l'ouest que parce que la solitude les défendait de la main de 
l'homme. On voudrait avoir sur cette question l'opinion des savants 
auteurs et savoir si rien d'analogue, pas même une trace, n'a subsisté 
dans le reste de l'Irlande. 

Et même dans ces îles à peine habitées et stériles, sur cette côte qui 
n'est guère moins pauvre, ces monum.ents ont subi de graves dégâts 
depuis le commencement du siècle, depuis l'époque où Pétrie les visita 
pour la première fois. Quelquefois de ces murs primitifs la vague a fait 
un monceau de pierres ; le plus souvent l'homme est venu et vient y 
chercher les pierres avec lesquelles il bâtit sa misérable hutte ; parfois 
même il fait servir à une fm utilitaire des monuments sacrés pour l'histo- 
rien et pour l'archéologue. C'est ainsi qu'à Kilmalkedar, dans le comté 
de Kerry, un vieil oratoire, l'ancienne « prison de pierre » de quelque 
anachorète oublié, a été transformée ou plutôt profanée en étable à cochons 
(p. 59). Le monument était d'une construction si primitive que le 
travail d'appropriation n'a pas dû être bien considérable. 

Seconde partie. — « Dans la deuxième partie de cet ouvrage, nous 
disent les auteurs, on donnera des exemples des églises bâties sans ciment 
d'aucune sorte et dont le style est celui de la plate-bande (entablature) 
et non de l'arc; toutes les portes ont des linteaux horizontaux et des 
jambages inclinés, et on y voit se développer graduellement un art orne- 
mental, antérieur à la période romane. » Ces monuments présentent 
tous un caractère étonnamment archaïque. Ils se rencontrent principale- 



io8 Bibliographie. 

ment dans les comtés de Clare et de Galway et dans les iles d'Aran, et 
les auteurs attribuent ce fait au caractère géologique du sol de ces 
districts, entièrement composé de calcaire et fournissant à fleur de terre 
les matériaux de ces constructions d'un caractère presque cyclopéen. 

Les îles Aran étaient particulièrement riches en monuments de cette 
espèce. En 1645 Colgan en comptait 17 dans la grande île de ce groupe 
(Aran Moru Le plus grand nombre a aujourd'hui disparu, et même 
depuis le commencement de ce siècle, deux églises ou oratoires décrits 
par Pétrie en 1821 n'ont de nos jours laissé aucune trace. Dans cette 
seconde partie de l'ouvrage de Lord Dunraven on entre dans une époque 
tout à fait historique, dans l'histoire même de l'Eglise d'Irlande, car la 
plupart de ces monuments portent encore les noms des saints qui les 
élevèrent, noms qui nous sont connus d'autre part. Us appartiennent tous 
à une architecture bien pauvre et bien primitive, pour laquelle le nom 
même d'architecture est un terme ambitieux, mais ils possèdent ce grand 
intérêt de nous faire mieux comprendre la simplicité de vie et de mœurs 
de l'ancienne Eglise d'Irlande, de même qu'on reconnaît une espèce pré- 
historique à l'empreinte et à la coque qu'elle a laissée dans la pierre. 

Mlle Stokes a fait précéder cet ouvrage de quelques pages qui sont 
une introduction à l'ouvrage entier et qui en résument la philosophie. 
Mlle Stokes y revendique hardiment une originalité indigène pour l'art 
et pour l'architecture de l'Irlande. Elle ne la revendique pas seulement 
pour ces constructions si grossières en pierre sans ciment qui semblent 
naître naturellement chez un peuple encore peu civilisé, dans quelque 
pays que ce soit, et caractériser non pas une race mais une époque; — 
elle la revendique également pour ce système d'ornementation bien 
connu où domine l'entrelacs ', et pour ce commencement de véritable 
architecture, analogue par ses formes aux premières formes de l'art 
roman. En Angleterre, accorde Mlle Stokes, l'architecture procéderait 
de l'art roman, parce que la Grande-Bretagne aurait perdu les secrets 
de l'art celtique, secrets que l'Irlande aurait gardés. L'Irlande aurait 
trouvé de son côté et dans son propre génie les rudiments de l'art que 
nous appelons l'art roman. <t II semblerait que le roman irlandais, 
quoique subissant l'influence de l'art étranger, avait pourtant précédé 
jusqu'à un certain point l'architecture anglo-normande et en était entiè- 
rement indépendant. C'était un style indigène, jaillissant d'un peuple 
qui avait une grande originalité de pensées, peu élevé quand on le met 
en regard des grands monuments de l'art normand en Angleterre, peu 

I. Voir l'article de M. Unger sur la miniature irlandaise, t. 1, p. 9-26. 



Bibliographie. 1 09 

élevé, mais non sans charme. » Nous exposons la thèse de Mlle Stok.es 
en laissant aux archéologues compétents le soin de la juger, mais nous 
ne cachons pas qu'j priori elle nous semble peu vraisemblable. C'est 
ainsi, pour nous en tenir à un point, que l'art des entrelacs que l'on a 
longtemps regardé comme particulier à l'Irlande, a son origine dans l'art 
romain des premiers siècles de notre ère (voir plus loin la note de 
M. Mùntz). L'originalité de l'Irlande consiste à l'avoir adopté et déve- 
loppé, il en est ainsi, de l'aveu même de Mlle Stokes, des célèbres 
Tours Rondes. Il en sera sans doute de même de ce prétendu art irlan- 
dais indépendant de l'art roman. L'Irlande n'en est pas moins inté- 
ressante et originale; elle l'est surtout pour avoir, grâce à son isolement, 
gardé des institutions, des usages, des croyances, des formes artistiques 
qui ailleurs ont passé, laissant peu ou point de traces. 

Nous espérons que Mlle Stokes ne se méprendra pas sur le sens de 
nos critiques. Elles ne diminuent en rien la valeur et l'importance de la 
publication dont elle s'est chargée. On peut différer d'opinion sur l'origine 
de telle ou telle forme, on est d'accord pour reconnaître l'intérêt de ces 
vénérables ruines. L'archéologie sera, tout autant que l'Irlande, recon- 
naissante aux auteurs de ce magnifique ouvrage qui conserve dans ses 
pages et dans ses photographies des monuments dont il se détache tous 
les jours quelque pierre et qui ne seraient pas autrement accessibles à 
l'étude. Nous faisons des vœux pour le prompt achèvement de ces pré- 
cieuses Notes sur l'architecture irlandaise. 

H. G. 

The church and shrine of St. Manchan, by the Rev. James Graves, 
A. B., etc. Dublin, printed by Gill (impression 50 copies), January 
1875, 19 p. in -8" avec 8 planches et plusieurs gravures. 

Cette monographie est précieuse par le luxe de gravures qui repré- 
sentent sous toutes ses faces un bijou ecclésiastique du moyen-âge irlan- 
dais, le reliquaire de St. Manchan. Ce reliquaire, vide depuis longtemps 
de ses reliques, est conservé dans l'église de Boher (King's County), 
paroisse de Lemanaghan, petite localité où se trouvent encore les 
ruines d'un établissement religieux fondé par saint Manchan au vii^ siècle. 
D'après les faits rassemblés par M. Graves, il semble établi que ce reli- 
quaire a été donné au saint, c'est-à-dire à son église, par Rory O'Conor, 
roi idandais du xii'= siècle. Cet intéressant monument d'orfèvrerie a subi 
de notables dégradations; il a perdu ses dorures et une partie des figures 
dont il était orné; mais il en reste assez pour qu'on puisse reconstruire 
entièrement son ornementation. M. Graves accompagne ses planches 



1 1 o Bibliographie. 

d'une description des plus détaillées et fait en même temps l'histoire de 
l'église fondée par saint Manchan. Cette monographie se recommande 
d'elle-même, et par son sujet et par le soin érudit de l'auteur, aux personnes 
qui s'occupent de l'histoire de l'orfèvrerie religieuse. 

The Book of Fenagh, in Irish and English, originally compiled by 
St. Caillin, Archbishop, Abbot, and Founder of Fenagh, alias Dun- 
ballyofMoy-Rein,Tempore St. Patricii; withthe contractions resolved, 
and (as far as possible] the original Text restored. The whole carefully 
revised, indexed, and copiously annotated, by W. M. Hennessy, M. 
R. I. A., and done into English, by D. H. Kelly, M. R. I. A. 
Dublin, printed by A. Thom, 187s, X-4J9 p. in-4°, avec 2 planches. 

Un membre de l'Académie de Dublin qui s'intitule trop modestement 
dans sa préface 'a mère country gentleman', M. Kelly, publie dans ce 
volume un de ces nombreux manuscrits de l'ancienne Irlande qui atten- 
dent depuis longtemps des éditeurs. Le ms. de Fenagh ne présente 
guère qu'un intérêt local et cela par les noms qui y sont mentionnés, 
noms de tribus, noms de lieux, noms d'hommes et noms de saints ; aussi 
devons-nous nous borner à signaler sa publication. Il a pourtant un 
intérêt de plus, c'est comme texte de langue, accompagné de traduction. 
Un érudit éminenî, dont nos lecteurs connaissent la rare compétence en 
tout ce qui touche l'ancienne Irlande et sa littérature, M. Hennessy, 
s'est chargé d'établir le texte et de l'accompagner de notes critiques. 
L'ouvrage original semble, d'après les indications intrinsèques, dater 
d'environ 1 300, mais le ms. le plus ancien qu'on en possède est une 
copie faite en 1 5 16. C'est un mélange assez incohérent d'histoire légen- 
daire, de poèmes historiques et ecclésiastiques, relatifs pour la plupart à 
saint Caillin, fondateur et patron de l'abbaye de Fenagh, d'où son nom 
de ^manuscrit de Fenagh'. Un de ses derniers détenteurs, curé de 
Kilronan, le prêtait, moyennant redevance, à ceux de ses paroissiens qui 
voulaient prêter sur lui un serment awfully binding, et il n'est pas besoin 
de dire que le ms. n'était pas sans être endommagé à ce métier. 

On trouve dans le courant de ce volume de curieuses superstitions de 
l'ancienne Irlande, que le ton naïf et simple du narrateur rend encore 
plus frappantes. Il en est une !p. 115) tellement peu honorable pour ce 
que quelques Irlandais enthousiastes appellent « la civilisation pré-chré- 
tienne de l'Irlande » et pour les « druides » de l'ancienne Irlande, que 
les éditeurs — à tort selon nous — ont renoncé à traduire même en 
latin l'obscène incantation des « druides Irlandais». A ce propos remar- 
quons un fait qui étonnera le lecteur du continent : c'est de trouver, dans 



Bibliographie. 1 1 1 

la traduction anglaise, un mot écrit //— /. On pourrait croire que cette 
réserve cache un mot obscène, mais en se reportant au texte irlandais 
qui donne ifcrn, on voit qu'il s'agit de l'enfer, en anglais hell. Les édi- 
teurs ont sans doute regardé comme néfaste et de bad luck d'écrire ce 
mot en entier ! Il faut sans doute voir là une superstition de l'Irlande 
contemporaine, superstition dont les meilleurs esprits eux-mêmes ne 
savent pas s'affranchir ! 

Nous regrettons que les éditeurs n'aient pas développé leur trop courte 
introduction. Elle aurait pu aussi être plus claire; ainsi on ne voit pas 
comment ni à quelle époque le ms. de 1516 est passé des mains de 
M. Slevin à celles de l'évêque d'Ardagh (car ce semble être le même 
ms.'i, ni à quelle époque vivait ce curé de Kilronan 'of sadly intem- 
perate habits' qui prêtait trop volontiers le ms. Il y a dans le texte 
d'autres superstitions curieuses, autres que l'incantation à laquelle 
nous venons de faire allusion, par exemple, la vertu de la cloche de 
Caillin, la coutume de marcher deisiul ; il eût été utile de réunir ces 
différents faits dans l'introduction, d'autant que l'Index n'a pas de réfé- 
rences aux superstitions. On voudrait aussi trouver dans l'introduction 
de ce volume quelques détails sur la vieille église de Fenagh et sur le 
cromlech (ou prétendu cromlech) de Fenagh, que représentent deux 
gravures de ce volume. 

Si nous signalons ces desiderata, c'est qu'à notre avis les savants édi- 
teurs eussent par là donné plus de valeur encore à leur ouvrage. Il n'en 
reste pas moins fort louable à tous égards comme édition de texte. L'exé- 
cution typographique est admirable. 

H. G. 

Transactions of the Gaelic Society of Inverness. Volumes III and 
IV lyears 1873-4 ^^^ '874-5). Inverness, John Noble, 1875, xx- 
223 p. in-80. 

Ce nouveau volume de la Société Gaélique d'Inverness (cf. t. II, 
p. 147 et 415) contient de très-intéressants articles sur l'émigration 
écossaise en Amérique. L'un, de M. Ch. Mackay, traite des Ecossais en 
Amérique d'une façon générale, l'autre^ de M. Masson, plus particulière- 
ment des Gaels d'Ecosse dans le Far West des Etats-Unis. Les Ecossais 
sont très-nombreux au Canada, et dans la plupart des villes de la Confé- 
dération canadienne il y a un 'Burns Club'. Il y a des parties du Canada, 
particulièrement sur les bords du Saugeen, où le gaélique est le langage 
ordinaire de la population. M. Masson raconte que dans son voyage il a 
prêché en gaélique dans ces colonies lointaines des Highlands. Un des 



1 1 2 Bibliographie. 

traits les plus curieux de son récit, est sa rencontre de Celtes noirs, 
nouveauté certes pour les ethnographes. Ces Celtes noirs sont des 
descendants d'esclaves qui appartenaient à des Gaels d'Ecosse et avaient 
adopté la langue de leurs maîtres, et ils ont dévotement écouté les 
sermons gaéliques de M. Masson. « Vous pouvez aisément concevoir 
mon étonnement et les divers sentiments, dit-il, avec lesquels je regar- 
dais ces noires figures africaines, comme nous chantions les louanges de 
Jehovah et adorions son grand nom dans la vieille langue gaélique. « 
M. Masson nous apprend qu'au cap Breton, dans le comté de Pictou, 
et dans l'Ile du Prince Edouard, la moitié des Gaels Ecossais sont catho- 
liques. On imprime des livres gaéliques au Canada. Mais aux Etats- 
Unis, les Gaels se sont fondus avec la population anglo-saxonne. A ce 
que nous apprend M. Masson, on ne prêche plus en gaélique dans les 
anciens établissements écossais des Etats-Unis, sauf à Elmira, cent milles 
à l'ouest de Chicago. Ce volume contient en outre des articles d'histoire 
locale, des poésies gaéliques, une notice sur la Basse-Bretagne, par 
M. Th. Mac-Lauchlan, et une discussion sur l'utilité d'introduire l'en- 
seignement du gaélique dans les écoles. Mais nous ne pouvons trop 
vivement regretter que la Société admette dans ses Transactions des élu- 
cubrations sur la parenté du gaélique et de l'hébreu. La Société compte 
actuellement 225 membres et nous apprenons avec plaisir qu'elle a 
institué une « Commission des traditions populaires » (^Folk Lare Com- 
mitteé) pour recueillir les traditions et usages qui vivent encore dans les 
Highlands. Réserve faite sur certaines hérésies philologiques, nous devons 
continuer de louer le zèle et les efforts de la Société Gaélique d'In- 
verness. H. G. 



The Literature of the Kymry. A Critical Essay on the Language and 
Literature of Wales during theTwelfth and Two preceding Centuries; 
containing numerous spécimens of AncientWelsh Poetry, accompanied 
by English Translations. By the late Thomas Stephens. Second édi- 
tion, with Additions and Corrections by the Author, edited by the Rev. 
D. S. Evans, B. D. With a Life of the Author by B. T. Williams, 
Q^ C. xLviii-494 p. in-8", with Portrait. — Prix: 15 sh. (iSfr.yj). 

M. Stephens méditait depuis longtemps de refaire l'histoire delà litté- 
rature galloise qu'il avait publiée en 1849 et qui est encore l'unique 
ouvrage sur la matière, ou peu s'en faut. Il comptait la refondre entière- 
ment, d'autant que dans l'intervalle son opinion s'était modifiée sur bien 
des points, notamment sur la prétendue découverte de l'Amérique par 
le prince gallois Madoc, sur l'époque et l'origine des Triades et sur la 



Bibliographie. 1 1 ? 

légende de Hu Gadarn; et il voulait y faire entrer la substance de nom- 
breuses dissertations éparses dans les revues de Galles. C'eût été un 
nouvel ouvrage, par lequel M. Stephens aurait une fois de plus fait 
avancer d'un grand pas les études galloises. Il est mort avant d'avoir pu 
remplir cette tâche '. 

Cette nouvelle édition a donc surtout pour but de remettre dans le 
commerce un livre devenu rare et resté indispensable aux personnes qui 
étudient la littérature galloise; mais elle ne diffère pas essentiellement de 
la première, si ce n'est qu'on y a incorporé les corrections de détail et 
les notes écrites par Stephens sur son propre exemplaire. Le nom de 
M. Silvan Evans, qui a surveillé l'impression de cette édition, est une 
garantie de son exactitude. 

Le principal intérêt de cette édition est dans la biographie de Stephens 
qui la précède. Elle fait connaître et aimer l'auteur dont la vie fut tout 
entière consacrée à un double travail, celui de la vie et celui de la 
science. Elle contient aussi maint détail curieux sur la vie littéraire du 
pays de Galles à laquelle Stephens fut activement mêlé dans toute sa 
carrière. En effet la plupart de ses travaux furent suscités par les 
Eisteddfodaa ou concours littéraires du pays de Galles et quelquefois il 
prit part à ces concours comme juge. Il paraît étrange de dire (mais 
pourtant c'est l'histoire ! ) qu'un érudit comme Stephens, qui le premier 
débrouilla et raconta l'histoire littéraire de son pays, était regardé par 
beaucoup de ses compatriotes comme un traître à la patrie. Ces enthou- 
siastes ignorants ne pouvaient lui pardonner de détruire des fables chères 
à leur vanité nationale, par exemple l'authenticité des Triades, l'ancien- 
neté du bardisme gaulois, la découverte par le gallois Madoc de ce qui 
fut plus tard appelé l'Amérique. A cet égard, nous trouvons dans la 
biographie de Stephens un fait tristement caractéristique. 

En 18 $8, un prix de 20 l. (500 fr.) avait été offert par l'Eisteddfod 
de Llangollen « au meilleur essai sur la découverte de l'Amérique au 
XII- siècle par le prince Madoc ap Owen Gwynedd ». Stephens étudia 
la question avec sa critique ordinaire et arriva à la conclusion que toute 
cette histoire ne reposait sur aucune preuve historique. Il envoya au 
concours un essai dans lequel il soutenait — avec succès, à ce que jugè- 
rent les hommes compétents — 1° que le prince Madoc n'avait jamais 
quitté son pays, et qu'il y était mort de mort violente; un barde avait 
été poursuivi pour l'avoir assassiné; 2" qu'aucune allusion à la décou- 
verte de l'Amérique ne paraît dans la littérature galloise jusqu'après 

1. cf. Rev. celt. II, 45$. 

Rev. Cdt. ni 8 



1 14 Bibliographie. 

l'époque de Christophe Colomb; 3° que l'histoire des Indiens gallois ne 
reposait sur aucune preuve, et qu'un jeune Gallois du nom de Jean Evans 
avait en 1798 passé un hiver au milieu de ces prétendus descendants des 
compagnons de Madoc et qu'il n'avait trouvé chez eux ou dans leur 
langage aucune trace de rien qui fût gallois. 

Quand on sut que cet essai avait été envoyé et que les juges (M. D. 
Silvan Evans était l'un d'eux) lui décernaient le prix, l'alarme fut grande 
parmi les cehomanes de l'Eisteddfod. A leur tête, Williams ab Ithel, que 
son patriotique courroux rendait intolérant, s'emporta contre l'idée que 
cet essai obtînt le prix, et même qu'il fût admis à concourir pour le 
prix. Cinq autres essais envoyés au concours soutenaient dans cette 
question l'affirmative chère aux cœurs patriotes du pays de Galles. La 
découverte de l'Amérique par Madoc devait être regardée comme un 
postulat, et quiconque la mettait en question était ipso facto exclu 
du concours. En vain les hommes sages [paiici quos aequus amavit 
Jupiter) s'opposèrent à ces prétentions intolérantes, en vain les juges du 
concours décernèrent le prix à Stephens, le comité de l'Eisteddfod, sous 
l'inspiration de Williams ab Ithei, refusa de donner le prix à Stephens 
pour ce motif qu'on ne pouvait admettre au concours un essai qui ne 
soutiendrait pas la découverte de l'Amérique par Madoc. Lorsque cette 
décision fut portée à la connaissance de l'Eisteddfod, Stephens, présent, 
se dirigea vers la tribune et demanda à dire quelques mots. Alors se 
passa une scène qui rappelle un peu (à cela près qu'elle ne fut pas tra- 
gique^ l'exécution de Louis XVI : l'infortuné monarque voulait dire 
quelques paroles au peuple : Santerre couvrit sa voix d'un roulement de 
tambours. — Le président de l'Eisteddfod refusa la parole à Stephens, 
et comme celui-ci insistait, la musique, sur un ordre donné à l'orchestre, 
étouffa sa voix. Mais la mesure était trop violente : une partie de l'audi- 
toire protesta, et Stephens put prononcer quelques mots. Il dit que 
l'Eisteddfod devait être une arène ouverte à la promulgation de la vérité, 
conformément à sa devise ordinaire Gw\r yn erbyn y b\d ila vérité contre 
le monde \j : son ambition était d'être l'historien de la langue et de la 
littérature de son pays, et de s'en faire l'interprète auprès des savants 
étrangers, mais qu'il ne se laissait guider dans ses études que par l'amour 
de la vérité. Cette protestation, sortie du cœur de Stephens, lut sans effet. 
Les Celtomanes étaient maîtres de la place. 

Nous avons raconté cette histoire, si longue qu'elle soit, non pas 
seulement parce qu'elle fait le plus grand honneur à Stephens, mais 
parce qu'elle montre les difficultés avec lesquelles on doit lutter dans les 
pays celtiques quand on apporte à nos études l'impartialité de l'esprit 



Bibliographie. 1 1 5 

scientifique. Les préjugés prennent le masque du patriotisme pour jeter 
l'anathème à la libre histoire. 

On regrette de ne pas trouver à la fin de cette biographie l'indication 
des articles de Stephens disséminés dans les revues de Galles. Par 
contre, on nous donne la liste des travaux laissés en manuscrit par Ste- 
phens. Stephens a moins publié qu'il n'a écrit parce que ce ne sont pas 
toujours les meilleurs livres qui trouvent des éditeurs, et sa situation de 
fortune ne lui permettait pas de courir la chance de l'impression : la pre- 
mière édition de son Histoire de la littérature galloise a été publiée aux 
frais d'un grand seigneur ami des lettres, de Sir John Guest, le mari de 
la célèbre Lady Charlotte Guest. Si le pays de Galles n'a plus de Mécène, 
il nous semble qu'il serait possible de publier^ par voie de souscription, 
les Literary Remains de Thomas Stephens, au moins ceux qui se rappor- 
tent à l'histoire et à la littérature du pays de Galles '. Il y va de l'hon- 
neur des lettres galloises. 

Ce volume est orné d'un portrait de Stephens, d'après un buste d'une 
frappante ressemblance. C'est une tête d'un type vraiment gallois, et 
quiconque a vu Stephens y reconnaît au premier coup d'œil la bonhomie 
et la finesse un peu ironique de sa physionomie. 

H. G. 



Mémoires d'archéologie, d'épigraphie et d'histoire, par M. Georges 
Perrot, membre de l'Institut, xxiv-462 p. in-S", avec planches. 
Paris, Didier, 1875. — Prix : 8 fr. 

Si quelque chose peut montrer l'intérêt de l'archéologie entre les mains 
d'un érudit qui est en même temps écrivain et historien, ce sont bien les 
essais que M. P. a réunis dans ce volume. Plusieurs intéressent directe- 
ment nos lecteurs. C'est d'abord l'étude de la disparition de la langue 
gauloise en Galatie, dont notre recueil a eu la primeur et que M. P. a 
augmentée d'un appendice de quelques pages. Dans cet appendice, M. P. 
étudie un texte de Pausanias qui lui avait échappé et où Pausanias 
(Lib. X, ch. 36, § i) dit que les Gaulois établis au-dessus de laPhrygie 
nomment certain arbuste jç, nom où M. Granier de Cassagnac a voulu 
voir le nom celtique du houx. M. P. montre que cet arbuste est le chêne 
au kermès et que, eût-il été le houx, notre mot houx n'a rien à voir avec 
cet jç. 

1 . On ne voit pas en effet quelle utilité aurait la publication d'un mémoire sur les 
théories et les découvertes chimiques du baron Liebig ; Stephens était pharmacien de pro- 
fession. 



ii6 Bibliographie. 

Nous recommandons aussi à nos lecteurs qui s'intéressent à la mytho- 
logie populaire, l'étude relative aux croyances et superstitions popu- 
laires des Grecs modernes : ils y trouveront plus d'une analogie avec les 
croyances et superstitions de nos pays celtiques. Par exemple (p. ^^f) 
le pèlerinage à la Chapelle de la u Vierge à l'Hirondelle » et à la fontaine 
qui avoisine cette chapelle; cette eau a la réputation de guérir toutes les 
maladies. Le court tableau que M. P. donne de cette panégyrie pourrait 
être celui d'un pardon de Bretagne ou d'un patron d'Irlande. Le caoine 
Irlandais trouve son parallèle dans celte description de funérailles : 
<( Rappelez-vous le XXIV-' chant de l'Iliade, les lamentations d'Andro- 
maque, d'Hécube et d'Hélène en face du cadavre d'Hector, les cris par 
lesquels les femmes troyennes répondent à ces derniers adieux, les gestes 
dont elles les accompagnent : quelle saisissante réalité prendra pour 
vous tout ce lugubre tableau si, voyageant en Grèce, vous êtes entré 
dans la maison d'un Maniote quelques heures après qu'il venait d'expirer. 
Vous l'aurez vu, revêtu de ses plus beaux habits, étendu, la figure 
fardée, sur sa couche funèbre au-dessus de laquelle sont suspendues ses 
armes; les femmes tout à l'entour, échevelées, le regard fixe, se levant 
l'une après l'autre pour apostropher le mort, lui saisir la main et le baiser 
au front, puis rappelant, d'une voix coupée par les larmes, ses vertus et 
ses exploits, lui reprochant d'avoir trop tôt quitté sa famille. Après 
chacun de ces discours où abondent les mouvements passionnés et qui 
prennent souvent comme d'eux-mêmes la forme rhythmique, les gémisse- 
ments éclatent dans toute la maison, les bras se tordent, ils frappent les 
épaules et les poitrines nues. Quel commentaire des funérailles d'Hector 
et du goos homérique qu'un enterrement et un myrologue maniote ! » 
ip. 302). 

Nous regrettons que le cadre de notre recueil ne nous permette que 
de signaler en passant d'autres parties de ce volume qui n'ont pas un 
moindre intérêt : le commerce de l'argent et le crédit à Athènes au 
iv«-' siècle avant notre ère, les peintures du Palatin et surtout l'art de 
l'Asie Mineure où M. P. ouvre un nouvel horizon à l'histoire de la civi- 
lisation en montrant dans les origines de l'art grec l'influence éducatrice 
de l'art asiatique, c'est-à-dire assyrien. Le lecteur que M, P. conduit si 
agréablement à travers toutes ces grandes ruines, reprochera pourtant à 
son guide de ne pas tout lui montrer, et d'avoir laissé maint essai en 
dehors de ce volume, par exemple celui sur la ville de Trêves : espérons 
que ce sera pour une seconde série de mélanges. 

H. G. 



Bibliographie. 117 

Die Rœmischen Inschriften und Steinsculpturen des Muséums 
der stadt Mainz, zusammengestellt von D' Becker, xxiv-140 p. 
in-S^, Mainz, \'ictor v. Zabern, 1875. 

Au point de vue de l'archéologie et des études gauloises, il serait très- 
précieux d'avoir des catalogues bien faits de toutes les collections d'an- 
tiquités et d'inscriptions. Cela serait surtout utile pour la France qui 
attend toujours le Corpus de ses inscriptions latines et dont les richesses 
épigraphiqueset archéologiques sont comme si elles n'existaient pas, pour 
être mal ou point classées. Nous pourrions citer tel catalogue d'un de 
nos musées de province, riche en inscriptions et en monuments, dont 
on ne peut tirer aucun parti, tant les inscriptions sont inexactement repro- 
duites! Le catalogue des inscriptions et antiquités romaines du musée de 
Mayence, que publie un archéologue bien connu de l'Allemagne rhénane, 
M. Becker, est à cet égard un modèle de clarté et de bon ordre autant 
que d'exactitude'. 

A peu d'exceptions près, les monuments décrits ont été découverts à 
Mayence ou dans ses environs; le catalogue se trouve ainsi former un 
répertoire archéologique du vieux Mogonûacum. Les objets décrits sont 
au nombre d'environ 450, dont 500 avec inscriptions. La plupart des 
inscriptions sont connues par le recueil de M. Brambach; plusieurs pourtant 
ont été découvertes depuis, et sont par conséquent à demi inédites. 
M. Becker a classé ces inscriptions en i'^ monuments religieux, 2° mo- 
numents publics, 3° monuments funéraires, 4° monuments divers (mar- 
ques de potier, tuiles avec inscriptions, objets en verre, en cuir, en 
serpentine, etc.";. Pour chaque inscription, M. B. donne une description 
du monument, le texte de l'inscription avec sa lecture et une traduction, 
et la bibliographie ; il reproduit en fac-similé les inscriptions mal aisé- 
ment déchiffrables. M. B. a classé, dans une introduction étendue, tous 
les faits intéressants que renferme le catalogue, et il a fait suivre son 
travail de cette série de tables qu'on est habitué à trouver à la fin des 
recueils épigraphiques. Ce catalogue est en un mot un excellent ouvrage 
d'étude. Nous souhaitons qu'il soit connu de nos archéologues de pro- 
vince ; ils verront comment doit être fait l'inventaire d'une collection 
archéologique, pour être fait avec méthode et pour servir au progrès de 
la science. 

H. G. 

I. M. Becker avait déjà publié une étude sur les inscriptions romaines de Mayence et 
des environs dans le tome II de la Zeitschrift des Vereins zur Erforschung der rheinischen 
Geschichte und Archéologie zu Mainz. 



1 1 8 Bibliographie. 

L'Art de TEmaillerie chez les Eduens avant l'ère chrétienne, 

par J.-G. BuLLiOT et Henry de Fontenay, 44 p. in-8" avec 9 pi. 
Paris, Champion, 187$ (Extrait des Mémoires delà Société Eduenne. 
Nouv. sér., t. IV). 

Nous ne pouvions mieux apprécier le curieux travail archéologique de 
notre collaborateur M. Bulliot qu'en reproduisant la note suivante du 
Polybihlion : « On sait depuis longtemps que, deux siècles après la 
conquête romaine, des émaux champlevés étaient fabriqués par les popu- 
lations qui habitaient le sol de la Gaule. Le hasard des trouvailles rap- 
proché du texte d'un auteur du troisième siècle de notre ère avaient fait 
jusqu'à présent considérer les ateliers de cette fabrication comme exclu- 
sivement fixés sur les bords de l'Océan. Les fouilles pratiquées avec tant 
d'intelligence et de persévérance par M. Bulliot sur le mont Beuvray, 
près d'Autun, c'est-à-dire sur l'emplacement de l'ancienne Bibracte, ont 
amené une découverte véritablement importante pour l'histoire de l'in- 
dustrie gauloise. Désormais, la fameuse phrase de Philostrate ne doit 
pas s'appliquer seulement aux bords de l'Océan, mais à la Gaule entière, 
et l'existence de l'émaillerie doit y être reculée de plus de deux cents 
ans. Au cœur du département de Saône-et-Loire, M. Bulliot a mis au 
jour plusieurs ateliers d'émailleurs encore garnis de tous leurs ustensiles. 
Émaux, objets émaillés, instruments exhumés, tout cela a une date 
certaine. Un jeune chimiste, M. de Fontenay, a analysé et expérimenté 
l'émail découvert, et il explique, après les avoir reproduits, les procédés 
de fabrication. Les auteurs, MM. Bulliot et Henry de Fontenay, concluent 
ainsi : a L'émaillerie était pratiquée dans la Gaule antérieurement à l'ère 
chrétienne, et les Romains, lors de la conquête, trouvèrent cette industrie 
florissante dans le pays des Eduens. » 

Le Temple du Mont de Sene, à Santenay (Côte-d'On, par J.-G. Bul- 
liot. Autun, 1874, ^4 P- i""^° ^^ XX planches. 

Cette notice extraite comme la précédente des Mémoires de la Société 
Eduenne (nouv. série, t. III), a été lue à la Sorbonne au Congrès des 
Sociétés savantes de 187^ et nous avons déjà donné d'après cette com- 
munication (t. II, p. 286 et 508) l'inscription à Mercure découverte par 
M. Bulliot dans les ruines du plateau du Mont de Sene. M. B. donne ici 
l'histoire des fouilles faites sous sa direction. On découvrit les ruines et 
les fondations d'un temple dédié à Mercure comme l'indique l'inscription 
à ce dieu et les débris de statue où figurent ses attributs. Pourtant le 
temple contient deux sanctuaires, et semble par conséquent avoir été 



Bibliographie. 1 1 9 

disposé pour contenir deux cultes. M. B. pense que la divinité adorée à 
côté de Mercure était celle de la fontaine qui coule à côté et qui est 
encore regardée comme sacrée par les habitants du pays. M. B. décrit 
avec le plus grand détail les antiquités provenant de ces fouilles, murs, 
sculptures, débris de tout genre, et vingt belles planches permettent au 
lecteur de s'en rendre un compte exact. Ajoutons que le travail de 
M. Bulliot présente encore un autre intérêt que celui des découvertes 
archéologiques; il donne quelques détails curieux sur les superstitions 
populaires qui s'attachent encore à ces lieux déjà consacrés par le culte 
des Gaulois. C'est un côté de la question que négligent trop souvent les 
archéologues pour qu'on ne félicite pas M. Bulliot de recueillir ces faits : 
ce sont des matériaux pour la mythologie celtique. 

H. G. 

Etudes historiques sur le Finistère, par R.-F. Le Men, archiviste 
du département, directeur du musée départemental d'archéologie. 
(Tiré à 500 exempl. Quimper, chez l'auteur, envoi franco contre 1 fr. 
2$ en timbres-poste. 1 1875, 192 p. in-12. 

M. Le Men a réuni dans ce volume, tiré à petit nombre, divers tra- 
vaux d'histoire et d'archéologie bretonnes dont la liste indique l'intérêt : 
J. Découverte de Vorganium, capitale des Osismii; note sur les oppida 
du cap Sizun. — IL Episodes des guerres de la Ligue en Bretagne. — 
m. Fouilles d'un tumulus dans la forêt de Carnoët, près Quimperlé. — 
IV. Le pillage du manoir de Mezarnou en 1 594; mobilier d'un seigneur 
breton. — V. L'aguilanneuf. — VI. Sarcophage gallo-romain en plomb, 
découvert au Pouidu, commune de Clohars-Carnoët (Finistère). Le pre- 
mier et le plus étendu de ces articles est un important travail sur la 
question si discutée de l'ancienne géographie de l'Armorique et M. L. a 
eu la satisfaction de voir plusieurs de ses propositions adoptées par la 
commission de la topographie des Gaules. En passant, M. L. M. montre, 
par l'histoire du nom de l'île de Sein, qu'on a eu tort d'identifier cette 
île avec la célèbre Sena Insula de Pomponius Mêla, et il a le mérite de 
rectifier le premier une erreur généralement admise. Dans son article sur 
l'Aguilanneuf, M. L. combat quelques-unes des opinions fantaisistes qui 
en ont été données et il fait connaître, comme donnant peut-être la solu- 
tion du problème, une chanson du xvT siècle où figure l'expression 
Acquit d'an neuf. Le rapprochement est ingénieux sans être druidique, 
mais il ne nous a pas persuadé, et nous pensons que pour vider la 
question, il faudrait préalablement établir d'une façon complète la géogra- 
phie et l'histoire de ce cri traditionnel. M. L. dans un article cite un 



1 20 Bibliographie. 

curieux exemple d'étymologie populaire qui mérite d'être noté. « Quand 
on se rend de Lannilis à Ploudalmézeau, on traverse une rivière assez 
large sur un pont appelé dans le pays par ceux qui parlent le français : 
Passage de la Barbe-Noire. » Ce pont est construit sur la rivière l'Aber- 
Benoît, d'où la transformation populaire ! « Si cependant cette transfor- 
mation, dit judicieusement M. L., au lieu d'être relativement récente, 
avait été opérée il y a trois ou quatre siècles, il est fort probable que la 
Barbe-Noire eût été grossir le répertoire de ces problèmes philologiques 
dont la solution déroute les plus habiles. » M. L. nous apprend dans la 
post-face de son livre qu'il a été chargé d'éditer le cartulaire de Landé- 
vennec pour la collection des Documents inédits de l'histoire de France. 
Parla présence de nombreux noms bretons dans ce cartulaire, cette 
prochaine publication de notre savant collaborateur ser^a également im- 
portante pour la philologie et pour l'histoire de la Bretagne. 

H. G. 

Der Baumkultus der Germanem und ihrer Nachbarstsemme. 

Mythologische Untersuchungen von Wilhelm Mannhardt. Berlin, 
Borntraeger, 1875, xx-646 p. in-8. — Prix: 14 mk. 18 fr. 75). 

Quand l'homme te frappa de sa lâche cognée, 
roi ! qu'hier le mont portait avec orgueil. 
Mon âme, au premier coup retentit indignée, 
Et dans la forêt sainte il se fit un grand deuil 

Ces beaux vers du Poème de l'Arbre de M. de Laprade nous revenaient 
à l'esprit en lisant l'ouvrage de M. Mannhardt, où nous retrouvons à 
l'état de croyance primitive ce sentiment de la personnalité de la nature. 
C'est, en effet, le privilège du poète de retrouver par intuition le senti- 
ment premier de l'homme en face de la nature ; il voit encore la nature 
par l'imagination quand les autres hommes la voient par la raison. Les 
poètes sont les anciens des jours ! 

Le livre de M. est un des plus importants ouvrages de mythologie 
qui aient paru depuis longtemps; et par la direction qu'il indique, il 
ouvre une voie nouvelle à ces recherches. Pendant longtemps on a cru 
que la science mythologique consistait principalement à suivre dans la 
religion, dans le culte, dans la poésie et dans les arts, l'histoire des 
grands personnages mythiques , qui sont les dieux principaux d'une 
époque ou d'un peuple ; on a cru qu'elle consistait à faire l'histoire des 
dieux qui ont un nom et une personnalité et dont l'ensemble forme un 
Panthéon. On commence à reconnaître que c'est là seulement le couron- 
nement d'une mythologie et que le fond d'une religion — et nous enten- 



Bibliographie. 1 2 1 

dons par là l'ensemble des idées d'un peuple sur le surnaturel ou pour 
mieux dire sur la nature — se compose d'un nombre considérable de 
croyances particulières, d'usages traditionnels, de pratiques presque 
quotidiennes. Le plus souvent même, sous l'influence de religions ou 
d'idées nouvelles, ce qui était autrefois pratique religieuse se continue 
comme usage. 

M. M. a entrepris de réunir et d'expliquer la mythologie des champs 
et des bois chez les peuples Indo-Européens. Le volume que nous 
annonçons n'est, quoique faisant un tout en lui-même, que la première 
partie de ce grand travail, et si d'après son titre : Le Culte des Arbres des 
Germains et des races voisines, il semble consacré à l'Allemagne presque 
seule, son importance s'étend bien au-delà. M. M., en effet, ne pouvait 
faire autrement que de partir de l'Allemagne. Ce qui importe en pareille 
matière, c'est d'avoir pour point de départ des collections complètes de 
légendes, pratiques, fêtes traditionnelles, etc., rapportées avec précision 
et dans tous leurs détails. Or, l'Allemagne est à peu près le seul pays où 
ce grand travail ait été fait d'une façon systématique et consciencieuse et 
il l'a été pour presque toutes ses provinces. Autour de cette masse pré- 
cieuse, M. M. a groupé les faits analogues des pays voisins que lui ont 
fournis de trop rares ouvrages. Pour la France, il a eu principalement à 
sa disposition les Mémoires de l'Académie Celtique (recueil aujourd'hui 
oublié et dédaigné, mais utile magasin de traditions populaires, et deux ou 
trois ouvrages. C'eût été pourtant peu de chose s'il n'avait consulté la 
tradition vivante. Les événements de 1870 lui en ont fourni l'occasion. 
M. M. a interrogé et fait causer les prisonniers français que le sort de la 
guerre avait amenés en Allemagne, hommes de toutes les provinces et 
de tous les métiers, et il s'est fait avec ces interrogatoires toute une col- 
lection de superstitions et traditions de France. Ainsi, il nous apprend 
qu'il a recueilli tel usage de tel de nos villages, mïindlich von einem 
Kriegsgefangenem « de vive voix d'un prisonnier de guerre ». Il y a là 
pour la science française une leçon dont nous devons tenir compte. Lais- 
serons-nous aux Allemands le soin de faire ce qui est notre œuvre ? 
Nous leur devons la Grammaîica Celtica, leur devrons-nous encore la 
Mythologia Celtica ? 

Analyser ce gros volume si plein de faits précis et d'ingénieuses théories, 
serait une tâche longue et délicate. Nous nous bornerons à en résumer 
en quelques mots la pensée principale. L'homme croit voir une personne 
dans la plante, c'est-à-dire qu'il lui attribue, comme à la nature entière, 
une âme analogue à la sienne. Il conçoit donc l'arbre comme pensant, 
voulant, souffrant, souvent uni à lui-même par un lien sympathique et 



122 Bibliographie. 

secret. — Cette croyance se retrouve encore en récit dans nombre de 

contes populaires et en réalité dans divers usages, par exemple celui 
de planter un arbre à la naissance d'un enfant, et l'usage français (que 
le perspicace M. M. n'a pas oublié) de planter des arbres de liberté qu'on 
s'empresse de détruire, une fois tombé le régime dont ils étaient le sym- 
bole. Puis l'âme de l'arbre est conçue com.me sortant de l'arbre, vivant 
et agissant par elle-même. Ainsi se forme toute une classe de personnages 
fantastiques que M. M. réunit sous les noms d'Esprits de la végétation 
tels que « les hommes sauvages », les « dames vertes » de la Franche- 
Comté, etc. A cet ordre d'idées se rattachent les fêtes de mai, sorte de 
mystère religieux dont le sens est oublié et où les rois et reines de mai 
représentent les génies mêmes de la végétation. Cet ordre de mythe s'unit 
avec celui des mythes solaires (auxquels M. M. ne nous semble pas dans 
ce cas donner la part qui leur appartient) dans les feux de mai, et sur- 
tout de la Saint-Jean et de la Saint-Pierre. Un des chapitres les plus 
intéressants de M. M. ^au point de vue de notre recueil) est celui où 
il traite des sacrifices humains par le feu chez les Gaulois, dont parlent 
César, Strabon et Diodore. Il voit là, avec M. Liebrecht, la forme 
ancienne de feux traditionnels de nos campagnes. Bon nombre de tradi- 
tions et d'usages de France sont réunis (autant qu'il se pouvait) et com- 
mentés par M, M., tels que Valentins, dimanche des Brandons, croix de 
la Moisson, gerbe de la Passion, souche de Noël, etc. M. M. a aussi 
rapproché ici et là quelques traditions des peuples néo-celtiques. 

Le défaut des théories mythologiques est le plus souvent de vouloir 
ramener tout ou presque tout à un système ; peut-être reprochera-t-on 
à M. M. d'avoir fait entrer trop de choses dans le développement 
mythique de la nature végétative. Mais lorsque les différents systèmes 
qui ont tous une part de vrai, mettront en présence les différents moments 
de la pensée mythologique, ils se compléteront et s'éclaireront en se 
restreignant les uns les autres. La religion des premiers hommes a cer- 
tainement été complexe et ondoyante comme leur pensée même, et elle 
a reflété toutes les impressions qu'ils recevaient de la nature. Nous 
sommes persuadé qu'on finira par la reconstituer et ce sont des travaux 
comme le système grandiose de M. M. qui aideront à le faire, lors 
même qu'on n'adoptera pas toutes leurs explications de détail. La mytho- 
logie est un peu comme un miroir brisé : le premier qui en ramasse un 
fragment croit avoir l'ensemble parce que ce fragment reflète tout ce 
qu'on lui montre comme ferait le miroir entier. Mais un second en 
trouve un autre débris qui est tout aussi vrai et tout aussi fidèle. Cela 
tient à ce que, si le miroir est détruit, tous les morceaux en sont bons, 



Bibliographie. 1 2 3 

cherchons à les réunir, à les souder, nous aurons le miroir entier. De 

même, nous n'aurons plus la mythologie du soleil et de l'aurore, de 

l'éclair et du nuage, des plantes et des arbres, etc., nous aurons la 

mythologie tout entière. 

H. G. 

Contes populaires de la Grande-Bretagne, par Loys Brueyre. 
Paris, Hachette, 1875, XLviii-582 p. in-8\ 

La littérature populaire n'a pas encore été étudiée chez nous avec 
autant de zèle qu'à l'étranger. Les recueils de contes authentiques 
recueillis sur notre sol sont encore rares, et il en est d'excellents qui 
attendent encore des éditeurs. Sans être aussi riche que l'Allemagne en 
ce genre de littérature, la Grande-Bretagne a plusieurs collections de 
contes et superstitions populaires, et celle de notre collaborateur 
M. Campbell sur les Highlands d'Ecosse est un modèle de ce genre. Un 
écrivain qui tente d'intéresser noîre public à cette forme traditionnelle et 
dédaignée de la littérature, M. Loys Brueyre, a eu l'heureuse idée de 
traduire en français les contes les plus caractéristiques des recueils 
d'Outre-Manche et nous ne saurions trop recommander son livre à ceux 
de nos lecteurs qui, ne pouvant aborder les recueils originaux, voudraient 
néanmoins se renseigner sur les récits légendaires des Anglais et des 
Celtes àes Iles Britanniques. Le recueil de M. Campbell a naturellement 
fourni les principaux éléments, et après lui les récits irlandais de Kennedy 
et de Croker, le volume de Hunt pour la Cornouaille, Keightley pour 
l'Angleterre et quelques autres collecteurs ont été mis à contribution par 
M. Brueyre. Cette anthologie légendaire donne une idée assez exacte 
des récits légendaires des Celtes d'Outre-Manche; mais nous aurions 
voulu que les « récits relatifs aux héros d'Ossian « fussent plus nombreux 
et il nous semble qu'ils auraient pu être mieux choisis. M. B. accompagne 
chaque conte d'un court commentaire faisant connaître les contes et tra- 
ditions similaires d'autres peuples. Dans une intéressante introduction, 
M. B. s'est attaché à démontrer l'intérêt des contes populaires au point de 
vue de la mythologie et de l'histoire morale de l'humanité, mais nous 
craignons qu'il n'ait poussé trop loin et forcé le système séduisant 
de l'interprétation mythologique. H a esquissé en quelques pages les 
emprunts faits par les poètes anglais, et notamment par Shakespeare, 
aux traditions populaires de la Grande-Bretagne. M. B. se montre 
familier avec les sources britanniques de son sujet; notons pourtant qu'il 
présente à tort le pays de Galles' comme étant « par excellence une 
contrée où les traditions populaires se sont conservées longtemps vivaces » 



124 Bibliographie. 

(p. XVIII, cf. p. xi. Nos lecteurs savent qu'il n'en est rien. Dansunautre 

passage (p. xxxvi) M. B. parle des « triades galloises écrites du iv« au 

ix« siècle. » Nous serions curieux également de savoir à quelle source 

M, B. a pris cette tradition galloise et comique où il est question des 

« anciens druides » U/c, p. 99'. 

H. G. 

La Russie épique, étude sur les chansons héroïques de la Russie, 
traduites ou analysées pour la première fois par Alfred Rambaud, 
professeur à la faculté des lettres de Nancy, membre de plusieurs 
sociétés savantes de Russie, xv-505 p. in-8. Paris, Maisonneuve, 
1876. — Prix : 10 fr. 

« La poésie populaire de Russie, nous dit M. Rambaud, comme celle 
des autres peuples de notre race, se divise en deux grands courants. Au 
premier appartiennent les chansons d'un caractère lyrique telles que les 
koliadki ou chanson de Noël, la chanson de la nouvelle année, de l'Epi- 
phanie, de Pâques, de la Saint-Georges, de la Saint-Jean, celles qui 
célèbrent la mort de l'hiver, la naissance du printemps, le temps de la 
moisson et les autres vicissitudes de Tannée, les chansons de fiançailles 
et de mariage, les complaintes de funérailles. Au second courant appar- 
tiennent les chansons épiques, celles qui célèbrent les héros, les anciens 
purs les tsars de la Sainte Russie et les grands événements de l'histoire 
nationale. » 

Le premier courant de cette poésie populaire de la Russie a trouvé 
un historien en Occident dans M. Ralston et son beau livre The songs of 
îhe Russian People. Un des rares écrivains français qui étudient la Russie 
sans truchement, M. Rambaud, étudie aujourd'hui la partie historique, 
épique, de cette poésie. Cette étude n'est pas si étrangère à notre Revue 
qu'on le pourrait croire au premier abord, car la comparaison est aussi 
utile pour faire l'histoire et déterminer le caractère des traditions et des 
poésies populaires que pour établir les rapports et la filiation des langues. 
Sans doute il n'y a pas de comparaison directe à établir entre les ballades 
historiques vivant encore dans nos campagnes celtiques et les cantilènes 
épiques du peuple russe. M. R. explique fort bien comment l'état social 
de la Russie a conservé fidèlement dans le peuple la chanson nationale : 
c'est ainsi (que M. R. nous pardonne cette comparaison peu gracieuse, 
mais topique .') que les toundras glacées de la Sibérie ont conservé à nos 
naturalistes non pas des squelettes, mais de vrais cadavres de mam- 
mouth, comme embaumés par le froid. Mais il y a bien des points de 
rapport, qu'il est intéressant de noter, parce qu'ils montrent bien le 



Bibliographie. 1 2 5 

véritable caractère de la poésie populaire, celle qui n'a pas encore été 
retouchée par les lettrés, celle que fait et comprend le peuple. Ainsi ces 
détails de la vie moderne que les conteurs populaires mêlent sans penser 
à leur récit : par exemple lorsqu'on voit des héros écrire sur du papier 
timbré, ou encore, sur le point d'attaquer un dragon ou un géant, bra- 
quer sur lui une lunette d'approche (p. 19). Ainsi ces épithètes qui 
accompagnent invariablement certains mots (p. 27) ; ainsi ce que la 
langue russe appelle les mots rouges, c'est-à-dire les mots grossiers qui 
ne sont pas de mise dans la bonne société. Aussi en lisant dans le pre- 
mier chapitre de M. R. l'histoire de Rybnikof, battant les grands che- 
mins des régions du lac Onega, se mêlant au peuple pour écouter ses 
chansons, réussissant, par sa bonhomie, à faire causer les paysans, écri- 
vant sous la dictée des mendiants et des tailleurs, il nous semblait en- 
tendre raconter l'odyssée, à travers les campagnes bretonnes, d'un 
savant breton que nos lecteurs connaissent bien, et auquel la Bretagne 
devra d'avoir sauvé de l'oubli la meilleure partie de sa poésie populaire. 
Il nous suffit d'indiquer ces quelques rapprochements pour montrer 
l'intérêt que l'ouvrage de M. R. a par endroits pour nos lecteurs. M. R. 
a partagé la chanson héroïque de la Russie en quatre groupes : « Vépopée 
légendaire, dont les héros se rattachent à la période des origines natio- 
nales, et où l'élément historique est assez faible ; Vépopée historique, dont 
tous les personnages principaux nous sont déjà connus par les monuments 
positifs, et qui forme comme une histoire légendaire, comme les fastes 
poétiques de la Russie, depuis les premiers temps jusqu'à nos jours ; 
Vépopée qu'il a appelée adventice, parce qu'aucun de ses héros n'est né 
sur le sol russe, et qu'elle se compose de motifs empruntés plus ou moins 
directement aux épopées étrangères et renouvelée plus ou moins profon- 
dément par le génie russe ; Vépopée petiîe-russienne qui s'est développée 
dans une branche spéciale de la race russe et sous des influences histo- 
riques toutes particulières. » Cette littérature a été l'objet en Russie de 
nombreux et savants travaux. En nous résumant ces travaux dans un 
volume d'une attrayante lecture, M. R. a rendu service aux études his- 
toriques, en même temps qu'il écrivait un intéressant et curieux chapitre 
de l'histoire de la poésie héroïque et populaire '. 

H. G. 



1 . Il y a quelques théories aventureuses dans les explications et les commentaires de 
légendes et de mythes que M. R a empruntés à divers écrivains russes; voir sur ce point 
l'article que M. L. Léger a consacré à cet ouvrage dans la Revue critique du 22 avril 
1876. On trouvera d'utiles rapprochements dans le compte-rendu que M. de Puymaigre a 
donné au Polybiblion d'avril 1876, p. jjo. 



1 26 Bibliographie. 

The Celt and the Teuton in Exeter, by Thomas Kfrslake, of Bristol, 
15 p. in-S». — Saint Ewen, Bristol and the "Welsh Border 
circiter A. D. 757-926 (par le même), 38 p. in-8". Bristol, Th. Kerslake, 
1875. 

Ces deux brochures ont pour auteur M. Thomas Kerslake, le libraire érudit 
de Bristol. La première est extraite de VArchaologicat Journal, vol. XXX ; 
l'auteur, en s'appuyant principalement sur les anciennes divisions paroissiales et 
sur la nationalité des saints leurs patrons, essaie de déterminer la topographie 
d'Exeter sous la domination saxonne. Cette ville était, suivant les témoignages 
historiques, partagée entre Bretons et Saxons. — La seconde, qui est un mémoire 
lu au Congrès tenu à Bristol en 1874 par l'Association archéologique de 
Grande-Bretagne, a pour but d'enlever à notre saint Ouen, archevêque de Rouen 
au VU" siècle, le patronage d'églises de Bristol, de Gloucester et d'Hereford, 
placées sous l'invocation de « saint Ewen » et identifier ce saint Ewen avec un 
saint breton. L'argumentation de M. K. laisse place à bien des doutes, mais 
son travail n'en est pas moins intéressant au pomt de vue de l'hagiographie bre- 
tonne. 

Traditions populaires de Tarrondissement de Poligny, par M. Ch. 

Thuriet (Extrait du Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de 
Poligny). Poligny, imp. Mareschal, 1875, 32 p. in-8''. 

Cette brochure ne tient pas les promesses de son titre. M. Th. s'est borné à 
extraire des ouvrages de Monnier et quelques autres ce que ceux-ci ont donné sur 
les superstitions de l'arrondissement de Poligny. Il promet « une collection générale 
des Traditions populaires de la Franche-Comté qui formeront un recueil plus consi- 
dérable peut-être que celui qui a été publié en deux volumes in-S" par les frères 
Grimm pour les contrées de l'Allemagne qu'ils ont explorées. » M. Th. désire 
par cette première publication provoquer la coopération de ses confrères de la 
Société d'agriculture, etc. de Poligny; mais il nous semble qu'il eût été mieux 
inspiré en donnant pour prémices de son futur recueil quelque chose de 
nouveau, par exemple quelques-uns de ces contes populaires qu'il mentionne dans 
sa préface. 

Ereuna; or an investigation of the Etymons of words and names, classical 
and scriptural, through the médium of Celtic; together with some remarks on 
Hebraeo-Cehic alfnities, by a Celtophile. London, Williams and Norgate. 
Yiii-176 p. petit in-8°. 

Le titre de ce livre en dit assez l'esprit et la méthode pour qu'il soit inutile 

d'en faire la critique. 

Congal, a Poem in five books, by Samuel Ferguso.n. London, Bell and 
Daidy. 
Nous rendrons compte de cet ouvrage dans notre prochain numéro. 



PÉRIODIQUES 



Arch.eologia Cambrexsis, Jan. 1875. — This number opens with a tract 
(p. 1-17) on the history of « The Vaughans of Cors y Gedol » edited by 
Mr. W. W. E. Wynne. The same number aiso contains an able and interesting 
account of « Harlech Castle » by Mr. Wynne who is constable of the castle 
(p. 21-31). ^^^- Barnv,-ell contributes (p. !7-2i) a valuable account with 
drawings of some Radnorshire Bronze Implements «; he complains that the 
curiosities of antiquity exhibited at the annual meetings of the society when 
they return to their owners get dispersed and their history lost. The « History 
of the Lordship of Maelor Gymraeg » is continued (p. 32-53), by Mr. Lloyd 
and is interesting as usual on account of the names it contains. Then follows 
the address made by the Dean of Chestertothe Association in 1874 on « Chester 
Cathedral » (p. 54-62). Then cornes a short paper (p. 63-69) on « Moated 
Castles » contributed by a well-known authority on the subject — he subscribes 
himself G. T. C. The number contains two more articles by Mr. Barnwell: one 
(p. 70-73) entitled « The Rhosnesney Bronze Implements » and the other 
(p. 74-86) on « Pembrokeshire Cliff-Castles » (p. 74-86), which he considers 
to hâve been « the oppida, orfortified towns, of the inhabitants of thedistrict; « 
but at what time he does not say. However he compares them with those 
examined by Mr. Le Men, on the coast of Finistère. Incidentally Mr. Barnwell 
mentions « earthworks found more inland in the same county, locally known 
as raths^ a term evidently borrowed from the Irish. » Now Irish rath is pro- 
nounced rah while the Pembrokeshire word, confmed we believe to the 
English-speaking portion of the county, is raith : this together with the fact 
that raths and raiths differ in their construction makes it doubtfui whether the 
words rath and raith are related as Mr. Barnwell is inclined to think. The rest 
of the number is devoted to correspondence and original documents. 

April 1875. — The number begins with an article on « Harlech Castle », 
by G. T. G., p. loi-i 15 : this is followed by « Notes on the Archasology of 
the Wrexham Neighbourhood » by Mr. Thomas of Cefn, p. 116-125. Next 
comes an account by Mr. Wynn Williams of the « Presaddfed Urns » (p. 126- 
IJ4). Mr. Rhys concludes his list of « Welsh Words borrowed from the Glas- 
sical Languages » (p. 134-156). P. 137-145, are occupied by a valuable 
« Account of the Friary of Llanvaes, near Beaumaris, and of the Tomb of the 
Princess Joan, Daughter of King John, and Wife of LIewelyn, Prince of Wales » 



128 Périodiijues. 

by Mr. Bloxam. Next cornes «The legend of St. Curig» detailed by Mr. H.W. 
Lloyd. He dates the landing ot St. Curig near Aberystwyth « at a period of 
great antiquity, not later than, and possibly anterior, to the seventh century. » 
This we are not quite sure of, as it is hardly to be expected that his mother's 
name Julitta should become Ilid in Welsh at that date and not some form with 
th. « Notices on Watling Street », by Mr. H. L. occupy pages 1 64-1 71 — 
Cwcrgloth and gwyrgloth mean gweirglodd *a meadow' and hâve nothing di- 
rectly to do with gwyrdd 'green'. Next cornes an article entitled « The St. 
Nicholas' Cromlechs and other Remains, near CardifT «, by Mr. J. W. Lukis 
(p. 171-185). The writer is we believe a respectable archaeologist, but unfortu- 
nately this is not enough for him : he insists on etymologizing and telling his 
readers that Caer-yrfa means 'the field of arms' that inocn is the word for stone 
— in what language we hâve no idea, — and that the Hindoos worship fî/îu^Vd 
as he is pleased to call him. Altogether this article is the worst of its kind 
which it has been our lot to read iately. In the correspondence a brief attempt 
is made to correct Mr. Brash's account of the Clydai inscribed stones. As to 
Gurci an error has escaped us in our account of the Ar. Camb.; p. 420 of the 
2d volume of the Revue Celt. in the i ith line from the botton instead of « a great 
deal to say about Gurci as though it were Gurci » read « a great deal to say 
about Gurci as though it were Cura. » 

Juiy 1875. — This number opens with « Correspondence during the Great 
Rébellion » contributed by Mr. W.W. E.Wynne (p. 201-210) : he has in the 
same also a short account of an « Old Monument in Wrexham Church » 
(p. 266-268). The former is followed by a paper by Mr. Bloxam (p. 211-21 5), 
on « Sepulchral Monuments in Towyn Church, Merionethshire. » This and the 
following one (p. 215-220), by Mr. Davies of Moor Court on Roman Inscrip- 
tions at Lydney Parle, Gloucestershire » were read at the Wrexham Meeting in 
1874 — the most interesting of thèse inscriptions mentions the name of the god 
Nodens or Nudens and his temple. Next cornes a short account (p. 220-223) of 
a « Camp on the Llanllechid Hill » by Mr. Elias Owen. Mr. Lloyd continues the 
History of Maelor Gymraeg (p. 224-240)'. Mr. Wynn Williams describes 
(p. 241-245) some « Natural Antiquities » among which he gives a drawing of 
what he calls a « nature graven boulder, near LIanerch y Medd » in Anglesey : 
it looks tantalizingly iike an inscribed stone. Then comes a paper « On Pre- 
historic Remains in the Edwy Valley, Radnorshire » (p. 246-255), by a writer 
who signs himself R. W. B. This is followed (p. 255-266) by a paper by the 
late William Llewellin F. S. A. on « the Monastery of Pen Rhys, Rhondda 
Valley, Glamorganshire. » Mr. Barnwell has a short description, illustrated by 
a drawing, of « The Caergwrie Cup » occupying p. 268-274. This part of the 
number finishes with another of the papers read at the Wrexham Meeting on 
« Ofïa's Dyke » by Mr. W. Trevor Parkins (p. 275-280). In the correspon- 
dence Prof. Westwood gives his readers to understand that he is going on with 
his work on the Early Inscribed Stoms of Wales — we had almost despaired of 
it, so this intimation is most welcome. 



Périodiques. 129 

October 1875. — The first paper in this number (p. 299-306) is « On 
Pillar-Stones in Wales » by Mr. Barnwell. « The évidence » we are hère told 
« that the maenhir is or was nothing more than a tombstone, or a funeral 
monument is so extensive and so conclusive Ihat it is unnecessary to discuss 
the question. » « Correspondence during the Great Rébellion » is continued 
(p. 507-324), by Mr. Wynne, and so is the History of Maelor Gymraeg by 
Mr. Lloyd (p. 325-339). Then cornes a short article by R. W. B. on 
« Tommen Castle, Radnor Forest » (p. 339-341). This is followed by an 
account of « Excavations at Pant y Saer Cromlech, Anglesey » by Mr. Wynn 
Williams. « Twyn y Parc » is the subject of a paper by Mr. Hugh Prichard 
(p. 349-358). Next comes a brief account by Mr. Rhys of « Some of our 
Inscribed Stones » which he inspected in South Wales and Cornwall last 
September.They are nearly 50 in number and many of them new tothe readers 
of the Ar. Cambrcnsis (p. 359-371). The last article is from the pen of Mr. Gai- 
doz : its subject is « The Name of the Welsh » (p. 372-375). His account of 
the fortunes of the name are highly curious and interesting. From the corres- 
pondence we learn that Prof. Westwood and Mr. Rhys, in the course of the 
Caermarthen Meeting, visited the Parcau stone and that the Professer admits 
that Mr. Rhys is perfectly right in reading it Q^VENVENDAN- FILI 
BARCVN— . In the account of the meeting aiready referred to, we hâve the 
address of the président, the Bishop of St. David's ; it is in many respects very 
instructive and we find that he still adhères to his theory of a Gaelic occupa- 
tion of Wales. We are also rejoiced to find that Mr. Freeman laid due stress, 
in a telling speech, on the want of a reliable and critical history of Wales. 

The celtic magazine, a monthly periodical devoted to the literature, 
history, traditions, etc., of theCelt at home and abroad. Inverness, A. and W. 
Mackenzie, 57, Church street. (Mensuel, 6 pence le n"). 

La petite ville écossaise d'inverness qui possède déjà la Société Gaélique dont 
nous avons plusieurs fois parlé (voir plus haut, p. 1 1 1), vient de voir naître une 
Revue celtique, le Cdûc Magazine, fondé par MM. Alex. Mackensie et Alex. 
Macgregor. Ce recueil doit être consacré à l'histoire, à la littérature, aux anti- 
quités, aux traditions, à l'état économique et social des Gaels d'Ecosse, et il 
s'occupera occasionnellement des autres branches de la famille celtique pour les 
faire connaître au public d'Ecosse. C'est là un intéressant mais vaste programme. 
Le premier numéro contient une importante lettre de M. Campbell sur la ques- 
tion ossianique et une autre, en sens contraire, de M. Archibald Clark. Mais le 
second numéro nous fait désirer que les directeurs exercent une critique sévère 
sur ce qu'ils publient, car. à côté d'un article intéressant sur l'état de la contro- 
verse ossianique, nous trouvons un article de haute fantaisie sur les chants drui- 
diques, par M. Ch. Mackay, l'auteur de ces lettres sur les mots celtiques dans 
Shahspeare, publiées il y a quelque temps par VAthenœum. M. Ch. Mackay 
prétend expliquer par le celtique (et il entend par là le gaélique), les refrains, 
souvent sans signification, de chansons anglaises et françaises. Il nous suffira de 
Rev. Celt. III 9 



ijo Périodiques. 

dire que le refrain français La farira dondainc est expliqué par lui comme signi- 
fiant : « Jour! aurore! veille au feu sacré sur la montagne du feu! » Nous 
désirons pour l'honneur et le succès du Cdùc Magazine, qu'on ne rencontre plus 
dans ses pages de semblables élucubrations. — Le premier numéro du Cdtic 
Magazine a paru en novembre 187J. 

Beitraege zur vergleichenden SpRAcnroRSCHUNG, t. VIII, 3« livraison. 
M. Whitley Stokes y a donné ^p. 304) une nouvelle édition de ses ; Somt 
remarks on tbeCeltic additions to Curtius' Greek Etymology. M. Rhys a déjà rendu 
compte de ce travail dans la Revue celtiijue, t. II, p. 321, et j'en ai parlé moi- 
même, ibidem, p. 425. Je n'y reviendrai pas. MM.Wmdisch et Whitley Stokes, 
d'accord sur un grand nombre de points, sont divisés sur d'autres. Le temps 
n'est pas encore venu de porter un jugement définitif sur ce différend scientifique 
dans lequel les deux parties sont, d'un côté, l'héritier de Zeuss et d'Ebel, de 
l'autre, un savant irlandais qui s'est fait une place exceptionnelle par sa con- 
naissance étendue et approfondie des langues néo-celtiques. Nous n'avons qu'à 
gagner à lire et à relire les pièces de ce procès. — Les Miscellanead'Ehdip. 307) 
contiennent plusieurs observations relatives aux langues celtiques : le regrettable 
professeur admet que l'a initial de l'irlandais ainm, en breton hano « nom », est 
une lettre prosthétique telle que la lettre initiale du grec ôvojia, comme je l'ai dit 
dans les Mémoires de la Société de linguistique, t. II, p. 283, et que l'irlandais 6a, 
ôam sont le comparatif et le superlatif de oc = iaouanc = juvencus signifiant 
« jeune », doctrine que j'ai déjà soutenue dans la Revue celtique, t. II, p. 425- 
426. Enfin dans quelques lignes qu'on doit considérer comme son testament, Ebel 
recommande aux savants, qui consultent la Grammatica celtica, de ne pas oublier 
que ce volume se termine par dix-huit pages d'additions et de corrections, et 
que. si on ne tient pas compte de ces additions et de ces corrections, on s'expose 
à d'innombrables erreurs. Il termine par un supplément à ces corrections. Dans 
ce supplément nous remarquons la mention des gloses bretonnes nouvelles trou- 
vées par M. Bradshaw, bibliothécaire de Cambridge, dans l'Eutychius et l'Ovide 
d'Oxford, qui ont déjà fourni des gloses publiées dans la Gr. C.^, p. 1052-1054 
et 1054-1059. Enfin Ebel annonce que, suivant, le même M. Bradshaw, dont nous 
avons déjà eu l'occasion de signaler la capacité comme paléographe, les gloses de 
l'Eutychius d'Oxford et celles de Luxembourg, rééditées et si bien commentées 
par M. Rhys, dans la Revue celtique, t. I, p. 348, appartiennent au breton de 
France et non au dialecte gallois. Ainsi on trouve dans l'Eutychius la plus 
ancienne forme du breton prederia a avoir souci », en breton moyen prederaff: 
cette forme ancienne est ;7r£ffrû/n (perpendo). Je dois ajouter ici que M. Bradshaw, 
encouragé par l'adhésion d'Ebel, a, depuis, sous nos yeux, découvert dans un 
manuscrit de la Bibliothèque Nationale de Paris des gloses bretonnes inédites 
dont les savants du continent ne soupçonnaient pas l'existence. 

H. D'A. DE J. 

Zeistchrift fur vergleicuenden Spracuforscuung. t. XXII, dernier 



Périodiques. i ^ i 

cahier, M. Fick, p. 553, rapproche de l'irlandais loch « lac » les autres formes du 
même mot dans plusieurs langues de l'Europe. 

T. XXIII, p. 121, M. K. Verner a réuni plusieurs exemples de/ = h ou 
yu.On pourrait en rapprocher le breton armoricain finv « mouvement », en 
gallois C/1H7/, /jWc/, variante de c'hoarid « jouet », fubu variante de c'houiba 
« moucheron ». — L'étude de M. Paucker sur plusieurs suffixes latins, p. 138, 
touche à l'histoire de la dérivation dans les langues celtiques; nous citerons le 
suffixe -tas -tdtis^ en gallois -dod, en breton -dcd, et les suffixes en -llus. 

H. d'A. de J. 

Mémoires de l.v SocrÉTÉ des antiquaires de France, t. XXXV. 
i'"^ partie, p. 92. Note sur une sépulture antique, fouillée à Berru (Marne), en 
1872, par E. de Barthélémy. Quatre planches sont jointes à ce mémoire. Cette 
sépulture, évidemment antérieure à l'époque romaine, est tout particulièrement 
intéressante à cause du casque conique qu'on y a trouvé. Ce casque est aujour- 
d'hui conservé au musée de Saint-Germain. 

2" partie (bulletin). — P. 55-58, discussions sur l'art du dessin chez l'homme 
des cavernes et sur la date de l'homme des cavernes. — P. 79. M. Sansas émet 
l'hypothèse que les mots du patois gascon, qui se retrouvent en breton armori- 
cain, sont en règle générale d'origine celtique : exemple, le bordelais costuma 
« coutume » devrait s'expliquer par le breton koz « vieux » et stumm «usage». 
— P. 98, note de M. Morel sur une sépulture antique de la Marne oij un guerrier 
était enseveli avec son char : dans cette sépulture on a recueilli une coupe 
peinte d'une fabrique dont les produits sont fort communs en Toscane, en Sicile, 
en Grèce et jusqu'en Crimée; cette coupe remonte au plus tôt à l'an 250 av. 
J.-C. suivant M. de Witte. — P. 139. Réponse à M. Sansas par l'auteur du 
présent compte-rendu. — P. 151. Communication de M. Wescher sur un 
document où se trouve traduit par le grec àporpov le substantif arcpo[s\ dont le 
mot si connu arepennis paraît dérivé. 

H. d'A. de J. 

RoMANiA, T. IV, p. 253. Nouvelle étymologie d'aguilaneuf par M. Schu- 
chardt. Le même savant, p. 246, admet que l'espagnol pairol, le provençal /^f/o/ 
soit d'origine celtique : voir dans le vocabulaire comique (Gr. G.2, p. 1080), 
le mot pcr « chaudron » (cf. Bcitr., VIII, 44). — P. 358, M. Bugge propose 
une étymologie française pour le bas-breton tartouz, hartouz « mite ». Il a raison 
de dire que « goemun » est d'origine celtique, sauf un défaut de rigueur dans 
l'expression : c'est néoceltique qu'il faudrait dire. Le gallois gwymon, l'irlandais 
feamuin supposent une forme plus ancienne vêmmoni-s, qui, si elle avait pénétré 
dans la langue française par l'entremise du latin aurait reporté son accent sur la 
première syllabe et aurait été traité comme Rennes, de Rêdônes, Langres, de 
Li/jgo/ia. Gouge au contraire (p. 358-359) est bien d'origine celtique dans le 
sens précis du mot. — P. 453, nouvelle note sur le mot bas-latin cata dont il 
a été déjà question dans la Revue celticjue^ t. II, p. 139, 283. 



n2 Périodi(jues. 

T. V. P. 64. La dissertation de M.Thomsen sur le traitement d'ir et d'i latin 
en français peut donner lieu à d'intéressants rapprochements avec les langues 
néo-celtiques. — M. Storm, p. 167, aurait pu comparer à l'espagnol canasta le 
breton kanasul; p. 175, il donne sur le mot comt^ des observations intéressantes, 
auxquelles je ne trouve malheureusement rien de bien certain à ajouter : l'origine 
celtique de ce mot est vraisemblable sans avoir été jusqu'ici rigoureusement 
prouvée. H. u'A. de J. 

RoMANiA, Tome V, p. 82-107. — Contes populaires Lorrains recueillis 
dans un village du Barrois à Montiers-sur-Saulx (Vosges) ; avec des remarques 
par Emmanuel Cosquin. (Ce travail a été tiré à part en brochure). M. Cosquin 
qui avait résumé dans un article du Correspondant du 25 juin 1873, les travaux 
de M. Benley sur l'origine des contes populaires Européens, entreprend la 
publication d'une série de contes populaires recueillis dans un village de Lor- 
raine. Ce premier article contient trois contes : i* Jean de l'Ours^ forme d'un 
récit que M. C. retrouve en Allemagne, en Tyrol, en Russie, en Bretagne, 
(publié par M. Luzel, Archives des Missions, 5« sér., t. I), en Irlande (Kennedy, 
Legcndary fictions of the Irish Celts, p. 43, les Trois couronnes), chez les Avares du 
Caucas. chez les ICariaines de l'Indo-Chine, et dans le Siddhi-Kûr Kalmouk. 
2° Le Militaire avisé, analogue à quelques contes Allemands. 5° Le Roi d'Angle- 
terre et son filleul, que M. C. rapproche d'un conte grec d'Epire, du conte Bre- 
ton Trcgont-à-Baiis publié par M. Luzel dans les Archiv:s des Missions, d'un 
conte Sicilien et d'un conte Tartare. La collection de M. Cosquin doit une 
double valeur et à la fidèle simplicité du récit populaire et au commentaire dans 
lequel il montre une connaissance approfondie des recueils de contes publiés jus- 
qu'ici. Nous espérons que cet article n'est que le premier d'une publication 
spéciale ; car la collection de M. C. prendrait un long temps à passer entière 
dans la Romania. 

Ne quittons pas M. Cosquin sans signaler un article qu'il a publié dans le 
Français du i'^"' janvier 1875, sous ce titre : un conte de l'extrême Orient. C'est 
un conte des Kariaines, l'Anneau magique, qui présente de grandes analogies avec 
le conte Breton de Bihanic recueilli par M. Luzel {lac. cit.). M. C. a réuni dans 
cet article un grand nombre de contes qui traitent le même sujet; et il nous 
apprend que, depuis, il en a trouvé une nouvelle variante dans un récit du pays 
d'Akwapim, chez les Achantis (Revue géographique de Pétermann, année 18^6, 
p. 470). Il a également trouvé des récits analogues dans l'ouvrage de M. RadIofF 
sur la littérature populaire des tribus Tartares de la Sibérie méridionale, t. I, 
p. 320, et t. III, p. 395. H. G. 

Revue des Sociétés savantes des départements, 5'= série, t. VIII. P. 107, 
rapport de M. A. Bertrand constatant que des fouilles faites à l'entour et au- 
dessous de deux dolmens, près de Menerbes (Vaucluse), ont amené la décou- 
verte de nombreux ossements. — P. 110, note de M. Deschamps de Pas sur 
un atelier de l'âge de la pierre dans le Pas-de-Caiais. — P. 129 et suiv.. com- 



Périodicjues. 1 3 ] 

munications de M. Cournaut sur l'enceinte fortifiée du plateau de Tincry 
(Alsace-Lorraine), qui serait un lieu de refuge celtique. — P. 151 , note du 
même sur des torques gaulois. — P. 326, rapport de M. A. Bertrand sur les 
fouilles du Mont Beuvray (Bibraclc). — P. 328-564, compte-rendu de ces fouilles 
par M. Bulliot qui les dirige, et qui signale une foule de détails intéressants 
pour l'histoire de la civilisation gauloise. — P. 417, rapport de M. A. Ber- 
trand sur une communication de M. Liénard relative à la station de Cumières 
(Meuse), âge de la pierre. — P. 451, rapport de M. E. de Barthélémy sur 
les grottes explorées par M. de Baye dans le département de la Marne. Suit le 
texte d'une communication de M. de Baye sur ce sujet. — P. 493, rapport de 
M. Quicherat sur une épée en fer à poignée de bronze, supposée gauloise, qui a 
été trouvée à Salon (Aube). Cette poignée est ornée d'une figure humaine, fait 
jusqu'ici sans exemple. 

Sixième série, T. l. P. 104, rapport de M. Quicherat sur des communica- 
tions de M. Cournaut concernant : une couronne d'or et un bracelet d'or prove- 
nant des tumulus d'Alsace et aujourd'hui au musée de Colmar, le refuge de 
Chaté (Meuse) et un groupe de pierre qui représente un cavalier terrassant un 
personnage fantastique (musée d'Epinal). — P. 164, communication de 
M. Deloye sur un cippe inédit du musée d'Avignon où se trouve la dédicace 
ALBoniCE (cf. ALBORiGi). — P. 235, discours prononcé par M. Chabouillet à la 
séance générale des Sociétés savantes, le 3 avril 1875. Nous signalerons dans 
ce discours ce qui concerne le mot csuvius, p. 238-239, les monuments dits celti- 
ques d'Afrique, p. 24^, le temple de Mercure dumiates, p. 248-255. — P. 350, 
compte-rendu, par M. Chabouillet, des lectures faites à la section d'archéologie. On 
y remarque, p. 384-388, une savante dissertation sur Solima^Solimara et Solima- 
riaca. M. Chabouillet proteste avec raison contre la manie des étymologies chez 
des travailleurs pleins de bonne volonté, mais trop hardis, comme M. Ragon 
qui a inventé le mot gaulois iiggade, signifiant « frontière » (p. 356), comme 
M. H. Mathieu et M. Brun qui ont trouvé une étymolcgie celtique , au nom de 
la ville de Nice^ en grec >'îxaia (p. 376). 

H. d'A. de J. 

Revue Archéologique. — Janvier 1875. — P. 6-21, abbé Duchesne: Une 
invasion gauloise en Macédoine, en l'an 118 avant J.-C. (Publication d'une 
inscription grecque inédite, trouvée près de Salonique, qui fournit un nouveau 
document pour l'histoire des Gaulois Scordisques.) — P. 30-42, R. Mowat : 
Note sur un groupe d'inscriptions relatives au culte de Mercure en Gaule, 
cf. post-scriptum dans le n° de février, p. 131 ; (malgré son titre modeste de 
note, cet article est une étude approfondie où l'auteur a réuni tous les faits rela- 
tifs au culte de Mercure Arverne). —P. 52-57. H. d'Arbois de Jubainville. Les 
Tamh'ou et les Celtes. (M. d'A. de J. combat l'identification de ces deux 
peuples proposée précédemment par M. Devéria, parce que d'après lui les 
Celtes n'auraient pas traversé les Pyrénées plus de 600 ans avant notre ère ; 
ils n'auraient, par conséquent, pas pu passer en Afrique mille ans plus tôt, date 



I J4 Périodicjues. 

des monuments Egyptiens où il est question des Tamahou. Ceux-ci seraient des 
a Lybiens ». Mais que faut-il entendre par ce nom qui désigne incontestablement 
une race blonde et septentrionale étrangère à l'Afrique, et par conséquent Euro- 
péenne? Il faut aussi tenir compte des noms de fleuve de la Mauritanie identifiés 
ici même par M. Pictet comme gaulois). — P. 89. La chronique mentionne la 
découverte d'antiquités dans les terrains de l'ancienne source à Bourbonne-les- 
Bains, et entre autres une inscription BORVONI ET DAMONAE. — Février. 
P. 78. Le Men. ; l'emplacement de Vorgium, découverte de Vorgium (Carhaix); 
article important pour la géographie Gallo-Romaine de la Bretagne, avril. — 
P. 244-253. Al. Bertrand : Le Casque de Berru, (étude sur un casque récem- 
ment découvert dans une tombe probablement gauloise, remarquable par sa 
forme conique et par son ornementation). — Mai : p. 281-50J. Al. Bertrand, 
Les Gaulois, avec un post-scriptum dans le n° de juin, p. 591-394 (expose sur 
l'ethnographie et l'histoire de la race gauloise des théories que nous aurons 
l'occasion d'exposer et de discuter quand paraîtra l'ouvrage annoncé de 
M. Bertrand, Archéologie Cdiique et Gauloise. Disons dès aujourd'hui que M. B. 
apporte des faits archéologiques très-importants et dont les historiens devront 
tenir compte). — ■ P. 525-329, H. d'Arbois de Jubainville, Vasso-Galeti : (Dis- 
sertation ingénieuse sur le nom Galate^ mais qui ne prouve pas qu'on ait ce nom 
dans le terme mythologique, titre de l'article). — Juillet, p. 4-18 : H. d'Arbois 
de Jubainville : Les Celtes, les Galates, les Gaulois (observation sur l'article pré- 
cité de M. Bertrand ; l'hypothèse d'un Ambtgûtos Biturix (p. 7) nous semble peu 
vraisemblable. 11 ne nous paraît pas non plus vraisemblable que le Druidisme ait 
été apporté de Bretagne en Gaule, comme le pense M. d'A. de J. avec César. 
M. d'A. de J. traite avec détails et nombreuses citations la question du sens 
historique des mots Galli et ra),àTai.) — Septembre, p. 138-142, 0. Monte- 
lius : Les rochers sculptés de la Suède ; cet article se continue dans le n* d'oc- 
tobre, p. 205-210; articles descriptifs avec gravures. — 143-146. Paul du 
Chatellier, Tumulusde Renongat en Plovan (Finistère), reproduction de l'article 
du Bulletin Monumental mentionné plus bas. — '7'-'73j A. Castan : Les 
Déesses-Mères en Séquanie, avec gravure (note sur un morceau de sculpture 
découvert en 1875 à Besançon et représentant deux femmes où M. Castan croit 
reconnaître des Déesses-Mères). — Octobre, p. 211-223 : H. d'Arbois de 
Jubainville. Les Liguses, vulgairement dits Ligures ; ce travail se continue dans 
les n" de novembre et de décembre. Il doit former le ch. VII de la 2- partie 
d'un livre encore inédit de M. d'A. de J., intitulé les premiers habitants de l'Eu- 
rope, d'après les auteurs de rantiijuitc. — P. 246-258, Al. Bertrand : Rapport 
sur les questions Archéologiques discutées au Congrès de Stockolm; ce rapport 
se continue dans les n" de novembre et décembre, il a également été publié dans 
les Archives des missions scientifiques et littéraires (traite plus particulièrement 
des origines de la civilisation Scandinave et de la question de l'introduction des 
métaux en Europe). — P. 264. Nous trouvons dans la chronique le texte 
d'une inscription d'un autel votif, trouvé par M. Bulliot à Monthelon, près 
Autun : 



Périodiijues . 1 3 5 

DEOAPOL 

LINIGRAN 

NOAMAR 

COLITAN 

VERANVS 

TILANDE 

V S L M 
Décembre 359-J72, R. Mowat : Le temple Vasso-Galalc des Arvernes et la 
Dédicace Mercurio Vassocahti : (M. M. donne en fac-similé la lecture du nom du 
temple Arverne dans tous les manuscrits de Grégoire de Tours, et un dessin de 
l'inscription de Bittburg d'où il résulte qu'il faut lire Vassocaldi et non Vûsso- 
Galcti. M. M. émet l'hypothèse très-vraisemblable que dans Grégoire de Tours 
Vasso GâlaU est employé et compris comme nom de lieu : c'est ainsi que nous 
disons Notre-Dame, Us Petits-Pères, etc. Mais il nous semble difficile de séparer 
le Vasso-Galatc de Grégoire de Tours du Vassocaleti de l'inscription de Bittburg. 
La première forme ne peut être qu'une déformation de la seconde, par fausse 
analogie, soit chez le peuple à l'époque où écrivait Grégoire, soit chez Grégoire 
lui-même.) — P. 385-387, J. deWitte: le Dieu Tricéphale Gaulois. (Plusieurs 
monuments gaulois représentent un personnage barbu et âgé, à triple visage. 
M. de Witte le rattache au mythe de Géryon, précédemment étudié par lui.) 

H. G. 

Bulletin monumental, ou collection de mémoires sur les monuments histo- 
riques de France. Tours, Bouserez (Paris, Dumoulin). Un numéro paraît toutes 
les six semaines. Prix de l'abonnement : 1 5 fr. par an pour la France, 18 fr. 
pour l'étranger. — Cette revue est l'organe de la Société française d'Archéo- 
logie fondée par l'actif et regretté M. de Caumont ; elle est maintenant publiée 
par le nouveau directeur de la Société, M. Léon Palastre. 

S« sér., t. III (41'= de la collection), n» i. — P. 24-39 : Huart, Recueil 
d'inscriptions inédites du musée d'Arles; inscriptions funéraires de l'époque 
Gallo-Romaine. — P. 86-95, article de M. Mowat sur les Monuments épigra- 
phiijues de Bavai^ de M. Ern. Desjardins (cf. Rev. Celt., II, 256); M. Mowat 
propose quelques corrections aux lectures des marques de potier de Bavai. — 
Id., n' 2. — P. 128-134 : Huart, recueil d'inscriptions inédites du musée 
d^Arles (fin; inscriptions chrétiennes). — Id., n» 6, p. 557-568: Mowat, 
lettre à M. A. de Longpérier sur la restitution de la statue colossale de Mer- 
cure, exécutée par Zénodore pour les Arvernes (forme un utile complément aux 
articles publiés par M. Mowat dans la Revue Archcologitjae sur le culte de Mer- 
cure en Gaule). M. Mowat publie une nouvelle inscription du Mercure Arverne 
découverte il y a quelques années dans les environs de Ruremonde (Hollande; : 

MERCVRIO 

ARVERNO 
D barré. D. IRMIDIVS 

AR. PO. EV. 



1 36 Périodiques. 

Mercurio Arverno Dfecimus Irmidius ar(am) pofsuit) e(x) v(oto). L'in- 
térêt que présente le monument ne réside pas uniquement dans cette inscription. 
Trois de ses faces sont ornées de bas-reliefs que décrit M. Mowat. M. M. pense 
que l'attitude donnée au Dieu sur le bas-relief est celle de la statue faite par 
Zénodore. 

Id., n° 7. — P. 589-600 : Huart, inscriptions inédites du musée d'Arles 
(supplément; donne les inscriptions des marques de potier de ce musée). 

5« sér., t. IV (42' de la coll.), n° 2. — P. 101-1 14 : Paul Du Chatellier, 
fouilles des tumulus de Plovan (Finistère). Une des pierres formant paroi d'une 
chambre dans le tumulus de Renongat porte des figures gravées ; elle est repré- 
sentée dans une gravure. L'auteur dit à ce propos : « Cette pierre est, je crois, 
jusqu'à ce jour, la seule dans les monuments mégalithiques du Finistère qui pré- 
sente des figures gravées, et elle a cela de remarquable que, trouvée sur le lit- 
toral, elle vient confirmer l'observation faite dans le Morbihan, où on ne cite 
pas un seul dolmen éloigné de la côte sur lequel on ait remarqué des ornemen- 
tations ou des signes lapidaires. » 

La Société française d'Archéologie tient tous les ans un Congrès dans les 
différentes villes de France, et chacun de ces congrès fournit une occasion d'in- 
ventorier et d'étudier les monuments de la région, et donne lieu à un gros volume. 

Voici les principaux articles, relatifs à nos études, que renferme le volume du 
congrès de Châteauroux, tenu en 1873 : Les monuments celtiques de l'arrondis- 
sement du Blanc, par M. l'abbé Voisin. Comme beaucoup d'écrivains de pro- 
vince, l'auteur, au lieu de s'en tenir à un inventaire sobre et précis des monu- 
ments qu'il décrit, croit devoir traiter la question des monuments de pierre en 
général ! 11 y a là bien des pages inutiles). Le Bronze dans l'Ouest de l'Europe aux 
temps préhistoriques, par M. de Cessac; — des marges, mardelles ou margelles, 
par M. Guillard; — Recueil des inscriptions Gallo-Romaines des départements 
du Cher, de l'Indre, d'Indre-et-Loire, de Loir-et-Cher et de la Nièvre, par 
M. Buhot de Kersers; — Note à propos d'une statuette chinoise trouvée à 
Argenton, par M. l'abbé Voisin. Cette statuette aurait été trouvée dans des 
substruclions Gallo-Romaines (.?) ; non-seulement on n'en donne pas la représen- 
tation, mais la note de M. l'abbé Voisin ne contient pas une seule ligne de des- 
cription! Elle se borne à des considérations générales sur les relations des 
Chinois avec les Romains). Une œuvre aussi ancienne de l'art chinois serait fort 
curieuse. Une découverte de ce genre manque à VAntitjiiaire de Walter Scott. 

Le volume de la 41* session tenue à Agen et à Toulouse en 1874, contient, 
entre autres articles, les suivants : Antiquités Gallo-Romaines du département 
de Lot-et-Garonne, par M. Tholin ; — Mémoire sur les ouvrages de fortifica- 
tion des oppidum Gaulois de Murcens, d'Uxellodunum et de l'Impernal (Luzech) 
situés dans le département du Lot; — Collection de M. le baron d'Agos, à 
Tibiran , Hautes-Pyrénées (cette collection est riche en monuments épigra- 
phiques, et particulièrement en inscriptions votives). — Ce volume contient 
aussi divers articles sur les voies romaines et sur une borne milliaire de la région. 

Q^t le Directeur de la Société française d'Archéologie nous permette de lui 



Périodiijues. 1 37 

demander de donner à la fin de chacun de ces volumes une table qui permette 
de retrouver dans tout le volume les diverses classes d'antiquités y-mentionnées. 
Cette table se composerait d'articles comme : temples Gallo-Romains, statues 
de divinités, bornes milliaires, inscriptions, etc. Pour se rendre compte de ce 
que contiennent les volumes, on est forcé de les feuilleter de la première 
page à la dernière. La vie de l'érudit est courte; il faut autant que possible lui 
faciliter la besogne. H. G. 

Revue de l'Instruction publique en Belgique. — Nouv. sér., t. XVIII, 
6* livraison, p. 408-41 1. Godefroi Kurth : Quelle est l'étymologie d'Arduenna? 
— Il faut que la Grammatica Celtica n'ait pas encore pénétré en Belgique pour 
que des étymologies comme celles de M. Godefroi Kurth trouvent place dans 
un recueil aussi estimable. « Le Celtique nous offre le mot grvenn qui signifie 
marécage, flaque d'eau (sic !) et en prenant ar pour l'article, nous trouverons 
que Ardenne signifie le marais^ comme Armoriqut signifie le rivage. » Quant à 
Fagne et à Veen, M. K. les rattache directement à son gwenn « marécage. » 
Nous renvoyons l'écrivain belge à Zeuss et aux Mémoires de la Société de Lin- 
guistique. 

Bulletin de la Société d'Anthropologie de Paris, séances des 18 no- 
vembre et 2 décembre 1875 : Sur les origines des Bohémiens ou Tsiganes, les 
Tsiganes de l'âge du bronze, par M. Paul Bataillard, avec une réponse de 
M. Gabriel de Mortillet (a été tiré à part en une brochure de 48 pages in-8'', 
en vente à la librairie Leroux). Dans le cours de ses études sur les Tsiganes ou 
Bohémiens, M. Bataillard est venu à penser que ceux-ci ne sont pas arrivés 
en Europe seulement au moyen âge, comme on le croit généralement, mais qu'ils 
y existaient dès l'antiquité. Il émet l'hypothèse que ce sont peut-être eux qui 
ont introduit les métaux dans l'Europe occidentale et septentrionale. Plusieurs 
archéologues pensent que le bronze est en Europe une importation étrangère, 
l'un le faisant venir du Caucase, l'autre de l'Inde, etc. Dans l'opinion de M. B., 
c'est par l'entremise des Tsiganes que cette importation aurait eu lieu. M. B. 
donne des détails sur le commerce et les pérégrinations des Tsiganes contempo- 
rains qui sont d'autant plus intéressants que dans ce peuple resté primitif, ils 
montrent une vie nomade toute primitive, et un mode de rapports internationaux 
dont seuls ils ont conservé la tradition. H. G. 



CHRONIQJJE. 



M. Renan sur Tréguier. — M. Whitley Stokes et l'Académie d'Irlande. — 
M. Eug. Mùntz sur l'origine de l'entre-lacs irlandais. — Projet de recueil sur 
la Numismatique gauloise. — Cours de philologie celtique dans les Univer- 
sités allemandes. — La chaire de philologie galloise à l'Université d'Aberys- 
twyth. — La philologie celtique à O.xford ; — et à Edimbourg. — Les 
revenants et les gendarmes à Lanmeur. — Un académicien français sur l'île 
de Man. — Un projet de revue de mythologie française. — La bibliographie 
de la Gaule de M. Ruelle. 



Dans son n" du 15 mars 1876, la Revue des Deux-Mondes a publié, sous le 
titre de Souvenirs d'Enfance^ le Broyeur de lin, une charmante étude de mœurs 
bretonnes, signée du nom de M. Renan. C'est une bonne fortune pour les amis 
de la poésie celtique, quand l'éminent écrivain se repose de ses grands travaux 
dans le pays et dans les souvenirs de son enfance. Nos lecteurs nous sauront 
gré de reproduire ici le tableau de la ville de Tréguier : 

Tréguier, ma ville natale, est un ancien monastère fondé dans les dernières 
années du v siècle par saint Tudwal ou Tuai, un des chefs religieux de ces 
grandes émigrations qui portèrent dans la péninsule armoricaine le nom, la race 
et les institutions religieuses de l'île de Bretagne. Une forte couleur monacale 
était le trait dominant de ce christianisme britannique. 11 n'y avait pas d'évêques, 
au moins parmi les émigrés. Leur premier soin, après leur arrivée sur le sol de 
la péninsule hospitalière, dont la côte septentrionale devait être alors très-peu 
peuplée, fut d'établir de grands couvents dont l'abbé exerçait sur les populations 
environnantes la cure pastorale. Un cercle sacré d'une ou deux lieues, qu'on 
appelait le minihi, entourait le monastère et jouissait des plus précieuses 
immunités. 

Les monastères, en langue bretonne, s'appelaient pabu, du nom des moines 
(papœ). Le monastère de Tréguier s'appelait ainsi Pabu-Tual. Il fut le centre 
religieux de toute la partie de la péninsule qui s'av^ce vers le nord. Les 
monastères analogues de Saint-Paul de Léon, de Saint-Brieuc, de Saint-Malo, 
de Saint-Samson, près de Dol, jouaient sur toute la côte un rôle du même 
genre. Ils avaient, si on peut s'exprimer ainsi, leur diocèse; on ignorait com- 
plètement dans ces contrées séparées du reste de la chrétienté le pouvoir de 



Chroni(]ue. 139 

Rome et les institutions religieuses qui régnaient dans le monde latin, en parti- 
culier dans les villes gallo-romaines de Rennes et de Nantes, situées tout près 
de là. 

Quand Noménoé, au ix^ siècle, organisa pour la première fois d'une manière 
un peu régulière cette société d'émigrés à demi sauvages, et créa le duché de 
Bretagne en réunissant au pays qui parlait breton la niiUchc de Bretagne, établie 
par les carlovmgiens pour contenir les pillards de l'ouest, il sentit le besoin 
d'étendre à son duché l'organisation religieuse du reste du monde. Il voulut que 
la côte du nord eût des évèques, comme les pays de Rennes, de Nantes et de 
Vannes. Pour cela, il érigea en évèchés les grands monastères de Saint-Paul de 
Léon, de Tréguier, de Saint-Brieuc, de Saint-Malo, de Dol. Il eût bien voulu 
aussi avoir un archevêque et former ainsi une province ecclésiastique à part. On 
employa toutes les pieuses fraudes pour prouver que saint Samson avait été 
métropolitain ; mais les cadres de l'église universelle étaient déjà trop arrêtés 
pour qu'une telle intrusion pût réussir, et les nouveaux évêchés furent obligés 
de s'agréger à la province gallo-romaine la plus voisine, celle de Tours. 

Le sens de ces origines obscures se perdit avec le temps. De ce nom de Pabu- 
Tual, Pûpa-Tuûl, retrouvé, dit-on, sur d'anciens vitraux, on conclut que saint 
Tudwal avait été pape. On trouva la chose toute simple. Saint Tudwal fit le 
voyage de Rome; c'était un ecclésiastique si exemplaire que naturellement les 
cardinaux, ayant fait sa connaissance, le choisirent pour le siège vacant. De 
pareilles choses arrivent tous les jours... Les personnes pieuses de Tréguier 
étaient très-fières du pontificat de leur saint patron. Les ecclésiastiques modérés 
avouaient cependant qu'il était difficile de reconnaître dans les listes papales le 
pontife qui avant son élection s'était appelé Tudwal. 

Il se forma naturellement une petite ville autour de l'évêché ; mais la ville 
laïque, n'ayant pas d'autre raison d'être que l'église, ne se développa guère. Le 
port resta insignifiant ; il ne se constitua pas de bourgeoisie aisée. Une admi- 
rable cathédrale s'éleva vers la fin du xiii' siècle ; les couvents pullulèrent à 
partir du xvir-'. Des rues entières étaient formées des longs et hauts murs de ces 
demeures cloîtrées. L'évêché, belle construction du xvii« siècle, et quelques 
hôtels de chanoines étaient les seules maisons civilement habitables. Au bas de 
la ville, à l'entrée de la grand'rue, flanquée de constructions en tourelles, se 
groupaient quelques auberges destinées aux gens de mer. 

Ce n'est que peu de temps avant la révolution qu'une petite noblesse s'établit 
à côté de l'évêché ; elle venait en grande partie des campagnes voisines. La 
Bretagne a eu deux noblesses bien distinctes. L'une a dû son titre au roi de 
France, et a montré au plus haut degré les défauts et les qualités ordinaires de 
la noblesse française ; l'autre était d'origine celtique et vraiment bretonne. Cette 
dernière comprenait, dès l'époque de l'invasion, les chefs de paroisse, les pre- 
miers du peuple, de même race que lui, possédant par héritage le droit de 
marcher à sa tête et de le représenter. Rien de plus respectable que ce noble de 
campagne quand il restait paysan, étranger à l'intrigue et au souci de s'enrichir; 
mais quand il venait à la ville, il perdait presque toutes ses qualités, et ne 



140 Chronique. 

contribuait plus que médiocrement à l'éducation intellectuelle et morale du 
pays. 

La révolution, pour ce nid de prêtres et de moines, fut en apparence un arrêt 
de mort. Le dernier évêque de Tréguier sortit un soir par une porte de derrière 
du bois qui avoisine l'évêché et se réfugia en Angleterre. Le concordat supprima 
l'évêché , la pauvre ville décapitée n'eut pas même un sous-préfet, on lui préféra 
Lannion et Guingamp, villes plus profanes, plus bourgeoises; mais de grandes 
constructions, aménagées de façon à ne pouvoir servir qu'à une seule chose, 
reconstituent presque toujours la chose pour laquelle elles ont été faites. Au 
moral, il est permis de dire ce qui n'est pas vrai au physique : quand les creux 
d'une coquille sont très-profonds, ces creux ont le pouvoir de reformer l'animal 
qui s'y était moulé. Les immenses édifices monastiques de Tréguier se repeu- 
plèrent ; l'ancien séminaire servit à l'établissement d'un collège ecclésiastique 
très-estimé dans toute la province. Tréguier, en peu d'années, redevint ce que 
l'avait fait saint Tudwal treize cents ans auparavant, une ville tout ecclésiastique, 
étrangère au commerce, à l'industrie, un vaste monastère, où nul bruit du 
dehors ne pénétrait, où l'on appelait vanité ce que les autres hommes pour- 
suivent, et où ce que les laïques appellent chimère passait pour la seule 
réalité. 

C'est dans ce milieu que se passa mon enfance, et j'y contractai un indestruc- 
tible pli. Cette cathédrale, chef-d'œuvre de légèreté, fol essai pour réaliser en 
granit un idéal impossible, me faussa tout d'abord. Les longues heures que j'y 
passais ont été cause de ma complète incapacité pratique. Ce paradoxe architec- 
tural a fait de moi un homme chimérique, disciple de saint Tudwal, de saint 
Iltud et de saint Cadoc, dans un siècle où l'enseignement de ces saints n'a plus 
aucune application. Je contractai de bonne heure contre la bourgeoisie une anti- 
pathie instinctive, que ma raison depuis a réussi à combattre. Quand j'allais à 
Guingamp, ville plus laïque, et où j'avais des parents dans la classe moyenne, 
j'éprouvais de l'ennui et de l'embarras. Là je ne me plaisais qu'avec une pauvre 
servante à qui je lisais des contes. J'aspirais à revenir à ma vieille ville sombre, 
écrasée par sa cathédrale, mais où l'on sentait vivre une forte protestation 
contre tout ce qui est plat et banal. Je me retrouvais moi-même, quand j'avais 
revu mon haut clocher, la nef aiguë, le cloître et les tombes du xv" siècle qui y 
sont couchées : je n'étais à l'aise que dans la compagnie des morts, près de ces 
chevaliers, de ces nobles dames, dormant d'un sommeil calme, avec leurs le- 
vrettes à leurs pieds et leurs grands flambeaux de pierre à La main. 

Les environs de la ville présentaient le même caractère religieux et idéal. On y 
nageait en plein rêve, dans une atmosphère aussi mythologique au moins qu'à 
Bénarès ou à Jaguernat. L'église de Saint-Michel, d'où l'on apercevait la pleine 
mer, avait été détruite par la foudre, et il s'y passait encore des choses merveil- 
leuses. Le jeudi saint, on y conduisait les entants pour voir les cloches aller à 
Rome. On nous bandait les yeux, et alors il était beau de voir toutes les pièces 
du carillon, par ordre de grandeur, de la plus grosse à la plus petite, revêtues 
de la belle robe de dentelle brodée qu'elles portèrent le jour de leur baptême. 



Chroniijue. 141 

traverser l'air pour aller, en bourdonnant gravement, se faire bénir par le pape. 
— Vis-à-vis, de l'autre côté de la rivière, était la charmante vallée du Tromeur, 
arrosée par une ancienne divonne ou fontaine sacrée, que le christianisme sanc- 
tifia en y rattachant le culte de la Vierge. La chapelle brûla en 1828 ; elle ne 
tarda pas à être rebâtie, et l'ancienne statue fut remplacée par une autre beau- 
coup plus belle. On vit bien dans cette circonstance la fidélité qui est le fonds 
du caractère breton. La statue neuve, toute blanche et or, trônant sur l'autel 
avec ses belles coiffes neuves, ne recevait presque pas de prières; il fallut con- 
server dans un coin le tronc noir, calciné : tous les hommages allaient à celui- 
ci. En se tournant vers la Vierge neuve, on eût cru faire une infidélité à la vieille. 

Saint Yves était l'objet d'un culte encore plus populaire. Le digne patron des 
avocats est né dans le minihi de Tréguier, et sa petite église y est entourée 
d'une grande vénération. Ce défenseur des pauvres, des veuves, des orphelins, 
est devenu dans le pays le grand justicier, le redresseur de torts. En l'adjurant 
avec certaines formules, dans sa mystérieuse chapelle de Saint-Yves-de-la-Vciité, 
contre un ennemi dont on est victime, en lui disant ; « Tu étais juste de ton 
vivant, montre que tu l'es encore, » on est sûr que l'ennemi mourra dans l'année. 
Tous les délaissés sont ses pupilles. A la mort de mon père, ma mère me con- 
duisit à sa chapelle et le constitua mon tuteur. Je ne peux pas dire que le bon 
saint Yves ait merveilleusement géré mes affaires, ni surtout qu'il m'ait donné 
une remarquable entente de mes intérêts ; mais je lui dois mieux que cela ; il m'a 
donné contentement qui passe richesse et une bonne humeur naturelle qui m'a 
tenu en joie jusqu'à ce jour. 

Le mois de mai, où tombait la fête de ce saint excellent, n'était qu'une suite 
de processions au minihi; les paroisses, précédées de leurs croix processionnelles, 
se rencontraient sur les chemins ; on faisait alors embrasser les croix en signe 
d'alliance. La veille de la fête, le peuple se réunissait le soir dans l'église, et, à 
minuit, le saint étendait le bras pour bénir l'assistance prosternée ; mais, s'il 
y avait dans la foule un seul incrédule qui levât les yeux pour voir si le miracle 
était réel, le saint, justement blessé de ce soupçon, ne bougeait pas, et, par la 
faute du mécréant, personne n'était béni. — Un cierge sérieux, désintéressé, 
honnête, veillait à la conservation de ces croyances avec assez d'habileté pour 
ne pas les affaiblir et néanmoins pour ne pas trop s'y compromettre 



Dans notre avant-dernier numéro (t. II, p. 430) nous avons publié une lettre 
où M. Whitley Stokes relevait de graves erreurs dans l'édition lithographique 
du Lebor na huidre, publiée sous les auspices de l'Académie irlandaise. Un peu 
plus tard, nous recevions, mais trop tard pour l'insérer dans le n° 8, ces 
quelques lignes de Corrigenda : 

Revue Celtique II. 430. The first item of the list of corrections of the 
lithographie copy of Lebar na huidre should be omitted. The ms. has 
(erroneously, of course) ahaimside. The next item should be joenici 
(with a dolted /j not f/2oenici. Per contra, add to the list : 



142 Chroni(jue. 

69. b. 41 Facs. niassumé ms. massumé 'if it be I.' 

70. b. 42 — dorochar — dorochair 'cecidit.' 

In 69. b. 41 there is a stroke over the m as given in the facsimile ; 
but it is in quite modem ink, and should not hâve been reproduced. 

W. S. 

Ces lignes mêmes étaient composées quand nous reçûmes de l'Inde une bro- 
chure intitulée : Rcmarks on the fac-siniiUs piiblishcd by the Royal Irish Academy; 
a Lttter to the Chaïrman of the Committee of Polilc Litcrature and Antiquitics, by 
Whitley Stokes, vice-président of the Phiiological Society and honorary 
member of the German Oriental Society, 24 p. in-8°, Simia, 1875. 

C'est une réplique à une réponse faite par l'Académie d'Irlande aux critiques 
de M. Stokes publiées par la Revue Celtique. Cette réponse ne nous a pas été 
adressée, et nous n'avons pas à Paris occasion de la lire. Mais, si nous en 
jugeons par l'examen détaillé auquel l'a soumise M. Stokes, c'est une bien pauvre 
défense, et en vérité l'Académie d'Irlande ne peut, en cette circonstance, que 
plaider guilty, ou, pour parler français, elle ne peut que demander le bénéfice 
des circonstances atténuantes. 

M. Stokes avait relevé vingt erreurs dans l'édition de l'académie, et pendant 
que sa lettre paraissait à Paris il nous arrivait de l'Inde ces corngenda où 
M. Stokes retire sa critique sur le premier exemple. Il avait, dans la copie ma- 
nuscrite faite pendant son dernier séjour en Europe, confondu une correction 
conjecturale avec la reproduction fidèle du ms. L'erreur est excusable, et on peut 
seulement s'étonner qu'elle ne soit pas plus fréquente. La situation est en effet 
curieuse : c'est du fond de l'Inde qu'arrivent les corrections à l'édition faite par 
l'académie d'Irlande... d'un manuscrit de Dublin. 

Il reste dlx-neuj exemples. L'académie, ou, pour parler plus exactement, le 
comité nommé par elle pour examiner la question, admet l'erreur expressément 
dans dix et virtuellement dans quatre autres, et à part deux autres cas où il y a 
malentendu entre M. Stokes et l'Académie, il reste trois exemples seulement 
(37^,42; jitj, 33; 113e, 15) où l'académie maintient ses lectures devant les 
lectures de M. Stokes. 

On voit ce qu'il reste de cette réponse, et encore dans ces trois cas le comité 
de l'académie se borne-t-il à opposer son opinion à celle de M. Stokes. Aussi, 
pour trancher définitivement la question. M. Stokes fait-il appel à un arbitrage, 
mais à l'arbitrage de personnes compétentes, hors d'Irlande, de celtistes pa- 
léographes. « Let the committre then, dit-il, hâve photographs made (at my 
expence) of the pages of Lebor na hnldre in which thèse three occur ; let them 
send (at my expansé) a copy of each of thèse pages to Pro!"essor Ebel, 
M. Bradshaw, Chevalier Nigra, Professor Windisch, and Mr. Rhys; and let 
them agrée (as I will agrée) to be bound by the décision of thèse accomplished 
scholars. » Et dans une lettre particulière (où il ajoutait à ces noms celui de 
M. Hennessy, omis aujourd'hui parce que M. Stokes propose des arbitres non- 
irlandais) il disait de plus avec une juste fierté : « to their judgment I would 
yield — but only to theirs. » 



Chronicjue. 1 4 j 

Outre les corrections qu'il avait données comme certaines, — parce qu'il 
pouvait comparer l'édition de l'académie à sa propre copie de passages relevés 
par lui-même dans le manuscrit de Dublin, — M. Stokes en donnait deux 
autres, non vérifiées, disait-il, puisqu'il n'a pas le ms. à sa disposition dans 
l'Inde, mais que lui suggérait une lecture attentive de l'édition imprimée. A ces 
deux corrections, M. Stokes en ajoute aujourd'hui cent vingt-neuf, c'est-à-dire 
qu'il les accumule en telle abondance que la place nous manque pour les repro- 
duire ici. Au surplus, les savants spécialement intéressés à ces textes en question 
pourront se référer à cette collection d'errata que M. Stokes ajoute libéralement 
aux textes irlandais de l'Académie d'Irlande. En effet, M. Stokes termine sa 
brochure par un appendice contenant lieux cent trois corrections au fac-similé 
d'un autre ms., du Lebor Biecc, également publié par l'académie de Dublin. Encore 
remarque-t-il qu'il ne relève pas la plupart des fautes commises par les fac- 
similistes dans les mots latins! M. Stokes ne nie pas que quelqu'une des erreurs 
qu'il relève n'ait pu être commise par les vieux scribes; mais dans les mss. qu'il 
a personnellement étudiés, il a si rarement rencontré ceux-ci en faute qu'il ne 
peut mettre toutes ces erreurs à leur compte que sur le verdict d'un jury com- 
pétent. 

