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Full text of "International Symposium on Pertussis : proceedings of a conference"

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CRITIQUE ET RfiTROSPECTlVE 



DE LA MATIERE MBDICALE 

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I'.tris. — C.OSSON, iinpriineur de i'Acadeiuierojule de Medet-iiie, 
rue St-dennain-dff-l'rcs, q. 



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REVUE \ 

CRITIQUE ET RETROSPECTIVE 

UK LA 

MATIERE MEDICALE 

HOMCEOPATHIQUE, 

Par uDe soci^t^ de IMecios e( sobs la directioD 

DE MM. LE8 00CTEUR8 CHARGi, PITROZ ET ROTH. 



In certis unitas. 
In dubiis libertas , 
In omnibus caritas. 



QUATRIEME VOLUME. 



A PARIS, 

CHEZ J. B. BAILLFERE, 

I.IIIRAIltE OE L'ACA0EMI£ ROYALE DE MEDECIIfE, 

Kl'B DB l'bcoLB DB MfiOBCi:<B, 17. 

a M>in>a»i, OHas b. ■tir.iiiimii, ai9| »•■■»>•' 

1842 






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€liiiiq[ue ni^dicale, par le Docteiir C^fups^ ^ 

de Marseille. 

Symptdmesde croup chez un enfant de onze ans. -^ Banger imin^dint. — Aconii, 
teinture-mere et spong. , 42* dilution. — Gu^rison rapide. — Appreciation de 
ce fait. * 

Le jeuDe C.;., &ge de onze ans et quelqiies mois, d*un tempera- 
ment lymphatiqae , mais habituellemeDt bien portant , peu sujet h 
s'enrhuiner, passe touie la joarnee du 17 octobre en compagnie de 
sa mere sans se plaindre du moindre malaise, sans accuser la plus 
legere douleur. Plus tard on a cru se rappeler que Tenfant avait 
touss^, mais je n'en crois rien ; et, en tout cas, il faut bien que cette 
toux ait ete insignifiante pour que la mere de Tenfant ne soit pas 
venue m'en avertir, elie dont la sollicitude est extreme, qui observe 
minutieusement tous les siens , et me fait part toujours du plus mince 
r^ultat de son observation. Toutefois , le lendemain 18, Tenfant a 
bien dormi, il est gai, mange avec appetit ; a cinq heures du soir, il 
rentre a la pension, soupe avec les autres Aleves, se couche et s'en- 
dort sans avoir rien ofTert d'etrange ni dans son humeur ni dans 
les traits du visage , sans avoir m^me touss^ ; mais, a une heure du 
matin environ, il est reveille par une quinte de toux qui se prolonge 
assez long-temps et qui est bientdt suivie de plusieursaulresquintes, 

IV. 1 



\ 



3 nEYlTE DB LA Ml^DEOrxE SP^CIFIQUB. ' 

acoompagn^cs d'une alteration manifesfc dans la voix et Bins la res- 
piration. Les eleves couches daos lamdme salle que le jeuueC... 
sont tous reveilles en sursaut ; mais , h ia nature de la toux et aux 
oris bizarres qui se font entendre , ils supposent une plaisanterie, iis 
reconnaissent la contrefagon de I'al^oienoent d'an chien , et'ne son- 
gent qu'i rire ou h interpeller leur camarade ; cependant , apres un 
certain temps, fun d'eux se leve, et, apr^s avoir vu son ami le jeune 
G... s'agitant brusqnement d^os son lit, le visage rouge, goufle, les 
yeux etincelans , la poitrine oppres^i^e , sufToqu^ , il s'eflraie et va 
pr6venir le maiire. Celui-ci arrive et decide dans sa sagesse qu'une 
application de six sangsues va remedier surement a ces accidens ; il 
sort lui-m^me pour aller acheter les sangsues prescrites de sa pro- 
pre autoriie, et revient les appliquer; mais Tenfant a perdu comple- 
tement la voix; sa toux rauque , seche , persiste avec plus de vio- 
lence ; sa respiration est g^nee , anxieuse , bruyante. Le maitre se 
decide enfin a aller prevenir la famille. Le p6re, a peine averii, court 
me chercher. J'arrive , mais deja il eiait plus de trois heures. On 
avait inulilement perdu un temps precieux. Une largp part avail etc 
^aile a lii routine, il eiait bien temps d'attaquer le mal avec enorgie. 
Quand je m'approchai du lit du malade, je fus frappe de Tetat sui- 
\ant : Agitation extreme, mouvemens brusques et desordonnes, face 
violacee , marbree ; yeux etincelaps et faisant saillie en dehors de 
Forbite, cou tumefi^, saiilie remarqnable des veines jugulaires, 
pouls, 130 pulsations, chaleur brulante k la peau, voix eieinte, res- 
piration courte , g^n^e , avec siifiement et bruissement k Torifice du 
larynx; toux breve, sfeche, rauque, quinteuse parfois, et alorselle si- 
mule parfaiiement Taboiement d'un chien ; Tenfant porte brusque- 
ment et alternativement les deux mains au cou, comme pour avoir 
du soulagement, puis il dilate sa poitrine avec de tres-grands efforts ; 
je rinterroge, il est sans voix; il essaie bien d'articuler quelques mots; 
mais aucun son n'arrive a nos oreilles ; j'introduis mes doigts dans 
Tarrifere-gorge pour provoquer le vomissement : inutile tentative, il 
ne se d^iache pas la plus petite mucosite. 

Les siiv sangsues venaient de tomber, et recoulement de sang par 
les piqures etait tres-peu abondant; pourtant je me hatai de I'eian- 
cher completementy parce que je voulais avant tout conserver dans 



ASVim D£ LA M^DECimS SPl^CIFIQUEr 3 

SOD integrity, pour le succes de mon traitement, la force vitale dm 
jeune malade ; en mdme temps je versai cinq k six gouttes d'acoait 
(teinture-mere) dans hd demi-verre d'ean, j'agitot et je donnui de ee' 
melange deux cuill^res k cafe k TenfaDt ; le r^m^e fut ainst r^p^ 
de cinq eo cinq minutes ; k la sixiime prise, le ronflement du hn 
rynx commence h perdre de son ^clat, riaspiration devient hitSki^ 
la physionomie exprime de moins vives angoisses. J'annon^ai qnef 
la maladie etait arr£tee, et je contnraai Taconit. A dater de ce mo^' 
ment, tons les symptdmes perdent de leur intensity ; Tenfant bientM 
pent Tester dans la position horizontale ; la toux conserve son earac- 
tere, mais elle est bien moins incessante. A quatre heures et detoie, 
line heure apr^s la premiere cuiller^e d'aconit, la respiration arait 
cess^ d'etre bruyante ; je ne donne plus de remade qn'i des inter- 
valles plus eloign^s. A cinq heures et demie, leniant dort d'an 
aommeil tranquille, le corps est baigne d'une sueur copiense, le 
pouls est moins dur et bient6t moins frequent. Reveil a sept heures. La 
transpiration continue, douce, habitueuse ; la voix est complitement 
^teinie , mais Tenfani articule librement sa pensee et se plaint qu'une 
Qorde lui ait serre fortement le cou. (Eau fratche pour boisson.) Ame- 
lioration toujours croissunie. — A dix heures, bien-^tre g^n^ral : !( 
toux seuie persiste sans avoir perdu son caraciere special. La voix 
est abolie. (Spong. 'i\i2.) Le reste de la journec se passe sans 
orage; lanuit, craignantque la maladie ne se reproduise, je feis 
veiUer I'enfant aveio le plus grand soin ; cette precaution est beureti- 
sement inutile ; le 9ommeil n*esi point trouble , et tout annonce cpfi 
a ^te reparateur. Le 20, la voix commence k reparaitre, bouillon 
gras. Le 2i , potages gras. Le 22 , Tappeiit est vif , je permets des 
alimens solides. Le 23, Tenfant est leve, sans maladie et sans con- 
valescence* 

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Ge fait, que j'ai rapport^ k dessein dans ses plus minutieux details, 
pour ne rien taire de la v^rit^ , est bien remarquable sans donte et 
par rintensite du mal et par la promptitude de la guerison ; mais ies 
annales de la medecine specifique renferment deja un si grand nom- 
bre de fails analogues , que je n'aurais peut-^tre pas song^ k repro- 
duire celuici , s'il n avait soulev^ dans mon esprit plusieufs questions 



4 BBVUB DE LA M^DEClNE SP£ciFtQinS« 

qoe je crois utile de r6soudre. — Et d'abord , de quelle naiure etait 
Taffection que j*avais a combattre €ffez cet eni^nt? A ne considerer 
qae la rapidity avec laquelle le calme s'est retabli , Tidee la plus na- 
turelle. qui se presente est celle-ci : le mal etait peu grave de sa na- 
tore , et les symptdmes qui out effray^ le malade et le medecin n'^- 
taieot, apr^s tout, qu'une manifestation d*une lesion de sensibility; 
en d*autres termes plus conformes aulangage de T^cole , il s'agissait 
ici d*une n^vrose du larynx , aflfection legire qui fuit toujours facile- 
midnt d'elle-m^me. — Oui, il est une n^vrose caracteris^e par la 
contraction spasmodique du larynx , qui ressemble par bien des 
points h raffection que j'ai decriie ; conune elle, ceite nevrose debute 
au milieu de la nuit ; les malades qui en sent aiteiois pousseni un cri 
etouffe , suflbquant, s'agitenl, font de grands efforts pour introduire 
Tair dans les poumons. Jusque-la la r^ssemblance est parfaite ; mats 
celte nevrose , si bien d^sign^e par M. Guersent sous le nom de 
pseudo -croup ou de laryngite striduleuse simple, et d^crite dans 
plusieurs ouvrages sous le nom d*asthme aigu de Millar, n'est jamais 
accompagnee de fiivre (Diet, de Med. en 25 vol. , article Group , 
Querscnt.) , et mon enfant avait la peau brAlante et le pouls a 130 pul-^^ 
, Ifitipns. Dans le pseudo-croup , la voix ne se perd pas ; elle est seu- 
lement enrouee , moins distincte , et dans mon observation la voix a 
iie alt^r^e dis le d^but, et alt^r^e d^une mani^re sp^ciale , puis elle 
a 4te perdue. Dans le pseudo-croup , la toax est ^clatante , sonore , 
toujoiurs d'apris M. Guersent (pourrais-je trouver ailleurs une plus 
puissante autorit6 ?) ; et dans mon observation la toux ^tait rauque et 
tout aussi caracterisiique que la voix. £st-il possible de m^connaltre 
des differences aussi tranch^es ? Fidvre , modification sp^ciale de la 
voix, del^ parte absolue de celle-ci, tels sont les caracteres paiho* 
gnomoniques de Faffection que j'ai euea traiter; or^ces caracteres ne 
se retrouvent point dans le pseudo-croup : done, entre ces deux af- 
fections il n'y a pas identite de nature. 

La laryngite avec tumefaction de la membrane muqueuse pent 
donner lieu it dessymptdmes aussi graves que ceux que j'ai relates. 
II. y a aussi, je le sais,dans cette espece de laryngite, fievre, 
dyspnee, alteration de la voix; la toux mdme se rapproche jusqu'ti 
un certain point de celle qui existe quan^ le larynx est tapisse par de 



BEVOE Dli LA M^DBCfNE SP^GIFfQUE. ii 

fousses membranes. Comment cela n*arriverait-i1 pas? ^— CeUe tbax 
provtent du r^trecissement des toies a^riennes ; or, que ce retrteis^" 
sement soil occasion^ par la tumefaction ,de b membrane muqueuse , 
ou par une aiiire cause specifique , le resultat doit toujours ^tre le 
m^me ; niais ce qu'il faut bien que je disc , c'est que ce n'est quechez 
Ics trcs-jeuiies enfuns que la tumefaction de la membrane muqueose 
du larynx peut amener brusquement des accidens g^raves ^ et mon en- 
fant avait plus de onze ans. A cet figfe, le calibre du larynx est trop 
large deja pour que Npaississement de la membrane muqueose 
am^ne aussitdt Tasphyxie , et puis enfin [cet epaississement exige 
bien un certain temps pour se produire , et ce premier temps est ca- 
ract^rise par des sympt6mes qui manquent dans mon observation. 
Ainsi, rinvasion brusque de la maladie au milieu de la nait, sans 
avoir ^16 annoncee par aucun symptdme precurseur, la marche ra- 
pide qu^elle a suivie , la fiivre intense quVlie avait allumee en peu 
d'instans, Texislence presque simultanee de plusieurs croups en ville 
qui se sont termini par la mort apr^sun d^butqui ressemblait fort 
i cefui de mon malade , tout cet ensemble ne miltte-t-il pas en faveur 
de mon opinion, que j'avais^ combattre plus qu'une laryngite inflam- 
matoire? J*ai sufBsamment demontr^ qu'il y avait queique chose dH 
special dans la marche , dans les symptdmes; or, une manifestation 
speciale de phenonienes speciaux entratne n^cessairement la speci- 
iicite m^me de la maladie. 

La laryngite avec s»ecretion de mucosites peut dtre accompagnie 
des m^mes symptdmes que la laryngite avec Epaississement de la 
membrane muqueuse , et de plus elle est susceptible de presenter 
plus de danger, partant d'etre plus effrayante dans ses symptdmes , 
parce qu'i i'Epaississement de la membrane muqueuse , il faat 
ajouter Tobstacle que les mucosites viennent enccnre offrir, et souvent 
dune mani^re d^sesperante , au passage de Tair dans la trach^e- 
artere et dans les bronches ; mais ici les traits saiilans qui differen- 
cient ceite affection d'avec celle que j'ai observ^e frappent les yeux 
les moins altenlifs. Le rale muqueux est dans ce cas tellement mar- 
que, qu'il est appreciable pour loutlemonde, et la toux n'a pascesse 
iin moment d'6irc fcchc dans la maladie qui donne suite a ces con* 
sjdera!iop3. 




ft RBVUS ISB Ul lttoBC£V£ SPl^IFIQUE. 

L'oddiine de !a glotte pr^sente aussi comme symptAme saillant et 
caracteristique une dyspnee redootable , avec sifflement , toux ft 
Toix croupale;. Son invaakm a ^t^ quelquefois sans prodromes , sa 
marche MHiv<mt rapide. Par ious ces motifs , il est bien permis de se 
demaader si ce n'^tait pas une affection de cette nature que j*avais k 
combattre. A cela, je reponds : L'oed^me de la glotte a et^ le plus 
souveot observe dans la couvaiescence des fiivres graves et sur des 
individus affaiblis par des maladies ant^rieures , atteints surtout de 
laryngite chronique ; elle affectele plus ordinairement une forme sub- 
jaigue ec cbiooique ; elle n'est pas accompgnee de turgescence in- 
flamjBiiatDire ; enfin elle offre ceci de particnlier que chez les person* 
nes qu*eUe touche Tinspiration seule est sifSante , tandis que Texpi* 
ration eat libre et facile. La raison de cette difference dans les deux 
temps de la respiration est comprise de tous ; Pair, enp^n^trant dans 
le larynx, pousseau-devani de luiles ligamensaryt^no-epiglotliquet 
^paissis qui viennent boucher la glotte, tandis que pour sortir Pair 
repousse en haut ces m^mes ligamens el son issue est libre. Chez le 
jeune G ..., rinspiration et Texpiraiion ^taient ^galement difHciies; 
d'oii je conclusque Tobstacle au passage de Tair n'^ait pas de mime 
h9ture , ne r^iidait pus dans la m£me pnrtie. 

Par vole d'^limination , j^arrive , comme derni^re consequence , k 
cette supposition : Le jeune G... avait-ii le croup? A ce mot j'entends 
se recrier les anatomo-pathologistes et me dire : « Le caract6re anato- 
mique de oett« affection est la production d'une fausse membrane < 
Or, TOUS n'avez rien de pareil k me montrer, done ce n'etait pas un 
croup que vous aviez a trailer. » J'apprecie toute la k^que de ce dyU 
logisme; et quoiqoe je connaisse plus d'un praticien qui se flaite d'a- 
voir gueri par des sangsues non pas un , mais plusieurs croups , sans 
jamais avoir ^t^ k m^me pour cela de montrer une seule fausse mem- 
brane , je veux bien accepter pourtant de bonne gr&ce la rigueur 
sotenlifique dont usent a notre ^gard nos honorabies confreres; elle 
n'est pas incompatible avec les faits que nous avangons. Je vais es- 
sayer de le demontrer. 

Oui , la fuusse membrane est le caractere anatomique du croup ; 
mais il faut ajouter le caractere final du croup qui a suivi la marche 
naturelle i car, vous et moi , que voyons-nous dans cette fausae mem** 




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REVUE DE 11 MI^DECINE SF^GIFIQDE* It 

brane ? que nous esC-il perroi$ d'y toir ? Rien autre chose que la 1^ 
sion , c'est-a-dire le produit de la maladie, le resulfat du travail pa-- 
ihologique qui s'est op^r^ dans le larynx , travail dont les syroptfim^ 
^nonces eiaient la munifestaiion ext^rieure. Or, si ce travail 68t ac- 
compli, le resuUat doit 6tre palpable, evident ; etaussi dans le croup 
abandonne h lui-m6me, on, ce qui est la m^me xhose , attaqn^ par 
des ageos therapeuliques qui n'ont sur lui aucune action , la fausse 
membrane est la pour attester & Tanatomiste la nature de TaffeCtion 
a laquelle le malade a succombe. Mais que faut-il pourqu'elle man- 
que , pour qirelle n^ soit point form^e ? 11 faut que le travail engen- 
dreur soit arr^te dans sa marche -, d'oii il suit que, sans changer de 
nature, un travail morbide peut avoir ou n'avoif 'pas les n^^mesr^- 
sult.its ; que les m^mes symptdmes d'dne seule et m^me. maladie 
peuvent ^tre ici le prelude d'une mort prochaine , e( 1^ peuvent sou- 
dainemcnt faire place h la sante , suivant que le m^deein se sera 
rendu mattre ou non de la maladie. Vous ne pouvez echapper acette 
vento, du benefice de laquelle vous jouissez d'ailleurs, vous, les pre- 
miers, siiris contestation. De deux fi^vres intermittentes dites perni- 
cieusc*s^ exprim^es par les mdmes symptdmes et resultant de la 
mt&me intoxication , Tune, libandonnee k elle-m^me ou mal trait^^ 
est suivie de la mort au troisidme acc^^', Tautre, attaquee par son 
specifique, frappe deux-fois seulement et ne reparait plus. Niez- 
vous ri lontito de nature des deux -maladies par cela seul que les 
r^sultats sont diff^rens ? 

Autre fait qui me servira a prouver que, mdme les partisans les 
plus outr^ de Tecole anatomique , ne sont pas cons^quens avec eux- 
m^mes quanrj iU exigf^nt denbus que nous mettions sous leursyeux 
le caract^re anatomiqued'une maladie, avant d'en determiner lana« 
lure. Deux malades se presentent k votre observation avec oephalal-^ 
gie, prostration des forces , siupeur, diarrlw^e, meteorisme, sensibi- 
lite dahsTabdomen, dans la region iliaque droite, gargouillement par 
la pressiim sur la moiti^ infrrieure de Tabdomen, epistaxis frequent; 
ete. , etc. Quiuze jours apres Tun a succombe, et I'autopsievousper- 
mel de constater la tumefaction et 1 ulceration des follicules intesti- 
nnux. I/autre malade , plus heureux, guerit par les seules forces de 
Uflamre. Chez le premier, vous avez vu , constat^ le caracttee anato- 



S . RSVUE HE LA M^KGINE SPtoFIQUE. 

miique de, la maladie ; chez le second , ce carticl^re est demeurS 
profond^ment cacb^ pour vous , et pourtant vous n'besiiez pas i con- 
siderer ces deux faifs coq^n^ deux cas de fievre typhoide , parce que 
rexpression symptomatique a et^ parfaitement semblable. 

Que si Ton m'objectait que Texemple est mal cboisi , parce que 
dans ces deu^ cas la m£nie lesion s'est reproduite , et que pour ^tre 
cachee a nos yeux chez le second malade^ elle n'en a pas moins existe, 
je ferais remarquer que j*ai eu le soin de citer deux maladies abaa- 
donnees a leur marche naturelle , et que j'admets tres-bien qu'un tra - 
vail pathoiogique identique a du produire deux fois le m^me resul- 
tat ; mais cet exemple n'eu est pas moins utile pour reduire a neant 
Tobligation que vous nous imposez de vous presenier le caractere 
anatomique d'une maladie pour preuve de son existence. Dans las 
deux cas de fievre typhoide precit^s , la similitude des sy mptdmes 
ne vous a-t-etle pas suffi , k vous , pour admetire la similitude de Taf* 
fection? 

Troisi^me fait : Un homme se pr^sente avec rongeur de Tarriere- 
gorge, tumefaction des amygdales, deglutition difficile; vous lui 
prescrivez un gargarisme alumineux dont vous vantez avec quelque 
raison les bons effets, et ce malade est debarrasse, vingt-quatre 
neures apris > de son indisposition , tandis que celui-ci , prive de vos 
conseiis , accuse encore les mdmes sympt6mes quatre jours apr^s 
rinvasion du mal. Vous admettez bien chez ces deux malades une 
amygdalite l^g^re , et si les resultats sont differens, vous en trouvez 
la raison suffisaote dans le gargarisme dont le premier a fait usage 
et du benefice duquel le second a ete priv6. Vous avez raison : il 
faut renoncer ^ Texercice de la m^decine , ou il faut necessairement 
admettre que les remides bien choisis ont le privilege d'emp^cher 
une maladie desuivre la marche qu'etle aurait suivie inevitablement, 
abandonn^e h elle-m^me. 

Des considerations qui.precMent je conclus, et ma conclusion est 
legitime, quil n*est pas demontre que le jeune G... n'a pas eule 
croup, par cela seul qu'il n'a pas rendu de fausse membrane. Que 
sera-ce si je demontre qu'il en a eu tons les symptdmes? et a cet 
effet, qu*onveuille biense rappeler le tableau de sympt6mes que j'ai 
trace dans mon observation ; qu'on le compare k celui qui est donnd 







REVmS DE LA KltoBCmB SPl^lFIQUE. 8 

par tous les pathologistes^^comme caract^ristique de raffection crou- 
pale , et je laisse ^ la bonne foi le soin de pronoocer. 

Mon malade n*a eu aucune de ces affectiOQS qui peuvent jusqu'a un 
certain point simuler le croup. Gela est Evident , et cette evidence 
repose sur le diagnostic diff(§rentiel pr^cedemment etabli de cba* 
cime de ces affections. Qu*a-t-il done eu , s'il n'a pas eu le croup ? 

Des sangsues avaient ixi appliqu^es avant mon arriv^e , et sur 
elles plusieurs de ceux qui me liront seront peut-£tre tenths de faire 
reposer les honneurs de la gu^rison ; mais il y aurait h cela plus que 
de rinjustice. Les sangsues ^taient au nombre de six; k peine ve- 
naient-elles de tember, et je n'ai pas permis aux piqures de laisser 
couler du sang ; or, que pouvaient faire six sangsues, fort petites 
d'ailleurs. Leur petit nombre frappait d'avance et siirement leur ac- 
tion de nullite. J'en appelle au temoignage de nos Riolans modernes; 
oseraient-ils fonder la moindre^esp^rance de salut sur une evacua- 
tion sanguine si iiinit^e , en face de symptdmes si graves ! Dans This- 
toire de la maladie, j'ai dii meniionner cetie application de sangsues ; 
mais assurement, en bonne justice , personne ne pent la faire entrer 
en ligne de compte parmi les moyens employes. S'il est vrai que 
Ton doive mesurer Tutilit^ d'un remMe aux avantages qui suivent 
son application , rien n a et^ plus inutile que cette saignee locale si 
infiniment petite. L'enfant ^tait , a la chute des sangsues et apr&s que 
les piqures avaient ^t£ fermees , dans le m^me etat qu'auparavant: 
je me trompe , ses angoisses etaient plus grandes , sa respiration plus 
difljcile, plus sifflante, parce que le mal croissait rapidement; mais 
apr^s Taconit (teinture-m^re) , la sc&ne a ete bient6t changee. Une 
cuilleree ^ cafe de la potion est prise de cinq en cinq minutes, et a 
la sixi^me- cuilleree le pire de Tenfant , bien interesse a ne pas se 
faire illusion^ apprecie lui-m^me une amelioration dans les souf- 
frances. L'inspiration est plus longue et mpins bruyante, la toux 
moins incessante ; ^ la douzieme cuilleree decubitus dorsal, Tenfant 
respire presque librement; peu d'instans apres il s'endort ; tout le 
corps se couvre de sueur, et ce mouveraent critique juge la maladie. 
A-t-on jamais observe rapport plus immediat de cause ^ eflet que 
celui qui reunit dans ce cas Tadministration de Taconit a 1 amende- 
ment des symptdmes ? A quelle influence , si ce n'est a ceile de \\^ 



^- 



10 RBTUE BB LI ICtOECIIfB BPACtFUgOt^ 

eonit , faat-il attribuer cette diaphor^se abondante survenue si k 
propos et suivie da si grands bienfaits? 

Des confreres plus habites et pins experiment's que md ont d^j^ 
fait depuis long^-temps ceite remar que que , dans les maizes sor-- 
aigu^s , les teininres^mi^res ou basses dilutions sont pr^ierabtes avt 
plits hatites^ dynamisation^. L'etpMen(» de •diaque Jour me eonfirmd 
hverite detetle obsiefveition. Af^sU je n'ose pas dire que dans ce 
cas raiRonit 30* eilkt (^.choue ; mais Je^doote fort qn*il eAt agi av^c one 
si mer^fiUeiise prompiiiude: TOti^ouirs est-il que r^v^iiement a si 
bien jasiifie: mon mode d'agir, que dans une circonstance semblable 
je n'aurais pas le courage de fairq aiitrement. 

lis n'ont m^me plus de pr'texte dont ils puissent couvrir leur coa-*- 
pable indifference , ceux qui se fondaient sur Firrationalite des infi^ 
nimeni petite pour ne pas suivre les travaux de Tecole bomoeopa- 
thique. Quils es^aient des teintures-mires : de beaux succ^s n'etl 
\iendront pas moins encourager leurs efforts , et peut-^tre seront-ils 
plus disposes a poursuivre leurs investigations qnand ils auront ya 
de leurs yenx , louche de leurs mains la verity du principe. 

Pour ie principe suricrat nous combattons. 



■t 



Iiois de la r^aetion speclflque^ 

Var le doetear ROTH. 
INTRODUCTION. 

A loutes les 'poques , les m^decins des differentes ecoles ont pa 
se coBvaincre par Texperience que' la nature go^rit certaines maladies 
sans le secours de Tairt. Jonrnellement encore chaque observateur a 
Toccasion de reconnattre cette yerit^. 

II est certain qu'un grand nombre de malades gu^rissent sous Tin- 
fluence d'un traitement m^ihodique et rationnel ; niais pouvons-nous 
en conscience attribuer toujours Tissue favorable de la maladie aux 
mcdicamens qae nous avons employes P II arrive souvent que des 
guerisons pareilles ont lieu quand des moyensdi^tetiquesoumedica- 
raenieux ont ^t^ appliques sans ancnndiscernement, et souvent si mal 
k {iropos que la naiure a eu i combattre non-seulement la maladie , 



inais encore les remides ; en sorte qu'on a tout lieu de s*^lonner 
qu'elle ait remport^ la victoire dans cette double lulte. 

Qu*on ne s'iniag[ine pas , i ce debut , que j6 vais ouvrir une cam- 
pngne centre la m^decine et les ni^decins. J'ai trop bonne opinion da 
coeur humain pour porter jamais un ju{][emeni de condamnaiion centre 
un medecin, fftr-ii le plus mauvais de tons. La vocation du m^decin 
est si noble, elle est si sainieqoe, quand m6me quelques uns se 
laisseraient ^{jarer par Tesprit de systeme, T^goisme, une trop grande 
confiance en eux-m^mes ou Hgnorance , quand m^me un grand 
nombren'approcheraient de la verii(^ que par des d(^tours, tons ont pour 
but le soulagement du malade , et meritent par cela in6me de la 
reconnaissance. 

U est naiurel que tons ne possident pns h un rgal degr6 le talent 
d'observation et In joslesse du jugoment; ii ne Test pas moins que tous 
ne s*^16vent pas a une egale hauteur sur rechelle des sciences qui 
B'acqui^rent par le travail. On sait que beancoup resient au point oji 
ils en ^taient au sortir de T^cole. lis croient avoir appris tout ce qii^il 
leur faut dans les manaels qu'ils ont lus, dans les cours qu*ils ont 
entendus , et se persuadent que leur art, que leurs int^r^ts surtont; 
au-dela desquels ils ne voient rien , n'exigent pas autre chose. Le pea 
de connaissances qu*iVs ont acquises , n'^tant pas rafralchies en quel- 
que sorte par T^tude , se dess6chent , pour ainsi dire^ et leur traite- 
ment devient une routine qui fait descendre la m^decine au rang d'un 
metier. D^autres , en voyant combien i'infaillibilit^ des moyens qu'on 
leur avait pr^conis^s se confirme pen dans la pratique , perdent toute 
confiance en leur art, ettombent dans un scepticisme absolu. Us sentent 
lesbornes impos^es maiheureusement ^ tout effort humain ; et ddcoih- 
rag^s, ils m^connaissent la valeur veritable de la m6decine. 

Mais k toute connaissance en m^decine , i tout traitement medical, 
pr^ide la force curative de la nature, etle but scientifique de toute 
ma vie a ^t^ d'y rendre hommage , non pas en suivant la methode 
expectative , c'est-a-dire , en laissant la maladie suivre paisiblement 
son cours , ou bien en n'admioistrant au malade que des moyens in- 
difli^rens , en lui faisant croire qu'on a des armes contre le mal , tandis 
qu'on est oblige de plier sous le poids de sa propre impuissance ; 
Don I la force m^dicatrice de la nature n*est pas pour moi un Dens itm 



12 REVUE DE LA MtoBGINE SPJ^GFFIQUB. 

machindj qui apparaisse tout-5-coup sur la scdne comme arbitre eDtre 
la vie ct la maladie , et accorde le prix k Torgaiiisme ; mais en m'ef- 
forcuQt de reconaatire les lois suivies par la nature dans la guirison 
des maladies , de m'en p^netrer , de m'y conformer , de faire , en un 
mot , qutlqiie chose de aemltlahle h ce que fait la nature , persuade que 
je suisque c'est la voie la plus sure pour arriver au but. 

Je ne cesse de me feliciter de vivre dans un siicle oil tant d'hommes 
distingues t&chent de reconnattre la marche el les lois suivies par lu 
nature elle-mdme dans la guerisoa des maladies. Leurs Merits ont el6 
de bonne heure ma principale ^tude ; mais ils sont pen norobreux 
encore : leurs voix se perdent dans Timmense steppe de la rou* 
tine, et les formes inflexibles des systemes artificiels s^opposeat 
toujours ii ce qu'elles se fassent entendre au loin. II est si facile , en 
effet , de copier une ordonnauce dans un formulaire , d'additionner 
les symptdmes, de les comparer aceux d'un repertoire, etdedonner 
un globule dynamis^ ! Tout cela exige beaucoup moins de peine 
que r^tude de la nature. Partout la route de la verite est obstruee de 
systemes , de dogmes et de theories ; a peine Texperience a-t -olle 
commence a saper uue de ces formidables barriires qu'il s'en eleve 
une autre. 

Je consid^re loute th^orie , que ce soit celle de Tirriiation on 
celle delapsore, tout systeme,.que Tauteur s'appelle Brouhsais , 
Rasoriou Hahnemann , comme uoe route particuliere pours'approcher 
de la vdrit^. Iln'yapas un seul systime, qu'il aitsubsiste long-temps 
ou non , qui h'ait prociame quelque verity , et qui n'ait fait faire quel- 
ques pas ii la science. Mais aussi il n'y en a pas un seul qui ait donne 
la yivii6 tout enti^re. Tons nos travaux , toutesnos connaissances ne 
sont que temporaires ; ils servent de transition k quelque chose de 
mieux , et malheur a la vanity qui rougirait de le reconnaitre , qui 
voudrait s'opposer a la loi du progres , et qui s^imaginerait renfermer 
en elle toute la science ! Quant a moi , tout en regardant la mdtbode 
spdcifique comme occupant actuellement le premier rang parmi les 
doctrines mddicales, je saluerai avec joie Tinstantqui nous apportera 
une doctrine plus parfaite encore, et cet instant viendra.Toute periode 
du ddveloppement de Tesprit humain , tout degre que montrera la 
QiYilisatioo, cbaque annee, toute modification des rapports derindividu 



REVUB DB LA MJ&DECINIS SP^CIFIQUlS. i 3 

St 

produira aussi de aoovelles modifications dans les maladies et provo- 
quera laconceptioiide nouvelles ro^thodes. L^organisme humain , dont 
les relations soni tellement nombreuses aveclemoide ext^rieur, sera 
sans cesse af taqn6 d'une nouvelle mani^re , et par consequent oblige 
de se d^fendre d'une nouvelle mani^re , d'opposer les armes qui sont 
en lui aux assauts de ses ennemis exterieurs. Diriger convenablemont 
Temploi de'ses moyens de defenses ; et lorsqu'il n'est pas assez fort 
pour triompher seul , lui venir en aide au moyen des medicamens d'un 
effet analogue*^, que m'oflre la matiire medicale ; voil^ ce que je vou- 
drais toujours pouvoir faire , voil^ ceque je regarde comme le grand 
art du midecin. 

11 y a quelques ann^es que fai public dej^ , sous le pseudonyme 
de Beauvais-de-Saint-Gratien , dans le deuxi&me volume des jirchi" 
ves homaopaihiquts de Paris, dont j'ai £t^ un des fondateurset un des 
collaborateurs actios, nne paUnginisie de la force midicatrice dela nature 
etdes consid^raiions sur la vie d'apres les principes deVhomaopathie. Dc- 

puis, mes vues se sont modifi^es, i^purees et etendues per r^tude 
assidue de Stahl , de Paracelse et de Sydenham , etude dans laqueile 
j'ai prispour guide le sagace M. Jahn , dont les ouVragessont mal- 
heureusement Merits d'une maniire qui s^^loigne tellement des habi- 
tudes des lecteurs fran^ais , qu'il n'est guire possible d'en donner 
une traduction qui leur conserve lenr forme premiere , ind^pendam- 
ment des diflScult^s qii*o8rirait un pareil travail. On m'accordera sans 
doute qu'une ^tude de plusieurs ann^es m'a mis en ^tat d'y puiser 
assez de mat^riaux pour composer, sur la force midicatrice de la 
nature, un traits bas^ sur la physiologic et la pathologic , et pour 
prouver que Temploi sp^cifique des medicamens est le seul vrai , le 
seal conforme ^ la nature ; mais au lieu d'imiter tant d*ecrivains de 
nos jours , qui communiquent au public comme neuves les idces 
qu'ont ^veillees en eux les ouvrages des autres, je pr^fdre en don- 
ner une analyse , ou je laisserai de c6te ce qui me semble inutile , en 
y ajoutant quelques reflexions nouvelles , et en jelant le tout dansun 
nouveau moule. 

Premiere partie. 

1. 

Le confliileplus frequent ei le plus remarquable enire TorganisoM 



14 illSTDE DE LA M^DECtNB SP^FIQUK. 

hiimaia et fe monde exterieur , est le coaflit mecanique Quire oet or- 
ganisme et un corps dur qui lo comprime. Nous exaauDeroos done 
d'abord le ph^nomene de la compression. 

Quand la compression s^exerce sur una partie, la drculation estar- 
r£t^e dans cette partie , tant que la pression dure. La partie compri- 
m^e p&Iit, sa temperature diminue. La sensibiliti des nerb devieat 
moins vive et se transporie de la partie comprimee vers le oenire 
nerveux ; elle se communique a la conscience et provoque la 8eii$a- 
tion de malaise , de douleur. Ces ph^nomenes varient selon le degre 
dela pression. S'iis sont intenses et de longue duree, its peuvent met- 
tre la vie en danger. De pareils accidens provoqu^s par une puissaDce 
nuisible sur Torganisme ^taient appeles par les aaciens patbologistes 
des sympt6mes passifs^ expression assez juste pour qu'on la cooserve. 
Au m^me instant oil Tinfluence funeste de la pression s^exerce sar 
Forganisme, celui-ci la combat, pour conserver son inie(;rii^) il r^o- 
^iV.^Gette reaction se manifeste dans les deux systemes principaoK 
de I'organisme , dans la vie animate et dans la vie vegetative. Lof 
fonctions de ces systemes , fonciions de relation et fonaioos de nu- 
trition , se montrent plus actives. Si, par exemple, un pessaire com* 
prime le vagin, les sympt6mes suivans se manifestent : iBCommoditi, 
douleur y cpnstipation spasmodique (fonctioa de relation) , chaledr , 
rongeur , pulsation des vaisseaux , tumefaction , augmenlauoa d* bi 
secretion muqueuse dans le vagin (fonctions de nutritioo). Pe ip^mp 
quand un grain de sable a penetr^ dan^ rceil^ on que celui^^i a re^ii. w 
coup, il y a douleur, papillotage, etincellesj mouches volantes, viqlt 
lens mouvemens des muscles (fonctions de relation), rongeur, dUata^ 
tion el pl^qitiide des vaisseaux, cbaleur , tumefaction , augmentatiop 
de la secretion des larmes (fonctions de nutrition). Quand un corps 
^trunger presse Testomac , on eprouve; une sensation de pression, un 
briilement sourd, des mouvemens tumultueux tels que haui-le-corps 
et vomissemens (fonctions de relation) , d€;s pulsations des vaisseaux , 
une sensation dechaleur etde froid, avec ballonnemeni de la r^giou 
stomacale, augmentation de la s^cr^tion du sue gastrique (fonctions 
de nutrition). Les anciens paibologistes appelaientces symptdmesdes 
symptdmes actifs par opposition aux symptdmes passifs. Nous les ap- 
pellerons des symptomes de reaction OU symptomes primitifs. L'ensem- 



Ue d^ ces jfyoipjUliaies, sympt&rnes passifs et symptAmes die r^actioa, 
constitue l6$ ^mpi{bfie4 paihokgiqufis d^ la compref^ion. 

■ • -'■'■■■■■■• •; •■■2.- 

• ■ 

Gomparons maintenant les 3ympi6ines de reaction qui se ivtanifes- 
tent dans Torganisme centre unepressionpatbologique, aviecles ph^- 
nom^nes provoques par la compression pendant one fonction physio- 
logique. Prenons pour exemple la pression que Tembryon exerce $ur 
I'ut^rus dans la grossesse. Nous trouvons des symptdmes parfaiiefpent 
analogues aux symptdmes de la reaction Qonlrela pression paihologi* 
que. Nous observons .; comme reaction de la fonction d^ relation : 
mouvemens spasoiodiques des troippes imnipbiiesauparavani;, augmen- 
tation visible du Tplume des perfs dernterus et mouvemens visibles 
chez les animaux , des fibres musculaires de rdterusret cQpinie reac- 
tions de la fonction de nutrition: developpeipenjt considerable jdes vais- 
seaux , d^veloppement des fibres mpsculaires de Tuterus , aug- 
mentation du poidset du volume de ced organe, elevationde sa tern* 
p^rature, augmentation de la secretion des mucosites et des liquides, 
formation des enveloppes de Feipbryon , en sprte que nous $omm6S 
obliges de r^connattre une grande analogic entre les symptdmes de 
reaction dela compression pathulogique et les symptdmes de la com- 
pression phjfsiologique. 

3. 

Mais Forganisme est compost de differentes parties. Chacun de ces 
organes est ime de ses parties integrantes , et son unite n'est donn^e 
que par la somme de ces organes. Si done un des organes les plus 
importans est profond^ment affect^ , les autres ^prouvent une affec^ 
tion sympatbique , et de m^me qu'il se manifeste une riaction origi- 
naire dans Torgane aitaque le premier , il se manifeste des reactions 
sympathiques dans les autres. Gette reaction sympatbique de Tensem^ 
blede Torganisme sera appelee par nowsfievre simple, 

Dans tout acc^s de fi^vre , on distingue deux periodes : celle du 

fraid et celle de la chaleur. 

Si nous consid^rons les ph^nom^nes pendant la periode du froid , 
nous trouvons : brisure , abattement , sensations douloureuses teller 
qtie c^pbalalgie, horripilatiou , sensation de froid, symptdmes qui an- 



16 ABYUB DE LA M]h)BCmE SP^CIFIQim. 

noDceni le trouble des foncdons de relation , tmdis qiift le troobte 
des fonctions de nutrition se manifeBte par ceux-d : poalB petit et ac- 
c^ler^, abaissement de la temperature , gonflement des veines, dimi- 
nution des secretions. 

Dans la p^riode de la chaleur, nous observons : sensibility plus yive 
des organes des sens k leur stimulus sp^cifique, papillotage des yeux, 
tintemens d^oreilles, esprit agite , inquiet, d^lire , mouvemens volcm- 
taires et automatiques preeipites (fonctions de relation) , augmenta- 
1 ion de chaleur , respiration rapide , soif et augmentation des s^ri- 
tions (fonctions de nutrition), l^ous voyonsdans la premiere p^riode 
Torganisme attaqud dans aa totaliU^ et dans la seconde, nous le voyons 
riagir dans sa totaliti. La premiere p^rioder^pond done aux symptA- 
mes passifSf et la seconde, aux symptdmes primitifs ou reactifs , tels 
que nous les avons d^critsno l. 

Nous voyons en outre qu^onpeut, sans crainte de se tromper, ap- 
peler faction gdnerale lafi^vre'ou la reaction sympathique qui met en 
jeu tout Torganisme, par opposition k la reaction locale qui se borne 
^ une certaine partie de Torganisme. Nous voyons enfin que , lorsque la 
pression agit sur un organe, la fiivre se montre comme reaction g^n^- 
rale deTorganismcDem^me dansle developpement physiologique des 
organes, outre les reactions locales, il se manifeste encore une reaction 
g^n^rale sous la forme d'une fi^vre. Dans la dentition , par exenaiple , 
outre la reaction locale , il se maniFeste une reaction geaerale qu'on 
appellefi^vrede dentition ; ^I'apparition du lait dans les seins, se ma- 
nifeste une reaction geni^rale, la fievre de lait ; dans la digestion, ou- 
tre les phenomines locaux , il se manifeste une reaction generate , la 
fievre de digestion. Nous ne pouvons done douter que Tanalogie qui 
existe entre les reactions locales physiologiques et la reaction locale 
pathologique, ne se relrouve entre la reaction g^n^rale pathologique 
et lu reaction gen^rale physiologique. 

4. 

Oiiire les reactions locales ou primitives et les reactions generales 
on sympathiques , d'autres ph^nom^nes se presentent encore h Tob- 
servaieur. Certains organes ont entre eux une telle affinit^^ que siTuii 
estplusfortementattaque, Tautre fonctionne plus activement aussi. 



HEVUE DE LA M^DECINE SPECIFIQUE* f tVl 

CeUe afi^ite est designee sous le nom ires-juste de polariU. Si done 
des organes sont comprimes et reagisseat centre la pression, des mo* 
dificatioDS evidentes se nianifestent dans les organes en rapport de po- 
larity avec eux. Par exeniple , quand le cerveau est comprim^ par 
8uited*une extravasation ou par des disorganisations, ilse declare, des 
vomissemens et une abondante secretion de bile, parce queTestomac 
et I atdte sont en rapport de polarity. II en est de mdme de Testomac 
et des reins, en sorte qu'une pression exerc^e sur les reins par des 
calculs, provoque le vomissement. Nous appelons ces pb^nom&nes 

riactions spiciales, 

Ici encore nous retrouvons une analogic entre les fonctions physio-* 
logiquesetles reactions pathologiques. Lorsque, parexemple, lafonc- 
tion physiologique de la conception s'exerce , les parties g^nitales et 
lesseins prennent parti raccroissementderactiviie vitale, et dansla 
dentition, lorsque cette activity est portee au plus haut point dans les 
mdchoires etla bouche , tout le canal intestinal et tout le systime os- 
seux s'en ressentent. 

U y a done : g 

i® Des sympt6mea passifs^ locaux, de i'organisme , effets de Taction 
de la puissance exterieure. 

2® Des sympt6mes actifs^ locaux^ de Vorganisme , reactions , symp- 
tdmes primitifs de Torganisme. 

3* Une riaction sympathique ginirahy fi^vre. 
4** Une riaction sympalhique spiciale^ polarit^. 

Dans un prochain numero, nous examinerons quel estlebutdeces 
reactions. 

dinliiue de I'ltApital Itomceopatliiiiue de Iieipads ^ 

Var le doctear NOAGK. 

p i. Uleteecaut^rii^l 

Jules Jung, petit garden de dix ans, d*une constitution scrofuleuse , 
qu'on disait n'avoir jamais et^ serieusement malade, avait mis, quatre 
ans auparavant, un morceau de chaux Tive dans la poche de son pan- 
talon, lequel lui avait cause uoe briilure i lapartie pQSf^rieure dela 
IV. 2 



MHfe^ gsWcli6 jusqu'atl jarret. Gett€i plaie s'^tait dcatris^e M gfande 
ffkttib J liikf^ il liii en ^tait reste dans le jarret des ulcerations profon- 
itii^ tdiltdC j^fd^, tadtdt moins larges , qui^se couYraient^sans cesse de 
(JftiAteiilig^es. Lorsqa*on enlevait cescroAtes^ il tie tardait pas i s'M 
fthfld* d^ttiitl'es sur les Dlc^ratliODS qui suppuraient. La pean soiiii le 
jkf^^ tt dels ddtix c6iis jtisqvCk la rotule ^tait cicatris^e , tendite ; M 
Hk t^iidon^ de^ gastrocnemietis tellement raccourcis qne le malade ne 
^utait dpptiyi^l* qd'aTec peine le talon en marchaiit. An mitiea du 
jjUlrM i^^ (I'otttdidht qtlatre til(5eratittis doutettes citi partial de croftt^, 
en partie de pus louable , et qui n'etaient point fistuleiised , tiiais qtii 
Ikthkiebt it Vltildntes douleur^ lancitlarites Te&atit de Isl f)rdfoiideur. 
IM^dttg^ ^tti^I^ et cuntharid. 3 gut. i , totites les trois beilre^. Apfte 
VtW yiii etttirbtt deux gi'ds du th^dicattient, c'est-a-dir6 i^ troisi^Ble 
JMF ddtriiitcltiietit,lc!nialade fut gti^H. Les ulcerations etaientparftd- 
tllttSUt cibiitbis^^s, les cibatriced solides ^ indolent^d ^ Hen ne les dis- 
tHtj^^mit ^\\A d^§ p&rties Voisibes. 

2. Ulcere scabietix. 

¥¥. Wi Sl^cl^li ftelliei*,^^^ de s^ize ans, d'tine constitution lympha- 
tiquc, uvait et^ traits d'une gale a i'h6pital de 8t- Jacques pendantle 
Witk d'dtrit 18^0 ; ftoufiiis ab traiieiti^ht anglais et renvoy^ coinme 
gu^ri le 29. A la fin de mai de la ni^me ann^e ^ il lui est Tenu au ge- 
nou droit et a cdte delail^tulei an milieu de douleurs qui persistaient 
encore et d'une tumefactidU de p\vi% et) pltis considerable de Tarticu- 
IftinMi; Uh g[rbtli)@ d^ (Mlstttles qui j^talent une grands qiiantite de pus. 
Ces pustules ayant confine , il s'etait forme un ulcere qui Vemp^chdit 
de se servir de son pied. Le 11 juin 1840, cet ulcere avait deja deux 
lignSld^longsiir iiH poucie tie targe; il avait uhefor'ihe iiitorig^e, mais 
jndeterminee; les bords en etaientblanchdires, releves ; le fond sale, 
el il secretaitune grande quanlite d'ichor aqueux, tres-infecte. Tu- 
mefaction considerable, dure, du genOU. Cantharid. 6 gut. 1 , toutes 
les trois heiires. Le 15 juin, Tenflure du genou avait deja diminu6 
d*hfi^ hiiliiire notable, les bords plus plats aVaient perdu leurtJbtileur 
feiadchAtre ; le maladc n cprouvait plus de douleur ; le fond de Ttil- 
88fri montrailune bonne coloration, le pus etait louable, visqueUx, Vdr- 

id&tre biano, et iln'^taitpius infect. Le 19 juin ; les bords s'etaient 



RETUB DE LA Ml^ECnCE SPtoPfQUie. M. 

rapprocMs. Lemalade me dit que Toed^mese montrait ordinairwutit 
le soir autour de l*ariiculation delacheville. Le !•' juillet , TvicdrB 
^lait reduit au quart, et les bords en saignaient facilement,. On M 
remarquaitpasd'ced^me. Cantharid. 4 gut.i , toutes les trois heorat. 
Le maiade fut gu^ri apris avoir pris environ les deux tiers d'Uafla^ 
coQ qui contenait deux gros du mMicameDt. La cicatrice ^tait asset 
dure dans la ciroonf%rence» Letraitement dura vingt-buit jours. 

3. Ulcere prorenant d^tngelorei. 

J.^G.«^aries Werner, Ag^ de quarame-six ans, d*«ie consiitilttoii 
veideuse^ quisuaic des pieds, avait en^ trente ans auparavaht^ la partie 
charaue du gros orteil du pied gaucbe gel^e , et cet accident Tavoit 
beaucoup incommode depuis. II y avait six semaines , (fin novembre 
1840), qu'il Tavait friciionnee avec deTopodeldoch. L'engelures'^aic 
enflamm^e , ctaic devenue trte-donloureuse^ avait enfl6etataitfiai 
par s'ouvrir. L'application de cataplasmes de cumin m I'avait poinl 
soulage. Lo {;ros orteil presentait une place toute moUe , blanche, sn-^ 
iniante, deia grosseur d'un franc, oiisetrouvait une petite ouverture 
qui iaissaii echapper une mati^re aqneuse, puante. L'ulc^e n*avait 
{MIS subi de chaogemenc depuis bien long-temps; les doukurs ^taient 
Bioderees et lancinanies. Phosphor. 2 gat. i , loutes les trois heures; 
Ledeuxiemc jourdu traitement, le maiade ^tait parfaitement guM; 

4. Ulcere ^rjsip^lateux. 

Adalbert Pamt^ imprimeur en tailie-douce, Ag^ de quarante-quatre 
ans, d'une constitution veineuse , avait en la petite-v^role natnrelle , 
la gale, et doiize ans auparavant , une inflammation de poitrine. De-^ 
puis un an, il iui ^lait venu trois ou quatre fois dcjii une inflammation 
^rysipelateuse a la jambe gauche, etilse montratt de temps en temps 
des (races d hemorrhoides fluentes, avec picotemens et mordications 
coniinuelles dans la peau , et tremblement des membres par suite de 
Tabus qu'il faisuiides liqueurs spiritueuses. Au commencement de no- 
vembre 1840 , il iui vint au pied gauche , au milieu , sur le tibia, one 
vesicule avec une areole d'un rouge fonc^ a rayons , qoi s*ouvrit et 
forma un ulcere peu profond, mais qui s'etendit rapidement. Le trai*> 
tMNBjt conneofa le 14 novembre. L'nlcire , 4e la grosseor d*vnM 



20 REVUE D£ LA MKDEClNE SPECIFIQOE* 

pitee de dix sous , etait couvert d*une croAle mince , d*an rouge de 

caivre, dedessous laquello couiuil iino matiere peu epaisse^ aquewe, 

et qui causait par momens des douieurs lancinantes. Tous leg ales- 

tours montraient une iDflamniation erysipelateuse ; la peau etait forie- 

luent tendue ei il ressentait des douieurs bruiantes. 11 ne se plaignaic 

que d'uD sommeil agite , de rdves p^uibles et de f requeus FrissoQBe- 

mens le soir. Nux vomic 2 gut. 1, tontes les trois lieures. Au boot de 

quatro jours, diminution considerable de la rongeur erysipelateuse de 

la peau , mats exacerbation des douieurs dans Tulc^re lui-mftme. La 

croAteetuii tombee et laissait voir un ulcere rood, a bords uniset fbn- 

dus, blanch&tre, peu prol'ond, jetant une grande quantite de matiere 

qui n'avait pas de mauvaise odeur. Cantharid, 2 gut. i , toutes let 

trois heures. Le troisieme jour du traitement , diminution deT ulcere. 

Aumollet du m£me pied, on remarqua une tumeur dure^ un peu en- 

Hanin.ee, donloureuse au toucher. Cinq jours plus lard, le 27 novenr 

bre, dimioution visible de la secretion aqueuse. L'apost^me du mol- 

let montrait a son sommet un petit point blanchatre , et ii ^tait i crain- 

dre qu1l ne s'ouvrlt. Conium i gut. i , toutes les trois heures. Le 4 

decembre, Tulcireetait couvert d'une croute solide; violentes dou<^ 

leursbrulantes dans le roollet , sensation douloureuse de suppuration 

iniericureau moltet, g^nant la marche. j4cid, phosphor, h gut. 1, toutes 

les tiois heures. Lo 10 decembre, le malade n^eprouvait plus dedoa- 

ieur dans le talon. L'induration du moUet causait une violente tension, 

mais pasde brulement , et ne montrait d'aillenrs aucune fluctuation. 

Le 43 decembre, il s'etait forme ga et la, a la jambe, ditTerentes places 

rouges et dures, mais elles avaient bientdt disparu. Le 10 decembre , 

trente-sixieme jour du traitement , je vis le malade pour la derni^re 

fois. La croAte etait tombee, la cicatrice etait lisse, un peu plus rouge 

que les alenlours, solide, et la jambe ne presentaitplusriendanormal. 

5. Ulcere imp^tiginenx. 

W. Rohr , serrurier , ftge de vingt-sept ans i scrofuleux , qui avaft 
eu la gale trois ans auparavant, eprouvait depuis cette epoque un 
violent prurix a la peau , surtout a une place de la jambe droite , au- 
dessus de la malldole exierne; en sorte qu'il etait oblige de se gratter 
jusqii'au sang. Il ep r^suha une inflammation suiviQ d'exnlceration , 



''M 



REVUB D£ hk M^DECINE SPJgaFlQUE.. 21 

qui laissa qnatre trous, dont trois guerirent plas ou moios vite ; m^is 
doot le quatriime resta ouvert et fut traite quelque temps par uii 
chirurgien* L'ooguent de zinc et le baume de copahu qu'il prescrivit, 
n'ayant rien produit , le malade eut recours ii des rem^des domestic 
qoes. Le 15 decembre , cet ulcere avait la grosseur d'un oeuf de 
pigeon, et environ quatre lignes de profondenr ; il causait des douleurs 
lancinantes. Le fond en etaitd'un rouge clair , les bords plats , bleu&* 
tres ; ilen sortait une quantite mod^r^e de matiere aqueuse, ichoreuse ; 
les alentours en etaient converts en partie de croAtes brunes, sales, 
en partie de restes d'onguent ; toute la jambe ^ celte place ^tait dure 
et un peu enflee. Du reste , le malade allait bien. Acid. /J^f^hotn * * 
2 gut. i , toutes les trois heures. L'emploi de ce medicament fut 
continue sans interruption jusqu'au 8 Janvier ; mais on apergui peu 
de cbangement. D'abord les douleurs sembl^rent un peu diminuees , 
etlefond commengu k montrer quelque granulation; mais k tout, 
prendre , la reaction fut peu* de chose , les bords s'elev^rent m^dfa , 
et des douleurs pressives se firent sentir dans les alentours. jirsen. ^^ -^ 
2 gut. i, toutes les trois heures. Les bords de Tulc^re furent rapv ' 
proch^s an moyen d'un empl&tre agglutinatif. Le 27 fevrier , Tulcere 
avait consid^rablement diminu^ ; la matiere semblait un pea plus 
eonsistante , et la granulation etait evidente. L'usage du medicament 
fot interrompu du 17 au 26 fevrier. Ge jour-la , I'etat 6iant station- 
naire, on prescrivit silic, 2, dont le malade prit une dose tons les deux 
jours jusqu'au 4*' avril Du 1*' avril au 14, ii re^ut slUcca 4, trois 
doses; le \£^^yT\\^ Tulcire etait ferm^ , ^ Texception de quelques 
places excoriees ; il ne causait plus de douleur , non plus que la 
tumeur de la jambe qui ^tait legerement rouge et tirait sur le livide. 
Le malade, content de son etat, ne voulut plus continuer le traitement 
qui avait d^ji dur6 cent vingt-quatre jours. 

6. Utcdre rariqaeui. 

Premier cos, Gottlob Hoehne , ma^on , dge de cinquante-trois ans, 
d*une constitution lymphatique , avait eu dans son enfance la petite- 
T^role naturelle , et ne se sonvenait pas d'a voir jamais fait de maladie. 
En 1821 , il lui etait venu au-dessus de la cheville interne du pied 
([anche une vessie qui , k force d'etre grattee , s'etait cbangte en uq 



kSVUE DE hk Ml^DBCINE SPlfiOrFIQUE. 

iiteire Mtan^. Aprds avoir consuh6 sans succ^ plasiemv mMecias, 
il s'^tak ac|r6ss6 en 1822 au docteur Hornburg qui TaTait gu^i en 
dix-bok BM)ls. Depuia cette ^poque , il avait eu h peu pria trois re- 
chutes y et le mal s'^tait gu^ri en partie de lui mdme , en partie, k ee 
qu^ileroyait, par Tappbcation de compresses cl*eau-de-vie; maia il 
avait reparn depuis trois mois , et cette fois , ni les compresses d'eaa- 
de-vie , ni les autres rem^des domestiques ne Tavaient soula^. Le 
39 avril 1841 , on apercevait au-dessus de la cheville interne da pied 
gauche un ulcere de la grosseur d'un ^cu , avec un fond de couleup 
aospecteet des bords pftle8,calleux,retourn^s,dechiquel^s, quijetait 
vne matiire aquense , puante ; tandis que les alentours , i la distance 
d*une main , offraient ^n aspect livide , raboteux , par suite d*on 
gonflement des veines de la peau. Le jour, lemalade se plaignait d^on 
l^ger brAlement dans Tulc^re , et d'une grande lassitude de tonte la 
jambe. La nuit, les douleurs devenaient insupportables ; elles ^taient 
lancinantes , s^catives ; il n'avait quelque repos que le matin. Du reste, 
toutes les fonctions ^taient k T^tat normal. Sulphur, i , deux doses 
par jour. Le 6 mai, Vulc^re avait un meilletir aspect, et dans la nuit 
du 7 au8, le malade put dormir paisiblement pour la premiere fois. 
Le 23 mai , Tulc^re ^tait parfaitement gneri et le malade ne se plat* 
gnait plus que du retour des violentes douleurs nocturnes auxquelles 
s'^taient joints des dechiremens, lelong de la jambe. Pulsat. 2, une 
dose chaque jour. Le 15 juin^ le malade vint annoncer sa gu^rison. 
En examinant son pied , on trouva une cicatrice d*un rouge brunfttre , 
lisse , molle , mais indolente. 

Deuxieme cas. Marie Christiane Gandlitz , batteuse en grange et 
messag^re d'un village voisin , Ag^e de quarante-et-un ans , d'ane 
constitution veineuse, qui avait eu quatre ans auparavant une fifevre 
intermiltente et qui souffrait alors de decbiremens dans le bras droft, 
avait eu pour la premiere fois a vingt ans ses regies, qui depuis pa- 
raissaient toujours r^gulierement et sans accidens*ElIe avait six en- 
fans qu'elle avait nourris elle-m^me. A la suite de ses dernieres 
couches qui avaient eu lieu cinq ans auparavant et qui avaienc n^ces« 
sit6 la presence d*un accoucheur^ elle avait un prolapse considerable 
de la matrice. Au mois de mai 1839 , il lui etait venu au tibia droit 
une {Uistul^ qui lui causait des douleurs rongeantes el a laquelle il s'e^ 



JQignit pm i peu d'aiilres. Toutm ^ changir^ en uki^ei^ \ m #9 
comptait peuf , lel2ocu>bre iS38. Ces ulcir^ «i'aY(^ei4 pwtf HM 
forme d^t^rminee ; ils avaiept; la grofsear d'uno piipp 4e di^lPiiili 
les bords en (§ta$ent plats et mouji, l3 fond pAl^i pF9«4iH^ MI^VMM^ 
la peaii ; ils jetaient we matif^re »i}i}^^s9, Les ^l^^twiff^ ^ ^ttiffOt 
enflammi^s, luisans, ^rysip^latepx , twt@ U j^bi pMs«Mj|^t dl^ffftr 
rices considerables. Le malady ne S4i plajgn^iit qn^ di doHleim far^ 
lantes et tensiviss, dans le pi^d malgd^, le maMp en f^ kf iQtf i^Ofi 
^oc^. 42, uoe dose obaque jour. Jusqu'eu 4 mmmbfa, VMtAflrmi* 
liora tenement qne quelquesi-uns des ula^rns mi Vf Qiptoai^ilt d^i|tt 
croissances cbarnnes, tandis que d'aptres se Gm^pmni dA fif>pAMi« 
La tam^f action et la rongeur avaient visiblem^t dimiMui* La M« 
vembre, deux ulcdres ^taient eptoures de bords liy|d^l, ftn bouffolfHl 
les autres (§taient^ en pleine suppupatiQn. *fpmlHf mifthftrh ^ ftm* li 
huit fois par jour. La 24 novembre, on m» U dirfi q«& d^puii \9 ii i 
la jambe s'^taif; de nouveau ouy^rte partAUli ; iP^i^ qa§ depniaiiM 
couple de jours, sept des qeuf i^lcere^ s'^t£|im^ fimvpr^ d§ J||§Aiil| 
et que les diBU^ qui ^taient restl^SI puyert^i ^t^m^ dey§f}v)s |^% pftr 

tits ; et cependaM b fieA avait isop^jderabJleneitf 0PS^ depnis^ §4 
cauaait des dpuleurs , en sorte qn^ )^ 'm^l^idp d^v^t gajpder \(j^ lit; 
Pensaqt que 1q in^c|icamept avait prciypqu^ - ^99 r^2ic^^ f^f^ vl^r 
lente, on d^fendit d'en contipuer Tusag^^ Ot w p^om^iWRd^ d« i» 
tranquillity e^ la propret^. {.e. 27 noyeinhre\ je Mrpi^vai \^ iivmi^^ 
tion moindre, Tepidernie lis^e et pU$^e, la peau d'UA FPMg^ {^ifi^r iSt 
toutes les plaies ulcerees couyertes de cronteiS s<^b<^- Pac PQiUve il 
s'^tait form^ a cdt6 de Tarticulation du pied et e^ avant de lQic(^vjiU(3 ^^ 
exterieiire , un depdt gros comme un osuf de poql^, e^tr^meo^^i^ ^^ 
dottlouf eiix, qu^ violent mouvement ayait fait ouyriir la ntiU pr^c^- 
dente ^t doQt il ^i^t sprti beaucoup de sang et de pus Vn^ auure j^a^ 
au milieu de rarticulaiion du pied montrait une fluctuation evi4^iUf^> ^ 
Silic. quatre doses du 28 novembre au 7 decen^re. A cette epaq^, ^. 
Touveriure de Tabces s'etait fermee, la place flucluaote oe %'et9it ^ 
pas ouverte, toute la jarobe etait couverie d'ccailles et de lajmelles * 
luisaotes comme de la nacre, les doulenrs avaieut diminue ; mais .unf) 
tension dans le mollet empechait la malatle de marcher sans le se£0i]|:s 
de deux bdlons. L'etat resta a peu pres le meme jqsqu au cQppij^Q' ^ 



^ 






M ^ RSTUB DE LA MBDEGINE SPJ^GIFIQUE. ^ 

cei^ent de mars. Trois h cinq ulc^res 6taient ouverts let jetaient un 
pusverd&tre, quelquefois de couleur suspecie; ils causaient la plu* 
parldulemps de violemes douleurs briilantes. Dans rintervalle, la 

malade re^Ut sulphur 12 et 6; lycopodium et siUc, 42, calcar. carbon. 
6t fycopod. 12^ arsen, 6, acid, phosphor. 6, sulphur i et lachesis 5. Pen- 
dant les mois de mars et d'avril , ram^lioration fut sensible sous 
Tnfluence de sabina 6-2 , r^pet^e tons les deux jours. Le ii avril , il 
ne restait plus que trois ulcdres ronds et lisses. Gependant Teflet le 
plus remarquable de la sabine se fit sentir sur Tut^rus qui rentra peu 
il peu et reprit sa position normale d^s le 49 avril. La malade n'etait 
point enceinte et la menstruation ^tait toujours r^guliere. Au reste la 
malade avait remarqu^ que les ulc^res empiraient ordinairement a 
r^poque de ses regies. L*am^lioration ^tant devenue stationnaire a la 
fin d*avril , on changea de medicament. Jusqu'au 4 aout , la malade 
re^ut tons les deux jours d'abord, puis tons les jours, une dose de 
eobaltum fossile 6. Tous les ulc^res se cicatris^rent parfaitement a 
l^exception d*un seul. Mais ce dernier pr^sentait un caractdre un peu 
phagM^nique ; il en sortait un pus &cre, puant , aqueux , et il ^tait 
entour^ de petites Erosions. II gu^rit aussi sous Taction continue de 
%epia 6 , et le 27 d^cembre, la malade, parfaitement guerie, cessa le 
traitement qui avait dur^ trois cent quatre-vingt deux jours. Je crois 
que lagu^risoneAt ^t^ beaucoup plus prompte, si la malade avait pu 
prendre toutes les precautions n^cessaires , et si j'avais moi-m£me 
administr^ les m^dicamens a plus fortes doses. 
M Un suite d'observations m'ont convaincu que le traitement par de 
f^ fortes doses, c*est-^-dire par la i'« — 4« preparation^ est le meilleur de 
/f tous, et que c'est lui qui est couronn^ des plus ^clatans r^sultats. Quoi- 
j^ qu'il se pr^sente de temps en temps des organismes dont la recepti- 
if y\i& est tres-grande pour tous les m^dicamens en general , ou pour tel 
M ou tel en particulier, je suis bien loin de regarder cetie receptivity 
if extraordinaire comme devant sefvir de regie generale. Les pr^para- 
^ tions dont je parle se supportent presque toujours fort bien ; il n'y a 
ff que le cas ou les maladies portent un caraclere de reaction ereihique — 
cas oil le plus souvent il suffit de r^gulariser le regime pour obtenir la 
^ gu^rison] — oii j'ai vu ces doses provoquer des reactions plus ou moins 
// violenteS; sansdlre inqui^lantes loulefois, et il m'a toujours suflS, soit 



REVUB DE Lk MJ^DECINE SPECIFIQUIQ. iflf 

dediminuer la dose, soitd^interrompre radministration dum^dicamenL // 
Mais partout oil T^lement morbide manifeste sa predomination par la f/ 
torpear de la reaction, il faut que la quantity du medicament feponde ^ 
ii cette predomination. Gette proposition s'est confirmee si constam* ^ 
mentdansma pratique <|ie je la regarde comme le veritable fonde- / 
ment de la posoiogie. Son application ramene a Tobservation des 
sympt6mespurementobjectifs, et elle embrasse plusieurs autres rap- 
ports distinctifs , tels que V&ge, le sexe, la nature et le si^ge de la 
maladie. Enfin, si le praticien tient encore k la connaissance de Tin- 
tensit^ g^n^rale des substances m^dicamenteuses dans leurs eQets sur 
le corps entier ou surquelques-unes de ses parlies, il a entre les mains 
la r^gle la plus simple qui puisse le diriger dans le choix du medica- 
ment. (Gazette homteopath. de Leipzig, vol» XXI, n° 4.) 

Kffets de la datura stramoiiiuiii , 

Var le dootenr SCHRGEN, de Hof. • •# « 

J'ai eu a traiter depuis deux ans quatre cas de prosopalgic centre 
lesquels echou^rent toutes series de medicamens , et qui fiirent enfin 
gueris en peu de temps par la teinlure alcoolique ou par Textrait de 

stramonium, 

Le premier concerne un homme de trente-trois ans , robuste , dis- 
pose ^ Tembonpoint. La douleur commen^ait au-dessus de Toeil gau- 
che, s'accompagnait d'un ^lancement tr^s -violent dans Toreille et 
s'etendait sur la joue , au-dessous de Toeil , jusque dans Taile gauche 
du nez. — L*acc^s arrivait k toule heure du jour ou de la nuit , et du- 
rait souvent, avec des intermissions plus ou moins longues, de trois a 
quatre jours sans disconlinuer. II ne tardait pas a prendre un carac- 
t^re predominant d'^lancement, souvent de dechirement. . 

Aucun medicament homoeopalhique n'ayant amelior^ Tetat, je 
donnai a deux beures de Tapres-midi un demi grain d'extrait de 
stramonium^ dose que je repeiai a quatre et a six heures. — Difficult^ 
a avaler, une secheresse inaccoutumee de la gorge forganl le malade 
a boire de Teau a chaque instant. En outre, leger etourdissement , 
pftleur, el^iincellescoupaiit perpendiculairement son horizon. lU'eiH 



" dormit vars dix heures , et le leo^dmaiq rnatio il ^'e?eilla parfaf (^r 

A, iDentguari 

IK. Le second cas differait peu du precedent ; i$(3u)ei|i0nl; il D*y|avaf t 

^N pas d'elancemens d'oreilles. Je n'ai dope pas b^soip de m'y arriSter. 

^. Je me bornerai a dire que le malade etait ifn b|)rnine d^ quarapte-deux 
ans , que la douieur avait $on si^ge dans Le p6U droit ^e la face, q( 
qu'un grain et demi de stramonium suffit pour la fajre disparaitre. 

Le troisi^me cas concerne une jaune fiUe d^ sei^e sins, d'urie qo^^ 
stitution delicate. Sa peau (ine et£|it co^verte d^ept^^lides au yjs^ge ; 
ses cheveux blonds ^taient d'une ^paisseur et d'line longueur eic^ 
traordinaires. Elle etait extr^mement irrifabl^ et (resr^^jettq ^ d^e^ 
maux de tete avec sensation , comnie si le peryeau lui yacjUail. ^ 
chaque pa$. Ses regies avaient paru Vannee pr^cedente , accor|[)p{^r 
gnees de douleurs dans Tavant-derniere molaire de la machoire in- 
ferieure du c6te droit. Ep in^ipg te|pp^, ^ §^{)l)l]|jlite augmenta 
tenement, que quand ces douleurs ^talent violences, il s'y joignait 
desjpasmes de poitrine qpi coupaj^nf la respiration , des douleurs 
d'estomac et des douleurs dans le colon transverse , suivis d'une selle 
diarrheique ^ p^ilipu d'accidens se)ub|^b]es ^ \^ f|^ffal)ance. Elle 
' restait ensuite quelque |emps tranqui^lp , ah^^ue , ju^qu'^ ce qu ua 
nouvel acc^ se declar^t. Ell^ etait, en outre, do tr^fip^^vaise hi|T- 
meur, pleurait beaucoup, s'irriiait de tout ou se tourn^^g^ait ^Ue- 
m^me. La prosopalgic elle-m^me commeng^it dans I9 de^t* qui etait 
toute cariee, s'^tendait sur tou^ ui^ cdte de la 0^^., cjftH? (Qute^ ies 
branches du nerf facial, et etait (ldc|urantf de s^ Qa(j^r^. -rr j'admi- 
nistrai inutilement di£(erens medics^iQ^ns penda^f p|usi^i]|V.s n^ois ; 
mais j'en obtins tout au plus m amendem^nt pass^^ger des ;yai- 
ptdmes. Chaque nouveljacc^s semt)lait a^6me plus violent qu^ei ]q pre- 
cedent. Dans son desespoir, la malade youlu^ se faire ^^^racher la 
dent dans laquelle la douieur commea^it , et j'y conscntis. L'extrac- 
tion devait avoir lieu a une epoque d'intermission ; mais lorsque la 
malade sentit la traction, elle poussa un cri si terrible , que , tout e,f- 
fray6, je ne voulus plus entendre parler de Tarracher. — Je me de- 
cidai , quoique malgre moi , a donner a une personne si irritable la 
teinture de stramonium, Elle regul, a deux lieures de Tapres-midi, 
si^gouues de teinture toute fraiche. Deux heures apres, nayaqt 



BEyUS M LA MlfiDEClNK SPECIFIQUE.^ Vf 

observe aucun symptAme, j'en adtninistrai neuf gouttes, el deux 
heures plus tard , six gouttes. Secheresse de la bouclie et ^tincelles 
dcvant les yeux. La malade etait silencieuse ; elle soupa d'un peu de 
soape , se mit de bonne heure au lit , dornnit la nuit d'un sommeil 
agil6, anxiaux, plein de rdves , et s'eveilla sans douleur. Le lende- 
main , elle etait tout abattue ; mais la douleur n'a pas reparu depuis 
un an, quoique la dent n*ait pas ete extraite. Depuis celte epoque, 
quoique encore irritable et triste de ten[)ps en temps, elle ne se plaint 
plus de rien. Sa menstruation est encore faible, mais reguliire. Etiq 
n'^prouve non plus aucune douleur pendant Tepoque. 

Le dernier cas est le plus important el le plus inslruclif. — Une 
femme de quarante-deux ans , ^galement tr6s-sensible , mere de plu- 
sieurs enfans , qui 6tait sujelte a de fr^quenies et copieuses h^mor- 
rhagies par les parties g^nilales , fut altaquee d'une prosopalgic , 
apris avoir souffert long-temps de maux de denis plus ou moins vio- 
lens. Les paroxismes se succ^daient rapidemenl et duraient long- 
temps. La douleur attaquait le c6te droit de la face, et s'^iendsit-sur 
toutes les branches du nerf facial , depuis le foramen stylo-mastoi- 
deum jusque dans Taile du nez. C'etait une doulenr d^chirante et si 
terrible, que le c6ti malade de la face se contractait, et que les muscles 
oscillaiest. — Apris avoir administre inutilement plusieurs medica- 
mens , je donnai , k quatre heures de Tapresmidi, un quart de grain 
d'extrait de stramonium^ et deux heures apr^s , je fis prendre de nou- 
veau la moitie de cette dose. Une troisi^me poudre efaii pr^te; mais 
la malade ne la prit pas, parce qu'elle voyait d^ja des etincelles et 
eprouvait une soif inaccoutum^e. Se sentant tout ^battue, elle np 
tarda pas k se mettre au lit. La nuit fiit assez bonne. Le leudemaiii , 
avant ma visite , elle prit de nouveau un quart de grain de stramo- 
nium. Ce medicament , dont elle avait pris ainsi trois quarts de graiif 
en tout , provoqua les sympt6mes suivans : 

Au-dessus du bas -ventre, en travers, dans la region el la direclioo 
du colon transverse, 11 se declara; environ trois quarts d'heure apre^ 
la prise de la derni^re dose, une sensation d'^cartellement; elle se 
changea en un dechirement que la malade comparait a la douleur 
qu'elle aurait eprouvee si on lui avail lire les iuteslins en sens inverse 
jusqu'^ les d^irer. 



o II s*7 joigoit une espice de kirn qui se d^clarait dis que le dd- 
chiremeut diminuait un peu , mais la malade dtait hors d*etat de 
maoger. 

La X&ie commeD^a a enfler ext^rieurement ; elle y dprouvait a Tin- 
t^rieur une sensatioa comme si le cr&ne allait ^clater, ainsi qu'une 
espece de plenitude avee violens bruissemens dans les oreilles» 
comme produits par le vent. 

Elle perdit presque entierement Touie ; elle n'enteadait plus que 
quand on elevait beaucoup la voix. Elle comprenait alors ce qu on 
disait, mais , disait-elle , c'^tait comme si elle ne pouvait plus en~ 
tendre. 

Des etincelles lui voltigeaient devant les yeux comme des eclairs , 
se mouvant toujours a un point de Thorizon plus eleve que celui d'oii 
eiles sortaient. 

Elle ressentait un fort battement dans les tempos , surtout dans la 
droite ; en m^me temps rongeur de la face plus foncee, sans que la 
t^te fti au toucher plus chaude qu'^ Tordinaire. Elle ne se plaignait 
non plus d^aucune sensation de chaleur dans la t^te , mais seulement 
d'uu dcartellement. 

Le nez dtait plus sec et plus rouge qu'a Tordinaire. La malade sem- 
blait avoir perdu aussi Todorat; elle assurait qu'elle ne sentait aucune 
odeur* 

Elle avait dans la bouche un goAt comme de pus. 

La gorge etait seche, sans difiicultd d*avaler; soif immoddree^ 
malgrd la grande quantity d'eau qu'elle buvait. Brulement dans le 
gosier comme s'il y avait un fer rouge. 

Elle avait la poitrine (les poumons) tr^s-affaiblie. Elle ne respi* 
rait que rarement; non qu'elle ^prouv&t quelquc difficultly mais 
parce qu'elle manquait de force pour aspirer. 

Plus tard elle ressentit pendant une heure des picotemens tr^s- 
aigus dans la region de la cinquieme et de la sixieme c6te, i une 
place bien circonscrite, de la grosseur dun franc, lesquels s^exacer* 
baieot quand elle respirait. Cependant on ne remarqua pas que la 
respiration s'arr^t&l, comme dans la pleuresie. 

Les decbiremens d'intestins reparurent a un tres-haut degrd et 
furent suivis de plusieurs selles diarrh^iques qui $oulagerent. 



iktwt Dfi LA MfiD^crNB siȣciriQtJt:. J9 

L'abaUement et la bri$ure augment^rent cependant , et la malade 
Se sentit fort mal ; elle s'imagina qu*^ n'en reviendrait pas. 

Au bout de cinq heures elle tomba (^ans un doux sommeil dont 
elle se reveilia tr^s-faible, mais delivree de tous les autres symptfimes. 

J^avais laisse le medicament agir en toute liberie , malgr^ Tin- 
quietude que je commensals a resseniir. — La prosopalgic n'a 
pasreparu. La faiblesse et Fabaltement persist^rent plusieurs jours. 

(i^y^ea, XIII, 193.) 

Prolapsus de Tanus yu^ri par la noix Tomique 

employ^ k Text^rieury 

Var la doetenr KOCH, de Stuttgard. 

Le docteur KaUenbach observe (1) que celte affection exige tou- 
jours un traitement chirurgical. Je puis prouver le contraire. 

Un officier qui avail fait la campagne de Russie souffrait depuis 
quinze ans d'un prolapsus , suite d'un mauvais traitement d'fiemor- 
rboides fluentes opinidtres, et surlout de rapplication rep^tee de 
sangsues k Tanus , car le malade^ indiquait encore la place ou elles 
avaient ii& poshes , et c'etait precisement Tendroit ou le prolapsus 
elaitle plus considerable. Les eaux de Grafenberg n*ayantrien pro- 
duit, il s'adressa a moi ^ il y a deux mois. II se plaignait de douleurs 
brAlantes, mordicantes ii la place susdite. Je lui proposai de lesou- 
meitre i un essai, et il accepta. En consequence, je mis douze 
gouttes de teinlure de mix vomique dans de Talcool et de Teau de 
fontaine 5 j , et prescrivis d'en prendre de six a huit gouttes dansun 
lavement froid. II faisait depuis long-temps usage de lavemens pareils. 
Le resullai fut edatant : la douleur cessa au bout de pen de jours , 
et au bout de deux semaines. il eul des selies sans prolapsus. II fut 
pris ensuite d'une diarrhee, elle prolapsus reparul. La diarrhee 
fut guerie , Temploi de la noix vomique continue, et Tanus resta a sa 
place. Cependant il continue i faire usage du medicament. 

Je supplie mes coliegues d'employer plus souvent nos medicamens ^ 
en application sur la place affectee; certainement le nombre de nos Jf 
guerisons en augmenlera. ( Hygea , XIII , 85. ) ff 

kA: Voir noire l*C".:e, va!. II, p 23. 



10 EEVUB DE LA IC^DECIKfe Sp£cIFIQTIIe/ 

[ObnerTattoiui d^HallueinafloiKi ^ 

Et gaelques exemples d^hallueihalions produites par des midicamens , a 
{'occasion d'un mimoire sur la daiura stramonium du docteur Moreau 
{de r*«r*)/ 

NoUd eftipruntons ^la Gazette medicale de Paris , un mecnoire sur le 
trailement des hallucinations par la datura stramonium , il est dA ^ M . 
J. Mdi^euit (de Tdurs), ftiedecin de Tfaospicedela Vieillesse (tieiinnes). 

Considerant , coirtWfe il l^ dit ^ le ph^noiti^ne moral commeintime- 
meni lie a Torganisme, on doit diriger contre lui une medication sp6- 
ciale. Connaissanlla propriete qu'ala datura stramonium de produire 
des ballucinaiioni, c'fe^l elle qu'i! choi^it pbnr sapremie)ce experimen- 
tation, p:irce qtie I'ittdcretion Ta CtHidait d Temptoi d'uflie medieatioii 
homfi^opaihi(jU%, 

Ce travail d'Uh hofhrrtfe consdencleui et fort de sa conTictiOM ^ q«i 
^le courage d'entrer dans la rtiutfe ndUvelle, d'y chercher des tnotifi, 
de rendre cette cohvictiob (>lu^ piiissailte encore, n'esc pas settlement 
tan exemple des progif^^s de lascieltce, c'est un grand service qui lui 
(est rendu, parcie qull n'est pas facile dans les circonstances actuelles 
d'en faire une iibre et lafge application, sans i^tre accuse d'^branler 
l^ viel edifice sciebtifiqOe ^ )»atos reY^iller une foule de susceptibilites 
chatouilleuses , qui font bubstitUer Tirritabilite de Tamour-propre au 
culte de la science; serait-ce par un sentiment de crainte, ou de defe- 
rence poui^ elles , qu'apre^ uvoir prononce le mot homoeopathie , 
M. Moreau se set'ait servi dd ceux de medecine substitutive, adoptes 
parlesauteuris d'un "traite de Therapeuiique ; sous ce deguisement, 
auquel il pouvait d'ailleurs fort peu tenir puisqu'il abandonne Texpli- 
cation d^ f aits observes ■, les principes de la doctrine nouvelle peuvent 
en effet se propager, plus tard Tliabitudeou la necessite la fera pe- 
netrer jusqu'au sein des reunions iicientifiques sans y rencontrer ta 
V baine, ou le sarcasme avec lesquels ils ont d'abord ete accueillis. Si 
^ M. Moreau, au lieu de choisir le mode de publicite le plus simple ,• le 
^ plus facile, eut, avec sa conviction irreprochable , presente son tra- 

, vail a rAcademie de medecine , cette societe Taurait-elle sounis k 



i^eiamen? Aurait-elle etendu jusqu'a lui le privilege qu'elle accdrde 
iliefies|inembre3 et qui fut ainsi formule par Tund'eux : II n'est pas con- 
venabfe de censurer le travail d'un savant qui a rhonneur de vous 
appartenir (l)?Cela n'est pas probable. Mieux vaut encore encourir 

la censure et repeter : cependant lesgudrisons ont lieu par les semblables^ 

M. Moreatt n'a soumis qu'un seul medicament a TexperimentatioQ 
cllniqti^' ; nbii^ aurohs occasiod de rapporter quelqtles Ob^ervatidDS k 
r^pptti d^ sob tr^v^ii. 

» Lc^ hflllii^iiiatidils i^i^ kans dcmtrisdit, un des ph^noM^tles te^.plus 
frequens el les ^\\i^ i'emsli'quabl^s dd Talienation ttiehtale ; elles ddtisti- 
tnent pdr foi^ ^ elt(^s Sbtil^s Id fait {Principal dudedordUb intellectuel , le 
fait primitif et central auquel viennent se rattacher le^ (^dirvictions 
d^liraiit^s , ted |)eHersidtis du jugetnent , de la volonte ^ ded institicts. 

Souvent m^m^ ellds siirgisd&nt et demearent isol^e^ dahs ridteU 
ligence qiii lefs jiig^ fet left apprecid ,.aatipathiqaes a la iconsciefncd ^ en 
lulte cbritrd la toldhtd , f^h^ndth^ne excdhtriqtie ,' fait anormal de 
I'exidtence, t}tii rxe ^ef lid a auctlti trouble intellectuel. 

Une etude approfondie J de la nature des hallucihatiotis , de leur 
mode d'drigihe, bbiis ap{^retld ^tt6, dans uiie foule de cas, des liens 
Clroits f altachent le plicribmt^nd mbral a lorganisme ; c'est-^-dire , 
Teffet a la cause ( que ion me passe Texpression ) , de mat6riali8er Tacte 
merilitl. 

M'alppiiyaht sur tes cbrisid^rations dont la suite de ce Mettioibe 
demohtrera, j'fesp^l^e , tonle la jusie^ise , je mfe sdis demand^si, au lieu 
de suivrb les ferreitiens des aUteuts qui , jusqU'ici , n'ont teUtt conipte 
dfes h.iltuciti£liiohs qtie d'Uiid maniere accessoire , il ile serait pas con- 
venablc , rationnel meme , d'accfepier pour aihsi dire Ife pb6nom^ne 
menial clans son isolement, de i'y combaltre, de le saisir corps a corps, 
de dinger enBn centre lui une tuedication speciale. 

Pour ntteihdre ce but^ il fallait trouver un remede qui allat droit au 
roal'^ en dautres tbrmes, qui exer9at une action directe &ur Torgane 
l^se. 

Parmi les substances m^dicamenteuses , dofit ractioti sur le systeme 
nerveux est la plus evidente et la plus curieuse, la datura stramonium 
tient, sans auoiin doute , le premier rang. Persoune n'ignore en effet 
la singuliere pro[)riele qu'a celte plante de donner des hallucinations 
et des illusions de touto sorle , de jeter dans le delire , etc. 

(i) Stoce da 10 Janvier 1SS7, 



3,t KEVUE DE LA Ml^DEClNE SP^CIFIQUE. 

Ea faisant choix de ce medicament, je n'ai point prooede d'line 
maniere purement empirique. La voie de Tindu lion m'a conduit k 
Teinploi d'une ra6dication veritablement horaoeopathique , ou , si \%n 
veut , substitative , ainsi que s'expriment les auteurs da nouveau traite 
de therapeutique. 

Je ne crains pas denser de cette denomination pour caracteriser Ic 
mode de medication que j'ai suivi , parce qu'en effet on verra que les 
gn^risons que nous avons obtenues semblent etre le resultat d'une sorte 
de substitution d'une maladie a une autre maladie. La modification 
nerTeuse mentale , causee par le medicament , apres s'etre substituee a 
la modification organiqne preexistante , ou bien apr^s Tavoir exageree, 
a perdu insensiblement de son intensity, quelquefois s'est etcnduc 
brusquement, ^trainant avec elle la cessation lente ou instantanee 
des symptdmes primitifs. 

An reste , je declare d'avance que je ne tiens en aucune maniere a 
Fexplication basardeedes faits sur lesquelsje viensappeler Tattention ; 
mon but est exclusivement experimental et pratique : a mes yeux les 
faits seuls, mais les faits bien observes, ont une importance rielle. 

Pour entrer convenablement en matiere , je dois presenter quelques 
considerations : 

1® Sur la nature et le mode d'origine des ballucinations, c'est-a-dire, 
sar les consequences pbysiologiques qui , tres-frequemment , accompa- 
gnent leur apparition ; 

2* Sur la n^cessite d'6tablir entre les hallucinations une distinction 
basee sur leurs rapports avec les diverses anomalies intellectuelles au 
milieu desquelles elles se rencontrent , distinction que Ton a neglige 
de faire jusqu'ici , et pourtant d*une utilite eminemment pratique. 

line serie d' observations et des faits therapeutiqnes prendront place 
dans la seconde partie de ce travail. 

Vremi^re partie. 

Les desordres intellectuels dependent essentiellement d'une lesion du 
systeme nerveux, ou plut6t de cette portion du systeme nerveux 
. chargto de pr^sider a I'exercice des facultes dites morales. 

Qu^lque id^e que Ton se fasse de eette lesion , de sa nature intime , 
qu'on I'appelle organique^ dynamique , il n'importe, elle existc t la 
nier , c'est nier 1' existence meme des phenomenes qui en sont Texpres- 
sion, la traduction exterietire ; c'est diviser ce qui, de sa nature, fte 
pent elredivise, Torgane et ses fonctions, la cause et Teffet ; on d'au- 
trestermes, c'est etre absurde. 

Que Ton me pardonne de rappeler ici ccs verites triviales dfilps la 



REVUE DK M^dAcINE SPlfiCIFIQUE. • H 

science : ille fautbien, puisqu'aujourd'hui on semblele reconnaitre; 
il exisle je ne sais quelle propension a revenir aux idees qui dominaient 
au temps de Paracelse, oubliant que lelre humain, comme le dit le 
judicieux Montaigne : « ce n'est pas unc ame , ce n'est pas un corps , 
c'est un bomine , il ne faut pas en faire deux. » 

En pathologic generale, les rapports qui lient les desordres de fonc- 
tion aux organes sont , dans la plupart des cas , faciles a apprecier« 
Serait-il exact d'avancer qu'il n'en est pas ainsi quant aux desordres 
fonctionnels du systeme nerveux , considere comme agent des facultds' 
morales? Je n'lgnore pas que cette opinion estgeneralement accreditee.- 
Tout recemment encore elle a ete defendue devant T Academic de 
m^ecine , et sur elle on a bati un systeme de traitement des maladies 
mentales, dans lequel on a egard exclusivement aux phenomenes fonc- 
tionnels , sans tenir aucun compte des modifications reelles , biea 
qu'inconnues dans leur essence , qui sont neeessairement survenues 
dans Torgane d'ou ces phenomenes decoulent. Est-ce done que Toa - 
manque de fails pour etablir , entre le trouble des facultes morales et 
Torganisme , Tintimite de correlation , de rapports, que Ton conteste? 
Mais pour ne parler ici que des faits generaux qui se rencontrent , 
pour ainsi dire , a chaque pas dans I'etude de I'alienation mentale , 
dont la presence se fait sentir a chaque instant, n'est- ce done rien que 
celte terrible heriditi ^ cetle pridiapoAition nerveuse, comp og i eau 
pres inseparable de I'epilepsie et des autres affections convulsives , ce 
phenomene d'inlermittence commun a toutes ou presque toutes les 
affections mentales aigues et meme chroniques, etc* 

II me semble qu'il serait difficile de nier, dans tons ces cas, Tin^ 
fluence brute du physique , de la matiere organisee et crea trice des 
phenomenes fonctionnels. Dans ceux de transmission hereditaire^ 
par exeraple , ou Ton voit la folic se transmettre des merabres d^une 
famille aux autres membres , souvent avec les memes caracteres , les 
raemes formes, se manifester precisement a la meme epoque de la vie, 
■sous i'influence des meraes causes physiques ou morales ; ou , le plus 
souvent , quand le delire n'eclate pas, on voit, comme par une funeste 
compensation , le caractere des individus impregne en quelque sorte 
de Taffection dont le pere , la mere , Toncle , etc. , ont M frappes , 
et rappeler, par une extreme bizarrerie , une veritable excentricite , les 

symptdmes speciaux du roal heredilaire Comment s'opere cette 

transmission? c'est ce que , a coup sur, je n*entreprendrai pas d'expli- 
quer; mais, sans doute, elle est tout organique , toute moleculaire, 
comme celle de la phthisie , par exemple, ou de toute autre affection 
heredilaire, 

IV, ^ 3 



L^iafluence des affections conrulsiyes dans Tali^nation mentale est 
fKmtiae de tout le raonde. Mais il n'est pas question ici des eas ou las 
fl^Nlrdres de Tintelligenee coincident avec les desordres nerveox; noas 
y reviendrons plus tard. Je veux parler de la predisposition a I'ali^nation 
mentale , qui s' observe cbez les individus nes de parens qui ont 6te 
alteints de ces affections ; cq fait de pathologic mentale n'est pas mouis 
bien etabli que le premier. 

Jo ne rep^terai pas , a propos du pbenom^ne d'intermittence , ce 
qoe je viens tie dire de Tberedite ; il n'y a pas non plus , je pense , a 
ili^r Texislence d'une lesion patbologique quelconque ^ car il fandrait 
eil £iire autant pour les fievres periodiques; phenom^nes moranx, 
phenoinencs physiques , le fait d'interraittence les confond tous , les 
identifie, an moins quant a la cause qui les produit. 

A ce que nous yfinons de dire de VhdrediU , des predispositions ner- 
veuses{nou9i aurions pu meotionner encore celles qui se rattachent k 
Tabus des liqueurs alcooliques , de Topiuni , des infusions fh^ifor- 
mes , etc. ) 1 de Y intermittence ^ qui reyendiquent pour leur part un si 
bun nombre de lesions intellectuelles , nous de?ons ajouter qu^il est 
cxcessivenient rare que le debut de la folic ne suit pas sigaale par des 
sympluiues physiques , symptdmes fugitifs^ qui passeront inaper^us de 
ceux qui u'ont pas une habitude suffisante des malades, il y aura de la 
soif, do la constipation ^ des douleurs gastralgiques le plus souvent, une 
legem oppression presque toujours ( chez les femmes ) , des desordrea 
ou de siinplos irregularites de menstruation , du flux hemorrhoidal , 
une injection remarquable de la face , de la conJonctiTe, une sorte de 
turgcscenct* des levres , des maux de t6te , des tintemens d'oreille , de 
rinsomnio, des reves inaccoutumes , des palpitations , froid des extre- 
luiles, mnlaise general, etc. , etc. II £Aut bien saroir, dit Esquirol , 
qu'au debut de la folic, le delire de cette affection ressemble beaucoup 
au deliro febrile, que Terreur est facile... 11 importe de ne pas perdre 
de Tue ces paroles du medecin illustre que je viens de citer ; d'autant 
que la plupart des malades, quand on les amene dans les hospices , ont 
depasse la premiere periode d'acuite , it ne reste plus guere que des 
symptomes nerveux centre lesquels on sera porte a diriger tous les 
efforts thimpeutiqueSf sans tenir compte (bien a tort ^yidemment) de 
I'etat anterieur. 

Moua devons enfin ajouler a la liste des faits que nous venons de 
passer rapidement en revue un autre ordre de faits nombreux, dans 
lesquels la lesion orgnniquecst bien autrement evidcnte , ou cette lesion 
ettmise a nu par le scalpel de ranatomo-pathologiste^ nous voulons 
parler de Isiparaljrsie generale des alienes. 

£a Tsun se recrie-t-on que dans cette affectita les desordres intellec- 



taels n'existent pas seuls , qn'ils se compliqaent d'ane lindtk des iBloa- 
TeroetiB. Qae prou^e cette distinction ? Qa'importe la l^ion des 
tnouyemens si , ton jours avec elle, coincide ie trouble des &cultAi 
mentales , el qui plus est , tonjours ou presque tonjonrs le mdme genre 
de d^lire (d^lire ambitieux, id^es de grandeur, de richesses, vanity 
outr^s , etc. ). Dans la paralysie g^n^rale , lecerveau est les6 tout a la 
fois comme agent de la motility et comme agent intellectuel. La 
mAme modification de la substance c6r6brale , qui frappe IcMi mouve- 
mens , atteint encore les facultes mentales , et a pen pr^s toojours de 
la tndme mani^re pour les deux ordres defonctions; c'estU, aprda 
tout, un ph^omene pathologique fort simple , mais d'une haute portda 
dans la question que nous examinons. 

En presence de pareils faits , il me semble difficile de r^Yoquer ea 
doute la liaison intime de causality d.es desordres organiques et des 
aympt6nies morbides. Ajoutons que la plus simple induction doit porter 
k admettre des lesions , sinon identiques , du moins analogues , dand- 
les cas ou , moins heureux , Tanatomo-pathologiste ne pourra les 
decoavrir. 

Dans une foule de cas particuliers , qu'il s'agisse des causes, de U 
marche, du traiteraent des maladies mentales , la correlation des d^s- 
^ ordres physiques et des desordres intellectoels est tellement ^yidente, 
que Ton dirait plutot une yeviidXAQ fusion , que Ton me passe i'expres- 
sion , des uns et des autres , que de simples rapports existant entre eux. 
L'examen de quolques-uns de ces cas a fait I'objet de ma dissertation 
inauguraU* (1). Je m'abstiendrai de les citer de nouYean. 

Je dois niaintenant appeler T attention sur des faits atlalogues qui out 
nn rapport plus direct arec Tobjet de ce M^oire , faitd d' observation 
qui , jusqu'ici pourtant , out passe presque inaper9us , dont on n'a song6 
k tirer aucune consequence physiologique ou therapeutique , et qui ^ 
pour nous, ont ete comme le point de depart, la base theorique da 
traitement dont nous ayons fait usage contre les hallucinations. 

Rappclons d'abord les hallucinations et les illusions qui s'obserrent 
dans les maladies aigues. On sait combien les phenomenes sont frequens 
dans la p6riode grave de ces maladies , de celles surtout dont les prin- 
cipaux syropt6mes , soit primitivement , soit cons^cutivement , ont lour 
si6ge dans le systeme nerveux : mouvemens cons^cuti£s , l^ion partielle 
de la motility, perversion, abolition de la sensibility , desordres dtfa 
sens, haliucinatioM , illusions , d6lire, etc. II ftiut bien fappOrter tdtfs 
ces phenomenes a une cause analogue , sinon identique , (Jiielque id^Q 
que Ton se fasse de sa nature intime. 

tl| Bt IflittMCt 4« p^iii(lM , etc. «- Paris i fiOn 1630,] 



36 REVUE DE M^DEGIXE SP^GIFIQUB. 

La plupart des epileptiqucs , dcs hysteriques, ont defthallucinatUHU 
et de tres- varices , dont rapparition se lie ^troiteinent aux accidens 
nerveux , alors que rapproche da mal se fait sentir , que les premieres 
secousses , les premieres erampcs , certaines douleurs ont lieu dans 
divers points de r^coaomie, remontant, d'unemaniere bienapprfei6e 
du nialade , dc la peripherie au centre , des extremites vers Tenc^ 
phale. . . ; alors surgissent les hallucinations : ce sont des bruits etranges, 
des sons do cloche , de decharges d'armes a feu , le bruit que fait nne 
voiturecn roulant, le galop d'uncheval| etc.; quelquefois aussi des 
voix menacantes se font entendre , des fant6mes effrayans apparaisseat, 
Jes raalades croient qu'on les bat , qu'on les frappe ; ils montrent lear 
corps qu*i1s pretendent meurtri par les coups dont on lesaassommes. Un 
general croyait tenir un voleur et secouait violemment ses bras, comme 
s'il cut lenu quelqu un qu'il cut voulu terrasser ( Esquirol ). line jeune 
fille de dix-sept ans, que j'ai observee a Charenton en §827 , atteinte 
^d hysteric depuis deux ans , mais jouissant habituellement de Tinie- 
grite de ses facultes morales , quelques instans avant ses acces, se voyatt 
toujours environnee d'hommes nus, de soldats qui la provoquaient 
par dos gestes obscenes et lui tenaient les propos les plus licencieax ; 
elle s'a,^itait ^ repondait a leur provocation.. . Avec les accidens nerveux, 
dihparnissaient tons ces fantomes, et le calroe rentrait dans Tame de 
la jeune malade. 

£ii lliese generate f on peut dire qu'une observation exacte et faite 
sans idees pr6concues , decouvrira chez presque tous les hallucines , 
ti^ntot a une cpoque de la maladie , tantdt a nne autre , au debut prin* 
dpaiement, quelque trouble physique, le plus souvent dans la depen- 
dance exclusive du systeme nerveux , parfois s'alliant a des anomalies 
de la circulation , de la respiration ou des fonctions digestives. 
;,^ 11 n'est pas rare de voir les hallucinations affecter le type rimiltenp 
ou memo intermittent : c'est tantdt de jour , tantdt de nuit, quelque- 
fois a line epoque precise de la journee qu'elles se treveillent. 
(yChez un grand nombre d'hallucin^s , des congestions cerebrales, des 
c(>u[)s (le sang , des atlaques de paralysie , ont prdc^e les hallucina- 
' tions. Une femme dont parle M. ^of;f;/i,jdans son excellent livre sor 
les caitfes morales et physiques des maladies mentales , faliguee par une 
longue route, se couche par terre pour se delasser \ pen apres elle seat 
dans la tete un mouvement et un bruit semblable au bruit et au moiv- 
vement du rouet a filer: die s'effraie, neanmoins elle reprend soa 
chemin ; mais en route , elle croit ^tre enlevee a plus de sept pieds de 
haut... 

M. Lcuret^' Aans ses J/ag mens psychologijues ^ ecrils a une epoqae 
ou ilregardait, avQc tou^se^ confreros^tsesmaitres^ les 



^ r 



'--*k.^. 



# ■ 

RETVB DB M^DBCINK SPJSCIFIQUE. 37 

edmme ^tant on symptdme porement physique, cite^ d'apr^ Mathcy , 
robserTationd'an jeunehomme qui , allant k pied a Lyon , durant les 
fortes chalears del'^l^, fat prik ea route de deUrefr^netiqae. II s^cn- 
fbit sar la montagoe; il ayait yu un vieillard a barbe blanche et ydtu de 
drap blano , qui Tappelait a lai, et qu'il sniyit a trayers les rochers et 
les bois, s^imaginant que c*etaitle P6re-£ternel. 

Les hallucinations de J6r6me Cardan ^taient , ainsi qn'il le dit hii- 
mAme, pr^Mfes de yiolentes palpitations de ccenr et de la sensation 
d'un fort tremblement de terre (1). 

Quelques oiinates ayant Texplosion da delire, an malade, dontparle 
Guislain (Traiti de V alienation mentale] , resst^nt une donleur dans le 
bas-yentre; ane sensation d^gr^able, mais moins p^nible que la pre- 
midre, monte successivement de la r^ion ^pigastriqae a la poitrine et 
il la tdte. Alors Tintelligenoe se trouble; des illusions de toute espece 
s'emparent de son moral ; il croit yoir des personnag<es myst^rienx et ^ 
semble s'entretenir ayec des genies malfaisans. -•». 

Mais le fait le plus remarquable en ce genre et le plus prObant , sans #- 
doute,dans la question qui nous occupe est celui que Pinel a consign^ 
dans sa Monographic (i'' ^it., p. 66 , t. 11). Une femme ni^lancoli* 
que qui ayait conscience de son delire, s'exprimait ainsi : 

Le matin a mon reyeil , et le soir avantde m^cndormir , los nrlerrs 
de ma tdte 6tant plus yivement agit^es, une yoix (je manque d\ni]tre 
expression, je sens que cellc'la seule est exacte), cette yoix done rend 
des sons franchement articul^ , construit des phrases qui prcscnlcnt 
toujonrs un sens rarement obscur. Ley^ sur raon s^ant , cctte Toix 
oesse de se faire entendre. Cette singularite m'a fait naitre une re- 
flexion sur lestermes d'enthonsiasme et de credalite , et j'en ai concla 
qu'inspir^, possM^, b^ats, illuming, en an mot, toute la classe n r6- 
tAation , n'ayait pu ayoir , pour tout commerce samatnrel on celeste , 
que de semblables conyersations ayec le cenreau echauSe , ^lectris^ 
par one force toute corporelle (2). 

Le malade qui fait le sujet de I'obseryatiou quatridme de ce trayafl 

(1) Lilut^ du D^mon de Soerite. 

(I) n y a onecurieose remarqae k fiire ici en passant : tons les msnigraphes 
ent ezpriin^ Topinlon qae les prophites, les sorders , les illnmin^, n'^taient que 
das haltucin^. Ne seroblerait-il pas que cette opinion , que* du reste, nous par- 
tageons pleinement, lear a h\k sugg^rde par la m^lancolie dont parle Pin§l? 
Une hatlnctnte aurait ainsi donn^ la |ireniiere expticalion de ces phdnom^nes de 
penrersion de sensibility, qui en ont impost, duiant tant de si^cles, A des na- 
tions Mair^s, qui en imposent encore a presque tontes le» populations de TO- 
rient« et qui m^me obtiennent encore en Europe rassentiment de tant de gem 
crMolci« aveoglte par la superstition on rignorance^ 



39 JUSTUS P« MJ&DBUNB SJPiCfFIQVB. 

n'aTait il'hallochiations, lesoir, que iorsque sa tdfereposait ma roreilkir.. 
n lui ftoffimit de ae inetlre«ur son seaQt pour s'eu d^l^arrqMer, 

La tl^ese que noos aoutenons peut s* Mayer enoore des ^truQges mo-* 
dificatipivi que Tudagedes boissons alqooliqaes, de curtains poisopi fipv 
portent dans les bpult^ mentales. L^s ballucinatioas les plus yarieea, 
one peryersion plus on iqoins profonde de la sensibility gen&ale, ime 
ainguli^re exaltation de I'imagination , qtii donne de raotoaUti nax 
Oboses pais^es , de la vie aux fantdmes cre6s par la passion et )e d^sfe, 
on peut produire tout cela airee quelques gouttes d'aloool , quelqoei 
grains d'ctpiuin , d'extrait de cbanyre afrioain , d'extrait Ae b§Uadone, 
de datura, etc* 

Peraonne , sans doute, a nioins de fermer les yeux atoute InmierOy 
ne poorra se defendre de voir ici la correlation 6lroite, n^cessaire , dtt 
Taction wolfenlaire de Torganisme et des produits intelleotuels, la de-» 
pendance reciproque de la matiere et de Tesprit, et si j'osais ip'expri^ 
^ iner comme Cabanis, les resultats de la secretion , cbangeant avec lea 
^ modifications que les substances alcooliques , opiacees ou autres , font 
Bubir a I'organe steretenr. 

L'efiet des boissons alcooliques sur le syst^me nerveux est connn de toat 
le monde, je n*en parlerai done point. Gependant je ne puis n^e dispen-» 
9er de signaler ici deux faits de patbologie mentale, d'une certaine va- 
leur dans la question que nous traitons : le premier, c'est que, ooinma 
cause iloignde ou pridUposante , Tabus des boissons spirilueuses a uae 
large part dans la production du delire chez un grand nombre d'indi-i 
vidus; Cox ravaitd^ja fait observer; tres-souvent les enfans de ceipc qui 
abusent de la boisson deviennent fous ; le second , c'est que presqo^ 
toujours les hallucinations constituent le phenomene principal dn d^ 
lire, suite d'ivresse. Souvent meme, cbose digne de remarque, les bM^ 
lucinations existent seules , sans autre trouble intellectnel. Lesmaladaa 
apprecient bien leqr etat, ne se font pas illusion ni sur la cause, ni sor 
la nature de leurs imaginations^ ainsi qu*ib s'expriment, ils s'en inquiS- 
lent peu en general. L'experience leur a appris qu'une abstinence de 
quelques jours et le regime de T hospice etaient des remedes d'une effi- 
cacit^ presqne infaillible. 

II n'^^t personne qui n'ait entendu parler de Tetrange ipQupqce 
quVxereont sur les facultes morales oertaines substances toxiques ab 
mage obei les Orientaux; tons les voyageurs en ont fait mention. Des 
observateursjodicieuxet graves, entre autres Prosper j4lpin^ nous ont 
laisse sur cette matiere des details pleins d'int6ret. Gependant nous de- 
yens reQpnnaitre que, s'ils ont su exciter notre etonnement, ilsn^ont pas 
beaucoi^p ebranle notre incr^dulite. On a soin de faire la part de Ti- 
maginationdu narrateur, dont nous avons bien quelque raison de noua 



defier. L^on se figure presqae entendre le r^cit d'un deces merveilieax 
contes que la sultane Scheerazade des Mille €i une nuits racontoil'si bieii^ 
et Ton se doone bien de gar^ de tout prendre au serieux. Cette de- 
fiance, quo moi^m^me j'aymie avoir partagee, meme apr^ nn ^ejoup 
de plus de douze mois en Orient , n'est pas fondee. Essayons de nouf 
en rendre oompte. Bien qu'ils atent yecu au milieu de populations orien<^ 
lalei, la plupart des auteurs, sanaexoepter ceuxqui nous ont fait con^ 
naitre leurs habitudes, leurs moBurs, etc. , n'ont parle que par oal^diri) 
da Tefiet des substanoes qui nous oeoupent \ le moyen unique de btea 
connaitre o^t effet^ o'est Texp^rienoe personneUe. Mais on s^en effpavl 
et Ton ne th)UYe pas que ies resultats qu'on pourrait s'en promotti^ 
vaillent la peine de courir le risque de ^'emppisonntr ou tout au lUoins 
de porter une atteinte grave k la sante. On s'abstient done, et Ton m 
coQtente de inexperience d'autrui. C'c$t un moyea suffisant de s'eclairar^ 
pour quiconque surtout n'est pas familiarise aveo Ies dosordres ai vav- 
ries , inexplicables , des facultes intelleotueUes. On reste donodnnaM^ 
doute, et qa doute ne peut manquer d'etre paiiage par ceux qui enqftit: 
tent ou lisent des r^cits auxquels celui qui Ies fait parait ^ peine ajoutut 
foi lui-meme. 

Jene voudrais pas qu on tirat de ceoi la oonolusioq quo nous dofons 
croire tocyours sur parole Ies voyageurs amateurs , Ies 'ouristos , qui 
aiment tant s^ faire provision da merveilleuses bistoires ; raais siiuple-p 
ment que qos preventions peuvent ne pas etre toujours legitimes et 
fond^. 

Pour moi , j'avoue que je suis dispose a crqire presquc sans aueune 
restriction une foule de choses qui, generalement, ne rencontreut qu'iU' 
credulite. Que Ton ne me taxe pasd'une sotte presomptiou, si ju nrex- 
priine ainsi \ je parle simplemeot ayec ['assurance , la fermele dc con- 
viction qui se puiae dans Texp^rience persopnelle. C'est cette ci^p^* 
rience qui ne me permet plus de revoquer ea doute Tetat extatique de 
felicite ineffable, de jouissances, telles que la reality ne peut en pracu- 
rerde semblables « dans lequel , au rapport de tons Ies iiistoriens , un 
prince du Liban plongeait ceux de ses sujets auxquels il voulait inspi- 
rer un devouement fanatique a sa persoone. Quiconque a visile [%- 
gypte^ TAsie-Mineure, etc, sait avec quelle avidite le bonheur ideal est 
recherche des peuples qui habileut ces coiitrees; et pour enjugcr, pour 
y croire, il suffitd'avalcr quelquesgraaiiuuad'uo extrait vegetal ctmnu 
en Egypte som le nom de Hachich. 

A ce sujet, je demanderai la peiniissioii de rapj)orter sommairement 
le resultat des experiences que jai failt's tout rccemment sur moi- 
meme. Ccresultat, commeon le vcrra plustard, a des rapports etroits 
Aveo Tobjet priucipal de ce memuire , ct me semblo propre a JQteff WH) 



f;. 




40 REVUE DB M^ECINB SP]6CIF|QUE. 

vive lumi^re sur T^kiologie deMroubles nerveux iotellectuels, et sor la 
natare datraitementqui leur convient le inienx. 

inline se developpe de symptomes pli(||^iques appreciables qa'autant 
que la dose de hachich a ete tres-elevjee ^ tine dose raoderee modifie 
profondement les facultes morales, sans que Teyeil soil, pour ainsi dire, 
donne a la sensibilite organiqne. Oq dirait que Fagent modificateur , 
a la maniere des affections morales , ^-adresse directement et sans Tin- 
termMiaire des organes , anx facultes de Tintelligence. Ge fait est plein 
d^interet, a cause de Tanalogie qu'il presente avec quelques cas de fo- 
lie dans lesquels il est parfois impossible a I'observateur irplus pene- 
trant de decouvrir aucun signe etterieurde Talte ration des organes. 

2^ L'action da hachicb s'exerce sur toutes les facultes a la fois. Elle 
86 signale par an surcroit d'energie iotellectuelle , la vivacite des soa- 
yenirs, une conception plusrapide , etc. Insensiblement elle arrive a 
roduire dans la volonte, dans les instincts un tel relacbement, que nous 
ievenons le jouet des impressions les plus diverses , de telle sorte qu'il 
6pendra entierement des circonstances dans lesquelles nous nous trou- 
verons places, des objets qui frapperont nos yeux, des paroles qui arri- 
Teronta notre oreille, etc., de faire naitre en nous les plus vifs senti- 
xnens de gaiete on de tristesse. Les mangeurs de hachich (ainsi qu'on 
les appelle en Orient) n'eprouvent pas ces particularit^s ; aussi evitent— 
lis soigneusementtoutce quipourrait tonrner leur delire vers lamdlan- 
oolie. G'est au fond de leur harem , entoures de leurs femmes, sous le 
dcharrae de la musique et des danses lascives , executees par les almees, 
ou bien en compagnie d'amis intimes, qu'ils savourent Tenivrant da- 
wamesc. 

3o Au commencement de Tintoxication , tout en conservant la con- 
science la plus parfaite de soi-meme , le pouvoir d'analyser jusqu'a ses 
moindres sensations , on se sent comme emporte dans une revasserie 
pleine de charme , et a laqnelle on aime a s'abandonner. Une nouvelle 
existence vous penetre, pour ainsi dire, vous enveloppe de toutes parts ; 
les reves, les fant6mes de Timagination vous arrachent ^ vous-memes j 
vous sentez que vous passez du monde reel dans un monde fictif, ima- 
ginaire , et si j^osais m'expriraer ainsi , dans I'lmpuissance ou je me 
trouve de rendre ma pensee, je dirais que I'on s'endort sans cesser d'e- 
tre 6 vei 11^. 

4® C'est a cette disposition d'esprit autant qu'a I'extreme rapidile 
avecf laquelle se succedent les idees, les sensaticms, les desirs, etc., que 
I'on doit attribuer,jecrois, Tirapossibilite ouTon est bientotdemesurer 
le temps qui vous serablese trainer a vec une lenteur desesperante. II m'a 
sembl^ une fois mettre plus de trois heures a traverser le passage de 
rOp&'a. En satisfaisant an besoin d uriner , outre que la sensation qiii 



RETUB DE Ml^DECINE SP^CIFIQUE. 41 

en resalte m*a(Tectait d'nne mani^re infiniment plas agreable (je di> 
rai presque yoluptueuse) que daos I'etat ordinaire, je croyais v6ritable- 
ment ne devoir jamais en finir-, etk la honte de mes connaissances me- 
dicales, je'me serais persaad^ Tolontiers que le corps tout entier poa- 
Yait se resoudre en urine. 

5" A cMe periode di» I'intoxication , alors qu'une effervescence in- 
croyable s'empare de toutes les facnltes morales , un phenomena psy- 
chique se raanifeste , le plus cnrieux de tous peut-^tre et que je d^s- 
p^re de caracteriser convenablemenl ; c'esl un sentiment pbysique et 
moral de contentement interieur, de joie intime , bien-etre, contente- 
ment, joie ind^finissable que vous cherchez vainement a comprendre , 
a analyser, dont vous ne pouvez saisir la cause. Vous vous sentez hen- 
reux, vous le dites, vous le proclamez avec exaltation, tous cherchez a . 
Texprimer par tous les moyens qui sont en votre pouvoir , vous le repi- 
tez a satiete ; niais pour dire comment, en quoi vous etes heureux, les 
mots vous manquent pour Texprimer , pour vous en rendre compte a 
vous-meme. Me trouvant un jour dans cette situation , et d^sesp6rant 
de pouvoir me faire comprendre par des mots , je poussais des cris ou 
plutdt de veri tables hurlemens. Insensiblement, a ce bonheur si agite^ 
nen^ix , qui ebranle convulsivement toute votre sensibilite , succede 
un doux sentiment de lassithde physique et morale , une sorte d'apa- 
thie, d'insouciance, de calme complet , absolu , auquel votre esprit se 
laisse aller avec d^lices. II semble que rien ne saurait porter atteinte a 
cette tranquillity d'ame,que vous etes inaccessible atoute affection triste, 
je doute que la nouvelle la plus facheuse pnisse vous tirer de cet etat de 
beatitude imaginaire, dont il est vraiment impossible de se faire idee ^ 
si on ne I'a pas eprouvee. 

6<> La sensibilite generate , le sens de la vue , de I'ouie , dn tou- 
cher, etc. , acquierent une energie inaccoutum^ et qui pent devenir 
la source d'illusions et m6me d' hallucinations multipli6es. La musique 
la plus grossiere , les simples vibrations des cordes d'une harpe, vous 
exaltent jusqu'an delire , ou vous plongent dans une douce melancolie. 
Mon ami le docteiir L. j4u6er^ dnns sonouvrngesurla peste, cite plu- 
sieurs cas d' hallucinations prod uites chez des pestiferes, parl'nsage da 
hachich. Je lui ai entendu parler d'un officierde marine qui voyait aa 
fond de sa cabine des poutres que Ton mettait en mouvement au moyen 
d'une ficelle. Un autre individu etait persuade qu'il avait et^ trans- 
forme en un piston de machine a vapeur. Un jeune artiste sentait son 
corps d'une elaslicite telle qu'il s'imaginait pouvoir entrer dans une 
bouteille et y lenir tout a I'aise. Moi-mcme ayant pris une dose tres- 
legere de dawamesc , je me sentis legerau point d'effleurer ii peine le 
sol en marchant. Une autre fois, il me sembia que tout mon corps s'en* 



i 



43 REVUE DK Ml^EQIfB 6P)^aFIQUE. 

flait eomme un ballon , que je ro'enlevais , que je m'epanoaissais dang 
Tair. Je puis donner une idee assez exacte de cette hallucinatioi^ en 
rappelant ces images, ces figures faiitasmagoriques que i'on voit tres-^ 
petites d'abordfgrandirayec rapidite et puis s'evanouir rapidement. I^ 
plupart des objets qui s^offraient a mes regards etaieat cause de quel- 
que illusion, excitaient en moi des sentimens da joie ou de melancolie, 
de terreur meme. Un beret ^coss^s qui surmontait un faisceau d'ar- 
mes s'^tait transform^ en une figure bideiise et souillee de sang, Une 
vieille domestique de soixante-onie ans, walgre ses rides et ses cheTeax 
blancs , me paraissait avoir toute la grace, tous les attraits d'une jeune 
et belle personne, Je crus voir un rechaud plein de oharbons ardena 
dans la main d'un de mes amis qui voulait me faire boire un verre de 
limonade. J'etais importune par une autre illusion fort bizarre ; je 
Toyais sans cessea mes c6tes un petit bomme rustique, ayant touta-fait 
la toumure d'un de ces nains hideux, ala figure joviale, attacbes au ser- 
vice des grands , dans le xii" sieole. La presence de ce vilain petit etre 
^ m'irritait fort , et je snppliai plusleurs fois qu'on ecartat les objets qui 
entretenaient mon illusion. C'etait un habit et un chapeau poses sur 
une table. Une hallucination de Tame me jeta pour quelques instans 
dans un veritable etat de panophobie. Je me seAS tout-a-coup sai&i 
d'une terreur que je ne puis m'expliquer et dont je cherche en vaia a 
m'afiranchir« Je demande instamment qu'on ferme une croisee de la 
chambre ou je me troUvais ; non pas que j'eprouve le desir de me 
precipiter par cette croisee , mais je crains que la faatai&ie ne m'eii 
prenne. Jeoe voispli^s qu'avec efiroi differentea armes antiques appen- 
dues a la muraille et auxquelles j'avais a peine pris garde jusqu'alors ; 
je me demande si elles ne sont pas destinees a me faire du mat , a rae 
tuer peut-etre. La presence de quelques amis^est loio de rae tranquilli- 
ser ; a r exception d'un seul , je sentais pour eujc une vive defiance , je 
les detestais sans savoir pourquoi ; je trouyais n^yea dct jeter du ridi- 
cule sur tout ce qu'ils disaient i en un mot toutes les mauvai&es passions 
fermentaient dans mon ame , le desordre des faenltes ayait acquis , 
comme on le voit, une asse^ grande intensite et meme je gardais toq- 
jours le pouvoir d'apprecier , d'analyser la situation etrange dans lur- 
quelle je m'etais place yolontairement. 

Yoila quant aux effets imniediats , et pour ainsi dire aigus de (a 
substance toxique que nous avons designee avec les Arabes.^us le nom 
de hachich, 11 en est d'autres , ou du raoins je crois en avoir reinarquo 
d'autres non moins curieux que les prececlens, et de plus d'un interet 
psychologique immense. Ces phciionienes dentil s'agit constituent un 
elat pathologique desfacultes menlales tout-a-fait a part ; unemodifi- 
<Q$llion iatelleqtuelle dont on n'a pu avoir idee jusqu'ici, et quine par$(it 



.V 

if 



R9VUI8 M HiWCWZ SP^Cf FIQUE . 4S* 

80 davelopper que par Tusage da hachich, Je veax parlep d'une disposi- 
tion en quelqiiesorte chroniqae, permanenie, a avoir des hallaoinations 
( sans que da reste riotegrite des faouUes mentales soil antrement le- 
8^ ) , lorsqoe Tesprit se troavera place dans certaines conditions psy- 
chiqoes , telles qn'une pr^ccupaiion forte, une foi vive , une croyance 
enthousiaste , etc. , eto. 

Qnelque extraordinaire qoe paraisse le phenomene que je viens de 
signaler, on le comprend jusqu'a un certain point, quand on refleohit 
bien au genre d'influenoe exeroe par le hachich sar les facultes 
moralep ; quand on se rappelle que le trouble do ces facultes peut 6tre 
porte a an haut degre sans que le moi soil detruit, sans que la conscience 
soit ^branlte , sans que Ton cesie de juger tr^s-bien sa position , tout 
aossi bien que s'il s'agissait de tout autre que de nous-menie. Les hal- 
lucinations , les illusions les plus variees se jouent devant nos yeux; 
notre bon sens qe s'en laisse point imposer , et a'il ne peut pas les 
ohas^er , il s'en amuse. ^ 

Les Arabet , oeux d'^lgypte principalement , sent tres-superstitieux ; ^ 
il en est bien pen, m^me parmi les plus instruits , qui ne oroient pas a 
I'existence de certains 6tres qu'ila appellent ginn ou genies. 

Les genies ont ^te or^^ avant Adam ; ils ferment une classe inter- 
m^diaire entre les anges et les hommes; ils sont faits de substance 
ignee f peuyent a leur gre rev^tir la forme d'hommes , d'animaux , de 
mouions, sgrendre invisibles , etc. lis mangent, ils boi vent, serepro-> 
duisent a la maniere des hommes ; ils sont sujets a la mort , bien qu'ils ^. 
vivent ordinairement plusieurs si^cles, 

A r^poque ou W. Lane visitait Tfigypte ( 183511 , il y avait au Cairo 

un scbeick nomme KaliUfel^'Medabigie , ulema fort instruit et autcur 

d'ouvragea scientifiques recommandables , qui se plaisait i racontor 

Tanecdote suivante : J-avais un chat noir auquel j'etais fort attache , et 

qui d'habitude reposait au pied de moo divan. Une fois, au benu 

milieu de la nait , j'entends frapper a la porte de ma chanibre ; 

mon chat accourt a la croisee , ouvre le volet et demande qui est la P 

Une voix repondit: )e suisun tel, le g^ie, ouvre-moi la porte. — Je ne 

le puis , car le nom d' Allah a et6 prononc6 sur la serrure. — Alors, 

donne-moi quelques morceaux de pain. — Impossible , le nom d'Allah 

a ei6 6galement prononce sur la corbeille ou est le pain. — Mais au 

moins donne-moi un pen d'eau pour me desalterer. Gette faveur 

lui ^tant encore refusee par la memo raison , le genie demanda 

ce qu'il devait faire pour ne pas moqrir de faim et de soif. Le chat lui 

dit d'aller vers la maison voisine, promettant de lui en ouvrir la porte. 

II dispurutpour quelques instans et vint mc rctrouver ensuite. 

l^ ]ti^lIu9inatioQS de Tame offfiraient difficilement un caraotere 



4& REVUE DE MMiOBamS SPEaFIQUE. 

plas iranofa^. Ea yoici un autre exeraple que noas empnmtiHia ao 
inline auteur. Les mauvais g^nies sont g^n^ralement connus sous te 
nom d^effries ; ce nom s'appiique egalement |aux ames des difuuta. 
« J'avais , dit sir William , a mon siervice , un cnisinier d^une huineor 
fort gale, et adonne a Tusage du hachich, Un soir, je le trouvai sur 
rescaiier, rairetonn^, etparaissant s'adresser aquelqu'un plac6 aupres 
de lui. Que faites-Tons done la ainsi accroupi, disait-il avec force 
demonstrations de poUtesseP faites-moi Thonneor de descendre dans 
ma cuisine , j'aurai grand plaisir a causer un peu avec vous. Ne rece» 
Tant pasde reponse , il repeta plusieurs fois son invitation. Je lui de- 
mandai a qui il parlait ainsi : « G'est a i'effrie d'un soldat tore qui est 
la assis sur Tescalier , fumant sa pipe ; il est impossible de I'en faire 
booger, il est sort! du puits qui est dans la cour ; montez , je vous prie, 
et venes le voir. »» L'ayant assure que je ne voyais personne : cela ae 
pent, dit-il , c'est qu'alors votre conscience est pure. » 

Presque tons les p^lerins qui ont visite Medine affirment avoir Ta 
une colonne de lumiere , qui s'el^ve de la tombe du prophete a one 
hauteur considerable. On Taper^oit a plus de trois jours de marcbe * 
elle disparait quand on approche de la villc sainte. 

Lorsque je ;, voyageais en £gypte ( 1 537 ) , mon drogman , homme 
de beaucoup de sens , qui , par de longues relations avec les Europeens 
( il avait ete Tun des drogmans de Champollion ) , avait acquis des 
connaissances peu communes parmi les Arabes , et [memo rhes bon 
.A nombre d'Europeens , le reis ou capitaine de la barque sur laquelle 
je remontais le Nil , quelqueS matelots que je savais dtre des mangears 
de hacbich m'ont dit avoir eu plusieurs fois la visite des g^nies. ' 

Le reis I'a vu deux fois sous la forme d'un mouton. Un soir, se ren- 
dant a sa demeure , il rencontra un mouton egar^ , et qui b^lait tr^- 
fort ; il Temmene avec lui , le tond pour en avoir la laine qui ^laii 
d'une longueur peu commune , puis se met en devoir de Tegorger , 
afin des'en nourrir lui et sa famille. Tout-a-coup le mouton se trans- 
forme en un homme noir , de plus de vingt pieds de haut. Get homme 
lui cria d*une voix de tonnerre : « Pourquoi m'as-lu pris la laine , he 
vois-tu pas que je suis un genie?... » Puis il disparut. 

L'un de mes matelots, nurame Mansuur , homme d'uiie cinquantaine 
d'annees, et qui etait a son quinzieme ou vingtieme voyage avec des 
Europeens, me disait avoir vu le genie sous les traits d' une jeune fille. 
II revenait un soir de faire des commissions pour ses maitres. II ren- 
contra sur les bords du Nil , pres de Ghise , une petite fiUe de huit on 
dix ans, qui pleurait : elle disait avoir perdu son chemin. Mansour , 
touchd de compassion , lui offre de la ramener a la ville pour y couoher. 
Le lendemain matin ) il la reconduisit chez ses parens; il la place en 



cronpe sar son iine et prend le chemin do village. A I'entree d*un bois 
de {mlmiers , il est surpris d'entendre poasser des soopirs derri^re loi : 
ia petite fiUe etait descendue ; ses jambes avaient ane longueur pro- 
digiease et ressemMaient a d'affrenx serpens qui s'agitaient dans le 
jiable ; ses bi^as etaient plus hauls que les palmiers , sa figure allong^ 
et noire comme du charbon ; sa bouche ^norme , arm^ de dents de 
crocodile , vomissait des flammes jaunes et bleues. ,. Mansonr, saisi de 
terreur, tombe la face centre terre , passe la nuit dans cette position. 
Le lehdemain , il se traine k peine chez lui et fait nne maladie qui dure 
pres de deux niois. 

Mon drogman , traversant un soir les amas de d^combres qui en« 
tourent le Cairo , aper9ut un gros kne qui se tenait immobile , le cou 
penche en ayant. II s'en approche , Vkne prend aussit6t la fuite, gravit 
la montagne avec la rapidity d'^un trait , en s'^criant : Tu veux me 
prendre et je suis le g^nie ! Puis il faisait de grands eclats de rire. 

Le penple d*£gypte croit que les tombeaux anciens , Tobscur sane* 
tuaire des temples , sont habites par des eflfries. 

La plupart des Arabes attribuent la construction des pyramides aux 
genies , persuades que jamais les bommes n'aaraient pueleyer de pareilt 
monumens. 

En 4831 , mon drogman conduisait deux voyageurs aux pyramides. 
La nuit les surprit , il fallut y coucher. Kalil ( c'etait le nom de mon 
drogman ) coucha seal dans la cbambre ant^rieur^, a Tentree du cor- 
ridor souterrain. Vers le milieu de la nuit , n'etant pas encore endormi , 
il croit entendre quelque chose remuer a c6t^ de lui ; il etend la mailA 
et sent des membres yelus , semblables a des pates de tigre ou de lion. 
De sourds mugissemens viennent accroitre sa terreur ; persuade qu'il 
est entonrc d'effries , il 8c tient immobile , se permettant k peine de 
respirer , et attend ainsi Tarriy^e du jour. II s*61ance alors hors de la 
pyramide, qui lui paraissait cbanceler et pres de s'ecrouler ; il raconte 
ce qui lui est arrive aux voyageurs : ceux-ci s'efTorcent de le rassurer, 
et, pour y paryenir plus surement, lui fontavaler, d'un seul trait, un 
grand verre de Cognac. 

Kalil avait assiste aux funerailles de deux santons ; il avait vu et vu 
tres-clairement , et avec lui , ainsi qu*il le disait , les qnelques mille 
individus presens a la cereraonie , la biere du defunt s*eleter dans les 
airs et aller se poser au somraet du Mokatam , montagne voisine du 
Cairo , dans le niausolee destine a la recevoir. 

Ces histoires merveilleuses et une foule d'autres semblables m'^taient 
racontees avec toute la bonne foi , tout le serieux d'une intime convic- 
tion. En vain, parle raisonnement ou la plaisanterie , j'essayais d*i- 
clairer cf u\ qui me les rapporlaient : personne ne m'ecoutail. 



Les indiyidufi dont je viens de parler , que je connaissais bien , pnis^ 
quUls ont passe plusde trois uiois h mon service, jouissaient ceriaine* 
ineni de toute letir raison ; cependant ils etaient completement dopes 
d'illusions qui , pour naitre dans leur ceryeaa ttiodifi^ par FiDflaence 
du Iiachich^aewiblsAeni n^attendre qu'une occasion souyentinsignifiante. 
,Ge sont la assurement des anomalies fort remarquables. U serait impoB*- 
.sible do citer des exemples de modifications intellectuelies plus d^ag^es 
de la matiere, qui semblent plus ind^pendantes de iWganisme, piBfs 
essentiellement dynamiqnes , en un mot. Et pourtant Toriguie n^en eat 
pas douteuse ; elle est bieh materielle , elle est bien organique , elle est 
le resultat phenomenal d'une substance toxique sur le systdmenerteox 
Que I'on cesse done de croire a de pretendues maladies de Tame, par 
cette raison que les lesions d'organes dont elles. dependent ne peurent 
^tre vues. Une pareille raison heurte toutes les lois de rinductum et 
d'une saine physiologic. 

Nous pensons avoir etabli d'une maniere peremptoire, par des faits 
nombreux , evidens , que dans la folic , en general , les troubles de 
Forganisme etaient sensibles et faciles a constater dans i'immense ma— 
Jorite des cas , et que , si par exception on ne pouvait pas en dire autant 
de quelques cas rares et isol^s , on n'etait pas moins force de les ad*- 
mettre et d'agir en consequence en matiere de traitement , a moins de 
repudier toute logique et tout sens commun. 

Nous avons vu que le pbenom^e d*ballucination en particulier, dans 
sa manifestation , se rattachait a des conditions materielles , spontanees 
ou creees par des agens toxiques. 
^ Quant a leur traitement , la ligne de conduite est toute tracee , et il 
resulte de ce qui precede que c'est aux moyens physiques , absolumeut 
comme dans la therapeutique ordinaire , que nous deyons principale- 
ment recourir. 11 n'est pas possible de sortir de la sans une modification 
rcelle , profonde , qui porte sur I'organe 1^^ et non sur ses produits , 
modification directe et non de reaction fonctionnelle ; il n'est pas poa« 
sible de le replacer dans Tetat normal dont il est sorti. Je ne connais 
point de guerison serieuse et non simulee ( car en medecine mentale 
les guerisons apparentes et feintes sont communes , et plus d'un s^y est 
laiss6 prendre ) ; je ne connais point de fait dans la science , de fait 
bien authentique, incontestable, qui prouve le contraire. 

{La smie aunprochain nunUro.) 



MHli 



IPwMkogitkimie de la laitue Tireuse (1) , 

XuM en ordre par le doetenr ROTH. 

Pripar»ti<m, Le sue blanc qu^on obtieot en pressant la plante est m^l^ en paitiea tfgalea 
•vec de respril-dc-vin et conserve poor Tusage. 

Dose, I— 10 goultea de la Icinture-ni^re, deux fois par jour. 
AntidoUt, Lea acides v^ge'taux et le caf^. 



CaraoUruti4|«e. Afi^tiens sfosmodiquea des €rgan€s de Im respiraiiont 
Sensationf g^n^ralei. Sensation comme si le corps nageait dans le lit — - Lt 
grand air fait du bien, siirtout qnaot aux symptdmes spasmodiques de la poitrine. 

— Grande lassitude, abattement. — 'Un traTail de peu de dur^e suffit poor prodaire 
une grande fatigoe. — II doit rester au lit ; tous ses membres lai semblent bris^* 

— Tiraillemens p^riodiqaes en difiP^rens endroits da corps. 

Sommeil. Grande somnolence. -- Sommeil tr^s-agit^ , avec c^phalalgie, toux 
spasmodiqiie et cbateur febrile ; le matin, il 8*6veilletr^8-fatiga6 et la tSte embar- 
rass^e. — Sommeil treukU par l€$ spasmes de la poitrine* — Sommeil profond 
ayec r^ves angoisaans. 

ri^vre. Horripilation et frissons m^me dans une chambre chaude. •» Ligdre 
transpiruiion g^n^rale. — Pouls normal , qnelqiiefois un peu plus lent. — Accis 
de fi^vre. Ccphalalgie forte; le cuir chevelu m^me est tr^s-douloureux ; d^chire^ 
mens dans les articulations des membres , la nuque, la face , qui exacerbent lea 
roaux de tele. Vers le soir, tSte lourde , chaleur trds-s^che k la partie sup^rieure 
du corps, nvec froid glacial des pieds, ardeurset larmoiement des jeux , toux 
spasinodique qui ^branle lout le corps. 

Xatellect et affections. Agitation ; anxi^t6 , tristesse. — Chagrin pour im 
motif tr^s-leger, — Repugnance inaccoutum^e pour le travail* -^ Reflexion plus 
diiTicile; il cherche long-temps avant de trouver ce qu'il chercbe. — Difficulle de 
coordonner ses id^es. 

Tftte. I'*) Xn g^dral. £tourdissement, sans que le jugement soit trouble n^an* 
moins; au point de craindre de tomber, dans la chambre chaude ; en remnant la 
t^te, comme si le cerveau vacillait. — Plenitude comme si la t^te ^tait trop grosse, 
distendne. --- Vide, lourde. — Frdmissement el pulsation dans le repos.-^fibrsnle- 
Tnent tres-dnngerenx par la toux la plus l^gdre. — 2<>) Aa front. Pressidn du dedans 
au dehors.<^Embarras, dianceraens, chaleur.— -Xa pression augmentepar degrh^ 
snrtout dans la chambre chaude. — Ellese manifeste aprte une Ug^re contention 
d^esprit et affecie a'usalles yenx. — 3<») Fari6tal. Pression aign^, -^ Donlears sur 

(l) Lcs sympt^mes conlenus dans le nouveai^ Manuel de M. Jaltr, sous le tttrc de Lac- 
tiica virosa, n^apparticnncnl pus a cclte plante, mais Lien au thridace ou sue do la laitue 
culliv^e, et out 6le observes cliez des malades par ledoctcur Francois (ArclitTes generates de 
m^deciQe. i825). — Parmt les symptdmes que nous avons publics dans \e premier 'volume de 
ceUe Revue ^ p. 221, comme s^c'Unt manifesles cbea des personnes bienportantes, ceux qai 
soot aignetS. 4 out anssi ete provoi|ues par le thridace. JNou let arsons doBC aapprioies dais 
It r^aam^ dei synpldmet de la laitue viretite« 



IS tp AEVUE DE MJ&DECINE SPJ^QFlQUEi 

iioe petite place fixe, soiirde, (res-douloureuse , surtout au toucher. "— 4<>) 

A rextirieur, pros du vertex, une petite place tres-sensible au toucher. — 5^) Oc- 

eiput. Pesanteur, pression , tension nvec chaleur au front et rnains froides. — 

6") Tempes, Tiraillenient se dirigeant vers le front. — Pression du dedans au de* 

horsdes deux cdt^s, du cot^ gauche seulement. ^ D^chirenieut a droite, secousses 

sourdes. 

Tens. ObscurcUseTnent de peu de duree, plusieurs fois dans la journ^e. — Vue 
trouble comme un nuage qui se dissipe en fixant Tohjet. — Aux angles, d^man* 
geaisons aggray^es par le frottement. — -Les bords des paupieres brulants , en 
^rlTant le jour, converts de nuicosit^s. — Pupilles dilat^es. — En se baissant, 
mouches yoluites devant ies yeux. -^Dans le globe, ardeur passagere, pression, 
et k droite, sensation d^extension. 

Oreillei. Botirdonnemens , le soir au lit.— Tiraillemens, ^lancemens sourds; 
tension dans Text^rieur. 

Vex. Douleur ^cartelante an bout du nez. — Odeur ind^finissable. 

Face. Cbaleur, sensation de bouffissure et fr^misseinent des l^vres. -^ Foiirinil* 
lement et tension k la face. — £lancemens dans un des c6tds du menton, a I'en* 
droit ou part le nerf sous-maxillaire. — L^ger fr^missement des levres.->DouIenr 
iancinante, tiraillante, partant de la glande sonsmaxillaire droite et r^pondant 
dins la langue et dans Toreille. — Enflure des glandes lynnphatiques des l^yres. 

Bents. Douleur causae par la gencive d'une dent cassde, en marchant. -^ Doa- 
leur subite dans les molaires inf^rieures du cdt^ gauche, comme si Ton arrachait 
one dent malade. 

> Boaehe. GoAt acide de la saliye.— Gout amer. — S^cheresse sans soif.-— Acconra^ 
lation de saliye.— La partie post6rieure de la cavity buccale, particuU^renient la 
partie post^rieoredupaiais, cause desdouleursteusiyes,cequi force k crachersans 
cesse. — Le bout de la langue douloureux , comme brul^. — Constriction sous la 
langue.— Enduit bianc de la langue. — Sallve tres-abondante. 

Oosier. Accumulation de mucosites dansle pharynx. — BrAlement a la gorge.-— 
Deglutition p^nible avec sensation d'Apret^ et ardeurs li la luette. — Deglutition 
difficile, parce que les muscles du pharynx refusent leur service.— Les eructations 
causent une sensation passag^re ^e froid ie long du gosier, et laissent pour long«- 
temps un gout amer dans la bouche. 

Xstomao. Pression, plenitude. — £pigastre r^tracte. — II se declare dans Tes- 
tomac une douleur i^gere qifexacerbe la pression. — Anxidte precordiale. — 
Sensation de froid et de fourmillement a r^pigabtre avec plusieurs eructations. — • 
Sensatioa semblable a celle que Ton eprouve apres avoir ^le long-temps courbe, 
contre son habitude. — Pression et elancemeiis dans le pylore. — Sensation de 
chaleur dans Testomac, acccmpagnee d'un malaise montan I dans legosier et d*un 
goiit fade k la racine de la langue. Au buul d'un quart d'heure, elle se change en 
un froid glacial dans Pestomacet le gosier. — Kapports tres-fr^quens, tres-Scres, 
aigres, puans; jls soulagent Toppreshion de la poitrine. — En se tenant assis ploy^, 
il souffre moins a Testomac. — Alternatiyes de pression , de briilure et de froid k 
Testomac. — Les rapports puans soulagent I'estomac. — Pendant et apr^s le diner, 
les pincemens et les tranihees dans r^pigastre deviennent plus forts et obligent 
k se ployer en deux. — Sensation d'un poids. 

Teatre. l*") Begion h^pathique. Tressaillement periodique.-— Douleur ^ouil- 
lante. — Pression. — Le foie est enfl6, dur, et la pression ext^rieure y cause une 
douleur de tension. —Secousses sourdes et eiancemens qui se dirigent vers le dos. 
•-Sensation de meurtrissure.— La parol abdominale de cette regi,on est tr^s^ten* 



REVUE ttE LI M^DieCINE SPlfeCIFIQUOT* * 49 

fine.— 2o) Region do la rate, ^bncemens*. — Serrement snrtoul dansle repw:^- 
3<>) Region ombilicale. Pinceiiieiis qui augnientenl quand ii croise les jambes. -^ 
Pincemens periodiqnesau-dessus du noriibril. — 4<') Ventre en g^n^ral.Tranchies, 
gargoutllemens et coliques. siiivies ti'une seile miiqueiisediari'li^ique. — Pitlcemens 
avec besoin d'aller a ia sellc, niais il ne sort que des vents ; le matin. — Sensation 
de bouff^es de chaleur moutant vers la poiliinc — Pjenilnde surtout h droite , 
coupant la respiration, anielioiee par remission de vents par le bant et par le J 

bas. — Sensation d'un poids, sarlout en ^tant debout. — Sensation de chaleur ^ 

d^agr^able. 

]>^f<^oation. Besoin d'aller a la selle sans r^sultat. — Deux selles en bouillie 
contrie I'ordinaire. — Selles nioins copicuses et plus frequentes; pr^c^d^es d'^- 
preintes et de pincemens. — Fr^quentes selles dures avec efforts, qui laissentune 
doulear de meurtrissure dans I'anas. — Besoin d'aller a ia selle avec sensation 
d'une grande faiblesse. — Malieres f^cales dures, marroniices. 

Anot. Picotemens. — Pression. — Fouillement. — Spreintes. 

Systftme urinaire. Sensation de pression a -la region vesicale. — Excretion pins 
fr^qaente et plus abondante des urines. — Urine claire comnie de Teau. — Urine 
brune, jaundtre, ayant une odeur de violette. 

Parties g^nitales. 1«) Mftles. Tiraillenient p^riodique dans le gland , lequel 
traverse tout le corps, avec besoin d'uriner. — Assis, il ^prouve continuellement 
one sensatiou comme si une goutte passait a travers Puietbre, pendant toute la 
matinee. — L'urine cau»e des ardeurs dnns Turethre. — A ToriGce de Turethre, 
l^gere brAlure. — Tiraillement a la racine du p^nis. — Fort tiraillenient »u cor* 
don spermalique. — Appetit sexuel diminn^. — Erections douloureuses le matin. 
— Le matin , au milieu de r^ves voluptueux, pollution. — Deux pollutions sans 
8*en douler. — 2^^) Femelles. Menstruation en avance avec serrementdans le ventre. 



Membrane maqueuie nasale. Corjza qui laisse dans le nez une ^corchurc avec 
B^cheresse. — £ternuemens fr^quens qui augmcnlent les douleurs de poitrine. 

Xiarynx et traeh^e. Aprete qui force a respirer profond^ment; apres avoir 
parl6 bant. — S6cheresse et giallement. — Le grattenient au larynx disparait et 
la sensation de plenitude a la trachce persiste; cette plenitude diminue en reje- 
tant la t^e en arriere. — Titillation qui forced tousser^ accompagn^e d*une sen- 
sation de serrement dans toute la poitrine. — Toux creuse, seche^ spasmodique^ le 
matin, par quintes friquentes, ibranlant la poitrine, la iSte, h bas-venire, — La 
toux augmente les douleurs de poitrine. — Voix beaucoup plus ^tendue. — En- 
rouement. 

Poitrine. lo) Thorax. Douleur sourde et tiraillanle dans les muscles pecloraux. 
— Fatigue des muscles du thorax^ surlonl a gauche. — Eiancemens soiirds dans 
le c6lc droit de ia poitrine, k sa partie inferieure, dans les cartillages des fausses 
cdtes gauches, au milieu du sternum , vers le dos, ts'^tendant jusque dans Tomo- 
plate. — 2") Pl^vre ©t poumon. Oppression , douleurs pressives et constrictives 
en diff^rens endroits de la poitrine, lesquelles sont aogment^es par le mouvement, 
la toux et inspiration profonde; et douleur sourde sous le steAium. — Dans la 
profondeur de la poitrine constriction, pesanteur, oppression et chaleur aug- 
mentant et diminuant p^riodiquement. — Sensation d'un poids enorme sur la 
poitrine; on est force de desserrer les habits pour faciliter la respiration, — Vn 
serrement dans la partie inferieure de la poitrine, fait craindre de respirer pro f on- 
IV. 4 



to * ^EYUB DB LA M^DECINE SPl^IFIQte. 

dimtmi; ianSpiraiion provcque vne Ugere secousse, — - Besoin d*air; de respirer 
yrolrtniMmeht. — Rcspirntinn p6nible« nvec ^lanremensdans Faile gauche du poo- 
iBMi aTfc doiilAur pressivtf dans le cretix de IVstoinac. — Dyspn^e pendant douse 
keures; avec besoin «Ie rrf^pirer profnndi^ment cl souvcnt. — Respiration diffieife 
III fitftf, il se rdreille pluHsvrs fois et se met sur son saunt. — L'opppression est 
aittilag^e monici)Uii6iueiit par le bAiiiemcnt; el par la pandiGulatton. — Se tenir 
droit ditninue anssi rupprt'ssion. 

miqtie «t dbs. Tension dans les mnscles de la naque , aux deox cdt^s dn coa. 
— Douleur picolanle sous la peau dans la nuqne, laquelle se 6xe pen k pea k mm 
petite place sous Tomoplate droite. — Une donleur constrictive traTerse p^riodU 
<|iiement le dos en diff^rentes directions. — Douleur de brisure dans la region 
Ininbaire. ~ Doulenfr tout le long de la nioelle ^pini^, et rajonnant k travers I'os 
eoccygien — TiraillemeHs qui partent des reins et sedirigent ters les regions in- 
guinales. 

Eztr^mit^s fup^rieures. Sensation de paralysie passagifere dans rarticnlation de 
l^fepaule gauche. — filancemens dans Taisselle droite , angmentant k la pressiini da 
doigt, et qtiand on l^ve le bras. — Douleur d^chirante, tiraillante, tagae, dans 
les articulations de I'^paule et du conde droit , laquelle se manifeste eosuite p6ar 
qnelques instans, tantdt dans Tarticulatton de \k main ^ tantdt dans le genon , dans 
la jambe, et tantdt dans rarticulation du pied , dans la nuqne, les tempes, etic. ^- 
TiraiHement en diff^rens endroits de i'extr^miti snpirieure. — Tiraillemens dans 
Ui main et ses articulations. 

Sxtrimtt^ uifiriettres. Faiblesse et engourdissemens dans les diflf^rentes par- 
ties det extr^mit^ inf^rienres. — Pesanteur. — Tiraillemens et tressaillemens dims 
let fansdeft des extrdaiit^ inf^rieures. — Sensation sous Tongle du qnatri^me 
doigt dti pietl, conMOC s*il y a^ait une alc^ration , sam qaV»n remarqne riea k 
Textirieur. 



Patliog^ii^sie de rammoiiiaque 

Iteeaeillie ct mise en ordre par le dootear ROTH. 

I. On lit dans III Gateite de Sante^ 2i raai lSi6 : 

IJh ni'6decin, ^ge de trenteans, d'une forte constitation, d'un tempe- 
roliieni sangiiin , etait sujet depuis plusieurs annees a des acces d' Epi- 
lepsia pour lesquels il soivait depuis neuf mois un traitement empiri- 
que. Un matin, apres avoir dejeune avec du chocolat, ileut unaoces en 
presence du portier de sa maison. Get homme , apercevant sur la che- 
ttlin^e nn petit flal^on qui contenait de raranioniaque , et presumant 
que o^etiiita ce liquide qu*on avait recourspour faire cesser les mou- 
venteUs convulsifs, enmouilla a plusieurs reprises le coin d'un niouohoir 
4{u'U np{>liqua contre les nariaes du nialade et en introduisit dans sa 
<toottcte. De»x gTOS d'amnioniaqne furent ainsi employ^: on peutcroire 
*qu*il $*enest perdu tin, etqu*un«eul, tout au plus, a ete introtluit tant 
tansies narines qiici dans la bouchu; mais il est perniis aussi de soup- 
Conncr que lo purlier, qui pouvait avoir vu ce que Ton voit ious les 



nttVUB VB LA Ml^bBaNE SPl&CIFIQUlS. '* M 

jours dans les m^s , des cpilaptiques avaler d'aMM Cortea doaea.de'H* 
qoeor d'Hoffmann , aata era pareillement pouvoir Tener Talealidete 
memo inaniere dona la bouche de ce nmlhcureux. 

