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Full text of "Revue de la numismatique belge [afterw.] Revue belge de numismatique [afterw ..."

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REVUE 



numismatique: belge. 



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BHI'XELLKS. ^ |K:oi!i COBBABHTS, IMP. DU BOI, SlXCKSSBtR d'eMM. DEYI(0Y£. 



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REVUE 



i LA 



NUMISMATIQUE 



Pl'BUéB SOUS LSS ÀUSPICS8 DE LA SOCIÉTÉ ROTALB DE NUMISMATIQUE, 
PAR MM. R. CHALON, L. OB COSTBR ET C. PICQUé. 



â« SÉRIE. — TOME I. 




'i' 



BRUXELLES, 

LIBRAIRIE POLYTECHNIQUE BELGE D'AUG. DECQ, 

9 , *DE DB LA HAOBUtini. 

y 

•(BODL:Lir>::)' 



"■<5lODlC U'- ' Digitized by GoOglC 



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REVUE 



DB LA 



NUMISMATIQUE BELGE. 



CATALOGUE 



DBS 



MONNAIES OBSIDIONALES ET DE NECESSITE. 



DOUZIEME ABTICLS. 



6*, 2 gros de Prusse. — Semblable au n* 6*, 

Rev. Semblable au n* 6*, mais de Tannée 1760. 

Arg. Grote, idsm, bp 34 . 

d. 6*. 2 gros de Prusse. — Semblable au n"" 6. 

Rev. Semblable au n"" 6, mais de l'année 1761. 

Arg. Gabioet des médailles de l'État, à 

Bruxelles. 

6*. 2 gros de Prusse. — Semblable au n"" 6^ mais avec 
les letites des légendes un peu plus grandes^ et 
de Tannée 1761. 

Arg. Grote, BUiUer fUr MUnxkunde, t. II, 

p. 484, no 69. 



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- 6 — 

7. Gros de Prusse. — MONETA • AR6ENTEA - 

Semblable au n* 6. 
Rev. Dans le champ, on iii : « I * - GROSSUS 

— REGNI ~ PRUSS -" 1759. 

Arg. Grote, idem, n« 23 . 

7K Gros de Prusse. — • MONETA • ARGENTEA — 

Semblable au n* 6. 
Rev. Semblable au n"" 7, mais le chiffre I, entre 
deux feuilles de trèfle. 
Arg. Grote, idem, n« S4. 

d. 7*. Gros de Prusse. — Semblable au n** 7. 

Rev. Semblable au n" 7, mais de Tannée 1760. 

Arg. Cabinet des médailles de TÊlat, 

Bruxelles. 

7*. Gros de Prusse. - MONETA : ARGENTEA -^ 
Semblable au n"" 6. 
Rev. Dans le champ, on lit : * I « — GROSSUS 

— REGNI • — PRUSS — 1761 • 

Arg. Grote, BlàUer fUr MUnzkunde, t. II, 

p. 485, n* 70. 

8. Schilling de Prusse. — Le chiffre dei'împéralrice 

E P (Elisabeth Peirouma) entrelacé et couronné^ 

entre deux branches de laurier. 

Rev. Dans le champ, on lit, sous une petite rosette : 

SOLID— REGNI - PRUSS— 1759. 

Cuivre. Baron de Gbaudoir, t. II, p. 458, 

n«4384. 
Grate, BUitter fUr Mmskunde, t. II, 
p. 483, n« 25. 



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— 7 - 

8*. Schilling. — Semblable au n** 8, mais la couronne 
est plus grande. 
Rev. Semblable au n' 8. 

Coivre. Grote, idem, n« t6. 

8'. Schilling. — Semblable au n* 8. 

Rev. Semblable au n*" 8, mais le millésime est plus 
grand. 
Cuivre. Grote, idem, n« 27. 

8^. Schilling. — En tout semblable au n"* 8, sauf la 
date qui est ici 1760. 

Cuivre. Grote, idem, n» 32. 

8». Schilling. — Semblable au n» 8*, mais 176« (sic). 
Caivre. Grote, idem, n« 33. 

d. 8^. Schilling. — En tout semblable au n® 8^ mais de 
Tannée 1761. 

Cuivre. Cabinet des médailles de TÉtat, à 

Bruxelles. 

8'. Schilling. — Semblable au n^ 8, mais les lettres de 

la légende du revers plus serrées et le millésime 

plus grand. 

Cuivre. Grote, BUitter fUr MUnzkunde, t. II, 

p. 485,0*72. 

KOSEL. 

Bl«4«ée pmr le gémérml IiA«d«By •■ flf€9. 

1 • ......?— Monnaies de carton, émises par le 

lieutenant* général Christpphe - Frédéric Von 



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— 8 — 

Lattorf, commandant la forteresse, et revêtues 
de son sceau et de sa signature. 
Papier. Dr baroa de Roehne. 

Assiégée par 1« méme^ «■ t99f • 

2. Gros. — Dans le champ, les armes de la ville, qui 
sont trois têtes de bélier, placées 2 - 1 . Au-dessus, 
on lit : COSEL — I. Au-dessous, 1761 — GG. 
Cuivre. — Uniface. 

d. 3. Gros. — Dans le champ, on lit : COSEL — I — 

GG-1761. 

Cuivre. — Uniface. 

Cabinet de M. Friediander, à Berlin. 

d. 4. Grosche. — Dans le champ, une tête de bélier à 
gauche, accostée de I — GR. Au-dessous, on 
lit: COSEL- 1761. 

Cuivre. — Uniface. 

Même cabinet. 

d. 5. Kreutzer. — Dans le champ, deux têtes de bélier 

affrontées; au-dessouS; on lit : I COSEL X — 

1761. 

Cuivre. — Uniface. 

Môme cabinet. 

LANDAU. 

Assiégée par !«• ImpérlAVs^ «■ tV#t. 

d. i. i livres 4 sols. — Dans le champ, les armes de 
M. de Mélac, gouverneur de la ville. La pièce 
est timbrée sur ses bords de neuf fleurs de lis. 



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— 9 ~ 

Au-dessous des armoiries, une estampille ren- 
fermant la valeur, le nom de la ville et l'année : 
4 LIVRES -48 — LANDAV 1702. 

Arg. — Uoiface, irréguUère. 

Van Loon, t. IV, p. 383. no4. 
Duby,pl.XVIII, no4. 

d. P. 4 livres 4 sols. — Variété du n*» 1, sous le rap- 
port de la forme de la pièce. 

Arg. — Uniface, irrégulière. 

Van Loon, t. IV, p. 383, no 2. 
Duby, pi. XVIII, no 3. 

* 2. 2 livres 2 sols. — Semblable au n"* 1, avec cette 
différence quVlle est plus petite, qu'elle est tim- 
brée sur ses bords de huit fleurs de lis et que 
sous les armoiries il y a deux estampilles placées 
Tune sous l'autre; la 1** indiquant la valeur : 
II • LIVRES en dehors, II S., la 2% LANDAV 
-- • 1702. 

Arg. — Uniface, octogonale, irrégulière. 
Duby, pi. XVIII, no S. 

♦ 2*. 2 livres 2 sols. — Semblable au n* 2, avec cette 
différence qu'elle est plus petite, qu'elle est 
timbrée sur &es bords de six fleurs de lis et que 
sous les armoiries il y a une grande estampille 
renfermant : 2 • LIVRES • 2 • S • ~ • LANDAV • 
1702. 

Arg. — Uniface, octogonale, irrégulière. 

Van Loon, t. IV, p. 383, n» 3. 
Duby, pi. XVII, no 9. 



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— 40 — 

3. 2 livres i soi. — Semblable au n"" 1 ^ avec cette 
différence qu'elle est timbrée de six fleurs de lis 
et que l'estampille renrerme : 2 * LIVRES * 
1 • S • — LANDAV • 1702. 

Arg. — Uaiface, ronde. 

Gonbrouse, n« 217. 

* i. i livre i sol. — Semblable au n"* 1, avec cette 

différence qu'elle est timbrée de quatre fleurs de 
lisy une à chaque coin de la pièce, et que 
Testampille renferme : 1 • LIVRE • 1 • S — 
LANDAV — • 1702. 

Arg. — Uniface, carrée, irrégulière. 

Van LooD, t. IV, p. 383, d« 4. 
Duby. pi. XVII, n» 8. 

iijiflléséc par les Wrmn^im^ en «VIS. 

d. 5. Double ducat. — Au centre de la pièce, le chiffre 
couronné du duc de Wurtemberg. Elle est tim- 
brée aux quatre coins de ses armes couronnées, 
au-dessous desquelles se trouve l'année 1713. 
En haut de la pièce, une estampille renfermant : 
^ PRO — CMS : $ IMP : en bas une seconde 
estampille renfermant : BEL : LANDAU — 
1 • DOP. 

Or. — Uniface, carrée, aux angles arrondis. 

Van Loon, t. V, p. 237, n» 3. 
Dobjr, pi. XIX, n« 40. 

* 6. 2 florins 8 kreuizer. — Au centre de la pièce, les 



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" M — 

armes couronnées du due de Wurtemberg, 
entourées des leeires C — A-— H — Z — W. 
Au-dessousy Tannée 1713. La pièce est timbrée 
aux quatre coins du chiffre couronné du duc. 
En haut, une estampille renfermant : -^ PRO — 
CiES : tf IMP. En bas, une seconde estampille 
renfermant : BEL : LANDAU • — 2 FL : 8 X. 

Arg. — Uniface, rectangalaire, aux angles covpôs. 
Van Loott, t. V, p. «33. n« 7. 
Duby,pl.XlX,n«7. 

7. 1 florin 4 kreuzer. — Semblable au n" 1 , avec 
cette différence qu'elle est plus petite et que la 
valeur est : 1 * FL : 4 X. 

Arg. » UDiface, carrée, aux angles coupés. 

Van Loon, t. V, p. 237, n« % 

* 8. Demi" florin 2 krmtzer. — Semblable au n** 5, 
mais ayant la valeur : i FL • 2 X. 

Arg. ~ Uniface, rectangulaire, aux angles coupés. 
Van Loon, t. V, p. S37, n» 4. 
Doby, pi. XIX, no 9. 

L'ÉCLUSE. 
Vay. ÉCLUSE (l'), p. 148. 

LBIPSICK. 

MÊÊm %é 9è% PAT JMM-PréliéHci, éle««ear 4e ««ze, •■ 1S4V. 

d. i ? — Dans le champ, entouré d'une guir- 
lande de feuillage, on lit : MORI * — HER * 



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— 42 — 

Z * S ' (Kaurice, duc de Saxe). Au-dessous^ les 
armes de Saxe. 
Rev. Dans le champ^ entouré d*une guirlande de 
feuillage, on lit : HER — • HANS • — FRID • 
BE — LEGERT • LE - IPZIG • MEN — SE • 
lAN • AN • — MDXLVII. Au-dessous, les 
armes de la ville de Leipsick, accostées de deux 
petites croix. 

Or. — Losange. 

Van Miens, t. III, p. 166, n« 4. 
Duby, pi. XXI, no 7. 

d. 3 ? — Semblable au n"* I, mais plus petite 

et quelques différences dans les ornements de la 
pièce. 

Or. — Losange. 

Van Mieris, t. III, p. 466, n* 2. 

d. 3 ? ^ Dans le champ, entouré d'une guir- 
lande de feuillage, les armes de Saxe; au-dessus, 
les initiales • M • — H • Z • S. 
Rev. Dans le champ, entouré d'une guirlande de 
feuillage, on lit : • H • IFRI — BELEG * — 
ERT • LEIP • - ZIG • MENS— IA>i • AN • - 
MDXL — VU. 

Or. ^ Losange. 

VanMieris, i.lll, p. 466, n»3. 

d. 4 ? — Dans le champ, les armes de Saxe, 

accostées de la date 15 — 47. Au-dessus, les 
lettres M H Z S; en bas, la lettre L dans un petit 



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— 45 ~ 

cercle. Les quatre coins de la pièce sont ornés 
d'une grande fleur de lis. 

Arg. — Uniface, carrée. 

Van Mieris, t. III, p. 466, n» 5. 
Duby, pi. XXI, D* 9. 

d. K ? ^ Dans le champ, les armes de Saxe, 

accostées de la date 15 — 47. Au-dessus, les 
lettres M H I S. 

Arg. — Uniface, carrée, deux angles coupés. 

VaDMieri8,t. III,p. 46{(,D*8. 

* 6 ? — Semblable au n"" 5, mais avec les 

lettres M H Z S; et sous l'écusson, la lettre L dans 
un petit cercle. 

Arg. — (Joiface, octogonale. 

Van Mieris, t. III, p. 465, n» 6. 

d. 7 ? — Variété du n* 6, sous le rapport de 

la forme de la pièce. 

Arg. — Uniface, losange. 

Van Mieris, t. III, p. 465, n* 7. 

d. 8 ? — Grande pièce ronde, portant les 

coins de toutes les pièces frappées pendant le 
siège, lesquels sont arrangés symétriquement. 

Arg. — Uniface. 

Van Mieris, t. III, p. 466, n» 4. 
Duby, pi. XXI, no 8. 



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— u - 



4e ■éee»»Mé fHi p péc à l i d y lck pendtauii la gverre 
4e Sept mautj t«ft#-l«««f 

9. 3 pfemning. ~ Pièce triangulaire, estampillée aux 
trob angles d'un pelil écusson aux armes de 
Saxe. Au milieu, la valeur 3 PF. 
Cuivra. — Uniface. 

LE QUESNOY. 
Vojf. QuxsNOT (le). 

LEOPOLDSTADT. 

■•BMilefl 4e néeesslté fh«ppèes par les Méeenleiite 4e to 
■eagrley 4e fl ••ê à fl ••S* 

1.10 poUnra. — Dans le champ, les lettres L S 
entrelacées {LeapoldStadt), des deux côtés la 
date 17-04. 
Rev. Dans le champ, on lit : — EX — NECBS- 
SITATE. Au-dessous, dans un cartouche orné, 
la valeur X. 

Caivre. Numiimalische ZeUnmg d*4886, p. 64, 

n«42. 

1*. lOpotttfm. ^ Semblable au n"* 1, mais de Tan- 
née 17—05. 
ttev. Dans le champ, on lit : ~ EX — NECESl- 
TATE(«tc). Au-dessous, dans un cartouche orné, 
la valeur X. 

Cuivre. 



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~ 45 - 

1*. 10 po/^tira. — Semblable au n"" 1% mais plus 
mince et d'un module plus petit. 

Gaivre. 

^*. \0 poUura. — Semblable au n"* 1*, d'un autre 
' coin, avec cette diffërence que les chiffres de la 
date sont plus rapprochés l'un de l'autre. 
Rev. Semblable au n"* 1*^ mais avec une contre- 
marque. 
Cuivre. Catalogue Wellenbeim, n* 4028. 

1'. iO poltura. — Semblable au n"" 1*, d'un autre 
coin , avec cette différence que les lettres L S 
sont plus espacées et qu'il n'y a pas de date. 

Cuivre. Catalogue Wellenbeim, n« 4029. 

1*. iO poltura, — Semblable au n° 1*, d'un autre coin, 
avec cette différence que les lettres L S sont dans 
un carré perlé. 

Cuivre. Catalogue Wellenheim, n* 4030. 

1 '. 10 poltura. — Semblable au n* !•, avec celte dif- 
férence que la lettre L est retournée. 

Cuivre. Catalogue Weilenheim, n» 4034. 

1*. 10 poltura. — Semblable au n"" 1®, avec cette dif- 
férence que la lettre L est couronnée et qu'elle 
est accostée de la date 17 — 04. 

Cuivre. Catalogue Welleobeim, n» 4032. 

1.10 poltura. — Semblable au n** 1 . 



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— 16 — 

Rev. Dans le champ, on lit : — PRÔ — NECES- 
SITATE. Au-dessous, dans un cartouche orné, 
la valeur X. 

CuiYre. 

2 ? — Dans le champ, les lettres L S entre- 
lacées. 

Caivre. — Uniface. 

3 ? >- FOR : a {sic) EL • 1708. Dans le 

champ, un bras nu, armé d'une épée, sortant 
d'un nuage. 
Rev. Dans le champ, double aigle couronnée, por- 
tant sur la poitrine un écusson et tenant une 
épée et un sceptre. En bas, dans un cercle, le 
chiffre 3 retourné. 

Cuivre. Catalogue Wellenheiin, n* 4033. 



LEEIDA. 

■•BBAlefl 4e Béceflfllté fHippèes par to Tille perlant la gverre 
centre la rraaee, 4e t9«9 à t9fl4. 

I. 1.5 pesetas. — Dans le champ, les armes couron- 
nées de la ville ; au-dessous, dans un petit car- 
touche touchant à Fécusson, les lettres : ILD. 
Le bord de la pièce est orné de hachures. 
Rev. Dans le champ, 4 estaiirpilles, savoir : en 
haut la valeur 5. PS, à droite et à gauche le nom 



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— 17 - 

du roi : FER * — VII; en bas, 1809. Le bord 
de la pièce est orné comme la face. 

Arg. GabiDot de M. Vidal Ramon, à Barce- 

lone. 

d. 2. Hpetetas. — v; FERNANDO • VII - REY • DE • 
ESPANA. Buste du roi à droite, les cheveux 
courts et le cou nu. 
Rev. :. LERIDA v; ANO v; DE v; 1809. V- 
Les armes couronnées d'Espagne, accostées de 
la valeur : 5— P. 

Arg. Salat, pi. y, D» 48. 

LEYDB. 



I 4e BéeeMlté trmppée par TlièpItAl 4e SAlnte-Catlie- 
rlae j peMtonl le Meena 4e la ville par le« B«pac«elfl 9 
ea 1S9S. 

1 . Liard. — Dans le champ, une roue couronnée, 
entourée de plusieurs faux, armes de l'hôpital. 
Rev. * • GEDENCT + DEN + ARMEN • Les 
armes de la ville de Leyde. Au-dessus, la date : 
1573. 

Caivre. * Van Loon, t. I, p. 479, ii» 4 . 

Duby, pi. IV, uo 3. 

Aflsiésée par les IRmpm^sm^lm^ en flS94. 

' 2. 20 $oh. — * HiEC ♦ LIBERTATIS * ERGO * 
Sous une couronne, lion debout, à gauche, tenant 
s* séaiB. - ToMi I. ^ 2 



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— 18 — 

dans ses pattes une lance surmontée du chapeau 
de la liberté. Des deux côtés, la date : 15—74. 
La pièce est contre-marquée aux armes de Hol- 
lande. 
Kev. ^ — GODT + 9 + BEHOEDE • •LEY- 
DEN ><. Les armes de la ville de Leyde, entourées 
d'un ornement et des lettres, + N + () + V + L 
+ S — G+1+P+A + C + (Ntiwmtw Obsessœ 
Vrbis Lugduni, Sub Gubertialione lllustrissimi 
Principis kuraici Cusus. 

Papier. Van Loon, t. I, p. 479, n» 4. 

Duby, pi. IV, n« 5. 

S*. 20 sols. — Semblable au n"" 2, mais sur flan en 
argent. 

2'. 20 sols. Semblable au ii*" 2, mais sur flan carré 
en or. 

Cabinet de M. Geelband. 

2^ 20 sols. — Semblable au n"* 2, mais sur flan carré 
en aident. 

2". 20 sols. — Semblable au n* 2, mais sur flan octo^ 
gone, en argent. 

3. 5 sols. — PVGiNO * PRO * PATRIA + 1574. — 
Sous une couronne, lion debout, à gauche, sur un 
tertre, tenant de la paUe droite, un sabre nu, et 
de la gauche, l'écu de Leyde. La pièce est contre- 
marquée aux armes de Hollande. 
Rev. Au milieu d'une couronne civique, on lit : 



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— 49 — 

— o_ + LVG— DVNVM - + BATAVO — 

RVM + 

Papier. Van Loon, t. F, p. 479, n» 2. 

Duby, pl.IV,iio4. 

* 3'. 5 sois. — Semblable au n° 3^ mais sur flan en 

argent. 
3> 5 sols. — Semblable au n"* 3, mais sur flan carré 

en argent. 
5* 5 sols. — Semblable au n"" 3, mais sur flan oblong 

en argent. 

d. 4. 30 sols. •:• HJEC •:• LIBERTATIS •:• ERGO •:•. 

Sous une couronne, lion debout, à gauche, sur 
un tertre, tenant de la patte droite un sabre nu 
et de la gauche les armes de la ville. Des deux 
côtés de la couronne, la date : 15 — 74. 
/îw. iNVMOBVRBLVGDSVBGVB.IL- 
PR • A^ • CVS. — Dans le champ, on lit : — 
GOTT — BEHOEDE — LEYDEN. Au-dessous, 
les armes de la ville, accostées de la valeur : 
30 — ST. 
Papier. Catalogue F. Heussner, 4857, u* 335. 

♦ 3. 28 sols. — <f HiEC * LIBERTATIS * ERGO * 

1574. — Lion debout, à gauche, sur un tertre, 

tenant de la patte droite un sabre nu et de la 

gauche Fécu de Leydc. 

Eev. Au milieu d'une couronne civique, on lit : 

GOTT- BEHOEDE— LEYDEN — 28^ ST. 

Papier. Van Looo, 1. 1, p. 486, n» 4. 

Duby, pi. IV, n« 6, 



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- «0 — 

5*. 28 fob. — Semblable aa n* 5, mais sor flan en 
ajf;enL 

• 5». 28 soU. — •:• PVGNO • PRO- PATRIA • 157*. 

Semblable an n* 5. 

Rev. An milieu (Tone couronne eirique, on lit : 

N\T«MLS. — OBSES • VRB, — LVCDVN : 

SVB • — GVB • ILL • PRIN • — A VRA . CUS. 

Papiar. Van Lood, t. f , p. 196., n* 2, 

Dnby, pi. IV, n» 9- 

5'. 28 sols. — Semblable au n* S', mais sur flan en 
argent. 

• 5». 28 soU. — H^C LIBER — TATIS ERGO 1 57* 

— Lion debout, à gauebe^ sur un terure, tenant de 
ses deux pattes Técu de Leyde et une lance sur- 
montée du chapeau de la liberté. 
Rev. Semblable au n* 5', mais avec une diflercnce 
dans le feuillage de la couronne. 

Papier. De Vries et de Jonge, pi. II, d« 4. 

d. 5*. 28 sols. — Semblable au n* 5', mais sans tertre 
sous le lion. 
jRet7. Semblable au n* 5. 

Papier. De Vries et de Jonge, p. 29, 

6. ISsols. — 

Papier. Catal. de Roye van Wichen, no 23H. 

7. i6 sols. — 

Papier. Calai, de Roye van Wichen, n» 234 1. 



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— 21 — 

d. 8. U 9ols. — PVGNO • PRO • PATRIA • 1874 — 
Sous une couronne, lion debout, à gauche, 
tenant de la patte droite un sabre nu, et de la 
gauche Técusson de Leyde. 
Rev. UMC ' LIBERTATIS * ERGO — Sous une 
couronne, lion debout, à gauche, tenant de ses 
deux pattes une lance surmontée du chapeau de 
la liberté. Dans le champ, la date 15 — 74. 

Papier. Van Lood, 1. 1, p. 486, n» 3. 

Duby, pi. IV, n«8. 

8'. Usoli. — Semblable au n"" 14, mais sur flan en 
argent. 
* 9. 12 sols. — Pièce irréguliére, estampillée de deux 
clefs en sautoir, armes de la ville de Leyde et du 
nombre 12. 

Arg. — Uniface. 

Catalogae Van Dueren, n» 4636. 

10. 10 sols. — Semblable au n"* 9, mais avec le 
nombre 10. 

Arg. — Uniface. 

Catalogne J. Van Dam, no 4557. 

^ 11.8 sols. -~ Semblable au n<> 9, mais avec le chiffre 8. 

Arg. ^ Uniface. 

Catalogue de Roye Van Wichen, 
n» 2344. 

^ 1 2. 7 sols. — Semblable au n*" 9, mais avec le chiffre 7. 

Arg. » Uniface. 

Catalogue Van Dueren, n* 4536. 



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— M — 

d. 1 3. 6 $oU. — Semblable au n* 9, mais avec le chiffre 6. 

Arg. — Unilaoe. 

CalriiietdeM.GedhaDd. 

* 1 4. 4 9ol$. — Semblable au n* 9, mais avec le chiffre 4. 

Arg. — Uoifaoe. 

Mdmecalnnei. 

* 1 5. 3 $oU. — Semblable au n* 9, mais avec le chiffre 3. 

Arg. — Unilace. 

Gatalogoe H. Salm, n» 96. 

16.2 sols. — Semblable au n* 9, mais avec le chiffre 3. 

Arg. — Uoifaoe. 

Gatalogoe de Roye van Wichea , 
D«23H. 

* 17.1 soi, — Semblable au n* 9, mais avec le chiffre 1 • 

Arg. — Unilaoe. 

Catalogue H. Salm, n« 96. 

* 18. V« soi. — • HEERE + ONTBERMT + HOL o. 

Sous une couronne , lion debout, à gauche, 

accosté de la date 7 — 4 (1574). 

Rev. * ENDE + SALICHT + LEYDEN. Les 

armes ornées de la ville. 

Cuivre. Van Loon, 1. 1, p. 486, w» 4. 

Duby, pi. IV, n« 7. 

* 18*. V* ^t- — Semblable au n"* 1-8, mais sur flan 

d'argent. 

* 18*. *!% sol. — Semblable au n" 18, mais sur flan carré 

d'argent. 



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— 23 — . 

* 19 ? — Dans le champ, deux clefs en sau- 
toir ; au-dessous, six globules posés .•/, — 

Gair. — Unifoce. 

d. 20. K AVITiE VIRTVTIS • MEMOR. Dans le 
champ, on voit la ville de Lbydb dépouillée de 
ses jardins ; en haut, un ange tient les armes de 
la ville, en bas, la date 1673. 
Rev. m GODT 4< BEHOEDE 4< LEYDEN. Les 
armes ornées de la ville, entourées des lettres 
N + + V + L + S — G+I + P+A + C. 

Arg. Van Lood, t. III, p. 408. 

Dttby, pi. XVII, n« 5. 

LILLE. 
Aflslésée par les «Ulé*, mn !«••. 

^ 1 . 20 sols. — Dans le champ, les armes couronnées 
de M. de Boufflers, gouverneur de la ville, 
placées sur deux bâtons de maréchal, mis en 
sautoir, et sur un manteau ducal. Elles sont 
entourées des colliers des trois ordres de 
Saint-Louis, de Saint-Michel et du Saint-Esprit. 
Rev. Dans le champ, on lit : — XX 'S : — • 

(t) Les magistrats de la ville de Leyde, satisfaits des couseils et des 
mesures prises pour la défense de la yllle par TaTOcat Gérard de MuDt, 
lors de rapproche des Français, lui firent présent de la médaille décrite 
ci-dessous. 



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- 24 — 

PRO • — DEFENSIONE — • VRBIS • ET • 
— • PATRIiE • — 1708. 

Cuivre. Van Loon, t. V, p. 440, n» 4. 

Duby, pi. XVIII, no 7. 

* 3. 10 sols. — Dans le champ, les armes couronnées 

de M. de Boufflers, sur deux bâtons de maréchal 
placés en sautoir. 
Rev. Semblable au n* 1 , mais avec la valeur : X * S* 

Cuivre. Van Loon, t. V, p. 440, n» S. 

Duby, pi. XVIII, no 8. 

* 3.5 sols. — Semblable au n"* 2. 

Rev. Semblable au n° 1 , mais avec la valeur : V : S : 

Cuivre. Van Loon, t. V, p. 440, no 2. 

Duby, pi. XVIII, n-» 9. 

LIMA. 

■•muite 4e nécessité trmppée par les Eepttgveifly lem 4e 
la reprise ée cette ville sar les Péravlens, en «994. 

d. 1. Piastre. — Piastre péruvienne sur le revers de 
laquelle on a estampillé une couronne royale, 
avec la date 1824. 

Arg. Alphonse de Bonneville, pi. I, n» 7. 



LIVONIE. 

■cMMile 4e ■écccslté rnippée par CSnlltoame 4e Famtea- 
I^rsy sellerai 4ec treapcc 4e la Llveale, en «•••• 

1. Thaler. — Dans le champ, écu aux armes de 



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— 25 — 

Furslenbergy posé sur la croix de Livonie. 
Au-dessous, la date S — 9 (15S9). 

Arg. — UDiface. 

Rader, u» 29. 



les de aéccMillé frappées par CSeiluurdi de KeCiler^ 
■wuid-BUitire de Tordre teaienl^ae) en !•••• 

3. Thaler. — Dans le champ, un carré renfermant 
un écu composé aux 1*' et 4"* de la croix de Livo- 
niCy aux S^etS'de Kettler. Au-dessus, les lettres : 
GM<^ZL {Gothard Meister Zum Lieflande. L'écu 
est accosté de deux petites feuilles de trèfle. En 
bas la date 15 — 59. 

Arg. -. Uniface. 

Duby, pi. XXII, Q« 8. 

3. Demi'Thaler. — Semblable au n"" 2. 

Arg. — Uniface. 

Catalogue H. Salm, n« 47. 

LUXEMBOUBO. 

AMilésée par le« Françalfly en IVSft. 

1 . 72 a$ses. — Dans le champ, la valeur : — LXXll 
— ASSES. — Au-dessous, dans une couronne 
de chêne, le numéro 1 3. 
Rev. Dans le champ, on lit : — AD — USUM — 
LUXEMBURG - CC VALLATI — 1795, — 
Deux petites palmes et une petite feuille de 
trèfle. 
Arg. Heonin, pi. LXVI, n* 658. 



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- 26 — 

* 2. Un sol. — Dans le champ, on Ht : — 1 — SOL — 
1798 — 
Rev. Dans le champ, les armes couronnées de 
Luxembourg, accostées de : * F * — II {Fran- 
çois II). 

Cuivre. Heoniu, pL LXVI, n» 669. 



LYON. 

Monnaie de eoBTeatlen Rarileollère , frappée à I^yeBy 
es ivst. 

♦ 1.2 sols. — • CLEMENSOiN ET C N" PLACE CON- 
FORT Â LYON. Trophée composé de drapeaux, 
d'un canon et de tambours; au milieu est le 
faisceau surmonté du bonnet de la liberté. 
Exergue : LAN IV DE LA — LIBERTE I — . 
Rev. sols. — VIVRE LIBRE OU MOURIR xxxxx. 
Dans le champs, on lit : — ^ — MEDAILLE 
— DE CONFIANCE— DE 2 • S — A ECHAN- 
GER CONTRE — DES ASSIGNAT ET — 
MANDAT DE TOUTE — VALEUR — M • 
LCCXCII — ^ — 

Cuiyre. HeDnin, pi. XLIII, n* 4 4. 

Assiégée par les Franfals, en IVSS. 

d. 2. 20 sols. — Dans le champ, une épée sur la pointe 
de laquelle est placé le bonnet de la liberté. Le 
bord de la pièce est orné de fleurons. 



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- 27 — 

Rev. — • VINGT : SOLS • (5 fleurons). Dans le 
champ, un petit lion très-grossièrement fait. 

Coivre. Gonbroase, pi. LXXVIII. 

3. 3 êoU. — Semblable au n*" 2. 

Rev. TROIS ^ SOLS (6 fleurons). Semblable au 
n*2, 

Cuiyre. Hennin, pi. LI, n» 534 . 

4. 6 sols. — Dans le champ, les deux lettres JeT. 

Au-dessous, une rosace. Des fleurons entourent 
le champ. 
Rev. — * SIX * SOLS * (3 rosaces). Dans lechamp, 
un croissant. 

Cuivre. Hennin, pi. LI, n» 53i. 

5. 3 sols. — Dans un cercle, une épée sur la pointe 

de laquelle est placé le bonnet de la liberté. 

Rev. TROIS 6b SOLS, SbSbSb Dans le champ les 
lettres J • T. 

Cuivre. 

6. Assignat de 20 livres. — Dans un encadrement 

orné, on lit : n' 28318 SIEGE DE LYON. — 
1793, l'an 2 de la République Française. — 
SUBVENTION CIVIQUE. -^ i?onpotir VINGT 
LIVRES. — A échanger par somme de 400 livres 
contre assignats. En bas les signatures de Cla- 
maron et Poivre. Deux timbres secs, l'un au 
milieu du billet, l'autre en bas à droite. Ils reprc- 



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— 28 - 

sentent un trophée composé de drapeaux, de 
canons et de tambours; au milieu est le Taisceau 
surmonté du bonnet de la liberté. Des deux 
côtés, la date : 17 — 93- Aunlessous LYON 
ASSIÉGÉ. 

I%pier blanc, lettres et dessins noirs. 
Goobronse, n« 650. 

7. Assignat de 5 livres. — Dans Fencadrement orné, 

on lit, en haut et en bas : SUBVENTION 
CIVIQUE. A gauche et & droite : Siège de Lyon* 
A rintérieur du billet, dans les coins supérieurs, 
5 L. Au milieu, n* 79152. — Bon pour CINQ 
Livres. — A échanger par somme de 400 livres 
contre assignats. — 5 LIV. En bas, à gauche, la 
signature de Bourdin. A droite, le timbre sec, 
comme au n* 5. 

Pa(rfer blanc, lettres et dessins noirs. 
Gonbroose, n*65f. 

8. Assignat de 50 sols. — Dans Tencadrement orné, 

on lit, en haut et en bas, la valeur : 50 S. A l'in- 
térieur du billet, dans les coins supérieurs ; 50. 
Au milieu, SIEGE DE LYON. — Bon pour 
CINQUANTE Sot» — A rembourser en Assi- 
gnats de 50 liv. à 400 liv. — 50 — ; è gauche, 
la signature de Bourdin; à droite, le timbre sec, 
comme au n** 5. 

Papier blanc, lettres et dessins noirs. 

Gonbfoose, n* 652. 



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— 29 -• 

9. Assignat de 25 sols. — Dans un encadrement orné, 
on lit, dans les coins supérieurs : XXV. Au 
milieu, SIEGE DE LYON. — Bon pour VINGT 
CINQ Sous — A rembourser en Assignats de 
25 livres à 400 livres. — XXV — A gauche, la 
signature de Choppin; à droite, le timbre sec, 
comme au n* 5. 

Papier blanc, lettres et dessins noirs. 

Barthélémy, pi. Y, n* 289. 

MAESTBICHT, 

AMilésée Rar loi Kmpm^i^mimj en iftVS. 

1 • 40 «o/*.— PROTE • D ' POPV • TV • - • PROP • 
^0 • TVI • GLO — Les armes de la ville de 
Maestricht, surmontées d'un heaume et de lam- 
brequins, accostées de la date 15—79. 
Rev. Dans le champ, une main tenant une épée 
coupe en deux Tinscription : — * — ♦ — XRA 

— lEC ♦ ~ AB • HJS — • OBSES — PRO " 

• • 

IVS — ' CAVSiE - DEFË — SIGNE. - 

A lexergue, la valeur XXXX. 

Caivre. Van Loon, 1. 1, p. 263, n» 4 . 

Duby, pi. VIII, n» 4. 

2. 16 soU.^ PROTEo D o POPV o TV o ^ o PROPo 

NO o TVI o GLOR. — Écusson ovale et orné, 

aux armes de Maestricht, surmonte d'un heaume 

et de lambrequins, accosté delà date 15 — 79. 

Rev. Dans le champ, une main tenant une épée 



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— 30 — 

coape en deux rinscription : - * — ^ ^ TRA 

— lEC . — AB • HIS — : OBSES— PRO ; 
IVS — • CAVS.« — DEME — SIOXE. — 
A rexergue, la valeur XVI. 

GoiTTe. Van Looo, 1. 1, p. S63, n* t. 

». 16 $oU. — Semblable au o* 9. 

Rev. Semblable au n* % sauf une diSerenee dans la 
l^nde :—♦—♦ — TRA — lEC - AB • 
HIS — : OBSES — PRO 'IVS — * CAVSiE 

— DEFE - SIO.NE. — A Texei^e, la valeur 
XVI. 

Cairre. Cabinet de M. Damoolin , à Haes- 

tricbi. 

d. 2>. 16 sols. — Semblable au n* 3. 

Sev. Semblable au n* 2, sauf une différence dans 
la légende,—*- TRA— lEC — ABHIS— : 
OBSES — PRO : IV^ — CAVSiE — DEF^ — 
SIO*^E. — A l'exergue, la valeur XVI. 

Cuivre. Même cabinet. 

d. 2«. 16 sob. — Semblable au n*2. 

Rev. Semblable au n"* 3, sauf que la garde de l'épée 
se trouve entre les mots lYS et CAVS^, au lieu 
d'être au-dessous, et qu'il y a une différence dans la 

légende — * TRA- lEC — AB- HIS— ; 

OBSES— PRO . IVS — CAVS^ — DEfIè — 
SIOINE. A l'exergue, la valeur XVI. 

CoiTre. Même cabinet. 



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— 51 — 

* ^.16 sols. — Semblable au n^ % sauf qu'il y a GLO 

au UeudeGLOR. 
Rev. Semblable au n" % sauf une différence dans 
lalégende, — 4c — * — TRA — lEC — AB* 
HIS — : OBSES — PRO . IVS — • CA VS^ 
DEFÈ «. SONE (sic). A l'exergue, la valeur XVI. 
Catyre. Même cabinet. 

* 3. 8 soU. — PROTE • D • POPV • TV • — • PROP • 

NO • TVI • GLO. — Les armes de la ville de 
Maestricht, surmontées d'un heaume et de lam- 
brequins, accostées de la date 7—9 (1S79). 
Rev. Dans le champ, une main tenant une épée 
coupe en deux l'inscription — * — >f. TRA— lEC* 

— ^«AB* — HIS^PA — NIS*-^^OB— SES. 
A l'exergue, la valeur VIIL 

GoiTre. Van Loon, 1. 1, p. 263, n» 3. 

Daby, pi. VIIÏ, n» 6. 

d. 3'. 8 sols. — Semblable au n"* 3. 

Rev. Semblable au n* 3, sauf une différence dans la 
légende — *— *— TRA — lEC*— * AB* HIS 

— PAN — IS ♦ OBS — ESS. A l'exergue, la 
valeur Vin. 

Cuivre. Cabinet de M. Dumoulin, à Maestricbt. 

d. 3». 8 sols. - PROTE • D- POPV • TV — PROP * 
NO • TVI • GLOR. — Écusson orné aux armes 
de Maestricbt, surmonté d'un heaume et de lam- 
brequins, accosté delà date 15 — 79. 
Rev. Semblable au n"* 3*. 

Cuiyre. Même cabinet. 



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— 32 — 

* 4. 24 sols. — Dans le champ, écusson ovale et orné aux 

armes de Maestricht, surmonté d'une épée cou- 
pant en deux Tinscription — * — ^ — TRA — 
lEC 4» — AB ^^ HIS - ic OBSES - PRO^^ IVS 

— ¥ CAYSiE — DEFË - SIO»;. - ♦ 1 * 5 
7* 9*. 

Rev. Dans le champ, on lit : — «^ — PROTEGE 

dSe * POPVLV — TVVM t PROP * — 

¥ INOMI ¥ TVI 4C GLORIAM. -- A l'exergue, la 

valeur—* XXIIII*. 

Cuivre. Van Loon, 1. 1, p. Î63, n» 4. 

Duby. pi. VIII, n« 6. 

* 5.12 sols. — Dans le champ, écusson ovale et orné 

aux armes de Maestricht, surmonté d*une épée 
coupant en deux l'inscription : — TRA — lEC 
AB4C HIS— *OBSES— PRO^IVS-^^^CAVSiE 
DEFE — SIO^E — * î * 5—7 4t94t. 
Rev. Dans le champ, on lit :~^ — PROTEGE 

— DNE * POPVLV — TVVM * PROP * _ 
¥ NOMI * TVU «. GLORIAM. - A l'exergue, 
la valeur XII. 

Cuivre. Van Loon, t. I, p. 263, n« 5. 

d. 5*. 12 sols. — Semblable au n" 5, saur qu'il y a Ame 

petiie éloile de chaque côlé de la poinie de Tépée, 

au-dessus de l'inscription. 

Rev. Dans le champ, on lit : PROTEGE ~ DÎNE 

♦ POPVLV— TVVM 4C PROP- NOMUTVI* 

— GLORIAM. — A l'exergue, la valeur XII. 

Cuivre. Cabinet de M. Dumoulin, à Maes- 

tricht. 



p- 



T 



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— 33 — 

* 6, "2 sols, — Dans le champ^ écusson orné aux armes 

de Maestrielit, surmonté d'une épée coupant en 
deux rinseription : —¥ — * — PRO — IVS — 
TiE4c--*CAV — SiE* - DEFE— NSI — 
0>E — 15— 79— ♦ — ♦ — 
Rev. Dans le champ, on lit : — ¥ — TRAIEC — 
TO* AB4C rus — PANIS * OB — SESSO * A 
l'exergue la valeur If. 

Cuivre. Vao Looo, 1. 1, p. 264, n» 8. 

Duby, pi. Vni, no 5. 

* 7. Soi. — Dans le champ, écusson orné aux armes de 

Maeslricht, surmonté d'une épcc coupant en deux 
Finscripiion : — PRO — * | VS — TyE ¥ — 
CAV - SiE *c - DEFE — \SI — OiNE — 
*I5— 79* — *t — *. 
Rev. Dans le champ, on lit : — * — TRAIEC — 
TO^c AB ♦ HIS — PAMS ¥ OU — SESSO 4t. 
A l'exergue la valeur I. 
Gaiyre. Van Loon, 1. 1, p. 264, n» 7. 

* 8. Demi-sol, — Dans le champ, une épée coupant en 

deux rinscrîptîon i-^-^ — * — PRO— IVS — 
CAV — S^* _ DE -« FEN — 4c -. ^i -. 
Bev. Dans le champ, on lit : * TRA * — AB * 
IIISP — * OBSES *. A l'exergue , l'écu de 
Maestricht, accosté de la date 15 — 79. 

Cuivre. Van Loon, t. I, p. 264, n» 8 

Duby, pi. VIII, n» 7. 



5' SÉRIE. — TOMR I. 



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— 54 — 

Ammîé^ée par lea PraMçals, en AtBâ, 

â. 9. 100 sols. — TRAIECTUM AD MOSAM (detix 

petites branches de laurier). Dans le champ, 

entourée (Tun grénclisy une grande étoile à cinq 

pointes, armes de Maesiricht. 

Rev. URBE 1794 0BSESSA(dletixpe;f7^« brandies 

de laurier). Dans le champ, entourée d'un grè- 

netis, la valeur, en deux h'gnes, 100 — SfîîS. 

Épreuve en argent. 

Cabinet de M. Geelhand. 

â. 10, 100 sols. — Semblable an n" 9. 

Rev. Dans le champ, quatre estampilles placées 
l'une sous l'autre, savoir : la première donnant 
le millésime 1794, la deuxième, Fétoilc de Macs- 
tricht, la troisième, la valeur tOO St, et la qua^ 
trième, la marque de l'essayeur juré. 

Épreuye en argent. 

Cabinet de U. Dumoulin, b Maes^ 
tricht. 

* 1 1 . 100 sols. — Semblable au revers du n" 10. 

Arg. — Uniface. 

Hennin, pi. LXIV, n* 640. 

* 12. hO'sols. — Semblable au revers du n* 10, sauf 

que la pièce est d'un module plus petit et que 
l'estampille de la valeur porte bO St. 

Arg. — Uniface. 

Hennin, pi. LXIV, n*644. 



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- 38 - 
MAGDEBOUBG. 

AMlécée wmr 16« allléa 4e reaiperear, ea iftfti, peadMil la 



d. 1. Double ducat. — Dans le champi entouré d'un 
grènetis circulaire, saint Maurice, patron de 
l'église de Magdebourg, tenant de la main gauche 
une bannière, et appuyant la main droite sur un 
écusson armorié. Des deux côtés S * ^— M. 
Rev. Semblable à la race, mais d'un dessin plus 
petit, cl • S — M. 

Or. — Carrée. 

Doby, pi. [, D» 45. 

cl. 2. Ducal. — Dans le champ, les armes de Magde- 
bourg, accostées de deux petites étoiles. 
Rev. Dans le champ, on lit : 15 * — BELAG — 
RVNG MAG - DBVRG —SI. 

Or. — Carrée. 

Cabinet de M. Serrure. 



? — Dans un carré, les armes de IVfagde-^ 

bourg, accostées de deux petites rosaces. Au^ 
dessus, on lit : MAGDË : au-dessous, la date 
13—51. 

Rev. Dans le champ, on lit : (fleuron) — ANlNO — 

DOMIM — •:• I •:• o •:• 50 :• - IN :• DEM 

•i- MONT •:• - OCTOBER •;• ISTII :• - DIE 

l' ALTE •:• STHAT •:•—:'• MAGDEBVRGK 



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— 36 - 

•i' — :• BELAGERTH :• — :• WORDEN 

(une branche de chêne), 

Arg. — Carrée. 

Van MieriB, t. III, p. Î66, nM. 

4 ? — Semblable au n*3. 

Rev. Dans le champ, deux figures ressemblant* 

Tune à un fléau et l'autre à une bêche, placées en 

sautoir et cantonnés des lettres G — P. 

Arg. - Carrée. 

Ruder, d* SU. 

d. S ?— Semblable au n« 3. 

Arg. — Uniface, carrée. 

Duhj; pi. XXII, n» 4. 

d. 6 ? — Dans un carré, les armes de Mag- 

debourg, accostées de deux étoiles. Au-dessus, 
1SM51. 

Arg. — Uuiface, carrée. 

Van Mieris, t. III, p. 266, n« 4. 
Duby, pi. 1, no43. 

d. 7 ? — Dans un carré, les armes de Mag- 

debourg, accostées de deux étoiles. 

Rev. Dans le champ, on lit : • 15 • — BELA — 

GRVNG • M — AGDBVRG — ' SI . , 

Arg. — Carrée. 

Van Mieris, t. III, p. S65, n» 2. 

d. 8 /•? — Dans le champ, les armes de Mag- 

debourg. 





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~ 37 — 

Rev. Dans lechamp, on lit : — * 15 « BELAG — 
RVNG MAG — DBVRG : - • 51 . 

Arg. — Carrée, irrégulière. 

DabjtpKI, n«U. 

d. 9 — Semblable au n* 6, mais d'un module 

plus petit. 

Arg. — Unifooe, carrée, irrégulière. 

Yan Mieris, tjlll, p. S65, n« 3. 
Daby, pi. I,no44. 

d. 10 ? — Dans un écusson, les armes de Mag- 

debourg, accostées de deux petites étoiles. 
Au-dessus, 15 M 51. 
Arg. — Uniface, ronde. 

Van Mieris, t. III, p. 266, n» 5. 
Daby,fpl.[I, no40. 

* a ? — Dans un écusson, les armes de Mag- 

debourg. Au-dessus, 15 — 51 . 
Arg. — Unifaoe, ronde. 

AMiéffée par 1m Impértovx, ea iStS. 

d. 12. 12 gros. — MO • NO — MAGDEBURGENSIS. 
Dans le champ, les armes de Magdebourg. 
Mèv. {tulipe) NECESSITAS • LEGEM • NON • 
HABET. — Dans le champ, on lit : — • XII • 
— GROSCHEN - MAGDEBVR î -- STAT- 
GELT • — • 1 • 6 • Z • 9. 

Arg. Duby,pl.XXlV,no2. 



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— sa- 
is. Gros. — Dans le champ, les armes de Magdebourg. 
Rev. NECESSI • CR • REI • LEGE • 1 • 6 Z 9. 
La rose de Magdebourg. 

Arg. 

P. Mailliet. 
{Pour élre continué. ^ 




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— 39 - 

LES PRINCIPAUX TYPES 

^wŒCD3SriSr.A.IES HXJSSBS, 

AU MOYEN AGE, 



Pl. I ET II. 



A M. a. Chalon, président de la Société royale de 
numismatique j à Bruxelles. 



La connaissance des monnaies russes du moyen âge est 
peu répandue, malgré les ouvrages qui ont paru depuis 
quelques années; c'est ce qui m'engage à vous adresser 
celte leUre dans laquelle il n'est question que des princi- 
paux types de ces monnaies, sans description des pièces et 
sans indication des légendes. 

Je tiens surtout à en donner les dessins, auxiliaires indis- 
pensables à toute étude numismatique. Ces dessins sont 
tirés des planclies annexées à l'ouvrage en langue russe de 
M. de Tchertkof {Description des anciennes monnaies 
russes)^ ils surpassent environ de moitié la grandeur des ori- 
ginaux. L'auteur, n'étant pas toujours c ^rtain de reconnaître 



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~ 40 — 

ranimai qu'on a voulu représenter sur la pièce, a soin, dans 
ce cas, défaire suivre son texte d'un point dïnCerrogalion. 
De ce nombre sont les n'^' 23, 24, 2S, 26, 27 de la pi. II. 

Chaudoirest d'opinion « que ce sont les Grands Princes 
M de Russie qui les premiers ont fait frapper de la mon- 
u naie, et qu'on ii'en connaît avec certitude jusqu'à prù- 
« sent que depuis le milieu du xiv*' siècle. » Dans le fait, 
l'ouvrage de M. Tcliertkof décrit des moimaies frappées 
de 1353 à 1547, or, c'est à cette dernière époque que le 
grand prince Jean IV prit le titre de Tsar. Le catalogue 
Rcichel a pour point de départ l'année 1363, et l'ou- 
vrage de Cliaudoir l'année 1 362. Schoubert cite comme 
seul exemplaire connu une monnaie de la grande princi- 
pauté de Moscou, émise sous Jean Danilovitch qui a régné 
de 1328 à 1340. 

Quelle est l'origine des monnaies russes? Comment ont- 
elles remplacé les fourrures dont on se servait alors, soit 
pour payer les impôts, soit dans les transactions rommer- 
ciales? « Quant aux grands pa}emenis, ils se fai^aienten 
u lingots et en monnaies étrangères, au poids et comme 
M marchandise, n 

Lorsque la Russie passa sous la seconde domination des 
Mongols, en 1240, les tributs exigés par le vainqueur ne 
purent être payés qu'en une monnaie métallique. Voilà 
pourquoi on adopta, pour ce premier monnayage russe, le 
mede des monnaies mongoles ou lartares, monnayage d'un 
earaclère oriental dans lequel se formule la pensée de 
l'époque. 

Plusieurs de ces monnaies offrent une inscription en 
angue arabe seulement. D'autres sont bilingues; la légende 



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- 41 - 

russe annonce le nom du prince qui les a fait frapper; la 
légende arabe le nom du khan tartare régnant, ses litres 
et SCS qualifications, avec un vœu de pure flatterie. En 
voici quelques exemples : Le sultan Toktamych-Khan, qu'il 
vive longtemps ! Le très-sublime sultan Djani-Bek-Khan ! 
Le sultan Bayezid, que son règne dure! 

Le root Khan est le titre que prenaient au moyen âge 
les grands chefs des peuples mongols. Presque toujours ce 
mot s'ajoute à la suite du nom du souverain, par exemple: 
Toktamyeh-kban, Djani-Bek-khan. 

Les ouvrages sur la numismatique russe disent tantôt 
l^nde orientale, tantôt légende arabe, légende laiare; 
cependant il y a une difTérence entre ces appellations. 
« Par Tatares il faut comprendre ces peuplades du Tur- 
« kestan que les Mongols avaient entraînées à leur suite et 
• qui composèrent Féiément principal de cette Horde d'Or 
« qui avait établi ses campements sur les bords du Volga. » 
Les Tatares, après avoir été subjugés par les Mongols, furent 
incorporés à leurs armées, c'est ce qui fait souvent appli- 
quer le nom de Tatares aux Mongols eux-mé'raes. 

I..es monnaies arabes ne manquent pas d'ornements ; ce 
sont des étoiles, des encadrements, des rosaces, des points 
dont le nombre varie et qui sont généralement groupés. 
Oo retrouve tous ces symboles sur les monnaies russes du 
moyen âge, ainsi qu'un signe arabe caractéristique nommé 
Tamgha, c'est le tamgha de la Horded'Or. iVous avons vu, 
dans un article précédent, que les- Mongols l'exigeaieut sur 
les monnaies russes comme marque de soumission. Le mot 
horde a plusieurs significations ; il signifie un camp, une 
armée, une tente, un campement de peuplades errantes. 



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- 42 - 

Le mot laiarc est Ordo, les Turcs disent Ordou, les 
Russes Orda. F. pi. Il, fig. 38 à 38^ les différentes formes 
du tamglia. 

Passons maintenant une revue rapide des principaux 
types des monnaies qui font l'objet de eette notice, et 
signalons en premier lieu celui du prince à cheval, tenant 
un glaive devant lui, ou une pique baissée, ou un sabre 
levé au-dessus de sa tète, perçant un dragon de sa pique. 
PI. I, fig. 1, 3, 4, 5. Il est représenté aussi à cheval, cou- 
ronné, rcvéïu d'une cuirasse et d'un manteau flottant en 
arrière. 

Un type indiquant la souveraineté est celui du prince 
assis sur un trône, tenant de la main droite le glaive, la 
main gauche levée, derrière le tanigha. Aux côtés du trône, 
deux lions. PI. I, fig. 6 et 7. 

Il est souvent question d'un troisième type, c'est celui 
du prince à cheval, tenant un faucon sur le poing. PI. I, 
fig. 2. 

La fauconnerie a été probablement empruntée de 
l'Orient. On sait que la chasse au faucon se faisait chez les 
Mongols avec tout son développement et dans tout son éclat. 
Pour avoir une idée du luxe que les Mongols déployaient 
à cette occasion, voici un passage extrait de l'ouvrage de 
Karamzine. 

M Uzbek, khan du Kiptchak (130S-1342), partant pour 
« la chasse avec toute son armée, était accompagné d'un 
M grand nombre de princes tributaires et d'ambassadeurs 
« de différentes nations. Cet amusement favori des khans 
u durait ordinairement un ou deux mois, et donnait une 
« grande idée de leur puissance; plusieurs centaines de 



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— 43 — 

« milliers d'hommes en mouvement; chaque soldul velu 
« de soi^ plus bel habit et monté sur son plus beau 
M cheval; des marchands qui iransporiaient dans d'in- 
« nombrables chariots les objets les plus précieux des 
•i Indes et de la Grèce, offraient le coup d'œil le plus 
« magnifique; le luxe et la gaieté régnaient dans des camps 
« immenses, qui au milieu de déserts sauvages présentaient 
« l'aspect de villes brillantes et tumultueuses. » 

La représentation des animaux sur les anciennes mon- 
naies russes parait fréquemment, surtout celle des animaux 
fantastiques : les harpies, le griffon, le dragon, le centaure, 
les sirènes, le triton. ^ 

Parmi les oiseaux : le coq, la grue, le faucon, la cigo- 
gne, le cygne, l'aigle, etc. Les autres animaux sont la pan- 
thère. Tours, le lion, le cerf, le serpent; ceci ne demande 
pas de développement, et parmi les animaux domestiques 
le chien, qui est du nombre des dix animaux que la 
mythologie mahomét^nc fait entrer dans le paradis. 

Il est aussi question dans la numismatique russe du 
moyen flge du quadrupède ailé a tète humaine. En remon- 
tant bien haut, nous trouvons cette figure dans les ruines 
de Ninive, où nous voyons le taureau et le lion ailés h l'en- 
trée des palais de Nimroud et de Khorsabad. Ils sont figu- 
rés dans l'ouvrage de M. Feer {les Ruines de Ninive). Ce 
qui est particulier, nous dit Fauteur, c'est que les lions ailés 
offrent une bien remarquable coïncidence avec la descrip- 
tion de la vision du prophète Daniel. (Daniel, VII, 4.) 

Mais revenons à la monnaie russe où ce type est repré- 
senté. M. dcTchertkof, dans la note qui accompagne la 
description de cette pièce, ajoute que cette image vient des 



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- 44 - 

Mongols, et que, sur un pareil animal, Mahomet parcourut 
lescieux et retourna sur la (erre.LeKoran fait allusion à ce 
fameux voyage dans le ciel que le prophète Ot en esprit 
sous la conduite de l'ange Gabriel. La tradition donne à 
cette monture le nom de Boràq, quadrupède ailé ayant le 
visage d'une femme et la queue d'une comète. Si la mytho- 
logie musulmane parle de ce voyage, la mythologie celtique 
nous fait connaître celui d'Odin , ce dieu suprême qui 
montait « le cheval Sleipner, le plus grand des chevaux 
<( ayant huit pieds, et le dieu, avec ce secours, passait 
« rapidement d'un bout du monde à l'autre et traversait 
« les mers même sans danger. » 

Disons en peu de mois ce qu'on peut dire des animaux 
fantastiques figurés sur les monnaies russes du moyen âge. 

Les harpies que la fable nous dépeinl au corps de vau- 
tour^ au visage de vieille femme, au bec et aux ongles 
crochus, ne se trouvent que sur peu de mopnaies^ elles 
sont représentées les ailes éployées retournant la tétc; 
harpie ailée dont la partie postérieure a la forme d'une 
queue nouée. PI. 1, fig. 8 et 10. 

Le griffon, pi. 1, fig. 12, IK, 16 et 17. Il a la télé et les 
ailes d'un aigle, le corps, les jambes et les griffes du lion. 
Nous le voyons représenté ayant une aile relevée. Le même 
type, mais derrière la télé du griffon un tamgha. Griffon 
courant à gauche et dessous un homme renversé à terre. 
Griffon ailé, les ailes relevées et une jambe levée. Selon 
la fable, on attribue au griffon la garde des trésors. 

Le dragon, regardé par les Chinois comme l'auteur et 
le principe de leur bonheur, a naturellement passé chez les 
Mongols; les monnaies le représentent ailé, tirant la 



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- 45 - 

langue, les ailes relevées et la queue terminée en flèche. 
PI. Ily fig. lly 13 et 14. Par son volume, la queue du 
dragon indique la puissance, par sa (ortuosité, l'astuce. 

Les centaures sont représentés tenant d'une main un 
glaive^ de l'autfe une coupe; ailés, courant à gauche, 
tenant des deux mains une pique, tirant de l'arc. PI. I, 
fig. 18 à 30. 

Les sirènes, que les anciens monuments représentent 
ayant le visage de la femme et è partir de la ceinture un 
corps d'oiseau ou de dauphin, n'ont pas été négligées 
comme type par les monnayeurs de Tépoque dont nous 
nous occupons. PI. I, fig. 22, 23 et 24. Sirène tournée à 
droite, ayant des pattes au lieu de mains, sirène ailée 
tenant ile la droite une conque marine, et de la gauche une 
baguette. On les dépeint aussi couronnées, se dressant sur 
la pointe d'un écueil au milieu des flots agités, tenant un 
peigne ou un miroir. 

Le triton, moitié homme moitié poisson, n'est figuré, 
d'après l'ouvrage de M. de Tchertkof, que sur une mon- 
naie, dont le droit représente, croii-il, un triton nageant du 
côté gauche, la télc tournée en arrière, la queue relevée. 
PLI, fig. 21. 

Le cygne, ce bel oiseau consacré & Apollon et qui joue 
un si grand rôle dans la mythologie grecque, parait avoir 
peu attiré l'attention des monnayeurs. Il est figuré sur 
quelques monnaies des princes apanages. Cygne retournant 
la tête , laquelle est quelquefois garnie d'une huppe. 
Cygne ayant une longue queue frisée, étendant une de ses 
ailes et la nettoyant avec son bea. (Monnaie de la grande 
principauté de Moscou.) 



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— 4G — 

La numismatique arabe signale l'aigle à double tête, 
entre autres, sur des monnaies du Kipchaq ou de la Horde- 
d'Or, pays qui s'étendait dans l'Asie septentrionale; il 
forma plusieurs royaumes, ceux de Kasan, d'Astrakhan» 
de Crimée. L'aigle à deux tètes se voit sur des monnaies 
sans nom de prince qui sont probablement du règne de 
Jean IIL (U62-1K08.) PI. II, fig. 4 et H. 

Les armoiries des Grands Princesde Russie avaient tou- 
jours été un saint George à cheval; ce fut le grand prince 
Jean III, qui, après son mariage avec Sophie, nièce du der- 
nier empereur de Byzance, Constantin Paléologue, prit 
pour emblème de la monarchie russe l'aigle à deux tètes. 

Les types des oiseaux sont les plus nombreux et les plus 
variés. Les aigles sont Ggurées à ailes éployées, à ailes re- 
levées. PI. II, fig. 1,2 et 3. Les oiseaux sont représentés 
volant à gauche, volant de face, perchés sur un tronc d'ar- 
bre, ayant sur le dos un symbole semblable h un trident. 
Un oiseau ayant sur le dos une fleur à trois pétales, un 
oiseau avec une (été humaine, ces derniers types dénotent 
évidemment une origine ancienne et orientale. PI. II, 
fig. 6, 7 à 22. On sait que les Égyptiens avaient pour les 
oiseaux un culte spécial. 

Les monnaies russes de la fin du xiv"" siècle et du com- 
mencement du XV* nous offrent pour type : Samson sur le 
lion, Samson déchirant la gueule du lion, coïncidence 
remarquable avec ce que nous lisons sur Samson dons le 
Livre des Juges^ chnp. XIV, v. 5. Quant aux monnaies 
arabes, le lion se voit sur celles des mammelouks, milice 
qui devint redouiahlc aux sultans cl dont les chefs gouver- 
nèrent rÉgypte pendant plus de deux siècles. 



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- 47 - 

De même que les monnaies arabes, les monnaies russes 
ont des lettres isolées ilont quelques-unes indiquent proba- 
blement le nom du monnayeur ou la ville où elles ont été 
frappées. 

Le type des étoiles est assez rare. En général, on en voit 
deux séparées par un globule. L'étoile est quelquefois 
remplacée par une rosette, ou bien encore c'est une roue 
sans cercle à huit rayons. PI. I, fig. 25 et 26. Une mon-* 
naie de la principauté de Tver nous présente pour type une 
étoile à six rayons ayant à chaque pointe un globule; 
serait-ce peut-être une allusion au soleil que parfois on 
indique par une étoile à six pointes. 

Une autre imitation d'un ornement des monnaies arabes 
est celle des encadrements. Ici, ils renferment soit le nom 
du prince russe, soit une inscription arabe, soit la ligure 
de quelque animal, etc. On peut, entre autres, citer une 
monnaie de prince apanage dont un côté nous offre un 
homme à mi-corps, tenant une hache d'armes et un glaive, 
et, le revers, une bordure, ou un encadrement composé de 
lignes droites et de quatre demi-eereles ou arcs de cercle. 

Les têtes humaines sont tantôt de profil, tantôt de face, 
coiffées d'un bonnet; souvent deux têtes sont adossées, au 
dessous le tamgha. Le bonnet ne peut-il pas être pris pour 
une couronne? PI. I, fig. 27 h 32. 

Feu M. de Reichel fait remarquer que les monnaies 
russes du moyen 6ge se distinguent des monnaies de tous 
les autres pays de l'Europe en ce qu'elles n'ofl^rent pas de 
croix, des images du Sauveur ou des saints, ou quelques 
autres symboles du christianisme. Aussi regarde-t-on 
comme exception une pièce du grand prince Wasili l'Aveu- 



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— 48 — 

gle (1 425-1 4G2) offrant, d'un côté, la Vierge et un ange 
tenant tous les deux une croix, et au revers une colombe 
prenant son vol à droite. 

Les monnaies émises sous lès Grands Princes de Kief 
(d80-1078) ont le caractère iinitatif du type byzantin, ce 
qui fait que quelques auteurs ne les ont pas classées parmi 
les monnaies nationales proprement dites. Ainsi elles 
offrent les symboles du christianisme, tels que le buste du 
Christ, le livre des Évangiles, le grand candélabre d'église, 
le Christ donnant la bénédiction. 

Pour en revenir aux anciennes monnaies russes, nous 
voyons qu'à dater du règne du grand prince Vasili, 
(1505-1535), elles n'ont plus de légendes arabes. 11 faut 
cependant citer une monnaie du grand prince Jean IV , 
(1533-1547), avant qu'il prit le titre de tsar, ayant, outre 
la légende russe, une inscription arabe qui n'est que le nom 
de Jean (Ivan) en lettres arabes. M. de Tchertkof croit 
que ces dernières monnaies bilingues étaient émises en 
vue des Talares devenus sujets de Jean IV. 

Le type du prince à cheval s'est conservé jusqu'au règne 
de Pierre le Grand. Après cette époque on a cessé de frap- 
per en argent les pièces dont nous venons de voir les prin- 
cipaux types, pièces dites Copeks, qui sont de formes très- 
variées, oblongues, irrégulières, rondes ou à peu près. 
« Ce n'est qu'en 1700 que commencent des pièces plus 
« grandes, et un système de monnaies qui s'est soutenu 
« avec peu de changements jusqu'à nos jours. » 

Les monnaies russes du moyen âge perdent leur carac- 
tère arabe à dater de 1 480, époque à laquelle, sous le règne 
du grand prince Jean III, la Russie secoua définitivement 



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- 49 — 

le joug des Mongols, après Tavoir subi près de trois siècles. 
Agréez, Monsieur^ les assurances de ma parfaite consi- 
dération. 

Fn. Sbguix. 



Permettez -moi d'ajouter quelques mots sur les ani- 
maux hybrides dont il est ici souvent question. Ceux qui 
désirent à cet égard des notions étendues, peuvent* con- 
sulter les articles de M"** Félicie d'Ayzac, dans la Revue 
générale de t architecture et dçs travaux publics^ tome Vil, 
journal publié sous la direction de M. César Daly. 

Avant de quitter ce sujet, je crois devoir faire aussi 
mention d'un ouvrage que vient de publier ici M. Ham- 
mann, sous le litre de Portefeuille artistique et archéolo- 
gique de la Suisse, dans lequel un chapitre entier est 
consacré à la description des briques suisses ornées de 
bas-reliefs du xni'' siècle. La décoration de ces briques 
consiste en grande partie dans' la représentation d'ani- 
madx fantastiques : la licorne, le griffon, le basilic, les 
sirènes, etc., animaux dont il est question dans les bes- 
tiaires du moyen âge. 

Genève, le 24 juillet 1868. 



&•- sêBis. — Tome I. 



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50 — 



MÉDAILLE DE BOEKDAEL. 




Le hameau de Boendael, dépendant actuellement de la 
commune dixellesy existait déjà, d'après Y Histoire des envi- 
rons de Bruxelles^ par M. Waulers, en 1234. II est situé 
dans une vallée qui, dit cet auteur, doit son nom à lu cul- 
ture des fèves {boenen) fort répandue en cet endroit. 

Boendael fut longtemps sous la dépendance de la 
paroisse d'Uccle. Vers 1458, Guillaume de Heuisboscli y 
fit construire une chnpelle dans laquelle maître Paul de 
Rola, vicaire de Tévèque de Cambrai, vint célébrerla messe 
le 24 mai 1463. Cette chapelle fut agrandie, vers 1474, et 
consacrée à la Vierge et à saint Adrien. Deux ans après, on 
y institua une confrérie et une procession annuelle. 

En 1658, on plaça au-dessus de la porte les armoiries 
du Serment des Arquebusiers de Bruxelles qui prenaient à 
leur charge rentretien de la chapelle. 

A la demande du proviseur et du maître de chapelle, du 
chef doyen et des anciens de ce Serment, le magistrat ae 
Bruxelles^ le 6 juin 1763, les autorisa à exempter deux 



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— 5! — 

personnes de Tobligation de monter la garde, moyennant 
verser 200 florins ehacime, destinés à payer les travaux 
qu'on exécutait à la chapelle de Boendael. 

La médaille de ploihb, dont nous donnons ci-dessus le 
dessin, appartient évidemment à la chapelle de Boendael. 
On voit d'un côté saint Adrien debout tenant de la main 
droite l'épée haute, et de la gauche un édicule représentant 
la chapelle. Un lion est couché à ses pieds. Autour : 
S. ADRIEN DE BOENDAEL. 

Au revers, deux arquebuses en sautoir posées sur une 
plante en fleur, qui pourrait vouloir représenter une fève, 
mais qui n'y ressemble guère; au bas, la chapelle sous la 
figure séditieuse d'une lanterne, le tout accosté des 
lettres : B et R (Bruxelles?) 

D' DUGNIOLLE. 



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-- 52 — 



CURIOSITÉS NUMISHATIQUES. 



MONNAIES BAEES OU INÉDITES. 



ONZIÈME ABTICLB. 



Pulll. 



Médaillon barbare. — Triées de EiDant. — Deux eslerlins Énigmaliques. — Méreaa de 
lies. — One moDDaie de CDm — Encore une énijoe. — Église waHoone de Delîl. 



I. 



Ce médaillon d^argenl, qui a servi de fibule^ parait avoir 
été coulé, il pèse 22 gr. 34 cent. C/esl une imiialion plus 
que barbare d'un médaillon romain des dernières années 
de l'Empire d'Occident. Les lettres individuellement recoo- 
naissablcs, mais tournées dans tous les sens, comme au 
hasard, n'offrent (au moins pour nous) aucun mol lisible, 
aucune interprétation possible. L'espèce de diable cornu 
qui figure au revers, n'est évidemment que la Victoire cru- 
cigère qu'on voit si fréquemment à cette époque. 



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~ 53 — 

Notre savant confrère, M. Meyer, à qui nous devons la 
communication de cette énigme, se demande si ce ne serait 
pas là quelque ancien roi frison? Que la pièce appartienne 
aux barbares du Kord, danois ou frisons, on peut| je 
pense, l'affirmer sans crainte; mais qu'on ait eu l'intention 
d'y représenter autre chose qu'une tète impériale, mala- 
droitement copiée, la conjecture parait peu probable. 

Ce médaillon fait partie de la belle collection de M. le 
professeur Baart de la Faille, qui va être prochainement 
vendue. 

II. 

Tête de profil tournée à droite , coiffée d'une couronne 

perlée sur des cheveux hérissés : DEVNANTEX. 
— Croix d'une forme singulière, ayant la branche supé- 
rieure repliée^ posée sur une base composée de six glo- 
bules : AMERINO MO. 
Or. 4.90, Chez M. L. de Coster. 

Nous avons publié dans cette Revue, il y a hélas! vingt- 
trois ans (*}, un tiers de sol de Dinant, trouvé aux environs 
de Mons, el qui ressemble beaucoup à celui-ci. Le nom 
du monétaire s'y lisait Averko, ce qui est bien le même 
personnage que notre Amisriko. Du côté de la léte, il y 
avait Deohaiitex. La forme Deunant doit être ajoutée aux 
différentes formes que prit successivement le nom de la 
ville de Dinant sur MeudC. 

(•} T. II, p. 301. 



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— u — 



m. 



Êcusson (rianguiaire au lîoo rampant : *{< D o HOII 

aeDP25a. 

— Croix à doubles bandes terminées par des globules, 
coupant la l^ende et angice d'une croisette et des lettres 
li eC D enure un double grènetîs : IWO | RIGC | 
TP2S ♦*♦. 

Arg. 6r. 1 .46. Ma collection. 

IV. 

Écusson triangulaire au lion rampant *h fi&XlïilCL VSx 
DHS. 

— Croix h doubles bandes terminées par des globules, 
coupant la légende et anglée des lettres 71^ n[^ lQ I. 
Entre un double grènetîs : H2ÎW | HTîW | ifXVDÏ 

Arg Gr. 4.30. Ma collectiOD. 

Celte pièce et la précédente offrent une double énigme 
dont le mot, croyons-nous, n'a pas encore été dit. Elles 
Taisaient partie d'un dépèt considérable de monnaies, toutes 
appartenant à la seconde moitié du xiii* siècle, découvert 
l'été dernier dans les environs de Diest. Le type de 
ces esterlins, imités d'une monnaie de Jean P' de Bra- 
bant (1261-1294), a été surtout employé dans la Gueldre 
et les seigneuries des environs, Limbourg, Herstal, lleins- 
berg, Vorst, etc. C'était donc de ce côté qu'il fallait 
porter les investigations. Nous nous sommes adressé, dans 



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— 35 



ce but. k deux numismates des plus autorisés, M. Du Mou- 
lin^ de Maeslricht, et M. Hoofl Van Iddckinge, de Paters- 
wolde, et voici les nombreuses — trop nombreuses — con- 
jectures qu'ils nous ont communiquées. 



« Maestricbt, 47 juin 1868. 

« Monsieur et honoré Président. 

« Depuis plusieurs jours je me suis vainement tracassé 
Fesprit pour découvrir l'atelier monétaire, auquel il faudrait 
probablement attribuer l'esterlin énigmatique dont vous 
m'avez communiqué une empreinte. 

« En le comparant avec les pièces au même type frap- 
pées par Henri l*', sire de Herstal {Revtie de la numisma- 
tique belge^ 1. 1, pi X, i et 2), vous serez convaincu que le 
graveur de votre atelier a voulu imiter ces dernières. Le 
droit est copié servilement du n" 2, le revers quoique imité 
moins servilement, offre aussi quelque ressemblance avec 
celui des esterlins de Herstal, d'abord en ce qui regarde 
les lettres dont la croix est cantonnée, et ensuite par rap- 
port aux lettres du commencement de la légende. 

u Dans ISTA figurent les leures IS du mot GI^IS. 

« Si un jour nous rencontrions un exemplaire de l'es- 
terlin de Herstal, qui comme ceux de Mnestrichl, Rolduc, 
Dalhero, etc., portait la croix cantonnée du nom du lieu, 
par exemple Fj'S^^ o^i quelque chose d'analogue (com- 
parez Revue de la numismatique belge, 1. c, n*" 3), ce qui 
tne parait bien probable, alors il ne manquerait à la lettre I 
cju'un petit trait pour que l'imitation soit parfaite. 



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- 56 -- 

« Par les lettres HTCW H3TW le graveur aura peut- 
être voulu imiter le mol H7î(ra)Fp7CIi. 

« Reste la question quel est le petit dynaste qui, en 
frappant votre esteriîn, aura probablement voulu imiter la 
monnaie de Herstal. 

M Puisque j'ai commencé par me lancer sur le terrain 
des conjectures, je me permettrai de continuer mon cbc- 
inio sur ce terrain, en hasardant une attribution. 

•c Selon Butkens, Trophées j pp. 607 et 622, etc., 
Jeanne de Louvain, 611e de Godefroid, sire de Leeuwc, 
Gaesbeke, Herstal, etc., et sœur de Henri de Louvain, sire 
de Herstal, épousa, en 12S3, Thierry, sire de Heinsberg, etc. 
De ce mariage sont issus cinq enfants, parmi lesquels un du 
nom de Henri, mentionné en 1282 [Revue de la numis- 
matique belgey t. V, p. 964), mort en 1287, d'après 
Butkens. 

«c Le chevalier de Corswarem mentionne, dans son Mé- 
moire sur les anciennes limites et circonscriptions de la 
province de Limbourg, p. 44, ce qui suit : 

« Vers cette époque, la seigneurie de Sittard doit avoir 
« été détachée de celle de Fauqucmont, et reçue en apa- 
« nage ou héritée par une branche cadette des sires de 
« Fauqucmont et de Hinsberg, puisque Godefroid, sei- 
« gneur de Hinsberg et de Blankcnberg, — qui était 
« probablement un fils de Renand, sire de Fauqucmont 
u et de Hinsberg, — donna les terres de Wassenbcrg, Sil- 
« tard, Dalenbrock et Nyle, l\ son fils Jean de Hinsberg, 
a auquel la propriété en fut assurée par Faccord fait, le 
«t 13 mars 1331, avec son frère aine Thierry, seigneur de 
u Hinsberg et de Blankcnberg, qui devint comte de Looz, 



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- 57 - 

« en 1338^ et qu'en 1342, Jean de Fauquemont était 
« seigneur de Born et de Sittard. » 

« Ce qui précède m'a suggéré l'idée que peut-être le sire 
Henri, mentionné en 1282, était ce membre de la branche 
cadette de Hinsberg qui, selon le chevalier de Corswarem, 
doit avoir reçu en apanage la seigneurie de Sittard et peut- 
être aussi celles de Wassenberg, Dalenbroek et Nyle. 

« En admettant cette conjecture, je serais tenté d'attri- 
buer votre esterlin à Henri, sire de Wassenberg, Dalen- 
broek et Sittard. Dans celte hypothèse je proposerais de lire 
le revers comme suit: H2Tn[ttpour MTA (moneta) H pour 
HenridT^VraSsenberg V (?) DIKNB (Dihlenbroek 
pour Dahlenbroek) S I T{t)A{rt). 

« Je vous avouerai, mon cher Président, que je consi- 
dère toutes ces suppositions comme bien hasardées; mais 
en considérant aussi que parfois les solutions proposées, si 
invraisemblables qu'elles paraissent, ont le mérite de sug- 
gérer de nouvelles idées, j'ai cru devoir vous les soumettre, 
si hypothétiques qu'elles soient. 

« En voici encore quelques-unes : 

« MATHAVti«pourMailieus,MathieuouMathiasVan...? 

u S{umi8m)ATll{eodorici) AW..J 

« S(anc)T{U8) l{o)\{nn€s). 

€ TIAS pour MATHIAS, Thys. 

• Veuillez, ete, 

« Dumoulin, notaire. « 



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— 58 — 

• Maestricht, 30 joUIei 4868. 
« MOHSIECB ET B090EÉ PbÊSIDEXT. 

« J^aursiis certes déjà réponda à votre deroîëre lettre, si 
j'avais pu voas soumettre quelque conjecture, tant soit 
peu admissible, sur l'esterlin problématique que vous venez 
de me communiquer. 

• Malbeureusement, je n'ai jusqu'ici réussi à composer au- 
cune légende qui puisse être agréée par les moins difficiles. 

« En supposant que IWO ou IWORlCu^ soit syno- 
nyme dTwan, alors je serais d'avis que votre esierlin a été 
frappé par un petit dynaste d'Entre-Meuse et Rbin ou des 
environs, du nom de Jean. Je crois me rappeler d'avoir lu 
quelque part, que le nom dTwan, originaire de la Livonie 
et désignant Jean, a été introduit dans notre pays, après la 
conquête de cette contrée , par les chevaliers de l'ordre 
Teutonique, qui a eu lieu, si je ne me trompe, pendant 
le xiii' siècle. 

€ Ceci admis, votre pièce pourrait provenir du même 
personnage qui a fait frapper l'esterlin publié dans la Revue 
de la numismatique belge^ t. VI, pi. I, n" 2. 

« Resterait la question à quel Jean faudrait-il l'attribuer, 
ce qui dépendra naturellement de la manière dont on pour- 
rait lire les légendes. 

« Puisqu'en tout cas il n'est pas sans intérêt de faire des 
propositions, si hasardées qu'elles soient, parce qu'elles 
peuvent parfois servir à mettre sur la voie, je me permet- 
trai d'en faire une, en attribuant l'esterlin en question, à 
Jean, comte de Looz (1273-1279). 



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— 59 — 

« Pour motiver cette attribution^ je lirais : D^enarius), 
NO(ot«) M(p)GQTIS7^C{ensi8). (Nouveau denier de Mae- 
seyek — Mosacum). 

« IIGCGTTTIl doit probablement imiter le mot MONGrHTC 
de la pièce, qui a servi de modèle ; ceci pourrait à la 
rigueur expliquer la forme bizarre de M(pcetacen$i8) au lieu 
de M{o9acensis). 

« IWO (= IWAN, Jean) RIGTAI ? peut-être aussi 
IWORIC pour Theodoric (Thierry de Heinsberg, en 1338, 
comte de Looz ? 

• On pourrait encore attribuer cette pièce à Frédéric, 
seigneur de 'S Heerenberg, dont il y a des monnaies 
portant WRID6RIQVS pour Fredericus, en lisant, par 
exemple, H(o)R6n[^3ï (I(pour D. MO) (M(oneto) D{omini) 
de N (pour M) (Onte); et au revers IWORIG pour 
WRID6RIG. 

« Les lettres D, G, li, qui se trouvent entre les bran- 
ches de la croix, me font penser à l'esterlin de Dalhem, 
dont le vôtre est peut-être une imitation. En attribuant 
votre pièce à Thierry de Heinsberg, ces lettres pourraient 
être interprétées de différentes manières, comme par exem- 
ple, par : DG(narti/^), L{os$ensis), ^ ï)(ominus), Q{inS' 
bergensis), L(o««eiWM), — ï)Q{dericus)y L{os$ensis\ 

« Je vous avouerai franchement qu'aucune de ces attri- 
butions ne me satisfait^ et qu'étant pour le moment à bout 
de mon latin, j'espère avoir l'un on l'autre jour plus de 
chance et pouvoir vous soumettre une attribution plus 
acceptable. 

« Veuillez, etc. 

« Dumoulin, notaire. » 



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— 60 - 

« Paterswolde, 20 aofti 4^. 
€ Monsieur et très-cher Confrère ! 

«•••■•••••••••••a 

u Quant à vos eslerlins énigmatiques, je leur ai cherché 
en vain depuis deux jours une attribution quelque peu pas- 
sable. Je vous remercie pourtant de m'a\oir pose cette 
question, car si je ne trouve pas ce que je cherche, j'ap- 
prends maintes choses en cherchant. Voici quelques obser- 
vations que j'ai trouvées ainsi : 

« L'esierlin avec I^SnRIGVS DRS? n'est pas tout à 
fait isolé. Je vois une pièce dont le revers est presque 
identique avec la vôtre, mais dont le droit porte : D-f-€C — 
G2TIi<— IDO. sur la planche n" 34, accompagnant la 
Notice sur un dépôt de monnaies découvert à Grand-Hal- 
leux (M- Serait-il impossible que cet: D€C G2TIiID0, 
ecaTÎIilDOD ou, lu à rebours, DOGUIiTtGS cache le 
nom de l'atelier où le seigneur Henri fit forger la monnaie? 
La légende du revers, le « Nat naw svdi, » etc., me semble 
trop difficile à expliquer. Des lettres 7Î — ÏÏS — xfl — I j ai 
fait 7^{nho[)^[en)Bl{8), mais faute de livres sur l'histoire 
de cette seigneurie, je n'ai pu savoir si là il y a eu quelque 
seigneur du nom de Henri. 

•c Voici divers personnages de ce nom que j'ai trouvés 
dans les environs de la Gueidre, au xui*' et au xiv** siècles. 

(«) Le revers du up IV : HATHAW*» VDl» etc., mais joioi à un droit 
différent, se trouvait dans le dépôt du Grand-Halleux. L*auteur de la 
description de ce dépôt, en pailant de cette pièce énigmatique, avoue 
■ qu*il n'était pas encore parvenu à la déterminer, o Cet aveu nous 
console de n'avoir pas été plus beureux que lui. 




2 



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- Gi — 

« Henri de Selwei^d (Groningue), cité en 1552-1360. 
(Son beau-Bis ou petit-fils a frappé monnaie.) 

€ Henri de Kuinre, miles. — 1352. 

« Un autre Henri de Kuinre^ Tamulus, est cité en 1 294. 
(V. d. Chîjs, p. 147.) 

« Henri P' de Borculo^ 1232-1275, et son successeur 

« BenHIIde Borculo, 1275-1285, seigneurs de Koe- 
vorde. 

« Henri^ seigneur de 's Heerenberg, 1224-1 24$ et un 
Henricus de Monte^ cité en 1 309. 

tt Henri, seigneur de Borculo, 1324-1337, (V. d. Cli., 
p. 248.) 

« Henri, seigneur de Eze ^--1336, puissant seigneur de 
rOverysself parent des seigneurs de Kuinre. 

« Henri Stakenborch, auquel Tévéque Jean d'Arckel 
engagea son château d'Arkelslein, près de Batbmen et des 
frontières de la Gueidre. (V. d. Chijs, p. 63.) 

« Henri de Hoynsteinj cité en 1334. (Leitzmann^ 
Wegweiser auf dem Gebiete der deutschen Mûnzk., 
p. 305.) 

« Enfin, il y avait encore en Overyssel les seigneurs de 
Diepenheim etdeGoor, qui ont été assez puissants et dont 
on retrouvera peut-être un jour des pièces. Les comtes 
de Goor du m'oins ont été plus puissants que les seigneurs 
d'Almelo dont on connaît les monnaies. 

« Et pour finir, il y avait une seigneurie de Zalk et 
Vocaten, avec le château Buckhorst, dont les anciens sei- 
gneurs portaient d'argent au lion couronné de sable, écu 
qui ressemble à celui figuré sur la monnaie du Grand- 
Halleux. 



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— 62 — 

« Celte seigneurie n'avait pas seulement haute et basse 
juridiction, mais elle fut une des plus anciennes et des 
plus étendues de TOveryssel. (Comparez Overysselseche 
Volksalmanak, 1843, p. 144.) 

« Voilà toute une armée de Henri, mais sans qu'il y ait 
beaucoup d'espoir d'y trouver le personnage qui peut avoir 
frappé ces mystérieux esterlins. Néanmoins je chercherai 
encore. . 

« L'autre esterlin me parait un peu moins difficile à dé- 
chiffrer. Cette monnaie est sans doute une imitation assez 
servile d'un esterlin de Jean I^,ducdeBr3baat'126!-1294). 
Je prendrai, par exemple, le n"" 6 de la pi. V, de M. Van 
der Chijs. Cette pièce porte :€C+D—VXBB25—B2ÎRFM, 
le vôtre a GC+D — MOII — (GC) GCntîT. 

a Je crois donc que ce GC + D ne signifie rien ici et que 
l'inscription se borne au mot M0N€Cn[^3T. Le revers est en 
partie copié diaprés la même pièce : 

♦+*-MO — [Sa— WK etB.B.V.X. 
♦+♦ _ IWO-BIGC— FltTTI et h.a.D.K. 

« Il ne reste qu^a déchiffrer celte légende; voici une 
conjecture. 

€ I(e)WORI(eiMw) G[(a/)i)fp3T(n)I et ilans les lettres 
li. €C- D. ou D. €C. h le nom de ce capUanus. 

« Le mot Jever se irouvo écrit Jeweren, dans un vieux 
manuscrit. (Comp. Dirks, Koophandel der Friesen, p. 153^ 
et VanderChijs^ Munten van Friesland, etc., p. 91.) 
Jewor et Jcwer ne diffèrent pas beaucoup et GC'FI^T^I pour 
capitani n'est pas impossible. Il y a plus de difficulté pour 
les lettres li €! D. Je ne trouve, dans les livres à ma dispo- 
sition, que les seigneurs, depuis Edo /", Wienekon, (i 355 



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- 65 — 

1414)^ qui vécut trop tard pour lui attribuer cette pièce. 

« Nous (levons donc chercher quelque Hoveling parmi 
ses prédécesseurs. A Jever on frappa monnaie depuis des 
siècles; M. Dirks cite un passage dans Touvrage nommé 
plus haut, d'où il résulte que Charlemagne ordonna de 
battre monnaie à Staveren et à Jever. Même quand cela 
serait fabuleux, il reste encore probable qu'on frappa assez 
tôt monnaie à Jever, car dans une charte de 1 1 82 il est 
question de monnaie de cette localité. (Leitzmann, /. c, 
p. 573). Les seigneurs qui ont imité les gros au chàtel de 
Tours^ peuvent aussi bien avoir copié les deniers braban- 
çons assez C9 vogue dans ces contrées. Mais c'est toujours 
une conjecture, et une conjecture bien hasardée. J'ai pensé 
encore a DSIi {menhorsl). J'ai changé le D en GC et ces 
lettres mises avant Tinscription circulaire : 

• ae;iiIWORI(cn«is) a{api)m7^'^n)l 

Ze:ijWORD(en«w) 

me donnaient une lecture qui ressemblait quelque peu au 
zelwordensis d'une monnaie décrite par M. Van der Chijs. 
De toutes ces conjectures, la première me plait encore le 
mieux. 

« Mais c'est assez de ces pièces; etc. 

• Agréez, etc. 

« llooPT Van Iddexinge. » 

Après avoir remercié nos honorables collaborateurs des 
recherches qu'ils ont bien voulu faire, qu'il nous soit permis 
de leur soumettre à notre tour, et sous toutes réserves, une 
modeste conjecture. 

Tous ces esterlins sont assez faibles de poids, peut-être 



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— 64 — 

même l'argent n'en est-il pas d'un titre aussi élevé que celui 
des pièces de Brabant. La bizarrerie de leurs I^endes indé- 
chiffrables ne devrait-elle pas faire supposer qu'il s'agit ici 
d'eslerlins de fabrique (*), et ceuc supposition n'est-elle pas 
corrolK)rée encore par celte circonstance^ autrement inex- 
plicable, d'un même revers joint à deux droits différents? 
Que, maintenant, si l'on repousse cette cxplicaiion trop 
facile, et s'il nous fallait choisir entre toutes les autres 
conjectures^ nous donnerions, pour la pièce avec Henricus 
dofninuêf la préférence à ce Henri, fils puîné de Thierry 
de Heinsbei^, mentionné par Butkens comme étant mort 
en 1287, et qui aurait été apanage de Sittard, localité dont 
le nom SITA, se trouve dans les angles de la croix. Mais 
que faire du HAT HAW S VDl ? 



Écusson aux armes de la ville ou du chapitre de Soignies, 
de sinople h la croix d'argent, parti d'or à trois chevrons 
de sable : • O BEAT !• PATER •!- VINCHENTl •:-. 

— Un grand S dans le champ accosté de deux étoiles à dix 
rais : ♦ SALVEIREGINA :• MISERICODIE (sic) •:-. 

G. jauDe. Ma collection. 

Ce jeton ou ce méreau appartient-il à la ville ou au cha- 
pitre de Soignies? La question est assez difficile à résoudre, 
les armoiries étant les mêmes et n'étant, ici, accompagnées 
d'aucun accessoire qui puisse nous guider. 

(») Counterfeit sterlings. 




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- 68 — 

On sait que ce chapitre de Soignics avait été, en 935, 
substitué par Brunon, archevêque de Cologne et légat 
apostoh'que, è Tabbaye fondée en 650, par saint Vincent, 
époux de sainte >yaudru. Il se composait d'un prévôt, d'un 
doyen, d'un trésorier et de trente chanoines. 

Au siècle dernier, ces bons chanoines jouissaient, dans 
le Hainaut, d'une réputation toute particulière, pour la 
supériorité de leurs caves et le culte qu'ils rendaient à la 
dive Bouteille. La coutume de Soignies, disait-on, décla- 
rait nuls, ipso factOj toutes les conventions, actes et con- 
trats faits post quintam horam, chacun, après cinq heures 
de relevée, étant censé n'avoir plus la conscience de ce 
qu'il faisait. Nous ne savons pas si cette plaisanterie 
d'avocat a été recueillie par la Commission des anciennes 
lois. 

VI. 

Écusson des seigneurs de ('unre (bandé d*or et de gueules 
de huit pièces), dans un cartouche trilobé et entouré de 
trois annelets. Dans un double grénetis: 'i* ÇROXi&TJM^ 

Da GvaRRecns. 

— Croix pattée. Dans un double grénetis : ^ BIHS 

nome: dri « brdigtv. 

B. B. Gr. 0. 53 Bibliothèque royale. 

Les comtes ou seigneurs de Cunre (Kuinder, Cunera), 
dans rOveryssel, ont été d'intrépides monnayeurs. On peut 
consulter, à leur égard, Verachter, Lelevbl, Grote et 
surtout Van der Chus qui a fait connaître un grand nombre 
de leurs monnaies. 

5* sinME. — Tome I. 5 



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La petite piéee que nous donnons ici parait être plus 
moderne que toutes celles qui ont été publiées jusqu'à ce 
jour. 

C'est; sans doute aussi, lïmitation de quelque monnaie 
du voisinage. Elle ne porte pas de nom de comte; mais 
elle doit être de Tun des derniers seigneurs de Cunre, avant 
la cession de leur comté à Tévèque d'Utrccht, Frederick de 
Blanckenliem, cession qui eut lieu, selon Dumbar, le 3 fé- 
vrier 1407. 

VIL 

Écusson triangulaire, au lion, sans légende. 

— Croix paltée, anglée de deux points et des lettres 2Ï f?. 

Arg. Gr. 0.32. Coll. de M. Hooft Van IddeklDge. 

Voici encore une monnaie énigmalique et sur laquelle les 
déchiffreurs de pièces pourront s'en donner à coeur joie. 
Des lettres 77 f? ou ^[^ 2?^ on fait à peu près tout ce qu'on 
veut. 

A{bbatis8a) T{horen$is) — A(/)T(ena). Grote cite un 
Arnould d'Allena (H74-1202). — Mlmeloin) T{uentia) 
ou l^(ubantia) Twenlbe. Les monnaies des seigneurs d'Al- 
meio sont mentionnées dans les comptes de la ville de 
Deventer, au xiv* siècle. (V. d. Chus, Overyssel, p. 345.) 

— A((/war)T, ou bien T{ybaldu8)A{bba8). L'abbé Thibaut 
d'Aduard, qui vivait de 1352 h 1371, viendrait peut-être 
un peu lard pour cette monnaie. — T{erwisg)Xy ancien 
château en Frise dont les seigneurs avaient la haute 
justice, etc. 

Une dernière conjecture et qui parait la plus acceptable. 



► 



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— 67 — 

Aienhoiyr. Les seigneurs d'AenboIt ont longtemps frappé 
monnaie, et le type de noire petite pièce a été employé par 
leurs voisins, les dues et comtes de Clèves et de Gucidre. 

VIII. 

Écusson aux armes de Delft (d'argent au pal onde de sable). 

Entre un double grèneiis : EGLISE* WALONNE- DE- 

DELFT. 
— Dextrochère sortant d'un nuage et tenant une couronne. 

Entre un double grènetis : A- CELVl- QVI- VAINCRA- 

2- TIM 478. 

Êtain. Con. de M. le O de NédoDcIiel. 

L'église wallonne de Delft passe généralement pour avoir 
été fondée en 1585. Son origine, d'après M. Ch. Rahlen- 
béek, devrait être au moins de dix ans plus ancienne. Son 
sceau qui représente un navire battu par la tempête, porte 
la devise : REPOS AILLEURS, qui est celle de Philippe 
de Marnix. Or on sait qucMarnix résida à Delft, en 1572 
et 1S73, en qualité de gouverneur. 11 est donc plus que 
probable que ce fut sous ses auspices et sous sa devise que 
s'organisa cette communauté de langue française à laquelle, 
dès 1575, devait appartenir Charlotte de Bourbon, la 
U'oisième femme du Taciturne. 

Au fond de la salle du consistoire de Téglise française 
de Delft, se voient deux écussons ovales. L'un aux 
armes de Delfi, l'autre avec l'emblème du vaisseau et la 
devise de Marnix. 

Cest aussi à Delft, dans la vieille église réformée, que 



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— 68 - 

se trouve le splendide mausolée d'Elisabeth de Marnix, fille 
du célèbre révolutionnaire, décédée en 1608. 

Ce monument a été complètement restauré, il y a quel- 
ques années, aux frais des Marnix, de Bruxelles. 

Nous devons à M. Rahlenbéek la liste ci-dessous des 
premiers pasteurs de l'église wallonne de Delft : 

1582 Pierre Moreau. 

1583 Philippe de la Moite. 
1619 Jacques Delacroix. 
1630 Isaîe Dupré. 

1651 David de la Roche. 
1670 ElieSaurin. 

Tous ces noms appartiennent ù des familles montoises, 
et la chose s'explique assez quand on se rappelle que l'un 
des plus célèbres réformateurs aux Pays-Bas, Gui de Bray 
ou de Brés, l'auteur de la Confession de foy de 1561, était 
natif de Mons. 

Après Élie Saurin , Téiémcnt français parait avoir 
absorbé, dans la communauté de Dcift, Pélément belge ou 
wallon. C'était une conséquence inévitable de la révocation 
de l'éilil de Nantes, qui peupla la Hollande d'exilés 
français. 

Le bras sortant d'un nuage, qui figure sur le revers de 
la pièce, est un type que les églises wallonnes paraissent 
avoir particulièrement affectionné. Le sceau de la petite 
église de Dalhem, près de Visé, offre celte variante que le 
dextrochère est armé d'un drapeau ou d'une banderolle 
portant le nom de Dieu en lettres hébraïques. 

Quant à la légende : A celui qui taincra. 2 Tim 478, 



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— 69 - 

(c'est-à-dire deuxième épitre à Timotbée, chap. IV, 
versets 7 et 8), elle résume le sens de ces deux versets : 

7. Bonum certamen certavi, cursum consutnmavij fidem 
sertavi. 

8. In reliquo reposita est mihi corotm juslitiœ, quam 
reddei mihi Dominus in illa die jmtusjudex : non solum 
auiem mihij sed et lis qui diligunt adventum ejus. Festina 
ad me venire ctfo. 

Maintenant quelle était la destination de ce jeton? Rien 
dans son type et dans ses légendes ne le fait connaître. 
M. IlochedieUy ancien pasteur de l'église wallonne de Deift, 
aujaurd hui à Bruxelles, pense que c'était un jeton ou mé- 
reau de communion^ mais il affirme que depuis deux 
siècles, au moins, il avait ce^sé d'èlre en usage. 

R. CUALOtf. 



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— 70 - 

QUATRE MÉDAILLES 

aABES ET INÉDITES 

DE L« COLLECTION DE M. VIN IIERT. DE MOIS. 



Planche IV. 



L*année qui va finir a vu mourir un numismate dis- 
linguéy M. Dominique Van Miert, vice-présideni du Cercle 
archéologique de Mons. 

Savant modeste et consciencieux, chercheur infatigable, 
M. Van Miert était parvenu, au prix de grands sacrifices et 
de patientes investigations o rassembler une des belles 
collections qui existent dans notre pays. 

Le médailiier qu'il laisse se compose principalement 
d'une série grecque, d'une suite romaine nombreuse et 
émaillée de raretés, d'une précieuse collection de monnaies 
françaises , enfin d'une brillante série de pièces belges 
^monnaies, médailles et jetons), qui peut, surtout pour le 
Hainaut, rivaliser de richesse et de beauté avec les suites 
les plus renommées. 

Le travail considérable du classement définitif, retardé 
par suite de circonstances particulières, ne permet pas de 
fixer avant les derniers mois de 1869 l'époque de la liqui- 
dation de cette collection. Nous croyons, eu attendant, faire 
chose agréable aux lecteurs de la Revue numismatique, en 
leur offrant un aperçu des joyaux qui scintilleront prochai- 



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— 71 — 

nement devant leurs yeux. A cet effet, nous publions quatre 
médailles inédites jusqu'à ce jour, et que nous devons à 
l'obligeance de M. Jules Decat, de Mons, détenteur actuel 
de ce trésor. 

Voici tout d'abord ^pl* IV, n"" 1) une monnaie d'or qui 
pourrait bien avoir été frappée chez les Nerviens ; le droit, 
avec son cheval à la gorge détachée du corps, et ses autres 
attributs nous le fait induire par analogie. Mais que signifie 
ce revers et ses lignes croisées ou coupées en sens diffé- 
rents? Sont-ce tout bonnement des hachures burinées dans 
le coin en place d'une tête, ou bien est-ce là une page nou- 
velle à déchiffrer dans l'histoire du type celtique? Nous 
laissons à un spécialiste plus heureux que nous — profane 
en cette matière — le soin de le décider, lui abandonnant 
la gloire d'être le Cbampollion de ces hiéroglyphes gaulois. 

Nous donnons ensuite (pi. IV, n** 2) un médaillon de 
bronze de l'empereur Commode et dont voici la descrip- 
tion: 

Buste jeune de Commode, lauré, à droite, avec lepalu' 
damentum et la cuirasse: IMP * CAES * L - AVREL 'COM- 
MODVSGËRMSARM. 

Rev. Commode à cheval, au pas, à droite, levant la 
main droite : TR * POT * COS. (à l'exergue). (Module 1 1 
de l'échelle de Mionnet.) 

Ce médaillon, peut-être unique, a été frappé pendant la 
seconde expédition que l'empereur Marc Auréle, accom* 
pagné de son fils Commode, entreprit contre les Germains 
révoltés. La légende du revers, dont le temps a quelque 
peu altéré les leUres POT, fixe comme date de son émis- 
sion l'an de Rome 930 (après Jésus-Christ, 177) qui 



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— 7S^ — 

correspond au premier consulat de Commode, alors âgé 
de seize ans. 

Dans sa Description historique des médailles impériales, 
M. Cohen, à qui notre médaillon était inconnu, décrit 
(t, III, page 53, n^'S) une médaille d'or également anté- 
rieure à l'avcnement de Commode au trône et dont le type 
du revers a sans doute servi de modèle à celui de la pièce 
que nous présentons ici. 

Nous extrayons enfin de la série des vingt médaillons 
coiitorniates que possède la collection Van Miert deux de 
ces tessères qui méritent une attention toute spéciale {*), 
La première de ces médailles (pi. IV, n' 5) porte : 

Buste barbu, à gauche, casqué et cuirassé, et tenant un 
bouclier. 

Rev» Deux poissons placés horizontalement : celui de 
dessus, tourné a gauche, celui de dessous, à droite. 
(Module 1 1 de Téchelle de Mionnet.) 

La face de ce médaillon nous montre une tète que nous 
ne rencontrons sur aucun autre contorniaie. Faut-il y 
reconnaître Jupiter ou Hercule ou encore Tempereur 
Commode qui plusieurs fois durant sa jeunesse descendit 
dans l'arène d'où il sortit avec le surnom d'Hercule romain? 
— L'incertitude du type à l'époque où l'on présume que 
ces sortes de pièces furent frappées ne nous permet de rien 
préciser à cet égard. 

Une hypothèse possible serait de voir dans cette figure 

(') M. Sabatier, dans sa Description des médaillons contomiates, en a 
déjà cité deux autres (pi. V, n» 44, et pi. VI, n» 2), qu*il coosidère comme 
uniques. 



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- 73 — 

un émule des Gérontius, des Asturius, des Flavianus et de 
tanl d'autres auriges^ gladiateurs ou bestiaires dont les 
noms nous sont parvenus. Notre lutteur, que sa gloire n'a 
pu protéger de l'anonymat auprès de la postérité, pourrait, 
grâee à son bouclier et à son casque , passer pour un 
mirmillOf catégorie de gladiateurs qui combattaient 
armés d'une faux contre les retiari dont la lactique consis- 
tait à étrangler leurs adversaires en les prenant dans un 
filet. Les deux poissons représentés au revers donneraient 
peut-être quelque vraisemblance à cette manière de voir. 
Resterait toutefois à découvrir sur le casque du personnage 
le poisson dont les mirmillones surmontaient leur coiffure. 

Mais il est plus probable que nous avons là un gladia- 
teur qui s'était assuré, par sa valeur et ses succès, les sym- 
pathies du corps ou collège des poissonniers {cetarii.) 
Cette association a dû former, sur le déclin de la Rome 
impériale, une fraction notable de l'un des partis les Bletis et 
les f^erts qui résumaient, dans leurs luttes bruyantes et 
leurs discordes acharnées, toute la vie politique du Bas- 
Empire. Rien ne s'opposerait donc à croire que cette 
corporation ait voulu, dans un jour de triomphe, immor- 
taliser par le bronze les traits de son héros favori. 

Sur le second des médaillons contorniates (pi. IV, n"4) 
nous voyons : 

Buste lauré de Trajan, à droite, avec le paludatnentum 
et la cuirasse : DIVO NERVAE TRAIANO AVG. 

Rev. Cybële, allant à gauche, dans un char traîné par un 
sanglier et un lion ; au-dessus, une Victoire. Devant le bige. 
Hercule, la massue sur l'épaule droite, et s'apprètant à 
frapper. (Nodule 1 1 .) 



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- 74 - 

Celte tessëre noas offre tout d'abord cette singularité^ 
remarquée également ailleurs, qu'elle porte une légende 
dont nous ne retrouvons pas de semblable à l'époque de 
Trajan. Le style de cette pièce, comme celui de la précé^ 
dente, nous permet, d'un autre côté, de lui assigner une 
date postérieure au règne de Constantin le Grand. 

Quant au revers, nous nous sommes posé la question de 
savoir si, dans le personnage qui nous parait représenter 
Cybéle, privée ici de son traditionnel tympanon, il ne 
vaudrait pas mieux reconnaître un Eêsidarius combatlanl 
du haut d'un chariot? Notre Hercule descendrait alors de son 
rang de demi-dieu pour n'être qu'un simple bestiaire, arrê- 
tant dans leur course le lion et le sanglier qui traînent le char. 
Mais si celte interprétation a l'avantage de jeter quelque jour 
sur le fait de voir attelés ensemble deux animaux d'espèce 
si différents, elle offre, d'autre part, l'inconvénient de ne 
pouvoir expliquer rationnellement la Victoire^ui surmonte 
le groupe. En négligeant toutefois cette particularité, 
qu'en aucune façon, d'ailleurs, nous ne pouvons parfaite- 
ment expliquer, la supposition d'un E$$idarius pourrait 
se confirmer de cette circonstance que la coiffure du per- 
sonnage du char nous parait être un casque à crinière. 