Une liste de vingt erreurs, publiée par M. Stokes dans notre recueil, avait 
ému l'Académie d'Irlande et, représentée par son « Comité de littérature », elle 
était descendue dans l'arène de la polémique. On voit ce qu'elle y a gagné! 



On sait à combien de théories différentes a donné lieu l'origine de l'ornemen- 
tation si curieuse qui est connue sous le nom d'entrelacs et dont les mss. irlan- 
dais et anglo-saxons nous offrent des spécimens si nombreux et si brillants. On 
lui a donné tour à tour pour berceau la Germanie, les Iles Britanniques, l'O- 
rient, etc. 

Un de nos amis, M. E. Mùntz, qui prépare une histoire des mosaïques chré- 
tiennes en Italie, nous écrit de Rome que les recherches auxquelles il se livre 
depuis longtemps sur ce problème l'ont amené à rattacher directement l'entrelacs 
des Germains ou des Celtes à l'art romain et d'une manière plus spéciale à la 
peinture en mosaïque. Dès le premier siècle de notre ère, c'est-à-dire à une date 
de beaucoup antérieure à celle des bijoux germaniques décrits par M. Linden- 
schmidt, ce motif figure à Pompéi dans plusieurs pavements en « opus verniicu- 
latum » (dans la maison du Sanglier ce pavement est encore en place). Mais il 
n'y est pas encore employé d'une manière systématique, comme il le sera plus 
tard. En effet, d'âge en âge la vogue de ce motif d'ornementation va croissant ; 
à l'époque du triomphe du christianisme il est devenu, d'un bout de l'empire à 
l'autre, l'accompagnement obligé de tous les ouvrages du genre de ceux dont il 
vient d'être question. Désormais plus de mosaïque en Italie, dans les Gaules, en 
Espagne, etc., dans laquelle n'intervienne cet ornement si singulier. On rencontre 
même des pavements qui sont composés en entier d'entrelacs et où les combi- 
naisons de lignes ne sont guère moins savantes et moins compliquées que celles 



144 Chronique. 

inventées par les caliigraphes des manuscrits de Kelis etdeDurham. Ce qui tend 
au surplus à prouver combien étaient profondes les racines par lesquelles ce style 
se rattachait à l'art romain, c'est que non-seulement on le voit se maintenir en 
Italie dans les mosaïques-pavements du moyen âge, mais encore y envahir, aux 
approches de l'ère carolingienne, un domaine bien plus considérable, la sculpture 
en pierre. 

M. Muntz a réuni à ce sujet des documents aussi nombreux que concluants 
et nous espérons qu'il traitera la question avec plus de détails dans un des pro- 
chains numéros de la Revue Ccltiijue. 



Nous empruntons au Journal officiel l'annonce suivante d'un répertoire de 
la Numismatique gauloise, dont on prépare la publication : 

« Le Ministre de l'Instruction Publique, des Cultes et des Beaux-Arts a 
décidé la publication d'un ouvrage destiné à tenir une place importante parmi 
les livres d'archéologie mis par le gouvernement français à la disposition des 
savants pour fournir à leurs études de précieux et nombreux documents. Il s'agit 
d'un recueil qui comprendra l'ensemble de la numismatique gauloise. 

« L'ouvrage projeté se composera de deux parties. La première sera le 
Catalogue raisonné et méthodique de la collection des monnaies gauloises du 
Cabinet de France, à la Bibliotnèque Nationale. Cette série est unique aujour- 
d'hui depuis qu'à l'ancien fonds sont venues se joindre d'abord la suite donnée 
par le duc de Luynes, ensuite la magnifique collection de M. de Saulcy, acquise 
en 1873 P^r un vote spécial de l'Assemblée Nationale. 

« Le Catalogue, rédigé sous la direction de M. Chabouillet, conservateur, 
par M. Muret, employé au département des Médailles et Antiques de la Biblio- 
thèque Nationale, est précédé d'une introduction dans laquelle l'auteur présente 
un essai de classification, fruit de ses propres études, qui complète les travaux 
antérieurs de MM. de Saulcy, Ch. Robert, Hucher, A. de Barthélémy, etc. Il 
est inutile d'insister ici sur l'intérêt qui s'attache à ces monuments, témoignages 
authentiques des mœurs et de la civilisation de la race gauloise dont notre 
époque cherche à reconstituer l'histoire sous son véritable jour. 

« La seconde partie comprendra un texte explicatif et de nombreux dessins 
exécutés par M. Ch. Robert, membre de l'Institut, d'après les pièces originales 
qu'il a pu retrouver. Ce recueil sera publié sous la surveillance de la commis- 
sion de la topographie des Gaules, qui compte parmi ses membres les numismates 
et les archéologues les plus spécialement versés dans la connaissance des anti- 
quités et de l'histoire des Gaulois. 

a Le Ministre fait un appel à toutes les bibliothèques, à tous les musées de 
France et de l'étranger, à tous les possesseurs de collections particulières, afin 
d'avoir connaissance des pièces qui n'existent pas dans la collection de la 
Bibliothèque Nationale, ou qui ne sont pas représentées dans les cartons de 
M. Robert. Ces monnaies viendraient ainsi, d'après de bonnes empreintes, com- 
pléter le recueil. 



Chronique. 145 

« Les renseignements ou documents devront être adressés à M. le Ministre, 
pour la division des sciences et lettres (i"'' bureau). » 



Dans les programmes des cours des Universités allemandes pour le semestre 
d'hiver 1 87 5-76, publiés par le Litcrarisches Centralblait^ nous trouvons la mention 
des deux cours suivants : 

Berlin. M. Ebel : Grammaire de l'ancien irlandais. 

Strasbourg. M. Windisch : Grammaire irlandaise. 

En ce qui concerne Berlin, la mort de M. Ebel rend vaine la promesse de ce 
programme. 



Nous avons précédemment (I, 169 et II, 287) annoncé la fondation d'une 
université galloise à Aberystwyth. Une chaire celtique vient d'être fondée à cette 
université et elle a été confiée à notre collaborateur M. D. Silvan Evans, un des 
érudits les plus distingués du pays de Galles. II était difficile de choisir un 
homme plus capable d'enseigner aux étudiants le pur gallois et de les intéresser 
à l'histoire de leur langue et de leur littérature. C'est là, en effet, comme on 
peut le penser, le but principal de l'enseignement donné dans la chaire celtique 
d'Aberystwyth, ce qui n'empêchera pas le savant professeur de faire de temps 
à autre des conférences sur les différentes branches des études celtiques. Nous 
espérons que cette activité nouvelle de M. Silvan Evans fera gagner quelques 
intéressants articles à notre recueil. 



Nous empruntons la note suivante à notre confrère d'Inverness, le Celdc 
Magazine, n* d'avril 1876, p. 168: « Dans une réunion tenue le 7 mars, il a été 
rédigé un projet de règlement en vue de pourvoir à la création d'une chaire de 
langues et de littératures celtiques à l'Université d'Oxford. Le principal et 
les agrégés du collège de Jésus (c'est le collège Gallois d'Oxford) ont offert une 
somme annuelle de 400 livres (ic,ooo fr.) : une somme additionnelle de 
100 livres C^jJ^o fr.) devrait être payée par l'Université, à moins qu'elle ne soit 
fournie d'autre part. Le règlement prévoit aussi la création du comité qui élirait 
ce professeur. Le professeur serait tenu de résider au siège de l'Université six 
mois au moins par an, du 10 octobre au 1" juillet. Le professeur devrait s'a- 
donner à l'étude des langues, littératures et antiquités celtiques, faire un cours 
et instruire sur cette matière les membres de l'Université. Il ne devra pas occu- 
per en même temps aucune autre chaire on aucun autre emploi dans l'Univer- 
sité. » Le Ccltic Magazine ajoute que la Grande-Bretagne aura bientôt deux 
chaires de philologie celtique, la propagande de M. Blackie à Edimbourg étant 
sur le point d'être couronnée de succès. 

Rev. Celt. III 10 



146 chronique. 

Nous lisons en effet dans l'i4t/!«nrfu/n du 29 avril 1876, que la souscription 
provoquée par M. Blackie pour fonder une chaire celtique à l'Université 
d'Edimbourg, monte à plus de 8,000 livres (200,000 fr.). La liste des souscrip- 
teurs commence par la reine qui s'est inscrite pour 200 livres (^,000 fr.). Dans 
une réunion du Conseil de l'Université, M. Blackie a exprimé le ferme espoir 
que la souscription atteindrait avant la fin de l'année la somme demandée de 

12,000 livres (300,000 fr.). 

* * 

Le journal que dirige à Morlaix notre ami M. Luzel, le Morlaisien, nous 
apporte, dans son n° du 6 mai, l'histoire de revenants que voici : 

« On sait que la Bretagne est la terre classique des revenants, et que les 
esprits familiers y entretiennent un commerce incessant avec les vivants. On 
raconte qu'il existe dans la ville de Lanmeur une maison, d'apparence fort res- 
pectable du reste, connue sous le nom de la maison Lavalou, et qui avait, depuis 
fort longtemps déjà, la méchante réputation d'être hantée. Il y revenait, toutes 
les nuits, assurait-on, si bien que les locataires, effrayés, avaient déguerpi, les 
uns après les autres. On avait vainement essayé tous les exorcismes imaginables 
pour détruire le sort ; rien n'y faisait. » 

Comme on le comprend, cette mauvaise réputation avait grandement déprécié 
la maison, et le propriétaire auquel son immeuble ne rapportait plus sou vaillant 
depuis longtemps , la laissait à un très-modique loyer. Cet avantage a décidé le 
conseil général du Finistère à louer la maison Lavalou, de préférence à toute 
autre, pour en faire la caserne de gendarmerie à Lanmeur. Les gens du pays se 
demandent si les revenants vont céder devant les gendarmes. Qui sait.? il y aura 
peut-être là par la suite la matière d'un tableau : La lutte du gendarme avec 
l'Esprit, pour faire pendant à la lutte de Jacob avec l'Ange. Recommandé aux 
peintres ! 

» 

Bien des fois déjà on a confondu les îles de Man et d'Anglesey dans leur 
ancienne histoire, par suite de la similitude de leurs noms anciens. Il est pour- 
tant étrange de retrouver aujourd'hui cette confusion à l'occasion du célèbre 
pont tubulaire qui réunit Anglesey au continent Gallois. L'étrangeté est plus 
grande encore quand ce quiproquo se rencontre sous la plume d'un écrivain 
français qui passe pour connaître l'Angleterre mieux qu'homme du monde et qui 
porte même un nom à moitié anglais. C'est M. John (sic) Lemoinne, membre de 
l'Académie française, qui, dans le Journal des Débats du 4 mai 1876, parlant du 
titre d'impératrice des Indes, pris par la reine Victoria, ajoute : « Toutes les 
autorités coloniales devront être nommées dans la même forme ; et mieux encore 
les îles de la Manche, et même la petite [le de Man, qui est reliée a l'Angleterre par 
un pont, ne faisant pas partie officiellement du Royaume-Uni, seront soumises à 
la même formule. » Si ce pont existait, ce serait vraiment une des merveilles du 
monde, car l'île de Man est à 50 Kilomètres du continent de la Grande-Bretagne ! 



Chronique. 147 

En rendant compte du beau livre de M. Mannhardt, nous disions plus haut 
(p. 121): « Laisserons-nous aux Allemands le soin de faire ce qui est notre 
œuvre? Nous leur devons la Grammatica Celtica ; leur devrons-nous encore la 
Mythologia Celtica? » Nous sommes heureux d'annoncer à nos lecteurs que 
l'hiver prochain verra se fonder à Paris une revue de mythologie qui s'occupera 
plus spécialement de la mythologie et du folk-lore des provinces de France, sans 
négliger le monde étranger. Sa tâche principale sera de recueillir et de publier 
tout ce qui existe en France, de traditions, légendes, contes, poésies et usages 
populaires. — Nous donnerons plus de détails sur cette entreprise dans notre 
prochain n". 



Nos lecteurs trouveront encarté dans ce n" le prospectus de la Bibliographie 
générale de la Gaule que prépare M. Ruelle. Ils savent que le manuscrit de cet 
ouvrage a été couronné par l'Institut (cf. Rev. Cclt., II, 433). Son titre seul le 
recommande aux personnes qui s'occupent d'études celtiques : ce sera pour 
elles un précieux instrument de travail. 

H. Gaidoz. 



NÉCROLOGIE 



M. Evander W. Evans, peu connu en Europe, surtout sur le continent 
d'Europe, était un celtiste éminent, comme on peut voir par quelques articles 
de philologie galloise qu'il a récemment donnés à V Archaologia Cambrensis (sur 
ces articles voir Rey. Celt., t. II, p. 134, 279 et 418). M. Evans était né en 
Galles, en 1827, à Llangyvelach, dans le comté de Giamorgan, mais il n'avait 
que cinq ans lorsque ses parents émigrèrent aux Etats-Unis, comme tant de leurs 
compatriotes. Sa vie s'est passée presque entièrement en Amérique. Elève de la 
célèbre université américaine connue sous le nom de Yale Collège, il prit l'en- 
seignement comme carrière, et il était professeur de mathématiques à l'Université 
Cornell, à Ithaque, état de New-York, quand il mourut le 22 mai 1874. 

M. Jean û'Heirne Crowe, mort le 13 décembre 1874 à Dublin, était né en 
1833 près de Gong, dans le comté de Galway, dans une des parties les pluj 
irlandaises de l'Irlande, et il parlait l'irlandais comme langue maternelle. Après 
de brillantes études à l'Université de la Reine à Belfast, il fut chargé en 1854 
ou 1855, lorsque l'on créa des chaires de littérature celtique dans les trois 
collèges de l'Université de la Reine (à Belfast, à Cork et à Galway), de la chaire 



1 48 Nécrologie. 

de Galway. Crowe remplit cet emploi jusqu'en 1863, date à laquelle ces chaires 
furent supprimées, et dès lors il vécut à Dublin de cette vie accidentée qu'on 
désigne à Paris du nom de « vie de Bohême » . Crowe était doué d'une intelligence 
vive et facile, et ses publications, encore assez rares, où M. Whitley Stokes a 
relevé plus d'une erreur, montrent qu'il aurait pu donner à son pays un érudit 
éminent si une volonté ferme avait réglé sa vie et inspiré ses travaux. Notre 
rôle d'historien véridique nous force de dire que sa fin a été analogue à celle de 
notre pauvre ami Lottner : ce sont des habitudes invétérées d'intempérance qui 
ont tué O'Beirne Crowe. Un bienveillant correspondant nous adresse la liste des 
publications de Crowe, de simples brochures pour la plupart. Nous ne con- 
naissons les deux premières que par cette liste : 

The Swan of thc Boyne, Dublin. Nous ignorons la date de cet essai, une des 
premières productions de Crowe, qui, nous dit-on, traitait de l'utilité d'une 
étude méthodique de la littérature irlandaise. 

The Calholk University and thc Irish Language, Dublin i8^. 

Sccla na Esergi, from Lebor na Uidre, wilh a literal translation, Dublin, 1865. 

Dam Liac (Duleek) ; its origin and mcaning, Dublin 1866. 

The Amra Cholum Chilli of Dallan Forgail ... with a literal translation..., 
Dublin, 1872 ; ouvrage qui devait être continué, mais que la mort de l'auteur 
laisse incomplet. 

A cette liste il faut ajouter plusieurs articles, la plupart publications de textes 
mythologiques, dans le Journal of thc Royal Historical and Archaological Associa- 
tion of Ireland de 1870 a 1874. 

Lorsque dans la précédente livraison nous imprimions ce travail de M. Ebel 
sur le Glossaire d'O Davoren, travail de forme aride, mais qui dénote une si 
merveilleuse connaissance de la littérature irlandaise, nous étions loin de penser 
que ce devait être la dernière œuvre de notre nouveau et illustre collaborateur. 
La mort de M. Ebel est un événement douloureux à bien des égards : Il est 
triste de voir un homme, longtemps confiné dans un poste de l'enseignement 
secondaire au-dessous de son mérite, disparaître au moment où justice est enfin 
rendue à son talent et quand une carrière digne de lui s'ouvre devant ses pas. 
C'est en même temps un malheur pour nos études, qui devaient tant à M. Ebel, 
de le perdre au moment où en pleine possession d'une érudition lentement 
acquise et depuis peu professeur à l'Université de Berlin, il inaugurait sur le 
continent d'Europe l'enseignement de la philologie celtique. 

M. Hermann-Guillaume Eiîel était né à Berlin, le 10 mai 1820. Ses goûts 
le portaient vers la musique, à laquelle il se serait consacré s'il n'avait dû, par 
condescendance pour sa famille, embrasser une carrière plus sérieuse. Il resta 
musicien à ses heures de loisir et composa même des morceaux de musique. 
Après avoir fait ses études classiques au Gymnase du Cloitre-Gris à Berlin, il 
étudia aux Universités de Berlin et de Halle. Il enseigna successivement dans 
deux gymnases, puis en 1852 il entra au Paedagogium du D' Beheim-Schwartz- 
bach à Ostrova, près Filehne, dans la province de Posen. Il profita de ce séjour 



Nécrologie. 149 

dans un pays slave pour se familiariser avec les langues slaves, et plusieurs arti- 
cles de philologie slave publiés par lui dans la Revue de M. Kuhn témoignent 
de ses connaissances à cet égard ; on peut aussi le voir par les pages que dans 
son édition de la Grammatka Cchlca i! a consacrées à la kratlo, introduisant dans 
la philologie celtique un terme de la philologie slave. Ce n'est du reste qu'après 
avoir abordé les différentes branches de la grammaire comparée des langues indo- 
européennes qu'il se consacra tout spécialement au celtique. 

En 1858 i! passa processeur au Progymnase' municipal de Schneidemùhl, 
également dans la province de Posen, et il occupa quatorze ans cette modeste 
situation, alors que la réputation due à ses travaux l'avait déjà fait l'égal des 
professeurs d'université. Enfin en 1873 il fut appelé à l'Université de Berlin oij 
il occupa la chaire de Bopp, la chaire de grammaire comparée des langues indo- 
européennes. Il pouvait désormais se consacrer tout entier aux études qu'il 
poursuivait depuis longtemps. C'est donc au moment o\x la science attendait le 
plus de lui qu'il a été enlevé par une mort soudaine, le 19 août 1S75, à Misdroy, 
bain de la mer Baltique, près de Stettin, où il passait ses vacances. 

A part quelques programmes de gymnase, un sur les mots d'origine étrangère 
dans la langue allemande (1856) et d'autres incorporés dans son édition de la 
Grammatka Celtka, à part cette édition même, presque tous ses travaux phi- 
lologiques ont paru dans les Revues de M. Kuhn, la Zeitschrift et les Beitrage 
fur verglckhcndi Sprachforschung. Ces recueils sont trop connus des philologues 
pour qu'il soit nécessaire de donner ici la longue liste des articles de M. E. Les plus 
anciens de ses articles celtiques ont été traduits en anglais en 1863 par M. W. 
K. Sullivan, de Dublin, et à la suite de cette traduction qui avait fait connaître 
son nom en Irlande, il avait été nommé membre honoraire de l'Académie irlan- 
daise. Mais l'œuvre principale de sa vie a été la refonte de la Grammatka Celtka 
dont M. Ebel a fait un ouvrage presque nouveau. Pour apprécier les mérites 
du nouvel éditeur, le lecteur n'a qu'à se reporter aux comptes-rendus publiés 
dans le t. I de cette revue par MM. Nigra et d'Arbois de Jubainville. M. Ebel 
laisse en manuscrit quelques travaux inédits ou inachevés, entre autres un 
dictionnaire de l'ancien irlandais; nous avons lieu de croire qu'ils seront publiés 
par des mains compétentes. 

Le Rév. J.-D. Lester, professeur au collège de Wellington à Wokingham, 
dans le Berkshire, mort le 4 décembre 1875 à l'âge de 32 ans, s'occupait avec 
ardeur de littérature et de philologie galloise, quoique n'étant pas gallois de 
naissance. Il avait écrit dans la Westminster Revkw un article sur le poète gallois 
Dafydd ap Gwilym, et il préparait une traduction en vers anglais des prin- 
cipaux morceaux de la poésie galloise. 

L'homme que M. Whitley Stokes avait si poétiquement et si justement 
appelé « l'Etoile du matin de la Philologie Celtique » {The Morning Star of 

I. On appelle en Allemagne « progymnase » un collège qui ne comprend pas les classes 
supérieures. 



1 50 Nécrologie. 

Celtic Philology), M. Adolphe Pictet est mort le 20 décembre 1875, dans la 
ville de Genève, où il était né le 11 septembre 1799 : l'étoile s'est couchée après 
avoir longtemps brillé à l'horizon. C'était un esprit ouvert aux études les plus 
diverses, aux mathématiques, à la philosophie, à la linguistique. Il avait débuté 
par l'enseignement, continué par la profession militaire, et il a terminé sa vie 
dans le culte des lettres et de la linguistique. 

Il s'était retiré de l'armée suisse avec le grade de colonel d'artillerie, et il 
avait assez approfondi la profession militaire pour écrire un ouvrage sur les 
fusées de guerre et pour apporter des perfectionnements à la fabrication des 
obus à percussion. De ses goûts littéraires, sont sortis deux ouvrages : Une 
course à Chamounix, conte fantastique (1838) et un livre d'esthétique sur le 
Beau (1856). 

Les questions Celtiques avaient attiré M, Pictet dès sa jeunesse. En 1 824, il pu- 
blia un volume du Culte des Cabires chez les anciens Irlandais, que lui-même, plus tard, 
fut le premier à vouloir oublier. Son œuvre scientifique commence avec le 
mémoire oij, en même temps que Bopp, il reconnaissait l'affinité des langues 
celtiques avec le sanscrit et les faisait rentrer dans la famille des langues Indo- 
Européennes (1838). L'apparition de la Grammatica Celtica de Zeuss renouvela 
son ardeur et il est touchant de l'entendre raconter modestement au début de 
son second essai sur les inscriptions gauloises, comment avec les matériaux et la 
méthode de Zeuss, il construisit à nouveau les bases de son instruction celtique. 
A partir de cette époque, ses principaux travaux sont des essais sur les inscrip- 
tions gauloises, et les articles d'onomatologie et de mythologie gauloises qu'il 
donnait à la Revue Archéologique. Nos lecteurs n'ont pas oublié ceux qu'il a 
donnés à notre recueil. Quand la mort l'a surpris, il préparait un grand ouvrage 
sur l'onomastique fluviale de la Gaule et des régions celtiques, pour lequel il avait 
accumulé une masse énorme de matériaux, quelques-uns fournis par notre Com- 
mission de la topographie des Gaules. Si incomplète que soit son œuvre manus- 
crite, elle n'en a pas moins une grande valeur comme collection de documents 
d'onomastique et il est bien désirable que ces documents soient confiés à 
quelque dépôt public. 

Le grand ouvrage de la carrière scientifique de M. Pictet a été ses Origines 
Indo-Europêennes (1864), grandiose essai où avec les données de la grammaire 
comparée il reconstruisait l'histoire de la civilisation Aryenne. Dans les derniers 
temps de sa vie, M. Adolphe Pictet préparait une seconde édition, ou pour 
mieux dire une refonte de cet ouvrage. Ce travail est à peu près achevé, sauf 
la préface que l'auteur voulait écrire à nouveau. 

Le goût des études celtiques n'était pas nouveau dans la famille Pictet; car 
dans les Mémoires de l'Académie Celtique du commencement de ce siècle, nous 
trouvons (t. III, p. 477), une lettre d'un M. A. Pictet, membre du Tribunal, 
adressée à M. Eloi Johanneau, secrétaire perpétuel de l'Académie Celtique. 
Dans cette lettre, datée de Genève. 10 prairial an XIII, M. A. Pictet, peut-être 
le père de notre linguiste, remerciait l'Académie de l'avoir « agrégé au nombre 
de ses membres nationaux non-résidents. » 



Nécrologie. 1 5 1 

M. Richard Rolt Brash, membre de l'Académie royale d'Irlande et de la 
Société archéologique Cambrienne, né à Cork en 18 17, mort le 18 janvier 
1876, s'occupait avec ardeur de l'architecture et de l'archéologie de l'ancienne 
Irlande, et dans divers recueils d'outre-Manche il a consacré de nombreux 
articles à ces questions. Malheureusement il s'occupait des inscriptions ogha- 
miques sans avoir en philologie des connaissances suffisamment éclairées : on 
peut voir à cet égard le jugement qui a été porté, ici même, sur plusieurs de 
ses articles de VArchceologiu Cambrensis (voir le compte-rendu des Périodiques). 
En 1874. il avait publié un ouvrage intitulé : The eccUsiastical Architecture of 
IrcLmd to the close of the twelfth Centary. 

L'Irlande perd peu à peu les hommes de cette héroïque génération qui a donné 
il y a trente ans une si vive impulsion aux études Irlandaises. Après O'Donovan, 
après Pétrie, après le D' Todd, Sir William Wilde disparaît à son tour (né 
en 1815 à Castlerea, comté de Roscommon, mort à Dublin le 19 avril 1876). 
Sir William Wilde était médecin de profession et s'était fait une brillante spé- 
cialité de l'ophthalmologie : il avait le titre « d'Oculiste de la Reine. » Mais 
en dehors de ses études professionnelles, il s'occupait avec ardeur de littérature 
et d'archéologie irlandaises. Nous ne citerons ici que celles de ses œuvres qui 
touchent à l'objet de notre Revue : Beaaties of Boyne and Blackwater 1 849 ; — 
Irish popular Superstitions (sans date ; un des plus précieux recueils de ce genre 
et depuis longtemps épuisé) ; — Catalogue of the Antiquities in the Muséum of the 
Royal Irish Acaàcmy (3 vol. 1857, 1861, 1862), ouvrage bien connu des 
archéologues et moins un catalogue qu'un traité sur les différentes classes d'an- 
tiquités qui forment le musée de l'Académie Royale d'Irlande). Sir William 
Wilde a pris une part active aux travaux du recensement en Irlande et donné 
un certain nombre d'articles aux Mémoires de l'Académie d'Irlande et au Journal 
de la Société Archéologique de Kilkenny. — Le petit volume sur les supersti- 
tions irlandaises est dédié à Speranza, pseudonyme littéraire de la femme-poète 
si distinguée à tant d'égards, qu'avait épousée Sir William Wilde. 

Nous apprenons que parmi les ouvrages laissés en manuscrit par Sir William 
Wilde se trouvent deux volumes de superstitions populaires et un quatrième 
volume du Catalogue des Antiquités du Musée de Dublin. 

A l'occasion de la mort de M. Ebel, un de nos amis d'outre-Manche nous a 
conseillé de donner une nécrologie rétrospective de Zeuss, pour qu'on trouve 
dans notre recueil des renseignements biographiques sur tous les savants qui ont 
pris part aux études celtiques depuis leur renaissance. Le manque de place 
nous empêche d'accéder aujourd'hui à ce légitime désir. Ce sera pour notre 
prochain n°, et nous donnerons en même temps une courte notice sur Gluck. 
Espérons que la mort chômera d'ici là, et que notre prochaine nécrologie sera 
purement rétrospective. H. G. 



ERRATA DU PRÉSENT NUMÉRO : 

P. 31,1. 12, au lieu de : in-mani — lire : in -mani 

— 1. 21, au lieu de : scramhain — lire : scaïamhain 

P. 32, 1. I I, au lieu de : galleamhain 'offense' — lire : gailUamhain 'offense', 
IV, 205 

— 1. 21, après : ollamhain 'instruction', — ajouter : IV, 20^ 

— !. 29, au lieu de : nid 'wood' — lire : rud 'bois', I, 266 

— I. 31, après : ruigheanas 'éclat' — ajouter : I, 264 

P. 47, dernière ligne, au lieu de : caractères ordinaires — lisez : caractères 
romains 



NOUVEAUX ERRATA DU TOME II. 

P. 360, I. I, au lieu de : de l'ouest — lire : de l'est 
P. 389, 1. 7, for 'winter' — read 'winter-tide' 

— 1. 15, after 'it' — insert 'not' 

P. 391, 1. 2, for 'this' — read 'that' 

— 1. 26, after 'amongst' — insert 'the' 

P. 393, 1. 4, for 'intercession with' — read 'beseeching of 

— I. 29, for 'go' — read 'wend to pray' 

P. 395, 1. 4 et 8, for 'grave' — read 'burial' 
P. 438, 1. 29, au lieu de : ishara — lire : ishare 
P. 439, I. 24, au lieu de : ïavapta; — lire Sauapîa; 
P. 489, note, 1. 3, for '1876', — read '187s' 
P. 491, I. 16, for 'tuba' — read 'luba' 

— !. 18, for 'Tetrach' — read 'Tcthrach' 

— 1. Tj. for 'Babds' — read 'Badbs' 

— note 2, 1. 1, for •Utrach' — read 'Uthrach' 

M. Luzel nous prie d'avertir nos lecteurs que des lectures ultérieures et des 
inductions fortement motivées, et qu'il serait trop long d'exposer dans une note, 
le portent à croire que le titre du conte qu'il a publié dans la livr. 3 de notre 
tome U, page 308 et suivantes, devrait être : Le Château de Verre, ou de Cristal, 
au lieu de : Le Château Vert. 



Le gérant : F. VIEWEG. 



Imprimerie Gouverneur, G. Daupeley à Nogent-ie-Rotrou. 



LISTE 



DES NOMS SUPPOSÉS GAULOIS 



TIRÉS DES INSCRIPTIONS'. 



L'abréviation C désigne les carnets de voyage de l'auteur ; ces carnets 
seront déposés au Musée de Saint-Germain. 



ABELLIONI (deo). Musée de Toulouse. 
Petits autels fabriqués sur la haute Ga- 
ronne. C V., p. 29, 3S, s }. 
Var. : ABELIO. 

ABIAMARCIS (Matronis), Brambach 635. 
Prusse rhénane. Village de Floisdorf. 

ABIANo etMercurio. Musée de Montpellier. 
Petit autel en terre cuite provenant de 
Substantion. C VI, p. 25. 

ABREVTVBOGIVS, père de Ivlia Bellorix, 
à Langres, chef-lieu des Lingons. Mura- 
tori, XXII, 5. — De ce nom, manifeste- 
ment gaulois, l'éditeur en a fait deux : 
ABREx-TvBOGivs. Le monument est perdu. 

ACA, fille d'Inosumotus et sœur de Dibu- 
gius, à Vienne des Allobr. Crut. DCCXVIII, 

7- 
aCAN élève une arule au dieu Xuban sur 

la rive gauche de l'Arbas. Maintenant 

au Musée de Toulouse. Cf. Hùbner. 1. H. 

L. 4974, 2. 
ACCA, femme, Hûbner. I. H. L. 2808. 

Cf. ACA. 
ACCI, ville de la Tarraconaise, auj. Guadiz. 

Les collines qui l'entourent, criblées de 

cavernes ayant servi jadis à l'extraction 



de l'or, sont maintenant occupées comme 
demeures par les habitants. Ce nom 
antique peut être rapproché de notre 
Aquitaine où diverses localités ont été 
exploitées comme mines aurifères. 

ACCO, nom d'homme au nominatif, à Gu- 
miel, en Espagne, au sud de Burgos, 
Mur. MCDLXXVIIll, 12. — Hùbn. 3771. 
Cf. ACCO. B. G. VI, 4. 

ACIONNA, divinité topique, au Musée d'Or- 
léans. Trouvé près de cette ville, à la 
source de l'Etuvée. 

V. Capillus, fils d'iUiomarus, nom de 
l'auteur du monument. C V, p. 28. 

ADALVS, nom propre. I. H. 2543. Cf. 
Adarvs. c XX, p. 30. 

ADARVS, père du Trévire C. Iulius Pri- 
mus, cavalier de l'aile Norique, Trêves. 
C XX, 30. 

Cf. ADALVS. 

ADBOGIVS, coiNAGi filius. Pétrucorien. 

Musée de Mannheim. Brambach 1230. 
ADBVCIE, sur un autel à Sirona du Musée 

de Bordeaux. C XVI, p. 13. — Cf. ad- 

BOGivs, Coinagi filius; et Adbvcillvs, 

Caes. B. C. m, 59. 



I. L'auteur a également donné dans cette liste des mots empruntés aux inscriptions 
gauloises. 



Rev. Celt. III 



I I 



Liste des noms supposés gaulois. 



154 

Ce mot est suivi de plusieurs lettres 

liées, qui permettraient de lire auuvcillvs. 

Des antiquaires de Bordeaux ont cru voir 

Adbvcietvs, mais nous ne connaissons, 

en latin ni en gaulois, aucun diminutif 

de cette forme. 
ADDO, sur un autel à Jupiter. Apporté 

d'Altripp au Musée de Spire. 

Nom d'un Gaulois ou d'un barbare de 

la rive gauche du Rhin. 
ADKBDALVS , fils d'Adianton, à Bâle. 

Mommsen lit adledvs, qui serait trop 

court de deux lettres. C X, p. 29. 
ADEITVVS, père de Borsvs. St-Bertrand 

de Comminges. Gruter DCCLXIV, i. 
ADGENNIVS, tribun légionnaire, juge, pon- 
tife et préfet des ouvriers à Nimes. Le 

nom que porte ce Gaulois romanisé est 

fort rare et tout indique qu'il a son 

origine dans la langue ancienne du pays. 
ADGENNONl (nom de femme, au datif). 

Trouvé près Novare. Mur. DCCLXXIIII, 

2. 
ADGENTll (nom d'un vicus). Argence près 

Nimes. Herzog partage cet avis. 
ADGONNA (femme). EXCINCILLA. Nimes. 

Muratori 1623, 8. 
ADlANTONl TovTio. Stèle funéraire de 

Bâle. Provenant d'Augusta Rauracorum. 

C' X, p. 29; Orelli 5060. Mommsen 284. 
ADLVCCA, femme. Muratori MCCCLllI, 6. 

Brescia. 
ADLVC... Nom d'homme tronqué. Niort. 

C Vil, p. 19. 
ADNAMATIVS, nom de famille tiré du 

celtique. Touvé sur une dalle funéraire, 

à Cologne. .4ussi à Utrecht, Br. 52; et 

au Musée de Stuttgart, Br. 1623. 
ADNAMATO (nis), nom d'homme. Carinthie. 

Gruter DXX, 4. Cf. Adnamatus. 
ADNAMTVS , ADNAM.^TVS. Mommsen, 

Mittheilungen 284. C X, p. 13, 29. 

Orelli 4983. Cassel près Mayence. Aug. 

Raur. Musée de Bâle. 
Mommsen ne connaît que la première 

leçon, probablement fautive. 
ADNAMKTVS. Sur un cippe funéraire du 

musée de Bordeaux. C XVI, p. 17. 
ADNATVS, surnom du médiomatrique Sac- 

conius. Lyon. C XXV, p. 4. 
ADNEMA, sœur de Parridivs, fils de Par- 

rion, fils d'F.xcingus, famille gauloise 

des Alpes chez les gens de Brigantium. 

Gap. 
ADNOMATVS. Viruni. Grut. 746, 2. 
ADONEICO (lovi). Milan. Orelli, 561 1. 
ADRONVS, fils de Centronvs. I. H. 

2430. 
— fils de Verotvs, 1. H. 2519. Cf. Vero- 

talus. 
ADVLVS, père de Caresvs. Sur une stèle 

funéraire du musée d'Avignon. C Xlli, 

p. 20. 



Cf. Gares, Carasus, etc. Brambach, 
230, 1863. 

ADVOCISI (génitif), potier; Mommsen, 
Insc. helv. 352, 2. 

AEDVl, AEDVS. Eduens. C" I, p. 29 V. 
Musée d'Autun. Gruter 371, 8. C XV, 
p. j. Musée de Nîmes. Orell. 5966. 

AETVRA ANDERG! f. I. H. 246J. Valença 
de Minho. 

AFLIAE (Matronae). Musée de Cologne. 
Brambach 338. C VIII, p. 16. 

AGEDILLVS. I. B. 1336, 24. Potier. Cf. 
AGIDILLVS, I. H. Iborra. 4456. 

AGEIO (ni Deo). C V, p. 42. Provient de 
Montégut sur la Neste, Hautes-Pyrénées, 
selon le cat. de Toulouse. 

AGHO (ni deo). Orelli 19(4. D'Asca, près 
Bagnères-de-Bigorre . 

AGIDILLVS. 1. H. 4456. Ebora. 

Cf. Agedillus. I. B. Camulodunum et 
Eburacum. Cf. Agedicum. Sens. 

AGIED(icum?), Musée du Louvre. 

AGIOMARVS, père de Biilla. C XVIII, 
p. 33. Saverne, Bas- Rhin. 

AGGANAICO (Jovi). Tessin. Orel. 5612. 

AHERBELSTE (Deo). Musée de Toulouse, 
provient des environs de Luchon. 

AHOISSVS. Inscript, de Rabasteins, Gers. 

Ce nom est celui du père d'un Gaulois 

aquitain qui, suivant la coutume romaine, 

porte ces noms, Caius, Octavius, Faustus. 

Ces noms étaient répétés. 

AIANANDONIS (femme, génitif). Murât. 
1516, II. Maffei 247, 5. De Torda en 
Dacie. 

AICOVINDVS (Rodez). Cf. Ascovindus 
dans H. Martin, H. de France, t. II, 
p. 144. 

Sur la stèle, conservée à l'évêché de 
Rodez, le nom rapporté ici est suivi du 
mot SvoiiciiNO qui semble dire qu'Aico- 
viNDvs était originaire du pays de Sois- 
sons. Mais l'Ascovindus historique est 
donné comme Arverne, et nous n'au- 
rions pas le droit d'identifier les deux 
personnages, lors même qu'il n'y aurait pas 
une légère différence entre les deux noms, 

AIONIS, nom d'homme (gén.). I.H. 2822. 

A-LABONTE. Station de la voie romaine 
par la Durance. Orell. 5210. 

ALARDOSSl. Nom de divinité aquitanique. 
Musée de Toulouse. Catal. n° 161; C V, 
p. 29. 

ALATEIVIAE. E.x-voto du musée de Bonn. 
C VIII, p. 33. Brambach n° 197. 

ALAVNIVM. Nom de ville sur la route 
longeant la Durance. Vases des Aquae 
ApoUinares. 

AL.WNVS (Mercurius). Musée de Mannheim. 
Brambach n° 1717. 

ALBARINO, ex-voto trouvé près le Barrou, 
entre Vaison et Carpentras. Musée de 
cette dernière ville. C XVIlI, p. 18 



Liste des noms supposés gaulois. 



ALBIAHENEHIS (datif), Musée de Cologne. 

C VllI, p. 42 V". 
ALBIAHENIS (datif), nom de Matrones du 

musée de Bonn. C VUl, p. 40 et 43. 
ALBIORIGI (marti). Autel provenant de 

Sablet, près Vaison. Musée d'Avignon. 

O XIII, p. 13. 
ALDENl (nom de femme au datif), fille de 

DoNNivs. C V, p. 46. Herzog n" 281. 

Il suppose un datif Aldeniae, qui paraît 

incompatible avec le contexte. 
ALDVOVORIX , nom d'homme séquane. 

Rome. Gruter DCCCCXV, 10. 
ALEBA (Celtifilia). I. H. 755. 
ALETANVS (Pagus). Herzog 448. 
ALETVS, nom d'homme. I. H. 7}}. Cf. 

ALETANVS. 
ALFIA LOHisi filia, BuUuca St-Bertrand 

de Comminges. Muratori 1622, 8. 
ALISANV, sur une patère dédiée par le 

Gaulois Doiros à une divinité topique de 

ce nom, trouvée aux environs de Dijon. 

Inscr. en langue gauloise. 
ALISIIA, nom de lieu, trouvé à Alise de 

Bourgogne. Cl, p. 17 v". Inscr. gau- 
loise. 
ALLEVORIX (Crappai fil.). Nimes. Gruter 

DCCLUl, 9. 
ALLOBROGES. Gruter. Fasti triumphales. 
ALLOBROX. Nimes. Mur. MCMLXXXIV, 4. 
ALORA Linusi (uxor s. filia). Nimes. Mur. 

MDCCLXXVIII, I. 
ALOVNIS (datif). Divinités topiques asso- 
ciées à Bedaius. V. ce mot. 
ALPINI, nom de peuple. Salona. Gruter 

DLXXIV, $. 
ALTIAIENSES vicani. ALZEI. Brambach 

877. 
AMBaCTHIVS, nom d'homme. Zéeland. 

Bramb. }6. 
AMBADA. 1. H. 2908, 2909. 
AMBAICVS. I. H. 2935. 
AMBATVS, A. I. H. 623, 738, 2709, 28$5, 

2856, 2853, 2948, 2950, 2951, 2956, 

3787, 4024. Gruter DCCII,7. Villar His- 

pan. 
AMBlANVS, NA. Ethnique de la cité 

d'Amiens. C XIX, p. 14. 

Ex provincia Belg. Or. 4842. Gruter 

DCCXXVI, I. 
aMBIDRABVS, nom d'homme. Gruter 520. 

Villach en Carinihie. 
AMBIMOGIDVS. Arcobriga. Murât. 2049. 

I. H. 2419. Charge d'un citoyen d'Ar- 

cobriga ? 
AMBIOMARCIS (Matronis). Brambach 646. 

Prusse rhénane. 
aMBIRENVS. luvenci filius. Rauraque. 

Orelli, 68 j 7. 
AMBIRODACV.S. I. H. 4306. Charge d'un 

citoyen d'Vxama ' 
AMBISSOV, nom propre au gén. Aiguillon, 

près Agen. Orel. 5235. 



M5 

AMBRIDIVS. Stèle funéraire du Musée de 

Nimes. C XIIII. p. 35. 
ambrVSSVM, nom de lieu, entre Nimes 

et Montpellier. Orel. 5210. 
AMMACA, nom de femme, fille de Superus. 

Zulpich. Bramb. i}&. 
AMMACIACVS fundus. Belley. C XI, p. 18. 
AMMACIVS, nom propre sur un autel à la 

déesse Néhalennia. Musée de Leyde. 

Brambach 37. C VIII, p. 3. 
AMMAIA, nom d'un municipe, trouvé à 

l'ortalègre, mvnicip. ammai. I. H. 158. 

— Surnom d'une Ivlia trouvée à Lisbonne. 
I. H. 5002. 

AMMAVA (Vlpia). Brambach, 130. 
AMMAVSIVS, nom d'homme, trouvé à 

Birken sur le vieux Rhin. Brambach 211. 
AMMILLA, LOiivsi filia. Chez M. Gaillard, 

à Sens. Catal. du musée, p. 33. 

— trouvée à Oppenheim, au-dessus de la 
source sulfureuse de Sirona. Br. 917. 

AMMINVS, fils d'ANDAiTiA. Cappignia Lu- 

sitanie. 1. H. 454. 
AMMIA, mère d'un Iulius. A Belley. 
AMMIVS, citoyen ambien, au Musée de 

Bordeaux. C XIX, p. 14. 

— Surnom d'un Octavius découvert dans 
l'île de Walcheren. Brambach, 26. 

AMMO, nom propre d'homme, au nomi- 
natif. I. H. 2797. 

AMVRO, nom propre d'homme. Carniole. 
Crut. 7j8, ! I. 

ANAELVESVS, père de Citusmus. C XXI, 

P- ?• ... 

ANAREVITIEOS, nom pr. Inscription de 

Novarre, 8= ligne. C XI, p. 7. 

ANAVO, nom de femme au nominatif. 
Luxembourg. Gruter 732, 7. 

ANCONDEI, nom de peuple. I. H. 2J20. 

ANDAITIA, père d'AMMiNvs. I. H. 454. 

andangianivs. Sens, c II, p. 57. 

ANDARTA (dea). Die. Orelli 1958. Mes 
copies d'après desestampagesduD'Long. 
C XII, p. 20, 21. 

D"' Long, Mém., p. 382. 
Herzog, n° 465. Long a fourni sept 
mon. de la déesse andarta des Vo- 
conces. 

ANDEBROCIRIX. Surnom de femme sé- 
quane, inhumée à Vienne (Isère). Gruter 
921, 2. 

andecamvlenses , nom de peuple. 
Rançon. Orel. 1804. Crut. 112,6. 

ANDEDVNIS (génitif). Nom d'homme. 
Orelli J407. 

ANDELOnenses, d'une ville de Navarre. I. 
H. 2963. 

ANDERE, fille d'ANNivs, fils de Donohox 
et de Calva, fille de Cassillvs. Prove- 
nant de Martres-Tolosanes. Musée de 
Toulouse. C V, p. 46. 

ANDERGVS (nom d'homme). Valença do 
Minho. I. H. 2465. Cf. Inderca. 



IS6 



Liste des noms supposés gaulois. 



ANDREINE. 1. H. 902 

ANDERESENE, femme de Berhaxs. Musée 

de Toulouse. Provenant de Barcougnas- 

Bagnères-de-Luchon. Cat. 169. 
ANDEREX, femme de Socondannos (gén. 

ssis). Vallée d'OneiljVillagedeCaoubreras. 

Présentement à Luchon. C. XXI, p. 26. 
ANDERONI (lOVi). I. H. 2598. 
ANDES, nom d'homme. Cives Raetinio, 

Dalmatie. Orel. 5270. 
ANDETRIENSES. Brambach 1088. Alias 

ANDERIENSES. 

ANDETRIVM, ville. Ab salonis Andktrivm 
viam Gabinianam aperuit (Tiberius). 
Orelli J276. 

ANDICCVS , surnom d'un Iulius de la 
Narbonaise. 

ANDIOVRVS, père de Muranus, citoyen 
sequane. Bramb. 1525. 

ANDOBLaTO, nom de femme, au nomi- 
natif. Milan. Orelli 6854. 

AND0LAT1VS (C). Gentil. Nimes. G" XIV, 
p. 40 v°. 

Autel à Nemavsvs élevé par le Gaulois 
romanisé andolativs. 

ANDOROVRI. Vezenobre près Anduze. 
Herzog. épig. n" 263. 

ANDOSSIO, fils de Salisius (datif). Gruter 
668, 2. 

ANDOSSVS, fils de PiANDOssoNNivs. Musée 
de Toulouse. C' V, p. 39. St. Bertrand. 
Gruter DCCLXllll, i. 
Surnom d'Hercule. Orell. 5916. 

aNDOSTEMVI (génitifj. Saint-Bertrand. 
Gruter DCCLXllll, i. 

ANDOSTEN, fils de Licinius. Musée de 
Toulouse, provenant de Cier-de-Rivière. 
C V, p. 50. 

ANDOVARTONI , datif. Milan. Gruter 
8j9, 6. 

ANDOXPONNI, datif. Saint-Bertrand de 
Comminges. Muratori MCCCII, j. 

ANDOXVS. Musée de Toulouse, provenant 
de Melles. C v, p. 42. 

ANDRADA, de Tord a , en Dacie. Mur. 
MDXVI, II. 

ANDRVSTEHIAE Matron. Musée de Colo- 
gne. C VIll, p. 14. 

ANDVS, fils de Bellaisis. Toulouse, prove- 
nant de Can. C V, p. 44. 

ANDVSIA (Anduze), nom de ville, écrit 
avec plusieurs autres sur la base d'une 
colonnette. Nimes, Musée. C XIV, p. 10. 

ANNAIVS DAVERZEvs, fils de Prava, soldat 
de la 4" cohorte des Dalmates. Bramb. 
742. 

ANNAVS, nom d'homme, fils d'Osedavon. 
de la cité des Bétases , cavalier de 
l'aile II Flavia. Bramb. 981 .C X, p.i s . 
Un Nervien, dans Bramb. 937, s'ap- 
pelle ANNAi au génitif. 

ANNICO, nom de femme, au nominatif, 
fille de Mogillon. Nimes. C XV, p. :4. 



ANNO (nom d'homme, 1°' cas). 1. H. 

2752. 
ANOKOBOKIOS, Inscription gauloise de 

Novare ; moulage au Musée de Saint- 
Germain. C XI, p. 7, 1. s. 
ANTELVS, Eburon. Musée de Wiesbaden. 

Brambach 90 s. 
ANTVBEL, surnom de Bovxivs. I. H. 7(6. 
ANTVLLVS, I. H. 1205, 1301, 1727, 

1728, 1426. 
— fils de Combuoouatus à Mâcon. C IV, 

p. 38. 
ANTVNNACVM. Ville sur la rive gauche 

du Rhin. Orel S236. Milliaire de Ton- 

gres, maintenant au Musée de Bruxelles. 
ANVALONNACV, datif d'un nom divin 

mentionné sur une inscription en langue 

gauloise. Autun. C I, p. 30. 
APA, nom d'homme. Fréjus. Orell. 3583. 

V. Appa. 
APEMANTVS. Rome. Muratori, MCDLI, 

10. 
APPA, père d'Ambata. I. H. 2950. 
APPENNINO (lov. OPT. MAX.). Rusicade. 

Orell. $613. 
APTA(Apt). Aquae apoU. Orell. j2io. 
ARAICA, fille d'Araius. 1. H. 2952. 
ARAIVS, nom d'homme, père d'ARAicA. 

I. H. 29J2. 

ARAMICI (Nautae). Avenche. C X, p. 47. 

ARANDONICI. Environs de Nimes. Plâtre 
du Musée de Saint-Germain envoyé par 
M. Aurès. 

ARAR (La Saône). Il semble, d'après Amm. 
Marcellin, que la Saône, en latin Sau- 
conna, serait le véritable nom gaulois de 
cette rivière, et Arar le nom scientifique 
donné par les Grecs. 

ARARDVS (Deus). St-Béat. Orell. 1959. 

ARAVRICA. Stèle funéraire trouvée à Mun- 
zath, transportée à Bâle. C X, p. 28. 

ARAVSA, nom d'homme. I. H. 2600. Cf. 
Arausia. 

ARAVSIO (Orange). Nimes. Orell. 5231. 
C XIV, p. 3. 

ARBA, île dalmate. Orelli $275. 

ARCISVS, ARENTERi filius. I. H. 753, 
2420. 

ARDA. Apparitor ad Forum Segusiavorum. 
O XXIV, p. 7. 

ARD.^CIS (génitif), potier; Musée de Bâle. 

ARDBINNA (Dea). Brambach, ^89. «Ce 
monument a été trouvé en février 1859, 
sur le côté droit de ia grande route 
allant de Dûren à Montjoie, dans le voi- 
sinage de la paroisse de Gey. La distance 
du lieu de la découverte à la grande route 
est d'environ 200 pas et au village de Gey 
susdit d'à peu près 8 minutes. » Brann, 
chez les Jésuites de Bonn, avec lequel est 
tout-à-fait d'accord un dessin manuscrit 
donné à Brambach par un Père de cet 
ordre. 



Liste des noms supposés gaulois. 



ARDOlNNA. Cives Sabinus, Remus. Rome. 

Orell. i960. 
ARELATA (Arles). Aquae ApoU. Orell. 

$210. 

ARENTERVS (Aletifil.). I. H. 735. 
AREOBINDVS, sur un dyptique consulaire; 

Mommsen. Inscr. helv. 54-» ^■ 
ARETE, druis Antistita. Metz. Orell. 2200. 
ARGIOTALVS Smertulitani filius, Namnis. 

Orelli 188. Mannheim. Bramb. 891. 
ARIOMANVS, iLiATi filius, Boius. Gruter 

670, }. 
ARIONI, nom d'homme , datif. Gruter 

764, 4- 
ARISTOI DELITES, fils de Regalis. Musée 
- de Langres. C XII, p. 37. 
ARNALIA, surnom de Minerve. Autun. 

Orell. 1961, 1962. 
ARNEMETICI. Environs de Nimes. Plâtre 

envoyé au Musée de Saint-Germain par 

M. Aurès. 
ARPENINO (deo). Musée de Toulouse. 

Orell. J872. 
ARRAEDO (nom d'homme, i" cas). I. H. 

2826. 
ARRAGENVS. Gaulois ou Lusitanien trouvé 

à Cologne, présentement au Musée de 

cette ville. C vm, p. 20. 
ARRO (nom d'homme au nominatif). I. H. 

273$. 
ARRONIDAECI, ethnique pluriel. 1. H. 

2097. 
ARSACIS (Matribus) Cisalpine, Orell. 2094, 

loco incerto. 
ARTIONI(Deae).Muséede Berne. Mommsen, 

215. 
ARVAGASTAE (Matronae). Miiddersheim, 

5 lieues de Cologne, Brambach 590. 
ARVATIVS, surnom d'un Batave. Brambach 

I $ 17- Cf. Arvagastae. 
ARVBIANO (lOVI). Monaco. Orell. J614, 

V. BEDAIO. 
ARVERNVS, nom de peuple donné au 

Mercure du Puy-de-Dôme. C VIII , 

p. 44. C VIII, p. 4S. C XXV, p. 4. 

Brambach, 256, 257, S9?7 '74'; add. 

J029. Merc. Arver. Noric. trouvé à 

Miltemberg sur le Mein, Orell. $875. 
ARVRA.NCI (Nautae) et aramici. Le pre- 
mier de ces deux noms semble répondre 

à Varurensis regio ; le deuxième manque 

jusqu'ici d'explication. Momms. Mitthei- 

lung. 182. 
ARVRENSIS (Regio). Musée de Berne, 

statuette, p. III et p. 53 du livret. 
ASANEKOTl. Inscr. gauloise de Novare; 

moulage du Musée de Saint-Germain. 

C XI, p. 7, 1. 7. 
ASCATTINIVS RASVCO. Zél. Br. 48. 
ASERGNEHAE (Matron.). Blankenheim. 

Orel. 2082. 
ASIRIO (nis), Gaulois, fils d'Asirius. Calvi. 

Maffei, CCCCLXXV, 9. 



"57 

ASIRIVS. Calvi. MaflFei CCCCLXXV, 9. 
aSSENIO (nis), père de Scenus. Brambach, 

743- 
ASTOILVNNO (deo). St-Béat. Orell. 1962. 
ASVIO ? (us, a). Ce nom se trouve aux 

musées d'Arles et de Nimes. A Nimes il 

est accompagné de noms d'un caractère 

gaulois, ex IV, p. 10 v. C XVIII, p. 2. 
ATAECINA PROSERPINA (DEA). I. H. 

462. 
ATAEVORTVS, père de Curita. Celeia : 

Gruter, 733, i. 
ATEBODVVS Vercombogi filius. Gruter, 

758, II : Garnie. 
ATDC... V. Ebucius. Bordeaux. C. XVI, p. 

27- 

ATECINGVS. Milan. Orelli 68s4. 

ATEGNATA AMVRONIS f. , M.\LS0N1S f. 

Gruter, 758, 11, Carniole; id., 763, 6. 
Styrie. 

ATLGNIA. Nom d'homme, père de Meddu- 
gnatus. Musée d'Epinal : Mur. MLXXXII, 
d'après une copie très -incorrecte de Bi- 
mard. — C XXI, p. i. 

ATEPILLA. Nom d'homme sur une dalle 
funéraire du musée de Nimes. C XIV, 
p. 10. 

.\TEP. ATEPOM\, potier; trouvé dans les 
jardins du palais du Luxembourg. Grivaud 
de la Vincelle. — Id. à Launeren^ prés 
Lausanne; Inscr. helv. p. 92. 

ATEPO (ni). Nom d'homme. Brambach, 
858. 

ATEPOMARI, gén. masc. Narbonne, Gruter, 
1046, 9. 

.\T1IP0M,\RVS, sur une dalle trouvée à 
Paris; Musée archéol. T. I, p. 34. 

ATEPONIS. Nom d'homme au génitif. 
Apt, Murât. MCCLVI1I,2. Nimes, Murât. 
MCCLXXXI, 6. 

ATERTA, fille de Sanuacus, tombe autel, 
de Bordeaux. C XVI, p. 33. 

ATESMERIO, nom de divinité, sur une base 
en bronze trouvée à Meaux ; Alm. de 
Seine-et-Marne, 1874, p. 82. 

ATESPATVS (Liviae Augustae). Bronze au 
Louvre, dessiné par moi en estampage. 
Même nom sur le buste d'Auguste. Il est 
fils de Crixius. 

Ces bustes ont été faits du vivant des 
personnages. Ainsi les types de lettres 
et les points appartiennent aux premières 
années de l'empire, et peuvent vraisem- 
blablement remonter aux années anté- 
rieures. 

ATESSAS (-atis). Dalle funéraire du musée 
de Nimes. Nom d'homme. C XIV, p. 10, 
p. 2. Orelli S242. Bramb. 1023, 1312. 

ATEVLA. Tombe plate, cadre orné de 
feuillures , du Musée de Bordeaux. C 
XVI, p. 32. 

Fils de Sollius à Naix. Rém. 37. 11. 

ATEVRITVS. Gruter, LU, 10 



158 



Liste des noms supposés gaulois. 



ATGETIS, C XVlll, p. 3. 

ATHVBODVA. Taninges (Haute-Savoie). 
Moulage à Saint-Germain. C Vil, p. 44. 
— C'est l'inscription où M. Picteta réta- 
bli hypotliétiquement Cathubodua. 

ATIOXTVS. Tombe de femme du Musée de 
Bordeaux. C XVI, p. 8. 

M. Sansas donne une ATIOXTA p. 19, 
notes. 

ATISMARA.Spon.Hist.deGenève.Orel.259. 

ATOCISSA. Brambach, 1876. 

ATRANTI (Augusto). Goritz sur l'isonzo, 
Illyrie. Orelli 5876. 

ATREBATES. peuple de la Gaule-Belgique. 
Milliaire de Tongrcs, Musée de Bru- 
xelles. G' II, p. 27 v°. 

ATRECTVS, surnom du magister Macirivs 
(du vicus honoris), qui avec plusieurs 
autres Gaulois d'origine, éleva un autel 
à Jupiter en l'honneur de la Maison im- 
périale. 

C'est aussi l'un des noms d'une longue 
liste gauloise trouvée dans le cercle de 
Trêves et donnée par Brambach, n" 825 . 

ATREGTIVS. Cassel. Orell. 4985. 

ATTAE. Surnom des Nymphes d'Apt. Petit 
autel provenant d'Apt, au musée d'Avi- 
gnon. C' XIII, p. 21. 

ATTILLVS. Brambach, 825, !?42- 

ATTO, fils de TOTIA LALLA. C XX, p. 27. 
Brambach, 825. Id., 91$. Ibid. 1769. 
V. les autres noms Attonia Salmanicco 
(P) Carantvs. 

ATTVCIVS viCTissvs.C XX. p. 26. 

ATTVRVS Matti filius. Brambach, 182^ 

ATTVS. Musée de Bonn. Bram. 760. 

ATTVSIOLA. Affranchie , sur une stèle 
funéraire du Musée de Bordeaux. C XIX, 
p. 13. 

ATVNS, nom de f% fille de IVNNA, f' de 
lumma. 

ATVRITA. Stèle funéraire du Musée de 
Bordeaux. C XVI, p. 16. 

ATVRO. Neuwied, Orel. 988. Bramb. 692. 

ATVSIRVS. Grande tombe d'un naute du 
Rhin, du Musée de Mayence, trouvée à 
Weisenau. C X, p, 6. Bramb. 939. 

AVCTOMARVS, père de Magirus. Gruter, 

AVDERIENSES. Gruter, Mayence, 469, 5. 

AVENNIENSES. Nom ethnique des habi- 
tants d'Avignon, sur un fragment de 
bloc. G' XIV, p. 30, Musée de Nimes. 

aVENTIA (dea). C X, p. 45 et 4$ v. 
Murs du château de Villars, près Morat. 

AVENTICVM. Soleure, b" m"', X, 48. 

AVENTICVM. G' X, p. 30, 48. 

AVETA, fille de Cintugena. Stèle funéraire 
du Musée de Bordeaux, provenant des 
anciens murs de la ville. C XIX, p. 2. 

M. Sansas, notes, cite trois autres ins- 
criptions bordelaises portant le même nom 
Aveta. 



AVFANIAE (Matronae). Musée de Nimégue. 
Autel trouvé en 1628, à environ un 
demi mille romain, sur le bord du Wahal, 
au-dessous de la ville. C' IX, p. 29. 

Musée de Cologne, C VIII, p. 17 y 
(avfanib). 

Musée de Bonn. Trouvé sur la route 
entre Commern et Zulpich. 

Musée de Lyon. Avfanis Matronis et 
Matribus Pannoniorum et Dalmatarum. 

AVICANTO deo. Nimes. Orell. 2933. 

AVITIANOMARE. Sur une des faces laté- 
rales d'une stèle funéraire portant sur sa 
face antérieure ce reste d'inscription 
FiLiA, ce qui donne lieu de croire que 
la défunte était fille du gaulois Avitiano- 
MARE. Musée de Dijon, C. I, p. 27. 

AVLERCI EBVR. .. Musée de Limoges. C II, 
p. 26. 

AVMENAHENAE, surnom de matrones au 
Musée de Cologne. C VIII, p. 19, 
Brambach, 343, lit lENAE au lieu de 
HENAE. 

AVSVCIATES, pagus entre Milan et les 
trois lacs (pago Ossuccio). 

AVSVS, père de Vostrvs. Stèle funéraire 
trouvée à Lisieux , boulevard Pont- 
l'Évêque, maintenant au Musée de Caen. 
C III, p. 14. 

AVTESSIODVRVS , ville des Senones. 
Orelli 5215, trouvée à Auxerre. C I, 
p. 30 et 46. 

AVTVNNACVM. Voyez ANT. 

AXILLIVS, l'un des habitants du Vicus 
Voglannionum, qui y firent réparer à 
leurs frais un fourneau de cuisine. Trouvé 
au village de Pallien sur la route de 
Trêves à Liège. Brambach 796 et C 
XX, p. 28. 

AXIONN, père de Hannaxvs. Haut Com- 
minge. Musée de Toulouse. G' V, p. 40. 

AXSILLIVS AViTus sive Sacrvna. Sur un 
autel au Génie des arénaires, trouvé à 
Trêves. C XX, p. 31. 

AXSINGINEHAE, Matrones du Musée de 
Cologne. C VIII, p. 13. 

AXTAC, mot gaulois tiré d'une inscription 
sur bronze trouvée au Vieil-Evreux. C III, 
p. 1 3 v°. 

AXVLA, fille de Cmtugenus. Niche avec 
figure en pied de jeune fille. Bordeaux, 
G" XVI, p. 6. 

AXVRI (Jovi). Gadienses, v. s. L. M. 
Herzog, 446. Trouvé sur le territoire de 
Mirbel entre les villes de Vaison et de 
Nyons. 

AZALII, peuple de Pannonie, gouverné par 
le commandant de la cohorte I" des Nori- 
ques, en même temps préfet de la rive 
du Danube, et des cités Boienne et Aza- 
lienne. — Voir Gruter CCCCXC, 2. 

Les Boïens étant Gaulois, et les Aza- 
liens tout près d'eux sur la rive du 



Liste des noms supposés gaulois. 



Danube, l'élément gaulois se prolongeant 
d'ailleurs beaucoup plus loin le long de 
ce fleuve, on est porté à considérer ces 
Azaliens comme indubitablement Gaulois 
eux-mêmes. 

BACONI (Deo). Chalon-sur-Saône. C XV, 

P- 25. 
BACVRDO (sacrum). Cologne. Crut. 
LXXXVI, 9, 10. Bramb. 385, }86. 
Deux autels qui n'existent plus. 
BAESERTE (Deo). Par Tarbelex, fils de 
Harsvs. Musée de Toulouse. C V, p. (2. 
BAESISCERIS (génitif). Oreto. I. H. 
P. Baebius Venustus. 
P. Baebi Veneti filius. 
P. Baebi Baesiscbris nepos, Oreta- 
nus. 
Pline (j, }, 25) dit que les Oretans 
étaient surnommés Germains, comme 
étant d'origine celtique. 
BAETERRAE (septimanorum). Aq. Apoll. 
Orell. J2I0. Musée de Mayence. C X, 
p. 2j. Bramb. BaE. 1153. 
BAETESIVS. In villa Pamphilia. Orelli, 

7420 3 77. 

BAICORRICO (Deo). Musée de Toulouse. 
C V, p. 40. 

BAIGORIXO (Deo). Musée de Toulouse. C 
V, p. 3 5 . Trouvé dans l'arrondissement 
de St-Gaudens,oii une localité se nomme 
Baigori. 

BANDIARBARIAICVS (Deus). I. H., 454. 

BANDVA (Deus). I. H. 2498. 

BANIO (femme, au nominatif), fille de Cu- 
calon. Orel. 4903. Trouvé dans le vil- 
lage d'Ossuccio, près Milan. 

BANIRA (divinité topique). Sur un ex-voto, 
à Malley, demi-lieue ouest de Lausanne ; 
aujourd'hui au Musée de cette ville. C 
X, p. 32. 

BANONA, surnom d'une Claudia. Styrie, 
Gratz, Gruter, 763 , 6. Tombeau de 
famille où la plupart des noms sont 
Gaulois. 

BANTVRO surnom d'un Carassounius, sur 
une stèle existant à Bâle. C X, p. 26. 
Mommsen et Orelli sont d'accord pour 
écrire Pantvro, par un p, ce nom où 
j'ai vu un b. 

BANVCa, femme de samavs. fille de ma- 
ciAcvs. Orel. 4900. 

BAMB!X,fils de Sorus. Musée de Toulouse. 
C V. p. 33; ibid., ib., p. 36; affranchi 
de Publius. 

BARDOMAG..., vicus Mediol. Crut. CCCC 
XXXXIX, 5. 

BARDVS, nom d'homme. Cattaus Bardi 
filius helvetius. Orell. 6858. 

BARHOSIS (gén. masc). Musée de Tou- 
louse; prov' de St-Béat. C" V, p. 29. 

BASCEIANDOSSO (Deo). Musée de Tou- 
louse. C V, p. 42. 



'59 

BATAVl, peuples de l'île formée par le 
Wahal et le Rhin. 

Civitas Batavorvm. Autel à Hercule, 
transporté de Bois-le-Duc à Leyde : C 
IX, p. s, ce qui semble permettre de 
placer Batavodvrvm à Bois-le-Duc. 
Civis Batavi (gén.). Or. 7420 a 55. 
Natione Batavs. Bramb. 1J17. 
Domo Batavos. Bramb. 2003. 

Betavos. Grut. DXVIIII, 5. 
BATO BVLl filius, eques alae Pannoniorum 

Grut. DXXXlIi, 10. 
— Dasantis filius, natione Ditio, miles 

Coh. IV, Dalmatarum. Bramb, 741. 
BAVDVAEIOBRICVS. I. H. 2515. 
BEBRlCI DivixiLLAE, nom de femme; 
Virieu-le-Grand, en Savoie. Reinesius, 
XIII, 60. 
BECCO MOccoNis filius. Orelli, 4901. Pal- 
lanza . Une chèvre est sculptée sur le cippe. 
BEDAIO ET ALOVNIS luvavia. Orel. 1964. 
Pareillement associé au Jovis arvbia- 

NVS. 

BELATVCADRO (Deo). Plumpton Wall, 
Cumberland, Orell. 5879. 

BELATVCADRVS (Mars). Grande-Bretagne. 
Orel. 1965. 1966. Julius Aug. actor 
Juli Veri praef. 5879. 

BELATVLIA, fille de dvnvs. Carinthie. 
Mur. 2076. 

BELATVLIA COMIS. Langres. C XII, 
p. 42. 

BELATVLLA (Terentia). Grut. 943, 3. 
Mur. IJ43, 2. Spon. Hist. de Genève. 
Trouvée à Genève. 

BELATVLLVS. Brambach. 1336. 

BELaTVLVS. Surnom d'un hastifère mat- 
tiaque du Musée de Mayence. C X,p.i3. 

BELATVMARA (Saplia). Bavière. Orell. 497. 

BELENVS (Deus). Aquil. Orell. 1967. 
Apollo. Orell. 1968. 

BELENUS ou BELINUS APOLLO, sur la 
même feuille, Gruter, XXXVI, 11,12. 13, 
14, 15. 16, 17. 

BHAHCAMl, déesse. Datif. Ex-voto du 
Musée d'Avignon, provenant de Vaison. 
C XIII, p. 24. 

BELEX BELEXCONIS fil. Musée de Tou- 
louse. Orell. 5872. 

BELEXCO, père de Belex. Musée de Tou- 
louse. Orell. J870. 

BELGICA. Gruter, CCCLXXXIX, 2. 

BELGinates vicani. Henzen : Belginates, ce 
qui est une bonne interprétation, le nom 
de lieu étant Belginum. Bramb. 864. 

BELISAMA (Minerva). Saint-Bertrand de 
Comm. Orel. 143 1. 

BELLA, fille de Nertomarus. Boien et de 
Custa d'Aquincum. Orel. 6857a. Genève. 
Veturia Bella, G. 714, 4. 

BIILLA, fille d'AcioMARvs. C XVIlI,p.33. 

BELLAISIS, père d'ANDvs. Musée de Tou- 
louse. Tirée de Gan. C V, p. 44. 



i6o 



BELLANCO, femme. Gimonis, Bramb. 641. 

BELLATORIGIS, f* gén. Brambach. 1877 

BELLATV, trouvé près d'Autun. Société 
de Chalon. C XV, page 27. Bellatula, 
Genève. Mur. MDXLIII, 1. 

BELLATVLVS,nom d'homme. Styrie. Grut. 
763, 6. Cf. Belatulla et BelatuUia. 

BELLICcVS (SVRBVR). Brambach 1909. 
Musée d'Épinal, cat. 66 ; provenant de 
la montagne du Donon. Chien et loup 
affrontés. 

BELLICIVS SECClO. luvavia. Orel. 497 
Mari de Bellatumara. 

BELLICVS. Mayence. Orell. 2776. Turin. 
Gruter, 475, 2. 

BELLINVS. Nom propre inscrit sur une 
tombe. Divixti filio. A la Bibliothèque de 
Bâlp. C X, p. 27. (Sextilivs). C XI, 
p. 16. 

BELLORIX. Nom de femme. La terminai- 
son rix est commune aux deux sexes, il 
y en a plusieurs exemples. Ici Bellorix 
est une Julia, fille d'Abreutubogius. Orel. 
XXII, 5. 

BELLOVAcvs cives, vienna Allobrogum. 
Orell. 191. 

BELLVS, fils de Giamius. Metz. C XX, 
p. 1. 

BEMILVCIO (Deo). Paris. Montfaucon. 
Orell. 1970. 

BERGIMVS. Deus. Brescia. Orell. 1971. 
Cénoman, Orell. 1972. 

BERHAXS. Tombe venant du territoire de 
Luchon. Musée de Toulouse, catalogue 
169. 

BETASll ou BAET. Peuple. Ethnique belge. 
Cavalier du musée de Mayence. C X, 
p. 15. Cohors. la BAET. Orelli, 5672. 

BETVITVS. Rex Arvernorum. Grut. Fasti 
triumphales, 298, 5. 

BETVDACA , fille de Matuus, à Bordeaux, 
CXVI, p. 27. Il y a dans Sansas, notes, 
une autre femme du même nom, défigurée 
en ulbitudaga = Ivl.bitvdaca, p. j6. 

BEVSAS. Suiti fil, Delmata, mil. coh. 1111. 
Brambach. 869. id. 1621. 

BIAVSIO (Mercvrio). Brambach, 97. 

BIBIENSES vicani. Bramb. 1676. 

BIBRACTI iDeae). Luxemb.? Orel. 1973. 
Un autre pareil a, dit-on, été trouvé à 
Autun (cf. Rev. Celt. 1, 306). 

BIAIAAANO... Nom d'une localité voisine 
de Nimes, gravé sur le chapiteau d'un 
pilastre. Musée de Nimes. Carnet XIV 
p. 7. 

BIHOTARRlSCgénit.). PèredeSilvain, mari 
d'Amoena, fille de Sembetennis. C V 
p. 48. 

BlHOrvS, nom d'homme. Autel â Hercule 
De Valcabrère. Musée de Toulouse. C V 
p. 41. Le catalogue du musée de Tou- 
louse porte un R au lieu d'un T. Mais je 
crois ma lecture certaine, et elle est con- 



Liste des noms supposés gaulois. 



firmée par le nom composé bihotarris. 

BILCAI.SIO. Nom d'homme, i"' cas. Seli- 
gny prés Coppet . Orel .316. Momms. 123. 

BILLI. Nom de divinité. Fragment trouvé 
à Marseille; maintenant au Musée d'Avi- 
gnon. C XIII, p. 7. 

BILLIO, Nom d'homme, i" cas. Seyssel. 
Orelli, 2065. 

BIMMOC ),iTOU|xap£o;. Carnet IV, p. 36. 

BINGIVM. Bingen. C II, p. 27 v°. 

BIRACATVS. Surnom d'un lulius. Dijon. 
Mur. MCLXXVIII, 2. 

BIRACILLVS. Dijon. Mur. MCLXXVIII, 2. 

fils de BIRACATVS. 

BIRIATVS. Voy. viRiATVs. 1. H. 2970. 
BIRRAGONIS filius (BELLATVLVS). Gratz 

en St)rrie, Grut. DCCLXIII, 6. 
EISA, père de Blarta, Bessus, Brambach, 

H4- 
BITl. Mot gaulois. Tiré de l'inscription en 

langue gauloise, découverte au lieu dit ; 

Vieil-Évreux. C 111, p. 13. 
BITICENTVS. Eques alae Tautor. Bessus. 

I. H. 2984. 
BITIVS. Nom d'homme. Bessus. Orell. 

35$2- 
BITTIO. Nom d'homme, i" cas. Grut. 

733, 5. Lac de Garde. 
BITVCVS. Surnom masculin. Watermore 

prope Cirencester. Orell. 6722, 
BITVGIA. Nom de femme. Grenoble. C'V, 

p. 17. 
BITVRIX, nom d'une affranchie. Musée de 

Langres. C" XII, p. 34. 
— nom de pays d'un lulius Balbus. C XXII, 

p. 14. Musée de Lyon. 
BITVRIX, vitalis filia. Auxerre, C 11, p. 13. 
BITVRIX VV (lulius Lupus cives). Gruter. 

731, 3. Trouvée à Bordeaux, rue du 

Loup. 
BIT.C I BIT.C I BIT.C. Bituriges Cubi. 

Places réservées dans le cirque de Lyon, 

aux délégués des cités gauloises, Bitu- 
riges Cubes et autres. C XXIII, p. 3$. 
BITVRIGES VIVISCl, Bordeaux. C XVI, 

p. 10. 2 fois. Orell. 196. BITVRIX VB, 

Grut. DCCXXXl, 3. 
BITVS. Surnom masc. Niersbach. Bramb. 

855. 

BLARTA (LbNciNvs). Bisae filius, Bessus, 
Brambach. 344. 

BLASTVS, surnom romain (Forcellini), et 
peut-être gaulois, comme père de Camulia 
et mari d'ivorix. Bordeaux, v. C XVI, 
p. 12. 

BLESIO. Autel trouvé sur le bord du Wahal, 
C IX, p. 3$. 

BLVSSVS, ATVsiRi filius, Nauta, Mogontiaci. 
Bramb. 939. 

BOATI (ESCVLAPIO). Henzen. 5736. L'édi- 
teur tire ce surnom d'Esculape, du nom 
(bois) d'une île. Henzen admet que c'est 
plutôt le nom du mari de la dédicante. 



Liste des noms supposés gaulois. 



Je préfère la première hypothèse en tirant 
ce surnom des Boates de Bordeaux. 
BOCCO HARAVsosi, datif. Musée de Tou- 
louse. C V, p. 36. Ibid. C V, p. 45. 

HAROVSONl. 

BOCCVS. Nom d'homme. I. H. 410. Svnvae 
Bocci filiae. Ibid. 769. Boccvs Grati 
filius. 

BODECIVS BVRRALi, nom d'homme, l. H. 
26}}. 

BODICA. Bramb. 745. Prusse rhénane. 

BODINCOMAGENSIS. De Bodincomagus. 
Orel. 4737. Herzog, 380. 

BODINCOM.AGVS. Pline, H. N. 3, 16. 

BODVaCIVS. Nom propred'homme. Nîmes. 
C XIV, p. 39. C XV, p. j. 

BODVOS, sur une fibule trouvée dans 
l'Erdre (Loire-Inférieure). 

BOI, nom de peuple. Les Boiens de Bor- 
deaux. C XIX, p. 10. 

BOIAS (Cives'. Bordeaux. C XVI. p. 38. 

BOIAESSILAE (?) Nom de femme. Musée 
de Langres. C XII, p. 37. 

BOIIORIX. Nom d'un personnage gaulois qui 
éleva, entre Autun et Couches, un autel 
en pierre avec niche à fermetures de 
fer, destinée à loger un ex-voto qui con- 
sistait en un taureau de bronze à trois 
cornes. Un autel gaulois semblable fait 
partie du Musée de Dijon. Le taureau 
appartenait à M. Jovet, d'Autun, qui 
voulut bien me permettre d'en prendre 
une photographie. Je me félicite d'avoir 
conservé une trace d'un monument très- 
curieux, qui peut-être n'existe plus. 

BOIODurum. Saint-Oswald. Orell. 5262. 

BOISCVS, surnom de Magidius. Narbonne. 
Crut. DCCCCLXXXUl, 10. 

BOIVS, ARiOMANvs iRiATi fil. Vienna Allobr. 
Grut. DCLXX, 3. — Praefectus ripae 
Danuvi et p. civitatum duarum Boio- 
RVM etc. 

BOLVINNVS (Mars) et Duna. Bouhy, près 
Entrains. C III, p. 32 v°. 

BONBELEX, fils de Harbelexs. G' XXI, 
p. 26. 

BONCONICA milliaire de Tongres; Musée 
de Bruxelles. C' II, p. 

BONDOBRICA, milliaire de Tongres, main- 
tenant au Musée de Bruxelles. Après 
avoir étudié attentivement le monument, 
je reste convaincu que cette lecture est 
préférable à Baudobriga qui avait d'abord 
été proposé. 

BûNECONlS. (Gén. mose). C' XXI, p. 26. 

BONONIA Bologne, Bramb. 121 3. 

BONXSVS, fils de Donnadinn. Haut Com- 
minge. Musée de Toulouse. C V, p. (o. 

BOPIENNO (Deo). St-Bertrand-de-Com- 
minges, Orell. 5880a. 

BORBITOMAGVS. Worms, G' II, p. 27 v°. 
BORILLI, nom propre d'homme. Gén. 
Autun. C' I, p. 33 

Rev. Celt. III 



161 



BORMANNICVS (Deus). I. H. 2402,2403. 
BORTOSSVS. Auch. C' XIX, p. 19. 

BûRVO(-ni) ET DAMONAE. Divinité des 
eaux thermales associée à Damona , 
quelquefois à Apollon. Bourbon -Lancy. 
C' 1. p. 34. Bourbonne-les-Bains. Orell, 
(880. — Il s'écrit aussi Borbo. 

BOVALVS. I. H. 248s. 

BOVDIA, nom de femme. Nimes. Grut. 
DCCXXII, 9. 

BOVDIVS, nom d'homme. Autun. Gruter 
MCXXXVII, $. 

BOVDVS Catvni filius. Musée de Langres. 
C' XII, p. 30, 31. Musée de Nimes. — 
BOVDVS vRiLioNis filius, dans Gruter 
838, 6. 

BRATO, nom propre d'homme, i""'' C'. 
Nimègue. Mur. X, 2. Bramb. 11 5. C' IX, 
p. 28. 

BPATOVAE. Sur un chapiteau et une 
inscription du Musée de Nimes. C' XIV, 
p. 7. — L'inscription est en caractères 
grecs, suivant l'usage gaulois, mais on 
ne peut affirmer qu'elle soit ou non en 
langue gauloise. 

BRASVS, surnom gaulois de C. Mansue- 
tius, citoyen trévir. 

BRENNOi, Sur une frise d'angle représen- 
tant, d'un côté, quelques fragments de 
mots ; en face, des animaux en chasse, 
et sur le 3" côté le nom qu'on lit en 
tète du présent article. 

BREVCI, nation pannonienne. Musée de 
Bonn, venant de Clèves. C' Vlll, p. 50. 

BREVCVS. Bramb. 740. Nom propre. Na- 
tione BREVCVS. IBlvssvs. 

BRICIOnis filia. Nom d'homme. Voir 

BRIGANTIAE Sacrum. Middleby Scottiae. 
Orel. 5881. Ad confl. Aeni et Danubii. 

BRlGANTlENses Famille gauloise dont 

le chef était questeur et duumvir du 
municipe de brigantivm (Briançon sur 
la Durance). Quoique le nom patronymi- 
que de cette famille eût fini par revêtir 
la forme romaine, les autres membres 
avaient généralement conservé le surnom 
gaulois. Voir les Parioius. 

L'inscription est aujourd'hui à Gap. 

BRIGANTINI. Briançonnet, entre Grasse et 
Entrevaux. Orell. 1012. 

BRIGANTIVM (Briançon). Aq. Apoll. Orell. 

J2i0. 

BRIGINDONl (divinité gauloise au datif). 

Musée de Beaune. C^ I, p. 28 v°. 
BRIGINN, nom d'un lieu près Nîmes, écrit 

avec plusieurs autres sur une colonnette 

déposée au Musée de cette ville. Henzen 

J230. 
BRITOVIVS (Mars). Orell. 1356. Herzog 

245. C" XIV, p. 22. 
BRITTA, surnom de Philetius, jeune homme 

inhumé à Coppet ; l'autel funéraire au 

Musée de Genève. C X, p. 38. 

12 



|62 



Liste des noms supposés gaulois. 



BRITTIS(Matronis). Cisalpine. Orell. 2094. 
BRIVATIOM, mot gaulois, de l'inscription 

dp menhir dit du vieux Poitiers. O vu, 

p. 15. 
BRIXA, nom d'homme. Metz. C XX, 

p. 17. 
BRIXA.NTV (Deo). Moulins-Engilbert (?). 

Orel. 197s. Orelli indique le nom de 

Moulins-l.ngilbert comme étant celui du 

lieu où le dieu Brixantu a été trouvé. 

Il y a peut-être confusion avec Moulins, 

chef-lieu de l'Allier, ville plus impor- 
tante et d'ailleurs voisine. 
Consulter les Mém. de l'Acad. des 

Inscr. T. 31, p. 261. 
BRIXIAE (et Luxovio) (Diis). Luxeuil. 
. Orel. 2024. 
BRVGETIA, nom de lieu. Sur la base d'une 

colonnette trouvée à Nimes. C XIV, 

p. 10. 
BVAICORIXO (Deo). Haut Comminge. 

C V. p. 39. 
BVBNVS, nom d'homme, 1. H. 2484. 
BVGIO (Deo). Tarquimpol, Orel. $882. 
BVLVS, Batonis pater. Gruter, DXXXIII, 

10. 
BVRGIO. Blesii filius. Br. 70. Nimégue. 
BVRI, nom d'homme au génitif. Bessus ? 

Orell. J5<8. 
BVRORINE (Deae). Domburg. Orell. 588?. 
BVRRALI, nom d'homme, génitif. I. H. 

2655. 
BVTRIO, nom d'homme, i"cas. 1. H. 668. 
BVTTONIS, nom d'homme gén. Viruni. 

Gruter, DCCXLVI, 2. 

CABALIO, stèle funéraire du Musée de 

Mayence, C X, p. 8. Aquas. Apol. Orel. 

S2I0. CABELLIO. 
CABEDVS, surnom d'homme. 1. H. 2865. 

AMBATl filius. 
CABELLIO , Cavaillon. Stèle funéraire. 

Musée de Nîmes. C XIV, p. 3. 
CABVRENE. I. H. 2500. Cf. Caburus, 

Caesar de B. G. I, 47. 
C.ACCOSSA, père de Rustica. I. H. ijii- 
CACIRO, nom d'homme, datif. Palatinat, 

Bramb. 1780. 
CACVSSO, père de ...vccomi. Brambach 

1833. 
CADDARENSIVM (numerus). Cassel près 

Mayence. Les D, barrés, indiquent que 

cette lettre est ici pour TH ; aussi une 

autre inscription donne la forme C.\T- 

THARENSES. Bramb. 1317 et 1293. 

CATTH... 
CADIENSES, populus Vocontiorum (r). Ca- 

derousse selon Breton, Antiquaires de 

France, tome XVi, p. 22. 
CADVRCVS, ethnique de Cahors. C XIX, 

p. 2j. Gruter 4 jj, p. 10. 
CAESAONE,Césanne;seuCOESAONE.Aquae 

.Apoll. Orell. J210. 



CALETI (Deo Merc. VaSSO). Bittburg. 

Bramb. 835. 
CALVA, fille de Cassillus, femme d'Annius, 

mère d'Andere. Musée de loulouse, pro- 
venant de Martres- Tolosanes. C V. 

p. 46. 
CAMALODVNVM. Colchester, 20 k. n. de 

Londres. Orell. 208. 
CAMALVS, CAMALA. I. H. 678,680, 690, 

768, 784, 2,426, 2,44) , 2,484, 2,496, 

2,550. 
CAMVLIA, fille de Blastus et d'Ivorix. 

Musée de Bordeaux, C XVI, p. 12. 
CAMVLINIVS OLEDO. Trêves, Bramb. 825. 

Parsantica saxi. 
CAMVLORICE (Deae). Ex-voto sans nom 

d'auteur. C VIII, p. 8. Musée de Sois- 
sons. 
CAMVLVS (Mars). Clèves. Orell. 1977. 

Bramb. 164. 
— (Mavortius). Rome. Orell. 1978. 
CAMVLVS (Mars). Rome. Ardoinna. Orell. 

i960. 
CAMVNNI, nom de peuple. Brixia. Orell. 

3789. Vallée de Chamounix (?). 
CANDIEDÛNI (lovi). I. H. 2(99. 
CaNECOSEDLON, nom commun, tiré d'une 

inscription en langue gauloise, trouvée à 

Autun, près le mur d'octroi. 
CANECVMMIAE, nom propre de femme. 

En Carinthie, Mur. 2078, 3. 
CaNTALON, nom commun gaulois. Tiré 

d'une inscription en langue gauloise 

provenant d'Alise. 
CANTIVS. Paris. Orel. 5907. 
Cantosenvs, mari de Nerta. Ces deux 

personnages sont des Iulius. Bord. C XI, 

p. (. 
CANTVNAECVS (Deus). I. H. 861, 
CAPILLVS, fils d'iUiomarus, auteur du 

monument de la source d'Acionna près 

Orléans. V. ce nom. 
CAPPO. Icari filius. Orell. 327. 
CaraBELLA, femme. C 1, p. 47. 
CARADDOVNA. Jeune femme. C' XX , 

p. II. 
CARADITONV, mot gaulois. C III, p. 13. 
CARANIVS. Sacri (filius). C XX, p. 35. 
GARANTI LLVS. Metz. Gruter, 862, 2. 
CARANTINVS. C I, p. 41. 
CARANTIVS (N:eddillius). Brambach. 1569. 
CARANTO (-onis). Musée de Nimes, C' 

XIV, p. 2. L'initiale c est douteuse. 
CARANTVS (Securius), soldat de la légion 

XXII. 01m, 2 k. de Mayence. Bramb. 

921; id. 1769. — » Melonii Caran- 

Tvs. . » et 1321. 
CARASOVA. Tombe du Musée de Bor- 
deaux. C' XIX, p. 7. 
CARASSOVNIVS. Stèle funéraire d'Aug. 

Raurac. à Bàle. C X, p. 26. Mom. 287. 
CaRASSOVNVS, surnom, ex-voto de Vichy. 

X, p. 26. 



Liste des noms supposés gaulois. 



165 



CARASVS, nom d'homme. Brambach, 1863. 
CARATACVS. Brambach 1390. 

Dans une liste de noms et surnoms 

dont plusieurs ont la forme gauloise. 
CARATACVS (Sex. Aquinius). Metz. Cruter, 

902, 5. 
CARATHO(...nis ?), filius. C XX, p. 7. 
CARATI (T. Cl.)- Gruter 389, 3, faute 

dans la table de Scaliger. 
ATTicvs, cicERo, FELIX, collibcrti. 
CARATILLA. Tombe du musée de Lan- 

gres. C XII, p. 45. 
CARATINVS. Reate. Gruter 11 10, 2. Père 

de Matrona, helvétienne. Brambach , 

1639. 
CARATVLLVS. Metz. Gruter 862. 2. 
CARAVINVS. Metz. Gruter 867, 8. 
CARBILIVS. 1. H. 2787, 282s. 
CARCASO. Stèle funéraire du Musée de 

Mayence, trouvée à Bretzenheim. C' X, 

p. I. — Le nom latin de Carcassonne 

n'existe sur aucun autre marbre. 
CARES, père de Sdebdas. Domo Turo. 

Bramb. 230. 
CARESVS, Advli filius. Stèle fun. du Musée 

d'Avignon, trouvée aux environs. C 

XIU, p. 20. 
CARIASSIS filius. Brescia, Orell. 1398. 
CARIOLVS, CARIOLA. O XX, p. 34. Br. 

860. 
CARNVNTVM, gens. Orell. 5279. 
CARRI (Deo). C V, p. 39. 

Divinité topique des Pyrénées. 
CARRIOTALA, nom de femme. Besançon. 

Mur. MCCCXXX, 7. 
J'ai constaté un 1 peu visible entre le 

■r et l'o. 
CASSIA TOVTA. Femme du pays des Ségu- 

siaves, dont le premier nom est peut- 
être aussi bien gaulois que latin (Cas- 

sivellaunus, Tricasses, etc.). Toulouse, 

Bagnères-de-Luchon. C V, p. 38. 
CaSSIBVS. Divinités gauloises, dat. plur. 

Vota fece Macrius Faustinus i?98. 

Matutinus... v.s.Ll.m... 1779. Castus 

Taluppe .v.s.i.i.M. 1823. 
CASSICIATE; voyez CUR CASSICIATE. 
CASSILLVS, père de Calva, femme d'An- 

nius. Toulouse. Martres-Tolosanes. C 

V, p. 46. 
CASVRINVS, affranchi, appariteur du 

Forum Segusiavorum. C XXIV, p. 7. 
CATTHARENSES, voy. CADDARENSES. 
CaTTAVS, Bardi filius, helvetius. Orell. 

68(8. 
Cattronie, femme. 1. H. 639, 753, 

2378, 2403. 
CATVENVS, CATUENA. 1. H. 431. 
CATVIACIA. Petite ville des Alpes. Aq. 

ApoU. Orell. 5210. 
CATVRICIVS SVCC". C XXVI, p. (. 
CATVRICVS, CATURICA. I. H. 14. Tombe 

trouvée à Baloa en Lusitanie. 



CAIVRICI (Marsi). Musée de Stuttgart. 

Bramb. 1588. 
CATVRIGOMAGVS, ville. Aq. Apoll. Orell. 

5210. Chorges. 
CATVRIS filio .. 1. H. 268;. 
CATVRONVS. Surnom, I. H. 2430. 
CAVTONVS. 1. H. 798. 
CAVTOPATES. Brambach précédé de d. 1. 

M. Deo invicto Mithrae. 
On le trouve plus ou moins aux 

numéros d'Orelli 5848, 49, 50, p, 52, 

53- 

CELICNON, nom commun gaulois. Extrait 
de l'inscription d'Alise en langue gauloise. 

CELTINVS, affranchi, appariteur du prêtre 
de Feurs, chef-lieu des Ségusiaves. C 
XXIV, p. 7. 

On a lu généralement CETTINVS par 
TT. 

CELTVS , CELTA. Uzès. Mur. DCCCX , 
p. 8. Bordeaux. C XVI, p. 32. Celtus, 

père d'ALEBA. I. H. 755. 

CERNVNNOS. Dieu gaulois, cornu. C' VII, 
p. 43. Paris, Orelli 1993. 

CESSERO. ville. S' Thibéry. Orell. j2io. 

CETTVRONENSES vicani. Musée de Stras- 
bourg. C' XXI. p. 2. 

CEVTRONES, peuple alpin. Ceutrons, col 
de la Forclaz. Orell. 5256. 

L'inscription porte as, style empha- 
tique, que je ramène à la forme vul- 
gaire. 

CIB... Municipium. Pannonia infer. Orell. 
S 284. 

CICOLLVIS, surnom de Mars en gaulois, 
trouvé sur un autel à Arnay-le-Duc. 
Musée de Dijon. C V, p. 23. 

CICOLLVIS, épithète de Mars. C I, p. 23. 

O 2, p. 43 V". 

CINGETIVS. Trêves, Brambach, 825. Pars 

antica saxi. 
CINIANVS IVLLINVS, nom propre. Metz. 

Crut. DCCLXVIII, 8. 
CINTO ? La pierre est brisée, à la hauteur 

du mot, dans toute sa largeur. 

Mari de Cintugena, musée de Bor- 
deaux, C XVI, p. 28. 
CINTVGENA, fille de Solimarus, femme de 

Cinto. Musée de Bordeaux, C XVI, 

p. 28. Mère d'Aveta. Bordeaux. C XIX, 

p. 2. 
CINTVGENVS, père d'Axula. Musée de 

Bordeaux. C XVI, p. 6. Fils de Tesco. 

Musée de Bordeaux. C XVI, p. 7. 
CINGETIS. 
CINTVGINATVS fils d'Aprilii, Bordeaux. C 

XVI, p. 17. 
CINTVGNATVS (L. Seccivs). Bordeaux. 

C XVI, p. 23. 2° Surnom de Seccius. 

Bordeaux. C XVI, p. 25. 3"' Nom isolé. 

Bordeaux. C XVI, p. 26. 
CINTVLLVS, 2 fois. Nîmes, Muratori 

MCCLXXXI, 6. 



i64 



Liste des noms supposés gaulois. 



CINTVSMl (Saxxanus) filius. C 1, p. 25. 

CINTVSMIVS, MIA. Rome, copie de 
Monifaucon, Murât. DCCCV, 2. 

Noms dérivés du gaulois, ainsi que 
cela résulte en même temps de leur rareté 
en Italie, et de leur fréquence en Gaule. 
On trouve même en Italie le double 
dérivé Cintusmininius, inconnu en 
France. 

CINTVSMVS. Marbre funéraire du Musée 
de Langres. C XII, p. 34. Fils de 
Comagius, Musée de Bordeau.x. C XVI, 
p. 24. 

Des fragments de noms gaulois se 
laissent apercevoir sur la même inscrip- 
tion. 

CINTVSSAEf.(Bruto), nom d'homme. Crut. 

764, h 
CIRATA .'' Femme nervienne, fille d'ANNAvs, 

sur une tombe perdue. Brambach 937. 
CI R RATA. I. H. Cf. inscr. nervienne. 
CISON, fils de Seniienn, père de Cunduesen. 

C V, p. 51. 
CISSONIVS Deus ou Mercurius. Brambach 

1831. Spire. Orelli 1406. Besançon par 

une femme syrienne. Orelli 5886. Coh. 

Rauraque. 
CLOVTAIVS. I. H. 2543, 26J7. 
CLOVTAMVS. I. H. 2633. 
CLOVTIVS Clouti filius. Salona. Oreli. 4994. 

Clovtius (2 fois). I. H. 2633. 
CLVGASIO (nominatif). Tremosine, près 

Brescia. Murât. MCCXCV, 6. 
CLVGASIS (génitif). Tremosine , près 

Brescia. Murât. MCCXCV, 6. 
CLVIDEA. Tremosine, près Brescia, Murât. 

MCCXCV, 6. 
CLVTAMVS. Salona. Orell. 4994. 
COACTILVS, tombe de Luxeuil. C 11, p. 2. 
COBLANVO (onis). Nom de femme. Musée 

de Nîmes. C XIV, p. 34. 
COBERATIVS CoBERiLLvs, de Metz. Gruter 

907, $. 
COBLEDVLITANVS. Apoll. C VII, p. 25. 
COBNERT (ti?). Haguenau. Orelli 1910. 
COBNERTiius ?). Wiesbaden , Brambach 

1027. Strasbourg, Br. 1902. 
COBNERTVS, nom de potier. Musée de 

Zurich. Momms. Brambach. 1902. 
COCILLVS, affranchi. C XXIV, p. 7. 
CODO. Ex-voto du Musée d'Avignon, pro- 
venant de Vaison. Autre inscription au 

Musée de Saverne. C XllI, p. 31. C 

XVIII, p. 3}. Orelli $906. Bramb. 

1869 et 1911. 
COGIDVBNVS rex. Chichester. Muratori, 

LV, 6. 
Chef de race gauloise dans le sud 

de l'Angleterre. V. Tacite, vie d'Agric. 

chap. 14. 
COINACIVS (S. CVS), père de Adbogivs. 

V. ce nom. Orell. 5234. Bramb. 1230. 
COMAGIUS. Venise, Murât. MCCCXXXII, 1. 



Comagi filia Severa. — Venise, Murât. 
MCCCXXXII, I. Milan. Mur. MDCLXl, 
$. — Père d'un Cintusmus. Bordeaux. 
C XVI, p. 24. 

COMAVVS .' Nom propre. C V. p. 17. 

COMBVOOVATVS. C IV, p. 38. Mâcon. 

COMEDOVIS, datif. Aix (Savoie) , Orelli 
2098. Brambach 469 a un datif 
(ComedonibuSy par un n), qui n'est pas 
du tout certain, attendu que les trois pre- 
mières lettres du mot sont absentes. L'or- 
thographe suivie par Orelli est d'ailleurs 
plus conforme à la physionomie de la lan- 
gue gauloise. Je suis porté à croire que 
l'incription de Brambach , trouvée près 
de Cologne, doit être écrite Comedovibus 
par un v. 

COMELIDDVS, surnom d'homme. C VII, 
p. 34. 

COMNITSIA, nom de femme. Sur une ins- 
cription du Musée de Bordeaux. C XVI, 
p. 32. 

CONAMOTVSO, datif. Magburg. Gruter 
827, I. 

CONCENETIVS, CONGENETVS, OU GON- 
G Vérone. Maff. 547, 2. 

CONDAT. (Pagus), à Lyon. C XXllI, p. 40 
verso. 

CONDISA. 1. H. 2485. 

CONDOLLVS. Bramb. 1602, 161 1. 

CONGENETIVS. Vérone Mur. MCCLI, 8. 

CONGENNICIA, nom de femme. Nîmes. 
Mur. MDCCLXXVllI, 12. 

CONGONNETlACVS. V. Maxsumus et 
autres noms gaulois. Bordeaux. C XVi, 
p. 32. 

CONTESSILO, nom d'homme au nomi- 
natif. Milan. Muratori MMLXX, 9. 

CONTIVA, I. H. $032. 

COPORINVS. I. H. 26J7. 

COPORVS. I. H. 26J7. 

CORIA. I. H. 780. 

733 — ALETI filia. 

COROBVS. Surnom de G. Germanius. C 
XX, p. 2. 

COROLLEA. 1. H. 2376. 

COROTVRES. père de Rebun^s Coh. 1, 
Lucensium Hispanorum. Bramb. I2}j. 

COTTIVS, régis Donni filius. Arc de 
Suze. Mur. MXCV. 

COVENTVS. C XXI, p. 24. 

CÛVINAERTA in S. Donati ad ruinas 
Solvae. Gruter DCCCXCVI, 2. 

Nota litteram A quae abest ab nomine 
viri. V. Covinertus. 

COVINERTVS in S. Donati ad ruinas 
Solvae. Gruter DCCCXCVI, 2. 

COVIRVS. Trêves. Brambach 82$. 

COVTIVS (L.) I. H. 680, 809. 840. 

COVTVSVATVS, natione Helvetius. C 4, 
p. 38. Brambach 1227. 

Br. lit deux mots. Si je n'en fais 
qu'un, c'est par de bonnes raisons; 



Liste des noms supposés gaulois. 



165 



autrement il y aurait deux surnoms. 

Mais l'existence du nom Combuoovatus 

C X, p. ?8, m'a paru déterminante. 
CRACCA, femme_de Fronton, fille deLivon. 

Or. 4901. 
CRACCO (onis), homme. Musée de Nîmes. 

C Xll, p }3. 
Tous les autres noms de l'inscription 

sont romains. 
CRASARO, fils de Scaper. Musée de Lan- 

gres. C* Xll, p. }6. 
CRASTVNO, nom propre d'homme au datif. 

I. H. 
CRaXaNAL, père ou fils d'Excingomarus. 

Gruter 991, 2. 
CRAXXILLVS et ATioxTvs. Tombe d'une 

femme, élevée par ses deux fils, à Bor- 
deaux, C XVI, p. 8. 
CRICCONIA D0V1LLA. Trêves. Brambach 

774- 
CRICIRO, nom de potier. Musée de Baie. 

Mommsen, 352. 
CRlELO(nis), gén. hom. Kuendorff, Styrie. 

Gruter 537, 5. 
CRIPPO, nom d'homme au nominatif. 

Musée de Wiesbaden. Br. 716. 
CRISPOS BOVI... Noms propres de l'inscr. 

gauloise d'Evreux. O 111, p. 13 v°. 
CRIXIVS. Gaulois, père d'Atespatus. V. ce 

mot. 
CRIXSIVS, citoyen des Mattiaci, du Musée 

de Mayence, trouvé près Wiesbaden. C' 

X, p. 13. Orell. 4983. 
CROVIA, seu GROVlA.Ethnique.I.H.2550. 
CROVUS. 1. H. 774. 
CRVTISIONES Coloni. Saarlouis. Bramb. 

754. C' XX, p. 37. Voy. 1077 ? 
CVCALOfnis), pago Ossuccio. Orell. 4903. 
CVCHINEHIS. Matrones du Musée de Bonn, 

trouvées avec d'autres sur la place du 

marché à Zulpich: celles-ci exécutées par 

un soldat de la i" légion Minervienne. 

C VIII, p. 40 v=. 
CVCVTl, gén. masc. Milanais. Gruter 804, 

8. 
CVGERNVS (Domo). Orelli 6726. 
CVLARO. C' V, p. 16. Ancien nom de 

Grenoble. Orelli 401 5. 
CVNDVESEN, fils de Cison. C' V, p. (i- 
CVNOPENNIVS, nomen. Brescia. Orelli 

7230. Cunopennus d^nsle Corp. V, 4216. 
CUR CASSICIATE. Lire en deux mots.C' 5, 

p. 27. 
CVRITA, mère de Secundus et femme de 

Magirus. Grut. 733, i. 

Fille d'ATAEVORTVS. 

CVRVNNIACA. De Pannonie (probable- 
ment). Orell. 4994. 

CVSES Sugenti filius recvs. Brambach. 
Musée de Mannheim, 1236. 

CVSTA, nom de femme, épouse de Narto- 
mare, Boïen et soldat congédié. Cette 
femme est d'Aquincum. 



CVSTVMVS. 1. H. 2797. 

CVTISONVS. Mur. CMXXl, 16. Cf. Hor. 
Od. VII, III. Daci Cotisonis agmen. 

Les Daces ont occupé le long du Da- 
nube une région où les Gaulois avaient 
laissé des traces de leur langue. 

DACENCIVM, nom d'homme. I. H. 3082. 
DACINVS, Liffionis filius. Belge. Bramb, 

40. 
DAEDALVS , nom propre. Ex-voto de 

Malley, au musée de Lausanne. C X, 

p. 32. D'un columbarium de la via Prae- 

nest. Mur. 1788, 2. 
DAESITI.ATES, peuple pannonien d'après 

Strabon , selon d'autres de Dalmatie. 

Orell. 5276. Voir Corpus, III, 401. 
DAGANIA (Pompeia). Cologne. Brambach 

409. 
DaGIONIVS. Sur un autel de Matrones 

Albiahenes. Brambach 554. 
DAGOBIVS. Bordeaux. C XIX, p. 4. 
DAGOVASSVS. L'un des soldats qui élevè- 
rent à leurs frais le génie de la Victoire. 

Orell. 988. Bramb. 692. 
DALMATAE, nom de peuple. Brambach 

1621. 
DAMINIVS, nom d'homme. Cives Lingonus. 

Orell. j88o. Bourbonne-les-Bains. 
DAMONA. Divinité associée à Borvo. C I, 

p. 34. Orell. s88o. 
DANNADINN, frère de Bouxus, Aquitains. 

C V, p. 50. 
DANNICIVS, eques alae indianae, cives 

Rauracus. Orell. 6722. 
DANNOM ARVS, père d'un Secundus. Grut. 

DCCCCXXIl. Nîmes, 12. 

Le nom, quoique séparé en deux 

groupes par l'éditeur, doit être ainsi écrit. 
DANNONIA, femme aquitaine, fille de 

Harspus. C V, p. 37. 
DANNORIX, père de Hanarrus. C V, 

p. 46. 
DANNOTALVS, père de Martialis. Inscrip- 
tion d'Alise, en langue gauloise. C I, 

p. 17 v. 
DANNVM GiAMiLLVM, colon des Crutisions. 

Sarrelouis. Brambach 754. C XX, p. 37. 
DANOTALE, femme au nominatif. Saint- 

Privat. Gruter, 746. 6. 
DANVS, père de Marcellus. Milanais. Grut. 

DCCCIIII, 8. 
Sa mère, Demincilla, fille de Cucutus. 
DASAS (Dasantis). Bramb. 741. 
DAVEREVS. Miles ex coh. IllI Delmata- 

rum. Bramb. 742. 
DECMANVS (Lucius Senilius) , négociât. 

Mog. Bramb. 956. 
DECMIAE DECMILLAE, civis Sequanae, 

DECMivs DECMANVS, fratct. Lyou. Grut. 

DCCCXLVII, II. 
DECMINVS, père de dexter. C XX, 

p. 8. 



i66 



Liste des noms supposés gaulois. 



DEIVARUS , père de Messava. Brescia. 

Gruter, 566, 2. 
DELMlNENSES. Salona. Orell. 5272. 
DEMEGENVS. V. Suecconius. C X, p. 48 

verso. Soleure. Orell. 405. 
DEMINCA. Milan. Orell. 6854- 
DE.MINCILLA. Mil. Gruter 804, 8. 
DENTVBRISA, cavalier thrace. V. Disa- 

centius. C X, p. 15 v. Bramb. 990. 
DEOSPOR, surnom d'un des nombreux 

Septimiusde la XXX" légion Vlpia Victrix, 

Pia Vindex. C VIII , p. 3}. Birken. 

Musée de Bonn. 
DERCO, nom d'homme, i" cas. Milan. 

Murât. 752, 7. Cf. DERCOIEDVS. 

DERCOIF.DVS, nom d'homme. Pays messin, 
C' XX, p. 2. (D'après Grut. p. XX). 

DEVILLIA. Flaminice de la déesse des 
Voconces. Die. Orell. 2225. 

On trouve aussi un Devillivs à Gre- 
noble. Orel. 4452. L'un et l'autre ont 
tous les caractères de noms gaulois. 

DEXSIVAE ET CAVDEl. Cadenet. Orell. 
1988. 

DIBVGIVS, fils d'iNOsvMOTVS, Vienne (Au- 
triche). Grut. 718, 7. 

DIGINES. Autel du Musée de Cologne. C 
Vlll, p. 14. 

DIGINES. Petit autel de Béziers (plateau 
des poètes), avec une légère différence, 
GE pour GI. C XVII, p. 8. 

DIOLVINDA. Ex-voto de Malley au Musée 
de Lausanne. On a lu jusqu'à présent, 
et M. Mommsen lui-même, DONINDA; 
voici ce qui justifie la lecture ci-dessus ; 
r l'O est traversé per un i vertical, 2° le 
premier N supposé se compose en réalité 
des deux lettres L et V assez rapprochées 
dans le haut, LV, de manière à simuler 
un N. D'ailleurs le jambage antérieur de 
ce prétendu N est certainement un H, 
avec une base en forme d'accent grave 
et détachée de la haste comme aux deux 
E de la 2'- ligne. C^ X, p 32. 

D10R.\T.\. Tombe de deux jeunes enfants. 
Musée de Bordeaux. C XVI, p. 27. — 
Fille de Combuoouatus. Monument reli- 
gieux de Mâcon. 

DIRATIVS, père de Diorata. Bordeaux. 
C XVI, p. 27. 

DIRONA. Divinité des eaux thermales. Br. 
814, à Trêves. L. Lucanius Cemelinus. 
C XX, p. 21. 

DISACENTIVS. Surnom d'un soldat de la 
6" cohorte des Thraces, fils de Dentv- 
BRisA. Musée de Mayence. C X, p. 15 
verso. Bramb. 990. 

DITIPATRI et Proserpin£. C" IX, p. 40. 
Cologne. 

DIVICIA, femme. C, XVIII, p. 2j. 

D1VICL4NTILLVS, nomd'homme. Alamont. 
Mur. MDIII, s. 

DIVICVS de Luxeuil. C II, p. 2 v. 



DIVITIENSES (exploratores). Poste établie 
Divitium, sur la rive droite du Rhin, en 
face de Cologne, et qui a donné son 
nom à un corps de Dalmates stationné 
pendant un long espace de temps sur ce 
même point. C X, p. 23 v. Notre 
inscription porte Divitieses, c'est-à-dire 
D1VITIENSES, mais tous les autres monu- 
ments connus portent Divitenses, au 
dire des épigraphistes. Musée de Ma- 
yence. 

DIVIXTA. Strasbourg. C XXI, p. 21. Br. 
1864. — Paternini ancilla. Bordeaux 
Grut. MLII, I. — Femme de Scottus. 
Musée de Langres. C XII, p. 29. 

DIVIXTILLA. Bebrix-Div... Virieu-le-Crand, 
Reinesius, 60, XIII. 

DIVIXTVS. Tombe trouvée à Bâle et con- 
servée à la Bibliothèque de cette ville. C 
X, p. 27. 

DIVOGENa (Livia). Bordeaux. C XIX, 
p. 18. 

DIVONO (...us), deCahors. Rodez. C XIX, 
p. 2J. 

DIXTILINARIVS, frère de Gerotius et de 
Centurio. Bordeaux. C XIX, p. 17. 