Quoi qu'il en soil, racccs fut long; des que le mabdeeuireprisooiii- 
nnissance , il ressentit uno douleur brulanie depuia )a booche jiitqil'4 
la region de i'estomac et une gene tres-grande dana la reapiratton. Il 
avala de son proprc moavement un grain d'opiam el fit &ire mie po« 
lion avec le kerm^, dont il ne put prendre qa'uiie Irds^petite partie. 
Chretien, qai le visita d'aborden l'abs999e deNysteo, le trouvadaosan 
^tatd'irritaUonetdesouffrance extraordinaire^ pouvaiitapeiiie|evaler, 
respirant avec beauconp dedifficnlt^ , biaant entendre une espeoe de rAle 
a chaqne mouvemen^ inspiratoire. Onappliqiiad#9 •angsue&auooa sans 
produire aucun soulagement. Une ^oiukion ordonnee poor boisson 
excitait de la toux avec expectoration de muco^it^abondantes. Nystea 
ne le vit que le lendemain a sept heures do malip. La nuit avait M 
sans sommeil. La face 6tait alteree, la revpiraiion freqiiente , penible , 
stertoreuse. Un liquide s^reux coulait par.intervallesdea catitesnasa- 
les, et Tair ne pouvait en ancune maniere les traverser. La soif ^tail 
ires-vive, ct la d^lutition fort difficile. Le nialade toniaeiiet expeotorait 
bcaucoup de malieres niuqueuses. La toux ^t If expectoration ^ient 
surtout provoquces par Tarrivee de la boisson dans rarriere-bouoKe ; 
il ne finssait que tres-peu de liquide dans I'osopbage. Une livre an 
moiiis (!e mucosites , melees d'emulsion , avait et6 rendue pendantla 
nuit. Ln voie ctoit basse, faible, la parole fatigante et entrecoup^e^ a 
cause do feint do la respiration. On voyait un petit esoliare uoira la 
partie nioyenne de la levre inferieure , et nn autre an sommet de la 
languc. La surfnce de cet organe etait blanche ; le voile da palais , aes 
piliers, les nuiygdales et la paroi postericure du pharynx ^taient d'ua 
rouge iuiice. La luettc etait r^tractee et i^ecouverto d*une mnquease 
blanche ; les auiygdales paraisaaient a peine engorgees. Le malade 
eprouvait une cbaleur brulante a la gorge , dans la poitrine eta Testo^ 
mac. II avait rendu un pen d'urine rouge. Un dovoiement ohroniq«e 
qu'avaii entretenu le remede empirique dont il faisait usage etait snp* 
prime; la peau chaude et seche , le ix)uls petit , frequent et bible , let 
facultes iiitellectuelles dans leur etat qaturel. Nysten fit appliquer ua 
large vesicatoirc sur le sternum comme revuUif, conaeilla des lavemens 
emolliens, et fit continuer la boisson cmulsionnee , quW adrainistraii 
avec un bib^rou. Lc soir , Tetat etait le merae, a U faiblaaso pros > qiu 
etnit nugmentec. Le malade , a Taide du biberon , avala un peu.de kb> 
quidi;, luuis Iruppcu comparativement au besoin qu'il en avait. Nysteo, 
de concert avec M. Chretien, recommanda d'insialer sur les laveicMHi 
aduui;is«aus awe le bouillon de veau ; mais on neput en doiiner an* 



£S9 *■ RBVUfi DB LA M^DCCINB Sl^^CIFlQUB. 

con: le liqoide ressortait avec force du rectain au inoroent de son in-* 
trodaotion. La nuitse passa dans les memes soufTrances. Le malade ^ 
qui connaissaitparfaitement*son etat , se livrait au desespoir. Le len- 
demaiD grand affaiblisseraent. Le vesicatoire ayaitdetache rcplderme, 
mais n'avait pas provoqae Texcretion sereuse. On en avait applique 
deax autres auxenyirons du premier qui ne produisirent pas plusd'ef- 
fet. L'oppression extreme , Taugmeniation du rale , avec menace de 
suffocation, la petitesse et la depression du pouls qui etait a peine sen* 
sible, tout annon9ait une pruchaine agonie. Gependant le malheureux 
conservait toute sa raison ; il etait tourmente d'une soif devorante , et 
Ton ne pouvait neanraoins faire parvenir que tres-peu de liquide dans 

I'eomac. Pour le soulager , Nysten introduisit une sonde de gomme 
elastique dans ToBsopbage par la narine gauche , et s'en servit pour in- 
jecter de Temulsion dans Testomnc a I'aide d'une petite seringue. II 
essaya inutilement d'administrer des layemens au moyen d'une sembla- 
ble canule introduites dans le rectum; le liquide etait repousse avec 
force, sans doute par la contraction spasmodique des gros intestins. A 
dix heures, le pouls etait insensible; aonze le malade expira. 

Examen cadat^drique , Les membranes 'du cerveau etaient saines et 
presentaient seulement quelques adherences cntre rara(3hno'ide et les 
granulations cerebrales dites glandes de Pachioni qu'on trouve a I'ex* 
terieur du sinus longitudinal superieur. La pulpe cerebrate etait in* 
jectee, conime on Tobserve dans la plupart des sujets sanguins. II n'y 
avait que quelques gouttes de scrosite dans !es vcnlricules laleraux. La 
corne d'Ammon du cole gauche etait beaucoup plus consislante que 
celle du cote droit el que les autres parties du cerveau qui repoiulent 
au:i ventricules. G'est surtoutala partie de la corne d'Ammon qui abou- 
tit a la cavite digitale que sa consistance etait remarqunble. 

La protuberance annulaire etait aussi plus consistante que dnns I'e- 
tat ordinaire. La base du cerveau et le cervelct paraissaient parfaite- 
ment sains. La membrane muqui use des fosses nasales etait partout 
d'un rouge intense, et recouverte d'une couclie albumineuse membra- 
niforme quibouchait les narines. La langue ne presenlait d' autre al- 
teration que le petit eschare dont il a ete fait mention. 

Les papillesmuqueuses de sabase etaient tres-developpees ; le voile 
du palais, ses piliers et toute la membrane muqueuse de Tarriere-bou- 
ohe, d'un rouge intense; la luetic , comme racornie , etait couverto 
d'une couche muqueuse. La face anterieure de I'epiglotte etait saine ; 
mais la face posterieure et Tentree de la glotte etaient Ires-rouges et 
recouvertes d*une fausse membrane. Toute la muqueuse de la trachee- 
iutere et des broncbes etAit d'un rouge vif et tapissee par endroits 
d UUG coucbc menib rani form? ^ on en voyait des portions jus(}ue dans 



HBYUB DB LA M^DECINB SP^GIFIQUB. 63 

les ramificatioiis broDohiqaes. Les poumons ^ient or^pitans endeVant; 
mais leurs parties postirieares itaient gorg^ de sang , ce qui poavait 
etre suryeDQ aprds la mort. Lep6ricarde contenait pea de s^rosit^ ; le 
coear, asses volomineuXy ii'offraitriend*extraorduiaire. 

La membraDe muquense cesopbagienne presentait qaelqaes stries 
d'un rouge vif ; od en voyait de semblables dans celle de l^estomac i 
apiyant la direction des fibres mnscolaires ; le daod6nam etait sain, II 
i&istait nne petite invagination yen le milieu du jejunum. La mem- 
brane muqueusie de cet intestin et celle de TiUum presentaient di ver- 
ses plaques rouges; les gros intestins ^taient sains. La vessie urinaire 
^tait trds-r^tractee; on reroarquait ve^ le trigone v^ical quelques tra- 
ces de pbiogose. Tons les autres visc^res 6taient sains. 

IL H. G. , jeune fille de vingt ans, qui semblait bien portante et 
robuste, avaitsouffert pendant quelques jours d'une diarrh^ a laquelle 
se joignirent des vomissemens le 17 novembre dans la mating, apr^ 
qu'elle eut pris son caf6. Sa m^re lui fit avaler une cuilier^e k tbe de 
gouttes qu'elle croyait les memos que celles qui lui avaient et6 re- 
command^es par une voisine contre de pareils accidens. Sacbant que 
cette m^decine avait un gout d^gr^ble , elle engagea sa fille a se 
faire violence pour i'avaler d'un seul coup ; mais an m^me instant la 
malade tomba a terre en proie aux plus vivos douleurs« 

La mSre, qui tenait encore le flacon en main, s'aper9ut de same- 
prise ; son mari s'^tait procure la veille une certaine quantite Hammo" 
mum causticumy et c'etait de cette substance qu'elle avait faitpren- 
dre a sa fille. 

On m'envoya cbercber sur-le-cbamp ; et, en attendant mon arrivifey 
la mere» desesperee, fit boire une grande quantity de lait a la malade 
qui soufirait borriblement. Tarrivai an bout d^une demi-heure. On 
me montra le reste de la liqueuri que je reconnus en effet pour de 
V ammonium causiicum. 

La malade etait extraordinairement p41e et les plus grandes douleurs 
se lisaient sur son visage. La langue y le palais et tout le gosier, aussi 
loin qu'on pouvait apercevoir , 6taient blancs et converts en partie de 
vessies. 

J'b^sitai surce que j'avais a faire. Devais-je faire rendre promple- 
ment le poison au moyen d'un vomitif , le neutraliser par du vinaigre 
de vin attenu^, ou recourir a des moyens oleagineuxP Je me d6cidai 
pour ce deruier parli, sur tout parce que j'avais de I'buile d' olive sous 
la main. J*en fis prendre aussit6t a la malade une tasse par cnillerees 
coup sur coup, et j'eus le plaisir d'npprendre que les douleur br^ilantes 
dans la gorge et dans Tcstoniac avaient diminue consid^rabiement. Je 

pr€6«nyi9 alore buit onces d'une emulsion epaisse d'buil^ d'aniaadea 9t 



de mftfp ie pkwfim;^ dt^ \me 19g^^ addHton d'c'aii db I^aner-cerise 
«lde nilvej en pt^fti^yarit dMItiertielr riettb bois^on avec de Teaii sucrelB 
fiiia^^j>L« pmh ^Kit< ttl^.|ietit et itibder^hient fr^eht ; inais it 
angmenta de MdfimiW (Th^He rti hmf^. La sbif ^bitlt&-fortc. 

Aa liea dei ifHfottMl qti'ilVait diiHikitt^es rhnite, i1 se declara atbn 
line angoiise pfHA(H)i^ial6 etOieni^m^nY vifalwitb, iivec forte opjpireinpn^ 
de k poilritae^ indiO(» qui rtt'imnotte^eiit tin Tomisseitient procliai^- 
Celtecir(k)ostaiiee me ddff^rthind & dtt^ndreqaeikpie lemps erlcore avam 
d'adllriIlisi^e^ !e Tf)iiiitif qtie j'jlV!<fe pfttSerit, et effectrrfetti^frt W y eat 
l>unit6t ml Tioleiit ir0tttl69«ffient. Lil tM»ladb , qdi ayatt d^jS ti^-pea 
mange la Teillb el qui ilVtfiV i^endU sbti dejeuner par an vomissement 
Tolontaire, rejeta par lliboiltthle et lb net des mdsses blancMtres, liqui- 
de»« qui oaw^ifl^ dM dbUlimrft briilitff t^s ifut places qa'cHbs foache- 
retii et c^i a^aietit litie odMr semblablb d celle d'un Irhiitierit Tolatil . 
Je trouviii qa'eltos oolisiMMilSilt eft lAiibosit^ , en lialt et en ammonhan 
caustkmm mdl^ d'huile: UHe ftoiMon mncilagineusc ti^de fit cesser Is 
Tomiwemeilt; maiBll vbconiment^a de temps en teinps, et la nialade fi« 
nit par ne plus relidM qi»9 db lli mucosite. 

le volniHenieiit Iht iiiivi dft'pHMeUrs selles qui causerent ^aTenienl 
un Tiotont brMementt ^ Tantis , et^mne 1st malade n'en sttait jantkiil 
eprouv^ auparatattli 

Je la tey'iA le seir. Lei tosrissertietis et la diarrheearaient cess^, mais 
le pottis ^taik lre»-'pcit«l ^ \k rrgion ^pigastriqne tr6s-sen»ibie , et etto 
avait 6pFouve ml ibvt fnascrtt fisrs qwitre hetires de rapr^-micH. le fb 
appliquer des sangsues sur la place douloureuse et contiiluer 1' Usage 
dey^mobion. 

La nuit da 18 ful tr^»4igh(^. La ftMlade se plaignil suHoat d*tifle 

grande opptesion et dii itianque d'nir. Bltfe eprouvalt \e besoin tfaspire* 

profond^m^l , mais me dcrulenr violcnte qui aTait don siege dans h 

poitrine vers le dos (evidemment dans la region de ToBSophage) I' en 

emp^hait. La peaU etaH s^tve. Je fis faire uue noUTelle emulsion avec 

une plus forte quefitite d'eau de laitrier-c^rise et stftis nitre, et pre4- 

criyia contra la soif briilanie de Teaii tinaigr^ alteruf^e aveb une boi^^ 

8on mucilagineuse. Le soir, je trouvai la malade tres-excilee , le pbtil^ 

^tait tout petit et tr^s-frequent , I'oppression avait encore augmenle , 

la t^ion preoordiale dttait douloureuse et ballonn^e. D^ns cescircoti-* 

stanoesj je fis une aiugnee de douze onces et fis appliquer en m6iil<) 

temps un tcsicotOire sur la region ^pigastrique. Ces inoyens procure 

rent du soulageraenl et diminuerent loppression ; cependnnt je fia 

contiouer T usage de T emulsion. 

La nuit du 19 fut plus paisiblo ; la malade dormit un peu. Les doa- 
laurs dans ripigaslre avaient consid^rnblement diminu6 ; par contMi 



REVUE DB LA MJ^DECINE SVtCfFiqVZ. Sf 

\e yesicaloire causait de vives dooleurs. Je fis panser la piaie ay#o 
une poinmade de rose. Le pouls s'etait ua peu relev6 et donnait envjinoil 
85 paUatioQs par minute ; la transpiration conimen9a a a'^tfibUiTi 
Emalsion et boisson macilagineiue comme aaparavant. Le sqjjr, exa« 
cerbation febrile Mdente, quoiqne plus faible« 

La malade dormit bien la noit da W. La peaa ae conYnfc de tueiir, 
L'opprestoa de la poitrine et k •eaaibilite de T^pigastre ayaionl conai* 
diirableiiient dimina^; de la langoe et de la gorge se detachaient dai 
raoroeaux de peaa blanche, recoqaill^, et ces parties paraissaient rom." 
ges et nettes. La malade se plaignait de doaleurs dans le bas-ventve^ 
le dos et la region sacrale. Dans les dernieres vingt-qoatre heares, e||li 
avait pris dans T^ulsion an gros et demi d'eaa de laarier-cerite. 

La nnit da 2i fat plus agit^. La malade avait ses regies qai , tea* 
joars r^gali^res jasqae 14 , etaient en avance de quinze jourt et if^ 
violentes. Je ne cbangeai rien neanmoins an traitement. La paw iUkii 
constammentmoite, la respiration devint pins libre etla region pr^cor- 
diale n'6tait pins dooloorease au teacher. 

Le lendemain , Tam^lioration fit des progr^ aniformes. Le poals 
etait retomb6 a 70 palsations par minute. L'asage de T^mnlsion ful 
discontinue, et comme il n'y avait pas eu de selle depais le 17 aa soir; 
je prescrivis de Thuile de riciu. Pour la premiere fois, la malade pril 
un pea de bouillon de veau avec du salep. 

Le 22 , Thuile de ricin avait provoqu^ quelques selles. La malady 
supporta bien an bouillon et des boissons mocilagineuses. La soif , la 
fievre et les doaleurs locales avaient disparu ; le flux menstruel diminiii 
peu a pea. A Texception des moyens di^t^tiques indiqu6s, rien nf fiift 
change au traitement. 

Pendant tout le conrs de U maladie, je n'ai pas reraarqu^ Tombra 
d'un symptdme qui indiquat un effct sur le cerveau. Au contraire, la 
tSte fut toujours libre, quoique la face fut toojours trds-rouge pendaol 
les exacerbations febriles. 

Le septieme jour du traitement , toos les accidens provoques par le 
poison avaient entii^rement disparu , ainsi que la fievre ; I'app^it ^it 
bon, Tangoisse prt^cordiale avait cesse, etc., et cependant la malade 
eprouvait un epuisement extraordinaire. 

Elle pouvait a peine parler, parce que cela Taffectait violemmfint el 
lui causait des douleurs de poitrine. La disparition de sa force mnsco- 
laire ne fut pas non plus en rapport avec la duree de la mAladia. Le 
22 , lorsqu^elle essaya pour la premiere fois de quitter le lit , il lui tnt 
impossible de se tenir sur les jambes, et un violent tremblement la sai* 
sissait au moindre effort. Elle etait aussi extraordinairement craintive. 

Apjoard'hui 25, 000 symptdmes se sent beaocoup amendea. Ob peat 



5f REVUE BE LA MIBDECINB SP^GIFIQUE. 

consid^rcr la nialade corame en pleine convalescence. EUe passe six 
heni^s hors du lit , mange avec appetil, et n'a plus besoin de medica- 
mens, si ce n'est pour regulariser les selles. Les forces se relevenl de 
plus en ulas ( Hafeland's Journal , LXXVIII , cab. 2 , p. 74). 

III. M. Wibmer a fait I'essai suivant sur lui- meme (1) : 

« Le 6 mai, par un temps frais , je pris, a dix beures et demie da 
matin 7 deaxgouttesde spirit, sal. ammon, causi. dans nne once d eau. 
Hon pouls donnait soixante-dix pulsations par minute ; je n'avais pas 
encore eu de selle et je venais d'uriner. La substance avait une odeur 
d^agreable, piquante ainsi que le gout. Au bout de six minutes, tete 
legerement eutreprise , gargouillemens dans le ventre ; au bout de dix 
minutes, selle solide, et Tenibarras de la tete disparut. Ginq minutes 
avant midi et deini , j'en pris trois gouttes dans une once d'eau. Odeur 
et gout semblables. A I'instant ouje Tavalai , je ressenlis un grattement 
dans la gorge et rien de plus. 

» Le 7 mai , apres avoir eu le matin, comme a T ordinaire, une selle 
solide, j'en pris, a onze heures cinq minutes, quatre gouttes dans une 
once d'eau. Meme odeur et meme gout. Immediatement apres ravoir 
avale, j'eprouvai dans la gorge une sensation laucinante, grattante. Au 
bout d'une demi-beure , legere ])ression dans I'occiput , qui dura diz 
minutes. A midi et quart , cinq gouttes dans une once d'eau. Je n'e- 
prouvai pas autre chose que de I'ardeur et un grattement dans le 
gosier. 

>^ Dix minutes avant quatre beures de Tapres-njidi, dix gouttes dans 
deux onces et demie d'eau. Outre le grattement dans la gorge, j'eproa- 
Taiy.au bout de sept minutes, une pression dans la region frontale avec 
une sensation comme si la tete allait eclater, mais sans douleur, ce qui 
dura qoelques minutes. J'^prouvai ensuite un leger embarras dans la 
t^te , avec pression dans les tempes, qui disparut presque entidrement 
en dix minutes. Les pulsations du pouls avaient augmente de cinq 
par minute. II etait aussi un pen plus dur. Ghaleur egale ; appetit, 
selle, sommeil normal. Urine ayant I'odeur de Tammoniaque. 

» Le 8 mai , par un temps frais , j'en pris a dix heures trois quarts, 
apres avoir eu deja deux selles et men pouls donnant soixante-quinze 
pulsations, quinze gouttes dans environ cinq onces d'eau, endeuxfois, 
a cinq minutes d'intervalle. Pendant la deglutition, j'eprouvaiun l>ru- 
lement et un grattement a la racine de la langue et a la paroi poste- 
rieure du gosier. Bient6t apres, j'eusquelques eructations qui n'avaieht 
point une odeur ammoniacale. Au bout dc vingt minutes, je ressentis 
une sensation comme si le cerveau etait comprirae du milieu en avant 

(1} Buchner, Repertoriam f, d. Phann. , vol. 37, c^h. 3. 



RSVUB BB lA MBDECINB SP^GlFlQU£r 89 

et des dejix cotes, et ecartele, mais sans douleur et sans embarras de la 
tet€. Ces accidens dorerent quelques minutes ; le poals et la tempera- 
ture resterent les memes. A quatre heures et demie, vingt gouttes dans 
une demi-livre d'eau en deux fois. Pas de symptdmc. 

»> Le9 raai, a mid;, vingt-cinq gouttes dans une demi-livre d'eau. Au 
bout d'unc heure seuleraent, legere cephalalgie passag^re dans la re- 
gion frontaie. » 

Anunoniain eausticam. 

Priparation. Let dilutions d^ammoniaqno doiveqt toujours ulre fratchement prepareei 
quelqries instans avant qu'on s^'en serve. 

Dose, I goutte de la teinturc ou la i*** a la 4° dilution, plusieurs fois par jour. 



Caraot^riftiqae* Affections des membranes muqueuses des organes respiratoires, 
*— Contraction des flSchisseurs. — Contraction de VoBsophage et des gros intes^ 
tins. 

Symptftmes g^n^rauz. Degri extraordinaire d'Spuieement et faiblesse deU forc€ 
musculaire, niilleiiient en rapport avecla (iiur^ de ia maladie. 

Veau. Peau chnude et siche, puis moiteur qui va jusqu*a lasueur. 

Sommeil. Tres-agi(6. 

Fi^vre. Frissonnement. — Vers le soir fi^Tret — Pouls d*abord petit et mod^rdr 
nient Trequent, augmeutant en frequence d'henre en heure. 

Moral Grande facility k s'effrajer. ' » 



T^te. T4te l^g^rement entreprise. Pression dans le front mvec une sensation^ 
comme si la t^te allait eclater. — Pression de peu de dur^e dans les tempes. 

Face. PAIeur et expression de fortes douleurs. — Face alt^r^ 

Bouohe. BrAlement jusque dans Tcesophage. — Langue blanche. 

Gorge« Grattement et ardours dans la </or</0. — Deglutition difficile. — Con- 
traction des muscles de Toesopbage qui empSche la deglutition. — LeYoiledu pa« 
lais, les amygdales, la parol post^rienre du pharinx d^un rouge fonc6. — . Luette 
r^tracl^e et recouverte d^une muquease blanche. 

App^lit. Soif ardente, 

Xstomae. Yomisseniens du contenu tr^s-Yiolens par la boucbe et le oez, qui 
causent de Yiolens briilemens aux places qu'ils todchent. — Vomissemens de mu' 
€ositS pure, — Douleur tr^-Tioleote dajis Tcesophage. — B^gion pricordiale tr^« 
douloureuse, enfl^e. ^ 

Ventre. Gargouillement.j '^ 

Selles. Le vomissement est suivi de plusieurs fselles diarrhiiqnes, qui causent 
nn violent brulement a Panus ; ensuite constipation, — Contraction des sphino- 
ters du rectum et des gros intestins. 

Parties g^nitales. Femelles* Bugles en aYance de quinzc jours et tr^-abon- 
dantes. 

lCa<|aease nasale. Un liquide s^reux coule par interTalles des cayitis nasales, et 
Pair ne pent en aucune maniere les traverser. 

Trach^ et bronches. Toux et expectoration de matl^res muqueuses. — Voix 
basse, fsible. — Parole entrecoupde. 

Foitraie. Grande on^Mnoii,«-Maiiqae d*air ; besoin de respirer profaiidtaeiits 



do BBVUE BE LA MEDEGINE SPECIFIQUB. 

mait nne douleur dans la region (Bsophagienne Ten emp^che. — * Respintion RrA- 
qnentt, ptoible, stertoreuse. 

KKtr^ttiitiM iBCirieiirea. Faibleaae telle qa*on peut k peine se tenir sur lee jam- 
be». — Uo Tiolent tremblement ao moindre efllart 

Pailtos^n^iiie 4u cortex ansiistiirv mpwutim^ 

Hecueillie et mise en ordre par le doctear ROTH* 

I. La premiere trace des effete nuisibles de Vangusiura spuria we 
rencontre dans un ^it da Conseil de Hamboai^, en date du il inai 
i8o4 , ^dit qui defend la vente de cette drogue , parce que des sym- 
ptdmes graves s'etaient manifestos chez plusieurs personnes qui , aa 
lieu d'angusture yraie , en avaient re9u de la fausse. Le docteur /{am- 
hack rapporte a cette occasion qu^il avait tu Temploi de Tangustm^ 
iau«e proToquer dm traflsaiUemeiM spasmodiques, des vertigos, de 
I'angoisse , de Tabaltement atec impossibilite de se remuer ( Hufelaod's 
journal XIX, cah. i, p. 181 )• 

n. Le doctear £i7)mmcA de Berne raconte Fempoisonnement suivant 
dans le journal de Hiifeland XLJ, cah. 2 , p. 66 : 

Un enfant de cinq ans et demi , qui n'a¥ait jamais eu auparav^nl de 
convulsions, fut traits par lui d'une coxalgie. II lui vint a la fesse un 
abces qui fut puyert , et jeta imegrapde quantite de pus. Le pied droit, 
qui etait contracte , rodevint aussi long que Tautre , mais il se declara 
una diarrhce contre laquelle fut prescrite une decoctioo dLongustuwa. 
Malheureusement on fit prendre au malade de Y angusiure fausse ^ doat 
on fit bouillir quatre onces . de I'Ocorce dans six onces d'eau , en y 
ajoutant uu pea d^ sirop d'opium. Xl^nlaxA re9ut unecuilleree de celte 
decoction a deux, troiset quatre heures de Tapres-midi- Bientot apres 
il se plaignit de tremblemens qui se changerent bieat6t en^y|olens 
spasmes. A cinq heures, le docteur Emmerich le trouva ))ossOdant toute 
sa connaissance , couchO sur le c6t0 fanche , position qu'il avait gRrd^e 
pendant toute sa maladie , a cause de Tabces a la fesse, et qu'il gard^ 
jusqu'a sa mort. Lorsqu'il lui prit le pouls , le malade fut attaqji^ su)»i- 
tement d'un violent tetanos avee paupieres tres-ouvertes , yeux fives , 
immobiies , sortant de la t6te , roachoire infOrieure serrOe furtenient 
contre la superieure , levres ecartees , au point de decouvrir les deists 
anterieures , muscles de la face tendus , extremites raidies , colonix^ 
vertebrale ei tete rejetees fortement en arriere ; Ic tronc, surtout la 
partie inferieure, etait de tem|)s en temps ebranle , le long de ia cokmBe 
vertebrale , comme par des secousses eloclriques et soulevO ; la res- 
piration fut coupee , les levres et les joues devinrent bleues* Apre^ 
XiSCihB^qfd diATAi ^iriron ime diemi-iiuimte^ I'eniEajQi re^pica avac )i^- 



» • 



. BBTCB DE LA MBDECntfe 8i*^CIFIQlTB. S% 

coap d'effort ; la respiration devint , il est vrai , moins p^nible au bout 
de qaelqae temps , mais non pas entierement libre , et la couleur bleue 
dee parties auparavant rouges de la face ne disparut pas non plus. On 
loi fit prendre deox tasses d'eaa Mde , qui ne proToquerent cependant 
aocune en?ie de yomir ; la d^glatition ramena m^me I'acces de tetanos. 
A quatre heures quarante minutes , le pouls donnait cent deux pulsa- 
tions ; il ^tait spasmodique et irr^gulier. Interroge s'il souffrait quelque 
part, Tenfant r^pondit que non. A quatre heures quarante-cinq 
minutes, on Ini fit prendre la moiti6 d'un vomitif , consistant en tartre 
^Miqueeten ipecacuanha; et dix minutes apr^, I'autre moiti6. II 
I'avala avec beaucoup de peine , parce que le t6tanos reparaissait quand 
il touchait la tasse ou quand on lui touckait quelque partie du corps, 
Aprds I'acc^s , les yeux etaient le plms souTeat fermc^s , le front et toute 
*a face couyerts de sueur , les joue« et les Mvresbleues. II g^missait 
mais il ne se plaignait pas de souffrir , ni de son propre mouvement , 
ni quand on Tinterrogeait. Le poul s dcTint plus rare , irr^guUer , com- 
prim6. A cinq heures, il y eutun n ourel acc^ d'opisthotonos, grince- 
ment et serrement des dents , supjDression totale de la respiration plus 
violente et de plus longue dur^} qu'auparavant. Apr^ cetacces,H 
resta oouch6 , les yeux & moiti6 iierm^s , comme assoupi ; ses joues et 
ses l^res etaient bleues, son fro«it coui^ert de gouttes de sueur. Le 
▼omitif n'ayant rien prodnit , on eissaya de lui faire prendre de la t^r6- 
benthine et du naphthe , mais c 3e fut impossible ; cfir , d^s qu'on le 
toncha , il eut nn nouvel acc^s de t^anos ; on ne r^ussit pas mieut en 
▼oulant lui inspirer de Tair. A ci n(j| heures huit minutes , tout mouve* 
ment Tital cessa. Une demi-heure apr^ , le cadaTre ^it raide. 

Le lendemain, le corps ^tait p4le par-devant et rougeatre-bleupar- 
derridreet sor les c6t^ internes < les jambes. Les membres et les machoi- 
res dtajjant raides, le yenfreballonn^. L' abdomen ouTcrt r^pandit,ainsi 
que tout le corps , une odeur cadayereuse assez forte pour le peu de 
temps qui s'^tait ^coule depuis l|i mort. II contenait une assez grande 
quantity de serosit^ Toutle canal intestinal etaitgonfle par Tair, surtout 
Tintestin grele. Quelques parties du jejunum a vaientaussi a TeiLterienr 
nne couleur rouge anormaleproTenantd*un grand nombre de yaisseaux 
sanguins gonfles. Mais alasurf:!ice interne on neremarqua ni repletion 
des Taisseanx sanguins ni rongeur anormale. Dans le voisinage de la 
T^icule dufiel les intestins etaient deja teints par la bile qui avait trans-i- 
8ud6. L'estomac contenait unc) petite quantilc d'une bouiliie liquide 
d'une odeur aigre etd'un gout sale, iiullemeiitamer. Dans le voisinage 
du cardia et le long de la grande courbure inferieuro , la surface in- 
terne 6tait un peu rouge jusqa'au pylore. Toute la surface interne da 
groB inlestin ^itcoaverte denmco^ite et contenait une petite «piantil6 



60 BEYUE BE LA UiDEGlNE SPJklFIQUB. 

d'excr^raens jaane-pale. La rate etait plus grosse qae d'ordiaaire, coa- 
verte a sa surface. externe d*un grand nonibre de taches bleues ; scm 
extremite inferieure etait bleoe. Lorsqu'on y fit une incision, ii en sor- 
tit beaucoup de sang bran , et on remarqua sar son parenchyme rou- 
geatre beaucoup de tacbes de Bang noir.* Le rein gauche contenait 
beaocoup de sang noir liquide y le droit n'en contenait pas ; da resle 
Tun et i'autre etaient natureis. Les glandes du m^sentere etaient grosses. 
Les grosses veines etaient pleines d'un sang brun liquide, Taorte abdo- 
minale et ses branches en contenaient moins On trouva dans la caTit6 
de la poitrine et dans le pericarde une assezgrande quantitede serosit^. 
Le poumon droit 6tait tout pale exterieurement , tout emphysemateox 
(par suite de Finspiration d'air), etextraordinairement rouge a cause de 
la grande quantite de sang qui se trouvait a I'intersection. Le ganche 
etait gorge de sang, sa surface exterieure toute bleue , noiratre a TiQ- 
tersection. II en sortit aussi une gi*ande quantite de sang noir etil etait 
extremement lourd. Le sinus droit du cceur etait, ainsi que les grosses 
veines, rempli d'une quantite de sang brun liquide ; il n'y en avaitque 
tres-peu dans le gauche , de meme que dans le yentricule. La sur&ce 
de I'hemisphere gauche ducerveau etait pleinede sang, comme la sur-* 
face interne des deux hemispheres.. La moitie gauche de la substanoe 
du cerveau contenait beaucoup desaing. II y en ayait aussi dans le cer« 
yelet gauche plus que dans le droit. 

ill. M. le docteur Marc arapporte Tobseryation suivante {Journal ele 
pharmacie^ torn. 2, p. 507) : «« J'etaisi atteint , il y a plnsieurs ann^es , 
d'une fievre tierce des plus rebelles. Fatigue du peu de succesque j^avais 
obtenudu quinquina, jeresolus de tetnter I'emploide Tecorced^anguft* 
lure : a cet effet j'en fis preparer une forte infusion yineuse. Aussit6t 
que j'eusre^u le medicament, je youlus seulementle deguster, et j'en 
avalai a peine les trois quarts d'un p<Btit yerre a liqueur. L'am^rlame 
de cette boisson etait insupportable , et occasiona presque aussitdt des 
soulevemens d'estomac qui finirent psjir dtre douloureux , sans cepen- 
dant determiner de yomissement. Quelques minutes apres, j'eprouyai 
des sympt6mes de congestion yers le cerveau , des eblouissemens , ua 
tintement dans les oreilles ; ma vue s'obscurcit ; il me devint impossible 
de flechir les membres inferieurs , et toute tentative a cet egard exci- 
tait lesdouleurs le»plus vives ; les membres superieurs resterent libres; 
maisil survint un veritable trismus qui m'6ta I'usage de la parole. J 'a* 
yais dans une armoire un flacon con tenant un melange a parties ^ga« 
les d*ether acetique et de laudanum liquide: je parvins, quoique avec 
peine, a le demander par signes aux personnes qui m'entouraient , et 
d^s qu'on me Teut donne j'en versai dans le creux de la main une 
quantite que je ne puis determiner, et je parvins a I'avaler par suQcioQ, 



B^Vtiltf Jit lA HEDE€!fN]fe Sl^EdlFIQttE. ^1 

J'^Sprbttvai, pea de temps apr^s, an soalagement notable * i^es hiachoi- 
res se desserr^rent et, une seconde dose du melange , ainsi qa'une tasse 
d'infasion de camomille ^cheyereat dedissiper lesaccidens qui, en tout, 
peuvent avoir dure deux heures. Seulement il. me resta une lassitade 
extreme , en mdme temps qu'un'appelit tres-vif queje satisfis avec 
plaisir et sansidconv^nJent. II est probable que cet empoisonnement et 
ses cons^qaences eussent ^t6 beaucoup plus graves , si la dose eut ^te 
plus considerable. » 

IV. On lit dans le Journal unwersel des sciences mSdicales^ vol. 9 , 
p. 120, le fait saivant: 

Un homme de cinquante ans est sujet depais une quinzaine d'annee» 
h ane n^vralgie frontale intermittente qaotidienne revenant tons lea 
deax jours , pendant trois mois , cbaqae jour apres le principal repas« 
D'apr^ Tobservationde Wilkinson d^ane affection semblableguerie par 
la poadre d'angusture, j'employai cette 6corce pulveris^e, a la dose de 
doaze grains, deax fois par jour. Les deux premieres prises ne produi'' 
sirent aucun eflPet; apres la troisi^me le malade eut ua petit etourdisse-^ 
mentdont il neparla pas d'abord ; mais une demi-beure aprds la qua- 
tri^me dose, en se levant de sa cbaise, ilfutpris de vertiges, lesjambes 
lai manqu^rent, il retomba sur sa chaise ; ses membres ^laient agites de 
mouvemensconvulsifs. Je le trouvai dans cetetat , qui se calmait par 
le repos et se renouvelait au moindre moavement ; la parole etait brus* 
que, precipitee, et le mouvement n^cessaire a remission de la voix ^ 
mettant en jeu Tirritabilite des muscles de laface, y determinail, eomme 
dans les membres, une contraction spasmodique , un leger trismus ; le 
malade compnrait k la commotion electrique les secousses qui Tagi* 
taient; la figure etnit pale, lepouls iiaibie, precipite, la peau moite et la 
tete coiivertc de sueur; excretion habituelle supprimee depuisle retoat 
de la maladie. 

Toas les accidens furent dissipes au bout d'une heure et demie ; je 
fisdiscontinuer rusagedeTangusture ; lesacces furent deranges dans 
leur retour et dans leur caractere, Le trc^isieme jour , il n'y eutqu'une 
douleur gravaiive et peu intense a la tele ; cette douleur , apres avoir 
dur6 vingt-quatre heures, cessa entiereroent , et depuis ce moment le 
sujet est dans un etatde parfaite sante. 

Une attaque tetanique bien prononcee fut determinee , il y a quel- 
ques annees,dans cette meme ville (Nuit»)^ chez une femme a laquclle 
un de nos confreres administra a trop ^i'orte dose en lavement une de- 
coction de cette meme ecorce. 

V. Le docteur Pt^urzner d'Eilenburg a {raconte a Hahnemann ( Mat. 
mdd, pure. vol. VI, 2« ^dit. allem. , p. 30") que quatre personnes 
qui avaient pris chacune de dix a d^mze grains ^d 'ex trait en forme de 



02 &1SVUE DE I.A M^pfiClNlB SPSCIFIQ^I, 

pilules, present^rent les ph^nomcnes suivaus : Raidenr des muscles da 
toul le corps , comme un tctanos , si forte chez i'une qu^elle tomba 
tout n coup a terre , en ayant tuule sa connaissance. — Trisme, aerre- 
luent (k'^ machoires. 

VI. La suciete pour los experimentations de Philadelphie a fait dea 
essais avec une substance qu'on a pris pour la hritcea antidysenierica. On 
a reoonnu plus tard que c'etait Vangusiura spuria (1). (Yoy, Arch. 
homoBop. allera., vol. 14, cah. 2, p. 177. ) 

Ncuf persoooes bien portantes prirent ee m6dicainent; rune i^^ob- 
scrva rien du tout, les autres eprouverent les sympldmes qae nous 
alions 4^rire. 

Geux qui sont signes J. et M. appartienneat aux docteurs I km et 
Mailack , qui firept T experimentation sur eux-ni^mes. Genx qui aoi^ 
signes H. ont ^Le observes chez deux hommes et trois j^euBes fiUea hx 
notes par Hering. Tons les experiraentateurs prirent la 30» diluUoQ, 
en commen^ant par un globule et en augmcntant graduellemeat la dose 
jusqu'a cinq. Les symptdmes se manifesterent generalemeut des les 
premieres heures , et souvent ils avaient dieja disparu le soir. Apres des 
doses repet^es, ils persisterent queViaes jours. 

Piusieurs de ces individus eprouverent pendant huit jours et mdioe 
plus tard encore , apres avoir cesse Texperiraentation , des dooleory 
qui etaient en partie d'une autre nature que eel les qui avaient etd res- 
senties d^abord, et toat-a-fait inaccoutumees. Chez piusieurs , ces sym- 
'pt6mes persisterent long-temps. 

1 . Veriige chez aucun des experimentateurs ; un seul eut , quelques 
jours apres avoir cesse I'experimentation, un vertige subit qui le prit le 
soir et fut si violent qu'il tomba presque a terre. Embarras et pesan- 
teur , comme un poids dans la tete , surtout dans la partie anterieare, 
avec somnolence pendant toute la journee ; quelques heures apres la prise 
de j^ , ce sympt6me disparut le soir, revint le huitieme jour apres la 
prise de -^V, persista quelques jours, et s'amenda ensuite en mSme 
temps que les selles et d'autres accidens \ il etait le meme dans le repoa 
et le mouvement (H.). 
L Dans le vertex , une esp^ce de fouillement fourmillant, sans dou- 

(1) On a cru long-temps en e£Fet que la bnicca antidysenterica ou ferrugioea 
^tait la plante dont provenait Tangusture fausse. Cette confusion a donnd lieu ii 
nne m^prise dans le Manuel de M.Jahr.Ilaincorpor^ies sympldmes dVnipoisonne- 
inent de Tangusture fausse dans ceux de 1'anguslure vraie , et a traits & part la 
bracca antidysenterica , en ne tenant nncun compte de ces symptdmes. Les deux 
nMicamens sont doifc inexacts, et il pent en r^sulter des suites funestes dans la 
pratique. }ls doivent done Stre refondaS| ce que 61. Jahr ne nigUgera pas ds 
(aire* nous I'esp^rons, dans une nonvelle Edition. 



ft|TliE HE LA. MEDCGINB SPiCIFIQUE. 63 

lonr, Ic matin apr^s les premieres closes ; apres d'aatres doses ^ cepha- 
lalgie du meme c6te apres midi (J.)- 

Le soir, ccphalalgie fronlalo (apr(>s avoir marche beaacoup au 

soleil)(H.). 

5. Le soir, elancemen^dans la bossc frontale droite, pendant quel- 
ques heures , avec somnolence (H.). 

Ccphalalgie pendant toute la journee derriere les deux sourciU ; 11 
lui semblait qu'ils f assent enfl^s (H). 

Au-dessas de Toeil ganche , donlear pendant toute la journee (L.). 

Doiileur interieure au-dessus du dos du nez en travers (H.). 

Doulenr lancinante dans la tempe droite et un peu de plenitude 4ans 

lal6te(M.). 

40. Douleur passag^re dans la tempe droite et dans Toreille droite (H.)* 

^lancemens dans la t^te , de peu de duree et roTenant toujours y 
s'exacerbant dans la marche (surtout au soleil) (N.). 

Leger bourdonnement dans la region de la tempe gaucbe (J.). 

Mau\ de tete s'exacerbant quand il est tranquillement assis (N.). 

Prurit a Tangle interne de Toeil droit (M*)* 

45. Yeux troubles etenfles (J.), 

Le soir , yeux rouges aux angles internes et externes, et apres que 
r inflammation eut disparu , prurit dans les paupieres (H.). 

Le matin , yeux rouges ayec un peu d'ardeur, et le soir on remar- 
quait encore une petite veine rouge aux angles (H.). 

Yeux douloureux comme s'il y avait du sable dans les an|;les, mdme 
apres avoir dormi (H.). 

Sensation comme s'il y avait du sable dans les yeux, ce qui oblige a 
les froller(M.). 

^0. Elancemens tant6tdans une oreille, tant6t dans I'autre (H.). 

Tintemens d'oreilles (M.). 

Un exantheme miliaire a la face augmente ; chez d^autres reparo- 
rent des dartres farineuscs , tres-pruriteuses , et la peau se desquama 
an peu (S.). 

Face ,paie (H.). 

Frciiiissement dans les l^vres^ que d'autres ne reraarguerent pas. 

25. Douleurs dechirontes pass£|geres dans toutes les dents et dans les 
gencives, plut6t dans la profondeur, plus fortes quand elle prend de 
Teau froide dans sa bonche, reyenant frequemment pendant plusteurs 
semaincs. 

(Hue tumefaction chronique do la joue et des gcnciTCS augmente). 

Beaucoup de miieosil(^ dniis la bouche * elle doit erachcr sans ocsse, 
pendant toute la journee ; il lui semblai^ que la mucosite lui desoendait 
^osque dans la gor^c (^U.), 



I • 

S^cheresse dans 1e gosier et legere douleur Drulanle dans le pbarinx, 
comme qaand on a in<inge dc la graisse ranee (M.)- 

30. Tres-pen d'appolit ; elte a bien faini, mais rien nelai plait ct ellc 
ne pent manger (H.). 

Pas d'appetit a diner; le second jour, appAit meilleur an diner qa*aa 
dejeuner (J.). 

Goat maavais, pateux, dans la boacbe, pendant tQute la jonrn^e, et 
pas d'appetit, en sorte qu'elle ne peat riea manger; pas de soif (H). 

Les premieres doses enlevent I'appetit qui reyient apres les doses 
snivantes. 

I^ractations a vide (M.)* 

35. Sensations dans Testomac comme s'il n'avait rien mange dcpuis 
long-temps (M.). 

Ardeur et chaleur dans le creux de Testomac (H.). 

Sensation de battement dans toutle ventre, sensible meme au toucher 
dans la region de I'estomac (M.). 

(Apres avoir bu da vin, cephalalgie et grande somnolence) (H.). 

Apres le repas, exacerbation de la cephalalgie (H.)* 

40. Aussitdt apres avoir mange ou apres avoir bu, pression dnns I'cs- 
tomac (H.). 

Apr^sle repas, unpen de fermenlfition dans le ventre, avec besom 
d'aller ^laselle (J.). 

Apres le repas, fort battement de coBur, pendant une demi^heure (J .). 

Bouleur serrante autour du npmbril , a gauche — (gargouillement 
dans le ventre) (M.). 

Apr^s la troisieme dose, pas d'appetit dans la journee ; le soir, mal- 
aise Tenant de I'estomac et douleurs serrantes dans le bas-ventre ; a 
dix heures , vomissement aboudant et tres-facile de tout ce qii'il avail 
mange, sans aigreur, sans amertume ; a deux heures apres minuit, npres 
des douleurs serrantes dans le has- ventre, diarrhee; uneselle pres(|ue 
toutes les deux heures jusqu'^ neuf heures du matin. Pas de ceplinlaU 
gie, mais grand abattement. Le leodemain, malaise, maux de ventre 
et somnolence. Le troisieme jour apres cet acces, il restait encore des 
'douleurs int^rieures et de Tinappetence (H.). 

45. Douleur pin9ante dans le ventre , et deux heures apres, selle na- 
turelle (une heure apr^s la premiere dose (H.). ' 

Serrement dans le ventre (trois heures apr^s la troisieme dose); en- 
suite petites selles frequentes , muqueuses , comme s'il y avait des vers 
et un pen de sang (H.). 

Les selles ne s'accompagnent d^aucune douleur; des les premieres sct^ 
lesy les douleurs dans le bas-^entre cesser ent (H.)* 

PluHiears selles copieases apr^s la cinquieme dose, naturelleSj sans 



autre accident qiiede la pesanieur dans la tete. Les jott)*3 suivans^ \cmlw 
selles ne revinrent qa'a des intervalles de plus en plus longs , dans la 
journee. 

Selle insaffisante, tres-molle. D'autres jours, selle peu copiense et un 
pea liquide (J.)* 

50. Une demi-hei^c apr^s la selle , leger elancement sous le nom- 

bril(J.). 

Halt jours apres avoir cease Texperimentation , selle diarrheique , 

saivie d'abattement etd'une faiblesse telle qu'il doitse coucher (J). 

Grande disposition a la diai*rb^e, avec maux de ventre et flatulences 
(effet secondaire) (J.)* 

Le matin , quelqnes selles diarrheiques qui se renouvellent le soir 

(plus tard) (J.)> 

Pendant toute la dur^e de Texperimentatioii elle n'eut pas de selles, 
cntre son ordinaire. 

55. Fr^uentes Amissions de vents (M.). 

Amission de vents plus facile (J.). 

Chez plnsieurs personnes, led^oiementfataugmente ; cbez d'autres, 
le medicament n'eut pas d* influence sur les selles ; chez d'autres encore, 
il provoqua une constipation, des Alancemens, de baut en bas, dans Id 
canal intestinal , suivis d'une selle convenable et d'une sensation [de 
soulagement general (M.). 

Prurit des nodosites de I'anus, vers le soir (J.). 

Trancb^es lancinantes dans Turetre (J.). 

60. Lesoir, brulement douloureux dans I'urdtre (quinze jours apr^s 
avoir cess^ rexperin^pntation) (J.). 

Un coryza fluent chronique, tons les matins, cessa et ne reparut pas 
pendant les quatre jours ou elle prit i-4 globules;, mais il revint le 
cinquieme jour, ou elle cessa Texp^rimentation , comme auparavant. 
Sept jours apres I'experimentation, elle eprouva, le soir, des maux de 
ventre spasmodiques eC ent quelques selles ( symptdme predominant 
ces jours-la). Le lendemain, elle fut prise d'un coryza extremement 
violent, d'une nature toute particulidre , tel qu'elle n'eu avait encore 
jamais eu. D'abord, chatouillement dans le nez et un peu de pesanteur 
dans la tete ; ensuite, grand abattement et lassitude, puis eternuemens 
si violens qu'elle pouvait a peine les supporter, en diflerens acces ; et 
coryza fluent tel que I'eau lui coulait des yeux et du nez. Le coryza 
ne lui laissa de repos ni jour ni nuit, et Tempecba de dormir en la 
for9ant de moucber sans cesse pendant trente-six heures. La bouche 
etait tres-secbe , mais sans soif ; mucosite dans la gorge et le pbarynx ; 
plus tard , I'appetit revint un peu . Les Eternuemens se renouvelerent 
IV. 5 



BETUE BB lA. idoBGINfi SPlScmQVB; , 

j^iencore souvent , ainsi qa*nn pen de coryza. Avant d*^ternner, ane es^ 
p^ce de pulsation dans le uez. Ge violent coryza ne fut accompagn^ 
d^ancnne douleur, il n'y eut pas non plus de chaleurs, corame c'est le 
cas dans chaque affection pareille; elle ai^aitplut6t la t^tefratche (11.). 

En respirant, sensation d'un poids lourd sar toute la poitrine, sur- 
tout du c6t^ droit (J.). 

Oppression sur la poitrine^ avec froid desagreable^ sensibilite ad 
grand air (J.). 

Douleur de serrement continuel sur la poitrine droite (J.). 

65. Le matin, en s'eveillant, Violente douleur de hrisure serrahte, 
continuelle, extcrieurement, sur le cote droit de la poitrine, ou se fait 
sentir anssi nne douleur tensive quand il aspire profondeinent (J.), 

Douleur debrisure sur le cole droit de la poitrine, exterieure, pres- 
•ive, serrante, comme d'ecorchure, plus forte apres le repas(J.). 

Douleur (Tecorchure interieure dans la poitrine^ surtont la nuit aa lit, 
plus intense quand il est couche sur le c6te, moindre quand il se cou- 
che sur le dos. Respiration sans iniluence (H.). 

]&lancemens sous le sein droit entre les c6tes, surtout en respirant 
profond^ment, quand* elle est assise et quand elle marche ; ces elance- 
mens se succ^dent rapidement pendant toute la journee (H.). 

Sensation de serrement dans le dos (J.). 

70. Le soir, elancement subit dans le dos, a gauche (plus tard) (J.). 

Douleur comme de lassitude dans les lombes et au-dessus dans le 
sacrum (M.). 

Douleur spasmodique an milieu du dos de la main gauche, pendant 
quelques minutes, comme si Tos etait foulc. Ceite meme douleur se 
manifeste plus tard dans Tos de la cuisse gauche au-dessus du genoa 
(le second jour) (H.). 

Douleur spasmodique an milieu du dos de la main gauche (le troisieme 
jour). Gette m^me douleur se manifeste plus tard dans Tomoplate 
droSte (H.). 

Frequens dechiremens dans le pouce droit (H.). 

75. Le soir, il lui vint une vesicule sur le dos de la main j mais 
elle disparut bient6t (H.). 

A c6te du dos de la main, entre I'index et le pouce de la main gau- 
che, il lui vint de pelites vesicules pruriteuses, dans I'apres-midi ; elles 
disparurent le soir, an bout de quelques heures, mais pour revenir et 
disparaitre de nouveau quelques jours apres (H.). 

Miliaire pruriteuse, rouge, saillanle sur le dos de la main et le ven- 
tre (J.). 

Sensation de paralysie dans la cuisse droite, le soir (J.), 

Lassitude dans les genoux (M.) . 



BBVUB DE LA HEDBCINE SPiciFiQOfi. 67fl| 

80. L*Articiilatioa dd pied gauche se ploie en dehors, de sorte qu'elle 
va presque sur la cheville, Plusieurs Jours aprds avoir cesse rexperi- 

mentatioa (H.)* 

Baltemens constrictifs sur on c6te du dos da pied gauche (J.)» 

Sensation de brulement dans les cots du pied droit (J.). 

Sensation de brisure dans let extremity inferieures (J.). 

La partie anterienre de la cuisse et le €6t6 exterieor des bras sont 
comme bris^ (^0- 

85. Fouillement pressif an c6t6 exteme de ravant-bras gaachof et 
prurit iancinant dans le gros orteil droit. Le soir, quelques instans apres 
t'Aire couch6 (J.). 

Dechiremens dans les bras et dans les jambes, de temps en tempS| 
tonte la jonm^e (H.)* 

Pincemens en diSifirentes places des meihbres (M.). 

Raidenr dans les articulations, le soir (J.). 
' Dans la tdte, les oreilleset la poitrine, elle ^prouve des ^lancemensf . 
et dans les membres, des d^hiremens (H.). 

90. Abattement (M.)* 

Grande disposition &la pandiculation avec baillemens (J.). 

Grande lassitude en marchant, quelque fois chancellement (J.). 

Le soir, il est de tr^-bonne humeur , mais il tremble et chsincelle en 
marchant (J.). 

IrHtation nerveuseet lassitude, qui augmentent le soir, accompagn^ 
d'mi chancellement yertigineux en marchant (J.). 

95. Froid et horrenr du grand air (J.) . 

Elle est tr^-frileuse et a froid pendant plusieurs jours (H.). 

Fr(6qiientes horripilations avec soif ardente^ toute la journ^ (H.)* 

Quoiqu*elle transpire beaucoup en marchant, elle a cependant tresr 
IKHiTidnt des horripilations , surtout quand elle s'arr^te (H.). 

Le matin, en marchant, forte transpiration generate , suivie de las-; 
situde etde somnolence (J.). 

iOO. Lesoir, forte transpiration en marchant et lassitude indescrip- 
lible avec somnolence (M.). 

Les mains qui transpiraient deyiennent plus stehes (J.j. 

Somnolence continuelle (J.). 

Sonmolence, toute la journee , surtout en etant tranquillement as^ 
si^H.). 

Le matin, tres-grande somnolence , plus grande encore apr6s le re- 
pas (J.). 

105. Le matin , grande somnolence , plus grande encore Tapr^s-* 
midi(H.). 

Ajpr^Miiidi, grande somnolence etabattementCJ.)* 



4k 6S BfiVUfi Dfi LA M^DKOIN'E SP^CTFIQUK/ 

Le matin, somnolence, nllnnt cnnugmcntantju9c[o'aasoir(H.). 
Sommeil de bonne heure, le soir (H.). 

Le soir, il eprouve un grand besoin de dormir , se couche et dorl 
onze heures sans interruption ( J . ) • 

110. Grande somnolence le soir ; elle ne fait qu'un somme , et tors- 
qa^elle s'eveille le lendemain matin , elle a encore sommrii au poinlde 
pouToir a peine onvrir les yenx (H.)* 

La nnit, sommeil plein de r^yes avec congestions (J.). 

Sommeil leger avec r^yes agreables (J.). 

Sommeil trouble pardes r^ves erabrouilles (J.). 

Malgreun besoin extraordinaire de dormir , le sommeil est troubled 
chaqae instant par des rdves effrayans (plustard) (J.). 

115. Sonmolence et inappetence qui serablent altemer(H.). 

Besoin de dormir avec relachement de Tesprit (J.). 

Elle n'est plus aussi gaie , aussi vive ; elles est plus silencieuse, plus 
taciturne (H.). 

Humeur sombre avec paresse et lassitude (J.). 

Le matin en s^eveillant , mecontentement et mauvaise humeur (J.). 

120. Beaucoup de symptdmes se maoifestent au milieu du joar et 
disparaissent le soir (H.). 

(Lecaf£ soulage.) 

II nous est impossible , sans faire yiolence a nos convictions ibdivir 
duelles,d'admettre dans la matiere m^dicale ces experimentations faites 
avec des globules de la 30* dilution. La plupart des symptdmes ci-des- 
8US mentionn^ sont telleraent nuls que cbaque medicament prbiro- 
quera les mdmes. Un homme qui passe pourbien portant n'a qu'i ob- 
server avec quelque attention les sensations qu'il ressent dans le couraDl 
de la joumee, m^me sans avoir pris de medicament, pour pouvoir no- 
ter des accidens pareils et peut-etre meme plus intenses. Quant aax 
sympt6mesun pen plus saillans , tels que les selles fr^quentes, on peat 
aussi bien les attribuer, corame le syrapt6me 61, a la constitution ^pi* 
d^mique regnante, qu'aux globules de In 30* dilution qui ne provoquent 
des ph6nomdnes que par exception. La symptoniat(»logie de Tangusiure 
se r^uit done , selon nous , au petit nombre de syniptdmes sutvans , 
8ympt6mes iraportans etconfirmes par des experiences rep^t^^s. 

Cortex asgasturflB sparies. 

Preparation. Ou prepare avec celle racine unc tcinlurc ou Lien un la liiture uvi c du sucre 
de lait dans la proportion (le ro a loo grains. 

Dose, I goutlc (le la i^'^' ou dc la 2,' dilution , repulcc toules Icj il* ux ou tiols lieurcs. 



Caraet^ristique. Teianos. Opisthotone, THsme. 

Syinpl6nief gen^auz. La moitidre odeur, Ic nioindre coiUacl, le moin<tv| 6iiai 



MVUB BB LA. MEDEGINE SPECIFIQUE. Oft ^^ 

de se remoer, toute tenuiive d*avaler m^me, aogmente les spasmes toniqaes.'— ^V 
fipuisemeot. — TressaiUeoMnsspasmodiques. — Treiubleoiens qui se changent en 
spasmes. — Gimissemens qai ne sont pas cependant provoqu^s par la douleor. 

riivre. Pools rare, irr^gulier, comprimi. 

Moral. La connaissance ne se perdpas. j 



T£te. CoDgestioni vers la tSte. -— Ctourdissement. — Verligessi Arts qae set 
jambes manquent sous lui et qa*il retombe sar sa chaise. 

Tens. Yeux saillansi fixes et immobiles. -~ Eblouissemens. •— Obscurcissement 
de la vue. 

Oreilles. Ttiitemens d^oreilles. 

Faee. Serrement de la niAchoire inf^rieure contre la sap6rieure. L^vres ^art6es 
d^couvraut les dents anl^rieures. — Muscles de la face tendus. — Joues et l^vres 
bleues. -- Apres Tacces t^tanique, yeux ferm^s, front et face entidre couYerts de 
sueur. — Le trisnie rend la parole difficile. 

Oofier. La ddglulition est empSch^e par le jeu des muscles. 

Zstomao. L'amertunie de la substance occasioue presque aussitdt des soul^ve- 
mens diestoniac qui finissentpar Stredouluureux sans determiner des vomissemens. 



K Suppression de la respiration. — Apr^s racc^ titanique, la Respira- 
tion exige de grands efforts. 

Dos. Coioniie Yerl^brale et tSte rejet^es fortement en arriere. — Yiolens tres* 
saillemens, cunime des secousses ^lectriques, lelongde lacolonne vert^brale, suu- 
levanf uu peu ie tronc. 

JBztr^mit^s. Exti^mites raidies. — La flexion des membres inf^rieurs devient 
impossible, et toute tentative a cet egard excite les plus vives doulenrs. 

li'liiiile de croton 9 

9ar le dooteor BUCHNEA, de Munieli. 

La graine du crqton tiglium a et^ apport^e en Europe depuis plus 
de deux cents ens , et de tout temps la plante entiere est employee 
dans le pays ou elle croit a differens usages. Artus GryseUus assure 
que la racine s'est montr^e tres-efficace centre Thydropisie. L'arabe 
Serapion parle deja de Temploi de sa graine. Voici ce que Rumphius 
en dit dans son Herbar, amboneus 1750 : Apud Malabaros ossicula in 
usu sunt ad pituitos quosvis humores tam ex pectore quam ex abdo- 
mine evacuandos. Quse cum pauxillo aquae contrita inliniunt cunctis 
lenticulis sordidisque faciei maculis, quas prime pariim fricant , unde 
calor excitatur atque vesiculse. Mulieres lualignae, quae maritos sues 
ex medio tollere cupiunt , quatuor gran is simul exhibitis, boo effi- 
ciunt. 

De nos jours on administre le sue exprin^e de la graine contre les 
maladies soivantes : 



70^ EBYUB DB LI MBDEaffB SPECIFIQUB. 

Coliques de plomb (Magendie : Formulaire). 

Hydropisie (Stiigemann, Richter in Rust's Magazin 18, p. 338) — • 
(Hermaim : Cfnosura mat. medJ) — (Burmann : Thesaur. '2^lonic>y 

Incarciration spasmodique des hernies (Dupuytfpn). 

Taenia (Juccinotti. — Bally, — Gohaosen : Act. nat. curios, IX , 
p. 39). 

Exidritkrement^ on Temploie contre les affections qui suivent ; 

Catarrhedela trachee-arlere et des bronchesfyfolB^ ScbmidB Jahrkueh, I,. 
p. 297). 

Cholera bilieux (Short). 

Pleurodjrme (Andral). 

Enrouement chronique (Mankiewicz). 

Affection des nerfs de la voix et du gosier (Rambcrg) surtout dans les 
refroidissemens. 

Affections rhumatismales (Magendie. -^ Ainsli. — Andral). 

Goutte (Haupsted. — - Andral). 

Inflammation du cen^eau chez les enfans (Beuter). 

Hfdrocephale aigu (Horn. : Archif^. 4828 , p. 123). 

L^huile de croton se tire de la graine du croton tiglinm origiaaire 
du Malabar, des Moluques, de Gey Ian , de Java, etc. Gelle qui se trouire 
dans le commerce Tient des Indes-Orientales, ou la graine est griilee 
avant qu'on en exprime le sue ; cependant on en fabrique ausai en 
Europe. L'huile des Indes-Orientales se tire d'Angleterre. EUe est 
contenue dans de petits flacons de la capacite d'un gros. EUe a une 
couleur pailleou desncciui oujaune brunatre, uneodeur nauseabonde, 
acre, quireste long- temps dans la gorge. EUe se dissoutdans trente-six 
parties d'alcool reotifie an dernier degr6 , mais plus facilement dans 
Tether sulfurique. L'ajcool ordinaire ne la dissent qn*en partie. Elle 
se mele avec d*autres huiles grasses dans toutes les proportions. 

Les ecales dig6rees dans de Talcool donnent une teinture hrune, qui 
ne possede ni acrete ni autre propri^te notable. Pope pretend , au con- 
traire, qu'elles contiennent un principe corrosif qui excite aisement le 
Tomissement, et qa'ea separent, non pas I'alcool, mais Thuile de t^r6<- 
benthine et celle d'olive. 

Ezp^rimentation sur des penonnes bien portantes. 

Murray (i)^ ayant avale un grain de croton tigliuin , ne ressentit 
pas d'acrete sur la langue^ mais il 6prouva bient6t apres dans le gosier 
nn brulement de longue duree. 

(i) Apparat. med. , t. IV, p. 149. *^ ■ ^ 



ESYUE DB LA HiDSGINB SPEGIFIQUtf. Tf 

Thomson (i) -ini donna dix goattes a la fois. II y ^nt a Tinstant dog 
yomisseniens suivis d'une purgation,sans suite funeste. 

Brandes (2) et son coUaborateur ont eprouTe en preparant de I'acide 
crotonique, pendant plusieurs jours des brulemens a la face, etauboi^l 
de quelques heures il lear vint tout autour de ro3il de petites vesioulet. 
La yapeur aspiree leur causa de violens brulemens dans la poitrine , 
lesquels descendirentj usque dans les intestins et durcrent deux jours, 

Buchner (3) en cassa un grain, le niacba un peu et le cracba. BienU^ 
apres il ressentit dans le gosier un brulement et une contraction qui 
durerent long-temps, avec sueur au front , purgation une heure apr^, 
et plus tard buit seiles, sans suite funeste. 

Friedldnder (4) raconte qu'un medecin anglais bien portant , ayant 
mis sur sa langue le boucbon du flacon, il eut nn afflux de saliye dam 
la boucbe et eprouva un leger picotement II prit une goutte de Tbuile 
dans nne cuilleree a the d'eau cbaude, et ressentit aussit6t une irrita- 
tion des glandes salivaires qui le for9a a expectorer frequemment de la 
mucosite. Ghaque cracbement ctait accompagne de la sensation d'uoe 
acrete ranee et d'une ardeur desagreable dans la gorge, qui ne oessa 
que lorsqu'une sensation pareille se fit sentir dans Tanus. Apres cbaqoe 
petite dose, il y eut cinq a six selles sans maux de ventre. 

Deux eleves de Gaventou (5) apres la decortication d'un kilogramnie 
de la graine, eprouverent une irritation tres-violelite dans tout le corps, 
dans Tinterieur du nez et du gosier, au point de pouvoir a peine oavrir 
les yenx le lendemain en s'eveillant. Les paupieres paraissaient infil- 
trees, le nez et toute la face se trouvaient dans un etat dUnflammation 
qui ne cessa qu*au bout de plusieurs jours apres Femploi continual de 
lotions adoucissantes. 

Vibmer (6) avala deux pilules d'buile de croton et de racine de 
gnimauye. Une derai-beure apres avoir avale la premiere, il se declara 
une l^gere trancbee et il eut une selle molle. La seconde pilule provoqiia 
quatre a cinq selles muqueuses sans coliques, mais ayec on pea de t^ 
nesme. , 

Landsberg (7) a fait Texperienoe suivante : il avala la BM>iti^ d'oii 
gros grain. II lui trouva un gout d'abord doux et builenx, pais extr4- 
mement amer et brulant. Arriere-gout grattant , brulaut, accompago^ 

(4) Frorieps Notiz. Ill, p. 271. 

(2) Ibid. IV, p. 483. 

(3) Toxicologie. 1827, p. S95. 

(4) Journal compi^mentaire du Biction. des Sciences midic« F^Trier IMO 
p. 340. 

(5) Frorieps Notiz. IX , p. 348. 

(6) Wirfcnng der Arzaeimillel. 11, p. 242. 

(7) jei^ianacpgrapli. eqpborbiac, Diss^ Beroi. 4^1. 



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72 RBVUE DE LA MEDECINE SPEGIFf QUE. 

d'one augmentation de chaleur et d'une salivation de pKis en pins forte. 
Angmentation de la chaleur du corps, surloutde la face. Pouls ncceldre, 
malaise et eructations, sensations de plenitude dans le ventre avec gar- 
gouillemens et legere colique , deglutition difficile et secheresse dans 
la gorge. Le brulement et le grattement cesserent au bout d'environ 
deux heures et demie ; la langue se montra couverte d*un endait blanc, 
le gout fade , la cavite buccale corame brulee. Tons ces symptdmes 
persistaient encore le lendemain , ou il y ent , a neuf heures du matin, 
one selle liquide , puis a deux heures apres-midi une nouvelle selle 
liquide. Augmentation de la secretion de Turine ; urine trouble, noa - 
geuse. Faiblesse, indisposition et tumefaction du palais pendant pla- 
sieurs jours. Un grain entier, mais plus petit, produisit les memes effets, 
a Texception du d^voiement. Un grain entier ecosse et griU6 fut aval6 
ensuite. D'abord gout agreable de cacao, suivi plus tard du brulement 
particulier. Malaise, secheresse de la bouche, lassitude et indispositioii 
considerable, jusqu'a ce qu'il cMat a un besoin presque irresistible de 
dormir. 

II prit ensuite une goutte d'huile de croton sur du sucre. Le gout , 
d'abord indifferent , devient tantdt brulant , tant6t grattant ; en rn^me 
temps I'appetit disparut. II se declara un malaise particulier dans la 
poitrine et le ventre ; les pulsations etaient plus frequentes et plosiai- 
bles. Au bout do deux heures , il eut une selle solide , suivie bieat6t 
d'une selle liquide au milieu de lagers borborygmes et d'esp^ces de 
coliques dans la region de I'estomac et des hypocondres. Le malaise 
Gontinua neanmoins ; les gargouillemens augmenterent meme , et au 
bout d'une demi-benre il y eut une troisieme selle liquide. Apres on 
court sommeil , les ardours dans le gosier diminuirent considerable- 
ment. Une heure apres , il y eut une quatrieme selle ; trois beures 
apres, une cinquieme, abondante, aqueuse. Dans Tintervalle, il se d^ 
clara une certaine sensation de chaleur avec augmentation de la secr^ 
tion de la salive dans la bouche. Le lendemain, constipation. 

Une goutte d*une huile pr^paree depuis cinq semaines provoqua les 
mdmes symptdmes imm^diats ; cependant il s'y joignit une violente 
oolique dans Tchtomac et le bas- ventre. Un court sommeil fortifia. Le 
brulement des Icvres et I'indisposition continuerent. Malaise et eruc- 
tations chaque fois qu'il buvait. La premiere selle muqueuse eut lieu 
environ deux heures apres ; la seconde, d'abord solide^ puis aqueuse, 
au bout de deux ou trois heures. Le malaise et l' indisposition n'avaient 
point encore disparu. Pas d'appetit. Le lendemain , il y eut une troi- 
sieme selle liquide. 

Conw$ll (1) raconte qu'une jeune filie de quinze ans eut quatre selles 

(i) Recherches sur les propriet^s u^ed. du croton ligl. Piss. Paris. 1824 • 



ASYUB 1)£ IiA HBDBGINE 8PEGIFIQU1. 7$ 

copieases apres cfHir respir^ pendaai qaelques minuteii un flacon qui 
coDtenait enyiron halt onces de crotoa. Voici comment il decrit en 
general les effets de ce m6dicament : apres une petite dose, on ^prouve, 
au boat de quelqnes minutes, on pea de faiblesse et d'abattement ; le 
pouls deyient faible et petit , le corps f roid , mais bientdt le pools se 
releve, devient plas fort et plus plein , la peau plus chaade , et il se 
declare presqae constamment one abondante transpiration. Lesmouve- 
mens des intestins deviennent sensibles, et quand Thaile est donnee 
a la dose convenable , on eprouve de temps en temps de legers 
maox de ventre. An bout de deux heures, et ordinairement en moins 
de temps encore, ont lieu des Evacuations muqueuses copieuses ; la 
quantity des mati^res evacuees est extraordinaire. Les reins sont egale- 
ment excite et secretent une tris-grande quantite d'urine. 

2Vif'er/iier(i)a vu I'buile de crotonprovnquer quelquefois des ver- 
tiges et de la cephalalgie. Si cette substance ne raanifeste pas ses effets 
purgatiCs, elle cause, selon Piidagnel (2), des gargouillemens dans le 
ventre, une sensation de pesantenr dans la region de TEpigastre et du 
malaise. Chez d'autres, elles occasione une tension dans la region de 
I'estomac^ de la difficulte a respirer, de Toppression, de Tagitation, des 
donleurs dans les membres, de violens battemens de coeur, des mauxde 
tete avec embarras. Les sympt6mes sont suivis d'une cbaleur generate, 
d'une abondante transpiration , et finalement le sujet s'endort. Selon 
/ore/ (3), on ressent, aussitdt apres la prise, dans ie gosier et le ]ong de 
FoBsophage, une sensation de chalear qui s'etend quelquefois jusque 
dans le creux de I'estomac et dure quelques minutes. Souvent il se 
declare des degouts, plus rarement , et surtout chez les femmes, des 
vomissemens. Une heure apres, borborygmes et coliques plus on moins 
fortes dans tout le bas-ventre. Les premieres seiles ont lieu ensuite, 
sans Epreintes , sans chaleur a Tanus. Les seiles sont toujours tres- 
liquidesy comme de Teau coloree et sortent par jets. Le nombre s'en 
elevea dix ou douzepour une goutte d'buile. Le lendemain, la diges- 
tion se fait bien. 

Une fiUe de vingt-cinq ans prit , le 8 j uillet de FauDee passee, une 
goutte d'huile de croton sur dusucre. Bient6t apres, elle eprouva un 
brulement et un grattement dans le palais et le gosier et ressentit un 
grand malaise. Elle perdit Touie et la vue, son front se couvrit de sueur; 
elle crut qu'elle ne parviendrait jamais a regagner son logis. Aussitot 
arrivEe cbez elle, elle vomit de la raucosite sans bile , quuiqu elle eut 
on goutamer. £lle eprouva ensuite des decbiremens a Textremite des 

(1) Frorieps Nolizeo. XII , p. 287. 

(2) SckmUt^s Jabrbuch. Vm, p. SS4. 

(3) Recbercbes Ib^ap. , etc. , da crol^n tigl. Paris . 1833. 



o6tes dans toute la circonf^rence , s'etendant par derri^re jacqa'aiBl 
reins, qaelques coliqnes aatoar da nombril , et elle eut plus tard one 
telle fecale, suivie d'une autre aqaeuse. Pendant toute la journee, 8i| 
t^te fut si pleine et si lourde qa'il lui fut impossible de li^e^ Le lender 
main, apr^s sept heures, elle prit une nouvelle dose et but pea de tempi 
apr^s du caf^qu'elle dut rendre. Ayant neuf heures, froid, surtoutdet 
extr^mit^ inf^rieures, si grand qa'elle en avait la chair de poule et 
qu'il lui fallnt se coucher pour se r^chauffer. Elle se reyeilla fortifier 
vers onze heares. Elle eut y avant et apr^, oinq selles diarrheiques jaov 
natres. 

Une jenne fiUe k la chevelure noire eprouya , apr^s la prise d'one 
m^me dose, du malaise et eut six selles, d'abord fecales, pais aqueosea 
au milieu de legers elancemens dans le venire. Ses regies, qui etaient es 
retard de quinze jours, parurent, mais peu copieuses. 

Un relieur, ag6 de dix-buit ans, qui souffrait depuis quelques joun 
d'une constipation, prit une .goutte d'huile de croton snr du sucre. U 
ressentit une sensation de grattement dans la gorge et un roulement 
dans le ventre, sans aatre accident. II n'eut pas de selle non plus le len^ 
demain. Le troisieme jour, deux gouttes provoquerent des malaises, des 
gargouillemens dans le ventre, des elancemens dans la region de la rate, 
et amenerent une selle en bouillie. 

Unjardinier, ag6 de vingt-six ans, hypocondriaque, prit au mois de 
juillet, a dix beures du matin, une goutte et demie d'huile de croton. 
Bient6t apres , ardeurs dans le gosier, chaleur plus forte dans tout le 
ventre, malaise, anxiete sur la poitrine, plenitude dans Testomac, nau- 
sees, coliques. A onze heures, une selle ordinaire, saivie de deux sellea 
moUes, comme un ceuf battu dans de Teau. De midi a une beure, deux 
nouvelles selles de meme consistancc, un pea d'abatteraent.' 

Une demoiselle blonde, agee de vingt-six ans, qui avait des dents 
cari^es, prit le 27 aout, trois gouttes d'haile de croton triturees avec 
du Sucre , une goutte toutes les heures. La premiere fut priae a 
neuf heures. Bientdt apres, eructations. Afflux d'ea a dans la boaobe 
en si grande quantity qu'elle s'echappe par les angles. Vertiget et 
malaise ; elle cherche le grand air; mais son malaise augmente, sa face 
palit; grand abattemnetet brisure; plus tard, ardeurs daus restomae, 
colique dans le colon transverse, qui se renouvellent avant obaqqe 
selle* DansTapr^s-midi, six selles aqueuses par jets rapides. 

Le 29 aout , elle en prit de nouveau trois gouttes dans da sirop, one 
goutte toutes les heures , la premiere a six heures. Apr^s la seconde^ 
grattement dans la gorge ; elle se sentait deja indisposee ; ardeur dans 
Testomac comme des charbons ; le malaise augmenta au grai)4 air et 
is'accompagua de yertiges. £Ue pouvait s'etre eloigate de trois o^jcita paa 



BEY17B DB Li. HBI>1!€IKS SPISGIFIQUB. 7& 

de la maisoiiy lorsqa'oUe se sentit si raal qu^elle crut qa^elle ne ponrrait 
pas atteindre son logis. Elle perdit i'ouie et la Tae ; le grattement dans 
la gorge augroenta ; elle vomit la soupe qu'elle avait mangee, a pleitie 
gorge, an milieu de \a route. Pendant le vomissement, les larmes lui 
jaillissaient des yens. Elle n'ayait pas fait cinquante pas, que le vomis- 
sement recomm*eii9a. Elle s'assit snr un banc de bois et vomit encore 
nne fois. Au bout d'nn quart d'beure, elle se sen tit assez bien r^tablie 
pour retonmer a la maison. Elle n'epronva pas d'autre sympt6me, k 
Texception d'dlancemens au-dessus du nombril. Elle eut deux selles en 
bouillie dans la matinee* 

Un autre demoiselle, plus %^e, a lachevelure noire, prit ^galement 
trois gouttes d^huile de croton triturees avec du sncre. Elle ressentit le ' 
mdme grattement. Face decoropos6e, yeux fixes, brillans, trancbees 
au-dessus du nombril , comme si deux couteaux ^taient rapprocbes dans 
les inlestins. Ges trancbees cessdrent apr^s deux selles, qui furent sui- 
viesdequatre autres aqueuses, sans accident. 

Un garde-^ialade , dg6 de trente-six ans, qui souffrait d'une fievre 
orti^e centre laquelle il avait pris des ^crevisses cuites^ remMe qui lui 
avait procure un tr^-l^ger soulagement, re^ut le 30 aout, trois gouttes 
d'huile de croton triturees avec du sucre, toutes les beures. Grattement 
dans la gorge, snivi bient6t apres d'ardeurs sur la poitrine, d'une sen- 
sation dans les lombes comme si des insectes s'y promenaient, de grat- 
temens dans Testomac, puis de legers malaises', avec yeux brillans, 
cbaleur et anxi^te qui le firent courir a la garde-robe. II sentit parfai- 
tement le medicament descendre dans les intestins greles ou il causa un 
gargouillement. Lorsqu'il arriva au nombril , il y occasiona quelques 
pincemens. A midi eut lieu la premiere selte, solide, globuleuse, melee 
d'une quantite de petits points blancs (larves d'ascarides) . La seconde 
contenait un grand nombre d'ascairides de couleur blanche, d'environ 
trois lignesdelong et de T^paisseur d'un fil. Les autres selles, an nombre 
de neuf, etaieiit mfectes, bilieuses, muqueuses et finalement aqueuses. 
L'app^tit revint vers trois beures. 

Une demoiselle de vingt-six ans^ inaigre, d'une constitution bilieuse, 
prit. le 6 octobre, trois 'gouttes d'huile de croton triturees avec du 
Sucre, a trois reprises. Outre les sympt6mes ordinaires, grand malaise 
conune pour vomir, neuf selles, les premieres fecales, les autres liqui- 
des, jaunes et vertes. Elle prit du cafea quatre beures apres-midi et il 
n'y eut plus de selle \ mais Ic soir, elle eprouva des frissons. Le len- 
domain, pouls agite, un pen d'enrouement et catarrhe de la poitrine. 

Un tbeologien , age de vingt-deux ans, a la chevelure noire , d'un 
temperament sanguin , prit en trois fois , le 9 octobre, trois gouttes 
d'huile de croton. La premiere dose qu'il prit sur on pea de snore ' 



76 BBVU£ DE LA MEDEGTIVE SPEGIFIQUE. 

ne proYoqua aucun symptome notable , a Texception d'on gout sali el 
d'ane titillation semblable a un gratteme^t dans la gorge. Un boaiUon 
diminua cette espdce de grattement. Apres la seconde dose, le ventre 
cominen9a a lui causer des doaleurs tranchantes et pin9anies. Ua 
bouillon ne le soulagea pas. Aces symptdmessejoignirentde I'enibarrat 
dans la tSte, un peud'oppression dans la partie sup6rieiire de restomac, 
des nausees suiyies bient6t de Tomissemens. II eat pen de temps apres 
une selle et des yomissemens plus copieux encore au milieu de Tiolens 
pincemens. Apr^s la troisidme dose , il 6prouTa un frisson assex fort, 
surtout dans le bas-venire. Besoin d-aller a la selle si pressant qu'il ne 
peut atteindre la garde-robe et fait dans sa culotte ; cependant il doit 
rester assisloQg-temps encore. Dans Tapres-midi, le froid qu'il ressent 
le force a se coucher, et il est loog-lemps avant depouvoir se rechaaffer. 
Apres un sommeil r^parateur, il se reveille avec un grand appetit , el, 
faute de mieux, il mange du pore. II ne s'en trouva pas fort bien. 

Une jeune fille de vingt ans, au teint pale, prit.-|- de goutte d'hoile 
de croton , le 7 octobre, a six beures du matin. 

Grattement dans la gorge, un pen d'amertume dans la bouche. 

14, 45, 16 octobre a sixheures du matin, -|- de goutte. 

Une demi-heure apres, malaise, envies de vomir, quelques vertiges, 
inappetence, sensation de* chaleur et ardeurs dans Testomac. — Quel- 
ques dugouts, Eructations, ardeurs commela veille; plus tard , pince- 
mens autour du nombril , et un quart d'beure aprds, une selle. — Mai 
d'estomac et vide dans I'estomac, eructations , nausees jusqne dans 
I'apres-midi. 

26, 27 octobre, a dix beures du matin, ^ goutte. 

D'abord eructations a vide, puis nausees au point qu'elle ne peut 
presque plus 6crire. Apres le diner, quelques dechiremens autour du 
nombril, vomissement d'un pen d'eau, de mucositeet d'unpeudepainy 
les nausees continuant. Eructations, malaises, afflux d'eau dans la bou- 
cbe, deux vomissemens de bile. Pendant le repas, dechiremens dans 
le ventre. 

30, 31 octobre, a dix beures du matin, ^ goutte. 

Malaise, qui s'exacerbe apres qu'elle a mange d'unebeurree. EUe 
doit s'asseoir. Haut-le-corps. Quelques vomissemens des alimens et d'un 
pen d'eau. Dechiremens dansle colon transverse. A midi, inappetenoey 
tristesse, pincemens et tranch6es, principalement dans le gros intestkiy 
nausees, pression dans le creux de Testomac, aprete dans la gorge. 

7 novembre, a neuf beures, | de goutte. 

Vertigo si fort qu'elle peut a peine rester assise, surtout lorsqu'elle 
Wve les yeux. Yeux troubles, comme s'il y avait de la fumee dans la 
cbambre, Nausees *, elle rend sans cesse de I'eau stomacale. Pincemena 



B&VtJfi Dfi LA MliDECtlNE S^JGIpiQttfi. 7^ 

Antonr da nombril. Les malaises continaels qu'elle ^proavait le matin 
la decid^rent a cesser I'exp^rimentatioii. 

Sch..., professeur, kgi de trentc-deux ans, aux cheveux ooirs, a la 
constitution biliense, prit le 7 novembre dernier, h qaatre henres da 
loir, nne gontte d*haile de crotonsnr da sacre. 

Grattement dans la gorge, d^chiremens Tcrs la jambe gauche en bas, 
d^hiremens dans la tdte, vers le vertex, ventre plein et ballonne avec 
coliques en haut da nombril. Quelques tressaillemens vers le coBur, a 
gauche, et parfois tressaillemens et dechiremens vers la plante du pied 
gauche. Selle en bouillie avec ardeur dans I'anns. Sommeil mauvais avec 
beancoup de rSves. Abondante s^r6tion d'urine. Le lendemain^coryza 
avec leger ecoulement par le nez, qui persista quelques jours, ainsi que 
les ardeurs dans Tanns. 

' St..., docteur en m^decine, ag6 de vingt-six ans, d'une taille 
moyennCj d'une constitution Mle , d'un caractere biliosoHpituiteux , 
d'un temperament flegmatique , k la chevelure blonde , ptrit le 8 et 
le 9 septembre ts de goutte d'huile de crotdn. S^cheresse de la bou- 
che, avec sensation de grattement dans le gosier, app^tit diminue et 
pea de soif, accompagn6s d'6ructations a vide. Avant le repas, il eprouva 
on grand vide dans I'estomac, tr^peu d'app^tit et de soil. II sedeclara 
en outre dans Taprds-midi une enflure douloureuse des gencives de ia 
mAchoire sup^rieure, du c6te droit et dans Tint^rieur. La nuit, peu de 
sommeil trouble par des rdves p^nibles. 

dl septembre, dans la soir^, ^ goutte. 

Le lendemain matin, c^phalalgie pressive dans Tocciput, tum^action 
de la glande sous-maxillaire qui devient douloureuse a u toucher. DoUir 
leur br&lante comme causte par un charbon dans la region de la tempo 
gauche. 

15 septembre, dans la matinee, | de goutte. 

Ardeurs dans le gosier; goutaigre, acre, montant de Testomac. 
Expectoration d'une quantite de mucosit^ visqueuse , ayant un gout 
aigre. L^vres s^ches, fendill^. Deux selles d'un jaune sale, limoneuses. 
B^out pour la biere. La nuit ,-sommeil bon jusqu'a minuit. Apres 
minuit, il se d^clara on grand malaise suivi promptement de vomisse- 
mens d'un liquide aigre, ayant une odeur extraordinairement acre, et 
en asses grande quantity. Aux vomissemens succMa la diarrhee. Une 
oscillation de liquides iieii sensible dans le ventre. Bient6t apres le 
Tomissement, il retomba dans un sommeil qui dura jusqu'au matin. 
En s'^veillant, il se sentit tout abattu, quoique beancoup moins qu'a^ 
vant le vomissement ou ses mains et ses pteds tremblaient. Le vomis- 
sement avail ete accompagne d'un embarras assez grand dans la tete, 
lequel persists^ encore trois joors, ainsi que rioapp^tence. L'urine 



78 HEVTJE DB LI MBDSCINE fiPicIFIQUB. 

qa'il avait ^vacaee ayant de se meltre au lit lui arait caos^ des ardenn 
dans I'urethre. Gelle qu'il lacha dans la nuit avait, le lendemain, mie 
couleur presque rouge de fan. Le fond du vase de nuit etait couTert 
d'une couche epaisse de mucosite qui se tirait en fibttnens qaand on 
I'agitait. 

d, 3, 7 novembre, dans la mating , 1 goutte. 

Secretion de Turine angment^e, Evacuation presque toutes les dedii- 
heures, nausees avec dugout. Sensation de constriction avec ^lancemeni 
par momens dans Tanus , plut6t a la sortie , en marchant. SeUe 
Tisqueuse , enflure des genciyes au bord alveolaire int^rv^ar da cM 
gauche. Serrement spasmodique dans la profondeilr de roreille gaoohe, 
Sommeil agite, plein de rSves. Secheresse du net et de la gorge. Grat- 
tement dans la gorge le forcant a se la racier souyent. Doaleurs tensivei 
k Tarticulation de la hanche du c6te gaucbe. II avait de la peine k se 
lever de dessus son si^e. Secheresse de la gorge augmeilt^. Tame* 
faction des tonsilles tres-douloureuse a la pression exterieore, rdugetir 
inflammatoire de la conjonctive de Toeil gaucbe. 

Une domestique, agee de trente-deux ans^ bien porlante, aox obe- 
Teux noirs, prit ^ goutte d'buile de croton , le 26, le 27, le 30^ le 3i 
octobre, le 2 et le 3 noyembre, a dix beures. 

Une heure apres, nausees , quatre fois riSgurgitation d^eliu e/t ploi 
tard douleur dans le front avec dechirementj usque dans la tempe droile^ 
ou pendant deux heures elle eprouya des elancemens. <— Au bdtitd'iiiie 
beure, douleur autour du nombril comme si lesintestinssetordaient, 
deux fois de suite, puis d^chiremens au c6te gauche du yentiie. A. ohze 
beures, un peu de pression dans I'estomac, d^biremens dans T^piiide 
droite^ malaise, afflux d'une ieau aigre dans la bouche ; doaleurs sifioa^ 
'tives sous restomac , suivies de deux selles molles muqueusc» nyfSt 
epreintes. Le lendemain , o^ elle ne prit rien , elle ressentit vne b6^ 
phalalgielancinante jusqn'au vertex. — Peu de doulenrs dans le veiAre, 
trois selles comme de Tean. L% lendemain, pas de changemeHtdaiifc 
son Etat. 

4, 7, 9 novembre, dans la matinee, | de goutte. 

DEchiremens dans le bras droit ^ qui s'^tendirettt plus tard jmqtia 
dans les doigts. MElancolie, malaise , I'estomac se retonrne tlroiB Mb 
avec yiolence ; tranchees aunlessous die Testomac et d^hirdiUJ^ns dAUb 
les intestins , pres de la hanche drbite ; plus tard , sensation Ami Mk 
ibtestiiis, comme i^i de Teau tiMe y coulait, principalement da e6t^ 
{anche. La nuit , trois selles comme de I'eau. -— Le jour ou elle ne prtt 
rien, oscillations dans )es intestins , comme produites par de Teaa j 
sommeil agite , selle aqueuse, apr^s midi. — Une heure apris la prise 
tttaux de ventre si forts , qu'elle peat h peine respirer. lies iranohtoa 



lUSVVS DB tk HJBBSGINS SPBCIFIQUB. 

SO font sentir autour du nombril , et elles remontent juscjti'a I'estomac f 
elles la for cent a se ployer en deux , et repondent de la dans le flanc 
gauche. Faiblesse des nerfs des pieds , tremblement de tout le corps , 
chaleurs , humeur sombre ^ pas d'appetit , cinq selles aqueuses. 

11^ 45, 16, i 8 tiovembre , dans la matinee , | de goutte. 

Tranch^es autour du nombril ; decbiremens dans le c6te gauche ^ 
depuis Thypochondre jusqu'au mamelon droit , pendant quelques mi- 
nutes. Trois selles aqueuses. En etant assise , elancemens dans le pied 
gauche , comme si elle avait fait un faux pas. Gorge seche; deux fois elle 
expectore une mucosite qui a un gout aigre comrae du yinaigre. — « 
Tranchees dans le^ intestins et antoiit* du nombril , selle aqueu&e. £llatit 
cemens dans le cerveau , du c6ti6 droit \ iau-dessus de Toeil , comma 
produits par des aiguilles. — Ghaleur du corpft ; ardears dahs la gorge^ 
comme si elle avait avale du poivre. Pression dans la r^ibti de la rate; 
Tranchees dans le yentre , suivies de quatre selles molles. Dqpx selles 

liquides. 

[La Mte a un nutniro prochdtii,) 



Extrait (inline lettre du dbcteur Kattenbach , de Berlin , an docteuif 
Roth, de Paris. 

«Une nouvelle carriere semble s'ouvrir devanl Thomoeoji^athie. Wa- // 

sieurs princ'eis i^e la faniille royale se mohtrebi f6rt bien disposes a soa // 

^gard, et la reine elle-meme ne se traite qu'hotnoeopatliiquetiietit. L^ // 

roi nous a accorde I'autorisation de fonder une clinique dans un h6pi- // 

tal. Nous n'aTons obtenu , il est vrai , que douze lits ; mais on est en // 

pourparlers avec le magistral de Berlin afin d'en portqr le nombre a // 

quarante. Des resultats qui seront obtenus depend la fondation a TU^ // 

niversite de cette yille d'une chaire speciale pour ThomoBopathie. >f 

»Lesmddecins homceopathes se divisent ici en deux partis : les uns, // 

presque tons anciens disciples de Hahnemann , emploient encore les ff 

petites doses (decillioniemes) \ les autres, et c'est le plus grand nombre, // 

pr^ferent les doses materielles ; ils ont principal ement en vue la specifi- fP 

cit6 du m6dicament, et , du reste, ils Tadministrent a toute esp6ce de /f 

doses, depuis la teinture-mere jusqu'a la 10* et memo a la 30*' dynami- Sf 
sation , selon le cas. 

w A Texceptiondes publications periodiques, ^l n'a rien para d'impor- 
tant depuis I'Organon de Rau. Les premieres livraisons d'une nouvelle 
mati^re medicale, composee par MM. les docteurs Noack de Leipzig et 



I 




■V 



so BfiVUE DB LA MI^DECINB d^iCtFIQtTll* 

Trinks de Dresde ^ yiennent rr^tre mises en vente. La forme da ma-* 
nnel de M. Jnhr a et6 conserve presque sans modification. 

»0n commence a revenir de Tenthousiasme excite par Thydroth^- 
pie. Les vingt-cinq etablissemens qa'on compte dans le nord de I'Al-^ 
leraagne se ressenient de ce refroidissement , et bient6t ce traite- 
ment rentrera dans les limiies ou il pent Atre vraiment utile (Berlin , 
noyembre 1841). » 



Le doctenr Yehsemayer, qni dirige aujonrd'hni rh6pitnl de Sainte- 
Elisabeth et le service de ses trente lits, a abandonn^ la rt'daction en 
chef de VAnnuaire de la Midecine spicifique. Lesdocteurs Kallenbach 
de Berlin et Kurz de Dessan se sont oharg^ de continuer cette int^ 
ressante publication. 



La premiere livraison da Noupeau Manuel de la matiere mSdieaU 
homceopathique^ public par les docteurs Noack et Trinks, contient les 
mMicamens sniyans : Aconitum napellns , sethusa cynapium , agariciu 
muscarius, agnns castus, aloe^ alumen^ alumina, ambra, gumtni ammo- 
niaoum^ ammonium carbonicum , ammonium caustieum , annaonium 
muriaticum , anacardium , angustura vera , angustnra spuria , anihra- 
hokali , antimonium crudum, antimoninm tartaricum, aranea diadema, 
argentum foliatum, argentum nitricum^ arnica, arsenicum , arsenicum 
hjrdrogenisatum , artemisia , arum macuiatum , assa fcBtida , asarom. 

Tons les m^dicamens imprimis en italiques ne se trouyent pas dans 
le manuel de M. Jahr. 



Les articles originaux contenus dans le dt rnier cihior del*, 
de la Medeoine spicifique out pour titre i \'* — Emploi compare des 
medicamens par les medecins des deux ^coles, p^r le doctenr Frank; 
— 2° Les doctrines de Paracelse comparers avcc celles de Tantiqaiti 
et celles des temps modernes, par le docteur Pip^r : — T Observationt, 
reflexions etremarquesdans le champ de la raedecine homoeopathiqiiB| 
par le docteur Strecker; — * 4^ Sur une 6pidemie de fievre nerveuae et 
putride, par le m^me. — 5°.Deux cas d'une irritation sympathique fio- 
lente et continue, par le docteur Kallenbach ; -« 6® Materia ax pour 
seryir a la redaction future d'une pathogen^sie de Tacide nitrique^ par 
le docteur Vehsemqyer. 



RfiVUB DB LA Ml^DECINB SP^CIPrQUE. |J 

C^linique de ritdpital Itomceopatlilque de Iieipsii; » 

Far le doetevr NOACK. 

Plethore. 

I Cos. Auguste Kufe, ^conome robuste, au teint Tif, igi de vingt- 
nenf aos , itait tr^s-sujet depnis son enfance a des ^pistaxis. Leg 
anodes pr^c^deotes , ii avait souffert coostammeot de vertiges , d*op- 
pression de ia poitrine , de maux de gorge , avec difiScalt^ k avaler, 
chaleur dans les yeux et engourdissement des membres , accideos 
dont il avail cm se d^barrasser en se faisant faire de trois k cinq 
saign^es par an , sans en ^prouver toutefois de sonlagement bien 
notable. II s'adressa k moi k la fin d^avril iS41. II accusait les sym- 
ptdmes snivans : c^phalalgie pressive an vertex, vertiges en se bais- 
sant, pression dans les yeux qui avaient un aspect turgide, brillant, 
et dont la conjonctive du globe ^tait l^g^rement injectie ; pression 
au-dessus du larynx en avalant , oppression dans la poitrine , tirail- 
lement daits la region du coeur remontant vers la partie^ sup^rieure 
de la poitrine , agitation et insomnie lorsqu'il ^tait couche sur le cdte 
ou quil avait la tftte basse , parler continuel en dormant, pesanteur 
des membres , transpiration facile. Le pouls ^tait plein , fort , sans 
itre acc^ler^, r^gulier ; les pulsations du coeur fortes ; rauscnltation 
n'indiqua aucune affection organique du coeur; la digestion iudt 
parFaite. Lorsqu'il buvait de la biere et de Teau-de-vie , il y avait 
toujours une forte exacerbation ; en sorte qii'il s'en abstenait d^ji 
depuis long-temps. — II reQut beliadonna 2 gut. 3, matin et soir, et 
fut mis au regime ; au bout d'environ trois semaines, il se sentit tene- 
ment soulag^ , qu*il ne crut plus n^cessaire de continuer le traite- 
ment. Il continuait k se bien porter 5 U fin de juillet. Quoiqu^on ne 
pnisse le regarder comme k Tabri de toute rechute, cette cure prouve 
au moins Tavantage d'un traitement aussi simple sur les saignees , 
qui n'avaient procure au malade que quelques instans d'nn sonruneii 
plus paisible. 

II Cas. Charles-Robert Koeddermann, cordonnier, Ag^dedix-neof 
ans , d'nn temperament sanguin , rouge et pl^tborique , mais dont le 

IV. 6 



RBTCE DB LA MI^ECmE SPilGlFIQUE. 

teint changeait souvent , irritable a un haut degr^ et qui se faliguait 

facilement^ h*avait jamais ^t^ malade , except^ dans son enlace oil il 

avait souffert quelquefois de tumefactions des glandes. Depuis trois 

ans, il etait sujet cbaque semaine a plusieurs acc^s de tressaiUemens 

spasmodiques dans ies extremites sup^rieures eiles muscles de la face, 

ainsi qu'a des acc^s de grande angoisse et d'oppression de la poitrine 

qti duraient une demi-heure. II eut recuurs a moi le 43 ociobre iS40. 

Depuis uti itiois il ne pouvait plus travailler , et il n'^tait m^me plus 

eb ^lat de quitter le lit. II se plaignait d'une \iolente cephalalgia 

mdrtelatate, lancinante dans le sinciput et Tocciput, avec forte cba- 

leulr k la tilis, \ertiges augment^s par le mouvement, tintemeiis 

d^Dreilles et scotopsie, sensation de lourdeur dans Ies bras qui Tem- 

l^hait dis s'en servir , gonflement des veines , surtout de la m^dik 

diMtie. Les yeux ^taient fixes , Ies pupilles tris-mobiles , ub pett 

dilat^es, la langue convene d'un enduit blanchdtre , le goflt amer, M 

fioif Tiolente , avec knanque d'appeiit ; deglutition difficile, envies dis 

VWiir cbaque maiin , bas-venire mou , indolent et selles r^guli^res ; 

p6aU moite et pouls fort , grand , sans ^tre dur , k peine acc^l^r^ et 

f 6gulier. On ne remarquait aucun symptdme d'une affection du coeikr 

<jf(k de la moelle ^piniere. Une diete severe fut prescrite et ielladonna 

jL gut. 1, administree toutes les deux heures. Le lendemain,Ie malade 

jse leva , la cf^phalalgie et la lourdeur des membres ayant dimiou^ ; 

cejpendant, aux sympt6mes deja mentionnes, il s'^tait joint un endo* 

lorissement de la peau de la t^te qu'exacerbait le toucher, nomm^ 

Wienl derriere les oreilles : on n'y apercevait aucune trace de rougeuf 

oa d'enflure : il n'en continua pas moins k prendre le medicament 

comme auparavant. Le lendemain , Tetat etuit tout autre ; le malade 

tie se phignait plus que d'avoir lu tdte legerement enireprise ; tous 

lefs aulres symptdmes avaient disparu , m^me rendolorissement dtt 

cAir chevelu , et Tapp^tit etait revenu tel qu^auparayant *, — en un mot, 

U fut en etat de reloumer k ses occupations. — J'ai peut-£tre eu tort 

de classer [ce cas dans la m^me categoric que le precedent , car lets 

rapports anamnestiques n'appuient pas d une maniere decisive le 

diagnostic , et le cours de la maladie elle-meme fut plut6t aigu ; maiii 

t ne sals trop oil le placer mieux qu'ici. 



BETim Dfi LA M^lciNfe SP^cmQVfi. ^ 

Fl^thore de rettonwc. 

Gustaire-AdoipheSdeDf{er,€harpeDtier, Agi deviogt-neuf ans, d^iine 
coosutution veineuse et d'uoe taille alhietique, avait en plusieurs foU 
la gale. Altaqu^, six ans auparavanti d*uoe oppression de poitriae, 
il s'eiaU fuit faire UDe saign^e qui Tavait soulag^ ; mais ii lui fuUait la 
reoouveler chaque ann^e, autrement, les douleurs de la poitrine rede«» 
venaient inteoses. L'anii^e pr^cMente , il avail souflert des intoie« 
accideas , pour lesquels il se soumit a mon traitement. Le 13 mars, 
il ^prouvait depuis une semaioe uq malaise montaot de la region da 
Testomac , s'exacerbant apr^s le repas » d envies de vomir , d'ttoa 
pression el d'une sensation de chaleur dans restomac^ avec baitemens 
h la prestton de la main , laquelle se supportait bien du reste^ sans 
ballonnement de la r^ion ^pigastrique , sans enduit sur la languei 
avec bon app^Ut , pas plus de soif qu'a Tordinaire , et des selles urn 
pen paressenses ; il se plaignait en outre d'abattement contiouel et de 
pandiculations. La peau transpirait l^g^rement ; le pouls ^tait fori et 
normal. Quand il faisail chaud el qu*il s'^hauffaii, il se Irouvail plus 
mal. Antimon. tartar. 2 gut. 4, loutes les irois heures. Le 17 mars, 
il se sentail plus fori, le malaise reveuait raremeni; il supportait 
mieux les alimens ; il n'exisiait plus de traces des batlemens dans bt 
region de Teslomac. Le 20 mars, il m'annon^a sa complete guMson. 

Cardite rhumatismale chronique, avec commencement d^hypertrophie da cceur* 

£milie Pri^fer, ftgSe de seize ans , d'une constitution veineuse , qui 
n*^tait pas encore r^gl^e , souifrait depuis quaire ans de dyspnee , de 
forts bait^mens de cceur au moindre mouvement ^ d'^lancemens au* 
de&sous d6 la partie inf^rieure du sternum , avec sensation de pesaa- 
l^ur et de tension. Les douleurs lancinantes s'eiacerbaient quand elle 
se couchait sur le cdt£ gauche et quand elle respirait profondemenU 
II n'existait pas de toux. Soif continuelle avec bon app^tit , fr^quens 
malaises ^Vec afflux d'eau dans la bouche , c^phalalgie frontale pres- 
^ive conlintielle , vertiges , scotopsie , tintemens d'oreilles , surtout 
dfe I'oreiUe gauche , endolorissement des yeux en marchant , douleor 
Mcittant^ dtiUd le ct^Uk 6a Testomac en marchant vite , maux de reins 



S4 REVUE DE LA M^DECINE SPI^CTFIQUB. 

coDtinuels, frequentc sensalion d'en^jounlissement du bras gaucbe et 
da pied , elancemens et fourmillemens dans les membres,' sursauts en 
dormant, abattement, tremblement , humeur lannoyante , irritatioD, 
fr^quens frissonnemens. La malade ne pouvait passe lever. Le poub 
£tait assez fort , nn pen acc^ler^ et rapide , r^gulier et ^gal aux denx 
bras. Le thorax offrait une structure ^videmment rachitique ; la r^ 
gion du coeur ^tait un peu proeminente , et elle rendait un sod mat ; 
les pulsations du coeur etaient fortes, au point de soolever rinstm- 
ment, et nomm^ment dans la region, du ventricule gauche les sons 
Etaient rudes , presque soufflans. Pas de bruit des carotides. Poa- 
mons et bronches a Tetat normal. Pulsai. 3 gut. 4, toutes les tron 
heures. Pas de soulagement au bout d'nne semaine ; au contraire ^ 
exacerbation de la pression dans les yeux et des mnux de tdte qui 
atteignirent a un tet degr^ , qu'elle sentait chaqne pas qn*eUe foisait. 
La malade recut alors , pendant les quinze jours suivans , peiroL 2 
lous les deux jours. Les maux de t^te diminuerent consid^rablement 
et les frissonnemens cess^rent. Apr^s un mois de Temploi de aloe. 2 
gut. 4 , toutes les trois heures, on apergut une amelioration sensible ; 
les battemens de coeur cess^rent , ainsi que les sensations douloareuses 
dans le creux de Testomac . dans la t^te , dans les yeux et dans les 
reins. La sensation d'engourdissement ne se faisait plus sentir dans le 
bras gauche , mais un peu dans le bras droit , tandis que la malade 
n'eprouvait plus rien de pareil dans les pieds. Le mieux-^tre ^tant 
devenu staiionnaire et la malade se plaignant d*elancemens dans le 
c6t6 gauche de la poitrine , sous la sixi^me cdte , lesquels s'^taient 
declares depuis peu , et etaient provoqu^s et exacerbes par Tinspi- 
ration profonde , ainsi que de verliges de temps en temps et d*un peu 
d'abattement ; elle recut du H juin au 20 juillet [sulphur 2, tous les 
trois jours. Le 30 juillet , elle n'6prouvait plus qu'i un fort mouve- 
ment du corps une douleur sourde lancinante dans la poitrine • la 
respiration etait libre ; elle pouvait se coucher indifferemment sur les 
deux c6tes ; les battemens de coeur etaient rares et plus faibles ; la 
sensalion de pesanteur et de tension a Textremit^ inf^rieure du ster* 
num avait disparu ; les extremit^s ne s'engourdissaient plus ; depuis 
long-temps il n'y avait plus ni malaise ni afflux d'eau ; Fhumeur itadt 
gaie ; -- en un mot , il s'^tait opdr^ le changement le plus favorable. 



REVUE DE LA M^DECINE SP^GIFIQOE. 85 

L'anscultation prouv?i que les sons du coeur n'avaient plus rien d6 
rude, et le stethoscope n'^tait plus soulevi. La percussion fournit les 
monies r^sultats qui ont ete indiqu^s plus haut. Satisfaite de son ^tat , 
la malade ne voulut plus suivre de traitement. 

Gardite chroniquey avec hypertrophie da ccsar. 

Emilie Degen, iigie de treize ans, fiUe d'un cocher, d'une constitu- 
tion rachitique, scrofuleuse, lencophlegmatique , £tait languissante 
depuis qu^elle avait iii vaccinae. Les neuf premiers mois, elle avail 
en mal aux yeux; plus tard elle avait souffert d'une tumefaction des 
ghndes du cou, d'une teigne qui avail reparu an printemps, et qua- 
tre ans auparavant elle avait eu, k ce qu^on pretendait, une inflamma- 
tion de poitrine. Tentrepris le traitement ^ la fin de juin 1840. De- 
puis un mois surtout elle ^tait si malade qu'elle ne quittait plus le lit. 

Je la trouvai dans T^tat suivant : 

Facep&le, maladive, d'un gris sale^ graade maigreur, c^plialalgie 
frontale sourde, de temps en temps violentes douleurs dans Toeil 
gauche, bords des paupieres ^paissis^ frequent larraoiement, photo- 
phobic, quelquefois tintemens d'oreilles, fr^quens saignemens du 
nez, appeiit diminu^, avec languenetie et soif violente, douleurdans 
la region du foie h Tinspiration profonde, ^lernuemens et rires, sans 
douleur au toucher du corps, constipation, Amission pen copieuse 
d*une urine rongedtre, forts batiemens de coeur continuels, grande 
angoisse dans la poitrine. Elle ne pouvait secoucher sur le c6i6 gau- 
che et ne se trouvait bien que tout etendue. Pas de dyspn^e, pas de 
ton X, pas de bruit des carotides. Thorax rachitique, son sonrd k la 
percussion, du cdl^ gauche, de la quatri^me ^ la septi^me cdte, bruit 
respiratoire faible, fortes pulsations du coeur^les deux sons k peine 
discernables, rudes ; battement indefinissable de la pointe du coeur , 
violente douleur des vert^bres pectorales moyennes et surtout de la 
demi^re vert^bre cervicale, laquelle se faisait sentir m^me qnand 
on passait sur cette partie une Sponge imbibee d*eau chaude ; dechi- 
remetis dans tout le corps, tantot ici tant6i la, plus mtenses la nuit ; 
sensation de paralysie de tout le c6tegancl)e, sensation pareille, mais 
plus faible, dans le bras dr oit ; douleur du bras gauche au moindre 
toucher,. raideur et engourdissement du pouce gauche et dq bord 



3tf HEVUE p£ JLA MEDECXNE SPEGIFIQUE. 

interieur du pied gauche jusqu'au gros orteil , oed^me des pieds, grandf 
la^ssitude paralytique dansles extremites inferieures, sueurcolliqualiv^ 
le matin , pouis petit, faible, rapide, acceler^, egal aux deux Itiraa , 
mais sans rapport avecles pulsations du coeur. Du 29 juin aa 10 jiiiU 
let, tinctur. sulphurisg^u 1, matin etsoir, tous les jours. Le 10 juiilet 
Tetat s*£tait tellement am^liore que le mouTement des membres ^tait 
beaucoup plus facile^ la sensation d'eugourdissement du pouce i^qin- 
dre, la suepr du matin moins abondante, les battemens du cceur plqi 
faibles, le poulsplus grandf moins ucc^ler6 et moins rapide, Tapp^t^ 
meilleur, lesselles normales, une on deux par jour, la idle libre. ^a 
malade avait m£me quitte le lit et pouvait se promener dans la chaif- 
bre. Mais le 11 juillet il y eut une forie exacerbation. Apr^s avoir 
pass^ la nult en proie a de violens battemens de coaur^ h une angoisse 
iqdicible et k une grande agitation, toujours assise, le corps pencha 
en avant, elle m*offrit dans Tapr^s-midi, le tableau suivant: Mine 
anxieuse, troubl^e, voix ^ peine intelligible, violentes douleurs Ian- 
cinnntes dans la region du coeur en respirant profond^ment, pouU k 
144 pulsations par minute, grand, fort, ^gal au bras droit, petit, fiUr 
forme au bras gauche, mais au m£me rytbme. Pulsations visibles du 
cqeur entre la quatri^nae et la cipqui^me cdte, sur une ^tendue d'eR*- 
Tiron trois doigts en tous sens, bruit d'une scie et d'un soufflet pariicil- 
liirement dans la region du ventricule gauche, la main sentait (p 
ccpur battre avec uue certaipe rudesse dans le thorax; la malade qo 
put supporter la percussion a cause des douleurs lancinantes indi-r 
qq^esplushaut. 

he matin , elle avait rendu avec la selle un peu de mucosit^ san- 
guinqlent^ au milieu de maux de ventre passagers. Aconit. 2 gut. 1 , 
toutes les heures. La nuit suivante , sommeil paisible qui continue 
Ic lendemain par momens. Les traits expi-imaient n^oins d'angoisM* 
Les battemens du coeur etaient moins forts , seulement ils augoian-* 
taient quand la malade se remuait et quiitait le lit. Les ^lancemeoy 
^taient'plus faibles , Tinspiration plus libre et la percussion se sup-« 
porta. Le bruit de scie avait aussi diminue et celui de soufllet et..it i 
peine sensible. Les legers chungemens qui s opererent jiisqu'au 
14juillet consisi^reut surtout en ce que le pouls, a cent quarante pul- 
sations par minute, n'offrait plus de difference ai^x dem; l>ra»i iw 



KEVUE DB LI MlSDEaNB SPlgCIFIQITB; W 

battemeos du coeur cessaient par intervalles, pui& reparaissaie^i s^v^e 
uae nouvelle vioieDce pour uq moment , la malade pouvaif reit^r 
couch^e quelque temps sur \e c6t^ gauche, tandis que si eUe ae 
CQucbait $ur le droit , elle ^prouvait des elancemens dans le gaucfie; 
par QOQU*e (e sQufflement enire U quatrieme et la cinqui^me cftte 
^tait plus fort, et ia m;»lade se plaigaait d'aeces subiis de maui^ dt 
reins. L*urine ressemblait a de I'eau bourbeusp ; I'emissie^ en ^tail 
plus considerable qu auparavant, et elle formait un sedimeiit d-nn 
rouge^tre blanc, j^r^en. 6 gut 1, toutes Iqs trois beiipes. Le 16 juiUttI, 
il y avait dej6 un changement ir^s-iavprable. La malade pouYait ae 
coucher sur les deuK c6t^s : elle n'^prouvait plus aucun ^lancement 
et les bait^ipens de c(£ur Q*etaiei)t plus qqe peu de chose. La per- 
cussion n^excita pas la moindre douleur. Elle fournit pour resultat 
un son moins ^ourd aux places ou peu de temps auparavant il Pitait 
encore beaucoup* J^es coups du coeur n'^taient pas k comparer i co 
qu'ils avai^nt iii , maii^ le bruit de scie et celui de soufflet liraient 
toujours le$ m^mes. Ce qu'il y avait de remarquable surtout , o^eac 
que la pression sur la colonne vertebrale ne causait paa la moindrai 
douleur , et que ni (e pouce gauche ni le pied gaucbe n'offiraiCBl do 
sensations aaormales. La malade dprmait bien e( ^tait si 4veil|^ 
qu'ellq aurait volontiers grimp^ Fescalier. Le 21 jnillet , battemens 
du iXBMr faibles, tr^s-acceler^s , comme ceux d'un pendule. Dans la 
region de rinsertion des grands vaisseaux , le premier son seul ^tait 
accompagn^ d'uq bruit de soufllet qui ^tait a peine sensible an Sficon(JU 
Le souIBement etaii fort dans les deux regions interscapulaires , smv 
tout dans la gauche, depuis la premiere jusqu'a la tr^izieme yefiStif^ 
pectorale. Op p'entendait aucun bruit ni dans les carotide^ pi daoi 
Taxillaire gauche. Respiration claire , plut6t brpnchiale. La maladi» 
pouvait se servir de nouveau de ses mains et deses pied$, eCnd 
marchait plus le corps ploy^. Le 1«' aout, le traiiement cessa^ l^. 
malade s'e^ait assez promptemeot r^tablie apr^s avoir pri$spAsipt§yh 
ruption arsenic gut. 1 , toutes les trois heures d'abord , pjyiis touteii 
les heures. Quoique son teint fut jaun^ire et semblubl^ a4e la cisfif 
elle avait assez bonne mine , les yeux brillans et Fair riant. ]Blle SQ 
plaignait principalement encore d'abatiement ; quelquefois l^a batter 
mens d^ coeur reparaissaient , ^lais lagers et passagers. L^ puba<- 



^ RBVVE DB LA MiDEGlNE SP^CIFIQUE. 

tions du coeur etaient rescues extraordinairement acc^lir^; le bniit 
de 80ii£Bet , presque toujours aussi fort , occupait la regioD du ventri- 
cule gauche, et le son de la percussion ^tait rest^ le m^me depots le 
16 juillet. Quelquefois la malade s'^veillait encore en sursaut , mait 
elle ne se plaignait plus d'aucuoe douleur , ni de dechireineii8,iii 
d'engourdissement, ni d'enfluredu pied. Toutes les foncdons dtaient 
a r^tat normal. Quoique dans les circonstances donnees il ne pnisBe 
itre question d'une gu^rison radicale, et qu'il soit trte-vraisemblaUe 
que la maladie reparaltra tdt ou tard et enlivera la malade , cette 
cure m'a sembl^ digne d'etre- publi^e. 

Gardite chronique , avec bypertrophie et dilatation da cconr. 

Gottlieb Reinhardt , igi de trente-cinq ans , manoeuvre, nbtMe , 
toujours assez bien portant , se fit recevoir le 15 novembre 1840 daos 
rbdpital homoeopathique. II etait malade depuis environ six semaines. 
Les fonctions veg^tatives se faisaient bien, mais il avait le bas-Tentre 
ballonn^ , tendu , et une transpiration abondante d*une odeur p^n^ 
trante. II souflfrait dedouleurs lancinantesetpressivesquis'^tendaicnt 
jusqu'au dos et qui s'exacerbaient fortement par rinspiration pro- 
fonde. Ces douleurs avaient lenr si^ge dans Thypocondre gaache. 
Toux la plupart du temps sdche ou accompagnee d'une expectoratioD 
peu considerable de salive. Dyspnee, surtout la nuit au lit. Decubitus 
sur le flanc diflBcile a cause d'une oppression et de siflSemens dans la 
poitrine. Le pouls ^tait a peine sensible a cause de sa petitesse, tria* 
rapide et acceler^ , donnant de cent quinze a cent trente pulsatimis 
par minnte , egal aux deux bras. Inspirations rapides et fortes ; expi- 
rations etendues , vingi-sept par minute. Son de la periussicMt dans 
la region du coeur sourd dans une grande etendue. Pulsations da 
ooeur fortes , soulevant rinstrument. Sons du coeur tr^s-rudes, pres- 
que aspires. Battement du coeur perceptible dans la plus grande par- 
tie du c6te droit du thorax. Dans toute la poitrine, surtout du c6t^ 
gauche , respiration bronchiale jusqu'5 Textremite inferieuredupoa- 
mon. C^etl^ r&le sibilant ,et dans la region interscapulaire inf^ 
rieure du c6te gauche, rdlemuqueux. 

Le malade re^ut pendant six semaines diff^rens medicamens qni 



RBVITE DE LA lltoECINE SPBGIFIQUE. 89^ 

tt'exerc^rentaucune influence sur la marche constamment progressive 
de la maladie. II prit ^ doses rep^t^es bryonia 2^' aconit. A ^phosphor 3 
graphit. ZyOrsen, 2,coe€Uh 2, mere, solub. 1, acid» nitr. 2, spigeL i, 
mere, solub, 2, cannabii^^ inerc. solub. 2, et t^eratrum. 2. Ce cas 
ne pr^sente aucnn int^r^t sons le rapport therapeutique ; mais il en 
oflre un grand surtout sous le rapport pathologique , a cause de 
Tophthalmie qui se declara , circonstance rare dans les maladies da 
cceur. J*entrerai done dans quelques details et donnerai le r^sultat dt 
Tautopsie , en faisant observer pr^alablement que les nombres indi- 
qnent les jours ou les observations ont ^te faites. 

dO. Insonmie la nuit , orthopn^e , position assise avec le cou tendu 
en avant; depuis quatre heures, froid violent qui dura trois heures et 
passa du tronc aux extr^mit^s ; ce paroxisme se renouvela pendant six 
jours k la m^rne heure. 

12. Grande oppression de la poitrine , le for^ant k se promener la 
nuit. S^cr^tion dimiuuee d'nne urine qui se decompose facilement ; 
elle of¥re Taspect d*une emulsion couleur d'orange , ou depose un 
^pais sediment muqueux , terreux , couleur de rose. Pendant toute 
]a dur^e de la maladie , les s^cr^tions des urines et des mati^res fe* 
cales furent moindres. Le d^pdt de Turine etait la plupart du temps 
tel qu'il a 6i6 decrit, ou seulement muqueux ou blancb&tre. 

16. Le stethoscope applique an cou faisait entendre la pulsation, 
des carotides comme dans le lointain. Toux s^che, creuse. Pieds 
froids. Delire nocturne. Lemalade prit son lit et voulut sortir. Quand 
on le rappela , il se recoucha tranquillement , et ne se souvint pas le 
lendemain de ce qui s*^tait passe. 

17. Pulsation des veines jugulaires , surtout de la droite, tres-faible ; 
pulsation des carotides a peine sensible k gauche. Fortes pulsations 
du coeur, sans rapport avec lesbatremensdupouls. Pas de difference 
entre le premier et le second son du cceur. Respiration abdominale. 
Teinte livide des alentours des yeux , des ailes du nez et des angles 
de la bouche. Pieds enfles. Urinafiammea. 

19. Beaucoup de toux seche , ^lancement dans le cdte droit quand 
iL se couche sur le gauche ; vomissement de mucosite ; tumefaction 
du c6t6 droitide la face. 



00 REVUE VE Li )I]^0ECINE SPl^CIFIQUB* 

20. La coulear livide de la peau augmente ; angoisae exMcmUiUttre 
qui le chasse a chaque iDStaDl du lit. 

22. Enflure de toui le cdte droit de la t£te.; urine bruoe, claire* 

24. Fone iDflammation de la conjonciive das paupi^rea des deux 
yeux , ecchymoses ^tendues sous la coojoactive du globe ; douleurs 
br&lantes dans les yeqx « qui le forcent h se les frotter souvent ; coa-* 
leur bteuAtre de toute la face. 

26. Augmentation de Taffection des yeux , sugillation de la pau^ 
pi^re sup^rieure et de riuf^rieure qui sont bleuea et oedemuteiises , 
inflammation chemoiique de la conjonctive , mouvement di-s paupidre^ 
tr^S'douloureux ; rougeur saturee , relachemen( des paqpiere^ , qor- 
n^e trouble , fori larmoiement. Gette affection s^vait donne au fq^fidft 
ui) aspect effrayant. 

26. La rougeur inBammatoire des yeux ^tait encore plus satpr^H , 
veloutee ; les pupilles mobiles. 

27. Beaucoup d'ardeur dans les yeux^ panpi^res s^cr^ts^nt line 
ahondante mucosite. 

30. Douleurs pressives dans la rdgioii du foie ; toux ayec expeetq- 
ration sanguinolente ; son de la percussion sourd depuis la region (i^ 
coeur jusque dans la rooitie droite du thorax ; baitement du coeur 
comme de loin , mais fort , soulevant le stethoscope y tumefaction cpq? 
siderable et froid des extr^mit^s. 

31. £lancemens dans la region roammaire droite et au milieu d^ 
la region laterale droite , decubitus surle cdte droit emp^ch^, ^^p^- 
toration d'une salive muqueuse , mSlee de petiis caillots de sang ; 
pouls insensible ; amelioration de Taffection des yeux; haleine ayant 
une odeur cadav^reuse , face cadav^reuse. 

32. Une pins grande quantity de sang dans les cracbats ; soif vIq- 
lente , degout et impossibilite d'avaler a cause de la secheresse da 
gosier, et sensation comme si les alimens s'y coUaient et ne pouvaient 
pas descendre ; augmentation du collapsus a la face et de Tenflure 
du corps. 

36. De la conjonctive du globe des deux yeux partent quelques 
faisceaux de vaisseaux s'eiendant dans ia cornee, qui est trouble nom- 
m^ment aux bords, n*est pas tout-a-fait ronde , mais paralt un peu 
comprimee par le haut. ' ' 



37, ConUouatjou de ramilioration des yeux ; toux avec expector 
ration ^cumeuse, sanguinolente ; son de la percussion mat sur toiita 
la rooiti^ gauche da iborax ; sons du coeur clairs ; batiement du cobujp 
fort , (pais sans puissuQc;e , comme enchuln^ par une force. Trembly 
ment visible daos I'inlersiice de la cinquieme et de la sixi^me cdta 
gauche ; d^os le pouoooa gauche « forte respiration bronchiale parT 
tout i dans le droit , ea avant dans la region de 1 aile moyenne et lurf 
f^rieure^ crepitation assez forie , quelquefois r&le sibilant. Le malady 
^tait constanunent dans une position penchee en avant , et appuyait 
sa tdte sur la table en la soutenant avec ses mains , ou it se couchait 
le haut du corps en travers $ur le lit , san$ que ses jambes quittasseiit 
la lerre. 

38. Tqux plus forte , expectoration ec^a^^se , sanguinolente, plus 
copieuse ; la pipitie iuferieur^ seple d^ ^eux globes montrait encore 
une inflammation chemotique ; beaucoup de chalt^ur duns la bouchcit 
odeur cadav^reuse autour dumalade.— (^eg^res traces desang daqa 
Texpectgration ; transpiration mod^r^e., 

40. Expectoration saos sang , grande oppression de poitrine ; voix 
tr&s-faible, grande pesaot^ur dans les jambes. 

4i. Sept heures du soir, violent bott^mens de co^ur, grande op«> 
pression , suppression partielle de la respiration. Le malade fait doc 
signes avec la main comme s'il voulait de lair. Sueur chaude au hai^t 
du corps, yeux mourans , mort k neuf heures trois quarts* 

Autopsie dix'sept h^ure^ apres la mort, Partie sup^rieure du corpf 

assez maigre ; oedeme considerable des extrem'tes infcrieures ; tacbes 
de mort assez graodes. — Le poumon droit adherant assez forlemeot 
vers riutdriepr et a la base ; dans la cavit^ droite de la plevre envi- 
ron deux litres d'un liquide rougedtre trouble ; la plevre costal^* 
phreniqu^ , et en partie aussi la pulmonaire , entourees de pseudo- 
membranes en purtie organiques , en partie coagulees ; le poumoii 
gauche presque adherent toutautour, mais assez libre a la partie ia- 
ferieure, et conlenam environ un demi-litpe dun liquide rougedtre. 
Autour de la pointe , exsudaiion g^lalineuse^ La plevre tres-riche en 
vai>seaux. Dans les branches des aitfres pulm.maires qui condijiseijt 
a Taile inferieure du p.-umon gauche , ily avail Uu sang cailie, solide^ 
Taile inf^rieure etait induree , dun brgn noir, dans la partie an)4^ 



M RETUE DE LA mAdECINE SP£CIFIQT)E. ! 

lieure et inf^rieure , compl^tement impermeable et coitite , presqae 
noire en certaines parties , apoplectique , M>ins cr^pitante dans la 
partie supdrieure et anterieure , assez facile f d^chirer, trte-riche en 
sang et en s^rum. L'aile superieure etait ^galement trds-riche en 
sang, un pen molle et moins cr^pitante. L^ aussi il y avait quelques 
branches des art^res polmonaires qui etaient remplies de fibrine fi>r- 
lement adbercDte. I/aile inf^rieure du poumon droit etait dure, nuUe 
part cr^pitante , cassante et cornee. La pl^yre se d^tacha focilement. 
A une place ramollissement purulent evidemment circonscrit par nn 
tissu gris hepatise. Plusieurs branches des arteres pulmonaires bou- 
chees par un coagulum. La couleur de cette substance pulmonaire 
etait en partie d'un brun fonc^ , en partie d'un brun clair, en partie 
presque noire. L'aile moyenne ^tait saine , la superieure egalement 
induree par places , et Ik aussi il y avait du sang cailie dans les 
branches de TA. pulmonaire. Tout le poumon droit etait beaucoup 
moins humide que )e gauche. — Dans le pericarde, environ cioq 
oncesd*un liquide cIair,brun&tre.La facesereuselegerementrougie 
en plusieurs endroits par la plenitude des vaisseaux. Sur la face su- 
perieure du coeur, quelques taches rouges qi et la , et de toutes pe- 
tites lies. La pointe du coeur plut6t arrondie. Longueur du coeur en 
avant 4" 7"' ; largeur 4'' 8'". Le c6te droit du coeur tout rempli d'un 
sang noir cailie. Valvule d'Eustache assez bien conservee. Le sinus 
droit considerablement dilate. Largeur de Tentree du sinus 
droit 4" 3'". £paisseur de la paroi du ventricule droit 2 i"'. Lar- 
geur de Tart, pulmon. 3'' 4'". Dans la moitie gauche du coeur, une 
grande quantite de sang noir cailie. Le sinus gauche considerable- 
ment dilate ; sa membrane interieure ridee et induree en plusieurs 
endroits , aiosi que la valvule mitrale. Le ventricule gauche egale- 
ment dilate, hypertrophie k un degre modere (5'"). Vers la pointe 
du ventricule se trouvait un coagulum opaque, entoure d'un coagu- 
lum solide , d'un jaun&tre p&le sale , irregulierement spherique, com- 
pose de cinq portions adberentes , chacune de la grosseur d'une prune. 
Ge coagulum consistait evidemment en plusieurs couches plus ou 
moins dures , foriement reunies au moyen d*une couche de sang cailie 
avec la face superieure et interieure du coeur et les colonnes char- 
nues, qui n'etaient ni ramoUies nid'une couleur anormale. Les val- 



VQles semi-lanaires [saioes. L^er atherAma de Faorte^ — Foie tr^ 
tenda , d'lme couleurCllic^e , extrftmemeiit riche en sang , semblable 
h de la noix muscade ii rintersection. V^icule du fiel fortement 
remplie , adh^rente avec le commenceineDt du duodenum ; conduits 
de la bile assez larges , bile visqueuse , verte ; veine-porte normale. 
— Rate d*une grosseur normale, de couleur brune , presque noire, 
tr^s-solide. — Pancreas presque cartilagineux , du reste normal. -^ 
Glandes m^saraiques normales.— -Estomac tr^s-contracte , membrane 
muqueuse fortement pliss^e , couverte d'une mucositd visqueuse , 
d'un rouge vif , pointillee ou eccbymosee. — Stagnation considerable 
des vaisseaux dans le m^sent&re. — Membrane muqueuse des iotes^ 
tins presque partout d'une couleur grislltre , les glandes de P^yer d'un 
aspect noir&tre. — Vessie pleine d'une quantite considerable d*une 
urine claire. — Rein droit de forme normale , mais gros , dur, avec 
une substance corticale fortement developp^e, d'un brun grisfttre , 
corn^e. Rein gauche encore plus gros, de forme irreguli^re, dur, 
tendu ; substance corticale encore plus ^videmment cornee et de 
couleur plus pftle. La membrane exterieure des reins se deiacha faci- 
lement. 

Arachnite aigoS. 

Gh.-Auguste Grahmann, cordonnier, igi de trente-sept ans, d*une 
consiitution nerveuse , veineuse , sujet aux hemorrho'ides , avait eu 
trois ans auparavant une inflammation du cerveau dont il lui ^tait 
reste de fr^quens acc^s de violens maux de t^te et des vertiges. Ces 
derniers.se declaraient surtout apres une indigestion. Le flux hemor- 
rhoidal ayant cesse au mois de f^vrier 1841^ le roalade fut atiaqu^, 
quinze jours apr^s , le 7 mars , au milieu de violens frissons anxquels 
succ^da une forte chaleur, de c^phalalgie , vertiges, malaise , forte 
soif, inapp^tence et de maux de ventre avec selles nor males. II dor- 
mit la nuit d*un sommeil assez paisible , mais vers le matin il y eut 
une exacerbation h laqnelle se joignit , le 8 mars , du d^Iire avec 
mussitaiion , mouvemens spastiques des doigts et desir continual de 
boire. A six heures du soir, face rouge , i^te brulante , yeux fer- 
m^s, tressaillemens des mains, ventre conlracte, douloureux an tou- 
cher, peau couverte de sueur et pouls grand , mou , acceler^ , a 100 



HEYUE DB Ul V^DEGllfE SPlftCtFIQUE* 

polsBtions par minute et rapide. II r^pondit avec peine et pair odi OQ 
Bbti aux questions qui lui forent adress^es. It fte plaignit di6 Violentes 
douleurs dans toute la tile, de tiraillemens dans le tetitre. Glignote- 
ment continuel des yenx, pupilles contractees^ langue humide, large. 
Belladonna 4 gut. 4, toutes les deuX heure^. 

9 mars , a neuf beures du malin. La nait , nouveau delire ; vers 
inhiuit , firoid snivi d'une transpiraiion persistante avec soif violente. 
JJb malade mettait plus de suite dans ses discotirs , et il comparail 1^ 
maux de t^te qu'il ^pronvait & la douleur qu*il aurait ^prouv^e si oil 
lui avait fouill^ dans le cerveau avec une cuillere. 11 n^eprouvait pas 
de douleur dans le ventre ; il n'y eul pas de selle \ Turine etait assez 
fortement satur^e , avec un nuage au fond ; le pouls n'itait plus fre- 
quent qn'^ peine et rapide (^ pulsations). Le malade se plaignait 
d'tkne faiblesse paralyuque et d'une sensation de brisure dans tous 
le& membres. 

Cinq beures du soir. Nouvelle etacerbation ver& midi , accompa- 
gn^e de violentes douleurs tiraillantes, marielante^^ d'une tempe i 
Tautre , qui persistaient. Pouls plus petit , dur, plus acc^l^ri et ra- 
pide. Urina cruda. Bryonia 2 gut. i , tOUtes les deux heures. 

iO mars, a neuf heures du maiin. La veille , de dix heures du soir 
a minuit, horripilations generates. Le reste de la nuit , le malade fut 
en proie a une tr^s-grande agitation et a un delire murmurant. Re- 
mission marquee. Lac^phalalgie n'occupait presque plus que le cdt^ 
droit du front ; les yeut ^taient douloureux au mouvement des glo- 
bes. Tite toujours brAlante , pupilles dilatees , bien mobiles , diplo- 
pie , voix forte , langue couverie d'un enduit blanc , soif toujoiirs 
violente, une selle diarrh^ique dans la matinee, urine comme la veille, 
tout le corps convert de sueur, pouls Icnt^ plein, mou. Bryonia 2 gut, 
1, toutes les trois heures. 

11 mars , a neuf heures du matin. La veille , a trois heures de Ta- 
pres-midi , paroxisme d'une heure an milieu d'une chaleur generate. 
Grande a{][itation, delire avec mussitation ; le malade tirait la couver- 
ture du lit. Le repos s'^tablit ensuite et le malade dormit d'un som- 
meil paisible presque toute la nuit. La transpiration n'avait pas re- 
paru depuis la veille; par contre , Turine deposa un ^pais sediment 
Uarreux, floconneux, d'un jaunerougedtre. Fr^quentes sellesdiarrhei- 



RBVmB DB LA M^DECUIE SPiCIFIQUlS. M- 

^es ti alxHidante ^missioa de veots^ Le malade disait qu*il liii $em^ 
bUit quig qlielque chose Tacilteit dans sa t^te. II ^proutait aiisBi'ttA 
l^er veitige eki se mettant sur son seant. ^6 c6t^ gauche de la Utt 
n^ lui causatt presque auctine douleur ; le dH>it , au cODtraire , it^^li 
encore trto-^nsible jusqu'au ibilieu da front. Pools eomme la teille^ 
Bryonia cotmne ^ap&ravanu 

12 mars. Pas d^exacerbation la Ydlle dan^ Tapr^s-midi. La nuH, 
Hdtntneil paisiblls pendant cinq lienres. T^te tout-ii-fait libl^, sans 
thaleur et sans douleur jusqn'aux yeux qui sobt sensibles quand U 
les l(ive. Fort app^tit avec langue pure, sans soif. Pas de selle. Ponll 
plus paisible. Bryonia 2 gut. 1 , matin et soir. 

13 ttiars , i neuf heures da matin. Depais la yeille ^ huit heures , 
k^hute k la Stttt^ d'un chagrin et 6tat presqUe le m^tne que le 8; 
Belladonna 4 pi\. \ , totites les denx heares. Le soir, il y avait diiJI 
un amendement notable. Le lendefnain , remission complete, te 16 
mars, il He restail plin que *. embarras de la t^ie, sensibility desyeux, 
soif et abattement; l^app^tit, qni avait disparu rapidement, revitat 
Idas yif. On substitua alors ^ la belladone ignat. 2 gut. 1 , touted les 
trois heures ; et, le 18 mars, le malade, qui avait gard^ le lit douze 
jours , cessa le traitement qui en avait dur^ onze. II n'avait plus k 
se plaindre que de faiblesse dans les jambes. II n'y eut pas de re-^ 
chute. 

Ottilie Putz , 4g6e de nettf ans , bilieuse, pl^thorique , n'avait ja- 
mai<% eo d'autres maladies que la rougeole et la scarlatine. Le 23 sep- 
tembre, elle se leva avec un violent mal de idle, se plaignit d'atolr 
roid, d'lSprouver un malaise general , et elle eut plusieurs vomisse- 
mens de mucosii^ et de bile. Remise au lit, elle tomba aussitdt dans 
un asSoupissement et se mit i ronfler, la bouche k moitie ouvert6. A 
dix heures , je la trbuvai qui dormait encore, tonjours ronflam , avec 
la fiace rouge , la t^te brAlatite et le pouls ir^s-febrile. Je Tappelai k 
haute voix et elle s'^veilla. Elle avait les pupiiles contractees , la Ian- 
gue s^che , brunfttre , avec le bout rouge , soif violente et douleur en 
avalant. Glandes sons maxillaires lumdfiees. Greux de Testomac tendu; 
venire fenir^, sensible k une pression mod^r^e, peau moite. Bellas 
donna i gut. i, totaes les trois heufes. 



96 REYUB Dfi LA HEDECINE SPI&CIFIQUE. 

. 24 septembre. La veille, nouveau vomissement d'eaa aa milieu de 
violens hauU-le-corp et changemens fr^queu du teint. L*^tatconn* 
teux oontinua. La malade ne cessail de se parler k eUendi^aie ; lora- 
qu'on r^yeillait , elie avair de ia peine i rassembler ses id6es. Alter- 
natives de chaleur s^che et de sueur. La nuit se passa an milieu d*iiBe 
grande agitation. La malade voulait ^ chaque instant se lever« et oe 
nefut que vers le matin qu'elle toroba dans un sommeil plus paisible. 
Sellenormale. Urine fonc^e et claire. Elle se plaigoait principalemeot 
alorsde douleurs dans toute lat^te , de vertiges , de maux de gorge 
en avalant ; les l&vres lui faisaient maU ainsi que la langue et toote la 
mftchoire inf^rieure. T^te et face comme la veille, ventre encore sen- 
sible a la pression , surtout dans rhypocondre gauche ; langue hn- 
mide , couverte d'un enduit blanchdtre jusqu'a la pointe , large, soif 
mod^r^e, manque total d'app^tii, pouls grand, fort, rapide, acc^ler^, 
r^ulier. Continuation dn medicament. 

A cinq heures du soir, ia petite malade ne possedait pas sa connaia* 
sauce, elle ne cessait de remuer la m&choire inf^rieure comme pour 
micher et pronongait quelquefois des paroles inintelligibles. Pupillea 
tr^s-contract^es, regard errant, indifferent, face m^diocrement rou- 
ge, peau humide, pouls grand, dur, rapide et accei^re ; selle nor- 
male dans Tapr^s-midi. Aconit. 1 gut. i, toutes les beures. 

25 septembre, 5 huit heures du matin. La veille jnsqu'au soir, 
grande agitation. La malade firappait frequemment aveclepied droit. 
Sommeil depuis dix heures jusqu'^ deux heures trois quarts. Elle se 
r^veilla possedant toute sa raison. T^te moder^ment chaude, libre de 
douleurs, face sans rongeur particuliere, pupilles dilatees^ bien mo- 
biles, yeux ternes, langue plutdt couverte de salive, app^tit meilleur , 
hypocondre gauche toujours sensible. Besoin dialler k la selle sans 
resultat.Urine (elle Tavaitlachee sous elle dans la nuit centre sa cou- 
tume) jaune paille, trouble, avec un ^pais sediment couleur isabelle. 
La malade seplaignait principalement que tons les membres lui fai- 
saient mal. Elle eprouvait an toucher une douleur dans lesglandes sous 
maxillaires; mais le cou ne la faisait nullement souffrir. Pouls mou, 
acc^l^re et pariicuUerement rapide. M^me prescription. 

26 septembre. La veille depuis onze heures jusqu'au soir, chaleur 
de nouveau plus forte ; en outre les carotides qui avaient consid^ra- 



■2 
REVUE DE tA MJ&DBaNE SPtoFlQU£. 9t 

blement enfl^, commengaient k devenir doaloureuses. La nuit, som- 
meilbon etun peud^ sueur sur tout le corps. Traits de la face h Tetat 
normal, et trahissant une malice pariiculi^ k Tenfont. T^te chaude, 
mais naturellement libre, langue moins cha1*{f^e, app^tit plus fbrt , 
soif encore assezvive, hypochondre gauche moins douloureux; le 
leodemain matin l^g^re selie, ventre mou, indolent, urine m^iocre- 
ment satur^e, claire, pouls sans fi^vre. Mercur. solub. 2 gr. 1, matin 
et soir. 

288eptembre. Depuis le 26, Tenfant avait quitt^ 1^ lit. EUe^tait 
aloni parfaitement gu^rie. 

Paraphr^nite m^tastatiqiDe. 

Caroline Bserendorf , ag^e de vingt-cinq ans, d'une constitution \A- 
lieuse, d un temperament col^rique et d'une taille replete, avait fait 
heureusement toutes les maladies de Tenfance, [ei avait ^t^ r^l^ 
de bonne heure. Ses regies duraient de trois k quatre jours et ame- 
naient firiquemment des malaises , des maux de t£te et de bas- 
ventre. Depuis son enfance, elle etait violente, colerique, capricieuse, 
et surtoutpar les temps d'orage inquiete etagit^e. Le 4 f^vrier 4840, 
elle accoucha d'un enfant qu'elle nourrit pendant sept semaines. Elle 
se pla^ ensuite comme nourrice. Ses seins ^laient toujours renoipUs 
d'une grandequantitede lait. Dans les six derni^res semaines, un 
medecin homoeopathe Tavait gu^rie de la gale. Le 3 aoAt 1840, 5 la 
suite d'un violent chagrin, la s^cr^tion du lait avait cess6 ; il s'^tait de- 
clare un delire furieux centre lequel le m^me medecin prescrivit Tar- 
senic. Le 4 aoAt, on Tamena a rhdpital. Elle fit le cbemin a pied , 
mais du reste elle neput donner aucun detail sur ce qui s'etait passe 
la veille ; elle disait qu'il lui semblait avoir r^v^. Elle accusait les 
symptdmes suivans^ face rouge,colorisgastrique (?), yeux pleinsd'eau, 
difficult^irassemblersesidees sans c^phalalgie, sans vertiges, sans 
illusions de Touie, langue couverte d'une leg^re couche desalive, soif 
violente, goAt mauvais, envies de vomir sans r^sultat, pas de selle 
depuis la veille ouelle en avait eu une tres-dure, douleurs brAlantes 
dans lesmamelons, flaccidit^ des seins qui ne contenaientplusdelait, 
glandes mammaires larges, la gauche un peu plus dure que la droite, 
grand abatlement et trembleinent des membres, peau humide, pools 
IV. 7 



M mSTUB Dp LA Mj^DBGlUE SP^CIFIQUE. 

petit, mou, fr^(|uent, rapide, regulier \ belladonna 6 gut. 1, toutes 1^ 
deux beurqs. 

^ 5aoiit,^dix heures du maiin. Delire furieux pendant toiite la nuit, 
cris, rires, pleurs, coups, morsures, fureur extreme. U fallutlui 
ipeltre la carnisole de force. Jconit, 1 {^ut. i , toutes les heures. 
Grande chaleur generate avec sueur sur tout le corps. La face deve- 
nuit souyent d'un bleu rouge , couieur qui faisait bient6t place k la 
p&Ieur. Pupilles mediocrement dilatees , langue humide. La malade 
buvait peu, quoiqu'pn lui oflrit souventabojre. Pas d*en)ission ni des 
urines ni des excremens. Polils ^ quatre-vin{;t-dix pulsations , sans 
durete, regulier. Glandes des seins douloureuses au toucher. La ma- 
lade repondait aux questions qu'on lui adressait , mais avec r^pu- 
jpaaDce Qt dans Vintentioo de doQuer le change. Ella rsgrettait son 
wfant; ip^is eo lui parlant, on Tapaisait. Belladgnna 4 gut. i. Fomeii- 
VSkvs^ ffpidfis ^pr la tete , cataplasmes chauds et sec» de spn sur 1^ 
ttnil^. Ce$ applications ne furent faites qu'a deux heures de rapria« 
nudi- Quelques heures apr^s, les seins commencerent acouler, 1« 
4(Aiit soMlefnent pendant deux heures. 4 six heures dusoir, la malade 
^(ait en guneral plus iranquille ; cependant eile avait eu encore 
quelques paroxismes oil elle q'avait cesse de babiller et de crier au 
pQiot de s'eprouer. Peaucontinuellement humide; urine claire, decoii* 
leur rouge foncee evacuee, en grande quantity. A onze heures du soir 
4tf//«(2oD9a 4 gut* i. 

ft ^out. Moins d'agitation dans la nuit ; la connaissance n'etait paa 
revenue ; quelquefois encore oris violens , rires et caquetage ; elle 
vayait des diables ; seins toujours douloureux au toucher , pleins ; le 
droit coulait nn peu ; le'gauche avait cesse de couler depuis la veille 
au soir ; mastication continuelle ; pouls a quatre-vingt-douze pulsa?- 
(oos, mou, mediocrement grand, pas lout-fk-fait regulier quoad 
lumen ei/requeniiam , peau moUe , couverte de sueur ; pupilles asses 
dilatees , langue humide, non chargee, pas de soif , besoio d'aller k 
In selle sans resuUat, Amission dune petite quantite d'urine. Le matia^ 

^Qlize heures, belladonna k gut. \. . 

7 9iQUl« Moins d'agitaiion la nuit , paroxismes de fureur rares et 
faibles , quelquefois bouffees de chaleur a la t^te et rongeur de In 
fAce , largue s^che, rouge ; miliaire rouge sur tout le corps ^ seina 



BEVUB DB LA M^D£C0B Sl^iCIFIQpp. f| 

pleiqs y tr^s-dpuloureux au toucher , par ipoiQeiis eqo^tein^nt fie \%\X^ 
pQul$ p)utdi peiit et mpu, entre 70 el 80 pii|salioi;§ pfir uiipatjl, poail 
active , selle form^e d*un brup npir pei) ^jb {eiypf f^vant }a yi§itei la 
connaissanqe semblait revenfr un peu par pnofp^ps ; Ti^PFit ^nbtoit 
dans un ^tat de crainte. Feraimrn 6 gut. 1.^ flix)ieDres du q^tiii. 

8 abut. Peu de chalepr plut6t ^ la l^te y ponspieDpe tpujpur§ trfi#-r 
blee , langpe s^che ; lu malade bqil frequpmiptsni; cp^stipatioQ , %^r 
cr^tjoq peu copieuse d'pne uripe trpublp,d^posaol un epa|ss^dirq#iit 
muqueux , blanc \ pouls plus gr^ipci » plus pleio , plus aec^ler^ ; \% 
ipiliaire avs^it un peu ps^li ; sejijs ppcore dpulourpn^ , secf^tant up 
pen de lait. Feratrum 4 gut. i, a dii bepresdu matin. 

9 aoiit. La malude ipangeait et buvait ires-ppu depuis la veill^^ 
pile ^vait dope Thaleine aigre ; s^cb^resse de^ t^vres et de In lapgnat 
cpnstipation , emission invploptai^ dp Turipe » chalepp n^oder^a de 
la t^te et du visage, miliaire plus blanche^ peau constamment moite, 
seins mous , s^cr^tani un peu de liquide aqueux -, ppuls petit , sans 
itre faible , un peu acc^lpr^ et rapide ; par momeps d^lire , n^ais 
sans fureur j somroeil assez long. Pas dp meclicao^ent. — A midij \% 
qalade mangea et but. A six beures du soir , on la laissa une beure 
;)ssi$e sur une chaise sans )a camisole dp force. EUp sembUiit pos$(§f 
der en partie la conpaissance. 

lOaout. Beaucoup de sopimeil, bpaucpup c}e traqspiratipp. ta 
veille au soir^ la maladp avait PPi^ng^i ; tpsti^ elle pe ipapgesi paa )p 
matin m^pie. Laugue qette , hufpide , seips paoips dpuipureux , bM9- 
sant ^cl^apper a la pression pn peu 'dp liqpjdp aqueux^ piiliaire telle 
au'auparavant , ppuls nopins frequent, plu.s piH)u et plus pleio que )a 
veille. Hfosciamus 6 gut. 21. aj. desi. | jv^ pne cuiller^e a bouche 
toutes les quatre heures. -*- Le lendepaain la malade etail beaucoup 
plus tranquilje , prcsque abattpe ; elle parajssait pps^der davanfage 
sa connaissance. Le soir^ on Ipi 6ta \^ camisQip dp force. Elle mspi- 
gea d'elle-m^me et resta Ipvee pendant upe hpure encpre. 

ii aout. La veille, apresmidi, selle formee, tres-abondante ; beau- 
coup de somifaeil et tranquillite. La malade passa la nuii s:ins la ca- 
misole de force. Pouls ^ssez frequent et p^tit, functions intellectuellea 
lentes. La pialade etait docile. £iat le m^me du rcsie que la veille, 
aiiisi que la peau. •«- [)u 12 au 1$ ^out^ ViUl »'afi)e)iora cpnaiddr^-* 



100^ BlSVtJB Bfi LA lliDSClNB SPECtflQUt. 

blement, D*abord elle se parlait quelquefois a elle-m^me , quelqoe- 
fois aussi eile foisait des extravagances ; muis du reste elle obiissait. 
Plttstard elle fittoujoursdesrepoosesjustes, consSquentes, promptes, 
quoique son regard eiit toujours quelque chose de fixe. Ses pens^es 
se tournaient presque toujours sur ses fr^res et soeurs, qu'elle voyait 
devant elle. Le 16 , elle declara qu'elle ne savait pas comment elle 
etait venue dans Tetablissenoent. Elle avail la t^te libre i rexception 
d'acc^s subits de veriiges passagersoud'une l^g^re c^phalalgie fron- 
tale. Elle mangeait et buvait avec plus de plafsir. Sa langue etait tou- 
jours nette et humide. L'urine restait claire et satur^e ; mais il n*y 
avait pas de selle. Les seins etaienl indolens , mais ils ne secretaient 
plus de lait..La miliaire £tait toujours visible. La transpiration avait 
Qne odeur aigre. Le pouls ne presentait plus rien d'anormal. Du iO 
au 15 aout, Temploi de h/osc. fpt continue comme auparairant. On 
cessa d*en adminislrer le 46. 

17 aout. La veille, ^ neuf heures du soir, apr^s avoir eprouve de 
la pesanteur dans la t^te, la malade fut prise de frissons , puis d'une 
chaleurseche et, vers le matin, la transpiration s'^tablit. Premieres 
vert^bres cervicale et peclorale douloureuses au toucher. Dans la 
nuit la malade s'etait plainte de douleurs dans le bas-ventre , qui 
avaient cesse le malin , en sorte qu'elle n'avait plus qu'un mau- 
vais gout. Apr^s le repas , Tacces de froid reparut avec soif , puis 
chaleur s^che et perte de la connaissance. Elle se mit a crier par la 
fen^tre , cependant on parvint a Tapaiser. La transpiration s'etablit 
et avec elle reparut la connaissance. Le pouls ^tait petit , facile a 
comprimer, un pen rapide ^ mais regulier. A cinq heures du soir et 
le 18, matin et soir, la malade regut hryonia 3 gut. 1. Le 18 , nouvel 
acc6s de fievre avec violent frisson , chaleur s^che et, vers le matin , 
abondante transpiration. Les vert^bres n*etaient plus douloureuses au 
toucher. La malade poss^dait moins sa connaissance que le ^6. Quel- 
quefois elle criait encore par la fen^tre et se montrait surtout brus- 
que et affairee. Nmc vomica 3 gut. 1, toutes les trois heures. 