Peut-être aussi, en admettant que ce soit bien Cybèle 
qui se trouve représentée dans le bige, pourrait-on voir 
dans la figure qui l'accompagne son compagnon Atys, fils 
d'Hercule et d'Omphale, que nous retrouvons avec elle, 
armé du pedum, sur plusieurs autres contorniates. 

Notons que M. Sabatier, i qui dernièrement, à Paris, 
nous avons communiqué ce curieux médaillon, et dont 
nous avons adopté la description générale, a cru reconnaître 



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- 75 - 

deux lions dans les deux animaux traînant le char. Malgré 
tout le respect que nous professons pour la sagacité et les 
lumières du savant rénovateur de la science des tessères, 
nous ne pouvons, après un nouvel examen, que maintenir 
notre opinion première. 

La présence d'un sanglier, au lieu d*un lion, au char de 
Cybèle bouleverse quelque peu sans doute nos notions 
mythologiques. Mais ne perdons pas de vue qu'il s'agit ici 
de médaillons contorniates, genre essentiellement bizarre 
et fantaisiste, où le caprice et l'ignorance du graveur rem- 
placent très souvent l'exactitude scientifique et la vérité 
historique. 

Nous nous bornons pour le moment à ces quatre cita- 
tions, espérant pouvoir prochainement encore, pour 
quelques raretés inédites du Bas-Empire, du moyen âge et 
des temps modernes, recourir à la gracieuse hospitalité que 
la Revue a bien voulu nous offrir. 

Chahles Parmbntier. 
M0D8, 45 décembre 486S. 



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— 76 



ACTES OFFICIELS. 



Règlement sur les frais de fabrication des monnaies d'or 
et d'argent. 

LÉOPOLD II, Roi des Belges, 
A tous présents et k venir, salut. 
Vu l'art. 2 de la loi monétaire du 24 juillet 1866; 
Voulant régler les frais de fabrication des monnaies d'or et 
d'argent indiquées dans les art. 2 et 3 de la convention 
monétaire du 25 décembre 1865, approuvée par la loi précitée; 
Sur la proposition de Notre Ministre des finances. 

Nous AVONS ARRÊTÉ ET ARRÊTONS .* 

Art. 1*'. Les frais de fabrication des monnaies d'or et d'ar- 
gent indiquées aux art. 2 et 3 de la convention monétaire 
du 23 décembre 1865, sont fixés, tous déchets compris : 

A. Par kilogramme de monnaie d'or, à six francs soixante- 
dix centimes (6 fr. 70 c.) ; 

B. Par kilogramme de monnaie d'argent, à un franc cin- 
quante centimes (1 fr. 50 c). 

Art. 2. Notre Ministre des finances est chargé de l'exécu- 
tion du présent arrêté, qui sera obligatoire le jour de sa publi- 
cation. 

Donné à Bruxelles, le 25 mars 1867. 

LÉOPOLD. 
Par le Roi : 

Le Ministre des finances, 

Frêre-Orban. 



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-^ 77 ^ 



Règlement sur les frais d'affinage des matières d'or et d'argent. 



LÉOPOLD II, Roi des Belges, 
A tous présents et h venir, salut. 

Vu l'art. 2 de la loi monétaire du 21 juillet 1866 ; 

Voulant régler les frais d'affinage des matières d'or et d'ar- 
gent et les conditions dans lesquelles les matières présentées 
au bureau du change de la Monnaie, seront passibles de ces 
frais ; 

Sur la proposition de Notre Ministre des finances. 

Nous AVONS ARRÊTÉ ET ARRÊTONS .* 

Art. i^^ Les frais d'affinage des matières d'or sont fixés, 
tous déchets compris, à quatre francs (4 fr.) par kilogramme de 
leur poids brut. 

Sont considérés comme matières d'or, tous lingots contenant 
au motiw cent cinquante millièmes d'or(0.i50j. 

Art. â. Les frais d'affinage d'un kilogramme d'argent sont 
fixés, tous déchets compris, a quatre-vingt-dix centimes (90 c), 

Ces frais seront augmentés d'un centime (0,01) par kilo- 
gramme du poids brut des matières d'argent pour chaque 
centième (0,01) de diminution de litre au-dessous de mille 
(lOOO). 

Les fractions inférieures à un centième de titre seront négli- 

gAîS. 

Sont assimilés aux matières d'argent tous lingots contenant 
de l'or en qualité inférieure h cent cinquante millièmes (O.iSO). 



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-^ 78 - 

Art. 3. Les matières d'or et d*argent, présentées au bureau 
du change, seront passibles des frais d'affinage : 

1^ Lorsqu'elles seront au-dessus du titre de neuf cents mil- 
lièmes (0.900). 

Dans ce cas, le montant de ces frais sera calculé sur la por- 
tion de matières qui devra être affinée pour élever la totalité au 
titre de neuf cents millièmes (0.900). 

2* Lorsqu'elles contiendront des métaux autres que le cuivre 
qui devront être séparés de l'or ou de l'argent. 

Art. 4. Notre Ministre des finances est chargé de l'exécu- 
tion du présent arrêté, qui sera obligatoire le jour de sa 
publication. 

Donné k Bruxelles, le 25 mars 1867. 



LÉOPOLD. 



Par le Roi : 
Le Ministre des finances, 

FaàRE-ORBAN. 



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- 79 -- 



Tarif des frais éCafflnage des fnatiires d'or et d'argent 



!• Mailères d'or. 



Par kilogramme de poids brut : de i ,000 millièmes & 1 50 mil- 
lièmes de fin, 4 francs. 



«0 Matière* d'arcMit. 
Par kilogramme de poids brut : 



rrriES. 


PRII. 


TfTHES. 


PRII. 


TITRES. 


PRII. 


TITRES. 


PRII. 


TITRES. 


PRII. 


in». 


rt. e. 


m^. 


rr. .. 


ItittèMi 


rr. c. 


nm^. 


rr e. 


BIUm 


rr. e. 


i,000 


• 90 


800 


1 10 


600 


1 ao 


400 


1 50 


200 


1 70 


990 


> 91 


790 


1 11 


590 


1 31 


390 


1 51 


190 


1 71 


980. 


• 92 


780 


1 12 


580 


1 32 


380 


1 52 


180 


1 72 


970 


> 93 


770 


1 13 


570 


1 33 


370 


1 53 


170. 


1 73 


960 


• 94 


760 


1 14 


560 


1 34 


360 


1 54 


160 


1 74 


950 


• 95 


•750 


1 15 


550 


1 35 


350 


1 55 


160 


1 75 


940 


» 96 


740 


1 16 


540 


1 36 


340 


1 56 


140 


1 76 


930 


• 97 


730 


1 17 


530 


1 37 


330 


1 57 


130 


1 77 


920 


» 98 


720 


1 18 


520 


1 38 


320 


1 58 


120 


1 78 


910 


> 99 


710 


1 19 


510 


1 39 


310 


1 59 


110 


1 79 


900 


1 00 


700 


1 20 


500 


1 40 


800 


1 60 


100 


1 80 


890 


1 01 


690 


1 21 


490 


1 41 


290 


1 61 


90 


1 81 


880 


1 02 


680 


1 22 


480 


1 42 


280 


1 62 


80 


1 82 


870 


1 03 


670 


1 23 


470 


1 43 


270 


1 63 


70 


1 83 


860 


1 04 


660 


1 24 


460 


1 44 


260 


1 64 


60 


1 84 


850 


1 05 


650 


1 25 


450 


1 45 


250 


1 65 


50 


1 85 


840 


1 06 


640 


1 26 


440 


1 46 


240 


1 66 


40 


86 


830 


1 07 


630 


1 27 


430 


1 47 


230 


1 67 


30 


1 87 


820 


1 08 


620 


1 28 


420 


1 48 


220 


1 68 


20 


1 88 


8«0 


1 09 


610 


1 29 


410 


1 49 


210 


1 69 


10 


1 89 



Le contrôleur au change et au 
A. Brichaut. 



monnayage, 



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80 



Arréti royal portant organisation du htreau de change 
de la Monnaie. 



LÉOPOLD II, Roi des Belges, 
A tous présents et h Tenir, salut. 

Vu les art. 2 et 3 de la convention monëlairedu 23 dëcem- 
bre 1865, approuvée par la loi du 21 juillet 4866; 
Vu Nos arrêtés de ce jour, réglant : 

A. Les frais de fabrication des monnaies d'or et d'ai^;ea 
indiquées aux art. 2 et 3 de la convention précitée ; 

B. Les frais d'affinage des matières d'or et d'argent et les 
conditions dans lesquelles les matières présentées au bureau du 
change seront passibles de ces frais ; 

Voulant organiser le bureau du change de la Monnaie ; 
Sur la proposition de Notre Ministre des finances, 

Nous AVONS ABRÉTÉ ET ARBÉTONS : 

Art. i*'. La valeur du kilogramme d'or pur est fixée à 
3,444 fr. 44 c. ***. Celle du kilogramme au titre monétaire de 
0.900 a 3,100 francs, et celle du kilogramme d'or aux diffé- 
rents litres en proportion. 

Le kilogramme d'or pur sera payé au bureau du change, 
déduction faite des frais de fabrication, 3,437 fr. ; le kilo- 
gramme d'or i 0.900, tilrc monétaire 3,093 fr. 30 c, et les 
autres titres en proportion, sauf la retenue des frais d'affinage, 
s'il y a lieu. 

Art. 2. La valeur du kilogramme d'argent pur est fixée à 
222 fr. 22 c. ***, celle du kilogramme au titre monétaire de 



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— 8i — 

0.900 à 200 francs, et celle du kilogramme d'argent aux 
différents titres en proportion. 

Le kilogramme d'argent pur sera payé^u bureau du change, 
déduction faite des frais de fabrication, 2â0 fr« 55 c» ^^^^ le 
kilogramme d'argent à O.90O, titre monétaire 198 fr. 50 c, et 
les autres titres en proportion, sauf la retenue des frais d'affi' 
nage, s'il y a lieu. 

Abt. 3. Notre Ministre des finances établira des tarifs de la 
valeur par kilogramme des espèces et matières d'or et d'argent 
d*après les bases indiquées ci-dessus. Les titres des espèces et 
des matières d'or et d'argent y seront exprimés en millièmes et 
en dixièmes de millièmes, et il sera tenu compte aux porteurs 
de matières de cette dernière fraction, tant pour le poids que 
pour le titre. 

Les tarifs seront publiés et affichés au bureau du change de 
la Monnaie. 

Art. 4. En cas de contestation sur le titre et la nature des 
espèces et des matières d'or et d'argent, présentées au bureau 
da change, le commissaire des monnaies, après avoir fait véri- 
fier, au laboratoire des essais, le titre et la nature desdites 
espèces et matières, statuera conformément aux dispositions a 
arrêter par Notre Ministre des finances. 

Abt. 5. Notre Ministre des finances déterminera les sommes 
pour lesquelles des espèces d'or et d'argent seront fabriquées 
journellement pour les versements faits au bureau du change de 
la Monnaie. 

Ces sommes serviront de bases pour l'inscription et la déli- 
vrance des bons de monnaie aux porteurs de matières. 

Abt. 6. Notre Ministre des finances fixera également le poids 
des matières d'or et d'argent qui devra être affiné journelle- 
ment pour les versements faits au bureau du change. 
5* séR». ^ ToMs I. 6 



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— 82 — 

Ce poids servira de base pour l'enregistreinent et la dëli- 
▼rance des bons d'affinage aux porteurs de matières. 

Art. 7. Les bons d'affinage porteront le poids et le titre des 
matières d'or et d'argent exprimé en millièmes et en dixièmes 
de millièmes, et il sera tenu compte au porteur de matières 
jusqu'au dixième de millième inclusivement de l'or et de 
l'argent contenus dans les matières. 

Art. 8. Les lingots affinés porteront lu marque de la Monnaie, 
la désignation en chiffires du poids et du titre en millièmes et en 
dixièmes de millième, la marque du poinçon de l'essayeur qui 
aura fait la détermination du titre et le numéro d'ordre du 
registre de l'essayeur. 

Art. 9. L'arrêté royal du 4 octobre 183:2 est rapporté. 

Art. 10. Notre Ministre des finances est chargé de l'exécu- 
tion du présent arrêté, qui sera obligatoire le jour de sa publi- 
cation. 

Donné h Bruxelles, le 25 mars 1867. 

LÈOPOLD. 
Par le Roi : 

Le Ministre des finances, 

Frêrb-Orban. 



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- 83 — 

Arrêté miniêtcriel réglant la somme des monnaies et le poids 
des matières d'or et d'argent à fabriquer et à affiner jour- 
nellement pour les versements faits au bureau du change. 



Le Ministre des finances, 

Vu les art. 5 et 6 de l'arrêté royal du 38 de ce mois, 
n»5; 

Voulant fixer la somme des monnaies et le poids des matières 
d'or et d'argent à fabriquer et à affiner journellement pour les 
Tersements faits au bureau du change ; 

Voulant prescrire en même temps les règles à suivre pour la 
dëliTrance, l'enregistrement et le payement des bons de mon- 
naie et des bons d'aifinage ; 

Sur la proposition du commissaire des monnaies ; 

Le secrétaire général entendu, 

Nous ATONS ARRÊTÉ ET ARRÊTONS : 

Art. i^» La somme des monnaies h fabriquer journellement 
pour les versements faits au bureau du change est fixée : 

a. Pour les monnaies d'or h cinq cent mille francs 
(^00,000 fr.); 

h» Pour la monnaie d'argent (pièce de 5 francs) à cent cin- 
quante mille francs (450,000 fr.). 

Ces valeurs pourront être respectivement portées à un million 
de francs (1,000,000 de fr.), ou à trois cent mille francs 
(300,000 fr.) ; mais dans ce cas, la moitié de toutes les fabrica- 
tions sera exclusivement réservée à la Banque Nationale, si^ 
d'après l'état de son encaisse, elle juge nécessaire de la 
réclamer. 



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— 84 — 

Art* 3. Il sera admis journellemeot pour être soumis k 
l'affinage : 

a. Un poids de matières d'or brutes représentant cent cin- 
quante kilogrammes d'or fin ; 

6. Un poids de matières d'argent brutes, représentant six 
cent cinquante kilogrammes d'argent fin. 

Ces poids seront élevés respectÎTcment k trois cents (300) et 
h treize cents (i ,300) kilogrammes, lorsque les matières d'or et 
d'argent seront présentées à la fois, pour l'afiinage et le mon- 
nayage et que les besoins du monnayage réclameront des poids 
de métaux fins s'élevant k ces chiffres. 

Art. 3. Les bons de monnaie et les bons d'affinage sous- 
crits et délivrés seront enregistrés dans l'ordre de date de la 
présentation des matières d'or et d'argent, au bureau du 
change. 

Pourront être considérées comme présentées au bureau du 
change pour être monnayées et affinées : 

V Les matières et espèces d'or et d'argent appartenant à la 
Banque Nationale ; 

^ Les lingots et monnaies d'or et d'argent déposés à la 
Banque Nationale et sur lesquels des avances de fonds ont été 
faites ; 

3<* Les lingots et monnaies d'or et d'argent en simple dépAt h 
la Banque Nationale. 

Pour jouir de cette faculté, les porteurs de matières seront 
tenus de déposer entre les mains du directeur de la fabrication, 
en présence du contrôleur au change et au monnayage, un 
extrait, certifié conforme par le gouverneur de la Banque 
Nationale ou son délégué, du dépôt de matières effectué à cet 
établissement, indiquant la nature, le poids et le titre des 
matières déposées soit pour le monnayage, soit pour l'affinage, 
soit pour l'affinage et le monnayage i la fois. 



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— 85 - 

L'enregistrement de cet extrait de dëpAt aura lieu d'aprè 
Tordre de date de sa présentation au bureau du change et de 
la même manière que les bons de monnaie et les bons d'aiBnage. 

Des bons de monnaie ou des bons d*affinage seront souscrits 
et délivrés successivement, jusqu'à l'épuisement des matières 
inscrites sur l'extrait de dépAt. 

Art. 4. Les bons de monnaie et les bons d'aflSnage pourront 
être payés par anticipation, mais leur payement devra toujours 
se faire dans Tordre de leur enregistrement au bureau du change. 

Art. 5. En cas de contestation sur la somme à inscrire sur 
les bons de monnaie, sur le poids des matières d'or et d'argent 
& inscrire sur les bons d'afiSnage, sur la date, sur Tordre d'en- 
registrement et de payement des bons en général, le commis- 
saire des monnaies fixera cette somme, ce poids, cette date, cet 
ordre d'enregistrement et de payement, après avoir entendu le 
oontràleur au change et au monnayage. 

Art. 6. Le présent arrêté sera affiché dans le bureau du 
change de la Monnaie. 

Art. 7. Le secrétaire général et le commissaire des monnaies 
sont chaînés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du 
présent arrêté. 

Bruxelles, le 25 mars 1867. 

Le Ministre des finances, 
Frârb-Orban. 



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-^ 86 — 

Loi relative à ta liberté du travail des matières d'or et 
émargent (*)•» 



LEOPOLD II, Roi des Belges, 
A tous présents et à venir, salut. 

Les Chambres ont adopté et Nous sanctionnons ce qui suit : 
Art. i^. Est déclarée libre la fabrication h tous les titres 
des objets d'or et d'argent. En conséquence, le contrôle obliga- 
toire de l'État est supprimé. 

Art. â. Toutefois les ouvrages d'or et d'argent fabriqués à 
Tun des titres indiqués ci-après peuvent être soumis, par le 
vendeur ou par l'acheteur, à la vérification et à la marque de 
Tessaycur nommé par le Gouvernement. 

(') Chambre des représentants. 

Session de 4866-4867. 
Documents parlementaires. Exposé des motifs et texte do projet de 
loi. Séance da tS Dovembre 4866, pp. 53-56. — Rapport, séance da 
45 mai 4867, pp. 443-446. 

&«<ion(fe 4867-4868. 
Annales parlementaires. Discussion. Séances des 49 novembre 4867, 
pp. 455-463, et 20 novembre, pp. 465-466. Adoption. Séance du 20 no- 
vembre, p. 4 67. 

Sénat. 
S^Mton(f0 4867-4868. 
Documents parlementaires. Rapport. Séance du 25 mars 4868, p. xv 
et XVI. 

Annales parlementaires. Discussion et adoption. Séance du 26 mars 
4868, pp. 400-403. 



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- 87 - 

Pour ¥oT 1"" titre, 800 millièmes. 

— 2« — 750 - 
Pour l'argent, 4" — 900 — 

- 2- _ 800 — 

Art. s. Les ouvrages d'or et d'argent qui, sans être au-des- 
sous du plus bas des titres fixés par la loi, ne sont pas précisé- 
ment à l'un d'eux, sont marqués au titre légal immédiatement 
inférieur k celui qui est constaté par l'essai. 

Art. 4. Dans toute vente ayant pour objet des ouvrages d'or 
ou d'argent, le vendeur est tenu de délivrer à l'acheteur qui en 
fait la demande, une facture indiquant l'espèce, le poids, le 
titre et le prix des objets vendus. 

Art. 5. Le gouvernement détermine la forme des poinçons 
de l'État ; il fixe les conditions dans lesquelles les ouvrages d'or 
et d'argent devront se trouver pour élre admis h la vérification 
du titre, ainsi que la tolérance des titres indiqués k l'art, â. 11 
fixe également les frais d'essai k percevoir au profit de l'État et 
arrête les autres mesures d'exécution. 

Art, 6. Les dispositions des articles précédents deviendront 
obligatoires le 1*' juillet 1869. A partir de cette date, seront 
abrogés la loi du 19 brumaire an VI et l'arrêté du 14 septem- 
bre 1814, ainsi que toutes les autres dispositions qui concer- 
nent la garantie des ouvrages d'or et d'argent, à l'exception de 
celles du code pénal. 



DISPOSITIONS TRAlfSlTOllBS. 

Art. 7. A partir du onzième jour qui suivra la publication 
de la présente loi et jusqu'à la date à laquelle les art. i à 6 
deviendront obligatoires, le second titre de l'argent sera abaissé 



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— 88 — 

k 800 millièmes, el Targenterie à ce litre, de provenance étran- 
gère sera admise au contrôle de la garantie. 

Les ouvrages d'or et d'argent destinés h l'exportation pour- 
ront être fabriqués à tous les titres en exemption du droit do 
garantie. Un arrêté royal déterminera les conditions auxquelles 
cette double exception doit être subordonnée. Toutefois le 
poinçon de l'État ne sera pas apposé sur des ouvrages d'un titre 
inférieur & 750 millièmes pour l'or et à 800 millièmes pour 
l'argent. 

A dater du la* juillet 1868, le droit de garantie sera réduit 
& 10 francs par hectogramme d'or et à 50 centimes par hecto- 
gramme d'argent. 

Les centimes additionnels au principal du droit de garantie 
sont et demeureront supprimés. 

Promulguons la présente loi, ordonnons qu'elle soit revêtue 
du sceau de l'État, et publiée par la voie du Moniteur. 

Donné & Bruxelles, le 5 juin 1868. « 

LÉOPOLD. 
Par le Roi : 

Le Miniêtre des finances, 

FfiâRE-OBBAlf. 

Vu et scellé du sceau de l'État. 
Le Ministre de la justice, 
Jules Baba. 



i 



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— 89 - 

LÉOPOLD Ily Roi des Bblgbs, 
A tous présents et à venir, salut. 

Vu l'art. 7 de la loi du 5 juin 4868, portant, entre autres, 
les dispositions ci-après : 

« A partir du onziime jour qui suivra la publication de la pré- 
sente loi et jusqu'à la date à laquelle les art. i à 6 deviendront 
obligatoires, les ouvrages d'or et d'argent destinés à l'ex- 
portation pourront être fabriqués à tous les titres en exemption 
du droit de garantie. Un arrêté royal déterminera les condi- 
tions auxquelles cette double exception doit être subordonnée.» 

Sur la proposition de Notre Ministre des finances, 

m 

Noos AVONS ARRÊTÉ ET ARRÊTONS : 

Art. 1«^. Les orfèvres et bijoutiers qui veulent fabriquer 
des ouvrages d'or et d'argent destinés â l'exportation à un titre 
inférieur à 750 millièmes pour l'or et à 800 millièmes pour 
l'aident, sont tenus, avant que les ouvrages soient achevés, de 
remettre au bureau de la garantie une déclaration préalable 
du nombre, de l'espèce et du poids de ces ouvrages et de 
souscrire l'engagement de les y apporter dans un délai à fixer 
de commun accord entre le contrôleur de la garantie et les 
fabricants, sauf recours au commissaire des monnaies en cas 
de contestation. 

Art. 2. Les ouvrages mentionnés à l'article précédent, après 
que l'identité en a été reconnue, sont emballés en présence 
du déclarant et de deux agents de la garantie. Les colis sont 
dûment plombés par la douane pour être livrés à l'exportation 
dans les formes ordinaires. 

Art. 3. Les dispositions des art. 1 et 3 sont applicables aux 
orfèvres et bijoutiers qui voudront fabriquer des objets d'or 



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— 92 — 

Notre Ministre des finances est chargé de l'exécation du 
présent arrêté. 
Donné & Laeken, le i"" juillet 1868. 

LÉOPOLD. 
Par le Roi : 

Le Minisire des finances, 
Frâbb-Obbar. 



^ 



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— 9! - 

natare du mëtal et le chiffre 4 ou 2 comme indication du 
titre de l'alliage. 

Toutefois la caractéristique du titre sera supprimée sur les 
types de dimension réduite. 

Abt. 2. La matrice du poinçon pour les matières d'or du 
premier titre portera un gothique minuscule, au centre 
duquel se trouvera le chiffre 1. La forme extérieure du 
poinçon sera celle d'un rectangle à angles, coupés. 

La matrice du poinçon pour les matières d or du second 
titre aura un gothique majuscule contenant au centre le 
chif5re S. La forme extérieure du poinçon sera ronde. 

Abt. 3. La matrice du poinçon pour les matières d'argent 
do premier titre portera un A gothique majuscule renfermant 
h rintérieur le chiffre 4 . 

La forme extérieure du poinçon sera celle d'un triangle à 
angles coupes. 

La matrice du poinçon pour les matières d'argent du second 
titre aura également un A gothique majuscule portant au haut 
et h droite le chiffre 2. La forme extérieure de ce poinçon sera 
celle d'un carré a angles coupés. 

Art. 4. Les matrices gravées d'après les types indiqués aux 
articles précédents et qui ont fourni les poinçons dont les 
empreintes sont annexées au présent arrêté sont approuvées ('). 

Art. 5. Les poinçons qui seront prélevés sur ces matrices 
seront employés pour la marque du titre des matières d'or et 
d'argent (■). . 

(*) y<nf' planche V. 
(') L*art. 180 do code pénal dispose : 
Seront punis de la réclusion : 

Ceux qui auront coDtrerait ou falsifié les poinçons servant à mar- 
quer les matières d*or ou d*argeDt; 
Ceux qui auront fait usage de.... poinçons contrefaits ou falsifiés. 



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- 94 



i 




KM PIÈCES D*OR. 




KM\ 












de 

25 FRANCS. 


de 

30 FRANCS. 


de 

iO FRANCS. 


TOTAL. 


de 

5 FRANCS. 


de 

%i PEARCS. 


2 


Heports. 


13,640,876 


20,522,060 


1,005,150 


35,168,085 


145,180,490 


6,803 »2 50 




1866 


» 


10,639.260 


• 


10,639,260 


» 


• 


1 


1867 


» 


26,826,140 


» 


26,826,140 


18,465,720 


» 




1868 


» 


27,634,980 


» 


27.634,980 


32,852,820 


9 




Total. 


13,640,875 


85,622,440 


1,005,150 


100,268,465 


196,499,030 


6,803,232 50 


1 



^ 


EM PIÈCEfl 


DE IVICKEI.. 


^i 


de 

20 CENTIMES. 


de 

iO CENTIMES. 


de 

5 CENTIMES. 


TOTAL. 


de 

10 CENTIMES. 


5c^ 


Report s. 


360,734 


4.189,317 30 


2,048,814 50 


6,598,865 80 


308,913 30 


2,6* 


1866 


M 


B 


M 


H 


» 




1867 


tt 


W 


m 


» 


» 




1868 
Total. 


• 


« 


m 


» 


» 




360,734 


4,189,317 30 


2,048,814 50 


6,598,865 80 


306,913 30 


2,64^ 



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— 95 - 



■ — 












f^ 


Obêervationê. 


r 


de 
SOcnmEs. 


de 

iDBFlUHC. 


de 
dOcEirrnES. 


TOTAL. 


5.«» 


2,7IM7»50 

MIB,fiOO » 

507,000 . 


616,700 75 

a 

• 


626,189 20 

» 
» 


105,045,025 05 
10,328,000 » 
33,202,720 » 
38,394,212 > 


(a) Dq l«r janvier 1866 jasqa'aa 
\*r décambre 1868, il a été relire da 
laeireoUtlon eieonvarti en monnaies 
divisionnaires aa titre da 0,835 de 
On: 
1,368,000 fr. en piéees de 2 1/2 fr. 
1,705,000 - 2 francs. 
1,558,000 -. 1 frane. 
814,000 -. 1/2 frane. 
204,000 - 20 cent. 




5,649,000 francs. 




7,«.«« 


616,760 75 


626,180» 


246,960,957 95 

















TOTAL GÉNÉRAL 

DES MOHRAIES DE TOUTE ESPÈCE 
bM«aéi» et Btes n drealitin. 


Obêeroations. 




de 

f CEUTOnS. 


TOTAL. 


DAR8 L'aIIRBE. 


DEPUIS 1832. 


163 60 


6IS,:S45 76 


7,118,810 71 


25,107,806 94 


218,930,287 46 






■ 


• 


20,067480 » 


234,897,547 46 




• 


■ 


« 


60,028,860 » 


294,026.407 46 




*• 

i 


» 


B 


66,029,192 » 


360,955,590 46 




L 


613,215 78 


7,118.310 71 









F 



Pour extrait conforme : 

Le contrôleur des monnaies, 

A. Bricbaut. 



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— 96 — 



MÉLANGES. 





La maison G.-J. Thieme de Leipzig publie, dans le 
n"" 16 de ses « Feuilles pour les amis de la numismatique, » 
une notice sur le territoire neutre de Moresnet et sur une 
monnaie historique de ce petit État libre. Nous laissons 
parler M. G. (*), l'auteur de l'article : 

a Depuis plus de cinquante ans, le territoire neutre de 
Moresnet présente une anomalie singulière dans le système 
des États européens. Le traité définitif du 9 juin 1815, 
art. 25 et 66, détermina la frontière de Prusse et des 
Pays-Bas vers Aix-la-Chapelle. Ces deux puissances con- 
firmèrent la décision par un traité particulier daté du 
26 juin 1816. Conformément au traité de Vienne, des 
lignes de démarcation attribuaient une partie de la com- 
mune de Moresnet aux Pays-Bas et une autre partie à la 
Prusse, mais les lignes tracées, il restait sans proprié- 
taire, à une lieue d'Aix-la-Chapelle, une manière de 

(*) Le docteur Gersdorf. 



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- 97 — 

triangle aigu, mesurant vers l'ouest mille quatre cent 
trente-trois verges, et du côté de l'est mille cinquante- 
cinq verges en longueur; au sud, la chaussée d'Aix-la- 
Chapelle & Liège clôt le tAangle sur une étendue de cinq 
cent cinquante et une verges ; la superficie du territoire est 
de mille quatre-vingt-huit arpents, sur lesquels, à Tépoque 
de la délimitation des frontières, se trouvaient disséminées 
une cinquantaine de maisons et de huttes comptant tout 
au plus deux cent cinquante habitants. Les deux puissances 
élevaient des prétentions sur la possession du triangle, non 
que, pris & sa surface, il présentât une grande valeur, 
mais à cause de la mine importante de calamine, appelée 
r Altenberg (Vieille-Montagne.) C'était là le fond du débat. 

De jour en jour, l'Altenberg rapportait davantage, et il 
convenait hautement à l'industrie du zinc de Belgique et 
de Prusse de le posséder. Un partage était impossible et 
l'on se décida à considérer le sol en litige comme territoire 
neutre, tout en gardant l'espoir de voir l'affaire se régula- 
riser un jour. Les ouvertures faites dans ce dessein ne 
donnèrent aucun résultat. 

Ce territoire qui n'appartient ni à la Belgique ni à la 
Prusse est donc possédé en société, et il a pu se garer de 
tous les changements que les lois politiques et judiciaires 
des deux États ont éprouvés depuis 1815. 

Toutes les formes de législation et d'impositions usitées 
au temps de la domination de Napoléon 1^' y sont encore 
en vigueur. Un commissaire belge et un commissaire prus- 
sien président à l'administration. 

Les actions civiles sont, au choix du demandeur, défé- 
rées à la justice de paix4)u au tribunal le plus rapproché. 

5«8iiu. — ToMitl. 7 



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- 98 - , 

La poursuite des délits est confiée par le bourgmestre, 
suivant les circonstances qui les caractérisent, à la justice 
de Belgique ou de Prusse. Les habitants, qui formaient un 
nombre total de deux mille sept cent trente-trois, en 1864, 
se répartissent en deux cent soixante-treize aborigènes, si 
Ton peut dire, soixante-cinq émigrants, mille cent quatre- 
vingt-six Prussiens, onze Allemands non prussiens, neuf 
cent six Belges et deux cent quatre-vingt-douze Hollandais. 
La Vieille-Montagne compte une église catholique, une 
école reconstruite, une cure et un bureau des pauvres ; les 
évangélistcs ont une église sur la partie prussienne du 
territoire de Moresnet. 

Une monnaie historique ayant trait à Moresnet neutra- 
lisée, nous vient d'être communiquée de la façon la plus 
obligeante. Elle porte au droit : SUB | DUPLICI j PRAE- 
SIDIO I LIBERTAS, 1848. Dans un grènctis, deux tètes: 
à droite, Léopold V% Roi des Belges ; à gauche, Frédéric- 
Guillaume IV, roi de Prusse ; sous lesdeux figures F. R. O, 
en petits caractères. 

Au revers, on voit les écus de Belgique, au lion, et de 
Prusse, à l'aigle. (Ici, l'auteur de la notice fait la remarque 
que l'écii de Prusse n'est point dessiné d*une manière 
complète. On constate, en effet, que, ainsi que le lion, 
l'aigle est sans couronne.) 

Un bâton portant le chapeau de la liberté sépare les 
écus, au-dessus desquels se voit la désignation de la 
valeur 2 F., et le symbobe de l'union, deux mains qui se 
serrent : Lég. COMMUNE LIBRE DE MORESNET. 

La pièce est fortement cannelée et pèse 10 gr. Nous 
ne sommes point parvenu à connaître le lieu de prove- 



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— 99 — 

nance de cette jolie et rare monnaie, et nous prions les 
personnes mieux instruites que nous de bien vouloir nous 
renseigner à cet égard. » 

Cam. p. 



Les journaux belges ont reproduit, d'après le Journal 
des Débats, une longue lettre de M. Michel Chevalier sur 
les tentatives que Ton fait actuellement pour parvenir à 
rétablissement d'une monnaie unique. Le savant français 
traite de main de maître et avec sa lucidité ordinaire cette 
grande question plus facile à résoudre qu'on ne le croit 
généralement et qu'on a beaucoup trop embrouillée, il 
établit, d'abord, comme axiomes, ou comme principes 
indiscutables, les points suivanls : 

1" Les monnaies ne sont et ne peuvent être que de véri- 
tables lingots dont la marque établit et certiGe le titre et 
le poids. 

S*" Leur valeur n'est que celle du métal précieux, l'or ou 
l'argent, qu'elles contiennent. 

3" L'existence d'un double étalon est impossible. Le 
rapport de valeur de deux métaux, rapport essentiellement 
variable, ne peut être fixé par une loi. 

i* Les monnaies ont commencé par être des poid.^. 
Quand elles ont cessé d'être identiques aux poids, elles en 
ont même conservé les noms : drachmes, livres, etc. 

La France, qui a un système monétaire absurde, qui a 
deux métaux, l'or et l'argent, dans le rapport forcé de 
I à 15 7<y qtii a deux espèces de monnaies d'argent à des 



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— iOO — 

titres différents, voudrait faire adopter, hic et nunCf son 
système aux autres pays. Elle doit échouer, dit M. Cheva- 
lier, auprès de l'Angleterre et des Etats-Unis. Ces deux 
grands pays de la circulation, qui ont l'or pour seule 
monnaie, ne voudront pas, d'ailleurs, un peu par fierté 
nationale, endosser l'uniforme français, prendre la pièce 
de 20 francs ou une pièce future de 25 francs qui ne 
seraient pas des multiples du gramme, qui seraient étran- 
gères au système métrique, système auquel l'argent seul se 
rattache. 

M. Chevalier propose donc d'adopter pour unité moné- 
taire universelle le gramme d'or, en laissant à chaque pays 
la faculté de frapper tels multiples du gramme qu'il juge- 
rait convenable. Il admettrait même pour les grands paye- 
ments, l'usage de gros lingots , certifiés et marqués. Au 
surplus, pour ces grands payements, l'usage s'établirait, 
sans doute, de peser la masse et d'établir ainsi le nombre 
de grammes. 

Ces idées sont celles que nous avons, à diverses reprises, 
émises dans la Revue, et récemment encore, à propos 
d'une brochure de M. Léon. {Voir le volume de 1868, 
page 345.) Le grand obstacle à toute transaction, à toute 
conclusion, c'est que la France ne veut transiger en rien et 
que toutes ses propositions se Liornent à ces trois mots : 
prenez mon ours. 

R. Ch. 



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— iOi — 



, PANTASTIflu^ 
;*Bne..PersiI*S 




A l'exemple de ce que faisait, il y a quelques dix ans, 
la Société des Joyeux, M. Gbémar, artiste aussi connu par 
son talent que par son caractère humoristique, s'est ima- 
giné de parodier de la façon la plus comique et souvent 
la plus heureuse, les principaux peintres contemporains. 

Il a fait de cette singulière galerie, qui défie l'analyse, 
une exposition au bénéfice des pauvres ; et pour en perpé- 
tuer le souvenir et tout à la fois parodier aussi la numis- 
matique, il a fait frapper la médaille ci-dessus, dont il 
pourrait bien être l'auteur anonyme. 

R.Ch. 



Parmi les médailles remarquables qui ont paru depuis 
quelques années, nous nous plaisons & signaler celle que la 
colonie italienne du Pérou a ofierte aux docteurs Augustin 
Nélaton et Ferdinand Zanetti, pour les remercier des soins 
donnés par eux au glorieux vaincu d'Aspromonte. 

Cette pièce de grand module (60 millimètres) offre, d'un 
côté, la belle et énergique tête de Joseph Garibaldi ; de 
l'autre, le serpent d'Esculape dans une couronne de lau- 
riers, el accosté des instruments de chirurgie qui ont servi 
à extraire la balle du talon du nouvel Achille. 



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— 102 — 

Aulour : AD AUGUSTE NELATON E A FERDI- 
NANDO ZANETTI. A l'exergue : GLI ITALIANI IN- 
COLI DEL PERU RICONOSCENTI DD. 1862. Un 
exemplaire d'or a été offert à chacun des deux docteurs. 
Il en existe un petit nombre d'épreuves en cuivre. Cette 
belle médaille, gravée par L. Seregni, attaché à la monnaie 
de Milan, a été frappée dans cet établissement, en 1864. 

R.Ch. 





Les Français ont toujours eu une prédilection marquée 
pour la lanterne. Précurseur de la guillotine, elle servit 
d'abord à propager et à inculquer les immortels principes 
de quatre-vingt-neuf: on y accrochait les aristocrates, au 
chant du « Ça ira ! « 

Aujourd'hui c'est la lanterne qu'on accroche à tout, qu'on 
assaisonne à toutes sauces. Breloques de montres, pendants 
d'oreilles, boulons de chemises, lanternes, toujours lan- 
ternes! On en fait des boites, des étuis; on l'imprime, 
comme les chevaux des Benoiton, sur les étoffes; les 



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— i03 — 

pommeaux de cannes, les foyers de pipes prennent la 
forme des lanternes. La numismatique ne pouvait échapper 
à cette contagion. Voici Fempreinte d'une espèce de jeton 
qu'on nous a récemment communiqué et dont rien n'in- 
dique la destination. Celte pièce d'une gravure soignée et 
parfaitement frappée, parait être de fabrique anglaise. 

R. Ch. 



On a trouvé, Fliiver dernier, dans un jardin potager 
près d'Utrecht, un florin d'or inédit de Zweder (Assuerus) 
de Culenbourg, évéque élu d'Utrecht en opposition à 
Rodolphe de Diepholt. Cette pièce est une copie servile du 
florin d'or de l'évéque Frédéric de Blankenheim, 

G. F. G. Meyer. 



Le n** 4 — juillet et août — de la Revue numismatique 
française se compose des articles suivants : 

1* De quelques espèces de monnaies grecques men- 
tionnées dans les auteurs anciens et dans les inscriptions 
(3' article), par M. F. Lbnormant, 1 1 pages. 

2** Mélanges numismatiques, iv. Médaillons contor- 
niates inédits, par M. Cu. Robert, 14 pages et une 
planche. 

Dans cet article, si plein d'érudition, M. Robert décrit et 
explique quatre médaillons contorniates des plus curieux. 
Cest un supplément indispensable au grand ouvrage de 



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— 104 — 

M. Sabalîer sur cette singulière série des médailles romaines. 

Z" Examen de documents apocryphes relatifs aux mon- 
naies. Monnaie du Mans, par M. A. de bARTUÉLEiir, 
10 pages. 

Il s'agit, ici, de deux diplômes dont M. de Barthélémy, 
contrairement k l'opinion de M. Hucher, conteste l'authenticité; 
une charte de Thierry accordant k l'évéque du Mans le droit 
de frapper monnaie, et une autre charte de Louis le Débon- 
naire lui reconnaissant et lui confirmant le même droit. 

4"* Monnaies de Charles VI el de Charles Vil, rois 
de France, frappées à Gènes, par M. A. de Longpébier, 
13 pages et deux planches. 

K^ Histoire monétaire d'Alphonse, comle de Poitiers et 
de Toulouse, par M. Edg. Boutabig, 18 pages. 

6» Chronique^ 6 pages. 

On trouve, sous cette rubrique, une réclamation de M. le 
D' P. Becker, professeur k Odessa, contre un plagiat dont il se 
dit victime et qui serait d'une audace Inouïe. 

M. Becker fit imprimer, en 1852, un mémoire en langue 
russe sur une monnaie inédite de Titis de Biihynie. Ce 
mémoire, un peu abrégé, fut donné par lui, en allemand, dans 
les Archiv fur Philologie und Pâdagogikf tome XIX, p. 189 
àâ09. 

En 1864 et 1867, un M. Alex. Boutkowski fit paraître h 
Paris et k Heidelberg, sous le titre : Recherches historiques sur 
la ville de Tium, en Bithynie, et monographie de plusieurs 
médailles inédites de cette ville, etc., deux brochures succes- 
sives qui, selon M. Becker, ne sont que la traduction littérale, 
de son mémoire russe et de son abrégé allemand. Le plagiaire 
a même été jusqu'à reproduire les . fautes d'impressîon qui 
se trouvaient dans son modèle. 



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Vaici une drconsUinoe assez plaisante que rap|).)rte l'auteur 
russe. M. Boutkowski prëtend qu'il a reçu Pexep^plaire décrit 
par lui de la monnaie de Tius « d'un de ses cori /^pondants de 
ri]e de Leucé » (île des Serpents). 

Or, cette ilc, toujours d'après M. Becker, n'est qu'un rocher 
désert, stérile, sans eau, sans arbres et qui n'est habité que 
par des oiseaux de mer qui y font leurs nids. Il en conclut 
que le correspondant de M. Boutkowski ne peut être qu'un 
canard. 

R. Gh. 



The numismalic chronicle and Journal of the numismatic 
Society. 

Le n"* XXX de la nouvelle série de cette importante revue 
renferme les articles suivants : 

1** Monnaies des successeurs d'Alexandre en Orient. 
Première partie. Les rois grecs de la Bactriane, du Korassan 
et de l'Inde, par le major général A. Cunningham, 45 pages, 
avec une planche représentant les anciens alphabets arias 
et indiens. 

^ Sur des monnaies anglo-saxonnes et des bijoux d*or 
et d'argent trouvés à Trewhiddie, près de St-Austell 
(Cornwall) en 1774. Et quelques observations sur d'au- 
tres trésors anglo-saxons, par Jonathan Rashleigh, esq., 
4S pages. 

3* ChroaU de Henri IV, Henri V et Henri VI, frappés à 
Londres et à Calais, par J.-F. Neck, Esq., 22 pages et une 
planche. 

A"" Mélanges et publications nouvelles. 

R. Ch. 



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— i06 — 

On trouve dans la deuxième livraison du Mémorial 
numismatico espaiiol, de 1868 : 

l"" Une monnaie inédite d'Ebusus (File d'Ivica), par 
M. Alvaro Campaner y Fuertbs, 32 pages et 2 planches. 

S*" Complément à la numismatique hispano-sarde^ par le 
même, 1 1 pages et une planche. 

3"* Monnaies espagnoles du moyen âgeinédites, 23 pages 
et une planche, par M. Arthur Pedrala y Moliné. 

i"" Correspondance. — Supplément à la liste des médailles 
de proclamation, donnée dans le numéro précédent, 5 pages. 

5' Mélanges, annonces de publications nouvelles, etc., 
9 pages. 

R.Ch. 



Der Kawallener Silberfund, Mûnzen und Schmucksiûckej 
um das Jahr lOiO nach Christi Geburt vergraben. 
Nebst eitiem Anhange ûber eineti SUberfund von 
Schimmerau, in-4<>; 7 pages et une planche. 

Dans celte notice, sans doute extraite d*une revue ou 
d'un recueil académique allemand^ M. le D' Julius Fried- 
laender, directeur du cabinet royal des médailles, à Berlin, 
décrit des monnaies inédiles et Tort curieuses trouvées, 
en 1867, à Kawallen, cercle de Trebnilz, et à Schimmcrau, 
dans le voisinage de la même localité. Toutes ces mon- 
naies, à l'exception d'un denier d'Ution, frappé à Deventer 
(Daventria), sont étrangères aux Pays-Bas. 

R.Ch. 



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— i07 — 

Le deuxième volume du grand et splendide ouvrage de 
M. Aloîs Heiss sur les monnaies chrétiennes de THlspagne, 
vient, dit-on, d'ôire terminé. Pourvu que les (roubles qui 
agitent la Péninsule permettent à l'auteur de mener à 
bonne fin son immense entreprise ! 

H.Ch. 



Die wichtigsten Exemplare in meiner Samtnlung Rômis- 
cher Mttnzen, von D'ëlderling. II. Abtheilung. Munzen 
DBS RoMJSCHEN Kaisbrreiches. Fùnfte Fortsetzung. Luxem- 
burg, V. Buck, 1868, in-4% 2 planches. 

Dans ce cahier, M. le D' Elberling continue la descrip- 
tion des médailles romaines les plus remarquables de sa 
riche collection. Voici les noms des empereurs et des 
impératrices dont les monnaies sont décrites : Severus 
Alexander, Sallustia Barbia Orbiana, Julia Mamaea, Maxi- 
minus I (Thrax), Paulina, Maximus, Gordianus Africanus 
pater, Gordianus Africanus filius, Balbinus, Pupienus, 
Gordianus III, Philippus pater, Marcia Otacilia Severa, 
Pbilîppus filius, Pacatianus, Trajanus Decius, Etruscilla, 
Herennius Decius, Hostilianus, Trebonianus Galius, Vo- 
lusianus. iEmiiianus, Cornelia Supera, Valerianus pater, 
Mariana. Les deux planches marquées IX et X donnent 
les dessins de K7 pièces de différents modules cl de diffé- 
rents métaux. 

Cam. P. 



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— i08 — 

La Monnaie de Bruxelles a fabriqué, pendant Tannée qui 
vient de s'écouler, 37,000,000 de pièces de Dtect CetUesimi 
en bronze, à l'effigie de VITTORIO EMANUELE II RE 
D'ITALIA. 

Ces monnaies représentent une valeur nominale de 
3,700,000 francs et un poids total de 369,907 kilo- 
grammes, 213 grammes. 

A. Br. 



Notre savant chimiste, M. Jean-Ser>'ais Stas, commis- 
saire des monnaies, à Bruxelles, ayant été, dans le courant 
du mois de juin dernier, visiter la Monnaie d'Utrechi, eut 
l'occasion de rendre quelques services à cet établissement. 
Pour l'en remercier, MM. les commissaires généraux de 
la Monnaie des Pays-Bas firent frapper la médaille dont 
nous donnons ici l'empreinte et renvoyèrent à M. Stas, peu 
après son retour à Bruxelles, comme un témoignage de 
leur reconnaissance. Cette médaille est très-rare et n'a été 
frappée qu'à un très-petit nombre d'exemplaires. Nous 
avons été heureux d'en obtenir un et de pouvoir ainsi la 
reproduire dans cette revue. 

Cam. p. 



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— 109 — 



qVft.NOVIT 
DOCVIT 

SVPERIDBA 
PETIT 



^ MÛN£T£.I1BVXELL£}«S] 
Pfl£FlCTO 
SI£.VII.llfTB.KAI'lfl<Il 
^ MDCCCIiXTIlt ^ 

^lYLTB*|ECTIIIAai.VlSlTANTl 

. DECLEV£EM^T 



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— ilO — 

L'importante opération de la refonte des monnaies de 
cuivre, faite en France, de 1852 si 1855, a fourni à 
M. E. Dumas, ancien directeur de la Monnaie de Rouen et 
directeur de la Monnaie de Bordeaux, le sujet d*un mémoire 
fort curieux qui a paru Tannée dernière, sous le titre de : 
Notes sur l'émission en France des monnaies décimales de 
Bronze, Imp. impériale, in-4'* de 107 pages, avec nom- 
breuses figures dans le texte. 

R. Ch. 



On trouve dans le n"" 5 (juillet et août 1868) du Bullei- 
tino di numismatica italiana, de M. Caucich. 

l"" Un mémoire de M. Attilio Poriioli, sur la monnaie 
de Mantoue. Cet article sera continué. 

^ Une médaille d'or de Guidobaido II, duc d'Urbain 
(1538-1574), avec une vignette, par M. A. R. Caucich. 
Cette médaille porie, au revei*s, le plan d'une enceinte 
bastionnée. Elle a dû être frappée, entre les années 1553 
et 1555, en mémoire des travaux que le duc avait fait 
exécuter aux fortifications de Sinigaglia ou Senigallia, port 
de mer dans le duché d'Urbain. 

3* La première partie d'un article sur la monnaie 
d'Ascoii, par M. ërnesto Tambroni Armaroli. 

i"" Un article de M. Caucich, sur une monnaie inédite, et 
jusqi/à présent unique, des comtes de Santa Fiora. 

5" Revue bibliographique et variétés. 

Le numéro 6 du même recueil, qui termine la deuxième 
série, contient la suite du mémoire sur les monnaies de 



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Mantoue; la suite, également de la notice sur les monnaies 
d'Ascoli, avec une planche; une lettre de M. CarloKunzà 
H. Caueicby sur une monnaie de Fabriano; enfin, une 
note de M. A. Bruti sur une monnaie inédite d'Ascoli 
(Pieeno). La direction du Bullettino termine cette livraison 
par un nouvel appel aux souscripteurs, et réclame le 
concours des amateurs et des numismates. On y trouve la 
liste des tuêociati (souscripteurs) ; renseignement précieux 
que nous désirons donner depuis longtemps pour la Revue 
belge, mais que nous ne pouvons obtenir de MM. les 
libraires. R. Ch. 



Mémoire mr ta composition chimique des monnaies néer- 
landaises et sur ta volatilisation de l'argent ; par 
A.-D. Van Riemsdijk, docteur és-scienccs, essayeur- 
adjoint à la Monnaie royale des Pays-Bas. (Extrait des 
Archives néerlandaises, t, III, 1868.' 38 pages in-8<». 

Curieux et savant mémoire sur les divers procédés 
employés pour approcher, le plus possible, du titre fixé 
par la loi, dans la fabrication des monnaies. L'âu(eur rend, 
dans ce travail, pleine justice aux recherches faites, et 
aux méthodes inventées par notre célèbre chimiste 
M. J.-S. Stas, commissaire de la Monnaie de Bruxelles. 
Il constate que, grâce à ce « coryphée de la science, » les 
pièces belges sont de toutes les monnaies modernes qu'il 
a eu Foccasion d'essayer, celles dans lesquelles la propor- 
tion d'oxygène est la plus faible. 

R. Ch. 



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— 112 — 

Berliner Blâtterfur Mûnz- Siegeh und Wappenkunde, XI*' 
und XIP' Heft. (Vierten Bandes, zweites und drittes 
Heft.) Berlin. Perd. Schneider^ 18Ç6, in-8% 8 planches. 

La dernière livraison delà Revue berlinoise de numisma- 
tique forme un gros volume de près de 2S0 pages. Voici 
les titres des vingt-quatre articles qu'elle contient: 

l"" La septième année égyptienne du gouvernement 
d'Aurélieny par le D' Alfred von Sallet; 

2** Surles prétendues monnaies phéniciennes dcNeapolîs 
en Campanie, et sur quelques monnaies italiques de décou- 
verte récente^ par M. le D' Jclius Friedlaender ; 

3" Une fille de Niobé sur une médaille de Béotie, par le 
même ; 

4<> Article pour servir à l'étude de la numismatique 
ancienne. — Le sigle l sur les monnaies égyptienne?, par 
le même ; 

5*" Les Comnénaies de Trébisonde, par M. G. Blad; 

6" Monnaies inédites du moyen âge : Schwarzbourg^ 
Schlotheim, Querfurt,Thuringe, Reinstcin*Blankenbour{;, 
Stolberg, Wernigerode, Mansfeld, Quediinbourg, Goslar, 
Brème^ par M. H. Dannenberg ; 

7° Fragments pour servir à Thisloire monétaire de la 
Prusse, par M. Vossberg; 

8'' Une monnaie du Woiwode de Valachie, Radou lil, 
par M. J. Jversen; 

9° Cesare Fiore et ses médailles, par M. le D' von 

DUISBURG ; 

10*" Les œuvres du médailleur Frédéric Hagenauer, par 
le même; 



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i 1* Les prétendues monnaies de Misocco, du catalogue 
Wellenheini, par M. C. F. Trachsel ; 

19* Les pièces de trois polcher de Jean-Casimir de 
Pologne, par Bf . J. Iversen ; 

1«V Médailles données par Pierre le Grande article de 
M. le baron B. de Kobhne ; 

14* Médailles hongroises du couronnement de 1867, 
par M. le cbev. de Bergmann ; 

15* Monnaie d'or inédite de l'ordre Teutonique en 
Livonic ; 

16* La numismatique à l'exposition universelle de 
Paris ; 

17* Sceau de René d'Anjou, seigneur de Mézières, par 
M. le baron B. de Koehne ; 

18* Les sceaux des régiments suisses au service de 
France, par M. le baron B. de Koehne; 

19* Mélanges. — Le savant directeur de la Revue de 
Berlin y consacre quelques lignes d'éloge et de regret à 
notre honorable confrère, M. Aip. Vandenpeereboom, qui 
s'est retiré, il y a à peu près un an, des affaires publiques, 
et qui pendant qu'il était ministre de l'intérieur, s'est 
signalé par la protection éclairée qu'il donnait aux beaux- 
arts et à l'archéologie ; 

30* Les monnaies de nécessité de Munster et d'Erfurt, 
par M. Schlickeysen ; 

21* Un plagiat. — il s'agit d'une brochure de M. le 
professeur Paul Becker, sur une monnaie inédite de Tins 
de Biihynie, que M. Alexandre Butkowski a ù peu près 
littéralement traduite et publiée sous son nom ; 

23* Les dernières monnaies ; 

5* séRii. — ToMB I. 8 



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— 144 — 

iZ" Les dernières médailles : 

W Et enfin une revue critique très-complète et dont la 
plupart des articles sont dus à M. le baron B. de Koeune. 

Cam. p. 




LArt gaulois ou les Gaulois d'après leurs médailles^ par 

M. E. HUCHER. 

Ce singulier et important ouvrage, dont nous avons eu 
déjà plusieurs fois occasion de parler dans la Revue, vient 
d'être terniiné. Aux cent et une planches^ représentant des 
monnaies gauloises grossies à la loupe, ainsi qu'on le fait 
pour différents objets d*histoire naturelle et de botanique, 
l'auteur a joint un texte explicatif trèsH^urienx et qu'on lit 
avec le plus vif intérêt. 

Maintenant, M. Hucher, qui, dans ce volume, s'est prin- 
cipalement occupé des monnaies du centre de la France^ 
sollicité par un grand nombre de ses souscripteurs de 
compléter son œuvre, en traitant également des pièces du 
midi et du nord des Gaules, s'est décidé à entreprendre 
une nouvelle série complémentaire de cent planches qui, 
par souscription, ne coûtera que 20 francs. (le prix, d'une 
modicité à laquelle on n'est pas habitué en France, pour 
des ouvrages de numismatique, engagera^ sans doute, un 
grand nombre d'amateurs à se procurer la nouvelle série 
— qui «era la dernière — des monnaies gauloises de 
M. Hucher. Disons, enfin, que les souscripteurs à cette 
série auront le droit d'obtenir, au même prix de 20 francs, 
le premier volume qui, seul* en coûte 30. 

R.Ch. 



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— ii5 — 

Le deuxième fascicule du Dictionnaire d'archéologie 
gauloise, que publie la Commission des Gaules, contiendra 
une innovation importante au point de vue de la numisma- 
tique. C'est la reproduction des types, par découvertes 
authentiques et en nombre. On y trouvera les pièces 
recueillies à Alise, à la Ville-Neuve au-Roi, au Mont- 
Bauray, près d'Autun, etc., avec le nombre de chaque 
type. Cette innovation, due à M. Anatole de Barthélémy, 
secrétaire de la Commission, sera accueillie avec plaisir 
par tous les travailleurs. 

R. Ch. 



Souvenir des fêtes anniversaires de septembre 1868. 

Une polémique s'est engagée dans ces derniers temps, 
entre des journaux du pays, au sujet d'une médaille que 
l'un d'eux proposait de frapper, en l'honneur du prince 
royal, à l'occasion des fêles anniversaires de septembre 1830. 

Sans entrer dans l'examen des opinions émises, alors, 
sur l'opportunité de cette démonstration, nous nous conten- 
terons de donner ici l'empreinte de la médaille. Suspendue 





à un ruban tricolore belge, elle en en métal britannique, 
sans date ni nom de graveur, et mesure 24 millimètres. La 



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— lie - 

face^ à l'effigie du prince, porte cette légende, Léopold- 
Ferdinand, duc de Brabant, comte de Hainaui, né le 21 
juin 1859. 

Le revers est aux armes du royaume avec la devise 
nationale en chef 

l'union fait la force. 

Cette œuvre éphémère a reçu un accueil sympathique de 
la part des gardes civiques et surtout des riflemen anglais 
fraternisant avec toute la population belge. Les circonstan- 
ces lui donnèrent un petit reflet politique. 

A. Br. 



Collections de l'hôtel des Monnaies de Bruxelles. 

En Belgique où les études historiques ont pris un essor 
qui a si heureusement coïncidé avec notre régénération 
politique, l'organisation bien entendue d'un dépôt de coin?, 
poinçons et matrices de monnaies, médailles, jetons, 
sceaux, cachets et timbres appartenant à TËtat, ne pouvait 
manquer d'appeler sérieusement l'attention du Gouverne- 
ment. 

Par arrêté du Ministre des finances, en date du 29 jan- 
vier 18K2, une commission fut chargée « de la description 
<c et du classement des matrices, coins de médailles et 
«c d'aneiennes monnaies. » Le catalogue de ces objets 
précieux à plus d'un titre, comprenait à cette époque, 
2,215 articles («). 

(*) Catalogue du dépôt des coins, poinçons et matrices. Bruxelles, 
Heossuer, libraire, place SaiDte-Gudule, 46. In-8o. 



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— ii7 — 

Le Département de rintérieur, continuant avec suite et 
persévérance Tentreprise commencée, a successivement 
doté le dépôt de l'hôtel des Monnaies de : 

V Cent quarante-neuf pièces, poinçons, matrices, etc., 
dus au burin de Van Berckel ; 

2* Deux cent cinquante-sept pièces représentant l'œuvre 
à peu près complète de Braemt ; 

3' Un nombre & peu prés égal de coins gravés par 
Jouvenel ; 

4* Une autre œuvre, laissant encore quelques lacunes 6 
combler, comprenant les quarante-quatre pièces de dix- 
huit médailles gravées par Veyrat et ayant, pour la plupart, 
trait à l'histoire nationale et à l'époque de la révolution 
de 1830; 

5** Soixante et dix coins de grandes médailles historiques 
signés Jacques et Léopold Wiener, Alex. Geefs, Harl, 
Leclercq, Dargent ; 

Enfin, plus de deux cent soixante et dix médailles gravées 
en Belgique. 

Grâce donc à la sollicitude et aux sympathies du Gou- 
vernement, le dépôt de l'hôtel des Monnaies renfermera 
un jour, réunis en un seul faisceau, les monuments épars 
de notre histoire numismatique. 

A ces dons sont venus se joindre d'autres objets spéciaux 
dus à la générosité intelligente d'administrations commu- 
nales, de sociétés et de particuliers. 

Puisse cet exemple trouver de nombreux imitateurs. Ces 
accroissements qui promettent encore une si riche moisson 
aux hommes studieux élèvent l'inventaire du dépôt à près 
de trois mille numéros. A. Br. 



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— 418 — 

On assure que la commission des coins, dont il est 
parlé ci-dessus, sera prochainement réorganisée et que le 
Musée, à l'exemple de ce qui se fait à Paris, deviendra 
accessible au public, sous la garde et la responsabilité 
d'un des membres de la commission. Nous ne pouvons 
qu'applaudir à ce projet. 

L. D. 



Le 1 8 janvier prochain, commencera à Paris la vente de 
la belle collection de médailles grecques, romaines, etc.^ 
des pierres gravées, des ivoires, bronzes, antiquités, sceaux, 
terres cuites, émaux, etc., délaissés par feuM.Badeigts de 
la Borde. Le catalogue de cette importante collection, 
rédigé par M. Henri Cohen et orné d'une belle planche 
gravée par L. Dardel, se distribue chez M. H. Hoffmann, 
expert, 17, rue Bleue, chargé de diriger la vente. 

R. Ch. 



Par arrêté royal, en date du 15 décembre 1868, la 
décoration de seconde classe des travailleurs industriels a 
été décernée au graveur ordinaire de la Revue, M. Pierre 
de Cleermaccker. L^arrété indique, comme un des motifs 
do cette distinction, les travaux faits par de Cleermaeckcr 
pour la numismatique. 

R.Ch. 




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- H9 - 

MvRZSTUDiEN. — Neue Folge der Blàtter fur Mûnzkufide. 
Herausgegeben von H. Grote. — N** XIX, siebenter 
Band, ersles Heft. Leipzig, Hahn*sche Verlagshandiung, 
1868, in-S"* et 5 planches. 

La dernière livraison des Études numismatiques de 
M. le D' Grote, contient les articles suivants : 

1** Les monnaies des comtes et ducs de Berg. 

Ce travail sur les monnaies du comté de Berg, près du 
Rhin, intéresse tout particulièrement la numismatique des 
Pays-Bas. II est suivi d'un essai sur les mounaies de l'ab- 
baye de Siegboui^ ; 

¥ Les monnaies des comtes d'Arnsberg; 

3* Monnaies de Trêves. — Obole de Coblence, Moneta 
Wissensis ; 

4* Découvertes de monnaies à Siedenbourg, à Rahden 
et à Volkmarst ; 

6* Étude sur les monnaies du 11*" siècle, portant l'ins- 
cription néerlandaise hier steit de Bischop ; 

7® Un denier indéterminé de Westphalie ; 

8* Projet de législation monétaire 3 

9" Biographie de M. le D' Hermann Grote. — Médaille 
gravée par M. Bremer en l'honneur de ce numismate. 

Gam.P. 



Die MOnzen und Medaillen Bonn's, beschrieben von 
£. A. WuERST. Bonn, 1868, in-4% 2 planches. 

M. Wuersty un des dignitaires de Pexcellente Société des 
Antiquaires du Rhin, vient de publier la Description des 



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médailles et des monnaies de la ville de Bonn. On sait 
que celle ville relevait de l'archevêché de Cologne, dont 
elle fut en quelque sorte le satellite. 

Nous avons pour l'époque franke deux triens d'or avec 
bonafitur et bonnacasti; le triens de la collection impériale 
de Vienne, avec la légende civitas boncolunia^ est généra- 
lement attribué à Cologne. Nous passons les monnaies de 
Charlemagne, de l'empereur Sigismond et des évéques, 
pour arriver aux quatre précieux esterlins de la biblio- 
thèque royale de Bruxelles, décrits par M. Wuerst dans le 
premier supplément de son ouvrage. Voici ses paroles : 
« Ces esterlins, inédits jusqu'à présent, sont d'un intérêt 
tout particulier et fournissent la preuve que la ville de 
Bonn a appartenu pendant quelque temps au duc de 
Brabant-Limbourg. Ce dut être apparemment dans les 
années 1288 et 1289, peu avant et peu après la bataille 
de Woeringen. » Ces quatre monnaies frappées au nom 
du duc de Brabant-Limbourg, portent, au revers, moneta 
bunnensis et civitas bunnensis. 

Cah. p. 



M. leD' C. J. Tornberg a publié, dans le dernier volume 
de la Revue orientale d'Allemagne, une notice sur les 
découvertes de monnaies arabes, en Suède. Depuis 
l'année 1861, il a examiné plus de quatre mille dirhems 
provenant de vingt-sept fouilles différentes, faites toutes, à 
l'exception de quatre qui s'opérèrent sur le continent^ dans 
l'ile de Gotland. Les monnaies décrites par le savant 
orientaliste, d'après son ouvrage intitulé Symbolœ ad 



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— i21 — 

retn numariatn Muhamedanorum, Upsaliae, 1862 appar- 
tiennent aux classes suivantes :IOuma!ades; Il Abbasides; 
VlTahîrides; VlISaffarides: VIP Ahmed-ben-Abdallàh ; 
IX Samanides; Jahia ben-Ahmed ; X Ënderâba 26S, 
Enderèba290; XIV Bouweihides: XV Hamdanides; 
XIX Merwanides et Ali ben-Mouhammed. 

Cam. p. 



Nous croyons être agréable aux collecteurs de monnaies 
orientales, en leur signalant un court, mais trè^-intéressant 
et très-substantiel article de M. le D' G. J. Tornbcrg, 
et publié daus le dernier volume de la Revue orientale 
d'Allemagne, pp. 626-632. Il a trait à ce que Ton appelle 
communément des désignations de valeur sur les monnaies 
mahométanes. INotre savant confrère s'attache à combattre 
l'opinion de M. le professeur Meier ; il voit dans la plupart 
des signes mystérieux et abréviatifs que l'on considérait 
comme indiquant la valeur et Taloi de l'argent, de simples 
souhaits de prospérité, des devises comme «* la justice fait 
la force^ » etc. Il ne nous appartient pas d'entrer dans , 
d'autres détails : nous nous contenions de prendre noie 
pour nos lecteurs d'un travail que le nom de son auteur 
leur recommande. 

Cam. p. 



Notre jeune et intelligent collaborateur, M. Camille 
Picqué, secrétaire de la Société royale de numismatique, 



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— i22 — 

vient de donner & la Revue trimestrielle (*) un excellent 
article de 12 pages sur Vuniformité monétaire. M. Picqué 
analyse el apprécie, dans ce travail, les deux lettres de 
M. Michel Chevalier h M. Berlin, et la brochure de 
M. Léon, signalée dans le volume de Tannée dernière. 
Nous avons été heureux de voir M. Picqué adopter el 
soutenir des principes que nous croyons être vrais et 
qui sont ceux que nous avons à diverses i*eprises défendus 
dans ce recueil. 

R.Ch. 



Un petit journal, qui se publie à Bruxelles, sous le 
titre les Nouvelles du Jour contenait dans le n** du 23 
novembre dernier, un article fort bien fait el très-agréable- 
ment écrit, sur les diverses opérations auxquelles donne 
lieu la fabrication des monnaies belges. Cet article, de 
trois petites colonnes d'impression, en apprend plus, sur 
cet objet, que maint gros volume ; il a sur eux l'avantage 
d^étre parfaitement intelligible, d'éviter les termes techni- 
ques, les formules dites savantes, faites, comme le latin de 
Molière , pour stupéGer et (en argot moderne) épater les 

profanes. 

R. Ch. 

(') Cette publication périodique qui, depuis près de quinze ans, sous 
)a direcliOD de M. Van Bemmel, a rendu aux lettres les plus grands ser- 
vices, va cesser de paraître. Elle laissera une lacune difficile à combler. 




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— i23 -. 

— On sait que la Grèce avait manifesté, il y a quelques 
temps déjà^ Tintention d'adhérer à la convention moné- 
taire de 1865. Les quatre puissances signataires avaient 
consenti, et Ton se disposait à signer, lorsqu'une difficulté 
s'est présentée. D'une part, il était impossible à la Grèce 
de supprimer immédiatement ses anciennes monnaies en 
circulation, et d'autre part, il n'était pas moins impossible 
à la France, à l'Italie, à la Suisse et è la Belgique d'auto- 
riser la circulation chez elles de ces vieilles monnaies 
grecques. Comment faire? Après de longs pourparlers, il 
vient enfin d'être convenu que la Grèce sera admise dans 
la convention monétaire, que ce pays sera autorisé & con- 
server ses anciennes monnaies jusqu'au 1"^ janvier 1878, 
mais que ces monnaies n'auront pas cours en dehors du 
pays. — C'est peut-être ici le moment de rappeler que 
l'adhésion du saint-siége à l'Union n'est pas encore chose 
consommée ('). 

{Écho du Parlement, S nov. 1868.) 



(>) Si radhésioD da saint-siége à rUoion n*e8t pas encore consommée 
en droit, elle Test en fait, puisque , depuis deux ans , le gouvernement 
romain fait frapper des pièces de deui francs, d*un franc et de cinquante 
centimes, conformes à celles de France, de Belgique, etc. Il est encore 
an autre gouvernement qui a accédé indirectement à TUnion, c*est la 
principauté de Monaco. Par le traité du 9 novembre 4865, art. 47, le 
prince s'est engagé éventuellement à ne faire forger ses monnaies qu'à la 
Monnaie de Paris, et à les faire égales de poids et d'aloi aui pièces fran- 
çaises. Jttsqu*ici il n*a pas, que nous sachions, fait usage de ce droit. 



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— 124 — 



KÉGR0L06IE. 



Dominique Philibert Van Miert^ né à Mons, le 2 jan- 
vier 1796, et décédé dans la même ville, le 1*' avril 1868, 
faisait partie de notre Société depuis sa fondation. Il était, 
depuis longtemps, le seul amateur qu'il y eût à Mons, et 
sa profession de pharmacien, qui le mettait en rapport 
avec beaucoup de monde, qui le forçait d'être, toute la 
journée, accessible au public, lui avait procuré de grandes 
facilités pour accaparer les trouvailles qui se faisaient dans 
les environs. Van Miert réunissait un peu de tout, mais 
il s'attachait de préférence aux médailles romaines. 11 en 
forma une suite assez nombreuse qu'il a léguée à son 
neveu, ainsi que ses autres collections. 

Il avait été successivement major de la garde civique, 
membre du conseil communal, de la chambre de com- 
merce, de la commission médicale du Hainaut, etc., etc. 

R. Ch. 



Hiver, président de chambre à la Cour d'appel de 
Bourges, est décédé dans cette ville, le 7 octobre dernier. 
C'était un amateur passionne, ce qu'on appelait jadis un 
curieux. Vieux meubles, livres précieux, médailles, il 
colligeait tout, mais avec science et discernement. 



l 



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— 125 — 

Il a laissé un assez grand nombre d'ouvrages et d'opus- 
cules disséminés dans divers recueils auxquels il collabo- 
rait (i). Nous ne citons que ceux qui concernent les 
médailles. 

Dans la Revue française de Numismatique; tome II : 
Notice sur un atelier monétaire, découvert à Damery, 
en 1830. Tome III : Trouvaille de monnaies. Tome IV : 
Considérations sur les monnaies de Champagne, Dans la 
Revue du Berry, iS6i i Recherches sur les monnaies et 
sur la valeur de Vargent en France jusqu'à François V\ 

Les collections du président Hiver seront-elles dissémi- 
nées ? Nous l'ignorons. 

R. Cil. 



Encore une nouvelle perle et une perte douloureuse à 
enregistrer ! 

Le 7 décembre dernier, est décédé à Tongres, dans la 
soixante-deuxième année de son âge, M. Antoine-François- 
Charles-Théx)dore Perreau, agent de la Uanque nationale, 
président de la Société scienlifiqueet littéraircdu Limbourg, 
correspondant de la commission royale des monuments. 

M. Perreau était membre de notre compagnie depuis sa 
création. Il a^ largement collaboré à la rédaction de la 
Revue et il avait entrepris un travail bien considérable, la 
Monographie des monnaies liégeoises. Le catalogue provi- 

C) Le Dom de M. Hiver a été oublié (ainsi que beaucoup d*autres) 
dans la Littérature française contemporaine de MM. Bourquelot et 
Maory. 



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— i26 - 

soire de ces monnaies, qu'il a inséré dans notre recueil, 
servira de point de départ à celui qui voudrait reprendre 
cette œuvre importante et la mener à bonne fin. 

R. Ch. 



La numismatique, et surtout la numismatique orientale, 
vient défaire une perte sensible par la mort de M. Henricus 
CuRiSTiAAN MiLLiESy profcsscur de langues orientales à 
l'université d'Ulrechl. 

Le 25 novembre ISGS, dans l'après-midi; après avoir 
quitté l'auditoire de l'université, où il s'était senti déjà 
indisposé, il fut atteint d'une attaque d'apoplexie, à la suite 
de laquelle il succomba le lendemain matin, à l'âge de 
cinquante-huit ans. 

Il était en train de publier un grand travail in-i", en 
français, sur l'histoire des monnaies des peuples de l'ar- 
chipel indien, qui était sous presse et dont une épreuve lui 
fut adressée le jour même de sa mort. Les 21 planches, 
destinées à accompagner cet ouvrage, sur lesquelles sont 
représentées 229 monnaies, sont déjà achevées. 

Ce dernier travail du digne et savant défunt sera publié 
par l'institut royal « Voor de toal-land^en-volketikundevan 
Nederlandich-Indië » à La Haye. 

On doit en outre à sa plume savante les publications 
suivantes sur la numismatique : 

i"" De Munten der engelschen voor den oost-indischen 
archipely à Amsterdam, 1852, in-8% 1 18 pages, 3 planches. 

2° Notice sur les nouvelles fnonnaies pour les colonies 



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— i27 - 

orientales néerlandaises^ in-S**, 18 pages et une planche. 
{Revue de la numismatique belge, 3* série, tome III.) 

3* Onderzoek van eene verzameling oostersche Munten 
in-8% 14 pages et 1 planche. (Annales de l'Académie royale 
des sciences à Amsterdam, section de littérature^ tome V.) 

i"* Over de arabische Munten uit Zuidbarge, in-8«, 
6 pages (^/g^emeene konsten letterbode, n!^ 1 3, année 1 860.) 

On se souviendra que M. Miliies fut invité par le 
ministre des colonies, en décembre 18S2, a lui communi- 
quer ses idées sur la forme la plus convenable è adopter 
comme type de la nouvelle monnaie d'appoint d'argent et 
de cuivre, pour les Indes orientales néerlandaises, et com- 
ment il s'est empressé de satisfaire à cette demande, en 
développant son opinion sur la réforme monétaire projetée, 
sur l'éulon monétaire et sa division, sur le type, les 
figures, symboles et légendes qui seraient propres è des 
monnaies indiennes. 

Il inventa et dessina un grand nombre de types diffé- 
rents, dont quelques-uns furent approuvés. 

il avait réuni une très-belle et riche collection de mon- 
Daies orientales qui est d'autant plus curieuse que ces pièces 
s'obtiennent difficilement. 

C** Maurin Nahuys. 



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- 128 — 

SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMISMATIQUE. 



LISTE DES OUVRAGES REÇUS PENDANT LE i» TRIMESTRE 1868. 



Revue trimestrielle*, 2«sdrie, f9« volume, iK« annëc, t. III, juillet 1888. 
Biographie départrmenlale du Nord, A. Desplanqtie, Valencicnnes, 1888. 

No 4, M. de la Fons. barou de Mélicocq. 
Bulletin de TAcadémie royale des sciences, etc., de Belgique, 37* année, 

2* série, t. XXVI, no« S, 9, 10 elU. 
Messager des sciences historiques, etc. Année 1888, 3* livraison. 
Revue numismatique française. Nouvelle série, t. XIII. Année 1868, 

no 4, juillet-août. 
Blâtter fur Mûnirrennde. Beilage lum numismatiscben Verkehr. N* 16, 

4« année, octobre 1868. 
Numismatiscber Verkebr. No«8 et 9, octobre 1868. 
Die Mûnzen und Medaillen Bonn*a, bescbrieben von E.-A. Wfirst, 

Bonn, 1868. 
Zur MQnzkunde Wcstpbnlens und der Rbeînprovins, von A. Wûrst. 

Bonn, 1868. 

Analectes pour servir il Tbisloire ecclésiastique de la Belgique, t. V, 1868, 
3« livraison. 

Zeitschrift des Vereins zur Erforschung dcr rbeinischen Gcscbicble und 
Allerthûmer in Maine, 1868. Dritten Band, erstes Heft. 

Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie. Année 1868, n»* 1 et 2, 

Le Cabinet historique, U« année, i« et 5* livraisons, avril-mai 1868. 
6« livraison, juin, 9* livraison, septembre 1868. 

The numismatic cbronicle, 1868. III* partie, nouvelle série, n* XXXI. 

Neues lausitsischrs Magasin. Gôrlifz, 1868. 

Annales de la Société archéologique de Narour, t. X, 2« livraison, 1868. 

Revue bibliographique universelle {'• année, 1'*, 2«, 3% 4«, 5« et 6« li- 
vraisons, 1. 1*', t. II, 1»«, 2% 3» et ^ livraisons, 1868. 



CABINET NUMISMATIQUE. 

DON DE M. A. BRICHAUT. 

Pclilc médaille de bronze inédite sur la prise de la citadelle de Liège 
et du fort de la Chartreuse, en 1830. 



Bruxelles, le 20 décembre 1868. 



Le Bibliothécaire, 
Gdioth. 



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— !29 — 

CATALOGUE 

DIS 

■ORIIAIES OBSIDIONALES ET DE NÉCESSITE. 



TREIZIEME ARTICLE. 



MAJORQUE. 

de BéceMilté frappées à Palnuiy pendant la merre 
eentre la Franee, de t9«6 à i^id. 

* 1 . 30 sols. — Dans le champ, écu losange aux armes 
de Majorque, avec cette différence que dans les 
quartiers 1 —iy on voit la lettre M sommée d'une 
palme. 
Rev. Dans le champ, deux estampilles portant, la 
première FER., et la seconde le chiffre VII. 
Au-dessus, on a gravé la valeur 30 * — S. Au- 
dessous la date 1 808. 
Arg. — Rectangulaire aux angles coupés. 
Salai, pi. y, no 20. 

d. 1*. 30 sols. — Dans le^hamp, écusson couronné aux 

armes de Majorque. Le bord de la pièce est orné 

d'un feston dentelé avec points et rameaux. 

Rev. Dans le champ, en haut, la valeur 30 * —S., 

au milieu FER. — VU, en bas, la date 1808. 

Le bord de la pièce est orné comme la face. 

Arg. Cabinet de M. Vidal Ramon, à Barce* 

lone. 

5* SKft». — TOHB I. 9 



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- 130 - 

d. 1», ZO sols. — Semblable au n" î*, d'un outre coin, 
avec celte différence, que la couronne est plus 
grande et que le bord de la pièce est orné de 
cannelures. 
Rev. — Semblable au n° 1', mais avec une diffé- 
rence dans la forme des chiffres, indiquant la 
valeur et la date, lesquels sont entourés d'un 
petit ornement. Le bord de la pièce est orné 
comme la face. 

Arg. Môme cabinet. 

d. i*. 30 sols. — Semblable au n" 1', d'un autre coin, 
avec celte différence que la couronne a une autre 
forme. 
Jiev. Semblable au n^" 1», mais avec 30. S' et une 
différence dans les ornements qui encadrent les 
chiffres et les lettres. 

Arg. Salât, pi. Y, no 4 9. 

d. 2. Î2 deniers {peso doce dineros). FERDIN • VII • 
DEI * GRATIA - 1812. Buste lauré du roi à 
gauche, clans un grènetis. 
Rev. HISP • ET • BALEARILM • REX • Écusson 
couronné d'Espagne, ayant au centre une croix 
pauée, accosté de la valeur : P • — 12. 

Cuivre. Salai, pi. Vil, n» 6. 

N, B. Les monnaies décrites t. V, 4« série, pp. 65 et 66, sous les 
no« 8, 9, 40, 44 , 42 et 43, doivent être placées avant cette dernière pièce. 



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— 151 - 
■•BBAle de BéeMfllté frappée en i6ti. 

* 3. 30 sols. — Dans le champ , écu losange aux 
armes de Majorque. Au-dessous, une estampille, 
renfermant les mots: SALUS POPULI. Le bord 
de la pièce est orné de cannelures. 
Rev. Dans le champ, quatre estampilles portant, la 
première en haut, la date 1821, la seconde et 
la troisième, à gauche et à droite, FR" • — VII, et 
la quatrième en bas, la valeur : 30 * SOUS. Le 
bord de la pièce est orné comme la face. 

MALTE. 

Amlécée per les Anclal*, en !!••. 

d. 1. 17 écus, 3 carlinSy 5 grains. — Dans le champ, 
écu rond au lion. 
Rev. Dans le champ, '^^ 17. 3 • 5 {indication 
de la valeur)^ au-dessus, le numéro d'ordre 26. 
Au-dessous, la lettre I, signe monétaire. 
Sur la tranche, une petite contre-marque repré- 
sentant un mouton. 
Or. — Rectangulaire, irrégulière. 

HeDnin, pi. XCU, n* 900. 

d. 3. 3 écus, 5 carlins y 18 grains. — Semblable au 
n*9. 
Rev. Dans le champ, ^^y' 3 . 5.18 (indication 
de la valeur). Au-dessus, le numéro 18. Au- 
dessous, la lettre L, signe monétaire. 



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- 152 — 

Sur la tranche, une petite contre-marque repré* 

sentant un objet incertain. 

Arg. — Irrégalière. 

Hennin, pi. XGlI,n* 904. 



Cuivre. Gonbrouse, n° 275. 

MANBESA. 

■•BBAles de néemmmlié trmppéem pmr la ville pendant l'eecn- 
pailen franfalce de la Calalecne, de ««41 à f «âS. 

d. 1. 5 réatix. — • PHI — . — HISPANIARV • 

Écu couronné de Catalogne posé sur la croix de 
Sainte-Eulalie, et accosté delà valeur : V — li 
Rev. — CIVITAS — MINO _ RI . . — 'l64K 
Croix barcelonaise coupant la légende, et can- 
tonnée aux 1"' et 4** d'un annelct, aux T et 3** de 
trois besants. 

Arg. — Irrégulière. 

Cabinet de M. Vidal Ramon, à Barce- 
lone. 

d. 2. 5 soU. — PH D. G — R HISPANIAR. 

Semblable au n" 1, mais avec la valeur : V —S. 
Rev. — — MINO — RISA — 1641. Sem- 
blable au n"* 1 . 

Arg. — IrréguUère. 

Môme cabinet. 

d. 3. Sixain. — PRINCIPAL • CATALO. Écu cou- 
ronné de Catalogne. 



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— 153 — 

Rev. ~ * — CIVITAS - M — INORISA -« Écu 

losange aux armes de la ville, posé sur la croix 
de Sainte-Eulalie. 

Caivre. Salât, pi. IV, no 24. 

3*. Sixain. — PRINCIPAT. CATAL. Semblable au 

Bev. — * ClVl — TAS -- M - INO • 1642. 
Semblable au n** 3. 

CuiTre. Achille Golsoo, Revue numismatique 

française, do 4855. 

3». Sixain. - PRINCIPAT. CATA. Semblable au 

Rev. — Semblable au n" 3'. 
Gnivre. 

4. Menu. — PRINCIPAT. CATALON. Semblable 
au n** 3. 
Rev. CIVITAS M. Semblable au n» 3. 
Cuivre. Salât, p. 283. 

MANTOUE. 

AMlégée p«r l'entperevr FerdlnABd 11, en «•••• 

\ ? — NIHIL ' ISTO — T — R — 

ISTE • RECEPTO. Saint André, debout, em- 
brassant la croix du bras droit, et tenant de la 
main gauche un ciboire contenant le sang de 
J.-C. 



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— «34 — 

Exergue. - MAN - OBSES. 

fier. — (ciboire) DOMINE • PROBABITI • {sic) 
ME • E • COGNOVISTI • ME • Dans le champ, 
un creuset entouré de flammes, dans lequel est 
un faisceau de lames d'argent. 

Arg. Carlo Morbio H, pi. V, n* 6. 

Klotz, p.337, QoU. 

d. 2 ? — MANTViE • ANNO SALVTIS • S • 

1630 — les armes couronnées des Nevers. 
Rev. Dans le champ, un tournesol, entouré d'un 
grènetis et d*une couronne de laurier. En bas, 
sous la couronne, la date 1 630. 

Arg. Carlo Morbio, pi. VI, d« 7. 

d. 3 ? — SANCTVS — ( Anselmus ). Le 

saint, mitre, assis h gauche, il tient la crosse de 
la main gauche et bénit de la droite. 

fiet;. Dans le champ, grand M couronné, dans une 
épicycloide à cinq lobes. 

Exergue. Une étoile à gouche du chiffre 7, repré- 
sentant probablement la valeur. 

Plomb. — Irrégulière. 

CarloMorbio, pi. VI,oo8. 

d. 4 ? — SA^C ... — •• SÉLMVS. Sem- 

blable au n* 3, mais d'un module plus petit. 

[') Rivista délia numismatica, 4865. 



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— 158 - 

Rev. Dans le champ^ le chiffre 7 dans un écusson 
orné entouré d*étoiles. 

Plomb. — Irrégalière. 

Carlo Morbio, pi. VI, no 9. 

5. — Dans le champi les armes des Gonzague, entou- 

rées du collier de Pordre de la Toison d'or. 
Rev. Dans le champ, le chiffre 6, entouré d'un 
ornement. 

Plomb. — frrégulière. 

CarloMorbio.pl. VI, no47. 

AAslégée lyu* les iBtpérlavzj en «V99. 

6. 10 sols. — ASSEDIO Dl MANTOVA ANNO Vil • 

R * Le faisceau avec la hache, surmonté du 
bonnet de la liberté. 
Rev, Dans le champ, au milieu d'un liséré en 
forme de couronne de laurier, on lit : — X — 
SOLDI — DI — MILANO. 
Gaivre. Hennin, pi. XGIII, n» 907. 

7. 5 sofa. - ASSEDIO Dl MANT • AN • VII ' R • 

semblable au n" 6. ^ 

Rev. Dans un entourage semblable au n"* 6, on lit : 
SOLDI — DI - MILANO - V. 

Goivre. Hennin, pi. XGIII, n» 908. . 

8- 1 sol. — ASSEDIO • —MANTOVA. Au milieu de 
deux branches de laurier, est le faisceau avec la 
hache, surmonté du bonnet de la liberté. Au- 
dessous, A * 7 * R. 



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— 156 — 

Rev. Dans le champ^ entouré d'un grénelis, on lit : 
- UN — SOLDO — DI — MILAN». 

Cuivre. Hennio, pi. GXIII, no 909. 



■•■Mlles de néeeMllé ffimppées pmw le céBénil CSerkewskl, 
pendant le slése de 1949. 

* 9. 50ArcMfcer.-FERD'I-DG- AUSTR-IMP- 

HVNG • BOH • R • H • N • V. Tète laurée de 
rempereur, à droite. En bas, sous le col/ les 
lettres G • M. 
Hev. REX • LOMB • ET • VEN • DALM — GAL • 
LOD * ILL • A - A - 1848. Dans le champ, aigle 
biceps éployée, portant une triple couronne, 
tenant dans ses serres le glaive et le globe cruci- 
gère, et portant sur la poitrine les armes de 
l'empereur entourées du collier de Tordre de la 
Toison d'or. En bas, la valeur : 30. 
Arg. 

* 10. 20 kreutzer. — Semblable au n" 9. 

Rev. Semblable au n"" 9, mais avec la valeur : 20. 
Arg. 

* 1 1 . 3 kreutzer. — Semblable au n** 9. 

Rev. Semblable au n"" 9, avec c^tle différence que 
les armoiries sont remplacées par un écu rond^ 
renfermant le chiffre 3. 
Arg. 



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- 157 - 

MARTOBELL. 

die néecmmiié fMippée pmr la vlHe, pendant l'oeenpa* 
tlan fHHifaUe de la Calalesae, 4e ««âf à t«4S. 

d. 1. 5 rcatix. — PRINCIPA — T - : CA 

Écu couronné de Catalogne, posé sur la croix de 
Sainte-Eulalie, ol accosté de la valeur : V — R. 
Eev. VILLE — M*-*— •••• — •••• Croix 
barcelonaise coupant la légende et cantonnée 
aux 1*"' et 4** de trois bcsants, aux 2'' et S"* d'un 
annelet. 

Arg, — Irrégulière. 

Cabinet de M. Vidal-Ramou, à Barce- 
lone. 

MATAEO. 

■•■■alea de DéceMllé frappées par la ville, pendant l'eccn- 
patten françalae de la Calalegne, de ««41 à ««dS. 

(1. 1. Uréaux.— : PM AT. — V - • ALONl : . 

Écu couronné de CntalognCy.posé sur la croix de 
Sainte-Eulalie, et accoslé de la valeur : V — K. 
Rev. •••—•• MA - TARO: — 1641. Croix 
barcelonaise coupant la légende et cantonnée 
aux l** et 4' de trois besants, aux 2* et 3' d'un 
annelet. 

Arg. — Irrégulière. 

Cabinet de M. Vidal Ramon, à Barce- 
lone. 



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— 158 - 

d. 1*. 8 féaux. — Semblable au n" 1 . 

ilev.OPIDV — MATA— ROlNI — S 1641. Sem- 
blable au n" 1 . 

Arg. — Irrégulière. 

Môme cabinet. 

d. 1». 5 réaux. — Semblable au n" I . 

Hev. _ ... A — TARON — IS : 164 • . 

Croix barcelonaise coupant la légende et can- 
tonnée aux 1"' et 4'' d'un annelet, aux 2' et 3"* de 
(rois besants. 

Arg. — Irrégulière. 

Môme cabinet. 

d. 1 *. 5 réaux. ■ — Semblable au n" 1 . 

Rev. OPPID — VM • M • — 1 642. Semblable 

au n" 1. 

Arg. — Irrégulière. 

Môme cabinet. 

MAYENCE. 

■•BBAle de néeemmiié ivmppée pmr la ville, pendant l'oeenpa- 
llon ffranfaUe, de t«99 à f «S». 

* i ?- KURFMAINZ-NOTH*MUîN* 

— Ecusson orné aux armes de MayencCi tenu 
par un griffon et surmonté du bonnet électoral. 
Au-dessus dans un petit cartouche, la da(e 1688. 

Arg. — Uniface, reclangulaire. 

Catalogue des monnaies nationales de 
France, collection de M. J. Rous- 



2V. B, Cette pièce est apocryphe, on l'attribue au faussaire Bekker; 
son style, du reste, lui assigne une date postérieure à 468S. 



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- 159 - 



Assiégée par les Iniférlavz, en t«99« 

2. Florin ou V» de rixdale. ~ MONETA • iNOVA • 

ARGENTEA — Écusson orné renfermant un 
chiffre composé de quatre L entrelacéeSi et sur- 
monté d'une couronne. 
Rev. v; GLORIA • IN • EXCELSIS • DEO • 1689. 
Dans le champ, la valeur : |. 

Arg. Duby, pi. XXV, n» 4. 

2*. Florin. — Ëcusson orné , renfermant un chiffre 

composé de quatre L entrelacées, surmonté d'une 

couronne, laquelle est accostée de la date 16-89. 

Rev. v; GLORIA • IN • EXCELSIS • DEO. Dans 

le champ la valeur : |. 

Arg. Duby, pi. XXV, no 2. 

2'. Florin. — Semblable au n* 2*, mais l'ornement de 
l'écusson légèrement varié et sans l'année. 
Rev. Semblable au xf V. 

Arg. iVumiama/ûcAeZei/ungf de 1865 p. 52, 

no 9. 

3. V* florin ou V» de rixdale. — Semblable au n* 2, 

mais avec la valeur : 3.. 

Arg. idem, u^iO, 

i. 2 sols. — MONE • NOV — ARGENTEA. — 
Semblable au n"* % mais au-dessous de l'écusson, 
le chiffre (3). 



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- «40 — 

Rev. (Rose) GLOR • IN • EXCELS • DEO, Dans 

le champ, (rose) — II (rose) — SOLS — 1689. 

Arg. idem,iï9U, 

5. Sol. — Semblable au n"* 2, mais sans la légende el 
sans le chiffre (3). 
Rev. Dans le champ, la valem* : 1 , sans autres 
inscriptions. 

Arg. Idem, n» 42. 



AMlé«ée pM* le« aUlés, en tV9S. 

♦ 6. 5 sols. — RÉPUBLIQUE - FRANÇAISE ~ Au 
milieu d'une couronne de chénc, est le faisceau 
surmonté du bonnet de la liberté. En bas : 1793 
L'AN 2«. 
Rev. MONOYE DE SIÈGE DE MAYENCE (sic). 
Dans le champ : * 5 « — SOLS — ♦ — 

Goivre. Heonin. pi. XLYIII, n» 604. 

d, 7. 2*ofc. -RÉPUBLIQUE — FRANÇAISE— Au 

milieu d'une couronne de chêne, est le faisceau 
surmonté du bonnet de la liberté. La couronne 
est formée de deux branches de chêne peu touf- 
fues. En bas : 1793 L'AN 2«. 
Rev. MONOYE DE SIÈGE DE MAYENCE (sic). 
Dans le champ : ♦ 2 ♦ — SOLS — ♦ — . 

Gaivre. Heimin, pi. XLVlil, n» 605. 



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- 441 - 

7*. 2 sols. — Semblable au n"* 7, avec la seule diffé- 
rence, que la couronne est formée de deux bran- 
ches de chêne très-touffues. 
Rev. Semblable au n* 7. 

Cuivre. HenniD, pi. XLVIII, n* 506. 

8. i sol. - RÉPUBLIQUE — FRANÇAISE. — Au 

milieu d'une couronne de chêne, est le faisceau 
surmonté du bonnet de la liberté. En bas : 1793 
L'AN 2*. 
Rev. MONOYE DE SIEGE DE MAYENCE (sic). 
Dans le champ : ♦ I * — SOL — ♦ — . 

Cuivre. Hennin, pi. XLVIII, qo 507. 

9. Assignat de KO livres. — Au verso d'un assignat 

français ordinaire, de 25 livres, on a écrit : 
N** 1657. Assignat monnoye de siège, cinquante 
livres, — remboursable en espèces. Au-dessous, 
six signatures. En bas, à gauche, un timbre cir- 
culaire avec l'inscription : — SIEGE — DE 
MAYENCE ^ MAI 1793 - 2« DE LA REP — 
FRANC : 
Papier blanc, lettres'noires, timbre rouge. 

10. Assignat de W livres. *— Au verso d'un assignat 
français ordinaire, de 10 livres, on a écrit : 
N" 3840. Assignat monnoye de Siège — vingt 
livres remboursable en espèces. Au-dessous, six 
signatures. En bas, à gauche, le timbre, comme 
au n" 9. 

Papier blanc, lettres noires, timbre rouge. 



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— 442 - 

^ 11. Assignat de 3 livres. — Dans un encadrement, on 
lit : fC 42500 — Monnaye de Siège — Trois 
Livres à échanger contre du numéraire. — 
3 Livres S'A. Au-dessous, trois signatures. 
En bas, à gauche, le timbre comme au n"* 9. 
Papier blanc, lettres rouges, timbre noir. 

* 11*. Assignat de 3 livres. — Semblable au n*" 1 1 , mais 

portant le n" 212, et sans les lettres S * A * indi- 
quant la série. 

Papier blanc, lettres rouges, timbre noir. 

* 12. Assignat de 20 sols. Au verso d'un assignat fran- 

çais ordinaire de 10 sols, on a écrit : jC 10. 
Assignai monnoye de Siège — vingt sols — rem- 
boursable en espèces. Au-dessous, six signatures. 
En bas, à gauche, le timbre comme au n"* 9, 
Papier blanc, lettres noires, timbre rouge. 

* 13. Assignat de 10 sols. — Dans un encadrement, on 

lit : N" 90505 Monnoye de Siège — Dix Sous 
à échanger contre Billon ou Monoye {sic) de métal 
de Siège. 10 Sols — S • A ' Au-dessous, trois 
signatures. En bas, à gaucho, le timbre comme 
au n* 9. 
Papier blanc, lettres noires, timbre rouge. 

* 14. Assignat de 5 sols. — Dans un encadrement, on 

lit : n" 16311 Monnoye de Siège — Cinq Sous 
à échanger contre — Billon ou monoye (sic) 
de métal de Siège. 5 Sols. Au-dessous, trois 



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signatures. En bas^ à gauche, le timbre comme 
au n* 9. 

Papier blanc, lettres noires, timbre rouge. 



■4MMiAle« de néeemmlié fran^« P*** Frédérle-Charlea-Joaeph) 
arche¥ê4«e et éleeie«r de ■ayenee) pendant l'occnpntlon 
ArançnUe, de «V94 à f «••• 

d. !»• Ducat. — FRID • CAR • lOS • A EP • ET EL • 

MOG ' EP • W — Buste de l'électenr de 
Maycnce, à droite. Au-dessous, les lettres F • S • 
Rev. — SALVS — PVBLICA — Les armes ornées 
de rélecteur surmontées du bonnet électoral. En 
bas, 17-95 ; sous l'écu, les lettres I • A. 
Or. Henuin, pi. LXXI, n» 744. 

* 16. JAa/er. —FRID -CAR- lOS- AEP- ET- EL- 
MOG • EP • WOR. — Buste vu de troîs-quarts 
de l'électeur de Mayence, à droite, sous le buste, 
on lit : 1 * LiNOEN sghhit. 
Bev. En {laut: X EL^E FEINE MARK. Dans le 
champ, entre deux branches d'olivier, on lit : — 
EX VASIS— ARGENT' CLERl— MOG V NT- 
PRO — ARIS ET FOCIS — A • MDCCXCIV 
— I • A, En bas, les lettres 1 • L. 

Arg. Hennin, pi LXV, no 655. 



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- U4 - 



MEXIQUE. 

M^BBAles de nénemmîié trm^fpéem par Jean ■orelloa^ ehef de 
l'inaarreellon dana le Sad^ pendant la gnerre de l'Inde- 
pendanee, de «étt à «»tft. 

d. 1. Piastre ou 8 réaux, — Dans le champ, sous la 
lettre M {Mexique\ la valeur 8 R, et plus bas, 
la date 1812. 
Rev. Dans le champ, un arc armé de sa flèche {armes 
des Indiens)^ au-dessous, le mot SUD. 

Arg. Blàlter fur MUnzfreunde, Beilage zum 

numismatischen Verkehr, 4866, 
pi. IV, no 2. 

d. 1*. Piastre OU 8 réaux. — Dans le champ, entouré 
d'une guirlande de feuillage, la lettre M. Au- 
dessous, la valeur 8 R * et plus bas, la date 
1813. 
Rev. Dans le champ, entre deux branches de pal- 
mier, un arc armé de sa flèche, au-dessous le 
mot SUD * et plus bas, une espèce de fer à 
cheval d'où sortent deux branches de palmier. 

Arg. Alphonse Bonneville, pi. I, n» 6. 

d. 2. 3 rémix. — Semblable au n" 1, mais avec S R 
(2 retourné) et la date -1811. 
Rev. Semblable au n"* 1, mais avec : o SUD o 
Arg. Blmter, idem, 4 866, pi. IV, n» 4 . 



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d. 2*. 2 réaux. — Dans le champ, entre deux espèces de 
tours reliées par des ornements, Jl, _ 2 R _ 
1812. 
Rev. ~ Semblable au n* 1*. 

Arg. Alphonse BonaoTille, pi. I, no 6. 

MIDDELBOTJBG. 

AMlétée par 1m Bélandals, es tftVt. 

1 • 2 daalder. — Dans le champ, entouré d'un cercle, 
on lit : • * • - D • R • P • - F • MIDD - 
1 * 5 ' 7 ' Z. La pièce porte deux contre-mar- 
ques aux armes de la ville et deux aux armes de 
la Zélande. 

Arg. — Uniface, carrée. 

Catalogne Keer, n« 2897. 

* 2. 50 sols. — Semblable au n"* 1 , avec cette différence 

qu'il n'y a pas de points des deux côtés de la 

croisetteet que la pièccporte trois contre-marques, 

savoir : en haut et à gauche, aux armes de la 

Zélande, à droite, aux armes de la ville. 

Arg. — Uniface, carrée. 

Van Loon, 1. 1, p. 456, n» 4. 
Daby, pi. 111, n» 4. 

* 2*. 50 sols. — Semblable au n" 2, avec cette différonct. 

que la pièce ne porte que deux contre-marques, 

savoir : à gauche, aux armes de la Zélande, à 

droite, aux armes de la ville. 

Arg. — Uniface, carrée. 

Van Loon, 1. 1, p. 466, no 2. 
0« stos« — TOMB I. 40 



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— 146 — 

2'. 50 sols. — Semblable au n° 2. 

Rev. — Dans le champ, on a gravé les mois : LA 

GRANDVR DE PAYS (sic). Au dessous, les 

plans des villes de Middelbourg, de Flessingue, 

de Veere, de Arnemuiden et de Kammekes; 

avec leurs noms gravés au-dessous. 

Arg. — Carrée. 

Catalogue Théodore Bom, du 24 sep- 
tembre 4866, n«5106. 

d. 3. 2S sols. — Semblable au n" 2, mais d'un module 
plus petit. 

Arg. — Uniface, carrée. 

Van LooD, 1. 1, p, 456, n» 3. 

* 3*. S5 sols. — Semblable au n*" V^ mais d'un mo<lnlc 
plus petit. 

Arg. — CJDÎface, carrée. 

Van Loon, 1. 1, p. 456, n» 4. 

d. 3». 25 «o/«. — Semblable au n" 3«. 

Rev. — Dans le champ, on a gravé un écusson orné, 
ayant au' sommet une fleur de lis, cl portant deux 
tinets en sautoir auxquels est suspendu un ton- 
neau, et trois feuilles de trèfle. 

Arg. - Carrée. 

Cabinet de M. Van Gelder, à Velp. 

3*. 25 sols. — Semblable au n* 3*. 

Rev. — Dans le champ, on a gravé Tinscription : 



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- 147 - 

GHEERTKE SIMONS DOCHR ANNO 1898. 

Arg. — Carrée. 

Gatalogae Tbéod. Bom, da 24 sep- 
tembre 4 866, n<»61U. 
4. 12 sols. — ? 

Plomb. Catalogue Van Damme, n» 45U. 

* S. 6 sols. — Dans le champ , une tour crénelée, 

armes de la ville. 
Rev. — Dans le champ, le chiffre VI, indiquant 
la valeur. 

Plomb. Van Loon, Bed.pen., p. 482. 

AMiécée i^r le pHnee d'Onuige, en IMS. 

* 6. 4 ducats. — Dans le champ, entçuré d'un cercle et 

d'un grènetis, on lit : • + • — • DEO • 

REGI • PA : — TRIiE • FIDEL — MIDDELB : 

— ' 1 • 5 • 7 • 3 • La pièce porte deux contre- 
marques, savoir : une à gauche, aux armes de la 
Zélande, et une à droite, aux armes de la ville. 
En bas, dans un écusson, le chiffre 4, indiquant 
la valeur. 

Rev. — Dans le champ, on a gravé l'inscription sui- 
vante : - • DOEN • — . ic • WAS • — • GESLEGEN ' 

— • WAS • MIDDEL : — BVRGH ' BELEGEN • — • SO * 
DAT TERT VOLCK • — ' AT * VAN • HONGERS • WEGEN • 

• PAEDEN • HONDEN ' HVEN ' — • DVER ' NOOT • 

KATTEN • RAT : — TEN • ENDE * LINSAET • WAFE ! 

— LEN • vooR • BROOT. Au-dcssous , dans un 

écusson, le monogramme : 5" 

d4.e 
Or. - Carrée. ^ 



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- 148 - 

7. 2 ducats. — Semblable au n"" 6, mais avec le chiffre 

2, indiquant la valeur. 

Rev. — Dans le champ, on a gravé l'inscription 

suivante : Doen — t* was — gheslegen — was 

tniddelburg — belegen, etc^ sans le monogramme. 

Or. — Carrée. 

Catalogne Théod. Bom, du U sep- 
tembre 4866, no 5472. 

d. 8. Ducat. ^ Dans le champ, entouré d'un cercle et 
d'un grènetis, on lit : • + • — • DEO • — • 
REGI • PA : - TRI^ • FIDEL— MIDDELB : 

— • 1 • Î5 • 7 • 3. La pièce est con(re-man|uée 
à gauche des armes de la Zélande. à droite de 
celles de la ville. 

Rev. — Dans le champ, on a gravé l'inscription sui- 
vante : Doen — ic was — glieslegen — was tniddel- 
burg-- beleghen zo dat het — vole at van hongers 

— weghen peerden honden — huyen deur nooi 
cattê — ratten ende lesae — waefelen voor broot. 

Or. — Carrée. 

Van Loon, t. I, p. 469, n^i. 
Duby, pi. m, no 44. 

* 8*. Ducat. — Semblable au n° 8, mais uniface. 
Or. — Carrée. 

d. 9. ZOsols. — Dans le champ, au milieu d'une cou- 
ronne civique, on lit : D R P F — MIDDELB 

— 1573. 

Arg. <— Uni race, carrée. 

Van Loon, t. I, p. 469, no 2. 
Duby, pi. IV, no 4. 



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t — 149 — 

d. 10. IS sols. ^ Semblable au n^'O, mais d'un module 
plus petit. 

Arg. — Uniface, carrée. 

Van Looo, 1. 1, p. 469, n« 4. 
Daby, pi. III, n» 43. 

d. 1 1 ? — Dans le champ , entouré d'un 

cercle, on lit : — DEO — REGI : PA — TMJE : 
FIDEL — MIDDELB — 1573. Trois contre- 
marques, en haut les armes de la Zélande, à 
droite et à gauche, celles de la ville. 