DOCILICO, nom d'homme au nominatif. 
I. H. 2816. 

DOCIVS. Cf. Q. DOCI, monn. I. H. 2633. 

DOIROS, fils de sEcoMARvs. Nom d'un 
fabricant d'objets en bronze. C III, p. 23 
verso. 

DOLVCENS (vicus). Musée de Boulogne. 
C V, p. 2. 

DONICaTVS. Provenant de Luxeuil. C II, 
p. 2. 

DONNVS (Rex). Arc de Suze. Mur. MXCV. 
Nîmes. C XIV, p. 18. 

DRIGISA, Zias reginae neptis. Rome. Mur. 
1039, ?• 

DROTOUTA, nom de femme. Musée de 
Nîmes. C XIX, p 2. Le D est absent, 
mais probable, à cause du nom draita 
qu'on lit dans une inscription du Vieil- 
Evreux, du masculin drutedo cité par 
les épigraphistes de la Saintonge, etc. 

DRVIS, druidesse. Metz. Orell. 2200. 

DVBNOTalvs, père de Senovir. C XXI, 
p. 2. 

DVGIAVVA. Brescia. Murât. MCCLXXIII, 
6. 

DVGIIONTIIO. Mot gaulois tiré de l'inscr. 
d'Alise. C 1, p. 17 v. Considéré géné- 
ralement comme un verbe. 

DVGIONIVS. Bonn. C VIII, p. 43. Bramb. 
SSA- Il semble préférer DAGIONIVS à la 
ligne 4. 

DVGIVS. Brescia. Mur. LUI, 10. Turin. 
Mur. MDXXXVIII, 6. 

DVICI-BRIG (datif). York. Orell. 1989. 

DVLIO, nom d'homme, i" cas. 1. H. 938. 

DVLLOVI (divinité topique). Trouvée à 
Vaison. Orell. 1990. 



Liste des noms supposés gaulois. 



167 



DVNA. Divinité topique associée à Mars. 

C 111, p. Î2 v°. 
DVNI. Génitif de DVNVS plus probable 

que DVNIVS. Tanzenberg en Carinthie. 

Mur. MMLXXVl, 4. 
DVRûCORREM. Nom d'une ville inconnue 

de Grande-Bretagne, selon Henzen. C'est 

au contraire le nom bien connu d'une 

ville de la Gaule, je veux dire Reims; 

Durocortorum Remorum. 
DVROCORTERO. Reims. C II, p. 27. 



EBVCIVS ATEC... Nom de famille romain 

sous une autre orthographe (Aebutius) 

peut-être gaulois sous l'autre forme, 

suivi d'un surnom incomplet d'apparence 

gauloise. Bordeaux. G' XVI, p. 27. 
EBVRO, nom d'homme, i""cas. Wiesbaden. 

Bramb. 90$. 
EBVRODVNENSES , vicani. Wiesbaden. 

Orell. 544, 345. Mommsen, 147. 
EBVRODV.NVM. Aquae Ap. Orell. 5210. 
{•)ECT1MARV3. Hermeskeil. Trêves, porta 

nigra. V. Jahrbûcher. Bramb. 854. 
EBVROVICES, Aulerci. Musée de Limoges. 

Ma copie. 
EDELAT Deo. G' V, p. 57. 
EDOVIVS (Deus). 1. H. 2(45- 
EDVLLIVS, Visurionis filius. C' XXI, 

p. 18. — Hermeskeil Trêves, porta 

nigra. V. Jahrbûcher et Brambach 834. 
EIWPOY. Verbe ayant le sens de fecit. 
ELAESVS (2 fois). I. H. 26(5. 
ELVIO,- fils d'Eluconis. Salama. Gruter 

728, 9- 
ELVIVS, nom patronymique de Germanius. 

G' XX, p 2. 
ELVORIX, fils de Varicillus. G' XX, p. i. 
ELVSENSES. Nom ethnique des gens 

d'Eause (Aquitaine). Nîmes. G' XV, 

p. 19. 
ELVSENSIS (Taurinus). Nîmes. Gruter. 

708, 7. 
EMPEONIS, gén. mas. 
ENDOVELLIGO (Deo). Espagne. Orell. 

1991, 1992. 
ENDVBROnis, gen. masc. Brixia. Gruter 

1155, 6. 
ENlGO(nis). Redsati fil. Gr. 346 3. 
ENIOni, femme. Iggi. Carniole. Grut. 780, 

5- 
ENNA, fil. Appolonis. Iggi, Garniole. Grut. 

780, 5. 
EPAMAIGIVS. Gruter 764. i. S. Bertrand- 

de-Comminges. 



EPOMVLVS.' et Victisirana. Angleterre. 

Gruter 700, 6. 
EPONA dea. Soleure. Or. 402. C' X, 48 

v°. Dea EPONA. Orell. 5238. $239. 

Geleia EPONA. Orell. 5884. Bramb. 683, 

864, 86$. 
EPOREDIA. Brambach 1192, 1224. Ville 

de la Gaule cisalpine. Tombeau d'un 

soldat de la 14° légion gemina, du nom 

d'Acco. C' X, p. 4. 
EPOREDIRIX (...RIGIS). Célèbre Eduen 

de la guerre des Gaules C I , p. 34 v°. 

— Autun, venant de Bourbon Lancy. 

Or. 1974- 
EPORENSES. I. I. 2163. 
EPOT... pagus. Ventavon. Orell. 402J. 

Herzog. 489. 
EPOTSOROVIDVS. S. EPOSTE. Arc de 

Saintes. Murât. MCMXCII, 3. 
EPPO(nis), masculin. Secunda Epponis f. 

Garniole Mur. 2076, 10 Maxima Ep- 
ponis filia. Crut. 764, j. 
ERNAGINVM. Aq. Ap. Orell. J2I0. 
ERaTO LiTucci filia. Herzog 437. Gruter 

EP. 1121. 4. 
ERDESCVS, père d'Erdesmius. C V, p. 

40. 
ERDESMIVS Erdesci fil. C- V, p. 40. 
ESCINGVS. Sur un autel à Jupiter. Musée 

de Bordeaux. C XXII, p. 3. 
ESDRICVS. Supra insulam Bonaci. Gruter 

753, 5, 
ESVGGI (gén), fil. Amiens, Muratori 

MCMLXXXVl, 7 Esuggus non Esuggius. 
ESVNERTVS. Voy. Landecy, près Genève 

Orelli 298. 
ESVS. Paris, Orelli 1993. 
ETIC, mot gaulois. C I, p. 17 v°. 
ETRVSVS. Nom d'un druide ? germain. 

Musée de Mayence. O X, p. 17. 
EV, mot gaulois. C III, p. 13. 
EVRI-.ES. Paris, Orelli 1993. 
EXCINGILLA, nom de femme. Nîmes, 

Muratori 1623, 8. 
EXCINGILLVS(-i). A un prénom et peut- 
être se termine en ius. Musée de Nimes. 

C XIV, p. 31. Il est beau-pére de 

SoLiRix, femme. 
EXGINGOMARVS (GO ?). Nîmes. Gruter 

911, 2. 
EX'JINGVS, Ubien. Chalons. C XV, p. 26. 
EXCINGUS, pêredeParrion.Inscr. de Gap. 
EXOBNUS père de Summa, citoyen Médio- 

matrice. Br. 1 572. 
EXPRICINNIO deo, par Silea. C V, p. 43. 

Provenance inconnue. 

(-4 suivre.) 



UNE ÉNIGME 



D'ONOMASTIQUE FLUVIALE, 



Sous ce titre M. Pictet Revue celtique, t. II, p. 457) a réuni douze 
noms de rivières de Mauritanie qui paraissent identiques à des noms 
portés par des rivières de Gaule, de Grande-Bretagne ou d'Espagne, 
il en conclut que les Gaulois ont probablement, à une date fort 
ancienne, conquis la Mauritanie où ils seraient arrivés d'Espagne. 

Suivant moi, la seule conclusion à tirer des rapprochements faits par 
M. Pictet, si conclusion il y a, c'est que la race ibérique n'aurait pas 
seulement autrefois occupé outre l'Espagne, la Gaule méridionale entre 
le Rhône et l'Océan, fait établi par de nombreux textes anciens, mais 
qu'avant l'invasion berbère, la race ibérique aurait aussi possédé la 
région nord-ouest de l'Afrique. 

En effet, l'origine ibérique des noms de rivière que M. Pictet nous 
donne pour gaulois est à mes yeux évidente pour une partie, très-vrai- 
semblable pour l'autre. 

Sur les douze noms de rivière que M. Pictet prétend être gaulois, 
deux appartiennent à la géographie ancienne de l'Espagne et sont étran- 
gers à la Gaule. L'un est celui de VAnas, aujourd'hui Guadiana. Ce mot 
n'est pas gaulois. Il se trouve dans la description phénicienne de l'Espa- 
gne reproduite par Festus Aviénus, et cette description est antérieure à 
l'arrivée en Espagne des Gaulois, à la place desquels elle mentionne 
d'autres peuples'. L'Anas, à cette date reculée, arrosait le pays des 
Cunètes ou Cynètes^, peuple ibère comme nous l'apprend Hérodore 5, 
écrivain du v^ siècle av. J.-C., peuple nettement distingué de la race 
celtique par Hérodote dans deux passages de ses célèbres histoires *. 
Donc le nom de VAnas est Ibère. 

1. MùUenhoff, Dtutschc Alterthumskunde, t. 1, p. 106. 

2. Ana amnis illic per Cynetas effluit (vers 20s). 

j. Hérodore, Fragm. io. Fragmenta historicorum Graecorum. T. Il, p. 54. 
4. Hérodote, H, 35; IV, 40; éd. Didot, p. 83, 19S. 



Une énigme d'onomasticiue fluviale. 169 

Le Minius porterait un nom celtibère suivant M. Pictet. Mais Strabon, 
le plus ancien auteur qui mentionne cette rivière, nous dit qu'elle coule 
chez les Lusitans', qui sont des Ibères '. Ptolémée la met chez les 
Callaiques S qui sont, comme Strabon nous l'apprend, une subdivision 
des Lusitans 4, c'est-à-dire des Ibères, et si Mêla (III, 1) a transformé 
en Celtiques les Callaiques riverains de ce petit fleuve, c'est une erreur 
due à la consonnance des noms. Enfin le rapprochement que M. Pictet 
établit entre le Minius et le Mœnius (Main) ne prouve rien, car il n'est 
pas sûr qu'il soit fondé. On peut consulter le passage de la Grammatica 
Celtica (2« édition, p. 145) sur la chute du g en gaulois. Il n'est pas 
démontré que la diphthongue œ de Mœnus tienne lieu d'un i renforcé : 
Moenus peut être une forme abrégée de Mogenos : comparez le latin 
magnus. Le Maina breton de l'anonyme de Ravenne s'expliquerait de 
la même façon. 

M. Pictet suppose que les Gaulois vainqueurs auraient imposé à 
l'Espagne une onomastique fluviale empruntée à leur langue : nous 
n'avons nulle part la preuve qu'ils l'aient fait en un cas quelconque, et 
dans les deux exemples que nous venons de citer, cette hypothèse est 
tout-à-fait invraisemblable puisqu'il s'agit de noms espagnols étrangers à 
l'onomastique fluviale de la Gaule, que l'un VAnas est antérieur à la 
conquête celtique, que l'un et l'autre, VAnas et le Minius, appartiennent 
à des régions où après la conquête celtique, la race ibérique avait con- 
servé la prépondérance. 

Ainsi les noms de VAnas et du Minius ne sont pas gaulois : donc il 
n'est pas prouvé que VAnaîis et le Mina de Mauritanie portent des noms 
gaulois. 

Nous passons à des noms de rivières dont les analogues se trouvent à 
la fois dans la géographie ancienne de la Gaule et dans celle de l'Espagne. 
Avant d'entrer dans le détail, je demande la permission de poser une 
question. Est-il bien certain que tous les noms de rivière de la Gaule 
soient d'origine celtique, qu'une partie au moins de ces noms ne remon- 
tent pas à une date plus ancienne que la date de l'établissement de la 
race celtique en Gaule .'' Par exemple, les Aquitains, peuple de race ibé- 
rique, qui au temps de César et de Strabon avaient conservé leur langue, 
dont les descendants ont gardé jusqu'à nos jours des noms ethniques et 
des noms de villes étrangers à la langue celtique, auront-ils changé leurs 



1. Strabon, III, c. ?, § 4; édition Didot, p. 127. 

2. Strabon, 1. III, c. 3, § 3, édition Didot, p. 126. 
?. Ptolémée, II, 6, 1, édition Nobbe, t. 1, p. 85. 

j. Strabon, 1. III, c. 5, § 1, éd Didot, p. 126. 



1 70 Une énigme d'onomastiijue fluviale. 

noms ibériques de rivières en noms gaulois? Evidemment non. il est 
même évident qu'en certaines parties de la Gaule conquises sur les 
Ibères par les Gaulois, les noms antérieurs à la conquête gauloise se 
sont maintenus jusqu'aujourd'hui '. Tel est le nom du Rhbne,Rliodanus : 
plusieurs textes, notamment le passage célèbre de Scymnus de Chio qui 
donne d'après Timée la date de la fondation de Marseille, établissent 
formellement que ce nom était connu sur les côtes de la Méditerranée à 
une époque où les Gaulois n'y étaient pas encore maîtres ^. 

De là je conclus que, quand un nom de rivière se trouve à la fois en 
Espagne et en Gaule, affirmer qu'il est gaulois et non ibère, c'est fort 
aventureux, c'est dire le contraire de ce qui est le plus vraisemblable. 

Les noms de fleuves de Mauritanie, cités par M. Pictet, qui peuvent 
se rapprocher de noms de fleuves appartenant à la fois à la géographie 
ancienne de la Gaule ou de la Grande-Bretagne et à la géographie 
ancienne de l'Espagne, sont au nombre de trois : le Sisar ou Sir a, le 
Sala, le Tamuda. 

Le Sisar ou Sira : il y a en Gaule le Sara ou Saravus : mais le Sara en 
Espagne est mentionné par Pomponius Mêla, III, i. 

Le Sala : il y a en Gaule la Sala, la Salia, mais le Salo et la Salia 
d'Espagne ont été mentionnés l'un par Martial, l'autre par Pomponius 
Mêla, III, I. 

Le Tamuda : il y a dans la Grande-Bretagne le Tamesiseï le Tamarus\ 
mais le Tamaris en Espagne est mentionné par Ptolémée et Pomponius 
Mêla. 

Où est la preuve que le Sara, le Salo, la Salia, le Tamaris d'Espagne 
portent des noms celtiques ? Movers soutient que deux d'entre eux 

1 . Pruefung der iberischen Ursprunges einzelner Stammes und Staedtenamen im sùdli- 
chen Gallien, par G. Phillips, dans les comptes-rendus des séances de la classe de ptiilo- 
sophie et d'Histoire de l'Académie impériale des sciences de Vienne (Autriche) t. LXVII, 
1871, p. 545 et suivantes, 

2. Scymnus de Chio, vers 201-214, Geographi Graci Minores, t. I, p, 204; cf. Pé- 
riple de Scylax, c. ?, ibid. p. 17; Strabon, 1. 111, c. 4, § 19, édit. Didot, p. 138. 
Eschyle, Héliades, cité par Pline, XXXVII, 32. édition Teubner-lanus, t. V, p. 148, dit 
que le Rhône est un fleuve d'Ibérie. Quelle ignorance ! s'écrie l'érudit romain, tanta 
ignorantia ! Mais l'ignorant ici, c'est Pline, qui s'imagine que la géographie politique 
du V siècle avant J.-C. est identique à la géographie administrative des Romains au 
premier siècle après J.-C. Il n'y a qu'un texte en contradiction avec ceux que j'ai cités, 
c'est le fragment 19 d'Hécatée, Fragmenta historicorum Griecorum, t. 1, p. 2. Ce texte 
a induit en erreur M. Her/.og (Galliae narbonensis, provinciae romanae, historia, p. 4) 
qui admet que Narbonne aurait appartenu aux Celtes à l'époque d'Hécatée, et qui date 
de l'an 700 avant J.-C. la conquête des côtes méridionales de la Gaule par les Celtes. 
Mais le fragment 19 d'Hécatée est imaginaire, et son introduction dans les éditions d'Hé- 
catée est le résultat d'un lapsus calami de Klausen. J'ai cru avoir découvert le premier 
cette erreur. M. Mûllenhoff l'avait signalée avant moi. Les Celtes n'étaient point encore 
arrivés sur les côtes de la Méditerranée à la date où fut écrit le Périple de Scylax (règne 
de Philippe, père d'Alexandre le Grand). 



Une énigme d^ onomastique fluviale. 1 7 1 

portent des noms phéniciens. Le Tamaris d'Espagne porterait un nom 
phénicien puisqu'il y a en Phénicie un fleuve Tamyras; le Salo d'Espagne 
porterait un nom phénicien venant du sémitique Sala « rocher » '. Je ne 
prétends pas que le système de M. Movers soit le bon. Je dis seulement 
qu'il n'est pas prouvé que le Sara, le Salo, la salia, le Tamaris d'Espa- 
gne aient des noms celtiques ; par conséquent il n'est pas prouvé que les 
rivières de Mauritanie qui ont des noms semblables aient reçu ces noms 
des Celtes. 

Les douze noms de rivière celtiques que M. Pictet prétend avoir 
découverts en Mauritanie sont donc réduits à sept de par l'autorité de 
la géographie ancienne d'Espagne. 

La géographie ancienne de l'Aquitaine me donne le droit d'en retran- 
cher un autre, c'est le Sigas ; le seul nom de la géographie ancienne de 
la Gaule que M. Pictet rapproche du nom de la rivière africaine est 
celui du Sigmas qui paraît se jeter dans le bassin d'Arcachon au sud de 
Bordeaux, par conséquent en Aquitaine. Le nom du Sigas viendrait sui- 
vant M. Pictet de la même racine que le gaWois sigaw, rompre, disper- 
ser; mais les lois de la phonétique néoceltique s'opposent à ce que nous 
acceptions cette hypothèse : le g de sigaw tient lieu d'un c plus ancien, 
la racine de sigaw contenait un c comme celle du latin secare [Gr. C.^, 
p. 140, 15 3)- 

Le nombre des noms de rivière communs à la Gaule et à la Mauri- 
tanie et qui n'ont pas d'analogues dans la géographie des contrées ibéri- 
ques est donc réduit à six : i" le Ligar, 2° Visaris, 5° le Savus, 4° le 
Cusas ou Cosenus, j° le Malvas, Malba ou Malvana, 6° le Lix ou Lixus. 
N'ayant pas à ma disposition de nomenclature des cours d'eau de l'Espa- 
gne moderne, j'ai comparé ces noms aux noms de cours d'eau réunis par 
M. Raymond dans son Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées, 
pays ibérique où jamais la race celtique ne s'est, que nous sachions, 
établie ; il en est résulté la concordance suivante : 

Mauritanie, Basses-Pyrénées. 

Ligar, Legarre. 

I saris, Issaca. 

Savus, Sabuca. 

Cusas, Cosenus, Couscauret, Coustasse. 

Malvas, Malvana, Malugga. 

Lix, Lixus, Lissare. 

Les noms modernes, vraisemblablement ibériques d'origine , des 

I. Das phœnizische Alterthum, 2" partie, p. 542, 645, 64$. 



172 Une énigme d' onomastique fluviale. 

Basses-Pyrénées, ressemblent tout autant aux noms mauritaniens que les 
noms celtiques comparés à ces noms mauritaniens par M. Pictet. Il 
n'est donc pas démontré que ces noms mauritaniens soient d'origine 
celtique. 

Movers, célèbre par ses travaux sur l'histoire des Phéniciens, a étudié 
le même sujet que M. Pictet, mais à un point de vue différent; il pré- 
tendait trouver en Espagne un grand nombre de noms de lieu libyens 
et chananéens. Voici des noms de rivières d'Espagne recueillis par lui, 
et auquel il compare des noms de rivières d'Afrique. 

Tous ces noms appartiennent à la géographie ancienne. 

Espagne. Afrique. 

Malaca\ Mo/oc/;a//2 (Mauritanie). 

Salduba^, Sardabal (Maurhzme). 

Anasi, A natis [Mauntanie). 

Avo'^, Aves (Mauritanie). 

Magrada^, Bagradas \Num\àïe). 

Subi arrosant la ville de Subur^, Subur aujourd'hui Sebu ''Maurit.). 

SaloT. Sala fMauritanie). 

Rubricatus^, Rubricatus iNumidiel. 

Suivant Movers il résulte de cette concordance que plusieurs cours 
d'eau d'Espagne auraient reçu leur nom des colons liby-phéniciens 
amenés d'Afrique en Espagne par les conquérants tyriens et carthagi- 
nois. Y a-t-il réellement en Espagne des noms de rivière qui doivent 
leur origine à cette conquête ? Ne devrait-on pas plutôt expliquer 
certains noms de lieu d'Afrique par une invasion ibérique en Afrique 
avant l'arrivée des Berbères .'' 

Ce n'est pas le lieu de discuter ici cette question. Mais la conquête 
phénicienne de l'Espagne sur laquelle s'appuie Movers est un fait histo- 
rique. Aucune histoire ne parle de la prétendue invasion des Gaulois en 
Afrique, et les arguments linguistiques de M. Pictet portent à faux, en 
sorte que le système un peu hardi de Movers serait préférable à 
celui de M. Pictet. 

Reste l'hypothèse de M. Deveria. Les Tamahou des monuments 
égyptiens, les Tamahou à la barbe blonde et aux yeux bleus qui figurent 

1. Das phœnizische Alterthum, 2'' partie, p. 6}8. 

2. Ibid., p. 638-659. 
}. Ibid., p. 643. 

4. Ibid., p. 643. 

5. Ibid., p. 643. 

6. Ibid., p. 645, cf. 541. 

7. Ibid , p. 64s, cf. 542. 

8. Ibid., p. 64$. 



Une énigme d'onomastique fluviale. 1 7 j 

dans ces monuments dès l'an 2500 avant notre ère, seraient des Indo- 
Européens, par conséquent des Celtes arrivés d'Espagne en Afrique dès 
cette époque reculée '. 

V^oici le raisonnement de M. Deveria : 

Premier syllogisme. — Les peuples qui parlent les langues indo- 
européennes ont le monopole des yeux bleus et des cheveux blonds, 
or les Tamahou ont les yeux bleus et les cheveux blonds, donc les Ta- 
mahou parlaient une langue indo-européenne. 

Second syllogisme. — Les Indo-Européens connus par les Egyptiens 
sous le nom de Tamahou avaient un établissement en Afrique ; or les 
Celtes sont les seuls Indo-Européens qui aient pu arriver en Afrique 
2500 ans avant J.-C. Donc les Tamahou sont Celtes. 

La majeure du premier syllogisme est fausse. Il n'est pas prouvé que les 
peuples qui parlent les langues indo-européennes aient le monopole des yeux 
bleus et des cheveux blonds. Il y a des yeux bleus et des cheveux blonds ou 
roux chez les Juifs, chez les Berbères, chez les Basques, chez les Fin- 
nois, et même en Amérique ! On trouve des yeux bleus dans une partie 
de la Chine 2. Donc il n'est pas prouvé que la langue des Tamahou fût 
indo-européenne. Donc le système de M. Deveria n'a pas de base. 

La mineure du second syllogisme n'est pas démontrée. Il n'est pas 
démontré que, si 2500 ans avant notre ère des Indo-Européens ont 
pénétré en Afrique, ces Indo-Européens étaient de race celtique. La race 
celtique n'a pénétré en Espagne que 2000 ans plus tard ; elle n'a 
atteint les côtes de la Méditerranée que postérieurement à l'an 400 avant 
J.-C. Par quelle voie serait-elle arrivée en Afrique ? par ballon^ ? Encore 
une fois le système de M. Deveria manque de fondement. 

M. Lenormant4 suppose que les blonds d'Afrique sont d'origine ira- 
nienne. Le ch. 18 du Bellum Jugurthinum de Salluste l'affirme. Après la 
mort d'Hercule en Espagne, des Perses, des Mèdes et des Arméniens, 
soldats dans son armée, seraient passés en Afrique et s'y seraient établis. 
Les Numides descendraient des Perses, les Maures des Mèdes et des 
Arméniens. Cette invasion iranienne serait, suivant Salluste, antérieure 
à la fondation des plus anciennes colonies phéniciennes d'Afrique, elle ne 
peut par conséquent s'appuyer sur aucun témoignage historique; elle est 

1. Revue Archéologique. IX, 38. Le mot Tamahou désigne à la fois les Libyens et 
divers peuples du littoral de la Méditerranée. Vicomte de Rougé, Revue Archéologique, 
XVI, 82. 

2. Topinard, V Anthropologie, 1876, p. 366, 368, 474, 479. 

}. Movers, Das phœnizische Alterthum, 2" partie, p. 588 et suiv., a démoli le système 
d'Amédée Thierry sur la date de l'invasion celtique en Espagne. Il est inutile de dis- 
cuter ici ce système, qui n'est plus je crois soutenu par aucun savant sérieux. 

4. Manuel d'histoire ancienne de l'Orient, 3' édition, t. 111, p. 154-154. 



174 Une énigme d'onomasticjue fluviale. 

peu conciliable avec ce que nous savons de l'histoire de la race iranienne ; 
elle est en contradiction avec les données de la linguistique ', c'est un 
événement fabuleux; mais s'il fallait admettre l'existence d'un élément 
indo-européen dans la population la plus ancienne de l'Afrique septen- 
trionale, je préférerais la doctrine de M. Lenormant à celle de 
M. Pictet. M. Lenormant cite un texte, M. Pictet n'en peut produire. 

H. d'ARBOIS de JUBAINVILLE. 



1. Movers, Das phanizische Alerthum, 2« partie, p. 56J. 



CUCHULAINN'S DEATH. 

ABRIDGED FROM THE BOOK OF LEINSTER, 
ff. 77, a. i — 78, b. 2. 



|\Vhen Cùchulainn's foes came for the last time against him, his land 
was filled with smoke and flame, and the vveapons fell from their racks, 
and the day of his death drew nigh. The evil tidings were brought to 
him, and the maiden Leborcham bade himarise, though he wasforworn 
with fighting in defence of the plain of Murthemne, and Niam, wife of 
Conall the Victorious, aiso spoke to him, so he sprang to his arms, and 
flung his mantle around him ; but the brooch fell and pierced his foot, 
forewarning him. Then he took his shield and ordered his charioteer 
Loeg to harness his horse, the Gray of Mâcha :] 

Tofigu dodia atofiges moîbûath orldech cianobeth coiced conchohak 

immon liaih mâcha nistibritis dochum incarpait. Nierbart fnt cosindiu 

Maso d'il duit tair féin da acallam ind leltli fadessin. 

« I swear to the god by whom my people swear », said Loeg, 
« though (the men ofj Conchobar's Fifth ' were around the Gray of 
Mâcha, they could not bring him to the chariot. I never refused thee till 
today... If thou wilt, come thou, and speak with the Gray himself. » 

Telle cuchulainn adochum. Et roimpa intech achlé friss fothri. 7 roscail in 
morrigu incarpaî issind aidchi remi. arnirbo ail lee adul concu/ainn dochum 
inchatha. arrofiÛT nocoricfad emuin mâcha afrithisi, 

Cuchulainn went to him. And thrice did the horse turn his left side to 
his master. (And on the night before the Môrrigu^ had broken the 
chariot, for she liked not Cùchulainn's going to the battle, for she knew 
that he would not come again to Emain Mâcha). 

[Then Cuchulainn reproached hishorse^ saying that he was not wont 
to deal thus with his master :] 

1. Ulster. 

2. A wargoddess, see Revue Celtique, I, 56. 



176 Cucliulainn's Death. 

Lasodixin dodechaid inliath mâcha coîarlaic abolgdéra môra folafor a dib 
traigthib. Lassin roling cuchulainn incarpat. Et docuridar beJg de fodes 
iarsUge midluachra. 

Thereal the Gray of Mâcha came and let his big round tears of blood 
fall on Cûchulainn's feet. And then Cuchulainn leaped into the chariot, 
and drove it suddenly southwards along the Road of Mid-Luachair. 

[And Leborcham met him and besought him not to leave them ; and the 
thrice fifty queenswho were in Emain Mâcha and who ioved him cried 
to him with a great cry. But he turned his chariot to the right, and 
they gave a scream of wailing and lamentation, and smote their hands, 
for they knew that he would not come to them again.] 

Roboi tecli amumme rodndtsom arachind for intsligid taidledsom béos 
intan natheiged foraérim sccci fadess 7 aness. Lestarcondigleesiarachindsom 
dogrés. ibid dig. 7 documlai ass 7 celebraid diamummi. Téit ass iarsligi 
midluachra iar maig mogna. Conaccai ni nateora ammiti t'^athchaecha ara- 
chind forinisligid. Orce conemib 7 epthaib fonôiset forberaib cairthind. Ba 
dogessib conculainn cenadall fulachta diachathim. Geiss do daT\a cdrna achom- 
anma do ithi. Rethid 7 badodul seccu. Rufihr nibucdenam alessa robass 
and. 

The house of his nurse that had fostered him was before him on the 
road. He used to go to it whenever he went drivingpasther southwards 
and from the south. And she kept for him always a vessel with drink 
therein. And now he drinks a drink and fares forth, bidding his nurse 
farewell. Then he saw somewhat. Three Crones, blind of the left eye, 
before him on the road. They had cooked (?) on spits of rowantree 
a dog with poisons and spells. And one of the things that Cuchulainn 
was bound not to do, was going to a cooking-hearth and consuming 
the food. And another of the things that he must not do, was eating his 
namesake's flesh'. He speeds on and was about to pass them, for he knew 
that they were not there for his good. 

Conidde asbertfriss indammait. 

Tadall latt achuchulainn. 

Ni adliub ém o/cuc/julainn. 

Até inbiad eu olsi. Diambad julocht môr nobeîh and or si roadelta. ùair 
isbec fil and nithaidle. Nitualaing môr nadfulaing no nadgeib inihbec. 

Then said the Crone to him. 

« Visit us', O Cuchulainn. » 

« 1 will not visit you in sooth, says Cuchulainn. 

I . Cû-chulainn means 'Culann's Hound'. 



Cuchulainn's Death. 177 

« The food is (only) a hound, quoth she. w Were ihis a great cooking- 
hearth thou wouldst hâve visited us. But because what is hère is little, 
thou comest not. Unseemly are the great who endure not (or who take 
noti the little. » 

Aiaellasom iarom. 7 tonindnaig indammait leithi inchon dô assa laim 
chli. Adetlia cuchulainn iarom assaldim 7 dambeir fosliasait cil. INdldm 
Todgab 7 intsiiasalt fotarat rogabîha ochund cofond connarabi annert céîna 
indib. 

Then he drew nigh to her, and the Crone gave him the side of the 
hound out of her left hand. And then Cuchulainn ate it eut of his fleft] 
hand; and put it under his left thigh. The hand that took it and the 
thigh under which he put it were seized from trunk to end, so that the 
sarae strength abode not in them. 

[Then he drove along the Road of Midluachair around Sliab Fuait; 
and his enemy, Ere son of Carpre saw him in his chariot, with his 
sword shining redly in his hand, and the light of valour [Ion galle) 
hovering over him, and his three-hued hair likestrings of golden thread 
over the edge of the anvil of some cunning craftsman \combasamalta 
ratétalb ôrsndld dar or nlndeona foldlm suad saincherda). 

« That man is coming towards us, men of Eriu ! » said Ere. 
<« Await him. » So they made a fence of their linkedshields,and at each 
corner Ere made them place two of their bravest feigning to fight each 
other, and a satirist with each of thèse pairs, and he told the satirists to 
ask Cuchulainn for his spear, for the sons of Calaten had prophecied of 
his spear that a king would be slain thereby, unless it were given when 
demanded. And he made the men of Eriu utter a great cry. And 
Cuchulainn rushed against them in his chariot, performing his three 
thunder-feats ; and he plied his spear and sword :] 

Comtar llr galnem mara 7 renna nlme 7 dracht céîamuln 7 loa snechtal 
7 bommand ega. 7 dulll forfidbald. 7 budl forbregmalg. 7 fér fochossalb grega 
lllô samrald alleithchlnd-j allethchlolcne 7 allethlama 7 allethchossa 7 acndma 
derga comscdllte larnanesrédlud fomag murthemnl. Et ropollaîh Inmagsln 
dianinchinnib iarsintress dlberge sln 7 Imberta arm dorât cuchulainn forru. 

So that the halves of their heads and skuUs and hands, and feet, and 
their red bones were scattered broadcast throughout the plain of 
Murthemne, in number like unto sand of sea and stars of heaven and 
dewdrops of May and flakes of snow and hailstones, and leaves on forest, 
and buttercups '?i on Moy-Bray, and grass under feetof herds on a day 
in summer. And gray was the field with their brains after that onslaught 
and plying of weapons which Cuchulainn dealt unto them. 

Ra. Cdt. III 1 J 



lyS Cuchulainn's Deatli. 

[Then he saw one of the pairs of warriors contending together, and 
the satirist called on him to intervene, and Cùchulainn leaped at them, 
and with two blows of his fist dashed out iheir brains ;] 

INgaisin damsa achuchulainn orincainte. 

Tofigimse atoiiges motli.'ath. nach mô arichtu alessa duitseo andas damsa. 
Ataat fir herenn form sund 7 atû forro dana. 

Notairubsa dana manithuca arincainte. 

Ni romaeradsa dana riam icinaid modrochthidnacuil. no mo dothchernais. 

Lasodain rodibairg inhgai dô 'saurlond reme condechaid trianachend 
7 coromarb nonbur friss anall. 

« That spear to me ! » says the satirist. 

« ! svvear what my people swears, said Cùchulainn, « thou dost 
not need it more than I do. The men of Eriu are on me hère and 1 too 
am on them. 

(( I will revile thee if thou givest it not, says the satirist. 

« I hâve never yet been reviled because of my niggardliness or my 
churlishness. » 

With that Cùchulainn flung the spear at him with its handle foremost, 
and it passed through his head and killed nine on the other side of him. 

[And Cùchulainn drove through the host, but Lugaid son of Cùrùi 
got the spear.] 

Crâeî dofaeth dongaiseo amaccu calaùn ar luga.]à. 

Dofaeth ri dingaisin ormaic ca/atin. 

lARsin rotheilg lugaid inngai forsincarpaî contarlai illdeg mac riangabra. 
cotarlaic ambûi doinnib innamedôn corrabi forfortchi incharpait. 

ISandsin rordid lâeg Goirt romgaet. etc. 

lARsin tra dobeir cùchulainn inngai ass 7 celebraid lôeg. conidand atbert 
cùchulainn bam eirrse 7 bam ara isindlathiusa indiu. 

« What will fall by this spear, sons of Calaten ? », says Lugaid. 

« A king will fall by that spear », say the sons of Calaten. 

Then Lugaid flung the spear at Cuchulainn's chariot, and it reached 
the charioteer, Loeg son of Riangabra, and ail his bowels came forth on 
the cushion of the chariot. 

Then said Loeg « Bitterly hâve I been wounded » etc. 

Thereafter Cùchulainn draws out the spear, and Loeg bids him 
farewell, and then said Cùchulainn : « Today 1 shall be champion and 
I shall be charioteer. » 

[Then he saw the second pair contending, and one of them said it was 
a shame for him not to intervene. And Cùchulainn sprang upon them 
and dashed them into pièces against a rock.] 



Cuchidainn's Deatli. 179 

INgaisin damso ac//uc/julainn olincainte. 

Tongusa aîonges moîh'.ath nimô riclitain alessa ingai duitsiu oldaas damsa. 
ceîhri coicid hetenn formLiim 7 forin gail 7 formgaisced do aurscartad 
dimaig murtliewni isindlôsa indiu. 

Nottàirubsa olincainte. 

Nidlegar dim acht oenailgis isindlôsa. 7 dana roiccus dochindm'enig indiu 
chena. 

dirfatsa ultu itchinaidsiu olincainte. 

Niraaertha ém riam olse icin modibese. nach modothchernais. Ambec aratlid 
din domsaegulsa ni airfaiter isind laithiusa indiu. 

Dobert cuc/m/ainn ingai dô ar urlaind condechaid trianachend 7 coromarb 
nônbur ris aniar. Et fethid triasinmbuidin amal atrubranmr remaind. 

« That spear to me, Cùchulainn ! « says the satirist. 

« 1 swear what my people swears, thou dost not need the spear more 
than 1 do. On mv hand and my valour and my weapons it rests today to 
sweep the four fifths of Eriu ' today from the plain of Murthemne. 

« 1 will revile thee », says the satirist. 

« I am not bound to grant more than one request in this day, and, 
moreover, I hâve already paid for my honour. » 

« I will revile Ulster for thy default », says the satirist. 

« Never yet hath Ulster been reviled for my refusai nor for my chur- 
lishness. Through little of my life remains to me, Ulster shall not be 
reviled this day. )> 

Then Cùchulainn cast the spear at him by the handle and it went 
through his head and killed nine behind him, and Cùchulainn... through 
the host even as vve said before. 

[Then Ere son of Cairpre took the spear.] 

Cid bias dingaiseo amaccu calatin arerc mac carpri. 

Nin. dofuit ri dingaisin arma'ic calaùn. 

Rochuala lib dofâithsad dingai ochianaib roleici lugaià. 

Isfir on ém ormak calaùn. dorochair ri arad herennde .i. ara conculainn 
.i. laeg mac riangabra. 

« What shall fall by this spear. sons of Calaten ? » says Ere son of 
Carpre. 

« Not hard to say : a King falls by that spear, » say the sons of 
Calaten. 

« I heard you say that a King would fall by the spear which Lugaid 
long since cast. » 

I. I. e. the armies of Connaught, Meath, Leinster and Munster. 



i8o Cuchulainn's Death. 

«And that is true, » say the sons of Calaten. '< Thereby fell the king of 
the charioteers of Eriu, namely Cuchulainn's charioteer, Laeg son of 
Riangabra. )> 

Lasin dolleici erc ingai fair conidecmaing issin liaîh mâcha. Gataid 
cuc/iulainn infigai ass. Et célébrais cdch diacheile dib. Lasodain leicthi inliath 
mâcha 7 leîh acuhga fobrâgit condechaid Ulind léith isliab juait. 

Thereat Erc cast the spear at him, and it llghted on (his horse) the Cray 
of Mâcha. Cûchulainn snatches out the spear. And each of them bade 
the other farewell. Thereat the Cray of Mâcha leaves him with half the 
yoke under his neck and went into Gray's Linn in Sliab Fuait. 

[Thereat Cûchulainn again drove through the host and saw the third 
pair contending, and he intervened as he had done before, and the 
satirist demanded his spear and Cûchulainn at first refused it.J 

Notdirubsa oUncainte. 

Roiccus dominchaib ind'm. nidlegar dam acht oenalgis isindlousa. 

àirfaîsa ultu itchinîa. 

Roiccus dianinchaib olse. 

Airfaîsa dochenél orincainte. 

Tir ém. nadranacsa riam niricfat scéla m'écnaig remum. Uair isbec atd 
domsaegul. 

Doîheilg cûchulainn inngai dô 7 aurlond reme condechaid trianachend 7 
tré tri nonboru aile. 

ISraîh cofeirg achuchulainn arincânti. 

'I will revile thee', quoth the satirist. 

'I hâve paid for my honour today. I am not bound to grant more 
than one request in this day.' 

'I will revile Ulster for thy fault'. 

'I hâve paid for Ulster's honour'. says Cûchulainn. 

M will revile thy race', says the satirist. 

'Tidings that 1 hâve been defamed shall never reach the land I hâve 
not reached. P'or little there is of my.life (remaining). » 

So Cûchulainn flung the spear to him, handle foremost, and it went 
through his head and through thrice nine other men. 

'Tis grâce with wrath, Cûchulainn', says the satirist. 

[Then Cûchulainn for the last time drove through the host, and Lugaid 
took the spear, andsaid :J 

Cid bias dingaiseo amaccu calaùn, 

Tuilfid ri de arnmc calaùn 

Rochuala lib dofdethsad dingai roleci erc imbuaruch. 

ISfir on orse darochair ri ech herenn de .1. inliath mâcha. 



Cuchulainn's Death. i8i 

u What will fall by this spear, sons of Calaten ? » 

« A king will fall thereby », say the sons of Calaten. 

"I heard you say that a king would fall by the spear that Ere cast 
this morning." 

« That is true, « say they, « the king of the steeds of Eriu fell by it, 
namely the Cray of Mâcha. » 

[Then Lugaid flung the spear and struck Cûchulainn, and his bowels 
came forth on the cushion of the chariot, and his only horse, the Black 
Sainglend, fled away, with half the yoke hanging to him, and left the 
chariot and his master, the king of the heroes of Eriu, dying alone on 
the piain.] 

larsin atbert cûchulainn. Ropail damsa olcuchulainn dut connici inloch ucuî 
dôl digi as s. 

IScet lind ariat achl cotis chucund aridisi. 

FoTcongersa forulb orcuchulainn mani thlsiursa féin cotistaisi armochend. 

lARsin ira rotheclaim inné abrond inaucht. 7 téit ass dochum indlocha. 

Then said Cûchulainn « I would fain go as far as that loch to drink a 
drink thereout. « 

« We give thee leave » say they, « provided that thou corne to us 
again. » 

« I will bid you corne for me, » says Cûchulainn, « unless I shall corne 
myself. » 

Then he gathered his bowels into his breast, and went forth to the 
loch. 

[And there he drank his drink, and washed himself, and came forth to 
die, calling to his foes to come to meet him.] 

Dodechaid iarum crich môr ondloch sîar. Et rucad arosc airi. Et téit 
dochum coirthi cloiche file isinmaigcotarat acoimchriss immi narabladnasuidiu 
nach inaligu. combad inasessam atbalad. 

ISiarsin dodechatar nafir immacuairt immi 7 nirolamsatar dul adochum. 
Andarleo ropobeo. 

JSmebol d.'.ib ol erc mac carpn cenchend indfir dothabairt lib indigail 
chind m'atharsa... 

lARsin tra dodechaid inliath mâcha cocoinculainn dia imchoméi icéin robôi 
aanim and 7 romair inlon Liith assa étun. ISiarum bert inliath mâcha 
natn dergruathra immi macuairt cotorchair .1. leis conafiaclaib 7 .xxx. cach 
crûi do issed romarb dontslûag. Conidde atd nitathe buadremmend ind léith 
mâcha iarmarbad conculainn. 

Conid iarsin dolluid indennach foragualaind. Nirbognâth incorthe ùt 
foenaib ar erc mac corpn. 



i82 Cuchulainn's Death. 

lARsin tra racoraig lugaid amoifig daraaiss. 7 benaid achend de. 

lARsin tra dorochalr aclaideb allaim conculainn. coneccmoing aldim dài 
diluga\d corrabi forldr. Benair aldm dôi c/una dichoinculainn dia digail. 

Documlat ass iarum intslûaig 7 doberat ko cend conculainn 7 alaim dôi 
cotancatar temrai^. Conid and ati otharligeachiridj aldime dôi. 7 Idn lainne 
ascéith di ùir. 

Now a great mearing went westwards from the loch, and his eye lit 
upon it, and he went to the pillarstone which is in the plain, and he put 
his breastgirdle round it that he might not die seated nor lying down, 
but that he might die standing up. 

Then came the men ail around him, but they durst not go to him, 
for they thought he was alive. 

'It is a shame for you', said Ere son of Cairpre, « not to take that man's 
head in revenge for my father's head which was taken by him....» 

Then came the Gray of Mâcha to Cùchulainn to protect him so long as 
his soûl was in him and the 'hero's light' out of his forehead remained. 

Then the Gray of Mâcha wrought ihe three red routs ail around him. 
And fifty fell by his teeth and thirty by each of his hooves. This is what 
he slew of the host. And hence is (the saying). 'Not keener were the 
victorious courses of the Gray of Mâcha after Cuchulainn's slaughter.' 

And then came the Birds on his shoulder. « That pillar is not wont to 
be under birds, » says Ere son of Cairpre. 

Then Lugaid arranged Cuchulainn's hair over his shoulder, and cuts 
offhis head. 

And then fell the sword from Cilchulainn's hand, and smote off Lugaid's 
right hand which fell on the ground. And then Cuchulainn's right hand 
was eut off in revenge for this. 

Lugaid and the hosts then marched away, carrying withthem Cuchu- 
lainn's head and his right hand, and they came to Tara, and there isthe 
Sickbed of his head and his right hand, and the full of the cover ' of his 
shield of mould. 

[From Tara they marched southwards to the river Liffey. But mean- 
while the hosts of Ulster were hurrying to attack their foes, and Conall 
the Victorious, driving in front ofthem, met the Gray of Mâcha streaming 
with blood. Then Conall knew that Cùchulainn had been slain. And he 
and the Gray of Mâcha sought Cuchulainn's body.] 

Conaccatar coincidâinn immoncorthe. Luid diXWdi inliath mâcha cotarat 
achend forbruinnib concu/ainn. 

I. Lainne I take to be the gen. sg. of lann À. cumdach, O'Cleiy. 



Cuchulainn's Death. i8? 

ISdethiiiu don liatii mâcha incorp ùt ar conalL 

They saw Cûchulainn at the pillar-stone. Then went the Gray of 
Mâcha and laid his head on Cuchulainn's breast. And Conall said (( A 
heavy care to the Gray of Mâcha is that corpse. » 

[And then Conall foUowed the hosts meditating vengeance, for he was 
bound to avenge Cûchulainn :] 

Roboi cinniud triachombdig iarum etir choinculainn 7 conall cernach .i. 
ciped chia dib nomarbtha artùs adigail diacheiliu. Et mad misse marbthair 
arlùs archuculainn cia luathe nomdigeU. 

Alla notgentar arconall cernach dodigail damsa resin fescursin. Et mad 
misse marbthair and orconall. cia luathe nomdigéla. 

Nipa ùar thfuilsiu limsa fortalmain olcuchulainn intan notdigél. 

Now there was a comrades' covenant between Cûchulainn and Conall 
the Victorious, namely, that whichever of them was first killed should 
be avenged by the other. « And if / be the first killed »said Cûchulainn, 
« how soon wiit thou avenge me ? » 

(( The day on which thou shalt be slain », says Conall, « I will avenge 
thee before that evening. And if I be slain », says Conall, « how soon 
wilt thou avenge me ? » 

(( Thy blood will not be cold on earth », says Cûchulainn, « when I 
shali avenge thee. » 

ISo Conall pursued Lugaid to the Liffey.] 

ISand rohôi lug3\à ocafothrucud. Decce dûn ammag ollugaid fnaaraid 
natistar chucund cen aicsin. 

Doféccai sécha intara. 

Dofil oenmarcach sund chucund orse. 7 ismoragripe 7 aluas dothet. indarlat 
isfeochuine (no fiaich herenn fil uasa. Indarlat it loa snectai breccait ammag 
jris anair. 

Ni inmain inmarcach dothaet and arlugaid À. Conall cernach insin for- 
sindeirg druchtaig. Na eoin atchonnarcais uasu na fait acruib indeich sin. 
Naloa snechtai atchonnarcdàs dobreccad inmaige fris anair, uanbach abélaib 
indeichsin. 7 agglomraib inlsréin. 

Fég darisse arlugaid cisi chonar dothdet. 

Dothdet dochum indatha arintara .i. inconar dodechaid inslùag. 

Dolléic sechund intechsin arluga\d ni ail dûn comrac fris. 

Then was Lugaid bathing. 'Keep a lookout over the plain' said he to 
his charioteer, « that no one corne to us without being seen. » 

The charioteer looked. 

'.( One horseman is hère coming to us, » said he, « and great are the 
speed and swiftness with which he comes. Thou wouldst deem that (ail) 



184 Cuchulainn's Death. 

the ravens of Eriu were above him. Thou wouldst deem that flakes of 

snow were specking the plain before him. » 

« Unbeloved is the horseman that cornes there, » says Lugaid. It is 
Conall the Victorious (mounted; on the Dewy-Red. The birds thou 
sawest above him are the sods from that horse's hoofs. The snow-flakes 
thou sawest specking the plain before him are the foam from that horse's 
lips and from the curbs of the bridle. Look again, » says Lugaid, « what 
road is he coming ? » 

« He is coming to the ford, » says the charioteer, « the path that the 
hosts hâve taken. « 

« Let that horse pass us, » said Lugaid. n We désire not to fight 
against him. n 

[But when Conall reached the middle of the ford he spied Lugaid and 
bis charioteer and went to them.| 

ISfochcn dged jécheman. ol conall cernach. INti dana diandligi fiachu 
dosfothlaig fair. Dligim ditsu ar conall cernach .i. marhad mochomcheili 
concuhmn. 7 ità ictnall aacrai fort. 

(( Welcome is a debtor's face ! » said Conall. « He to whom he oweth 
debts demands them of him. I am thy creditor, » says Conall, « tor the 
slaying of my comrade Cùchulainn, and hère I am suing thee for this. » 

[They then agreed to fight on the plain of Argetros '' and there Conall 
wounded Lugaid with his javelin. Thence they went to a place called 
Ferta Lugdach.] 

Ropdil damsa or lugaid conumrabad fir fer ûaitsiu. 

Cid on or conall cernach. 

Connachamthised udit acht oemldm. arnifil acht eenldm lim. 

Rotbia orconall cernach. 

Cengaltar aldm iarum diathoeb cosuanemnaib . Robatar indsin eûr datrdth 
dinlô. et nijuair nechtarde eillfovacheile. INtan nadfûair conall cernach eill 
fair dofeccai sécha agabuir .i. indeirg hdruchtaig... Lasin donic ingabuir 
chuci corragaib mir assathôib... 

« I wish, » says Lugaid, to hâve the truth of men from thee. » 

« What is that, » says Conall the Victorious. 

« That thou should use only one hand against me, for one hand only 
hâve L » 

« Thou shalthave it «, says Conall the Victorious. 

So then Conall's hand was bound to his side with ropes. There for 
the space between two of the watches of the day they fought, and neither 

I. The ancient name of a plain on the River Eoir, Anglice the Nore, in Ossory. 
O'Donovan, Book of Righls, Ix. 



Cuchulainn's Death. 185 

of them prevailed over the other. When Conall found that he prevailed 
not, he saw his steed the Dewy-Red by Lugaid.... And the steed came 
to Lugaid and tore a pièce out of his side. 

Fe amae orluga'ui nijir jcr anisin aciwnaill cernaig. 

Nitharddusa duitsiu orconall ccrnach acht darmochend féin. Nitharddus 
/mmurro duit darcend narobb 7 nanecodnach. 

Roietarsd ira orlugaid nadragasu corruca mochendsalatt. uair dofucsamni 
cend conculdinn. Cotardda trd arse mochendsa ardochend 7 conerbara mori- 
gise fordorige. Et mogaisced for dogaisced. Ar isferr limsa combad tû laecli 
baddech nobeth inherinn. 

Lassin benaid couall cernach achend de. 

(( Woe is me ! » says Lugaid, « that is not the truth of men, 
Conall. » 

« I gave it thee only on my ovvn behalf », said Conall. I gave it not on 
behalf of savage beasts and senseless things. » 

« 1 know now, » said Lugaid, « that thou wiit not go till thou takest 
my head with thee, since wetook Cuchulainn's headfromhim. Sotake, » 
said he, 'my head in addition to thine own, and add my realm to thy 
reaim, and my valour to thy valour. For I prefer that thou shouldst be 
the best hero in Eriu. » 

Thereat Conall the Victorious cuts off Lugaid's head. 

[And Conall and his Ulstermen then returned to Emain Mâcha. That 
week they entered it not in triumph. But the soulof Cùchulainn appeared 
there to the fifty queens who had loved him, and they saw him floating 
in his spirit-chariot over Emain Mâcha, and they heard him chant a mystic 
song ofthe coming of Christ and the Day of Doom.] 

W. S. 

2) sept. 1874. 



ON THE GAELIC NAMES 



IN THE LANDNAMABOK AND RUNIC INSCRIPTIONS. 



At the end of Cleasby's Icelandic-English Dictionary, Oxford, 1874, 
Mr. Vigfusson gives a list of forty-nine names and nicknames contained 
in the Landnàmabôk ilslendinga sogur, Kjobenhavn 18451, mosl of 
which are Gaelic; and he says, very justly, that as thèse names were 
taken from oral tradition, not from books, ihe Norse form may throw 
some light on Celtic pronunciation in the loth, i ith and 1 2th centuries. 
Mr Vigfusson does not attempt to idemify thèse names : but I think I 
can do so in most instances. 

1. Sd^;2 in Bekan-stôSum, p. 52. This is Beccân 'parvulus', adiminu- 
tive of becc 'little', and a very common name. It occurs, written Becan, 
seven times, written Began, twice, in the Martyrology of Donegal, Dublin, 
1864. The gen. sg. Beccain is in the Féhre of Oengus (Laud 610 and 
Rawl. 505) at April 5. 

2. Bia^makr, Bio'Smakr Madda'Sr Irakonùngr, seems misread for 
BlaSmakr= Ir. Blaîhmac, which also is a common name. It occurs ten 
times in the Annals of the Four Masters and twice in the Martyrology 
of Donegal, where it is latinised Florigenius (blatli 'flos'). We shall fmd 
S for th also in KaiVall and KormloS. 

3. Biôlan a Scotch king, 9$, 268. This seems the Irish BéoUan, which 
name occurs in the Annals at the years 967 and 1105. and is now 
anglicised Boland, Mise. Ir. Arch. Soc, vol. i, p. 146. 

4. Bjollok a daughter of Vilbaldr, 268. This seems connected with 
Beologo, given as the name of a priest. in Mart. Don., p. 46. 

5. Bran or Brjdn in Branslaek, Brjamslaek [sic] : Navnet skrives nu 
Brjdnslskr'. note], 50. Brjdn is the Irish Bridrï 'colliculus', one of the 
commonest of names, and Bran is the Ir. bran 'corvus' which occurs as 
a name 2 3 times in the Annals of the Four Masters. 

6. D'imun the island (1 Dîmunarvâgi) 104, 'is a doublepeaked island 



On the Gaelic Names in the Landnamabok. 1 87 

in Broadfirth, Iceland, and in the Faeroes.' If this be an Irish topogra- 
phical name, the di- is = Ir. di f. 'two', the mun is for Ir. muin 'back', 
'neck', and the name is to be compared with Dd-bhac in Tirawley, Annals 
of the Four Masters iiSo, 1217, Noin-druimm 'nine-ridge' etc. 

7. DrajdritT 53, the name of one of the thralls whom Hjôrleifr took 
in Ireland. If this be a real name, it is a hybrid. But the driîr = Engl. 
dm is perhaps agloss ontiru/'i. e. Ir. drabh 'siliquiae'. Compare drabar- 
slog 'rabble', LU. Sob. 

8. Dufan 140. This is the Irish Dubdn 'nigellus' a diminutive of dub 
'dark', which occurs, spelt Dubhan, four times in the Martyrology of 
Donegal. That Icelandic/ represents the infected Irish b appears infra 
Nos. 9 and 12, and in the name Dyf-linn Landn. 2^, 58, 108 = 
Dub-linn now Dublin. 

9. Dufguss ithe reading of mss. Aa, ei 1 56, whence the corrupted 
Dugfùss, Digfuss, Dufgerss, was the father of SvarthôfSi. This name 
would be in Irish 'Dubgus. I hâve not met it in Irish books or mss. ; 
but it is formed like the sixteen names in -gus (= Lat. gustus ?), quoted 
in Ir. Glosses, 69^2. 

10. Dufnall (Erpssoni 113. This is the Irish Domhnall (W. Dyfnwall), 
one of the commonest of names. Hère- the 0!d Norse / represents the 
infected Irish m, and the Old Norse u the Ir. ô as in Lunan infra 
No 58. 

1 1. Dufniall son of Kjarvalr (Cerball) 298, an Irish King. This name 
is probably a mistake for Dufnall No. 10. If Duf-niall be right, we must 
regard it as = dub dark + Niall, infra No 45 , 

12. Duf])akr, another thrall of Hjôrleifr's, 35, 35, Dufjjakr in 
Duf)>aksholti, 282, 289, 344, Dufjpakr Dufnialsson 268, 298. This is 
the common name Dubthach, later Dubhthach. The r hère as in No, 2 is 
the ending of the Icelandic nom. sg. masc. 

1 5. Feilan, Oleifs feilans 8, 19, Olafs feilans $9, 99, etc. This is the 
Ir. Faelan, which occurs 17 times in the Annals ofthe Four Masters, and 
16 times in the Mart. Don. It possibly means 'little wolf, cf. Faeldruim, 
Fael-cim. 

14. Fyls-(enni) 126, 'dôttur [jérarins fylsennis.' 'The former part' 
says Mr Vigfusson, -may be Gaelic : cf. fyls-bein, Fms. IX, 54'. I do 
not know any Gaelic word like fyls. 

1 5. Gellir = Gilli ^') in the name of ThorSr Gellir Olafsson feilan. If 
this be Celtic, it is probably the Gaelic gille, gilla 'lad' cognate with As. 
cdd, Eng. ch'dd. But Gellir is a common Icelandic name in the Landn. 

16. Gilli, Gull\>. I do not understand this. 



1 88 On the Gaelic Names in the Landnamabok 

17. Gliomall (gen. Gliomalsi Irakonûngr. I cannot identify ihis name. 
i S. Grelot gen. GrelalSar, 109, 140. Of this woman's name I can 

make nothing. I do not believe it to be Celtic. 

19. Gufa i?i a nickname for Ketill, 132: 'doubtful if Gaelic', says 
Mr Vigfusson. A féminine diminutive Guibhsech occurs, but 1 know of 
no Irish name Guba. 

20. Hnokkan 267, a nickname of Askell son of Dufthakr (Dubthachl. 
Probably the Irish cnocân 'coUiculus'. See No 5 supra. 

2 I . Ka'Sall father of Thôrdis, 1 16, father of Thorgeirr 219. This is 
the Ir. Cathal = W. Catell, Cadell or (as Rhys thinks) Cadwal. The 
Old Norse form shews that the Early Middle-lrish //; had sometimes a 
dental sound and was not always reduced to a mère breathing. 

22. Kaolin Gaungu-Hrôlfsdôttir 95, 358. Probably the irish woman's 
name Catilin Catharina. 

25. Kali [h 48. Not Celtic. 

24. Kalman enn suSreyski, 49, 64, 65. This is the Ir. Colmân, a com- 
mon abbreviation of Colomban, which, again, is a diminutive of colomh 
m. 'dove' lat. columbus. The Icelandic^ = Ir. mayalsooccurinNo. 25. 

25. Kamban 47, note. This seems the Irish Coman, which occurs twice 
in the Annals and four times in the Mart. Don. Or it may be a nickname, 
Ir. cammân 'hurly' from camm, Gaulish cambo- = r/.ay.^:;. 

26. Kjallab 79 et passim. This is the 0. ir. Cellach later Ceallach. 
The Icelandic spelling shows that in the twelfth century the name was 
pronounced as now. 

27. Kjaran a thrall of Geirmundr heljarskinn. This is the Ir. Ciarân, 
a common name, diminutive of ciar 'fuscus'. 

28. Kjarîan passim. I do not know any such name in Irish. Certân, 
Ceartân would be possible formations from cert, but i hâve never met 
them. Compare Myr-Kjartan infra No. 44. 

29. /Cy^rva/r the name of an irish King, 298, Kjarfalr 561. This is 
the 0. ir. CerbalU later Cearblmll inow Carroll). 

50. Kimbi (?) 100, 'prob. Gaelic', says Mr Vigfusson. If so, it is = 
Ir. cimbid 'captivus'. But the reading is doubtful, the variants Kambi, 
Kumbi, Kunbe being given in the notes. 

31. Kolli passim. « We suspect, says Mr Vigfusson, this name, so 
fréquent in icelandic local names, to be of Gaelic extraction. » If so, it 
may possibly be caille 'wood'. But this is very doubtful. 

32. Kondll 50 n. 65, and passim. Ir. Conall, W. Cynwal. 

J3. Kori, the name of an Irish thrall. 135, 134. I cannot identify this 
name. 



and Runic Inscriptions. 1 89 

J4. Kôrmakr. This is the common Ir. name Cormac. 

;î 5. Kormlo^ daughter of King Kjarvalr (Cerball) 318. This seems the 
common woman's-name Gormlaith, which occurs five times in the 
Annals of the Four Masters. For the provection of the initial medial cf. 
Tufcal, No. 5 5 infra, and par^ik No. 47. 

56. Kvaran ^8, a nickname for Olaf an Irish King, is = Ir. cuarân 
'a sock', W. curan 'ocrea', 'cothurnus' Davies. An Irish saint named 
Cuaran is celebrated at Feb. 9. Mart. Don. p. 45. 

57. K\lan, a brother of Kalman (Colmân), 65, 66. This seems = 
Coelàn, later Caelan, a name occurring seven times in the Mart. Don. 
It is a diminutive of côil (gl. exilis), later coeî^ caol, W. cul 'narrow', 
'strait', 'lean'. 

38. Lunan[i Lunansholti] 297. If 'Lunan' be right (there are also the 
readings Launansh and 'Lumansh';, this is the common Irish name Lonân 
a diminutive of Ion 'blackbird'. If 'Luman' be right, it is the Irish 
Lommân. For«Norse u = Ir. cf. the name Lumcun infra No. 50 = 
Ir. Lomchon. 

39. Madda^r, 93, the name according to one ms. of an Irish King, 
seems ^ the Ir maddadh 'dog' fcognate vvith Eng. mastiff, Ital. mastïno), 
whence the common name Madadhdn. If this équation be right, it would 
shew that final dh in Irish was not silent in the twelfth century. 

40. Meldun, Melldun 'jarl af Skotlandi', 109, 113. This is the Irish 
Mael-dûin, which occurs 33 times in the Annals of the Four Masters. 

41. Melkorka daughter of Myrkjartan an Irish King 1 14. This seems 
an Irish Mael-Curcaigh i. e. 'servant of Curcach', an Irish saint comme- 
moratedonthe i6th November. If this identification be correct, the final 
infected g was as silent in the twelfth century as it is now. 

42. Melpatrekr 316 is = Maelpdtric 'servant of Patrick', one of the 
commonest of Irish names. 

43. Myrgioi 109 (d6ttir Gliomals Irakonûngs). This is perhaps = 
Muir-gheal (mii/r 'sea'; geai 'bright'j, a woman's name which occurs twice 
in the Annals. 

44. Myrkjartan 114, an Irish King, seems = - an Irish Muircheartân. 
But the nearest name to this is the common Muircheartach. 

45. N/'i//, passim. This is the Ir. Niall, which, if it has, as I suspect, 
lost initial 5, may be equated with A. S. snell, NHG. schnell. 

46. Papar 'priests' 424. From the \dXm papae. 

47. Parak 267. Son Hrana Hildis sonar paraks (parrax, parex). 
I cannot identify this nickname with certainty. It is just possible that the 
p is a provected b, and that we may compare ir. barach 'fecund'. 



1 90 On îhe Gaelic Names in the Landnamabok 

48, Patrekr 42. Ir. Patrie, Patricius. 

49. Raforta, 1 cannot indentify this name, which is given as that of a 
daughter of Kjarvals (Cerball) an Irish King. 

To thèse we may add thèse following five Gaehc names found in 
Norwegian runic inscriptions in the Isie of Man (Munch, Chron. Manniae, 
Christiania 1860, pp. xx-xxiv: Haddan and Stubbs, Councils and Eccle- 
siastical Documents, Oxford 1875, II, 185). 

^0-52. Mal-Lumeun, Mal-Mura, Tufeal. Thèse ail occur on a cross at 
Kirkmichael : 

Mal lumcun raisti crvs I^ana efter mal-mvrv fvstra sina toter 

TUFCALS os AJîISL ATI. 

(( Mael-Lomchon erexit crucem hanc post Mael-Maire [servum Mariae | 
educatricem suam, filiam Dubgalli, quam Adislus habuit fin matrimonio). 

Hère we hâve two names comprising Macl 'tonsus' 'calvus' 'servus' 
= Mel supra Nos. 41, 42. In the former case it governs Lomchon, the 
gen. sg. of Lomehu an Irish saint, of Cell Lomchon in Ulster, commemo- 
rated in the Mart. Don. at Jan. 9. In the latter it governs the Middle- 
Irish Mure (0. Ir. Maire) = Maria. The name, spelt Mael Maire, occurs 
twice as a woman's name in the Annals of the Four Masters. In Tufeal 
the first syllable [Tuf] is to be compared with Duf-an, Duf-gus, Duf-hakr 
supra Nos. 8, 9, 12. The second syllable [cal] is the Gaelic gall 'stranger', 
The whole name is the common Irish Dubgall, which occurs thrice in 
the Annals of the Four Masters. 

54-55. Mail Bricti, A])acan. Thèse names are found on another cross 
at Kirk Michael : 

Mail Bricti sunr a|?acans smi]j raisti crvs |mna fvr salv sina sin 
BRvcviN CAUT cir]?! |?ana avc ala, i. e. Mael-Brigtefilius Aedacâni fabri 
erexit crucem hanc pro anima sua... Gautus fecit hanc (crucem^ et 
omnes (in Mannia). 

Hère Mail-Bricti is the common Irish name Mael Brigte 'servus Bri- 
gittae', which occurs, spelt Mael Brighde, 22 times in the Annals of the 
Four Masters, and A\>acan is the Irish Aedacdn which occurs, spelt 
Aedhacan once, spelt Aedhagan four times, in the same Annals. It is a 
diminutive oi aed 'fire' = aïOoç, and still lives as Egan. 

The resuit is, apparently, that : 

i) Infected or las native grammarians say) aspirated c was pronounced 
in auslaut as it is now, i. e. like German cli in sache. Compare Nos. 9, 
12, 26, 44, 50. 

2) Infected g was pronounced in inlaut like g in German magen 
(Nos. 55, 54). But in auslaut it was silent (see No. 41). The modem 



and Runic Inscriptions. 1 9 1 

pronunciation oi gh as dh = a guttural y lO'Don. Crammar, 50) is not 
supported by the Norse spelling. 

5; Infected /and ti were pronounced somevvhat like English tli, both 
in inlaut (Nos. 2, 11,21, 5 5) and inausiaut (Nos. 3 5, 39);but whether 
like //; in tliing or //i in thc there is no évidence to shew. As /// is occa- 
sionally dropt in Old Irish e. g. daarchiuir (gl. redemit) Ml. yib, for 
iu-aih-ro-chiuir, the reduplicated prêt, of tathcrenimm] the th was pro- 
bably a much weaker sound than the infected d. The modem pronun- 
ciation of th as /; and oï dh as a guttural y 'O'Don. Gr. 49I bas no sup- 
port from thèse Norse translitérations, nor (I may add) fromthe Anglo- 
Saxon Chronicle in which Macc-bethu is written Macc-beSu. 

4) Infected h was pronour.ced like )■ iNos 7, 8, 9) as it is now in 
Munster lO'Don. Gr. 46^, or/. The /sound was probably heard as it is 
now in Dubthach ,'v. No. 12). 

5) Infected m was pronounced like v (No. ici. This is now the 
pronounciation in the south of Ireland when mh begins a word. 

Further évidence as to the pronounciation of Early Middle Irish might 
be obtained from the spelling of Norse names in Irish mss. about the 
wars of the Irish and the Scandinavians. But unfortunately, with one 
exception, thèse mss. are so modem and corrupt that no phonetic con- 
clusions can safely be drawn from them. The one exception above 
referred to is the Book of Leinster, from which I take the foliowing 
Scandinavian names : 

Turges and his wife Otta. Todd, Wars of the Gaedhil and the Gaill, 
p. 226. Compare with the former name jjorgeirr ? • 

Onphile iarla, Todd, p. 227. 

Raalb (Raulbi iarla, Todd, p. 229 (Hrélfr ?i. 

Amlaib mac rig Lochlann, Todd, p. 230, 231, dlafr. 

Scolph ocus Ona ocus Tomrair ocus Turgeis, ib. 231. 

Oisli mac rig Lochlann, ib. 231 (âsleikr ï\. 

Barith, ib. 282 (BarSi !>). 

Ascalt Putrall, ib. 233 (âskell.?). 

Siugrad mac Imair ri Gall, ib. 233 (Sigur^r). 

Ragnall mac Imair ib. 234, Ragnall 235, gen. sg. Ragnaill 232. Seems 
Rôgnvaldr. 

Oitir iarla ib. 234. Oittir 25^ i6ttarr?i 

It is to be hoped that some good Icelandic scholar will take up this 
matter. The sagas probably contain many more Gaelic names than those 
above enumerated. 

Whitley Stokes. 

Calcutta, April 5, 1876. . - 



LAVAROU KOZ A VREIZ IZEV 



EIZVED STROLLAD. 
I. 



841 Al labourer a viskoaz 

A zebr eur garg douar ar bloaz. 

842 Goasa ira a hell hen hem gaoutgad eur merer eo klevet killok fie vestr. 
84^ Bleo gonifled, plan klujar, 

N'int ket mad da stuia douar. 

844 lannik a vil micher a varvaz gant ann naon. 

845 Eur micherour dioc'h ann deiz 
A garfe ve noz da greisteiz. 

846 Matez nevez da di pa zeuio 
Kement a teir a labouro. 

847 Glao a dol, avel a c'houez. 
Da ober joa d'ar vatez. 

848 Foeta fank ha foeta drez 
Eo micher eur paotr lakez. 

IL 

849 Eur c'hemener n'e ket den, 
'Met eur c'hemener ne-d-eo ken. 

850 Nao c'hemener evid ober eun den. 

85 1 Neb a lavar eur c'hemener 
A lavar ive eur gaouier. 

8$ 2 Kemener brein., 

'Nn diaoul war hegein. 

I. Voir plus haut, p. 60 et suiv. 



PROVERBES ET DICTONS 

DE LA BASSE-BRETAGNE. 



HUITIEME SERIE. 



I. 

841 Laboureur de tout temps 
Charge de terre avale l'an. 

842 La pire chose qui puisse arriver à un fermier, c'est d'entendre le 

coq de son maître ' . 

843 Poils de lapin et plumes de perdrix 

Ne valent rien pour engraisser la terre ^. 

844 Jeannot aux mille métiers mourut de faim. 

84J Un ouvrier à la journée 

Voudrait à midi la nuit arrivée. 

846 Quand servante nouvelle à la maison viendra, 
Autant que trois elle travaillera. 

847 Pluie à verse et tourmente, 
Temps à réjouir la servante. 

848 Battre boue et battre hallier, 
C'est le métier d'un estafier. 

II. 

849 Un tailleur n'est point un homme, 
Ce n'est qu'un tailleur en somme. 

850 Neuf tailleurs pour faire un homme. 

85 1 Qui dit tailleur 
Dit aussi menteur. 

8j2 Tailleur pourri, 

Le diable sur son dos. 

1. Le cultivateur breton redoute la surveillance, et celle-ci le menace d'autant que la 
maison du maître est plus rapprochée de la sienne. 

2. Ce dicton concerne les braconniers. 

Ra. Celt. m I 4 



1 94 Lavarou Koi a Vreiz Izel. 

85 j Ar d'hemener diwar he dorchenn 

Pa gouez, a gouez en ifern. 
8 $4 Milin laz-logod, — e vez dour awalc'h d'eur zilienn pa vez glao. 

855 Na pa rafe ar vilin nemet eun dro krenn, 
Ar miliner 'zo sur d'oc'h he grampoezenn. 

856 Krampoez liag amann a zo mad, 
Ha nebeudig euz pep sac'fiad, 
Hag ar merc'hed kempenn a-vad. 

857 Na euz ket hardissoc'h eget roched eur miliner, 
Rag bep mintin e pak eut laer. 

8$ 8 Ar miliner, laer ar bleud, 

A vo krouget dre he viz meud, 
Ha mar ne ve ket krouget mad 
A vo krouget dre he viz troad. 
8^9 Ar guiader en he stem, 

E-giz ann diaoul en ifern, 
Oc' h ober tik-tak, tik-tak, 
Hag tenna hag lakat. 

860 Ar guiader kaotaer 
A ra lienn evel 1er. 

86 1 Ar miliner a laer bleud, 
Ar guiader a laer neud, 

Ar fournerienn a laer toaz, 

Ar c'hemencrienn krampoez kraz. 

111. 

862 Ar zoner )rar he varikenn 

A ra da iaouankiz breskenn. 



865 


Ar glaouaer er c'hoajo 




Evel ar bleiz a iudatô. 


864 


Boutaouer koad a ra bepret 




Listri da gas tud da gac'het. 


865 


Pa vez ker al 1er 




E c'hoarz ar boutaouer. 


866 


N'e ket greg ar c'here a deuz ar ga/ella boutou 


867 


Er givijeri ann ejenned 




A zo bioc'hed. 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 195 

855 Le tailleur sur son coussinet. 

S'il tombe, — en enfer va tomber. 

854 Moulin tue souris, — assez d'eau pour une anguille il a quand 

vient la pluie. 

855 Le moulin ne donnât-il qu'un tour de roue, 
D'avoir sa crêpe le meunier est certain. 

856 Des crêpes et du beurre, — bonnes choses, 
Et un brin de chaque sac de farine, 

Et les jolies filles pareillement. 
8j7 Rien n'est plus hardi que la chemise d'un meunier, 

Car chaque matin elle prend un voleur. 
8j8 Le meunier, voleur de farine, 

Par le pouce pendu sera; . 

S'il n'est bien pendu de la sorte. 
Par l'orteil on l'accrochera. 

859 Le tisserand à son métier, 
Comme diable en enfer se démène, 
Avec son tic-tac, tic-tac, 

Quand navette il tire et repousse. 

860 Le tisserand avec sa colle 

Donne à la toile l'apparence du cuir. 

861 Le meunier vole de la farine, 
Le tisserand vole du fil, 

Les fourniers volent de la pâte, 
Et les tailleurs des crêpes rôties. 

in. 

862 Le sonneur ' sur sa barrique 
Met en branle la jeunesse. 

86 î Le charbonnier dans les bois 

Comme le loup hurle sans cesse. 

864 Le sabotier fait en tout temps 
Vaisseaux à mener ch... les gens. 

865 Quand le cuir est cher 
Rit le sabotier. 

866 Ce n'est femme de cordonnier qui est la mieux chaussée. 

867 Dans les tanneries les bœufs 

Sont des vaches. 

I. Ménétrier, joueur de bombarde {hàuthols) ou de biniou, sorte de cornemuse. 



I c)6 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

868 Ar masouner, pa staoto, 
Eux t labour e troio. 

869 Marichal krign-karn, 
Chdoker kac'h houarn. 

870 Pa vez houarnet ar c'har^ 
Er pod e lekear ar iar. 

871 Ar barazer a oar dre c'houez 
Hag hen a vez ira vad er pez. 

872 Ann heskenner hag ar c'halve 

A bli'j d'ezho fest ar maouî mae ' . 
87 j Hostiz ann anaoun 

A varvaz gand ann naoun. 
874 Tiez saveî gant krec'hin tud 

A zaver ker buhan, ken divrud. 

IV. 

87 5 Eva gwin, kanjoli merc'hed, 

Setu dever ar c'hloarek. 

876 Reizen manac'h a z-o tenna 
Digant ann holl heb rei neîra. 

877 Te lavar gaou, pe ma vinn manac'h. 

878 Pa za eur manac'h e neb leac'h, 
E teu eun allik en he leac'h. 

879 Kelian ha meiian, 
Menec'h ha beleian, 
Pevar seurt loned 
Ar gwasa ' so er bed. 

880 Kazek ar c'hure 
A renko baie. 

881 Aoîrou Personn, mar gril ho kest, 
C'houi a raio ivez ar fest. 

882 Ar veleienn ne garant ket 
Beza distroet euz ho fred ; 
Gortozit ' U gad pasianîet, 
Pe ann absolvenn n'ho po ket. 

I. On nomme maout « mouton » le vin d'accomplissement qui se distribue aux 
ouvriers le jour de l'achèvement d'une construction. Le mot mae qui le suit, en français 
« mai », me semble mis ici pour la rime. 



Proverbes et Dictons de la Basse- Bretagne. 197 

868 Le maçon, quand il pissera, 
A son travail le dos tournera. 

869 Maréchal, grignoteur de corne, 
Màcheur de m.... de fer. 

870 La charrette ferrée, 
On met la poule au pot. 

871 Le tonnelier sait à l'odeur 

S'il y a bonne chose en la pièce. 

872 Scieur de long et charpentier 
Aiment le festin du mouton de mai. 

87 j Hôtelier des trépassés 

Qui de faim sont morts '. 

874 Maisons qu'on élève avec des peaux humaines 
S'élèvent si vite, avec si peu de bruit*. 

IV. 

875 Boire vin, cajoler fillette. 
Voilà de tout clerc le devoir. 

876 Règle de moine est de tirer 

De toutes gens sans rien donner. 

877 Tu mens, — ou je veux être moine. 

878 Où moine passera, 
Moinillon poussera. 

879 Mouches et fourmis, 
Moines et prêtres, 
Quatre sortes de bêtes 

Les pires qui soient au monde. 

880 Jument de vicaire 

Aura de la marche à faire. 

881 Monsieur le curé; si vous quêtez, 
A votre tour régal vous donnerez, 

882 Les prêtres n'aiment pas 

Qu'on les dérange à l'heure des repas, 
Avec patience attendez donc 
Ou vous n'aurez l'absolution. 

1. Se dit d'un méchant aubergiste dont la maison est mal approvisionnée. 

2. A l'adresse des médecins enrichis. 



1 98 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

88? Eur belek maro, — eun ail en he leac'li. 

884 Harzit, harzit^ emezhan, 

Ma vo lekcat... en toull-man, 

Ma lakefomp eur mean braz war he gein, 

Ma 'z efomp da di... d'hon lein. 

885 Peurvuia ar belek 

A làr en eur brezek : 
Silaouet ma c'homzo, 
Losket ma obero. 



NAOVED STROLLAD. 



I. 



886 Lein hir hag offeren verr 
A blij d'ann dud dibreder. 

887 Pedennou berr a gass d'ann néon, 
Pedennou hir a chomm a-dreon. 

888 Ann Aviel, 

Ar gwir gentel. 

889 Biskoaz sanî n'eo bet 
En he barrez meulet. 

890 Ar zant pella, 

Ar zant gwella. 

891 Da zantez-Anna neb a la, 
Santez Anna n'ankounac'ha. 

892 Itroun Varia 'nn amzer 
Ne labour ked en aner. 

89 J Mui a win a zispigner er pardoniou eged agoar. 

894 E Breiz-Izel pa ziskennan, 

Dour mad ha tud diampech a lakan. 

895 Neb a verv Uchou d'ar gwener 
Birvi a ra goad hor Saluer. 

896 Da noz Nedelek ne gousk ken 
'Met ann tousok ha mab ann den. 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 199 

885 Un prêtre mort, — un autre à sa place. (Le roi est mort, — vive 
le roi !) 

884 Arrêtez, arrêtez, dit-il. 

Qu'on le mette... dans ce trou-ci. 
Avec une grande pierre sur le dos, 
Pour que nous rentrions... dîner. 

885 Prêtre, le plus souvent. 
Sermonne ainsi les gens : 
Ecoutez ce que je vous dis. 

Mais de ce que je fais ne vous occupez mie. 

NEUVIÈME SÉRIE. 

I. 

886 Long dîner et messe courte 
Plaisent aux hommes de loisir. 

887 Courtes prières mènent au ciel. 
Longues prières restent derrière. 

888 L'Evangile, 

La vraie doctrine. 

889 Jamais saint n'a été 
Dans sa paroisse loué. 

890 Le saint le plus éloigné, 
Le saint le plus estimé. 

891 A Sainte-Anne qui va 
Sainte Anne ne l'oublie pas. 

892 Madame Marie-du-Temps Cc.-à-d. qui préside au temps) 

Ne travaille point vainement. 
89 j Plus de vin dépensé dans les pardons que de cire. 

894 En Basse-Bretagne quand je descends, 

J'y fais l'eau bonne et bien dispos les gens '. 

895 Qui bout lessive le vendredi 

Fait cuire le sang de notre Sauveur. 

896 La nuit de Noël nul ne dort 

Hormis le crapaud et le fils de l'homme. 

I . Dit Jésus-Christ qui, d'après la croyance populaire, a fait de nombreux voyages en 
Bretagne. 



200 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

897 sent ma bro, ma divallet. 
Sent ar vro-man n'anvezann ket. 

898 Deomp da hidi sant Herbot 
Da reï amann leiz ar ribot. 

899 Sant louen^ sant lann, 
Leiz ma ribod a amann, 
Hag eur bannik bihan a lez 
Wltaluzenn d'ar paour kez. 

900 Aotrou sant Ourzal, me ho ped, 
Roït d'eomp-ni pep a c'hreg. 

Aotrou sant Ourzal, eur weach c'hoaz, 
Roït d'eomp-ni peb a voaz. 

901 Itroun Varia-Molenez, 
Digassit pense d'am enez. 

Ha c'houi, aotrou sant Renan, 
Na zigassit ket evit unan, 
Digassit evit daou pe dri, 
Evit m'hen devezo lod peb-hini ' . 

//. 

902 Mar vez Guillou, ra-z-ipell dre sant Hervé; 
Mar vez Satan, ra-z-i pell en han' Doue^. 

90^ Ki klan, chanj a lient, 

Arru 'r baniel hag ar zent; 
Arru 'r baniel hag ar groaz, 
Hag ann aotro sant Weltas. 

1. Les habitants de l'île Molène se défendent, non sans énergie, d'avoir jamais adressé 
semblable prière à leurs saints. A les entendre, elle leur serait gratuitement prêtée par 
leurs voisins d'Ouessant, grands railleurs par tempérament, et, aussi, quelque peu jaloux 
de leur prospérité croissante. Ceux-ci, de leur côté, opposent à cette explication la 
dénégation la plus formelle. Quoi qu'il en soit, et qu'il s'agisse ici d'une prière ou 
simplement d'une épigramme, on ne saurait du moins reprocher à cette petite pièce de 
manquer de couleur locale. 

2. Ce Guillou n'est autre que le loup, contre lequel on ne peut trouver de meilleur 
défenseur que saint Hervé. La légende raconte qu'Ulphroêdus, oncle d'Hervé, avait un 
âne qu'un loup dévora. Le saint condamna le fauve à remplacer la bête de somme dont 
il avait fait sa proie, et « c'estoit chose admirable, — nous dit Albert le Grand, — 
l'intéressant et naïf hagiographe, — de voir ce loup vivre en mesme étable que les 
moutons, sans leur mal faire, traisner la charrue, porter les faix et faire tout autre 
service, comme beste domestique. » 

C'est en souvenir de ce prodige que, dans les églises bretonnes, on représente saint Hervé 
accompagné d'un loup qu"il tient en laisse. 
Il faut se garder, cependant, de juger sur les apparences : le diable sait prendre toutes 



Prorcrbts et Dictons de la Basse-Bretagne. 201 

897 saints de mon pays, protégez-moi. 

Les saints de ce pays-ci je ne les connais pas. 

898 Allons prier saint Herbot 

De nous donner du beurre à pleine baratte. 

899 Saint Yves, saint Jean, 

De beurre remplissez ma baratte, 
Et gouttelette de lait laissez-y 
Pour aumône au cher pauvre. 

900 Monsieur saint Ourzal, je vous prie. 
Donnez femme à chacun de nous. — 
Monsieur saint Ourzal, une fois encore, 
Donnez-nous à chacune un mari. 

901 Madame Marie de Molène, 

A mon île envoyez naufrage, 
Et vous, monsieur saint Renan, 
N'en envoyez pas un seulement; 
Envoyez-en deux, trois plutôt. 
Pour que chacun en ait morceau. 

II. 

902 Si tu es Guillou, par saint Hervé, va-t'en; 
Va-t'en, au nom de Dieu, si tu es Satan '. 

905 Chien enragé, change de route. 

Voici la bannière et les saints ; 
Voici la bannière et la croix. 
Ainsi que monsieur saint Gildas ^. 

les formes, et se montre souvent sous celle d'un loup, dit le paysan breton. Aussi la 
prudence commande-t-elle de se tenir à la fois en garde contre l'un et l'autre de ces 
dangereux ennemis. 

1. Cette conjuration et les suivantes, jusqu'au n° 909 inclusivement, — on se sert du 
mot conjuration pour désigner indifféremment toutes les formules réputées magiques, — 
jouissent d'un grand crédit dans les campagnes armoricaines. Comme celle-ci est 
infaillible pour mettre en fuite les loups et le diable lui-même, la seconde défend des 
chiens enragés, et les six autres sont souveraines pour combattre diverses maladies. Toutes, 
à l'exception des deux premières, ont leur rituel spécial, mais variant de canton à 
canton, et qui consiste en pratiques bizarres presque toujours subordonnées à certaines 
conditions, difficiles à réunir, de temps, de lieux et d'orientation. De plus, comme il faut 
aussi tenir compte de l'influence des nombres sacrés, quelques-unes d'entre elles doivent 
être récitées, suivant le cas, trois, sept ou neuf fois, sans reprendre haleine. Si le charme 
reste sans effet, ce qui ne doit pas manquer d'arriver assez souvent, le conjurateur a 
toujours en réserve quelque bon motif de s'en prendre à lui-même, à moins qu'il ne 
préfère attribuer son insuccès à une incomplète initiation. 

2. La rage est généralement connue en Bretagne sous le nom de mal dt saint Gildas, 
drouk-sant-Weltas. 



202 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

904 Me ho salud, grubuill verrienn ; 

Me 'zo dent da zigass d'hec'h ann derrienn, 

Eun îamm bara hag eur vi, 

Ne c'houllan ken lu c'hrena mui. 
90 j Salud d'e-lioc'h, burlu gwenn, 

Me a zo dent d'ho tispenn, 

Evit m'am lakafet iac'h, 

Rak klanv oun gand ar pennzac'h. 

906 Ar penn a zac'li er zac'h, 

Ma fenn er-meaz ha me iac'h. 

907 Salud, bar gan, 

Kass ar re-man 
Gan-ez ac'han. 

908 Ar Werbl hen deuz nao merc'h : 
Deuz a nao a deu da eiz, 
Deuz a eiz a deu da drei, 
Deuz a zeiz a deu da c'houec'h, 
Deuz a c'houec'h a deu da bemp, 
Deuz a bemp a deu da bevar, 
Deuz a bevar a deu da tri, 
Deuz a dri a deu da zaou, 
Deuz a zaou a deu da unan, 
Deuz a unan a deu da netra. 

Ar Werbl n'hen deuz keî merc'h ebet. 

909 Denedeo, dened'ec'h, 

N'e ket ama ema da lec'h, 

N'e ket ama nag e neb lec'h. 

Pa 'z po treuzet nao mer, nao menez, 

Nao feunteun a drugarez, 

E gavi eun dachennik c'hlaz, 

Hag eno ema da blaz ' . 

910 Tro, pe me az troio : 

I. Var. Deredewez, 'dewez tec'h, Var. Dartre (furoncle, herpès etc.), va-t'en 

N'e ket azeman da lec'h. loin d'ici ! 

Bars eun torkadig lann zec'h, Ce n'est en ce lieu qu'est ta place. 

Seiz park euz ar mené, (Elle est) dans un buisson d'ajoncs dessé- 

Ter fantan a drugare, chés, 

Lec'h na glewi kog kana. Sept champs de la montagne, 

Bugel bihan oed oela. Trois fontaines de merci, 

Où tu n'ouïras coq chanter 
Non plus qu'enfantelet pleurer. 
Cette version a été recueillie par mon ami M. Luzel. 



Proverbes et Dtctorjs de la Bisse-Bretagnc. 20? 

904 Fourmilière, je vous salue ; 

La fièvre suis venu vous apporter 
Avec un morceau de pain et un œuf, 
Ne requiers que ne plus la trembler. 

90^ Salut à vous, blanche digitale, 

Je suis venu vous cueillir 
Pour que vous me rendiez la santé, 
Car d'un goitre je suis affligé. 

906 Le goître reste dans le sac, 
Ma tète dehors et je suis guéri. 

907 Salut, pleine lune, 

Emporte celles-ci (^ces verrues) 
Avec toi loin d'ici. 

908 Le Bubon a neuf filles : 

De neuf elles sont réduites à huit, 

De huit à sept. 

De sept à six, 

De six à cinq, 

De cinq à quatre. 

De quatre à trois. 

De trois à deux, 

De deux à une, 

D'une à rien. 
Le Bubon n'a plus de filles. 

909 Dartre chancreuse, dartre, va-t'en. 
Ce n'est ici que tu dois être, 

Ce n'est ici ni autre part. 
Quand tu auras traversé neuf mers, neuf montagnes. 
Neuf fontaines de merci. 
Tu trouveras un petit pâtis vert 
Et c'est là qu'est ta place. 

910 Tourne, ou je te tournerai : 
Le char de l'Ankou est arrivé ! 

Ourlic! OurliC ! 

1. C'est l'injonction .■suprême, et. en quelque sorte, la prise de possession de la Mort 
(Anko ou Ankou, en breton), quand la sinistre voyageuse arrête à la porte de quelque 
malade si charrette ferrée, recouverte d'un drap blanc et traînée par deux chevaux blancs. 

Employées quelquefois, en dehors de la légende, quand deux rivaux, deux ennemis, 
par exemple, en viennent aux dernières limites de la violence, ces paroles prennent la 
signification suivante : « Rends-toi, ou j'aurai ta vie! Ta dernière heure va sonner. » 

Ourlik est un mimologisme auquel je ne connais point d'équivalent en français. 



204 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

Erru eo karr ann Anko ! 
Ourlik! Ourlik! 

m. 

911 Ar plac'h, war loar goz. 
Ne ve ket hir he broz; 
Ar pot, war loar ne. 

Ne ve ket hir he zê. 

912 Kamm, luch^ tort ha born, 

A 10 ganet diwar ar c'horn ' . 
91 5 N'euz bet biskoaz na kamm na tort n'hen dije itrik fall. 

914 Ar voualc'h he bek melen 

A vev tri oad ann den. 

915 Ar vran hi deuz tri oad den, tri oad marc^h, 
Ha c'hoaz ne deuz ked oad awalc'h. 

916 Pa gomzer euz ann heol e weler ke sklerijenn. 

917 Pa gomzer euz ar bleiz 
E vez he lost e-kreiz. 

918 Pa voud ar skouarn kleiz, 

Meuleudiou e-leiz; 
Pa voud ar skouarn deou, 
Meuleudiou e-biou. 

919 Gwennili, gra daneiz 
Em frenesîrik, e Breiz. 

920 Skrill a gan war ann oaled 

E ti ann holl ' zo karet. 

92 1 Eur ginidenn dioc'h ar mintin, 

Sin a wall fin ; 
Eur ginidenn ■diocVi ann noz, 
Sin a gelou mad antronoz. 

922 Eul laouen-dar, 
Arc'hanl hep mar. 

92 5 Pd gan ar goukou warlerc'h gouel Pêr, 

Sin a gernez. 

I . Dans un conte breton très-répandu, une femme surprise par les douleurs de l'enfan- 
tement est priée par un moine de ne faire aucun eflort qui puisse hâter sa 
délivrance. — Et, pourquoi cela? demande- t-elle. —C'est que, répond son interlocuteur, 
au moment où j'entrais chez vous, j'ai vu la lune en train de se pendre. On se sert de 
cette expression pour dire que la lune entre dans son croissant. Or, malheur à l'enfant 
qui vient au monde à cette heure : il est loariet, frappé par la lune, ce qui ne signifie pas 
toujours lunatique, mais certainement disgracié, soit au physique, soit au moral, et 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 205 

111. 

911 De fille née à la vieille lune 
Ne sera point longue la jupe; 
De garçon né à la lune nouvelle 
Longue la robe ne sera. 

912 Boiteux, bigles, bossus et borgnes 
Sous le croissant sont nés. 

91 î Jamais on n'a vu boiteux ou bossu qui méchante pièce ne fût. 

914 Le merle à bec jaune 
Vit trois âges d'homme. 

915 Le corbeau vit trois âges d'homme, trois âges de cheval. 
Encore ne se trouve-t-il point d'âge assez. 

916 Parle-t-on du soleil on en voit les rayons. 

917 Parle-t-on du loup, 

Sa queue est au milieu de nous. 

918 Quand bourdonne votre oreille gauche, 
Grand éloge de vous l'on fait ; 
Quand bourdonne votre oreille droite, 
Votre éloge est mis de côté. 

919 Hirondelle, fais ton nid 

A ma petite fenêtre, en Bretagne '. 

920 Grillon chantant sur le foyer ^ 
Dans toute maison est aimé. 

92 1 Araignée du matin. 
Signe de mauvaise fm; 
Araignée du soir, 

Signe de bonne nouvelle le lendemain. 

922 Un pou d'égout (cloporte), 
De l'argent sans aucun doute. 

925 Le coucou chante-t-il après la Saint-Pierre, 

— Signe de cherté. 

fatalement destiné à être malheureux. 

Ce cas n'est pas le seul où l'influence de la lune, jeune ou vieille, soit à craindre pour 
les mères : elle les menace dans bien d'autres circonstances, et de là le sujet de mille 
recommandations, et des précautions les plus singulières. 

Aujourd'hui encore, dans quelques campagnes, 'es femmes que certains besoins naturels 
amènent le soir à quitter leurs maisons, se garderaient bien, pour y satisfaire, de se 
tourner du côté où la lune se montre. Si, par malaventure, elles étaient enceintes, nul ne 
sait ce qui pourrait résulter d'une telle inadvertance. 

1. La maison où l'hirondelle fait son nid est regardée comme bénie du ciel. 

2. Présage de bonheur. 



2o6 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

924 Mar klewfe ar zord^ mar welfe ar c'hô, 
Ne vefe beo den ebet er vro ' . 

IV. 

925 Gwasoc'h evid ar raned 

A zon ar bal d'ar Chorriganed *. 

926 Pan ve ar Siren kanan^ 

E c'hall ' martolod paour gwelan. 

927 Gargantuas easoc'h da zamina 

Evit da garga. 

928 Gargantuas, pa oa beo^ 

A iee'n eur gammed da Bontreo^. 

929 Boudedeo 4 
A vako 
Dre ma vezo 
Daou zen beo. 

930 Boudedeo 

Ann diveza' vo beo. 

931 Sotoc'h eget Merlin a red en dour araog ar glao. 

932 Keuta tud a oa ér bed 
A oa Guikaznou ha Kerret. 

9?^ Pa 'r oc' h euz a Gergournadeac'h, 

Savit ho tiskouarn d'ann neac'h. 



1. M. Emile Ernault, de Saint-Brieuc, m'a donné de ce dicton la variante suivante 
qu'il a entendue à Sarzeau : 

Enn enan 'pc huile, Si orvet voyait, 

Er zourt a pe gleue, Si sourd entendait, 

Den er bet ne bade. Homme au monde ne resterait. 

2. Se dit des personnes et des choses, et, particulièrement, de tout cri perçant, de 
tout bruit désagréable. Les Korrigans sont les nains, les gnomes de la mythologie 
armoricaine. 

3. En partant de Plouaret, m'écrit M. Luzel, à qui je dois la connaissance de ce 
dicton. 

4. Nom donné au Juif-Errant, et qui répond exactement à celui de Buttadeus attribué 
an même personnage légendaire par un auteur du 17= siècle cité par Grœsse (Sage vom 
Ewigen Juden. Dresde, 1844). 

En faisant le même rapprochement à l'occasion du gwerz de Boudedeo, M. Gaston Paris 
fait observer {Raue Critique du 23 octobre 1869) que ce nom « semble un composé de 
Thaddée et peut-être de Bar défiguré en But. Mais où, — se demande-t-il, — « le 
« poète breton a-t-il trouvé ce nom généralement remplacé par Ahasvérus? Le fait est 
« d'autant plus bizarre que s'il fait dire au Juif à un endroit Moi Boudedeo, il semble 
« bien l'appeler ailleurs (str. 2), Absarus, c'est-à-dire .\hasvérus. » 

Dans l'état actuel de la bibliographie bretonne, il n'est pas possible, je crois, d'assigner 
une date tant à la composition du gwerz qu'à l'introduction en Bretagne du nom de 
Boudedeo. Toutefois, il me paraît acquis que ce nom était tout au moins populaire dans 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 207 

924 Si sourd entendait et si tjupe voyait, 

Au pays homme vivant ne serait. 

IV. 

92 5 Plus agaçant que les grenouilles 

Qui sonnent le bal des Korrigans. 

926 Quand la sirène est en train de chanter, 
Le pauvre matelot peut pleurer. 

927 Gargantua plus facile à charger (de viande ou de vin) 

Qu'à remplir. 

928 Gargantua, quand il vivait, 
D'une enjambée à Pontrieux allait. 

929 Boudedeo 

Marchera 

Tant qu'il y aura 
Deux hommes en vie. 

930 Boudedeo 

Sera le dernier des vivants. 

93 1 Plus sot que Merlin qui se jette à Peau pour éviter la pluie '. 

932 Les premiers habitants de la terre 
Furent les Guicaznou et les Kerret ^. 

93 3 Puisque vous êtes de Kergournadeac'h ?, 

Portez la tête haute. 



les campagnes armoricaines au 17'' siècle. Grégoire de Rostrenen et Dom Le Pelletier le 
mentionnent, en effet, dans leurs dictionnaires commencés l'un et l'autre vers 1700, sans 
que rien de la part des deux savants lexicographes permette de supposer qu'il fût d'impor- 
tation récente. 

Pour ce qui est de la bizarrerie résultant de la double appellation donnée au marcheur 
éternel, elle trouve son explication dans l'ancienne légende dont parle Edgard Quinet 
(Préface d'Ahasvérus) qui nomme le Juif « Ahasvérus », et, après son baptême, 
« Buttadeus ». 

1. Dans le Bas-Léon, comparer quelqu'un à Merlin constitue une grave injure. Le 
personnage auquel il est ainsi fait allusion, et qui ressemble d'une manière si frappante 
au Gribouille proverbial de nos provinces françaises, serait-il, par suite d'une dernière 
transformation, le même que le fameux enchanteur? Je ne saurais rien affirmer sur ce 
point, toutes mes recherches pour retrouver ailleurs le nom de Merlin dans la mémoire 
du peuple breton étant demeurées infructueuses. 

2. Cette devise, que l'on cite souvent, se lisait, au dire de Cambry (Voyage dans le 
Finistère, édit. de i8}6, p. 8), sur un banc de l'église de Saint-Mathieu, à Morlaix, en 
1778. 

}. Une tradition rapportée par Albert le Grand fait remonter l'origine de la maison de 
Kergournadeac'h à un jeune guerrier de Cléder, appelé Nuz, qui vivait au vi" siècle. 
Guitar, comte de Léon, pour le récompenser d'avoir délivré la contrée d'un dragon qui la 
désolait, lui fit don d'une terre qui reçut, en mémoire de ce fait, le nom de Ker-gour-na- 
deac'h (la maison de l'homme qui ne fuit pas). 



2o8 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

9J4 Araog ma oa aotrou e neb leac'h, 

Ez oa eur marc'hek e Kergournadeac'h. 
9^ j Pa n'oa kastel e neb Icac'h, 

'Oa kastel e Kornadeach, , 

Ha pa-z-euz kastel e peb leac'li, 

'Euz kastel ive e Kornadeac'h. 
9j6 R'nvalen du, Riwalcn glaz 

A zo tudjentil a viskoaz. 
9J7 Pe tre, pe lano, 

Kastelfur eo va hano ' . 

938 Debri a ra d'ann neo evel ma ra Rohan ^. 

DEKVED STROLLAD. 
I. 

939 A bep liou marc'h mad, 

A bep bro tud vad. 

940 Al laouenan a gar atao 

He doenn ha kornig he vro. 

941 Kanî bro, — kanî giz, 
Kant maouez, — kant hiviz. 
Kant parrez, — kant iliz. 

942 Aoîronez Pond-Ivi, 
Bourc'hisienn Faouet, 
Potret Gourin. 

943 Sod evel eur Gwennedad, 
Brusk evel eur C'hernevad, 
Laer evel eul Léonard, 
Traïtour evel eun Tregeriad. 

944 Ebeul Pontreo 5. 

945 Léonard kof iod, laer ar pesk^. 

1 . Devise de la famille de Châteaufur. 

2. On donne au pourceau, dans un grand nombre de localités, le nom de Rohan ou 
de mab Rohan, fils de Rohan. 

3. Se dit indifféremment de tout jeune paysan lourd et grossier. 

4. Allusion au poisson de Saint-Corentin, « lequel tous les matins, — dit Albert le 
« Grand, — se présentoit au saint qui le prenoit et en coupoit une pièce pour sa 
« pitance, et le rejetoit dans l'eau, où tout à l'instant il se trouvoit tout entier, sans 
i( lésion ni blessure. » 

Un morceau de ce merveilleux poisson rassasia, certain soir, le roi Gradlon et la suite 
nombreuse de seigneurs qui l'accompagnait dans une chasse où il s'était égaré. « Le Roy 
« ayant veu ce grand miracle, voulut voir le poisson duquel le saint avait coupé ce 
« morceau et alla à la fontaine, où il le vid, sans aucune blessure dans l'eau; mais 
« quelque indiscret (que la prose, qui se chante le jour de la feste du saint, dit avoir esté 
« de l'évesché de Léon) en coupa une pièce pour voir s'il deviendroit entier, dont il resta 



Proverbes ci Dictons de la Basse-Bretagne. 209 

954 Avant qu'il n'y eût seigneur au monde, 

Il y avait un chevalier à Kergournadeac'h. 

955 Quand il n'y avait château en aucun lieu, 
Il y avait château à Kergournadeac'h, 
Et, quand il y a château en tout lieu^ 

Il y a aussi château à Kergournadeac'h. 

956 Rivoalen noirs, Rivoalen verts 

De tout temps furent gentilshommes. 

937 Que la mer descende ou monte, 
Châteaufur est mon nom. 

938 11 mange à l'auge comme fait Rohan. 

DIXIÈME SÉRIE. 
I. 

959 De tout poil bon cheval. 

De tout pays bonnes gens. 

940 Le roitelet aime toujours 

Son toit et le petit coin de son pays. 

941 Cent pays, — cent guises. 
Cent femmes, — cent chemises, 
Cent paroisses, — cent églises. 

942 Les messieurs de Pontivy, 
Les bourgeois du Faouet, 
Les gars de Gourin. 

94? Sot comme un Vannetais, 

Brusque comme un Cornouaillais, 
Voleur comme un Léonnais, 
Traître comme un Trégorrais. 

944 Poulain de Pontrieux. 

945 Léonard, ventre à bouillie, voleur de poisson. 

« blessé, jusqu'à ce que saint Corentin y vinst, qui, de sa bénédiction, le guérit, et luy 
« commanda de se retirer de là, 'de peur de semblable accident : à quoy il obéit. » — 
(vie de saint Corentin, dans les vies des saints de la Bretagne Armorique, édit. de 1837, 
p. 799 et 801.) 

Le P. Maunoir auquel nous devons une vie du même saint, en vers bretons, complète 
ce récit de la manière suivante : 

laeronci cruel! A c'houdevez nicun O larcin cruel! depuis lors personne 

N'er vêlas mui rédec ebars en e feuntun. Ne le vit plus courir dans sa fontaine. 
An oll quérent d'an den fall a oa disenoret, Tous les parents de l'homme mauvais furent 
Goapeet estranch a casseet, scandakt, milli- déshonorés, [maudits, 

guet, Raillés d'étrange sorte et haïs, querellés. 

Abalamour d'an torfet en devoa bet privet En raison du forfait qui avait privé 

Breis euz eur miracl quer bras, ar gar zant La Bretagne d'un si grand miracle et le saint 

eus e vouet. de sa nourriture. 

(Buez sant Caurintin, Quemper, Y. J. L. Derrien, s. d., p. 9 et 10.) 

Rev. Celt. 111 I 5 



2 10 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

946 Panez ' Panezeun ! 
Eul Léonard na zebr tra ken. 

947 Grik ! Grik ! Daoulaziz ' . 

948 Plougastel lovr^^ mar kereze vezi gwelet. 

949 Bouc'h Kerneou 
Staoler en lie graou. 

950 Bek meill-ruz, bek sali ! 

'Re Gemperle n'zebront tra ail. 
95 ! Penn-sardinenn ar C'honkiz., 

Penn-eog ar C'hasîel-Liniz, 

Ha Penn-merluz ar C'iion-Bridiz. 
952 Kon-brldiz, traon ha krech, 

'Zo doganed nemetc'houec'h, 

Hag ar c'houec'h-ze e vez irez; 

Paneved resped d'ho gragez. 
95^ Treffiagat., brochou Liou, 

A ia d'ar nior daou-daou, 

Da glask lanvez da nea, 

Evid ober kerdenn d'ho c'iirouga. 

954 Kaper lovr, boelloublei, 
Hen euz debret kant bara heï 
Hag eur zac'h bara drailleî, 

Ha fhoaz n'e keî hanter-garget , 

Hag e lavare he vamm : 

Klanv va Chaper, na zebr tamm. 

955 Potret Primelinn, potreî ann alc'houez, 
PoVet Kerlouan, potret ann had panez, 
Potret Gmsseni, potret ar c'hill-krok. 

956 Avcl iihel, avel nord 

A zigas ar pense d'ar bord, 

1. Injure fréquemment adressée aux habitants de Daoulas, dont le nom breton 
« Daoulaziz » signifie en même temps doubles assassins. 

La légende raconte qu'un seigneur du Faou, qui s'était rendu coupable du meurtre de 
deux saints abbés, se convertit, fit pénitence et érigea, comme réparation de son crime, 
sur le lieu même où il l'avait commis, un monastère auquel on donna le nom de Mouster 
Daou-laz (le monastère des deux meurtres). 

C'est à cet établissement, d'abord sans importance, mais que remplaça plus tard une 
riche abbaye, dont les ruines pittoresques font aujourd'hui l'admiration de l'artiste et de 
l'archéologue, que la petite ville de Daoulas, chef-lieu de canton du Finistère, doit son 
origine. 

2. Plougastel-Daoulas. 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 2 1 1 

946 Panais ! Panais ! 

Le seul manger du Léonnais. 

947 Paix ! Paix ! doubles assassins. 

948 Lépreux de Plougastel, on te visitera si tu veux ic.-à-d. : on 

enverra le médecin pour te soigneri . 

949 Bouc de Cornouaille, 

Qui pisse dans son étable. 

950 Bec de rouget, bec salé ! 
Le seul régal à Quimperlé. 

951 Têtes de sardine ceux de Concarneau, 
Têtes de saumon ceux de Châteaulin, 
Têtes de merlu ceux de Combrit. 

9^2 Les hommes de Combrit, ceux de la plaine et ceux d'en haut. 
Sontc... excepté six, 
Et ces six-là le seraient aussi, 
N'était qu'on a respecté leurs femmes. 
95 î Les gens de Treffiagat, broches à poux. 

A la mer s'en vont deux par deux, 
Cherchant de l'étoupe à tordre 
Pour faire la corde qui les pendra. 
954 Capiste lépreux, loup affamé ', 

Cent pains d'orge il a dévoré, 
De plus un sac de pain haché ; 
Encore n'est-il qu'à demi chargé, 
Et sa mère de s'écrier : 
Mon Capiste est malade, il ne peut rien manger. 
95 5 Gars de Primelin, les porte-clés ^, 

Gars de Kerlouan, graine de panais, 
Gars de Guissény, joueurs de perche à crochet 5. 
956 Vent d'est, vent de nord, 

Amène naufrage à la côte, 

1 . Littéralement, boyaux de loup. Le Capiste dont il est ici question est l'habitant du 
Cap-Sizun. 

2. On les appelle ainsi, parce qu'ils portent, en mémoire de saint Tujean, le saint 
Hubert de la Cornouaille, une clé brodée sur leurs habits. 

Il existe à Primelin, sous l'invocation de ce saint, une chapelle où l'on conserve dans 
un reliquaire en vermeil une clé de fer qu'on dit lui avoir appartenu et à laquelle on 
attribue la vertu de préserver ou de guérir de la rage. Le jour de la fête de saint 
Tujean, on vend aux portes de la chapelle de petites clés qui, après avoir été bénites 
par l'officiant, sont douées, assure-t-on, des mêmes propriétés. 

5. Pour tirer à sec les épaves que la tempête envoie sur leurs côtes. 



2 1 2 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

Ha me araok 
Da c'hoari va faolr, 
Ha pa-d-apjenn d'ar grouk 
'Teuio eun tortadwar va chouk '. 
9 ^ y Hevel oc'h aotrouienn iud-jenîil Ploueskat 

'Rank chom en ho gwele pa fresker ho dillat. 
c)58 Goulennit gant potret Rosko 

Ped favenn 'ia da cher nao. 

9 ^ 9 Potret Lokirek 

Laeron kezek. 

960 Bara kerc'h fresk amanenet 
A blij da Gintiniz meurbed. 

961 lotaerienn, debrerienn kaol, 
Ar Zant-Bnegiz a zo hall. 

962 Fao ru hafao briz, 
Setu briskez al Lan-Baliz. 

96 ^ Eur maill eo eul Lan-Balad 

Evid ober kleuziou inad. 
964 Gwerliskiniz, a ras da ras, 

Bordelerienn evel chass ; 

Ar chass ez a d'ann ofern-bred 

Ha Gwerllskiniz n'eont ket. 

IL 

96 s Personn Fors a zo biniaouer, 

Personn Fouesnant a zo bombarder, 
Personn Santez-Anna a zo danser, 
Personn Sant-Evarzek a zo barazer, 
Personn Benn-Odet a zo plonjer, 
Personn Ploneour a zo neuier, 
Personn Pont-Kroaz a zo mestr skolaer, 
Personn Douarnenez a zo pesketaer, 
Personn Sant-Vaze a zo pomper, 
Personn Sani-Kaourintin a zo kouezer, 
Personn Ker-Feunteun a zo arer, 

1. Devise des Paganiz, païens, nom sous lequel on désigne les habitants de la partie 
du littoral comprise entre l'Aber-Wrac'h et Tréfflez. C'est une population à part, une 
sorte de petit clan que ses traditions, ses usages et ses mœurs barbares différencient du 
reste de la Bretagne. Le Pagan appelle la mer sa pourvoyeuse, la vache qui met bas 



Proverbes et Dictons de la Basse- Bretagne. 2 1 5 

Et moi d'aller de l'avant, 
Mon beau diable faisant; 
A la potence quand j'irais, 
Mes épaules ploieront sous le faix. 