Le 20 , pas d'acces de fievre, mais le 21, au matin, froid leger. A 
rexception d'une certaine brusquerie, on n'apercevait plus aucune 
trace de Talienation mentale. Selle dure le 20 au soir etle 21 au ma- 
tin. — L'6tat resta ^ peu de chose prfes le m*me jusqu'au 28. II n'y 



BEVUS BE LA MSDEGINE SPECIFIQUS. 401 

eut pas de paroxismes de fi^vre. Le medicament fut continuous*; 
qu'au 20 , mais depuis le 24 aout , la raalade ne re^ut plus rien. , ,) 

Le 28 aout, la journee fut briilante. (Barom^tre : 27, 10. Thermo^ 
m^tre : 21, 4 i midi. ) Le soir, la malafie picmtra une grandeirrjtar 
tioD ; elle se pariait k elle-m^me , ses yeux ^taient Yitreux et son 
pouls irrit^. La nuit, eile essay a i plusieurs reprises de s'^chapper, 
jiconit 2 gut. 1, toutesles trois hetires. . r 

Le 29 aoAt, exanthime miliaire aux extremites sup^rieures et sur 
lapoitrine 

Le 31 aout , agitation croissante avec t^te lourde et pouls con-^^ 
tracts. Urine jaune-paille , trouble , avec sediment rouqueux. Hxos- 
ciamus 4 gut. 1, toutes les trois heures 

Du 1 au 11 septembre, acces repetes d'alienation mentale. Sou- 
vent la malade chantait d'une voix rauque , presque virile , par la 
fen^tre; eile dansait dans la chambre, rougissait facilement, etait 
br^ve dans ses reponses , prenait tout en mal et montrait une grande 
brusquerie^ surtout dans ies jours chauds. Depuis le 3 septembre, 
elle re^ut nux t^omica , gut. 1 , toutes les irois heures sans inter* 
ruption. 

Le 12 septembre, on la laissa sortir de Vhdpital en partie parce 
qu'elle t^moignait um vif desir de revoir sa famille , en partie parce 
qu'elle exprimait une grande repugnance u ^tre retenue dans rh6pital. 
On pourrait dire qu'elle se porlait bien physiquement, puisque toutes 
ses fonctions naturelles etaient r^guli^res. On cessa le traitement 
parce qu'apr^s la guerison de raffection inflammatoire du cerveau , 
et de la fureur qui en avait ^t^ la suite , Talienation mentale ne se 
mnnifestait plus que par des transports periodiques pen violens pen* 
dant lesquels la malade ne se livrait plus a aucun acte de fureur , et 
surtout parce qu'il n'y avait pas a en attendre une guerison complete 

et durable {Gazette homceopathique de Leipzig^ vol. XXI, n** 6). 

ObserimtioiiB 

Par le docteur REISSIG, de Berlin. 
Sepia contie I'avortemenl. 

On Sait que MM. Hartmann et Hartlanb ont d^ja vant6 les eifels de 



^epia eontf e la dispositftm aux avortem^ns ; iriais on manqde ello&r6 
d'indicatiofM piisitives poor son emploi. Selon M. Reusig^eMe agitd'ofii 
maniire sp6cifique tpitmd \\ se manifeste dans le 5*^7* mois de la 
.l^rossesse dei AymptAfties d*une pl^ihore abdominale avec stagtiatldd 
de la ci^diilflfioii. Li fefeme eri^eirite $e plaint d*une preSsion sur fa 
|k>itria($ , d*utte f)IS8tttid6 et de ron{;r'$tions vers la tdte et les j^ti-^ 
moDS. Son ventre iui semble ptit^ losird; les mouvemeds du foetus 
^drit pla^ fdiBles Od Cessdnt enti^retiient ; des nodosit^s h^mdrrhoi- 
dales se montrent ; en un mot, Tetai est celui dans lequel rallopathie 
fiAt usag^ d6 p^tes saigndes frequefhiAent r^p^t^es qui n'agis^ent 
C^p6hdant oi'diQaifement que cotnitle pulliatifs et n'empteh^nt pas 
le nial de reparaitre au boui de quetques jours. Ordioairem^ht tes 
figttfmes qai ^pronvent ces sympidmes sont tres-irritables et tom- 
beint facilement en faiblesse , quand elles font quelque effort. Get 
6tat dure de trois a huii jours et , si Ton n'appelle un medecin , il se 
tefitiifie ordioairement par un avoru.'ment. II semble que le foetus est 
iii^ par des congestions iiterioes et par la stagnation de la circula- 
tion qui en d('^f)ertd.M. Reissig a irouve^r^wfila 6«-l^ dilution tou- 
h'Mi speciK'|ue contre cet ^(at grave. Dans onze cas, elle ne iui a fias 
refuse ntta seiile folsses services. D^t de cescas pr^sentent un in- 
t^r^t pariicali^r. Madame de B... avait deja avorte \Ms fois au thh- 
ll^ff des sf Ihptdmesi indiques , malgre tons les secours de la m^de- 
(Me silhltltftbique. Tous les symptAmes d*nii commencement d*avdrte- 
IMM fep^rdrent dans le qiiatriSime niOis de la grossesse ; sepia les 
eilleta ^ et au bout de trOis mois , la malade accoucha d'un enfant 
bien portant. Le second cas ebncerne une f emme fobuste qui avait 
dijh averts deul fois. Le r^sultat fut absoinment le ifi^me. 

Nax vomica contre le pseudo er^sipele. 

Si Rhus toxicodendron paralt ^Cre le medicament le plus cofivehi-i 
ble dans T^rysipele ordinaire (erysipelas symptomai.), surtout dans 
la forme vesiculaire, nux tofiiica semble ^tre plus efficace dans les 
autres formes. M. Reissig compte principalemeot parmi ces casTerysi- 
pele ordinaire du pied et du genou, qui attaque surtout les fcmmes 
et se caracterise pur une tumefaction ronge-clair et de vives douleurs, 
saos formation louiefois de vesicules. Nux 3-4 enl^ve le mal en i&oins 



^ 



REVtJE DE Li. M^DfiCtNB ^^^GIFIQilfft/ tSS 

de temps dfae rhua; mais dulle part elle ne rAnd dei seHice^ pkiS H-^ 
gnal^s que dans le pseudo-crysipele, soil au d^bikt, ibii fliSjil dSfl^ 
lopp^. M, ReissTgett a gupii en pfeu de leirips flliic| cas 6ft l6 tis^a Cfel- 
lulaire 6iait deja gabgren^ et detruit 6n parlife. Ohdinairtiftifenl l«t 
plains se nettoyaient ^n trofs jotir^, et l6 f)(bs soiiveiit, Uti hdH JOCM 
tout> iilduraUon avait dispara au li&u de i'atfi^ctidti. 

Sulphur contre rophtiialniie des nouveau iies. 

L*etnpl6i de ce moyen h'est rien moibs que nMHiSit, corttr^ ti^i\k 
forrtitide maladie; il ad^ji Ue i^coifiniaild^ pitM. HartmdHHf mnhtin 
A'a eiicore publii aucun cas special tbuchaint ses efD^ts ctifatifs dani 
rophtbdoite des ntiuveau-nes. Cette affbctiod 6st f^^^tieme relatl«^ 
teitmnt k Beflin, et Tallopathie, qui he pent alj^r l5ili av^c 96t dttti-^ 
phlogistiqiies, pr^vi^nt k peine cH^e la moitie d^S ttialadeft ta destroo*- 
tionde Toeii. Dansles deiit derni^res annees, M. Reissig a iriiiiijkKk' 
malades et a administr6 chaque fois, avec le plus frfaiid Ittdets^ le 
spirituf sulphuHs, Ibrsqnfd la cause de la rhaludie n*Stiift pels tin^ ^^' 
fectioD syphilitiqae des parens. Les cas aigiis oili( il6 ffttMs en 4->6 
joUrs, les c6roiiiqtl^s en 10-14. M. Reissig regards l>^pfft d^ stefre 
comme an^i c<ftiv^able et aussi sp^ctfique dans te eaii en cfdesticm 
que phokphar. on ypbngia pent T^tre dans le croup {Gatme ^/?m» 

p<dh, de Ldp^lg^ Vol. IXi, Do 6). • 

EsliiilliM tli^ra^utique de la pneumonie (1)^ 

VarJ^le doeteur WATZKE, de Klagenfttrt. 

Ndos cfoyons que Ton va trop loin lorsqu'on pretend que snli Ms* 
cnltatioft etsons peronssion on ne pent ^tablir le diagno^io d'siictiM 
pDeumooid; -^ fine pneumotiie parfaitement developp^e et airriyee aft 
dfegre de Th^patisation ou de rinfiltration purnlente se toncte^ pon^ 
ainsi dire, au doigt; — mais^ d*un autre cdte; nOus sommes ccmfirinetis 
que sans stethoscope et sans plessim^tre on ne pent d^termin^r d'une 
maniere precise ni le siege, ni retendue, ni le degree ni ies (ionipliott^ 
tions de cette malaJie, et nous sommes en droit de snspecter une hi»% 

{\) Voir rexcetlent iii6»uiie du docleur Wurra, d.tiis le 1" ▼oiUtfi6 ti^ nt^e 
A^tn^, p. 957. 



V 

104 . MSTUE DE tk MiDEGINE mCIFIQUX. 



toire de pneumonie ou, pour etablir le diagnostic, on n'a pn ea 
cours aujourd'hui k ces moyens auxiliaires. 

M. BouUUutd a pubK^ viogt-six cas de pneunxHiie (Cliniqae mMic* 
Tol. 1, pag. ( ),etavecsessaigneescoupsurcoupi c'est encore Inide 
tons ses collogues qui a oblenu les resultats les moins d^fevorables. 
Le rapport de la mortality a ^t^ de 4 : 8-9. Si Ton examine de pris 
ces yingt-six cas, on trouvera qu*on doitreduire^^il est vrai^ ce rip* 
port a i : 7. Philipp ( Lungen-und Herzkrankheiten, Berlin 1838, p. 
310) dit quece rapport est terme moyen comme 1 : 3. M. Louis appelle 
cela une mortality enorme, presque aussi grande que dansle typhus. 
Mais qu'aurait-il dit s*il avait su qu'a la Cbarite de Berlin, la moiti^ 
des pneumoniques sont morls dans Tannee de 1837 ? on que, comme 
le raconte M. Alfred Bequer el ^ sur 46 pneumoniques 40 sont morls 
dans un hApital de Paris du 1 avril au 1 octobre 4838? (Schmidt Jahr- 
biich. vol. 24, p. 325). — Parmi lesving-six cas de M. Bouilland, il ne. 
se manifesta, si Ton en excepte les trois plus lagers, une amelioration 

que 1q 7*, le 9* OU le 11* jour, a compter du commencement de la mm-' 
ladie. La gu^rison fut toujours extraordinairement lente; tr^peu de 
malades purent quitter Fhdpital avant la 4« ou m^me la 6* semaine. 
Les malades traits par Tancienne metbode de Sydenham ne gu^ris- 
sent pas plus \lte que ceux qui le sont par la nouvelle formule de 
Bouillaud. Des sept malades sur douze qui furent gu^ris en 1834 i 
la clinique de Heidelberg, tons jeunes gens robustes, pas un ne qoitta 
ThApital avant la 5« semaine (Med. Ann. Heidelb. 1835, vol. t, cah. 
4, p. 539). 

^ Le traitemenf specifique de la pneumonie offre des avantages con- 
siderables, quoique plutdt sous le rapport des suites mediates et im- 
mediates et de la periode de la convalescence que sous celui du cours 
de la maladie m^me. Entre nos mains, il se manifeste ordinairemmu 
des indices plus ou moins prononc^s de phenom^nes critiques le 
cinquiime jour, des crises completes le septi^me, et le malade re- 
tourne k ses affaires vers le quinzi^me jour. — La duree de la mala- 
die est-elle abregee ? Et nos m^dicamens ont-ils une influence posi- 
tive sur cette diminution P 

. Depuis que nous avons vu que le cours de la pneumonie n'est pas 
essentielldmentmodifi^ par les saign^es coup sur coup — traitemeat 



BETUE DE LA. Mlh)£GIN£ SPECIF IQUE. i 105 

vraiment meurtrier, au jugementde tout esprit sain — mais, tout au 
plus retarde, interverti ou interrompu par la mort, nous sommes in- 
timement convaincu cpi'il suit de& lois ^ternelles, invariables, que 
Ton peut aussi peu rinterrompre que celui de la scarlatine ou 'de la 
rougeole. Aussi ne pouvons-DOus nous empdcher de sourlre, lorsque 
nous entendons nos adversaires se vanter du r^sultat obtenu chez un 
malade, dont la nature, triompbant de la pneumonie et de dix sai« 
gnees, a provoqu^ la crise salutaire le septi^me ou le neuvi^me jour 
de la maladie. 

. Quant i rinfluence des moyens specifiques sur la duree de la pneumo- 
nie, une pratique assez longue n'a point affaibli nos convictions. Depuis 
que le scalpel en main^ nousavonssoumisaune investigation conscien- 
cieusespldnisation,hepatisation,infiltrationpurulente,sereuse,etd'au- 
tres produits pneumoniqnes, nous sommes m^me devenu plus mo- 
deste, et quelque influence que nous attribuions au systemenerveux, 
nous doutons fort que les partisans des d^cillioni^mes reussissent ja- 
mais a gu^rir une pneumonie en quatre heures ou m^me en [deux ou 
trois jours. 

Dans rh6pilal homoeopathique de Yienne/le rapport officiel, con-^ 
tr6U^ de la mortalite que donne le traitement sp^cifique de la pneu- 
monie, est selon FUischmann, de 1 : 13, 01 ou 7, 68 0/0. Notre pra- 
tique nous a fourni un r^sultat semblable. Nous devons avouer que 
nous ne savons pas encore faire I'emploi le plus conv enable de nos 
ressources therapeutiques. Quelques indications sur le traitement de 
la pneumonie ne seront pas ici hors de propds. 

Vaeonit a ^t^ recommand^ d'une mani^re trop absolue et trop 
g^n^rale contre cette maladie. Nous n'en attendons des services di- 
rects que dans les hyp^renies actives^ les erysipeles inflammatoires 
et les commencemens de spl^nisation. 

La brjrone est administr^e par nous, mais seulement dans ces ^tats 
pneumoniqnes, qui out leur principe sympathique dans une pleur^sie 
avec exsudations sereuses predominantes. 

L'efficacit^ supposee du chanvre, ne repose que sur une seule 
observaiion de Morgagni (1). Les effets de cette substance sur d'au- 

(4) Nous avons diji dit dans la preface du 3« volume ^de noUre BiTW que ce 



106 BETUE DC LA MtoBCnVE SPEaFIQtm. 

tres membranes muqdeuses et les resultats des essais Ad Grass M 
nous permettent d*en attendre quelque chose que dans le catarrhe put 
monaire et bronchiaL 

Dansle premier degr^ de la pneumonic, chez desindividusrobns- 
tes, avee irritation consensuelle du cerveau, ainsi que surtout dans 
ies pneumonies suites de grands efforts soutenus ou de lesion micani- 
que, ies meilieures medicamecs sont V arnica^ le rlws^ le conium- 
maculafum. 

La helladone est indiqu^e quand la pneumonie qui s'accompajpie 
d'exanthemes * aigus avec violens symp'tdmes du cerveau et turgor 

veineux g^n^ral. 

Dans Ies pneumonies qui attaquent desindividus atteints d'undmS- 
ladie de plomb primaire ou secondaire, ou qui se joignent h ud 6i- 
tarrhe bronchial chronique, neglige ou aigu, i la rougeole ou k lai 
petite verole, on obtiendra difficilement de meilleurs services de 
quelque moyen que ce soit, que de Isl putsatille . 

Dansle croup pulmonaire arrivi au second degri,,nous recoffi- 
manderons, outre les medicamens g^n^ralement connus, ieU que fe 

phosphore et \eiartreslibie^ le sous-nitrate de bismuth et le nil rate rf*dr- 

gent, Ce dernier r^pond surt6ut i I'hepatisation lobdlair^ quand ell^' 
se declare comme affection secondaire. 

Dans la p^riode d*inflItration purulente ou s^reuse, 6n dolt 6lU- 
ployer surtout le brome^ outre le soufre^ le senega el le charboh i4~ 
getal, 

Dans If s reactions iri'^guli^re^, I^s crises* insttffisantes, Ie$ ptt^ri^ 
monies asth^niques, torpides, qui se manifestent sonvent apr^s des 
saign^es, le quinquina, le camphre^ rhuile de terebenthine et le mu/e 

rendent souvent encore des services dans Ies ca^ les plus deses^^r^il, 
seulement il faut ici administrer au moins les d^ciilioni^mes ! 

Uopium^ la noix vomique^ Isijusquianie^ le fachesiSy la cigue^ld cdque 

du levant et le stramonium ne semblent pas agir d'une maniire pfl*- 
maire et directe sur le poumon ; ils trouvent leur emploi dans lei 
pneumonies secondaires, dans le pneumcityphus, dans le delire des 

symptdmaa^l^ obsert6par Morgagni chez descardeurs de chanvre. Nous revien* 
drons^ii-ijKMl^dcfAs aa prochain num^ro. ]B^^ 



IXTO^^ tdmplitfud de piieiiindntci, d^ns diffi£r6nte$ fortiiei^ de ce qtl'oii 
VippMe pneiitnOtiies tierveuses. 

i)ab^ la pfieumoii'ie des veilliards, e'en Yarsenic; dahs les prieutA6-^ 
nies qui se declai'ent apr^s la repercussion ou la suppression des 
6xantfa§m6s chf'Oniques, cesiVanenic et lesoufre\ dans iescomplicii'- 

tions d'endocardite, c'e^t Varsenicy le camphre^ \e mercure et le hromi; 

dans les complicaiions d'^x^udations pleut*etiques, e'est Varsefiic, U 

tamphte^ le phosphore^ la squille et Yacide nitrique qui Sont leS (irinci' 

))aux m^dicamens. 

Dans la pneumonie catarrhale, dans la pneumonie des individu^ 
lympathiques, gt*as, e'esl le siniga; dans les complications de bron- 
chi te, c'fest le siniga^ le rhercute^ le pht)spkore ^ le ht'ome, la noix tniis-^ 
code; daiis les coftopli6ations d'h^pattt^ (pneiirhooie bili^use), c^estlri 
i4hega, Ife MereurB 6t Id noix vomiqug; dans la prieumdtiie iritersticielle, 
C*est le chlordte d'or qui e^t sUftout indi^tie. 

Les^tat^ pneumotiiques qtii bntpourcaiis6 dies tiibercal^ puliiiA- 
tsAres sont quelquefdid gn^rls par le thercure, le sottfre, Yioie, IV- 

pohge mdrine el V fntilB defoie de iHdrue.(Qitetibh(Pnaceop.deh&p^ 

Efg, vol. XXf , n* 7.) 

Far le AoctnitKt i. HOLEGZElt , de KUdran ciit B6Mni«* 

1. Gangrene du scrolum. 1 

Jean Miiller, magon de Guratin, igQ de quarahte-qnatf^ itn^^ 
d'une constitution assez robuste, avait une fievre intermittente de- 
puis les premiers jours du mois de juin 1840. Des rem^des domes- 
tfques ne Tayant j^as $;u^ri , il but du vin. La Rkne ces^a apr^s qu*il 
en cAl jyKs #iitjr6n douze on^es dans de Feau , en lin jotir. Le sCfoM 
turn coitiiherroa ftlors h tinflfer; la toriofeiir atteighit protttplemeht la 
jrfo^enr d'nne Wie d'ehfant; elte #tait dilre, brtlante. rouge, lui- 
^me, €!( ciitis'iit des doiiletirs brftluutes. AU se^nlent iuferieur, Ulf 
peau devkit blafrc-jadnStre ; 11 s'y fofina plus tard au milieu un5 
tacbe nOil*e assez grande. EUe se d^taclm d'elle-mSme et tomba aved 
le dai^Cos, en laissant & M les deux testictiles. La d^sel!^nisatt6A 
gagoa |>6ft4-pea les partis Voi^^n^s, en iMH^ ({lie U il|llift; c'Mf-f 



108 REVUE DE Lk M^ECINE SPlgOFIQUE. 

i-dire deux jours apr^s le commencement de la destnictioii gangri* 
neuse du scrotum , il n'en restait plus qu*un lambeau de la portioii 
post^rieure. Les bords des places ulc^rees ^laient enfl6s , jetaient 
une matiere ichoreuse et causaient des douleurs brAlantes. Les tes&r 
coles n'etaient plus separes que par une petite portion da septum. 
La tunique propre du testicule et du cordon spermatique s'^tait on 
pen epaissie, et sa partie testiculaire pr^sentait une tache noire ovale 
sur toute sa surface anterieure. Le malade etait tr^s-abattu, p&le, 
inquiet, eteprouvait une soif ardente. L* urine rouge fonce formait on 
d^p6t briquete. Pouls tr^s-frequent, faible. 

Arsenic. 2 gr . 1 . Les teslicules f urent soutenus au moyen d'un coos- 
sinet mou, et laves avec de Teau ti^e; la cbambre aer^e; le tit 
convert leg^rement. Diite s^v^re. — La destruction cessa interiea- 
rement.-La tacbe noire vint a suppuration et jeta un pea de pas 
louable. Aux bords des ulcires et de la cloison du scrotum se forma 
une granulation vive avec une suppuration de bonne quality. £a 
m^me temps les douleurs brAlantes diminuerent. J'administrai une 
dose de sUicea 3, tous les trois jours. — A ia surface anterieure de la 
membrane dii scrotum se forma aussi une granulation vive qui se mit 
peu-a-peu en rapport avec celle des bords des ulc^res, et qui plus 
tard donna lieu a une adherence solide des teslicules a la partie an- 
terieure du nouveau scrotum. — Avec le progr^s de la guerison la 
fi^vre cessa ; Tappetit revint au malade. Au bout de trois semaines 
Tulcere ^tait gueri et le scrotum enti^rement ferm^. Le malade put 
retoumer a ses travaux. 

2. Prolapsus de i'atirus. 

Barbara Kohl, femme d'un mineur de Mies, sigee d*une quaran* 
taine d'annees, d'une constitution d^bile, avait, depuis ses premieres 
couches, c'est-^dire depuis seize ans, un prolapsus de rut^rus. A 
chaque effort physique , elle sentait dans le vagin une tumeur assez 
solide qui Temp^chait de marcher, mais qui du reste ne lui causait 
pas de douleur et qui disparaissait peu-k-peu, quand elle se tenait 
en repos. — Elle avait mis heureusement au monde , depuis cette 
^poque, tcois enfans venus k terme , et avait eu ensuite deux fausses 
Qouches^ ^la demi^re quatre ans auparavant. Le retour frequent du 



prolapsus la d^termina vers ce temps h se faire appliqiler un pessair6 
par une sage-femme. Au mois d*aoAt 4840, elle se trouvait dans ie 
septieme mois d'une nouvelle grossesse, lorsqu'elle enleva ce pessaire 
qui lui causait dans le vagin des douleurs pressives insupportables. 

Un jour qu'elle avait travaiil^ dans les champs, le prolapsus repa* 
rut plus fort que jamais ; il sortit du sang des parties genitales. On eut 
recours k des cataplasmes ^molliens, mais I'etat empira. La malade 
s'adressa k moi le troisieme jour. 

Tableau de la maladie, Entre les grandes levres qui etaient forle- 
ment ecartees s'avan^ait un corps presque cylindrique, rouge fonce, 
ne c^dant pas k la pression et assez chaud, de quatre pouces de long, 
et d'a peu pr^s autant de pouces de large. Le doigt ne pouvait pas 
en entoufer la base ; la sonde penetrait en certains endroits a envi- 
ron un ponce de profondeur. L*extr^mit6 inf^rieure du prolapsus, 
semblable au segment d'une boule , et pourvu, a In place bombee, 
d'une ouverture transversale de plus d'un pouce de large, eiait cou« 
verte d'excoriations de diff^rentes grosseurs qui causaiont de vifs 
brAIemens. J*introduisis sans peine le doigt dans Touverlure, et j*en 
relirai quelques morceaux de sang caille. — Manx de reins pressifs 
continuels; douleurs tiraillantes dans les cuisses; sensation d'une 
pression douloureuse et de brulement dans les parties genitales. Le- 
g^res douleurs d'enfantement ; besoin d'aller a la selle sans resultat ; 
besoin presque continuel d'uriner : Turine coulait par dessus le pro- 
lapsus. Le tout repandait une odeur d^sagr^able. — La face etaittr^s- 
rouge, la soif vive, la peau brulante , couverte d'une legere sueur ; 
le pouls rapide , petit ; sensation d'une tension douloureuse dans la 
region epigastrique. Je palpai doucement le bas-ventre qui etait un 
peu rentre, sans causer de douleur. Nua: vomica 1 dans quatre onces 
d'eau , une cuilleree k cafe toutes les heures. Je recommandai en 
mdme temps k la malade de rester tranquillement couch^e , les reins 
un peusoulev^s, et lis soutenir le prolapsus au moyen d*un coussinet 
mou. 

Le lendemain , le prolapsus elait plus souple , moins douloureux. 
Apres Fevacuation des excremens et de Turine , il se laissa remeilre 
a sa place en grande partie. Bientdt apr^s Taccouchement eut lieu au 
milieu de douleurs peu fortes. L'enfant mourut au bout^di vingt- 



^IP BBYUB DB LA MEDBGINB SPiCIFIQUB. 

g^atre beures. — Le prolapsus rcprit sa position natur^lle 9pii| rjn- 
fluence de nvx vomica, Lochies pormales. La malade retourii:! ^ ^ 
travaux aa bout de quel^ues jours, et ne voulut pas coosent jr k cqq- 
tinuer le traitement, en ine disant que la pauvret^ qe lui permeiuift 
pas de se reposer. — Elle se contenia plus tard de remetire un pes- 
^aire. 

3. Yomissemens chroniques. 

J, Saukup, de Mies, Age de cinquanie-et-iui aus, ^'^dressa i^ 0ioil9 
2 Doverobre 48^0, en ipe peignaut aiosi sqn efat. 

LematiQ , en se levant , envie^ de vofnir avec vq^iss^ipeiis anier», 
de inline qu'apr^s le diner. Pen d'appetit; le boujllon le degpAiait. 
l\ trouvait a la biore un go&t infrct. 

Pouleurs spontanees pressives dans t^ region de Testppop , plug 
fiortes h la pression, et cessapl ordin^>i*^^ent apris le vomiss^ipepit. 

JjU piiit, constriction douloureuse dans le mpllei gauchp. Ej» ig^ 

■ 

vant, tressaillement dans les doig(s de |a main drojie ; sofivpnt im treq- 
stiUement dans tout le bras droit* Les vomissemen^ avaieot cooh 
mence quatre ans auparavant ; iU n'avaient lieu d'abor4 que de leoipa 
en temps, mais depuis quelqfies semaines ils revenaient tousles jours 
acconipagnes des autres symptomes.— Le malade euit robuste, aYgit 
un air de sante florissante, et un temperament: vif . Nus wmica i giit. 1 
aye^ quelques grains c|b Sucre de lait, troi$ ()oses , que tous les trois 
joMPS. Apres la premiere dose, le malade eut encore le lendemain ma- 
tin un vomissemeni aqueus, amer, mais ^ compter de ce jour tous les 
symp(6mes disparurent. 

4. Erysipele piistoleux de la face. 

I. Simon Gruber , paysan de Radlowitz , d'une constitution \r^ 
robuste, age de trente-deux ans. Les premiers sympt6mes de sa qia- 
ladie se manifesterent le 27 novembre 1840. Abattement , vertiges , 
smrtput en marchant , cepbalalgie pressive , iremblement des meni- 
bres, chaleurs fugaces , inappetence, forte soif. Sans souflrir. pro- 
prement de la poilrine , ii toussait assez souvent et crachait une 
quantite considerable d'un sangnoir, liquide. Six a huitfois parjour, 
il avait un fort ^pistaxis ; le sang etait egalement noir et liquide. Le 
30 |[ioveii4)r$ , son visage commenQaj[a enfler. 



myVJR PB LA MEPBCINB SPBCIFIQlfB. iH 

T^bicfiu de la maladie le 3 decembre. Toutes les parljes de la face 
^taii^pt fortement epflees ; le globe de Tcjeil nofrmal ne se moqtrait 
qu'a travers iiQe feme (§troite enire les paupieres. L'oreille ext^rieure 
^Uit aussi (snflee des deux c6les. L'enflure de la fac^e ^tait rouge , 
I^ru'apte du c6t^ drpii et couverte d'uoe quantite de pclites vesi- 
Cfjles, dqnl quelques-upes s'etaient deja ouvertes. Tension etardeur 
(}aps Fe^flure du visage. I^e cuir chevelu ^tait tres sensible au tou- 
cher, siiftOM^ ^ Tocciput , oil le maladQ re^sentajt des douleurs pres- 
siveft. TiQiem^us d'oreilles, avec durete considerable de I'ouie. Sou- 
vept U too)bait dans un court sommeil. Leger delire |a nuic. Voi^L 
lepte, g^missapte. Qraude tristesse. II eiait conslamment couche siu* 
Jfidos et jHtait rare quil remu^t lentemi^nt Tun ou Tautre memb^e. 
Pas d'app^ti^^ b^aucoup de $Qif« Respiration peu accel^ree.Fr^queote^ 
a^pif atloQ^ prpfpnde^ ayec gemiss^men^. Pepuis deux jours, leg^re 
diarrhee saqs cplique$ et ^2^% douleur. ^l^yation de la temperature 
de la pedii i ppi^ls plein , fort, presque noroial quant a la frequence. 
Hhus 1 guf. f , dan$ quatre onces d'eau, une cuiiler^e a bouche toutes 
les deux heures. 

4 deceiqbre. Le nialade av^it un peu delire h null. — Diminutioa 
de Tenflure de la face, des douleurs lensives et brulantes. Desqua- 
mation, par places, du cdle drqit du visage. La durete de Tome ^tait 
moindre et les tinteqaeps d'oreilles avaient cesse- Quelques acces da 
toux avec crachementd'un peu de sapg. Respiration lente , uniforme. 
Soif moderee. Grande faiblesse. Temperature de la peau up p^u 
moins ^levee que la veille. Pas de diarrhee. Urine d'un rouge de 
sang ; pouls lept , pleip et fort. Rbus fut coptinue. 

5 Decembre. Pas de delire. Le malade etait plus gai et cbangeait 
de place dans sop lit avec la plus grande facili^e. Sommeil meillepir. ' 
La douleur pressive dans Tocciput persistait> mais elle etait moindre* 
L'enflure de la face avail considerablement diminue ; des deux c6te$ 
parties s^ches de T^piderme mortifie. Acc^s de toux tr^s-rares , 
iQfiis non saps trace de sang dans Ips cracbats^ d'ailleurs peu copieux 
Qt muqueux. Appetitet soif faibles; les forces se relevaieni cepen- 
dant. Temperature de la peau et pouls a reiat normal. Pas de selle. 
Urine comnie de la lie de bi^re. Le malade re^ut encore une dose 
de rkus. Ge fiu la deroi^re , car te 6 decembre , la desquanuMwi 



112 KEVUE DE LA MJ^DECINE SP^CIFIQUE. 

6mt g^n^rale et il ne restait plus ancun symptdme morbide. 

n. Marguerite Kulhanek , paysanne de Wellana , ftgto de Ireote- 
cinq ans, d'ane constitution debile , mire de trois enfons bien por- 
tans, r^guli&rement menstru^e , se plaignit , du 25 mars au 2 avril 
1841 , d*nne sensation de faiblesse, particuli^rement dans les extr6- 
mit^s inferieures. Son sommeil etait agite ; elle n*avait pas d*appitit , 
mais nne soif ardente , et ressentait des douleurs pressiyes dans la 
poitrine , ainsi qu'au coeur. Elle crachait aussi quelquefoisun peu de 
sang. Le 2 avril , elle fut prise d'nne violente horripilation soivie de 
chaleurs, et sentit a c6t^ de I'aile droite du nez une enflure tensive , 
brAlante, qui alia en augmentant consid^rablement, presque d'henre 
en heure. Le lendemain soir, je trouvai les symptdmes suivans : toute 
la face, k Texception du front , etait fortement enfl^e, tendae , brA- 
lante et assez rude au toucher , tris-rouge, luisante, couverte de ▼£- 
sicules de diff(§rente grosseur. Les paupiires fortement tum^fi^es ne 
pouvaient s*ouvrir. Le conduit auditif externe ^tait r^tr^ci des deux 
c6t^s. Douleurs brdlantes dans la t^te et dans toute la face. En ava- 
lant, douleurs lancinantes dans la gorge ; lesc6t^s du cou douloureux 
au toucher, sans qu'on y remarqu^t ni tumefaction, ni duret^. Langue 
rouge, s^che; pas d'app^iit , soif violente. Fr^quens b4illemens. 
PressioQ douloureuse dans la poitrine, ainsi qu'au coeur. Toux avec 
leg^re expectoration tr^s-rare. Douleurs d^chirantes dans toutes les 
extremit^s. Peau s^che , brulante. Urine peu copieuse , de couleur 
fonc^e , pouls accel^r^, faible. 

Rhus 1 gut. 1, dans quatre onces d'eau, une cuiller^e k bouche 
toutes les deux heures. 4 avril. Le front avait enfl^ et s'^tait convert 
de v^sicules. Les autres v^sicules crev^rent et jet^rent une s^rosit^ 
jaun&tre. La sensation de pression dans la poitrine cessa pour quel- 
ques heures. Pas de toux. Du reste pas de changement. Wius fiat 
continue. 

6 avril. L'enflure avait considerablement diminu^ ; les v^sicoles 
etaient s^ches en partie. Les douleurs brAlantes dans la t^te et la 
face etaient beaucoup moios fortes. Les paupi^res s^ouvraient sans 
difficult^. Globe de Toeil normal. Le conduit auditif externe n^^tait 
pluseafle. Langue humide. Unpen d^app^tit. Soif moder^e. La diges-' 
tionsefaisaitbien. Beaucoup desoulagement dans la poitrine. Lapeao 



RfiyttE DE LA MI^DECINE SPJ^CIFlQUE. ili 

mod^rement chaudfe , transpirait legerement. Selle normale. Urine 
encore un peu foncee, trouble, avec un leger sediment muqueux. — 
Encore une dose de rhus 1. 

7 avril. La nialade avait tres-bien dormi, elle etait tri&s-gaie. La 
peau du front, qui ^tait encore uo peu tum^fi^e, commenga a se des- 
quamer. Forte desquamation des joues. Pas de mauK de tile. Sensa- 
tion d'une tension mod^r^e avec prurit a la face. 

Les d^cbiremens dans les extremity avaient cess6 ; cependant la 
malade ^prouvait toujours une sensation de brisure. Urine claire , 
sans sediment. Temperature de la peau et pouls r^guliers. La malade. 
guirit parfaitement. 

5. Aphtes. 

Antoine Suby , de Salest , &ge de trois ans , tomba malade , le 
i«' mars 1841. Toux s^che, agitation et chaleur le soir et la nuit ; inap- 
p^tence , aphthes sur la langne , frequentes selles diarrh^iques et 

amaigrissement. Tel etait son etat lorsque ses parens vinrent me con- 

* 

suiter le i3 mars. Jusque la la maladie avait ^t^ abandonn^e a elle- 
mime. J'allai le voir le jour mime, el je trouvai les symptdmes 
suivans. : 

Avant sa maladie, Tenfant itaittres-robuste et avait un air desanti 
florissante. II avait alors beaucoup maigri , sa face etait pale et la fai- 
blesse Tempichait de s'asseoir. L'inlirieur des levres, les gencives 
et la langue etaient converts d'un grand nombre d'ulcires aphteux 
et d'un eoduit roembraneux, blancbdtre. Les gencives, qui s'etaient 
detachies des dents , itaieot rouges au bord. Odeur putride par la 
bouche et salivation copieuse. Le soir et la nuit , le malade itait en 
proie a une chaleur brulante et demandaii souvent a boire. Les glan- 
des de la m&choire inferieure et du dessous de la langue etaient en- 
flies. Sueur de mauvaise odeur le matin. Frequentes selles diarrhei- 
quesdecouleurverte, jour etnuit. Merc. nig. Hahn. 2gr. 1, une seule 
doseleguirit parfaitement. Le lendemain, il n'y eut pas de diar- 
rbee. En mime temps que les aphtes guerissaient, tons les symptdmes 
sympathiques disparurent, toutes lesfonctions redevinrent normales. 
L'enfant reprit bientdt son embonpoint. 

• 
IV. 8 



114 tlEVtJE D£ LA M^DECINE SPl^CIFIQUE. 

6. Angine tonsillaire. 

Adalbert Koller, ftg6 de vingt ans, greffier 5 Kladrau, ^prouva, le 
5 septembre 4841 , une excitation k tousser, qui semblait avoir son 
si^ge dans la trach^e-an&re. II avait en outre des maux de t£te et 
des vertiges. II ressemit ensuite des douleurs dans la gorge, et il lui 
vint au c6t£ gauche du cou plusleurs nodosites de la grosseur d'un 
pois et douloureuses au toucher. Le 9 septembre , dans Tapres-midi, 
11 eut recours & des applications froides sur le cou et but beaacoup 
d*eau froide. La douleur diminua bientdt notablement, et le malade 
dormit bien pendant plusieurs heures ; mais lelendemain, en s'^veil- 
lant, il ressentit de violentes douleurs lancinantes dans la gorge , les- 
quelles 4taient augmentees par la deglutition. Le cou etait raide; le 
toucher causait au cdte gauche des douleurs pressives et lancinantes; 
les vertiges et lU cephalalgie ^taient plus forts, la voix nasillarde. Les 
gencives saignaient au moindre toucher et etaient un pen enfl^es. Le 
malade crachait beaucoup de salive. 

Tableau de la maladie le soir du m^me jour. Face rouge pile , en- 
floe du c6te gauche. Dans Tocciput, sensaiion de pesanteur et dou- 
l(Mirs lancinantes. Le malade ne pouvait rien avaler sans ressentir des 
douleurs pressives , lancinantes. Avaler n.^me ^ vide lui causait des 
elanrcmensdans la gorge. II devait lenir la bouche ouverte, et il en 
conlait sans cesse une grande quantitc de salive Enflure des genci 
vcs a peine sensible. L'arc gauche des parties molles du paiais et la 
tonsille gauche etaient fortement enfles , dun rouge fonce , saillans ^ 
ct la luetic jet^e a droile. L'arc droit du paiais et la luette etaient 
tiros presque jusqu'i la parol posierieure du pharynx. T6te penchee 
a gauche. Voix nasillarde. Un essai pour remuer un peu la msichoire 
inferieure fut accompagn^ de douleurs lancinantes dans la gorge. Sous 
Tangle de la machoire inferieure , lumeur presque de la grosseur 
d'un oeuf de pigeon , sollde , douloureuse au toucher, circonscrite , 
entouree d'un fond douloureux au toucher et au mouvement , forte- 
ment lendu et occupant tout le coi^ gauche du cou. Soif forte , pouls 
accelere, fort et plein. 

Merc, nig. Hahn, j gr, 1. ^ 

11 soptembre. Le malade a^ fit bien dormi. II ne reslait plus de 



hevue de la mi&decine sp6cifique/ 4i5 

Tenflure angiaeuse qa'une tumefaciion mediocre de la tonsiUa 
gaucbe qui avail a soa extreiiiii^ superieure un morceau gros couune 
une leniiile de iymphe plastique. Le palais mol ^tait dans scm &tat * 
normal. La deglutuioo se faisaic sans douleur ; quelquefoiscependant 
le malade ^prouvait la sensaiion d'uq corps elranger dans la gorge , 
surtout en avalani k vide, T^te droite Pas de cephalalgie. L'enflure 
exterieure du cou avail disparu. Gou parfaitement mobile. Voix en-^ 
(5ore un peu nasillarde. Salivation moiodre , pouls noripal. 
Mercur. nig, Hahn, j gr. 1. Ai) boat de deux jours, la tonsille avait 
repris sa ^rosseur oprmale et i'etat g^aeral eiai( des plus satisfj|isaDS«; 
(Hygea, vol XV, cab. 4, p. 28i.) 

Sur I'f^tat de I'lioniQeppi^liie eil t ^ A t ^ 

Discours prononc^ au congr^s |honi(Bopathique de|Dessau,^ 

Messieurs , 

Les directeurs du congr&$ homoeopathique out toujoqrs regarde 
jusqu'ici comme up devoir de lui presenter un tableau du sort de 
rbonioeopathie pendant leur pr^sidence. Jep'ai garde de vouloir me 
soustraire a cetie obligation. M^is cpn^o^e daps Tannee qui vient de 
s'ecouler il ne s'est rien pa$se qui interesse essentiellement cette 
science , je vous demanderai la permission de ue pas m'etepdre sue 
ce sujet. En Norw^ge, le docteur Solemde Drontheim, en Espagne^ 
les docieurs Pirciano de Madrid et Coll de Yalladolid , travaillent 
activement a repandre Thomoeopathie dans ces deux pays. Dans les. 
£tats de r%lise , le docteur Blacci de Bologne et le docteur Taliakini 
d'Ascoli , soutenus par le haul clerge , ont public plusieurs ouvrages 
qui ne peuvent qu'^tre fort miles h, la nouvelle doctrine. Hahaemann 
a trouve dans Guaucioli de Naples un admirateur enlhousiaste qui lui 
a consacre un poeme ^pique en huit chants Une seconde pbarmacie 
homoeopathique va s'etablir k Petersbourg. Le docteur Horner de 
GyoengyoDs, en Hongrie, a londe un Lopital homoeopathique, et deji 
il a recueilli des^ souscripiions pour une somme de 27,000 florins, 
Gependoot , !a conque q la plus importante dont rfaomceop*^ thie puissQ 



ii6 REVUE DE LA M^DECINE SP^CIFIQUE. 

se vanter, c'est celle da professeur de Montpellier Risueno d*AmaKlor, 
en qui non-seulemeat elle a trouve un chaud d^fenseoFi mais mteie 
un z^I^ partisan. 

On s'^tonnera peut-^tre de Tesp^ce de torpeur oil semble 6lrt 
tombee en Allemagne la methpde sp^cifiqne ; mais qu*OQ se rassore ! 
son silence n'est pas celui de la tombe ; ce n'est quMn sommeil r6- 
parateur. Permettez-moi , messieurs , de vous le prouver. 

Lorsque Hahnemann ^leva son similia timilibut an rang d*aqe loi 
th^rapentique positive , il y rattacha des doctrines enti^rement nou- 
vdles pour la m^decine. II en r^sulta que les m^decins se divisirent 
en deux camps ennemis , allopathes et bomoeopathes , qui se com- 
battirent^ k outrance non-seuiement avec les armes de la science , 
mais m^me^ avec celles^de rinjure et des personnalites. De part ec 
d*aatre on sen^blait ne se proposer d'autre but que de se d^prteier 
et de se rendre suspect. Un pareil etat de choses ne pouvait durer , 
c'^taii chose facile a prevoir ; mais pour qu'il cess^t, il fallait que la 
fermentation des espriis s'ppais^t , et que le travail d'^puration d^ja 
entreprisfdtplus avance ; travail qu*accelerait Hahnemann lui-mSme, 
en ne cessant d'ajouter a sa doctrine primitive des choses ^trang&res 
et conlradicloires. 11 etait aisi de prevoir que ceux-la seuls seraient 
en etat de la degager de toute addition het^rogene , qui connaitraient 
parfaitement la nouvelle doctrine ; en sorte que ce furent les homcBo- 
pathes eux-m^mes qui se chargirent de ce soin , et qui par 1^ ro^me 
provoqu^rent cette tendance k une effervescence intellectuelle. 

De quelque utility que leurs efforts aient ^t^ d'ailleurs,ils n'ont pu 
d^lruire tons les germesde laquerelle ; aucontraire,commeunefi&vre 
abandonn^e a elle-m^me , la confusion atteignit au plus haut point 
avant que la crise se d^clar&t. On vit done d'un cdt£ les disciples 
aveugles de Hahnemann et ceux qui , tout en adoptant sa doctrine , 
voulaient la soumettre a Texamen , se disputer avec acbarnement sur 
Taccessoire , quoique d*accord sur le fond , et faire face en m&nte 
femps aux partisans de Tancienne methode , qui n'admettaient ni le 
fond ni les accessoires. 

Sans doule on a et6 injuste en reprochant imp vivement a Hahne- 
mann sa fermet^ a maintenir ses dogmes, son opini&trete k refuser toute 
concession, ou, si Ton veut, son despotisme. II sentaitetdevait faire 



REVUE DE LA M]^0£CIN£ SPilCiFlQUE*^ H7 

sentir qu'il avait ^te assez heureux pour derober ait soleil de la ve- 
rity un de ses rayoDS et pour porter la lumi^re dans les tenibres de 
la mati^re medicate; — il sentait et devait sentir que c'etait a Thu- 
manite tout enti^re qu*il avait fait un magnifique present , en lui don- 
nant le principe similia similibua. Malheureusement le g^nie lui-m^me 
n'est pas exempt d'erreur et de faiblesse ; il doit payer son tribut a 
rhumanit^. 

BItoier Tenthousiasme de ses premiers disciples , c'est faire preuve 
d'un jugement^^troit. L'enihousiasme est , pour*ainsi dire , la nour- 
rice de tout ce qui est grand et sublime ; mais il faut qu'il soit dirige 
par la prudence ! L'a-t-il ^t^ dans ce cas ? Non, sans doute , car leur 
symbole ^tait unefoi weugle ()ans la parole du maitre, et cesym- 
bole , ils y sont restes fiddles , malgr6 les nombreuses contradictions 
dans lesquelles Hahnemann est tomb6 depuis (1). 

On vit alors une bonne m^moire qui permettait d'apprendre par 
coeur une league liste de sympt6mes tenir lieu de toute espece d'e- 
tudes m^dicales , la servility la plus absurde gagner seule la faveur 
du maltre , la moindre independance traii^e de blaspheme , et le 
moindre souvenir de Tancienne m^thode d'heresie. G'etaii vraiment 

(i) Combien de fois, par exemple, n*a*t-il pas chang6 Ak\k le mode d'adminis- 
tration des mMicamens ? II a commence par les doses ordinaires, puis il a pass^ 
wan dilutions dont tout praticien reconnait Tefficacit^ , sans admettre cependaut 
la trentiiine comme la dose normale dans tons les cas , ainsi qu'il le fait iui-raeme; 
il a adopts ensuite Toiraction , k laquelle il a pr^f^r^ plus tard les solutions dans 
Teau, condamnant un jour le mode d'administration qu*il prteonisait le lendemain 
etqQ*ii d^clarait le meilieurde tons. Les premiers folumes de iaMati^re ra^dicale 
pure venaient de paraltre, et il venait de d^larer que tout midecin qui ne 
traltait pas d*aprte la m^thode bomceopathique se rendait coopable du crime de 
lte-hamanit6 , iorsqo'il publia ses Maladies chroniques, oi^ il r^Yoquait en doute 
i'efficacit^ de tons les m^dicamens employes jusque-lii , en recommandant les 
antipsoriques comme les senls moyens salutaires. Ses id^s sur la psore ne contre- 
disenl-elles pas ividemment toot ce qu'il avait soutenu josqu'a ce moment ! N'ont- 
elles pas eu dans la pratique des rteultats aussi funestes qn*utiles ? Hahnemann 
n*a-t-il pas m£me M sur le point de sacrifier une des plus belles perles de sa 
couronne, les m^dicamens simples? Qui a sahv^ alors rhomoeopathiePN'est-ce pas 
nous, messieurs, en nous opposant de (outes nos forces k ses pretentions ? Je ne 
crains pas de relever toutes les contradictions de Hahnemann, car je hais autapt 
nne admiration exagir^ que Tingratitude. 



118 REVUE DE LA M^DECLVE SPfiCIFIQUE. 

un temps bien singulier ! D*nn cAt^ , sans parler d^ rinfloeUce de h. 
nouveaut^ et de Taction si fr^quente de la force curative d^ la na- 
ture , les r^iultats souvent ^tonnans de l*application de la nonvelle 
m^thode ; de Tantre , utie exag^ration souvent impttdetltid ; ici, un 
aveugleineflt volontaire pour tout ce qui tie rentrait pas dalis h 
sphere d^s pr^jug^; 1^, une indulgence si graade pour les produc- 
tions litt^raires de son parti qu'un medecin qui se respectatt l*6agis- 
sait presque du nom d'hotnoeopathe. 

On semblait oublier enti^rement combieil Hahtaematm ltii-itt#ilie 
avail piih& dans les experiences de Tanciende ^cole ; on ti*avait pas 
Fair d^ se douter que sans elles il n*aurait jamais pu atlef ^i loin eo 
iA peu de temps ; on semblait ne pas s'apercevoir enfiik que e'^tait 
tomber dans Fabsurde qne de refuser les moyeiis de guetir k toutes 
les autres doctrines m^dicales , et saper par la base m^e celle de 
Hahnemann. Ignorait'-oti qu'on pouvait admirer Hahnentann et lui 
rendre complfeiement justice , sans pousser la folic jusqu^a le regar- 
der comme le premier homme qui eAt jamais proclam^ une v^rit6 ? 
j^tait-on assez aveugles pour ne pas voir que c'^tait diclarei* sa doc- 
trine quelque chose de contrr.ire k la nature , d^S Tin^tant tnfioie 
que Ton d..uta]t de sa perfectibilite? 

On s'exposerait au reproche d'injustice , si Ton preteudait que tous 
les disciples de Hahnemann se soumireni k ce cnlte idoi'dtre -, mais on 
ne peut nier que ceux qui abjunftrent ainsi leur ind^pendance foi^- 
maient la grande majority et ^taient les plus influens. Mais .partout 
renfance fait place k la jeunesse. Ce fnt aussi le cas ici. 

£n vain les cris s'elev^rent de plus en plus furieux contre ceux qui 
recommandaient Texamen et la prudence -, ils trouv^rent moios d*^- 
cho d'ann^e en bmn^e , et la voix de ces hommes sages finit par pren- 
dre le dessas. Que voulaient-ils f — Eux aussi remerciaient sincfere- 
raent Hahnemann d'avoir tir^ la m^decine die Torniere , eux aussi 
rhonoraient comme le prophete d'une medecine vraiment rationnelle ; 
mais tout en proclamant le principe similia simiUhus la decouverte 
k plus importante qui eut ete faite dans la medecine pratique ^ et le 
premier sentier iraci sur les flancs toujours inaccessibles des medi- 
camens sppcifiques , ils n'hesitaient pas a avouer que la matiire xtA- 
dicale hoiiKCopalhicjue est encore iropdcfeclueusc pour qu^'l soit 



REVT7E DE LA Ml^DEGINE Sp£giFIQUE« 119 

permis de la presenter comme^ positive dans tous les cas , et que la 
m^thode nouvelle £tait aussi impaissante que toute autre h emousser 
I'iaiguillon de la mort. 

11 npus reste k parler de rancienne m^thode avec laquelle l*bo- 
mcBopathie a trop de points de contact pour qull nous soit permis de 
passer sous silence leur position Tune vis-Ji-vis de Tautre. Menac^e 
comme elle I'^tait d'une ruine complete par Hahnemann , que I'allo- 
pathie se soit d^fendue de toutes ses forces, c*est ce que personne 
assurement ne pourra trouver mauvais , et on ne peut la bl&mer non 
plus d'avoir riposi6 avec vigueur aux attaques d'un aveugle entbou- 
siasme. Mais ce qu'on ne saurait condamner trop s^virement , c^est 
que (out en protestant qu'elle ^tait pr^te k se soumettre h des joges 
comp^tens , elle se soit montr^e aussi partiale pour ses erreurs que 
les Uahnemanniens les plus orthodoxes , et qu*elle n*ait voulu tenir 
aucun compte des changemens appprt^s danslamMecine sp^cifique. 
Elle aussi sembla avoir d^sappris de rougir et trahit trop souvent 
son ignorance de la cause qu'elle juge avec une impudeur presque 
sans exemple. Mais tout non-sens finit par trouver en soi-m^me son 
ch^timent , et il ne peut emp^cher la \6rM de se r^pandre ; aussi a-l- 
on beau crier au]Ourd*hui que Thomoeopathie est morte , qu'elle se 
rapproche de plus en plus de Vallopathie , personne ne pr^te plus 
Toreille k ces assertions mensong^res, et on les estinie k leur juste 
valenr. 

On sait que la m^deoine, consid^r^e sous un point de vue g^n^ral, 
se divise en pathologic et en pharmacologie. Lamaladie n'est pas ab- 
solument le contraire de la sant6, mais seulement une de ses modifi- 
cations relatives ; par consequent, la doctrine de T^tat de sant^, ou la 
physiologic, est la base de la doctrine de T^tat morbide ; or,'' la vie a 
sa source dans la nature. De m^me , tout art a sa cause immediate 
dans le besoin , mais c'est la nature seule qui lui fournit les iostru- 
mens necessaires pour rapplication de lid^e. II ne peut en ^re au- 
treraent de la medecine, et, endemi^re analyse, cest dans lecercle 
de la nature que se meut toujours et partout I'art que nous pro- 
fessons. 

I 

Mais la nature ne se montre k nous que dans et par ses manifesta- 
tions, ou, en d'autres termes, nous ne Papercevons qu'ii trtvers no^ 



120 REVUE DE LA M^DECINE SP^CIFIQUE. 

seDS. Mais quelque facile que cela soit pour un homme exp^rimentiy 
on doit reconnaltre que la plupart des medecins n'out pas su lire jus- 
qu*& ces derniers temps dans le grand livre de la nature ; ils ont sob- 
stitu^ la th^orie k la nature, la speculation h ses manifestations qui 
leur semblaient suspectes. II n'y a done pas lieu des'etonner si, dans 
rhistoire de la m^decine, nous voyons toujours perdrede vue le but 
reel de Tart, la gu^rison; car comment guerir d'aprte le$ lois de la 
nature, quand on ne connatt ni le mal k guerir, ni le moyen de le 
guerir? 

Heureusement, les choses ont chang^ de face aujourd'hui... Ed 
effet, d'lin c6t^, la nouvelle ^colem^dicale prend ^videmmentd'annee 
en annee une position plus solidedansTancienne medecine. EUe tend 
k remplacer la pathologic actuelle par une autre fondle reellenoent 
dans la nature, k donner pour base k la physiologic ranaiomie patbo- 
logique, la microscopic , la chimie organique, Tauscultation, la per- 
cussion, etc., et k faire des symptdmes morbides les traits caract^ 
ristiques du tableau de la maladie. D*un autre c6t^, rhomoeopathie 
relive la tSte ; chacun sait qu'elle se propose pour but la refbrme 
de la pharmacologic , et qu'elle suit k cet egard la m^me route qae 
celle qui est suivie par Tecole historico-naturelle relativement k la 
pathologic. Or, ces deux sciences se touchent par tant de points non- 
seulementdans la th^orie, mais dans la pratique, elles se confondent 
si souventdans les meditations et les operations du m^decin, que les 
decouvertes faites dans Tune ne peuvent que tourner au profit de 
Tautre. II est done hors de doute que r^cole historico-naturelle et 
rhomoeopathie se rapprocheront de plus en plus , et finiront par se 
confondre dans un m'^me esprit. 

Mais, me demandera-t-on, quelle forme rev^tira la th^rapeutique , 
que deviendra le principe similia similibus , si I'allopathie et rho- 
moeopathie se reunissent ? Tout ce que je puis repondre , c'est que 
lorsque la physiologic sera devenue le signe de ralliement general, 
Texperimentation sage et prudente des raedicamens sur des per- 
sonnes bien portantes sera appr^ciee de plus en plus a sa juste valeur. 
Dijk m&me , les plus ignorans d'entre les allopathes n osent plus en 
coDtester I'uiiliie. Que sera-ce des medecins instruits, surtoutde T^- 
cole historico-naturelle, qui admettent deja nos autres principes, et k 



R£VUB BE LA MEDEGLVE SP^CIFIQUE. 121 

qui il ne manqae plus , pourrais-je dire , que I'exp^rimentation sur 
des hommes bieu portans? 

lis se livreot k present de preference a des experiences .sur des 
malades, et cela m^me ne contribuera pas peu a les rapprocher de 
nous. Us ne doivent pas tarder, en effete a s'apercevoir de Tinsuffi- 
sance d*experiences pareilles , et ils sentiront bientdt le besoin de 
dinger ieurs essais d'apres un principe. Sans doute ils commence- 
rent par suivre cebii des coniraria contrariis ; mais quelques expe- 
riences suffiront pour convaincre ceux qui r6fl^chiront que , comme 
les oppositions r^elles des maladies fondamentales n'existent pas 
dans la nature^ il n'est pas donn^ k Tart de les provoquer ; que, par 
consequent, il est impossible d' Clever le contraria contrariis k la hau- 
teur d'un principe th^rapeuiique; qu'on pent tout au plus en faire la 
r^gle d'un traitement.symptomatique.Les analogies reelles entre les 
maladies et les effets physiologiques des m^dicamens etant nom- 
breuses en eflet , il serait bien ^tonnant qu'il n'eussent pas alors en- 
vie d'essayer au moins une fois rappHcation du principe similia ai^ 
milihuB, Ge qui les y engagera surtout, ce sera la conviction que 
ce principe iadique la veritable voie k suivre pour arriver a la con- 
naissance de ce qu'on appelle la sp^cificite des medicamens. Eofin , 
on ne doit pas oublier qu'en apprenant a apprecier davantage les 
forces de la nature, on craindra davantage d'en abuser, et qu'on s'a- 
percevra de plus en plus distinctement qu'un traitement dirige par 
une raison eclair^e I'emporte de beaucoup sur un empirisme ration- 
nel. Quelle carriere magnifique s'ouvre done devant le principe de 
rhomoeopathie! Qu'importera, apr^s cela, que Ton reconnaisse ou 
non que les disputes des deux principes ne sont qu'une vaine logo- 
machie provenant peut-^tre de ce qu'on n'est pas d'accord sur 
ridee qu'on doit se faire d'une maladie, dans le sens de la nature, et 
de ce qu'on ne s'en rend pas un compte bien clair, bien precis? 

Mais laissons U , messieurs , un avenir incertain , et revenons au 
present. Quelle est aujourd'hui la difference essentielle enlre I'ho- 
moeopathie et I'allopathie ? Avant de la rechercber, ii ne sera pas hors 
de propos d'^claircir quelques points , qu'en s'en tenant k quelques 
assertions de Hahnemann , nos adversaires ne cessent de faire sonner 
bien haut, quoique dans le fait nous puissions n'en tenir aucun 
compte. 



1%% REVUE DE LA MJ^DECINfi SP£ciFIQOE. 

On r^p^te encore que Hahnemann et ses disciples regardent comme 
parfaitement inatiles les sciences pr^paratoires , Tanatomie, la phy- 
siologic , la patbologie , quoique cette accusation absurde soit re- 
pouss^e d^jikpar cette recommandation de Hahnemann, de s'en tenir 
principalement anx symptdmes es$entiels dans la comparaison de la 
maladie avec les m^dicamens experiment's. Comment distinguer ces 
symptdmes essentiels de ceux qtune le soot pas, si I'onneposs^depas 
des connaissances pathologiques, etc. ? On poarrMt soutenir, aa con- 
traire , que le partisan de la mdthode sp'cifique doit poss'der une 
connaissance beaucoup plus approfondie de ces branches de la science 
que le medecin allopathe , ou tout an moins , que le choix du sp^ci- 
fique sera d*autant plus facile pour Itti qu'il les connattra mieux. 

On a 'galement reproch' Ji Hahneman et ^ ses partisans de rejeter 
absolument la th'rapeutique actuelle. Nous ne rappellerons pas le 
jngement qu^en out porte les Wediekind , les Hartmann , les Kieser , 
les Bichat , les Ghaussier, les Barbier, et d'autres hdbiles m'decins 
de Tancienne £cole ; nous ne rappelierons pas non plus que Hahne- 
mann , en essayant d'^tablir trois m'lhodes qui embrassassent la ca- 
ract'risliqtie et la sphere d*action de toute la therapeutiqne , a en- 
seigne dans le fait Si apptiquer chacune d^elles ; nous nous contente- 
rons d'observer qu*il a seulement laisse de c6te conditionnellement 
Fatlopathie , et surtout Th't^opathie, en plagant au-dessus de Tune et 
de Tautre rhomoeopathie, la meilleure m'thode curative, selon lai. Or, 
comme le principe homoeopathique a ete contenu de tout temps dans 
Tancienne therapeutiqne, ilest clair que ce reproche est sans fonde- 
ment. A moins de former volontairement les yeux ^ la lumi^re , on 
reconnaltra sans peine que les homoeopathes , comme Hahnemann 
lui-m£me , ont beaucoup puis' dans les experiences de Tancienne 
'cole. On peut d'ailleurs , avec toute raison, bldmer s'v'rement la 
mani're dont ils s'y sont pris jusqu*Si pr'sent. 

On irouve enfin dans la difference extraordinaire des doses un 
ablme infranchissable entre rhomoeopatbie et Tallopathie. Ce n'est 
point ici le lieu de trailer a fond ce sujet, et il suffira, pour le but 
que nous nous proposons , H'observer que jusqu'^ present au moins, 
il a el' 'labli d'une manifere positive que la grandeur des doses et le 
principe de rhomoeopathie pewmt ne pas 'ire dans une d'pendance 



REVUE DE lA MfiDEClNE SPfiClFIQUE. 423 

nictssairB. H existe en efPet lin grand nombre de cas ob des m^decins 
de Tancietine et de ;la nouvellc ^cole ont gueri des maladies parfai- 
tement analogues par les m^mes mddicamens , malgr^ la difference 
des doses. Au reste , toutes les discussions sur la grandeur des doses 
proviennent de Farbitraire de Hahnemann qui , dans le principe, n^eut 
nuUement Tidee de recourir k des dos^s hiinimes et qui, plus tard seu- 
lement , recommanda de n^administrer qu'Une seule dose^ en pr^ten- 
dant qu*on en obtiendrait de plus heurenx r^sultats dans la piupart des 
cas. Ge n*etait l^ , & proprement parler, qu'une reaction extreme contre 
le*mode d'administratlon de Tancienne ^cole. Au point od en est au~ 
jourd'hui la science , 11 n'y a plus lieu de parler des doses hdmcBopa- 
ihiques, puisque les doses minimes peuvent tout au plus dtre appel^es 

doses hahnemanniennts. 

Gek pos§, examinons qrielles sont led differences plus on moins 
essentielles qui existent entre Thomoeopathie et Tallopatbie. 
On pent regarder comme la propriit^ exclusive de la premiere, 

Y expirihientation des midicamens sur des personnes bien portantesy la 
simpHciie de la preparation (1) et V administration du medicament, ainsi 
que le rigirne qui conterne plutSt la qualiti qtte la quantitiy la tempori" 
sation dans V administration des dosts, selon qUe Fexige chaque cas, etc. 
On doit y ajouter les affections midicamenteuses, que Ton n'avait pres- 
que jamais observ^es avant Hahnemann. 

Quant ii \eUologie, Hahnemann el tous ses disciples accordent plus 
d'attention qu*on ne Tavait jamais feit aux causes ext^rieures, indi- 
viduelles^ou constitntionnelles qui peuvent avoir ooeasion^ la mala- 
die. L^ancienne ^cole posstide bien des ouvrages sur ceite mati^re, 
mais quand il s*agit du choix du medicament^ on ne se soucie gu^re 

(1) Je profiterai de cette occasion pour recommander k mes coUegues une ma- 
ni^re de preparer et de conserver les herbes fraiches en conserves. On sait qu^elles 
jouent un rdle fort important dans Tancienne phamiacopie, et qn'on a cherch^ en 

■ 

France 4 ies tirer de Tonbli ou eUes ^taient tomb^es depais long-temps. Bley 
( \rchiT. de Phannacie ; aTril 1841 , p. 123 ) mSle one partie d'herbe fraiche avec 
deux parties de sucre en poudre ; apr^ avoir bien tritar^ le tout, ille met au frais 
dans nn vase de porcelaine. Au bout d*un an, on ne tronve aucun changement ni 
de coulcor ni d'odeur. Ainsi pr^par^es, ces conserves ni^ritent la pr^f^rence sur 
nos teintures. Elles contiennent lou(es les parlies de la plante dans leur ^tat natu« 
rel, ce qui n*eit pas loujoors le cas poor les mi^lnnges airec T^sprit de Tin. 



124 BBYUB DB Lk XiDBGINB SPltelFIQUB. 

de ce qu'ils enseigoenl, ec voolAt-on en tenir compte, on se trooTe- 
rait bientdt arr£t£ par Tignorance des rapports qui existent entre cm 
causes et les substances mMicamenteuses. 

Si nous passons anx tableaux de la maladie, nous ne poaTons nier 
que Tancienne £cole ne se 8oit beaucoup enrichie en moyens diagp- 
nostiquesy surlout dans ces derniers temps; mais d*un autre cdt^, on 
doit reconnaitre qu'elle n*en iait pas usage. En gtn^ral. ses Ubleaox 
de maladie sont beaucoup trop objectiCs, ce ne sont souvent que des 
ombres auxquelles manquent fr^quemment les fines nuances de h 
caracl^ristique indiyiduelle. Hahnemann enseigne, an contraire, que 
ce sont ces nuances d^licates qui seules peuvent itre d'une utilit6 
r^elle pour le m^deoin. II est vrai que quelquesuns de ses disciples 
sont tomb^s dans Texag^ration en descendant k de trop minatieux 
ddtails. Ge que nous venous de dire s'applique anssi aux tableaux des 
maladies m^dicamenteusesqui n'existent pas pour Tancienne ^cole ou 
qui sont obscurcis par taut d'bypothtees, qu1l est impossible de d^ 
couvrir la verite. Ici encore, Hahnemann s'est fray£ une route toote 
nouvelle, qui aurait conduit bien plus loin dans le champ de rinconnn, 
s1l n'avait pas separ£ si souvent ce qui se trouve physiologiquement 
reuni, et si, dans ces dernidres ann^es, il n'avait pas eu la malheu- 
reuse id^e de faire ses experimentations avec de bautes dilutions. 

Nous voici arrives au point le plus important qui distingue les deux 
ecoles : c'est que Thomceopathie a d^nssonsimiliasimiUhus un prin- 
cipe on au moios un guide, tandis que Tallopathie n'en a pas. Nous 
avons deja dit que le contraria contrariis^ tei qu'on le conceit main- 
tenant, ne pent pas £tre regard^ cqmme un principe th^rapeutique^ 
et nous ajouieronsici, que quand mdme le contraire des maladies fon- 
damentales se rencontrerait dans la nature, les m^decins de Tancienne 
ecole seraient hors d'etat n^anmoins de leur opposer des moyens direc- 
tement contraires, puisqu'ils n'exp^rimentent jamais les m^dicamens 
sur des personoes bien portantes. Leurs sp^cifiques mSmes, ils neles 
tirent que d'obscures analogies ou de rempirisme. Ilsn*en connais- 
sent m^me que contre des maladies generates , telles que la fiivre 
intermittente , I'^pilepsie, etc.; encore n'estnl pas rare que le nom 
de la maladie decide seul du choix du medicament. Ils oublient ainsi 
Uphu important de tout, savoir, les 6tat9 paihologiques 8p6oiauM et les 



f IWB BB tk M^DECINfi S^ECIEIQUfi. 125 

■r- ■ 

rapports individueU^ tandis que ce sont propremenit ces derniers qui 
doivent determiner dans le choix d'un sp^cifique. Si TnUopathie en- 
fin se vante orgueilleusement de diriger son traitement centre Tes- 
sence de la maladie et accuse rhomoeopathie de n*£tre qu'un traite- 
ment symptomalique, on pent lui r^pondre que jusqu'i pr^ent au- 
cun mortel ne pent se glorifier de connaltre I'essence des maladies 
m£me les plus simples , ainsi qu^en conviennent les plus celdbres pa- 
thologistes de nos jours, et que, sous le second rapport, Hahnemann 
exige de la manidre la plus explicite qu*on tienne compte de V ensem- 
ble des sympidmes. (Extrait dela Gcuette homceop. de Leipzig, vol. XX, 

nom^ros 21-23). 

Sur le trmitewmmmt de la lliirre intemittente 9 

Var le doeteur MALY, profeiMar de m^deeine A Tiinivertiti de Grwtz, 

On a A6\k beaucoup ^crit sur le traitement des fi^vres intermittentes ; 
mais comme on continue h se plaindre de Tinsuffisance des medica- 
mens qu*on y oppose, on ne trouvera peut-Atre pas inutiles les quel- 
ques lignes qui suivent. 

Je f us appeli dans la campagne aupres de la fiUe d'un n^gociant , 
ftgee de vingt-trois ans, blonde, assez forte, qui avait souffert Thiver 
precedent d'une chlorose pour laquelle on lui avait recommande Tair 
des champs. Elle y avait ^t^ attaqu^e d'une fidvre intermittente. Le 
premier paroxisme avait eu lieu le 3 juillet, le troisi^me le 7 juillet , 
i quatre heures et demie du matin. La p^riode de froid ne durait 
qu'une heure (sans soif). Elle commen^it par des envies de vomir. 
La chaleur se d^clarait accompagnee de sueurs ; elle etait tris-vio- 
lente et occupait principalement la t£te. La face et^it vultueuse, 
rouge ; violens mauxde t6te ; somnolence continuelle et soif legire. 
Get ^tat se prolongeait depuis cinq heures et demie du matin jusqu'ji 
deux heures de Taprte-midi oil la chaleur commenQait i diminuer, 
mais non pas la somnolence. La malade n'avait encore pris aucun 

mMicament. Je prescrivis antimonium tartaricum gr, 4/2 in aqua 

destiU. unc. jv solui.^ une cuilleree k bouche toutes les deux heures 
dnns Tapyrexie. La premidre cuilleree causa quelques degoAts ; mais 
les coillerees suivantes n'en caus^rent plus aucun. 



136 REVUB DE Li MJ^DECTOE SP]£crFIQUL«^ 

■ 

Le paroxisme 8iu?ant eut lieu le 9 juillet k une heure aprte mhniiu 
Froid et frisson Tiolens saos soif, durant trois heures, pr^c^dessea* 
lement d'ud leger malaise. Chaleur moins forte que dans Faeces pr£- 
c^denty sans soif, mais accompagnee de transpiration et de somnolencei 
jusqu'^ neuf heures du matin. Cepbalalgie moindre. Urine d'un jaune 
fonc^<M£n)e prescription. Sans Untervalle, la malade n'eprouva que 
de Tabatt^nent. 

L^accds suivant eut lieu le lendemain, iO juillet, k onze heures da 
soir. La malade avait deji dorn^i une beure. Froid mod^r^, saos soif, 
durant trois heures ; cbaleur avec un pen de soif et l^gire cepbalal- 
gie, de deux a quatre heures apr^s minuit. La malade dormit ensuite 
d'un sommeil paisible jusqu'au matin. Mdme prescription. Le 11 juil- 
let, il n'y eut que des indices d'an accte. Dto^iors in malade ftit de- 
barrass^e de la fi^yre, et elle se r^tablit promptement. 

Je choisis dans ce cas antimonium tartaricum , parce C|ue Ton trouve 
parmi sese&ts (sympu 13S, 3£3«347, 875, 395, 403) U somngkmee, 
la soif leg^re et les envies de T/amir avant le frisson. La malade fiit 
gu^ie par ce seul medicament. La grandeur des doses et la forme 
sous laquelle je les administrai peuvent se justifier par cette circoa* 
stance que , dans bji lamille de la malade , ou Ton ^talt hahkne au 
vin, au caf^^ aux Apices, il a'^tait pas question de preacrire un re-- 
gime severe. Ses parens n^j^vaient d'ailleurs de foi aux m^dicamens 
que sous la forme aUopathique. 4u reste,la premiere dose seule causa 
quelque malaise. Cette observation est une nouvelle preuve que les 
moyens allopathiques )>ien choisis peuvent s'administrer a doses 
fortes et fr^quentes, et qu'tls gu^rissent dans ce cas plus sAremeot ' 
et plus promptement , en tant qu'iU entretiennent une reaction plus 
forte et plus soutenue centre la maladie. Ou n'a pas a craindre non 
plus que le plus leger i^rt du regime detruise les effets d'une pe- 
tite dose dans le long intervalle qui s'dcoule entre cette dose et la 
dose suivante. 

Encourage par ce r^sultat , j'ai traite de la m£me maniere fiar 
sieurs autres cas de fievre intermittente tierce qui se sont presentea 
vers cette epoque ; mais je n'ai pas toujowrs r^ussi 4 guerir par anti^ 
mon, tarLj et souvent je me suis vu oblige de recourir a sulf. chinin. 
Cependant ces deux m^dicamens m'ont soffi pour guerir toutes lea 



%EVUE DB LA MtoECINE SPI^IFIQUJS. ■. 127 

fi&vres quotidiennes et tierces que j'ai eues k trailtr dans ces dix der^ 
nitres ann^es ; qu'elles eusseot une origine gastriqoe ou rhumatis*- 
male , je n'ai jamais eu besoin de recourir a d'autre Qioyen, Ghaque 
malade, qu'il y eut d^ja eu un, deux ou un plus grand nombre de pa- 
roxismes/rece-vait antimon, tart, souscelte forme :Rp* aq^d$4tilLuno. 
\iij , vini uUfiaii (conteuant 2 grains d'antimoine tart, dai^s une oQce 
de via} ^r, 10-15-20 (selon la constitution du malade , afin qu'il na 
se declarat pas d*enyies de vomir) , //r. rub. idmi dr. ly^}, uoe ouil-" 
l^re a boucbe toutes \q% deux beures dans Tapyrexie. Vi^i gastrin- 
que cessait aussildt , et le medicament favorisait les selles. Si 1^ ma-* 
lades avaient reqours & moi d^ le premier acc^s , ils ^taient ordinai- 
rement gu^ris apr^s le troisi^me ou le quatri^me paroxisme. Mais 
s'il y avail d^ji eu plusieur/s acces i ou si T^iaque de la fi^vre avait 
ete pr^ced^e de longues douleurs rhumatismales^ il fallait, apres 
avoir donn6 pendant quatre jours antimon, tart.^ recourir a sulf. chi- 
nin., qui rendaU toujours les plus grands services lorsque le malade 
commeuQait a sentir ses forces diminuer, en Tabsence de tout sym-* 
ptome gastrique. Dans ce cas , ? ou ^ grain de sulfajte de quinine, pris 
en deux qu trois fois chaque jour, suffisait pour guerir. Dans quel- 
ques cas, j^ai alterne les deux medicamens tous les deux jours. Rare- 
ment j'ai observe chez le m^me malade plus lie sept paroxismest ea* 
core allaieot-ils constamment en diminuant » de sorts que le dermer 
ne consistait plus qu'en un simple indice de chaleur ; ou bien il etait 
plus violent que les autres ettout se terminaitpar une Eruption critique 
autour d(?s Jivres. II n'y eut qu*un petit nombre de r^cidives , Iprs^ 
que la pauvrete for^ga les malades k conunettre de graves hearts de 
rrgime. 

L'efficacite de tart, emet, se manifesta surtout chez )e jeune baron 
Z..., qui souffrait depuis un an d'une fi^vre tierce. Outre un grand 
nombre d'autres m^dicamens^ il avait pris uae quantity considerable 
de sulfate de quinine, n^is tout ce qui en etait resuUe, c'est qu'il y avait 
des intermissions de deux ou trois semaines, apres lesquelles la fiSvre 
reparaissait toujours. Je prescrivis un demi-gros de vin. stib,^ avec 
trois onces d'eauetunpeude syr.rub. idoeL Ce medicament semontra 
si efiicace , qu'apr^s la repetition de la dose, il a*y eut plus d'acces. 

Ce n'est pas seulemeot a fortes doses que ce rnddicawent (que je 



♦'^v^ 



BBTUB DE tl MBDBCI5E SPECtFIQUB. 



faisais toujoun preparer i la pharmacie sous la forme la plas agita- 
ble aux malades) of a rendu des services ; je ne Tai pas trouvi moins 
utile It petites doses , nomm^ment a la deoxi^me trituration. U s^est 
montr^ un veritable sp^cifique dans un grand nombre de cas dont je ne 
citerai que deux pour exemples. 

Le 11 ao&t 4839 , je fus appele dans une terre situ^e sur la fronti^re 
orientate de la Styrie ovi le sol bas et mar^ageux est particuliire- 
ment favo^le aux fidvres intermittentes. Le malade ^tait un vieillard 
de soixante ans, M. B... de H... , c|ui avait une constitution tr^s-irri- 
table, et qui, apr^ avoir souffert pendant quelque temps d^accidens 
rhumatismaux , avait 6i6 attaque de la fi^vre le 10 aoAt. J'arrivai le 12 
dans la matinee. Lanuit pr^c^dente avait it& tris-agit^e, etdte le 
matin ii s'^tait d^lar£ un tiraillement dans les membres. La p6riode 
de froid durait deux heures , avec soif vive pour I'eau fralche. La 
chaleur etait accompagn^e dans ce cas aussi de la sotnnolence carac- 
t^ristique, avec t^te brCliante et soif l^g^re. Tel ^tait T^tat du malade 
lorsque je lui fis prendre une dose de antim. tart. 2. Lorsque j*allai le 
revoir au bout d'une heure , la chaleur avait d^j^ consid^rableaient 
diminue ; la peau 6tait humide en quelques endroits , le pouls plein 
et mou ; le malade ^tait plus gai et causait davantage. 11 me raconta 
qu'aussit6t apr^s la prise, il avait ressenti un leger malaise suivi d*une 
chaleur agr^able dans le bas-ventre. L'acc^s dura de huit heures du 
matin k midi. Le malade re^ut , dans la soiree, une nouvelle dose, 
et le lendemain trois doses a des intervalles de quatre heures. Le 
troisieme acc^s, qui eut lieu le 14 aoAt , fut tr6»-l^ger, et le 16 , il ne 
ressentit pas autre chose qu*un peu de chaleur. II se r^tablit promp- 
tement ; quoiqu'il fut rest^ long - temps encore dans un lieu si favo- 
rable aux fiivres , il n'eprouva pas de rechute. II avait pris douze 
doses en tout. 

Ge fut la premiere fois que j'administrai le medicament dans la 
p^riode de la chaleur : deux raisons m'y d^termin^rent. D'auires 
m^dicamens, entre autres Faconit, s^administrent aussi dans la fievre ; 
et , en outre , le medicament s'etant montr^ specifique contre cette 
affection, j*en attendais un prompt effet. Peut-£tre la chaleur 
accompagn^e de sopeur qui dure souvent de cinq ^ six heures 
dans les paroxismes de la fievre intermittente , serait-elle abr^- 






f 
HfiTtS BS LA MEDECINE SPEGIFlQUB. ftv 1^1 

g^e par ce moyen : c'est ce que Fexperience peiit nous aj^rendre. 

Qu^nt a la do3e, je crois que la troisi^me trituration serait encore 
efficace ; mais je pense que des doses plus fortes et plus fr^quemment 
r^pel^es combattent avec plus d'energie la maladie, et ont Tavantage 
de conduire plus promptement au but par leurs effets plus intenses. 
Je suis d'avis que si jusqu'k present on^n'a pas obtenu toujours les 
resultats d^sir^s dans le traitement de la fiivre intermitteitfe, il faut 
Fattribuer en partie k ce que Ton a trop de confiance dans des doses 
tr^petites et administr^es k de trfes-grands intervalles. 

Le second cas conceme une dame de soixante ans , d'une consti- 
tution tris-forte , atteinte depuis six ans d^ja d une grave affection 
du foie qui s'annon^ait par un trouble de la digestion , des yomisse- 
mens aigres, amers, qui avaient lieu tons les jours deux ou trois heures 
apres le dtner, de continuelles eructations d'air, des douleurs de foie 
et d'estomac , de la constipation , un teint jaune , une grande faibiesse 
et une humeur m^lancolique. Elle habitait dans le niSme endroit que 
le malade precedent. Elle avait dej^ eu six paroxysmesde fi6vre tierce, 
dont les cinq premiers n'avaient consiste qu'en un acc^s de chaleur 
de six k huit heures, sans transpiration. La chaleur occupait toujours 
particuli^rement la t^te, et dans les deux premiers acces elle avait 
^t^ accompagnee de violentes douleurs dans les membres, tandis 
qu'il s'y ^tait joint , dans tons les autres , une soif vive pour les bois- 
sons froides et de Tapp^tit pour les glaces , dont la malade mangeait 
effectivement chaque jour dans Tintention de se rafraichir. Le sixieme 
accds eut lieu pendant un voyage k Grsetz, le 4 septembre 1839. Ce 
fut alors pour la premiere fois qu'apr^s la chaleur elle ^prouva une 
fralcheur qui lui fit beaucoup de bien. A Texception d*une infusion de 
petite centaur^e , elle n'avait pas encore pris de medicament. L'ap- 
p^tit et la digestion ^taient alors dans le plus triste ^tat , et pour peu 
qu'elle mange^t , elle vomissait tout ce qu'elle avait pris. Je lui fis 
prendre le soir, apres le sixieme acces , et le lendemain , jour d'apy- 
rexie, deux doses de aniim, 2. La premiere seule causa uq leger 
malaise. Le 6 septembre , a neuf heures du matin , eut lieu le premier 
acc^s regulier ; froid avec soif durant deux heures , puis chaleur sans 
soif pendant quatre a cinq heures , occupa*hi surlout la tete; en sorte 
que durant tout ce temps la malade resta plongee dans Tassoupisse- 
IV. 9 



»w 



^S^ :^ UVUB Ofi LA BTEDECINB SPEGIFIQtJC. * 

ment . La traDspiration ne s'^tablit que le soir , mais elledura tontelannt 
Le paroxysme dura done de dix-huit h vingt-cinq heures. Ea 
OQlre , degout pour les alimeos , appetit sealemeDt pour les fruits 
glacis dont elle mangeait chaque jour ; selles ameo^es seulement 
par des lavemens d'eau. Peudaut les quatre premiers accte qui eo- 
rent lieu k Gr^etz, la malade re^ut antim, tart. Dans rintervalle , la 
fl6vre diminua d'intensite; elle anticipait toujours d'une ou deux 
heures \ la chaleur n'^taitplus accompago^e de sopeur, mais les forces 
de la malade , ^puisees d^j^ par de lopgues souffrances , tombireBl 
encore davantage a la suite des dix paroxysmes qu'elle avail dilk 
eus. Cette circonstance et d'autres encore me d^ciderenl ^ employer 
sulpk. chin. Ten donnai chaque jour et avec succes i de grain. II y 
eut encore trois paroxysmes , et la fi^vre cessa. La malade se trouva 
ainsi d^livree a la fois de deux maladies , car les vomissemeos , qui 
avaient diminue pendant Tusage de antim. tart,, disparurent en mdme 
temps que la fi^vre. — Elle re^ut ensuite , contre les accid^ns da 
baS'Ventre, qui persistaient , nux i^omica ^i magnesia muriatica alter- 
ndes. Uae dose de arnica 4, qu'elle prii contre une contusion , exerga 
imii influence salulaire sur le bas-ventre , et pendant plusieurs jours 
les selles furent faciles. — Actuellement ( Janvier 1840) la malade 
est dellvrce de ses vomissemens cbroniques , elle mange avec beau- 
coup d*appetii des alimens qui lui conviennent, elle est enfin en 
eiat de prendre part a tous les plaisirs de la societe , apr^s s'en dire 
abslenue pendant six ans. 

Les fievres intermittentes quartos sout rares dans les environs de 
Griciz. La plupart nous viennent des contrees basses de la Styrie, de 
la Carniole , de la Groatie et de TEscIavonie, oil la nature marecageuse 
du sol rend cette maladie endemique. Presque tous les malades arri- 
vent de ces pays avec les sympiomes des effets du quinquina : ventre 
ballonne, douleurs lancinanles dans la region du foie et de la rate, 
urine d'un brun fonce , constipation , etc. Dans ce cas, arnica , puis 
anlimon. tartaricum^ ipecacuanha et suiphur rendent de bons Services. 

(^y/^'^^.xii^p.vs.) 



# RBVUB DB LA MBDSGIN £ SPEGIFIQUB. -^ ^31 



Observations 

V«^ le docteur GROSS. 

« 

1. 

L. horloger, ftg^ de treme et qnelqties ann^es , maigre , d^bile , 
£tait malade depuis quarante-huit heures lorsqu'ii me fit appeler. 

II avait tous les membres coinme brisks ; il se plaignait de cepha- 
lalgie et d'oppression dela poitrine etdevaitinvolontairemeotrespirer 
pfofond^meiit. Douleur dans les reins qui le for^ait k marcher ploye, 
avec ^lancemens quand il respirait profond^ment. Tandis qu'il sen* 
tait un frisson int^rieur lui parcourir le corps de haul en bas, il avait 
consiamment chaud ext^rieurement , et son pouls battait plusrapi- 
dement que de costume. Langfue couverte de mucosit^ et inappe- 
tence. Les selles r^guli^res d'ailleors et quotidiennes avaient cesse 
de la vetlle. R£ves d6sagr<ables la nilft. 

Le malade ne savait d'oti pouvait provenir cet ^tat. Tout ce qu'il 
se rappelait, G>st qu'il s'^tait donn^ ravant-veilie un coup sur le 
pouce ^ la suite duquel un voile s'^tait 6tenda sur ses yeux et il 
avait eu une d^faillance de peu de dur^e. Le mai de t^te s'etait de- 
clare aussitdt ; il avait eu une nuit agit^e, pleine de r^ves , et il s'etait 
r^veill^ avec les symptdmes d^riis. 

Gette circonstance me d^cida k choisir hepar sulphuris calcareum 2 
gut. \ , matin et soir. Le lendemain , il ^ait gn^ri. 

2. 

Th., paysan robusie de quarante-cinq ana , gardait le lit depuis 
long-temps, lorsqu'on s'adressa i moi. II ^tait malade depuis trois 
mois ; abattu et faible , il ne cessait de se plaindre d'oppression de 
la respiration et d'une toux qui revenait de temps en temps avec 
points de odt^. La peau etait brulante et siche, la langue rouge ct 
presque s^ebe, le pouls acc^ldre et un peu dur, Turine foncee de- 
venait bientdl trouble comme du limon,Ies selles ^laient irreguli^res, 
Tapp^tit presque nul, la soif vive , le sommeil agite et plein de r^ves. 

Le malade avait et6 surpris dans les champs par une averse au 
momeat ou il etait couvert de sueur, et il etait malade depuis cetto 



**♦ 



132 "* REVUE DE LA MEDECINE SPJgCIFIQUE.. * 

^poque. II avai( ^prouve d'abord une horripilation suivie de cbalear, 
et depuisil a'avait pliis quiti^ le lit. 

Je fis dissoudre rhus | dans quelques cuillerdes d'eau et lai en fis 
prendre une cuiller^e a the toutes les deux heures. 

Bientdt apr^s il s'^tablit une leg^re transpiration. Le malade tomba 
dans un doux sommeil et le lendemain il put quitter ie lit. 

3. 

Au mois de fevrier dernier , je re^us la lettre suivante : , 

« Une dame de trente-trois ans , petite de taille et delicate , mdre 
» de six enfans , souffrait depuis quelques ann^es de fortes douleurs 
» rhumatismales qui avaient disparu d'elles-m^mes deux ans aapara- 
V vant , pen de temps apres ses derni^res couches. Bientdt aprte ses 
» regies avaient cesse de couler , et en m^me temps on remarqua 
» chez elle des traces d'une m^lancolie qui fioit par deg^n^rer en 
» maladie mentale complete. EUe a Tid^e fixe qu'elle est possedee du 
» diable , elle se croit abandoonee de Dieu , condamn^e aux peines 
» de Tenfer ; le diable ne lui laisse aucun instant de repos et la pousse 
» a commeitre un meurtre pour la faire perir sur T^chafaud. C^tte 
» maladie a fait de tels progr^s qu'il a fallu la meiire a la maison des 
» fous de Halle. Elle y est rest^e neuf mois , mais il a fallu lu ren- 
» voyer parce qu'elle y a ete prise du mal du pays , ce qui semblait 
» empirer son etat tant sous le rapport physique que sous le rapport 
» moral. Les regies n'ont point encore reparu , quoiqu'on ne puisse 
» songer a une grossesse. Le ventre est toujours tendu ; la malade 
» a souvent les mains et les pieds tr^s-froids et souvent aussi elle 
i> souffre de constipation. Son teint est generalement tr^s-p&le, mais 
» hi Tapproche d'un paroxysme , une rongeur considerable lui monte 
» nu visage. Son agitation fait qu'elle ne se trouve bien nuUe part , et 
« quoiqu'elle n'ait pas d'acces de fureur, elle se heurle quelquefois 
r> de toutes ses forces la t^te centre la muraille ou centre le po^le. Se 
i> sent-elle un peu plus tranquille , cequi arrive assez souvent dans la 
)» journee , elle parle aussi raisonnablement que qui que ce soit. Les 
» dechiremens et les douleurs de la face n'ont pas reparu. Son genre 
» de vie est tres-simple ; elle mange excessivement peu et ne boit ni 
» cafe ni spiritueux. • 



BEVUE D£ LA M£D£GIN£ SPBCIFIQUB. i3i 

J^envoyai ime dose de sulphur 30 et quatre doses <le veratrum al- 
bum 15, en prescrivant d'administrer ces quatre doses k six jours 
d'intervalle. En m^me tendps, je priai le mari de la malade de me dire 
comment elle ayait ete et comment elle etait alors sous le rapport 
sexuel. 

Au boutd'un mois, il me manda que les regies avaient reparu apr^s 
la troisiime poudre , et avaient coule buit jours. D6s-lors il s^eiait 
op^r^ un cbangement evidemment favorable ; centre son ordinaire , 
la malade transpirait un pen la nuit. L^app^tit sexuel n'avait jamais 
^t^ tris-vif cbez elle, et il semblait avoir compl^tement disparu. 

J'envoyai quelques doses de ignaiia amara 2, h eh prendre une 
tontesles quarante-huit beures. La malade fut bientdl etresta com- 
ply tement gu^rie. i 

4. 

Un berger de trente ans avait souffert trois ans auparavant d'abon- 
dans saignemens de nez, de petechies, de saignemens par la bou* 
che, etc. On Tavait traite par les acides les plus forls, et il avait et6 
long-temps k se gu^rir. Le mal reparut au mois de novembre dernier, 
et il s^adressa h moi. 

Les saignemens de nez avaient recommence, et d^j^ aussi il rendait 
du sang par la bouche. Sur la langue se trouvait une v6sicule pleine 
de sang , de la grosseur d'un pois ; il y en avait une plus petite au 
palais, et le corps, ainsi que les extr^mites, ^tait convert d'un grand 
nombre de p^t^hies grosses comme des lentilles. Le malade se 
sentait abattu, bris^, et n'avait pas d'appetit; les excremens elaient 
fences, Turine brune et trouble, le pouls faible et filiforme. 

Je prescrivis secale cornutum 6 , en poudre , une dose matin et 
soir. 

Les saignemens cessftrent, et les p^t^chies diminuirent en nombre 
et en volume. 

Au bout de huit jours, je ne fis plus prendre le medicament qu'une 
fois par jour, et , au bout de quinze , que toutes les quarante-huit 
beures. En un mol, les petechies disparurent : il ne se montrait plus 
que de temps en temps des taches rouges de la grosseur d'une lentille 
^ et Ui. Par contre, les mains et les pieds se couvrirent de petites 



13ft UTCTB DE LA Ml^DECTTfE SPBGIFIQtJB. 

v^sicules fonc^es, d'un aspect arthritique, et dontles alentOQK ^UJent 
tumefies, douloureux. II en sortit du s^rum, etplus tard da pus; elles 
causaient de vives douleurs, surtout le soir. 

I Je prescrivis quatre doses de rhu$ 15, une chaque soir. Au bonl de 
buit jours^ ces v^sicules disparurent , mais il vint au bout des doigis 
de petits boutons gros comme h t^te d'une ^pingle , noirs , doolou- 
reux comme s*ils suppuraient en-dessous , et contenant du sang. Le 
malade regut qualre doses d*ar$enioum alhum^ uoe chaque jonf , puis 
quelques doses de aecale tornutumy et il fut enfiu gu^ri. 

5. 

Une dame d'une trentaine d'annies fat attaqu^e, h uoe ^poque ^ 
la grippe commen^ait k regner, d'une forte toux indolente qui ne se 
distinguait pas par tous les sympt6mes des especes de toux alors re- 
gnantes, et ne se faisait remarquer que par cette seule circonstance, 
que chaque acc^s ^tait suiti de bdillettMns. Tant que Je ne tins 
aucun comple dece symptdme, jevis tous mes moyens ^houer ; 
mais lorsque Tid^e me vint que c'etait pr^cis^ment ce symptdme ao- 
cessoire qui devait determiner le choix du medicament, je me d^er- 
minai pour opium , que je n'aurais jamais choisi autrement , et une 
seule dose de la septieme dilution suffit pour enlever la toux. 

On voit par licombien il est important de tenir compte de tons les 
sympt6mes, m^me de ceux qui semblent les plus insignifians, et on 
doit reconnattre combien Hahnemann a eu raison de recommander 
d'avoir ^gard k Tensemble des accidens morbides. 

• J^ai d^jii publie ailleurs une observation oti verhascum thapsus 30 
dans de Feau ( preparation qui ^tait yieille de plusienrs ann^es et 
dont je ne meservis qu*^ d^faut d'une autre), gu^rit une toux parti- 
culiere ^ son de crecelle , de trompette , qui avait r^sist^ k tous les 
autres m^dicamens. Si j*ai ^t^ etonn^ de Tefficacite d^une si haute 
dilution que Ton regarde gen^ralement comme ne pouvant produire 
aucun effet , — je ne parle pas mime de Tanciennete de la prepara- 
tion, — j'ai eu lieu de T^tre bien davantage demierement en voyant 
ce mdme medicament administr^ centre une toux qui n'etait pas tout- 
i-fait semblable , provoquer des reactions beaucoup trop ^nergiques 
ches une dame iigee , mais qui n'avaii nullemenl les nerfs fuibles et 



* BSVUS BS LA MBDECINll SPlSciFIQUS. 135 

n^^tait point hyst^rique. AussitOt apris la prise de la premiere cuU-" 
leree de cette rn^me preparation , elle ^prouva un grand malaite dans 
Testomac et une pression. Je ne pus croire que ce fut un effef de ver^^ 
hascum et je lot conseillai de continuer k en prendre ; mais a chaque 
nouvelle cuilleree , ces symptdmes s'exacerb^rent , et ils Bnirent par 
devenir si insupportables que je dus en faire discontinuer I'usage. 
Les symptOmes se dissip^rent pen ^ peu en quarante huit heures. 

Gette observation donne un nouveau poids i d'anciennes assertions 
qu'on avait rejet^esdepuis long-temps comme des prejuges. Je m^abs- H 
tiendrai de toute digression sur ce sujet d^licat , en me contentant tf 
d*en conclure qu*on fait bien en g^n^ral de pr^f^rer dans les mala* /i 
dies algues les basses dilutions aut bautes. 

6. 

Une jeune dame delicate souffrait depuis un an de maux de t^te 
et d' une duret^ de Toule . principalement de Toreille gauche. 

Gette affection' s'^tait declaree au printemps ; elle avait ete plus 
supportable en ^t^ , mais elle s*etait exacerbde en automne et il s'y 
etait Joint des d^chiremens dans toutes les dents. G'^iait une douleur 
sonrde dans le front, les tempes, oil elle etait quelquefois un peu (i- 
raillante, et le sinciput. Au grand air, les mauit de t^te augmentaient 
et Toule devenait notablement plus faible. Elle devait done avoir 
constamment la t^fe chaudement couverie. Les oreilles etaient tr^s- 
sensibles an toucfaer, et elle y ressentait souvent un prurit desagr^a- 
ble. Le conduit auditif ^tait aussl trop sec. 

Je prescriviS spigelia anthelmia^O et spongia tosla 4, alternative- 

ment , une dose toutes les solxante-douze heures. Elle en prit en tout 
six doses et fut gu^rie en trois semaines. 

7. 

Un bomnie robuste de cinquanie ans avait regu trente ans aupara- */uj 
vant une contusion au cdte droit ; mais il n'y avait f^iii aucune aiten- 9 
tion , non plus qu'a la douleur sourde qn'il eprouvait do temps en /^^ 
temps depuis cette epoqiie a la face poslerieure du foie. Lrs ann^es 
suivanles, comme il devait rester long-temps assis et coiirbe, cette 
sensation devenait quelquefois une violentc douleur, et il s'y joignit 



it 



136 BEYUE DE LA MiSdBCINE SPtoFlQUB. T* ^ 

dans la cuisse droite une douleur de brisure sourde , presqae oanti- 
nuelle. La digestion ^tait fr^quemment troublee,par des aigreurs, des 
Eructations , du soda , des deplacemens de vents et une constipatioa 
avec disposition au vomissement , quelquefois m£me des vomissemens 
de bile. 

Enfin il se d^clara une inflammatioo du foie k la place malade. Le 
malade eut recours h I'allopathie et fut traits par les saignees et le 
calomel. Le sang se couvrait d'une couenne epaisse (crusta infUunma-- 
tona)y — preuve Evidente que la saignee etait necessaire. Mais les 
sympt6mes inflammatoires ne disparurent que pour environ vingt- 
quatre beures. Le calomel sembla devoir les enlever d'une jnaniere 
plus durable : mais bientdt il s'y joignit un ict^re parfait. Toute la 
peau devint jaune de coing , puis verte. Elle oe recommenga a blan- 
chir qu'au bout de quinze jours. Je ne sais pas tout ce qu'on fit pren- 
dre au malade , mais la jaunisse disparut peu a peu pour faire place 
k line iievre intermittente , tierce double d'abord , puis tierce , que 
cJuninum sulpfiuricum en\e\2i, Depuis cette fievre, les selles conte- 
naient quelque chose qui ressemblait ^ du pus. Elle reparut une fois 
encore et fut enlevEe par le m^me moyen. Le malade etait alit^ de- 
puis trois mois et excessivement maigre. Il n'avait pas du tout d'ap- 
petit ; mais il se plaignait d'une soif penible , et toutes les boissons 
lui repugnaient parce qu'il y trouvait un gout aigre et repoussant. II 
avait souveot aussi le gout putride et alors son baleine avait la mdme 
odeur. Frequens gargouillemens dans le ventre, toujours suivis d'une 
selle fauve, aqueuse , puante , contenant des masses muqueuses, puri- 
formes. Cette diarrh6equi continuait jour et nuit, repuis.aitbeaucoup. 
Les pieds etaient enfl^s jusqu'aux mollets. Le pouls etait toujours un 
peu febrile vers le soir , et il s'y joignait une chaleur mordicaate a la 
paume de la main. Tout ce que TancieDne ecole prescrivit contre 
cette maladie qu'elle baptisa du nom de phthisie h^pathique , en d^pit 
i de la saignee, resta saus efiet. Columho et china adminisires int^rieu- 
* • renfientet en clystdres, et m6me le tannin pur donne en pilules, ne 
produisirent aucun changement , et le malade fut finalement aban* 
' donne a son sort par les m^decins. 

Lorsque la maladie en fut venue 5 ce point, on me Bt Tbonneur 
de me consulter. Je n'besitai pas long-temps sur le choix du rnedi* 



.^* 



■ ' * *^ BEVUE DE LA MEDECINE SPEGIFIQUE. 137 

cament, et je prescrivis lachesis 30 ahern^ avec kepar sulphur, 
calc, 5 et mercurius solMlis 30. Le 7 fevrier fut un bien mauvais jour 
pour le malade. 11 n'avait presque pas quitt^ la garde-robe ; il se 
sentait excessivement ^puise , ^prouvait le plus grand de^ut pour 
toute esp^ce d'alimens , se plaigoait d'un gout aigre et amer, avec 
eructations de la m^me esp^ce , etait de la plus mauvaise bumeur, 
desespere, pleuraut sans cesse et se croyant perdu. II re^ut le len* 
demain lachesis 24. II eut encore plusieurs selles liquides, nouqueu- 
ses, fauves, contenant des masses semblables k du creton de lard, et 
le 9 fevrier, il fut presque encore plus ihal. Je donnai lachesis 30. II 
se sentit mieux , mais eut encore des selles liquides , quoique plus 
rares. Le 13 fevrier, dans la soiree, il re^ut hepar sulph. calc. 5. Les 
selles devinrent encore plus rares, en bouillie et d'une couleur tirant 
sur le gris. Le soir du 13 , il re^ut lachesis 30. Les selles devinrent 
solides ; elles avaient une couleur de gris de cendre a Texterieur, 
brune a Tint^rieur ; il en avait une cbaque jour. Le mauvais gout 
disparut; Tapp^tit devint bon et les forces se releverent au point 
qu'il put quitter le lit. Le 23 fevrier, il y eut de nouveau trois selles 
muqueuses ; les premieres en bouillie, la troisieme un peu compacte. 
Prurit p^nible sur toute la peau, et desquamation de la peau au milieu 
de la cuisse droite, k une place qui avait 6t^ long-temps tr(§s-dou- 
loureuse. Je donnai le soir mercur. 30. Le 25 fevrier, il y eut de nou^ 
veau une sellesolide qui avait cependant encore une couleur fauve. 
Le 2 mars, dans la soiree , le malade prit lachesis 30. Le 4 mars, apres 
midi, selles liquides; le soir, gargouillemens , inapp^tence — provo- 
ques peut-^tre par une sorie de tabac Stranger dont il avait voulu 
prendre. Un peu de douleur a la face post^rieure du foie — prove- 
nant vraisemblablement de ce qu'il avait 6l^ long-temps assis, car il 
avait repris ses travaux. Le soir du 9 mars , hepar 5; le soir du 16 
mars , lachesis 30. Le 22 mars , une selle en bouillie et une autre 
compacte , ainsi que le lendemain. Le 24 mars , au soir , IfeUa-- 

donna 30. 

L'etat s'ameliora de plus en plus. Le malade allait et venait sans 
souffrir ; il mangeait et buvait avec appetit , e^ dormait mieux que 
jamais. Il se pone aujourd'hui parfaitement bien. 



ISS BBTUE DB LA HiDBGINB SP^GIFIQUS. 

8. 

Mademoiselle de L., ftg^e d'une vingtaine d'ann^es , d*uii temp^ 
rament l&tiguin ^ expansive dans la joie et dans la dooleur^ tomba 
sans cause connue dans une sombre m^iancoHe. IndifKrente ponr 
tout ce qu'elle avail le mieux aim^ , elle restait assise , silenciense, 
pleurant et se faisant toutes sortes d*imaginations, entreautresqu^elle 
deviendrait folle. Elle se plaignait d'un fourmillement dans toutes les 
pariiest comma si elles ^taient engourdies. Le creiix de Testomap liif 
semblait avoir perdu tonle sensibility* La t£ie seule iui paraissalt 
trop l^g^re* Cependant ii Iui semblait qu'elle r^vait. Son sommeil, 
d'abord trop l^ger, ^tait devenu trop profond , plein de r6ves et non 
reparateur. II y avait un mois qu'elle avait pris des bains de pieds 
qui avaient exacerb^ essentiellement son ^tat. Depuis deux mois ses 
regies n'avaient point para. 

Je presorivis tinciura ignaUa emarm 2 gut« 4, chaque }our pendant 
buit jours, et, apris une interruption de huit jours, je fis recommen- 
cer et ainsi de suite. 

Je la revis au bout de cinq semaines. Elle offralt encore les mdmes 
symptdmes, mats consid^rablement amendis. Les regies avaient pam 
deux fois. Cela me d^clda k contlnuer le mdme traltement , en ne le 
faisant interrompre que pendant la menstruation. 

Un mois apr^ , on me fit dire que la maUde allait parfahement 
bien, et que depuis plusienrs semaines elle ^tait plus gate que jamais. 
La menstruation ^tait rAguli^re. 

9. 

La grippe a r^gn£ Thiver pass^ sous les formes les plus diverses. 
Cependant son caractere resta presque partout catarrhal , rhumatis- 
mal, inflammatoire , inclinant au nerveux. Les inflammations de poi- 
trlne et de bas- ventre furent tr6s-fr^quentes. Les vieillards surtout 
couraient de grands dangers, parce que la paralysie etait Tissue la 
plus ordinaire de la maladie. Gependani on vii aussi des sujets jeunes 
et robustes succomber quand ils avaient le mnlheur d'etre irait^s par 
les saignees et les sangsues. Le r^sultat ^tait plus favorable avec aco- 
niL y belladonna f biyonia^ rhus, mercurius et sulphur a doses bomc^iH 



BBYUE BE LA MEi)ECI1?E SPl^CIFIQXJE. 139 

pathiques. J*ai aussi administr^ quelquefois sabadllla 3 contre Fin- 
flammation des organes de la poitrine qui se caracterisait par du froid 
et une chaleur ext^rieure. 

Je n^administrais ordinairement aconit. 3 qu'au d^but de la maladie 
et lorsque le pouls ^tait duk* et plein. Je donnais alors le plus souvent 
belladonna 8, surtout quand lesmalades commenQaient ^d6Iirer» dis 
qu*ils fermaient les yeux, et quand le regard avail quelque chose de 
fixe. Quand les quiotes de toux provoquaient un grand mal de t^te, 
ainsi que des douleurs dans la region ^pigastrique , ou quand il se 
manifestait en m£me temps une affection inflammatoire du fole — 
ballonnement , douleur au toucher, en aspirant profondiment et eft 
toussant — quand la toux e^citait facilement des haut-Ie-corps ou des 
vomissemens reels , c'^tait de hryonia 3 que j'avais ^ attendre le plus 
de services , quoique nux vomica se montr&t aussi quelquefois efficace. 
S'il y avail grande anxi^t^ avec fr^quentes aspirations profondes iu- 
volontaires, agitation physique qui ne permettait de rester long-temps 
en aucune position, rhus 6 se montrait efflcace. MercuHus solubilis 2 
et 3 rendait des services tout d'abord, quand la grippe se d^clarait 
comme simple fiftvre catarrhale ; mais il trouvait aussi son emploi 
dans les plenresies qui se caract^risaient par des sueurs copieuses 
sans soulagement , ainsi que dat^s les etats inflammatoires du foie ou 
le pouls ^tait moins dur et la douleur plus sourde. Spiritus vini sul- 
phuratus et sulphur 3 devait 6tre pr^fer^ quand la fldvre ^tait mo- 
der^e, les ^lancemens dans la poitrine sensibles seulement dans les 
inspirations profondes et dans les violentes quintes de toux , et sourds 
seulement, et quand Toppression de la poitrine, comme nn poids lourd 
dans ou sur la poitrine , avait atteint nn haut degr^. Je crois avoir 
sauv^ deux malades. 

L*un , cordonnier robuste et bien constitud, ftg^ de quarante ans , 
qui avait enti^rement n^glig^ une pleur^sie , et s'^tait m£me impru- 
demment expose au mauvais temps. Au bout de quinze jours , il fit 
pres d'une lieue ^ pied pour venir me trouver. Il se plaignait d'un 
eiancement sourd dans le c6te droit en respirant profondement et en 
toussant , et d'une violente oppression de la poitrine qui i'emp^chait 
presque de marcher et de parler, ce qu'il aurait ei6 facile d'entendre , 
lors m^me qu'on ne Taurait pas vo ^ sa respiration . Le pouls 6tait petit 



140 HE VU£ DS LA MBDECINE SPECIFIQUB. ' 

etcoiDprim^. Je lui donnai spirit, vini sulphur, gut. 20 in aq. S ]▼« 
demi-ctiiller^e i boucbe quatre fois par jour. II put respirer au boot 
de huit jours ; le pouls se releva , les ^lancemens disparurent et h 
toux cessa peu k peu. 

Le second cas concerne un jeune paysan de vingt ans qui sonfGrait 
depuis quatre jours d'une pleur^sie n^glig^e. Elle s*^tait declaree 
avecune fievre synochaleassez vioiente, et le malade avait crach^ une 
assez grande quantity de sang. Sou urine ^tait si foocee qu'on aurait 
pu la prendre pour du sang. Avant de le voir, je prescrivis aconit. 3 ; 
mais on me fit prior le soir m^me d'aller le visiter. Je trouvai one 
grande oppression de la poitriae etune pesanteur dans la poitrine avec 
^lancemens en toussant. La toux provoquait une expectoration bm- 
n&tre. Le pouls paraissait petit et comprim^. Je me decidai k admi- 
nistrer le soufre sous la m£me forme et a la m^me dose que dans le 
cas precedent. Ge medicament ne se montra pas moios efficace cette 
fois. L'oppression cessa et le malade neseplaignit plus que d^elan- 
ceniens en toussant avec expectoration muqueuse^ blanche, et snenr 
trop abondante. Je lui donnai quatre doses de mercur. 2 et quatre 
doses de sulphur 3 altemativemeut soir et matin. U fut parfaitement 
gueri. 

10. 

jiconit.^ administr^ &un autre jeune paysan qui ^tait atteint d'une 
pleur^sie et crachait le sang , ne produisit aucun effet , non plus que 
sulphur^ que je donnai contre une oppression toujours croissante. II 
^prouvait de grandes angoisses et une agitation dans les jambes qui 
le forgait a les remuer constamment. 11 ne formaii pas Toeil depuis 
trois jours. Ges symptdmes indiquaient rhus, et je le donnai d'autant 
plus voloniiers que j'appris que le malade avait gagne cette ndaladie 
en restanttrop long-temps jusqu'au ventre dans de Feau de degel. Je 
lui fis done prendre altemalivement acont^ 3 et rhus 6, une dose matin 
et soir. II fut gueri en peu de jours. 

11. 

S'il restait , apr^s un grippe negligee qui s'etait declaree comme 
fievre catarrhale , une toux penible , suspecte , avec expectoration 
grise ou blanche , sal^e ou douce&tre , ainsi que des sifflemens et un 



BSVUE DE LA MEDEGINE SPBGIFIQtJS. 14t 

rftle sur la poitrine i je p^niyais attendre une guerison complete 
de quelques doses de kali hydriodic^ 3. Dans uq seul cas, j^observai, 
apr^s la prise de ce medicament, des symptdmes accessoires , endo- 
lorissement de tous les membres , grande faiblesse , traces de sang 
dans les crachats , symptdmes qu'enlev^rent qaelques doses de thus. 

12. 

Un homme robuste , de quarante ans, d'an temperament coierique , 
fut pris, au printemps de 1839, d'une toux avec l^g^re expectora* 
tion. Son medecin chercha le si^ge de la maladie dans le larynx , lui 
administra des m^dicamens ^ riDterieur, et lui conseilla un voyage 

m 

i Teplitz ; mais la toux s'exacerba visiblement, et il dut songer a son 
retour. Le mal resta au mfime point pendant tout Tautomne et Thiver. 
Au mois de Janvier 1840, il s'y joigoit une inflammation des poumons 
et du foie qui fut egalement traitee par Tallopathie. Apres la gueri- 
son de cette nouvelle affection, rancienne reparut sous lam^me forme. 
Le malade consulta un autre medecin qui crut que c'etait un reste de 
la pneumonic , et lui prescrivit unonguent dont il devait se frictionoer 
la place de la poitrine correspondante a la douleur interieure. II le 
fit , mais sans succ^s. Il se tratna ainsi avec son mal pendant tout Tet^ 
et Tautonme. L'biver, rigoureux et variable comme il le fut , n'e- 
tait gu^re propre k le soulager. Il se d^cida enfin k me consulter, et 
me decrivit ainsi son ^tat. 

II ne toussait que p^riodiquement , surtout le matin en se levant. 
L*excita(ion avail son siege dans la poitrine, 'i quatre doigts au-dessus 
du creux de Testomac. II y ^prouvait quelquefois uneiegere douleur 
en toussant. Depuis deux mois (d'hiver), la toux ^tait plus forte, plus 
frequente, plus continue > etil avait une expectoration blancb&tre ou 
jaun&tre. II pouvait respirer profondement, monter Tescalier, parler 
sans en ^tre incommode ; seulement de temps en temps il avait la poi- 
trine oppress6e et la respiration breve. Quand il faisait tr^s-froid, 
il eprouvait, enmarchant vite, k la place malade de la poitrine, une 
douleur semblable i un elancement, qui cessait des qu'il s'arretait. Il 
avail constamment un coryza penible y tantdt fluent , tanldt sec , et il 
avail eutieremeai perdu le gout et Todorat. Son humeur etait sombre. 






142 RBVUI Dl LA XiDBaRB SPltelFIQUll* 

chagrine *, fl craignait de moarir de consomptioii, Les antres fimctiMi 
^taient h T^tat normal. 

Je prescrivis cinq doses da mercur. solub. 6 et cinq doses ^mdmm i6| 
ime toutes les quarante-huit beures alteroativeinent. 

La toux nocturne cessa bientAL Le malade tonssait eooore le mum 
en se levant pendant quelques minutes. La toux ^tait trts-finte et ^Cait 
accompagn^e d'une expectoration de mucosit^ blanche. Dans la jour- 
nee, elle ne reparaissait pas. II se sentait bien, surtoutau grand air. 
La poitrine ^tait encore un pen oppress^e , mais rhumeur ^tait rede- 
venue sereine et gaie. 

Je prescrivis encore cinq doses de mercur, solub. 20 , et cinq doses 
A'iodium 30 & prendre aux mdmes intervailes. 

Le r^sullat fiit tel qu'on pouvait le d^sirer, et la gu^rison complete. 

13. 

Unejeune fille d'nne vingtaine d*ann^es, pl^thorique, gsue, fdt 
prise tout-^-coup, ii T^poque oji la grippe r^gnait, et apr^une vio- 
lente horripilation, d*^lancemens dans la poitrine k chaque aspiration 
et en toussant. Gomme elle ne souffrait pas trop, elle n'y fit pas g^rande 
attention. Gependant T^tat ne s*^tant pas am^lior^ le lendemain , on 
s'adressa i moi. J*envoyai, le 3 avril, aconit. 3, dissous dans nne 
tasse d'eau , une cniller^e i bouche toutes les heures. Le lendemain 
j'allai voir la malade , que je troavai plutOt plus mal que mieux, Les 
elancemens dans la poitrine ^taient tout aussi douloureux ; la respi- 
ration trte-oppress4e, brftve et rapide ; le pouls rapide et petit, comme 
contract^ ; la peau stehe et brftlante ; Turine brAlante et rouge ; la 
langue siche et rude h la pointe , couverte d'un enduit blanc par 
derridre; insomnie complete, soif inextlnguible. La toux rare et 
douloureuse amenait des crachats sanguinolens. La malade se plaignait 
de grands maux de t^te , et parlait de sa fin prochaine. 

Je lui donnai bellathnna 3 de la mdme maniire que Taconit ; mais 
ler^sultat nefnt pas non plus favorable. Le soir, tousles symptAmes 
persistaient ; seulement la malade ^tait plus faible ; elle ne pouvait 
plus se mettre sur son s^ant et tremblait quand elle vonlait prendre 
le verre pour boire. La peau restait siche et br Alante ; elle n'^tait on 
pciu moite que 4an8 le creux de la main. La malade se couvrait avec 



le plus grand soin i paroe quVn soule^ant la cout^rturff dU iprouvait 

dcs horripilations , 

Je prescrivU mtx vomica 9 gul^i dans un pea d'eau ^ k sept beures 
du soir. 

La chaleur diminua , la malade s'endormit d*un sommeil assez paU 
sible « e( le landemain « 5 avril , je la trouvai beaucoup mieux. Leg 
elancemeqs etaieat baaucQup plug supporiableg , ia toux moins forte , 
Texpectoration n*^tait plus sanguinolente , mais muqueuse el blancboi 
ia lespiration ^tait plus paigible et moins brdve ^ ia soif tr^s-moderee , 
la peau , un pea moite., n'<kait plus brulante ; le pouls moins rapide 
etaic plus plein, et cependant mou. La malade regut ^lovs pulsatilla 10, 
roais la cbaleur augmenta de nouveau , et la toux devint plus forte 
avec ^lancepeos dans la poitrine. £n respirant , elle n'eprouvait plus 
d'etancemens. A cause de la chaleur plus forte , j'administrai encore 
une fois nux vomica dhs le 6 avril , ipaig il u'y eut pas d'amelioration ; 
la [)auroe des mains traqspirait seule un peu le soir. J'appris alors pour 
la premiere fois qu'il y avait eu dans la nuit deux selies diarrb^iques 
sans douleur, qui s'etaient repetees deux fois encore dans la matinee. 
Cela me d^cida a donner le soir phosphor^ 19 (preparation de Habne- 
mann). La nuit fut paisible , sans toux , mais le landemain , 7 nvril , 
lu inalade resseniit , en s'eveillant , comma un morceau douleureux 
dans la poitrine , dancemena ^ cbaque aspiration , et douleur m£me 
en ayalant. La respiration etait brdve , le pouls un pen acc^l^r^ et 
mou. Je prescrivis Bryonia 3. II se declara une grande chaleur avec 
crachats teints de sang et soif violente. Cependant la malade se sentit 
ensuite soulagee. Etle n'^prouvait plus d'dancemens qu*en toussant. 
Le soir, je la trouvai les yeux ouverts , fixes, tranquillement couchee. 
' La voix ^tait basse et la poitrine ne se soulevait que faibiement. Elle 
recut done pom* la imi sulphur 3. Le 8 avril, au matin , le pouls ^tait 
plus lent, presque normal ; la langue devint nette, Turine moins 
rouge ; la toux detachait facilement des crachats toujours bruns et la 
poitrine ^tait encore tris-douloureuse. J'administrai lesoir carbo ve^ 
getabilis 20, Le lendemain , 9 avril , je trouvai le pouls normal , Tex- 
pectoration muqueuse et blanche , la respiration ne causait plus aucune 
douleur, seulement elle ^tait encore un peu brdve* La malade ne 
pouvait^ aspirer profondtoofit ssM re^eatir des doiileura, L'urim 



144 REVUE DE LA Ml^DECINB SPJ^OFIQUB. 

£tait devenae claire , et uae sueur abondante couvrait la pean. La 
malade se sentit bicn pendqiit touie la jouruee et mangea ayec ap- 
p^tit ; mais elle resta lev^e trop l(uig-temps et causa trop avee les 
personnes qui vinrent la voir. Aussi eut elle une uuit agitee avec beau- 
coup de toux et douleur de brisure de la poitrine. Mais une dose 
brronta 3, administree le 40, enleva tous ces symptAmes, et on put 
cesser le traitement. ( Archives homceopathiques , vol. XIX , cah. i , 
pag. 46), 

Critique du euprmn^ 

i 

Par le dootenr ROTH. 

Dans le premier volume de cette Revue, pag. 502, nous avons 
exprim^ ropinion que la symptomatologie du cuprum renfenne de 
nombreuses erreurs. Nous croyons devoir justifier cette assertion el 
exposer la v^rit^ dans sa triste nudity. Nous passerons ainsi en revue 
avec le temps tous les medicamens. Lelecteur intelligent et impartial 
sera de cette mani^reiim^me de juger de quel cAte est le bon droit, 
et qui a raison de nous qui pretendons que Thomoeopathie est en- 
core dans son enfance , et que la plus grande partie des connais- 
sances patbog^netiques dont elle se gloriiie aujourd'bui n'est qu'un 
tissu d*erreurs parsem^ de quelques bonnes indications tb^rapeu- 
tiques, ou bien de ceux qui admettent tout comme article de foi dis 
qu'ils ont pour appui quelque autorit^. 

§1. 

Les sympt6mes not^s d'apris rexp^rimentation faite exprhs sur 
rhomme bien poriant appartiennent ^quatreobservateurs(i). (Voir la 
pathog^n^sie de cette substance traduite par M. le docteur Demoor, 
vol. I , p. 520 de notre Revue.) 

I. Hahnemann. — Symptdmes 1. 3. 4. 5. 6. 13. 18. 19. 31. 33. 
40. 41. 44. 45. 52. 6i. 64. 65. 66. 67. 70. 71. 72. 75. 78. 83. 84. 
85. 87. 89. 91. 94. 99, 100. 101. 103. 109. 110. 115. 116. 418. 

(1) Hahnemann cite parmi les obserYatenrs le docteur Fran tz; mais nous ue 
trouYons pas un sent sympt6me qui lui appartienne. Le docteur Frantz est le pre- 
mier qui ait recueilli la symptomatologie du cuivre ; mais ie nommer parmi lei 
obserYateurs , ce ne peat Stre qu'nne faate d'impressioa. 



nSVtTE Be Ml^DECII^fi SPl^CIFIQTTE. • f 45 

120. 124. 125. 126. 130. 132. 134. 135. 137. 142. 144. 145. 146. 151. 
162. 163. 169. 171. 181. 187. 190. 191. 192. 193. 195. 196. 198. 206. 
207.216.217.218.220. 221. 2^1.225.227.229.230.231. 233.235. 
236. 237.239. 241.243. 244.245.247.248. 250.251.252. 253. 255. 
256.257.258.260. 262. 265.267.268.269.270. 271.272. 273.276. 
277. 278. 281. 282. 286. 287. 288. 289. 290. 291 . 295. 296. 297. 300. 
302. 303. 304. 305. 308. 309. 310. 315. 316. 317. 318. 322. 323. 330. 
340. 342. 344. 345. 351. 362. 366. 368. 370. 375. 377. 387. 

11. Hermann. — S. 7. 8. 10.11. 35.46. 47.48. 50. 51. 55. 63. 69. 
80. 81. 82. 86. 102. 104. 1«5. 106. 107. 131. 143. 160. 170. 173. 179^ 
180. 202.209.210.214.215.246. 249.259.261.274. 275. 279.280. 
285.298. 307. 311.312.313.314. 349.350. 360. 

lU. Frederic Hahnemann. — S. 9. 34. 38. 54. 128. 139. 219. 266. 

292. 306. 853. 

TV.Ruckert. — S. 14.43.49. 56.57. 62. 77. 114. 158. 178. 186.* 
299. 374. 

§. II. 

Symptdmes tir^ d'anciens auteurs : 

I. Greding* -^ S. 15. 123. 129. 141. 148. 159. 199. 200. 203. 208. 
327. 376. 

II. WiUich.^S.2. 32. 42. 152. 177. 

m. Ramazini. — S. 226. 238. 357. 

TV. Ramsay. — S. 12. 16. 20. 21. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 
59. 68. 74. 98. 112. 176. 323. 324. 337. 338. 341. 367. 

V. Falconer. — S. 283. 

VI. Lazorme. — S. 343. 

YIL Pfundel. — S..17.60. 79. 147. 161.211. 212. 380. 381. 382. 
385. 

Vm. Fondi. — S. 336. 

IX. Cosmier. — S. 22. 76. 113. 164. 166. 176. 189. 319. 

X. Simons. — S. 264. 284. 

XI. Heysham. — S. 32. 138. 165. 379. 386. 

XII. Hamburger Magazin. — • S. 325. 

XIII. Horstius. — S. 32. 37. 53. 150. 166. 172, 204. 

XIV. Pelrus d'Ahano. — S. 197. 242. 

XV. Pelargus. — S. 32. 92. 224, 238, 348. 

IV. 10 



M6 MBtPB tm Hjtumsm irtU^u ri Qm . 

XYII. ^M^M.— S.39. 73. 93. 98. 137. 183. 136. 14J. 148. IW. 
176. Ml. 396. 938. 383. 334. 340,^164, 263. 338. 348. 866. SM.$49. 
189. 373. 384. 

XVIII. Or^.— S. 38. 88. 93. 96. 97. 198. 111. 119. lU. 164. 174. 
383. 184. 185. 194. 313. 332. 393. 394. 301. 839. 881. a88« 884. 888. 
847. 863. 364. 366. 166. 388. 

XIX. PereivcU^S. 117. 133. 157. 165. 200. 381, 836. 
XX.WienhM 8.663. 

XXI. Ltmsonns. — S. 131. 148. 169. 147. 178. 188. 848. 104. 8T8. 
XXil. Kingslahe. ~ S. 140. 
XXni. Fabas. — S. 149. 176. 336. 

XXIV. Pyi. ~ S. 163. 339. 369. 

XXV. fVeig l.—S. 155. 320. 332. 371. 

XXVI. Si€$lim. — & 166. 148«t82. 864. 378. 

Sni- 

Nous nous croyons oblige de rayer d'un seul trait de plume tons 
les symptdmes tir^s de ces vingt-six anciem atnenre ; toici pmnrqiioi : 

I. GmtDiNG. Nous aHons comffiUDtquep 6 dos leetenrs te texfe dri- 
ginal.. lis verront par eux-m^mes, d'abord , que les symptdnes drft 
de eel auteur ont ete pi ovoques par une murtion de somfre^ de mer- 
cure el dc pwoine ; en second lien , qu'ils ORt ixA olwerv fe ehez des 
<^pileptique$, et enftn que tes phenooi^nes n'om pas mdme ft£ eopies 
exaciement. Par exeinpte, notrs lisons dans h seconde observatioB 
que la gale parut d'elle-m^me aidant Vemploi da sulfate de caivre sans 
que le malade s'en sentlt soulage, et la matUfre medicale, symptdme 
8*17, nous donne la gale comme un symptOme produit par le cuivre. 

Ve sulpliuris venerei viribus et efficacia in curanda epUepskt hahkmali , 

auciore J-. E. Greding (LiKtwig, adTersaria nedico pFactie», Telu- 

minis primi, pars tenia. Lipsiae 1770, p. 636<-54=3). 

Etsi internus medicamentoma) a eupro prflBparatorua iiaw, cante 
admittendus, nee paucis faUax atque suspectus visus est, fama tSMnen, 
quam HchetU quondam antepiMipticuai puerorum vel testante Baer-- 
haam, e seculo superior! jam adquisiverat, quam CI. ff^dsmann do 



tlEVUB DB M^QECINK SPliCIFIQUE. ^Af 

sate suo, et prioris tinctura coerulea elicito, in profliganda epilepsia 
habituali, DiuUiseacomiisexornaverat, una cam miserrima segforuni 
tarn diro tamque diuiurno moi^ laborantium, condilione, me jam- 
dudum commoverat , ad cupri vires, in debellando hoc herculeo morbo, 
paulo curatius examinandas. Eventos autem, qui Lechandellier cum 
sale hoc antepileptico Weissmaniano in quatuor epilepticis , minus 
prospere ceciderai , consilii mente agitati eiecutionem aliqnamdam 
retardavit. Cum vero novum quodam antepilepticum hoc nostro de- 
mum seculo ut jactsA)atur, e cupri et mercurii connubio detectum , 
ac celeberrimorum in arte medica virorum experimentis comprobft- 
turn, a CL PasquaUui e^&et proposiuim, istad ineunte decembri 1766, . 
siatim ipse praeparandum curavi. 

Dimidiaautem libra vittrioU cyprii , paucissima grana supra sesqui*- 
unciam cupri virginis largin est. Hiy'us sesqid^nciam exacte ponderata, - 

cum unciis quinque el drachmis duabus mercurii el cinabari ressuscitalij 

ita prs^scripio modo in ammlgama redigebaiur ut drachmae duse inter 
miscendum perderentur. Hoc ultra dies triginta calbre centum ad 
minimum gradnum digestum , posieaque aqua piuvia tritum, nonnisi 
drachmas tredecim cum scrupulis duabus pulveris ex viridi nigrican- 
tis sulphur ciipii dicti exhibuit. Et reliquo amalgamate unciarum qua- 
tuor et drachmarum fere sex, quod trituratione qnam diutissime 
proiracta, nullum pulverem suppeditabat , quodque a medio januari 
5767, usque ad initium martii 1769 , foraace pistoria , quotidie , ad 
panem aliquolies coquendum calefada denuo digestum sat diu molle 
tactuique cedeaspersiHit, tandem veroduritiem lapideam induit. Die 
10 martii 1769 aqua piuvia diutissime tritum vel drachmam dimidiam 
sulphuris sic dicti cupri obtinui , remanenie amalgamate ponderis 
unciarum quatoor et triuin drachmanim, quod eodem loco repositum, 
ulteriusquB digestum anno post uriluratione denuo instituta , aquam 
quidem ligricantem reddidit, in filtro autem vel quidquam pulveru- 
lenti reliquit. 

Sulphur hoc dictum cupri cum parva aequali quantitati mucilaginis ^ 
guoMoi arabici et syrupi de paeonia ita in pilulas redigendam curavi 
ut quolibctgranumunum ejusdem contineret, segrisque epilepticis eo 
commodius quolibet mane debita dosis porrigi posset. 

i. Honeoiasima vkf o Stt circtor anorttm « cam ob epilep^iam , 



|48 BEVUE DE M^DKCINR SPt^riFIQUE. 

inter belli turbasf a terrore anno 4757, coDtraciam, mense angaslo i785, 
Plochotropheo Waldheimensi insereretur. Variis earn antes frnstra ten- 
tatis, spesquoqueillam, niorbo menstruis erumpeniibos solotmn iri 
frustrabatur. Hoc enim die 4 4 decembris 1765, primum ethinc semper 
satregulariier riteque promanantia, nee inmorbi vf'hementia, nee fire- 
quentia quidquam immutaruni. Superatis itaque, die 4 febmarii 1767, 
duobus vehementissimis epilepsiae paroxysniis ad diem 5 febmarii us- 
que ad d. 6 junii drachmas duas sulpburis cupri, quolibetmane scilioeC 
pilulam unam deglutivit. Die 5 et 6 februarii dimidia circiler bora post 
deglutitam pilulam, aqiiam cum pituita die 7 pituitam viridescenteni et 
die 21 februarii perparum evomuit , alvo inier hace , totumqae en- 
rationis tempus nee strictiore nee latiore reddita. Quodsi vero post de- 
'glatitam pilulam , tantillum panis^butyro illiti comederet » nausea 
tantum, sine ullo subsequente voroitu illam invasit. Die li aprilis nt 

deglutiia pilula subito per bret^e tempus sensuum et cogitationum empers 

fuit (sympt. 15) post lenem deambulationem demum ad se rediit. 

Menstrua die 20 februarii 31 martii et die 8 maii rite, die 6 jmui 
vero nimis parce accesserunt. Mitiores interea epilepsia insaltus 
quadraginta et quod excurrit quandoque bis vel ter de die, fortiores 
autem, quin et vehementissimos quindecim experiajest quorum itle 
qui die 10 maii noctu accedebat e lecto illam excussit. Gum igitur 
hoc remedio nihil plane allevaretur die 6 junii instantibus menstmis 
ab ulteriore continuatione exclusa est, 

2. M. £. R. viginti trium annorum innupta a d. \k februarii usque 
ad 6 junii 1767 grana 113 sulpburis cupri, totidem pilulis ita deglu- 
tivit, ut nee nauseam nee vomitum, nee alvi laxitatem indeexperiretur. 
Die 22 martii post fortiorem epilepsise insultum menstrua consueto 
copiosiora accesserunt. Levioribus ssepissime, fortioribus vero epi- 
lepsia paroxysmis novies correpta, VL^ascahie sicca die %% februarii 
sponte erumpente (sympt. 327), uec a sulphure cupri ullum levamen 
sensit, hinc eidem die 6 junii ulterior hujus remedii usus denega-' 

j-batur. 

3. D. E. Z. femina 34 annorum, ex anno aetatis tertio, quo vehe-« 
mentiore tonitru perterrebaiur, epilepsia laboranti ad diem 7 martii 
usque ad diem 6 junii 1767 dracbmamunam cum dimidia sulpburis 
cupri , nonaginta pilulis exhibui. Prima autem pilula, matutino tern- 



RB¥UB DB M^DECINE SPtoFlQlIB.: ' 149 



pore vix deglatita tain t^ehemens nausea (sympt. 141) tamque diutur-' 
Qtts fortisque paroxysmus epilepticus ortus est ut nonnisi bora 3 po- 
meridiana finiretur. Die 15 martiiaemel et die 16 mail soepius sponte 

VOmuit d. 18 aprilis autem de oris tantum amarUie conquesta est 

(sympt. 123). Menstrua die 15 martii et d. 8 aprilis jnsto copiosius 
die 6 maii et die 2 junii vero rite accesserunt. Post primum vero die 
7 martii adeo vehementem epilepsise paroxysmum, undecies insuper 
vehementissimos et maxime diutomos epilepsia paroxysmos, septem^ 
decem, duodecim, qui nomi et octodecim horanun spatium sine ulla 
vix conspicua inlermissione, maximaque artnum atque capitis concipN 
sionedurantes experta, ethinc abulteriore hac curatione exclusa.est.^ 

4. C. S. F. epileptico maniaca viginti octo vel novem annorumad 
diem 8 martii usque ad diem 27 maii 1767, scrupulos quatuor sulphU"> 
ris cupri octaginta circiter pilulis, absque nausea degluti^it, die 10 
aprilis autem vehemens, ipsi non inconsueta ahi adstrictio cum ma^»no 
eorporU ealore (sympt. 199), et die 44 aprilis post pilulse deglutilio- 
neokj vomitus sponianeus accessit. (Sympt. 148.) Inter hac vero decies 
sat fortibus epilepsia paroxysmis correpta nullo modo persuaderi po« 
tuit, nt in his pilulis amplius utendis perseveraret. 

5. J. S. F. epilepticus viginti sex annorum a die 19 martii usque ad 
22 augusti 1767 scrupulos fere octo sulphuris cupri, centum et quin- 
quaginta sex pilulis deglutivit, nee nauseam nee vomitum, sed potius 
magnam aM adstrictionem (sympt. 200) atque inter hac novies le- 
viores spasmos/r^ora el dehsium stridores (sympt. 376), quater autem 
vehementisnmos epilepsias paroxysmos sustinuit, nullaque mutatione 
orta, ad hinc usque diem de reliquo sat bene valet. 

6. Nobilis e generos^ stirpe oriundus juvenis viginti et quot ex- 
currit annorum, e quatuordeeim retro annis, quolibetmense, semel^ 
bis vel ter, uno vel pluribus epilepsise paroxysmos vexatus, omnibus 
que contra huncmorbum a variis, iisque usu proestantissimis medicis 
jam frustratentatis, tandem etiam hoc remedio a 42 maii usque ad 
M octobris 1767 uticoepil, ila ut sensim scrupulos octo 160 pilulis 
deglutiret. Nullam fere naiiseam excitarunt, inter ejus vero usum has-* 
morrhmdes (sympt. 208), a, d. 24 usque ad diem 28 maii fluidas 
cum larga die 27 mm diarrhoea experius est. (Sympt. 203.) Initio sep- 
tmUMia per intervalla, horam vel integram durantia, pituitam tusil 



4 

■ -J- 



IfiO BBVDB BB MfiDBaifB SPtoFfQOB. 

cum intemixtifl panris globnlis, materiam albam, plenmiqiie teddsni 
contiDeotibua primum 6XGrea?it et die 9 septembris magnam pUuUm 
copiam evomuu (sympt. 159). Leviores epilepsia insukns nories, Yehe- 
mentiores vero paroxysmi decies septies iDyasenint. Hinc nollo lera- 
mine orto, ulterior curatio die M ociobris intermisaa est. loeflElGtcia 
igitur hujus parva dosis satis per specta majori ferenda, at n Ail fan 
teutatum reliaquereni, aptitsimus omnino videbator. 

7. C.G, robustissimus, vere, ut Yulgo dicitur quadratns elvorads- 
simug homo triginta annorum, qui nono aetatis anno epilepsia adeo 
gravi aflligebaiur ut, quotidie aliquoties miserrime convubus, in ma- 
gnam tandem animi hebetudinem incideret. Omnibus igitur oootn 
bunc morbum jam f rustra tentatis, stramoniique extracto sine olio leva- 
mine sumpto, eidem prsBviodato laxanie, die 21 martiipilulam naam, 
die 23-25 quotidie duas die 26-29 tres, 30-S! martii quotidie qaatuor . 
1' aprilis quinque, ita ut 29 aprilis, triginta septemdiebns in nniver- 
sum plus quam scrupulos quatuor sulphuris cupri octoginta daabns 
pilulis^ deglutirat* Barum usus nee nauseam nee Tomiium excitavit, 
post primsd autem pilula deglutiiionem, /vrosier consuBh^inem ad m0^ 
ridiem usque prorsiu nihil ciltorum appetiit (S. 429), adpelltu die 95 

martii demum in iniegrum restituto, dosi nunc aucta, nunc diminuta, 
ullam moibi alleyatiopem observare possum. 

I. Les toxications de H^Ulich out etA occasion^ par le wm^ 

ac4tatedecuiur0. 

II. Gelles de Ramatini par le carbonatB de cuivre. 

III. Ramsay raconte un empoisonnement par le carbonate ds euipra. 
lY. Les symptdmea de Falconer n'ont pas ete troutes par nous. 

V. Lazorme parle du carhonaie de euivre; 

VI. Pfundel^ du Jtulfate de cuwre ei de Cammoniaque / 

YII. Cojmi>r, dun empoisonnement caus^ par un chaudron de 
laiton. Le laiion est une com position de zinc et de cuivre ; 

yiH. Simons^ du carbonate de cuii/re; 

IX. Heysham^ du sulfate de cuivre^ 
. . X. Hamburger Magazia , du carbonate de culture ; 

XI Horstiusy du m4tal de cloche ^ composiiion de cuivre, d*^tain » 
d'argeot et de i;inc; 
JUi, ^^(TM d^Ab^fWf du cahhucechi^menon (sQUS^cetate de ciiivre)» 



fttfoi MB Mi&DicoiK ifriofn^im. iU 

II €8t vraifnent^mrieax dB ytAr k qodles sources; on a poM pour a«^ 
menter le nombre des sympt6mes du caivre. Nots eopiom leitto«i(a<i 
ment Porigfinal : 

« Ille cui calchucecbumenon i. e. viride eris datum Tueritlo pom, 
» oprilaUonern at suffocationem pulmonum et anhelitum habebit -, et 
» quasi noQ poterit respirare, et patieiur solutionem contiouitatis in 
» ioterioribus , et vuloiera, et ulcera in in'.estiais et punctiones cor* 
» rosivas. » (Petrus d*4bano, conciliator de venenis. Editio Boneti , 
Loccateili, Venet, 1496, p. 259, cap. 44). 

XIII. Zwinger parte d'nne totication occasion!^ traisembltble^ 
ment par le piomb. 

. XIV. roigtel et 

XV. Or/ila n'ont fait qoe rfisumer les experiences des auires. S! 
Ton admet done leurs symptdmes corome venant k Tnppui de ceux qui 
soDt cit^s daos la mati^re medicate , on repute deux fois la mSme 
cbose, errenr que nous avons dejii signage an aujel de Tfldihusa ei- 
napium (voyez notre Revlie, vol. H, p. 267). 

I^ous ne fatiguerons pas davantage nos lecteurssans utilite. Ceux qui 
ne demaodent qu'ft Aire convainctts, doivent T^frepar les preuves que 
nous leur avons fournies , et ils conviendront avec nous que tous les 
symptftooes empnmt^ aux anciens auteurs, ne doivent pas figurer dans 
une matidre mMicale pure, puisqulk out ^e provoques par les pre- 
parations de cuivre les plus differentes et par des melan^jes, sans 
parler des fautea comnttses par le eopisie. 

On ponrrait nous objector que nous nous monirons irop severes en 
retrancbant toutes ces toxications, plusieurs ayant et^ caus^es par te 
soua-ac^tate de cuivre et le carbonate de cuivre, et pouvant par con- 
sequent Atreconsid^ri^es comme des expressions de Taction du cuivre. 
Nous reconnaissons volontiersla valeur de ces symptdmes, mais nous 
rappellerons que de m^me qu'on distingue la symptomaloiogie du 
pbosphore de celle de Tacide phosphorique, celle du soufre de celle 
de Tacide sulfurique^ etc., il fauf, pour 6ire consequent, ne pas con- 
fondre les effeis des differenles preparations du cuivre. Si dans la suite 
nousentreprenonsia symptomatologie de ces preparations, nousyfe- 

row eotrer les syoipt^knei en^uesUoo \ mais comme nous neporkm ki 



153 REVUE DE Ml&DECINC SPJ^dFIQUE. 

que du cuprum metallicum , noQs nous croyoQS aatoris^ it n^ea tenir 
aucun compte pour ie moment. 

Nous ue connaissoos aucun symptAme toxique da ct^rum meialH^ 
' cum J k Texcepiion du cas racont^ par Ported ^Observations sar les 
effets des vapeurs m^phitiques , p. 437). Mais ce symptAme isole ne 
peut-Atre admis par la science , d^autant plus que Thorn. BarioOn^ 
Amatus LusUanus , Lamotte et d'autres citent des cas od le cuivre 
m^tallique a et^ pris sans suite funeste. Cela ne prouve pas cepen- 
dant, comme plusieurs le croient , Tinefficacit^ du cuivre. 

Le fer aussi k I'^tat m^tallique pent ^tre avale en grande qaantit^ 
sans qu'il en resulte des aecidens, et qui niera cependant Ics effets 
th^rapeutiques du fer m^me a T^tat m^tallique ? 

Nous nous en tiendrons doni exclusivement aux effets positifs da 
cuprum metallicum sur Thomme bien portant. 

§ IV. 

En proc^dant comme nous Favons d^j^ fait pour la critique de Fa- 
conit (vol. I , p. 447) , nous arrivons aux resultats suivans. 

Symptomatologie du euivre m^talliqae. 

Sympt6mef g^n^rauz. Agitation,!. 6, et jactations continnelles, I. 330.«^Perte 
des sens, I. > 3.— Sensation dans les niembres comme k I'approche d'an GOl^za» I. 
2d7. — Abattement g^n^ral, II. 349. — II ne pent rester levd, et doit rester coocM 
un demi-tiers de la jonrnie, III. 353.— lis restent couches possidant leur coDDais- 
sance, sanspouv(>irparler,I. 440. — Grande lassitude apr^sla promenade, aa point 
que tous les membres semblent trembler, 1. 35i. -- Acces de convulsions en dormant, 
tressaillemens dans les doigts, les bras et les mains, en arri^re et en dedans vers 
le corps, et dans les pieds, aussi tiraillemens; tantdt elle ouvre les yeux et les ren- 
-verse, tanldt elle les ferme ettord la bouche, I. 340. — Convulsions ^pileptiqoes ; 
il tremble, il chnncelle et tombe sans connaisssnce, sans crier, I. 342. — Attaqnea 
d'^pilepsie; Teciime vient autonr dela bouche; le tronc estpenchi en dehors, lea 
niembres rejetes en dehors, la bouche ouverte, I. 344. 

Feau.Taches rouges, non circonscrites, sur les bras, avecpruritbrulant, surtoot 
lanuit, I. 268. — Dartre au plidu coude, qui se leve par ^cailles jaunes, etcauseim 
violent prurit, lesoir. I. 273. — Y^siculesaubout des doigts qui jettentdePeau, 1. 290. 

Sommeil. Somnolence avec abattement, I. 362. — Sommeil profond de plusieurs 
heures, nvec tressaillenient des membres, I. 366. — Engourdissement lourd, som- 
meil plein de rdves et fr^quens r^veils, I. 370. 

Vi&vre. Froid et horripilations toute la journ^e, I. 377.<— Frissons^ IV. 374.—- 
Abondante transpiration Januit. I. 3S7. 

Moral. 1«) Intelleot. Manque de reflexion comme s^U reya^^it) IV. 14.— M- 



REVUB BE MJIdBCINE SPJ^CIFIQUB. 1S3 

moire faible, U. Id. — 2» ) Afieetions. Rir^ le soir, I. iH ; spasnodiques. — Ut^ 
lancolie , misanthropie , elle craint une niort prochaine , I. 4. — Ani^M , I. 3; 
par acces, angoisse mortelle 'sans chaleur, I. 4, — Peureax , il Ini semblait qn'il 
de?ait marcher loot doucenient pour ne pas se faire de mal et ne pas d^raoger ses 
Gompagnons, I. 51.— Irresolution, II. 6. — M^contement, II. 7.— Mauvaiiehameiir 
qui se change en hiUrit^, mais revient bientdt, II. 8. —II recherche lasolitodet 
II. 8. — Pas de disposition aa travail, et cependant Toisivet^ loi est disagr^able, 
II. 10. —It u^a de gout poor rien, HI. 9. 



T^te, 1« ) Bn g^o^ral. kecks de vertige»'I. Hi en regardant en haat, avee Toe 
trouble I. 33 ; avec abattement, la t^te tombe en avant, II. 35; tonrnoyant et per- 
sistant afec toos les symptdmes, II. 36; en lisant. III. 34.— Pesantenr, iy.43.— 
£inbarras, lY. 49.— Douleur de brisure dn cerreau, I. 41. — ^Doulenr tiraillante en 
plusieurspnrties de la i£te avec vertigo et malaise, II. 50 —2») Tertex. Fonrmil- 
lement avec sensation de depression et un pen d*etourdissement, I. 40. I. 44. — • 
£lancemens aigus, brAlans, IL 55. — 3* ) V«ri^taaz. Douleur pressive d'abord 
du c6ie droits puis dn gauche, I. 45.~Pre8sion tranchante an cdt^ ganche de U 
tete, I. 52. — Douleur an parietal, surtout h la pression, jusqn^a crier, lU. 38. — 
4") Temporal, filancemens aigus, brAlans k la tempo gauche. 1. 55. 

Teu. Orbites comme brisks en remnant les yeux, 1. 41. 1. 61. — ^Dans les pao- 
pieres, pression augment^ par le toucher, II. 63— Paopi^resfaibles; elles se 
ferment, II. 69. —Globes prorians, I. 64; I. 65; pression, I. 62. IV. 66; ardenr, 
comme ^corchis, I. 67. —Aspect trouble, II. 69. — Vne trouble, I. 33. — Pa- 
pi lies immobiles, lY. 77; dilate, I. 78. 

Oreilles. A Toreille ext^ieure » pression, II. 81; d^chiremens, n. 82. — Dans 
rint^rieur de Toreille, d^chiremens, H. 80; prnrit, I. 85; ilancemens» I. S3; 1^ 
, r^bration, I. jM. — Ondoiement dans I'oreille gauche, 11. 86. — Bmit dans Poreille 
sur lariiielle il est concha, cessant quand il se met snr son sdant, I. 87. 

Hex. Fourmillement dans Tint^rieur du nez, 1. 89. — Sensation de congestion 
du sang, I. 90. 

Faee. PAlenr de la face, 1. 90.— Face bleu4tre et l^vres blenes, I. 94. — £cunie 
autourde la bouche, 1. 115. — Face briilante sans sensations de chaleur, II. 102.— 
Douleur, comme d'un coop dans le c6t^ ganche de la face, 1. 99.- Pression a la 
face, (levant I'oreille, 1. 100. — £lancemens dans lecdti gauche de la face, I,iOi. 
— A la m4choire inf^rieure, a droite^ pression tiraillante, qui devient plus violente 
au toucher, II. 104. — Pression dans la branche maxillaire gauche, plus violente 
an toucher, II. 105. — Tiraillement sousle menton, vers I'int^rienr, plus violent an 
toucher, II. 106.— £lancement sourd a la mdchoire inf^ieure ganche, vers Pln- 
tirieur et en m^me temps dans Tamygdale gauche, sans avaler et en avalant, 
plus vioient au toucher ext^rieur, II, i07. 

Bodbhe. £corchnre k Tint^rieur des levres , I. 103. — Beaucoup de mocositi 
dans la bonche , 1. 116. — GoAl douceAtre ,1. 1 24 ; aigre , 1. 125; said , I. 126; 
amer, I. 135. — Ce qu'il mange iui semble au go6t de Teau tidde , HI. 128. — • 
Salivation augment^, lY. 114. 

Gonet, Douleur picotante. I. US, — La boisson produit un glonssement sens!* 
ble en descendant dans le gosier, 1. 120. 

App6tit et ioif. Anorexie , le soir , 1. 130. •— Plus d'appdtit poor ks alimens 
firoids que poor ks diaiMlSi n, 132. 



IS4 lUBTVE DE M^ECHfl SP£CIFIQU8. 

Sftoouw. ItenvoU toate It soiree, I. 484;— Ordfauirement « aprAi hMi * 
puis roucosit^ am^re dans la gor^ , I. iS5. — Naos^ pendtol qn quri d%ean^ 
I. 142,1, 144, ni. 139; comme acGompagn^es d'ivresse, I. 445.— Forii vwuii. 
semens revenant de temps en temps, 1. 154 . — Vomisseniens d'ean UMe, i 
cotip d^efforts, atec abondant larmoieraent dt*s yens , lY. 458.— Vomii 
dang sans tonx a?ec ^lancemens profonds dans le cM^ gaadie de la poitrine, I. 
162. — Le Tomissement est diminn^ par I'ean froide , 1. 46S.— Vomissemem ■■- 
queux, verdAtres, amers; aprte un malaise, vomiflsemens d^etncten mtee teaipe 
abondant larmoiement des yeux , IV. 158. — Fression dans la region pr^cordiale, 
1. 169 ; violente au toucher, n. 170.— -Klancemens sourds a gauche , k c6t6 da 
creux de Testomac, sans rapport avec la respiration, II. 173.— Sensation dans Tes- 
toniac, comme s'il y a?ait quelque chose d*amer, I. 471, 

Ventre. Fression k ganche de la region ombilicale, I. 18t. — Monrenient spas- 
niodique des muscles abdominaux, 1. iS7. — Coliqne aprte le repas, dte qvll 
marche apr^ le repas , cessant dans le repos et quand il se conche, maia laissaBt 
une grande faiblesse , 1. 190. — Douleur tiraillante de I'hypochondre gauche jna- 
qu'au rein , I. 193.— Sensation, comme si des vessiesse fermalent dans I'hypo- 
chondre, k gauche, lesqnelles cr^teraient sans doulenrs, 1, 198* ~ Donlenni diehi* 
rantes dans les hypochondres, enrespirant; its tout douloureux an toucher, comme 
meurtris, I. 243. 