Papier. — Uniface, carrée. 

Van Loon, t. I, p. 469, d» 3. 
Daby, pi. III, n«43. 

* 12 ? — Dans le champ, entouré d'un 

cercle et d'un grènetis, on lit : — • •ï* • — 
DEO • - • REGI • PA : — TRIiE • FIDEL - 
MIDDELB • — 1573. Trois contre-marques 
comme au n"* 1 1 , mais phis grandes et d'un autre 
dessin. 

Cuivre. — Uniface, carrée. 

d. 13 ? — Dans le champ, entouré d'un 

grènetis entre deux cercles, les lettres • — oo •— 
MD — 00 — 

Plomb. — Uniface, carrée. 

Yaa LooQ, 1. 1, p. 469, n« 5. 
Duby, pi. IV, n» «. 



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— 150 « 



fnippéM i^r ordre des éêmU de U BéUMde, pe«r 
élerBl«er le Mémelre de le déUTreMe de nddelbewrs, le 
9 févHer ISVd. 

* 14. Dticai. — Dans le champ, au milieu d'un cercle 

perlé, on lit : — • 1 • 5 • — • LIBERT : — . 
REST :~ • S • P- Q • SEL :-• SOLI • DEO • 
— • HONOR • — • 7 • 4. Au-dessus, une contre- 
marque aux armes de la Zélande. 
Or. — Uoiface, carrée. 

Van Loon, t. I, p. 478, n« 4 . 

* 18. KO sols. — Dans le champ, entouré d'un cercle 

perlé, on lit, sous un ornement feuillu : — 
• 1 •5-7-4-LIBERT:REST:---SPQ- 
3EL : • — SOLI • DEO • — • HONOR. — Au- 
dessous, un ornement feuillu. Dans l'angle supé- 
rieur de la pièce, une contre-marque aux armes 
de la Zélande. 
Arg. — Uniiace, carrée. 

Van Loon, t. I, p. 478, n*»». 

* 15*. 50 sols. — Semblable au n** 14, mais d'un module 

plus grand et une grande contre-marque aux armes 
de Middelbourg. 

Arg. — Uniface, carrée. 

* 16. 25 sols. — Dans le champ, entouré d'un cercle et 

d'un grènelis, on lit : — o 1 o 5 © ~ • LIBERT 
o — o REST S — oS o P o Q o SEL § — o SOLI 
oDEO o ~ o HONORo — o 7 o 4 o. Au-dessus, 
une contre-marque aux armes de la Zélande. 
Arg. — Uniface, carrée. 

Van Loon, t. I, p. 478, n- 3. 



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MINDEN. 

Aflsiésée par le d«e Ctoerses de BniB«wlek»I.«aebe«rs, 
en !••«. 

1. 8 groschen. — Dans le champ, au milieu, d'un 

grènetis, et sous une petile étoile en tre deux points, 
on lil:MINDA — OBSESSA — • 1 • 6 • 3 • 4. 
Rev. — Au milieu d'un grènetis, on lit : — • 8 • — 
GROS • — CHEN • — . * . La pièce est contre- 
marquée aux armes de la ville. 

Arg. — Carrée. 

Daby, pi. XII, ii« 7. 

2. 8 gros. - • MINDA • OBSESS ♦ A» : 16 • 34. 

Dans le champ, deux clefs en sautoir, armes de 
la ville. 
Rev. - • NECESSITAS # DVRVM ♦ TELVM. 
Dans le champ, sous une petite rosace, la valeur: 
o VIII o — GROS. Au-dessous une petite 
rosace. 
Cmyre. 

3. 4 gros. « MINDA « OBSESSA • AO • 16 • 34. 

Semblable au n"2. 
Rev. — Semblable au n** 3, mais avec la valeur ; 
o llll o GROS. 

Goivre. 

3*. 4 gros. — Dans le champ, sous les armes de la 
ville, entourées d'un cercle, la valeur llll G. 
Goivre. — Uoiface, carrée. 

4. 3 gros. — Semblable au n* 3. 



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Rev. — Semblable au n"" % mais avec la valeur : 
• III GROS. 

Cuivre. 

Î5. î gros, — Dans le champ, — + — MIN : — 
OBSES : . Au-dessous, les armes de la ville 
accostées de la date; 1 * 6 — 34 et de deux 
petites étoiles. 
Rev. — Dans le champ, — » I » — • — GROS. 
Au-dessous, une petite étoile. 
Cuivre. 

6 ? Dans le champ, MIN • OBSESS 

Les armes de la ville, au-dessous, 1 634. 
Rev. — Dans le champ, EIN MATTIER. 

Cuiyre. Reinbardt, n« 5544. 

7. 3 pfenning, — Dans le champ, entouré d'un cercle 
formé de petites étoiles, les armes de la ville 
accostées de 1 — 6, au-dessous, 34. 
Rev. — Dans le champ, entouré comme la face, la 
valeur: — * III* — • — • PENNl • Au-dessous, 
uue petite étoile. 
Cuivre. 



MODÈNE. 

MoBiuile* fmppéea an nom de Lonla JLlWj roi de rnutee, 
RDt l'eceni^llOB flranfalse, de 1 «•« à 1 «••• 



î ? -LVD + XIV+D+ G+ — * — FR 

+ E NAV + R + Buste drapé et lauré du roi, à 
droite. Au-dessous, une fleur de lis, entre deux 
petites croix. 



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- «85 — 

Rev.—S+ GEMIN + — M VTINiE + PROTEC + 

Saint Géminien debout^ de face^ appuyant la main 
gauche surun écusson orné, aux armes deModène, 
et soutenant de In droite un liston avec la devise : 
AVIA PERVIA. A Vexergue : la date Î705. 
Arg. 

d. 2 ?— LVD + XIV + DG+-FR + EN + 

REX. Buste drapé du roi, à droite. Au-dessous, 
trois fleurs de lis. 
Rev.— MVTINiE • ANNO • M • DCCIV. Les armes 
ornées de Modène, surmontées du liston avec la 
devise : AVIA PERVIA. 
fiilloo. Bessy-Joaraet ('), pi XIII, d« 244. 

d. 3. ? LVD XIIIID- G- FR- ET NAV- 
RE. Semblable au n*" 2, mais d'un module plus 
petit, et sous le buste, une étoile au lieu de trois 
fleurs de lis. 
Rev.— MVTINiE — MDCCIV. Semblable au n» 2. 
Billon. Bessy-Jouruet, pi. XIIl, n* 242. 

d. 4 ? — LV • XIV • D • G F — ET • NAV • 

REX. Tête laurée du roi, à droite. 
Rev. — S • GEM • PROT — ECT • MVTLNiE 
Saint Géminien, à droite, la mitre en (éie, tenant 
la crosse de In main gauche, est agenouillé devant 
une chapelle et parait implorer le ciel. En bas, 
la date 1704. 
BillOD. 

P) Esêai sur les monnaies françaises du régne de Louis XIV. 



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d. 5 •?— LVD • XIIII • ~ D • Ç • FR • ET • 

N * R. Buste du roi, à droite. Au-dessous, ia 
date 1704. 

Rev.—S* GEM • PROTECT • MVTINiE. Saint 
Géminien agenouillé, à droite^la mitre en tète et 
tenant une crosse; devant lui, une chapelle. 

BilIoD. Cbarvet(*)»pH74. 

6 ? — L • D • XIV. Profil royal à droite. 

1705. 

Rev. — PROTEGE MVTLNAS. L'évéque assis, à 
droite. 

Cuivre. Goobrouse, u« 445. 



MOLDAVIE. 



■•lUMilc de aéeesallé frappée par Jean-BMille Héraclès, 
deepele, pendMil la guerre centre Alezaadre, vayrede de 
MeldaTlc, en !»••. 

d. 1. Ecîi. — o*o HERACLIDIS • DESPOTiE • PA- 
TRIS • PATRliE. Buste armé et couronné de 
Jean, à droite; il lient de la main droite une épéç 
nue à l'épaule, et de la gauche, le globe couronné. 
Dans le champ, la date : 15— 6Z. 
Rev.— VINDEX-ET • DEFENSOR- LIBERTA- 
TIS - PATRIiE — Écusson à vingt quartiers, 

(*] Description de monnaies françaises royales et féodaks. 



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- 155 - 

posé devant une double aigle dont on ne voit que 
les deux télés surmontées d'une couronne. 
Âi^. Duby. pi. XXII, D» 9. 

MOLDAVIE M VALACHIE. 

MMUM^Ie* de néeeMité trm.ppéem iiendanl l'oeeapaUoa wuÊUÊe^ 
de 1 «Vf à 1VV4I. 

* 1.2 para. — MOH • MOAA : H • GAAOCK . (MON • 

MOLD : I * VOLSK). Les armes accolées de la 
Moldavie et de la Valachie, surmontées d'une 
couronne. A Texergue 1773. 
Rev. — Dans le champ^ un carré formé d'une tor- 
sade, renfermant la valeur : — 2 — IIAPA — 
un double trait-^ 3 -~ KOnBEKfi(— 2— PARA 
— 3 - KOPEK). 
Cuivre. 

* 1«. 2 para.— Semblable au n*l, mais de Tannée 1774. 

Rev. — Semblable au n* 1 . 

Gaivre. 

2. Para. - 3 ASBIH - 1717 • (3 DENGA). Dans le 
champ, le chiffre couronné de l'impératrice — 
E-n— . 
Rev. — MOAA • HAPA • HOAO (MOL • PARA • 
POLO). L'aigle impériale de Russie, portant sur 
la poitrine les écus de Moldavie et de Valachie. 
Au-dessous, la lettre S. 
Cuivre. 

* 2«. Para. — Semblable au n" 1, mais d'un module 

plus petit et de l'année 1772. 



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Rev. — Dans le champ, un carré renfermant la 
valeur. — IIAPA — un double iraîl — 3 — 
AGHrn (— PARA - 5 — DENGA). 

Cuivre. 

MONTALCINO. 

«•BMAles de néeessilé fi«p»ée« par le« réfnsië« aieimoU, 
an nom de Henri H, roi de France, de flftSS à 1 •••. 

d. 1. Quatre éctis d'or. — g^ • R • P • SEiN • IN • M • 
ILICINO • HENRICO • II • AV • Louve allaîlanl 
les jumeaux. Au-dessous la date 15 A 56. 
Rev. — * • TVO • CON ~ FISI • PRAESIDIO. 

La madone nimbée, entourée de huit chérubins, 
sur des nuages. 
Or. D. Promis (•),?!. VIII, n» 9<. 

d. 2. ECU d'or. ~ ^ R • P • SEN IN • MONTE • 

ILCINO — Semblable au n» 1. 

Rev. — ^ HENRICO • Il ' AVSPICE • Écusson 

ovale très -orné, renfermant dans une bande 

transversale le mol LIBERTAS — 

Or. Idem, pi. VUI, n» 92. 

Leblanc, pi. L, u«40. 

d. 2«. ECU d'or. - ^ R • P • SEN • IN MONTE 'ALI- 

CINO — Semblable au n° 1, mais 15 A 59. 

Rev. — • HENRICO • Il • AVSPICE • Semblable 

au n'» 2. 

Or. Cabinet de M. R. Chalon. 

Rev, ntim. belge de4860,pl.XII, n« 42. 

(1) Monete deUa republica di Siena. 



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— 157 - 

d. 3. Demi écu d'or. — R • P • SEN • IN • MONTE • 
ILIGINO ' Dans le champ, la lettre S ornée. 
Rev. — • HENRI • — • 11 • A VSP • Écusson ovale 
orné, renfermant dans une bande transversale le 
mot LIBERT - 
Or. D. Promis, pi. VIII, n» 93. 

d. 4-. Double teston. — Semblable au n" 1 . 
Rev. — Semblable au n" 1 • 

Arg. Cabinet impérial de Vienae. 

d. 4«. Double teston. — ^ • R • P . SEN • IN • M • ILICI 
• HENR • Il • AVTP • Semblable au n" 1, mais 
avec la date 15 A 58. 
Rev. — • TVO CONFISI PRAESIDIO • La madone 
de face^ assise sur un nuage et entourée de huit 
chérubins. 

Arg. D. Promis, pi. VIII, n» 94. 

d. 5. Teston. - ^ R ^ P • SEN • IN • M • ILICINO • 

HENRICO • Il • A VSP — Semblable au n« 1. 

Rev.— ' TVOCONFISI PRAESIDIO -La madone 

assise, les mains levées vers le ciel et soutenue 

par des nuages et deux chérubins. 

Arg. Idem, do 95. 

Gonbroose, n« 863. 

d. 5«. TeWon. — Semblable au n" Î5. 

Rev. - TVO CONFI -SI N VMINE-^ Lamadone 
debout, nimbée, entourée de quatre chérubins et 
soutenue par un cinquième. 
Arg. D. Promis, pi. VIII, o« 96. 



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- 158 — 

d. 5». Teston. — «^ R • P • SEN • IN • M • ILICI • IIEN • 
II * AVSP — Semblable au n" 1, mais avec la 
date 15 A 58. 
Rev. — TVO CONFISI — PRESIDIO — (sic). La 
madone debout, couronnée et nimbée, soutenue 
par des anges et des nuages; elle porte lenrant 
Jésus sur le bras gauche et tient un sceptre de 
la main droite. 

Arg. I^blanc, pi. L, d« 8. 

d. 6. Parpayole. — ^ • R • P • SEN • IN • MONTE • 
ILIGINO . Louve allaitant un des jumeaux, 
l'autre se trouvant sur le dos de la louve. Au des- 
sous, la date 1556. 

Rev. — X' HENRI • CO • II • AVSPICE • Croix 
fleurdelisée recroiseitée. 

Billon. D. Promis, pi. VIII, n» 97. 

d. 6«. Parpayole. — ^ R ' P • SEN • IN • MONTE • 
ILIGINO ' Louve allaitant les jumeaux. Au-des- 
sous, la date 1558. 

Rev.—X HENRICO • II • AVSPICE— Semblable 
an n*" 6. 

BilIOD. D. Promis, pi. VIII, n« 98. 

Revue numismatique française, de 
4859. 

d. 7. Z)ewit-parpaî/o/6. — ^R-P- SEN- IN -MONTE • 
ILICINO — Semblable au n» 6% mais avec la 
date 1557. 



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- 159 — 

Rev. — A HENRICO- II- AVSPICE • Semblable 
au n** 3, mais dans la bande transversale les lettres 
S- PQS- 

Biilon. D. Promis, pi. VIU, no 99. 

Catalogue des monnaies nationales de 

France. 
Collection Rousseau, q« 4423. 

d. 7*. Demi-parpayole. — Semblable au n" 7. 

Het?. — A • HENRICO • II • AVSPICE • Semblable 
au n^ 7, mais Técusson a une autre forme. 
Biilon. D. Promis, pi. VIII, no 400. 

d. 8 Denier. - R • P • SEN • IN • M • ILICINO : Dans 
le champ, une S majuscule. 

Rev. — •;• • HENRICO • II • AVSPICE. Dans le 
champ, on lit, en trois lignes: LI— BERT*-AS. 

CuiTre. D. Promis, pi. VIII, n» 404. 

Catalogue des monnaies nationales de 

France. 
Collection Rousseau, n* 4424 



MUNSTEK. 

AMlécé« par «on éYê%«e, en !•••• 

1 . 3 ducats. — MON AST : WESTPH : OBSESSVM 

— Les armes ornées de la ville de Munster, 
au-dessus, la date 16-60. 

Or. — Unifacc, carrée. 



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- i60 - 

* 2. 50 sols. - MONAST : WESTPH : OBSESSVM • 

1660 — Les armes ornées de la ville de Munster. 

Arg. — Unifaœ, carrée. 

Van LooD, t. II, p. 467, n« 4. 
Duby, pl.XVI, n«40. 

* 3. 2S sois. — Semblable au n* 1 . 

Arg. — Uuiface, carrée. 

Vao Loon, t. II, p. 467, no 2. 
Duby, pi. XVI,n«42. 

4. 12 pfenning. — 

Cuivre Catalogue Yan Bockel, n* 2370. 

* Î5. 6 pfenning. - • STADT • M VNSTER • A • 

N** 1602. Écusson orné aux armes de la ville, 

sur lequel on a estampillé la date 1660 cl un T. 

Rev. — Dans un écusson carré et orné, la valeur : 

VI. 

Cuivre. Van Loon, t. Il, p. 467, n« 3. 

Duby, pi. XVf, n«44. 

* 6. 3 pfenning. — Semblable au n"* 5, mais sans la 

lettre T. 
jRet;. Dans le champ, la valeur.: III, entourée de 
beaucoup d'ornements. 
Cuivre. 

* 7. Pfenning. — STAD • MVNSTER. Les armes de 

la ville. 
Rev. Dans un carré orné, la valeur : I, entre deux 
étoiles. 
Cuivre. 
{Pour être continué.) P. Maillet. 



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- 161 - 



CURIOSITÉS NUHISHATTQUES. 



MONNAIES EARES OU INÉDITES. 



DOUZIEME a'rTIOLE. 



Pl. VI. 



I toi de Uassarai». — Dacal des bpcs-mçQDS. — Uo esteriindeJeao deBobboe. 
— Dd écQ d'Enttst de Baviire. évoque de Liège. — Deau-griffon de Jean, seisoeor 
— Triens de Metz. — Dne énigme. — 



L 

Busle de profil à droite^ cuirassé et avec la fraise à l'espa- 

gnole : . FER • MA • CRE :ECDSR-E • F(«), 

MDCVXVIII • P. . 
— Navire voguant à toutes voiles ; dans le ciel, six étoiles : 

NON ALIVNDE • SEDEBO. A Texergue : • LI • (Sans 

doute le nom du graveur.) 

A. gr. 34 . Collection de M. le comte de Robiano. 

n Cette lettre, oblitérée par un tréflage, n*est plus distincte. 11 n*en 
reste que la hampe; mais un Ihater cité par Madai, sous le n» 4487, et 
dont nous parlons plus loin, prouve que ce doit être un P. 
S* siAiB. — ToxB I. 44 



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- 162 — 

La légende autour de la (é(e; évidemment arrangée pour 
imiter une pièce d'un Ferdinand quelconque, et probable- 
ment de Ferdinand, duc dé Toscane, est assez difficile à 
lire, bien qu'elle ne laisse pas de doute sur le personnage 
représenté. Nous proposons de commencer par la lettre P, 
qui semble être la dernière, et de dire : P{rinceps) ou 
P(aulus) FER(rerM5) M\{s$erani) CRE^picordii) E(0 
C{andeli) (') D{ominu8), S{acrœ) R(pmané) E{ccle8iœ) 
F^eudarius) ('). Le millésime estropié qui suit nous 
parait inexplicable; en admettant toutefois que les deux V 
ne soient que des X mal formés, on aurait la date possible 
de 1633. Le lype du bateau, au revers, paraît avoir été 
emprunté à un écu de François P% duc de Modène 
(1629-1658), dont la légende est: non alio sidbae. 

Masserano , ou Messerano , que les Français disent 
Masscran, était un fief enclavé dans les États sardes ('). 
L'Fglise en possédait la suzeraineté. Lans le xv!"" siècle, 
Masserano passa, par un mariage, de la famille Fieschi 
dans celle tics Ferrero di Biella (*). Celte terre, qui portait 
le litre de principauté, comprenait la ville de Masserano et 
le bourg cl marquisat de Crevacuore (*). 

(1) Les Ferrero étaient comtes de Candeh, près de Biella. LMuitialeC 
pourrait aussi indiquer leur fief de Casalvalione, dans leNovarais. 

(') DucANGK, Feodarius, Feudatarius, Fettdarius, Feodariua ecclesiœ 
liomanœ ~ vassal de Téglise; ce qu^élait le prince de Masserano. 

(■) Masserano, à 7 i lieues N. 0. de Novare, aujourd'hui cbef-lieu de 
mandement dans la province de Yerceil, petite ville de 3,500 habitants. 

{*) Biellaf ville des Etats sardes, à 44^ lieues N. N. E. de Turin, 
chef-lieu de province, 8,000 habitants. 

{*) Crevacuore (Crèvecœur), petit bourg à 9 lieues N. 0. de Novare, 
sur la rive gauche de la Sessera. Environ 4,000 habitants. 



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— 163 — 

Le prince Paolo Besso Ferrero, à qui appartient la mon^ 
naie dont nous avons donné, ci-dessus, la description, 
était le second Gis du prince Francesco Philiberto. Né 
en 1608, il avait été destiné à Tétat ecclésiastique; mais la 
perte de son frère aine, tué en 1624 par les habitants de 
Masserano qu'exaspérait son atroce caractère, lui fit aban- 
donner les études théologiques, après, toutefois, qu'il eût 
obtenu, en 1628, le grade de docteur. Le 15 septembre 
de l'année suivante, la mort de son père le fit héritier de 
Masserano et de Crevacuore. Cependant, la peur que lui 
inspiraient ses vassaux révoltés, et la guerre entre les 
Français et les Espagnols qui désolait le nord de Tltalie, 
rempéchèrenl de prendre immédiatement possession de 
son domaine. Le pape Urbain VIII, considérant qu'il 
n'était pas solidaire des fautes de son père, lui en avait 
reconnu la légitime propriété. 

Los ducs de Savoie, qui commençaient déjà àgrignotter 
ritalie en attendant de Tavaler toute entière, convoitaient 
surtout Masserano, enclavé dans leurs possessions. On 
offrit dbnc à Paolo, s'il voulait céder ses prétentions, des 
compensations territoriales et d'autres avantages : il con- 
serverait le droit de battre monnaie; il aurait à la cour de 
Turin le premier rang après les princes du sang, etc., etc. 
Paolo semblait assez disposé à accepter cet arrangement; 
mais le pape, son suzerain, coupa court è la négociation 
en refusant son consentement. 

Cependant, Masserano et Crevacuore continuaient à être 
occupés militairement par des garnisons espagnoles, qui, 

du reste, ne s'ingéraient en rien dans l'administration civile 

du pays. La paix de Ratisbonne, de 1 630, ne les ayant 



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- 164 - 

pas détermîaés à quitter leur poste^ Paolo^ pour les en 
déloger, se jeta dans les bras du duc de Savoie, Victor- 
Amédée P'. Par le traité qui inlervint entre eux, en 1631, 
le duc s'engageait à mettre à sa disposition des soldats pour 
l'assister à récupérer ses domaines et à contenir ses vas- 
saux dans l'obéissance; il devait, de plus, relever, à ses 
frais, les murailles de Crevacuore et expulser du Piémont 
les ennemis de la famille Ferrero. Paolo, de son côté, ne 
pourrait, à l'avenir, nommer sans l'asseniinientdu duc les 
gouverneurs de Crevacuore et de Masserano. Ce fut à 
l'occasion de cet arrangement qu'il reçut Tordre de 
l'Annonciade. 

Bien qu'on eût prodigué dans le traité la formule « sans 
préjudice aux droits du Saint-Siège, » le commissaire 
apostolique, Cardella, voyant que la maison de Savoie ne 
songeait qu'à gagner du terrain, se hâta de réconcilier le 
prince avec ses vassaux. Le 4 mars 1632, il fut convenu 
que Paolo accorderait une amnistie complète et générale; 
qu'il renoncerait à toute indemnité pour les dégâts et pil- ^ 

lages exercés pendant les troubles; qu'il ne |)ourrait, à | 

l'avenir, imposer ses sujets sans leur consentement; qu'il 
abandonnerait toute prétention sur le terrain du jeu de 
paume, où la commune de Masserano faisait bâtir l'église 
des SS. Charles et Sébastien, en exécution d'un vœu fait 
pendant la peste. Paolo revint alors à Masserano, où les 
habitants lui jurèrent Bdélité, le 4 mai 163^2. Il continua, 
toutefois, de résider à iiiella, en attendant qu'on relevât le 
palais que ses sujets avaient saccagé pendant les troubles 
qui avaient marque le règne de son père. En 1633, il fit 
un nouveau traité avec le duc de Savoie au sujet du com- 



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merce et du transport du sel ; mais comme la guerre contî- 
naait toujours et que les Espagnols n'avaient pas quitté ses 
États, le prince, en réalité, était fort peu maître chez lui. 
Urbain VIII aurait bien voulu faire respecter la neutralité 
d'une principauté qui relevait de l'Église, mais la crainte 
du duc de Savoie lui inspirait un langage plein de circons- 
pection. Sur ces entrefaites, Paolo vit de nouveau ses 
domaines bouleversés par la révolte. Un parti de mécon- 
tents avait pris les armes; grâce aux secours que four- 
nirent au prince le duc de Savoie et l'cvéque de Novare, 
il parvint à mettre les insurgés en fuite dans les montagnes 
de Pianeri et remporta sur eux une victoire complète, le 
3 juillet 163». 

En 1636, le duc de Savoie, allié aux Français, gagna la 
bataille de Tornavento, et les Espagnols furent alors con- 
traints d'évacuer Masserano. Mais pour se venger du prince 
qui, sans l'avouer ouvertement, favorisait leurs ennemis, 
ils confisquèrent les trois fiefs que la famille Ferrero pos- 
sédait dans le Novarais, et qu'elle ne récupéra qu'en 1648, 
a la paix d'Aix-la-Chapelle (*). 

Paolo s'était marié, en 1 634, avec Marguerite del Car- 
retto, fille de Philibert, marquis de Bagnasco et de Sali- 
ceto; il en avait eu deux (ils. Devenu veuf, le 8 février 1638, 
il reprit la carrière ecclésiastique, se fit prêtre, en 1 639, 
et devint prélat domestique, référendaire des deux seings. 
Il avait à peine reçu les ordres que, sans respect pour sa 
tonsure, les tribunaux de Milan le condamnaient h mort 
(par contumace), parce qu'il avait empêché ses vassaux de 

n Ces fiefs étaient Gasalvallone. Villata et Ponsana. 



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— 166 — 

prendre du service dans les rangs espagnols. Il fut obligé, 
pour terminer l'affaire, d'accorder cette autorisation, ei, 
pour contenter tout le monde, de permettre également des 
enrôlements pour le duc de Savoie. Le 1 6 novembre 1 640, 
ses vassaux de Crevacuorc lui renouvelèrent le serment de 
fidélité. En 164K, les Espagnols envahirent encore une 
fois ses Étals, et le marquis de Velada, gouverneur de 
Milan, lui prit Crevacuorc, qu'il abandonna peu après. Ce 
ne fut qu'à la paix des Pyrénées, de 1659, que Masserano 
fut complètement délivré de roccupation étrangère. Celle 
occupation, du reste, n'avait jamais été que militaire et 
n'avait pas mis en question les droits du prince. Ce n'était 
pas tant l'étranger qu'il avait & craindre que ses propres 
sujets auxquels il inspirait la liaine et la répulsion la plus 
vive. Paolo, dit Litta, rhislorien de sa Tamilte, était prêtre; 
mais, portrait vivant de son père et de son frère, c'était 
un homme fier, un despote, vindicatif et arrogant. On 
l'accusait d'avoir usurpé les biens d*autrui, d'avoir même 
fait commettre des assassinats par ses sicaires. Alexan- 
dre VII, comme suzerain de la principauté, se décida à 
lui en enlever l'administration, qu'il confia à un certain 
abbé Laureti ; il ordonna, de plus, d'abattre immédiate- 
ment les fortifications de Masserano et de Crevacuorc, 
pour ôter aux étrangers l'envie de s'en emparer. 

En apprenant celte résolution, Paolo furieux voulut 
empêcher par la force la démolition de Oevacuore, mais 
les habitants ne lui en laissèrent pas le temps et incendiè- 
rent le château. Le pape envoya, alors, à Masserano, 
monseigneur Villani, chargé de mettre un terme à ces 
étemelles contestations. Une nouvelle transaction fut con- 



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- i67 « 

due, par ses soins , devant un notaire de Diella^ le 
(''septembre 1660; mais Paolo; se souvenant de la fin 
tragique de son frérei ne se hasarda pas de retourner chez 
lui : il fixa sa demeure à Biella. Ce ne fut que plus tard, 
et vers la fin de sa vie, quand l'irritation fut un peu calmée, 
qu'il s'établit dans sa principauté. Dès 1649, il avait 
augmenté les revenus de la collégiale et érigé la chapelle 
de Saint-Antoine de Padoue dans l'église des Frères-Mineurs. 
En 1650, Ferdinand II lui avait confirmé ses privilèges, 
et le 8 octobre 1666, il était rentré en possession de ses 
fiefs du Novarais. 

Pour bien finir, et, sans doute, dans l'espoir de racheter 
ses nombreux péchés, cet aimable prince fit un testament 
par lequel, s'il mourait sans enfants, il léguait toute sa 
succession aux jésuites. Par malheur pour les révérends 
pères, un fils lui survécut, François-Louis, né à Masserano, 
le 24 janvier 1638, mort le 8 juin 168S (*), et sa descen- 
dance se continua jusqu'au prince Charles-Louis, mort à 
Paris, le 6 mars 1833. Nous ignorons si les jésuites 
revendiquèrent, alors, l'héritage de Paolo; , toujours est-il 
qu'une sentence de la Caméra regia de Turin, en date du 
24 mars 1836, l'adjugea à la branche des Ferrero, mar- 
quis de Marmora, qui en est aujourd'hui en possession. 

Les monnaies de Masserano sont généralement fort 
rares (*), et les quelques-unes que l'on connaît du prince 



(') Cet enfant, d*après Litta qui nous a conservé cette curieuse parti- 
cularité, fut, à l'Âge de 3 ans, exorcisé par un révérend père capucin du 
nom de Francesco Ludovico de Campiglione. Quelle famille de possédés I 

(*} Le tarif d'Anvers de 4633, dit Carte ou Liste, etc., mentionne cinq 



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— i68 — 

Paolo Besso se distinguent par roriginalilé des revers, sur 
lesquels on ne voit pas, comme aux pièces de son père, des 
éternelles armoiries. 

Un magnifique écu de lui, gravé dans les Mûnz-belusti- 
9Ufi9en,deKôhler,t.XXII, p. 17, offre, au revers, le soleil 
sur le zodiaque, au milieu d'un ciel étoile qu'entoure la 
légende Nunquatn rétro cursum verto(]e ne recule jamais ^ 
La collection Reichel possédait cotte pièce ; voir n"" 2345. 

Appel mentionne un florin d'or aux mêmes types, sous le 
n«2173. 

M. Caucich, dans son Bullettino, s^nno II, n^ I, a récem- 
ment publié un écu de Paolo Besso, ayant au revers saint 
Georges à cheval, la légende protector noster aspice, et, è 
rexergue, des lettres qu'il n'explique pas, non plus que le 
millésime (est-ce un millésime?) de MXXXIII. 

Madai donne, sous le n^ 4487, et parmi les monnaies 
de Manfoue, (rompe sans doute par les leUres MA, un 
thaler qui parait composé d'un droit semblable h celui de 
M. de Robinno et d'un revers pareil à celui de M. Caucich, 
sauf en plus, au revers, le nombre MDCXXllI; ce qui lui 
fait une double date. Madai, qui n'avait pas reconnu le 
personnage à qui celle pièce appartient, et qui ne pouvait 
l'expliquer, s'en tire en disant : Ist gleichfalls ein faische 
thaler {*). 



théiers différents deFrancesco Philiberto, mort en 46S9. Quatre de ces 
pièces un peu variées et dont deux portant les dates de 4642 et 4643 se 
trouvaient dans la collection Reichel. 

(*) II venait d*en décrire une de Francesco qu*il n*ava!t pas mieux 
comprise. 



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« 169 - 

Toules ces monnaies sont du même graveur, qui les 
signe L. I. 

IL 

Un livre ouvert, sur les pages duquel on Ht : 

DAS GE- 

GA.N- HEIM 

TZE NUS. 

{Secret complet.) Au-dessus, une paire de luneUes. 
-> Trophée d'instruments maçonniques, couvert du tablier 
en guise de pavillon ou manteau royal. Au-dessus : DER 
FREYMiEUER. {Le franc-maçon.) 

Or. gr. 3.50. Ma collection. 

On a, souvent, reproché aux jésuites de s'être fait, ou 
d'avoir voulu se faire souverains, comme, par exemple, au 
Paraguay, à Muno (*) et ailleurs. Il parait que leurs émules, 
les frères de la truelle, n'ont pas été moins ambitieux dans 
leurs prétentions. Se décorer, à huis-clos, de croix^ de 
cordons et de plaques, comme de vieux maréchaux de 
France, se donner, aussi à huis-clos, les titres superbes 
de princes du Liban, de princes de Jérusalem, de souve- 
rains-princes du Royal Secret et d'autres lieux (secrets), ne 
leur a pas suiB. Ils ont fait plus que les seigneurs du Para- 
guay et de Muno, ils ont frappé monnaie (sans doute tou- 
jours à huis-clos), et monnaie d'or, comme des princes de 
l'Empire. 

n Leg Seigneun de Muno, par Rbmibe Chalon. Bruxelles, 4864 , iD«8^ 



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— 170 — 

Et qu'on n'aille pas croire que le ducat que nous 
publions ici est une invention nouvelle. Il remonte évi- 
demment au siècle dernier, puisqu'on le trouve mentionné 
dans divers catalogues antérieurs à 1800. Merzdorr qui le 
décrit, page 40, mais qui n'en donne pas le dessin, dit 
que la tradition l'attribue au comte de Zinzendorf (*), fon- 
dateur de la secte des Herrnhuters, espèce de frères 
moraves, dont les relations avec la franc-maçonnerie sont 
assez connues. 

Au reste, ce n'est pas la seule monnaie ou pseudomon- 
naie maçonnique qu'on puisse citer. Le supplément au 
Ducatenkabifietj imprimé à Hambourg, en 1784, qui n*a 
pas signalé notre pièce, mentionne un ducat de la loge de 
Berlin, déjà décrit dans Kôhler, tome XV, page 417, 
et un double ducat de la loge de Brunswick, du 12 fé- 
vrier 5744 (en siyle vulgaire et profane, 1 744), 

m. 

Tète de face et couronnée; type ordinaire des csterlins 
anglais. * €CDVV7înES DN . . BEYI^ 

— Croix des esterlins, anglée de douze besants : Vllili j 
SBB I ISrPO I lililS. 

G. gr. 4.05. Ma collection. 

Cette pièce est de Jean de Bohème, duc de Luxembourg. 
Les premières et les dernières lettres de la légende, du 
côté de la lète, ont été altérées à l'effet de ressembler, le 

(«) Né en 4700, mort en 4760. 



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- 171 — 

plus possible, à la pièce anglaise d'Edward, que l'on imi- 
tait. C'était, du reste^ Fhabitude des monétaires de Jean 
TAveugle, de déGgurer son nom de toutes les manières. 
M. de La Fontaine a réuni bon nombre de ces pièces sur 
les planches, malheureusement encore inédites, de la 
monographie luxembourgeoise, promise depuis tant d'an- 
nées! Nais, comme celle-ci ne s'y trouve point avec le 
même revers, nous avons cru devoir la donner. 

On remarquera que le X du mot REX est devenu un Y. 
Il est suivi d'une hampe à laquelle devaient se souder deux 
boucles, pour en faire un B, mais que le défaut d'espace, 
mal calculé par le graveur, a dû faire supprimer. Au lieu 
d'avoir REXBÇohemie)^ on avait alors les deux dernières 
lettres de la légende anglaise, YB' {Hybemie). 

Quant h la villa Bristotlie du revers, il faut y voir un 
emprunt dans le genre du civitas London sur des estcrlins 
du Hainaut, ou du Turonus civis, dont tout le monde 
s'était emparé. 

La pièce est de cuivre, et semble, par places, avoir été 
argentée, ce qui faisait supposer qu'elle était l'œuvre d'un 
faux monnayeur. A cette opinion , notre savant ami 
M. L. de Coster oppose cette réflexion judicieuse qu'un 
faussaire eût, de préférence, imité la pièce anglaise dont la 
circulation devait être plus facile et plus étendue. Le faus- 
saire, selon lui, ne peut donc être que Jean de Bohème 
lui-même. 

IV. 

Tête de profil à droite avec une barbiche impériale et des 
moustaches de cuirassier. Dans deux cercles concentri- 



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— i72 — 

ques, la lë^tende suivante : • ERiNESTVS • D • G • AR • 
COL • ELCT • EPS • LEOD • ADM • HILD • MQN — 
♦ ET • FREfS • PAL • RE • DVX • BA • AN • WES - 
ET • BVL. 

— Les armes de Bavière supportées par deux lions et som- 
mées du bonnet ducal. Dans le champ, aux deux côtés 
du bonnet» l'année : 16 08. Autour, au lieu de légende, 
seize écussons d'armoiries. 

A. gr. 29.00. Cabinet de S. A. S. le duc d*Arenbei^. 

Ernest de Bavière, évèque de Liège, de 1S8I è 1612, 
était un prince actif et intelligent. Il avait les qualités d'un 
bon souverain, dit VArt de vérifier les dates, mais des 
défauts peu compatibles avec le caractère épiscopaL 
Comme son contemporain le Béarnais, il aimait avec excès 
les femmes et le vin. Aussi ne fut-il jamais évèque, arche- 
vêque et abbé que de nom, seulement pour jouir des 
revenus et de l'autorité. Malgré les instances du pape, il 
ne consentit jamais à se laisser sacrer. 

Ce fut un des plus grands cumulanis de son époque. Il 
réunit, sur sa tète, l'archevêché de Cologne, ce qui le fai- 
sait électeur de l'Empire, duc de Westphalie, d'Engern, 
comte d'Arensberg; lesévèchés de Hildesheim, deFreisin- 
gcn, de Munster et de Liège, qui comprenaient le duché de 
Bouillon, les comtés de Hornes, de Looz, le marquisat de 
Franchimont; les abbayes de Stavelot et de Malmédy, le 
comté de Logne, etc. 

Le graveur d'Ernest de Bavière a profité de ses nom- 
breux blasons pour en former le revers de sa belle mon- 
naie. Cette disposition gracieuse d'une guirlande d'écussons. 



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— 175 - 

déjà employée plusieurs fois dans le xyi** siècle, fournit à 
Van Berckcl, en 1790, le type de sa magnifique monnaie 
des Patriotes. 

Voici la nomenclature et l'explication des seize armoi- 
ries d'Ernest : 

f* Archevêché de Cologne. D'argent^ à la croix de 
sable. 

¥ Évéché de Hildesheim. Parti d'argent et de gueules. 

S** Evéché de Frcisingen. D'argent, au buste d'un maure 
de sable couronné d^or à l'antique et vêtu de gueules. 

i"* Abbaye de Malmédy. D'argent, au basilic passant de 
sable j sur un tertre de sinople. 

S* Duché de Westphalie. De gueules^ à un cheval garni 
d'argent. 

6" Duché (le Bouillon. Parti de Bouillon (de gueules à 
la face iargent) et de Liège {de gueules au péron d^or). 

7» Comté d'Arensberg. D'azur y à une aigle éployée 
d*argenti becquée et membrée d'or. 

8° Comté de Logne. D'azur, à une tète de pucelle de 
face, au luitiirel (*). 

9"* Comté de Homes. D'or^ à trois huchets de gueules, 
tirolés d'argent. 

lO"* Comté de Looz. Burelé d'or et de gueules. 

H* Marquisat de Franchimont. D'argent, à trois lion-- 
ceaux couronnées de sinople, armés et lampàssés de gueules. 

12" Duché d'Engern. De gueules, à trois cœurs d'or. 

(*) D'après Del Rez, Continuation du Miroir des nobles de la Hesbaye. 
Sur notre pièce, de même que sur le sceau qui sert de fleuron de titre 
à rbtflloire de Stavelot de M. A. De Nous, cette tête de pucelle res- 
semble beaucoup à une tête de Méduse. 



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13** Comté palatin. De sable, au lion rampant d'or, 
couronné de gueules. 

!f® Abbaye de Slavelot. D'argent, à l'arbre nourri 
sur un tertre de sinople et un loup passant au naturel, 
tenant de la patte dextre une crosse d'or passée en barre (*). 

15' Évéché de Munster. D'azur, à la fasce d'or, 

16" Évèché de Liège. De gueules, au péron d'or. 

Ce beau thaler, qui n'est pas complètement inédit, puis- 
qu'il est porté dans plusieurs catalogues, mais que nous 
n'avons pas trouvé gravé, a-l-il été fait pour Liège, pour 
Cologne, ou pour une autre des nombreuses souverainetés 
d'Ernest? Cette question est assez difficile a résoudre; elle 
est au moins controversée. Kôhler, dans ses Munz-belusti- 
gungen, tome IV, préface, en parle et l'attribue à Liège. 
Le Thaler cabinet, tome I, n** 444, le donne à Cologne, de 
même que Wallraf, dans le catalogue Merle, page !269. 
Mais ce dernier, faisant une monographie colonaise, cher- 
chait i\ tout annexer à sa collection. Ce n'est pas un juge 
désintéressé. 



(') Telles devraient être les armoiries, mais sur noire pièce, on voit 
distinctement deux arbres. Au rc3te, ce n'est pas la seule erreur qu^oo 
ait commise au sujet des armoiries de Stavelot. Dans l*ouvrage intitulé 
les Souverains du Monde, etc., le loup est devenu un agnus Dei, et, sur 
le sceau du dernier abbé, dom Célestin, il paraît être un cheval. Le 
loup figure là en vertu d*«ne vieille légende. Saint Remacle, occupé 
à bAlir son monastère, vit un loup dévorer un des ânes qui trans- 
portaient les matériaux. Il ordonna au féroce animal de prendre la place 
de r&ne, ce que le loup s'empressa de faire de la meilleure grâce du 
monde. Depuis lors, le loup, apprivoisé, ne quitta plus le saint. 



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- i75 - 



Griffon assis, à gauche, et tenant l'écusson aux armes de 
Ileînsbcrg : * lOï^S : DS : liOSH : DHS : I VIiI25 
: I^aHSBJ : lia. 

— Croix pattée traversant la légende sur une épicycloîde 
à quatre lobes et ayant, au centre, un écusson au lion, 
dans un cartouche formé de quatre arcs de cercle et de 
quatre angles sailants. Chaque bras de la croix accosté de 
deux rosettes : * P2Î2C : DH 1 1 : SIW : HO | BttV : 
Z : M I 2Ta2îrp SSP [Pax Domini sit nobiscum et 
maneat semper). 

A. gr. 4.75. Ma collection. 

Ce demi -griffon de Jean 1**', de Looz, seigneur de 
Heinsberg et I.eeuwenberg, seigneur de Juh'ers (pour une 
partie)^ etc. etc. (^), est une imitation complète d'une pièce 
semblable frappée par son Gis, Jean de Heinsberg, évèque 
de Liège (1419-1456). Le père aura imité le fils qui, 
devenu prince-évèque de Liège, était plus grand seigneur 
que lui, et il Ta imité sans vergogne en donnant même h sa 
pièce un revers identique à celui du griffon de Févéque. 

C'étaif, sans doute, une spéculation; car la pièce parait 
être d'assez mauvais argent. Mais le fils aurait-il pu, 
décemment, décrier les monnaies de son père et le déclarer 
faux monnayein*? 

(') 4395-4438. 



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— 176 - 

VI. 

Téie de profil à droite, ceinte d'une couronne perlée : 
METI^ CIVETATI. 

— Croix haussée dans un cercle en grènetis, accostée à sa 
base des lellres C A : * qODECNV^ MONETA. 

Or. gr. 4 .40. Collectiou de M. De Coster. 

Ce iriens d'une frappe et d'une conservation irréprocha- 
bles, est une variété nouvelle à ajouter à la numismatique 
de la cité de Metz, sous les Mérovingiens, et que n'a pas 
connue M. Ch. Robert. (Voy. Études numismatiques sur 
une partie du nord-est de la France. Metz 1882, in-4*.) 

Le nom de Godecnusy d'une lecture incontestable, ne 
figure pas dans la liste donnée par M. Cartier au volume 
des tables de la Revue française. 

VIL 

Écu à l'aigle épIo3ée, sommé d'une église 6 deux tours de 
hîiuleur inégale î S : BTÎIiD €CWIRVS. 

— Croix pattce dans un cercle : MOneCîPTÎ • ROVTf • 

poRFran. 

B. B. gr. 0.46. D'après un dessin de M. Hoofl Van 

Iddekinge. 

Celte petite pièce cft une imitation d'une monnaie d'Aix- 
la-Chapelle. Les seigneurs de Rekheim ont également 
emprunté ce type. ^ Voir Vander Chijs, Leenen van Brabant, 
pi. XXVI ir 17 et 18, et pi. XXXI, Uekheim 1 et 2.) 



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- 177 - 

Elle se ratlache, évidemment^ à la monnaie que nous 
avons donnée dans le neuvième article des Curiosités 
numismatiques, tome IV, 4* série de la Revue ; elle en est 
une subdivision. Toutes les deux sont une énigme dont 
nous demandons le mot. 

Vin. 

Deux écussons suspendus & une espèce d'anneau; l'un au 
lion rampant à queue fourchue, l'autre au lion rampant 
à simple queue, chacun sommé de la lettre G; G(e/(ler- 
land) et G{ulick)j Gueidre et Juliers. Au bas, la 
lettre R. 

B. N. gr. 0.20. Dessin de M. Hooft Van Iddekioge. 

Celte pièce est uniface, une demi-bractéate; genre de 
fabrieaiion monétaire presque inconnu dans nos pro- 
vinces. On doit l'attribuer à Renaud IV, duc de Gueidre 
et de Juliers (1402-1423). La lettre R, placée au bas, entre 
les deux écussons^ serait l'initiale de son nom. 

R. Chalon. 



6« s&an. — ToMB I. 42 



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— <78 - 

DÉPÔT DE MONNAIES 

TROUVÉ A NOORDHORN 
(I=»IiO-VINOB 3DB O-XiOXTZXTa-TTS). 



Plamchb VIII. 



II est, aujourd'hui, devenu incontestable que la descrip- 
tion d'un dépôt de monnaies, surtout quand il s'agit de 
monnaies du nfioyen Age, peut avoir quelque utilité pour la 
science numismatique, et nous osons soutenir qu'il est du 
devoir de tout amateur assez heureux pour mettre la maîu 
sur une trouvaille, d'en rendre compte aux numismates ses 
confrères. 

Afin de prouver notre thèse par un exemple, nous allons 
offrir aux lecteurs de la Revue la description d'un dépât 
de monnaies» peu nombreuses, il est vrai, mais contenant 
des pièces intéressantes, découvertes il y a quelque temps 
dans nos contrées. 

Un journalier, à Noordhorn, village florissant dans la 
partie occidentale de la province de Groningoe, était occupé 
dans le courant du mois de novembre de l'année 1867 à 
déblayer le terrain où se trouvait autrefois une maison. Il 
n'eut pas travaillé longtemps que sa bêche mit au jour un 
dépôt de monnaies contenant trois pièces d'or, soixante- 



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- 179 — 

cinq d'argent et quelques-unes de cuivre, qu'il jugea dans 
son ignorance ne valoir point la peine d'être recueillies et 
qui sont ainsi perdues pour toujours. Son premier soin fut 
d'aller « à la ville » comme on le dit ici, d'aller à Gronin- 
gue et d'offrir ses monnaies ^ quelque orfèvre. Le premier 
n'en voulait point, un auti:e mieux avisé lui acheta son 
petit trésor et le vendit le lendemain à notre ami 
M. J.-D. Hesselink, amateur et possesseur d'une jolie 
collection à Groningue. 

Celui-ci nous fit part de son acquisition. C'est à son 
extrême obligeance que nous devons le plaisir de publier 
cette description, et nous l'aurions fait depuis longtemps, si 
d'autres occupations ne nous en avaient point empêché. 

Les soixante-huit monnaies en question appartiennent à 
la Frise, Groningue, Ostfrise, Oldenbourg, lever et Clèves, 
et furent frappées de 1491 jusqu'à 1 509. Les voici décrites 
dans cet ordre. 

MONNAIES DE FRISE. 

AUS&T, BVC 9B 8AZB, GOOTSUHBUIL SB FRIBB (1498-1500.) 

1 . Aigle biceps, au-dessous l'écusson incliné aux armes 
de Frise, le tout dans une épicyeloîde à quatre lobes dont 
les angles rentrants sont remplis par des tréfeuilles. 

Lég. * 2ÎLB?rrVS • DVX • SKXO; Z * GVB>- 

1225 V PI?!*'- 
Rev. Croix pattée cantonnée de quatre étoiles à six raies, 

coupant les légendes. 

Lég. ext. * DGl * GB — KŒIK * B -> acas * 

RS — GRKnrp. 



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Lég. int. 'KïiW — DOMI — i; JIÎ S GC - GCattGC. 

Double jager ou pièce de deaz sous, un exemplaire. 

Van der Ghijs, pi. VI. 5. 

OBOEOB8, SUC SB 0AX8, OOUTBBBBUE BB FEISB (1M>4-161B). 

2. Écusson à cinq quartiers remplissanl le champ. 

' Lég. * MonarPTî * no? * dvk * s^xom * 

Het;. Croix pattée et évidée^ cantonnée de deux lions 
contournés et de deux aigles. Au centre^ un petit écu aux 
armes de Saxe. 

Lég. X 2ÎRR0 - x 2Î x TilSm — 'Kliï x DO — MI'x 
150». 

Demi-sou, quatre exemplaires. Van der Chîjs, pi. VIII, 6. 

3. Même pièce, variété. Petit aigle au lieu de Técu au 
centre de la croix. 

Deux exemplaires. Inédit. 

VILLE DE LEEUWARDE. 

4. Aigle biceps, au-dessous un écu incliné aux armes 
de Leeuwarde. 

Lég. * mon? * nOVTÎ *^* LSWTÎRDia. 
Rev. Croix pattée et évidée coupant la légende : 3ÏX2I20 

- DOMI - maaa - gc * xai. (pi. viii.) 

Demi-sou, un exemplaire. Inédit. 

VILLE DE 6R0N1N6UE. . 

5. Aigle biceps, au-dessous Fécusson incliné à la fasce, 
armes de Groningue. 



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— 181 — 

Lég. * mon? * ROV25 — GRoninGec?. 

Rev. Croix pauée et évidée, coupant la légende. Au 
centre^ une étoile à six raies. 

Lég. 2înno * — DOMi — m * GGca— GC* xai * 

Demi-Jager oa demi-sou, deux exemplaires. 

Van der Chijd, pK ZIII, 82. 

6. Même type que le n*" 5. 

Lég. * monsrrv nov2î * -- * GRoniGan- 

SIS. 

Rev. Croix pattée et évidée^ coupant la légende. Au 
centre, une étoile à huit raies. 

Lég. Tînno — DOMin? - m aaaec - xgcviii. 

Jager oa sou, deux exemplaires. 

Van der Cbijs, pi. Xlll, 88. 

7. Même pièce, vaiiété: GROniRGSS. 

Un exemplaire. Vbd der Ghijs, pi. XIII, 89. 

& Droit et revers le même type que le n* 6. 

Lég. * monarPTî * nov> - GRO^mGs^^ 

Rev. Lég. TCHRO — DHP * JH — aŒGCGC * — 
XCCIX * 

Jager ou sou, cinq exemplaires. 

VanderChys.pl.XiV, 100. 

9. Même pièce, variété : 2C(II2C % 

Dix exemplaires. Van der Ghijs, pi. XIV, 404. 

10. Même pièce, variété : GRORIGanSJ.. 
Un exemplaire. Van der Ghijs, pi. XIV, 402. 



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— 182 — 

H. Même pièce, variélé : * fROnem? * 120 V2S * 
— * GRORIRGaS. 

Quatre exemplaires. Van der Gbijs, pi. XIV, 403. 

12. Mémepîèce, variélé: *JI20ne;v.VnOV2î*;;,elc. 

Trois exemplaires. Inédit. 

13. Saint Martin deboul^ tenant une crosse de la main 
gauche, et bénissant de la droite. 

Ug. O — Si mTîRTOR^ — ^ PRO^ GBORI. 

Rev. Dans un encadrement formé de trois arcs de cercle 
et de trois arcs saillants^ un écusson portant l'aigle biceps, 
chargé d'un petit écusson à la fasce, armes de Groningue. 

Lég. *moRe:rp*ROV2î*25VRa;2î*GBonin 

Demi-florin d*or ou cnapkoek, un exemplaire. 

Van der Gbijs, pi. XV, 409. 

14. Même pièce, variété. 

Lég. ^O"" — S'* mKRrriR'^ — PROV GRORIR? 
et * ÇnOV.Sm'R^TiOV'R * KVReCTÎ * GRORI. 
Un exemplaire. Van der Ghijs, pi. XV, 440. 

15. Même pièce, variété. 

Lég. — *^\ mi^J^m — * PROV GRORP^ et 

* monarp * rovk * KVRaro * grori * 

Un exemplaire. Van der Gbijs, pi. XV, 444. 

16. Aigle biceps, au-dessous Técusson à la fasce. 
Lég. * mORSrr2î*RO — V2Î*GR0RIRG^ 
Rev. Écusson à la fasce sur une croix pattée, le tout dans 

un grènetis. 



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— 183 — 

Lég. * isxmo * poMini * m * aaaaaiiii. 

Qaart de sou, ciûq exemplaires de coiDS variés. 

VaoderChljs, pl.XV, 442. 

17. Même pièce, variété : GROIZinGS et ^ SI2 -k 

Deux exemplaires Van der Ghijs, suppl., pi. XX, 28. 

18. Même pièce. Droit comme n*" 16. Revers comme 
nM7. 

Un exemplaire^ Inédit. 

19. Même pièce, variété : * fROnSfTTÎ Xî — Ox' 

GRonin?. 

Rev. Comme n* 17é 
Uo exemplaire. Inédit. 

20. Type comme le n» 6. 

Lég. * monecrPK o nov' — o GRonmcan. 

Rev. Type comme le n** 6. 

ug. TîRHo - DOMi — w o maa — aaa s v o. 

Jager oo soo, an exemplaire. Comp Van der Ghijs, pi. XV, 424. 

â1 . Aigle biceps, au-dessous deux écussons juxtaposés 
aux armes d'Ostfrise (Circzena) et de Groningue. 

Lég. 4 mo^RO,, aoMi- z - *se;^2îrp9^GRo^ 

Rev. Croix ornée et évidée portant au centre un petit écu 
à la fasce, coupant la légende et posée sur une épicycloïde 
è quatre lobes dont les angles rentrants se terminent en 
feuilles trilobées. 

Lég. 25nxK>*— DOMiu-m*aaG — aavii. 

Blanc, iagwr oo soa, quatre exemplaires. 

Van der Cbijs, pi. XVI, 429, 430. 



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- 184 - 

32. Comme n"* 21. 
Lég. * ÇÏ10\ no; , eic. 

Rev,. Comme n"* 21; Au centre de la croix^ étoile à six 
raies. 

Lég. 2cnR0— *DOMi*— jn>aaa-aa*vii*. 

Demi-blanc, jager ou sou, quatre exemplaires. 

VaaderCbiJs, pUJLVI, 433. 

23. Comme n''21. 
Rev. Comme n"* 21. 

Lég. 2înno - ♦ Dni>*jn -Gcaaa - a*viii. 

BlaDO, jagvr ou sou, deux exemplaires. 

yanderGbUs,pL XVI, 436, 

24. Même pièce, variété : KHRO — DOMIR — 

jiiaeia - aaviii. 

Un exemplaire. Inédit. 

COMTÉ D*0STFR1SE. 
■BSAKS i«r {1491-1528). 

25. Harpie couronnée dans une épicycloïde à quatre 
lobes, les angles rentrants ornés de tréreuilles. Dans le 
champ, quatre étoiles : Sjf aOJKRD: ŒOmaS^PRI 

Rev. Croix pattée coupant les légendes, cantonnée de 
quatre étoiles. 

Lég. exL D2î*P2îG[— e;iM*Dne;-*m*DisB 
-vs*nRis. 

Lég. int. 251212%— DOMI> — fR-Ga — Œaa* 4. 
Double gros, un exemplaire. Grote ('), pi. XXVI, 398. 

n GaOTB, Biauerfur MUMk., II band. Leipzig, 4836, in-4o. 



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- 185 - 

36. Harpie couronnée accoslée de deux étoiles^ au-des- 
sous deux écussons juxtaposées chargé Tun de la harpie^ 
l'autre d'un lion : ♦ SDJÎÎRD * ttOI — o * o — PRI^ 

Rev. Écusson à cinq quartiers sur une croix pattée cou- 
pant les légendes. 

Lég. ext. DK* P2îa — aW^ORS — IH^DiaB 

Lég. int. 'KUn — DOMI — JRJ GGC — GCaG*. 
Gros, deux exemplaires. 

27. Même pièce ^ variété : q^ au commencement de la 
l^ende. 

GroB, UD exemplaire. 

COMTE DOLDENBOURG. 
#BAH xiT (1600-1526). 

28. Écusson incliné^ sommé d'un heaume couronné orné 
de lambrequins et timbré d'une étoile à huit raies entre 
deux cornes de buffle. 

Lég. lOïi'R^aoM - •;.• m x oud • bow. 

Aer.Croixpattée, évidée et chargée au centre d'une étoile 
à huit raies^ coupant la légende. Un des bras de la croix 
plus court que les autres est orné d'une épine soutenant 
une étoile à huit raies : 7^X1X10 - DOMI — ïi\ JKaeC 

-^ aaecii. 

Plindtich, un exemplaire. Variété de la pièce décrite par 

Grote, pi. XIX, 284, et Merz- 
dorfif(»),p. 38, n»33. 

(*) MBmzboBFP» Oldenburga MUnxen und MedaiUen. Oldenb., 4860, 
in-8*. 



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— 186 — 

29. Comme n" 28 , seulement Tétoile entre les cornes 
manque : * lOI^S? ♦ aOMS> — * * IR OliDaBCR 
(0 et R en monogramme). 

Rev. Comme n" 28. 'KïinO — x DOMI — I * JUGGC 

— ecaei^v. 

Plindrich, un exemplaire. Inédit. Le droit est identiqae avec 

la graTure de Grote, pi. XIX, 284 . 

SEIGNEURIE DE lEVER. 

II (1468-1511.) 



30. Lion assis, la télé contournée; tenant un écusson 
aux armes de lever. 

Lég onec'^ novK* ecDons'^ asspi 

lav... 

Rev. Croix pattée, évidée, ornée d'une étoile à six raies, 

et coupant la légende : D'K * P25 — d — * IH* 

Dia — ^lîRIS. (PI. VIII.) 

Schaafi?), un exemplaire. Inédite. Gonsolter la pièce décrite 

par Merzdorff (*), p. 30, d« 45. 

DUGHÉ DE CLÊVES. 
JEAW II (1481-1521). 

' 31. Écusson de Clèvcs, au-dessus W. 

Lég. * lOïlBl DVK * ahlV&nS\ 2 * ŒO * 

(>) Merzdorff. Die Miinzen und MedaiUen leverland'a. Oldeob. , 
4862, iD-8«. 



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~ 187 - 

Rev. Écuâson de La Marck sur une croix pallée, coupant 
la légende : RSDDI — ma^t DSO — t> Ve) nDS* 
— I*SV2 1509, 
Gros, an exemplaire. 

Celte dernière pièce étant neuve^ nous supposons que 
ce dépôt fut caché dans le cours de l'année 1509, et que son 
ci-devant propriétaire , probablement un paysan de ce 
temps-lè, périt, soit par l'inondation qui dévasta cette pro- 
vince en 1509, soit par la guerre intestine qui troubla ce 
pays pendant les premières années du xvi" siècle et qui 
ne finit qu'en 1536, quand l'empereur Charles V se rendit 
maître de Gronhigue et des pays environnants. 

il est remarquable que toutes ces monnaies se ressem- 
blent, qu'elles ont pour ainsi dire un trait de famille. Au 
xv^siécle^ les villes de la Frise imitèrent les types en usage 
à Groningue, et ici on copia plus ou moins fidèlement le 
numéraire des comtes d'Ostfrise ; mais tous, presque sans 
exception, employèrent un billon affreux, de sorte qu'on ne 
rencontre le plus souvent que des monnaies de cuivre 
saussé. 

Les monnaies d'Oldenbourg, n""' 28 et 29, ont été frap- 
pées probablement en vertu d'une convention de 1502 
entre le comte Jean XIV et la ville de Groningue, confir- 
mée en 1503 0). 

Quant à ce qui regarde les demi-florins d'or, n"* 13-15, 



(*) Cette confirmation existe encore aux archives de Groningue. 
M. Van der Ghijs Ta insérée dans son ouvrage De Munten van Friea- 
kmd, etc., p. 503. 



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— 188 — 

CCS pièces ont été frappées en 1502 ou 1 SOS. L'or en est 
très-pàle et de bas aloi^ mais il faut avouer aussi que le 
maitre de la monnaie, Corneille de Leide, qui les fabriqua, 
s'éclipsait lorsqu'on lui reprochait d'avoir battu plus d'une 
fois de la fausse monnaie. 

HOOFT VAN IdDBIINGB. 




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— 189 - 

JETONS DE MARIAGE. 

DEUXIEME ARTICLE. 



planûib vu. 



Lorsque^ il y a deux ans, dans le t. V, 4* série de cette 
Revue, nous avons commencé la description de ces jetons 
de mariage, nous ne nous étions pas dissimulé les diffi- 
cultés de l'entreprise ; mais ces difficultés ont surpassé nos 
prévisions. Aussi, ce n'est que grâce aux renseignements 
que nous a si obligeamment fournis notre savant confrère, 
M. le comte de Limburg-Stirum, que nous sommes parvenu 
è déchiffrer, à peu près, les sept jetons suivants. 

I. 

Écusson à trois loups, ou chiens, passant, timbré d'un 
heaume, ayant pour cimier un loup issant, accosté du 
millésime 1575, autour : VERHOPT BETER •:•. 
{Espérez mieux.) 

— Êcusson en losange, parti des mêmes armoiries et de 
trois chevrons : IC • LEVE • + • liN • HOPE (;e ^ en 
efpotr), et le signe de la monnaie d'Anvers, où le jeton a 

été fait. 

GollecliOQ de M. Vander Âuwera. 

Une famille Wolfaert, du Brabant, et qui a fourni un 



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— 190 — 

drossart à celte province, portait, pour armoiries, trois 
loups de sable sur champ d'argent. Les Van Sompecke 
portaient d'argent k trois chevrons de gueules. Dans un 
roantiscrit appartenant à M. le comte de Limburg-Stirum, 
se trouve le fragment généalogique suivant : 

/ jMnDe,#pooMAdrfen 

GaUlaont Van Door- / 1 ' "^ ï Woot 

M dil Vm Som-\ ^^ J beke. ! ifam, époo*. Je.» 

P f / 2« Isabelle Van Ber- J *^^l^- 

\ efaem, fille d Adrien, l ' '^ 

I de Wilde on de 

\ Milde. 

C'est donc, ici, un jeton frappé pour Jean Wolfart ou 
Wolfaert et sa femme Marie Van Sompecke, fille de Charles, 
f en 1537, et d'Elisabeth Van Berchem, sa seconde femme. 

Par ce mariage, Jean Wolfart était devenu le beau-frère 
du fils de Jean Vander Noot, échevin d'Anvers, le fécond et 
singulier poète polyglotte, bien connu des bibliophiles. 

Remarquons, toutefois, que la date de 1575 ne parait 
pas pouvoir être celle du mariage lui-même. En effet, 
Charles Van Sompecke étant mort en 1537, d'après 
Âzèvedo, sa fille Marie devait avoir au moins quarante 
ans en 1 575 , puisqu'on lui cofinuit une sœur cadette. 
C'était un peu lard pour se marier et avoir progéniture; 
la chose était, cependant, encore possible. Mais voici un 
autre fragment généalogique, qui prouve à l'évidence que 
la date de 1575 ne peut pas être celle du mariage de Marie 
Van Sompecke et de Jean Wolfaert : 

Iiean, drotsart de Brabant, 
Mario Henniart, f 29 fcptem- 
brel623. 



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— 191 - 

Ce dernier y qui était ilrossnrt de Brabant en 1592, 
n'aurait eu, au plus, que seize ans, si ses parents s'étaient 
mariés en tS75. Le jeton n'a donc pas été fait à Tépoque 
du mariage, mais, très-probablement, à l'occasion de son 
2S' anniversaire, date que l'on avait l'habitude de fêter; 
dans les familles, avec une certaine solennité. 

Ce Jean Wolfeert fut bourgmestre d'Anvers en 1569 et 
en 1570, et plusieurs fois échevin. 

L'épitaphe de son fils, le drossart, a été reproduite par 
Le Roy, mais la date de sa mort est effacée ou restée en 
blanc. 

11 avait pour ses quatre quartiers Wolfaeri^ Sterck, 
Sompeke, Berchemy ce qui concorde parfaitement avec les 
deux fragments généalogiques que nous avons cités. 



n. 



Écusson de sable k deux quintefeuilles d'argent au franc- 
canton d'or, chargé d'un double roc d'échiquier de 
gueules ; cimier, un vol de sable, chaque aile chargée 
d'une quintefeuille d'argent (armes de la famille Maes) : 
AGE+AGE+ AGE- 1575. 

— Écu en losange, parti de Maes et de Boischotte d^Erps; 
d'or à trois fers de moulin d'azur : gf ARMORVM VTI 
ANIMORVM CONIVNCTIO. Dans le champ IB. M. 
(J.'Baptista tlaes); M. B. {Maria Uoisckotte). 

Collection de M. Vander Auwera. 

Ce jeton, frappé i Anvers, a été fait à l'occasion du 
mariage de Jean-Baptiste Maes, seigneur de Bousval et 



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— 192 - 

Laloux, conseiller et avocat fiscal au conseil de Brabant, 
avec Marie de Boischotte, sœur de Ferdinand, comte 
d'ErpSy chancelier de Brabant^ et fille de Jean de Bois- 
chotle, membre du conseil privé. 

Jean- Baptiste Macs était le second fils de Jacques Maes, 
conseiller au conseil de Brabant^ et d'Aleyde de la Tour- 
Tassis. Il était frère d'Englebert Macs, chef et président du 
conseil privé des Pays-Bas; oncle d'un autre Jean-Baptiste 
Macs, premier commis aux finances du roi, etc., etc. 

Cette famille Maes était nombreuse. Elle occupa, pendant 
prés d'un siècle, les principaux emplois du pays et s'allia 
aux plus grandes familles. C'étaient évidemment des gens 
remuants, et la devise age^ age^ age^ leur allait à merveille. 

Les branches màlcs sont aujourd'hui éteintes; mais le 
nom de Maes est encore très-répandu à Bruxelles. Ces 
Maes actuels descendent-ils d'enfants naturels ou de bran- 
ches collatérales anciennes restées dans la roture? Nous 
l'ignorons. 

m. 

Écusson d'or aux trois lions naissant de sable, couronnés 
d'or, timbré d'un heaume couronné. Pour cimier, un 
hibou les ailes éployées : IN • TYTS • VANDER • 
STRAETEN. (A temps Vander Straeten.) 

— Écusson en losange sommé d'une couronne de baron. 
Dans le champ, quatre rosaces à cinq feuilles. L'écu 
écarlelé aux 1 et 4 de .... à la fasce brétessée de • • • ., 
aux 2 et 3 de • ... à trois fleurs de lis de • ... : 
NAERT • BOVHVIS • ANNO • 1561. {Vers Bouhuis.) 

Collection de M. Vander Auwera. 



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— 193 — 

Joseph Vander Straeten, qui fit frapper ce jeton, était 
de Bruges, mais n'appartenait pas à la grande famille des 
Vander Straten. Il était frère de François Vander Straeten, 
échevin et bourgmestre du Franc de Bruges, de 1554 
à 1566, mort en 1572, et de Jean Vander Straeten ou 
Stratiui, chanoine de Saint-Donat, mort en 1552. 

Après avoir fait vendre ses biens, & Bruges, Joseph 
qoiua sa ville natale et vint se fixer à Anvers, où il décéda 
en 157:2. On ignore s'il a laissé des enfants. 

Il avait épousé — en 1561 — la fille de Baudouin 
Bouhuis, Bauwhuys ou Bauhuus, famille sur laquelle 
nous n'avons trouvé aucun renseignement, et dont les 
armoiries ne sont pas blasonnées dans l'immense armoriai 
de Rietstap. 

rv. 

Écusson timbré d'un heaume avec lambrequins, ayant un 
vol pour cimier, écartelé de Oudart, d'argent à trois 
merlettes de sable, et de Wesemael^ de gueules à trois 
lis d'ai^ent au pied nourri : POVR * ADDRESSER 
OVDAERT. 

— Écusson en losange parti des mêmes armes et de 
Douvrin, d'or au chef de gueules chargé d'un lion 
léopardé d'argent : CONCORDIA • RES • PARViE ' 
CRESCVNT • gf. 

Collection de M. Vander Âuwera. 

Nicolas Oudart, seigneur de Ranst et de Milleghem, né 
en 1517, conseiller au conseil de Brabant, mourut en 1577 
et fut enterré, avec sa femme, dans l'église de Sainte- 
6* siaiB. — ToMB I. 43 



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Gudule, à Bruxelles. Il était, d'après Azevedo {Généalogie 
de la famille Vandef* Noot\ fils de Jean et de Catherine 
Blonden, pelit-fils d'Ambroiseet de Jeanne de Wcsemael. 
C'est du chef de sa grand'mère qu'il tenait la brisure des 
Crois fleurs de lis. 

II avait épouse Marie de Douvrin, née en 1K19 et morte 
en 1578, fille d'André de Douvrin, seigneur de Droogen- 
bosch et de Bodeghem, sommelier du corps du roi des 
Romains et de Hongrie, Ferdinand, depuis empereur, et 
de Marie de Coudenberghe. Marie de Douvrin était veuve, 
en premières noces, de Philippe Vander Noot. 

Le jeton de Nicolas Oudart n'est pas inédit. Van Mieris 
le donne t. III, p. 45; mais, comme il en a mal lu la pre- 
mière légende, nous avons cru devoir le reproduire. Van 
Mieris y voyait Messire Oudart pour addre, qu'il traduisait : 
Myn heer Oudart om op te tellen. Faisant de addre un 
verbe qu'on chercherait en vain dans les glossaires, et qu'il 
supposait venir du latin addere, additionner, compter. 



V. 



Écu timbré d'un heaume avec lambrequins : * IN * 
GODES * SEGEN ^ IST * ALES * GELEGHEN * 
en flamand d'aujourd'hui : in 's Godes zegen is ailes 
gelegen. {Tout dépend de la grâce de Dieu.) 

-— Deux P opposés et entrelacés. Dans l'ovale du milieu, 
un oiseau entouré de trois étoiles : * MISCENTVR ♦ 
IN* VNVM*1657. 

CoIIectiOD de M. le colonel MaHlIet. 



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\V^^milie GooSy de Flandre , porlait d'or à la bande 
i| Chargée de trois étoiles d'argent. 
^^^ famille Stegemans portait d'argent à la bande de 
sable, chargée de trois étoiles d'or. 

Les Boddaert, famille zélandaise, portaient d'argent à la 
bande d azur chargée de trois étoiles d'or. 

Les Vinchanty du Hainaut, portaient d'azur à la bande 
d'or chargée de trois étoiles de gueules. Nous ne les citons 
ici que pour mémoire* L'usage de ces jetons n'a pas été, 
que nous sachions, introduit dans le Hainaut; puis la 
légende flamande prouve assez que cette pièce ne peut pas 
appartenir à une famille wallonne. 

Quant au revers du jeton, voici quelques renseignements 
qui pourront mettre sur la voie pour le déchiffrer. 

Une famille Mcynincx portait d'azur à un oiseau d'ar- 
gent accompagné de trois étoiles d'or. Ce sont bien là les 
armoiries qui occupent le centre du monogramme. Reste à 
trouver (et là-dessus les documents nous manquent) une 
alliance entre une Meynincx et un Stegemans ou un Goos. 
Les deux D, élapt évidemment les initiales des prénoms 
des deux époux, qui, selon leur devise, n'en faisaient plus 
qu'un « tniscentur in unum » , fournissent une indication 
de plus. 

La famille Goos n'a été anoblie, d'après Rielstap., 
qu'en 1676, mais elle pouvait, comme beaucoup de 
familles bourgeoises, avoir des armoiries. C'est peut-être 
pour cela que le heaume ne porte pas de cimier. Il fallait 
oe pas effaroucher la susceptibilité des hérauts d'armes. 



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~ 196 — 



VI. 



Écusson timbré d'un heaume avec lambrequins et^ pour 
cimier, une lèle de • • . . : x VNG x POVR x TOVT. 

— Un écusson en losange parti des mêmes armoiries el 
d'un homme sauvage portant une massue : CORONA * 
VIRI • MVLIER • SAPIENS, à Texergue : 1560 

Collection de M. le ooloDel MaiUet. 

Ces armoiries, qu'il est impossible de blasonner, à 
défaut de l'indication des couleurs, ressemblent à celles 
que donne Butkens, t. 111, p. 371, au chancelier Jean de 
Scheyfve, mort à Anvers en 1581. Seulement, elles ont de 
plus une étoile, brisure que peut avoir prise un membre de 
la famille. 

M. Huyltens, dans son Art (passablement embrouillé et 
incomplet) de vérifier les généalogies, ne parle pas des 
Scheyfve. Quand une famille est éteinte, qu^il n'y a plus 
personne miéressé à « payer sa gloire » , c'est assez l'habi- 
tude de MM. les généalogistes de la passer sous silence. 
Il est, en effet, plus lucratif de fabriquer des ancêtres aux 
Roberts-Macaires enrichis, que de satisfaire l'inutile curio- 
sité de quelques chercheurs. 

Une famille Reulin ou Ruelin avait pour écusson, d'or à 
l'homme sauvage tenant une massue au naturel, ou bien 
d'azur. 

En attendant mieux, nous proposons de donner ce jeton 
à un Scheyfve, fils, frère ou cousin du chancelier, qui avait 
épousé une Reulin. 



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La devise « solidaire » : tin pour tous, tous pour un, 
est, croyons-nous, celle des cantons suisses. Quand h la 
légende : Corona viri mulier sapiem, nous l'avons déjà 
rencontrée sur un jeton de 1 547, publié dans cette Revue, 
*• série, t. V, p. 344. C'est le 4* verset, chap. XII des 
Proverbes de Salomon, qui, en fait de femmes, avait pour 
lui une nombreuse expérience. 



VIL 

Écusson sans timbre et sans lambrequins, d'argent à trois 
lions de sable, armés et lampassés dd gueules, cou- 
ronnés d'or; brisé en abyme de l'écu de Limbourg, 
d'argent au lion de gueules, armé et couronné d'or, et 
lampassé d'azur : • A • MESVRE • HALKWYN • gf. 

— Écusson en losange, parti des mêmes armoiries et des 
armes de la famille Bette (et non pas Betz, comme dit 
la légende), qui sont d'azur 6 trois taus d'or : « SANS : 
CHANGER * BETZ *. 

Collection de M. Vander Auwera. 

François de Halewyn, fils de Josse et d'Adrienne de 
Blasere, fut seigneur de Sweveghem et Saint-Joris, bourg- 
mestre du Franc de Bruges, en 1569, gouverneur par 
intérim, avec quatre commissaires, de Matines, depuis le 
18 octobre 1572, jusqu'au S octobre 1574, bailli de 
Courtrai en 1580, etc. M. Kervyn de Volkaersbeke a 
publié récemment ses Mémoires dans la collection d'histoire 
de Belgique. 

Il épousa, en premières noces, Jeanne Bette, fille 



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— 198 — 

d'Adrien, seigneur de Sehellebelley grand-bailli de Ter- 
monde, et de Jacqueline de la Verdiëre; en secondes noces, 
Anne Van Moorsiede, et; en troisièmes, Marie de la Barre. 

La brisure de Técu en abyme avait été adoptée par la 
branche des Halewyn qui posséda la seigneurie de Merckem 
et à laquelle appartenait le seigneur de Sweveghem. 

Ce jeton a été fait à Anvers, ainsi que l'indique la main 
qui termine la légende. Gérard Van Orden Ta compris 
dans son catalogue, mais sans l'expliquer. 

R. Ghalon. 



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— 199 — 

LA TROUVAILLE DE PINGJUM (FRISE), 

EN JUIN 4868. 



Plâncbb VIII. 



Pingjum est un village assez important de la Frise^ dans 
la commune de Wonseradeel^ à deux lieues (N. 0.) de 
Taocienne ville de Bolsward et à une demi-lieue du Zuider- 
zee.Sonnom primitif était P^an^Aum. Les nombreux petits 
châteaux {êtinsen), maintenant convertis en fermes^ qui 
l'entourent, et qui se nommaient ou se nomment encore 
Tania^ Hiddemaj Adeletif Wattinga et Aggema^ ainsi 
qu'une prévôté dite de Wyngaard des Beeren {Vinea 
Dofnini)y déjà mentionnée en Tan 1287, prouvent que ces 
lieux étaient habités dans le moyen âge. La trouvaille de 
l'an 1868 fait reculer celte date jusqu'au neuvième siècle. 
Une statuette superbe en bronze de Mercure (il ne manque 
que le caducée), une fibula et une monnaie romaine de 
bronze, de Marc Aurèle Antonin (161-180), trouvée la 
même année dans le grand tertre au sud de Pingjum, nous 
rapportent même vers les premiers siècles de notre ère. — 
Une chose digne encore d'être remarquée, c'est que le 
village avec ces petits châteaux ou villae est entouré d'une 
forte digue en forme de cercle, d'environ trois lieues de 
circonférence, se rattachant par un bras très-court à la 
digue de mer. 



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— aoo — 

Celte digue séparée porte le nom earactérisque de 
Gulden UaUband^ le Collier d'or de Pingjum. En vérité, 
une telle digue vaut de l'or^ lorsque la digue extérieure 
succonabe aux flots, qui se brisent eontre le coin ou le eap 
de Surich, village tout près de là, avec une force redou- 
blée par cet obstacle à leur libre cours. 

Nous pensons même que ce Collier d^or fut une des pre- 
mières digues érigées dans la Frise, et qu'elle fut construite 
avant que cette partie du pays reçût une digue continue, 
protégeant toute la côte occidentale, depuisStaveren jusqu'à 
Harlingue. La situation exposée au vent N.-O. qui faisait 
entrer la mer du Nord par les ouvertures, canaux et 
détroits, entre les iles de Texel, Vlieland, Ter Schelling et 
Ameland, dut forcer les habitants de ces lieux à s'entourer 
de ce collier en forme de cuirasse. Ils ne se fiaient plus seu- 
lement à leurs tertres ou collines artificielles, mais, en en- 
tourant une demi-douzaine du Collier d'or, ils en formaient 
une Ile protégée par ses digues contre les grandes marées. 
Néanmoins^ les moines de Vinea Domini durent, en 1287, 
quitter pour un temps la prévôté, à cause de la terrible 
inondation du mois de décembre, qui les priva entière- 
ment de vivres. Ils se transportèrent à Bolsv^^ard, en 1 509, 
après l'inondation de cette année. Peut-être doit-on à leurs 
soins le Collier d*or, s'il ne remonte encore plus haut. 

Des ouvriers, en enlevant le tertre de Pingjum, situé 
entre ce village et le hameau Lutke (Little) Pingjum^ 
trouvèrent, au mois de juin 1868, une grande quantité 
de monnaies d'argent, dont une forte partie disparut dans le 
creuset. Grâce aux soins assidus de M. A. H. Van Ringh, 
médecin à Pingjum, sollicité par nous, le reste fut sauvé. 



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— 201 — 

Heureusement; la perte de la partie détruite n'était pas si 
grande qu'elle me sembla d'abord ; ear la partie sauvée me 
parut bientôt se composer d'un seul type. Cette circonstance 
oiefournit ie plaisir de pouvoir en offrir quelques douzaines 
à des amis numismates, les priant de les distribuer parmi 
leurs amis qui collectionnent les monnaies du moyen âge. 
Jusqu'ici, le type de celle monnaie était assez rare; je dis 
typcj car^ si je ne me trompe pas, la trouvaille de Pingjum 
D offre que des variétés inédites du même type. Je ne me 
suis pas assez fatigué les yeux à examiner les 257 exem* 
plaires acquis, pour pouvoir assurer par combien de coins 
toutes les pièces ont été frappées. J'en ai trouvé plusieurs, 
avec l'aide de mon ami M. Hooft van Iddekinge, mais les 
coins représentés sous le n** 4 y dominent entièrement. La 
gravure de ces deux coins prouve par son inscription 
rétrograde du droit et les lettres à peu près illisibles 
(cunéiformes) du revers, que le graveur n'était parvenu 
qu'à faire une contrefaçon barbare. Tel est le nom qu'il 
faut donner à ces monnaies. La description prouvera ce 
que j'ai avancé. 

Denarius, denier d'argent. 

Croix large (*) à branches égales et toute simple, entou- 
rée d'un grènetis ; légende, entourée d'un grènetis, lue 
rctrogade , en lettres assez barbares : 

HLVDOVVICVS PIVS. 

Les trois premières et les quatre dernières lettres, sont, 
surtout, très-mal gravées. 

(') Quelques rares exemplaires ont la croix mince. 



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— 808 — 

Rev. En deux lignes, en lettres extrêmement défigurées, 
entourées d'un grènetis, quelque chose qui doit indiquer : 
ARGENTINA CVTAS ou ARGENTI CVNAS. Les leures 
cunéiformes sont si indescriptibles que nous renvoyons nos 
lecteurs à la planche VIII, n"* 4 ('). Notre attribution à 
Strasbourg {Argmtoratum) se fondait sur la ressemblance 
de la monnaie de Pingjum avec celle que figure Le Blanc 
(éd. 1698, p, 108, n* 2), n* 28, ayant : 

* HLVDo VVICVHIVS et 
7CRCENTI 

HACYTAS (Foy. le nM.) 

Je communiquai mon attribution à notre cher prési- 
dent et ami Chalon, qui (21 juin 1868) m'écrivit : « Je 
« la crois une imitation barbare faite dans quelque oiBcine 
« seigneuriale ou même clandestine de la pièce de Stras- 
tt bourg donnée par Fougères et Combrouse, n"' 99 et 302. 
«( Le nom de PIVS ne se trouve que sur cette pièce et sur 
« une imitation que jusqu'à présent on u'a pas lue; len" 97 : 
« S1TDAIXII3 . II (peut-être Silvanectis, Senlis). 

« Les auteurs indiqués disent tout simplement de ces 
« monnaies : 

N» 99. HLVDoVVlCVS PIVS- 
Rev. ARGENTINA CVTAS (une croix dans le champ). 
C'est la pièce de Le Blanc. 

(') Quelques exemplaires n'ont pas la légende rétrograde, mais 
celle-ci + HLVDOVVIGVZIVZI. Ces pièces ont pourtant le nom du 
revers aussi défiguré que les autres. 



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— 205 — 

N*502. HLVDoVVICVS PIVS. Croix. 
Rev. ARGENTI CVNAS (Slrasbourg> Obole (Madcr). 
(foy. n- 2.) 

Cappe {die Mûnzen der deutschen Kaiser, etc.| t. III^ 
p. 31), nous offre aussi une pièce de ce type (notre n** 3), - 
mais de Charles le Simple (912-923). La légende, entre 
deux forts grènetis, se lit + KAROLVS PIVS REX. Le 
revers en deux lignes : 

ARCEHTI 
HACIVITS. 

Les deniers de Pingjum sont de beaucoup inférieurs en 
poids à ceux frappés pendant le règne de Ludovicus Pius 
(8U.840). 

Voici quelques chiffres que je dois à l'obligeance de 
M. Hooft Van Iddekinge : 

Denier de Louis cité avec : XRISTIANA RELIGIO. 

a. A fleur de coin (Vander Chijs), 
pLXXI, 13) 1.62 grammes. 

6. Trés^bien conservé . . . , . 1 .56 — 

c. Bien conservé 1.43 — 

d. Moins bien conservé ..... 1 .25 — 

e. Encore moins bien conservé . . 1.24 — 

f. Exemplaire très-oxydé .... 1.22 — 

Poids moyen -^ — 1.39 grammes au moins , puisque 

les trois derniers^ d-f, étaient détériorés par le temps et 
ainsi dans un état anormal quant à leurs poids. 
Le denier de Pingjum ne pèse que 1 .21 , un peu plus 



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— 204 ~ 

ou moins. La différence est donc trop grande pour pouvoir 
attribuer cette pièce à un atelier contemporain de Ludo- 
vicus Pius. 

I^ nom seul de Pius indique aussi que la monnaie est 
plus jeune que l'an 840. L'empereur n*aurnit pas permis, 
de son vivant, d'ajouter cette épiihète à son nom sur ses 
monnaies. Mais après sa mort, la modestie cessa, et Stras- 
bourg et Senlis(?) glorifiaient la piété de l'empereur décédé, 
quittant en même temps un peu le type et détériorant les 
lettres plus achevées, plus exactes^ des monnaies, avec ta 
légende : HLVDOVVICVSIMP. 

Les monnaies de Pingjum se distinguent encore de 
celles de Strasbourg par leur plus grande barbarie. 

« Comparées techniquement, c'est M. Hooft van Idde- 
kinge qui parle, avec les deniers de Hludovicus Imp. , 
les deniers de Pingjum, sont plus minces, les bords sont 
plus rudes et tranchants. Les lettres sont plus grosses; 
elles ressemblent 6 celles des premières monnaies de Char- 
lemagne. Surtout le V sur le denier de Ludovicus Imp. 
se présente sur les monnaies de Pingjum comme une 
lettre cunéiforme, et ainsi de suite pour d'autres lettres. 
La croix pattée ^ des deniers de Louis le Débonnaire 
est remplacée par la croix large, carrée 4-. 

« Le grènetis est moins prononcé. » 

La formation suivie de la dégradation du nom ÂRGEN- 
TINA CIVITAS ou CITAS se présente dans quelques 
exemplaires, d'où il résulte que les points entre les trois 
premières lettres des deux lignes sont des restes de la 
lettre R; quelques pièces n'en ont qu'uu, d'autres deux et 
la plupart trois, mais quelques-unes de celles-ci ont les 



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— 205 — 
points placés entre les (]uatrièmes lettres. Comparez le n«3 
où im point et un petit coin sont encore aussi à observer 
sur le denier postérieur de Charles le Simple. 

Pourquoi une si grande qganlité de monnaies du même 
type et quand furent-elles confiées au tertre de Pingjum ? 
Probablement au milieu du neuvième siècle ou quelques 
années plus tard, lorsque les Normands ravagèrent la Frise 
de fond en comble. Était-ce un marchand frison qui, ayant 
vendu ses bœufs et craignant de s'en voir enlever le prix, 
conGa ses 40D à 500 deniers à la terre, ou était-ce un 
Normand qui les avait pris et qui succomba, ici, dans une 
de ces fréquentes descentes? Quoi qu'il soit, il est remar- 
quable que toute la collection se compose de deniers d'un 
seul et même type. 

J. DiRKS. 

Leeuwarde, 20 février 4869. 



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— 206 — 

BfÉDAILLES ET HOMAIES 

4éc«aiertei iàïïk Iti Paji-Bit, 
PBMIIAIIT I,B XTni« mUÈCMsB ET AlVTHIIElJWBHBinr. 



Lettre & U. ChaloDi prisident de la Sociftâ royale de munisiQatiqQe. 



Mon cher Président, 

Vous avez cru que m'occupant d'inscriptions, voire 
même de celles des potiers, je devais néeessairemenl 
arriver à étudier les inscriptions les plus répandues, 
celles qu'ont répétées à foison les souverains régnants, 
sur les monnaies frappées en leur nom. 

J ai donc accepté lubenter, mais, permettez-moi de 
le dire, non mérita), Fhonneur que vous m'avez fait 
en m'agrégeaut à l'excellente société dirigée par vous. 

Il faut que j'essaye de faire mes preuves; je m'exé- 
cute. 

Comme , cependant , mon bagage scientifique , en 
fait de numismatique, est bien léger jusqu'à présent, 
je revêtirai tout simplement l'habit d'autrui, sauf à y 
faire de temps en temps quelques coutures ou quel- 
ques reprises. 

J'ai donc pris le parti d'annoter les découvertes 



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- 207 - 

inédites de monnaies anciennes ou les renseignements 
nouveaux sur des découvertes connues, que je trou- 
verais fil d'anciens manuscrits; ce que je vous livre 
aujourd'hui sont des annotations extraites d'un ma- 
nuscrit de la Bibliothèque royale de La Haye, manus- 
crit dû à la plume de Gérard, secrétaire de l'Acadé- 
mie des sciences et belles-lettres de Bruxelles, mort 
en 1814. Ce manuscrit, coté n^ B 39, est de 93 (plus 
exactement 98) feuillets et porte le titre suivant : 
Recueil des antiquités et médailles découvertes dans 
les Pays-Bas pendant le dix-huitième siècle ('). 

J'en extrais ce qui concerne les monnaies, mais je 
me borne à des renvois pour les découvertes copiées 
par Gérard dans des ouvrages imprimés. Vous 
remarquerez à ma copie que ces renvois réduisent 
considérablement les extraits que j'avais faits. Eh 
bien ! je n'en doute pas, si j'avais eu plus d'ouvrages 
à ma disposition, la réduction eût encore été plus 
grande. 



— Heel (prés de Ruremonde), 1714, Heylen, Mémoires 
de l'{fine\enïïe)Académie de Bruxelles, IV, p. 41 S. 

— Vers l'année 1715, l'on trouva à Bavay, ville du Haî- 
oaut français, une médaille d*Helvius Pertinax; quelques 
années auparavant, on y avait trouvé plusieurs autres en 

n A la fin des extraits, on trouvera des découvertes antérieares ao 
XTiii* siècle, également renseignées par Gérard. 



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— 208 - 

or, en argent et en bronze^ de plusieurs empereurs romains. 

— Assche (Brabanl), 1717, Hbylen, p. 418. 

— II y a au village de Masnuy en Ostrevani (Hainaat), 
un château où il y a une tour très-ancienne qu*on croit élre 
l'ouvrage des Romains. On trouva, l'année 1733, dans un 
champ des environs, plusieurs urnes avec des médailles 
d'Auguste et de Néron, etc. ^^). 

— {*) Entre Courcelles et Planques, route de Douay à 
Saint-Omer, 1753, médailles de Postumeà Dioclétien(*); 
Hbylen, /. cit., p. 42i2; de Bast, Rectieil d'antiquités ffau- 
loises et romaines trouvées dans la Flandre, pp. 225 et 226. 

— Marcke (près Courtray), 1753, de Bast, p. 177; et 
Heylen, /. cit., p. 359. 

— Route de Saint-Omer (près Cassel), 1753, de Bast, 
p. 244. 

— Autres trouvailles de Cassel, xviii'' siècle, lo., ibid., 
qui cite Schrieckius et Vrbdics. 

(*) L.es etc, signifient ici et ailleurs : et d'autres anIiquUés; ialouieni 
cependant les ossements brûlés et les urnes cinéraires, parce que, dans 
ce cas, les monnaies ont sans doute une date mieux déterminée. 

(') GÉftABD n*a pas pris note de la découverte, en 4736, d'une mon- 
naie arabe ou persane du viii* ou ix« siècle, faite à Nîmes (près Marien- 
bourg). Voy. Bullet. de VlnstUut archéologique liégeois, II, pp. 407 et 408. 

('} Ne croyez-vous pas, mon cher Président, qu'en notant la date des 
dernières monnaies des trésors enfouis, on ne parvienne un jour à avoir 
une carte des courants d'invasion des barbares, ou d'autres événements 
de guerre, auxquels les enfouisseurs n'ont pas survécu? 

Ainsi Hbtlbn, /. cit,, IV, p. 446, cite un trésor contenant des mon- 
naies de César à Yespasien, et parle de semblables trésors qui, d'après 
le baron Le Roy, auraient été découverts à Arendonck et Grobbendonck. 
A Givet, ibid., p. 423, un trésor découvert daterait seulement de 
GallienetPostume. 



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— 209 - 

— L'année 1757, on trouva, dans un champ près de la 
Tille de Bavay, un grand nombre de médailles de l'empe- 
reur Antonin, des deux Faustines, et quelques-unes de 
Lucille. 

Les médailles des Faustlnes trouvées à Ravay, dont j'ai 
va un grand nombre, avaient pour légendes, les unes : 

FAVSTINA AVGVSTA 

I.es autres : 

FAVSTINA AVG. PII AVG. FIL. 
DIVA AVGVSTA FAVSTINA. 

Les médailles de Lucille portaient les légendes : 

LVCILLA AVGVSTA 

LVCILLAE AVG M. ANTONINI AVG 

Les médailles d'Antonin avaient pour légende : 

ANTONINVS AVG PIVS TR. P XXIIII 
ANTONINVS AVG PIVS 

— On découvrit vers le milieu de Tannée 1 760, près de 
la ville d'Arlon, dans le Luxembourg, plusieurs médailles 
d*argent et de bronze de Gordien, de Philippe et de Pos- 
lume. 

Sur le revers d'une de Gordien, on lisait : 

LAETITIA AVG (•) 

f) Gordien-Pie : monnaie d'argent, Cobbn, IV, p. 430, n» 50, ou 
monnaie de bronze, ^id., p. 457, n«« 242 à 244. Les deux autres 
Gordien n*ont pas ce revers. 

6* siRiB. — ToHB I. 44 



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— 210 — 
Sur une de Philippe : 

FIDES MILIT (*) 
Sur une de Postume : 

SAECVLI FELICITAS (•) 
Sur une autre du même : 

SALVS AVG (») 
Sur une autre du même : 

FIDES EXERCITVS (*) 

— On découvrit, pendant Tannée 1763, près de la ville 
de Bavay en Hainaut, une très-grande quantité de médailles 
de moyen bronze, dont j'ai vu environ une cenlaine. Elles 
étaient la plupart d'Anlonin, de Faustine, de Mare-Aurèle, 
de Lucille, de Commode et de Seplime-Sévére. 

— Bliquy (près Ath), 1765, Heylbn, p. 423. 

— Oedelhem (Flandre occidentale), 1765, de Bast, 
p. 349. 

— Vucht, du côié d'Esch (Pays-Bas), 1766, Van VVyn, 
Historische en letterkundige avondstonden, p. 22. 

— En 1768 et 1769, on a découvert à Bavay un grand 
nombre de médailles d'argent, en grand, en moyen et petit 



(*) Philippe père : monnaie d'argent, Cohen, IV, p. 477, n»» 23 à 26 
(en bronze FIDES MILITVM, p. 49<). Philippe fils n'a pas ce revers. 
(») Cohen, V, p. 36, n» 436; p. 54, no 293. 
(») Id., V, pp, 36 et 39, n<» 468 et 469; p. 64, n«- 295 à 298. 
(*) li>«, V, pp. 48 et 49, n«» 37 et 38; p 46, no 246. 



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- 211 -- 

bronze, la plupart impériales; quelques-unes consulaires, 
et deux ou trois gauloises. 

— Des paysans ôiant des mauvaises herbes sur le bord 
d'un champ, en Tannée 1 770, découvrirent à peu de pro- 
fondeur, au village de Nylen, près de la ville de Lierre, un 
pot de terre rempli de médailles d'or, dont la valeur mon- 
tait & plus de 1 ,700 florins de Brabant, qu'ils partagèrent 
et vendirent à des orfèvres à Malines et à des particuliers. 

J*ai vu plusieurs de ces médailles qui étaient aussi belles 
que si elles sortaient de la Monnaie. 

Ces médailles portaient les efiigies de Jules-César, d'Au- 
guste, de Tibère, de Claude, d'Agrippine, de Néron, de 
Galba, de Vitellius, de Tite, de Vespasien et de Domi- 
tien («). 

— Malines {Koey-poorte, près du château de Kouden- 
daele), 1770, Heylen, pp. 418 et 457. 

— On a trouvé en 1 770, à Bavay, près des remparts de 
la ville, sur la route de Cambray, un lombeau, avec une 
urne de marbre, qui renfermait des médailles portant Tem- 
preinle de l'empereur Auguste, etc. 

— Au mois de septembre 1772, on trouva à quelque 
distance de Bavay, près de la chaussée Brunehaut qui con- 
duit à Tongres, au-dessus du village de Ilarnies-Cauchie^'), 
un tombeau et un grand nombre de médailles. 

(') Hbtlbn, p. 446, parle aussi de cette trouvaille, mais avec d'autres 
délaiU. 

(*) 11 7 a aux environs de Bavay deux communes, toutes deux situées 
sur la route romaine, Hargnies et Wargnies. Voy, Piérard, Excursion 
archéologique et historique sur le chemin de fer de Saint-Quentin à 
Maubeuge, pp. 458 et 464. H est probable quMI s'agit de la première. 



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— 242 — 

— On déterra, Tannée 1774, près du chemin qui con- 
duit d'Enghien à Mons, quelques médailles de l'empereur 
Antonin, etc. 

— Gand (Xetelpoorie), vers 1774, de Bast, p. 23. 

— Au mois de septembre 1775, des paysans labourant 
la terre découvrirent, au pied du Mont-Parisel, près la ville 
de Mons, plusieurs médailles romaines qu ils vendirent h 
diverses personnes. M. Kovahi, conseiller au conseil de 
Hainaut, m*en procura une sur laquelle il y avait le buste 
de Faustina et la légende : FAVSTINA AVGVSTA. 

Sur le revers, une femme debout tenant de la main 
droite une lance, et quelque chose qui était effacé dans la 
main gauche. A l'un des côtés de ladite femme, il y avait 
la lettre S, de l'autre la lettre G. 

lia légende était en partie effacée; on n'y lisait plus que 
les lettres FEG ; il y avait sans doute eu sur cette médaille : 
FECVNDITAS. 

Cette médaille était de moyen bronze ^•). 

— Beerlaere (près Termonde), 1776, de Bast, p. 413. 

— Tongres, 1776, Heylen, p. 45S. 

— Oude-TFere/^ (île de Goerée), 1777, voy. Mémoires 
de l\mc\enne)Académie de Bruxelles, III, p. x. 

— Wareghem (environs de Courlray), janvier 1778, 
DE Bast, p. 162; Ghesquiêre, Mémoires de /'(ancienne) 
Académie de Bruxelles, IV, p. 359. (Trésor contenant des 

(*] Cette circonslaDce permet d'exclure les mêmes légendes qut, 
appliquées à Faustina Pii, ne se trouvent qu'en grand bronze. IL s'agit 
donc du no ^65 de Cohen, 11, p. 696: FAVSTINA AVGVSTA, son buste 
à droite, quelquefois diadème. — Rev. FECVNDITAS. S C. La Fécondilé 
debout à droite, tenant un sceptre et un enfant. 



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-- 215 - 

monnaies de Nerva jusqu'à Aiexandrc-Sévére [année 228].) 

— Tongres, 1778 el 1779, Hbyleu, pp, 420 el 484(*). 

— Bornhemet Hingene (province d'Anvers), mai 1781, 
DE Bast, pp. 388 el 39S. 

— Hever, bruyères d'Heverleyde (près Malines), 1 782, 
Hetlen, /. cit.f pp. 418-419. 

— Meerlebeke près Gand), 1782, de Bast, p. 98. 

— Un paysan conduisant une charrue , découvrit vers 
le milieu du mois d'avril 1784, dans un champ près de 
Castiau, dans la province de Hainaut, à la droite de la 
chaussée qui mène de Bavay, par Mons, à Enghien, une 
urne contenant six à sept cents médailles d'argent, qui 
furent d'abord vendues à différentes personnes. J'en ai vu 
vingt-trois qui avaient été achetées par le marquis de 
Chasteler, membre de l'Académie des sciences et belles- 
lettres de Bruxelles, dont la plus ancienne était de l'empe- 
reur Marc-Aurèle Antonin, et la plus nouvelle de Gallien. 

Voici les légendes de ces vingt-trois médailles : 

1. JMP CAES. M. AVR. ANTONINVS AVG 
Rev. P M TR. P COSS PP (*; 

2. IVLIA MAESA AVG 
Rev. PVDJCITIA v»; 

3. IMP. C. M. AVR .... ALEXANDER AVG 
Rev. PM. TR ....OS II PP (*) 

n Ajoutez à cela les découvertes de monnaies, etc., faites à Tongres, 
dont s*enrichit la collection Van Muyssen en c«tte ville, Esprit des 
journaux, mars 4780, p. 224 et février 4781 , p. 28^. 

(*] Manqve à Coheii ; peut-être erreur de copie. 

(*) CoHBN, III, p. 659, n« 44. 

(*) Id., IV, pp. 48 et suiv., n«> 427 à 457 : au consulat !!• d'Alexandre- 



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- 2U - 

4. IMP. C. M. AVR. SEV. ALEXAND AVG 
Rev. P. M. TR. P, II COS. PP(*) 

5. IMP ALEXANDER P 

Rev. P M. TR. P •.. X .. COS III. PP. (•) 

6. IMP CAES. M. ANT. GORDIANVS AVG 
Rev. AEQVITAS AVG. (») 

7. IMP. GORDIANVS PIVS. FEL. AVG. 
Rev. P. M. TR. P. Illl COS II. PP (*). 

8. IMP M. IVL. PHILIPPVS AVG 
Rev. PAX AETERNA (») 

9. M. OTACIL SEVERA AVG 



Sévère correspood la puissance tribuoicienne V«, VI* et Vil* (an 226 
à 228), de maoière qu*OD peut compléter le revers TB P V (VI ou VII) 
COS II, etc. 

(*) GoHBN, IV, p 45, DO* 400, 402, 403, 404, etc. (de Tan 223). 

(*) A en juger par les lacunes de la légende du revers, on peut com- 
pléter celle de face (supposée également usée) : IMP ALEXANDER 
P(iu3 aug), et alors elle correspond aux monnaies d*argent comprises 
entre les n^ 473 à 484 de Cobbn, IV, pp. 23 et suit., et surtout depuis 
le no 480, TR P XII, chiffre qui semble indiqué par la lacune entre X 
et COS (an 233). 

(*) L'absence du cognomen : AFR(icanu6) et Tabseoce de ce revers 
pour les deux premiers Gordien, attribue celte monnaie à Gordien-Pie, 
pour lequel Cobbn, IV, p. 426, n<M 6 et 40, donne en effet deux pièces 
analogues. 

(•) Voy^ CoBEN, IV, p. 437, n^ 407, 409, 440, 444 (an 244). 

C) En l'absence d'autres indications, on ne peut déterminer auquel 
des deux Philippe (tous deux M. IVL), appartient cette monnaie. 
Voy, CoHBN.p. 179, no 44, et p. 248, n* 47. 



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— 215 -^ 

Rev. CONCORDIA AVGG (•) 

iO. MAROA OTACIL SEVERA AVG 
Rev. PVDICITIA AVGO 

i 1 . HER. ETRVSCILLA AVG 
Rev. PVDICITIA AVG (») 

12. Idem. 

13. Idem. 

14. HER. ETRVSCILLA AVG 
Rev. FECVNDITAS AVG (*) 

15. C VALENS HOSTIL MES. QVIAT N.C 
Rev. MARTI PROPVGNATORI (^) 

16. IM. E. C VIL. TRES. GALLVS AVGG 
Rev. PIETAS AVGG (•) 

17. IMP CAE. C VIL VOLVSIANO AVG 
Rev. CONCORDIA AVGGO 

(») COHEW , IV, p. 207, n« 7. 

{") ID., IV, p.î09,n«Wet25. 

(•) ID.. IV, p. «49, no» 40 en 2. 

(*) ID., IV, p. «48, no 5. 

(*) Id., IV, p. 260, n» U; rectifier QVINT pour QVIAT (erreur 
de copiste?) : il est à remarquer oéanmoins que Gobbn donne en 
(ouïes lettres QVINTVS, comme la plupart des médailles d*Hostilien 
(roy. cependant n* 36. p. S63: OVINT),cequi nous donnerait une variété 
nooTelle. N C signifient, on le sait, Nohilis Caesar, titre de la décadence. 

(•J CoBBw, IV. p. 274, n« 47; rectifier : IMP C C VIB TREB GALLVS 
AVG. 

n Id., IV, p. «89, n« 46, rectifier : IMP CAE C VIB, etc. 



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- âi6 - 

18. IMP. VOLESIANVS P. F. AVG 
Rev. SPES PVBLICA (*) 

19. DIVAE MARIMANAE 
Rev. CONSECRATIO (*) 

20. IMP GALLIENVS AVG 
Rev. VICTORIA GERMANICA(»; 

21. SALONINA AVG 
Rev. VENVS FELIX (*) 

22. Idem. 

23. Idem. 

— Heusden (environs de Gand)^ 1786, de Bast, p. 9i. 

— Courtray, 1786, id., p. 172; voy. aussi Sanderds, 
Flandria illuêtrata, III, p. 2, pour des découvertes anté^ 
Heures. 