957 Semblables aux messieurs les gentilshommes de Plouescat 
Doivent rester au lit quand on nettoie leurs vêtements. 

958 Demandez aux gens de Roscoff, 
Pour faire neuf combien de fèves il faut. 

959 Gars de Locquirec 
Voleurs de chevaux. 

960 Pain d'avoine avec beurre frais. 
C'est le plaisir des Quintinais. 

961 Mangeurs de bouillie et de choux. 
Ceux de Saint-Brieuc le sont tous. 

962 Fèves rouges et fèves bigarrées. 
Les abricots des Lamballais. 

965 C'est un maître que le Lamballais 

Pour faire de bonnes clôtures. 

964 Les habitants de Guerlesquin, de race en race, 
Sont luxurieux comme des chiens ; 

Les chiens vont à la grand'messe, 
Les gens de Guerlesquin n'y vont pas. 

H. 

965 Le recteur de La Forêt est joueur de biniou. 
Celui de Fouesnant joueur de bombarde. 

Le recteur de Sainte-Anne est danseur, 

Celui de Saint-Evarzec tonnelier. 

Le recteur de Bénodet est plongeur, 

Celui de Plounéour nageur. 

Le recteur de Pont-Croix est maître d'école, 

Celui de Douarnenez pécheur. 

Le recteur de Saint- Mathieu est pompier. 

Celui de Saint-Corentin buandier. 

Le recteur de Kerfeunteun est laboureur, 

pour lui, et prétend qu'elle lui doit, en tout temps, le vivre et le couvert. De là ses 
habitudes de piraterie et l'absence de toute hésitation à s'approprier les marchandises 
provenant de bris ou naufrages qui attérissent sur ses grèves, si le sabre du douanier ou 
du gendarme ne vient pas contrarier ses projets. 



2 14 Lavarou Koz a Vreiz Jzel. 

Personn Erc'hie-Vras a zo falc'her, 
Personn Erc'hie-Vihan a zo minuzer, 
Personn Lok-Ronan a zo gwiader, 
Personn Pleben a zo masoner, 
Personn Fouillou a zo pillaouer, 
Personn Lok-Kevret a zo stouper, 
Personn Plonevez a zo boutaouer, 
Personn Korre a zo boser, 
Personn Torc'h a zo krampoezer. 
Personn Elliant a zo mïlUoncr, 
Personn Sant-Divi a zo marrer, 
Personn Skaer a zo gourenncr, 
Personn Rosporden a zo toker, 
Personn Kernevel a zo kemener, 
Personn Banalek a zo galouper. 
Personn Melgven a zo fougeer, 
Personn Beuek a zo lanner, 
Personn Konk-Kerne a zo bager, 
Personn Lan-Riek a zo morer, 
Personn Tregunk a zo piker, 
Personn Kemperle a zo kivijer, 
Personn Nevet a zo boulanjer, 
Personn Pond-Aen a zo miliner ' . 

966 Kleier Sant-Iann-Voug a lavar : 

Keraniz ! Keraniz ! 
Laeroun tout ! Laeroun tout ! 
Kleier Sant-Iann-Keran a sespount : 
Ar pez ma-z-omp, ez omp ! 
Ar pez ma-z-omp, ez omp ! 
Kleier Logoman a lavar ive : 

Merc'hed brao 'zo'n Logoman ! 
Merc'hed brao 'zo'n Logoman ! 
Kleier Fouesnant a respount : 
Gisti holl ! 
Gisti holl ! 
Kleier Fors a lavar oc'h-penn : 



I . Pris isolément, chaque vers de cette petite pièce, qui n'est autre qu'une chanson de 
danse, représente un dicton dont l'usage est journalier pour caractériser, dans la 
personne de leurs recteurs ou curés, les principales paroisses de la Cornouaille. Brizeux 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 2 1 s 

Celui du Grand-Ergué faucheur. 
Le recteur du Petit-Ergué est menuisier, 
Celui de Loc-Renan tisserand. 
Le recteur de Pleyben est maçon, 
Celui de la Feuillée chiffonnier. 
Le recteur de Loqueffret est marchand d'étoupe, 
Celui de Plonevez sabotier. 
Le recteur de Coray est boucher. 
Celui de Tourc'h crêpier. 
Le recteur d'Klliant est millionnaire. 
Celui de Saint-Divy écobueur. 
Le recteur de Scaër est lutteur, 
Celui de Rosporden chapelier. 
Le recteur de Kernevel est tailleur. 
Celui de Bannalec coureur d'aventures. 
Le recteur de Melgven est fanfaron, 
Celui de Beuzec coupeur d'ajoncs. 
Le recteur de Concarneau est constructeur de barques, 
Celui de Lanriec marinier. 
Le recteur de Trégunc est piqueur de pierres, 
Celui de Quimperlé tanneur. 
Le recteur de Nevet est boulanger, 
Celui de Pont-Aven meunier. 

966 Les cloches de Saint-Jean-Saint- Vougay disent : 

Keraniens ! Keraniens ! 

Tous fripons ! Tous fripons ! 
Celles de Saint-Jean- Keran répondent : 
Ce que nous sommes, nous le sommes ! 
Ce que nous sommes, nous le sommes! 
Les cloches de Logoman disent aussi ; 
Il y a de belles filles à Logoman ! 
Il y a de belles filles à Logoman ! 
Les cloches de Fouesnant répondent : 

Toutes ribaudes ! 

Toutes ribaudes ! 
Celles de la Forêt ajoutent : 



en a publié quelques fragments, à tort, je crois, sous forme de triade. La version que je 
donne ici, et qui offre d'assez grandes différences avec la sienne, m'a été dictée, le 17 
mai 1868, par lann Floc'h, fossoyeur de la paroisse de Beuzec-Conq. 



2i6 Liivarou Koz a Vreiz Izel. 

Evel 'ma 'maint, emaint ! 
Evel 'ma 'mainte emaint! 
^6-j C'houez ann the hag ar c'hafe 

A zo gant merc'hed Landerne; 

C'houez ann thin hag ar roz gwenn 

A zo gant merc'hed Lesneven; 

C'houez ar bezin hag ar hrug 

A zo gant merc'hed Terrug; 

C'houez ar bezin hag ar mor 

A zo gant merc'hed ann Arvor; 

C'houez ar paotr hag ar potans 

A zogant merc'hed Rekouvrans '. 

968 Kastel 

Santel, 
Kemper 
Ar gaer. 
Oriant 
Ar goant. 

969 Lan-Baol ar c'herniel, 

Sant Thegonek ar bombansou, 
Gimilio ar gwall deodou, 
Plouneour baour, Komana gaez, 
E Pleber-Krist ema ar fumez. 

970 Bars e parrez Plougraz 
E kigner lost ar c'haz. 

97 1 Da veneziou Skrignak 

E keser ann diaoul da grignat. 
cf]i Ebarz e Trogeri 

Eman bro ar babi. 
97 3 E Gwiskrif, war veg eur bal, 

N'euz nemet rogn, laou ha gai; 

E Skaer, war veg eur brank, 

N'euz nemet aour hag argant. 

I . Les variations brodées sur ce tiième sont innombrables, et il n'est si maigre village 
de Bretagne qui n'y trouve place. Comme les détails qu'elles renferment ne présentent en 
général que peu d'intérêt, et que l'on y sacrifie trop souvent à la rime le bon sens ou la 
vérité, je crois devoir m'arrêter à ce spécimen, en le complétant par les deux distiques 
suivants, recueillis dans le pays de Tréguier par M. E. Ernault, qui a bien voulu me les 



Proverbes et Dictons de la Basse- Brctoigne. 217 

Comme elles sont, elles sont ! 
Comme elles sont, elles sont ! 
967 Qui sent le thé et le café ? 

Ce sont les filles de Landerneau. 

Qui sent le thym et les roses blanches ? 

Ce sont les filles de Lesneven. 

Qui sent le varech et la bruyère ? 

Ce sont les filles de Telgruc. 

Qui sent le varech et la mer ? 

Ce sont les filles de l'Arvor, 

Qui sent les gars et la potence ? 

Ce sont les filles de Recouvrance. 



968 Saint-Pol 

La sainte, 
Quimper 
La belle, 
Lorient 
La jolie. 

969 A Lampaul les cornes, 

A Saint-Thégonec les bombances, 
A Guimilliau les mauvaises langues, 
Plonéour la pauvre, — Commana la misérable, 
A Pleyber-Christ est la sagesse. 

970 Dans la paroisse de Plougras, 
On écorche la queue des chats. 

97 1 Aux montagnes de Scrignac, 
On envoie grignoter le diable. 

972 C'est à Troguéry 

Qu'est le pays des guignes. 
97 î A Guiscrif, sur la pointe d'une bêche, 

il n'y a que rogue, poux et gale; 
A Scaër, sur la pointe d'une branche, 
Il n'y a qu'or et argent. 

communiquer, et que je traduis littéralement : 

Chouez pomad ha roz Odeur de pommade et de roses 

A zo gant merc'hed Perroz. Est avec les filles de Perros. 

C'Iiouez ar pesked en ho sac'h Odeur des poissons (qui sont) dans leur sac 

A zo gant merc'hed Ploumanac'h. Est avec les filles de Ploumanac'h. 



2 1 8 Lavarou Koz a Vreii Izel. 

974 Pignet er wenn, torret ho kouk, 
Gant men Koadri ne vo ket drouk ' . 

975 E Landudal n'allumer ket 

A c'Iwulou koar en ofern-bred : 

Ar mel a lipomp, 

Ar c'hoar a werzomp, 
En hostaliri ieont gan-eomp. 

976 Aotrou Doue ! Itron Gwerc'hez! 
Deud e 'nn diaoul bras en enez, 

Da eo klask'r banniel hag ar groez, 
Evit klass 'nn diaoul bras er-mez. 

977 Er barrez vras Tregarantek 
Ez eo mad anavezet 

Triouec'h ozac'h ha triouec'h greg, 
Plac'h ar personn d'ann ugentved. 

978 E Landevenek 
Peder maouez evit eur gwennek. 
Ann hini chom da varc'hata 

Hen deuz evit netra, 
Hag ann hini a ia d'ar iaou 
A gav ieiz ar c'hraou. 

979 Eur pok Spagn hen deuz roet d'ezhi. 

980 Livirit : sa ! 

Livirit : dia ! 

Troït krenn, troït sounn, 
Gant peb hent ez eot da Roum. 

IV. 

981 Er barrez a Daole, être ann daou drez, 
Ema ar brava brezoneg a zo e Breiz. 

982 E Breiz na 'z euz nemet daou eskopti 
E père na c'houezer prezegi. 

i. Emprunté à un cantique populaire, ce dicton, plus malicieux peut-être que naïf, 
renferme un double sens qui lui permet de ne jamais mentir. 

Les pierres de Coatdry sont des staurotides croisées. Elles doivent leur nom à un petit 
ruisseau, affluent de l'Aven, qui coule près de Scaer, et où on les trouve en assez grande 
quantité. Les mendiants les vendent, dans toute la Cornouaille, comme talismans contre 
la foudre, la rage, les fractures et les maux d'yeux. Si vous leur demandez pourquoi ces 
pierres sont marquées au signe de la croix, ils vous raconteront qu'il y a longtemps, 
longtemps, un prince païen ayant détruit la croix de la chapelle de Coatdry, Dieu mit 
aussitôt l'emblème de la rédemption aux pierres du ruisseau voisin, pour le confondre e 
faire éclater sa puissance. 



Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne. 219 

974 Montez dans un arbre, cassez-vous le cou, 

Avec pierre de Coatdry mal n'y aura. 
97^ A Landudal on n'allume pas 

De cierges à la grand'messe : 
Le miel, nous le léchons, 
La cire, nous la vendons, 
A l'auberge le tout nous portons. 

976 Seigneur Dieu ! Dame la Vierge ! 
Le grand diable est venu dans l'île. 
Il faut aller quérir bannière et croix 

Pour chasser de chez nous le grand diable '. 

977 Dans la grande paroisse de Trégarantec, 
C'est chose bien connue 

Qu'il y a dix-huit hommes et dix-huit femmes, 
La servante du curé faisant la vingtième. 

978 A Landévénec, 
Quatre femmes pour un sou. 
Qui reste à marchander 

Les a pour rien, 
Et qui arrive le jeudi 
En trouve à pleine étable. 

979 Baiser d'Espagne il lui a donné 2. 

980 Dites : ça! 

Dites : dia ! 

Tournez court, tournez sur place, 
Tout chemin à Rome vous mènera. 

IV. 

981 Dans la paroisse de Taulé, entre les deux grèves, 
Est le meilleur breton parlé en Bretagne. 

982 En Bretagne, il n'y a que deux évêchés 

Où l'on ne sache prêcher?. 

1 . C'est ainsi que se traduit, au dire des gens de Pont-L'abbé, l'ébahissement de leurs 
voisins de l'Ile Tudy, quand une personne étrangère à la paroisse vient à passer devant 
leurs portes. 

2. Au propre : il a rendu cette fille mère. Cette expression, encore en usage dans 
quelques cantons de l'arrondissement de Châteaulin, me semble un souvenir de l'occupation 
du pays, au temps de la Ligue, par les troupes espagnoles de D. Praxède ou de D. Juan 
d'Aquila. 

}. Les évêchés de Nantes et de Rennes où l'on parle français. 



220 


Lavarou Koz a Vreiz Izel 


983 


Brezounek Léon lia gallek Gwened. 


984 


Gwella gallek 




Gallek Gwened. 


985 


Non ha oui. 




Setu gallek ann û. 


986 


Koms brezounek evel eur personn ' . 



987 Menez Ane kein Breiz. 

988 Kompeza Brasparz, 
Diveina Berrien, 
Diradenna Plouie, 

Tri zra impossubl da Zoue. 

989 Seiz mil seiz kant seiz agent ha seiz sent 

A zo diskennet e Keresent, 
Hag hall int eat da Lan-Rivoare, 
Nemet ar paour kez sant André 

Hag a oa kamm, 
Hag a choumas e Sant-Iann ^ 

990 Ann nep euz a Landerne a ia da Lesneven, 

A bar al loar war he zalben. 

99 1 Etre ar Faou ha Landerne 
N'emoc'h nag e Léon nag e Kerne. 

992 Pa vezit war bont Landerne, 
Fri Léonard, reor Kerne. 

993 Ma vankfe chausser a Vrezall, 
Landerneïz, pakit ho stall. 

994 M or Kerne a zo peskeduz. 
Douar Léon a zo eduz. 

995 Abaoue beuzet Ker-ls 

N'euz kei kavet par da Paris. 

1. Breton de curé s'emploie dans le même sens que latin de cuisine. 

2. Ce dicton repose sur une tradition d'après laquelle, aux premiers temps de la 
prédication de l'évangile en Armorique, les habitants de la terre de saint Rivoaré, nou- 
vellement convertis, auraient été massacrés au nombre de 7,847 par une peuplade voisine 
restée païenne. 

On montre au bourg de Lanrivoaré un cimetière distinct de celui de la paroisse, où 
l'on assure que ces martyrs ont été inhumés. Les pèlerins nombreux qui se rendent à ce 
sanctuaire funèbre, le troisième dimanche d'octobre, seul jour de l'année où il soit permis 



Proverbes et Dictons de la Basse- Bretagne. 22 1 

1)85 Breton de Léon et français de Vannes. 

984 Le meilleur français 
Le français de Vannes. 

985 Non et oui, 

C'est tout le français de la maison. 

986 Parler breton comme un curé. 

V. 

987 Montagnes d'Arré dos de la Bretagne. 

988 Aplanir Braspars, 
Epierrer Berrien, 

Arracher la fougère de Plouyé, 
Trois choses impossibles à Dieu. 

989 Sept mille sept cent sept vingt et sept saints 

Sont descendus à Kersaint, 
Et tous sont allés â Lanrivoaré, 
Excepté le pauvre cher saint André 

Qui boiteux était 
Et à Saint- Jean est resté. 

990 Si de Landerneau vous allez à Lesneven, 

La lune brille sur votre derrière. 

991 Entre Le Faou et Landerneau 
Vous n'êtes ni en Léon ni en Cornouaille. 

992 Etes-vous sur le pont de Landerneau 

Votre nez est léonnais, votre derrière cornouaillais. 
995 Si la chaussée de Brézall vient à manquer. 

Gens de Landerneau, faites vos paquets. 

994 La mer de Cornouaille est poissonneuse. 
La terre de Léon abonde en blé. 

995 Depuis la submersion d'Is 

On n'a trouvé l'égal de Paris •. 



de le visiter, en font le tour sur les genoux et regarderaient comme une profanation d'y 
entrer sans être déchaussés. 

I . La ville d'Is, dont la fable de la submersion, commune à plusieurs pays, n'est qu'une 
variante de l'histoire de la destruction de Sodome, était, d'après la légende bretonne, une 
vaste et riche cité, si commerçante et si merveilleusement belle que l'on crut ne pouvoir 
faire plus d'honneur à la vieille Lutèce que de lui donner le nom de Par-ls, c'est-à-dire 
pareille à Is. 



222 Lavarou Koz a Vreiz Izel. 

996 Paris 
Par-ls. 

997 Pa ziveuzo Is 
E veuzo Paris. 

998 Seiz mantel skarlek lia triugent hep kenvel ar re-all 
A zeue eux ar ger a Is d'ann offerenn da Lauval. 

999 Ne dremenas den ar Rat 
N'hen divije aoun pe clilaz. 

1000 Va Doue, va diwalliî da dremen Beg ar Raz, 
Rag va lestr 'zo bihan hag ho mot a zo braz. 

Dastumet ha troet c gallck gant L. F. Sai-Vf.t. 



996 Paris 

Pareil à Is. 

997 Quand des flots Is émergera 

Paris submergé sera. 

998 Soixante-sept manteaux d'écarlate, sans parler des autres. 
Allaient de la ville d'Is à la messe à Lauval '. 

999 Homme n'a passé le Raz 
Sans frayeur ou sans mal. 

1000 Mon Dieu, protégez-moi au passage du Bec-du-Raz, 
Car ma barque est petite et votre mer est grande. 

Recueilli et traduit par L. F. Sauvé. 



I. Dans une prairie voisine du village de Lauval, situé au sud de la baie des 
Trépassés, se trouvent des substructions que les gens du pays prétendent être les ruines 
d'une chapelle qui aurait été une dépendance d'Is. 



CHADEN ce CHAINE. )> 



M. Louis Havet, dans une note publiée par la /^evu^Ce/f/i^iie, t. II, p. 217, 
appelle l'attention des celtistes sur quelques mots bretons-armoricains, 
où l'on trouve la consonne ch, qu'on appelle en Bretagne ch français, et 
qui a le même son que le sh des Anglais, le sch des Allemands. De ces 
mots le seul dont l'histoire paraisse claire est chadcn « chaîne. » 

Comme M. Havet l'a fait observer, chaden vient du français. On trouve 
dans la Chanson de Roland, seconde moitié du xii" siècle, caeine « chaîne », 
qui s'explique par une forme plus ancienne* cadeine avec un d médial. Ce d 
doit avoir disparu vers le milieu du xii^ siècle (G, Paris, Saint Alexis, p. 92). 
A côté de cadeine il y avait évidemment à la même époque, c'est-à-dire 
jusque vers 1 1 $0, la variante dialectale française chadeine d'où le breton 
chaden, comme le français moderne (f chaîne. » Si le mot breton venait 
directement du latin, il aurait gardé le c initial du latin caîêna, comme : 
kabesti « licou », du latin capisînim ; kal « premier jour », « commen- 
cement », du latin kalendae; kanastel a buffet », du bas-latin canistella; 
kaoter « chaudière », du bas-latin caldaria; kistin « châtaigne», du bas- 
latin castania = castanea. L'e de chaden s'explique naturellement par la 
diphthongue ei du français chadeine. Cette diphthongue a perdu sa seconde 
voyelle, quand elle a cessé d'être accentuée, et que l'accent a été 
transporté sur la pénultième. Le même phénomène s'est produit : dans 
le breton aotre, être « permission » d"autrei = auctoritas, variante 
franco-normande du français « otroi » « octroi » ; dans le breton dale 
« retard » du franco-normand delei qui est une variante du français 
« délai », nom tiré du verbe « délayer » = 'dis-Hquare. Ei est la forme 
franco-normande de 1'/ bref latin accentué, comme de \'e long latin 
accentué. Cet ei est devenu e dans chaden après le déplacement de 
l'accent. Mais de la voyelle e de chaden il n'y a rien à conclure sur la 
question de savoir si chaden en breton est d'origine immédiatement latine 
ou d'origine française. La forme la plus ancienne de Vê long accentué 
celtique ou latin en breton est oa ou oe, diphthongue conservée dans les 



2 24 Chaden « chaîne ». 

monosyllabes, exemple ; koar « cire » = cêra, roenv « rame » = rcmus, 
coat « bois » = cêto-. Quand dans les polysyllabes l'accent est passé de 
la dernière syllable sur la pénultième, ladiphthongueoa, oe, s'est abrégée 
quelquefois en e comme dans moger u mur » pour macoer Cartulaire de 
Redon) du latin maciria, et dans higolen « pierre à aiguiser », en vieux 
gallois ocoluin = 'âcûlcna. La diphthongue oa, oe s'est aussi changée 
quelquefois en o après le déplacement de l'accent comme dans : canioel 
« chandele » = candela aujourd'hui kantol, penn-coat « massue » aujour- 
d'hui pengot, paradoes « paradis » = 'paradcsus variante dialectale de 
parad'isus (cf. Schuchardt, Vokalismus, t. il, p. 69-91) aujourd'hui parj- 
doz; nadoez « aiguille » = ^snatMa aujourd'hui nadoz. Mais puisqu'on a 
e =1 oe ^= i, Ve de chaden n'a rien de caractéristique. Si le latin catena 
avait pénétré immédiatement du latin dans le breton, il aurait pu donner 
aujourd'hui caden comme cadon, après avoir été prononcé cadoen, ortho- 
graphe justifiée par le gallois cadwyn. La voyelle e de la dernière syl- 
labe de chaden ne nous apprend donc rien sur l'origine de ce mot. C'est 
le ch initial qui est décisif : chaden est venu du français. Mais à quelle 
époque ? La dentale de ce mot est intéressante à étudier quand on désire 
arriver à la solution de celte question de date. 

Les mots d'origine latine, qui contiennent en latin un / médial entre 
deux voyelles, et qui ont pénétré en breton, soit immédiatement, soit 
médiatement par l'entremise du français, se divisent en trois catégories. 

La première catégorie comprend les mots latins qui ont pris place dans 
le vocabulaire breton avant d'avoir changé en d leur t primitif, c'est-à- 
dire avant le vu*" siècle après J.-C. En effet au vir siècle cette permuta- 
tion était accomplie dans le latin parlé en Gaule comme le prouvent 
plusieurs des exemples de cette permutation réunis par M. Schuchardt, 
Vokalismus des Vaigaerlateins, t. I, p. 127 : on y trouve ces mots em- 
pruntés à des diplômes mérovingiens: mercadus (629 après J.-C.^ 
podibat 6^7 après J.-C.i, calcada (658 après J.-C.^, audentico (690 après 
J.-C.!. Les mots latins qui, contenant un t médial entre deux voyelles, 
ont été admis dans le vocabulaire breton avant d'avoir en laiin changé 
ce / en d, c'est-à-dire avant le vu'' siècle, ont changé leur ? en ti en 
breton à l'époque où, en breton, s'est produit le phénomène que Zeuss 
a appelé destitutio tenuium {Gr. C.^, p. 1 59 et suiv.,. Ce phénomène, qui 
paraît avoir été inconnu au breton du ix' siècle, était accompli au xi^. 
Ainsi : Catoc, 857 [Cartulaire de Redon, p. 131, ou K.\toc, 872 [ihid., 
p. 2081, est écrit Cadocustn 1085 ^ibid., p. 1085) avec la même dentale 
que dans Pleu-Cadeuc. nom actuel d'une localité du Morbihan; Maioc, 
867 [Cartulaire de Redon, p. 1 1 5I, est écrit Madocus, 1081-1082 {ibid.. 



Chaden « chaîne ». 2 2 $ 

p. 262), avec la même dentale que dans Ker-Madeuc, nom actuel de 
plusieurs localités du Morbihan. Citons encore le nom propre qui se 
prononce aujourd'hui Cadoudal. Son orthographe la plus ancienne est 
Caî-wotal ' ; nous en avons compté 2 5 exemples dans le Cartulaire de 
Redon : 

P. 120, année 850. 



P. 15. 


année 857. 


18, 


— 


852. 


28, 


— 


826. 


41. 


— 


839-861. 


Sh 


— 


848. 


66, 


— 


861-867. 


8s, 


— 


843. 


86, 


— 


844. 


89, 


~ 


843. 


ICI, 


— 


826. 


104, 


— 


836-839. 


107, 


— 


829-830. 


108, 


— 


865. 



126, 


- 854. 


132, 


— 840. 


140, 


— 840-846. 


in. 


— vers 840. 


170, 


- 843. 


»7', 


— 868. 


173, 


— 868-871. 


183, 


— 878. 


201, 


— 850. 


202, 


- 849- 


204, 


- 872. 



Or on lit Cia^o^^/ dans une charte de l'année 1060 [ibid.,]). 306), 
c'est l'orthographe moderne. Le second d = t apparaît déjà dans deux 
chartes du ix'' siècle : on lit Cat-vudal dans l'une, 840-847, p. 214; 
Caî-vodal dans l'autre, 892, p. 220. Mais, comme nous n'avons pas les 
originaux de ces chartes, que nous connaissons seulement ces chartes 
par une copie du xi'' siècle, il est vraisemblable que pour ces deux pièces, 
le copiste, c'est-à-dire le rédacteur du Cartulaire de Redon, se sera 
laissé influencer par la prononciation de son temps et aura substitué dans 
sa transcription un d an t écrit dans les originaux et reproduit exacte- 
ment dans les vingt-cinq exemples cités plus haut. 

La substitution du ^ au ? médial entre deux voyelles paraît donc être 
en breton postérieure au ix" siècle; et, dans la seconde moitié du 
XI* siècle, cette révolution phonétique était terminée. Elle avait donc à 
cette date atteint le / médial des mots latins qui avaient pénétré dans le 
breton antérieurement à la date où la même révolution s'était produite 
en latin, c'est-à-dire qui avaient été admis dans le vocabulaire breton 
avant le vu** siècle. Nous pouvons considérer comme certains les faits 
suivants : dans la seconde moitié du xi'' siècle, le t du latin catedra était 
devenu d dans le mot breton écrit cadoer au xv*^ siècle, aujourd'hui 

I . Cat-wotal est probablement pour Catu-votalos. Le premier terme veut dire « combat. » 
Le second pourrait être un composé de vo « sous » et d'un dérivé de la racine tal, 
» porter », d'où le latin tuli. Votalos voudrait dire « support » et Catu-votalos « support de 
combat ». Voir sur la racine tal en gallois et en irlandais Beitr., Vlll, 527-328. 

Rev. Cdt. III 1 6 



2 20 Chaden « chaîne ». 

kador; le /du latin satarni était devenu d dans le mot breton écrit au 
XV'' siècle et aljRird'hui sadorn « samedi » ; le second / du nominatif 
latin vulgaire trinitatis était devenu d dans le mot écrit au xv siècle 
trindet, aujourd'hui drcinded; le t du hxmpeîenda était devenu d dans le 
mot breton écrit pedenn au xv" siècle, aujourd'hui peden « prière, » le 
/ du bas latin civitatis pour civitas était devenu d dans queudet. 

Une seconde catégorie des mots qui en latin contenaient originaire- 
ment un / médial entre deux voyelles, comprend ceux de ces mots qui 
avaient déjà changé ce t en d quand ils ont été admis dans le vocabulaire 
breton, c'est-à-dire les mots qui ont été admis dans ce vocabulaire vers 
le vil'' ou le viii" siècle. Nous citerons mellezour « miroir », bouzellou 
« boyaux », gravai « civière », ruz << rue » sorte de plante. Mellezour 
vient du nominatif bas-latin "miradoris nécessaire pour expliquer l'espa- 
gnol mirador, l'italien miradore, le vieux-français mireor, et qui suppose 
une forme plus ancienne m/ra/or. Bouzellou vient du bas-latin bodellus, en 
ilal. budello, en v.-esp. budel, dans le latin classique botellus ; gravât ç.%\\q 
bas-latin gra^^iium pour grabatum, ruz est le bas-lat. ruda pour ruta. Le d 
bas-lat. decesmotss'estchangé en zpar l'effet de la loi phonétique bretonne 
quia fait prononcer z le ^ médial du latin classique dans /rezd depraedi- 
care, dans grazal « graduel » degraduale, dans sebeza de stupidus. Quand je 
dis z je parle du signe graphique usité dans la Bretagne armoricaine pour 
figurer le tli doux des Anglais, car tel est le son originaire de z breton. 
Il est probable que dès le xi'^ siècle le d médial entre deux voyelles se 
prononçait z en breton [Gr. C.^, p. 143). Le z de mellezour, de bou- 
zellou^ de gravaz^ de ruz paraît donc dater de cette époque comme celui 
de grazal, de prezek et de sebeza. Ainsi, tandis que kador « chaire », 
sadorn « samedi », trindeî « trinité », venant immédiatement du latin clas- 
sique, remontent en breton à une date antérieure au vu' siècle après 
notre ère et ont sans doute au xi"' siècle changé leur t primitif en d; bou- 
zellou (.t boyau », mellezour « miroir », gravaz « civière », ruz « rue » 
paraissent n'être entrés en breton qu'au vu'' ou au viu'' siècle, ils y 
auraient pénétré sous la forme basse-latine qui contenait un d, et ce d 
se serait changé en z au xf siècle. 

La troisième catégorie des mots bretons d'origine latine qui contien- 
nent un t médial entre deux voyelles en latin classique comprendrait les 
mots qui seraient arrivés en breton après avoir changé leur t primitif 
en d et après que le breton eut changé ce ^ en z; cette troisième caté- 
gorie, qui a subi la permutation basse-latine du t en d, échappe à la per- 
mutation bretonne de d en z. Chaden est, à ma connaissance, le seul 
mot de cette catégorie : ayant conservé un d que le français perd en 1150, 



Chaden n chaîne ''i . ii"] 

il est antérieur à ii$o; n'ayant pas changé son d en z, jl ne peut 
remonter en breton au-delà du xi* siècle : on peut fixef ' approximative- 
ment à l'année i loo son admission dans la langue bretonne. 

Chaden n'est pas le plus ancien des mots bretons d'origine latine qui 
sont arrivés aux Bretons par l'intermédiaire du français. Les mots bre- 
tons prei: « proie «, moneiz « monnaie « ont chacun la diphthongue 
franco-normande ei = c. Ils viennent par conséquent du franco-normand 
archaïque preide =^ prëda = praeda, moneide = moncda = moncîa, et ils 
ont été admis en breton avant le changement du d médial breton en z 
puisqu'ils ont subi ce changement auquel chaden a échappé ; ils ont donc 
été reçus dans le vocabulaire breton avant le xi* siècle. 

Voici les dates auxquelles sont donc entrés dans la langue bretonne 
les mots dont il a été question jusqu'ici. 

1° Avant le vu*-' siècle, kador « chaise )>, sadorn « samedi », dreinded 
« trinité », peden « prière, » queudeî « cité. » 

2° Du vii*^ au xi"^ siècle, mellezour « miroir », bouzellou « boyau », 
gravaz « civière » , mz « rue » (sorte de plante) . 

]° Vers le x*-' siècle, preiz « proie », moneiz « monnaie. » 

4° Vers i loo, chaden « chaîne. » 

De ce que le français chadeine est arrivé en Bretagne vers i i oo avec 
son ch français, je ne crois pas qu'il y ait nécessairement à conclure que 
le son du ch français, inconnu en gallois, existât avant 1 1 oo dans le 
breton armoricain. 

Un jour les Romains, vainqueurs des Grecs, transformèrent leurs 
esclaves en pédagogues, donnèrent ces pédagogues pour maîtres de 
grammaire à leurs enfants, et afin de représenter un son de la langue 
grecque d'alors qui manquait à la langue latine, ils ajoutèrent à leur 
alphabet l'j, lettre jusque-là inconnue dans les langues de l'Italie. Les 
langues littéraires sont assez puissantes pour imposer leurs sons à 
ceux qui les apprennent, quelque étrangers que soient ces sons à la 
phonétique de la langue maternelle des écoliers. Ch français, son accli- 
maté dans la Bretagne armoricaine, mais resté étranger au gallois, peut 
être arrivé en Bretagne par importation. 

Cependant il est possible que, vers l'année i lOo, date de l'introduc- 
tion du mot chaden en breton armoricain, le ch français existât déjà dans 
cette langue et qu'il s'y fût produit antérieurement par un phénomène 
phonétique spontané. En effet on peut distinguer en breton armoricain 
au point de vue étymologique quatre ch français outre celui qui se trou- 
vait dans les mots d'origine française avant leur acclimatation en 



228 Chaden « chaîne ». 

Bretagne : \° ch =^ s\ 2" ch médial = ti suivi d'une autre voyelle; 

5" ch médial ou final = c'/z; 4" ch final = z (th anglais). 

1° C// =: 5 remonte en armoricain au moins au xv" siècle. Chede «< voici », 
littéralement « vois-toi », dans le Catholicon (édition Le Men, p. 199), 
est donné comme variante de sel-de, seconde personne du singulier de 
l'impératif du verbe sellout « voir. » La racine de ce verbe parait la 
même que celle de l'irlandais suit « œil » = svali- et que celle du latin 
sol (cf. Windisch dans la Zeitschrift de M. Kuhn, t. XXI, p. 425). 
Quoi qu'il en soit, le gallois et le comique sont d'accord pour commencer 
le verbe dont il s'agit par un i : on dit en gallois syllu, l'équivalent cor- 
nique est sell ou 5)7/; le ch initial de ce verbe est donc spécial au breton 
armoricain, où d'ailleurs il ne se trouve qu'à l'impératif; il n'est pas 
celtique si nous désignons par le mot celtique les caractères communs 
à toutes les langues celtiques; il n'est pas breton, si nous désignons par 
le mot breton les caractères communs au gallois, au comique , au 
breton armoricain. 

2° Ch médial = // suivi d'une autre voyelle. Les plus anciens exem- 
ples sont apparchentaff [Catholicon] du verbe français « j'appartiens, » et 
mecher [Vie de Sainte Nonne et Catholicon) du français « métier. » Dans 
ces mots français ie tient lieu d'un e latin. Quelque antiquité qu'on 
attribue à Vie — ^français (G. Paris, Saint Alexis, p. 80I, il est impossible 
d'en établir l'existence antérieurement au ix^ siècle après J.-C. et on ne 
peut prouver qu'on ait prononcé plus anciennement 1'/ néo-latin de 
« j'appartiens » et «. métier. » A quelle époque a-t-on commencé à pro- 
noncer en Bretagne ch le ti néo-latin de ces mots ? 

On peut, je crois, arriver par induction à une date approximative. 
Ch = ti est la sourde de y = di, ces deux consonnes sont vraisemblable- 
ment contemporaines. Or la date dey = di peut être approximativement 
déterminée. Le breton ejenn « bœuf » (dans le Catholicon, eugenn et 
egenn] a pour équivalent en comique odion. en gallois eidion. Les lois de 
la phonétique celtique nous apprennent que la première lettre de ce nom 
a été originairement un a ou un ô, la seconde un t. Ce t, étant placé 
entre deux voyelles, est devenu d au xi« siècle, on a eu alors en breton 
armoricain edien qui est devenu ultérieurement egenn = ejen. Le y 
d'ejenn, qui existait au xv<= siècle puisqu'on le trouve dans le Catho- 
licon, parait donc postérieur au xi^ siècle. Ainsi c'est entre le xi^ et 
le xve siècle qu'on pourrait placer l'origine du ch == //' de mecher et 
d'apparchentaff. Il est donc possible que ce ch = ti ait existé en 1 100, 
ait été contemporain de l'introduction du français chadeine en breton. 

3°, 4" Quant au ch français = c'h par exemple dans le breton armo- 



Chaden « chaîne ». 229 

ricain kichen, en gallois cyrchyn, il est plus difficile d'en fixer la date 
puisque dans les textes antérieurs au milieu du xvii'' siècle on ne distingue 
pas graphiquement ch de c'h. 

On ne peut davantage et pour la même raison fixer la date du ch fran- 
çais = z dont un exemple est tcch a habitude », en gallois tuedd. 
Cependant il est évident que ch français = c'h est postérieur à c'h qui lui- 
même provient de l'altération d'une gutturale explosive plus ancienne. De 
mêm.e ch français — 2 est postérieur à z qui à son tour provient de 
l'altération d'une dentale plus ancienne. 

De tout cela la conséquence est que ch français est en breton armori- 
cain une consonne relativement moderne. Initial il vient d's dans un mot 
d'origine celtique, de ch = c dans des mots d'origine française. Médial 
il tient lieu suivant les cas : 1° de // suivi d'une autre voyelle, 2° de c'h 
breton, 5° de z breton. 

J'arrive maintenant aux mots français chômer et enchifrener cités par 
M. Havet. Viennent-ils du breton ? ou les mots bretons chouin, chifern 
viennent-ils du français ? 

Le plus vraisemblable est que ces mots bretons, étrangers aux autres 
dialectes néo-celtiques, sont d'origine française, et que c'est du français 
qu'ils sont passés en breton. Le breton armoricain contient beaucoup de 
mots français, le français peu de mots celtiques. Un mot français d'ori- 
gine celtique, c'est-à-dire gauloise, c'est une chose rare et qui ne doit pas 
être admise sans preuve. Mais un mot français d'origine bretonne, c'est 
une chose bien plus extraordinaire et qui sauf exception est peu accep- 
table. Il serait intéressant d'en avoir quelques exemples certains à mettre 
en regard des mots d'origine française dont fourmillent les glossaires 
bretons. Je ne connais guère que baragouin et malheureusement ^aragoum 
ne contient pas de ch français. 

H. D'ArBOIS de JUBAINVILLE. 



LE 
DIALECTE BRETON DU BOURG DE BATZ 

(loire-inférieure). 



LA PARABOLE DE L'ENFANT PRODIGUE 

(Saint Luc XV, 1 1-32), 

Notée selon les principes du Standard Alphabet de Lepsius. 

La notation est exactement celle du Standard Alphabet sauf les con- 
ventions suivantes que nous avons été obligé d'adopter pour remplacer 
quelques caractères qui manquaient à notre imprimerie : 

e = è dans père. 

e = é — été. 

3 = é — me, te, se. 

g = eu — feu. 

û := u — prune 

n:= gn — agneau. 

Er r'huadur prodiga 
! I Un défi a bue deo botr : 

1 2. En hàni yawué a lar d-hi dat : Me sat, som gué d-è peh-ma a za 
d-é a hu madeo; hag en tat a bue guet d-hi deo botr peb-ùnè hi lot. 

1 3. Un amazeir benak gude, er yadwuèkè a bue vol dastùmeit, hag a 
ue et abar ùr bro pel-mat, hag anheô hà bue debreit vol peh-ma en 
devue. 

14. Gude k-hâ bue vol debreit, ha ue det ûr famina bras abar vro- 
heô, hag hâ bue hé kaveit em-pa-sei blé. 

1 5. Hà bue teo displaseit hag hâ ue et de gaf ijn den ar vro-heô a 
bue hèn dàv^heit da viret hi voX. 

16. Ur veiz anheô, hà fahe bei kôtê-raat debrè hi guarX aven er boet 
ma er moX a zèbre, m^ nikèn ne re netra da-heô. 



Le dialecte breton du bourg de Batz. 2 j i 

17. Afè, gude k-hâ bue hê laket da sôzal ùntamik, hà bue lareit abar 
hi galeô : Pigàmên a vitiaô zo ba-n ti me sat, deaz bara de zebrè hu 
guarX, ha me, me zo da vervel a nèn aman ! 

18. Me ga de zisplas tudssuit? ha ds vonei ava me sat, ha me laru da- 
heô : me sat, m-ez peXeit dirag Duhe ha dirag hoX. 

19. Ne vérité keid bùd hêveit hu potr ; kamere me el une a hu guazeo 
abar hu ti. 

20. Hag asti hè displaseit u monei da gaf hi dat. A belè k-en tad a 
bue ^r gùeleit da zoneit, hi galeô devue kerveit ; en devue redeit avat- 
heô hag hèn âbraseit a gr^s hi galeô. 

2 1 . Me sat, a lar er pôtr, m-ez peXeit dirag Duhe ha dirag hoX; ne 
vérité keit bùd hèveit hu potr. 

22. Hag en tad a lar kèt-er-kèt d-hi vitieô : duenet kimat da-heô hi 
geté se, hag er fardet el potr an ti, laket da-heô ùr bezeo ar hi veis, ha 
beto-leir abar hi drfdeo. 

2 3 . Kaset amâ er \e lartè aven er hreo, lahed-hê, ha debrâmp a gres- 
kaleô, el iin de banezeo. 

24. Paska me fotr a ue marf ha bermèn ma razet ; hà ue koleit hag 
asti hè kaveit. Hag hà bue hè lakeit da goenè zoayos-mat. 

2 5 . Ha ter vol en dro-mèn er potr kohè a ue d-er prat ; hag asti k-el 
hé zoneit, hag el hè dostat an ti, deaz kleveit da genè ha da zésal ; 

26. Hà hùsa teo d-ùr goas ù gurnè da-heô petra a ue vol peh-ma hà 
glave. 

27. Hu brer yawuè eo a zo det d-er ger, mid er goas, hag hu tat dez 
kuc laXè er le misté, paska ema arif iaX, mat. 

28. Me er potr kohè ne ve ke kôtèt a glevet er gevel-ze, ha ne vene 
keit àtrè aba-n ti. Hi dat a bue teo regeit salé d-er mes ùd er bedè da 
zoneit d-er ger. 

29. Me hà bue respôdeit da-heô : asti a-vern a vleadeo ka me labur 
ud-o/. em zames lare d-ho'/ nô-pas, ha hu ez se sûmèd ùr veiz guet d-e 
ùr sevreos ùd hé régal ke me gôsordeit ; 

30. Me hu potr aze, deaz debreit hi ar7ât ked er gruager'/. koleit, ne 
ke puto ded d-er ger, k-hu ra la"/.è er le mistè ùt-heô. 

31. Me fotr, mid en tat, hu zo atao kegen-è, ha vol peh-ma me az a 
zo d-ho7. ; 

32. Me some-t-huat dobeir ur regala hag hè rezuis a gres-kaleô, 

paska hu brer a zo aman a ue marf, hag asti hè razet ; hà ue koleit hag 

asti hè kaveit. 

Léon Bureau. 



MÉLANGES. 



LE DIALECTE VANNETAIS DE SARZEAU. 

CORRECTIONS ET ADDITIONS. 

L On doit encore distinguer dans la prononciation de cette variété : 
Le son français q et la sonore correspondante, que, faute de mieux, je 
transcrirai par kh, gh. Ils se trouvent surtout devant e, /, u, et permutent 
assez arbitrairement avec k et k, g et g, entre lesquels ils sont respec- 
tivement intermédiaires : mais ils remplacent mieux k, g, que k, g. Ce 
sont aussi des corruptions de f, d. Exemples : ket, kheî, kiet; moghiety 
fumée ; kliiemat, chauffer ; in ghiemat, se chauffer ' ; 

i mouillée de nos méridionaux, surtout à la fin de quelques mots, comme 
eimberi, avril; kerl-, cercle de barrique (pi. kerlien). 

C'est aih qui doit représenter éh de Le Gonidec. 

J'emploierai désormais ï après une consonne pour détacher i de la 
voyelle qui suit; et s pour ch venant de 5. 

II. P. 48, 7« verset, ajoutez le mot / à la fin de la 2« ligne. 
— note 3 5, au lieu de who lisez wood. 

P. 49, 7'^ vers., lisez Wana. Le fém. est houna, gall. hona. Hennezse 
ait haniac'h (Comouaill. hanac'h). 

Je donne ici un récit populaire de Sarzeau. avec sa traduction litté- 
rale. 

A pi oe àr Salvir ha sani Pïer ha san\ Pôl i pourmein etrai àr bit, aviall 
ma pasierU ar àr maizeu, aint a oe oeit i tel iir goc^h-voais : hag eint ou 
duai goulienn't oh-t-ai dé goaiiiiein hag iir ghùli ave\ kousket. Ha hei'laret'ai: 

I . Le son kh est souvent reconnaissable enTréguier à la terminaison ikh, ekh—ikttgh 
au commencement de certains mots, comme ghaot, herbe, ghudal. hurler. Les Trécorois 
prononcent en français ghenghan pour Guingamp. 



Le dialecte vannetais de Sarzeau. 255 

« Ya, mi raiy yac'h te goenïein has, iir ghuli dé gouskein, mar fôt t'iac'h 
dornein men gunaic'h arhoac'h. « Hu end e lare t'aiy : « Ya, nei a zornou 
ou khunaic'h. » 

Hag ahternos vitein, àr vounefam de lariet t'ai : « Ou puai lar't t'ein 
nihour ou pai dôrn'ét men ghunec'h a-vitein! Deid àr Salvir a lariet t'ai: 
« Lakait atau ou khunaic'h ar al lair, ha nei a saouou touchant de mont d'en 
dornein. » Hag àr vounefam dé mont dé lakat rah i gunaic'h ar àl lair. 

A p'en duaï anei achiwet, ha hei deit dé wielt't mar oant sdouét. Maiz i 
oant hoac'h in ou ghuli, ha hei deit da gemier'd iir vac'h, ha hei im lakeit dé 
dôrhein ar sanl P'icr, a oe ànn tostan d'àr plas. Ha hei lar t'ai : « Ma ne 
viac'h ket sâouet abienn ma zein indrou, mi gemirou hoac'h mem bac'h!. » 

A pi oe sortïet àr vounefam, deit sant Pier a lar't d'àr Salvir : « Deit in-é- 
mé laie' h, ha' ian-mi dé mont i kreiz àr ghuli. Kar mar za ar vounefam 
indrou, hei a dorhou aman. » Ketaic'h m'en duai chdnjet sani Pïer a laie h 
ged àr Salvir., deit àr vounefam indrou, ha hei ou yuel't hoac'h en ou ghuli. 
Ha hei' lar't l'ai : « Gorteit Un tamek : touchant em es torhét ar ànn tostan 
d'àr bord, àr huaic'h-ma e ian dé dôrhein ar ànn hanei a zou inkreis. » H^ 
hei kemier'd i bac'h, hag in lakeit dé dôrhein ar sant Pïer aved ànn niviet 
guec'h. Ha hei' lar t'ai : « Ma ne viac'h ket sdouet abienn ma zeih indrou 
aveid ànn dèrviet ghuec'h, mi gemirou hoac'h mem bac'h! » 

Ketaic'h ma oai sortiet àr vounefam, deit sant Pïer a goulienn't doh sant 
Pôl a chanjein a laie' h get-ou. Un tamek arlarh, dét oa'r vounefam dé wieFt 
mar oant hoac'h in ou ghuli, ha hei lar't t'ai : « Ar huaic'h-ma e han dé dô- 
rein mem bac'h ar oukein. Kar huei a zou kaust ma em es lakeit men ghunaic'h 
ar àl lair, ha brma n'em bou khet a amzir d'er sêr khent nos. » Ha hei 
kemier'd i bac'h, ha tosteit d'àr guli. « Touchant em es foatet ànn hanei a 
greis, maiz àr huaic'h-ma e han dé foatal ànn hanei a zou isôl àr ghuli, kar 
marsi ima iaii i kaust ma na sauant khet. « Ha hei in lakeit dé dôrhein ged 
i bac'h piellah ma hiallai, ar sant Pïer, aved ànn dèrvied ghuaic'h. 

A pi oe anei chuaic'h i torhein ar-n-ou, ha hei ou làsket, avei mond da 
ser i ghunec'h. Maiz deit àr Salvir a saouet, ha oet dé lariet t'ei : « Gorteit 
un tamek, e iah dé zornein ou khunec'h. » Ha ean kemier'd iin tam tan, ha 
lakeit ànn tan in i ghunec'h. Ha ein laket dé véchal pinoz i fôte d'où lôskein 
rac'h i ghunec'h. Maiz ketec'h ma oe lolket rac'h i ghunec'h ha hei ghuél't àr 
plous t'un tu hag àr grein enn tu 'rail, ha nezi i oe anei kouta/'id. 

Ha eiht dét dé lar't trigairi dei, aveit m'ei due ret t'ai iir ghuli ha dé zrc- 
bein; ha eind 'oeit ged ou iend. 

Du temps que le Sauveur et saint Pierre et saint Paul se promenaient 
par le monde, comme ils passaient dans la campagne, ils arrivèrent chez 



2 54 ^^ dialecte vannetais de Sarzeau. 

une vieille femme, à qui ils demandèrent à souper, et un lit pour dor- 
mir. Elle leur dit : « Oui, je vous donnerai à souper et un lit pour dor- 
mir, si vous voulez battre mon blé, demain. » Et ils lui répondirent : 
« Oui, nous battrons votre blé. » 

Le lendemain matin, la bonne femme s'en vint leur dire : « Vous 
m'aviez promis hier soir de battre mon blé ce matin ! » Le Sauveur lui 
répondit : « Mettez toujours votre blé sur l'aire, je vais me lever pour 
aller le battre. « Et la bonne femme d'aller mettre tout son blé sur l'aire. 
Quand elle eut fini, elle vint voir s'ils étaient levés. Mais ils étaient en- 
core dans leur lit : alors elle prend un bâton, et se met à frapper sur 
saint Pierre, qui était le plus près du bord. Et elle leur dit : « Si vous 
n'êtes pas levés quand je viendrai, je prendrai encore mon bâton! » 

Quand la bonne femme fut sortie, saint Pierre dit au Sauveur : « Ve- 
nez à ma place, et moi je vais au milieu du lit. Car si la vieille revient, 
elle frappera sur moi. « A peine saint Pierre eut-il changé de place avec 
le Sauveur, que la bonne femme revint, et les vit encore dans leur lit. 
« Attendez un peu, dit-elle, tout à l'heure j'ai tapé sur le plus près du 
bord, à présent je vais taper sur celui du milieu. )i Et de prendre son 
bâton, et de frapper sur saint Pierre pour la seconde fois. Puis elle leur 
dit : a Si vous n'êtes pas levés quand j'arriverai pour la troisième fois, je 
prendrai encore mon bâton ! « 

Aussitôt que la bonne femme fut sortie, saint Pierre demanda à saint 
Paul à changer de place avec lui. Quelque temps après, la bonne femme 
vint voir s'ils étaient encore dans leur lit. « Cette fois, dit-elle, je vais 
casser mon bâton sur votre dos. Car vous êtes cause que j'ai mis mon 
blé sur l'aire, et voilà que je n'aurai pas le temps de le ramasser avant 
la nuit. » Et, prenant son bâton, elle approcha du lit : >< Tout à l'heure 
j'ai battu celui du milieu, mais cette fois-ci je vais battre celui qui est au 
fond du lit, car c'est lui peut-être qui est cause qu'ils ne se lèvent pas. » 
Et elle se mita frapper de son bâton, tant qu'elle put, sur saint Pierre, 
pour la troisième fois. 

Quand elle fut lasse de le frapper, elle les laissa pour aller ramasser 
son blé. Mais voilà le Sauveur qui se lève, et qui lui dit : « Attendez un 
peu, je vais battre votre blé. » Et, prenant un tison, il y mit le feu. Et 
elle de crier qu'il allait brûler tout son blé. Mais dès que le blé fut entiè- 
rement brûlé, elle vit la paille d'un côté et le grain de l'autre; et alors 
elle fut contente. 

Et eux la remercièrent de leur avoir donné un repas et un lit; puis 
ils se remirent en route. 



Le dialecte vannetais de Sarzeau. 255 

III. Phonétique. 

I " Voyelles : 

Après ai, c ne se change pas d'ordinaire en u : lasaienn, punaise; 
laiel, veaux. Le son aiy existe pourtant : kaiyriall, etc. 

Dans quelques mots e se change en ei, mais probablement c'est par 
l'intermédiaire de / ; chuplein, balai. 

P. p , § 4. Au lieu de miarhek, belle-fiUe, lisez piennek, têtu. Les 
noms de parenté en ek, pi. egiet, comme potrek, beau-fils, gendre, ne 
prennent pas la diphthongue. Il en est de même des noms de planta- 
tions et de plusieurs autres dont l'avant-dernière syllabe a n ou h : 
arnanek, orageux (quoiqu'on dise arnanienn, orage); stirgannek ou 
stirgannek i ànn ièvr^ le ciel est brillant d'étoiles (cf. le vocab. cité, 
p. 56). 

P. $ I, au lieu du § 6, lisez : Les 2^^ pers. sing. de l'ind. prés, sont 
en es. 

On dit oupiet, ayez; drèbiet, manger; mais àr vairet, le cimetière. Et 
exclamatif reste intact. — Sihit, soif, cf. divit. 

P. 51, avant-dern. §, au lieu de : Enn ne change pas, etc., lisez : 
Les terminaisons de l'imparf. et du condit. sont : ienn, ies, ai (imp.) ei 
(condit.) iemp ou i'émp, iac'h, ient. 

La forme irouat, bien, = *erhuat, sert d'intermédiaire entre ervad et le 
vannetais erhat. Cf. dans l'Armery éveell, éheel comme ; nêrhenn, nerf. 
A Lanvollon, on dit te'lwu, tu seras, etc. — Au contraire, le vannetais 
ihuel, haut, est pour Uihuel = uvel (Laniscat) pour uc'hel, cf. palivat, à 
Lanrodec palevat = paluc'hat, préparer le chanvre; luvadenn, Lanr. lûv'c- 
dénn, éclair, etc. 

La diphthongue oa devient ue : duêran, petit-fils; ànn uailiet, le foyer. 

Ean devient régulièrement ian, ou se contracte en air. liaheih ou liafi, 
pleurer; triank, trank, aigre. 

Voici d'autres contractions : mouilt, moust, humide; Lanrodec, moest; 
kluid, klud, claie. On confond quelquefois oe et : goeleiii, couvrir ;/ort, 
foin. 

2" Consonnes. 

G se renforce quelquefois en k devant r ; krzel de la grêle, iir g'érzelienn 
un grêlon. Cf. à Lanrodec iïr girlaoenn^i une sangsue, pi. kirlao. 

La dentale se change souvent en gutturale: iir glmial, une nappe; 



I . C'est ainsi qu'en latin le y grec correspond à /, gu, v. Le mot liver, (pour lizer, 
lettre^ usité, entre autres, dans ces deux mêmes localités, fournit un exemple de v pour 
z, cf. kleve et kleze, épée; avank, gall. addanc, animal aquatique; /breton = s gaélique, 
/ latin = & grec. 



2]6 Le dialecte vannetais de Sarzeau. 

àr gharhian, la fièvre; miniaouek, une alêne; gosqiall, gâteau; un 
darloskienn, darloskhienn, quelquefois garlostienn, une perce-oreille, 
karg a zarlo'skiet, zarloskhieî, ou zarlolkiennneu, plein de perce-oreilles (en 
plusieurs endroits de Tréguier et de Cornouailles, garloskhenn, garloskenn; 
à Lanvollon iir galostenn, pi. kaiost; à Quimper-Guezennec un dorlosken, 
pi. torlosket, ce qui me fait soupçonner une confusion avec tarlaskenn, 
la tique. A Sarzeau talâsk gunec'h tu signifie le son du blé noir, sans 
doute parce qu'il est très-grossier et qu'il gratte le gosier ' . 

D tombe souvent devant une diphthongue commençant par i : nanyek, 
dix-neuf; peryek, parler; marteloyet, matelots; riyall, crible fm;iïrgeui- 
yall = kaouidell, petite caisse à barreaux où l'on met la vaisselle. 

Il s'ajoute quelquefois après n : iin daronyall, une hirondelle; brandei, 
corbeaux. 

Sf devient souvent s : flalrein, écraser, cf. Tréc. dizrein =Léon. dis- 
trei. 

P. 54, au lieu de kelienn, du houx, Wsez f'clienn, feuille (de papien. 

Des mots analogues à liuarn sont liuan, courroie pour attacher les 
bœufs; liuafiein, moisir, etc. Aux exemples du changement de / en n, 
j'ajouterai guaineuienn, sangsue, pi. guaineuiet. Ce mot signifie aussi ver- 
rue, pi. gueneuienneu, par confusion, comme cela arrive à gwenanenn et 
gwenaenn. Luchenat, luchenein^ bercer (Lanrodec ruskelat; Saint-Igeaux 
huchelat; P\ougonver uskelat ; Lan'iscal huchelat, Callac hochélat, etc.). Les 
infinitifs en cl deviennent tn à Lanrodec. 

L se transpose facilement : i sklourr [= skoultr, skourr), en suspens ; 
flcmienn — fimble (L'Armery) = fibula, boucle pour les cochons. 

P. 5 $. Melionnienn-air est proprement la grosse fourmi rouge : on dit 
qu'elles suivent les traces de la couleuvre. 

Les voyelles sont sujettes à disparaître après r, l, devant une con- 
sonne : Krn, du gratin > Prat Krin. le Pellet. crign); àr vrmienn, la 
brume; almèkhien, allumette, etc. 

Z devient souvent /; dans l'enclitique zi = ze : trehi, trezi, par-là ; ànn 
drà-hi, cela; âhi, ai, là; a-vâ-hi, de là. etc. 

Remarques. 

J'ai expliqué, p. 56, la forme rapide kiol'i [onà\\dMSS\khioh,khiéVi), 
comme produite par la disparition de u cf. p. 5:5) et le changement 
régulier de e en diphthongue devant //. 

Mais c'est après h que Vu disparait (cf. encore fahhed, enflé) ; après 



I . Le changement de f en *; est très-fréquent à Laniscat, spécialement aux infinitifs 
en et. 



Le dialecte vannetais de Saneau. 2^7 

g, c'est plutôt la voyelle suivante qui périt : ha guriohni i? n'est-ce pas ? 
Aussi me semble-t-il probable que c'est oe, ue qui se change en io, ic, et 
non pas e simple. Voici d'autres exemples : gion, blanc ^aussi gon), à 
côté de guin^ guen; gicnat à côté àt guenat, blanchir; giorsou, long- 
temps; ticmm^ piomb = tuernm, puemb. 

Au contraire: Petra'zou dé wiel'd i Lokhentas? Qu'y a-t-ilà voira Saint- 
Gildas? ie \t\ non le) = e. Mi-g-a d'où kuiUet, d'on kouilein, je vais vous 
voir. 'Ma r't t'iac'h kemier'd (ou kemir\ ann ient-si, il vous faut prendre 
ce chemin; et l'impératif: kemier'd ànn ienl-si! tandis qu'on prononce : 
ànn iend a gemiret a zou houionek, le chemin que vous prenez est pous- 
siéreux. — Remarquez que le changement d'u en / a lieu facilement de- 
vant une voyelle : dioht ou duont, là-bas. 

On fait dans la conversation beaucoup de contractions, comme a b'ah 
i tes? ^^ a be bah d'où viens-tu ? goa'rzi tant pis — goah arzi : cela arrive 
aussi dans les autres dialectes. 

IV. — Grammaire et Vocabulaire, 

1° Mutations. 

Autres exemples de mutation nasale : Sarzeau, iinnamezel, une demoi- 
selle. Lanrodec penn-na-benn, tout droit; dinhann, sous; pc ve'n nain, en 
d'autres endroits de Cornouailles/ja ve'n nz« quand on est, =paveun dén. 

Après d final supprimé, le v du verbe être se renforce en / ; groet maà 
fou, ce sera bien fait ; deveaà fet, vous serez en retard ; tandis qu'on dit 
ari vou in ous erauk, il sera arrivé avant vous'. 

Le g de get, avec, devient de même k après la chute de la dentale 
précédente : ivet ked yehet ! — Ha huei aouël ! litt. buvez avec santé! — 
Et vous aussi ! 

Dans ahsambl kel-n-iac'h, avec vous, le k est amené par l'influence 
du b (cf. Leg. pemp kâd, cinq lièvresl. Mais il ne peut y avoir de doute 
sur l'effet analogue de c'h et de s dans des expressions comme iir uec'li 
penak, quelquefois; dis kel-n-em, viens avec moi, Trég. des kenin, Lanv. 
des kenein; dis t'cvadonj viens à moi, Lanv. dés tevèdon ; kes ket-ou! Çis 
gant-han !\ cri pour exciter un chien contre quelqu'un, d'où kesein tir lii, 
faire kiss ! kiss ! à un chien. 

L'/des 2'-' pers. sing. du verbe en devant, dans le P. Maunoir et dans 
le langage de Lanrodec, est aussi produit par la combinaison du v du 
verbe être avec la lettre finale du pronom az, ez, ac'h, ec'h^; et le p des 

1. V étant déjà un adoucissement de b, / est ici le résultat de deux mutations succes- 
sives, comme v dans a vrema, a vepred, z dans var-zu, Tréc. oar-du. 

2. Cf. le comique yfyth, il sera (y pour yth), à Plougonver e fo. 



2:; 8 Le dialecte vannetais de Sarzeau. 

2'"' pers. plur. provient du c'h, z du pronom et du b, lettre radicale du 

verbe beza. Cf. Tréc. chopinad sist pour chopinad jist, chopine de cidre. 

Quant à l'influence de s, z, c'Ii, h, cf. le Léon, krésteiz, midi, Sarz. 
kreisti; le Vannetais eih te, huit jours. Après le Tréc. dés, de, et le Corn. 
eiiz, id., on emploie te, ta, ton, au lieu de dé, da. On prononce à Lan- 
rodec me' mes kret, j'ai fait. 

En général les mutations de faibles en fortes, en breton, sont une 
compensation pour la chute d'une consonne finale, ordinairement 5 
(comme en comique) ou fh; ou bien résultent de l'influence de 5, z, c'h, 
quelquefois p, b et k; et t devant ti'. La consonne supprimée, dans le 
premier cas, reparaît devant une voyelle et même devant une consonne 
dans certains dialectes : houc'h penn, votre tête iLanrodec). 

Les adjectifs numéraux ordinaux affaiblissent leur première consonne, 
même au masculin, après l'article ; àr biempiet tei, la cinquième maison. 
Le même abus a lieu pour plusieurs d'entre eux en Tréguier. 

2" Pluriel. 

Au Weudebokhedeu, fleurs, on dit souvent bokhedei (rarement bokhede). 
De même, kanêtei, des billes; neiadei, plus souvent heiadei, eiadei, des 
nids (et non pas seulement nichées, s'emploie au lieu de neiz même 
pour des nids vides). 

Maîiac'h, pi. matiac'heziet, servante. 

]" Féminin. 

On peut ajouter aux fém. en iall ûr gamiall, p. iet, boiteuse, et d'autres 

comme borniall, sourdiall, dont les correspondants se trouvent dans l'Ar- 

mery. 

4" Quelques observations grammaticales, 

Ann neuviet, le deuxième, fém. ann niviet, est plus usité que ànn eilviet. 
Ces formes ne sont pas isolées. A Gommenec'h, par exemple, on dit a/2/2 
unannet oar-n-ugenl, le vingt- et-un/me; ann daouet, fém. ann dîet oar-n- 
ageni, \e\\ngi-deuxième. Lanv. et Trég., dans ce cas, unaiinvet; à Lanv. 
daouet, fém. diveî, s'emploie même dans les autres cas (gall. deujed, dwyjed). 

Mad, bon, a pour comparatif, matoc'h et pour superlatif /na/d/i icomme 
en Trég.) dans le sens spécial de bon à manger: autrement on dit ^/!u/a//,etc. 

Ac'han- et anez- se contractent uniformément en an- : anaii-mi, de 
moi; anas, anal-ti, anou-ian; anei; anamb-nei^ anac'h-huei, anai-eint. 

D'ai-heint, à eux-mêmes ; ou ze\ -khieint, leur maison à eux ; d'ei-khel 
à elle-même, get-eï-khei avec elle-même; i del-kiian, sa maison à lui, etc. Le 
k purement euphonique entre deux voyelles (comme dans |xir)y.éTi) n'est pas 

i. La même chose a lieu en basque, où l'on prononce hunakoiti pour hunat goiti, ezta 
pour ez da. 



Le dernier écho de la langue corni^jne. 259 

sans exemple en breton : Lanv. dukard, noiraud. Mais ici kli doit être un 
renforcement de //. — Au lieu de supprimer la particule verbale a 
devant un pronom, on la change en ag. Cf. p. 5 $. 

A in-é-më laie' h ^ à ma place, on peut comparer 'nem vlas, id. à 
Lanvollon, et le Trécorois en ez enep, contre toi (pour enn da enep). 
Cette syllabe de surcroît, qui se trouve dans la langue commune avec 
enep etgoude accompagnés d'un pronom, est d'un emploi plus étendu dans 
les dial. spéciaux. A Sarzeau, on dit in-hiemh-z-on, sans moi, malgré la 
confusion avec iniemh, contre; en Corn, et Trég., en-enon, en-enoc'h, 
en moi, en vous. Remarquez in i uenan, seul, tout seul (angl. by himself, 
gaël. leisfein): Divourus i goubir iend in i uenan^ c'est ennuyeux de che- 
miner seul; àr hraidar-zi a giarh in i uenan, cet enfant marche tout seul. 

j" Vocabulaire. 

A pitaut ou pitaul, richard, on peut comparer, je crois, les mots de 
Lanv. pitach, niaiserie; pitous, pitooucnek, niais; piîek, t. d'injure; 
pitinvat coup, soufflet. Cf. lann Bitoch, dans Bombard Kernc, p. 36. 

Andienn, pi. andeu, sentier; aiiouai, pi. eu, méridienne, repos du 
midi (en parlant des personnesi ; hanîir-bautr, beau-fils (de Vhantir- 
vamm ou mamm geu, la belle-mère, noverca); saldronnèkienn, pi. kiet, 
guêpe; steleog, pi. eu, courroie de sabots; lin davouzonnienn, ou davë- 
zoiinien, pi. onnieî, taon; iir wienn diann un zxhrt dro\l\ kierWt diarin 
diâvis fiac'h, allez droit devant vous. Krapet douc'h-îî, montez en haut; 
diskar't de ghias, descendez en bas; nied i me gar, je me suis fait une 
entorse. Tu^i .' à gauche ! ioc'/z .' à droite ! (en parlant aux chevaux : L'Ar- 
mery tusse, toli). Huilî! à droite! /^c'/i .' à gauche ! houll! arrêtez! (en 
parlant aux bœufs). 

Baltrein, piler, fouler la terre, etc.; skreunein, écraser (des miettes de 
pain, des grains pour les poules); iir gourmèkhienn, un arc-en-ciel {=''kroum- 
medenn, de krm, k'crm, krcm, courbe, cf. ar bourpienn == brepenn, bâton 
pour remuer la bouillie; ; iir bobe^iallienn, pi. pobegialliet, cotylet, coty- 
lédon umbilicus. 

Emile Ernault. 



LE DERNIER ÉCHO DE LA LANGUE CORNIQUE. 

Quoique l'anglais soit maintenant la langue indigène de la Cornouaille, 
il y a dans le dialecte du peuple et surtout des pêcheurs et des mineurs 
de Penwith (près du Land's End), des mots qui ne sont nullement 
anglais, mais bien celtiques. 



240 Le dernier écho de la langue cornitjue. 

En 1875, j'ai trouvé quelques échos inattendus de la langue celtique 
dans ma paroisse de Newlyn,près de Penzance et Mount's Bay,à douze 
kilomètres du Land's End. J'ai adressé à l'^Academy" de Londres 
(20 mars 1875), '^^ "O'^s de nombre celtiques, conservés jusqu'à vingt 
(i.e. igans) par les vieillards de notre pays, noms qui étaient employés 
pour compter les poissons jusqu'à la tin du siècle dernier. M. Henri 
Jenner, attaché au département des mss. du British Muséum, m'a fait 
visite à Newlyn en juillet 1875, ^^ "°"S avons cherché ensemble les 
traces des mots celtiques. M. Jenner a donné le résultat de ses recher- 
ches à la Société philologique de Londres, en février 1876, et je me 
propose ici de donner un petit résumé de nos observations, consignées 
par M. Jenner dans sa brochure '^Traditional Relies of the Cornish Lan- 
guage in Moimts Bay in 1 87 5 . 

J'ai trouvé dans trois familles des traditions précises des noms de 
nombre cornu-britanniques jusqu'à vingt: 

1° Les Kelynacks de Newlyn. Jean Kelynack, âgé de 87 ans et sa 
femme. Les filles Kelynacks ont aussi conservé la tradition. 

2° W Soady de Mousehole, morte il y a quelques mois. Elle était plus 
exacte, par comparaison avec nos dictionnaires, que les Kelynacks. 



r 



Barnard Victor de Mousehole. 





Kelinaks. 


Soady. 


Pryce (xviii'-' siècle) 


Norris (xv siècle). 


I 


On'. 


Onun. 


Wonnan. 


Un, onan. 


2 


Doo. 


Deu. 


Deau. 


Deu. 


3 


Trei. 


Traiy. 


Try. 


Try. 


4 


Paj. 


Paju. 


Padzher. 


Peswar. 


$ 


Pemp. 


Pemp. 


Pemp. 


Pymp. 


6 


Weth. 


Eth. 


Wheh. 


Whe. 


7 


Saayth. 


Saayth. 


Seith. 


Seyth. 


8 


Eith. 


Eith. 


Eath. 


Eath. 


9 


Noun. 


Nou. 


Naw. 


Naw. 


10 


Deg. 


Deg. 


Deag. 


Dek. 


1 1 


Ignak. 


Igunak. 


Ednack. 


Ednack. 


12 


Daudhak. 


Daudhak. 


Dawthack. 


Dewthek. 



Voici quelques mots celtiques en usage en Cornouaille. 

L Noms. 
'Bal = mine (très-ordinaire maintenant). 
Boobun = mèche d'une lampe. Bret.: poulchen. 



I. Ces mots sont écrits phonétiquement selon le système du Glossic de M. Alexander 
J. Ellis. 



Le dernier écho de la langue corniijue. 241 

'Buccaboo = un diable. 

Carn = amas de rochers. Cairn, irlandais et écossais. 

Cliil = lampe. 

C/j/W: = oignons, ciboules. Gallois 5(7'»'/. Bret.: cibolez. Lai.: cepulla. 

Chy = maison (en usage seulement dans les noms, mais on en com- 
prend la signification). Gallois: Ty. Bret.: Ti. Irlandais : //i^/;. Man- 
nois : tliie. 

Timunogi. ) 

Giioiliu \ ^^ "^ mots maritimes des pêcheurs. 

Grillas = cave. 

Crogun = moule. Dans le vocabulaire comique du moyen-âge crogan 
= concha. Gallois : cragen. Bret.: crogan. 

Crou = étable à cochons. Gallois : craw. Bret.: craou. Irl. et écossais : 
cro. Les enfants de notre école comprennent ce mot. 

*Paju-pou = lézard (Litt. le Quadrupède). Paju = quatre. Pou = 
pied. 

Pedn = Tête(e. g. Pedn-a-meen et dans les noms des lieux). 

Men = pierre. Gallois : maen. Bret.: men 

1). Dans l'expression Minus ou Kubooli-stone (une pierre des pêcheurs). 

2. Dans les noms de lieux, e. g. Men-an-tol (la Pierre-a-trou), Men 
scryfa. Pierre avec inscription, 7 kilomètres de Penzance. 

j. Menolas. Ancien mot pour le foyer {olas^= foyer). Gallois : aelwyd. 
Bret.: aoled. 

Punyun= pignon. Lat.: pinnium. Gai.: piniwn. Bret.: pinoun. 

Guldaaz-Diguldaayt = la fête de la récolte. Gallois : dydd gwyl, 
Bret.: de gouil. 

Scaw (e. g. Boscawen la famille de lord Falmouth)= sureau. Gallois: 
Ysgawen. Bret.: skaw, scawen. Lat.: scobies. 

Wheal-Huel = mine. 

II. Adjectifs, 

Peut-être le seul adjectif vivant est vean., petit dans cheel-vean (une 
exclamation^ Truro Vean; mais beaucoup de personnes se souviennent 
que Dhu signifiait noir. 

Les adverbes et les prépositions ont disparu, mais l'interjection a ré 
est vivante et beaucoup en usage. M. Jenner pense que c'est Refaria 
«par Maria. » Chez Pallas (qui a conservé quelques mots comiques dans 
l'ouvrage écrit pour l'impératrice Catherine II de Russie), c'est Rafaria? 
Ra Maria. 

Phrases comiques vivant dans le Penwith. 

'i. Pedn-a-mean. Nom d'un jeu d'enfants Pedn = " la tête " ha = 
Rev. Celt. III 1 7 



242 Le dernier écho de ta langue comique. 

"et" mean(J) pour teen= "queue". J'ai trouvé il y a quelques jours 
cette phrase, on ne la trouve pas dans la brochure de M. Jenner. J'ai 
marqué par un astérisque * les mots qui ne se trouvent pas dans la bro- 
chure de M. Jenner. 

2. Lagen-en-dour. Phrase des pêcheurs; se dit des maquereaux qui 
barbottent dans les eaux de mer. 

" Lag" . bercer — e. g. Logan-stone près de Land's End = la 
Pierre-berceau. 

"■ Dour" = eau = Dwr (Gallois), Dour (Bretoni, Dobhar (Irlandais et 
Écossais). 

Cette phrase ne se dit pluS;, mais le vieux Jean Kelynack et le feu 
M. Stephen Richards s'en souviennent. 

3. " Breeul meeut trooja bizwaudhu pempez whethez ail ascrowd ail along 
the Une 0" = cri des pêcheurs de Newlyn. 

La dernière partie est anglaise, mais 

Breeu.1 (= fîrw/) = fîn'//ie/ = (maquereau"). Breton : brezel maque- 
reau) Brithyll. 

Mea = angl.: mate. 

Trooja., bizwaudhu, pempez, wethez = troisième, quatrième, cinquième, 
sixième. 

Il y a beaucoup de traces de la syntaxe comique, par exemple : 

'i. "Itbelongs to me" .i.e = c'est à moi, pour « I hâve. » 

'2 . Quelques langues celtiques ont perdu le verbe Avoir. Le peuple de la 
Cornouaille d'aujourd'hui préfère l'expression ' ' It belongs to me " au lieu 
de "I hâve". 

*3. " Put... to a place" for "lead to a place " dans Pryce. Gora 

■= envoyer. 

Telles sont les traces laissées par l'ancienne langue de Cornouaille, 
mais cette langue n'est pas entièrement perdue pour nous, comme le 
savent les lecteurs de cette revue. H y a des grammaires iPryce et Nor- 
ris), des dictionnaires (M. Williams et Pryce), des drames (l'Origo 
Mundi, la Passio Christi, la Resurrectio Christi, la Mort de Pilate. l'As- 
cension, le Beunans Meriasek), un petit poème épique (Mont du Cal- 
vaire), une chanson et quelques manuscrits inédits. 

J'écris ces lignes sur le tombeau de cette ancienne langue aryenne, à 
un kilomètre des tombeaux de ceux qui l'ont parlée dans le xviii" siècle 
pour la dernière fois, et près de la seule épitaphe comique du monde 
(dans l'église de S. Paul en Penwithi. 

W.-S. Lach Szyrma. 

Newlyn, octobre 1876. 



L'origine de rentrelacs. 24? 

RECHERCHES SUR L'ORIGINE DES ORNEMENTS 

CONNUS SOUS LE NOM d'eNTRELACS ' 

On sait à combien de systèmes différents a donné lieu l'origine de 
l'ornementation si bizarre connue sous le nom d'entrelacs. L'invention 
en a été tour à tour attribuée aux Celtes, aux Germains, aux Orientaux. 
L'objet de ce travail est de montrer que ce sont les Romains qui en ont 
fait l'usage le plus étendu, le plus exclusif, et que les pavements en 
mosaïque sont le domaine dans lequel ce motif de décoration s'est main- 
tenu le plus longtemps et avec la faveur la plus incontestable. Ce n'est 
pas à dire toutefois qu'il ait pris naissance en Italie; — si nous voulions 
remonter au-delà de notre ère nous en trouverions déjà plus d'une 
trace, — les Romains n'ont fait qu'en régler et en généraliser l'emploi, 
mais en ce point, on peut l'affirmer sans crainte d'être démenti, ils ont 
précédé et la race celtique et la race germanique. 

Dès le premier siècle, et nous avons là un point de repère certain, 
nous rencontrons l'entrelacs dans les mosaïques de Pompeï. A vrai dire 
les spécimens n'en sont pas nombreux encore, mais enfin ils existent, 
soit dans les pavements laissés en place, soit dans ceux qui ont été 
transportés au musée de Naples^. Tout nous autorise à croire que c'est 
vers cette époque que l'entrelacs s'est introduit dans ce genre de pein- 
ture. En effet, on n'en découvre aucun vestige dans le grand lithos- 
trote de Palestrine, que l'on croit remonter au temps de Sylla; dans celui 
de Lillebonne?, que l'on attribue au ii'^ siècle de notre ère, le médaillon 
central n'est serti que d'une simple torsade. Peu à peu la mode s'em- 
pare de cet ornement, en même temps que les artistes recherchent des 
combinaisons plus hardies et plus savantes. L'entrelacs, qui n'était au 
début qu'une sorte de bordure, servant à encadrer le sujet principal, ne 
tarde pas à occuper une place prépondérante. On le considère comme 
un élément ayant sa raison d'être, indépendamment de la composition 
proprement dite; on le développe avec une logique inflexible, et, à un 
moment donné, cette ornementation, d'un caractère si abstrait, remplit 
à elle seule de vastes plates-bandes de mosaïque. Ce ne sont plus que 



1. Cet article est extrait d'un mémoire plus étendu sur les Mosaïques que M. Mûntz 
a publié dans la Revue archéologique. 

2. Maison du Sanglier, strada dell' Abondanza, n" 8. — Musée de Naples, salle des 
mosaïques. — Mazois, Ruines de Pompéi, i" partie, pi. XL. — Zahn, Les plus beaux 
ornements de Pompéi, t. II, pi. 69. — Nicolini, le case di Pompei, description générale, 
pi. XXX, etc., etc. 

5. Chatel, Notice de la mosaïque de Lillebonne. Caen, 187). 



244 L'origine de l'entrelacs. 

lanières ou nattes croisées et enchevêtrées de la manière la plus bizarre ; 
l'œil s'égare dans un dédale inextricable et la pensée abdique pour faire 
place à une sorte de rêverie, comparable à celle qu'engendrent certains 
systèmes de décoration orientaux. 

La diffusion de cet ornement dans les diverses parties du monde 
antique est un autre sujet de surprise. A Rome même il s'offre à nous 
dans la majorité des mosaïques conservées au Vatican, au Latran, dans 
les édifices publics ou privés. Le reste de l'Italie en contient des spéci- 
mens non moins nombreux. Il n'est pas plus rare dans les Gaules, 
comme on peut s'en convaincre en parcourant l'atlas joint à l'ouvrage 
d'Artaud, ou les Mémoires des sociétés archéologiques de la province. 
Nous le rencontrons également de l'autre côté du Rhin, où il suffira de 
citer les lithostrotes de Cologne', de Nennig, près de Trèves^ et du 
musée national de Munich. L'Espagne enfm et la Grande-Bretagne 
n'ont rien à envier sous ce rapport aux pays ci-dessus indiqués : l'entre- 
lacs s'y rencontre dans la plupart des incrustations d'origine romaine 5. 
Si nous voulions étendre cet examen à l'Afrique et à l'Orient, les exemples 
ne nous feraient pas défaut non plus. 

Ainsi tombent les prétentions des savants d'outre-Manche, non moins 
que celles des savants d'outre-Rhin, qui revendiquaient pour leurs pays 
respectifs la paternité de l'ornement dont nous croyons avoir établi la 
véritable origine. En effet, les plus anciens manuscrits irlandais et anglo- 
saxons ne remontent qu'au Vf siècle 4, et les sculptures en pierre exécutées 
dans le même style sont plus modernes encore s . Quant aux bijoux qui ont 
été trouvés dans les tombeaux germaniques et dans lesquels M. Linden- 
schmit^, et après lui M. Schnaase?, ont cru reconnaître le prototype de 
l'entrelacs, ils datent au plus tôt, M. Lindenschmit lui-même le déclare, 
du iv siècle de notre ère. Le rôle de ces deux races se réduit à l'intro- 
duction de l'élément fantastique et, en termes plus généraux, de figures 

1. Lersch, das Cœlner Mosaik. Bonn, 1846. 

2. Wilmowsky, die Rœmische Villa zu Nennig und ihr Mosaik. Bonn, 1864. 

}. Voir pour l'Espagne : Laborde, Description d'un pavé en mosaïque découvert dans 
l'ancienne ville d'Italica. Lyon, 1802 ; pour l'Angleterre: Vetusta monumenta qu£ ad 
rerum britannicarum memoriam conservandam Societas antiquariorum Londini... edenda 
curavit. Londres, 1747 et seq., t. I, pi. XLVIII, LU; t. Il, pi. IX, XLIIl, XLIV; t. III, 
pi. XXXIX; et Lysons, Reliquite britannico- romane. Londres, 181 }- 1818. 

4. Voir Westwood, Fac similes of the miniatures and ornaments of anglo-saxon and 
irish manuscripts. Londres, 1868. 

5. O'Neill, Illustrations of the most inteiesting of the sculptured crosses of Ireland. 
Londres, 1857: Cumming, Illustrations of the crosses of the isle of Man, etc. 

6. Die vaterl<endischcn Alterthiimer der fiirstlich Hohenzollerischen Sammlungen zu Sig- 
maringen. Mayence, 1860, p. 65 et ni. 

7. Geschichte der bildenden Kiinste, t. III, p. 587. Dusseldorf, 1869. M. Unger, dans 
son anide sur la miniature irlandaise {Revue celtique, t. I, p. 13, 1$, etc.), s'est pro- 
noncé pour un système mixte. 



L'oriiiine de r entrelacs. 24s 

empruntées au règne animal, dans un ensemble de décoration qui chez les 
Romains ne sortait pas du domaine de la géométrie. On leur doit égale- 
ment l'emploi, en quelque sorte systématique, de deux motifs, inconnus 
aux peintres en mosaïque : les zigzags et les spirales. 

On aurait pu croire que le christianisme mettrait fm à un engoue- 
ment aussi inexplicable, mais il n'en a rien été. L'entrelacs continue à 
régner pendant toute la première partie du moyen âge. Ce qui achève de 
montrer combien est grande la parenté des lithostrotes de cette époque 
avec ceux de l'antiquité païenne, et combien la distinction des 
genres était tranchée, c'est que l'ornement en question ne se montre 
jamais que dans les mosaïques recouvrant le sol ; je n'en ai pas rencontré 
un seul exemple dans les mosaïques qui ornent la nef ou l'abside des 
basiliques italiennes des neuf ou dix premiers siècles. 

L'entrelacs entre pour une part considérable dans la composition de 
deux des plus anciens pavements chrétiens qui soient parvenus jusqu'à 
nous: celui de la catacombe de Sainte-Hélène, découvert en 1858', et 
celui du dôme de Santa Maria di Capua-; il en forme la note dominante 
et y remplit plusieurs compartiments. On en remarque aussi la présence 
dans les pavés-mosaiques de Casale, de Crémone et de Vérone, de 
Pesaro, de l'église Saint-Jean-1'Évangéliste de Ravenne, de la basilique 
Saint-Laurent-hors-les-Murs à Rome, etc., etc. Il semble en outre figu- 
rer dans ceux de la cathédrale de Novare et de l'église Sainte-Marie de 
Verceil 5 . 

En France, il s'offre à nous dans les incrustations de Saint-Bertin à 
Saint-Omer, de Saint-Irénée à Lyon, de la cathédrale de Sordes dans 
les Landes, etc.. etc. En Afrique on le rencontre à Orléansville^, à Cons- 
tantine< et à Djemilah; dans l'Orient enfin, les mosaïques de la Casa 
Nuova de Jérusalem, de l'église Sainte-Croix près de la même ville, et 
de Sour, achèvent de nous montrer quelle unité la civilisation romaine 
avait imposée, dans les contrées les plus lointaines, aux moindres pro- 
ductions de l'art. 

Eug. MÙNTZ. 

1. Perret, Catacombes, t. II, pi. LXIII, LXIV. 

2. Salazaro, Studi sut monumenti délia Italia méridionale. Naples, 1871 et seq. pp. 46, 
48. 

3. Annales archéologiques, t. XV, pp. 225 et 227. 

4. Revue archéologique, 1847, t. IV, pp. 661 et suiv. 

5. Annuaire de la Société archéologique de la province de Constantine, 1862, pi. XI et 
P- 55. 



246 Tableaux exposés dans les églises bretonnes. 

TABLEAUX EXPOSÉS DANS LES ÉGLISES BRETONNES. 

Parmi les ouvrages bretons restés inédits, et pour ainsi dire inconnus 
des bibliographes, malgré les copies assez nombreuses qui en existent, il 
en est un qui, par son étrangeté aussi bien que par le caractère de 
rudesse dont il est empreint, me semble digne d'une mention particulière. 
Cet ouvrage est un recueil de sermons intitulé Inslructionou dresset var 
daulennou ar retret (Instructions composées sur les tableaux de la retraite). 

Les tableaux désignés sous cette rubrique sont de grossières estampes, 
au nombre de douze, de 40 à ^o centimètres de hauteur sur 50 à 35 de 
largeur, qui remontent au xvii'" siècle, et dont de curieux spécimens sont 
encore exposés de nos jours dans plusieurs chapelles et églises de Bre- 
tagne, pendant les retraites et les missions. D'où viennent ces planches 
aux tailles naïves et farouches? Sont-elles sorties des ateliers d'imagerie 
populaire de Troyes ou de Chartres, d'Orléans ou de Nantes, ou sim- 
plement de l'arrière-boutique de quelque obscur dominoiier de Quimper ? 
Je ne puis, aujourd'hui, que signaler cet intéressant problème aux icono- 
philes. Le seul point vraiment hors de discussion, c'est que Michel le 
Nobletz, le célèbre missionnaire breton, auquel on attribue générale- 
ment, mais sans preuves suffisantes, leur composition, est le premier qui 
en a vulgarisé l'usage ' . 

Comme les exhibiteurs forains de bêtes sauvages, les prédicateurs se 
servent de longues baguettes pour expliquer les figures multiples de ces 
images. « Dans la plupart d'entre elles, dit le sermonnaire cité plus 
haut, et dont j'ai eu la bonne fortune de rencontrer un exemplaire, on ne 
voit que la tête et le cœur, parce que de ces deux parties sortent le 
bien et le mal : dans la tête se forment les pensées, et dans le cœur se 
conçoivent les désirs. De plus, le visage et le cœur nous montrent l'homme 
en son entier, le visage représentant l'extérieur, et le cœur l'intérieur. » 

Le manuscrit que je possède appartient à la première moitié du siècle 

I. D'après la tradition, Michel Le Nobletz aurait légué, en mourant, les tableaux 
énigmatiques dont on le dit l'inventeur au P. Maunoir, son disciple, qui les perfectionna. 
Us auraient été également retouchés et complétés par deux autres missionnaires du même 
temps, le P. Huby, jésuite, et M. Le Gall de Kerdu, recteur de Serve!. 

Q^uoi qu'il en soit, ce dernier a publié à Rome, avec un texte italien, une série d'images 
de piété qui appartiennent à la même source d'inspirations. Ce petit volume a été traduit 
en français, en 1670, sous le titre de l'Oratoire du cœur, ou Méthode très-facile pour ensei- 
gner à toutes sortes de personnes à faire l'oraison avec J.-C. dans le fond du cœur, repré- 
sentée en huit figures en taille-douce. Une seconde édition parut en 1676, du vivant de 
l'auteur. Mgr de Quélen, archevêque de Paris, fit faire en 1838 une réimpression de ce 
livre qui eut alors pour éditeur le P. Loriquet. Il en a été donné, en 1844, une édition 
nouvelle, mais avec des gravures si singulièrement embellies qu'elles ne rappellent en 
rien la naïveté et le caractère symbolique des anciennes. 



Tableaux exposés dans les églises bretonnes. 247 

dernier. Il renferme, en 61 pages d'une écriture fine et serrée, dix ins- 
tructions concernant les dix premiers tableaux seulement, soit que le 
sujet des deux autres, rentrant dans les matières communément traitées, 
ne comportât pas d'explications spéciales, soit qu'il manque quelques 
feuillets à mon recueil, ce que rien pourtant ne semble indiquer. Ces 
instructions, écrites dans une langue relativement pure, et bien supé- 
rieure à celle des écrivains religieux du xvir- et du xviii" siècle, Le Bris 
peut-être excepté, sont précédées d'un avant-propos de deux pages sur 
les tableaux en général, ou plutôt sur les signes sensibles dont Dieu s'est 
servi de tout temps pour nous enseigner la vérité. 

On chercherait en vain dans la littérature bretonne le pendant de ce 
singulier ouvrage qui a près du clergé des campagnes toute l'autorité 
d'un classique. Le cantique de l'Enfer lui-même, si sombre, si poignant, 
si terrible, ne peut en donner qu'une imparfaite idée. C'est la même 
vigueur de plans, le même faire barbare, mais avec plus d'exagération 
et de raffinement dans l'horrible, Comme une analyse m'entraînerait trop 
loin, je me bornerai à donner brièvement, d'après mon manuscrit, les 
titres des tableaux avec quelques-uns des détails qui m'ont semblé les 
plus caractéristiques. 

i" L'état de péché. — L'image représente le cœur d'un pécheur, et 
aussi probablement la tête, puisque l'auteur ajoute plus loin qu'elle est 
frisée et poudrée. Au milieu de ce cœur on voit le diable entouré de sept 
animaux symboliques figurant les sept péchés capitaux, savoir : un paon 
(l'orgueil! , — un crapaud (l'avarice), — un serpent (l'envie), — un 
bouc lia luxure , — un porc (la gourmandise), — un lion (la colère), 
— et une tortue (la paresse). 

2^ La mort du pécheur. — Couché sur un lit où il ne peut faire le plus 
léger mouvement, un homme aux cheveux hérissés s'efforce inutilement 
de détacher son regard de l'horrible vision de la Mort qui plane au- 
dessus de lui, et accourt un poignard à la main pour lui percer le cœur. 

3e L'enfer. — Le pécheur, étroitement garrotté, est étendu sur un 
gril, feu dessus, feu dessous, et tourmenté par une bande de démons, 
toujours en quête de nouvelles tortures. Déjà ses yeux sont éteints, con- 
sumés, fondus, et, pendant que des serpents enroulés autour de sa tête 
la percent et lui dévorent la cervelle, un crapaud s'attache à sa bouche 
et la remplit de sa bave immonde. 

4= Le cœur dans l'épouvante. — Un homme tient d'une main une tête 
de mort, et de l'autre une épée. La première lui représente sa misérable 
destinée ; la seconde n'est autre que l'effroi 'qui, comme un fer aigu, 
lui traverse la poitrine. A la contraction de ses traits on comprend qu'il 



248 Ld place lia verbe dans les langues celticjues. 

songe à l'horreur de sa situation, ainsi qu'aux châtiments qui l'attendent 
s'il ne change pas de vie. La grâce qui le touche peu à peu est figurée 
par les flammes qui commencent à pénétrer son cœur, tandis que les 
péchés s'en éloignent et que Satan lui-même bat en retraite, mais avec 
rage et en grinçant des dents. 

Ç La contrition. — Le pécheur se repent; des larmes baignent son 
visage, et son ange gardien lui présente deux objets, un crucifix et le 
livre de sa conscience, pendant qu'une étoile lumineuse semble lui 
indiquer le bon chemin. 

6'' Les œuvres de pénitence. — Au milieu d'un cœur, un crucifix, un 
chapelet, un livre d'heures, une chapelle, un pain, un pot d'eau, une 
ceinture de fer, une haire, une discipline, une bourse, et l'ange gardien 
montrant au pécheur la palme de la victoire qu'il tient à la main. 

y*" L'état de grâce. 

8= L'âme tiède. 

(f La rechute dans le péché. 
lo*-' La persévérance. L. F. Sauvé. 



LA PLACE DU VERBE DANS LES LANGUES CELTIQUES. 

M. Bergaigne, dans son savant Essai sur la construction grammaticale, 
répète, d'après Zeuss, que la construction régulière, dans les langues 
celtiques, consiste à mettre le verbe au commencement des propositions, 
en le faisant suivre par le sujet. Suivant lui ce mode de construction est 
de date récente dans les langues indo-européennes, et si les langues 
celtiques nous l'offrent de préférence, cela tient à la date récente des 
monuments de ces langues que nous possédons. 

L'étude des inscriptions gauloises confirme cette manière de voir : les 
formes verbales ieuru (fecit), carnidu icongessit', ne sont nulle part pla- 
cées au commencement de la proposition. 

Le verbe est placé après le sujet et avant le complément dans les 
inscriptions suivantes que nous citons quoiqu'elles soient bien connues 
des celtistes : 

I 

CErOMAUOC OriAAONEOC TOOTTlOïC NAMAïCATIC EUiPOT 
BIIAHCAMI COCIN NEMHTON. 

2 

MARTIALIS DANNOTALI^ lEVRV VCVETE SOSIN CELICNON. 

3 
DOIROS SEGOMARl lEVRV ALISANV. 



Nouvelles légendes de monnaies gauloises. 249 

4 

LICNOS CONTEXTOS lEVRV ANVALONNACV CANECOSEDLON. 
ICCAVOS OPPIANICNOS lEVRV BRIGINDONI CANTALON. 

Le verbe est placé à la fin de la proposition dans deux inscriptions. 
Dans l'une le complément fait défaut : 

ANDECAMVLOS TOVTISSICNOS lEVRV. 

Dans l'autre la proposition commence par le complément qui est suivi 
du sujet : 

RATIN BRIVATIOM FRONTV TARBEISONIOS lEVRV. 

Enfin dans une inscription nous trouvons deux fois la proposition 
terminée par le sujet, et le verbe intercalé au milieu du complément. 

I 

ATEKNATI TRVTIKNI KARNITV LOKAN KOISIS TRVTIKNOS. 

2 
ATEKNATI TRVTIKN! KaRNITV ARTVAS KOISIS TRVTIKNOS. 

C'est-à-dire : 

Ategnati Druticni congessit monumentum Cœsis Druticnos. 

Ainsi dans les inscriptions gauloises il n'y a pas d'exemple d'un verbe 
placé au commencement de la proposition. La loi qui dans les langues 
néo-celtiques donne ordinairement cette place au verbe, doit donc être 
considérée comme moderne. 

H. D'A. DE J. 



NOUVELLES LÉGENDES DE MONNAIES GAULOISES. 

Une découverte très-importante de monnaies gauloises, faite à Jersey, 
permet de faire une rectification à une légende que j'ai signalée il y a 
six ans dans ma première liste. Au lieu de GAIV. IVLI. ...OMAPATIS, 
il faut lire GAIV. IVLIV AGEDOMAR... 

Quelques noms nouveaux ont été aussi révélés par cette découverte : 
ESVIOS (Br. etar.) 
ODCOBRIL — SIIGIIDI (Ar.) 
BOIKOS (Ar.) 
CICVTANOS (Br.) 
PENNILE — RVPIL lAr.) 
LANTOS — SVRATO (Ar.) 

A. DE B. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Etude de géographie celtique suivie d'une esquisse de théogonie 
celto-hellénique, par M. A. Guyot-Jomard. (Extrait du Bulletin de 
la Société polymathlcjuc du Morbihan). Vannes, Galles, 1876, 37-viii p. 
in-8°. 

Le devoir d'une revue spéciale, comme la nôtre, est d'apprécier les 
ouvrages qui se publient dans son domaine pour que le public ne soit 
pas trompé par des titres souvent pleins de promesses. A cet égard nous 
ne pouvons recommander à nos lecteurs la brochure de M. G.-J. que 
s'ils veulent se divertir. Il faut remonter au temps de Lebrigant pour 
trouver des étymologies aussi dénuées de méthode et de critique, — 
avec un style prétentieux et des citations pédantes en plus. Qu'on en juge 
par le passage suivant (p. 7) : 

« ... Là s'élève à plus de 4,000 mètres le mont Ararat où s'arrêta 
« l'arche de Noë. En celtique Ar-er-rha signifie littéralement sur le 
« sommet, sur la grée, et Noë, analogue au grec Néoç, correspond égale- 
« ment au celtique Neuc et signifie l'homme nouveau. 

« Les rires d'incrédulité qui ont toujours accueilli ces interprétations 
« ne les ont pas détruites et ne les détruiront pas. Les rieurs y seront 
« pour leurs frais : Telum imbelle, sine ictu... 

... Si quid novisti rectius istis, 
Candidus imperti; si non, his utere mecum. 

« Rieurs, si vous connaissez quelque chose de mieux, dites-le nous 
« franchement: sinon acceptez nos explications ; ou bien nous inviterons 
« nos amis à venir vous voir rire : Spectatum admissi risum teneatis. 
« amici ? et chacun de nous dira avec le poète exilé : 
Barbarus hic ego sum quia non intelUgor illis! « 

Vraiment, Monsieur G.-J., vous n'avez pas le droit de vous appro- 
prier le vers d'Ovide. Vous êtes si peu un barbare à Vannes, qu'on a 
écouté votre mémoire et qu'on l'a imprimé tout au long dans le bulletin 
de la Société savante de l'endroit. — sancta simplicitas! 

H. G. 



Bibliographie. 2 s 1 

Archéologie celtique et gauloise. Mémoires et documents relatifs 
aux premiers temps de l'histoire nationale, par Alexandre Bertrand. 
Paris, Didier, 1876. In-8", xxx-464 p. avec 10 pi. et des figures 
nombreuses dans le texte. — Prix : 9 fr. 

La Revue Celtique a jusqu'ici parlé beaucoup de linguistique, peu 
d'archéologie. C'est donc un devoir pour elle de signaler à l'attention de 
ses lecteurs un livre dû à la plume d'un des archéologues les plus 
compétents et les plus laborieux de notre temps, et dans lequel ce savant 
a réuni les principaux mémoires composés par lui depuis une quinzaine 
d'années sur la plus ancienne histoire de notre pays et de toute l'Europe 
du Nord-Ouest. Ce livre est une mine de renseignements précieux et on 
y trouve résumé le résultat des fouilles les plus récentes, faites dans les 
cavernes, les lacs et les sépultures d'où l'on tire depuis quelques années 
tant de curieux monuments des civilisations qui ont chez nous précédé la 
civilisation des Romains. 

Le savant archéologue, qui a organisé avec tant de méthode et d'une 
façon si instructive le musée de Saint-Germain, et qui sait en faire les 
honneurs avec tant de courtoisie, ne s'est pas contenté de réunir dans le 
volume dont nous rendons compte le vaste ensemble d'observations au 
vif intérêt duquel nous rendons hommage. lia voulu établir parmi ces 
observations une sorte de classement ethnographique, et malheureuse- 
ment, quand il a entrepris ce travail il a été surtout préoccupé par le 
désir de faire concorder le résultat de ses recherches archéologiques avec 
le système d'Amédée Thierry, qui est encore aujourd'hui, en France, la 
base de l'enseignement dans les établissements d'instruction publique. Il 
n'a pas songé à s'enquérir des conclusions auxquelles une étude plus 
approfondie des textes a conduit les celtistes depuis l'année 1828, date 
de VHistoire des Gaulois. Suivant Amédée Thierry, les Galls, peuple de 
race celtique, arrivent en Gaule vers l'an 1600 ou 1500 avant notre 
ère; une autre invasion, faite par un peuple différent quoique de même 
race, l'invasion des Kimris,alieu de 631 à 587. Le système de M. Ber- 
trand est à peu près le même, si ce n'est que les Galls d'Amédée Thierry 
sont pour lui des Celtes, et les Kimris des Calâtes ou Gaulois : suivant lui 
il y a une période ce/r/^uc qui, de l'an 1200 ou de l'an 1000 environ avant 
notre ère, va jusqu'à l'an 600 ou $00 ; puis vient une période galaiicjue 
ou gauloise, de l'an 600 ou 500 à l'an 250 environ. De l'an 1200 ou 
1000 à l'an 600 ou 500, les Celtes habitaient notamment i'^ la Suisse, 
2" la région méridionale de la France connue sous le nom de Narbon- 
naise pendant la domination romaine, 5" l'Italie du Nord. Les Calâtes 



2 5 2 Bibliographie. 

arrivés plus tard, c'est-à-dire vers l'an 6oo ou 500, ont conquis la 

Gaule entière sauf l'Aquitaine. 

Tel est le système que M. Al. Bertrand a imaginé et ill'a exposé pour 
la première fois devant l'Académie des inscriptions en avril 1875. C'est 
Amédée Thierry qui le lui a inspiré, comme on peut le voir aux pages 385 
et ^86 du livre dont nous rendons compte. Puis, une fois ce système 
trouvé, M. A. B. en a cherché la justification dans les textes, et, malgré 
les résultats diamétralement opposés que les textes fournissent, M. A. B. 
a cru trouver dans les textes la justification de ce système. 

Suivant M. Bertrand, il a existé de l'an 1200 ou de l'an 1000 à l'an 
600 ou à l'an 500, une civilisation spéciale, et cette civilisation apparte- 
nait à un peuple qui occupait notamment la Suisse, les côtes françaises 
de la Méditerranée et l'Italie du Nord. Quel nom donner à cette civilisa- 
tion .^ Il faut l'appeler cf/Z/^ue, dit M. Bertrand au mois d'avril 1875. 
Mais quelques mois plus tard il a lui-même recueilli les textes les plus 
anciens relatifs aux Celtes, or aucun de ces textes n'appartient chrono- 
logiquement à cette période antique. Tous appartiennent à la période 
suivante qui suivant lui n'est plus celtique, mais estgalatique ou gauloise 
et, des textes relatifs aux Celtes, les premiers par ordre de date ne nous 
montrent les Celtes ni en Suisse, ni en Italie, ni sur les rivages français 
de la Méditerranée. Hécatée, vers l'an 500, parlant de NOcar, ville 
celtique, semble mentionner le Norique et Noréia, en Styrie. Hérodote, 
au milieu du v^ siècle, nous montre les Celtes à la source du Danube et 
sur les côtes occidentales de l'Espagne. 

Pourquoi M. Bertrand met-il des Celtes dans l'Italie du Nord de l'an 
1200 ou 1000 à l'an 600 ou 500 avant notre ère ^ Parce que le Périple 
dit de Scylax, dont la rédaction actuelle date de la fin du règne de 
Philippe II, roi de Macédoine, ou du commencement de celui d'Alexan- 
dre le Grand ', c'est-à-dire de la seconde moitié du iv'' siècle, parce que 
le Périple dit de Scylax, document postérieur à la prise de Rome par 
les Gaulois, 590, parle de Celtes établis sur les bords de l'Adriatique. 
Notons qu'il résulte du même Périple de Scylax, qu'à la date de la 
rédaction que nous en possédons, seconde moitié du iv>' siècle, les Celtes 
n'avaient pas encore atteint les bords français de la Méditerranée où 
suivant le système de M. Bertrand ils devaient être arrivés 1200 ans ou 
1 000 ans avant notre ère ! 

Quelle preuve M. Bertrand a-t-il que la civilisation nouvelle qui fait 
son apparition vers l'an 600 ou 500 est celle des Galates et non des 

'• ?38-}}5 av. J.-C, suivant M. C. MûUer, Geographi graeci minores, t. I, p. 44. 



Bibliographie. 255 

Celtes ? Cette preuve la voici : à l'époque de l'invasion celtique où fut 
pillé le temple de Delphes, 279 ans avant J.-C, le nom de Calâtes ', 
jusque là inconnu des Grecs, devient de mode chez eux pour désigner 
la race celtique. Le plus ancien historien grec qui parle des Calâtes est 
Timée, qui paraît avoir terminé son oeuvre en 264. Les plus anciens 
documents, je crois, où ce nom de Calate paraisse, sont deux courtes 
pièces de vers sur la mort de l'Athénien Cydias en 279 et sur celle des 
jeunes filles massacrées par les Caulois lors de leur invasion en Asie- 
Mineure, 278 ans avant notre ère ^. 

A partir de cette date, le nom de Calate tend à prendre dans les écrits 
des Crées la place que jusque là le nom de Celte y occupait exclusive- 
ment. De ce changement d'usage opéré vers 279 que conclut M. Ber- 
trand .'' Il conclut que vers l'an 600 ou 500 avant notre ère, les Calâtes 
ont fait la conquête de la Caule. 

Il y a eu un temps où le peuple que nous appelons allemand s'appelait 
(c thiois », en français : 

Mais puis fu reconquise par Frans et par Thiois. 

Le mot « thiois » servait aussi à désigner la langue de ce peuple : 

Quant Grieu sot, pour savoir thiois... 

Thiois est passé de m.ode, nous disons aujourd'hui allemand. Au siècle 
dernier un mot nouveau : tudesque, a fait son apparition. 

Quelle conséquence tirer de là .'' Le mot « thiois », forme française de 
l'allemand deutsche, encore aujourd'hui nom national de la race germa- 
nique, est tombé en désuétude : se suit-il de là qu'il y ait eu de l'autre 
côté du Rhin quelque grande révolution ethnographique ^ De ce que le 
mot tudesque se montre pour la première fois chez les écrivains fran- 
çais au XVII 1"^ siècle, faut-il conclure qu'une race nouvelle, désignée par 
le nom de tudesque, et distincte des Allemands et des Thiois, avait fait 
son apparition en Allemagne quelques siècles plus tôt ? Suivant M. Littré, 
on ne trouve dans la littérature française, avant Beaumarchais, aucun 
exemple du nom populaire de Coddam pour désigner les Anglais. Ce nom 
de Coddam est-il le signe d'une révolution qui quelques siècles avant 
Beaumarchais aura substitué dans les îles Britanniques la puissance des 
Coddam à celle des Anglais ? 

Je ne discuterai pas les textes de Polybe que M. Bertrand allègue pour 



1. Galate paraît être un mot gaulois, signifiant « guerrier »; son histoire en grec peut 
être comparée à l'histoire en français du mot lansquenet, qui est comme on sait d'origine 
allemande. 

2. Pausanias. X, 21, 5, édition Didot, p. 520; Anthologie grecque, ch. Vil, épigr. 
492, édition Didot, t. 1, p. 568, 479. 



2 54 Bibliographie. 

prouver que les Celtes et les Galates sont deux peuples différents. Sui- 
vant moi le contraire résulte péremptoirement des passages mêmes que 
cite M. Bertrand et je fais appel à tous ceux qui voudront prendre la 
peine de lire l'auteur grec dans le texte original pour vérifier mon asser- 
tion. Je me bornerai en terminant par protester contre l'abus que le 
savant archéologue veut faire du mot hyperboréen. 

Suivant Pindare, Hercule est allé prendre un plant d'olivier sur les 
rives de l'Ister, dans le pays des Hyperboréens'. M. Bertrand cite ce 
texte, et, comme conclusion, il nous propose de désigner sous le nom 
de contrées hyperboréennes, quoi^.. le Danemark et la Scandinavie. Le 
Danemark patrie de l'olivier ! L'Ister en Scandinavie ^ ! 

M. Bertrand est un archéologue éminent : il a peu l'habitude de 
discuter des textes. Je le supplie d'éviter à l'avenir d'étudier les textes 
avec des doctrines préconçues aussi arrêtées. Je le supplie de se défier 
d'Amédée Thierry ; et je regrette que, par l'adoption d'un système arbi- 
traire et trop rapidement construit, il ait mêlé quelques doctrines erro- 
nées aux enseignements précieux que contient un livre si intéressant à 
tant d'égards et si digne d'être lu. Mais il faut bien que les auteurs don- 
nent prise à la critique. Autrement quel serait l'intérêt des comptes- 
rendus .'' 

H. d'Arbois de Jubainville. 



P.-L. Lemière. Examen critique des expéditions gauloises en 
Italie..., suivi de recherches sur l'origine de la famille gauloise et 
sur les peuples qui la composaient. Saint-Brieuc, 1875, in-S", 68 p. 
— Etude sur les Celtes et les Gaulois, essai de classification des 
peuples anciens appartenant à chacune de ces deux races. Saint- 
Brieuc, 1874, in-8''. — 2'^ étude sur les Celtes et Gaulois. Les 
Celtes, i^' fascicule. Saint-Brieuc (Paris, Maisonneuve), 1876, in-8°, 
$7 pages. 

Je ne puis parler des mémoires érudits de M. Lemière sans une péni- 
ble émotion. Rien n'est plus digne de sympathie que le travail solitaire 
et désintéressé d'un homme qui, dominé par l'amour de la science, bra- 
vant les préjugés anti-littéraires de ses paresseux compatriotes, se livre à 

1. Pindare confond l'Ister (Danube), qui arrosait le pays des Hyperboréens avec l'Ister, 
petite rivière du bassin de l'Adriatique, d'où venaient les premiers oliviers plantés en 
Grèce. Voir Strabon, 1. VII, c. s, §9, éd. Didot, p. 263; Diodore de Sicile, 1. IV, c. 56, 
§ 7 et 8, éd. Didot, t. I, p. 230, et divers auteurs plus anciens, parmi lesquels Aristote. 
Cf. Hehn, Kultur Pflanzen, 2'-' éd., pp. loo-ioi. 

2. P. 211. Aux pages 262-26?, M. B. semble prendre l'Ister pour le Rhône. A la 
note ]" de la page 211, il fait dire à Hérodote au sujet des Hyperboréens précisément le 
contraire de ce qu'a écrit le célèbre historien grec. 



BibUooraphie. 25^ 

l'étude, dans la bibliothèque incomplète, arriérée et déserte d'une petite 
ville de province. Voyageur sans guide dans un monde inconnu, il s'égare ; 
et, après de longs efforts, il ne récolte que l'illusion. Il croit avoir fait 
une découverte, il s'est simplement fourvoyé : et par une sorte de fata- 
lité redoutable, la science provinciale française, aussi cruelle que le 
sphinx de la fable, s'est immolé une victime de plus. 

Un des fondements du système de M. L. est l'assertion que les Celtes 
et les Gaulois sont deux races différentes. 