■ Anus. Chatouillement, comme prodait par des ascarides, 1. 206.— fitancemena 
aigus, I. 207. — Selles en bouillie, II. 202. 

Dinr&se. Besoiu d^urlner, a?ec Amission pea copiense, en m^roe temps, ^lan- 
ceraens brfllaos et tranch^es, surlout k I'orifice de Turdthre, II. 209. — Uniissiont 
d*urine rares et moin's copieuses qu'll Tordinalre , H. 210, 

Parties g^nitales., Gland enflamm^ , ▼erge enfl^e, n. 215. — A Torifice de Til- 
r^lbre, donleur brAlante et lancinante en urinant et sans nruier, 0. 2l4. 



Muqaensesasale. fiternnemens tr^s-fV^aent , I. 246. — Mnetis nasal trte- 
abundant, III. 2d9. — Coryza sec, I. 218. 

Xiaryns. Enrouement 6H qn*il respire fairfrab, 1. 220. —Enronement persi- 
stant, I. 221. — Ferte de la parole, 1. 109.-*Tofix qui dure 4/2-2 heurea, sans in- 
terruption, I. 223. — Tonx tr^s-forte, ayec expectoration sanguinolente, I. 225. I. 
230. — Toussottement qui coupe la respiration, I. 227. — Toux noctnrne , tr^s* 
▼iolente, puis enrouement p^nibte et frissonnement depuis le matin jnsqa*aa soir, 
I. 229. — Toux avec expectoration d*un goOt putride. le nialin, I. 230. 

Poitrine. lo) Thorax. Donleur pressife sur la poitrlne, T. 244, 245.— Conlrac* 
tion donlourense de la poilrine, surtout apr^s avoir bu, I. 241. — Pressimi, comme 
d'un corps dur snr le caitil;4ge de la Irotsidniecdte, II. 246. — £lancemens dans le 
cdt6 avec un cri avant et apr^s, par qnoi k sommeil est inliTrompn, 1. 247.— Ti- 
raillement aigii an cartilage de la sixi^me cdte, II, 249. — Finceiiient dans le cAte 
ganche de la pollrinc jiis(|u*a la hanche. I, 250. — Congestions du snng vera la 
poitrine, I. 250 — 2o; Poumons ct pl^vre. Respiratioo rapidv avec g^uiisseaiens, 
I. 233 ; avec roiflpment dans les hronches , comme si elles ^taif nt pirines dema- 
cosU^, I. 285, 1, 236. — RAIesur la poitrine avec ^coulenient d'une mucosit^ san- 
guinolenle par le nez et la bouche, I. 237. - Acces spasiuoiliques d'oppresaion de 
Ifi poitrine $ la poitrine est comme comract^e ; la respiraiitin p4iiible, juaqu'ii la 
iuffocation, et lorsque ces spasmes cessent , il a'ilablil un tmiwintnl g| 



RBVtrt DtS MADECINE SP^ClFfQUE. 165 

que ft I'aeete eene pendant une deml-henre, T. $S9. « Hoqnets fr^qneiis, 1. 187. 

— Bdillemens le soir, I. 361; sant somnolence, 11. 3^<-^3°) C»ur. Dovlenr t^ 
r^brante dans la region da ccenr, I. 251. — Pulsations ducceur tres rapidies, I. 255) 
pendant un qnart dlieare , blenti^t apr^ le aooper , I. 253. — tilanceinens aigof ' JC' 
sous le c(Bnr, 1, 247, 

Trono. !«) Oou, Dansles muscles do cou, d^hiremens lancinans par moiaeDt, 
n. 2^1. — Les glandes, an cdt^ droit do con, sont enfl^es et [douloureuses an tea- 
cher, 1. 261.-*-2« BToque. Doulenr tensive^ I. 260. — 8<») Vos. Forte donleur pres- 
sive sous Tomoplate droite, qui se cbaoge en une donleur lancinante quand il respire, 
1. 257. — Tiraillementaigu,s6catif,dans ledos, &gauche,I.258.-'£lancemens eomme 
prodnits par an couteau sous Pomoplate, h gauche, k c6U de la colonne vert^brale, 
8ans[rapport avec la respiration, II. 259. Dans les reins, Alaneemens tout k tracers, 

I. 256.-^Dan8 Taisselle, douleur tirailUnte, L 265.--<S*il rejette la t6te en arrilire, 
doulear dans les muscles, au point o& le cou et le dos se rdunissent, IV. 57. 

Sztr^mitdf, !<*) Bn g;^n^ral. TressaillemensdansjesbraSet les mains, I. 267.—- 
2) BaoU^nts. Doulear comme debrisureod de meurtrissnre, I. 269. •«• Sensation 
comme s'il en sortait des buUes d'air, 1. 272.«-«3o ) Av«nl-bras. Douleur tiraillante, i 

d*abord dans ravant-bras droit, puis dans ie gauche, vers le pouce, 1. 276. — Dou- 
leur comme s'il y avait une fracture au-dessous de rarlicnlation du coude, I. 276. 

— D^hiremeus k la partie inf^rieure dn cubitus, s'exaoerbant ao toucher, 11,275. 

— Douleur en se tenant tranquille, III. 266. — 4<*) Kains. Tressaillement le matin 
en se lerant, I. 278. — Douleur dans la partie charnne de la main, 1. 281. — Mains 
froides, I. 282. — Tension dans la partie charnue du poooe, I. 286. —Douleur de 
fouUire dans rarticulalion du pouce, I. 287. — Pression dau^ les os m^lacarpitns *" 
des deux mains , s'exacerbant au toucher, II. 279, II* 280. — 5« Doigts. Engour- 
dissement et rata tinement des doigts, I, 289. — Lagers dichiremens au bout des 
doigts, n. 285. — . 

C"* Fesses. Douleur tiraillante, pressive, I. 291. — 7«) Ouisses. Douleur tiraiU 
lante k droite, I. 295. —Douleur comme de brlsure ou de meurtrlssure daUs la 
cuiaae, au^essna dn genon, I* 296.—- 8*>. flknom. Dana rartieolation da genou, 
douleur comme de fracture, I- 297. -^ Lassitude dans les articulations des genoux, 
avec tiraillenient douloureux en merchant et en £tant debout, II. 298, II. 350. — 
8°) Tibia. Secousse et coop donlooreux sous le mollet, I. 800. — Spasmes dans les 
mollets, I. 302, 1. 303, 1. 304. ~ Douleur fouil lante dans et sous le mollet, I. 305, 

II. 306. — Engourdissemeot et grande pesanteur , I. 308. — Crampes dans, tons 
les muscles du tibia, lY. 299. — 9°) Vveds. Dans Tarticulation , pesanteur doulou- 
reuse, I. S09.— Doulear an bord Interne de la plante da pled, I. 810. — Donleur 
comme d'eotorse dans la plante du pied gauche, I. 315. •«*Fort prniii ila |>laDtedtt 
pied, I. 316. — Pression dans les doigts du pied , I. 317. — Sensation d^ms les 
doigls du pied comme s'il en sortait un vent, I. 318. — Pression dans les os du 
m^talnrMe. ptas violente an loncher, U. 311. «~ Douleur tiraillante dans Tartlcu- 
latton du gros orteil, II. 312. — D^chirement tressaillant sur la plante et le doe 
du pied. 

Camct^ristique et traitement du croup ^ 

Var le doctear SCHNEIOEK. 

DeptiK onze ou douse ans , j'ai eu plus souvent que U plupart de 
meg collegues Toccasioa dobserver le croup ^daai^ ses diff^renlee 



iSt HETUB DE XtoSCINB IPiClFlQUB* 

formes et k ses diffiiren^ pModes/car dans Is oonlrte oh. je |inti« 
que , c*est line des maladies les plus ordinaires de Tenfiaiice , 9a at 
moins elle se pr^nte plus fr^quemment que partont ailleun. 

Je n*ai jamais eu k trailer de croup k Berlin oft j'ai exerci la mi- 
dedne et la chirurgie de 1822 h 1824. Dans les sept annies qae f ai 
passto k Magdebourg , il ne s*en est pr^sent^ que quaere cub doat 
deux negliges. J*en ai bien eu k traiter depuis une Tingtaine par an , 
et un huiti^me out eu une terminaison mortelle ( 9 sur 72 en six aas) 
parce que la maladie avait 6ii n^gligte. 

De 1830 k 1837 j*ai trouvi le croup presque endemique k Som^ 
merschenburg , petite ville situ^e sur une hauteur et exposie anx 
vents du nord et de Test j que j'habite maintenanl. Depuis 1837 , les 
cas out ete plus fr^quens dans les villages environnans et un pea phs 
rares dans la ville m£me. 

De 1837^ 1840, tandis que rignait le typhus abdominal Je n*ai pas 
eu k traiter un seul cas de croup, quoique ailleufs cette maladie n'ait 
pas iii moins frequente. 

Je crois done 6tte parfaitement en itat de parler de cette affectioo. 

DIAGNOSTIC. 

A. PrihgiPAUX STMPtAmbs do croup. Toux eroupdU^ dyspnie ^k 
cause du rilrScissement du larynxy enrouement^ douleur dans le loijms 
et tumefaction au cou en avant et de c6ti. 

Nous aliens les examiner Tun aprte Tautre. 

I. loax croopale. 

G'est souvent le seul symptAme et toujours celui qui caract^risle le 
second symptdme principal du croup, la dyspnee causee par le r4-' 
trecissementdu larynx. 

Cette toux est d*une espece pariiculi^re. II ne suffit pas de dire 
qu'elle est creuse ou enrouee , rauque on sonore , car une toux peat 
avoir ces caracteres et ne pas^tre cependant la toux croupale. 

On Ta compar^e plus exactement au cri d'un chien enrou^ oa 
k celui du gloussement d'une poule, sans toutefois que cette compa- 
raison soit parfaitement juste. Ainsi essayer de la d^crire ne 
sera pas prendre uuQ peine superBue. 



I > 



RBVUB DB MlBDECnrS SPtoFlQUE. 457 

i® La toux normale se compose de deux [^'es : la detonation ehk 
et un son de complement donnant ainsi le so' AA-A«. 

La detonation provient de Fair que les poumons chassent avec vio- 
lence contre laglotte qui est fermee et qui alors s'ouvre subitement 
et se souldve en se retrecissant. Son but est d'expulser des votes ae- ' 
riennes ce qai les obstrue. Nous pouvons imiter volontairement cet 
acte en nous mouchant. 

Le son de complement provient de ce que le larynx souleve par la 
detonation thh , retombe, la glotte se dilate de nouveau un pen et 
laisse echapper Fair qui se trouve encore comprime dans la trachee- 
artere. 

La toux crwpale manque absolumera de son de compUment^ evidem- 

ment parce qu'il existe une certaine raideur, une certaine immobilite 
de Forgane de la voix que suppose le croup. i 

Telle est la seule difference, difference suffisante, il est vrai, qu'on 
remarqne entre latouxcroupale et la toux normale, maisnon pas entre 
la toux croupale et toute autre toux anormale; la to^x pleureti* ^ 
que n'a pas non plus de son de complement ^ cause de FimmobiUte 
du thorax qui fait qu'apr^s Fexpiration il n*y a plus d'air comprime 
dans la tracbee-artere. Dans la coqueluche , ce son de complement 
nanque aussi le plus souvent, parce que la rapide succession des expi- 
rations ne permet pas an larynx de'retomber. Nous devonsdonccon- 
tinuer notre comparaison. 

2o La toux normale a un son (I] brise et par consequent peu dis* 
tinct, maisnettout-^-&it(c*est-ii-dire non enroue) , et elle se termine 
par expiration sans son he. La toux croupale, aucontraire , est br^ve , 
nniformeet toujours enrouee, quoique de diffiirentes manieres.depuis 
lemanque de voix jusqu'au cri d*un chien enroue. Dans ce dernier cas, 

elle a le son orrr^ orrr^ orrr. 

Outre la toux croupale^ il y a encore trois sortes de toux avec en- 
rooement, dont deux ressemblent beaucoup h la toux croupale , en 
sorte qu'il est fadle de les confondre et qu'il en resulte souvent les 
plus graves accidens; je veux parler de la croupine et de la toux qui 
acoompagne un enrouement purement catarrhal. 

io La croupine ou toux pseudo croupale n'attaque , comme la toux 

(I) Le son dd compltoenl est ordinairenent d'ane tierce plat bas. 



«- 



-.'»■ 



168 AXYUE DE MiO£aNB SPiaFlQUI. 

croupale vMuble, que leg enfans. EUe ressemble UMi k cette tout 
croupale qui^ au debutHu croup, aunson profoiuUiDeiiienroui, sea- 
Liable au ci i d ud chien enroue.^ la voix ^taut daire ou Kgirement 
enrott^e. Ainsi eU$ a toujour^ un son de eompiiment , et loiyoiirs elle 
finit soit d'elle-mdme, soit apr^s quelques gorgies detail chaud oa la 
succioa d'unmorcean de Sucre candi, par diuuher quelqum chose et di* 
gager ainsi les voies a^riennes de ce qui g^ne la reapiratioD, 

2? La ioux qui s^ joint a un enrotumtni puremeni emuurhal M pre- 

sente chez lea adultes comme cbez lea enfaus.Elle est eorou^, en lant 
qu'elle nepeul paanepas T^tre, aYecrenrouemeDtde la toix (ft); mab, 
comme la croupiue, elle est peu daDgereuse. Elle peut se conftMidre 
avec la toux oroupale, ai reorouement eat plus conaidirablo , comme 
c'est le cas dans la seooude periode de toutes let formes da croop ; 

cependant elle a toujours un sen de complememi H m*est jamais absolu'* 
ment sans ddiacker queiqaes mucosMs. Eu outre. Oil M> n»mirc|ae pas 
cette dyspnie continuMe quifrappe dans la umss eroupala aamtplaiemani 
enraude (2). 

Je regarde ces deux espies de toux catarrhale earouee comme 
appartenant k la mdme famille que la toox croupale. Je n'ai jamais 
YU, il est vraif qu^elles se soient changees en croup> ce qai a pa tenir 
a riafluence d'untraitemeut medical ; mais il est certain qu'au declin 
de la maladie, la toux croupale rev£t Tune ou Tautre de ces foraoiea, 
selon les circonstauces, et deviant ensuile une toux normale. 

S"" La troisi^e esp^ce de toux catarrhale enrouee n'altaque que 
les enfans au-dessus de cinq ans et les adultes. Chez be^iucoup d'ia^ 
dividus elle accompagne constamment le catarrhe de poitrine. 

La detonation dans ceite toux conmence comme dans ia ioux «wr- 
male, par un son net| c'est-a-dire, ni enroue ni rauque ; mais elle se (er- 
mine par un son profond, rauque, enrou^, qui cependant, aen juger 

(1) L'inverae n^est pas ?rai, car la toux peut Stre enroate sans qae la Yoix le 
soit. 
(t) Le Laryngismus stridulus est nne Umm intenn^diaire entre celte (oox et 

« 

la forme hjperspastiqae de la toux cronpale, c*est ane affection purement ciMar* 
rhale de I'organe de la voix avec ua m^nge de spasmes. — Je ooaseiUe de ne pn 
GonfondK avec lul le croup byperspastique, car j'ai vu c^tte forme devenir niortelle 
aassi bien que lea autres, quand on la n^gUgeait. 



d^apr^s U seQsatioa propre, quelquefois douloureuse, prend naissance 
non dans le larynx, mais dans la trachee-ardire, comme par suite d -on 
rapprochement trop grand de ses parois^ et qui est ioujours suivi (Tun 
ton de eompUineni. 

4*" La toux Dormale ren^pliC son but, expulse le corps etranger qui 
la provoque, Fobsuicle qui s6 troufe dans les voiesairiennes. La /oior 
€roupaUy au contraire, est absotumeiu sons effet\ elle ne detache riejui^ 
B'eipuke riea de ce qu elle devrait detacher etexpulser poup pr^^ 
yteok la siiSDcatioa. 
il esl ¥fai qiie sonveal — dans b seeonde periode^ U semblequ ii 
Yasedetacher quelquecbose i cbaque instant; inaisil a'en est rieo, 
— aucune autre esp^ce de toux qui reste sans effet ii\ dii reste, 
quelque chose de commun avec la toux croupale. 

(£a suite & un numero prochain,) 

"SSUimeUmmiem* 

I. 

Empoisonnement parte Mb ih genacj par ledottemr Lamheft Je Kkr§n, 
Deux jeunes ^poux , attemts de la syphilis secondaire , re^urent wx 
onccs de bois de gaiac a prendre en decoction ; maisils comprireot 
mal leur medecm : ils n'eo pr^parirent que six tasses, et chacun 
d'eux en avala la mollis avam da se couch^r. Deux heuresapr^s^ ils 
futesi aiiMpi&kd'tta spasiM si nioleni dans le larynx et la tracbee- 
art^re , accompagn^ dk fonabaUttnien^ de eomr , qafih at wreat fifk% 
d'eioutfer et hors d'etat de se lever pour appeler du secours. Un 
heureux hasard les sauva. Un locataire se trompant dechambre entra 
duns la l««r et fo cherchev anssitdl (e doeieur La«iber«t c^iuin^i , 
sans pouvoir deviner d*oJi provenak cet ^tat, eut rehears tax sirign^es^ 
k des sinapismes sur les mollets, etc. Les sympt6mes les plus arena- 
gans disparurept compl^tement en cinq jours; on tralteioent de trois 
semaines , par le kali hydriodic. , gu^rit ces jeunes gens de la syphilis. 

( Casper's Woehemsckrift , 1840, A<> 44. ) 

IL 

Sur Ceffimeiti de la verveine ojpeiaaley par Boshanow^ d^Erivatu 

Mons. B.«. assure que, pendant son sejour dans I'lnwiitiei U a vti 






* 



• 



160 * BSYITB DB ICtolCTflB SPBGIFTQlfK. 

ce moyen employ^ fr&iueinnieDt avec succ^s contre la fidTre inter-* 
mittente. II doit se montrer eflBcace m^me dans les cas on Ton n'a 
rien obienu de chinin. sulphur. II poss^rie encore ravaniage d'enlever 
la disposition k l*lifdropisie qui se d(^clare si soiivent apr^s la fievre 
intermiuente. II en fait bouillir deux 5 trois onces pendant donze 
henres, 4 petit feu , dans nn vase bien couvert, passe cette decoction, 
^*il diyise en trois parties : le malade doit la prendre chaude dans 
Tapyrexie , aprte avoir d'abord nettoy^ les premieres voies. Si la 
fidvre ne cMe pas k la premiere dose , comme cela arrive soavent 
anssi avec chinin. sulphur. , on administre la seconde pen de temps 
avant le nouveaa parozysme. ( Russisches mUitair. , medic, Joum., 
vol. 34,nM.) 

Cyluroiiique« 



"^ ' Le dernier cahierdes ^rcUt^e^ Aom^ro/^aMijEiejc/tf Z^tpz^conti en ties 
^«* artioles originaax snivans : 1* La nature et Tart, leurs rapports entre eux 
el avec la medecine, par ledocteor Attomfr; — 2® Snr quelqoes moyens 
spjcifiqnes contre certaines fofmes ind^pendantes de maladie , par le 
docteur Goullon ; — 3o Observations au lit des ma lades, par le docteur 
Gross; — d*" Miscellanys , p^r nn anonime; — 5<^ Gu^risons homcBopa- 
thiqnes, par le docteur ^ro'enii; — 6^ Communications pratiques, par le 
docteur IiHino(fic$; — 1^ Guerison homceopatbique des alidn^ par le 
docteur Sztaroveszshy ; — 8^ L'huile decroton, par le docteur Buchner; 
•»9o La source de Bartfeld, par le docteur Schriter. 



La socidt^ royale de mddecine de Marseille propose pour sujet du 
prix a d^cerner dans Tann^e d843 la question suivante : 

• Qnelles sont les diversca bases sur lesquellcs repose la tb^rapeutique 
dans les Monies fran^aises et etrangeres ? 

» Determiner par les faits et par le raisonnement celle qui doit dtre 
pref(6r6e. » 

Le prix.est une medaille d'or de la valeur de «^00 francs. Les me* 
moires devront dtre remis avant le i*' juillet \ 843. II est necessaire 
qa'ils soient Merits lisiblement en fran9ais ou en latin , et munis d'une 
^pigrapbe ou devise qui sera rep^^ dans un billet cachet^ ou doit se 
trouver le nom de Tantenr. 



Cariict^ristique et tr«iteiiieiit du croup^ 

Var le doetenr SCHNEIDER. 
(Suite.) 

n. Dyspn^ k cause 4a r^trtciMement da larynx. 

Ce second symptdme priQcipal du croup se caract^rise par : 

1* Bnut dans la gorge (larynx) en aspirani et en expirant, Bfuisse- 

ment, ronflement, siiBement, claquement, toutes ces expressions ne 
d&ignent pas ce bruit d'une mani^re exacte ; cependant nous pou- 
vons et nous devons nous en contenter . A un haut degre de la maladie, 
on distiogue parfaitement. 

2^ Un violent effort (Taspiration et d*expiratlon pour introduire l*air 

dans les poumons par I'ouverture trop ^troiie du larynx, et pour le 
chasser (1). 

3* L' obstacle qui s* oppose a la respiration est senti par les pelits' ma" 
lades dans la gorge; dans les )3iccis de Suffocation pendant lesquels la 
dyspnees*exacerbe (nommement au second degr^), ils portent la main 
k leur cou, k leur bouche, comme s'ils voulaient en arracher quelque 
chose, et en d'autres temps , vers la fin de lu seconde et de la troi- 
si^me p^riode , ils rejettent la t^te en arri^re pour rendre le ecu 
pluslibre (2). 

(1) Le moaTement forc6 des muscles pricdde d'nn moment chaque aspiration et 
expiration lorsque cette dyspnee est k un haut de^^. j 

{2) Je n*ai jamais va d^asthme de Millar, et par consequent, je ne peux fonder 
ma dbtiiiction sur mes propres experiences; cependanije crois devoir faire reniar- 
quer que : 

1* La dyspa^e dans le cronp n'a qae des exacerbations, etTasthme de Millar des 
paroxysmes,qui commencent par un cri d'angoisse. 

2* La dyspn^e dans le croup s'accompagne d'un bruit ronflant, sifflant, cla« 
qnant, dans le larynx ;tandis que dans Tasthme de Millar, la'respiration est accom* 
pagn^e d'un soa enroud, creux, profond, etle son aussi a un cri[de basse profond, 
rode. 

Z* La caase de la dyspn^e dans le croap est luniquement dans le larynx ; celle 
de Tasthnie de Miliar an moins autanl dans les branches^ aussi dans le croup, la 
IV. 11 



^' 



l82 RiSVUE DE LA IclDEGtfVB S^l^CtFlQtfS* 

■ 

UL Earomment d«^la voix. 

Gomme sympt6me du croup, renrouement est d'une moindre im- 
portance que la toux croupale et la dyspn^e ; cependaot il apparlient 
aux symptdmes idiopatbiques du croup et m^rite de fixer rattentioiiy 
parce que sou intensity est la plupart du temps ea rapport direct 
avec rioteasite de la maladie, en sorie que quand le croup est arrive 
au plus baut degre, la voix est presque iniatelligible et ne se fait plus 
eotendre que comme lUi sifflem^iit brise. Quelquefois Tettroaeaieat 
est complet d^s le d^but de la odaladie^ alors il caract^rise, avee la 
dyspnie <)tti n^est pas moias forte, une forme d^riki!ki6e dtt tsroap. 

j^IV. Douleur dans le Uiynx. 

Les enfans d'un certain &ge s'en plaignent tonjonrs ism ^temitiMc^ 
ment du croup ; cependant o^te doaleur est en gteiral ini's-peu im- 
portante et ne se fait sentir que dans tes acc^s de toUx. Eflb n'empS^ 
cbe pas les pauvres petits de courir et de jouer comme -s'ils ^taiettt 
bien portans. Cc symptAme disparMt quand ia maladie est pins d^- 
teioppee , ou bien Tangoissfe i&t Ta^isoupissement «ngQta*dissem la 
douleur. 

Y. Enflore ext^rienre h la gbi^ eta arttit et 9t cM. 

Ce symptAme est de fort peu d'importance comme symptdme da 
croup, puisqu'il se pr^sente tr^s-rarement dans cette maladie. 

B. SYMPTOUES AGGESSOIRES DU GROUP : 

i^ La fiet^re est ordinairement a peine sensible an d^bnt , «t elle 
n'exerce aucune influence petnicteuse sur Teupltorie; eUe ne d^fvimt 
plus vive que dans la seconde p^riode et amene des clnrlears , prin- 
cipalement h la t^te, et nne transpiration copieuse. Vers ta fia de b 
seconde p^riode, la peau est p^le et froide , ainsi que la sueuk* » te 
pouls filiforme et tremblani (1). 

respiration D'estordinairemeot nirapide, ni breve^ ni petite, mais seulemeDtpinible. 
tandis que dans Tasthme de Millar, elle est rapide , breve et petite, \oiik poor- 
qnoi ies enfans intelligens attaqu^s du croup ne se plaignent jamais de constric- 
tion, et que ceux qui souffrent de Tasthme de Millar s'en plaignent constanunent. 
(1) Dans deux cas nialheureux, j'ai vu le croup accompagn^ d'une Eruption seni- 
blable a iam Uafre Fparadique. Dans le premier, qui avail M completement n^fUgd, 



^ VnnffohiB mffocahui^ declare att comiti^iicement de la mala^ 
die. Elle consiste ea acc^s courts d*abord qui accompagnent la tout 
et f^teilletit, et qui deviennent eHsttitd At (jld^ en plug ldttg[8. Veni . 
la fin de la ftisrtadie, quaHd la t^rttiidaisoti ddit fitr6 fatale, elle ne dls^ 
tMHtinn^ presqtie pa$ et devient Tangotes^ de la moti. 

Btte €fdt pf oduite ka ^KMimenc^iAetH par f ei&p^cheifiebt m^canique 
de la respiration et plus tard an^^i t)af l^'^ptrlsdttt^M dyaamique qui se 
change peu k peu en paralysie des ppujooiis. 

3o La sopeur ne se manifeste ordinairement pas avant la seconde 
pelade, el jusqu'i la iHlorc, elle atterneavec raT)g«tfise jselffbcatite. 

Elle paralt Atlre ia suite de la diminutioti'dcr PartMoritfi dn sang et 
d'une congestion jiassive Ters la t6te. 

40 Des hAui'le-corfs ^ et mdme des tonrivsenreitis tf'tlbfe fnuco»U4 vU 
irittse^ Uquide M epaisse^ visqoeuse, SO dM&rent iipr^ la toui ordi- 
Bairemeo tdans la seconde p^riode. 

6<» Dmthur dAni h ermx de VeslomdH, $«miflte. t^tM^efdtS les eU- 

fans plus igess'en plaigneat lorsque lA maladle e^c Mi^ioppie etque 
la difficult^ de rtepirer est grander 

60 RdU datu ia poUtinB, respiration scmtbfeuse iMi tnsHtcfime d^g[r<$. 

7» Ckfrywdfimm^ prodrome dn croilp «t dA sd glMrisOfi. 

€. Foams ET t^ftat^oas dg caotiF. 

Le croup oottpli^l^ni^l fi6glig6 a qui He a6vti6ppe d'bde mani^re 
maligne dure de quatre ^sept et mSme neuf jours avatit de ^terminer 
par la mort. On a eu raison de pariager le cours de cette maladie en 

trois periodes : la periods d' inflammation^ la pSriode d'exsudation et la 

pi^Hod» d^ fkirafysi^ (1). La premiere dui^e tbUt an plus de deux h trois 
jours ; la troisi^nde quelqaes heures seulistnei^t , -^tla seconde remplit 
lltttterTalle. Je crols aVoif teconmi d*tk6e rtiaai^hs precise trois for- 
mes du croup. Le croup est toujours en effet un compost de spasmcs 
ifet de phlogose de I'organe de la voix ; ordinairewent les deu3( Clemens 

cei exanth^me ne se d^veloppa pas; dans le second (chec la. sceur), il se d^velopp.! 
sur toaile corps eten mSnie temps ii y eut amendeiuentdessymptomes du croup. 
La nolt suiYante, un refroidissement le ^t rentrer, et le croup devint nior4el. — 
G^est le seul casou.appele dans la premiere p^riode dn croup, je ifai rien^xi faiiv. 
•^ (1) Wusieurs admeUent commc periode de prodromes unc porinde caiunhah ; 
maisalorsil rHudiatl fonncrencorc unecinquieme perio le ^galcmeiil (i*une i>vriQ (g 



164 REYUE DE Lk IcAliBGINE SPtoFIQUB. 

9ont en eqailibre , c'est alors \9l forme neutre; cependant qnelqaefiins 
les spasmes predominent, c'est Izformn hyperspastique ; d^antries fote, 
c*est la phlogose , forme hjrperphiogisiique, II n*est possible de distia- 
guer ces diffi^rentes formes qae dans la premiere piriode ; plus tard 
elles $e confoodenl, et toot ce qu'on pent dire de la forme byperpUo- 
gistique, c'est qu'elle s^^ule plus rapidement et que son crit^rinm 
constant 6st une violente irritation vasculaire. 

r P^riode du croap. 

La forme hfperphlogisiique se distingue des formes nentre et byper- 
spastique par une/^f r«noia^fe, chaleur febrile g^n^rale, avecrougeor 
foncee du visage, pouls dur, pleio, frequent, urine rouge, soif, etc. 
— Mais elle a ceci de eommun avec la forme neutre , que tenrouement 
de la voix est peu important , que la toux a un son semhlahle au cri ^un 
chien enroue , profood , rude , et que la dyspnee ne se manifeste que 
pendant le sommeil et, s'exacerbant ai^ec les acces de toux^ reveille le 
malade. — ^ La forme hyperspastique, au contraire, s'accompagne dte 
le commencement d^un fort enrouement et d'une djspnie continue, 
Dans cette forme aussi, la toux, presque sans son, ressemble au cri 
d'un jeune coq enrou^. Mais un criterium constant de la premiere 
periods pour ces trois formes, c'esi que la dyspn^e et la toux croupale 
cedent en peu d'heures aux m^dicamens convenables, la nuit au moins 
jusqu'au matin (1). 

n* PMode da croap. 

Dans cette periode, les deux autres formes acqui^rent rimportance 
que la forme hyperspastique avait d^ja dans la premiere. Pour la 
forme neutre et Thyperphlogistique^ sont caracteristiques la dyspnde 

(i) Je dois observer cependant qifil n*e8t pas qaestion ici da traitemeot par 
degrandes doses de calimel oa de cuprum sulphurieum, Ce dernier, ainsi que cela 
r^suUe de plasieors histoires de maladies (Schmidt's Iahrbiich.)f n'agh ordinaire- 
mentqaecomme palliatif, et n^arr^e pas le d^veloppement de la maladie. II 
n'opire la garrison q\\*k traTers nne saite de recidires qae ne pr^riennent pas les 
petites doses et qui exigent toujours Temploi des doses les plus grandes. II est 
rare aussique le calomel procure la garrison, car il confient ^fentuellement dans 
la laryngite, mais non pas dans le cronp. 



RETUB DE LA H^DECINE SPl^CIFIQUB. 165 

persistaote et renrouement d^velopp^ de la voix et de la toux ; et 
pour toutes les formes, outre la doree de la maladie> cette circon- 
stance, que les m^dicamens les plus convenables ne font plus cesser 
snr-le-cbamp la dyspn^e et la toux croupale, mais qu'il leur fout pour 
cela, lorsqu'ils y parviennent encore , presque autant de jours qu'il 
leur fallait d*heures dans la premiere periode. Les malades rendent 
aussi soit d*eux-m£mes, soit apres la prise d'un jomitif , des exsu- 
dats , c'est-^-dire ordinairement des morceaux plus ou moins gros 
d'une mucosite vitreuse, jaune et durcie comme du fromage mou (i). 

UI* periode da croap. 

Son symptAme caract^ristique est la respiration stertoreuse que 
Ton entend deja avec an pen d*attention mdme au commencement, 
avec le bruit dans le larynx. 

TRA1TBMENT. 

II y a buit ans que j^adminislrais encore et coostamment centre le 
croup kali sulphuratum SOUS la forme recommandee par le docieur 
Friize de Magdebourg. 

R. Kali sulpburat. gr. X— 3j. 
Saccb. alb. pulv.... S j. 

Aquae destill S & 

M. F. Exactissim. agitando linctus. 

line cuiller^e k th^ toutes les ^-~ beures. D*abord je prescrivais 
en m£me temps des applications de sangsues, des frictions mercu- 
rielles sur la partie ant^rieure du cou, et des lavemens de vinaigrc. 
Plus tard , je laissai ces moyens accessoires de c6te , sans que le re- 
sultat f ftt different, et je n'eus plus recours a Tapplication de sangsues 

(1) Dans Thifer de I8S6-27, je vis un enfant, fils d*un soua-officier de la garni- 
son de Madgebourg , k qui je fis prendre , dans la seconde periode d*nn croup 
n^glig^^ un fomitif vers le soir, rendre un inorceaa gros com me le petit doigt , 
aolide.d'une Ijfmphe plastique blanche, qui evidemmentavaitrempU tout le larynx 
il fot consid^rablement soulag^, uiais au bout de quelques lieures, T^tat enipira 
de noavfau, et il mourut le nidiiu. 



que dans la fonpe hyperphlo^tique du croup, Daof 1^ pf jgif^ 
sanS) je iaisais appUquer ep ouire uq vcsicatoire sur la niiqii%- 

Le resultat. fot toujours satisfaisant daos la preo^r^ P^rip4#..dl 
croup. En pen d'beures, il s'ctablissait deg voniis%eBeQS^ Awk «iM|iins 
le nez devenait buroide et commen^aii a couler, la tou)^ c<MP<l|^nc;iit 
a detacher dea cracbats et Ton entendait un $on de cmnpi^niAPii;; ei^ 
la respiration devenait parfaitemem libre. fe faisai^ u(pr^ ppfsod^ la 
potion ^de plu^ longs intervalles, toutes les i-2 b^re^, on biesi^ 
substituai^^/)Attr. aurat, el o^imeL, sciliif. Jamais il pi*y dot de recbnlt, 
comme c'est ordinairement le cas quand on emploie cuprum sulphur 
Ticum\ la guerison etait complete en 4-0 jours. 

Dans un cas , mais dans un sent , j'ai vu kaU sufphurq^ rendre 
encore des services dans la seconde p^riode. 

Ce qu'il y a de desagreable dans I'emploi de cette substance, c'est 
que les enfans ne la prennent pas volonliers ; lis vomissent, mdme 
quand ce n'est pas necessaire, ont des maux de ventre, la langue 
charg^e, de Tinappetence et la face pale. La convalescence dure 
trop long-temps aussi. Tout cela m'a decide, lorsque J*ai miens con- 
nu rhomoeopatbie, k administrer h un de mes enfans, apres un^ dose 
de aconit.y hepar sulphur, calc. et spongia tosta, une dose alternative- 
ment lous les quarts d'beure , en lui faisant boire dans les intervalles 
du lait cband avec beaucoup de sucre . Le resi|Uat r^pondit parf aite ment 
a mon attente *, les desagr^mens signales plus baut n'eurent pas lieu 
^ et la convalescence fut beaucoup pluscourte. 

Depuis buitans que j'emploie ce traitemenc, j*ai toujours vu, a aue 
seule exception pr^ , le» peiites doMS hnnu»Qpalbiq«e& §6 RMsOrer 
efficaces d^oa |a prefi^i^re periods de la foroie oeotre At da la (mrwm 
hyperpblogisuqii^ ; mais U n'ea est paa de ankne danf la fiavne fcf <» 
perspastique oil beUadoimc^ a p^tites doses ne B»'a rendu qujuiw sMb 
fois des services. 

Je vais indiquer en pen de mots ma mani^re de proc^der. 

i« Dans la forme neuire du croup , f administre an plus une dose de 
aconit. (1-3 gut. i), et ensuite toutes les ^-^ 'heures une dose de 
spongia tosta (1 gut. 1), etde calc, sulphuraia (1 Irit. grain c) allerna-- 
tivement. Je fais boire au maiade du lait chaud avec beaucoup de sacre 
et j'aisoin qu'il soit bien couvert. Bientdt s'eiablit une transpiratiw 



IPSVUE DE LA IfipSdNE SP]£CIFIQUE« i d? 

gdn^rale; la respiration devieatlibre et la toax grasse, en sorte qu'an 
bontd'une heuretout danger s^cess^ordinairement. Lasueur est en- 
tretenue ausei long-temps que possible jusqu'aneuf, dix ouonze heu- 
res du matin, lesmedicamens ^tant ^dministres k de plus longs inter- 
valles. La toux devient de plus en plus rare et fioal^ment normale ; 
les malades se l&vent rapr^s-midi; ils soqt gais et bi^aportans, (^opiqi^ef 
gUls n^avaient jamais 6i& malades , et s'ils tousseni encore le lende-^ 
main, il est rar^ que la tous; persiste ji^qu^au troisii^me jour, Ds^n^ ce 
cas, jedonne encore quelques doses des m^dicamens indiqu^s. QueW 
quefoiff il est encore n^cessairel^ ^^^4, JPF 4^ laisser Venf^nt pu 
lit dans Tattente dela transpiration qui ^e moiitre (4). 

2o Dans la forme hyperphlogistique , le traitement est le m^me que 
dans la forme neutre ; seulement je fais preceder Fadministration de 
spongia et de calcar, sulphurau , do quelques dofieSi plus ou moin^ nom- 
breuses selonles circonstances , de aconit, et d^ hlladonna^ une tpu^ 
les 1{4 d'h^urealternativeoient. 

3<> Dans la forme hjrperspastique^ j^ai employe inutilement differemi 

ramies qui semblaientconvenir, en les administrant ^petites d^ses, 
J^ai obtenu, ancontraire, le3plus beureux r^i^ultatsd'une solution de 
tcwtar. stibiat. gr. 1 pour une once d'ean, uneou deui^ cuiUerees ^ th^ 
toutes )es r-i beures. Je vai^ racpnter le dernier cas que j'ai traits. 

Le 8 dj^nd)re de Vannee pass^e^ vers le matin, par un temps froid, 
$ereiaet un fort vent de I'est , le 31s du taiUeur Wphler, de Sommer- 
6schenb^rg , petit gargon de cinq ans, se r^yeilja en proie 4 des acc^s 
de suffocation aTectouxsdche, breve, tr^s-enrou^e, sans son de com- 
plement. Sa vpix ^tait i^Ilement enrou^e qu'on lecomprenait a peine. 
Une dyspn^e considerable persistant avec la toux et renrouement de 
la voix 9 fum pdre, qui avait deja vu plusieurs de ses enfans attaqu^s 
du croup, vint m^appeler k sept heures. 

L'enfant re^t tartar, stib. gr. 4 dissous dans une once d'eau , une 
cuilleree k the tons les quarts d'heure. 

A dix heures, la respiration ^tait moins penible , quoiqu'elle s'en- 
tendlt encpre dans le larynx ; la voix etait encore fort enrou^e et la 

(0 S'ilest impossible de le tenir au lit, on doit renvelopper8oi§;neusement d*on 
manteau, et le garder dans une chambre bien chaude. 



J6S REVUE DE LA MfoBGINB SPlfiCIFIQUE. 

toux avait toujours un son enrou^ bris^ ; cependant elle comment 
k devenir grasse et elle avait d^ja un petit son de coropI^meiiC. II y 
avait eu quelques vomissemens. Je fis admioistrer le m^nie medica- 
ment, unecuiiler^e k th£ toutes les demi-heares. 

A quatre heures de i'apr^s-midi, Tenfant (^tait assisdevant une ta- 
ble et jouait avec son p^re. II avait transpire jusqu*^ deux heures ec 
toute trace de dyspn^e avait disparu. L^enrouement avail beaucoap 
diminu^ et la toux ^tait beaucoup plus sonore et parfoitement normale 
d^ailleurs. 

La solution de tartre stibi^ fut contiou^e pendant la journ^ seu- 
lement. U ne re^ut pas d'autre medicament. 



Dans le second degr^ de la maladie, les r^sultats sent moins fevo- 
rables. Je n'ai pas obtenu an moins des services bien sigoalds ni de 
spongia, ni de calcar, sulphur,^ ni de samhucus , ni de kali sulphurat. i 
fortes doses, de tartr. siib.^&e calomel.^ de utoJcAttj, des vesicatoires, 
des Sponges cbaudes, des applications iroides , etc. Jusqu*^la fin de 
Fannie pass^e, jen'ai r^ussi que dans deux cas de croup tout-i-fait 
neglig^. L*un concerne la fillie du tailleur Wohler de Sommereschen- 
burgque je gu^ris en J83i par Temploi de trte fi^quentes doses de 
halisulphurat. d*apr^s la formule de Fritze , et Tautre le fils du ma- 
noeuvre Weddemann de Sommersdorf , qui fiit sauv6 par Temploi da 
tartre stibi^ en solution. Je dois faire remarquer cependant que quand 
je parle de croups negliges , j*entends des croups qui etaient arrive 
au second degre , rarement depuis un jour , le plus souvent depuis 
deux ou m^me trois. Jamais il ne s'en est pr^sent^ un plus grand nom- 
bre que depuis le mois de d^cembre dernier. J'en ai eu i trailer sept 
jusqu'au mois d'aout. 

Dans le premier, je pris lar&olutiond'administrer altemativement 
kali sulphurai, et tartar stibiat.^ m^dicamens qui, employ^ isol^menC, 
m'avaient deja rendu des services. J'obtins le plus heureux resultat. 
Ces mSmes moyens, administrds seuls» opir^rent la gu^rison dans un 
autrecas. Dans deux autres, malgr^ la ponctualiie la plus grande, tout 
semblait perdu, lorsque /?Aoj/?Aor. 5 et lachesis 29 gut. 1 dans une cuil- 
leree ^ the d'eau sucree , adminisires altemativement tons les quarts 



BBVUB DE LA MBDEGINB SPiciFIQUB. 169 

d'heure , sauvirent les malades contre toute attente. Trois enfans 
succomb^rent. 

Je vais raconter ces sept cas* 

I. Cas. Le Sd^cembre derniler, je me trouvaisauprfts d*oii malade 
dansle village de Hobnsleben, lorsqae M.Franzmepria dialler. visiter 
son fils qui , quoiqu'ii se portAt bien du reste , souffrait depuis quel- 
ques jours d*UDe toux seche, enrou^e, glapissante. Depuis la veille, sa 
respiration etaitpenible, bdillante; il avaituoe somnolence continuelle 
et des angoisses qui interrompaient son sommeil. Je trouvai TeofaDt 
qui dormait (entre dix et onze heures du matin). Ses inspirations et ses 
expirations ^taient tr^s-p^nibles, siflSiantes et bdillantes, sa peau bru- 
lanle, son pouls dur, plein et frequent. Des angoisses et une toux sem-- 
blable au cri d*un jeune coq enrou^, sans son de complement et sans 
expectoration, le r^veillaient fr^quemment. On ne pouvait le tenir 
eveille; il retombait aussit6t dans son assoupissement. Sa voix ^tait 
enrouee. Il avait vomi plusieurs fois. 

Je prescrivis quatre doses de aconit. 1 gut. 1 et quatre doses de bel- 
ladonna 1 giit, i dans de Teau sucr^e, une'tous les quarts d*beure al- 
ternativement, puis quatre doses hepar sulphur, calc. J gr. i et quatre 
doses spongia iosta i gtit. 1 ^ prendre de la m£me mani^re. 

J'aliai revoir le petit malade k cinq beures du soir. 

La sopeur persistait , la respiration etait plutdt plus p^nible que 
plus facile, Tanxi^t^ plus forte, la toux et la fiivre sans changement. 

Je prescrivis done 

R.|KaIisplpburat.. 9j. 

Sacch. alb. pulv gij. 

Aq. destill Sj- 

M. exact, agit. ut f . linct. 
et 

R. Tart, stib gr. IV. 

Aquaedest §ij. 

Syrup, rub. idiei Sj- (1) solv. 

^ prendre alternativement tons les quarts d'heure , ime cuiller^e a 
tb^, sans avoir d*ailleurs grand espoir de lesauver. 

« 

(O La somnolence roe donna la principale indication ponr l^emplot da tartre 
ftibi^. 



170 IfSVUS SS X.i MiDEGIliB SPtCIFIQUB. 

9 d^cenibrei i neuf h€ures du matin. Le malade avaiitvoiiil plusieon 
fois (dela mucosit^ avecdes masses cas^euses, et mdme uaascaride) 
apr^s la prise de kali sulphur. , et doq apr^ ceile de tarL stib. (1) ; 
maisla touxnes'etait amelioree que vers ie matin. U s*^iaii ^veille vers 
quatre beures et^iaitrest^ queique temps 6veiU6, respirant presqoe 
sansdifficuk^. 

Je le trouvai qoi dormait de nouveau. Sa respiration ^taii encore 
un pen priniblet plus que quand il s'^tait £veill6 le matin , au dire de 
SOB p6re ; mais la toux avait enti^rement perdu son son coquelinant, 
elle d^tachait de la mucosite et avait un son de complement parfait. 

Pendant que j*examinais le malade , il s'eveilla tout*a coup sans 
connaissance et en proie a des spasmes ; ilouvrailles yeux sans voir, 
les roulait dans leurs orbites , avait des tressaillemens dans les bras, 
des tremblemens dans les mains, de Tecume entre les l^vres ; il mur- 
murait comme dans une yiolente amygdalite , pronon^ait quelquefois 
des mots inintelligibles ; puis son visage prit tout-a-coup un air de 
}oie et il se mit ^ chanter* 

Ainsi S6 tormina Tacc^s. II s'^veilla ensuite compl^tement et avec 
toute sa connaissance. P^^, pendant ces spasmes , je n'avais remar- 
qu£ aucune trace d'affection de la respiration , et je n*en remarquai 
pas davantage apres Tacc^s. 

Je orus que ces spasmea ^taient un effet du tar ire slibii , et j'en fis 
discontinuar Fusage^ ainsi que celui de lali sulphurat. J*administrai k 
la place ipecacuanha 4 et Pulsatilla 1 y une gouite dans de Teau sucree 
ahernativement toutes les i/V^ beures. 

10 decembre. II j avait eu encore la yeillequelques indices de spas- 
mes; mais la sopeurelie-m^me disparut etapr^s une bonne nuit, Ten- 

' fant nesouffrait plus quederares quintesde toux catarrhale. 

II. Cos. Adolpbe Kaiserling , &ge de cinq ans , fills du cbanire do 
Warsleben , fut pris , le 18 d^c^embre dernier , d'une toux enrouee 
doDt les quintes devinrent deplus en plus frequent es et ^ laquellese 
joignirent , le 31 , une dyspnee continuelle, croissaate, ronfilante, de 
la sopeof et des acc^s d'angoisse. Le p^re , inqniet , pensant que ce 
pouvaitdtre le croup, compara soigneasementless'ymptdmes decettQ 

(1) Ph^nomine qoe j^ai obserT^ dans plusieurs autres cas. 



maladie ave^ cetx du cropp t^ls qn'il^ tout dQ«|utedaiii le MiJk^ 
domestique de G. H^riBg ^ fQaji U p'y tr^HlvaaiicuDe eaalogie, eieoin-* 
pUteiDoat rafi0ur4, ^imi qM^ «» f^xmx^* U n^aursit paaMigi i appeier 
un m^dacin sans las instaooes deU fennDaa da pasteor (A). 

U me fit prter, ie i^ janvier.» d'allei^ voir soa fila. Je letroutai 
done au cinqui^ooie jenr de la npaladie et au second jonr du secoiid 
degr^ du croup. Aspirations et expiraJLiom p^nibles , brui); ronflant, 
sifflant, claquant dans Ie iaryiu(, eBrouement total, doDlewr ea 
ayant dans la gorge , toux croupAle fiana spo , provoquant des an<« 
goisses et des suffocations on les exacerbant; acc^s frequens ,.ttBtAC 
plos tantdt moins longa, de anffociations aaxieuses, qui seuh tMra^ent Ie 
malade de sa sopeur ; fi^vre vive avec rongeur de la face , sueui* et 
aoif. 

Ie preierivis sur-i^le-^cbamp kali sulphur, et iart^ stih., et en alteii« 
dant qo'on envoyAt oes iiiMieameiia de bt pharmaeie , ^loign(ie d'an 
milie , je donnai ueonU. i gut. i et ielkuUnnm I gut. I aherriative* 
mant. 

3 Janvier daus la ipatin^. Apri^ qhaqoe dose d« M( sulphur, , Yomia* 
aemeos rejataut uae qnamita cansid^raii^le de moraeaux de muooT 
sii6 oaa^ese semblable h du se^f^ ^ at pluaiaurs saUes dtarrh^qnes. 
MaisTetat ne sembla pas s*am^liorer •, Ie malade paraissait aeulemeut 

beenQOiip plu^faiUa que la Yejilto, 

liinms mMff^Ms^pa, wm ouilleifAe a, rb^. nlMrHWlivameiit to^eslas 
dami-Jhciiraa, at uq. ve«ieaHurfi mv la .miqi#^ . . 
' Le soir , la p^re me manda que TaH^t na a'atail matbaut eusf mant 
pas ameUori ; qu*au Qontvaire ie malada la plaigi^d'ttue exaaarba;^ 
tioii das deulaurs da la gorge et da. l» poitriuQ aic qu'U avail des aeaii 
de spasaiea, quoique la sopaurAitd'aillaiurs umM aoAtinualle. 

Je Sm disoontinuet Temploi das madjoawai^. at piaaorivia tach^ii.^ 

(4) On «e fnit or^inaifameot !«■ id^es let plus ^fraji^tes 4^ aymptdiiies du 
croup, et Gomme cette maladie, ii son d^but, nt se pr^s^ote pas toi^piirs sous foa 
aspect terrible, on la m^connait , et on ne se doute pas du danger. C^est pr6cia6« 
ment cette forme lenle, avec des remissions assez longnes, ou m6me des intermis-i 
sions, qui est la plus dangereose. La forme qui se nianifeste ordinairement aprte 
le premier sominefl par des accideas tr^-algus sa reconoafit plvs flufleraenl at sa 
ga^t phis itla. 



171 RBYUB DB Li MtDECINB 8P£CfPIQUE. 

29 et phosphor. 5 gat. 8 dams bait cailler^es ii the d'eaa sncrto, ana 
cailler^e toates les demi-heares alteroativement. 

3 Janvier. Enrouement presqae aa m^me point Dyspoee moindre. 
Toux douloureuse, mais noo plus sans son de complement et sans expec- 
toration, amenant queUfaefois des cracbats an pen sangaioolens. Plus 
d'angoissessaffocantesni desopeur ; mais fi^vre encore assez forte 
avec transpiration. L^amelioration fit des progris rapides sons Tin- 
flaence des m^mes m^icamens administris k de plas longs intenral- 
les. Gefut renrouemeat,'qaoique moindre, qui persista le plus long- 
temps. 

Depuis cette ^poque, T^ofant jouit d*aae sante par&ite (septem* 
bre sa41). 

III. Cos. Le 28 f^vrier dernier, dans la soiree , je re^us une lettre 
de M. Seelaeoder , chantre i Ausleben, qui me mandait que sa petite 
fille , ig^e de troisans, souflrait depuis quelques jours d*ane toux ac- 
compagnee de fiivre. II avait d'abord regard^ cette maladie conmie 
la grippe , son plus jeune fils et quelques autres enfans ayant anssi 
de la toux et de la fi^vre ; mais un de ses collogues lui avait dit que 
r^tat de la petite fille ressemblait au croup. La toux ^tait enrou^e , 
et V expectoration semblait particulierement douloureuse. U me priait 
de me charger du traitement. 

Je lui repondis que la toux croupale n'amenait aucune expectora- 
tion ; que par cons^uent , s'il y en avait et que Ton n'entendit aacuc 
emp6cbement de la respiration dans la gorge, sa suppositioa etait 
juste sur la maladie de son enfant. 

Je prescrivis pour ce cas aconit. et belladonna , une dose toutes les 
henres alteroativement , en ayant soin d*ajouter ^ la fin de ma lettre 
une description d^taill^e des symptAmes du croup, afin que, s'il 
trouvait quelque analogie entre ces symptdmes et ceux de la maladie, 
il administrftt a la malade , apr^s quelques doses de ces deux medi* 
camens , le troisi^me ( tart, stibiat. ) que je lui envoyais en mdme 
temps avec les inrJications n^cessaires. Je lui recommandai expres* 
s^ment de me renvoyer alors sur-le-champ le messager que je suivrais 
imm^diatement , sinon j'irais voir Tenfaat le lendemain matin. 

Je ne regus aucun message. Le collegue de M. Seelaender avait 
change d'avis , et on n'avait fait aucun usage de ma description d« 



IIEVUE DE LA M^DECINB SPtoFIQUE. 173 

croup. Lorsqae j'arrivai , le 1" mars a dix heures du matio , c'^tait 
done le second jour du second degre ducroup.. Je prescrivis suf-le- 
champ kali sulphur, el tart, stibiat, , et je resiai prte de la malade 
jusqu'au lendemain. 

. Le 2 mars , il y avait un mieux-£tre Evident; mais il ne ;se soutint , 
que jusqu'au soir , oil se d^clara une nouvelle exacerbation sui vie 
bient6t du stad. paralytic. La malade mourut k deux beuresdu matin. 

IV. Cos. Le fils de Wahrenberg i Marienborn , ii%& de trois ans> 
avait eu une toux croupale pendant deux ou trois jours, lorsqu'it se 
diclara un enrouement complet ; la toux devint une toux sans son et 
saos son de complement, la difficult^ de respirer augmenta de plus 
en plus avec un bruit ronflant, fistuleux, claquant dans la gorge ; ce ne 
fnt que le second jour decette exacerbation (du second degre du croup) , 
le 23 juin dernier , que Ton me fit appeler par ordre de la femme du 
seigneur, qui vit Tenfant par hasard. Les parens n'avaient nuUement 
regarde cet ^tat comme dangereux, parce que leur enfant. mangeait 
encore avec app^tit et jouail mdme de temps en temps. J'administrai 
aussitdtocojiif. 1 gut. 1 dans de Teau sucr^e, une dose toutes les 
demi-beures, jusqu'^ ce que le kali sulphur, et le tart, stihiat. fussent 
arrives de la pharmacie. lis arrivirent it une heure du matin, eton 
en administra dis lors une cuilleree & th^ toutes les demt^beures 
aliernativement. 

^4 juin. Malgr^ defr^quens vomissemens qui expulsdrentbeaucoup 
de mucosit^ croupale , je ne trouvai aucune amelioration. Je conseillai 
de continuer Tadministration des m^dicamens. 

25 juin. La pluie avait empAcb^ la veille d'aller chercher de nou-r a 
velles potions, et on avait m^me neglige d'administrer ponctuellemepi 
pendant la unit ce qui restait des premieres. II y avait done eu sen- ^ 
lement quelques selles diarrbeiques, mais pasde vomissemens. w 

Exacerbation de Taffeciion des organes respiratoires , respirstfion^' 
acceieree , ne s*effectuaotqu'avec de grands efforts , accds plus rares 
de toux croupale sans son , sopeur , fi^vre vive avec sueur et soif. 
M^mes midicamens , avec recommandation de les administrer pone- 
tuellement. 

26 juin. II y avait eu quelques vomissemens, mais sans ameii<H 

ration. 



phosphor tX taehesis de la lOiifilftre indiqu^e plm hanC 
Le fKAt^ pas d'an^ltorati^ii. Les parens do malade et moi-mAne 
d^irions cpie la Utort mlt Ud ierme A ses sonffranoes. Meter, ij, got. 8 
dans huit cuiller^es a tb^ d'eau sucree, et /Wij, ^t. 9 danslaMtat 
qoantM d*eaa soef^e, tine cttitterto i.itiA loutes tea donil-hMres 
altcfrfisitWodiiSflt. 

37 jtllo, dofli laittatiii^«. L6 Duatitf , renfent soofteit loijoorB ihtmc, 
il titSLHp^le, anil la CMd refet^e «il arri^r«, les yeoi ternes m it owbie 
ravens, h p«ilo mMM M ffoide ^ la tdte et an maios , le poido peti^ 
iiible , tfenfUaal. De teiHp§ eo teinps il se soolevalt , to proie k in 
oeeis d'aogolM^; fliaii ft Mofldbfoit iMntdt ^pnis^ dafls soo osfoa^ 
pissement. 

Les pareM sopfMattm Dkrti d<! tetlrer tenr eofuit. J^H^^piiroii 
|)ius rk» ; e^lpeildMl j« pr<Mriiti!S de nou^eao Hioh&gU ei /kto/iA^r., 
jgfot. I, tons tes ^ffs d*he«re aftefoalifeib^t. 

Le Mh* , rc^ofaiit tftait tiMore , il semblait m^me svdir tm peo 
iteprlKi ciotfnaissiiM!^ <^ d^ttl itfAide inang^ , t«i^ le soir , quelqoes 
lK>ueMe» d'Me beorrd^f. 

M tales tttMie^Mi^ftSv 

38 jtfb. Mi«a«-«m sm» (fo'it y ^t dd obaogeneot cepAodaoi m 
dafts la n^iprrailldif , flfdafiila tottt , oi dans FennmeoiODlw H deMnda 
Jl manger a plusieurs reprises. 

nUth^ presenptioff* 

39" jtthi. v^mUfk^tidm m miimsfk ; la toim ^tah «M;or(^ Maten^nt 

enron^e ; mais elle avail M path son de ecMipMmefll tft (MffMbait des 
craehafs apit reftfadt atataif t6ii6. La fespit*atioit ^talt un p«tt f^lus 
ttfre ; flfais Tenf OMttMiM ^it irajowrs te oidme. 

llltaies cMdicaoKfnsf totfted kis demi- bmrm. 
I 30 jain. Somifi^ bdif , pa» de difBcfolt^ a r«dpif er , ttin graase, 
Mmafe ; le malade atsSf aossi fectntfr^ la t^ et ^ta^t &if^l6. 

Mimes m^dicametts , im^ dois^ tomes 1^ deM bdtlreiSf. 

t'enfatrt a'euf phis b^s6fiii de rkftt prendm. 

y . Cos, Le 29 jttinet deMttef , la feittm^ M^HOriesr d^Sommete^bifa- 
burg m'apporta dans la matinee sa petite-iille, qui n'avait j^eoeWII 
tltt an. 

L'eafant respirait ayec beaucoup de peiae , a cause d'un emf4^ 






chdment dans le larynx ; elle ^tait sans voix et a^ait line toax cronpale. 
Elle ^tait dans ctt ^tat depnis deux jours. Bile avatt en aQparavant 
un coryza pendant (juelques jours ; puis pendant quelques johrs ^^a- 
lement une ibti\ brbupale *. ette avalt peirdn ia iroix> et la dyspn^e 
£tait devenue de plus en plus forte. 

Je prescrivis adssUAt le!s detix ^ottdbs dont fi^l tf^J&'palrte tant de 
fois , en recommandant d'en donner alternativement une petite cuit- 
ler^e & ih6 tomes fes denii-heufes. 

Le soir s apreis des yomi^emtsns ri^p^^ , ^ dyspn^e avail consi^ 
dirablemeiit dimthtti. 

M^es mMicaVnistis ttmtSs Icjs beUfes. 

30 juiliet. Quand Tenfant est ^veillee , on n*entefad]pttis, forsqu^dle 
respire , qta'uti l^ger bHiit dan$ !e larynx.' icii^ tie foin A^quens , 
touxdeji nil peu grisse. I'enfiknt ^tatt pTa$ £teW£6; it n'y avait eu 
que quelques vomissemens ei quelques selles diarrh^iques. 

M^mes m^dicamens , nue ctifller^e t thi$ tOutes les deux beures. 

31. La respiration ^t^ Ubre i enrpUQmQnt poindre , toux normale. 
Il y eui encore un vomissementle matin, et dans la journ^e plusieurs 
selles tr^sinfectes. 

L*administration des medicamens fut discontinu^e le soir. 

i" aout. L'mfottt aUajc bi&n , ^ukuMi* ^e ^tiMl €More m pea 
enrou^. 

PulsaiiMa i , guc. 3,4aiis q«atre evUkr^es b Iwnhfr Really uM 
cuilleree h iW t»ai»s left dew IwnreA. 

Pas d 'autre prescriptioA. 

VI. Cos. La fiUe 4'UU€))hftii£ (^'OsHPffBralclHw , %&a dft «& ais , ^ 
etait atteinte du ^roup depuifi s'»il joHrs 6( aii Ktomhsfki^ywr dasecQiiA 
degre , iorsqu'ott m'app«la te 14 aoftt dernier. 

Tart. nib. et kali mlphurut. , eesme (^U^ huit*. . ^ 

II y eut d'abord des vomissemens et un pen de soula^ement ; mais 

le 15 , il y ieut une nouvelle exacerbation ; la tpux et les vomissemens 

cess^rent , et Tenfant mourut daos Ja joiwrneer 

VII. Oks. Le &ls du Biarechid-ferraal Jwnge deMarioabora , 4gd da 
trois ans , se trouvait drpuis de«x jours cbns la seeenide periode du 
croup , lorsqu'on m'appeOa le 26 aoAt. 

Respiration p^nible , jonflante, siStamei wM\A suflbcaute et 



176 Mnrus db la MtoEciiiE spi^aFiQUB. 

agitation impossible a apaiser, avec toux croupaie, qui le r^veillaient ; 
grande disposition a dormir et liaut-ie-corps presque aprts chaque 
acete de tonx. 

Son con ^tait gonfli en avant et de c6i6 , et sa face rouge ayec vive 
cbaleur febrile g^n^rale. 

jiconii* et beOadonna , pais kali sulphttrai. et iari. siib. alternati- 

yement. 

29 aoAt. Malheoreasement les mMicamens ne fnrent pas adminis- 
tr^ r^guliirement dans la nuit. Pas d'am^lioration josqu'au soir. 
Malgr^ la ponctualit^ avec laquelle on administra dte lors les m^di- 
camens , il n'y eut qae quelques vomissemens sans soolagement. 

Lachesis , phosphor. (1). 

30 aout. Entree du croup dans la troisi^roe p^riode , et mort k midL 
( Gazette homaopathique de Leipzig, vol. XXI , n** 7 , 8 et 9 )• 

Bi'liiiUe de eititon , 

Var le doetaor BUCHNER. 
( Suite. ) 

H. M.| candidat en m^decine, Agi de vingt-six ans, aux cheveux 
noirs, de taille moyenne , d^une constitution debile et irritable, res- 
pira tr^s-fortement , le 28 aoiHt 1840, k neuf beures du soir, avant de 
se coucber, une solution de deux gouttes d'buile de croton dans cent 
gomtes d'alcool. II eprouva les effetssuivans : 
'^* Tressaillemens k travers le gosier, forts fr^missemens des paupiS- 
res, leg^re fatigue de tout le corps, avec sensation de bien-dtre ge- 
neral, Beaucoup de r^ves en dormant. En s'^veillant, les douleurs 
'* artbriiiques dont il souffrait auparavant avaient augment^ d'intensite. 

. (l)iLer^suUat jastifle sans doute reniploi de doses un peu fortes, et dans one 
msladie aussi d^sesp^r^e qae le croup n^glig^ , on pent ne pas tenir compie des 
accidens provoqu^s par la qaantit^ des m^dicamens ni de la longueur de la conva- 
lescence. Le cas oill tout paraissait d^sesp^rd et ou cependant lachesis et phosphor. 
••nt rendu des services, doil engager k administrer ces m^dicaniens nienie avant 
Tit^ar sulphuHs et tart, stildat,, d*auUnt plus que le phosphore nous est forlement 
It^ominand^ par les oiM^cins de Yienne.* fi^4, de la Ga^eHe homceop. 



BBTUE Bis LA M^ECINB SP^aPlQIlS. 1^7 

29 aoAt, h cinq heures trois qaarts du matin, 3 gouttes de la mix- 
tion sur la langue. 

7 — 8 lieares. Flatulences fr^quenies, comma quand il va suivre 
one sella moUe. Plenitude da ventre avec lagers pincemens. 

9 beures. Violente douleur fixe, sourde, spasmodique dans la re- 
gion m^sogastrique, qui ^tait plus violente quand iletaii assis le corps 
pench^ que quand il se tenait debout ou marchait. 

PressionsurFanus, comme quand on veotpurgerl^g^rement. Ten- 
sion et picotement dans les articulations des genoux. Brisure et gSne 
dans les jambes. Pouls plein. Chaleur de T^piderme , surtout aux 
nuains qui sont ordinairement froides, avec veines consid^rablement 
gonfl^es et saillantes. Anxiete, plenitude dans la poitrine avec respi- 
ration an peu oppress^e. 

9 beures trois quarts. Douleur tensive au sinciput avec pression et 
elancemeut. Somnolence, bftillemens, flaccidit^ et sensation de douleur 
k la pression dans Testomac. Lassitude g^n^rale et brisure du corps 
avec mauvaise humeur. 

Une heure et demie. Tension violente, p^nible et ballonnement de 
tout Tabdomen avec besoin d'aller a la selle et emission de vents 
puans, sympt6mes qui ^taient plus intenses quand il etait assis que 
quand il £tait debout et marchait. Evacuation au milieu d'efforts d'ex- 
cremens solides, par petits morceaux. Respiration penibte , pleine, 
avec poitrine oppress^e. Douleur pressive, comme une colique, dans 
le ventre. 

3 heures et demie. Congestions du bas-ventre vers la t^te avec cha- 
leur de la peau et sueur. Bas-ventre plein avec tension des t^gumens ,4P 
cutanes. Pression dans Testomac et anxi^t^. Plenitude de la t^te. 

31 ao&t , k six heures du matin, 5 gouttes de la mixtion. 

Les symptAmes du bas-ventre persisl^rent pendant toute la jour-^ 
n^e du 29, mais ils furent moins intenses.— Au bout d*un quart d'heure 
d^jiit douleurs constrictives dans le ventre avec pression sur Tanus. 
PressjoQ et plenitude de Testomac. Fourmillement arthritique dans 
les articulations du genou. Il prit une heure aprds une soupe au lait. 
Les maux de ventre diminu^rent et disparurent presque; cependant 
i| eprouva pendant toute la journ^e de la brisure, de la iassiiude et 

une l^gere sensation de douleur dans )e ventre et le baut du corps. 
IT, it 



i 



176 BfeYtll 1>S LA MiDBCINE SPICinQtm. 

1 septembre , k six heures et demie du matin, 7 gouues de lamitdoii; 
Gomme il venait de boire du lait , les eSets ne se maBifeslireBt pis 

disUoctement. A bait heares, il prit one noavelle dose da 8 geuttes. 
Douleurs dans ia region du nombril ec dans i'hypog^astffe. Pretsien av 
Tanus et sensation daps rinterieur du rectnm , eomme s'il allait y 
avoir uae l^g^re purgation. Fouls plein, mais un pea vif. 

2 septembre, a m heures du matin, 10 gouttes. 

Grqttemeot dans la gorge, ftespiratioa opprest^e. Pressioii dans la 
region de restomaa \ maux ck venire pressifs, spasmodigoes, dans h 
regioa epigastrique, surtout en iujo. assis; puisdoidear tensive. ' 

9 heures. Douleurs l^g^rement pin^antes dans le ventre aveo pret- 
^ion sur Tanus. A six heures du matin, selle coDune^ rordinaire. A 
neuf heures trois quarts, nouvelle selle moiti^ moile, moiti^ solida. A 
sept heures du soir, violeotes douleurs dans le iineiput avee batte- 
uieus, tension et pression partftntdu front, et t^te eaii^ement eatro- 
prise, symptdmes qui s'ejLacepbeffent apr^s qu'i 1 eut bu de la bi^re et 
nian{je du paiu. A neuf heures et demie, il but de Teau. II ae seatit 
soulpge et il s'endormit. ^^ves penibles. A une heure da matin , il 
s (^veilia subiiement et rejssemit de violens mau% de t/§Ce. A la niAoM 
heure , il prit 15 gpiiite^. Vb» demi-heure apr^s , la violence de |a 
cepbaUlgie dimiQua ; seulemeat h tdte resta entrepriae jusqa'aa ma- 
tin. II eprouva aqssi une grande angoisse, de rppprcssion et de la 
plenitude daos la region de resiOQfiac et de la poitrine. De trois benrss 
et demie a six heures, il dormit d'un sommeil p^nible. £n s'^vetUaaf, 
jl resseptit de violens pincemeos avec gargouillemeos daas la region 
(pigastrique. II lacha qqelques vep(s soqor^s et po^ps , el ^proova 
; eiisuite up violent besoin d'^U^r a la selle. Selle assez facile au nuliea 
de coliques et do douleurs spasmpdiques. Les excr6mens ^talent plu- 
i6t mous que consistans ^ d'un brun fonce et puaas. Ensuite l^er 
gargouillemeut et tiraillement vers le dedans; prQS&ion dans T^pi- 
gustre et a la region ombilicale. Les jours^suivana, il ressentit eaoore 
dans le bas-ventre une douleur analogue plus ou moins inlense^ pria- 
cipalement apres le diner. 
14 septembre, a six heures du matin , 25 gouttesi 
Tension, pression, anxi^te et oppression dans la region de restomac 
ei de I'ipigutjii e. Tele entreprise. Malaise comme pour \oinir. Tea- 



9100 «t pre^dpn au bras droit mm ^M^atkp de brimre jaiqtte ireni 
Id fni^ ^^m&pmr^ d^ la fnaio. 

7 Jbew^. (k)uleur$ pin^ant^s ^ |'«|M#asUnB , gargoQillemMs dans 
l^f Hjite^Uflis^ Apr^s «vQir tw du Imt^MffiM el grand mrtaise avec 
envies de vomir. -Cbaleur augm^ati^e ifdnitealanent , Ugkre transpi- 
ration <at /c^pMalgia. OpprfsaH»n cle ia respiraCioB. Odetir dans la 
cbunbr^ cpmwe apris «»• fleU« iafacte. JeeMsses dans la t£te et 
jEpuriiiiUeqieiis dans les ^fenemx. 

H i^we^ H demia. Goikiufts avec garfoaiHeHiens €t plenitude 
ddiislf vaotr^ ^ pression «ui* Tanus. La 4lo«l€u#^it plus sensible 
an tfnebor €l i la pressioo du vantr«. Ikumm aa<3dt(£ droit du cou. 

4 fipniv^, ]te6oi« d'aUer k la salle «vec jpMRitude du yentre et rec- 
ttiBi r^QApli OQ dppar€pce<. Selb pMble etfeaoepleuse. Pendant toute 
la j(9ur»4e, H M nal distMsi ; somndcmee, Msui«, lassitude et abat- 

HtZ ^pimkf^^ k six hoMres chi natm, 1 5 gouttea. 
Bientdt apr^s, sensation de doukwr tenswe dam I'^igastre avec 
pri^ai^ap 4a:iis la r/^ian ^de rcBtomac et AMlaiae. 

U ii'^ottaaiMMiQ Mtfe syinptdme oe Jmv-Hi ft eanse d'un chagrin 
qu*U«i4. Um .l§s jours sukans, il ressentit diff(ireiis aceidens ana- -'''% 
y^ms A^M Tfipigai^e et fe bas- ventre. La cAte i^ait tdftfours affeet^e >^ 
M m6s9i^ tAmps, surtout dans la maikmie et plus ferteflnent encore 
pendant quelques heures aprte.le diner. 

J^ pOKai^lMEte, h irois heures de raprds-midi , elfaction de 46 gonttes 
d'huilepure. T^tepleinlD, vertigineuse. L4gi6re diminution de la vue, 
cw^tn^ s'llavaitttBYoile devaot les yeux. PlMtude et pression dans 
la rdgiQii froiAale. Tension €l gargouiUemeBt autour du nombril avec 
preaiiOi i»yir Tanus, en ^tant ooaeM sur un camp^. Sensation de cha- 
kMir pbia forte dans tout le corps. Besoin deader i la selle. 

4 Jieures. En sortant , pincemens et fension dans le nombril , ef. 
pression de bas en haut a la region de Testoroac avec malaise sul)it. 
OppnesiliQa et anxiel^. Sinciput entrepris. Respiration par le nez nr- 
r4lae. li^er Biouvenent febrile sur tout le haut du corps. Adix hou- 
res, il froua sur du sncre lebouchon du fiaeon imbibe diuiile ct av;)i:i 
C6 morcHaiu desncre. Pendant la nuit,sommeil ires-lourJ. Apros mi- 
iuUy reveil avec Icscuisses uussi lourdes que du p o ib. T^ic cnuc- 



180 UVUB DB Ul iCiDBGIHl svicmQiiB. 

prise ]ii8qu*aa matin. Besoin de l&cher des vents qui ne eortent ee^ 
pendant qu'avec effort et comme par coups. Pesanteor et embims 
dans tout le bas-ventre avec abdomen rentr^. Moavement sourd , ¥er- 
miforme et l^ger gargooillement autour du nombril. DoQlenr tetMite, 
de brisure (?) aux deux bras. Urine pile et eeumeuse. 

7 novembre, h quatre heures, 2 gouttes d*huile sur dn socre. 

Grattement brAlant 9 dans le gosier et le pharynx. Sensatimi d^abal- 
tement dans le corps. Goryza avec l^er teoulement par le nei. A« 
grand air, toute ia t6te entreprise avec pression et toumoiement vers 
les issues des deux oreiUes. Douleur tensive dans les deux rigioM 
inguinales. Endplorissement du bas-ventre avec plteitode de Fabdo- 
men et pression sur Tanus. Ster^tion de la salive augment^ avec 
amas de mucosit^ dans le larynx. Pression et oppressioB dans la re- 
gion stomacale. Froid subit et pJAeur des mains avec dcngts tout cris- 
pes. En marchant » douleur spasmodique, picotante et gargouillemeiit 
dans le ventre et autour de la region du nombril. T6te pleine, embar- 
rassee, avec pesanteur dans le front. 

5 beures. En cbambre , diminution de la vue avec l^er vertige. 
Ghaleur ^ la face et surtout chaleur subitement augment^ dans le 
; corps eotier avec l^^re transpiration. Angoisse , oppression et pres- 
et « sion dans la r^ion de Testomac avec grand malaise. Plenitude et af- 
fection desdeuxcavites de ia poitrine avec ilancemens brulans dans 
la caviti gauche et vers les deux omoplates. 

Teint p^le et sensation de froid i la face. Douleur extrteaement 
augment^e dans toute la partie superieure du corps. 

7 heures. Froid febrile passager, s'^tendant sur tout le corps. Gar« 
' gouillemens dans le ventre. Gargouillemens douloureux autour da 

nombril avec augmentation de la douleur au toucher et i la pression. 

8 beures. Forte pression et serrement au rectum avec flatuosit^ 
' pingantes en ^tant assis, comme s^ilallait in cbaque instant faire dans sa 

ciiiolte. 

En marchant , vents legers avec indices d*une prompte selle* Aprte 
oire retourne aulogis, besoin subit d'aller a la selle ; oscillations, gar- 
{[ouillemens et pincemens dans les intesuns. Sur la chaise percee , 
pression et ^preinte ; selle tres-peu liquide de coiileur brun-gris, qui 
sort en trois coups. Ensuite un peu dc briturc et legere douleur dans le 



liKVUB DB LA M^DBCINE SPtoFlQtIB. 181 

ventre. Toute la soMe , il ^proava nne seosatioti de chatouillement 
doaloareux an bout de la langue avec goAt fade. Debuitbeures et de- 
mie k minnit et demi , sommeil avec r^veil subit , sans qn'il puisse 
se rappeler ses rdves. T^te entreprise avec doulenr sonrde et pres- 
sion dans le front. Tout le bas-ventre affect6 et douloureux au moin- 
dre toucher. Fourmiliemens et lagers d^chiremens dans les articula- 
tions desgenoux^ accumulation de mucosile dans le larynx avec titil- 
lation et irritation. En se levant et en notant les sympt6mes, gargouilles 
mens dans les intestins et vents puans. De minuit^t demi a troisheu- 
res et demie, jactation anxieuse dans le lit, avec oppression, insomnie 
et Erections doulourepsescontinuelles. Enfin la lassitude et une I^gire 
c^phalalgie le plongftrent dans un assoupissement avec rdves varies , 
anxienx. il dormitsur le dos et i cinq beures et demie il se riveilla 
subitement aprteune pollution. II ressentait encore de lagers pince- 
mens dans les intestins, 8*exacerbant surtont au toucher. En pressant 
sur le nombril , la sensation de douleur s'etendit jiisqu'a Tanus qui 
sortait toujoursun pen. Le matin , au lit , besoin d'aller k la selle. En 
se levant, selle plul6t molle que consistante, formee tontefoisetd'un 
brunfttre clair, avec une sensation d'ecorchure d^sagreabl^ a I'nnus 
apr&s r^vacuation. Gout pftteux avec langue convene d'un enduit 
blanchfttre. Urine de la unit pftle , jaune orange, l^girement trouble 
au fond, d'abord un pen floconneuse. 

5 novembre. Pendant toute la journ^e , plenitude , ballonnement , 
tension et gargouillemens dans le ventre. Apris le repas et la prome- 
nade, violensmaux de ventre, et h quatre heures, besoin subit dial- 
ler k la selle. Selie enbouillie, comme par coups, d'unecouleur verie, 
sale et puante« Apris la selle, sensation d'^corchure tr^s-douloureuse 
dans rint^rieur de Tanus, avec prolapsus et tumefaction. Le besoin 
continua n^anmoins k se faire sentir. A la compression du ventre et h 
la pression versTanus, la douleur s'^tendaitjusqu'aux parties geoita- 
lesetse terminait au gland pardes ^lancemens. La doulenr, Taugoisse 
et Toppression ^taient si intenses qu'il ne savait que faire et qu'il de- 
vait se tenir aussi traoquille que possible. Front couvert de sueur , 
malaise avec perte de Toule et de la vue. Lu dou!cur ^tait plus vio- 
lente, s'il seployait, que s'il se tenait debout et marchait; mais cela lui 
etait presque impossible ^ a cause de la violence de la douleur d'ecor* 



a 



chore qn'il jproovah dans rint^rient de ranos. Ld repoi dhihifttA fk 
douleur pea ^ peu ) alors Vkhns sembiait se retirer ti se dft ftti ftte ft f . 
Pendant toute la s6lr6e, bi'isfifre g^n^i^le, tristesse et mzpptleat^. 

9 noyembre. La nnit du 8 an 9 fu( tr^-agit^« et pteine dt^ MfeS. 
La sensation dedontenf i Tatitis persista avec pins (Mi itiolns d*itit6A- 
sit^ jusqu'^ cequ'il s'eddofmlt. Aqnatre heures et detrtie, tiveil avec 
abattement et bristaredes membres. T4te lonrde et ^hir^pttse. TeA' 
sion dans les deux regions inguinales et sefrsation d6 (>esrsi6(«fijrr , d^ 
relicheroent dans les bras. Ardeurset prtirit a Tanus. GarfjouiHeffteM 
dans le ventre nvec sensation de doirleur contltttfeTle att toucher dii 
nombril. Gargouillemens dans l'es«mac avec ptsiitdMt SttI* la pdl^ 
trine. ITrinede lanuitetdu matin d'dnecouledfdefetf foae^e;8£difineiit 
tres-floconiteax et tris-tronble avec une petite nfasse pins cMra sf(i 
fond du vase de nnit ; des parties grasses liageaient dessus: DSttH II 
journ^e, leg^res donlears , gargonilletnen^ et fir^quentes flataoettds 
comme h Tapproche d'nrte selle li(]nlde. Les symptdmes s*exacer- 
baient toujours apr^s les repasi. Freqnente secretion de stflive et At 
mucosite. Le9 , pas de selle, qnoiqu*il eAt ^prOnv^ de fr^qnenS be* 
solas. Le 10, legers matixde ventre, et ensuite selle coitnite i 
Fordinaire suivie de l^g^res dduleurs h Tanas. La sedsatiofi dotilM* 
reuse qui se manijfestalt k la pressioti sur le nombf il eiisiatt etitbfh 
le 43. 

17 novembre, h sljt benTes dd tnatin, i gfos^esgotitte^ de rhoffesur 
du Sucre. Ardedrs et grattemeM dans le gosier. Gtialeiir dans la bOtlr 
che. Pression dans le creux de t'est6fnac. Pl^iiitude , pt'^lOn et ar- 
deurs dans les denx Cavit^s de la poitrine. Atixi^ti et respfraikrA 
oppress^e , p^iiible. Accumulation de mncositdf daas le tarynii atee 
titillation. Plenitude et endolorissefflenC de TestomaC. Fr^quentes etl* 
vies de vomir. Plusieurs baut-le-cbrps avec afflux d'eau dans la htttt- 
che. Toux continuelle. Malaise inacccnitrttn^. T^ie eatreprise, ^tirtoftt 
dans la region frontale, avec pression et pesattteur. D^chiremens j^aif- 
sagers dans les deux articulations des genoux. Pulsations , ^lance^ 
mens et ardeurs k Tanus. Le malaise augmenla dans la position cou*- 
ch6e. A six heures et demie , violent haut-le-corps et deux vomisse" 
semens penibles dune eau d'estomac jaunftlre , ayant une odeur 
d'huile et un gout d'buile douce&tre amer. Constriction de TestonMra, 



r REVUE DE Ik Ml^ECINE SPl^CfFlQUE. 183 

pr6Mii#ii dftBsle etem de Testoinao ; de Testu s*^cfaappe des yeut et 
danea< Douleur gourde, pressive vers lesdeun conduits auditifs. BrA- 
lement sensible et grattement dans le gosier. Lassitude et reMche- 
ment dans les extr^noat^ itif^rievres , surtotit pression sensible dans 
lesjambes. I^ssion de vents. puans. Pateations; seMibles etbatte- 
inens du coeur. H but un p^u d'ean ^ caa$e de I'ardeifr piidibte 
qu'il ressentait dans ie gosier^ et 11 eproQvtl titt g(At fMe ^i d^gdA- 
tant et un vide. Naus^es persistantes avee afihii d'eao dt de ftalite 
dans la boucbe, avec leger frissoii; Af^n^s ssptlieiireSv vidletit tirniis- 
aement mbit « pluiieura fois r^p^tj ^ d'un liqnide ^cumeilt ^ jsiunftfre 
hlami ftumilieli dies plus violens eflforta del't^stomdo. II dui d^ailaehef' 
de toutea ses fidrcesii nnelabte pour riSsister aii baUt'^te^Odrpd spa§^ 
medique. Grampes dans Testomao et Tepigastrei Pesanteut dt lassl^^ 
tmde dana ks l^as et prurit renouvele aux places ik il s'<i(ait gratt^^ 
£lancemens dans la [cavit^ gauche delapoitrine. Gargonillemeqs dans 
les intestine du c$t6 gaubhe. L^gfire pression sur l-anus, rembarras 
de la titei le d^go&t et le mialaise ne lai permir^nt pas de raanger de 
sa soupe au lait. Indisposition g^ndrale. A neufheures, apres de 
frequentes pressioassur Tanus, uneselld dn beiiiUie,brunl^tre jatine, 
couvertede amoosite. Ensuile borborvgtoes dans le c6t^ gauche dil 
ventre* Adixbdure8,selletr^$-iiioUe,enbouillie,nouqaei|se, prompter ^..^ 
sortant comcpe par coups etd'unecouleur brun sale^ verddtre^ grlse. 
Douleur dan9 Tanus, conune catisde par one cheville qui chercherait 
k sortir. Sensation douloureuse du membre avee ppugeur du gland et 
picotemeas tlaiis Tur^Are. Frequentes Amissions d'urine. A quatre 
beures du soir^ tine slelle moitie molle, moilie solide de eouleur brun 
sale. Pepdanli toute la journ^e ^ borborygmes et gargouillemeas dans 
les intestios. A petUes doses , le inMicament agissait sur lui avec 
beaucoup plus d'intensit^ et d'une mani^re plus continue. Les fortes 
doses qu'il prit en dernier Ijeu ne produisirent que des effets passa- 
gers,qui duraient tout au plus un jour. 

Bi.. < jeune homme de vidgt-sept ans , bien portant , anx cheveux 
noirs i d'une constitution bilieuse ^ se servit, pour I'experimentation, 
d'buile dissloute dans de Tether. 

31 aout I i dix beures du matin, -^o de goutte. 
. Pendant toute la matinee; grattement dans le pharynx , puis ardeurSi 



i84 REVUE DE LA M^DECtNE SP^CIFIQUB. 

plus tard titillaiions dans le larynx. Battement subit dim la fCgioa 
de Taorte. Ootileur d*ecorchure et ardeur i ranos , aprte le moiif e- 
ment. 

1" septembre, h neuf heores du matin^ ^ de gomte. 

Le matio , deux selles en bouillie. Au bout d^one henre, senaatioii 
de grattement dans la gorge. Aprte midi , selle diarrh^iqne , jaune 
clair, avec sueor, fourmillemens i roccipat, presskm sur le larynx, 
surtout du cAti gauche. 

2 septembre , k dix heures , y de goutte. 

Serrement k Toreille gauche, sinciput entrepris ; ^lancemens partant 
du nombril k gauche ; t£te comme quand on a bu des liqueurs spiri- 
tueuses ; besoin d*uriner ; salivation plus abondante ; fr^qnens rftcle- 
mens de la gorge , toux et excitation k tousser. Quoiqu*il eflt 6t& aor 
ses jambes depuis huit k trois heures, il n'eut une selle que vers le soir. 

3 septembre, k dix heures , ^s de goutte. 

Au bout d*une heure , sensation d'ipret^ dans la goi^ ; plus tard 
grattement dans le gosier. Fr^quens bftillemens; t£te entreprise et 
pression dans les tempes ; d^chiremens dans Tavant-bras gauche , 
tiraillement dans Toeillire inf^rieure du c6t^ droit, kprhs Tolfiiction 
de rhuile , augmentation de la secretion de la muqueuse nasale. Deax 
heures apr^s , violens ^lancemens a travers le milieu du c6t< gaoche 
de la poitrine , se renouvelant le soir. 

Battement dans la cavitd droite de la poitrine , par derridre. 

4 septembre , k onze heures , to de goutte. 

Chaleur fourmillante dans les t^gumens du ventre. Pleoitude re- 
montant j usque dans la gorge, avec pression dans le gosier; selle 
seulement vers le soir. L'odeur de Thuile irrite toujours un peu la 
muqueuse du nez et la conjonctive des yeux. Fr^quentes Amissions 
de vents puans. 

6 octobre , a huit heures du matin , rg de grain tritur^ avec da 

Sucre. . 

Ghatouillemens, puis grattemens , ensuite ardeurs k la place oil les 
parties dures du palais se joignent aux parties molles. Yertigessurtoat 
du c6le droit, avec pression dans ToBil droit. Pendant la sieste , il 
r^ve de choses passees les jours preced€fns. Trois selles jusqu^au 
soir. 



REVUE DE LA M^ECINE SPJ^GIFIQUE. 185 

7 octobre et 8 octobre , k bait heares , 1^ de goutte. 

Rougeur et alloDgemeDtde la laette ; voix plutdt creuse qu*enrouee, 
comme s'il avait un fort catarrbe. Ardeur et tumefaction des fesses , 
au point ou elles toucbent k Fanus , apris le moavemenl. Le soir ^ 
accumulation de mucosit^ dans le larynx , qui fait un peu de bruit. — 
Ardeurs dans le pharynx^ moindresquand il aspire, plus fortes quand 
il expire. Urine nuageuse , douleur pressive dans le cdt^ gaucbe du 
sinciput. II n'a pas de plaisir k travailler, il aimerait mienx s^amuser 
k des bagatelles que f'occnper s^rieusement. 

9 , 10, 12 octobre, k sept beures dn matin, i de goutte avec dn 
sirop. 

Le matin « en se lafant, gencives saignant facilement ; cbaleur plus 
forte dans le pharynx. Le soir , pesanteur et pression dans les articu- 
lations des pieds; urine avec un nuage au fond, qui disparalt peu k 
peu et k la place duquel il se forme , au bout de vingt-quatre beures, 
des cristaux brun&tres qui nagent ^galement k Fendroit oil ^tait le 
nuage et sur les parois du vase. — B&illemens pendant presque toute 
la matinee. — Sensation dans la poitrine comme si elle ^tait creuse, 
voix creuse ; il doit constamment se racier la gorge, j^lancemens dans 
le c6te gaucbe de la poitrine; pression sur la poitrine , quand il aspire 
profondement. Pression d^estomac , soda ; pression au milieu de la 
poitrine dans la profondeur. Amission d'unegrande quantity d'urine. 
— Le matin , fr^quens accds de toux avec expectoration de mucosite. 
T^te eotreprise , surtout du c6te droit , avec pression descendant du 
vertex, et quelquefois ^lancemens derridre Foreille; en outre, il 
entend mal de Foreille droite. II lui semble que les poumons ne se 
dilatent pas quand il respire ; il y a toujours un peu de mucosit^ dans 
les broncbes, qu^il ne pent expectorer. Oppression de la poitrine. Il 
est morose et m^content. £lancemens au milieu de Foeit gaucbe , et, 
dans la matinee , quelques traces d*une sensation pareille dans le 

droit. 

14, 15, 10 octobre, k buit beures du matin, i de goutte avec da 
sirop. 

Seosibiliie de la region de Fesiomac au toucher. Le soir, colique 
passag^re souslenombril avec ballonnement du bas-ventre, puis be- 
soin d'aller k la selle. Apris la selle, baleine courte. Sensation d' 



IM BITUl DS LA idblClNB 8P£CTFfQtTI. 

corchure du ba»*Yentre en toasftsint. Tension entre le nombril et le 
crenx de TestoMiOi Le eeir, coUqne Satiilettt^. fimissioti d*ane gfidlde 
qoamM d'uriiie jaonei Ardetm tm glatid M tifliidtlt, b^id d'nritIM' 
aussitdt aprto Ti^fiiiMioft. II y a uH pen dt Mitmhi 6kti te poufiott 
qu'il ne pent detacher paf Id MOlem^cit; etf tftitfC!, AinttAtk k t^ 
spirer et l^r ^ifSeoMnt ^uiftd 11 aapll<« M ekpii'e profond^titelfti. -^ 
T^te enlrepfhe d^s ^*il a« Mvea Yeft Midi , &oaiilolen(j6; ii se coucbe 
apr^s dtneri mail 11 m petit dohtlUr ; ^n Hotf^, qdelqn^ battenlent 
de coeur. Mauvaise bumear et tMtel»^, t(M M deplalt. fetk ttiai^cliatM, 
il ^pronve troll fois de Mite tlti« StitAent dt ImMtftk ladcinatite et 
decbirante, surtout dans Vos metatarsi hallucis du pied gaucbe, ((d 
Fempdche presqne de nmf oher. Le s6i^, tout aVefc ^xpecto^oii de 
mucositd blaoelie et prei^fi ^f la poift'ine. GcrAt b&tidit Ijtiand oiil 
a maog6 det tfnaoded< 
17 octobrey dane la AiAM^d, | d«f ^titte. 
Dans la jMri4e, il se 4miktk b6slncoHp de tfidtitetttent et he ptit 
pas accorder beaaeoifp d'aeteMknr aut ^ynlfptAttie!^. Otitre cefux qui 
ont diyk M signalite^ yfr d^eMrement artbritique r«fparnt dans le bas 
da pied ganebei arec Kf dditr auit jdn«l. Depuis qitel(|iie tMfps aolsi 
li lui ^tait vena desi botitoill lu tisagd. ^issidn d'lirine ^ ^uantit^ 
au moins «gale ^ ddid del btfiSsons. A taximi, W «t^it ^sbtb letri, 
lorsqa'il resaentit de k pl^^HMe ^ tia^ p^ession dans I'^to^a^, soi- 
vies de malaise: II eit ensnite on \6^ht i^omift^rfieiit del alliiietis qu il 
ayait pris le Soif (p^lti , pdinnkes de t^ri^ aV^c uiK pM de Bebrl^). 
Plus tard, si^eti^ k la hce ^ bieti-#tfe. I7A6 defifti-beuflif ap^^s^ ifott^ 
veau vomiasetneflt' def ee ^ifl r^stalt dads T^otnac, aysHA u« g^jfAt un 
pen amer. II a'eiklcMalt etfltait^ it dcArn&it blen jusc(ti'ffti mftttri. Datfs 
rapr^midt ^ vfe>Ieils «liAdem«fi» dftM la r^gi^ i^^Mle gaucbe, qui 
lui conpent la respirdtioti. 
3i, 22, i)3, 34 ectob<*e, k htiit faeiifes dti mati*, | d^ g(^«itte. 
Violent ^lancement dans le gros orieil du pied gauche, en bas, et 
titi quaint d^beilfe lipris, dans le droit drissi. le self, il^ncimetis dans 
la rate. II lui semble qu*il ne pent pas aspirer assez profond^ment et 
que le potttnon ne se dilMe pas suflBs^tttent. Le soir, pt*ession yio- 
ledte snr Id poitrlne. Apres midi, battemens de coefdr, tressaillemens 
dam le bal du pled gauche; en £tant assis. Le soir, oppression dcf la 



I 

poitrine. — L^uriild, IdcMe le matin, estt ^(;dtitclti&6. Ardeuri date \6 
gland en ilrinant. Yoix rade et enroti^e. HSlleme editilrte, snrtout eA 
montant Fescalier. 11 a l6^ pleds ht\i6i en faidntatit l^escsdiei". Perte 
de la mimtiite. 
25, 26 octobre, k bait beaten du mixtin, ^ {jfoutte. 
Une petite glande cutan^e s*est ^nfl^e k la pidupidre inf^riedfe At 
c6te droit , k un demi-poUce du sa(; Isicfymal ; ta peM est rbugefttre, 
tum^fiee, de la grosseur d*nn gfain de (;betl^Vis. 'totit disparut aO bout 
de quatre jours. Prurit k la m^me paupi^re. Pression dans Id ^Itici- 
put. Manx de yentre apris le repas. Doul^iir t)ressiye d^ns I'slMtcfu- 
lation de T^paule droile. Picotemetis atl tid^s Itif^rietaf de la Jambief 
gaucbe. L'uHne, lichee dans la jotirii^e, «st p&le et fb^itl6 diir d6p6t 
blanc. Froid des pieds jus((ti*ant tnollets. ^ £xan(b6me h la doteoil 
des tfrarid^ du cOt^ droit. Le iti^tln, en se lairatit , il r^ssentit au t6tt- 
cber une douleur i cettti (jlace, qtii £<aU rotlge iui? title eteiidue de la 
grosseu^ d*iid pois. t)ad$ b jdurn^e, II S^y fdfma d^ pc!tites v^st(;tiles^ 
pen ^lev^es, jaunes, qui parurent ombiliqu^es le troisi^m^ Jottf. 
L'ombiiic formal le qoatritoie jour utle ttbUi^ d*un brun clair qui 
tdmba le siii^ine^ L'^pidehn^ ^^It eticaiH rodge et t«ndf*e, et H se 
desqufuM ^Actf^d bn^ fois. Fr^qtidd^ piutt&Ms dAii^ l6 iemt^, sdd- 
satiddde frMd dtthi Tdbdomto. boidetff cM^ilcUvcr dkt^ \t!s pik- 
piAre* dfdllW, Stiriodt Vdi% Y2A0i cXfertld. PlewrtKlfiiM, pt^tfrft et 
ardeuM ft Idt filattte du p}«d di'oit, d^i k p&Mid tktuit'i^nfe. KvA^UH 
autonf d^ r^ius, (}ui t'eHit)^dbeirt ^^^u^ dd 8'ftMd(]^. t^ d^tCife 
nuit attfit ^t« telletteftt trdubKe pit di^ ihe» j^Mblei t\ti'\\ ne i6 
souTendit pks d'm afdff p^^& dd jMfdill^. fi^pi!^ pWiAeixr^ jddfs, 
douleur d'«dofchoK! dalis V^ttki^mA^remtMit^ dd k McliCAfe Id- 
f^rieulre, dn c6te gadebd, ed fhiiihknt 
30, 31 oetobfe, i ^ept beiires dtt tbalid, ^ g6dtt^. 
Sensmkm ebttidyed'ud Mor^e^U dadj 1^ gof^e, ({ttUf ti« (iMt avdidi*. 
Amidi, douleur t^ribfiidle dans rartiCdMlM dd Miide g^ticb^.H^A-' 
lement ant kngXei dd la boucbd kiecVfgkfkititAifMUft aiibdfd ett^' 
rieur pendant plusieurs jodfs.Occipdt entrepri^. E* YOdldot expirer , 
^lancement dans la region du coeur , qui reparalt hvt b<]fut d'nne 
beure et persiste. D^cbirement arthritlcjue au gro& orteil du (!iied 
droit. L€) 8oir , rapports de bile. Picotemenl dims le enir dtetehr aa 



188 RBVtIE DB LA MJ^OBaiTE SPJ^OFIQUS. 

vertex. Fr^quens ^lancemens dans la rigiim daoosnr. Le soir, tir«3-> 
lemens sur le carpe droit. Fr^uens gloosseroens martelans dam le 
tiers inf^ieur de la poitrine da c6t^ droit, entre la sixidRie et la sep- 
titaie cdte. Le lendemain soir , pulsations martelantes tris-fr^qaea- 
tes dans ceite region. Tressaillemens dans le mMiiis de la mmin gan- 
die et dans Tannttlaire de la droiie. 

3, 3, 4 novembre, k sept benresda matin, \ goutte. ; 

£lancemens dans le globe de Toeil gaucbe. Eructations , malaise ec 
abattement. 

Ghaleur parlant des vert&bres abdominales. Douleur , comme bim 
colic|ue,aatourdunoaibril. Picotemens dans le premier doigt da pied 
droit. £lancemens entre la nuqiie et Tocciput. Tension aux angles de 
laboucbe.£lancemensdans lecoecum. Tiraillemens dansTavant-bras 
droit. Tiraillemens etd^chireroens dansle medinsdelamain gaache. 
Toute la t^te lourde et entreprise avec fourmillemens dans les yeox. 
^ancemens sous Toreille gaucbe. Endolorissement de la[p<Mtrioe an 
toucher. 

7, 8, 9 novembre, k sept beures du matin, I de goutte. 

Pincemens dans T^pigastre. Battemens de coeur aprte le diner, aor<* 
touten^tantcoucb^. Tressaillemens des jambes pendant la sieste. 
£lancemens dans la tempo gaucbe. Tressaillemens lancinans k la tAte* 
Yertiges et embarras de la t^te jusqu'au souper. £lancemens k droite 
de la chef ille ext^rieure du bas du pied droit. Fourmillemens dans 
le petit doigt du pied droit. Le c6t6 gauche de Tocciput entrepris , 
comme si on le serrait. Fourmillemens par momens dans le gros or- 
teildu pied droit. D^hiremens dansle bras droit, phis urd dani Far- 
ticulation de T^paule droite. Ghaleur pruritense au tiers superieor da 
tibia droit. Nuagedevant Toeil droit qui est iaible. Pressionettirail- 
lement dans les Tortibres cervicales. Ardeurs daos Turftthre en uri • 
nant. Serrement dans les tempos. Sensation deparalysie dansla cuisse 
gauche. Douleur ind^termin^e dans la region inguinale gauche. Fris- 
sons et horripilations. Prurit k la paupidre sup^rieure de Toeil gauche. 
Ardeur pruriteuse au milieu de la cuisse gaucbe. Testicule gauche 
retir^, testicule droit flasque. 

13, 46, 17 novembre , k sept heures du matio, 1 goutte. 

Pression daos restopnac avec sensation d^greable dansle bas-veo* 



Ire. Pression et serrement aa-dessus du nombril. Acces de vertige 
en marchant au grand air. Ghaleur plus forte et ardeur dans le o6t^ 
droit de la face depuis I'aagle de la boucbe. Picoteinent douloureux 
et ^lancement au gros orteil du pied droit oili Fongle pen^tre dans la 
peau. Pression aux tempes. Le jour suivant, tiraillement dans le cor- 
don spermatique gauche , qui rempdche de marcher. Gratteroent sik 
Tanus comme apris la selle. Augmentation du malaise « chaleur sen* 
siUe snrle corps, puis sensation de firoid dans la region des vertibres 
abdominales. ^lancement dans le sinciput en marchant. £lancemens 
dansle tiers inf^rieur de la poitrine, du edit droit , en aspirant; ^lan- 
cemens dans Tarticnlationder^paule gauche. Le soir, les Kvres sont 
stebes et tendues. Temperature de tout le corps ^ler^e ; plus tard , 
sensation de chaleur picotante , brAlante. Ardeur dans le gosier en 
haut; selle liquide avec grattement dans la paroi posterieure gauche 
de Tanus. 

Nous allonspassermaintenant anx syinpt6mes provoqu6s par rem* 
plot ext^rieur de Thuile de croton. 

Co/live// frictionna avec 6 gouttesdecette huile le bras d'unejeune 
fille de quinze ans , qui ^pronva des d^goAts , avec transpiration et 
augmentation tr^s-consid^rable de la stor^tion de Turine (i). De 
Thuile de croton lui^tanttomb^e par hasard dansToeil , Commensury 
de Schleims le lava soigneusement avec de Teau , ce qui ne pr^vint 
pas de violentes douleurs, et en moins d'un quart d*heure il se d^clara 
nne forte inflammation de Toeil et d'un cAti de la face. II avait des 
bourdonnemens d'oreilles et une esp^ce de vertigo qui TempAchait 
de rester debout de crainte de tomber* Aubout d'une semaine, il put 
retourner k sestravaux; il avait seolement Toeil un peu faible (2). 
Jiayer (3) raconte qu^nne fille de soixante-quatre ans ^tait enlr^e i 
la Pitie pour se faire traitor d une gastro-enterite. Pour arr^ter les 
aelles, on lui fit des frictions avec trente-deux gouttes d'huile de cro- 
ton, frictions k la suite desquelles elle eut une selle et une inflamma- 
tion vMculaire de la peau. Le leodemain matin , son visage ^tait en- 
tlif la peau des joues et de la face avait une couleur rouge p4le qui 

(1) Cf. FrwxBjfM Nolizen, Vn, p. 43. 

(2) Journal de pharmacie, XIII, p. 394. 

^3) Traild th^orique et pratiqaedes maladies de lapdaa, 2vidi(. T, p. 499, 



dispardunait sous la pr^^sioo du doigt. Sur ce fond rose i'^Iefsuest 
de^ v^icul^ tr^ft-peiites, k p^iae visibles, aQtom* de Taileda nez sur 
la joue gaucbd, (i^ troisl^me j()ur, la face etait eofl^e,laroiigear pivs 
forte, ^uriout ajux joues. Uae quantity de petites v^mchN blaneU- 
tres«plu» distuu;tas que laveille et ures-r^pproab^^ , Mavraientles 
joim, 1^16vre«^ le memon i(4t le dos du nev. EJles <§iateot pro^mi- 
neo^e^ sans ar^ol^. P^upi^reg l^^reroent osd^mataiia^s. 141 peau da 
baa*veD(re ^tait aussi oouverte d'one fouli9 de v^ioiils» pereilks.blan- 
dmt reoipliesd'Mve i4n9si(icUir9, ^ causant pw<M)iq«em6iit dM d6- 
maogeaisoo^ I^^ cifiqw^ma jour, I193 al^ntour^ d^ja l>Micbe.et lias U- 
vres 99 d^fsquanM^reot, 1^ roug^ur etl^eoSure avaie&t di^paru^ Teun- 
tb^me qai s'et^ ioootr^ la yeitle sur Tav^Pi-brfis dispwrut peu k pen. 
Le ^pu^m^joMTf tOMte la fa^ et le bas-veatra sedesiiuameranc (I). 
. Uo^ fmtiem faHe k wdi aiatour du nombril avec quatre gonttei 
d*huile de croton (2), occasiona , au bout d'unedemi-heure^ des d^ 
mangeaisouA, puisdes ardeurs doulonrfuses qui persistAredt jasqu'au 
soir. Le lendemain , il se forma ua^ytfaeme avec des puttuies qui se 

■ 

(4) J0r»t, loQ, fmUt* ^istiiigiM^Um p6rto4«a dud le dAieloppcmflBliitl'exuitMme 
provoqu^ fnv rfitf ile (ie f^^tf^J^ ' 

1« Kongeur de la peau. tfne chaleur rive, accompa^n^e de prurit, est saivie, av 
bont de huit heures enriron , de la rougeur de la partie frictionn^e , roqgeur qui 
f^fetid un pen-au'del^. 

9« A^patilidn Aes ^Mciflti. II 'paralt one quantity iHBMnhrable de pelites fM- 
«ole« rapprochtes^ tantdt )>laiiohe«, taotdt d'an rouge fonoi, nr la place rongia de 
U p«atf« dtX'rhuit^i VfRgMvalW l»dure9^prtela fricMoi}« 

3"* Apparition des pustyles,,];^ trojsi^me jour, ^e moQtrentdes ppi^tule^ bUaches 
h leur pointe, contenaut uqe s6rosit4 blanche, le plus sourent opaque , entouries 
d'nne ar^ole ronge^re^ la rougeur de la peau est moiodre, tandis que le prarit 
continue. Ces pustules paraiMeot entrle la Se^- et la S4* benre. 

4* DeMiccation. Des pustules ouvitrtes ooule s«ks cesse 'de la^iMit^, et le pas 

fimae en s^cbant dw crouteff 'frisAtres de diff^rents fermt i la pean dtoaage enceie 
un peu. 

50 Chute des croiites. Les croutes sicbent et T^piderme se r^g^n^re. Les places 
oft ^taient les Y^sicules etles pustules se desquainent et il reste une cicatrice. 

Plusieurs oiit observe aussi que Thuile de croton , conirae Fonguent de tartre 
stibi^, qtioique la friction se soit faite sur d'autres parties, fait venlr au gcrotum uq 
exanth^me analogue k celui de la place frictionn^e* 

^2) Landsberg, loc. cUat. 



cpuvpirent d^ cpoiite^ Ija /our ^uivaot. En tuiw/t temps, il rt djclara 
iin tftat f^brilo douloureux %i il porut ^u ^ffotum vm e%whkme her- 
petiqpe. Qu6lqu# (^mpfi upr6s , oo nip^U la frielion dutour du Dom- 
bril avec si^ graios d'tfalintmenidA crdtOD. Bieotftt lea ardeurs repa- 
T^r^ui et ea notoe iemps roftanthto^ berp<Ui(}a6 av serotmn. Les 
ardeiips ^l^ent «n angmenlant de plus en plus ; il sc forma des pus- 
tulo^ e\, a «^ mapif^sUi um inflammalioD preaqiie f ^o^ale des t^gu- 
meoa ^bd^mip^M. Ql m ht qu'^u bout de quelques joura que cette 
inSam^atiop cps^ti , $i «lie fut suivie jpl^un^ deiiqaamaiioD. Aueua effi^t 
He ^H^ obs^rvd ^v h^ ^lte»» 

Taf^ernier (i) se versa quatre gouiies d'huile de croton dana la maki 
ft ^fi frjfctidQps^ fiuh^pr du pombrilr Peu)^ b^ras ja|ir&a, tout le bas- 
\en\r^,m^m^ m^ places, qui u'^v^iout pomtiot^ m<)afttaot a¥6^ Tbuile, 
819 Cpuvrit , ^aqs quil ai^ .^prouvi nm^vsn^km d^ d^mango«iiaoiia , 
d'uni^ iuupqubrid)!^ quaiUit^ de p^m^ puntul^teq forme de i^utiUea, 
pro^qaio^ute^ , 4'i^^ rOHg§ yifi 9fCQP)paga^ il'liu imV^i&f^ local, 
mais sum prpril; e^ «du« symptOm^ g^u4rw]^» (4 uuit , il »« d^clara 
des dempge/siijHia; sH ym^ qu'il U9 put dofTPir 9t N u^^s^inal & goo 

aisa. U Undeminm^ 9 1^ ropg^pr ^^it mowa fArte ^ maia cbaque 
pusiul^ ^laiit plifs bl^b^ k h poioM qn'^ id b^e. j^^ preaiion aur les 
places qouYQr(^ p»rl*$swtli^me u'4U»(p4a pfm^a^ment douloureuse. 
Paa d'eQ'Qi. purgiiiif, peu ^ p^u l^ puauleafASi'QQt H diaparurent 
sans forpier de (;irouiiejs et awi aa deaqunmer. Is buicL^me jour , il ne 
rest^iit piu4 que qu^lqu^s taobea rouge^p^lo , qui n'^ient paa plus 
grosses qu'vp graiu de uuUeitf 

CM., caudid^i ^D ipi6d#ciP0 , ae fr^Ha d.eui^ foia la peau du bras 
gauche, dafla la r^gioD du muaclo d^ltoide , aveo le boucbon d*uDe 
fiolc qui coutenait de rbuila de croioR, la 12 uovembre dernier, k dix 
heur^ du soir. 

Legere rougeur de la p^u avec ^aaatiou 4e froid , et enfin le- 
girQ cbuleur. Sommeil tr^s-agite et plein de pAvea. Le 43 novembre^ 
au matin , un peu de prurit k la plaoa friotiomi^e. Peau plus rouge , 
m^me aux alienioups que Thuiie n'avait pas touohes. Une quantite de 
pustules isolees , plus ou moins grosses , dispars^ea , ay ant la forme 



(1) l^onV Notiieii, XH, p. 287. 



—v 



IfS REVUE DE LI Mto£CINB SPtoflQCE. 

de lentilles ^ mais plos pointues , d'un ronge^tre fonc£. Un pea d'ar- 
deur et de prurit aa mouvement du bras. Toute la mating , brisure 
g^n^rale et lagers malaises fr^quens. T6te fortement entreprise. En 
touchant et en d^couyrant la place frictkmnte ^ dans la cbambre , 
aprte midi , exacerbation de Tardeur et du pmrit. Toute la place 
^tait soulevde , raboteuse et rude au toucher ; somnolence et brisure. 
L^ger assoupissement suivi de frissons , surtout au doe. Sinciput en- 
trepris^ surtout dans la region frontale. Les plus petites pustules dis- 
parureni au bout de cpielques jours et se chang^rent en petites ^- 
vations de la peau ; les plus grosses etaient encore rouges au bout de 
cinq jours. 

Le 14 novembre , dans la matinee , il se fnctionna le bras gauche 
au-dessous du muscle deltoide, avec un linge imbibe de deux gouttes 
d*huile de croton. L^gire rongeur de toute la place. En examinant 
de pr^s la peau , il sentit Todeur Acre de Tbuile qui s'exhalait de 
toute la surface Arictionn^e , et il ^prouva des vertiges dans le sin- 
ciput, ainsi que des douleurs tiraillantes ^ travers le nez jusqu'a la 
racine, et de U jusque dans le cerveau. Pression dans Testomac avee 
sensation de chatouillement , et l^ger mouvement spasmodique 
comme pour vomir. Dans Tangle de Toeil droit , tressaillement et 
^lancement avec fr^quente contraction et tressaillement de Toeil en- 
lier. Pesanteur ^ faiblesse des yeux et perte de la vue. Pression dans 
le c6t^ droit du front et dans la region temporale. Bientdt apr^ , 
ardeur a la place frictionn^e. Sensation et goAt , k la pointe de 
la langue , d'electricite et d'amertume douee&tre. Toute la ttie 
fortement entreprise , avec pression dans la region frontale et ma- 
laise. Humeur maussade. Pression dans le creux de Testomac. L^ger 
frisson , degout et naus^es. A deux heures aprte midi , piocemens 
dans le ventre autour de la region ombilicale et au c6t^ gauche des 
intestins. Amission de beaucoup d^urine. On ne remarquait presque 
rien a la place frictionnte^ seulement la peau etait l^girement rouge 
et un pen rude. Le 15 novembre, dans la matinee, en etant couch6 , 
battemens sur le c6ti gauche , tension et fr^quens tressaillemens au 
bras gauche , qui s'etendent jusqu'aux doigis, en sorte que les doigts 
se crispent involontairement a cause du tressaillement spasmodique. 
En m£me temps se montrent ; m&we sur dei places qui n'avaient 



t)oiAt 6t6 frictionn^es , nne foole de pustules plus on'moins grosses, 
Isoldes on rapproch^es, rouges , pointues et un peu rondes. Le pni- 
rit ^tait plus fort au toucher , dans le mouvement et surtout au frot- 
tement sur la place frictionn^e , que dans le repos. Pesanteur du bras 
et k TaisseVe. La peau <tait tr&s-l^gftrement rouge , les pustules nn i| 
peu rudes et raboteuses. Les plus petites se dtangirent en iUrsitlom 
de la peau vblancbfttreSfUn peu luisantes et ^paisses. Toute la place 
redevint blanch&tre , cependant les plus grosses pustules rest^rent 
rouges pendant cinq jours encore : elles diminuftrent ensuite pen i 
pen, et quelques-unes seulement se desqoamirent ; car pour les 
autres , on apergut seulement , en frottant la place , de petites 
peaux qui s'attachaient aux poils du bras. Les pustules disparurent 
peu k peu des deux places frictionn^es; mais il resta pendant quinze 
jours encore un prurit sensible] qui forgait k gratter , ainsi que , 
par momens , nne sensation de pesanteur et de tension au bras 
gauche. 

Le 19 noYembre , k 8 heures du soir , friction fiiite avec quatre 
gouttes sur T^piderme au-dessus de la region pmbilicale. 

Sensation de chaleur et legire ardeur k la peau. Le lendemain 
matin , pression dans la region de Testomac et plenitude, et oppres- 
sion de la poitrine. Pesanteur et legire paralysie du bras gauche. 
Pustules semblables k celles qui avaient paru sur le bras , non pas 
pointues , mais un pen plus larges , plus rondes , plus molles. Elles 
disparurent sans accident notable. 

Des experiences faites sur les roalades , nous citerons celles-ci : 

Un homme de vingt-cinq ans, (1) atteintd^une fi^vre nerveuse', 
avala par m^garde deux gros et demi d^huile de croton , destinee k 
des frictions. Trois quarts d'heure aprte , on le trouva dans T^tat 
suivaot. 

La peau ^tait froide et couverte' de sueur , le pouls presque en- 
tiirement comprim^ , les battemens du coeur presque fnsensibles et 
la respiration tr^s-p^nible ; les bouts des doigts, les mains, le tour des 
yeux et les livres bleufttres , la langue froide , les globes des yeux 
immobiles et k demi ferm^s ; le ventre tr^s-sensible au toucher. Le 

(i) Journal de Chimie, octob. 1839, p. 509. 

IT. 13 



104 Bsymt joLtk utacxn sPBcmQui.' 

malade s'eflbrf^ ei| vain de Tomir. On lui chatouilla lahiMa et le 
pbarynx ^vec le doigt et avec la barbe d'lme plume 8an9 socete ; il 
ne i^ndit qu'une mucosit^ visqueuse , teinte ^videmment par rhoile 
(le croton , mais il n'y ea avait gu'^f^e petite q^^atite. 
jjl Gependant les $y^)ptAmes d'empoUoimeQient s^ d^vft)oppaient 
9ivec ttne rapidity effrayaate. Au bout d'une beiire fit fl^mie, il y eat 
id^ selles involontaires extraordioairej^ent abondantoi. )/^ malade 
iprouvait un brulement tout le long de Tossophage. Tput Ijb bus- 
ventre ^tait extr4mew^nt sensible ; la peau devipt issei^sible fit le 
malade mourut apris quatre beures de ^uffrantsei. 

B^l{y{i) administra une gouttvii'huile de crotou h un jeune homnofi 
de vingt-quaire ans , qui aviut le ver solitaire. Il eut s^pt ou buif 
sell^$ et reodit plusieurs aunesde iceuia. Au bout de quelq|ie# jours^ 
il en rcQut deux npuyelies gouttes. II eut de nouveai^ plusieuni 
selles et rendit les restes du taenia avec un gros ascaride. liepuis 
cette ^poque , il n'a ressenti aucun symptdme qui annon^^t Ig pre- 
sence d'un ver soiitaire. 

Puccinoui (3) donna a un jeune homme de vingt-cinq ana, qui tivait 
le ver solitaire depuis six ans , une goutte d'huile de croton. U eut 
huit selles jaun^trea sans maux de ventre et rendit une quantite 
de morceaux de ce ver. Le malade se crut gueri, mais un mois 
apr&Si il ^prouva de nouveaux sympidmes douloureux. 11 prit de 
noiiveau de Tbuile de croton pendant plusieurs jours. Plusieurs 
morceaux de toenia putrefie sortirent et le malade fut gu^ri. 
Puccinotti a vu Tbuilis ^de croton tout aussi efficace dans deux au- 
tres cas. 

Schneider (3) a vu des enfans rendre des vers et des ascarides k 
la suite de frictions exterieures. {Archwes homceopathiques^vol, XIX. 

cah. 1. p, 113.) {La suite au prochain nianSro.) 

(1) Froriep's Notizen, XXIV, p. 444. 

(2) Froriep's Notizen, XII, p. 32. 

(3) liarless: Neue Jahrb. toI. II» cah. i, p. 82. * 



REVUfi DE LA M^DEGINE SPl^GIFIQUE. Igfi 

ObserTations d'ltalluciiiatlonis 9 

Par le doetenr PEXEOZ. 
. D«axiime p^rtle. (iPbytfiBrpag. 30—- 46.) ^ 

/ 

Avant d'exposer les details dn traitement gae j^ai suivi, je dois Aa- 
blir parmi les hallacinations les distinctions qae nous avons indiqn^s 
pr^cedemment , et qne les auteurs ont n^glig^es jasqn'a ce joar, a cause 
de Timportance secondaire et purement symptomatologiqae qui lenr 
6lait attribuee. Ges distinctions portant, non pas snr les caracteres 
psychiqueB des hallacinations et des illusions , mais sur leurs rapports 
avec r6tat g^n^ral intellectuel de Thallucine. 

1^ Les hallucinations sont simples , isol^s. sans autre trouble de 
I'intelligence. Les malades en ont conscience et n'en sont jamais du- 
pes. Ge genre d'anomalie mentale se rencontre assez fr^quemment dans 
les hospices d'ali^^s. 

2° Elies se compliquent de desordres intellectuels plus ou moins eten- 
dus, affectant pins particulierement le type ou la forme de la mono- 
manie. Elies ont precede ces desordres ; eiles en sont le point de de- 
part ; elies les excitent et les entretiennent. 

3° D'autresfois, loin d'avoir provoque le d^lire, elies semblent en 
^tre la consequence : par leur origine, par leur nature, elies se ratta- 
chent aux id^es fixes, qui ont d'abord domine le malade ; dans ce cas- 
ci , elies ne sont vraiment qu'un sympt6me. Gela n^est pas dans le cas 
qui precede , ou elies sont la lesion intellectuelle. 

Dans les deux premiers cas^ lorsque le traitement est direct , spe- 
cial , la guerison est possible ; elle est au moins douteuse dans le der- 
nier cas, car les hallucinations pourront etf*^ ane^qties, mais le delire 
continuera, et par la persistance de la cause, tot ou tard , elies finiront 
par reparaitre. G*est encore ce qui arrive lorsqu'o|i a affaire a des hal- 
lucines en demence. Nous avons traite onze hallucines par la datura. 

Ghez huit d'entre eux , les hallucinations etaient primitwesj qnatre 
(sur ces huit) avaient la conscience plus ou moins nette de leur delire : 
tous ceux-la ont gueri. 

Ghez les trois autres, qui sont rest^s rebelles au traitement , les hal- 
lucinations etaient consecutwes , ou compliquees d'un profond etat de 
demence. 

Yoici les faits : 

Je ii'ai rien a 41 re de ).' action de la datura sur Thomme sain et des 



» 



« 



propriety therapeuiiques qui iui ont ete reconnues avant nous. Je ne 
sauraisrien ajoutera ce qu'en disent MM. Trousseau et Pidouxdans leur 
traite de therapeuiique et de matiere medicale. Je me contenierai de 
rappeler que d^ja Tessai en avail 6te fait dans le traitement de la foHe 
par quelques auteurs, entre autres Stork, Schneider, Bernard, etc. Les 
resultatfl en ont M eontestes , et Topinion , fiottani entre let assertions 
les plus opposes , et qui toutes n^nmoins avaient la pretention de 
s'appuyer sur rexp^rience , est reside indecise , etle mMicament est 
tonib^.dans un profond oubli. 

II est vrai de dire que ni la specialite d'action dont jonit le medica- 
ment , ni le genre de la maladie centre laquelle il ^tait employ^, ni 
les circonstances psychiques ou iwiUioIogiques qui devaient modifier son 
action et son emploi , n'avaient 'Ae pris en consideration par les ex- 
p6rimentateurs que le seul empirisme parait avoir guides «. 

Nops avons expose au commencement de ce travail les vues theo- 
riques qui nous ont engage a combattre les hallucinations par la da- 
tura ; nous devons leur donner maintenant la sanction des faits. 

Nous avons employe la datura (extrait aqueux) en pilules et dissoute 
dans une potion d'eau de men the : 

1® A dose moder^ et successivement croissante ; 

2* A dose elevie ; 

3® A dose tres- forte, on perturbairice, 

LesefFets generaux du medicament, son action medicatrice^ ont va- 
rie comme son mode d'administration ; il en a ete de memo de la mar- 
che des maladies et de leur terminaison. En consequence, nous range- 
rons nos pbservations en trois series. 

Premiere sirie (trois observations ) (i). 



Emploi de la datura A dose pea ^lev^e. 

Obsert^ation premiere, Emmanuel P... est age de trente et un ans, 
d^un caractere triste , morose , timide a I'exces. II n'y a point d'alienes 
dans sa famille, mais son pere avail i'habitude de Tivresse. P... af- 

(1) Ces observalions et les suivantes ont ^t6 recueiUies a la Ferme Sainte- 
Anne , dont le service provisoire m'a M confix pendant pUisieurs mois. Les ma- 
lades appartenaient a la premiere section (alien^s) de Bicetre , dont M. le docteur 
Yoisin est niedecin. 

Je suis heureux de irouver ici Toccasion d'exprinier au savant confrere et col- 
legute que je viens de uommer conibien je Iui sals gr6 de Tobligeance noble et 
d^stnt^ress^e qa*U a Inise a fsvoriser mes essais tbirapeutiqaes. L*autear des 



REVUE BE LA MlfeDECINE SPlfiCIFIQUE. 197 

firnie n'avoir jamais abuse de la boisson , bien que , chaque fois qu'il 
a du chagrin , il eprouve on singulier penchant a s'y livrer. 

Emmanuel, jugeant tresbion son etat, est venu de lui-meme a 
Thospice. II attribue sa maladie a des peines de coBur. II y a un niois, 
il a ete pris d'insomnie, de palpitations , de ipaux d'estomac , de mauxLv 
de tele , qui lui serablaient provenir de secousses, de coups qu'il aurait 
recus sur le crane. II tombe dans la tristesse et Tabattement , il a peur 
de tout^ se defie de toutie monde. II cesse de travaiiler et recherche 
la solitude. Quelques jours apres, hallucinations de la vue , de Tome et 
de la sensibilite general e. 

La nuit , et quelquefois pendant le jour , Emmanuel entend des voix 
inconnues, qui letraitent de la maoi^ la p1usiRdi{|;ne, I'appelantsce'- 
lerat, gueux, assassin. Une fois, fane d'elles lui a crieaTCC force ; 
ci Je suis ton pere que tu as fait mourir de chagrin ; ne me reconnais- 
tu pas? » et en ce moment il crut voir pres de son lit le spectre de son 
p6re, mort il y a pen d'annecs. 

La situation du malade n'avait pas change lors de son entree k la 
ferme Sain te- Anne. Lc 3 decembre j840, je prescrivis Yextrait de 
datura , a la dose de 40 decigrammes matin et soir. Les premiers jours, 
E... se plaint de legers etourdissemens, d'un pen de trouble dans la 
vue. Le matin , la lumiere lui fait mal aux yeux. II dort , mais d'un 
sommeil interrompu par des reves bizarres , tels qu'il ne'se souyient pas 
d'en avoir jamais fait. A ces reves se melent souvent ses hallucinations 
habituelles. Ces effets du medicament , dont j^avais eu soin cependant 
de TaTcrtir, I'effraient, il craint de perdre tout-a^fait la tete et je ne 
le decide qu'avec peine a en continuer Tusage. Peu a peu , les nuits 
deviennent plus calmes, le sommeil pro fond. Plus de reves, plus d'hal- 
Jucinations. E... en temoigne son contentement , est moins sombre, 
plus communicatif , se livre avec assiduite aux travaux de la ferme. 
Cependant , le mieux est loin d'etre absolu. Je regrette de voir le ma- 
lade a peu pres indifferent a sa situation. Cette apathie est I'indice 
d'une perversion des affections morales. Je redoute une sorte de de« 
mence affectwe au debut , centre laquelle toute medication devra 
echouer. Cet etat persiste jusqu'au mois de mars de Tann^e suivante, 
ou it parait enfin sortir de sa torpeur. E... me prie instamment de 

Ca%8es morales ct physiques des Maladies mentales ^ de I' Homme animal p de 
.Viducatioi} des idiots, etc. , est assez fort et assez gin^reax pour ne pas crain- 
dre de venir en aide k cenx qui veulent trayailter. II pense que le travail ne doit 
pas £tre monopolb^ , et qu'il ne suffit pas de faire le bien , mais qu'il fant encore, 
si on le peut, mettre les autres k m£ine de le faire comme vous; autrement on 
aurait peut*6tre droit de suspecter ia puret^ des motifs qui vous font agir, malgr^ 
ros protestitions de n'avoir en vae que le plus ^rand bien des nialades. 



198 RBVUE DE LA M^DECINE SP^GIFIQUE. 

lai rendre la liberty. J'attends encore, n'etaDt pas soffisamment ras- 
sure sur la solidity de sa gu^rison. Enfin mes craintes ne tarderent 
pas k s'^vanouir et je Ini accordai sa sortie le 19 mai 1841. 

Le malade dont il Tient d^^tre question a ^te sounds a mon obser- 
, servation depuis son entree a BicStre jusqu'a sa sortie de Sainte-Anne. 
Sa sant^ physique ne m'a jamais offert le moindre derangement. Ge 
n'est qu'en le presisDint de mes questions que j'ai eu connaissance des 
quelqnes troubles de ['innervation qui avaient precede Texplosion du 
d^Iire. Combien de malades en sout la ! combien de faits de ce genre 
servirontde base aux theories des partisans des maladies de Tame oa des 
dirangemens de la raison^ anxqiiels il faut absolument des « congestions 
cMbrales , des paralysies , de Fagitation , de la loquaciU , etc. , » 
pour c'roire aux lesions physiques dans la folic ! 

La duree de la maladie , certaines predispositions her^taires et , 
par-dessus tout , Y imminence de la dimence etaient des circonstances 
bien defavorables et qui laissaient pen d'espoir d'une guerison spon- 
tan^. Gette guerison a 6t6 obtenue apres un mois de traitement par 
la datura. 

Obserf^ation deuxihme. M... ( Hyacinthe ) , commissionnaire a me- 
daille , est enyoye a Sainte-Anne , dans les premiers jours de novem- 
bre 1840^ II etait ^ Bic^tre depuis une dizaine de jours. Deja il aTait 
sejourne dans cet hospice depuis le mois de mars de la memo ann^ 
jusqu'an mois d'octobre. ILen sortit non gueri , sur les instances reit6- 
r^s de sa femme. Des chagrins , peut-etre quelques exces de boisson, 
qui 6taient en dehors de ses habitudes , mais auxquels il s' etait livre 

pour s'etourdir, la suppression brusque d^un caut^re telles sont les 

causes probables de la maladie. Au debut : hallucination de Touie et de 
la Tue , violens emportemens centre les personnes que le malade soup- 
9onne en 6tre cause. 

14 novembre« M... est calme, mais domine par les hallucinations 
eiles conceptions delirantes qui Tayaient rendu la terreur de sa temme, 
de sa fille et de touis ceux qui Tenlouraient. 

II accuse sa femme d'infid6lite ; il entend sa voix ; elle lui apparait 
partont o^ il se troure , dans son dortoir, dans les champs , etc. 

M..., qui raisonne avec justesse sur tons les sujets etrangers a son 
delire , ji'apprecie en aucune maniere les hallucinations dont il est le 
jouet. La c^nte physique est irreprochable. Le cautdre , qui avait 6t^ 
retabli des les premiers jours de son entree a Bicetre , est sec depuis 
loDg-temps. 

20 novembre. Chaque jour, soir et matin , prescription de 10 cen- 
tigrammes d'extrait de datura , infusiOn de tilleul pour boissoh. 

Le 22. ^esi^iAeuV & la tete , reVasserie , nuils agitees , dialeiu^ a la 



REYUE VE LA MjtDBCmE SPI^GIFIQini. 190 

gorge, boache seche et pateuse, le matin. Rien de nouTenn , qaaAt 
aux haliacinations , si ce n'est qae le malade paraii y attacher moins 
d'importance et ne pass'en inquieter autant. Je lui pennets de voir sa 
femme , qui m'assure n'avoir pas trouv^ son mari aussi bien depuis lb 
commencement de sa maladie. J'augmente la dose de datura de 5 cen<^ 
tigrammes , matin et soir. 

26 noyembre. Depuis- bier, e'est-^-dire cinq jours apres le c(mi~ 
mencement du traitement, les hallucinations a'ont pas reparu. M...re-*- 
connait qu'il a ete sottement dupe pendant plusieurs mois. II se . dit 
ga^ri ; itiais , au reste , il s'en rapporte oompletement a moi et attend 
avec confiance. 

Vn Taneiennete de la maladie^ j'ai oolitinue la prescription jusqu'av 
1'' decembre. L'amelioration signal^e preiildemment n'a pas oess^ de 
faire desprogres. M... a yu plusieurs fois sa femme, sa fiUe , diversei 
personnes de sa connaissance. Son bon sens n'a pas ete en defant lui 
seul instant. Jugeant bien la position dans laquelle il a ete depuis pres 
d'une annee , il a attendu avec resignation que je lui delivraase sou 
billet de sortie. II y a six mois que M.. . a quitte I'hospice. II a repris 
son travail habituel ; je Tai revu plusieurs fois depuis , sa sante est par* 
faite. 

La promptitude aveo laquelle quelques centigrammes de datura 
ont fait justice d'une maladie qui avait pres d^un an de date, et centre 
laquelle tout traitement avait ecboue , I'absence complete de tout sym- 
pt6me physique , tels sent les traits les plus sailkns de Tobservation 
que nous venous de rapporter. 

Obsert^ation troisieme, G... esta Sainte-Anne depuis deux mois envi- 
ron , il n'est reste que tres-peu de jours a Bicetre. II dit ^tre malade 
depuis plusieurs mois, sans pouvoir assignor Tepoque precise a laquelle 
le mal a commence. 11 serait egalemeut i'orl en peine de dire quelle ea 
est la cause , a moins que ce ne soit une trop grande assiduite a sou 
travail. 

II se passe peu de jours que G... n'entende desvoix d'individus avec 
qoi il a eu des relations d'affaires. II n'a jamais compris ce qike lui di« 
aaient ces voix dont il n'a ete dupe que peu de temps, IcMrsqu'elleiB oat 
oommence a se faire entendre ; il iui semble meme qu'elles ne parlent 
pas toujours fran9ais. EUes sont plusieurs , des petites , des grosses , 
dans tons les tons. Les premiers jours , c'ctaient de siiiiples oris inarti- 
oules> ou bien « je croyais , dit le malade, qu'on me soufflait dans les 
oreilles. » J'engage G... a prendre, matin el soir, une pilule de 10 cen- 
tigrammes de datura. Apres cinq jours de traitement, les hallucinations 
ont cesse. 

Cu«.« m'aaMre qiie la susceptibilite de nerfa dont il a'etait plaint 



300 AEVUB DB LA MSDEONE SPtoFIQUE. 

^tait toai-a-iail calmee, que ses imaginatioDS ravaieni quilt^, et qu'il 
■e sentait en £tat de reprendre son travail. 

Le deoxi^me joar, il avail ea des ^tourdissemens, on pen de trouble 
dans les idees , dans la vue ; il avait senti des douleurs passageres , 
oomme des crampes dans les jambes , qnelqnes palpitations. Le mienx 
a'^tant maintenu pendant pres de deux mois , je lui accorde sa sortie. 

Nous trouvons dans Tobservation qu'on vient de lire un £ait pby- 
siologique sur leqnel j'appellerai Tattention. Au d^but de la maladie , 
C... croyait qa'on lui criait^ qn'on lui souffUui dans les oreilles. Si Ton 
prend la peine de bien interroger les malades , on verra que le meme 
sympt^me s'est inanifeste chez le plus grand nombre des hallncines ; 
trii-souvent 9*a ete la le point de depart, ou mieux la ybrme embryo- 
fiique des hallucinations. Diriger centre de pardls -desordres un trai- 
lement tout moral, n'est-ce pas, je le demande, commander aux 
bruissemens qui se produisent parfois dans les Taisseaux sanguins , de 
cesser? A moins d'avoir la puissance mysUrieuse des magnetisenrs , je 
Qe puis croire que personne puisse operer ce miracle. 

DeuxUme sirU (deux observations). 
Emplbi de la datura k dose ^lev^. 

Observation quairieme. R... (Louis), ouvrier terrassier, a deja 
epronv6, vers la fin de Tannee 4839 , des accidens a pen pres sem- 
blables a ceux qui, cette fois, ont necessite son isolement dans un 
hospice d'ali^^. II avait ^rouv6 de violens chagrins , et pour s'^tour- 
dir, il avait , selon son expression , un peu force sur I'eau-de-vie. Une 
nuit qu'il etait couch£ dans la meme chambre que plusieurs de ses 
camarades, il entend tout-a -coup des voix qui lui semblaient partir de 
tons les coins de la salle. Elles Taccusent de crimes imaginaires , lui 
annoncent qu*il sera pendu \ qu'il aura le poignet droit coup6 comme 
un parricide. Louis , glac6 d'epouvante, s'^tonne de voir tout le monde 
autour de lui dans le plus profond sommeil. II se recouche , convaincn 
qu'il est dupe de quelque reve facheux. Sa tete est a peine posee sur 
I'oreiUer , qu'il epronve de forts bourdonnemens d'oreilles , et que les 
Toix se font entendre avec plus de force que la premiere fbis. II eveille 
les camarades, les interroge , et bientdt ne doute plus que sa t^te , ainsi 
qu'il le disait, ne soit tout-a-fait detraquee : pendant plus de cinq mois , 
les voix ne cesserent de le poorsuivre jour et nuit. Louis n'interrompit 
point pour cela ses occupations , et peu a peu , avec le temps ^ il finil 
par ne plus rien entendre* 

V^ri le mois de deeembre 1840^ Iqs mAmea hallacinatiopg i'^siail"- 



BBTUE BE LA M^DECINE SPtoFIQUB. 201 

lirent de noayean. Louis > depuis bien long-temps, avail teptis ses 
habitudes de sobriete et n'avait pas le moindre exces de boisson a se 
reprocher. II se livra a des actes d' extravagance qui le firent enfermer 
a BicStre. A son entree a Sainte-Anne , Ics hallucinations n'ont riea 
perdu de leur intensite et I'obsedent jour et nuit. 

27 Janvier. Je prescris une potion gorameuse , avec addition de 
25 centigrammes d'extrait de stramoine , a prendre par petites cuilie- 
rees le soir en se couchant. Leger mat de gorge , bouche pateuse et 
seche, enchiirenement , frisson par tout le corps. Louis s'endort fort 
tard , et cette fois pas une voix ne vient troubler son sommeil. ^ 

28 Janvier au matin. II se plaint de bourdonnemens d'oreilles. 

29. Dans. la soiree, au moment de s'endormir, il a encore entendu 
des voix ; il a moins bien dormi que la nuit precedentc et a beau* 
coup reve. 

28. Le matin, a la visite , Louis vient au-devant de mpi : « Je vais 
mienx, me dit>il , mais je retomberai si vous ne me donnez pas une autre 
potion. » J^accede a sa demande. Memes effets g6neraux que ceux indi- 
C[u68 plus haut. Les hallucinations se taisent, etil n'en est plus question 
pendant trois jours et trois nuits cons^cutifs. 

2 fevrier. Des bourdonnemens , des voix confuses ont encore inquiete 
le malade , toujours imm^diatement avant de s'endormir : nouvelle po- 
tion ; la dose de datara est portee a 30 centigrammes. 

3 fevrier. A partir de cette ^poque , le malade n^a cesse de jouir de 
la tranquillity la plus parHaite. La sante physique n'est pas moin^ bonne 
que la sant6 morale. 

Le 45 £6vrier, je lui offre sa sortie ; mais sur sa demande d'attendre 
encore pour Stre sur qu'il ne retombera pas, je le garde jusqu'au 26 
du mois snivant. 

J*ai revu ce malade il y a une quinzaine de jours ; sa sante etait 
toujours bonne. 

J'ignore si quelques exces de boisson ont ete pour beaucoup dans la 
maladie dont Louis a ii& atteint , mais je prie qn^on ne perde pas de 
Tue que le premier acces a dure plus de cinq mois , et que le deuxieme, 
auquel certainement on ne pouvait donner une origine semblable , et 
qui avait quatre on cinq semaines de date , a ete arrSte apres six jours 
de traitement. 

Observation cinquieme, €..•, agede&5ans, filsnaturel, n'a connu 
qae sa mere^ qui jouissait d'une bonne sante. 11 a re^u quelque Educa- 
tion, a servi vingt ans, est decore. II s'est beaucoup adonne auxfemmesi 
n'a point abus6 de la boisson. En 1834 , il tombe malade pour la pre- 
miere fois. Insomnie, rSves insolites, beSoin irresistible d'aller et venir, 
de ae qaereller avec tout le monde. Qoinse joors aprds ,.Etant a aoa 



202 REVUB DE JA MfiDECniE SP^CIFIQUE. 

travail , il est snrpris d^entendre des yoix qui rinsultent , loireprocheiit 
des crimes qu'il ii*a point commis , le menacent de I'assassiner. Saisi 
d'^pouvante , ii s*6lance dans la rue , et demande aux personnes qu'il 
rencontre si elles^n'entendent pas ces voix. Le trouble de son esprit est 
nianifeste ; on Tarrete , et il est conduit a Bicetre. 

Apres cinq niois de traitement, C... recouvre la sant^, et, sur sa de- 
mande , il reste encore un an a Thospice en qualite d'infirmier. 

Ed Janvier 1837 , il est pris d'un nouvel acc^s qui , comme le pre- 
knier , est pr^^d^ d'une tongue insomnie et presente les m6mes sym- 
ptdraes. Get acc^s a dur^ buit raois. 

Au mois de mars dernier (1841] , troisieme acc6s ,semblable en tout 
point aux deux precedens. G..., qui pendant son service d'infirmier 
avait appris a connaitre le ph^nomene si bizarre des bailucinations , et 
qui , cette fois , etait sur ses gardes , cbercha a combattre celles qu'il 
^prouvait de nouveau , et lutta avec succes pendant une quinzaine de 
Jours. II finit pourtant par en ^tre compl^tement domine. Une nuit , il 
est ^veill6 par la voix de son chien , coucb6 au pied de son lit. Cet 
animal y auquelG... etait fort attache, lui demandait a boire et ltd 
annon9ait qu'il avait resolu de le quitter, parce qu'il avait pris en hoiv 
reur la vie qu'il menait. G... lui donne a boire et le prie inst.'^mment 
de ne pas quitter son maitre. 

Le lenderaain , 6tant k diner avec son patron , des voix lui orient que 
Ton a mis du poison dans son potage ; il en accuse son patron , s'ehfuit 
de lamaison , etlelendemain est arr^e par desisergensde villc. Gonduitaa 
corps-de-garde , il est de plus en plus importune par les voix. La nuit, 
il est 6veille par un grand bruit , il voit entrer dans sa prison une vieille 
femme de sa connaissance , toat habill^ de blanc , qui lai appOrte k 
manger ( il etait a jeun depuis plus de trente heures ). 

G. . . ^tait dans cet 6tat de d6lire lors de son arriv^e a la ferme , le 
28 mars. II se persuadait en outre que , lorsquenous causions ensemble, 
je Ventendais penser : la constitution de cet homme est robuste. II assure 
n'avoir jamais fait de maladie s^rieuse et jouir pr^sentement d'une 
excellente sante pbysique. (Potion avec 25 centigrammes d'extrait de 
Btramoine k prendre en se coucbant. ) 

20 mars. EfTets gen^raux a pen pr^s nuls ; quelques voix seulement 
se soot fait entendre le lendemain soir au moment de s'endormir. 
\ T^ouvelle potion ; 30 centigrammes d'extrait. ) 

21. Pendant la nuit , pesanteur de tete , trouble des idees , revasse- 
ries, visions de toute sorte, abattement, faiblesse musculaire extreme. 
Pas une seule voix n'est venue Tinqui^ter ; et , a partir de ce jour , 
G... peut 6tre consider^ comme gu6ri. II apprecie bien sa position an- 
Urieaits , ne t'lmagiae pliM qu^oa l'«uleirii peoser $ GSj^endaat il in 



REVtJE DE LA Ml&DEGINE SPl^CIFIQUE. 203 

d^fid de lai-m^me. Si la voix d'une personne qnelconqae vient frapper 
SOD Oreille , il n'est bien sdr de n'Stre pas le jonet d'une hallucioatioa 
qa'apres s'Stre assure de la pr^ence de cette meme personne. Gette 
d^auce ne tarde pas k cesser , et G. . . est rendu k la liberie aprds lin 
mois de conyalescence. 

Si nons r^snmons cette observation , nous y trouvons , comme faits 
principaux : des hallucinations primitives, un delire lypemaniaque con- 
8&utif, de I'insomnie avant Texplosion de la maladie, pas d' autre 
trouble physique apparent, deux acc^s anterieurs dont Tun dure cinq 
mois , Tautre huit ; quelques jours de traitement par la datura out 
^uffe le troisiSme presque a son debut. 

Troisieme sirie (trois observations). 
Emploi dela datura k dose tr^s-^lev^e oa pertarbatrice. ..^-^^iM 

L'emploi de la datura k dose perturhatrice exige une prudence extre- 
me. II ne faut pas perdre le malade de vueun seul instant, afin de veiller 
sur les effets croissans du remede , sur la marche des ph6nomenes \ les 
combattre s'ils menacent de d^passer la limite. Ainsi fait, ce genre de 
traitement ne doit inspirer aucune crainle , et son incontestable effica- 
cit^ engage k le tenter. 

On verra, du reste, par les observations qui suivent, que le hasard a 
et^ mon premier guide ; et j'ignore si , abandonn^ a ma seule inspira- 
tion , j'aurais ose aborder un mode de medication qui , il faut Tavouer, 
pent effrayer an premier abord. 

Obseri^ation sixieme. — ^Unjeune malade, quelques jours apres son en- 
tree k la ferme , me fit remettre une lettre dont it me suffira d'extraire 
quelques passages pour donner une idee dn genre de folic qui avait neces- 
sity son isbtement. c< Rendez-moi done la liberie pour que je puisse tra- 
vailleractivement a Taneantissement de tous les rois ; je veux reg^nerer le 
genre huraain , je suis destine a mourir a la tele d'une puissante repu- 
blique. Des Tage de huit ans ,j^ai eu Tidee, comme Romulus, debatir 
one ville dans une foret de la Lorraine, qui est mon pays natal..., etc. » 

Comment ces idees de r6generation , de puissance, lui sont-elles 
venues a Tespril? M... I'explique en ajoutant que , « depuis vihgt ans, 
des visions celestes m'ont annonce les choses les plus extraordinaires , 
concemant les rois de la terre , et mon changement en nour- 
rice... , etc., etc. » 

M... a d^ja s^joum^ dans Thospice en 183... Les sympt6mes d*ali^ 
nation etaient peu tranches ; les medecins qui le traitaientsont resttSs 
te dOUte. 



204 . , REVtTE DE LA Ml^DECmS SPI^aFIQUE. 

Aojoord^hui M... est dans un etai continuel d'excitaiion ; il esioc* 
cape , une bonne partie de la joornee , a ecrire ce qu'il appelle sa 
correspondance avec ie roi des Fran9ais , avec le prince de Metternich , 
avec Ie pape. Lorsqu'on TenToie aux champs , il contemple les naages 
dans lesquels il voit apparaitre dos signes miracaleax, des legions 
d'hommes armes. II entend la voix des anges qni loi annoncent ses 
futures grandeurs , Tencouragent dans ses projets. 

Plnsienrs fois il lui est arrive de griraper dans les arbres et d'attacher 
aux plus hautes branches son mouchoir de poche , afin de correspondre 
avec ses partisans... 

Pendant an mois que M... a passe a Bicetre , son etat n'a point yarie. 
Dix jours apres son arrivee alayerm«, je ie soumis aTusage db ia datura 
a doses fractionn^es (10 centigr. ). 

Des les premiers jours du traitement, M... 6prouve dela somnolence, 
un pen de constriction a la gorge ; il lui semble qu'une calotte de plomb 
( pour me servir de ses expressions ) lui comprime les tempes , Taba- 
sourdit...; du reste, il dort mieux, et par consequent les visions de la 
nuit Je laiss^nt' un peu plus tranquille ; Texcitation generale a baisse 
graduellement , et m^me , par momens , fait place a un peu de me- 
lancolie... Les convictions delirantes sont les m6mes. 

Vers la fin da mois de Janvier (le traitement durait depuis dix-sept 
jours ) , de nouvelles hallucinations se joignent aux premieres. Pendant 
la nuit, etant parfaitement ^veille , le malade voit des cercueils ranges 
autour de son lit , des spectres se tiennent aupres , debout , un cierge a 
la main et chantant la priere des morts. . . « Toute cette fantasmagorie 
me fait horriblement peur , me disait M... , je n'ai jamais eu celaa 
Bicetre, renvoyez-y moi,je ne peux plusrester ici. » 

Cependant , a partir de cette epoque , Tetat du malade s'est progres- 
sivement et rapidement ameliore. M... ne convient pas d*abord avoir 
ete dupe des etranges hallucinations dont nous avons parle , mais il 
s'efforce de les justifier , d'expliquer ce qu'il appelle son erreur. Je le 
mets en rapport avec d'autres malades hallucines^ et il entreprend de 
leur faire sentir Textravagance de leurs id^es. L'excitation premiere 
est tout-a-fait tombee: M... travaille avec assiduite. ou cherche a se 
distraire en jouant aux cartes, an loto, avec ses compagnons d'in- 
fortune. 

Malgre ces signes certains de son retour a la raison , le malade n'en 
continue pas moins 1' usage de la datura. Un peu d'excitation se faisait 
encore remarquer a de longs intervalles , et je n'avais pas encore Ten- 
tiere conviction que M... fut completement debarrass6 de ses hallu- 
cinations. 

Un incident , amen^ par I'irr^flexion et I'etourderie du maladci vint 



ntVXit Ofi LA MBDfiCtMfi SPEGIFIQU12. ^ 205 

niociifier le traitcment et donner lieu a des resuUats dont je das tenir 
compte par la suite : persuade qu*il n'avait plus besoin d'aacun re- 
xnede, M..., au lieu de prendre les pilules qu'on lui remettait matin 
et soir, en conserva cinq qu^un beau matin il avala tontes d'un coup. 
Deux heares apr^s, M... ^roava des naus^es, des yomissemens, una 
forte constriction a la gorge, une horrible pesanteur de idte, des pi- 
cotemens dans les yeux. Sa Tue est troublee , les oreilles lui tintent 
avec une force extraordinaire, il resseni alternativement un froid gla- 
cial et une vive chaleur dans tons les membres, ses jambes ff^chissent, 
ainsi que ses mains, elles sont agitees par un l^ger tremblement. Lors- 
que ces accidens coromencent ia se calmer, « une foule d4d6es extra- 
vagantes (c*est lui*meme qui s'exprime ainsi) me passerent par la t6te : 
je me croyais prince , erapereur, richea millions ; je crus entendre 
comme autrefois la Toix des anges ; j'etais tout etourdi du brait qui se 
faisnit autour de moi , et heureusement tout cela n'a pas dure long- 
temps, mais je me promets bien de ne pas recommencer I'experience. » 

Dans la soiree, il ne restait gu^re de tons ces syraptdmes d'intoxica- 
tion qu'une faiblesse g^n6rale qui se faisait sentir principalement dans 
les extr^mit^s infer ieures. 

Le lendemain nous trouvons le malade parfaitement calme et plus 
sense que jamais : « J'avais doute jnsquMci , nous dit-il , de la puissance 
de la medecine ; mais d'apres ce que je viens d'eprouver, je me garderai 
bien d'en douter encore. » 

Du reste, a dater de cette ^poque, M... n'a plus eu d'hallucination 
d'aucune espece, et a pris part ayec une louable activite aux divers tra- 
vaux de la ferme. De temps a autre, il m'a temoigne le desir derecou- 
vrer sa liberie, mais sans se rendre jamais importun. Ces jours derniers 
(f[n d'avrii), je lui ai permis d'ailer faire yisite, accompagne d'un garcon 
de servi<;;e , a une personne de sa connaissance qui s'etait interessee a 
lui durant son sejour a Paris. G'etait une premiere epreuve dont il 
s'est fort bien tire ; nous sommes au 20 juin , la convalescence dure 
depuis plus de trois mois ; je me dispose a lui accorder sa sortie de- 
finitive. 