— On découvrit, en 1786, dans les débris d'une ancienne 
maison, à Tournay, environ deux cenis quinaires de Vie- 

(>) Manque à Coben. La particularité d*uD E pour V dans la seconde 
syllabe du nom ne se rencontre pas ailleurs et est sans doute doe à 
une erreur de copiste. Les letlres P F ne peuvent indiquer PublHfiUus, 
car Trebonianus Gattus, père de Volusien, s'appelait Gains. 

(*) Cohen, IV, pp. 344 et 345, voy. aussi pi. XVI, fig 6. À partir de 
Gallîen, dont Mariniane, épouse ou sœur de Valérien, est à peu près 
contemporaine» Gohbn ne considère plus les monnaies d'argent que 
comme du billou, voy. 1. 1, p. xiv, jusqu'au temps de Dioclétien. 

('] Voy» GoBBN, IV, p. 427, n» 622 (billon), avec la légende de face 
GALLIENVS AVG GERM; mais la légende signalée dans le texte se 
rencontre avec le revers VIGTORIA GERMAN, ibid., n« 620.Notre pièce 
est donc une variété nouvelle. 

(*) Voy. COHEW, IV, p. 472, »*• 78 et 79 (billon). 



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- 217 - 

torin« de Claude le Golhîque, de Quintillei de Tetricus, 
père et fils. 

Et Ton a encore découvert en différents (emps pendant 
le xvin* siècle dans des décombres des maisons plusieurs 
médailles romaines, entre autres : 

Deux d'Auguste 

Une de Tibère 

Une d'Antonin le Pieux } en bronze. 

Une de Maximin 

Et une de Maxime 

Et sept en argent, savoir : 

Une d'Auguste, 
Une de Septime-Sévêre, 
Deux de Caracalla, 
Une de Dèce Trajan, 
Une d'Élruscille, 
Et une de Salonine. 

M. l'abbé de Witry d'Everlange, chanoine de la cathé- 
drale de Tournay {*) et membre de l'Académie des sciences 
et belles'Iellrês de Bruxelles, m'a donné une des médailles 
d'Augusie en moyen bronze. On y voit d'un côté la télé 
d'Auguste et celle d'Agrippa, avec la légende : IMP. DIVl 
F. P : P, c'est-à-dire Empereur, fils du divin César, père 
de la Patrie. 

(') Il y eat deux barons d'Everlange de Witry reçus chanoines de 
Tongres, Ton eo 4758, Taotre en 4780. Celui qui mourut à Tôogres 
«^appelait Antoine. [Bulktinê de la Société scientifique et littéraire de 
Tongres, VII, pp. 20 et n.) 



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— 218 — 

Sur le revers, un crocodile attaché à un palmier, avec la 
légende : COL NEM {Colonia nemausensis) (*}• 

— Vlierzele (environs d'Aiosl), 1786, db Bast, p. 433. 

— (•) On a découvert, au commencement de Tannée 
1787, au pays de Liège, dans un hameau situé à une lieue 
de l'abbaye d'Aine, nommé Hamiau ou Hamia, en la lan- 
gue du pays, sur le haut d'une des montagnes qui bordent 
la rivière de Sambre, au-dessous du chàleau et hameau 
du Monceau, entre le bourg de Marchiennes-au-Pont et 
le village de Landelies, plusieurs monuments composés de 
quatre grandes tuiles à rebords; dans un de ces monu- 
ments, sous un vase cinéraire de terre blanche, on trouva 
une médaille; sous des fioles deux autres médailles, ei sous 
un petit plateau, une quatrième médaille; dans un autre, 
deux médailles, une sous une petite cruche dite ampulla 

(1) CoBBN, 1, p. Ui, se borne à indiquer Nîmes comme une des 
colonies où des médailles de moyen bronze d* Auguste et d 'Agrippa ont 
ôlé frappées. Cette monnaie, du reste connue, est figurée notamment 
dans DB BisT, pi. V, fig. IX. 

Complétons ici rénumération de Géraed, en transcrivant une 
note manuscrite entourant des monnaies eu la possession de M. Pbil. 
DB LiHBOURO, àTbeux : « Six pièces de monnaie trouvées Tan 4786, dans 
les terres de la partie du cimetière (de Tbeux), dans le transport des 
terres depuis l'escalier de Téglise jusqu*à la maison Marcotte. • Ces six 
pièces sont romaines, en petit bronze, dont une de Constantin. 

Celte découverte de Tbeux est importante, en ce que des fouilles ont 
été faites récemment à Juslenville, hameau de cette commune, et que 
l'on y a trouvé, au lieu dit « Sur les Minir^ • un cimetière de Tépoque 
romaine, qui semble avoir fourni uniquement, comme des fouilles pré- 
cédentes au même endroit, des monnaies de Tépoque des Anton ins. 
Le Bulletin de P Institut archéologique liégeois a déjà eu à s'occuper de 
ces monnaies; il y reviendra ultérieurement. 



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- 219 ~ 

de terre cuite rougCi et l'autre sous une pareille cruchOi 
mais de terre blanche. 

Les médailles mentionnées ci-dessus étaient de bronze 
du moyen et du grand module, et avaient été frappées sous 
les Anionins, sauf une qui était d'argent frappée sous 
Septimius Geta , et parmi ces médailles, il n'y en avait 
aucune qui ne fût bien commune dans la Belgique. 

— Merendré (environs de Gand), 1787, de Bast, 
p. 84. 

— Saint- Denis -Westrem (près Gand;, 1787, »d., 
pp. 109, 110, 113. 

— Audenarde, 1788, id., p. 134. 

— Bruges, 1788, id., p. 335. 

— Entre Vucht et Boxiel (Pays-Bas), 1789, Van Wyn, 
/. CI/., p. 22. 

— Tronchiennes, Wondeighem et Destelberghe (près 
r.and , 1789, de Bast, pp. 83 et 87. 

— Harlebeke(prèsCouriray\ 1789,td.,pp, 167 et 168; 
Gbahate, Antiquitates Flandriae, p. 69. 

— En 1790 et depuis, on a découvert à Bavay, entre la 
rue des Juifs et le rempart, un tombeau ; il y avait au fond 
des urnes cinéraires, des médailles, etc. 

A Court-Tournant, peut faubourg à la porte orientale 
de Bavay, entre le chemin de Longuevilie et la voie romaine, 
on a irouvé un grand nombre de médailles en argent, en 
bronze, et quelques-unes en or, etc. 

Dans le même endroit, on a encore trouvé cent quatre- 
vingt-deux médailles en bronze, dont la plus moderne est 
d'Alexaudre-Sévère, etc. 

Dans un puits entre le rempart de Bavay et le pont de 



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— MO — 

Mouiçon, on a déterré sept médailles romaines, dont la 
moins ancienne est de Gordien le Pieux^ etc. 

Dans un endroit nommé le champ de VAbbayelle, qui 
s'étend le long de la chaussée romaine, on a décou- 
vert en un tombeau une boite ronde de plomb, dans 
laquelle il y avait des ossements brûlés et deux médailles 
romaines. 

Dans un puits près du rempart, plusieurs médailles 
romaines, etc. 

Au champ vis-!i-vis la porte de Gomerie, on a trouvé 
plusieurs médailles gauloises, dont deux en argent, etc. 

— Enlre Dixmude et Merckhem (Flandre occidentale), 
1793, DE Bast, p. 292. 

— Meerlobeke(prèsGand), novembre 1797 et mai 1800, 
id., pp. 99, 100 et 1 OS. 

— Vers le milieu de l'année 1800, des ouvrîtes qui 
démolissaient l'ancienne église paroissiale de Saint-Géry, à 
Bruxelles, découvrirent une petite caisse dans laquelle ils 
trouvèrent plusieurs petites monnaies d'argent, qu'ils ven- 
dirent d'abord à différentes personnes. 

— En 1801, on découvrit dans les tourbières au village 
de Slype, entre Bruges et Nieuport, plusieurs médailles 
d'argent du bas-empire, etc. 

— Destelberghe (près Gand), 1802, de Bast, p. 91. 

— La même année, en excavant dans une maison rue 
Perdue, à Tournay, on y trouva plusieurs vases antiques 
de terre cuite, des ossements, des médailles de bronze des 
empereurs Néron, Probus, Constance, etc. 

— Vers le même temps, des ouvriers creusant une fosse 
à Poltes, arrondissement de Tournay, y trouvèrent un vase 



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- 22i - 

de lerre cuite brisé, qui renfermait une grande quaniilé de 
médailles romaines. 

— Vers la même année, un cultivateur déterra dans un 
village près de Saint-Amand, pays de Waes, dix-neuf 
médailles romaines de troisième module : 

Sept de TétricuSy 

Cinq de Claude le Gothique, 

Quatre de Gallienus, 

Une de Victorin, 

Une de Maximin, 

Et une de Constantin. 

~ En 1806, ou déterra au milieu d'une terre qu'on 
labourait au village d'Aerdrycke, situé à deux lieues et 
demie de Bruges, quelques médailles en or,, parmi les- 
quelles il y en avait cinq dont voici la description : 

Sur l'une, le bustede l'empereur iNéron avec la légende : 
NERO CAESAR AVGVSTVS. 

Au revers, on voit Auguste et Livia debout : Auguste a 
la tète radiée et porte dans sa main droite une branche de 
laurier, dans sa gauche une haste. La main droite de Livie 
est chargée d'une palère et la gauche d'une corne d'abon- 
dance. La légende est : AUGUSTUS. AUGUSTA (*). 

Sur la seconde médaille est le buste de Néron avec la 
légende : IMP NERO CAESAR AVGVSTVS. 

Au revers, Jupiter assis tenant de la main droite la 

nCoiw, I, p. 479:/?w. AVGVSTVS AVGVSTA. Auguste radié, 
debout, tenant un sceptre et une patère, et LWie voilée, ddiiout, tenant 
une patère et une corne d'aboodance. La différence dans les attributs 
d*Aogoste, si elle ne repose pas sur une erreur, constituerait upe variété 
ooQTelle. 



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- 222 — 

foudre, de la gauche une hastc avec la légende : IVPITER 
CVSTOS 0). 

Sur la troisième médaille, le buste de l'empereur 
Trajan, avec la légende : IMP. TRAIANO. AVG. GERM. 
DAC, P M, TR. P. 

Au revers, une femme debout et la légende : COS. V« 
P. P. S. P. Q. R. OPTIMO PRINCIPI (•). 

Sur la quatrième médaille, le buste de l'empereur 
Hadrien, avec la légende : HADRIANVS AVGVSTVS. 

Au revers, l'empereur h cheval et la légende : COS 

m (»). 

La cinquième médaille a d'un côté le buste de l'empe- 
reur Marc-Aurèle et la légende : AVRELIVS GAESAR 
AVG- PII F. 

Au revers, une femme debout qui porte de la main 
droite une branche d'olivier, et de la main gauche une 
corne d'abondance, et la légende : COS. Il /). 

— (") Vers le milieu de Tannée 1804, M, Van Dorselaer, 
avocat et propriétaire dans le village d'Aeltre, situé sur le 
canal de Bruges, à quatre lieues de Gand, trouva dans un 



(<] CoBBN, ibid.. D» U : Rev. JVPPITER CVSTOS. Jupiter assis à 
gauche, tenant un foudre et uu sceptre. 

(') CoHBif, II, pp. 6 et suiv., parmi les w 24 à 59, qui tous ont 
PRINC, au lieu de PRINCIPI en toutes lettres. 

(>) GoBBN, Ii,p.424,nM74. 

(♦) Id.. II, p. 460, no 38 : AVRELIVS CAESAR AVG PII F. Sa tète 
ou son buste jeune, nu, à droite. — Rev, COS II. L*AIlégresse debout à 
gauche, tenant une longue palme et une corne d'abondance (an 445 
ou 446). 

(") Voy, aussi db Bast, p. 351. 



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— 223 — 

champ voisin de ce village une médaille de Vespasien, 
en or, du poids d environ 23 francs , ayant d'un côlé la 
téie de cet empereur couronnée de laurier. 

Sur le revers, une femme à côic d'un autel et la légende : 
PAX. AVG. («}. 

— Au mois d'août 1804, on a trouvé sous les racines 
d'un hêtre, dans la forêt de Mornal *), plusieurs médailles 
romaines qui remontent du règne de l'empereur Commode 
jusqu'à celui de Vespasien. 

— Le 14 novembre 1808, on trouva près du village de 
Lomme, situé à une demi-lieue de Lille, une médaille d'or 
d'Antonin le Pieux. 

On y voit d'un côté la tête de cet empereur, avec la 
légende : ANTONINVS. AVG. PIVS. P. P. TR. 
P. XV. 

Sur le revers, une figure debout, vêtue d'une longue 
robe, tenant un globe de la main droite, avec la légende : 
CO. IllC»). 

^ Vers le même temps, on découvrit à Monsen Itarœul, 
prés de Lille, une médaille d'or de Placide Valenti- 
nien. 

— On découvrit on 1808, entre les villages de Pont-à- 



('] Sans doute, Cohen, p. 286, n»* U3 et 144 : Rev. PAX AVG. La 
Paix deboat, à gauche, près d*un trépied, sur lequel on voit la bourse 
de Mercure, tenant un caducée ailé et une branche d*oIivier (de l'an 72 
à Tan 75). 

(*) Sans doute la forôt de Mormal, près Landrecies et Yalenciennes. 

(^ Sans doute le n* 124 de Cohen, II, p. 293 : ANTONINVS AVG 
PIVS P P TR P XV, sa tète laurée à gauche. — Rev. COS IIII. Anlonin 
debout à gauche, tenant un globe (de Tan 452). 



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- 224 — 

Marcq et Bersée, situés entre Lille el Douai^ dix-huit 
médailles : 

Une de Gordien le Pieux^ 
Trois de Gallien, 
Une de Volusien, 
Et treize de Postume. 

— Un journalier découvrit, en 1809, à Sevenaeken, 
village à trois lieues de la ville de Gand, une méd»lle du 
prentier module en bronze, représentant d'un côté la télé 
radiée de Postume, avec la légende : IMP. C. M. GASS. 
LAT. POSTVMVS P. F AVG. 

Au revers, une galère et la légende : LAETITIA 
AVG (0. 

— Au mois de mai 1809, un paysan labourait sa terre 
au village d'EIkeghem (*), situé on Brabani, près de la 
ci-devant abbaye d'Afflighem, et on des pieds de son cheval 
s'étant enfoncé, il fouilla en cet endroit et trouva un pot 
qui était cassé par le pied de son cheval, et qui était rempli 
de quelques milliers d'anciennes très -petites monnaies 
d'argent; on m'a dit qu'un orfèvre d'AIost les avait ache- 
tées au poids et qu'il en avait donné audit paysan S à 
600 florins. La plupart de ces monnaies ne valaient en 
argent qu'environ 6 liards de Brabant. 

Presque sur toutes ces monnaies, dont je me suis pro* 
curé seize, il y avait d'un côté une croix semblable h une 
croix de Malte; entre les bras de quelques-unes de ces 



C) CoHBN, V, p. 49, no 246. 
(•) Lire Hekelghem. 



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— 225 — 

croix, il y avait une lettre : B. A. T. I. Sur d'autres ; 
B. A. S. T. 

Sur le revers de quelques-unes, il y avait un lion au 
milieu d'un écusson, se tenant sur ses deux pieds; sur 
dViUtres, un lion se tenant sur ses quatre pieds, sans 
écusson; sur d'autres, un aigle; sur d'autres, un double 
aigle; sur d'autres, un lion heaume tenant une pique; 
sur d'autres, une hoière, qu'on dit en français une hie 
ou liire, en latin fisivcaj qui sert à enfoncer le pavé, 
ainsi qu'il s'en trouve sur une monnaie frappée à Valen- 
ciennes. 

J'ai quelques-unes de ces monnaies, entre autres une 
sur laquelle il y a d'un côté le buste d'un homme avec un 
casque sur la tête; de l'autre côté, un globe surmonté 
d'une croix; il n'y a aucune inscription (^), 

— Lors de l'aplanissement du terrain dans la grande 
plaine au quartier de Saint-Pierre, à Gand, en 1810, on y 
déterra un grand nombre de médailles romaines en bronze 
des trois modules, et quelques-unes en argent. 11 y en avait 
de Néron, de V^cspasien, de Nerva, de Trajan, d'Hadrien, 
de Sabine, d'Antonin le Pieux, de Faustine, de Vérus, de 
Lucille, de Commode, de Septime-Sévérc, de Caracalla, 
d'Élagabale, de Sévère-Alexandre, de Gordien-Pic, de 
Philippe, de Gallien, de Postume, de Probus, de Constantin 
le Grand, de Constant et de Valenlinien. 

^ On a trouvé, au mois de juillet 1810, près de la porte 

(*) GiiABD revieDt plus loin sur la même découverte, en citant, à ce 
SDjet, Di Bast, 1I« êupplément, p. 489, qui parFe de cette découverte 
comme faite à Esscbe (Esschene?). 

5« siiiiB. >- ToMB i. 45 



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— 226 — 

de Gandy à Gourtray, quatre médailles : une de Vespasien, 
une d'Hadrien et deux consulaires. 

— La même aunée^ uu cultivateur trouva près de Loke- 
ren, pays de Waes^ deux médailles de Néron en bronze. 

— On a découvert à Tronchiennes, vers Î8Î 1, quelques 
médailles romaines : trois d'Auguste, deux de Sabine et 
trois d'Hadrien. 

Sur l'une d'Auguste ^ cet empereur est représenté tète 
nue, avec la légende : DIVVS AVGVSTV9 PATER. 

On voit sur le revers un aigle posé sur un globe (^). 

Sur la deuxième médaille d'Auguste, on voit la même 
légende, et sur le revers, il y a un autel et le mot : PRO- 
VIDENT (•). 

La troisième représente les tètes d'Auguste et de son 
gendre Agrippa avec la légende : IMP . DIVI . F . 
P.P. 

Au revers, il y a un crocodile attaché à un palmier avec 
ces mots : COL NEM. 

— Antiquités découvertes dans la ville de Bavay et 
dons les environs, qui étaient en 1812, dans le cabinet de 
M. Carlier, curé de ladite ville : 

(») ib. Vingt médailles impériales en or; 

16. Douze cents pareilles médailles en argent, parmi 
lesquelles il y en a un dixième de consulaires; 

17. Neuf cents médailles impériales en grand bronze; 



(!) Sans doute Cohen, l, p. 72, n» 282. Rev. Aigle éployô sur un globe 
regardant à droite (moyen bronze], frappée sous Tibère. 
[•) Moyen bronze, Cobbn, I, p. 7t, n«272. 
('} Extrait de ce catalogue. 



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— 227 — 

18. Mille médailles impériales en moyen bronze, dont 
environ un quart de consulaires ; 

19. Dix-huit cents médailles en petit bronze; 

30. Dix médailles gauloises en or; 

31. Dix médailles gauloises en argent; 

33. Deux cents médailles gauloises en bronze; 
Etc. 

— Famars (près Valenciennes), anciennes découvertes, 
BccuERius, Belgium romanum, p. 495. 

— Antiquités découvertes à Bavay, en différents temps : 
Des médailles d'Auguste, de Tibère, de Claude, de 

Néron, de Vespasien, de Philippe, de Postume, de Faus- 
tine, de Constantin le Grand, etc. ; 

Près du remparl, un grand nombre de médailles depuis 
Auguste jusqu'à Commode; 

Et un peu plus loin, des médailles depuis Commode 
jusqu'à Arcadius et Honorius. 

Médailles, etc., découvertes pendant le xviir siècle sans 
qu'on puisse désigner l'année : 

— Melle, Mcerlebeke et Zwynaerde (près Gand), 
DE Bast, pp. 97 et 108. 

— Auweghem, Huysse et Lede-Saint-Denis (près Aude- 
nardc), id., pp. 1 14 et 116. 

— Oycke, Eyne, Beveren, Mooreghem et Peteghem 
(environs de la même ville), id., pp. 119, 131, 136, 137 
et 138. 

— Audenarde, id.j pp. 130 et 131. 

— Eename, Bas-Eename, Materen, Kerkhem, Melden 



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— 228 - 

et Kerckhove (près Audenarde)^ id., pp. 135, 136, 160, 
161 et 162. 

— Anappes(près Lille), vers 1780, id., p. 236. | 

— Entre Coureelles et Planques, rappel de la découverte i 
de 1753 ci-dessus. | 

— Zedelgheai (près Bruges), fin du xvni* siècle, de Bast, ' 
p. 326, ! 

— Breskens (à sept lieues de Gand), id., p. 357. j 

— Environs de Lokeren etWaesmunsler (pays de VVaes), 
id., pp. 362, 364 et 365. 

— Saint-Amand (près Termonde), id., p. 405. 

— Pays d'Alost, «., p. 428. 

— Mespelaer (pays d'Alost), trésor considérable, de 

Domilien jusqu'à Commode, trouvé en Tannée 1607, 

DE Bast, p. 413; Hetlen, L cit., p. 420; Mirasus, CAro- 

nicon Belgicum, ad ann. 1607, p. 457; Lindanus, de 

Teneraemunda libri très, pp. 224, 225; Van Gbstel, j 

Hisloria mxhiepiscopatus Mechliniensis, II, p. 181 (*). j 

i 
(*) Voy, aussi sur cette découverte de Mespelaer, M. Galbsloot, 

Revue d'histoire et d'archéologie, I, p. 264. Commode D*est représenté 

dans ce trésor que par une seule moDuaie, portant comme légende de 

face : COMMODVS CAES. AV6. F, titre qu'il porta de 475 à 477 du ' 

vivant de son père Marc-Aurèle. C'est donc le règne de celui-ci qu^elia 

indique. Il se pourrait ainsi que Tévénement de guerre qui a donné lieu 

à Tenfouissement de ce trésor important (4,500 pièces d'or avec des 

pierres précieuses), a été l'invasion des Gliauques de l'an 478, qui, de la 

Hesbaye, où j'ai cru en constater les traces, se serait portée, non vers 

la province de Namur, mais vers la Flandre, où il faudrait chercher le 

champ de la bataille que leur livra Didius Julien. Foy. ce que j'en ai 

dit dans le Bulletin des commissions royales d'art et d'archéologie, V, 

p. 543 et VI, p. 295; Anuales de la Société archéologique de Namur, 

X, p. 469. 



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— 229 — 

— GrobbendoDck (environs d'Anvers), xvi' siècle, Goro- 
piDS BecANUS, Origines Antverpienses, p. 42 {*). 

J'ai rhonneur, etc. 

H. SCHUERMANS. 

Liégo Janvier 4869. 

(*] Vay. aussi Hetlbm, L cit., p. 449. 



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— 230 — 



€ORRESPONDAIVCB. 



Extrait d'une lettre de M. Hooft Van Iddbkinge à 
M. R. Ghalon. 



Patersvolde, 23 décembre 4868. 

Je veux parler de la monnaie de Gunre (*}. 

C'est une pièce intéressante, et je crois que c'est une imita- 
tion d'une monnaie groningoise encore inconnue. Je pos- 
sède une monnaie inédite de celle ville, un billon,de même 
grandeur, dont le droit porte la légende : ♦ MOKSfPTS • 
DS* GR0R6CGS, autour d'un ccusson fascé. Le revers, 
vous le trouverez chez Vander Chijs, pi. VIII, n* 7, 
quant au type; pi. IX, n*" 42, 43, pi. XXII, n"* 8, quant 
au type et à la légende. SU nomen Domini benedictum 
est répété, à l'infini, sur les monnaies de Groningue. 

Votre monnaie de Gunre doit, en admettant cette imita- 
tion, être du commenccmenl du xv*' siècle. Je n'ose pas 
l'attribuer à Herman, dernier seigneur de Gunre, dont 
M. Vander Ghijs ne décrit qu'une monnaie, un botdrager 
(pi. XX, n? 11), mais dont en a retrouvé plus tard de 
petites pièces de billon, à cause que ce seigneur avait soin 



n Foy. ci-dessus, pi. III, no 6, et p. 65. 



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— 254 — 

d'inscrire toujours son nom sur les monnaies. Ne serait-il 
pas plus probable que cette pièce a été frappée après la 
cession de 1407, par le délégué de Tévèque d'Utrecht qui 
gouvernait pour lui le pays. II serait, en effet, peu probable 
que i'évéque n'eût pas fait usage de son droit de battre 
monnaie dans l'atelier de Gunre. Cet atelier avait fonc- 
tionné trop longtemps pour le fermer tout à coup et perdre 
ainsi les avantages d'une fabrication lucrative. Encore un 
argument en faveur de ma conjecture : l'absence d'un nom 
de seigneur et la réapparition des armoiries des anciens 
possesseurs du pays. Ces armoiries, primitivement toutes 
personnelles^ ont été ensuite et ront encore aujourd'hui 
les armes de la seigneurie et de la localité. Gunre, ainsi 
que Groningue, fut, après la cession de 1407, une posses- 
sion de l'évëché d'Utrecht. Tous les deux eurent des 
gouverneurs ou des préfets, remplaçant jusqu'à un certain 
point I'évéque. La ressemblance des monnaies de ces 

localités n'est donc point surprenante 

Agréez, etc. 

J. E. H. HooFT VAN Iddekinge. 



Extrait dtune lettre de M. Burman-Beckbr, de Copenhague^ 
à M. le comte Maurin Nahuts. 



Copenhague, 3 janvier 4869. 

Voici un trait de patriotisme qui mérite d'être 

signalé. La grande collection de monnaies du moyen âge^ 



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— 232 — 

que feu le directeur du cabinet des médailles à Copen- 
hague, M. G.-P. Thomsen, avait laissée, et qui devait être 
vendue en détail, vient d'être acquise en masse par 
quelques riches seigneurs du pays, au prix de 15,000 écus, 
et offerte par eux à l'État (*). 

Cette collection conrient 12,S00 pièces, dont un grand 
nombre d'or. Elle commence en 395 et va jusqu'à Tan- 
née 1520, comprenant tous les pays de l'Europe et les 
empires chrétiens et musulmans de l'Asie occidentale et 
du nord de l'Afrique, et pour quelques périodes, elle est 
extraordinairement riche. On estime sa valeur réelle 
à 26,000 écus; mais en la vendant de la main à la main, 
les héritiers se sont épargné des frais considérables. C'est 
le 18 décembre dernier que M. le directeur actuel, le 
professeur Mûller, en a pris possession. Le cabinet numis- 
matique de Copenhague est devenu ainsi un des plus 
riches et des plus curieux de l'Europe. 

Le catalogue des monnaies du moyen âge va être publié. 



(*) Cette donation si généreuse et dont on ne saurait trop louer les 
auteurs, cet acte de patriotisme éclairé, ieur a été principalement 
inspiré par M. de Hersbt, attaché au cabinet des médailles. Croirait-on 
que la petite presse de Copenhague (la petite presse est la même partout] 
a trouvé moyen de critiquer amèrement cette donation, en invoquant 
Tintérét de la science, qui, disait-on, eût plus profité de la dispersion 
des pièces. On a su que ces critiques étaient Toeuvre d*un M. ***, qui 
avait le projet et l'espoir d*acbeter la collection en bloc pour la revendre 
è Paris, où il se proposait de s'établir marchand de médailles. N*arona- 
nous pas vu, ici, la direction du Musée royal d*antiquités également 
attaquée pour avoir conservé au pays des objets précieux, qui, sans son 
intervention, eussent probablement été s'engloutir dans le British 
Muséum? Elle fait concurrence aux brocanteurs. Inde irœ, R. Ch. 



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- 233 — 

en français^ avec des planches. Il formera un précieux 
manuel pour cette partie de la numismatique. 

On sait que M. Thomson, tout en recherchant princi- 
palement le moyen âge, n'avait pas négligé l'antiquité^ ni 
les temps modernes. Ses médailles antiques, dont la 
description forme le premier volume dé son catalogue, se 
divisent en deux sections : la première contenant les mon- 
naies rou'.aines de la république et de l'empire, jusqu'au 
dernier empereur d'Occident, fut vendue publiquement 
en 1867. Sa description, en français, comprend 6,000 pièces, 
parmi lesquelles on peut mentionner une monnaie extrê- 
mement bien conservée, frappée par Lucius Clodius Macer, 
propréteur en Afrique, sous Néron, et qui, après la mort 
de celui-ci, proclamé empereur par ses soldats, fut bientôt 
après tué par un des généraux de Galba. Cette rare pièce, 
qui eût été un dcF joyaux du musée danois, fut achetée à 
très-haut prix par le cabinet de Berlin. La seconde section, 
qui sera vendue le printemps prochain, se compose des 
monnaies antiques non romaines^ c'est-à-dire des mon- 
naies grecques des rois, des peuples et des villes; des mon- 
naies coloniales et municipales sous les Romains; des 
monnaies phéniciennes, perses, ibères, gauloises, germa- 
niques et autres nommées barbares. La description en est 
sous presse, également en français y et se composera 
de 3,000 numéros. 

Un catalogue, en danois^ a été publié l'année dernière 
pour les monnaies modernes, de 1 788 à i 865 (période de 
la vie de Thomson), à Texception des monnaies Scandi- 
naves, de celles du Holstein et du SIeswig. (les modernes, 
ainsi que nombre de médailles, furent vendues au prin- 
temps de 1868. 



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— 234 -- 

On remarquera, dans cet ensemble immense, une 
lacune, de la fin du moyen âge à la Révolution française: 
mais cette lacune n'existe pas pour sa suite de prédilection, 
les monnaies Scandinaves et holsteinoises. Cette partie, au 
contraire, est d'un choix et d'une richesse incroyables. Elle 
fera la première section du troisième volume. 

Veuillez agréer, etc. 

Burman-Beckrr. 



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- 235 



ACTES OFFICIELS. 



Déclaration constatant l*accession de la Grèce à la convention 
monétaire du 25 décembre 1865. 

Sa Majesté le roi des Hellènes ayant accédé à la convention 
monétaire conclue à Paris, le 23 décembre 1865, entre la 
France, la Belgique, Tltalie et la Suisse, par la déclaration 
d'accession dont la teneur suit : 

« Le soussigné, ministre des affaires étrangères de Sa Majesté 
le roi des Hellènes, déclare que son souverain, après avoir eu 
communication de la convention monétaire conclue à Paris, le 
23 décembre 1865, entre la France, la Belgique, ritaiie et la 
Suisse, faisant usage du droit réservé par l'art. 12 de cette con- 
vention h tout autre État qui en accepterait les obligations et qui 
adopterait le système monétaire de l'Union, en ce qui concerne 
les espèces d'or et d'argent, accède à ladite convention, laquelle 
est censée insérée mot h mot dans la présente déclaration , et 
s'engage formellement envers Sa Majesté l'empereur des Fran- 
çais, Sa Majesté le roi des Belges, Sa Majesté le roi d'Italie et 
la Confédération suisse , à concourir, de son c6té, à partir du 
i" janvier i869, â l'exécution des stipulations contenues dans 
ladite coBvention, conformément aux dispositions de la loi sur 
le système monétaire promulguée en Grèce, le 10 avril 1867 ; 
il déclare, en outre, que, aux termes des art. 9 et f3 de ladite 
loi, l'émission des monnaies d'appoint en argent ne pourra 
dépasser la proportion de six drachmes par habitant, et que la 
fabrication des nouvelles espèces d'or et d'argent, les seules 



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- 236 — 

admises dans les États de TUnion, sera autorisée et effectuée 
dans un des hôtels des monnaies de France (*). 

« Il est d'ailleurs entendu que les anciennes monnaies grec- 
ques^ bien que n'étant admises dans aucun des États de l'Union 
monétaire, pourront demeurer dans la circulation à l'intérieur 
du royaume de Grèce jusqu'au i«' janvier 1872, époque h 
laquelle elles devront en avoir été retirées, 

« En foi de quoi, le soussigné, dûment autorisé, a signé la 
présente déclaration d'accession, sous réserve de l'approba- 
tion de la chambre des députés de Grèce, et y a fait apposer le 
sceau de ses armes. 

« Fait à Athènes, le 26 septembre (8 octobre) 1868. 
« (L. S.) Signé Delyanni. » 

Le ministre secrétaire d'État au département des affaires 
étrangères de S. M. l'empereur des Français, dûment autorisé, 
déclare que le gouvernement impérial accepte formellement 
cette accession, tant en son nom qu'au nom des autres Hautes 
Puissances contractantes, et s'engage à exécuter envers Sa Ma- 
jesté le roi des Hellènes les stipulations contenues dans ladite 
convention monétaire. 

En foi de quoi, le soussigné a dressé la présente déclaration 
et l'a revêtue du cachet de ses armes. 

Fait à Paris, le 18 novembre 1868. 

(//. S.) Signé Moustibr. 

Certifié par le secrétaire général du ministère des 
affaires étrangères, 

fio» LAMBIRMOirr. 

(1) Poorquoi de France plutôt que d*un autre État derUnion monétaire? 
La France voudrait-elle s*arroger le monopole de la fabrication au 
détriment de ses coassociés? R. Cr. 



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— 237 



Démonétisation des pièces de cinq et de dix centimes en 
cuivre. 



LÉOPOLD II, Roi des Belges, 
A tous présents et à venir, salut. 

Vu l'art. 9 de la loi du 20 décembre i860; 

Voulant faire cesser le cours légal des pièces de cinq cen- 
limcs et de dix centimes en cuivre, frappées en vertu de la loi 
monétaire du 5 juin 183:2; 

Sur la proposition de Notre Ministre des finances. 

Nous AVONS ARRÊTë ET ARRÊTONS : 

Art. f. Les pièces de cinq centimes et de dix centimes eu 
cuivre, fabriquées en vertu de la loi monétaire du 5 juin 1832, 
cesseront d'avoir cours légal à partir du iO mars 1869. 

Art. 2. Du 10 mars 18G9 au il juin 1869 inclusivement, 
ces pièces seront échangées contre des monnaies d'appoint de 
nickel, h la Banque nationale & Bruxelles , aux agences de la 
Banque dans les provinces et aux bureaux des receveurs des 
contributions des villes et des communes dans lesquelles il 
n'existe pas d'agence du caissier de TÉtat. 

En outre, ces pièces démonétisées seront reçues jusqu'au 
11 juin i869 aux caisses publiques de TÉtat en acquit de droits 
ou de contributions, ou pour tout autre payement. 



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— 238 — 

Abt. 3. Notre Ministre des finances est chargé de l'exécution 
du présent arrêté. 
Donné à Laeken, le 6 mars 1869. 

LÉOPOLD. 
Par le Roi : 
Le Ministre des finances^ 
Frére-Orban. 



PIÈCES OEiONÊTIStES. 





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239 - 



MÉLANGES. 



Revue numismatique (française), 1868, ii* 5, septenibre- 
ociobre. 

Ce numéro contient : 

1** Trésor de Tarse, par M. A. de Longpérier, 28 pages 
et 4 planches. 

Le Trésor de Tarse, composé de monnaies d'or romaines, 
de bijoux, etc., est l'un des plus riches que l'on ait exhumés 
depuis longtemps. Il s'y trouvait trois médaillons d'or d'Alexan- 
dre le Grand, restitués, à ce que croit M. de Longpcrier, par 
l'empereur Alexandrc-Sévèrc, et pesant chacun environ cent 
grammes; des aureus inédits et un superbe médaillon du 
même Alexandre-Sévère. 

2^ Note sur une légende monétaire de Constantin le 
Grand, par M. le B"" J. de Witte, 8 pages et vignettes 
dans le texte. 

o» Deniers de Charleniagne trouvés près de Sarzana, 
par M. A. DE Longpérier, 12 pages et une planche. 

4* Examen de documents apocryphes relatifs aux mon- 
naies. — Monnaies de Souvigny, par M. A. de Bartré- 
LEMT, 8 pages. 

Il s'agit, dans cet article, d'une prétendue charte du roi 
Hugues, imprimée pour la première fois dans le Recueil des 
hiêîoriens de France, tome X, p. 565, et donnée comme 
authentique. Cet acte a été depuis reconnu faux, et on en 



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— 240 — 

attribue la paternité à nn certain R. P. carme du couvent de 
Moulins, nommé le P. André de Saint-Nicolas, qui, à la fin 
du xvn* siècle, exerçait la spécialité lucrative de fabriquer des 
généalogies. C'est rendre à la science un grand service que de 
la débarrasser, comme le fait M. de Barthélémy, des prétendus 
monuments ou documents qui ne peuvent qu'égarer les 
érudits. 

5' Histoire monétaire d'Alfonse, comte de Poitiers et de 
Toulouse (suite et fin)^ par M. Edg. Boutaric, 23 pages. 
&" Bulletin bibliographique et chronique, 1 7 pages. 

R. Ch. 



La seconde année (1868) du Mémorial numismatico 
espaiiolj de don âlvaro Campaner y Fuertes, est actuelle- 
ment terminée. Elle forme un volume de 284 pages in-8% 
orné de 8 planches. Le dernier cahier se compose des 
articles suivants : 

1"* Monnaies romaines de bronze. — Nature du métal, 
module, poids, dénomination et valeur nominale. Unité 
monétaire, par M. J. Sadatier. 

S*" Restitution à don Alphonse le Batailleur, roi d'Ara- 
gon, d^une pièce avec le titre d'imperator^ pardon Alvaro 
Campaner y Fuertes. 

S^" Essai de restitution de l'antique alphabet celtibéricn, 
par M. A LOIS Heiss. 

4" Quelques observations sur un semis inédit de Ulia, 
par don Alvaro Campaner y Fuertes. 



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- 241 — 

5* Matériaux pour une monographie numismatique des 
colonies espagnoles, par le même. 

6* Monnaies frappées à Girone, et leur âge, par 
M. Artcro Pedrals t Moliné. 

7' Correspondance et Mélanges. 

Dans cette dernière partie, le directeur rend compte de 
oe que contient la Revue belge. On y trouve aussi l'an- 
nonce d'un nouveau numéraire en Espagne, où l'on a 
adhéré à la convention du 23 décembre 186S. Le type de 
cette nouvelle monnaie sera, d'un côté, une femme repré- 
sentant l'Espagne, et de l'autre, les armes du pays. 

R. Ch. 



Un amateur, un professeur et un graveur qui se sont 
trompés. . 

Quand un numismate signale quelque chose à ses con<> 
frères, c'est le plus souvent une pièce jusqu'alors inconnue 
ou bien fautivement attribuée. Quelquefois aussi, il fixe 
leur attention sur des monnaies à retrouver, dont Texis- 
tenee lui a été révélée par de vieilles chartes dénichées 
elles-mêmes dans quelque coin obscur. 

Nous allons faire précisément le contraire ; en d'autres 
termes, signaler aux amateurs une monnaie décrite et 
gravée par un savant renommé, qui fut dans la plus ferme 
conviction qu'il avait devant lui un monument authentique, 
et qui pourtant était dans la plus grande erreur, car la 
monnaie n'existe pas, n'a jamais pu exister. 

5« siaiB. — TOMK I. 46 



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-^ 242 — 

M. Vander Chijs a décrit, dans son livre sur les monnaies 
anciennes de Frise, Groningue el Drenihe, une pièce, 
qui aurait été frappée par le duc Albert de Saxe, comme 
possesseur ou gouverneur de Gropingue, et il fit graver 
(pi. XIV, n° 106) celle monnaie d'après l'unique exem- 
plaire connu, conservé dans la riche collection de feu 
M. Baartde ta Faille. 

i\ous nous sommes toujours méfié de celte monnaie, 
parce qu'Albert de Saxe, décédé le 12 septembre 1500, 
pendant le siège de Groningue, n'é(ait pas homme à faire la 
sottise de frapper une monnaie aux armes d'une ville qu'il 
ne possédait pas encore et dont il n'était pas certain de 
jamais se rendre maitre; mais il n'y avait rien à dire contre 
un argument tel que la présence de la monnaie elle-même. 
Après la mort de notre ami, M. de la Faille, nous 
eûmes l'occasion de voir à noire aise la fameuse monnaie 
groningo-saxonne, et voici ce que nouS trouvànfes alors. 

Celle monnaie n'était autre chose que le double jager ou 
pièce de deux sous, frappé pour la Frise (Vander Chijs, 
pi. VI, n"* 5), mais usé de manière que Técu aux armes 
de Frise avait été totalement effacé. On avait plus lard 
gravé ou inscrit bien grossièrement la fasce de Técusson de 
Groningue sur la place jadis occupée par les lions dont on 
remarque encore quelques faibles vestiges. 

Kous comprenons qu'un amateur puisse être la dupe 
d'une pièce ainsi fabriquée; mais ce que nous ne concevons 
guère, c'est qu'un graveur, se servant de l'original pour 
graver une planche, se soit laissé éblouir par cette gros- 
sière falsification. 

H. V. I. 



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— 243 — 

La commission monétaire chargée par M. Magne de 
poursuivre l'étude de la question d'étalon, et dans laquelle 
ont été réunies plusieurs notabilités financières et écono- 
miquesy notamment MM. de Parieu, Dumas, Rouland, 
de Lavenay, Wolowski, Michel Chevalier, Busson-Bil- 
laut, etc., a tenu sa huitième séance vendredi dernier au 
conseil d'État. 

On assure que la commission s'est prononcée pour 
l'adoption de l'étalon d'or unique, au moins sous le rap- 
port des avantages de la circulation intérieure et de l'uni- 
fication monétaire. La commission s'occupe de discuter le 
mérite du même principe sous le rapport des intérêts du 
commerce extérieur de la France. 

On croit que la commission, après cette dernière discus- 
sion, n'aura plus à examiner que certains détails, notam- 
ment l'opportunité de l'émission de pièces de 25 francs, 
dont M. Dumas a fait fabriquer des spécimens qui ont été 
justement remarqués. La commission a reçu communica- 
tion d'une lettre d'un député suédois, qui assure que la 
Suède émettra des pièces de 25 francs dès que l'exemple 
lui en sera donné par la France. 

{Écho du Parlement.) 



Le Numismatischer Anzeiger^ organe de la Société 
numismatique de Hanovre, parait régulièrement deux fois 
par mois, depuis le mois de juillet dernier. On y trouve le 
résumé des procès-verbaux des séances de cette société, 
ainsi que des notes sur les actes des sociétés numisma- 



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— 2U — 

liquesdeDresde, de Berlin et de Prague. Chaque numéro, 
de 8 pages, pelîl in-Sl^y esl terminé par une liste de mon- 
naies et médailles^ offertes à prix fixé. 

R. Ch. 



M. le D' Gersdorffy dans le 17" numéro de sa Gazette 
numismatique de Leipzig, traite de nouveau la question 
des Regenbogen-Schusselchen, Cette feuille, qui parait 
quatre fois par an, accompagne le catalogue périodique 
de pièces offertes en vente par la maison C.-G. Thieme. 



R. Ch. 



Le 1" numéro de la 3" année du Bullettino di numis-' 
matica italiana, de M. A.-R. Caucich, se compose des 
articles suivants : 

Notes sur Tatelicr monétaire de Manloue {suite)^ par 
JM. Altilio Portioli. — Monnaies rares et inédites, par 
M. Caucich. — Deniers de Pavic, du x" siècle, par 
M. Ernesto Tambroni Armaroli. — Revue des publica- 
tions nouvelles, par M. Caucich. — Une médaille com- 
mémorative (avec vignette). Celte médaille, en l'honneur 
du baron Raphaël Abro, a été gravée par M. Adolphe 
Pieroni, de Lucques. 

R. Ch. 



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— 243 ^ 

Uirechtsche Gildepenningen. Notre savant confrère, 
M. J. Dirks, de Leeuwarden, vient de faire paraître, sous 
ce titre, une petite brochure de 1 2 pages in-^S"*, avec une 
planche représentant sept méreaux de corporations 
ouvrières d'Utrecht. 

R. Ch. 



La nouvelle revue italienne {Periodico di numismatica) 
de M. le marquis Carlo Slrozzi, de Florence, continue à 
paraître avec uoe régularité à laquelle les publications 
italiennes ne nous ont pas habitué. Le numéro 4 se com- 
pose de : 

— Quelles sont les premières médailles faites au moyen 
âge? par M. Juuus Friedlaender. 

— Examen du mémoire de M. Promis, fils, sur l'ori- 
gine du monnayage vénitien, par M. Bartolomeo Cegghetti. 

— Deux lettres de M. le commandeur Michèle Lopez, 
sur la monnaie de Crémone. 

— Le musée Bottacin, annexé à la bibliothèque et au 
musée de Padoue, par M. Carlo Kunz. 

— Sceaux italiens du musée de Parme, par M. Luigi 

PiGORIRI. 

Deux planches, comme on sait les faire en Italie, c'est- 
à- dire , supérieurement gravées , accompagnent cette 
livraison. 

R. Ch. 



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— 246 — 

A l'époque de la mon de M. Vander Chîjs, la Revue 
de la numismalique belge a donné une courte notice sur ce 
zélé directeur du cabinet numismatique de Leyde. Regret- 
table sous plus d'un rapport^ sa perte a failli être spéciale- 
ment funeste à la collection qu'il avait réunie avec tant de 
persévérance et d'assiduité. Les annexions sont aujourd'hui 
de mode, et le gouvernement s'était laissé entraîner à l'idée 
d'annexer le cabinet de Leyde à celui de La Haye. Un 
obstacle imprévu vint renverser cène combinaison. Divers 
legs faits au cabinet, et particulièrement celui de feu 
M. Pilaer, jadis consul général des Pays-Bas à Lisbonne, 
s'y opposaient formellement. Le projet d'annexion parait 
donc abandonné, ou du moins, provisoirement ajourné, 
à la grande satisfaction des amateurs hollandais qui 
auraient vu avec peine supprimer une des collections 
publiques de ce genre, déjà trop rares dans les Pays-Bas. 
Mais, ce qui ne laisse pas que d'avoir étonné tout le 
monde, c'est le choix du nouveau directeur. Certes, 
M. Janssen, depuis longtemps conservateur de la section 
des antiquités, est un archéologue d'une réputation euro- 
péenne que personne ne pourrait contester; est-il égale- 
ment numismate? il est permis d'en douter. Comment 
l'Université n'a-t-elle point fait choix d'un homme qui avait 
fait ses preuves? Et, s'il en manquait dans le pays (ce quMl 
nous serait difficile d'admettre), ne pouvait-elle pas avoir 
recours à l'Allemagne, ainsi qu'elle l'a fait récemment pour 
plusieurs professeurs de la faculté de médecine? 

L'amateur qui, pour ses études, doit recourir au cabinet 
de Leyde, est déjà forcé, vu l'absence de catalogues descrip- 
tifs, de faire lui-même et au hasard les recherches qu'un 



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— 247 — 

directeur versé dans la science lui rendrait certes moins 
difficiles. 

V. B. 



Supplément à la Numismatique lilloise (partie monétaire), 
par Edouard Van Hende. Lille, Danel, 1868, in-8°; 
28 pages et 3 planches. 

On voit assez rarement, en France, les auteurs d'une 
monographie s'astreindre à y donner des suppléments. 
M. Van Hende est une heureuse exception. 

La Numismatique lilloise parut en t858. L'année sui* 
vante, M. Van Hende y ajoutait une courte notice sur une 
décoration maçonnique des Philalètes de Lille, qu'il avait 
retrouvée. En 1863, c'étaient cinq jetons de la chambre des 
comptes qui venaient compléter cette partie de son travail. 
Aujourd'hui c'est le tour des monnaies, auxquelles ce sup- 
plément — qui, sans doute, ne sera pas le dernier — vient 
ajouter vingt-sept pièces, parmi lesquelles plusieurs pièces 
très-importantes. 

Nous ne pouvons trop féliciter l'auteur sur sa persévé- 
rance et sur le succès avec lequel il accomplit son œuvre. 

r: ch. 



Programme de la seconde société Teyler, à Harlem^ pour 
l'année 1869. 

La seconde société de la fondation Teyier a décidé de 



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— 248 - 

mettre au eoneours pour Tannée 1 869 une question prise 
dans la science numismatique; elle demande : 

a Un mémoire sur les monnaies qui ont eu cours aux 
Pays-Bas pendant la période mérovingienne. Les concur- 
rents prendront pour base de leur travail les découvertes 
de monnaies de celte époq^ie, qui ont été faites dans les 
Pays-Bas. Les mémoires devront être accompagnés de 
bons dessins, fac-similé ou clichés des diverses monnaies 
et des divers types, ainsi que d'une description explicative 
concipe. 

te Dans la classification et la description, on aura à tenir 
compte de la distinction entre les monnaies franques , 
gothiques, anglo-saxonnes, etc., et on précisera cette 
distinction autant que possible. » 

Le prix proposé pour la meilleure réponse, laquelle 
devra d'ailleurs donner une solution satisfaisante de la 
question, consiste en une médaille d'or d'une valeur 
intrinsèque de 400 florins. 

Les mémoires devront être rédigés en hollandais^ fran- 
çais, anglais ou allemand, et écrits en caractères latins^ 
bien lisiblement et cf une autre main que celle de l'auteur. 
Ils devront être envoyés tout achevés avant le premier 
avril 1870, afin d'être jugés avant le mois de mai t87l. 
Tous les mémoires adressés resteront la propriété de la 
société. Celle-ci insérera dans ses publications, avec ou 
sans traduction, la pièce couronnée, dont l'auteur renon- 
cera au droit de publier lui-même son travail sans l'auto- 
risation de la fondation. La Société se réserve aussi le droit 
de faire des pièces non couronnées tel usage qu'elle jugera 
convenable ; soit sans mention du nom de l'auteur, soit en 



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— 249 — 

citant ce nom ; dans le dernier cas, toutefois, elle n'agira 
pai sans le consentement de l'auteur. Les auteurs des 
mémoires non couronnés ne pourront en faire prendre 
des copies qu'à leurs propres frais. Les mémoires destinés 
au concours devront n'avoir en signature qu'une simple 
devise et être accompagnés d'un billet cacheté portant en 
suscriplion la même devise et indiquant à l'intérieur le 
nom et le domicile de l'auteur; ils seront adressés à la 
Maison de fondation de feu M. P. Teylbr van der Hulst^ 
à Harlem. 



La question monétaire a été discutée dans le conseil 
d'État turc : on pense qu'elle sera résolue dans le sens de 
l'unification. 

A. B. 



La Biblioliièque impériale de France a acheté, au prix 
de 1,000 francs, à la vente Laborde, une médaille de 
Valens, que l'on regarde comme unique. 

A.B. 



M. le chevalier Baralis, directeur de la Monnaie de 
Naples et correspondant de la Société royale de numis- 
matique de Belgique, vient d'être nommé commandeur de 
l'ordre des SS. Maurice et Lazare, et officier de l'ordre de 
Léopold. 

A.B. 



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- 250 — 

Notice sur un denier carlovingien frappé au Puy et portant 
le nom du roi Raoul, par M. Aug. Chassaing. Le Puy, 
1868, in-8", 14 pages et 2 vignelles. 

En 1866, on découvrit en Espagne un trésor de mon- 
naies arabes, auxquelles étaient mêlées une vingtaine de 
pièces cariovingiennes. C'étaient des deniers de Charles le 
Gros (Toulouse, Bourges, Nevers^^ d'Eudes (Limoges)^ de 
Charles le Simple {Melle, deniers et oboles), de Lothaire 
(Quentovic)j de Guillaume {Brioude\ d'Orléans, de Tours, 
de Chinon (à la tète), et deux exemplaires d'un denier 
nouveau de Raoul, ayant, d'un cAté, le monogramme de 
Radulfus, entouré de * ANITO CIIVIT. Au revers, une 
croix pattée dans un cercle de grènetis et la légende : 
* RADVLFVS REX. 

Anito pour Anitio (le second 1 iransposé se retrouve en 
trop dans CIVlTa^) est l'ancien nom de la ville du Puy-en- 
Velay. M. Chassaing démontre, par des raisons trop lon- 
gues à rapporter ici, que ce denier a été frappé par les 
évéques du Puy, en suite d'une concession royale, du 
8 avril 924. 

L'un de ces deux rares deniers est entier et d'une belle 
conservation; l'autre a été coupé par l'orfèvre à qui on 
avait présenté le petit trésor. Cet intelligent industriel s'est 
attaqué, comme toujours, à la pièce la plus précieuse du 
dépôt. 

M. Chassaing nous révèle, à l'occasion de ces deniers, un 
fait des plus curieux et qui mérite d'être signalé. Il s'agis- 
sait de conserver au Puy ces petits monuments précieux, 
surtout pour la localité. Le Musée n'avait pas de fonds 



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— 251 — 

disponibles. Une souscription fut ouverte parmi les habi- 
(aDts, réalisée en quelques heures, et les deniers sont au- 
jourd'hui la propriété du Musée. Il est évident que les idées 
positivistes et utilitaires n'ont pas encore pénétré jusqu'au 
Puy. Qu'on essaie, ici, de faire souscrire les bourgeois pour 
acheter, plus qu'au poids de For, de vieux deniers hors de 
cours et de mauvais argent, le résultat sera curieux. 

R. Ch. 



Notice sur une découverte de mmnaies carlovingiennes, 
par M. Ch. Bocchet. Vendôme, 1867, in-8% 9 pages et 
une planche. 

Des vingt deniers d'argent qui composaient le petit dépôt 
découvert, en 1866, à Nourray, canton de Vendôme, deux, 
emportes par les ouvriers, n'ont pas été retrouvés. Les 
dix-huit autres, chose étonnante! sont tous, sauf un seul, 
des deniers au monogramme de Charles le Chauve et pres- 
que tous de villes différentes. Il y en a parmi eux de très- 
rares, et M. Bouchet signale comme inédit un denier portant 
* AQVIS GRANI PAU (le palais d'Aix-la-Chapelle). 
L'auteur fait remarquer que ce denier de Charles le Chauve 
à Aix-la-Chapelle doit avoir été battu entre le milieu de 
septembre 869 et les premiers jours de l'année suivante, 
après la mort de Lothaire II, roi de Lorraine, dont Charles 
envahit momentanément les États. 

R. Ch. 



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— 2»2 — 

Le Journal de la Société d'archéologie et du Comité du 
Musée lorrain, qui parait à Nancy tous les mois, contient 
dans le n"" 2 de cette année un mémoire, accompagné d'une 
planche, par M. L. Quintard, sur deux pièces relatives à 
la Révolution. La première, que Hennin n*a pas connue, 
est une médaille en l'honneur du jeune Des Isles et en 
mémoire de son dévouement pour empêcher la guerre 
civile, le 31 août 1790. L'autre un essai de monnaie de 
bronze par Thuillié, fondeur à iNancy. (Hennin, n* 770.) 

On trouve, dans le même numéro, et également accom- 
pagné d'une planche, un compte rendu excessivement bien- 
veillant de notre mémoire sur les monnaies de Florennes, 
par notre savant et indulgent confrère, M. Bretagne. 

R. Ch. 



La Société française de numismatique et d'archéologie, 
dont l'incessante activité semble redoubler de jour en jour, 
va joindre à son Annuaire deux publications périodiques. 
Les procès'verbaux des séances de ses neuf sections paraî- 
tront par cahiers, deux fois par mois, et tiendront les mem- 
bres étrangers au courant des travaux de la Société. Un 
recueil in-4*', paraissant tous les mois, renfermera les 
Mémoires plus spécialement consacrés à l'archéologie; la 
numismatique proprement dite continuera à faire seule les 
frais de V Annuaire. 

R. Ch. 



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— 253 - 

On lit dans le numéro de janvier dernier^ de la Revue 
bibliographique universelle : 

« On nous assure qu'au séminaire de Chàlons-sur- 
« Marne, tin cours de numismatique vient d'être établi. 
« Une telle innovation est digne des plus grands éloges. 
« Aujourd'hui que l'étude des monnaies antiques et des 
« monnaies du moyen âge permet de faire servir la numis- 
« matique aux travaux historiques ^ nous voyons avee 
« grand plaisir cet enseignement s'introduire dans les sémi- 
« naires, et nous espérons que l'exemple donné à Chàlons 
« trouvera des imitateurs. » 

Il y a longtemps que la Revue de la numismatique belge 
a exprimé le vœu de voir introduire dans les collèges l'en- 
seignement de la numismatique. Cet enseignement fourni- 
rait, tout à la fois, aux élèves, une distraction utile et un 
excellent procédé mnémotechnique pour apprendre l'his- 
toire. 

R. Ch. 




Nous donnons ici l'empreinte de la nouvelle drachme 
grecque, frappée en suite de Taccession de la Grèce à la 
convention du 23 décembre 186S. Cette pièce a été faite 
à Paris; elle porte la marque de la monnaie de Paris et 



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— 254 — 

celle de son directeur de fabrication. Les multiples et sous- 
multiples, ainsi que la pièce d'or de 30 drachmes, n'exis- 
tent pas encore, et l'émission de la drachme s'est bornée à 
une somme totale d'environ 2S0,000 francs. 

Cette nouvelle drachme, égale au franc, est un pou plus 
forte que la drachme antérieure, qui pesait i grammes 
477 milligrammes d'argent à 900. 

L'ancienne pièce de S drachmes valait fr. 4-70, la nou- 
velle vaudra 5 francs. 

R. Ch. 



Le no XXXI de la Revue anglaise de numismatique 
{The Nnmismatic Chronicle) se compose des mémoires 
suivants : 

1" Monnaies des successeurs d'Alexandre en Orient 
(suite , par le major-général A. Cunmngham. 33 pages et 
une planche représentant des monogrammes. 

2° Monnaies arméniennes (suite), par £dw. Thomas, 
Esq. 9 pages, avec vignettes dans le texte. 

^" Sur quelques médailles romaines d'or, rares et iné- 
dites, par J. ËVANS, Esq. 13 pages et une planche. 

4» Note sur deux pièces d'or de Henry III, par S.-F.Cor- 
KRAN, Esq. 2 pages. 

S"" Sur deux nouveaux deniers d'Ecosse, au nom de 
Jacques VI et de Charles P', etc., par le Rév. J.-H. Pol- 
LEXFEN. 14 pages. 

6"* Publications nouvelles et mélanges. 4 pages. 

R. Ca. 



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— 255 — 

La Revue archéologique de Paris, envahie et accaparée 
par les égyptologues et leurs hiéroglyphes, s'occupe rare- 
ment de numismatique. On trouve cependant, dans un 
des derniers numéros, la suite et la fin d^un mémoire de 
M. Henri de Longpérier sur les Insignes de la questure et 
les récipients monétaires. Ce mémoire, dont il existe un 
tirage à part, corrigé et augmenté, présente pour les 
numismates un intérêt tout spécial , car c'est principale- 
ment sur des médailles que s'appuie l'auteur pour expliquer 
les insignes des questeurs et les différentes formes 
qu'avaient, dans l'antiquité, les meubles, coffres et bourses 
destinés à renfermer du numéraire. Ce sujet, qui, à 
première vue, semble assez ingrat, a fourni à l'auteur la 
matière d^une dissertation très-intéressante et formant une 
brochure d'environ 100 pages. 

R. Ch. 



M. Charles Wiener vient de terminer deux médailles 
parfaitement bien réussies. L'une à l'effigie du chevalier 
E. Pycke, gouverneur d'Anvers, l'autre en l'honneur de 
J.-A. Mullié^ bourgmestre de Saint-Génois. 

A. B. 



Nous venons de recevoir de l'université de Lund , en 
Suède, le volume commémoratif de la célébration de son 
jubilé bî-séculaire, du mois de mai 1868, ainsi que la belle 
médaille frappée à l'occasion de ce même jubilé. 



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-- 256 — 

Cette pièecy de grand module^ porte d*uD eôté la lète du 
roi Charles XV, avec la légende : CAROLUS XV REX 
SVECIAE ET NORVEGIAE. Au revers, Minerve debout 
pose, sur une espèce de cippe ou d'autel antique, une 
couronne de lauriers; à ses pieds, la chouette ; derrière la 
déesse brûle une lampe sur un candélabre. La légende 
est : ACADEMIA CAROLINA CONCILIATRIX SACRA 
SAECULARTA ITERUM CELEBR • MDCCCLXVIII. 
A Texergue se lit le nom de Fauteur de cette œuvre remar- 
quable, le graveur Johan Ericsson. 

R. Ch. 



Les numismates belges et français apprendront avec 
plaisir que la Monographie monétaire du duché de Luxem- 
bourg ^ par M. De la Fontaine, attendue depuis si longtemps, 
ne tardera plus ù paraître* 

R. Ch. 



M. A. Brichaut, eonlrôlcur à In Monnaie et membre de 
la Société royale de numisnoalique, vient de recevoir de 
S. M. le roi de Portugal la croix de chevalier de Tordre 
du Christ. 

R. Ch. 



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— 257 — 

BuLioâRAPHiE NUMISMATIQUE ITALIENNE. — MonetediMesBerafiù 
e Crevacuore, etc., par le commandeur Domenigo Promis. 
— Monete di Zecche Italiane inédite (memoria seconda), 
par le même. — SulV origine délia Zecca Feneta, par 
VmcENZo Promis. 

Le premier de ces volumes, annoncé depuis longtemps 
et impatiemment attendu, donne, pour la première fois, 
aux amis de la numismatique italienne^ un ensemble com- 
plet des monnaies émises, pendant deux siècles environ, par 
les Fieschi et les Ferrero, à Crevacuore et h Messerano. 

Onze pièces anonymes, et toutes destinées à contrefaire 
des espèces étrangères, révèlent dès le début la nature 
équivoque des premières opérations de ces ateliers. 

Plus tard, sous Louis II et Pierre-Lucas II, la monnaie 
n'est plus anonyme, mais pour cela elle ne perd pas son 
caractère d'imitation; et l'on peut ériger en principe que 
née de rirrégularilé, elle s'y est maintenue jusqu'à la fin, 
sans prendre un seul instant un type personnel et particu- 
culier à la localité. Louis et Pierre-Lucas, auxquels on 
pourrait avec probabilité attribuer tout ou partie des ano- 
nymes précités, n'ont fourni h l'ouvrage de M. D. Promis 
que quatre pièces, deux testons^ un comabo et un rolabasso. 

Il faut, à mon avis, rattacher à ce règne une pièce fort 
importante qui a échappé aux patientes recherches de 
Tauieur. Je veux parler d'un écu d'or, anonyme et inédit, 
qui fait partie de la riche collection du cabinet impérial de 
France. On y voit, d'un côté, l'aigle à deuxlèles chargé en 
cœur d'une targesans armoiries, avec la légende MONETA * 
NOVA • AVREA • MESERANI, et, au revers, la croix 

8* siRU. — ToMB l. 47 



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- 258 - 

fleurdelisée enlourée des mots XPS • VINCIT • XPS • 
REGNAT • XPS • IMPERAT. 

Celle précieuse et unique monnaie était digne de figurer 
en tète de la publication de M. D. Promis^ mais on oublie 
bien vite son absence à la vue des nombreux types qui 
se succèdent sous les règnes suivants. La variété en est 
remarquable; on le comprend d'ailleurs sans peine, puisque 
le graveur des coins avait mission de puiser à pleines mains 
dans les inventions d'autrui. Souvent banales, ces imitations 
se distinguent par une eiécution assez généralement bonne 
et qui atteint même une véritable beauté/ surtout sous 
Pierre-Lucas IL l^s testons figurés à la pi. IV, aux n* 1 
et iy méritent d'attirer les regards. 

M. D. Promis a négligé, sans doute avec intention, de 
donner quelques variantes connues surtout pour l'époque 
de Paul Besso Ferrero ^1629 à 1667). Ces différences 
consistent, pour la plupart, dans le mélange des revers 
adaptés tantôt à une face, tantôt à une autre. 

C'est au même prince qu'appartient le bel écu publié 
récemment dans cette Revue par notre diligent directeur 
R. Chalon. Une variété assez marquée, quant au type, 
donne avec la même légende NON * ALIVNDE * SEDEBO. 
Un simple mât de navire au lieu du navire complet. 

Comme tant d'autres pays, Messerano a voulu fabriquer 
de ces luigini, si prisés en Orient depuis leur émission par 
la princesse Anne-Marie, à Dombes. Le buste de ceue 
dernière s'y trouve remplacé par celui de Marie^Christine ^^ 
de Simiane, femme de François-Louis Ferrero ; la ressem- 
blance est complète; au revers se trouvent les armes de la 
maison de Simiane. 



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~ 269 - 

Je me bornerai h ces courtes citations que Ton pourrait 
facilement multiplier^ mais ce qu'il faut mentionner sur- 
touty c*est le soin avec lequel le savant auteur a décrit 
toutes les monnaies contenues dans son excellent livre. 
Chaque pièce porte Tindication exacte de son poids et de 
son titre, et plus encore le nom usuel qui lui a été donné 
.dans le temps, soit dans les ordonnances de fabrication; 
soit dans les usages ordinaires de la circulation. 

Les planches dessinées par l'habile Carlo Kunz, de 
Venise, ne laissent rien à désirer, si ce n'est peut-être 
l'indication du métal des diverses pièces représentées. 

Un autre travail du même auteur a déjà paru depuis 
quelque temps, et nous sommes fort en retard à son égard. 
Dans un nouveau mémoire consacré à diverses monnaies 
inédites, non pas toutes italiennes, mais au moins fabriquées 
par des Italiens, M. le commandeur D. Promis révèle 
l'existence de vingt-deux pièces fort précieuses, pour la 
plupart de véritables perles numismaiiques. 

Le morceau le plus important de cette publication est 
celui qui a trait à la monnaie des Gattilusi pour Metelin. 
Ce sujet déjà traité dans le temps par deux célébrités, 
MM. le baron de Kôhne et Friediânder, contient d'utiles 
additions et rectiBcations. 

Il faut citer aussi l'article Tino (l'ancienne Tenos), qui 
contient la description d'un précieux tournois de Giorgio 
Ghisi, frappé pour cette localité. 

Le rarissime atelier d'Incisa est représenté par une 
monnaie nouvelle, un Hrolino, 

M. Vincenzo Promis, digne émule de son père, Aient 
de publier une dissertation remarquable sur les origines 



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- 260 — 

de la monnaie de Venise. Le sujet n'est pas nouveau^ mais 
Fauteur a su lui donner un vif intérêt par la manière dont 
il est traité. Passant en revue toutes les théories qui se sont 
succédées, M. V. Promis les discute une à une avec la 
solidité d'un savant profondément versé dans la connais- 
sance des chartes. On lira avec fruit ce travail bref et con- 
sciencieuxy dans lequel Fauteur se révèle avec un véritable 
talent^ et qui^ je l'espère, n'est que le prélude de publications 
plus considérables sur la monnaie vénitienne. 

A. M. F. 



Le gouvernement de la république de Saint-Marin vient 
de demander son admission à la convention monétaire 
internationale de 1 865, entre la France, la Belgique, l'Ita- 
lie et la Suisse. Le gouvernement français s'est prononcé 
contre cette admissfon, parce qu'il croit que la demande 
n'a été faite que 'dans l'intention de pouvoir faire frapper 
la petite monnaie en argent selon les stipulations de cette 
convention. 

La France propose donc aux puissances signataires du 
traité d'inviter la république de Saint-Marin à conclure à 
ce sujet un traité spécial avec l'Italie. Le gouvernement 
suisse, de son côté, a été d'avis de rejeter \^ demande d'ad- 
mission de la république, mais en même temps elle refuse 
l'autorisation demandée pour la conclusion du traité spécial 
entre le royaume d'Italie et la république, tant que Fltalie 
n'aura pas retiré les billets de banque d'un et de deux francs 
émis par elle en concurrence avec la monnaie d'argent. 

{Écho du Parlement, du 23 mars 1869.) 



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- 261 - 

Bijdragm tôt de numUmatiek van Gelderland, ^ stuk. 
(Berg — s'Heerenberg — Batenburg — Baar) ; door 
Db VooGT. Arnhem. — Is. An. Nijhoff en zoon. — 1869, 
in-4*. 

Cette nouvelle publication d'un numismate distingué de 
la Hollande, M. De Voogt, vient enrichir d'un nombre 
considérable de monnaies inconnues les séries dcjù si 
importantes des comtes de s'Heerenberg et des seigneurs 
de Batemburg. En publiant, il y a quelques années, notre 
histoire de la souveraineté de s'Heerenberg, nous étions 
parvenu à réunir sur nos planches cent sept pièces de types 
différents. M. De Voogt a pu ajouter à ces monnaies dix- 
huit pièces nouvelles, dont cinq, il est vrai, d'après des 
placards des États-Généraux ' des Provinces -Unies, que 
nous n'avions pas consultés. 

Parmi les treize numéros décrits et figurés d'après les 
exemplaires mêmes, nous remarquons un florin d'or et 
deux ducats. Ce florin d'or (le n"* 2 de la planche I) est 
une monnaie du plus haut intérêt. On en a trouvé dans 
ces derniers temps deux exemplaires légèrement variés, 
dont l'un appartient à M. De Voogt, et dont l'autre fait 
partie de la collection de M. le comte F. de Breda, à Paris. 
Voici la description de cette pièce : 

KARO • ROMANO — R — UM • IMPERAT. Saint 
Jean debout tenant l'agneau. 

Rev. MONETA • NOVA • AUREA • MONTENS. Croix 
fleurdelisée, dans les bras de laquelle sont placés les écus 
de Berg, Gulembourg, Meurs-Sarwerden et Egmond. 



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— 262 — 

C'est une imitation fidèle des florins d'or de Brande- 
bourg, dont le suivant (que nous croyons inédit, à cause de 
la date) est, pensons-nous, l'un des plus anciens. 

PRIDRIGI • D • G ' — MARCH • BRAN • Saint Jean 
debout tenant l'agneau ; entre les pieds du saint, une tète 
de chien. 

Rev. MONE • NOVA • SWOBACH • U99. Croix 
fleurdelisée, dans les bras de laquelle sont placés quatre 
écussons. 

Quoiqu'imitée du florin brandebourgeois, la pièce de 
s'Heerenberg est un peu plus récente. Le nom de l'empe- 
reur Charles (qui ne peut être autre que Charles- 
Quint) la place nécessairement après l'avènement de 
ce prince au trône d'Allemagne, c'est-à-dire au plus tôt 
àl5i9(*). 

Il faut donc nécessairement l'attribuer à Oswald II, qui 
fut comte de s' Heerenberg de 1511 à 1546. C'est ce qui 
concorde du reste parfaitement avec le texte d'une ordon- 
nance de l'empereur Ferdinand, datée de Vienne, le 
1**' avril 1552, et rapportée par M. De Voogt, où il 
est dit : 

« Grave van Berge, auff de ain seylten Sanct Johans, 
auf die andern seytten ein creutz dairin des graven wap- 
pen, so graf Oswaldt von Bergen geschlagen, und sehen 
der Brandenburgescher goidgulden vast gleich, und nacb 
derselben abcontrafeit. — 55 kreutzer. » 

Le nom de Tempereur d'Allemagne, qui figure sur cette 

(<) Charles-Oaint fut élu empereur à Francfort le 28 juin 4549, et 
couronné à Aix-la-Chapelle le 24 octobre de la môme année. . 



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— 265 — 

curieuse monnaie, prouve une fois de plus que les comtes 
de s* Heerenberg prétendaient relever directement de 
FEmpire. Le monnayage de ce florin d'or était un véri- 
table défi lancé au duc de Gueldre, Charles d'Egmont; et 
rhistoire est là pour prouver que ce prince dut permettre 
au comte de s' Heerenberg ce qu'il ne savait empêcher. 

Les trois ducats signalés par M. De Voogt présentent 
le type hongrois; les deux premiers (pi. I, n"* 8 et pi. III, 
D«3) sont du comte Guillaume IV (1S46-1S86); le troi- 
sième^ quoiqu'anonyme (pi. IH, n*" 4), est indubitablement 
de son frère Frédéric. 

Parmi les pièces d'argent, nous remarquons un écu carré 
{klippenlhaler) et deux autres écus de Guillaume IV, un 
demi-écu au type de saint Pancrace ; un écu de Frédéric 
au type, si commun pour Guillaume, du buste de saint 
Oswald, enfin un quart d'écu de l'époque du comte Henri 
de Berg. 

Pour Batenburg, M. De Voogt figuré sur ses planches 
dix-neti/* pièces nouvelles, dont quatre d'après des anciens 
tarifs, les autres d'après la monnaie même. Parmi celles-ci, 
nous remarquons deux crusades d'or et un ducat, que ni 
Vander Chijs, ni Verkade, n'avaient connus en nature, 
deux klippenthalers, deux écus et un demi-écu, le pied- 
fort en argent d'un liard, etc., etc. 

Enfin, et ce n'est pas la partie la moins intéressante du 
travail de M. De Voogt, le zélé numismate consacre un 
cbapiu*é à réclamer pour les seigneurs de Baar (en Gueldre) 
ces écus au buste de saint Ludger, qui étaient restés jus- 
qu'ici une énigme. Les légendes denarius novus dom. 
m. b.; — et : moneta nova • argentea • t • 6 • 6a, s'ex- 



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— 264 — 

pliquent par : dominus in Baar; in baronatu Baarensi. 
La baronnie (banheerlijkheid) de Baar et Lathem fut 
vendue en 1562 par Lamoral^ comte d'Egmont, à Thierry 
de Bronkhorsty de la maison de Balenburg. C'est proba- 
blement à ce dernier qu'il faut attribuer ces écus, qu'on 
était unanime à classer aux Pays-Bas, mais dont personne, 
avant M. De Voogt, n'avait pu indiquer la véritable 
origine. 

A côté des pièces figurées sur les planches, le travail de 
M. De Voogt comprend encore la description de nom- 
breuses petites variétés ; celles-ci n'ont certainement qu'un 
intérêt secondaire, mais cependant on fait bien de ne pas 
les négliger. 

Nous approuvons complètement l'idée de M. De Voogt 
de changer le format de ses publications; comme elles sont 
des appendices aux ouvrages de Vander Cbijs et de Ver- 
kade, tout engage l'auteur à adopter également Yin-quarto. 

C. A- S- 



Une nouvelle édition a paru, en 1868, du règlement et 
des statuts de la Société numismatique de Rhode Island 
(États-Unis). Elle forme une petite brochure de dix pages. 

Les statuts comprennent dix-huit articles et le règlement 

# 

quatre. 

R. Ch. 



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— 265 - 

Blàtter fur Mûnzfreunde. Beilage zum numistnatischen 
FcrAeAr. NM8. 

Ce recueil trimestriel^ qui accompagne les catalogues de 
médailles à prix fixés de la maison C. 6. Thicme de Leip- 
zig, est dirigé par M. le D' GersdoriT. II semble avoir 
principalement pour but de faire connaître les publications 
récentes, qui paraissent dans les différents pays, sur la 
numismatique. M. Gersdorff ne manque jamais de donner 
in extenso l'indication des articles que contient la Revue 
belge. Nous trouvons ici l'occasion de le remercier de son 
obligeance. 

Une planche accompagne chaque numéro. Cette fois-ci, 
la planche est photographiée; elle représente, entre autres 
pièces, deux grandes médailles de bronze faites à l'occa- 
sion du jubilé du roi de Suède, Charles XIV. Le procédé 
photographique est, sans contredit, le plus rigoureusement 
exact, mais il se prête peu à la reproduction des médailles 
modernes de bronze. Pour obtenir un résultat satisfai- 
sant, il faudrait; avant de présenter la pièce à l'objectif, 
l'enduire d'une couche très-légère de blanc mat. On aurait 
ainsi les demi-teintes, on éviterait les points brillants que 
donne le poli du bronze et qui contrastent trop durement 
avec le fond noir de la pièce. 

R. Ch. 



La Gazzetta di Venezia, du 26 mars dernier, parle d'un 
dirhem abbasside, trouvé récemment à Venise dans le sol 
delà place Saint-Marc. La découverte de monnaies arabes 
ne doit pas être rare, croyons-nous, dans une ville qui a 



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-^ 266 — 

eu tant de rapports de commerce avec les États musulmans 
de l'Egypte et de la Syrie. 

R. Ch. 



Bullettino di numismatica italiana. Anno III^ num. 2, 
8 pages in-4° et une planche. 

On sait que ce recueil paraît tous les deux mois, h Flo- 
rence, sous la direction de M. A. R. Câugich. Le numéro 
que nous annonçons^ et qui est celui des mois de janvier 
et février derniers, se compose des articles suivants : 

1° Suite du mémoire de M. Attilio Portioli «tir la 
monnaie de Mantoue. Le paragraphe IX; qui occupe dix 
colonnes du journal, traite des monnaies municipales. Ce 
travail sera continué. 

2« Musées de l'Italie, chapitre IX. Lettre adressée à 
M. Caucich par le marquis Gatiglioni de Botontano, don- 
nant un aperçu des différentes séries qui composent son 
cabinet numismatique. 

S"" Deux 7nonnaies pontificales inédites. Ces deux pièces 
sont : une monnaie de la Marche d'Ancône, au nom de 
Paul II, et un mezzo grosso de Ferrare, au nom de Gré- 
goire XV. 

i^ Monnaies inédites ou rectifiées. Il s'agit ici de Fécu 
de Masserano, déjà publié dans le n*" 1 de l'année précé- 
dente, et dont M. Caucich rectifie la lecture ; puis d'une 
monnaie d'or de Nice, de l'année 1564, frappée pour le 
duc de Savoie Emmanuel-Philibert. 

R. Ch. 



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— 267 - 

Le Numismatischer Anzeiger (i), de M. le D' Grote de 
Hanovre, parmi les renseignements nombreux qu'il ren- 
ferme, donne une indication qui sera bien utile aux ama- 
teurs. C'est la liste, par ville ou localité, des personnes qui 
collectionnent des médailles ou des sceaux, et la désigna- 
tion des suites qu'ils recherchent plus spécialement. 

R. Ch. 



S. Ex. M. le chevalier de Britto, envoyé extraordinaire 
et ministre plénipotentiaire de S. M. l'empereur du Brésil, 
a visité y ces jours derniers, l'hôtel des Monnaies de 
Bruxelles, où l'on Tabrique, en ce moment, les nouvelles 
pièces de bronze à l'effigie de don Pedro II. A l'occasion 
de cette visite, qui n'avait été annoncée que la veille, on a 
frappe, en présence de M. de Britto, une médaille qui lui 
a été ofiertc. Cette médaille dont il n'existe qu'un très- 
petit nombre d'exemplaires porte, d'un côté, la tète de 
S. M. Léopold II, et, de l'autre, dans un cartouche orné,. 
Tinscription suivante : 

26 MARS 1869 

LE CHBV' DB BRITTO 

MINISTRE DU BRÉSIL 

VISITE 

LA MONNAIE 

DE 
BRUXELLES. 

R. Ch. 

P) II ne faat pas confondre cette pablication périodique avec le cata- 
logue de Wesener à Berlin, qui porte le môme titre. 



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— 268 — 



NËGR0L06IB. 



Le grand amateur de jetons, M. Joseph-Lambert- Alfred 
d'Affry de fa Monnoye est mort à Passy, le 30 septembre 
dernier. M. d'AfTry était né à Liège (sans doute de parents 
français); le 25 juin 1811. Membre titulaire delà Société 
des antiquaires de France, chevalier de la Légion d'Hon- 
neur, notre demi-compatriote avait exercé les fonctions 
importantes de directeur des perceptions municipales de la 
ville de Paris. La Revue française lut doit plusieurs arti* 
des. Son immense collection de jetons a été léguée par lui 
au Musée de Gluny, à charge de porter son nom et de 
n'être jamais confondue avec aucune autre. 

R. Gh. 



M. Jean-Daniel Landré, d'Amsterdam, associé à notre 
Compagnie depuis 1859, est décédé le 23 janvier dernier, 
à l'âge de soixante-dix ans, à la suite d'une longue maladie. 

R.Ch. 



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— 269 - 



SOCIETE ROYALE DE NUMISMATIQUE. 



EITRAIT8 DES PROCËS-TBIBAUI. 



Rënnlon dn bureau du il Janvier 1869. 



Sur la proposition du président, le titre d'associé étran- 
ger est conféré à M. Teixeira de Aragéo, conservateur du 
cabinet des médailles de S. M. le roi de Portugal, à Lis- 
bonne. 

Le président donne lecture d'une lettre de M. Joseph 
Neumann, de Prague, auteur du nouveau Kupfercabi- 
net {*)j par laquelle ce savant confrère fait appel aux 
membres de la Société et les prie de bien vouloir lui com- 
muniquer la description des • jetons et méreaux de toute 
espèce, concernant les Pays-Bas (Belgique et Hollande), 
qu'ils considèrent comme inédits, depuis les plus anciens 
jusqu'à ceux d'aujourd'hui.» La coopération du plus grand 
nombre possible de possesseurs de collections est indis- 
pensable pour réaliser l'œuvre immense qu'a entreprise 
M. Neuroann, et il est à espérer que les amateurs de Bel- 
gique le seconderont comme l'ont fait ceux d'autres pays. 

D BeiekreUmng der bekantUeëten KupfermUnzenf {a-8« (six volumes 
déjàpabliéB). 



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— 270 — 

Le président communique ensuite à la Compagnie la 
résolution qu'a prise M. Durand de Lancy de se séparer de 
la collection; unique au monde, qu'il a formée^ de mé- 
dailles concernant les numismates, les graveurs, les ate- 
liers motiétaires, les administrations des mxmnaies, etc. 

Mais avant de laisser disperser ce magnifique ensemble, 
M. Durand en a rédigé et écrit de sa main un catalogue 
trës-détailléy dont il Tait hommage à la Société royale de 
numismatique, pour être déposé et conservé dans ses 
archives. Des remerciments seront adressés à M. Durand. 

En examinant ce catalogue, on ne peut s'empêcher de 
témoigner le regret, que doivent éprouver tous les ama- 
teurs, de voir se disperser une semblable collection, et 
d'exprimer le désir qu'elle soit acquise en bloc par un 
gouvernement ou un établissement public. Cette acquisi- 
tion serait d'autant plus facile que M. Durand ne demande 
de toutes ses suites réunies, comprenant 1 ,498 médailles, 
et de sa bibliothèque numismatique, composée de 1 , 1 94 nu- 
méros, qu'un prix excessivement minime, à la condition, 
toutefois, qu'elles seront conservées entières et sans dis- 
persion. 

Le Secrétaire, Le Président, 

Cam. Picqué. R. Chalon. 



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- 271 - 



SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMISMATIQUE. 



LISTE DES OUVRAGES REÇUS PENDANT LE 1er TRIMESTRE 1869. 



Messager des sciences historiqaes, etc. Année 1868, 4* livraison. 

Mémorial numism&tico espanol, etc., t. H, 1868. Barcelone. 

Rerne numismatique française. Noavclle série, t. XIII. Année 1868, 
n» 5, septembre-octobre. 

Le Cabinet historique, \4» année, 10* et 11« livraisons, 1868, octobre- 
novembre. 

Supplément k la numismatique lilloise, par Ed. Van Hende, 1868. 

Annuaire de TAcadémie royale de Belgique, 35* année, 1869. 

Bulletin de TAcadémie royale des sciences, etc., de Belgique, 37« année, 
2* série, t. XXVI, no 12, 1868; 38* année, 2« série, t. XXVII, no« 1 
et 2, 1869. 

Analectes pour servir à Phistoire ecclésiastique de la Belgique, t. V, 1868, 
i* livraison; t. VI, 1869, 1'» livraison. 

Notice sur un denier carlovingien , frappé au Pny et portant le nom du 
roi RaonI, par M. Aug. Chassaing, archiviste-paléographe, etc., 1868. 
Don de Fauteur. 

Revue bibliographique universelle, {*• année, t. II, S« livraison, décem- 
bre 1868; 2* année, 1r«, 2« et 3« livraisons, janvier, février, mars, 
1869, Paris. 

Lands universitets andra sccularfest. Mai 1868. Lund. 

Notes on Illion, nomismatic and historical. London, 1868. Hommage de 
Fauteur. 

Bijdragen tôt de numismatiek van Gelderland, 2* stuk. (Berg — s*Hecren« 
berg — Batenburg — Baar); door W.-J. De Voogt, 1869. Don de 
Fauteur. 



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- 272 - 

Bibliothèque de TÉcoIe des Chartes, 50« année, 6* série, t. V, f r« livrai- 
son, 1869. 
Bulletin de Tlnstitut archéologique liégeois, t. IX, fr* livraison, 1868« 



CABINET NUMISMATIQUE. 

DON DE L'UNIVERSITÉ DE LUND. 

La médaille commémorative du jubilé bi-séculaire de Tuniversitéde Lund. 
(Bronze.) 

Bruxelles, le 1«r avril 1869. 

Le Bibliothécaire, 

GciOTH* 



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I 



— 273 - 



CATALOGUE 



DBS 



■ORNAIES OBSIDIONALES ET DE NÉCESSITÉ. 

QUINZiàUB ASTICLB. 



NANCY. 

le de Méeeealté ffmppée an Ment de €luirle« ËW^ peadMil 
l^eeevpaaeM freafetoe de eetle Ttlle^ cm flSSS (>)f 

d. 1 ? - MONETA • NOVA • NANC • Les 

écussons accostés de Lorraine et de Bar, sur- 

monlés d'une couronne. Au-dessous, la lettre 6. 

Rev. — MONETA • NOVA • NANCEI • CVS • 

Alérion couronné. 

BilIoD. Catalogue Wellenheim, n* 4S48. 

De Saulcy, pi. XXVI, n» 42. 

NANTES. 

■•■■Aie de Béeeeallé frappée 1ère de l'iMTeetleeemeMl de 
celle Tille par lee Teadéene, en flV9Sf 

d. 1. 23 sols. — Dans le champ , sous un bonnet de la 
liberté; la valeur 25. 

Cuivre. — Uniface. 

^ Catalogne Van Bockel, n» 2535. 
Gabioet de M. T. Codeveile, à Paris. 

P) D'après Wellenheim, cette pièce fat frappée pendant Toocopation 
française de Nancy, en 4633; mais d'après de Savlcy {Recherches sur 
leg monnaies des ducs héréditaires de Lorraine)^ elle serait un lapsus 
moneiarii comme on en rencontre sous les règnes précédents. 
0* sûuB. — TombI. 48 



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— 274 — 



NAPLES. 

Monnaies de néeeeslié ffrappéee pnr In Tllley an nom de Henri 
de Iiomlne, dne de Gnlse, lor« de In réTOlntlen de Je49. 

* 1. 18ffram5. -HENRDELORENDVXRKIP- 

NEAP * Écusson orné et couronné^ renfermant 
dans une bande horizoniale les lettres S J^ Q N. 
Bev. — SI- REGE • ET • PROT • NOS • 1648 • 
Saint Janvier à mi-corpS; deface, mitre etnimbé, 
sortant des nuages; il tient la crosre de la main 
gauche et bénit de la droite. Dans le champ, les 

lettres :n-^J^ 
Arg. Duby, pi. XXIV, n» 5. 

♦ 2. 3 tornesis. — HEN • DE • LOR • DVX • REI • N • 

Écusson couronné, renfermant dans une bande 
horizontale les lettres : S P Q N. 
Rev. — PAX • ET • VBERTAS • 1648. Dans le 
champ, une gerbe d'épis cl de fleurs. Au-dessus^ 

les lettres . En bas, une étoile, 
c ' 

Cuivre. — Irrégulière. 

Duby, pi. XXIV, n» 6. 

iU 5, 2 tornesis. — Semblable au n*" 2, mais avec une 
légère différence dans la forme de l'écusson et 
REIP. 
Rev. — HINC • LIBERTAS • 1648 • Dans le 



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— 278 — 

champ, une corbeille remplie de fruits et d'épis. 

En bas. sur le côté, les lettres . 
' ' c 

Cuivre. Duby, pi. XXIV, no 7. 

A'. 1 tomesi. — Semblable au n* 3. 

Rev. — LETIFICAT • 1648 • Dans le champ, une 
grappe de raisins. En bas, à gauche, les lettres 

PA. 

; à droite, une croix (+). 
Cuivre. Duby, pi. XXIV, n« 8. 

NEWABK. 

AMitésèe pmr le* parlementolres, en ûBéé et fl«4e. 

1 . Demi'Couronne. — Dans le champ, entouré d un 

grèneiis, une grande couronne royale, accostée 
des lettres : C — R. Au-dessous, la valeur : XXX. 
Rev. — Dans le champ, entouré d'un grènetis, on 
lit : OBS : - NEWARK— 1646. 

Arg. — Losange. 

Ruding, pi. XXVIII, n» 7. 
Duby, pi. XV, n« 8. 

2. Shilling. — Semblable au n" 1 , mais avec 

valeur : XIL 
Rev. — Semblable au nM . 

Arg. — Losange. 

Rading,pl.XXVIII, no8. 
Duby, pi. XV, no 7. 



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— 276 — 

* 2*. Shilling. — Semblable au n" 2. 

Rev. — Semblable au nM , mais avec NEWARKE 
— 1645. 

Arg. — Losange. 

d. 3. 9 sols. — Semblable au n" 1, mais avec la va- 
leur : IX. 
Rev. — Semblable au n"* 1 . La pièce est timbrée 
d'un grand écusson aux armes d'Angleterre. 

Arg. — Losange. 

Rading,pLXXVIIl,n«9. 
Duby^pl. XV,no9. 

d. 4. 6 sols. — Semblable au n« 1 , mais avec la va- 
leur : VI. 
Rev. — Semblable au n° 1 . 




Arg. -1 

Ruding, pi. XXVIII, no fO. 
Duby, pl.XV.no^O. 



NICE. 
Assiégée par les Tares et les rrftMfals, en flft4S« 

d. I ? - * KROLVS • SFXVNDVS • DVX • 

SABAVDI. Écusson couronné aux armes de 
Savoie. 
Rev. — Dans le champ, on lit : - NIC • A • TURC 
— ET GAL 088—1543. 

Or. Daby, pL XXI, no 3. 



^ 



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^ 277 - 

d* 2 ? — Dans le champi on lit : — • — 

KROLVS • M • — D • SABAVDI. — ♦ - 
Rev. — Semblable au n** 1 . 

Arg. Mémoireê de T Académie des sdencee 

de Turin, t. XXIX. 

NOVAEE. 

Aoslésée pftr les mwwÊémm de la ll^ae TtelIlenBe) papale et 
■diaaaiae, en fl49ft (*}• 

d. 1 ?-.#LVDOVICVSDVXAVRMLI- 

AC • AST • D • Porc-épic tourné à gauchei 
tenant une barre de fer entre les dents. 

Rev.-+ SANCTVS — 6AVDECIVS • P N — 
Dans le champ, buste de face du saint, mitre et 
nimbé. 

A l'exergue, on lit : NOV • OBS. 

Caivre. 

d. 2 ? — ^ DX ARE ISIS M ET. Dans le 

champ, une li gothique. 
Rev. — + N VAR IN OB NE. Dans le champ, 
une croix anglée. 

Cuivre. 

d. 3. Testm. ^ Jjjf LVDOVIC DVX AVR MED AC 
ASTD. Le buste du duc, à gauche, coiffé d'un 
bonnet. 

(*} Extrait de Tarticle de M. Carlo Mohbio, dans la Rivieta délia 
numUmaUea, publiée à Asti. 



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- J78 — 



Rev. — ^ NOVARIA OBSESSA ANNO 1495. 
Écusson aux armes de France et de Milan. 

Cuivre. 

NUBEMBEBfi. 

MomialM de Béeessllé ffrappéMi p«r la ville, en ûorn^j !••? 
el fl«ISf 



* 



L 



1 ? — Dans le champ, entouré d'un grënetis, 

les écus accostés de l'Empire et de Nuremberg. 
Au-dessus, la date : i 600. Au-dessous, la lettre N. 
Rev. — Semblable à la face. 

Arg. — Carrée. 

* 2 ? — Semblable au n' 1, mais avec la 

date: 1607. 
Rev. — Semblable à la face. 

Arg. — Carrée. 

3 ? — La forteresse de Nuremberg, entourée 

de trois écussons. 
Rev. — Dans un cercle, la date : MDGXIII. 

Arg. — Triangulaire. 

Catalogue Van Bockel, n» 2258. 

«aerre de TreMte*AB«, flaflS-fledS. 

* 4. Ducat. — Dans le champ, entouré d'un ornement, 

on lit : — NVMVS — AVREVS-PRO AERA- 
RIO - REIPVBL : - NORIBERG : Au-dessous, 
un monogramme composé des lettres l-v-o* 




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— J79 - 

Rev. — ANNO DOMLNI — MDCXXI — Trois 
écussons ornés, placés 1-3, séparés par des pal- 
mes et des branches de feuillage. Au-dessous, le 
iDëme monogramme que sur la face. 
Or. 

. . NUYS. 

AÊÊmlété^ pftr le due de Parme) en !•••• 

d. 1 . 20 kreutzer. — Dans un cercle, écusson aux armes 
du palatinnt, de Cologne et de Bade ; au-dessus, 
la date : - 86 * (1 K86). En haut, une estampille 
renfermant la valeur : 20. En bas, une seconde 
estampille renfermant les lettres F H — C. (Fré- 
déric-nerman Cloeth). 

ÊtaiD. — Uniface, carrée. 

Duby, pl.X, Q« 4. 

2. 10 kreutzer. — Semblable au n° 1 , mais plus 
petite et avec le nombre 1 au-dessus de l'écusson. 

Étain. — Uniface, carrée. 

F.VanMerlen, p. 887. 

d. 3. 6 kreutzer. — Semblable au n"" 1, mais plus petite 
et avec le diiffre 6 au-dessus de l'écusson. 

ÉtaiD. — Uniface, carrée. 

Zeitêchrifl fUr kunst wisientchaft 
und geschichtedes krieges, de 4846, 
pi. I, n»5. 

f ) Besehreibung der kollniachm MUnsuamlung des Domherm und 
kurmmlkih'ioelUiehm BofgerichiPraesidefUen ton Merle, par F. Wall- 
■AF, prof, in KOln, 4792. 



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— 280 



OLOT. 



■oBiialM de BécMsIlé flrappéea p^r la Tille iieBdanl 1' 
pftttOM ftruMfalM de Ui OAtolegne, de fl^dl là fladi 



d. 1 . 5 réaux. — PHILIPVS • D— G • — HISPANAR • 
ECU couronné de Catalogne, posé sur la croix de 
sainte Eulalie, et accosté de la valeur : V — R. 
Heu.— ••• — ERIT- — OL- — 1641. Croix 
barcelonaise, coupant la légende et cantonnée 
aux V' et 4** d'un annelet, aux 2* et 3** de trois 
besants. 

Arg. — IrréguUère. 

Cabinet de M. Vidal Ramon, à Bar^ 
celone. 

d. 1*. 8 réaux» — Semblable au n"" 1. 

Rev. — VNIV- ERIT • - OLO • ~ • •. . Croix 

barcelonaise, coupant la légende et cantônnéeaux 
!•' eti'de trois besants, aux 2* et 3* d'un annelet. 

Arg. — Irrégalière. 

Môme cabiaet. 

d. 1*. 8 réaux. — Semblable au nM. 

Rev. — •••• — •••• — OLOT- •••• . Sembla- 
ble au n" 1*. 

Arg. — Irrégulière. 

Môme cabinet. 

d. 2. 5 sols. — PHILIPS D — G — HI • • • A- : Écu 

couronné de Catalogne , posé sur la croix de 
sainte Eulalie, et accosté de la valeur : V— S. 



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— 281 — 

Rev. - VNIV- TAS — OLO — T 1641. Croix 
barcelonaise, coupant la légende et cantonnée 
aux l"' et 4** d'un annelet, aux 2' et 3' de trois 
besants. 

Arg. — Irrégalière. 

Mdme cabinet. 

OPSOLO. 

Fîgr. Danemark, monnaies frappées par Christian II, 
p. 110. 

OEAN. 

A«0lésée par le« Maure*, em IVSS. 

1. 8 réaux. — ANIARVM Dans un 

cercle perlé, un écusson couronné aux armes de 
Castille et de Léon, avec une grenade au bas de 
reçu ; des deux côtés, à droite, un T sous un 0, 
à gauche la valeur VIII (couchée). 
Rev. — Dans un cercle perlée le nom de la ville 
O — R — A — N placé en croix, et une petite croix 
au centre de la pièce. 

Cuivre. — Irrégalière. 

Numiêtnatische Zeitung de 4849, 
p. 456, n» 208. 

d. 2. 4- réaux. — Semblable au n" 1 , avec cette diffé- 
rence qu'il n'y a pas de trace de légende et que 
fa valeur est II II (couchée). 
Hev. — Semblable au n<^ 1 . 

Cuivre. Duby, pi. XXVII, no 7. 



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OSNABEUCK. 

AMsIésée pAr les muéémîm^ mm fl^SS. 

* i . Thaler. — Dans le champ, entouré d'une guir- 
lande de feuillage, saint Pierre, de face, la triple 
couronne en tête, tenant une clef dans la main 
droite et un livre dans la gauche. Devant lui, uu 
écusson aux armes d'Osnabruck et du Palatinat. 
Des deux côtés, la date 16-33. 

Arg. — Uniface, carrée, irrégalière. 

Duby, pi. XII, n« 4. 

2. Demi-thaler? 

d. 3. 12 heller. — Dans le champ, un monogramme 
composé des lettres FW • E {François, Wilhel- 
mus, c** de Wurtemberg, évêque d'Osnabruck)^ 
surmonté d'une couronne et entouré d'orne- 
ments. 
Rev. — Dans le champ, en haut, les armes de la 
ville accostées de la date: 16-33. Au-dessous, 
la valeur : X * I * I * • Le tout entouré d'ornements. 

Arg. Grote, pi. XXVI, no 395. 

d. 4. 3 silbergros. — Semblable au n"* 3, mais d'un 
module plus grand. 
Rev. — Semblable au n* 3, mais avec la valeur : 
MIS. 
Gaivre. Cabinet de M. le comte de Robiano. 



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— 385 - 

d. 5 ? — Dans le champ, les armes de la ville; 

au-dessus, un W. 

Gaiyre. — Uniface, rectangulaire. 

H. Grote(>],pl. VI,n«M6. 

OUDEWATEE. 

Assléfée par les EmpmgnoUj em IftVft* 

* 1 . 40 sols. — Dans le champ, les armes de la ville, 

entourées de cinq estampilles, savoir : trois avec 

les mots, GODT — MET — ONS. La quatrième 

' porte la date 1 S7S, et la cinquième, la valeur : 40. 

Gaivre. — Uniface. 

Van Loon, t. F, p. 204, n« 4 . 

* 3. 20 sols. — Semblable au n"" 1 , mais d'un module 

plus petit, et avec la valeur : 20. 

Ëtain. » Uniface. 

Van Loon, t. F, p. 804, n» 2. 
Dnby, pi. V, n*4. 

* 3. 10 sols. — Semblable au n" 1, mais d'un module 

plus petit, les estampilles placées différemment 
et avec la valeur: iO. 
Ëtain. <- Uniface. 

(!) MUnsuiudien, 4855. 



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— 284 — 
PALMA-NOVA. 

AMiécée par le* allléa} mi 1»I4. 

* 1. KO cetitime». — NAPOLEON E IMP' E RE. Dans 
le champ, — CENT: — 50. Le bord de la pièce 
est orné d'une guirlande de tulipes. 
Rev. — MON!' D'ASSE? PALMA. Dans le champ, 
la couronne de fer. Au-dessous, la date : 1814. 
Le bord de la pièce a un grènetis. ■ 

Coivre. Millia et Millingen, pi. LXXIII, ii*49S. 

d. 2. 2K centimes. — NAPOLEONE IMP' E RE. Dans 
le champ, CENT! — • — 28. 
Rev. ~ MONV D'ASSE? PALMA • 1814. Dans le 
champ, la couronne de fer. - 

CuiTre. Carlo Kanz (■), pi. I, n* 42. 

PARIS. 

■•■■Aies partleBllères qui enreat «■ eMirs teevltetlff et 
TOlontelre, depuis le Sfl déeesibre flV9fl, JnHia*a« S sep- 
tembre tV99. 

* 1.5 sols. — VIVRE LIBRE --- OU MOURIR. La 

France assise sur un piédestal, ayant prés d'elle 
reçu de France et un autel orné du médaillon 
de Louis XVI, présente aux fédérés la table de 
la constitution, sur laquelle on lit : consti^ 
TUTiON— DES — FRAN— ÇAI8. Lcs fédérés étendent 

('] Miscellanea numisnuUica. 



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- 286 - 

le bras pour prêter le serment; sur Tun des dra- 
peaux qu'ils tiennent, on lit : vivre libre ou 
MOURIR. Au haut de l'ovale qui entoure la com- 
position, il y a : pacte federatif. Près de l'autel, 
des rouleaux et des papiers déchiréS; sur lesquels 
on lit : DIME — PRiv ; sur la base du piédestal où 
est assise la France, on lit : dupré • f • 

Exergue : XIIII JUILLET — MDCCXC. 

Bév. - MONNERON FRERES NEGOCIANS A 
PARIS. En bas: 1791. Dans le champ : médaille 

— DE CONFIANCE — DeCINQ— SOLS — A ECHANGER 
CONTRE — DES ASSIGNATS DE — 50^ ET AU DESSUS — 
l'an III DE LA LIBERTE. 

Sur la tranche : départements • de • paris • de • rhone* 

DE • LOIRE • ET • DU • GARD. 

GttWre. HenoîQ, pi. XUII, n« 340. 

d. 1 ^. 5 sois. — Semblable au n* 1 , sauf que les mots de 
la légende sont placés différemment. 
Cuivre. Heooin, pi. XXXH, n« 344 . 

* 1*. K sols. — Semblable au n'* 1, mais & Texergue : 
14 JUILLET — 1790. 
Rev. — MONNERON FRERES NEGOCIANS A 
PARIS. En bas : 1792. Dans le champ : médaille 

— DE CONFIANCE — DE CINQ ' SOLS — REMBOUR- 
SABLE — EN ASSIGNATS — DE SOlb ET AU DESSUS — 
l'an III DE LA — LIBERTE. 

Sur la tranche : departemens de paris • rhone et 

LOIRE -DU GARD tfc. 

Coivre. HenniD, pU XUI, n« 430. 



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— 286 — 

* 1*. 8 «ofe. — Semblable au n* 1». 

Rev. — Semblable au n* 1*, mais : l'an iv de la — 

LIBERTÉ. 

Tranche. Semblable au n"" i'. 

GuiTre. Hennin, pi. XLII, no 434 . 

* 1». 5 soli. — Semblable au n* 1». 

Rev. — REVOLUTION — FRANÇAISE. En bas : 
1792. Dans le champ : médaille qui se — vend 
S— sols a — paris chez monneron patenté. 

Exergue : l'an iv de la— liberté. 

Sur la tranche : bon pour • les • 83 • departemens. 

Gnivre. Hennin, pi. XLIF, n» 432. 

d. !•. 8 sois. — Semblable au n" 1*. 

Rev. — REVOLUTION FRANÇAISE. En bas : 
1792. Dans le champ : médaille — qui se vend — 
cinq — sols — a paris chez — monneron — 
(patenté). 

Sur la tranche : la confiance • augmente la valeur. 

Guivre. Hennin, pi. XLII, n» 433. 



♦ 



r. 5 soU. - LES FRANÇAIS UNIS SONT INVIN- 
CIBLES. Hercule, ayant près de lui sa massue 
et la peau du lioni fait d'inutiles efforts pour 
rompre un faisceau. A droite, la mer et des 
vaisseaux. 
Exergue : l'an iv de la — liberté. 



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k 



— as? — 

Rev. — REVOLUTION FRANÇAISE. En bas : 
1792. Dans le champ : médaille — qci se vend — 
cinq — sols — a paris chez — monneron — 
(patenté). 

Tranche : Semblable au n° 1*. 

Cuivre. HeoDin, pi. XLII, n* 434. 

d. I '. 5 sois. — Semblable au n"* V, d'un autre coin, avec 
de très-légers ehangemenls. 
Rev. — Semblable au n« 1'^ d'un autre coin, avec 
de très-légers changements; le plus remarquable, 
c'est qu'il n'y a pas de cédille sous le G du mot 
FRANÇAIS. 
Tranche : Semblable au n"" 1*. 

Cuivre. HeoDio, pi. XLII, n* 435. 

d. <•. 5 sols. - V- GIVRY PASSAGE DU PERON 

N"" 93. Dans un cercle iTormé par un grènetis, on 
voit une fleur de lis. 
Rev. Dans le champ : « K sols — a échanger — 

CONTRE DES — ASSIGNATS — 

Cuivre. Hennin, pi. XXXII, n* 347. 

♦ 2. 2 sols. — LIBERTE SOUS LA LOI. La Liberté 
assise, à gauche, tenant la pique surmontée du 
bonnet. Elle est appuyée sur la table de la décla- 
ration des droits de l'homme; on y lit : droits — 
DE — l'homme — artic — V — . Derrière, on voîl 
une colonne sur laquelle est le coq. Au-dessus, 
le soleil rayonnant. 
Exergue : l'an m de la — liberté. 



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- 888 — 

Rev. — MONNERON FREBES NEGOCIANS A 
PARIS. Dans le champ : médaille — de con- 
fiance — DE DEUX SOLS A BCHANGEB CONTRE — 

DES ASSIGNATS DE — 80' ET AD DESSDS — 1791 — 

Svr la tranche : bon pour bord marseil-lyon • rocen 

• NANT . ET • STRASB. 