Malheureusement quand il s'agit de démontrer cette thèse il établit 
seulement l'insuffisance des procédés de sa critique. Par exemple un des 
textes qu'il cite est un fragment de Diodore de Sicile relatif à une 
guerre des Gaulois contre les Romains 22$ ans avant J.-C. (1. xxv, c. 1 3, 
édition Didot, t. II, p. 459). On y lit K:a-:o\ ;xE-:à TxXaTwv et TaXaTtov 
y.a'i KeXtwv : k les Celtes avec les Calâtes », « les Calâtes et les Celtes. » 
Diodore de Sicile écrivait dans la seconde moitié du premier siècle avant 
notre ère, c'est-à-dire environ 180 ans après l'événement, mais, supposé 
que le fragment en question reproduise fidèlement le texte de Diodore 
et n'ait pas été altéré par un abréviateur inintelligent, ce fragment perd 
toute valeur en présence du texte plus ancien où Diodore a puisé les 
renseignements qu'il nous donne : ce texte plus ancien existe, c'est celui 
de Polybe (II, c. 22-31, r' édition de Didot, p. 83-90). Les deux chefs 
Concolitanos et Aneroestos (lisez Nervestos?) sont rois des Calâtes au 
commencement du récit de Polybe (p. 83, 1. 28-51) : ils sont rois des 
Celtes à la fin (p. 90, 1. 5-8) '. Celtes et Calâtes étaient donc synonymes 
dans le récit primitif : Diodore de Sicile ou son abréviateur a pris ces 
deux synonymes pour les noms de deux peuples différents : c'est une 
erreur évidente et les conséquences que M. L. tire de ce fragment de 
Diodore sont erronées comme le document sur lequel elles se fondent. 

Un autre argument de M. Lemière est que Polybe, chez qui Celtes et 
Gaulois sont synonymes lorsqu'il parle des régions occidentales de 
l'Europe, ne se sert jamais que du mot de Calâtes lorsque les événe- 
ments ont pour théâtre la Grèce, laThrace et l'Asie. Quand on lit ce rai- 
sonnement il semblerait que Polybe soit le seul auteur où l'on puisse étu- 
dier les guerres des Gaulois à l'Orient. Mais il y a d'autres sources. Nous 
citerons d'abord Pausanias qui raconte avec tant de détails les événe- 
ments dont la prise de Delphes en 279 a été précédée et suivie : il com- 
mence ce récit au chap. 20, ^ 5 du livre X et termine au chap. 23 



I. Voirie récit de cette guerre chez Mommsen, Roemische Geschichte, 6" édit., t. I, 
P- 55Î-556. 



2^6 Bibliographie. 

(p. 516 à 525 de l'édition de Didot;; les Galates envahisseurs sont 
appelés KiK-.ci deux fois dans la première page, une fois dans la seconde, 
une fois dans la troisième, etc. Mais, me dira-t-on, Pausanias est posté- 
rieur à l'ère chrétienne. Veut-on des textes plus anciens que Polybe ? 
En voici : 

Il y en a un que je suis honteux de citer : rien ne devrait être plus 
connu, puisqu'il a été reproduit dans une des notes de l'histoire des 
Gaulois d'Amédée Thierry : c'est l'épitaphe de trois jeunes filles de 
Milet qui périrent victimes de Pinvasion gauloise de 278 : « Nous sommes 
mortes, ô Milet, chère patrie, en repoussant l'illégitime outrage des 
Galates sans lois ' . Toutes trois vierges et citoyennes nous avons été 
réduites à ce destin par le violent Arcs des Celtes^ » [Anthologia Graeca, 
1. VII, 492, éd. Didot, t. 1, p. 368). L'Arès des Celtes ou l'Arès celte 
semble avoir été une formule reçue en Grèce au m' siècle. Elle sert à 
désigner les Gaulois spoliateurs du temple de Delphes, elle est employée 
comme synonyme de Galate dans l'hymne de Callimaque in Delum écrit 
vers l'an 250 avant J.-C. : « Il viendra pour nous » — c'est Apollon 
qui parle — « une grande guerre à soutenir en commun ; quand enfin 
« les derniers nés des Titans dresseront contre les Hellènes leur glaive 
« barbare et VArès celte. Alors de l'extrême Occident se précipiteront 
« contre nous des soldats comparables à des flocons de neige ou aux 
« étoiles, lorsque, pareilles à d'immenses troupeaux de bœufs, elles se 
« montrent le plus nombreuses sur la voûte du ciel. Les forteresses et 

« la plaine de Crissée, les villes (?) du continent 

« retentissent à l'entour du bruit des armes et l'on n'aperçoit encore 
« dans le voisinage que de riches moissons éclairées par les rayons enflara- 
« mes du soleil (?). Mais bientôt on voit près du temple briller les pha- 
« langes ennemies. Près de mes trépieds on distingue les épées, lescein- 
« turons impudents, les boucliers hostiles qui marquent la route perverse 
« suivie par les Galates, ce peuple insensé '. » 

Il est donc faux que les Galates d'Orient et les Celtes soient deux 
peuples différents. Pausanias en employant les mots Galate et Celte 

1. 'A6c(i£i7Twv Cette épithète est celle des Cyclopes dans l'Odyssée, IX, 106. Les 
Grecs alors comparaient les Gaulois aux Cyclopes dont quelques auteurs les disaient issus 
(Timée, fr. 37, dans les Fragm. hist. Graec, 1, 200; Pausanias, 1. X,c. 22, § 7, édition 
Didot, p. S2i; Appien, Illyrica., 2, édition Didot, p. 271). 

2. Anyte de Milet, auteur de cette épitaphe, paraît avoir vécu à l'époque oii cet événe- 
ment eut lieu. Bernhardy, Grundriss der griechischen Litteratur, 4' édition, i""' partie, 
P- 759; V édition, 2' partie, 2' section, p. 729. 

3. Otto Schneider, Callimachea, t. 1, p. 40-41, vers 171 et suivants. Cette pièce, où 
se trouvent aujourd'hui quelques lacunes arbitrairement comblées par les anciens éditeurs, 
a été composée en l'honneur de Ptolémée II Philadelphe. roi d'Egypte de 283 à 247. 
Bernhardy, Grundriss der griechischen Litteratur, 3-^^ édition, 2^ partie, 2'' section, p. 729. 



Bibliographie. 257 

comme synonymes a pour lui des textes antérieurs d'un siècle à Polybe 
et dont les auteurs étaient contemporains de la prise de Delphes et de 
l'établissement des Gaulois en Asie Mineure. 

Mais M . Lemière ne se contente pas de faire des Celtes et des Gau- 
lois ou Galates deux peuples différents : suivant lui tous les Germains 
sont des Gaulois. Se fondant sur un passage, mal compris, de Tacite : 
Gothinos gallica, Osos pannonica lingua coarguit non esse Germanos (fier- 
mania, 4^), il considère comme démontré que les Goths sont Gaulois : 
en sorte que les débris de la bible de Vulfila, ou comme on dit d'Ulfilas, 
sont un des monuments de la langue des Gaulois ! On conçoit que je 
m'abstienne de discuter une pareille thèse; je me borne de même à 
signaler la doctrine qui nous donne les Scythes pour Gaulois. 

Dans son dernier mémoire, M. Lemière soutient que les termes 
ethnographiques celte et ligure sont synonymes. On ne peut que regretter 
vivement de voir un homme réellement instruit dépenser tant de travail 
pour jeter la confusion dans les notions ethnographiques les plus claires 
et les plus justement incontestées. Une seule partie des brochures de 
M. Lemière pourra être utile : ce sont les notes. C'est dans un ordre 
plus ou moins heureux une sorte de table de textes relatifs au sujet. De 
ces textes le savant écrivain n'a trop souvent ni compris le sens ni su 
apprécier l'autorité. Mais les renvois aux chapitres et aux pages sont 
exacts et pourront rendre service aux érudits qui voudront étudier de 
nouveau les questions agitées par le consciencieux auteur de ces disser- 
tations si travaillées et si peu logiques. 

H. D'ArBOIS de JUBAINVILLE. 



Géographie historique et administrative de la Gaule romaine, 

par Em. Desjardins (de l'Institut). Tome 1<^'. — introduction et 
géographie physique et comparée^ époque romaine^ époque actuelle., — 
contenant 1 5 cartes en couleur et une eau-forte tirées à part, et 
23 figures intercalées dans le texte (47^ pages grand in-8"). — Paris, 
librairie Hachette et C*-', 1876. — Prix : 20 fr. 

L'énonciation seule de ce titre donne une idée de l'importance de la 
publication de M. D. Le moment n'est pas venu de prononcer sur son 
compte un jugement définitif, puisque, sur les quatre tomes dont elle se 
composera, le premier seul est édité; mais sans attendre l'apparition des 
tomes subséquents, il nous sera du moins permis de dire que l'on doit 
savoir gré à l'auteur d'avoir mis entre les mains des hommes d'étude la 
partie disponible de son œuvre. Elle s'adresse non-seulement aux érudits 
en quête de nouveaux instruments de travail, mais encore à ce public 
Rey. ait. m 1 8 



2^8 » Bibliographie. 

éclairé, heureusement plus nombreux qu'on le croit, qui a une prédilec- 
tion marquée pour les diverses branches d'études de nos antiquités natio- 
nales, pourvu qu'on lui présente la science toute faite. 

Dès l'abord, M. D. nous avertit que les documents dont il a fait usage 
sont de sept sortes : i' les textes classiques des géographes et ceux des 
historiens, poètes, orateurs et autres écrivains anciens; 2° les textes 
législatifs, code Théodosien, rescrits impériaux, lois barbares, capitula- 
tions, canons et conciles, actes et vies des saints, etc. ; 3° les monu- 
ments épigraphiques; 4" les médailles; 5" les vestiges subsistants sur le 
sol, ou conservés dans les collections publiques et privées, ou décrits 
dans les livres; 6° les diplômes ou chartes du moyen-âge; 7° les travaux 
des géographes modernes sur l'ancienne Gaule et les publications d'en- 
semble ou détachées, faites séparément ou insérées dans les mémoires 
des sociétés savantes, dans les revues ou autres recueils périodiques, 
journaux, etc., et qui regardent également la Gaule; en un mot, tout ce 
qui a paru tant en France qu'à l'étranger, tant à Paris que dans les 
départements. 

Parmi les sources, notons les portulans du moyen âge, genre de docu- 
ments dont nous croyons qu'il est fait usage pour la première fois dans 
une étude de géographie historique. 

Nous trouvons ensuite l'indication détaillée de ces différentes sources, 
sans compter les citations et les extraits, ou les simples renvois, dissé- 
minés dans d'innombrables notes et formant un véritable Corpus biblio- 
graphique qui épargnera bien des tâtonnements à ceux qui voudront 
reprendre les investigations sur telle ou telle question, au point où elles 
ont été amenées dans l'état actuel de nos connaissances. 

Les grandes divisions du premier chapitre sont rangées sous six rubri- 
ques que nous nous bornons à reproduire, l'espace nous manquant pour 
indiquer les subdivisions qui fournissent au répertoire final, ou table 
analytique, la matière de huit pages en petit texte : r orographie : 
Alpes, lieux de passage, montagnes de l'intérieur, ligne de partage des 
eaux; Pyrénées : lieux de passage; 2° hydrographie intérieure : 
fleuves, rivières, lacs; 3° description des côtes : côtes de la Méditer- 
ranée, côtes de l'Océan; 5° sol et climat; 6** productions: mines, 
industries métallurgiques, flore naturelle et productions végétales dues à 
la culture, faune. 

En terminant le premier chapitre qui constitue à lui seul un volume, 
l'auteur nous annonce qu'il n'a fait que disposer la scène et préparer la 
venue des Romains; dans la suite de son ouvrage, il donnera la liste des 
peuples et des tribus qui occupaient le pays au moment même de l'arrivée 



Bibliographie. 259 

des légions; immédiatement après, il abordera l'étude de la géographie 
politique de la Gaule romaine. 

Parmi les morceaux d'un intérêt majeur, nous signalerons les pages 
où M. D. discute les lieux de passage des Alpes par les armées d'Annibal, 
d'Asdrubal et de Pompée (et dont nos lecteurs ont eu la primeur dans 
la précédente livraison de la Revue Celti^jue), la vraie direction des 
fameuses Fosses-Mariennes, le lieu qui fut le théâtre de la campagne 
maritime de César contre les Vénètes, et enfin l'emplacement du Portas 
Itius et celui de la station navale entretenue par les Romains sur les côtes 
de la Manche. Nous avons goûté tout l'attrait de la nouveauté dans la 
minutieuse étude que M. D. a consacrée aux modifications subies par la 
configuration du littoral sous l'influence de diverses causes, telles que 
les atterrissements aux embouchures des cours d'eau, l'affaissement des 
falaises rongées par le flot, l'envahissement des côtes par les sables, etc. 
La connaissance de ces modifications est indispensable pour l'intelligence 
de certains événements historiques dont le théâtre a changé d'aspect et 
de conditions physiques depuis l'antiquité. L'importance de cette question 
n'échappera à personne; on doit donc recueillir avec soin toutes les infor- 
mations qui tendront à Félucider. Aussi, ne laisserons-nous point passer 
cette occasion d'ajouter notre témoignage personnel à ce que M. D. 
rapporte touchant la formation des dunes de Santec, près de Roscofï. 
En 1869, nous avons visité, à la pointe orientale de l'île de Batz, la 
vieille chapelle Sainte-Anne ensevelie sous les sables jusqu'à la corniche. 
Or, cette construction date duxi^ siècle, comme l'attestent le plein cintre 
des voûtes, l'épaisseur des piliers carrés, et le caractère paléographique 
d'une inscription tombale placée devant l'autel ', que nous avons publiée 
le premier il y a sept ans. La hauteur des sables amoncelés extérieure- 
ment contre les murs pendant une période de huit siècles est actuellement 
de plus de 4 mètres, soit 50 centimètres environ par siècle 2. D'autre 
part, on sait que les fouilles de M. Kerviler, à Saint-Nazaire, lui ont fait 
découvrir des débris de poterie romaine et une monnaie de Tétricus 
enfouis sous une couche sédimentaire de 7 mètres de profondeur; ce fait 
est hautement intéressant; cependant on n'est pas fondé à en conclure 
que la profondeur de 7 mètres donne la mesure vraie du dépôt accumulé 
pendant seize siècles, car ces objets n'ont pu rester à la surface même 
de la vase liquide sur laquelle ils étaient tombés; ils ont dû nécessairement 

1 . On y lit Laurent de Béga{r ?) en lettres romanes ; voir notre fac-similé dans la 
Revue archéologique, tome XXI, 1870, p. 421. 

2. L'église Saint-Michel, à Quiberon, se trouve également ensablée; la progression de 
ce phénomène pourrait sans doute être utilement déduite de l'âge du monument et de la 
hauteur actuellement atteinte par les sables. 



26o Bibliographie. 

s'y enfoncer par leur propre poids, et l'on ignore l'épaisseur de la couche 
qu'ils ont traversée avant de rencontrer une couche suffisamment résis- 
tante pour les arrêter. Nous avons aussi entendu parler d'antiquités 
romaines que M. du Châtelier aurait récemment mises au jour aux 
environs de Penmarch, sous des sables recouverts par les marées; 
espérons que la profondeur de l'enfouissement aura pu être mesurée 
exactement, et qu'il en résultera une donnée numérique utile à enre- 
gistrer. 

Robert Mowat. 



Numismatique de la province de Languedoc. I. Période antique. 
Etude par Charles Robert, membre de l'Institut. Extrait du t. II de 
la nouvelle édition de l'histoire générale du Languedoc. Toulouse, 
Edouard Privât, 1876. ln-4", 68 p. et 4 pi. 

Nous ne pouvons trop féliciter le nouvel éditeur de Dom Vaissette 
d'avoir su associer à son entreprise les savants collaborateurs dont il 
groupe les noms autour de celui du célèbre bénédictin. Pour la numisma- 
tique notamment il était impossible de choisir un spécialiste plus compé- 
tent que M. Ch. Robert. 

Le mémoire de M. C. R. contient, après quelques pages d'introduc- 
tion, la description des monnaies les plus anciennes du Languedoc. Ces 
monnaies sont divisées en huit groupes. Les quatre premiers groupes 
sont formés par les monnaies d'argent imitées des monnaies de Rhoda en 
Espagne, vers la fm du iv siècle avant notre ère. M. Robert en a décrit 
i 1 5 types différents. Viennent ensuite les monnaies d'argent et de bronze 
appartenant en général aux Volces aréconiiques, 8 types; le monnayage 
particulier de Nîmes, 25 types; divers bronzes gaulois à légendes en 
caractères grecs, 19 types; enfin les bronzes à légendes ibériques, 
4 types ; en tout 66 types qui avec les monnaies imitées de celles de 
Rhoda donnent un total de 1 8 1 dont 1 5 2 sont reproduites sur les planches. 

Nous allons parler de ce qui dans ce mémoire concerne spécialement 
les Gaulois. Un fait historique important sur lequel insiste M. R. est que, 
la plus grande partie des monnaies celtiques étant imitée des statères de 
Philippe 11, roi de Macédoine, 360-^56, c'est du règne de ce prince, 
c'est du milieu du iv siècle avant notre ère que datent les débuts du 
monnayage gaulois; ce monnayage, après une période de splendeur, 
dégénère rapidement : il était en pleine décadence au i-' siècle. Je crois 
être d'accord avec M. Robert en ajoutant que la décadence du monnayage 
a eu pour cause une décadence générale des Gaulois. La grande prospé- 



Bibliographie. 261 

rite de l'empire des Gaulois date d'Ambigat, vers l'an 400 av. J.-C; 
elle commence à décliner quand, en 28^, le pays desSénons est conquis 
par les Romains. Obligée de reculer en Italie devant les armées si bien 
organisées de Rome, la puissance gauloise déborde alors sur la Grèce et 
jusque dans PAsie-Mineure, toutes deux livrées aux dissensions politi- 
ques depuis la mort d'Alexandre. Ces faciles succès n'eurent point une 
valeur sérieuse. C'est en 222 qu'on trouve pour la dernière fois le nom 
des Gaïsates, de cette milice régulière qui était comme le signe de 
l'unité politique et militaire des Gaulois. C'est à partir de cette date que 
l'unité cessant tout à fait, la décadence des Gaulois est complète. Un 
des faits les plus importants de l'histoire militaire des Gaulois au iv siècle, 
après la conquête de l'Italie du Nord et la conquête de la Bohême, ce 
sont leurs conquêtes sur les Illyriens. Or les guerres des Gaulois contre 
un peuple illyrien, contre les Ardiaei, étaient racontées par Théopompe 
'j7 5-;!o6) dans le second livre de ses Philippiques, c'est-à-dire de son 
histoire de Philippe II, roi de Macédoine'. 

Philippe II fit aussi et fit plusieurs fois la guerre aux Illyriens^. 
Théopompe, dans le premier livre de ses Philippiques, parlait d'une des 
expéditions de Philippe en Illyrie, de celle qui eut lieu en ^54. Les 
Illyriens se trouvèrent donc en même temps attaqués par les Macédoniens 
à l'Orient, par les Gaulois à l'Occident. De là paraissent dater les pre- 
mières relations politiques de l'empire gaulois et de la puissance grecque. 
Voilà ce qui explique pourquoi la monnaie gauloise la plus ancienne est 
contemporaine du règne de Philippe II et imitéede la monnaie de ce prince. 
Nous sommes donc parfaitement d'accord avec M. Robert jusqu'ici, mais il 
y joint, sur un point de détail, une assertion que nous ne pouvons accepter. 
« Au iv*= siècle avant J.-C, alors que s'introduisit chez les hommes de 
'( cette race les Gauloisi l'usage de la monnaie, les historiens grecs 
« désignaient sous le nom de rxKx-y.: les peuples répandus le long du 
« Danube et ceux qui comme les Volkes commençaient à jouer un rôle 
« prépondérant entre le Rhône et les Pyrénées. » Le nom de raXâta-. 
est inconnu avant l'expédition où les Gaulois s'emparèrent du temple de 
Delphes. 279 av. J.-C, c'est-à-dire non pas au iv siècle, mais au iir'. 
Théopompe appelle Celtes les Gaulois en guerre avec les Illyriens au 
iv siècle. Ptolémée, fils de Lagus, appelle de même les Gaulois qui en- 
voyèrent une ambassade à Alexandre en 335. Quant aux raXi-xi qui à 
cette époque auraient dominé entre le Rhône et les Pyrénées, aucun 

1. Fragm. hist. gr<ec. t. I, p. 284, fr. 41. 

2. En }î9 av. J.-C., Diodore de Sicile, 1. XVI, c. 4; en 554, Ibid., c. 22; en 544, 
Ibid., c. 69; édition Didot, t. II, p. 69, 82, 114. 



202 Bibliographie. 

auteur n'en a fait mention jusqu'ici. Le nom de PaAiTat est postérieur 
de plus d'un demi-siècle au règne de Philippe et à l'introduction de la 
monnaie chez les Gaulois. 

On ne peut contester que le mot de Volcae n'appartînt à la géographie 
de la Gaule méridionale dès la fin du iii'^ siècle avant notre ère, au temps 
de l'expédition d'Annibal en 218. Les Volcae étaient un peuple établi 
sur les deux rives du Rhône, comme nous l'apprend Tite-Live (XXI, 
26), non loin de Marseille comme le disait déjà Caton dans la pre- 
mière moitié du ii^ siècle av. J.-C. Mais il parait vraisemblable 
qu'en 2 1 8 il y avait déjà un certain nombre d'années que la vallée du 
bas Rhône était entre les mains des Volcae. Les monnaies des Volcae, à 
légende, ne paraissent pas antérieures à la seconde moitié du ii« siècle 
av. J.-C. Précédemment leurs monnaies étaient anépigraphes et imitées 
de celles de Rhoda. A quelle date ces monnaies anépigraphes remon- 
tent-elles ? L'étude des types donne lieu de supposer qu'elles remontent 
aux environs de l'an 300 avant notre ère. Or, une partie des monnaies 
anépigraphes des Volcae., qu'on peut consulter dans les collections, a été 
trouvée dans le midi de la France, l'autre a été recueillie dans le grand- 
duché de Bade et en Bavière; il semble résulter de là que vers l'an 300 
avant notre ère les Volcae, gens valida, comme dit Tite-Live^ occupaient 
à la fois la vallée du Rhône et celle du haut Danube. 

Mon savant ami M. Gaston Paris m'a suggéré la pensée que le nom 
germanique des peuples du sud et de l'ouest étrangers à la race germa- 
nique Walah[a]-, doit être identique à celui des Volcae. Walaha est bien 
en effet, d'après les lois de la phonétique germanique, l'équivalent exact 
de Volca. Une de ces lois exige la substitution de \'h germanique au c 
gaulois, et cette substitution s'est opérée antérieurement aux premières 
relations des Germains avec les Romains, c'est-à-dire antérieurement au 
11^ siècle avant notre ère. Donc antérieurement au ii*" siècle avant notre 
ère le principal peuple gaulois en relations avec les Germains s'appelait 
Volca. Ceci est parfaitement d'accord avec ce que nous savons de l'histoire 
celtique du 111^ siècle avant notre ère. Sous l'empire romain une partie 
des Volcae établis dans la Gaule méridionale portait le surnom de Tecto- 
sages : Toulouse leur appartenait. Cependant César (VI, 24) écrivant 
au milieu du i'^"" siècle avant notre ère, nous montre des Volcae Tecto- 
sages établis aux environs de la forêt Hercynienne, dans les parties les 
plus fertiles de la Germanie, où de brillants faits de guerre les ont 
rendus célèbres'. Or c'est aux Tectosages déjà maîtres de Toulouse 

I. M. c. Robert a tort, suivant nous, de citer à l'appui de César un passage d'Isidore 
de Séville, dont la lecture et le sens sont des plus contestables. 



Bibliographie. 265 

(identiques par conséquent aux Volkes Tectosages) que Timagène 
au f siècle avant notre ère et Trogue Pompée ' au siècle suivant, 
attribuent le pillage du temple de Delphes en 279. Cette attribution n'est 
pas contestée par le grec Posidonius qui seulement révoque en doute 
l'importance de ce pillage blessant pour sa vanité nationale. Enfin les 
Tectosages, qui à cette date (279) avaient un établissement en Pannonie, 
paraissent avoir été le plus important des trois peuples gaulois qui enva- 
hirent l'Asie-Mineure en 278. Il n'avait pas été question de Tectosages 
à la prise de Rome, en 590, ni dans les guerres d'Italie qui en furent la 
suite. L'hégémonie celtique paraît avoir appartenu aux Volkes Tectosages 
vers l'an 500 avant notre ère et de là l'importance du nom de Walalia 
chez les Germains, comme l'importance du monnayage des Ko/cae tant en 
France qu'en Allemagne. Ce monnayage imité de celui de Rhoda prouve 
qu'à cette date les Volcae touchaient à l'Espagne tandis que leurs armées 
conquéraient l'Asie-Mineure. 

Vers la même époque, un petit peuple gaulois, les Longo-Stalètes, 
qui n'est connu que par ses monnaies, était en relations commerciales 
avec Agrigente en Sicile et copiait un type monétaire de celte ville. 
C'est ainsi que l'histoire des monnaies jette une lumière inattendue sur 
les faces les plus importantes de l'histoire des nations. 

H. d'Arbois de Jubainville. 

Archseologische Karte der Ostsch-weiz, bearbeitet von D"^ Ferdi- 
nand Keller. Zweite durchgesehene Autlage, xvi-34p. petit in-8° avec 
I carte et 2 planches. Zurich, Wurster, 1874. 

C'est un travail ingrat de dresser le catalogue précis des antiquités 
d'une région ; mais aussi rien n'est plus utile que de pouvoir se rendre 
compte par un coup d'œil et de la distribution des divers monuments 
dans un même pays et du nombre de chaque classe de ses monuments. 
Un archéologue émérite de la Suisse, M. Ferd. Keller, à qui la science 
doit déjà comme la découverte de l'époque lacustre, a fait ce travail 
pour la partie orientale de la Suisse, autant qu'on peut l'établir dans 
l'état actuel de la science; car plusieurs parties de cette région, notam- 
ment le Tessin, n'ont été jusqu'ici qu'imparfaitement explorées. Son texte 
donne la statistique des monuments observés et des objets trouvés dans 
une double classification, d'abord par âges et par classes, puis par can- 

I . Ceux qui contestent la vraisemblance du récit de Justin et le transport du trésor de 
Delphes à Toulouse, n'ont pas lu dans Parthénius. c. 8, l'histoire d'Hérippe, dite ailleurs 
Gythymie, de Milet, enlevée à la même époque par un chef gaulois, qui, d'Asie mineure, 
l'emmena jusque sur les bords du Rhône dans le pays des Cavares. 



264 Bibliographie. 

tons et localités. Deux petites cartes donnent les voies et stations 
romaines; une planche la disposition de quelques villes helvéto-romaines, 
et quelques monuments comme spécimen; enfin une grande carte de 
toute la Suisse orientale résume la statistique de l'œuvre entière par des 
signes de couleurs et de formes diverses qui figurent les différentes 
périodes et les différentes classes de monuments et d'antiquités. 

H. G. 



Épigraphie romaine dans le département du Cher, par M. A. 

BuHOT DE Kersers. 90 p. ct suppl. de 14 p. in-80 avec planches. 
Bourges, 1873-75. 

c( Les monuments épigraphiques que la civilisation gallo-romaine a 
laissés parmi nous et qui ont reparu à la lumière sont malheureusement 
bien peu nombreux, mais présentent une incontestable valeur historique. 
Plusieurs de ces monuments ont disparu et il n'en reste que des 
descriptions répandues dans des publications diverses ; parmi ceux qui 
subsistent, les uns sont épars dans des collections séparées ou sur des 
points isolés ; leur rapprochement dans un même travail peut avoir son 
utilité. i> 

M. B. de K. a fait ce travail de classement épigraphique pour son 
département avec un zèle qui lui mérite la reconnaissance des archéo- 
logues. Il a classé ses inscriptions comme suit : 

|0 Monuments votifs ou inscriptions altariques. 

2"^ Inscriptions de colonnes ou bornes itinéraires. 

3" Monuments funéraires privés. 

4° Monuments funéraires chrétiens. 

50 Fragments divers. 

Il ne s'y rencontre que peu de noms d'apparence gauloise et seulement 
des noms d'homme. Les deux seules inscriptions votives offrant des noms 
gaulois de divinités sont des inscriptions perdues depuis longtemps et 
connues seulement par la lecture de savants du xvu'' siècle, qui ont pu 
les mal lire — ou les inventer. L'une est dédiée à COSOSO DEO MARTI 
l'autre à SOLIMARAE. 

M. B. de K. donne en fac-similé réduit les principales inscriptions; 
dans le nombre se retrouve une de nos rares inscriptions gauloises 
{Buscilla, etc.) sur un vase trouvé à Bourges. — Notons encore que 
M. Charles Robert a cru reconnaître des D barrés dans l'inscription 
barbare et mal lisible du n« 56. 

Ce travail est extrait des Mémoires de la Société des antiquaires du 



Bibliographie. 265 

Centre, de Bourges, qui a ainsi le mérite d'avoir, avec l'aide de M. B. 
de K.., dressé le Corpus des inscriptions de son département. 

H. G. 

Inscription inédite. Le portique du temple de Vesunna, déesse 
tutélaire des Pétrocores (extr. du Bull, de la Soc. hisî. et arch. du Pé- 
rigord, 1875), 8 p. in-8°, par E. Galy. 

H existe à Périgueux une tour antique en forme de rotonde, populai- 
rement nommée la Vésone, ou la Vésune, et regardée par les archéolo- 
gues du pays comme la cella du temple d'une divinité qui y aurait été 
honorée sous les noms de Deae Tutelae, de Tutelae Augusîae Vesunnae, 
tels qu'on les lit sur deux inscriptions du musée départemental de la 
Dordogne. La notice de M. Galy a pour but de nous faire connaître 
une nouvelle inscription consacrée à cette divinité et découverte en 1 868 
dans la maçonnerie du palais épiscopal. Elle est malheureusement brisée 
en deux morceaux dont l'un, celui de gauche, a perdu la partie supé- 
rieure. Je reproduis la transcription de l'auteur et son essai de restitution : 

numini /IVGVSTI 
et deae /IVGVSTAE 
DEDIC(/i? ylBELLO 

PRIM/ANI 
TVTELAE VESVNNAE 
PORTICVM EX P. FACIENDVM ET 
ornandum curavit 

Il est fâcheux que M. G. n'ait pas jugé à propos de mettre sous les 
yeux de son lecteur un fac-similé propre à lui donner une idée de la 
physionomie du monument ; l'emploi des caractères typographiques est 
tout-à-fait insuffisant quand il s'agit d'inscriptions frustes ou mutilées. 
Qu'arrive-t-il en effet ? C'est que les épigraphistes, à qui il ne serait que 
trop facile de critiquer ligne à ligne la restitution proposée, n'ont aucun 
moyen assuré de la remplacer en toute confiance par quelque autre resti- 
tution. Cependant, comme la partie suppléée de la deuxième ligne est 
manifestement inadmissible, que le nom d'homme Abello est de création 
arbitraire, et que je doute que le prétendu mot DEDICa^ait été bien déchif- 
fré, je suggère, bien entendu sous toutes réserves, une restitution telle 
que celle-ci ■ : 

I. Tout en approuvant cette reconstruction hypothétique, M. Léon Renier m'engagea 
mettre la 2' ligne sous une forme plus courte, et domus /IVGVSTAE, pour l'adapter 
aux dimensions de la pierre. 



266 Bibliographie. 

pro sainte /4VGVST1 
totiusque domus ^VGVSTAE 
confecto (?) BELLO 

PRIMANI 
TVTELAE VESVNNAE 
PORTICVM EX P. FACIENDVM ET 

ornandum curaverunt. 

— Pour le salut de l'empereur et de toute la famille impériale, la 
guerre étant (heureusement) terminée, les soldats de la rMégion ont 
fait construire et décorer le portique de la Tutèle de Vésone. — Des 
inscriptions nous apprennent qu'une déesse TuteLi était honorée dans un 
assez grand nombre de localités en Espagne, en Italie et en Gaule, 
notamment à Bordeaux, au Maz-d'Agen; les numismatistes connaissent 
aussi une monnaie de bronze à l'effigie de Nerva, au revers de laquelle 
se lit la légende TVTELA ITALIAE. Mais ce que généralement on sait 
moins, c'est que le nom de la Vesunna pétrocore se retrouve dans celui 
d'une divinité Vesuna Erinia chez les Marses, et d'une Vesuna Puemunes 
Piiprkes (^uxor) chez les Ombriens. M. Mommsen, après avoir considéré 
cette dernière comme une variété de Feronia, s'est rangé à l'opinion 
d'Aufrecht et de Corssen qui l'ont assimilée à Vesta, tandis que 
M. Grassmann la comparait à la védique Vâsanâ, « la brillante. » On 
voit que le dernier mot n'est pas encore dit sur cette obscure question 
de mythologie italo-celtique. 

Les Primani auraient donc dédié à l'empereur régnant et à sa famille 
le monument qu'ils élevaient à Vésone, et ceci nous remet en mémoire 
les inscriptions de Narbonne et de Suréda respectivement dédiées aux 
empereurs Vérus et Gordien 111 par les vétérans de la iC légion, les 
Decumani Narbonenses. Les Primani ne sont, du reste, pas inconnus en 
épigraphie ; on les retrouve mentionnés sur une inscription de Trêves 
conservée au musée de Bonn. 

Il me sera permis de m'en tenir à ces observations, en annonçant que 
M. Ch. Robert, après avoir pu étudier à son aise la nouvelle inscription 
de Périgueux sur le moulage qu'il en possède, publiera très-prochaine- 
ment un mémoire étendu contenant le résultat de ses recherches. Il croit 
que les Primani, c'est-à-dire les vétérans de la Lcgio Prima, mentionnés 
dans cette inscription, avaient à Vésone un dépôt permanent qui a pu 
fonctionner pendant assez longtemps, et sur lequel étaient dirigés, à 
divers intervalles, les soldats émérites de la première légion, comme cela 
se pratiquait sans doute pour les autres dépôts, par exemple les Secundam 



Bibliographie. 267 

d'Arausio, lesSextani d'Arelate, les Scptimani de Baeterrae, les Dccumani 
de Narbo Martius, les Undecumani de Bovinum, les Quatuor signani chez 
les Tarbelli, les Sexsignani chez les Cocosates, etc., que l'on a considérés 
jusqu'ici comme des colonies créées par l'envoi, une fois fait, d'un cer- 
tain nombre de légionnaires libérés. Ce simple aperçu que le savant aca- 
démicien a bien voulu communiquer à l'auteur de ces lignes montre 
l'enseignement que l'on peut tirer de l'étude rationnelle des monuments 
épigraphiques et fait pressentir l'importance d'un travail dont il nous tarde 
de prendre connaissance et qui est destiné à la Revue Archéologique. 

Robert Mowat. 

Inscriptiones Britanniœ latinae consilio et auctoritate Academiae 
litterarum regias Borussicse edidit .Emilius Hubner, Berlin, George 
Reimer, 1875, in-folio, xii-2-:54$ pages et une carte. — Inscrip- 
tiones Britanniae christianae edidit yEmilus Hubner, Berlin, 
George Reimer, 1876, in-4°, xxiii-101-5 pages et deux cartes'. 

Ces deux volumes contiennent moins de matière qu'on n'aurait pu 
l'espérer ; ils sont cependant fort intéressants au point de vue des études 
celtiques, et les copieux index, auxquels l'académie de Berlin nous a 
habitués, en rendent l'usage des plus commodes. Obligé de me borner, je 
me contenterai de faire quelques observations qui auront trait à l'étude 
de la langue. Je commence par le volume qui contient les inscriptions 
latines. 

La chute du g médial dans les langues celtiques a été l'objet de quel- 
ques observations de Zeuss, Gr. C^., p. 47, 48, 14$; nous savons par 
exemple que Boios et togios paraissent être le même mot. En vieil irlan- 
dais màa ou moa = mâ-jans ou mô-jans [Gr. C^., p. 276), est identi- 
que au latin mâ-jor = mag-jons, et par conséquent suppose une forme 
plus ancienne mag-jans ou mog-jans. Le g de la racine mog est conservé 
en gaulois dans les dérivés Mogillonius (Brambach, 1427), Mogetus 
[Corpus, III, 6$o6;, Mogit-marus Qbidem, 3525), Mogetius {Ibidem, 4568, 
563 Oî Mogsius (Brambach, 825 2), Mogius {Corpus, III, 545 $), Mogian- 
cus [Ibid., 4944). La même racine se trouve dans un nom de divinité de 
la Grande-Bretagne : M. Hubner nous donne les dédicaces : DEOMOGTI 
(5201, DEO MOGONTI VITIRE 9581, DEO MOGONTI CAD (9961, 
où le g est conservé; et les dédicaces : DEO MOVNTI (î2i), DEO 

1 . Ce volume a été en grande partie composé avec des notes fournies par notre savant 
collaborateur, M. J. Rhys. 

2. Moxius ti Moxsius, Corpus, Vil, 1356, 736-758, sont des variantes orthographi- 
ques de Mogsius, qui lui-même n'est qu'une variante assibilée de Mogetius. 



268 Bibliographie. 

MOVNOCAD (9971, DIS MOVNTIBVS I1056I, où le g est tombé '. Un 
nom d'homme, dérivé du nom divin Mogontis, est Mogontonius (Bram- 
bach 1988). Mogontiacum, « Mayence » i^ Desjardins, Géographie de la 
Gaule, p. 58-59), en est également issu. De Mogetius, nom d'homme cité 
plus haut, vkm Mogetian^, nom d'une ville de Pannonie (Jîin. Anton., 
235-4^]. Ainsi dès l'époque romaine, \e g de la racine mag ou mog, tou- 
jours supprimé dans le comparatif irlandais, est tantôt conservé tantôt 
supprimé dans les monuments de la Grande-Bretagne. 

Ici donc, des exemples nouveaux confirment une loi phonique ensei- 
gnée par la Gr^mmar/c^f celtica. Ailleurs, c'est le contraire qui a lieu. 
Ebel, étudiant la loi néo-celtique de la métathèse de l'r, a cru trouver 
un exemple de ce phénomène au temps de l'empire romain, dans le 
Belatu-cardus de Muralori, 45, i, et d'Orelli, 1966 'Gr. C.^ p. 169, cf. 
764) : mais, au lieu de Belaîu-c ardas, il faut lire Belatu-cadrus 'Hùbner, 
957, p. 168); par conséquent la métathèse est le résultat d'une erreur 
commise par les premiers éditeurs, et ne peut être mise sur le compte de 
la langue ni même du lapicide. 

Les trois dialectes néo-celtiques que Zeuss a réunis sous le nom de 
breton (gallois, comique, armoricain^, possèdent en commun deux 
spirantes gutturales étrangères à l'irlandais : iMe c'h, 2° Vh qui est un 
c'/z affaibli. Suivant la Gr. C.^p. 12 5, ces deux spirantes gutturales, dans 
les monuments les plus anciens, proviennent l'une et l'autre tantôt d'un 
s, tantôt d'un .x primitif : de nombreux exemples justifient cette théorie. 
Un nom d'homme curieux à étudier pour l'histoire de ces deux spirantes 
gutturales, est celui d'ISARNINVS, IXARNINVS, ISXARNINVS I1270I 
écrit à la pointe sur des vases d'étain découverts à Icklingham, 

1 . Le nom du dieu gaulois Mogontis dérive de la même racine que le nom du dieu 
Maius des Latins (Orelli, 5637), et que le nom de Ma:;£uç, dieu suprême des Thraces 
(Fick dans les Bcitr., Vll, 581-382). 

2. En vieil irlandais on dit indifféremment môr = môros =mog-ro-s, ou mâr ^= mâros 
= mag-ro-s «grand» au positif, et môa = mô-jans ^ mog-jans ou mâa ^ mâ-jans = 
mag-jans au comparatif. En gaulois, nous trouvons de même la racine dont il s'agit, 
écrite tantôt avec un a tantôt avec un 0. En regard des noms d'homme Mogetus d'une 
inscription romaine du Norique {Corpus, 111, 6jo6), et Mogit-marus d'une inscription 
romaine delà Pannonie inférieure {Ibid., 111, 3525), on peut mettre un nom de ville de 
la Gaule Transalpine mentionné par César, de Bello gallico, I, 31, Ad-magcîo-briga. 
Tandis que les inscriptions de la Grande-Bretagne écrivent avec un le nom du dieu 
Mogontis, tandis que deux inscriptions romaines, des monnaies mérovingiennes, l'Itiné- 
raire d'Antonin, écrivent avec un le dérivé Mogontiacum, Tacite écrit ce dérivé Magon- 
tiacum avec un a, qu'on retrouve dans l'anonyme de Ravenne, et qui a définitivement 
prévalu dans l'orthographe Mainz des Allemands, et dans l'orthographe « Mayence « des 
Français. Le Mog(iJ5 d'une inscription du Norique [Corpus, 111, SASS) a pour pendant, 
non-seulement \t gentiliciuni latin Magius [F a.brtm, Glossarium Italicum, col. 1092), mais 
un mot gaulois identique qui se rencontre dans les composés Magio-rix (Brambach, 
1867), Magi-marus [Corpus, III, 5272', et dans les dérivés Magissa (Brambach, 1780, 
Corpus, III, 369s), Magilo [Corpus, II, 809, 86$, 263, 3051), et Taxi-magulus (César;. 



Bibliographie. 269 

Suffolk. Ce nom paraît dérivé du thème îsarno, dont la présence a été 
constatée déjà dans le nom de lieu gaulois Isarno-dorum, et qui signifie 
u fer )•> [Gr. C- , p. 774 . La sifflante s s'est affaiblie en /; et a été trans- 
posée dans le gallois Imiarn, dans le breton armoricain houarn, plus 
anciennement hoiarn [Cart. de Redon), qui supposent un pnm'nif csarno ; 
l'irlandais iarn a la même voyelle que le gaulois îsarno, et a perdu 1'^ que 
les dialectes bretons ont déplacé et altéré. La variante IXARNINVS ou 
ISXARNINVS avec X et SX, valant étymologiquement s, mais représen- 
tant évidemment un son plus dur pour les organes romains, paraît 
démontrer que dès l'époque romaine, le son c'h existait dans ce nom 
d'homme. Les Bretons émigrés transportèrent en Armorique la variante 
examinas de ce nom : au ix'' siècle elle était chez eux devenue Huiernin., 
Hoiernin {Cart. de Redon, pp. 8, 70), forme à peine reconnaissable 
aujourd'hui dans la seconde moitié du nom du village moderne de Plu- 
herlin {Morbihan). Herlinz=êsarninus, et dérive de houarn «fer)), 
anciennement êsarno ou îsarno^. Le gaulois îsarno-, êsarno- « fer )>, est 
identique au gothique eisarna- qui a le même sens. Les langues celtiques 
et les langues germaniques bien que si différentes grammaticalement, 
désignent le fer par le même mot, dérivé du vieux mot indo-européen 
ajas (( métal )> : c'est aussi par un dérivé à^ajas que le sanscrit et le zend 
désignent le fer. Le zend a été la langue des Scythes, longtemps maîtres 
d'une grande partie de l'Europe, et célèbres même en Grèce comme 
fabricants de fer. D'autre part le nom latin du fer, celui dont nous Fran- 
çais nous nous servons, est d'origine sémitique. Nous trouvons donc 
dans l'Europe du Nord un courant de civilisation de provenance orien- 
tale et scythique, indépendant du courant phénicien qui dominait princi- 
palement à l'aube de l'histoire, dans le bassin de la Méditerranée. 

Ce qui me frappe le plus dans les inscriptions chrétiennes les plus 
anciennes de la Grande-Bretagne, de 450 à 750 environ, quand je les 
compare aux inscriptions contemporaines de la Gaule, c'est ce fait, que 
ceux qui ont écrit les inscriptions chrétiennes de la Grande-Bretagne, 
avaient perdu tout sentiment de la distinction des cas à une date où la dis- 
tinction du nominatif ou cas sujet, d'une part, et du cas régime d'autre 
part, était en France si profondément sentie. On n'aurait pu en France 
écrire sans Vs finale caractéristique du nominatif : Broeagan hic jacit 
iHubner, i<^<-^ Latini hic jacit filius Magari (17); Turpilli ic jacit (34); 
Cunocenni fdius Cunocenni hic jacit 148) ; Dervaci filius Justi ic jacit (50) ; 



I. Le nom d'isserninus porté par un évêque irlandais du \° siècle {M\gne, Patrologie 
latine, t. LUI, col. 824), paraît identique au nom d'homme breton dont il s'agit ici. 



270 Bibliographie. 

cruxSalvatoris qn£ prdparavit Samsoni apaîï pro anima sua (62) ; Vendu- 
magli hic jacii (64) ; ConbeUini posait hanc crucem (67) ; Boduoci hic jacit 
filius Catotigirni 71 •, Evolenggi fiU Litogeni hic jacit 1971, etc.; dans tous 
ces exemples l'5 final du nominatif manque : ailleurs on a mis 1'^ au cas 
régime : Catacus hic jacit, filius Tegernacus (36); Hic jacet Cantusus pater 
Paulinus 'jj); Carausius hic jacit in hoc congeries lapidum (136). Ces 
inscriptions viennent de la Cornouaille et du pays de Galles, et elles se 
répartissent entre les trois âges que M. H. a distingués parmi ces ins- 
criptions chrétiennes les plus anciennes '. Il est évident que ceux qui ont 
écrit ces inscriptions avaient perdu le sentiment de la distinction des cas: 
par conséquent il est très-vraisemblable que dès la date des plus ancien- 
nes inscriptions chrétiennes, c'est-à-dire vers l'an 500, la langue celtique 
parlée en Bretagne avait perdu sinon toutes ses flexions casuelles, au 
moins \'s final du nominatif singulier que le français a si longtemps con- 
servé. Des gens qui auraient eu dans leur langue 1'^ final du nominatif 
singulier n'auraient pas ainsi traité la langue latine. Je ne puis admettre 
d'autre explication de ce phénomène grammatical, et je considère comme 
insoutenable l'hypothèse de M. Hubner, qui prétend justifier cette syn- 
taxe barbare par des verbes sous-entendus (p. x). 

Une question intéressante est soulevée par les inscriptions funéraires de 
Quenataucos, fils de Dinvi (3); de Quenvendanos^ fils de Barcunos (91); et 
par les six autres inscriptions dans lesquelles le p du breton map est 
remplacé par le ^u irlandais (24, 83, 106, 107, 108, 109^^. De la pré- 
sence de ce (^u, notre savant collaborateur M. Rhys, a conclu que les 
Dretons de l'époque romaine n'avaient pas encore substitué au qu pri- 
mitif gardé par les Irlandais, \ep qu'on trouve incontestablement dans les 
monuments gaulois de l'époque romaine sur le continent. Mais \e qu = p 
dans la Grande-Bretagne, vers le vi'' siècle de notre ère, peut s'expli- 
quer très-bien par l'influence des Irlandais, influence attestée à cette 
date par l'emploi des caractères oghamiques inconnus en Grande- 
Bretagne dans la période romaine, et le système de M. Rhys est incon- 
ciliable avec l'existence antérieure des monnaies bretonnes où on lit les 
noms à'Eppillos et d'Epaticcos, dérivés à'epos « cheval « — equus (Rev. 
Celt., I, 295, cf. Wright, The Celt, y'- éd., pp. 40, 1 1 ij. Nous n'avons 
donc aucune raison pour soutenir que Ptolémée, en écrivant au 11* 
siècle 'E-£(a/.cv ^11, 2, 16) l'ancien nom de Lanchester, ait arbitraire- 

1. r^' période 450-5 s O1 2"^ période 550-650, 3' période 650-750 environ. Ces trois 
périodes sont les subdivisions de l'époque des majuscules, vient ensuite l'époque des 
minuscules. 

2. A la première période appartiennent } et 106, à la deuxième 24, 83, <)i, 109: 107 
est de date incertaine. 



Bibliographie. 271 

ment représenté par p une lettre prononcée cju par les habitants du pays. 
IhTCjapta, autre nom de ville de Grande-Bretagne chez le même 
Ptolémée (II, 2, 17), paraît dérivé du mot qui est écrit peto^uar dans un 
des plus anciens monuments bretons et qui est identique au h\\x\ quatuor . 
Le premier terme du nom de Penno-crucium, donné à une ville de 
Grande-Bretagne par V Itinéraire d'Antonin, vers le ii^' siècle, serait diffi- 
cilement distingué du breton pen a tête », en irlandais cen identique au 
premier terme du Qucn-rcndanos' « homme à la tête blanche », cité plus 
haut d'après une inscription chrétienne, gravée vers l'an 600. On pour- 
rait mentionner aussi le dieu breton Maponus, de map « fils» (Hùbner, 
218, 552, 1 34^*, qui nous donne encore un exemple de p breton dans la 
période romaine. Je persiste donc à croire que les Celtes de la Grande- 
Bretagne avaient, dès la période romaine, changé en p le qu primitif; 
et, sans affirmer que cette révolution phonique eût été chez eux plus 
complète qu'en Gaule, où nous avons la Sequaria et les Scquani, je 
considère comme une importation irlandaise le qu des quelques ins- 
criptions chrétiennes archaïques, où l'on a constaté cette anomalie gra- 
phique. 

Bien que j'aie annoncé en commençant l'intention de ne parler que de 
linguistique, je ne puis m'empêcher de signaler en terminant une obser- 
vation archéologique très-curieuse de M. Hùbner. L'usage breton dans 
la période chrétienne archaïque (450-750) est de tracer les lignes des 
inscriptions funéraires parallèlement à la hauteur du monument, tandis 
que l'usage romain est de tracer les lignes perpendiculairement à la hau- 
teur du monument. L'usage des Bretons chrétiens a existé à la fois chez 
les Bretons insulaires et chez leurs frères transplantés au v^ et au vie 
siècle, sur le continent armoricaine Or, on a trouvé dans la Gaule 
cisalpine quelques monuments funéraires élevés sous l'empire romain à 
des personnages d'origine celtique, et dans lesquels l'inscription est tra- 
cée conformément à l'usage des Bretons chrétiens, c'est-à-dire parallèle- 
ment à la hauteur du monument. Un de ces monuments de la Gaule 
cisalpine parait pouvoir être daté du siècle d'Auguste, tandis que les 
monuments analogues les plus anciens de la Grande-Bretagne et de la 

1. Quen-vendanos — Quenno-vindanos, est un diminutif du Pennoo-vindos (à la tête 
blanche), des monnaies. 

2. Albert le Grand, dans son ouvrage intitulé : La providence de Dieu sur les justes, 
pi. IV, a publié, en 1640, un monument de cette catégorie, trouvé à Plourin, Finis- 
tère, arrondissement de Morlaix. Nous citerons aussi une notice de M. Rosenzweig, dans 
les Mémoires lus à la Sorbonne, Archéologie, 1863, p. 157, fig. 1; p. ijS, fig. 11. Une 
étude comparée de ces monuments et des monuments analogues de la Grande-Bretagne, 
serait très-profitable, et les fac-similé qu'a donnés M. Hùbner faciliteraient grandement 
cette étude. 



272 Bibliographie. 

Bretagne armoricaine ne seraient guère antérieurs au vi'^ siècle de notre 
ère. Comment se fait-il que dans la Gaule transalpine, il n'ait été signalé 
jusqu'à présent aucun fait archéologique, semblable à ceux que M. Hùbner 
nous indique dans la Gaule cisalpine ? 

H. o'Arbois de Jubainville. 

P. -S. La première partie du tome VI du Corpus inscriptionum latina- 
rum vient de paraître. Elle comprend la suite des inscriptions de la ville 
de Rome, dont les plus anciennes ont été insérées dans le tome I'=^ 
Naturellement on peut glaner quelques noms gaulois dans ce volume 
nouveau. Nous signalerons au n"^' 2407, un soldat des cohortes vigiles 
nommé Totatigens = Totati-genos, c'est-à-dire fils de Totatis. Totatis est 
une variante nouvelle du Teuîates de Lucain, I, 445, dont le nom est 
écrit Toutatis dans une inscription du Norique trouvée à Seckau, Styrie, 
en i86j (Corpus, III, $320), et dans une inscription du Musée Britan- 
nique, tirée d'une carrière de l'Herfordshire en 1745 [Corpus, VII, 84). 
On connaît un certain nombre de noms d'homme gaulois, dont -genos&s\ 
le second terme. Tels sont Cintu-genus, Litu-gena, Vro-geno-nertus, Ogri- 
genus (G\uck, K. N., p. 168). Mais la plus intéressante à citer ici est le 
nom de Camulo-genus ., chef gaulois mentionné par César, VII, 57-59. 
Dans Camalo-genus, le premier terme est un nom de dieu comme dans 
Totati-gen[o]s, et les deux dieux gaulois dont il s'agit ont été, dans la 

période romaine, assimilés au Mars des Latins. 

H. D'A. DE J. 



Archœological Essays, bythelate Sir James Y. Simpson, Bart. M. D., 
D. C. L., One of Her Majesty's Physicians for Scotland, and Pro- 
fessor of Medicine and Midwifery in the University of Edinburgh, 
edited by John Stuart, L. L. D., Secretary of the Society of Anti- 
quaries of Scotland. Edinburgh, Edmonston and Douglas, 1872, 2 vol. 
petit in-4" de xxi-274 et 544 p. 

Sir James Y. Simpson, un des plus éminents médecins d'Edimbourg, 
mort il y a quelques années, était en même temps un des premiers 
archéologues de l'Ecosse, et ses amis ont à juste titre pensé utile de 
réunir ses principaux mémoires d'archéologie et d'histoire épars dans 
diverses revues, souvent peu accessibles, d'Ecosse. Ce recueil posthume 
dû aux soins de M. John Stuart, secrétaire de la Société des antiquaires 
d'Ecosse, vient s'ajouter à un livre publié, il y a dix ans, par Sir James 
Simpson, sur certaines sculptures grossières et primitives de rochers 



Bibliograpliie. 273 

d'Ecosse et d'Angleterre'. Le sommaire suffira pour en montrer l'in- 
térêt : 

T. I, p. 1-66. L'Archéologie, son œuvre passée et future. Discours 
adressé à la Société des antiquaires d'Ecosse en ouvrant l'année 1 860- 
61. C'est un programme des études archéologiques dans lequel sir James 
se rappelant le sens étymologique de ce mot, y fait entrer les traditions 
morales, c'est-à-dire les croyances et usages du peuple aussi bien que 
les traditions matérielles que fournissent les monuments et les ruines. Il 
fournit en exemple des faits curieux de superstitions encore pratiquées 
en Ecosse. Il communique en même temps des détails sur les dolmens 
détruits en Ecosse à une époque historique, et sur des poteries du genre 
dit préhistorique encore en usage dans certains districts des îles Hé- 
brides. 

P. 68-1 ?6. Sur un ancien oratoire à toit de pierre dans l'île d'Inclicolm, 
avec gravures et plans. Le nom de cette petite localité iqui est mentionnée 
au début du second acte du Macbeth de Shakespeare) signifie ile de Co- 
lumba. C'est la seule ile sur la côte orientale de l'Ecosse qui porte le 
nom de ce grand saint. Cet oratoire appartient au type des celU de l'an- 
cienne église d'Irlande, mais il en diffère par la disposition de son toit de 
pierre. La réimpression de cet article est accompagnée de notes du 
savant irlandais Pétrie. 

P. 137-197. La Cat-Stane, à Kirkliston. C'est la pierre qui porte 
l'inscription souvent discutée : in hoc tu U mulo iacit 11 vetta F. Il 
vicTi. Sir James S. veut voir dans cette pierre le monument funéraire 
de Vetta, grand-père d'Hengist et d'Horsa. 

P. 199-2 17. De quelques pierres amulettes Ecossaises. Traite dequelques 
superstitions médicales de l'Ecosse. L'auteur a eu l'occasion, comme 
médecin, d'en observer plusieurs qui l'ont intéressé comme archéologue 
en donnant à ce nom le sens large et libéral qu'il lui donnait lui-même. 

P. 219-274. La grande pyramide de Cizeh est-elle un monument métro- 
logique ? 

T. II, p. 1-184. De la lèpre et des léproseries en Ecosse et en Angleterre. 
Traité complet sur la question. 

P. 185-195. De quelques vases grecs de médecine destinés à contenir du 
Lykion et de l'emploi moderne de la même substance dans l'Inde. Cette 
substance que les médecins grecs faisaient venir d'Asie et employaient 
comme collyre, reste encore au même usage dans la médecine indigène 

I. Archaic sculpturings of Cups, Cirdes, etc,, upon Stones and Rocks in Scotland, En- 
gland and other countries. Edinburgh, 1867 

Rev. Celt. III 19 



274 Bibliographie. 

de l'Inde et a été employée avec succès par des médecins européens 

contre des inflammations de la conjonctive. 

P. 197-227. L'armée romaine était-elle pourvue de médecins militaires^ 
Courte dissertation sur le service médical des armées romaines, question 
que M. le D"" Briau met en ce moment à l'ordre du jour de notre acadé- 
mie des inscriptions. 

P. 229-299. Anciennes marques d'oculistes romains. Notice sur les mar- 
ques trouvées ou conservées en Grande-Bretagne et mises à profit par 
Grotefend dans son œuvre classique sur la matière. La notice de Sir 
J. S. est accompagnée de dessins fac-similé. 

P. 501-544. Des plus anciennes mentions de la syphilis en Ecosse. La 
première est un édit prophylactique de la municipalité d'Aberdeen en 
date du 23 avril 1497, c'est-à-dire quatre ans et trente-huit jours après 
la date du premier retour de Christophe Colomb en Espagne. La pre- 
mière ordonnance analogue des autorités parisiennes est du 6 mars 
1497, c'est-à-dire antérieure seulement de quarante-huit jours à celle 
d'Aberdeen. 

On voit par ce rapide sommaire que ces deux volumes présentent une 
grande variété de sujets, traités par Sir James Y. Simpson avec la double 
compétence du médecin et de l'érudit. En e.Khumant pour ainsi dire ces 
mémoires des revues écossaises (archéologiques et médicales) où ils 
étaient publiés, M. John Stuart a rendu service au monde savant, en même 
temps qu'il élevait un monument durable à la mémoire de son illustre ami. 

H. G. 



Leabhar Breac, the Speckled Book, otherwise styled Leabhar m6r 
Dûna Doighre, the Great Book of Dûn Doighre, a collection of pièces 
in Irish and Latin, compiled from ancient sources about the close of 
the fourteenth century : now for the first time published from the ori- 
ginal manuscript in the library of the Royal Irish Academy. Part I, 
Dublin 1872; Part II, Dublin 1875. 

The second part of the lithographie fac-simile of the Lebar Brecc has 
at last been published by the Royal Irish Academy, and the list of corri- 
genda — four hundred and cighîy in number — shews that the criticisms 
on the first part, which bave appeared in this Review, hâve not been 
altogether fruitless. 

On the présent occasion I propose merely to notice some of the mis- 
translations and misreadings to be found in the Description of the 
Contents prefixed to the first and second parts of thelithograph. 



Bibliographie. 27 s 

P. I. The adjective /o/7^cc/i is rendered 'wise'. It is a derivative 
from the n-stem foditiu 'patience' and means 'patient'. 

P. 2, 1. 7. moclruain is rendered 'O'Moelruain'. The words mean 
'from Moel-ruain'. 

The prose version of the rule of the Guidées was, it would seem, 
taken from Moelruain's metrical version. 

P. 3, 1. 58. The adjectivecomis rendered 'faithfulMt means 'lovable, 
dear', and is identical with Corn, cuf, Br. cuff, W. eu, ail from 'cupima, 
a derivative from the root cup in the latin cupio. Fick?, i. 5 36. 

P. 4, line I $, lahra is rendered ' words', but it is an ia-stem, hère in 
the ace. singular, and means 'utterance'. It is the Welsh llaferydd. The 
nom. sg. occurs in the Félire at Feb. 8 {ba um Cristalabra), the dat. sg. 
in LU. 1 5 [oc nuall 7 oc labramôr). 

— Line 18. imrordus (= im-ro-râdus) thefirstsg.s-preterite oîimrâi- 
dim, 'I think of, 'I commemorate' ^Goth ga-redan), is rendered by 'I 
celebrate'. 

The cognate substantive imradud occurs p. 26, where it is rendered 
« to mention ». 

— Line 37. The quatrain in the Félire, Jan. 1 , relating to the Gircum- 
cision, begins thus : 

Re sil dalach doine taided in ri remain ', i.e. ' Before men's multitudi- 
nous seed let the prééminent King (Ghrist) advance'. The Royal Irish 
Academy actually render the first three words of the easy passage by 
' With the race of Dalach". 

P. 6, line 26, amne is rendered 'alone'. It means ' thus'. 

— Line 33, 'don tarmchrutta \\) is rendered 'of the Transfiguration'. 
The Academy say that " the first part of the title [don ta] being obscure 
has been omitted in the lithograph, but itis to be found in p. 107, col. 1, 
lines 27-33". Whenwe look at P- '07' ^- 27, we fmd nothing of the 
kind, but coibnius na Uachtan-sa in tarmchrutta., which is quite right and 
means "the concordance of this lesson of the Transfiguration'. The com- 
piler of the Description obviously supposes that tarmchrutio (the gen. 
sg. of tarmchruthud) is a dative. For his ''don tarmchrutta" (which is as 
good Irish as -o) [j.z-.y.iioz'^ùzzo:; would be good "Greek') read [Liachtu 
in ta]rmchrutta 'lectio t?;; transformationis'. 

P. 7, erim [leg. érim] glan is rendered 'with pure wisdom'. It means 
'a pure course', and is one of the stupid chevilles which deform neo- 
celtic poetry. 

I . This is how the words stand in the ms. They should of course be Ré s'il dalach dôinc 
toided in ri remain. 



276 Bibliographie. 

P. 9, line 2, airecc nan aspul is rendered ' Occupations oftheapostles'. 
It means "Finding of the Apostles", scil. by Christ. The gen. sg. of 
airecc occurs infra p. 20 [sceU airicc na crochij, where by good luck it is 
rightiy rendered. 

P. 13, 1. i^, roforbair in cretem cristaide is rendered 'the Christian 
faith has been perfected". It means, of course, "the Christian belief has 
increased". 

P. 14, 1. 8, iarjaigîher is rendered 'itshallbe inquired'. It is a présent 
and means 'it is asked\ 

P. 15, antepenultimate line, dosfil is rendered 'there cornes". It 
means ' there is\ 

P. 16, line 7, an/a/^ is rendered 'they will stop'. It is the ^d sin- 
gularand means ' he will stay'. 

Line 20, domarfasa is rendered " I hâve seen ". It means 'has been 
shewn to me' \do-m-arjas-sa\ . 

P. 21, line 3, saigde is rendered ' temptations ' : it means 'arrows', 
and 'darts' and is a loan from sagitta. 

P. 22, line 25, Concis rendered 'allaying'. It means 'correction'. 

P. 2 3 , line 9, recles is rendered ' church '. It means ' a cell ' or a ' close ' 
and is a loan from rcclusum. 

P. 24, last line but two, marrath (leg. mdr-raîh)ïs rendered by 'great 
rewards'. It means 'great grâce'. 

P. 2$, line 17, decli is rendered 'raeet', but it is the irregular super- 
lative oï maith 'good' and means 'best'. 

P. 26, cellîdir dichill is rendered 'Aegis'. It has nothing to do with 
the shield of Zeus, but literally means 'covering of protection', and is 
hère applied, like lûrech (lorical and imchlod (root CLU claudere] to a 
religious poem invoking the protection of angels, saints etc. 

P. 27, line 2, rogab 'was' (G. C.^ 922) is rendered by " assumed 
sovereignty ». 

line 20, as mocean is written as mo cean and is actually rendered 
'Above my head'. It means 'it is welcome' : mocen is written mochen'm 
LU. 25 a. In a note at the foot of LB. p. 94, it is written mochinand 
rendered by the compiler of the Description of contents, p. 33, 'dear'. 

P. 29. Hère a note beginning Da chathair is in oirrher or erig in ecnai 
7 in gaisced i. e. 'twocities — lAthens and Rome.''i whencecame wisdom 
and valour' is explained by "Note on the advance of the two cities — 
Wisdom and Valour — from the east into Eriu or into Spain". 

P. 30,1. 13, micé flann is rendered ''upon the son ofFlann", It 
merely means 'I (mise) Flann" the name of the writer. The c in mice 



Bibliographie. 277 

hère stands for 5 as it does elsewhere in the Lebar Brecc, e. g. in the 
Félire, Jan. 23, where 'Cebrianus' is written for Severianus. 

Lines 36, 57, oc scribend na beathad-sa tis ' writing this Life below ' 
is printed oc scribend na beatlmd sa tir and rendered ' ' writing this Life 
in this country". 

P. :5i, line 12, a quatrain beginning a riboit ciwitchind chraesaig is 
rendered 0' Riboit', [?] common slave ofgluttony. It means "0 common 
gluttonous ribald ! " Compare the Breton Catholicon : Ribaut, g. c'est 
ribault qui va a autruy femme. 1. ribaldus. 

P. 52, line 10, airecur^is found'Msactually rendered " is ennobled'. 

— Line 27, ar-oeis 'for âge' istrisected thus, a ro eis, and rendered 
'From his great âge'. 

P. y^, line 8, no-iccfad 'that would cure' is rendered 'that willcure'. 
Like ignorance of theirish tensesisdisplayed in the same page, line 2], 
where ni anait mo beoil is rendered "my lips shall not cease". and in 
p. 34, where dogni "thou doest" is rendered 'is being done', and in 
p. 40, line 6, where légfus " who shall read " is rendered 'who reads'. 

P. 33, lastline. Hère a note giving the number of ihe quatrains in the 
Calendar of Oengus (36$ inthebody, 85 in the prologue, 141 in the 
épilogue, 591 in ail!, is actually explained as a " Summary of the 
number oï saints commemorated in the Felire of Oengus Celé \sic\ Dé". 

P. 34, line 9, aliacht lai dam ann 'its day's lesson to me there ' is 
rendered by " many days I spent there". 

Last line, a corrupt version of the lines ' einid na tairsit ôca dubthire 
dd glas fota ' beware that warriors corne not to the black lands of the 
two long streams' (see Cormac Transi, p. 69 s. v. Ende) is rendered 
sentimentally "Ene, so that the youth of thy country shall not return 
to their own green sod". 

P. 35, line 34, dremun 'madnesses' is rendered "allurements". 

Last line but two, men/c 'fréquent', 'often' is rendered 'incessant'. 

P. 36, line 10, doairchis 'spared'is rendered 'gave protection to '. 

— Line 5, cech 'every' is rendered 'very'. Probably a misprint. 

P. 37, line 7, ' Maoilaide Maria' is simply the Irish way of writing 
the English ' My Lady Maria'. 

— Line 9, dobuaidredar 'they disturbed' is rendered ' they modified'. 

— Line ^2,ferr-di 'the better' is rendered 'Good for'. 

P. 38, line 2, Anataile\s simply Anatolia \TnrSkr^ the Levant. 

— Line 9, ro-dhalbhach is hère rendered 'most deceitful', though dal- 
bach, p. 35, Hne 2, is rendered 'dull'. 

— Line 1 9, bet (leg. bét] is rendered ' deed '. It means ' fault', and pro- 



278 Bibliographie. 

bably cornes from 'besdo (^-S-iaixa, ^§6{(i)[aoç) as ûr ' malus' from root 
pu, Curtius Gr. E. No. 583, as the loan word pûdar 'harm', 'error' 
from the latin putor. 

P. î9, line 4, ada 'a. due' is rendered 'adrink'. 

Line 1 9, sLin ' haie ' ' sound ' is rendered ' compact'. 

But the most elaborate of ail the blunders is in p. 41. Every one 
knows the tradition that after the siège of Jérusalem Titus and Vespasian 
" said of the Jews they sold Christ for thirty pièces of silver : let us sell 
thirty of them for one denarius", and they did so' (See Cowper's Apo- 
cryphal Gospels, London, 1867, pp. 439, 445). In the lower margin of 
Lebar Brecc p. 266 there is the foUowing note referring to this tradi- 
tion : — ... indi impir .x. n-\ùdaidi .xx. dobertis er pingend in [I]eru- 
salem. Hoc tinntùd chunnartha Crwfho lûdus, that is "the two empe- 
rors used to give thirty Jews for a penny, inverting the bargain as to 
Christ fmadei by Judas". The compiler ofthe Contents reads and renders 
this easy passage thus : indi impir, deich niund fichit dobertis ér pingend, 
in [Ijerusalem, h-oc tintùd chunnartha Christ h-o lùdas " ... the two 
Emperors, thirty ' niund ' [unga", they used to give for a ' Pingend', in 
Jérusalem, in restitution of the covenant of Christ by Judas ". 

The incapacity to extend correctly the commonest contractions, which 
this passage évinces, is also exemplified in p. 12, where cuimnech 'mind- 
ful' is misread cuimnemech, and in p. 30, where cest {r=quaestio) is ac- 
tually read cacht, though the cognate cestnaigther 'quaeritur' occurs in 
almost every page. 

As a reward for pointing out the above blunders ithe list might easily 
be lengthened by Mr. Hennessy or any other scholar) 1 trust that the 
Royal Irish Academy will allow me to make two suggestions for their 
considération. First, that in the préface to the Book of Leinster and their 
subséquent lithographie publications, they will mention the places in ail 
mss. in which other copies of each pièce may be found, and, secondly, 
that, where any pièce lithographed hasbeenalready printed andtranslated, 
they will give the référence to the book, author and date. 1 should also 
like to recommend the active members of the Committee of publication 
and their employées to learnatleast the éléments ofthe middle Irish gram- 
marand vocabulary. But this would perhaps be unreasonable. Est modus 
in rehus. 

W.-S. 
Calcutta, Christmas, 1876. 



Bibliographie. 279 

Lives of the Irish Saints, with spécial Festivals and the Commé- 
morations of Holy Persons, compiled from Kalendars, Martyrologies 
and various sources, relating to the ancient Church of Ireland, by the 
Rev. John O'Hanlon, M. R. I. A. Vol. I, gr. in. 8odecLXxxvii-624p. 
Dublin, Duflry, 1876. 

L'hagiographie est une des parties les plus intéressantes des études 
irlandaises. Elle présente à la fois de grands missionnaires comme 
St Columba, St Colomban et tous ces Scoti vagantes qu'on rencontre en 
si grand nombre en France et en Allemagne aux viii^ et ix*" siècles, et 
des saints comme St Brendan autour desquels se sont groupées de poéti- 
ques légendes, souvenirs plus d'une fois des croyances pré-chrétiennes 
de l'Irlande. Tous les saints d'Irlande sont d'origine populaire, c'est-à- 
dire que leur sanctification, consacrée par la « voix du peuple » est anté- 
rieure à l'époque où les papes se sont réservé la prérogative de la 
canonisation. Si on a eu tort de prétendre que l'Irlande payenne ait été 
nommée par les anciens Insula Sacra, on ne peut contester que plus tard 
elle n'ait mérité le surnom d'Insula Sanctorum^ tant on y trouve de 
saints ! 

Dans une introduction de près de deux cents pages, M. O'H. passe en 
revue les sources manuscrites et imprimées de l'hagiographie irlandaise, 
vies anciennes des saints, martyrologes, recueils d'hymmes, de litanies, 
ouvrages d'histoire ecclésiastique indigènes et étrangères. L'archéologie, 
la topographie, de pieuses pratiques conservées jusqu'à ce jour aident 
aussi à localiser ou à dater des saints dont l'histoire se détache mal de la 
tradition. 

Quelques uns de ces saints sont même l'objet de légendes qui se 
racontent dans le peuple irlandais. « Quelques légendes conservées 
dans la tradition populaire, dit M. O'H., sont d'un caractère au plus 
haut degré ridicule et méprisable; elles ne sont pas seulement en con- 
tradiction avec le sens commun et avec les manifestations ordinaires 
de la divine providence quand elle accomplit des œuvres surnaturelles 
par l'intermédiaire de ses saints serviteurs ; elles sont aussi en désaccord 
avec les actes écrits de nos saints. Elles mêlent souvent les personnes, 
les lieux, les dates et les faits dans une confusion tellement inextricable 
qu'elles n'ont aucune valeur historique et ne peuvent accorder aucun 
secours à l'histoire. » il s'agit là des contes formés autour des noms et 
des légendes des saints, comme il en existe un peu dans tous les pays, 
comme ceux de Russie qu'a recueillis Afanasiev dans un recueil spécial. 
Nous ne pouvons reprocher à M. O'H. de n'en avoir fait qu'un très dis- 



28o Bibliographie. 

cret usage ; mais il serait désirable que ces légendes populaires trouvas- 
sent un collecteur pour qu'on pût les comparer à celles des autres pays. 
M. O'H. n'a guère demandé au présent d'autres renseignements que ceux 
d'ordre topographique et archéologique, quand par exemple le nom d'un 
saint attaché à un oratoire, ou à une croix, ou à une fontaine sacrée, 
atteste que le saint de ce nom a vécu en cet endroit. — Le merveilleux 
qui se rencontre dans la vie des saints irlandais, et celui surtout qui n'a 
que peu ou point de caractère chrétien, a du reste un grand intérêt au 
point de vue mythologique. Ce sont en effet des débris des croyances 
pré-chrétiennes de l'Irlande attachées aux saints de l'Irlande chrétienne 
par la foi populaire. On a déjà étudié à ce point de vue les vies des 
saints irlandais ' et cette mine réserve de précieuses découvertes. 

Ce point de vue — que nous indiquons pour montrer l'importance du 
sujet — n'est pas et ne pouvait être celui de M. l'abbé O'H. qui a voulu 
faire une œuvre d'histoire ecclésiastique et nationale. On en comprendra 
l'importance quand on saura que ce volume ne contient que les saints de 
Janvier, et on en appréciera la méthode érudite aux notes et aux réfé- 
rences qui au bas de chaque page donnent son autorité au texte. 

L'intérêt de cette œuvre n'est pas confiné à l'Irlande; il s'étend à 
toute l'Europe occidentale où l'on rencontre des Irlandais comme mis- 
sionnaires, comme moines et comme évêques ; ainsi nous trouvons dans 
ce volume St Chad, évêque de Londres, St Erard, missionnaire à Ratis- 
bonne, StFinan, évêque de Lindisfarme, St Furseus, abbé de Lagny, 
St Dichuil, abbé de Lure, etc. L'introduction seule où M. O'H. traite 
des sources de l'hagiographie irlandaise est une importante contribution 
à la connaissance de l'histoire et de la littérature de l'ancienne Irlande. 
Nous souhaitons que la vie et la santé ne manquent pas à M. l'abbé 
O'Hanlon pour continuer cette grande entreprise, qui, achevée, mettra 
son nom à côté de ceux des grands érudits irlandais du xv!!*" siècle, des 

Colgan et des O'Clery. 

H. G. 



John Rhys, Lectures on Welsh Philology. London, Trùbner, 1877, 
petit in-8", xii-4^8 pages. Prix : 10 sh. 6 d. (1 3 fr. 1 5). 

Nous sommes heureux d'annoncer ce savant ouvrage de notre zélé 
collaborateur M. Rhys, dont les lecteurs de la Revue celtique ont déjà 
constaté tant de fois la science et la perspicacité. Dans ce volume il nous 

1. J. W. Wolf, Irische und Schottische Heiligenkben, dans le t. I. de la Zeitschrift 
fur Deutsche Mythologie (Gœttingue 1853). Ces études n'ont malheureusement pas été 
continuées. 



Bibliographie. 281 

donne, revues et remaniées, sept leçons faites par lui au collège 
d'Aberystwyth ' en 1874. Ces leçons ont les objets suivants : 1" idées 
générales sur la linguistique, classification des langues celtiques; 2" con- 
sonnes galloises; V' voyelles galloises ; 4" esquisse d'une histoire du gal- 
lois; $" histoire de l'alphabet latin chez les Gallois; 6" inscriptions 
oghamiques, 7" essai d'une histoire de l'alphabet oghamique. Suit un 
appendice divisé en trois parties : 1" étude sur les plus anciennes inscrip- 
tions chrétiennes de la Grande-Bretagne, 2" recherches sur le sens des 
mots maccu, macoi, maqui, macwy, 3" examen de quelques noms de mé- 
taux et d'objets métalliques en gallois. Des corrections et un ample index 
terminent ce beau recueil. 

Des leçons comme celles dont il s'agit, étant destinées à vulgariser des 
faits déjà connus dans le monde savant, ont en général plutôt le mérite 
de l'exactitude ou de la clarté, que celui de la nouveauté. Cependant ici 
l'esprit original de l'auteur s'est fait jour souvent par d'intéressants 
aperçus, qui sont toujours instructifs quoique sur quelques points j'aie 
des objections à présenter. Ainsi, à la page 1 5 1, M. R. considère comme 
démontré que les mots gallois cardod, ciwdod, pont., viennent des accu- 
satifs latins caritaîem, civitaîem, pontem, et tranche ainsi la question de 
savoir si une partie des noms imparisyllabiques de la troisième déclinai- 
son du latin classique n'avait pas en latin vulgaire le même nombre de 
syllabes au nominatif qu'à l'accusatif. Le français du moyen âge a en 
général conservé la distinction du cas sujet et du cas régime : or le texte 
du xie siècle du Saint-Alexis nous offre les nominatifs singuliers citet = 
ciwdod, amfermetet, pietet^. On trouve de même citet au cas sujet dans la 
Chanson de Roland, vers 917, xii" siècle. Or ces formes remontent aune 
date plus ancienne que le Saint-Alexis et que la Chanson de Roland. 
Ainsi M. Arsène Darmesteter a signalé le nominatif singulier locotenentes 
pour locum tenens dans un texte thalmudique qui est au plus tard du 
vir siècle 5. Au milieu du vr siècle on lit le nominatif singulier heredes 
pour hères dans un papyrus de Ravenne4. Il est inutile que je renvoie 
aux exemples analogues que j'ai réunis dans mon traité De la déclinaison 
latine en Gaule à l'époque mérovingienne, p. 76-88; mais je puis citer ici 
les nominatifs gaulois Namausatis de l'inscription de Vaison s, Betarratis 
et Lixoviatis des monnaies*^, qui en latin classique auraient été Namausas, 

1. Aberystwyth est une petite ville du pays de Galles au comté de Cardigan. 

2. Gaston Paris, la Vie de Saint Alexis, p. 113. 

3. Romania, I, gS- 

4. Schuchardt, Vokalismus des Vulgaerlateins, l. 3^. 

5. Beitr., 111, 162. 

6. Revue celtique, I, 293, 296; II, 100. 



282 Bibliographie. 

Betarras, Lixovias '. Donc un certain nombre de noms, qui dans le latin 
classique avaient au nominatif singulier une syllabe de moins qu'aux 
autres cas, avaient en latin vulgaire le même nombre de syllabes au 
nominatif singulier qu'aux autres cas, et il y aurait sur ce point entre le 
latin vulgaire et le gaulois un certain accord. Le gallois ciwdod, comme le 
moyen breton qaeudet et comme le nominatif singulier vieux français citet, 
vient du nominatif bas-latin civitatis ou civeîate : on ne doit pas le rat- 
tacher à un accusatif. 

M. Rhys prétend aussi, p. 152, que quelques mots gallois d'origine 
celtique sont des accusatifs : il les compare à des accusatifs irlandais. 
Mais est-il bien certain que hrcuan « meule de moulin » ne soit pas un 
dérivé de hreou, conservé en breton, et que le vocabulaire comique nous 
offre sous la forme breo (Gr. C.^ p. 1080)? Mon opinion sur ce point 
est celle de la Gr. C.^, p. 822-823. Ainsi dans le gallois breuan. c'est 
breu- qui représente l'irlandais brôo, ace. brôinn-n : an est un suffixe. 
Quant aux mots gallois ewin « ongle » et mis « mois », dont les équiva- 
lents irlandais sont des thèmes consonantiques, ils paraissent être des 
thèmes en / puisqu'ils font leur pluriel en oedd : ewinoedd, misoedd; c'est 
une doctrine personnelle à M. Rhys [Rev.celt., II, 1291, et elle me paraît 
très-vraisemblable : ewin =1 ' anvinis, mis = *mîsis sont des nominatifs. 

Il me semble bien difficile d'admettre (p. 371) que l'irlandais cruimther 
« prêtre « ', vienne du latin pr^/'//or. Prsbiîor appartient à la langue de 
Cicéron (De officiis, XV, 53), mais n'a jamais signifié « prêtre », même 
dans le passage d'Evrard de Béthune (xiii'" sièclei, auquel M. R. renvoie, 
p. 571. La variante crubthir que cite M. R. nous autorise à admettre que 
cruimther est la forme irlandaise du latin presbyter, et à ajouter ce 
mot aux quelques exemples connus de c irlandais tenant lieu du p latin 
dans des mots d'emprunt, exemples si anciens suivant l'observation de 
M. Windisch, Beitr., t. VIII, p. 17. 

Le point principal de désaccord entre M. R. et moi porte sur la 
question de savoir si les inscriptions oghamiques du pays de Galles sont 
d'origine galloise comme M. R. le soutient, ou si elles sont d'origine 
irlandaise comme on l'a cru généralement jusqu'ici et comme je l'admets 
encore. La domination irlandaise dans le pays de Galles et dans certaines 
contrées voisines, à l'époque dont datent les inscriptions oghamiques de la 
Grande-Bretagne, n'est pas une invention des linguistes : elle est attestée 
par un des rares textes que nous possédons sur l'histoire de la Grande- 



1. Corssen, Ueber Aussprache, 2' édition, t. U, p. $98. 

2. Whitley Stokes, Three Irish Glossaries, p. 9. 



Bibliographie. 28:; 

Bretagne au v- siècle de notre ère. Ce texte est un passage du Glossaire 
de Cormac. On y voit qu'à l'époque de la mission de saint Patrice, 
mort en 400, et même un certain temps après saint Patrice, les Gaidals 
ou Scots, c'est-à-dire les Irlandais, avaient une grande puissance sur les 
Bretons, que cette puissance s'étendait bien au sud de l'Ecosse, puisque 
les Gaidals possédaient Glastenbury sur le canal de Bristol, dans le comté 
de Somerset 2. Rien donc d'étrangeà ce qu'on leur attribue les inscriptions 
oghamiques du pays de Galles. On sait que le caractère phonétique le 
plus curieux de ces inscriptions est le maintien du qu là où le gaulois, le 
gallois, le breton et la langue des Pietés ' s'accordent pour lui substituer 
\e p. Or M. Hubner a établi qu'une des inscriptions oghamiques, où ce qu 
caractéristique est maintenu, date du vu" ou du viw^ siècle ; c'est le n" 1 08 
de son recueil 4, le n" 68 de M. Rhys; d'autres qu = p datent du vi^ou 
du vue siècle; ils se trouvent dans les n'" 24 et 88 de M. Hubner, qui 
correspondent aux n" 81 et 51 de M. Rhys. Comment concilier ces dates 
avec ce fait incontestable que les Bretons, émigrés en Gaule de 450 à 
550 environ, y ont porté \e p ^= qu ? 

On sait qu'une expédition de Riothime, roi des Bretons en Gaule, date 
de 468 ; une émigration des Bretons de l'île sur le continent en 5 1 3 est 
notée par plusieurs chroniques s ; enfin Procope, mort vers 565, men- 



1. Whitley Stokes, Three Irish Glossaries, p. 29-50, traduit dans la préface, p. xLviii- 
xLix. Je crois que dans cette dernière traduction M. W. St. aurait dû rendre par Créât 
Britain et non par Scotlani l'irlandais Alba, thème a/ban-, identique, suivant moi, au 
greco-latin Albion dont le sens ancien n'était pas le sens moderne. 

2. Au temps de Bède, première moitié du viu'^ siècle, la puissance des Scots ou Irlan- 
dais en Grande-Bretagne avait pour limite la Clyde qui est encore aujourd'hui la limite 
du gaélique. Bède, Historia ecclesiastica, 1. 1, c. Xll, dans Migne, Patrologia latina, 
t. 95, col. 38-39; cf. Revue celtique., t. II, p. 181. 

3. In loco qui sermone Ptctonum Pean-fahel... dicitur. Bède, Historia ecclesiastica, 
1. I, c. 12, ap. Migne, Patrologia latina, t. 9s, coi. 40. Cf. Stokes dans les Beitr., t. V, 
p. 306. fL'inscription au sujet de laquelle M. Stokes cite ce mot curieux, forme le 
n* 212 ae Hubner et est restée en dehors du recueil de M. Rhys). Pean-fahel était 
l'extrémité occidentale du valtum construit par les Romains pour séparer la partie méri- 
dionale de la Grande-Bretagne, conquise par eux, de la partie septentrionale restée indé- 
pendante. Pean fahel serait en breton moderne pen-gwal « bout de la palissade » : gwal 
qui manque dans le Dictionnaire breton-français de Le Gonidec, se trouve dans le 
D/cf/onnaire de Grégoire de Rostrenen, i'" édition, p. 781, col. 2. Bède qui nous a 
transmis le moi picte, naquit en 675 et mourut en 735. L'équivalent du picte pean, 
dans les inscriptions chrétiennes de la Grande-Bretagne que nous croyons irlandaises et 
que M. Rhys croit celtiques, est quena au n" 3 de M. Hubner, 94 de M. Rhys, quen au 
n" 91 de M. Hubner, 49 de M. Rhys. Ces deux numéros datent du vi" ou du vu" siècle: 
ils sont par conséquent antérieurs à Bède. Mais le qu égal au p du picte pean se trouve 
dans le maqui oghamique de l'inscription n" 108 de M. Hubner, 68 de M. Rhys qui, 
datant du vu* ou du viii" siècle, paraît contemporaine de Bède et par conséquent du 
pean picte. 

4. Inscriptiones Britanniae christianae, p. xxi. Cf. Rhys, p. 403. 

5. De Courson, Histoire des peuples bretons, t. I, p. 219, 220, 241. Cart. de Redon, 

p. IX. 



284 lùbliographie. 

lionne l'émigration continue des Bretons de l'île sur le continent comme 

un fait contemporain de l'époque où il tenait la plume : 

BpiTTÎav oï ty;v vf^-jov ËOvr, zcA'javOpwTCÔTaTa v/cjgi.... 'Afi-iXot ts xal 
^'pîcaovîç Y.x\ 01 TY) vy;(7w cij.wvj[j.oi Bpî'TwvcÇ. TosaÛTY) ce Y) TwvSe TWV 
£6vô)v TCoX'javOsioTTÎï çaivîTai ojca uxjTe àvà zav Itoç xzTà zoaXoùç 
£vôsv$£ [j.sTav'.dTxy.svc. çjv Y'JvaiÇi x.ai za'.^iv èç ^Ppivy.ouç )jo)co!3a'.v '. 

Ainsi entre les années 450 et 550, les Bretons venus de l'île en Gaule, 
y ont apporté le p = qii; et le (ju = /? existait dans l'ile au vii<^ siècle : 
évidemment, il y existait par l'action d'une race étrangère à la race émi- 
grée sur le continent : c'est d'autant plus clair qu'avant l'entrée de cette 
race étrangère dans l'île, le ^u — p y était inconnu. La première appa- 
rition des Scots dans Phistoire de la Grande-Bretagne date de ^68 et 
leur grande puissance paraît avoir commencé en l'an 410, où cette île 
fut abandonnée par les Romains ^ : or les plus anciennes inscriptions 
oghamiques de la Grande-Bretagne se placent entre l'année 450 et 
l'année 600 : parmi elles se trouve le n" 106 de M. Hùbner qui est le 
n-' 70 de M. Rhys, avec qu ^= p : la date de ce monument, comme celle 
des monuments analogues un peu plus récents, concorde parfaitement 
avec ce que l'histoire nous apprend de l'époque à laquelle appartient la 
domination irlandaise dans la région occidentale de la Grande-Bretagne, 
il n'y a historiquement aucune nécessité d'attribuer aux Gallois ces mo- 
numents que la linguistique leur refuse >. 

Malgré ce désaccord je ne puis que recommander vivement le travail 
de M. Rhys sur les inscriptions chrétiennes de la Grande-Bretagne 
(p. 379-41 5). Trois de ces inscriptions sont restées inconnues à M. Hùb- 
ner : ce sont les n'" 50 ip. 3981, 77 et 78 fp. 4081 : enfin, l'étude lin- 
guistique qui manque complètement dans le volume mis au jour par le 
savant allemand, fait du travail de M. Rhys le complément nécessaire de 
celui qui a été publié à Berlin. Nous conseillons à M. Rhys de donner 
dans sa prochaine édition une concordance de ses numéros avec ceux de 
M. Hùbner dont la publicationconservera toujours au point de vue paléo- 
graphique la supériorité et au livre duquel il sera nécessaire de se 
reporter toutes les fois qu'on voudra discuter une date. Au sujet de la 
forme jacii pour jacef, si fréquente en Grande-Bretagne tp. 584), il 
pourra aussi faire observer qu'on lit jacit dans deux inscriptions chré- 



1. Procope, De bello Gothico, IV, 20, ap. D. Bouquet, t. II, p. 42. 

2. Th. Wright, The Celt, the Roman and the Saxon, y édit., p. 441, 451. 

3 . Les deux inscriptions chrétiennes où paraissent des noms de peuples bretons : Ordous 
= Ordovix (iij de Hùbner, 28 de Rhys), Venedotis (ijj de Hùbner, 14 de Rhys) ne 
contiennent pas de caractères oghamiques. 



Bibliographie. 285 

tiennes de Rome, l'une de 396 ■, l'autre de 530 ^ et dans des inscriptions 
chrétiennes de la Gaule 5. 

Dans la notice sur les métaux (p. 420), nous sommes étonnés que le 
savant auteur n'ait pas cité l'ancien nom irlandais de l'argent dm con- 
servé par le glossaire de Cormac-^. 

J'espère que ces critiques multipliées seront considérées comme une 
preuve du haut intérêt que présente à mes yeux l'ouvrage du savant pro- 
fesseur gallois. 

H. d'ArBOIS de JUBAINVILLE. 

Middle Breton Hours edited with a translation and glossarial index 
by Whitley Stokes. i vol. in-8" de 102 pages. Calcutta, 1876. Se 
vend à Paris, chez Vieweg, librairie Franck, 76, rue Richelieu. 

Dans ce volume sont réunis : les passages bretons contenus dans un 
livre d'heures imprimé en 1524 et qui appartient à M. Pol de Coucy, 
des extraits bretons : 1° du missel de Léon, 1 526, 2" du catéchisme de 
Gilles de Kerampuil, curé de Cleden-Poher (Finistère), 1 576. 

Les savants linguistes qui ont fait conquérir aux études celtiques la 
place qu'elles occupent aujourd'hui dans la grammaire comparée des 
langues indo-européennes^ ont jusqu'ici un peu négligé le breton conti- 
nental, et ont donné pour diverses raisons la préférence à l'irlandais et 
au gallois. C'est donc une bonne fortune pour nous que de voir ce 
dialecte étudié par l'homme qui aujourd'hui connaît le mieux le vocabu- 
laire des langues néo-celtiques. En comparant avec le Dictionnaire si 
estimable de dom Lepelletier (1752) le glossaire par lequel M. W. St. a 
terminé l'ouvrage que nous annonçons, on verra quel progrès la science 
a fait depuis un siècle. Nous signalerons principalement les articles con- 
sacrés à chaque lettre : dans ces articles les lois principales de la pho- 
nétique bretonne sont déterminées avec autant de science que de 
précision : en prenant pour base de son exposition la prononciation 
actuelle, tandis que Zeuss a pris pour point de départ les lettres celti- 
ques primitives , l'auteur jette une lumière nouvelle sur un sujet aussi 
mal connu que peu étudié par la plupart de ceux qui en parlent. 

Sur le système suivi dans l'ensemble de ce travail je n'ai qu'un regret 
à exprimer. Pour un certain nombre de lecteurs il faudrait peut-être 
quelques développements de plus. Prenons comme exemple 1'^ breton. 

1. Rossi, Inscriptiones christianae urbis Romae, t. 1, p. 189, n» 435. 

2. Ibid., p. 227, n" 5}}. 

5. Le Blant, t. 1, p. 342, n- 23J ; p. 489, n" 35) ; p. 485. n" 359; t. Il, p. 92, 
n° 422(1. 
4. Whitley Stokes, Three liish Glossaries. p. XLVII, 12. 



286 Bibliographie. 

M. W. St. cite quelques mots dans lesquels cet a est primitif. Le pre- 
mier est bran « corbeau » ; il aurait été à propos de renvoyer à la Gr. C.^, 
p. jî-54, où ce mot néo-celtique, à la fois breton et irlandais, est rap- 
proché du vieux slave vranu et du lituanien varnas (cf. Fick î, II, 770). 
Vient ensuite dazrou « larmes » : si on ne rappelle pas la vieille forme 
dacr des gloses de l'Eutychius d'O.xford Gr. C, p. 1054) on ne 
peut comprendre le rapprochement de dazrou avec le grec cây.pu et avec 
le V. -h. allemand ztî/utr (Gr. C.^, p. 37, 149. Cf. Curtius, Gr. Et., 
4'-' éd., p. 1 33). Même observation pour le mot hat « semence » : il faut 
savoir que Vh initial tient lieu d'un s primitif et rapprocher le latin satus, 
le v.-h. allemand saino, autrement on ne comprend pas pourquoi M. W. 
St. dit que dans liad Va est primitif, etc. Tout ceci nous fait sortir de 
l'horizon de Lepelletier, 1752, horizon étroit quand le savant béné- 
dictin se borne à étudier les dialectes néo-celtiques contemporains, 
horizon imaginaire quand il se lance dans des étymologies hébraïques. 

La science de M. W. St, est trop connue des lecteurs de la Revue, 
pour qu'il soit utile de leur faire l'éloge de son travail : il sera plus 
profitable de leur soumettre quelques critiques. Ainsi je ne considère pas 
comme prouvé que l'a de ganeî « né » soit primitif. La racine gan s'écrit 
avec un a en sanscrit, mais elle a perdu son a et l'a changé en e dans 
la plupart des mots qu'elle a fournis aux langues de l'Europe, l'armori- 
cain ganet., le gallois ganedig^ l'un de genel, l'autre de genu, d'une racine 
GEN qui se trouve en ancien irlandais (Curtius 4, p. 174) et en gaulois 
peuvent être difficilement séparés du grec ycVY)tcç et du latin geniîus : 
e celtique est devenu a devant n dans ce participe comme dans le breton 
cant « cent «, en irlandais cet = cent, comparez le hxmcentum {Gr. C, 
p. 32:); comme dans le breton tan « feu », en vieil irlandais tened- 
[Gr. C.\ p. 87, 256, 7901, etc. 

Il est suivant moi peu admissible que l'armoricain bez a tombe » = 
bed soit le même mot que le gothique badi « lit. » Bez provient de la 
racine bhadh, qui a donné le grec [ixOJ; « profond », \Q\3X\r\fodio,fossa 
= bhadh-ta, le breton beuzi « submerger « = bâdi-mon, etc. Quant au 
gothique badi « lit «^ nom de l'espèce de botte de paille ou de foin sur 
laquelle couchaient les ancêtres des Allemands, il paraît venir de la 
racine bhandh « lier. « 

Le vieux gallois betid « baptême » = baîia, qui est constaté dès le 
viii« ou le w" siècle et d'où vient le breton armoricain actuel badez, n'est 
pas un mot d'origine celtique, comme l'ont supposé MM. Stokes et Win- 
disch : il vient simplement du bas-latin 'batisare, *batiare, d'où le fran- 
çais batesme, batisier, xi"-' siècle (G. Paris, La vie de Saint Alexis, p. 1401. 



Bibliographie. 287 

bateier, xir' siècle (Fr. Michel, Chronique des ducs de Normandie, t. III, 
p. 7741 : la racine bhat que propose M. Stokes est imaginaire, et, quant 
au rapprochement que M. Windisch tente avec le gallois hodi, aujour- 
d'hui boddi a submerger », il ne peut être accepté puisque les dentales 
ne sont pas les mêmes, que badez exige après Va un / primitif, que boddi 
veut après \'o un d primitif. 

Nous relèverons pour finir une faute d'impression que M. W. St. a 
empruntée à l'édition, si utile d'ailleurs, du Cdir/;o//cûn, donnée par M. Le 
Men. Au lieu de bron « moulin », il faut lire brou, comme le prouvent 
1° la forme moderne breou, breo (Legonidec, Grégoire de Rostrenen, 
Lepelletier , 2° le composé breu-lim, breo-lim « meule à aiguiser » ; 3" 
l'orthographe du vocabulaire comique où on lit brou {Gr. C.^, p. 1080). 

La traduction, généralement excellente, ne contient qu'un tout petit 
nombre d'erreurs qu'il est inutile de relever ici. J'ai insisté sur le glossaire 
que je voudrais voir servir de modèle à tous les savants qui à l'avenir 
publieront des textes bretons. 

H. d'Arbois de Jubainville. 

Ueberlieferung und Sprache der Chanson du Voyage de 
Charlemagne à Jérusalem et à Constantinople : Eine kritische 
Untersuchung von D'' Eduard Koschv^'itz (Heilbronn am Neckar, 
1876J. — Prix : 4 fr. 

This little book consists of two chapters, the second of which is devo- 
ted to peculiarities of the language of the chanson : it takes up by far 
the greater part of the space the author has allowed himself. The other 
which forms an introduction to it deals very briefly with the différent 
versions and the classification of the manuscripts. It is with the quota- 
tions from the Welsh translation in this chapter that we are hère concer- 
ned. At the end of the Welsh version of the legend which is contained 
in the Red Book of Hergest in the library of Jésus Collège, Oxford, we 
read : « Thus far the story which Reinallt, king of the Isles, commanded 
a good scholar to translate from Romance into Latin » — the Reinallt 
hère mentioned must be the same person who is better known as 
Ronald. But we hâve no information as to who translated it into Welsh : 
as we find it, it is in Mediaeval Welsh prose and the language is in 
many respects philologically interesting , though seldom difficult , 
and D' Koschwitz shows that he correctly understands it as far as 
he deals with it; but his mention, p. 4, oillyîhu in préférence to llethu 
is unwarranted, the word in the text and the word required being 
llethu, the meaning of which is much stronger than Pughe has led him 



288 Bibliographie. 

10 believe ; — Hdhu may be rendered to weigh down, oppress, over- 
power, crush. But though D' K.oschvvitz appears to understand the 
Welsh version, he cannot be congratulaled on the correctness of his prin- 
led extracts, for they contain many inaccuracies due apparently in most 
instances to the printer. Among the worst may be mentioned the follo- 
wing : wyr for wybyr, p. 8; odiavc for odidavc and edrych for adrych, i. 
e. adrycli, p. 9; ar byrder ïor ar vyrder and nessur for uessur p. lo; yevrart 
for eirarîi. e. Ebrard [y is the Welsh préposition) p. 12; aphadwy tynnei 
for apimdu y tynnei, i. e. a plia du y tynnei, p. 14; yny bvyf ior yny vvyf, 
i, e. yn y vwyf, and aruodunt for arnadunt, p. 16. It is right to say that I 
hâve not been able to collate the extracts with the original manuscript at 
Jésus Collège; so I haveused a copy made by me some years ago for prof. 
C. Hofmann of Munich, Nvho has it in print though not yet published as 
far as 1 know : the copy has been coUated with the original since by 
my friend Mr. Llywarch Reynolds of Merthyr Tydvil, and lastly I hâve 
examined his corrections with the aid of the original manuscript. So I 
am inclined to think that my copy as it now stands is tolerably correct. 

John Rhys.' 
Rhyl, Feb. 3, 1877. 



The Aryan Orjgin of the Gaelic Race and Language, by the very 
Rev. Ulick J. Bourke, M. R. I. A., etc., 2'^ éd. viii-512 p. petit 
in-8°. London, Longmans, 1876. — Prix : 9 fr. 50. 

Nous avons déjà eu occasion de signaler les efforts d'un des plus fer- 
mes champions de la langue irlandaise en Irlande, M. l'abbé Ulick 
J. Bourke, directeur du petit séminaire de Tuam (cf. t. II, p. 148). Le 
peuple irlandais désapprend tous les jours sa vieille langue, et M. B., 
dans ce nouveau livre, nous révèle les plus tristes et les plus étranges 
exemples du complet dédain de ce qui est le symbole le plus vivant de 
la nationalité. En ce qui concerne la grande région occidentale tradition- 
nellement appelée le Connaught et qui a été de tout temps le centre de 
la langue et de la nationalité irlandaise, deux comtés seulement, ceux de 
Mayo et de Galway ne sont pas entièrement envahis par la langue 
anglaise; l'irlandais y est parlé par les neuf dixièmes de la population 
rurale; mais là encore la classe moyenne ne le parle plus, quand elle le 
parlait il y a trente ans. Les gens du peuple qui parlent irlandais entre 
eux affectent de ne pas le comprendre quand ils sont interpellés par 
quelqu'un qui n'est pas de leur condition, même quand c'est un prêtre 
patriote comme M. B. : « Oh! 1 know how to speak English, your 



Bibliographie. 289 

Révérence; 1 am noi so ignorant as you seem to think me to be. » Telle 
est la réponse que s'est attirée un jour M. B. (p. 73). 

C'est pour combattre ces tendances et ce dédain de la langue irlandaise, 
qui de la classe moyenne gagne le peuple, que M. B. a écrit ce livre sur 
l'origine aryenne de la langue irlandaise. Comme on voit par le titre, il 
n'y a là rien de nouveau pour les savants du continent : cet ouvrage est 
destiné à inspirer aux Irlandais l'estime de leur langue et de leurs tra- 
ditions nationales : il montre l'origine aryenne de l'irlandais, sa parenté 
avec le sanscrit et les autres langues indo-européennes, son importance 
philologique, la richesse et l'ancienneté de sa littérature, etc. Par la 
chaleur communicative de son style, il est propre à réveiller le patriotisme 
des tièdes, surtout dans le clergé catholique qui seul peut quelque chose 
pour conserver la langue irlandaise. — Nous ne partageons pas l'opinion 
de M. B. sur plusieurs points et notamment sur des questions où l'en- 
thousiasme de l'écrivain irlandais se donne souvent libre carrière, notam- 
ment le caractère indigène de l'entre-lacs et l'origine payenne des Tours 
Rondes ; mais la place ne nous permet pas de discuter ici ces questions. 

H. G. 

Anciens évêchés de Bretagne, histoire et monuments, parJ. Geslin 
DE Bourgogne et a. de Barthélémy. 1855-1864, 4 volumes in-8". 

On annonce le prochain achèvement de cette savante publication qui 
n'est pas assez connue des celtistes. Je sais trop mal l'histoire de Bre- 
tagne pour discuter les doctrines historiques des auteurs, mais je suis 
étonné de n'avoir jamais vu citer par les linguistes les nombreuses 
chartes que cet ouvrage contient. Pour l'étude du breton armoricain 
antérieur à sainte Nonne, on s'est jusqu'à présent contenté de D. Morice 
et du Cartulaire de Redon. On ignore qu'il y a dans l'ouvrage de MM. G. 
de B. et A. de B. environ mille chartes publiées d'après des originaux 
du xii^ au xv'= siècle et généralement d'une façon beaucoup plus exacte 
que ne l'avaient fait soit l'auteur de l'Histoire de Bretagne, soit le laborieux 
éditeur du Cartulaire de Redon. Je signalerai surtout comme d'une impor- 
tance fondamentale les 398 chartes de l'abbaye de Beauport, analysées 
en petit nombre, publiées in extenso pour la plupart, d'après les originaux 
des archives des Côtes-du-Nord. J'ai pu les collationner à la préfecture 
de Saint-Brieuc lors de la mission en Bretagne que j'ai eue du ministre 
de l'instruction publique en 1872, et j'ai trouvé très-peu de corrections 
à inscrire sur les marges de mon exemplaire. 

Entre autres faits intéressants je citerai kaier, forme du moderne ker 
dans des chartes de 1202 et 1244 '^- ^V, p. 17, i i6i, l'adjectif /'«naz/ec 

Rev. Celt. III 20 



290 Bibliographie. 

(aujourd'hui balanek) en 1 2 50 (p. 88), le surnom de « le kadre » (aujour- 
d'hui kaer) «beau « en 1251 (p. 91), le substantif co/7 (aujourd'hui ito^f) 
« bois n en 1245 et en 1247 (p. 120, 128). On disait déjà nevez en 
1248, au lieu de novid, en gaulois novios « nouveau » fp. 129), coz 
« vieux » en 1259 (p. 1 5 3), baelec « prêtre » en 1 160 (p. 147), coffec 
« ventru » en 1263 (p. 165), marec « cavalier » en 1264 (p. 169). 

Comme exemple des quelques fautes d'impression que j'ai remarquées 
je signalerai, p. 114, dans une charte de 1242, Pol-bleiz « trou de 
loup » qui a été imprimé Polhreiz avec un r au lieu à'I. Mais les auteurs 
ont eu la sagesse de conserver le k barré de kanec, aujourd'hui kreac'h 
u montée » 'p. 185). J'ai vu d'autres écrivains traduire ce k barré par 
ker parce que tel est l'usage moderne ; comparez à kanec le kanovenn 
(aujourd'hui ^r(20ue/î/z) « noix, « du Catholicon. 

L'étude de documents comme ceux qu'ont publiés MM. G. de B. et 
A. de B. peut faire faire de grands progrès à l'histoire du breton armoricain. 

H. d'ARBOIS de JUBAINVILLE. 

LucKE. Grammaire des dialectes celtiques dans ses rapports avec la 
langue française, in-4% 21p., dans le Jahresbericht du Gymnase de Schleswig 
pour Pâques 1876. — Ce travail malgré son titre ne concerne guère que le 
breton de France et le gallois. L'auteur dit qu'il a été forcé de retrancher une 
partie faute de place. En effet, après avoir parlé de la phonétique, de l'article, 
du nom, du nom de nombre, du pronom et de l'adjectif, il s'arrête au moment 
d'entamer le verbe. On doit louer M. L. d'avoir réussi à écrire dans un français 
aussi pur, de donner à ses lecteurs des notions généralement aussi exactes avec 
autant de brièveté et de clarté. Mais il y a peu de choses nouvelles dans ce 
travail, sauf des doctrines bazardées qui tiennent à ce que l'auteur n'a pas de 
son sujet une connaissance suffisamment approfondie. Par exemple : l'adjectif 
breton ne s'accorde pas avec le nom auquel il se rapporte, le même phénomène 
se produit en anglais. M. L. en conclut que la grammaire anglaise a subi une 
influence celtique : il a négligé de s'enquérir si la suppression des désinences 
casuelles appartenait dans les langues celtiques à la période celtique proprement 
dite ou à la période néo-celtique. Une dissertation bien étudiée sur un point 
de grammaire déterminé aurait été plus profitable à la science qu'une accumula- 
tion d'observations superficielles. 

H. d'Arboi? de Jub.\inville. 

Nous avons en outre reçu les publications suivantes : 
W.-H. Patterson. On some ancient sepulchral Slabs in the 
Counties of Dcwn, Antrim and Donegal, 4 p. in-8° avec 2 pi. Dublin, 
1876. Résumé d'une communication faite à l'Académie d'Irlande par M. P. Les 
dalles funéraires dont elle traite sont remarquables par des croix gravées en 
creux et diversement ornées. 



Bibliographie. 291 

P. Levot. Daoalas et son abbaye, 78 p. in-8% i pi. Brest, Lefour- 
nier, 1876. Monographie détaillée d'une des importantes abbayes de l'ancienne 
Bretagne. 

Th. Kersl.\ke. a primaeval British Metropolis, -with some 
notes on the ancient Topography of the South-"Western Penin- 
sula of Britain, 108 p. in-8\ Bristol, Kerslake, 1877. Le manque de com- 
pétence nous interdit d'apprécier ce travail, nous nous bornons à le recom- 
mander aux savants qui s'occupent de la géographie de la Grande-Bretagne dans 
les premiers temps de l'introduction du christianisme. 

Congrès archéologique de France, xlij« session; séances générales 
tenues à Chàlons-sur-Marne en 187^, par la Société française d'archéologie pour 
la conservation et la description des monuments, in-8° de xlviij-502 p. Tours 
et Paris, 1876. — Ce volume ne contient qu'un article rentrant dans notre 
cadre; c'est (p. 86-1 16) le mémoire de M. Morel sur les fouilles du cimetière 
gaulois de Somme-Bionne (Marne) (Gaulois sur son char et objets étrusques). 
— Nous lisons à la p. 20 l'étrange note que voici : « M. Lebeuf, ancien habitant 
du département, envoie d'Avranches une caisse d'objets antiques recueillis dans 
la Marne: une brique trouvée au Mont-Aimé, portant l'inscription TAPRONIA, 
U divers autres objets Gaulois avec des inscriptions en caractïres inconnus, etc. » 

Que penser de cette assertion ? Si elle est exacte, les directeurs de la Société 
française doivent à la science ces « inscriptions en caractères inconnus, n Ce 
sont des inscriptions d'abord dédaignées qui nous transmettent les rares débris 
du gaulois. 11 serait à désirer que M. Palustre, directeur de la Société française 
d'archéologie, voulût bien étudier cette question. 

Nous sommes forcés d'ajourner au prochain numéro le compte-rendu des 
ouvrages suivants : 

Les premiers habitants de l'Europe d'après les auteurs de l'antiquité et les recherches 
les plus récentes de la linguistique, par M. d'Arbois de Jubainville, correspondant 
de l'Institut, in-8° de x-5^0 p. Paris, Dumoulin. — Le nom de l'auteur suffit 
du reste à recommander ce livre à nos lecteurs. 

Bonifacius, der Apostel der Dcutschen und die Romanisirung von Mittelcuropa 
von A. Werner, in-S" de 466 p. Leipzig, Weigel. 

The Language and Litcrature of the Scottish Highlands, by J.-B. Blackie, in-8'' 
de xi-531 p. Edinburgh, Edmonston and Douglas. 

Wald und Feldkulte, Zweiter Theil, von W. Mannhardt, in-S" de xL-359 p. 
Berlin, Borntrsger. — Tome II de l'ouvrage précédemment annoncé p. 1 20. 

Three Middle-Irish Homilies or the lives oj Saints Patrick^ Brigit and Columba. 
Edited by Whitley Stokes, in-8° de xii-140 p. Calcutta. 