Observation seplieme, L... est age de quarante-cinq ans. Depuis 
huit ans il estsujet a des attaques d'epilepsie. Un oncle maternel , un 
cousin alien^s. Son grand ^pere est mort en etat de manie furieuse. Son 
pere est mort a soixante-deux ans, paralytique. Sa mere, depuis son 
relour d'age, est sujette a des etourdissemens qui vont jusqu'a la syn- 
cope, ct a, de temps en lemjis , des visions, 

L... a toujourseu un caractere violent, emporle : ilavoue que, pour 
une cause insignifiante, sa colere peut allcr jusqu'a la fureur. Etant au 
service, un maitre d'escrime le dissuada d'apprendre a faire des arraes, 



206 BEYUB DB LA M1&DEGIIIB SPliCIFIQUB. 

a cause de la violence de son caract^re. Un jour, il sonffleia son fbar- 
rier, parce que celui-ci lui parlait ayec hauteur. 

Les acc^s d'^pilepsie, jasqu'a I'epoque de son entree a la ferme, on 
nn pea aaparavant, 6taient tr^s-rapproches ; a deux reprises, les gran- 
des attaques oni et6 suspendues durant troia seni{|ine9* ^?s Yerti|;es se 
renouTelaient a pen pr^s chaqvie nuit. 

II y a onze ans, c*est-a-dire trois ans avapt les acpiden^ nervenx , 
L. . . est pris tout a coup d'hallucinations. £tant dans pn champ a £aa- 
cher, la t6te nue exposee a un soleil ardent (c'<6tait an mois de juUlet)^ 
il entend une toix qui lui crie : sauve-toi ; il lui semble qu'on lui donne 
un cpup violent sur I'estomac , il voit un homrae qui tourne une m6- 
canique. 

Ces hallucinations, on d'auires analogues, se ronouvelerent assez fr^ 
quemment ; par la suite, L... les appreciaita leur juste valeur. Sa raison 
n'etait pas autreroent derangee. 

L' alienation mentale n'est bien manifeste que depuis deux ans. 
Quelques heures avant que Tacces epileptique se declare, L... cber- 
cbe d*un oeil inquiet tout autour de lui ; il entend des yoix qi^i partent 
de dessous les paves, qu'il loi semble voir s'agiler, s'eptrecbpquer. 
Les oreilles lui tintent ; ses yeux se couvrent de nuages que des Qu- 
eues sillonnent de temps a autre. 

Fr6quemment , dans la nuit , qu'il survienne on non des vertiges, le 
malade fait les reves les plus extraordinaires ; il se croit transporte sar 
des montagnes entour6es de precipices ; il voit des lacs , des rivieres , 
entend le fuugissement des torrens, le chant des oiseaux, se croit pour- 
suivi par des betes fcroces ; des hommes arm^, qui Tappellent a grands 
oris, lui font des menaces. Reveille en sursaut , la plupart de ces I'lna- 
ginations le poursuivent encore et le portent a des actes de folic. L... se 
persuade qu'il est sous Tinfluence d'un raagicien , d'un etre invisible 
qui est Tautcur de toutes ses extravagances. 

Le 10 Janvier 4841, le malade a ete soumis a Tusage de la datura a 
petites doses (10 centigrammes d*extrait matin et soir). Les effets ont 
6t6 completement nuls les cinq premiers jours. 

Les trois jours suivans , le malade negligea de prendre ses pilules ; 
puis , un soir, il s'avisa de les avaler toutes d'un coup. La dose du me- 
dicament se trouva ainsi portee a 6 decigrammes. Pen a pea , il est pris 
d'etourdissemens , sa vue se trouble , des nuages lui passent devant les 
yeux , il a froid \ ses mains , ses pieds sont glaces \ la bouche seche et 
pateuse , sentiment de constriction a la gorge. L... est saisi de terreur; 
il essaie de se lever , il cbancelle et retombe sur son lit , il sent que ses 
idees se troublent , que sa t^te Tabandonne. 

Le lendemain , a la visite, ila Tairegare , absolument comme s'il ve- 



HEYim im Lk KJ^EaNE SPtoFIQUE. 307 

Bait d'avoir nne forte attaqae d'epilepsie. II parait comprendre les 
qaestions que nous lui adressons ; mais il lui est impossible d'y r^pon- 
dre avec precision , et il parvient difficilement a articaler quelquesmots. 
\Jn leger tremblement agite tout sod corps ; il hesite en marchant , soq 
attitude est cell^ d* W homme i?re on d'un individu i|ttctint d'one pa-^ 
ralysie generate tres-avanc^e. 

Ces divers accideos ne tardeat pas a perdre de leur intensite ; le soir, 
ik etaieut opmpletem^Dtdissipes. 

I^a nuit d'^pres , le malade. a dormi d'un sommeil calme et prpfpnd. 
Plus de rSyes , plus d' hallucinations. 

II en est de m&me des jours ^^ivans. Gbaque matin , L.«. nopsrapete 
qa'il ne s'est jfiinais aussi bieu porte, que sa giierison est certaipe; il 
nesait comment nous exprimer sa joie et sa recopnaissanqe. 

Un mois apres , il est envoye a Sainte-Anne. Jusqu'au 17 Janvier , 
son etat ne subit aucune modification. A cette epoque , quelques pro- 
dromes d'epilepsie \iennent a se manifester; L... retombe dans ses re- 
Tes d'autrefois , parle seul la npit , appelle sa femme , ses en fans ; il 
quitte son lit et ne peut plus le retrpuver, prend les yetemens fl'un autre 
malade pour les siens ; il s'inquiete et me temoigne la erainte de rede- 
Tcnir malade. 

Enbardi par les heureux resultats dont nous anions ete redevables 
an hasard , j'administrai Textrait de datura a la dose d'un grain (5 cen- 
tigrammes) chaque demi-heure. Apres la neuvieme.dose , les sympto- 
mes d'intoxication avaient acquis une assez grande intensite ; ils ne 
differaient en rien des prec^dens , si ce n'est par une faiblesse generale 
plus marquee et par un profond assoupissement , qui dnra pres d'une 
heure et demie. 

Le succ^s de la medication ne fut pas moins prompt ni moins com- 
plet que la premiere fois. Depuis ce temps, L... n'a oesse de jouir d'une 
Bant6 physique et morale a pen pr^s irr^prochable. A deux ou trois re- 
prises , la nuit , il a eprouT^ quelques vertiges , qui , du reste , n'ont 
altere en rien le bon etat habituel de sa sante morale. 

J'ai prolong^ autant que j'ai pu le temps de sa convalescence. J'ai 
du enfin c6der a ses soUicitations et le rendre a sa famille. II a quitt^ 
Sainte-Anne , le 10 mai dernier. 

Oifsert^ation huUieme, G..., agede cinquante-quatre ans, couvrenr, 
entr^a la ferme le 26 fevrier lS4i. Aucun membre de sa famille n'a 
^te atleint dc mnladic mentale. Son pere est mort a quatre-vingt-deux 
•Ds , jouissaut de toules ses facuUes. 

Pendant sa jeuncsse , caractere sombre, decant, habitudes d'ivro- 
gnerie qui ont ceBs6 pen a pen avec les progres des ann^s. 

11 y a cinq ans , chnte d'un premier etage , acqidens c6rebraux « coma 



$08 BSttTB DB tA inBD^GIHB SPiCIFtQUt. 

qui tie se dissipe qu'ati boat de plosietirs henres , et poar faire placed 
un delire farieux. 

A dater de cette ^oqne , la bizarrerie , rexcentricit^ de son carac- 
t^re , 8ont de plas en plus marquees , et ses camarades le regardent 
comme timbri, G... foil la 8oci^t6, deyient pareiieax et netrayaille 
que tout juste pour ne pas mourir de faim. 

An mois de d^cembre dernier (1840), G... est tont-ii-ooup saisi de 
terreurs imaginaires. Poursuivi par des toix mena9antes , il se l^ve de 
son lit, sort de sa chambre et se met a courir tout nu an milieu de la roe* 

La police dut intervenir et provoquer sa r^clusion a BicStre. 

Le jour m^me de son entr^ (22 f^vrier), G... nous parait appr^- 
cier avec assez de justesse sa position. « J'eprouve , nous disait-il , des 
terreurs dont je ne puis me rendre compte : j'entends , principale- 
ment la nuit, des voix qui m'accablent d^injures, me menacent, 
m'annoncent des malheurs ; il me semble qnelquefois que ma idte r^ 
Sonne comme une cloche , on bien comme si je la tenais plong^e dans 
nn seau d^eau. Je sais bien que ce sont des illusions 9 il y a plus de six 
mois que je les ai , je ne comprends pas comment j'ai pu m'en eflfrayer 
au point de commettre des extravagances » 

La sante gen^rale est excellente , sauf un pen dHnsomnie. 

27 f^vrier. Prescription de 5 centigrammes d*extrait de stramoine , 
a prendre d'heure en heure. 

Les premiers symptdmes d'intoxication ne se manifestent qu'one 
demi-heure apr^ la cinquieme dose, Boucbe pateuse , envie de dor- 
mir , picotement des yeux , acceleration du pouls , qui se deprime de 
plus en plus. Uji pen plus tard : impossibility d'avaler , constriction a 
la gorge, yiie trouble, presque cecit6 , frisson par tout le corps, ex- 
tr^mit^s bleuatres, Yoix faible ; le pouls est devenu lent, petit : somno- 
lence. Je cesse d'adrainistrer la datura ; 5 decigrammes avaient et^ pris. 

Qaelques heures apres , de tons les symptdmes signal^s ci-dessus , il 
ne restait qu'une faiblesse g^nerale assez prononc^e , un peu d'etour** 
disseraent el le froid aux extr^mites. 

La nuit a et6 excellente , le sommeil calme et profond ; point de 
rSves , point d'hallucinaiions. 

Le jour suivant , meme ^tat. Le mieux se maintient ainsi jusqu'au 
1*^' mars.' A cette epoque, G... ayant eu , deux nuits de suite , de nou- 
velles hallucinations , peu durables cependant , et seulement qnelques 
minutes avant de s'endormir , je iui prescrivis une nourelle potion avec 
25 centigrammes de datura , a prendre par petites cuillerees avant de 
so coucher. La nuit a ete exempte d'hallucinaiions , mais il en est 
survenu de nouvelles la nuit d' apres. . 

4 mars. Troisidme potion de 15 centigrammes de datura. 



Depiiis ce nfoment, imm^iatement avant de s'endormir , quelqnes 
Toix 86 sont fait entendre a trois on qoatre reprises , ei puis ont cesaA 
irrerocablement. 

. G. . . , qai se tronyait bien a la ferme , ne m'a demand^ sa sortie que 
vers la fin d'avril. 

Ilestsortile ii mai. 

Le traitement par la datura n'a pas ^t^ invariablement beurenx , 
il a ^hone compl^tement, on a peu pres, sur deux malades dont il 
nous reste a rapporter lesobserfations. Ges malades, cependant , nous 
ayaient paru dans des conditions de curability assez fiayorables. Quelle 
a pu etre la cause de notre insucces P Chez les deux malades dont il 
f'agit, on obserye un fait moral, pathologique, que nous ayons signal^ 
pr^^demment, dont il importe de tenir J compte ; les hallucinationis 
n'toient pas primiiwes , comme chez ceux qui font I'objet des huit 
premieres observations ; mais elles etaient consicuiwes au delire, n^ 
de lui, enfantees par I'aberration des idees, des conceptions, le desor- 
dre des affections, etc. Serait-ce la Tobstacle centre lequel ce rem^e, 
si efficace dans d'autres circonstances , serait yenu et devait yenir 
^houer? ce serait une preuye de plus de la specificite d'action de la 
datura , action qui se trouverait ainsi comme renfermee dans certai- 
nes limites psychologiques ; impuissante centre les conceptions diliran^ 
tesy les hallucinations auxquelles elle aura impose silence ne tarderont 
pas a dtre reproduites et comme ressuscitees par ces conceptions. 
Quoiqu'il en soit , toujours est-il que nous ne saurions decouyrir d'au- 
rtre diflPerence essentielle y fondamentale , entre les hallucin^s gueris 
par la datura et ceux qui u'en ont eproay6 qu'un soulagement 
momentan^. 

Observation neuvieme. De yifs chagrins occasiones par des querelles 
domestiques et une profonde misere , les fatigues d'une longue route 
entreprise a pied dnrant les chaleurs de Fete , ayaient depuis plus de 
six mois deja porte de graves atteintes aux faculty morales d'un pau- 
yre ouvrier cordonnier, nomme G..., lorsqu'on Tamena a Bicdtre, 
le 48 octobre 1840. 

Apres quelques jours de traitement, C.^. parut gueri ou du moins 
franchementconyalescent, et futtransf^re a la ferme Sainte-Anne« 

Le mieux moral auquel on ayait cru etait le resultat de la dissimu- 
lation. Dans Tespoir de se soustraire au traitement qu'il subissait ayec 
une extreme repugnance, craignant surtout , comme il Tayoua depuis, 
qn*on ne lui appliquat de nouyelles yentouses a la nuque » G... ayait 
feint habilement de renoncer a toutes ses idees extravagantes | qa'il 
semblait prendre plaisir a oensurer et a toorner ea ridicule. 
lY. 14 



JUO BiTUB M hk iiinicaoni iptoi uim. 

Una dizaine de joiln apres ion arm^ ft la fertao , 9 re^l la Y&dte 
d'on beau-fr^re , auquel je doDnai det ifistradioiii pfaj^rea k metlre 
en d6fant I'astuce du malade , dont la bonDe foi coiiuliea9alt ii m'kH- 
•pirer qnelquet doat68» 

Le delire .reparut dans toute son etendae , sons ftbvtes set foHnea. 
Bepnis son entree a Sainte-Anne , comme durant sOB unjoin* i B**. . , 
&•• n'a cei»e d'Aire en butte a une moitiiade d'iUundniy d'halhwkia- 
ti(MBia de tout les seat qui fansaent ton jiigeniieiii« domioent n Tohint^ , 
4UUWI cependant Tentralner a aacnn acie extraTagatil« 

Sea coBapagnooi d'infortnne, an milieii detqaeli il fit f sont da* aipooi 
de polioe charges d'^pier jniqa'ii tes moindref demarofaea; en le prend 
poBT un autre , pour quelqoe so^lerat , quelqiie assaseio caob6 dens 
rhoafuee* Oa lui coupera la tete , on le soiera en deux ^ oo le pknigeta 
'ri^ai^ dam du plomb fondu... , eto. Dei Toix lui font entendre oea iteo- 
Baoes jour et nuii. S'il s' aviso de leur demander pour quelle raison j ks 
Toix r^pondent en ricanant : « Que e'est paroe qn'il n'a paa vn un Di^ 
nouvellement descendu parmi les hommes. » Ges mtoes toix Idi odt 
annonoe que la petite fille qu'il aime tendrement a 6t^ assassin^} qa*il 
ait a creusei^ sa fosse dans le champ yoisin, ou on Tenyoie traTaSler 
tout expres pour cela* 

Le sommeil est a pen prea nul ; a cela pr^ la sant6 phpiqiie est ft 
r^t le plus normal. 

3i noTcmbre. Je presoris 10 oentigranmies d'extrait de datura , 
BUitin et soir. 

24 norembre. Depuis avant-hier il est surrenu one yiTe exeilatiotf : 
le malade parle aeul ^>l haute voix ^ toujours poursuiyi par tes halhun- 
nations. Le matin , a la yisite , je le trouye d'une gait^ folia ^ doBi lui- 
laimm a'etonne , et qu'il cherohe em yain a expliquBr» 
Sa pupille est notablement dilai6e. 

L^ ponh est yif , acc616r6 ^ la peaa s^che ^ ohaude ; depuia deax 
joura lentiment de cofntriction a la g<nrge« 

La tiutt demi^re il a ressenti, dans diyerses parties du eorpa , des 
douleurs qui passaient ayec la rapidite de T^clair* 

II a nSiHus4 toute la nuit. II a tu de gros chats noirs a'^ncer aur son 
lit^ ftriife MlUe gambades; puis il s'est va eotoure de chasseurs qui Tout 
etSM de coups de lance* 

MAme prescription (extr. 20 centigr.). 

26 iioyembre. L' excitation signalee pr^c^eoNnent est molBt yive; 
lea hallacinations ont et^ moina nombren^ies et n'ont eu lieu que pen* 
4aiit hi BBiU La Bialade s^ea iaqot^e moins t « 2^ je suit malade ^ ainsi 
qne tout V^Sbaan^ il landra Men qve oala finitte. An xette, tout le 



RSVUB DB LA MBDECmS SPl^GIFIQUB, 31C 

Toyez , j'engraisse a vae d'oeil , cela prouve qae je n'engendre pas de 
melancolie ; ma folie , si folic il y a , n'est pas une folic triste. — Mais 
Tous n^etiez pas ainsi il y a peu de jours ; n'aveZ'Yoas plus les mSmes 
sujets de chagrin , ne vous insulte-i-on plus , nc tous faiton plus de 
menaces? — Ah ! je suis a peu pres debarrasse de tout cela ; je n' en- 
tends plus rien la nuit ; on ne me parle plus de mon enfant ; cependant 
qpclqucs'unes des personnes ayec qui je vais travailler anx champs me 
disent encore des injures ; mais je ne leur en yeux pas , on les fait agir. 

— Ne comprene^YOus pas que tout cela est le fruit de Totre imagination 
malade? — C'estbien possible , vraiment, roais je ne le crois gndre. 

— Dormez-vous ? — Tres-bien ; mais je r^ve toujours ; je n'ai plus 
Tu de chats , plus de chasseurs, mais un petit oiseau, qui n'a cess6 
de Toltiger autour de ma tete et qui me donnait des coups de bee sur 
les yeux. 

M^me prescription (20 centigr. d'extr;). 

L'etat du malade est demeur^ a peu pres stationnaire jusqu^au 5 Jan- 
vier, epoque a laquelle il y cut un mieux si marqu6 , que je regardaila 
garrison comme assuree. 

Mes esperances furent deques. 

Le 14 Janvier, dans la nuit , G... a eprouve tout-a-coup une violente 
excitation. II s'est lev6 , s^est mis a marcher autour de son lit : « On 
veut que je meure , s'ecriait-il , eh bien ! tuez-moi , je suis las de vous 
entendre toujours dire la meme chose. » 

Le lendemain il m'avoua que les sifflemens du vent an travers des 
croisees lui avaient semble autant de voix mena^antes c[ui lui annon- 
faient sa mort ; il y distinguait aussi comme les eclats de rire d'un 
grand nombre de personnes. S'il appnyait sa t^te sur Toreiller, anssit6t 
de petites voix flutees Tinjuriaient, lui faisaient les plus sinistres pre- 
dictions. II cessait de les entendre en se mettant sur son s6ant. Des 
cadavres ont entoure son lit et lui ont fait signe de se le^er et de les 
auivre ; un d'eux s'est leve et lui a souffle un air f raid qui lui a donn6 
de grands e tour dis semens et lui a fait croire qu'il allait mourir. 

Je suspends la datura, craignant que ce medicament ne fut en par- 
tie, sinon exclusivement , la cause des phenomenes que je viens de si- 
gnaler. 

La nuit suivante (15 Janvier) a ete'beaucoup plus calme. Le lende- 
main , il y cut encore un peu d'excitaiion \ mais plus de trente-six 
heures s'ecoulerent sans qu'il survint d' hallucinations d'aucune sorte. 
Le troisiemejour (18 Janvier), le delire reparaittout a coup, et avec 
une brusque iutensite. II a de ses mains creus6 la fosse dans laquelle 
on doit le jeter apret qu'on I'aara fumi oomme on pourceau. 
Quand je m'approohe de lui , et avant que je lui aia adresse la pa- 



212 HEYITB Bt LA M^DSCI«r£ Si>]^dMQt^« 

role... «Ah! Oh ! me dit-il, ce n'est pas la peine de crier si fort, J6 
vousentendsbien. — Mais je n'ai pas encore ouvert la bouche. — Cela 
Be m'empeche pas de dihtinguer parfaitenient ce que tous dites ; tu ne 
gudriras pas^ tu seras pendu , on tefumera ; tu voudrais bien te faire 
passer pour un Dieu, » 

A dater de cetle ^poqae (18 janyier), craignantde fiatignerlemalade, 
je cesse iouie espece de traitement. Les desordres de l*intelligence ne 
^ubissent aucune modification importante jusqa'au !5 fevrier. 

I)es lors troavant la 8ant6 physique dans I'^tat le plus normal , et 
meme mi certain embonpoint (symptdme toojours defavorable et pr6- 
sageant ia d^mence comraen^ant a se manifester), je resolus de soumettre 
le malade a une m6t£ode de traitement plus energique, a la methode 
perturbatrice. 

Je prepare, avec 45 grains d^extrait de datura, de Teau de raenlhe et 
du sirop de gomme, une potion, dont je lui fis prendre une cuilleree a 
bouche, de demi-heure en demi-heure ; c'etait un grain environ (5 
centigr.) d'extrait pour chaque dose. 

Pen apres avoir pris la quatrieme cuilleree, le malade se plaignit 
d'un peu de pesanteur au front , de picotemens dans les yeux , d'nn 
leger mal de gorge. II se sentait etourdi , avait la bouche pateuse et 
s^che, de renchifrenement. Un pea d'hebetude dans le facies, pouls 
accelere, profond , parfois irregulier. 

Ges sympt6me8 vont en augmentant , et acquierent , apres la dixi^me 
cuilleree, une intensity, une force a arreter T administration du remade. 
Les plus saillans sont un vif sentiment de constriction a la gorge, I'im- 
possibilite absolue d'aval^r une seule miette de pain , des frissons par 
tout le corps. Les extremites sont froides, les ongles bleuatres. La vue 
est extremement trouble, la voixest faible et rappelle celle des choleri- 
ques, le malade se tient difficilement sur ses jambes ; insensiblement il 
s'endort sur un banc, appuy^ contre un mur. Son sommeil parait calme, 
a peine Ten retire-t-on en le secouant assez fortement qu il s'assoopit de 
nouveau. 

Get appareil redoutable des sympt6mes se dissipa gradnellement.Vers 
onze heures du soir, il ne restait plus guere qu'une faiblesse generate. 

Le malade a dormi d'un sommeil profond , qu'aucun reve n'est venu 
interrompre, ainsi que cela arrivait a peu pres constamment. 

Le lendemain, il restait un peu de faiblesse dans les extremites infc- 
rieures; c'etait tout. G..,, paraissait apprecier avec juslesse les hallu- 
cinations dont il etait le jouet depuis si long- temps, et dont je le debar- 
rassais, ainsi qu'il le disait , quand je voulais, mais seulement pour un 
instant , et sans que je pusse les empecher de revenir plus tard. Gepen- 
dant^ son bon i|ens a' en restait pas moins fausse sur beaucoup d'autres 



BEYtJE DE LA Ml^DECmE SPECIFIQUE. 213 

points. Je das craindre le retour des premiers d^sordres. Le retour ne 
se fit pas atteudre , et encore aujourd'hui le malade, dont la sante est 
sans doate notablement amelioree , semble fort eloign^ d'une garrison 
radicale. 

Observation dixieme, D... est entre a Bicdtrele 5 septembre 4840* 
Le mauTais etat de ses affaires ( il etait dorear sur bois ) , I'etat de 
d^tresse dans lequel ii se trouva plonge lui , sa femroe et ses enfans , 
paraissent etre 1' unique cause de sa maladie qui date de deux ou 
trois mois. Expose a des terreurs continuelles , il cessa de travailler, 
assurant que sa derniere heure etait yenue, qu'il n'avait plus que 
quelques instans a vivre , que sa femme devait ^hercher un autre mari 
qui put la faire viTre ainsi que son enfant. , etc. ; on a resolu de le 
perdre, on veut lui oter le pain de la main, le forcer a faire banqae- 
route. Jour et nuit la Yoix d'individus avec qui il avait eu des alterca- 
tions , et qu'il accusait d' avoir cause sa mine , retentit a ses oreilles. 
Gette Yoix lui rappelle le sujet de leurs dissidences , le traite de filou , 
de voleur. D... entre dans de Tiolens acces de colere et pea apres 
tombe dans Tabattcment. 

Tel etait encore , ou a pen de chose pres , Tetat moral de D... , lors- 
qu'il me fut envoye a Sainte-Anne , le 23 novembre 1840. 

£n depouillant Tobseryation de ce malade , j'y trouve consign^s one 
foule de details qu'il serait fastidieux de rapporter ici. II me suffira 
d'en donner un resum^ exact. 

A parlir du 26 novembre 4840 jusqu'au 17 Janvier 4841 , D.., a 
pris des pilules de 5 centigrammes d'extrait de stramoine , dont le 
nombre a ete eley^ successivement de 2 a 6 par jour. 

Des les premiers jours les hallucinations disparurent \ mais il survint 
une Tive exaltation, un etat voisin de la manie, qui fit bient6t place a an 
etat de calme et une tranquillite d'esprit due evidemment a an retour 
incomplet vers la raison , et qu'expliquerait assez bien du reste , la 
cessation de I'un des phenomenes morbides le plus capable d'entrete- 
nir le desordre des idees. 

Vers la fin de decembre , les hallucinations reparurent pendant 
plusienrs jours; puis, dans la nuit du 12 au 13 Janvier, eta chaque 
fois Tctat general du mialade enipira. D... se levait pendant la nuit, 
parlait a haute voix , semblant s'entretenir ayec differens individus. 
Je le surprenais dans les cours , au refectoire , gesticulant et parlant 
seul. 

Depuis cette epoquc, D... m'a repete presque chaque jour qu'il 
n'entendait plus de voix , ni le jour , ni la nuit. 

Gependant , I'etat des facult6s intellectuelles ,' jusqu'a ce jour du 
inoins (!*' avril), ne s'est point ameliore d'une maniere stable. Par 



2i4 REVUS DE LA Xl^DECINE SPl^GIFIQUE. 

deux fois, il est vrai (au connnencement dc feyrier et vers le milieu 
do knois de mars ) , j'ai to , plusieurs jours de suite , le malade si com- 
pletement raisonnable , appreciant sa situation pass^e ayeo tant de bon 
sens, envisageaut toiites choses sous leur veritable jour, etc., que je 
TeoBse renvoye de Thospice si j'ayais ete certain qu'il eM trouy^ de 
Touyrage en rentrantohezlui. D... medemanda instamment sa sortie; 
il s'affecta yiyement de ne pouyoir Tobtenir* 

Aujonrd'hui, les remittences sont plus courteset plus eloign^ ( 
mais les hallucinations n'ont point reparu. D... , malgr6 I'anciennet^ 
de la maladie , sa grayite m6me , nous paratt encore susceptible de 
guerison. L'inteliigenc^ n'a point baisse. S'ii est possible de pr^yenir 
le retour des hallucinations , ou du moins de les combattre tonjours 
ayec le meme succes, nous deyons croire que les conyictions delirantes, 
elles aussi , disparaitront irreyocablement. 

Je ne le regardais sans doute pas comme soiidement gu^ri; mais le 
retour au sein de sa famille , s'il n'eut pas du y retrouyer la misere et 
le chagrin , n'aurait pu que confirmer le mieux existant. 

Si nous resumons les observations qu'on yient de lire , nous troa- 
yerotis pour faits principaux du traitement par la datura , que : 

4» Sur dix hallucin^ qui, s^ils ne pouyaient etre declares incura- 
bles, se trouvaient dans des conditions plus ou moins facheuses, sept out 
gu^ri; uu huilieine ne presente pas encore toutes les garanties desira- 
bles ; deux n'out eprouye , durant le traitement, qu'une am6lioration 
passagere ; 

2^ Chez les huit premiers , les hallucinations ont precede les con^- 

ceptions delirantes ; le contraire avait eu lieu chez les deux demiers ; 

3° La maladie durait depuis deux mois, trois mois, six mois (chez 

deux malades), neuf mois, deux ans; deux malades avaient eu des 

acces de plusieurs mois de duree ; 

4*^ Les guerisons ont ete obtenues en quatre , sept jours , un mois 
(par la dose moderee ) ; en cinq , huit , quinze (par la dose elevee) ; en 
yingt-quatre heures ( par la methode perturbatrioe ) ; 

5<» La convalescence a ete d'un mois ( pour trois malades ) ; de deux 
mois (pour deux malades), de trois mois , de quatre mois. 

En terminant ce memoire , il n'est pas hors de propos de poser cette 
question : 

Quels resul tats doit-on attendre de la medication par la datura , em- 
ployee centre des hallucinations liees, soit comme cause, soil comme e^ 
fet,a un eiat de manie ou de nionomanie chronique? 

Je manque de faits pour repondre d'uiie lyianiere precise et experi- 
mentale a cette importante question. 

Left oas de manie ou dc luonomanie chronique eimples , non oompli" 



luivvv M u xtoBcme fipicifiQini. IIS 

quif da d&uanoe, Bont exoeasivemeiit rarei. Preiqiie toi^iMin' I'afftiU 
bUvsew^nt des Cnoultas morales , dans leur cniemUa oa ■^areitionl ^ 
Tient, apre« quelques ann^f) , iirifMrimer son fniMtta caolutt auK d«at| 
genres d« diUire que je viens de oomroer, et faire desesp^ev d*!^ gui»> 
risen. Pr^sentement, dans la division dite des chroniques (i '« section}, 
a Bicetre , sur pres de -c^qt i^aiadifji lin imwi f up yieillard de soix.inte- 
deax ans, monomaniaque hailucine, laisse quelques doates surTcnffai* 
biissement de ses facuU^s. 

En theorie , le succes est probable. Les guerisons que nous avons ob* 
tenues dans les affections non chroQiques et qui ont fait Tobjet de ce tra- 
vail noas portent a croire que la datura pourra etre de quelque effica- 
eite, dans les oas sartont oA les hallucinations auront M primitiTes el 
cooMjIoeroni oncore la {ait le plus saillaat du d^ire. 

En eSei , la mediealioa parait s'adresfier diraoteoient a la modiftoiK 
tion cerebrale, doQt les phenomenes ai rcinarqoables dgs ballo c iqatiaPi 
et des illusions sent V expression OQ , pour m'exprimer plus rigonr9ns9r 
ment , sont le produit intellectuel. 

En la d^misant , ne snpprime-t-elle pas un fait pbysiologique anor- 
mal, lomb^ aoeidentellenient dans I'intelligence , et d^s lors , ne pentip> 
elle proToquer nne reaction salutaire, si la d^mence n'a pas rendn cetftB 
reaction impossible P et cette reaction ne seraii^^e \iWk garrison? 

Mais la longue dnr^ des hailneinations ne seraiiHslie pas nne coodir- 
tion facheuse qui la soustrairait a Taction de la datura P Le iaft que qofis 
alloDs relater, s'il ne d^Klruit pas complf^tement no$ craintes a eel i^gard* 
sera de nature du moins a les affaiblir beaucoup# 

6... est un vieux nialade relegue depuis plusieurs ann^ panni les 
incurables. Aux sympt6mes les mieux caracterises d*une profonde d^ 
mence , se joignent de nombreuses hallucinations. 

Presque toutaa les nuits , B.,. entre dans de violens acpes de colere, 
se leve , secoue son lit avec force , met sens-dessus-dessous paillasse et 
matelas , pour donner la chasse a cinq cent mille ennerais qui s'y sont 
blottis pour le tourmenter, troubler son sommeil par descrls ; il les me- 
nace, en faisant un bjruil affreux. II pe se reconebo que Jorsqu'il les a 
Tus prendre la fuite. 

Apres neuf jours de traitement par la datura, prise a la dose de iO cen- 

'tigrammes, matin et soir, les hallucinations cesserent. Cest du moSns 

'ce que nous autoriserent a penser et le dire du maladeet celui desinfir- 

miers , qui ne le voyaient plus se lever la Buit , rerauer 8<m lit , en «ii 

.mot , faire son man^e accoutume. Gependant , ^hose digne de ramar- 

qne^ fi.'« n'en persistait pa« moins a croire que sea eeoeaais elaiffpl 

VMijours cadies won dans son lit , coiame auparayant, |)eiit«St^9 df^ps 

quelque coin dn dortoir ; mais sans oser se montrer et troubler encore 



sit BBVUfi DS LA HIBDBCIRB S^lSCmQtm. 

Mm flomnidil* Let hallucinations avaient ^t^ d^tmites , mais la raiflon 
qu'ellesavaient fanss^ en conseryait tonjours Tempreinte. La nioindre 
eanse ne poavait manquer de les reproduire , et c'est ce qni arriya en 
eflbt pea de temps apr^. (La suite aunumdroprockain,) 

CriHUsuit du cluMiTre ^ 

{ Vat 1^ doeteur ROTH, 

§L 

Nous remplissons la promesse que nons avons f aite dans la liyraison 

pr^c^dente de notre Revue ^ k Toccasion de la critique du cuivre, 

en continuant k publier le r^sultat de nos recherches sur la valeur des 

synipt6nies admis dans la matiire medicate pure. Nous parlerons 

aujourd'hui de cannabis saiwa , medicament qui a ^t^ recommand^ 

dans une des plus graves maladies de i'organisme humain , dans la 

pheumonie , ainsi que dans differentes autres affections. Nous aliens 
examiner jusqu'a quel point il m^rite la reputation qu*on lui a feite , 

en laissant a nos lecteurs le sorn de decider d'apres les pieces 'que 
nous leur soumettrons. Us seront fort surpris lorsqulls verront dans 
qnelles erreurs un homme de g^nie comme Hahnemann a pu tom- 
her. Pleins de douleur , ils se demanderont tristement quelle magni- 
fique science ne serait pas rhomoeopathie, si elle n'etait pas souill^e 
par tant d'erreurs ! 

§U. 

Les sympt6mes de la mati&re medicale pure de Hahnemann out 
itA observes chez neuf personnes. Nous allons rendre a chacune 
d'elles ceux qui lui appartiennent. 

I. Hahnemann. Sympt6mes. 13. 14. 33. 39. 47. 48. 49. 50. 51. 55. 

66. 72.78. 92. 102. 103. 118. 120. 188. 139. 140. 141. 148. 149.150, 
151. 152. 153. 154. 155. 156. 157. 158. 166. 167. 168. 169. 170. 171. 
190. 191. 192. 197. 198. 203. 208. 209. 248. 256. 264. 294. 297. 298. 
299. 802. 811. 821. 322. 325. 

n. Gross. S. 1. 8. 21. 22. 23. 29. 30. 81. 82. 35. 36. 40. 44. 46. 52. 
58. 60. 64. 66. 67. 68. 70. 73. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 91. 94. 95. 
97. 99. 104. 105. 106. 107, 108. 109. HO. 122. 123. 124. 126. 127. 



RBVUB DE LA M^DEaNE SPtoFIQUE. %tt 

138. 182. 134. 137. 144. 189. 200.201. 202. 204. 205. 206. 207. 210. 
91i: 212. 216. 233. 234. 236. 237. 238. 239. 243. 244. 245. 247. 249. 
250. 257. 258. 261. 262. 263. 269. 270. 271. 276. 277. 278. 279. 282. 
383. 284. 286. 303. 304. 305. 306. 315. 316. 318. 

m. Hugo. S. 2. 24.26. 84. 87. 38. 42. 48. 114. 115. 147.251. 254. 
290. 292. 808. 812. 318. 814. 823. 826. 

lY. Stapf. S. 6. 8. 11. 27. 28. 62. 63. 80. 230. 255. 287. 293. 329. 

V. Hempel. S. 7. 145. 164. 173. 176. 179. 324. 

YI. Franz. S. 9. 10. 12. 15. 19. 20. 53. 69. 76. 77. 96. 101. 111. 
112. 116.121. 130.181. 135. 136. 160. 161. 168. 172. 180.218.214. 
215. 240. 241. 242. 246. 252. 253. 255. 259. 260. 265. 266. 268. 272. 
273. 274. 275. 289. 295. 300. 301. 310. 820. 

YII. Wahle. S. 4. 25. 57. 59, 65. 71. 98. 125. 129. 133. 146. 177. 
J99. 317. 

WVL.Fred. Hahnemann. S. 143.159. 162. 165. 174. 175. 178. 

181. 182. 183. 184. 185. 186. 187. 188. 285. 327. 

IX. Harlavb et Trinks. S. 16. 88. 89. 288. 

§ffl. 

Symptdmes qm^ selon la matiere midicale de Hahnemann, ont dtd obsetvis 
par d^anciens midecins^f apres V administration du ehanvre. 

I. Neuhold (acta cnr. natur. toI. 8. appendix p. 156. 1783). Sym- 

ptAmes. 5. 17. 18. 41. 54. 61. 93. 195. 196. 232. 280. 319. 

n. Morgagni (de causa et sedibas morborum). Sympt6mes. 45. 74. 

75.79. 90. 100. 117. 118. 119. 142. 217. 218. 219. 221.222. 223. 
224. 225. 226. 227. 228. 229. 285. 267. 281. 291. 296. 307. 309. 328. 
880. 

UI. Ramazini (de morbis artifieum, cap. 26). Synipt6mes. 220. 231. 
lY. Hcdler (apud Yicat). Sympt6me. 194, 
Y. Olearius (Reisen). Sympt6m. 193. 

§IV. 

Si nous remratons aux sources , nous trouverons que ces sympt6- 
mes empmntf^s aux anciens m^decins doivent £lre tous ray^s de la 
matiere midicale comme autant d'erreurs. . . 



SIS RVfVK IMS iJk SO&MCUIft S^ACfflQW* 

I. Les symptAmes pnis^ dans Motgagnl et Ramazini Mt et ^ pro- 
yoqaiA par Teffet m^canique de la ponssiire qui s*^happe du 
cfaanvreaa cardage. Nous ne citerons pour preuve qu'one leltre tir^e 
de Touvrage de Morgagni. Les symptAmes incorpor^s dans la mat!^ 
tt^dicale pure sont iodiqu^s par leurs iNiin^ros oorrespondafis. Et 
on pse donner au public crMule pour le canon de h malice ni^di- 
<38le un euvrage oh de pareils symptdmes' ont ^t^ ddmis oomme des 
effets du chanvre ! 

• Morgagni de causa ei sedibus morhomm. Epistola 7. art. i3. -^ Un 

•bomme grand et inaigre , cardenr de chanvre , sujet par son 
-metier k des inflammations de poitrine. 

II disait qu'il en avait d^Ja ^proavA six ou sept, nne fois avec des 
vomissemens d*une native bilieuse et verte, une autre fois avec du 
d^lire : il avait contract^ depuis pen de temps , par la poussi^e qn*il 
avait aval^ en ea'rdant , une Usion des organes dt la voix , telle quil 
semblait plutot crier <fm parleri^^) \ mais comme pour ce mottf il avalt 
cboisi un chanvre moins cbarg^ de poussiere , et qn*il Tavait earde 
loin de ses camarades , il avait d^j^ presque enti^rement recouvre la 
v^Xf lorsque s'^tant fatigue en portant un fardeau, il fut pris d'un 
fffli$ fdbriU (309} et d'uoe douleur pongitw^ v^rs If^ mamplh gfuu^he 
(228). C'est pQ^^quoi il fat tran^porte ai) milipe bOpital que l^s deux 
sujets prec^dens , vers le milieu de f^vrier de la m^me ann^e. Comme 
il avait fsris cbez liii da Thutle fratche d'umandes douces^etqult avait 
et6 saign^ au bras ganche « on iqi tira de nonveau ds saag de VmHre 

hf^A . cv la respiration iiait difficile^ et pg^p^ciQraii^fi n^Ua(^i). 

II se isouchait le plos aaovent aur le cUi affect^« U avait ea ifa.r «o- 

Mtiijemtas tnUeumei muUs {W),Lt cioquitaie ^r , il st ddclara wnt 
frerUsie gale ^ sirieuse (328), de temps en temps fur ieuse^ u point f^U 
4»achaii au wage de emtx qui CapprochaiaU (330) » Lf fliMecia le fit 
saigner ^ la jambe pr^s da taloa , et iuifit ttppiiquer sur lat£ierasee 
un cataplasme qu'il sera plus ii propos de faire connattffe lorsque je 

parlerai de maniaques ; cependant des moui^emens convulsifs comment 
Cerent a se manif ester ( note du sympt6me 330 ) ; ils furent d'abord le- 

gers e^moie dans les soubresauts des tendons du carpe ; puis ils de- 
Tiareot plus forts* A la fin la respiration n'^it p^ difficile i et qiiand 
on interroge ait le malade, U r^pondait qu'il B'^prouvait aalle part a«- 



REVITE DE LA M^ECnfE SPlfiCTFlQUE. iA9 

eune doulenr , ni aucun malaise; mais pendant ce temps-li , il pons* 
salt des cris , et urinait dans son lit sans sVn apercevoir. Enfin , le 
pouls ^tant devenu plus faible mais jamais in^gal , il mournt |iea de 
temps apres la fin du sepiieme jour. Examen du cadaure. Le cAti 
droit du cou ^tait livide : dans le ventre , le bord du foie I'^tait ^g[a- 
lement dans une certaine etendue , mais i une petite profondeur. La 
v^icule contract^e contenait de la bile en petite quantite , qui pri* 
aentait une couleur de tabac d^lay^. L'estomac ^tait sain, le pancrfes 
^pais et un peu dur. Il n*y avait point de serosite ^panch^e dans la 
poiirine. Le poumon droit ^tait tr^s-etroitement uni k la plevre de 
toutes parts , vers les c6tes et du cdt6 du diaphragme , par des mem- 
branes intermediaires ; au contraire , le poumon gauche ne I'^tait 
qu'en quelques endroits et ant^rieurement. Mais aussi le premier 
^tait^dans T^tat naturel , tandis qu'une partie du second, qui se trou- 
vait de beaucoup la plus considerable , presentait un ^tat morbide. 
En effet, le lobe sup^rieur, d'ailleurs assez sain, ^tait d^charn^ et contB- 
nail a son sommei un put blanc quieiait enfermidans un tuber cule ( note 

dusymptdme330). Get £tat etlesadherences aussi nombreuses et aussi 
fortes du poumon droit paraissaient devoir £tre rapport^s aux* f|i* 
flammatiotts prec^entes : mais la rongeur , la durete , la pesantenr 
du lobe inferieur , la density de son tissu , et ii sa partie sup^rieure , 
le pus ou la matidre puriforme qui s'ecoulait par les orifices des bran- 
ches divis^es: tout cela indiquait Tinflammation acluelle qui^com* 
mengait a passer a Tetat de suppuration. Laipletfredu m^me c^Upc^ 
raissait aussi enflammee (note du symptdme 330) dans presque toute 
son etendue : cartous lespetits vaisseauxsanguins ^laient tres>remar- 
quables, et ou arracfaait tres-facilement cette membrane des Cifttas 
par uneseule traction. D'ailleurs le diaphragme ^ seulementdans la par- 
tie qu'on appelle son centre tendineux et qui correspondait au pou- 
iDoa gauche , avait ses vaisseaux , m^me las plus peiits , tellement di»- 
tendus, qu'il a' y avait pas de^doute qu'il u'eiit ete enflamme ( note da 
symptdme 330 ) , ^ cet endroit. Le pericarde contenait un peu de 
serosite rougeatre et trouble. Des concretions poiypeuses, nees dans 
les ventricules, traversaient tous les orifices du coeur , et s'l^tendaient 
dans les vaisseaux; elles etaient loules d'un tissu ferma, a Texcep*- 
tion de Torigine de celle qui parcourait Tartire ptdmoiiaire $ oette 



220 REVUE DE I.A MJ&DEGINE SPJgCIFIQUE« 

portion qui se trouvait dans le ventricule droit £tait tr&si-^paisse, 
mais d'une substance jaun^tre et comme muqueuse. Pendant qu'on 
coupait la t£te,il sortit de longues portions de sang coagul^ des veines 
jngulaires, comme les ep^es sortent de leurs fourreaux. Les vais- 
seaux des meninges ^taient distendus par du sang, autant quails pou- 
vaient T^tre. Une concretion polypeuse, blancMtre, et d'un tissa 
compacte, occupait non-seulement ie sinus de la faux , mais encore 
s'avangait jusque dans la plupart des veines qui communiquent avec 
lui. U y avait du sang coagule dans les trois autres grands sinus 
de la dure-m^re. Tons les vaisseaux de la pie-m^re y m6me les plus 
petits, ^taient si engorges de sang , que cette membrane etait tr^- 
rouge dans loute son etendue. II y avait de la serosite au-dessous des 
anfractuosites du cerveau ; il y en avait aussi dans les ventricules late- 
raux; cette derniere etait rouge&ire , mais en petite quantite. La 
partie posterieure des plexus cboro'ides oflrait des hydatides nom- 
breuses et assez grosses. Au reste non-seulement le sang qui disten- 
dait les vaisseaux rampans sur la surface des ventricules lateraux 
les rendait beaucoup plus remarquables qu'ils ne le sont ordinaire- 
lOent , mais encore , quand on ratissait l^gerement les corps strips et 
Ml couches des nerfs optiques , ou que Ton coupait plus profond^- 
ment , soit ces parties , soit d'autres quelconques de la substance 
m^duUaire , on voyait distinctement partout les vaisseaux engorges 
de la m^me mani^re ; au contraire, on n'en pouvait distinguer pres- 
que aucun dans la substance corticale du cerveau, ou du cervelet, qui 
fut dissequee. 

II. Nous aliens donner dans la langue originale la notice deNeu- 
hold, a qui on a emprunte ^galement douze symptdmes. Elle com- 
prend quatre parties : 

\p Les symptdmes observes par Neuhold , chez les ouvriers qui 
cueillent le cbanvre et le lient en bottes. Mais des observations toutes 
r^centes , et entre autres celles de Parent du Chatelet , qui a fait des 
essais sur lul-mdme , sur sa femme, sur ses trois enfans, sur un 
homme de quarante ans et sur un petit gar^on de huit ans , out prouve 
avec la derniere evidence que les Emanations du cbanvre sont sans 
aucun danger, au moins en Europe. {Foye;^ Annales d'hygi^ne et de 
m^ecine legale. 1832. ) 



2<> L'histoire d'un homme qui , s'etant expose aux ^maDalipns du 
chanvre, fut pris d'un violent 6pistaxis . L'auteur avoue hii-mMe, dti 
reste , qu'il croit qu'il existait une idiosyncrasie particnli&re. 

30 Une histoirede maladie dont les symptdmes ne peaVeut dtre 
regard^s comme les effets du chanvre , ainsi que tout le monde en 
conviendra. 

4o Un conte emprunt^ par Neuhold i Roderigues de Castro , qu on 
ne peut trop s^^tonner de trouver mentionn^ dans la mati^re medi- 
dicale. Que de F^toupe de chanvre, cuite avec de la cendre et appli- 
qu^e chaude et humide sur le ventre , puisse provoquer la mens- 
truation , nous Taccordons ; c'est Teffet d'un cataplasme chaud ; mais 
vouloir y trouver un effet pur du chanvre , c'est ce qui nous est im- 
possible, au risque mSme de nous attirer encore une fois le reproche 
de malveillance. 

Voici ce que dit Neuhold : 

« Multiplici annorum serie adverti frequentiores esse inter homines, 
qui herbam cannabis evellunt , atque in fasciculos manuales collignnt, 

graviores capitis dolor es (17), vertigines (5) , linitus aurium (61), suf" 
fusiones oculorum (^\) ^ tusses siccas vehementi'ssimas (232) ^ palpi'ta- 
tiones cordis, cardialgiam et in dispositis uniuersam pathematum 
hysiericorum apparatum ( 280 ). Notus mihi est vir 44 annorum 
temperamenti sanguiaeocholerici, quinunquam alias ab hsemorrliagia 
narium solet tentari , quam ilio tempore cum pagum talem transve- 
hitur, in quo herbse istse sive evelluntur primum , sive jam siccatas 
contunduntur, ubi a solo graviore odore nares ejus tautopere aflB- 
ciuntur ut subito in copiosissimum incidat sanguinis projluvium , ali- 
quando ad animi usque deliquium (54V Unde et ipse talia loca sollicite 
admodum evitatet noviterconductum famulitium ante omnia instruit , 
ne fors , eventus hujus ignarum , herum suum incante aliquando , 
illuc devehat. Merito autem sapientiorum judicio committo, num 
idyosincrasicB hujus subjecti an specificce ejjicacia horum efHuviorum 
vis ista adscribenda sit. Illud certe omni asseveratione aflGirmare 
possum , in pluribus motum esse sanguinem , atque ad excreiionem 
per nares siimulatum qui vel levem aliqiram prfledispositionem ha- 
bucrunt , sine aliaquapiam manifesta causa , exlerius concurrente.... 
Erat in pago quodam viciuo muHer juvencula, rusticana, sana vege- 



\ 



222 RBVUE DB LA Ml^DECINB SP^IFIQUB. 

taque ; et nuUam unqaam incommoditatem , prseter vitae generis , si 
tameilJioc incommodum , et non potius gratum destimanduin est^per- 
pessa est. H$ec uti antea duarum jam prolium mater felicissima facta 
est , sic tunc tertia Tice in mensem octavum gravida aeque fortnna- 
tum partum , neque immerito sibi promissit. Sed quod fatale ei acci- 
dit recte tum adfuit cannabum messis, cuipro ratione status sui, 
toto die incumberet , circa vesperam de acutissiwis capitis doloribus 
(48), conqueri coepit , qui et ipsam maturius domum repetere coege- 
runt , et demum in atrocissimos motus convulsivos transierunt non 
solum Jce turn ante tempus legitimum violenter excutientes {i96) ^ sed eo 
usque etiam perdurantes quod post decursum trium dierum misere 
animam expiraret. Ecquis vero sontici hujus eventus rationem yiru- 
lentis herbsebujus et halationibus adscribere dubitet? Ubi apposite 
admodum in mentem venit , quod Roderkus a Castro^ 1. i, de mor- 
bis mulierum,p. 23, fila cannabina cumcinere cocta ut sclent mulieres 
antequam telam conficiant calida et madida regioni ventris ac pubis 

applicata inter fortiora emmenagoga commendaperit (195). (Acta, natur* 

curios, vol. 3. appendix, p. 156. 1733. ) 

§V. 

Pour donner h nos lecteurs une idee plus claire encore des effets 
sp^cifiques du chanvre, nous adopterons un nonveau plan et distri- 
bueroDs les sympidmes en tableau. Au haut du tableau se tronvent 
les noms des observateurs ; sur le cdt6 les organes et les sensations 
dans le m^me ordre ( ou plut6t desordre ) que dans la matiere mi- 
dicale pure. Un coup d'oeil suffira ainsi pour qu'on sache sur quel 
organe le medicament exerce particulierement ses effets specifi- 
ques (!)• 

(i) Nous prions nos lecteurs de ne pas perdre de vue le sens y^ritable da mot 
spScifique^ et de ne pas confondre le genre (genas) d'une maladie^ comme ^pi- 
lepsiey fi^vre intermittente , etc., ayec ses differences especes (species). Un m^- 
dicsmeiit agit spiciSquement snr certaines especes d^affections d'nn organe , sans 
exercer poor cela one action snr le genre d^affections qoi dependent de cet 
organtf 



KBvox OB tk uiBKooi sptoonQui. 



2sa 





Hkhn»- 










"™" 




Fr4d. 


Bartlan 


• 


tHann, 


Gross. 


Hugo* 


Stapf. 


Hempel. 


Franz, 


Wakle. 


Ba1m9f 


et 


• 












I 




mmuii 


TrinliS 


Vertige. 




• 

1.3. 


2. 


6. 






4- 






Intellect. 
Congest, a 








S.ii. 


7- 


9.10 76* 






la tele. 


i3. 14. 










I2.l5. 




1 


t6. 


Ctfphalalg. 
















' 




•ngtfne'ral. 












'9. ' 




■ 




Region ver- 


















ticale. 












20. 








Rtfg. fron- 
















1 


' 


tale. . 




2r.22.ep. 
3o.3r 






• 










# n^g. park'. 


















tale. 




23 32. 
















Rtfg. tem- 




















porale. 






24.26.54. 
42. 














Rtfg. ocei- 
















y 




piUle. 
Gttr chev. 








28. 






ii5. 






33. 












^ 






Soorcils. 




35. 
















Panpi^res. 




36. 
















Papille$. 






38. 




' 










VUion. 




4o. 














Gorne'e. 


39. 


1 


43. 














Face. 


47-48.^ 


^46. 
















Vex, 


4q.5o.5i. 
•55. 
56. 




1 


.'»3. 








: Oreilles. 


58.6o.^. 




62.63. 






57,59.d5. 










66.(». 
















Machoire 




• 
















inferieare. 




68.70. 
















Dents. 




/ 


• 






69. 


71- 






Levres. 


72. 



















Muscles du 


# 


















ecu. * 


73. 


















Palais. 


78. 


















Bouclie. 


# 






80. 












IVanse'es et 




81.82.S3. 














88. 


rapports. 




8A. 85. 

00. Oja 














89. 


Vomissem. 




















lUg. pr^- 




















cordiale. 




94-95- 








96. 


98. 






Ventre en 




















general. 


ga.ioa. 


106. 124. 
ia6. 127. 


ii5. 






ni. 112. 
ii6« 








Hjpochon- 




















dres. 




97- ^• 






• 










» 




109. 122. 
















Epigastre. 




107. 








I0[. 


i33. 






M^sogastr. 


iiB. 


104. 108. 
no. 
















H^ogast. 


io3. 


io5. 123- 










139- 






Ames. 




128. 








i3o.i3i. 








Beins. 


120. 










121. 








Fiatuosites 




13?.. 










125. 






Selles. 




134. 










i35. 






jinat. 




137. 








i36. 








Perinee. 


i38. 




f 














Envies dV- 




















rincr* 


139.161. 
t6a. 


144. 

















<m 



xevoK i>B lA tttDecitfE' lipfiift^oe. 



* 


mann. 








"■■^ 


"■"^ 


■■■■" 


Fred. 


Hartlaub 


* 


Gross, 


Hugo, 


Stapf. 


Hempel. 


Franz, 


Wahle. 


UahnC' 
mann. 


et 
Trinks. 


Urine. 


i4o. x4i. 
167. 














143. 




Urilbre. 


148 i4g. 

ido. W' 
i5^'. i5$. 
i56. 157. 




147. 




145. 


160. 161. 


itfi. 


iSg. 







i58. 166. 


















Erections. 


168. i^g. 
170. 


















Prepuce. , 










176. 


180. 


177. 


175. 178. 
i8». 1S2. 
i83. 184. 


\ 


Gland, p^ 




















' * 
nu. 




189. 






179. 


17a. 




(65. i85. 
186. 187. 
188. 




Blennor- 




















ik^e. 


171. 








164. 


i63. 




162. 




Testicules 










I 










et cordon 












' 








spermal*. 


[QO.lQf. 


















Prostate. 


192. 








■ 










Parlies ge- 




















nitalesen 




















geo^ral. 








1 


173. 










Pollutions. 




/ 








3oi. 








Copulation 
















174. 




MBi|ueus« 


g% 












»99- 






ikasale. 


197.198. 


















Tracliee. . 


. 


200. 
















PoitrinHcn 




1 














general. 




91.201. 1 






3l3. 2t4> 












202. 207. 








2£5. 












211. 
















Sternum. 


2o3. 


206. 212. 








- 








Bespirat. 




204. 20 5. 












• 




Coeur. 


208.209. 


210. 210. 
















Toux. 






23o. 














Coccyx. 




233. 234. 
















Bos. 


« 


236. 239. 








237. 238. 
240. 77. 








Kuque^ 
Hume'rus- 




243. 
2^4. 245. 




« 




$:^" 


. 




• 


Mains. 


(a48) 


247.249. 
25o. 




254. 


m 


• 




• 




Froid. 


• 


958. 262. 
3i5. 3i6. 
3i8. 


25l. 3l2. 

3i3. 






259. 


317. 






Boigts. 










253. 


252. 








Hanchet et 








• 












fesses. 


256. 


















Guisses. 




267. 261. 
263. 








260. 




1 


Genoux. 




290. 






265. 266. 








Jambes. 


264. 










q68. 






\ 


Pieds. 




269. 270 
271. 283 


» 






272. 273. 
274. 








Sensations 




















generates 




276. 277 


• 


287. 




275.289 




285. 


288. 


Peau. 




1 14. 278 








255. 


1 


1 


Baillemen 


I 




292. 


■ 




1 







ABvuB x>t tkvcir>Ktm ^icttnQtin. 


%t5 




Hahne- 
mann. 


Gross. 


Hugo. 


StapJ. 


fiempel. 


Franz. 


JVahte. 


Fr€d, 

Ffakne» 

msum. 


BaHlaub 

et 
Trinlst. 


Somtneil. 

Ponlt. 
Fiirre. 
Afleotioni 
trutes. 

Afiections 


2d4 297. 

^•a99- 
3oa. 

3ii. 3i4. 

321. 332. 
32.'>. 


3o3. 3o4. 
3o5.3o6. 


3o8. 


293. 
3?8. 


• 

324. 326. 


295.(300) 
3io. 

320. 


\ 


317. 




gaies. 






3a3. 




• 






' 


. 



On voit par ce tableau que les symptdmeg not^s par les diff^rens 
observatenrs ne s'accordent que quant aux organes uropoiUques, Les 
qualre symptdmes mentionn^s par MM. ^artlaub et Trinks sont tel- 
lement g^n^raux^ que tout medicament provoquera les m^mes. Geux 
de M. Stapf sont tout aussi nuls. On voit done clairement que les 
ph^nom^nes notes par tous les autres observaieurs s'accordent en un 
seul et m£me point, et Ton ne peut meconnaitre la specificity du 
medicament. ^ 

Selon nous , tous les autres symptdmes ne sont que des reactions 
sympathiques ^ et Ton ne doit en tenir compte qu'auiant qn'onles 
consid^re comme aceompagnant la reaction primitwe, Separes de ceite 
reaction primitive, ils n*ont aucnne valeur ; ils ne peuvent oflrir le 
tableau d'aucune maladie reelle^ at loin de Taffection primitive , ils 
retombent dans I'obscurit^. 



R^siiin^ des symptdmes patltos^n^tlqiieB du cliaitiri*e« 

Oaract^ristiqae. yiffectioni des organes uropoitiques^ 

8yinpt6ines g^ndrauz* Sensation en diif^rentes parlies da corps comme si on 
Ifspin^ait avec les doigts.' — D^chiremens et contraction pressive en diff^rentet 
parties. — Grand abattement* apr^s le diner, avec envie de dormir, apr^ an moa- 
Tement de pen de dor^e. $ 

Veau. 10 Sn g^n^ai. Picotement tr^p^nible comme d*un millier d'^pinglet 
sar tont le corps, la nuit au lit, en transpirant et en^tant bien convert; ce picote'- 
ment commence en certains endroits, et quand il se gratte, il cease a Tinstant; 
mais, par contre, il reparait en an plus grand nombred*aatres endroits ; il ^proave 
en outre nne grande anxi6t6 et nne sensation comme s'il ^tait inondt& k plnsieun 
reprises d'eaa chaade; cette sensation cesse quand il se d^couvre. — 2* Cnir eha- 
▼elu. Fourmillement.— 'Sensation de froid comme si Ton y versait desgoatCet 
d*eaa.— 3« Vean dn trono. Sensation de chatooillement danslest^mem da 

IV. t5 



veotM. — 40 VwmldM «str^mit4i. ▲ UfaiM «t AltciuMC, f«lil« ^ii to ii l w 

bUnchet, k large bord ronge, qui brAleot comme du feu, fortout qaand U ett con- 
cb6 detsot ou qa*il y tonche. Au bout de denx jours, elles laissent dds taches |ronge< 
hmm, trit-douloareuses au toucber. 

Sommeil. Agit^.— Non r^parateur. — Insoiyinie apr^ iqmuit. — JR^ves effrayam, 
•^Somnolence dans la journ6e, 

m^vre. 1« Calorifioation. Horripilation qui parcourt le corps, avec malaise; 
froid aux extr^mit^ et frissonnement geii^rni. — Froid du corps avec ehaltar a U 
face. — 2° Pools. Tris-petit. — 3o Acc^s. Froid avec soif , sans ehaleur et warn 
transpiration. — Froid el treaiblement avec soif riolente ; apres quMl a ba, horri- 
pilation; en nieme temps, mains, genoux et pieds froids; en outre, brusquem, 
trembleoMnt, distorsion de la face, hiinieur Taria|)le, diagrine, sane transpiratioB. 

— *. Sueor. Au front et au cou, la miit. 

Moral. 4^ Intellect. Irresolution el incertitude cans^es par nne imagination 
IrtsHRabile. -> U ^rit un aiot pour an autre. —Mauquc d'imagiaatioa.'^ Marcbe 
lente, presque statiuiinaire, des id^es.— li ne pouvait bien s'expriqier 4 lanU^ Jof 
mots, tantdt la toix uidme iui manquaient (pendant quatre heures)^ lesoir, les 
sympttoes reparurent ; c'^tait taotdt un flux de paroles, cwnme si on les chassail, 
tantdt un muti«me complet; quelquefoia ilr^p^it diac fiois de anile te mi$fHtm9H 
tout d'une haleine, d^aulres fois, r^p^tant anxieusement tonte 9a pen^^e, 11 se touw' 
mentait de ne pouvoir retrouver les mSmes expressions pour la rendre.— 2° ABSae- 
tiont, a) yaies, Enjouement. — b) tristet. Trisle le matin, gai raprfta-nidi. — 
Tristeaae. — Anxiety. —Irascibility provoqu^ par uoe bagatelle.— Frayfurpaar 
un rien.— Indifference. — Mauvaise humeur. 
4A Tftte. io En g^n^ral. £tourdis8ement,debout, en marchant , a tomber de cdt^. 
^— Embarras.— Congestions. — Fr^misfiementdans le cerveau. — C^pbalalgie toote 
lajonrn^e. — 2<> Region Tertioale. Pression comme par une pierre. — > B^y<ii» 
frontale. Pression. — Constriction. — Baltemens du dedans au dehors k gaqcbe.— • 
4o &^gion pari^tale. Pressioa. — 5* R^ion temporrie. Pression, tension^ cha- 
touillement. — 6oB^>on oootpitale. T^raiilemena, preatioB. 

Tenz. 1<> Orbita. Pression du dedans au dehors. — 2<» Paupieres. D^cbire- 
mentet pression k la paupi^re sup^rienre. — 3<> Com^e. Elle perd sa transparence. 

— 40 Pupilles. Dilatation et contraction alternativement.— 6^ Tisien. Uacercla 
de pointes de flammes blanches k droite k cM de Thorizon, en sorte qu'il n'aper^oit 
1^8 eltfftg qii'ea partie si iadisUftctement. 

F Oreille. \° Ezteme. Douleur comme si on Tarrachait. — Bouleur d^^orcbure 
dans le cartilage. — Elancemena dans le conduit ao^llif en mdcbant. Douleur 4er- 
ri^re Toreille, comme u on y enfon^ait une pointe ^mousa^e.r— £lancemeaa k 
Tapophyse mastoi'dieane. 2°Znteme. Bruissemens. — Ouiiedure,camiues*ilJy avail ui| 
corps Stranger devant les orelllet. — Battemejaa.— XreasailJflittens dottlaoEeuiiL 4aiif 
le tympan, lesquels se propagent jusque dans les ^panics. — Blaafiemajoailudedaiia 
an dabors* 

Has. i<> Szfteme. Gros bouton entour^ d^ane e^llure ff^nx^, — Pjcesamamr |a 
jracioe. — 2° Xoteme. Chaleur. — Secherease. — Epistaxis. 

Face. Fourmilleraeut. — D6mangeaisnns. — Frcjuis^eiucus daa» liEis ag^usclea jl 
gauche. — FiTssioi) et tiraillemcul sfir J'os zy^maliqae g^tucbe-^^li^m^casiav 
trea-viio.liMiit* du cutr gnuche du uieutoji. — TreftsaiiJenKeus daxula buaaolM! gauiUa 
4e la mAiJiuu'e iulilrieure. 

Sbbvraa. firvipiioo aur ie bord Ulwie et aux aogiei* 



REVUE DE LA M^DEGINE SPI^CIFIQUE. 239 

^ei^tff Serir^ment douloureux daos les dents inf^rieures ganclies. — Ire88i|Ule« 
nient. 

Bouo|ie. S^che, saliva visqueuse, absence de soif et mains brulantes le 8oir. — - 
S^cheresse brul^qte dif palais le nialin. 

Estoroac. Naus^e pass^gere .ipf\e9 j|Voif mangi^t avec gout bon. — Pyrosis.— 
B(6gurgitatiou d'un liqqide ^cfe^ apide, aii)cr. -r Bbepyoi^ a vi(|^.— Yonussement 
d'lin liqiffde piuqueux anief, ay^p gratl^flien^ ^ ^ gorge.-— Fjf^peiueilsetdpuleuKS 
s^ca lives daps la r^gJQp pr^cordiale. 

Tenure. J" Sn g£n]&f^|. Flj^pitufle.— Fj))ppn)en^, §aps dia^f^^j^.r-Bouleur de 
brisqre. — Sepops^es ((puiQUfiBpses d*up cdlj^ k l^utre , cofp^pp ^^11 y fiyait quel- 
que ^(re yiyaQt. —Frisson nement ppmnip s'il y avail de Teau froidp. — Tension dana 
les dei^^ fiM$ du dedaps au 4i^[iO|r«. r— Coliques de vents, -r- 2° Hyppo||ondref . . 
filapceuiep^ spurd au-dessQps des cdtes. — Batiepieps vers ie dos , du dedans ap 
dehors. — Gonpf yjpleuts. — B° ^pigastre. pulsations. — Tres-douLoureux au tou- 
cher, jusqu^a cpqn^l a|f oiang^. — Pincemens. — Coliques suiyies de diarrh^ «t 
brulemeut a panus. — 5° BI^«ogastre. A droile du nombril, baUeruent de dedans 
en dehors. — A gauchj^ du nombri), correspondant a la region renale, pincpmens 
comme si ces parties j^Uiepl serrtes dans des t^snailles. — Frurit douloureux au 
noiubril. — 5** Hypogastre. ^incemeps avec tranch^es dans la region loipbaire.'— 
picoteniens h droite.— (9* #fnes. Coups sensibles a gauche. — Dans Tanneau ingui- 
pal, Pfpssiop d^ diedaps an dehors, et douleor ponime si tout ^(ait ulc6r6. 

Anus et selles. !<> ^latuosit^s. Le matin, (Amission de beaucQup de vents sans 
odeur.-r2* Selles. Le premier jour, selle r^guli^re^ lesjourssui vans, constipation. 

— S"" Beotum. Fression comme si les intestins ^(aient chassis hors du corps, 0jfk 
^lant assis. — 4° Anus. Douleur copstrictive dans Tanus. — SiMisalion comme fE^ 
quelque chose de froid sortait de Fanus. — 5° ^P^rin^e. Deinangeaisons. 
^Piuvk»e, lo Besoin. Fort besoin d'uriner avec douliur pressive. — Ardeuren 
urinant, et surtout apr^s avoir urind, principalement le soir. — Besoin tr^s-frequeot 
d'uriner. — 2? Urine. Blanche, trouble. — Eonge, trouble. — Qnantite considera- 
ble d'line urine sembiable a de Feau. — Fleine de Olamens, comme melee de pus. 

— 3o Jet de I'urine. Double. 

parties g^nitales. !<> ^n g^n^rai. Oroides avec le teste du corps chaud. — 
2° Copulation. B^pugnance. — B" Erections. Dquleur tensive pendant V Erection. 

— Fviqventes ^ surtout en etant assis, suivies d'elanceviens dans Vurethre.—^ 
4® JPr^puce. Tumefaction du prepuce et du frcin. Ardeui's. — Prurii, — Inflam- 
mation, — 5° Verge et glan^. Enfles tous devx. — Taches ruses de la ijrosseur 
d^une lentille au yland, — Pomleur comme d'icorchure a la verge ; il doit la tenir 
felevee. — Rouyeur et suintement dcfriire la couronne du yland, — 6*^ Ur^thrt* 
£n urinant^ ardeurs, tranchees a Vorifice, plutdt ioncinanfes par derriere. — ^lan^ 
cfimens a V orifice, — SatiS uriner, eJancemensle lontj de Purethre.-^Dechiremeut 
enzigzay. — Inflammation , douleur au toucher dans toy te la longueur* ^^BUh' 
norrhie d'uno niucosite limpide. — Orifice louche par une humeur. — 7° Testicules 
et cordon spermatique. Del/out ^ tension dauloureuse dans le cordon spermatique 
^t cohtraciion du svroium et du teslicule, — Tiraillemcnt et pression dans le testi" 
cuie, enetant debout. — 8® Prostate. EnflSe. — 9" I'oUutions. Nocturnes. 

Muqueuse nasale. S^cheresse.— Chaleur. — £ternuement et sensation d*encbi» 
frenrment saus que le iiez soil bouch^. 

Trach^e-art^re. Mncosile visqueuse dans la partie inf^rieure, elle ne se d^ta^ 
che qu^avec beaucoup d'ctforls et laisse une sensation de gratlement. — Toussote- 



JiS ftteVtJfi Die LA M^DtiCiNE! ^P^ClPlQUti. 

ment quel^uefois, el en meme temps sensation d^nne ninticre sal^e dam la fossette 

du coo. 

Poitrine* i** En g^n^ral* Lc matin, seiiMition de grattement dans I'int^rieur de 
la poitrine. — Oppression Gonime d'un poids sur la poitrine, laquelle cesse quand 
it acrach^des mucosites ^paisses. — Congestion vers la poitrine, anxi^(6 dans le 
crenx de Festomac, oppression de la respiration^ battemens de c<Bur, une chaleur 
lui nionte jusqae dans la gorge et lui conpe la respiration. — Dans le cdt6 gauche 
de la poitrine, une esp^ce de pression de dehors en dedans sans oppression. — - 
Doulenrs lancinanMs et s^catives dans les t^gumens ext^ricnrs de la poitrine. — 
S"" Stemom. Tension et pression provoquant une oppression; le sternum aossiest 
donlourenx ext6rienrement an toucher. T^r^bration en haut, sous le sternnni , 
sans affection de la respiration.— Pincement sous le sternum n'empSchant pas la 
respiration. — y poumons. Oppression. — 4** Coenr. Battemens fr^qoens, coupanl 
la respiration. — En se baissant, battemens comme si le coeur allait sortir de la poi- 
trine; en nifime temps chaleur autour du coBur.— Battemens de cceur et angoisse. 
Tronc. 4"^ Nuqae. Tiraillenient jusque dans Toreille. — £lancemcns a la partie 
inf^rieure. — 2° Bos. Pincement comme de tcnailles an milieu du dos.— A droiic, 
«nhaut, a c6t6 de t'omoplatCj^picotement qui se change ien prurit.— La doiilem- 
dans le dosg^ne la respiration.— Ardeur sous Ponioplatc—La douleur dans le dos 
est si Tive qn'elle reropSche de parler.— 3^ Reins. Tiraillement depuis la riyion 
rinale jusque dans les glandes inguinales, — Douleur comme d'ulcSration^ aussi au 
toucher, — 4o Cocteyz. Pression comme d'une pointe emoussce. 

Eztr^mit^s. do En g^n^ral. Secousses d^chirantes ou ^lancem^s p^n^trant 
profond^ment. — Sensation de brisure, de tiraillement, qui parait avoir son siege 
j^dansle perioste, pendant le mouvement. — Grande faiblesse des extr^mites inf6- 
rieures. — 2' Humerus. Pression d^chirante sur le haut de T^paule, a la pression; 
entre la tete de la clavicule et celle de rhum^rus, douleur qui s'eteiid jusque daus 
les doigts. — En ^tendantle bras» sensation comme de hrisure a la partie sup^rieure 
de rhum^rus. — 3° Mains. Contraction spasmodiqne de la main droite , des os 
m^lacarpiens. — filancemens sourds dans la paumede la main. — Paralysie subile. 

— 4<' Boigts. Serrement dans I'articuialion du pouceen ^crivant. — Fourmiilenient 
au bout des doigts. — 5° Hanches et fesses. Dans la hanche gauche, serrement et 
secousses k crier. — 6' Cuisses. En haul, pres de Taine, picotemens aigus.— En 
avant, an milieu, pression en ^tant assis.— Contraction a la partie posterieore dans 
nn muscle. — ?<» Genoux. Ardeur fourniillante par acces, k gauche. — Faiblesse. — 
En marchant, tiraillement dans le jarret. — D^plac^ment de la rotuie en nionrant 
Pescalier. — 8» Jambes. Serrement dans les mollets en marchant. — Bruiement 
dans le tibia en etant debout. — 9° Pieds. Pulsation doulonreuse sur le dos du 
pied. — Tension sur la plante dn pied. — Tiraillement. — Pesanteur apres le diner. 

— Tiraillement et pression dans le talon. — Elancement, prurilet tiraillement dans 
la partie charnue du gros orteil. 

§. VI. 

Si Ton compare la pathog^nesie de ce medicament , telle que nous 

la donnons ici, avec celle que M. Jalir a donnee dans son nouveau 

Manuel , on y trouvera des differences notables ; maissi Ton reflechit 

"* aux materiaux dont il a dft se servir pour composer son ouvrage , si 

loi) songe aux difficullesqu'il a eues a surmonler , si Ton fait enlrer 



BEVUE BE LA MBDECINE SPilSGIFIQUE. 229 

aussi en ligne de compte la conscience qu'il a mise dans son travail , 
qui embrasse la niali^re m^dicale tout enliere,on se sentira d^sarme et 
Ton se seniira plulot port6 a le remercier d'avoir eu le courage de se 
charger d*uu pareil ouvrage et de le mener a bonne fin. 

Pour nous qui n'avons jamais eu I'id^e d'^crire un manuel complet , 
qui nous attachons a I'etude approfondie de quelques medicamens 
seulemeut , nous ne croyons pas qu'on puisse nous fcjprocher d'avoir 
1-inteniion de discrediter cet ouvrage , en relevant des erreurs ine- 
vitables. Convaincus que c'est rendre un service non-seulement aux 
praticiens, maism^me a M. Jahr, oua rediteurfulurd'unenouvelle 
edition, nous conlinuerons notre travail d'epuration sur les douze medi- 
camens que nous esperons examiner dans le courant de cette ann^e. 

Parmi les sympidmea generaux de Cannabis , noles dans le manuel 
de M. Jahr, t. 1 , p. il5 , on doit rayer ctox-ci : « Tetanos principa- 
lement des membres superieurs et du tronc. » — « Plusieurs sym- 
ptdmes sont aggraves ou provoques par le toucher, le grand air et la 
chaleur, ainsi que la nuit et apres minuit. » Le premier est une erreur 
manifesto , et le second ne merite pas d'y occuper une place d*apr^ 
les donnees fournies par Texperimentation pure. ' i^ 

Au nombre des symptdmes du moral j on lit : « Manie tantdt gaie , 
tantdt serieuse ou furieuse ; » c*est encore un symptdme a rejeter 
parmi les erreurs. 

Sjrmptomes du ventre, « Gonflement dur et douloureux de la region 
hepatique.w — « Tumefaction partielle du ventre, comme par une 
asciie enkystee. » Symptdmes a rayer encore ainsi que les suivans : 

' «DifficuIte d'uriner comme par une paralysie de la vessie et stran- 
gurie nocturne. » — « Urine mSlee de sang.» — Incontinence des 
urines. » 

Regies. « St^rilite. » — * Avortement avec convulsions. » 

Larynx, « Extinction de la voix. » — « Toux violente et s6che. »— 
« Respiration rdlante. » 

Quant aux indications de la cUnique , nous nons permettrons d'ob- 
server que Texpf^rimentation pure ne fournit aucun symptdme qui 
indique Temploi de ce medicament ni dans les convulsions , ni dans 
la manie et autres affections morales, ni dans Tophthalmie scrofuleuse, 
ni dans la gastralgie , ni dans Tinduration du foie, Tascite enkystee , 



i 



230 ttfevtfe life tA iiftigtiscitfB s^eciFiQUJs. 

la cistite, rb^ttlaidrie, les fleurs blanches , U st6rilit(>, FtiVctt'tettitSrt 
ou la pneumonie. 

II ddti^ ^est^ a passer eii reTu6 les faits fo«j(f nis pair FexpiSHin^nlsl-i 
lion au lit des Maiadtl^. G'Isdt ce (|oe hou$ ferdns eh tempd et lieu. 

♦■ ■■ / 

I. Obsert^aiions '^ 9xpe\riences sur la vertu de tambrejaune dans mt 

maladie hen^euse de forme corufuUwe , put M. AlbxANDRK GftRARb > 

dooteur en medecine, 

. Mademoiselle de Y ... ., &g6e presentement de trente-sept h trentis- 
huitans, grartde, bien faite, d'un embonpoint tn^diocre, cheyeux 
chdtain-clair , teint color^ -, d^un caractere calme et d'ane riaison 
parfaite, fut aitaqiiee, vers Tage de vingt ans^ d'une maladie ner- 
veuse qui a dur^jusqu'a present sous diverses formes. 11 paratt qtiei 
dans les premiers temps 4 les iEiccidens etaient continus ) lis deTinreht 
ensuite intermittens ^laissant ientre les acces des intervalles d'litie oa 
|k plusieurs anrn^es : la malade a et^ traitee de diverses inani^res pair 
diffi^reils medecins , mais toujours avec peu de succ^s. On m'a dokin^ 
de longs details de tous les symptdmes nombreux et varies qbi S6 
sont manifestes anterieurement , mais je rapporterai seulement ce 
que J'ai observe moi-m^me. 

• Uyadouze ans,lorsque mademoiselle de V.... vint s*^tablir i 
txdin , elle ^tait asse2 bien ponante, mais toujours d'une extreme 
sensi:bilite ; elle ne pouvait supporter Todeur des Seurs^ ni die Ten- 
eetiS) 1^ jeu de Torgue lui faisait mal. Si ces sensations etaient trop 
fortes ou trop /prolongees, elle cprouvait des mouvemens convulsifii 
ou tombait en lipothymie. 

Je fus appele en 1829 pour lui donner mes premiers soifis \ la 
malade etait en proie k un acc^s semblable ^ plusieurs autres qu'elle 
avait d4ja ^prouves. Je vais faire la descrifition de ce premier accies, 
ce qui suflBra pour donner une idee exacte de tous ceux que j'ai 
observes depuis; la diiT^rence n'a consist^ que dans ledegrg d'inten- 
sit^ oU dans des variaiions de peu d'importance. 
La disposition a un acces se fait pressentir par uiie irritation liei^ 



BSVUB BB hk MiBBGINB SP]BGIFIQII1« 231 

veuse inl^rieure que la malade ne peut definir ; elle 6prouve comme 
un besoin d'etendre les jambes « de se tordre les bras , sans qull se 
roanifeste eocore rien a I'ext^rieur; mais tout- a- coup elle commeQcd 
k tourner le bras en moulinet avec une vitesse inioiiiable par I'aciioii 
de la volenti. Bientdl elle cban{][e ce mouvement et frappe ses cuis- 
ses et ses genoux avec ses mains etendues^ d'une mani^re aUernatif e; 
c'est ensuite le tour des pieds de fouler le sol k coups redoubles ( 
enfin c'est le torse qui fait alternativement un demi-tour iur le bas<* 
sin de gauche a droite el de droite a gauche ; les bras recommen- 
eeat leur jeu , et toujours de m^me depuis sept heures du matin jus- 
qu'& dix heures du soir, et cela pendant quarante ou soixante jours^ 
Les mouvemens commenceni un quart d'heure , uoe demi-beura 
apr^s le reveil , et fioissent quand survientle sommeil , qui est ordi- 
nairemei^t assez tranquille. Je n'ai jamais observe de fi^vre , aucun 
trouble dans les id^es ; le raisonnement est toujours excellent , et la 
patience exemplaire* La figure se colore plus fort pendant les pluf 
grands mouvemens ; Tappetit se soutient assez bien : mais on con* 
^oit qu'au'oiiUeu d*une pareiUe agitation, les repas doivent dire tnltr 
difficiles. Si , pendant que les series de mouvemens convulsifis e\6ttiii^ 
tent leur jeu, la malade fait intervenir Tactioa de la volonte pour en 
changer la direction » les convulsions deviennent plus fortes et g^^- 
rales, Taction dela volontd devient evidemment un irritaut, comme 
on pourra Tobserver plus loin a regard de relectricite. Si on arr^te 
le bras , les jumbes ou le torse entreat en action. Si, en passant pr^s do 
la malade^ oa la touche avec le coin d*un ch^le , le has d'une robe , 
elle eprouve une commotion gdn^rale. Quand le mat veut cesser ^ 
c'est par degres , ainsi qu'il a con^mence. Les accds diminuent d'in- 
tensile , et les intervalles de repos sont plus longs. En 4838 , Taocjii; 
a consiste en un mouvement de t£te alternatif de gauche a droite eC 
de droite k gauche, qui a dure quarante jours. L'estomac a ^t^ affedi^ 
Tapp^tit perdu , la vue affaiblie. 

La premiere fois que je traitai la malade , j'emplt)yai sans aucao 
succ^s les sangsues, tous les anii-spasmodiques connus : le seul re- 
made qui me parut faire un bon effet, fut le calom.^las auquel j'eos 
recours en desespoir de cause. Lorsquc la bouche commenga a s*enr 
treprendre , les mouvemens dijsiinu^rent et cesserent bieot^ : j'ai * 



232 JUEVTJB AC LA MBBSCIN C S^IBCIFIQUB, 

fait cesser assez promptement trois acc^s avec le carbonate de fer k 
la dose d'une once. U y a deux ans , le carbonate ne fut pas supporte, 
il fit ^videmment du mal ; j*eus encore recours au calom^las , qui 
op^ra comme la premiere fois, mais c'^tait dijk vers le d^clin de 
Taccte. 

II y a trois ans , ayant lu on plutAt entendu dire que , dans certai* 
nes affections nerfeuses, plusieurspersonness'etaientbienirouTees 
de porter des bagues et des plaques aimant^es, je fus curieux d'^prou- 

ver si Taimant produirait quelque effet sur mademoiselle de V 

Je pris un aimant artificiel de la force de 250 gimmes , et je touchai 
la malade sans qu'elle fAt aucunement pr^yenue ; je d^terminai par 
ce contacl una crise terrible , qui m'dta toute envie de recommencer; 
je jugfeai que Taimant , au lieu de conyenir dans le cas present , se 
montrait tr^s-contraire; il ne me vint alors aucune autre id^e. 
h En 1840, dans le mois de juin, mademoiselle de V.... eiit une 
flnxion a la joue gauche , et, ^ la suite , un resserrement douloureux 
de la m&choire inferieure; lorsqu'elle voulait parler et surtout minger, 
elle ^prouvait des convulsions. Cette fois-1^ , telle ^tait la Forme de 
^ maladie. La place ^tant excessivement incommode, je fis 
mettre un sinapisroe ^ la jambe gauche pour attirer Tirritation sur 
cette partie, ce qui r^ussit : la partie irrit^e devint tr^s- rouge' et 
douloureuse; la m&choire se trouvait degag^e; mais la malade ne 
pouvait ni remuer la jambe , ni la poser sur le sol , sans ^prouver des 
mouvemens convulsifs dans tons les membres. 

Un jour que j'etais assis prte d'elle , Teffet produit anterieurement 
par Taimant me revint k la pens^e ; et je pris ma montre k laquelle 
est attach^e une double chatne de fer et d*or , je Tentortillai autour 
de la jambe , tenant la mootre dans ma main ; mais je dus cesser en 
toute h&te mon experience , car la malade eut des mouvemens terri* 
bles qui la soulevirent de dessus sa chaise. L'id^e me vint k I'instant 
d'essayer un corps idio-^lectrique : je demandai un collier d'ambre; 
benreusement, il s'en trouvait un a la maison'; la m^re de la malade 
me Tapporta , et je le fis mettre au dessus du mollet , sans qu'il en 
r^sullAt aucun effet apparent. 

L'apris-midi de ce m^me jour, mademoiselle de V.... 6ta le 
collier de sa jambe pour le montrer k une amie ; elle eprouva de 



BffVtJB BE Li. HBDEGINB SPBGIFIQtJE. 233^ 

Tagitation lorsqu'il fut d^tacbe; elle le remit aussitdt k sa place sans 
y faire plus d'attentioo. Le lendemain, elle fit encore la mSine ma- 
nceuvre en ma presence : le collier fut a peine detache , qu*elle 
commen^a k trembler de tons ses membres , et se souvint a Tinstant 
de ce qui lui^tait arrive la veille. Je fis remettre le collier : les con- 
tractions cess^rent a Finstant. Plusieurs essais successifs ayant donn^ 
le m^me resultat , je fiis force de reconnaltre la pi^opri^t6 calmante 
de Tambre , et je me procurai deux autres colliers pour continuer et 
varier les experiences. 

Pour assister avec moi a ces experiences, il faut se representer la 
malade assise sur une chaise, le pied pos6 sur un tabouret a cause de 
la douleur et de inflammation produites par le sinapisme ; il faut se 
souvenir qu'on ne pouvait la toucher dans aucune partie du corps, 
sans exciter des mouvemens convulsifs plus ou moins intenses dans 
plusieurs membres ou dans tons les membres. J'ajoutai done deux 
autres colliers k celui qui etait dijk nou^ au-dessus du mollet. J'ob- 
servai premiirement que , dans cette position , Ton pouvait toucher 
toutes les parties du corps, depuis la t^te jusqu'aux colliers, sans 
exciter aucune contraction ; tandis que , depuis Textr^mit^ du g[rpi ^ 
orteil jusqu'aux colliers , le contact occasionait dans la jambe seule- 
ment des contractions et de la douleur. Ces colliers semblaient ^tablir 
une barri^re qui interceptait toute communication entre la jambe et 
le reste du corps. Ge fait ^tant sufiBsamment prouv^ , il s'agissait de 
reculer la barriere. On transporta successivement les colliers k la 
cuisse , autour des reins ; le m£me eflfet eut toujours lieu ; le contact 
au-dessous produisait des contractions , au-dessus rien ; tout restait 
en repos. Lorsque je fus parvenu au cou , j'observai un changement 
notable , quelque chose qui semblait tenir du merveilleux : on pouvait 
toucher la malade partout; elle put se lever, aller , venir, elle ^tait 
gu^rie ; mais d^s qu'on d^tacbait les colliers, elle retombait dans le 
m^me ^tat. Gette experience a ^te rep^t^e plus decent fois , toujours 
aveclem^me resultat. Nous fiimes bient6t munis d'une quantity d*am« 
bre suOBsante pour varier nos experiences ; nous reconnAmes, enajou- 
tant et 6tant des colliers, que Tambre agissait dans ce cas comme 
tous les autres remedes , en raison des doses. Apr^s plusieurs tilon- 
nemens , la malade d^couvrit que , pour se trouver libre de toute 



334 9Xfm nt Li wfoDBcraB mtcxriqm. 

irritation et parfflitement I son &i8€i , il lui fallait 70 gramfdea d'am-* 
bre du meiileur choix ; avec cette armature , elle supporte l^odeur 
des fleurs , de rencetia , et une foule dimpressiona qui auparavaot 
n'^taieut pour elle que des douleurs. Si elle pr^voit devoir 4ire sou- 
mise dans Id journee k quelque ^preuTO tin peu plus fbrte, elle 
ajoute un, deul et trois colliers, et s'etpose ensuite avec assurance ; 
mais il faiit que les colliers soient bien etaUi aa bas du cou ; si od 
les rapprocbe de la m&choire , ils ne font plus le mdme etfet ( places 
sur Tepigastre , le long du rachis , ils n'ont plus de puissance « ou du 
moins elle n'est pas appreciable ; c'est au bas du oou ^ au-dessus de 
la clayicule , qu'ils doivent dtre etales. 

Je doisnoter ici que Tacc^savait commence le 10 juin, et le 4d 
aoAt, si on otait les colliers, les ibouvemens recommeuQaient aussi 
intenses que le premier joOr. ATispoque susdite j'en fis TobservatioQ 
a la malade en presence de madame sa mere, je lui dis : « II me sem* 
ble que Tambre, en arrStant votre ucces, en a singuli^rement prolon- 
gs la duree ou au moios la predisposition ; car ordinairement dans 
les acc^s les plus graves, vous etiez guerie apres quarante ou cin* 
quante jours, et je vois que si vous6tez votre armature pendant quel- 
ques heureS) Tacc^se reproduii. » Elle rSpondit : « Il y a bien quel- 
que chose de vrai, mais ce qu'onappelait ma guerison n'etait que la 
cessation des convulsions, je n'avais pas de mouvemens manifeates i 
mais toi^'ours un etat d'irritation penible, et pour la plus petite causei 
les convulsions reparaissaient plusieurs fois par jour si Toceasi^ se 
prSsentait. >• 

Je rapporterai un peu plus loin plusieurs autres experiences que 
j'ai insiituees dans le but d^^clairer la tbeorie, mais auparavant je 
veuxenfiniravecla question medicate et pratique^ que je ne veux 
pas confondre avec la premiere. 

Je sais tnte-bien que les matrones suspendeuc des colliers d'am- 
bre jaune an cou des enfens, pour les garantir des convulsions de la 
premise dentition ; mais il n'est pas a ma connaissance que les me- 
decins et les pharmacolpgistes aient parlS de cette propriete dans les 
maladies 6onvulsives dcclarecs, ai qu'ils aieot spScifie les doses de ce 
remMe. 

Je poie done comme un fait incontestable , l"" que des cdlien 



d'Mnbre jaune pesant etlsemble 70 grarhrnes^ placiSs all bas dtt cod^ 
om gu^riinstantan^ment mademoiselle v.. . d'un acote de tffoiite-^ 
mens convulsifis qui, suiVant le coiirs de la maladie dbserv(&e pr^ee- 
deAnnenti devait duter eneore aa moiiis quarante joiii*Si 

S^ Qu« td'eBi pr^»is6ifititit au baat du cou que oe^ (idllieks doiV^iit 
dtre places pour assurer tout le corps codtt^e tel til6tiV^i)ilili$ qu^ prb^ 
doiseot les affecitidtis setisdrtales et sentim^ntaleii. 

3t> Que Tambre agit plas oti nidins (^ne^giqueme)lt en rdi^dti d6 sd 
quality. 

4' Que reffet est iditatltatl^ oupreisqile iiiljtantaiid ; tlrdi^ oii qtiatHs 
Bebdndes. 

J'ajduteral mainteikant qu'il est ti^ds-pf obable qtie f ai trdiivii dah§ 
rfambrejauhe un agent qui rendralbi tie de mademoiselliB d^ V;.: 
ti^Hquille et plus heureuse ; tnais tine question bien plus imt)of l^tite ', 
c'esl de savoir si le Fait est exK^eptiotltiel , od si le sUceiti modlr^hi 
M m^me efficacitig dams runiversalit^ dds tas idettiiqUi^S ott iM'- 
logues. 

Mod prondstitc s'est parfaitentistit conBrmi pour mademoiselle de 
y.... J'^crivaiilceslignesaU moisd'aoAt 1840^ et, jtt^u*a ce jott^^ 
28 octobr^ i841, cette demoiselle a joui d^un etat de tranquillite et 
de bien -^tre qd'elld n'avait pas bonnu depuis Tingt ^ns; li est vraf 
qU'elle peut rarement quitter pendant plusieurs beures les coUien 
d'ainbre^ sads ^prouYer de Tirritation ) je pense que c'eSt eomme vak 
homme qui s'est aceoutume a maricher aVec une bequille ^ et qui n« 
peut avadcer sans c(et appui. Quelqdes exp^riekices que j'^i faitessur 
d'autres malades n'dnt pas r^ponduaux esp^rances que j'aVais con*» 
gues dans lid premier moment d'enihousiasme ; maisjid dois les rap* 
pdrter, puisqu'elles peuvent servir ^ determiner les birconstantel 
ddns lesquelies on doii essayer le succin avec quelqde espoir d% 
staecisi 

Espirience premiere. Jefis porter pendant qdinze jours, sans auetfA 
succ^s, des colliers pesant 70 grammes a une filte de ki tampagne dt^ 
l^u^e d'epilepsie, elle eut dans cei imervalle plusieurs accds de smi 
ibal. 

Esperience deuxieme, Ayani ^prouve moi-m^me un acc^ de gouUt 
BMilique) Je porlMdV^ord au cou^ ensuSle autoiir de la edsM^ de 



t .•; 



386 REVUE DE Li Ml^DECINE SPl^aFIQUE. 

la jambe malade, des colliers d'ambre pesant 250 grammes, sans au- 
cune amelioration. 
Eaopirience iroisieme, Un matin j'^prouvai, ^tant au lit, line crampe 

des plus violentes a la cuisse droite ; a Tinstant j'entourai le membre 
avec tousmes colliers le plus promptement possible, et la crampe ces- 

sa comme par enchantement. 

Experience quatridme. Une Jeune femme trfes-irritable eproovait 
dans r^paule droite une douleur nerveuse des plus intenses ; je la 
t,, gueris avec quelques centigrammes d'extrait d'opium. La maladie 
ayant recidive, a Toccasion d'une promenade de nuit sur le bord de 
I'eau, je 6s Tessai de mes colliers (250 grammes) que je lui fis Staler 
autourdu cou ; la douleur ne se calma pas instantanement, mais dans 
Tespacedevingt-quatre a trente heures, comme avec Topium, elle 
diminua par degres. La mSme experience a ete repetee trois fois avec 
le meme succ^s dans Tespace de quinze mois. Gette douleur, aban- 
donn^e a son cours naturel, durait ordinairement trente a quarante 
jours. 

Eccperience cinquieme, Une jeune fiUe de treizeans ^tait attaquee de 
choree depuis trois semaines environ : on lui avait applique un grand 
Dombre desangsuesderri^relesoreilles, administre des pilules anti- 
spasmodiques. J'esperais beaucoup de Teffet de Tambre jaune dans 
cette maladie ; je fis Staler tons mes colliers autour de son cou , elle 
les porta pendant dix jours, sans aucune amelioration ; elle fut guerie 
assez promptement par quelques frictions mercurielles. 

Experience sixieme. \]n& jennedtimey ^la suite d'une maladie que je 
ne puis determiner , etait tombee dans un etat fort deplorable ; elle 
ne pouvait ni lire , ni travailler , sans ^prouver des tremblemens qui 
la for^aient de s'arr^er : elle me fit demander mes colliers , je les lui 
envoyai ; mais elle ne put s'en servir , parce qu'ils avaient une petite 
odeur d ambre gris ; il parait que les odeurs Tincommodaient aussi. 
Mademoiselle de V... lui en pr^ta, dont elle se servit avec succes; 
elle en fit acheter , les porte habituellement et s'en trouve parfaite- 
ment bien ; elle peut lire et s^occuper comme avant sa maladie. Je 
dois a la verite de dire que je n'ai pas vu la malade , et que le fait 
m*a ete rapporte par des personnes de sa connaissance. 

Expirienee septieme. Depuis quelques jours , j'i&prouvais des crampes 



le matin dans noon lit : j^avait prepare mes colliers. Me trouvatit saisi 
d'un acc^s violent a la cuisse droite , j'entouraide suite le membre 
avec tons mes colliers , laissant la jambe k demi flechie , ce qvH ^tait 
nne tr^s-mauvaise position ; je sentis alors dans les muscles contractes 
un mouvement oscillatoire de tension et de rel&chement alternatif , 
qui dura une minute, mais sans aucune douleur. Alors je fl6chis 
'enti^rement la jambe sur la cuisse a plusieurs reprises , sans aucune 
r^cidiye , ce que je ne puis jamais faire impun^ment en de telles 
circonstances. ' y^ 

Experiences et reflexions, — Ces faits sont peu nombreux , et mon ^ 

intention n'est pas de leur donner plus de valeur qu'ils n'en ont r^el- 
lement; je desire que de nouvelles experiences soient faites, cVst 
dans ce but que je public ces observations. Je presume que ce nou- 
veau moyen pourra reussir dans les maladies nerveuses qui n'ont 
pas leur source dans une affection grave de la moelle ou des mem- 
branes, mais lorsque le derangement ne depend que d'un d6faut de 
pond^ration dans les diverses branches de Tarbre nerveux. Les snjets 
ne manqueront' pas aux ^preuves, surtout dans les grandes villes: 
rien n'est plus commun que de renconirer des femmes qui ne peuvent 
supporter ni le bruit, ni les odeurs, qui ont des tremblemens pour 
le moindre sujet.. C'.est dans ce cas que le succin doit produire de 
bons effets. L'emploi de ce moyen est facile; et si Teffet est nussi 
permanent que chez mademoiselle de V..., les personnes dont il 
s'agit seront delivrees, ^ peu de frais, d'une grande infirmity. 

L'ambrejaune dont je me suis servi etait transparent, d'unjaune 
ciair , taille a facettes ; plus les grains sont gros, plus ils ontde puis- 
sance. On peutcommencer avec 70 grammes , et porter la dose a 600. 

On a du remarquer , en lisant Tobservation premiere , que c'est le 
hasard qui m*a fait decouvrir la puissance du succin sur les nerfs de 
la malade. Je connaissais mademoiselle V... depuis douze ans^ je 
Tavais trait^e dans plusieurs acces semblables par diff^rens moyens, 
sans avoir jamais rien remarque qui me parut differer de taut d*autres 
cas analogues. Cependant un observateur plus altentrf aurait ^tSfrappe 
de Tcffet que produisait pendant les acces le contact du phis Mfjer 
veil mcnt , sans que la malade se fut apergue de ce contact aulremenl 
que par la douleur et les convohions. La crise que j'occasionai , lors- 






qiie ]0 \9i toucbai k son insu avec ud aimaot artificiet , aurait dA me 
fai/e r^^epbir ; mais je considerai ceUe irpitatioo comme le r^Uat 
<d'uQ i^jinple mouvement copmimiqqe. I4)rsqu0 j*^!i9 ramar^ui la 
vertu (i^immtA du sv^mn e^ l'^f^( ^xjBJt^Bt d^ mea pbato^ , jo eras 
pQiiyi»ir eiLpliquer pas deux (sffets difiere^s paF rela^triciMi pmiliTa ec 
n^gaiivi; 9¥MS c^ue explicatipa ae ppuvai); m& satisfaire, cap je 
n'^iai^ pi^ ^loi^tris^ et ja a'atais pas mU, Je pensai alors qm made- 
moiselid V... <§taii pi^m-^ire excit^e aiifsi par Teleciricite terrestre^ 
qu'elle attirait par quelque propriete particuliere. J*isolai la malade, 
mais ja n'aperQus aucuD cbangemeat dans son etat. Je remisdoncles 
colUeri$ (J'^ambre que j'avais 6t/is pour foire cette exp^ricoce : j'ea 
observai dp nopvieau les effets surprjenans , et je recominengai k 
r^fleefeir. Paurquoi ces colliers attaches autour d'un membre, ce 
flnembr^ 4t^ilil irritable au-dessous des colliers et nuUemeiit an- 

d/?ssus? 

J'ai r^pe|^ cette experience plus de quarante fois , j'ai promen^ 
}es Ciolljar^ sur toqte la loogaeur d^s meinbres : si je laissais au bout 
du doigjt upe place grande leonime una lentille , qui lie fujt pas jcou^- 
yerte , au touchant cette place, j*excicais des qontraciio<|s plus vio- 
lenies « et au-dessus rien. 

PojiirqmiH ces colliers fix^s au cou, tout le corps ^tait-il defendu par 
cette sjTinaUire ? ]^a science , assez mince a la verite , se trouvait en 
defaut. 

Je Qs m graod nombre d'experiences , je les yariai de di verses 
fnanior^s^ mai$ je ne les rap[>orierai pas dans Tordre oii je les ai 
£ait.es : C4b|j|ie muaief e n^ serait propre qu'a jel.er d/e la confusion daos 
Tesprit: j^ l^ rattiac^.raj^iuue hypotb&se; quoique ce^ie oiiBtbode 
soit repi-(9iuyee , j^ la trouve beaucoup plus cooyenable que des ob- 
«ervajUoas pur^s fil siniple^* te liecieur se donne rarement la peine de 
|ier jpes observaltions pour en jurer quelque coi»sequ6n(Ce ; une bypo- 
t^ese, au co^jgraire, bonne m mauvaise , idoque nn cbaatp auprin- 
cipe xle con.tradictjm et produM; une oieiiileure explicaup9 dans un 
ineil^^flr /esprit. 

Prefidfrfak. — Dans le cas present , le succin en .colliers , attacbS 
Wtour du cou , calme k Tiastant les irritations et les mouveoiens cou- 
viijaifs. Un peu plus baut^ vers la mJUilioire; un peu plus bas , aa 



dessous de la davicule , il ne produit plus le m^ine effet. Rien n^est 
plus sAr , J*en ai fait vingi fois T^preuve. 

RecoiMialssant dans le isuccin une vertn calmante ou fortifiante, 
dont je ne connais pas plus la mtni^re d'agir que celle de Topium, je 
suppose qu'eUe agit plus puissaminent an cou , en ratson des nerfs 
Irisplancbniques ct autres qui se irouvent en cet endrott , h pen de 
distance des t^gnmens ; il semble que te suecin attire et fixe le fluide 
nerreuic qui peul ^tre trop diffusible : ce qui me le foit eroire , tfeat 
que la pond^ration paraissani reiablie entr e les f rones nerveux , ate 
moyen des colliery fix^s au cou , si j'en mets d'»utres , en nombfia 
^al , il la jambe on k I'avant-bras, les monvemens recofnmencent , 
et 81 je les Ate , ils cessent a Tinseant ou peu d'instans apres. Je sup- 
pose que ces colliers ,' fixes aux membres , eiablissent de nouveaux 
centres et detruisent raction de ceiix qui sont au cou. 

L'experience suivante me semble confirmer ceite conjecture. Ma- 
demoiselle de V. .. a au cou 70 grammes d'ambre , elle est en repos ; 
je lui prends la main , elle reste calme , elle r^siste h cette attraction ; 
mais si je prends la main d'oae autre personne , elle est agitee ; si je 
prends eelle d'une sec<mde , d'une trbisieme , elle ^prouve des con- 
yolsions ; Taction est d*autant plus prompte que le nombre des per- 
sonnes augmente. Je pense que cette chaine de personnes animus 
agit de la m^me raani^re que les colliers d'ambre places aux notembres; 
qu'ils soulirent le fluide neryeux et rompent T^quilibre. 

Mademoiselle de Y... pent prendre une clef sur une cbaise, elle 
attitse le feuafec les pincettes sans rien ^prouver ; mais si elle prend 
ces instrumetis dke ma mafn , elle est agitee d'autant plus fort et 
plus promptoment qne le conducteur est plus volumineax. L'ambre, 
le verre , ser^rent ^galement de condncteurs. Si la malade tient dans 
sa main le premier grain d'un collier d'ambire, et que je touche le 
dernier, elle est agkee; mtoe, si je toucfae le bord d*un verre % 
boire e! qu'elle touche k son tour le bord oppose, plus fort dob 
jeiie une aiguille dans ce verre , plus fort et plus promptemeut encore 
si on jettedans le verre une petite clef. Mais, comma tous ce» effels 
n'ont lieu quequ:uid ces corp$ la metlent en communicaiion avec ua 
^ire anime, jecouclus qu ils dependent de ceite communication. {Jour-- 
not des €onnaiisancosfn4dico-chimrgioaies;^SLnner iSi^, p. 14. ) 










940 .RBTUBinEI.AM]&DECiKB«PltelFrQUB» ' 

IL ObseruatioHs sur la veriu desjeuilles tCojarUm prises en poudr€f»r U 
nez; par M. DbsMaRS, nUdecin a Boulognt'sur^mer. 

Louis Leforgeur, ftg^ de Tingt-huit ans^ soldat dans les troupes 
.bouloniiaises, tomba sur la tempe droite le 6 du mois de Janvier, resta 
sans connaissance, et fut transporte chez lui ou on le coucha, et une 
denii-beure apr^ il recouvra I'usage de ses sens. II eut alors des 
envies de vomir, mais il ne renditrien. Trois jours aprtesa chute, il 
B'apergut qu'il rendait du sang en allant a la selle ; cela (jjura deux 
jours pendant lesquels il eut huit ^ dix selles fort ensanglant^es. I^ 
envies de vomir se dissip^rent , mais il ressentait de la douleur k 
Tendroit de sa chute, et comme un bandeau autour du front, avec 
douleur fixe et gravative au-dessous des orbites, qui fut suivi^d^un 
larmoiement contiouel. II survint des sueurs pendant la nuit, une toiix 
seche avec oppression pendant le jour, un degout et une difficulte de 
prendre des alimens dont il se disaitsuffoqu^ pour pen qu'il eut mang^. 
Le huit de mars, c'est-a-dire deux mois apr^s sa clmte> il me demanda 
conseil. Je lui prescrivis les feuilles d'asarum pulveris^es et prises 
parle nez a Theure dusommeil. La nuit m^me qu'il en prit, il dormit 
assezbien, ce qu*il n'avait pas fait depuis sa chute, e( rendit en 
xi^prmant beaucoup de serosit^s dont sonoreillerse trouva perc6 a son 
revAil. Le matin en s^eveillant, il moucha du pus et du saog avec la 
poudre qu'il avait prise ; il en cracha aussi , et me montra dans la 
matinee plusieurs mouchoirs sails d*un pus jaunatre et d'une grande 
abondance de serosites. Le larmoiement cessa ce jour -la m£me et 
Tecoulement par les narines continua , au grand soulagement du 
malade. II prit encore le soir une seconde prise de la mSme poudre, 
qui entretint Tecoulement des mati^res pendant deux ou trois jours, 
apr^s lesquels il sq trouva parfaitement gu^ri, il fut en ^tat de se 
renettre au travail, qu il avait ^te oblig6 d'interrompre depuis sa 
chute. (Ancien Journal de Medecine^ vol. 7, p. VO. 1757.) 



.4 



m 









^ h^ te ir^rit^ mi priiusipe liomieaiiatMquey 

• '1.. • 

Par le docteur CHA&GK, de Marseille. 



1 • 



Tous ceux de nos honorables confreres qui persistentii demeurer 
Strangers aux travaux de T^cole homoeopatbiqae, et qui, malgr^ leur 
nullite dans les debats, ne s'en arrogent pas mdns le droit d'entonner .j^ 
dans le nionde des chants de victoire , ont pris k uotre ^gard le parti ^ 
fort commode de se montrer sourds k notre voix et de passer com- 
pl^tement «ous silence nos livres , oos joumaux et nos faits particu- 
Hers .Apr^s avoir nie , sans la connaltre ; la science que nous profes- 
sons et que nous prenons tant de peine a propager dans Tint^rdt de 
tous , ils vont plus loin encore : ils temoigoent quelques vell^it^s de 
tenir k distance , d'exclure m^me du corps des medecins ceux de 
leurs confreres dits homoeopathes ; comme si plus de travail pouvait 
amener k sa suite plus d'ignorance , plus de sacrifices , m^riter moins 
de droits^ I'estime! 

Je ne dirai pas ce qu'il yad'inconvenance dans cette espece ded^- 
dain affect^ ^Fegardde nos personnesetde nos jprincipes; tous les ho- 
moeopathes, hommes de coeur, en sontprofond^ment blesses et briilent 
de saisir une occasion solennelle pour en faire publiquement justice. 
Je ne dirai pas tout ce qu'il yad'amer pour nous k ne recevoir en re- 
ponse k des travaux consciencieux que des haussemens d'^paules pu 
des sourires de piti^ : j'^touffe volontiers ces recriminations. Quelque 
justes qu'elles soient , elles sont personnelles et d^s lors merilent pea 
de nous occuper en face des int^r^ts de la science et de la verity qui 
demeurent en souffrance ; mais ce que je ne puis taire plus long- 
temps , c'est que la force d'inertie est la pire que nous ayons a com- 
battre , et qu'il ne nous servira jamais de rien de publier nos paroles 
et nos actions , si Ton s'obstine a ne pas nous lire , ou si , en nous li- 
sant , on ne se decide pas a nous prendre en s^rieuse consideration. 

Or, sous ce point de vue , nos plaintes sont plus que legitimes , un 
devoir imperieux nous oblige k les faire entendre. Toute temporisa - * 
tion est funeste , la question est pendante depuis trop long-temps , il 

importe a tous que Ton arrive entin au terme de sa solution. 
IV. 16 



i>?.^ 







242 [»VCT DB U luSDECmB^SPliGIFIQUB;^ 

Ii'hoirKBopathie,.CQimne tonte v^rit6, n'a p^n^tr£ dans le sein de la 
mcUtA que par le combat , cela est vrai ; maia oussi ce premier com- 
bat est fini , il feat en convenir, et en d^pit de tons les obstacles elle 
est aujourd'hui pratiquee partOQt. De cet etat dc choses il resulte ne- 
cessairement qu'aux mauvais jours , dans une famille , des regrets se 
m^lent k la douleur. A-t-on exclusivement recours di la methode spe- 
cifique , voiUt que des gens ofiicieux , aides de la majorite des mede- 
cins , condamnent cette pratique avec certaine apparence de raison 
que donne Tinsucc^s ; la mort , au contraire , vient-elle frapper un 
malade avant qu*on ait fait un appel aux ressources de la nouvelle 
doctrine, on se demande alors, mais trop tard, s'il n'eut pas 6i6 pos- 
sible de mieux faire en faisant autrement. Deplorable alternative ! £t 
les m^decins pourraient ne pas en 6tre touches 1 Nous, homoeopathes, 
odus obeissons k une conviction ; nous avons publie et d^montr^ mille 
fois Tunite , la stability du principe qui nous guide ; d'ailleurs nous 
avons pu comparer et juger, et le jugement n'est venu qu'apres un 
s^rieux examen ; mais vous , nos d^tracteurs , qui gardez le silence , 
qui sans nous connaitre dedaignez de nous prater Toreille , qui vous 
obstinez ^ dire seuls, comme pour ^tre plus surs d'avoir raison, quelle 
est votre excuse ? EUes sonnent bien souvent dans la pratique , ces 
heures terribles oti vous 4tes en face de la mort , sans ressources et 
sans esp^rances ; h^ bien ! alors ne vous vient-il pas a la pensee que 
pent-^tre vous avez tort , et en faut-il davantage pour secouer votre 
froide indifference ? Ce peut-€tre n'est-il pas assez puissaot pour pi- 
querau moins votre curiosite et vous pousser a Tetude, s'il n'^veille 
pas chez vous d'autres sentimens ? Nous oe vous disons pas : Acceptez 
nos croyances et faites comme nous ; ce langage seul serait stupide , 
et nous avons trop d'estime pour vous pour oser vous Tadresser. 
D'ailleurs nous n'avons que faire d'une foi que vous nous donneriez 
aujourd'hui sans raison, et que par cela m^me vou&seriez autorises k 
nousenlever demain. L'bomoeopaihie ne demande pas a dtre acceptee 
de loute piece ; elle veut seulement ^tre 6tudiee pour 6lre comprise , 
et quand eile aura ele comprise, elle sera universellement ajprecice. 

Des annees bien longiies s'^couleront encore avant que les deux 
ecoles se trouveni r^unies sous le mSme drapeau ; il serait difficile 
qu'il en ful autrement, pui^^qu'elles continuent a marcher en sens opi* 



BSVUB BS LA MBDUCnA SPIOnQVl* ftU 

• \ .f ^ 

posj'; puis, il faut que Tune abandODiie bieo des erremrs , ((lie Tantre 
modifie, complete 8on ejpseignemeDt^ poor qu'illeiiraoit possible dem 
/.renoontrer ; mais, en attendant , la justice r^lame que notre temps 
et nos peiues ne soient pas d^pens^ iuatilement , qu'il y ait entre nos 
adversaires et npus uo ^change ser ieux d Vgumens, de preuves et de 
faits. 

Si , pour arriver jusqu'i vous , il est besoin de prendre un ton sup- 
pliant , soit : nous vous demandoos en gr&ce de d^voiler le pi^ge dont 
nous sommes les victimes et de dissiper en mAme temps le voile qni 
cache nos yeux k la lumi^re dont T^at vous rend si fiers. Hfttez-vons, 
car oetp aveuglement augmente chaque jour, et plus nous avangons 
dans l^prs^iique , plus aussi nous amassons de faits qui d^montrent 
5 nos yeux Timpuissance de vos moyens; }• ne v^x rien dire de 
plus. 

£xempl«i9 : Je suis visits « il y si quelques jours , par un bomme de 
soixante ans, qui, pour venir du grand th^&tre chez moi, distance de 
cinq minutes, ^tait rest^ une demi-heure, et qui ni« frappa, en entrant 
dans mon cabinet , par la p4leur extreme du visage , la decoloration 
de loutes les membranes muqueuses , la g£ne de la respiration ; il 
etait suffoqu^ et souffrait de violentes palpitalioiis de coeur. Quand il 
se fut repos^ , il m'expliqaa qu'ayant pris un catarrhe pulmonaire il y 
avait sixsemaines, il avait dAgarder le lit plusieurs jours 5 ladi^teab- 
solue ., qu'il avait touss^ beaucoup et que pour cette toux il avait (Sle 
saign^ deux fois et copieusement. Aucun symptdme n' avait pas mime 
fait soupQonner rinflammaiion soit de la pl^vre , soit du poumon. 
]^iai actueL Le malade tousse encore , surtout le soir et le matin k 
Taube du Jour; il expectore non sans peine, et ses crachats sent de 
m^me natare qu*aux premiers jours de la maiadie, blancs, muqueux ; 
il est suffoqu^ au moindre mouvement , il est sans forces , le parler 
mdme le fatigue. 

Yoil^ un catarrhe qui, apr^s six semaines d*existence, n*est pas en- 
core arrive ^ sa fin j que serait*-il arrive de pire si le malade n*avait 
pas ete saigne ? et notez bien qu'il Ta it& deux fois, largement ; il est 
itgi de soixante aus. 

A Dieu ne plaise que je veuille en aocune mani^re faire peser da 
Irilme i«r le <HMMre qui a prtliqiiii ees den saiguees ! U a ponc^ 



K''. 



■r^" 



244 BEYUE DS UL M^DBCtfrB SP^GIPIQUlS* 

tuellement ob^i k l^ science de F^cole ; k cette science-li seole j^ 
m'adresse , et dans ce cas je lui reproche d'avoir 6ie sans actioff sur 
la maladie et funeste an malade. ^^ 

Abandonnons un catarrhe k Im-m^me , en ^loignant seulement du 
malade toutes causes ou drconstances qui pourraient aggraver son 
ciat ou ajouter h la maladie premiere une seconde maladie , qu'arri- 
vei*a-t-il? que pourra-t-il arriver? Qu'apr^s six semaines, la toux 
persiste encore : mats cette decoloration de tous les tissus, cette an6- 
oiie g^n^rale qui seule occasione cette grande faiblesse et ces palpi- 

-^ taiions de coeur, cette suffocation au moindre mouvement , tout cet 
ensemble de symptftmes ne devra pas exister; pourtant nous le Drou- 
vons chez notre malade , et dites-nous quelle en est la raisoif> si ce 
n'esi la saignee deux fois r^p^t^e. 

Desesp^rant d'etre utile , je ne fais rien, et voila pourquoi j'aurais 
mieux aiui^ ne pas saigner ; puis , ne saignant pas , j*aurais donne 
aconii. , nux uom.^ beUad. , parce que Texp^rience a prononce sur le 
double bienfoit de ces agens dans le traitement des bronchites : i» ils 
gu^rissent , c'est-^-dire am^nentla disparition de la maladie avanl le 
terme de sa dur^e naturelle, tandis que la saignee ne guerit pas ; ^^ ils 
ne cr^ent pas de maladie nouvelle, tandis que , dans ce cas au moins , 
la saignee, inutile d'abord, a laiss^ apr^s elleun appauvrissement du 
iuilig tel que toutes les fonctions en sont alt^rees. 

Ba saignee est encore en ce moment la principale ressource de 
rimmense majority des medecins , et certes ils sont assez multiplies 
les cas oil il est facile de d^montrer qu'elle a ^t^ , 1» indiffigrente , 
%• inutile , 3* nuisible ; — mais , devoiler la faiblesse de la th^rapeu- 
tique actuelle est une tUche trop facile et qui expose k eveiller trop 
de susceptibility! — Je reviens au second terme de ma proposition , 
et je dis : Texp^rience de chaque jour me confirme davantage la 
preeminence de la m^thode sp^cifique sur toutes les m^thodes de 

41^ traitement connues jusqu'a ce jour. 

Exemples: d^uftejeunefemmede vingt-cinqans, de constitution fort 

^ delicate , est retenue dans sa chambre depuis pr^s de deux mois par 
un e^bulcfbeDt de sang avec douleurs contractives dans la region de. 
la matriee ; le repos dans la positi(m horizontale , les topiques froids , 
les astringens k rint^rieur, le seigle ergots ont ^chou^. Je donne une 



BBVUB BE LI ICl^DSaNB SPiCIFIQITB. 245 

seule dose de sabine^ et vingt-quatre heores aprts, TdcoulemeDt de 
saogjBtt arrdt^. Les regies arriveot un mois aprte etne se prolongent 
pas an-del^ de leur dur^e Daturelle. ^ 

2^ Un enfant de onze ans a d^j^ M renToy^ de plosieors pension- 
nats de la ville k caase d'ane incontinence d'orine dont il est nalheu* 
reusement affect^ depuis sa premiere enfence. Les bains froids , Tin- 
timidation ont 6i6 essay^s sans le moindre snccte. PuhaiUle. L'enfant 
ne laisse plus ^couler sous Ini une goutte d'urine, ni le jour ni U 
nuit. 

^^ ]\(adame N. . . porte depuis plus de deux ans, sur la face dorsale des 
deux majps , une Eruption dartreuse avec prurit insupportable et dou-* 
leurs brAlantes , surtout la nuit. Le sulfure de potasse , les d^rivatifi' 
sur le tube digestif ont et^ impuissans , quelque perseverance qu*oii 
ait mise k en faire usage; arsenic est r^p^t^ deux fois k la dose de * • 
Gu^risonrapide. 

d'' Mademoiselle P... a d^jk etesaign^etrois fois pour une heroopty- 
sie qui dure depuis quinze jours ; elle a subi , en outre , une applica- 
tion de vingt sangsues k Tanus , elle ne prend d'autre boisson que de 
Torgeat k la glace , et pourtant les cracbats sont tons d'un rouge vif ; 
— arnu^ |. — Six beures aprfts , les cracbats ne sont pas m^me co- 
loris. ..if. 

5* Quand une m^re sivre son enfant on se refuse I nourrir, ginft^' 
ralement on a recours aux dioreUques , k la diite, anx purgatifs sa- --m 
lins ; or, tout le monde sait quelle est Tinfluenoe et le degr^ d'in* 
fluence de ces moyens sur la disparition dn lait , toujours lente etson- 
vent suivie de grande fetigue d'estomac , occasionee par le traite- 
ment. L^puUaiilh^ an contraire , apr^s avoir anient momentanement 
un gonflement douloureux des mamelles , tarit la secretion en peu de 
jours et sans porter le moindre trouble dans r^conomie. 

Par tons ces faits ^ de la v^racit^ desquels j'ai par dever^ moi des 
garans , et par mille autres (je cite les plus fadles k reproduire , pour 
encourager le plus grand nombre) , je conclus , et ma conclusion est 
Kgitime , que la doctrine nouvelle a Timmense avantage de oaos ni- 
p^cher de faire du mal et de nous foumir aussi les moyens lea plus; 
prompts , les plus directs^ les plus efficaces pour le traitement dest: . 
mladiest 



w;- 



246 aBVUB DB LA M^DBCmB SPI&GIFIQITB. 

Celte eoDviclion repose dang mon esprit sur des bases si larges et 
ai mukipliees , qu*elle esl indestructible. Mais il ne s^ensuit pas n6- 
%essaircment que je me croie oblige de circonscrire mes Etudes daus 
le cercle de la m^bde sp^ifique et que je repousse avee d^dain 
d^autres travaux , par beta seul qu'ils sont emis par d'autres hommet 
que ceux qui ont me$ sympathies scientifiques : telle est la marche de 
nos detracteurs , je rougirais de la suivre. La v^rit^ n'est point I'oeu- 
vre de riiomme, elle preexiste ^ nos ^lucubrations, et tout ce qu'il 
nous est permis d*esp^rer , c'est de la decouvrir ou d'en faire une 
beureuse application. Or, tons sont appeles k ce noble travail ; et quel- 
que nombreux que soient les detours au milieu desquels la suffisance 
et Torgueil egarent ies pas du plus grand nombre, tons, nous pou- 
vons approcher ou atteindre le but de nos efforts. II n'est pas de si 
mauvaise voie qui ne puisse avoir uneili^ureuse issue ! et , d'ailleurs , 
si nos adversaires sont coupables de se maintenir dans un cadre trop 
4troit et d'etre esclaves de iimites qu'ils ont arbitrairement imposees 
a la science , sachons eviler cet ^cueil , et tout en nous maintenanl sur 
le terrain de notre ciioix , pourquoi nous priverions-nous de fairc aiU 
leurs des excursions qui peuveot 6tre utiles P 

Pour moi , quand je me vols oblige d'ivre en lutte constante avec 
mes confreres de Tancienne £cole , je crois qu'il n*y a pas de moycn 
plos sflr de oonserver sur eux certains avantages , que de les suivre 
^pas k pas et de savoir ee quails savent ; c'est aussi le seul moyen de 
pouvoir d^montrer que nous savons auirement et mieux qu'eux. Pour 
ceia ,-Je me fais un devoir de suivre leurs publications , et pr^cise- 
ment, au moment oti j'tefis, Tuned'elles, et une des plus justement 
estimies , le Bulletin giniral de Thirapeutique , renferme quelques 
pages sur lesquelies je crois utile d'appeler i'attention de mes colle- 
gues. II me sera bien permis d'ajouter quelques reflexions; mai3 
avant , je cite textoellement : 

«Cas de ndvralgie sciatiqne gu6rie par la pommade de br!!:\- 

donne ^tendue depuis Torigine du nerf 

sciatiqn^, «nlre Tischion et le grand trochanter , cette nivralgie se 
propftgeait de \k au creux poplit^ , et venait s'^tendre insensible- 
ment jasqu'auxderni^res ramifioations nerveuses du pied. La conti- 
nuit^ de sa violence £tait telle qu'elle arrachait des cris airmalade 



en le privant de tout repos ; il ne pouvait garder, mfime pendant quel- 
ques minutes , le decubitus sur le dos... Je reoourus d'abord k la 
m^thode iatraleptique : des frictions avec un liniment opiac^ , faitef 
sur le trajet des principaux cordons nerveux , diminu^rent la sensi- 
bilite de Textremit^ inf^rieure. M. P... profita de cette remission pour 
prendre quelques instans de repos ; mais au milieu de la nuit , la dou- 
leur se r^veilla plusvive et plus atroce que laveille. Lapression, 
loin de diminuer la force du mal , ne faisait que Texasp^rer; le pouls 
^tait petit , dur et nerveux ; anorexie , anxi^t^ vague et universelle ; 
des ^lancemens douloureux sillonnaient toute la cuisse... 

« En presence de ces symptdmes, je fis, cette fois, des frictions aTec 
de rhuile essentielle de t^r^benthine t un succ^s momentane suiyit 
de pres la medication. Le malade put dormir deux ou trois heures ; 
mais des acc^s n^vralgiques noi^veaux signal^rent son r^veil. M. . . con- 
tinuellement en proie a cette violente exaltation nerveuse , et sentant 
d un autre cdt6 les paroxysmes irr^guliers de la douleur acqu^rir cha- 
que jour un degrc plus violent d'intensit6 , je me d^terminai k recou* 
rir aux antiphlogistiquesou aux selsde morphine d^pos^s surle derme 
d(^nude ; mais avant d*agir avec de semblables moyens , derni^re an- 
cre de salut , apr&s Vadministration de la t^r^benthine k Fint^rieur , 
je voulus m^assurer de la specificity de Textrait de belladone , dopt 
j*avais entendu souvent faire T^loge le plus ^clatant... Je pr^parai 
une pommade compos^e de 4 grammes d'extrait de belladbne sur 8l 
grammes d'axonge , et fit faire des frictions plusieursfois le jour, tout 
lelongdu membre malade, que Ton enveloppait ensuite d'un cale(^ 
de flanelle. A latroisi^me , quatri^me friction , M. ^prouva dans Teir 
tr^mite inferieure gauche unfourmillement qui n'eut plus riendep^ 
nible , et de lagers symptdmes de narcotisme ne tard^rent pas k se 
d^velopper. Pour la premiere fois depuis Tinvasion de la maladie , 
M... put gouter sans interruption une nuit enti^re de sommeil. 

«Le lendemain, tandis que la ndvralgie paraissait s'endormir de ce 
cbii , elle sc revelllait dans Ic membre oppos^ , mais accompagnee de 
symptdmes plus faibles que les premiers. — M6mes frjctions. — 
Toulefois le malade mungea avec app^iit , et put marcher sans ^prou-^ 
ver de la difficulte ni une trop grande douleur. — A la suite de cesi 
onctions de pommade belladon^e, M, P... se debarra$$a en peujde 



248 REVUE DE LA M^DEGINE SPl^CIFIQUE. 

temps d'nne maladie qui Tavait tourment6 jusqu'a ce jour. ( Bull, de 
Thirap,, Janvier, p»,54. ) 
J'aime peu la critique et ne veux relever dans cette observation que 

le fait capital qui se rMuit ^ ceci : net^ralgie sciatique^ hetlad,^ gue- 
rison. 

Si le m^decin aux soins duquel elait confix ce malade avail ele fa 
milieravec les travaux de T^cole homoeopathique , il aurait ct^ plus 
prompt & recourir k la belladone , parce qu*alors il aurait et^ conduit 
au cboix de ce remMe , non point seulement par le souvenir de I'e- 
logo ^clatant qu'il en avait entendu faire^ mais , ce qui est plus sta- 
ble, parce que T^tude approfondie de la belladone a demontre aux 
yeux de tons les m^decins homoeopathes , dans cette substance ,une 
sp^cialit^ marquee pour les cas de douleurs lancinantes dans les* 
membres avec aggravation , — principalement la nuit, au moindre 
contact : grande inquietude , viva suroxcitation. ( Voir la Mat, mcd. 
de Hah, et Jahr. ), etc., etc. 

Ce n'est rien que d'avoir un fait heuredx^ ^noncer, si Ton ne se rend 
paacompte de sa causality. Yous avez gu^ri, c*est bien; mais pourquoi ? 
la belladone ^tait , dites-vous , sp^cifique ; mais sp^cifique h quoi et 
pourquoi? Yous Tignorez; [prdtez done un moment Toreille a cette 
doctrine que vous d^daignez , elle vous donnera le mot de T^nigme ; 
elle vous apprendra que vous avez gu^ri dans ce cas , & Taide de la 
belladone , parce que les effets pathog^n^tiques de cette substance 
llhit sg^lognes aux symptdmes de la maladie que vous aviez a com- 
battre. 

K'Gb n'est done pas un principe si vain que celui qui donne le mot de 
la spfeificite d'un remade , qui seul explique le comment de vos gu^- 
risons , et vous fournit seul encore les moyens de les reproduire ! 

Je lis dans le savant TraiU des Nii^ralgies de M. Yalleix , pag. 553 : 
« La dur^e de la maladie (n^vralgie sciatique) a varid, dans mes ob- 
servations , de 16 jours ^ 9 mois ; dans celles de M. Louis, de 2l jours 
a 17 mois; dans celles desautres auteurs, de Sou 10 jours a 6 ans. » 
Ges chiffres prouvent au moins Tinsignifiance de la th^rapeutique ac- 
tuelle ; de quel crime sommes-nous done coupables en cherchant k 
£aire antrement? Quant au traitement , M. Yalleix dit encore, p. 646 : 

I.'e premier mo^en i employer est le v^sics^toire volant^ multipii^ avec 






REVUE DE LA MJ&DECII7E SP^CIFIQUB. 240 

persfiveraTice sur les divers points douloureux. Si ce moyen ^tait in- 
fructueux , oa aurait immidiatement recoups a la cauterisation avec le 
far rouge , soit en se bornant h la pratiquer sur les foyers de doulcurs) 
soit en suivant ie trajet du nerf. » — Jusqu'a quel point est-on obiig^ 
de suivre de pareils pr^ceptes, quand d'un autre cdt^ et dans la mSme 
^cole on trouve des exemples de gu^rison de la m£me maladie p^r/A 
un moyen exempt de toules douleurs , et si prompt qu*il n'a besoia 
que de quelques jours pour amener la disparition complete de tons 
les symptdmes. 

A mon avis, Targument qui milite le mieux en faveurdu principe 
homoeopathique est celui-ci : k savoir, qu*on ne peutciter un faitde 
gu^rison par un remade employ^ isol^ment , sans qu'il nous soit ton-, 
jours possible de d^montrer, k Taide des experimentations a TetaC^ 
sain f que les eflfets primitife du remede employ^ ^taient en parfaiie 
harmooie avec les symptdmes de la maladie. 
J'en appelle k Thistoire th^rapeutique de la belladone : 
« La belladone a &i& employee avec succ^s par M. Rognetta dans 
les amauroses hyperemiques. (Rognetta -r- Diet, des dicu de mid, de 
Fabre , article Amaurose.) Or, Tamaurose hyp^r^mique se reconnait a 
aux caract^res suivans : Visage inject^ , congestion sanguioe vers la 
t^te , myodepsie ^tincelante , battemens dans Toeil , ^blouissement au 
grand jour. La vision , si elle n'est pas compl^tement ^teinte, s'exeree 
mieux k I'ombre qu'au soleil ; le globe oculaire paratt trop plein^ 
sensible au toucher ; la conjonctive trouve toujoursquelqn^vaisaeaap^ 
variqueux;... pupille ^troite dans le d^but, plut6t large par iaP 
suite;... sa motility n'est pas toujours compl^temenl an^&ntie. (i^o^ 
citato^ p. 199). 

MM. Trousseau et Pidoux , autorit^s incontestables dans les hautes 
regions de la science , se chargent de nous apprendre que parmi les 
effets physiologiques de la belladone on distingue : Embarras de la 
t^te , c^phalalgie , vertiges, ^blouissemens , dilatation et immobility 
des pupilles , confusion de la vue , et quelquefois c£cit£ complete , 
tumefaction et rougeur de la face , globe de Toeil inject^ et saillant 

(pag. 58). — Vanalogie, ce guide si sdr en th^rapeutique (TrOUSSeaa 

et Pidoux , pag. 73) , pouvait-elle ne pas conduire a user de la bel- 
ladone dans le traitement dQ Tamaurose byp^r^mique ? 



i 



> 



SSO BEYUB BE LA K^DEGINE SPl^GIFIQUB. 

Greding ( F'oy. Murray, j4pp, m6d.^ I. I , p. 646 ) a plusieurs fois 
adminisire la belladone k des malades atteints d'une ^pilepsie simple 
ou compliquee de manie. Dans le plus grand nombre de cas , il asin- 
gulierement amende les accidens. Leuret, k Bic^tre, et Kicard , ont 
pul)li6 vingt-deux observulions qui confirment celles de Greding. 
-. ( Ga%, med., 1838, n" 12.) Munch p^re et fits ont vu quelques cas de 
guerison chez des individus ^pileptiques ; de cinq Epilepsies observees 
par Evers , Theden et Allamand , troi»otot 6te gurries ; une quatrieme 
a eprouvE une modification ir^s-favorable. {Bill, de Therap,, Bayle, 
t. II, p. 5H.) 

Les sympt6mes de IMpilepsie simple ou coaipliquEe , tels qu'ils ont 
6i6 donnas parGeorget et Foville, rapproch^s des effets physiologic 
ques de la belladone , retraces piBir MM. Trousseau et Pidoux , nous 
offrent deux tableaux qui se confondent ^ ce point , qu'il est impossi- 
ble de ne pas reconnaitre que la modification imprim^e a TEconomie 
par la substance m^dicamenieuse est analogue k celle qui consiituait 
la maladie. 

En m'imposant Fobligation de ne puiser k d^autre source que dans 
les livres les plus estim^s de I'^coie de Paris , 11 me serait facile d'ex- 
pliquer^ k Taide de notre principe , toutes les guErisons obtenues 
par la belladone ; que serait-ce si je faisais un appel aux connais- 
sances plus approfondies, aux richesses toujours croissantes de la ma- 
tidre m^dicale spEcifique ! 

' j^ReeliM*elie8 mieroBcopiqueB sur les preparations 

m^talliques, 

Var le dooleiir Chabus MATBHOFER. 

Lorsque je me d^cidai & Etndier Thomoeopafhie et S,en faire Tessai 
au lit des malades , je m'adressai h mon coUigue et ami le docteur 
Wnrrn de Vienne , pour le prier de me diriger par ses conseils , en 
le pr^venant que j'(5lais dispose h croire tout ce que je \errais , mais 
qfiejevoulais voir de mcs propres yetfx , D'apres ses avis, je commen- 
^ai par Torganon \ puis je lus I'organon de Rau el je me familiarisai 
avec toute la liit^rature bomoeopathique. Je ne u^gligeai m^me pas la 



REVUE DE LA M^DEGIfnS SPI&GIFIQTJE. 3Bf 

lecture desx)avrages des adversaires de cette doctrine. — Je ne pou- 
vais manquer d'etre frapp^ d'un grand nombre de paradoxes , et il 
m'j^tait impossible de jurer en tout et parlout par la parole du mat- 
tre ; mais ce que je ne pus jamais me persuader, c'est que , comme 
Taffirmaient Hahnemann, Bau et d'autres, |es m^taux, ies terres et 
les autres substances insolubles pussent devenir solubles , par ittie*1^' 
redaction particuliere, en une poussi^re extr^mement fine, et iriturdi 
avec un autre corps facilement soluble, le sucre de lait. L*inyra!8em-» 
blance de cette assertion m*inspira le d^sir de m'assurer de ce qu'il 
en ^tait , au moyen de recherches microscopiques , ce qui me flit 
d'autantplus facile, que robservatoire de la ville oik je pratique pos- 
s^de un tr^s-riche assortim^nt d'appareils de physique et d*autreii^ 
instrumens que le directeur mit k ma disposition avec la plus grande* , 
obligeance. 

Je me servis, pour les recherches sur les tritiyrations ; d'un micros- 
cope de 120 lignes ; en sorte que les r^sultats ne laissent rien h d £« 
sirer. Pour les dilutions, j'en employai un de la force de 132 -et '-# 
200 lignes ; mais ici d^ja la certitude diminue ; aussi n'ai-je pas eu 
recours i des microscopes plus forts encore, afin d'iviter autant que 
possible toute illusion , quoique j'eusse a ma dispositioii un excellent 
instrument qui grossissait plus d'un inillioo de fois. Je me suis sur- 
tout, attache k examiner les metaux r^gulins, afin de m^assurer da 
degr^ et du mode de* leur divisibility par des procM^s m^oftniques* 
Pour eviter autant que possible touie erreur, j'ai examine d^abord 
^ Tobjectif, Teau distill^e, Talcool et le suere de lait, afin de dicoifi^ 
vrir prealablement les impuret^s qu'ils contiennent inSvitablement^ 
et seulement ensuite les preparations m^talliques.— Le verre, m^me 
le plus pur, laisse voir ^ Toeil arme d'un fort microscope des taches 
blanchatres ou rougedtres de diOerentes grosseurs , qui sent comme 
inorust^es dans le verre et que leur immobilite fail distioguer facile- 
ment, Dans Teau distill^e,on apercoit un assez grand nombre de par- 
ticules d'un blanc grisdire , aux formes les plus varices , provenant 
du carbonate de chaux dont est saturde Teau de source de ce pays , 
au point que, quand on la fail bouillir, elle depose au fond du vaseua 
poudre blanch&ire ieg6re,dont les parlies les plus fines passent vrai- 
'isemblublemem dans le recipient. Dans ralcoolm^me^qu'avaitpr^paF^ 



i 



262 BEVITE DE LA MEDECINE SPEGIFIQUE. 

un pharmacien habile avec du vin de la Basse- Antriche, je trouvai des 
corpuscules blancs , transparens , composes vraisemblablement de 
tartre , et d'autres particules .d'un brua noir qui pouvaient provenir 
de la distillalion de l*alcool sur des charbons. Le sucre de lait , que 
j'ayais re^u de Vieune , m'oflfrit des particules noires , brunes , grimes 
r^j^et jaun^tres, de diflferentes formes et grosseurs. Dans la premiere so- 
•itition de la troisi^me trituration , outre ies impuret^s dont je viens de 
parler, je remarquai encore des particules du bouchon de liege et 
une poussi^re tombte du bouchon pourri. Ges particules etaient irans- 
parentes , d'un jaune d'ambre ou rouge&tres , et il etait facile de Ies 
distiuguer des autres impuret^s qui se trouvent partout sous la forme 
^e poussiire dans un rayon de soleil. Je dois mentionner aussi Ies 
bnlles d'air qui nagent souvent sur la surface du liquide comme des 
' globules ^tincelans et qui peuvent egalement induire en erreur. Je 
ne puis ni affirmer ni hier d'une mani&re positive que des particules 
de silice se d^tachent par le frottement du microscope et augmen- 
r-' tent la quantity des impuret^s.— Enfin je dois signaler encore Ies al- 
liages des diff^rens m^tani que Ton ne pent ^viter, quelque soin que 
L Ton apporte k la preparation, et qui deviennent visibles ^ Toeil arme 
d'un verre grossissant de ceite force. 

Gomme, dans Ies triturations , Ies particules de m^tal qui se trou- 
yent k la surface et ne sont pas couvertes de sucre de lait , sent 
seules visibles , afin de s^parer Ies m^taux du sucre de lait , j'ai fait 
dissoudre chaque trituration de chacun d'eux dans de Teau disuliee. 
lifts premieres triturations , que j'avais rcQues du docteur Wurm , 
^tant dans le rapport de 2 : 98^ je pr^parai moi-m^me Ies second es 
et troisi^mes triturations , en m'en tenant^ la m^me proportion et en 
me conformant consciencieusement a tout ce qui est prescrit a cct 
^gard ; mais je ne fis dissoudre qu'un grain de la troisi^me trituiaiion 
dans cinquante gouttes d'eau distillee auxquelles j'ajoutai cinquanie 
gouttes d'alcool , et pour preparer la cinqui^me dilution ettoutes Ies 
smvantes, je ne pris qu'une goutte, d'ou la proportion suivante : dans 
un grain de la premiere trituration j^, ; dans un grain de la seconde 
~^ ; dans un grain de la troisieme rrf'ooo ^^ g'^iin ; mais, h partir de 
la y le dbuominuieur de la fraction augmente de deux zeros a chaque 
miiri^ro* 



R£VUE IDE LA. M^DECINE Sp£GlPlQtK« ^ 2^3 

Je vais actuellement passer en revue les changemens qui se sont 
op^res dans les difl(§rentes triturations m^taliiques. Je me suis servi 
d'un microscope de la force de 120 , c'est-4-dire grossissant 14^00 
foi8. Je ne parlerai que de ceux que j'ai vus se j^oduire plusieure. fois 
et de mani^re k ce qu'on ne puisse soupgonner quelque illosidA. J'ai 
consacr^ beaucoup ^de temps k ce travail^ Unais je me croirai as^gi^. 
r^compens^ si j*apporte ma pierrepour la construction du yast^.^di^^^ 
fice de la medecine sp^cifique. — J'ai examine , comme )e rai-d^jji 
dit , les dilutions avec an microscope de 132 1. 

Platinb. Gelui qui est curieux de s'assurer de la diyisibilit^ infinie i 
de la matiere n'a qu'^ examiner au microsdope le corps sp^cifiq^e* 
ment le plus lourd de la nature, le platine ; car on d^couvre dans h 
solution de la premiere trituration de ce m^tal une si .prodigieuM. 
quantity de particules de platine, qu'aucun autre m^tai n*en pr^senla 
autant.Le fond du vase est convert des rudera majorum gentium, sous « 
la forme de masses d'un gris d'acier, poreuses, peu brillaotes, qui . 
ruppellent le plomb fondu jete dans Teau , et qui sont compos^es 
d'une infinite de petits grains angulaires (voir table U, !'* trituration^ 
platine). Si Ton place au point visuel la surface de la solution , on 
apergoit une veritable voie lactee de grains de platine dont les phis 
gros ressemblent ^ des grains de millet , et les plus petits apparai^ ' 
sent comme de petits points. Eotre la surface et le fond se meuvent 
d'innbmbrables atomes , partioula natantes , suhmersce et demersa. 
La lithographie repr^ente ce qu'on pent appeler la voie lactee rj-' 
duite de moiti^ , afin d'^pargner la place ; car le veritable diamdtre 
de rinstrument ^tant d'une demiligne, le diam^tre apparent du point 
visuel est de cinq pouces. — Dans la seconde trituration , on aper^ 4 
^it encore une quantity de grains et quelques masses considerables 
encore divisibles ; mais, dans la iroisi^me, on ne d^couvre plus guire 
que des grains isol^s et des points m^talliques qui se distinguent 
moins par T^clat m^tallique que par leur parfaite opacity et qu'on ne - 
pent confondre avec les impuret^. A la neuvi^me et k la dixiime di- ^ 
lution, le platine m*a encore offert le mftme spectacle, et je crois m^me 
avoir encore observe quelques petiis grains dans la douzieme et dans' 
la treizi6me. Ges grains avaient au moins tout-^-fait Tapparence des 
BOinbreux points nuefalliques qui se font voir fr^quemment dans les 






I J V 



264 REVUE DB LA M^DEGINE SPl^CIFIQUE, 

triiurations u c6t6 des mosses encore conipactes. Cette divisibilite 
extraordinaire du [ilaiine tcuible cire favorisee suriout par ^corce 
cristalline, friable, de ce metal que Ton emploie pour les triturations^ 
et rLomoeopalhie peut sc vanter d'avoir la premiere introduit dans 
la m^deciae une substance tres-^nergique et distincteinent marquee 
dans ses rapporls physiuiogi(|ues. On peut se faire une idee de la di- 
visibility de la maii^re , quand on apergoit a travers un microscope 
de la force de 132 lignes des particules metalliques qui apparais- 
sent comme des points a peine visibles et dont le volume n'est par 
consequent que la 17,424'' partie d un point infinimem petit. Gom- 
bien un grain de m^lal contient-il de points pareits P En combien 
d'atomes peut se diviser un grain de platine, si Ton admet que le plus 
petit p,rain peut se diviser de 47 ik 20,000 fois? D'apres une exacte 
mesure microscopique , 5 ou 6 des plus petites monades de plaiine 
occupent un espace de .^^ de ligne. Le diam^tre d'un pareil aiome 
est done de yio de ligne. 

Or. Autant le plaiine se triture bien, autant Torse triture mal. Je dis 
Tor , quoiqull s'agisse proprement des feuilles d'or, car Tor, dont la 
divisibilite a pasad en proverbe , est place au dernier rang dans la 
clussiiicalion des triturations homoeopatbiques.- La lithographie repre- 
sente, de la premiere trituration , une feuille d'or a dont la grandeur 
reelledepasse une demi-ligne etqui , si c'etait du platine , se sub- 
diviserait en plusieurs millions d'alomes. La plus petite feuille d'ur 
representtje m a encore, d'apresle micrometre, jto de ligne. Je puis 
distinguer Tor dans toutes les triturations k Foeil nu. Le nombre des 
feuilles d'or dans la premiere trituration est si peu considerable 
qu'approximaiiveDient on peut ^tablir que duns la m^me trituration 
il ya au moins 10,000 grains de platine pour une feuille d'or. Ainsi 
que rindique la lithographie, les feuilles d'or, les plusgrandes comme 
les plus petites , conservent une/ormamfoliatam ; ce sont des mor- 
ceaux brises au hasard et m^'caniquement ; on n'apcrgoit nulle part 
une forme fondamentale ou cristalline. La grandeur et le nombre des 
feuilles d'or dans les trois triturations sont plus considerables dans la 
premiere , moindres dans la seconde , et moindres encore dans la 
' troisiemc oil on ne les apergoit qu'avec peine. Dans la premiere so- 
Itttioui on ne d^couvre plus que quelques rares particules d'or iso-f 



m 



BBVUB DB LA HBDEGINB gPliciFIQUB. ItttS 

l^es, et dans^toUies Ics goutl^s da aurum 5 que fai eJtafnindes ^je n'ai 
plus uu d'or. — Le diamctre des moindrrs atomes d'or que j'uie ob- 
serves, ^tait da t,^ de ligne. Daas ies solutioBS des iriturations d'or, 
de {][randes feuilles nagent encore sur la surface de Teali. Coipiue ua 
m^talduciile ne prend la forme de feuille qu'auic depeos de siesititres'^ 
qualiics , je crois que le d^veloppement cto la ductility et la moUesse *^ 
d'une feuille de metal sont la raisoff pourlaquellelatriluratioii s'en f aflLoS^" 
mal etd'unemani^re fort iaegale, ce a quoicoatribue encore la formQ 
de feuille qui echappe le plus facilemeni k la dhiaioii m^canique , 
parcc que le pilon glisse ais^meni dcssus. 

La lithographie read sensible ce.que je viens de dire. La figure & 
dela premiere trituration estsurtout instructive. On voit Ies exir j- 
mites et Ies bords tani6t releves ou r^Jivers^s , tant6t isomprim^s , u 
preuve frappante que le pilon Ies a frappes ^ouveat sans pouvoir en 
briser la force de cohesion , quoique la grandeur de la feuille permit 
de la r^duire en des milliers d' atomes. Ge que je viensde dire de Tor, 
peul s'appliquer egalement aux feuilles d'argent et de zinc. 

L'or ^(ant dans la therapeutique homoeopaihique un medicament 
plus con venable aux bommes et leplaiine repondant mieux a Torga- 
nisme de lafemme , il est fort & d^sirer que Ton parvienne a triturer 
Tor au m^me degre que le plaiine , autrement Ies hommes seraient^' 
trop mul partages par rapport aux femmes et Ihypocondrie finirait 
par deveniraussi gen^rale que I'hysterie. 

Je ne doute pas que Tor ne fut tout aussi divisible que le platine , 
si comme lui il 6tait pr^cipiti par un autre m^tal. Je me procurerai 
de Tor pur et j'en ferai Tessai. Je soumettrai ensuite & Texamen mi- 
croscopique Ies triturations d'or que je pr^parerai de ceile manicre. ^. 

Argent. Examine au microscope , Targent offre absolument leg 
m^mes phenomenes que Tor, car la feuille d'argent ne so triture guor^ 
mieux que la feuille d'or. Dans la premiere trituration , on apergoit 
des feuilles d'argent d'un pouce d'etendue, ayant uu beau reflet m^- 
tallique , de forjnes irreguli^res , ^ bords d^chiquet^s , releves ou 't 
comprimes; Ies plus petites ont la grosseur dun grain de millet Dan^ 
laseconde, Ies pins grandes pariicules d'argentsont encore tr^s-vi-^ 
bibles a Tocil nn ; mais dans la troisi^me, Ies atomes d'argent sont d^jft; 
f n si petit nombre que Ton n'en remarque plus que quelques-un« 



■«.'* T** - 



■<,, 



dans un grain de argenium 3. Ges atomes se rencontrent denouveati 
sans aucune alteration dans la premiere solution dans laquelie le Su- 
cre de lait, qui se dissont tout d'abord, se pr^cipite en innombrables 
cristauxtrte-purs ettransparens, de forme h^miprismatique, quicou- 
Trent lout le fond du vase. Comme cette formation de crisiaux n*est 
" aussi remarquable dans aucun dea autres m^taux, il faut que le snore 
rr-jie laittritur^avec Targ^nt ait un'penchant d^cid^ i la cristallisation , 
ou , ce qui revient aa mdme , que 1' argent exerce une influence par- 
ticnliire surlacristaUiaation, k moins que le ph^nomine dont je parle 
n'ait ^t^ provoqn^ par qnelque circoosiance accidentelle . Si on laisse 
ivaporerja solution desucrede laildes preparations metalliques, de 
tris-beaux cristaux dendritiques se dessinent 9ur Tobjectif. Mais 
comme j'ai observe aussi ces dendrites en faisant evaporer une simple 
^^ solution de sucre delait J'en dois conclure que les m^tauxn'ont aucune 
influence positive sur cette cristallisation. 

£tain. L'etain ressemblebeaucoup a i*argent par la couleur et la 
forme. La feuille de ce m^tal se triture aussi fort mal ; car dans la 
premiere trituration on d^couvre des feuilles de deux ou trois pou- 
ces de diamdtre apparent , d'autres qui vont graduellement en dimi- 
nuant de grosseur jusqu'^ ne plus presenter que des points d'un beau 
blanc et d'un reflet metaljique. Ges derniers ne sont pas nombreux , 
parce qu'il ya detrop grosmorceaux qui n'ontpas ete tritures. Dans 
la seconde trituration , j'ai trouve encore des feuilles d'un pouce de 
diametre perceptibles^ Foeil nu, et dans la troisi^me m^me s't nmon- 
trent quelquesunesd'assez grandes qui n'ont pasete tritur^es. Gepen- 
dant retain se triture un pen mieux que Tor et Targent , comme le 
^- prouventde nombreux atomes extremement petitsqui se rencontrent 
rarement dans les triturations de ces deux autres metaux. La pre- 
miere solution (4« trituration) presente qoelques atomes on en trouve 
mdme , maisen moiudrenombre encore , dans lacioquieme. L'exa- 
men de Tor, de Targent et de retain prouve evidemmeni que ce sont 
'-' les feuilles de metal qui se triturent le plus mal, puisqu'il s'y rencontre 
des particulesassez considerables pour pouvoir se diviser des millions 
de fois. Get inconvenient pourrait s'eviterdedeux manieres. Onpour- 
''' raitse servir pour la trituration de cristaux au lieu de feuilles d'etaia, 
medicanient fort important , comme on sait , dans les affecUons du 

.A. 



m 



« t. 



podttion, otf bien faire chauJGTer retain destine h itre tritur^, presqdo,^ 
jnsqu'^ ce qu'ilcommeDgdl h fondre, point auquel il devieni iris-cas- 
sant ei friable. 