GuiYre. HeDoin, pi. XXXII, n« 34i. 

d. 3*. 2 êols. — Semblable au n'' 3, mais d'un autre coin, 
avec quelques différences, surtout dans le soleil 
et le coq. 
Rev, — Semblable au n** 2, d'un autre coini et 
avec de légers changements. Il se trouve un point 
après les mots assignats de 50^ . Ce point ne se 
trouve pas dans l'autre pièce. 
Tranche : Semblable au n" 2, sauf qu'il se trouve 
deux points après le mot rouen : 
Cuivre. Hennin, pi. XXXII, no UZ. 

d. 2>. 2 sols. — Semblable au n"" 2, d'un autre coin, avec 
quelques différences, surtout dans le coq et le 
soleil. On lit sur la table : droits — de — l'homm 
— ARTic — V, et au-dessous, quatre lignes de 
caractères légèrement indiqués. Sur la l)ase de 
la colonne à droite, on voit les deux lettres : 
M * R * La figure est d'un relief plus élevé que 
dans les deux coins précédents. 
Rev. — Semblable au n"" 2. 
Tranche : bon pour paris bordeavx marseil lton 

NANT • STRASB. 
Cuivre. Hennin, pi. XXXII, n» 344. 



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— 289 — 

* 2*. 2 sols. — Semblable au n" 2. 

Exergue : l'an iv • de la — liberté. 

Rev. — REVOLUTION FRANÇAISE. En bas : 
1792. Dans le champ : médaille — qci se vend — 
deux — sols — a paris chez — monner0n — 
(patenté). 

Sur la tranche : la confiance • augmente • la» valeur. 
Gaivre. Hennin, pi. XLII, n« 436. 

d. 2". 2 sols. ^ Semblable au n"" 2*, d'un autre coin ; les 
earaclères ont très-peu de corps. 
Rev. — Semblable au n" 2*, d'un autre coin; les 
caractères ont très-peu de corps. 
Cuivre. Hennin, pi. XLII, n» 437. 

* 2«. 2 sols. — Semblable au n^ 2*. 

Rev. — Semblable au n" 2^, sauf que le mot patenté 
est sans parenthèses. 
Cuivre. Hennin, pi. XLII, n» 438. 

* 2^ 2 sols. — LA SAGESSE GUIDE SA FORCE. 

Hercule assis, ayant près de lui sa massue et la 
peau du lion, brise le sceptre sur son genou. 
A ses pieds est la couronne également brisée. 
A droite, la mer et des vaisseaux ; à gauche, un 
piédestal décoré du faisceau surmonté du bonnet 
phrygien ; sur le piédestal, on voit une chouette. 

Exergue : la fin du — despotisme. 

Rev. — RESPUBLICA GALLICA ANNO • W. 
Une pyramide. Dans le lointain, on voit quelques 
édifices. 

5* 8BRII. -^ TOMB I. 49 



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- 290 - 

Exergue : mke perennigs — 1792. 
Sur la tranche : la confiance • augmente • la valeur. 
Cuivre. HenDin, pi. XLII, n« 439. 

d. 3. 3 sols. - CAISSE DE BONNE FOI ETABLIE A 
PARIS 1791. Deux mains jointes tiennent une 
pique surmontée du bonnet de la liberté, sur 
lequel est représenté le coq. Dans le champ : 
B p • 3 . s — TROIS — SOLS • En bas : l'an ni 

DE LA LIBERTE (5tc). 

Rev. — PAYABLE EN ECHANGE D'ASSI- 
GNATS. Le génie de la liberté tenant un foudre 
et une pique ayant une banderole, et surmontée 
du bonnet. Il est placé sur un cygne, un serpent 
à plusieurs lètes et autres emblèmes. A gauche, 
un autel surmonté du coq, et sur lequel on lit : 
DROi — DE— l'hom — me — ARTi — V. En bas : 

TREVE. 

Cuivre. Hennin, pi. XXXII, n« 345. 

* 4. 2 soh, 6 (/entera. ~ CAISSE DE BONNE FOY 
ETABLIE A PARIS. En bas : 1791. Au milieu 
de deux branches de chêne, deux mains jointes 
tiennent chacune une pique, et ces deux piques 
soutiennent le bonnet de la liberté, sur lequel est 
représenté le coq. Dans le champ : 2 • s — 6 o 
— B • p • SIX — BLANCS. Sur uuc bandcrolc, il y 
a : DROITS DE ^ l'homme art • V. 

Rev. — PAYABLE EN ECHANGE D'ASSI- 
GNATS. En bas : l'an 3"' de la libère. Buste 



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— 29i — 

de Minerve; casquée et cuirassée. A gauche, sur 
le bord du bras, on lit : montagn. 

Cuivre. HeoDio, pi. XXXII, n« 346. 

5. 1 soi. — Semblable au n"* i\ mais d'un module 
plus petit. 
Fev. — Semblable au n** 1% d*un autre coin, avec 
celte différence, qu'il y a UN — SOL au lieu de 
CIl\Q — SOLS, que le mol patenté est sans 
parenthèses, et qu'il n'y a pas d'inscription sur 
la tranche. 

Cuivre. 
{Pour être continué.) P. Maillet. 



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— 292 — 



ANCIENS JETONS 



RECEVEURS DE BRUXELLES. 



QUATRIÈME ARTICLE. 



PL. IX. 
I 



Ëcusson triangulaire^ émanché, au chef chargé de trois 

molettes d'éperon : WI LL EM. 
— Croix ancrée formée d'une double bande et cantonnée 

de quatre étoiles à six rais. 

C. CiOlIection de M. J. Rouyer. 

Ces armoiries, bien que n'ayant pas le méjne nombre 
de pointes à Fémanche que sur l'écusson des Kesterbeke (') 
donné par MM. Henné et Wauters, dans leur Histoire de 
Bruxelles, doivent appartenir à un membre de celte 
famille. L'irrégularité peut être le fait du graveur. 

Parmi les échevins de Bruxelles, antérieurs à la créa* 
lion de la charge distincte de receveur ou trésorier, on 
trouve : 



(*) Kesterbeke, émanché d*argeot et de gueules au chef d'azur, chargé 
de trois étoiles d*or. (Ribtstap.) 



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- 295 — 

1*" Un Guillaume de Kesterbeke, qui futéchevinen 1288, 
1288 et 1302. 

2* Un autre Guillaume, fils de Guillaume (du précé- 
deDt\ qui fut échevin en 1321. 

C'est évidemment à Tun ou & l'autre de ces deux per- 
sonnages que doit être attribué le jeton de M. J. Rouyer. 
La dimension, le style de la pièce, la forme des lettres de 
la légende, indiquent également la fin du xiii'' siècle ou le 
commencement du xiv*". 

Les autres Kesterbeke^ du prénom de Guillaume, qui 
figurent plus tard sur la liste des magistrats de Bruxelles, 
avaient des armoiries différentes. 

II 

Écu triangulaire parti ; au 1 , dix billeites, posées 4, Z, 2 

et 1 ; au 2, trois fleurs de lis au pied nourri. 
— Grande fleur de lis florencée remplissant le champ. 
C. Collection de M. J. Rouyer. 

Cet écu parti ne se trouve pas dans le livre de M. Wau- 
ters. II doit appartenir h un membre de la famille de 
Coninck, qui s'était allié à Tune des nombreuses familles 
de Bruxelles qui portaient les fleurs de lis au pied nourri, 
comme les Cassaert dit Plaetman, les Glutinck, les Issche, 
les Meyer, les Spout, etc. 

Si le revers est considéré comme une armoirie, il doit 
appartenir à la famille Van Aa ou à la famille de Roede. 
Mais on peut admettre, vu l'absence d'écusson, que ce lis, 
de mënoe que la croix du jeton précédent; n'a pas de signi- 



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— 294 — 

fication héraldique, mais est plutôt un emblème religieux. 

A qui donner cette pièce, évidemment bruxelloise? Une 
généalogie de la famille de Coninck permettrait, peut-être, 
de répondre à cette question. 

En attendant, on trouve comme échevin, en 1342, 
de Coninclc, en 1 354, sire Amoul de Coninck, probable- 
ment le même personnage. Ce de Coninck a pu, a dû 
même, être receveur, comme c'était la coutume, à l'expi- 
ration de l'un de ses échevinats. Vers la même époque, des 
Clulinck, des Plaetman, faisaient également partie de la 
magistrature de Bruxelles. Si nous aimions les romans 
numismatiques, il y aurait ici de quoi en faire un, et qui 
finirait par un mariage. L'écbcvin de Coninck épouserait 
la fille ou la sœur de son collègue. 

Ajoutons qu'en 1 344 et en 1 349, un Franc de Roede 
était échevin, et qu'il a pu être receveur en même temps 
que de Coninck. Ceci expliquerait la fleur de lis. 

III 

Écusson à cinq coquilles rangées en croix dans un entou- 
rage composé de trois arcs de cercle et de trois angles 
saillants. 

— Écusson au lion rampant accosté de deux faucilles, 
dans un entourage formé de cinq arcs de cercle et d'un 
angle saillant. 

C. J. Collection de M. Vanden Broeck. 

Les premières de ces armoiries semblent être celles de 
la famille Van der NoqI : d'or à cinq coquilles de sable 



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— 295 — 

rangées en croix. L'écussion du revers ne se trouve pas 
dans VHistoire de Bruxelles de MM. Henné et Wauters, 
mais on pourrait l'attribuer à un membre de la famille 
Van den Winekele^qui aurait pris le petit lion central pour 
brisure au lieu de l'étoile. 

En 1476, on trouve, comme trésorierv^ Jean, fils de 
J. Van der Noot, et Franc Van den Winckele. On serait 
donc lenié de leur attribuer ce jeton. Mais il y a à cela 
une objection sérieuse, c'est la pièce elle-même. A Tépoque 
de Jean Van der Noot et de Franc Van den Winckele, les 
jetons des receveurs portaient une date et le nom des titu- 
laires; ils étaient aussi d'un loul autre style et d'une 
gravure élégante, comme le prouve le jeton de 1 474, aux 
noms de Jean Van Poelke et Walter Van den Heetvelde, 
publié dans cette revue, tome II, 4"* série, page 234. 

II faudrait donc chercher à une époque antérieure, 
peut-être de trente ou quarante ans, deux receveurs ayant 
géré simultanément et portant ces deux armoiries. 

Les cinq coquilles peuvent appartenir aux familles 
Van der Noot, de Coninck, de Mons, Uyttcnsteenweghc 
dit Platea et de Mol (cette dernière avec un maillet au 
franc-canton). 

Les faucilles figurent dans le blason des Van den Winc- 
kele, des Van Cotthem et des Van Brabant. 

Le jeton de M. Van den Broock est de cuivre jaune, ce 
qui se rencontre rarement parmi les jetons des magistrats 
de Bruxelles. On n'en connaît, je pense, que quatre ou 
cinq de ce métal. 

Celui que M. J. Van der Maelen nous a communiqué 
jadis^ et qui a été décrit tome P', 4"* série, page 408, doit 



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— 996 - 

être restitué à Franc de Pape et à Walter Van den Wînc- 
kele, qui ont été receveurs en 1453. Cette attribution, qui 
parait incontestable, fournira une date certaine et un point 
de repère utile pour le classement des jetons d'un style 
analogue. 

IV 

Dans un cartouche formé de quatre arcs de cercle, un écu 
triangulaire, billeté, au jion rampant non couronné. 

Écu triangulaire semé de tourelles (ou d'une espèce de 
fleur), à trois lions rampants. 

G. Collection de M. Vanden Broeck. 

Le lion sur champ billeté peut appartenir aux familles 
Hinckaert, Taye et Zwaef. Les trois lions, sur champ semé 
de tours, ne se trouvent pas dans le livre de MM. Henné 
et Waulers; mais plusieurs familles portaient les trois lions, 
couronnés ou non couronnés, sur champ uni ou chargé 
d'un chevron, comme les Van Schore, les Pollaert, les de 
Leeuw, les Liedekerke, etc. 

Un Âlméric Taye fut échevin en i 350 avec un Michel Léo 
(De Leeuw). Il est infiniment probable, que par suite de 
la rotation ordinaire dans ces magistratures annuelles, ces 
deux échevins furent trésoriers l'année suivante, 13S1, 
dont les titulaires ne sont pas connus. 

C'est par erreur que MM. Henné et Wauters donnent 
comme receveurs, en 1351, Guillaume de Hertoghe et 
J. Minnen, qui n'ont été élus que pour 1352-1 353. Il en est 
de même d'Éverard de Huldenberghe, qui figure en 1353, 
bien qu'il n'ait été nommé que pour 1353-1354. Nous 



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— 397 -* 

devons cette observation^ ainsi que presque toutes les con- 
jectures dont se compose cet article^ à notre excellent 
confrère M. Vanden Broeck: 



Dans un cartouche quadriiobé, un écusson écartelé aux 1 
et 4 chargé de huit billeltes, aux 2 et 3 d'une barre 



— Dans un même cartouche, un écu chargé de trois fleurs 
de lis au pied nourri. 
C. Collection de M. Vanden Broeck. 

Ces premières armoiries ne se trouvent pas dans le livre 
de MM. Henné et Wauters. La famille Heyenbeke portait 
également les huit billettes, mais écartelées avec un lion. 
La barre losangée appartenait à la famille de Monte. Ce 
mélange d'armoiries peut provenir d'une alliance entre les 
deux familles. 

Les trois fleurs de lis au pied nourri désignent les 
familles Cassaert dit Plaetman, Clutinck, Issche, Meyer, 
Spout, etc. 

René Clutinck fut receveur en 1388, époque à laquelle 
conviennent parfaitement le style et la dimension du jeton. 
Le nom de son collègue fait lacune dans la liste. Ne 
serait-ce pas h ce collègue inconnu de René Clutinck 
qu'appartiendrait l'ccu écartelé? Un Égide Van Hamme 
est échevin en 1389, un Waleran de Monte en 1388. Ces 
familles étaient alors sur le pavois municipal, et se parta- 
geaient, nous l'avons déjà dit, toutes les fonctions. 



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— 298 — 



VI 



Dans un cartouche quadrilobé, un écusson aux dix bil- 
letles, au lambei à (rois pendants brochant en chef. 

— Dans un cartouche à trois lobes, un écu triangulaire 
aux dix billetles, sans lambei ; dans les angles du car- 
touche, trois tours. (Les trois tours du lignage de Cou- 
denberg?) 

C. Collection de M. Vauden Broeck. 

Ces deux armoiries appartiennent à la même famille, 
les de Coninck, qui portaient de gueules à dix bîllettes 
d'or. 

Un Gérard de Coninck fut échevin en 1376. Il a dû, 
peu après, exercer les fonctions de trésorier. De 1578 
à 1384; les titulaires sont inconnus. N'est-il pas à suppo- 
ser que Gérard vient combler une de ces lacunes, et, 
comme Tindique l'écusson au lambei, avec un membre 
plus jeune de la famille, fils, frère cadet, neveu ou 
cousin? 

Au reste, les de Coninck abondaient, à cette époque, à 
Bruxelles. On lit dans Wauters, Environs de Bruxelles^ 
tome 111, page 733 : u Le vendredi avant le Sint'Junxes 
« duch 1404, VHoffte Sollenberghe, fief relevant de la 
« seigneurie d'Aa, fut vendu au chapitre de Cambrai, par 
« Guillaume et Giselbert, fils du chevalier Arnoul de 
« Coninc, Guillaume et Arnoul, fils d'Arnoul de Coninc, 
« et consors. « Les mêmes personnages vendirent, à la 
même époque, et au même chapitre de Cambrai, vingt- 



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— 299 - 

quatre bonniers de bois compris dans la paroisse de Buysin- 
ghen. Il y avait donc, à Bruxelles, dans la dernière moitié 
du XIV* siècle, sans compter le Gérard de 1376, un Gisel- 
bert, deux Guillaume et trois Arnoul de Coninck. Nous 
n'avons que l'embarras du choix (*}. 

Et voyez comme des circonstances, en apparence insi- 
gnifiantes, de petits détails auxquels on ne prend pas 
garde peuvent parfois conduire à des conclusions bien 
inattendues. Voici que ce pauvre petit jeton nous révèle 
sur le caractère, la vie intime, les opinions politiques des 
deux de Coninck pour qui il a été frappé des renseigne- 
ments qu'on chércheraii vainement dans toutes les ar- 
chives. 

Le père, le vieux, le chef de la famille, celui qui porte 
les armoiries plaines, conserve la forme antique et officielle 
des ceus triangulaires. C'était un conservateur. Le jeune, 
fils, frère ou neveu, lancé dans les idées nouvelles, dans le 
progrès, adopte l'écusson arrondi, l'écusson à la mode. 

(*} Cette famille parait éteinte, du moins dans ses prétentions nobi- 
liaires. D*aatre8 familles du même nom, mais portant d'autres armoiries, 
ODt été anoblies au xvu« siècle et au xvin«. Ainsi : 

Gilles de Bey aliàs de Coninck, par lettres du 29 décembre 4647. 

SimoD de Coninck, fait chevalier, par lettres du 28 septembre 4629. 

Jean-Albertde Coninck, natif de Gand, anobli par lettres de Charles II, 
da 9 aTril 4687. 

Abraham-Joseph de Coninck, conseiller au conseil de Flandre, 
oiaintenu dans sa noblesse et « anobli si besoin était, » le 2 mars 4749. 
Ce diplôme fut confirmé, pour ses enfants, le 46 mars 4735. 

Le Haioaut, alors département de Jemmappes, a joui, sous le premier 
empire, d*an préfet de ce nom, qui devint, sous le roi Guillaume, 
ministre de riotérieur. 



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— 300 — 

C'était évidemment un libéral de ce temps-là, un avance, 
peut-être. 

Et dire que tout cela se lit couramment, et bien autre 
chose encore, à l'aide des besicles de la foi numismatique ! 

R. Chalon. 




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— 50! — 

DEUXIÈME LETTRE A H. GHALON. 

fbAsident de la société royale de numismatique j 

AU SUJET DE 

DÉCOUVERTES DE MONNAIES ANCIENNES 



Mon cher Président, 

Vous avez fait si bon accueil à ma première lettre, 
que je me hasarde à vous adresser d'autres extraits 
de manuscrits, extraits concernant la numismatique. 

Celui dont j'ai à vous entretenir m'a été signalé par 
vous-même; c'est un journal de Gisbert Cuper, député 
à l'armée de la part des deux provinces de Gueldre et 
d'Over-Yssel pendant la campagne de 1706, dans les 
Pays-Bas espagnols : l'original de ce manuscrit a été 
donné par M. Bosscha de Deventer à la Bibliothèque 
royale de La Haye , et mes extraits sont pris d'après 
une copie qu'a fait faire et que conserve la société 
pour la publication d'anciens dpcuments historiques, 
présidée par l'honorable premier président Tielemans, 
et dont M. Campan est le secrétaire. J'ai obtenu 



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- 502 — 

de Tobligeance de ces savants la communication de 
cette copie, d'où j'extrais ce qui va suivre. 

Gisbert Cuper, auteur de plusieurs ouvrages inté- 
ressants d'archéologie ('), ne pouvait dépouiller le 



{*) GisBBRT CuPBRi DÔ en 4644, mourut en 4746 professeur d*histoireà 
Devenl6r;il fulcorrespoodael de riostitut.voy. le vol. III de rAcadémie 
des inscriptions et les Mémoires de Niceron ; il a laissé les ouvrages 
suivants : 

— Observationum libri III, in quibus muUi auctorum loci explicantur 
eiemendanlur, variiritus eruurUur, ei nummielegantissimi illustrarUur. 
Utrecbt, 4670, in-S»; 1V« livre à Deventer, 4678, au dernier feuillet: 
Hasselti, typis Hermarmi Rampen, urbis typographi, 4678. Édition 
complète à Leipzig, 4772, ia-8«. 

— Harpocrates, sive Explicalio imagunculae quae in figuram Harpo- 
créais repraesentat solem, Accedit: Monumenta antiqua. Utrecht, 4676; 
2«, 4687, in4« (Polbrus, II, pp. 405 et 533, du supplément au Thésau- 
rus de Grabvius). 

-- Apolheosis seu consecratio Homeri, Accedit : Gemmas Auguskae 
explicaUo, Amsterdam, 4683 (Polbnvs, II, pp. 4 7 et 493). 

— Notas in Lactantii tractatu de morte persscutorum, Abo, 4684; 
Utrecht, 4693, in-8-. 

— Historia trium Gordianomm, Deventer, 4697, in-8«. 

— DeElephantisin nummis obviis. La Haye, 4749, in-fol. (Saixbnsrb, 
supplément à Grabvius, III, p. 48). 

— Lettres dans les Amoenitates litterariae de Schblborn, — le 
Sylloge epistolarum de Burm ann, — le Thésaurus Lacrotianus, — les 
Nouveaux mélanges de Leipzig, — le Recueil de littérature de Jor- 
dan, etc. 

— Lettres de critique, de littérature, d'histoire, etc. Amsterdam, 4743 
et 4756, in4o, publiées par Beter, gendre de Cupbr. 

— Fasciculus epistolarum ad Marq, Wildium. In Musei Belvetici 
parte I, pp. 49-79. Tiguri, 4746, in-S*. 

^ De Aris et lapidibus votivis ad Neomagum et Sanctenum e/fossis 
epistolae. Neomagi, 4783, in-8«(edidit In de Betouw). 



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— 505 — 

vieil homme : tout en endossant Fbabit officiel , tout 
en suivant Tannée à laquelle il est appelé à donner 
parfois le mot d'ordre , il n'oublie pas ses souvenirs 
classiques; n'en citons qu'un trait assez original, et 
laissons parler notre savant, en l'honneur duquel le 
célèbre duc de Marlborough avait ordonné une revue 
de l'armée. 

c( Les gardes se mettoient partout sous les armes , 
et le tambour battoit , ce qui faisoit un effet admira- 
ble. J'étois un petit peu touché de l'honneur que j'y 
reçus, et de l'autre côté, il me vint dans la pensée 
que Sénèque dit dans sa lettre 88 : quantum erat 
saeculi decus imperatorem triumphalem , censo- 
rium, et quod super haec omnia est, Catonem, uno 
caballo esse cQntentum, et ne tolo quidem, partim 
enim sarcinae ah utroque latere dépendantes occu- 
pabant. Dieu me garde que je fasse quelque compa- 
raison entre ce grand et renommé bourguemestre de 
Rome et un petit duumvir de la ville de Deventer , 
mais je dois pourtant dire que je me souvenois de ce 
passage, que je n'avois rien sur moy, et que mon 
valet suivoit à cheval avec le manteau pour me 
garantir de la pluye qui nous menaçoit. » 

— IntcripîUmes et marmora antiqua eœposita ei illuêtrata. — Polbni, 
TheM. ant. iuppU, II, p. Ui . {Voy, ibid., pp. 203, 277, d*au(resoposcule9 
de GuPBi.) 

— De Mercurii, Barpocratis, aliisque Romanorum aigillis ad Neoma- 
qum eruUt et inscriptUmibue antiquis Gisbbrti Cupbri epistolae. Neo- 
magi, 4783,in-8o (ediditiM db Bbtouw). 



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— 504 - 

Pareil homme ne pouvait se laisser absorber par 
ses opérations politiques ; loin de là, il y a même 
place chez lui pour la propagande protestante. Ne 
va-t-il pas se permettre, par exemple, de dire au curé 
de Laeken, qui lui parlait des miracles de la Vierge 
de son église : « A coup sur, le sculpteur de cette 
Vierge doit être sauvé! » et qui rit sous cape du 
sérieux avec lequel le curé lui répond pour soutenir 
que la façon n'entraîne pas pareille conséquence 

Ici, nous condamnerons, sans doute, mon cher 
Président, Tintolérance du protestant qui ne veut pas 
laisser chacun tranquille dans sa croyance ; mais où 
nous Tadmirerons sans restriction, c'est dans son zèle 
à prendre note de toutes tfos antiquités. Je lui dois, 
outre diverses mentions intéressantes sur nos ancien- 
nes inscriptions, les indications que voici, relatives 
à la numismatique. 

Je transcris mon auteur , en me permettant de 
rajeunir l'orthographe (la copie est fautive pour le 
latin; mais là, je ne me permets pas de correction) : 

A Bruxelles, j'allai voir les Jésuites, il y avait des mé- 
dailles anciennes d*argenl; mais elles n'étaient pas mises en 
ordre; et quelques grecques, dont Tune d'argent aussi était 
de Mausole, de la grandeur d'un demi-écu. On voyait d'un 

côté la tétede et de Tautre la statue de Jupiter Labra- 

densis : MAY2ÛA0Y 

J'y remarquai aussi un Antoine et Cléopàtre, chacun 
d'un côté, dont la première légende est : M. ANT. APME- 



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— 305 — 

NIAN KATAA0YA02, — la seconde : KAEOHATPA 
TOI BA2IAI22A. Mais je n'en prélcnds pas ëlre garant^ 
quoiqu'elle semblât être authentique. 

Je pris dessin de quelques médailles. 

La première est d'un Ptolémée, roi d'Egypte. Les deux 
lettres II I semblent être les premières de la ville où elle a 
élé battue, et le monogramme qui suit pourrait être l'ère, 
et l'autre la marque du monétaire. 

La deuxième est d'Athènes et me semble représenter la 
lète de Jupiter ornée d'un diadème. 

La troisième est de Sicile et nous représente Junonem 
Ammoniam, ou peut-être le génie d'un fleuve. ETA n'est 
autre chose qu'anno primo. 

La quatrième me parait être battue en Sicile. 

— J'y vis aussi quelques belles médailles d'un demi-écu 
de valeur; l'une nous représentait la tète du soleil, comme 
elle est sur les médailles de Rhodes, et de l'autre [côté?] un 
Jupiter debout, tenant de sa main gauche une pique et de 
sa droite une hache en posture de férir. Derrière lui était 
une couronne de laurier ou d'un autre arbre, et devant, 
eeue légende : MAY22Î2A (^), qui est le nom d'un roi de 
Carie, célèbre par le tombeau qui lui a été érigé par la 
reine Ârtemisia son épouse. 

L'on voyait sur une autre la tète d'une déesse. Minerve 
i ce que je crois, avec un casque sur le sommet duquel 
s'élevait un homme à demi-corps, extensis manibus. De 
l'autre côté, un Hercule étranglant entre ses bras un lion. 

('} yoy- plus haut; ce passage est relatif à une visite ultérieure de 
GcFiE aux jésuites de Bruxelles; il revient ici sur le môme sujet. 
S« six». — ToMB L 20 



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- 5K- 

Enlre ses pieds était le hibou et la légende en était : KAA 
HPAK NIÛN ou HPAKAEÛ2, car je ne la pouvais pas 
bien lire. Le bibliothécaire, nommé le père Volkarts, né a 
Courlray, fort civil et obligeant, croyait que c'était le lion 
Caledonius, et que cela était marqué par les lettres KAA. 
Il y avait encore une autre médaille d'argent de la valeur 
d'un demi-écu. D'un côté était la (é(e d'un roi; sans légende; 
de l'autre, au milieu, un cheval ailé et la légende et des 
caractères, comme s'ensuit : 



BI2 





BA2IAEÛ2 


ê 


EQCUS 


MEDIA LUNA 


PASCENS 


ET STELLA 


ALATUS 




MiePIAATOY 




EVnATOPOI 




A 



Et je crois que le A marque Tannée de son règne, a 
savoir la quatrième, et les trois lettres l'époque du régne 
de ces rois : 102. 

— A Louvain, les moines céiestins d'Hever avaient 
quelque peu de médailles qui ne valaient pas grand'chose; 
et ils dirent que la plus rare était en ville, et qu'elle était 
un des 30 deniers pour lesquels Notre-Seigneur a été 
vendu. Je les questionnai sur elle, et, à ce qu'ils m'infor- 
mèrent, je crois que ce devait être un létradrachme des 
Rhodiens, qu'on débite ordinairement pour cela. Voilà 
comme de la même parle l'auteur des Additions à Guic- 
ciardin : altéra flos cum épigraphe : POAION. 

— A Bruxelles, plusieurs manuscrits, entre autres une 



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I 



— 507 — 

collection ei explicaiion de médailles anciennes et d'autres 
antiquités^ tant grecques que romaines, des inscriptions 
avec des tailles-douces. Si elles ne sont pas imprimées^ ce 
sont des choses fort rares et de grand prix. Mais je crois 
que Landus est l'auteur de l'explication des médailles, et 
nonobstant cela, je Pai acheté à tout hasard, avec les lettres 
do pape Adrien, pour 18 francs. 

— Malines, cabinet du pensionnaire Cuper (*), Il y avait 
quelques médailles. 

Cabinet de M. d'Einate (*). Il y avait une grande quantité 
de médailles, etc. 

-* Notœ in nummos argenteos Q. Pomponii Musae , 
per Dionysium Villerium, canonicum tornacensem, ms. 
chez Laur-L. de Cocq, quaestor aedif. reg. et ecclesiae 
S. Gaugerici (*). 

M. Cocq me fit le plaisir de faire un extrait de diverses 
antiquités, qui avaient été, selon le témoignage de Ville- 
rius(^), trouvées près de Bruxelles, et Ton en peut voir 
que les Romains y ont été et y ont fait quelque séjour. 
Ex MS D" Yillerii : 

(») Ânno MDLXXXVI, non longe a Bf^xellis, in vico 
Scarebecano, erulus thésaurus argenteorum numismatum, 

(') Homonyme, mais Don parent de notre savant. 

P) D'Eynaten. 

n Saint-Géry, à Bruxelles. 

(^) Ce ViLLBRics est sans doute le chanoine Valers, de Tournay, qui 
vivait an xyi« siècle, et dont parle ds Bast, dans ses Antiquités gauloises 
et romaines de la Flandre, p. 494 . 

(*) Après une Narration des fouilles du tumulus de Savenlhem, qu 
ont été récemment publiées, d'après d'autres manuscrits, dans la Revu 
d^kistoire et <f archéologie, par M. Galbsloot, etc. 



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- 308 — 

quae venum allata in urbem ab agricoUs , partim mihi 
visa, apud atirifabros, omnes pêne Viiellii, Vespasiani, Titi, 
Domitiani, Nervae, Trajani, Hadriani, Antonini effigies 
praeferebani (•). 

Anno LXXXIX (*) , mense aprili, in agro quodatn 
Ànderlacensi, prope Bruxellas, vulgo dicto Avelt, reperta 
ab arante olla plena nummis argenteis Postumorum, Gai- 
lienorum, Valerianorum, cum uxoribns{^y. 

Anno cir citer LXXI F, circapagum Caistre(9tiO(;( Castra 
sonat) inter arandum simililer détecta urna aerea conti- 
nens cir citer sexcetitos argentées Gordianos, Philippum 
patrem et filium. Nescio an hue Grudios an Liliacos (sic) 
habitasse, potius credam quam Lovanii, ubi nulla hujus- 
modi antiquitatis indicia, neque fontium copia, situsque 
non ita amoenus. 

A propos de ce manuscrit et de ces antiquités qui étaient 
reliées avec les inscriptions d'Apianus, je crois que le mien 
dont j'ai parlé est du même Villerius (^). Ce n'est pas la 
même main^ mais la même manière d'expliquer les mé- 
dailles, et Ton ferait sans doute plaisir au public si l'on 
voulait pul)lier l'un et l'autre. 

— A propos d'une citation de Niraeus, dans sa vie de 
Juste-Lipse : Nec abs re erit ex eadem vita hoc in itinera- 

(*] Cette découverte deScbaerbeek, qui confirme, mon cher Président, 
le résultat de vos fouilles et celles de M. Lbhon au même endroit, D*a 
pas encore été publiée, que je sache 

('] Sans doute 4689, comme plus loin 4574. 

("] Cette découverte d'Anderlecht est également inédite. 

(*) Ce manuscrit est sans doute à la Bibliothèque de La Haye. 
(Voy. plus loin.) 



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— 309 — 

rium Iraducere ea quae de Villerio et Langio (*) notantur. 
CandUcipuhs inter Dionysmê Villerius tune fuit, nunc 
cmwfiicus et cancellariuê Tornaci apud Nervios, qui prae- 
ter insignem bibliothecam {qualem nemo in Belgica noêtra 
privatus forte pomdet), numismata Romanorum plura 
exotica item cimelia ex alter (?) allata studiose adservat.,.. 

— Cabinet de médailles, etc., chez la veuve de Siinoni. 

— J'ai vu environ ce même temps, à mon retour à la 
Haye, quelques médailles qui sont assez singulières, une 
chez M. Hollenus : CAA. XPYCOrONH CEB. Le revers : 
une Juno pronuba cui Victoria dextra coronam, sinistra 
patinam tenem^ itnponit coronam : VnAIIIHi\î2\ EU . 
2TPA . KONAIANOY. 

Chez M une d'argent: NEPÛN KAAYAI02, 

a posteriori parte capitis absque ulla alia ins. Revers : 
Roma galeata sedens sin. sceptrxid. f^ictoriam : PÎ2MH L^. 

Une d'argent de moyenne grandeur de Claude , ct«t 
inaisae hae litterae : P . RO . BON . IVP . Explicabat hasce 
siglas vir eruditus et elegans : Populus Romanus Bononia 
et moneta publica ; putabatque illum nummum memoriae 
\ntio(l) causa fuisse signatum, et iride Bononiae factam 
essenwnetam. Mais celte explication est sujette ft caution, 
et l'on en pourrait faire avec autant de vraisemblance : 
Populus ramamu bono imperatori (•). 

(') Iangi ou Langius (Charles], mort à Dége en 4573; fut chanoine 
de Saint-Lambert en cette ville. Il laissa plusieurs manuscrits dont 
Lasyinus ToaRENTius fit Tacquisitiou, et que celui-ci légua à TUniver- 
sité de Louvain ; ils sont aujourd'hui à la Bibliothèque royale 

C) II est à supposer qu'il s'agit uniquement d*une contre-marque, ou 
signe par lequel les monnaies d*un règne précèdent étaient parfois 



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•- 510 — 

Et sur une autre de Gallien, il se lisait : CONCORDIA 
PROVINCIARVM, dea tenens comumpiam (•). 

— Je parlai à M. Coeq du livre de Villerius, et je le priai de 
le vouloir faire imprimer, quand je trouverais un libraire 
qui se voulût appliquer à ce que j'avais de cet illustre savant. 
Il me le promit; mais après-midi, je vis le livre sur ma table, 
et il ne le voulut pas reprendre, quoi que je pusse dire. 

•— Chez le marquis de Westerloo, je vis aussi une gran- 
dissime quantité de médailles romaines en cuivre; mais le 
mal était qu'elle n'était pas en ordre, et beaucoup d'un 
même revers. On en pourrait faire cinq ou six suites, si 
un connaisseur s'y voulait appliquer. 

J'y trouvai une grecque, dont la légende était : WYP 
rPAXIKYAAINA CAB. Revers : un Bacchus tenant de la 
droite un pot à deux oreilles, et de sa gauche une pique 
avec la légende : EHI API2T0NEIK0Y. 

— (A Anvers, collège?), les pères Papebroek, Janning 
et du Soulier (^}. Le dernier était connaisseur des mé- 
dailles, et en effet il l'était. 



confirmées ou approuvées, par exemple pour les faire circuler hors de 
Rome. Cette approbation, dit Cohbn, I, p. xxv, était exprimée par les 
mots BON ou PROB, qui se retrouvent ici tous les deux : PROB et BON 
(B servant aux deux mots?) ou par des initiales ou noms abrégés des 
empereurs, la plupart du temps avec des monogrammes, comme est ici 
l'accolade H/P peut-être (IMP). II est à remarquer que les contre- 
marques sont très-rares sur la monnaie d'argent. Cohbn, I, p. xxvn 
n'en connaît qu*un exemple. 

(') Médaille tout-à-fait nouvelle; les différentes monnaies jde Gallieu 
présentent Corcordia exerciius, — augustorum, — militum; aucune 
provinciarum, 

(*) LireouSoLiBR. 



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— 341 — 

Je vis le cabinet que le comte (de Soye?) avait légué à 
ce collège (7), et il y en avait assurément de très-belles et 
de très-singulières .... qu'on ne les trouvera pas dans 
aueun autre cabinet. 

— Pièces à Pappui : 

Nummi isii argentei reperti fuere in arce hoc britan- 
nicŒy quorum alter Àusônum ut indicant litterae A\ly 
aller Veliiorum est. Populos utrosque magnae Graeciae 
(visse constat. Yerum de his antiquorum scriptorum indus- 
tria nihil quod sciam ad memoriam usque nostram per- 
venit. Potentem profecto et omnium artium génère excul- 
tam fuisse rempublicam colligere ut in numismatibus 
antiquis cum titulo reip. OVEAHTÛN sculpturae elegantia 
praedaris, quorum ingens multitudo passim reperitur per 
Italiam, Âusonum nomen felicius fuit. Auctorum quippe 
veterum diligentia magis celebratum. Num de hispulchre 
Dionys.Halicamass., lib.VI., Livius, lib.VII/, Plinius et 
Solinus, Suidas et Festus. Porro Jo. Tzetzes, historiarum 
ChUiadequintafico^h Âuaoveç Xé^ovrai, Àurunses solis (?) 
recte dici Âusones testatur, qui mediam regionem inter 
Yolscos et Campanos ad mare colebant, licet veteres saepius 
Italiam totam Ausoniam appellarint. 

Ausonum nummus Proserpinae caput refert, diademate 
floribus liliisve omato cinctum.- Q^um dea quod flores 
e terra proférât Antisphoria vocata est; cujus rei Plutar- 
AtM m Lucullo meminit. Ab altéra parte nummi bos est, 
ut in suprascriptum IÂ2Î2. Bovem Cereri sacrum esse ob 
agriculluram nemini ignotum. De Jasonii vero herois con-- 
cubitu cum Cerere dea, in Tripoli Cretae insulae Hesiodus, 
drea finem Theogoniae, ubi pulchre Jo. Tzetzes commefi" 



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— 5i2 — 

tator fabulam trahit ad allegoriam non ineptam. Memi- 
nerunt itetn Hyginus in Àstronomico, Dionysius Antiqui-- 
tatum primo, Diodorus Siculus. Sed ex his aliqui ad 
historiam reducunt fabulam, Velitorum nummua habet 
Palladis caput, galea œopertum, et ab altéra parte leonem, 
supra quem Hygeiae signum sculptttm est. Fit autem in 
quinque lineis ita œnjunctis ut très triangulos inter se 
amserant, et stellae formam pentagono constituant. Cujus 
figurae meminit Lucianus ubi agit de eo qui lapsu (?) m 
verbo erat inter salutandum. Salutis augurium Romam 
appellari solitum multi opinantur, sed nescio quam recte. 
Ad Victoriam autem plurimum con ferre putabantur ob 
Antiochi Soteris historiam. Quem ferunt in bello contra 
GallO'Graecos admodum periculoso ab Aleocandro magna 
monitum in somnis fuisse ut, si victoriam sibi cuperei, 
Hygeiae symbolum pro tessera dant (?), et militum vesti- 
bus iiisuerit (?). Unde etiam illud signum in ejus antiquis 
numismatibus adhuc cernitur. Léo adjunctm solis symbo^ 
lum est, nec inepte. Quia manifestum corporum salubri-- 
tatem solis vigore constitui, ut testatur Pausanias in 
Achaicis. Quin etiam Minervam {cujus effigies ab altéra 
parle nummiest)Hygeiam cognomento dictam in arce Athe- 
niensium cultam fuisse leges apud Pamaniam in Atticis. 
Meminit etiam Harpocratem, super orationem Lycurgi '!t$^i 

Latini Minervam medicam appellarunt, quae Romae 

colebatur in Viminali ut ex P. (?) Victore cognoscimm. 



J'ai l'honneur^ etc. 



Liège, mars 4869. 



H. SCHUEBMANS. 



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— 515 — 

Post-scriptum. — La pièce à l'appui qui figure à ia fin 
des extraits (Je Cuper ne s'appliquait à rien : je me suis 
adressé à M. Câmpsell^ directeur à ia bibliothèque de la 
Haye, pour être édifié sur la relation que je n'avais pu saisir 
entre celte pièce et le restant du manuscrit. Voici ce qu'il 
me répond : « Le manuscrit indiqué porte à la bibliothèque 
royale de la Haye indication : Fonds Cuperus, supplé- 
ment. La note dans les pièces à Tappui se rapporte à deux 
monnaies en argent trouvées dans les fondements de VArx 
Britannica (Hrittenburg), dont à marée basse on voyait 
encore des vestiges du temps de Cuper. Ce Brittenburg se 
trouvait sur le bord de la mer, près de Katwyk, village 
dans le voisinage de la ville de Lcyde. Moi, non plus, je 
ne trouve la raison pourquoi cette pièce a été ajoutée à ce 
manuscrit. Cuper, du reste, bourgmestre de Deventer et 
commissaire è l'armée, était antiquaire avant tout, et cette 
pièce lui sera venue en mains lors de la rédaction de ce 
journal. Une autre supposition : les manuscrits de Cuper, 
pendant plus d'un siècle, ont été gardés par sa famille à 
Deventer. Peut-être la feuille volante s'esi-elle envolée de 
sa place pour aller se caser là où elle ne devait pas se 
trouver. 

a Les deux monnaies avaient rapport, l'une wmAusoneSy 
Tauire aux Yeleti, toute deux nations de la Grande-Grèce. » 



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— 314 — 

CURIOSITÉS NUM1SMATIQUE& 

MÉDAILLES ET MONNAIES EAEES OU INÉDITES. 

TRBIZIÈME AETICLE. 



16 fiDijme. — Gano de FalkeDstsÎD. — TooreOe de Clives. — florm defrtdiric, 
maijravB d'Anspach. — Pièce aoiqne de StaveloL — Médaille pseododiiDaisB. 



PL. X. 
I. 

Tête de profil è droite, dans un cercle en grènetis. Dans le 
champ et devant la figure, la lettre E sous une croix 
pattée anglée de quatre points. La légende circulaire est 
remplacée par des triangles accouplés et des annelets qui 
séparent chaque groupe. 

— Croix pattée dans un cercle en grènelis et anglée de qua- 
tre E. Même simulacre de légende qu'au droit. 
A . Gr. 0. 57. Collection de M. Hooft Van Iddekinge. 

On cherche en vain quelle peut être la patrie de celte 
singulière monnaie, qui, du reste, n'est pas seule de sa 
famille. 

Van Alkemade, le premier, dans la préface de son 



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— 516 — 

in-fotio sur les monnaies des comtes de Hollande {*), en a 
publié deux du même genre, mais en les dé6gurant, comme 
on faisait alors sons prétexte de ^ embeffir. 

Van der Chijs, d'abord dans son Tydschrifi, puis dans 
ses comtes de Hollande {*), en publia quelques autres 
(pi. XXXV, n" 1 à 4, et pi. XLHI, n» !). De même que 
Van Alkemade, il veut y voir des monnaies hollandaises, 
et les attribue, soit aux premiers comtes de Hollande qui 
auraient gardé l'anonyme, soit à des princes de leur famille, 
apanages de quelque seigneurie. Tout cela ne semble guère 
concluant; et, d'ailleurs, les pièces, par leur style, leur 
fabrication, leur aspect général, ne paraissent pas pouvoir 
appartenir à la Hollande. Elles ont beaucoup plus d'analo- 
gie avec les monnaies de l'Artois, du Luxembourg, de la 
Lorraine même. 

Que plusieurs de ces pièces aient été trouvées en Hol- 
lande, ce n'est pas, non plus, une raison suffisante pour 
les attribuer à ce pays. On en a rencontré également 
ailleurs; Hoimboe (') en donne même une déterrée en 
Nonége. Et, cependant, parmi toutes les monnaies décri- 
les par cet auteur, comme provenant de dépôts norvé- 
giens, on n'en voit pas une seule des comtes de Hollande, 
mais bien quelques-unes attribuées, plus tard, aux évèques 
d'Utrecht, et des petits deniers de Gand au nom de Gérolf. 
Cela prouverait ou du moins pourrait faire croire que les 



0) De Muni der graaven van BoUand. Deift, 4700. 
n De Munten der voormaUge graafschappen Holland en Zeeland, 
Haarlem, 4858, in-i». 
n Deprisca re monetcaia Norvegiœ . Cbristianiœ, 4854, in-i». 



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— 316 ^ 

monnaies dont nous parlons ne couraient pas mêlées aux 
monnaies hollandaises proprement dites. On peut leur 
trouver aussi quelque ressemblance, dans le genre de gra- 
vure, avec celles que Vander Ghijs a données comme indé- 
terminées, dans son mémoire sur les monnaies d*Utrecht (*), 
pi. VII, n** 16 à 19; mais c'est une ressemblance assez 
éloignée. La coiffure de la télé rappelle encore, si Ton 
veut, celle des pièces attribuées à l'évéque Othon de Guel- 
dreouOlhon !•' (1212-1215), pi. VI, n* 1, et pL VII, n"3. 

Parmi les pièces décrites par Vander Chijs, les unes ont 
devant la figure et dans les angles de la croix la lettre Z ; 
d autres la lettre I; une autre, au lieu d'une lettre, a 
devant le buste, une étoile; une autre, enfin, qui semble 
avoir également une étoile, offre un revers pareil à celui 
des petits deniers du Hainaut, la croix fortement pattéc 
et anglée de croissants. 

Maintenant, si l'on demande à quelle attribu^on il faut 
s'arrêter, répondons par cette phrase, si sage et si bien 
dite, de notre illustre maiire à tous, M. F. de Saulcy : 
« Mieux vaut, mille fois, dire je nesaispas^ quedes'éver- 
« luer à inventer des solutions qui s'évanouissent au prê- 
te mier souffle qu'elles subissent («). » 

Et cependant, quelle pièce se prêterait mieux à un joli 
roman numismatique? Ne pourrait-on pas, par exemple, 
en faire une monnaie namuroise de plus, la donner à 
Henri l'Aveugle, qui, de même que les Italiens, écrivait son 



f ) De Munten derbiêschopperij van de Heeriijkkeid en deStad Utrecht, 
HaarlexD, 4859, iD-i». 
(') Revue française, 4868, p. 444. 



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— 5i7 - 

nom sans H, par un E, EiNRICVS? Ou mieux encore à sa 
fille, rinnocente Ermesinde, cette enfant de sa vieillesse, 
si indignement dépouillée du comté de Nainur et reléguée 
à Luxembourg par son ambitieux cousin, le comte de Hai- 
naut? Il y aurait là place è une de ces histoires » ravis- 
santes et louchantes » qui font venir la larme à l'œil. Et 
quant k la croix, devant la figure en extase (car elle parait 
être en extase), pourquoi ne serait-ce pas une de ces croix 
lumineuses, dans le genre de la croix de Migné, si fré- 
quentes au moyen âge? On découvrirait, je gage, facile- 
ment, dans quelque légende ou vieille chronique de moine, 
le rapport qu'elle doit avoir avec Ermesinde. Enfin, il 
nest pas jusqu'aux simulacres de lettres, autour delà pièce, 
qui ne trouveraient ainsi leur explication. Ces triangles et 
ces cercles représenteraient les bastions et les tours du châ- 
teau de Narour, séjour de la princesse. Il est vrai, qu'on 
pourrait tout aussi bien y voir celui de Luxembourg, et 
mieux encore pas de château du tout. 

II. 

Saint-Pierre vu à mi-corps, ayant devant lui un écu aux 
armes de Tévéque (de sable au chef cousu d'argent) : 

ccvRO TîBSPS FPRave;. 

— Grande croix pattée, coupant la légende et anglée de 
trois besanis dans les T' et 4** cantons : M0Ï2 | 

GJisK:a I ORPL I vana. 

A. Gr. 0.58. Chez M. Serrure fils. 

Cette petite monnaie, que BohI et Dinget n'ont pas con- 
nue, appartient à rarclievèque-électeur, Cuno de Falken- 



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— 318 — 

stein, qui régna de 1362 à 1388. Elle a été frappée à 
Coblentz. 

m. 

Êcusson (le Clèves, de gueules aux rais d'escarboucle, 
pommelé et fleuronné d'or de huit pièces, posé devant 
un b&timent crénelé et à trois tours, imilalion du type 
de la tourelle de Louvain de la duchesse Jeanne : 

^ TîDOiiP. Dvx • Gom as : aiiava si : 

— Croix ailée et pommetée dans un cercle en grènetis : 

A. Gr. (ébréchée). GoIIectioD de M. Hooft Yan Iddekioge. 

Adolphe Uf comte de Gléves, de 1394 à 1448, avait été 
créé duc, par l'empereur Sigismoml, au concile de Cons- 
tance, le 28 avril 1417. Cette pièce, imitation de la tou- 
relle de Louvain de la duchesse Jeanne (1392-1406), est 
uécsssai rement postérieure à 1 417, puisqu*Adolphe y prend 
le titre de duc. Elle a été frappée à Calcar, petite ville du 
pays de Clèves et à trois lieues sud-est de cette ville. 

Le père de cet Adolphe, Adolphe 1", comte de Clèves, 
de la famille de La Mark, avait institué, en 1381, le jour 
deSaint-Cunibert (12 novembre), une singulière confrérie 
ou ordre de chevalerie, Vordre des Faux. Trente-cinq gen- 
tilshommes en formèrent le premier noyau. Les insignes 
ou la décoration de Tordre était un fou qu'on portait en 
plaque d'argent sur le manteau. L'ordre des Poux n'existe 
plus depuis longtemps. Serait-ce à défaut de sujets dignes 
d'en faire partie? 

Si l'on retrouvait une de ces plaques de fou, cette note 



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— 5i9 — 

servirait à la faire reconnaître; et son possesseur pourrait se 
?aoter d'avoir là ce qu'on appelle aujourd'hui une haute 
curiosité. 

IV. 

SalDt-Jean, debout, drapé et nimbé, tenant de la main 
gauche un livre fermé sur lequel repose l'agneau pascal; 
également nimbé ; entre les jambes du saint, une tète 
de chien : PRIDRIGCI • D : G ÎIlTîRGIî I BR2în. 

— Croix ailée et terminée en pommes de pin . Dans chaque 
cantondela croix, un écusson d'armoiries : ^ SI20I26C I 

nov2î : 7ÎVR : swobtîgiî : ix99. 

Or. Gr. Z.n. Chez M Serrure fils. 

Ce florin a été frappé à Schwobach, en Franconie, ville 
situéei quatre lieues sud-ouest de Nuremberg, dans le mar- 
graviat d'Anspach, au nom de Frédéric de Brandebourg, 
margrave d'Anspach et de Bayreuth (*), né le 2 mai 1460, 
et mort le 4 avril 1536. 

Spies O a décrit deux pièces aux mêmes types : l'une du 
même Frédéric et de son frère Sigismond, de qui il hérita 
Bayreuih, le 25 février 1495, l'autre de ses deux fils, Casi- 
mir et Georges, frappée du vivant de leur père et portant 
la date de 1516. 

(') Les margraves d*ÂDspacb appartiennent à la famille des électeurs 
de Brandebourg (rois de Prasse), branche cadette de la maison de 
HobenioUem, dont elle descend par Conrad, burgra?e de Nuremberg. 
Cette famille de ZoUem, qui a donné à la Belgique S. A. R. la comtesse 
de Flandre, est Tune des plus anciennes de TEurope. Les tables généa- 
logiques d*Hnbner la font remonter à Pbaramund, roi des Franks, f 425. 

n Der Brandenburgischen historischen MUnzbeluêtigungen, Anspach, 
1768,10-40, 5 vol. 



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- 320 — 

Les quatre écussons posés en croix sont : 

1® Brandebourg, (V argent à l'aigle de gueules, becquée ^ 
membrée et couronnée d'or; chaque aile chargée d*un demi- 
cercle tréflé du même; ¥ Poméranie, d'argent au griffon de 
gueules; S"* Nurnberg (Burgraviat), d'or au lion de sable 
couronné de gueules, à la bordure componée de gueules et 
d'argent; 4* Zollern, écartelé d'argent et de sable. Ce 
sont les armes de la famille. Le cimier de ces armes, qui 
est une tête de chien , figure entre les jambes de saint 
Jean. 

Le Ducaten Cabinet cite des florins de Frédéric pour 
diverses années, mais la daie de f 499 n'était pas connue, 
à ce que nous croyons. 

Le type de Saint-Jean et des quatre écussons a été 
employé par divers princes et jusque par les comtes de 
s'Heerenberg. 

V. 

Buste de l'empereur, à mi-corps, cuirassé et tourné à droite, 
la tète couronnée. Il tient le sceptre de la main droite et 
de la gauche le globe crucigére. Dans le champ, 15-68 : 
♦ M AXIMI X II X ROMA ^ IMP x SEM x AVGVS. 

— Écusson à cinq quartiers timbré d'un heaume de face, 
5 lambrequins, ayant pour cimier, entre deux queues de 
paon , un petit écusson aux armes de Blankenheîm : 
CHRIS X CxAxMAND)cDxGxABxSTAx ET xPR. 

A. Gr. 7.42. Collection de M. Ulysse Capitaine. 

Christophe de Manderscheidt succéda, en 1547, à son 
oncle, Guillaume de Manderscheidt, dans la dignité d'abbé 



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— 521 — 

de Stavelot-Malmedy et de Prum ; ii mourut en 1576, 
selon PiseOy ou eu 1577, selon les chroniques du pays^ de 
ebagriii d'avoir vu son abbaye de Prum annexée à Télec- 
toralde Trêves. 

— Le quart de thaler de Christophe de Manderscheidt 
parait être d'une extrême rareté. M. Capitaine le considère 
même comme une pièce unique. Le thaler est connu et a 
été gravé dans plusieurs ouvrages. 

Voici l'explication del'écusson de ce triple abbé^ qui^ chose 
étonnante, n'y a pas fait figurer les armoiries de ses abbayes : 
Aux 1 et 4| Manderscheidt, d'^or à la fasce vivrée de gueu- 
les : au 2, Blanckenheih, d'or au lion de sable, au lambel 
de cinq pendants de gueules^ brochant sur le lion; au 3, 
KoDCT, d'or au lion [d'azur selon Rieisieipy de gueules, selon 
Koehler ; sur le tout, DauN; d'or fretté de gueules. 



VI. 



Personnage vêtu d'une longue robe, la tête couverte d'un 
bonnet de juge ou de chinois, assis sur un trône élevé de 
trois marches. Le trône est abrité par un dais et une 
vaste draperie s'étale derrière et sur les côtés : C : Q : 
KY . PO . SIN . IMP . 1 . VOL . OEC . ORD . GOR . 
FUISD . ANNO . INSTITUTION . 8800. 

—La face du soleil, entourée de rayons droits et flamboyants 
alternés. Au-dessus, le dragon (impérial de la Chine). 
Sur une banderolle : UNIVERSUS . SPLENDOR . 
UNIVERSA . BENEVOLENTIA. 

A. Gr. S7.74 . Collection de M. Cb. de Prins, à Lille. 

&«s<au. — ToMbI. 24 



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— 522 - 

Cette singulière médaille est coulée et repassée à la main. 
Que signifie*t*elle? Son possesseur, qui a réuni une des 
plus belles suites qu'on paisse former de pièces maçonni- 
ques, avait vu d'abord qu'elle ne pouvait avoir rien de 
commun avec les Loges. Le chiffre seul, 8800, est de beau- 
coup trop élevé pour le computdes Francs-Maçons ; il con- 
viendrait mieux aux Silexophiles. Comme il s'agit, dans la 
légende, d'un empereur chinois, SIN(ariim) IMP(eralor), 
M. de Prins frétait alors demandé si celle pièce n'avait 
pas rapport à quelque confrérie, sodalitéouORD(re) fondé 
en Chine par les missionnaires. Mais l'absence de tout signe 
de christianisme prouve assez que cette supposition ne 
peut être admise et que la médaille n'est pas plus jésuitique 
que maçonnique. Ky-Po, est, au surplus, un empereur 
de la Chine qu'on ne trouve pas dans VArt de vérifier les 
dates. 

Cette pièce doit, sans doute, avoir été faite pour une de 
ces sociétés badines et bachiques, si nombreuses au siècle 
dernier, et sur lesquelles M. Artliur Dinaux avait composé 
deux volumes in- 8% publiés après sa mort (*). 

il faudrait chercher le nom de cette association dans la 
légende baroque du droit. Serait-ce la Société des Chinois 
ou du Chinois? Que veut dire L VOL. OEC. ORD. (sans 
doute ordinis) GOR? Les pédants de la Renaissance ont 
dit Gorduni, pour dire les Gantois. S'agirait-il, ici, d'une 
société flamande dans le genre des Carpilaires de Gand? 



(*) Arthur DiNAuz, les Sociétés badinest bachiques, chantantes et tUié^ 
raires, leur histoire et leurs travaux. Paris, Bachelio DefloreDDe, 4867. 
S vol. io-8*. 



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525 — 



Mais assez de conjectures comme cela : cet article com- 
mence par une énigme, ii finira par un iogogriphe. 



R. Chalon. 



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— 324 - 

UNE MÉDAILLE 

IMTOOMTMTTJB -A. TTJS^JST Z-OODN". 



LE POETE HOUWAERT. 



Pl. IX. 



Jean-Bapûstc Houwaert, dont le mouvement flamand a 
galvanisé la mémoire, et en Thonneur de qui la commune 
de Saint-Josse-ien-Noode érige en ce moment une fontaine 
monumentale, naquit à Bruxelles, en 1533| d'une famille 
patricienne qui se rattachait au lignage des Sweerts. 

Au début de la lutte acharnée que les Belges soutinrent 
contre Philippe II, Houwaert, jeune alors, embrassa avec 
transport les principes de la révolution et même ceux de la 
réforme religieuse. Incarcéré au Treurenberg, par ordre 
du duc d'Albe, en 1568, il on fut relâché, on ne sait trop 
comment, peut-être au prix d'une abjuration momen- 
tanée. 

On le voit, quelques années après, remplir le rôle de 
directeur des travaux publics, tant au canal de Wille- 
broeck qu'aux remparts de la cité. Mais il était surtout 
le grand ordonnateur des fêtes populaires, de ces caval- 
cades si chères aux Flamands et aux Brabançons. Il y trou- 
vait l'occasion de mettre en scène ses fictions poétiques et 



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-- 525 — 

ses allégories; il y trouvait en même temps un placement 
naturel pour ses vers et ses chronogrammes. 

Quand il advint que la lutte, concentrée en Hollande 
au bénéfice du Taciturne, fut reconnue impossible en Bel- 
gique; quand il fallut traiter avec l'Espagne et accepter 
Farnése triomphant, le patriote Houwaert — il avait vieiHi 
de vingt ans — parait avoir accepté, avec assez de résigna- 
tion, de facilité même, ce retour ad vomitum (^). Il con- 
tribua à la reddition de Bruxelles, en 1585; et, chose plus 
étonnante, en 1593, redevenu bon catholique et royaliste 
zélé, il consacra un de ses nombreux poèmes à chanter la 
gloire et les vertus.du nouveau gouverneur général, l'ar- 
chiduc Ernest. Doit-on lui en faire un crime? Houwaert 
était, avant tout, poète, et les poètes sont un peu comme 
les cloches, qui carillonnent pour tout le monde. Puis elle est 
rare la vocation du martyr. Houwaert était, au contraire, un 
joyeux sybarite, un agathopède, pour qui les rigueurs de 
Texil devaient avoir peu d'attraits. Fuir en Hollande, en 
Allemagne, quand sa charmante villa jde Ten Noode (*) le 
retenait ici, c'eût été trop exiger. Aussi, comme Henri IV, 



(^) Expression énergique, mais par trop réaliête, employée sur un 
jeton hollandais de 4584, po(tu« mori quam ut canU ad vomitum. 

(*] La villa de Houwaert, qui existe encore aujourd*bui, et sur laquelle 
on lit cette devise juste-milieu qu'il affectionnait : Hoddt middelmatb 
[ifUer utrumque tené), appartient actuellement à un M. Verboekhaven. 
Elle est située rue du Mérinos, près de Tabattoir de Saiot-Jo^se-ten- 
Noode, et dans le voisinage du Maelbeck, ruisseau, ou plutôt égoût infect 
et pestilenUel, qa*Houwaert comparait alors aux plus célèbres fontaines 
de Taotiquité classique et dont il chantait les eaux limpides et pures. 
Quantum mutatus ab iUo. 



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-- 536 — 

il se dit sans doute que la chose valait bien une messe et 
un poème par-dessus le marché. Les poèmes lui coûtaient 
si peu ! 

II resta donc, et mourut dans son lit, le 11 mars 1S99. 
On peut voir encore sa pierre tombale dans le mur de 
gauche de la crypte, où on l'a scellée lors de la construc- 
tion de la nouvelle église de Saint-Josse ^'). 

Les poésies d*Houwaert sont nombreuses ; elles jouirent 
d'une grande réputation. Dans deux articles publiés par la 
Revue trimestrielle de 1862 et de 1863, M. Charles 
Stallaert en donne la liste et l'analyse. 11 n'appartient pas 
à un Wallon de se prononcer en pareille matière - ne 
sutor ultra crepidam. — Admirons donc de confiance. 

Gomme la plupart des poètes qui ont chanté l'amour, 
Houwaert ne s'était pas contenté de la théorie pure. 1! parait, 
d'après un curieux document publié par notre spirituel 
ami, M. Charles Ruelens i*), qu'il y joignait souvent la 
pratique. A l'âge de soixante-cinq ans, sa conduite fut 
l'objet d'une espèce d'enquête faite par Tofficialité ('), à 
l'effet de savoir de quelle nature étaient les rapports qu'il 
avait, les conversations qu'il tenait, avec deux fillettes 
nommées Fransken et JennekeUy qui demeuraient, sans 
payer de loyer, dans un pavillon de jardin appartenant au 
galant poète. Le trop curieux officiai fil comparaître devant 
lui voisins et voisines, écoula leurs cancans, leurs insinua- 



n Histoire de Saint- Josie-ten-Noode, etc., par EoGiiiB Van Bbiiiibi, 
4869, 4 TOl. inH2. 
(•) Le Bibliophile belge, 1. 111, p. 34 . 
(') Tribunal ecclésiastique. 



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— 387 - 



uons peu charitables. On ignore quelles suites il donna à 
cette affaire, dans laquelle, suivant l'indulgent M. Rueiens, 
« il n'y avait pas de quoi fouetter un chat. » 



Van Loon a fait connaître deux médailles d'Houwaert, 
degrandeurs différentes, mais aux mêmes types. D'un côté, 
son buste de profil, à droite, avec la légende : lEHAN * 
BAPTISTA HOVWAERT iET • 4S • 1S78. 

Au revers, une bêche, une plume et un compas, réunis 
par une couronne de laurier, entre un aigle et une corne 
d'abondance. Au-dessous, une tortue et une écuelle, puis 
la devise en deux lignes : 

HOVDT MIDDEL 
MATE. 

Ce qui signifie, dit Van Loon, « que pour obtenir la 
c couronne d'une gloire immortelle par le travail des 
c mains ou de l'esprit, il faut garder un juste milieu entre 
« l'aigle qui s'élève dans l'air et la tortue qui rampe a 
« terre; entre l'abondance et la mendicité. » 

C'est très-beau , mais le commentaire de Van Loon 
n'était pas inutile. Faisons remarquer encore que la bêche 
rappelle les goûts horticoles du propriétaire de la Petite 
Venise, comme il appelait sa villa; la plume le fécond 
poète que vous savez, et le compas l'habile ingénieur, 
directeur des travaux de la ville de Bruxelles. 

Les deux médailles données par Van Loon se trouvent 
à la Bibliothèque royale, et ce cabinet possède, de plus, une 
variété notable de la plus grande des deux. La tête est 



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— 328 — 

bien la même, à quelques détails de eiselure près, mais le 
buste, au lieu d'être couvert de la cuirasse du guerrier, 
porte la toge du magistrat. 

M. Van Bemmel parle d'une « quatrième médaille, d'un 
module moyen. » Comme il ne dit pas où se trouve cette 
médaille, il nous est impossible de savoir s'il n'a pas fait 
confusion avec la pièce que nous allons décrire et dont 
nous devons la communication à l'obligeance de notre 
excellent confrère M. Vander Auwera de Louvain. 

Cette charmante médaille d'argent, véritable objet d'art 
et probablement unique, se trouvait chez un descendant 
d'Houwaert, où M. Vander Auwera en fit l'acquisition dans 
une vente après décès. 

Le côté de la tète, à peu près semblable à la petite 
médaille de Van Loon, porte pour légende: lAN • BAP- 
TISTA • HOVWAERT • JET • 38. 

Le revers n'est rien autre que le sceau de notre poète, 
c'est-à-dire ses armoiries T*), disposées comme on les voit 
sur les sceaux de l'époque, avec la légende : S ♦ lAN ♦ 
BAPTISTA * * HOVWAERT ♦1571. 

Toutes ces médailles d'Houwaert sont d'argent, coulées et 
ciselées par un artiste tout à fait hors ligne, et dont, chose 
singulière, on ne connaît pas d'autres œuvres. Il a ^igné 
la plus grande de ces médailles ALEXANDER * P * F. 



(*) La famille Houwaert portait d*or à la fasce d'axur accompagnée 
en chef d'un lion naissant de gueules armé ellampassé d*a%ur, mouvant 
de la fasce; sur le tout de Swbebts qui est émanché en pal d'argent et de 
gueules de dix pièces. 

(RuTSTAP, Armoriai,] 



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— 589 — 

Notre savant confrère M. Pinchart^ dont 1* Académie vient 
de couronner le Mémoire sur l'histoire de la gravure en 
médailles, pense q\x*Àlexander est le nom de Fartiste, que 
la lettre P signifie pater et F fecit, mais il a cherché en 
vain à Bruxelles des orfèvres de ce nom. 

R. Chalon. 



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- 530 — 



LA OOESTIOSI 



L'UNIFOBHITË INTERNATIONALE DES MONNAIES, 

CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE HISTORIQUE. 



Comment se fait-il qu'aujourd'hui l'importante question 
de l'uniformité des monnaies excite à juste titre et si géné- 
ralement l'attention, non-seulement des économistes et des 
commerçants, mais, en un mot, de tous les hommes éclairés 
du monde civilisé? 

A quoi faut-il atlribuer ce mouvement et cette tentative 
inlernationale, si louable au double point de vue de 
l'intérêt du commerce et de la fraternité des peuples? 

Pourquoi l'établissement d'une mesure universelle des- 
tinée à régler les transactions humaines, et commune à 
toutes les marchandises, renconlre-t-eile aujourd'hui tant 
de partisans chaleureux chez tous les peuples civilisés, et à 
quoi tient-il que ce problème si ancien fasse chaque jour 
de si immenses progrès ? 

Voilà des questions que sans doute beaucoup de person- 
nes se seront faites. 

La réponse, on doit la chercher dans l'histoire. Par 
rétude du passé, on parvient à comprendre le présent. 



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- 35! — 

De tout temps, les peuples civilisés ont eu l'idée de faci- 
liter les échanges, soit par l'établissement d'une monnaie 
uniforme, soit au moyen de l'assimilation du numéraire 
métallique. 

Dans l'antiquité, les Grecs eurent recours au second 
moyen : la diversité de la monnaie. Par l'emploi de pièces 
de valeurs différentes, ils mirent, en certaine mesure, leur 
système monétaire en rapport avec les divers systèmes des 
peuples avec lesquels ils entretenaient des relations com- 
merciales. 

Ije puissant empire romain, qui avait étendu son pou- 
voir sur tant de peuples, réalisa en quelque sorte l'idée de 
Tuniformité monétaire {*). 

Ceci était le résultat de la puissance et de la domina- 
tion. 

On vit la même chose sous Charlemagne et sous Napo- 
léon I*'. L'unification des monnaies fut introduite, sous 
le règne de chacun de ces deux grands conquérants, 
dans les pays qu'ils avaient soumis à leur domina- 
lion. 

Mais les plus grands bienfaits, quand ils sont imposés, 
sont rarement appréciés, et souvent follement rejetés comme 
souvenirs pénibles d'une domination étrangère, le jour du 
retour de l'indépendance nationale. 

(') Même dans la Scandinavie, les monnaies romaines ont eu cours 
Ea 4865, on a trouvé en Fionie, près du village de Brangstrup, en 
foaillant la terre, quarante-six monnaies romaines d'or, appartenant à 
répoque entre Tan 249 et Tan 354. Voy, le mémoire de M. Hbebst, 
intitalé Brangstrup-Fundet , et notre lettre à M. R. Ghalon, insérée 
ààii$]g Revue numismatique belge, 4« série, t. YI, p. 489. 



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— 352 — 

Dieu merci, nous n'en sommes plus là; ce n'est heureu- 
sement plus par ce moyen despotique qu'aujourd'hui Funi- 
formité monétaire doit se réaliser. Au contraire, la tendance 
générale qui se manifeste si vigoureusement vers l'unité 
doit sa naissance aux principes toujours grandissants de la 
liberté, au progrès et à la civilisation, qui font respecter 
les nationalités, tout en rapprochant les peuples et en con- 
solidant leur estime mutuelle. 

Chez les peuples de l'antiquité, les monnaies furent dési- 
gnées par leur poids ; ainsi les Grecs avaient leur drachme 
et leur talefit, les Romains leur cm, comme aujourd'hui 
l'on a encore conservé la dénomination de la livre et du 
marc. 

Lors de la décadence de l'empire romain, les empereurs 
altéraient sans cesse la composition des espèces, et lorsqu'au 
moyen âge, l'Europe fut enveloppée de ténèbres, on ne se 
forma plus une idée claire de la monnaie. On oublia que 
la monnaie ne reçoit point sa valeur de l'autorité , que ce 
n'est pas l'empreinte, mais la matière, qui en fait la valeur. 

Ce précepte immuable de l'économie politique fit place 
à la doctrine aussi fausse qu'audacieuse que c'était l'image 
ou le nom du souverain, empreint sur la pièce, qui en 
faisait la valeur. 

Plusieurs princes altéraient la monnaie sans le moindre 
scrupule, ou toléraient que leurs oflSciers monétaires com- 
missent l'abus honteux d'abaisser le titre ou le poids des 
espèces. Ils ne se rendaient pas compte que l'empreinte 
sert à certifier le poids et le titre du numéraire, qui par là 
est garanti par l'État. La sérénité de conscience qui pro- 
venait chez la plupart des princes, à cette époque, de la 



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— 535 — 

fausse idée qu'ils se faisaient de la monnaie, rendait de tels 
procédés à peu près uniformes dans l'Europe entière. 

M. Wolowski, le célèbre économiste, a dit, à propos 
de l'état d'ignorance dans lequel on se trouvait au moyen 
âge à l'égard de la monnaie : 

« Il fut un temps où les faux monnayeurs ne se cachaient 
point dans des cavernes pour exercer leur industrie. Ils 
gouvernaient l'État et faisaient leur métier en toute sécurité 
de conscience. La volonté du souverain ne suffisait-elle pas 
pour donner de la valeur aux disques de métal rois en cir- 
culation, afin de représenter tous les autres produits? Attri- 
buer un certain prix à une certaine pièce de monnaie, 
irétait-ce pas assez pour donner à cette pièce la valeur que 
portait le titre? Cependant, quelles que fussent leur auto- 
rité et la violence qui en accompagnaient Texercice, ils 
échouaient toujours dans ces entreprises et ils ne pouvaient 
rien comprendre è ces échecs (*). »• 

Sous l'empire mérovingien, on se ser\ait de l'or pour 
inaiicre des monnaies; à la fin de la première race, lors- 
quon n'eut plus d'or à faire monnayer, après qu'on eût 
fondu les pièces romaines d'or, ou qu'on les eût surfrappées 
après un martelage préalable destiné h faire disparaître la 
première empreinte, on commença à altérer le titre et le 
poids des espèces. 

L'affaiblissement de l'autorité royale, sous le gouverne- 
ment des maires du palais, apporta du relâchement dans 
la discipline des monnaies. Les officiers monétaires chargés 

Cj La Monnaie, entretien sur le traité de la monnaie de Copernic, 
pp. 49-80. 



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— 334 — 

de garantir leurs œuvres, en les marquant de leur nom, 
commirent les plus grands abus dans leurs fonctions (^). 

H Voilà en peu de mots, » comme le dit si bien M. Louis 
de Gosier (*), l'éminent numismate à qui l'on doit la 
restitution des deniers au monogramme à Charlemagnei 
u rhistoire de l'agonie du monnayage de l'or, à la fin de la 
première race; les monuments monétaires en sont la 
preuve évidente. » 

Afin de remédier h ces désordres qui jetaient nécessaire- 
ment une bien grande perturbation dans les relations com- 
merciales, il fallut l'énergique et vigoureuse autorité des 
descendants de la race des Pépins. L'argent fut donc sub- 
stitué à l'or, et en effet, comme le fait remarquer M. de 
Coster, l'altération de l'argent devait offrir un médiocre 
appât au préposé infidèle, la police du monnayage s'exercer 
a^ec plus de facilité sur les espèces d'argent que sur celles 
d'or, enfin, l'usage de ce métal apporter plus de commo- 
dité dans les menues transactions. 
' Plus tard, la cupidité de plusieurs princes et seigneurs 
leur fit inventer un autre procédé qui leur fournit de larges 
bénéfices, mais qui fut plus honteux encore parce qu'ils 
avaient la pleine conscience de ce qu'ils étaient de faux 
monnayeurs. Ils copiaient des pièces étrangères qu'ils 
savaient être recherchées, mais à un poids et à un titre 
bien inférieurs à celles-là. Ils imitaient le type de ces pièces 

(') Quatrième lettre de M. Cartier sur rhistoire monétaire de France. 
{Voy, la Revue numiènwiique française, SDDée 4837, p. %2.) 

p) Considérations à propos de quelques deniers inédits de Pépin le 
Bref et de Charlemagne, (Voy. Revue de la numismatique belge, 3« séfiei 
t. 111, p, 244.) 



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-^ 555 — 

étrangères le plus souvent avec tant de fidélité, que parfois 
les numismates se sont mépris sur leur origine. 

Nous citerons ici, comme un exemple, les eslerlings 
de Luxembourg, fabriqués sous Jean, roi de Bohème 
(1309-1316), qui furent servilement copiés des pièces 
anglaises et frappés au nom du roi Ëduard, comme si 
celui-ci y avait sa domination (^). 

L'imitation des types étrangers était devenue très-générale 
i cette époque. 

La grande diversité des monnaies au moyen âge et à la 
renaissance, lorsque presque chaque seigneurie, chaque 
ville, avait sa monnaie particulière, ne contribua pas peu 
à faciliter l'exercice de ce procédé frauduleux. 

Quelquefois, l'Église voulut châtier de pareilles pratiques ; 
les papes lançaient des bulles d'excommunication contre 
les falsificateurs de la monnaie. La grande querelle entre 
Philippe III, dit le Bel, roi de France et de Navirre 
(1285-131 1), et le saint-siége se rattache en partie à l'alté- 
ration de la monnaie. Le Dante, dans sa Divina Corn- 
niedia, précipite les feux monnayeurs au fond des enfers, 
et parmi ces damnés figure le roi Philippe le Bel. 

L'abbé Ghesquière (*) signale la conduite qu'ont tenue 
quelquefois certains princes, qui ont voulu gagner sur 
la fabrication de la monnaie, 30, 30 et 40 p. 7„. Il dit 
qu'il gardait une monnaie assez moderne sur la fabrication 



('] Voy. Lblbwkl, ObiervcUions sur le type du tnoyen âge de la 
monnaie deg Pays-Bas, p. 24, fig. a» 46. 

f ) Mémoire sur les trois points intéressants de f histoire monétaire des 
Pays-Bas, p. 63. 



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- 556 - 

de laquelle un prince a voulu gagner environ 150 p. 7«. 
« Je puis, dit-ily la faire voir à tout curieux honnête. » 

Notre ami, M. Renier Chalon, président de la Société 
royale de numismatique de Belgique, donne une exacte 
idée de la diversité des monnaies au moyen âge^ lorsqu'il 
dit : « A mesure que le pouvoir central s*effaçait, xfue 
rÉlat se subdivisait de plus en plus en innombrables 
souverainetés féodales, la monnaie -elle-même allait se 
fractionnant, se rapetissant comme. la nationalité; et tout 
en perdant de sa valeur, elle perdait également son unité 
primitive. Chaque province, chaque localité, voulut avoir 
sa monnaie particulière, différant de type, de poids et 
d'aloi avec les monnaies voisines (<). » 

Le système tournois établi en France par saint Louis 
(1226-1270) fut le signal du retour de la grosse monnaie. 
Ses gros furent imiiés^uccessivemcnt par plusieurs princes 
et seigneurs, surtout dans les Pays-Bas, où les monnaies, 
bien qu'elles perdirent dans la suite des temps la forme 
extérieure des gros français, conservèrent toutefois un 
rapport de valeur avec les monnaies de ce royaume, qui 
s'appréciait exactement en tournois, l'unité monétaire. 

L'esterlin, importation anglaise, n'était autre chose qu'un 
tiers de gros ^'). Par là, on voit, comme le fait remarquer 
M. Chalon, que la conformité de système monétaire entre 
la France et la Belgique n'est pas une nouveauté qui date 
de 1830. 



(^) Hecherches sur les monnaies des comUs de Rainaui, p. t» 
(*) R. Chalon, Recherches sur les monnaies des comtes de Bainaut, 
p. 2. 



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— 557 — 

Les florins d'or à la fleur de lis, type de Florence, furent 
frappés au xiv* siècle dans presque toute l'Europe. 

Au xiv" siècle, on était parfaitement convaincu de Tuii- 
lité de Funification des monnaies ; les conventions moné- 
taires conclues à cette époque dans le but de faciliter les 
relalions commerciales en fournissent ia meilleure preuve. 
Comme exemple, nous citerons : le traité du 3 décem- 
bre 1339, conclu à Gand, entre Jean 111, duc de Brabant, 
et Louis, comte de Flandre, par lequel il fut convenu qu'on 
ferait fabriquer une monnaie commune qui circulerait 
dans les deux États (M; la convention monétaire de 1342, 
entre Jean, roi de Bohème, comte de Luxembourg, et 
Henri, comte de Bar, qui est à peu près semblable à ia 
précédente (*), et la convention contractée vers 1371, entre 
le comte de Luxembourg et Tarchevèque de Trêves, rela- 
tivement à l'émission de monnaies communes qui auraient 
cours dans les deux États (>). 

Au moyen âge, la valeur (le poids et le titre) des mon- 
naies du roème nom variait souvent, lors même qu'elles 
étaient frappées au nom et aux armes d'un même prince. 
Par exemple, Louis 11, de Maie, comte de Flandre, fit 
frapper, entre 1 346 et 1 370, des moutons et des gros qui 
varient en poids et en titre, selon l'époque à laquelle ces 
pièces ont été fabriquées (*). 

(*) GnsQUiÊSB, Preuves, p. 489. 

n Id., i&id., pp. 490-494. 

C) JoACBiM Lkleirtel, Observotioiis sur le type du moyen âge de la 
monnaie des Pays-Boa, p. 32 ; et Honthbim, Hist, Trev., t. II, p. 255. 

[*1 Victor Gaillard, Recherches sur les monnaies des comtes de 
/^«idrv, pp. 460-464. 

li«8éRiB. — Tovsl* 22 



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^ 388 — 

Les continuels changements dans le poids et le titre des 
espèces compliquent pourquoi, dans les contrats et autres 
actes, quand il s'agissait d'affaires pécuniaires, on avait soin 
de stipuler en quelles espèces la somme devrait être 
acquittée; mais comme cela n'offrait pas assez de garantie 
contre les chances de perte, on a eu recours à un autre 
moyen plus sûr, savoir d'attacher au contrat un ou deux 
échantillons de la monnaie avec laquelle le payement 
devait se faire. 

A une charte de Tan 1494, dans laquelle il est stipulé 
qu'un certain payement doit se faire en briquets de Phi- 
lippe le Beau, frappés à une date antérieure à celle que 
porte la charte, on a suspendu, en outre, en guise de 
sceau, deux briquets de Philippe le Beau, pour la Gueldre, 
frappés à Matines en 1492, servant, ainsi qu'il est dit dans 
Facte, comme échantillons, afin qu'on puisse toujours en 
connaître la valeur (*). 

Il n'est pas étonnant qu'aux siècles passés, des hommes 
éclairés ont élevé leur voix contre les abus commis par 
plusieurs princes, et que, par suite des graves inconvénients 
résultant de la grande diversité qui existait dans la valeur 
des monnaies, l'idée de l'uniformité monétaire trouva chez 
les divers peuples des partisans parmi les esprits les plus 
éminents et les plus élevés. 

A la fin du xiv* siècle, Nicolas Oresme, évèque de 
Lisieux, conseiller de Charles Y, dit le Sage, roi de 



(1) Voy. notre ooUce Charte de Van U94, à laqueUe sont suspendue» 
deux monnaies comme échantillons, insérée dans la Revue dela\ 
matique belge, 4« série, t, VI, pp. 40W47, pi. XVII. 



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— 559 — 

France y posa avec une précision merveilleuse les vrais 
principes touchant la monnaie. Un siècle plus tard (1473) 
naquit à Thorn, dans la Prusse polonaise, un génie puis- 
sant, qui pénétra les mystères du mouvement des corps 
célestes; son nom, mes bienveillants lecteurs, vos lèvres 
Font déjà prononcé. Copernic, dont la rectitude de vue, 
la sùrelé de jugement, lui avaient fait découvrir les lois du 
système du monde, le guidèrent également, lorsqu'il 
aborda dans un traité très-important et trop peu connu 
le sujet délicat, compliqué et difficile de la monnaie. 

On doit a la plume savante de M. L. Wolowski, le 
célèbre économiste, des détails on ne peut plus précieux 
sur ce travail remarquable (*). Après avoir démontré 
Gomment Copernic a merveilleusement défini le caractère, 
les fonctions de la monnaie et les conditions requises pour 
la garantir contre toute atteinte portée à son intégrité, 
M. Wolowski fait remarquer que le génie de Copernic, 
après avoir dévoilé les harmonies célestes, lui a fait 
entrevoir un des aspects essentiels des harmonies sociales, 
c'est-à-dire qu'il considérait du plus haut intérêt la ques- 
tion de l'unité monétaire, qui, selon ses propres mots, ne 
serait pas d'une médiocre importance pour la conciliation 
des esprits et la conclusion des affaires (*). 

*Au commencement du wi"* siècle, rilluslre landgrave de 
Hesse, Philippe le Magnanime, comprit tous les avantages 
qui résulteraient de l'adoption de l'uniformité des mon- 
naies, des poids et des mesures. « Si nous avions, disait-il, 



(*) La Monnaie, entretien sur le traité de la monnaie de Copernic, 
n/6.,p.49. 



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— 340 — 

tous un poidSy une mesure, une monnaie, le monde irait 
bien mieux. » 

Le puissant empereur Charles-Quint suivit dans les 
Pays-Bas la méthode employée dans Tantiquité par les 
Grecs, pour établir une certaine harmonie entre les prin- 
cipaux systèmes monétaires de l'Europe. 

En faisant frapper des monnaies de différentes valeurs, 
il institua des convertibilités et des commensurabilités 
faciles entre les principales unités monétaires existant à 
cette époque. Les espèces flamandes qui suivaient le sys- 
tème français, fraternisaient avec celles de Tempire, 
d'autres encore avec celles de l'Angleterre, etc. 

Unum pondus, mensura una, monetasit una, 
Status et ilioBsus totius orbis erit ! 

V^oici comment on retrouve, eu Allemagne, au milieu 
du xvi* siècle, l'idée de l'uniformité des poids, mesures et 
monnaies, dans ces deux vers latins du poète Jean 
Stigelius, né en 1514, à Gotha, en Thuringe, mort le 
21 février 1862. 

A la fin du xvi* siècle, Simon Stévin, natif de Bruges, 
un des plus célèbres mathématiciens de son temps, dont 
les mérites furent beaucoup appréciés par le prince Mau- 
rice d'Orange, proposa la décimalisation des poids, 
mesures et monnaies. A cette môme époque, un gentil- 
homme italien, le comte Gaspard Scaruffi, natif de Reggio, 
dans rÉmilie, remplit les fonctions de directeur de Thôiel 
des monnaies dans sa ville natale. Dans le but de mettre 
un terme au désordre monétaire, devenu de jour en jour 
plus désolant par suite des guerres de Charles-Quint, il 



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— 341 — 

fut député par la ville de Reggio auprès du due Alphonse 
dePerrare, ce prince si tristement connu dans l'histoire des 
lettres pour avoir fait enfermer dans une maison d'aliénés 
la gloire de ritalie, Timmortel auteur du célèbre poème la 
Jérusalem délivrée^ qui fut ainsi la victime de l'oppression 
et de son amour malheureux pourÉléonore. 

Après avoir fait des éludes et des recherches sérieuses 
sur les moyens qui pourraient apporter de l'amélioration 
à leiat déplorable dans lequel se trouvait la monnaie, 
ScaruiB publia, en 1582, un traité des monnaies, qu'il 
rédigea pour le duc de Ferrare, connu sous le titre de : 
Diêcorso sopra le monete , mais dont l'édition originale 
portait le litre suivant : L'Alilinonfo di M, Gasparo 
Scaruffi Reggiano, per far ragions e concardanza d'oro e 
d'argento; che servira in universale, tanto per prowedere 
agit infiniti abtisi del tosare e guastare monete, qtmnto 
per regolare ogni sorte di pagamentij e riddure anco tutto 
il mondo ad una sola monete. Reggio, 1 582 (^). 

Ce travail est évidemment fort remarquable, auendu 
que cet auteur du xvi* siècle proposa ni plus ni moins 
qu^un système monétaire universel. 

Ce système, bien que présentant des imperfections, 
témoigne de l'esprit ingénieux de son auteur, qui sut s'éle- 
ver au-dessus des préjugés de son temps, en proclamant 
hautement la grande idée de l'unification des monnaies. 

En voici une analyse, que nous empruntons à l'article 
intéressant de M. de Parieu, de V Uniformité monétaire. 



(>) E. OB Parieu, de V Uniformité monétaire; Journal des écono- 
mû(ef Juin 4867, DOte à la p. 332. 



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— 543 — 

inséré au Journal des économistes^ juin 1867, pp. 332 et 
suivantes : 

« Ce système peut se ramener à sept points principaux, 
suivant l'analyse qu'en donne Scarufti lui-même : 

M !<> Le rapport de l'or à l'argent serait Bxé dans la pro- 
portion de 1 à 12. 

a T L'or serait évalué à 72 livres impériales l'once, la 
livre impériale étant l'unité de valeur du système, et l'once 
d'argent vaudrait douze fois moins, c'est-à-dire 6 livres 
impériales. 

u Z"" Toute infraction aux titres fixés pour les alliages 
serait interdite. 

fl 4*" Les poids usités pour les métaux précieux se- 
raient ramenés exactement à la livre en usage à Thôtel 
des monnaies de Bologne. Cette livre se diviserait en 
12 onces, chaque once en 24 deniers, et chaque denier 
en 24 grains. 

a ly* Ceux qui fabriqueraient les monnaies ne pourraient 
se payer de leur travail sur le corps des pièces de monnaies 
en retirant une partie du métal précieux qu'elles doivent 
contenir. Ce serait aux personnes qui se servent d'eux à 
les indemniser. 

«(6° Toutes les monnaies, tant d'or que d'argent, devraient 
porter empreinte sur l'une de leurs faces des signes indi- 
quant le monlant de leur valeur en livres impériales, de 
leur degré de finesse et du nombre que la livre en ren- 
ferme. 

« 7" Les monnaies devraient être fixées et fabriquées 
d'après des règles uniformes, pour prévenir toute cause de 
diversité entre elles. 



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— 34S — 

« On voit clairemenl par le premier paragraphe que, 
sâDS formuler la théorie du double étalon, Scarufli en fai- 
sait la base de son système, et il semblait n'admettre 
aucune variation possible dans les rapports de l'or et de 
l'argent. Pour les monnaies de cuivre, il établit le rapport 
de ce dernier métal avec l'argent et l'or dans les propor- 
tions suivantes : 

« I once d'or «» 12 onces d'argent &» 1440 onces de 
cuivre. 

« Ce qui suppose la proportion de 1 à 120 entre l'ar- 
gent et le cuivré. 

« Jl est à remarquer aussi que Scaruffi ne proposait pas 
Tuniié d'alliage pour toutes les monnaies, comme cela 
existait dans ces derniers temps pour les monnaies fran- 
çaises d'or et d'argent, frappées indistinctement, quelle que 
fiiit leur valeur^ è 900 millièmes de Bn. Dans le système 
de Scaruffi, le poids diminue à mesure que l'alliage s'élève, 
et c'est en faisant bizarrement concourir ensemble ces deux 
moyens è l'inverse l'un de l'autre, et par deux abaisse- 
ments de valeur parallèles, qu'il arrivait à donner aux 
monnaies des valeurs différentes pour chaque genre de 
pièces. 

• Ainsi, pour les monnaies d'or, il proposait de les 
fabriquer, la plus forte pièce en or pur, avec un poids de 
3 deniers et une valeur de 9 impériales ; les autres plus 
faibles avec des poids inférieurs et des alliages d'argent ou 
de cuivre, s'élevant à 7<* ou '/> <iti poids de la pièce, sui- 
vant les cas. Scaruffi créait donc ainsi trois titres pour l'or, 
k savoir : 1000, 917 et 666 millièmes de fin. 

« Pour les monnaies d'argent, même procédé : les 



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— 544 — 

alliages auraient été de */"» V*«> V«j V»i V», */«, de cuivre, 
ce qui crée les six titres différenls de 9S8, 917, 833, 666, 
333, 166 millièmes de fin. 

« Il est inutile de dire, on le voit assez par tout ce qui 
précède, que Searufli faisait reposer son système sur la 
base duodécimale, le nombre 12 étant suivant lui le 
nombre parfait. Il est assez vraisemblable, qu'indépen- 
damment de certains avantages qu'aurait le système duo- 
décimal, avec 12 signes particuliers pour représenter les 
chiffres au lieu de 10,' ScarufH a pu être porté à l'adop- 
tion de ce système particulier de numératioh par cette sin- 
gularité que, de son temps, Tor valant 12 fois l'argent, et 
l'argent 120 fois le cuivre, il semblait que les rapports 
mutuels des métaux précieux rendissent hommage, eux 
aussi, h ce système. ScaruflTi toutefois a sacrifié un peu sur 
l'autel de la décimalisation, lorsqu'il a divisé son unité de 
valeur, la livre impériale, en 20 sous ; mais le sou se divi- 
sant en 24 deniers, on voit que son infidélité au nom- 
bre 12 n'était pas longue. 

« A l'appui de son système, Scaruffi énumère les avan- 
tages qui, suivant lui, résulteraient de son adoption. Ces 
avantages sont les suivants : 

u l"" Il n'y aurait plus de discussion sur la valeur réci- 
proque des monnaies; 

K 2'' Les monnaies ne seraient plus détériorées a force 
d'être refaites ; 

u 3" Les princes fabriquant de belles monnaies, il 
serait plus difficile de les imiter et d'en monnayer de 
fausses; » 

« i"* Les poids deviendraient uniformes ; 



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- 545 - 

« 5* On ne pourrait plus se refuser à recevoir des mon- 
naies dont la valeur serait fixe et inscrite sur l'une des 
faces de chaque pièce de monnaie ; 

« 6** Les contrats y gagneraient de la clarté, leurs stipu- 
lations n*énonçant plus que des valeurs fixes ; 
« 7* Les calculs deviendraient plus faciles ; 
« 8" Les monnaies de (ous pays pourraient être accep- 
lées ; 

« 9** Toute personne pourrait faire monnayer des lin« 
gols; 

« 1 0* Les erreurs et désordres commis avec les anciennes 
monnaies seraient découverts ; 

fc 11* Les hôtels des monnaies ne travailleraient plus 
que sur des lingots, et n'auraient pas à refondre constam- 
ment les monnaies en circulation ; 

« 12" Enfin, la valeur des monnaies, inscrite sur chaque 
pièce, serait connue de toute personne sachant lire, et 
mCme de celles qui ne sauraient pas lire, lorsqu'elles 
seraient dans l'habitude de les manier fréquemment. » 

Malgré les grands avantages qu'offrait l'idée de Scarufli, 
les gouvernements de cette époque ne se laissaient pas 
convaincre de l'utilité de Tunification des monnaies, et le 
projet ingénieux dont nous venons de reproduire les prin- 
cipaux traits resta sans résultat. 

Au commencement du xvn* siècle, le frère Jean Marquez, 
prédicateur de Philippe III, roi d'Espagne, religieux de 
Tordre de Saint-Augustin, recommanda l'uniformité moné- 
taire dans son Golxmador christiano, ouvrage qui a eu 
plusieurs éditions à partir de 1612, en Espagne et dans les 
Pays-Bas. Voici les termes dans lesquels il expose son idée, 



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— 346 -- 

que nous (irons de l'article précité de M. de Parieu : h II 
faudrait que les princes, par leurs ambassadeurs, se 
missent d'accord pour que les monnaies eussent un même 
alliage dans tous leurs États, d'autant plus que les transac- 
tions sont aujourd'hui plus fréquentes que jamais ; et cela 
me parait nécessaire pour éviter aux populations, et le soin 
de rechercher le pays« c'est-à-dire, la proportion des mon- 
naies d'un lieu k l'autre, et aussi les chances de pertes dans 
les échanges, pertes faites à chaque mo. tient par ceux qui 
n'ont point connaissance de ce rapport. Cela ne serait pas 
impossible, attendu que le rapport de l'or à l'argent est le 
même dans tous les pays, ou que si quelque différence 
existe à ce sujet, elle n'est pas de grande considération {*). » 

A la fin du même siècle, le célèbre Vauban recomman- 
dait la réunion d'une assemblée de députés de la part de 
toutes les principales têtes couronnées de la chrétienté, 
qui avaient droit de battre monnaie, afin de convenir d'uo 
titre et d'une monnaie universelle, et de décrier de conocrt 
et en même temps toutes les autres. 

Ici nous trouvons la grande pensée d'une conférence 
monétaire de délégués officiels de toutes les nations 
exprimée dans les termes les plus clairs, il y a deux 
siècles, par une des illustrations de la France ; pensée qui 
a été réalisée en 1867 et dont l'honneur de l'initiative 
revient à S. M. Napoléon III, empereur des Français. 

Au xvni* siècle, le marquis de Santa-Cruzde Marcenado, 
qui écrit en 1732, cmit en Espagne des vœux pour l'uni- 
formité des monnaies, tandis qu'en 1765, une union 

(•) T. 1», livre 11, chap. XXXYII, p. 325, 3« édiUon d'Anvers, 46«5. 



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— 547 — 

monétaire fut établie entre Mayence, Trêves, le Palatinat^ 
Hesse-Darmstadt et Francfort. 

Le savant professeur Dietrich-Hermann Hegewisch, de 
Kiel, conseiller d'Étal du roi de Danemark, né dans le 
Holstein en 1760, mort vers 1815, aborda, avec beaucoup 
de talent, la question de rétablissement d'une monnaie 
universelle. Il recommanda cette idée avec énergie et con* 
viction, en démontrant les immenses avantages gui résulte- 
raient de cette réforme (*). 

Il voulait que ce projet fut examiné par un congrès 
de toute l'Europe, attendu que la création d'une monnaie 
universelle ne pouvait être réalisée que par une convention 
des nations européennes. 

il proposa For pour Tétalon monétaire général ; l'argent 
disait-il, pourrait alors être conservé dans chaque pays 
sur la base qui y est actuellement en usage, aussi longtemps 
qu'il le faudrait pour écarter du chemin tous les obstacles 
qui semblent s'opposer à un système monétaire universel 
fondé sur l'or i*). 

Mirabeau, dans son remarquable projet de réforme 
monétaire, fondé sur les bases du système métrique et déci- 
mal, qu'il présenta le 12 décembre 1790 à l'Assemblée 
nationale, avait été guidé par la pensée de l'établissement 
d'une monnaie universelle; en donnant à la France une 
meilleure monnaie, il fallait, selon ce grand orateur, tendre 
à la solution de cet important problême. 

(') ^scà'sSàmmtliche Schriflen UberBanken und MUnzwezen. Ham- 
bourg, 4801. 

n E. M Paribu, de VUniformité monétaire. Voy. Journal des ëcono^ 
mtflefjatn 4867, p 337. 



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^ 548 - 

Le 6 juillet 178S, le congrès des États-Unis de l'Ame- 
rique adopta, sur la proposition de M. Jefferson, le sys- 
tème décimal pour la division de la monnaie. Une loi du 
8 août 1786 autorisant la fabrication des nouvelles espèces 
(le dollar, divisé en 10 décimes, dîmes, et en 100 centi- 
mes, cents), fut exécutée en 1793, après l'établissement 
d'un hôtel national des monnaies à Philadelphie. 

On a prétendu que les États-Unis avaient adopté, avant 
toute autre nation, le système décimal pour la division de 
leur monnaies {*). C'est une grande erreur, attendu que 
dès le milieu du xvu* siècle, la Russie avait appliqué déjà 
ce système à sa monnaie, en divisant le rouble en 100 Ao- 
peks. La priorité revient donc è l'empire moscovite. 

Peut-on s'étonner que Futilité d'une monnaie univer- 
selle et les grands avantages qui en résulteraient pour le 
commerce n'ayent pas échappé à la vue pénétrante de 
l'empereur Napoléon P'? 

« Une loi, un poids, une mesure, une monnaie sous des 
coins différents, » voilà ses propres paroles prononcées à 
Saint-Hélène. 

Gomme nous l'avons déjà dit plus haut, l'uniformité 
monétaire fut introduite par lui dans la partie de l'Europe 
qu'il avait soumise à sa domination. 

En Hollande, le système décimal fut appliqué aux mon- 
naies sous le règne du roi Louis-Napoléon. En vertu du 
décret royal du 26 décembre 1806, on frappa à la Monnaie 
d*Utrecht, en or, des pièces de 20 et de 10 florins; en 
argent, des pièces de 2 V* florins ou de 50 sous, d'un florin 

(^) Journal des économistes, avril 4868, p. 49. 



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— 549 - 

ou de 20 sous» et d*un demi -florin ou de 10 sous {*). 
Après la réunion de la Hollande à l'empire français^ 
en 1810, un décret impérial du 4 janvier 1811 ordonna 
le maintien de l'hôtel des monnaies à Utrecht, et le 
16 novembre 1812, on y procéda à la fabrication des 
espèces françaises. A partir de cette époque jusqu'au 
9 novembre 1813, on a monnayé à Utrecht, en espèces 
d'argent, pour la valeur de 2,271,678 francs, savoir: 
416,5S2 pièces de cinq francs; 50,682 de deux francs; 
81,448 d'un franc et 11,912 d'un demi-fraiic (*), tandis 
que ce ne fui qu'en 1813 qu'on 6t & Utrecht des espèces 
d'or, dont on fabriqua pour la valeur de 1 ,801 ,980 francs, 
savoir : 90,099 pièces de 20 francs ('). 

Par une loi du 28 septembre 1816, le système du florin 
contenant 9,613 grammes d'argent fin, Tunité nK)nétaire, 
divisé en 100 cents, fut établi dans le royaume des Pays- 
Bas, avec le maintien du double étalon, qui fut toutefois 
abandonné par la loi du 26 novembre 1 847, n" 69, adoptant 
leialon unique d'argent. 

Le baron de Stassari avait vainement fait ressortir, dans un 
discours très-remarquable, prononcé dans la seconde cham- 
bredesétatsgénéraux, l'intérêt qu*il y avait pour les Pays-Bas, 
en réformant son système monétaire, de le mettre en rap- 
port avec le système monétaire français, de manière que le 
florin représentât exactement la valeur de la pièce de 2 francs. 

('} ^^- notre Histoire numiêmatique du royaume de Hollande sous 
te régné de S, M. Louis- Napoléon, pp. 1 07-1 09. 

(*) Voy. Dotre Histoire numismatique de la Hollande pendant la 
réunion à t empire français, p. 204. 

p) Ibid., p. f07. 



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— 5K0 — 

Un coup d'oeil sur les phases diverses de la question de 
décimalisation du sovereign et de celle de runiformité 
monétaire en Angleterre, en rapport avec la question de 
l'adoption du système métrique, suffira pour convaincre 
nos lecteurs combien elles ont acquis de popularité dans 
l'esprit de la nation anglaise, et que ce n'est ici que la téna- 
cité de son gouvernement, jouissant d'une réputation on 
ne peut plus usurpée de libéralisme, qui refuse obstinément 
au peuple une réforme si importante, que les représentants 
du commerce, les économistes et l'opinion publique, qui 
s'est prononcée avec une énergie qui fait le plus grand 
honneur à l'esprit pratique des Anglais, demandent depuis 
si longtemps avec tant d'instances. 

En 1824, lord Wrollesley proposa dans la Chambre 
des communes de décimaliser les monnaies, en établissant 
l'équation : 10 doubles shillings 8=s l,OOU farthings. 
Cette proposition fut écartée, en raison des inconvénients 
qu'on prétendait qu'amènerait son adoption. En 1841 et 
et en 1843, des commissions chargées d'examiner la ques- 
tion arrivèrent à la même conclusion. Le 27 avril 1847, 
la question fut portée devant le Parlement, par une motion 
de sir John Bowring, demandant la création des pièces 
d'argent de V*<^ ("^ schillings) et de *liw du sovereign ou 
de la livre sterling. Grâce è l'influence de feu S. A. R. le 
prince Albert, la première de ces pièces fut frappée sous 
le nom de florin (*) , le reste de la motion fut rejeté. 

(>] Voy, sur TincideDt qui obligea de retirer immédiatement delà 
circulatiou la première émission de celte ocuvelle monnaie décimale, 
frappée en 4849, notre traité État de la question de VuniformUé du 
monnaies, des poids et des mesures, p. 9. 



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— 351 — 

Une commission parlementaire, chargée d'examiner de 
nouveau la question de décimalisation monétaire, fut nom- 
mée le 12 avril 18S3, à la suite d une motion de M. Brown 
à la Chambre des communes. 

Son rapport, qui fut déposé le l"' août de cette même 
année, était trés-favorable à cette réforme et concluait que 
si le gouvernement britannique agissait avec énergie, les 
obstacles n'étaient pas de nature à faire douter de l'opportu- 
nité de l'introduction du système décimal pour les monnaies. 
Mais aussi ce rapport n'amena aucun résultat pratique. ' 

En juin 18S4, Tinitiaiive privée fonda en Angleterre, 
soQs le nom de « décimal association^ » une société chargée 
d'agir en faveur de l'adoption d'un système décimal de 
poids, mesures et monaies. M. Brown, son président, pro- 
posa au Parlement, le 12 juin 1855, la création de mon- 
naies d'argent, « cetits, » représentant *lm c!e la livre, et de 
pièces de cuivre, « f/)t7s^ » de */iooo de la livre. 

Après un long débat dans la Chambre des communes, 
cette proposition fut rejetée. Une nouvelle commission, 
composée de trois membres : lord Monteagle of Brandon, 
lord Overstone et M. Hubbard, Esq., fut chargée d'étudier 
la question. Une grande enquête fut ouverte, des rensei- 
gnements furent demandés aux nations étrangères, chez 
lesquelles le système décimal est en vigueur, etc. Le 
4 avril 1857, cette commission fit un rapport préliminaire, 
et le 5 avril 1859, elle apportait sa conclusion, dont il 
résultait qu'il ne semblait pas désirable, tant que le système 
en vigueur des poids et mesures resterait intact, et aussi 
longtemps qu'on laisserait indéterminé le principe sur lequel 
doit s'appuyer sa simplification, de troubler les vieilles 



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— 352 - 

habitudes du peuple en ^rd aux monnaies en usage en 
Angleterre, par Tessai partiel d*un principe nouveau dans 
le système monétaire isolé. 

En 1861 y les chambres de commerce en Angleterre se 
sont prononcées à l'unanimité pour l'adoption du système 
métrique. 

En. 1862, une grande enquête fut ouverte relativement 
& la question de l'adoption du système métrique dans la 
Grande-Bretagne. Le 8 avril, la Chambre des communes 
avait résolu d'établir un comité pour examiner la question, 
ce comité, composé de quinze membres, fut nommé le 
V mai suivant, et publia son rapport, qui fut on ne 
peut plus favorable à l'adoption du système métrique, le 
15 juillet de cette même année. Dans ce rapport, le comité 
ajouta la déclaration que les témoignages produits devant 
lui tendaient à le convaincre qu'un système décimal moné- 
taire devrait, aussi près que possible, accompagner un 
système décimal de poids et mesures. 

Au mois de septembre 1864, la section F (Economie 
science and statistics) de la British Association for the 
advancement of science, qui se vit réunie à Bath, proclama 
entre autres que l'adopûon du système métrique, comme 
'étant le meilleur des systèmes décimaux, serait très-dési- 
rable , tandis que la réunion dite International Associa- 
tion for obtaining an uniform décimal system ofmeasures, 
weigths and coins {british branch), poursuit constamment 
avec zèle sa tâche importante. Un article de YÊconomiste 
anglais, du 15 septembre 1866, a fait ressortir avec force 
les avantages de l'union monétaire entre les divers peuples, 
tels que Hegewisch les avait sommairement indiqués. 