Ueber Druidismus in Norikum, von Franz Ferk, in-S" de ^0 p. Graz, Leuschncr 
und Lubensky. 

Der Rhein und der Strom der Kultur in Kelten-und-Ramerzeit, von D' C. Mehiis, 
in-8'' de 44 p. Berlin, Cari Habel. 

Fouilles faites à Carnac (Morbihan) par James Miln, 2^3 p. in-4" avec planches 
et gravures. Paris, Claye, 1877. 



292 The congress of the liritish archdological Association. 

THE CONGRESS OF THE BRITISH ARCH^EOLOGICAL ASSOCIATION 
IN CORNWALL (1876J. 

Last year the British Archasological Association held its congress in a région 
especially interesting to Celtic students i. e. the Cornwall (Cornouaille) of 
Engiand. For many âges after the landing of the Saxons the British Celts kept 
their independence not merely in Wales, but in the extrême promontory of the 
far West which the Romans called Dumnonium » but they designatedas^Kernou". 
Although the warrior j^thelstan or Athelstan, king of the Saxons, did ulti- 
mately (but long after the union ofall Engiand under king Egbert), conquer the 
Cornish people (till then an independent nation under their native kings), yet 
there was a kind of independence of Cornwall until William the Conqueror 
overcame Condorus, the last of the Cornu-British princes, and gave the earldom 
of Cornwall to Robert earl of Moreton. Still though, eight hundred years hâve 
passed since the Norman Conquest, Cornwall is only partially and in certain 
sensés a mère county of Engiand. During the middle âges it seems often to 
hâve been recognised as a subject state distinct from Engiand, but annexed to 
the crown like a lesser Wales or Ireland. Even as late as the reign of Richard 
the Third i. e. the end of the XV century, deeds speak of '^Anglia et Cornubu " 
as oftwo distinct and adjacent countries, andin the seventeenth century an old 
geographer speaks of the River Tamar as the western border of Engiand, 
"beyond which is Cornwall". During ail the Middle Ages it would seemthat the 
prevailing speech of the county was not English, nor any dialect of Anglo 
Saxon, but the "Old Cornish" a Celtic speech more nearly allied to Breton 
than to Welsh, in fact the Breton sailors who came to the Cornish sea ports 
could make themselves understood and vice versa. The language by degrees, after 
the Reformation had introduced the English service books, died out, and Dolly 
Pentreath was buried at S. Paul (S. Pol-de-Leon ?) near Penzance in 1778 
where a granité tomb has been reared to her memory and that of the dead Cor- 
nish language by Prince Lucien Bonaparte. The old Celtic tongue of Kernou is 
not quite so dead as is commonly supposed. A very interesting paper was read 
before the Philological Society of London in February 1876 on "Traditional 
Relies of the Cornish Language in Mounts Bay" in 1875 where is shown how 
not only the numerals, but eventwoor threesentences were remembered by some 
of the old people. Speaking generally, although the Cornishmen now use 
English as a vernacular, yet not merely is that language spoken with a foreign 
i. e. a non-Teutonic accent, in otherwords syllabically, with the accent on the 
ultimate or penultimate syllableof the sentence in a sort of musical cadence, but 
also a considérable number of true Cornu-British Celtic words, possibly about 
200, are still imbedded in common speech, which words not merely are not to 
be found in an English dictionary, but actually do not spring from Anglo- 
Saxon or Teutonic roots; they are bonâ fide Celtic words mixed up with English. 

The people may still be considered, though a very mi.xed race, yet one in 
which the Cornu-British, or Celtic élément prédominâtes. Especially is this true 
of the mining districts and hilly table-lands of the interior. The population of the 



Périodiques. 293 

tûwns (though not perhaps to the extent it might be supposed in this "âge ot 
raiiways"), is no doubt partially Anglo Saxon, while on the seaports and west 
coast tradition points to a Danish (i. e. "the Red haired Danes"'), a Spanish 
(aroundtheLand's End)and perhaps Jewish or Phenician intermixture. Cornwall 
is full of legends of Jews settling there. Whether this be true or not it is 
difficult to say, but the story must hâve had some origin. Possibly the Phœni- 
cians may hâve been the people designated by the term "Jew" in the Middie 
Ages, as a sort of generic term for Asiatic. A very curious but fancifui paper on 
the subject of Jews in Cornwall was read by D' Margaliouth before the Con- 
gress at Bodmin. A good deal has been written on this subject by Prof. Max 
MùUer in his -'Chips of a German Workshop" vol. III. 

The Congress opened under good auspices. The Duke of Cornwall i. e. the 
Prince of Wales (for the Duchy of Cornwall belongs to the heir apparent of 
England) was Patron, the Earl of Mount Edgecumbe was Président. The pro- 
ceedings opened with a Déjeuner given by the Earl at his château of Cothele, 
on the banks of the Tamar and followed at Bodmin by a very able and learned 
address by the Président on Cornish Antiquities. The proceedings lasted 10 days. 
Among the places visited were Tintagel (the legendary scène ofArthur's Round 
Table), Camelford, Launceston andRestormel (the two great castlesof the Earis 
of Cornwall), Lostwithiel, S. Neots Church (one of the best spécimens of a 
mediaeval church in England, almost untouched by iconoclasm), Truro (the 
real capital) Falmouth, Pendennis Castle (about which an entire volume has just 
been printed), Penzance, Boscawen, Uncircle, the Land's End (where a paper 
was read by Rev. W. S. Lach Szyrma), Buryan Church (the old " royal 
peculiar"), the Cave dwellings at Trewoofe, Bolleit circles, Chun Castle, S. 
Just (with its famous Plan-an-Guâre for miracle plays), Chapel Uny, S. Michaels 
Mount (where papers were read on the gênerai and military history), the Chy- 
sauster bee hive huts, the Mèn Scryfa, the Men-an-tol, the Lanyon Quoit, Madron 
Church and Sancred, etc., etc. Several very valuable papers were read at 
Bodmin and Penzance. On the whole this Congress of 1876 was considered as 
one of the most important the British Archaeological Association has yet held. 



PÉRIODIQUES 



Revue de Bretagne et de Vendée, 4^ série, t. X, 5e livraison (nov. 1876). 
Le volume imprimé de la Bibliothèque nationale, coté Y 6183, d'après lequel 
M. de la Villemarqué a donné son édition du Grand Mystère de Jésus, contient 
aussi trois autres poèmes bretons du xvio siècle. Encouragé par le favorable 
accueil que la publication du Grand Mystère a reçue des celtistes, notamment de 
M. Whitley Stokes qui lui a consacré dans le t. V des Beitr., p. 213 et suiv., 
21 pages de compte-rendu, et qui l'a souvent cité dans ses Mittelbretonnisch- 
unregelmassigc Vcrba {ibid.^ p. 306), et de M. Ebel qui a fait dans son édition 
de la Gr. C. un fréquent usage du Grand Mystère de Jésus, M. de la V. a com- 
mencé dans la Re^iue de Bretagne et de Vendée la réimpression de trois poèmes 



294 Périodiques. 

qui restaient inaccessibles à la plupart des celtistes dans le rarissime et pro- 
bablement unique volume Y 6183. Il vient de faire paraître la pièce intitulée : 
Tremmvan an ytron gucrches Maria : Trépas de Madame la vierge Marie. 

L'intérêt principal de ce document consiste en ce qu'il nous fait connaître 
divers faits grammaticaux non signalés jusqu'ici. Ainsi la Gr. C^., p. 133, nous 
apprend que dans le breton glat « pays, bien, seigneurie », \e g initial tient 
lieu d'un v primitif, qui a été plus tard prononcé gu; comparez gulat{imperium), 
dans le Juvcncus de Cambridge, ix« siècle, et ylatos dans là légende d'une 
monnaie celtique bien connue. Il est intéressant de trouver dans le Trcmcnvan 
le même mol écrit gloat = golat, avec une métathèse de \'o=^u qu'on rencontre 
encore aujourd'hui dans gloan « laine », écrit gulan dans les gloses d'Oxford, 
et qui suppose un primitif vlana ou vlanâ. 

Nous pouvons signaler aussi comme curieux un passage où le prétérit 
guère « je fis », aujourd'hui cure, est employé comme auxiliaire : Denunciaff pur 
a guère, « il annonça » (strophe 46, cf. Gr. C^, p. 594; Bcitr., t. V, p. 354). 
La tonne rocantckz (strophe 57) du breton moderne rouantelez « royaume », 
peut donner lieu à un rapprochement instructif avec le roantelaez du Grand Mys- 
tère, p. 141 (7 (cf. Gr. C-, p. 847). La première syllabe de roeantelez a gardé 
la diphthongue oe = ê qui se trouve écrit oi dans le roiant = rcgantos du cartu- 
laire de Redon [Gr. C^, p. 99). La dernière syllabe de roantelaez a conservé la 
diphthongue ae = act, d'où restitution de rêgantâlada- comme forme primitive 
exigée par le breton moderne rouantelez {Gr. C'^, p. 241,805,818, 847). M. de 
la V. a accompagné son texte d'une traduction. Ce travail, en l'absence de dic- 
tionnaire complet du moyen breton, présentait de sérieuses difficultés. Quoique 
généralement M. de la V. en ait triomphé, je ne suis pas sûr que le succès 

ait toujours répondu à ses efforts. Ainsi : présidantes en nef louan 

(var. louman) ha rouanez, traduit par « présidente, pilote et reine du ciel » 
(strophe 3, v. 3-4), veut dire suivant moi « présidente alors et reine du ciel: » 
louan ou mieux lon^an se trouve déjà avec le sens d'« alors » dans le Grand mys- 
tère, p. 2 12, col. 2; et c'est un adverbe composé i" de lo « jour » identique à 
l'irlandais laa, lae (Gr. C^, p. 45, 178); 2° du pronom démonstratif md/2 (Gr. 
C2, p. 619, cf. Beitr., t. V, p. 224). 

Dans la strophe 5, vers 3-4 : A mir hat Adam ouz cafvoez ; Nep a pet goar he 
trugarcz, au lieu de « elle préserve de tous chagrins quiconque de la race 
d'Adam implore humblement sa pitié », il faudrait ce me semble, « qui préserve 
de chagrin la race d'Adam; quiconque prie, sait sa miséricorde. » A la strophe 
28, V. 3-4 : hammiret oz pep quoscor a drouc morchet, traduit par : « Préservez- 
moi de tout ce qui produit le sommeil de la mort », signifie suivant moi : « Et 
préservez-moi de toute la famille du mauvais souci ». Les mots quoscor ou co^cor 
« famille » plus anciennement « satellites » et morc'hed « souci » manquent 
dans le dictionnaire de Le Gonidec. Mais ils se trouvent tous deux dans \tCatho- 
licon et le premier a été étudié successivement par Lepelletier, Dictionnaire, col. 
163, et par Ebel, Gr. C-, p. 1062. Le second, mentionné par Grégoire de 
Rostrenen au mot « inquiétude », est employé dans ce sens dans Ar pevar 
mab Emon, 1866, p. 74 : 



Nécrologie. 295 

Ne meus morc'hct, sir, eus a guement se, 

Et p. 99: 

Sir me a denyo sur^ nebon ne vangin quet ; 

Eus va oboissanç n'ho pi ktt a vorc'het. 

M. de la Villemarqué a ajouté morched dans son édition du dictionnaire breton- 
français de LeGonidec, mais sans rendre exactement le sens de ce mot. 

Ce sont tout cela des taches légères et nous attendons avec impatience l'achè- 
vement de la publication si instructive de M. de la Villemarqué. 

H. d'Aruois de Juhainville. 



NÉCROLOGIE. 

Depuis la publication de notre dernier numéro, nous avons perdu un de nos 
meilleurs amis, et le pays de Galles un de ses meilleurs philologues, dans la per- 
sonne de M. John Peter, né à Bala, le 10 avril 1833, et mort dans cette ville le 
17 janvier 1877. M. Peter était ce que les Anglais appellent un self-made man, 
c'est-à-dire qu'il avait dû se donner à lui-même, par le travail et le 
zèle de son âge •viril, l'instruction qui avait manqué à sa jeunesse. Il avait poussé 
ses études dans deux sens bien différents, vers une branche des sciences natu- 
relles dans laquelle il excellait, la géologie, et vers la philologie. Le but de ses 
études philologiques était l'examen scientifique de sa propre langue, trop long- 
temps laissée en Galles aux élucubrations de l'école de Pughe et d'Iolo Mor- 
ganwg; c'était aussi la vulgarisation des résultats de la philologie celtique telle 
qu'elle est constituée par les travaux de Zeuss et de son école. Il était sans 
contredit — après M. Rhys — le plus distingué des jeunes philologues du pays 
de Galles. 

M. Peter était ministre de la secte protestante des Indépendants et professeur 
au séminaire ou collège que cette secte entretient à Bala. C'est en dehors de ses 
devoirs professionnels qu'il s'occupait de philologie. Il a écrit d'assez nombreux 
articles dans les revues et plus particulièrement dans les revues galloises de son 
pays, dans le Bcirniad, dans le Traclhodydd, dans le Dysgedydd, et dans la revue 
galloise récemment fondée à Londres, le Cymmrodor. Nos lecteurs se rappellent 
l'article qu'il a donné au tome I de ce recueil sur la phonétique galloise. Dans les 
articles écrits pour ses compatriotes, M. Peter se proposait surtout de les fami- 
liariser avec les méthodes et les résultats de la grammaire'comparée des langues 
celtiques. Nous savons qu'il méditait d'écrire une grammaire historique de la 
langue galloise, une sorte de Brachet gallois, ce qui eût été une œuvre d'excel- 
lente vulgarisation ; et l'article qu'il avait tout récemment donné au Cymmrodor 
sur les particules galloises semble un fragment de l'œuvre projetée, mais nous ne 
pensons pas qu'il ait pu l'achever. M. Peter est mort dans la force de l'âge 
avant d'avoir eu le temps de donner sa mesure, et de remplir les promesses de 
son talent. — La revue galloise Y Darlunydd a donné un très-ressemblant 
portrait de M. Peter dans son numéro de mars 1877. — Ce n'est pas sans 



296 Nécrologie. 

tristesse que nous consacrons ces quelques lignes à sa mémoire, en pensant 
aux longues journées que nous avons passées avec cet excellent homme dans la 
charmante et hospitalière ville de Bala. 

Nous devons aussi mentionner la mort de M. John Jûhnes, de Dolaucothy 
(né en 1800, mort le 19 août 1876), quoique M. Johnes ait plutôt protégé que 
pratiqué les lettres galloises. Le lâche assassinat dont ce Gallois éminent et patriote 
a été victime a excité une vive émotion dans la principauté. L'Archaologia Cam- 
brcnsis, en annonçant la mort de M. Johnes, nous apprend qu'il avait formée 
Dolaucothy une collection d'antiquités romaines, découvertes sur ses terres et 
dans les environs. H. G. 



CRÉATION DE CHAIRES DE PHILOLOGIE CELTIQUE. 

Bien que ce numéro paraisse sans chronique, nous ne pouvons pas le fermer 
sans annoncer la création récente de deux enseignements de philologie celtique. 

Au mois d'octobre 1876, M. Waddington, ministre de l'instruction publi- 
que ^, a institué une conférence de langues et de littératures celtiques à l'école 
pratique des Hautes-Études de Paris et il a bien voulu en charger le directeur 
de cette Revue. L'honneur qu'il nous a fait en cette circonstance ne nous permet 
pas d'apprécier cette mesure, et nous nous bornerons à lui en exprimer ici 
publiquement notre sincère reconnaissance. Les études celtiques prenant leurs 
racines des deux côtés de la Manche et rattachant les Iles Britanniques et la 
Gaule dans une étude commune, nos lecteurs s'applaudiront avec nous que la 
création de cette conférence soit l'œuvre d'un ministre qui, comme M. Wad- 
dington, tout en étant excellent Français, est Anglais d'origine, et ancien élève 

d'Eton et de Cambridge. 

* 
♦ ♦ 

Quelques mois plus tard, la chaire de philologie celtique qu'il était question 
de créer à Oxford, était définitivement établie. C'est le Collège de Jésus (le collège 
gallois d'Oxford) qui avait pris l'initiative de cette institution; c'est un savant 
gallois, connu et apprécié depuis longtemps des lecteurs de cette revue, M. John 
Rhys, qui a été nommé professeur de philologie celtique à l'Université d'Oxford. 
M. Rhys va ainsi reprendre et continuer l'œuvre inaugurée, il y a un siècle et 
demi, à Oxford même par son illustre compatriote Edward Lhuyd. 

Ajoutons à ce propos qu'une revue illustrée du pays de Galles, Y Darlunydd, 
dans son numéro de décembre 1876, a publié une biographie de M. Rhys, avec 
une gravure reproduisant les traits aimables de notre savant ami. H. G. 

I. Pour nos lecteurs étrangers il n'est peut-être pas inutile d'ajouter que M. Wad- 
dington, récemment ministre de l'instruction publique, est le membre de l'Institut connu 
par ses travaux d'archéologie et d'épigraphie grecques. 



Le gérant : F. VIEWEG. 



Imprimerie Gouverneur, G. Daupeley à Nogent-le-Rotrou. 



LISTE 



DES NOMS SUPPOSÉS GAULOIS 



TIRÉS DES INSCRIPTIONS', 



L'abréviation O désigne les carnets de voyage de l'auteur ; ces carnets 
seront déposés au Musée de Saint-Germain. 



FaGO (Deo). Autel par Erdesmius, fils d'Er- 
descus. Pyrénées. C V, p. 40. 

FEVINAE, fille de Bellatvlus. Gratz, 
en Styrie. Gruter 763, p. 6. Sa mère, 
ATEGNATA. Sa sœur, Banona. Son aïeul, 

BlRRACO. 

FLETTIVS Gennalonis. Zeelande. Bramb. 

27- 

FLORIO, père de Sennavcivs. Alsheim. 
Orell. 6828. Brambach, 914. 

FREIOVERVS, fils de Veransatvs, tongre 
de la I" cohorte asturienne. Brambach 
1231. C' X, p. 13. 

FRONTO, nom romain au nominatif, mais 
aussi probablement gaulois. Voyez 
Frontu. Fronto est d'ailleurs fils du gau- 
lois Donnus. Nimes. C' XIV, p. 18. 

FRONTU, mot écrit en langue gauloise sur 
le menhir du Vieux-Poitiers. C' Vil, 
p. 15. 

GABRILA, GABRILLA, nom de femme, à 

Tholey. Brambach 752, et 346. 
GaBRO, datif. Musée de Strasbourg. 

Brambach 190J. C' XXI, p. 25. 
CABROMaGVS, ville du Norique. 
GAMMI filiae Sabinae, helvète. Orell. 

68j8. 
GangvsSO (nis), père deVELMEOA, femme 

belge. C II, 29. 



GANNICA, nom d'une affranchie, femme 
de T. NiGRius. Mur de l'église fran- 
çaise, à Morat. C" X, p. 44. 

GARGARIVS, locus. Herzog. N" 3(8. St- 
Jean-de-Garguiès (Bouches-du-Rhône). 

CAVADIABVS (Matronis). Juliers. Orell. 
2086. 

GEDDI, surnom d'homme. (Les D sont 
barrés). Palatinat, Bramb. 1780. 

GEDOMO nom d'homme. Saintes. Mur. 
MCMXCIl, 3. 

GENAVA, Genève. G' X, p. 40. 

GENETVS, père de Lella. Musée de Co- 
logne. C' VIII, p. 17. 

GENGETIVS, Vaison. Orell. 5761. 

GENNALO (-nis), père de Flettivs. Zee- 
lande. Bramb. 27. 

GERMANISSA viscari. Bernay. Orell. 
5693- 

GESATENIS (Matronis) Juliers, Orell. 
2086. Bramb. 303, 617. 

GIAMILLIVS, nom d'un citoyen des Mat- 
tiaci. Musée de Mayence. C' X, p. 13. 
Bramb. 1537. 

GIAMILLVS. Brambach, 754. C' XX, p. 37. 

GIAMIVS(Q.). C XX, p. I. 

GIMIONIS nom d'homme au génitif. Turin, 
Murât. MDXXXVIII, 6. Le n" 641 de 
Brambach porte le nom GIMO qu'il faut 
peut-être lire GIMIO. 



I . Voir ci-dessus p. i $3. 
Rev. Celt. III 



21 



298 



Liste des noms supposés gaulois. 



GIMMIONIA, GIMMIONIVS. C XX, p. 34. 

Bramb. 860. 
CISACVS (Deus), ex-voto. Le Vieil-Evreux. 

C 111, p. 27. 
GISON, fils de Senuennis (gén.). Haut 

Comminges. Musée de Toulouse. C V, 

p. 48. 
GIXON. Ex-voto du musée d'Avignon, 

trouvé à Tresque. C Xlll, p. 8. 
GLANICO (-rum resp.), Saint-Remy 

(Bouches-du-Rhône). C" IV, p. 52. 
GOBEDBI, in.<;cription d'Alise. C I, p. 
GRANNICVS, esclave. C I, p. 24 et 

XXI, p. I. 
GRANNO MOGOVNI (Apollini), datifs. 

Brambach 484 ; 566, I, 614. 
GVTAMIVS n. p. d'homme. I. H. 796. 

HAEDVI, Eduens. Avenches, Orell. 360. 

HALAMARDVS (Mars), Ruremonde. Orell. 
2002. Bramb. 2028, add. 

HALOISSO, surnom, au datif, d'une divinité 
inconnue. 

HAMAVEHAE (Matrones). Musée de Co- 
logne, trouvé près Juliers. Orell. 2087. 
C VIII. p. 15. 

HANNA. C V, p. 39. 

HANARRVS, Dannoricis filius. Herzog, 
281. C V, p. 46. 

HANNAXVS, fils d'AxiONN. C V, p. 40. 

HARIASA. Cologne. Orell. 2003. 

HARONTARRIS, nom masculin au génitif. 
St-Bertrand-de-Comminges. Gruter. DC. 

HARSPVS, père de Dannonio. C V, 37. 

HARSVS, père de Tarbelex. C V, p. 52. 

HELVETII. C. X, p. 37, 44 v°, 46 V, 
47. Bramb. 890, 1227, 1639, 1640, 
1679. 

HELVORIX, Metz, Gruter, XII, 5. 

HEROSSIS, nom d'homme au génitif, père 
de Sembecconisa. Mur. i JjS, 10. 

HORCOLA, tombe du Musée de Bordeaux. 
C V, p. 3>. 

HVCDIO, nom d'homme au masculin. Au- 
tel de Kehalennia trouvé en Zeelande, 
maintenante Leyde. C VIIII, p. 3. 

HVNICIVS, autel à Sunuxsalis, Musée de 
Bonn, provenant d'Eschweiler. C VIII, 
p. 4S ; Bramb. 633. 

HVNNV. C V, p. 39. 

lAISIVS. Trêves. Bramb. 789. 

lAMIVS, I. H. 767. 

IaMMA, Bramb. 1066. 

IaMMARVS, nom d'homme. I. H. 2942. 

IANTVMAR1, gén. masc. (Mascivs). Alpes 
Noriques. Gruter, 807, 5. 

lANVSSIVS, fils de Ianussius Gedus. Be- 
sançon, Orell. 4468. 

lARILLA. Vienne (Isère). Gruter, 746, 3. 

IARMVGIVS Deus. S' Veit. Orell. 5072. 

lASSA, lASSIA, lASSIVS, lASSVS, Bram- 
bach, 712, 846. C XX, M ; XXI, 13. 



lASVS. Orell. J430, Brambach 1770. 
lAVSVS, Musée de Bâle. C X, p. 26. 
lAVSVCVS, Musée de Nîmes. C XV, p. 9. 
IBLIOMARVS, trévire décédé en Dacie. 

Muratori MXXXI, 2. 
IBDVTVS. Brambach 1762. A Spire, selon 

Steiner. 
ICA ? fille de CoNcoNNETiAcus. Musée de 

Bordeaux. C XVI, p. 32. 
ICAVNI (Dea;, datif. Auxerre. Orelli 187. 
ICCAVOS, fils d'OppiANus. C 1, p. 28 v 
ICCIVS, Nîmes. Mur. XDLXXVI, 8 et 

DCCVIII, 2. Valréas. Musée d'Avignon. 
IDBANIS GABIABVS, déesses mères, à 

Bonsdorf, Bramb. 625 ; à Cologne, 

orelli 2083 ; Bramb. 519, 557, 558. 
IDENNICA. Nîmes. Mur. LUI, 5. 
IEDVS.SIVS, Brambach, 840. 
lEILOM, Paris, Orell. 1993. Musée de 

Cluny. 
lESSlLO (-nis), filius Vindoroici. Gruter, 

745, II. 
lEVRV, verbe gaulois équiv' au \itin fecit. 

C I, p. 17 v; p. 28 v% 30 ; C III, 

p. 23 ; C VII, p. ij. 
ILIATVS, ARioMANi pater. Vienne (Isère). 

Gruter, 670, 3. 
ILIXO, ILIXONI (Deo), Beauvais, prove- 
nant des Pyrénées, Orell. 5897; C. V, 

29; VI, 42. 
ILLIOMARVS. Musée d'Orléans. C V, p. 

28. Avignon. C XVIII, 24. — Cf. 

IBLIOMARUS. 

ILVNCONIS, nom d'homme au génitif. 
ILVNNOSVS. C V, p. 31. 
IMICIVS, lAssi (fil.'). C XX, p. 26. 
IN, préposition gauloise. C I, p. 17 v°. 
INCORILLA. Trêves, Porte noire. Voyez 

Brambach 834 : p.-ê. TIGORILLA. 
INDERCA Musée de Bordeaux. C XVI, 

p. 16. 
INDERCILLVS, père d'iNDERCA, trouvée 

au Musée de Bordeaux. C XVI , 

p. 16. 
INDVLIO. Musée de Strasbourg. C XXI, 

p. 1 1 ; Brambach, 1916. 
INOSVMOTVS. Vienne, Gruter, 717, 7. 

Carinthie. — Trêves, Orell. 201 j; 

Brambach, 855. 
INTARANVM, nom de lieu. C I, p. 30. 
lOENALIS. C 3, p. 47. 
lOIMARO, nom propre trouvé sur une 

stèle funéraire chez les Suessions. C 

VIII, p. 4 et I p. 47. 
lOINCATA (NvNDisiA), surnom d'une 

femme. Bibl. de Bâle. C X, p. 26 v°. 
lOINC.ATIVS ATTO. Trêves, Brambach, 

825. 
lOVINCILLVS, Brescia. Mur. MCCCLIII, 

6. 
lOINCISSIVS ATTVS , Brambach, 760. 

Musée de Bonn. 
lOVITCORIX, fragment de stèle du Musée 



Liste des noms supposés gaulois. 



d'Avignon, provenant d'Apt. C Xlll, 

p. 29. 
IPPO, nom masc, petit-fils de Vindo- 

ROicvs. Grutér. 745, 11. 
IRDVCISSA, nom d'un boïen, 6857 à 
ISARa, l'Oise, nomgéograph.C'lI,p. 27 V''. 
ISCITTVS Deus. C V, p. 39. 
ITMaRVS, Aug. lib. Rome. Gruter, DCXV, 

IVAV, datif, divinité topique. C VII, p. 

42. 
IVBRON, à Malaucène près Vaison. C 

.xvili, p. 18. 
IVIINA, autel taurobolique du Musée de 

Bordeaux. C XVI, p. i. 
IVMBERBER, C V, p. 3$. 
IVMMA, fils d'ExoBNiu, citoyen médioma- 

trice, Br. 1 572. 
IVNGaTO, datif, fils de Tocius. Ratis- 

bonne. Gruter, 709, 9. 
IVNNA, femme de Ivmma, médiomatrice. 

Bramb. 1 572. 
IVORIX, nom de femme, Musée de Bor- 
deaux. C' XVI, p. 12. 
IVTVCCVS, stèle fun. avec trois bustes, 

deux hommes et une femme. Musée de 

Langres, p. 41. 
IVVAVO, ablatif. Ancien nom de Salzburg. 

Salzburg. Orell. 496. 

K.\SSITaA02, nom d'hommes en carac- 
tères grecs, tiré d'une inscription gau- 
loise, de Nîmes. 

KANETVM, Bernay, vase d'argent. Orell. 
S885. 

KARNITVS, C XI, p. 7. 

KAPTA, nom propre sur un chapiteau, à 
Nîmes. C' XIV, p. 7. 

KVITOS, O XI, p. 7. 

LABURO. Laybach (Carniole). Orelli 2017. 

LAÇA VO (Marti aug.), Nîmes. Orell. 2018 
G' XIV, 26. 

LACERILIS. I. H. 4625. 

LACTOR. Gruter, 29, 13 et 14. LACTO- 
RATENSIS civitas, ibid. 30, i. Lec- 
toure. 

LADICVS (Jovis), I. H. 2525. 

LAGANA, surnom de Pennavsivs. Inscrip- 
tion trouvée à Caradunum, Carden, 
cercle de Coblentz. Bramb. 712. 

LAHA (Dea). C' V, p. 30. — LAHE, divi- 
nité topique vue par Millin, au Musée 
de Toulouse. Ex-voto de M. Lucius Ge- 
minus ; Orell. 2016. 

LALLA, LALLVS, C' XX, p. 27; Bramb. 
825, 8$7. 

LAN VISSA et ses fils. C' XX, p. 2. 

LARRASONI, datif. Orelli 5893. Herzog 

78, 79- 
LATOB., près de Haselbach. Orell. 5281. 
LATOBIO, datif. Carinthie, Orelli 2019. 



299 

LAXTIA, fille de Matidonnus. Tombeau du 
Musée de Langres, C' XII, p. 39. 

LE(DD1)GNATA, C' XXI, p. 22, Bram- 
bach, 1845. 

LEHERENNO, Dfo Marti. Aquitaine. 
Orelli, 2020, 5894, 5895. C' V, p. 30, 

3', J4, 35, 37- 

LEITVRRONIS (Solimarvs). Trouve à 
Brignon (Gard). Herzog. 

LEKATOS. C' XI, p. 7. 

LELAV, Brambach. 1872. 

LELLA, fille de Genetus ; autel de ma- 
trones, au Musée de Cologne, C VIII, 
p. 17. Brambach, 333, 634. 

LELLAVVO, nom d'homme. Bramb. 646 ; 
p. -être y a-t-il Lellavvs. 

LENO Marti Deo. Bramb. 840. 

LESVRIDANTARIS, homme. 1. H. 2900. 

LEVCETIVS (Mars). Musée Toussaint à 
Angers. — Mayence. Brambach, 925. — 
Wiesbaden. Brambach, 929. 930, 1540. 

— Cf. Levcetia. 

LEVCI, peuple de la Gaule Belgique. C XX. 

p. 19. Orell. 5239. 
LEXElA, fille d'OMBEXON. C X, p. 50. 
LIAMARVS, père de Samorix. C XV, p. 

27- 

LICAIVSvel LICAVS, Seri filius. Brambach 

IJI9- 
LICCAVS, pater Sasai. Bramb. 232. 
LICIRRO ou LIGIRRO, nom d'un pagus 

à l'ablatif. Nice. Mur. MLIIII, 3. 
LICNOS coNTEXTOS, nom propre suivi 

d'un surnom. C I, p. 30. 
LIFFIO, batave, père de Dacinus. Bramb. 

40. 
LIGVRES, Nice. Orell. (107. 
LILLVTVS (..I), messin. C XX, p. 15. 
LIMOGIVS. Milan. Mur. MDCLXI, 4. 
LINGONAS, ace. pi., Alesia. Oreil. 2028. 

— LINGONVS, Bourbonne-les-Bains. 
Orell. 5880. — COL:oniae) LING(onum) 
L(iberti). C XII, p. 25. Langres, 
Gruter 263, 2. 

LINVSI, nom d'homme au génitif. Nîmes, 
Mur. MDCCLXXVIII, i. 

LISCIVS, nom patronymique dérivé proba- 
blement de Liscus, gaulois, dans César 
(de bello gallico, édit. Nipperdey, 265, 
13, 20; 266, 2, 4). Brambach 82$. 

LITAVICCVS, dédicace à Nemausus sur 
le tailloir d'un chapiteau. Le mot est 
incomplet, les quatre premières lettres 
ayant disparu. Nîmes, C XIV, p. 12. 

— Musée de Langres, C Xll, p. 30. 

— Musée d'Epinal, C" XXI, 2. 
LITAVIS, épithète de Mars. C 1, p. 43 v . 
LITOYMAPEOC, collection de M. de L3- 

goy à St-Remy. Ma copie. 
LITTIONIS, génitif masc, super insul. 

Benaci, Gruter 733, >. 
LITVCCVS, père d'ERAio. Vaison. Gruter 

1121, 4. 



Liste des noms supposés gaulois. 



500 

LITVGENA (PosT.) Celeia. Gruter 70 j, i. 

— ANAVONIS uxor. Narbonne. Gruter, 

995, 5- 

— LITVGENIVS, Luxemb. Gruter 732,7. 
LITVMARA, mère de Senovir, fille de 

LlTAVlCCUS. C XXI, p. 2. 
LITVONA, Narbonne. Gruter, 811, 2, 
LOBESSA. Voyez Lovessl's. 
LOHITTONNK ablatif. Gruter 764, I. St- 

Bertrand-de-Comminges. 
LONVSVS, nom propre. Sens, inscr. p. 

3J- 

LOVATVS, 1. H. 681. 

LOVBA, Gastinasi filia, ubienne Bramb. 
275. 

LOVCETIO Marti, et LeVCETIO Marti ; 
lames de bronze trouvées* à Marien- 
born près Mayence. Un autre LOVCE- 
TIO (M.) trouvé à Walcot Britanniae, 
avec Nemetona. Orell. 5898. — Cf. Lev- 

CETIUS. 

LOVESIVS, A. I. H. 2380, 2467. 
LOVESSVS 2518. Muratori, MCMLXXXIII, 

1. LOBESSA 79, 346, 581. 387. 
LOVSONNA, LOVSONNENSES (Vicani) 

Vidy. Orell. 324. 

LVCASSONI, nom d'homme au datif. 
Mur. MCCLVl, 4, Brescia. 

LVCTERIVS, cadurque, grand prêtre à 
Lyon. C 11, p. 19. 

LVGOVES , sur le tailloir d'un chapiteau 
de colonne corinthienne, en lettres creu- 
ses de 12 cent., ayant reçu des carac- 
tères en bronze, dont l'un subsiste, le 
dernier. C X, p. 46 v", Musée d'A- 
venches. 

Ce même nom se retrouve en Es- 
pagne, chez les Celtibères, à Osma, 
l'ancienne Uxama, sur un autel élevé 
aux Lugoves donné par un personnage 
à peine dénommé au collège des tail- 
leurs. 

Il semble donc que les Lugoves étaient 
des espèces de matronae, protectrices 
des ouvriers tailleurs d'habits. (Hùbner, 
2818.) 

LVGVADICVS, 1. H. 2732. 

LVGVDVNI, Lyon, 382, I, fréquent. — 
LVGDVN'l, plus rare. — LVGDV- 
NENSES, Gruter 649, 7. — LVGVDV- 
NVM, nom primitif de Lyon. C XIV, 
p. 16, 3, et C n" 22, 23, 25, 26 
passim. C VIII, 29 \\ 

LVTONIS, nom d'homme au génitif. Mi- 
lan. Mur. MDCLXI, 4. 

LVTTACVS , nom propre. C XV , p. 
12. Ni usée de Nîmes, stèle d'ex-voto. 

LVTTIVS, civis Lugdunensis. Gruter 894, 

2. Orell. 4447. 
LVTTONIVS, Cologne. Bramb. 90?. 
LVXOVIO. Luxeuil. Orell. 2024. 



MaCCO, surnom joint à un nom demi- 
effacé. Brambach 1 192. 
MACEMARVS, Celeia. Gruter 702, 11. 
MACENA, Macemari uxor. Gruter 702, 

II. Cf. Magena. 
MACIRIVS, messin. C XX, p. 2. 
MADICENVS. Gumiel, entre Aronda et 

Lerma. Mur. MCDLXXVIIII, 12. Cf. 

Medvcenvs I. H. 162, 
MADICONIS, nom d'homme au génitif. 

Murât. MCCLVl, 4. 
MAELO, I. H. 749. 
MAGEMARVS. Baiae. Mur. DCCCXXXII, 

4- 
MAGENA, fille de MAcemarvs. Baies. 

Mur. DCCCXXXII, 4. Cf. Macena. 
MAGIACVS. père de Banvca. Orelli 4900. 
MAGIDIVS BOISCVS. Narbonne. Gruter 

983, 10. 
MAGILIVS, I. H. 2907. C II, p. 4 v°, 

p. 54 v% p. 56. 
MAGILO CLOVTl, I. H. 809, 865, 2633, 

305 1. V. Bodecivs. 
MaGIORIX et Quintus, Secundi filii. C 

XXI, p. 6, Natalis filio (... origi). 
MAGIRRA etSVRIO, nom. Brescia. Orell. 

4826. 
MAGIRVS, père de Secundus et filsd'Avc- 
TOMARvs. Celeia. Gruter 733, i. 
MAGISSA, Brambach 1780. 
MAGISSIVS Attianus et MAGISSIVS Hi- 

hernus, custos armorum leg. XXII prim. 

pro fide. C XXI, p. 12. 
MAGIVS, -A, citoyens ^de Verceil. Cippe 

funéraire du Musée d'Avignon trouvé 

à Vaison. C XIII, p. 32. — Nîmes. 

C XIV, p- 35, 31 ; C XV, p. 19. 

Voir aussi Gruter. C I, p. 10. C VIII, 

p. 5. I. H. 709, 922, 926. 
MAGLIVS, père de Pâma. C XXIII, p. 11. 

Orell. 5217. 
MAGLO (Deo), à Dax. 
MAGNIANVS, fils de Marisca. Musée de 

Langres. C XII, p. 43, 44. 
MAGVLIO, I. H. 2825. 
MaGVLVS, près Vérone. Mur. MCDI , II. 

Cf. Taximagulus (César, édit. Nipperdey), 

360, 9. 
MAGVNIA, Stèle fun. du Musée de Lan- 
gres. C XII, p. 46. 
MAGVSANVS (Hercules), autel trouvé à 

Bois-le-Duc. Musée de Leyde. C IX, p. 

5. Rein. 39. i. — Ecosse, par un 

tongre. Orell. 5729. Brambach 51, 13O) 

MAHLINEHAE (matronae), autel du Musée 

de Cologne. C VIII, p. 17. 
MALDVA, I. H. 2680. 
MALSONIS, gén. masc. Gruter 763, 6. 
MALVISaE, surnom de déesses {Diae). 

Autel du Musée de Cologne. C VIII, p. 

18. Orell. 2089. 
MAMMAIVS. O 11, p. 5. 



Liste des noms supposés gaulois. 



MAMMISSO ? (-onis), surnom de femme. 
Musée de Langres. C XII, p. 32. 

MANGO, nominatif. Tremosine, près Bres- 
cia. Muratori MCCXCV, 6. 

MAPONVS Deus, Oreil. )900 ; Cumber- 
land. — Histrio rocabaius. Bour- 
bonne-les-Bains, dessins de Saint-Ger- 
main. 

MARFVS, père de Vassorix. Brambach 
i8$8. 

MARICATVSA. Tombe de femme. Musée 
de Bordeaux. C XIX, p. 14. 

MARIO (-ni), Gruter 73?, 5. 

MARISCA ou MARISCVS. Tombe du Musée 
de Langres. C XII, p. 44. 

MAROSALIK.NSES. M3rsal. Orell. 5214. 

MARVLIA MARVLLA. Stèle fun. d'Aug. 
Rauracorum. C X, p. 29. 

MARVLLVS, messin. C XX, p. 8. 

MASCIVS, fils de Beccon. Orell. 4901. 

MASMA(?), femme. C XVI, p. 38. 

MASSAVA, nom de lieu. Inscription votive 
trouvée à Mesves. Estampage. 

MASSILIENSIVM (Resp.). Herzog. 610. 

MaSSO (Helvius), decurio Viennensis. Her- 
zog, 543- 

MASVCIO (-onis), nom isolé. Musée de 
Bâle. C' X, p. 26. 

MASVO (onis), surnom d'une Odatia. 
Musée de Mayence. C X, p. 47. 

MATAVO (pagus). Herzog. 385. 

MATERIONA Cattai filia. Orelli 6858. 

MATICIVS. Tombe à Amsoldingen. C' 
X, p. 46. 

MATIDONNVS. Tombe du Musée de Lan- 
gres. C XII, p. 39. 

MATO. Bordeaux. C XIX, p. 2. — Mâcon, 
ma copie. 

MATRAE, déesses. Sur une arula du Mu- 
sée de Nîmes. C' XIV, p. 14. Helvétie, 
Alsace. Orell. 2080. — Besançon. Orell. 
2091. 

MATRONA, divinité topique de la Marne 
qui avait un temple à Langres. An- 
nuaire de la Haute-Marne de 1838, ma 
copie. — Ce nom appartenait aussi au 
mont Genévre ; Itin. de Bordeaux à 
Jérusalem, 5 56, ou plutôt à la source de 
la Durance dans le col où passait la 
route d'Italie. — Voyez comme surnom 
d'Otacilia, Bramb. 1836, et comme nom 
d'une helvétienne, fille de Covatullus, 
Bramb. 1859. 

MATTAI CARaSI. Bramb. 1863. 

MATTIACI. Cassel. Orell. 5243. 

MATTIACORVM (civitas), monuments reli 
gieux du Musée de Mayence, C' 10, p 
12 et 13. Orelli 4983, 565 j- Bramb 
897, ■31J. '3'6, 1330. '336. 

MATTIVS, père d'AxTVRvs. Br. 1825 à 
Spire. — Salinanvs, sur un autel à 
Minerve, à Saint-Guiraud (Gers). G' V, 
33- 



301 

MATTO; ce nom peut être latin. Brambach, 

1207. 
MATTONIVS, civis Tribocis. C' XXII, p. 2. 
MATTVCIA, fille de Matuccius (sic). Nice. 

Mur. MLIIII, 3. 
MATVA. Tombe de Sulpicia Matua du 

Musée de Bordeaux. O XVI, p. 4. — 

Monum. à Claudia Matua, ibid. C XVI, 

p. 25. 
MATVCCIVS. Salerne. Mur. MMLXXIIII, 

7. — Voyez Mattucia. 
MATVGENIA, Soleure. Orelli 410. — 

Langres, Annuaire de la Haute-Marne, 

p. 342. 
MATVGENVS, boien des Landes, Musée 

de Bordeaux. C XIX, p. 10. — MATV- 

GENA (ou -NVS). La.ngres, Gruter 

925, 4- 
MATVGIVS, près Uzès. Mur. MDCCVllII, 

9. MATVGIVS, ib. MCCLXVI, 8. 
MATVNA, I. H. 1209, 2746. 
MA'fVTO boien des Landes, Musée de 

Bordeaux, C XIX, p. 10. 
MATVVS, père de Betvdaca. Musée de 

Bordeaux. C XVI, p. 27. 
MAVIATINEHAE, matron. Burgel, près 

Cologne. Orell. 2088. 
MECACVS, C III, p. 10. 
MEDAMVS, I. H. 774, 2402, 2(20. 
MEDDIGNATIVS, citoyen Mattiaque. 

Musée de Mayence. C X, p, 13, Orell. 

4983. Brambach 1356. 
MEDDIGNATVS, C' XXI, p. I. 
MEDDILA. Brambach, 1718. 
MEDDILIVS Carantius, nom d'homme. 

Brambach i $69. 
MEDDVGNATVS. Près Soulosse, auj. 

à Epinal, Mur. MLXXXII, 2. Ma copie. 
MEDIGENVS, I. H. 162. 
MEDIOLANNENSES, nom ethnique des 

habitants d'Evreux (MEDIOLANVM) 

avec redoublement emphatique fréquent 

pour les inscriptions. On trouve ussibus 

pour usibus dans cette inscription même. 

Musée d'Evreux. 
MEDIOLANVM, de la Gaule cisalpine. Sur 

deux monuments funéraires du Musée 

de Mayence. C X, p. 25.— Milan, Gru- 
ter 42, II, 12. 
MEDIOMATRIX. C' XXV, p. 4. 
— TRICVS, Gruter 731, 12. Sens, n" 45 

p. 44. Bramb. 1089, 1572. 
MEDIOTAVTEHAE, surnom de Matres 

Musée de Cologne, autel par un vétéran 

de la première légion Min. C VIII, p. 14 
MEDVGENVS, 1. H. 162. 
MEDVNE [deal (ET VERCANE), Bramb 

709. 
MEGaSSI. Elevé par Geminus. C V, p. ^3 
MEIDVNIVM (Castellum), l. H. 2520. 
MHLDI, Gruter 371, 8. 
MELETIA Bricostigis filia. In Chelburgo 

olim Cherulata. Gruter 764, (. 



^02 

MELGAECVS, 1. H. 2426, 2435. 

MELIVS TovTONis f. Arles. Gruter, S07, 
II. 

MELMANVS, l. H. 2805. 

MELODATVS, Brambach 160}. 

MELONIi (Carantvs Et). Musée de 
Wiesbaden, Bramb. 1521. — MELO- 
NIVS, nom d'homme et, en même 
temps, nom de la famille fondatrice du 
village dit des Melonii, famille prob. 
gauloise. Bramb. 1321. 

MELVS, messin, fils de Cintusmus. C 
XX, p. I. 

MEMINI, nom ethnique des habitants de 
Carpentras. Sarcophages du Musée d'Avi- 
gnon, venant de Orange, plus ancien- 
nement de Carpentras. — MEMINO- 
RVM, génitif. Carpentras. C XIII, p. 23. 

MENIMANII, nom de femme au nomina- 
tif. Voyez ATVSIRVS et C X, p. 6. 
Bramb. 939. 

MENSIACVS, civis. Moissac, auj. à Bor- 
deaux, C XVI, p. 30. 

MERCVSENA, Carinthie. Mur. MMXXXVI, 

5. Cf. VlBlASENA. 

MEROCILA, Metz, Gruter 811, 3. 

MERODV, deae. Brambach 1902. Sur la 
rive droite de la Moder, Miîhras, selon 
Brambach. 

MESSAVA, fille de DEiv.-kRi. Gruter, p. 
566, 2. 

MINNODVNVM, vicus (Moudon), Suisse. 
Or. 339. 

MIROBRIGENSES, I. H. 2366. 

MOCCO, nominatif, père de Beccon. Orell. 
4901. Gruter 838, 9. 

MOECTIMARVS (Veratius). Herzog. 398. 

MOGETILLA. Brixia. Gruter 1099, 6. 

MOGlLLO(-onis). Stèle funéraire du Musée 
de Nîmes, trouvée à Nîmes ou aux envi- 
rons. C XV, 14. 

MOGILLONIVS, nom d'un préfet de la 
ri'^ cohorte des Raétes. Brambach 1427. 

MOGONTIACVM. Orell. 4976. — MOG... 
id. 4980. — MOGONTIACVM. Borne 
milliaire du Musée de Mayence, trou- 
vée près de Boppart. C X, p. 20 v°. 
— Musée de Tongres. C II, p. 28. 
Bramb. 11 30, 1281. 

MOGONT!.CAD.(deus)MoGONs, Angleterre. 
Orell. 2026. 

MOGONTINIVS, nom d'homme paraissant 
formé du nom latin de Mayence. Le 
monument se trouvait à Blankenheim, 
d'oii il 3 disparu, avec douze autres. 
Brambach 1988. 

MOGOVIVS, Nîmes. C XV, p. 20. 

MOGOVNVS, Apollo Grannus. Bramb. 
191 5. Musée de Strasb. C XXI, 17. 

MOGSIVS, Bramb. 825. 

MONSVS, fils de Tavrinvs. St-Bertrand- 
de-Comminges. Orelli 588, 2. 

MOPATES (matres). Autel trouvé sur le 



Liste des noms supposés gaulois. 



bord du Wahal, près Nimègue. Musée 

de Nimègue. C IX, p. 30. — Gaule 

Cisalpine. Orelli 2094. 
MORIN'I. Près Nimègue. Orell. 5211. 
MORITASGVS (Deus) trouvé à Alise. Rei- 

nesius 176, I. Orell. 2028. 
MORNVS, Carinthie. Mur. MMLXXVIIl, 

î- 
MORVINNICVS, Rome. Orell. 5219. 
MOSSIANVS. Tombe du Musée de Lan- 

gres. C XII, p. 42. 
MOTOCVS. Bramb. 809. 
MOTTIA, trouvé à Bergweiler. Bramb. 

20(6. 

MOTVCA (Novionia), Mayence. Bramb. 
912. 

MOTVCIVS (libertus) et MOTVCVS, trouvé 
à Trêves. Br. 809. 

Motucus, surnom du patron, a servi 
pour former le nom patronymique à 
l'affranchi. 

MVCAPORA, Orelli, 6832. C X, p. 29. 

MVCASIVS. Fragment trouvé sur la route 
de Bonn à Coblenz ; ce nom est 
celui du fils d'un soldat thrace. Br. 
489. 

MVCATRA, autel porté de Clèves à Bonn. 

MVCATRALIS, Bramb. 1060, 1285, 1341. 

MVCCaSENIE ou -NIA, femme du pays de 
Mayence ou Strasbourg. C XXV, p. 20. 

MVRRENSES (vicani). Musée de Stutt- 
gart. Brambach 1595. 

MVTaCVS, fils de ToROGiLLO. Tombe du 
Musée de Langres. C XII, p. 32. — 
MVTACA, ibid., p. 40. — L. Julius 
MvTACvs, séquane, mort à Bordeaux. 
C XIX, p. 8. 

MVTILVS, fils de COMBVOOVVATVS. C IV, 
p. 38. 

NABEICVS, surnom de Mars. Au Musée 
d'Avignon, provenant de Saint-Didier. 
C XIII, p. 34. 

NABIA (Dex), I. H. 2378. 

NAHANTENN, fille de Pactvs. C V, p. 
44. 

NAMAVS. Herzog 249. 

NAMAYCATIC,, ethnique de Nîmes. Ins- 
cription du Musée d'Avignon provenant 
de Vaison. C XIll, p. 24. 

NAMNIS, Mannheim. Orelli 188. Bramb. 
891. 

NANTVATES. Inscription trouvée à Saint- 
Maurice dans un mur de l'abbaye. C X, 
p. 33. Orell. 2:9. 

NARBO.nom de Narbonne. Nîmes. C XIV, 
3. — Mayence, C X, p. i. — Aquae 
Apoll. Orell. J2I0. 

NARBOSTON. C V, p. 38. 

NARIA 'dea), Sur la base d'une statuette 
en bronze, trouvée à Mûri (Suisse). 
Orell. n" 5903. Mommsen, 216. Musée 
de Berne. 



Liste des noms supposés gaulois. 



NARIA NOVSANTIA.Cressier. Orell. joji. 
Momms. i6^. O X, p. 49 v". 

NEHALENNIA, nom d'une divinité topi- 
que. Autel trouvé avec beaucoup d'au- 
tres à Dombourg, dans l'île de Walcheren. 
Musée de Leyde. C IX, p. 3 ; C 
U, p. 32 V". Rein, 177, l ; 178, I; 
179, 1 ; 180, I; 181, 1 ; 182, I ; 183, 
i; 184, I. Bramb. 27-45; 48-50; 
441, 442. Paris, — Orelli 2050. — 
Bonn. Orelli 3912. 

NATOPORVS, ZiAE reginae nepos. Rome. 
Mur. 1039, 3. 

NEM, NEMA. Brambach 1406, 1968. 

NKMATEVVS, grand-père de Parridius. 
Gap. 

NEMAVSVS, deus, Nîmes. Orell. 2032, 
5210. C XIV, 2, 3, 9, 5, 8, 12, 14, 
32, 3J, 38, 40. C XVII, ij. Gruter, 
323, j. — NEMAVSVS (maternius), nom 
d'homme. Sa femme PRIMNIA, médio- 
natrice. Brambach, 1089. — Cominvj 
NEMAVSVS. Herz. 124. 

NEMETAC. Arras. C II, p. 27 v\ 

NEMETOCENA. Ancilla publica, morte à 
Bordeaux. C XVI, p. 21. — Fille de 
Samocenvs, morte à Bordeaux. C XVI, 
p. 25. 

NEMETONA, avec Mars Loucetius. Walcot, 
Cr. Bret., Orell. 5898. — Altripp. 
Orelli 5904. Brambach 1790. 

NEMHTON, nom neutre, se traduisant par 
temple, /anum. C XIII, p. 24. 

NEMETVM (civitas). Bramb. passim. 

NERSIHENAE, matrones du Musée de 
Cologne trouvées dans le pays de Juliers. 
V. Vatviae. c VIII, p. 18. 

NERTA, femme de Cantosenus. Musée de 
Bordeaux. C' XVI, p. j. 

NERTAGVS. La Souterraine. Gruter, 
DCC, 3. 

NERTOBRIGa, ville d'Espagne. Bramb., 
1 150, 1 1 5 1, 1 160. I. H. 973. 

NERTOMARVS, nom propre d'un éduen. 
C' I, p. 33, — Nom propre d'un boïen, 
fils d'I^DvcissA. Or. 6857 3. — Nom 
d'un membre (esclave) du collège des 
fidèles de Mercure à Celeia : Crescens 
Nertomarii patron. Orelli 2394. 

NERTOMIR, Brambach, add. ad. 1376. 

NERTONIVS, Rome. Mur. DCCCXXXVII, 
4. Nom emprunté par les Latins aux 
Gaulois de la Cisalpine. Surnom de 
Nertomarivs, Brambach 29. Rein. 
183, I. 

NERVIVS, NERVIA. Autel aux Mères 
Mopatis trouvé sur le bord du Wahal, 
près Nimègue. Musée de cette ville. 
C IX, p. 30. C VIII, p. 41. — Tombe 
de la femme d'un nervien. Lyon, J968 
NERVIO, Or. 5968. Bramb. 71, 418. 
— Î27, 937, femme de nervien. 

NETON (Deus), I. H. 3386. 



NEVELIS, nom d'un vicus à l'abl. pluriel. 

Nice. Mur. MLIIII, 3. 
NEVTTO, Tacavsi f. C II, p. 26 v', ex- 
voto à Celles, près Namur. 
NIBEIVS, Tac. filius. Mannheim. Bramb. 

1380. 
NIDA, la Nied, rivière, affluent du Mein. 

Bramb. 131 1 , 13 12. Or. 5242. 
NITIOGENNA (TuUia). Autel à la victoire 

d'Auguste, du musée de Lausanne. C X, 

p. 31. Mur. XCl, 10. 
NOREIA, norique. Orell. 2034, 135. Ho- 

henstein en Carinthie. Orelli 3905. 
NORICVM. Celeia. Orell. 5258, 59, 60. 
NORICVS, Gruter 187, i. id. 367, 4, id. 

411, 7. 
NOVENSES. Runovich (Dalmatie). Orell. 

5274, 72. 
NOVIALCHVS, père deSAVTvs. Brambach 

839. 
NOVIOMAGVS, nom de lieu. C II, p. 27 

V. Milliairede Tongres, face II. Gruter 

DXXXII, 9. 
NOVIONIA MoTVCA. Mayence. Bramb. 912. 
NOVSANTIA (Dea Naria). Voir Naria. — 

Autel trouvé en 1828, à Landeron près 

Neuchâtel. Orell. w 5031. C X, p. 49 



OCELVM, Aquae ApoU. Orell. 5210. 

OCTA, nom de femme. Stèle fun. du Musée 
de Langres, O XII, p. 42. 

OCTOGANNae (-is), matrones du Musée 
de Bonn, trouvées avec cinq autres au- 
tels analogues, sur la seigneurie de 
Gripswald. O VIII, p. 44. — OCTO- 
GANNAE (-abus). C VIII, p. 4$. 

ODECOMO (nis) f. Gruter 857, 8. Carin- 
thie. 

ODESSITANORVM Civitas. Varna. Orelli 
5290. Islriae. 

ODOVNA, nom de lieu. C I, p. 30. 

ODOXO, Gruter 764, i. — St-Bertrand 
de Comminges. 

ODRVTA, C III, p. 13. V". 

OGILOLVS, mari de Nemetocena. Bor- 
deaux. C XVI, p. 2J. 

OLAATVS, de Luxeuil. C 2, p. 3. 

OLATO (-nis). Musée de Nîmes. C XIV, 
p. 24. 

OLEDO, Brambach 825. 

OLILLVS (C. Gentius), magister du pagus 
Condatensis à Lyon. C XXIII, p. 40 v". 

OMBEXO (-nis). Aq. père de Lexcia. C V, 
p. jo. 

ONSVADVLIA Privata. Bcurg Sl-Andéol. 
Mur. MCCCXLI. 

OPPALONIS, nom d'homme au gén. 
Gruter, 780, j. 

OPPIANICNOS, nom patronymique gaulois. 
C I, p. 28 v°. 

ORECETVS, nom propre. 1. H. 3723. 

ORGETIA, Autriche. Orelli 5266. 



J04 

ORGOANNO. datif. St-Bertrand-de-Com- 

minges. Muratori, XCDII, 5. 
OSSON, O V, p. il. 
OTVANEVNVS, arc de Saintes. Mur. 

MCMXCU, }. 
OVATVS, I. H. 777. 
OVIL (Coionia). Autriche. Orelli 5266. 
OYILLONEOC, génitif de OYILLONEYC. 

Inscription en langue gauloise du Musée 

d'Avignon, provenant de Vaison. C'XIII, 

p. 24. 
OYPITTAKOC HAOYCONIOC, monument 

funéraire. C iv, p. 32. 
OVSONA, Me'tz. Gruter 922, 11. 
0X1 A, nom de femme, fille de Messor. 
■ C 2, p. 6. 

PALMA (cura), sur une tombe de citoyen 
ambien, tuteur de deux jeunes filles. G' 
XIX, p. 4. Bordeaux. 

PALMVS, Rome, Mur. 1288, 2. 

PALMVS (Nasonis). Nîmes. Mur. 1404. 
10. 

PAMA, soror ViRDOMARi. Mur. 870, 3, et 
Mafîei CXXI, 3. — A Lyon, la fille de 
Priscianus. — C' XXIII, p. n, fille du 
ségusiave Maclivs. 

PANNO (M. Ulpius). Brambach 646. 

PARAMEIVS. nom du fils de Serantoma. 
Musée de Langres. C' XII, p. 22. 

PARARICVS, frère d'une affranchie. Musée 
de Langres, C' XII, p. 22. 

PARDION. Milan. Gruîer 803, 9. 

PARDVS. Bramb. 1068. 

PARIDIA. Insc. de Gap. I. H. 3309. cf. 
Parridia. 

PARNO, datif. Bramb. 688. 

PARISII, Auxerre. Gruter, 371, 8. 

PARRA, Brambach, 1153. 

PARRIDIVS (T.), Parrionis g., filius, 
gentilicium. Inscr. existant à Gap, pro- 
venant, dit-on, de Briançon. — T. PAR- 
RIDIVS INGENVS, fils du précédent. — 
PARRIDIA GRATA, sa fille. 

PARRIO, père de Parridivs et fils d'Ex- 
ciNGON. Inscr. de Gap. 

PATTA, Brambach 745. 

PEDO, I. H. 1001. 

PELISTVS, I. H. 2405. 

PENNaVSIVS LAGANA, mari de Sidonia 
lASSA. Monument trouvé à Caradunum 
(Carden, aux env. de Coblenz). Bramb. 
712. 

PENTILVS, 1. H. 263;. 

PEPPO, homme nomin. Brambach, 1833. 

PERCERNES. (Nymphae). Vaison, Orelli 
J761. 

PETOATICI, gén. Brambach 1S18. 

PETRVCORII, nom de peuple. C' VII, p. 
34. Orelli 5234- Brambach. 1230. 

PETVRRO (-nis). C XXI, p. i. 

PIANDOSSONN, père de andossvs. C' V, 
P- 59- 



Liste des noms supposés gaulois. 



PICTAVVS, PICTAVOS. — C< XXV, p. 7 
PICTAV, Bramb. 1345. 

PIEPORVS, rex COISSTOBOCENSIS. Ro- 
me, Mur. 1039, 3. Voyez Zia. 

PINTAMVS, I. H. 2378. 

PINTIO (Lupulinius). Bramb., add. 2047. 

PIRACOBRVNA, Bramb. 760. 

PIROBORI. Brambach 31J. 

PISOCIA, I. H. 798. 

PISTILLVS. Mayence. Orell. 2776. 

PIXTaCVS. Stèle funér. du Musée de 
Langres. C' XII, p. 41 • 

POENINA (vallis). C'est ainsi qu'est tou- 
jours orthographié, dans les inscr., le 
nom de la vallée supérieure du Rhône. 

POETOVIONENSES. Pannonia Sup. Orell. 
2232, 3592, 5280, 6791. 

POPPILLIVS, séquane, citoyen de Lyon. 
C' XXV, p. 6. POPILIVS. G' XIV, p. 
18. 

PORRO (-nis), Mur. 1779, 13. V. Herzog 
252. 

PRVDECA, CiNCETis filia. C XX, p. 12. 

PVGIVS, 1. H. 2380. 

PVSVA, surnom. Brambach 296. Castel- 
lum Bûrgel. 

PYRENAEVS, Aquae ApoU. Orell. 5210. 

QUIGO (-nis, -nius), surnom d'un citoyen 
trévire, d'où est dérivé un nom patro- 
nymique à l'usage des affranchis de la 
même famille. C' I, p. 29 v°. 

RAETINIO, Ethnique d'un cavalier du 
nom gaulois d'ANOEs. Musée de 
Mayence. C' X, p. ij v°. Orelli en fait 
un nom de localité à l'ablatif. Bramb. 
1228. 

RAETVS, Bramb. 1521. 

RAMA, Aq. Ap. Orell. 5210. 

RAMEDON, nom commun peut-être tron- 
qué. C' 111, p. 13. 

RANTO, 1. H. 2825. 

RASVCO (-nis). Zeelande. Orell. 2776. 
Bramb. 48. 

RATIN, mot gaulois, Vieux-Poitiei*. C VII, 
p. 15. 

RATVLLA, C' XXI, p. 22. Bramb. 184J. 
Mêmes observations qu'à Gnata. V. ce 
mot. 

RAVMEDIA, Brixia. Gruter 1099, 6. 

REBVRRVS, Severi filius. Orell. 5442- 
fils de CoROTVRES, Brambach 1235. 

RECTVGENVS, 1. H. 2403, 2907. 

REDSATVS, Grut. 520. 

REGA, Enicnu filia et Ennae, Iggi, en Car- 
niole, Gruter 780, 5. 

REl ApoUinares. Herzog 389. 

REII, nom ethnique des hab. de Riez. 
Bloc provenant d'Ernaginum (Saint- 
Gabriel), maintenant au musée d'Avi- 
gnon. C' XIII, p. 6. Nîmes. C' XIV, 
p. 40. Gruter 780, 8. 



Liste des noms supposés fiaulois. 



RF.ITAGENVS (Julius). Brambach, 200?. 
REMI, à Rome. Cruter, 178, 1. 
REMVS, nom de peuple. C XXll, p. 28. 

C m. p. 15 V. C XV, p. 27. Bramb. 

164. Gruter $6, 12. 
RESSICVS, petit-fils de Cintvssa. Gruter 

764, 4- 
RETOMA. Autel du Musée de Bonn, venant 
de Clèves. O VI 11, p. 52. Brambach 

155- 

RHENVS. Le Rhin, fleuve. Brambach 647. 

RHODANVS. Le Rhône d'après de nom- 
breuses inscriptions de Lyon. Passim, 
G' XXllI, etc. 

RIDITAE. Salone. Orelli 502, $272. 

RIGOMAGVS, nom de lieu. C II, p. 27 
V. Orell. 5236. 

RIGOVERIVGVS, Musée de Saintes. L. 
Audiat p. 18, fac-similé. 

ROHINGE, veteranus numeri Francorum. 
Bramb, 19 j. 

ROSMERTA, déesse associée à Mercure, 
à Cologne. C' VIII, p. 11. — autel du 
Musée de Mayence, C X, p. 24. C' XX, 
p. 35.* — Paris, Trêves et Luxembourg. 
Orelli 5907, 5908, S909. — Brambach 
403, 681, 2: 750, 862, 3 ; 898. 

ROVDIVM, nom de lieu. G' II, p. 27 v\ 

RVDIOBVS, divinité topique des environs 
d'Orléans. C' V, 27. 

RVMANEHABVS, matrones Rumenheim, 
prèsJuliers. Orell. 2086. — RVMANE- 
HAE (-abus), matrones du Musée de 
Cologne trouvées à Juliers. C' VI il, 
p. 18 w Bramb. — RVMANEHae 
(-is). Bûrgel, cercle de Solingen. — 
ROMENEHAE. Autel trouvé à Lommer- 
sum, aujourd'hui perdu. 

RVMNEHIS et MAVIATINEHIS (matronis), 
probablement pour RVMANEHIS. Bûr- 
gel, près Cologne. Orell. 2088. 

RVSCINO. Aquae ApoU. Nom d'un lieu 
voisin de Perpignan. Orell. 5210. 

RVTENVS, ethnique. Bordeaux. C XIX, 
p. 8. 

SACCAVVS, père de Vassa. Gruter 74 s 

1 1. 
SaCRAPO coxt. Tombe avec buste 

d'homme dans une niche. C XVI, 29. 
SACRILLIVS. c XX, p. 28. 
SACROBENA. Cippe funéraire à niche 

du Musée de Langres, 2 personnages. 

C XII, p. 35. 
SACROVIRVS. Table funéraire du Musée 

de Langres. C XII, p. 26. 
SACRVNA. Brambach 770. C XX, p. 31; 

XXV, p. 24. 
SACSENA. Brambach 194. Utrecht. 
SaCVRIA, MvTAci filia. Nom propre. 

C I, p. 29. 
SaCVRO, surnom d'un Sulpicius espa- 
gnol. A Bordeaux. G' XVII, p. 2. 

Rev. Celt. III 



10^ 

SALASIVS, surnom de Jupiter. C" XV, 
p. 22. 

SALEDVNA. Rabastens (Gers). C'est la 
femme de C. Octavius Faustus et la fille 
d'Illaius. 

SALICILLA. Luxeuil. C II, p. 4. 

SALISIVS. Saint-Bertrand-de-Comminges. 
Gruter 668, 2. 

SALLVVIEI. Comté de Nice. Orell. 5107. 

SALODVRVM vicus. Orell. 402. C X, 48. 

SAMARABRIVA. Amiens. C II, p. 27 v". 
Orell. 5236. 

SAMAVS, Taeiei filius, et BANVCA, Ma- 
ciAci filia, sa femme. Gallarate, p. 10. 
Orell. 4900. 

SAMICVS (Sex. Valerius), Lvtevi filius. 

SAMILLA, mère de Divicvs. Luxeuil. 
C II, p. 2 v). 

SAMIS, nom de femme. Bramb. 1347. 

SAMMIVS? Autel transporté de Clèves à 
Bonn. C Vlll, p. 33. 

SAMM, SAMMO, SAMMON. Bramb. 1816, 
836, 1066. 

SAMMVS, Birten. Brambach, 151. 

SAMOGA... Monument funéraire du Musée 
de Langres. C XI. p. 47. 

SAMOGENVS, père de Nemetocenna. Bor- 
deaux. C XVI, p. 25. 

SAMONIGC^ï: L. sur la frise d'un monu- 
ment à deux niches avec inscriptions. 
Bordeaux, C XVI, p. 35. 

SAMORIX (-igos), nom féminin sur une 
cippe funéraire avec niche et trois per- 
sonnages, du Musée de Langres. G' XII, 
p. 41 ; C XV, p. 27 (homme). 

SAMOTALVS, père de Citvsmvs. C XXI, 
p. 3. 

SANDRAVDIGAE, Deae. Leyde. Orelli 
5910. C IX, p. 40. Brambach 132. 

SANGENVS, 1. H. 2817. 

SANVACVS, fils d'ARESTA. Bordeaux. C 
XVI. p. 33. 

SANVCVS, avec MvTACA, sur un monu- 
ment funéraire du Musée de Langres. 
C XII, p. 40. 

SAPRICIA, surnom de femme. Bordeaux. 
C XIX, p. 3. 

SAPRICIVS. Inscr. de Vienne en Dauphiné. 

SARASVS, table funéraire du Musée de 
Langres. C XII, p. 26. 

SARMIZEGETHVSA. Dacie Supérieure. 
Orell. 5280. 

SARRO (-nis). Nîmes. C XV, p. 20. Pré- 
cédé du gentilicium INVENTl. 

SASAIVS, LiccAi filius, miles coh. Breu- 
corum VUI. Bramb. 232. Gruter (62, 2. 

SATICOGENNA. Tombe du Musée de 
Langres. G' XII. p. 35. 

SATTARA. Neuwied. Orell. 988. Bramb. 
692. 

SATTO, nom d'homme, Verna. Voyez 
Atusirus. G' X, p. 6, Musée de 
Mayence. — Nom de femme, Musée de 

22 



îo6 



Liste des noms supposés gaulois. 



Langres. C'XIl, p. 27. Bramb. 28. Cart. 
Orelli 5695. — Mayence. Bramb. 1324. 
— C. Iulius SATTO, 721, 933. Moselius 
SATTO. 

SATTONIVS. C XX, p. 28. — Sattonius 
Gratus. Heddernheim, Orelli 661 1. Br. 
796, 1428 b., 1446, 1577, 84$- 

SATVLLVS. Brambach 692. Orelli 988. 

SA VARIA. Brambach 1091, 1143, 1146, 
1288, 1752. 

SAVINIS, femme. C XIV, 6. 

SAVRO, nom d'esclave affranchi. Nîmes. 
C XIV, p. 6. 

SAVTVS, NcviALCHi filius. Votum de deux 
édifices au dieu Mercure dont il était 
sans doute le prêtre. Bramb. 839. 

SCaPER, père de Crasaro. Musée de 
Langres. C XII, p. 36. 

SCaRDON. Scardona. Orelli 5268, 5269. 

SCOTTIVS, COTiTii filius. C XXI. p. J. 

SCOTTVS. Tombe du Musée de Langres, 
C Xll, p. 291 — Plaque en bronze de 
Besançon. C II, p. 5. 

SDEBDAS CARETIS fil. domo tvro. Br. 
230. Orelli 6861. 

SECCALVS ? Sur une pierre tumulaire âe 
Soleure. C X. 

SECCO (-onis), Carniole. C XX, p. 28 ; 
C XXI, p. 25 ; C XVIII, p. 7. Bramb, 
n" 852, 796, 207! add. Gruter 869, 
9- 

SECORIGIESES (Vicani). Bramb. 306. 

SEDAVO, père d'ANNAVs. Brambach 981. 
C X, p. 15. 

SEDVLVS, nom romain et gaulois en Cel- 
tique, peut-être SEDVLLVS ou SEDV- 
• LIVS. Cf. César, De bello gallico. C 
XXV, p. 3 ; C XV, p. 28 et SEDVLIA. 

SEDVNI (civitas Sedunorum), Sion. Orell. 
248. MM. 8. Gruter 226, 6. 

SEEVIAE. C II, p. 27 v\ Orelli 5236. 

SEGEVS, nom propre. I. H. 2698. 

SEGISAMO, ville. I. H. 2915. 

SEGOBRIGA, I. H. 4220, 

CETOMAPOC, inscription en langue gau- 
loise du Musée d'Avignon, trouvée à 
Vaison. C XIII, p. 24. — SEGOMA- 
RVS, Brescia. Muratori CV, 7. Orelli 
2123. 

SEGOMONI DVNATl Deo Marti. Culoz. 
Orell. 7416. — SEGOMO (-nisj. Lyon. 
Orelli 13(6. 

SEGONIVS. I. H. 2046. 

SEGONTIVS. I. H. 2942, 2946. 

SEGVSIAVA. Ethnique. C V, p. 38. — 
SEGVSIAVORVM libéra civitas. C XXIV, 
p. 6, 7, 8, 0, 10. — Forum SEGVSIA- 
VORVM, Orelli J2i6. — SEGVSIAVVS. 
Lyon. Orell. 5217. 

SEGVSINVM (munie), Suse. C V, p. 9. 
Orelli 1690. 

SEGVSIO. Aqua2 ApoU., Orelli $210. 

SEGVSTERO. Aqu3e Apoll., Orelli 5210. 



SEGVSTON, Oppidum des environs de 

Nîmes. Musée. C XIV, p. 10. 
SEIANII SEBODDV REMI Seiania filia , 

nom d'un rémois. C III, p. 13. — Les D 

de Seboddu sont barrés. 
SEISSERVS, surnom d'un Seneconivs dont 

la femmea pour nom unique BELATVLLA. 

Brambach 1773. 
SELMANICCO, nom de femme. Brambach 

1769. 
SEMBECCONISA HEROSSIS, f. St-Ber- 

trand-de-Comminges. Muratori 1558, 

10. 
SEMBEDO. C V, p. $5. Gruter 112, 7. 

Bagnères-de-Bigorre. 
SEMBETENN, père d'AMOENA. C V, p. 48. 
SEMBVS, père de Primigenivs. C' V, 

p. 43. Orelli 5916. Autre dans le cata- 
logue de Toulouse, p. 40. 
SENANIE. Paris. Orelli 1993. 
SENECONIVS Seisserus, mari de Bela- 

TULLA. Limbach. Bramb. 1773. Un de ces 

auteurs soupçonne Senecionius. 
SENGIONISVS. Nîmes. C XIV, p. 8. 
SENICCO (nominatif). St-Bertrand-de- 

Comminges. Muratori MCDII, 5. 
SENIDALV. Bordeaux. C XVI, p. 35. 
SENIVS, C V, 39 ; C XIV, 16. Musée de 

Nîmes. 
SENIXSONIS (génitif). St-Bertrand-de- 

Comminges. Mur. MCDII, 5. 
SENNa Varedonivs. Bramb. 825. 
SENNAVCiVS Florinus. Alsheim, Hesse. 

Orelli 6828. Brambach 914. 
SENNAVS. C XXI, p. 22. Bramb. 1845. 
SENNIANVS. Tombe trouvée à Cologne. 

Musée. C VIII, p. 30. 
SENNO, pater milit. coh. r Fl. Gruter 

563,8. 
SENNVS, père de Svlla. Brambach 497. 

Sacri filius. 
SENOCONDVS Martinius. Musée de 

Mayence. Brambach 1330. 
SENODONNA. Tiré des murs romains de 

Bordeaux; sur un monument dont deux 

autres personnages portent des surnoms 

gaulois. C XVI, p. 25 ; C VII, p. 16. 
SENOGNATVS. Melun. Mur. MCCLXXXII, 

5. 
SENONES. Gruter 371, 8. — SENONVM 

civitas. C II, p. 6 v". 
SENONIVS Volusius. Autun. Gruter 1149, 

14. Murât. MMXCVI, 12. 
SENOPE. Bramb. 1732. 
SENOTENSIS vicanus. Bramb. 1677. 
SENOVlR(-i), nom isolé. Musée de Nîmes, 

C XIV, p. 31. Épinal, C XXI, p. 2. 
SENVRVS, surnom d'un citoyen des Has- 

tiféres Mattiaques, du Musée de Mayence. 

C X, p. 13; C XVIII, p. 33. 
SEQVANA (dea). C 1, p. 25 V. 
SEQVANORVM in civitate. Lyon. Gruter 

J8, 5. 



Liste des noms supposés gaulois 



SEQVANVS, séquane, à Bordeaux. C Xl\, 
p. 8. ûrell. 480^ — A Lyon. Gruter 
1040, 8. — SECVANVS. Bramb. 1525. 

SEQVONIVS. Brambach, 1848, n'a pas vu 
le s initial détruit en partie, ce qui 
lui fait lire Eql'oni pour Equonvs selon 
lui. C XXI. 23. 

SERANVS, père de Vernvs. C V, p. 35. 

SERESVMAGIVS, nom propre. C V, 
p. 27. 

SERIOMAGLIVS, nom propre. C' V, p. 27. 

SERVS, père de Licaivs, Pannon. Bramb. 
15 19. 

SETVBOKIOS. G' XI, p. 7. — SETVBO- 
GIVS. Amiens. Mur. MCMLXXXVI, 7. 
Orelli a lu à tort SETVBOGGIVS. 

SEVTHE, nom d'homme. Ce nom a été 
porté par un roi de Thrace. Orelli 5453. 

SEVVO, potier. C> IV, p. 40. 

SEXTANT., oppidum des environs de Nîmes. 
C' XIV, p. 10. 

SIDVA Julia. Brambach 477. 

SIDVO, nom de lieu. O I, p. 30. 

SILABINA, fils de BoRTOSsvs. Auch. 
O XIX, p. 19. 

SILEX, nom propre de femme. C' V, 
p. 43. Grut. 764, 15. St-Bertrand-de- 
Comminges. 

SILVMIO Deo. Vindobona. Orell. 2046. 

SIMILIO, homme, (nominatif,) ex classe 
germanica. Orelli 6866. 

SINQVATI Deo Silvano. Géromont. Orelli 
7416 et 7417. 

SIRICCO (-nis), Aq. C' V, p. 34. 

SIRMIVM. Pannonie. Orelli 5280, etc. 

SIRONA, autels à Bordeaux. G' III, 
p. 205 ; G' XVI, p. 13. — En Wur- 
temberg, C' XVII, p. 2. Orelli 2001, 
2047. — A Spire, Orelli 5912. 

SISEAN, nom propre. I. H. 1594. 

SMERGa. Nom d'un personnage qui paraît 
être un druide ; la lecture n'est pas bien 
certaine. C' 1, p. 35. 

SMERTVLITANVS, pater Argiotali, nam- 
nète. Mannheim. Orelli 188. Brambach 
891. 

SOENVS, AssENioNis filius, excoh. i* Pan- 
noniorum. Brambach, 743. 

SOIGELASVS, stèle funéraire à niche, trois 
pers., du Musée de Langres. G' XII, 

p. 33- 
SOLIGIA, vicus (Soulosse). Inscription trou- 
vée à Soulosse et conservée à Bazoilles 

(Vosges). 
SOLIISVS. C' III, p. 10. 
SOLIMARA. Bourges. Orell. 2050. 
SOLIMARIACENSES (vicANi). Inscription 

du pont de Soulosse (Vosges). G' XXI, 

p. 1; Muratori MLXXXII, 2. 
SOLIMARIVS. Trêves. Orelli 201 j ; Niew- 

bach, Bramb. 155. 
SOLIMARVS. Mayence. Rein. 42, VIII. 

Bramb. 1380, Mannheim. Bramb. 1439, 



307 

Francfort. Bramb. 1778, Breitenbach. 

G' XVI. Père de Gintvgenvs. Herzog. 

264. 
SOLIRIX (-igis). femme ou fille d'ExciN- 

GiLLVs. Musée de Nîmes. G' XIV, p. 31. 
SOLITA, sœur de Parridivs. inscr. de 

Gap. 
SOLLAVIA, f'-'. Nîmes. G' XIV, 29. 
SORIOLICNIS, surnom d'Horcola, femme 

de Filimatus. Bordeaux, G' XVI, p. 35. 
SORNAVSl deo. St-Bertrand-de-Gom- 

minges. Orelli 5913. 
SOSIN, adjectif démonstratif gaulois. G" I, 

p. 17 v°. — COCIN. G' XllI, 24. 
SOSSIONN (...is). C' V, p. 38. 
SPARVGVS,Triboque.Salona. Orell. 3408. 
STATVMAE. Oppid. des environs de Nîmes. 

G' XIV, p. 10. Musée de Nîmes. 
SVADVGENVS, fils de Nertomarus. G' I, 

p. 33- 
SVAVblA Julia, fille de Gaius AttiusCarus. 

Brambach, 688. 
SVGCO, surnom d'un Catvricivs. C' XXVI, 

p. 3 bis. 
SVECCONIVS. Dédicateur d'un autel au 

Génie public, ayant pour surnom Deme- 

CENUS, que Mommsen écrit à tort Deme- 

CENUS. Soleure, maison de ville. G' X, 

p. 48 v°. Orelli 403. 
SVESSIO (-ni). Ethnique des Suessions. 

G' XXVI, p. 6. Orell. 3653. G' 11, 

p. 28. Orell. 5236. 
SVGNVTIA (Briva), vicus. Inscr. trouvée à 

Monceaux-le-Comte (Nièvre). 
SVLEIAE (Sulfiae ?) Dalle trouvée à Mal- 

ley, 4 lieues 0. de Lausanne. G' X, 

p. 32. Musée de Lausanne. 
SVLEVIAE (-is, -iabus). A Rome, Orell. 

2001, 2099. A Bonn, Orell. 2100. 

Bramb. 673. 
SVLlVlA. Nîmes. Orell. 2051. 
SVLLA, Senni filia. Brambach 492. 
SVMELI (..us, i). Inscr. en langue gau- 
loise. G' XVIII, p. 18. 
SVMELOGENNENSES. Brambach 1034. 

SVMELO, 1633. Saltus SVEMELOCEN- 

NENSIS, 1581, 1629. 
SVNDVGCA. St-Bertrand-de-Gomminges. 

Murât. MGDII, j. 
SVNNA. 1. H. 410, 784, 78s. 
SVNVXSALIS (Dea). Petit autel du Musée 

de Bonn, venant d'Eschweiler. G' VIII, 

p. 4J. Bramb. 633. Orelli 592J. 
SVNVCI. Peuple de la Gaule Belgique. 

Trouvé en Grande-Bretagne. Stamding- 

ton. Orelli 5455. Hûbner Inscr. uj<,. 
SVOIIGIINO (-us). Rodez. G' XIX, 

p. 26. V. AlCOVINDVS. 

SVRBVR. Brambach 1909. Gat. d'Épinal, 

66. 
SVRGO (-onis). Prénom. Tombe apportée 

de Clèves à Bonn. G" VIII, ço. Bramb. 

IJ9. 



îo8 



Liste des noms supposés gaulois. 



SVRIO. Brescia. Orell. 4826. 
SVSVLLA. Orell. jn^- 
SVTVGIO (Deo). 

TAEIEVS, père de Samavs. Orell. 4900. 
TACANA (Bordeaux DAGANA). 1. H. 897, 

9}8. 
TAGAVSVS S. IVS, père de Nevtto. C 

II, p. 26 v°. 
TAGILVS (ou CI). Brambach 1468. Eq. 

alae Flaviae. 
TALAVVS. 1. H. 2442. 
TALIOVNVS, fils d'ORiCLA. C XX, p. 5. 
TALLIATES, peuple. Eifel. Bramb. 637, 

6}8. 
TALORI (génitif). I- H. 776. 
TALVPPA. C XXI, p. 24. Bramb. 1823, 

1851- 
TAMEOBRIGVS. I. H. 2377. 
TANCINVS, -A.-I. H. 681, 684, 753, 

770, 798, 802, 905 (G), 942- 
TANFANA (Dea). Rein. 175, i. Rive 

droite du Rhin. 
TANNEGADINIA, nom propre. I. H. 3796. 
TANNEGALDVNIS, nom d'homme. I. H. 

4040, V. 3794. 
TANNEGISCERRIS, nom d'homme. 1. H. 

Î794- 

TANNOCIENVS, Stèle funéraire du Musée 
de Langres. G' XII, p. 24. 

TANOTALIKNOl. C' XI, p. 7. 

TANOTaLOS. C' XI, p. 7. 

TAPORVS, I. H. 881, 950, 1018. 

TARANVCNO deo. Heilbronn, Orelli 2on, 
20(6, 2057, Bramb. 1589, Orell. 2055. 
Manh. Bramb. 1812. 

Le n° 2057 d'Orelli a été trouvé à 
Godraustein dans le Palatinat; mais la 
provenance de son n" 2056 n'est pas 
indiquée. 

TARBELEX. C' V, p. 52. 

TARBELSONIOS, nom propre gaulois. 
Poitiers. C' VII, p. 15. 

TARVOS Trigaranos. Paris. Orelli 1993. 

TASGILLVS, patron d'un centurion de 
fédérés. Bordeaux, C' XVI, p. 7. Br. 
1772. — TASGILLA. Bramb. 84s. 

TASGIVS. Nîmes. C' XV, p. 18. Peut-être 
gaulois de la Cispadane. Voir les corp. 
Gruter, Mur. etc. 

TATAZA, nom de femme d'une famille 
thrace. 

TATICENVS ? nom propre, surnom d'un 
T. Claudius. Musée de Cologne. C VIII, 
p. 17. 
TATO, ICARi f. Or. 327. 
TATVCVS, autel à Diane. Musée de Co- 
logne. C VIIII, p. 44 v\ Nationalité 
douteuse. 
TAVNVS. D'où Taunenses et civitas Tau- 
nensium. Le mont Taunus est en Ger- 
manie, mais près du Rhin, et l'on peut 
très-bien y supposer un établissement 



gaulois. Du reste le nom de Tvgnativs 
qui s'y rencontre a toute l'apparence 
d'un nom appartenant à la langue de ce 
peuple. Orelli 4981 et 4982. Brambach 
9$6, 1241, 1310, 1330, 1444, 1445, 
1463, 1471. 

TAVRVS, SossioNis filius. C' V, p. 38. 

TEDDIATIV.S primvs L. Miihlenbach, Br. 
849. C XX, p. 25. 

TEf-)(-)ICNIVS. Avignon. C XIII, p. 27. 
Paraît analogue aux MEDDIGNaTVS, 
où le D barré tient la place du O grec. 

TEDVSIA, oppidum des environs de Nîmes. 
C XIV, p. 10. Musée de Nîmes. 

TEKOS, inscription de Novarre. C XI, 
p. 7. 

TELAVSIVS, surnom de Mercure, incer- 
tain. Brambach écrit BIAVS.. Trouvé à 
vbbergen. Gueldre, C IX, p. 33. Musée 
de Nimègue. 

TERMESTINVS (Domo). Bramb. 894. 

TESAOIOAN. C XI, p. 7. 

TESCO (-onis), père d'un Cintugenus. 
Bordeaux. C XVI, p. 7. 

TETRAHENAE, m.atrones du Musée de 
Bonn, venant de Bettenhoven. C VIII, 
p. 39 v°. Elles sont associées aux Gaesa- 
henae comme il suit : et Tetrahenis et 
Gaesahonis. 

TETRVS, fils d'VNAGivs, Boién de Bor- 
deaux. C XIX, p. 10. 

TETTO (-nis). 

TETVMVS II SEXTI || DVGIAVA || SAMA- 
DIS. Chez les Cénomans de la Haute- 
Italie. Communication de M. Fabretti, 
de Turin. 

TEVTOMVS, père du soldat pannonien 

Vettorivs. Orell. 54'8- 
TIATVS, Dace, père de Zia, uxor Pie- 
por: régis Coistobocensis. Muratori, 

1039, ?• 

TICINI. Bramb. 377, 11 55. 

TIGOR. TIGORINVS (pagus). C' X, p. 
44 v°. Orelli 566. Mur du château de 
Villars, près de Morat. 

TINGILONAIA. Nîmes. Gruter, 743, 8. 

TIOGILVS. 1. H. 2698. 

TITTIVS, affranchi. C XXIV, p. 7. 

TITTO. beau-père de Parridivs, dont !e 
nom gaulois a fait le nom patronymique 
latin TITTONIVS. Inscr. de Gap. 

TITTONIA, TiTTONis filia. TERTIA, femme 
de Parridivs. Inscr. de Gap. 

TOCCIA. Bramb. 716. 

TOCISSA.' père d'un avgvstvs. C" XXI, 
p. 13. — Brambach, add. 2072, écrit 
comme moi TOCISSA, mais le C diffère 
bien peu du G. Il y a assez de noms en 
TOG tels que TOGIVS, TOGITIVS, 
TOGIRIX, pour que je n'hésite pas à 
croire que la forme Togissa en dérive. 

TOENILIS, stèle funéraire du Musée de 
Langres. C XII, p. 3$. 



Liste des noms supposés gaulois. 



TOGIACIA. Nîmes. C" XIV, p. 3 (.Voir 
les références latines. 

TOGIO, datif. Ratisbonne, Crut. 709, 9. 

TOGIRIX, Metiati f. Or. 347; Metiae f. 
Momm. 139. 

TOGITIVS. SoLiMARi f. Mayence, Rein. 
42, Vlll. Manheim, Bramb. 1580. 

TOGIVS, stèle funéraire du Musée d'Avi- 
gnon provenant des environs. G' XI II, 
p. 8. — TOGIVS, soldat des exploratores 
Divitienses. TOGIA. C' X, p. 23 v". 
Orelli 6720. 

TOGOTI (Deo), nom au datif. 1. H. 893. 
Renesius 194, 191. 

TOLOSA, Toulouse. G' X, p. 4 ; Bramb. 
n' 1 196. 

TOLTANDOSSVS (Hercules), fils de Sembvs. 
C' V, p. 43. Herzog, 282, lit Tolosano 
Andosso, difficilement admissible d'après 
la figure. 

TOMITANORUM Buleuta. Orelli 5280, 
5287. Civitas Pontica. Kortendschy. 

TONGIVS, 1. H. 749, 757. 

TOOYTIOYC. Herzog 445- C' XIII, p. 

24- 
TOROGILLA, mère de Mvtacvs. 
TOSSIVS, TOSSIA. Vérone. Orell. 1507. 
TOTIA LALLA. mère de Varvsivs atto. 

C' XX, p. 27. 
TOVTA. Toulouse, provenant de Bagnères- 

de-Luchon. Voyez Cassia, femme ségu- 

siave. C' V, 38. 
TOVTl (filius?) C' I, 18 ; C' XVIII, p. 32. 

— TOVTVS, DiviciANTiLLi filius. Mur. 

1779, lî- 
TOVTILLVS. Nîmes. Murât. MCCLXXXI, 

6. 
TOVTIORIX, (-igis), surnom d'Apollon, 

sur un autel du Musée de Mayence. 

C' X, p. 20 v". Orelli 2059. Brambach 

1529. 
TOVTIOV. C' XI, p. 7. 
TOVTIVS, TOVTIA. Stèle funéraire d'.\ug. 

Rauracorum. C' X, p. 29. C' XXII, 

p. 28, 22. Orelli 5060. Momms. 284. 

Il lit TOVTIOnis filius, quoiqu'il n'y ait 

pas de place suffisante. — TOVTIO, Divi- 

ciANTiLi f. Herzog. 
TOVTONA Cassia, femme gauloise née 

d'un Romain et d'une Eduenne. C' XXIII, 

p. 18. 
TOVTONIS filius, Melius. Arles, Gruter 

807, II. 
TOVTONVS ou nius. I. H. 440. 
TRAIBITHVS, père de Seuthe. Orelli 

54J3- 

TREVERAE matres. Clèves. Orelli 2092. 

TREVERI. Gruter, 482, 5, à Gratz, Styrie. 
C" XIX, p, 7, Domitiae civis Treverae. 
C XIX, p. 9, Veldigi civi Treveri, à 
Bordeaux. 

TREVERORVM (C. Apronius Raptor, dé- 
curie civitatis). C' XXVI, p. 7. 



^09 

TREVERVS, -A, tombe d'un cavalier, ci- 
toyen de Trêves, à Cologne. C VIII, 
p. 50. C VIII, p. 50, pour les matres 
Treverae. — Tombe d'une femme de 
Trêves, civis Trevera, à Bordeaux, C 
XIX, p. 7. — Tombe d'un citoyen de 
Trêves, C XIX, p. 9. — c. trev. à 
Bordeaux. C XX, p. 31. — civi tre- 
VERO. Brambach 307. — civi trevere, 
datif féminin. Brambach 1245. — Br. 
161. 187, 893, I J49. 

TREVIRI, Trêves. Or. i8os. 

TRIBOCI. Brumath. Orelli 5246, 1953, 
19(4- — Lyon, Gruter 647, 5. 

TRICASSINI. Auxerre, Gruter, 371,8. — 
TRICASSINVS. C XXV, p. 2; Orelli 
5965. 

TRICASTINORVM civitas. C XXV, p. 17. 
Gruter 371, 8. 

TRIGARANOS. Paris, Orelli, 199). 

TRITTIA. frets, et non pas Pierrefeu, en 
Provence. Orelli 2060. 

TRIVMO (-nis), nom d'homme? gén. Envi- 
rons de Brescia. G*uter 566, 2. 

TROVCETEIVS VEPVS. Landccy, près 
Genève, Orelli 298. 

TROVCILLVS. Nîmes, Murât. MCCLXXXI, 
6. 

TROVGILLVS. Brambach 1401. Lengfeld. 
Hesse. Peut-être CILL et non GILL. 

TRVMPILINI, peuple des Alpes. Débris du 
monument de la Turbie. TRIVMPILINI 
est une faute. 

TVGNATIVS. Cf. Dugnatius ? Musée de 
Mayence. Bramb. 13 10. 

TVLLONIVS (deus). I. H. 2939. 

TVNGRI. Brambach 1231. 

TVOTICIVS. Melun, Mur. MCCLXXXII, 
5- 

TVRAIVS. I. H. 2633. Cf. Tureus. 

TVREVS. I. H. 744, 74S 

TVRO, nom d'homme au nominatif. I. H. 
2(04. Bramb. 230 (domo tvro). 

TVTA. Nîmes, Rein. 53, XIII. 

TVTOGETVS, père d'ABDuciA. Sur un autel 
à Sirona, du Musée de Bordeaux. C 
XVI, p. 13. 

VBIA, GASTiNASi filia. Bramb. 275. Nom 

propre de femme. 
VBIVS, natione. C XV, p. 26. Orell. 7420, 

66. 
VCCIVS. 1. H. J032. 
VCETIA, Uzès, oppidum des environs de 

Nîmes. C XIV, p. 10. 
VCVETE, divinité gauloise. C I, p. 17 v°. 

— VCVETIN (accusatif). C I, p. 17 v. 
VGERNVM (Beaucaire). Musée de Nîmes, 

base de colonnette. C XIV, p. lu. Aq. 

Ap., Orell. (210. 
VLMIO (-nis). Brambach 691. 
VLEVO (-nis), surnom. Brambach 1702. 
VLOHOX. C V, p. 59. 



VNAGIVS, Boïen de Bordeaux. C XIX, 

p. 10. 

VHA (fons). L'original est à Lyon, mais 
il vient de Nîmes, où l'on en conserve 
un plâtre. C XXV, p. 21. Orell. 6081. 
Herzog 254. 

VRASSIS, datif pluriel. Nîmes, C XV, p. 
7. Divinité gauloise, comme Vra fons. 

VRIAXE (seu AVRIAXE), fille d'iLVNNO- 
svs. C V, p. 31. 

VRILIO (-nis), génitif, père de Bovdvs Va- 
LERivs, mari de Silvana. Gruter 838, 6. 

VRISSVLIVS Campanus. C XX, p. 22. 

VRITTIA > C V, p. 20. 

VRITTIOR, surnom d'une Ivlia de Bor- 
deaux. C XVI, p. 36. 

VROGKNIVS, -A. Lyon, Gruter 490, 9. 

VROGENONKRTI, nom d'homme au gén. 
Lyon, Gruter s 70, 6. 

VROMAGVS. Brambach 19:3. 

VSEITVS, 1. H. 785. 

VSSVBlVS. Le Mas-d'Agenais, Orell. 5926. 

VTVLIVS, fils de TvTA et de Velagenvs. 
Nîmes, Rein. (3, XIII. 

VXASSONi, nom propre d'homme au gén. 
Lyon, Boiss. CX. 

VXOVINVS, divinité topique, près Apt. O 
IV, p. 34. 

VXSAMENSIS? I. H. 2403. 

VACALLINEAE, surnom de matres, au 

Musée de Cologne. Autel par un vétéran 

de la i'" légion Min. C' VIII, p. 30 v". 

— VACALLlNEHIS (matronis). Wachlen- 

dorf, Orelli 2086. 
VADVRIX, de Besançon. Couteau en 

bronze. C II, p. 40 v), 
VAELO, oom d'h-omme au nomin. I. H. 

2986. 
VAGDAVERAE deae. Hemmen, Or. 5918. 

Brambach 67. G' IX, p. 5 v°. 
VAGODONNAEGO (Deo). I. H. 2636. 
VAILICO. Gumiel (Espagne). Mur. 1479, 

12. Hûbn. 2771. En rapport avec deux 

noms certainement gaulois Madicenvs 

et Acco. 
VALETIO, nom d'homme au nominatif. 

Brescia, Mur. LUI, 10. 
VALLAMNElHIAE (-abus), matrones du 

Musée de Cologne, trouvées sous Fet- 

tenhenne. Ex-voto de femme. C VIII, 

p. 17- 
VAPPINCVM, Aquae Apoll., Orelli 5210. 
VARAITIO. Brambach, 82s. 
VAREDONIVS SENNA. Pierre où figurent 

un certain nombre de noms gaulois plus 

ou moins latinisés. Brambach 825. 
VARICILLVS, messin. C'XX, p. i. 
VARINVS, dérivé du Var (fleuve). Nice, 

Mur. MLIIII, 5. 
VARVSIVS ATTO, fils de Varvsivs Accep- 

Tivs et de Totia Lalla. Nimègue, Br. 

857. 



Liste des noms supposés gaulois. 



VASIENSES VOCONTII. Vaison, Gruter 

MXC, 21. 
VASIO, Vaison, ville des Voconces. Tom- 
beau du Musée d'Avignon, apporté de 

Vaison. C' XIII, p. 33. — VAS. VOC. 

Orell. 5222, Herzog434. — VASIENSES, 

Herzog 432, 3. 
VASIONI (Marti et). Vaison, Orelli 5919 

Gruter, DXVI, j. 
VASIONVS. Lyon, Gruter 752, 4. 
VASSA, Saccavi filia. Vienne, Gruter 745, 

1 1. 
VASSATVS. Brambach 1112 b, 1. 
VASSO CALETI (Deo Mercurio). Bittburg. 

Brambach 83 s. 
VASSORIX. Niederberschdorf (Alsace). 

Orelli 4967. 
VATINEAE. Matrabus Vatineis. Autel du 

Musée de Langres. C XII, p. 43. 
VATRVTE, oppidum des environs de Nîmes. 

C' XIV, p. 10. 
VATTO Justius. Mommsen 141. Orelli 

349- 

VATVIABVS (Matro). Juliers, Orell. 2086. 

V.vrviAE NERSHENAE, matrones du Mu- 
sée de Cologne trouvées dans le pays 
de Juliers. Brambach en fait deux noms 
C VIII, p. 18. 

VECCATVS, nom d'homme. Lac Majeur. 
Gruter 838, 9. Orelli 4901. 

VECCO. MoccoNis f. Lac Majeur. Gruter 

838, '9- 
VECISO ? tombe de Bordeaux. C XVI, 

p. 12. 
[VjECTIMARVS. Brambach 834. 
VECTISSVS. Brambach 865. 
VECTVS, I. H. 2956. 
VEDIANTES, VEDIANTIABVS matronis, 

près Nice. Orelli 2093, 5107. 
VEGABIVS, ex Valentis principis. Gruter 

XV, 2. 
VEGISONIVS. Bramb. 1438. 
VELAGENVS, père de Vervs, père d'VTv- 

Livs. Nîmes, Rein. XIII, s 3- — Ex 

coh. Raet. periit. Brambach 892. 
VELAVNIS. 1. H. 1(89, 1590. 
VELDIGIVS? s. VIL., citoyen trévire. C' 

XIX, p. 9. 
VELIOCASSES, civitas. Lyon, Orell. 6991. 
VELLACO, nom d'homme au nominatif. 

Nice, Mur. DCCCXXV, J. 
VELLAVORVM (civit.) — VEL. Orell. 5220. 

— LIBERA. Orell. J22I. 
VELMADA, fille de Gavgasso. C II, p. 

29 y. 

VELORIVS SACRILLIVS. C XX, p. 28, 
VENETOS, ethnique à l'accusatif. Bramb. 

484. 
VENINA. Gruter $20, i. Cannthie. 
VENNA, fille de Nematevvs, mère de 

Parridivs. Inscr. de Gap. 
VENNECTlSpagus. Nizy-le-Comte (Aisne). 

C VIII, p. s ; C I, p. 10. 



Liste des noms supposés gaulois. 



VEPVS Trovceteivs. Landecy, près Ge- 
nève, Grell. 208. 

VERANSATVS, père de Freiovervs. Tombe 
d'un soldat tongre, du Musée de 
Mayence, trouvé là. C X, p. 13. Br. 
n" I2}i . 

VERBEIA (dea). Veleia, York. Orelli 
2061. 

VERCANE (de) et MEDVNE. Bertrich, 
au cercle de Cochem. Brambach 709. 

VERC.\T1, nom de femme au datif? Die. 
Mur. MCCCLIII, 5. 

VERCE (datif). Melun, Mur. MCCLXXXII, 

i- 
VERCELLAE, ville de la Gaule transpa- 

dane. Sur une stèle funéraire du Musée 

de Mayence. C' X, p. 10. Brambach 

1208, 1983. 
VERCOBIVS svRvs. Vérone. Orell. 2728. 
VERCOMBOGIVS. Gruter 758, 11. 

Garnie. 
VERDECVNVS? Tabulae militares. Gruter 

574, 7- 

VERDVCCVS ou Verdvcivs. Nice, Mur. 
MCDV, s- 

VERIVGODVMNVS. Autel à Apollon, dans 
un mur de la Bibliothèque nationale. 
Provenant d'Amiens. Orell. 2062. 

VERNVS, Servni filius. C' V, p. 3$. 

VERONA. Bramb. 233, 1186, 1191. 

VERORE. alias VIRRORE, divinité topique. 
Lugo in Gallaecia. Or. 2063. 

VEROTIVS seu Verotvs. I. H. 2519. 

VESGaSA, BiTTioNis fil. Gruter 733. 5. 

VESVNIAHENAE, matrones du Musée de 
Bonn, trouvées sur la place du marché 
à Ziilpich. C' VIII, p. 45. Brambach 
en cite cinq autres de Weitweis. 

VETERANEAE (-is), matrones du Musée 
de Bonn, venant d'Embker. — VETE- 
RANEAE (-abus). — VETERANEHAE 
(-habus, -his). C' VIII, p. 40, 40 v% 42 
v°, 43 v% 51 v°. 

VETTO, 1. H. 201, 529, 601, 823, 829, 
1074, 107$, 3844. 

VIANEGLVS, I. H. 2698. 

VIANNA. Bramb. 1164. - VIANA, 1061, 
I165, 1382. VIA. VIAN II75, 1202. 

VIBIASENE, femme de Decmus, mère 
d'AQUiTANA. C' XX, p. 9. 

VICTISIRANA, femme d'EPOMVLVS. Gruter 
700, 6. Ces noms, envoyés d'Angleterre 
par Camden, sont fort suspects. 

VICT1SSV3 OU Vectissvs, surnom d'Attu- 
cius. V. Epona. 

VIENENSIS civitas. Vienne, Gruter 631, 

7- 

VIENNA, Vienne en Dauphine. Or. 5256. 
Bramb. 457, 1082, 1190, 1768. 

VIHIRMAS f-atis;, autel à Hercule, trouvé 
à Bois-le-Duc. Le fils, premier magis- 
trat des Bataves, a nom Flaus, évidem- 
ment latin pour Flavus. G' IX, p. 5. 



VINDALVCO (-nis). Basle, Momms. 290. 
VINDAVSCIA Euvanthis, dame gauloise 

de Valence en Dauphine. C' XXIV, 

p. 20. 
VINDELICVS, Cattai fil. Orelli 68(8. 
VINDILLA, femme de Giam, fille de Crie- 

LON. Styrie. Gruter 537, j. 
VINDILLIVS. Brambach 900. 
VINDONA. Carinthie, Gruter 87, 7. 
VINDONISS(enses). Suisse. Orell. 5026. 
VINDOROICl, gén. masc. Vienne, Gruter 

74J, II- 
VINDVNA. Norique, Gruter 70 j, 6, 
VINTIO, Deo Polluci. Seyssel, Orelli 2065. 

AVG. VINC. Orelli 5922. 
VINTIVS (Mars), VINTIENSES. Vence, 

Orell. J227, 5228 ; Rein. CCXXII, i. 

Copie de M. Bourguignat. 
VIRDOMARVS THARTONTIS. La leçon 

de Muratori paraît être défectueuse et 

devoir être remplacée par celle de Maffei, 

qui donne un fac-similé et parle des 

erreurs existant sur les autres copies. 
VIRIATVS, I. H. 684. Nom d'un célèbre 

Lusitanien. On écrit aussi Viriathus. 
VIRINN, oppidum des environs de Nîmes. 

C XIV, p. 10. 
VIRIONDAGI, nom d'homme au génitif ou 

au datif. Carinthie, Mur. MMLXXVIII, 3. 
VIRIVS, masc. en langue gauloise. C 

XVIII, p. 6 et 18. 

VIRODDI deae. (Les D sont barrés.) Trouvé 
dans les murs du cimetière de Kaelberts- 
hausen, maintenant au Musée de Carls- 
ruhe. 

VI ROMAND. Ethnique. Lyon, Orell. 6950. 

VIKOMARVS. Près Joinville, Muratori 
MDCCLXVI, I. 

VIRONO (-nis). Carinthie, Muratori 
MMLVUI, 3. 

VIROTVTI APOLLINI. C VII, p. 44. 

VIRVCATE (Publius). Vérone, Mafî. 147. 

VIRVNVM, ville de la Norique. Rome, 
Orell. 3504. 

VISALVS, I. H. 626. Peut-être pour Vi- 

SOLVS. 

VISCARI (gén.), Bernay, Orell. 5693. 
VISIONIVS Losus. Bramb. 1770. 
VISVCIO Mercurio, près Spire. Orell. 

5923. — Deo Merc. VISVCIO et sanctae 
VISVCIE. Kougen (Wurtemberg). Orell. 

5924. Bordeaux, Merc. — VISVCIO. C 

XIX, p. II, Bramb. 1581, 1696, 1704. 
VISVCIO. Orelli 2607. — Les trois 
monuments rapportés par Orelli pro- 
viennent des bords du Rhin et du Ncckar. 

VISVRIO (-nis), père d'EovLLivs. C XXI, 

p. 18. Bramb. 1838. 
VISVRIX, nom de femme. Momms. 298. 

Orell. 422, etc. 
VITOVSVRIO, nom pr. C VI, p. 2j. — 

VITOVSVRIOnis filia. C' XIII, 29. Béziers, 

copie de M. de Saulcy. — Ioviccorigis 



312 



Liste des noms supposés gaulois. 



filia. C XllI, p. 29, Avignon. — Ma- 
GLVS, dieu topique à Dax. — Mati- 

DONNVS, C XII, 39. — CAPILLVS 
ILLIOMARI. 

VITVDVRF.NSIS (mvrvs). Constance. Gr. 

CLXVI, 7, 9. — VITVDVRVM vicus. 

Momms. 239. 
VOCONTIEIS ([Lijguribus). Gruter, Fastes, 

p. 296. 
VOCONTII, ethnique général des Gaulois, 

de Die à Vaison. G' XIII, p. 33, Vasio 

Vocontiorum ; p. 19, flamen Vocont...; 

— p. 55, Vasienses Voc... — A Luc,aed. 

Voc.,C' XII, p. 13 : C' XIV, p. 10, 34; 

C' XX, p. 20 ; G' XXII, p. 1 S ; C' XXIV, 

p. 22 ; G' XXVI, p. 3. 
VOGONTIVS, Rome, Mur. DGGCLVIl, 4. 

Nom emprunté par les Latins aux Gau- 
lois des Alpes? 
VOGLANNIONVM vicus, près Trêves. 

G' XX, p. 22, 28. Orelli 5237. — 

VOGLANNI, C' XX, p. 3}. Br. 796. 
VOLCAE, ethnique général des Gaulois 



méditerranéens. Pierre du Musée d'Avi- 
gnon. G' XIII, p. 37 v, 

VOLIREIVS. Gruter 842, 1. Carniole. 

VOLTREX. Gruter 780, 5. Carniole. — 
VOLTREX, Explaetoris f. Pcx. VOL- 
TREX, lasonis F. P.; Iggi, Carniole. 
Voltregis f. ex Voltrici. 

VOLTVREGIS, gén. Iggi, Gruter 826, 2. 

VORDENSES pagani. Apt, Orelli 197. 

VORETO (...us). G" XVIII, p. 18. 

VOSEGO deo. Bergzabern. Orelli 2072. 
Bramb. 1784. 

VOSIO (nominatif). Tremosine, près Bres- 
cia. Murât. MGCXGV, 6. 

VOSOLVIA, nom de lieu. G' II, p. 27 Vo. 
Orell. (236. 

VOSTRVS, fils d'Ausus. C III, p. 14. 

XVBAN Deo. C' V, p. 42. 

ZIA, TtATi filia, daca, uxor Piepori, régis 
Coistobocensis. Rome, Muratori 1039, 3. 



VASES 

SIGILLÉS ET ÉPIGRAPHIQUES 

DE FABRIQUE GALLO-ROMAINE'. 



Parmi les nombreux vases désignés généralement par les archéologues 
sous la dénomination peu exacte de poteries samiennes^, il se trouve une 
série dont les exemplaires portent des légendes en relief. Ces légendes 
n'ont aucun rapport avec la fabrication ; ce sont tantôt des vœux ou des 
invocations, tantôt des ethniques. J'ai cru qu'il était utile de réunir ici 
les renseignements que j'ai pu recueillir sur ces fragiles monuments. 

Tout d'abord, je propose de supprimer, dans la nomenclature archéo- 
logique, ce nom de vases samiens. La poterie de Samos n'avait aucun des 
caractères qui distinguent celle dont nous nous occupons en ce moment; 
les Romains, qui fabriquaient celle-ci, prétendaient rivaliser avec les 
Samiens sans les copier; les inscriptions et les noms de potiers sont latins 
et en caractères latins; le vernis rouge, avec sa teinte qui ne peut se 
comparer qu'à la cire à cacheter, est particulier à cette poterie que le 
commerce répandit dans le monde romain où elle fut imitée; cette imita- 
tion produisit de nombreux échantillons, d'une fabrique plus grossière et 
d'un art moins délicat, qui paraît s'être continuée pendant les trois pre- 
miers siècles de l'ère chrétienne. 

Le centre de la fabrication des vases rouges, sigillés et vernis, paraît 

1. Cet article a paru récemment dans la Gazette Archéologique, publication importante 
que son luxe typographique ne réserve malheureusement qu'à un nombre trop restreint 
de lecteurs privilégiés. Les directeurs de ce magnifique recueil, MM. Fr. Lenormant et 
le baron de Witte, nous ont permis, avec leur courtoisie habituelle, de le reproduire, 
dans l'espoir que sa vulgarisation fera connaître des exemplaires nouveaux de ces vases. 