Mbrgurb. On peul admettre k priori en toute coDSdenoe qa^un 
m^tal liqaide est susceptible d'une tris-graade diYitibiliti. Cest qjb 
que confirmerexamenmicroscopique. La diyisibilite du mercore, mi% 
eflfet , ne le cdde qn'k celle da jpfatine. On est^timni de la quanti^l "^ 
de globules de mercure que Ton mt nager dans la sdolion de la 



mi^re trituration, ou couvrir le fond du vase. Lea plus gros'ont le vo- 
lume d'nn grain de sable, et les plus petits celai d'nn petit grain de 
pavot. Tons les atonies ont une forme qph^rique parfaite , ua ^lat 
m^tallique , et sent entiirement opaques , m^me les plus petits. Lea 
grosses masses ressemblent k un agr^gat d'innombrables globules 
plus ou moins considerables lite ensemble par one pellicule transpa- 
rente, de m£me qu'un gr^s i grain fin Test par du ciment. Cette pet- 
licule mercurielle semble provenir d'un commencement d'oxidatioa' 
du mercure pendant la trituration. Le grand £clat mtoillique du mer- 
cure prouye que les m^taux divis& en particules trte-fines ne per- 
dent leur ^clat que pour Foeil nu ; car lorsqu'on les examine au mi- 
croscope, cet ^lat reparatt dans toute sa puret^. 

Dans la seconde trituration, on n^aper^oit plus qa*an petit n<»nbre' 
d'aggr^gats compost de beaucoup de globules, mais par centre, on 
d^couvre une foule de globules Isolds qui se font reconnattre aussi 
dans la troisi&me trituration, quoique en moindre nombre, par leur i 
bel ^lat et leur opacity parfoite , et qu'il est iacile de distinguer des 

impuretds. {Table I, Mercure i, 2, 3.) 

Dans les dilutions^ j'ai pn facilement reconnattre le mercure jusqu*i < 
la neuviime, au moyen d'un microscope de la force de i32 lignes. '9 a 

La divisibility du mercure , comme substance liquide , donne en ^ 
mfime temps une mesnre pour la diyisibilitd de tons les mddicamens 
liquides , et Ton pent affirmer qa*en agitant fortement une goulte 
d'nn medicament sans melange, on la divisera en un billion d*atomes. 
Si les dilutions sent pripardes dans le rapport de 40 : 90, on peolL 
sans crainte en administrer de 6 & 13 gouttes , — car avec une gou&q| 
pareille ', le malade revolt rdellement quelque chose qui pent 6m 
compte parmi les parlies constiiutives d*une goulte de la teioture- 
IV. 17 



25$ RBVUE DE tA Ml^DEOLNE SP^OIFIQUE, 

pkhre^ comme le prouveront les effets salutaires, si le medicament 
est bien choisi. —A cette occasion, je me permettrai d*observer que 
]*ai toute raison d'etre saiisfait des medicMmens prepares dans la pro- 
portion de 2 : 98, et que je suisdu nombre de ceux qui ont apergu 
fr^qaemmenl des exacerbations. Quoique, en general, je m'en tience 
anxsix premieres dilutions, je n'hdsite pas cependant, le cas ech6aal, 
1^ en administrer une plus haute ; et j'ai vu dans ma propre famille la 
douziime et la quinziime se montrer tellement efficaces que je ne veux 
pas contester la puisfsance des hautes dynamisations. Je n'exprime 
que ma conviction individuelle en afiirmant que la grandeur des doses 
n'est pas quelque chose d'essentiel, et que Techelle des m^dicamens 
no doit pas lier le praticien (1). Cependant les allopathes regar- 
dent bon gr^ mal gr^ la petitesse des doses comme un des piin- 
cipes essentiels de Fhomoeopathie (2), et quiconqne n'administre 
pas au moins la douziime dilution n'est point homoeopathe a leurs 
yeux. 

Fsa. G'est k proprement parler le seul m^tal que Tancienne m^de- 
cine ait employ 6 g^neralement sous la forme de limaille. Si Ton exa- 
mine au microscope une pareille/'zi/m subtUissimus^ ainsi qu'onappe- 
lait la limaille, on y decouvrira de si gros morceaux de fer, qu il 
sera evident qu'une petite partie seulement de cette pretendue 
poussiire pent arriver k sa destination, c'est-k-dire dans le sang, et 
que le reste ne sert qu'a charger Testomac, et ne fait que traverser les 
premieres voies. Et cependant on juge de Teffet du medicament par 
]e poids que Ton fm a fait avaler au malade I De m^me que chez les 
forts mangeurs, une grande partie des alimens sortent avec les excr6- 
mens ^ moiti^ dig^r^s, car si tous etaient changes en sue et en sang, une 
hypertrophic g^n^rale en seraitla suite ; ainsichezlespharmacophages 
trait^s allopathiquement, si tous ies atomes des medicamens avails 
etaient absorb^s par Torganisme, U se d^clarerait une h/perhygea, 

(1) A qnoi bon alors cette ^chelle, gil est indiff(6rent d^administrer la dilution 1 
on la dilation 1500 ? Medicament convenable et dose Juste, tel est le princIpe dont 
on ne doit pas s^^carter, si I'on ne veut pas que toot s'ecroule. RM. de VHygea, 

(3) L*anteurn*aqa*^ interroger tons leshomasopatliee deVienne pour apprendre 
qa*en €eU les orthodoxes sont parfaitenittit d'aecord avec les allopathes. 

Rid. d9VUyg§a^ 



i 



hBTITB in JLk MiDSGINE SPI&CIFIQUS.: 259 

Ittidifl que dans la pratique il se pr^sente fr^quemment des affectiom 
flU^camenteuses. 

La premiere trituraiion du fer pr^sente une poudre d'un gris mat, 
Element m^laDg^e, dans laquelle, oomme dans le mercure , on dis* 
liiigue k rceil ou le sucre de laitdes partioules metalliques , et qaide 
prisente aucun ^clat m^tallique. -^: 

Dans la solution aqueusedecette mdiqe trituration, on trouve quel*^ 
ques morceaux de fer dont les plus gros ont en? iron un pouce de dia- 
mitre. Leur coulenr est d'un gris d'acier tirant sur le blancMtre. 
lis se caract^risent par leur grand eclat , leur structure granuleuse et 
leur cassure fibreuse, et ilsmontrent sur leur surface des lignes con- 
vexes et concaves. II y a des particules semblables de toute grosseur, i 
jttsqu'i des points extrtoement petits et fort nombreux. Tr^-pea ^:; 
d'atomes nagent, la plnpart tombenl au fond du vase. 

Dans la seconde trituration, le sucre de lait montre encore une cris* 
tallisation gris&tre, et dans la solution paraissent des particules de fer 
Isoldes, dela grosseurd'unelentille, avec une infinite de petiis grains 
et de points. Dans la tr(Hsi6me trituration , les plus gros morceau!C 
de fer ont le volume d'un grain de millet, et les atomes en forme de 
points sent beancoup plus nombreux que dans le cuivre. 

Le diamitre des monades de fer est de y|» de ligne, et la divisibi- 
lity du fer par la trituration va jusqu'i la 12" dilution. 

Plovb. Vu au microscope , le plomb ressemble beaucoup au fer. 
La premiere trituration est d'une couleur grise plus claire que celle 
du fer ; mais eUe n'a pas non plus de reflet m^taltique, et les particu- 
les deplomb ne peuvent se distinguer du sucre de lait. Mais au mi- 
croscope , on aper^oit, dans la premiere trituraiion , le mercure, le 
fer et le plomb en nombreux morceaux de difiiSrentc grosseur ar- ^^ 
milieu du sucre de lait. 

Dans la soluliou , les plus gros morceaux de plomb ressemblent h 
ceux du fer; les/ro/tra/o/ic/asontd'un gris bleu&tre; ilsoni une struc- 
ture cempacte, granuleuse, ei un grand eclal metallique , tandis que 
les plus petites particules sont envelopp^es d'une pellicule oxyd^e d*ua 
grisblanc plus clair^ sans ^clat metallique, et transparente, dansla-- 
quelle les grains de plomb opaques, brillans, de difTorenle gro>scur. , 
tool group^s* Retenues par cette pellicule j de nombrousos particules 



de plomb nagent dans la solution ou k sa surface \ les plus lourdei 
seules restent au fond. La seconde trituration montre encoredes nub^ 
Gules de la grosseur d'une lentille, et de nombreux grains nageant ga et 
I^ avec la pellicula oxyd^e. Dans la troisi^me, les plus grosses nub^- 
cules ressemblent k des grains de millet, et de nombreux grains isol^ 
8'agitent dans la solution; quelques-unsseulement restent au fond. Les 
roonades de plomb sont un pen plus petites que celles de fer, et leur 
nombre plus considerable prouve que le premier de ces m^taux se 
triture mieuxque Tautre. 

CuiYRE. Les triturations du cuivre varient beaucoup quant k la 
couleur et a la forme. Lalithographie repr^sente des groupes de par- 
ticules de cuivre tels quails se sont pr^sent^s accidentellement dans 
la solution de la premiere trituration. Le pins gros morceau a a en- 
core une ^paisseur et une longueur considerables^ et ii porte sur ses 
faces differenteslignes plus ou moins profondes, creus^es vraisembla- 
blementpar les aslp^ritesdu pilon. Le morceau oblong i&, de la m^roe 
trituration, pr^sente distinctement une structure granuleuse , et les 
morceaiix c, d^ du premier groupe, offrent des panicules sph^riques 
et oblongues ray^es. On aper^oit en outre de nombreux globules de 
cuivre, dont les plus gros, tels que ^, ^, / , montrent une excavation-, 
comme s'ils ^taient perc^s , ou sont entour^s , comme A, d*un anneau 
separe du globule , ou adherent par un c6te au globule , comme ^. 
Dans le groupe ant^rieur, oil voit un morceau solide uniforme e h c6i6 
d*un globule elliptiqne sans excavation o. Gette excavation ne se ren- 
contre plus dans les petits globules. Enfin, on apergoit an fond du 
vase un assez grand nombre de petites particules de cuivre dont la 
moindre a j^o deligne de diamitre.— Une chose remarquable encore, 
c'est que c'est dans la solution de cuivre qu*on voitnager le moins d'a- 
tomes, etqu'il y ena le plusaufond. — La seconde trituration presente 
aussi des particules de formes et de grosseurs diSerentes, dont quel- 
ques-unes 9,b ^e s*aperQoivent encore distinctement k Vceil nu ; ce« 
pendant les gros globules creux sont dijk moins nombreux ; on n*en 
Yoit plus que quelques-uns, et les petits dominent. Ceux-ci out un dia- 
mitre de 7^0 de ligne, et sont par consequent d'un volume moindre 
que les molecules du sang. 
Enfin^ dans la troisiime trituration , on ne trouve plus de petits 



globules , et les atomes de cuivre y sont d^j^ tr^s-peu nombreux. 

LacouleurdesmorceauxdecuiyreTarie extraordinairement, depuis 
le rouge cuivre clair jusqu'au jaune d'or d'uu cdt^, et jusqu'au brun sale 
de Tautre , en pagsant par le violet et en tirant de nouveau sur le 
jauntoe, le rouge&tre et le violet. Les globules de cuivre cbatoient et 
pr^entent les plus beaux reflets. Les plus petits atomes ressemblent 
presque k du fer rouge. Un grand nombre de globules de cuivrersonfc 
crevasses , comme cela arrive fr^quemment dans la pellicule exte- 
rieure des pois, et laissent voir k FiDt^rieur un autre globule comme si 
Tun de ces globules servait d'^corce i Tautre. La figure/ de la pre- 
miere trituration oflfre un morceau oblong de cette esp^ce. — ^Dans les 
triturations non dissouteson aper^oit tr^s-distinctement lesparticules 
de cuivre, de formes et de couleurs diff^rentes au nulieu du sucre4jd 
lait. EUessont tr^s^nombreusesdansla premidre trituration; elles le 
sont deja beaucoupmoins dans laseconde etdans la troisiime, onn^en 
decouvre plus que ga et 1^. G'esti peine sHl s'en pr^senie k la fois 
unOy deux ou trois dans le champ du microscope. 

Dans les solutions des triturations de cuivre, j'ai vu quelquefois des 
corps transparens qui avaient absolument la couleur du vitriol bleu. 
J*ai examine le cuivre avec un soin particulier , parce que le docteur 
S^in Tavait fait avant moi. II a public le r^sultat de ses recherches^ 
dans tHjrgea^ vol. YII, cab. 1. II s'est servi d*un microscope grosis- 
sant de 75 lignes. II a vu dans chacune des six premieres triturations 
du cuivre metallique des globules d*un brun noijrdiss^min^s unifor-' 
moment dans le sucre de lait , et dans la septiSme , il n*a plus d6- 
convert de cuivre. J*ai fait usage d'instrumens beaucoup plus forts , 
et danslatroisiime trituration dijk }e n'ai plus apergu que des atomes 
de cuivre isol^s. Je n'ai jamais vu les particules de cuivre de toutes 
les triturations presenter une couleur noir-brun, quoiqu'elles m'aieDt 
offert toutes les couleurs dont j'ai parl^ plus baut, et, comme mes expe- 
riences plusieurs fois rep^tees m'out toujours fourni les m£mes r^- 
sultats , je dois croire qu'il y a eu quelque illusion dans les observa- 
tions du docteur S^gin.Ce qui suit rend cette supposition encore plus 
vraisemblable. Le docteur Segin nous apprend lui-m^mequ'il n'^aeu 
rinstrument k sa disposition que pendant quelques instans, etqu'il n'^ 
{m^ e^ par cona^quent 1^ temps de faire ses observations avec |oiU9 



^9t KBTUB ra lA MliDSCINE SFl^GIFIQim. 

Texactitade possible et n^cessaire en pareil cas , si Ton veut MtBt 
les illusions ; car ce n'est qa'k force d^exercice qu'on apprend i se 
servir convenablement, de TinstnimeDt et qu'on se rend capable de 
discernerlevraidufaax. Ilnefaut pas oublier ea outre qae les glo- 
bnlesde cuivre, encore si nombreuses dans la 6« tritaratioo, disparais^ 
sent tout-h-coup, selonlui, dans la 7*. Gomme de pareilles rechercbes 

doivent 6tre itiites aus degris de lumiire les plus different^ poor fonr^ 
nir des r^sullais aaxquelson puisse ajonterfoi^il est possible que la 
lumiire a laquelle le docteur S^^finafaitles siennes n'ait pas t(i fii- 
Yorable, et qu*elle ait occasion^ une illusion. Jen'aipasmieuxreussi 
d'abord. Dans ce cas aussi, un moyenterme conduit le plus sArement 
au but : on doit faire ses observations k un degr^ mod^rA de lumiire, 
pour qu'elles soient aussi exactes que possible ; une lumiiretrop oa 
trop peuvive conduit inivitablement k des erreurs. 

Tvti vu aussi dans les triturations du cuivre quelqnes atomes noirs, 
mais comme ils n'ayaient aucun reflet mitallique, et que j*en avais 
apergu de pareils dans les triturations d'autresm^taux, j'ai dd lesre* 
garder comme desimpuretisdu sucrede lait. 

Les points noirs que le docteur Segin a vu en quantity dans la so- 
lution aqueuse de la 7* trituration de cuivre , n'eiaient cerioinemem 
pas du cuwre. Ten ai dicouveri de pareils partout. lis provienoeBt 
CB poriie de tris<peiits cristanx non dissous de socre de laif el ea 
pariie des diffirentes knpuretis que j'ai signalies. lis se distinguent 
du mital par Tabsenoe du reflet mitallique caractiristique, et par leur 
transparence k une lumiire transparente , tandis que les atomes mA- 
talliqnes restent o/Mif eiei k quelque degre de lumiire que ce soil.— 
De plus, le docteur Sigin ne nous apprend pas quelle itaitia propor- 
tion de ses triturations. Si la trituration de cuivre itait dans le rap- 
port de 10-90, il pouvait encore apercevoir da cuivre dans la sixiime 
trituration , supposi qu'il etki pris pour cbacune des triturations sut^ 
vantes dix grains de la trituration pricidente, mais, en tons cas, il est 
impossible que le cuivre se soil montr6 sous une couleurbrun-noir , 
si la lumiere ^tait convenable et Tinstrument sans defaut. — Pour ce qui 
est de la bonti et de la precision, les instrumeiis confecttonn^s par le 
cilibre Pioessl de Vienne (dont je me suis servi) , ne laissent rien i 
disirer; settlement par des raisons conuues , il ne faut pas employer 



REVUE T>F LA M^DlECirnE SP^CIFIQUE. 263 

des microscopes trop forls , autrefneat la certitude serait moins 
grande. Voili pourquoi j'ai ^l^ forc^ de pr^ferer uq microscope de 
120 ligaes k mn de200 iignes at un de 132 pour Teiamendes solu- 
tions metalliques. 

Zing. La blancheur remarquable de la premiere trituration de zinc 
compar^e k la couleur grise des triturations de plomb , do mercure 
etde fer, annonce que cem^tal poss^de unmoindre degri de divisi- 
bility , ce que confirmerexamen microscopique. Dans la premiere tri« 
turatioDf on voit les plus gros morceaux de zinc couvrir le fond du 
vase, s^paresles unsdes autres, formant des masses de deux k trds 
ponces de long^ d'un blanc bleu&tre et ayant d^j^ de T^clat. Les cas- 
sures pr^sentent une structure cristalline, granuleuse , et les faces 
des lignes et des raies qui se croisent dans differentes directions, se 
coupent k dilDi^rens angles, et proviennent sans doute des frottemens 
du pilon. Toutpr^s de ces gros morceaux il y a de petits grains un 
million de fois moindres, cequi rend sensible Textr^me drsproportioa 
de la trituration liomoeopathique. 

Dans la seconde trituration , le volume des gros morceaux a dijk 
beancoup diminu^ ; les plus considerables ne sont pas plus gros que des 
grains de millet, et Ton voit nageant et couvrant le fond du vase Uiie 
fouledeparticules plus petites, etdesgrainsen forme de points. Dans 
la troisi^me triturntion , on n'aper^oit presque plus que de petits 
grains de zinc, en nombre pen considerable. — Le zinc ne Temporte 
gnire surle cuivre, sous le rappcMde la divisibility. 

En comparant le degr^ de divisibility de ces neuf m^taux , qui ont 
^t^ pour moi Tobjet de rechercbes si penibles et si minutieuses , et en 
prenant pour base le nombre et la petitesse des atomes d'un grain ^ 
apr&s la trituration , on pourra les classer ainsi -. 

1. Plutine divisible plus d un trillion de fois. 

2. Mercure — un trillion de'fois. 

3. Plomb — un billion d«* fois. 

4. Fer — un billion de fois. 

5. Zinc — pins d'un million de fois. 

6. Cuivre — plus d*un million de fois. 

7. £tain -* un million do fois. 



364 KBVUB DB LA M^ECINE SP3&GIFIQUB. 

8, Argent divisible un million de fois. 

9. Or — nn million de fois. 

L*exactitade de cette classification et de cette ^valaation est con- 
firmee par Texamen microscopique. , 
Gomme r^saltat de ces rechercbes , on pent ^tablir la loi snivaiite 

pour la pbarmacotecbnique : Ge sont les cristaux et lea sphiroides qui 
se triturent le miefts; les Umailles se triturent moins hien , mats ce sont 
lesfeuilles quise triturent le plus mal. 

L*eiectricit£ d^velopp^e par le frottement et le degr^ d^oxydation 
des mJtaax pendant reparation , oxydation qni se manifeste lors de 
la trituration dn cuivre , du fer, du plomb et de retain , par Fodeur 
particali^re k chacun d'eux , ainsi que la communication probl^mati- 
qne des vertus dn medicament an sucre de lait et k Talcool , ne ren- 
trent pas dans le cbamp de ces recbercbes. 

Des observations pr^cedentes , dont personne ne sent mieux qae 
moi rinsuffisance , on pent tirer les consequences qni suivent : 

i* Les metaux regulins , r^duits m^me k la plus fine ponssiire , 
coDservent intacte leur propriete metalliqne , et sont aussi pen sola- 
bles dans Teau et Talcool sous la forme de poudre tr^s-fine que sous 
Gelle de gros morceanx. L'assertion de Hahnemann , de Rau et de 
tons les bomoeopatbes qui admettent la solubilite des triturations m^- 
talliques , repose d la fois sor une illusion palpable et sur une hypo- 
tb^ erronee. Ge n'est qjoCk Tceil v[u que les atomes disparaissent par 
lenr petitesse ; roalfeTceil arme d^'un microscope les decpuvre bien- 
t6t sous la forme de particules metalliqnes. Qnand Ran dil dans son 
Qrganon de la medecine sp^cifique , que la chimie ne se doute pas 
de la soliibilite des m^taux et des terres dans Feau et Tesprit de vin , 
il a raison contre lui-m^me ; car la chimie ne s'en doute pas en effet, 
et elle ne doit pas s'en douter. Si Ton m'objectait que , r^duits en 
plus petits atomes encore , les m^taux deviendraient solubles , je r^- 
pondrais en demandant k quel point la solubilite doit dooc commencer, 
si ia 17424* partie du plus petit point visible n'est pas encore soluble ? 
it moins que Ton n'entende par solution autre chose que la penetration 
reciproque et intime de deux corps, Tun soluble, Taulre dissoivant, 
de maniere k ne presenter qu'une masse partout bompgene, 



2* Dans les recherches microscopiquies , y^lat m^tallique est le 
crit^rium le plus certain poor reconnaltre et distinguer ies particules 
de m^tanx ; et Topacit^ parfeite qui reste la ni£me k tous ies degriSs 
de lumi^re , est Tindice le plus sAr pour distinguer Ies plus fins ato- 
mes m^talliques desimpuret^s accidentelles. — La pesanteur sp^cifi- 
que ne se manifeste que daite les plus grosses particules qui tombent 
au fond du vase , tandis que les plus petites , surtout celles en forme 
de feuilles , ne peuvent vaincre la resistance de Feau, et nagent dans 
la solution y ou a sa surface. Les atomes m^talliques forment done 
trois groupes : les uns surnagent , les autres nagent dans la solution, 
et les iroisi^mes se pr^cipitent. Dans I'alcool , les m^taux se pr^cipi- 
tent naturellement plus vite et plus facilement que dans Feau ; et si I'on 
examine au microscope une goutte d'une dilution alcoolique , sa 
prompte Evaporation determine dans rint^rieur un mouvement si ra- 
pide, qu'on pourrait croire y voir uoe infinite d'infiisoires. 

3^ Ge n'est que par la trituration qu'on divise , qu'on partage les 
substances mMcamenteuses ; et comme par ce procEdE les m^dica- 
mens deviennent plus propres k 6ive regus dans Torganisme , d dtre 
absorb^s, on peut donner aussi k la trituration le nom de d^veloppe- 
ment des vertus m^dicamenteuses. Dans Ies solutions , on ne trouve 
ancnne att^iuation nouvelle , et Ton y remarque bien moins encore 
la solution de substances iusolubles. Le mot solution doit done Eire 
rayE enti^rement de la langue midicalei car les particules medica- 
menteuses n*y sont que suspendues , et toute dilution plus haute n*est 
en rtelite qa'une diminution dans la quantity des ttomes des m^dioa- 
mens. L'ancienne ^ole appellela pulverisation des m^taux , pouss^e 
au pmnt qu*ils perdent k Toeil nu jusqu'i leur Eclat mEtallique , Tex- 
tinction des mEtanx ; rhomoeopatbie , au contraire , peut Tappeler 
avec toute raison la vi vification des mEtaux ; et si Ton nomroe Tan- 
denne mEdecine , avec ses doses souveut si enormes, la mEdecine des 
premieres voies , on doit baptiser rhomoeopatbie avec ses petites do- 
ses du nom de mEdecine des secondes voies. Ges deux mEthodes sont 
Tune k Tautre dans le mEme rapport que indirect et direct , courbe 
et droit , corporel et intellectuel , materiel et dypamique , cbimique 
et organique , trailer et guErir. 

A* Les lithographies qui ont ii6 executEes sous mes yenx avec tout 



I 



SM RBWB DB lA WtDSCnnS Sn&GlFfQUB* 

l6 soin possible proavent , d*ane tnani^re ^vidente, Tinsnffisaiice des 
modes d*a(t^Duatioo employes Jusqu'ici dans la preparation des trita-* 
rations. 11 s'agit en effet de rMuire la substance midicamentense en 
aiooies aussi petits et aussi nombredt qne possible , et mes rech6r-» 
ches montrent inc9nte8tablement que nos trttarations n*ont pas jus- 
qo'ici atteint entidreinent le but , et qit'elles laistent encore beauconp 
k d^sirer avant de devenir des pr^paraliods mMicamentenses nnifor- 
nrfment efficaces. II est n^cessaire avant tout que la premiire trita- 
ration soit aussi Agale qne possible ; car, s'il y reste des particules 
dimibles encore des millions de f(HS, les tritorations sbivantes nob^ 
settlement seront tr^s-in^gales , selon qne dans le grain de la sub- 
stance m^dicamenteose qo'on emploiera il se rencontrera des firag;- 
mens plus on moins gros de rental , mak le rapport de quantity 

diminuera aussi plus promptement qu^il ne le ftiudrail. 

b"* La divisiUHti de la roatidre par des moyeiis mteaniqqes est 
fini€ et h0m49; elle reste bien en de^a de rinfini math^matiqne. Les 
particules materielles des m^dicamens deviennent de plus ett plus 
petites ; elles dinuaueot en nombre, etdisparalssent enfin totalemeBt, 
parce que les aiomes, k mesure qu'ils diminuent de volume, detien^ 
nent plus faciles i d^lacer, et ils doivent en venir au point do se 
sottstraire k toote attenuation nonvelle par des moyens m^camqitm 
ou physiques."— Att reste, nous devons dtre satisfciits de la divisibility 
de la matidre; ear il r^ulte des recherehes que j*ai feites sur J0 
platine qne cinq on six des plus petits grains de ce ra^al otet^ 
pent Tespace de 7^7 de Hgee d'vn bon micrometre , et qu'ainsi to 
diametre d'en pareil globule de platine est de 7-0 ^^ ligP^o- Si °^^ 
comparoBS le voIudm d'mi globule semblable k celui d*un globule de 
sang, dont le diamitre est de j^ de ligne, nous trouverons qn'an 
globule de la trituration de platine est vingt et une fois moindre 
qu*un globule de sang. II est hors de doute que d'aussi petits atomee 
penvent dire re^us dans ce qu'on appelle les secondes voies , ^tre 
portes par la circulation dans toot Torganisme, et developper leure 
tendances speciAques, pbysiologiques ; car ils pen^trent dansle sangp 
et plus loin , cum omnibus viriutibus. — Qu*on fusse mainteoant Tex-* 
p^rience el qu'on donuc a ua malade une substance m^dicamenteuse 
iiNittble, par eiemple , ub morceau de platine de la grosseur d'na 



MTUBrauLMiDBCiirBtfpicDanQOB; SfV . 

gram de cheneTi^ et k ub autre la mdme qoaiititt An m^tal , mais 
r^duite^galement en milHoDi^mes, Tingt et one foia plus pciits qii-uji 
globule de sang, et Ton verra oombien lea effets du gros morceau 
aeroDt pelits, et combieii ceax dea aiomes aeront grands. II est tr^ 
douteux quMI existe an esprit m^dicamenteux qui se degage de toot 

• 

aobstrat materiel; maiaqu'oiie substance aaMicainenieuae , agit^e et 
tritur^e pendant des beures, communique aea propri^tAs k une 8ttb«- 
atance indiff^reote, oomme le sncrede lait , et k 1 alcool, de mdme 
que le fer frott^ sor Taimant a'aimante sana que Taindaftt lui^m^me 
perde la moindre parceile de son poids et aans que le fer devlenlie 
plus pesant le moins du monde, c*est 6e que peuvent nier ou affirmer 
ceux qui entendent I'herbe crottre et qui sont en communication di«- 
recte aveo les esprits. Pour nwi , je m*en tiens k Pexp^rience, et je 
me dis qoe ce qui est pent Aire, laissani anx th^oriciens le soin de 
rechercber ie comment. 

6"* Une chose importante pour le traitement, c^est la Porme que doh 
aToir le m^l k tritorer ; ca^, comme les reebercbes mieroscopiques 
Font d^montr^, il y a ici nne grande difference dont on doit tenir 
compte. Selon mes observations , T^corce cristalline du pfaitine et 

• 

la forme liquide du mercnre sont celles qui se pr^tent le mieux k Hi 
trituration ; la limaille de fer el de plomb se triture A^\k moins bien ; 
la poadre de cuitre et de ainc obtenue par le firottement de ces m^taox 
snr une pierre fine enduite d'alcool se triture encoi^e plus mal , mais, 
relativement an pbtine, ee sont les fenilles d'dtain , d'argent et d*or 
qni ae tritorent le plus nak. II eat assea ^toMant que Tor et le platittel, 
qui se rapprochent d'aillenrs sous lant de rapports, occupenl pr^ei^ 
sement les deux extremes sous le rapport de la divisibility* 

L'exp^rience et les garrisons obtenues de Tor et du pl^ttne eoiN 
firmeot parfaiiement ce fait, ear, tandis que les praticiens s*accordettt 
k reconnalire TefOcaGitA du plafine, mdme anx plus bautes attAiua^ 
tions, its se sont plaints plus d'une fois de Tincertitude des effets dee 
dilutions de Ipr, incertitude qui les force k recourir aox triturationa. 
Je citerai.pour exemple les communications de Lobetkal instfrMl 
dans le XIU* vol. de la Gazette bomoeopatbique. J*ai toujours obteoA 
dea services de platina 30, et j*ai toujours eu lieii d'etre satisfait des 

fffsti de quelqQes globidee.«i^»riMi 30 a'est montr^ ^galem^at €#• 



} 



flifig BlVim Dft LA MIBDSCIIIB ftPBGIFIQirB. 

caee dans nn grand nombre de cas ; cependant, depuis qnelcpie temps, 
j'emploie.avec plus de snccte la seconde ou la troisi^me trituration. — 
Je snis trds-port6 k croire qu'aurum ^30 pent dissiper rhypocon- 
drie , mais je donte fdrt qu'il gu^risse un oMibae syphilitique avec 
carie. 

La m^thode recommand^e par Buckner (M^thode de preparation 
des m^dicamens homoeopathiques) pour s^parer les m^f aux de tears 
dissolutions , et qui consiste k placer dans la solution nne verge d'on 
de ces m^taux qui ont pour Tacide une plus grande affinity que les 
m^tanx dissous, me parait m^riter la preference sur toutes les aa- 
tres ; en tout cas, il est certain que la forme de feuille est la moins 
propre de toutes k la trituration , parce que, d*un cdte , la ductiKte 
d*un metal ne s'obtient qu'aux depens de sa friabilite , et que , de 
Tautre, la feuille molle , mince , unie, a toutes les proprietes neces- 
saires pour se soustraire le plus facilement et le plus sArement k Tat- 
tenuation par le broiement. 

Je m'estimerais heureux si ces recberches qui m'ont coAte tant de 
temps et de peines decidaient quelques*nns de mes coliegues k m'i- 
miter« Ge serait le moyen d'arriver k ameiiorer et k perfectionner 
notre pharmacotecbniqne. Mon intime conviction est que rhomoeopa- 
thie est susceptible d'nn perfectionnement infini, et je regarde chacan 
de ses disciples comme appeie k contribuer dans sa sphere et ^ sa 
maniere k rassembler des materiaux pour la construction d'un edifice 
aossi important. Anssi eprouve-je un sentiment de joie k chaque pas 
fbit en avant, a cbaque nouvean resultat obtenu , k cbaque nouvelle 
omquete de rhomoeopathie. G'est un riche dedommagement pour 
t^ns ies degoftts dont on nous abreuve. I^e voyons-nons pas , en effet , 
le medecin qui adopte nos principes meprise, bafoue par ses coll^- 
gnes, en butte aux inimities des pharmaciens, toume en ridicule par 
la gent moutonniere des laiquesP Ces humiliations ne devraieDt-elles 
pasfaire pencher la balance, si dans Tautre plateau nepesaient pas la 
.conviction d'obeir a sa conscience, la reconnaissance. des malades, 
Tespoir d'etre enfin apprecie selon son merite ? Les medecins , au 
moins de mon voisinage, montent, pour nous attaquer, sur leur grand 
cheval de bataille , la raiionaUiS , par opposition a rirrationalite 
49 la metbode bonoeopatliiquet H^tons*nou9 d'ajo^ter cependam 



■^ 



REnns r>t la M^DscmE SFtoPtQtm. Sfll^ 

qa*OQ commence k s'en laisser moins imposer par ce mot qa*autre« 
fois. 

Pour^ce qui me regarde / on me menaQa d'abord des tribanaax; 
€ette menace ne m'ayant point effiray^ , on s^adressa au public en af* 
finoaant que j'amusais mes malades et ne leur faisais rien prendre ; 
cette accusation n'ayant pas eu non plus tout le succ&s qu'on en at* 
tendait, on en vint^ dire que je les empoisonnais, sans s'inqui^ter 
de la contradiction. 

Depuis que les r6»iltats que j*ai obtenus au lit des malades^ an 
moyen des m^camens convenables ^ m'ont conyaincu de Texcel- 
4ence du priocipe bomoeopathique, umilia nmilibus curaniur^VliomadO' 
pathie ne me paralt nuUe part plus rationnelle que dans son eropi- 
risme, et la pratique ordinaire nulle part plus enpirique que dans sa 
rationaliid. Depuis quej'ai vu les mMicamensbomoeopathiques, m^me 
a tr^petites doses , op^rer des effets instantan^ dans les maladies 
les plus graves, Thomoeopathie ne me paralt nulle part plus grande 
que dans la petitesse de ses doses, et Tancienne 6cole nulle part plus 
petite que dans la grandeur des siennes. Depuis que je connaisla mul- 
tiplicity des rapports physiologiques des substances midicamenteuses 
simples et Finfinie vari^t^ de leurs tendances coratives, rfaomceopathie 
ne me paratt nulle part plus vari^ que dans sa simplicity , et la pra^ 
tique ordinaire nulle part plus simple que dans sa vari^t^. Aussi me 
suis-je enr61^ sous le drapeau de rhomoeopathie d^g^e de ses para- 
doxes, de rhomoeopathie vraiment pure ; et dans la conviction de coa- 
sacrer ma vie k une bonne cause , j*ea resterai le cband partisan et le 
z^le d^fenseur en d^pit de toutes les persecutions , de tous les mau- 
vais traitemens. ( Hj-gea^ vol. XVI, cab. i et2, 1842. ) ; 

CMtliiiie 4e rmniiHMitum miuMntiefmif 

Vav le doeleiir ROTH. 

I.H. GwmpeH2iva»kf€ la notesuivante dans leMedwnUeheZeitung 
von Preuss€n$ 1838, n"* 36 : Quand on prend pendant long-temps de 
fortes doses d'ammy iac, il se manifesto plus tdt ou plus tard un ensem* 
ble de symptdmes^qui ressemble sous tous les rapports^ un ^tat pi-? 



milenx. Le malade ^prouve un degoiit presque insnrmoiiuble pent 
rammoniac; son oeil est terne et secrete une mucosit^ vitree, aquevae ^ 
particiiliere ; il res&ent ud ubatiement, uoe paresse , une brisure g^ 
Mrate ; sa langue se couvre d*un enduit blanc ; B ^pronve na ruissel- 
lement coatiovel eotre coir et chair ; il ne cesse de se racier Id gorge 
k eanse d'un ohatouiilemeDt qu'il j tent , laas expectorer toatefbis 
wie grande quantiii de mueoaite ; il ^prouve «n vide dans reatomac 
sans appetit ; la transpiration est ordinairement plas forte ; il est coo* 
fen de suear presque k ehaque mouvegieot ; il Mcbe beaucoop d*n- 
rise qui repand une forte odeur d*aiiimoDiae, quelqoefoit de fiange » 
anas qui reste presque loujoura claire ; il rend par les sellea une mn- 
ceait^ vitree^ visqueuse; toutefois ce dernier symptAme n'est pas com- 
taiit, non plus que la diarrh^e. Le malade ordinairement ne reste pas 
loDg-temps dans eel ^t. Un accte de fi^vre le force h se meitre au 
lit, et se termine par une transpiration trte-abondante. Aprte lepa- 
roxiame , qui reasemble a celui d'une fidvre imermittente, il y a in- 
termission complete, et les prddromes sus-mentionnte disparaiasent,& 
Texcepiioa du degote paur raainieniac,qui persiste encore knig^erops. 
Ob remarque ausssi un ameadMsent. notable de tous lee aecidena 
Bioibides. S'il n'y a pat de soulagement aprte ee premier parexisme, 
il ne a'en manifesto pas davaatage ordinairement apris les paroxis- 
awa saivans;» qui oat an: type tout-Ji-fait caracteristique, et se renoa- 
"veUenttous les sept jours rdguUteeoMfnt tant que Torganisme est sa- 
lary d*ammoniac. lis deviennent easuite de plus ea plus ftiibles et 
disparaissent a?ec T^tat de saturation.— L'autearae nouaapprend pas 
eombiea dure cet tot d'intoxicatiea, ea toot cas on peat compter sur 
trois on quatre paroxismes. 

U. On lit dansle Repertoriumjur diePharmaciede Buchner 1831 : Le 
18 aout, apr^s avoir eule matutttoe sella camme k Tordinaire , je 
pris k midi et demi cinq grains d' ammoniac sans en ressentir d'effet. 

Le 19 aoiit, au matin, jea'avaia paa eu de selle. Mon pouls don- 
nait soixante-huit pulsations par minute. A sept heures du matin, je 
pris 10 grains en une seole fots , et je r^ptoi la dose ^ huit lieures. 
Eatre neuf etdix heures J- ^prouvai an beaoiad'ariner, dela chalear 
tea Tesiomac, de Tapp^tit. ▲ midi, j'eaa uae telle plus molle qn*t 
|*or4toaire. A nridi et demi, moa poals doanait aoixaate-treise palaa-* 



tjons par miaute. Je pris une Douveile dose de 15 grains. Au bout d*on 
quart d'heure , j'eprouvai de la chaleur et du malaise dans Teste* 
mac et UD peu.de cephalalgie dans la rt'{[ioa temporale et )a frontale, 
Ges sympt6mes ne persist^rent que dix a quinze minutes. A deux 
heurea, je dlnai avec appetit. A cinq heurea trois quarts, je pris una 
dose de 20 grains. Au bout d'i|q qiiart d'heure, j'eprouvai de nou- 
Teau un peu de chaleur et da peaauteur daua Teitomac^ et de la c^- 
phalalgie dans le front, mais sans affection de la faculty de penser. Aa 
bout d*une heure, augmentatiou de la s^retion dea urines. Le igjr, je 
mangeai avec appetit. Le 20 aoAt, au matiOi je QQie trouvaibieai i^u- 
lement je ressen|is pefdaat quelques minutes uue pression dans Teste- 
mac, et du malaise. — Ce^e citservatiQn est da docteur Wibmer. 
in. Haknemann a observ^ sur loi-mAiae les symptAmea sqivans 

{Maladiea chroniques^ 2« ^dit. allem* » VOL U , p. i32) i 

i. Gravit^^ 

En parlant d'un objet important , il s'^cbauffa o^tre mesure. 

Forte aversioa involoQ^ire pour per mines pe^sonues. 

Chaleur brAlante au c6i^ droit de la tdte, cbaque soir* 

5. Chaleur brulante et quelquefois ^lauceme^t dans la tempo gau- 
che , se manif estant aussi pendant la mastfcatioili ^^ Titerttuement , 
et ne s'exacerbant pas au toucher. 

Douleurs dans les yeux. 

D^chiremens k Tangle exterae de Vo^ 

D^chiremens dans les globes d^s y^ux. 

La nuit, les yeux brAleut et pleureat, ^- 

10. Rongeur du blanc de Toeil et prurit des yaax. 

line y^cule dans le blanc de Toeil. 

Boutons douloureux k Tantitrague de Toreille droite. 

Nez malade, dans Tint^rieur et aubord des narioes. 

£lancemens d^chirans au c6t6 droit du menton. 

15. Tumefaction de la joue, avecenflured'une glande sous Tangle 
droit de la m&choire inferieujre, aju miUeu de doujieim martelamas et 
lancinantes. 

Exanih^me a la foce. 

L&vres cootract^et semblant Atrefrasses. 

I«eyres fendill^es. 



Litres sftches , ratatin^es ; elles se fendent , et il doit lea bum^Ctei^ 
sans cesse avec la langue . 

20. Au boat de la langue, v^sicules qui causent des douleurs de 
brAlure. 

Enflure da coa, int^rieurement et ext^rieurement , avec doulenr 
pressive en avalant , et douleurs tiraillantes , lancinantes dans les 
glandes sous-maxillaires, qui sont forteinfent tuin^fi^es. 

Mai de gorge grattant. 

Lvsatin , expectoration d'une quantity de mncosit^. 

GoAt aigre dans la bouche. 

25. Malaise avec pression dans Testomac et cependant app^tit. 

Apr^s cbaque repas , matin et soir, il se sent mal k son aise ; de 
Tean Ini rembnte de Testoniac dans la bouche (regurgitations), avec 
borripitation lui parcoorant tout le corps. 

Apr^s le repas, battemens dans la poitrine r^pondant dans le pha- 
rynx , avec cbaleur de la face et agitation. 

Apr^s chaque repas , diarrb^e avec douleurs dans le venire , le 
dos , les reins et les membres. '^ 

£lancemens dans la rate ^ m£me en ^tant assis. 

30. Pression dans le bas-ventre. 

Pesanteur dans Thypogastre, comme d*un poids^ avec anxi^t^, 
comme si I'hypogastre allait ^clater, cessant dans le sommeil. 

£lanceroens dans le c6te gauche de rhypogastre, au-dessus de la 
banche, en ^tant assis et en se penchant quand il est debout. 
* Yiolens pincemens dans le ventre , suivis bient6t d'une seile diar- 

rh^ique (aussitdt aprds). 

Douleur pin^ante et d^chirante dans Thypogastre , avec perte de 
la respiration. 

35. Tiraillement dans le flanc. 

Tension pressive et comme une pression de dedans en dehors dans 
le cdt£ gauche de Tfaypogastre , prte de Panneau inguinal. 

Douleur d^chirante , tensive , dans la r^on inguinale, en se pro- 
menant. 

Gros furoncle au cdt£ droit du ventre, k Text^rieur. 

Le matin , en s'^veillant , ai lit , gargouillement et bouiUonnement 
dans les flancs , jusque dans la poitrine* 



40. Dans Tonus , douleur d'^corchure pruriteuse , et h c6l4 pla- 
sieurs pustules. 

Dans le perinee, d^chireniens en marchant. 
Le soir, douleur lancinante, d^chirante, dansle p^rin^e. 
Aueol de la vessie, jusque dans I'ur^thre, douleur lancinante, pin- 
^ante , en etant couch^. 
Besoin continuel d'uriner, depuis quatre heures du matin. 
45. II ne pent uriner que tr^slentement. 
Le matin , fr^quens besoins d'uriner et fr^quentes Amissions dV 
rine. * . 

Dans les parties genitales , le matin , apr^ le r^veil , sensation 
comme apr^s un coit nocturne. ^ 

Pendant la menstruation , beaucoup de sang dans les selles. 
Leucorrh^e avec tension du bas-ventre« sansd^placement de vents. 
50. Goryza avec exanth^me dans les narines (nez malade). 
Goryza sec , cependant il coule de Teau claire du nez. 
Goryza seulement dans une narine , d'ou il sort beaucoup de ma- 
ti^re ^paisse , jaune ; en m^me temps d^chiremens dans les os des 
joues et les dents , du cdt6 gaucbe. 
Il a sur la poitrine comme un catarrhe sec. 
Toux , en respirant profond^ment , surtout quand il est couch^ sur ^ 
le cdte droit. 

55. Gracbement de sang prec^d^ d'un prurit dans la gorge , pen- 
dant six jours. 

Oppression de la poitrine, quand il agite vivement les bras et qii^il ^ 
se penche. 

Sensation d'^corchure lancinante, fourmillante, dans le cdt^ gauche 
de la poitrine, en ^tant assis. 
Manx de reins avec d^placement de vents. 
En se redressant d'une position pench^e, douleur dans les reins. 
60. Raideur douloureuse dans les reins, m^roe en ^tant assis, mais 
surtout en se tenant droit. . 

Douleur de brisure de Tiscbion , en ^tant tranquillement assis, sur- 
tout dans le sommeil. 

Douleur de brisure et de luxation entre les omoplates , ou comme 
si les muscles du dos ^taient tir^s en sens inverse. 

IV. *8 



i 



tl4 HBvtne db la mj£d£gine spi^gifique* 

Pression tiraillante en dedans^ dans Ics vertibres lombaires meyeib^ 
nes , for^ant a rejeter Thypogasire en avant. 

]l^lancemens dans I'omoplate gauche , surtout en abaissant Tepaule 
et en tournant le tronc k gauche. 

65. £lancen)ens d^ehirans au cou. et dans la clavicule gauche » 
quand il remue le corps. 

Dans les articulations des ^paules , dans la droite d'abord , enSBite 
dans la gauche, douleur rhnmatismale au mouvement. 

Prurit k la face interne de Favant-bras , le matin , et eruption de 
boutODS dans le pli du coude. 

D^cbirement dans la phalange moyenne du pouce. 
0>- Douleur dechirante k la cuisse, en avant ^ en ^tant assis. 

70. Dans les janibes, tension tiraillante, en ^tant assis et cou- 
cfai , ce qui force k marcher ploye , et dans cette position la douleur 
cesse. 

Os calcaneum tr^s- douloureux, en marchant et en les appuyant 
sur le sol , comme s'ils ^taient brisks. 

La nuit et le matin , violent prurit autour des hanches, aux cuisses, 
aux jambes et autour desjarrets, avec miliaire. 

Petits boutoDS de miliaire sur tout le corps , pendant quinze jours. 

Tons les os sont douloureux, comme brisks, en ^tant assis tran- 
quillement, en dormant. 

75. Froid et somnolence dans la joumee, en m^me temps elance- 
ment dans le cote gauche du ventre, puis dans le cdte droit de la poi- 
trine, ensuite dans Tomoplate droite , et enfin dans les reins. 

Son sang semble toujours bouillonner. 

Vers le soir, pendant une heure , cruelle cephalalgie martelante 
dansle front, s'exacerbant au toucher ; en m^me temps, faiblesse au 
point de pouvoir a peine marcher, et quand il s'est couche, horripi- 
lation. 

EUe ne peut s'endormir avant minuit, k cause du froid des pieds. 

Sommeil agite apris minuit , avec fr^quens r^veils et jactation au 
milieu de rdves. 

80. R^(^es lascifs. 

La nuit, r^veil caus^ par une douleur de luxation et de brisure 
dan9 le cdi^ droit du dos , s*^tendant dans les cdtes moyennes et dans 



iisvtm DS u ui^Dficmfi sipiciFiQus. i/i 

let aisielles , qnand il se tourne , ^tetid le bras , ^ternue^ K&ille et 
respire. 

Frriquens accis de fl^vre, frisson isaivi de chalear, avec face gon- 
fl^e, rouge , soif dant le froid et la chaleur ; les intermissions dorent 
one demi-heure. 

Dans la cbambre chaude et apr^s tin mouvement rapide , chaleur 
g^A^rale et rougeurde la face, mais surtout ext^rieurement, siir toute 
la partie ant^rieure de la poitrine, sensation de chaleur lancinante. 

Le matin, en se levant, sensation de Chaleuf et nn peu de sueur 
dans les mains et sueur des pieds ayant une odeur forte. 

A5. Pendant plusieurs nuitt , sueur sur tout le corps. .a 

III. M. Rummet a obsenr^ les symptAmes suiyans (Jbid,) : 

1. Grande irritability, triitesse et timldit^. 

G^pbaklgie eitr£mement violente pendant plusieurs jours. 

Teint trte-p&le. 

Dartres sdehes au visage. 

5. Maux de dents d^chirans. ' 

Dans les amjrgdaks de la gorge, qui SOnt enfl^es , hatlement comme 
d'une artire, avec agitation et anxi^t^ (douze jours apr^s). 

Fort battement dans les glandes du couy sans inflammaiion ni enflure, 
avec manque d'air dans la gorge et chaleur fugaca (vingt-quatre jours 
apr^s). 

Tumefaction des glandes dn con. 

Malaises (le premier jour). 

10. Perte presque totale de Tapp^tit. 

Maux de ventre, 

Haleine courte (dix-huit jours apr^s). 

Froid glacial au dos et entre les ^paules, k la place d*une ancieune 
douleur, seulement int^rieur, et ne se laissant dissiper ni par les 
plumes ni par la laioe ; au bout d^une demi-journ^e, il se change en 
prurit (douze jours aprfts). 

Raideur du cou avec douleur , quand il le tourne , depuis la nuque 
jusques entre les ^panics, pendant six jours (six jours apres]. 

15. Dans I'aisselle^ SOUS le bras^ une glande tumejlee^ scmblabl^ U 

un abcAs dur, rouge , mais qui se dissout toujours^ commc n:i gros 
bouton (dix-huit jours apr^s). 



ftJA REVUB DB Li H^DECINE SP|£gIFIQOB« 

iD^chirenieos dans le bras gauche (et dans le pied) (le preknim' 

jour). 

Chez un enfant, qui avait conserve d'une tumefaction du genou de 
la raideur dans Variiculation (avee pied tordu ^ers la surface coorbe), 
la mohiliU reparut en peu de temps. 

Douleurs daos un pied paralysi (dont T^tat s'^tait A<k]k beaucoop 
amjlior^). 

II est fortement affect^. 

20. Grand abattement le matin. 

Nuits tr^s-agit^es. 

Friquens durnumens , sans coryza , qui la r^veillenl la mut , a?ec 
'tkllations dans la gorge^ qui I'excitent k tousser et k saliver.. 

Outre ces symptAmes, tes Annales de HartUmh et Trinksj (vol. IV, 

p. 245-246,) en donnent encore 448 autres, foumispar M.iVimiii/i^/ 
mais nous n*en tiendrons aucun compte par les raisons que nous 
avons detainees en parlant de FsBihusa cynapium {vojres notre Ae- 
pucy vol. II, p. 286, § 2). II nous restea.donner le r^sum6 des sym- 
ptAmes, que nous renverrons au prochain num^ro. 

Sitr riiiaile de croton , 

V«r !• dootenr BUCHNER. ( Suite. ) 
TABLEAU DBS SYMPTdlCBS. 

Tdle. 

I. Cipbalalgie avec t£te entreprise. 
T£te entreprise en se leyant. 
Plenitude de la t^te. 
Obnubilation et embarras de la tdte. 
5. Tdte entreprise, avec stupidity et pression dans le front, 
n^nitude, obnubilation de la tdte, avec pesanteur vers le front. 
T6te entreprise , surtout dans la r^gicm frontale avec pression et 
pesanteur. 
T£te entreprise, avec pressicm dans les tempes. 

10. Pesanteur et embarras de la t£te , avec foiirmillement dans les 
yeiix. 



REVUE DE LA m£DEGINE Sp£cIFIQIIB, iftl 

Pendant toute la journ^e, t£te tellement pleine et lonrde qa'elle ne 
peat lire. 

Tdte entreprise , snrtont da cAt^ droit, avec pression descendant 
da vertex et r^pondant qaelqaefois en ^lancemens aa-dessoas de To- 
reille droite. 

T^te pleine , vertiginense. 

Vertige et c^phalalgie. 

i5. Vertige : il ne poavait rester deboat de crainte de tomber. 

Vertige, an point de ne poavoir presque plas rester assise , sor-- 
tout quand die l&ve les yeux. 

Vertige et embarras de la t£te, jasqa*au souper. »^ 

Accis de vertiges en marchant an grand air. 

Vertices, sartout du c6t^ droit, avec pression dans Ycbil droit. 

T^te comme quand on a bu des liquears spiritueuses. 

Ck>ngestion da bas-ventre vers la t^te avec chalenr de la peaa et 
sueur. 

Picotemens dans le cuir cbevela aa vertex. 

Tressaillemens par secousses a la t^te. 

D^chiremens dans la t^te vers le vertex. 

25. Surexcitation de la t£te. 

Sinciput entrepris. 

Pression dans le sinciput. 

Plenitude et pression dans la region frontale. 

Vertige dans le sinciput et douleur tiraillante k travers le nez jas« 
qu'^ la racine, et de li dans le front (apris Tolfection). 

30. Douleur tensive au sinciput, avec pression et elancement. 

Le soir, violente douleur dans le sinciput, avec batiemens, tension 
et pression partant du front , et toute la t^te entreprise ; exacerba- 
tion apr^s le repas. ^ 

Pression au cdt^ droit du front et k la region temporale. 

Douleurs au front avec d^chiremens jusqu'^ la lerope droite , ofk 
elle ^prouve des ^lancemens durant deux heures. 

Douleur pressive dans le c6t^ gauche du sinciput. 

35. l^Iancemens au front , k droite , au-dessus de Toeil, cooinie de3 
coups d'aiguille. 

Serrement dans les tempes. 



^& REVUE BE LA M^ECINlC SP^GIFXQUE. 

£laiiceinent dans la teoipe gaucbe. 

Douleur dans la region de la tempe gauche , comme si un cluffboil 
itait pos^ dessus. 
Occiput entrepris. 
&0. Fourmillemens k Focciput. 
Pression dans Tocciput. 

Le cdte gauche de i'occiput entrepris comme si ou le serrait* 
£lancemens entre ta nuque et Tocciput. 

Y0HX. 

II se met un peu d'huile dans i'oeil ; aussit6t apr^s, violente dou- 
leur ; au bout d'nn quart d'heure inflammation de i'oeil et de tout le 
Cdt^ droit de lu face. - 

45. Devant les yeux , comme de la fum^e dans la chambre. 

Yeux un peu troubles , comme s'il y avait un voile devant eux. 

En chambre , perte de la vue comme un leger vertige. 

Pesanteur, faiblesse des yeux et perte de la vue. 
: Larmoiement. 

50. Nuage devant roeil droit , qui est faible. 

Elanccment dans le globe de Toeil gauche. 

Elanccmens au milieu de Toeil gauche , et plus tard aussi dans le 
droit , ma is tres-faibles. 

Irritaiion de la conjonctive par Tevaporation de Thuile. 

Rongeur inflammatoire de la conjonctive dans Toeil gauche. 

55. Dans Tangle gauche de Toeil droit tressaillemens et Glance- 
mens avec fr^quente contraction et tressaillement de Toeil entier. 

Les paupiires semblent infiltrees. 

Paupidres I^girement cedemateuses. 

Fort tremblement des paupi^res. 

Douleur constrictive dans les paupi^res drpites , surtout ver$ Tan- 
gle externe. 

60. Prurit i la paupidre infdrieure de Foeil droit ; une autre fois k 
la paupi^re superieure de Toeil gauche. 

A la paupi^re inf^rieure de Toeil droit , du c6te droit , h un demi- 
pouce du sac lacrymal , en bas , tumefaction d'une glande cutan^e ; 
la peau est rouge&tre et forme une petite enflure de la grosseur d'un 



REVUE D£ 1.\ Ml^DEaNE SPl&CIFIQUCl. ilf9 

demi-grain de cheDevis ; au bout de quatre jours il n'en restait plus 
de tracd. 
Petites v^sicules autour de I'oeil. 

OreiUes. 

Bruissemens dans les oreilles. 

T^te entreprise, avec pression et tournoiement vers Touverture 
des oreilles. 
65. Douleur pressive sourde vers les deux conduits auditifs. 
Serrement ^ Toreille gauche. 

Serrement spasmodique dans roreille gauche , dans la profondiurj' 
l^lancement sous Toreille gauche. ^- 

II entend plus mal de Toreille droite. 
70. Perte momentan^e de Touie. 

Face. 

Ghaleur plus forte de la face. 

Ardeurs au visage pendant plusieurs jours. 

Tumefaction de la face. 

BoutODS sur la face. 

75. Le nez et toute la face se trouvent dans un ^tat d^inflammation. 

Ardeurs aux joues. 

Pdleur et sensation de froid k la face. 

Exanth^me au septum narium du cdt^ droit; le matin^ en se lavant, 
il ^prouve de la douleur en touchant cette place , qui est rouge et de 
la grosseur d'un pois ; dans la journee , il s'y forme quelques petites 
vesicules , peu elev^es , jaunes , qui ^taient ombiliqu^es (?) le troi- 
si^me jour ; Tombilic s'^tend le quatrieme jour en une croute d^un 
brun clair , qui tombe le sixi^me jour ; Tepiderme ^tait encore rouge 
et delicat et se desquama encore une fois. . 

Ardeurs dos Ifevres. 

80. Ardeurs aux angles de la bouche, avec legere tumefaction au 
bord exierienr, pendant plusieurs jours. 

Tension des angles de la boucbe. 



38# REYUB DB LA lliDEGINE SP^GIFIQUB. 

Voix. 

Voix basse. 

II a de la peine k parler. 
Yoix creuse et an peu enrou^e. 

85. Une sensation de douleur g^n^rale fait qu'il ne parle qu^avec 
peine. 

Appareil digestif. 

Le matin , en se lavant , saignement des gencives. 
^ Tom^faction douloureuse des gencives de la ml^chdre sup^rieure 
droite, dans rint^rieur. 

Tumefaction des gencives au bord alv^olaire interne ducdte gauche. 

Tiraillement dans Tceill^re droite de la m^choire inferieure. 

90. Douleur de.plaie dans une des molaires gauches^ qui est cari^e, 
en m4chant. 

L^vres s^ches et fendillees. 

Le soir, levres sicheset tendues. 

Cavit^ buccale comme bruise. 

Gfaaleuf dans la bouche* 

95. S^cheresse de la bouche , avec sensation de grattement dans 
le gosier. 

Sensation de chaleur et augmentation de la secretion de la salive 
dans la bouche. 

Afflux de la salive dans la bouche et l^ger picotement. 

Salivation plus abondante. 

Afflux d'une grande quantity d'eau dans la bouche. 

400. AfBux d'eau'dans la bouche paries angles de laquelle cette 
eau sort. 

Tumefaction de la glande sous-maxillaire, qui est douloureuse au 
toucher. 

Irritation de la glande salivaire, qui force a cracher frequemment , 
et chaque fois qu'il crache, sensation d'une 4creie ranee et brulement 
d^sagr^able dans la gorge , lequel ne cesse qu'apres une sensation 
pareille dans ie rectum , suivie d'uneselie. 

Langue couverte d'un enduit blanc. 



REVUE DE LA Ml^DEGlNE SViCTFiqjJET^^ J8l 

Sensation et go&t d'^lectri<gt6 et amer-donce&tre au bout de la 
langue. 

105. Sensation de chatouillement Utigant et douloureux au bout 
de la langue , avec gout fade. 

Gout p&leux , ayec langue charg^e d'un enduit blanc^ 

Qotit comme apr^s avoir mang^ des sgnandes. 

Un peu d^amertume dans la bouche. 

Godt aigre , ^cre , montant de Testomac. 

ilO. Expectoration de beaucoup de mucosit^ visqueuse d'un go At 
Sere. 

Tumefaction des tonsilles, qui sont douloureuses k la pression ext^ 
rieure. 

Eoflure du palais pendant plusieurs jours. 

Ghatouillement , puis grattement , puis ardeur h la place ou les 
parties dures et moUes du palais se joignenc. 

Rongeur et alongement de la luette. 

115. Augmentation de la chaleur dans le pharynx. 

Ardeur de longue dur^e dans le gosier. 

Ardeur persistanle et contraction dans le gosier. 

Ardeur dans le gosier, beaucoup moindre apr^s un court som- 
meil. 

Grattement briUant dans le gosier et le pharynx. 
Brulement et grattement dans le pharynx et le gosier. 

120. Grattement dans le gosier, for^ant k se le r&cler. 

Ardeur en haut du gosier. 

Sensation d'dpret^ dans le pharynx et la gorge ; plus tard , gratte- 
ment dans le gosier. 

Ardeur dans le pharynx, diminu^e par Finspiration , augmenl^e 
par Texpiration. 

Tressaillement h travers le gosier. 

125. Dans le gosier et le long de Toesophage, sensation de chaleur 
qui s'^tend plusieurs fois jusque dans le creux de Testomac. 

Grattement dans la gorge > puis ardeurs. 

Ardours dans la gorge comme si elle avail avale du poivre. 

Gorge s^che , deux fois expectoration de mucositd ayant un goAt 
aigre ^ comme de vinaigre. 



282 ^m- BSvinB db li io£dbcinb sptaFiQiii. 

Sensation comme de grattement dans la gorge , dimiawMit Hjprte 
un bouillon. 

130. Deglutition penible el s^cberesse dans le gosier. 

Sensation dans la gorge comme d'une cbeiille , qu'il ae pML pis 
avaler. 

Pas d'app^tit. 

Repugnance pour la bi^re. 

Moins d'app^tit et de soif. 

435. II ne pent manger de sa soupe au lait, i cause da d^goto et 
du malaise qu ii eprouve. 
A Dugout. 

Frdquens b4illemens. 

B^illemens presque toute la matinee. 

B4iliemens , flacddite , sensation de douleur dans reslomae* 

140. Grattemens dans restomac. 

Apr^s avoir bu du lait , d^goiit et grand mabise , avee esfie de 
voinir. 

Hoquets. 

Eructations , malaise « abattement. 

Regurgitations d'eau. 

145. Le soir, regurgitations de bile. 

Malaise et eructations. — Eructations et degoftjt* 

Malaise et eructations toutes les fois qu'il boit* 

Malaise comme avant de vomir. 

Grand malaise comme pour vomir. 

150. Eavies de Yomir. 

Envies de vomir , malaise et degoAt. 

Malaise avec frequentes envies de vomir. 

Envies de vomir continuelles, avec afflux d'eau et de salive dans fat 
bouche et leger froid. 

Envies de vomir ; de Teau stomacale lui remonte sans cesse dans 
la gorge. 
^ 455. MalaisH , envies de vomir^ vevtige, inappetence. 

Piusieurs haul- le -corps avec frequens afflux d'eau dans la bouche; 

Envies de vomir, au point de pouvoir k peine ecrirct 

Envies de vomir et vomissement* 



HBTUB DB hk MBDEGINB SPiCIFIQIIlt ^ S8S 

Vondssement da caf^ qu'il ay ait bu. 

160. yomissement de mucosit^ ; elie ne rend pas de bile , mais eU# 
a un goi^t amer. 

Yiolens haut-le-corps et plusieur% Yomissemens d'ui&eeau slooia- 
cale jaun4tre, ayant une odeur d'buile et un gout d*buile douce&tre- 
amer. 

Aprte le repas, elle vomit un pen d'eau, de mucosU^ et de pain *, les 
envies de vomir persistent. 

Dans la soiree, plenitude et pression dans Testomac , pnis malaise » 
suivi d'un l^ger vomissement de ce qu'il avait pris le soir ; ensnite 
suegr de la face et bien-^tre ; mais une demi-heure apr&s, nouveaa 
vomissement de ce qu'il avait encore dans Testomac ; les mati^res vo- 
mies avaient un goi^t un peu amer ; jusqu'au matin il dprmit bien. 

La nuit, grand malaise, puis vomissement d'un liquide aigre , ayant 
une odeur extraordinairement Acre , et ensuite sommeil jusqu'aa 
matin. 

165. Apris un grand malaise, vomissement des alimens a pleines 
gorg^es dans la rue , si violent que Teau lui jaillit des yeux ; apr^s 
avoir fait cinquante pas^ nouveau vomissement ; elle s'assit ensuite sur 
un banc de bois dans une all^e et vomit encore ; au bout d'un quaH 
d'heure, elle se sentit assez bien pour continuer son chiemin. 

Malaise s'exacerbant apr^s qu'elle a mang^ d^une beurr^e : eUi 
doit s'asseoir ; haut-le-corps \ nouveau vomissement des alimens avec 
un peu d'eau. 

Vomissement subit , violent « plusieurs fois r^p^t^ , d'un liquide 
ecumeux , jaun|^tre-blanc, an milieu de^ plus violens efforts de Festo- 
mac ; elle doit s'appuyer de toutes ses forces centre une table pour 
pouvoir resistor au haut-lecorps spasmodique. 

Deux vomissemens de bile. 

Chaleur fourmillante dans les tegumens du ventre. 
170. Bas-ventre afl'ect^ et legerement douloureux. 
Pesanteur et embarras dans tout le bas-venire , avec ventre rentr^* 
Bas-venlre plein, avec tension. 

Sensation de plenitude dans le ventre, avec gargouillemens etl^dre 
colique. 
Plenitude du ventre, avec lagers pincemens. 



i 



284 BKVUE DE LA MiDEGINE SPECIFIQtm. ^ 

175. Pendant toute la journee,baUoDneineDt, tension et gargouille* 
mens dans le ventre , cpi^aufpnente la marche. i 

Gargouillemens dans le ventre. 
Gargouillemens dans les intestios. 
Borborygmes dans les intestins gr^les. 
Sensation de froid dans le ventre. 

180. Fr^quens pincemens dans le ventre. — Gargouillefnens. — 
Roulemens. 
Tranch^es et pincemens dans le' ventre. 
De temps en temps lagers maux de ventre. 
L^geres tranchees. 

Pincemens et tranchees dans les intestins. 
485. Mouvement sensible dans les intestins. 
Floltement dans les intestins, comme de I'eau. 
Une soupe au lait diminue les maux de ventre. 
Pendant le repas, d^chiremens dans le ventre. 
Apr^s le repas, maux de ventre. 

190. Sensation d'^corchure dans le bas-ventre en toussant. 
En marchant , douleur pingante dans le ventre et autour de la re- 
gion ombilicale. 

Sensation dans les intestins, comme si on y versait de Teau Hide , 
iortout du c6t^ gauche. 

Ventre plein , tendu^ avec coliqne an-dessus du nombril. 

Bruit et l^g^res coliques dans le ventre , avec sensation de dou* 
leur continuelle an toucher du ncnnbril. 

195. Plenitude du ventre et pression h Tanus. 

Lagers pincemens dans le ventre avec pression k Tanus. 

Tension forte, p^nible, et ballonnement de tout le ventre, avec be- 
soin dialler h la selle, et vents puans, symptdmes qui ^taient plus vio- 
lens quand il etait assis que quandf il marchail ou se tenait debout. 

Pression dans le creux de I'estomac. 

Sensation de brulement et chaleur dans le creux de Testomac. 

200. Sensibilite de la region de Testomac au toucher.; 

Plenitude dans Testomac. 

Plenitude et endolorissement de Testomac. 

Pression et plenitude de Testomac. 






BBYUB DB LA HEDEGINB SP]£gIFIQUE« 285 

m 

Pression et mouvement dans la region de reslomac. 

205. Estomac douloureux et vide, envies de vomir jusqu'apr^s inidi» 

Ardours dans Testoinac ; ardeurs dans restomac, comme s'il y avait 
des charbons. ^ 

Contraction de restomac, pression dans le creux de restomac, avee 
eau jaillissant des yeux et du nez. 

Pression dans restomac avec sensation de chatouillement. 

Pression dans Testomac avec angoisse. 

210. Pression dans Testomac avec malaise dans le bas-ventre. 

Malaise dans Testomac et i^ger mouvement spasmodique^ comme 
pour vomir. 

Anxiety, serrement et pression dans la region de Festomac, avec 
grand malaise. * 

Grouillement dans Testomac avec pesanteur sur la poitrine. 

R^tr^cissement de la partie sup^rieure de Testomac. 

215. Tension, pression, anxi^te et serrement dans I'estomacet la 
region ^pigastrique. 

Violente colique dans Testomac et le bas-ventre. 

Tension entre le nombril et le creux de Testomac. 

Sous restomac , tranch^es , et au c6tA droit , pr^s de Tos de 1% 
banche , d^chiremens dans les intestins. 

Pression dans la region de la rate. 

220. l^lancemens dans la region de la rate ; forts ^lancemens de la 
rate. 

Douleurs pressives , spasmodiques et tensives dans la region de 
r^pigastre , surtout en £tant assis. 

Tranch^es dans le colon transverse, se renouvelant avant chaqae 
selle. 

D^chiremens dans le colon. 

En s'^veillant^ violentes douleurs pin^antes avec gargouillemens 
dans la region ^pigastrique; bient6t apris, Amission de vents puans 
et violent besoin d'aller k la selle ; la selle a lieu assez facilement au 
milieu de tranch^es et de douleurs spasmodiques dans le ventre. 
225. Sensation de pesanteur dans la region ^pigastriqne et malaise. 
Douleur pin^ante dans Tepigastre, gargouillemens dans les intestins. 
Doulenr dans la region du nombril ei dansle b^-venlre. 
M;m\ de venire qui rempedi(Mif prescjue '^e rospirerj une dou- 



■- 1 . .'11. 



234 REVUE DE Lk lE^EGINE SP^CIFIQUBi 

iD^chiremeDS dans le bras gauche (et dans le pied) (le pr^miei^ 

jour). 

Chez un enfant, qui avait conserve d'une tumefaction du genou de 
la raideur dans Variiculation (avec pied tordu -vers la surface courbe), 
la mohiliii reparut en peu de temps. 

Douleurs dans un pied paralyse (dont T^tat s'^tait dijk beaucoap 
am^lior^). 

U est fortement affect^. 

20. Grand abattement le matin. 

Nuits tr^s-agit^es. 

Friquens iternumens^ sans coryza , qui la r^veillent la miit, avec 
^filiations dans la gorge^ qui Texcitent k tousser et k saliver. 

Outre ces symptdmes, les Annates de HartUmb et Trinks^ (yol. IV, 
p. 245-246,) endonnent encore 448 autres,fournis par M.iVi^n/ii/}^; 
mais nous n*en tiendrons aucun compte par les raisons que nous « 
avons detainees en parlant de TsBihusa cynapium {vo/es notre Re- 
me^ vol. II, p. 286, § 2). II nous reslea.donner le r^sum6 des sym- 
ptAmes, que nous renverrons au prochain num^ro. 

Siir rhiaile de croton , 

Var le doetenr BUCHNEA. ( Suite. ) 
TABLEAU DES SYMPt6iIES. 

T^le. 

1. Giphalalgie avec t£te entreprise. 
T£te entreprise en se levant. 
Plenitude de la t£te. 
Obnubilation et embarras de la t^te. 
5. T6te entreprise, avec stupidity et pression dans le front. 
Plenitude , obnubilation de la t£te, avec pesanteur vers le front. 
T6te entreprise , surtout dans la region frontale avec pression et 
pesanteur. 
T6te entreprise, avec pression dans les tempes. 

iO. Pesanteur et embarras de la t£te , avec foiirmiUement dans les 
yenx. 



REVUE DE LA M^DECINB SPJ^CIFIQCm, ifff 

Pendant toute la journ^e, t£te tellement pleine el lourde qu'elle ne 
pent lire* 

T£te entreprise , surtout du c6t£ droit , avec pression descendant 
du vertex et r^pondant quelquefois en ^lancemens au-dessous de To- 
reille droite. 

T£te pleine , vertiginense. 

Yertige et c^phalalgie. 

45. Yertige : il ne pouvait rester debout de crainte de tomber. 

Yertige , an point de ne pouvoir presque plus rester assise , sur* 
tout quand elle Ihve les yeux. 

Yertige et embarras de la t^te, jusqu^au souper. «^, 

Acc^s de vertiges en marchant au grand air. 

Yertiges, surtout du cdt^ droit, avec pression dans Toeil droit. 

T^le comme quand on a bn des liqueurs spiritueuses. 

Congestion du bas- ventre vers la t£te avec chaleur de la peau et 
sueur. 

Picotemens dans le cuir chevelu au vertex. 

Tressaillemens par secousses h la t£te. 

D^chiremens dans la t£te vers le vertex. 

25. Surexcitation de la t£te. 

Sinciput entrepris. ^ 

Pression dans le sinciput. 

Plenitude et pression dans la region frontale. 

Yertige dans le sinciput et douleur tiraillante k travers le nez ]us« 
qu'^ la racine, et de Ik dans le front (apris Tolfaction). 

30. Douleur tensive au sinciput, avec pression et elancement. 

Le soir^ violente douleur dans le sinciput, avec battemens, tension 
et pression partant du front , et toute la t£te entreprise ; exacerba- 
tion apr^s le repas. ^ 

Pression au c6t^ droit du front et k la region temporale. 

Douleurs au front avec d^chlremens jusqu*^ la tempo droite , o& 
elle ^prouve des ^lancemens durant deux faeures. 

Douleur pressive dans le c6l6 gauche du sinciput. 

35. l^lancemens au front , k droite , au-dessus de roeil, comme de3 
coups d'aiguille. 

Serrement dans les tempos. 



t 



38S BBVUB BB Li HBDECINE SPB€II4QUB« 

2S0. Selles d'abdrd solides, pi^s bilieuses, muqueuses et en6n 
aqueuses. 

Selles en bouillie , brun&tres, couvertes de mucosites, suivies de 
gargouillemens daos le c6t^ gaoche du ventre^ 

Selle promple de couleur verddtre-gris, brun sale et sortant par 
jets. 

Apr^s une selle solide, selle liquideau milieu de lagers gargouille- 
mens et de douleurs de colique dans la region de I'estomac et dans 
celle des hypocondres, avec malaise persistant; les gargouiUemens 
au^entent; nouvelle selle liquide une demi-heure apr6s. 

Apr^s la selle, tiraillement du dehors au dedans et pression dans 
r^pigastre et dans la region dd nombril. 

285. Les selles sortent par jets, 
jjf Les selles cessentapris qu*il a pris du caf^. 

II sort des larvei$ d*ascarides. 

Sortie d*ascarides et de toenias. 

Forte pression et serrement vers le rectum ayec vents pingants en 
£tant assis. 

290. Sortie de vents avant la selle. 

GargouiUemens dans les intestins et vents puans. 

i^missionde vents puans. 

Fr^quentes Amissions de vents piquanls. 

Flatuosit^s, comme avant un£ selle liquide. 

295. Fr^quentes flatuosit^s, comme avant une selle molle. 

Besoin de l&cher des vents qui sortent par coups avec effort. 

Ardours k Tanus. ^ 

Ardeurs autour de Tanus qui lui permettent k peine de s'asseoir ; 
en outre l^gere tumefaction de la peau avoisinante. 

Pulsations, ^lancemens et ardeurs k I'anus. 

300. Grattement a Tanus, aussit6t apr^s la selle , surtout quand il 
y a (^preinte. 

Douleur d'^corchure et ardeur k Tanus apr^s le mouvement. 

Sensation de contraction et^lancemens par acc^s aTanusen mar> 
chant, pr^s de Torifice. 

Douleur k Tanus, comme si une cheville chercbait k en sortir. 

Apres la selle, sensation extraordinaire de douleur d'^corchure 



dans rinterieur de Tanus qui sort; en mSme temps besoin continuel 
d'aller a la selle. S'il se conipriine le venire et presse vers I'anus, la 
douleur s'eiend jusque dans )es parties g^niiales , et se termine au 
fjtand pardes ^lancemens. La douleur, Tangoisse el Toppression ne 
lui laissaient pas un instant de repos. Sueur au front et malaise avec 
perle de la vue et'de Touie. Le repos diminueia douleur. 

S}'8(^me iiropo^tique et sexuel; • \ 

305. Yiolctit elancementdansUr^ioa r^nale gaucbe, qui lui cou- 
pe la respiration. 

Les reins irrit^s secr^teot une quaotil^ d^uiioe. 

Besoin d'uriner. 

Besoin d'uriner aussitdt apr^s remission. m^ 

S^cr^iion de Turine plus abondante. Augmentation frappante de \i"* 
quantity d'urine evacuee. Fr^quenies Amissions d'urine.. fi^ 

340. Secretion de Turine augmentee, presque toutes les demi- 
heures. 

Amission d'une quantity d'urine jaunl^tre. 

Amission d'unequantited'urine aumoins^gale beetle desboissons. 
Urine avec un petit nnage. 

Urine trouble et nuageuse. 

345. Urine avec un petit nuage au fond ; ce nuage disparait pen h 
pen , et est remplac^, au bout de vingt-quatre heures, par de petiis 
cristaux brun&tres qui nagent ^ la place oil se trouvait le nuage et sur 
les parois du vase. 

L'urine l&cliee dans lajourn^oest pdleet depose uns^dimenlblanc. 

L'urine Idch^c le matin est p&\e et ^cumeuse. 

1/urine de lanuitest p^le, jaune-orange, l^g^rement (rouble au 
fond etd'abord un pen flocouneuse. 

L* urine de la null et du maiio a une coulour de feu fonce et est tr^s- 
floconneuse. 

Sediment trouble avec une masse un pen plus claire au fond du 
vase de nuit; et ensuite Turine se couvre de parlies grasses. 

320. Urine rouge de sang montrant beaucoup de mucosiie au fond 
du vase ; quandon I'agile, cette mucosil^ se tire en Hlamens, 
IV. ' 49 



Urine causant des brAIemens dans I'or^thre. 

Ardeur au gland en urinant. 

Tiraillemeni dans le cordon spermatique gauche , emp£cbant de 
marcher. 

Testicule gauche r^racte, lesiicule droit flasque. 

325. Sensibilite douloureuae damembre, avec gland roug« et 61an- 
cement dans Tur^lhre. 

Erections. 

Exanth^me herp^tique au scrotum. 

Les regies, qfuiaorttientdAparattrequinse jours auparavant, pa- 
raissent en petite quantite. 

Les regies ne paraissent pas t battemens de coear forts Suriout en 
montant I'escaiier, dyspnee. 

w Organes de la respiration. 

"% -i 330. Respiraiion par te ite£ einp£ch£e. 
S^eressedtt Mt. 

Irritation dans Tinterieur du nez et dela gorge. 

Augmentation de iasecfiStion muqueuse nasate (apr^s I'olFaction 
deTbaile). 

Coryza avec leger ecoulement par le nez. — Coryza legerement 
fluent. 

335. Un pen d'enft)uement. 

Yoix creuse; il d^dit ^e f &cler ^ans cesse la gorge. 

yoix plmdl creuse qu'eui ouSe, comme sll avail un fort catarrhe. 

Titillaiion dans le larynx. 

Augmentation d^ la secretion de mucosite avec accumulation de 
mucosite dans le larynx. 

Accumulation de mucosit^ dans le larynx avec titillation et irrita- 
tion. 

340. Pression sur le larynx, surtout du c6ii {jauche; 

De la mucosite s accumule le soir dans le larynx oil Ton enteiid un 
peu de bruit, 

Frequehs rftclemens de la gorge, toux et excitation k tousser. 

Le matin , freqaens acces de toux avec expectoration muqueusct 

Toux continuelle. 



345. Toiix, le soir, av< c expectoration de niiico9it4 Manche et 
pressioQ sur h poiti inc. 

II y a toujours un peu de mucosM dans les bronches^ Irt la tonx ne 
peut Teloigner. 

II y a toujours de la muoosit^ datis lea potiinoos; il ne pent Texpec* 
torer en se r&clant la gorge; eli oulre dfapn^e et l^er sifflement 
quand it respire profond^ment. 

II lui semble que I'air ne pent pen^trer assez profondement dans les 
cellules, et que le poumon ne se dilate pas suiBsamment . 

Les mauxde ventre Temp^heAt prescfbe d^ fes^irer . 

350. En Youlant expirer, ^lanceihiefts dads la region da coeur qui 
se r^p^tent an tx>ut d*une heufe, et persistefit. 

Respiration p^nible , oppression. 

Respiration p^nible , pleine , avec oppression de la poitrine. df 

Pression sur la poitrine en aspirant profondement. 

Le soir, forte pression sur la poitrine. *^' 

365. Angoisse et respiration oppress^e > p6iiibl0. 

Oppression de la poitrine. 

Respiration oppress^. 

Gatarrhe de la poitrine. 

Anxi^t^, plenitude dans la poitrine , atreld ICdspir^tlon un p6u op- 
press^e. 

360. Anxi^t^y oppression et plenitude dans la r^gioii de la poitrine 
et dans celle de Testomac. 

Malaise particulier dans la poitrine et !e ventre. 

Sensation de yide dans la poitrine. 

Ardeur sur la poitrine. 

Violente ardeur dans la poitrine, s*^tendatit jusque dans les intes* 
tins et durant deux jours. 

365. Haleine courte apr6s la selle. 

Dyspn^e s'exacerbant quand il monte Tescalier. 

Endolorissement de la poitrine lorsqu'on appuie fortement dessus. 

Plenitude, pression et brA ement dans les deux cavit^s de la poi- 
trine. 

Plenitude et endolorissement des deux cavit^s de la poitrine , avec 
elancemens brulans dans la cayit^ gauche et vers le^ deux omoplntes. 



r 



492 BBVtJE DB LA MiOECflfE Sl^J^CTFIQUB. 

370. yiolens ^lancemens k travers le milieu du cdte gauche \Je la 
poitrine , revenant le soir. 

^lancemeBs dans le c6t^ gauche de la poitrine. ^^lancemens dnns 
la cavii^ gauche de la poitrine. 

Elancemens au tiers inf^rieur droit de la poitrine , en respirant. 

Pression dans la profondeur au milieu de la poitrine. 

Bailemens derri^re le c6t£ droit de la poitrine. 

Appareil moteur. 

375. Lassitude g^n^rale et abattemeot. 

Pression et tiraillemeot dans leis vertebres du cou. 

Fourmillement dans les lombes , comme si des bannetons s'y pro- 
menaieAt. 

FrSquens ^oussemens et battemens au tiers inferieur du c6te droit 
•^^^e la poitrine , entre la sixieme et la septi^me c6te ; le lendemain , 
|Ailsation et battemens tr^-frequens dans la mdme region. 

DecfaireiD^ens k Textremiti des c6tes dans toute la circonference , 
s etendant par derri^re dans les reins. 

380. Dechiremens dans le 'c6t^ gauche depuis Thypochondre jus- 
qu'au mamelon droit. 

Douleur tensive k Tarticulation de la hanche du c6t^ gauche, le 
g^nant quand il se l^ve de dessus son siege. 

Brilllement et enQure aux f esses, au point oii elles touchent a Tanusy 
apr^s le mouvement. 

Bouleurs dans lies membres. 

Lassitude et rel^chement dans les extremites inferieures , surtout 
pressioa sensible dans les jambes. 

385. Brisure et tension des cuisses. 

Faiblesse des nerfs des pieds. 
^^ Ses pieds manquent sous lui en montant Tescalier. 

Tressaillement des jambes dans la sieste. 

Ardeur prurileuse au milieu de la cuisse gauche, 

390. Sensation de paralysie dans la cuisse gauche. 

Dochiremenl dans la jambe gauche de haut en bas. 

lounmllemciii et leger 4^chirei»e.ni daps les articulaiiofls <les ge - 



REVUE DE Li'MJ^DEQ^fE SPl^CIFIQUEr 299* 

Les douleurs des ariiculaiions des genoux dont il souffrjilt aupara- 
vant deviennent plus vjolentes que jamais. 

Tension et picot^ment dans les articulations des genoux. 

395. Fourmillemedt arthrilique dans Les articulations des ge- 
noux. 

Ddchirement passager dans les articulations des genoux. 

Tressaillement au bas du pied gauche , en ^ant assis. 

Picotemens au tiers inf^rieur de la jambe gauche. 

Ghaleur pruriteuse au tiers sup^rieur du tibia droit. 

400. Le soir, pesanteur et pression dans les articulations des pieds. 

En ^tant assise, ^lancemens dans le reste du pied gauche^ conune si 
elle se T^tait fouI£. 

£lancement ^ droite, ^ la cheville exterieure du pied droit. ' . 

Tressaillemens et d^chiremens vers la plante du pied ganche. 

Picotemens, prurit et brfllement a la plante du.pi^ droit, dans la 
partie anterieure. 

405. En marchant , trois fois de suite , douleur de luxation , lanci- 
.nante et dechirante ^ Tos metatarsi haliucis gauche , I'empdcbant de 
bien marcher. 

Picotemcnt dans les premiers doigls du pied droit. 

Dechiremens arlhritiques au gros orteil droit. 

Violens ^lancemens dans le gros orteil gaUche, et un quart-dUieure 
apres dans le droit. 

410. Picotemens douloureux. et elancemens au gros orteil droits oii 
Tongle entre dans la peau. 

Fourmillemens dans le petit doigt du pied droit. 

Pesanteur et lassitude dans les bras. • ^ 

Douleur pressive h Tarticulation de T^paule droite. 

£lancemens dans Tarticulation de T^paule gauche. 

415. Brisure tensive des bras. 

Sensation de pesanteur, de rel&chement dans les bras. 

Dechiremens dans le bras droit, plus tard dans Tarticulation de T^- 
paule droite. 
Douleur t^r^brante h rarticulaiion du coude gauche. 

r 

Dechiremeus dans Tavaixt-bras gauche. 
420. Tiraillemeus dans ravani-bras droits 



•I'l 

m. I 




TensiolQbi prcssion k I'avant-bras droit , uvec sensation de brisure 
jusque vera la main. 

Le soir, tifailteinent aii-dessus du c:)rpe droit. 

Tressaillemens daM les doigts moyens de la main gauche et dans 

J" 

Tannulaire d% la droite. 

TirailleraeDiet d^chiretnent dims le madias de la main gauche. 

425. Douleur foanniHante k la phalange ongu^ale de plusieiirs 
doigts. 

\ \ Syst^me vasculaire. 

PoqU, aupara?aiit I SO-60 pulsations, alors plus frequent et plein. 

Pouls acc^l^r^ , pouls agit^. 

Pouls frequent et faible. 

Poub fhlUe et pMit. 

430. Pools plein. 

Pouls petit, mais un peuacc^l^re. 

Batteneas snbits dans )a region dePaorte. 

Frequens elanc6inen9 dans la region du cceur. 

Yiolens battemens de coeur. 

435. Battemens de eoeur, mdme pendant koolt. 

Fortes pulsations et battemens du coeur sensibles. 

Battemens de cceur apria le dtner, surtout en ^tant concha. 

Quelques tressaillemens vers le coeur. 

Le tentricale gauche est surtout affect^. 

440. Prurit, puis bnilement doBloareux^ 

Ghaleur de r^pideraae, surtout dans les mains, qni sont ordinaire- 
^ ment froides, avec veines eonsid6rab)emenl gonflees et saiflautes. 

Inflammation vesiculaire de la peau. 

£ryth6me avec puatalea qni foment des crofttes le lendemain. 

Peau des joues 01 da la face d'tui^ rovge pile qui disparalt k la pres- 
Sion du doigt (Gf. Rayer). 

445. II se forme des pustules et une inflammation presque gen^- 
rale des t^gumens abdominaux \ celle-ei ne diminue qu'uu bout de 
quelques jours, et la^desquaoMioD s^opire eosuite. 



» 



■ ^1 



Fidvre. ^ 

Frissonnement et horripilation. 

L^fjer mouvemerH febrile. 

Froid je(jer. 

]^(at febrile , douloureux. 

450. Frissonnement le soir. 

Ff old surtout des extr^mit^s , chair de poule*; pour se r^chauffer, 
elle se mit au lit , et au bout de d(mx heures, elle s'^veilla forlifi^e. 

Apr^s midi , il a si froid qu'il se met au lit , oti ii est longf-temps 
avani de pouvoir se r^chauffer. 

AprAs un sommeil r^parateur, 11 s*^veille avec un grand appetit. 

Frisson passager qui s'^tend sur tout le corps. 

455. Froid , surtout au dos. 

Froid , surtout au bas-ventre. 

Peau du corps fratche ; si le ponls s*6l6ve, la peau devient chaude 
et il s'^tablit une transpiration. 

Pieds froids jusqu^aux mollets. 

Froid subit et p&leur des mains, avec doigftstout crispes. 

460. Ghaleur au corps. 

Chaleur plus forte sur le corps, puis seiUaiion de froid dans la re- 
gion des vertebres abdominales. 

Chaleur plus forte (u corps. — Sensation de chaleur plus forte sur 
tout le corps. 

Chaleur plus forte danstoutle venire. 

Chaleur generate, sueur et c^phalalgie. ^ 

465. Augmentation de la temperature dans tolitle corps, e^isoHe 
sensation de chileur picotante, brAiante, puis froid, partant de la re- 
gion desvert(^brosab iominales. ^ 

Ciml'Mir partani des vertehres abdomi ales. 

En ur nant nrdeur dans Turfclhre. (1) 

(4) Syiiiptoma iniiio febriuin frequeiis. Mertcns. Obs. rued. > p. ((8. 



:>-^.- 



»i'. 



196 BBTUB DB tk M^DXCIRB SfliCIFlQUB. 

; Troubles du sensorium. 

Malaise gdp^ral. 

Faiblesse It iacommodite. 

470. Faiblelse et abattempnt. 

Lassitude et malaise, puis besoin de dormir, 

Oppression et angoisse. 

Jiouffees de cbaleur. 

Violenie excitation de loutle corps. 

47o. Trembiement de tout le corps, 
' Brisure de tout le corp^. 

Le^^re affection de tout le corps , avec sensation de bien*£tre g^ 
neral. 

Su'^ur. 

Sueur au front. 

480* Sensation d'eogourdissement de tout le corps. 

Acecs de defaillance. 

Malaise iaaccoulume , s*exacerbant quand il se couche. 

irisure de tout ie corps avec malaise l^ger, frequent. 

Malaise inaccouiume qui enl^ve la vue etTouie, gouttes de sueur 
ail front, elle croyait qu'elle ne pourrait atteindre la maison. 

485. Vertige et malaise qui la forcent a aller prendre Pair; son 
^tat empire au grand air; face p&!e, lassitude et abattement. 
^ Augmentation du malaise au grand air et vertige ; a trois cents pas 
da logis, elle se irouve si mal qu'elie croit qu'elle ne pourra pas re- 
tourner chez elle; elle perd la vue ei Touie. 

/1tfaiP8fm|mmes s'amendent pendant le sommeil. 

Spmnieil el rcves. 

^omBolence. 

Apres-midi, besoin irresistible de dormir. 

490. Pendant la siesle, roves de choses passees dans la journee. 

Vers midi, somnolence tell qifil se coucherail voloniiers; lorsqu'il 
se couche aprfes le diner, il ne pent dormir; en m^me temps, batte« 
mens de coeur* 

Sommeil agil^. 



BEYUE DB LA MEDECINB SPEGIFTQUE. 29T 

Sommeil plein de r£yes« ^ 

Sommeil agit^ avec r^ves p^nibles, angoissans. ^■ 

495. Sommeil mauvabavec beaucoup derives. ^ 

Sommeil lourd toute la nuit ; vers minuit, reveil avec jambes lour- 
des comme da plomb* 

Sommeil avec reveil subit, sans qo'il pAr se rappeler ses r^ves. 

11 s'eveille avec lassitude et brisuredes membres, et t^te lourde , 
embarrass^e. 

Pendant toiite la nuit, sommeil trouble par des rSves p^nibles. 

500. La nuit, les maux de t^te le reveillent, mais ils cessent bientdt. 

11 s*endort couch^ sur le dos et s'^veille apres une pollution. 

R^ves p^nibles et douloureux sur lui-m£me. 

Jactation anxieuse dans le lit avec iasomnie, enfin sommeil subit 
avec rSves anxieux. 

Fonctions psychiqnes. 

Agitation. 

505. Faiblesse de m^moire. 
Trislesse. 

Beaucoup de m^lancolie. — Humeur melancolique. 
Humeur maussade. 
II est maussade et mecontcnt. 

5i0. II n'a pas de disposition au travail; il aimerait mieux flaner 
qne de s'occnper s^riensement. « 

Humeur triste avec repugnance pour le travail.' 
Anxiet^ et tristesse, tout lui d^plait. 

Air trouble avec yeux fixes, brillans. ^ U 

{j4rchwes homceopalhiques, vol. XIX, cah. I, pag. 1^3) < 



**■ 



OliservAtions pratiques sur la itienstruation trf p'/«ir> 
abondante j et son traiteitient , 

Var le docteor F. PATZACK, 

De toutes les maladies auxquelles sont expos^es les femmes, il n'en 
est peut-dtre pas une qui agisse d'une mani^replus funesle sur leur 
game qu'uae menstruation irop abondante el trop fr^quenle. Si les 



!t08 BBTUl DB tk inbBCIIfB SPlfciFIQVB* 

causes occasionelies sont de telle nature qu'elles aient d^j^ port^ le troa*- 
ble dans les fonciioos yitales, ce flux excessif et frequent dea r^ 
gles affaiMit i'organisme toot eniier, cd sorie qu^; Ton a a craiodre 
qu'il ne se declare les maladies lea plus dan{;^reuse«i des organes de 
la poiirine etdu bas-venlre. Nous voyons se declarer d'abord dea blen- 
uorrhees des parlies g^DitalM, dei coogestioos et des iaflammatioos 
dc la matriceet des ovaires, a^ecleurs suites ordinaires, degeneration 
de ces organes et sterility ; mais plus souvent encore des celialgies et 
dvs cardialgies de Tespece la plus vioiente, des congestions passives 
et des sta^^nations dans la rate et le foie; dans d'autres cas , ce sont 
les organes de la respiration qui souffrent : de la des blennorrh^es des 
poumons , des douleurs de poitrine coniinuelles , des affections asth- 
matiques, des palpitations de coeur et des maladies du coeur. II n'est 
pus rare non plus de remarquer, a la suite de la menorrhagie, une 
aireciion predominante du systdme des nerfs cerebraux , ainsi qu'une 
surexcitation generale de la sensibilite des nerfs avec perie pre^que 
complete de la fucult^ de reagir centre les impressions exterieures. 

II est done d'une grande importance pour nous de trouver des me- 
dicamens qui gu^rissentradicalementcettemaladie. L'ancienne ^cole 
est impuissante a cetegard, comme Texp^rience nous en fournit des 
preuves tons les jours , mais rbomoeopathie nous donne les moyens 
de la combaitre \ictorieusement, elleet ses suites. On a d^ja recoqu- 
mande quelquefois les medicamens dont je \ais purler; mais d'ua 
cdte , rimportance et Tint^rit pratique de Tobjet, et ^de Tautre, 
Temploi metbodique des moyens et les services que j*en ai obtenus 
dans un grand nombre de cas , me feronl sans doute pardonner de 
revenir sur ces remides. 

Si nous considerons d^abord la dur^e du flux menstruel , on peut 
admetlre en r^gle generate qu'il ne faut adniinisirer , pendant t'cpoque^ 
'des mi^dicamens a la malade qu^autanl que recoulement est particu- 
liirement copieux etconiiou; el Ton ne doit m^me en uitendre que 
des eOets palliatifs. Ces flux de sang out ordinairement alors le carac- 
tire de la faibles<^e et sont de I'esp^oe de ceux q\\f Tecf le uppelle pas- 
sifs. Dans ce cas, une ou deux doses iSL^iptracu-nuha \ suflisent le plus 
souvent pour arr^ter la perte de sang. J'ai trouve plus rarement nd- 
cessaire radministration de crocus 3 gut. l,^et cela lorsqu'il sortait dtl 



I 



RBVUB DE LAMl^DBCINE SP]6CIFIQTJB. 299 

sang noir pendant long-temps, ou de sabina \ chez des feimnes d'un 
certain iige qui avaient fait plusieurs fausses couches, dans lu p^riode 
de deflorescence ou le flax de sang persistait long-temps. Chez une 
jeune veuve, dg^e de vingt-ua ans, qui avait dej*^ eu deuK enfans 
et une fausse couche, qui avait une consiilution tres-irrituble et un 
caract^re tr^s-orgueilleux , et dont les regies coulatent toujours plus 
copieusement dans le repos que dans le mouvement , plaiina f m'a 
rendu de bons services. Chez one jeune fille et une femme plus ^g^e, 
dont la menstruation ^tait trop precoce et durait trop long-temps , 
accompagn^e d'une forte diarrhee aqueuse, veratrum ^ soulagea 
promptement. Derni^rement , h une jeune fille de dix-sept ans , qui 
^tait soup^onn^e de mener une mauvaise vie , et qui souflrait depuis 
plus de quinze jours d'un flux de sang revenant par jets , avec has- 
ventre tr^s-sensible , surtout dans la r^f>ion des ovaires qui se trou- 
vaient ^videmment dans un tot d'inflammatiOn , ainsi que Tannon- 
^aient la propagation des douleurs jusque dans la region r^nale et les 
jambes^ et la soufTrance qu'elle ^prouvait en urinant, je fis prendre 
aconiL^ Bryonia et china qxA enlevirent calte irritation , mais qui n'arr^- 
t^rent pasle flux de sang. J'essayai alors, d'apr^s la recommanda- 
tion de Kopp, argentum nitricum 3 gr. 1 , une dose toutes les trois 
heures; la gn^rison s'op^ra en trois jours. 

Le traitement th^rapeutique est beaucoup plus important dans lei 
interpalles d'une ^poque k Tautre que pendant la dur^e de la men-* 
struation ; aussi dans la plupart des cas il est inutile de le commencer 
pendant T^poque. Les remddes h^roiques suivans, administr^ m6^ 
thodiquement se sont montr^s extraordinairement efficaces, oon-sea- 
lement en r^gularisant la menstruation, mais en enlevanttons les sym- 
ptAmes qui s'^taient manifestos , soit dans les parties gOnitales, soit 
dans les autres organes , h la suite d'une perte de sang excessive* 
Ces mOdicamens inapprOciables sont nux vomica , china , sulfjhur e^^ 

ealcarea carbonica, 

Voici comment je les cmployais : le premier jour aprfes la cessation 
des regies , je donnais le soir une dose de nux vomica jlg et le troi- 
siOme jour, dans la matinee, c'est-k-dire trente-six heiires aprfes, 
une dose de china ^; le quatrieme jour, au soir, c'esi-a-dire trente- 

m heures plus tard, j'administrais de nouveau nux vomica^ et apr^ le 



SOO RKVUE DE la MtoECINE SPJ^CIFIQUE. 

m&i\.e laps de temps, china, etc. Tel eiait le traitement dans la pre^ 
miere quinzaine. Dans la seconde qainzaine, je commen^ais par one dose 
de tinct, sulphuris ^4^ , et deux jours aprte calcarea carboniem 1-^=7, 

en alternaat ces deux m^dicameos jusqu'^ Tapproche des regies ; le 
r^suUat ^tait le plus souvent surpreaant , inline chez des femmes 
iigies. L'^tat g^a^ral s'am<^liorait bientdt et la menstruation suivante 
^tait r^guli^re. 

Je me bornerai k choisir quelques cas parmi un tr^-gn^and nombre 
que j*ai trait^s avec succes de cette mani^re. 

i"* Madame G... , &gee de trente ans, qui avait beaucoup aim^ la 
danse , avait souffert de crachemens de sang , avait fait une fausse 
couche et ^tait acconch^e d'une fiUe depuis deux ans et demi , avait 
depuis plusieurs ann^es une menstruation copieuse qui durait trop 
long-temps et revenait trop frequemment. £lle avait d^j^ eu recours 
a toutes sortes de moyens , entre autres k des bains deader ou d*eaa 
froide ; mais, au lieu de s^am^liorer, son ^tat avait extraordinaireoient 
empire , et il s'y ^tait joint une leucorrhee dans les intervalles ; elle 
^tait tellement ^puis^e qu'elje ne pouvait plus s'occuper qu'avec 
peine des travaux du menage. Elle s'adressa a moi, dans V&i6 de i837 ; 
je lui fis prendre les m^dicamens ciiis plus haut dans Tintervalle 
d'une ^poque k Fautre. Les regies, qui anticipaient toujours de huit 
jours, ne parurent que trois jours trop t6t et f urent beaucoup moins 
copieuses *, elle re^ut, le troisieme jour, une dose de ipecacuanha \ et 
la menstruation cessa deux jours plutdt que de coutume. Le traite- 
ment continua , et le mois suivant la menstruation fut r^guli^re. La 
m&de reprit courage et son ^tat s'am^liora de mois en mois. Depuis 
trois ans, elle n*a plus eu a soufifrir d'une pareille perte de sang. 

2* Madame la baronnedeC..., de P., femme de vingt-sept ans, pe- 
tite , delicate , tr^s-vive , avait eu cinq couches beureuses en six ans, 
4jpais chaque fois elle avait perdu beaucoup de sang. Dansses der- 
ni^es grossesses surtout , elle avait beaucoup souffert de nodosites 
tr^s-douloureuses. k I'anus. Chaque fois qu'elle avait accouche , 
comme elle n'allaitait pas , ses regies ne tardaient pas a paraitre. 
EHescoulaient eugrande abondance, el continuaient ainsi tant qu'elle 
nc redevenaii pas enceinte. Kile lue consulla un mois apr^s ses der« 
niercs coudu*s ; elle avait ylors iino forie pertc de sang que Vipica'^ 



aSVUB Dft LA MEDECINE SPlfiCIFlQUfi* SO* 

ciianhadminntk. Lesnodosites hemorrhoid ales diminu^renl egalenient 
de volume upr^s Temploi de nuap vomica et de china, Je donoai en- 
suite Bufphur et calcarea carbonica alternativement ; le mois suivantj 
la meostruation fut deja beaucoup plus reguli^re. 

30 Madame la baronne de R..., sa soeur, &gee de vingt-deux ans ^ 
bien faile , quoique petite et delicate , avait eu six ans auparavant 
des couches tris-p^nibles qui avaient n^cessite remploi du forceps. 
£lle avait perdu tant de sang qu'elle n'avait pas encore recouvr^ ses 
forces ; car depuis cette epoque ses regies ^talent tr^s-abondantes 
et duraient long-temps ; i cette m^norrhagie s'^tait jointe une autre 
afreciion qui avait r&ist^ k tons les efforts de son m^decin homoeo- 
pathe^ et pour laquelle elle me consuka dans T^te de 1837. Elle se plai- 
gnait, en effet, de douleurs continuelles, pressives, quelquefois ron- 
geantes dans la region des ovaires , surtout du cdie gauche , les- 
quelles devenaient si violenies ^ la moindre emotion , k la plus l^g^re 
siu^ex citation et principalement avant Tapparition des regies, qu elles 
s'etendaient sur tout le bas-ventre , nomm^ment sur la region de la 
vessie et des reins et dans les hanches , et Tempdchaient de se re- 
muer. Du reste, ses digestions se foisaient bien , k Texception d'une 
disposition temporaire k la constipation, mais elle ^tait fort encline k 
la melancolie. Elle avait en outre une repugnance remarquable k se 
prater aux d^sirs de son mari, qui se plaignait de son insensibilite 
complete pendant le colt. L'emploi des medicamens indiques plus 
haut la r^tablit parfaitement en trois mois ; seulement il me fallut 
recourir k bryonia^ contre les douleurs d^crites, qui annongaient evi- 
demment ime inflammation chronique des ovaires. Depuis trois ans 
aucun sympt6men'a reparu ; mais Tinsensibihte et la st^rilite contre 
lesquelles je lui fis prendre diff^rens medicamens , k la priere de son 
man, ne subirent aucun changement. II y a quelque temps, qu'^ la 
suite d'une forte emotion et d'un grand chagrin , elle se plaignit de ,^ 
Donveau de douleurs dans le bas-ventre. Une dose de bryonia 6 les 
enleva en quelques heures. 

k^ La fomme du menuisier A..., de Neustadt, &gee de trente aos , 
d'une constitution debile , s'adressa k moi, an mois de fevrier 4838; • 
elle souffrait, depuis des annees, d*une menorrbagie k litquelie s'etait 
JoiBt^;i^Kii$ uuao^ une leuCQi'7heA,^l depuis cinq mois, c'cfl-l^-dir^ 






■-L 



jy§D4 REVUE DE LA MEDECINE SPEaPlQUR. 

voir au bout de quelques jours les douleurs de poiiriue disparatlre et 
le sommeil revenir. Douze jours apres« die regut sulphur eicaicarea 
mLrhonica alternativemeiU. La meDsiruaiion suivanie eutlieu en lemps 
convenablej el fut beaucoup moins eopieuse. Au bout de deux moit, 
il n'y avait pas de comparaison a faire enlre son ^(at actuel et T^tat 
oil je Tavais trouvee. Elle avait recouvr^ des forces, pouvait s^ocgu 
per des soins de son meuage et supportait les impressions extdrieures 
qui raccablaient auparavant. 

9°. La femme de I'iostituteur £..., de M..., &gee de trente-cinq 
ans, qui semblait robuste , soufifrait, depuis la naissance de son cin- 
qui^me enfant, d'une grande faiblesse generate, lls'y^tait joint un 
fort vertige accompagn^ frequemruent de violens maux de t£te qu'on 
avail combaliu en vain par des saignees repetees. Outre cette grande 
perte d'humeurs, elle avait des regies tres-copieuses qui revenaient 
toutes les irois semaines. Son etat s'am^liora considerablement an 
bout d'un mois de traitement. 

dQo La femme du major de B..., dgde de trente-quatre ans, avail 
toujours ete fortement r^glee, mais plus fortement encore depuis 
sonmariage. £n buit ans elle avait fait cinq enfans. Ses regies reve- 
naient toutes les irois semaioes. La suite de cetle ^norme perte 
d'humeurs se mauifesta dans ce cas par une sensibilite extraordi- 
naire du sysl^me nerveux. La cause la plus leg^.re, une frayeur , un 
chagrin, provoquaii une surexcitation du sysl^e vasculaire, du 
syst^me nerveux , des baiiemens de coeur , des tremblemens , de b 
cardialgie, de la cephalalgie, les maux de dents les plus violens, etc. 
Naturellement apres de pareils acces, la faiblesse en devenait d'au- 
tant plus grande et la malade etait en proie au m^contentement , a 
la m^lancolie, au decouragemont. f.es moyensindiques r^gulariserent 
la menstruation et firent cesser les accidens. 

di<' Caroline 6... , fiUe dun marchand de fil de S... , jeune Hlle de 
dix-neuf ans, delicate, mais scmblant bien porlante et ayanl uuo mine 
assez Ourissanle , souffraii depuis l^ge de treize ans d'une menstrua- 
tion excessive et revenant le plus souvent entre le seizicme et le 
dix-builiemejour. Elle 4lail ires-sujeite i de violens mauxde icie. et 
il lui etait impossible de se livrer a un travail un pen fatigant. La 
|a.il>|<?sse el rirrimbilite avaient augmo^t^ dans les derniers tenfipsau 



• ' 



point que la malade avail des attaques reelles d'epilepsie, alamohidre 
occasion. — ^Un traitement allopathique suivi pendant deux ann^es 
n'avait rien produit. 11 y a un an qu elle s'adressa a moi. Au bout d'ufl 
mois, d^ja , les regies ne parurent que le vingt et uni^me jour. EUes 
se regularis^rent de plus en plus sous Tinfluence de mon traitement. 
Alasuited'une attaque d'epilepsie, qui eut lieu au commencement 
de la cure , j'interposai quelques doses de betladone^ puis je revins i 
Temploi des medicamens indiques plus haut , et, k la grande joie de 
sa famille,cette jeune fiUe n'a paseujusqu'icide nouvelleattaque de 

ce mal. Archweshomasopathiques^ vol. XIX, Cah. 2. 1842); 

AiiiriiiA Cnuciuiii, 

Par le dootenr GOULLON. 

La belladone jouit d*une reputation extraordinaire contre presque 
toute esp^ce d'angine. U faui Tattribuer en panic ii la marche si bien 
caract^risee de la maladie, et aceite circonstance que les malades ne 
s'adressent k nous qu^apr^s avoir essay^ pendant quelques joufs des 
rem^des domesiiques et allopathiques ; de sorte que la maladie et 
rimpatience du malade ont atteint leur point culminant, oii souvent 
une dose de belladone , qui quelques jours auparavant n'aurait pro- 
duit que peu de changement , suffit pour en lever avec une rapidite 
merveilleuse un mal d^j& mur. Je m'en suis convaincu en comptant 
les jours dans les histoiresde maladie qui ont et^ publi^es, et main- 
tenant je donne au debut de Pangine jusqu'au troisi^me jour aconite 
qui pent guerir seul aussi la l^g^re angine rhumatismaie de trois 
jours de duree, ^ laquelletoutes les aulres ressemblent au debut, avec 
endolorissement des muscles qui servent h. la deglutition , surtout du 
glosso-palatin et du pharyngo-pa latin, et leg^re rougeur stride de 
Tare du voile du palais. Si, le quatrieme jour, la rougeur s'est etendue 
davantage , si la deglutition est plus difficile, le gosier plus sec, ki 
douleur ^tranglante (1) (premiere periode de rinflammation catar- 

(i) Un grand Qombre de maladies ne se laissent pas abr^ger d'unc hcure; seu- 
lenient les remedes en rendcnl les accidens plus legers, ei provienneni les pro- 
longfitions anormales*, cependant il ne fautle": admintalrer n\ trop totni irApt^n) : 
JV. 20 



rhalei telle qu*eUe se montreaussi dans lascarlatine lisse b^nigne) ,* 
]sibelladone est le moycQ le plus conveiiuble , el il suDira d'en dooner 
quelques doses pour eulever lessyinpiomes plus promptemeDt qae si 
on 7 avaiteu recours toutd'abord(l). Sicela n'a pas lieu, elle dimi- 
nue aumoins les accidens spasmodiques et ragitationp^oible. 

Si, a lufiadu quatri^me jour, une ou deux aoiy{;dales sont encore 
plus saillanteSf sile voile du palais d'un rouge vif est abaiss^, si la 
langue est couverte d'ua enduit ^pais, si la dbuleur est lancinantey la 
deglutitiOQ aveo contraction spasmodique de la face p^nible ou mdme 
impossible , s'il y aun besoin continuel de se racier la gorge et soif 
vent, sile visage est defigur^ d'une maniere remarquable, surtoutsi 
les yeux ont un eclat terne, c'est une inflammation phlegmoueuse 
(ou un erysipelas spurium), et il ne faut plus songer a la belladone. On 
obtiendra plus surement lagu^rison promise pour le cinqui^me jour, 
d'une ou deux doses de silicea qui amenent tres-promptement a matu- 
rite Tabc^s des tonsilles, et le fait aboutir, apres quoi le malade se 
plaint moins. La plaie se guerit jusqu'au neuvieme jour. Gependaut il 
arrive quelquefois,quoique rarement, qu'une dyscrasie chronique trou- 
ble la marchede la guerison. C'estsurioutle cas, commerexperience 
me Ta appris, quand il existe des affections arthriiiques ou arthritico- 
herpetiques, c'est-a-dire des affections des ariiculations accompa- 
gn^es de dartres squameuses et furfuradees, ou alternant avep 
clles. Il se forme alors successivement plusieurs abces, en sorte que 
le malade tombe de rechute en rechute. On reconnait T^xisteuce 
d'une dyscrasie pareille aux sympidmes suivans. Apres Taboutis- 
sement de Tabces, les traits du malade conserveni ^quelque chose 
d'anxieux, d'extraordinaire, le pouls est encore irrite. On ferait bien, 
en pareil cas, de ne pas employer d'auire medicament que sulphur ou 
fiepar sulphuris^ ou aussi psoricuniy adoses repetees loutes les 8 — 12 
lieures (2). Pendant ce traitement , on remarque cbez quelques ma- 
il font done bien connaitre la mnrche de la maladie. On peut aussi pr^dire au 
malade le moment ou son elat s^ameliorera, et arrSier ainsi des questions impor- 
tunes , tout en affermissant sa confiance. 

(1) La ^econde p^riode , avec augmentation de la sto^tion muqueuse, demande 
fulsatilla; mais on a rarement besoin d'y avoir recours. 

(2^ Ckam.^ china f mereur. , ne rendent ancon senic^i^ 



lades de l^gires attaques de p,ovne , des exanth&mes papiuleux et 
piMlaleux ou un redoublemcnt d*actrvit^ dans des dartres s^ches. On 
sail que cetie anginc douloureuse devient habituelle et attaqae soa- 
veot plusieursfois dans Tannee ceax qui y sotft sujets, lorsqu'ils se 
refroidissent el commeueni qaelque ^eart de regime ; cependant je 
pois affirmer qo'avec ce traitement si simple Tangine neVeparatt pins, 
on ne reparatt que tris-rarement, on bien encore qu'elle se transform 
me en ceite esp^ce d'angine sans formalion d abcte qui est beanconp 
0KHns douloureuse. Gomme on pent ffioius fecilement choisir ici les 
Urois BsMicamens indiquis d'apr^s Taualogie des symptdmes, j*ajou* 
terai que je donne sulphur dans les cas ordinaires, hepar sulphuris cole. , 
quand le maiade a dejii 6x6 traits par les preparations mercuriellesi 
et psoricum, quand il y a eu abusdu sonfire. 

line espice d'angine tout h feit diffSrente de celle-IJi, c*est Tan- 
gine apktheuse. — On empkne loujours le mot d*aphthes dans un dou- 
ble sens. TantAt on donne ce nom i des exsudats en forme de points 
ou de laches , de nature pseudo-membraneuse , qui se forment dans 
la bouche, dans le gosier et le long de Toesophage, et tantdt on en* 
tend par li les ulcerations plates plus on moins grosses qui couvrent 
ces mdmes parties. Les uns et les autres, quoiqtte essentiellement 
diff^rens, se pr^sentent aussi sous la forme d^angine, surtout d'angine 
tonsillaire. Dans le premier cas , les amygdales enflies, spheriqnes, 
se couvrent d'abord de points blancs isol^s , qui, en devenant plus 
gros, confluent, s*etendent au milieu de douleurs brftlantes, lanci- 
nantes , de plus en plus cruelles, m^me lorsqu'on n'avale pas ; et 
enftn , dn cinquiime au neuviime jour, disparaissedt , repttheiium 
siibissant une espice de desquamation. On pourrait k juste litre ap« 
pelor cede angine mitiaire; elle rappelle le psora des enfims*. On la 
traite le plus commodcment et le plus sArement par aconit, dans les 
premiers jours, et par quelques doses de carbo vegetahiUs plus lard. 
— Dans le second cas, c*est-a-dire dans Tangine exulciree^ il si^ 
forme apr^s une fievre forte la plupart du temps et qui dure de deux 
ji trois jours, avec laogue couverte d'un enduit trds-blanc , rouge 
aux bords et au bout , de petits bouions blancs , comme des t6te& 
d*£pingle sur les amygdales tum^fiees , sphMques, avec Vivos don* 
tears tamcinantes , dechirantes, enavalant. Ces boutons Cr^vent aq 



808 BSVUB Dfi LI kEBJBCllIB SPiciFIQIIX. 

boul de pen d'heures, et, au milieu d^une salivatioa abdndante, ave6 
goiit m^tallique et haleine puante ; il se forme autant d'ulc^res plats, 
de la grosseur d une lentille, qui augmentent d'^tendue et devieDDenC 
de pl/is eu plus douloureux jusqu*au cinqui^me jour. Lear couleur 
est blanclie ou grisftire dans les cas les moins favorables. Us s*6teD- 
dent souvem jusque dans les plis des tonsil'eSf en m£me temps les 
glandes lympaihiques enflent sous la m&choire inferieure. Aprte 
quelques doses de aconit.^ les premiers jours (et une dose de mercwr. 
le troisi^me(i), cetleespeced'angine trouve unspecifique ioAiillible 
dans acid, nitrL Souvent, au bout de quelques heures, on remarqoe 
deja un amendement de tous les symptdmes; le fond des ulc^res de- 
vif nt rouge, les ulc^res eux m^mes ne causent plus de doulenrs et 
guerissent, tandis que la tumefaction des amygdales diminue. Gepen- 
dont on trouve quelquefois ces derniores , apr^s de frequentes re- 
chutes, chez les sujets scrufuleux qui n ont pas et^ trailes homoeo- 
pathiquement, dans un ^tat de grosseur eniretenu par des exsuda- 
tions pseudo-plasiiques, ce qui cause une grande incommodit^ dont 
on ne peut se debarrasser que par rextraction partielle des amyg- 
dales. Je crois ce dernier moyen plus innocent et plus raisonnable 
que Temploi de Tiode ^ fories doses soi-disant homoeopathiqaes. 

Je n'ai vu que deux cas d'esquinancie gangreneuse , sans purler de 
celle qui accompagne lascarlatine maligne. Dans Tun et dans I'autre 
cas, ilse forma, au milieu de douleurs tr^s-violentes et d*uae fievre 
tr^s-forie, avec vertige predominant, sopeur, ceplialalgie sourde, 
bourdonnemens d'oreilles, un ou plusieurs abces qui ne s'ouvrirent 
que leneuvi^me jour, lorsque la deglutition elait deja impossible et la 
respiration p^nible d'une maniere inqui^tante. Au lieu de pus, il en 
soriit un ichor brun&tre, infect, avec de gros morceaux du lissu cel- 
lulaire d^truit; les ouvertures devinrent sur-le-champ tr^s-larges^ 
et elles etaient entour^es de morceaux de muqueuse gangre- 
n^e (2). Dans un cas, chez une jeune filie de vingt ans, tres-debile, 

(1) Jen*ai rien obtenu, dans des cas tr^s-d^velopp^s , du mercure seul, qui 
semble si bien convenir d^apr^s les symptdmes^ cependant I'acide nitriqne agit 
■vec pins de promptitude donnd apres le mercure que sans lui. 

(2) La membrane mnqueuse gaiigreiide est a la phlegmonpuse comme leeharbon 
^l au faroiMile) 9U0 paraUaussi avoir pour cause r^puiHemeni du sysi^we nerveoXf 



oil r^puisemenl avait un caractere nerveux, avec d^lire « soubre- 
sauts, etc., j'administrai en vain, tant que la deglutition fut possible; 

Valeriana^ serpenfaria^ camphor,^ china ^ et plus tard je prescrivis 

tout anssi inuiilement des injectioDS de quinquina avec du campbre, 
des acid(*s, etc. Eiifin^ je donnai, apr^s une courte pause, plusieurs 
doses de carlo vegetahilis. II y eut bientdt une amelioration danis 
Tetat general, mais la gu^rison fut lente. — Le second cas con- 
cerne egalenient une jeune fille de vingt ans, tr^s-faible, qui avait 
au voile du palais, vers la tonsille gauche, un gros abc^s; en outre, 
pouls tr^s-faible, freqiiente sopeur et grande fail^lesse muscnlaire; 
ce n'^tait pas sans peine qu'elle faisait changer de position^ son 
bras. Elle re^ut d'abord belladonna, et, lorsque la formation de Tab- 
cis fut ^vidente, sUicea. Le neuvi^me jour, il sortit d'une grande 
ouverture une quantity d*ichor avec des lambeaux de tissu cellulaire 
sphac^l^. J'administrai albrs rhus. Quelques doses produisirent une 
amelioration notable. II s'^tablit une bonne suppuration , et la gui- 
rison fut rapide. 

Dans Tangine extr^mement dangereuse qui accompagne la scarla- 
tine miliaire maligne, avec ^coulement par le nez d*un ichor infect* 
tumefaction des amygdales et de toutes les glandes avoisinantes qat 
sent dures et souvent de la grosseur d'une pomme , respiration ron^ 
flante, couple, pouls rapine, et earns, je n'ai encore obtenu des ser- 
vices que de fycopodium et acidum nitri altern^s rapidemeut avec 
aconit. et belladonna. On doits'ecarter ici de la r^gle g^n^rale, etdon- 
ner au moins toiites les heures , et m^me plus souvent , une dose de 
ces ib^dicamens, afin de fournir sans cesse de nouveaux aliroens i la 
force vitale qui s'^teint, etd'atteindre ainsi le cinqui^me ou lesixieme 
jour. An reste, il est rare qu'on guerisse. Je donne pendant plusieurs 
heures un de ces m^dicamens, puis je passe au second , de maniire 
i ce qu'un moyen d*un effet passager soit suivi d*un anti-psorique, 
par exemple, dans cetordre: aconit.^ acid, nitri ^ beilad.y fycopod, 
Ge dernier est excellent contre la sopeur, tandis que Taconit r^pond 
k la suppression mena^ante de la respiration. Je donne Taconit ^t la 
belladone comme des moyens analogues a la scarlatine miliaire dans 
sa forme pure. Le r^sultat a justifie ce traitement, au moins pout 
WHy car je n'ai pas perdu ua seul maiade dans r^^pidemie'de sedrlDi^ 



210 ASVUB DE lA m£dECINE SPJ^CIFIQUB. 

tine miliaire qai a r&gai ici en 1839. {j^rchiues homaeopaihijuis, vel. 
XIX , cab. 2, 1842.) 

Vmthm^gimtmke de to iral^rtoiie> 

Var le doeleof de MOOR, d'Aloite , en Belgique. 

§ I. Caracteres, 

Tige haute de 6 it iS d^cim&lres , fistulease , simple , droite , pm- 
lae , arrondie ; feuilles appos^es , profond^ineDt pinnatifides ; lb« 
lioles laoc^olees, denizes eo scie; fleurs rouge^tres on blanchfttreft , 
terminales ou aiillaires, en panicule; calicedent^; corolle k cinq 
divisions irr^guli^res ; frutis monospermes , infferes. 

G*est la racine qu'on emploie en m^decine ; celle-ci se compose 
d'une souche cyliodrique , blanche, d'on partem des rameaux fibrenX) 
^cailleux, de couleur blanche k Tint^rieur, de couleur brune h let- 
t^rieur. Elie a une odeur forte et nauseeuse ; sa saveur est titrB et 
amire. Trommsdorf, qui Ta analys^e, y a trouv^ une substance 
particuli^re dissoluble dans Teau , mais non dans Talcool , non plus 
que dans Father; une r^sine noire , une huile essentielle , verdfttre 
et camphr^es un eitrait gommeux, de la f^cule et du ligneuK. 

§ II. Priparation, 

On prepare la racine fralchement deterr^e, comme toutes lea antres 
phmtes frakhes. 

S ni. Remarques. 

Les observateurs n'ont point indique la quanti^ ou la dps^ quits 
ont administr^e dans leurs experiences ; cette lacune se f^it naalheu- 
reusement ressentir dans la plupart de leurs travaux. 

tS.flaM^maTin.Fragmentor.devirib.med.positiY.Lips. 1805. vol. 1^ 

If. 251. Sympt. 7. 8. 39. 51. 52. 66. 69. 72. 73. 83. 84. 89. 90. 103. 
120. 129. 130. 186. 188. 192. 204. 205. 212. 216. 217. 231. 

Franz. S. 9. 10. 11. 13. 14. 22. 23. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 
a. 35. 36. 37. 38. 40. 43. 47. 49. 50. 54. 55. 58. 59. 60. 61. 63. 64. 
Uj^ Hfii pi 80« 81^ 87, din 98. 84« 95, 97, 98. 99, 100. 101. 100» 107< 



^ 



BXVUB BB hk MBDICm SPicinQUB. ^ « 3f 1 

110. 111. 113. 113. 115.116. 117. 118. 119.133.194. 195. 181« 184. 
135. 136. 138. 140. 141. 142. 143. 144. 147. 148. 150. 151. 159. 158. 
156. 157. 158. 160. 162. 166. 168. 169. 170. 171. 179. 175. 17f. ITS, 
179. 180. 181. 182. 183. 184. 185. 189. 190. 191. 197. 198. 900. 901, 
202. 207. 209. 210. 211. 216. 218. 919. 920. 291. 929. 294. 995. 936. 
227. 929. 280. 283. 933. 234. 

Stapf. S. 2. 4. 5. 90. 21. 95. 56. 68. 127. 189. 165. 167. 

Gross. S. 3. 12. 15. 16. 17. 18. 19. 24. 41. 49. 4*4. 45. 46i 48. 58^ 
57. 62. 65. 70. 78. 75. 78. 79. 82. 85. 86. 88. 99. 06. 104. 105. 108. 
114. 121. 122. 126. 132. 133. 137. 145. 146. 149. 154. 155. 159. 161. 
163. 164. 174. 175. 176. 187. 193. 194. 195. 196. 199.903.908.913. 
214. 228. 

Wislicenus. S. 6. 335. 

Dodonau^ Pempt. S. 262. Syiupt. 102. 

Hilly On (valerian. Sympt. 1. 

Junker^ Therapia generalis y p. 111. Sympt. 67 1 228. 

Rajus, Hist, plant. ^ tom. I , p. 388. Sympt. 72. 

Andrdcy Cases of epilepsy ^ p. 262. Sympt. 74. 

HaUeTy Hist, siirp. heli^et , indig. n. 210. Sympt. 103. :d 

Horstius, Pharmacol, cathol. ,'f. GLX* Sympt. 109* 

Cap. Hoffmann, Off. , p. 683. Sympt. 409. 

Corminat. Opusc. tkerapeut.y vol. I, p. 227. Sympt. 109, 206, 217. 

Marchani , M^moires de 1' Academic des scieocefi de Paris » 1796; 
Sympt. 228. 

§ IV. Tableau pathoginitique des sympt6mes. 

Obnubilation ( par I'emanation). 

Sentiment de leg^re exaltation dans la x6ie » comme apr6s una di« 
bauche ; apr^s une demi-heure. 

£tourdissement subit dans la t£te, au point qn'il chancelle et 
tonibe 8ur le cdt^ , en itsmt debout. 

Stapeur dans lu tdte en se baissant ; apr^s an quart d'heure. 

5. Une sorte d'ivresse et de vertige en se baissant , il lui sendrie 
que tout tourne avec lui; apr^s une demi-heure. 

Mobility excessive des id^es , comme dans Tivresse ; il lui reie^ 
aait des souvenirs obscurs^ euior lilies d*id6es et d'actes wt^ritNOTy 



312 REVUE OIB LIXEDECINE SPBCCFrQUE. 

■ 

<jui alternaient avec une telle rapidite , qu'il se trouvait ^ la fin tout 
^loardi et comme privi de la faculte dc penser ; il lai semblait qu*il 
reyait ( par Todear. ) 

CiphiUqlgie lancinante, 

Hal de tdte lancinant pressif pendant huit heores. 

flancement en haut sur le soromet de la t£te ( le soir i dix heures ). 

iO. Tiraillement pressif p^n^trant de la nuque vers Tocciput en 
renversani la t^ie ; le matin k onze heures jusqu*a deox. 

Pression et tiraillement qui traverse le c6te de Focciput ( par To* 
deor )• 

Douleur passag^re, comme s'il avait re^u un fort coop sur ie 
sonunet de la t^te ; une sensation douloureuse constrictive ^tourdis* 
sante , qui , quoique prenant son point de depart sur le sommet , en- 
vabittoute lat^te, et quitte d*abord les autres parlies >et se felt 
sentir le plus long-temps sur le veriest. 

Quand il enfonce son cbapeau, sensation de froid glacial sur la par- 
tie sup^rieure de la t£te ; le soir h cinq heures , le troisi^me jour. 

Un courant d'air lui donne de suite douleur tiraillante dans le c6t6 
droit de la t£te; le soir a cinq heures , le deuxidme jour. 

15. Pression sourde en dedans dans la tempo droite , par inter- 
▼alles ; apr^s dix minutes. • 

Yubion passag^re dans la tempo droite. 

Tiraillement constrictif dans le cdi^ droit du front , en travers ; 
apres cinq minutes. 

Tension sourde derriire la bosse frontale. 

Resserrement sourdement pressif dans la moiti^ gauche du front. 

20. yiolente pression dans le front ^Si^rhs quoi, au boutde quelques 
minutes, ^lancemens dans le front et surtout au-<lessus des orbites, 
quise changent bient6t de nouveau en pression. 

Les dlancemenssont comme saccad^s , comme s'iU allaient traver- 
ser Usyeuaf ; (apres un quart d'heure), pendant quelques heures. 

Dans le milieu du front, elancement violent, profond , k Tint^rieur, 
saccad^ ; apris deux , trois , quatre heures. 

Mai de tdte une heure apr^s le diner, pression au-dessus des 
yeux , comme si le globe ^tait refoule en dehors , surtout en le rC'- 
ipnant. L'aprea-dloee k ane heure ; apr^ quatre heures. 



AEYtTE DE LA MI^DECINS St^lSCfFIQUE; 31$ 

Cephalalgie gravative^ surlout au^iessus des orbites ; le SOir a Onze 

heures, le deuxiime jour. 

Tiraillement douloureux autour des orbites , plus vers le cdt^ , 
surtouten se baissant ; apris une de^ii-beure. 

25. Eq se baissant , sentimenl de chaleor passager dans la tdte ; 
apr^s un quart d'henre. 

Dans la matinee , le pouls donnant quatre-vingt-dix pulsations dans 
la minute , sueur au front avec raideur des lombes ; le troisi^me jour 
i midi , sueur du front , et apris le diner, lassitude des yeux, comme 
apris i&ne d^bauche ; le deuxi^me jour. 

D^chirement dans le globe de Toeil droit ( par Fodeur); apris deux 
heures. 

Caisson dans lesyeuxy comnae par la fumee ; a trois heures deTa- 
pris-dln^e, aprte six heures. 

30. Guisson ardente dans les yeux ; le matin k dix hQures , le 
deuxi^me jour. 

Picotement dans Tangle interne de I'ceil ; le matin k onze heures , 
le troisi^me jour. 

Douleur et gonflement des paupi&res, Taprfts-din^e; a une, deux 
heures, le troisiime jour. 

Le matin apris le lever, pression dans les yeux; les herds des'paupU* 
res htt semhlaieni enflis et exeoriis , surtout k Tangle interne de TcBit 
gauche ; ils sont rouges ; le troisidme jour. 

Sensation de pression dans Toeil droit , comme par iin orgelet ; 
apr^ trois heures , k midi. 

35. Les pupilles sont un pett dilat^es ; k neuf heures , apris une 
demi-heure. 

Le matin , trouble devant les yeux et douleur , comme s'il n'av^t 
pas bien dormi ; le troisi^me jour. 
' II voit niieux de loin qu'auparavant. 

Lueurs devant les yeux. 

£tinceUes devant les yeux. 

40. Le soir, dans les tenebres , lueurs devant les yeux ; toute la 
chambre Ini parait eclair^e comme par le crepuscule , an point 
qu*il croyait dbtinguer tons lesobjets; il s'y joignait en m4me temps 
une sortede tad ^loiga^ (art ferngefuhl des tastsiones) , par lequel 3 



|14 RBVUB BB LA HtoEONE 8P1&CIFIQUB. 

sentait le voisioage des objets, quoiqu'il n'y diligent point ses re- 
gards; il s^assura plus tard que les objets afl'eciaieot reellemeot la 
j^lace qu'il leur avail reconnue, lesoir, a dixbeures, apr^s ireizeheares. 

Leg^re vulsion dans le conduit auditif droit , comme de iegeres 
tractions ; apr^s un quart d'heure. 

Tiraiilement spasmodique dans le conduit auditif gauche . Lesoir 
dans le lit , tintement dans les oreilles et haUucinations de Touie , il 
croyait entendre le bruit des cloches ; le soir k onze heures , apres 
quatorze heures. 

Vulsion passag^re , r^p^t^e , spasmodique k Tos de la pommette 
gauche. 

45. Tiraiilement passager , douloureux, spasmodique dans Tos de 
la joue droite ; apr^s un quart d'heure. 

Tressaillement rapide , indolent , de temps en temps sous la peau 
de la joue gauche ; il lui semble que ce mouvement doit dire visible, 
quoiqu'il ne le soit pas ; il disparatt pour pen de temps en froitant 
l^g^rement avec la main. 

Les joues deviennent rouges et chaudes au grand air, sans sueur; 
a}i bout d*un quart d'heure sueur & toutle corps et surtout au visage ; 
a midi , apres trois heures. 

Dans la branche droite de la mftchoire inf^rieure , vulsions passa- 
gires r^petees , comme des secousses eieciriques ; apres sept heures. 

Pression (presque vulsive) sur le cdte de la livre inferieure et a la 
£[encive de la canine droite ; apr^s une heure. 

50. Eruption de boutons dans le bianc de la livre sup^rieure el a 
la joue ; petites v^sicules blanches sur un bord rouge ^leve « doulou- 
reux au toucher; le quatri^me jour. 

Odontalgie, 

Douleurs lancinantes passageres dans les dents. 

Tiraiilement d'uvant en arri^re dans les dents de la nil^choire infe- 
rieure, puis dans celles d'en haut d'arri^re en avant. 

Sensation de s^cheresse de lapointe de langue, sans soif , pendant 
UB quart d'heure ; apr^s trois quarts d'beure , le matin. 

55. Dans la region du voile du palais, douleur lancinante qui s'accrolt 
petit i petit , ^ la fin avec gojlt amer dans la bouche et alUux d'eau , 

VW eiicite k toussw (par rodeur)9 aprda \sm quarts d'beure. 



RBVUB BE U. MJ^EGINE SPJ^OFIQUE. 315 

Grattement, griffement dans la gorge, avec excitation h renacler; 
apres une demi-heure. 

Le matin, au r^veil, goui muqueux/desagr^able dans la boucbe. 

Un quart d'heure apr^s le dtner , gout amer sur la pointe de la 
langue en lechant les livres ; apr^s trois heures. 

Avant de manger, gout et odeur comme de suif infect ; h midi , le 
deuxi^me jour. 

60. A midi,vioIente faim, quiaffectel'estomac, comme du malaise 
(faim canine) , et quoique Tid^e de manger lui soit indifferente , il 
mange cependant avec app^tit et beaucoup; ^^midi apr&s trois 
beures. 

Pendant le diner, sentiment de cbaleur dans tout le corps ei au yI- 
sage , avec sueur au front ; apr^s trois beures. 

FrSquens renvois a vide, 

Avant de manger , frequents rapports d'air ; apres deux heures. 

Regurgitation (Tu/t liquide ranee (soda) , mais qui ne vient pas dans 
la boucbe ; rapr^s-dln^e a quaire heures; apr^s sept heures. 

65. De suite , en se reveillant le matin , renvois ajant V odeur el le 
ffoUi dufole de soufre. 

Envies de vomir. 

Vomituritions et vomissemens. 

Envies de vomir passag^res; apris un hniti^me d*beare. 

Malaise comme pour vomir , comme si un fil descendait daM la 
gorge , qui se fait sentir en premier lieu autour du nombril et re- 
monte peu k peu jnsque dans le pharyns , avec afflux copienx de 
salive. 

70. Quelqne diose de chaud remonte de I'epigastre et read la re- 
spiration difficile. 

Malaise avec defaillance , p4leur des livres, froid glacial du coi^is; 
puis vomissement de bile et de mucosites avec grand froid. 

F'omissemenL 

Vomissement la nuit. 

Pression qui survient subitement dans le creux de Testomac et 
disparait subitement avec gloussement dans le ventre. 

Faiblesse de Testomac. 

75, S^ooiMim doolQur^aseft dam Vliypocondre droit. 



I 



I 



346 BEVUE DE Lk H^DECTNE SPECIFlQtJE. 

L*(^pigaslre et la r^ion hepatique sont douloureux au toucher ; le 
80ir a oDze beures , le deuxieme jour. 

Eu ^tant debout, violent ^lancement et refoulement en dehors dans 
la region des demi^res vraies cdtes gaucbes ; le soir k huit heures , 
le troisiime jour. 

Au c6t^ gauche au-dessus du creux de Testomac, au cartilage d'une 
cAte, une pression intermitteote comme par une pointe mousse. 

Douleur s^cante passagere qui descend rapidement du creux de 
Testomac jusqu'4 la region ombilicale; apres ui\e demi-heure.] 

80. Deux soiries, de suite, t^ers dix heures ^ violent mal de i^entre^ 

coDime si le cdt6 gauche du has- ventre etait ulcer6 en dedans ; le 
deuxieme et le troisieme jour. 

Toute la soirie douleur ^a et 1^ dans le bas-ventre , qui persiste 
une fois pendant une heure sous forme de serrement dans la region 
du nombril ; le deuxieme jour. 

Ballonnement du pentre. 

Durete du bas-venire. 

Sentiment de distension excessive dans le bas-ventre , comme s'ii 
allait crever. 

85. Grande tendance k contracter le bas-ventre , de sorte qu'il le 
fait involontairement ( effet alternant ). 

inland ii contracte le bas-ventre, douleur dedans, comme un pin- 
cement et des trancbees. 

L& joir, dans le lit, mal de ventre, pincement dans Tbypogastre , le 
premier jour. 

Dans rhypogastre, une sorte de tortillement'avec quelque malaise, 
oomme i Tapprocbe des regies. 

Douleur fouillante dans le bas-ventre. 

90. Douleur pressive dans le bas-ventre. 

Dans rhypogastre, douleur pressive tiraillanle, lesoir de dix k 
ooze heures, le deuxieme jour. 

Douleur sourdement pressive dans les muscles du ventre , comme 
apris un coup ou un refroidissement , aggrav^e en inspirant. 

Dansle c6te gaucbe de Tbypogastre, douleur comme s'ilavait fait 
un effort , en 6tant assis ; le soir k sept heures , le deuxieme jour. 



REVUE D£ tA. MEDECINE St>£CIFlQUE. 31? 

Dans ie c6t^ gauche de I'bypogasire, douleur de serrement cram- 
poide en ^tant assis ; le soir k onze heures, le deuxiime jour. 

95. Eh ^taot assis, douleur tiraillaote de contusion daosle c6l6 
gauche de Thypogastre , qui s'^iend vers le milieu du bas-ventre et, 
peu apr^s, grouillement dans les iatestios ; Tapr^s-dln^e k deux heures^ 
le deuxi^me jour. 

Dans Ihypogastre , surtout sur le pubis, douleur de contusion qui 
augmente par acc^s, comme une pression ou tiraillement douloureux. 

Ed ^cartant les jambes seulement , pression tiraillante en avant , 
au-dessous de Tanneau inguinal droit (dans les glandes de Taine ), 
avec douleur quand on touche k la partie ; apr^s une heure. 

T^rebralion dans le rectum ; le soir k dix heures, le deuxi^me jour* 

En ^tant debout , douleur t^r^brante dans le c6t^ gauche du rec- 
tum, comme dans le muscle sphincter; a uoe heure, ledeuxieme jour. 

iOO. En ^tant debout , un ^lancement dans le rectum ; aprte une 
heure. 

Violent d^chirement dans Tanus quand il se remue en etant assis ; 
Tapr^sdla^e a deux heures,'le troisieme jour. 

Diarrhie. 

Abondantes Evacuations alvines. 

Apr^s une selle naturelle , violent t^nesme dans Tanus , comme si 
la diarrh^e allait surveoir ; celui-ci disparalt peu k peu, mais revient 
tellemeot fort au bout de quelques heures , qu'il doit se presenter k 
la chaise percEe , oil il a une Evacuation habituelle. 

105. ( Le DourrissoD , qui avail toujours eu de frEquentes selles 
molles , a maintenant des Evacuations plus abondantes , plus liquides^ 
presque aqueuses, dans lesquelles nagent des parties consistaotes 
comme des flocons de lait caillE. ) 

Selle ordinaire le premier jour ; aprEs vingt-quatre heures, Evacua- 
tion verdfttre en bouillie avec un peu de sang. 

(En faisant des vents, le nourrisson crie et fait des efforts; il sort 
quelqnefois en mEme temps un peu de sang par Tanus. ) 

( Le nourrisson pousse violemment en urinant , au point que le rec- 
tum, d*un rouge foncE, fuitsaillie, et il en coule quelques gouttes 
de sang. ) 

Emission ahondmktc iCurinc. 



318 REVUE DE LA M^DECINE SP^CIFIQUfi. 

iiO. Fr^quente excretion des urines dans les trois premieres heures. 

Pincement passo{;er dans la region dc la vessie ; le deuxi^me jour, 
le soil*. 

Gbalouillement et tiraillement , comme si la verge 4tait engourdie, 
pr^c^d^s Id veille de iWquenies Erections ; le troisi^me jour, le matin. 
Effetcnralif? Agricola ( medic, herbar. p. 19) radminisira contre 
riropuissance. 

Bo ^tant assis, donleur tensive gloussante dans le testicule droit ; le 
deaii^me jonr , le soir, k cinq heures. 

£ternument violent. 

115. Oppression passag^re de lapoitrine, k la derniire vraie cAte 
du cdt^ droit ( par Todeur. ) 

Apr^s le dejeuner habiluel, respiration difficile et inquietude sor U 
poitrine ; le matin , k neuf heures y le deuxi^me jour. 

En marchant. pression en travers de la moitie inf^rieure de la poi- 
trine et oppression de la respiration ; le soir, a dix heures, le troisi^me 
jour. 

Pendant une course k cbeval au pas , fr^quens ^lancemens sur la 
poitrine ; le soir , a cinq heures , le troisi^me jour. 

^lancemens subiis dans la poitrine, qui descendent dans la region 
h^patique, qui le font tressaillir ; rapres-dlo^e, k deux heures, le troi- 
sidme jour. 

120. Douleur vulsive dans la poitrine. 

Au-dessous du creux de Taisselle droite, quelques secousses ra- 
pides, passageres, comme des commotions eleciriques. 

En inspirant , et surtout en faisant de profondes inspirations , tlans le 
c6t6 gauche de la poitrine ( au-dessous du creux axillaire ) un 6lance^ 
ment sourd , comme une pression de dedans en dehors , qui y persiste , 
tant que Tinspiration se fait ; une pression ext^rieure provoque aussi 
une douleur ( de plaie ). 

En ^tant assis et debout , elancemenssubits dans la region du coeur, 
qui diminuaient en se baissant , en inspirant seulement ; apr^s deux 
heures* 

Le soir, dans le lit, tiraillement en travers du sacrum ; le premier 
jour. 



125. Au-dessus de I'anus, dans la region et sar le coccyt, pressicMi 
gloussante ; le matiD h neiif hPiires , le deuxi^me jour. 

Dans la rdgion lombaire gauche^ au-dessus de la hanche, i^iolente dou^ 
huF^ comme s'il s'etait donnc un lour de rtins^ plug en ritant assls 6t 

surtout dans la position assise, qu'en roarchant. 

Quelques elancemens dans le cdt^ gauche sous les fausses cAtes ; 
apris un quart d*heure. 

Elancemens dans la region i^nale ens'asseyant ; aprds dem heure^ 
et demi. 

Douleur tiraillante dans le dos. 

130. Douleurs rhumatismales dans les oittdplates. 

Prurlt douloureux, d6sagr^able, dans le crenx axillaire; & trois 
beures de Tapris-dtn^e, le troisi^me jour. 

A Fiisselle , et dans d*autres parties sur des petites places , pres-> 
sion de ger^ure ou ilancement sourd^ connne par an insirtunent 
mousse. 

Pression sourde h la t^te de rhum^nis , comme avec le bout du 
doigt. 

£lancement douloureux an bord posterieur du muscle deltolde ; le 
8oir , k oDze heures , le deuxi^me jour. 

135 Tiraillement spasmodique instantane (une esp^ce de vuln- 
sion ) dans les muscles du bras imm^diatement au-dessus du pli du 
coude et dans les muscles du c6t6 externe de la cuisse ; i midi, le 
quatri^me jour. 

En ^crivant , tiraillement spasmodiqne ati muscle biceps du bras 
droit ( par Todenr ). 

Yulsion spasmodique , r^p^t^e, qui traverse le creux de I'hum^ru^i, 
comme des secousses electriques, dans Tint^rieur de Tos, et tr^s-dou- 
lonreuse. 

En plaf ant le bras flechi sur la table ( en ^crivant ) donlenr tirail- 
lante qui descend du muscle deltoide jusque dans le pli du coude, 
s'il le laisse pendre ; alors le tiraillement k travers tout le bras 8Se 
change k la fin en un sentiment de pesanteur des doigts , comme si le 
sang s*y etait accumul^ en (rop grande quantity ; apr^s trois quarts 
d'heure. 

Pans le bras gauche, 5 partir de Taisselle jusqae dam lea doi^lSi 



\ ^ftO BBVUB DB LA MBDEClNB SPBCtFlQUBi 

Uraillement tres- douloureux enlremil^ de quelques ^Idncetiiens 
dans les muscles ; uoesorte de dechirement, qu aucune posiiion n'aug- 
mente ni ne diminue , qui revient bieo plus violent apr^ une seconde 
dose (((uoiqu'il eutdisparu d^j^ depuis plusieurs heures) et se dis- 
sipa alors en marchant, apris un violent ^lancemeni dans le geoou 
' ( qui Temp^chait presque de marcher) , et c^da a une douleur lirail- 
lante de bas en haut, el vice versft, depuis le genou jusque dans lei 
orteils ( moindre en marchant qu'en £tant assis ) , qui se manifestait 
m^me alors , quoiqu'^ un moindre degr^ dans le pied droit. 

i40. £lancemens au-dessous de la pointe du coude ; le soir, k six 
heures, le deuxitaie jour. 

( Dechirement dans Tarticulation du coude. ) 

En ^rivant , douleur dans les plis des coudes , comme s'ils etaient 
contus , qui s'etend ensuite de bas en haut sous forme de doaleor 
tiraillante dans le muscle biceps du bras ; le matin, sept, neuF beures, 
le troisiime jour. 

Dechirement au cAt6 interne de Tavant-bras ; Tapris-dlnee k quatre 
heures , le iroisi^me jour. 

En ecrivant, tfemblement des mains, chaleur et rongeur des joaes, 
avec chaleur par tout le corps ^ le matin, i dix heures, le troisieme 
jour. 

145. Dans la main gauche, violentes secousses instantanees , mais 
passagires; Tendroit est mdme encore douloureux quandon y louche. 

Vulsion spasmodique , k differentes reprises , a travers le pouce 
gauche , comme une secousses eiectrique. 

^lancemens dans les phalanges moyennes (les os des doigts) ; le sm* 
i onze heures , le troisi^me jour. 

Le soir dans le lit, sensation de chaleur dans la hanche gauche , 
comme une douleur bru lante ; le soir a onze heures, le troisienne jour. 

Tressaillement et vulsion dans les muscles de la hanche droite. 

150. Au-dessus de Tanus dans la region et sur le coccyx, pression 
gloussante ; le matin k neuf heures , le deuxi^me jour. 

Le long du cdte externe du gras de la cuisse jusque dans la hanche, 
douleur dechirante spasmodique ( vulsive) , dans la maiinee , le qua- 
trieme jour. 

ft^ etant $issiS| douleur spasmodique en de^'ant sur la cuisse , qui 



ftfeVtJE t)E LA M^DECINE SPl^CIFIQUB* 32i 

remonte jusque dans laine; le soir adi\ heures, le deuxieme jour. 

En ecartant les membres inferieurs seulement , tirailteroent qui 
descend le long du c6t^ externe de la cuisse; apr^s deux heures, le 
matin. 

(En etant debout) dans le milieu de la cuisse gauche vulsion pas- 
sagere repetee , comme de secousses electriques , puis dans la m£me 
partie douleur de meurtrissure. 

155. Au-dessus du genou gauche, en travers de la cuisse, pression 
sourde de temps en temps , par interyalles, qui descend ensuite de 
la cuisse vers le genou. 

En allant en voiture , douleur comme de brisement dans le milieu 
de la cuisse droite jusqu'au-dessus du genou au c6td externe ; la dou- 
leur se fait surioiit seniir quand la voiture cahote ; apres six, huit 
heures , Tapi^s-dinee. 

Quand il se met h marcher , surtout en faisant un faux pas , dou- 
leur comme de serrement immediatement au-dessus du creux du 
jarret droit ; I'apr^s-din^e h qualre heures , le deuxieme jour. 9 

Douleur dans les rotules ; le quatri^me jour. 

Gergure au c6te externe du genou gauche, 

160. Dechirement dans les jarreis en etant assis et debout ; le soir 
a onze , douze heures , le iroisieme jour. 

Au c6t6 gauche du genou gauche pression sourde, reguliire> 
comme avec le bout du doigt. 

£lancement en devant a la t6te du tibia ; le matin, k onze heures, 
le iroisieme jour. 

Pesanteur excessive et fatigue des jambes en etant debout, qui se 
dissipe en marchant ; apr^s un quart d'heure. 

En marchant, en devant, dans le milieu du tibia, douleur de brlse- 
ment, comme si Tos y avait ete fracture et n'etait pas encore conso- 
lide ; pendant plusieurs jours. 

165. Apres un violent elancement dans le genou gauche, douleur 
qui remonte et descend du genou gauche j usque dans les orleils, qui 
se manifesto aussii6t dansTautre jambe; preced^e de douleurs dans 
r^paule jusque dans les doigls. 

En 6tant a$sis, douleur tensive dans le creux du jarret, qui s'clend 
IV, 21 



^^r 



S21 nSVUS BS LA Ml^DECINE S^I^GIFIQITB. 

ii travers tout le mollet ; Tapr^s-dtnee, i une hetve , le denxi^me 
jour* 

Pesanteur dansles mollets ; illui semblait, en marchant, qu'elle ne 
pouvait plus aTaucer. 

Abattemeot et tensioD dans les mollets , en £tant debout ; Taprds- 
dinee, le troisi^me jour. 