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— 355 — 

L'association des chambres de commerce en Anglelerre, 
dans sou adresse au secrétaire d'É(at de Sa Majesté, votée 
dans sa réunion du 27 novembre 1868, a exprimé Tespoir 
qu il sera conclu un arrangement de nature & empêcher le 
commerce britannique d'éire exclu des grands avantages 
d'un système monétaire international. 

Ce vœu émis en termes aussi positifs par les représen- 
tants du commerce de la Grande-Bretagne, devrait au 
moins déterminer le gouvernement anglais à ne pas priver 
plus longtemps le commerce de son pays d'une mesure 
aussi importante pour lui. On verra plus loin ce que le 
gouvernement anglais a fait à cet égard. 

Par la convention monétaire de Dresde, du 30 juil- 
let 1838, un accord fut établi entre divers États de la Con- 
fédération germanique pour ce qui concernait les espèces 
d'argent. 

Par le traité monétaire de Vienne, du 24 janvier 1857, 
on adopta, dans toute TAIlemagne, à l'exception du Schles- 
wig, du Holstein et des villes libres de Hambourg et de 
Brème, la livre de SOO grammes d'argent pur {zoUpfund\ 
comme poids monétaire, et les monnaies d'argent comme 
étalon commun, sous les trois termes de l'équation, 2 iha- 
1er = 3 florins d'Autriche = 3 */« florins de Francfort. 
L'or ne fut admis que comme monnaie de commerce sous 
la forme de couronnes et demi-couronnes de 10 et de 
3 grammes d'or pur. 

Au mois de mai 1861, la diète commerciale {Handels- 
tag) réunie à Heidelberg, proposa, dans son projet tendant 
à introduire en Allemagne le système décimal pour les 
monnaies, tout en conservant le vereins thaler comme 

&« SâEIB. — TOVB I. 33 



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^ 35i - 

grosse monnaie, de recommandbr comme unité de compte 
générale allemande pour l'avenir^ le tiers du thaler sous la 
dénomination de marc, subdivisé en iOO pfennigs. 

On frapperait des thalers ou pièces de 3 marcs, des 
pièces de 2 marcs, d'un marc, d'un demi-marc, ou pièces 
de ^0 pfennigs f et des pièces de 20, de 10, de 5, de 2 et 
d'un pfennig. 

En 186S, le Handestag de Francfort, en confirmant le 
vœu précédent pour la création du marc, subdivisé en 
\ 00 pfennigs, demanda l'émission d'une monnaie d'or à 
Vio de fin, représentation exacte de la pièce de 20 francs, 
qui serait admise dans les caisses publiques à un cours fixe 
notifié à des époques périodiques. 

Le Bremer Handelsblatt, du 24 novembre 1866, émit le 
vœu que Tor français pût être admis dans la circulation de 
l'Allemagne du Nord, sur le pied de 5 thaler devant con- 
stituer la monnaie divisionnaire du napoléon de 20 francs. 

Une manifestation des plus imposantes en faveur de 
l'uniformité internationale des monnaies eut lieu au congrès 
de r Association intei^nationale pour le progrès des sciences 
sociales, tenu à Bruxelles en septembre 1862. 

Dans la séance du 25 septembre, b** section (économie 
politique), nous eûmes Tlionneur d'être le premier, comme 
l'a rappelé en termes si gracieux M. le conseiller d'État 
Bachiene ('), à agiter cette question importante au sein 
d'une réunion de savants illustres, d'esprits distingués et 
d'amis du progrès de toutes les nations de l'Europe (';. 

(») De internationale Munt-conferentie in 4867, door Ph,-J. Bacbibni 
(extrait de VÉconomiste, 4868), p. 26. 
(■) Annales du congrès de Bruxelles, 4862, p. 688. 



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— 555 — 

U sympathie unanime et les applaudissements prolongés 
avec lesquels la proposition de M. Emile de Girardin fut 
accueillie par cette assemblée internationale , tendant h 
déclarer comme un progrès social l'adoption des mêmes 
monnaies dans les divers pays de l'Europe {*), a évidem- 
ment dû contribuer & convaincre les gouvernements de 
l'utilité et de l'opportunité d'une si belle réforme. 

En septembre 1863, le congrès international de statis- 
tique a Berlin recommanda, pour les monnaies, le système 
au titre décimal, chaque pièce à frapper au titre de ^/«odefin. 

Au congrès de l'Association internationale pour le pro- 
grès des sciences sociales, tenu à Amsterdam en septem- 
bre 1864, la question du double étalon fut vivement 
discutée. Après un long débat sur les moyens pratiques par 
lesquels on arriverait à réaliser, dans un avenir prochain, 
l'uniformité des monnaies, des poids et des mesures, 
auquel nous nous étions mêlé pour faire ressortir qu'il 
s'agissait avant tout de convaincre les gouvernements de la 
nécessité de cette réforme, opinion qui fut appuyée par 
M. Demeur de Bruxelles et M. Hcrmitte de Bordeaux, 
dans leurs discours prononcés avec tant d'éloquence, une 
commission fut instituée, sur notre recommandation et sur 
la proposition de M. Wichmann père, de Hambourg, pour 
arriver à l'uniformité des monnaies, des poids et des me- 
sures. Cette commission, comptant parmi ses membres un 
grand nombre de célébrités européennes, nomma M. Wich- 
mann père président et M. Wichmann Bis secrétaire (*). 



[') Annalet du congrès de BruxeVes, 486!2, p. 689. 

C] Annales du congrès d^ Amsterdam, 4864, pp. 688-707 et p. 79. 



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- 356 — 

Au congrès de cette même Association internationale , 
en 1865y à Berne, M. Edouard Sève, de Bruxelles, en Tab- 
sence de M. Wichmann, présenta, au nom de la commis- 
sion instituée au congrès d'Amsterdam, un rapport sur ses 
travaux, tandis que les points suivants, après avoir été mis 
aux voix, furent adoptés : 

1° Déclarer la commission internationale permanente 
et lui donner le pouvoir de former des comités nationaux 
dans tous les pays ; 

2*" Mettre la commission en rapport direct avec la société 
anglaise poursuivant le même but, afin de tâcher, par des 
relations réciproques, de travailler conjointement avec elle 
à la réalisation de cette œuvre si importante pour l'huma^ 
nité (propositions des membres néerlandais); 

3" S'adresser, par écrit, aux divers gouvernements de 
TEurope, afin de les engager à prendre des mesures qui 
pourraient conduire à la réalisation de cette uniformité si 
désirable (proposition de Tauteur de cette notice) ; 

i"" Charger M. Bachiene, conseiller d'État, et le comte 
Maurin Nahuys de la rédaction de la llettre aux gouverne- 
ments, maintenir MM. Wichmann père et fils dans leurs 
fonctions, l'un de président et l'autre de secrétaire de la 
commission internationale, et leur voter des remerclments 
pour le zèle dont ils ont fait preuve (proposition de 
M. Ed. Sève^*). 

Un projet d'adresse aux divers gouvernements fut déposé 

(*) Annakè du congrès de Berne, 4865, pp. 604-635. ^.Circulaire de 
M, Wichinann, du 22 août 4865. — Aevtia /n'mMln0//e, octobre 1865, 
p. 265. 



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— 557 - 

dans l'assemblée générale de l'Assoeiation internationale 
pour le progrès des seienees sociales, du 19 octobre 1866, 
à Bruxelles, par les deux membres qui avaient été chargés 
de sa rédaction. Celte lettre resta toutefois en état de 
projet, par suite des incidents déplorables qui se produi- 
sirent dans les assemblées générales du 12 mai et du 
9 juin 1867, et qui ont placé ladite association dans une 
situation d'inaction, qui malheureusement n*a pas encore 
cessé d'exister. 

MM. Wichmann, père et fils, ayant donné leur démis- 
sion comme président et secrétaire de la commission 
internationale pour arriver à l'uniformité des monnaies, 
des poids et des mesures, MM. Louis Geelhand de Merxem, 
de Bruxelles, et Maurin Nahuys, d'Utrecht, furent nommés 
en leur place par le conseil d'administration, le 19 octo- 
bre 1866. M. le conseiller d'État Bachiene, de la Haye, 
qui par sa science avait rendu dos services si importants 
à l'œuvre de l'unification des monnaies, poids et mesures, 
avait cru ne pas devoir accepter le titre de président ,<). 
On doit reconnaître que l'élection de M. Louis Geelhand, 

(*) De Internatiùnaie MutU-eonfertntie in 1867, door Ph.-J. Bachibnb 
(extrait d6 VÉconomiite, 4868), p. 29. Relativement à la démissioo de 
UU. WichmaoDp dous croyons devoir reproduire ici un passage de la 
circulaire de M. N.-D. V^icbmann, du 22 août 4865, p. 6. « En môme 
temps, je vous prie, si la proposition de déclarer notre commission per- 
manente était acceptée , de nommer un autre président et un autre 
secrétaire, lesquelles fonctions nous avons seulement acceptées pour ne 
pas laisser tomber entièrement une si grave question. 

• Je prends encore la liberté de proposer de nommer M. le conseiller 
dïtat Bachiene, président, et M. le comte Maurin Nahuys, secrétaire, 
persuadé que dans leors mains TailBâre sera le mieux soignée. » 



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— 3»8 — 

qui est tout à la fois un économiste et un numismate 
distingué, était des plus heureuses. 

Pour ne pas se voir condamnée à Tinaciion et afin 
d'empêcher la commission internationale de partager le 
triste sort de TAssociation inlernalionale pour le progiès 
des sciences sociales, dont elle était émanée, ladite commis- 
sion décida, le 2 juin 1 867 : 1" de se constituer en commis- 
sion indépendante de l'Association internationale sous le 
nom de Commission internationale pour l'unité moné- 
taire ; ^ de concentrer ses efforts exclusivement sur l'uni- 
formité à apporter dans los monnaies, vu que, comme 
M. Wichmann Tavait dit déjà (*), « la question des poids 
et des mesures est décidée et qu'on est en train de préparer 
les voies pour son introduction ; » 3"* d'adresser une circu- 
laire aux délégués des divers Étals de l'Europe qui se 
rendraient à la conférence monétaire internationale de 
Paris. 

A Paris, le congrès de statistique constitua, en 1855, 
un comité international pour rechercher les* moyens les 
plus propres à réaliser le grand projet de l'unification des 
monnaies, des poids et des mesures, et il plut & S. M. l'em- 
pereur Napoléon III de donner une preuve éclatante de 
rintérél qu'il portait à cette œuvre, en mettant à la dispo- 
sition de cette association son propre salon au palais de 
rindustrie, où rassemblée tint ses séances sous la prési- 
dence du baron Rothschild. A Texception de la section 
anglaise, on n'a plus rien appris des opérations de cette 
association. 

(*) Circulaire de M. Wichmann de mai 4865, p. 4. 



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- 359 — 

En 1865, le gouvernement Trançais prit l'initiative en 
faveur d'un système monétaire international; ses efforts 
amenèrent la conclusion de la convention monétaire du 
23 décembre 1865, entre la France, la Belgique, Tltalie et 
la Suisse. Par ce traité, qui a établi Tuniformilé complète 
des monnaies des États précités, il Tut convenu que, dans 
chacun de ces pays, les espèces seraient frappées dans des 
conditions identiques de poids, de litre et de diamètre; 
que les pièces de S francs d'argent continueraient à être 
frappées au titre de 900 millièmes de fin, tandis que les 
pièces d'argent de 2 francs, d'un franc, de 50 et de 20 cen- 
times seraient fabriquées au titre de 835 millièmes de 
fin V- Psr conséquent, la pièce de 5 francs constitue 
aujourd'hui l'unité monétaire de ce système, tandis que la 
pièce d'un franc, qui reste l'unité de compte, est transfor- 
mée ainsi que la pièce de 2 francs en monnaie d'appoint {*\ 

Le double étalon d'or et d'argent, non détruit, mais 
affaibli par cette convention, est maintenu et représenté 
d'une part par les pièces d'or de 20, 1 et 5 francs, et 
d'autre part par la pièce de 5 francs d'argent. 

En conservant l'étalon d'argent, il ne fallait jamais 

n En France, une loi du 3 mai 4 864 avait réduit déjà le titre des 
pièces d'argent de 50 et de 20 centimes, de 900 millièmes à S35 millièmes 
de fin, tandis qu*en Suisse, la loi fédérale du 31 janvier 1860 avait 
réduit le titre des pièces de % francs, d*un franc et de 50 centimes au 
titre de 800 millièmes de fin. 

n yoy- les nouvelles pièces divisionnaires françaises d'argent de 
S francs, d'un franc, de 50 et de 20 centimes, Revue de la numismcUique 
Mge, 4« série, t. Y, pi. V, et les nouvelles monnaies belges d'argent de 
5 francs, de 2 francs, d'un franc et de 50 centimes, Be^me delà numiê- 
maliqw belge, 4« série, t. iV, pi. XIX. 



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— 560 — 

affaiblir le dire des pièces d'un franc et de 2 francs, attendu 
que Tunité monétaire et ses multiples forment la véritable 
monnaie légale, et que par conséquent ces pièces doivent 
toujours valoir autant comme matière que comme mon- 
naie, sauf la retenue sur le métal des frais de fabrication. 
Nous avons condamné ce procédé comme étant vicieux(*), 
en recommandant un moyen facile, simple, éminemment 
pratique, et dont la base économique concorde avec les 
règles de la probité financière, qui fournirait aux États, 
dont la monnaie devrait subir une entière réforme, le 
moyen de compenser plus que suiBsammenl les frais d'une 
refonte et ceux d'une fabrication nouvelle. Ce moyen coth 
siste à retirer de la circulation une valeur en métal 
précieux, employé aujourd'hui inutilement; c'est-à-dire en 
y substituant, pour les monnaies divisionnaires d'argent 
de 50 et de 20 centimes, le nickel, le bronze, le bronze 
d'aluminium, ou tout autre métal peu coûteux (*)• 



P) Voy. notre brochure de rÉtabUsiement d'une monnaie univer- 
Mto, 4865, pp. Uet46. 

(') Ibid,, pp. 8-48. Cette mesure a été appliquée en partieen Belgique. 
Une loi du 20 décembre 4860 ayant substitué aux pièces d*argeDt de 
20 centimes des pièces de nickel de 20 centimes. 

Le moyen proposé par nous dans cette brochure n*a pas échappé à 
Tatlention de beaucoup de personnes, qui en ont reconnu Tutilité. 
Tandis que S. Exe M. Charles Rogier, ministre des affaires étrangères 
à Bruxelles, nous fit Thonneur de nous adresser, le 22 décembre 4865, 
ses félicitations sur ce travail, S. Exe. M. Drouyn de L*Hoy8, ministre 
des affaires étrangères à Paris, noua écrivit le 20 décembre 4865: « Celte 
publication, dont j*ai pris connaissance avec intérêt, m*a paru de nature 
à être mise utilement à la disposition de la conférence monétaire inter- 
nationale qui siège en ce moment à Pari?, et dans laquelle sont repré- 



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— 961 — 

La eonv€ntion monétaire du 23 décembre 186K| con- 
clue entre la France, la Belgique, l'Italie et la Suisse, 
est iocontestablement de la plus haute importance; elle 
peut être considérée, sauf les modifications dont elle 
pourrait erre susceptible, comme ayant posé la 'base du 
système qui est appelé à devenir celui de la monnaie uni- 
verselle. Par elle, il a été établi un système monétaire 
international, autour duquel l'agglomération des législations 
monétaires des divers États peut s'effectuer sans trop de 
difficultés et sans froisser l'amour-propre national, attendu 
qu'il est exempt de tout caractère qui soit propre à une 
nation particulière; c'est un système monétaire international 

sentéeB la Fraoce, la Belgique, Tltalie et la Suisse. » Par lettres de 
S. Exe. le ministre des affaires étrangères à Berlin, du 9 octobre et 
20 décembre 4866, n«« 45078 et 48978, nous fûmes instruit que la 
question importante de Tuniformité monétaire a fait depuis long- 
temps Tobjet des méditations sérieuses du gouvernement de S. M. le 
roi de Prusse, et que nos travaux relatifs à ce sujet avaient été remis à 
S. Exe. le ministre du commerce pour qu'il en prit connaissance. 
M. R. Chalon, le savant président de la Société royale de numismatique 
de Belgique, dans son compte rendu de notre brochure IRemte de la 
nunUimatique belge, 4« série, t. IV, p. 464), a recommandé la mesure 
proposée par nous comme étant « un moyen honnête qui peut être 
Dtilement employé. > Aussi, M. Camille Picqué, l'honorable secrétaire 
de ladite Société, a rappelé récemment ce moyen dans son excellent 
article sur V Uniformité monétaire (Revue trimestrielle, %• série, t. XX, 
octobre 4868), en citant le susdit compte rendu de notre travail par 
M. Chalon, et il nous a fait Thonneur de juger très«favorabIement la 
proposition faite par nous, en disant qu'il n'y a • rien de pins Juste ni 
de plus pratique. » 

Nous croyons avoir démontré clairement dans cette brochure, pp. 8-4 8, 
que leff pièces divisionnaires ou d'appoint ne peuvent pas élre consi- 
dérées, dans Tacceptation du mot, comme étant de la monnaie. 



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en vigueur chez plusieurs peuples différents^ qui par con- 
séquent ne porte l'empreinte d'aucune nationalité. 

Ainsi que nous l'avions prédit en 18GK (*)j la réunion à 
Paris des représentants de la France, de la Belgique, de 
l'Italie et de la Suisse, qui eut pour résultat la conclusion 
de ladite convention, a été le précurseur de la grande et 
officielle conrérence monétaire internationale de 1867. 

Ayant acquis l'heureuse certitude que la plupart des 
gouvernements européens, avec lesquels nous nous étions 
mis en rapport direct, étaient d'accord sur la grande utilité 
de l'unificntion des monnaies, ce n'était plus qu'une confé- 
rence de délégués des divers États, dans laquelle tous les 
problèmes relatifs aux monnaies seraient examinés, qui, 
selon notre opinion, offrirait un moyen pratique à la 
solution de cette question importante. 

MM. Demeur et Hermitte émirent le vœu qu'une telle* 
réunion de délégués des divers peuples pût se réaliser (*); 
nous recommandions une conférence monétaire interna- 
tionale dans nos deux brochures relatives à cette ques- 
tion ('), tandis que nous nous hasardions de nous adresser 
à S. M. lempereur Napoléon III, par lettre du 26 septem- 
bre 1865, pour le prier de vouloir prendre l'initiative 
pour réunir une conférence de délégués officiels des divers 
États. Le 1"' décembre de la même année, nous nous 

(*) Del*Êtabli$$ement d'une monnaie universeliet 4866, p. tï, 

(*> A nnales de F Association internationale pour le progrès des sciences 

sociales, congrès d'Amsterddm, 4864, pp. 702-704 et 706-707. 
(■] Étal de la question de ^uniformité des monnaies, des poids et des 

mesures, 4 865, p. 44 ; de l'Établissement d'une monnaie universelle, 4 865, 

p.». 



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— 563 - 

adressions, dans le même but, à Leurs Exe. MM. Drouyn 
de L'Huys, ministre des affaires étrangères, et Acbild Fould, 
mmîstre des finances, à Paris, en soumettant ce projet à 
lenr jugement éclairé. Le 36 septembre 1865, nous nous 
adressions également à S. Exe. le comte de Bismark-Schôn- 
hausen, ministre président à Berlin, pour le persuader de 
Futilité d'établir un rapport entre les monnaies allemandes 
et celles de la France, de la Belgique, de l'Italie et de la 
Suisse, convaincu que si S. M. le roi de Prusse daignait 
prendre Finitiative d'une telle réforme, les États de la 
Confédération germanique ne larderaient pas à suivre 
l'exemple donné par la Prusse. 

C Maurin Nahuys. 

« (Pour être continué.) 



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— 5«* — 



CORRESPONDAKGB. 



Lettre de M. Baudouin de Jonche d M. R. Chalon, président 
de la Société royale de Numismatique. 



Bruxelles, le 49 mai 4869. 

Monsieur le Président, 

Vander Chijs, dans son Mémoire sur les monnaies des 
ducs de Brabant, cite parmi les pièces frappées sous le 
régne de Jean l\\ le kleine gouden moetoenj of mottœnke 
(le petit mouton d'or ou aignel). 

Cette monnaie a été forgée à Maestricht, entre le t.8 dé- 
cembre 1418 et le l** septembre 1419. 

Il résulte des comptes de la monnaie ()u'il n'en a été frappé 
que 820 pièces seulement. 

Vander Cliijs n'avait pas vu cette monnaie qui n'exis- 
tait dans aucun cabinet de Hollande et de Belgique; mais il 
avait entendu dire qu'un amateur français en possédait un 
exemplaire. Cet amateur était M. Dassy, de Meaux, dont la 
vente a eu lieu à Paris, le 3 de ce mois. Vaignel de 
Jean IV figurait au catalogue sous le n** 1665, et c'est ce 
seul exemplaire connu qui, maintenant revenu en Belgique, 
fait partie de ma collection. 



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Fiiqc 364-. 




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- 56» — 

Inutile de faire remarquer que c'est une imitation assez 
sentie des aignek français de Charles VI. Nous avons^ 
malheureusement, toujours été un peu trop enclins à imiter 
DOS voisins du Midi. {Voir planche ci-contre.) 

J'ai cruy Monsieur le Présidenl, que celte conquête pou- 
vait intéresser les lecteurs de la Revue, et je me suis 
empressé de vous en faire part. D'autres pièces brabançon- 
nes inédites se trouvent aussi dans ma naissante collection. 
Si vous jugez qu'il puisse être utile à la Revue de les 
publier, je me ferai un devoir de les mettre à votre disposi- 
tion. 

Veuillez agréer, etc. 

Baudouin de Jonche. 



Extrait d'une lettre de M. ravocat Serrure à M. Ghalon, 
président de la Société. 



Comme vous êtes sur le point de publier une nouvelle 
livraison de la Revue, je vous engage à mettre au concours 
la question suivante : 

« Depuis quelle époque et jusqu'à quelle époque a-t-on 
• frappé, sous les empereurs ronaains, des médaillons de 
« deux cuivres. Décrire ceux que l'on connaît. Indiquer les 
u procédés de fabrication, etc. n 

La Société offre un exemplaire de la Revue à celui qui 



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- 366 — 

fournit le meilleur travail sur la numismatique ancienne. 
Voici un sujet qui vous attirera la colloboraliou de numis- 
mates étrangers, de iM. Cohen, peut-être; ne pourrait-on 
pas le recommander spécialement («) ? 
Veuillez, etc.. .. 

C. A. Serrure. 



(*) Nous nous empressons de satisfaire aa désir de notre savant 
confrère. 

{Note de la rédaction,] 



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567 — 



ACTES OFFICIELS. 



Monnaie de cuivre de i et 2 centimes. 



TYPE ET DIAMÈTRE. 

LÉOPOLD 11, Roi DES Belges, 
A tous pr<fsent8 et à venir, salut. 
Vu les art. 2 et 10 de la loi monétaire du !21 juillet 186C; 
Voulant régler le type et le diamètre des monnaies de cuivre 
de I et de 2 centimes ; 
Sur In proposition de Notre Ministre des finances^ 

Nous avons arrêté et arrêtons : 

Art. I^. Les monnaies de cuivre porteront, d'un côté, notre 
chiffre sommé d'une couronne royale, pour légende les mots : 
LéopoLDiijUoi DES UELGES, ct au bos le millésime; et de l'autre 
côté, le lion belge appuyé sur la table de la Constitution, en 
liaul la devise nationale : l'union fait la force, et au bas l'indi- 
cation de la valeur. 




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Art. 3. Les pièces auront respectivement vingt et un milli- 
mètres et demi et seize millimètres et demi de diamètre, et 
seront frappées en virole cannelée. 

Art. s. Notre Ministre des finances est chargé de rezécution 
du présent arrêté» 

Donné à Laeken, le 27 mars 1869. 

LÉOPOLD. 
Par le Roi : 

Le Ministre des finances, 
Frèrb-Orban. 



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— 569 



NfilANGES. 



Recherches sur les empereurs qui ont régné dans les 
Gaules, au m" siècle deVère chrétienne, par J. Db Witte. 
Lyon; imprimerie Louis Perrin. 1868, iQ-4% 202 pages 
et 49 planches (première partie). 

Voici bien le plus splendide et le plus important 
ouvrage de numismatique qui ait paru depuis longtemps. 
Celte première partie comprend les plancbes; au nombre 
de quarante- neuf, et leur description. 

L'ouvrage, proprement dit, l'histoire des empereurs 
romains qui ont régne dans les Gaiiles, histoire difficile et 
obscure, que M. De Wiltc est parvenu à reconstruire à 
l'aide des monuments monétaires et épigraphiques, suivra 
de près cette première partie. L'auteur semble ne l'avoir 
livrée que pour calmer l'impatience des amateurs. H n'a 
fait que redoubler l'envie d'avoir le reste. 

Nous reviendrons sur ce livre quand il aura paru en 
entier. 

R. Ch. 

Periodica di numismattca e sfragistica per la storia d'Ita- 
lia, diretto dal March. Carlo Strozzi. Firenze, 1869, 
in-8'. 

La cinquième livraison de la nouvelle Revue nutnisma" 
5*s6Rn. — TomrI. 24 



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— 370 — 

tique de IM. le marquis Strozzi se compose des articles 
suivants : 

1"* Deux monnaies de la reine Philistide, par M. le pro- 
fesseur Antonino Salinas. 161 pages et une planche. 

On peut consulter, sur cette reine grecque de la Sicile, la 
dissertation inaugurale de l'université de Giessen, pour 
Tannée 4825, par M. Frédérik Osann : de Philhtide Syracu- 
eanorum regina. 

3** Lettre de M. le commandeur Lopez à M. le directeur 
du Periodico. — Supplément à Thistoire^le la monnaie de 
Parme du père Irénée Affô, par le même M. Lopez, ancien 
directeur du Musée royal d'antiquités à Parme. 15 pages. 

M. Lopez se plaint, dans sa lettre, du retard qu'a éprouvé la 
publication de son Mémoire dans laRcvue d'Asti. Il l'envoie donc 
au Periodico du M'* Slrozzi, « cV Ella saggiamente dirige. i> 

3° Le musée Bottacin annexé à la bibliothèque et au 
musée de la ville de Pâdoue, par M. Carlo Kûnz \suite). 
\ S pages et une planche admirablement gravée par l'auteur. 

4** Monnaies obsidionalcs inédites de Volierra, Empoli, 
Lecco, Casale et Sabbioneta, par M. Carlo Morbio. 6 pages 
et une vigneue. 

R. Ch. 



Le n^ 6 de la Revue numismatique française, qui ter- 
mine le volume de 1868, contient les Mémoires suivants : 

1" Lettres à M. A de Longpérier sur la numismatique 
gauloise. — XXIX* lettre. Révision des dix premières 
lettres, par M. F. de Saulcy. 14 pages et 4 vignettes. 

Quand M. de Saulcy croit devoir modifier une opinion émise 



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— 571 - 

par laîy il n'hésite jamais à le faire, et de la meilleare grâce du 
monde. Cette franche modestie sied à la force. L'obstination 
dans l'erreur, au contraire, est le fruit ordinaire de l'ignorance 
vaniteuse et d'un esprit étroit. 

2" De quelques espèces de monnaies grecques mention- 
nées dans les auteurs anciens et dans les inscriptions {suite 
et fin)y par M. F. Lenormant. 13 pages. 

3* De la numismatique de Pescennius Niger , par 
M. H. Cohen. 14 pages et une planche. 

i'' Numismatique byzantine. Les deux Gabalas, Léon et 
Jean, seigneurs de Rhodes ^u xui* siècle, par M. A. De 
LoNGPÉRiER. 7 pages et 2 vignettes. 

5" État actuel de la numismatique de Toul. Monnaies 
mérovingiennes, par M. Ch. Robert. 14 pages et une 
planche. 

6* Trouvaille dç petites pièces du moyen âge frapppées 
en Alsace, par M. le baron de Pfaffenhoffen. 8 pages et 
une planche. 

7* Chronique. 21 pages. 

R. Ch. 



Eêsai sur Vatelier monétaire de Falenciennes et sur le 
monogramme de la monnaie des comtes de Hainaut, par 
L. Cellier, Valenciennes (1869), in-8% 32 pages et une 
plKnche. 

L*auteur de cet essai, archiviste à Valenciennes, a réuni 
différents passages de chartes et chroniques où il est parlé 
de la monnaie de cette ville. Son travail tend à prouver 



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~ 372 - 

que le type, si spécial, de la monnaie du Hainaui, type 
que le chroniqueur Wicart appelle Yestaple^ n'est que la 
marque qu'on apposait sur les marchandises vendues au 
libre marché, à Vétape de Valenciennes ; que ce signe n*a 
rien de commun, ni aucune ressemblance avec l'initiale de 
Hannonia, etc. 

M. Ch. Robert a publié, dans cette revue (1859, p. 133), 
un denier carlovingien , au temple à double fronton, 
nuance intermédiaire entre le ilenicr primitif et le petit 
denier muet donné planche VI, n** XLII, du Supplément 
aux recherches sur les monnaies du Hainaut. 




Le monogramme , le prétendu monogramme selon 
M. Cellier, est donc le temple carlovingirn dégénéré; — 
M. Cellier veut bien l'admettre — mais dégénéré en quoi? En 
estaple dit Wicart; en une eschélhy (iisent Simon Leboucq, 
Coquiau et une charte de iMarguerite de 135-1; en une 
chose quarrée dit un manuscrit de 1465. 

Une échelle, soit! on sait quelle est la figure d'une 
échelle, mais celle d'une étape ? à moins que ce signe 



<n> 



ne soit le plan du bâtiment où se tenait la franche foire? 



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- 373 — 

L'autre thèse que soutient M. Ciellier, c'est : 

« Qu'il n'y a jamais eu de monnaies du Hainaut, mais 
« une monnaie de Valenciennes adoplëe par les souverains 
« du Hainaut (page 8); que le comté de Valenciennes, 
« jusqu'au jour où il a été réuni à la grande famille fran- 
« çaisej a formé un état particulier, indépendant du comté 
« dans lequel il se trouvait enclavé, etc., » (même page). 

Il n'y a que des archivistes capables de refaire ainsi 
l'histoire ! 

Hais que dit M. Cellier des esierlins de Mons, si nom- 
breux, de Maubeuge, des pièces avec moneta Hannonie, 
moneta Montensis? Cette dernière, croil-il, a été faite 
par les monnayeiirs de Valenciennes, pnisqu*elle porte 
l'estaple. 

Quant è l'autonomie du comté de Valenciennes, où la 
trouver? Valenciennes envoyait des députés aux états,* le 
grand-bailli y exerçait son autorité comme dans le reste de 
la province. Les comtes de Hainaut n'ont jamais ajouté 
à leurs titres celui de comte de Valenciennes, et cette in- 
corporation remonte bien haut, puisque Gilbert, qui écri- 
vait au xn* siècle, dit en parlant de la comtesse Richilde et 
de son mari : « Comitntum Valencenensem comitatûs Hano- 
niensis et Castri JUontenaia konori addiderunt. En dirait-on 
plus en France du comté de Nice ou de la Savoie? 

La vérité est que Valenciennes avait des coutumes, des 
luis spéciales, comme beaucoup d'autres localités du Hai- 
naut, et que parfois le grand conseil de Malines a voulu 
auirer à lui et contester au conseil souverain de Mons la 
juridiction d'appel sur la ville et la banlieue de Valen- 
ciennes. 



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— 574 - 

Ces observations, que nous avons cru devoir faire, n'em« 
pèchent pas de reconnaître tout Tintérét que présentent 
les recherches de M. Cellier. Nous l'engageons, au con- 
traire, à les poursuivre, principalement pour les époques 
antérieures au Hainaut, sur lesquelles on a si peu de rensei- 
gnements. On connaît des monnaies carlovingiennes de 
Valenciennes, Valentianis portus; découvrira-t-on quelque 
triens mérovingien de cette localité? Qui oserait dire non? 

R. Ch. 



Obole Duno-Vendàmoise inédite, par M. Ch.. Bocchet. 
{Extrait du Bulletin de la Société archéologique, scteti- 
tifique et littéraire du Vendômoia. (Vendôme, typogra- 
phie Lemercier, 1869, in-8', 17 pages. 

L'obole qui fait le sujet de cette dissertation, et dont le 
Musée de Vendôme vient de s'enrichir, présente, d'un côté, le 
rhàlel tournois renfermant une fleur de lis; au-dessous, un 
croissant les pointes en bas, en haut, une croix, avec la 
légende : QTSSrPRIDVHI. 

Au revers^ une croix pattée, dans un cercle en grènetis, 
anglée au deuxième canton d'une fleur de lis, et la légende : 
* VIDOGIHSNSIS. 

Cette pièce singulière et qui semble provenir d'un 
mélange fortuit de coins dans la fabrication, se compose 
du droit d'une maille de Raoul de Clermont, vicomte de 
Chéteaudun (1259-1291), et du revers d'une maille de 
Jean V, comte de Vendôme (1271-1315). 

L'auteur ne s'explique l'existence d'une pareille pièce que 



i 



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— 576 — 

par une contrefaçon ou par une association monétaire. Il 
éearte, à cause de la gravure de la pièce, et sans doute, du 
titre de l'argent, la supposition d'une contrefaçon qui, du 
reste, eut été fort maladroite, et voit dans cette obole la 
preuve d'une association monétaire entre les deux seigneurs 
ci-dessus nommés, association dont il ne reste autre trace. 
Il serait curieux de savoir si le même atelier, les mêmes 
ouvriers ou le même entrepreneur n'ont jamais pu servir, 
à la fois, à fabriquer les monnaies des deux princes. On 
trouverait là l'explication de l'énigme. 

R. Gh. 



Monete dei Grimaldiy principi di Monaco^ raccolte ed illus- 
irale, dal cav^professoreGiaoLAMO Rossi.Oneglia, 1868, 
in-8% 113 pages et 10 planches. 

Monographie fort intéressante, mais dont, malheureuse- 
ment, les planches sont d'une exécution médiocre, surtout 
quand on les compare aux délicieuses gravures auxquelles 
nous ont habitués les ouvrages publiés en Italie. 

Tobiescn Duby et, depuis lui, M. A. de Barthélémy 
avaient avancé cette idée que l'origine de la monnaie de 
Monaco était une concession faite par Louis XIV, le 1 6 octo* 
bre 1643. C'était une erreur. L'ordonnance de Louis XIV 
ne fait que permettre, en France, la circulation des pièces 
de la principauté. Les princes de Monaco, à titre de souve- 
rains ne relevant d'aucun autre prince, ont naturellement 
pu frapper monnaie à une époque bien antérieure; et 



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- 576 - 

peut-élrC; un jour, retrou vcra-t-on de ces pièces qui ont 
échappé jusqu'à présent aux recherches des curieux. 

La plus ancienne qu'on puisse citer (bien antérieure 
du reste à Louis XIV), se trouvait dans la collection de 
M. B. Fillon (*). C'était un écu au soleil au type de ceux de 
Louis XII, et frappé au nom et aux armes de Lucien Gri- 
maldi, qui régna de 1 505 à 1 525 . L'authenticité de cette pré- 
cieuse monnaie avait d'abord été mise en doute. On disaitque 
dans les actes, même émanés de son gouvernement, Lucien 
n'avait pas pris letitre de prince, inscritsur la monnaie; qu'il 
se qualifiait seulement de seigneur souverain. Mais prin- 
ceps en latin veut-il dire autre chose? On essaya ensuite de 
prétendre que le G du mot LVG était une erreur du gra- 
veur, qui aurait dû mettre un D, et l'on donna alors la 
pièce au prince Louis I" (1662-1701), comme si à cette 
époque on eût pu songer à copier une pièce de Louis XII. 
Enfin, les doutes firent place à l'évidence. 

Le nombre total des pièces décrites par M. Rossi ne 
s'élève qu'à cinquante, qui se répartissent entre les princes 
suivants : Lucien (1505-1523); Honoré 11 (1605-1 662); 
Louisr(1662-1701);Antoiner(1701-1731);Honorélll 
(1732-1795), et Honoré V (1819-1841). Il reste là, sans 
doute, plus d'une l^une à combler. 

Le prince actuellement régnant, S. A. S. Gharles HI, n'a 
pas encore usé du droit de battre monnaie, qui lui a été 
solennellement reconnu par les traités. 

R. Gh. 

(*) Voy. Catalogue Jean Rousseau, préface, p. xxxui. 



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— 377 — 

Étude iur quelques monnaies en or et en argent de l'époque 
mérovingienne portant le nom de la ville de Trayes, 
par M. Julien Gréau. Troyes, 1867, in-8% 57 pages et 
8 planches. 

Cette monographie, fort intéressante^ ne se borne pas aux 
monnaies mérovingiennes; clic donne plus que ne promet 
son titre. Ce sont d'abord les monnaies gauloises des 
Tricasses, et, à leur occasion, une planche entière compre- 
* nant des monnaies des Carnutes, des Senons, des Cata- 
laiini, des Meldi, des Lingons, des Rémi, des Parisii. 
Puis vient une pièce de la transition^ un triens de Justin, 
au lype de la Victoire, ayant, dans le champ, les lettres 
A T, initiales, dit l'auteur, de Augustobona Tricasium, 
Dix-huit monnaies d'or et quatre deniers (saïgas) d'argent 
sont ensuite dëcri4s et reproduits sur deux planches. Mais 
le nombre total de pièces citées par M. Gréau est de trente. 
Vingt-six triens et quatre saïgas. 

Les autres planches reproduisent : 1"* une inscription 
lapidaire conservée au musée de l.yon; ^ une pointe de 
lance et trois haches de bronze conservées au musée de 
Troyes; 3' une Ggurine de bronze représentant, d'une 
manière archi-barbare, un quadrupède gros et massif, 
mais ayant des espèces de bois de renne ; 4"* deux haches 
ou coins de silex non poli, comme on en trouve partout. 

R. Ch. 



La Société française de numismatique, qui s'est subdi- 
visée en sections et qui est devenue un véritable institut 



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- 578 -- 

comprenaDt toutes les branches de l'archéologie et des 
sciences historiques^ depuis le blason jusqu'à la bibliogra- 
phie, vient de faire paraître les trois premiers cahiers de 
ses Mémoires. 

Ces trois cahiers, qui appartiennent aux sections de 
sigillographie, de céramique et d'archéologie monumentale, 
contiennent les travaux suivants : 

1° L'Armoriai des évéques de Troyes, par M. l'abbé 
CoFFiNBT, chanoine titulaire de la cathédrale de Troyes; 
avec 46 blasons gravés. 

S"* V Armoriai des évéques de Dijon, par M. Baudot, 
président de la commission archéologique de la Côle-d'Or; 
avec 10 blasons gravés. 

S** LesFaïences de Rouen^ par M. Possessb, auditeur au 
conseil d'État. 

4** Les Faïences d'Orléans, par M. le comte Arthur de 

BiZEMONT. 

5** Les Poteries antiques chez les peuples Scandinaves, 
par M. Léodzon Le Duc. 

6* Découverte d'un cimetière antique à Garin (Haute- 
Garonne), par M. Henry Poydenot. 

7* Antiquités romaines, byzantines, gallo-romaines et 
celtO'Cimbriques trouvées dans le Nord de l'Europe {prewkr 
mémoire), par M. Léouzon Le Duc. 

Pour faire juger de l'étonnante activité de cette jeune 
société, il nous suiRra d'énumérer les mémoires qu'elle a 
sous presse et qui vont paraître dans les cahiers suivants, 
ce sont : 

1* L'Itinéraire suivi par Jésus^hrist pendant ses pré- 



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— 579 — 

diaUions et sa passion^ d'après la topographie de la Terre- 
Sainte etdeJérusaletny par M. de Saulct^ sénateur, membre 
de rinslitut. 

f Les Musées de Paris, par M. Lemaitre. 

3° Nouveau système de chronologie, par M. Oppert, 
professeur à l'École orientale des langues vivantes. 

4* La Condition des femmes chez les anciens peuples 
Scandinaves, par M. Léouzon Le Duc. 

S*" Les Antiquités de Vienne en Dauphiné, par M. Froeh- 
NER, conservateur adjoint au Musée du Louvre. 

6* Découverte d'un cimetière gallo-romain au Pouzin 
(^Àrdèché), par M. le docteur Lamotte. 

7^ Étude, au point de vue de la métrologie gauloise, des 
dimensions de quelques monuments épigraphiques de l'anti- 
quité celtique et gallo-romaine, par M. Aurés, ingénieur 
en chef des ponts et chaussées. 

8* Dictionnaire des peintres miniaturistes, par M. Maze- 
Sbncier. 

9« Vies des saints, traitées au point de vue de la géogra- 
phie historique, ^Recueil de documents pour la géographie 
historique du moyen âge), par les membres de la section 
de géographie historique. 

Le Recueil des Mémoires ^ in-^**, est uniquement des- 
tiné aux travaux qui ne se rattachent pas directement à la 
science des médailles. La Numismatique proprement dite 
conserve exclusivement son orgfine,V Annuaire, d'un format 
différent, et dont le troisième volume va paraître. 

R. Ch. 



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- 380 - 

Nous apprenons avec plaisir que noire savant confrère, 
M. Tarchivisfe Alex. Pinehart vient d'être nommé corres- 
pondant de la Société impériale des Antiquaires de France. 
Cette honorable distinction n'a pas été prodiguée en 
Belgique. 

U. Ch. 



Un musée de timbres-poste vient d'élre installé dans 
une des salles de Tliôtel des Monnaies, à Paris, par les 
soins de M. Dumas, président de la commission. 

La collection des timbres-poste de France est complèir. 
Voici d'abord les timbres créés sous la seconde république; 
ils sont de 1 franc, de 40 c, de 25 c, de 20 c, de 15 c. 
et de 10c.; puis viennent les timbres du règne de Napo- 
léon III, formant deux émissions. Les derniers ont la face 
laurée et sont pointillés, comme les timbres anglais et 
belges. 

Une case momentanément inoccupée est destinée à 
recevoir les timbres de cinq francs, dont la création est 
décidée depuis déjà quelque temps, mais qui n'ont pas 
encore paru. 

Il y a également dans ce petit musée les timbres des 
colonies, avec l'aigle aux ailes déployées, ainsi que tous les 
timbres mobiles pour effets de commerce, depuis ceux de 
5 c. jusqu'à ceux qui coûtent 10 francs. 

{Étoile belge.) 



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- 38i - 

Essai sur larnumismatiqtêe de l'abbaye de Saint-Vaast. Par 

L. Da:«goisnb. Arras, 1869, in-4«, 39 pages et 4 pi. 

Il existe une série de pctils deniers d'argent fin, un peu 
plus grands et plus pesants que les artésiens, moins grands 
que les deniers français. Ces pièces d'un genre tout spécial 
et qu'on n'a, jusqu'ici, rattachées à aucun système, ont 
toutes, d'un côté, le mot Robert, Roberti, ou simplement 
rinitiale R, sans désignation de titre; de Tautre, Vedaste^ 
YedastUy Monetae^ Ego sum, Destera..., {poixv Dextra) et 
enfin la légende : Masvsrem. 

On se rappelera, peut-être, les contestations ultra-vives 
que souleva jadis l'attribution de ces monnaies, entre 
M. Alex. Hermand, qui voulait les donner à Robert 11 
d'Artois, et MM. Serrure fils et L. De Coster, qui, les 
croyant beaucoup plus anciennes, les revendiquaient pour 
Robert V\ ou pour son successeur. Robert, dit de Jéru- 
salem, comtes de Flandre (1 071^1 1 M). 

Depuis lors, ces deux opinions se partagèrent le monde 
numismatique; et, récemment encore, M. de VVismes, 
dans son magnifique ouvrage sur les monnaies de l'Ar- 
tois, renouvela les arguments employés par son compatriote, 
M. Hermand, et se rangea résolument de son côté. 

M. Dancoisne, lui, comme le juge dans V Huître et les 
plaideurs, donne tort aux deux contestants et adjuge l'ob- 
jet en litige à son abbaye royale de Saint-Vaast, d'Arras, 
dont le nom, du reste, Vedasle se trouve en toutes lettres sur 
quelques-uns de ces deniers. Pour lui, Robert, sans titre, 
n'est qu'un monétaire, un entrepreneur de la monnaie, 
comme les Philippe, les Arnol, les Gérolf et les Simon, 
sur d'autres monnaies flamandes du xn*' siècle. 



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— 382 — 

M. Dancoisne décrit et reproduit neuf de ces jolies piè- 
ces, et de plus, un grand denierde billon, genre français et 
d'un tout autre style, mais portant également la double 
légende MONSTA — ROBSRTI, pièce que M. B. Fillon 
avait fait connaître le premier, je pense, dans ses Lettres 
à M. Dugast-Matifeux (*), p. 1 68. 

Cette monnaie singulière a, d'un côté, pour type une 
espèce de monogramme, dans lequel M. Dancoisne voit une 
double crosse et les lettres M N V, qu'il lit : M{ofutsieriufn) 
N{obiliacufn) VÇedasti). 

M. Fillon y avait vu « un signe dont il ne pouvait 
n déterminer la valeur et les lettres NAM. n ]| proposait 
donc de la donner au comte de Namur (toujours Namur) 
Robert II, qui vivait an commencement du onzième siècle. 
Mais comme la pièce lui paraissait de beaucoup plus 
récente, c'était disait-il, une empreinte perpétuée. 

Nous n'avons pas cru devoir discuter ni même men- 
tionner cette attribution. 

Ce denier provient-il du même Robert qui a fait les neuf 
autres avec lesquels il n'a rien de commun ? La chose 
parait difficile à croire. Y a-t-il eu, à Saint- Vaast, dans 
les fonctions de monétaire, une succession de personnages 
du même nom, une dynastie de Robert? Ce serait plus 
admissible. 

INous avons parlé, ci-dessus, d'un&légende énigmatique 
qui se trouve sur l'un de ces petits deniers : MASVSREM. 
M. Dancoisne — et ici nous ne pouvons le suivre — pro- 
pose de lire M{onet)A S^ancti) \(eda$ti) ïiE^galis) MÇanas- 

Paris, 4863, in-8». 



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— 385 - 

terii). Cette fecture hardouinesque rappelle une histoire 
déji ancienne et plus authentique que la pièce qui y avait 
donné lieu. Une maille ou plutôt un petit denier au type de 
Gand portait d'un côté G.E.R.R.E.M. et de Tautre 
M.V.D.E. Il s'agissait d'un Gerrem Goethals, seigneur de 
Mude. Un fin curieux, dans la main de qui cette pièce était 
tombée, y avait lu d'emblée : GUERRE (pour guerrœ) 
M{<meta) — M{ajori) V(ato^c) D{€cemplicatà) E(iîitMo), 
(monnaie de guerre, monnaie de nécessité, émise à une 
valeur dix fois plus grande). Puis venait toute une histoire 
sur les troubles de Flandres, les guerres de la ville de 
Gand, etc., etc. Depuis lors, je me défie des initiales. 

A la suite de ces dix pièces, qui remplissent la planche I, 
Fauteur décrit les méreaux, presque tous de plomb et fort 
grossiers, qu'il attribue à l'abbaye. Ces pièces occupent les 
planches II et III. La planche IV comprend six médailles 
de pèlerinage ou de dévotion, et un joli jeton, le seul connu 
des abbés de Saini-Vaast, celui de Jean Sarrazin, abbé 
en 1578, et promu à l'archevêché de Cambrai, en 1596. 

M. Dancoisne, l'auteur de la Numismatique béthunoise 
du Recneil des monnaies et médailles de Douai, est un des 
vétérans de la numismatique. On ne devait attendre de lui 
qu'un bon et solide travail. Vessai qui vient de paraître 
(puisqu'il a eu la modestie d'appeler essai un mémoire aussi 
complet) est digne d'être reçu avec la même faveur que 
ses aines. 

R. Ch. 



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— 384 — 

Le troisième volume du magnifique ouvrage de M. Heiss 
sur les monnaies chrétiennes de TEspagne va bientôt 
paraître. Cet infatigable auteur travaille, en même temps, 
à une monographie nouvelle des monnaies celtibériennes, 
qui formera un fort volume orné de soixante planches. On 
sait que ces monnaies, desconocidaSf comme disent les 
Espagnols, ont provoqué, depuis une trentaine d'années, 
les recherches de MM. de Saulcy, de Lorichs, Bou- 
darl, etc., sans que Ton soit positivement parvenu à tomber 
d*accord sur leur lecture. Espérons que M. Heiss, profitant 
des études de ses devanciers, leur fera dire enfin leur 
dernier mot. 

R. Ch. 



On lit dans V Intermédiaire des cliercheurs et curieux, 
n» 106, du 25 mai dernitT. 

u Jeton de présence de la troupe Molière. — Quelque 
lecteur de Y Intermédiaire pourrait-il nous dire s'il connaît 
un jeton de présence qui se donnait aux comédiens dans la 
troupe de Molière? Ce jeton était d'argent; il est aujour- 
d'hui rarissime. A défaut de l'original, pourrait-on indiquer 
une empreinte ou une gravure dudit jeton, mais d'une 
fidélité bien authentique. G. D. » 

Nous ne connaissons pas ce jeton rarissime; et nous 
voudrions bien savoir si l'usage ^le pareils jetons a jamais 
existé, en France ou ailleurs, à l'époque de Molière. 

En attendant, il est prudent de douter de l'existence de 



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— 385 — 

cette pièce, que M. C. D. dit être d'argent^ mais qu'il n'a 
jamais vue. Molière est en hausse. Ses autographes se 
vendent par centaines de francs. Un jeton de lui serait 
chaudement disputé. Il est bon d'être sur ses gardes. 

R. Ch., 





Le Grand Orient de Belgique a célébré avec pompe les 
funérailles de Léopold I*', roi des Belges. Pour conserver 
le souvenir de cette imposante cérémonie, on a frappé la 
médaille dont nous donnons l'empreinte. Elle porte pour 
légende : Cérémonie funèbr. lO';.-. 12' iV.-. enmém.\ 
duTr. C.'. F.'. Léopold de Saxe-Cobourg, roi des Belges. 



/<■ INST..;,i , 
(;SËR.-.CH.-.M,.M, 





ISgÊÊÊÊI^W 



L'installation du nouveau grand maître national, le frère 
P. Van Humbeeck , a été Toccasion de la frappe de la 
médaille ci-dessus, ainsi que de la suivante, où l'on voit, 
B* siaiB. — ToMB I. S6 



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— 386 — 

au droit, le lion belge couché au milieu d'emblèmes maçon- 
niques : 



SOUVENIR 
/lIELINSTALLATIOK 
i>(J SÉR..CR.-.II.-..LEF.-. 
P.-.VANHUMBEECK 



17!J.-.2:M.-. . 
5869 




Cam. p. 



Le 14 juin de cette année, à Dresde, MM. Jules et 
Albert Erbstein, docteurs en droit, continueront la vente 
de rimmense collection de M. le chevalier de Sehulthess- 
Reehberg. Le catalogue de la seconde partie comprend la 
suite et la fin des vieilles maisons princières ,de la Hesse 
au Wurtemberg), les nouvelles maisons princières, com- 
lales et baronales, l'Italie, la Suisse, les Pays-Bas, les 
villes, les varia et les médailles de particuliers. On sait que 
ce catalogue est le supplément du Thaler-Cabinet de M. de 
Schulthess-Rechberg. 

Nous informons nos lecteurs qu'il a paru deux éditions 
(le cette seconde partie (de grand et de petit papier), aux 
prix de 3 et de 1 */i thaler. Après la vente, les curieux pour- 
ront se procurer la liste des prix d'adjudication. Les cinq 
planches qui accompagnent la seconde partie du catalogue 
donnent le dessin d'une vingtaine d'éeus de la plus grande 
rareté et du plus vif intérêt. Cam. P. 



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— 587 -- 

Le NumùmaUscher Ànzeiger, de M. Grôte, de Hanovre, 
coDÛnue à paraître avec régularité. Nous avons reçu, il 
y a peu de jours, les n°* 8 et 9 de cette année. Cette petite 
revue bimensuelle, dont l'utilité est incontestable, tient les 
amateurs au courant des nouvelles du jour. On y trouve 
llndicatîon des découvertes de monnaies, des publications 
récentes sur la numismatique, des médailles nouvellement 
frappées, des ventes, etc. Elle donne aussi le sommaire des 
actes de la Société numismatique de Hanovre dont elle est 
l'organe officiel. A la fin de chaque numéro se trouve une 
liste de pièces à vendre à prix fixés. 

R. Gh. 



Le savant orientaliste suédois, C.-J. Tornberg, pro- 
fesseur à Tuniversilé de Lund, a publié, l'année dernière, 
dans la Revue orientale allemande^ une notice sur des 
monnaies révolutionnait^es tnahométanes. Ces curieuses 
monnaies ne devraient-elles pas entrer dans le cadre que 
s'est tracé M. le colonel Mailliet? 

R. Ch. 



Le n** 3, de cette année, du Bullettino di numismatica 
italiana de M. R. Gaucich, donne la description et le 
dessin d'un quarto di fiorino d*oro — un quart de florin 
de Florence — seul exemplaire connu de cette petite mon- 
naie d'or. Son type est celui des florins : Saint Jean- 
Baptiste d'un côté et la grande fleur de lis florencée de 
l'autre. 

Le texte du numéro est rempli par des observations sur 



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— 388 - 

la monnaie de Mantoue, échangées par kures entre le 
D' Giovanni Vergani et le très-révérend D. Altilîo Por- 
tioli. 

Sous la rubrique Varietà, le Bulletino annonce la mori 
de deux numismates distingués, le chevalier Carlo Gon- 
zales, député au Parlement italien, et Orazio Baielli^ de 
Florence. 

Le premier s'était spécialement attaché à l'étude des 

médailles antiques, le second recherchait les monnaies du 

moyen âge et les pièces remarquables comme œuvres 

d'art. 

_ _ R. Ch. 

Le no XXXII de la Revue anglaise de numismatique (Ma 
Numismalic Chronicle) contient les articles suivants : 

1® Monnaies des successeurs d'Alexandre en Orient, 
^^ partie. Rois grecs de la Bactriane, de l'Ariane et de 
l'Inde {suité)y par le major-général A. Cunningbaii. 
28 pages et 3 planches. 

S*" Monnaies arméniennes (sutVe), par ëdw. Thomas, 
Esq. 21 pages. 

S"" Analyse chimique des pièces de la Bactriane, par 
Walter Flight, Esq. 5 pages. 

i"" Sur quelques tétradrachmes inédits d'Alexandre le 
Grand, par E. H. Bunbubt, Esq. 13 pages. 

5** Notes numismatiques et historiques sur Ilion, par 
Barclay Vincent Head, Esq. 1 9 pages et une planche. 

6** Sur le Afti/Ze^niarAedgroat., par le rév. Assbbtoii 
PowNALL. 7 pages. 

7" Publications nouvelles et mélanges. 



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— 589 — 

Le n* XXXllIy qui forme le premier de 1869, se com- 
pose de : 

1* Sur quelques médailles inédites de^Lysimaque, par 
Ë. H. Bdnbury^ Esq. 18 pages. 

2* Sur une médaille de Nieocréon, roi de Chypre, par 
D. Piérides, Esq. 6 pages. 

3* Sur une monnaie de Glauconnesus, par le général 
C. R. Fox. 3 pages. 

4* Monnaies des successeurs d'Alexandre en Orient 
{iuite y par le major-général A. Cunninghaii. 19 pages. 

5* Monnaies romaines trouvées dans la plaine de Salis- 
bory, par C. Roach Smith, Esq. 7 pages. 

6* Remarques sur les monnaies des rois anglo-saxons et 
danois du Northumberland, par J. RashleigH; Esq. 54 pages 
et 3 planches. 

7* Les médailles (décorations) de Waterloo, anglaises et 
éirangères, par W. S. W. Vaux, Esq. 10 pages et vignettes 
daûs le texte. 

Les médailles décrites sont au nombre de cinq : 

La médaille du Prince Régent pour les soldats anglais ; celle 
da même prince pour Tarmëe hanovricnnc ; la médaille du 
duc de Nassau ; celle dii duc de Brunswick, et enfin celle de 
Tarmée prussienne. 

Noos avons, depuis longtemps, formé le projet de réunir et 
de publier la suite la plus complète que possible des médailles, 
jetons, décorations, etc., etc., qui ont rapport à la célèbre 
journée du 18 juin 1815. 

La Numismatique de Waterloo est bien plus nombreuse 
qu'on ne le croirait à première vue. 

8« Publications récentes, relatives à la numismatique. 

3 pages. 

R. Ch. 



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>- S90 — 



NËGROLOfilE 



Antoine Namur. 

La Société historique du grand-duché de Luxembourg 
vient de faire une grande perle dans la personne de 
M. Antoine Namur, décédé le 31 mars 1869, à l'âge de 
cinquante-sept ans. 

Né le 12 mars 1812, M. Namur fit ses humanités à 
l'athénée de Luxembourg. Il se rendit ensuite à l'univer- 
sité de Bonn, où, sous la direction de Welker et de 
RitschI, il se voua entièrement à l'étude de la philoso- 
phie. Plus tard, cette université lui conféra le titre de 
docteur en philosophie et lettres. 

M. Namur débuta de bonne heure dans la carrière de 
l'enseignement. En 1833, il fut chargé de la régence d'une 
des classes inférieures de Tathénée de Luxembourg, où il 
se fit remarquer par la solidité de son enseignement et le 
maintien d'une discipline Irès-sévére. 11 continua à ensei- 
gner les langues anciennes et modernes jusqu'en 1868, où 
un grand affaiblissement de ses forces physiques l'obligea 
à résigner ses fonctions de professeur. Au mois d'octobre 
de la même année, le gouvernement grand-ducal le mit en 
disponibilité avec un traitement d'attente. 

En 1842, il fut nommé bibliothécaire de la ville de 
Luxembourg, et il occupa ce poste jusqu'au 26 décem- 
bre 1867. 



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— 591 — 

M. Namur fut un des membres fondateurs de la Société 
historique du grand-duché de Luxembourg* Lors de la 
création de cette corpoption, en 1845, il. en fut nommé 
secrétaire-conservateur. En cette qualité , il rendit de 
grands services à cette compagnie. Les nombreux articles 
quïl publia dans les annales de cette société sont une 
preuve incontestable de la solidité et de la variété de ses 
connaissances. Aussi, plus de quarante sociétés savantes 
de l'étranger s'empressérent-elles de s'agréger le savant et 
laborieux secrétaire-conservateur. 

M. Namur avait toujours montré un goût prononcé et 
une aptitude particulière pour Tarchéologie et la numis- 
matique. Il fit insérer d'assez nombreux articles dans la 
Revue de la Numismatique belge^ et fut élu membre effec- 
tif de la Société royale de Numismatique, le 4 juillet 1852. 
Après qu'il eût donné sa démission, en mai 1864, la 
Société, qui ne voulait pas se séparer complètement d'un 
membre qui lui avait témoigné tant de zèle, l'inscrivit au 
nombre de ses associés étrangers. 

Le 31 mars dernier, pendant qu'il était occupé à relire 
la Biographie, ^xx'W venait de terminer, d'un de ses anciens 
collègues, le professeur Al. Maris, il se sentit frappé d'un 
mal qui l'enleva, presque subitf^ment, à J'affection de sa 
famille et de ses nombreux amis. 

D' SCHOETTER. 



Le 1 4 mai dernier, est décédé à Paris, à l'âge de qua- 
rante ans, M. Louis-Victor Langlois, orientaliste, connu 



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- 592 — 

par ses travaux sur la langue arménienne et par différents 
ouvrages de numismatique : 

Les monnaies de la Géorgie — de l'Arménie — des 
Nomes d'Egypte — des grands-^matires de Rhodes. — Des 
Arabes avant V Islamisme j etc., etc. M. Langlois a fourni 
plusieurs articles à notre Revue, ainsi qu'à la Revue fran- 
çaise et k la Revue archéologique de Paris. 

R. Ch. 



On nous annonce la mort d'un amateur dont la collec- 
tion jouit d'une grande réputation, M. le baron Michibls 
Vander DuYNENy de Maestricht. Cette collection sera dis- 
persée en vente publique. Le catalogue, qui est sous presse, 
paraîtra dans quelques semaines; il contient, dit-on^ un 
grand nombre de pièces inédites. 

S'adresser, pour l'obtenir, à M. le notaire Du Moulin, 
à Maestricht. 

R.Ch. 



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— 5tS — 



SOCIETE ROYALE DE MIMSIUTIQUE. 

EIIIAITS DBS PBOCtS-TEKBAUX. 



Réunion du bureau du 8 ayrU 1869. 



Sur la proposition écrite de M. Brichauty appuyée par 
M. Chalon, le titre d'associé étranger est conféré à M. Achille 
Voltolin, secrétaire de la Monnaie de Venise. 

Le Secrétaire, Le Président, 

Cam. Picqdé. R. Chalon. 



Réunion extraordinaijre du 25 mai 1869, à Bruxelles. 

Présents: MM. Chalon, président; Dugniollb, vice^prési- 
dent ; Ed. Vandbn Brobck, trésorier; Guioth, bibliothécaire; 
Hbrrt DB CocQOBAU, Contrôleur; Picqué, secrétaire; Cochb- 
TBOx, Maillibt, MauS) L. Geblhand, comte de Robiaro, 

BrICHAUT, PlNCHART, L. DE COSTBR, barOD SuRMONTy VaNDBR 

Aowbiia, membres effectifs ; Coobeau, vicomte de Jonghe, 
et Amédée Liedts, correspondants regnicoles. 

MM. le chanoine Béthunb et Ulysse Capitaine s'excu- 
sent, par lettrea, de ne pouvoir assister à l'assemblée. 



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— 994 — 

M. le secrétaire lit le procès-verbal de la séance préoé- 
dente, lequel est approuvé. 

MM. le vicomte de Ponton d'Amécourt, Liedts, Schuer- 
mans et Labatut remercient la Société de leurs nominations 
respectives. 

M. le président annonce à la Société la perte regrettable 
qu'elle vient de faire par la mort de deux de ses membres 
fondateurs MM. Perreau^ de Tongres, et J. De Meyer, de 
Gand. 

M. Mailliet formule la proposition suivante : 

« Les membres devront faire hommage è la Société 
royale de numismatique de leurs productions relatives à 
la science qui ne seraient pas insérées dans la Revue. Celle- 
ci en rendra compte. » 

L'assemblée pense qu'il est impossible en cette matière 
d'établir une règle invariable, et que la Société doit se borner 
à exprimer le vœu que ses membres lui fassent parvenir 
leurs écrits relatifs à la numismatique. 

M. Brichauty contrôleur des monnaies, distribue à ses 
confrères des médailles de la visite du chevalier de Britto, 
ministre du Brésil, à la Monnaie de Bruxelles, et de la mort 
du jeune comte de Hainaut. 

M. le président, au nom de M. Dirks, de Lreuwarden, 
membre honoraire de la Société, donne aux membres pré- 
sents à la réunion des pièces de la trouvaille de Pingjum, 
ainsi que des notices sur ces monnaies. 

M. firichaut remet aux membres présents des exem- 
plaires des nouvelles monnaies de cuivre du Brésil, frap- 
pées à la Monnaie de Bruxelles. 

Dans sa prochaine assemblée générale, la Société pour- 



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--^ 396 -- 

voira au remplacement de trois membres effectifs 
(MM. Perreau et De Meyer, décèdes, et M. P. Cuypers van 
Velthoven, démissionnaire) et de quatre membres corres- 
pondants regnicoles. 

Des membres présents à la réunion proposent pour cette 
dernière place les honorables numismates dont les noms 
suivent : 

MM. le baron Jules de Chestret, à Liège, présenté par MM. Cha- 

lon et de Coster ; 

Pasquier, ex-directeur de la pharmacie centrale de 

l'armée, i Bruxelles, présenté par MM. Dugniolle et 

Mailliet ; 

Alphonse Le Roy, archéologue, à Liège, présenté par 

MM. Ulysse Capitaine et Ghalon ; 
Yander Looy, numismate à Molenbeek, présenté par 

M. Guiotb. 
Blommaert, littérateur à Gand, présenté par MM. le baron 

Surmont et Picqué ; 
Le Catte, archéologue à Namur, présenté par MM. Bri- 

chaut etPinchart; 
De Schot, directeur au ministère des finances, présenté 

par MM. Dugniolle et de Coster; 
Van Even, archiviste de la ville de Louvaiû, présenté par 

MM. Yander Auwera et Herry de Cocqueau: 
Derrc, numismate, à Bruxelles, présenté par MM. Geel- 

hand et le comte de Robiano ; 
Épiphane Martial, avocat et numismate, à Liège, présenté 
par MM. de Coster et Yander Auwera. 

M. le comte de Robiano émet le vœu que la Société 
répartisse, autant que possible, ses nominations entre les 
diverses provinces belges. 



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- 306 - 

M. Vanden Broeck pense qu'il conviendrait de prier le 
gouvernement de faire déposer au cabinet de numisma- 
tique de l'État des exemplaires des monnaies belges avec 
toutes leurs variétés de millésimes. 

COMMUNICATIONS KT LECTURES. 

M. L. Geelhand exhibe une belle médaille de Hubert 
Gollzius (?) et donne lecture d'une notice explicative du 
sujet traité par l'artiste : « Médaille inédite portant la date 
de 1 570. Elle est uniface et représente le Temps décou- 
vrant la Vérité. Son diamètre est de quatre-vingt millimè- 
tres. Elle se dislingue par la beauté de sa composition et 
la hauteur de son relief. Elle est signée H. G., et se compose 
d'une mince plaque de cuivre repoussée^ qu'on a appliquée 
sur une rondelle d'étain ou de plomb, pour la consolider 
et en assurer la conservation ?» 

M. B. de Jonghe communique à l'assemblée un exem- 
plaire unique de Vaignel d'or de Jean IV, duc de Brabant. 
Agneau à gauche, entouré d'un cercle à dix lobes; dessous, 
I • DX . B . — Rév. XPC, etc. Croix fleuronnée can- 
tonnée de quatre lis. Style des monnaies de Charles VI et 
Charles VII de France. 

M. Picqué exhibe deux nouvelles monnaies inédites 
frappées à Bonn par le duc de Brabant Jean l*' le Victo- 
rieux. Elles portent, la première MOIse; . BVN . SNSIS, 
écu aux deux lions. — Rev. CIVITAS BVNSiNS.; la 
seconde, DVX LIMB - BVRGIE, écu aux deux lions 
MONETA BONNEN. 
(Fotr les quatre autres monnaies de la Bibliothèque royale, 



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— 597 — 

dans l'ouvrage de M. Wuerst sur la numismatique de 
Bonn.) 

M. Vander Auwera exhibe un (rès-curieux jeton de 
Bruxelles, du seizième siècle^ en cuivre jaune, aux armes 
de la ville, d'un côté, et aux armes d'une abbaye, de 
l'autre. 

Le Secrétaire, Le Président, 

Cam. Picqoé. R. Chalon. 



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— S98 - 



SOCIÉTÉ ROYALE DE NUIISUTIQUE. 



LISTE DES OUVRAGES REÇUS PENDANT LE S* TRIMESTRE 1800. 



I AcU oniversiUlis Lundensts, Lunds uniTersiteU Ars-Skrift, 1867, Mathe- 

matik ocb Naturveteoskap; Philosophi, Sprakvetenskap och Hîsloria. 
i Lund, 1867-1868. 

Lunds universitets-bibliotheks, accessîons-kaUlog, 1867. Land, 1868. 

The Numtsmatic Cbronicle, 1868, IV* partie, nouvelle série, n« XXXII. 

RuUetin de TAcadëmie royale des sciences, etc., de Belgique, 38* année, 
2« série, t. XXVII, n»* 3 et 4, 1869. 

Messager des sciences historiques, etc. Année 1869, l^* livraison. 

Revue bibliographique universelle, 2« année, t. III, i« et 5* livraisons, 
avril et mai, 1869. 

Revue numismatique française. Nouvelle série, t. XIII. Année 1868, 
no 6, novembre-décembre. 

Le Cabinet historique, 15* année, 3« livraison, mars 1869. 

Bulletin de la Société scientifique et littéraire du Limbourg, t. Vlll 
et IX. 

Essai sur Tatelier monétaire de Valenciennes, etc., par L. Cellier, 1809. 

Publications de la Société pour la recherche et la conservation des monu- 
ments historiques dans le grand-duché de Luxembourg. Année 1866, 
t. XXII et !•% 1868. 

Revue trimestrielle, 2* série, 20* volume, 13« année, t. IV, octobre 1868, 
janvier 1869. 

Bulletin de la Société des antiquaires de France, 3« et Â^ trimestres 1867, 
1«ret2« trimestres 1868. 



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— 599 — 

A Mayar ludomaoyos akademta Jegyzôkônyveî. Elso k5tet, 1865, 1 fûzet; 

misodik kôtet, I e! Il fûzet, 186^; harmadik kôtet, 1865, 1 et II fûzet; 

negyedik kôtet; 1866, 1 et II fuzet. 
Hagiar tadomanyos akadémie almanach, MOCCGLXVl-RA, csillagaszati 

es kôzônsëgis; MDCCCLXVIII-RA, elsô fûzet, naplari rësz; Masodik 

fuzet. 
Archaeologiai kôzlemények, III kôtet, IV fûzet» Pcst, 1863; IV kôtet, 

Il fuzet, I et III, 1864; V kôtct, 1 et II fûzet, 1865; VI. kôtet, I et 

Il fûzet, 1866; VII kôtet, I fûzet, 1867; VII kôtet, 11 fûzet, 1868. 
Szêkcs-fchci'vari Asatasok eredménye, 1861. 
Compte rendu de la commission impériale archéologiqtie (de Russie) pour 

les années 1863, 186i, 1865 et 1866 (avec Tatlas). 
Neues Lausitzisches Magazin. Zwcitcs Heft, 1869* 
Jabrbûcber und Jabresberichte, etc., 1868. 
Begister ûber die ersten dreissig Jahrginge der Jahrbûcber uud Jahres-* 

berichte, etc , 1866. 
Zeitscbrift des bistoriscben Vcreins fur Niedersachsen, 1866. 
Quartalbericht des Vereins fur Mcklenburgisclie Geschichte und Aller- 

thumsknnde Schwerins, im Januar 1868, XXXIII, 2 et 3. 
Ueber muhammedanische Révolu lions-Mûnzen, von C.-J. Tornberg. 
Bibliothèque de VÉcolc des Chartes, 50* année, 6« série, t. V, 2* IKrai- 

soo, 1869. 



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— 400 — 



CABINET NUMiSIIATIQUE. 

io Jetons et monnaies divers, en argent, au nombre de doaie, et 
vingt-neuf monnaies, médailles et jetons de enivre. (Don de M, Vander 
Noorda, de Dordrechl,) 

2» Médaille du jubilé bi-centenaire de Pnniversité de Lund, en Suède. 
(Offerte par le coneeU académique,) 

So Médaille de brome : visite du chevalier de Britto à la Monnaie 
de Bruxelles. [Don de M, Briehaul, contrôleur des monnaies.) 

io Deux médailles de brome : Alexandre Rodenbach, et le mariage de 
S. A. R le comte de Flandre, et deux médailles d*argent pour les acadé- 
mies. (Don de M. le Uinistre de rinlérieur.) 

8» Médaille frappée à Toccasion de la construction de la prison cellu- 
laire de Louvain. (EwH>i de ÂÊ, le i/înislre de la Justice,) 

Bruxelles, le 6 juin 1869. 

Le Bibliothécaire, 

GOIOTH. 



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— 401 — 



CATALOGUE 



■ONRAIES OBSIDIONALES ET DE NÉCESSITÉ. 



SEIZIEME AETICLB. 



6. ÎO 8oU. ~ LEFEVRE LBSA6E ET COMP» N" 
A PARIS. Cette légende occupe tout le tour de 
la pièce sans espace vide à la place de l'exergue 
et sans point entre la première et la dernière 
lettre. La Liberté, assise à gauche, s'appuie sur 
un faisceau, dont la pique est surmontée d'un 
bonnet, et sur lequel pose un livre ouvert^ où 
on lit : DROITS — de — l'homme — artic — v. 
A gauche, une colonne, sur laquelle est placé un 
coq. 
Rev. — Dans le champ : B • P • — 20 SOLS — A 
ECHANGER-EN— ASSIGNATS— DE soft. 
Autour : ET AU DESSUS LAN 4 ME DE LA 
4.IBERTE. En bas : 179^2. Les nombres 20 et 
50ft sont plus grands que les lettres de la 
légende. 

Arg. eeauin, pi. XLHI, n« 440. 

3» SÉB». — ToMt I. 2G 



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«- 402 -- 

* 6*. 20 soU. — Semblable au n' G, d'un autre coin ; la 

légende laisse, à la place de l'exergue, un espace 
vide où il y a un point. 
Rev. — Semblable au n"" 6, d*un autre coin; les 
nombres 20 et 50ii> ne sont pas plus grands que 
les lettres de la légende. 
Arg. HeoniD, pi. XLIII, d« 441. 

^ 7. 10 sols. — Semblable au n" 6, mais d'un module 
plus petit, et un point à la fin de la légende. 
i?ct;.— Semblable au n» 6, mais : B- P' — ÎO SOLS 

.«. 
Arg. Hennin, pi. XLIII, n« 442. 

d. 7'. 10 sols. — Semblable au n° 7, d'un autre coin ; la 
légende laisse, à la place de l'exergue, un espace 
vide où il y a un point. 
Rev. — Semblable au n° 7. 

Arg. Hennin, pi. XLllI, n« 443. 

♦ 8. 5 sols. — LEFEVRE LESAGE ET COMP« N- 

A PARIS. Deux cornes d'abondance unies avec 
deux branches de chêne; au milieu, une pique, 
sur laquelle est placé le bonnet de la liberté. 
En bas! 1792. 
Rev. — Dons le champ : B • P • — 5 SOLS — A 
ECHANGER — EN— ASSIGNATS— DE SOft. 
Autour : ET AU DESSUS LAN 4 ME DE LA 
LIBERTE. Les nombres 5 et 50ib sont plus 
grands que les lettres de la légende. 

Arg. Hennin, pi. XLIH, n« 444. 



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— 403 — . 

cJ. 8*. 5 sols. — Semblable au n" 8, (fun autre coin; les 
caractères ont moins de corps que ceux de la 
pièce précédente. 

Arg. Hennin, pi. XLIII, no 445. ' 

Les quatre pièces âuiyantes furent émises par le proprié- 
taire de la manufacture de porcelaine de la rue Grussol pour 
le payement des ouvriers de cet établissement. Cet industriel 
se nommait Potter. 

d. 9. 20 sols. — SEULEMENT POUR FACILITER LA 
PAYE DE MES OUVRIERS. Dans le champ, 
sous deux palmes en sautoir, on lit : a la — 

MANUFACTURE DE — PORCELAINE RUE — DE 

CRUSSOL — A PARIS — <792. 

Rev. — Dans le champ : 20 sols — bon poor — 

PAYABLE — A VUE El\ — ASSIGNATS — DE 50ft. 

Autour : billets d'argent ♦ pour paris ». 
Arg. Hennin, pi. XLIII, n« 446. 

d. 9*. 20 sols. — Semblable au n" 9, avec la différence 
qu'elle perle, par erreur : 4972 au lieu de 4792. 
Arg. Hennin, pi. XLHl, u<> 447. 

tl. 10. 10 sols. — Dans le champ : — ♦ — A LA — 

MANUFACTUKE ♦ DE ♦ PORCELAINE — 

RUE— DE CRUSSOL - A PAUIS. — 1792 

Rev. — Dans le champ : — 10 SOLS - BON 

POUR — PAYABLE — A VUE EN — ASSI- 

GNATS - DE 50ft. 

Arg. Revue numismatique française , de 

4843, pi. XII. 



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~- 404 — 

il. 11. 7 sob. — Semblable au n*" 10, mais d'un module 
plus petit. 
-Rev.— Semblable au n' 1 0, mais : B • P-— 7 SOLS ^. 

Arg. Hennin, pi. XLIII, ii« 448. 

d. 12. 5 sols. — Semblable au if 10, mais d'un module 
plus petit. 
Rev. — Semblable au n» 1 0, mais : B * P • — a SOLS 

-«. 

Arg. HeoDiQ, pi. XLIII, u« 449. 

La caisse métallique, établie en 4792 à Paris, avait pour 
but d^émettre cette petite monnaie de bitlon, échangeabie à la 
volonté des porteurs contre des assignats. 

♦ 13. 18 denier*. — CAISSE METALLIQUE • ETA- 
BLIE • A PARIS • Dans le champ : — en — 

ECHANGE — d'assignats — DE 5ft — 1792. 

Rev. — DIXIEME • D'ARGENT • FIN • La pique 
surmontée du bonnet de la liberté, entre deux 
faisceaux en sautoir. Dans le champ : 18 — D. 

Exergue : l'an 4 de la — liberté. 

Billon. Hennin, pi. XLIII, n> 450. 

d. 13». 18 deniers. — Semblable au n° 13. 

Rev. — Semblable au n*" 13, mais avec une bran- 
che de chêne et une épée en sautoir au lieu de 
deux faisceaux. 

Bilion. Hennin, pi. XLIIIi n« 454 . 



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- 405 — 

d. 13*. 18 deniers. - DIXIEME • D'ARGENT • FIN • La 
pique surmontée du bonnet de la liberté, entre 
deux faisceaux en sMitoir. Dww le champ : 
18 — D. 

Exergue : L'AN 4 DE LA - LIBERTE. 

Rev. — DIXIEME D'ARGENT • FIN ■ La pique 
sunhontée du bonnet de la liberté, entre une 
branche de «hène et une épée en sautoir. Dans 
le champ: i8 — D. 

Exergue : L'AN 4 DE LA- LIBERTE. 
BillOD. HeoDio, pi. XUII, o« 498. 

d. 14. Un toi six deniert. — • BOYËRE • NEGOCIANS 

• A PARIS — 179S. Dans le champ, on lit : 

PIECES DE — CONFUNCB — DE l' 6* A ECHAN — GBR 
CONTRE DES — ASSIGNATS DE — 60 ET AU " * ' • 

Rev. — X lEMË D'ARGENT FIN. Dans le champ, 
la pique surmontée du bonnet de la liberté, 
entre deux faisceaux en sautoir. 

Exergue : L'AN • IV • DE— LA • LIBERTE. 

Arg. HenniD, pi. XLIll, n« 453. 

d. 15. 2 M>U. — Dans le champ: MONOYE— D'UR- 
GENCE A— ECHANGER DANS— TOUS LES 
DISTRICTS — CONTRE DES — ASSIGNATS 
DE— CINQ LIVRES. 
Rm. — BON POUR DEUX +SOLS • COMME • CI 

• CONTRE • 1792. Champ lisse. 

BiltoD. Conbroase, pi. LXXXVI. 



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— 406 — 

PAVIE. 
AMPlécée par le« Vnutfftl*) en flftt«. 

d. 1 ? — Dans le champ, entouré d'un gré- 

netis, on lit : — ^ — AL — 15Z4. (Antoine 
Leva.) 

Or. — UnifaoO; octogonale, îrrégalière. 

VanMieris, t.II,p. 2(H. 
Duby, pi. I, no 2. 

d. 2 ? — Dans le champ, entouré d*un gré- 

netis, on lit : — 18Z4 — CES — PP • OB. 
{CESareis PaPtce OB^e^ts.) 

Arg. — Uniface, octogonale, irrégulière. 

Van Miens, t. II, p. 200. 
Duby, pi. I, n» 2. 

PÉBOU. 

MMiMae 4e ■éeesaité fmppée pendent le «nerre 4e l'iadé- 
pendenee, fl99fl-t99«. 

* 1 . Quarto de peso. — Dans le champ, des montagnes, 
au pied desquelles un lama est couché; à quelque 
distance de lui^ un poteau surmonté du bonnet 
de la liberté. Le tout est éclairé par un soleil 
levant qui dissipe les nuages. 
Rev. — • REPUBLICA PERUAISA • M • En bas 
1823' A* Dans le champ la valeur QUARTO 
DE PESO. 

Cuivre. Collection de M. Léop. Hambuiiger, 

de Francfort-sur-lleiD. 



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— 407 — 
PEBPIGNAN. 

ém BéeeMllé frappées par la Tille, pendant Teeen- 
pntten française, de ««dd à «••» (<). 

1. 2 «0&.— PERPIGNAN «VILLE. Sous une grande 

couronne à cinq trèfles, Fécu losange de Cata- 

logne, accosté de quatre annelets posés gzg et de 

à a 
la date /« en chiffres serrés contre Técu et de 

petites dimensions, quatre annelets séparent les 
trèfles de la couronne. 
Jtev. — o Hh INTER NATOS o Jjjf o M VLIERVM o 
Saint Jean debout, vu de face, la tète nimbée, 
tenant dans le bras gauche Pagneau pascal porte- 
bannière, qu'il indique de la main droite. A ses 
pieds, deux touffes dlierbe, surmontées à droite 
d'une étoile, à gauche du chiffre romain IL 
indication de la valeur. 
Arg.C) 

1*. 2 sois. — Variété, Técu est losange; au centre, une 
fleur de lis, le millésime est plus grand. 

Arg. 
1*. 2 sols. — Variété, la valeur indiquée par le 

o 

chiffre 2, entre trois annelets posés un et deux 2. 

oo 
Arg. 

D Extrait d'un article de M. Achille Colsoo, publié dans la Revue 
numismatique française de TanDéc 4855. 

(*] La plupart de ces pièces porlcot pour contre- marque une main 
^^mnt par lef; cheveux la tête de saint Jean-Baptiste. 



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— 40S — 
1'. 2 sols. — Variété, le chiffre 2 n'esl accompagné que 

o 

d'un annelet placé au-dessus 3. 

Arg. 

d. 1>. isoU. — ' PERPINIANIVILE • Semblable au 

Hw. ~ * • INTER • NATOS • ^ • MVLIERVM . 
Semblable au n* 1 , maïs le chiffre romain II est 
remplacé par le chiffre 3 retourné, placé entre 

o 

un annelet et deux points S . 
Arg. Bessy-Journet, pi. VHl, n« 134. 

d. f*. 3 sots. — Semblable au n* 1^ mais d'un module 
phis petit. 

Arg. Bessy-Jouniet,. pi. XV, n<» 257. 

d. r. 2 soU. — PERPIMAiNI VILE - Sous une grande 
couronnée deux trèfles et trois croix, Téeu losange 
de Catalogne surchargé d'un lis au centre, 

accosté de quatre annelets et du millésime /v- 

Au-dessus de la couronne, cinq annelets. 

Rev. + INTER NATOS • Jjjf MVLIERVM. Saint 
Jean debout, tu de face, la tète nimbée, tenant 
de la main gauche une bannière; derrière lui, 
Tagnoau pascal couché à gauche. Dans le champ, 
le chiffre 2 entre trois annelets. 

Arg. Joachim, pi. XI, u^ 77, dv l. U. 



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— 4M — 
î». î sols. — Variété du nM, de l'année *^| (l'S 

pour 5), lis au centre de Téeu, poinl d'annelet 
sous le chiffre 3. 
Arg. 

1*. 2 sols. — Semblable au n** 1% mais au millésime 

de 1646 posé ^^. 

Rev. Semblable au n* 1', ane étoile dans lechamp^ 
à droite. 
Ang. 

1«*. 2 sols. — Variété de l'année 1647. 
Arg. 

2. Sot. — PERPINIANI VILLE. Écu carré et cou- 
ronné aux armes de Catalogne, surchargé d'un 

lis au centre et accosté du millésime jTif un 
annelet sous les deux 4. 
Rev. * o INTER NATOS o MVLIERVM • Saint 
Jean debout, etc., entre un trèfle & gauche et une 
étoile à droite. Dans le champ, le chiffre 1 indi- 
quant la valeur. 
Arg. 

2'. Sol. ^ PERPINIANI « VILLE ' Même écu accosté 

des chiffres ^g (FS pour 5), sans annelets. 

Rev. — * o INTER NATOS o MVLIERVM o 
Saint Jean debout, etc., entre deux trèfles. Dans 
le champ, le chiffre I surmonte d'un anneict. 

Arg. 



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- 410 — 

V. Sol. — o PËRPINANI VILLE o {sic). Même écu 

accoste de ^ >^. 

Rev. Même type et même Inonde. Le trèfle de 
droite surmonté d'une étoile. 

Arg. 

3. Mefiut. — * LVDOVICV ^ S • XIIII • D • G • 
Le monogramme de Perpignan, composé de 
deux P liés, surmonté d'un A entre quatre 
annelets. 
Rev.— o ^ ECCE • AGNVS • DEI * o Saint 
Jean debout, portant l'agneau, entre deux 
annelets. 

Goivre. fiessy-Journet, pi. VIII, n» 435. 

3«. Menut. — Entre deux grènetis : LVDOVICVS o 
«I» o XIIII o 1644 o Le reste semblable au n* 3. 
Rev. — Entre deux grènetis : * o o ECCE* AGNVS 
o DEL Saint Jean debout, etc., entre deux 
annelets. Dans le champ, à gauche, la lettre P, 
initiale de Perpignan. 
Cuivre. 

3>. Menut. — Variété de la même année, point de P 
dans le champ du revers. 

Gaivre. 

0*. Menut. — Variété dé la même année, point d'anncict 
après LVDOVICVS. 

Guivre. 



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3'. Menut. — Variété de la même année, point de 
grènetis intérieur ni de P au revers. 
Goi?re. 

3*. Mentit. — Variété de l'année 1645, sans grènetis 
à rintérieur ni de P au revers. 

Cuivre. 

3^ Menut. — LVDOVICV o ^ o XIIII o Î647. Mono- 
gramme de Perpignan entre quatre annelets 



Rev. — o ECCE ♦ AGNVS o DEJ. Saint Jean 
debout, etc., entre deux annelets. 

Guivre. 

d. 3*. Menut. Semblable au n"* 3% mais 1648 et le mono- 
gramme entre deux annelets, sans la lettre A. 
Rev. — Semblable au n" 3^ 

Cuivre. Conbrouse, pi. CGll, n« 3. 

3'. Menut. — LVDOVICV^ XIIII o 1649. Semblable 
au n* S^ 
J?^. Semblable au n° 3^ 
Cuivre. 

3". Menut. — Variété de l'année 1680 (S pour 5). 
3**. Menut. — Variété tic l'année 1651. 



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— 412 — 
PESTH. 

■•■■•le* 4e ■éeesallé fmppées à PeaMi ••• 

1.4 ? — Double aigie couronnée, ayant 

une auréole autour de chaque téce et sur la poi- 
trine un écusson renfermant G - VI. 
Rev. — Dans une couronne de laurier, la valeur 4. 

Caivre. NumismaUsche Zeiiung de 1847, 

p. 496, D« 75. 

% 2 ? — Semblable au n" 1 , mais avec la 

valeur 2. 

Cuivre. Idem, n« 77. 

3. 1 ? — Semblable au n* 1, mais avec la 

valeur i . 

Cuivre. Idem, n« 79. 

4. 5 ? — * Semblable au d° 1 . 

Rev, — Dans le champ, entouré d'un ornement 
formé de palmes, on lit : — 3 — PESTIEN — 
SIS • — XENODOCHII — MONETA — MILI- 
TARIS. 

Cuivre. Idem, n* 80. 

5. 1 ? — Semblable au n* f . 

Rev. — Semblable au n' 4, mais • (I) — PESTIEN 
~ SIS • — XENO ~ DOCHII — MONETA 
— MILITA — RIS. 

Cuivre. Idem, n» 84 . 



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— 413 - 

6. V« •. ' ^ — Semblable au n" i . 

Rev. — Dans un cartouche entouré de deux bran* 
ches de palmier» la valeur 1. Au-dessous : — 
PESTIEN — SIS • — XEN • MON : MIL : 

Cuivre Idem, p. 497, n» 8ï. 

PHnjPPSBOUEQ. 

■MUMloi frttppéea par Phlllppe-Cfcrlatoplie, évê^ve 4e Spire) 
peadsBl la s«erre 4e Vrenle-Afts* 

il. î. Ducat. — * • PHIL • CHRI • D • G • ARCH • 
TREV • P • E • EP SPIR : Écu couronné, 
posé sur une crosse et une épée en sautoir dont 
on ne voit que les extrémités supérieures, accosté 
de la date 2—6 (1626). 
Rev. -- MONETA • NOVA • AVREA . PHILIPS- 
BVR6 : La sainte Vierge, debout de face, cou- 
ronnée et nimbée, portant sur le braa gauche 
l'enrant Jésus, également couronné et nimbé, et 
tenant un sceptre de la main droite ; à ses pieds, 
le croissant. Le tout entouré en partie d'une 
auréole. 

Or. — Carrée. 

Collection de M. L. Hamburger, à 
Prancfort-sar-Mein. 

* î ? — Semblable au revers du n« 1 , mais 

un peu plus grande. 

Arg. — Uniface, carrée. 



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4U 



Aflslégée par les alliés, en «««ft. 

3. Thaler. — La forteresse de Phiiippsbourg sur le 
Rhin y avec les batteries qui servirent à Tattaquer. 
La forteresse est désignée par PHILIPSBVKG 
et le Rhin par RHENVS. 
Rev. — Dans le champ, en sept lignes, on lit : 
VON : DER : ROM : KAÎ : MAIT : VND DES 
H : R : REICHS : WEGEN BELAGERT : 
ViND : EROBERT : IM lAHR : 1676 DEX • 
7 -VND • 17 : SEPTEMBER. Au-dessous, une 
branche de palmier et de lierre en sautoir. 

Arg. Madaii o» 7303. 

POLOGNE. 

Monnaie 4e nécessité frappée par Slslsmond II Augm»^i 
pendant la guerre eonire le« RvAie*, en fllM4. 

1 . Thaler. — Real d'Espagne, sur lequel on a estam- 
pillé un écusson, renfermant les lettres S— A, 
initiales de Sigismond Auguste, surmontées d'une 
couronne, et le millésime 1564. 

Arg. Ruder, n« 34. 

Monnaies 4e nécessité frappées par Slstsnion4 111, pendaal 
In sverre contre Maxtmllten, archMac 4*Antrtelie9 en fl ftSf • 

d. 1. Thaler. - SIGISM • III • D • G • REX (petit icu 
au lion) POL • DES • SVECIE. Buste drapé et 
couronné du roi, h droite. 



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— 415 — 

Rev. — » PRO • IVRE • ET • PRO • POPVLO. 
Dans le champ, une épée en pal. 

Arg. — Carrée. 

Duby, pi. XXIII, no 2. 

tl. 2 ? — Dans un carré, l'aigle éployée et 

couronnée de la Pologne, portant sur la poitrine 
la lettre P. 
Rev. — Dans un carré, la déesse Bellone armée et 
casquée, tenant de la main droite une lance et 
appuyant la main gauche sur un bouclier. 

Arg. — Carrée. 

Duby, pl.XXni,Qo3. 

{Pour être continué.) P. Maillet. 



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-- 416 - 



LES DIFFÉRENTES FORMES DES AIGLES 



XiES XbCON'N'.â^ZSS XiTJSSSS. 



Plarchb XI KT Xll. 

La première meiïlîon da type de Taigle sur les monnaies 
russes se trouve dans la description de monnaies de cuivre, 
sans nom de prince^ qui paraissent appartenir au r^e du 
grand-prince Vasili l'Aveugle^ 1425-1462. Ces monnaies 
offrent, au droit, Taigle monocéphale à ailes déployées 
(pi. XI, fig. l),et au revers, on lit en langue russe : Poulde 
Moscou. Les monnaies primitives de cuivre en Russie 
étaient nommées Poul ou Poulo. Le mot Poul existe dans 
la langue turque et signifie écaille ou obole. 

« L'aigle monocéphale se trouve sur un sceau apposé à 
K un traité entre le grand-prince Vasili et les princes de 
« Mojaisk, Jean et Michel (1435). » Mojaisk, principauté 
indépendante, finit par être incorporée à la grande-princi- 
pauté de Moscou au commencement du xv!** siècle. 

L'aigle à deux têtes apparaît sur les monnaies de cuivre 
qui sont aussi sans nom de prince et probablement du 
règne de Jean III (1462-1 KO.*i). Dans le fait, « cette aigle 
u parait, ce semble, pour la première fois sur une charte 
«c du grand-prince Jean 111 en 14'J7. » PI. XI; fig. 3. 

Ces aigles dont nous venons de faire mention appar- 



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— 417 -^ 

liennenl aux anciennes monnaies russes et sont figurées 
sortes pièces dites copeks, qui sont toutes de petite dimen- 
sion. Remarquons que ces aigles ne sont pas couronnées 
et ne présentent pas les insignes de la souveraineté, savoir 
le sceptre et le globe. Ces insignes ne se voient pas non 
plus sur les monnaies d'or des tzars ; ils commencent à 
paraître sur celles frappées pendant la régence de la prin- 
cesse Sophie, sœur aince de Pierre le Grand, 1682-1689. 
Néanmoins, il existe une monnaie ou médaille du tzar 
Alexis, 1645-1676, qui offre, au droit, un buste couronné, 
de face, tenant le sceptre et le globe. Autour de la tète est 
une auréole. Les noms russes de ces emblèmes sont assez 
expressifs; le globe (impérial) se dit derjava, c'est-à-dire 
puissance; auréole se dit slava. c'est-à-dire gloire. 

Une monnaie d'or du grand- prince Vasili (1 505-1 S35j 
présente, au revers, l'aigle ù deux tètes couronnée. Plus 
lard, nous la voyons triplement couronnée, type qui s'est 
maintenu jusqu'à nos jours. 

Nous avons déjà vu que l'aigle à deux tètes devint 
l'emblème de la monarchie russe après le mariage du 
grand-prince Jean III (1472) avec Sophie, nièce du der- 
nier empereur de Byzance, Constantin Paléologue. Il en 
âiiopta les armoiries comme héritier de ces princes déchus. 

> l/aigle à deux tètes fut d'abord en usage chez les 

• empereurs d Orient, qui par ce symbole désignaient 
' leurs droits à 1 empirer d'Orient et a colui d'Occident. 
•^ Les empereurs d'Occident l'empruntèrent à l'Orient. 
•^ Oî fut Othon IV qui le premier s'en servit dans son 

• sceau; de là, il passa sur les enseignes et sur les mon- 

• naies, » et ce sont peut-être, nous dit le Groschm-Cabi- 

5» séRie. — Tome I. 27 



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— 418 — 

net, les plus anciennes monnaies an type de laigle. Depuis 
lors, ce type passa sur les monnaies d'un grand nombre de 
pays. Des détails à cet égard se trouvent dans Leiewel et 
surtout dans le Neue erôfnetes Crroschen-Cabinet. 

« Il faut distinguer le mot déployé du mot éployé. La 
« première épithèie s'emploie pour indiquer que les ailes 
« sont ouvertes et étendues; la seconde s'applique à la 
« tète et au cou de l'aigle, qui, étant ouverts et eoinrae 
« séparés en deux, semblent faire deux cous et deux 
« létes* » 

Les grands-princes de Russie et les tzars n'ont pas émis 
de fortes pièces d'argent ; la monnaie courante était les 
copeks en argent. « C'est le tzar Alexis qui fit frapper les 
« premiers roubles en 1657, en se servant à cet effet pour 
« faire ces roubles d'écus étrangers^ qu'on refrappait avec 
M des coins nouveaux de la grandeur de Técu ; le revers 
« de ces roubles offre l'aigle è deux tètes. » PL XL fig. 2. 
C'était une monnaie de nécessité, qui fut bientôt mise hors 
de cours. C'est en 1704 que parut sous Pierre le Grand le 
premier rouble effectif, dont le revers nous offre l'aigle à 
deux tètes triplement couronnée, tenant dans ses serres le 
sceptre et le globe. Depuis cette époque, ces emblèmes ont 
toujours figuré sur les monnaies russes. PI. XI, fig. 4. 

L'écusson qu'on remarque sur le revers d'un ducat en 
date du règne du grand-prince Jean III, est l'écusson aux 
armes de Hongrie. Il est naturel de se demander quelle 
fut l'origine de cette armoirie étrangère sur une monnaie 
russe qui a pour légende en langue nationale : Le gra$id- 
prince Jean de Vasili. « Vers Tan 1483, le roi de Hongrie, 
« Mathias Corvin, envoya des monnayeurs au grand-prinee 



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— 419 - 

« Jean; il parait que ce ducat, pièce d^épreuve, a été 
t frappé à rimitation de ceux de Hongrie» » 

Les relations entre le grand-prince Jean III et le roi de 
nongrie étaient très-amicales. Ce dernier, à la demande 
du grand-prince, envoya en Russie des artistes, des fon- 
deurs de canons, des ingénieurs, des architectes. Cest sous 
le règne de Jean III qu'on fit la découverte de mines 
d'argent et de cuivre aux environs de la Petchora, fleuve 
qai prend sa source sur la pente occidentale de TOural. 
Cest encore sous ce règne qu'on vit venir d'Italie plusieurs 
artistes, entre autres des monnayeurs, parmi lesquels le 
célèbre Aristoteles, habile dans l'art de battre monnaie, de 
fondre des cloches, etc. 

Cet écusson aux armes de Hongrie nous conduit à 
eonnaitre ceux qui sont placés sur les monnaies d'or des 
izars, savoir : Técusson aux armes de Moscou (saint Georges 
à cheval terrassant avec sa lance le dragon), l'écusson sur 
lequel est représentée une licorne. Ce dernier type se 
voyait déjà sur les monnaies du grand-prince Jean IV, 
avant qu'il prit le titre de tzar (1 K33-1 547), et fut continué, 
à peu d'exceptions près, jusqu'au règnedu tzar Alexis(1645- 
1676); après cette époque, il n'en est plus question. Nous 
faisons figurer l'écusson sur lequel on voit une licorne sur 
le droit d'une monnaie d'or du tzar Michel Romanof ^16 13- 
1643. PL XII, fig. 18. 

Ajoutons quelques détails sur l'emblème remarquable 
de la licorne. 

Les tzars de Russie, nous dit un auteur russe, tout 
pénétrés d'idées bibliques, ne voulurent-ils pas présenter 
^us l'image symbolique de la licorne leiirs diverses vie- 



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— 420 — 

toires, en se rappelant des expressions du psalmîsie : Ei ma 
force s'élèvera comme la corne de la licorne. Effeciîvemeni, 
on avait vu le grand-prince Jean III faire la conquête de 
Novgorod, abolir presque eniîèremeni le système des apa- 
nages, viser à l'unité de la monarchie, réunir dans la per- 
sonne du prince souverain l'autorité suprême, et, après 
avoir secoué le joug des Mongols, établir des relations 
politiques avec divers États, recevoir des ambassadeurs de 
Tempereur d'Allemagne, du pape, du roi de Pologne, etc. 
Sous le régne suivant, celui du grand-prince Vasili, on vit 
les principautés de Pskof, de Smolcnsk, de Riazan, etc., 
incorporées à la grande-principauté de Moscou; sous le 
tzar Jean IV, la conquête des royaumes de Kasan et 
d'Astrakan. 

Mais revenons à Tembléme de la licorne. 

On sait que, chez les Hébreux, la corne est le symbole 
de la puissance. Dans le fait, il existe un animal qui se 
trouve plusieurs fois indiqué dans le texte hébreu de la 
Bible : c'est celui qui est désigné par le mot Reèm. 

Dans la prophétie de Balaam, on trouve ces mots : «C'est 
Dieu qui a tiré les Israélites de l'Egypte; il a une élévation 
comparable à celle du Reèni» » La version des Septante a 
rendu le mot Reèm par /iMVMf^r, parfaitement traduit en 
russe par celui de édinorog {unicomis). 

On lit dans le même chapitre : « Le Dieu qui Ta tiré 
d'Egypte (Jacob) est pour lui comme la force du rhinocéros .» 
On pense que les anciens ont vn les licornes dans le rhino- 
céros, qui n'a en eiïet qu'une seule corne. 

« La voix de rÉternel brise les cèdres, il fait trembler le 
Libancommeles petits du rhinocéros. «(Ps.xxix.) L'Éternel 



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brise la licorne comme un faon de licorne. La puissance du 
Reèm n'est-elle pas clairement indiquée dans le cantique de 
Moïse, où Joseph est représenté ayant des cornes sembla- 
bles i celle du Reèm, avec lesquelles il doit frapper tous 
les peuples jusqu'aux extrémités de la terre. (Deut., 
XXXlll, 17.) 

Ces exemples tirés de la bible suffisent pour appuyer 
l'opinion de l'auteur russe sur les idées religieuses des tsars 
et pour nous faire comprendre le motif du choix de la 
licorne dans leurs armoiries de famille et sur leurs cachets 
particuliers. 

L'emblème de la licorne figure sur plusieurs anciens 
monuments russes, entre autres sur les haches d'armes 
nommées en russe berdiches. Les strélitz en ont fait 
usage jusqu'à la fin du xvn° siècle. Les sirélitz, ou plutôt 
strellsi, composaient une milice établie en 1545 par le tsar 
Jean IV, qui les arma de fusils. Cette milice fut cassée par 
Pierre le Grand. 

La licorne passe pour être Temblème de la pureté de la 
foi ; à cet égard, elle est bien propre à figurer dans les 
armoiries. On la voit sur celles de plusieurs familles d'AUe- 
magoe ei de France. L'exemple le plus remarquable comme 
supports est bien celui que présentent les armes souveraines 
d'Angleterre. 

Les ouvrages sur le blason nous disent que, de tous les 
oiseaux figurés dans les armoiries, Taigle est celui qui se 
rencontre le plus fréquemment. L'aigle en qualité de roi 
des oiseaux est attribué à Jupiter, auquel il apporte la fou- 
dre, et prend alors la signification de la domination et de 
Ti^utorité^ Dans ce sens, nous trouvons l'aigle comme 



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- 422 — 

insigne el symbofc des peuples, des monarques et des 
armées. 

Les monnaies dites roubles, émises sous Pierre 1*% Calhe- 
rine I'* el Pierre II, n'ont aucun emblème sur la poitrine 
de Faigle. Ces monnaies offrent une grande diversité dans 
la forme des aigles ; nous allons rapidement les passer en 
revue. Les revers de plusieurs roubles sous Pierre 11 
(1737-1730) offrent quatre ïi (P) couronnés placés en 
croix. Ce type est imité des derniers roubles frappés sous 
Pierre P', et se retrouve plus tard sur les monnaies de 
Pierre m et de Paul T. 

Passons maintenant aux différentes formes des aigles el 
commençons par les monnaies de Pierre I*^. Les descrip- 
tions sont tirées de Touvrage du baron Chaudoir. 

Rouble de l'année 1704, — il en est parlé pins haul, — 
aigle à deux têtes triplement couronnée; sur les tètes, cou- 
ronnes ouvertes, au-dessus, couronne fermée ; tenant le 
bceptre et le globe. 

Rouble de Tannée 1707. Même type, petite couronne 
sur l'aigle (couronnes royales). PI. XI, fig 5. 

Rouble de la nième année. Même type, couronnes 
royales, celle du milieu très-grande, pièce remarquable 
par la disposition des ailes de l'aigle. PI. XI, fig. 6. 

Rouble de 1714. Même type, grande différence dans I» 
position des ailes et dans la forme de la queue de Taigle. 
PI. XI, fig. 7. Les premiers roubles émis sous Pierre I*' 
indiquent la date en caractères slaves, ceux frappés 
depuis 1722 ont la date en chiffres arabes. 

Catherine !'•. Les roubles de ce règne de Tannée 1725 
ont le buste tourné à gauche; sur les autres, il est- tourné à 



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— 423 ~ 

droite. Quant à la forme de Taigle, nous mentionnerons 
celle figurée pi. XI, fig. 8, et pi. XI, fig. 9. Cette dernière 
se trouve sur une monnaie de la valeur de deux roubles. 

Une forme particulière de Taigle se trouve sur une mon- 
naie de cuivre de Caiherine P ; il faut remarquer les dix 
globules placés aux côtés de la queue de l'aigle : ils indi- 
quent la valeur de la pièce, c'est-àslire dixcopçcks.PI. XII, 
iig. 10. Cette manière d'indiquer la valeur de la pièce était 
en usage sous Pierre I", et se trouve sur plusieurs mon- 
naies des règnes suivants. 

Des monnaies de bronze de diverses villes de la Grande- 
Grèce et de la Sicile portent des globules ou d'aulres indi- 
cations qui doivent avoir été en rapport avec les valeurs 
l^ales de ces pièces. Hennin, I, pp. 178 et 19i. 

Sous le règne de Pierre II, le type de Taigle n'a subi 
aucun changement^ mais sous celui de l'impératrice Anne, 
et à dater de cette époque, nous voyons sur la poitrine de 
l'aigle l'écusson aux armes de Moscou, entouré du grand 
collier de l'ordre de Saint-André, type qui s'est perpétué 
jusqu'à nos jours. PI. XII> fig. 11. 