2. Tout récemment, M. l'abbé Desnoyers a soutenu la même thèse dans les Mémoires 
de la Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans, t. XIX. 



? 14 Vases sigillés et épigraphiques 

avoir été dans l'Italie septentrionale, à Arezzo; Perse, Martial, Macrobe, 
Pline, Isidore de Séville ' font allusion à la poterie rouge d'Arezzo. « Les 
vases en terre cuite, dit ce dernier, furent d'abord inventés à Samos; 
ensuite on découvrit le procédé pour y appliquer la couleur rouge. Ces 
vases sont appelés arétins, du nom d'une ville d'Italie où on les fabri- 
quait. » Des découvertes récentes ont permis de constater l'existence de 
fabriques considérables de ces vases dans le Modénais^ 

Jusqu'à ce jour, on ne s'est pas assez occupé de réunir les sujets divers 
représentés en relief sur les vases arétins el sur leurs imitations; destinés 
à des usages variés, ils retracent, par leur ornementation, le courant des 
idées de la vie ordinaire, les sujets les plus appréciés et les plus popu- 
laires; ils fournissent mille détails curieux, et, parfois même, touchent 
directement à la mythologie et à l'histoire. La Société des Antiquaires de 
France, il y a quelques années, a fait connaître un très-curieux fragment 
de vase sigillé, avec inscriptions, relatif à la défaite du roi dace Décébale, 
trouvé au milieu des ruines romaines à Blain, dans le département de la 
Loire-Inférieure 5 , 

Je ne sache pas qu'il ait été encore publié d'autres vases sigillés épi- 
graphiques, que les deux exemplaires dont je vais parler avant d'arriver 
à la description de ceux dont on va voir les dessins exacts. 

L'un fait partie du Real Museo Borbonico 4, l'autre est au musée de Nîmes > . 

L'ornementation du premier, dont la provenance n'est pas indiquée, 
mais qui, par son beau travail, doit être de fabrique italienne, se com- 
pose : i" d'une bordure d'oves; 2" d'une inscription formée de caractères 
de grande dimension, séparés chacun par une feuille de vigne; 5° d'une 
bande de feuillage dans laquelle on aperçoit deux lièvres, ou lapins, 
broutant, et deux sangliers poursuivis par deux chiens. La seconde et la 
troisième zone sont coupées par un buste de femme placé entre deux 
caducées, de manière à indiquer le commencement de la légende, qui 
est : BIBE AMICE DE MEO; cette inscription rappelle les vœux que 
l'on retrouve plus tard, vers la fm du Haut-Empire, sur des vases de 
couleur noire ou ardoisée : Sitio; Rcple; Da bibere; Amo te condite; Amas, 
felixvita; Ut felix vivas; Merum da satis : Vinum tibi, dulcis; Vive, bibe 
multis, etc. 



1. Pers., Sat., Il, 6; Martial., I, 54; XIV, 98; Macrob., 11, 4; Plin., Hist. nat., 
XXXV, 4$ ; Isidor, Etymol., 1. XX, c. iv, j, 5 et 6. 

2. Bull, de l'Inst. archéol. de Rome, nov. 1875 ; Alimer, t. IV, p. 55 et seq. 
). Bull, de la Soc. des Antiq. de Fr., 1870, p.113 et 118. 

4. T. VIII, pi. 29. 

5. Marques de fabrique du musée de Nîmes publiées en fac-similé, p. 58 et pi. xv, 
n" 177; G. Charvet, les Voies romaines chez les Vokes-Arècomiques, p. 9, note 2. 



de fabncjue gallo-romaine. j 1 5 

Le second vase, publié par M Aurès, et avant lui signalé par Artaud, 
dans un travail inédit sur la céramique, qui est conservé à la bibliothèque 
du Musée de Lyon, porte la légende : TAM BENE FICTILIBVS, entre 
une bordure d'oves et un sujet de chasse. Les lettres sont séparées par 
des feuillages et aucun signe ne marque le commencement de la légende. 
On a proposé de voir ici une sorte d'exclamation signifiant que le vin est 
aussi agréable à boire dans un vase de terre que dans une coupe de 
matière plus précieuse. Il est tout naturel de rappeler à ce propos le vers 
de Martial : 

Aretina nimis ne spernas vasa nwnenws. 

H. 

A Montans (Tarn), localité où exista, à l'époque romaine, une fabrique 
de poterie signalée par M. E.-A. Rossignol, parmi de nombreux débris, 
on a recueilli deux fragments portant des inscriptions en caractères 
presque cursifs et qui, analogues à celles dont nous nous occupons en 
ce moment, paraissent être de la plus basse époque. Ces fragments 
n'ont encore été ni reproduits ni déchiffrés ; les lettres ne sont pas sépa- 
rées ' . 

Sur l'une, M. Ant. Héron de Villefosse, mon confrère, propose de 
lire : AVE NOVISSIMYS HERES VD 

Sur l'autre, on ne déchiffre guère que les mots.... AENEA SOM- 
NIA ou.... AENEAS OMNIA.... 

Quelques fragments d'inscriptions étaient déjà connus avant la décou- 
verte importante dont je vais parler dans un instant : 

1° R, sur un fragment de vase provenant d'Orange, conservé au Musée 
de Saint-Germain. 

2° INEA, sur un autre fragment, de provenance inconnue, publié par 
M. Allmer^. 

3° ON, au Musée de Nîmes. 

4» N, id.i. 

En 1871, grâce à M. l'abbé Cérès, conservateur du Musée de Rodez, 
on fut prévenu qu'une fabrique considérable de poterie avait été reconnue 
à Banassac (Lozère). Le musée de Saint-Germain put acquérir la plus 
grande partie des objets qui avaient été exhumés jusque là; M. Cérès en 



1. Des antiquités, et principalement de la poterie romaine, trouvées à Montans, près de 
Gaillac {extr. du Bull. Monum., 1861), p. 6 et 7. 

2. Allmer, Inscriptions antiques et du moyen âge de Vienne, atlas, pi. xxvi,n° 200. 
5. Aurés, 0/). /au(i., pi. XV, n°' 178 et 179. 



3 16 Vases sigillés et épigr aphiqnes 

eut lui-même quelques échantillons. C'étaient des vases de toutes formes, 
par centaines, des assiettes, des moules, des pièces ayant servi à la fabri- 
cation; cet ensemble, important au point de vue de l'industrie antique, 
dont il révélait quelques procédés, non moins important au point de vue 
archéologique, avait peu de prix comme art '. La plupart des objets restés 
chez le potier n'étaient évidemment que des échantillons de rebut; de 
ceux qui, par suite de quelque défaut de cuisson ou de fabrication, 
n'avaient pu être lancés dans le commerce. Néanmoins, un certain 
nombre de vases étaient intacts, et les fragments très-nombreux. — 
C'était, avec Montans, une fabrique gallo-romaine de plus à ajouter à 
celles qui étaient déjà connues : Lezoux et Clermont-Ferrand (Puy- 
de-Dôme), Vichy et Toulon (Allier); la statistique des ateliers de 
céramique antique, et probablement aussi la localisation des noms de 
potiers, pourra être tentée un jour. Cependant, il y a lieu de croire que 
les fabricants gallo-romains, comme celui de Banassac, signaient rare- 
ment leurs œuvres; ils étaient commerçants avant tout, plutôt qu'ar- 
tistes. Ce n'était pas pour eux que Pline avait dit, à propos de l'industrie 
céramique : « C'est ainsi que les peuples s'ennoblissent et s'enrichissent 
« véritablement; ils en font commerce, et cette marchandise, toute fra- 
« gile qu'elle est, se transporte par terre et par mer en divers pays, 
« avec la marque de l'ouvrier et du lieu où elle a été faite, ce qui 
« rend célèbre par toute la terre jusqu'aux ateliers et aux fourneaux des 
« ouvriers. « 

Dans cet amas céramique de Banassac, il y avait plusieurs vases sigil- 
lés à inscriptions; avant de les décrire, je relaterai ici les fragments de 
cette série, en marquant d'un astérisque ceux qui ont été acquis par le 
Musée de Saint-Germain^. 

*BONVS PVER. *VMI [id.). 

BONA PVELL [Coll. Cérès.). BI [id.). 

HIC [id.]. 
Cette inscription est disposée en VN \id.). 
deux zones, l'une au-dessus ,de ON! (id.). 
l'autre. *XILE.1L (ii.). 

*AE 

1. Les vases de Banassac ont été signalés par M. Mazard, dans son Étude descriptive 
de la céramique du musée des antiquités nationales de Saint-Germain en Laye, p. 148 et 
seq. Cette étude est le seul traité, un peu complet, qui ait paru sur la céramique en Gaule ; 
tiré à un petit nombre d'exemplaires, on trouve difficilement ce petit livre dont il serait à 
désirer qu'il parût une nouvelle édition mise au courant des découvertes et des travaux 
postérieurs à sa première publication. 

2. Ibid., p. 106. 



de fabrique gallo-romaine. 3 1 7 

•CATV. 'RAT 

*R1. 'EDE 

INES (Co//. ar«.). MTF 

MCE 'OM 

* MA * VAN 

kKE{Coll.Cérh.). *^^V 

Un vase entier, du Musée de Saint-Germain, porte simplement le nom 
de AVRELIVS, probablement celui de son propriétaire. 

Un autre laisse lire VENI AD ME AMICA; cette invocation peut 
s'adresser à la bouteille, lagena, dont le contenu va être versé dans le 
poculum. C'est encore le reste d'un souhait de buveur, ou aux buveurs, 
que je propose de voir sur le fragment suivant, et que je rapproche de 
l'inscription d'une lagène conservée au Musée Carnavalet : OSPITA 
REPLE LAGENA CERVESA'. Peut-être l'inscription complète était 
CERVESARHS FELICITER. 

Nous arrivons maintenant aux vases sigillés qui portent des ethniques; 
ceux-ci sont au nombre de quatre, et j'espère que l'on arrivera peu à 
peu à augmenter cette série intéressante. 

Voici d'abord les Cabales, GABALIBVS FELICIT... ; justement le 
nom du peuple chez lequel le potier de Banassac exerçait son industrie. 

Il est bon de remarquer que César écrivait Gabali, tandis que Strabon 
et Pline donnent la forme Cabales, d'où vient grammaticalement Gaba- 
libus. Le vase qui nous occupe, fabriqué dans le pays même et destiné à 
y être vendu, nous indique donc la véritable forme de l'ethnique des 
anciens habitants du Gévaudan. 

Viennent ensuite les Rèmes, REMIS FELICITER. Deux coupes portent 
cette inscription; l'une m'appartient, l'autre fait partie de la collection 
de M. le comte Éd. de Barthélémy. Elles ne diffèrent que par un détail : 
sur l'une des deux, une figure humaine, grossièrement exécutée, indique 
le commencement de la légende. (Voir la gravure, à la page suivante.) 

Un autre fragment est tout ce qui reste d'un poculum destiné à l'usage 
des Lingons : on lit très-distinctement LINGONIS {felici)TER. 

Une coupe trouvée à Genève en 1862, sur le plateau des tranchées, 
où le remaniement complet du terrain a mis au jour tout un quartier de 
l'antique Genava, porte la légende SEQVANIS FELICIT... Ce vase, 
conservé aujourd'hui au Musée de Genève, doit être rapproché d'un frag- 
ment du musée d'Annecy, sur lequel on ne lit plus que S FE..CIT2. 

1. /îfvue arcA.,1868, t. XVIII, p. 226. 

2. Je dois la connaissance de l'estampage de ce vase à M. Revon, conservateur du 
musée d'Annecy. 



?i8 



Vases sigillés et épigraphicjues 




Il me semble difficile de ne pas attribuer ces deux pocula à la fabrique 
de Banassac, alors que, sur des tessons recueillis dans cette dernière 
localité, on en distingue deux, avec les lettres VAN et QV qui font néces- 
sairement partie de l'ethnique SEQVANIS. 

Jusqu'à ce jour, on n'a signalé d'ethniques, suivis du mol féliciter, que 



de fabrique gallo-romaine. ^ 1 9 

SUT des graffiti recueillis à Pompéi, à Herculanum et à Stables; on lit 
PVTIIOLANIS FELICITER, — SALINESIBVS FELICITER, dans un 
lupanar, NOLANIS FIILICITIIR'. Une inscription d'York porte 
GENIO LOCI FELICITERA 

Cette dernière inscription peut être rapprochée d'un fragment de po- 
terie, dont il existe deux exemplaires, et sur lequel il ne reste plus que 
le dernier mot. Tout dernièrement, mon savant ami, M. le baron de 
Witte, a établi que cette légende accompagnait la représentation de 
Plancus et du Génie de la ville de Lugdnnum'i. 

A propos d'ethniques inscrits sur les vases, on ne peut pas passer 
sous silence la petite urne du musée du Louvre, qui porte GENIO TVR- 
NACESIV; elle provient de l'ancienne collection Durand. Cette urne, 
en terre cuite, très-fme, est revêtue d'une belle couleur rouge; la panse 
est décorée d'une guirlande de lierre en relief; la légende est tracée en 
creux, à la pointe, sur le col 4. 

La forme du vase de Tournay, la manière dont est gravée la légende, 
n'ont aucun rapport avec les coupes dont nous nous occupons; nous ne 
le citons ici que parce qu'il porte un ethnique. 

Avant de terminer cette étude et de proposer mes conclusions sur les 
vases sigillés épigraphiques, il n'est peut-être pas inutile de réunir quel- 
ques notes sur l'emploi du mot féliciter. 

Ce mot était une acclamation employée souvent dans les festins, ana- 
logue aux vivats modernes; on s'en servait en l'honneur des dieux, des 
empereurs, comme nous le voyons dans le banquet de Trinalcion : « Con- 
« surreximus altius et Augusto, patri patriae, féliciter diximuss »; dans 
Suétone : « Acclamari etiam in amphitheatro,epulari,die libenter audiit ; 

« Domino et Dominae féliciter <^ «; dans, les graffiti: CAESARIS 

AVGVSTI FELICIT; — RVSTIVM VERVM A.V.A.S.P.P.AVGVSTO 
FELICITER. AEDILES SIC DECET;— IVDICIIS AVGVSTI AV- 
GVSTAE FELICITER NOBIS SALVIS FELICES SVMVS PERPE 
VO; — AVGVSTO FELICITER:. On s'en servait aussi pour les parti- 

1. Corpus inscr. latin., t. IV, n" 218}, 161 1,1512- 

2. Orelli, n° 1701. 

}. Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, iSyj, 
p. 65. — Frœhner, les Musées de France, p. $9, pi. xv, n° 2. Un second exemplaire de ce 
fragment existe au Musée de Lyon. 

4. Bull, de l'Acad. roy. des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, t. XIX, 
2" partie, p. 395, art. de M. Adr. de Longpérier; Rev. de la num. belge, 2° série, t. IV, 
p. 155 et 162, art. de M. le baron de Witte; Bull, des comm. royales d'art et d'archéol. 
de Belgique, 16' année, n" 3 et 4, p. 156. Je ne pense pas que l'authenticité de ce vase 
puisse être soupçonnée malgré les arguments mis en avant par quelques savants. 

5. PttTon., Satiricon, c.(>o. — 6. Sueton., Domitian.,c. 13. 
7. Corpus inscript, latin., n" 820 a, 427, 1074, 2460. 



J20 Vases sigillés et épigraphiques de fabrique gallo-romaine. 

culiers : D. LVCRETIO FELICITER; — NVMMIANO FELICITER; 
— DVOBVS FABIS FELICITER;— REGVLO FELICITER; — 
M.ANTISCIVS MESSIO FELICITER ', etc. A propos d'un fragment 
de vase, publié dans la Gazette archéologique, 1877 (pl-'2, p. 70> ^- •'• 
Roulez a établi que, dans les jeux du cirque, le mot féliciter était syno- 
nyme de vincas ou nica. Il rappelle judicieusement ce vers de Phèdre 
{Fab.W,i, 3): 

Ut mos est vulgi passim et cerîatim ruunt, féliciter^ succlamant. 
Les Grecs avaient une acclamation semblable, l■'^^■:^\a.ç\ nous la 
retrouvons reproduite par des lettres en relief, ...GZHCAIC KAACOC. 
sur un vase en verre publié dans les Jahrhûcher des Vereins von Altcrthums- 
freunden im Rheinlande, 1844, pi. xi. Un vase analogue, pi. xii, porte 
en latin : Bibe muliis annis; il arrivait parfois que les Grecs lui substi- 
tuaient le vocable latin : 

CATPICU 
OYAAGNTI 
OrOYCTOJ 
NHP OHAIKIT- 
Un fragment de vase trouvé à Orange, publié par M. Frœhner, repré- 
sente une poule entourée de ses trois poussins; elle porte un épi au bec 
et l'un de ses petits sur Son dos; au-dessus, on voit un rameau et la 
légende MIHI ET M(m) FELICITER^ 

La présence sur les vases sigillés de cette acclamation banale, équi- 
valent du VT FELIX VIVAS des temps postérieurs, ne me semble pas 
devoir donner lieu à des conjectures inutiles; le potier de Banassac avait 
pour but, très-probablement, de fabriquer des vases qui devaient être 
achetés de préférence dans les civitates dont ils portaient les noms. Les 
potiers italiens avaient inventé les légendes bachiques, comme nous le 
voyons sur le poculum du Musée Bourbon; les potiers gallo-romains 
cherchèrent la vogue en satisfaisant l'amour-propre de toutes ces cités, 
qui avaient succédé aux peuples indépendants de la Gaule, et aimaient à 
se souvenir de leur autonomie. Je ne pense pas que cette fabrication se 
soit continuée longtemps après le premier tiers du troisième siècle, date 
que je donne à ceux de nos vases qui sont les moins artistiques. 



Anatole de Barthélémy. 



1. Ibid., 299}*, 917, 1087, 1098, 1 loi. 

2. Frœhner, op. laud., p. 66, pi. xv, n' 4. 



LES FINALES IRLANDAISES 

D'APRÈS M. WINDISCH. 



M. E. Windisch. à qui nous devions déjà de si excellents travaux, a 
publié dernièrement dans les Beitr£ge zur Geschiçhîe der deutsclien Sprache 
un mémoire d'une haute importance pour l'histoire de l'irlandais. On 
sait que les manuscrits irlandais les plus anciens datent du viii^ et du 
ix^ siècle. La langue de ces documents appartient dans l'histoire du 
langage à la même période chronologique que le texte vieux-français 
des célèbres Serments de Strasbourg, 842. Dans ce texte vieux-fran- 
çais les mots amur, sacrament, etc., ont perdu les syllabes finales du 
latin amore, sacramentum. Dans les textes irlandais du viiF et du ix'' siècle 
les mots de la langue qu'on est convenu d'appeler vieil irlandais ont 
généralement subi la même mutilation, et il y a une restitution à faire 
pour trouver la forme usitée dans la période antérieure, dans la période 
qu'avec M. Windisch nous appellerons préhistorique, qui se termine au 
vi'= ou au vii« siècle de notre ère, qui est contemporaine de l'époque de 
César, des grands écrivains de Rome, des inscriptions romaines et des 
débris de la langue gauloise conservés par ces écrivains et ces inscrip- 
tions. Le mot préhistorique appliqué à cette période n'est pas rigoureu- 
sement exact, car des inscriptions irlandaises du vi'' siècle environ, 
appartenant chronologiquement à la période dite préhistorique, sub- 
sistent encore aujourd'hui ; et ces inscriptions, malheureusement peu 
nombreuses, nous offrent les formes caractéristiques de la période dite 
préhistorique : elles sont avec le vieil irlandais, c'est-à-dire avec l'ir- 
landais des manuscrits du viiie et du ix^ siècle, dans le rapport qu'on 
signale entre le latin classique et le français du ix^ siècle. L'expression 
de préhistorique est cependant justifiée par la rareté des inscriptions 
irlandaises du vi'^ siècle : la plupart des formes de l'époque préhisto- 
Rev. Celt. III 23 



?22 Les finales irlandaises. 

rique irlandaise sont établies par le raisonnement et non justifiées par 

des exemples. 

Voici les principes à l'aide desquels M. Windisch a entrepris la recons- 
titution d'un certain nombre de formes de l'irlandais préhistorique. 

I. 

Les polysyllabes conservent leur dernière syllabe, quand cette syllabe 
se terminait i" par une consonne double, 2" par r, 5, / ou d précédés 
d'une voyelle longue. 

II. 

Les polysyllabes ont perdu leur dernière syllabe, quand cette syllabe 
ne remplissait pas les conditions énoncées dans la règle précédente. 
Ainsi la dernière syllabe a cessé d'exister dans tout polysyllabe précé- 
demment terminé 1" par une voyelle brève ou longue ou par une diph- 
thongue. 2" par une voyelle brève suivie d'^ ou de t, 3° par une voyelle 
brève ou longue suivie d'une nasale. Mais avant de disparaître, la syllabe 
condamnée a souvent exercé une action qui lui survit. Elle â pu exercer 
cette action en arrière ; elle a pu l'exercer en avant. Elle l'a exercée en 
arrière en modifiant la valeur de la syllabe précédente, ce qui a toujours 
lieu quand la syllabe condamnée contenait un i. Elle a exercé cette 
action en avant de deux manières : 

Premièrement, quand le mot dépouillé de sa syllabe finale se termi- 
nait originairement par une voyelle, cette voyelle a produit l'aspira- 
lion de la consonne initiale du mot suivant dans un certain nombre de 
constructions grammaticales. Secondement, quand le mot dépouillé de 
sa syllabe finale au viii« siècle se terminait originairement par une nasale, 
la nasale a souvent subsisté en se détachant du mot auquel elle appar- 
tenait précédemment et en devenant la première lettre du mot suivant ; 
ce phénomène singulier se produit en construction lorsque le mot sui- 
vant est une voyelle ou une moyenne. 

Telles sont les règles sur lesquelles s'appuie M. Windisch pour con- 
clure des formes du vieil irlandais à celles de l'irlandais préhistorique. 
Nous n'entrerons pas dans le détail des raisonnements auxquels donne 
lieu l'application de ces règles aux divers cas particuliers : nous nous 
contenterons de donner les résultats. Ayant pu profiter des travaux de 
MM. Ebel ' et Stokes ^ sur le même sujet, possédant en grammaire com- 
parée des connaissances fort étendues, le jeune professeur allemand est 

1. Beitraege, 1, 165. Gr. C-, p. 172 et passim. 

2. Beitraege, passim. 



Les finales irlandaises. ? 2 ? 

arrivé à des résultats plus sûrs et plus nombreux que ses savants devan- 
ciers, et tout en regrettant peut-être qu'il n'ait pas cherché, dans les 
lois de l'accent, telles que la versification nous les peut faire saisir, un 
supplément de démonstration qui reste encore à produire, nous sommes 
heureux de donner ici sous forme de paradigmes un résumé de son 
mémoire. 

DÉCLINAISON DES NOMS ET DES ADJECTIFS. 





Thèmes masculins en 


a. 


Nom. 


vieil irlandais. 

Singulier. 
ech, cheval, 
fer, homme, 


Irlandais préhistorique. 

equas. 
viras. 




tarb, taureau, 


tarvas ' . 


gén. f/c/z, du cheval, 
instrumentah/j biucc, un peu, 
^ur, par l'homme, 


equi^, equisi, equese, 
biccu. [aquasja. 
viru, vira 


dat. 


fiur, à l'homme. 


viru., virô, virai, virai. 


ace. 


eoch, au cheval, 

fer n-aile, autre homme, 


equo, equôi, equâi 
viran alian. 


voc. 


fir, homme, 


vire, viri. 




maicc, micc, fils ! 
de, dieu. 


maqui. 
dêve. 


ablatif 


cetu, cela, d'abord, 


cintâd. 


Nom. 


Pluriel. 
eich, les chevaux. 


equi. 




fir, les hommes, 


viri. 


gén. 
dat. 


ech n-aile, des autres chevaux, 
feraib, aux hommes, 


equan, equam, aquam. 
virabis. 


ace. 


yïru, les hommes. 

Duel. 


virus, virans. 


Nom. ace. 


dà ech, deux chevaux, 

Noms féminins en â 


echa, aquâ. 


Nom. 


Singulier. 
èr, heure, 


ôra. 




taaîh, peuple, 


tôta, toutâ. 



1. Gaulois tarvos. 

2. On sait que le génitif maqui de maquos, fils, se trouve dans les inscriptions de 
l'époque dite préhistorique. 



524 Les finales irlandaises 

vieil irlandais. 

lâni, main, 

rû/z, secret, 

fedb, veuve, 

ârd, haute, 
gén. tuaithe, du peuple, 

lamae, de la main, 
dat. tuait h, au peuple, 

laim, à la main, 

uair, parce que, 
instrumentahVzc/ ôr sa^ à cette heure, 

in tan^ quand, 
ace. tuaith n-aili, autre peuple, 

lâim, main, 
abl. ôre, uâre, parce que (de ôr, heure) , 

Pluriel. 



Irlandais préhistorique 
[p]lâma 
rùna. 
vidva. 
ardva. 

tôtês, toutes, toutjas, tau- 
[p]lâmâjas [tâjâs 

tôti, toutêi, tauîâi. 
[p]lâmi. 
ôri. 

ôra, ôrâ. 
tana, tanà. 
tôtin^ toutên. 
Ipllâmin, [p]lâmên. 
ôrajas, ôrâjâs. 



Nom. tuatha, les peuples, 

mnâ^ les femmes, 

gén. tuath, des peuples, 

na m-ban, des femmes, 

dat. tuathaih, aux peuples, 

ace. tuatha, les peuples, 

mnâ, les femmes, 

Duel. 

Nom. ace. dî choiss, deux pieds, 



tôtâs, toutâs. 
bnâs, benâs. 
tôtan, toutam. 
benan. 

tôtâbis^ toutâbis. 
tôtâs^ toutâs. 
bnâs^ benâs. 

cossi, cossei. 



Noms neutres en a. 



Singulier. 



Nom. ace. dliged n-ail, autre loi. 


dligetan. 


biath, nourriture. 


bivatan. 


nemed, chapelle, 


nemetan. 


attrab, possession. 


ad-treban. 


instrumental «iur/, par la force, 


nertu, nertâ. 


Pluriel. 




Nom, ace. i" grân, grains, 


grâna, grânâ. 


nert, vertus, forces, • 


nert a. 


2" dligeda, lois, 


dligetâs. 


imneda, tribulations, 


imnetâs. 



Les finales irlandaises. 



^2S 



Thèmes masculins et neutres en ia. 



Nom. 

voc. 
abl. 

Nom. 



Nom. 
Nom. 

Nom. 



vieil irlandais. 

aile, autre, 
duine, homme, 
duini, 6 homme, 
èindid, une fois, 

aili, les autres, 



Singulier. 



Pluriel. 



Irlandais préhistorique. 

alias. 

dunias. 

dunii. 

ôintetis, âinatiatas '. 

a/a. 



gude, prière, 
gudi, les prières, 



Thèmes féminins en iâ. 
Singulier. 

Pluriel. 



gadiâ. 
gadîs 



Thèmes masculins en i. 
Singulier. 



faith, poète, vàîis. 

cosmail, semblable, con- samalis. 

gén. fâtho, du poète, vâtajas. 

inst. -locatif faith, par le poète, chez le poète, vâti. 

Pluriel. 

Nom. fâthi, les poètes, vâteis, vâtejes, vâtajas. 

gén. fâthe, des poètes, vâtean, vatejân. 

ace. fâthi, les poètes, vâtîs. 



Thèmes féminins en i. 
Singulier. 
Nom. flaith, domination, 

cruim, ver, 
buith., être, 
sûil, œil, 

comhairt, naissance, 
gén. flatho, flatha, de la domination, 



vlatis 

cromis. 

butis'. 

sùlis 5. 

com-bartis. 

vlataos, vlataas., vlatajas. 



1. Adverbe. Comparez le sanskrit sarvatas, partout, et le latin primitus, d'abord. 

2. Le même mot que le grec yjTt;. 

3. Le même mot que le latin sol, breton heol, gothique sauil. Cette synonymie est le 
résultat de l'idée mythologique qui a donné naissance au mythe du cydope. Le soleil 
est un oeil qui voit tout : 0; ravr' è'fOf«â. Voilà aussi pourquoi, dans la mythologie 
germanique, Vuotan, le dieu suprême, n'a qu'un oeil, uno semper contentas ocello, 
Grimm, Deutsche Mythologie, p. 133. 



526 



Les finales irlandaises. 



vieil irlandais. 

inst. -locatif sû/7, dans l'œil, par l'œil, 
ace. sùil n-aili, autre œil, 

Pluriel. 
Nom. sûli, les yeux, 

gén. sùle, des yeux, 

dat. sùlib, aux yeux, 

ace. sùli, les yeux. 

Duel. 
Nom. ace. di suil, deux yeux, 

Thèmes neutres en i, 

Singulier. 
Nom. ace. muir, mer, 



Irlandais préhistorique. 
SÛU. 
salin. 

sùleis, sùlejes, sûlajas. 
sûlean, sàlejân. 
sùlibis. 
sûlîs. 

sûli, sàlî. 



mon. 





guin., blessure, 


goni. 




hùaid, victoire. 


bôdi. 


gén. 


mora, de la mer, 


morajas. 


inst.-loeatil 


• muir, par la mer, dans la mer. 


mori. 


ablatif 


samlid, ainsi, 

Pluriel. 


samalitis, samalitas '. 


Nom. ace. 


mora, les mers. 


moraja. 




îîre, les terres, 


tîreja. 




Thèmes masculins en 


u. 




Singulier. 




Nom. 


mug, esclave, 


mogus, magus. 




follus, sollus, ouvert, 


svalnastus. 




accus, voisin, 


ancastus. 




cosmilins, ressemblance, 


con-samaliastus. 




imb-râdud, pensée. 


ambi-râdiatus. 




fid, arbre. 


vidus. 




bit h, monde. 


bit us. 




molad, louange. 


molatus. 


gén. 


betho, betha. du monde, 


bitaos, bitavas. 


instrumental />iu?/j, dans le monde. 


biîvâ. 


ace. 


in m-bith m-bras, le grand monde, 
Pluriel. 


. bit un. 


Nom. 


mogai, les esclaves, 


mogavis, magaves. 



I. Adverbe, dérivé du même thème que le latin similis avec le même suffixe que le 
latin primitus. 



gén. 
ace. 

Nom. ace. 



Nom. ace. 



Les finales irlandaises . ^ 2 7 

vieil irlandais. irlandais préhistorique. 

moge, des esclaves, mogean, magevan 

mugu, les esclaves. mogûs, maguns. 

Duel, 
^ci d/ûrcini, deux relations, atii, ...atù. 



sut h, fœtus. 
doras, porte. 



Thèmes neutres en u. 
Singulier. 



Nom. ace. rechte, les lois. 
sothe, les fœtus. 



Pluriel. 



Nom. 

gén. 

dat. 
ace. 

Nom. 

gén. 

dat. 

ace. 

Nom. ace. 



athir, père. 
siur, sœur, 
athar, du père, 
mâthar, de la mère, 
athir, au père, 
athir, le père, 

athir, les pères, 
brâthar, des frères, 
athraih, aux pères, 
brâthrib, aux frères, 
aithrea, les pères, 

dî sîair, deux sœurs. 



Noms de parenté. 
Singulier. 



Pluriel. 



Duel. 



sutu. 
dvarastu. 

recteva, rectevà. 
suteva. 



[p]atêr. 

sesur, svesôr. 

[p]ateras. 

rj}âteras. 

[p]ateri. 

[p]aterin. 

[p]ateris. 

brâteran. 

[p]aterabis. 

brâteribis. 

[p]aterâs. 

sesare. 



Thèmes en -ant (anciens participes présents). 
Singulier. 
Nom. brâge, gorge, loche, éclair, brâgents ', laukents^. 

gén. brâget, brâgat, de la gorge. brâgentas. 

ace. brâgit, la gorge. brâgentin. 



1 . Ce mot paraît identique au latin gurges, dont le gu initial est devenu h en irlandais 
dont \'r a changé de place, phénomène dont les langues celtiques offrent d'autres exemples, 
et dont enfin le suffixe a la forme faible at au lieu de la forme forte ant. 

2. Latin lucens. 



328 



Les finales irlandaises. 





vieil irlandais 

Pluriel. 
teit, chaudes, 


Irlandais préhistorique 


Nom. 


te[p]entis. 




carait, amis, 


Garantis. 


dat. 


braigtib, aux gorges, 

Duel. 


bràgentibis. 


Nom. ace. 


di tiprait, deux fontaines, 

Thèmes gutturaux. 


iipranie. 


Nom. 


Singulier. 
ail, pierre, 
ruire, seigneur. 


aileks. 
rureks. 




aire, primat. 


arieks. 




rî, roi, 


rix. 


gén. 


cathrach, de la ville. 


cataracas. 




rurech, du seigneur. 


rurecas. 



Thèmes en at (jorme faible de ant) . 
Singulier. 



Nom. 


tenga, langue, 


tengâs, tengats ' . 




slige, chemin. 


sligês, sligets. 




fin, file, poète, 


velês, velets. 




comdiu, maître, dieu, 


com-mediâs, com-mediats 




cing, guerrier, 


cingês, cingets. 


gén. 


coimded, de dieu. 


com-mediatas^. 


dat. 


filid, au poète. 


veleti. 


ace. 


sligid, le chemin. 

Pluriel. 


sUgetin. 


Nom. 


filid, les poètes. 


veletis. 




sligid, les chemins, 


sligetis. 


gén. 


filed, des poètes. 


veletan. 


dat. 


filedaib, aux poètes, 


veletabis. 


ace. 


fileda, les poètes, 


veletâs. 




sligeda, les chemins. 


sligetâs. 



Duel. 
Nom. ace. dâsligid{duasvias), deux chemins, sUgete. 



1. Comparez le gaulois Atrebas, -aiis, pour ad-trebas, qui nous offre également la 
forme faible du participe présent; sa racine est ici treb, habiter, posséder. 

2. La racine est la même que celle du grec ixé^ovtoç, et probablement que celle du 
premier terme de l'osquc med-dix, celui qui dit le jugement. 



Les finales irlandaises. 



J29 





Thème neutre en -et {variante de at). 


Nom. ace. 


vieil irlandais. 

Singulier. 
traig, pied, 

Thèmes en tât. 


Irlandais préhistorique, 
tragit. 


Nom. 


Singulier. 
beothu, 


bivatâs, bivatâts. 


gén. 


bethad., 

Thèmes en n. 


bivatâtas. 


Nom. 


Singulier. 
broo, meule, 


brâvâ, gràvâ. 




cû, chien, 


cù, cvâ. 




triath, mer. 


trita, tritâ. 




Alba, Ecosse, 


Albans. 


gén. 


broon, de la meule, 


bràvanas. 




trethan, de la mer. 


tritanas. 




Alban., de l'Ecosse, 


Albanas. 


Nom. 


Pluriel. 
coin, chiens, 


conis. 


gén. 


con, des chiens, 

Thèmes en ann. 


conan. 


Nom. 
gén. 


Singulier. 
goba, le forgeron, 
gobann, du forgeron, 

Thèmes en iann. 


gobas, 
gobannas. 


Nom. 


Singulier. 
Eriu, l'Irlande, 


Eriâ. 


gén. 


Erenn, de l'Irlande, 


Erinnas. 



Thèmes neutres en man. 
Singulier. 
Nom. ace. ainm n-abstil, nom d'apôtre, anmin (J) anmen [?). 

ainm diles, nom propre, anme. 

dat. cuirm, à la bière, cormi. 

ainmaimm, au nom, anmammi, anman-nu. 



?}0 Les finales irlandaises. 

vieil irlandais. irlandais préhistorique. 

Pluriel. 

Nom. ace. anman, anmonn, les noms, anmana. 

bèmen, bêinenn, les coups, bêmena. 

drommann, les dos, drommanna, drosmana. 

gén. anmann, des noms, anmanan. 



Nom. 



gén. 
dat. 
voc. 



Thèmes masculins ou féminin en man 
Singulier. 
\°briîhem, juge (masc), 

flaithem, seigneur, 

airem (nom propre), 
2"talam terre, (fém.), 
?" menme., l'esprit, 

menma, 
memnan, de l'esprit, 
menmain, à l'esprit, 
dùlim , créateur , 



britema, britemâ. 
vlatima., vlatimâ. 
arema, ariamâ. 
talma, talmâ. 
menmâs, menmâns. 
menmans. 
menmanas. 
menmani. 
dùlemin {?\. 



Thèmes en ti[a]n, tiân (2). 
Singulier. 



Nom. 




er- mitiu, respect ', 


-mitiô, mitiâ. 






at-bel-tu, mort, 


-bel-tiô. 


gén. 




er- miîen, du respect. 


-mentinas"^. 


ace. 




air-mitin, le respect. 

Thèmes neutres en as 
Singulier. 


-mentinin. 


Nom. 


ace. 


tech, maison, 


tegas. 






leth, côté, 


letas. 






mach^ mag, plaine. 


magas 5 . 






nem, ciel. 


nemas^. 


gén. 




tige, de la maison, 


tigeas, tegesas 


locatil 




tig, à la maison. 

Pluriel. 


tigi, îegesi. 


Nom. 


ace. 


tige, les maisons. 


tegesa . 


gén. 




tige, des maisons, 


tegesàn. 



1 . mitiu est dissyllabe. 

2. Le suffixe est tiàn par â long au nominatif, tin (pour tian par a bref) aux autres 
cas. Le latin ne connaît que tiân par d long. 

5 . Cf. sk. mahî « terre ». 

4. D'une racine sanscrite nam « s'incliner, vénérer » 



Les finales irlandaises. H' 

vieil irlandais. irlandais préhistorique. 

Comparatif. 

Nom. /u/g/u', plus petit, lagiôs. 







NOMS DE NOMBRE. 


Nom. 


ace. 


masc. dâ, deux, 
fém. dî, deux, 
neutre dâ, deux. 


2. 




dvâ. 

dvî, dvei. 
dvâ. 


dat. 




deib, dib, à deux, 






dvebin. 


Nom. 




masc. trî, 
fém. teoir, 
neutre irî. 


h 




tris, treis, trajas. 
tesoris, tisaras. 
trî. 


gén. 




masc. /n/2, des trois. 




tri j an. 






fém. teoran-ungae . 


, de trois onces, 


tesoran. 


Nom. 
gén. 




masc. cethir, 
fém. cetheoir, 
neutre ce//i/r, 
masc. 
fém. cetheora, 


4- 




cetaris, catvaras. 
cetesoris, catasaras. 
cetari, catvari. 

cetesoran. 






côic. 


5 

7- 
articles, 




ceci, quence. 






secht n-aisle, sept 




sectan. 








8. 










oc/!< n-aisle, huit articles. 




octan. 








9- 










«0/ m-/7fl/, neuf vaches. 




novin. 








10. 










deich m-bai, dix vaches, 




decin. 








20. 










yîc/îe, pi. fichu, 






vices, vicents, pi. vicentis. 






PRONOMS PERSONNELS. 








Pluriel. 






m", 


nous 


■) 




nis. 




si, 


vous 


) 




svis. 





I. Deux syllabes. On trouve au.ssi la forme contractée lagu. 



îî 


2 


La 


finales irlandaises. 
VERBE. 

'^ CONJUGAISON. 






Indicatif présent absolu. 




Vieil irlandais. 




Irlandais préhistorique. 
Singulier. 


I 


berimm, je porte. 




berami-ma. 


2 


beri, tu portes, 




beresi. 


3 


/'^n'^, il porte, 




bereîi. 




ibid, il boit, 




[p]ibeti. 




is, il est. 




esti. 




fait, feil, fil, il est, 




velti. 
Pluriel. 


3 


fcérdiif, /?eri7, ils portent, 


beranti. 




tiagait^ ils vont. 




têganti, steiganti. 

r*-' CONJUGAISON. 






Indicatif présent conjoint. 








Singulier. 


1 


as-biur, je dis. 




birii, bero, bharâ. 




for-chun, j'ordonne. 




cann., cano. 




con-riug, je lie, 




rigu, regô. 


2 


ai-è/V, tu dis, 




beris. 


3 


ar-/o- im, il reçoit, 




émit. 




at-bail, il périt. 




balit. 




/e/7, il est, 




velit. 
Pluriel. 


1 


do-beram, nous portons, 


beramas. 


3 


(J5- ter^/, ils disent, 




berant. 

2^ CONJUGAISON. 



Indicatif présent absolu. 

Singulier. 

2 cari, tu aimes, caraisi, carajasi. 
? caraid, carid. il aime, caraati, carajati. 

Pluriel. 

3 carait, ils aiment, carajanti. 



vieil irlandais. 

i no charu, j'aime, 

2 cari, tu aimes, 

3 no cliara, il aime, 

! caram, nous aimons, 
2 carith, vous aimez, 



L« ^nfl/« irlandaises. 

2'' CONJUGAISON. 

Indicatif présent conjoint. 

Irlandais préhistorique. 
Singulier. 

carau, carajô. 

carai, carajis. 

caraat, carajaî. 

Pluriel. 

carajamas. 

carajate. 



îîî 



1 râidiu, je parle, 



1 con-darc, j'ai regardé, 

2 con-darc, tu as regardé, 

3 con-dairc, il a regardé, 



i as- ru- burt, j'ai dit, 
j /?irf, elle enfanta, 



1 ro charus, j'ai aimé. 



3' CONJUGAISON. 

Indicatif présent. 

râdiô. 

Parfait redoublé. 
Singulier. 

dedarca. 
dedarcas. 
dedarci, dedarce. 

Prétérit en t. 
Singulier. 

bertu, bertô. 
bertiî. 

Prétérit en s. 
Singulier. 



carasu, caraso. 



Futur en s. 
Singulier. 



1 erus, je me lèverai, 
at-chous, j'exposerai, 
tias., j'irai, 

2 têsi, tu iras, 

3 /é/5, il ira, 

2 /or ?ê5i(i, vous secourrez, 



Pluriel. 



eressu, erexo. 
cossu., coud-sô. 
têssu, steixô. 
têssesi, steixesi. 
têss-it., steixit. 

têsseti, steixete. 





j4 L« 


^nfl/e5 irlandaises. 


I 


vieil irlandais. 

for-chanub, j'enseignerai, 
predchibid, il prêchera, 


Futur en b. 

Irlandais préhistorique 
Singulier. 

canabu, canabô. 

predicabati. 

Impératif. 


2 

2 


bir, porte, 
emphatique clainte, 
berad, qu'il porte. 


Singulier. 

beri, bere. 
clunited, .,..tâd. 
beratu. 
Pluriel. 


2 

5 


kr/ii, portez, 

ibid, buvez, 

/?graf, qu'ils portent, 

1 


bereti, berete. 
[p]ibeti. 
bera m u. 

>•* CONJUGAISON. 




Subjonctif présent absolu. 






Singulier. 


3 


fel, qu'il soit, 

r 


velat. 

* CONJUGAISON. 




Subjonctif présent conjoint. 


I 

2 


aer-bar, que je dise, 
ar- bera, que tu dises^ 


Singulier. 

berâ. 
berâs. 


3 


air-ema, qu'il reçoive, 
at-bela, qu'il périsse. 


emât. 
bêlât. 



l" CONJUGAISON. 

Subjonctif. 
Singulier. 
3 môidea, qu'il se glorifie. môdiât. 

Futur redoublé conjoint ' . 
Singulier. 

1 ^5- nn'u, je donnerai, ...iô. 

2 fo- n- didmae-siu, tu souffriras, dedamasi, 

3 as-riri, il donnera, riri-it. 

1 . Le futur redoublé appartient, quant à la flexion, au mode subjonctif. 



Les finales irlandaises. ] } 5 

Futur redoublé conjoint. 

vieil irlandais. Irlandais préhistorique. 

Singulier. 

1 ccl, je cacherai, cela, ceclâ. 
as-bêr, je dirai, bêrâ, bebrâ. 

2 ni bêra-so, tu ne supporteras pas, bcrâs, bebrâs. 

3 for-cechna, il ordonnera, cecanât. 

Pluriel. 
^ ni riaî, qu'ils ne donnent pas, ririant 

PRÉPOSITIONS. 

imb, imm, autour de, ambi. 

aith, de rechef. ati. 

ind, anda{?). 

a, ass, de, ax. 

0, ua, de, ava. 

eter, entre, enter. 

co, vers, co., cot. 

ar, devant pour, [p]ara. 

urid, précédemment, [p]aruti. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



FORMULES INITIALES ET FINALES 

DES CONTEURS 
EN BASSE-BRETAGNE. 



Chaque conteur possède ordinairement une formule ou deux pour 
commencer et finir ses récits. Ces formules lui sont parfois particulières 
et de son invention, et souvent elles sont communes à tous les conteurs 
d'une même région. 

Il m'a semblé curieux de réunir et de rapprocher celles que j'ai trou- 
vées le plus fréquemment dans mes recherches sur les contes et récits 
populaires des Bretons- Armoricains, ou qui m'ont semblé les plus inté- 
ressantes, à un point de vue quelconque. 

Commençons par les formules initiales. 

Marguerite Philippe, de Pluzunet, ma conteuse ordinaire, celle à qui 
je dois un nombre si considérable de gwerzlou, de soniou et de récits de 
toute sorte, débutait ordinairement comme ceci : 

Eur wez a oa, eur wez a vô, Une fois, il y avait, une fois il y 

[aura, 
Komansamant ann holl gaoto. (C'est) le commencement de tous 

[les contes. 
Ou bien encore : 

Na eus mar na marteze, Il n'y a ni si, ni peut-être, 

Hen eus tri droad ann trebe. Le trépied a (toujours) trois pieds. 

Une autre formule qui lui était aussi familière est la suivante : 

Na eus mar na question II n'y a ni si, ni question (ni mais), 

Ez oa dogan ar Champion. Le Campion était cocu. 

Ha piou a zo kaoz, Et qui en est cause, 

Nemet ar Gampiones koz ? Si ce n'est la vieille Campionne .<* 

[(sa femme). 



Formules initiales et finales des conteurs en Basse-Bretagne. i ^7 
Ces formules, du reste, n'étaient pas particulières à Marguerite Phi- 
lippe, et je les ai retrouvées dans la bouche de presque tous les conteurs 
et conteuses de Plouaret et des communes environnantes. Barbe Tassel, 
une de mes bonnes conteuses encore, les connaissait aussi et les em- 
ployait parfois. Mais, ordinairement, elle entrait tout de suite en matière 
par ces mots : — « Il y avait une fois un roi et une reine etc. » — ou 
plus directement encore : — « Celui-ci (son héros) était le fils d'un 
pauvre pêcheur, etc. « 

Vincent Coat, de Morlaix, dit tout simplement : 
Mar karet e kredfet, Si vous voulez vous croirez, 

Pe it da velet. ou allez voir. 

L'aveugle Garandel débutait ordinairement comme suit : 
Setu aman eur gaoz ha na eus en-lii gaou 

Nemet eur gir pe daou. 
Voici un conte où il n'y a de mensonge 

Qu'un mot ou deux. 

Ou plus simplement encore : 

N^eùs mar abed penaoz gwez-all et oa^ etc.... 

Il n'y a pas de doute qu'autrefois il y avait, etc.. 

Ou bien encore : 

Réd eo ma wefeac'h II faut que vous sachiez 
Penaoz eur veach, Comment une fois 
El oa etc Il y avait, etc 

A Braspartz, au milieu des montagnes de la Cornouaille, Guillaume Le 
Goff disait : 

N^eùs mâr a-bed penaoz gwez-all, 

Nep 'n doa daoulagad n'oa ket dall : 

Nep n'hen eus nemet eul lagad, 

A zo born., me hen goar er vad, 

Hag rink mont diou wez gant an fient, 

Wit gwelet ann daou du, hep fent... 
Ce qui veut dire : 

Il n'y a pas de doute qu'autrefois 

Celui qui avait deux yeux n'était pas aveugle : 

Celui qui n'a qu'un œil, 

Est borgne, apparemment, 

Et doit faire deux fois la route, 

Pour en voir les deux côtés, sans plaisanterie.... 
Rev. Celt. lll 24 



^^8 Formules initiales et finales 

Voici maintenant quelques formules finales. 

Les plus communes sont : 

Betek aman am eus gallelho c'heuill; met na ouzon pelloc^h petra int deut 
da veza. 

Jusqu'à présent, j'ai pu les suivre (les héros du récit), mais, à partir 
de ce moment, je ne sais ce qu'ils sont devenus. 

Ou bien encore : 

A-baoue n'am eus ket klevet komz anezhe. 

A partir de ce moment, je n'ai plus entendu parler d'eux. 

Barbe Tassel et Catho Doz, de Plouaret, terminaient ordinairement 
leurs contes de cette manière. 

Barbe Tassel disait encore : 
Me n'ouzon awiel^ Je ne connais ni évangile, 

Na rismadel, Ni faribole, 

Nag ann lient d'ho kuzadenn, Ni le chemin de votre cachette, 

Ha kement-ze ro d'inn poan benn. Et cela me donne mal à la tête. 

Roït d'inn ann alc'houeo, Donnez-moi vos clefs. 

Gant amzer me ouvezo. Et avec le temps je saurai. 

Grik ! Silence ! 

Marv é Mariik! La petite Marie est morte! 

Une finale assez commune est encore la suivante : 

Neuze a o'é ear pred ar c'ha'éra : me oa bet komerret da diblua ier ha 
gluziri, hag am boe ive eun tam hag eur banne, hag eun îol-troad em reor 
peliini am distolas aman evit konta ze d'eoc'h. 

Alors il y eut un grand festin. On m'employa à plumer la volaille et 
les perdrix, on me donna aussi un morceau et une goutte, puis un coup 
de pied au derrière, qui me jeta jusqu'ici, pour vous conter mon conte. 

Ou bien : 

Tad kun mammiou goz ma mamm goz a oa eno o treï ar bèr, hag evel-se 
eo deut ha miret ar vrud a gement-ze holl en mesk ma zud, hag e c'hallet 
kredi na eùz ket eur gir gaou en holl kement am eus lararet d'eoc'h. 

Le trisaïeul de la bisaïeule de ma grand'mère était là tourne-broche ; 
et c'est ainsi que la renommée de tout cela est venue et s'est perpétuée 
dans notre famille, et vous pouvez être certains qu'il n'y a pas un seul 
mot de mensonge dans tout ce que je viens de vous conter. 

On sait que les contes populaires, quelque merveilleux qu'ils soient, se 
terminent presque toujours par le mariage du prince et de la princesse, 
du héros et de l'héroïne, et, à cette occasion, il y a des fêtes, des jeux 
et des festins surtout, dans la description desquels se complaisent d'ordi- 



des conteurs en Basse-Bretagne. jj9 

naire les conteurs. Pauvres diables, qui, le plus souvent, ont dîné de 
patates frites avec des pommes de terre, comme ils le disent, avec une rési- 
gnation et un accent mélancolique fort touchants, et qui, en imagination 
du moins, se promènent dans des palais de marbre et d'or, au milieu 
des enchantements d'un luxe tout oriental, et prennent part à des festins 
interminables dont le menu, énuméré par eux, est d'une naïveté aussi 
touchante que grotesque, et m'a ému plus d'une fois. 

Ecoutez d'abord l'inépuisable et na'ive Marguerite Philippe, qui croyait 
à la réalité de la plupart des fables qu'elle me débitait, d'un air convaincu 
et pleine de respect pour ces vieilles traditions d'un autre temps, qu'elle 
aimait et conservait avec un culte véritable, la pauvre fille ! 

« Eno a-vad a o'é neuze prezou ka'ér ha c'hoari, epad pemzek 
« deiz penn da benn, evit ar paour evel evit ar pinvidik. 

« Nafaote na mange-pain, na mange-caro, 

« Na crampo'és teo, na crampoïs tano, 

« Na iod poaz, na iod da boazad : 

« Unan en dro gant eur gloge, 

« c'houlen : Ha iod a vank aze? 

« Betek eur porc'hel a oa eno, 

« Poaz eur penn anezhan, eun ail beo, 

« Kontell ha fourchettes en he reor : 

« Troc'hiî pep-hini lec'h ma karo! 

« Me oa eno gant ma bec fresk, 

K Am boa naoun hag a grogas prest. 

« Eur c'heginer a oa eno 

« Gant he voutou bec sant Malo, 

« Roas eun toi d'inn em diadre, 

« Hag am stlezas war Menez-Bre. 

« Ma teuis aman ac'hane, 

« Evit konta d'eoc'h kement-ze. « 
Ce qui signifie : 

« C'est là qu'il y eut alors de bellçs fêtes, pendant quinze 
« jours, et de beaux festins, auxquels furent conviés les 
« pauvres comme les riches. 

« Il n'y manquait ni massepains ni macarons, 

« Ni crêpes épaisses, ni crêpes minces, 

»( Ni bouillie cuite, ni bouillie non cuite; 

tt Un homme faisait le tour (des tables) avec une cuillère à pot, 

« Demandant : Faut-il de la bouillie par là ? 

a II y avait là jusqu'à un cochon. 



J40 Formules initiales et finales 

« Cuit par un bout, tout vif de l'autre, 

« Avec couteau et fourchette dans son derrière : 

a Coupe chacun où il lui plaira ! 

« Moi j'étais aussi par là, avec mon bec frais, 

u Et, comme j'avais faim, j'attaquai vite. 

« Un cuisinier qui se trouvait là, 

« Avec ses sabots à pointes de Saint-Malo, 

« M'en porta un grand coup dans le derrière, 

« Et me lança sur la montagne de Bré. 

a De là, je vins jusqu'ici 

« Pour vous conter tout ceci. » 

Je terminerai cette énumération, qui est loin d'être complète, par la 
formule de Guillaume Garandel, le fils de l'homérique vieillard aveugle 
dont j'ai déjà parlé. Elle est, en majeure partie, de l'invention de son 
père, de qui il la tenait, et il la place ordinairement à la fin des récits où 
il se donne libre carrière. Car nos conteurs populaires, le plus souvent, 
ont deux manières : la première, sobre, brève et allant droit au but. 
C'est la meilleure, surtout pour les collecteurs de contes et autres tradi- 
tions orales. Dans leur seconde manière, au contraire, ils donnent l'essor 
à leur imagination, à la folle du logis, comme disait Montaigne, se livrent 
à de nombreuses digressions, mettent en scène des personnes connues, 
quelquefois leurs auditeurs mêmes, et prennent pour débiter leurs his- 
toires et leurs fables le double du temps que demanderait une narration 
simple et suivie. C'est là la méthode la plus goûtée généralement par les 
auditeurs de nos veillées champêtres. 

Je donne, à présent, la parole à Garandel. 

Eno a-vada oe friko neuze! 

Na faote : — Na iod, na patates, — na kaol, na panes. Gedon kignet, 
bet eut ar bir^ o redek dre ar ruïou. Pepr ha holen 'n ho diou-skouarn, mou- 
tard 'n tout ho reor, tammou paper war ho lost, skrivet war-n-hê ! — Tapit 
ann hini a c'hallo îapouî ! — Kontellou ha fourchettezou en kroaz war ho 
c'hêinn, d'ann hini a c'hallo troc' ha da droc'ha. 

Me oa eno ive en eun tu bennak, a welas unan o tremen, hag a redas war 
he 1ère' h. Mes ma boutou-koad a oa ganen, hag e kouezas war ma fri. — 
Nom de Die! a lâris, buhanna loened eo ar gedon rostet-man! Na inn ken 
war ho 1ère' h. Hec'h an d'ar pales, da welet ha me a gavo eun drabennac ha 
na redo ket. 

Fa antr'éis er geginn : — C'hui, Guilherm Garandel, a zo aze? a lavaras 
dinn eur gegineres. — la sur, kegineres koant. — Vil-daill et oa, koulz- 



des conteurs en Basse-Bretagne. 341 

goude. — Deut aman da dréi ar bir, eun dra-bennac ho pezo ive, en bêrr. 

Sec'hed a deuas d'inn étal ann tàn. — Ar c'heginer braz a eas er-maes 
eun tammik. Ha me kerkcnt da eva gwinn gant ur skudell. Ma em gavis 
mczw-dalL étal ann tân: Ha me da lavaret neuze, a vouez uc'liel: — Petra, 
eun den evd-d-on-me a dlefe bezan er geginn, trei ar bir? Euz taol, euz 
kostez ar brinses, eo eman ma flaz.... Ha me tanfo'éltri ar bir gant ann 
diaoul. — Ar c'heginer braz a antreas eeiïnwar ann toi, hag lien tont hag 
rei eun tol-troad dinn em diadre, hag am zistaolas beteg aman da gontan 
d'eoc'h ann histor. 

Ce qui veut dire : 

... C'est là qu'il y eut du fricot, alors! 

Il n'y manquait : ni bouillie, ni patates, ni choux, ni panais. On voyait 
des lièvres écorchés et rôtis courir par les rues, avec du poivre et du sel 
dans les oreilles, de la moutarde dans le derrière, à la queue, des mor- 
ceaux de papier sur lesquels était écrit : attrape qui pourra! — Ils avaient 
sur le dos des couteaux et des fourchettes en croix, libre à chacun de 
couper le morceau de son choix, s'il le pouvait. J'étais par là aussi, 
quelque part. Je vis passer près de moi un de ces lièvres, et je courus 
après lui. Mais j'avais mes sabots, et je tombai sur le nez. Nom de Dieu! 
m'écriai-je, comme ces lièvres rôtis sont des bêtes qui courent vite! Je 
ne veux plus courir après. Je vais au palais, pour voir si j'y trouverai 
quelque chose qui ne coure pas. 

Quand j'entrai dans la cuisine : — C'est donc vous, Guillaume Garan- 
del.'' me dit la cuisinière. — Oui, sûrement, belle cuisinière, — répon- 
dis-je (elle était pourtant bien laide). — Venez ici, tourner la broche, 
vous aurez aussi quelque chose, tantôt. La soif me prit, auprès du feu. 
Le maître cuisinier sortit un moment. Je me mis aussitôt à boire du vin 
avec une écuelle. Me voilà ivre-mort, auprès du feu, et de dire, à haute 
voix : Comment! un homme comme moi, est-ce ici qu'il devrait être, à 

tourner la broche? Ma place est à table, à côté de la princesse! Et 

j'envoyai la broche au diable. — Le maître cuisinier rentra juste sur 
le coup; il se précipita sur moi et, d'un coup de pied dans le derrière, 
il me lança jusqu'ici, pour vous raconter cette histoire. 

F.-M. LuzEL. 



TWO IRISH TALES. 



The two following stories areboth takenfrom the manuscript Egerton 
1782 of the British Muséum. The subject which they both treat is love 
sickness and its guerison. The first is intitled 'Aislinge Oengusso', the 
vision of Oengus, and is one of the ten remscéla or introductory taies to 
the Tâin bô Cuailgne. The whole list of them is given in the bock of 
Leinster as foUows : 

i) de gabâil intsi'd. 

2) de chophur na da muccida. 

3) de aislingi in mac Oie. 

4) de tâin hà Regamain. 

5) de echtra Nerai. 

6) de chompert Chonchobair. 

7) de Thochmurc [ ] '. 

8) de chompert Chonchulain. 

9) de thâin bé Flidais. 

10) de thochmurc Emiri. 

Our story is the third in this séries : Oengus mac in Oc, the celebra- 
ted Tuatha dé Danann chief of Brugh na Boinne, sees in dream a beauti- 
ful lady without being able 10 recognize her or to speak to her; a severe 
illness ensues until after a year the lady is found out with the help of 
the fairy chief Bodb of Sid fer Femoin. It is Caer ib Ormeith the daugh- 
ter of Ethal Anbual from Sid Uamain in the territory of Ailill 7 Medb. At 
first her father is unwilling to give his daughter to Oengus saying that 
she has the power to be in the shape of a bird every second year. Howe- 
ver Oengus succeeds to win her and in conséquence he makes friendship 
with Ailill and Medb, and follows them to the Tâin hô Cuailgne. 

The place where Caer ib Ormeith is found by Bodb is called Loch 
Bell Draccon occruitt Cliach. On this Cliach we find a curious notice 

I. Left blank. 



Two Iris h Taies. 54? 

in the Leabhar Breac p. 242 cf. O'Curry Lectures on the mss. Materials 
p. 426 f. The description of the birds given hère is quite analogue to 
that in our story and it seems that the words oc cruitt Cliach are merely 
a référence to this passage. 

The second story is to be found Egerton 1782 fol. 106, 116;, 118 
and is intitled Scéla Ailill 7 Etaine ; it forms originally the introduction 
to the celebrated Bruden Daderga. We first hear how Eochaid Aiream 
or, as he is also called, Eochaid Fedlech, wins his wife Etain and how 
afterwards his brother Ailell Anglonnach falls in love with her so that 
'death is near unto him'. Eochaid leaves Etain with his brother at Tethba 
Fremain 'to bury him and to erect a pillarstone upon his grave'. Upon 
a question from Etain Ailell tells her the reason of his illness and she is 
willing to yield to him, but then the fairy chief Midir of Bri Leith in- 
terfères, and Ailill is cured and the honour of Etain saved. 

An extract of this story is found in the Leabhar na hUidhri p. 129 
intitled, Tochmarc Etaine, the courtship of Etain, and the whole in a 
somewhat altered form in the ms. H 2, 16 of Trinity Collège Dublin 
(cf. O'Curry Manners and Customs III, 190), of which there is a frag- 
ment in Egerton 92 of the British Muséum wrongly classed in the cata- 
logue as Tochmarc BecFola. The first acquaintance that Etain madewith 
Midir in the land of her father at Inber Cichmuine is also related in the 
Leabhar na hUidhri p. 129 col. I (cf. O'Curry Manners and Customs 
III, 162) in a story intitled de gahail in tsida which forms the first of the 
introductory taies to the Tdin hô Cuailgne (see above) ; and the third 
belonging to the same séries is that in which he plays chess about her with 
her husband Eochaid and in which the druid Dallan wins her back ; this 
îs found Leabhar na hUidhri p. 1 30 (cf. O'Curry Manners and Customs 
II, 192 ff.) and in an abridged form Egerton 1782 fol. 1 18 ^. At the 
end of this story we hear that Eochaid and Etain had one daughter who 
was called after the name of her mother ; she was married to Eterscel 
and mother to Conaire M6r the hero of the Bruden Daderga. 

In the ms. H ?, 18 of Trinity Collège Dublin at p. 605 there is a taie 
intitled Tochmarc Etaine which comprehends thèse three stories in a 
somewhat différent version with copious glosses. This is most probably 
to be regarded as number 7 of the above list. This seems to establish a 
connexion betwen the Tain bo Cuailgne and the Bruden Daderga but as 
there is no complète copy of neither of thèse taies in the British Muséum 
I hâve not been able to discover where it is to be found. 

Ed. MULLER. 



344 ^wo l''^slt Taies. 

AISLINGE OENGUSSO. 

[B]ui Oengus ' hindaidchi naile ^ inachoîlud confacca ni hinningin chuici 
arcrannsiuil do. Issl is ailldem rombui ind hEve. Luid Oengus do gabail 
allaimiu diatabairt chuicci ina imdâ. Corxnfacco ni foscenn 5 ûad opunn ni 
coufidir cia aralaid hùad. Bui ann coharauaruch'^ nipoo slan laiss amenmu. 
Dogcni galah ndo indelb atconnuirc cina accalluib. Niconluid biud inaûeo- 
lui. Bui ann do agaà. don aitherruch. Confacco timpan inalaim iss bin- 
nium bui. Sinnid ceul do contuil fnss. Biid ann coharobaruch. Nichoro- 
prainn don arauarach. S/iadan lain do 7 si oca aithidig s fon seol sin. Con- 
docorustar hi sera. Niconnebuirt fr'ianech. Focerd'^ iarum"] nifiter nech cid 
rotmbui. Doeccmalldar lege liErinn. Ni confctaîarsin cid rombui hissen- 
natln. Etha^ co Fergne liaig Conn. Dotetside chuicce. Athgneadh inaghaà') 
hinduine ingalur nombid fair ocus atgnied dindied noîheche dintich allin 
nombid conngalur '° ann. Atgladustar for leith aïe mbeoga do imtecto ol 
Fergne sercc tecmuis rotcaruis ' ' , Adruimidiur mo galur form or Oengus, 
adrochart im drochcraide . ocus ni rolamuir nech aepert frianech. Is fir deid 
or Oengus domfainicc ingin alluinn incroîhusa issailldem ind hErea con- 
necuscc derrscaithe. Timpain inallaim conidsennud dam cach naidd. Ni ba 
ol Fergne roîogad duitt cairdius /rie. 7 fuiter uaid eus in mBouinn cod- 
madair cotuchuid dotaccalluim. Tiagar'^ chuicce. Tic iaruman Boann. Bui 
ogjrepad^'i infiursi ol Fergne donjainicc galax nainches. Atfiadat ascéla 
don Bouinn. Bid oc frecor ceill '4 diamathair ol Fergne donanicc galur 
nainches 7 timcillter huait hErea huli duss indetar huait ingin incrothaso 
atconnarc do mac. Bid hocsuidiu cocenn mMiadna. Ni confrith ni cosmuildi. 
Isiarsin congairther Fergne doib aitherruch. N iconîr ith cobair issinniso ol 



1. In the taie intitled Tochmarc Etaine of ihe Book of Leinster (cf. the Introd.) Aen- 
gus mac in Occ is said to be the son of the wife of Ealcmar cf. Irish Manuscript séries 
I p. 46 f. 

2. Cf. Stokes : Three Irish Homilies p. 8. 

3. Comp. the forms with infixed pronouns in the Pref. to Stokes' Three Middie- Irish 
Homilies p. ix. 

4. This sign (ù) is employed throughout this story and in différent other places of the 
same manuscript for bh. 

5. Cf. Stokes, Three Irish Homilies p. 106. 

6. Leabhar na huidhri p. 129 : Focerd kikll hisercc de fodaig narotubaide fria enech. 

7. Fél. Prol. 46, Stokes three Irish Glossaries p. 125. 

8. Beitr. VII, 27. 

9. Z 657, Beitr. fur vergl. Sprachfors., VIII, 45. 

10. Beitr. VlU, 514. 

1 1 . Litt. : An accidentai love has loved thee. 

12. Tiagar 'itur' Beitr. VII, 59. 
tj. Frepadh i. leigeas O'Cl. 

14. Frecor ceill 'cultus' Z 91 7. 



Two Irish Taies. 345 

Bounn. Aspert Fergne fuiter eus in Dagdo tuideclit do accallaim amaicc. 
Tiagar ^us in Dagdo. Ticc side aitherruch. Cid dianomcongrad. Do airte 
do micc ar in Bounn. Is ferr duit achobair. Isliach ' adolu himugu^. Ata 
asircc . rocliar sera tecmuis i 7 niroachuir achobuir. Cia torbo mo accallaim 
or in Dagdd nimo mo eol\is anda thaisi*. Mo ecin or Fergne isstu ri side 
nErinn 7 tiagar uaib co Bodb ri sidi Muman 7 is deilm a co/us la liErinn 
huili. Etha cosuidiu. Feruid side failli friu. Fochenn doib ol Bodb amuinn- 
tev in Dagdo. Ised dorochlmar. Scé\ai lib ar Bodb. Tkt linniu. Oengus 
mac in Dagdai hisiurcc di Wiadan. Cid tas'i or Bodb. Atconnuirc ingin 
inacotlad. Ni confetamur ind hEreo cia hairm ata indingin rochar j atcon- 
nuirc. Timarnath duit on Dagdo concomthastar '^ huaid fond hErinn ingen 
incTOthusai 7 indécuisc. Conniastar al Bodb 7 ethar 1 dal /nWiadan iùumb 
cofeisciur fisscé\^. Dolluid cinn mè/iadna cotech mBoidb co Sid Fer Femoin. 
Toimchiullu hEreo liule cofuair indingen ac Loch bel draccon occruitt 
Cliach. Tiagair uadib dochum in Dagdo. Fertair failte fr'm. Scéla lib or in 
Dagdo. Scéla maithe fofnth indingin in cruthso arrubartait. Timarnad 
duit Bodb. Toet 9 ass Oengus linni adochum ius indaithnge indingen 
condoacathar . Bretha Oengus hicarpat combui oc sid ar Feimin. Fled 
mor laissin ri aracinn. Ferdo failte frius. Batar tri lao 7 teora haidci acin- 
fled. Tair ass tra ar Bodb dus indaithgne indingin. Condofaccathar ciddognae 
niscuimcimsi atabuirt acht inatciethar nammaa. Tolotav iarum combatar 
ocloch. Confacaîar na tri coeco ingin maccdoi. Confacatar iningen neturra. 
Nithacmuictis na hingino dise coticce agualo. Slabxath aircàde eiir cach dao 
in^n. Muince aircciàe im abraigit fodeissin ocus slaprad diôr orlaisci. Isann 
isbert Bodb indaithgein iningen uccut. Aithgen ecin ol Oengus. Fol. 71 a. 
Nimthaso cumacc deit ol Bodb bus moam. Ni ba son ol Oengus eim uair isi 
do connarc ni conicab abred hifectso. Cuich indingenso a Buid or Oengus. 
Fetar ecin ar Bodb. Caerib Ormeith ingen Ethail Ambuail as sid Uamain acrkh 
Con«acht. Docomlat 'o ass iarum Oengus 7 amuinter dochum hicrkhi. Teit 
Bodb laiss conarlustar^^ in Dagdo 7 in Bounn oc Brug Micc ind Oicc. Atfia- 
dad ascéia doib 7 atcuadadar^^ doib ama\ bui etir cruth 7 ecuscc ama\ atconn- 

1. Liach i. ni as doiligh no as olc le duine O'Cl. 

2. Cf. corodallaus im mudu 'that 1 put it astray' Tain bo Fraich éd. O'Beirne Crowe 
p. 144. 

3. Lit. he loves an accidentai love. 

4. Lit. Than thou. 

5. Tas i. comnaidhe 'dwelling' O'Cl. 

6. Beitr. VIII, 444. 

7. Beitr. VII, 25. 

8. Stokes, Irish Homilies, p. 12s 

9. Stokes, Three Irish Hom. p. 64. 

10. Cf. Tain bo Fraich éd. O'Beirne Crowe p. 138. 

11. Cf. aridralastar Fiacc's hymn 4 Beitr. VII, 25. 

12. Zeitschr. fur vergl. Sprachforschg. 23, 206. 



)46 Two Iris h Taies. 

catary atcuadatar ahainm 7 ainm ahatha'irj asenathan. Nisegdo ' dunn or 
in Dagdo nacumcem dosocht. Anni bnd maitli duit a Dagdo or Bodb eirg 
dochum nAiitWa 7 Medbo ar issleo bith in acoiccid hiningen. Tel in Dagdo 
combui hitirib Connacht. Tri .xx. carpzX allion. Fertha failte trïu lassindrïg 
ocus inriguin. Battar VII main lana hiccfîedugad iarsin imclwrmuib doib. 
Ciduniubrase ^ ol inri. Ata ingen latso hitferuinn or Dagdo ocus rnscar 
momacsoi ocus doriged galar do. Dodechuso ? cuguib dus intartaid don 
mac. Cuich ol Ailell. Ingiun Ethuil Anbuail. Ni linne acumacc ar AileWocus 
Medb dia coemsamuis 4 dobevtha'^ do In. Ani formaiîh congarar ri hint 
sidiu chucuib or Dagdo. Teid rechtairiii AileWa chuice. Timarnad duit 
AileW 7 A^^db dola diaonaccallam. Ni ragsa orse ni tibur mo ingiun do 
mac in Dagdo. Fosaguv co hAilill innisin. Ni heîar fair aîuidechl. Rofitler 
inni da congarar. A^: ba ar Ailell do ragasom 7 dobtvtar cené\a alaeg laiss. 
Iarsin coteirich teglach Ailello 7 rnuinter in Dagdo dochum insidiu. Indrit^ 
insid nuili. Dusmberaî tn xx cennas ocus in rig combui hicruachnuib hin- 
dergabaW. Is iarum ismbert Ailell /ri Etlial nAnbuail. Tabar do ingiun do 
mac in Dagdo. Ni cuimcim or se is mo acumachta indu. Ced cumacht mor 
fil leu ar Aile\l. Nin. bith in deilb euin cach la Hiadna. In bliadan aill in 
deilb duiniu. Cissi Wiadan ùis in deilb euin or AileW. Ni limsa ambrath 
olaahatlmr. Dochenn dit ot AikW manicisne. Ni ba sia chuice damso or se. 
Atbersa orse islerigtirsin rongabsid occai. Intsamfuin si is nessam biaid in 
deilb eôin. Og loch bel draccon 7 focichsither saineuin le ann 7 biaid tn L 
ait ngeisi impi 7 ata aurgnum limso doib. Ni ba limso iarum ar in Dagdo 
ore fofetar ahaicniud dusfucso. Dogniter iarum cairdius leir i. Ailell 7 
Ethal 7 in Dagdo 7 saerthar Ethal ass. Cclad in Dagdo doib. Tig in 
Dagdo diatig 7 atfet ascelo diamacc. Eirc monsamfuin is nesum 
coloch bel ^racon codogairiu cugat don loch. Teit mac Oug combui ag 
Loch be\ iracon confaco m coiced^ enfinn forsinloch conaslabvaduib airc- 
cide, cocuirca\s\h7 oirdib immo cennuip. Bui Oengus in deilb ddenechtu 
forbru inloch ui. Congauir indingen chuici. Tair domaccalluib a Chaer. 
Cia domgair or Caer. Cotagair Oengus ragaid dianomfôemuid artheniuch 
cotis indlad mofnîhisi. Fotisir orse. Taeta chuici. Foceirdsium di laim 
fuirri. Cotlat indeilb die geisiu cotimciullsat indlad fotri. Nabed nabumeth 
nenig dosum. Tocomlat ass an deilb da eun finn combator oc in Brug micc 

1. Beitr. VII, 2}. 

2. 1 think this to be derived froni the racine ra in imram 'travel'. Cf. Zeitschr. fur 
verg. Sprachf. 23, 212. 

3. Zeitschr. fur vergl. Sprachf. 23, 240. 

4. Beitr. Vil, 52. 

5. Beitr. Vil, 53. 

6. Z. 87 7. Revue celt. I, 159 note ; II, 388. 

7. Currais i. folt. slabhrad. airgld go gcurcaisibh 1. go bfoltaibh. O'CI. 



Two Irish Taies. 347 

inn Oicc ocus cachnatar ' coiccetul ciuil coucorustar inaduiniu hisuan tri 
la 7 m haidci. Anuiss laiss inningen iarsin. Is desin robui cairdius in 
micc Oig ocus AiliW 7 Medbo. Is desin dochuaid Oengnss xxx cet eu liAilill 
7 Medh do Thain nambo a Cuailgne. Conid de aislingiu Oengusso micc in 
Dagàz ainm insceuilsin iss Tain bo Cuailgne. 
Finis. 

THE DREAM OF OENGUS. 

Oengus was sleeping one night when he saw something [like] a mai- 
den near him at the top of his bed. She was the most beautiful in Erinn. 
Oengus went to seize her hands to take her with him in his bed ; when 
he saw the one which he had welcomed suddenly away from him that 
he did not know who had taken it from him. There he was until the 
morning ; his mind was not easy. It brought an illness on him, the figure 
which he had seen without speaking to her. Food did not enter his 
mouth. There he was again for a night ; when he saw a cymbal in her 
hand the sweetest existing. She played a song to him that he fell asleep. 
There he was until the morning. He did not breakfast in the morning. 
A whole year [elapsed] to him and she [went on] to visit him in his bed 
se that he fell in love. He did not tell it to anybody. He fell ill àfter- 
wards and nobody knew what was with him. The physicians of Erinn 
assembled. They did not know what there was after ail. One went to 
Fergne the physician of Conn. He came to him. He knew from the face 
of the man the illness that was in him and he knew from his saying that 

he would go in the house of his , that he had an illness of the 

brain. Fergne called him apart [and said] 'little is thy expérience an acci- 
dentai love has fallen on thee'. My illness has judged me said Oengus. 
I loved in heartlessness. And nobody dared to say it to the other. It is 
true said Oengus I met a beautiful maiden of the most splendid form that 
is in Erinn with a distinguished appearance ; [she had] a cymbal in her 
hand on which she used to play to me every night. Is it not so, said 
Fergne, love to her seized thee and now it shall be sent from thee to 
Boann thy mother that she may come to speak to thee. They went to her. 
Afterwards Boann came. I was a curing this man, said Fergne, whom 
has seized an uncertain illness. This new was told to Boann. He wiil 
be under the care of his mother, he whom has seized a doubtful illness 
and whole Erinn shall be investigated by thee whether there may be 

I. Cachain i. dorigne O'CI. 



548 Two Irish Taies. 

found a maiden of that form which thy son saw. So it was [donc] to 
the end of the year. Nothing !ike was found, Then Fergne was called 
for again. We hâve not found any help in this matter said Boann. Fergne 
said : send to the Dagda that he may corne to speak to his son. They 
went to the Dagda. He came again. What hâve 1 been called for ? To 
advise thy son said Boann. Thy help is better for him. It is a pity for 
him to die. He is in illness. He is fallen in an accidentai love and there 
is no help for him. What use is it to him to speak tome, said the Dagda, 
my knowledge is not higher than thine. Upon my word, said Fergne, 
thou art the fairy king of Erinn and from thee [the way] goes to Bodb 
the fairy king of Munster and his knowledge is celebrated through 
whole Erinn. They went to him. He bade them welcome. Welcome to 
you, said Bodb, suite of the Dagda. This is why we came. Hâve you 
a message, said Bodb ? We hâve : Oengus the son of the Dagda is in 
love for two years. What for said Bodb [l]. He saw a maiden in dream. 
We dont know in Erinn the place where habits the maiden which he 
loved and which he saw. An order to thee from the Dagda that thou 
shalt seek through Erinn the maiden of this form and appearance. It will 
be sought^ said Bodb, and it will last a year for me until I know it with 
certainty. He went at the end of the year to the house of Bodb at Sid fer 
Femoin. I hâve investigated ail Erinn, [said Bodb] ,, until 1 found the maiden 
at Loch bel Draccon at the harp of Cliach. They went from there to the 
Dagda. He bade welcome to them. Hâve you a message said the Dagda.? 
We hâve a good message, the maiden bas been found in the form which 
you said. An order to thee from Bodb. Oengus is to come with usto him 
in order to know whether he recognizes the maiden which he saw. Oengus 
was brought in a chariot so that he was at Sid fer Feimin. A great feast 
with the king for his sake. Welcome was biddento him. They werethree 
days and three nights at the feast. Come out now, said Bodb, in order 
to know whether thou recognizest the maiden. Until I hâve seen what 
she is doing I can not tell it but only when I will hâve seen it. They 
went afterwards till they were at the sea, when they saw 1 50 young 
maidens and they saw the maiden among them. The maidens did not 
reach her to the shoulder. A silvery chain between every two maidens. 
A silvery necklace about their neck itself and a chain of burnished gold. 
Then Bodb said : Doest thou recognize the maiden ? I recognize her of 
course, said Oengus. This is not thy greatest power, said Bodb (.''). Not 
so, said Oengus, for her which 1 saw 1 shall not be able to take with me(?) 
this time. Who is this maiden Bodb said Oengus. I know it of course 
said Bodb : Caer ib Ormaith daughter of Ethal Anbual from Sid Uaman 



Two Iris h Taies. ^49 

in the province of Connacht. After that Oengus went with his suite to 
his territory. Bodb went with him to visit the Dagda and Boann at Brug 
mie ind Oicc. They told them their message and related how she w^as by 
her form and her appearance as they had seen her and had heard the 
name of her father and her grandfather. It is no use to us, said the 

Dagda, we can not The best thing for thee to do Dagda, 

said Bodb, goto Ailell and Medb, for with them in their territory is the 
maiden. The Dagda went until he was in the land of Connacht. Sixty 
chariots his number. The king and the queen welcoraed him. Afterwards 
they were a whole week at feasting around the beer{!'). Whathasmade 
you journey, said the king ? There is a maiden in thy land said the 
Dagda and my son is in love with her and an illness has seized him. I 
came to you to know whether you give her to my son. Which one said 
Ailell .'' The daughter of Ethal Anbual. We hâve no power over her, 
said Ailill and Medb, that we could give her to him. The best thing, said 
the Dagda, let the king be called hère unto you. Thestuartof Ailell went 
to him. An order to thee from Ailell and Medbto go to speak to them. I 
will not go, said he, I will not give my daughter to the son of the Dagda. 
This was told to Ailell. His coming is not to be obtained from him. He 
knows the reason for which he is called. Not so, said Ailell, I will go and 
my soldiers shall be taken unto him. Then the household of Ailell and the 
army of the Dagda arose towardsthe fairies. They destroy the whole sid. 
They bring sixty .... to the king so that he was in the caves ofanxiety. 
Then Ailell said to Ethal Anbual : Give thy daughter to the son of the 
Dagda. I cannot, said he, greater is the power that is in them. What greal 
power is in them, said Ailell ? Not difficult, to be in the shape of a bird 
every day of a year ; the other year in human shape. Which year will she 
be in the shape of a bird ? said Ailell. The judgment over it is not with 
me said her father. Thy head from thee, said Ailell, if thou doest not 
explain it. She will not be longer with me, said he. I will tell [you], said 
he, itis wiser what you propose to her. She will be in the shape of a bird 
the next summer at Loch bel Draccon and beautiful birds will be seen with 
her and there will be 1 50 swans about her and I hâve a feastwith them. 
It will not be for me, said the Dagda, for I know their nature in which 
I brought them. Afterwards there was made true friendship between 
Ailell, Ethal and the Dagda and Ethal was set free. The Dagda was hid- 
den by them (?). The Dagda went to his house and told his news to his 
son. Go in the next summer to Loch bel Draccon and call her to thee 
to the Loch. Mac Og went to Loch bel Draccon when he saw the 150 
white birds at the loch with their silvery chains and golden caps around 



MO 



Two Irish Taies. 



their heads. Oengus was in human shape at the border of the loch. He 
called the maiden to him. Corne to speak to me o Chaer. Who calls me 
said Caer. Oengus calls thee, come and yield to me upon thy honour 
that thou mayest go with me into the bath again. I will come, she said. 
She came to him. Heput his two hands on her. They slept in the shape 
of two swans until they surrounded the bath-place three times. There was 
not and there will not be a loss of honour to him. They went from there 
in the shape of two white birds until they were at the Brug of the mie 
ind Oicc and they made a concert so that the people fell asleep for three 
days and three nights. The maiden remained with them afterwards. 
Therefrom there was friendship between the micc Oig and Ailell and 
Medb and in conséquence Oengus went with three hundred to Ailell and 
Medb for the Tain bo Cuailgne. This story is called the vision of Oengus 
son of the Dagda and the Tain bo Cuailgne. 



SCÉLA AILILL 7 ET AINE. 

Bai ri amra aireagdai inairdrige for liErinn .i. Eochuig Aiream mac Finn 
mie Finntain mie Rogein Rùadh mie Essamnae mie Blatkechtae mie Beothech- 
tae mie Labradae Luirec mie Enna Aighnich mie Oengusa Tuirbieh Tem- 
ruch mie Echaid Ailtlethuin mie Aililla Caisfiaclakh ' mie Connla Chaim 
mie 1res (?) mie Melghe Molhthaigh mie Cobthaieh Chdil Brig mie /ugaide 
Moir mie Echa\à Buadaich. Airgiallsaî tra coic côiged hErinn do Eoehaid 
Airima. Rogiall Concobar mac Nessa do riehôigith hUlath 7 Messgedhrai ri 
Laighin 7 Curui mac Dàire ri chôiced Mumain 7 Ailill 7 Medb diarbo sealba 
coieeith Comachî. Robatar dano da primdun hie Ech [dach] i. dun Fre- 
mainne him Midiu 7 dun Fremainne hi Tethuai 7 bahe adun hi Tethûai. ba 
dili lais dia danuib. Inehet bliathain larngabail righe d Eoehaid. Rohirfuag^ 
[0 Eoehaid for firu] hErinn feis Tcmruch do [denam]. Cotistais fir hErinn 

7 cofessta ambesu lais. At hErinn doenaithuisc 

[nithecluim]dais dfess na [Tem]rueh eid eian gairit nobeîh ri hErinn ein 
mnài adingbala aei. Arniraibi fer maith diferuib Erinn gin mndi adingbala 
an 7 ni raibi ri gin riguin ar niteîgeth fer cin mnai do Temrag dia feis 7 

1 On thèse kings we find a notice in the Leabhar Gabhala ms. Rawlinson 512 o^ the 
Bodieian Library fol 8ç a : Batar dann Cobthach tra cet mbliadna irrigi cohaimsir 
Oengusa TujVbich Temruch mie Echaid Altiethan mie Ailella Caisfiadach. And 8j t. But 
tra cess for clannaib Augaine Mor mie Eoehaid Becc aimsir Enna Aignich mic Aen- 
gusa Tuirmich Temrac/i cohaimsir Eoehaid 7 Eoehaid Mveman da brathair 1. da mac 
Finn etc. 

2. Perfect redupl. of faigim in passive sensé. 



Two Irisli Taies. ^51 

nithegith ben cinfer. hannsin rachuimstar Eochaid echlachu 7 aobloire ' 
ocus atfidrraluig sligith ocus aîhechta coigcrichi uad fo hErinn. [Ro] hsir- 
sit iarsin hErinn hule diarraid mna adinguala do etir cruth 7 deilb ocus 

ecuscc ocus cbineul. Robùi dan ni ali acci be tibreth mnai dogres 

dianusiuccad nech ali reniiu^ Docliuaîar iartain aechlucha j atarraliiigh 
sliged 7 atechta coicriche uad 7 rosirsiî hErenn ule iter thés 7 tudid cofua- 
raîar ocinbir Chichmainc mndi adingbala do À. Etaoin ingen Etair ri Eoch- 
raidhi. Doriachtatur dan aîhechta arammus Eochaàa ocus tucsatar tuaruscal 
nahingene do etir chruth 7 deilb 7 e'cuscc. Isannsin don dochuaid Eochaid 
doiaphuirtt nahingme ocus ised rogab dar oenuch mBregleth 5. Con facca 
inningin for ur [in] tophuir ocus cir chuirreil airgit connecor di oraici hic- 
folcuth [al] luing aircit 7 cetri heoin oir fovri ocus gleoirgenma bec[a] do 
charrmocul hifhorfhle [scuib] naluinge sin. Brat caslechîa corcarghlan immpi 
folai chain conndualuiph aircit 7 milech oir issin brutt ossa bruinniu. Léine 
lephurchulpatach impi issi cotât slemun dohsita uainidi foderg innlith oir 7 
tuaghmilu ingantachu diôr 7 argatjov abruinnib issindieniîhi. combaforreiU 
donafcruib tdidlech indôir frissin grcin issintsitu uàinidiu. Da triliss or 
buidi foracind 7 fighe chethurdhùaluch for ccchtarnai ocus mell oir /or rinn 
cech dûail. Isannsin ifnorro robui inningen octatmech afuilt diafolccuth 7 adi 
lâim triaderc sedluch alénith immach 7 ba gilighiur snechîo nôen oidchi cechtur 
adi Idim 7 ba deirgighter sian slebi cechtur adaghrùad. Deidghin coir coniard 
inacinn isse niamdo nemonnta. Ba glaissigter /ri bughai s cechtar adasula. 
Peoil derg tanuighe acci. Baîar fovardu moethgelu adha gualuinn. Righti 
boga blaithghelai. Meru seta sithgelui. Ingni ailli iuchanda. Ba ghiligter 
snechto uli (?) ùan tuinniu atoeb seng seta sldhumaW. Batar bldiîhe slemoin- 
gelu na sliasîai. Batar cruinnueco caladhgelu a dha glun. Batar inndell- 
dirghe adha colptai. Traighthi tana toinnghelu. Batar côri iardilliu adhi 
sùil. Da malaigh daeldae ^ dubgormma immaruscuib. 

Is hi sin tra ingen isscoi i 7 is cdinn atconncatar sûili ddini riam 7 ba 
doigh ko comad asidib di. îsdon ingensin adrubrath. Cruth cach co hEtain. 
Coem cach co hEtain. Gabais irnorro saint anri impi focétoir j rold fer 
dmmmuinter rcme dia hastud foxachind 7 rosoich inri iartain dochum na 

1 . Obloir i. fuirseoir O'Dav. 

2. This passage it rendered thus in the abridged form of the Leabhar na huidhi : Al 
asb«rt ni biud in afarrud acht ben nudfessarf nech do feraib hZrtnn r'ium. 

3. On the etymology of Bri Leith cf. O'Curry, Manners and Customs III, 355. 

4. Cf. Reil 'dearly' Cormac 8 s. v. brinda. 

5. Bugha i. bo mue mar ata luibh gorm no glass ris asamailter suile bios gorm no 
glas. O'Cl. 

6. Cf. batar duibithir druim dail 'They (the eyes) were blacker than the back of 
a chafer' Bruden Da Derga cit. Journal of the Irish Archeolog. Assoc. Third ser., I, 300. 
A similar description is given in Mac Comglinne's dream Leabhar Breac p. 219 and in 
Atlantis III, 414. 



3 52 Two Irish Taies. 

hingeni 7 imcomaircith scela di. Can deit iarum a ingen ar Eochiid 7 can 
dollot. Nin olsi Etain ingin righ Eochraidhe asidib atamcomnaicc^. Jnam- 
biasa uair cobligc leî ol Eochaid. Issed doruachtamar for tfaesam' sunn ol 
in mgen. Atùsasunn ém ri xx mWiadan orogenar issind tsid 7 fir in tsithu 
etïr righu 7 coemfiru ocomchuingid 7 ni hetus huaim fess ri fer dib fobitliin 
rocharas tusai 7 fucus seirc 7 inmaine duit orham lenab 7 orbam tùalaing 
lapharthain A. arthairscélaib 7 arthdinius 7 ni tacca riam remï seo 7 ato- 
thgén focétoir ar do thuairuscaV j iss tu doruachtamar iaram arsissi. 

Ni ba dochuiriuth drochcarat detsi on anisein ol Eochaid 7 rotbiasu- 
fdilte ocus lecfiter cech ben orut 7 iss ocut îaenur biatsa cén bus miad lut. 
Mo thinnscra côir damh arin ingen 7 moriar iarmusin. Rotbiasu anisin 
ol Eùchuid. Dobretha iarum larsin vu cumala di inatinnscra 7 dofuc les 
iarsin co Tem.rach 7 roferath firchdin failli friasi annsin. Tri derbratn 
immovTO robatar tu mie Find A. Eochaid Airim 7 Eochaid 7 Ailill 
Anglonnach no Oenglondac\\ iarsin ni bâ hôen glunn 5 dô sercc di mnai 
abrathar. Isannsin immorro tangatar fir hErinn docum na fessi Temrach 
ocus batar ann coigdighis ria samfuin ocus coictighis iarsamium. Caraiss 
fra Ailill Anglonnach Etain ingen Etair hicfeiss Temrach intansin. Fôbair^ 
ira Ailill hicsirfechad nahingin céin ropas hiccfes Temrach s. Isannsin 
aîbert ben AileWa A. ingen Luchtai Ldimdirg acrich Laigen. Maith trae 
Ailél arsi cidféchavsiu issindleth clan uait dâigh issairdhem sçrcci sirhsil- 
liud. Cairighid AileW fair fcin innisin 7 nirfec iningin iarsin. Isannsin 
immorro rosgailsid fir hErenn iartochaithem na fleidiu Temruch. Is annsin 
rolinustar idu eôid ocus imformmuit° Ailill 7 rolécustar sldetan îromm- 
galar chuici ocus ruccath iarsin codùn Frémuin hi Tethûa. Tarusair im- 
morro dOilill annsin cocenn mWiadna hisirg ocus hisirsnim 7 nirattaim 
donech aghalar. Isannsin dochûaid Eochaid dfiss abrathar 7 tucc aldm 
dorauchtbruinne 7 tug Ailill a ossnam ass. Indeo bar Eochaid ni ba dirsaunn 
ingalursin am uar Eochaxd 7 cinnusatai indusu acach deit. Dar mo trethir 
arse nochunusai. Acht is messa achach ar cach lô ocus ar gach naidhchi. 
Cred ticc rith ar Eochuid. Dar mo brethir fir ar se nochumjetar. Doberthar 
chucomso ar Eochaid nech rodfinnfu doghalur. 

Isannsin tuccath Fachtna liaigh Eochada chucco 7 tue aldim dar uchî- 
bruinne AileWo 7 tucc AileW a ossnuth ass iaram. Indeo ar Fachtna ni ba 
dirsann ingnim ocus rofetarsa dogalur ocus ni fuil fortacht nechtar dani A. 

1. Z, 882, Zeitschr. fur vergl. Sprachw,, XXIII, 212. 

2. Revue celt. III, 9 f. 

3. Glonn i. guin O'Dav. Gl., but this has no sensé hère. 

4. Fôbair i. do thionnsgain. Fôbair tra ag féughaim na hingine i. do thionsgain. O'Cl. 

5. Thus in the Leabhar na huidhri : Fodaig dognith abairt diasirsellad . 

6. Cf. formmat Three Irish Homilies p. 118. Irish Glosses 600. 



Two Irish Taies. ^ 5 ^ 

rodgab idu eoit no sercc dorâîuis 7 nirodcobraîh ass cose. Ba mebni tra la 
hAiltW inni 7 niroataim donliaigli aghalur 7 luid ûad iarîain inliaig. Dala 
immoTTO Eochaàa luid sidiu foracliûalrt righiu fo liErinn j forfacuib Etain 
issin dan ocus atbert /ria maitli a ingen ar se dentar an ledit letsae fri 
hAik\[ cein bus beo ocus mad marb ar se class aferl fodbuigh lat 7 togabar 
acoirthe ocus aliagan ocus scribtar aanmuimm oghaimm. Dochuaid /arum 
inri iarsin forachuairt rig fo liErind 7 rofacbuth Ailill annsin andun Fré- 
mainn hi Tethùa fri bas 7 /ri haigedh fri ré nabliadnasin. Laa noen and 
dochuaid Etain issintech irabe AileW ihgalur ocus robui icca accallaim. Cid 
thicc rit ocus is mor dogalur ocus diajessmais indni notfôirfed foghébta 
linn 7 issamlâïd roraid 7 rocanustar ingen L' mbicc 7 rusfreccair Ailell : 
Cid dotdrruigh a ghille — is fota do serglighe. 
Is fossaddo cheim glan gle — cia beith dfeabus na sine. 
Fuil limm adbur na cnete — nimthsasa ceol mo chruite 
nimtol ann ni do gan blicht — ised dombeir inanrichtt : 
Abair rim cid dai ajir — air isim ingen ercnaid 
inniss dam gach dal retleass — connderntar liin doleigeas. 
Ni talla ormm aradrut ^ — a ingen is caem dochrutt. 
Daîgh neich andiaigh asula — ni dat maithe banrùna. 
Cid at olca rùna ban — mad sercc isclan bus cuman 
oghebthar ingnim doLiim — ni hcd dleghar aatmail. 
Bennac\)X ort a inghiun Finn — ni dam tualhge laubra rim 
ni dam buidhech domcheill féin — ata mo cride domaimrér ' . 
Truag anisin ailen indrig — Eochada Fedlûech iarfir 
remchorp is remchenn is tind — ised berair an Erinn. 
Diambeth arsluaghaib ban mbàn — nech no beith iccotocrâd 
tuicfad sunn dxamad maith lat — dogenta limm atochmarc. 
7 a ingen ar se robud urusa deit micsa dodénam domghalar 7 iss dôich 
noticfaithea inn acht chena arse issercc bo bàidiu /ri Wiadna mohsevcc is 
cuma fothuinn is rigi nirt dar forrain is cethar ruinn talman is dichend nime 
is brissiud brâgat is comlunn fri scath is combathad /ri hnsce is rith /ri 
nemh is gascced foler is grad domacalla mogradsae ocus mosercc ocus 
minmaine donti datucus. Annsin tra rdthaighis indingen fair ingalor imbui 
7 ba saeth léissi innisin 7 i. Conid ann ispert /ngen la nôen : 
Eirig a Qilill amra — cora cach duit rochalma. 
daigh fogébu sunn rofes — dogentar liumm doleigheas. 

1. I think thèse are the fifty noble maidens that were educated together with Etain 
according to Leabhar na huidhri p. 129 O'Curry Manners etc. III, 162. 

2. Cf. Revue celt. II, 392. 
). Atlantis II, 122. 

Rev. Celt. III 2 ^ 



5 54 ^"'0 ^'''^'' Tj/fi. 

Danatoluth ritchéll riglicc — dodatlàim immombragit 
tossach suirghi caem adath — ben is fer icompocath. 
Manib lor lat afir maiîh — a mac indng arigjlaith 
doberimm do slan aglom grinn — otha moglun conimmluin. 
Cet mbo is cet unga dor — cet nech srianach ratinol 
cet détach gacli dadha bricc — tuccatli immotliir fochrig. 
Cet cach mil ohoin ille — ropa mor inimirghe 
damsa fodéni cobecht — dorât Eochuigh anôenjecht. 
Ticeth tra iningen cach dia dfolccath dô 7 do thinme achota 7 rolessaig 
indingen commôr ar ba truagh le amudugâd tnana fochann. Laa naen ann 
fra itberi iningen f ri AiltW : Tair arsi immaruch immuchuilai immddilsi* 
cossinîcch fil /ri dàn immuicli inechtair ocus conriccfu /ri tdlges anns'w 
ocus fntaccobar. Bui immorro Ailill ccn chotluth inoidchisin cotanicc maten 
iarnamârach. Intan immorro ba mithidh dô dul inadàil issann deilUgh acho- 
f/ad fair commbai cotrath erghi nachotlath. Luid Etain iarsin inaddil nir 
bo cian inirnaidiu ^ di conaccai infer ningalair à\a dochum co cossmailes 
AiliW 7 se scithech mertnech. Atnaigh iningen aichne fair conarbé Ailill. 
Fecais annsin inirnaiàe AileWa. Ticc iarum iningen asaddil. Isannsin d\xs- 
cis Ailell j baferr leiss éc andâ bethu. Fobair ictorsi moir y iccsnimclie. 
Tic tra indingen dia accallaim. Isannsin aspert frie inatarla dô. Tairsiuarsi 
cosininadh cetna immaroch 7 rop inann 7 incét Id ocus ticced injer gach lai 
diasaiged. Tic tra inla dégenach inaddil 7 dorala infer celna di. Ni fr'itsa 
olsi rodalusa itir cid tu dan iccimdail acht inti risrodhâlusae sunn ni ar 
bdes nach ar bdegad rodalusae friss acht iss diaicc dongalur himbui dam- 
sercc. Ba coru deit tiachtain immddilsiu arse ar intan robsa Etaein Eocli- 
raide ingen Ailillu ropud messi docét /«uintir. Cid on ol si cia hainmsiu 
ittr cid rotiarfaighed. Nin. Mider Breg leitli mo ainmsiu ol se. Cid rots- 
car sa fr'imsa marobamar amlaith sin ol Etain. Nin or Mider fithnaissia 
Fùamnaighc s ocus brechîae Bressail Etarlaim rodussgar. Aspert Mider fri 
liEtain : inraga Hum ol se . ni tô ol si nochacrenob rignErinn fortsa nachar 
fer naile nafcstar c/ann no cinél dô. Is misiu ém ol Mider dorât for mcn- 
main AileWa dosercc. Is me don rothairmiscc im Ailell dul itdail 7 itconni 
7 nar léc dô thenech domilliud. Tanic iarsin iningen diatigh ocus dochûaid 
daccallaim Ailello 7 bennachais do. Is maith tra dorala duinesin diblinuib 



1. Ir. Glosses 262. 

2. Cf. ni irnaidiub Coinchulainn Beitr. Vil, 34. 

3. Fûaimnech was Midir's wife, which was killed by Oengus mac in Occ (v. supra 
p. 000) at the house of Bresal Etarlam according to the Leabhar na huidhri p. 129 : 
Immusoi inmic n Occ forsliciit Fuamain contarruid for oenucli Bodbgnai oc tig Bresail 
Etirlaim indruaid. Fosnopar in mac Oc 7 benaid a cend di 7 dobert lais a cendsin cor- 
rubi for bru in Broga. 



Two Irish Taies. ] 5 5 

ar AileW. Isam sldnsa fodechtsa domgalur 7 issatsldnsa dotenech 7 bersiu 
bennachtain itloch arnar diarndcib ar Etain is maiîh lim am/aid sin. Isann- 
sin /ra iainic Eochaid diacliuairt rig 7 rofiarfaig abrathaiv focéwir. Rohin- 
nisith ascélu do othus coderith 7 ba buidhech inridiamnai aranderna domaith 
fria hAilell 7 isjoUîh linn inscéulsin ar Eocimd. Scéla immono Eochada 
innister sunn 7 Etaine. , 



THE HISTORY OF AILELL AND ETAIN. 

There was a noble and celebrated king reigning over Ireland Eochuig 
Aiream son of Finn son of Finntan son of Rogen Ruadh son of Essa- 
man son of Blathecht son of Beothecht son of Labrad Lorcc son of Enna 
Aighnech son of Oengus Tuirbech of Temar son of Echad Ailtlethan son 
of Ailell Casfiaclach son of Connla Cam son of Ires son of Melgh Molb- 
thach son of Cobthach Câl Brigson of Lugad Mor son of Echad Buadach. 
Five provinces of Erinn served Eochad Aiream : Concobar Mac Nessa 
served him, the king of the province of Ulster and Messgedhrai the 
king of Leinster and Curoi son of Dâire king of Munster and Ailell and 
Medb in whose possession was the province of Connaught. There were 
two principal towns, in the land of Eochaid, to wit Dùn Fremainne in 
Mide and Dûn Fremainne in Tethba, and this was bis town in Tethba. 
It was dear to him before [ail] towns. It was the first year after Eochaid 
had become chief-king of Erinn. It was requested from Eochaid by the 
men of Erinn to celebrate the feast of Temur. When the men of Erinn 

came and that there vras known their custom.The 

men of Erinn ^declared] in a common answer that they would not join 
for the feast of Temur as long as the king of Erinn would be without a 
wife proper for him. For there was not one good man of the men of 
Erinn without a proper wife and there was no king without a queen, for 
no man without a wife used to go to Temrach to the feast and no wife 
without a man. Then Eochaid sent his horsemen and his jugglers and 

his of the way and his frontier messengers from him through 

Erinn. They searched ail Erinn in order to find a wife proper for 
him as to her form and shape and appearance and kindred. There was 
another thing with him that they should not bring a wife whom another 
man has possessed before. Afterwards his horsemen and his jugglers and 

his of the way and his frontier- messengers went away from 

him and searched through ail Erinn south and north until they found 
at Inber Cichmuine a wife proper for him, to wit Etain the daughter of 



]^6 Two Irish Taies. 

Etar king of Eochraide. Then his emissaries went back to meet 
Eochaid and brought him the description of the maiden as to her form 
and shape and appearance. Then Eochaid went to see the maiden and 
he came through the green of Bri-Leith. There he saw a maiden at the 
border of a well and a comb resplendent of silver ornamented with 
gold on her [and she was] washing herself from a basin of silver and 
four birds of gold on it and little gems ofcarbuncle [on the border] of the 
basin. A curled cloak of clear purple round her, a beautiful covering 
with silvery brooches and a golden pin in the cloak over her breasts. A 

long shirt with a collar around her smooth of green silk with 

a border of red gold and clasps of gold and silver at her breasts in the 
shirt that it threw a reflex upon the men the splendour of the gold in 
the sun and of the green silk. Two tresses of yellow gold on her head 
and a weaving of four locks on both sides and a bead of gold at the top 
of each tress. Then the maiden was disentangling her hair in order to 
wash it and both her hands through the hole of the bosom of her shirt 
outside and whiter than the snow of one night were both her hands and 
redder than fox-glove both her cheeks. A mouth beautiful and regular in 
her head, [with teeth] bright like pearls. Greyer than hyacinth both 
her eyes. Red and thin lips with her. High and soft-white her shoulders. 
Her cubits tender, soft-white. Her fmgers long, slender-white. Beautiful, 

pale-red naiis. Whiter than the snow and than the froth of the 

wave her long, beautiful, fairy-like side. Her thighs were tender, 
smooth-white. Her knees were round, hard-white. The calves of her 
legs were straight and fast. Her feet thin, white-skinned. Handsome 
and fat were her heels. Two brows like chafers black-blue around her 
eyes. 

This was the maiden the most handsome and fair that human eyes 
ever saw and it seemed to him that she must be from the fairies. He 
said to the maiden : Every shape is with Etain, every comeliness is 
with Etain. Désire for her seized the king at once and he sent the men 
of his suite before him to wait for him and afterwards the king addres- 
sed himself to the maiden and asked news of her. Who art thou, said he, 
maiden, and from whence comest thou .? Not difficult said Etain I am 
the daughter of the king of Eochraide from the fairies. Shall we sleep to- 
gether said Eochaid .? This is what we are come for, to save thee, said 
the maiden. There are twenty years [gone by] since I was born in the siJ. 
and the men of the sid, kings as well as heroes, hâve been courting me 
and there was not obtained from me lying with a man because I cherished 
thee and I got love and esteem for thee since I was a child and since I 



Two Iris h Taies. 557 

was able to bear to wit on account of thy stories and of thy beauty and I 
never saw thee before that and [however] I recognized thee after thy 
description and for thee I came, said she. 

I will net bring thee a bad love on account of this, said Eochaid, and 
thou wilt find welcome and every woman shall be left behind thee and 
with thee alone I will be as long as my honour is with thee. Is my 
doNvry ready for me, said the maiden and my reward after this ? Thou 
wilt hâve it, said Eochaid. There were brought seven bondmaids to her 
for her dowry and he took her with him to Temur and the men brought 
her welcome. There were three brothers, the three sons of Find, to wit 
Eochaid Airim and Eochaid and Ailell Anglonnach or Oenglondach 

because he had not one of love to the wife of his brother. 

Afterward the men of Erinn came to the feast of Temur and they were 
there a fortnight before Samfuin and a fortnight after Samfuin. Ailell 
Anglonnach fell in love with Etain the daughter of Etar at the feast of 
Temur. He began to look at the maiden as long as she was at the feast 
of Temur. Then said the wife of Ailell to wit the daughter of Luchta 
Laimderg from the frontier of Laigen : Well then Ailell, said she, why 
lookst thou to the side so long, it seems [to me] that the long-looking is 
a token of love. Ailell reproved himself and did not look at the maiden 
again. Then the men of Erinn separated from each other after having 
eaten the feast of Temur. Then there was filled the swelling of jealousy 
and of envy to Ailill and the marrow oozed out a severe disease and he 
was brought afterwards to Dùn Fremain in Tethba. Ailill remained there 
to the end of the year in love and in longing and he did not confess his 
illness to anybody. Then came Eochaid to visit his brother and he put his 
hand on his (Ailill's) breast and Ailill uttered a groan. Enough, said 

Eochaid, this illness is not severe and how is thy to-day. 

Upon my word, said he, I do not know (?), but my is worse 

every day and every night. What has come upon thee, said Eochaid? 
Upon my word said he, I do not know. There will be brought somebody 
to me, said Eochaid, who will know thy illness. 

Then Fachtna the physician of Eochaid was brought to him and he 
put his hand on his breast and Ailill uttered a groan. Enough, said 
Fachtna, the case is not severe and I know thy illness and I do not 
know any help, to wit he has got the swelling of jealousy, or of love 
that fell on him and it has not been brought outtill now. It was a shame 
for Ailell and he did not confess his illness to the physician and the phy- 
sician went again from him. As for Eochaid he went to his royal 
court in Erinn and left Etain in the fortress and told her : Well mai- 



558 Tii'o Irish Taies. 

den, said he, let thy bed be made near to Ailell as long as he is alive 
and when he is dead let his grave be dug on the field (?) and let a 
tombstone and a pillar be erected and his name to be written in an 
ogam. Then the king went to his royal court in Erinn and left Ailell there 
in Dûn Fremainn hi Tethba for death and for extinction for the space of 
a year. One day Etain went in the house where Ailell was in sickness 
and spoke to him : What has happened to thee and great is thy disease 
and if we knew the thing that could relieve thee we would get it and 
80 she spoke and sang the daughter of fifty little and Ailell answered : 

What has happened to thee youth — long is thy sickness. 

Motionless is thy pure and clean step (?) — what has become the 
beauty of thy songs ? 

There is a reason for my wounds — I hâve no song in my harp. 

— That has brought me in this shape. 

Tell me what afflicts thee, man — I am a generous maiden. 

Tell me every respite on thy behalf — that I may take to cure thee. 

It does not fit me bidding thee — maiden, beautiful is thy shape. 

It seems to every one according to thy eyes — that woman's secrets 
are not good. 

Why should woman's secrets be bad — when a long love is equally 
[bad]. 

Since the thing has been taken in hand — there is no want of a con- 
fession. 

Blessing on thee daughter of Finn — I ara not able to speak. 

I am not master ^?) of my own sensé — my heart is in discordance '. 

Sad is this wife of the king — Eochaid Fedlech truly. 

My body and my mind is sick — this is told in Êrinn (?). 

If it were on account of the troops of fair women — that any one 
were in grief. 

I would come hère if it pleased thee — I would undertake thy court- 
ship, 

And maiden, said he, it would be easy for thee to cure me from 
my illness and it is probable that thou wouldst cure me, onlyitisa love 
that is deeper every year, my love is equal to a thistle (?), it is a want 
of strength through violence, it is the four parts of the earth, it is end- 
less like the sky 1?), it is breaking the neck, it is a battle against a 
shade, it is drowning in water, it is a course to heaven, it is bravery 
under sea, it is a love to an écho my love and my affection and ray 
esteem to every one whom it took. Then the maiden reflected upon the 
illness that was in him and it was sad to her. So she said one day : 



Two Irisli Taies. JJ9 

Arise noble Ailell — 

— I will undertake to cure thee. 

If this is thy will in thy clever mind — quickly around my neck (?i 

The commencement of wooing beautiful its colour — A woman and 
a man in love. 

If it is not enough for ihee o brave man — o son of a king, o mighiy 
ruler. 

I bring thy full his since my kindred is in prosperity. 

A hundred oxen and hundred ounces of gold — A hundred of every 
bridling he assembled. 