Quand il croise la jambe droile sur la gauche, il est pris de d^- 
chiremens dans le mollet gauche ; Tapres-dtn^e, a quatre heures , le 
deuxieme jour. 

170. En ^taot assis, d^chirement pulsatif dans le mollet droit; 
1 apr^s*din^e, le troisi^me jour. 

En etant assis, douleur de tenailtement au cdt^ externe da mollet; 
le soir, a cinq heures, le deuxieme jour. 

En etant assis, tiraiUement dans les articulations des pieds ; Ta- 
pr^-dinee, a quatre heures, le deuxieme jour. 

En allant en voiture, par le cahotement, douleur comme de bri- 
^ sement dans Tarticulation du pied gauche ; apr^s six et huit heures, 
Tapres-dinee. 

(Apr^s avoir rapidement mont^ les escaliers), douleur d*entorse 
passagere dans Tarticulation du pied droit, qu'il sent toujours en 
etant debout , presque pas en marchant •, ce qui semble plutdt la 
faire i)asser. 

n5. Au bord interne du pied droit, vulsion passagere rep^t^e, 
comme de secousses electriques ; apres une demi-heure. 

De suite une douleur d'entorse a la mall^ole externa du pied 
droits quise fait plus sentir en etant debout qu'en marchant. 

Elancement continuel imm^diatement au-dessus de la aiall^ole 
cxterne au tendon d'Achille ; k une heure de rapr^s-din^e, le troi- 
si^me jour. 

Tiraillenptent et sensation, comme d'abattement, le long du tendon 
d*AchilIe vers le pied , en etant assis, qui disparait quand on se l^ve 
de son si^ge (par Todeur). 

Douleur continuelle dans les talons ; le troisi^me jour. 

180. En etant assis, sentiment de douleur dans les talonS; da&$ le 
droit surtout -, aprds yipgt-quatre beures. 






ittevtm tit tA wlijKciNft spiJciWQtfi. Sii 

fin ^tant assis, elancement et douleur dans les talons ; te quatriftme 
|ouf. 

D^chirement dans le gras de la plante des pieds, aoquel succ&de 
de la chaleur ; Tapr^s-dinee, le troisi^ine |6iii*. 

Dechireilhetit surledos des 6n^i\^, dd gfos stirtOut ; le soir, h onzo 
b^Afe^ ei miriuit, le deni^i^rne joofr . 

Pesunteur, et en m^me temps doutetif tlra1Ilant6 et d*exuIceration 
^m tes bouts des troi» oHcils m^diafii, slt^c sensation de refroidis- 
sem^nt , comme si ti6 vent travehaiC les plantes des pieds jusque 
danift les molli^ts; TapMs-dtnee, i qu^tfe henres, le deuxi^me jour. 

185. Endoloriss^ment des botits des orfeiis ; to soir, te quatri^me 
jour. 

Douleurs rhumatismales dans les membres. 

(En eiant tranquillement assis) , tirainement douloureux lent, et 
vulslofi d^tis ies membres iirf^rieurs, ootmne dtitis tos os. 

Engourdissement paralytique dans les ttiertibres. 

Qo»nd il cesse de marcf^r, douteur de patafysie dans tes genoux^ 
toscottd^s et ies Itriiculdiidn^ deS fairies ; txptii quatre heures. 

d90. Le matin, apres le lever, lassitude excessive dans les jarrets 
et l6l arfictilations des pieds, kite donlerdr de briseptent sur les 
eui«ses et dafts le sdterum ; apir^s dix heutes, le troisieme jonr. 

Aprte aVois^ farft M conrl trajet, tiiie dorie de faldeur, douleur de 
MifjUe dNiKiS tes pKs des bras et dans les j[airrets ; fapres-dinee, a 
cinq heures. 

MMeiir, eeMime de briseYnent, dans les ns^mbres. 

Tlraiiii^enly cffmmefte setousses suhiits^ en plosie^rs enJroits, tantot 
ici^ tant6t la, 

Tt*e»$ailieimm et valsi6a snperficieh (^ et lit dans les muscles. 

fW. tm phisfews etidtofts , sot crtre loitfte petite place, pressiou 
dechiranie ou ^lancement sootd, cbltlifte avec on instrument dur, 
emousse. 

Ger^ure ^a et la, sur de petites filiates, qn^on petit rccouvrir avec 
le bout du doigt. 

j^rapiioft ctiiaH^e ; d'abord petits bontdfrs fDuges, confluens, puis 
blancs, durs, eleves, en quaniite, aux bras et strr la poitrine. 

ExciMion morbide des nerfe^ quoiqu^il paralyse plus 'g:v ct pliu 



324 BBVUE DE LA If^DEGINB SPECIFIQtJE. 

fort qu'auparavant , il sent n^anmoins une forte lassitude dans les 
yeux, les bras, lesjarrets; apr^s vingt-huit heures, rapr^s-dtnee, 
le deiixi^me jour. 

B&illement et pandiculations. 

200. Le soir, grande detente et somnolence ; le deuxi^me jour. 

Sommeil, la premiere nuit, avec beaucoup de r^ves embrouill^, 
ct le matin encore grande fatigue. 

Sommeil, la seconde nuit, plein de r^ves inquietans, et quelquefois 
voiupiueux. Par exemple, il va en voiture dans une mare profoDde. 

Elle dort (ainsi que son nourrisson) d'un sommeil plus tranquille 
qirauparavant, sans r^ves inquietans ni embrouill^s. 

Insomnie. 

205. Jactation durant le sommeil. 

Augmentation des pulsations art^rielles. 

Pouls a quatre-vingt-cinq /pulsations dans la minute; le matin, a 
dix heures, le troisi^me jour. 

Le pouls est un pen accel^r^ et irregulier ; on remarque quelque- 
fois deux a trois pulsations tr^s-rapides ; il est en m^me temps plus 
tendu. 

Pouls ii quatre-vingt-dix pulsations dans la minute ; dans le pre- 
mier quart d'heure, le pouls est plein et fort ; dans le second, diastole 
plus courte, avecchaleur agr^ablepar tout le corps, et un sentiment 
de tressaillement inquiet, qui semble remonter du bas- ventre ; aprte 
deux heures. 

210. Pouls in^gal, soixante pulsations dans une minute, quatre- 
vingt-dix dans une autre ; faible et petit ; dans la maiinee , apr^s 
denx heures. 

Apres trois quarts d'heure, pouls ^ soixante- dix-huit pulsations, 
avec pulsation ventriculaire faible, a peine sensible (quatre-vingt- 
six pulsations) ; apres trois quarts d'heure. 

Frissonnement. 

Horripilation qui descend de la nuque. 

Froid qui envahit tout le corps. 

215. Sentiment tressaillant de froid passager ; apr^s deux heures, 
le matin, a onze heures, 

Sjrnochct 






REVUB DE LA MJ^DECINE SPJ^af IQUE, 325 

Augmentation de la chaleur, 

Aug[meatation agr^able de la chaleur interieore et ext^rieure du 
corps; lesdeux premieres heures. 

Toute la journee , chaleur augment^e, avec pouls rapide et fre- 
quent ; le deuxi^me jour. 

220. Chaleur continuelle dans tout le corps, et agitation dans les 
quatre premieres heures. 

Le soir.^ en ^tant assis, chaleur siche au visage et dans tout le 
corps; le soir, h neuf heures, le deuxi^me jour. 

Le soir, pendant deux heures, fr^quentes bouffees de chaleur aux 
joues, pendant lesqueiles le pouls ne compte que soixante pulsations ;^ 
avec sentirfient de s^cheresse de la langue, sans soif, et non precede 
de froid ; le deuxi^me jour. 

Chaleur par tout le corps ; il n'y a qu'a la hanche qu'on dirait qu'on 
Farrose avec de Teau froide. 

Pendant les bouffees de chaleur au visage, le soir, douleur tirail- 
lante pressive dans le cdte droit de la t^te , qui s'etend, sous forme 
de pression, dans Torbite droite ; et une ou deux heures apris, mul 
de ventre ; le deuxieme jour. 

225. Toute la journee, augmentation de la chaleur du corps, sur- 
tout pendant le mouvement, avec sueur au visage, au front, etc., le 
pouls etant frequent, fort de quatre-vingts a quatre -vingt-dix pulsa- 
tions ; le premier jour. 

Pendant le diner, sentiment de chaleur dans tout le corps it an 
visage, avec sueur au front; le premier jour, apris trois heures. 

Toute la matinee, chaleur et sueur au moindre mouvement ; le 
troisiime jour. 

Sueur abondante. 

En marchant, de suite chaleur et sueur par tout le corps, surtout au 
visage ; le premier jour. , 

230. A[>itatioQ, il ne trouve du repos nulle part , comme a Tap- 
proche d'une grande joie ; apr^s une heure et quart. 

Battement de coeur. 

Le soir, dans robscurit^, crainte (quelqu'un pourrait le faire souf- 
frir){ le premier jour. 

Esprit plus calme qu*auparavant ; il sait tout examiner et com- 



S20 BBYUE DC U lUSDBClNE SPECIFIQUS, 

prendre avec beaucoup plus de facilite ; nne sorte de gaU4» aomine 
apr^s avoir pris du caM ; le premier juur. 

(Circonspection, graviie) ; le deuxienoe jour. 

235. Seniiooent d'uiqi^ii6lu4e bypochondriaque ^ txmm^ %i la« pb- 
jets environnans lui etaient inconnus, ei qu*i|fiUs^p^r6 d'eux ; U 
chambre lui paralt vide et peu sure ; quelque cMe le powse k la 
quitter (par Todeur). 

Patlioff^ii^ffie lilt €mU {^qttfm mnM^m)^ 

Par le doetenir qb MOQR , 4 Alofto, en BclgifB«. 
§ I. Historiqu e i description. 

Quoiqu'on en puisse dire^ on ne peut s'emp^cher d'avouer que la 

graine de Farbrisseau dont nous presentons ici la de$cripiioi^ a 

rendu & Tancien monde, qui n'a connu loute Vetendue de ses tr^$Qr$ 

que par le secours du nouveau, les services les plus eniiaens. Saut 

compter les nombreux coffres-forts qu'elle a successivement fait 

remplir , que de pages sublimes n'a-t-elle pas engendrees sou$ la 

plume des ecrivains c^lebres dont elle exaltait Timagination , doa| 

elle rjveillait le gdnie! Sa conqudte n'a-t-elle point contribue a re- 

coler les limites de Toe^an? et peut-on douter que, si nos compa* 

triotes du Nord ne se fussent point insensiblement habitues a trop 

delayer les principes actifs et stimulans de la graine torrefiee dont 

lis ont fait jadis un si salutaire usage, ils se trouvasseni antant d^- 

chus du rang oh les avait places Ic plus orgueilleux r^publicunisme? 

Mais sans nous ^tendre davantage sur des grandeurs pa^sees, et s^ps 

nous inquieter quelle put ^tre sur elles rmHuence d'un plus grand 

degr6 de force de Tinfusion de notre graine, bornons nos recherches 

Si Torigine de la plante qui la produit, et que toui par ait i^'accorder a 

fixer ill la haute fethiopie d'ou elle s'esi propagee jusqu'cn Arabic, 

D'apres les chroniques les moins erronees , ce serait d'Aden et de 

l^oka, au royaume d Yemen, cpie les Hollandais auraieut iransport^ 

les premieres plantes de cafe, dans Tile de Java, oil ils en nurai^^nt 

fait d'heureuses plantatio4s , vers lu fin du xvir siecle. Ce qu'il y a 



REVUE DE LA Ml^DEaNE SP]|aFIQU£« . 327 

de certiiin, c*en qu'a cetleepoque le Jardin botanique d* Amsterdam 
comptait eel arbrftspau dans sa belle colleclion de plant^s, qui fai- 
sait alors I'admiraiion de Tunivers ; il en communitfua nn pied au 
Jardin des plantes de Paris , et c'est de ce m^oie pied que DeclieoK 
obtint un rejeton qu'il alia planter a la Martinique. 

Le coffea arabica s'^live, dans son pays natal, de rn^me que par* 
tout oil il prospere^ jusqu*a trente pieds et plus, qnoique le diamjjtrd 
de sa tige n'excide pas quatre h cioq ponces. Comma cette hauteur 
serait plus>nuisible qu'avantageuse k la culture, on a Tliabiiude d'ar- 
r£ter la iige a quatre ou cinq pieds, et de Farrondir en t^te. Dans 
nos serres, quelque soin que nous prenions, nous nela voyons jamais 
d^passer douze h quinze pieds, et encore les rameaux sont-ils ^pars, 
maigres et languissans. Ses feuilles sont opposees, simples, ovales- 
oblongues, pointues, tr^s-enti^res, glabres, d*un tert luisant en 
dessus, d*un vert p^le en-d«ssous; elles sont larges de quatre a cinq 
ponces, et leurs petioles n'ont gu^re plus de trois k quatre lignes; 
entre cbacune, on apergoit deux petites stipules opposees Tune k 
Tautre, larges k leur base, acumin^es a leur extr^mit^. Les fleurs soot 
blanches, pdorantes, sessiles, axillaires, et reunies quatre k cinq 
ensemble ; le calice a cinq dents, la corolle est tubuleuse, k limbe 
plane, divis^ en cinq segmens ; les ^tamines , au nombre de cinq, 
sont sailiantes au-del^ des divisions du limbe ; les filamens sont cou- 
ronnes par des anthires sagitt^es. Le fruit est une baie c^rasiforme, 
d'un rouge brun dans sa parfaite maturity : cette baie est ovoide on 
globulense , ailongee, ombiliqu^e k son sommet; elle.contient une 
puipe gbireuse qui entoure deux noyaux carlilagineux et mono- 
spermes. Chaque graine est convexe du c6l6 exierieur , plane et 
marquee d'un sillon longitudinal au c6le oppos^; elleest inf^re, mn- 
nied'une tunique propre, reconvene d'une coque. {Sestumhotani' 
cum, vol. 4. Bruxelles, 1828) 

§ IL Analyse, 

D'apr^s Cadet de Gassicourt, ces graines non torrefiees donnentii 
Tanalyse un principe aromaiique particulier, une huile essentielle 
concrete, du mucilage qui probablement est le r^sultat de raction di 



328 KEVUE DE LA MJ^DEClNE SPECIFIQUE. 

Teau chaude sur la f^cule, uoe maiiere e^itractive colorante, de la re- 
sine, uoe tres-petite quantity d'albumiue, ci de Tacidegallique. Les 
chimistes ne soQt point d'accord sur la nature de Tacide contenu 
dans le cafe : ainsi le docteur Grindel pense que c'est de Tacide ki- 
nique, tandis queM. Paysse le consid^re conarne un acide tout-a-fait 
nouveauy qu'il appelle acide cafique. M. Chevenix en a ^galement 
retire une substance v^getale particuliere« que ce cbiniiste considere 
comme un principe imni^diat nouveau, auqiiel il donne le nom de 
caftine, MM. Robiquct, Pelletan et Cavenlou, Tout constatee par unc 
analyse plus soignee et plus recente. Le cafeine est un principe nou- 
veau, blanc, cristallin, volatil, legeremeut alcaliu, peu soluble. (Die- 
iionnairedes sciences midicales^ en 13 vol., art. Cafi.) 

§ III. Action du cafe en infusion sur Vhomme. 

La preparation du cafe, dont on fait si g^neralement usage, est 
Finfusion de ses graines torrefiees et rcduites en poudre ; cette bois- 
son, usil^e chez presque tons les peuples civilises du globe, est de- 
venue en quelque sorie pour eux un objet de premiere n^cessit^. 
Lorsqu'elle a ele bien preparee, c'est-a-dire que Ton a mis le moios 
de temps possible entre le moment de la torrefaction et celui de Tin-, 
fusion, elle est d'une couleur brune doree , d'une odeur aromatique 
particuliere et tres-suave, d'une stiveur amere, mais a la fois agreable. 
Cette liqueur , prise cbaude, est un stimulant des plus energiques; 
elle a tons les uvantages des boissons spiritueuses, sans avoir aucnn 
de leurs inconv^niens, c'est-a-dire qu'elle ne produit ni Tivresse ni 
tous les accidens qui raccompagnent. Elle determine dans I'estomac 
un sentiment de bien-^tre , une stimulation puissante qui ne tarde 
point a reagir sur toute reconomie animate. Non-seulement elle aug- 
mente Taction organique du systeme mu^culaire, mais encore les 
facult^s morales et intelleciuelles deviennent plus vives etplus ac- 
tives sous son influence. Les mouyemens du coeur et des vaisseaux 
sanguins sont plus developpes, plus Irc.juens, les contractions mus- 
culaires plus faciles ; on se sent plus agile, plus dispos j Timaginaiioa 
est plus vive, la pensee plus libre el plus exaltee; en un mol, lous les 
travaax de Tesprit et de rimaginaiioa sont plus prompts et plus par* 



BBVUE BE LA MEDECINE SP^CtFIQtJE. SX9 

faits. Que de savans, que d'artistes et de litterateurs out dA^Tusage 
de cette boisson , nomm^e a si juste titre boisson intelleciuelle , une 
pariie de leur g^nie et de leurs succ^s ! Prise apres les repas , rin- 
fusion de cafe facilite la digestion , la rend et plus prompte et plus 
facile. II est a remarquer que Tusage du caf^ avant le dtner deter- 
mine plutdt Tanorexie qu'il n'excite Tappetit. 

Les differens effets que nous venons de signaler sont d'autant plus 
remarquables et plus iotenses qu'on les observe sur un individu qqi 
ne fait point babituellement usage de cette boisson. Presque toujours 
alors aux effets que nous avons ^numer^s se joint un ^tat d'agitation 
et une insomnie quelquefois complete. 

§ IV. Prdparation, 

Pour Tusagehomoeopatbique, on prend le meilleur caf^ moka, non 
torr^fie, on le r^duit en poudre fine dans un grand mortier de fer 
m^diocrement chauff^, en ayant soin de detacher souvent avec une 
spatule de come ce qui s'atiache aux parois. Ensuite, si on veut faire 
les attenuations par la voie seche> on triture un grain de cette poudre 
avec cent grains de sucre de lait, et aiusi de suite, commepour toutes 
les drogues s^ches ; mais si au contraire on veut en preparer la tein- 
ture, on met la poudre obtenue dans un fl^con , ou on la laisse in- 
fuser, pendant huit jours, dans quatre fois son poids d'alcool. Au 
bout de ces huit jours^ on decante la liqueur, et on exprime bien le 
sediment, qui ensuite est bouilli dans une capsule de verre, avec 
trente fois son poids d'eau disiillee, jusqu'a reduction au quart. 
Cela fait, on clarifie cette liqueur, et on la m^le avec la liqueur aU 
coolique. Yingt gouttes de ce melange, att^nuees avec quatre-vingts 
goultes d'alcool, forment ensuite la premiere attenuation ; le reste 
se prepare de la maniere connue. 

Antidotes : Taconit, la noix vomique , la camomille , la feve saint 
Ignace. 

Les experimeniateurs sont : 

S. Hahnemann. Sympt. 11. 12. 14. 15. 16. 18. 19. 21. 24. 29. 32. 

34. 35. 37. 39. 42. 44, 45. 52. 54. 55. 56. 57. 58. 60. 64. 65. 66. 
68. 72. 73. 74. 76. 77. 78. 79. 82. 83. 84. 86. 87« 90. 94» 95. 97. 98. 



I V 



^30 BBVUB DB LA MBOECINE SPECIFIQUB. 

99.100.101.102.103.104 105.107.110.113.114. 115. 116. 12S« 
124. 125. 131. 136. 138. 139. 142. 143. 144. 149. 151. 152. 154. 157. 
158. 163. 164. 165. 167. 169. 170. 171. 175. 176. 177. 178. 179. 180. 
181. 184. 188. 189. 190.203. 204.205. 207. 208. 209. 210. 214. 215. 
216. 217. 220. 221. 222. 223. 228. 229. 230. 231. 232. 238. 239. 240. 
241. 242. 243. (S.H.) 

Franz. Sympt. 3.4. 5.9. 10. 31. 38. 48.59. 69.93*. 127. 132. 133. 
155. 156. 159. 160. 162. 192. 206. 212. 213. 224. 225. (Fz.). 

Stapf. Sympt. 33. 43. 47. 53. 67. 75. 80. 112. 137. 140. 166. 186. 
187. 218. 219. 226.227. 234. (St.) 

2%orer. Sympt. 22. 23. 25. 27. 28. 30. 40. 61. 63. 70. 71. (Tr.) 

Langhammer, Sympt. 49. 188. 189. (Lgh.) 

Hsch. Sympt. 1. 92. 193. 233. 235. 236. 237. 

A. Sympt. 6. 7. 8. 182. 183. 194. 

£r. Sympt. 2, 106. 191. 196. 

jinonime. Sympt. 13. 17. 18. 25. 36. 41. 46. 50. 51. 52. 62. 81. 85. 
88. 89. 91. 96. 105. 108. 109. 117. 118. 119. 120. 121. 123. 126. 128. 
129. 130. 134. 135. 141. 145. 146. 147. 148. 150. 153. 161. 168. 172. 
173. 174. 185. 195. 196. 200. 201. 202. 211. 

§ V. Tableau des sjrmptdmes du cafi. 

Inquietude et incooaance (Hsch.). 

Tr^s-mec(HiteDt ; uoa dispose ^ parler ; il ne repond que par mo* 
iiosyllabes (de suite) (Br.). 

Imagioation viva, pleiae de plans pour ravenir ; coutre sou habi- 
tude, il est sans cesse ravi et saisi des beaut^s de la nature , doat 
il lit les descriptions ; apr^s trois heures (Fz.). 

A la suite de la dose de cafe prise le soir , il est excessivement 
excite et vif ; il execute tpus les mouvemens avec une leg^rete ex- 
traordinaire ; apres douze heures [id.). 

5. Le plus gra^dreldchement de V esprit etdu corps ; apres quaraote- 

cinq heures {id.). 

Le plus grand calme de T^me (A.). 

Meditations profoades {id,). 

Mobiiite vive des idees {id,). 
, En li&d^iy il perd tout son su)et ; il ue sait pas ce qu'il lit on e« 



R^YUE 3)B LA IIBDSCINS $P^CIFIQUE. 3Si 

qu^il avait lu , sans que d'autres idees se presentent. (absence de ia 
faculty de penser); quand il ne lit pas, des milliers depensees IfM- 
traversent la t^te, et il se rappelle des cboses pasfttes depuis long- 
temps (Fz.). 

10. Perte de la memoire et de I'aueotiiou; apr^s qifiaraoi^-buit 
heures(«i.). 

Unpeu de mauvaise bumeur (S. H.)« 

Nod dispose au travail i il en perd le gout, m^pae au milieu de &e$ 
occupations {id.). 

Le sens interne est ^mousse par des m^ditatipo^ surnatureUee (ef- 
fet secondaire). 

Grand chagrin (S. H.)* 

15. Mauvaise bumeur ; il voulait tout renverser (id.), 

II ne lui vient que des id^es chagrioantes, tristes; elle burle et ne 
se laisse apaiser par quoi que ce soit ; la mauvaise bumeur semble 
s'am^liorer au grand air (id.). 

II raconte tranquillement des cboses fsicbeuseS) sans en 6tre aflecte 
ni m6me s'^chauffer (eflfet curaiif). 

Caractere chagrin, soucieux, pleureur. 

Grande anxiete dont elle ne sait pas se defaire ; elle tremble au 
point qu'elle ne saurait tenir la plume; apr^ trois heures (S. H.)* 

20. Uumeur paisible, patiente, libre de toute passion (eftet cura^ 
tif) (»W,). 

Embarras de la partie ant^rieure de la t^te , qui d^g^n^re quel« 
quefois en une douleur ^lan^ante , tiraillapte dans la tempo droite, 
plus forte en allant a Taur Ubre {id.). 

Embarras de la t^te avec vertige ; apr^s quatre heures (Th.). 

Vertige et obseurcissement devant les yeux , en i^e baissant ; le 
premier jour (id,). 

Heb^iement dans la t£te ; apr^s trois heures (S. H.)- 

25. Inaptitude a la meditaiioo ; apres six heures (Th.). 

II est commesi les idees rabandoanaient par moment ; le deuxi^me 
jour. 

La t^te est lourde et comme veitigineuse, avec inquietude gen4- 
rale; elle croit quelle va tomber ; le deuxieme Jour (,Th.). 

Gephalalgie constrictiye au front; le deuxieme soir (id.). 



'l • 



■!»iww'TT:"T«lR| 



332 RBVUE DE LA Ml^DECINE SPI^GIFIQUB.' 

C^phalalgie semi-lat^rale^ comme si un clou etait enfonce dans le 
parietal (S. H.). 

30. linger tiraillement rbumatismal dans le cAt6 gauche de Foc- 
ciput (Th.). 

La meditation provoqae une c^phalalgie tiraillante, accompag^o^e 
de pression, au baut, dans le front (Fz.). 

Les maux de t^te se renouvellent et s'exasperent apres avoir 
mang^ ; ils disparaissent au grand air et se renouvellent pour pea 
de temps dans la chambre (S. H.). 

G^phalalgie pressive dafis les tempes qui s'^tend vers Tocciput, en 
se promenaat a Tair froid ; elle diminue en reslant assis dans h 
cbambre, se renouvelle violente au grand air , mais s'y dissipe en- 
suite presque enti^rement ; apr^s trois quarts d'heure (St.). 

G^phalalgie; comme si le cerveau ^tait dechire ou f racass^ , qui 
survient en allant au grand air, et se dissipe aussitdt dans la 
chambre (S. H.). 

35. En lisant, c^pbalalgie, comme si le cerveau etait brise, de- 
chire, ecrase, aux bosses frontales, puis ^derri^re le frontal ; apres 
vingt-huit heures (id.). 

Douleur pressive, au haut du vertex. 

PetiUement dans le cerveau, dans la region de Toreille, isochrone 
au pouls(S. H.). 

n sent et entend quelquefois un craquement au vertex en restant 
tranquillement assis (FzO- 

Pesanteur dans la t£te, et chaleur au visage (S. H.)* 

40. Chaleur au visage, avec rongeur des joues, apres le repas 
(apr^s six heures) (Th.). 

Bouillonnement desang vers la t£te, chaleur anxieuse, et rongeur 
du visage. 

Afflux de sang vers la t^te, surtout en parlant.(S. H.). 

Chaleur au visage, et rougeur des joues ; apres une demi-heure, 
(S. H.). 

C^pbalalgie, le matin, en se reveillant, comme une tension gene-' 
rale dans le cerveau ; il ^vite d'ouvrir les yeux ; en se penchant, ii 

■ 

lui semble que le cerveau tombe en avant avec pression , et pince-' 
ment dans les tempes et le front (S. H.). 






REVUE DE LA M^DECINE SP^CIFIQUE^ S33 

45. C^phalalgie, comme si le cerveau etaii trop plein et fracass^, 
sur(0!it dans Tocciput, apr^s la siesie, qui ne s'accroit ni ne diminue 
par le mouvement, par les travaux iniellectuelsy ni k Tair iibre (apris 
quatre beures) {id.), * 

Prurit sur le cuir chevelu. 

Eile pouvait lire distinctement de petits caract^res^ sans en ressen- 
tir de la pression dans les yeux (St.). 

U a la vue plus fine au grand air qu^auparavant (Fz.). 

Chassie dans les angles desyeux, toute la matinee (apris une 
demi-heure (Lgh.). 

50. Ter^bration dans Toeil droit, avec diminution de la faculty 
de voir. 

La musique lui paratt trop aigue ; k peine ose-t-il faire sorlir le 
plus leger son de son instrument. 

Endolorissement de Tangle anterieur de la narine gauche ; apris 
une heure (S. H.). ' 

Un sentiment de chaleur, comme dans le coryza, dans la narine 
gauche, qui augmente en ren&clant (St.). 

Douleur d'ecbrchure presque cuisante , dans la narine gauche 
(S. H.). 

55. ^coulement aqueux, soudain, abondant par le nez ; apris une 
demi-heure (iW.), ^pistaxis {id.). 

Le matin , en se levant, et le soir (six heures), avec pesanteur de 
la t^te, saignement de nez, plusieurs jours de suite, k la mime heure, 
et ennui et mauvaise humeur {id,). 

Odontalgie, vulsion lancinante de haut en bas, dans les n6r£s des 
racines des dents (id.). 

(Douleur tiraillante k travers les molaires superieures gauches, qui 
disparait en rapprochant fortement les m&choires) (Fz.)« 

60. Douleur simple dans une^molaire, seulement en mslchant des- 
sus (S. H.). 

Tiraillement momentani dans une molaire superieure gauche 
creuse, comme aprfes un l^ger refroidissement (Th.). 

Endolorissement des dents ani^rieures en y touchant et en mk" 
chant; comme si elles ^taient branlantes. 



w^rT^ 



Md IMSVtJE Dt LA M^DECINE SP^ClttQtTe. 

TiraillemeDt dans I'os de la pommette gauche (le premier jomO, 
alternant avec d^chirement dans les denis (Tb.). 

An bord dn yoile du palais, douleur simple bors le temps de h 
d^glutiiion, qui aug^mente n^anmoins en avalant; apres qoalre 
heures(S. H). 

05. line esp^ce de mal de gorge ; gonflement du voile du palais, 
qu'on croirait devoir attribuer h une accumulation de mucosites vis- R 
queuses {id:), 

Ghaleur qui remonte dans la gorge (de suite) (ci,). 

Sensation de s^cberesse, et leg^re ardeur, endevant^ sur h 
tangue, sans soif ; apr^s une heure (St.)* 

Gout comme de noisette dans la bouche (S. H.)* 

Gout comme d*amandes dans la bouche (Fz.). 

70. Le matin^ goAt amer dans la bouche; le deuxi^me jour (Tb.). 

Goflt amer de Feau pure; le deuxi'eme jour (id.). 

Amertume dans la bouche toute la journee , quoique les alimeos 
n^eussent point un gout amer (S. U.). 

Les choses ameres ont une saveur excessivement am^re {id.). 

Les alimens ont bon gout, mais par trop amer, ce qui I'emp^che 
de manger beaucoup ; le tabac lui plait, mais lui semble trop fort^ et 
il ne fume que peu ; apr^s trois heures (id.). 

75. Le tabac lui semble d*une saveur exquise (St.). 
Diminution de V ap petit ; les alimens lui plaisent le soir, mais il n^a 
ni appetit ni faim ; api'^s buit heures (S. H.). 

Perte de Tapp^tit pendant fort long-temps, et aversion des alimens, 
des boissons et du tabac, avec naus^es, vomituritions, et goiit sal£ 
dans la bouche ; les alimens n'ont cependant pas de mauvais gout \ 
apris deux heures( id,), 

Repugnarice pour le cafe [id.), 

Henvois ayant le goAt des alimens pris depots midi jttsqa^att soir 

(«.). 
80. Cours rapports d'air (St.). 

Hoquet. 

Forte faim avant le repas ; il d4sir€ qtjCon lui serve promM^mWit 4 
manger (S. EL*), 



Disposition continuelle h vomir, qui a son siige en baut, dfans la 
gorge {id.). 

L'apres-din^e (vers cinq heures), mafaise; ilest Atiga6 etdoit 
8'asseoir, puis envie de vomir (uT) 

85. Le matin, naus^es. 

Aprds un aliment agr^ab^e, affadiissement et envie de vomir (S. H.). 

£iancemens avec pression dans la fossette da cceur ; au bout die 
quelques heures, ballonnement indolent et gonflement du creux de 
restomac {id.). 

Tension aunlessus de Festomac et dans les bypochondres. 

Sentiment di^sagr^abie au-dessous de Testomac soivi de distension 
et de douleurs sourdies. 

90. Le matin , dans le lit , pression pin^ante continuelle dans left 
c6t^s du bas-ventre , se dirigf'ant m^me dans les anneaux inguinaux , 
comme si une hernie aliait se d^elopper , sans tension de Tbypo- 
gastre ; remission de quelques ventjs le souiageait pour quelques 

instans(S. H.)- 

Apr^ le repas du soir , pKnitode dans le bas-ventre avec quel- 
ques douleurs pin^^antes. 

Pression dans le bas-ventre , comnfe si dte» vents ^talent incar- 
ceres (Hsch.). 

Lorsqu'il mangeait encore uir peu' de pain apr^ avoir fait un repas 
modern , serrement excessivement douloureux au c6t6 gauche de la 
region stomacate, taot qu'il mangeait et m^me apres (Fz.). 

Apres avoir march^ an grand air, pf^nitudiedsnis lebas ventre(S.H.). 

95. A differentes epoques de la jonm^e , sensation de serrement 
dans la region du creux de Festomac ; les v^temens ^taient m£me 
trop etroits , en sorte qu'elte devait les relftcher (id'.). 

Amission de beaucoup de vents. ' 

Quelque fermentation dans le ventre et production de beaucoup 
de flatuosites , toute la journ^e ; aprte quatre heures (S. H.). 

Amission frequente de vents bruyans presque inodores (id.). 

Les premieres heures apres avoir pris le cafe , Mission freqneute 
et facile de vents , mais apris douze heures , Mission difficile de 
pettts vents interrcraapus^ qoi s'eflbrcemi d^ayaneer cominuelleflient 
avec douleurs dans le bas-yentre (re/,); 





336 AEYUE DE LA MJ^DEONB SPJ^CtFIQUfi . 

dOO. FenneBtation dans le ventre et puis vomissemens; bient6t 
apris de nouveaiix vomissemens , et h trois reprises diff^rentes ex- 
pulsion de vents par ie haut (i^.)* 

£lancemens de dedans en debdN le long de Taiineaa inguinal , 
comme dans une hemie inguinale {id.). 

£lancemens vulsife aux c6tes du bas-ventre^ ^chaque expiration; 
apr^s un quart d'heure {id.). 

Mai de ventre comme s'il allait crever (iV/.)- \ 

Douleur crampoide terrible dans le ventre et la poitrine , comme 
dans les plus fortes douleurs de Tenfantement, avec plainte , comme 
81 tons les intestins ^taient coupes en morceaux , et convulsions ; le 
corps se ploie et les pieds sont .attires vers la tdte avec oris affreaxet 
grincemens de dents ; elle devient froide et raide , elle jette des cris 
de douleur et la respiration s'arr^te {id,). 

105. Circulation dans lebas- ventre, comme ^Tapproche d'une selie. 

Le premier jour (centre son habitude), deux selles , la premiere est 
solide , la seconde liquide vB.)* 

II sent le besoin 4'aller a la selle ; les excremens sont mous et ce- 
pendant il ne pent pas les expulser convenablement (S. H.). 

Le second jour , trois selles dures. 

Prurit h la partie anterieure du p^nis et du gland. 

110. D^chirement cuisant dans la partie anterieure de Turetbre 
(S. H.). 

Le matin , envie fr^quente d'uriner ; Turine ne sort qu'en petite 
quantity et goutte k goutte ; apres un quart d*heure. 

Emission abondante d'urine (St.). 

II se secrete et s'excrete pen d'urine (de suite) (S. $[.)• 

Pression sur la vessie , qui excite a uriner {id.). 

115. La quantite des urines est tres-augmeutee ; apr^s quatorze 

hcures («</.)• 

Emission de beaucoup d'urine , vers minuit, les organes genitaux 

^tant flasques ; aprfes cinq heures (id.). 

Urine d'un rouge de sang , pas trouble. 

Prurit au cdt^ droit du scrotum. 

Le scrotum est flasque avec excitation des parties g^pitale^ inter'* 
pes 9 et cependant imagination firoide.^ 




reVue be la M^JDECmE SPl^CIFlQtni. '33^ 

120. Bouleurs d'etranglement d^chirantes dans Fun destesticules. 

Perte de toute excitation venerienne. Les parties geoitales sont 
flasques pendant trois jours , et Timagination reste mdme insensible 
k toute volupt^ ; les trois premiers jours. 

Grande'disposition au coit. Les parties g^nitales sont tr^s-exaUi^es, 
mais il ne survieht qu'une forte chaleur sicbe par tout le corps sans 
Ejaculation (S. H.). 

Sentiment de rel&chement des parties g^nitales et diminution de 
Tapp^tit v^n^rien. 

£loignement pour le coit, et impuissance ; les parties geoitales ne 
se laissent point exciter , et Timagination reste paresseuse ; apris 
deux heures (S. H.)* 

125. Pollution la nuit (iJ.). 

Erections et pollutions. 

Douleur d'Ecorchure au scrotum au moindre frottement des v^le- 
mens (Fz.). 

Le matin', prurit voluptueux au bout du gland qui oblige a gratter, 
pendant quelques heures; apr^s quarante-sept heures. 

Les douleurs qui succMent ^ Tenfantement sont diminuees de suite 
et puis enlevEes. 

130. (Les regies paraissent encore le m£me soir presque sans ti- 
raillement dans le ventre); le douzi^me jour. 

Le malinen se rdveillant dpretS et enrouement dans le larynx (S. H.). 

Obstruction du nez comme dans le corvza (Fz.). 

Enchifrinement avee pen d'Ecoulement {id.). 

* Plusieurs soirees de suite , tard , quelque coryza fluent avec eier- 
nument. 

435. :^ternumens fr^quens. • 

Oppression sur la poitrine (de'suite) (S. HO- 

Oppression de la poitrine ; elle fait de courtes inspirations ; elle 
8oul^ve visiblement la poitrine k la disparition de la chaleur du vi- 
sage (St.). 

Toux courle , rapide; quelques grattemens interrompus , de courte 
dur^e quoique frequens ; apr^s une heure (S. H.). 

II doit s'arr^ter au milieu de la toux , la toux porte aux yeux , il 
devient pile et ilestpris conune de vertige tournoyant {id.). 
IV. 22 . 



140. Tonssotement court , passa^rer ^ fr^etnitient r<ipitf UMBme 
par une irritation de la gorge , apr^s une heure (H.)« 

T0UX9 le soir au lit et en s'endotmant. 

Vers minuit, forte excitation k tonwer, pendant tine heiird (81 H.). 

Toux sdche qui a lieu subitement , <k>mme par une codstrtetioo 
crampoide du larynx, qui paratt enduit de mucus sec {id. )* 

Douleurs comme d'^laocement au c6ie de la poitrine, to iounttt {idi)» 

i45. Quelques quintea de toux seche , de suite eft s'eildomttnt , 
chez Fenfant; la premiere soiree. 

Le matin au leyer, il a comme un catarriie dans la gt>fge) ttH fliu- 
«U8 de coryza lui coule du neit sans sentiment de cof yta^ 86lt duils It 
nez, soit dans les sinus frontaux. 

Piusieurs soirees de suite, tard, quelque (^oryns flu^t AVec fte^ 
nument. 

Toux^ le soir au lit et au r^veil. 

Douleur au sacrum en marchant (S. H. ). 

160. Douleur pressive dansle sacrum. 

Douleur paralyttque dansle sacrum en ^tatti assis fSI di^lMMt (S. H.)i 

Grande faiblesse dans les bras et fatigue dan» lOQt le tMM*ps < td. ). 

Sentiment de 16gerete des membres. 

D^chirement dans le bras gOiuches qui TempifiChe dts le hibU voir (a- 
cilement(S. H. ). 

455. Unesorte de contraction crampoW^, pt'esqne Me VUlstoti dans 
les bras, quand il les tienl flifcliis ( Fz). 

Douleur rhumaiismale de brisement au bras gauche {id. ). 

L*un ouFautre doigi secontracie qa^felquefois spaMnodiqtt^meMt ; il lui 
est impossible de redresser completement le petit doigt, le matin (S. H.). 

Tiraillement douloureux, ou decbiremeilt de bant en ba^ dans les 
parties molles des doigts^ apr^s deux heures (trf.). 

f^es mains trembiiBnt qtuind il veut fenir ten &hJH (Fz.). 

460. Sentiment d'engourdissement dans les doigts ; apr^ tin qadMs> 
d'heure (iV/. ). 

Sueur aux mains en ^crivant. 

Le doigl-qu'on avail brAW superfidellement et qui 6tait rtst^ hido- 
lent commence k faire ^prouver de videntes douleurs anssit6t qa^'on 
a pris le caf^ \ aprte trois beures <Fk.). 



tkmteur comme de brisement dains le femur au-desaou8 de rarticu- 

lation de la haache a la fesse vers riscbion, en ^tant aasis et en 

marcbant. 11 boite en marcbant ( S. H. )• 
Le moindre frottement d'une ^toffe de laioe ^corcbe U cdt^ interne 

des cuisses, ou bien y provoque une sensatijon tr69«doulour«ufta d'ex- 

coriation ( id. ). 
165. Au tibia droit, rongement vukif et decbireniant d(in« le repos 

et pendant le mouvement, et sensation comme %i Tos iiaAi bris^, avec 

sentiment de cbaleur dans cettepariie {id.)^. 
Tremblement des pieds; apres une beure trois qvarts (St.)« 
Sentiment de tremblement dans le genou en desoendeot I'^scalier 

( Effet consiculif ?) (S, H,). 
Douleur UraiUante au-dessous du genou droit. 
En attirant le genou, spasme dans le moUet ( S, H, ), 
170. En avancant le pied, spasme dans la plante du pied ( id. ). 
Au-dessons de la mall^ole interne du pied droit, eltmcem^nC vufiif 

en appuyant sur le talon, ou en portan^ le pied^en arriere^ et m^me 

en touchant a la partie (id.). 
Lingers elancemens dans le gras du gros orteU, r^pr^s^mdi ; k 

quatre heures. 
Beaucoup de b&illemens et somnolence ; le premier jour* 
Sueur aux'pieds et sentiment d'ecorcbure des orteils^ 
175. Douleur de brisement de toutes les articuiaiiianiS, suil4>iit 4o 

ceHes qui sont flecbies , le matin dans le Hi, qui di^panaU eu le- 
ver ( S. H. ). 
Yulsion lancinante h trovers Ton on Tautre ooembre {id. ), 
Elle est obligee de se coucber apres h moindre petiie ^Qwr§^ > i 

cause de douleurs dans les jambes ( id. > 
En montant Tescalier, grande b&ssitude qui se dift^>9 .de 

suite ( id. ). 
Douleur dans tout le corps qui lui laisse pen de repos ( id. ). 
180. Eruption et prurit par tout le corps ( Effel cons^cutif ?; (id.). 

Le eafS change le prurit d^une eruption en cuisson i^i4» )• 

Grande mobilitc du systeme miif^nlaire ; chaque mouvem^nt se 
fait facilement, et avec rapidite et avec une certaine vigueur ( 2^.). 
L^giret^ de la t6te et de toutes les foneuons corporelles, mais 



340 BBY1JE PE LA idDBGIinS SP^CIFTQUB. 

principalement un sentiment' excessivement exaU6 de bien-dtreet 
de vie ( id,). 

Peu de sommeil ( S. H. )• 

485. Le soir, grande vivacity. 

Vivacity extraordinaire de Tesprit et du corps jusqu'ji minuitCapris 
six heures), oil elles'endort (St.)- 

Insomnie a cause de F excitement excessif de T esprit et du corps ( id, ). 

Assoupissement, 11 craint une attaque d'apoplexie {id. ). 
La nuit, durant le sommeil , jactation avec perte de conscience, de 
telle sorte, qu'il se trouve a rebours dans le lit, le matin ( id. >. 

490. losomnie apr^s minuit (deux & sept benres)^ avec incarcera- 
tion de flatuosites et coliques sous les cdtes , d'oii natt de Tangoisse et 
sentiment de chaleur h. tout le corps sans sueur, hormis au-dessous 
du nez , sans soif, et d^sir de se d^couvrir {id, ). 

D^sir de se coucher , de fermer les yeux , mais sans pouvoir 
dormir ( Br. ). 

II a un sommeil agite pendant la nuit, tantdt sur Tun ^ tantdt snr 
rautrec6te (Fz. ). 

D'abord vivacity, bient6t apr^s somnolence (Hsch.) ; apr^s douze 
heures, grande envie de dormir ( A. )• 
495. Sommeil profond. 

II dort jusqu'^ trois heures du matin, depuislors son sommeil n'est 
plus qu*un assoupissement, il s'eveille, mais ne prend point comply 
tement connaissance ( Br. ). 
R^veil avec sursauts. 

La nuit, il s'^veille fr^quemment, comme de peur (Lgh. ). 
'^ R^veil frequent vers le matin ({£?. ). 

200. Le nourrisson est pris de rongeur et de chaleur aux joues, et 
dort agile, le premier et le deuxi^me jour. 

Une petite fille de six ans parle pendant le sommeil d^s qu'elle s'en- 
dorl. 

11 s'occupe sans interruption d'une pens^e, dont il ne sait se d^- 
faire, et qui lui ravit tout sommeil, la nuit dans Tassoupissement. 

La nuit, r^vesvifs et longs (S. H.), 

La nuit, r^ves legers {id.), 
205. Baillement [id,). 



REVUE DE LA Ml&DEaNE SP^GIFIQUE. ; 3&1 

Frequens b&illemens profonds (Fz.). 

Toutes les iDcommodites s'aggravent en allant au grand air (S. H.)* 

Aversion du grand air (i'J.)' 

Apr^s une promenade au air, grand fatigue [continuelle du pied 
josqu'^ mi-jambe (id,). 

2i0. En allant au grand air, hnmeur triste, pleureuse et inapte k 
toute acceptation (id.). 

Grande susceptibility au froid. 

L'air, qui lui ^tait auparavant agr^able, lui semble aujourd'hui tres* 
4pr6 (¥z.). 

La marche au grand air Taffecte p^niblement, Feau lui coule des 
yeux, et il se fatigue bientdt ; apres six heures et demie {id,). 

Soif violente s^ns chaleur du corps et sans s^cheresse de la langue 

(S. H.). 

215. Soif la nuit, il s'^veille souvent poor boire {id,). 

Le matin au lit, s^cheresse dans la bouche, sans soif {id,).'\ 

Sentiment de ehalenr avec un peu de rougeur au visage, sans 
soif (id,). 

Acces de frisson que le mouvement augmente (St.). 

Frissonnement par tout le corps (la peau ^tant chaude), plus sen- 
sible et plus fort pendant le mouvement du corps. Quand il se leve 
de sa chaise, froid avecp&leur du visage, pendant dix minutes ; upres 
une demi-heure {id,). 

220. Le matin (vers cinq heures), etTapr^s-dln^e (vers une heure), 
violent frisson dans le lit, sans soif (S. H.). 

L'apr^s-dln^e , apr^s quatre heures , rel&chement, pesanteur et 
pertedes forces dans les membres, lesgenoux s*entreclaquaient, avec 
chaieur int^rieure et exterieure, et en m^me temps frisson {id.). 

L'apr^s-dinee, froid aux pieds, apr^s quatre heures, et en m^me 
temps c^phalalgie et congestion du sang vers la t^te (apr^s vingt- 
quatre heures), ce qui disparait en se promenant au grand air {id.), 

Froid des mains, puis froid aux pieds, apr^s deux itrois heures (id,). 

Acc^s r^p^tes de frisson et horripilation dans le dos, avec chaleur 
naturelle du corps (Fz.). 

225. Sensation de froid h tout le corps ; froid le long dudos comma 
s'il etait dan$ une chambre froide, puis rougeur et chaleur du visage 



34S lusYUB DS Li mtoscnns sn^cnriQTTE. 

avec froid des mains^ qai deviennent chaudes ^la'fec6 p^Ymsiire, ttB- 
dis qu^ellM font flroides I Teit^rieur {id J). 

Apris la frissonnement l^^re chaleur sans soif ; apr&s an quart 
d^heafe (St.). 

Frissonnemeot dans le dos avec sentiment de chaleur ; chaleur siir- 
tout dati& le milieu du dos qui s'irradie sur le baa-ventre» conune ai 
la sueur allait se declarer (id.). 

Horripilation int^rieure et m£me dans la poilrine, et frisson et en 
m£me temps chaleur dans la t£ie et sueur au visage ; tout sans soif 
(S. H.;. 

Vers le matin transpiration (id.). 

230. Le soir^ aprte s'^tre couch^, sentiment de chaleur generate. 
Tout ^tait trop ^troit ; la nult, suenr g^nerale, surtout dans le dos (id.). 

Le soir, a huit heures, chaleur ext^rieuro, sensible par tout le corps I 
avec sensation de grande s^cheresse dans la bouche, et frisson dans f 
le dos et la parUe inf^ieure du corps ; alors les uuuas et les pieds soot 
prisd^un froid glacial, suivi dans le lit tantdt d'une grande chalev, 
tantdt d'nn froid violent, jusque apres minuit. Le matin, c^phahlgie 
de brisement; en allantse promener, chaque pas reteaCitdoulouMii- 
sement dans latSte; aprte trenle heures (id.). 

Un peu de froid et en mdine temps an pen de chalear danslfis 

joues (id,), 

Mouvement tremblotant avec de la chaleur dans le dos et entre les 
^panics (Hsch.)' 

Gbaleur aa visage et ttwigear des jones ; aprte un quart dlieare 
(St.). 

235. Chalear s^cbe aa visage (Hsch.). 

Chaleur daas la poicriae et le bas- veatra (id.). 

Chalear extraerdiaaire des pieds {id.y 

Le son*, de bait k nenf heares, aMtiaise comme daas restonae 
comme ane dtfaiitaoce et veriige ; il te Migi de s'asseoir et de se 
coBcher ; teas les membres soot affect^s avec leger frisson ; aprte 
vingt-quatre heures (S. H.). 

L'aprte-dtn^e ii ireis heures, sans froid pr^alable, chaleur unnrer- 
sdle et ixmgear au visage avec grande soif; aprtela chalear par foU 



\$ ^BriM, qui etait eqoore ^ccompagn^e de soif dans les prtmUres 

940. Glle s'iveille quelquefbis la nuit, et ressent une forte chaleuf 
seebe par toat la corps, et se lourne fr^quemmeat^ deux nuitsde suits ^ 
rboleine est cbaud§ au sprdr de la bouche, mats il n^y a ni soif oii s4; 
cber^ss^ de la boucbe (id.). 

Cbaleur et rongeur dans une joue avee horripilation presque gob- 
tiPuelleU',). 

l^ld dilire avec les yeux ou verts pendant la cbaleur f^rile, endi* 
sent qn'on lui parte tel ou tel objet (id.). 

I^a matin, dans le lit, sentina^nt de efaadaurf pendant laquelle il ^vitf 
d$ SB d^caurrir (id.). 

Hisr l# BsilJBta dtm mfm^mmimmj 

:Pfr le #a9lrfff KOACK. 

I, CWmis. 

Le cinchpnine^ alcaloide particulier au quinquina, s'y trpuve sou- 
vent seul, souvent avec le auinine ; mais quelquefois ii ne s'en ren- 
contre pas du tout dans cette ecorce. On le tire surtout du quiur 
quina gris^ brun^rou^e ei jaune. De toutes ces esp^ces de quin^^ina^ 
c'esi la grise qui en fournit le plus. Tf^iitstock en a extrait (juatre- 
vingts grains d'une livre, GobelcQVLl soixante-buit grains , et Santen 
jusqu'5 deux cent dix grains. Geiger divise )es quinquinas, relative- 
ment k la auantit^ d*alcaloide qu'ils contiennent^ en trois classes: 
la premiere comprend ceux pii le quinine predom^ne ; c'est le (j^uin- 
quina royal ; la seconde ceux ou le cincbonine predomine ; ce sont 
les quinquinas 0ns ou buanuco, brun ou buamalies, jaen, loxa^ 
pseudoloxa ; et la troisi^me ceux qui contienaent ces deux sub- 
stances k pen pr^s en parties ^gales, comme les quincjuinas rouge et 
jaune, dur ou fibreux. Selon Henrf et Plis^on (4), le quinquina gris 
contient beaucoup plus de cincbonine que de quinine \ le jaune, au 

(1) Journal de Phannacie, Xni, 268, 369.— Berl.* Jahrb. fur Pharm. Ton 



J44 HEVXJE DE LA MJ^DEGINE SPJ^GIFIQUE. ' 

contraire, une plus grande quantity de quinine, et le rouge trois 
plus de cinchonine que le gris, et deux fois plus de quiiline que le 
jaune. Wiggers (1) dit a ce sujet : « En general, dans le quinqoioa 
brun et le gris, la quantity de cinchonine est incomparablemeDt plus 
grande que celle du quinine ; dans le quinquina jaune, c*est le con- 
traire ; et, dans le rouge, la proportion est ^ peu pr^s egale. La 
somme de ces deux bases est en outre fort in^gale dans chacun des 
quinquinas qui rentrent dans ces trois divisions. La quantite relative 
des deux bases ne varie pas moins que la somme dans chaqne 
^corce, et cela selon la saison ou Texportation a eu lieu , selon le 
temps plus ou moins long qu'elle a pass6 en magasin , et surumt 
»selon Tepaisseur , la grosseur et la quantite plus ou flioins conside- 
rable de stratifications. » Les pharmacopees n'ont nomme jusqu'ici 
que de trois esp^ces de quinquina dont la denomination s'eloigae de 
celle qui est en usage dans le commerce, et cette denomination est 
restee la mSme, en general, lorsqu'on a juge convenable de rem- H 
placer les ecorces ainsi nomm^es par de meilleures. Ces trois esp^ces \ 
de quinquina sont : corlex chinse fuscus, sen griseus, sen officinalis, 
seu optimus, quinquina brun ou gris ; cortex chinae flavus, quinquina 
jaune, connu aujourd'hui presque generalement sous le nom de 
quinquina royal; cortex cbinae ruber, quinquina rouge. Cette divi- 
sion des quinquinas m^rite d'autant plus de fixer notre attention, 
qu'elle identifie le quinquina brun et le gris. La denomination de 
quinquina brun est aussi devenue vulgaire pour les quinquinas de 1 
cette classe ; aussi voyons-nous affirmer souvent, mais a tort, commet 
par exemple , dans la pharmacopee prussienne et dans Touvrage 
recent de Dufios (Chemisch. Apotbekerbuch. Breslau, 184J , p. 250), 
que le quinquina brun est le plus riche en cinchonine. Si le soin 
qu'on apporle a la preparation de nos medicamens pent avoir quel*^ 
que influence, une connaissance plus exacte des differentes parties 
des quinquinas et de la proportion du quinine et du cinchonine 
devra agir directement sur la preparation du quinquina pour I'usage 
medical, selon que les effets du quinine et du cinchonine pourront 

etre pris en consideration parliculiere, conformement aux indications 

■J 

(i) JVigijcrs^ Grundriss der Fhsirmacogaosie. Gcetling. 1840, pag. 194. 



RfiVUE DB LA MJ^DEGINE SPJ^CIFIQUE. 345 

donn^es. L'exp^rimentation du quinquiDa, publi^e dans le troisi^me 
volume de la Mati^re m^dicale pure de Hahnemann^ a et^ faite en 
partie avec la teinture du quinquina brun appel6e pseudoloxa, et en 
partie avec celle du quinquina royal ou quinquina calisaya, et pr^- 
sente r^unis par consequent les effets speciaux du quinine et du 
cinchonine, qu'il aurait mieux valu separer. En tout cas, il pourrait 
sembler plus convenable, pour I'usage homoeopathique, de preparer 
les teintures de quinquina avec les trois esp^ces officinales de cette 
^corce, en ayant soin cependant de se servir, pour la preparation de 
la teinture de quinquina brun, du quinquina huanuco, h cause de la 
quantity pr^dominante de cinchonine qu'il contient. — L'ancienne 
^cole ne jugera pas a propos de s'occuper de ces distinctions , tant 
qu'elle continuera a regarder les effets des deux bases comme pres- 
que identiques. 

Ge que j'ai di}k dit dans la premiere partie de roon traite sur le 
sulfate de quinine (4), relativement aux bases du quinquina en g^- 
ral et du cinchonine en particulier, me dispensera d'entrer dans de 
longs details. 

Le cinchonine se distingue du quinine, entre autres, par sa dispo- 
sition plus grande i la cristallisation, et par son insolubilite presque 
absolue dans Teau et dans Tether. II est pur lorsque, chauffe sur 
une plaque de platine expos^e ^ la flamme d'une lampe k esprit de 
vin, il brule enti^rement ; s'il laisse un r^sidu, c'est qu'il est melange : 
oubien, lorsque, dissous dans de Tacide sulfurique rectifie, il donne 
une solution incolore; dans le cas contraire, il contient d'autres 
substances organiques. 

Le cinchonine s'uoit aux acides et forme des sels neutres et a base 
. qui sont en general plus solubles que les sels de quinquina. Les solu- 
tions des sels de cinchonine n'ont ni couleur ni odeur ; le gout en est 
tres-amer ; des alcalis carbonates purs, et la tieinture de noix de 
galle, les leignent en blanc ; elles se cristallisent en cristaux jauoes 
par une solution de platine ; Tacide sulfurique concentre ne les pre- 
cipite pas. Les sels de cinchonine nepeuventse confondre avec ceux 
de quinquina tout au plus qu a Tetat de poudre ; encore est-il aise de 

(1) Harimann et Noach, Journal fiir ArzoeiniiUellchre, v. II, cah. 2. 



les distinguer au r^sido produit dans la aoluUoo aqaeme par V 
nioniaque caustique , r^sidu qui ne forme pas uaa ma^aa oompaala, 
mais reste en poudre. 
Le $ulfaia da cincbonine neutre contieait salon Duftos at Bmu/i^ 

m 

1 at. decincbonme 89,75 op S4,3%. 

1 d'acide sulfurique 0,2S iO,8i, 

2 d'eau » » 4,S7* 

1 at. de suliate de cinchoniae 100,00 iOO«00. 

Selon Pelletier^ Caventou et Baup^ on pent fornoer aqsai uii salfatf^ 
de cincboDine acide qui , selon ce dernier , se cristallise^en octai4res- 
rhomboides , et contient 

Cincbonine 67,24. 
Soufre i7,94. 

Eau 15,52. \ 



^^n^ 



100,00. 

fVittstoek^ qui ne partage pas cette opinion, a troair^ qa'n 
exc^ d'aeide rend le sel tr^-difficile it cristalliser, et que aansse 
cristalliser, il devient un sel neutre. Selon Pelletierei Caventou , cent 
parties de doebonine neutralisent 13,02 parties d'acide sulfuriqoa. 
•— Le sulfate de cincbonine est pur lorsque son aspect r^pond k la 
description que j*ea ai donn^e dans mon traits cit^ plus haut ; lors* 
qn'il br&le sans r^idn expos^ sur uae plaque de platine k laflamma 
d'une lampe k esprit-de-vin ; lorsqu'il ne se teint pas par le m^iangf 
d*acide sul£ariqae coaeentr^ et rectifi^. 

n. PbuviacoplijrfiiologM, 

M. Magendie (1) a fait prendre du cincbonine et du quinine k des 
cbiens^ sans remarquer ni degout , ni vomissement^ ni quelque autre 
symptdme. L'injection dans les yeines de ces animaux de sulfate et 
d'ac^tate de cincbonine et de quinine ne produisit non plus aucoii 
r^sultat. 

(I) Jouraalie FternMie. Mm i8a> p« 418. 



'I 






REVUE bE IskWtDlCtffE SPtCCFJQm^ 3&7 

t 

Sfim Nistiwenhuis (4), le cinchonine paratt qnelqaefois agir trop 
^nergfiquement sur Testomac et provoque des vomissemens , ce qui 
n'est jamais le cas avec le quinine , quoiqu*en g^n^ral le premier se 
montre moins eflBcace. 

Ge que Rust dit du quinine (2), il le dit en m£me temps du ciu- 
chonine.Tous denxprovoquent dela chaleur dans Vepigastre ; le pouls 
s*d*ve , il se declare une l^gire diaphor^se. De fortes doses occa- 
sionent une plus forte chaleur dans Testomac , de la s&cheresse dans 
la bouche et le gosier , de la soif avec langue s^che et convene d'un 
enduit jaun&tre, ardeur dans la gorge, rapports , flatuosit6s , consti- 
pation , chaleur de la peau et urine trouble. 

Minard (3) a vu le sulfate de cinchonine et le sulfate de quinine , 
^ la dose de plus de dix grains en vingt-quatre heures , provoquer 
quelquefois des maux de tSte , des angoisses et des vomissemens. Il 
pretend aussi que, depuis qu'on administre ces m^dicamens ii Texcis^ 
il 7 a beaucoup plus d'hydropiques , surtout parmi les enfans. Aussi 
exhorte-t-il k ne pas en donner de trop fortes doses. 

Beraudi (4) a fait des essais sur lui-m^me et sur d'autres avec le 
cinchonine et le quinine. II a trouv^ que des doses de 15 k 20 grains 
occasionaient : salivalion plus abondante , malaise , maux de ventre, 
quelquefois diarrh^e , acceleration du pouls , obscurcissement de la 
vue , bourdonnemens d'oreilles , c^phalalgie , pesanteur de la t^te et 
congestion du sang vers la t^te , symptdmes qui ne persistaient pas 
long-temps et disparaissaient compl^tement au bout d'lme demi- 
heure. 

Barbier{5) a remarqu^ que le cinchonine pur k la dose de&, 6 ou 8 
grains , exerce une action tris-forte sur le canal intestinal , laquelle 
se fait sentir au bout d'une demi-heure chez les uns , de deux heures 
chezles autres ,et consiste en mouYomens , ballonnement du canal in- 
testinal et battemens dans la region epigastrique. Les intestins sem- 

(1) Bichter, Ansfuhrl. Arzneimittell. 4 toI., p. 559. 

(2)*M8gazin. toI. 12, cah. 8. 

p) irtfrson et JuHvs. Magaz. y(A. Vir. P. I. p. 493. 

<4) Omoiei, AnnaU vnifen. 4t Med. Nov* e dec. d8!^9. 

9) Tnm dltewlain d« mtite nMicale. Bum , iSSJ. i« ddit« , i, I « f. iK7. 



I ■ 



\ 



1 



348 BEYUE DE LA idDEGINB SPicnriQtJB. 

blent s'^tendre en partie et se durcir ; dans les fibres nmsculaira 
s'operent des contractions anormales , il se declare de violentes co- 
liques. En m^me temps forte chaleur dans restomac, s'^tendant de tt 
vers le bas-ventre et remontant vers la poitrine et la t6te , mais se 
faisant surtout sentir dans la gorge. En outre soif brAlanle qui qud- 
quefois persiste encore le lendemain , deux ou trois selles dures a?ee 
tenesmes , quelquefois constit>ation , puis naus^es et ga et 1^ ansa 
des douleurs et des tiraillemens dans les membres. Ge tuaiulte, que 
Barbier qualifie de pneumateux intestinal, n'a pas lieu dans tous les 
cas. Le cincbonine n'agit quelquefois pas du tout sur certaines per- 
sonnes , ou bien ses effets primitifs sont si legers et si f ugiiifs qu*oi 
n'y prend pas garde. 11 aitribue cette difference d'action physiolo- 
gique du medicament k Tetat d'irritaiion plusou moins grande deb 
muqueuse intestinale , et il regarde comme pariiculierement proprei 
h en ressentir les effets les individus sujets k des malaises , h une 
anxiete dans la region epi^jaslrique , k Toppression , a des battemen 
de coeur , a des crampes, etc. Chez une femme qui avait eu une fii- 
vre gastrique et dont Tappareil digestif , ainsi que TannonQaient des 
coliques , se trouvait encore dans un ^tat d'irritation , une dose dei 
grains de clnchonine provoqua de la chaleur dans le ventre , une 
grande soif, huit selles peu copieuses et des ardeurs tres- fortes a Fa- 1. 
nus. Chez une autre , atteinte d'une fievre quarte , six doses de cin- 
cbonine administrees deux heuresavantle paroxysme ne produisirent 
rien jusqu'a Faeces. Mais a mesure que le froid augmenta , les sym- 
ptdmes medicamenteuxse manifest^rent en m^me temps que ceuxde 
la maladie. lis consist^rent en une sensation de chaleur dans le go- 
sier , une violente douleur dans le creux de Festomac , des coliques 
accompagn^es de brulemens , de gargouillemens dans le bas-ventre 
et des vomissemens. Ces accidens, qui tourmenterentbeaucoup la ma- 
lade, persisterent deux heures et ils se renouvelerent a chaque nou- 
velle dose. Elle n' avait rien eprouve de pareii , ace qu'elle assura, 
dans les paroxysmes pr^cedens. L'accfes lui-meme dura beaucoup 
plus long •temps. Le troisieme jour , elle rcQut une nouvelle dose de 
6 grains et presque immediatement aprfes le froid se fit sentir. Elle 
vomit pendant un quart d'heure, se plaignit d'un ballonnement dou- 
loureux deFestomac, d'une forte chaleur dansle ventre , dei^ires 



AEYim DB Lk miDBGINB SPiciFIQtB. 349 

coliques et de constipation. La fi^vre elle-mdme dura tr&s-longf-temps. 
Afin d'apprendre i connattre d'une'maniire plus precise les effets du 
cinchonine et de pouvoir les comparer avec cenx que nous venons 
d*^num^rer, Barbier administra le lendemain , jour d'apyrexie , six 
nouveaux grains de cinchonine. La malade n'en trouva pas le gout tr^s- 
amer , mais il lui resta dans le gosier une sensation d'&cret^ , d'elan- 
cement, qui persista long-temps. Quatre beures apr^s, elle eprouva 
une soif violente et une sensation de chaleur tris-forte dans le creux 
de Testomac ,dans le ventre et dans leslombes ; il n'y eut pas cette fois 
de yomissemens , mais deux selles. Le lendemain , elle ^prouvait en- 
. core de la chaleur dans le ventre , et apr^s une nuit sans sommeil elle 
se trouvait dans un ^tat d'lrritation et d*^chauffement. Si la fi^vre 
ne fut pas couple ou interrompue , Barbier i'attribue k ce que le cin- 
chonine fiit donn^ trop peu de temps avant le paroxysme , en sorte 
que le medicament n'eut pas le temps de d^velopper son action. 
n se proposait de continoer ces experiences , lorsque la malade 
panit. 

J'ai observe moi-m^me les symptdmes suivans cbez les malades h 
qui j'ai fait prendre du cinchonine. Chez la femme Schwarze, qui 
souffrait d'une fiivre quotidienne, un demi-grain de cinchoninum sul- 
phuricum occasiona un ballonnement du ventre et des tranch^es si 
violentes que la malade ^tait dans la plus grande anxiete. De Toed^me 
se montra aux chevilles. Le medicament , administre pendant la p^- 
riode de froid, diminua, il est vrai, la duree et rinteosite du pa- 
roxysme, mais il ne Tempecha pas de revenir avec plus de violence. 
Au reste, j'ai remarque chez plusieurs fievreux trait^s par le cincho- 
ninum sulphuricum un phenomene tout pariicuiier. G'est que les fices 
sortaient en masses compactes et en quantity extraordinaire, en sorte 
. que Tanus etait douloureux et montrait quelques traces de sang par 
suite vraisemblablement de la dilatation du coecum etde la lesion du 
consirictenr. Chez un homme aussi, qui etait d^j^ vieux etqui souf- 
frait d'un rheum, muse, dors.^ mais qui n'avait jamais eu de disposi- 
tion aux hemorrho'ides, un quart de grain de cinchonine, deux fois 
par jour, pendant plusieurs jours, amena, apr^s une longue consti- 
pation, une selle tr^s-dure, en sorte qu'en pressant il fit sortir beau- 
coup de sang au milieu de violentes douleurs de Tanus. 



860 ASYtm HE LA MiDRGINB SPtoflQUX. 

Chez an homme atieiot d'one fidvre quarte, j'ai observe qa^aprii 
qnatre doses de trois grains de cinchoninummlphurictun^ il se d^cbn 
unacc^s de froid d'une demi-heure, horsdu paroxysme, accompagii 
de soif, inapp^teoce, baleine courte, grande lassitude des jambei, 
enflure des pieds , id^es sombres et melancoliques. L'acc^ attends 
n'eut pas lieu. Au bout de quelques jours, le malada moarat aafai- 
tement pendant uae apyrexie. A Tautopsie, on fut frapp^ de troufer 
la corps prive de sang d'uoe maniere extraordinaire. On remarqvi 
aussi un ramollissement central de la moelle ^pioiere (1). ' ^ 

Madame M..., dg6e de quarante-huit ans, maigre, nerveiiae, anit 
^ reglee & T&ge dedix-neuf ans. Sa mensiruation^toujoura copiawi, 
avait cess^ deux ans auparavant. Elle avait fait onze enfana, dontoK 
fausse couche. Elle avait ^le aussi atteioie une fois d*une m^trop- 
rhagie accompagu^e de sympt6mes tr^s-graves. Depuis troia moil 
elle soufirait d'une leucorrhee que des bains simples avaient d^ 
beaucoup diminuee, ensorte qu elleetait souventdes journeeseaciirs 
sans en apercevoir de traces. Ses forces, qui avaient baisse, s'^taiM 
relev^es aussi, malgre Tabondante transpiration qui se deelanit 
au moindre effort. J'ajouterai qu'elle avait depuis quelque temps m 
catarrhe simple pour lequel elle n'avait pas cru n^cessaire de same 
un traitement medical. Le 16 et le i% juillet 1830, elle re^nt, le soir, 
la premiere fois un grain, et la seconde, deux grains de ctjtejbii. 
sulphur. tritur6s avec autant de sucre de lait. ¥ne heure aprte h 
premiere dose, il y eut des rapports, des gargouillemens dans le veatn 
qui contiuu^rent la nuit et jusqu'au lendemain matin. Le leDdeffith 
alle ^prottva des congestions et des cbaleurs ^ la t^te« La aecoade 
dose provoqua les m^mes accidens, et, en outre, des bourdonnemeas 
d^oreilles pendant la nuit, une cepbalalgie frontaie pressantea bas van 
les yeux , s'exacerbant au mouvement , de la chaieur dans la tto , 
surtout autour des yeux, et une sensation d'assoupissement qai ki 
fermait a chaque instant les paupieres. Le lendemain, soda continael 
dructations d'air et gargouillemens dans le ventre avec app^it bon et 
selle reguliere, puis dechiremens dans le dos vers T^pauk droite 
douleurs et tension dans la nuque au mouvement, lassitude et som- 

(t) Harimann el iVbacfe, Loc. cit. Vol. II , p. 344. 



Bolenoe, sommeil plein de r^yes la nuit et r^veil en snrsaut. Le 
deuxiftme jour, ces symptdoies ayaient tous disparu. Madame M... se 
irouvait parfaitement bied ; la toux ayait ceas^ et la transpiration n*a 
pas reparu depuis. 

Julienne Pierstch, femme de chambre, Agee de yingt-oinq ans, 
brune , k la taille fiancee ^ d'uoe constitution yeineuse ^ an teint 
de cire 5 d'un tempiSrament irritable , faiblement menstru^e , se 
plaignait depuis quelque temps d*oppressiott de la poitrine et de 
douieur pressiye au-dessous du sternum ayeo manque d^air et humeur 
larmoyante% Digestions bonnes, mais quelque dispositioa i la consti* 
pation. Elle prit, le 46 juillet i839, le soir, un grain de sulfate de 
dnehonine tritur^ ayec du sttcre de lait. Le lendemaiUi elle me dit 
qu'elle soufflrait d^^roctations k yide, de toumoiemens dans le yentre 
<|ui^tait lendu, ayec (Amission d*une grande quantity de yents. En mime 
temps,ellese sentaii ttnel^gteet6 siogulidre dansles membres,et eprou- 
yai€unbien-£tre td qu'elle n'en avait pas ressenti depuis knig^emps. 
Dans Tapr^-midi, elle f ut prise d'une ctiphalalgie frontale ayec pres- 
sion sur ies yenx» EUe eut deut selles molles. Mais elle avait sur- 
lottt a se plaindre de yiolens besoins d'nriner s^annon^ant par une 
douieur, qui, des deux cdt^sdubas-yentre, r^pondait dans lesparUes 
g^nitales et la for^ait h Mcher fr^uemment une grande quantity 
d'urine. Gette douieur diminua pen k pea et finit par disparaitre. 
L'urine d^posa on (Spais sediment blanc, floconneux. Le 17 juillet, 
dans la soiree , elle prit une nouyelle dose de deux grains. Le len- 
demain, m£mes sympl^es qu'apnis la premiere, mais plus internes, 
«c au lieu de la sensaiioii de l^g^rete dans Ies membres, elle y ^prouya 
plutAt nne grande lassitude et une sensation de brisure. Le 19 juillet, il 
M'existait plusaucune trace de ces symptAmes.Denx selles chaqne jour 
pendant rexp^rimentation. Lesdonleursde poitrine n'ont pas repam. 

Wilfaelfliine Dies, jeune psysanne de dix-neuf ans, bien portanle, 
grande et forte, bien foite, d*une humeur douce, r^li^rement mens- 
trua, et n'^pronvant aucune esp^e d'incommodit^, k Vexceplibn 
d'ane indisposition k saigner du nez, prit, le 24 et le 27 juillet 1839, 
le matin k jean , deux grains de sulfate de dnehonine^ Iriture ayec 
Bue ^gale quantity de sucre de lait. Le 1*' aoAt, on me manda que 
depuis le 34 joiUel elle se plaignait beaucovp d*61ancemen$ dans le 



I ■ «■ I « ^ 



352 BEVUB DE LA M^DBGINH SPBGIFIQUB. 

cdt£, se faisant sehiir par acces taotdt d'un c6t^, tantOt de Tantre, ei 
s'exacerbant surlout au mouvement. Cesdoulearsavaientcess^le se- 
cond jour, et n'avaient point reparu le troisi^me ni le quatrieme ; mail | 
etaient revenues le cinqui^me et n'avaient plus discontinue depuis. Le 
ciaqui^me jour, c'est-ii-dire le 28 juillet, elles s'^taient retirees dat- 
vantage vers le dos, dont elles occupaient toute la longueur, at elks 
semblaient s'^tre fix^es particuli^rement entre lesomoplates. Le pre- 
mier jour, 24 juillet, il y avait eu deux selles et trois ^Dfiissions dV 
fine; le second, une selle et quatre Amissions d'urine ; le troisiime, 
deux selles molles et sept emissions d'urine, et le quatrieme, qaatre 
selles molles et seulement trois emissions d'urine. Depuis le cinquitee 
jour, une selle et trois ou quatre emissions d*urine par jour, reguliire- 
ment. Tous les matins, c^phalalgie, occupant toute la t^ie ayecM- 
quens tintemens d'oreilles, soif ardente , surtout le sixidme etk 
septieme jour ; chaleur dans la boucbe, appetit d'abord plus que mk- 
diocre, mais fort depuis le septieme jour, fr^quentes ^ructatioB, 1 
ballonnement du ventre , forts borborygmes , toux grasse , focte, Il 
^branlantla t^le, accompagneed'une chaleur pressive sous iesterniuDf 
depuis le cinqui^me jour ; et enrouement depuis le sixieme jour, avec 
sensation dans la gorge, comme si elle avait ete bruise par des boii- 
son chaudes, et comme si quelque chose etait arr^t^ dans le la- 
rynx. Beaucoup de chaleur le soir, avec transpiration, surtout la nait 
Enfin tremblement des membreset lassitude. Le neuvieme jour, 1" 
aout, tcint pale et yeux enfunces. 

Le l'"" aoiit, dans la soiree, nouvelle dose de deux graius de cincht^ 
sulphuric, Les douleurs lancinantes, dont il n'existait plus de trace 
depuis la veille, ne reparurent pas non plus jusqu'au 5 aout ; mais, ce 
jour-la , elles se manifest^rent de nouveau et durerent jusqu'au 8. 
Elles semblaient partir du dos et s'^tendrede la dans les hypochondres; 
elles cessaient quand la jeune fille se tenait debout ou assise, mais 
elles reparaissaient quand elle etait couchee ou respirait profonde- 
ment. En ouire^ toux grasse avec expectoration muqueuse, venantde 
la profondeur de la poitrine, et enrouement qui persistait depuis le 
sixionie jour de rexj^^rimcntalion. La respiration lui manquait quand 
elle marcliait vite. La sensation de chaleur et de brulure dans Tia- 
K^rieur de la boucbe et de la gorge n'avait subi aucun changement 



BSVUB BE Li MEDEGINE SP]SCIFIQl]£. 353 

Le 7 aotit, il se declara une c^phalalgie qui occupait toute la (^(e, se 
manifeslait quand elle se penchait et s'accompagnait d'une sensation 
d'h^b^tement* Le 8, cette c^pbalalgie avail dej^ disparu. Elleajou- 
tait dans sa lettre un postscriptum relatif au dernier jour. Lorsqu'elle ^ 
voulait forcer la vue, elle avail un voile devant les yeux. Avec un ap- 
p^tit bon, elle avait la langue couverte au milieu d'un l^ger enduic 
muqueux. Les selles et les Amissions d*urine n'ofAraient rien de nota- 
ble. Elle avait toujours une chaleurseche h la t^te; vers midi, le pouls 
donnait soixante-cinq pulsations par minute , et ^tait petit, faible, 
lent^ r^gulier. Ses regies avaient anticip6 de huit jours, et avaient 
coul^ en moiodre abondance qu'^ Tordinaire. Le iO aoAt, elle 
^prouvait encore par momens des dancemens dans les c6t^s. Elle 
n*en avait ressenti aucune trace la veille, mais, par contre , elle 
avait un pen de c^phalalgie frontale, et le sentiment d'h^b^tement 
persistait sans modification. La respiration lui manquait encore, mais 
moins, lorsqu'elle marchait vite. La sensation de chaleur dans la 
bouche, d'dpret^ etde grattement dans la gorge n'avait point cesse, 
et avait it6 particuli^rement forte la veille. Elle ne se plaignait plus 
de I'enrouement, qui semblait cependant reparaltre lorsqu'elle s'^- 
chauffait, comme Q'avaittSti^ le cas la veille. A dater du d2aoAt, 
aucun sympt6me ne se manifesta plus. 

Wilhelmine Waltber, domestique, ^g^e de dix-sept ans, d'une con- 
stitution veineuse et d'un caract^re doux, petite, mais bien faite, a 
r^paisse chevelure noire^ aux yeux grands et bruns, au tcint blanc, 
s'^tait toujours bien port^e; seulement elle pretendait avoir de 
temps en temps des ballucinations. Ses r&gles n'avaient point encore 
paru. Depuis long-temps elle ressentait tons les mois des tranchees, 
des douleurs lancinantes dans le bassin et des pressions vers le 
pubis. Depuis le 3 aoAt, les molimina mensium avaient reparu nom- 
moment au milieu de vomissemens d'eau*, inapp^tence, salivation 
en parlant ; pression dans le creux de Testomac et la region du foie, 
s^exacerbant ^ la pression exterieure et auploiement du corps; selles 
rares et dures ; douleurs lancinantes dans le bassin ; bourdonnemeos 
d'oreilles; c^phalalgie quand elle se baissait ; cbaleur.de la peau et 
pouls plein, mou, regulier. 

Le 7 aout, k sept heures du soir, elle avala deux grains de cinchon, 
IV. 23 



354 BBVUB DE LA HEDfiCINE SPEGIFtQUE. 

sulphuric.^ dissous dans de Teau. Apres une nuit paisible pais^e dans 
ua sommeil profond, cllc sc piuigiiil de malaises, qui dur^reot pef^ 
dant toule la journee, d'envies de vomir, d'eructalions a vide, 
d'afllux d*eau dans I a bouche, surtout dans la matinee; peu d's^ppe- 
tit ; soif aprds midi , et emission frequente d*une graode quantity 
d^urine claire. Vers le soir, une selle dure, peu copieiise. Daq^ i| 
matinee, de dix lieures ik midi, horripilation qui ne fut pas suiyie 49 
cbaleur on de sueur ; Tembarras de la t^te auginf;i)t9 ^ 0U§ s'^t^it 
seqii la t^te entreprise des Tinsiant ou elle s*etai( ^veijl^Q \ cq sinpn- 
ptdme s exacerha de plus en pli|s au (njlleu de p)*essiQ|qi ^g^s |qs 
ypux jusqu'a sixheuresdu soir, oil il s'y jqignit de^ veftiges. Grs|Q49 
lassitude dans les pieds pend«)nt toqie )a JQurpei^. 4 cU^ llfiur?^ dV 
soir, poulsrapide, peu accelere, mou, regulier. 

Le 9 aojit, ceite jeune fille se plaigijit d'avqir p?iss^ URe mauYW 
nuit, iroublee par de frequens r^veils. Elle eut tout ail mMiQ W 
selle moile, et, dans la matinee, se declarerent des douleiir^ <1q<]qi, 
enlre les epaules , qui , ainsi que la douleur pressive d«)P^ le prciVI 
de Testomac et la region du foie, furent les principuu^ ^yniPtAina? 
de la journee. 11 s'y joignit ^^pr^s-midi dc3 malaises, de fr^quente§ 
^ruciations aigres et des bourdonnemens d'oreilles. Sella normalf; 
secretion et excretion des utines considerablement augoieatee^, — 
Le 10 aout, les deux premieres vert^bres dofsales etajent dotllot^' 
reuses a la pression du doigt. Depuis le noatip^ douleur dechiraqte et 
serranie dans le coLu gauche du bas- ventre, allant saqs cesse ev 
augmentant, pendant toute la journee. Elle persistait eqeore le leu- 
demuin, 11 aout. Ce jour-la, se manifesta un qQuveau syq)pt6me qq^- 
sislanten une grande s^cheresse avec ^prete dans la ^orge. A nfiidit 
avant de diner^ elle ressentit un malaise passager et des envies ^e 
vomir. Apres-midi, en marchant au grand air, cephalalgie ayec vepr 
tige, el soif violente. — Des lors lessympiomes disparureat presqi^ 
pntierement, a Texcepiion dun peu d'embarras dans la t^te ^e 
temps en temps. Mais^ le 22 aout, la jeune fille reeoounenQa ^ ^e 
plaindre , priucipalement de Troid ; il lui semblait qu'OQ riaopd^ 
d'eau froide ; en outre , maux de t^ie , de reins et de veatre. Le 
matin, deux selles diarrheiques. Deces accidens, il ne restai( le Ian- 
demain que des maux de ventre, qui n'avaient point encore disparu 



t 






*^•^> 



HEVtJE t)E LA M^DECINE SP^CIFlQUE. 355 

le 24, oil elle ressenlit aiisM des tournoiemens dans la i^ie, avec 
inappeteoce el une selle dure, douloureuse. Dans la naaiinee, je lui 
fis prendre une solution aqueuse de deux grains de cinchoninum sid- 
phuricum. Apr^s-midi , violente cephalalgie frontale;le soir, froid 
(devant le feu de la cuisine)^ et la nuit, sommeil agite, plein de r^ves. ■ Jfi- 
Malheiireusement , je fiis empi§che les jours suivans de spi^re le 
coors de mes observations , et je n'ai pas entendu parler depuis de 
cette fille. 

Laurentz Fritz (1), aide-chirurgien ,i ag6 de vingt-cinq ans, se 
soumit, dans Tautomne de 1838, a rexperimentation du sulfate de 
cinchonine, Gelte experimentation dura du 20 octobre au d2 no- 
vembre , par un temps assez serein , mais quelquefois trouble et 
nuageux. Le 20 octobre^ a dix heures du soir, il en prit un grain. II 
trouva que le goAt de cette substance ^tait amer comme celui du 
quinquina; mais il lui resta,moins long-temps dans la bouche. — 
21 octobre. Pendant toute la journee, beaucoup de soif ; pincemens 
dans le ventre , dans la region ombilicale. el sortie de vents tres- 
puans ; constipation ; sommeil agile la nuit suivanie. — 22 octobre, 
& neuf beures du matin, pouvelle dose de quaire grajps. Bientdt 
aprte malaise ; rapports et sortie de vents par Tanus , durant deux 
jours encore tout aussi abondante. Pas de selle. — 24 octobre, l^ 
soir, six grains. Bient6i apres, malaises, et dans la nuit endolorisse- 
ment g^n^ral du corps. — 25 octobre. En s'eveillant, cepha}a|l^ie, 
comme si la t^le allait eclaler, forte surtout dans I'occiput, avec tin- 
temens d'oreilles ; epais enduit jaune , cotonneux, a la racine de )a 
langue, dont les bords sont nets, humides; faim sans appelit ; bal- 
lonnement du ventre apr^s le repas ; tranch6es dans la region ^pir 
gastrique, plutdt du cdte droit, durant toule la journee ; g^rgoijille- 
ment dans le ventre ; constipation ; emission plus abondante d'urinp. 
avec sensation de brAlement dans Tur^ihre; douleurs lancinantes 
dans la gorge en avalant, comme des piqAres d'aiguilles; respiration 
sifflante ; oppression de la poitrine ; sensation comme si la poitrine 
£tait entierement vide ; pendant toute la journee , froid et claque- 
ment des dents ; grande lassitude ; il pouvait a peine se trainer; et 

(1) Joarn. fur ATzneimittellehre. Vol. II, p. 183. 



356 RGVUG DE LA MEDKCLVE SPEClFlQUE. 

il dut se coucher apr^s-midi; enfj^ourdissement des membres dais 
touie espece de position. A dix heures du soir, chaleur dansle front, 
s'etendant de la sur tout le corps ; violente transpiration « et soif h 
i *' nuit ; maux de reins ; tout le corps douloureux, surloat les yeax, les 
-*•" oreilles et les parties g^nitales. — 26 octobre. Tous les symptdnMi 
persistaient. Bourdonnemens d'oreiUes; soif; eructations; grande 
lassitude ; tremblement des membres ; le soir, froid ; cbaleur stehe, 
et la nuit sueur douce&tre, et ayant une odeur morbide. L^arine 
deposa un sediment blanc. — 28 octobre. L*^tat resta le m6me le 
27, et, le 2S, Fritz eut surtout k se plaiodre d^uoe cephalalgia mar- 
telante, occupant principalement le cdte {>aucbe, laquelle s*exacer- 
bait quand il se penchait, ainsi que de tremblemens des membres, 
et dune grande faiblesse musculaire. — 29 et 30 octobre. T6te et- 
treprise, avec vertiges le matin, plus forte quand il se penchait ; fort 
app^tit. Depuis huit jours, chute abondante des cheveux. Doa 
jours apr^s, la c^phalalgie n'avait point encore entierement dispara. 
Le 7 novembre, k dix heures du soir, Fritz prit douze grain 
de cinchon. sulphuric. Imm^diatement apres, grand malaise ; bean- 
coup de soif et de sueur, et sommeil agite la nuit suivante. — 8 no- 
vembre. En se levant, violente cephalalgie frontale, r^pondaot 
dans Tocciput ^ durant jusqu'^ midi , puis discontinuant pendant 
quelques heures et reparaissant pour durer jusqu'^ ce qu*il se 
couch&t. En outre, chaleur dans la t^te, tintemens d'oreilles, Eructa- 
tions, selle paresseuse a midi. Traces d'^Iancemens dans la poitrine, 
plut6t du cdte droit vers le creux de Testomac, dans la region de 
rinsertion du diaphragme. Sensation comme si les yeux etaient en- 
fonces dans la t^te. Obscurcissement de la vue par moment. — 9 no- 
vembre. Face pale, air miserable, soif, lassitude, yeux ceroids de gris- 
bleu, cephalalgie frontale jusqu'au soir, somnolence, tremblement, 
secretion d'urine augment^e, forte transpiration la nuit — 10 no- 
vembre. Violens maux de i^ie; selle normale comme la veille. H 

novembre. Cephalalgie, vents excessivement puans, gargouillemens 
dansle venire. — Lelendomain, lous lessympt6mes disparurent a 
I'exception de la lassitude generale qui persista encore long-temps. 
Lo docteur Otton Piper (i), de Bernburg, prit, le 7 fevrier i83 9 
H) Journ fur ArzneimtUellehie. Vol. II, p. 457. 



REVUE DE LA MEDEGINii SPECIFIQUE. 357 

dixheuresdusoir, huit grains dednchon, sulphuric. Leguutamer ne 
dura qu'une ou deux minutes au plus, et fit place i un gout douceatre 
faible. Pendant une demi-heure, un peu de grattement au larynx. — ? .\<(^ 
Lc 8 fevrier, le matin, face forlemenl tum^fiee autour des yeux, ce ^.JsL 
qu*il sentit en ouvraut les paupieres. Apr^s midi, pendant qu'il etait 
assis, epistaxis subit; le sang ^lait tr^s-liquide et rose. L'urine li- 
chee le matin etait p&le, et, au bout de vingt-quatre beures, eile d^- 
posa un sediment muqueux de couleur vert-brun ; elle avait une odeur 
putride. L'urine lichee dans la journee ^tait plus satur^e, et le sedi- 
ment qu'elle avait depose le lendemain etait couleur de brique. Du 
reste, la secretion de Turine parut diminuee (trois evacuations au 
plus par jour). — 9 fevrier. L^urine offrit les m^mes pb^nomines que 
la veille, avec cette seule difference que celle qui fut lichee dans la 
journee ne deposa aucun sediment et montra des qualit^s normales. 
Celle du matin, au coniraire, deposa de nouveau, au bout de vingt* 
quatre heures, un sediment muqueux ou farineux qui se couvrit, a da- 
ter du 11, d'une legere croAie rouge. Elle avait elle-mfime une cou- 
leur olive. Des lors, lout renlra dans Tordre. 

fiirckner, de Dessau, candidal en medccine, ag^ de vingt-lrois ans, 
d*une constitution veineuse, scrofuleuse, de taille moyenne, au teinl 
vif, avait souffert long-temps dans son enfance de la coqueluche, avait 
eu ensuite la rougeole, et a Tage de dix ans une scarlatine assez be- 
nigne, a la suite de laquelle s' etait developpee une anasarque conside- 
rable. On avait durecouriralaparacentese, etil lui en ^tait rest6 une 
fonle d'incommodites, contre lesqueiles on avait present beancoup de 
belladone. II se souvenait, entre aulres et surtout, d'une affection de la 
poilrioe avec expectoration extr^mement abondante, et accidens in- 
flammaioires detemps en temps. Les suites de cette maladie f urent une j 
grande faiblesse, un amaigrissement extreme et une deviation de la 
colonne vertebrale, provenant sans doute de ce qu'il ^taitreste long- 
temps couch^, mais qui se redressa d'elie-m^me. Apr^ssixmois de 
souffrance et une convalescence de trois mois , il fut parfaitement 
gueri. Dans Tintervalle, on lui avait fait une fonianelle au bras droit ; 
. .sps souvenirs ne remontaient pas au-dela de cette maladie. 11 s'6- 
tait assez bien porie depuis, seulement il avait el6tr6s-sujet a des 
maux de denlS; accompagn^s presque tons les mois d'enflure de la 



■I" 



y?. 



■ 1 • 



358 REVUE DE LA MADELINE SP^CJFIQUE. 

jooe et d'ulc^rations des gencives. Depuis quatre ans, il en 6udt di- 
livre; 0iais, par contre, depuis quelques ann^es, principalementi 
Tentree de Thiver^ il ^tait frcquemment auaqu6 d'un leger catarrlie, 
sans £tre d*ailleurs dispose aux refroidissemens. U y avail deux an 
qu'il avait ressenti pendantT^te quelques sympt6mes d*h4inorrboides; 
il s'^tait m^me forme des nodosit^s hemorrhoidales borgnes ; maisil 
n'en avait apergu aucune trace Tano^e precMente. Enfin, il ^tait 
constamment enclin a la constipation , en sorte qu*il n^avait guire.de 
selle que tous les deux jours. 

L'experimentation fut faite, a Leipzig, entire le 26 fevrier et le 
S mars 1839. 

Le 26 fevrier, k huit heures du matin, Birckner prit quatre graitf 
de cinchon, sulphuric, tritures avec autant de sucre de iait. Le poois, 
paisible et regulier avant la prise, et donnant cinquante-six pulsatiov 
par minute, s'etait elev^, deux heures apres, k soixante-dix ; h den 
heures apres-midi, a quatre-vin^jt-quaire, et elait redescendu, h dii 
heures du soir, a cinquanie-quatre. II n'eut pasde selle. La quantiti 
d'urine evacuee en quatre fois fut de trente-cinq onces. Deux fbis, 
Birckner, ce qui etait d'ailleurs souvent le cas , y apergut un depdl 
L^urine reagii comme un aci je ; elle n'avait pas de couleur partico- 
liire. Birkner eprouvaen outre, a dix heures du matin, des pressiou 
dans la region de Testomac, et, a sept heures du soir, aprds souper, 
des pressions pareilles, mais plus a gauche. 

27 fevrier. Le matin, pouls k cinquante -quatre pulsations par im- 
nute ; a midi , a quatre-vingt-deux ; le soir , ^ soixante , sans autre 
modification notable. A dix heures du matin , selle plus paressease 
que d'ordinaire. En quatre fois , emission de quarante-trois onces 
d'urine dans laquelle il remarqua une fois, le matin, un sediment. Pas 
d'accidens pariiculiers ce jour 15. 

28 fevrier. A sept heures du matin, froid au lit, tranch^es, Amis- 
sion de vents par le bas. A huit heures, quatre selles en bouillie, diar- 
rh^iques. Les tranchees et les gargouillemens persist^rent pendant 
toute la matinee ; il s'y joignait quelquefois une sensation de pulsa- 
tion dans la region de Testomac, et du froid, surtout dans le creux de 
Testomac. A onze heures , nouvelle selle diarrheique. En cinq fois, 
Evacuation de trepte-cinq onces d' urine oil trois fois il se forma on 



BEVU£ DB Li M^DEGirrS SPECIFIQUS. , 35d 

sMitnent. Le.matin, pouls a ciaquante-six pulsations par mioute ; & 
deuthetires de Tapr^s-miJi, ^ soixante-quinze ; h neuf heures dd 
soir, ii soixante-quatre. 'v- 

i niat*^. P^% de ^6)le.'En cinq fois, Amission de ctoqtiante-siit oace^ 
d'drine oh Tbti remarqua deux fois uti sediment. Le matin , poiik Si 
cifiquante-deux puhalions ; ti Midi, 3i soixanlis-dlt-huit ; 1e soir, ii 
clftqtiabte-quatre. 

S mat's. Ginquatite-tiebf bnce$ d'urin6 e& six fdi& , une ^ois An s^- 
dttheftt. t^Astipatiota. Le thatin, pouls 5 cibq&antb-qu&ttne puUatiOrts; & 
midi, h quatlrb-ViOgts ; 16 soitr, ^ soixar^le-deU^. 

3 maf^. A huit hidures du maliti , pl'ise deliiiit gicatns dt& tinckonih. 
sulphuric, tritures kvec auianl d^ siiicre delait. Le pouh dontiait, & 
<i($tte faeut^, dnqtiatite-cinq puUati'oioi§ pat itiititlle ; au boiit dc deux 
hetin&S, ils'^letaiSoixarile-hdli; apiris-midi, 5 quatre-tingt-huit ^ 
ptils ii redescebdit , h h^uf heui^^ du sbir , a ^oixante-buH. Dutre \i 
pttti gVande ft^d^dent^, il thonttatt Un peu db rnpidlt^ et d6 dumi. 
Bientdt apres la prtse, 11 sb d^clara des fris^ohs (}ul revinretit plusievil^ 
Ibis danis in inUttnlBe, mais dispaturebt aprfesmidi. A dix hietites, 
s«iltd pim ett bbuilii'e et plus moile qu"^ I'bi'dinaife. Vers la mem«i 
hfeure, H cbittttienoa 6 ressehtir deTembarraS dans laytci fet une sien*- 
iiM^ti cbttiibte ^i \% tevvead avait abgmenie de volurtio. fin mftme 
temps se decliT^rent des iranchees, une j^ensalipn de pleniuide dan^. 
h tefitte et tibe dobleup dans le cfeux de Teslomac qui s'exacerbait 
5!api*e$sten, av^ oppression sbrU poilriYife et respitaiion raplde 
(symptdme)^ qtii nfe^e renbuveferefit pas apt-fes midi}. A oiize lieiires, 
!a tM^ etait itbrfe de noaveau ; mais, i trbis heUres apt fes midi, la ce- 
friialatg[ie Meparut , se clian ji!a en one pesanteur considerable db la ■* 
t^e, bt attetj^nit Ver§ \Tb soit* la plus gfatide ibiebsit^, 6n adoptant d^ 
plus en plus la forme d'une douleur prftssive bt occupant principate- 
ttient Vobcipnt et la sulurb cbronale. La plenitudb dans le ventre , les 
tranch^es avec gargouillemens et la douleur dans lb creux de Testo*- 
Eliac pbrsisterBht tbute la jouri«5e. II s'y jolgntllttapp^tence, friS- 
quentes eructations et emission de vents par le bas. A neuf heures dn 
soir, il se d^clara unb violente chaieur sur tout le corps , avec forte 
tnrgescenc^ des Veinbs.Une g[rande lassitude le ibrga de se coucher 
db boone beurb. II Cvactra eft qtiatre Ibis qaarantb-binq tFbtes d'urine. 



360 RCVUE D£ LA M^DECINE SP^FIQUE. 

7 mars. La nuit se passa au milieu d'un sommeil tr&s-agit^ ; h neiif 
lieures du matio , embarras de la t&ie qui cessa vers midi ; a qoatre 
heures de I'apris-midi, ehaleur persistante h la t^te, avec extr6mit& 
froides , arrivee au plus haul degr^ a six heures, accompagnSe d'ane 
ehaleur brulaate generale et de s6cheresse de la peau. £a mdme 
temps, emissiou d'une grande quantity de vents par le bas et qael- 
quefois par le haut. A neuf heures du soir, k la ehaleur de la t6te se 
joignirent de Tembarras, une douleur pressive et uue esp^ce d^^tourdis- 
sement. Tout goftt pour le travail avait disparu , les id^es indme Ini 
manquaient. Le malin, pouls k cinquante-six pulsations par minute; 
i midi, h quatre-vingts ; le soir, k soixante-douze. ^Imission, en quatre 
fois, de trente onces d'urine qui d^posa chaque fois. 

5 mars. Sommeil agit^, mauvais. En s*eveillant, c^phalalgie, surtoit 
dans Tocciput, qui dimiaua lorsqu'il se leva. Le matin^ pouls k trenle- 
quatre pulsations par minute; k midi, k soixante-huic; le soir, k cin- 
quante-huit. En cinq fois , emission de cinquante^six onces d^nrioe 
dans laquelie il n'aperQut un sediment que le matin. 

6 mars. Apr^s une nuit paisible, pouls, le matin, k cinquante-qnatrs 
pulsations ; k midi, a soixante-seize ; le soir, de nouveau a cinquante- 
quatre. A neuf heures du malin, selle de la consisiance ordinaire. Eb 
six fois, Amission de quarante-neuf onces d'urinequi trois fois depott 
un l^ger sediment. 

7 mars. Le matin ^ pouls ^ cinquante-trois pulsations; k mi(li,i 
soixante-douze , le soir , a cinquante- quatre. En quatre fois , 6nM* 
sion de cinquante-six onces d'urine ; deux fois , un sediment. 

8 mars. Le matin , pouls a cinquante-quatre pulsations ; k midi^ i 
soixante-seize ; le soir , k cinquante-sept. En quatre fois , ^missioB 
de quarante-cinq onces d'urine , une fois , avec sediment ; k deux 
heures apres midi , selle normale. 

Robert Hermann Geyer , candidal en medecine , Age de vingt- 
quatre ans , de stature moyenne , d'une constitution robuste , avait 
eu , deux printemps de suite , a T^ge de dix et de onze ans , une in- 
flammation de poitrine. A seize ans ^ il avait eu alutter long-temps 
centre une fievre nerveuse, alors epidemique, a la suite de laquelie ses 
cheveux etaient tombes en abondance , et quelques-uns avaient gri- 
Sonne suriout au vertex et a Toceiput. Jl dix-huit ans , il avait souf* 






BBYUE BE LA MJ^DEGINE SPEGIFIQUE. 361 

fert pendant quelque temps d'une induration des glandes de la in&- ' 
choire inferieure , qui avaient acquis la grosseur d'un oeuf de pigeon. 
Depuis cette ^poque, il se portait bien. Pendant rexp^rimentation , 
il suivit un regime tr^s-simple , sans se priver du tabac auquel il etait 
habitue. Ses observations eurent lieu entre le 3 avril et le l^^'mai 1839. 

3 avril. A neuf heures et demie du soir , il prit deux grains de cm- 
chonin. sulphuric, Le lendemain matin , manque d^appetit et sensation 
de plenitude dans Testomac, eructations ayant le gout d'oeufs pourris 
et grand abattement. Apr6s diner , sensation de plenitude doulou- 
reuse durant quelques heures et pression dans Testomac. La nuit sui- 
vante , sommeil accompagne de r^ves anxieux. 

4 avril. Adix heures du matin , raideur douloureuseMe la nuque; 
a dix heures du soir , d^chiremens d'estomac. 

6 avril. La nuit prec^dente , il avait ete r^veill^ par des douleurs 
sous le sternum. U luisemblait que la partie inferieure du sternum 
£tait tir^e de dehors en dedans ou comprimee. 

7 avril. Apris midi, grand rel&chement et paresse. Continuation 
de la douleur pressive sur le sternum. 

20 avril. A neuf heures du soir , prise de quatre grains de cinchon. 
sulphuric dans de Teau. Dans la nuit, transpiration entre les omoplates, 
plus tard prurit qui le forga a se gratter. Le lendemain, grand abat- 
tement avec frequens b&illemens et pandiculations. La nuit suivante , 
transpiration. 

22 avril. Dans la nuit, une grande quantite de chassie s'amassa 
autour des yeux. Apr^s diner, de nouveau , grand abattement et 
pandiculations persistantes. Tr^s~peu d'app^tit, peu de chose le 
rassasiait. .< 

23 avril. Des le matin , grand abattement, douleur comme de bri- 
sure dans les bras ^ Tinsertion du muscle deltoide , frequens tres- 
saillemens indolens et fourmillemens k Torifice de Tanus , cessant 
parle grattement, oppression de la poitrine, comme si les cdtes 
^taient comprim^es en avant. Selle en bouillie ^paisse , sortant len- 
toment , malgre les pressions. Le constricteur de I'anus etait tr^s-re- 
lAch^ , comme paralyse ; le rectum , au contraire , etait r^treci , a ce 
que Geyer crut devoir conclure non-seulement de la forme des ex- 
cremens , mais encore d'une sensation inexplicable. 



362 BEYITE DE LA MlEDECIlfE SPEGIFIQUE. 

24 avril. Ardenrs dans Teslomac et dans la partie inferienre da 
gosier. Fr^quente sensation de pression sur la rc^gion du creux de 
Testomac. 

25 avril. Douleur persistante In travers et derriire la region bypo- 
gdslrique , comme provenant d*une accumulation de vents , i Aii 
h^ures dil matin; i midi, pression d'estomuc ; le soir, sans qu'ileftt 
fait d*efibrt , sensation de brisure dans les reins. 

26 aVril. Le matin, au lit, elancemens dans les cartilages de la cin- 
qniioie et de la sixi^me cdte du cdt^ gauche , durant une demi-hei^re. 
De temps en temps , retour d'une douleur martelante dans la moiiii 
droitedu front. Grand abattement pendant toule lajoumee. 

2^ avril. taucbemar dans la nuit. Bientdt apres rSves lascifsct 
Erections douloureuses, apr^smidi^ grande excitation de Tappitit 
t^nSrien et erections ; tension douloureuse h travers la poitrine. 

28 avril. Dans ia null , r^ves p^hibles , douleur dans les lobes u- 
terieurs du cervelet , comme si un reseau etait tir^ a travers la moeth 
de cette partie. Douleur de bristire dans les bras, dans la region de 
rinsertion du muscle deltoide. Son babit pent k peine tenir sul^ scs 
Spaules ; apr^s nn mouvement modere par un temps fraU , Su^dr u 
front. Tressaillemens involohtaires du second et du trdi^i^me dOigt 
dh la main gauche. Dans la main droile , douleur tranipoide tailflt 
ici, tant6t 1^ , sans mouvement de la main ou des doigts. 

29 avril. Douleur pressive sur la t4te comme si un lourd iPardto 
{)esait sur le vertex. Douleur pressiVe dansle front et soiis le sternum. 

i*' ihai. Apris une constipation de plusieiirs joiirs , une selle dh 
consisiance toute Co'ntraire h celle du 23 avril. Les excr^mi^iis iStaiM 
solides et epais , le consiricleur tr^s-vigoureux ; en outre douletit 
s^cative sbufde dans Tanus et de \k jusque dansle nombril , en m6me 
teiDps dans 1^ crenx de Testomac. 

On symplAme predominant pendatit les neuf premiers jours fot ttft 
grand abattement , insupportable surtout apris midi , au moins Itt 
cinq ou six premiers jours , tandis que , malgr^ la fratcheut* de ti 
temperature , les bftillemens et les pandiculaiions ne discontinuaient 
pas. Pendant tout ce temps aussi , peu d'npp^tit ; un pcti de soupe 
sutesait souvent pour le rassasier et lui remplir Teslomac. &nfiii tfb- 
lente Amission de vebts pisir le haut hi par le bas. 






RETUE DE LA Ml^DECINE SPI^CIFIQUE. 363 

S mai. Geyer se plaignit d'une sensation particuliire et d'une ten^ 
sion de cuir cheyela , ainsi que d'une douleur k la racioe deschevenx, 
comme s'il y avait du pus sous la peau , surtout du c6t6 droit. 

1 juin. II ressentit encore des tiraillemens dans les bras et des doH- 
leurs prineipalement dans les os des extr^mites. 

Je pris moi-m^me (i) le22 octobre d838, k neuf heures du matin, 
une heure apres led^'eAoer, quatre grains de oinchonin. sulphuric, 
en forme de cristaux. Le gout en est beaucoup moins amer quecelui 
du sulfate de quinine; il n'apascetarriere-gofitquirappelleceluidd 
muse, maisplut6t un arri^re-goiit douceatre , semblable^ celui ae 
Falun. A Tinslant de la prise, le pouls donnait quatrc-vingt-cinq pul- 
sations par minute ; trois quarts d' heure apres, il tomba k soixante- 
quinze, elk huit heures dusoir, a soixante-cinq. Leger tournoiement 
dans le ventre , caus^par des vents ; le matin, tension sensible dans 
la region stomacale, malaise qui dura plusieurs heures apr^s diner; 
selle plus abondante , plus consisiante d'abord qu'a Tordinaire, puis 
diarrh^ique ; k deux heures. apr^s midi, emission en quatre fois de 
quarante-et-un loths d'une urine jaune-vineux ; le soir grande lassi- 
tude dans les jambes. 

23 octobre. Sommeil parfaitement paisible, k cinq heures du ma- 
tin, pouls k soixante-six pulsations par minute; a dix heures, & 
soixante-dix ; k neuf heures dusoir, k soixante. Dureste, pouls faible 
et petit le matio. En quatre fois, Amission de trente-neuf loths 
d'arine. 

24 octobre. Le matin^ au lit, l^g^res tranch^es dans le ra^sogastre, 
for^ant iseployer , plus tard remontant vers Tepigastre et durant 
deux heures; soif toute la journee , soixante-quatorze loths et demi 
d'urine en sepl fois. L'urine reagit comme acide, se d^composa 
promptement et se couvrit d*une pellicule chatoyante. Pouls encore 
faible et petit. A dix heures du soir, besoin d'aller k la selle, et 
selle moUe excessivement penible. Dans la nuit , tension dans le 
venire, liraillement trancbant dans le bas-ven(re et besoin d'uriner 
cessant apr^s remission de dix-neuf loths dune urine claire comme 
de Teau. 

(I) Cr. Journal fiir ArzneimitteUehre. Vol. Hi p. 163. 



364 REVUE DE LA MEDEGINE SPJ&CrFIQUE. 

25 octobre. Le matin au lit grand abatement. Secretion et excre- 
tion des urines beaucoup plus abond antes; en huit fois, quatre-viogt- 
dix-septloths d'une urine tout aqueuse , mais qui se troubia bienUlt 
etqiii d^posa un sediment jaune-rougedtre. Du reste rien d^anomud. 
Pas deselle. 

2(5 octobre. Amission, en sept fois, de soixante-deux loths d*aiie 
urine aqueuse^ qui se d^composa bientdt. Pas de selie. 

27 octobre. ^Imission en trois fois de trente et un loths d^ane oriM 
jaune-vineux p&le. Selle abondante. Les jours suivans, je ne remar- 
quai plus rien d'anormal. 

Je fisune seconde experience au mois de juiIIetlS39. Le 6, koim 
heures du soir « je pris dix grains de cinchonin, sulphuricutn avec 
autant de sucre de lait dans de i'eau. Apr^s une nuit parFaitemest 
tranquille,unsommeil profond, sans r^ves, plus long qu*^ rordinaire, 
je ne me semis pas restaur^ comme j^aurais dA T^tre en m'^veillaBt; 
secousses , nomm^ment entre les omoplates , cdtes , bras et jambei 
comme bris^es. Dans le ventre, l^g^re tranchee et toumoiemeit 
pendant une heure ; bas-ventre tendu , plein , lourd ; langue couvertt 
d*un leger endiiit desalive; goAt pdteux, sans diminution de Tappetit 
Une quaniite de mucosite tr^s-visqueuse accumul^e dans les broB- 
ches meforga ame racier sans cesse la gorge. Poitrlne comme vide,de 
sorte que je respirais avec une facilite singuliere. Peau s^che el vei- 
nes gonfl^es. A dix heures du matin, selle abondante de couleur bnm- 
vert et de consistance ordinaire, mais en masses si epaisses que Tanus 
en devint unpen douloureux. App^tit normal pendant toute la jour- 
nee , pas de soif ; apres le repas , sensation de pesanteur dans le bas- 
ventre, comme s'il y avait une pierre.Gette sensation persista jusqu*an 
soir. Pendant toute la journee, le ventre fut tendu, et il sortit des 
vents tr^s puans. En cinq fois , Amission de cinquante-trois loths d'a- 
rine tr^s-saturee le matin, un peu moins saturee dans Tapres-midi. 
L'urine r^agit comme acide , et du nitrate d' argent precipita un ^pais 
sediment verde^tre-blanc quicontenait evidemment beaucoup d'acide 
phosphorique. Tete entreprise, un peu de cephalalgie frontale, occa* 
pantsurtotit ie c6te droit, de temps en temps le matin, plus continae 
Tapres-niidi, et ne cessant qu'au moment oii je me couchai. Pouls, le 
matin, petit, faible et facile h comprimer; apres-midi, plus grand et 









REVUE DE LA M^DECINE SPJ^CIFIQUE. 36S 

presqae ondoyant, donnaot dans la matinee soixante-six ; k dix heures, 
quatre.-viDgt-six ; h trois heufes apres-midi , soixante-quinze ; h neuf 
heures du soir, soixante-quinze pulsations par minute. Je n'observai 
pas d*abattement particutier dans la joum^e. 

28 juillet. Rien d'anormal , k Fexceplion de la secretion etde Tex- 
cr^iion de Turine qui sembia un pen augment^e. En six fois, Amission , 
desoixante-quatre loths d'une urine fortementsatur^ele matin, moins 
satur^e Tapr^smidi, mais toujours plus qu*k Tordinaire. Je n'obser- 
vai rien de particulier nidans le pouls ni dansles pulsations du coeur; 
les forces n'^taient point affaiblies ; Tair ^tait normal, la iangue pure, 
Tapp^tit bon et la selle qui eut lieu le matin de consistance ordinaire, 
quoique de la m£me couleur que la veille. 

ni. Symptomatologie dans Tordre anatomique (1). 
1. T£leerdreprise, lematin^ libre vers midi (Brk. 8 grains, deuxiime 

jour). 

Embarras^de la tite^ plus fort quand il se bai$se^ et sensation d^hibi^ 
iement dans la tSte ( D. apr^ deux fois 2 grains). 

T^te entreprise^ ciphalalgie presswe, une espece d^Stpurdissement, 
chaleur plus forte h la tite^ pas de goUtpour le trai^ail et perte des iddes 
(Brk. 8 grains, deuxieme jour). 

(1) AhrMations des noms des personnes soumisee d I'espSrimeniation 

et des observateurs, 

Bbr. Barbier. Mrd. Menard. 

Bdi. Berandi. Nw. Nieuwenhuis. 

Brk. Birkner. N. Noack. 

D. Dielz. P. Piertsch. 

F. Fritz. Pp. Piper. 

6. Geyer. R. Bast. 

K. Kraus. Sch. Schwarz. 

M. Mad. M. W. Wallher. 

Las symptdnes en caract^es ordinaires sont g^n^raux ; ceax en caraci^res ita- 
liques,caracl£risliques, el ceuxen caract^res diamans, indiYiduels. Les syniptdnies 
pr^c^d^ d*une ast^risque ont M observes chez des malades. Les nombres enferim^s 
enire des crochets [ ] renvoient aux sympldnies analogues et correspondans. 

Les symptdmes observes par Barbier chez des malades qat avaient ref u du cin- 
chonine pur s^accordent tellement avec ceox da sulfate de cinchonine^ qu'Us ont 
pa £lre r^anis. 



366 REVtJE D£ LI Ml£X>BaNE SPJ^OFIQIIB. 

Tiie entreprisey ciphalalgie frontale^ occupant plutdt le cAt£ drdt, 
persistant rapris-midi et disparaissnnt le soir (N. 10 grains, lelen- 
demain). 

5. T£te entreprise et sensation comme si le cerveau airait augofepte 
de volume (Brk. 8 grains, premier jour) — [196], 

Verlige et embarras dela t€ie (W. 2 grains, septiime J0|ir). 

T^ie entreprise^ le mating wee vertige^ s^exacerbani quandil se pinck§ 
(F. 6 grains, sixiime etseptiime jour). 

* Vertigo, ciphalalgie, soif en marchan( aij |[rw(l j|if ^ apr^ gijd} 
(W. 2 grains, quatriime jour). 

Congestions vers la t^U e( chale^r (M. | et 2 gra|Qf | l^CQ]|(^ JOW*^ 
[25]. 

40. Congestions vers la /^/e(Bdi. apris la prise de 15 k 20 grains). 

Chaleur dans lai4te ei surtout aulour desyeux ( M. 2 grains, secdd 
Jour)^[i8i]. 

Gbaleur dans la tdte et extremit^s froides, depuis quatre h^inw 
aprte midi jusqu'au momeqt de se couc)iar, et plus int^$e %^ bpot 
de deux heures; en outre, p^a^ brulante , s^cb^ (Brk* 8 gfaiq^i y- 
cond jour — [18!]. 

fesfinteur de la ui$ (Bdi. 1&-2Q grains), apr^s-rmidi (Qrk* S'griiMt 
premier jour) — [196]. 

Cephalalgia martelante, occupant principalement le c6le gqu^fie^ /eM- 
cerbant dans la position penchie avec tren^blement des membres et grandfi 
faihlesse musculaire (F. 6 grains, cinqui^me jour). 

15. Accis p^riodiques d'une douleur martelante dans la moilii[ 
droite du front (G. 4 grains, sixieme jour). 

Gephalalgie (Mrd., plus de 10 grains en vingt- quatre bepres) — (BdL 
15-20 grains). 

Tous les matins, ciphalalgie occupant toute la t£te (D, aprds deux 
doses de 2 grains). 

Manx de t4te, comme si la t^te allait eclater, forts surtout dans Too- 
ciput, avec tiotemens d'oreilles (F. 6 grains, second i quatriime 
jour) - [196]. 

Douleur pressive sur la t^te, comme si un lourd poids pesait sur le 
vertex (G. 4 grains^ neuviime jour). 






RB1%E t)B LA Ml^DEGINB SP^GIFIQUE. 39? 

20. Douleur au lobe ante'rieur da cervel'it, comme ti un rels ^tait ttr^ k Inters la inoelle 
ae cette partie , pendant la nutt ( G. 4 gPaioS , Ic huiU^me JOUF ). 

Maux de tdteau milieu du front jusqu'au moment de se coucber 
(F. 42 grains^ troisiime jour). 

Ciphalalgie frontaky pressant vers lesjreu9^ la nuit e§ le hndemmin, 
s*e»acerbant par le mouvemeni et dans la mmrche avec iourdonnemens 
ioreilles (M. 2 grains). 

Doaleur pressive dans le front (G. 4 grains, neavi^me Jour). 

Ciphalalgie frontale ei pression sur les jreux, apris midi ( P. 1 et 
2 grains, second jour)« 

25. yioUnie cdphahlgie dans le/ront, ripondant dans Focciput^ le 
matin jusqu*i midi, puis oessaot pendant quelques heures> et recom- 
menQant pour durer Jusqu*au moment de se coucher ; en outre, tinte- 
mens d*oreilles, chaleur duns la t6te toute la journ^e (F. 42 grains, le 
second jour et les suivans). 

Ciphalulgie pressive^ surtout daas tocciput et dans la rigion de la su" 
ture caronaUf violente principalement U soir (Brsk, 8 grains, premier 

jour). 

En s'^veillant, cephalalgia, surtout dans I'occiput, laquelle diminue 
quand il est lev^ (Brk. 8 grains^ troisidme jour). 

SeBstbiliU du cuir chevelu el senaation de tention ; racines des cheveus douloureuses comme 
aHl y avail des exulctfr«tioBS sous le cuir cbcTelo , pluldt du c6ttf droit (G. 4 gPaioS, aU 

boutd'unmois). 
Cbftte qbondante descheveux (F. 6 grains, pendant huit jours). 

30. Tumefaction des alentours des ycux, sensible a Touverture des paupiires ( ^p« 8 

graiins, le leodemaia). 

Sensation, par momeas, comme si les yeuK^taient enfoiie^ dans la 
t4t0 (F. IS grains, second et troisidme jour). 

Amas de beaucoup de chassie pendant la Biiit (G. 4 graiUS, SOOOUd JOUP). 

Pression daqs les yeux (W. 2 grains, le lendemain). 

Voile devant hs jreux quaud iljorce sa vue ( Q. aprds trois doses de 
2 grains). 

35. P«r momenSf voile devax^t les yeux (F. 12 grains, second et troi- 
si^mejour). 

Obscurcissemenl de la vue (Bdi. 15 a 20 grains). 

Chants et liuteqiens dons les oreilles, cessant et recoaunenQant fr^- 
quemment (D. aprte deux doses de deux grains) — [18. 26]. 



^m 



I 



368 REVUE DE LA M^DEGI^E SPtoFlQOE. 

Bourdonnemens ePoreilles (W. 2 grains, troisi&me jour.— F. 6 grains, 
quatriime jour, — Bdi. «5 h 20 grains) — [22. 197]. 

£pista\is ; le sang itait tris-liquide et rose (Pp. ft grains^ le lende- 
main dans Tapr^s-midi). 

40. AirmisirabU^ pdUur, cercles grU-bUu autour des yeux (F. tt 
grains, troisiime jour). 

Vdlewr de la face et yeux enfoncis (D. apris deux doses de 2 grams, 
neuviimeiour). 

Salwaiion plus abondantfi (Bdi. 15 ^ 20 grains) — [65]. * 

£pais enduit jaune, cotonneux, a la radide de la langue dontles 

bords sont humides (F. 6 grains, second jour et lessuivans). 
Soif , langue siche , couverte d'un enduit jaun&tre (R. apriil 

grain). 

45. Secheresse dans la louche et le gosier {K. apres de fortes dostt). 
Chaleur dans la bouche et forte soif(D, apr^s deux doses de 2 grains, 
le sixiime et le septi^me jour). 

* Grande secheresse dans la gorge et dpretd, le matin (W. 2 graitt 
quatri^me jour) — [126. 127]. 

Grattement dans le Iqrynx (Pp. 8 grains, pendant une demi-beurej. 

Chaleur dans Vintirieur de la bouche et de la gorge comme si dh 
itaient brdUes (D. apres deux et trois doses de 2 grains). 

50. Ardeurs dans la gorge (R. apris de fortes doses) — [127]. 

yiolentes ardeurs et forte chaleur dans la gorge (Bbr. 4, 6, 8 graios, 
au bout de i i 2 heures). — [127]. 

Gout p&teux avec app^tit bon, pas de soif, et langue couverte d'on 
enduit muqueux (N. 10 grains, deuxi^me jour). 

Godt amery passager, se changeant au bout d*une ou deux minutes ex 
ungoUt doucedtrefaible{Vp. 8 grains)— (N). 

Inapp^tence. (W. 2 grains, second jour. — Brk. 8 grains). 

55. Inappdtence et plenitude dans [i'estomac (G. 2 grains, deuxidoie 

jour). 

// a peu d*appetitf un peu de soupe sujjit pour le rassasier ; frequenU \ 
Amission de vents par le haut et par lebas (G. 4 grains) — [75. 91. 94. 
196]. 

Peud'appeiitd'abord; mais, h daterdu septi^me jour, fort npp^lit. 
(D. apr^s deux doses de 2 grains). 



'Jr 



mEvtmoELAMigDEcnasspiGrFiQTTe. ' 369 

Faiffi sans appetit (F. 6 grains, second jonr). 

Fort app^tk (F. 6 grains, sixiime et septii^e jonr). .^^ 

60. Soiff le forgant i boire fr^queinnientdanslljourn^e, ou seule- - 
ment raprte-midi (N. 4 grains, troisi^ine et quatri6me jour — W. 
3 grains, second jonr) — [8. 44. 64. 80. iSi. 192. 497]. 

Soiftoute lajournie^ Amission de vents tris'pttanSf btaueoup depin^ 
cemens dans le venire dans la rigion ombilieale j toute la Journde 

(F. i grain, premier jour). 

* Soif hriUante^ persistant quelquefois encore le lendemain (Bbr. 
4, 6, 8 grains, au bout d*une demi-heurel 3 heures). 

Malaise (Bdi. 16 k 20 grains). 

Malaise^ vents par le haul et par le bas , pendant plusieurs jours ^ es^ 
peee de eoliques^ constipation (F. 4 grains, premier jour) — [87]. 

65. * Malaise toute la journde « avec haut-le-corps , Eructations 
d'air et afflux d'eau dans la bouche (W. 2 grains , second jour) — 
[42]. 

"^ Malaise et haut-le-corps, le matin avant le repas, cessant bientAt 
(W. 3 grains, quatri^me jour). 

'^NausEes (Bbr. 4, 6, 8 grains, au boot d*une demi-heure k 2heures). 

Vomissemens (Nw.-Mrd.-Bbr). 

^Malaise avec fr^quentes Eructations aigres, le matin (W. 2 grains, 
second jour). 

70. Eructations (F. 12 grains , second , troisiEme , septi^me jour 
— R. aprEs de fortes doses), avec soif (F. 6 grains, quatrieme jour), 
avec gargouillemens dans le ventre (M. 1, 2 grains, aprds une heure) 
~ [197]. 

Eructations ayant le goftt d'oeufe pourris(G. 2 grains, second jour). 

Friquentes iructatUms^ ballonnement du ventre et forts borborygmes 

(D. aprEs deux doses de 2 grains). 

Pyrosis, Eructations h vide, gargouillemens dans le ventre avec 
appEtit bon et selle normale (M. 2 grains, second jour). 

Preesiond^estomacifi. 4 grains, cinquiEmejour), aussi le soiraprEs 
le repas (Brk. 4 grains, deux heures aprEs). 

75. DEchiremens d'estomac (G. 2 grains, second jour,. 

Sensation de pUnitude douloureuse et pression dans Veslomiac^ apres 

le diker (G. 2 grains, second jour) ^ [91]. 

IV. 24 



370 RSVUB DB LA HiDBCINE SPtoFIQUlk 

* Chaleur dans Pesiomac^ de$c0ndant bientdt vers UhaS'-venire ei i^^Un^ 

dant dans la i^ie et la poiirine (Bbu A, 6 , ^ grains, an boot d^oiie demi- 
/ beure ^ deux heurti). 

Forte chaleur dans Vestomac (R. apris de fortes doses). 

Ardeurs dans Veetomao et la partie infiriewre da gosier (G. 4 gfaiBi^ 
quatridme jour). 

80: Chaleur dans Npigastre (R. apr&S de fortes doses). 

* Chaleur dans le ventre^ forte soif, friquens besoins dialler a la sdk 
auec iuacuation d^une quantU6 de feces et ardear dans Ftuau (Bbr* 4 
grains) —[101. 102. 112]. 

^ BattegieDS dans la region ^pigastriqae (Bbr. A, 6, 8 graios, tte 
deipi-heure k deux beures apr^). 
^.. * Douleur pressive dans le creuxde Testomac, tr^s-sensible (M. S 
grains, second jour apr^s midi. — G. 4 grains , quairiitoie jour) — 
[94. 196]. 

* Contractions anormaUs des muscles du canal intestinal^ et »oiolmMt 

coUque (Bbr. 4, 6, 8 grains, au boat d'uae detti*heiird k deux 
beures). 

85. "^ MowemaUet go%flemeniduoanalini€stinal{^ix» 4, 6, SgrSlllS, 
au bout d'une deml-beure a deux beures). 

Ballonnement du ventreapr^ le repas (F. 6 grains, second joar). 

Tension du ventre^ eructations a videyimisiion de vents (P. 1 at 1 
grains, second jour). 

Region de Vestomac sensiMement iendue^ Uger ioumoiement dceas U 
ventre^ causdpar des vends ^ malaise de plusieurs hearts apr^ le repaa H 
selle copieuscy d^ahord normaie^ puis diarrheique (!N. 4 grains, premier 

jouri une couple d'beures apres la prise — {64]. 

Tension du ventre^ tirailkment sicalifdans he has^^emlre «C Aevom 
d'uriner^ soulagis par Remission d*une grande ^uatUiU d^arimm miaire 
comme deVeau, lanuiu (N. 4 grains, troisiime jour) — [113]. 

90. '^ Ballonnement du ventre et violentes trancbees qui cavtint 
des angoisses (N. un demi-^ain). 

Maux de ventre (Bdi, 15 ii 20 graias). 

Ligcr pincement et tournoiemeni dans U venire^ le matin «it s'dpeiUant 
durant une heure^ bas-t^entre tendu^ plinitude et pesanteur du hms" 
ventre^ comme sUl y at^ait une pierre^ ftnda/Uioute la j^wm4§ gusatCmm 






BSVUS BE LA MEDECINB SPECIFIQUI. 371 

soir, dmissions de vents tres^puans (N. iO grains, aecond joar) — 
[75. 94. 196]. 

TraDchdes dans la region epigastrique, surtoal fn cdt6 droit, du- 
rant toute la journ^e, gargouiUemens dan» le veatre et eaastipation 
(F. 6 grains, second k quatriime joiir)« 

Lig^re tranche dans k Dft^sogastre, fer^anl k M playtt es (im%, , 
remontant plus tard veta T^pigafttre el durant, deux lieurea (K. 4 
grains, troisi&ine jour). 

95. Trsudche^ acimMiaa de pltoilude dant la vanlra; daataar dans 
le creux de Festomac, s*exacerbant par la presaiaa el daraat tgate la 
joum^e, oppre«»k«i de la poitryie et re$puraliaa lapkte {BA. ftgfains, 
premier jour) -'r-[7&. 9\. lVi6]. 

Douleur continuelle dans la region hypogaatrufua, par darrMra ^ 
comme proi^ita pauruaa aocuiaalatioa de vema (G. 4gnuBi, etaqaii- 
me jour). 

* Manx de ventre continueh dans le c^ gaueke da ba»-Teatre , 
comme d^s d^ctoeoieas et dee pineemena (W. 9 graias, Uf^aliaie e^ 
quatri^mejour). 

I)Qttlears laacioantes dims les bypochoadres, par taal da doa, ceaeant 
q/XVid il e^t debout ou assis, reparaissaat qaand il aecoaebe el loaaaa 
(D. 2 grains depuis le ciaqui^me jour) — [143]. 

l^Jancemens dans les c6tes par acc^, tant6t dans Vaa, taatAl dans 
rautre« s'exacerbant surtout aa mouvemeat (D.)^ graiaa). 

100. JEnUision de beaucoup. de vents par le haul et par le hms {ifk. S 

graina, preouer et second jour. — R. apres de foriea dcBea) -^ [M« 
61.64.71,86.87. 91. 196]. 

Consupt^ion (Brk. 4 grains, quairieme et ciaqui&me |aor. — . M. 4 
grains, quatri^me et cinqui^me jour. — Bbr. 4. 6. &0faiaa.-^R. 
aprte deforces doses) —[82]. 

Aprte une constipation deplusieursjoars, Evacuation d'exortoeat 
tr^-solides, avec constricieur de Tanus vigoareux, douleur sEcalive 
aourde dans Tanus, repondant dans la rdgion ombilieale, et picote- 
mens au creux de Testomac (G. 4 grains, onzi^mejour). 

* Selle dure , sanguinolente en gros morceaux^ at^^e violentes dauUurs 
sdeaiwes k U sortie k travers Tanus (N. Arequemmenl cbex des indi- 
vidtts atieints de fiivres intermiitentes). 



■ UW^PJl.ill lAI 






^W 



372 REVUE Di: LA M^DCCIfVE SP^CIFIQUe. 

* Selle peu copieuse, dure (W. 2 grains, second joar) — [80]. 

i05. ^ Deuxou trois selles dures avec tinesmes (Bbr. ft, 6, 8 grains). 
Selle p aresseufe ^Brk . 4 grains, second jour) . ' 

Selle copieuse^fonde^ veri^brun^ solide^ causani desdouleurs a Fmnm 
en tortant (N. iO grains, second jour). 

Selle en bouiUU ipaUse^ soriant leniement malgrd les pressions^ avec 

Gonstricteur de Tanus trte-flasque, comme s'il ^tait paralyse et sile 
canal intestinal £tait r^tr^ci (G. 4 grains, troisi^me jour). 

Besoin iaUer h la selle ei selle copimise exctsswemerU pinibU (N. 4 

grains, troisiime jour). 

110. SelU moUef en bouillU (firk, 8 grains. -*F. 13 grainSy deoxii- 
me et troisiime jour. — W. 2 grains, second jour. — P. 1 et 2 graios, 
plusieurs jours de suite). 

]&?acuation plus facile d'une selle molle etdiarrh^ique (D. 2 graioi, 
premier, quatridme et cinquiime jour). 

Diarrk4$ (Bdi. 12 k 20 grains — [87]. 

Fr^emment prurit indolent et fourmillement ii Torifice de ramu, 
cessant par le grattement (G. 4 grains , troisiime jour). 

Friquens besoins d*winer at^ec douleurs passageres dans FureUmi 
imissioM d^une grande quantiti d'urine qui depose un Spats sSdimaU 
hlane , et ensiUte cessation des douleurs (P. 1 et 2 grains) — [88]. 

115. Augmentation de la secretion des urines avec sensation de 
brAlement au passage a travers Tur^thre (F. 6 grains , second joor). 

Augmentation de la sicrition et de Vexcrition des urines (W. 2 grainSi 

second et troisieme jour. — D. 2 grains , troisi^me jour Brie. 4 

grains, second jour et les suivans. — N. 4 grains, troisi&me, qua- 
triime et cinqui^me jour; 10 grains , second jour. — F. 12 grains, 
troisieme jour). 

Diminution dela sicrdtion et de Vexcrition des urines (N. 4 grains, 
sixiftme jour. — Brk. 4 grains. — Pp. 8 grains). 
Urine trouble (R. apr^s de fortes doses). 

Urine satur^e , contenant beaucoup d'acide phosphorique (N. 40 
grains , second jour), 
*• 120. Urine aqueuse, r^agissant comme un fort acide^ se decom- 

posant facilemenl, etsecouvrant d'une pellicule chatoyante (N. 4 
^ ^ . grains , troisieme jour). 



* • 



BEYUB DBXA MEDXGINE SPECIFIQUB. 373 

Urine de couleur p&le , deposaot un sediment vert-brun muqueux 
(Pp. 8 grains). 

Urine aqueuse , se d^composant f acilement et formant un l^ger se- 
diment jaune-rouge&tre (N. 4 grains , quatriime jour). 

L*urine l&cMe dans la journ^e depose un sediment briquet^ (Pp. 
8 grains). 

Sediment blanc dans Turine (F. 6 grains , troisidme jour). 

125. Grande excitation de Fapp^iit sexuel avec Erections , apr^s 
midi (G. 4 grains , sepii^me jour) — [175]. 

Les regies anticipent d*une semaine et sont beaucoup plus faibles 
qu*i Tordinaire (D. apr^s trois doses de 2 grains). 

Enrouementy dpreU dela gorge (D. apris trois doses de 2 grains, 
pendant des semaines) — [47] . 

Enrouement , sensation comme si la gorge acait 6U brttUe par une 
boisaon chaude el comme s^il j avail quelque chose dans le larjmx (D. 
apr^s deux doses de 2 grains — [50. 51]. * 

Toux grasse , avec expectoration muqueuse venant de la profon- 
deur ( D. apris irois doses de 2 grains). 

130. Toux grasse , p^nible , ebranlantla t^te , accompagn^e d'une 
douleur pressive sous le sternum (D. apr^s deux doses de 2 grains) 
— [138]. 

Mucosit^ bronchiale visqueuse , se detachant avec quelque peine 
(N. 10 grains , cinqui^me jour). 

Perte de la respiration en marcbant vite (D. apr^s trois doses de - 
2 grains). < 

Sensation comme si la poitrine £tait vide , en sorte qull respire 
avec une facility pariiculiire, au r^veil ( N. 10 grains, le lendemain)« 

Respiration sifflante , oppression de la poitrine , sensation comme 
si la poitrine 6tait toute vide , et douleurs lancinantes dans la gorge , 
comme des picotemens d'aiguilles (F. 6 grains , second jour). 

135. R^trteissement de la caisse de la poitrine comme si les c6tes 
itaientrapproch^es enavant (G. 4 grains, troisi^me jour). 

Douleurs de poitrine (F. 12 grains , quatri^me jour). 

Tension douloureuse ^ travers la poitrine (G. 4 grains , septiime 
jour). 

Pression sur le sternum (G. 4 grains , neuviime jour). * ; ' « 



i 



K 



374 REVUE DE LA M^DEGINE S^^CIFIQUE. 

Douleur pressive sous le sternum , avec sensation comme si b par- 
tie inferieure etait tir^e en dedans ou comprim^e , r^veillant la nait ' 
(G. 2 {j^raios, quatri^e et cinqui&me jour) — [129]. 

i40. l^lancemens dans la poitrine , plutdt du cAtd droit , vers le 
creux de 1 estonuic (F. 12 grains, second et troisi^me joor). I 

^lancemens dans les cartilages de la cinqui^me et de la sixitee 
cdte du c6t^ gauche^ le matin au lit (G. 4 grains , sixiime jour). . 

Raideur douloureuse de ia nuque (G. 2 grains , second jour). i 

Dechiremens dans le dos , s'etendant vers i'^aule droite , et ten- ' 
sion dottlooreiMe dans la nuque , sensible au mouvement (M. 2 grafnsi 
second jour). 

Doulcurs lancinantes dans tout le dos , violentes 'snrtout et cooti- i 
nuelles entre les ^paules (D. apr^s deux doses de 2 grains , depoil , 
ie cinqui^e jour) —(97]. I 

145. ^ Manx de dos entre les ^paules , le matin (W. 2 grains , 8^ f 
cond jour). 

^ Douleur sensible k la pression de la premiere et de In seconde 
vert^bre dorsale , le matin (W. 2 grains , le troisidme jour). 

Sensation de brisure dans les reins , le ^oir , sans av«ir fait d^eHbrt 
(G. 4 grains , cinqui^me jour). 

Tiraillemens dans les bras et dans les os des extrimites (G. 4 grabs, 

au bout de six sHnaines) — [152]. 

Douleur de brisure a Tinsertion du musde deltoSde , ilpeut ^ peine 
porter son habit (G. 4 grains , huiti^me jour) — [156]. 

l5o. Tressaillemeas involonlaires du second et du troisiume doigt de la main iniaclie,ct 
douleur cranipoidu lantot ici, taoloL la , dans la main droite, sans mouvement de la main ob 

desdoigts (G. 4 grains , huitieme jour). 

Lassitude dans les jambes y le soir (N. 4 grains, premiw jour). 

^ Lassitude dans les pieds (W. 2 grains , second jour). 

^ OEdeme autour des chevilles (N. chez une femme atteiate d^une 
fi^vre intermittente). 

Doulcurs et tiraillemens dans les membres ( Bbr. 4, 4 et 8 grains , 
au bout d'une demi-heure ^ deux heures) — [147]. 

155. Lassitude el sensation de brisure dans touM les mBtnires (P. 2 
grains , deuxieme jour). 

^ Endolorissement g^n^ral du corps , la suit (F. 6 grains , 4^witee 
et troisi^me jour) -* [181]. 



N 



BBVUB nWLk idiDBGINB SPiciVIQUE. 375 

SensatuM de bruur§ detout le e^rps , le madn au vAfeil, dfeparais- 
sant aprte midi (N. 10 grains). 

Grand ahattement ^ le tnatin, sensation de brisure dans la par tie si^ 
perUure du bras (G. & grains ^ troisi^me jour). — [148]. 

Grand abaUemeni apres un sommeil non interrompu {fit. 2 grains , 

second jour). 

160. Grand abattement , predominant et f persistant (G. 4 grains , 
aiii^nie joor). 

Tnmbiemeni du memires H abattement (D. aprds deux doses de2^ 

grafBS) — [14]« 
Tremblement des membres (F. 6 graias , qiMriiaie jour). 

fKiigOMiiJiniwuat Jdt ntm&ref ^ani chappie potttion , en ^tant assis (^ • O graUM) Cpia« 

lijdne jour). « 

SensacioD de Ugteec^ intfrieure extraordinaire dans les mend^res 
(P. i grain , premier jour). 

165. Diminution du volume dn corps (F. 13 grains). 

ReUdiemeBt et parease (G. 2 grains , ciaqniime jour). 

beafnciti poar le trawail , pene des id^ (Brk. S graias , second 

Semnoience^ lassitude et (rembUmeat{t, IS grains, Croisi^sie jow). 
Sensation d^assoupisseaient autour des yenx , ies p^upteres torn- 
heH 4e lasaiUide <M. % grains , seeond jour). 

d70. Lassitmie ei soauideMee (M* 2 gcains, second jonr). 
Sompeii paisiUe, fwofond, aaos r^ve , mais non reparateur <N. 

Sommeil agiii(F, i grain , promier jonr — BrL. 3 grains , premitee 
alfliaiiiime mil). 

* Nuit agit^e , frequens r^ veils (W. 2 grains , seconde nuit). 

fionmeil fifim de r^ves^ T^wes auieux <(&. 2 grains , second joer). 

175. Sommeil plein de rSves , sursauts (M. 2 grains , fiecondenuit^ 

Mve Jttgeiflsant \G. 4 grains , buitiiime jaw^ 

Gauchemar dans la nuit , bient6t apres r^ves lascifs et ^rectiong * '^ 
douloureuses (G. 4 grains, scfftiiifue jour) — (i24]. %j 

fir^nd abaltement apnas ie dtaer avec l)eMicoup 4e bliUemenset ' ^ 
pandiculaiioDS ifi. 4 ^diins , le 4)remier j^r) . ^., 

Aand 'jhwtmeui foaimt i6% Boal ftraomtm vtMn , inMippnrliMr 

% * /J 



:.* 



^Wf 



.-* 



376 REVUE DE LA MEDEaNE SVtoFIQUE. 

surtout les cinq ou six premiers ou , malgr^ la firatcheor de la tem- 
perature , les hdillemenset les pandicMUations ne cesseni pas[{G, & grains). 

d80. Froid, bient6t apresia prise , revenant plusieurs fois dans h 
matinee (Brk. 8 grains). 

* Froid interieur , plusieurs horripilations depuis dix henres da 
matin a midi , sans chaleur siche ou sueur plus tard (W. 2 grains, 
second jour). 

Froid le matin au lit , avec tranch^es , gargouiUemens dans le ten- 
tre « pulsations dans la region de .I'estomac , froid surtout dans k 
creux de Testomac , emission de vents , plus tard selles diarriidiqoei 
Brk. 4 grains , troisi^me jour). 

Froid toute lajournSe et claquement des dents , grand abati^ment. 
au point de pouvoir a peine trainer lesjambes , le soir chaleur au front 
se ripandami de Ih sur tout le corps , la nuit soif et violenie sueur j awe 
maux de reins , douleur de tout le corps , surtout des yeux y des oreiUtt 
et des parties ginitales (F. 6 grains, deuxieroe jour). 

^ Froid d'une demi-heure, hors de I'acces , avec soif, inappe- 
tence, haleine courte, grande lassitude dans les jambes, tum^fiic- 
tion des pieds , pens^es sombres, m^lancoliques (N. aprSs qnatn 
doses de 3 grains en vingt- quatre heures , chez un homme atteiit 
d*une fi^vre quarte , dont Tacc^s attendu n'eut pas lieu). 

585. Peau s^che , veines gonfl^es (N. 10 grains , le lendemain). 

Chaleur de la peau (R^ apris de fortes doses) —[12]. 

Chaleur s^che continuelle (D. apres trois doses de 2 grains). 

Yiolente chaleur sur tout le corps , avec forte turgescence des 
veines de la peau (Brk. 8 grains, premier jour) —- [196]. 

Chaleur continuelle et transpiration , surtout la nuit (D. apr^ deux 
doses de 2 grains). 

190. Sueur au front pendant un mouvement mod^r^ (G. 4 grains, 
buiti^me jour). 

Sueur entre les omoplates , la nuit ; plus tard prurit forgaiit ^ grat- 
ter (G. 4 grains). 
' L^g^re diaphorese (R. aprfts de faibles doses). 

Ahondanie transpiration la nuit , etle matin lassitude (E. 12 grains, 

quatrieme jour — G. 4 grains , premier et second jour). 
Mbondante transpiration nocturne avec malaise et soif (F. 12 gnins). 



BBYUE DB 1^ HBDSGINB SPEGIFIQUE. 377 

195. Les sjrmpt^mes disparaisseni le second jour etnese manifestent 
que le premier et le troisieme (N. 4^aiQS — Brk. 4 grains). 

De deuK jours I'un la s^cr^tion et rexcr^tion des urines augmen- 
tent et diminuent (i) (Brk. 4 et 8 grains). 

* Amendement du paroxysme d'une fiivre tierce , avec ballonne- 
ment du ventre et tranchees causant de violentes angoisses (N. 1/2 
grain). 

Froid le matin , revenant plusieurs fois avant midi , pouls dur , 
acc^lere , rapide , t^te entreprise » sensation d'augmentation du vo- 
lume du cerveau, douleur dans le creux de Testomac, tranchees, 
sensation de plenitude dans le ventre^ inappetence, Amission de 
yents par le haut et par le bas^ le soir c^phalalgie, surtoutdans 
rocciput , chaleur sur tout le corps avec forte turgescence des veines 
de la peau et grande lassitude (Br. 8 grains , le lendemain). 

Bruissemens d'oreilles, soif , rapports , grand abattement, trem- 
blement des membres , le soir froid , chaleur siche, et la nuit sueur 
doucefttre , ayant une odeur morbide , et copieuse (F. 6 grains, troi- 
sieme jour). 

200. Pauls aecdUrd (Brk. 4 et 8 grains.— Bdi. 15 a 20 grains). 

Pouls frequent , un peu accel^r^ et dur (Brk. 8 grains). 

Le pouls s'elive (R. apr^s de faibles doses). 

Pouls plus grand, plus fort , presque ondoyant , apr^s midi (N. 10 
second jour). 

Pouls faibUy petit ^ facile h comprimer (N. 4 grains , second et troi* 
siime jour — 10 grains , le lendemain). 

205. ^ Pouls petit , rapide, mou , r^gulier le soir (W. 2 grains , 
second jour). 

Pouls petit , faible , mou , lent , r^gulier (D. huitieme jour aprte Ie& 
demiers 2 grains). 

Pouls in^gal (Brk. 8 grains, troisiime jour). 

Anxiitis (Mrd. plus de 10 grains en vingt-quatre heures)— [175]. 

(1) Le poDls semble anssi aToir M , chez Birkner, plus fr^aent de deux jours 
Tun apris la prise de 4 et de 8 grains ; mais la difference est si l^gire , qn'one er- 
rear est possible. 



378 utvi*db'"la KiDscnrs fl^icirfQUK. 

IV. Groopei iet sjmpttaei. 

1. 
Cipb&blgie ^ anxiit^ et vomissemens. 

If aux de tdte occupaot tovce la t^te » s'ezacerbant dans In positioo 
paBoMe» avcc Mnsatioii d^b^Mtemeot 

3. 

G^phalalgie p^riodique , plutdt du c6t^ gauche , s*exacerbantdaK 
la position pench^e , tremblemeat des membres et grande feiblesie 
musculaire. 

4. 

G^halalgie^ vents excessivement |uians, gargouiUemeiis dajvli 
Yjentre. 

5. 

Tte entrtpiise ,» le matin avec vertige , s'exaoerbant daat la posi- 
tion penchee^dHice des cheveux. 

6. 

Cephalalgie occupant toute la t£te , le matin , fr^qaens tiDtenteos 
et chants dans les oreilles , forte soif , chaleur dans la bouche , appitit 
presque nul d^abord , plus fort ensniie , fr^quentes eructations , bat 
lonnement du ventre y forts borborygmes. 

Toux grasse , p^nibie , ^branlant la t£te , accompagn^e d'une don- 
leur pressive sous le sternum, enrouement avec une sensation com- 
me si la gorge avait ^t^brMee par des boissons chaudes et comme 
8^il y avait quelque chose dans le larynx. 

Sueur nocturne , tremblement des membres , abattement. 

7. 

Congestions vers la t£te et chaleur suriout autour des yeux , c^ 
phalalgie frontale pressant vers les yeux , s'exacerbani par ie moa- 
vement , sensation d'assoupissement autour des yeux , bourdomoie* 
mens d'oreilles , Eructations et gargouillemens dans le ventre. 



REVTO bv lA Mi^ofecnns wtciFUjm. 9I9 

8. 

G^pb9ikl(p« fironlale , pressioii snr les yeax , fMquftntes fAlm mA- 
4e8, mkas besoios d'HfHier avec doaleur dans les Atnx cfttris ;di 
rhypogastre ven le pvibis , ^missioa d'me |»r«n(le qaantftt d>niM 
floconaeuse , tr^s -blanche , s^diawoteuse , suivie de la cessation des 
douleurs du bas-yentre. 

9. 

Yiolente c^phalalgie frontale , se dirigeant y&n Toocipiit % chsimat 
dans la t^ie , sensation comme si les yeux^ ^taient enfonces [dans la . 
t^te , obscurcissement de la yue par momens , tintemens d*oreilles , 
setlrpttisisseuse , i^aneeifieii^ dans la poitrine du c6t^ xlroU yers le 

W. 

Yiolente c^phalalgie frontale , le soir froid, la nuit, sommeil agit^, 
plein de rdyes. 

11. 

Douleur pressive sur la t^te , comme si un poids lourd pesait sur 
le yertex , douleur pressive dans le front et sous le sternum. 

Douleur aux \cbes anterieurs du ceryelet^ comme si un rets ^tait 
tire h trayers la moelle , douleur de brisure dans les bras dans la re- 
gion de rmertMli 'du muscle delttide , aaeur «« froat aprte on mm- 
yement mod^r^ an ^od «ir ^ fltfMveoieBS tayolonlaires «t ^mssaSte'^ 
mens du second et du troisi^me doigt de la main gauche , et douleur 
crampoide dans la main droite , tant6t ici , tanl6t 1^. 

13. 

Voile deyant les yeux quand on force la yue, chaleur s^che de la 
t£te^ pouls petity faible, lent, r^gulier^ regies pr^coces et faibles. , 

14. 

Tumefaction de la face, surtout autour des yeux (le matin), ^pis- ' 
taxis (apres-midi), urine p&le, infecte, le matin, ayec un sediment 
muqueux , yert-bruni et urine satur6e , le jour ^ ayec un d^p6t bri- 
quet^* 



A 



If •• 1- --»-;7 



f 



380 REVUE 0E LA M^ECINE SPACIFIQVE. 

Faoe pdle, air miserable, cercles gris^bleu autonr des yeux , c^ 
phalalgie frontale, soif, abattement , somnolence, trembleaient, li- 
.cr^tion d^urine plus abondante etfoitesueur nocturne. 

16. 

Ghaleur dans le gosier, violente douleur dans le creux de Testo- 
mac, coliques accompagn^es d'ardeurs, gargouillemens dans le bas- 
yentre et Yomissemens. 

17. 

Salivation plus abondante, malaise, maux de ventre, diarrhie , u- 
c^l^ration du pouls, c^phalalgie, lourdeur de la t^te, congeaiion di 
sang vers la tdle , obscurcissement de la vue , boardonnemeiis dV 
reilles. 

18. 

Manque d'app^tit, sensation de plenitude et pression dans resto- 
mac, eructations putrides, grand abattement. 

19. 

Soif, inapp^tence, haleine courte, grande lassitude dans les jam- 
bes^enflure despieds, pens^es sombres, melancoliqaes. 

20. 

Soif violente, sensation dechaleur tris-forte dans le creux de Fes- 
tomac, dans le ventre et dans les lombes^ deux selles. 

21. 

Soif, pincemens dans le ventre dans la region du nombril, vents 
puans, constipation, sommeil agit^. 

22, 

Eructations k vide, toumoiemens dans le ventre, tension du ventre 
forte emission de vents, sensation de I^geret^ int^rieure des mem- 
bres. 

23. 

Malaise, Eructations, Emission de vents, constipation. 



REVUE DE LA M^DI^INE SPI^CIFIQUE. 4S1 

24. * ^ 

Fort malaise, beaucoup de soif et transpiration, sommeil a%itd la 

nnit. 

25. 