Il n'y a aucune remarque à faire sur les monnaies 
émises au nom de Ivan Ill^qui n'a jamais régné. Pendant 
son enfance, la régence fut confiée à sa mère^ la prin- 
cesse Anne, qui avait épousé un duc de Brunsvick(1740- 
1741). 

La grande-duchesse Elisabeth, seconde fille de Pierre I*', 
fut proclamée impératrice en 1741. Nous voyons sur 
quelques monnaies de cette souveraine un type tout parti- 
culier de l'aigle ; voici celui qui ée trouve sur une pièce de 
cuivre de un copek : dans une cartouche en forme d'écusson^ 



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— iU — 

il est écrit en langue russe un copek; Técusson est couronné 
et orné de fleurs, supporté par une aigle monocéphale 
ayant les ailes éployées et posée stir des nuages. PI. Xli, 
fig. 12, 

Sous le règne de rimpérairice Elisabeth^ éclata la guerre 
fameuse dans l'histoire sous le nom de guerre de Sept-Ans. 
Cette princesse prêta secours à TAutriche et fit frapper des 
monnaies spéciales d'argent et de billon pour la solde des 
troupes qu'elle envoya en Prusse. II serait trop long d'énu- 
mérer totues ces pièces ; on en trouve le détail dans l'ou- 
vrage du baron Chaudoir, dans la Revue de ta numigma- 
tique belge, année 1868, et dans la Revue numismatique^ 
année -1847. Ce sont de véritables monnaies prussiennes, 
pièces historiques remarquables en eeci qu'elles offrent, 
d'un côté, le nom et l'effigie d'une impératrice de Russie, 
et, de l'autre, l'aigle de Prusse à une tète couronnée tenant 
le sceptre et le globe, et indiquant en langue allemande la 
valeur de la pièee. Nous iaisons figurer la plus forte de 
ces pièces, qui est un tiers d'écu de Prusse. PL XII, 
lîg. 13. 

Les roubles émis sous Pierre 111 sont semblables a ceux 
des règnes précédents; les monnaies de cuivre nous offrent 
un tout nouveau type : c'est celui d'un trophée d'armes, de 
drapeaux et d'instruments, type qui ne s'est pas reproduit. 
Sous le règne précédent d'Elisabeth, une petite monnaie de 
cuivre offre ce même type, au revers d'une pièee d'épreuve. 
Outre la dénomination de la monnaie de cuivre de 
Pierre 111, la valeur en est indiquée par des étoiles; ainsi, 
par exemple, sur la pièce de dix copeks cuivre, dix étoiles 
sont disposées autour de l'aigle. Après le règned'Alexan- 



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— 425 — 

drc C, cet usage ne se voit pas sur les monnaies de Nico- 
las!" ni sur celles du régne actuel. 

En examinant les roubles émis sous Catherine II, nous 
voyons trois types différents. Les premiers roubles offrent 
le buste de l'impératrice orné d'une fraise, les suivants 
n'ont pas de fraise, les derniers ont la tête laurée çans la 
fraise. L'aigle n'a pas subi de changement, ni sous les deux 
règnes suivants; nous la voyons autrement représentée sur 
les monnaies de Nicolas 1"^ et d'Alexandre II. Mais men- 
tionnons celle sur une monnaie de Héraclius 11, tsar de 
Géorgie : c'est une aigle h une tète sans couronne, à très- 
petites ailes relevées tenant le sceptre et le globe; sous 
I aigle, le millésime de 1796. PI. Xil, fig. 14. «Héraclius II, 
« tsar de Géorgie Tl 760-1 798), menacé d'un concurrent 
» par le souverain de la Perse, Kérim-Khan, s'allia 
*' aux Russes et finit par se reconnaître leur vassal, 
« en 1783.i> 

Sous le règne de l'empereur Nicolas !•', le type de l'aigle 

^ubjc deux changements. Le premier nous présente l'aigle 

^^ux tètes, sans couronnes, les ailes très-déployées, 

l^U^Qt oonjointement un double flambeau et la foudre, 

couronne de laurier et un ruban flottant; sur la 

iK7^^<^v^o, un écusson aux armes de Moscou, dont la 

^^%^^^ supérieure s'élève au-dessus des tètes d'aigles et 

^o^^tent la couronne impériale; dessous, le millésime. 

V\. XII, fig. 15. 

V.e second type, en date de 1831 ; l'aigle a de nouveau 
\cs ailes relevées et chargées des écussons aux armes de 
K^zan, d'Astrakhan, de la Sibérie, de la Pologne, de la 
Tauride et de la Finlande. PI. Xll, fig. 16. 



/ 



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~ 426 — 

Je termine cet ariicle en donnant le dessin du rouble tel 
qu'il circule aujourd'hui. PL XII^ Gg. 17. 

F. Segui?!. 
Genôve, 27mai1869. 



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^ 427 — 



NUMISMATIQUE BRUXELLOISE. 



LA MÉDAILLE DE LA GABDE BOURGEOISE 

BM tftt». 



Planchb XIII. 

xMalgré la censure ei le silence forcé des journaux, 
malgré la terreur qu'inspirait la police impériale, la nou- 
velle de la déroute de Leipzig (\S octobre 1813) parvint 
à Bruxelles dans les premiers jours de novembre. 

On se racontait à Toreille, et quand on se croyait à l'abri 
des mouchards, les détails, amplifiés sans doute, de cette 
horrible boucherie. Ces détails étaient apportés par quel- 
que voyageur isolé, quelque déserteur peut-être. 

Bientôt après, on sut vaguement que la Hollande s'in- 
surgeait. Les employés français, qui fuyaient devant 
rémeutC; traversaient la Belgique, mornes et consternés. 
Le doute n'était plus possible. La chaine que nous traînions 
depuis vingt ans allait se rompre ; l'empire touchait à sa 
Kn. 

Les dépôts de troupes, les vétérans comme les conscrits, 

les restes de garnisonS| les gardes de préfecture, tout était 

dirigé vers le Rhin, que les alliés commençaient à franchir. 

Le préfet de la Dyle, baron d^Houdetot, se voyant à 



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— 428 - 

Bruxelles sans force armée, sans moyen de maintenir 
Tordre à I*inlérieiir, que des soulèvements de la populace, 
des pillages pouvaient compromettre, décréta, le "26 novem- 
bre, la réorganisation de la garde bourgeoise qui avait été 
créée, en 1809^ lors de lexpéditiou anglaise dans liledc 
Walcheren (*). 



(I) Extrait des registres des arrêtés du préfet du département 
de la Dyle. 

Bruxelles, le 28 DOTenbr* IBU. 

Le Préfet, 

Goosidôrant que les circonstaoces peuvent appeler hors des mors de 
Bruxelles les troupes qui y soot en garnison ; 

Considérant que la généralité des habitants de la ville a manifesté le 
désir qu*il fût formé une garde chargée de maintenir Tordre dans la 
ville et de veiller à la conservation des personnes et des propriétés ; 

Considérant enfin que dans un moment où la ville de Bruelles 
reçoit un grand nombre d^étrangers de toutes les conditions, il importe 
de veiller à ce que la tranquillité des citoyens ne soit pas troublée par 
des gens sans aveu et mal intentionnés ; 

AraAtb : 

Aet. 4 . La garde bourgeoise, formée en 4 809, sera de suite réoigaoîsée. 

Art. %, Cette garde sera chargée de veiller au maintien de la tran- 
quillité publique, en occupant les postes qui lui seront confiés, et en 
faisant des patrouilles dans les principaux quartiers de la ville. 

Art. 3. La garde bourgeoise n'ayant à faire qu*an service intérieur 
et ne pouvant, en aucun cas, être appelée hors l*enceinte de la ville, le 
service sera personnel, et aucun habitant qui en fera partie ne pourra 
se faire remplacer. 

Art. 4. M. d'Assche, propriétaire, à Bruxelles, et Tun des aociens 
capitaines de la garde bourgeoise, est nommé commandant de cette 
garde. 



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— 429 — 

Cette garde se composait de huit compagnies. Le même 
arrêté lui donnait pour commandant M. d'Assche (le mar- 
quis) (*), ayant pour adjudant-major M. Rouppe, celui 
qui depuis fut bourgmestre de Bruxelles, et à la mémoire 
de qui est érigée, auprès de la station du Midi, la petite 
foniaine qui porte son nom (*). 

La garde bourgeoise, qui n'avait pas pour mission de 
défendre la puissance expirante de nos maîtres, put assis- 
ter, l'arme au bras, à l'entrée des cosaques n Bruxelles, le 
l*' février 1814, Elle continua, sous le gouvernement 
provisoire des alliés, sous celui du prince-souverain, puis 
roi des Pays-Bas, à maintenir l'ordre et la police dans la 

ville. 

En 1815, après la bataille de Waterloo, la municipalité 
de Bruxelles imagina, pour récompenser les services 
graïuiu et désintéressés des membres de celte garde, de les 
décorer d'une médaille de bronze. 

Art. 5. M- le maire de la ville de Bruxelles est chargé de rexécution 

dfl présent arrêté. 

Pour expédition conforme : 

Le Préfet, 
Signé, Baron d^Houdetot. 

(Archives de la ville. Carton intitulé Garde 
bourgeoise,) 

(») M. le comte Cornez de Grei lui succéda peu après dans ce com- 

maDdement. 

(*) Une fontaine est, à Bruxelles, le monument ordinaire consacré è 
la mémoire des bourgmestres morts en fonctions. Voy. sur Nicolas- 
Jean Houppe, une notice par notre ami et excellent confrère M. Van dbn 
Broeck, t. III, 4« série, p. 342 de celte Revue. 



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- 430 - 

Cette médaille^ qui se suspendait h un ruban orange 
liséré de vert, de deux centimètres de largeur, et qui fut 
confectionnée, dit-on, par le sieur Jouvenel père, graveur 
de S. A. R. le prince d'Orange, porte, d*un côté, un 
écusson sans couronne, aux armes de Bruxelles (de gueules 
au Saint-Michel d'or terrassant un démon de sable) {^\ 
et la légende: MAGIST. BRUX. CIVIB. SUIS OR 
ASSERT. URB. SECUR. 

Au revers, dans une couronne de chêne : 



(') Ces armoiries ont souvent et beaucoup varié. Ce fut, sur lespht^ 
anciens sceaux, un ange debout, de face et long vêtu, sans diable aucua. 
Puis range, ou plutôt Tarcbange, foule aux pieds le démon, sur lequel 
il appuie une longue croix processionnelle quMl tient de la main droite; 
la gauche est posée sur un écusson aux quatre lions Un siècle plus tard, 
en 4567, Tarcbange est court vêtu , il a laissé la croix pour prendre le 
glaive du guerrier. 

Au xviie siècle, la croix reparaît, et les émaux indiqués sont de 
gttefileSj au Sainte Michel d*or terrassant un diable de sable. 

Sous Tempire (c'était le règne du sabre), Tépée a de nouveau chassé 
la croix et les émaux ont changé, v La tonne ville de Bruxelles était 
autorisée, par un décret du 6 Juin 4844, à porter pour armoiries de 
gueules au Saint-Michel d'or terrassant le démon de même, armé et 
allumé de sable; au chef cousu des bonnes villes, qui était de gueules a 
trois abeilles d'or en fasce. » 

Le 30 mars 4819, le conseil supérieur de noblesse confirma Bruxelles 
dans la possession de son Saint-Michel, en modifiant, on ne sait pour- 
quoi, les émaux. Ce fut de gueules au Saint-Michel </'ab6cnt terrassant 
un diable de sable. Le diable avait repris sa couleur traditionnelle, le 
noir. •• 

Enfin, par un arrêté du 25 mars 4844, le roi Léopold rendit a 
Bruxelles ses anciens émaux. L'archange, vôtu en soldat romain, se sert 
pour arme d'une croix longue, comme frère Jean des Eniommeure< 
dans le célèbre romau de Garganlua. 



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- 431 — 
BELGICI 

REGNI 
HABENAS CAPESSEriTE 

WILHELMO 

NASSOVOEO 
HDCCCXV 

Voir pi. XIII9 n® 1. Il en existe des exemplaires, plus 
rares, de cuivre jaune qui, dit-on (car nous n'avons rien 
pu trouver de positir à cet égard), étaient destinés aux tam- 
bours et aux fifres {*). 

Le prince héréditaire d'Oranj^e voulut Taire lui-même la 
distribution de cette décoration municipale aux gardes qu'il 
passa en revue, à l'Allée- Verte, le 23 septembre 1 81 5; 

Cependant, celle médaille ne tarda pas à soulever 
diverses difficultés. On ne contestait pas aux gardes le 
droit de la porter quand ils étaient sous les armes, mais, 
sur les réclamations du chancelier de l'ordre du Lion 
Belgique, il fut arrêté que, pour la porter hors de service, 
il fallait une autorisation spéciale (*). 

D'après un arrêté du 27 septembre 1817, cette autori- 
sation pouvait être révoquée pour cause d'inconduile. Un 
auure arrêté du 9 novembre suivant défendit de la déta- 
cher du ruban, ou plutôt, de porter le ruban sans la 
médaille. 

('] Bien que celte pièce D*ait été frappée qu'à un petit nombre d'exem- 
plaires, OD remarque plusieurs variétés de coins. 

(*) Quelques demandes de porter la médaille bruxelloise ont été 
renouvelées en 4 846 et eu 4848. Cétait peut-être une manière adroite de 
Taire penser h soi pour Tordre de LéopoKl. 



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- 432 — 

Un troisième arrêté, du 12 janvier 1818, autorisa le 
port de semblables médailles d'une dimension réduite, qui, 
toutefois, ne pouvait pas être inférieure à celle des pièces 
(le cinq cents des Pays-Bas (*), 

(*) Wij, WiLLBM, bij de gratie Gods, Koaingder Nederlandea, Prias 
van OraDge-Nassau, Groot-Hertog van Laxemburg, enz., enz., eDz. : 

Op de voordragt van dea Minister kauselier der orde van den Neder- 
laDdsche Leeuw, vaa den 7 dczer ; 

Hebben goedgevonden en verstaan te bepalen, dat het een ieder, 
welke toi het dragen van eerepenningen aan een lint, na de veranderiDg 
van zaken in den jare 4843, zijn gemagtigd of verder zullen worden 
gemagtigd, vrij zal staan dezelve penningen toi eenekJeioeredimensie, 
die niet minder zal mogen zijn dan de grootle van een Nederlandsch vijf 
cents stok, te dragen ; 

^kiUende in geen geval geoorloofd zijn het dragen van de vocrm. 
eerepennîDgen op eene baretto. 

En is de Minister kanselier van de orde van den Nederlandsche Leeuw 
belast met de execulie dezer, waarvan ten dien eiude afscbrift aan hem 
zal worden gezonden. 

'S Gravenbage, 4SjaBuarij 4848. 



{Otteekênd) Willbit. 



Van wege den Koning : 
[Geteekend) A.-R. Falck. 

Accordeerl met deszelfs orlgineel. 

De gri/fier ter StaaU secntary, 
(Geieekend) L.-U. Elus Scaonsi., /. ç. 

Voor eensluidend afscbrift. 

De ihesaurier der orde van den Nederkmdschen 
Leeuw, belast met de wiameming van het 
secretariaat, 

Van Zuylbn van Nyevklt. 

(Archives de la ville, loc, cit.) 



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— 453 — 

NousaUribuons a oeUe indulgente permûsion l'exislenee 
des pièces gravées sous les n** 2 et 3. 

La médaille, il faut en convenir, n'était pas belle. Elle 
ressemblait à un gros sou, et on lui en avait donné le 
nom; sa couleur chocolat n'était pas agréable à l'œil. 11 
arriva donc ce que nous avons vu depuis pour la médaille 
de SaintC'Hélène ; on chercha à l'embelliri on la voulut 
plus mignonne, brillante et dorée. Pour les plus raffinés 
méme^ ce ne fut pas assez. 

Céuiit alors la mode, quand on n'était pas en uniforme, 
de porter sur on habit de pékin les décorations réduites 
en petit format, soudées sur une espèce de boucle que 
traversait le ruban. 

Le sieur Dupont, bijoutier de LL. AA . R. et L le prince et 
la princesse d'Orange, imagina d'exploiter la mode des 
boucles au moyen de la médaille. II composa un élégant 
bijou d'or recouvert d'émail translucide et représentant le 
côté principal de la pièce. Ce joli médaillon pouvait se 
porter suspendu au ruban, comme on le voit pi. XIII, 
n" 4, ou bien soudé à une boucle (*)• 

On ne savait trop, alors qu'on sortait d'un régime où 
tout était défendu, si la confection de pareils bijoux ne 
serait pas regardée comme un délit. M. Dupont, en homme 
prudent, crut donc devoir s'adresser à la régence de 
Bruxelles, à l'effet d'obtenir, par son intermédiaire, l'auto- 
risation de fabriquer ses médaillons et ses boucles, qu'il 



(') Vexemplaire d'essai et probablement unique que nous avons 
reproduit appartient, ainsi qae les autres pièces, à notre zélé confrère 
M. Louis Gedhand de Mènera, qui a bien voulu nous les communiquer. 
6* siR». — ToMi I. S8 



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— 454 — 

appelle des bareites {*). Cette autorisation lui fut re- 
fusée. 

Voici, m extensoy la requête du sieur Dupont. Elle 
contient des détails curieux sur l'usage des boucles et des 
décorations de fantaisie. Nous en devons la communi- 
cation à la complaisance de notre savant confrère, M. Far- 
chîvistcWauters. 



« Aux noble» et honorable» seigneur» le bourgmestre et 
le» échevin» de la ville de Bruxelles. 

u Nobles et honorables seigneurs, 

•c Informés que j'étais occupé à confectionner des 
hareltes pour les membres de la garde bourgeoise qui 
avaient été autorisés à porter leur médaille, vous m'avez 
fait l'honneur de m'appeler auprès de vous pour voir les 
barettes. 

« M'étant rendu à l'hôtel de ville, vous avez eu la bonté 
de me dire que vous vouliez bien vous charger de trans- 
mettre CCS barettes à Son Excellence le chancelier de l'ordre 
du Lion Belgique, en le suppliant de vouloir autoriser les 
bourgeois de Bruxelles décorés de la médaille de la ville 
à la porter en négligé. 

« J'ai donc l'honneur, nobles et honorables Seigneurs, 



(I) Ce mot ue so trouve, avec cette signification, dans aucun diction- 
naire que nous ayons consulté. U vient, sans doute, des deux petites 
barres qui formaient la boucle. Le roi Guillaume, en répondant à la 
demande du sieur Dupont, s*en sert également : op eenebareUe. 



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— 435 — 

de vous en transmeure une ci-joint, que je vous prie de 
vouloir faire parvenir h Son Excellence pour obtenir son 
autorisation à ce sujet. 

« MaiSy en vous Tadressanti je crois devoir me per^ 
meure de vous faire les observations suivantes, qui m'ont 
engagé à confectionner ces décorations de fantaisie. 

« Quelques membres de la garde bourgeoise ayant leur 
brevet pour porter la médaille de la ville, sont venus me 
consulter pour savoir s'il n*étail pas possible de leur 
confectionner une boucle avec une médaille en petit, 
(qu'ils) puissent porter tous les jours en négligé^ parce 
qu'ils disaient avec raison que s'ils perdaient par malheur 
cette décoration de négligé, ils pourraient toujours s'en 
procurer nne autre, tandis qu'en perdant leur médaille, 
ils ne pourraient plus s'en procurer. 

« J'essayai donc et je réussis bientôt à faire la barette 
ci-joinie^ elle porte précisément les armes de Bruxelles, le 
fond de gueules au Saint-Michel en relief d'or, telles que 
sont les armes reconnues de cette ville; j'ajoutai autour 
l'inscription exacte de la médaille; je rassemblai le tout 
sur la boucle et j'en formai des barettes, que tous ceux qui 
les ont vues ont approuvées. 

« Il n*y aurait pas plus d'inconvénient, je pense, d'em- 
bellir une petite médaille pour porter en négligé, en suivant 
toujours Tordounance et seulement dans la vue de conser- 
ver la médaille reçue des mains de S. A. R. le prince 
d'Orange. 

« Je ne pense pas, nobles et honorables Seigneurs, que 
personne veuille s'opposer à ce que les bourgeois brevetés 
puissent porter ces barelies ou ces médailles enjolivées, 



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— 436 — 

puisque, dès que le milieu représente la médaille, ils se 
eonforment è Tordre qui leur a été donné de ne poini 
porter le ruban sans la médaille. 
. « J'ai oonfeètionné sans obstacle des barettes dans le 
même genre pour les personnes décorées de la médaille 
d'argent de Nassau; elles la portent sans opposition. Geui 
décorés de la médaille d'Autriche portent aussi des barettes 
à peu près semblables. Pourquoi voudrait-on faire une 
eioeption pour la médaille de la ville de Bruxelles? 
Monsieur le colonel du régiment de Nassau, à Namur, 
quoique seulement décoré d'une médaille d'ai^ent, porte 
une barette que je lui ai confectionnée, et dont le fond est 
bleu d'aaur émaillée^ Finscription tout autour en letu^ 
d'or, et la tète en argent. C'est bien là la médaille; il en est 
de même de la barette ci*Jointe ; ainsi, il ne peut y avoir 
plus lieu de défendre l'une que l'autre. 

« D'ailleurs, nous avons sous les yeux un exemple 
encore plus frappant : l'ordre du Lys, donné en France, 
n'était qu'une fleur de lys; on en porte cependant en 
barette, en croix, en sautoir, et personne n'y a jamais trouvé 
à redire. 

<c Je pourrais vous citer encore bien d'autres exemples, 
mais je suis assuré que ceux ci-dessus suffiront pour vous 
convaincre, nobles et honorables Seigneurs, que ces 
barettes, etc., peuvent être portées sans inconvénient. 

« Je supplie en conséquence vos nobles et honorables 
Seigneurs de vouloir bien appuyer de ces raisons la 
demande que vous voudrez bien faire à Son Excellence le 
chancelier de Tordre du Lion Belgique, d'autoriser les 
gardes bourgeoises qui auront obtenu des brevets de porter 



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— 437 — 

en négligé les barettes et en grand costume la médaille 
qu'ib ont reçue. 

« J'ai l'honneur d'être avec respect, nobles et honorables 
Seigneurs, 

« Votre très-humble, obéissant, ^élé serviteur, 

« F.-I. DUPOMT. 

• Joaillier et bQooUer de Lears MsùesCés ei de Lean AHeases 
Royales et Impériales. 

• BruieUes, S4déoeiiibre4847. » 



La médaille de la garde bourgeoise de Bruxelles n'est pas 
la seule décoration municipale que nous puissions citer. 
Déjft, dans le tome IV, 3* série de ce recueil, page 87, 
nous avons vu qu'en 1807, un maire de Mons, le comte 
Duval, avait, le 15 août, à l'occasion de la fêle de l'empe^ 
rear^ remis, au nom de la ville de Mons, une médaille» 
décoration aux blessés de Jena, Eylau et Friediand, qui 
se trouvaient alors dans le département de Jemmapes. 

Récemment encore, la ville de Bruxelles a distribué 
aux riflemen qui avaient assisté au tir international 
de 1866^ une décoration spéciale suspendue à lui ruban 
rouge. La même année, à la suite du choléra^ les com- 
munes d'Ixeiles et de Laeken ont décerné aux personnes 
qui s'étaient le plus distinguées par leur zélé charitable 
pendant Fépidémie , des décorations, ma foi, fort jolies, 
avec diplômes sur parchemin, scellés comme des lettres de 
noblesse. 

Ces décorations municipales soulèvent diverses ques- 



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— 438 - 

dons plus curieuses qu'importantes, et que nous n'essaie- 
rons pas de résoudre. El d'abord, on se demande de quel 
droit une administration locale crée et distribue un genre 
de récompense, qui parait être l'apanage exclusif du chef 
de l'État? 

Les communes ont généralement une tendance à s'éman- 
ciper du pouvoir central. On cherche à ressusciter les 
anciennes franchises, les immunités, les privilèges des 
vieilles communes flamandes, toutes choses qui avaient leur 
raison d'être quand on pouvait dire comme La Fontaine : 

« Notre ennemi c^esl notre maître. » 

quand l'État était représenté par un gouverneur espagnol ou 
autrichien. Mais aujourd'hui, que la souveraineté réside 
dans la nation, « que tous les pouvoirs émanent d'elle, » 
aujourd'hui, avec notre self-govemment, il n'y a, à propre^ 
ment parler, qu'une seule commune, la Belgique, quun 
seul bourgmestre, le roi. La commune telle qu'on voudrait 
la faire revivre ne serait qu'un affreux anachronisme, une 
anarchie générale, et, pour les administrés, la plus gênante 
de toutes les tyrannies, celle qu'on a continuellement sous 
les yeux, et qui s'exerce, en quelque sorte, jusqu'au foyer 
domestique. 

Mais revenons à nos médailles. 

Comment pourrait-on empêcher quelqu'un, à qui ces 
décorations n'auraient pas été données, de les suspendre à 
la boutonnière? L'envie n'en prendra, sans doute, à per- 
sonne. C'est une question purement spéculative qui ne 
trouvera jamais son application. Mais voyons ce que dit à 
ce sujet le nouveau code pénal; comme il a réglé la 



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— 459 — 

matière, les réglemenls spéciaux sont virtuellement 
abrogés (art. 6.) 

Art. 938. Toute personne qui aura publiquement porté 
un costume, un uniforme, une décoration, un ruban ou 
autres insignes d'un ordre qui ne lui appartient pas, 
sera punie d'une amende de 200 francs à i,000 francs. 

Aht. 299. Le Belge qui aura publiquement porté la 
décoration, le ruban ou autres insignes d'un ordre étran- 
ger, avant d'en avoir obtenu l'autorisation du roi, sera 
puni d'une amende de 50 francs à 500 francs. 

L'art. 328 défend d'abord de porter publiquement un 
costume, un uniforme. 

Bien que la loi ne le dise pas, il s'agit sans doute, ici, 
d'un uniforme ou d*un costume officiel. Car nous ne 
croyons pas qu'on puisse défendre à quelqu'un de s'habiller 
en Rubens, comme le faisait Wiertz, ou en magyar, comme 
le fait encore le comte de L... 

L'article ajoute : Une décoration, un ruban ou autres 
insignes d'un ordre. 

A prendre la chose à la lettre, et les lois pénales sont de 
stricte interpréutiouj il s'agirait uniquement ici de la déco- 
ration, ruban, etc., d'un ordre. Or, comme il n'y a, en 
Belgique, qu'un seul ordre, celui de Léopold, on pourrait 
en déduire que les autres médailles et croix peuvent impu- 
nément être usurpées. 

Pour l'empêcher, il faudrait soutenir qu'une médaille 
est un costume» un costume officiel. 

Ce serait un peu fort; cependant, il ne serait pas prudent 
de s'y fier. On ne sait pas toujours ce dont un juge est 
capable. 



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- 440 — 

Mais que dirait-on d'ane breloque quelconque, d'une 
croix de fantaisie, qui ne serait ni étrangère^ ni officielle, 
ni même communale, d'une clef de montre, par exemple, 
émaillée, enjolivée et faisant l'admiration des badauds? 
Peutril être défendu de pendre la clef de sa montre i la 
boutonnière de l'habit plutôt qu'à celle du gilet? 

On voit que la loi aurait pu, sans inconvénient, être un 
peu plus claire. 

Quant à l'art. 2M, il ne parle positivement que des 
insignes d'un ordre étranger. Il faut donc, avant tout, que 
ce soit un ordre; et les décorations étrangères, qui ne sont 
pas celles d'une ordre, la médaille de Sainte-Hélène, par 
exemple, peuvent, semble-t-ii, être portées sans autorisa- 
tion. 

Enfin, outre les décorations de fantaisie individuelle, il 
est encore toute une classe d'objets du même genre, et une 
classe nombreuse, dont la loi ne parie pas, ce sont les 
décorations de fantaisie collective. Les insignes des sociétés 
d'arbalète, d'arc, de tir, de musique, d'harmonie, de 
chant, etc., les bijoux maçonniques, la croix émaillée des 
Templiers, YBuitre d^or, le Porc d'argent des Agatho- 
pèdes, la dent d'argent des mangeurs de Zellick, les petits 
poissons des Carpilaires de Gand, etc., etc. 

Tout cela est, sans doute, parfaitement permis, parfaite- 
ment innocent; et cependant, on ne peut nier que ce ne 
soit une concurrence fâcheuse pour les véritables déco- 
rations. 

R. CflALorr. 



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441 



JETONS HISTORIQUES 



DB Lk 



OOLLEOnON DE M. VANDEB AUWERA. 



TBOIBlàllB ABTICUI. 



Pt. XIV. 



Les Crois premiers jetons que nous publions aujourd'hui 
furent frappés pour divers services de la maison des ducs 
de Bourgogne de la race des Valois. Le quatrième appar- 
tient à la minorité de Philippe le Beau, et les deux derniers 
ont servi à des corporations civiles des Pays-Bas. 

N"* 1. Quelques lettres de la légende sont eflbcées. — 
* {lecyïSOlBB : D : (lOMPWe» : D : BR25B25N (0- 
Écu écartelé de Bourgogne et de Brabant-Limbourg, 
entouré de huit arcs de cercle à crochets. 

Bev. 4<G[0MPIV€CS: laCCITeCS xBSVnGMGOim. 
Un heaume ayant pour cimier une fleur de lis, comme sur 
les doubles gros , les gros et les demi-gros de Jean sans 
Peur et la monnaie d'or d'Antoine de Bourgogne. 

Voilà certainement un des jetons les plus vénérables qui 



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— 442 — 

puissent attirer l'attention des amateurs. 11 est en cuivre 
rouge. A défaut de la légende et des armoiries, son style le 
fait remonter aux premières années du quinzième siècle. 
On a fait usage de ce jectoir à la chambre des comptes 
d'Antoine de Bourgogne, duc de Lothier, de Brabant et 
de Limbourg, marquis du saint-empire. En 1404, Antoine, 
second fils de Philippe le Ifardi, duc de Bourgogne, et de 
Marguerite, comtesse de Flandre, avait été institué gou- 
verneur du duché par Jeanne de Brabant. Un des premiers 
actes de son administration fut de créer pour le Brabant 
une chambre des comptes, imitée de celle que son père 
avait établie à Lille en 1404. Une patente du iS novem- 
bre 1406 est la première pièce où se rencontre la qualifica- 
tion de chambre des comptes (*). Les membres qui la 
composaient devaient veiller « à la conservation du domaine 
ducal et des explois, amendes et fourfaitures qui y sont 
escheues et escherront » et à l'examen des eomptes de tous 
les officiers de service. Un mandement du iStjuin 4413 
à la chambre des comptes de Brabant prescrit au comp- 
table N parafant la clocture de ses comptes, d'affermer par 
serement qu'il n'a aucune chose recelé en recepte. » Comme 
on vient de voir, notre jeton est un des premiers dont les 
princes de la maison de Bourgogne se soient servi dans les 
Paya-Bas. 

«•2. * larproOIBSî DV g B VR€CKV XJSî 
SDTTD. Dans une clôture faite avec des pieux, en flamand 

(') Inventaire des archives des chambres des comptes. Bruxelles, 
4837, 1. 1,pp. Setsuiv. 



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— 443 - 

iuyn (synonymes haghe fl. sepes^ septunij Kilian), un pliy- 
lactére sur lequel nous lisons vive .... (be)atité x • • • • 

Bev. i ovi 2 Bn g Gan^Fi^aBK 2 Lag aojiiPFi^a 

i nXROVJ&RT^. Les armoiries de Philippe le Bon et 
d'Isabelle de Portugal, figurées de la même manière que 
sur les vierlander du duc et occupant tout le champ divisé 
par moitié de haut en bas. 

La clôture ou barrière que nous rencontrons sur notre 
jeton est empruntée à des monnaies belges. Au commence- 
ment du quinzième siècle, on entourait d'une palissade, soit 
uo ange, comme sur la monnaie d'or de Guillaume IV 
de Hainaut (1404-1417), récemment acquise par la biblio- 
thèque royale de Bruxelles, soit un lion tenant un écusson 
armorié; il y en a un au milieu d'une clôture, sur des 
monnaies hollandaises de Jacqueline de Bavière et de 
Jean de Brabant. Un tiers de tuyn — les monnaies à la 
clôture s'appellent ainsi — montre l'écu de ce dernier 
prince placé au mflieu de pieux réunis par des branches 
entrelacées. C'est la haie symbolique, VHoritu concluius, 
semblable au cercle palissade du jardin de la PwMe de 
Hollande, et dans lequel est assise la Vierge, accompa- 
gnée de sainte Catherine, de sainte Barbe et de sainte 
Dorothée, de l'esuimpe de la bibliothèque de Belgique, 
portant la date de 1418. Sur notre jeton, la palissade ne 
cootieni qu'une banderole où nous lisons, si nos yeux ne 
nous trompent, vive beauié:. 

Isabelle, fille de Jean I*', roi de Portugal, épousa 
Philippe le Bon, à Bruges, en 1430. Elle était sa troi- 
sième femme. Elle donna le jour à Charles le Téméraire, 
en 1433, et se retira du monde en 1457. C'était, comme 



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-- 444 — 

(lit M. Vallet de Viriville, une personne grave, habile, 
sagace et très-propre à soutenir le rang d'une grande prin- 
cesse du moyen Age. 

La légende du jeton que nous publions indique l'usage 
auquel il servait. 11 se peut qu'il ait été frappé à Pépoque 
du mariage de Philippe le Bon. La duchesse avait sa 
chambre aux deniers. Madame jetait-elle en jects d'or, 
comme faisait son mari? C'est probable. La frappe des 
jetons des ducs de Bourgogne et de leurs officiers était 
confiée aux hôtels des monnaies de ces princes. Testant du 
Biez, tailleur des coins de la monnaie de Flandre, reçut 
vingt sous de gros en 1430 « pour avoir taillié ij pilles et 
iiij tourseaux aux armes de Monseigneur et de Madame, 
pour faire des jectoirs pour la chambre des comptes à 
Brouxelles. n Peut-être le même du Biez grava-t-il le jeton 
du bureau de Madame. 

N<»3. «OeCnunOIBS s D€CSjf PIHXNaeBSDV S 
DV€C. Les lettres C et M, réunies par uo entrelacs, comme 
sur les vitraux de Notre-Dame de Bruges représentant 
Charles le Téméraire et Marguerite d'York. 

Rev. « VIVa i Ua^ ROBLeC s DVGC s DS s 
BOVBOOING. Le bélier de la Toison d'or suspenda à 
deux briquets. 

M. Vander Auwera possède le jeton portant, au droit, 
saint André, et, au revers, la légende et le bélier dont nous 
venons de parler. Ce jeton, qui rappelle les florins d'or de 
Charles le Téméraire, a été publié par MM. Jules Rouyer 
et Eugène Hueher, dans leur Histoire du jeton au nunfen 
âge, phXlf, fig. 101. 



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— 448 — 

La légende qui entoure l'apôtre est : h- MONIOIE : 
SANS : BLAME : VIVE : BOVRG. Cri de guerre de la 
maison de Bourgognet Momjoie $an$ blâmé.... fait allusion 
encore aux sucuts de la Toison d'or dont les chevaliers 
devaieoc être sans reproche (*)» 

Nou% booorabie confrère et ami, M. le colonel Mailliei, 
a bien voulu nous communiquer l'importante variété que 
Doas avons faii graver sous le n"* 3. C'est un des jetons qui 
furent frappés Iqrs du mariage de Charles le Téméraire 
avee sa troisième femme, Mai^erite d'York. Le jeton de 
M. Vander Auwera est en cuivre rouge, celui que nous 
publions est en cuivre jaune. Sa gravure n'est guère soi- 
gnée; les caractères sont assez grands et empreints d'une 
main ferme. 

flQSSSIBB. Les armoiries de Philippe le Beau entourées 
du collier de l'ordre de la Toison d'or. 

Rev. *v2s>De:n*i2?fpOGiîe:*piî's*GB2cve: 

A V2S' A VIi2C'. L'écu de Flandre au lion, bordé de cinq 
ares de cercle dentelés. 

La légende du revers complète la légende du droit, et 
nous lisons : Jeton pour le maître de la monnaie du duc 
Philippe, comte de Flandre. Sur un autre jeton de la col- 
leetion de M. Vander Auwera, aux mêmes types et publié 
par MM. J. Rouyer et Ë. Hucher (p. 145, fig. 104) nous 
lisons ; Rekepenn : voor den muntmeesler s -^ vander : 
mmte van Vlaenderen (jeton pour le maître des monnaies 

J. RouTBK et E. HoCHBB, Histoire du jeton, p. 142. 



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— 446 — 

de la monnaie de Flandre). Suivant les auteurs de ï Histoire 
du jeton au moyen âge, la frappe de cette pièce date de la 
minorité de Philippe le Beau, et ils ajoutent que « le type 
du lion, d'un cAté, les armes de l'archiduc Philippe, de 
l'autre, donnent au jelon une analogie frappante avec les 
doubles gros forgés à Gand (1488-*! 489) pendant la révolte 
des Flamands contre Maximilien, qu'ils ne voulaient pas 
reconnaître pour tuteur de leur jeune comte. Ils durent 
cependant finir par lui laisser la tutelle..* » 

Une instruction relative à la fabrication des monnaies 
pendant l'année 1486 (*) nous apprend que le mailre 
général de toutes les monnaies était alors Gérard Loyet. Le 
maître général des monnaies de Flandre s'appelait Philippe 
Van den Berghe, M» Deschamps de Pas, dans son dernier 
article de la Revue numismatique de Paris* donne encore 
les noms, de quatre maîtres particuliers de la monnaie de 
Flandre. Notre jeton ne portant point de date, il n'est 
guère possible de dire auquel de ces maîtres il faut i'ottri- 
buer. 

N' 5. * O X MïïniEB X bEI k ME x MENfTO x MEI. 
Les Colonnes d'Hercule réunies par un phylactère, sur 
lequel on lit PLVS HOVLTER (plus ultra). 

Rev. * POVRxiiK LOGE xbES BOVBGOES : 
7S. : BRVGES. Dans le champ, les armes de Bruges, qui 
sont un écu fascé d'argent et de gueules de huit pièces, au 
lion grimpant d'azur, armé et lampassé de gueules, cou- 

(^] L. Dbschamps de Pas, Etiai sur l'histoire monétaire des comtes de 
Flandre delà maison d'Autriche, [Revue numismatique^ 4869. p. 404.) 



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— 447 -- 

rooné d'or av^ croix pendante^ L'écu a pour ienaat un 
ours grimpanl de couleur naturelle. 

La lojjfe de$ BaurgeoU de Bruges, en flamand, Poorters- 
Huys, Loodze, Logie, remonte aux premières années 
du quatorzième siècle. Elle est située non loin de Tan- 
cienne maison consulaire des Biscalens ou Dotnus Can- 
uArorum, Elle a conservé à peu près sa forme primitive. 
A un de ses coins est placé un ours dans une niche. Cet 
ourSy à ce qu'il semble, remplit à Bruges l'office du fameux 
torse de Pasquin au coin du palais des Orsini. On y pla- 
carde des épigrammes. < Au quatorzième siècle, nous écrit 
M. Emile Vanden Bussche, archiviste de TÉtat à Bruges, 
les habitants de la ville se réunissaient dans la Loge des 
Bourgeois pour se récréer. La célèbre société de TOurs 
blanc y avait ses jeux et esbattements. Plus tard, en IKIO, 
la confrérie ou corporation des escrimeurs s'y établit, et 
vers 1650, la société de rhétorique, dite du Saint-Esprit, 
y installa sa chambre. Enfin, en 1719, le magistrat y établit 
l'académie de dessin et d'architecture. A cette époque, on 
cessa d'appeler ce bâtiment la Loge des Bourgeois, n D'après 
ce qui précède, nous pouvons dire que le très-rare jeton de 
plomb de M. Yander Auwera a servi de marque de présence 
aux escrimeurs de Bruges sous le règne de Charles- Quint. 

N« 6. VERBVM . CARO FACTVM . EST. Une fon- 
taine en forme de croix dont l'eau tombe dans une coupe 
aux larges bords qui sert à la fois de vasque et de pied 
de fontaine. Au-dessus de la croix, le soleil, la lune et une 
étoile. Près des bords de la coupe, deux contre-marques, 
F, L. 



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-- 448 — 

Rev. SICVT . LILIVM . INTER . SPINAS. Des fleurs 
de lis sortant d'an vase élégant; dans le ehamp, 15*73. 

De tous lea jetons de sociétés de rhétorique (|u'il nous a 
été donné de eoonaitrey eelui-ci parait le plus intéressant à 
cause de sa date et des noms des sociétés pour lesquelles 
il fut frappé. La Fontaine el le Li$ étaient deux importantes 
et vieilles chambres de rhétorique gantoises. La première 
publia ses statuts le 9 décembre 1448 (M. Le blason de la 
société représente une fontaine dont Teau combe dans une 
vasque en maçonnerie. Elle est à trois jets, par allusion à 
la Sainte-Trinité. 

La devise de la chambre est ALST PAST Bl APETITË, 
quand l'ocauUm se présente. Ces armoiries et cette devise 
sont gravées dans l'article de M. Blommaert, que nous 
venons de citer. 

Pourquoi notre jeton n'a-t-il point traduit en latin la 
devise consacrée, et pourquoi cette parole empruntée à 
l'évangile de saint Jean : Le Verbe s'est fait chair? Quarante 
ans auparavant, à Munster, les Anabaptistes inscrivaient 
sur leurs monnaies aux légendes menaçantes: DAT 
WORT IST FLEISCH GEWORDEN, VND WANET 
IN VNS, verbum caro factum est, et habitat (sic) in nobis. 
Nous n'aimons pas les interprétations hasardées ; nous recon- 
naissons cependant que cette parole évangélique, devenue 
en quelque sorte séditieuse par l'usage que d'intrépides sec- 
taires en avaient fait, donne lieu a d'étranges conjectures. 
En effet, l'année 1S73 que porte notre jeton, est l'année de 

(') Ph. Blommabet, Beknopte geschiedenis der kamers van rhelorica 
te Cent, dans le DelgUch Muséum, 



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— 449 - 

la prise de Harlem par les troupes du due d'Albe. La terreur 
espagnole régnait à Gand; tous les jours on décapitait, on 
brûlait et on pendait les hérétiques et les rebelles. Sous la 
date du S août, le P. Bernard de Jonghe, dominicain^ dans 
ses BUtoires gantaùes, rapporte le fait suivant : « Le même 
jour, on arrêta quatre ou cinq familles d'anabaptistes. Cette 
circonstance fit découvrir la plupart des membres de cette 
communion, car l'on trouva chez ces familles un livre où 
étaient inscrits les noms et les prénoms de ceux qui donnaient 
chaque semaine des secours pour l'entretien des pauvres de 
la secte, il résulta de cette découverte que beaucoup d'ana- 
baptistes prirent la fuite et Se retirèrent en d'autres lieux. » 
Nous faisons ce rapprochement sans y attacher plus 
d'importance qu'il ne faut. Toujours est-il que ce jeton, 
aux contremarques F, L, la Fontaine et le Lis?, a été 
frappé en un temps calamiteux et où l'on ne devait guère 
songer aux « esbatemens, aux mistéres et histoires, » 
comme dit l'extrait suivant d'un règlement des Foftfoî- 
nistes, lequel émane de Charles le Téméraire : « Que 
doresnavent ils puissent à leurs despens faire faire et 
porter robes et cbapprons broudées de nostre devise du 
fusil et de nos couleurs de noir et de sanguin, toutes les 
fois que bon leur semblera, ei que ceulx d'icclle confrarie 
soient avant tous aultres préférés à jouer esbatemenSf tnis- 
Ures et histoires, qui se feront en nostre dicte ville de 
Gand, sans qu'ils soyent tenuz de lothir ou gester sort, 
ainsi qu'il a esté faiet par cydevant.... » 

(') Gendsche geschiedenissm, ofle kronykevan de beroerten en ketterye 
hinnen en entrent de stat van Gend, 

5* stRiB. — Tome I. 29 



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— 450 — 

Lemblème de la sociélé Maria t'eerm, pour honorer 
Marie, consistait en des fleurs de Us. On la nommait aussi 
le Lis{^)é Comme le lis entre les épines est une devise 
tirée de roifice de la Vierge, elle contraste avec la légende 
du dnoit.de notre jeton et fait écarter toute idée de scission 
religieuse :que Ton serait tenté d'aitribuer aux rbétoriciens 
gantois. Toulcrois, il est certaiù que le gouvernement les 
voyait de trèsrmauvais œil è cause de leur esprit satirique 
et de la hardiesse de' quelques-uns de leurs écrits. En 1597^ 
op renouvela contre les chambres de rhétorique un placard 
de JtiKOy. interdisant la divulgation de certaines composi- 
tions littéraire$. Lorsque les Espagnols se furent rendus 
maîtres de Cand, en 1584, la Rhétorique y déclina et ne 
fut biientôt plus qu'un souvenir. 

Un dernier déiail/c'est que les confrères du lÀs avaient 
été contraints, en i!$09, par les échevins de la ville, à ôter 
les Ji^; de leurs manches et à les porter au bas de leur 
tunique. Le lis sur la manche était le privilège d*une auux* 
corporation. 

Camille Picqué. 

(^} ScDOTBi., Geuhiedenis der rederijkcrs in Nederland, t. II. p. ^. 



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— 481 — 

QUELQUES PIÈCES INÉDITES 

DU CàBllIBT IfUMISMATIQUB 

DE FEU M. LE BARON MICHIELS VAN VERDUYNEN. 



Pl. XV BT XVI. 

Le royaume des Pays-Bas vient de perdre un de ses 
plus grands collectionneurs et la science numismatique 
un de ses plus passionnés adeptes, dans la personne dé 
M. Aleiandre-Clément-Huben baron Michiels van Ver- 
duynen, conseiller è la cour provinciale du Limbourg, 
décédé à Maestricht, le 3 avril 1869. 

Antiquaire et numismate accompli^ jouissant d'une 
position qui lui permettait de satisfaire amplement ses 
inclinations favorites , le baron Michiels n'épargna ni 
soins ni sacrifices pour se procurer tout ce que les anti- 
quités et la numismatique offrent de plus intéressant, de 
plus remarquable. 

Parmi les nombreuses collections en tous genres que le 
défunt s'est efforcé de réunir et qui bientôt seront offertes 
en vente publique et, par suite, éparpillées de nouveau, sa 
collection numismatique est certes une de celles qui 
jouissent, ajuste titre, d'une grande réputation. 

Composée d'une masse de monnaies, médailles ^ je- 
tons, etc., tant anciens que modernes, de tous les pays de 



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— 482 — 

TEurope, el principalement des anciennes provinces des 
Pays-Bas el de leurs enclaves, celte collection se distingue 
surtout par le grand nombre de pièces uniques ou extrême- 
ment rares qu'elle renrerme. 

Quoique bon nombre de ces pièces aient été publiées 
dans la Revue de la numismatique belge et dans le grand 
ouvrage de feu le savant professeur Vander Chijs^ nous 
croyons cependant qu'il s'en faut de beaucoup que toutes 
les perles de ce célèbre médaillier aient déjà eu Thonneur 
d'une publication. 

Ceci nous engagea à demander aux héritiers du grand 
numismate dont nous déplorons la mort, de vouloir nous 
permeurede publier quelques raretés de son précieux cabi- 
net, et notre demande ayant été favorablement accueillie, 
nous nous empressons de signaler aujourd'hui quelques 
pièces, que nous croyons inédites, de ce trésor jusqu'ici 
caché pour la plupart des numismates, et dans lequel, au 
printemps prochain, chacun d'eux sera admis à puiser. 



ËVÉGHË DE LIÉ6E. 
JeftB ém ■RTlèr« (tt99»t4ISj. 

1 . Personnage debout, à tète nue, et revêtu d'une coue 
de mailles ; il tient de la main droite l'cpée à l'épaule, et 
de la main gauche l'écusson de llavière; au-dessous du 
bras droit, un lion rampant. Légende : 101^*8 — 

2CV2îRie:*Dvx - ♦ ^ ecom ♦ los î 

Rev* Dans un entourage formé de huit arcs de cercle 
avec des annclets dans les angles rentrants, l'écusson écar- 



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— 4M — 
télé aux armes de Bavière et du Palatinat. Légende : 

* piiOBini g Des seco • WRVDone:. 

Florin d*or. 

Une particularité digne de remarque, c'est que Jean, duc 
de Bavière, qui, en sa qualité d'évéqne élu de Liège, avait 
le droit de porter le titre de comte de Looz, ne se trouve 
pas qualifié sur cette pièce du titre d'évèque ou d'élu de 
Li^, qui seul lui donnait le droit de frapper monnaie à 
Sainc-Trond. 

Le type et la majeure partie des légendes de cette pièce 
paraissent servilement copiés du florin d'or que le duc 
Albert de Bavière, père de l'évèque, fit frapper comme comte 
de Hollande, et qui se trouve figuré dans Vander Chijs, De 
Munten dervoamuUige graaf$chappen Holland en Zeeland, 
pi. VII, n* 4. 

Pour donner le change, en imitant autant que possible 
le mot 2SIiB€CR7rVS par lequel commence la légende 
de la monnaie d'Albert, le graveur a imaginé de placer 
sur cette pièce le commencement de la légende de telle 
manière, que le premier SE du mot B2SV2SRI7C se 
trouve justement là où ordinairement commencent les 
légendes, en ayant soin de donner à la letu*e V qui suit 
une forme si bizarre, qu'au premier abord on la prendrait 
pour la lettre li, et que par suite, on confondrait cette 
pièce avec celle du comté de Hollande. 

Le mot FLORini, au lieu de FLORINVS, qui se U*ouvc 
sur le florin d'or du comte Albert, erreur qui a été lillcra* 
lement copiée par le graveur de son fils, prouve à l'évi- 
dence que ce dernier a fait imiter, sinon contrefaire, la 



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~ 454 ~ 

monnaie de son père, dont le poids est, d'après Vander 
ChijSy de 3. S granunes, tandis que celle-ci pèse à peine 
9.8 grammes. 

Qu'une pièce soit unique , d'une conservation admî* 
rable, et se distingue, en outre, par la singularité de sa 
conception, comme c'est le cas avec celle qui nous occupe, 
ce sont là certes trois circonstances que l'on trouve rare- 
ment réunies. 

Aussi, nous comprenons que le défunt, qui ajuste titre 
considérait cette monnaie comme une des plus précieuses 
de sa collection, s'était imposé un grand sacriGce pour la 
faire passer d'un cabinet particulier des plus importants 
daris le sien. 

2. Type ordinaire des moutons; la bannière losangée de 
Bavière. Au-dessous de l'agneau : lOI^' — DVX.L^ende: 
KGB o DSI o BVIiliORQ o GR25 o eCPVSŒOPVS 
o liSODISRJ. 

Rev. Croix fleuronnée, cantonnée de quatre fleurs de lis 
! et ayant en cœur une rose dans un cartouche composé de 

I quatre demi-cercles alternant avec autant d'angles saillants; 

1 dans les rentrées des angles, huit fleurs de lis. Légende : 

! * xp^ec î vmaim 5 xp^a 5 Be;GH2îîit;x:p>a$ 

I iMpecRSçrp. 

Variété de la pièce mentionnée dans le catalogue du 
cabinet de M. de Jonghe sous le n*" 1531, celle-ci portant 
T^Qïi au lieu de 2SGRVS. 

Grand mouton ou agnel d'or. 

3. Dans le champ, un griflbn assis tenant un ccusson aux 



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— 485 - 

armes de Bavière et du Paiatinat. Légende : Hh lOi^'B i 
DS ; B2SV2ÇI2S 8 eCWCC 5 liSOD» 2 5 ŒO % 

Rev. Croix très-omée, ayant au centre l'écusson de 
Bavière dans un cartouche formé de quatre sîrcs de cercle 
et de quatre angles saillants fleuronoés; entre les fleurons 
de la croix, quatre lions. Légende : -i* SinS S NOMSB S 

DOMini 5 BecnaDiecrovM % x g i^oa {$ic). : 

Doable griffon d*or ou ôca d*or au griffon. 

Notre honore président, M. Chalon, a déjà fi^it o|)S€^yer 
dans cette Revue (3* série, t. V, p. 146) qM6 l'auteur de 
Y Histoire numismatiqtte de l'évéché de Liège a publié cette 
pièce sous le no 2 de la pi. IX de son ouvrage, mais que 
M. de Renesse, à ce qu'il parait, n'a pas eu la. pièce origi- 
uale sous les yeux, puisqu'il Ta Tait figurer avec lea légen^ 
des en earaccères romains, ce qui prouve que cette figUrera 
été empruntée à l'Ordonnance ei insiruciion pour les 
tfumgeurs, Anvers, 1 633, tarif dans lequel cette pièce et, du 
reste, toutes les monnaies du moyen âge se tr^ivent figurées 
de la sorte. 

Cette observation est pleinement confirmée par l'exem- 
plaire de feu M. Micbiels, puisqu'il nous fournit la preuve 
que le graveur du tarif a commis la bévue de prendre 
pour la lettre 61 les deux petits sautoirs qui précèdent 
la lettre K placée à la fin de la légende du. revers , 
erreur qu*on retrouve dans la figure de l'ouvrage, de M» de 
Renesse. 

I.es lettres problématiques K { I^OOC ne paraissant pou- 
voir se rnpporlcr à la légende, à la suite de la(|uelle elles se 



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— 4M — 

trouvent placées; nous supposons avec M. Cbalon qu'elles 
ne doivent leur origine qu'à un mécompte du graveur, qui 
aura dû les ajouter pour remplir tout le bord de la pièce. 

Ûrmwû «e I» UmvIl (t «•«-§«••). 

4. Croix fleuroonée et ornée de quatre écussoiis. 
Légende : àffRKBD 4^ DS -f tRTSRI^S -t Q3SR 4- 

Rev. Saint Lambert assis sur un trône, tenant de la main 
droite une crosse et de la gauche un livre ouvert; à ses 
pieds, Técussonde La Marck. Légende : xSKHCnDVS S 

- +ii25:mBa;Rmv^ 

Florin d*or (Sinl Lambreekiê gukien), 

I«es détails des figures et les légendes de ce florin d'or 
différent tant de celui au même type publié par le comte 
de Renesse, pK XX, n* 1, que nous supposons que, s'il ne 
s'agit ici d'une notable variété de coin , cette Qgure de 
de Renesse est probablement encore une copie de l'un ou 
l'autre placard ou bwldenaer. 

5. Écusson aux armes de l'évèque dans un cartouche 
contourné et en haut et en bas fleuronné; aux côtés, la 
date 1K-K7. Légende : 4h GEORG ^t AB ♦ AVS' ♦ D' ♦ 
G> 4^ EPJ ♦ LEO^ ♦ D> ♦ BVL> ♦ C^ ♦ U)\ 

Rev. Double aigle de l'empire couronnée. Légende : 
CAROLVS * V ♦ ROM ♦ IMP> ♦ SEMP' ♦ AVGV>. 

Demi-tbaler, au type du thaler figuré dans roatrage de de 
Reoease, pi. XXVIII, u« 43. 



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— 4»7 — 

6. Les armoiries de Berghes, divisées en trois, dans un 
cartouche formé d'ornements en volutes et accosté de deux 
petits ornements en forme de fleurs de lis; auMlessus, le mil* 
lésime lS-57. légende : H ROBERT VS % A % BERGIS 
* EPS^ % LEO^ ♦ D ♦ B\U * C' * L0^ 

Rev. Double aigle impériale couronnée. L^ende : 
•:AR0LVS * V ♦ ROMAND' ♦ IMP9 ♦ SEMP' * AVG\ 
Demi-tbaler. 

Cette pièce est une variété de celle portant la date aux 
côtés de l'écusson, qui a été publiée par M. Chalon dans 
cette Revue, 4* série, 1. 111, pi. X, n« 6. 

ftaiifeeri dto tJ¥erl«, eluuiceller 4e Ses AlteaM «éréBlMlme 
(■UuLlHiUlen-HeaH) le prtece-éTêqae de Uéce. 



7. Btiste à droite avec col rabattu et manteau d'hermine ; 
la tète, à longue chevelure, couverte d'une calotte; en 
dessous : beraad . p. Légende : LAM - DE * LIVERLO * 
S". EP • ET • P • LEOD • CANCELLARIVS. 

Rev. Dans un cercle cordonné, une balance (symbole de 
la justice), avec bassins, dont l'un penche sous le poids de 
trois banderolles portant les inscriptions ; ecclesia — 
PUNGEP8 — PATRiA, tandis que l'autre contient la tète de 
Méduse posée sur une cpée. Légende : * NEC * METV * 
NEC • INVIDIA • (Ni par crainte ni par envie.) Exer- 
gue • 1670 • 

Médaille frappée en argent. 



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— 458 — 



Le Hidme, «•muiè «rekldlaei^ de 1* HesIbAje el prévèl 
de Voflscfl. 

8. Busle à droite comme ci-dessus. Légende : LAMB * 
DE • LIVERLO • ÀRCH • HASBAiVl^ • PREP 
FOSSEN • 1683. 

Rev. Dans une couronne formée de deux branches de 
laurier^ l'inscription en trois lignes de la même devise du 
chancelier qui compose la légende du revers de la médaille 
précédente; au-dessus, la date 1683. 

Médaille à belière eo argent, coulée et travaUIée au boriD. 
Diam. 64 millimètres. 

Ernest de Lynden (t««t-t«t«]. 

9. Cavalier galopant à droite et tenant un sabre. 
Légende : * SANCTVS ' GEO, .... PATRO. Bxergue : 
REHM (sanctus Georgius patronus llecheimensis.) 

Rev. Sur une croix pattée traversant la légende, un écus- 

son portant deux lions debout et aiïrontés ; le champ billeté. 

Légende : MONET — A • NOVA — REC • • • — MENSIS. 

Peerdeken, imitation de la monnaie municipale de R uremonde. 

10. Un faisceau de sept (lèches dans un cartouche do 
forme ovale et irés-orné. Légende : MON • NO • BEL- 
GICA • E (mesti) • A • R (eckheim) * 1595. 

ilet;. Croix pattée et flcuronnéc. Légende : * CONCOR- 
DIA • RES • PARV^ • CRES. 

Demi-sol, imitation de la monnaie de la Frise. 



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— 4tt9 — 

1 1 . Écusson surmonté d'une couronne^ portant deux 
lions superposés courant à gauche; le champ parsemé de 
billeties. Aux deux côtés i— S. Légende : . . . ERDIN. . . 
ES... 

Rev. Croix ailée traversant la légende et posée sur une 
épicycloîde à quatre lobes dont les angles rentrants se ter- 
minent en feuilles trilobées. Dans le cœur de la croix : 
LY (Lyndcn). Légende : DEVS —.....— .... — 
NOST: (I)eu8 foriitudo nostra?) 

Sol, imité des monnaies de West- Frise et dUtrecbt. 

SEIGNEURIE DE 6R0NSVELD. 
«■lIlawMe de mrQnékMmnt (ift,.-ift«t). 

i 2. Écusson en losange, accosté des lettres S — N — 
D — B {SU nomen Domini befiedictum) et portant au 1 le 
lion de Bronckhorst, au 9 les quatre forces de Batenboui^ 
posées en sautoir, et sur le tout, l'écu aux trois tourteaux de 
Gronsveld. Légende : GVILHELMI • bE • BRONCK- 
HORST H BATOB. 

Rev. Le champ rempli par l'inscription suivante en sept 
lignes : B2SR0 — NIS • IN • GROS — FELT bONVM 
IN MEMORIAM — NATIVIT2ÎT* — bOMINI — 1S58. 
Jeton d*argent, gravé à la main et percé d*un trou. 

Guillaume de Bronckhorst-Batenbourg, seigneur de 
Gronsveld, etc., épousa Agnès de Bylant. Ils procréèrent 
trois enfants, savoir : 1** Théodore, épouse de Thierry Kert- 



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- 460 — 

1er; ^ Josse, premier comte de Gronsveld par diplôme de 
I empereur Rodolphe II, et mort sans laisser de postérité, 
et 3« Jean II, qui succéda k son frère. (Wolters, Recher- 
chée $ur l'ancieti comté de Gromveld^ Gand, 1854, p. 36.) 
Nous supposons que l'allégresse que ressentit le sei- 
gneur Guillaume à la naissance de son premier rejeton 
màlc, s'est traduite par la confection et la distribution de 
ce précieux jeton. 

DUCHÉ DE 6UELDRE. 
■arie de BMircMiBe (fl4Vir-i49«). 

13. Deux lions assis, affronlés; entre eux, le bijou de 
la Toison d'or et élincelles ; dans l'exergue, trois étoiles à 
cinq pointes. Légende : * JRTT'BIK ♦ DVGISSK * 
B'G'^Z^GeCLRieC. 

Rev. Ëcusson à sept quartiers sur une croix flcuronnée. 
Légende : * SKIiW * PKG ♦ PPIifitt ♦ WW ♦ 

Domua. 

Double briquet. 

Feu Vander Chijs, qui n'a pas connu cette pièce, pré- 
disait dans son ouvrage intitulé : De Munten der voor-- 
tnalige gravai en hertagen van Gelderland, Haarlem, 1 853, 
p. 92, qu'on trouverait probablement un jour ou l'autre 
le double briquet de Marie de Bourgogne comme duchesse 
de Gueldre. 

Cette prédiction se trouve donc réalisée par rexempiaîrc 
de feu le baron Michiels van Verduynen. 

DUMOUUN, 
nolairc. 

Maesiricht, août 1869. 



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461 — 



HISTOIRE lORÉTAIRE CORTEIPORMIIE. 



FRAGMENTS. 



PREMIER ARTICLE* 



Pl. XVII, XVIII, XIX n XX. 

Les questions qui intéressenl l'unification monétaire 
appelée à faciliter l'émission internationale des monnaies, 
sont plus que jamais à l'ordre du jour. 

Nous avons pensé qu'il n'était pas indifiérent de résumer 
ici, autant que possible^ ce qui a trait, de loin ou de près, 
à d'importantes négociations^ dont les heureux effets se font 
déjà sentir et autour desquelles viennent se grouper de 
nouvelles adhésions. 

Nous avons également pensé que, comme conséquence 
naturelle, il convenait de mentionner, à côté de l'indica- 
tion des modifications monétaires projetées ou exécutées à 
l'étranger et en Belgique, les détails généraui dont nous 
disposions en ce qui concerne la fabrication. 

A la suite de la Convention signée le 23 décembre 1865 
par les gouvernements de la Belgique, de la France, de 
l'Italie et de la Suisse, d'autres pays, appréciant les avan- 



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^ 462 — 

tages du iraité, firent frapper ou résolurent de faire frap- 
per des monnaies au même titre, poids et diamètre que 
celles des États contractants. 

Évidemment, les gouvernements de ces pays agissaient 
ainsi en vue de se joindre un jour aux signataires de In 
Convention de Paris, ^ 

Ces prévisions ne tardèrent pas à se réaliser. 

A la célèbre Conférence Internationale de 1867, vingt-el- 
un États étaient représentés par des sommités de la science 
et de la finance. 

Il est à regretter que du côté de rAutricbe, disposée à 
prendre des engagements , la question de runificalion 
monétaire soit encore sans solution. 

Pour en venir à h réalisation des projets consacrés par 
le traité de 1865, M. le Ministre des finances en France 
nomma une commission à la date du 7 février 1857. 

L'enquête qui s*est ouverte alors est volumineuse : clic 
comprend six forts volumes in-folio. 

Deux reproduisent les « Délibérations des chambres de 
commerce françaises et étrangères et celles des commissions 
consultatives des arts et manufactures, etc., etc. » 

Les quatre autres font connaître les dépositions des délé- 
gués des parties intervenues. 

Cette enquête n'est point susceptible d'être analysée, 
même sous la forme Ma plus succincte, non plus que le 
remarquable rapport sans conclusions résumant l'enquête. 

Nous devons remercier la France d'avoir entrepris la 
publication d'un travail immense, qui ne laisse dans Foubli 
aucun des points qui intéressent une question économique 
dominante. 



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— 465 — 

Cependant; en Franee, des pélîUoos eombaitant le sys- 
tème (les réformes d'unification moDélaire tentent prises 
en sérieuse considération par le Sénat. 

L'une concluait « à la confection d'une, pièce d'or de 
31 francs; une autre s'élevait contre la trop grande eircu- 
laiion de la monnaie de billon, signabut des inconvénients 
pratiques relativement a la pièce de K franes en or , et 
demandait la restriction de la fabrication de ces deux mon-. 
naies et la modification du système en vigueur, surtout dans 
ses dénominations. j> 

L'académie des sciences morales et politiques a consacré 
à l'examen purement économique de la question moné- 
taire deux séances, examen auquel prirent part MM. Michel 
Chevalier, de Wolowski, Mey et de Parieu, vice-président 
da conseil d'État. 

On assure que dans une séance prochaine, MiM. Levas- 
seur et Dumon sont inscrits aux fins d'émettre leurs idées 
sur la question. 

Je me borne à faire des citations, mon but n'étant que 
de consigner ici les faits acquis et les tendances qui se 
produisent; c'est ainsi que je mentionne d'abord le mémoire 
de M. Soetbeer, concluant à l'unification des systèmes 
monétaires de l'Allemagne sur la base de l'étalon d'or et 
du système décimal; et ensuite, le mémorandum adressée 
TAUemagne par MM. Geelhand et le comte Nahuys pour 
engager ce pays à prendre part à la réforme monétaire; 
puis, enfin, un travail important du baron Eugène Nothomb 
sur le système monétaire à adopter par l'Allemagne, avec 
la chance de le rendre universel, en admettant une cou- 
ronne (le 10 grammes d'or fin. 



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— 464 — 

La commission internationale monélaire, appelée, dit- 
on^ à se réanir bientôt h Paris, examinera sans doute dans 
leurs détails comme dans leur ensemble les idées émises 
dans ces derniers temps. 

Ces données générales rappelées , résumons les faits 
monétaires qui se produisent à Tétranger et en Belgique. 

L'ordre alphabétique nous a paru convenable à suivre. 

Angleterre. 

Pendant les négociations de la convention de Paris, cette 
conquête des temps modernes, le Royaume-Uni étudiait 
attentivement les réformes nécessaires & introduire dans 
son régime roonéuire : 

lies pièces représentées n"** 1 et % pi. XVII, auraient un 
cours international; Tune en or, au titre de 0.900, repré- 
senterait une double valeur, 5 francs et le double florin 
anglais aux poids et diamètres déterminés par la Conven- 
tion ; l'autre en argent vaudrait à la fois un franc et ten 
(1 0) pence. 

Je dois la possession de ces précieux spécimens d'une 
rareté excessive h la gracieuseté de M. Ch. Fremande, 
délégué du Grand-Maître des Monnaies d'Angleterre et 
membre de notre Société. 

Depuis, M. Lowe, chancelier de l'Échiquier, a présenté 
de nouvelles considérations sur la question monétaire. 
Voici ce que dit à ce sujet cet homme d'État ; 

« On m'a demandé quelle était notre intention au sujet 
de la création d'une monnaie internationale. 

« Le gouvernement français nous a posé la même qu^s- 



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— 46» — 

tion. Je n'étais pas en mesure de donner une réponde 
définitive avant d'avoir eonsulté la Chambre^ mais je me 
suis permis de faire observer qu'il n'y avait aucun espoir 
d'arriver à établir une monnaie internalionale, en négooiant 
avec un pays qui possède deux étalons. 

« La France a un étalon d'or et un étalon d'argent. 
L'étalon d'or et l'étalon d'argent ne sont pas un double 
éialon, mais un étalon alternatif Ils varient constammeni 
dans leurs rapports, et comme il est dans la nature des 
choses que le métal le moins cher chasse le plus cheri nous 
assistons k un va-et*vient continuel. 

tt L'étalon d'argent chasse la monnaie d'or de la circula- 
tion, et ne nous laisse d'autre point de comparaison pour 
ia monnaie internationale que l'étalon d'argent, avec lequel 
elle n'a pas de rapport exact. 

« C'est ce qui m'a fait déclarer qu'il me semblait impos- 
sible d'arriver h une assimilation des monnaies avant que 
la France eût renoncé à l'étalon d'argent pour n'avoir plus 
qu'un étalon d'or, et je suis heureux de pouvoir annoncer 
que la France est favorable à l'idée d'abandonner l'étalon 
d'argent. 

« Je crois, eu outre, que nous ne pouvons jamais 
admettre une monnaie internationale sans l'identité de 
poids, (le titre et de droit de fabrication. 

« Voilà ce que j'ai répondu au gouvernement français. 
Ce sont là les conditions élémentaires et essentielles du 
débat. Mais je crois que l'Angleterre et la France pourraient 
arriver à un résultat en se faisant quelques légères con- 
cessions d'amour-propre, et voici dans quelles conditions. 

« La France n Tiniention de frapper une pièce de 

^ siBiB. — Tome I. 30 



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- 466 — 

25 francs, qui vaudrait 22 centimes de moins que noire 
souverain. Si nous établissons un droit régalien de 1 p. •ja, 
en le prenant sur la monnaie, notre souverain serait iden- 
tique à la pièce française de 25 francs. Il resterait monnaie 
courante en Angleterre au même taux qu'aujourd'hui, et 
aurait, en outre, l'avantage d*étre identique à la pièce de 
25 francs. Mais pour arriver à cela, il faudrait que la 
Franoe fit un sacrifice. 

« Je ne sais pas au juste quel est son droit de fabri- 
cation, mais je crois qu'il est de */■ on de *!* p. *"/•» ^ >1 
faudrait qu'elle se décidât à le porter à 1 p. '/«• 

a En agissant de la sorte, elle résoudrait le problème 
de la monnaie internationale en oe qui concerne l'Angle- 
terre, et il est vraiment curieux de constater combien de 
monnaies se rapprocheraient de la même valeur, exem- 
ples : le doublon espagnol, le frédéric prussien, l'aigle 
américain. Si la France voulait marcher avec nous dans 
cette voie, nous arriverions à un résultat hautement avan- 
tageux pour l'Europe et à un grand progrès pour la civi- 
lisation. 

« Je soumets ces considérations à l'examen de la Cham- 
bre. La question me parait moins difficile à résoudre 
qu'on ne se l'imagine, et par une mesure très-simple, nous 
pouvons remédier aux vices de notre système monétaire 
et eréer une monnaie qui aurait l'avantage de devenir 
internationale. » 

On peut d'avance être assuré que le génie éminemment 
pratique de ceue grande nation découvrira la roule qai 
doit la conduire au but, si la chose n'est pas au-dessus de 
la puissance humaine. 



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- 467 — 

En 1869, FAngleterre fit frapper des pièces en nickel 
de (me (1) et half (V«) penny, pour la Jamaïque. 

Gravéesainsi quecelles de 1 867 et 1868 par M. L. Wyon, 
Graveur Général des monnaies anglaises^ toutes ces pièces 
sont charmantes , tant au point de vue de l'art que sous 
le rapport de la frappe. 

Elles sont respectivement aux poids de 8 grammes 900 
et 5 grammes 370 ; aux diamètres de 30 et 25 millimètres. 
On ne trouvera ici, n*" 3, pi. XVII, que la plus grande des 
deux pièces de la Jamaïque, l'autre étant identique sous le 
rapport de la gravure. C'est le mode que je me propose 
d'adopter dans la suite de ce travail. 

Chine. 

. Le n» 4, pi. XVII représente un essai monétaire en laiton 
destiné au Céleste Empire. La gravure date de 1866; elle 
est due à M. Barre, Graveur Général des Monnaies de 
France. Le poids de la pièce est de 1 gramme 480 milli- 
grammes ; le diamètre de 30 millimètres. 

Egypte. 

Lebronze égyptien frappé à Paris a été gravé parM. Barre. 

Ce bronze comporte des pièces de 20, 10 et 5 piasures, 
aux poids respectifs de 12 grammes 500, 6 grammes 000 
et 2 grammes 500, pour les diamètres : 32, 30 et 22 milli- 
mëlres. Le n"" 5, pi. XVil, représente la pièce de 20 piastres. 



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— 4G8 



Espagne. 

M. Mesdach, notre confrère^ a bien voulu nous remettre 
des spécimens des nouvelles pièces divisionnaires d'argent 
espagnoles conformes aux stipulations de la convention 
monétaire, n- 6 et 7, pi. XVrr et XVIII. 

La pièce de 5 pesatas porte sur la tranche Tinscription 
Soberania Nadonalcy celles de 3 et 1 pesatas ont la tranche 
cannelée. 

En Espagne, MM. Oeschger et Mesdach frappent encore 
aujourd'hui du bronze à FefBgie de l'ex-reine Isabelle, 
n* 8, pi. XVII, à savoir : 

Medio reaies \ 95 p. «/o cuivre. ( ^^'^^ grammes. 32 miUim. 

Quartillo8 decimos, f . , ^, . \ 6.260 — 25 — 

Bfedfa { ^ ' ) 2.W0 - 48 - 

Décimos..: ] ^P-«/-^°c..( ^jg^ _ ^^ _ 

Les flans sortent des usines spéciales de Biache (dépar- 
tement du Pas-de-Calais), propriété de M. M. Oeschger et 
Mesdach, domiciliés à Paris. 

Ccst à Biache qu'ont été refondues, sous la surveillance 
d'une commission espagnole, les vieilles pièces données par 
le gouvernement en échange de la nouvelle monnaie. 

Les coins, viroles, etc., ont été fabriqués par ces mes- 
sieurs. Leurs moleurs, au nombre de plus de vingt-quatre 
presses, système Uhlhorn et Tonnelier, sont répartis dans 
leurs établissements monétaires, situés è : 



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— 469 - 

Barcelone^ qai fournit .... 1,000,000 kilogr, 

Jubia 775^000 — 

Ségovie 575,000 — 

Séville 1,000,000 -^ 

Total. . . 3,350,000 — 

somme équivalente à 576,200,000 pièces. 

Le n"* 9; pi. XVIII, est la représentation d'une pièce rare, 
qui emprunte son caractère de curiosité aux événements 
dont l'Espagne fut le théâtre dans ces derniers temps. 

Cette pièce de bronze fut frappée à Ségovie en 1868. 
L'Espagne s'apprête à faire frapper ses nouvelles pièces 
dites diez centimos également en bronze, u"* 10, pi. XVIII. 

États Romains. 

Le gouvernement de ce pays a émis des pièces d'or de 
la valeur de 20 lire et des pièces divisionnaires en argent 
de 2 lire, 1 lira et 10 soldi. 

La gravure reproduit ici la pièce de 20 lire sous le n"" 1 1 , 
pi. XVIII, titre 0.900. 

On retrouvera les autres, planches H et III, tome IV, 
4** série, de la Revue de la Numismatique belge. 

En agissant ainsi, le gouvernement romain n'a évidem- 
ment d'autres vues que celles d'adhérer un jour à la con- 
vention de Paris. 

France. 

Le gouvernement de lempereur, aussi préoccupé de 
la création d'une monnaie internationale, fit graver par 



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— 470 — 

M. Barre e( frapper en 1867 deux pièces de 9S francs en 
or à tranche cannelée, dont le titre est de 0.900, le poids 
de 8 grammes 063 milligrammes, et le diamètre de 
24 millimètres. 

Comme le montrent les dessins n** 12 et 13, pi. XYIII» 
cette pièce sera successivement assimilée & une valeur 
de 5 dollars, 10 florins, et toujours tenant compte de cer- 
taines différences connues, la nouvelle pièce française 
équivaudrait à peu près à 1 livre sterling^ à 6 roubles, à 
5 piastres. 

Les spécimens d'essai de cette pièce excessivement rare 
m'ont été donnés par M. le Sénateur Dumas, Président de 
la Commission des Monnaies de France. 

€frèce. 

La Grèce, admise au sein de la Convention monctaire, 
en suite de la d(x*laration du 18 novembre 1868, a fart 
récemment frapper des pièces d'argent de 2 et 1 drachmes, 
50 et 20 lepta. 

Ces pièces sortent des ateliers de la monnaie de Paris; 
j'en suis redevable à notre confrère M. Clérot, conservateur 
du musée monétaire du quai Conti. 

A Strasbourg, se continue la frappe d'autres pièces en 
bronze, 1 lepton, 2, 5 et 10 /q^to (double obole), aux poids 
respectifs de 10, 5, 2 et 1 gramme, diamètres de 30, 25, 
20 et 15 millimètres. {Voy. pour ces monnaies les n"" 14, 
15et16, pl.XVIlletXfX.) 

Italie. 

Les établissements monétaires de Naples, Milan, Turin, 



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— 471 — 

Strasbourg et Paris furent d'abord chargés de frapper des 
pièces de bronze de 10 centesimi du poids de 10 grammesy 
31 millîraètres de diamètre, pour compte du gouvernement 
de Victor-Emmanuel II. 

Nous ferons connattre bientôt en lieu et place un autre 
auxiliaire auquel ce gouvernement confia une notable par- 
tie de la fourniture. 

Norwége. 

L'ordonnance royale du 31 juillet 1868 concerne l'émis- 
sion de pièqes de 10 francs d'or« ou de 1 carolin au titre 
de 0.900, poids 3 grammes 225, diamètre 19 millimètres, 
n' 17, pi. XIX. 

Persistant dans la voie que nous venons d'indiquer, ce 
gouvernement semble tout disposé à faire frapper des 
monnaies divisionnaires et des pièces d'un poids plus 
élevé. 

PortttgaL 

Des pièces en bronze de la valeur de V rcw, n" 18, 
pi. XIX, ont été frappées à Lisbonne, au poids de 6 grammes 
450 et au diamètre de 27 millimètres. 

Roumanie. 

Les pièces de 10, 5, 2 et 1 banni rouipaniens ont été 
frappées en 1867, à Birmingham, sous la direction de 
MM. Heaton et fils, aux poids respectifs de 10, 5, 2 et 
1 grammes et aux diamètres de 30, 25, 20 et 15 millimè- 
tres. 

Le dessin n« 19, pi. XIX, représente la pièce del06cmm. 



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— 472 — 

Saint-Marin (République de). 

€c petit Etat, dont les pièces de 5 cenêesimi en bronxe 
sortent des ateliers de Milan, est en instaoee aux fins d'éire 
placé 80U8 le régime de l'unification monétaire. On pourra 
consulter, pour le bronze de oe pays, la page 403, tome VI, 
4* série, de la Revue de la Numismatique belge. 

Uruguay (République de Y). 

Des monnaies semblables à celles que représente le n^ 20, 
pi. XIX, furent gravées en 1856 par M. Barre et frappées 
à Lyon. 

Celles au millésime de 1869 sont dues au burin de 
M. Fasset. 

Os pièces de 4, 2 centesimos et 1 centimo ont respecti- 
vement un poids de 20, 10 et 5 grammes et un diamètre 
do 35, 50 et 25 millimètres. 

Yéfûzuela (République de). 

('/est à Paris que furent frappées les pièces d'argent de 
♦0, 4, 2, 1, V« réaies, au litre de 0.800 et à l'effigie de 
Paez. 

Elles ont été gravées par M. Barre, qui nous a offert, 
avec lani d'autres, les précieux spécimens que nous possé- 
dons^ 

La tranche de ces pièces est luiie ; les poids de 25, 10, 5, 
2 et 1 gramme et les diamètres de 37, 27, 23, 18 et 15 
millimètres. 

Dix pièces d'essai seulement ont été frappées en 1865, ei 



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— 475 -- 

la chute du Présidenl suspendit rémission de celte nouvelle 
monnaie. 

La pièce de 10 réaies est représentée par ie dessin 
n«3I,pI.XIX. 

Belgique. 

Faisons counaitre^ aussi brièvement que possible, le rôle 
de la Belgique pendant ces dernières années, au double 
point de vue de la fabrication nationale et de celle dont elle 
fut chargée pour compte de gouvernements étrangers. 

Il ne sera peut-être pas inutile de rappeler à propos des 
essais d^me nouvelle pièce d'or française mentionnée plus 
haut, que la loi du 31 mars 1847 créait une pièce de 
25 francs pour la Belgique. Le nombre des pièces de l'espèce 
frappées représentait une valeur de 13,640,875 francs. 

Une autre loi du 28 décembre 1850 rapportant celle 
de 1847, ces pièces furent mises au creuset. 

Celte monnaie que l'on ne rencontre point dans la 
Revue de la Numismatique belge, figure ici sous le n** 22, 
pi. XX. . 

Cette lacune comblée, ne perdons pas de vue ce que nous 
avons dit au sujet du bronze italien. 

Les établissements que nous avons mentionnés ne furent 
|)as seuls chargés de la frappe de cette monnaie. 

En six mois, l'Hôtel des Monnaies de Bruxelles, appelé 
à y prendre part, versa du chef de sa provenance au Trésor 
italien un nombre de 37,220,580 pièces, équivalant à 
3,700,000 francs et à un poids de 369,907 kil., 213 gr. 
(n« 23, pi. XX), poids 10 grammes, diamètre 30 milli- 
mëUw. 



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— 474 - 

Les flans fournis à M. Allard, Directeur delà Fabricaiion, 
sortaient de l'usine de Biache Saint-Vaast. 

Lé Brésil eut recours à noire pays pour la frappe de 
jolies pièces de bronze, de 20 et de 10 reis, n" 24, pL XX, 
poids respectif 7 grammes et 3 grammes 500, diamètre ii 
et 20 millimètres. 

Précédemment, le gouvernement grand-ducal luxem- 
bourgeois s'était entendu avec l'Hôtel des Monnaies de 
Bruxelles pour la frappe des pièces de monnaies de 
bronze de 10, S, 2 </« centimes, respectivement du poids 
de 10 gr., K gr. et 2 grammes 500, et du diamèu^ de 
31, 25 et 21 millimètres. 

Quant à la représentation de ces pièces, nous nous bor- 
nerons à renvoyer au (orne IV, p. 249, de la Revue 
de la Numismatique. 

Le même recueil, tome V, pi. V, VI, Vil, VIII et IX, 
reproduit une série d'essais monétaires qui sortent des 
ateliers de Bruxelles. Dispensons-nous de nous appesantir 
plus longtemps sur ce sujet et mentionnons les autres essais 
de provenance belge qui complètent cette liste jusqu'à ce 
jour, à savoir : 

1" Brésil, pièce de 40 reis en nickel et en bronze; 

2" Portugal, pièces en bronze de 20, 10 et 5 reis; 

3* Russie, pièces de 2 copecks en nickel et en bronze; 

i" Suisse, pièces de 2 centimes en cuivre. 

La plupart de ces jolis essais sont dus à M. L. V^iencr, 
Graveur Général des Monnaies belges. 

Les dessins n"' 25, 26, 27 et 28, pi. XX, reproduisent 
quatre de ces essais. 

L'Hôtel des Monnaies de Bruxelles s'est acquis un rang 



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— 475 - 

remarquable parmi les établissements de l'espèce; il peut 
èire utile, je pense, d'entrer dans quelques détails en ce 
qui concerne les opérations moinétaires. 

C'est de la fabrication des monnaies de nickel que 
date l'importance de notre Hôtel des Monnaies, dont le 
matériel fut considérablement augmenté quand il 8*est agi 
de la fabrication du bronze italien; importance que vin* 
rent accroître encore dans un autre ordre d'idées les nou- 
veaux règlements du 28 mars 1867, en imprimant un si 
notable élan, grâce au puissant appui de M. Stas, Commis- 
saire des Monnaies. 

Rendons-nous compte au moyen de données numériques 
et autres de la situation de la fabrication. 

En ce qui concerne les espèces d'or et d'argent, l'Hôtel 
des Monnaies de Bruxelles a frappé : 





Pitees de 20 francs. 


Pièces de s francs. 


En186S. . . . 


20,523,060 


4,556,800 


- 1866 . . . . 


10,639,260 


— 


- 1867 . . . . 


26,8126,140 


18,465,720 


-1868. . . . 


27,639,980 


32,852,820 


- 1869(six mois) . 


24,689,480 


28,034,725 


Totaux. . . . 


H 0,3 17,920 


83,890,065 



Indépendamment de ces résultats, indépendamment de 
tous les travaux qui se rattachent à la monnaie de nickel, 
portons en compte : d'abord la fabrication de 32 millions 
de monnaies divisionnaires d'argent belge, représentant le 
contingent autorisé par la Convention de Paris, ensuite 
la conversion de nos pièces de 1 et 5 centimes en pièces 
de i centimes. 



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— 476 — 

Le mode adoplé pour obtenir eeUe conversioo fut simple 
ei ingéoieux; îl fut introduit par M. Allard et l'on se servît 
à cette fin d'appareils inventés par lui. 

Les pièces de 10 et 5 centimes, promplement démoné- 
tisées, furent laminées et découpées ensuite en flans : la 
première donna 2 flans, la seconde 1 , au moyen desquels 
on frappa plus tard des pièces de 9 centimes. 

Ces opérations s'efieetuent i peu de frais, sans perte de 
métal à la fonte, qui par ce procédé n'est plus de nécessité, 
et les retailles se vendent facilement. {Vay. la fig. n* 29, 
pi. XX.) 

A ce bilan vient se joindre le bronze brésilien déjà 
mentionné. 

125,000 kilogrammes ou 24,000,000 de pièces de 
20 et 10 reis, dont les flans sont fabriqués par M. Watt, de 
Londres, sont frappées mensuellement. 

Tout permet de supposer qu'à l'expiration de l'exer- 
cice 1869, on aura atteint le chiffre énorme d'un million 
de kilogrammes répartis comme suit : 20 reis, V'i iOreis V'y 
soit environ 200,000,000 de pièces. 

Ces fabrications sont entourées de garanties complètes 
sous la haute surveillance des fonctionnaires supérieurs 
de TAdmipistration des Monnaies, investis des pouvoirs 
nécessaires délivrés par le Ministre des finances. 

A. Brichaut. 

Bruxelles, le I** septembre 4869. 



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— 477 — 



MEDAILLE ANGLAISE 



PALLADIUM ET D'HYDROGÉNIUM. 





On Siiit que sir Thomas Graham , Grand-Maitre des 
Monnaies d'Angleterre désigne, sous le nom d'hydro- 
génium, Thydrogène solidiGé tel qu'il existe dans la eom- 
binaison qu'il contracte, soit avec le palladium seul, soit 
avec le palladium allié à l'or, à l'argent ou au nickel, 
combinaisons découvertes tout récemment par l'illustre 
chimiste anglais. 

Je n'ai pas l'intention d'entrer dans des considérations 
chimiques ou scientifiques sur ce sujet, qui du reste sont 
exposées dans les comptes rendus de l'Académie des 
Sciences de Paris, du 18 janvier 1869; je me bornerai à 
résumer les renseignements qui me semblent de nalure h 
trouver place dans notre revue, en représentant l'un des 
rares exemplaires de la médaille en palladium et hydro- 
génium qui m'a été offert par M. Graham lui-même. 



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— 47S - 

Celte médaille, à l'effigie de la reine d'Angleterre, est 
d'un diamètre de 20 millimètres et d'un poids de 2 gram- 
mes 350 milligrammes ; elle contient neuf cents fois son 
volume d'hydrogène , soit 1 79 centimètres cubes ou la 
capacité de quatre verres à vin. 

Cette charge d'hydrogène peut être donnée au palladium 
en plaçant ce métal au pôle négatif d'une pile décomposant 
de l'eau acidulée. 

Sous l'influence de la pression opérée par le balancier, 
l'hydrogène combiné ne s'échappe pas sensiblement et 
l'alliage conserve son aspect métallique. 

A. Bricuadt. 



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- 479 



ACTES OFFICIELS. 



Titre des ouvrages d'or et d'argent. — Poinçons. 



LÉOPOLD II, Roi des Belges, 
A tous présents et h veoir, salut. 

Vu l'art. 5 de la loi du 5 juin i868, ainsi conçu : 

« Le gouvernement détermine la forme des poinçons de 
l'État; il fixe les conditions dans lesquelles les ouvrages d'or 
et d'argent devront se trouver pour être admis k la vérification 
du titre, ainsi que la tolérance des titres indiqués à l'art. 2. Il 
fixe également les frais d'essai à percevoir au profit de l'État et 
arrête les autres mesures d'exécution. » 

Revu notre arrêté du l** juillet i868, réglant la forme des 
poinçons ; 

Sur la proposition de Notre Ministre des finances, 

Nous AVONS ARRÊTÉ BT ARRÊTONS : 

Art. i*'. Sont admis h la vérification du titre : 

a. Les ouvrages d'or et d'argent homogènes dans leur masse 
et pleins ; 

6. Les ouvrages d'or et d'argent homogènes dans leur masse 
et creux, mais susceptibles d'être ouverts, eu tout ou en 
partie, et sans détérioration, de manière à permettre de s'as- 
surer quils ne contiennent ni métaux, ni alliages, ni corps 
étrangers. 

Sont considérés comme homogènes dans leur masse, les 



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— 480 — 

ouvrages d'or et d'argent dont l'alliage est identique de eompo- 
sîtioD dans toutes ses parties, à la tolérance des titres près. 

Art. s. La tolérance des titres des ouvrages d'or et d'argent 
francs de soudure est de trois millièmes pour for et de cinq 
millièmes pour l'argent. 

La tolérance des titres du corps des ouvrages d'or et d'argent 
à soudure est également de trois millièmes pour For et de 
cinq millièmes pour l'argent. Toutefois, la tolérance totale des 
titres pour l'or et pour l'argent des ouvrages d soudure est de 
vingt millièmes, la soudure comprise. 

Art. 3. Le Commissaire des monnaies statue sur les contes- 
tations relatives à Tadmissibilité des ouvrages d'or et d'ai^nt, 
h la vérification et ii la marque du poinçon de l'État. 

Art. 4. Les frais d'essai sont fixés, savoir : 

1<» A 10 francs par hectogramme d'ouvrages d'or ; 

2* A 50 centimes par hectogramme d'ouvrages d'ai^nt. 

Les ouvrages d'or pesant moins d'un gramme sont taxés 
pour un gramme. 

Les ouvrages d'argent pesant moins de 10 grammes sont 
taxés pour iO grammes. 

Le poids est établi par décigramme pour les ouvrages d'or 
et par gramme pour les ouvrages d'argent. 

Art. 8. Les cadres et le traitement des essayeurs sont fixés 
au tableau suivant : 



NOMBRB d'emplois. 


CLASSE. 


traitement. 


3 

3 

4 

4 


4'« 

2« 

3« 

4« 


3,500 
3,000 
2,500 
3,000 



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— 481 - 

Art. 6. Les essayeurs sont nominës et démissionnes par le 
Roi. 
Art. 1. n est créé des emplois d'essayeor dans les villes 

ci-après : 

Anyers 3 

Bmxdles 2 

Louvain . 

Bmges 

Courtrai 

Gand • 

Moiia 

Tournai 

Uégd 

Hasselt 

Arlon 

Namur 

Art. 8. Les essayeurs sont responsables des ouvrages d'or 
et d'argent qui leur sont remis pour en vérifier le titre. Ils les 
ÎQserivent immédiatement sur un registre à souche. 

L'Inspecteur Général des essais de l'Administration des mon- 
naies surveille les opérations d'essai et les écritures qui s'y 
rapportent. 

Art. 9. Les frais d'essai sont perçus par les receveurs des 
contributions directes, douanes et accises désignés par le 
Ministre des Finances. 

Art. iO. Le loyer des locaux affectés au service de la véri- 
fication, le matériel et les agents chimiques nécessaires aux 
essais, la fourniture des poinçons et les autres frais d'adminis- 
tration sont h la charge du Trésor. 

5« sé&iE. — TOMR 1. 31 



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- «2 - 

Notre Ministre des Finances est chargé de rexéculion du 
présent arrêté. 

OoQué à Laeken, le iO juin 1869. 

LËOPOLD. 
Par le Roi : 

Le Minisire des Finances, 

FaiRE-ORBAlf. 



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— 483 



■ËIAN6BS. 



Nous defons à l'obligeanee de Qoire nouveau confrèrey 
M. Louis Mesdacby directeur des usiœs monétaires de 
Biacbe, la communication de deux médailles, récemittent 
frappées en France, et qui se distinguent par une exécution 
des plus remarquables. 

La premiérCi pieux hommage à la mémoire du graveur 
général des monnaies, Jacques-Jean Barre, par ses &ls 
Auguste et Albert, offre d'un côté la tête énergique et 
accentuée de Tartiste, et de l'autre, une inscription en carac- 
tères romains, de forme antique^ portant ses noms, son 
titre, la date de sa naissance (3 août 1 795) et celle de sa 
mort (10 juin t8i»5). 

Cette œuvre d'arl, qui rappette les belles ftiédaîiies rise- 
lées du seizième siècle, a été frappée à coins Hères, et la 
iraoïdie en est arrondie. 

L'autre médaille, commandée par M. Dumas, président 
de la commission des monnaies, consacre le souvenir de la 
découverte de la planète Neptune. Elle est l'œuvre d'un 
jeune graveur français, M. Alphée Dubois, grand prix de 
Rome, et elle a obtenu le grand prix à la dernière exposi* 
lion de Paris. 

Elle porte d'un côté les (êtes de profil, à gauche et super- 
posées, des trois célèbres astronomes J.-R. HIND, 
II. GOLDSCHMIDT et R. LUTHER. 



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-. 484 — 

Au revcrSy la Nuit soulevant sou voile cl planant sur un 
ciel étoile, indique du doigt le nouvel astre. La l^^ende est : 
CENT PLANÈTES DÉCOUVERTES ENTRE MARS ET 
JUPITER, 1861-1868., et h Tcxergue : 1*' jahvier 1801. 
PlAZZL OLBERS. IIENCKE. 8 diI^ceiibre 184S. 

M. Dubois a été altaché à la fabrication des monnaies 

de bronze espagnoles, entreprise par M. Meadacli. Il alla 

pendant un an résider à Barcelone, où sa mission était de 

perfectionner les poinçons généraux et la reproduction des 

coins. Depuis lors, M. Dubois a obtenu au concours la 

double commande de la tête et du revers de la médaille du 

centenaire de Napoléon. Ce sera, dit-on, la plus grande 

médaille connue (*)• 

A. Br. 



Descriptive catalogue of a cabinet of roman fimily coîfu 
belonging to His Grâce the Duke of Norihumberkmd, 
R. G. by rear-admiral William Henry Smttb. K.S.P., 
D.C.L.y F.R.S., etc., printed for privaie circulation, 
HDGGCLvi, in-4o, 323 pages. 

Ce splendide volume, qui n'est pas dans le commerce, et 
qui porte la date, déjà ancienne, de 1856, vient d'être 
gracieusement distribué aux membres de la Société numîs- 



(^) Scra-t^elle plus grande qae la médaille du Congrès national, par 
Hart, que nous avons décrito dans le volnmo de 4867 , et qui a 
I SO millimètres de diamètre? 

[Noie de la direeUon.) 



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— 485 — 

malique de Londres, par ordre de S. G. le due de Nor- 
thamberland. 

Les monnaies romaines appartenant à ce riehe seigneur 
sont divisées en quatre collections ou cabinets : les grands 
bronzes; les moyens et petits bronzes; les deniers impé- 
riauXy et, enGn, les monnaies consulaires ou des familles. 
C'est cette quatrième partie^ et la plus importante, qui a été 
décrite par feu Tamiral Smyth. Mais il ne faut pas croire 
que l'auteur se soit borné à cataloguer. Chaque pièce, au 
contraire, est soigneusement expliquée dans ses types et ses 
légendes, et accompagnée d'une notice historique toujours 
pleine d'intérêt et qui fait le plus grand honneur h l'érudi* 
tion classique du savant amiral. 

La noblesse, en Angleterre, ne cherche pas, comme dans 
d'autres pays, à s'isoler de la nation. Elle se mêle au con^ 
traire à tout. On la rencontre dans l'armée, dans la magis- 
trature, dans les sciences. Ces fils de lords, riches à millions, 
reçoiveni dans leur jeimesse une éducation mâle et forte, 
qui les rend propres à tout et qui pourrait, au besoin, en 
faire des parvenus. C'est bien là une véritable aristocratie 
sekm la signification du mot, la puissance au meilleur, au 
plus digne. 

Aussi, quel noble usage ces grands seigneurs savent-ils 
faire de leurs fortunes princières ! 

R. Cu. 



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— 486 — 

Àankdœningen belrekkelijk de leg- of rekenpenmfègen u» 
de geUersche rekenkamery door W.-J. Db Vooct» 
(Nieî in hatideL) Amsierdam, 1869, in-S% 33 pages ei 
une planche. « , 

M. De Yoogty qui continue ses explorations de la numis- 
matique gueldroise, traite dans cette nouvelle brochure 
des jetons de la chambre des comptes de la Gueldre^ dont 
il a réuni trente-sept variétés. C'est à Taide de ces travaux 
spéciaux, dans le genre de ceux que publie M. De Voogt, 
qu'on parviendra, plus tard, à construire une œuvre 
d'ensemble, à établir le bilan définitif de notre numisma- 
tique nationale. Nous ne faisons encore que réunir les 
matériaux et déblayer le terrain en attendant l'architecte. 

R. Ch. 



LHnfkumee d'Offenbach êur le hfpe des UUeii de banque. 
— Les billets de la Banque nationale sont devenus, en Bel- 
gique, une véritable monnaie. On les demie, on les regoit 
panoul, de préférence même au numéraire métallique. 
La Revue a donc le droit de dire quelques mots du ehaii- 
gement de type que Ton fait subir & celle monnaie de 
papier. La nouvelle coupure de vitgt francs, en circulation 
depuis quelques mois, est illustrée d'une scène de la Belle 
Hélène. D'un côté, le beau breger avec son bâton pastoral 
et sa pomme, de l'autre, l'épouse légère du roi Ménélas, 
sous les traits piquants de M"' Delvil. On ne saisit pas très- 
bien, de prime abord, le rapport quïl peut y avoir entre 
notre grand établissement financier et ces personnages des 



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— 487 — 

temps héroïques de la Grèce; mais on comprend encore 
moins Tinscription menaçante qui brille comme te Mane 
thecel phares, dans le médaHlon eenfral, entre la reine et 
le berger : 

LA LOI PUNIT LE CONTREFACTEUR DBS TRAVAUX FORCÉS. 

Pour avoir Fenvîe de contrefaire les travaux foreésy ne 
faudrait-il pas être dix fois possédé du démon « belge n de 
la contrefaçon? 

Puis, l'on sera puni.... de quelle peine? Thaï is the 
question. 

On assure que le général Boum et la grande^ducbesse 
vont figurer sur les billets de mille franco, et ainsi des autres. 

V. D. B. 



La Revue française de numismatique, dont la publica- 
tion avait été quelque peu retardée, vient de faire paraitre^ 
en une double livraisoui les cent quarante-huit premières 
pages du volume de 1869. L'importance des articles qui 
composent ce savant recueil est toujours la même. On y 
trouve : 

1** Lettres à M*. Ad. de Longpérier sur la numismaUifiie 
gauloise, par lU. P. db Saulcy. tS pages et 3 vignettes. 

Celte trentième lettre est destinée à compléter et à rectifier 
les lettres orne à vingt-huit. Contrairement à boauoéup 
d'autres, quand M. de Saulcy croit s'être trompé, il esl le 
promior à signaler l'erreur et i la corriger. 

2" Lettre à M. Ad. de Longpérier sur quelques monnaies 



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— «8 — 

celtiques, par M. le baron db PpAPFBiiiioFFUi. 16 pages et 
3 planches. 

3* Médailles relatives auxBifuêifde l'Asie-Mioeure» par 
M. Henri de Longpérier. 40 pages et 1 planche. 

4* Louis d'Outre -Mer en Normandie. Trouvaille 
d'ÉvreuXy par M. Ad. de Longpéribr. 1 5 pages et 2 planches. 

8* Essai sur l'histoire monétaire des comtes de Flandre 
de la maison d'Autriche, et classement de leurs monnaies, 
par L. Deschamps de Pas. 1 9 pages. 

Cet article, qui fait suite au précédent Mémoire sur les 
monnaies des comtes de Flandre de la maison de Bourgogne, 
sera continué. Espérons que la Revue fera pour celui-ci ce 
qu'elle a fait pour' l'autre, c'est-à-dirc qu'elle donnera les 
planches qui doivent nécessairement l'accompagner. 

6* Examen de diverses monnaies italiennes attribuées à 
Mademoiselle de Montpensier, par M. Ad. de Lorgpérier. 
9 pages. 

M. de Longpérier rectifie plusieurs attributions de Luigini 
énigmatiques, commises par M. Poey d'Avant et ses prédéces- 
seurs. Parmi les divers ouvrages où il est parlé de ces mon- 
naies et que cite le savant directeur de la Revue française, 
nous avons été assez surpris de ne pas voir figurer In Revue 
belge. Il aurait pu constater dans le volume de 1865, page 306 
et suivantes, que nous nous sommes rencontré avec lui dans 
plus d'une lecture. Accord fortuit dont nous sommes trop 
flatté pour ne point le faire remarquer. 

T"* Lettre à M. Ad. de Longpérier sur les monnaies de 
l'abbaye de Disentis dans le canton des Grisons, en Suisse, 
par M. C.-F. Trachsbl. 5 pages et 3 vignettes. 

8* Sur trois méreaux relatifs à la construction du canal 
de Briare^ par M. A. de Charmasse, i pages ci 3 vignettes. 



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— 489 — 

9" CflKORiQUE. Trésor de Tarse. — L'attribut d'&Ae- 
ri Au. — Médaillons d'or faux. — Document monétaire 
relatif aux seigneurs de Nésles. — Prix de quelques 
médailles antiques. 16 pages. 

R. Ch. 



M. le D' Grote, dans le n"" 11 de son NumUma- 
tûcher Ànzeiger de cette année^ annonce la prochaine 
fondation d'une société numismatique^ à Vienne. 

La ville où l'illustre EcLhel a écrit et publié sa Doc- 
trina numorum veterumne pouvait se passer plus long- 
temps d'une semblable institution. Déjà le comité d'or- 
ganisation a créé un organe qui^ sous le titre de Numis- 
matische Zeitschrift, formera, pour l'année 1869, un 
volume d'environ vingt-quatre feuilles et douze planches 
gravées sur cuivre (*). S'adresser pour les souscriptions, etc., 
à l'un des membres du comité, M. le D' Jos. Karabaoek, 
Beatrix Gasse, 26, à Vienne. 

Nous venons de recevoir la première livraison (double) 
de cette importante et savante revue qui se compose de 
treize mémoires. 

1* Monnaies des Plolémées qui se trouvent dans les mu- 
sées de Munich, de Gotha et de Berlin, par M. C.-W. Hubbr. 

i"* Liste des Alexandres de la collection de M. Proxesch- 
OsTBif, qui ne se trouvent pas dans le catalogue de 
M. MûUer (en français). 

(■) Vienne avait déjà une autre Revue numismatique , le Wiener 
Numismatiêche Monaîahefte du D* G. -A. Eoger. 



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— 490 — 

Ce petit sapplément ne se compose que de quatre cent 
trente et une pièces. 

3^ Deux tétradraehmes d'Alexandre ie Grand, ooinnie 
fondateur d'Alexandrie, par M. le professeur Diciiiav. 

it" Monnaie de bronze de Pompeiopolis , par M. le 
D' Kbnnbr. 

5** Treize monnaies d'^/îa Capitolina (supplément à 
l'ouvrage de M. de Saulcy), par M. H.-G. Reichardt. 

6** Sur les divers systèmes de classement des monnaies 
romaines impériales, par M. A. Taubbr. 

7"* Un aureus inédit de Sévère II, par M. N. Dschant. 

8» La réforme monétaire sous Aurélien et Diodétien, 
par M. le D' Missong. 

9" Contrefaçons de pièces espagnoles, arabes et alle- 
mandes faites pour la Pologne, par M. le D' Kaaaeacek. 

lO** Numismatique du moyen &ge dans le Tyrol, par 
M. le D'A. LusGHiif. 

1 f "* Ducats de Charles-Quint comme comte du Tyrol et 
duc de Carintbie, ainsi queles^ro^cA^nde Vienne de 1520, 
par le M. D' Bergmann. 

12* Monnaies d'inU'onisation de la maison de Habs- 
bourg en Sicile, en 1720, par M. le D' A. MiSsong. 

IS^" Monnaies du prince Michel Obrenowich UI, de 
Servie, par M. le D' Karabagek. 

14"* Ouvrajges nouveaux sur la numismatique et mé- 
langes. 

Cette livraison comprend deux cents pages de texte et 
six planches. 

R. Ch. 



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— 491 - 

La 6* livraison qui termine le tome 1" de la nouvelle 
revue numismatique italienne {Periodico di Numismattca) 
se eompose de quatre mémoires : 

!• Le musée Bottaein^ annexé à la bibliothèque et au 
musée de Padoue; III* partie. — Mantoue et les autres 
ateliers inrérieurs des Gonzagues, par M. Caelo Kunz. 