A hundred of clothes of every speckled colour — has been brought in 
my land as reward. 

A hundred of every animal from then till now. Great will be the émi- 
gration. 

For me with quickness surely — Eochaid gave it at once. 

Then the maiden came every day to wash him and to give him his 
food and she improved him greatly for it was a pity to her that he 
should die on her account. One day then the maiden said to Ailell : Come, 
said she. to morrow in my closet to meet me in the house which is at 
the dùn outside and there I will yield to thy request and to thy désire. 
Ailell was without sleep that night until the morning came. But when it 
was time to meet her then the sleep fell on him so that he was asleep 
until the time of getting up. Etain went then at the meeting place and 
was not long waiting when she saw a healthy man [coming] near her 
similar to Ailell and he was tired and weary. The maiden recognized 
him that he was not Ailell. Then she looked forward to Ailell. After- 
wards the maiden went from the meeting-place again. Then Ailell awoke 
and death was better for him than life. He was ill from great sorrow 
and grief. Then the maiden came to speak to him. He related her what 
had happened to him. Come, said she, atthe same place to-morrow and 
it was the same as the first day and the man came everyday to visit her. 
Then came the last day of the meeting and she met the same man. Not 
with thee hâve 1 stipulated atali, said she, why comestthoutomeet me? 
but that one 1 stipulated with I did it not from lust nor by accident but 
to save him from an illness in which he fell through love of me. Thou 
didst well to come to meet me, said she, because if I were Etain of 
Eochraide the daughter of Ailell I would be of the first family. What 
then, said she, what is thy name at ail, by which thou art called .'' Not 
difficult, Mider of Bri leith is my name, said he. What has separated 
thee from me if we were in this position said Etain. Not difficult, said 



j6o Two Iris h Taies. 

Mider, the wit of Fuaimnech and the incantations of Bresal Etarlaim 
hâve separated us. Mider said to Etain : Wilt thou corne with me ? Not 
so, said she, nor willl give up [litt. selll the i<ing of Erinn for thee nor 
for any one whose name and kindred I do not knovv. I myself, said 
Midir, hâve put it in Ailells head to love thee. 1 hâve prevented Ailill 
from going to meet thee and 1 did not let him spoil thy honour. Then 
the maiden went to her house and went to speak to Ailell and blessed him. 
This man came luckily for us both said Ailell. I am healed at once 
from my illness and thou hast thy honour saved, and bring thou him a 

blessing for us both, said Etain, it is right to me in this way. 

Then Eochaid came to his royal court and inquired after his brother at 
once. He told him his news from the beginning to the end and the king 
was thankful to his wife for the good she had done to Ailill and and it 
is wonderful for us this story said Eochaid. It is called the story of 
Eochaid and Etain. 



L'ACHAT DE LA FEMME 

DANS LA LOI IRLANDAISE. 



Reipublicae interest mulieres dotes salvas habere, propter cjuas nubere pos- 
sint '. « L'intérêt public exige que les dots restent intactes, car sans dot 
la femme [veuve ou divorcée] ne pourrait trouver de mari ». Voilà ce 
qu'écrivait à Rome, vers la fin du second siècle de notre ère ou le com- 
mencement du troisième, le célèbre jurisconsulte Paul. Alors à Rome, 
comme aujourd'hui en France, la femme qui appartenait aux classes 
élevées de la société ne pouvait ordinairement trouver un mari qu'à la 
condition de le payer. A l'origine de l'histoire nous trouvons établi dans 
toutes les branches de la race indo-européenne le système opposé ; ce 
n'est pas la femme qui achète le mari, c'est le mari qui achète la femme 2. 
Dans le droit romain primitif, cet achat s'appelait coemptio^, et la 
Loemptio survécut longtemps, comme simple formalité, à l'introduction 
de la dot qui, avant de recevoir le nom de dot, a porté celui de pecunia^, 
et qui paraît, sous ce nom, remonter aux temps les plus anciens de la 
république romaine. 

L'achat des femmes est un des principes du droit germanique : cons- 
taté d'une manière générale par Tacite à la fin du premier siècle de notre 
ère ', il se retrouve quelques siècles plus tard dans les lois, les histoires 
et les diplômes qui nous font connaître l'état social des différents peuples 
germaniques après la chute de l'empire romain ''. C'était alors en argent 
monnayé que le mari payait sa femme. Ce détail n'a rien d'antique et, 
quand on voit par exemple Clovis acheter Clotilde un sou et un denier 

1. Digeste, livre XXIII, t. III, 1. 2. 

2. Grimtn, Deutsche Rechts-alterthûmer, 2* édition, p. 421. 

}. Gaius, Institutes, I. I, § 114 ; Servius, ad £neidem, IV, 103. 

4. Varron, De lingua latina, V, 175 ; VI, 70. 

5. Germania, c. 18. 

6. Laboulaye, Recherches sur la condition civile et politique des femmes, p. 1 1? et ss.; 
Laferrière, Histoire du droit civil de Rome et du droit français, t. III, p. 1 j6; Pardessus, 
Loi salique, p. 668. 



}62 L'achat de la femme 

« suivant l'usage des Francs », on reconnaît la réglementation moderne 
d'un usage qui paraît remonter aux origines mêmes de l'humanité. Mais 
il n'est pas question d'argent monnayé dans le texte de Tacite que nous 
avons cité, et, parmi les objets que, suivant ce texte, chez les Germains 
de l'an loo après J.-C, le futur époux livrait aux parents de sa femme 
comme prix d'achat, les bêtes à cornes figurent en premier lieu : c'est 
l'usage grec de l'époque homérique : les plus jolies filles sont celles dont 
le mariage apporte à leurs parents le plus de vaches, TrxcOivsi iKoiz'.- 
ootat '. Cette formule grecque appartient à la période de la civilisation 
où le bétail tient lieu de monnaie. La loi irlandaise appartient à la même 
période, ce qui ne veut pas dire que le Scnchus môr soit chronologique- 
ment contemporain d'Homère , cela signifie seulement que lorsque les 
principes du droit irlandais ont été fixés, les Irlandais se trouvaient au 
même degré de civilisation que les Grecs de l'époque homérique. L'Ir- 
lande a deux unités monétaires : la bête à cornes, sct^, et la femme 
esclave, cumal 5. La première, sêt, de si « lier », doit son nom au même 
ensemble d'idées que \e hùn pecunia = pecu-inia, de pecu a bétail», 
dérivé de pak « lier » 4 : à cette ressemblance avec le Latin primitif, 
l'Irlandais en joint une autre : il achète sa femme. 

Le terme consacré par l'usage pour désigner cet achat est coibche. On 
trouve ce terme traduit dans le Glossaire de Cormac ^ Il veut dire d'une 
manière générale « achat », cendach, ou, pour employer une orthographe 
plus moderne, ceannachd. Les traducteurs du Senchus môr et du livre 
d'Aicil ont fait un contre-sens en le rendant par marriage gift, wedding 
gifî, « cadeau de noces ». Le prix de vente de la femme appartient à 
son père quand elle se marie pour la première fois : cet coibche cacha 
ingine dia aihair uaithese dosom, c'est-à-dire : i^le prix de] la première 
vente de chaque fille [appartient] à son père, d'elle-même à lui-même. 
Suivant les traducteurs, les deux derniers mots uaithese dosom « d'elle- 
même à lui-même » voudraient dire que la femme recevrait d'abord le 
prix et le donnerait ensuite à son père ; j'ignore si ce commentaire est 
bien fondé grammaticalement, mais ce détail a peu d'importance. Quand 



1. Iliade, XVIII, 593 ; Hymne à Aphrodite, vers 119. 

2. Whitley Stokes, Sanas Cormaic, p. 13 : cf. Ancient laws and institutes of Ireland, 
t. I, p. 4J; t. 111, p. 124, note. Coibche paraît être une forme contraaée pour con- 
fache ~ con-vakia- ou con-vagia-, Gr. C- p. 42, 55, 871. Peut-être le second terme 
a-t-il la même racine que fachel (gages), Sanas Cormaic, p. 78. 

3. Sanas Cormaic, p. 29, 30, 42 : cf. Ancient laws and institutes of Ireland, t. 1, p. 46; 
t. m, p. 98, note. Le cumal valait trois sêt. Voir un texte sur ce point dans 0' Curry, 
On manners and customs, t. III, p. jo. 

4. Fick, Vergleichendes Wœrterbuch, }- édition, t. I, p. 134, 658 ; p. 228, 699. 
(. Whitley Stokes, Sanas Cormaic, p. 48. 



dans la loi irlandaise. jô? 

la femme se mariait une seconde fois, le père ne recevait que les deux 
tiers du prix ; au troisième mariage de sa fille, il n'avait plus droit qu'à 
la moitié ; à chaque nouveau mariage, la quotité à laquelle il pouvait 
prétendre diminuait : enfin son droit s'éteignait au vingt-et-unième ma- 
riage. A défaut de père, le frère, chef de famille, avait droit à moitié de 
ce qu'aurait reçu le père ' . 

Ce qui caractérisait le mariage irlandais et ce qui distinguait la femme 
irlandaise de la femme romaine ou germanique primitive, c'était le droit 
qu'elle conservait sur la fortune apportée par elle. La femme romaine, 
par la coemptio, tombait in manu mariti, elle cessait d'être propriétaire; 
la femme» germaine n'héritait pas, le privilège de masculinité l'excluait 
de la succession paternelle. La loi irlandaise nous présente un tout autre 
système. La condition de la femme mariée dépend de la fortune qu'elle 
apporte. La coutume suppose d'abord égalité de fortune de part et 
d'autre, comtincur : en ce cas il y a un certain nombre de contrats que 
le mari ne peut faire sans le consentement de la femme, et, s'il y a 
divorce, la femme reprend son apport avec une portion des acquêts 
déterminée par la loi -. Une autre hypothèse est celle d'une femme qui 
ne possède rien et qui vit sur le bien de son mari ; les droits de cette 
femme sont fort réduits 5. Une troisième hypothèse est celle où, le mari 
n'ayant rien, tout le bien appartient à la femme ; c'est alors la femme 
qui a l'autorité, et le mari est dît fer fognama, « homme de service » 4. 
Fo-gnam, thème vo-gnamu-, veut dire littéralement « action subordon- 
née » ; comparez con-gnam «coopération » s. Il peut sembler, au premier 
abord, y avoir contradiction entre cette servitude du mari vivant sur le 
bien de sa femme et le droit que, par la vente de la femme, le mari a 
acquis sur elle. Mais cette contradiction n'est qu'apparente. Le droit 
que le mari a acquis sur la femme par l'achat [coibche] concerne seule- 
ment le corps de la femme et les enfants à naître de la femme pendant 
le mariage '=. Mais la femme, propriétaire de biens, ne peut conférer à 
son mari plus de droit qu'elle n'en a elle-même sur ces biens, et le 
principe fondamental du droit irlandais est que le propriétaire réel est la 

1. Ancient laws and institutes of Ireland, t. II, p. 346-547. Le mot qui dans l'ancienne 
législation de l'Irlande désigne les présents de noces est tinol = do-in-ol, Gr.C.'^, p. 
884; cf. Beitr., VIII, 7. 

2. Ancient laws and institutes of Ireland, t. II, p. 356 et ss. Le passage relatif au 
divorce est à la page 363. Dans le composé com-tincur, tincur =: do-in-cur, composé de 
cur « mettre », et paraît signifier apport ». Com-tincur, « apport des deux conjoints », 
s'oppose à fer-tincur, « apport de l'homme », et à ban-tincur, « apport de la femme. » 

3. Ibid., p. 381. 

4. Ibid., p. 390; cf. p. 3(7- 

5. Grammatica celtica, 2' édition, p. 771, 874. 

6. Ancient laws and institutes of Ireland, t. III, p. 310. 



564 L'achat de la femme dans la loi irlandaise. 

tribu ou la famille". L'individu qui détient un immeuble ne peut le 
vendre ou, à plus forte raison, le donner valablement à une personne 
étrangère à la tribu ou à la famille, même à un fils adoptif >. Les dispo- 
sitions envers les églises, si favorisées au moyen-âge, sont soumises à 
des restrictions rigoureuses : un tarif détermine, d'après le rang de 
chacun, l'importance des dons mobiliers qu'il peut leur faire J. Ainsi, le 
droit que la vente matrimoniale, coibche^ fait acquérir au mari, a pour objet 
la personne de la femme; ce droit n'atteint pas la fortune de la femme. 
La traduction que nous donnons du mot coibche, d'après le Glossaire de 
Cormac, est donc parfaitement d'accord et avec ce que nous savons du 
droit primitif de la race indo-européenne et avec le droit spécial à l'Ir- 
lande, où l'institution de la tribu, rendue par son exagération incompa- 
tible avec l'idée romaine et moderne de l'État, a livré la race celtique à 
la conquête anglo-saxonne, comme, plus anciennement en Gaule, elle 
avait livré la race celtique à la conquête romaine 4. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



1. Ancient laws and institutes of Ireland, t. Il, p. 280-283. 

2. Ibid., t. III, p. 42. 

}. Ancient laws and institutes of Ireland, t II, 282. 

4. Chaque tribu, fine, formait une sorte de république avec chef électif (t. III, p. 278). 
L'insuffisance de la conception de l'État chez la race celtique résulte surtout de ce que 
l'on ne voit nulle part l'État intervenir pour la répression des crimes. C'est ce que les 
éditeurs des Ancient laws and institutes of Ireland ont très-bien établi dans leur intro- 
duction au tome III, p. Ixxix et suivantes. 



RASHIN COATI E 

A SCOTCH TALE. 



There was a king and a Queen, as mony ânes been, few hâve we 
seen, and as few may we see. The Queen, she deeit, and left a bonny 
little lassie ; and she had naething to gie to the wee lassie but a little 
Red calfy, and she telt the lassie whatever she wanted, the calfy would 
gie her. The king married again, an ill natured wife, wi' three ugly 
dochters o' her ain. They did na like the little lassie because she was 
bonny ; they took awa a' her braw claes that her ain mither had geen 
her, and put a rashin coatie on her, and gar't her sit in the kitchennenk_, 
and a' body ca'd her Rashin Coatie. She did na get ony thing to eatbut 
what the rest left, but she did na care, for she went to her red calfy, 
and it gave her every thing she asked for. She got good méat from the 
calfy, but her ill natured step mother gart the calfy be killed, because 
it was good to Rashin Coatie. She was very sorry for the calfy, and sat 
down and grat. The dead calfy said to her 

(f Tak me up, bane by bane 

And pit me aneth yon grey stane. 
And whatever you want, corne and seek it frae me. and I will give 
you it. » Yuletide came, and a' the rest put on their braw claes, and 
was gaen awa to the kirk. Rashin Coatie said, « oh I wad like to gang 
to the kirk ton, » but the others said, «what would you do at the kirk, 
you nasty thing? You must bide at home and make the dinner. » When 
they were gone to the kirk, Rashin Coatie did na ken how to make the 
dinner, but she went out to the grey stone, and she told the calfy that 
she could not make the dinner, and she wanted to win to the kirk. The 
calfy gave her braw claes, and bad her gang into the house, and say 

Every peat gar ither burn, 

Every spit gar ither turn, 

Every pot gar ither play 

Till I come frae the kirk this good Yule day. 



^66 Rashin Coati e. 

Rashin Coatie put on the braw claes ihat the calfy gave her, and went 
awa to the kirk, and she was the grandest and the brawest lady there. 
There was a young prince in the kirk and he fell in love with her. She 
cam awa before the blessing, and she was hame before the rest, and had 
off her braw claes^ and had on her rashin coatie, and the calfie had 
covered the table, and the dinner was ready, and every thing in good 
order whenthe rest cam hame. The three sisters said to Rashin Coatie, 
« oh lassie, if you had only seen the braw bonnie lady that was in kirk 
to day, that the young prince fell in love with. » She said, « oh I wish 
you would let me gang with you to the kirk tomorrow ; » for they 
used to gang three days after ither to the kirk. They said, « what should 
the like o' you do at the kirk, — nasty thing, — the kitchen neuk is 
good enough for you ». The next day they went away and left her, but 
she went back to her calfy, and he bade her repeat the same words 
as before, and he gave her brawer claes, and she went back to the kirk, 
and a' the world was looking at her, and wondering where sic a grand 
lady came froni ; and as for the young prince he fell more in love 
with her than ever, and bade some body watch where she went back 
to. But she was back afore any body saw her, and had ofî her braw 
claes and on her rashin coatie, and the calfy had the table covered, and 
every thing ready for the dinner. 

The next day the calfy dressed her in brawer claes than ever, and 
she went back to the kirk. The young prince was there, and he put a 
guard at the door to keep her, but she jumped ower their heads and 
lost one of her beautiful satin slippers. She got home before the rest, 
and had on the rashin coatie, and the calfy had ail things ready. The 
young prince put eut a proclamation that he would marry whoever the 
satin slipper would fit. Ail the ladies of the land went to try on the 
slipper, and with the rest the three sisters, but none would it fit, for 
they had ugly broad feet. The hen wife took in her daughter, and eut 
her heels, and her toes, and the slipper was forced on her, and the 
prince must marry her, for he had to keep his promise. As he rode along, 
with her behind him, to be married, there was a bird began to sing and 
ever it sang, 

Minched fit, and pinched fit 

Beside the king she rides. 

But braw fit, and bonny fit 

In the kitchen neuk she hides. 
The prince said, a what is that the bird sings .'' » but the hen wife 
said, « nasty lying thing! never mind what it says, « but she bird sang 



Rashin Coatie. J67 

ever the same words. The prince said, « oh , there must be some one 
that the slipper has not been tried on «, but they said, « there is none 
but a poor dirty thing that sits in the kitchen neuck, and wears « a rashin 
coatie. » But the prince was determined to try it on Rashin Coatie, 
but she ran awa' to the grey stone, where the red calf dressed her yet 
brawer than ever, and she went to the prince, and the slipper jumped 
out of his pocket, and on to her foot, and the prince married her, and 
they lived happy ail their days. 

(Told by Miss Margaret Craig, of Darliston, Elgin. — Dialect of Morayshire.) 

A. Lang. 



OBSERVATIONS SUR LE CONTE PRÉCÉDENT. 

Nous avons ici, comme voit le lecteur, une variante du conte connu 
et répandu de Cendrillon et de sa pantoufle perdue. 

En Ecosse déjà nous trouvons quatre versions de ce conte : 
i" Dans Chambers, Popular Rhymes of Scoîland, new édition, London 
and Edinburgh, 1870, p. 66, une version du comté de Fife (traduite 
par M. Loys Brueyre, Contes populaires de la Grande-Bretagne, p. 59) : 
Rashie-Coat était fille de roi et l'on voulait lui faire épouser un homme 
qui ne lui plaisait pas. Sur le conseil de la hen-wife^ , elle demande avant 
le mariage un vêtement d'or battu, puis, quand elle a celui-ci, un vête- 
ment fait des plumes de tous les oiseaux, et enfm un vêtement de 
roseaux et une paire de pantoufles. Ainsi munie, elle quitte la maison 
paternelle, va au loin et arrive au château d'un roi où elle entre en 
service comme fille de cuisine. Un dimanche, comme tout le monde est 
à l'église et qu'elle seule est restée pour veiller à la cuisine, une fée vient 
la voir, l'engage à mettre sa robe d'or et à se rendre à l'église. La fée, 
pendant ce temps, s'occupe de la cuisine et dit : 

Ae peat gar anither peat burn, 

Ae spit gar anither spit turn, 

Ae pat gar anither pat play, 

Let Rashie-Coat gang to the kirk the day. 

A l'église, le fils du roi s'énamoure de Rashie-Coat qui, avant la fin 

du service, quitte brusquement l'église. Le dimanche suivant, elle va à 

l'église avec son costume fait de plumes d'oiseaux, et le troisième avec 

son vêtement de roseaux. La dernière fois elle perd une pantoufle à son 

I. Hen-wife, en français « basse-courière. » 



568 Rashin Coatie. 

départ précipité de l'église. Le fils du roi fait savoir qu'il épousera la 
jeune fille qui chaussera cette pantoufle. Aucune des dames de la cour 
n'y réussit, mais la vieille hen-wife mutile le pied de sa fille de sorte 
qu'elle puisse chausser la pantoufle. Comme le fils du roi la met derrière 
elle sur son cheval et l'enlève, un oiseau chante dans le bois : 
Nippit fit and clippit fit 

Ahint the king's son rides ; 
But bonnyfit and pretty fit 
Ahint the caudron hides. 
Le fils du roi revient sur ses pas et trouve Rashie-Coat. 

Le début seul de ce conte diffère du nôtre : le reste concorde presque 
entièrement ; le nom de l'héroïne est le même, et les vers de la seconde 
partie du conte ne diffèrent pas sensiblement '. 

2" Chambers communique encore ip. 681 une version mutilée de ce 
conte qui provient d'un autre endroit du pays. Dans cette version, un 
roi possédait une jolie pantoufle de verre et voulait épouser seulement 
celle qui chausserait cette pantoufle. Un ambassadeur parcourait le pays 
pour chercher une telle jeune fille. Enfin il arrive à une maison où il y a 
deux filles. L'ainée se mutile le pied de façon à ce qu'il puisse entrer 
dans le soulier ; mais comme le roi l'enlève sur son cheval, un petit 
oiseau chante : 

Nippit fit and clippit fit 
Ahint the king rides. 
Bat pretty fit and little fit 
Ahint the caldron hides. 
Le roi revient sur ses pas, et c'est la sœur cadette qui chausse la pan- 
toufle. 

3" Un conte publié par Campbell, Popular Taies ofthe West Highlands, 
n° 43, et dont voici le résumé : 

Une reine maltraite sa belle-fille et lui fait garder les moutons, sans 
lui rien donner à manger : mais un bélier gris lui apporte de la nourri- 
ture. La reine envoie une fille de sa hen-wife au pâturage pour observer 
sa belle-fille. La belle-fille dit à la fillette de mettre sa tête sur ses 
genoux pour qu'elle lui arrange sa chevelure. La fillette s'endort; mais, 
laissant ouvert un œil qu'elle a sur le derrière de la tête, elle voit le 
bélier apporter à manger à la belle-fille et elle rapporte le fait à la reine. 

I. chambers remarque (p. 48) que dans la Complaynt of Scotland, publiée en i $48, 
il est fait mention, entre autres contes, de Pure Tynt Rashiecoat ; et Campbell, dans 
ses observations sur son conte 1 4 , renvoie au conte de Rashen Coatie dans la collection 
manuscrite des contes de Pierre Buchan. 



Rashin Coatie. ^69 

On tue le bélier sur l'ordre de la reine. Celui-ci avait dit auparavant à la 
belle-fille de voler sa peau et ses os et de les rouler ensemble, et qu'ainsi 
il ressusciterait. Mais elle oublie les sabots de l'animal, et le bélier 
ressuscite, mais boiteu.x. Ce qui suit dans ce conte est confus et enche- 
vêtré. Une chose est claire, c'est que la fille du roi va trois fois à 
l'église et qu'à la troisième fois elle perd par précipitation une de ses 
pantoufles dorées. Un prince, qui s'est amouraché de la fille du roi, veut 
épouser la jeune fille qui chaussera cette pantoufle. La marâtre mutile 
les doigts de pied de sa propre fille pour que la pantoufle puisse lui aller. 
Mais le jour de la noce, comme tout le monde était réuni, un oiseau se 
pose sur la fenêtre et crie trois fois : « Le sang est dans le soulier, et 
le petit pied est dans un coin derrière le feu ! » C'est ainsi qu'on trouve 
la belle-fille de la reine. 

Le bélier gris de ce texte correspond au veau de notre récit de 
Rashin-Coatie. Le fait que le bélier ressuscite quand on réunit ses os, 
mais renaît boiteux parce qu'on a oublié de certains os, est emprunté à 
une tradition très-répandue ■ , mais qui n'est pas ici à sa place. 

4'' Un autre conte de la collection Campbell, le n° 14, est aussi une 
version du conte de Cendrilion. Dans ce conte, un roi veut épouser sa 
propre fille, parce que les vêtements de sa femme défunte ne vont qu'à 
celle-ci. La fille, sur le conseil de sa nourrice, demande à son père 
plusieurs vêtements magnifiques et des pantoufles, l'une d'or et l'autre 
d'argent, puis elle s'enfuit. Elle devient fille de cuisine dans un château. 
Sans qu'on s'en aperçoive^ elle va trois dimanches de suite à l'éghse 
avec ses vêtements de prix et ses pantoufles. Le fils du roi devient amou- 
reux d'elle. Le troisième dimanche, elle perd par précipitation une de 
ses pantoufles, et le fils du roi déclare qu'il épousera seulement la jeune 
fille qui chaussera la pantoufle. Beaucoup essayent et se mutilent les 
pieds à cet effet, mais en vain. Un petit oiseau répète, à mesure que 
chacune essaie la pantoufle : 

Big, big, cha 'n ann duit a thig, ach do 'n te bhig a tha fo làimh a' 
chocaire! c'est-à-dire : '( Wee wee, it comes not on thee, but on the wee 
one under the hand of the cook. » 

On porte enfin la pantoufle à la cuisine où se trouve la fille du roi, et 
« aussitôt que la pantoufle fut sur le sol, elle sauta au pied de la fille 
du roi » ^. 

1. Voir J. W. Wolf, Beitr<£ge zur deutschen Mythologie, t. I, p. 88; W. Mannhardt, 
Germanische Mythen, p. 57; I. V. Zingerle, Sagen aus Tirai, 11-15; Chr. Schneller, 
Mterchen und Sagen aus Wtelschtirol, p. 20 ; Revue celtique, t. I, p. 239 ; P. Kennedy, 
The Fireside Stories of Ireland, p. 128 ; S. Baring-Gould, Household Stories, n" 5. 

2. Ce trait se rencontre dans le Pentamerone de Basile, I, 6 : Dès que la pantoufle 

Rev. Celt. III 26 



370 Rasbïn Coatie. 

Dans cette version, comme dans celle de Fife et beaucoup d'autres 
en dehors de l'Kcosse, le conte de Cendrillon est mêlé à un autre qui, 
par beaucoup de points, ressemble à celui de Peau d'Ane. Si, dans la 
version de Fife, la fille du roi doit épouser non pas son père, mais un 
homme qui lui déplaît, je suppose fort que Chambers a modifié son conte 
pour ne pas choquer ses lecteurs. 

Mais assez parler des versions écossaises de ce conte. En dehors de 
l'Ecosse, je connais les versions suivantes : 

Frères Grimm, Kinder-und-Hausmxrchen, n° 21, et les variantes dans 
les notes du tome III ; J. G. Bùsching, Wœchentliche Nachrichten, t. i, 
p. 137, et t. II, p. 185 ; L. Bechstein, Deutsches Miirchenbuch, Leipzig, 
1845, p. 232 ('Aschenbrœdel') ; E. Meier, Volksmarchen aus Schwaben, 
n° 4; I. V. Zingerle, Kinder- und Hausm£rchen aus Tirol, 2^ éd., n" 23; 
A. Lootens, Oude kindervertelsels in den brugschen tongval, p. 55; P. Chr, 
Asbjœrnsen et J. Moe, Norske Folkeeventyr, n° 19; G. 0. Hyltén-Ca- 
vallius et G. Stephens, Svenska Folk-Sagor och /Efvenîyr , n° 21 ; 
K. Maurer, IsUndische Volkssagen, p. 281; J. Arnason, Islenzkar Thjôdh- 
sœgur og Aefintyri, t. II, p. 306 (traduit dans la traduction anglaise de 
G. E. J. Powell et E. Magnusson, t. II, p. 235), et p. 312; A. Waldau, 
Bœhinisches Mdrchenbuch, p. 638; K. W. Woycicki, Polnische Volkssagen 
u. Msrchen, ùbersetzt von F. H. Lewestam, p. 123; A. J. Glinski, 
Bajarz polski^ t. ÎIl, p. 135; A. De Gubernatis, Zoological Myîhology, 
t. I, p. 196, et II, p. 304 (conte russe de la collection Afanasjev, 
t. VI, n° 30); Wuk Stephanowitsch Karadschitsch , Volksmxrchen 
der Serben, n° 32; Das Ausland, Jahrgang 1832, n" 58, p. 230 
(conte grec) ; J. G. von Hahn, Griechische u. albanesische M£rchen, 
n" 2; A. Sakellarios, Ta IvjTrp-.ay.a, t. III, p. 145 (conte cypriote traduit 
par F. Liebrecht dans le Jahrbuch fiir romanische u. engUsche Literatur^ 
t. XI, p. 354) ; Ch. Perrault, Cendrillon ou la petite pantoufle de verre ; 
J. Turiault, Etude sur le langage créole de la Martinique, p. 219; Madame 
D'Aulnoy, Finette Cendron^ ; D. Bernoni, Fiabe e Novelle popolari vene- 
ziane, n° 8 ; D. Comparetti, Novelline popolari italiane, t. I, n° 23; 
V. Imbriani, La Novellaja fiorentina, n^ 11; R. H. Busk, The Folk-lore of 
Rome, p. 26 et 3 1 ; G. Basile, // Pentamerone, Jornata I, Trattenemiento 
6 ; G. Pitre, Fiabe, Novelle e Racconti popolari siciliani, no 41; M. Milâ y 



est près du pied de Lucrèce, le soulier y est entraîné « comme lo fierro corre a la 
calamita ». 

I. Un conte hongrois de la collection Erdélyi, traduit par G. Stier dans ses Ungarische 
Sagen und Mcerchen, n' 5, correspond si exactement à celui de la comtesse d'Auinoy que 
certainement il en provient d'une façon directe. 



Rashin Coatie. H' 

Fontanals, Observaciones sobre la poesiapopular, p. i8i (conte catalan tra- 
duit par F. Wolf, Proben portugiesischer u. catalanisclier Vollîsromanzen, 
p. 4?) ; F. Maspons y Labrôs, Lo Rondallayre, n» 20 ; W. Webster, 
Basque Legends, p, 166. 

Au petit veau de notre conte écossais correspondent une vache dans 
les contes serbe et romain, un taureau dans le conte norvégien et un 
petit bélier dans le conte sicilien. 

Dans le conte serbe, la vache est la mère de Cendrillon ' qui a été 
ainsi transformée. Le père s'est remarié ; la belle-mère donne à sa belle- 
fille les troupeaux à garder et lui remet une quantité de lin qu'elle doit 
avoir filé le soir. Tout à coup, au pâturage, la vache se met à parler et 
dit à sa fille qu'elle va mâcher le lin et le lui rendre en fil qui lui sortira 
par l'oreille. Quand la belle-mère apprend cela par sa propre fille qu'elle 
a envoyée secrètement au pâturage, elle demande à son mari de tuer la 
vache : celui-ci refuse d'abord, puis enfin consent. Avant d'être égorgée, 
ja vache dit à sa fille qu'elle ne doit pas manger de sa chair, mais 
réunir ses os et les enterrer sous une pierre derrière la maison ; puis 
quand elle aura besoin de secours, elle viendra à cette tombe et elle y 
trouvera de l'aide. 

Dans le conte romain (Busk, p. ?i), la vache que garde la belle-fille 
remplit pour elle tous les travaux imposés par la marâtre et dit chaque 
fois à la jeune fille : 

Butta sopr' aile corna a me, 
E vatene far l'erba per me. 

Fendant que la jeune fille s'éloigne, la vache se métamorphose en 
femme et accomplit le travail en peu de temps. La marâtre découvre le 
fait et ordonne de tuer la vache : mais, auparavant, la vache dit à la 
jeune fille qu'elle trouvera sous son cœur, elle tuée, une boule d'or ; elle 
l'enlèvera et lui dira en cas de besoin : 

Pallo dorato! Pallo doraîo! 
Vestimi d'ara e dammi l'innamorato! 

Dans le conte norvégien, c'est un grand taureau bleu. Lorsque la 
fille du roi n'a rien à manger de sa marâtre, il lui dit que dans son oreille 
gauche il y a une serviette, qu'en la retirant et en l'étendant, elle aura 
ce qu'elle voudra à boire et à manger. La marâtre veut faire tuer le 
taureau, mais taureau et jeune fille s'enfuient ensemble. Ils arrivent au 
. château d'un roi. Là le taureau dit à la jeune fille de le tuer, de l'écor- 



I . Comme on voit par la traduction anglaise de ce conte donnée par M"" Mijatovics, 
Serbian Folk-lore, p. $9, le nom serbe Papalluga correspond au français Cendrillon. 



372 Rasliin Coatie. 

cher et de garder sa peau en un certain endroit. Quand, plus tard, elle 
aura besoin de lui, elle n'aura qu'à frapper en cet endroit avec un bâton. 
Dans une variante norvégienne ^n° 3), la jeune fille trouve à boire dans 
une oreille du taureau et à manger dans l'autre. Cela étant découvert 
par la belle-mère de la même façon que dans le conte gaélique n° 43, on 
abat le taureau, mais sans que personne le sache, hors la jeune fille. De 
ses os sort une maison, et dans cette maison se trouvent trois vêtements 
merveilleux avec lesquels la jeune fille va trois fois de suite à l'église, etc. 
Dans le conte sicilien, la jeune fille a reçu de son père un petit bélier 
qui lui dit : Mets ton travail sur mes cornes, et je le ferai pour toi ! 
Avant qu'on le tue par ordre de la marâtre, il dit à la jeune fille qu'elle 
ne doit pas manger de sa chair, mais réunir et enterrer ses os. De ses 
os sortent douze laquais qui mènent la jeune fille, habillée d'or, à la fête 
du fils du roi, etc. '. 

Les paroles rimées du petit oiseau dans les contes écossais sont très- 
semblables à celles du conte suédois : 

Huggen hàl och klippen ta ! 
I ugnen àr den som gull-skon gâr pâ ! 
c'est-à-dire « Talons rognés et doigts coupés ! Dans le poêle est celle à 
qui va le soulier d'or ! » Les variantes suédoises fournissent aussi des 
variantes de ces vers. 

Dans le conte norvégien un petit oiseau chante : 
Et Sîykke aj Hd 
Og et Sîykke af Taa ; 
Kari Trssîakkens sko 
ErfuldafBlod! 
c'est-à-dire « Un morceau de talon et un morceau de doigt! Le soulier 
de Kari Trasstak est plein de sang! » 

Dans une variante norvégienne les vers sont ceux-ci : 
Huggen Hsl og skaaren Taa ! 
1 Gruen sidder den^ som Skoen rummer paa! 
a Talons rognés et doigts coupés ! Au foyer est assise celle à qui va le 
soulier. « 

Dans le conte islandais des oiseaux chantent : « Talon rogné est dans 
le navire, son soulier est plein de sang : à la maison est assise Mjadveig, 
fille de Mani, une bien meilleure fiancée. Retourne, fils du roi! » 

I . Dans beaucoup d'autres contes, en dehors du cycle de Cendrillon et de la pantoufle 
perdue, figurent des vaches, des taureaux et des moutons qui filent pour une jeune 
fille maltraitée par sa marâtre, ou l'aident de toute autre façon, et que pour cela on met 
à mort. Voir mes observations dans Gonzenbach, Sicilianische Marchm, n" 32, et celles 
de M. Cosquin, Contes populaires lorrains, n° 25. 



Rashin Coatie. 375 

Dans le conte de Grimm deux colombes chantent : 
Rucke di guck, rucke di guck^ 
Blut ist ini Schuck ; 
Der Schuck ist zu klein. 
Die redite Braut siîzt noch daheim. 
« Rouckedigouck, rouckedigouck ; sang est dans le soulier; le soulier 
est trop petit ; la vraie fiancée est encore à la maison. » 
Les vers des autres versions allemandes sont analogues. 
Dans le conte russe deux colombes chantent : « Du sang à son pied ! 
du sang à son pied ! » Dans le conte serbe le coq de la maison chante : 
« Kikeriki ! la jeune fille est cachée sous l'auge là-bas ! )> Dans le conte 
tchèque c'est un chien qui aboie : « Haff! haff! haff ! Notre maître amène 
une femme sans talon ! « et plus tard a une femme sans doigts de pied ! » 
Dans deux contes allemands (Grimm, t. III, p. 36), c'est aussi un chien 
qui découvre la fausse fiancée en aboyant : « Wou, wou, wou! soulier 
plein de sang! » ou « Haou, haou, haou, haou, haou! mon maître n'a 
pas la vraie femme ! » 

M. Luzel a publié, en février 1872, dans le feuilleton de l'Électeur du 
Finistère, un conte breton, le Chat noir, dont le début contient les élé- 
ments du conte de Cendrillon. Une marâtre fait tuer la vache qui aimait 
et protégeait sa belle-fiUe Yvonne. Quand on l'ouvrit, on trouva auprès 
de son cœur deux petits souliers d'or^ faits avec un art merveilleux. La 
marâtre s'en saisit en disant : « Ce sera pour ma fille le jour de ses 
noces. » Un riche prince veut épouser la belle Yvonne; mais le jour de 
la noce la marâtre essaie de faire passer sa propre fille Louise pour 
Yvonne. Louise est emmenée comme mariée, et pour qu'elle puisse 
chausser les petits souliers d'or, on lui mutile les pieds. Comme le prince 
monte en voiture avec elle pour aller à l'église, le petit chien Fidèle, qui 
accompagnait Yvonne sur la grande lande quand elle y menait paître sa 
vache, se mit à japper de la sorte: Hep-hi! hep-lii! Iiep-hi! c'est-à-dire 
« sans elle! sans elle! sans elle! » Et quand le carrosse sortit de la cour, 
il courut après, en disant dans son langage : 

C'est la laide, aux traits renfrognés, 
Aux talons, aux orteils rognés; 
Hélas! hélas! et la jolie 
Dans sa prison pleure et s'ennuie! 

Reinhold Kœhler. 

[M. Lang nous fait remarquer que dans Callaway's Nursery Taies of 
the Zulu, L 121, les oiseaux avertissent le prince qu'il chevauche avec 



374 Nichty Nought, Nothing. 

la fausse fiancée. Les oiseaux disent : « Ukakal<a, le fils du roi est parti 
avec une bête! » Il dit alors : « Haou! mes hommes, avez-vous jamais 
ouï des oiseaux parler ? » On lui répond : « Oh ! seigneur, c'est la mode 
des oiseaux dans le pays des Épines, ils parlent. » — M. Lang compare 
aussi un chant néo-hellénique dans la collection de Fauriel, où les 
oiseaux avertissent une jeune fille qu'elle chevauche avec un corps 
mort. Le corps mort dit : « Ce ne sont que des oiseaux ; laisse-les jacasser. » 
— H. G.] 



NICHT, NOUGHT, NOTHING 



There once lived a king and a queen. They were long married and 
had no bairns, but at last the queen had a bairn, when the king was 
away in far countries. The queen would not christen the bairn till the 
king came back, and she said « we will just call him Nicht, Nought, 
Nothing until his father comes home, » but it was long before he came 
home, and the boy had grown a nice little laddie. At length the king was 
on his way back, but he had a big river to cross, and there was aspate, 
and he could not get over the water, but a Giant came up to him and 
said, « if you will give me Nicht, Nought, Nothing, I will carry you over 
the water on my back. The king never had heardthat his son was called 
Nicht, Nought, Nothing, and so he promised him. When the king got 
home again, he was very happy to see his wife again, and his young 
son. She told him that she had not given the child any name but Nicht, 
Nought, Nothing, until he should come home again himself. The poor 
king was in a terrible case ; he said, « What hâve I done ? I promised 
to give the Giant who carried me over the river on his back, Nicht, 
Nought, Nothing ». The king and the queen were sad and sorry, but 
they said, « when the Giant comes we will give him the hen-wife's 
bairn, he will never know the différence «. The nextday the Giant came 
to claim the king's promise, and he sent for the hen-wife's bairn, and 
the Giant went away with the bairn on his back. He travelled till he 
came to a big stone, and there he sat down to rest. He said 
« Hidge, Hodge, onmy back, what time of day is it.^ « 
The poor little bairn said, « It is the time that my mother, the hen- 
wife, takes up the eggs for the queen"s breakfast. » 



Nicliî, Noui},ht, Nothitiii,. 575 

The Giant was very ungry, and dashed the bairn on the stone and 
killed it. 

The same adventure is repeated with the gardener's son. 

Then the Giant went back. to the king's house, and said he would 
destroy them ail if they did not give him Nicht Nought Nothing, this 
time. They had to do it. and when he came to the big stone, the Giant 
said « What time of day is it » ? Nicht Nought Nothing said, « it is the 
time that my father the king will be sitting dovvn to supper. » The Giant 
said « I\e got the richt ane noo )>, and took Nicht, Nought, Nothing to 
his own house and brought him up tiil he was a man. 

The Giant had a bonny dochter and she and the lad grew very fond 
of each other. The Giant said one day to Nicht, Nought, Nothing « I 've 
work for you tomorrow. There is a stable seven miles long, and seven 
miles broad, and it has not been cleaned for seven years, and you must 
clean it tomorrow, or I will bave you for my supper. » 

The Giant's dochter went out next morning with the lad's breakfast, 
and found him in a terrible state, for aye, as he cleaned out a bit, il 
aye fell in again. The Giant's dochter said she would help him, and she 
cried a' the beasts of the field, and a' the fowls 0' the air, and in a 
minute they a' came, and carried awa' every thing that was in the stable 
and made a' clean before the Giant came home. He said « shame for the 
wit that helped you, but I hâve a worse job for you tomorrow. » Then 
he told Nicht, Nought, Nothing that there was a loch, seven miles long, 
and seven miles deep, and seven miles broad, and he must drain it the 
next day or else he would hâve him for his supper. Nicht Nought Nothing 
began early next morning and tried to lave the water with his pail, but 
the loch was never getting any less, and he did no ken what to do. bur 
the Giant's daughter called on ail the fish in the sea to come and drink 
the water, and very soon they drank it dry. When the Giant saw the 
work done he was in a rage, and said « I 've a worse job for you 
tomorrow, there is a tree seven miles high, and no branch on it, till 
you get to the top. and there is a nest, and you must bring down the 
eggs without breaking one, or else i will hâve you for my supper. » At 
first the Giant's daughter did not know how to help Nicht, Nought No- 
thing, but she eut off first her fmgers and then her toes, and made steps 
of them, and he domb the tree, and got ail the eggs safe till he came to 
the bottom, and then one was broken. The Giant's daughter advised 
him to run away, and she would follow him. So he travelled till he came 



J76 Nicht, Nought, Nothing. 

to a king's palace, and the king and queen look him in and were very 
kind to him. The Giant's daughter left her faiher's house, and he pur- 
suedher and was drowned. Then she came to the king's palace where 
Nicht Nought Nothing was. And she went up into a tree to watch for 
him. The gardener's daughter, going to draw waterinthe well; saw the 
shadow of the lady in the water, and thought it was herself, and said, 
« If l 'm so bonny, ifrmso brave, do yousendme to draw water?» The 
gardener's wife went out, and she said the same thing. Then the garde- 
ner went himself, and brought the lady from the tree, and led her in. 
And he told her that a stranger was to marry the king's daughter, and 
shewed her the man, and it was Nicht Nought Nothing asleep in a 
chair. And she saw him, and cried to him, « waken, waken, and speak 
to me, » but he would not waken, and syne she cried 

« I cleaned the stable, I laved the loch, and I clamb the tree. 
And ail for the love of thee, 
And thou wilt not waken and speak to me. » 

The king and the queen heard this, and came to the bonny young 
lady, and she said 

« 1 canna yet Nicht Nought Nothing to speak to me for ail that I 
can do. » 

Then were they greatly astonished, when she spoke of Nicht Nought 
Nothing, and asked where he was, and she said « He that sils there in 
the chair. » Then they ran to him and kissed him and called him their 
own dear son, and he wakened, and told them ail that the Giant's daugh- 
ter had done for him, and of ail her kindness. Then they took her in their 
arms and kissed her, and said she should now be their daughter, for 
their son should marry her. 

And they lived happy ail their days. 

Told by Miss Margaret Craig of Darliston, Elgin (diaiect of Morayshire). 

A. Lang. 



OBSERVATIONS SUR LE CONTE PRÉCÉDENT. 

Comparez les contes suivants : 

Campbell, Popular Taies of the West Highlands, n" 2 (huit variantes) ; 

W. Carleton, Traits and Stories of the Irish Peasantry^ <;" éd., t. l, 

25 [The îhree Tasks) ; 

P. Kennedy, The Fireside Stories of Ireland, p. 56 ; 



Nicht, Nought, Notlnng. ^77 

et en outre les contes que j'ai réunis dans Orient nnd Occident, t. II, 
p. 105-1 14, et dans mes commentaires sur le n° 14 des Ehstnische Msr- 
chen de Kreutzwald, et sur le n" 14 des Sicilianische M^rclien de 
Gonzenbach. 

A cette liste j'ajoute aujourd'hui : 

Ralston, Russian Folk-Taies^ p. 120; Miklosich, Mdrchen der Zigeuner 
n° 1 5 ; Busk, The Folk-Loreof Rome, p. 5 ; Pitre, Fiabe Siciliane, n" 1 5 , 
W. Webster, Basque Legends, p. 120; Luzel, Le Filleul de la Sainte 
Vierge, Brest, 1870. 

Dans nombre de contes parallèles, il arrive que le père promet, sans 
le savoir, son enfant à un être hostile (ainsi dans les versions gaéli- 
ques et dans celles de Kennedy et de Luzel) ; mais notre conte présente 
cette particularité qu'il ne croit pas avoir rien promis au géant_, et qu'en 
fait il lui a promis son fils qui s'appelle Nicht-Nought-Nothing. 

Dans les contes gaéliques et dans le conte de Kennedy, on trouve 
aussi les tentatives de faire passer d'autres enfants pour le prince. 

On rencontre seulement dans les parallèles gaéliques, irlandais et 
Scandinaves le fait de nettoyer la grande étable, et seulement dans les 
parallèles gaélique et irlandais l'ascension de l'arbre à l'aide des doigts 
coupés de la jeune fille. 

La seconde partie de notre conte depuis la fuite du prince jusqu'à la 
fm est corrompue. Il manque d'abord des détails sur la façon dont s'en- 
fuirent le prince et la fille du géant. Puis suivant l'analogie de la plupart 
des contes parallèles, quand le prince retourne chez ses parents, la fille 
du géant devrait lui défendre d'embrasser qui que ce soit ou de se laisser 
embrasser, et par l'oubli de cette recommandation, le prince devrait 
oublier la fille du géant. Cela manque dans notre version. Le prince 
arrive chez ses parents sans les connaître et sans être connu d'eux, et 
l'on ne nous dit pas comm.ent il devient si rapidement le fiancé de la 
fille du roi, c.-à-d. de sa sœur. D'après l'analogie des autres contes, la 
fille du géant devrait éveiller le souvenir du prince d'une façon particu- 
lière, à l'aide d'un coq et d'une poule ou de deux colombes, juste au 
moment où l'on va célébrer les noces du prince. Si au contraire, dans 
notre conte, elle le rencontre endormi dans le jardin et essaye en vain 
de le réveiller, c'est un trait emprunté à d'autres contes '. 

1 . Voici le trait dont il s'agit. L'héroïne du conte trouve le mari qu'elle a perdu 
marié ou au moins fiancé à une autre ; elle achète de la nouvelle épouse ou de la fiancée 
la permission de passer trois nuits dans la chambre à coucher de son mari. Les deux 
premières nuits, c'est en vain qu'elle essaie de le réveiller, car sa nouvelle femme (ou 
sa fiancée) lui a fait prendre un narcotique. Voir là -dessus mes observations dans Bladé, 
Contis populaires recueillis en Agenais, p. 145. 



?78 Niclit, Nought, Noihing. 

Aux paroles par lesquelles la fille du géant dans notre conte cherche à 
éveiller le prince (/ cleaned the stable, etc.) on peut comparer les vers 
suivants dans le conte The Black Bull of Norroway dans Chambers, Popu- 
lar Rhymes of Scotland, p. 98 : 

Seven lang years I served for thee^ 

The glassy hill I clamb for thee, 

The bluidy shirt I wrang for thee. 

And wilt thon not wauken and turn to me ? 
et cette variante p. loi, ibid. 

Far hae I sought ye, near am I brought to ye ; 
Dear Duke 0' Norroway^ will ye no turn and speak to me? 
et aussi dans le conte irlandais The Brown Bear of Norway, dans Ken- 
nedy, Legendary Fictions of the Irish Celîs, p. 57 : 

Four long years I was married to thee, 

Three sweet babes I bore to thee^ 

Brown Bear of Nonvay, won 't y ou turn to me? 
Encore une observation sur l'épisode où ia fille du géant se tient sur 
un arbre, et où son ombre se réfléchissant dans l'eau fait illusion à la 
fille et à la femme du jardinier qui croient voir leur propre ombre et se 
trouvent belles. On peut comparer Campbell, p. 34 et 56, et le conte 
suédois dans Hyltén-Cavallius et Stephens, n» XIV, B. Ce trait se 
rencontre aussi dans le conte si répandu des trois citrons ou des trois 
oranges, par exemple dans le Pentamerone V, 9, et dans Gonzenbach, 
n'^ U- 

Reinhold Kœhler. 



CONTES POPULAIRES 



DES BRETONS-ARMORICAINS'. 



L'HOMME JUSTE. 

Il était une fois un pauvre homme dont la femme venait d'accoucher 
d'un fils. 

Il voulait que son enfant eût pour parrain un homme juste, et il se 
mit en route pour le chercher. 

Comme il cheminait, son bâton à la main, il rencontra un homme qui 
lui était inconnu, mais qui avait bien bonne mine. Et cet homme lui 
demanda : 

— Où allez-vous ainsi, mon brave homme .'' 

— Chercher un parrain à mon fils nouveau-né. 

— Si vous voulez, je serai le parrain de votre fils ? 

— Oui, mais je veux un homme juste. 

— Eh ! bien, vous ne pouviez mieux tomber. 

— Qui donc êtes-vous, alors ? 

— Le bon Dieu. 'Littéralement le Seigneur Dieu.) 

— Vous juste, mon Dieu !... Non! non! Partout j'entends se plaindre 
de vous, sur la terre. 

— Oui ? Et pourquoi donc ? 

— Pourquoi .''... Oh ! pour bien des motifs... Les uns, parce que vous 
les envoyez dans ce monde mal tournés de toutes les façons, bossus, 
boiteux, sourds, muets, maladifs, — pendant que d'autres sont bien 
faits de tous leurs membres, vigoureux et pleins de santé, et qui ne sont 
pourtant pas meilleurs que les premiers ; — d'autres, et d'honnêtes gens, 

I. Voir Rev. Celt., t. Il, p. 289. 



jSo Contes populaires des Bretons-Armoricains . 

comme j'en connais beaucoup, parce que, ils ont beau travailler et se 
donner du mal comme des brutes, ils sont toujours pauvres et besoi- 
gneux, pendant que l'on voit leurs voisins, des fainéants, des propres à 

rien Non, je vous le dis, vous ne serez pas le parrain de mon fils... 

Adieu ! 

Et le père poursuivit sa route. 

Un peu plus loin, il rencontra un grand vieillard à la barbe longue et 
grise. 

— Où allez-vous ainsi, mon brave homme ? lui demanda celui-là 
aussi. 

— Chercher un parrain pour mon fils nouveau-né, répondit-il. 

— Si vous voulez, je serai son parrain ? 

— Oui, mais il faut vous dire, auparavant, que je veux avoir un 
homme juste pour parrain à mon fils. 

— Un homme juste ? Je suis, alors, celui qu'il vous faut. 

— Qui donc êtes-vous ? 

— Saint Pierre. 

— Le portier du Paradis, l'homme aux clefs ? 

— Oui. 

— Eh ! bien, alors, vous aussi, vous n'êtes pas celui qu'il me faut. 

— Comment, est-ce que vous voudriez dire que je ne suis pas juste ? 
Et pourquoi donc, s'il vous plaît ? demanda saint Pierre, avec un peu 
d'humeur. 

— Pourquoi ? Oh ! je vous le dirai bien : parce que, pour des pecca- 
dilles, pour des riens pour ainsi dire, vous refusez, dit-on, votre porte à 
d'honnêtes gens, des gens de peine comme moi qui, après avoir bien 
travaillé toute la semaine, boivent peut-être une chopine de cidre ou une 
goutte d'eau-de-vie de trop le dimanche après vêpres... Et puis voulez- 
vous que je vous dise encore ?... Vous êtes le premier des apôtres, le 
chef de l'Eglise... N'est-ce pas vrai ? 

— Oui, et après ? 

— Eh ! bien, dans votre église aussi, il n'y a rien que pour de l'ar- 
gent, et là comme ailleurs, le riche passe toujours avant le pauvre 

Non, vous ne serez pas, vous aussi, le parrain de mon fils... Adieu ! 

Et il poursuivit encore sa route. 

Un peu plus loin, il rencontra un autre personnage qui n'avait pas 
bonne mine du tout : il portait une faux sur son épaule, comme un fau- 
cheur qui se rend à l'ouvrage. 

— Où allez-vous, mon brave homme ? lui demanda aussi celui-ci. 

— Chercher un parrain à mon enfant nouveau-né. 



Contes populaires des Bretons- Armoricains. }8i 

— Si vous voulez, je serai son parrain ? 

— Oui, mais il faut vous dire auparavant que je veux un homme juste 
pour parrain à mon fils. 

— Un homme juste ! Je suis votre affaire, alors, car vous ne trouve- 
rez jamais un plus juste que moi. 

— ils me disent tous cela! mais qui êtes-vous donc ? 

— Le Trépas'. 

— Oh ! oui, alors ! Oui, vous êtes juste, vous, car vous n'avez pitié 

de personne, et vous faites bien votre besogne. Riche et pauvre, noble et 
vilain, roi et soldat, jeunes et vieux, forts et faibles... vous les fauchez 
tous, chacun à son tour, quand son heure est venue, sans écouter 
leurs lamentations, leurs menaces ou leurs prières ; sans faire attention 
à leur argent et à leur or. Oui, vous êtes réellement juste, vous, et vous 
serez le parrain de mon fils. Venez avec moi. 

Et le pauvre homme retourna alors à sa chaumière, accompagné de 
celui qu'il avait choisi pour parrain à son fils. 

Le Trépas tint l'enfant sur les fonts baptismaux, et il y eut ensuite 
chez le père un petit festin, où l'on but du cidre et Pon mangea du pain 
blanc, ce qui n'y arrivait pas souvent. 

Avant de partir, le parrain dit à son compère : 

— Vous êtes d'honnêtes gens, ta femme et toi, mais vous êtes bien 
pauvres. Puisque tu m'as choisi pour être le parrain de ton fils, je veux 
te révéler un secret qui te fera gagner beaucoup d'argent. Toi, mon 
compère, tu seras à présent médecin, et voici comment tu te comporte- 
ras. Quand tu seras appelé auprès d'un malade, si tu m'aperçois debout 
au chevet du lit, tu pourras dire à coup sûr que le malade guérira, et 
lui donner en guise de remède tout ce que tu voudras, de l'eau claire si 
tu veux, il s'en tirera toujours. Mais, si tu m'aperçois au pied du lit, il 
n'y aura rien à faire, le malade mourra infailliblement. 

Voilà donc notre homme devenu médecin, et de se conformer aux 
recommandations de son compère le Trépas. Il disait toujours, et sans 
jamais se tromper, si son malade en réchapperait ou non. Comme il 
disait toujours la vériré, et que ses remèdes ne lui coûtaient pas cher, 
■ vu qu'il ne donnait que de l'eau claire à ses malades, il devint riche en 
peu de temps. 

Quand le Trépas passait devant sa maison, il entrait pour voir son 
filleul et causer avec son compère. 

I . En breton, la Mort personnifiée [ann Ankou) est du masculin, et c'est pour cela que 
le pauvre homme la désire pour parrain, et non pour marraine, à son fils. C'est aussi 
pour la même raison que j'ai traduit par le Trépas, au lieu de la Mort. 



j82 Contes populaires des Bretons-Armoricains. 

L'enfant venait à merveille, et le médecin, de son côté, vieillissait et 
s'affaiblissait tous les jours. 

Un jour, le Trépas dit aussi à son compère : — Moi je viens te voir, 
à chaque fois que je passe par ici, et toi tu n'es encore jamais venu chez 
moi ; il faut que tu viennes aussi me rendre visite, pour que je te régale 
à mon tour et te fasse voir ma maison. 

— Je n'irai te voir que trop tôt, répondit le médecin, car je sais bien 
qu'une fois qu'on est chez toi, on n'en revient pas comme on veut. 

— Sois tranquille à ce sujet, car je ne te retiendrai pas avant que ton 
tour soit venu ; tu sais bien que je suis l'homme juste par excellence. 

Le médecin accompagna donc un jour son compère le Trépas chez lui. 
Ils allèrent au loin, au loin, à travers les montagnes et les plaines, les 
grands bois, les fleuves, les rivières, et des pays parfaitement inconnus 
au médecin. 

Le Trépas s'arrêta enfin devant un vieux château ceint de hautes mu- 
railles, au milieu d'une forêt, et dit : — C'est ici. 

Ils entrèrent dans le château. Le maître de l'endroit régala son com- 
père d'un bon repas, et, quand ils se levèrent de table, il le conduisit 
dans une immense salle où il y avait des millions de cierges de toute 
dimension, de longs, de moyens, de courts ; et leurs lumières variaient 
également : les unes étaient fortes et brillantes, d'autres étaient plus 
simples, et d'autres étaient ternes, fumeuses et près de s'éteindre. Il 
resta un moment à les contempler, sans pouvoir parler, tant il était étonné 
et ébloui par ce spectacle. 

— Que signifient tous ces cierges, compère ? demanda-t-il, quand la 
parole lui revint. 

— Ce sont les lumières de la vie, compère, lui répondit le Trépas. 

— Les cierges de la vie ? Comment cela donc ? 

— Tous ceux qui vivent présentement sur la terre ont là chacun son 
cierge auquel est attachée sa vie. 

— En vérité .'' Il y en a de longs, de moyens, de courts et de 

toutes les dimensions ; de brillants et de beaux, de ternes et fumeux, et 
d'autres près de s'éteindre Pourquoi cela ? 

— Oui, c'est comme les vies des hommes sur la terre ; les uns vien- 
nent de naître, et ont longtemps à vivre, d'autres sont remplis de force 
et de jeunesse, et d'autres sont faibles, ternes et près de s'éteindre. 

— En voici un, par exemple, qui est bien long. 

— C'est celui d'un enfant qui vient de naître. 

— Et cet autre, comme il est brillant et que la lumière en est belle ! 

— C'est celui d'un homme dans la force de l'âge. 



Contes populaires des Bretons- Armoricains . 38? 

— En voilà un, là-bas, qui va s'éteindre. 

— C'est celui d'un homme qui va mourir. 

— Et le mien ? Où est-il ? Je voudrais bien le voir aussi. 

— Le voilà, près de vous. 

— Celui-là ! Oh ! mon Dieu ! il est presqu'entièrement brûlé ! Il 

va s'éteindre !... 

— Oui, vous n'avez plus que trois jours à vivre. 

— Que dites-vous ?... Je n'ai plus que trois jours à vivre ? Mais, 

puisque vous êtes le maître ici, ne pourriez-vous pas faire durer mon 
ciergç un peu de temps encore ? Si vous y ajoutiez, par exemple, un peu 
de cet autre qui est là .? 

— Celui-là, c'est celui de votre fils, mon filleul, et si je faisais ce que 
vous dites, je ne serais plus juste. 

— C'est vrai, — répondit le vieux médecin, — et il courba la tête en 
poussant un soupir. 

Puis il s'en retourna chez lui et fit appeler le recteur de sa paroisse, 
et, trois jours après, il mourut, comme le lui avait prédit son compère le 
Trépas. 

Conté par Yves-Marie-Etienne Corvez, de Plourin (Finistère), le 16 du mois 
d'août 1876. — Recueilli et traduit en français par F. M. Luzei. 



La légende de VHommc Juste n'est pas particulière à la Bretagne. Comme 
presque tous les vieux récits populaires, on la trouve dans différentes régions, 
chez différents peuples, plus ou moins complète, plus ou moins altérée. Grâce à 
des renseignements fournis par M. Emmanuel Cosquin, un des savants les plus 
compétents en la matière, je puis faire les rapprochements suivants : 

Elle se trouve dans Grimm {Kinder und Hausmarchen(n'' 44), sous le titre de: 
La Mort et son filleul^ conte hessois. Commencement semblable à celui de la 
version bretonne. Le pauvre homme refuse successivement comme parrain le 
bon Dieu et le Diable, et accepte enfin la Mort. Celle-ci fait de son filleul un 
grand médecin. Elle lui indique une certaine plante qui guérira certainement 
ses malades, quand il la verra (elle, la Mort) au chevet du lit. Si, au contraire, 
elle se tient au pied du lit, il n'y aura rien à faire, le malade ne pourra être 
sauvé. — Le filleul, improvisé médecin, devient riche et célèbre. Appelé près 
du roi, malade, il voit la Mort au pied du lit. Alors, il retourne le lit, de ma- 
nière à ce que la Mort se trouve au chevet. La Mort, quoique très-mécontente, 
lui pardonne, pour cette fois ; mais ayant recommencé le tour pour la princesse, 
malade aussi, elle le conduit dans une sorte de caverne où il voit une multitude 
de lumières, etc.. 

Le reste, comme dans le conte breton. 



384 Contes populaires des Bretons-Armoricains . 

Comparez deux autres contes allemands de la collection S. W. WolfF, p. 39^, 
et de la collection Prœhle, n" 13. 

Guillaume Grimm, dans ses remarques, cite une farce allemande de Jacques 
Ayres (dans son Opus theatricum, publié après sa mort, en 1605), qui ressemble 
beaucoup au conte hessois ; mais l'épisode des lumières y manque. Il mentionne 
aussi, comme analogue, un petit poëme de Hans Sachs, de 1553. 

Dans une collection de contes hongrois (GaaI-Stier, n"^ 4), même introduction. 
Le pauvre homme ne veut pas de Jésus pour parrain, « parce qu'il n'aime que 
« les bons ». — L'épisode des lumières s'y rencontre. Le pauvre homme, et 
non son filleul, devient médecin, comme dans le conte breton. Cette partie, qui 
semble altérée, est inférieure à la partie correspondante du conte hessois. 

Dans un conte sicilien, recueilli par M""^ Gonzenbach (n" 19), introduction 
différente. Quelque temps après que la Mort a été marraine (ici, ce n'est pas 
comme en allemand et en breton, où la Mort étant du masculin, elle est « par- 
rain »), elle vient chercher le pauvre homme et l'emmène dans un sombre 
caveau où brûlent une multitude de lampes, etc.. Dans ce conte, comme dans 
le conte breton, ce n'est pas non plus le filleul qui devient médecin. 

L'épisode des lumières se trouve également dans un conte italien de Vénétie 
publié par MM. Widter et Wolff, dans le Jahrbuch Jùr romanischc und englische 
Literatur. 

Gueulette, dans ses Mille et un quarts d'heure^ Contes tartarts, ou plutôt pré- 
tendus tels, a aussi, dans le quart LXXIII", sous le titre à' Aventures d'un 
Bûcheron et de la Mort, un pauvre homme (un bûcheron) qui prend la Mort pour 
parrain d'un enfant nouvellement né et qu'il voulait exposer aux bêtes féroces. 
Le parrain lui fait connaître les vertus médicinales de certaines herbes qui 
guérissent nombre de maladies ; et, de plus, afin que ses arrêts de vie ou de 
mort soient infaillibles, il lui dit que quand il le verrait au pied du lit de ses 
malades, ceux-ci guériraient, mais que rien au monde ne pourrait les empêcher 
de mourir quand il le verrait au chevet du lit. Le bûcheron, devenu médecin, 
trompe aussi son compère la Mort, en retournant le lit, quand le malade est 
désigné pour mourir, et il sauve ainsi les jours du grand Iskender, c'est-à-dire 
d'Alexandre le Grand. 

L'épisode des lumières manque. 

11 a été publié dans ï'Almanach provençal de 1876, page 60 et suivantes, sous 
la signature de Lou Cascarelet, une version provençale du même conte très- 
rapprochée de la version bretonne, sauf pourtant l'épisode des lumières, qui y 
manque. 

Enfin, dans une autre version bretonne que j'ai recueillie, le pauvre homme, 
devenu médecin, guérit tant de monde que la Mort se plaint à lui de ce qu'il 
n'arrive plus personne du pays dans son royaume. Le médecin profite même 
du secret qu'il doit à la Mort pour essayer de ne pas mourir. Mais la Mort le 
rattrape par un moyen singulier que voici : 

u Devenu très-riche et retiré des affaires, comme il se promenait un jour 
dans ses champs, il aperçut un charretier embourbé qui faisait d'inutiles efforts 



Contes populaires des Bretons- Armoricains. 385 

pour dégager sa charrette enfoncée jusqu'au moyeu dans une fondrière. Il alla 
lui porter secours et reconnut dans le charretier son compère la Mort, qui lui 
dit que sa charrette était remplie des vieux habits en lambeaux qu'il avait usés 
à le chercher. — Eh! bien, lui répondit le médecin, uses-en autant encore, 
puis nous verrons. Tu m'as appris le secret pour t'échapper, en retournant le 
lit quand je te vois au chevet, et je ne serai pas si sot que de me laisser 
prendre. 

« Et comme un des maigres chevaux de la Mort avait la foire et salissait la 
route : — Empêche donc tes chevaux de salir ainsi mes routes, lui dit le 
médecin. 

< — Empêche-les toi-même, si tu le peux, lui répondit la Mort. 

« Alors le médecin prit un caillou rond sur la route, l'introduisit dans le c. 
du cheval et l'y enfonça en frappant dessus avec un autre caillou. 

« Mais le cheval fit un pet violent et chassa le caillou qui alla frapper le 
médecin au front et avec tant de force qu'il en mourut sur place. » 

L'épisode des lumières manque aussi à cette version. 

F. M. LUZEL. 



Rn. Celt. III 



27 



UNE 



REPRESENTATION DE SAINTE TRYPHINE 



Nous avons assisté à la représentation du mystère breton de sainte 
Tryphine, qui a eu lieu à Pluzunet, dans le canton de Plouaret, arron- 
dissement de Lannion, les 22 et 23 avril 1878, et nous croyons intéres- 
sant d'en entretenir un peu les lecteurs de la Revue Celtique. 



Un mystère breton du xvi'' siècle, dans la vieille langue nationale des 
Bretons-Armoricains; une action dramatique tirée de notre ancienne his- 
toire légendaire, originale et émouvante, naïve, rude et un peu barbare 
parfois, représentée en plein air, avec le soleil pour lustre, simplement 
et sans prétentions, par des paysans illettrés, qui parfois ne savent lire 
et n'entendent que le breton, — devant un auditoire nombreux et facile 
à impressionner de laboureurs et d'artisans, accourus comme à une fête, 
des villages et des bourgs voisins; — voilà, certainement, un spectacle 
aussi intéressant que rare, de nos jours, et auquel nous nous sommes 
bien gardé de manquer. 

Pluzunet tiendra une place des plus honorables dans l'histoire du 
théâtre breton, si toutefois cette histoire est jamais écrite. Les livres et 
nos archives sont à peu près muets sur ce sujet, et ce n'est guère que 
dans les prologues et les épilogues de nos antiques et crasseux manus- 
crits, morceaux de circonstance renouvelés ou pour le moins modifiés, 
sur certains points, pour chaque représentation, qu'il est possible aujour- 
d'hui de découvrir quelques renseignements précieux et de rares, très- 



Une représentation de Sainte Tryphine. 587 

rares noms d'auteurs. Ces manuscrits se retrouvent encore parfois sous 
le toit des laboureurs et des artisans, dans l'ancien évêché de Tréguier 
principalement, car le Léon et la Cornouaille sont relativement d'une 
grande pauvreté, sous ce rapport. 

Des recherches patientes et longues sur ce sujet nous ont mis en pos- 
session d'une soixantaine de ces manuscrits, conservés comme de pré- 
cieuses reliques dans les familles, de père en fils, et à la présence des- 
quels on attachait des grâces et des faveurs mystérieuses et jusqu'au 
bonheur de la maison. Aussi ne s'en désaisissait-on pas facilement, et il 
nous a fallu parfois beaucoup de diplomatie, un peu d'argent et surtout 
la parfaite connaissance de la langue et des relations et des traditions de 
famille nombreuses et anciennes dans le pays, pour nous procurer défini- 
tivement quelques pièces rarissimes, comme par exemple : La création 
du monde, vainement recherchée par E. Souvestre et beaucoup d'autres, 
saint Garan, saint Gwennolé, la Prise de Jérusalem par Titus, mentionnée 
par Dom Le Pelletier dans son dictionnaire, et dont nous ne connaissons 
pas l'existence dans un autre manuscrit. 

Nous avons déposé toute notre collection à la Bibliothèque Nationale, 
à Paris, sauf quelques manuscrits retrouvés depuis, et qui iront aussi 
rejoindre les autres, — et c'est là que devra s'adresser désormais qui- 
conque voudra écrire sur l'ancien théâtre breton, d'après des documents 
authentiques et originaux. 

Nous n'ignorons pas qu'à Morlaix aussi il a existé et existe encore 
beaucoup de manuscrits de pièces dites communément Tragédies bre- 
tonnes^ et qui faisaient partie du répertoire du théâtre, moderne du reste, 
pour la plupart, — de cette ville. Mais ces pièces ont peu ou point de 
valeur réelle, et ne sont généralement que des traductions ou plutôt de 
mauvaises imitations de romans et de drames français, très-défectueuses 
et très-vulgaires comme langue, et pour tout le reste. Voici quelques-uns 
des titres de ces œuvres indigestes et malvenues, sous tous les rapports : 
Inès de Castro, — La tour de Nesle, — Marie Tudor, — Marie Stuart, — 
Marguerite d'York, — Thérèse de Volmar, — Jean de Paris, — les Bri- 
gands de l'Estramadure, etc. . . Que sais-je encore ? Toute la vieille défroque 
romantique. Ce n'est pas là du théâtre breton, et tout ce fatras n'a abso- 
lument aucune valeur. Nous en avons pourtant acquis une vingtaine de 
manuscrits, comme contraste et point de comparaison avec les pièces de 
l'ancien et vrai théâtre breton connues dans nos campagnes du pays de 
Tréguier. 

Pluzunet, avons-nous dit, doit figurer honorablement dans l'histoire 
du théâtre breton. Il y a existé une troupe dramatique très-ancienne- 



588 Une représentation de Sainte Trypinne. 

ment, et nous avons connu deux vieux acteurs, morts aujourd'hui, et qui 
étaient dépositaires de la tradition et possesseurs d'un précieux trésor 
de manuscrits rares et intéressants, qu'ils ont fini par nous céder, ou 
plutôt leurs fils, après leur mort. L'un, Claude Le Bihan, cultivateur, 
demeurant au village du Danot, ne rêvait que de théâtre breton, de belles 
représentations populaires et d'antiques manuscrits, qu'il allait chercher 
au loin, partout où on lui en signalait l'existence, pour les copier patiem- 
ment et longuement, durant les veillées d'hiver et les moments de loisir 
qu'il pouvait dérober à ses occupations de tous les jours. Le dimanche, 
quand il s'en revenait vers le soir du bourg, après avoir bu quelques 
chopines de cidre en la société de quelques vieux amis, on l'entendait 
déclamer les monologues ou prologues des Quatre Fils Aymon, de 
Saint Guillaume, de Sainte Tryphine, et parfois, un ami qui cheminait au 
loin dans une autre direction, lui donnait la réplique. Il passait dans le 
pays pour un peu sorcier, à cause de son petit savoir, qui tranchait 
avec l'ignorance commune autour de lui; il composait avec des herbes 
[louzou] des onguents et des remèdes pour toutes les maladies, tant des 
animaux que des hommes, et même l'on se disait mystérieusement à 
l'oreille qu'il avait chez lui un Agrippa et qu'il évoquait les morts et le 
diable, quand il lui plaisait. 

L'autre acteur de renom de Pluzunet était Jean Le Ménager, fournier 
au bourg, et possesseur, comme son ami Claude Le Bihan, des bonnes 
traditions et de nombreux et rares manuscrits. 

Nous devons à ces deux hommes intelligents, et qui avaient le respect 
et le culte du passé, de précieux renseignements sur les traditions et les 
coutumes de notre ancien théâtre, et aussi des manuscrits très-intéres- 
sants et devenus presque introuvables aujourd'hui, entre autres : La 
Création du Monde, — Moïse, — La Destruction de Jérusalem par Titus, 
et un bon manuscrit de Sainte Tryphine et le roi Arthur, celui d'après 
lequel nous avons donné l'édition qui en a été imprimée à Quimperlé, 
chez Th. Clairet, en 1865. 

C'est encore sur un très-rare et curieux manuscrit du Mystère de saint 
Jean-Baptiste, provenant de Pluzunet, que nous lisons ce qui suit, et où 
l'on voit que notre théâtre eut aussi ses jours d'épreuve et de persécu- 
tion : 

« Tout, ici-bas, trouve sa fin, tout, excepté la grâce de Dieu : notre 
« tragédie aussi touche enfin à son terme. — En l'année 1763, nous 
« avons donné une représentation de la vie de saint Jean-Baptiste, 
(f copiée sur le cahier écrit à Pluzunet, par un jeune homme du pays. 

« Nous eussions bien désiré pouvoir continuer d'en donner des repré- 



Une représentation de Sainte Tryphine. 389 

« sentations ; mais, hélas ! un ordre de Monseigneur l'évêque de Saint- 
« Brieuc défend les représentations de tragédies bretonnes, dans toute 
« l'étendue de son diocèse. Il y est dit que représenter des vies de saints 
« est un cas réservé : et cependant, interrogez l'histoire, feuilletez les 
« livres saints les plus anciens du pays, vous n'y trouverez nulle part 
« que ce soit même un péché véniel que de réciter des vies de saints. 

« Non, mon Dieu, je ne puis croire que ce soit un péché exécrable; 
« mais je crois, au contraire, que c'est une action méritoire et agréable 
« à Votre Majesté divine, et que ces représentations contribuent souvent 
« à la conversion des pauvres pécheurs. ;» 

Dix ans avant la plainte touchante de ce pauvre acteur breton, le 
Parlement de Bretagne lui-même avait rendu, le 24 septembre 1755, 
cinq jours avant la Saint-Michel, époque où une grande représentation 
devait avoir lieu à Tréguier, un arrêt faisant défense à tous artisans, labou- 
reurs, etc.. de représenter des tragédies ou comédies bretonnes. 

Nous croyons qu'aujourd'hui MM. les procureurs de la République et 
même Nosseigneurs les Évêques seraient plus tolérants, et nous voudrions 
voir imiter les acteurs de Pluzunet, qui n'ont été nullement inquiétés ni 
par le parquet de Lannion, ni par l'évêque actuel de Saint-Brieuc, ami 
et protecteur éclairé, du reste, des lettres bretonnes, — ni par le curé 
de Pluzunet. 

II. 

La grande question pour la représentation de Pluzunet, celle qui pri- 
mait toutes les autres, était de savoir si le temps serait beau ou non; car 
le succès d'une représentation en plein air, on le conçoit facilement, est 
toujours plus ou moins à la merci de la pluie et du beau temps. Or, on 
n'était pas sans inquiétude à ce sujet. Le dimanche soir et toute la nuit, 
il avait plu en abondance et l'on pouvait craindre que, l'état du ciel ne 
s'améliorant pas, la représentation du lendemain ne fût sérieusement 
compromise et qu'on ne pût dire avec le poëte latin : 

Nocîe pluit totâ, redeunt spectacula manè. 

Le lundi matin, le ciel était encore inquiétant, et le soleil avait bien de 
la peine à se dégager des nuages mouvants qui le poursuivaient et le voi- 
laient à tout moment. Mais à midi le ciel s'était rasséréné, et le soleil 
était vainqueur. 

A une heure, le roi Arthur, la couronne d'or dentelée en tête, l'épée 
au côté, et sur les épaules un large manteau blanc parsemé d'étoiles et 



390 Une représentation de Sainte Tryphine. 

de fleurs de lys d'or, s'avança sur le bord de la scène, accompagné de 
son épouse Tryphine, et, s'annonçant lui-même, à la façon des héros 
d'Eschyle et de Sophocle, il déclama d'une voix haute et claire, et selon 
la mélopée traditionnelle, le monologue qui ouvre la pièce, et où il énu- 
mère toutes les villes de la Petite-Bretagne qui lui obéissent : 

« Je suis le roi Arthur, le seigneur souverain, et la Basse- Bretagne 
« tout entière est sous mes ordres : oui, je suis bien le roi des Bretons, 
« le vrai maître et seigneur des princes et des nobles, etc.. » 

L'analyse détaillée de la pièce nous entraînerait trop loin ; nous ren- 
voyons le lecteur au texte original du mystère que nous avons publié en 
i86^, avec une traduction française en regard, chez M. Clairet, libraire 
à Quimperlé. Mais nous croyons devoir insister sur la disposition du 
théâtre, le jeu des acteurs, leur débit, les anciennes coutumes tradition- 
nelles et quelques autres particularités dignes d'intérêt. 

Quant au théâtre en lui-même, rien de plus simple et de plus primi- 
tif. Construit au fond d'une aire à battre close de murs et de granges, il 
était formé d'une estrade d'un peu plus d'un mètre de hauteur, compo- 
sée de planches de sapin assez mal reliées entre elles et reposant hori- 
zontalement sur des barriques et des chevalets, sur une longueur d'en- 
viron quinze pas et huit de profondeur. Aux deux extrémités^ deux portes 
toujours ouvertes, pour l'entrée et la sortie des acteurs. Trois rangs de 
bancs placés au fond de la scène et à l'une des extrémités [k gauche), 
représentaient les premières places, qui coûtaient 25 cent. La foule des 
spectateurs se tenait en bas, debout sur le sol de l'aire jonché de paille 
fraîche. C'était là le parterre, où l'on payait seulement 10 cent, par per- 
sonne. Deux grosses toiles tendues verticalement au fond contribuaient 
à former derrière une longue coulisse où se tenaient les acteurs, en atten- 
dant le moment d'entrer en scène. Au milieu de cette coulisse, à l'en- 
droit où se rejoignaient les deux toiles, se tenait assis le souffleur qui, en 
écartant légèrement le rideau, à un endroit non cousu du point de suture, 
pouvait observer ce qui se passait sur l'estrade, venir en aide aux acteurs 
dont la mémoire se trouvait en défaut, indiquer les entrées et les sorties 
et diriger ainsi toute la représentation. Le rôle du souffleur, comme on 
le voit^ est des plus importants. La scène était à ciel ouvert, et aucun 
rideau ne séparait l'avant-scène du public du parterre. Toute cette cons- 
truction des plus élémentaires s'adossait à une vaste grange à piliers de 
pierre, ouverte sur l'aire, et cette pièce, masquée par l'estrade et les toiles 
du fond, servait de vestiaire et de foyer, où l'on repassait les rôles. L'on 
y fumait aussi et l'on se rafraîchissait, mais modérément, avec du cidre 
seulement, et pendant les deux jours qu'a duré la représentation, nous 



Une représentation de Sainte Tryphine. ^91 

devons reconnaître que les acteurs de Pluzunet se sont montrés très-dis- 
crets sur le chapitre des rafraîchissements. 

Dans beaucoup de mystères bretons, l'action se déroule sous les yeux 
des spectateurs tout d'une venue et sans divisions par actes et par scènes. 
Dans plusieurs aussi, et Sainte Tryphine est de ce nombre, outre la divi- 
sion par journées, on observe aussi celles par actes et par scènes. C'est, 
sans doute, par imitation de l'ancien théâtre français. Ces mots acte et 
scène, dont ils ne comprenaient pas la signification exacte, paraissent 
avoir, de tout temps, intrigué et fort embarrassé nos acteurs ruraux, 
quand ils les rencontraient dans leurs vieux manuscrits. Parfois, ils n'en 
tiennent aucun compte, et passent outre. Mais le plus souvent, ils les 
interprètent à leur guise, et d'une façon fort singulière. Une ancienne 
tradition, suivie encore à Pluzunet, veut que, chaque fois que le mot 
scène se rencontre sur le manuscrit, le souffleur crie à haute voix : scène! 
et aussitôt tous les acteurs envahissent la scène, pêle-mêle, se prennent 
par la main, au hasard, et exécutent une ronde joyeuse, au son de la 
musique, composée ordinairement d'une clarinette ou deux avec un tam- 
bour de basque, — ou bien encore d'un biniou, d'une bombarde et d'un 
tambour de basque. Ce n'est pas ce qui amuse le moins le public, dans 
ces représentations populaires, à cause de l'entrain endiablé que l'on y 
apporte d'ordinaire, et aussi du contraste et des oppositions bizarres des 
personnages qui se trouvent parfois associés et se donnent la main. Ainsi, 
rois et manants, anges et démons, la reine Tryphine et son porcher, 
Dieu le père et le diable ou la sainte Vierge, se prennent la main, au 
hasard, comme ils se trouvent l'un à côté de l'autre, et sans intention 
maligne, gambadent et se trémoussent, pendant cinq minutes, excitant 
l'hilarité générale. 

Parfois, la scène, ainsi comprise, rend aussi des services réels. Par 
exemple, un acteur manque-t-il son entrée, parce qu'il est momentané- 
ment ab.sent, ou qu'il n'est pas prêt; ou bien, la mémoire fait-elle défaut 
à un autre, qui menace de se troubler et de perdre la tête, devant le 
public? Le souffleur crie : Scène! — et aussitôt le branle-bas recom- 
mence de plus belle, tout le mal est réparé, et le public, qui est indul- 
gent et de bonne composition, rit et se trouve désarmé. 

Quant aux prologues et aux épilogues, — car chaque acte est toujours 
précédé d'un prologue, destiné à résumer et à expliquer la partie de l'ac- 
tion générale qu'il représente, et chaque journée se termine par un épi- 
logue, où l'on remercie les spectateurs de leur attention sympathique, en 
les invitant à revenir le lendemain, si l'on est à la fin de la première 
journée; — les prologues et les épilogues se récitent comme suit, selon 



592 Une représentation de Sainte Tryphine. 

les rites convenus : — Un acteur s'avance au bord de la scène, escorté 
de deux de ses camarades, qui tiennent chacun une épée nue au port 
d'arme. Ils saluent le public, et le prologue i l'acteur chargé de la récita- 
tion prend ce nom), — déclame son morceau, sur le ton de mélopée 
traditionnel, en commençant par l'extrémité gauche de la scène, où il 
débite les quatre premiers vers; après quoi, il salue, en se découvrant; 
ses deux acolytes saluent aussi avec leurs épées, puis ils se portent 
tous les trois au centre de l'avant-scène, devant le trou du souffleur, 
dans les théâtres de ville, et le prologue y récite quatre autres vers; après 
quoi ils saluent encore, vont se placer à l'extrémité droite, où le prologue 
récite encore quatre vers, toujours suivis de saluts. Le même manège 
continue de droite à gauche, puis encore de gauche à droite, jusqu'à 
épuisement du monologue. 

Nous lisons à ce sujet dans Emile Souvestre : 

« Un usage bizarre, et dont nous ignorons le motif et l'origine, vou- 
« lait que l'acteur qui récitait le prologue fit, de quatre vers en quatre 
« vers, une évolution autour du théâtre, suivi de tous ses compagnons. 
« C'est ce qu'on appelait la Marche. Pendant ce temps, « rébecs et bi- 
« nious doivent sonner, « comme en avertit la note d'un vieux manus- 
« crit que j'ai sous les yeux. « 

Quant aux costumes, nous n'en dirons pas grand'chose. Ils laissaient 
tous beaucoup à désirer, et c'était peut-être la partie la plus défectueuse 
de la représentation. Le roi Arthur, comme nous l'avons déjà dit, por- 
tait une couronne dentelée de carton doré, un large manteau blanc par- 
semé d'étoiles et de fleurs de lys d'or flottait sur ses épaules et un sabre 
de cavalerie lui pendait au côté. La reine Tryphine était coiffée à la ma- 
nière des paysannes de Lamballe, et portait une robe noire et un châle 
de noce d'artisane, descendant jusqu'à terre. Le roi aveugle Abacarus 
avait en tête, comme le roi Arthur, une couronne dentelée de carton 
doré ; un pantalon blanc, une chemisette blanche, avec quelques paillettes 
d'or par ci par là, complétaient son costume. Le diable Astaroth, avec 
sa peau de mouton à laine noire et frisée, un bonnet à cornes sur 
la tête, de nombreux grelots à la ceinture et une longue barbe de filasse 
de chanvre, gambadant et sautant, faisait beaucoup rire. Kervoura avait, 
au grand complet, l'uniforme d'un sapeur-pompier de la ville de Paris, 
avec le casque de cuivre aux armes de la capitale, la tunique serrée à la 
ceinture, un pantalon blanc collant, les grandes bottes et un sabre de 
gendarmerie. Comme il était d'ailleurs assez bel homme, qu'il parlait 
haut et clair et mettait beaucoup de vivacité dans son jeu, il produisait 
de l'effet. Pour le reste, tous les uniformes de matelots et de soldats de 



Une représentation de Sainte Tryphine. J95 

différentes armes qui se trouvaient dans la commune avaient été mis à 
contribution. 

On voudra encore savoir, sans doute, si les spectateurs étaient nom- 
breux, si la recette a été bonne, enfin si la représentation a réussi? 

Oui, les spectateurs étaient nombreux, et l'on peut en juger par le 
chiffre de la recette. Le premier jour, le lundi 22, où le temps a été 
constamment favorable, la recette s'est élevée à 95 francs. — Or, en 
tenant compte que le prix des places n'était que de 1 centimes au par- 
terre et de 25 c. sur le théâtre, où il n'y avait pas plus de cinquante 
personnes, — on peut voir à peu près le nombre des spectateurs qu'il a 
fallu pour donner cette somme. 

Le second jour, l'on s'attendait à une recette d'environ i ^0 fr.; mais, 
malheureusement, la pluie vint qui déjoua les prévisions et les espé- 
rances, et on ne fit qu'environ 60 fr. — Nous ne pûmes nous empêcher 
d'admirer, ce jour-là, la patience et l'opiniâtreté des spectateurs qu'une 
pluie battante, qui survint vers trois heures, et dura environ un quart 
d'heure, ne put faire fuir et lâcher pied. Les acteurs eux-mêmes ne mon- 
trèrent pas moins d'intrépidité, et, sans déserter la scène un seul mo- 
ment, ils continuèrent de jouer, avec des parapluies à la main. 

Il est de tradition qu'à la fin de la seconde journée, une partie de la 
recette soit consacrée à couvrir les frais d'un joyeux repas, auquel pren- 
nent part tous les acteurs. Durant la représentation, on a été très-sobre, 
et le nombre de chopines de cidre auquel chacun avait droit avait été 
arrêté d'un commun accord, et nul n'y contrevint. Mais le soir, quand 
tout est fini, toute contrainte cesse, et chacun boit à discrétion ou à peu 
près. Aussi il faut voir alors quelle joie éclate de tous côtés, quelle cor- 
dialité et quel bruit de conversations qui se croisent. On se félicite réci- 
proquement de la manière dont on s'est tiré de telle ou telle scène dif- 
ficile, et l'on déclame les passages qui ont produit le plus d'effet sur 
l'auditoire. Mais point de désordres, ni de querelles, ni de scènes fâcheuses 
d'aucun genre, et quand la cloche du couvre-feu donne le signal de la 
retraite, chacun rentre au logis, déclamant à haute voix, sur les routes 
et dans les champs, des fragments de son rôle. 

L'argent qui reste est partagé également entre tous les acteurs, et il 
n'y a pas là de premiers, de seconds ou de troisièmes rôles, ni de parts 
du lion emportant la majeure partie de la recette. 

Souvent aussi on distribue aux pauvres de la commune ce qui reste, 
après tous les frais couverts. C'est ce qui a eu lieu, en 1876 ou 77, à 
Pluzunet même, pour une autre représentation du même mystère. 

Quant au succès de la journée, nous pouvons dire qu'il a été sinon 



J94 Une représentation de Sainte Tryphine. 

complet et irréprochable de tout point, — du moins très-satisfaisant pour 
là presqu'unanimité des spectateurs. Pour ce qui nous regarde particu- 
lièrement, nous avons trouvé qu'elle laissait à désirer, sur plus d'un point; 
sous le rapport des costumes, par exemple, de la mise en scène, du mo- 
bilier et aussi du jeu et du débit de quelques acteurs qui prononçaient 
du nez et parfois d'une manière peu intelligible. Nous étions encore 
choqué de voir des hommes traverser la scène, la pipe à la bouche, pour 
porter des pièces d'habillement ou d'autres accessoires aux acteurs qui 
se trouvaient dans le vestiaire ou les coulisses, — ou encore des petits 
enfants s'échapper des bras de leurs mères, sur la scène, une tartine de 
pain beurré à la main, pour s'aller jeter dans les jambes de leur père qui 
déclamait gravement son rôle de prince, de roi ou d'évêque. Quelques 
spectateurs en riaient bien un peu, mais sans y trouver grand'chose à 
redire. 

La représentation donnée en 1867, à Saint-Brieuc, avait été plus 
satisfaisante dans son ensemble. Mais aussi la troupe de Pluzunet a perdu 
depuis plusieurs de ses meilleurs acteurs, le vieux Goëlo, par exemple, 
qui était excellent dans le rôle de l'évêque et aussi dans celui de la sor- 
cière, car il les remplissait tous les deux, tour à tour; — et Huon, qui 
jouait à merveille le rôle du traître Kervoura; — et, enfin, Le Fennec, 
un roi Arthur plein de majesté et de dignité. 

La troupe de Pluzunet, qui est pleine de bonne volonté et renferme 
de bons éléments, se perfectionnera facilement, avec quelques conseils, 
de l'exercice et de l'étude. Elle mettra plus de goût et de couleur locale, 
si c'est possible, dans les costumes, et surtout étudiera davantage le débit 
et la prononciation, si défectueuse chez quelques-uns. D'autres ont très- 
peu de chose à faire pour être excellents. Ils pourront ainsi arriver, sans 
tarder, à présenter un ensemble plus satisfaisant, de manière à aller don- 
ner des représentations dans les cantons voisins et même dans les villes. 
Nous leur promettons un grand succès, s'ils parviennent, comme nous 
l'espérons, à réaliser les améliorations que nous leur indiquons. Ce serait 
en effet une nouveauté et un spectacle digne du plus grand intérêt qu'un 
vieux mystère breton, dramatique et émouvant comme l'est Sainte Try- 
phine, joué suivant l'ancienne tradition par de bons acteurs ruraux, com- 
plètement illettrés, et ne connaissant pour la plupart que leur idiome 
national, le bas-breton. 

F. -M. LuzEL. 



MOTS BRETONS 

DANS LES CHARTES DE L'ABBAYE DE BEAUPORT 

(côtes-du-nord). 



Les documents qui ont servi de base au présent travail sont conservés 
aux archives départementales des Côtes-du-Nord à Saint-Brieuc. Ils ont 
été publiés par MM. Geslin de Bourgogne et A. de Barthélémy dans le 
t. IV^ de leurs Anciens évêchés de Bretaone, p. 8-i 3, 4^-250. Lors de la 
mission que le ministère de l'Instruction publique m'a donnée pour étu- 
dier la Bretagne et sa langue, j'ai collationné avec les originaux le texte 
imprimé : je l'ai trouvé habituellement fort exact, mais j'ai cependant 
porté sur les marges de mon exemplaire quelques corrections, et c'est la 
leçon rectifiée qui sera employée ici. 

Les tables du Cartulaire de Redon nous donnent les noms bretons sous 
une forme ancienne que l'on trouve aussi dans le cartulaire de Landévé- 
nec. Les noms propres contenus dans les chartes de Beauport nous 
transportent à une période plus récente et cependant antérieure aux plus 
anciens textes bretons connus, à la Vie de sainte Nonne et au Catholicon 
de Lagadeuc. Ils nous fournissent pour l'histoire de la langue bretonne, 
à une époque de transition, des renseignements plus sûrs que les preuves 
de dom Morice dont les lectures sont toujours sujettes à caution. 

Des observations nombreuses que notre recueil pourra suggérer aux 
érudits, nous nous bornons à en signaler une. 

Le nom de Fragan^ antérieurement Fracan, qui se trouve dans la pré- 
sente liste, est identique à celui du père de saint Guénolé. Fracan, 
cousin de Catoun, roi de la Grande-Bretagne, quitta sa patrie pour venir 
s'établir en un canton inhabité de l'Armorique, avec Guéthénoc et 
Jacques, ses fils aînés, et Alba, sa femme, qui lui donna bientôt un troi- 



396 Mots bretons dans les chartes 

sième fils, Guinguahe, dit aujourd'hui saint Guénolé'. Le nom breton 
de Fracan parait identique à l'irlandais Fraocan, nom d'un druide du 
vie siècle 2 et d'un personnage mythologique?. La présence d'un nom 
irlandais en Grande-Bretagne à l'époque de l'émigration en Armorique 
n'a rien d'étonnant. Nennius, ^i '4, donne pour Scots les fils de Liethali 
« qui occupèrent le pays des Dimetae, où est la cité de Menavia, lapro- 
« vince de Guiher et Cetgueli qu'ils possédèrent jusqu'au temps où ils 
« furent chassés de toute la Bretagne par Cunedda et ses fils. » Nennius 
revient encore sur ce fait au § 624. M. Whitley Stokes a signalé à l'at- 
tention des savants un important texte irlandais s qui confirme l'assertion 
de l'historien breton. Quelques-uns des Irlandais établis en Grande-Bre- 
tagne sur les côtes qui regardent l'Irlande, se laissèrent entraîner en Gaule 
par le courant de l'émigration bretonne. De là le nom de Fracan dans les 
cartulaires de Landévénec et de Redon ; de là surtout, dans le Cartulaire 
de Redon, le nom de Fili identique au nom commun irlandais file, le nom 
de Finitan, en irlandais Finntan*^, le nom de Finius, en irlandais Finne", 
dérivé de Finn; le nom de Fredorius qui paraît présenter avec le sens 
d'agent une formation identique à celle du nom abstrait vieil irlandais 
« frithaire, action de veiller, » aujourd'hui friothaire^. Fredorius vou- 
« drait dire celui qui veille. » 

Le plus fréquent peut-être de ces noms irlandais, dans le Cartulaire de 
Redon, est Finit, dérivé de Finn, Finit dont Finitan est lui-même un di- 
minutif. On trouve Finit avec une désinence latine dans les inscriptions 
romaines du Norique9. Y aurait-il eu dans ce pays, sous l'empire, quel- 
ques émigrés irlandais ou pietés, ou chez quelques personnes une 
tendance à prononcer /le v initial comme le faisaient les Pietés, comme 
le font les Irlandais ? 

A, forme abrégée de l'article dans Kar-a-Buron, 1271, p. 192, et 
Kar-a-Burun^ 1239, p. 107; 1241, p. 1 1 1 ; 1242, p. 112. Voyez Am, 
E, En. 



1. Cartulaire de Landévénec, manuscrit de la bibliothèque de Quimper, f" 11-14; cf. 
Morice, pieuves, t. I, col. 176. 

2. Annals of the four Masters, édition O'Donovan, t. I, p. 194-195. 
}. ibidem, p. 48. 

4. Cf. Skene, The four ancient books of Waks, t. I, p. 47, 80. 

5. Three irish glossaries, p. xlviii, 29-30; Sanas Cormaic, p. iii; cf. O'Donovan, 
Annals of the four Masters, I, 125. 

6. Sanas Cormaic, p. iio; cf. O'Curry, On Manners, III, $9-61. 

7. O'Curry, On Manners, II, 587. 

8. Sanas Cormaic, p. 77. 

9. Corpus, 111, 4973, 4975, 5024, 5080, J143, J147, 5172. 5196, 5248, $265, $3<^<', 
S344, 5361, 5347, 5392, ni2; cf- Brambach, 1883, el plus bas A ufredus. 



de l'abbaye de Beauport. 597 

Aanor, nom de femme, 1240, p. 1 10; 1265, p. 167 ; 1267, p. 178, 
est une variante d'Azenoria, 1266, p. 175 ; et il désigne la même per- 
sonne. Voyez, aussi Adenor, Adenoria^ Aenor, Azenor. 

Abat, nom d'homme, 1267, p. 179. 

Ade {clausuin) 1279, p. 185. 

Adeguisen dans Kar-Adeguisen, 1263, p. 165. 

Adem, surnom de Conanus, 1266, p. 171 ; de Hanio, 1269, p. i8j ; 
cf. Azem. 

Adenor, nom de femme, 1260, p. 1 57 ; 1273, p. 196 ; 1278, p. 20 j, 
se trouve déjà au xr siècle dans une charte de Benoît, évêque de Nantes, 
Cartulaire de Redon, p. 250, est identique à Adenoria, Azenor, Azenoria, 
Aanor, Aenor. 

Adenoria, nom de femme, 125 1, p. 193 ; voyez le précédent. 

Adgan, nom d'homme, 1 2 5 1 , p. 1 3 3 , se trouve sous les formes Adgan 
et Adgant dans des chartes du ixe siècle reproduites par le Cartulaire de 
Redon, p. 10, 194, 220, etc. 

Adgat dans Ploe-Adgat, 11 98, p. 12; Plo-Adgaî, 1241, p. 110; 
1255, p. I42;i258,p. 151; voyez Agat. 

Adguen, nom d'homme, 1245, p. 121. 

Adyou, nom de femme, 1278, p. 203 ; voyez Aziou. 

Aelon dans Gorm-Aelon, 1220, p. 77 ; 1263, p. 166 ; paraît dérivé 
d'ael, en gallois « sourcil ». Voyez Ailan. 

Aenor, nom de femme, 1245, p. \\8; voyez Aanor, Adenor, Adenoria, 
Azenor, Azenor ia. 

Agat àam Plo-Agat, 1207, p. 63 ; 1232, p. 93 ; 1237, p. 104; 
1241, p. m ; 125s, p. 143 ; 1258, p. 151 ; 1261, p. 159; 1264, 
p. 169; 1269, p. 184; Ploi-Agat 1267, p. 65 ; voyez Adgat. 

Agoubaici \Eudo', 1202, p. 51. 

/l/îfl dans P/o-/l/;^, 1202, p. 48 ; 1206, p. 60; 1207, p. 64; 1230, 
p. 87; 123 1, p. 90 ; 1232, p. 92; 1233, p. 96; 1235, p. 99; 1237, 
p. ICI, 102; 1245, p. 118; 1253, p. 140; 1255, p. 143; 1257, 
p. 147 ; 1261 , p. 163 ; 1263, P- ^^^1 '^7 j 1264, p. 168, 170 ; 1267, 
p. 177, 178 ; 1271, p. 193 ; 1287, p. 209 ; 1288, p. 210, 211 ; 1 307, 
p. 219. Voyez Azha, Aza. 

i4z7o/2 dans Gorm-ailon, 1220, p. 77, paraît dérivé d'ael, en gallois 
a sourcil ». Voyez Aelon, Alanus, Alon. 

Alanasbacq, surnom de Willelmus, 1242, p. 112. Cf. Lanabasc. Peut- 
être doit-on lire Alan-Habasc, « haleine douce ». 

Alanus*, 1 184-1 189, p. 12; 1 189 (vidimusde 12 19), p. 9; 1202, p. 48, 
$0, 57; 1203, p. 59; 1206, p. $9; 1208, p. 66; 1220, p. 74, 75 ; 1233, 



398 Mots bretons dans les chartes 

P- 9$7 97; '2M. P- 98; '2^5. P- 100; 1237, p. 101 ; 1238, p. 106; 
1239, p. 107, 108; 1243, p. 114; 124$, p. 119, 120, 121; 1247, 

p. 124, 125, 128; 125I, p. 134; 1252, p. 134, 136, 137; I2J3, 

p. 137, 139; I2S4, P- 140. 14'; 12$ 5, p. 142; 1256, p. 145 ; 1257, 
p. 147, 149; 1260, p. 154, 156, 158, 159; 1263, p. 166, 167; 1266, 
P- nh '7$ j '267, p. 178, 179 ; 1268, p. 180, 181 ; 1269, p. 184, 
185 ; 1270, p. 187, 189; 1271, p. 190, 193 ; 1277, p- 201, 202 ; 
1278, p. 203 ; 1284, p. 206; 1294, p. 212 ; 1298, p. 21 5. Ce nom 
est fréquent dans le Cartulaire de Redon dès le ix° siècle. 

Alanus^ dans Gorm-alanus, 121 1, p. 78, paraît une variante à'Alon. 

Alfredus^ nom d'homme, 1 189 (vidimus de 12 19), p. 9. Voyez Au- 
fredus. 

Aimer [Portas], 1245, P- '21. 

Alon dans Gorm-Alon, 1263, p. 166, paraît une variante d'Ailon. 
Voyez Alanus. 

Alsi dans Kaer-Alsi, 1224, p. 81. 

Alvagor, nom de lieu, 1264, p. 167. Voyez le suivant. 

Alvaugor, nom de lieu, 1222, p. 78; 1224, p. 80; 1231, p. 89; 
1234, p. 98. Yoy e?. Avalgor. 

Alveus, nom d'homme, 1202, p, 51; 121 5 p. 71 ; se trouve dans 
le Cartulaire de Redon dès le ix^ siècle. 

Am, forme de l'article dans .Ker-am-Buron, 1266, p. 173. Voyez 
A, En. 

Andolet (villa), 1268, p. 177. Voyez Han-gant. 

Ar, près de, dans Ar-morium. 

Arel, nom d'homme, 1222, p. 78. C'est peut-être le même que Erel- 
lus dans Bot-Erelli, ix« siècle, Cart. de Redon, p. 170. 

Arellou, nom d'homme, 1257, p. 103, paraît dérivé du précédent. 

Argant, dans Kair-Guen-Argant, 1252, p. 136. 

Armorium, près de la mer, terme géographique, 1271, p. 188, 191. 

Arziou, nom d'homme, 12 17, p. 71. 

Arziou (terra), 1260, p. 159. 

Audrain [castrum], 1202, p. 50; 1222, p. 79. Voyez le suivant. 

Audren dans Run-Audren, 1202, p. 48 ; 1266, p. 171. Voyez le pré- 
cédent et les suivants. 

Audreni [castrum] 1 184-1 189, p. 8 ; 1206 (vidimus de 1225), p. 62; 
1207, p. 64; 1255, p. 142 ; 1259, p. 1 52 ; 1261, p. 162; 1269, 182, 
184. Voyez les deux précédents et les deux suivants, 

Audroeni [castrum], 125 1, p. 134. Voyez les trois précédents et le 
suivant. 



de l'abbaye de Beauport. ^99 

Audroin {castrum), 12^, p. 99. Voyez les précédents. La forme la 
plus ancienne de ce nom de personne dans le CartuUire de Redon, est 
Alt-Roen. Le premier terme paraît identique au latin altus et au breton 
armoricain .40/ (dans Lagadeuc Aut) « rive ». Le second, dont la forme 
la plus complète dans le Carîulaire de Redon est Roiant = Rêganto-s, ne 
diffère en rien du breton armoricain moderne roué « roi », écrit encore 
roen dans la Vie de sainte Nonne. Le breton Audrain, Audren signifierait 
peut-être « Haut Roi «. 

Auffredus, nom d'homme, 1260, p. 1 57. Voyez les deux suivants. 

Aufredi [villa). 1253, p. 137. Voyez les suivants. 

Aufredus, nom d'homme, 1207, p. 63; 1230, p. 88, 89; 1233, 
p. ici; 1245, p. 123; 1260, p. I $9. Voyez ^//rg^u5. La forme la plus 
complète de ce nom dans le Cartulaire de Redon est Alt-Frid p. 17, 29. 
C'est une charte du ix"' siècle qui nous la fournit. Le premier terme 
est identique au premier terme d'Audroin : le sens du second [Frid, 
plus anciennement Frit) nous est inconnu, bien qu'il se trouve dans des 
noms propres composés gallois, et qu'on le reconnaisse dans le composé 
Roa-Fritus d'une inscription antique de Ratisbonne [Grammatica celtica, 
2*" édition, p. 163!. 

Aurillous, nom d'homme, 1271, p. 192, 193. 

Autous [villa), 1232, p. 93. 

.4 va/gor, nom de lieu, 1244, p. 116; 1253, p. 138; 1264, p. 169. 
Voyez Alvagor et les deux suivants. 

Avaogor, nom de lieu, 1253, p. 1 37. Voyez Avalgor et Avaugor. 

yîv^ugor, nom de lieu, 1233, p. 98; i 243, p. 1 14; 1244, p. 115; 
1247, p. 124; 1254, p. 141 ; 1256, p. 146; 1257, p. 147; 1263, 
p. 205. Voyez Avalgor. 

Aia dans Plo-Aza, 1259, p. 152, 153; 1262, p. 165 ; 1267, p. 178, 
179, 180; 1271, p. 187, 191; dans Ploe-Aza, 1453, P- 220. Voyez 
Aha, Azha. 

Azem, nom d'homme, p. 1271, p. 192. Cf. Adem. 

Azenor, nom de femme, 1259, p. 153. Voyez Aanor, Adenor, Aenor. 

Azenoria, nom de femme, 1266, p. 175. Voyez Adenoria, Azenor, 
Aenor. 

Azha dans Plo-Azha, 1264, p. 168. Voyez Aha, Aza. 

Aziou, nom de femme, 1247, p. 128. Voyez Adyou. 

Azou, nom de femme, 1266, p. 171 ; 1271, p. 189. Voyez Hazou. 

Baalou dans Kar-Baalou, 1233, p. 98. 

Baelec dans Quaer-en-Baelec, «village du prêtre», 1260, p. 157, 
aujourd'hui belec et en gallois balawg. 



400 Mots bretons dans les chartes 

Bagas, nom de lieu, 1209, p. 67. 

Balance, dans Ploe-Balanec, 1267, p. 179; i27i,p. 194; dans P/o- 
Balanec, 1268, p. 180; dans Ple-Balanec, 1274, p. 199. C'est une 
forme relativement moderne de Banazlec. 

Balin, surnom d'Euro, 1233, P- 94- 

Banazlec dans Ploi-Banazlec, 1230, p. 88. Voyez Banalec, qui a perdu 
le z de la seconde syllabe ; et Balance, où il y a une métathèse, et qui a 
perdu le z conservé par le nom d'arbuste halazncn (genêt) dans le Ca- 
thoUcon. On dit banadl en gallois, plus anciennement banadil, et en cor- 
nique ancien banathel, Grammatica celtiea, 2^ édition, p. 820. Banazlec 
veut dire « lieu planté de genêt «. 

Banalee dans Plou-Banalcc, 1232, p. 93 ; Ploe-Banalee, 1257, p. 149; 
Plo-Banalee, 1239, p. 109; 1240, p. 109; 1242, p. 113; 1250, p. 132; 
1255, p. 142. Voyez Banazlec et Fanalcch; comparez Benalec dans Bot- 
Benalech, 1224-122 5, Cart. de Redon, p. 350. 

Banaleeh dans Plo-Banalech, 125 1, p. 134. Voyez Banazlec. 

Barze [\é\, nom d'homme, 1284, p, 206. On trouve le nom de femme 
Barza dans une charte du xii'' siècle, 1 1 1 3-1 1 39, Cart.de Redon, p. 325. 
Comparez le gaulois latinisé Bardus. 

Barvoit [le), nom d'homme, 1272, p. 196, paraît àémédebarv, 
« barbe «. 

Bec (le), surnom d'Ynisan, 1260, p. 157. 

Begar, ahhaye, 1202, p. 50, 57; 1224, p. 82 ; 1247, p. 128; 1264, 
p. 168. 

Begin [villa], 1260, p. 158; 1269, p. 182. 

Belli [villa que dicitur), 1266, p. 176. 

Ben, dans le nom de lieu Gwyr-Ben, 1220, p. 73, tient lieu du pri- 
mitif pen « bout ». Voyez ce mot. 

Bencius, nom d'homme, 1247, p. 128, 

Berre{k], surnom d'Herveus, 1257, p. 148; — de Guillelmus, 1257, 
p. 149; — de Eudo 1263, p. 164 ; — de Jean, 1267, P- '80. Ce mot 
est identique à l'adjectif krr « court ». Voyez le suivant. 

Serre [villa), 1271, p. 187. Voyez le précédent. 

Bertou, surnom de Guillelmus, 1271, p. 191 ; — de Lucas, 1271, 
p. 192 ; nom d'homme, 1284, p. 206. Voy. le suivant. 

Bertou [terra], 1287, p. 209, Voy. le précédent. 

Série [cruces dé), 1259, p. 153. 

Bigniguez [insula), 1214, p. 70. Voyez Biniguet, Binnigneth. 

Bihan dans Plo-Bihan, 1202, p. 57, est un adjectif signifiant « petit» 
et paraît le même que le suivant. 



de rabbaye de Beauporî. 401 

Bihen, surnom de Caillou, 1247, p. 126. Voyez le précédent. 

Billio {fons , 1253, p. 1 38. 

Billon [bascus], 1260, p. 158; 1269, p. 182, 184. 

Biniguet (insula de), 1202, p. 48. Voyez Bigniguez et les suivants. 

Biniguez [insula dè\, 12 14, p. 70. 

Binniguetli [insula de], 1202, p. 45. Voyez Bigniguez et le précédent. 
Binniguct paraît le participe passé du verbe binnisien « bénir », mais 
Bigniguez ne se comprend pas. 

Birsic, nom de lieu, 1271 , p. 194, apparaît comme nom d'homme au 
XI* siècle dans le Cart. de Redon, p. 281,, 282. 

Bisic, nom de lieu, 121 5, p. 71. 

Bizic dans Qnar-Bizic, 1257, p. 149. 

Bleiz dans Poil- Bleiz, «trou de loup», 1242, p. 114. Une forme 
plus ancienne Bleid, dans Bleid-Bara, Cart. de Redon, p. 18$. Une 
forme plus ancienne encore, Bled, est conservée par le dérivé Bledic 
même siècle, ibidem, p. 2, 74, 1 36. 

Blen-luet [rilla], 1256, p. 143. Comparez le nom d'homme Blen- 
Uwet que nous fournissent des chartes du ix'' siècle conservées par le 
Cart. de Redon, p. 50, 77-78, 88. Le second terme liwet était déjà 
contracté en /ue/ en 1108, Cart. de Redon, p. 333. Le premier terme 
Bien est écrit Blin dans Blin-livet en iioi, C