Malaise, haut-le-corps, Eructations d'air, aiBux d*eaa dans la bou- 
ehe, pas d*appEtit, soif, Emission d*nne grande quantity d'urine, selle 
dare, horripilation (le matin), tdte entreprise ayec pression sur lea 
yeox, vertige, grand abattement dans les pieds, poals rapide, pea 
zco6\6r6, moa, rEgalier. 

26. ' ' 

Yomissemens rEpEtEs, ballonnement douloureux de Testomac, forte 

dialeur dans le Tentre, Mgdres coliques, constipation (et dorEe plus 

longae da parozysme fEbrile). t 

27. 

Ardours dans Testomacet la partie infErieure du gosielF, frEquente 
sensation de pression dans le creux de Testomac. 

28. 

Forte chaleur dans Testomac, sEcheresse dans la bouche et le go- 
sier,soif, langue sEche avec enduit jaundtre, ardeurs dans la gorge , 
rots, vents, constipation, chaleur de la peau et urine trouble. 

29. 

Pression dans la region de Testomac, pouls accElErE , urine sEdi- 

menteuse. 

30. 

Chaleur dans TEpigastre, pouls ElevE, lEgEre diaphordse. 

31. 

Chaleur dans le ventre, forte soif,'selles trEs-frEquentes, toujours 
pea copieuses, et brftlement sensible dans Tanas. . ^ 

3«. 

Mouvement et ballonnement du canal intestinal, battemens dans la 
region Episgatrique^ forte chaleur dans Testomac , s*Etendant vers la 
poitrine et la iftte, forte surtout dans la gorge, soif, selle dure avec 
tEnesme, nausEes, douleurs ettiraillemehs dans les membres. 






»^ • 



38) iifivtmDBiA 



lUtoBGDOS IPtoFIQUB. | 

33. I 

sla parti e posl^rienre de fai rdgibiilif- f 



Dooleur persistante i traTers 
pogastrique, comme de vents iacarcer^s, pression d'estomac, sensa- 
tion de brisure dans les reins. 

34. 

L^ger toumoiement dans le ventre, flatnosit^, teiwoR sensible di 
la region de Testomac, malaise de plusieors hourea apr^ dtner i ieU« 
copieuse , d'abord plus consistante qu'k i*ordiQiiir9» diarrli^iqaii sn* 
suite. 

35. 

' L^g^rea tranoh^ dans le n^sogaatre, forganl ii m pkiyer, fls 
tard dans T^pigastre, soif, besoin d'ufiner, a iig « i < m »lim de la al« 
oration des urines, urine couverte d*une pellicule chatoyante, besoii 
d*aUer k la aelle avac sellemolle^ excesaivement p^aiUe la auU^ iin- 
sion du ventre, tiraillemens s^califs dans 1q b^s-veiMrQ, pcmU pctiti 
faible. 

36. 

Douleur d^chirante et pingante dans le cdt£ gaucbe du bas-ventre, 
grande sicheresse et &pret£ de la gorge, malaise passager et enWes 
de vomir, c^phalalgie avec vertigo en marchant et soif violente. 

37. 

Maux de ventre, selle dure, douloureuse, inapp^tence, toumoie- 
mentdansla tSte. 

3S. 

£lancemens dans les hypochondres , s'exacerbant par le monve' 
ment, s'^tendant de 1^ vers le dos et Toccupant dans toute sa lon- 
gueur, violens surtout entre les omoplates. 

39. 

Apr^s une constipation de plusieurs jours, excr^mens durs, formes 
(avec constricteur de Fanus ^nergique), douleur sourdement Ian- 
cinante dans Fanus, s'^tendant de 1^ jusquedans M region ombilicale, 
et picotemens dans le creux de Testomac. 



I 

i 
I 



I 



BBVUB DB LA MlbxCIUfi SViciFIQUB. ^ 

40. 

SeUe dure, solide, saoguioolente, en grosses maasea solides «vec 
Tioleatedouleur s^cative au passage k travers ranm. 



41. 



Grand abattement, augmentation considerable dela s^cr^tion et de 
f ncr^tion des urines, urine aquense, se tronblant bientdt et d^po- 
uki un sediment jaune-rottgefttre. 

42. 
Raideur de la nuque et pression sons le sternum. 

43. 

D^chiremens dansle dos, vers les ^paules, douleur et tension dans 
la nuque au monvement, soda , Eructations k Tide , gaqjSoiHMiens 
dans le ventre; lassitude et somnolence , sommeil plein d« rdves et 
sursaut. 

44. 

Douleurs dans le dos entre les ^paules, doQleilr pressive dans le 
creux de Testomac et la r^on du foie, malaise, fr^quentes eructa- 
tions aigres, bourdonnemens d'oreilles^ augmentation considerable 
de lasecretioii el de I'tecretion des urines. 

45. 

Douleurs lancinantes partant du dos et s'^ftendant de lii dans les by** 
pochondres,- cessant dans la position deboul ou assise ; reparaissani 
quand il se coucbe et tousse. 

EnrouBmeni^ semation de ehaUur ei de brtUure dans Finidrienr d§ Is 

bouche et de la gorge^ perU de la respiration dans une marehs re^ide^ 

toux grasse^ at^ec expectoration muqueuse^venant de laprofondeurde la 

poitrine, 

46. 

Grand abattement, sensation de brisure des bras k Tinsertion da 
muscle deltoide, prurit insupportable et fourmillement k Tanus, op- 
pression de la poitrioe, comme si les cdt^s etaient comprimees en 
avant , selle en booUlie Epaisse et sonant lentement. 



H 



^^»»^^ 



rw^r^t 



3%& RfiVtJB DB LA MI^DSCtNE SP£C1FIQIIC. 

47. -•. ' 

£laiiceinens dans les cartilages de la cinquieme et detasixitei 
cdte, douleur martelante, reyenant quelquefois , dans le c6t^ droii 

du front, etgrand abattemeat. 

48. 

Cauchemar, la nuit, rdves lascifs et Erections douloarenses, gmii 
excitation deFapp^tit v^n^rien (raprto-midi) e( Erections, teoMij 
doaloureuse k tracers la poitrine. 

49. 

Grand abattement, apr&s midi, pandiculations, sensation de pteii- 
tude apr^s le plus l^ger repas. 

SO. 

Froid, nanx de t£te, de reins et de ventre, diarrh^. 

5!. 

Froid au lit, pulsation de Testomac et sensation de froid dans Fa- 
tomac, tranch^es, gargouillemens dans le ventre, Amission de vc0 
par le has, selie en bouiliie. 

62. 

Horripilations, pouls acc^l^r^ , rapide , dur, embarras de Iitte 
(augmentant d'intensit^ lesoir) et sensation comme si le cerveana^ 
augmente de volume, tranch^es, sensation de plenitude danslevei' 
tre, douleur dans le creux de Testomac , s'exacerbant par la pra-l 
sion, selle molie, oppression de la poitrine avec respiration acc^IM 
Plus tard inapp^tence, plusieurs fois des Eructations , emission (k 
vents par le bas, violente chaleur le soir sur tout le corps avec fttf 
gonflement des veines de la peau et grande lassitude. 

53. 

Transpiration surtout entre les omoplates , avec prurit , la nok, 
grand abattement avec de fr^quentes pandiculations la veille. 

64. 

Gephalalgie comme si la tfite allait eclater, surtout dans roccipm, 
tintemens d'oreilles ; enduit Epais^ jaune, cotonnenx, k la racinedeb 



taSVtE DE Ul Ml^DECINB SPJ^GlFIQUEi ftSS 

langae, hiok sans appeiit, ballpnnement du ventre apr^s le repas, 
tranch^es dans la region episgatrique, surtout du cAt^ droit , consti- 
pation, augmentation deTexcr^tion des urines et ardours dans Ture- 
thre en urinant ; douleurs lancinantes dans la gorge en avalaint, comme 
des picotemens d'aiguilles; respiration sifflante, oppression de la poi- 
trine , sensation de vide dans la poitrine , froid et claquement des 
dents, grande lassitude dans les pieds , engourdissement des mem- 
bres dans chaque position en ^tant assis; le soir, chaleur dans le front, 
se repandant de 1^ sur tout le corps , violente transpiration et soif la 
nuit, maux de reins, endolorissement de tout le corps , surtout des 
yeux, desoreillesetdes parties genitales. 

Ou bien les m^mes symptdmes surtout avec bburdonnemens d'o- 
reilles, soif, Eructations, grand abattement, tremblement des mem- 
bres ; le soir froid suivi d'une cbaleur s^che, la nuit IQmspiration 
douce&tre et repandant une odeur morbide ; urine avec on sediment 

blanc. 

56. 

Le matin, apres unsommeil agitE, t£te entreprise, apr^s midicha^ 
leur continuellede la t^te avec eitr^mit^sfroides, surtout le soir avec 
chaleur brulante g^n^rale et s^cberesse de la peau , Emission d'une 
grande quantitede vents par lehaul et parle bas, tEte plus fortement 
entreprise, cEpbalalgie pressive, Etourdissemens, pas de goAt pour 
le travail, perte des idEes ; urine sEdimenteuse. 

56. 

Sommeil non rEparateur, sensation de brisure du dos (surtout en- 
tre les Epaules), des cdtes et des extrEmitEs , Idger pincement dans 
le ventre, bas-ventre tendu, plein, lourd, langue couverte d*une lE- 
gErecouche de salive, goAt pftteux, appEtit bon, mucosite visqueuse, 
diflBcile ^ detacher, plus abondunte dans les bronches; sensation comme 
si la poitrine eiait creuse et vide, peau seche, gonflement des veiries 
de la peau j plus tard , selle copieuse de couleur foncee, brun-vert et 
en masses sidures qu*elles aflectent douloureusement Fanus ; sensa- 
tion de pesanteur du bas-ventre aprEs le repas, comme s'il y avaic 
one pierre ; tension du ventre, Emission de vents puans, t6te entre- 
prise, cepbalulgie fropts^e, surtout du cdtE droit; le matin, pouls 
IV. 2S 



petit, faible , hcile k comprimer, plus grand, presqne oMh^in 
80ir. 

Y. (abletn comparatif det effets dn ciochonine et da qoiniiie. 

T«te. 

SymptAmes communs au cinchonine et an quiDine : 

Embarras, pesanteur de la t£te, vertige, cephalalgie frontale 

pkalalgie martelanie^ maux de t^te s' exacerbant dans la position pern 
chaleurde la t^e^ congestions vers la t£te, seosibilit^ dea t^giunea 
la t^te. 
Symptdme particulier au cinchoiiine : 

Affections de Faeciput, 

* SymptAmet particuliera au quiDine : 
CipMalfii frontale et vertige; sensation de vide dans la tlte, 

phalalgie landnante, dijjiculti d reflichir^ it^resscj itourdissemerU, 
reur^ dilire, coma, ^ 

Face. 

SymptAmescommnns aneincbonine et an qnhiine: 

Obscurcissement de la vue , tintemens ^oreilles , ^pistaKis , dm 
antour des yeux , air misirahle , facepdU , ^euof enfone4s. 

SyroptAme particnlier au cinchonine : 

Pression dans les yeux. 

SymptAmes particuliers au quinine : 

Chaleur de la face qui , apr^s la prise du cinchonine , ne se m\ 
feste que par une sensation de chaleur autour des yeux ; sensib 
des yeux a la lumiere^ pkotopsie, Ces deux derniers symptAmes s< 
bleat lui appartenir exclusivement. 

Gavit^ bnccal^ t gorge , appareil digestif. 

SymptAmes communs au cinchonine et au quinine : 
Gratlcmcnt el ardour dans la gorge , sensation COtntne s'il y a 
quelque chose dans la gorge , seeker esse de la langue , ecu vert 6 
parlie d'un endult jaune , sechcresse dans la bouche et la gorge ^ Ian 
couverle d'un enduit muqueux , augmentation de la sicrStton di 
ialm , goUt pdieux , amer^ soi/y inappitcnce , /aim san$ appitit , j 



Uppdtit-^ Aw^teft^; sodk'^ Mdlaiye , vothis^einehs , pYessvoih et dichtre^ 
tmnfs d'wstdmtrc \ pH^ihidie^iet thrsioh de iaregioh\de V'esto'mac ^ surtout 
^pris Ib jiBpak', smsatibfrde chdMir dahs tk^olfnac tt ie venire , douleurs 
laHoioantes dans Itts fiy{H)lebbildlrels , irartchiks , iehsi6h\ ei'hallonne^ 
ment du ventre^ iournoiement el ^ai^^owXteM^s ddtis le ventre^ coUques 
fitrtulentes ^jbrie 4M^ii6n dis i^en'ts fiir '^dWtCs^ skUe paresseiufe , constir- 
potion V evaeuution pihiMe ^'eHe^mekB duH du fhous , didrrhie et sen-. 
8Ati0B de cbaleur Uans Tftnns. 

L^ einefaoiiiiie se dftdngtt^ dii ^ioiore f)ar une cRakur plus forte 
dans rint^rieur^ la hmt^^^t deih'garfi^ cotariiie taiis^ pamnebrA- 
lure ; le quinine n'a parmi ses symptdmes ni tes ^rtiictations putrides^ 
ni les battemens dans la rigvpti iSpig^striqui ; V& cinchonine paralc 
provoqner plas d'^anc^men^ dans les bypbcliondreis que le quinine ; 
en outre , fes seMes dnres sembl^nt plus pit tic\ili&k'6ttent ^ppartenir 
au cinchonine , de m^me que selles dares at^ec Sphemtes , dt^acuation 
de feces en grandes masses , dures solides \et sanguinolentes, cavsant 
des douleurs sicaiives en iraversani^* anus , symptdme qui ne se ren- 
contre pas.panni ceiix dn qttiniM. 

Le quinine ^ par centre , provcpqne plilsietof s ^dlMtd^ns qui ^ont en- 
ti^rement Atrabgpers an y^infch^i^ii^ ( cfn tatft au iilDioiins qn'ils ne sont 
pas signal^s dans les experimentations (ilont nous Venons de faire con- 
naitre les r^sultats), ou qui se nfi'^^ilP^'stent d^une inani^re moins frap- 
pante. T^Is sont : ^antHMbfe (ilafiifs ta boikcV^ , iivres bleues , exco- 
riations aux gencives , douleur d^ns ta gor^e en ava^ant , miicosite 
visqueuse dans la gorge , iructations ameres , £^^^o^/ , bbquets et haut- 

le-corps, fai/n canine et abattemdkt causi par la faim^tume faction du 

foie et de la rate^ pression dans la region du foie, douleur dans la 
region de la rate , ct^chlreihens dans le ventre , diarrhie , mouvement 
Icitntirrhoul^l plitsfort et sorti6 par Tanus de sang arterieU 

Voles arinati^ et pMCt^ "gifetiital^. 

Sfjf'ttl{kfttt^ to&thnns au cinchonine et au quinine : 
Augmentation de la sicrdiion et de VesDcrition des urines , urine trou- 
ble , urine p&le qui depose des mati^res solides , un sediment bri^ 
quete , cristallin ^UMJc , provocation des regies % 



388 BBVUE DE Lk HBDSCINB SPliCIFIQOX. 

Ardeurdansruriihreau pnssa{;e de rurine; besoio d -ariBcr pi^ 
c^de de douleurs duns les ur^teres , eoiission d'uoe grande qaanlil^ 
d'urineet cessation des douleurs ; urine aqueuse, se d^composaif 
facilement , r^agissant comme un fort acide , couverte d^une pelli- 
licule chatoyante ; sediment vert-brun. 

Ces sympl6mes d'eiaitaiion dans les organes sexuels m&les ne sooC 
pas provoqu^s par le sulfate de quinine qui y cause pluUVt une d^ 
pression notable. Gependant j'ai publie dans le Journal de matim 
mddicale , vol. !^, p. 261, une observation ou le quinine muriatiqse 
a provoqu^ une grande lascivit^ chez un vieillard de soixante aas, 
aUaque d*une b^mipl^gie. 

Sympi6mes particuliers au quinine : 

Urine ecunieuse , urine repandant une forte odeur , s^dimens ori- 
naires tr^s-volumineux, cristallins, et m^me Evacuation de calcnb, 
coliques menstruelies. 

Thorax, appareil respiratoire. 

SymptAmes communs au cincbonine et au quinine : 

Enrouement ^ chaleur dans la poitiine^ toux grass e apec crackats st 

dclachant dijJicUemenl , oppression de la poitrine , pression sur le sitr* 

num et douleurs de poitrine lancinanles. 

Sympt6me particulicr au cincbonine : 
Sensation comme si la poitrine Etait creuse et vide. 
Symptdmes particuliers au quinine : 
Accidens angineux. 

Dos. 

Symptdmes communs au cincbonine et au quinine : 

Doaleur a la pression sur les vertebres peclorales , plus forte cepeih 
dant par le quinine ; maux de reins. 
Sympt6mes particuliers au cincbonine : 
Ruideurde la nuque , douleurs de dos d^chirantes et lancinantes. 

Symptdmes communs au cincbonine et au quinine .* 

Douleurs dans les extr^mit^s ^ tiraillantes par le cincbOlMlie d^ 



ABVTTE BE LA M^DECINS SP^CIFIQUE, 389 

chirantes par le quinine ; tremblemens des membres et oed^me des 
pieds. J 

SymptAme particnlier an cinchonine : 

Douleur de brisure dans Tarticulation de T^paule. 

Symptdmes pariicnliers au quinine : 

jiccidens crampoides dans les extr^mit^S ; craquemens dans les arli^ 

culalions, 

T^gmntns ext^riears. 

En tant qu'il est permis de tirer deseirp^rimentations faites avec le 
cinchonine, experimentations dont aucune n'a ete endermatique, une 
conclusion relative h lasphere d'activii^ de cette substance, eile ne pa- 
rait exercer aucune action sur les tegumens ext^rieurs, tandis que 
faction caustique locale du quinine se manifeste de la inaoiere la plus 
^vidente par les symptdmes suivans: Croutes Hvides, humides^ gangre- 

neuses^ d bords rouges, sdcrdtant de la sirosile^ pus infect^ formation do 
croUtes de gangrene^ dicuhitus^ etc. (1). Gependant il est vraisembla- 
ble que sous ce rapport aussi les deux m^dicamens out de ['analogic, 

Ccenaesth^sie. 

SymptAmes communsau cinchonine et au quinine : 

Ahailement^ trembUment des membres^ somnolence^ pas de godl pour 
letravaily amaigrissement, sommeil agiliy plein de r^ves^froid^ chaleur^ 
transpiration (en partie isol^s, en panic cons^cutifs), apparition typi^ 
que des symptdmes ^ pouls friquent^ rapide^ anxiite et paresse. 

Symptdmes particuliers au cinchonine : 

Cauchemar suivi de rdves lascifs et d'^rections douloureuses. Pen- 
dant toute la dur^e de Texperimentation, le pouls fut souvent petit , 
feiblCf facile k comprimer, m^me in^gal, comme cela parait avoir et^ 
le cas pendant rexperimentation du quinine. 

Symptdmes particuliers au quinine : 

Tristesse, d^couragement et abattement. 



De la comparaison des resultats fournis par rexperimentation de 

(i) Jooroil (i|r Ar^eimiUelebre, vol. II , p. 263. • i, 



390 REYUE DE lA MEDECINE SPBGIFIQim. 

CCS deux alcaloides du quioquiaa, il resulie que Tun el raiitre'proi** 
quenl dans I'organisme animal des symptdmes qui offrent beaueoop 
d'analogie, el qiioiqu'ou ne pui^p pas dir« que la leMiaace 4a (eor 
acuon soil ideniiime, JH plifs graiiJe diffiM eoi a qiii eiisie mHiie icon 
effets, c est le degre diitteiiMtr (ju'i :i$^uic iiup pre^iiqence deeidee 
au quinine. Tanc|i3 qup \fi ^/aV/ir{eaiuiiifesifii>oii ^qtiqa iu ireediaie sor 
lesysiemenerveuxiiar une cxuliatlou nurqu^ede Tnctivite des weth 
et du sang, ce qui lui donne des droits a unc place f-arnii les narcoti- 
ques — suppr^se que la rarasteris'iqne des narco(iqifes r^Lqs^sor 
une idee pratique, — c'est a peine si lednchonine laisse recoii||atni5 a 
ses effets sous ce rapporl sa parent^ avcc lui. Aussi Balfy- (i], q^iia 
^tabli les differences des deux alcalo'ides du qiiinauina d'apr^s leofs 
effets th^rapeutiquessecondaires, n'a-t-il pas tort, k quelaue ^rd, 
d*aitribuer an fiinine la propri^t^ d'exciter yiolemment le syst^ 
nerveux et d'affecter le canal intestinal, et de refuse^* cette m^ 

propri^t^ au sulfate de cinchonine, Depuis que Chomel (2) et GiiUt' 
mann (3) surtout ont itiit remarquer que, sous le rapport derintensiti 
et de la surety des effets therapeutiques, le cinchonine ne se place 
pas sur la m£me ligne quele quinine^ leur opinion a ^t^ assez g^nera- 
lement adoptee. On est m^me all^ jusqu'^ pretendre que le^ effetsdo 
quinine sont a ceux du cinchonine dans le rapport de 1 ^ 8. Quelqoes- 
QDS cependant ne veulent point admettre cette difference entre ces 
deux medicamens, et ils en appellent aux essais qui en ont ete fails, 
essais qni tendent k prouver que le cinchonine est tout aussi efficace 
que le quinine. De ce nombre sonl Dufour (4), PoUer (5), IVieuwen- 
&ttV(6), Blexnie (7), Rustifi), Menard (9), Beraud ^(10), etc. PJusieurs 
m^nie pr^firent dans la pratique le sulfate de cinchonine & celui d$ 

(i) Archiv. gin^r. de m^dep. • vol. IX , p* 436. 

(2) Nouveaa Journal de M^decine. Mars i821. 

(3) Med.-chirurg. Zeit. 1823, vol. I , p. 258. 

(4) Revue ni^dic, t. VI , p. 143. 

(5) Th^Bur Temploi du sulfate de cinchonine. ?aris , 181i. 

(6) Ubi supra, 

(7) NoQv. Bibliolh. mid. 1828, t. IV, p. 326. 

(8) Lqc ciUt. 

(9) Loc.clt. 

(10) Ubi ioprii 



quinine^ en jMirtie parce quHl guerit aussi sArement les fi^vf eti loter* 
mitientes et que le quinine devi^nt'de plus en plqs rare avec Tecoroe 
jaune qui le fournit principalement {Bally (1), Richter) (2), en partie 
parce que le cinchonine n'a presqqe pas de gout (?) ov qa'au lUGiqf 
son go&t aiopier pe ae fait seotir que. lentetneni ( Ik{fresne (3) , M^ 
riani(ti). U est claif qu^ ce ae sent p$^ I^ des raigous suffisapten. 
Une raison plus plausible serait les effets plus cloux du cjnclioniQe. 
Cependant aussi long-t^mps que nos connaissauGesi sur le cinchonine 
se sent borates k savoirqu*ilgueritplusou]moins surementlesfi^vres 
intermittentes, il D*a pas pu £tre question de lui accorder une prefe- 
rence d^cid^e. Mais depuis que nous nous sommes assures qu'il pos- 
9&de des propri^t^s particulidres (quoique borates), aussi bien que le 
quinine, propriet^s qui font qu*il r^pond mieux k certains ets^ts morbi- 
des individuels que oe dernier, nous devons incontesiiblMaentcboisip 
tant6i Tun et tantdt Fautre. MaisTexp^rience seule pent nous diriger 
dans ce cboix. On ne pent done qu'approuver ro^^i (5) qui regarde 
cooinie douteux que run de oes alcaloides doive £tre prefer^ a Tau^ 
tre, sauAS decider iQutefois s'il faut les placer sur la mdme ligne, 
quoique plusieurs se soient prononoisen favour du quinine, enmdme 
temps qu*onbl&mera sev^rement Sachs (6) qui assure qu'avec la plus 
grande attention il lui a ^t^ impossible de remarquer la plus leg^re 
difference entre les effets m^dicamenteux du quinquina, de ses alca- 
loides et de ses sels, en demandant impudemment si les m^decins 
qui accordent la preference an cinchonine n*appartiennent pas k cette 
classe d'^tres fortunes qui enlendent Therbe croitre l-r- Qaant a Thy- 
pothese de Morett (7) qui croit que le quinine contient le principe 
anti-febrile , et le cinchonine le principe tonique du quinquina , en 
8*appuyant surce que ce dernier ne guerit pas toujours la fiivre In- 

(1) Foriep^s Not. Vol. XH, d» 17, p. 272. 

(2) Ausfiihrl. Arzneimittelehre. Vol. supplement. , p. 136. 

(3) Hiecke, Die neneren Arzoeimittel. Stuttgart. d837, p. 129. 

(4) Bust et Casper, Krit. Bepert. Vol. XXI, p. 436. * 

(5) Pharmakodyn. 4« ^dit. Giessen. 1S38. Vol. I, p. 58S. 

(6) Sachs et Bulk, Handwcerterbach d. prakt. Arzoeimittellehre. K<en]g8])ei^« 
1832. Vol. II, part. n. p. 451. 

(7) Americ. Journ. of Med. Scienc. cit^ dans le Salzb. med.-chimi^, Zejtfclirlft# 
1815. Vol. m, p. 970. j 



■IWP'if" 



•'w^^ 



lumiB tni ju loiDBGDos intonQini. 



33. 



Doiileur penistante il traiTersIa partie posl^rienre de It ri^nlif- I 
pogastriqae, comme de vents incarc^r^s, pression d'estomac, tean- I 
tioQ de brisure dans les reins. I 

34. I 

L^ger tourooiement dans te veatre, fiatnosit^, t^vmm sewible di I 
lar^gioi de Testoinac, malaisa de pluaieurs hciuiw iq[iiri«(ttnflf,irili I 
copieuse , d'abord plus consistante qa'k rordiimr^j, diwrtl^iVil t»* I 
suite. I 

35. I 

' Ugiirm tnmeMes dais le n<togaalro» lorQtnl k w pk^^ |li I 
tard dans l*^pigastre, soif, besoin d'ufiaer, augnmiMWQ 4e lllk I 

oration des urines, urine couverte d'une pellicule chatoyante, bem I 
dialler k la telle avtcselleoM)Ue^ excesaivctmen^ p^wUq la AuUt Wr I 
sion du ventre, tiraill^inqiu s^cali& dans 1q bas-venirQi pcmla fUlSk I 
faible. I 

36. I 

Douleur d^chirante et pingante dans te cdt£ gaucbe du bas-ventrCi I 
grande sicberesse et ftpreti de la gorge, malaise passager et eariei I 
de vomir, c^pbalalgie avec vertige en marchant et aoif violente. I 

37. 

Manx de ventre, selle dure, douloureuse^ inapp^tence, toarooiB- 1 
ment dans la t£te. I 

38. 1 

£laneemens dans les hypocbondres , s'exacerbant par le mouve- | 
ment, s'^tendant de Ik vers le dos et Toccupant dans toute sa lon- 
gueur, violens snrtout entre les omoplates. 

39. 

Apr^s une constipation de plusieurs jours, excr^mens durs, for mis 
(avec coDStricteur de Tanus ^nergique), douleur sourdement Ian- 
cinante dans Tanus, s'itendant de Ik jasquedans It r^ion ombilicale) 
et pieotemens dans le creax de Testomac. 



lUBVinB DS Ul MtoEClNE SPiCIPIQUE. 393 

que le cinchoninepur charge la membrane muqaense aVec laquelle il 
vjent en contact plod que le sulfate de cinchonine. 

Jusqu'^ present c*est le sulfate de cinchonine qu'on administre le 
plus fr^quemment contre les fi^vres intermittenies. Chomel[\)y Du^ 
four{t\ Bally (3), Dufresne (4), Mariani (5), Barbier (6), Wutzcr (7), 
Gittermann (8) et d^antres ont public leurs observations l^-dessus. 
Magendit (9) croit que le cinchonine pent dans tons les cas se substi- 
taer au quinquina aussi bien que le quinine, opinion qui a ^t^ adoptee 
par un grand nombre de m^decins, mais qui est trop generate poor 
qu*on puisse l-admettre sans restriction. Bally a trouv^ le cinchonine 
efiBcace nonseulement dans les fi^vres intermittentes, mais danstoutes 
les maladies qui montrent une certaine periodicite. Dufresne vante 
l>eauconp son utiiil^ dans les gastralgies avec aigreurs auxquelles 
sont sujettes les femmes et qui s*accompagneni fr^quemment de leu- 
corrh^e, d'abattement, de m^lancolie, etc. Barbier est ?l*avis que le 
cinchonine pent s'employer avec avantage comme vermifuge, et par- 
tout ou les toniqoes rendent des services. 

Tvi administr^ le sulfate de cinchonine dans plnsieurs cas de fi&vre 
intermittente, mais je n'en ai pas toujours obtenu des services. 

Un petit gargon de deui ans et demi, qui souffrait depuis trois se- 
maines d'une fiftvre tierce simple et qui avait un aspect tout-^-fait 
leucophlegmatique et boursoufl^, regut pendant la p^riode de froid 
i de grain de sulfate de cinchonine tritur^ avec autantde sucre de lait* 
II n'y eut pas d'autre paroxysme. 

Le troisi^me et le quatri^me jour, Turine d^posa un sediment ter- 
reuxrose. 

(1) Joamal de Pharmacie. Mars 1821. T. Vn , p. 134.— Tromnudorff*s. Kea^ 
loam. 1832, T. YI , p. 1, p. 129. 

(2) Log. cit 

(3) Loc. cit. 

(4) Loc. cit. 

(5) Hust et Casper, Krit. Bepert. Vol. XXI, p. 436. 

(6) Ubi supra. 

(7) Abhandl. und Beobacht. d. aerztl. Gesellschaft. zu Miinster. Vol. I, p. 340. 
C3) Loc. cit. 

<9) Vonchrift. z. Bereit. and Anw. einiger neoen Arzn. Uebers; von Kun0§. 
f^ mu Leipz. 1826^ p. 52. 



■^^ 



« 



3%& RfiVUE DB LA Ml^DSGINE Sp£ciFlQinS. 

47. -• ' 

£laiiceinens dans les cartilages de la cinquieme et de la'sixitei 
cdte, douleur martelante, reyenant quelquefois , dans le c6t^ droit 

du front, etgrandabattemeDt. 

48. 

Cauchemar, la nuit, rdves lascifs et Erections douloureoses, granie 
excitation de Fapp^tit v^n^rieo (Fapr^s-midi) e( Erections , temiai 
doaloureuse k tracers la poitrine. 

49. 

Grand abattement, apr&s midi, pandiculations, sensation deplti- 
tude apr^s le plus l^ger repas. 

SO. 

Froidi nanx det^te, de reins et de ventre, diarrhSe. 

5!. 

Froid au lit, pulsation de Testomac et sensation de froid dansTa- 
tomac, tranch^es, gargouillemens dans le ventre, emission de vc0 
par lebas, selle en bouiliie. 

62. 

Horripilations, pouls acc^l^r^ , rapide , dur, embarras de htto 
(augmentant d'intensit^ le soir) et sensation comme si le cerveanavait 
augmente de volume, tranch^es, sensation de plenitude danslevo- 
tre, douleur dans le creux de Testomac , s'exacerbant par la prO' 
sion, selle molie, oppression de la poitrine avec respiration acc^I 
Plus tard inapp^tence, plusieurs fois des Eructations , emission 
vents par le bas, violente chaleur le soir sur tout le corps avec f^ 
gonflement des veines de la peau et grande lassitude. 

53. 

Transpiration surtout entre les omoplates , avec prurit la nai 
grand abattement avec de fr^quentes pandiculations la veille. 

64. 

Cephalalgie comme si la tfite allait Eclater, surtout dans Toccipat, 
tintemens d*oreilles ; enduit ipm, jaune, cotonnenx, k la racinedeb 



t 



taSVtE DE Ul MJ^DECINB SPJ^GIFIQUEi ftSS 

llangue, faim sans appeiit, ballonnement du ventre apn§s le repas^ 
traoch^es dans la region episgatrique, surtout du cAt^ droit , coosti* 
pation, augmentation deTexcr^tion des urines et ardeurs dans Ture- 
thre en urinant ; douleurs lancinantes dans la gorge en avalant, coomie 
des picotemens d' aiguilles; respiration sifflante, oppression de la poi- 
trine , sensation de vide dans la poitrine , froid et claquement des 
dents, grande lassitude dans les pieds , engourdissement des mem-' 
bres dans chaque position en ^tant assis; le soir, chaleur dans lefront, 
se repandant de 1^ sur tout le corps , violente transpiration et soif la 
nuit, maux de reins, endolorissement de tout le corps , surtout des 
yeux, des oreilles et des parties genitales. 

Oubienles m^mes symptdmes surtout avec bourdonnemens d*o- 
reilles, soif, Eructations, grand abattement, tremblement des mem- 
bres ; le soir froid suivi d'une cbaleur s^che, la nuit vpinspiratioii 
douce&tre et repandant une odeur morbide ; urine avec on sediment 

blanc. 

56. 

Le matin, aprSs unsommeil agitE, t£te entreprise, apr^s midicha^ 
leur continuellede la t^te avec eitr^mit^sfroides, surtout le soir avec 
chaleur brulante gen^rale et s^cberesse de la peau , Emission d'une 
grande quantity de vents par lehaul et parle bas, tEte plus foriement 
entreprise, cEpbalalgie pressive, Etourdissemens, pas de goAt pour 
^ le travail, perte des idEes ; urine sEdimenteuse. 

56. 

Sommeil non rEparateur, sensation de brisure du dos (surtout en- 
ire les Epaules), des cdtes et des extrEmitEs , lEger pincement dans 
le ventre, bas-ventre tendu, plein, lourd, langue couverte d*une le- 
gEre couche de salive, gout pftteux, appEtit bon, mucosite visqueuse, 
diflBcile h detacher, plus abondante dans lesbronches; sensation comme 
si la poitrine eiait creuse et vide, peau seche, gonflement des veines 
de la peau ; plus tard , selle copieuse de couleur foncEe, brun-vert et 
en masses si dures qu*elles aflectent douloureusement Tanus ; sensa- 
tion de pesanteur du bas-ventre aprEs le repas, comme s'il y avaic 
one pierre ; tension du ventre, Emission de vents puans, t6te entre- 
prise, cepbalalgie fropts^e, surtout du cdtE droit; le matin, pouls 



i ,v. 25 



petit, faible , hcile k comprimer, plus grand, presqoe Mlufjiiil h 
soir. 

Y. Tabletn comparatif det effets dn ciochonine et do qainine. 

TAte. 

SymptAmes commuiis au cincbonine et an quinine : 

Embarras, pesanteur de la t^te, vertige, cephalalgia frontalef c^ 

phalalgie martelante^ maux de t^te s^ exacerbant dans la position pnmiik^ 
chaleurde la t^e^ congestions vers la t^te, sensibility dea tigumensda 

la t^te. 
Symptdme particulier au cincbonine : 

affections de Faeciput, 

* SymplAmes particuliers au quinine : 

C^plMilgii frontale et vertige , sensation de vide dans la tlte, » 
phalalgie lancinante, difficidte d reJUchir^ i^resse^ ^tourdissement, ft 
reur^ dilire, coma, ' 

Face. 

Sympt6me8 commnns an eincbonine et an quinine : 

Obscurcissement de la vue , tintemens ^oreilles , epistaxis ehhv 
autourdes yeux, air misirahle ^ face pdU ^ jreux enfone4s. 

Syropt6me particulier au cincbonine : 

Pression dans les yeux. 

Syinpt6mes particuliers au quinine : 

Chaleur de la face qui , apr^s la prise du cincbonine , ne se mau* 
feste que par une sensation de cbaleur autour des yeux ; sensii 
fies yeux a la lumiere, photopsie. Ces deux demiers symptAmes sen* 
bleat lui appartenir exclusivement. 

Gavit^ buccals , gorge , appareil digestif. 

Symptdmes communs au cincbonine et au quinine : 

Grattcmcnt el ardeur dans la gorge , sensation COODttie S;*il y aTal' 
quelque chose dans la gorge , sechercsse de la langue , couyerte * 
parlie d'un enduit jaunc , sechercsse dans la bouche et la gorge ^l2in^ 
couvei'le d'un enduit muqueux , augmentation de la sicr^ton de k 
iali^e , goUt pdieux , amer^ soif^ inappiicnce , /aim sm$ app4tit , yW 






Oppdtit^^ itutlatii/i/kti sddk ■ Vlkdlai)ie , vdi/nisse^ehs\ pYessioh et ddchire^ 
tnns d'vsi^mtrc \ pU^itudb]^ ihrsioh de laregioh\de Vesto'mac^ surlout 
tiprBM i» rtpat, smsexhrCJ^ chaWur dahs t'knolfndc tt ie ventre , douleurs 
laliBioaiites daiis Itts iiy{H)le&t)ildlres , irartchiits , tension] et[lallonne^ 
ment du venire^ tournoiement el ^'a)rgouttteM'ehs ddtis le ventre^ coUques 
fitrtulentes rjbrfe 4htii-9v^n dis i>ents fiir "^ dMi:s i^ skUe paressewte , constir- 
potion ^ ivaeudfion pShiHe ^'eJ^erimeHs dark du fhous , didrrhde et sen-. 

SAtiOB de cbaleur Uans Tftniis. 
L^ einefaoBiiie se dfttingtt^ dii iitiiiiiore f>ar une cKaleur plus fone 

dans rint^rieur^ la hmtt^e^t deiagoffk^ (IMnilie causae pamnebrA- 
lure ; le quinine n'a parmi ses symptdmes ni tes Eructations putrides^ 
ni les battemens dans la r^gipn iSpig^striqiii ; V^ cinchonine paratc 
provoqner plus d'^anc^men^ dans les bypbclrondres que le quinine ; 
ea outre , fes seMes diires seihblent plus pif tic^liik'^DMnl ippartenir 

au cinchonine , de m^me que selles dures at^ec Sphemtes , dpacuation 
de feces en grandes masses , dures solides [et sanguinolenles, cavsant 
des douleurs sicatives en traversantj,'anus , symptdme qui ne se ren- 
contre pas. parmi ce«x dn qtttnim. 

Le quinine ^ par centre , provoque pittsietors ^i^Mtd^ns qui ^ont en- 
ti^rement Atrabgpers an y;riich(Mii^ ( cln tatft au Abins qti'ils ne sont 
pas signal^s dans les experimehtatiOl)^ dont nous Venons de faire con* 
naitre les r^sultats), ou qui se tifi^^ilP^'stent d^une mani^re moins frap- 
pante. T^Is sont : ^anlfiM[6 iiiii^ ta boikcV^ , ii^vres bleues , exco- 
riations aux gencives , douleur A^i& ta gorge en ava^ant , miicosite 
visqueuse dans la gorge , iructations ameres , dSgo^t ^\ioqaels et haut- 
le - corps , yijiV/i canine el abattemdkt causi par la f aim ^tunU faction du 

foie et de la rate^ pression dans la region du foie, douleur dans la 
region de la rate , d^chtremens dans le ventre , diarrkde , mouvemem 
}Uin6rrho%d^l pliis fort et sortie par Tanus de sang arterieU 

Voles arinati^es H pM>(i^ gt&fiital^. 

Sjf'ttltkftttcis toiSfKthnns au cinchonine et au quinine : 
Augmentation de la sicrition et de PesBcrition des urines , urine trou- 
ble, urine pftle qui depose des mati^res solides, un sedinieQ( bri- 
quote , cristallin ^UMJc , provocatidh des regies^ 



388 BBVUE DE hk HBDSCINB SPliCIFIQOX. 

Ardeurdansrurithreau passa{;e de rurine; besoio d*ariBcr pr^ 
c^de de douleurs dans les ur^teres , emission d'uoe grande qaanliti I 
d'uriaeet cessaiion des douleurs; urine aqueuse, se d^composaif I 
facilement , r^agissant comme un fort acide , couverte d'une pelli- I 
licule chatoyante ; sediment verl-brun. I 

Ces sympl6mes d' exaltation dans les organes sexuels m&les ne soot I 
pas provoqu^s par le sulfate de quinine qui y cause plut6t une d^ 
pression notable. Gependant j'ai publie dans le Journal de mature 
mcdicale , vol. !^, p. 261, une observation oil le quinine muriatiqae 
a provoque une grande lascivil^ chez un vieillard de soixante aas, 
aUaque d*une b^mipl^gie. 

Sympidmes pariiculiers an quinine : 

Urine ecunieuse , urine repandant une forte odeur , s^imens mi- 
naires tr^s-volumineux, cristallins, et m^me Evacuation de calcub, 
coliques menstruelles. 



Thorax, appareil respiratoire. 

SymptAmes communs an cincbonine et an quinine : 

Enrouement , chaleur dans la poit/ine , toux grasse at^ec crachats st 

ddlachant difficile ment , oppression de la poitrine , pression sur le ster* 

num et douleurs de poitrine lancinanles. 

Symptdme parliculicr au cincbonine : 
Sensation comme si la poitrine etait creuse et vide. 
Symptdmes particuliers au quinine : 
Accidens angineux. 

Dos. 

Symptdmes communs au cincbonine et au quinine : 

Doaleur a la pression sur les vertebres peclorales , plus forte cepeih 
dant par le quinine ; maux de reins. 
Sympt6mes particuliers au cincbonine : 
Ruideur de la nuque , douleurs de dos d^cbirantes et lancinantes. 

Symptdmes communs au cincbonine et au quinine .* 

Douleurs dans les extr^mu^^ ^ tiraillantes par le cinchoiliiie d^ 






ABVtnS DE LA MjIdBCINE SP^ClFIQUE. 389 

cbirantes par le quinine ; tremblemens des membres et oed^me des 

» 

pieds. J 

SymptAme particalier an cinchonine : 

Douleur de brisure dans {'articulation de T^paule. 

Sympt6mes particnliers au quinine : 

Reddens crampoides dans les extr^mit^S ; craquemens dans les arti^ 

dilations, 

T^gumeus ext^rienrs. 

En tant qu'il est permis de tirer dese:sp^rimentations faites avec le 
cinchonine, experimentations dont aucune n'a ^te endermatique^ une 
conclusion relative a la sphere d'activii^ de cette substance, elle ne pa- 
ratt exercer aucune action sur les tegumens ext^rieurs, tandis que 

Paction caustique locale du quinine se manifeste de la poani^re la plus 
^vidente parlessymptdoiessuivans: CroUtes Uvides, humides^ gangrd' 
neusesy d bords rouges, sicritant de la sirosiliy pus infect ^ formation de 
croities de gangrene^ dicubilus^ etc. (1). Gependant il est vraisembla- 
ble que sous ce rapport aussi les deux m^dicamens out de Fanalogie, 

Coenaesth^ie. 

Symptdmes communsau cinchonine et au quinine : 

Mattcment^ tremblement des membres ^ somnolence^ pas de godt pour 
le travail^ amaigrissement, sommeil agitd^ plein de rives^froid^ chaleur^ 
transpiration (en pariie isol^s, en par lie cons^cutifs), apparition ty pi- 
que des symptdmes^ pouls friquent^ rapidcj anxiete et paresse. 

Symptdmes particnliers au cinchonine : 

Cauchemar suivi de rdves lascifs et d'^rections douloureuses. Pen- 
dant toute la dur^e de Texperimentation, le pouis fut souvent petit , 
feible, facile i comprimer, m^me in^gal, comme cela paralt avoir ^t^ 
le cas pendant Texperimeatation du quinine. 

Sympt Ames particuliers au quinine : 

Tristesse, d^couragement et abattement. 



De la comparaison des r^sultats fournis par rexp^rimentation de 

(i) Jooroal IQr Ar^eimpUelebre, vol. JI , p. 363. ;, 



i 



390 REYUE DE LA MEDECIXE SPEGIFIQinS. 

ces deui alcaloides du quioquioa, il resulte que Tun et rautre'profe- 
quent dans rorganisme animal des symptdmes qui offrenl beaucoop 
d'analogie, et qiioiqu^on ne pui^q pas diie ()ue ia tead^oce de lev 
action soit idenlicme, I'J^ plifs grai)(i€ difft*! eui e qi|i esisle enine leun 
effets, cesl Ic degre d'iiaet.Mtr (jui ns.^^uie uinp pre^iiqence deeidee 
au quinine. Tanc|is qMP If^ tj/'f/uriemuiiifestfis^on ^qiiQii iairaediaie sar 
lesystemenerveuxpar une cxuliatioii marquee de I'sirtivite des nerh 
et du sang, ce qui lui donne des droits a unc place parnii ies narcoti- 
ques — suppose que la carasterisMqne des narco(iqi|es r^Lqs^sor 
ime idee pratique, — c'est a peine si le cinchoninc laisse reconpattre a 
ses effets sous ce rapport si parcnte avcc lui. Aussi Bally (i), qui? 
^tabliles differences des deux alcalo'ides du quinmiina d'apr^s leun 
effets th^rapeutiquessecondaires, n'a-t-il pas tort, ^ quelque egard, 
d*attribuer au fuinine la propri^t^ d'exciter vioiemnQent le syst^ 
nerveux et d'affecter le canal intestinal, et de refuse^* cette mdine 
propri^t^ au sulfate de cinchonine, Depuis que Ckomel (2) et GiUer- 
mann (3) surtout ont itiit remarquer que, sous le rapport dellntensiti 
et de la surety des effets therapeutiques, le cinchonine ne se place 
pas sur la m£me ligne quele quinine^ leur opinion a ^t^ assez g^oera- 
lement adoptee. On est m^me all^ jusqu'^ pretendre que le^ effets ds 
quinine sont a ceux du cinchonine dans le rapport de 1 ^ 8. Quelqpes- 
BOS cependant ne veulent point admettre cette difference entre ces 
deux medicamens, et ils en appellent aux essais qui en ont ete foits. 
essais qui tendent k prouver que le cinchonine est tout aussi efficace 

que le quinine, De Ce nombre sont Dufour (4), Potier (3), JNieuwen' 
Aaw(6), Blpynie (7), Rust{^%), Menard (9), Beraud i(iO), etc. Pfusieurs 
Illume pr^firent dans la pratique le sulfate de cinchonine k celui it 

(i) Archiv. g^n^r. de m^deq. • vol. IX , p* 436. 

(2) NouTeau Journal de M^decine. Mars 4^?V 

(3) Med.-chirurg. Zeit. 1S23, vol. I, p. 258. 

(4) Revue m^dic, t. VI, p. 143. 

(5) Thdscsar I'emploi du sulfate de cinchonine. Paris , 1811. 

(6) Ubi supra, 

(7) NouT. Biblioth. m^d. 182S, t. lY, p. 326. 

(8) Log. cittt. 

(9) Loc. cit. 
110) Ubi foprit 



IIBVUB D9 U M3&QBGIKB SPI&CQB'IQUB, 391 

qiinine, «n jMirtie parce quHl guerit aussi sftrement IfliS fi^vre^ iQter* 
mittentes et que le quinine devi^nt^de plus en plus rare avec TecorcQ 
jaune qui le fournit principalement [Bally (1), Bickter) (2), en partis 
parce que le cincbonine n*a presqiiie pas de gout (?) on qn'au nM}iqs( 
son gout anner qe se fait septir que, l^ntement ( Lk^fresne (2) , M^r^ 
riani{li), U est clair qu^ ce m soqt pas \k des rai^us suQisaptes, 
Une raison plus plausible ^erait les effets plus 4oux di| cjnqhoqiae. 
Gependant aussi long-topps que nos eonnaissance^ sur \e cinchonine 
se sont borates k savoir quil guerit plus oumoins suremonU^^ fi^vres 
intermitteotes, il D*a pas pu £tre question de lui accorder une pr^fe^ 
rence d^cid^e. Mais depuis que nous nous sommes assures qu'il pos- 
3&de des propri^t^s'particulidres (quoique borates), aussi bien que le 
quinine, propriet^s qui font qu'il r^pond mieux ^ certains ets^ts morbid 
des individuels que oe dernier, nousdevonsinoontesitbl«ai9ntoboisip 
tant6t Tun et lantdt Tautre. Mais Texp^rience seule pent nous diriger 
dans ce eboix. On ne pent done qu'approuver Fogt (5) qui regarde 
comme douteux qu^ Tuiu de ces alcaloides doive ^tre prefer^ a Fau^ 
tre, S9UD1S decider tqptefois s'il faut les placer sur la mdroe liguoi 
quoique plusieurs se soient pronono^sen favour du quinine, enmdm^ 
temps qu*onbldmera sev^rement Sachs (6) qui assure qu'avec la plus 
grande attention il lui a ^t^ impossible de remarquer la plus l^g^re 
difference entre les effets m^dicamenteux du quinquina, de ses alca- 
loides et de ses sels, en demandant impudemment si les m^decins 
qui accordent la pr^f^rence au cinchonine n'appartiennent pas ^ cette 
classe d*£tres fortunes qui enlendent I'herbe croitre !— Qaant a Thy- 
poth^se de Morett (7) qui croit que le quinine contient le principe 
anti-febrile , et le cinchonine le principe tonique du quinquina , en 
8*appuyant sur ce que ce dernier ne guerit pas toujours la fiivre in- 

(1) Fwiep's Not. Vol. XH, d» 47, p. 272. 

(2) Ausfiihrl. Arzneimittelehre. Vol. supplement. , p. 136. 

(3) Rieche, Die neneren Arzoeimittel. Stuttgart. d837, p. 129. 

(4) Bust et Caspar, Krit. Re pert. Vol. XXI , p. 436. ♦ 

(5) Pharmakodyn. 4« ^dit. Giessen. 1838. Yd. I, p. 588. 

(6) Sachs et Dulk, Handwcerterbucb d. prakt. ArzneimitteUehre, Kcen]S^()ei2p[« 
4832. Vol. II, part.n, p. 454. 

(7) Americ. Journ. of Med. Selene, cit^ dans le Salzb. med.-cbirur^, Zejltsdurlft* 
48S5.V01. m,p.370.j 



392 BBYOB DS LJk MEDSaMB SP^^IFlQUX. 

termittente, sans r^fl^chir qu'on peut en dire aatant de Tantre, Tei- 
p^rience en a fait justice depuis loBg[ temps. Gelle de MiucAeHieh (I), 
qui pretend que Inaction des deux alcaloides estune action chimique, 
et qu'on n'a pas encore recherche avec assez de soin les combinaisoos 
qui s*op^rent dans I'estomac, etc. , ne peut pas se soutenir davantage. 
Magendie (2) a signal^ le seul effet chimique connude ces substances 
snr la matiire organique. Selon lui, le sulfate de quinine^ mk\i an 
sang, forme un g&teau a peine visible, et le sulfate de cinehonine ( 1 
grain) forme avec le sang un des plus lagers g&teaux qu*il ait jamais 
vu, assez semblable k la gel^e v^g^tale que le froid n*a pas encore 
condens^e. On conviendra que de pareils r^sultats De sont guere 
propres a expliquer leseffets physiologiques etcuratifs des m^ica- 
mens.-^EnBn, on doit aussi rejeter Fassertion de Wifmem (3)qai 
pretend que les alcaloides du quinquina et leurs sels renfermentn 
euxlesvertus toniques etfortifiantesdu quinquina', sans en avoir les 
propri^t^s irritantes et indigestes, ou sans manifester les eflets narco- 
tiques nuisibles de beaucoup d*autres plantes. Un simple coup d*od 
jet^ sur le tableau comparatif des effets du quinine et du cincboDiiie 
suffira pour prouver que c'est une erreur. 

YI. Ihirapeutique. 

Pour Tusage medicinal , on se sert soit de cinehonine pur ^ soit^o- 

c6tale de cinehonine^ SOit de muriate de cinehonine , mais surtout de 
sulfate de cinehonine. Selon Blejrnie {^)j on doit pr^ferer le cinckanins 
(et le quinine) />i<r au sulfate de cinehonine dans le traitement des fii- 
vres intermittentes, parce qu'il se prend et se supporte plus fecile- 
ment ; seulement il faut, apres cbaque dose de cinehonine ( ou de qtu- 
nine) avaler une boisson acide, afin que la dissolution s^effectue plus 
promptement dans Testomac. Barbier (5) a fait des experiences qui 
contredisent compl^tement cette assertion. Il croit, et avec raison, 

(4) Lehrb. d. Arzneimittellehre. Berlin, 1840. Vol. I, p. 254. 

(2) Yortes. iiber d. Blut. Yol. II, p. 443. 

(3) Die Wirk. d. Arzneiniit. und Gifte im gesunden thier. Koerper. MQoch.' 
1832. Vol. II, p. 134. 

(4) Nouv. Bibl. m^d. 1928. 12.— HecherU UW- Anpal. Yol. HVf, 352, 
{() Ixm;. cit., p. 361r 



RXVUE DB LA M^DECINE SPiCIFIQUE. S93 

que le cinchonme pur chnrge la membrane muqaeuse avec laquelle il 
vient en contact plus que le sulfate de cinchonine, 

Jusqu'k present c*e8t le sulfate de cinchonine qu'on administre le 
plus fr^quemment centre les fi^vres intermittenies. Chomel{\)^ Du-^ 
/our(l\ Bally (3), Dufresne (4), Mariani (6), Barbier (6), Wutzer (7), 
Gittermann (8) et d'autres out public leurs observations li-dessus. 
Magendie (9) croit que le cinchonine peut dans tons les cas se substi- 
tuer au quinquina aussi bien que le quinine, opinion qui a ^t^ adoptee 
par un grand nombre de m^decins, mais qui est irop generate poor 
qu'on puisse Tadmettre sans restriction. Balfy- a trouv^ le cinchanine 
efficace nonseulement dans les fiivres intermittentes, mais danstoutes 
les maladies qui montrent une certaine pModicite. Dufresne vante 
l>eaucoup son utility dans les gastralgies avec aigreurs auxquelles 
sont sujettes les femmes et qui s^accompagneni fr^quemment de leu- 
corrb^e, d^abattement, de m^lancolie, etc. Barbier est tl'avis que le 
cinchonine peut s'employer avec avantage comme vermifuge, et par- 
tout ou les toniques rendent des services. 

Tai administr^ le sulfate de cinchonine dans plusieurs cas de fi&vre 
intermittente, mais je n'en ai pas toujours obtenu des services. 

Un petit garQon de deux ans et demi, qui souffrait depais trois se- 
maines d*une fi^vre tierce simple et qui avait un aspect tout-^-fait 
leucophlegmatique et boursoufl^, recut pendant la p^riode de froid 
i de grain de tulfaie de cinchonine tritur6 avec autant de Sucre de lait» 
II n'y eut pas d^autre paroxysme. 

Le troisiime et le quatritoe jour, Turine d^posa un sediment ter- 
reuxrose. 

(1) Joamtl de Pharmtcie. Mart iSti, T. YII , p* 134.-- Trommsdor/ps, Keo^ 
loom. <832» T. YI , p. d, p. 179. 

(2) Loc. cit 

(3) Loc. cit. 

(4) Loc. cit. 

(5) JRust et Casper, Kril. Beperl. Vol. XXI, p. 436. 

(6) Ubi suprk. 

(7) Abhandl. and Beobacht. d. aerztl. Gesellschtft. za Mflnster. Vol. I , p. 340. 

(8) Loc. cit. 

(9) Vonchrift. z. Bereiti ond Anw. elniger neotn Arzn. Uebert ; von Kwute^ 
p« Mil. Leipz. i8«S, p. (^t. 



Le8ixiinejoiir,renfantentnii fortapp^tic, aprto avoir pria lateib 
au soil* uDc nouvelle dose du m^dicameDt. Le hoiti^me jour , il itait 
parfaitemeot gu^ri et avait tris-honne mine. Ce qui m'avait d^tar- 
piin^ surtout k administrer le sulfate de cmckomue, o'^laient lea aid 
cr^mens dars, semblables a des croues de brebis. 

Un autre cas me semble digoe d'attention parca qae lee effettda 
cinchonine semaDifestirentdisUnctement, qaoiqnela ga^riaoneAt^f 
op^r^efinalement par ud autre moyen. One femme marine de treate- 
six : DS , qui souffrait d^oppressioa de la poitrine et de dyspn^, ifii 
avait ses regies tous les quinze jours et eu grande abondance, tl q« 
se plaignait fr^quemmpm de d^chiremens dans la t^te, etait atteiots 
depuis un mois d'une fiivre. Gette fievre, tierce d'abord, avait dispan 
pendant huit jours apr^s la prise de douze pilules amirea qu'atait 
prescrites un m^decin, mais elle ^tait revenue sous la forme de fiim 
quotidienne. Les acc&s avaient lieu r^gulierement k dix heures da 
matin ; le froid durait une heure, la ehaleur trois heures et la tnutf- 
piration deux heures. Duns la periode de froid, lamulade avait • 
peu de soif ; la soif augmentait pendant la ehaleur, et il s'f joi- 
gnait une amertume dans la bouche qui persistait dans rapyrew 
Pendant la ehaleur, violente cephalalgie dans le front et le vcilex 
avee vertiges, bourdonnemens d'oreillesetmAofie photopsie. Toailv 
trois jours, il y avait une selle dure. Le teint ^tah terrenx, tiraBt larte 
jaunfttre, la nuque douloureuse etraide, etla pression cansaitde ilo- 
lentes douleurs lancinantes dans la seconde et la troisi^me ven^ 
pectorale. Immediatement apris la transpiration , je treuval le penis 
acc^l^r^, mott, plain et intermittent. Le 26 mai, J'administrai \ ffA I 
de sulfate de cinchonine^ trituf <S ayec S(i|tant de sucre de Is^it, pendant 
la periode de froid. Le paroxysme se dislinguades pr^^deaa pair M 
intensity beaucoup moindre, et par une exacerbation de la e^pbahl- 
gie pendant la periode de ehaleur. Lelendemain, la pression sur les 
vert&bres superieures de la poitrine n occasiona plus de douleor; 
mais bien celle sur la premiere et la seconde vert^bre lomb^iire. Les 
acc^s, ce jour et les suivans, ne coosisit^rent qu'en legeres a|taqaes 
dont laderni^re fut plus faible. Je repetai deux fois la dose dam^ 
eament pendant la periode de froid. Le 2? mai, Turiue d^poaa m se- 
diment rose, et le 28, lams'iade avait d^j^ neiBeure sriae^taiHUa qoeb 






donlearde la colonne vertebrate avait disparu. Le 29 ^tle 30 mai, je 
p'aper^us rien de remarquable ; les acc^sde fievre pe fureqt pasplup 
iDteasesque le 2S, et j'adminisirai une Douvelle dosedesi^/fau deoif^r 
ehoninek 1 approc))e du p^rpxys^)^. Le ^ maj , ayan( ce^se d'enfair^ 
prendre k la malade peodaot Pacces, il jreutifn p^rpxys^f^e excessive- 
meDt violent ; la c^phalalgie surtoqt fut fprt iaten^e. Je presprivh i^oqfi 
deux doses de cette substance a prendr.e I'lii^e aiissitot apr^s Tacc^s, ^ 
la seconde immediqtenient avant le prochi^in acc^s- l^a fievre i^'eQ f^r 
parut pasmoins le 1*' juia avecautant dP violence que la vei|le; lamar 
l^de se plaigqif en outre de' ballonneiqpnt du ventre et de violef^^cif 
tranch^es qui l^i caus^ren^ les plus crueller angois^fis, sypf^ptOn^^^ 
qui s'^taiei^t mauifest^s aussitdt apr^s la prise de la seconde dp^, 
Apr^s le paroxysme, je trouvai les alentours dps cbevillps enfle^. Le % 
juioy quoique la malade assur4t qu'elle se sentait fprt bien et qu'el|e 
ne souffrait nuUemenide lanuque, elle eut ceppudant un fortacces 
itTheure habituelle. Eile avait cependant pri^, par mes conseils, un 
demi-grain de cinchonine au coi^mencement de la p^riode d^ froid. f^fi 
3 juin, le paroxysme fut loui aussi intense et s^nticipa die deux beqf^^. 
Le medicament fa^ repete ai|ssitj6t*^pres, aipcii que lelepdpmain matip^ 
JL huit heures. L^i^cc^s suivant fut moins intense. Le g juiq, il y PH( 
de nouveau un fort acc^s; la malade etait tpute japqfi Pt se plaignaK 
d*une douleur lanc^nante a la pression de 1^ trpi^jpme vertebrp peptp-r 
rale. Elle avait pris jusque-)^ cinq grains dp sulfate de cipchopiqe. 
I^'ayant pas envie de faire uqp experience ea augipentant la dospi e( 
aspirant atteiqdre plus f acileipent le b(it par d'auire^ fpoyens, j-ad^ 
ministrai niup vomica 3, le 5 et le 6 juia, spir et matio, niais ss^ns v^\i\r. 
tat notable. La nialade se piaignqit prinpjpsilemeutalors de^asPff pc^Q'ST 
dant le froid, ce qui pie deteripina pour Varsenic. Elle FPi?U( dppft, )i| 
7 juin, au commencement de 1^ periode de froid et aqsiitdt upri^^ U 
fiivre, arsevic, 3 gr. i, doses qni fureqt repeiees le lepdlen^ain* L^ 
deux derniers acc^s furent tres-faibles ; le dernier ne consista qil^ei 
une legere altaque. La fievre ne reparut plus d^s lors, et le iO juin, 
la malade fut parfaitement guerie. Je ne sais si en augmentant la dose 
de cinchonine j'auraisobtenuunresultat favorable dansce ca§; mai§ ce 
qui resulte clairement de cette observaiiom, c'est que le moyei^ coit- 
TCMble felt tim i ppUie dose qa'ua moyea prepaire ^ dose tBaasivp. 



390 REVOB 1)E hkVtioHLClSV, $P£CIFIQUE. 

Tai (rait^ par le sulfate de cinchomne plusieurs antres cas de tt- 
vres iDtermiiieDtes quotidiennes et tierces ; mais comme ik n'oot 
rien pr^sent^ de remarquable , je passerai sous silence les d^uuk. 
Je dirai seulement que ce oi^dicament s^est principalement moBlri 

efficace quand il yavait une complication gastrique at^eo torpeurprUh 
minante du canal intestinal , un itai irethiquc du iysteme wueuUdn^ 
aecompagnis de sxmpt6mes suit^ans : chaleur prSdominanie apee ctmgu- 
tions vers la t€te , soif dans la chaleur , friquenies iructeuions , doakm 
dans le creux de Festomac , s*exacerhant par la pression extirieute , kf- 
hnnement du ventre et tranchies tournoy antes ( coliques /laiulentet)^ 
forte imistion de vents par le basy constipation, ardeur dans ruretkna 
passage de r urine , soulagement du ventre et de la poitrine apret Vimt^ 
sion de Purine , oppression de la poitrine , douleur de la colonne vertt 
hrale a la pression extirieure ^ grand abattement apres Vacces et trenMh 
meat des membres dans tapyrexie, 

D*apr6s mes experiences^ le sulfate decinchonin^ convient surtoi 
aux individus irritables , debiles , et aux constitutions florides, sal* 
guines , nerveuses. L'effet immediat consistait la plupart du temps a 
une diminution de Facets, surtout quand le medicament ^laitprii 
dans la p^riode de froid ; I'apyrexie aussi ^tait plus connpl^te. lai 
accds devenaient de plus en plus faibles et cessaient enfin enti^ 
nient, propriety que le cinchonine a de commun avec le quioiiM. 
Quelquefois, aprte quelques fuibles paroxysmes , il y en avait un phi 
fort ; mais je n'ai jamais vu la fi^vre disparaitre apr^s un acc^s sem- 
blable , comme c'est souvent le cas apr^s Tadminisiration du qui' 
nine ; au contraire , les accis revenaient toujours alors avec une 
^le intensity et n^cessitaient ainsi Temp'oi d'un autre medicament. 
Je n>i jamais r^ussi ^couper subitement la fievre avec le sulfate it 
cinchonine, J'administrais ce moyen aux doses de ^, ~ et ^ grain, 
aprte Tavoir fait d*abord triturer avec une ^gale quantite de sucfs 
de lait (i). 

(I ) Le docteor Flei&chmann d'Erlangen pretend que si le chinoVdine n^ett pH 
efficace, c'est quHl n'est pas pur. II Ta vu employer avec le plus heoreuz sacote I 
contre la fi^vre intermittente et par des ni^decins et par ces laiques. Voici M 
prescription : Chinoi'din. purl et sulphur, ana. dr. j , pulv. rad. gent, et calani 
afMn. ani. icrap. j, f. pil. pond. %, 3. S. S pilule* toutes les deux hedret. La wi* 



REVUfi DE LA MEDECIiNE SI>^]^GIFlQUE. 39^ 

Je n^ai pas admioistr^ le sulfate de cinchonine seulement i^ntre les 
fiivres intermittentes , je I'ai aussi donn^ dans quelques autres ma- 
ladies. Dans ua cas de rhumatisme musculaire dorsal , ayec raideur 
da dos telle que le malade devait constaoiment rester courb^ , terri- 
blesdouleurslorsqu*il tournait le tronc et lorsqu'il respirait profop- 
dement , ^ternuait ou toussait, coDStipation opioi&tre , je fis prendre 
pendaul quatre jours de suite |de grain de cinckon. sulphur.^ d^ux 
fois par jour. U y eut de ram^Iioraiion d^s le second jour, et lecin* 
quieme, le malade fiit parfaitement gu^ri. Ce medicament m*a 
rendu quelquefois d'excellens services contre la constipation,, enire 
autres chez une jeune femme qiii souffrait d*une irritation de Tu- 
t^rus et de Tovaire gauche avec digestions p^nibles , Eructations 
continuelles , plenitude dans Testomac apr^s les repas , fr^quentes 
tranchees , et constipation opini&tre. Elle devait le plus souvent faci- 
liter avec les doigts la sortie d^excr^mens petits , durs , souvent san- 
guinolens. Je n'ai pas eu moins k m'en louer dans an cas de jaonisse 
aigue avec envies de vomir , venire mit6oTis6 , coliqne dans la region 
ombilicale et constipation persistante. Je puis aussi le recommander 
par experience contre la torpeur du canal intestinal , suite de la dys- 
enteric. Une maladie duns la quelle il semble convenir parfaitement, 
c'est Tileus. Jusqu*a present , il est vrai , je n'ai pas encore eu Toe- 
casion d'en faire Tessai , mais je ne n^gligerai pas de saisir la pre- 
miere qui se prEsentera. 

Yll. pharmacotecluiiqae. 

Selon Jlfariani(i),onpeutenlever an cinchonine, ainsi qa'au qui- 
nine , toute son amertume en le lavant k plusieurs reprises dans de 
Talcool , et cette amertume ne se manifesto que par la presence d'a n 
acide qui dissout le sel. Je ne crois pas sage de recourir a des moyens 
irtificiels pour restreindre les proprietes physiques d'un medicament; 
car nous ne sommes pas en Etat de decider si nous ne nuisons pas 4 
sa tendance medicamenteuse. La meilleure preparation , a mon avis , 
c'est la trituration simple avec dusucre delait. 

ti^ de cette qaantit^ snffit ordinairement poar ga^rir (C.-C Schmidi^i^ Jahrb. 
4er Ges. Med. Jan. 4842). 
(I) Ru9t et Casper, Krit. KepefWr, Vpl. ^CXT; P* 436. 



J99 RETHE DB LA M^DECmE SP£CtFlQt7lS« 

S f\oh Rieeke (})^ Gittertnann (2), Chomel (3), Ni'euvvenhuis (4) et 
d'^ibifes, on doit adminisirer le cinchoninea plus forte dose que le 
quinine, puree qtie son action est plus faible. Wutztr (5) est dn mime 
avis. Le eincbbnine se donne it la dose de 6 & 20 grains. J'ai montrj 
qti'il est eflScace ^ dost^ plus faibles. Gomme il agit lentement, 
fl feut employer les triturations basses et r^^peter Mquemment let 
doses. Son efifet sur Torganisme sain se fait attendre quelqnefois des 
sthnaioes , commie il a ixi dit. 

Quant aui ahtidotes de ce medicament , je renvoie ^ moD traits 
Stir le sulfate de quinine. (Hygea , vol. XVI, eah. 2 et 3, 1842. Yoyez 
notre Repue^ vol. I, p. 161. 1840). 

SEi8ceiiaii^0« 

Bmpoistmnement de trente^six ou trente^ept soldats , poor mHHr 
m(tng6 de la racine d^Oenanlhe crocata; par M. RogHaUI. 

Au mois de juin dernier plusieurs soldats, en se pronaeiiant dans 
les prairies, mangereot de la racine d'oenanthe, qu'ils prirent pour de 
la carotte ; ceux qui en maog^rent les premiers fureni saisis tres-vi- 
vemeut de tous les symptdmes qui accompagnent les poisons les plus 
violens ; cela n*emp6cha pas les autres d'y retourner jusqu'i trois 
fois. Le premier qui viot k Tfadpital, continua long-temps apir^s sa 
promenade etfut fort gai; mais sur les buit heures et demife, il se 
sentit fort incommode. On le trausporta aussii6t dans Tbdpital, dans 
YiV3it le plus violent ; il faisait des efforts ineroyables peur. vomir, et 
iUtait dans nn ^tatconvulsif des plus violens ; les yeux, la focev les 
mftcboires^taient si fort contractes, qu'on ne put lui rienfaire aval'er i 
M mourut au bout de trois quarts d'beure dans une vraie attaque d'e- 
pilepsie ; les autres ne furent pas si malheureui, quoique tourmeBi^ 
des symptdmes les plus effrayans; on vint k bout de leur ecarter.les 
nftchoires, et on leur donna T^m^tique en lavage, et les potion^ les 

(1) Die neueren Arzneimitt. , p. 129. 
,(2) Med.-chir. Zeil. 1823. Vol. I, p. 258. 
(3J Revue mMic. historique et philos. Vol. XVII, p. 414« 
(4) Jiichter'Sf Ausfiihrl. Arzneimitteli. Vol. I^ p. 559^ 

{&) Abhaad. an4 Beobacht, 2 etc, Vol| I , p. M0| 






i i 



lavemens firent aussi de tres-bons effets : neanmoins, il restait tou- 
jours deseblouissemeos, des maiiiB de ectiUret des vomissemens fre- 
quens, des cardialgies, des syncopes. Tous ceux quej'aiquestionn^s 
sar leur ^tat> ^la suite de leur aee^, m'ont toujours dit qu'ils avaient 
ressenti des douleurs inouies au coeur et k i'orifice sup^rieur de Festo- 
itaao. Mr VmstgB 9divi de Vimititftie, des lavetneni ^indlieDs et des 
mitres rcSfii^deis, je^tHis teHti i baUt de lefs sauver tods, ^> relceptiod 
da p^enlicff^ qixi pitli, cottiiri^ jd Tai dit, en tris-peti de temp^. 

Gdnime j'Stais ctiH<^ de sdiitAt ^t quelte partie ptecis^dient cettS 
p\iktki^ y^niSlieu^ pdfttitson aptioti, )e fis I'oaverture da cadavre du 
{If'eibiei' soid^t c|tii en mbtirut ; j6 ne m'attacbai ^u'aax orgianes de la 
digestion ou s'^tait pass66 p^oMbienleflt t^ie ichhe ; le bas-ir6ntPiS 
fut ouvert. Aprds avoir enlev^ le p^ritoine, T^piploon me parut dans 
la situation et I'^tat ordinaires ; nous le levftmes pour voir la surface 
eitenie des mkres visoires. 

J'oubUais de dire qa'ii J'extdri^ur Testoetfae ^tait dans T^tat ^dl^ 

nakOf au U6u qu'ji la surface entternfe, les intestias gtHes ^taient d'uft 

rovg^ potirpre gMgr^neux, pxraeBi^s de distance en distance detaf- 

dKs sphao^Ms ; les gres au dontraire ^taient de couleiir ordinaire , 

, mais taeh^ seulement de place ed place, de marques gangr^nedses. 

Nous oavrtmes Testomae, qui Ataitexactement vide, sans apparence 
de corrosioiis, ni de taches relattvesf k eelles <fs'on avait fWtttrqu^es 
ami itftestiBS qui AlaieBt enduits (iar ^ilions, et dtrnte fa^on oud^e de 
celait virulent, jaune,tel que laracine decettepUhte le renferm^ 
etle filtrequand on la coupe. La vfeJQule ^tait flasque et vide; nous 
u'aperQumes rien d'extraordinaire dansle restedes visc^res ; les gros 
vaisseaux an^riek etveineux, les oreiltetted etlte Vedtrlcules dd coeur, 
diaient pdup akisi direvides, le poumon n'eu^t&itc ependant pas plii!s 
engorgd. II nous a para que ce poinod n'a prodiit si^ accidens que pahr 
irritation, et que le syst^die nerveui a ki le pluls oflfensd, sans appa- 
rence de causticl^. Nous n'avons pas ji'dns^^ plus IcSn nds recberches , 
edle>cl^t«Mtr^-s«iflbaiitepoarttoase6italaereque ee poison agit 
prioct]^leiiiient sar les paurftes Bervea«e#el hi ptMikte^ votes'. {An*' 
cien Journal de midecine^ vol. 9, p. 430, 1758, , 



■^ 






AOO lUBfm DB LA x^DEcnns spAcinQm« 



C?kroiilq|ue« 



La deuxieme livraison du uou%feau Manud de la maiiere mddicaU 
homaopathique public par les docteurs Noack ei Trinks , coniient les 
mddicameDS suivans : asparagus , aurom metaUicum, aanim moria- 

ticum, aurum muriaticunt natronatam ^ aurumfulminans ^ AatUaga^ 
baryta acatica , baryta carbonica , baryta mariatica^ beiladoana , ber- 
beris , bismuthum , borax. Les is^dicaineiis imprimte en italiqnes ne 
te troavent pas dansle Manuel de M. Jahr. 



Le derniercahier des Aarchit^es homoeopathiques de Leipzig contient 
les articles originaux suivaos : io Sur quelques moyens sp^ifiques 
centre certaines formes de maladie, par le docteur GouUon ; 2o Be- 
chercbes chimiques sur le causticum , par le pbarmacien Lappt\ 
Z^ Observations pratiques sur la menstruation trop abondante , par 
le docteur Patzack ; 4® Angina faucium , par le docteur Goulhn ; 
5<* Note sur rhdpital bomoeopathique de Guns, par le docteur BUss\ 
<"* Observations pratiques, par M. Tietzes I'' Guerisons homoeopathi- 
qaes , par le docteur Gtdyat ; 8° Pathog6n&ie du juncus* affasuM , 
par le docteur WahU. 



Le dernier cahier de VHygea (toI. XVI, cab. 4) contient les ar- 
ticles originaux suivans : i® sur Tidee des maladies , par le docteur 
Duckings 'l^ Fragmens parte docteur Wiedemann \ 3® Sur Taction du 
lycopodium, par le docteur Arnold ; 4<> Sur le rhumatisme articulaire , 
par le docteur Franck; 5^ Communications pratiques, par le docteur 
Maly\ 6<^Premiereiettreadress^eauxpuristes, par le docteur Griess' 
lick ; V Miscellanies pharmacolechniques , par le docteur Buchner, 



Juniper us siafeina (saliine), 

Var le dootenr db MOOR , k Alotte , en B«lgiqae. 

Caracleres, 

Tige delO ^ 15pieds ; feuilles tris-petites , squamesuniforihes, op- 
pos^es, imbriqu^es sur la tige; fleurs dioiques, en chatons; frditSi 
bales pisiformes , noir&tres , contenant deux pelits noyaux. 

Gette plante st une odeur forte t^r^benthac^e et une sayeur tr&s- 
&cre et am^re. — Elle contient une grande quantity d'une huile vo- 
^latile tr^s-odorante et tr&s-ftcre. L'eau et I'alcool dissolvent ses prin- 
cipes actifs. 

Sj-mptomaiologie, 

i. II est denumvaise humeur et hypocbondriaque (Gross.)- 

Le syst^me nerveux est extr^mement sensible , la musiqueluide- 
vient insupportable , et traverse la moelle et les os ; en'm^me temps 
douleur pressive dans roccipnt , sentiment de fatigue, relAchement 
et dispi>sition i transpirer , surtout sur le dos. Get etat se dissipe an 
bout d'une demi-heure , par un mouvement prolong^ au grand air^ 
une heure apr^s la prise (Ed. Roch.)« 

Cbagriii et sensation dans le corps , comme s'il allait 6tre pris ^e 
coryza , ou comme s*il Tavait d^j^ (Fr. Hahnemann). 

Grande mauvaise humeur ; il n^est point dispose k parler ( Her- 
remann). 

5. Le matin , & la promenade , il lui r^pugne de parler (id.). 

.Grande inquietude , comme si un malheur lui allait arriver (Her- 
reroann). 

Chagrin , il est insensible h la raillerie (Stapf). 

II ne prend part k rien , quoiqu'il ne soit point m^content ; il ne 
s'occupe de rien, et reste indifferent (aprteplusieurs joon) (S. Hah- 
nemann). 

11 est trte-chagriB et plenre k chandes larmes {id.), 
10. Ghangement du caractire pendant plusieurs jours ; elle est 
abattue , decouragee , de mauvaisQ humeur , ^vitant tout ce qui peut 
IV. 38 



egayep, avec sentiment de lassitude dans tons les nuembres (Stapf). 

Vertiges, comme pourtomber (S. Hahnemann). 

Yiolens vertiges en ^taot debout , comme s'il allait tomber en 
avant {id.). 

Vertiges avec ^tourdissement (Von Sonnenberg). | 

Vertiges continuels avec brouillard devant les yeux (aprds deux 

heures) (Hahnemann). | 

15. Violens vertiges , m£me en ^tant assis, avee grande lassitude 

comme s'il allait tomber, et comme si les yeux voulaient sefermer {id.). 

Emharras pressif de loute la i^ie , suriout dans le front , comme 

apr&s une orgie ; apr^s une beure {id.). 

La t^te est entreprise (Hartlaub et Trinks,' M. M.). 

Toute la t^te est entreprise ; Tembarras occupe surtout le front et 
descend vers le nez , ou il se change en une sorte de tiraillement et 
provoque dans la narine gauche la sensalion , comme si le sang allait 
couler par la ; apr^s une beure (Hartmann). 

Heb^tement avec bouillonnement et chaleur dans la tdte (Von 
Pleyel). 

20. Pesanieur avec pression dans toute la t^te , eomme si elle avait 
bu beaucoup de spirilueux ; toute la matinee (Hartmann). 

Pesanieur pressive douloureuse dans toute la t^ie (apr^s six ben- 
res) jusqu*au coucher (id,), 

Faiblesse de memoire , 11 ne peut point se rappeler ee qu'il a feit 
dans la journ^e (S. Hahnemann). 

Pression subite de dehors en dedans dans la bosse fr^itale gauche 
(Hartmann). 

Douleur pressive lancinante 5 traversle cerveau (S. Habnemano). 

25. Mai de t^te pressif, fouillant , terebrant {id.); 

Pression douloureuse dans la bosse frontale gauche , qui envahit 
le globe oculaire et lui donne la sensation comme s'il etait coniprim^ 

(Gross.). 

Douleur t^r^brante derriire la bosse frontale droite , i^ peu pr^ 
dans la sulure coronale {id.). 

Sensation pressive duns le front, qui le rend coaiBie ^tourdi (Hart- 
mann). 

Serremeat pressif dans le cdt6 gauche du front (<</.)• 



. ■• 



30. iMcbirenieiit pt*essif iian^ la bosse frontale droite {id.). 

Sensation de pesanteur pressive dans tout Ic c6ii gauche de la t^te; 
qaelquefois des^lnncemens passogperS iraversent cetie moiti6 ducer- 
veau ; apr^s une iMiire (/^.)* 

Prtssion lancinante p^n^tra ttte don^ la mbitf6 ganche dn cerveau^V/. ) . 

D^chirement dans toule la moitie droite du cerveau , se dirigeant 
de I'occiput yert le front (i</. ). 

C^phalalgie pulsative avec pesanteirr tt itourdissement (Von Son* 
nenberg). 

Mai de lACe tiraillant (S. Hahnemann). 

35. Pression en dedans sous le vertex , pendant le dtner (Hartlaub 
eC Trinks). 

Mill de t^e tii^aillMt , d'abord dans le flront , puis dans Tocciput 
(S. Hahnemann}. 

Cephakdgie tiraiHante dans te front et dans les tempes , le joiir 
seulement (id,), 

Le front est douloureux pendant le mouvemeht^ au point qu'elle 
peut d peine ie lever; elle sent une doutenr eomme si la peau etait 
adbf^rente (id,). 

Douleur laneinante de ger(ure ^ comme si on pTongenit h quolques 
reprises un couteau accr^ dMs la bosse frontale droite piofuudd- 
ment jusque dans le cervenu; apres soixanie-^donze heures (Gross). 

40. Douleur pressive dans tout le c^i^ droH du front (//.). 

Sensation douloureuse de deduction dans la bosse frontale el la 
*iempe draite qui vient sulfifeminty disptinaA peu d peu et repient fri'- 
quBmmeni (^llarlmaiM»). 

Douleur pressive dechiranle , a Tcxiorieur du cdi^ {jauche de I'oc- 
cipitel jusqiie dans te cdl* correspottdanl du frontrf, en direction 
oblique^ au^deseas du temporal gauche; plus forte en y touchant 
(Hahnemann). 

Le sommet de la t^te est sensible ^ Tetf (evcTiement, et dans la t£(e 
m^me Barvienl alor.s une doulenf pressive <Hartmann). 

Douleur pressive a»*dess«is de ki tempo droite ; aprte tlrofs heares 
(Harlkiitb et trinks). 

43. Tiraillcment douloureux dans b tempe gfiifiche en ferffiant let 
yeux , qu acGonpeflpM Me prcssioii s^sibte sir Is I>anpi^ fiup^-> 
rieure (piMlwfefrts welmre (Hlrrtn^ 



' 1 1 ■tw^T^wmr 



•'** 



■ V# 
'■<' 

Sensation donloureuse pressite , pongitive de dMUms en dehors 
dans la tempe droite (id.). 

G^phalaigie le matin , comme si les apophyses itaient 'violemment 
rapprochies ; apris deux jours (Hartlaub et Trinks). 

Pression sourde sur les deux cAt^s de Tocciput ; apr^s nne demi- 
heure (Hartmann). 

Pesanteur gravative douloureuse dans Tocciput, qu'on diminueen 
enfoDQant cette partie dans un oreiller dur {id.). 

50. Sensation douloureuse de serrement au cAt6 droit de roccipat, 
qui crolt peu k peu et se dissipe de mdme -, aprds trois quarts d'heu- 
re (iV/.). 

Dans le cAt^ gauche de Tocciput sensation , comme si on yeirt 
&pre le traversait , et se changeant alors en une douleur pressiYe 
t^r^brante (id,). 

Lourdeur de Focciput et de la nuque qui s'dtend dans tout le dos 
jusqu*au sacrum (Yon Pleyel). 

Douleur pressive au temporal gauche , de dedans en dehors {id,), 

Douleur presit^e aux temporaus^ apr^s trois heures (Herremann). 
^- 55. Sensation dans la tempe droiie , comme si un poids la com- 

primait de dehors en dedans, tandis qu'il survient ^ diSerentes repri- 
ses des ^lancemens douloureux dans la bosse frontale gauche; ils 
se d^veloppent rapidement et se dissipent de mAme (Hartoiaiui). 
: Tiraillement indolent de la tempe droite jusque dans le front ; apris 
qnatre heures {id.), 

Douleur pressive gravative de dedans en dehors danstoutelatAte, 
qui, rapide comme le vent, la traverse rapidement et disparatt lea- 
tement (Hartmann). 

Grande p&leur du visage avec yeux mats , comme chez mi conva- 
lescent , qui se manifesta une heure aprds la prise ^ et contimu 
pendant plusieurs jours {id.). 

Gercles bleus autour des yeux {id.). 

60. Douleur tensive dans Toeil , comme si les muscles droits in- 
terne et inf^rieur ^taient trop courts , quand il regarde en hant (id.)* 

Tout tressaille et se meut comme un nuage devant les yenX; ce 
qui se dissipe an grand air (S. Hahnemann). 

Sensation de chaleur dans les yeux (Yon Sonnenberg). 

Tressaillement dans la pau^i^re supirie^ (S, Hahiminiui}, < 



i 



p 



UBVUE'te^ULMliDECntNESrptoFIQlTB* 40S 

Donlenr daiMilefl yeax , il encoale une eau cnisante (id.). 

65. flancemenscomme des piqAres d'aiguilles sous le cartilage delft 
paupi&re infMeare ; aprte sept heures (Herremanii). . 

Dichirement pressif dans Tarcade soarciliire gaoche (Hartmann). 

Dd boutoQ k la joae vers la bouche et k la tempe, causant par lui- 
mime une douleur de plaie , qu'aggrave encore rattouchement (S. 
Hahnemann). 

Douleur paralytique k Tos dela pommette droite (Herremann). 

Un cercle rouge , un peu enfl^ , aux joues et autour des ailes du 
nez , qui est douloureux quandon y touche (Hartlaub et Trinks)« 

70. Douleur pressivei Tos de la pommette gauche , que rattou* 
chement augmente (Herremann). 

Duret^ de Touie (S. Hahnemann). 

Pincement et tenaillementprofond^ment dans Toreille (iV/.). 

D^chiremenl dans Toreille gauche , presque comme une otalgie ; 
apris une demi-heure (Hartmann). 

Sentiment d*ardeur au Lord de Toreille gauche et du lobule ; ce 
dernier est un peu plus rouge que Tautre , sans que la temperature 
en soil n^anmoins sensiblement accrue ; apris une heure et demie {id,). 

75. Les oreilles sont chaudes, le second jour (Heriog). 

flancemens derriire I'oreille , mdme dans le repos (S. Hahnemann). 

Pression extMeure au-dessus de roreille droite {id.). 

£lancemens k partir de la m&choire inf^rieure j usque dans Tos de 
la pommette (S. Hahnemann). 

Douleur pressive tiraillante k Tangle de la m&choire inf&rieure 
droite dans les muscles mass^ters, que le toucher augmente ; aprte 
deux heures (Herremann). 

80. Douleur sourdement lancinante au c6te gauche de la m&choire 
mfirieure ; apr&s quatre heures {id.). 

Derriire Tangle de la mftchoire , sur une petite place ,' douleur ei 
pression se dirigeant en haut , en y touchant (Hartlaub et Trinks) . 

y ulsions isol^es k travers le c6t6 gauche de la mftchoire inf^rieure, 
dans la dent creuse ; en marchant au grand air, aprds avoir mang^ (t^O- 

Entre le menton et la livre infirieure , petits boutons , aui con- 
tiennent un bourbillon dur , et se changent , aprte qu'on en a fait 
sortir celui-ci, en petits idcires qui permtent pendant plusieurs jours; 
le septidme jour {id.). 



T-^P*^ 




406 KsvuE BE u IU&DECINS sp^anQOTi 

r Douleur dechirante aux raciae$ t(cjf4fnu molwH f firit des ||*Meif es 
(Herremann). 

85. Lc soir ctlanuit, mal dc dents qui ViueilU^pras^ion de Jedam 
en dehors comma si la (lent al-ait se< ronipre , am^Ilor^ apinia le reveil, 
a{;{;rave en buvant ct en fumnnt ; il ne spuffrait pqipt la cbaleur da 
lit, deux soirees de suite i^S. Hahnemann). 

Endure de la {j^^ncive autour d'une dent creuse^ qui es| blaneUilrs 
et douloureuse au toucher , le matin au r6veil ; ea pftdme tempi pe- 
santeur dans la dent ^t la machuire \ |e huili^me jour (Harilaub et 
Trinks). 

Odontalgie, en machant seulemont , dans une dent crepse, qui se 
propa(;c ensuite sur Its autres; pendant cinq ou six mipiitai (S* 
Hahnemann). 

Ulceration dans la gencive d*une disnt de devaat , doulpyreiise ^ 
rattouchement {id.). 

Douleur dans la {jencive qu'entourcnt des cbicots d'llQO d^ilt Guriie, 
quand on y touche (Harilaub et Trjiiks). 

90. Ajjacement des dents de devant. 

Douleur tiraillanie dans toutes les drnts (S. Hahnenaaaii), 

Tiruillement dans la racine dune dent cari^e , en maD{{eaDt et ba- 
vant froid ou chaud , ei en inspirant par li^bouche (<V0» 

En mangeant et mdcbant., niais surtout apres , dpuleur dans Tar- 
cade dentaire inferieure, con^me si la gencive etuit gonflee etcomine 
si les dents ^taient plus suillantes et poreusea {id.), 

Douleur tiraillan te au cou (id.), 

95. Douleur de meurtrissgre dans les muscUs du cou Qt \tf^ vfw 
tfebrescervicales, parelle-meme,et quele toucher o'ajjgrave pp^(t4«). 

Bechiremens dans les muscles du cou («Vi,), 

Douleur pressive drchirante au cdie gauche du cou « entre r9pOT 
pbyse masioi Je et Tangle de la machoire inferieqre (^enre^):^|I))« 

Langue chargee, blanche el bruDaire , avec gout dcsagreuble (S* 
Hahnemann). 

Tons les mntins , la langiie csi charg('ie d'uu epais enduit juun^lre, 
surtout vers sa base ; le douzieme jour (Uanlaub el Trinks), 
100. Picotemens a la poinic de la languc (S. HabnemaBu), 

Sensation de r&cleaiea( ^t de gr^tt^ment 9U pabus et dana la laotlfy 



*4j 



KEYVE DE Ll MtoBClNB SPi&CIFfQUS. lO? 

augment^e en avalant la salivait dpr^s une demi-heure (Ed. Roch). 

^lancemens sourds dans la gorge , pendaht le riepas ({^.)- 

Douleur constrictive et lancinante d'avant en arrifelre y h tt&viers fe 
cou ; hors de la deglutitien (S, Hahnemann). 

Sensation pressive d'etranglement dan& la gorge, ah c&t^ gatiche, 
hors le temps de la d^glatition (Hairtmann). 

105. S^cheresse aveo doulenr tiraillante danis la gbrge (S. Babne- 
mann). 

Douleur de plaie dans la gorge , en avalant , Tapr^s-midi (id.) . 

Pression dans la gorge , en avalant la salive {id.). 

Sensation de gof^ement "dans la gorge ; il ltd semble que tes alimens 
passentpar destusun corps e( ranger en avahnt (id,). 

La salive est tris-blancbe , et devient ^cumeus^ eh t>arlant (id.). 

110. Augmentation dela s^cr^donde la saliva (id.). 

Gout comooe de sang et de grais6e dans la boiiche , la salive ^tait 
rouge&tre (S. Hahnemann). 

Mauvaise haleine dont il ne s'aperQoit pas {id.), 

Mauvais gout dans la bouche et la gorge , surtout en expectorant, 
comme dans un ancien coryza (id,). 

Goikt amer dans la bduohe (Fr. Hahnemann). 

115. Gout amer des alimens , du lait et du caf£ (id.). 

GoAt amer dans la bouche aprts avoir pris du lait (id.). 

Soif de lait (Von Sonnenberg). 

Inapp^tence , les alittens ont leur gbftt natnrel , mais il tsi de 
auite rassasi^ (Gross.); 

Aigreursdans restomac , chaque fois aprfes avoir mangj , elles re« 
montent queiquefois ; puis soda l^ger '; les premiers jours (Hartlaub 
etXrinks). 

120. D^sir d'acides, surtout pour la limonade (Von Pleyel). 

^mciation k vide r^p^t^e (Herremann). 

Renvoi , avec quelques naus^es ; de suite ct plus tard {id.). 

Friquens rent^ois d'air, de suite apr&s la prise (Hartmann). * 

Fr^quens rapports aveo i® goAt du remMe. 

125. Nausdes el sentiment de pl^oitude . 

Naus^es avec toux ; apris deux heures (id.). 

MiiMiietdi M?iet ietenur^ atacaflat desalivedioii la boocfi^ (i^^). 



A08 UEYUB DB LA idDSCINB SPBGltlQim. 

AiBux d'eau daos la boache, av^[|||r^aeii8bftilleiiieiis(Haiiiiiaiiii). 

YomituritioDS le maiin dans le lit , qui cessent aprte s^dtre lev6 
(S. Hahnemaim). 

130. Efforts poor yomir, de suite apr^la prise (u/.). 

Yomisseinens de bile (id.). 

I^ausies et vomisscmens des alimens pris la veille ; le lait Yomi est 
caill^ et a une saveur acide ; apris une demi-beure (!</•)• 

Yomissement non interrompu (la v^sicule du fiel s'^tait ddchiree) 
(Mohrenheim, Yersuche, II, s. 245). 

Soda (id.). 

435. Naus^es fr^quentes mais passag^res^ et euYies de Tomir; 
apris un quart d'heure (Ed. Roch). 

SensatioD d'oppression gravative dans la fossette du cceur , n'itaiit 
en aucun rapport avec Tair ou rexpiration (Hartmaao). 

Toute la region de reslemac est ballonn^e et tendue (<</.)• 

Sensation de serrement p^nible ^ angoissant dans la r^ion du py- 
lore , sensible en pressant dessus , surtout avant de manger (Hart- 
laub et Trinks). 

Elle sent comme une plenitude et une tension dans la region de Testo- 
mac^ comme si elle avail trop mang^, avec bruit dans le bas-ventre 

(Stapf). 

140. Forts ^lancemens qui traversent le creux de Testomac jusque 
dansle doe (S. Hahnemann). 

Dans le creux de Testomac , d'abord pression, puis ^lancemens (u/.). 

Un sentiment de chaleur et d'ardeur dans Vestomac , a la region 
du cardia *, tendance a avoir des rapports , et rapports r^els avec le 
goAt du remade ; bientAt apr^s fr^quens rapports insipides. L'ar- 
deur dans Testomac diminue apris chaque Eructation ; [apr^s dix 
minutes (Roch). 

Pincement pressif k droite pr^s de la fossette du coeur , snr une 
petite place (Hartmann). 

Douleur pressive dans la region de Testomac ; en pressant dessus, 
douleur ^ Tinterieur comme si on y avait re^u un coup («</.)• 

145. Douleur pressive dans la region de Testomac et du foie (Yon 
Pleyel et von Sonnenberg). 

En se tenant courb6 , sensation coatinuelle dans la r^oa de Te^- 



RBYUB DB LA XBDBCINB SP]£gIFI^X7B. 409 

tomae , eooime si elie ^taic dhteAiie par une acoumulation excessive 
d'air , ce qui y determine une pression incominode , qui diminue 
pour quelqae temps apris des renvois d'air; quand on conserve 
trop iong-temps cette position elle devient tris-douloureuse et $'^- 
tend plus profond^ment dans le c6t£ gaucbe de Tbypogastre ; elle 
disparaii de suite en se tenant droit (Hartmann). 

Une sorte de gloussement an bord des fausses cAtes dans la region 
de Tangle obtus sous la fossette du coeur ,. comme si on relournait 
en debors les cartilages, et qu'on enlev&t et les cartilages et les 
muscles ; il sent quelque inquietude , et est oblige de rester assis 
(Hartlaub et Trinks). 

Douleur de meurtrissure dans les muscles abdomlnaux , le soir 
dans le lit (S. Habnemann), 

Les t^gumens du ventre sont trds-tendus ; apris deux beures {id.). 

150, Distension insolite.des t^gumens s^ominaux; elle croit 
qu^elle va crever (id.). 

Manx de ventre tiraillans avec l^ger ballonnement des t^gumens 
abdominaux (u/.)- 

Pincement tortillant autour du nombril. 

TortilUment etpincemerU dans le bas-ventre dans la rigion du nqm^ 
bril, qui revient souveni et chaque fois^plus violent avec la sensation 
comme s^il alkUt vomir sans nausiee ; aprte une beure trois quarts 
(Hartmann). 

Le sdr , borborygme dans le ventre , bruyant an point que les 
assistans Tentendent (Hartlaub et Trinks). 

155. Tiraillement douloureux dans le cAt^ droit de Tbypogastre^ 
se dirigeant vers les parties g^nitales (Hartmann). 

Mai de ventre comme s'il 8*£tait refroidi et comme si la diarrh^ 
allait survenir ; il sort un vent et le mal de ventre cesse (id.). 

Le mal de ventre , comme aprte un refroidissement , revient i^ 
diffi§rentes reprises dans la journ^e (id.). 

Douleur pingante, toriillante autour du nombril ; apris une beure 
(Hartmann). 

Douleur pressive autour du nombril (S. Habnemann). 

160. Forts eiancemens dans la r^ioa bypogastriqne , conmie de 
dehors en dedans ; le soir, en £tant coucb^ dans le lit (<V/.)« 









. ^l ^ 



i&lO BBVtiB DS LA Xl^DBCIHB SPiOlFlf^tJS* 

Douleurs pressives, iatenniitiilM dans la rtigioB riaale droile 

(Hanlaub et Trinks). 

Douleur coropressiTe dans le cdtri gauelie de rhypogjilifre (S. 
Hahnemann). 

Douleur coDsiriotive dans la riQix^n de rut^ru^ ('^-)< 

Cbaleur dansThypogastre, dans la r^gton d^ U matHce (Kepp, 
Denkwiirdigkeiten a. d. a. Praxis, bd. 1). 

165. InflammatioB des iuteslins (Mohrenhelm). 

Trancb^es dans let iniestins , ayec grouitlemeiil daiis le teotre 
(Herremann). 

Douleur comme si les intestins se contractaient (id:"). 

Douleur d'dtreinte, presque Gomme paralytique dan^ te^pHlneier 
deTanus; une sorte de besoin, presque toUle la Joui*n4e\ sans t[nl 
soit oblig6 d'allerA la sells; long- temps apr^^ iprelHte, pnistioe 
selle liquide, la premiere fois, et dans la suite lente et dare (Gross.). 

Chatouiilement dans Tanus (Yon PleyelJ. 

170. La selle retarde quelquefois d'uii joiir , pais avec ^and be- 
soin , une petite selle en bouillie , le plus souvent 16 soir ; (e N- 
tieme jour (Hartlaub et Trinks). 

Selle d'abord d*excr6mens mou§, piiis dors (S. Hahneiriann). 

La selle devient dure , douloureuse ; puis ^coiilement de saogpar 
Panus, qui est douloureux & la pf essioh ; 1^ doiizigme jour (iart* 
luubet Tiinks). 

Diarrh^e indolente avec bruit dans les intestins , pendant quatre 
jours (id,). 

Evacuation alvine , huit heures avant le tenips ordinaire (k/.). 
175. Diarrh^e avec ^mis^ion de beaucoup de vents {id.). 

Pendant la selle l^geres douleurs passag&res au reetwn ) le qui' 
Iriime jour (Hartlaub et Trinks). 

Selle fr^quente , liquide , ^cumeuse (Von Pleyel). 

l^oulement de sang ecumeux par Tanus (Von SoDBenbepg). 

Elancement cuisant comme de plaie dans Tanus en all^ni k k selk 
(S. Hahnemann). 

180. Eilancement viiUif dans Taniift et an devawt dau lei cidMCS, 
en marchant ^,). 



I 



HEfm DB lA KJ^DBCniE SP]£ciFIQ17B^ 41 1 

Tubercales h^morrboidailt , A^uloureux Burtdut 1« Qattn (Hart- 
laub et Trinks)^ 

Une agitation indescriptib'e dans les vertebres lombaircs^ eomma 
si ellesoriait de la et se diri{;eait en devant (commd d(s$ legdres 
douleurs d'enfantement); opres deux heures (cV/k). 

Envies presque douloureuses , interfflUt^files ^ d'uriner; apr^s 
quatre heures (Hanlaub et Trinks). 

Envies irr^sisiibles d'uriner {id,). 

9 

485. Rdtention d urine; Turine lort par goultes at avee ardeur 
(Von Sonnenberg). 
^missioH abondante d'urin$ (VoU Pleyel). 

Augmentation de Texcr^iioa d'une urine jaune fonc^ (Hartlaub 
et Trinks). 

Douleurs fugitives , brftlantes dans la region d« la vessie { le pre- 
mier jour {id.), 

D^s le commenoement de raetion , pendant huit jeurs , la soif 
^tant presque nuUe , excretion frequente d'une quantite d'uriae ; il 
s'eveilie mdme la nuit pqur uriner ; Turine est souvent trouble k sa 
sortie (Uerremann). 

190. Cuisson dans Turitbre pendant Tccoulement de rurin^ (Fr. 
Hahnemann). 

Forte envie d'uriner et Amission de peu d'urlne ; il lui sembU alori 
qu elle doit uriner encore davantage; aprds un quart d'beure (id.). 

^lancemen^ sourden^ent pressifs dans le gland, et k travdrs touta 
la verge (S. Habnemann)^ 

Prurit violent , picotant dans le gland ((e?.). 

L'ur^thre est enBamm^ et douloureux dans toute aa longueur avec 
^coulement puriforme, pendant 14 — 21 jours (Benj., Bell^ Yoa 
Tripper et vcner. Krankh. I. s. 350, par la poudre de feuillede aa- 
bine introduite dans Turelhre). 

195. Gonflement manifeste sur le dos de la verge non loin du 
gland, sous le pr^puco> comme cartilagineux au toucher, aplali 
vers le milieu, avec bords releves, bouQis, indolent, m^meii la 
pression ; pendant I'erection il devient dur , sensible a la vue et aa 
toucher , avec un sentiment sourd de tension de dediaos \ pemlaat 
huit semaines (Harilaub ei Trinks)* 



T*" 




Les condytdmes deviennent sensibles, douloareux (S. H&hnemami), 

Douleur cuisanle deplaie dans les €ondjrl6mes et Ugland^ plus qaand 

on y louche {id.). 

Le filet est tum^fi^ et trop raide {id.). 

Endolorissement du prepuce , il Qe peut ptas le retirer (tc/.). 

200. Douleur iatermittente au filet (Fr. Hahaemann). 

Rongeur fonc^e du gland {id.) . 

Douleur de meurtrissure dans le testicule droit (Harllaub et Trinks). 

Sensation de pression tensive dans le testicule gauche , qui re- 
vient souvent (Harlmann). 

L^app^tit Y^n^rien est exalte ; les moindres excitations proToqnent 
de suite de Tiolentes et continuelles Erections , pendant lesqneiles 3 
existe de Taversion pour le coil {id.). 

205. Augmente (chez les femmes) les d^sirs ducoit, etelles d^da^ 
rent avoir eprouv^ beaucoup plus de jouissances (Kopp). 

Penchant irresistible , fougueux pour le coil (Fr. Hahnemann). 

Erection tr^s- forte et tr^s-frequente , le jour et la nuil (u/.)« 

Pression tractive profond^ment dans Thypogastre vers lea parties 
g^nitales ^ comme si les regies allaient se declarer ; le second joar 

(Hartmann). 
Douleurs pressives tiraillantes , intermittentes dans le cordon testi- 

cnlaire droit (Hartlaub et Trinks). 

210. Profond^ment dans le bas-ventre , sentiment de pesanteur 
pressif , sensible , qui devient plus douloureux par la pression ext^ 
rieure , comme cela arrivait autrefois au temps des rdgples , le pre- 
mier jour ; le second jour (Hartmann). 

Tiraillement douloureux dans le sacrum , snrtont en se r^veillanl , 
comme autrefois avant T^coulement des regies ; le second jour {id,). 

Pression de haut en bas (Kopp). 

Flux blanc avec prurit aux parties g^nitales (S. Hahnemann). 

^coulement vaginal laiteux abondant , avec prurit {id.). 
' 215. (Un ecoulement blanc , habituel, de consistance de Tempois, 
jaun&tre , sanieux, f^tide, et la parte de sang, avec douleurs, comme 
de la lavure de chair, de mauvaise odeur, qui revient presqae tons 
les quatre jours, disparaissent pour toujours^ et les regies repren- 
nent leur cours naturel.) Effet curatif (Von Sonnenberg). 






.* • I 



ftETUB DB lA M]£dBGINB SPlBCmQUB* 413 

Forts ^kncemens profond^ment daosle vagin, en arri^re (S. Hah- 
nemann). 

Les regies viennent la nuit sans doulenrs , mais plus fortes que 
d'ordinaire ; en se levant elle perdit des caillots de sang (id.). 

Pendant les regies , Torifice de la matrice est entr'ouTert , le sang 
est ir^s -rouge, coule abondamment etpar saccades; T^coulement 
est copieux surtout pendant le mouvement {id.). 

Elle perd de gros caillots de sang {id,). 

320. Les regies, qui anticipaient toujours de quelqnes jours , ne 
viennent que huit jours plus tard. Effet.curatif, par 8 gouttes de 
teinture (Hartmann). 

( Les regies apparaissent dans la journ^e) elles anticipent toujours 
de quatre k cinq jours ; mais pendant quelques henres seulement 
dies sont aqueuses , le lendemain il ne coule que du sang pur , mais 
pendant deux heures tout au plus , et aiosi quatre jours de suite. 
Effet curatif , par 6 gouttes (Hartmann). 

Les regies coulent pendant neuf jours et tris-abondamment {id.), 

Les regies qui coulaient trte-abondammeot soot diminu^es (Kopp). 

Trois jours apris les regies (apres vingt-six- heures) revient un 
icoulement de sang copieux , avec trancb^es violentes et douleurs 
comme d'enfiintement. Le sang est en partie liquide , en partie en 
caillots ;. en m^me temps diminution dans Fexcr^tion d'une urine 
rouge avec strangurie et ^coulement muqueux par le vagin (Von 
Sonnenberg). 

325. £coulement de sang par la matrice , en forme de regies 
(Home , Clinic, exper. pag. 410). ; 

Avortement , m^trorrhagie (Mobrenheim). 

Fr^quens ^temnmens , les trois premiers jours (Hartmann). 

Corrza sec (S. Hahnemann et Yon Pleyel). 

Enchifrdnement de la narine droite (Hartmann). 

230. Graiiemeni et dfimangeaison dans le larynx qui excite une toux 
a$^ec expectoration muqueuse , quelquefois aussi une toax s^che {id.). 

Le matin renftclement frequent de mucosites ; le mucus se d^tache 
facilement, maisne remonte point; il sent toyjours quelque chose 
qui Texcite de temps en temps ^ ren&cler (Hartlaub et Trinks). 

11 sent comme une pl^niuifi^ $qr la poitrine , avep toux {id,)^ 



.. • ^ • ■ ■ • 

114 BBTVB DS LA VltDBCIHE SPlftcmQtiC. I 

Toussotement sec et demangeaison dans la (racMe-iirtdre ; le leu- I 
demain , crachats slries de san{j (Von Pleyel). I 

Grachenient de sang (Huller , hist, slirp. belvel. n* i66%). I 

235. Haleine oourte , sans douleur , dans le repos et pendant le 
mouvement (S. Hahnemann). 

Aslbnie qui coupe la respiration (id.)* 

Douleur pongiiive comine de plaie , continiielle dans Fappendice 
xiphoide, aggravee en faisant de profbndes iospinitioBs et par 
V^ittouiheineDt , iatolerable dans an repos absolu ; pendaot quatorze 
i^urs (id.). 

Pression qui traverse la poitrine comme un vent ; cHe semble dila- 
ter la puilrine , ei donne cependaat une opprtssion mooieiitatt^ \ 
apris fiDgt-quaire heuros (Hartmann). 

£q inspiranl profondenent , ce h quoi il est obligi , presque comme 
pendant le b^illement 9 comme si cela devait diminuer ki l^gftre op- 
pression de poitrlDe, et parvenu a un certain point, il ^ptauTede Is 
difficult^ , et sent un elancement superficiel a gauche derriere les 
cartilages reunis des fausses c6tes (apres avoir mftehe les baies) 
(Barilaub ei Trinks). 

240. ^lancemens passagers dans la poitrine gauche (Hartmann). 

£lancemeas brulans dans la poiirioe gauche {id,). 

Douleur pressit^e tensit^e snr le milieu du sternum y gut n*e^ggrap» m 
Vcxpiraiion ni Vinspir^tion (Hartmann). 

Douleur pressive spasmodique dans h partie antdrieure de lapoi- 
trine, au-dessus de la fosseae du coeur^ qui s'etend en iravers comine 
un lien, et que linspiraiion n'augmeale pas; apr6s aYeitr fait uae 
course rapide {id), 

Douleur pressive dans toctte T^tendue du sternum , que riaspirs- 
tion af^grave beaucoup ; il Itii semble que le sternum est trop ^iroit , 
et qu'il est rctourne en dedans; apres six joers ;Herre»aBa). 

345. Le sternum est douloureux a tout attoucfaemeiit (t*<^.). 

Dans la poitrine , sous le sternum , au cdte droit , tressaillement 
indolent (repete dans la journ^) , comme, dans la substance du pou- 
mon ; un mouvemeot tressailliint avec craquement soard 00 p^tiUe-* 
pient , presque comme le bruit que fait la glace fralche quand OQ 
parcbe dewns ; aprds huit jours (Gross.). 



i 



^ j^Uoceipei^ sourds aous le c6l^ gauo]^ du ttepoum \ %pt^ trentci 

heures {id.). 
^ £lancemens vifs sons le slernnni, que rinspiratioo aggfraTe; on 
aurait dii q^e te aterouiA eiiait irop eiroii •! qu'il rendaii de celte 
' manl^re la respiralioa difficile (HerremaDn)^ 

Douleursseoanies dans ia pQilriae au-dessue de ta Ibasette du coeur, 
apres trois i^eure^ (Groas.). 

3^. Le ballemeai du cceur eac mgmeM^ pld» fort , IntertniTtent , 
et pulsatioD des arleres dans le corps ; elle ne se fait point s^ntir 
duDS la t6ie ni dana les membres ; tn m^nie temps somnolence , sans 
qu*il puisse S'endormir ; Tapr^s-dinee (Harilaub et Trinks). 

ilancemens ekkns h seih gaUche; ipt^ deul h6tli*e^ (t(f.). 

Douleur pressive pr^s du mameion gauche ; apr^s une heure (Her- 
remann). 

Les battennens du coeur sont plus forts , quelquefois un pen plus 
Yites , plusieurs soni pleiiH t^ pluli ^tendii^ (apf 6s trois heures) , plus 
faibles aprte la sieste (Hering). 

GonflemeBt manifeste d^s seiM (Ybh Pleye1)i 

255. Ghalouillement dans les mamelons avec sentiment de vo- 
lupl4 {id.). 

Ardeur pressiVe dtitis lea demi^res f^ti^ses cAtes du cAt4 droit 
(Harimann), 

Elancemens intermittens dans la cUh^icuU (tierremann). 

£lancemens Vifs k la derni^re vraie cdte dti 66\i droit se dirigeant 
versle sternum, pendant Tinspiraiion seulement {id,). 

£*aDcemens cbifnme des piqAres d^ai^uilles dans le c6te gauche en 
arri^re 5 la fausse cdie ; apris trente et une heures {id.), 

260. Douleur pressive , imm^diatement au-dessus du bord de 
Tomoplate gauche dans les parties molle$ ^ dans le cepos ; elle dispa- 
rait le soir pendant le mouvement (Hartmaaci}. 

Douleur paralytique, pressive dans les musoUa. de Tomoplate 
gauche , avec sentiment d' ardeur dama ces p^tiea , qui s'^iead 
pen k peu sur tout le thorai^ de ce c6t4 ; elle n'^ p^int soua lin-i 
fluence ni du repos ni du DOLO^vemiM (Ed. tia^^ 

Prwiw 8«u8 r^«M(JMe faucke ,. mtym t»^ fla^f V^^ «e 



116 ftiruB Di^ LA. vtoEdinc s^iotfi((di£ < 

foil point sentir pendant le mouvenfient da bras; aprto dMx 
et demie (Hartmann). 

Preasion aux muscles du cou dii cAii gaacbe (id.). 

Tiraillement rhuniatismal dans les moscles de la naqne dn cM 
gauche , qui revient fr^quemment ; aprts une heure et demie. 

265. Douleur pressive d^cbirante aux muscles des lombes, dam 
les derni^res vertibres dorsales , et aux parties des cAtes qui les 
avoisinent , surtout en penchant fortement le corps ; aprte hoit jours 
(Herremann). 

Forts ^lancemens aux vert&bres dorsales , aggrayte en inspi- 
rant [id,). 

m 

Douleur lancinante dans les vert^bres dorsales ; aprte trds bea- 
res (id.). 

Gbatouillement sur le dos, qui commence dans la nuque (Yon Son- 
nenberg). 

En se pencbant , une sorte d*£lancement dans le sacnun , suivi 
d'une tension comme si ces parties se d^cbiraient ; il eat oblige de 
garder pendant un long temps la position courb^e ; puis dans le lit 
fort frisson sans soif (S. Hahoemann). 

270. Douleur paralytique dans le sacrum ; il est obliged de s'^ten- 
dre , il ^prouve du soulagement en se renversant en arri^re (Heriog). 

Doideurs tiraillantes dans le sacrum jusque dans la rigion, puhiennt 

{id. , Von Sonnenberg et Von Pleyel). 

Douleurs paralytiques dans le sacrum , surtout sur le c6t£ gau- 
che («W.). 

Douleur conlinuelle dans le sacrum , qui force k se relirer , apr^ 
quoi douleur voluptueuse (Bering). 

- Douleur comme d*entorse dans Pdpaule droite , m£me Sans se mou- 
voir (S. Hahnemann). 

275. Pression dans Tarticulation des ^paules {id.). 

Sensation pressive tifaillante dans T^paule gauche ; apris un quart 
d'heure (Hartmann). 

Douleur d^cbirante dans le creux de Taisselle gauche et an-dessos 
du mamelon gauche , que Tattouchement augmente (Herremann).' 

Douleur rhumatismale dans Tarticulation de T^paule gabche {id.)l 

Tiraillement paralytique dans la t^te articulaire; de rboa^rai 



t 



RBYUB D& LA MSDBCnVfi SPSCIFIQUH* 4t7 

gauche avec seBtiment de lassitude 4edaiis , pendani le motive* 
mem (Ed. Roch). 

2S0. Douleur tiraiilante , paralytique k travers le bras gauche , k 
partirdela tdte articukire jusqu*an coude; apresunedeim-heQre((V/.)« 

Sentiment de foiblesse et defaut de force dans tout le bras gauche i 
mais de courte dur^e (Hartmanu). 

Sentiment de faiblesse bourdonnant dans Tavant^bras gauche (id,). 

£lancement se dirigeant de i'^paule jusque dans le sommet du' 
coude, et en m£me temps ^lancement quiremonte du poignet jusque 
dans la ppiate du coude , comme une ^tincelle ^lectrique (S. Hah* 
nemann). 

Douleur pressive aux muscles du bras , en dedans , que Tattott* 
chement aggrave (Herremann). 

285. Dechirement paral/tique au bras droit jusqu'a la main; aprte 

vingt-huit heures (id.). 

Picotement de dehors en' dedans aux deu» bras pret de F articulation 
du coude ; apris une heure (id,). 

Douleur paralytique dans le bras gauche autour de rarticulation 
du coude et dedans , plus en appuyant sur le bras (Hiring). 

La douleur paralytique dans le coude venant k cesser , il s*y montre 
au bout de quelques jours qnelques boutons ; ^l^vation de la pean 
sans rongeur, sans cercle , ayec violent prurit , surlout au sommet ; 
ouverts par Taction de se gratter , il se forme une croAte : ils dispar 
raissent apr^s cinq jours {id.). 

Douleur pressiffe aux deux bras, prh de V articulation du coude ^ en 
dedans^ plus violente par Fattouchement et le moavement\ aprds huit 
heures (Herremann). 

290. Douleur lancinante dans le condyle externe \des deux coudes ; 

aprfts dix heures {id.). 

Douleur pressiye au bras droit ^ qui augmente par le mouf^ement et 
Vattouchement; apris SIX heures (id.). 

Pesanteur et sentiment de brisure dans les avant-brasjen les fi^- 
cbissant, et un sentiment d'angoisse qui Toblige & changer sou vent 
de position; apr^ seize heures , apris le coit (Harimann). 

£la(kicement dans TarticuUtioa do coude au c6ie exierne , qui oe 
IV. 27 



™l_P M II.. I IWI^ 



■ T" T *■*■ 



se fait point sentir pendant le monvement ; aprte deux heares et 

demie {id.)t 

D^chirement pressif tiraillant dans le milieu des os m^tacarpiens : 
puis droit jusqae dans le carpe*, apris sept heures (id,). 

.295. Dans Favant, beauooup de picotemens aigus , rapides, en 
£tant assis (S. Hahnemann). 

Sensation dans le ereux de la main gauche comme 8*il allait se con- 
tracter spasmodiquement (Hartmann). 

Faiblesse dans les mains en ^crivant ; il ne pouTait point tenir h 
plume-, en mdme temps frissonnement (S. Hahnemann). 

Douleur coDStrictive , spasmodique, dans le creux de la main 
gauche ; quand.il Touvre, elie se contracie involontairement ; les dou- 
leurs sont plus fortes quand il ^tend la main que quand il la ferme; 
apr^ dix heures (Herremann). 

Douleur d'entorse dans le poignet gauche , qui aagmenta sans 
cesse , an point qu'il ne put plus remuer la main an bout de quel- 
ques jours (par le sue en enlevant la plante) (id.), 

300. Raideur avec l^g^re douleur d'entbrse dans le poignet ; la 
douleur se changeait apr^s quelques jours en dechirement , Glance* 
ment et gonflement de Tarticulaiion , avec pleurs oontinuels et 
pertede connaissance ; elie £tait obligee de mettre de G6t£ et d'aotre 
la main souffrante , ou de la tenir droite ; elie n'osait point U m it^ 
pendre ; en divers petits endroits, pendant plusieurs jours (TaMxmit 
apaisait cette douleur) (<</.). 

Douleur tiraillante dans les m^tacarpiens gauches {id.). 

Tiraillement paraly tique en dedans dans le poignet gauche (H&ing). 

Douleur d^chirante dans les os du carpe droit; apr^s de^x faeurei 
(Hartmann). 

Dechirement brulant dans i'os m^tacarpien de la main gauche \ 
apr^s deux heures et demie {id.). 

305 . Douleur tiraillante dans le plat de la main k travers les doigti; 
de suite (S. Hahnemann). 

Tiraillement douloureux dans I'os metacarpien de Tindicateur droit 
(Herremann). 

Douleur d^chirante , lancinante dans les muscles des doigts iadi* 
cateur et m^us de la main gaudie ; aprfts une heore {id.). 



BSYUB J>B LA MSDECINB SPiCIFIQUB. 419 

D^cbirement dans les articulations des doigts des deux mains ; 
apr^s dix jours {id.). 

D^chirement paralylique dans rindicateur gauche (Hiring). 

310. Engourdissement du doigt annulaire (S. Hahnemann). 

Douleur lancinante dans la pulpe du pouce gauche {id.). 

Douleurdechirante dans ladeuxiemeetlatroisieme articulation de 
Tauriculaire , et dans la troisi^me articulation du quatri^me doigt de 
la main droite (Hartmann). 

£laocement d^chirant brulant dans les muscles de la premiere ar- 
ticulation du quatrieme doigt de la main droite; apr^s quatre heu- 
res {id.). 

D^cbirement tiraillant dans le quatrieme doigt de la main droite ; 
apris six heures et demie (id.). 

315. D^chirement dans Tarticulation metacarpo-phalangienne du 
petit doigt {id.). 

Douleur cuisante , comme d'une plaie i dedans et autour de Tar- 
ticulation de la hanche droite ; elle s'aggrave en tournant et en re- 
mnant la cuisse , et se dissipe au bout de quelque temps dans la posi - 
tion assise ou couchee ; apr^s douze heures (Ed. Roch). 

Douleur pressive dans la region de la hanche droite (Herremann). 

£lancemens sourds dans la hanche gauche , en inspirant seule- 
ment; apr^s quatre heures (id.). 

Le matin, en sortant du lit , douleur dans Tarticulation de la han- 
che droite, au point qu'elle peut h peine marcher au d^but, qui se 
dissipe par une marche prolong^e (S. Hahnemann). 

320. Furoncle avecdouleurslancinantes dans lapartie sup^rieure 
de la fesse (id.). 

Serrement et tiraillement dans les cuisses et les genoux (id.). 

Sur la face ant^rieure de la cuisse gauche , en marchant senle- 
ment, douleur tensive dechirante, qui la fait boiter; apr^s quatre 
heures (Gross). 

Pression douloureuse p^n^tranle , qui descend du milieu de la 
cuisse vers le genou , ou elle est excessivement violenle en ^tendant 
le membre , et qui disparait ensuite insensiblement -, en etant assis 
(Hartmann). 

filanoemens interfflittens sur le c6t^ interne de la cuisse (id.). 



i 



* ■ * 



liHO RCTUB DK Li MiDEGIHB SP^CIFIQint. 

3?5. Douleurs rbumatismales dans la cuisse gauche, puis le long 
du tibia droit, et de 1^ dans l*ai[ant-bras gauche ; dans le repos (nf.). 

Le gras du membre est comme menrtri et douloureux, sensation 
qui ne se fait sentir qu'en marchantsur un terrain uni et en descen- 
dant et non en montant ; mais il ^prouve m6me en £tant asris , qnand 
il retire leg jambes , de la tension et de la douleur au toucher dans la 
cuisse (Gross). 

Tension si douloureu^e dans les muscles exienseurs des cuisses , 
comme s'ils ^taient trop courts , qu'il ne pent point s*accroupir (id.). 

Tension dans les muscles internes de la cuisse gauche , pendant 
plusieurs jours (Hiring). 

Douleur paraly tique k la cuisse gauche au-dessus du genou , en 
dedans , mais non comme dans les os , de bas en haut , qui vient et 
disparalt. La mdme chose se passe dans le radius au-dessus du pd- 
gnet (id.). 

330. Douleur pressive dans le milieu de la cuisse en dedans ; apr^ 
cinq heures (Herremann). 

Douleur brAIante aubas et en dedans k la cuisse {id.). 

Douleur d^chirante imm^diatement au-dessus du genou gauche 
dans les parties moUes ; apris quatre heures et demie (Hartmann). 

Douleurs tiraillantes picotantes en dedans au genou gauche ; aprii 
uneheure (Bering). 

La nuit , prurit aux jambes , que Taction de gratter enldve {id.). 

335. Dechirement lancinant au-dessous du genou dans le tibia 
(Roch). 

Le soir, dans le lit, ^lancement dans le bas-ventre qui descend vers 
le tibia jusque dans les orteils (S. Hahnemann). 

Le matin , violent prurit enun endroit au c6t^ externe de la jambe 
droite, au'dessous desa partie moyenne; aprisraction de gratter on 
trouve la peauexcoriee en un endroit, avec douleur cuisanteet suin- 
tement; il persisteencetelat jusqu'au iroisi^mc jour, oh il se couvre 
d'une croAte ^paisse, pendant huit jours ; les bords causent du prurit, 
et, excorife par le grattement, saignent facilementet beaucoup;le 
tissu de cicatrisation reste pendant long-temps sensible, roupe dou- 
loureux k la pression. — On rencontre de pareils aCcideus k Toreille 
gauche en haut et en dedans , le douziime jour (Hiring). 



1 



I 



B«TCS DS LI IDBDSCIIIS SPlfiCIVIQCX. 421 

Sur la fece dorsale du tibia, au-dessus de Varticulation tibio-astra- 
galienne, pressioQ tensive douloureuse ; en £tant assis (Gross). 

Un ulcere lardace , habitual sur le tibia , s'^tendit , la suppuration 
augmenta, devint douloureuse et se guerit parfaitement et pour 
toujours dans les quatorze jours. X^ffel curaiif ) (Yon Sonnenberg). 

340. Tiraillement sourd de baut en bas et viceversdj dans le moUet 
gauche jusqu'aux malleoles (Roch)« 

Prurit jusqu'aux moUets , que Taction de gratter n'apaise que pour 
peu de temps (id.). ; 

Tant6t sur le mollet gauche, tant6t sur le droit, prurit qui oblige k 
gratter avec force ; sur Fendroit qu'on vient de gratter se manifestent 
desboutons qui causent une douleur de gergure {id,). 

Dechirenient tiraillant , ch&touilleux , avec ^lancemens fugitifs dans 
la partie inMrieure du tendon d'Achille dans le repos ; ilsedissipe par 
le mouvement et par Textension du tendon , aprds cinqbeures (Roch). 

Une petite place excori^e (par le grattement) k la jambe gauche , 
au c6te interne , est sale et a Tapparence d'un ulcire , le matin ; ce 
petit ulcere est douloureux et cause du prurit , la seconde matinee ; 
la croAte est enlev^e et le fond est sale; le soir , cercle pruriteux , 

- douloureux } mais k un moindre degri. Ce cercle est plus rouge tons 
les matins , et Tulc^re douloureux sans qn*on y touche ; le soir il est 
plus p&Ie et douloureux seulementau toucher ; il disparalt quand on 
cesse le medicament (Hiring). 

345. Sentiment de pesanteur douloureux dans le pied droit , qui 
devient sensible dansFetendue d'une main et se dirige en bas (Her- 

• remann). 

O^chirement sur le coude-pied , querattonchement aggrave (Her- 

* remann). 

Douleur presihe ^ dichiranie^ sur les os du mitatarse du pied gauche 

- d^ahord^ puis du droit (id.). 

Douleur deserrement dans lepied droit, dans le tendon d'Achille, 
qui devient d^chirante plus tard ; apr^s trois jours (Hiring). 

Douleur d^chirante, brAlante dans le*creux du pied droit , dans le 
repos (Hartmann). 
f 350. Sensation de pression lancinante ,- d^ebranlement sur le bord 



tn HEVUB DC LA ^iniDECm B 8PiC'lFlQI/B. 

externe du crenx da pied droit , aprfts nne demi-hetiM ea Ant 
assis {id.). 

Donleur dichirante dans les os m^tatarsiens da petit et dtt qnatritee 
orteil gauche, apr^trois quarts d*henre («^.). 

Beaucoup de piqAresdans le gros orteil. (S. Hahoemsioii). 

£lancemens douloureux dans le gras du gros orteil gancbe (id.). 

£lancemens d^mangeaDS, fugitife , dans le gras da gros orteil gao- 
cbe , qui ^branlent tout le corps , cdnioie de l^ret sacoosset ^lec- 
triques, eu ^tant assis (Rocb). 

355. Douleur briklante dans le quatri^me orteil gracfae (HartoiaBii). 

Douleur podagriqae dans le gros orteil droit , qui est rooge, loisait, 
enfl^, avec violentes douleurs landnantes t^r^brantes ; elle ne poonit 
remuer ni Torteil, ni le pied, et n*y souffrait ni le contact da moindre 
objet , ni m^me le lit (pendant plusieurs jours). Alora Gettedoaieorie 
transportait dans le poignet droit , la main ^tait raide , avec la mtae 
douleur, et elle setrouvait dans rimpossibilile de saisir quelque ob- 
jet; elle envabissait ensuite la main gauche (<v/.). 

Dechirement dans Tariiculatioa anterieure des orteils du pied droit, 
aprte vinRt-six heures (Herremann). 

Tirailhment doulaureus dans les phalanges des orteils drttAs , fiaib- 
inent plus violent en marchant (id.). 

Vulsions Isoldes dans lesorteils gauches (Hiring). 

360. Douleur pressive , intermiltente sous le talon , vers le ecxn- 
mencement de la plante du pied gauche (en 6tant assis) ; aprte six 
heures (Herremann) . 

Forts ^lancemens sourds dans le talon droit, duns la nuit. (Gross). 

Prurit incommode y eomme picoiant au talon gauche et ik la pbuste 
dupied , qui force a gratter, apr^s quoi cuissons, comme dans lesea- 
gelures (Herremann). 

£lancemens vifs aux talons de dedans en dehors , apr^ douze hen* 

res (id.). 
Sueur aux pi«ds jasqo^ao-dessas des mall^oles , le matin dans le 

lit/apr^s dix-huit heures {id.y 
365. Froid glacial aux pieds , apr^s deux heures (i«^.)» 
£lancemens dechirans dans toutes les articulations^ avec la gen* 



REVUE DE tk VL&D^am SPlftCIFIQUB. 498 

satioa comme si elles ^taient gonfl^es, et tiraillement lancinant Itlra- 
vers le creux des os (Von Sonneaberg et Von Pleyel). 

Craquement dans les articulations (S. Hahnemann). 

Sensation d'ardeur dans les parties souffrantes quand on Ty sai^ 

sit (id.), 

Douleur br&lante, pressiyei dans la p^riostose {id.). 

370. Douleur paralytique dans les articulations , surtout apr&s un 
effort (Hiring). 

Douleurs rhumatismales (Sauvagis , nosologic). 

Les piedsveulent fi^chir, elle doit frequenunent s'asseoir etse re- 
poser ; en m^me temps somnolence et b&illement ; elle est lasse comme 
apr^s uue longue marche , et tremblement des bras et de tout le 
corps (id.). 

Sentiment de pulsations dans toutes les artdres , presque comme 
une vulsion (S. Hahnemann). 

Tous les symptdmes cessent quand il va au grand air; ik re- 
commencent d^s qu'il rentre dans la chambre (Hartmann, Roch). 

375. Douleur tiraillante sourde dans les o^des membrcs SUp^rieurs 

et ioferieurs, qui se fait sentir d'abord vers leurpartie moyenne et 
s'^tend ensuite jusque dans les articulations , oil elle est plus yiolente 
et continuelle pendant quelque temps , dans le repos et pendant le 
mouvement dans la chambre ; elle disparatt au grand air^ apris quatre. 
heures (Ed. Rocb). 

Lourdeur etparesse dans le corps , qui force a se coucher. 

Malaise g^n^ral dans tout le corps , comme si on avait veill^, danse 
et r6de pendant plusieurs nulls, et capricieux (S. Hahnemann). 

Malaise universel, sansqu*il puisse dire ce qui le tourmente etoili 
(Gross). 

Fatigue et lassitude dans tous les membres , avec grand abatte- 
ment (id.). 

380. Enrouement aprds avoir march^ au grand air (§. Hahnemann). 

Une petite promenade le fatigue au point qu*il doit se coucher ; 
apris dix jours (/</.). 

Lassitude excessive ; il s'^veille apr^s minuit et ne pent plus se 
rendormir ; il doit etendre les jambes , tantdtlesattirer vers lui ou les 
changer constamment de place. 



Afl BKVUK DB LA viDVCIlflt SVKCTVrQVK. 

Le 8oir , dans ie lit , tris-grande agitation dans le rang; il dtaogi 
sans cesse de position sans pouvoir s^endonnir (HartnnanH). 

Agitation et inquietude le soir dans lelit, avec frisson et pean u- 
serine, qui l*enip£chede s'endormir (id.). 

385. Sommeil agit^ avec r£ves embrouill^s , r^veil iMqaent apris 
quoiil se tourne et se retoume pendant long - temps avant de pooToir 
s^endonnir (id,). 

R^ves continuels , avec beaucoup de fictions et d*effort8 d^esprit 
(Bering). 

Sommeil agit^ et rdves de beaucoup de travaux consmencis , mais 
non achev^s (S. Hahnemann). 

Vers le matin, r^ves avec meditation et efforts (id.). 

Sommeil agite , avec bouillonnement , cbaieur et forte suenr (Voo 
Sonnenberg et VonPleyel), 

390. Use jette qk et 1^ la nuit dans le lit , parle de maintes chosfs 
indifferentes durant le sommeil, et fait du bruit en expirant (S. Hah- 
nemann). 

11 se couchede preference la nuitsur le c6te gauche (Hiring). 

Le matin , ilr^veque des hommes tombent et restent morts sor le 
coup (S. Hahnemann). 

R^ves inquiets qui Teveillent souvent ; sommeil difficile surtout vers 
le matin (Herremann). 

Elle r^ve qu'elle se querelle avec quelqu'un , elle s^en ^veille et 
pleure ameremeni ; les yeux versent reellement d^abondantes lannes 
(Slapf). 

395. Frequent frisson par tout le corps , et m^me sur le coir che- 
velu ; le soir avant de se coucher (S. Hahnemann), 

Frissonnement toute la journee {id.). 

Le soir, en se couchant, horripilation conlinuelle (id.). 

Sensation defroid dans la jambe droite, comme si elle etait ploDg^e 
dans Teau froide (id.). 

Frisson sur tout le corps, avec obscurcissement devant les yeux , 
suivi de somnolence ; aprfes deux heures (id.). 

400. Frisson avec peau anserine, qui ne dure pas long-temps , mais 
revient fr^quemment Ud.). 

Chaleur brdlante , insupportable dans tout le corps , avec ^rarkle 



■ i^-' 



agitation ; il est oblige de changer les membres continuellement de 
place^ sans cbaleur ext^rieure sensible k I'attoucbement et sans soif ; 
aprtele dtner (Hartmann). 

Cbaleur au visage avec f roid glacial des mains et des pieds (S. Hah- 
nemann). 

Fr^quentes bonff^es de cbaleur au [visage , et frisson frequent sur 
le reste du corps (i^^.)* 

Fidvre, surtout vers le soir ; d'abord beaucoup de frisson, puis cba- 
leur dans tout le corps, et la nuit suivante sueur abondante (Fr. Hah- 
nemann). 

405. Sueur la nuit, plusieurs nuits de suite (id.), 

Pouls unpen tendu ettantdtrapide, tantdt lent (apris deux heures) 
(Hiring). 

Obsenrations 

Var le doeteur STRECKER , de Dingelstedt; 

Empoisonnement par la beUadone. 

Dans Tautomne de 1838, un cordonnier de cette ville, qui s'oc- 
cupait parfois du traitement des animaux domestiques , avait prepare 
pour une vache malade une decoction d*un loth de belladone qu'il 
avait mis dans une armoire avec Tintention de Tadministrer le len- 
demain. Une servante, croyant que c'^tait du marc de caf^ de la 
veille , Temploya pour le dejeuner. Six personnes en burent , savoir : 

1* Le cordonnier, &gi de trente ans , bomme d^bile et irritable ; 

2* Sa femme, ^galement &g^e de trente ans et d^bile ; 

3* Un ouvrier de vingt-quatre ans, assez robuste; 

4* La servante , kgie de vingt ans , d'un temperament flegmati- 
que , assez robusle. 

Chacun d*enx en prit deux tasses. 

5« Un enfant de quatre ans ; 

6* Un enfant de deux ans. 

Ces deux derniers n'en prirent qu'une tasse. 

Je fus appeie deux heures apris, et je les trouvai dans T^tat 
snivant. 

Les quatre adnUes se plaignaient de vertiges assez violens , d'une 



IP J* 



IIJIIV I L Jmi^W^. -,)"'. 



426 UTUi ra u idDBCiRi sptofiQUi. 

C^phalalgiestup^fiante; /«/ pupilles du mari ilaientcontraeid€9 tiHdm' 
ies au volume tPuru tile d^ipingle; celles des trois autres ^taienC ii 
contraire tres-dilatdes ; tous quatre se plaignaient d^avoir la Tue faubk, 
et voyaieQt Ies objets comme k travers un voile ; tous quatre se phi- 
gnaient de s^cheresse de^la bouche et dans la gorge , et iproavaieit 
de violens spasmes du gosier ; ils avaient de grandes angoisses, et 
tremblaient de tout le corps. Lc petit gargoa de quatre ans «e poa- 
vait plus se tenir sur ses jambes, mais 11 chancelait oomme s'il eAt 
ete ivre. II avait la face bleu4tre , Ies yeux saiUans , lea pupilles fat- 
tement dilat^es; il d^lirait sans cesse , pronongait des mots sanssoite, 
et souvent ne Ies achevait pas ; il avait des spasmes si violens dans le 
gosier, qu'il lui ^tait impossible de rien avaler. 

Le plus jeune enfant ^tait couch6 dans son bereeau. II avtit le 
visage bleudtre , Ies yeux fixes , renversds , sortant de la t^te , Ies 
pupilles tr^s-dilat^es ; il ne cessait de parler et de murmarer des 
mots inintelligibles ; il avait un peu d^^cnme autour de la bouche ;il 
pouvait cependant avaler Ies liquides; son ventre ^tait ballonni; il 
agitait sans cesse Ies mains en Fair et sur sa couverture (car- 
phologie). 

J*administrai k cbacun , except^ k la servante et k ronvrier, uufort 
vomitif de tajrtre ^m^tique. Les parens durent se layer fr^quem- 
ment avec de Teau ^ la glace ; je prescrivis des applications froides 
sur la tSte des enfans. Tous regurent dans Taprds-midi de fort 
caf^. lis guerirent dans Tordre suivant : Touvrier et la servante pa- 
rent se remettre ^ Touvrage au bout de six heures ; le mari et sa 
femme au bout de douze; chez les enfans , les accidens persist^ent 
trois jours , mais de plus en plus faibles. Les vertiges et la dilatation 
des pupilles furent les derniers symptdmes qui disparurent. 

Ge petit nombre de symptdmes, que la promptitude des secoun 
m'a laisse le temps d'observer, appartiennent aux symptdmes prin- 
cipaux de la belladone , et donnent lieu aux remarques suivantes. 

1° Quant a Tinfluence de Tindividualit^, d'apres la constitution 
physique , surlout d'aprfes T^lat de la receptivity et de TAge, la ser- 
vante , avec son temperament flegmatique , ne fut affectie que d'une 
mani^re k peine sensible ; Touvrier, plus robuste , le fut dej^ davan- 
tage et plus long-temps ; le cordouuier debile et sa femme fdrent 



JUBTUB DB LA HliDBGINB SPltellFIQtrB. KCl 

attaqn^ d'ane mani^re violente ; mais ceux qui flotktfrirent le plus, 
ce furent les deux enfans , comme on devait s'y attendre. 

Le r^sultat de ces observatious pour la pratique est le r^suUat 
connu des deux ^oles : plus le malade est jenne et irritable , moins 
les doses doivent Stre fortes. L'homoeopatbie posside de grandes 
ressources dansses petites dilutions, mais il n'en est que plasdiCBcile 
pour elle de choisir la juste dose, line trop haute dilution du medi- 
cament le mieux cboisi ne produit souvent aucun effet ou ne deter- 
mine qu'une reaction insuffisante , ^ peine sensible , tandis que les 
dilutions plus basses, si la r^ceptivite est trop gprande ^ soit naturelle- 
ment , soit par suite de la maladie , provoquent une reaction violente 
qui pent devenir dangereuse, comme rexperience me Ta appris. 2* Si 
la belladone a exerce si peu d'action sur la senrante, nous devons 
Fattribuer k son peu de r6ceptiTite ; avec une dose double, les effets 
s'en seraient manifestos dans toute lear Onergie. II en fut autrement 
cbez le mari dont les pupilles se rOirecirent au point de n'Atre pas 
plus grosses que des tdtesd'epinglessans que lesTertigesmanquasseot 
D^anmoins (1). Nous voyous ici un sympt6me que Ton a comptO jus- 
qu'a present parmi les effets appelOs alternatifs, et un autre que Ton 
a place iitort parmi les effets secondaires. Gbaque mOdecin, surtout 
deTancienQe Ocole, en lisant dans notre mati^re mOdicale qn'un 
grand nombre de medicamens produisent deux effets tout opposes , 
par exemple, la constipation et la diarrhOe, regardera cette assertion 
comme un paradoxe. II y a sans doute des moyens qui provoquent 
cbez le m^me individn des efiets alternatifs qui ne sont pas inconnus 
aux allopathes euxmdmes. Tel est^ entre auires, Topium, dontTeffet 
primitif consiste en une veritable exaltation des facuUes intellectuelles, 
tandis] que Teffet altematif est precisOment le contraire, c*est-i dire 
une prostration complete de tout le syst^me sensible, une stupidity, 
el m^me uoe perte complete de la connaissance. L'abus des boissons 
spiritueuses produit unOtat analogue, avec cette difference que Teffet 
alternatif ne prend pas sa source dans les boissons, mais dans la 

(4) J'ai observe le m^nie ph^nom^nc chez une vieiUe femme dans Tceil de la« 
quelle j'avais vers^ une solution d'extrait de boUadone, pour facilUer Top^ration 
de la cataracte. An boat dHine heure , ]e trouTai les pupilles ^galement tr^-r^- 
UMet. 



428 UEVUB DE LA 1I]&]>»^B SPtoTlQlTB. 

sarexcitation de la sensibility, tandis qneropium porte en lui-m^iiieKS 
effels. Si nous parcourons la roati^re in^dicale allopaihiqne , no* 
trouverons k peine un medicament dont TefFet altematif 8<Ht ngniie 
d'une maniere precise, si Ton en excepte la rbubarbe, dont TeSeC 
primitif est la diarrh^e, et Teffet alternaiif la constipation. De nom- 
breux effets allernaiif^ sont indiques au contraire dans la matiin 
medicate homoeopalhique ; mais il est ir^s-possible que la plupart del 
m^decins honxBopathes ne sachent comment les expliquer. L'efFet alte^ 
natif depend de la receptiTit^ individuelle de rexp^rimentateur. G'est 
1^ la seule explication possible de ces ph^nom^nes particuliers aox- 
quels appartient aussi mon observation sur rempoisonnement par h 
belladone ; car le r^tr^cissement des pupilles doit £tre regard^ certii- 
nement conmie une des exceptions les plus rares des symptAmes de 
la belladone. Le m6me fait se pr^sente avecTopiumet lanoix yomiqii6| 
qui, en r^gle g^n^rale, provoqnent la constipation, et, par exceptiOD 
seulement, la diarrhie. Or, commerexp6rimentation desm^cameni 
est faite sur un grand nombre de personnes, il doit arriver nicessai- 
rement que Ton admet dans la s^rie des symptdmes exceptionneb. 
G^est ce qui a donn6 Tid^e de Teff et altematif propre aux m^dicameDS, 
effet qui ne depend cependant que de la receptivity individuelle. Uy 
a long-temps qu'on d^signe cet etat individuel de la receptivite sons 
de nom d^idiosyncrasie etqu'on lui attribue une foule de pheoom^nes 
bizarres, tout-^-fait contraires aux manifestations ordinairesdelavie. 
Il serait difficile de trouver un homme qui, quoique k son inso, n'elt 
pas en lui cette idiosyncrasie centre un ou plnsieurs m^dicameoB, 
tandis que , d'un autre cdte , il en est d'autres qui , par suite de ce 
caractire individuel de leur receptivity, ne sont nullenient affect^ 
par certains moyens, tout en Tetant violemment par d'autres. Get^ 
n'a pas pr^cisement sa cause dans le rapport de vitality particulier 
a tons les hommes, mais certainement il exerce la plus grande influence 
sur rex^^rimentatlon des m^dicamens , et cons^quemment sor le 
traitement des maladies. Et cependant on n'en tient pas compter 
comme on le devrait, dans la classification des symptdnaes medica- 
menteux. 

Le quinquina nous fournit la preuve la plus ^vidente de ce que nov 
venous d*avancer. Tout le monde sait qu'il est le principal spieifiqte 



1 



RfiVUE DE LA MiDECtNE SPlficfTIQUlS. 429 

conlre la fi^vre intermittente , et cependant il ne gu^rit pas dans un 
grand nombre de cas. La cause en est le plus souvent, sans doute, 
qu'il n*est pas alors un specifique pour cette maladie, & cause de la 
receptivity de Tindividu. Dans d'autres cas, peu nombreux, il est 
vrai y nous voyons au cogtraire se manifester une intoxication. II est 
hors de doute que la receptivity pour ce medicament est alors trop 
grande , et que , par consequent , les doses ordinaires sont trop fortes. 
G'est sans doute k cette seule cause qu'il faut attribuer les guerisons 
de fi^vres intermittentes obtenues par des doses homoeopathiques 
dont je n'ai jamais rien obtenu contre cette maladie. 

On a beaucoup lou^ Hahnemann d'avoir determine d*une nianiere 
plus positive les effets des medicamens sur le corps humain , en les 
divisant en primitifs, secondaires et altematifs. Cependant beaucoup 
de voix se sont eievees dej^ contre cette classification, et ce n^est pas 
sans raison, k mon avis. Qu'on me permette done de dire aussi quel- 
ques mots sur les effets primitifs et secondaires. 

Si Ton admet que nous avons administre le medicament convenable 
dans le cas d*empoisonnement dont il s'agit, il en resulte : 

1* Nous n'observons ancun changement, ni exacerbation des sym- 
ptdmes, ni amendementdesaccidens, ce qui, comme Texperience Ta 
appris, alien dans les cas aigus , quelqnefois instantanement on au 
moins en peu de temps. Nous remarquons bien une exacerbation gra- 
duelle des symptdmes appartenant h la maladie, et nous devons en 
conclure ou que le medicament n'etait pas convenable, ou que la dose 
etait trop fuible. Nous la repetons done une ou deux fois, nous admi- 
nistrons memo une dilution plus basse. Si retat n*eprouve aucun chan- 
gement^ nous choisissons un autre moyen plus convenable. Le cas 
est beaucoup plus difficile, s'il s'agit d'une maladie chronique oil il 
faut attendre plus longtemps, et observer avec soin s'il ne se declare 
aucun changement dans retat morbide. On perd sou vent ainsi un temps 
precieux , surtout quand le medicament ne repond pas exactement 
aux symptdmes. Ou bien , 

2<* Aussitdt apres la prise , souvent aussi un peu plus tard, on re- 
marque une exacerbation des symptdmes qui atteignentfrequemment 
k un haut degre, sans que retat s'ameiiore. Souvent mdme la maladie 
reste h ce point , et, si elle a un certain degre d'intensite , la mort 






430 RXVUE DE XJL JOftDEGDTE 8p£GIFIQX}B. 

peut arriver subitement. G*est ce qui a lieu surtout quand la rdcq»- 
tivite est grande, comme chez les personnes byst^riques, OQ quand 
elle est surexcitee par la maladie, de mani^re que la fiaculte d'aigir 
soittrop faible pour faire disparallre la difference prodoite parh 
matadie d^j^ h un haul degre et augmeni^e encore par le. m^ca- 
ment. G'est precisement dans des cas pareils qu*il faut faire grande 
attention ^ T^iat de la recepiiviie individuelle. G'est en s'appuyant 
8ur des cas semblables que Hahnemann a gen^ralisS les ai£dicamett 
et leur emploi , en a aclniinislrd les dilutions et a fioi par desceodre 
jusqu'a Tolfaction. On bien , 

3<> Apr^s la prise du medicament, les sympt6mes de la maladie 
s^exacerbent plus ou moins aussitdt, ou au moins au bout de qud- 
que temps. Gependant cetle exacerbation n*est pas de loDgue dorie; 
elle cesse bienidt, et la guerison ne tarde pas k s'operer, & moins que 
Vamdioruiion ne s'arrdte etqulilne soit ndcessaire d'administreriuie 
seconde dose. Ge sont ces cas-la qui oni doun^ I'id^e d'uD effet prini- 
tif et d'un effet secondaire. On est alio si loin dans le principe qa'on 
s'est imaging que ces effets primiiifs etaient absolument n^cessaires i 
une gudrison radicale, etque Ton a cru devoir regarder comme pal- 
liatife tons tes autres resultats favorables. Mais qui verra Ui-dedans 
autre chose qu une reaction de Torganisme provoqude par Taction da 
medicament spdcifique sur le foyer immediat de la maladie, action qd 
aiguillonne la force curative de la nature et qui r^tablit r^quilibre, 
d'autant plus que Ton ne remarque pas d'autre effet secondaire qui 
doit Stre la guerison mSme, que la dispariiion souvent subite, mail 
souvent aussi graduelle des sympldmes morbides, et qii'il est impoi- 
sible de dire si le medicament a seulement donne Timpulsion ous'il 
a opdre la guerison ? On ne peut nier cependant qu'il n'y ait des cu- 
cerbations ; mais elles sont rares et faciles h confondre avec Texat^ 
bation naiureile des symptomes de la maladie. Dans ce dernier cas 
cependant, la suilene tarde pas a nous convaincre d'erreur. On pour- 
rait aussi chercher la cause de ce phenomene dans la grandeur deU 
dose, relaiivementa Tetat de la recepiiviie individuelle. Enfin 

4* La plupart des guerisons s'operent sans effets, primitif et secon- 
daire , notables, souvent instanlanement, souvent aussi lentementoi 
mdme tr&s-ientement dans les maladies cbroniques. JXoub ne motf 



1 



REVUB DB' Uk. MltoBGINE 8P£C£FIQUE. 431 

\i que la diminution et la disparition des sympt6mes de la mmladie. 
U semble que cette marche de la gu^rison devrait d^truire Tidde 
des effets primiiifs et des effets secondairis. 

Quelques mots encore sur Fdtat et les progris de rhomoeopathie. 

Les m^icamens bomoeopaihiques ne produisent souvent aucun effet. 
On entend de tous cdtes et medecins et laiques s'en plaindre , et le 
public qui, il y a quelques annees encore, elevait I'homoeopathie an 
troisiime ciel, se montre aujourd'hui beaucoup plus froid et ne la 
regarde plus gu^re quecomme une ancre de salut, en cas que Tallo- 
patbie n'am^ne aucun resultat. De temps en temps une voix s'^Iive 
encore, comme cela a eu lieu derni^rement dans la Gazette homoeo- 
patbique, et proclame que pasun malade n*a suivi sans succ^s le trai- 
tement purement homoeopathique^ lorsque le cas n'^tait pas incurable. 
11 fiaut croire que les malades qui out succomb6 ont 6i6 regard^ 
comme incurables, et peut-6tre avec raison. 

On h'a qvCi lire d'ailleurs le journal que nous venonsde citer pour 
se convaincre que les plaintes des medecins qui r^fi^chissent ne sont 
que trop fondees. 

II y a long-temps qu^on le sentet qu^on en recbercbe la cause, mais, 
il Vexception de la grandeur des doses, la question n*a pas fait un pas« 
II paratt que la princ