9* Le sequin du pape Pie 111, par M. le !> Fribdlabndbr. 

3* De quelques sceaux des abbés de Monte-Gassino, par 
M. A. Caravita. 

4* Le sceau de Florence an type de rHercule, par 
M. L. Passbrini. 

Ce premier volume contient 288 pages de texte et 
13 planches admirablement gravées sur cuivre d'après les 
dessins de M. Kunz. 

R. Ch. 



À guide to the study and arrangement of english coins, 
giving a description ofevery denominaiion ofevery issue 
in gold, silver et copper, front the conquesi to the présent 
time, etc., by Hinrt William Hbnvbbt. London, John 
Russcll, 1869. Petit in-8\ 

Il manquait^ depuis longtemps, aux amateurs qui collec- 
tionnaient les monnaies anglaises, un court et bref résumé, 
d'un prix accessible à tous, doonanl la liste et l'explication 
de toutes les pièces d'or, d'argent et de cuivre qui se sont 
succédées dans la Grande-Bretagne. 

Le plus ancien ouvrage sur cette matière, les Fiews de 
Thomas Snelling, publié de 1765 à 1766, se rencontrent 



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— 4Î2 — 

difficilement. Ruding a plutôt (ait une histoire de la mon- 
naie qu'un manuel pour les amateurs, puis son livre esi 
aussi d'un prix assez élevé. L'ouvrage de M* HawkinSf 
publié en 1841, est sans doute excellent, mais il netnite 
que des monnaies d'argent. 

M. H.-W. Henfrey veut combler une lacune. Nous 
sommes certain du succès de son petit manuel, méthodi- 
que, facile, et pouvant être mis en poche comme un livret 
de chemins de Ter. Ce sera le vade-meaim de tous les ama- 
teurs. Ajoutons à cela qu'il ne coûtera que la somme bien 
modique de 6 schellings, ce qui est aussi un élément de 
succès. 

R. Ch. 



Pendant le !•' semestre 1869, il a été firappé à la Mon 
naie de Bruxelles : 

En pièces d'or de 20 francs pour une 
valeur nominale de fr. 24,689,480 

En (Hèoes d'argent de 5 francs pour une 
valeur nominale de 28,034,723 

En pièces d^argent de 1 franc pour une 
valeur nominale de 1 ,393,608 



Soit un total général de . . . fr. 54,117,81 

A. Bft. 



,^ 



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— 495 — 

VAcadémie des Inscriptions et Beltes-IéCttres, dans sd 
séance du 2 juillet dernier, a décerné le prix de numisma- 
tique è M. Eugène Rucher pour son beau li?re intitulé 
FAri gaulois <m les GunUris diaprés leurs médailleSy un 

vol. in-4% 1868. 

R. Ch. 



Tavole sinotticht deUe monete battute in lialia e da italiani 
ail* estera, dalsecolo yii a tutto l'anno HDCCCLXvuiy t7/ti5- 
trate cm note dair awocato Vincbnzo Paorns, assistente 
alla bibliotheca diS. M. Torino, 1869, in-4% de lxxix 
et 252 pages. 

Ce répertoire de toutes les monnaies italiennes connues 
a dû exiger, de la part de l'auteur, des recherches im- 
menses. Par le procédé synoptique et la disposition qu'il a 
employée, M. Promis est parvenu à les condenser dans le 
cadre d'un seul volume in^". Voici, pour cela, le plan 
ingénieux qu'il a suivi. 

Il donne : 1* la liste, très-longue, des ateliers dont les 
produits sont connus; 2* celle des ateliers dont il est 
probable qu'on retrouvera les monnaies ; Z" les villes et 
seigneuries auxquelles on a erronément attribué un atelier 
monétaire. 

La 4* table est celle des personnages au nom de qui on 
a frappé des monnaies, avec renvoi aux pages où elles sont 
citées. 

La 5*, qui est très-étendue, est la liste alphabétique des 
ouvrages dans lesquels les monnaies ont été publiées. Ces 
ouvrages sont précédés d'un numéro d'ordre qui recom- 



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— 494 — 

meDeeàcbacanedes lellresde Talphabet ei doDl nous alioos 
voir l'iuage. 

La 6*y enfin, donne la liste des recueils ou eolleetioDS 
dans lesquds plusieurs des oumges préeédemment cités 
se trouvent, 

La table synoptique des monnaies, la partie principale 
du livre, comprend 249 pages et forme une espèce de 
tableau statistique composé de cinq colonnes : 

l"* Le nom du prince ou de la république è qui Ton doit 
la monnaie ; 

2* L'année du règne; 

S** Le métal; 

4"* Les ouvrages où la pièce se trouve publiée; 

5*" Observations. 

Le nom de la ville précède chaque sorte de pièces. 

Un exempte fera mieux comprendre la chose que toutes 
les explications, ainsi : 



AlfCONA. 



BODifdck) IX, 1 1389-4404 1 A. 1 P. 75, Uv. 4, 
papa. n*4. 



QiMl» àef cnen il priao 
ptpa qae vi bttté aoiiela a 



P. 75 : signifie : Promis, Monete di zecche italiane 
inédite. Memoria seconda. Torino, 1868, in-4*. Une lellre 
et un chiffre remplacent un long liure d'ouvrage ; il suffit 
pour cela de chercher, à la 5* table, le 75*" article de la 
letu-e P. 

R. Ch. 




V 



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- 495 -^ 

BerUner BUUter fur Mûnz-, Siegel- und Wappenbmde. 
XIII Heft (Funften Bandes, erstes Heft). Berlin, 1869. 
W. W1BSR9 avec tf planehes ei 1 portrait litho- 
graphie. 

La dernière livraison de la Revue numismatique de 
Berlin contient les articles suivants : 

1"* La biographie de Joseph von Mader, par M. le 
DT. Fribdlander; 

^ Monnaies grecques inédites de la collection Rauch, 
par M. A. von Raugh; 

3*" Monnaies grecques de la collection de M. F. Im- 
hoof-Blumerà Winterthur, par M. Fa. Imhoof-Blumer; 

4<> Monnaies inédites du moyen-âge. (Wufzbourg, 
Bâle, Bavière), par M. H. Danbnbbrg; 
* S"" Notes sur la monnaie de Hohenzollern, par M. von 
Mulverstedt; 

6* Un zecchino du pape Pie 1(1, par M. J. Fried- 
laendrb ; 

7"* Papier obsidional d'Erfurt, par M. Schligketsen ; 

S"" Mélanges, les dernières monnaies courantes et les 
dernières médailles, et revue bibliographique. 

Cam. p. 



La numismatique orientale semble être, plus que jamais, 
en faveur en Allemagne. Voici quelques travaux récents 
sur cette branche, peu cultivée chez nous, de la science des 
médailles, que nous nous plaisons à citer : 

Die KùGschen Mûnzcn des steiermârkisch-stândischen 



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— 496 — 

Joannneoms in Graz, beschrieben und erklârt von Iosbpb 
Karabagk. Wien, 1868, in-8% 71 pages el une planche. 

GesehîchlederKopierwfifaningonter Sultan Soldmftnll, 
bis zu ihrw Aufbebung nach dessen Tode (nacb gieieb- 
zeitigen, grôsslentheils bisher noch unbenûlzten tûrkisehen 
Berichcen), von Joseph Karabacbk. Wien, 1868, in-8*, 
93 pages el 1 vignette. 

Ces deux mémoires sont extraits de la Revœ de M. Bgger, 
revue qu'on ne sait plus avoir en Belgique. 

Bericht ûber zwei kùGsche Mûnzfunde, von Joseph Kara- 
BAGEK, in-8*, 15 pages et 1 planche (extrait du Zeitschrifl 
des deutschen tnorgenlandischen Gesellschafl in Leipzig. 
Tome XXI. 

La numismatique ancienne de l'Egypte a fourni aussi à 
M. C.-W. HuBBR, l'un des fondateurs de la nouvelle Revue 
viennoise, le sujet d'un travail considérable, qui a paru 
dans le Recueil de M. Egger; mais qui, tiré i part, forme 
un vol. de 230 pages, orné de 5 planches. 

R. Cb. 



Le conservateur des collections de la société provin- 
ciale d'Utrecht, M. G.-A. Hulsebos, vient de faire paraître 
une courte notice sur les accroissements de son musée 
en 1869. Ces accroissements consistent spécialement en 
monnaies et médailles. Une planche lithographiée avec une 
grande perfection et représentant 5 pièces, accompagne les 
8 pages in-8* de texte. 

R. Ch. 



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— 497 — 

Notre savant et zélé confrère, M. Hooft Van Iddekinge, 
a rendu compte, dans le Nederlandsche SpectatOTj du 
mémoire de M. W.-J. De Voogt, dont no^8 avons parlé, 
sur la Numismatique de la Gueldre {Berg — Baienburg 
-- Baar). La noie* de M. Hooft Van Iddekinge» tirée à 
part, forme 7 pages in-8*. 

R. €■. 



Le n"* XXXIV de ta Revue numismatique anglaise {The 
Numismaiic Chr&niele) contient les articles suivants ! 

1* Monnaies des successeurs d'AlexaRdreenOrient(iiitle), 
par le major-général A. Conninghah. 

^ Sur les monnaies de Tomi, Callatia, etc., de la col- 
lection de M. W.-H. Cullen , par M. S.-W. Vaux. 

3* Monnaies et médaillons romains réeemment acquis 
par le British Muséum, par S.-^P. Gorkran, Esq. 

i"" Pièces romaines trouvées à la surfaee du sol, à Dus- 
ton, près de Northampton, par S. Sharp, Esq* 

5" Différentes notes sur l'ancien monnayage anglais, par 
le Rév. D.-H. Haigh. 

6"* GroaU de Henry IV, Henry V et Henry VI. Réponse 
a la notice de M. Pownall sur le Mulleê^oat^ par 
J.-Fr£d. Neck, Esq. 

7* Le buste royal sur les premiers groats, par le 
Rév. AssHBTON Pownall. 

8* Nouvelles publications numismatiques et Mélanges. 

R. Ch. 



fi< SÉAIB. — TOMB I. 32 



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— 41» — 

Essai de rapprochement entre les monnaies celtiques du 
Danube et qtielques monnaies anépigraphes de la Croule 
ds-rliénane. 6 pages in-8* et une planche. 

Cette courte notice, extraite des Comptes rendus de 
l'Académie des inscriptions, 2* série, t. IV, p. 424, ne porte 
pas de nom d'auteur dans le tirage è part, mais il n'y a 
pas d'indiscrétion è dire qu'elle est l'œuvre d'un niunismate 
dont tous les lecteurs de la Revue connaissent les excellents 
travaux, de M. Charles Robert, membre honoraire de la 
Société royale de numismatique de Belgique. 

M. Robert, avec la sagacité et la clarté d'exposition qui 
distinguent tous ses écrits, prouve par des exemples irrécu- 
sables que les Regenbogen schisselchen appartiennent è la 
race celtique. Il montre l'analogie que ces pièces ont avec 
différentes monnaies de la Gaule proprement dite, et, enfin, 
— nouvelle qui sera accueillie avec joie par tous les ama- 
teurs qui réunissent les monnaies gauloises, — il annonce 
qu'il n'a pas abandonné le projet de publier (avec M. de 
Saulcy) son grand travail d'ensemble sur les anciennes 
monnaies de la Gaule. 

R. Ch. 



La Revue italienne de M. le marquis Carlo Strozzi 
(Periodico di Numismatica) commence sa seconde année 
et parait avec une régularité à laquelle les Italiens ne nous 
ont pas habitués. Le premier fascicule de cette seconde 
année se compose des articles suivants : 



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-. 499 - 

j« Adelgise, prince de Bénévent ( 8X3 -878), par 
M. Carlo Kuiiz. 

Le denier d'argent qui fait le sujet de cette courte et curieuse 
dissertation porte, d'un cAté, autour d'un monogramme composé 
des lettres I A I, la légende ADELGTPRN. Au revers, entre 
deux rosaces : SCAHR. Un exemplaire, qui se trouve à Vienne 
avait été lu : 

Aimalricus) DE L{u8ignan) CTP(ri) R(ex) fi[%co8%œ), et attri- 
bué h Amalric, seigneur de Chypre (il 94), pois roi de Chy- 
pre (1496), et enfin roi de Jérusalem (4498 f 4205). Du mono- 
gramme, on ne savait que faire, non plus que de l'inscription du 
revers, qu'on lisait S'CANR. 

Le style seul de la pièce prouvait assez qu'elle était plus 
ancienne. Laissant là la lecture hardouinesque de Vienne et le 
roman numismatique d'Amalric, M. Kunz a lu tout simplement, 
tout couramment : 

-I- ADELGI(5ttis] PR(t]N(ceps). Le monogramme est celui du 
pape Jean VIII, qui avait protégé Adelgise auprès de l'empe- 
reur Louis 11 , et le revers n'est rien autre que S(an)C(OA 
M(a)R(ta), la sainte Vierge, patronne de Bénévent. 

2^ Suppléments au mémoire du père Ireneo Affô sur 
l'atelier et la monnaie de Parme. Éludes du commandeur 
M. LopEZ, directeur honoraire du Musée de Parme. 

3* Autres monnaies inédites de l'atelier de Mantoue, au 
Musée royal de Florence, par M. G.-F. Ganurbini. 

4** Un picciolo inédit de Frédéric II, duc d'Urbain, par 

M. P. TONMII. 

5* L'atelier cl les monnaies de Milan, par M. Carlo 

MORBIO. 

6« Variétés : Dépôt volif de monnaies romaines dans une 
fontaine, près d'Arezzo, par M. G.-F. Gamurrini. 



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— »00 — 

Deux planches admirablement gravées sur cuivre accom- 
pagnent cette livraison. 

R.Gb. 



Nous venons de voir la médaille offerte par le CertU 
artistique et littéraire d'Anvers à H. Leys, à l'occasion de 
son triomphe a l'Exposition universelle de 1867. Cette 
médaille; due au ciseau de M. Léopold Wiener, porte, d'un 
côté, le portrait, fort ressemblant, de l'illustre peinu%, et, 
sur le revers, la figure de saint Luc, d'après le tableau que 
Leys a peint lui-même dans sa salle à manger. Celte 
médaille fait honneur à M. Wiener, dont la réputation se 
fonde sur tant d'autres couvres remarquables. 

(i^cAo du Earlement.) 



La médaille que le gouvernement a fait frapper en vue 
du festival est une véritable œuvre d'art. Elle représenle, 
à l'endroit, le profil trés-ressemblant, très-vivant, de Léo- 
pold IL Au revers, un groupe représente la L^lature 
remettant à Ja ville de Bruxelles le décret instituant les 
festivals annuels ; à gaucbe de cette figure, est l'Histoire 
inscrivant la date du premier festival à Bruxelles. 

{Idem.) 



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— 501 — 



NÉ€R0li06IB. 



Le S9 juillet dernier, est décédé à Rotterdam 
M. Léonard-Jean-Frédéric lanssen, qui, depuis un an à 
peine, occupait les fonctions de conservateur du cabinet 
nuodismatique, à Leyde. 

M. Janssen, né le 23 décembre 1806, à Herwen, dans 
la province de Gueldre, était originaire de Zevenaar, où il 
passa son enfance. Ce fut à Utrecht qu*il étudia la théologie. 
Il fut d'abord, en 1831, ministre è Noerlangbroeck, puis, 
de 1831 à 1833, recteur ad intérim du gymnase de Zeve- 
naar. En 1835, il obtint la place de conservateur en second 
du Musée des antiquités de Leyde, et remplit ces fonctions 
jusqu'en 1868, époque à laquelle il devint conservateur du 
cabinet numismatique. 

Comme archéologue, M. Janssen jouissait d'une grande 
et légitime réputation. On a de lui un nombre considé- 
rable d'ouvrages et de notices sur les antiquités. 

• 

R. Ch. 



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— «02 — 



SOCIÉTÉ ROYALE DE NIMISMATIQUE. 



EIIRAITS DBS PBOCfiMERBAUI. 



Assemblée générale annnelle du 4 Jiiinet 1869, à Brnxellcs. 



Présents: MM. Chalon, président: Dugniolle^ vice- 
président; Ed. Vanoen Broeck, trésorier; Guioth, biblio- 
ihécairc; HBRRvdeCocQUÉAU^ contrôleur ; Picqcé, secrétaire ; 
CoGHETEOXy Maillibt» baroH de Pitteurs, Léop* Wiener, 
L. Geblhand, L. de Costeb, Brichaut, baron Sdriiont, 
Kl. Wytsman, Vander Auwera, Pjncuart, comte de 
NÉDONGHELy Ulysse CAPITAINE, Meyers ct Maus, membres 
effectifs ; An. Libdts, vicomte B. de Jonghb, Cu. de Brod 
et CouBEAuXy correspondants régiiicolcs, et comte M. Na- 
uuYS, membre honoraire. 

MM. le comte !V1. de Robiaiio, chanoine Béthune et 
Schuermans, s'excusent, par lettres, de ne pouvoir assister 
à l'assemblée. 

M. le secrétaire lit le procès-verbal de la séance précé- 
dente, lequel est approuvé. 

M. le trésorier donne lecture de son compte, lequel est 
airélé ct approuve jusqu'à la date» du T' janvier 18C9, 



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— 803 — 

conronnéinent à la décision prise dans rassemblée générale 
de 1868. 

M. le président raconte Thistoire de la Société dans les 
lignes qui suivent : 



c Notre Société entre aujourd'hui dans la vingt-neuvième 
année de son existence! Cest un grand ftge que vingt-neuf 
ans pour une association de ce genre^ un âge que peu de 
Revues ont atteint en Belgique. Et cependant. Messieurs, 
je ne crois pas me faire illusion en disant que la Société 
royale de numismatique est loin. d'être caduque, en affir- 
mant, au contraire, que jamais elle n*a élé plus prospère, 
plus pleine de vie, de jeunesse et d'activité* 

« Cest qu'aussi. Messieurs, elle se renouvelle sans cesse. 
Quand les rangs s'éclaircissent, ils sont aussitôt remplis. 

« Des trente-quatre membres (trente-cinq en y compre- 
nant nou% illustre président d'honneur, Joachim Lelewel) 
qui composaient la société à sa naissance, savez-vous com- 
bien il en reste? Neuf, le quart! Et de ces vingt-six mem- 
bres effacés de nos listes, quatre seulement l'ont été par 
suite de démissions ; les vingt-deux autres sont morts. 

« L'histoire de notre compagnie doit donc être pour la 
plupart d'entre vous, Messieurs et chers confrères, quelque 
chose d'antédiluvien, qui se confond avec la période des 
silex et des njastodontes. Permettez donc ù un des rares 
débris de ces temps anciens de vous en dire quelques 
mots : 

« Ce fut au printemps de 1841, à table, chez notre 
excellent ami de Gosier, alors à lléverlé, que fut émise, 



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— 504 — 

pour la première fois, Tidée de publier eiies nous uoe 
Revue numismatique dans le genre de eelle que M. Cartier 
avait créée en France depuis quelques années^ et, pour 
atteindre ce but, de former une association des aniatcars 
les plus connus du pays. 

c A quelques mois de là, l'un des convives de M. de Gos- 
ier, M. l'abbé LouiSy directeur du coll^ communal de 
Tirlemont, nous convoqua chez lut pour aviser aux moyens 
de réaliser le projet d'Hévierlé. On résolut de constituer la 
société et de recueillir des adhésions au nombre limité de 
trente-cinq. Ce nombre Ait bieniAt atteint. 

« M. Louis, nommé secrétaire de la nouvelle association, 
se chargea des soins matériels de l'impression de la Revue. 
CelleKïi débuta par le catalogue provisoire des monnaies 
du Hainaut, qui devait servir plus tard à faire la mono- 
graphie des monnaies de cette province. 

u Le premier volume fut assez lent & parai tre, et à peine 
était-il terminé, que M. Louis quittait Tirlemont. Le seeré- 
(ariat fut alors remis à M. Goddons, trésorier, qui remplit 
cumulalivement les deux fonctions. La rédaction de la 
Revue fut confiée à une commission composée de trois 
membres, et sa propriété cédée à un éditeur, M. le libraire 
Van Dale. 

« Cependant, la Société elle-même n'avait pas de direc- 
tion permanente. A chaque réunion, on acclamait, comme 
dans les meetings, un président pour la séance. Notre 
président d'honneur, M. Leiewel, par une modestie exa- 
gérée, ne voulait pas même présider l'assemblée, encore 
moins s'ingérer dans l'administration de la société. 

H Cette période dura jusqu'en 1849. Quatre volumes 



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seulement avaient paru. La faillite de notre éditeur met- 
tait fin au contrat qui nous liait. Il fallut de nouveau et 
comme au début prendre à noire ehai^e la publication 
de la Revue. L'établissement d'une direction était devenu 
indispensable* Le nouveau règlement, adopté dans la 
sèQoœ du 9 avril 1849, confia l'administration de la 
Société à un bureau composé d'un président, d'un vice- 
président, d'un secrétaire et d'un trésorier. On y ajouta 
depuis un contrôleur et un bibliothécaire. 

« Le nombre des membres composant la direction de la 
Revue n'est pas fixé par le règlement. Il était primitive- 
ment de trois, puis de deux, puis encore une fois de trois, 
nombre qui n'a jamais été dépassé et qui ne pourrait l'être 
sans inconvénients. 

« La Revue, Messieurs et chers confrères, depuis le 
nouveau règlement, a paru avec une régularité sans 
exemple dans les publications de ce genre. Cette régularité, 
à laquelle j'attache personnellement la plus grande impor- 
tance, a été, j'en suis convaincu, une des causes princi- 
pales du succès de notre recueil. 

n II me reste. Messieurs et chers confrères, à renouveler 
iine double prière que je vous adresse chaque année. 

« Que ceux d'entre, vous qui n'ont pas les loisirs néces- 
saires pour collaborer à la Revue, veuillent du moins nous 
fournir des matériaux, en communiquant les pièces inédites 
(ju'ils possèdent. 

c Puis, cherchons tous, dans la mesure de notre influence 
et de nos rapports avec les numismates étrangers, à recru- 
ter de nouveaux abonnés à la Revue. Avec un peu de zèle 
et de bonne volonté, je suis certain qu^on arriverait faci- 



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— 506 — 

lement à augmenter d'un tiers le nombre de nos souserip- 
teurs. » 

M. le secrétaire fait un rapport sur les travaux dd la 
Société royale de numismatique pendant l'année 1868. 

Le scrutin pour l'élection de trois membres effectifs, en 
remplacement de MM. Perreau, de Meyer et Cuypers van 
Vellboven, confère ce titre à MM. Ch. de Brou, vicomte de 
Jonghe et Henri Schuermans. 

MM. V. Pasquier, baron de Chestret, A. Le Catteet 
Edward Van Evcn sont nommés membres correspondants 
régnicoles. 

Le bureau, par Torgane du président, propose le main- 
tien de la cotisalioQ annuelle, ce qui est accepté à l'una- 
nimité. 

Avant de procéder au scrutin pour le renouvellement 
du bureau et de la commission directrice de la Revue, 
le président fait remarquer que, d'après une décision prise 
dans rassemblée générale de l'année 1868, le vice-président 
ne pourra plus, à l'avenir, être réélu qu'après un intervalle 
de trois ans. Le scrulin donne les résultats suivants : 

Président : MM. R. Chalor; 

Vicc'présideni : le comte de Robiano; 

Trésorier : Eo. Vandbn Brobck ; 

Bibliotliècaire : Brichaut ; 

Contrôleur : Herrt db Cocquéau ; 

Secrétaire : Cah. Picqu£. 

L'ai^emblée décide, par acclamation, que M. Guioth 
conservera le titre de bibliothécaire honoraire. 



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— 507 — 

MM. Ghalon, de Coster et Picqué sont élus directeurs 
de la Revue pour 1869. 

M. le trésorier distribue aux membres présents à la 
réunion un exemplaire du jeton de la Société, frappé 
spécialement pour cette séance. 





Lectures et communications* 

M. Picqué exhibe une médaille, délicatement ciselée, 
relative à l'expulsion des réformés évangéliques de Farche- 
véché de Salzbourg, en i731. Il donne lecture d'une 
notice explicative des figures gravées par l'artiste. 

Au droit, on voit les émigrants en marche. 

Légende en allemand : AcL ch. vu, t?. 3. 

Quitte ton pays et ta parenté. 

Rev. Un prince sur son trône indique aux émigrants le 
pays qu'il leur assigne. 
Légende : La fin du verset précédent : 

Et viens dans le pays que Je te montrerai. 

A rintérieur de la médaille qui est évidée et dont les 
deux côtés se vissent l'un à l'autre, la carte de l'archevêché 
de Salzbourg, gravée par Daniel Hôckinger, à Augsbourg, 



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et au fond du couvercle opposé, les environs de Kônigsberg 
en Prusse. 

M. Léop. Wiener communique è ses confrères la 
médaille destinée aux académies de dessin. Elle porte, d'un 
côté, la tète du roi Léopold II, et, de l'autre, la composition 
exécutée jadis par Th.-V. Van Berckel pour une médaille 
académique. 

M. L. Geelhand exhibe i* un grand médaillon, portant 
la date de 16S4 et représentant Marguerite Verbeeck, et 
2* une beUe m^aille ciselée de Henri VIII ; légende ODOR 
EJUS UT LIBANI, puis une rose. 

M. le comie M. Nahuys exhibe la nouvelle médaille 
offerte par le conseil administratif de l'union de défense 
néerlandaise au tir national. 

M. Brichaut fait passer sous les yeux de l'assemblée les 
nouvelles monnaies frappées par ordre du gouvernement 
provisoire de Madrid. 

M. le baron de Pitteurs exhibe une grande médaille 
relative à la reddition de Namur en 169S, et M. Vander 
Auwera deux jetons inédits de Philippe le Hardi ei de 
Jean-sans-Peur. 



Le Secrétaire, 
Camille Picqoé. 



Le Présidenif 
R. Cdalon. 



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~ 609 - 

EénnloB du bureau du 4 Juillet 1869. 

Sur la proposition de MM. Chalon, Dugniolle et Bri- 
chauty le titre d'assoeié étranger est conféré & : 

MM. Paul CléroCy chevalier de la L^on d'Honneur/ 
conservateur du musée monétaire de Thôtel des 
Monnaies à Paris, etc. 
Louis Mesdachy directeur des usines monétaires de 
Biacbe (Saint-Waast, Pas-de-Calais), à Paris, rue 
Saint-Paul, 28. 

Le Secrétaire, Le Président, 

Cam. Picqdé. R. Chalon. 



Eéunlon du bureau du 33 Juillet 1869. 

Sur la proposition de MM. Chalon et Brichaut, le titre 
d'associé étranger est conféré à : 

M. Charles Frcmantle, délégué du grand-maître de la 
Monnaie de Londres et contrôleur des monnaies. 

Le Secrétaire, Le Président, 

Cam. Picqoé. R. Chalon. 



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— 540 - 

Rënntoii da bureau da 4 aoftt 1869. 

Sur la proposition de M. Chalon, le titre d'associé 
étranger est conféré à : 

k M. le D' Josef Karabacek, directeur du journal numis- 
matique de Vienne^ Numismathche Zeitschrift. 

Le Secrétaire, Le Président j 

Cam. Picqué. R. Chalon. 



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— 5H — 



LISTE DES MEMBRES 



U SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMISMATIQUE 

AU 1« OCTOBRE 1809. 



■EMRES HONORAIRES (']. 

■ou n «HAilTis. DATI D*ADHIUIOII. 

MM. 

Yoic-Aksbhav (John), seerdtatre de la Société 

des antiquaires de Londres •••• 4 juillet 18il. 

Di LoMPÉBiBR (Adrien), membre de Tlnstitut de 

France, elc — 

Di Saulct (lb BiaoH Frédéric), sénateur, membre 

de rinstîtnt de France, etc — 

De Koêmke (8. E. lb comiAirDBua baboh), conseiller 
d*État actuel, directeur du bureau héraldi- 
que, etc., à Saint-Pétersbourg — 

Db Vwajpwmmbowwe» (lb babon), chambellan de 

S. A. R. le grand-duc de Bade, à Donaueschingen. » 

De Hktsr (lb doctbor), conservateur du cabinet 

des médailles, à Zurich — 

HnvR (J.-7.-0.), conservateur du cabinet royal 

des médailles, à La Haye • — 

PBOns (lb coMMANiiBua ]>ominlqae), conservateur 

des musées- royaux, etc., à Turin 20 septembre 1846. 

{') Lt iMmbrt des membre» hoBonirca est ùxé à Tingt-cinq. 



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— 512 - 

«0«l IT QOALirél. DATI lt*AOHUItlOa 

MM. 
De Là Saumatb (L.), ex-direeleur de la Revue nu- 

miimaiique, recteur de T Académie de Lyon. .. 20 septembre 1846. 
SABATnm (J.)) membre de la Société impériale d*ar- 

ehéologie de Saint-Péterslxitirg, à Paris 4 mars 1819. 

Castuaasos (doii BasUlo Sébastian), président 

de PAcadémie royale d*archéologie, à Aladrid.. juillet f 851 . 
FosTAOUiBAS T FvsTBE (dor latine), archéologoe, 

à Bareelone -. 

Db Bbuabé (don Ramon Polo), président du 

séminaire de Sarragosse — 

DiBKS (J.), avocat, à Leeuwardc, membre des 
états généraux et de I* Académie royale des 
Pays-Bas ^ 

UiLDOBABD (B.-E.), conservateur du musée des 

antiques, à Stockholm ^ 

LaimiAmi (u aévianiD J.), direeteur de la Re9ue 

numitmatiqtte de WtUaenaée «••• — 

BIabtbllibb (P.), président à la Cour d*appel d'Or- 
léans, etc... ^ 

TORBBBEfi, professeur à runiversité de Lund — 

ROMBT (Charles) , intendant général, à Paris. ... 5 j aillet 1863. 

De Raoch (A.), chambellan de S. M., secrétaire de 

la Société numismatique, etc., à Berlin -^ 

n AHVTS (LB coMTK MADBn), archéologuo, à Utrecht. 2 jnfllet f .H65. 

Dbsoumps de Pas (L.), ingénieur, i Saint-Omer. . 1 juillet 1866. 

Moebi^-Fatio, archéologue, etc., à Paris ~ 

]|lDLiiBE(LiDOCTBDRL.),archéoIogue, à Copenhague. 7 juillet 1867. 
POETOE D*AjfiGOVBT (vicoMTB * dk) , prcsidcot de 

la Société française de numismatique, à Paris. !5 juillet 18l>8. 



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— »I5 - 
■IIBRIS EFFECTIFS ('). 

10» IT ovALiria. bats d*ad>iuioi. 

MM. 

CsAiiOii (Renier), doctenr en droit, membre de 

rAcadémîe royale, ete., h Braxelles Fômlatcor. 

Db B£THDn[(LB GVÂRoiiiB), Secrétaire de Vévêàié^ 

h Brages *.••.«..•• **•••• «^ 

Db Costek (Louis), membre do plusiaurs sodétéà 

savante3,ik Bruxelles. .... « « ••••.• -^ 

Db la FovrAiHB (lb mbon), pcësident dv eonseil 

d*éut da grand-duchéy k Luxenbopii;. ->• 

Db Pittbijbs db Bddihgbh (lb baboh), proprié- 
taire, i Namur — 

Db ROBiAao(LB comtb Maurice), sénateur, membre 

du conseil héraldique, à Bruxelles — 

GuiOTH (J.-L.), ingénieur en chef honoraire, à 

Bruxelles -^ 

Mbtbbs (M.^B.), colonel du génie, à Liège — 

Sbbbdbe (C.-P.), docteur en droit, correspondant 

de TAcadémie royale, à lloor4xeele -^ 

IlBBRY db GocQinAiJ (Fnnfois), docteiw en droite 

à Bruxelles .6 oetobre Idfi. 

NoTBOfa(u BABOH), membre de TAcadémie royale, 

ministre plénipotentiaire de Belgique, à Berlin. 20 septembre f846. 

Lbfbvbb (£.-€.), rentier, à Gand — 

PiRGiiABT (Alexandre), chef de section aux 

archives de TÉlat, i Ixelles i juillet i849. 

Pbtt db TnOBÉB (J.), propriétaire, membre de 

plusieurs sociétés savantes, à Grune. 4 joiMot I^W. 

Db Wittb (lb baboh J.), membre de rAcadéoue 

royale, associé da Tiiutitut de Franœ. etc., à 

Wommcigbem 5 juillet I8$7. 

CocBBTBVX (C.)» major du génie, à Anvers ~ 



(') Le nombre des membrea cffcetifs eit fixé h trente-einq. 

S*' S^RIE. — ToliR I. 33 



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— 814 — 

loas iT qvalitAs. DATI •^miismi. 

MM. 

DoGiiOLLB, doctear en médecine, à Ixelles 5 jaillet f887. 

YâiDU Aownui, eonseiller proTÎncnl,reeeTear de 

la ville, à LooTain S juillet 1858. 

Gapitai]» (Ulysse), secrëUire de Pioslitut ircbéo- 

logiqae,àLiëge..w...... 8 jaillet 1860. 

PicQUÉ (Gsmllle), attaché k la section des médailles 

de la Bibliothèque royale» à Bruxelles • . • — 

VAVDBapnimiBOOii ( Alph. ), ministre d*Ëtat, pré- 
sident de la Société archéologique dTpres. 5 juillet 186S. 

Db Nbdoschbl (li ooun Georges), membre de la 

Société historique de Toumay — 

Gajot(li GHAHonm), membre de la Société archéolo- 
gique de Narour — 

Vahdbu Bbobck (Ed.)f agent de change, à Bruxelles 3 juillet i9ùi, 

mâiLUBT (Y.), lieutenant -colonel pensionné, à 

St-Josse-ten-Noode. — 

WiEHBB (Léopold)» statuaire et graTcur en chef 

des monnaies, etc., à Bruxelles -* 

Wtstiiau (Clément), notaire et archéologue, à 

Termonde — 

SDiMOar (li baboit), archéologue, à Gand 2 juillet 1868. 

BlAUS (C), conseiller a la Cour dVippel de Bruxelles. 7 juillet 1867. 

Db Limbobo-Stoum (li gomtb), à Gand — 

Bbigbact (Auguste), contrôleur des monnaies, à 

Bruxelles 2^ juillet 1868. 

GBBUUB0 (Louis), homme de lettres et archéo- 
logue, à Bruxelles *- 

]>B Bbou (Charles), archéologue, etc., à Bruxelles. 4 juillet 1869. 

Db Jobgbb (lb ticomtb fiandouin), k Bruxelles. . — 

8CHI7BUIAB8 (Henri), conseiller, etc., h Liège.. . . ~ 



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>!'- 



— MB — 
CORRESPONDANTS RE6NIC0LES (')• 

■oit tV «OAUtis. DATI B^AMIIHIOI. 

MM. 

Hblhg (Henri), archéologue, à Lîége «... 7 J«ilUl 1801. 

SottumB (C^A.)) SToeat, etc., i Gand . • • • 8 jaillol 1085* 

Pkhbia (Charles), gratear, etc., i Gaod 3 jiûUei' 106^ 

GoraBAUX (HlMiolyte), arehëologue, à BraaeHes. — 

Kldtmlbu (Hippolyte), iirofesieor, à Gand % jaillet 1868. 

Lnum (Amédée), docteur en droit, à Bnudles • . — 

De Chutur (lk iiaoN J.-R.-H. lolea), à Li^. 4 juillet 1869. 

Pasquieb (yictor),lk Bruxelles — 

Lk Gattb (Angiute), à Namur — 

Yo Etbh (Edward), archiviste à Louvain — 

ASSOCIÉS ÉTRAR6ERS. 

Nuflovr (HartlnuB), libraire, à la Haye. U octobre 1856. 

DoQUEiraiiUi (Yietor), membre de TAcadémie im- 
périale de Reims, correspondant de la Société 

des antiquaires de France, à Ueims 28 octobre 1886. 

SauBOST (Éttenne), trésorier de TAcadémie, etc., 

à Reims — 

BOQLAVGBB (G.), ingénieur, à Paris 3 novembre 1856 . 

Pbmm (Casimir), conservateur du musée des 

antiques, au château Borely, à Marseille — 

Houa-Poifty fib, banquier, h Lyon — 

BK■TA6ln^ directeur des contributions directes, h 

Nancy. ... — 

Sauioi (Philippe), avocat, à Paris — 

Dakoisies (L.), notaire, à Henin-Liétord — 

IbiABT, conseiller, à Douai — 

De Tbtb db BuBiHBy générai, à Utrccht — 

HoGBBB (£.), magistrat, au Mans. 10 avril \ 857. 

(') Le MBbre des MrrtspoDdânti regnicolcf est UoUlé k dix. 



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— B16 -. 

MOU It Q0AU»4«. »*»« •'àUtUM 

MU. 

Db Tooct (W.-J.), à Amsterdam *0 •▼«'«1 *887. 

Ddhodlih (F.-J.-L.), nouire, à Haestricht — 

BA80UB DB La«b*ie (C), conseîUeT. i Pau 50 aoûl 1857. 

BOUDÀBD (P.-AO, archéologae, è Béliers « eclobre i857. 

GOLseif (A!«K J, docteur en Médeeiae, k Noyoa. . . 15 avril i8î89. 

LATOBé (J-D.), à Amaleidam 9 mpà 1889. 

VâH GBOinr, à Dicreo, près d*Arake«i — 

aoâCH Smith («ir CH.), à Strood, comté de Kent. « septembre 18». 

Pbedx, avocat général, a Douai •*• 

Ob Robhbb (le aABOR), membre de la première 

Cbambre du royaume de Saxe, à Dresde I jtlfti I9W. 

Vab Hbbdb (ÉdODârd)) auteur de la Numûma- 

tique lUtoisef à Lille • "" 

Db WisMBS, archéologue, à Saiiit«Qmûr 29 novembre 1861. 

Bazot {A.)î noUirc, à Amiens, membre de la Société 

des antiquaires de Picardie, cte » 8 novembro 18©. 

DcBAHD {Al,), à Laucy, près de Genève 87 février IW. 

UOUTBR (Iules), directeur des postes, à Nancy... W mars 1883. 
Fribdlabhdbr (le DocTEoa D.-J.), archéologue, h 

Berlin • • • • ^ décembre 1865. 

GoHPàBB (Amédée), consul de Belgique, à Oléron. — 

Bbalb-Postb, Esq., archéologue, à Maldstone 

(Kent) — 

Paclt (Henri), recteur do Técole supérieure, à 

Alontjoie 5 jalllet 1884. 

Elbbblitc (le docteor), numismate, etc., à Luxem- 
bourg i....... 18 novembre 1864. 

MAGGIOBA-YBBGAHO-BrICBBTTI (le CnEVALIEE), è 

j^jti 14 janvier 1885. 

S. A. S. Monseigneur le prince de HohbhlOBB- 

WALDBHBOcnG, au cli&tcau de Kupferzell 

(Wurtenberg) *^ janvier 18W. 

Babozzi (picolas), directeur du musée Correr, à 

Venise • 27 octobre 1805. 



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— 51f - 

aOU BT Ql'AUtis. OATS •'adsisiior. 

MM. 
Maddbb (W. Frédéric)) du Brilisb Muséum , se- 

crcUirede la Société DumismatiqUe de Uind^es. ft octobre 1965. 
UOOVT Yah iDDBKncB (li cbktalub J.-E.-b.), 

& Paterswolde (province de (îroDÎttgue^ 4 août 1^66. 

Dov Ajuwaro Camparee t FueATbs, directeur du 

Mémorial numismatteo, k Barcelone ÎÈ déeeàlbré )M9. 

Gavcich (A.-&.)i directeur do BuiteMno, éte*, I 

Florence 18 jaDvier 1807. 

Sscuni (F.), à Genève.. ••*«.. «•^•••v — 

Bebchaks (li Dr Jos.), conservatcoT du cabinet 

des médailles , etc., à Vienne 19 avrill807. 

IIns9 ( Al<ds) , arcbéologne et numismale, 2 Madrid . — 
PMOBrai (Louis), directeur du musée toyàl des 

antiquités, ik Parme 28 août 1867. 

lliCABD (Adolphe), archéologue, à Montpellier... 7 octobre 1867. 

BBAMBII.LA (Camille), archéologue, à Pavie — 

Bakalis (lb cHiVALisa), directeur de la Monnaie 

deNaples 92 avril 1868. 

Bamos (Vidal), numismate, à Barcelone 24 mai 1868. 

Labatut (Edouard), docteur en droit, secrétaire 

de la Société françuUe de numismatique etd'ar- 

chéalfl^ie^àParls 4 7 juillet 1868. 

Tbubira PB Aeagao, conservateur du cabinet des 

médailles de Sa Majesté, à Lisbonne II janvier 1809. 

VOLTOLIB (Achille), secrétaire de la Monnaie, à 

Venise 8 avril 1869. 

CtiBOT (Paul), conservateur du musée monétaire 

i la Monnaie de Paris . . .'. 4 juillet 186». 

Mbsdacb db tbr Kiblb (Louis), directeur des 

usines monétaires de Biache, à Paris — 

Fbbmaitlb (Charles), délégué du grand mailredcs 

monnaies d*Angleterre, etc., à Londres 25 juillet 1869. 

KAaABACSK(loser, LB Dr), directeur du Numisma- 

Usche Zeitschrift, h Vienne i août 



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— 518 — 



BUREAU DE U SOCIÉTÉ PERDAIT LARRCE ItlO. 



Préiident: 
Vicù-PriMtnt . 
Cùtuhrôteurf 
JYéêorier : 
BiUMhéeaire: 
Seeréiaire .* 



M. Eenier Ghalor. 

M. us C*» H. »■ &OBIAHO. 

M. Hbbrt db Cogqdbad. 
M. Vavdbb Bbobol. 
H. A. Bbighadt. 
M. Camille Picqdé. 



COHISSIOR DE LA REVUE. 
nift. Eenler Ciuloii. 

Louis DB COSTBR. 

Camille Picqué. 



Nous apprenons à l'instant et avec une tîtc satisfaclioPy que 
notre zélé collaborateur, M. le chevalier Ilooft van Iddekinge, 
vient d'être nommé directeur du cabinet numismatique de 
Leyde. II était impossible de faire un meilleur choix. 

R. Ch. 



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— 519 — 



SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMSIMTIQUE. 



LISTE DES OUVRAGES REÇUS PENDANT LE 9* TRIMESTRE 1869. 

Analeetes pour senrir i Thistoire ecclésiastique de la Belgique, t. VI, 
9» livraison; 1809. 

RalCische studieo berausgegebeo Ton der Gesallsdiaft fur bommersche 
Geschiehte and Alterthamstoiide. ZweîuDdswaniigstes Jahrgang ; 1868, 
deux exemplaifes. 

The Numismatie Chronicle, etc., 1869, part. I, new séries, o* XXXIIU 
1809, part. Il, new séries, d» XXXIV. 

Reme bibliographique universelle, 2« annde, t. III, 6* livraison, juin 1869, 
L IV, i^ livraison, juillet 1809 ; t. IV, SB* livraison, août 1869. Paris, 

Le Cabinet historique, 18* année, 4«, 5« et 6* livraison, avril, mai, 
juin 1809. 

Annales de la Société archéologique de Namur, t. X, 3« livraison, 1869. 

Rapport sur la situation de la Société archéologique de Namur, 1868. 

Institut archéologique de la province du Luxembourg. Annales, t. V, 
8« et i« cahier. Arlon, 1869. 

Annales du Cercle archéologique de Mons, t. VIII, 1809. 

Messager des sciences historiques ou archives des arts et de la bibliogra- 
phie de Belgique. Année 1869, 2« livraison. Gand. 

Bulletin de la Société scientifique et littéraire du Limbourg, t. IX. 
Tongres, 1868. 

Bibliothèque de Técole de Chartres, 30* aoncc, 6« série , t. V, 3« livrai- 
son. Paris, 1869. 

Revue numismatique. Nouvelle série , t. XIV, n» 1 et 2 , janvier-avril, 
1869. Paris. 

A Guide to the Study and arrangement of english coins ; by Henry Wil- 
liam Henfrey. London, 1809. (Hommage de Fauteur.) 

Aanteekeningen bctrakkelijk de Icg- of rekenpenningen, van de geldcr- 
sche rekenkamer, door W.-J. de Voogt. Amsterdam, 1869. 



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— 520 — 

Bijdragcn tôt de nuroismaliek van Gclderiaml , 2« sluk. Berg (s^Hecren- 

berg) — fialenburg— Baar; door W.-J. de Voogt. Arnbcm, Is.-An. Nij- 

hoiï en zooit, 1869 , iii-4«, met drîe plalciu (Hoinmago de Tauteur.) 
Fôrteckning 5fver JUynt och Medaljer m. m. till sala bos Selling et Sahls- 

tidm i Gôteborg, Torggatao, ii»22, 2 trappor upp, d« 5, joli 1869. 
Uniformild monétaire. I^ouTeau mémorandum. Adresse k rAllemagne, 

sigoëe« pour la commission internationale, le président L. Geeihaod, 

le secrétaire Maurin Nabuys. 
Compte rendu do la Commission impériale arcbéologiquc (de Hostie) 

pour Taunce 1S67 (avec atlas). 
Bulletin de TAcadémic royale des sciences, des lettres et des beaux^rti 

de Belgique, 38« année, 2« série, t. XXV U, n>' S^ et 6 ; t. XXVill, 

no 7. 



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521 — 



CIBIIET NUMISMITIQUE. 

DON FAIT PAR H. LE COUTE NAHUYS. 

Nouvelle médaille k bclière offerte par le consei] administratif de 
Tuoioo de défense néerlandaise., au tir national; 1868, 47 millimètres, 
bronxe. 

DON FAIT PAR H. LÉOFOLD WIENER. 
Médaille de prix des académies ; L. Wiener, brôme^ 51 miffiniftlres. 

DOff FAIT PAR M. LE BAHON DE PITTSURS. 

Grande médaille relative a la reddition de Namur en 1695 ; 43 milli- 
mètres, argent. 

DONS FAITS PAR H. L. MESDACH DE TER KIELE. 

1» Médaille frappée en l^onnenr de H. do Parieu , viee-président du 
conseil d*Blai; Borrel, 1868, 68 milliiaètras» brooae. 

2o Jacques fiarre , gravemr général des monnaies de France , par 
Aug. et Alb. Barre, 1855. Médaille frappée à Taatiqaft; 60 mîiUmètrea» 
bronse. 

3» Aurore de la liberté espa^noK Médaille gravée par Garcia et frap* 
péeà Barcelone, 1868; 47 millimètres, argent. (Rare.) 

4o Médaille républicaine frappée ù Oarcclooe, gravure de Carraieo ; 
o2 millimètres, argent. (Rare.) 

te Bibliothéeaire, 

GVIOTH. 

Bruxelles, le 30 septembre 



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TABLE DES MATIÈRES. 



HÉHOIRES. 

Catalogue des monnaies obsidionales et de nécessité, par M. le 

lieatenant-colonel P. Maiubt (49* article) 5 

Les principaux typra des nx>nnaies russes, au moyen ftge. — 

A H. R. Ghalon , président de la Société royale de numianati- 

que, à Bruxdies, par M. Sbouin 39 

Médaille de Boendael, par M. le Dr DuGNioLLB 50 

Curiosités numismatiques. — Monnaies rares ou Inédites , par 

M.R.Chalon (44«article) 52 

Quatre médailles rares et inédites de la collection de M. Van 

Miert, deMons, parM. GiuRusPAHiiBiTm 70 

Catalogue des monnaies obsidioDales et de nécessité, par M. le 

lieutenanl-colonelP. MAii.uBT(43"article) 4^ 

Curiosités numismatiques. — Monnaies rares ou inédites, par 

M. R. Ghalon (42< article] 464 

Dépôt de monnaies trouvé à Noordhom (province de Groningue), 

par M. HooFT vah Iodbkingb 478 

Jetons de mariage, par M. R. Chalon (2« article] 489 

La trouvaille de Pingjum (Frise), en juin 4868, par M. J. Diiks. . 499 
Médailles et monnaies découvertes dans les Pays-Bas, pendant le 

zvin* siècle et antérieurement.— Lettre à M. Ghalon, président de 

la Société royale de numismatique, par M. H. Schubimans. • . SOC 
Catalogue des monnaies obsidionales et de nécessité, par H. le 

lieutenant-colonel P. Mailuet (4 4» article) 273 

Anciens jetons des receveurs de Bruxelles, par M. R. Chalor 
(4* article) «9î 



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— 525 — 

Deuxième lettre à M. GhalOD, président de la Société royale de 
onmîsinatiqae, au sujet de déooirrertes de monnaies anciennes 
en Belgique, par M. H. Schuihiurs 304 

Curiosités nomismatiqnes. — Médailles et monnaies rares on iné- 
dites, par M. R. Cbaixw (43* article) 344 

Une médaille inconnue à Yan Loon. — Le pofite Bouwaert, par 
H. R.Chaloh 384 

La question de rnniformité internationale des monnaies, consi- 
dérée au point de vue historique, par M. le C«« Mauiin Nahuts. 330 

Catalegue des monnaies obsidionales et de néœasité, par M. le 
lieutenant-colonel P. Miaun (4 S« article) 404 

Les différentes formes des aigles sur les monnaies russes, par 
H. Saoura • 446 

Numismatique bruxelloise. — La médaille de la garde bouiigeoise 
eo 4845, par M. R. Cbalon 427 

Jetons historiques de la collection de M. Vander Auwera, par 
M.Gam. Picoc<(3« article) . U4 

Quelques pièces inédites du cabinet numismatique de feu M. le 
baron Michiels Van Verduynen, par M. DcMoutni 454 

Histoire monétaire contemporaine. Fragments, par M. A. Beicbaut 
(4«r article) . 464 

Médaille anglaise de palladium et dliydrogénium, par M. A. Bai- 
CBAUT 477 

COIIMESPeill»AllfCE. 

Extrait d*une lettre de M. Hoopt tan loniUNGi à M. R. Ghaloii. 230 

Extrait d'une lettre de M. BumAH-BBCua, de Copenhague, à M. lo 
comte MAuaiN Nauuts 234 

Lettre de M. BiUDOinii db Jongbe à M. R. Ghalon, président de la 
Société royale de numismatique 364 

Extrait d*une lettre de M. Tavocat Sbrrcrb à M. R. Chalon, pré- 
sident de la Société 365 



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- 524 - 

Acn» omciBiA 

RègIeiQ«i(8urlalabri€a(i«Qâ9amonimlasd*oretdVirBra(^ ... î6 

Rôglemeot sur les fmîs d'affinage des oMiÀres d*or (rt dïirgeot • . 77 

Tarif des frated*tffiaage des iiiaiiàiwd*or et d'àfigeftl 79 

Arrôté royal portant organisation da bureau de change de h Mbn- 

naie 8a 

Arrêté ministériel réglant la somme des monnafes et le poids 

des matières d*or et d^i^gent è fabriquer «fe à affiner Jounell^ 

ment pour les versements ftiits an bureau daohango. S3 

Loi relative à la liberté da travail des matières d*or Hd^ai^gettl* . 96 
Arrêté royal réglant le type des matrices et la forme des poinçons 

de titre des matières d*or et d'argent < 90 

Valeur nominale des monnaies à Tefflgie de Sa Majesté Léopdd II, 

fabriqnéesot «bises en circulation, de 4M6è 1869 93 

Déclaration constatant l'accession de la Grèce à la convention 

monétaire du 23 décembre 4868 935 

Démonétisation des pièces de cinq et de dix centimes en cuivre . f 37 

Monnaie de cuivre de I et S centimes 367 

Titre des ouvrages d'or et d'argent. — Poinçons 470 



■ÉLANCES. 

Monnaie de Moresnet. — M. Michel Chevalier. — Médaille de 
rexposUion Gbémar. *- Médaille de Garibaldi. ^ Un jeton sin* 
gulier. — M. 4.'F.-G. Mbtbi. ^ Floria trouvé près d'Utrecbt. 
^ Revtte numismQiique française, n» 4.— The mmimiitUic çkro^ 
nicie, n<> XXX. — Mémorial numisnmticQ espaml^ 2« livraison 
de 4868.— M. lb D' Julius Fribdlaemder. — Deuxième volume 
du grand ouvrage do M. Âloîs Ueiss sur les monnaies d'Espagne. 
— M. LE Dr Elbbrlirg ot sa riche collection. — Décimes italiens 
frappés à Bruxelles. — Médaille en l'honneur de M. Stas, com- 
missaire des monnaies. ^ Mémoire de M. E. Dumas sur le 



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— K2» - 

broDse français.-* BuUetHno dinumiimaHea UaUanat n» 6 et 0. 

— Mémoire de M. Van Riemaâyk sur la oomposHioii cUmiqQe 
des moDoaSea. ^ BerUner BlàUer fUr MUnskunds, a«i XI et 
XIL — L'Arigaulaêê, pàt M. Hucna. «^ Xédaiile du odmte de 
Hainaiit. •^Ck>I]eollOfi8 d6 oôioa, polDCons et matrioet à la Mon^ 
naie de Braxéllea. '- GomtnfaftioD des coins. -^ Tente de la col- 
lection La Borde. «^ Déeoralion des iraiiMiUeun, déoeroée au 
graveur de la Revae* -^ M. Gbotb. «^ M. WuâBSt. ~ Deux bro- 
cbarea de M. Toniberg. ^ M. Cam. Pvxxot. -* Les NauveUa du 
jour. ^ La Grèce accède à l'union monétaire, dé mémo que le 
pape ât le prince de Monaco» « . 4 « « 96 

Revue numismatique (française), 4868, n« 8. «^ Mémorial numiê^ 
matîeo espaHoîr— Une prétendue monnaie de Groningne. — 
La pièce de ift francs.— Le Numismatiiûher Anseiger. ^ M. le 
Dr Gersdorff. — Le BuUettino di numîsmutka. '^ Ulreehtsùhe 
gUdepenningen.— La nottrelle revue italienne.'-Une annexion 
manquée. ^ M. Van Bende. — Programme de la Société Teyier. 

— La Turquie adopte la monnaie française. — Une médaille de 
Valens. — M. Baralis. — Notice sur un denier carhvinffien, par 
M. Auo. Chassaing. — Notice sur une découverte de monnaies, 
par M. Cb. Bocchst. ^ Journal de la Société archéologique 
de Nancy. ^La société française de numismatique. -^ Un cours 
de numismatique. — La nouvelle monnaie grecque* ^ The nu* 
mismatic chronicle, n« XXXI. — M. Henri de Longpérîer. -- 
Deux médailles nouvelles. — Médaille de la fête jubilaire de 
Tuniversité de Lund. ~ Monographie des monnaies de Luxem- 
bourg. — M. Brichaut, chevalier de Tordre du Christ. — Biblio- 
graphie numismatique italienne. — La république de Saint- 
Marin.— Nouvel ouvrage de M. de Voogt.— Statuts de la Société 
numismatique de Rhode-Island.— BUttter fUr MUntipreunde,-- 
Pièce abbasside trouvée à Venise. — BuUetUno di numisma- 
tica, — Numismatischer Anzeiger.-^ Médaille frappée à Vocost" 
sion de la visite à la Monnaie de S. Exe. le chevalier Britto.. . • S39 

Recherches sur les empereurs qui ont régné dans les Gaules, par 
M. le B(» OB Witts. ^ Periodico di numismaHea, 6* livre. -- 
Revue numismatique française, — Basai sur Tatelier de Valen* 
ciennes, par M. L. Cellier. •— Obole Duno-Vendômoiso, par 



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— 526 — 

M. Gb. Bodchbt. ^ AfofMf0 dei Grimakii, fnincipi di Moimco, 
dal cavr* q, Rossi.*— Étude sur quelques rnoonaies. ... de Troyes. 
par Juum GHiAU. — La Société française de numismatique. — 
M. Alex. Pinchari. — Musée de Umbre»-poste. -> Essai sur la 
numismatique de Saînt-Vaast, par M. U Dahooisnb.— M. Heiss. 
—• Un jeton de Molière. — Nouvelles médailles maçonniques. 

— Vente Schulthess-Rechberg. — Le NuminuUiâeker Ansuiger 
de MrGion. — M. G.^. Tomberg. — BuUeUkèo di numisma- 
Uca iuaiana. — N<» XXXll et XXXIII de la Rerue anglaise, 

the Numismaiie Chroniele 369 

Médaille à la mémoire du graveur-général Barre. — M. Alphée 
Dubois. — - Description du cabinet du duc de Northumberiand. 

— NouYolles recbercbes de H. de Voogt sur la numismatique 
gueidroise. — La Belle Hélène et les billets de banque. — Berne 
française de 1689 , n» 4 et 2. — Nouvelle revue numismatique 
à Vienne. ^ Periodico di numiemaUca, t. I, 6* livraison. — 
Guide pour les amateurs de monnaies anglaises. — Numéraire 
fait à Bruxelles pendant le premier semestre de Tannée 4869. — 
M. £. HucBBR a remporté le prix de numismatique. — Tableau 
synoptique do toutes les monnaies italiennes depuis le septième 
siècle jusqu'en ^SdS.-'BerUner BUmer, XllI Heft. — Noureaux 
ouvrages de MM. Karabacbk et C.-W. Hdbbi. —Accroissements 
du musée dlJtrecbt. — Le n» XXXIV de la Reyue anglaise. — 

M. Gh. Robbrt. — Periodico di nunUtmaiica, t. Il, 4 r* livraison 483 
NécROLOGii. Dominique-Pbilibert Van Miert. Le président Hiver. 

Antoine-François Perreau. — Henricus-GhristiaanMiliies. . • 424 
Josepb-Lambert-Alfred d'Affry de la Monnoyo. — Jean-Daniel 

Landré 268 

Antoine Namur. — Victor Langlois. — Baron Alichiels ..... 390 

L.-J.-F. Janssen 504 

SOCIÉTÉ &OTA1.B Dfi nvmsaiATiQVs. — Extrait des procès- 
verbaux : 

Réunion du bureau du 44 janvier 4869 269 

Réunion du bureau du 3 avril 4869. . • • 393 

Réunion extraordinaire du 23 mai 4869, è Bruxelles ib. 

Assemblée générale annuelle du 4 juillet 4869, à Bruxelles ... 502 

Réunion du bureau du 4 juillet 1869 509 



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— 527 — 

Réuniondu bureau da 23 juillet 4 869 509 

Réunion du bureau du 4 aoûl 4 869 540 

Liste des membres 544 

Ouvrages reçus 428,274,398,549 

Cabinel numismatique. -- Doos 428, 272, 400, 524 



•-^'<î=«^=»1«^»«f^5!K- 



ERRATA. 



Page 273. Quinzième article : li$ez quatorzième. 
— 404 . Seizième article : lisez quinzième. 



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TABLE DES PLANCHES ET DES FIGURES, 

AVBC RENVOI AUX PAGES OU ELLES SONT EXPLIQUÉES. 



Noraéros Nanéivs 


Niméroa Nvméros 


Naaséros Nnmérot 


Nanéroa Naaiéras 


des des 


des des 


des des 


des des 


figDKS. pages. 


figares. pages. 


figures. pages. 


figures. pages 


Planche I it 11. 


Plakciib VII. 


Pl. XI BT XII. 


3.... 467 
4.... 467 


1&38 39 


1.... 189 


Iit7 416 


5.... 467 




2.... 191 




6.... 468 


Plarcbi 111. 


3.... 192 
4.... 193 
5.... 194 


planchb xrir. 




1.... 52 


1.... 431 


Planche XVIll. 


2.... 53 
3.... 54 


6.... 196 
7..,. 197 


2el3 433 


7.... 468 

8 . 468 


4.... 54 




Planche XIV. 


o. • • . •*#«? 

9.... 469 
10.... 469 
11.... i69 
12ell3 470 
14.... 470 


5.... 64 
6.... 65 
7.... 66 

8.... 67 


Plahcrb VIII. 

4.... 180 

30.... 186 

i.... 202 


2.... 412 
3.... 444 
4.... 445 


PtAKCHE IV. 


2.... 203 
3.... 203 


5.... 446 
6.... 447 






4.... 202 


Planche XIX. 


1.... 71 








2.... 71 




Planche XV. 


15etl6 470 


3.... 72 


Planche IX. 




17 471 


4.... 75 


1.... 292 


1.... 452 


18.... 471 




2.... 293 


2.... 454 


19.... 471 


Planciib V. 


3.... 294 


4.... 456 


20.... 472 


9t 
Planchb VI. 


4.... 290 
5.... 297 
6.... 298 
7.... 528 


6.... 457 
10.... 458 
11.... 45J« 
12.... m 
13.... 460 


21.... 475 
Plancha XX. 


i 1G1 






22.... 475 




pLAMCnB X. 






2.... 169 




Planche XVI. 


23 473 


.5.... 170 


1.... 314 




24... 47i 


4.... 171 


2..., 317 


7.... 457 


25.... 474 


ri.... 173 


3.... 318 




26.... 474 


6.... 176 


4.... 319 


Plancbb XVII. 


27.... 474 


7.... 176 


5.... 320 




28.... 474 


8,... 177 


6.... 321 


1 et 2 464 


29.... 476 



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Rcrv-ue immianiatique , 1Ô69. 



PL.I 



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Rjevufî aumisTHAtiqne. 1869 



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I\EVUE DE LA NUMISMATIQUE BELGj: 1869. PL. IV 







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REV'JE DE LA NUMISMATIQUE BELaE.lBcQ. 



PL.V. 



TAJBjLJS^AIT 



DES TYPES DES POINÇONS 



"^ Op 



c/^^ M^ yz-z/^^^y/fe ; 



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( Cûmniumcaliûri dcM.BRICHAUT Contrôleur des l€)nriaies) 



l^u>luu:lû>4Ui 



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'VrjE DE LA NUMISMATIQUE BELGE . 166 9 



PL, VI 




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?E7UEDE LÂ^IUMISMATIQUE BElGE . 1869 



PL .Vil. 




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:\jE Lri LAllUAlsmAl^ICnE BELGE. 1669. 



PL.Ylll. 



r^EPOT TROUVE ANCCRDHCRN. 





DEPOT TROUVE A PINaJUM 




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rTV'Ji:: DELAXa/JsTAAriQUE BELCE L^o.-;^ 



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•I-jE de I A:-rJMISMATIQ_UE BELGE 16Ô9 



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'/r lAW'^Z -MATICUE BELGE 1609 



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jk l'E LA HUM3MATIQUE EELC£ 15-9 



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"K : A NU^'ilCMATI'- 



F^LGE.lrôo. 



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.'■lDE LA num.ismat;oue belge leeo 



PL XV 




KIS mtSRoSN 

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-Z7U£ lE :,A lu/xisMAiicuE be:.:;z l^C?, 



PL XVl 





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?EV''JE DE LANUya32^.ATIQUE BELGE. lôG9 



PL.XVll. 




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?£VUE LE LA NUMISMATIQUE BELGE. 1069 PL.XVIU. 




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:E LAKI'KI::MAT:.:UE EELaE 1809 



PLXIX. 





B3 "^ 



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"■tV;5 DELANUMI3MATICUE BELGE 1669. 



PJ. XX. 




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REVUE 



DB LA 



NUMISMATIQUE BELGE. 



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REVUE 



DE LA 



NUMISMATIQUE 



BELGE, 

PUBLléB SOUS LES AUSPICES DE LA SOCliTÉ ROYALE DE NUMISMATIQUE, 
PAR MM. R. CHALON, L. DE COSTBR ET C. PICQUé. 



S« SËRIE. — TOHB IL 




BRUXELLES, 



LIBRAIRIE POLYTECHNIQUE BELGE D'AUO. DECQ, 

9, RDC Dl LA HAOIUINB. 

1870 



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REVUE 



DBIA 



NUMISMATIQUE BELGE. 



CATALOGUE 

DU 

■OMMAIES OBSIDIONALES ET DE ICCESSITË. 



SBISSliMB ABTIOIiB* 



POLTAVA. 

ém ■éMmUté trmw9ém mm iy««f 

i. Ducat. - CDBTA « - IHMnEPATORA. Un 
couronne royale, posée sur un coussin, le tou 
placé sur un piédestal sur la face duquel on lit : 
HAHAMHTB. 

Exergue : OBCDAAPAAOCTS. Au-dessous, une 
petite rosace. 

Rev, -— Dans le champ, sous une couronne royale, 
on lit : EKATEPnHAIMnEPA — TPAHAKO 
POHO — BAHA BMOCKB ± — 1721^ rOAY. 

Or. Cabinet de M. Van Gelder, à Velp. 



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- 6 « 
PONTEPMCT. 

AMiléffée par 1m tr«Hpe« de Creaiwell, ea t««9. 

d. 1. ShiUing. — DVM : SPIBO • SPERO« -- Dans le 

champ 9 sous une couronne royale , les lettres 

CR. 

Rev. — Château fort à trois tours, ayant au sommet 

de celle du milieu un drapeau; des deux côtés 

de cette tour, les lettres P — C {Ponsfractus- 

Civitas). A droite du château, les lettres OBS; 

à gauche, une main sortant du flanc de la tour 

et tenant une épéc. Au-dessous, la date 1648. 

Ârg. — Octogonale, îrrôgalière. 

Ruding, pi. XXIX, n» 40. 
iM>jr,Iil. XVI,n«4. 

d, a. Shilling. — DVM : SPIRO : SPERO. - Sem- 
blable au n*" 1 , d'un autre coin, avec cette diffé- 
rence que la couronne est plus grande, les lettres 
C * R pla9 petites et que les caraetéres de la 
légende sont plus petits. 
JRet;. — Château fort à trois tours. A droite les 
lettres OBS, à gauche P — XII — C* Le P et 
le C mis en travers. En bas, la date 1648. 

Arg. ^ Carrée. 

Ruding, pi. XXIX, n« 44. 
Duby, pi. XVl, n^ 3. 

d. 3. Shilling. — Semblable au n"" 1, d'un autre eoin, 
avec cette différence que la couronne est un peu 
plus grande et n'a pas de perles. 



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— 7 — 

Rev. — Semblable au n* % mais avec un drapeau 
au somme! de la tour du milieu^ et pas de cercle 
ni de grènetis. 

Arg. — LoBdDge. 

Cabinet de M. 3chaltze, à Gotha. 

d. 4. Oii2e«ob. — DVM:SPIROSPERO. — Semblable 
au n" 3, d'un autre coin, avec celle différence 
qu'il n'y a pas de points entre les lettres C R , 
que la couronne et la lé^nde ne sont pas entou- 
rées d'un cercle avec grènetis et que la légende 
n'a pas de second cercle. 
Rev. — Semblable au n" 2, mais avec P — XI — C 
et pas de cercle avec grènetis. 

Arg. — Losange. 

KÔhler 0), t. I, p. 337. 

d. 5 ? — CAROL- : Il : D : G : MAG : B : 

F : ET : H : REX. — Dans le champ^ sous une 

couronne rnyale ^ on lit en trois lignes séparées 

par des traits : — HANC : DE - VS : DEDIT 

— 1648, 

Bev. — • POST : MORTEM : PATRIS : PRO : 

FILIO. — Château fort à trois tours^ ayant au 

sommet de celle du milieu lin drapeau. Des 

deux côtés les lettres P — C. A droite, les lettres 

OBS; & gauche, on voit la bouche d'un canon 

sortant du flanc de la tour. 

Or. — Octogonale, irrégaiière. 

Hading, pi. XIV, no 3. 

C) MUnz-Beluitigungen. 



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— 8 — 

d- 6, ShUling. — CAROLVS : SECVNDVS : 1648 .^ 

Semblable au revers du n* 9. 

Rev.—D\M : SPIRU : SPERO.-Dans le champ, 

sous une grande couronne royale, les lettres C R. 

Ârg. — Octogonale, irrégulière. 

Ruding, pi. XXIX, n« 4S. 
Daby, pi. XVI, n* 5. 

d. 7. Shilling. Semblable au n* K, d'un autre coin, 
avec cette différence que les caractères des in- 
scriptions sont plus petits. 
Rev. — Semblable au n* K. 

Arg. <— Octogonale, irrégulière. 

Roâing.pl. XXIX, DO 43. 
Duby, pi. XVI, n« 6. 

POBTUQAL- 



kle de néeeMlté ftaippée par SékMtleM l*r, r«| «e 

i. 1 ? - SEBASTIAN • I REX • PORTV. 

Les ormes couronnées de Portugal, accostées 
des lettres G — A. 
Bev. — + IN ~ HOC — SIGNO — VICES (wc). 
Croix de Portugal, coupant la légende et can- 
tonnée de la date 1 — 5 — 7 — 8. 

Ârg. ^ Carrée. 

fiudeMi»404. 
Lockios, p. 270. 



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— 9 -^ 
PRAGUE. 

Mmwêé9é9 pMP le ûmm 4m Mwe, oa t«8fl. 

1. ^0 kreutzer. — ? 

Arg. 

AMilèsée par loa VniaçAto) «a tVt^. 

2. V* <fc ^Aafcr. — Le buste de l'empereur Charles VI, 

avec une estampille renfermant la date 1739. 

Arg. Catalogue Wellenheiffl, n« 4 4 972. 

Bl«4«ée par le* Prawilca*, en t9ftf • 

3. F/onn. - M • THERESIA • D • G • — R • IMP • 

GE * HU • BO ' REG * Buste diadème de l'im- 
pératrice, à droite. 
iïw.~ ARCHID • AUST • DUX • - BU • SI • M • 
MO - 17K4 * X. Dans le champ, Taigle biceps 
nimbée et surmontée d'une couronne, portant 
sur la poitrine un grand écusson couronné. 
Étaio. Catalogne Welleoheim, n« 14977. 

4. V** de florin. 

Êtain. Catalogne Wellenheiin, n« 4 4 978. 

5. 'h^de florin. - M • THERESIA • D • G • R . — 

IMP • GE • HU • BO • REG • Dans une cou- 
ronne formée d'une branche de palmier et d'une 
branche de laurier, le buste diadème de Timpé- 
ratrice, à droite. 



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— co- 
llet;. ~ ARCH • AUST • DUX • — BUR • SI • 

M * MO - 1 757 * X. Bans le champ^ Taigle biceps 
nimbée et eurnuMitée d'une couronne, perlant 
sur la poitrine un écu couronné au lion. L'aigle 
est posée sur un autel placé entre une branche 
de palmier et une branche d'olivier, et sur le 
devant duquel on voit le nombre 10 représentant 
la valeur. 

Ëtaio. Catalogue Wellenbeim, n« i 4979. 

6. 5 kreutxe9\ — M • THERESIA • D • G • — R • 

I - GER • HU • BO • REG * Buste diadème de 
Timpératrice, h droite. 

Rev. — ARCH • AUST • DUX — • BU • SI • M • 
MO * 1754 * X. Dans le champ, Taigle biceps 
nimbée et surmontée d'une couronne, portant 
sur la poitrine un écu couronné au lion. En bas, 
im écusson renfermant le chiffre 3. 

Étain. Catalogue Wellenheim, n» 4 4 980. 

7. Mreutzer. -- M • THERES • D • G — • R • I • 

GE • HU * BO * R * Buste diadème de Hmpé- 
ratrice, à droite. 

Rev. ^ ARCH * AU • DUX • - BU • SI • M • 
MO ' 1757. Semblable au n*" 6, mais avec le 
chiffre I, sans écusson. 

Ëtaio. datalogne W^enheiin, n« 4 4 984 . 



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— il - 

PUTCaBKDA. 

mippées par la ville peadAH* rMeapftllMl flNia- 
fai«e de la CatelosBe» do t«dt A t«dt« 

d. 1. 5 réaux. — PRO VINCI A -^ ^ ^ CA Êcu 

couronné de Catalogne, posé sur la croix de sainte 
Eiilalie et accosté de la valeur : V — R. 

Rev. ^ OPIDV ~ M • PODI — CERETA — 
NI - 4641 • Croh bareélonaiseoMpènt la légeiide 
et cantonnée aux 1*' et 4' d'un annelet, aux 2* 
cl 3' de trois besants. 

Arg. — Irrégolière. 

Cabinet de M. Vidal Ramon, à Baroe- 
lODe. 

d. 1«. 5 réaux. — PROVINCIA -^ • — CATHALONI. 
Semblable au n** 1 • 
Rêt. ^ Semblable an n* 1 . 

Ails. — Irrégolière. 

Mèine cabinet. 

d. 1». 5 réaux. — PROVINQ • — CATHALONE. Écu 
couronné de Catalogne, accosté de la valeur : 

y — R. 
Rev. — OPIDV — M • PODI -- CERETA - 
NI •*•• Scmblôble au n* 1. 

Arg. ^ IrrégoUère. 

Salât, pi. IV, A* iM* 



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- 12 — 

d. 2. 5 soU. — PR ON. Écu couroDDé de 

Catalogne, accosté de la valeur — V — S. 

/to;. — OPIDV-MPODI- — I. 

Semblable au n* 1 • 

Arg* — Irr^Iière. 

GabiDet de M. Vidal Rauu», à Baroe- 
lone. 



i«BMito ffHippée par la ▼llle, •« ■•■i de Ii««l« JUlli, ] 
l'MMip«M«M toMif t ae de la CutolesiM, de fl«dfl à t«4S. 



3. Menut. — LVDOVIC* • D • C ' R. Écu losange 
de Catalogne. 
Rev. — PODI CERITA * 1642. Dans le champ, 
une cloche, armoiries de la ville. 

Gaivre. Achille Golson, Revue numiemaliqiu 

/huifolMdelSftS. 



■•■Mlle fHippée par la Tlilei a« »aai de M^&mÈm ILOT, 
receap a tle» IHiaçalae de la CalalesMe^ de t«4S ik ICSt. 

d. 3*. Menut. Semblable au n** 3, sauf le millésime qui 
est ici 1644. 

GalTre. Betsy-Journet, pi. XXV, n« 147. 



QUESNOY (LE). 

AMiégée par ica WwmmfmU^ 9m flf flS. 

* 1.4 sols. — Les armes du général Ivoy, gouverneur 
de la ville. 



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— 13 — 

Rev. Dans le champ, on lit : i ' soh — Quesnoy 
— gouvem • — Ivoy. 

Paplef. «- Octogonale, irréguUère. 

Yan LooD, t. V, p. 820. 
Daby,pl. XIX, n* 6. 

N. B, Cette pièce est un morceau de carte à huit pans, 
où Ton voit,d*an côté, l'empreinte des armes da goaverneur 
sur an painè cacheter ronge, coarert de papier, et de l'antre 
côté, la légende donnée plus haut, écrite à la main. 

BATI8B0NNE. 

d. 1 . Ducat. — FERDINAND : II ROM : IMP : SEM : 
AVGVST : Aigle biceps éployée et nimbée, 
tenant sceptre et épée, portant sur la poitrine les 
armes d'Autriche. Entre les deux têtes de l'aigle, 
le globe crucigère surmonté d'une couronne. 
Rev. — • EXTREM VM • SVBSIDI VM • RATISPO : 
« 16 — 32. Dans le ebamp^ les armes ornées 
de la ville. 

Or. Duby, pi. XXIV, n- 4. 

d. 2. Thaler. — PERDINANDVS + II + D + G + 
ROM^ IM.P$ SEMP$ AVGV$ 1632. Sembla- 
ble au n"* 1 . 

Rev. - MONE J REIPVB J* — RATISPONEN- 

SIS 4-. Un ange, de face, les ailes éployées, tenant 
devant lui les armes ornées de la ville. 
Arg. Doby, pi. XXIV, n« 3. 



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— 14 - 

SBUS. 

d. i. Piattre. ~ • FËRDIN. VU — DEI GRATIA. 

Buste drapé du roi, à droite, les cheveux courts, 

la tête ceinte d'ua baadeau. En bas, la date 181 1. 

Rev. — HISPANIARVM • REX. Les armes cou- 

ronnées d'Espagne, accostées de ^ gU 

Argent. Salât, pi. VI, no 4 S. 

d. 9. PeavNu *«- • PERDIN « ^ VII DEI • & Buste 
drapé du roi, à droite, les cheveux courts. Eo 
bas, la date 181t. 
Aev. — Semblable au n° 1 , mais Técu est accosté 

^®C — SP. 

Argent. Salat, pi. VI, n* 43. 

d. 3. Rial. — Settbiable au n"* 9, mais ^ 181 1 « 

o • I 

Itev. — Semblable au n" 1 , mais q gp 

Argent. Salat, pi. VI, n* 44. 

d, 4. V* réal. — • FERDIN • VII • — DEI • GRATIA. 
Buste drapé et lauré du roi, fi droite. En bas, la 
date 1813. 
Rev. — Semblable au n" 1, mais C — S. 
Argent. Salat, pi. VI, n* 45. 



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— 45 - 
BOME, 

cl. 1 ? — * CLEMENS • Vil • PONT • MAX • 

A^ - 111 - M ' D • XXVII. Buste barbu du pape, 
à droite. 
Rev. — Représente Tadoration des mages. Au- 
dessus d'eux, l'étoile conductrice. 

Argent. Carrée. 

YaD Hieria, 1. 11, pp. t67, d« 4. 
Duby, pi. XX, »• 6. 

d. î ?- CLEMENS • VII • PON • - • AX • 

AN * IH * M.D.XXVII. Les armes du pape sur- 
montées de deux clefs en sautoir et de la tiare. 
Rev. — S ' PETRVS — S • PAVLVS. Saint 
Pierre el sainl Paul debout, de bée, chacun sur 
un piédestal. 

Arg. — Carrée. 

Van Mieris, t. II, p. 267, no S. 
Duby, pi. XX, n« 7. 

■•■mUm ém néMMllé trappéM p^r !• fmpe Pie Tl, em tf ••. 

♦ 3. 2 6aiogtiw.-S:P---APOSTOLORVMPRIN- 
CEPS. Buste nimbé de saint Pierre, à gauche; 
il tient les ctefs dans la main droite. 
Bêv. — Dans le champ, sous trois petites rosaces, 
on lit : BAIOCCHI ~ DVE EMEZZO — 
ROMANI - 1796. 
Caivre. 



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— te ^ 

^. 2 baïoques. - APOST — PRINCEPS. Saint 
Pierre à mi-corps^ la tête tournée à droite et 
nimbée; il tient les cle& dans la main gauche. 
Rev. — Semblable au n** 3. 
CuîTre. 

i«MMle ûe m ée wm miié Ar^ppée penduil I*«m«p«|I«m irmmfmimmj 
mm «!••? 

8. S baïoques. ~ SANCTA DEl GENITRIX — 
Buste nimbé de la Sainte-Vierge, à gauche. 
Rev. — PIVS PAPA SEXTVS ANNO XXIII — 
1799. — Dans le champ, sous une petite étoile, 
on lit : — BAIOC — CHI — CINQVE. 
Caiyre. 

Asalégée fsr Im 9wmmfm»m^ «a fl»a» ('). 

' 6. 40 batoques. — Dans un octogone perlé, la louve 

allaitant les jumeaux. En haut, le millésime 

AN IL En bas , 1849; à gauche et à droite, la 

valeur : XL — B. 

Rev — Dans le champ, un petit cercle perlé ren- 

M 

fermant le mol R — • — 0. Au-dessus du cercle, 
A 

on lit : ROM A — OBSESSA — AB EXERCITV 

— FRANCORVM. Au-dessous du cercle : 



(*) Ces monnaies sont apocryphes ; elles ont été frappées à Paris 
après le siège. 



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- 17 — 

MAZZIARMELISAFPIIIVIRIS-oiEREo 
o FERRO o ^ o FBRIENDO — o FLANDO. 

Métal blaoc. — Carrée. 

7. 20 baïoques. — Dans un pentagone perlé, la loave 

allaitant les jumeaux. Des deux côtés, la valeur ; 
XX — B. 
Rev, — Dans le champ, on lit : • XX • B* — PRO 
DEFENSIONE — RElPVBLICiE — ROMAN • 

- 1849. 

Métal blanc. — Carrée. 

8. 10 batoques. — Dans un carré perlé, la louve 

allaitant les jumeaux. Des deux côtés, la valeur : 
X — B. 
Rev. — Au centre d*un carré perlé, le chiffre X 
indiquant la valeur. Le long des côtés intérieurs 
du carré, on lit : ROMA— CIRCVM-- V ALLATA 

— 1849. 

Métal blano. ^ Carrée. 

9. 5 baîoques. — Dans un triangle perlé, la louve 

allaitant les jumeaux. Des deux côtés, la valeur : 
V-B. 
Rev. — Dans le champ, entre deux cercles perlés, 
on lit : ROM A • OBSESSA • 1849. Au centre, 
le chiffre V, indiquant la valeur. 

Métal blaDC. — Carrée. 
6p séaii. — Tom IL t 



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— 1« — 

RUSSIE. 

■•PBAlM «e MéeeMlté frappées psr !• «smp AI«<I* MleluMl«- 
wltey pendUiBt le« snerrea «•■!!« la S«Me et la Pel^SBCf 

1. Rouble. — {Légende en vieux caracUres nom, 
signifiant: Par la grâce de Dieu, le grand Gos- 
soudar czar et grand duc Aleocis MichaeUmUz 
de toute la grande et petite Russie,) Le czar oou- 
ronnéy à cheval , allant au pas à droite, tenant le 
sceptre de la main droite. 
Rev. — Aigle à deux têtes triplement couronnée, 
sans écusson, dans un cadre carré entouré d'or- 
nementSy formé d*une double ligne avec des glo- 
bules ; au-dessus : (vieux caractères russes 
signifiant : iln 71 62 ou 1 654), au-dessous: {rou- 
blcj en vieux caractères russes). 

Arg. B«» de Chaudoir, t. II, p. 60, n« 406 

d. 1*. Rouble. — Semblable au n"* 1. 

Rev. -- Semblable au n" 1, mais le cadre n'est 
formé que d'une simple ligne de grènetb. 

Ârg. Idem, no 407. 

Grote, 1. 1, pi. XI, n« 449. 

d. 2. Rouble. — Sur un thaler de Jean-George, duc de 
Saxe, Juliers, ClévesetBergde 1628, on a frappé 
deux timbres, l'un rond, offrant le czar couronné 
è cheval, allant au pas & droite, revéto d'une 
cuirasse, le manteau flottant en arrière el tenant 






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— 49 — 

la pique baissée; sous le cheval M (Moscou), le 
tout dans un cercle de grènetii; l'autre timbre, 
earri, oUoAg, avec la date 1655, est au-dessus. 

Arg. Cabinet des médaUIes de TÊtat, à 

Bruxelles. 

d. 3. Rouble — Thaler de !*empereur Rodolphe II pour 
Rostock, de 1610; avec les mêmes timbres. 

Arg. M4mB cablnat. 

d. i. Rouble. — Thaler de Bogislas XIV, évéque, duc 
de Stetin^ de léSS, avec les mêmes timbres. 

Arg. Mdme cabinet. 

^ 5. Rouble, ^^ Daçlder à la croix de Philippe IIII, 
frappée Anvers, en 1527, aveclesmémes timbres. 

Arg. 

^ 6. Rouble. '^ Dadder pour la Zélandoi frappé à 
Middelbouim^ en 1655» avec laa mdmes timbres. 

Arg. 

7. Aotfbfe. —Thaler d'Auguste, duc de Brunswick, de 

Tannée 1651, avec les mêmes timbres. 

Ai^ B« de Cbaudoifi idem, n« 4C8. 

8. Rouble. -^ Thaler de Prédéric-UIric, duc de Bruns- 

wick, de Tannée 1619, avec tes mêmes timbres. 
Arg. B<« de Gbaudoir, idem, n» 409. 

9« Rmible. -— Daelder pour Utrechtde Tannée 16*0, 
avec les mêmes timbres; mais celui qui repré- 



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^ v> - 

sente le €«ar n'est pas entouré du cercle de 
grènetis. 
Arg. hm de Gbandoir, idem, n* 444 . 

Ces timbres ont été apposés sur ces pièces poor hanaer 
lear Talear de 60 copeks à 64 oopeks. On les trooTO sar 
des éciu de presque tons les pays. 

10. Demi-Trouble. — Une moitié d'un écu d'Allemagne 
coupé par ie milieu^ sur laquelle est frappé un 
timbre rond^ montrant le czar à cheval, comme 
sur les pièces précédentes, dans un cercle de 
grènetis. 

Arg. — Segment. 

B«» Ghaodoir, idem, n* 44 S. 

* 11. Quart de rouble. — La quatrième partie d'un écu 
coupé en quatre morceaux triangulaires , sur 
laquelle est frappé un timbre rond, montrant le 
czar à cheval dans un cercle de grènetis, comme 
les pièces précédentes, mais tenant le sceptre; 
dans les coins sont disposés {des caractères en 
vieux russe signifiant : Pol poHin ou demi-^pol- 
tina) ; autour, des ornements. 
Rev. — {Légende en vieux caractères russes) dans 
un cercle de grènetis, hors duquel on voit dans 
le coin à gauche deux signes russes ; au-dessus, 
une ancre couchée, (7160 ou 16K2.) 

Arg. — Triangulaire. 

B«B de Gbaudoir, idem, n* 443. 
PI. XI, 8, Dû S. 



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— 2i — 

^ 11*. OttorlderotiA/e. — Semblable au n* 11. 

Arg. — Triaiii«tairQ« 

B» de Ghattdoir, idem, pi. II, 7, 
n«8. 

11'. Quart de rouble. — Semblable au n* 1 1 , mais a la 
face, en dehors du cercle, b gauche et h droite, 
deux caractères en vieux russe, 7160 ou 16S2. 

Arg. — Triangulaire. 

B» de Ghpudoir, idem, n« 444. 

{Pour être eontinué.) P. Mailliet. 



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— « — 

LA «OBVIlMi 

L'IWORiaTË INTERNATIONALE DES MONNAIES. 

corsioérEe au poirt oe vue historique. 

(stJiTB BT rm.) 



Au commencement de 1867, une commission fut insti- 
tuée en France, sous la présidence de M. de Parieu, vice» 
présidentdu conseil d'État, chargée de l'étude de la question 
de rétalon monétaire. Dans oette commission, le principe 
de remploi simultané de l'or et de l'argent pour l'étalon 
monétaire prévalut. 

A peu près à la même époque, en Autriche, une com- 
mission semblable, réunie sous la présidence du baron 
von Hock, vota à l'unanimité pour l'étalon unique, en 
donnant la préférence à l'étalon d'or exclusif. 

Grâce à l'initiative féconde de la France et à la gloire 
éternelle du gouvernement de S. M. l'empereur Napo- 
léon III, la question si importante de l'uniformité moné- 
taire internationale, sortant enfin des limbes de l'utopie, 
est entrée résolument dans le domaine des faits. En décem- 
bre 1866, le gouvernement français fit un appel aux 
gouvernements étrangers. 

Le 17 juin 1867 eut lieu à Paris l'ouverture solennelle 



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-^ as — 

de la eontéfente monétaire intemationale, dans laquelle tes 
divers ÉKâts de l'Europe et le gouvernement dé Washington 
se firent représenter par des délégués officiels, sur l'invi- 
tation du gouvernement français, en vue de reeherdier les 
moyens pour arriver à rétablissement d'urie monnaie uni- 
verselle. 

S. Exe. le marquis de Moustier, ministre des affaires 
étrangères, après avoir prononcé un discours dans lequel 
il exposa HiBtérèt de runification monétaire pour les transao- 
tfôDs Internalîonales, fut remplacé dans la présidence par 
M. de Parieu, qui la remit dans la aéance du 96 juin à 
S. A* 1. le prince Napoléon. 

Voici en quelques mots les résultats des délibérations 
dii la conférence. 

Les représentants des vingt el un États se sont prononcés 
à Tunanimiié pour le système d'unification monéraire 
opéré a posieriùri, par l'extension du système de la con^ 
vention du 93 décembre 1865, conclue entre la France^ 
hê Belgique, l'Italie et la Suisse. Ils demandèrent seo(e- 
mem que l'étalon d'or régnAt exclusivement, et que Ift oà 
la monnaie d'agent avait encore un cours illimité, elle flit 
réduite au rèle de monnaie d'appoint. 

Tons les représentants ont reconnu que la monnaie 
internationale devrait être une monnaie d'or, et qu'il con- 
venait de mettre partout cette monnaie à */<o de fin, tandis 
que la grande majorité se prononça en fbvedr de la pièce 
de $ francs, à adopter comme typé. 

L'adoption eommune d'une unité monétaire nouvelle, 
composée d'un nombre de grammes d'or méti^iquement 
arrondi, n'a trouvé presque aucun adhérent dans cette 



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_ 24 - 

conférence et a paru devoir céder la place à Tidée Ihéori- 
quement peut-être moins satisfaisante, mais pratiquement 
beaucoup plus commode et plus simple, de Fa^lomération 
des législations monétaires autour du système fondé dans 
la convention du 23 décembre 1868, entre la France, la 
Belgique, ritalieetla Suisse. On a fait remarquer que non- 
seulement aucun État n'était disposé à accepter ce nouveau 
système, mais encore que l'expérience qui en avait été faite 
en Allemagne avait tourné contre le système lui-même. 

Nous n'entrerons pas ici dans des détails, s'il faut que 
l'unité monétaire représente l'unité de poids, pour ne pas 
détacher la mesure des valeurs du système métrique, et 
s'il faut donner à la monnaie, qui au fond est un poids de 
métal, des noms qu'on a voulu appeler des noms de fantai- 
sie, mais qui ne sont autre chose que des noms histori- 
ques, tel que le franc, le florin, le thaler, le rouble, etc., 
ou se contenter de lui donner le nom du poids; attendu 
que la première de ces questions a été résolue en sens 
conu*aire par la conférence, comme étant d'avance eon- 
damnée par rexpérienee et par la pratique, et que la seconde 
est au fond si peu importante, pourvu que les pièces soient 
partout identiques en valeur, c'est-à-dire en poids, en titre 
et en dimension. Peu importe qu'on appelle ce poids de 
métal constituant une valeur et destiné à servir de mesure 
aux autres valeurs, gramme, décagramme ou franc, florin, 
thaler ou tout autre nom. La question du nom est évidem- 
ment la moins importante. Nous sommes même d'avis qu'il 
est préférable de conserver aux monnaies, comme mesure 
de la valeur, un nom particulier, pour qu'elles ne se con- 
fondent pas avec la mesure de la pesanteur. Il faui dans 



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— 25 — 

tous les cas l'emploi de plusieurs métaux^ l'or, l'argent, le 
cuivre ou le nickel, soit comme monnaie légale, soit comme 
monnaie d'appoint. Comment désigner ces différents mé- 
taux monnayés par leur poids? Que signifierait le nom de 
gramme, si on avait des grammes d'or, des grammes d'ar- 
gent, des grammes de cuivre, des grammes de nickel? 

Nous ne voyons aucune nécessité d^établir un rapport 
exact entre le système métrique et la monnaie, au préju- 
dice d'intérêts plus importants. Dans tous les cals, si la 
pièce d'or de 5 francs ne se rapporte pas au système déci- 
mal quant au poids, elle s'y rattache au moins quant au 
titre de 900 millièmes de fin. 

On ne peut pas supposer que des hommes sérieux vou- 
draient tout à la fois insister sur ladoption de tels perfec- 
tionnements imaginaires en poursuivant l'idéal impossible, 
et se faire passer pour des partisans de l'uniCormité monè* 
taire. Ceux qui veulent prétendre pouvoir concilier ces deux 
pensées opposées sont les ennemis les plus dangereux de 
cette grande et belle réforme sociale, parce qu'ils s'enve- 
loppent du manteau de la science en produisant une foule 
de théories impossibles à réaliser, sans autre but que 
d'ajourner indéfiniment les rapprochements monétaires. 
Aussi, comme nous l'avons fait remarquer déjà, les repré- 
sentants à la conférence monétaire ont cru ne pas devoir 
se mettre à la poursuite d'un système idéal et par consé- 
quent chimérique. L'idée de la création d'un système 
n'ayant aucune affinité avec ceux aujourd'hui existant leur 
a paru devoir être écartée, et ils ont cru devoir adopter 
pour type celui des quatre États signataires de la conven- 
tion du 33 décembre 1865. 



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— 26 ~ 

Conformômeni aux dispositions prises le 9 juin 1867, 
la commission internationale pour Tamté monétaire sié- 
geant ft Bruxelles adressa , le iO du même mois, une 
ciroolaire aux délégués des divers Étals représentés & la 
conférence monétaire de Paris , accompagnée : 1* d'un 
excellent rapport du digne et savant président de la com- 
misàon, M. Louis Geelhand, un résumé scientifique et 
prati<|ue des idées sorties du débat, d'où il résulte : qu'il 
faut donner la préférence au système décimal; qu'il faut i 
chercher^ au début, beaucoup moins i identifier qu'à assi- 
miler et à raccorder; qu'il semble pratique de procéder ft 
l'unification du numéraire métallique, en commençant de 
préférence par les degrés supérieur» de l'échelle; qu'il 
faudrait prendre comme type de cette forte unité la pièce 
de 5 francs, sous le nom d'éeu de Puniùn; qu'on pourrait 
convenablement se récupérer des pertes occasionnées par 
la refonte, en substituant aux pièces d'argent de 50 et de 
90 centimes des pièces de nickel, de bronze d'aluminium 
ou de tout autre métal moins coûteux; 2* de nos deux 
brochures relatives à la question (*), dans Tune desquelles 
nous avons entre autres proposé et développé FiJée de 
pcmplaeer les monnaies d'appoint d'argent de 50 et de 
20 centimes par des pièces d'un métal peu coûteux. 

La commission a eu la satisfaction que la proposition 
d'opérer, par la forte unité (la pièce de 5 francs), le rap- 
prochement des divers systèmes monétaires en usage, idée 
émise dans le rapport de son honorable président, M. Louis 



(^] État de la question de tuniformité des monnaies, des poids et des 
mesures, 4865, et De t Établissement d'une mormaie universelle, 48G6. 



t! 



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- Î7 - 

Geelbsnd; a été reconnue par la oonlërenoe il la grande 
majorité, comme étant l« meilleur moyen pour rendre ce 
rapprochement plus facile. 

A la même époque que siégeait la conférence monétaire 
inieroationale officielle, )e comité pour les poids, mesurea 
ft monnaies, institué par la commission impériale de l'ex- 
position universelle A Paris, se réunit en conférence libre, 
soQs la présidence de S. A. I. le prince Napoléon, pour 
eiaminer la question de l'uniformité monétaire. Dans cette 
conférence libre, on est arrivé à peu près aux mêmes eon* 
clusions de la conférence officielle, tandis qu'on a ^is le 
vœu que les gouvernemenu s'entendent pour adopter dea 
mesures communes de contrôle, afin de garantir Tintégrilé 
des monnaies. 

La conférence in^mationale ayant été unanime pour 
reconnaître Por comme étalon monétaire, tout en consi- 
dérant le double étalon comme pouvant avoir des raisons 
fétre temporaires dans la législation de certains Étata, 
habitués è ce régime ou placés jusqu'à présent sous la lot 
de réiaton d'aiigent exclusif, e| ayant en second lieu décidé 
i la grande majorité qu'il fallait rechercher la base d*un 
système fixe dans la coordination dea systèmes existants, 
en donnant la préférence à celui fondé par la convention 
du 93 décembre 1865; le gouvernement français, en re- 
connaissant que l'adoption de l'étalon d*or unique, au lieu 
du double étalon, semble être jusqu'à certain point le prit 
auquel , sous l'empire de leurs traditions scientifiques et 
pratiques, les nations qui ne se sont pas encore ralliées à 
TiMiioii monétaire ont déekuré vouloir prendre pour base 
et pour centre d'aggloméraiîon le système monétaire de 



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— 28 — 

ladite eonvenlion, modifié en ce mos, que le deniier lien 
qui se rauaehe au double étalon déjà affaibli serait défini* 
(ivement supprimé dans les pièces d'an^ent de !S francs, s'esl 
demandé si ce ne serait peut-éire pas une obligalion réci- 
proque pour la France de ne point tenir avec une ténacité 
excessive aux bases anciennes d'un système dont la modi- 
fication est demandée avec une singulière unanimité (*). 

Par conséquent, une enquête a été ouverte en 1868, par 
le gouvernement français, auprès des receveurs généraux 
et des chambres de commerce dans l'empire, sur b ques- 
tion de savoir s'il serait opportun de passer du système du 
double éuilon & celui de l'étalon unique d'or. Bien qu'il 
ne soit pas résulté de cette enquête la même unanimité d'opi- 
nion qu'à la conférence internationale, elle est toutefois 
favorable à l'adoption de l'étalon unique d'or. 
. Si l'on tient compte des faits nouveaux qui se sont pro- 
duits, de la hausse générale de toutes les denrées, des 
besoins qui naissent des transactions internationales qui se 
multiplient si prodigieusement, enfin, de l'importance cha- 
que jour plus grande qu'acquiert la monnaie d'or dans la 
Grande-Bretagne, aux Étals-Unis de l'Amérique, et en 
France, en Belgique, en Italie, en Suisse, etc., depuis la 
convention monétaire du 25 décembre 18&5| par laquelle 
la monnaie légale d'argent de ces pays est réduite seule- 
ment à la pièce de 5 francs, dernier vesuge de l'étaloo 
d'argent, on doit reconnaître que la monnaie d'or est désor- 
mais destinée & devenir la monnaie universelle. Bien que 

f ) t)B Paribu, SUuaUon de la quenion mméiairê tntemaHtmQk. 
Voy. Journal des économietes, avril 4868, p. 44. 



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- 29 — 

la monnaie d'argent offre l'avantage de ne pas être aussi 
sujette que Tor à la hausse ou la baisse, la monnaie d'or est 
celle qui représente la plus forte valeur sous un plus petit 
volume, c'est la monnaie portative par e)ccellenee. Il résulte 
de recherches faites avec soin que la monnaie d'or résiste 
beaucoup mieux au frottement que la monnaie d'argent. 
M. G. du Puynode évalue l'action annuelle du frai & V*^* 
stir la monnaie d'or et à V*^®"* sur la monnaie d'argent (*). 

Il est évident que l'or doit être l'étalon prédominant et 
le régulateur de la circulation dans tout le monde à cause de 
sa commodité et de sa résistance métallique supérieure (*). 

En adoptant l'or comme étalon unique, la monnaie 
d'argent serait réduite au rôle de monnaie d'appoint, et 
alors l'affaiblissement du titre des pièces de i franc et de 
3 francs, de 900 millièmes à 83S millièmes de fin, ne 
constituerait plus un procédé vicieux. 

Sans méconnaître le mérite de l'étalon d'or unique, nous 
croyons que pour le moment il ne serait pas dans l'intérêt 
de la solution du grand problème de l'unification des mon- 
naies de supprimer tout de suite le double étalon qui a été 
conservé quant i la pièce de S francs, sous réserve d'ave- 
nir, dans la convention de 1865; qu'il serait par conséquent 
prudent d'opérer graduellement les transitions à l'étalon d'or 
unique ; qu'il ne faudrait dans tous les cas jamais procéder 

(■) De FUnifimnilé monétaire et de l'unité d'^akm, par M. Charlbs 
Le Toirztf. Voy. le Journal des éeonomisue, mars 1868, acte à la p. 446. 

(') Qaaad les divers pays conserveraient leurs différents systèmes 
monétaires, nous croyons qae Tétalon unique d'argent serait préférable, 
parce qae ce métal n*est pas aussi siget que l'or à la hausse ou à la baisse; 
mais en vue d*une monnaie universeile, on ne peut pas se passer de l'or. 



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- 30 - 

brusquement à la démonétisation des pièces d'argent de 
8 francs; qu'il suffirait de ne plus faire frapper de ces 
espèces. 

Le maintien provisoire du double étalon pourrait iAxe 
admis à titre transitoire et même facultativement^ afin 
d'empêcher la hausse subite de l'or, de ne blesser l'amour- 
propre de personne, de ne pas soulever les susceptibilités 
nationales et de détruire toutes les hésitations qui peuvent 
naître des habitudes, des traditions, des intérêts nationaux, 
dont on doit tenir compte sous peine d'échouer. 

Quant à la question si souvent discutée du double étalon 
ou de l'étalon unique, question plus subtile que rédie, 
elle ne se fonde que sur le nom inexact d*étalan monétaire. 
On arrive quelquefok par la confusion du langi^e à une 
confusion dans les idées. 

L'honorable M. Wolowski (*) a si clairement démontré 
qu'il n'y a pas, à proprement parler, d'étalon monétaire; 
ou que, du moins, celte expression, quand elle est appliquée 
à la monnaie, a une signification toute autre que lorsqu'elle 
s'applique aux mesures de longueur, de poids ou de capa- 
cité. Le mètre est lui-même une longueur abstraite et 
invariable, comme le gramme est lui-même un poids 
déterminé et invariable. Voilà de véritables étalons* 

La monnaie au contraire, cet instrument des échanges, 
qui est destiné à mesurer la valeur, et qui, par conséquent, 
ne peut faire cette fonction que parce qu'elle est elle-même 
une valeur, une marchandise, est une mesure qai contient 
une certaine valeur, mais qui n'est toutefois nullement une 

n Qutiquiiiioêeê iitr la qmtthn monéêaif, ^9ê^. 



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- 51 - 

valeur invariable. H ne peut donc jamais éire question 
d'éialon monétaire dans le même sens du mot de Tétalon 
des poids et des mesures^ attendu que par étalon on sup^ 
pose une fixité, une véritable invariabilité que la valeur ne 
peut jamais avoir. « On ne saurait vouloir un double 
éialooy a dit M« Wolowaki, là où il n'en existe même pas 
un seul. » 

« La perfection» a si bien dit le comte Fouober de 
Careil (*)> n'est pas de ce monde, et l'absolu dans les 
questions commerciale» est toujours rigoureusement égal 
àzéro, Saehoofl donc nous contenter des premiers résul- 
tats obtenus, sans tout compromeure par amour des 
mathématiques. » 

Les aspirations générales des peuples sont visibles vers 
une union plus intime; des encouragements considérables 
sont reasorcia de la conférence internationale de 1867, pour 
tous les partisans de l'idée d'un système monétaire um'ver- 
sel, tandis que des résultats éclatants ont été obtenus sur 
ce terrain mouvant ; mais pour favoriser cette réforme, il 
est essentiel qu'on sache faire quelques concessions réci- 
proques» 

£n effet , vouloir poursuivre avec ténacité un système 
idéal, ccrnime le voudraient peut-éu*e quelques économistes 
par trop rigides, qui ne s'occupent que de théories sans se 
préoccuper le moins du monde de la pratique, ne serait 
qu'arrêter et entraver le mouvement qui se manifeste si 
généralement vers celte unité, et qui, comme nous allons le 
voir, a eu déjà des résultats si étonnants. 

P) Journal des éeonomiêleê, décembre 4868, p. 46). 



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Par un édit pontifical du 16 juin 1866, le principe da 
syslème monétaire établi par la convention du 33 déeem- 
brc 1865 a été adopté dans les États de TÉglise. L*art. l'' 
de cet édit est conçu en ces termes : « La nouvelle unité 
monétaire de l'État pontifical est basée sur la valeur de 
5 grammes d'argent et de grammes 32298 d'or, l'une et 
Tauu-e au titre de 900 millièmes de fin, et elle prend le 
titre de livre pontificale {*). » Plus tard, l'État pontifical a 
accédé complètement à ladite convention monétaire et 
depuis, le coin de la pièce d'un lira (1 franc) a été quelque 
peu modifié. La légende du droit est devenue tout à fait la 
même que celle de la pièce de deux lire et de celle de dix 
soldi (50 centimes). C'est-à-dire avec l'abréviation PON. 
(tifex) au lieu de PONT.(t'/fcK). 

La Grèce a également accédé à la convention du 23 dé- 
cembre 1865. Une loi du 10 avril 1867 ordonna la fabri- 
cation de drachmes h 100 leptas, au même titre et au 
même poids des pièces d'un franc. A la monnaie de Paris, 
on est occupé à frapper les nouvelles espèces hellé- 
niques. 

La Roumanie s'est aussi ralliée au système de la conven- 
tion ; toutefois, les monnaies d'argent qui sont fabriquées 
aux mêmes conditions de celles de l'union y restent la 
seule monnaie légale. L'unité de compte s'appelle lei, et est 



(^) Voy. les nouvelles monnaies décimales d*argent et de bronxe de 
TÉtat romain de t lire, de 4 lira, de 40 soldi, de 4 soldi, de 2 soldi, de 
4 toldo, de i solda et de 4 centesimo, Revue de la numismatique belge, 
4« série, t. IV, pi. XX et XXI, et BUUUr fUr MUnzpreunde, n« 44, 
avril 4868, taf. Xlll, no* 9et 40. 



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— 55 — 

divisée en iOO bans (*). La nouvelle loi monétaire est entrée 
en vigueur le <•' janvier 1868. 

Conrormément à la proposition de M. Wallenberg^ délé- 
gué de la Suède à la conférence internationale de 1867, et 
suivant Tordonnance royale, du 31 juillet 1 868, le gouverne- 
ment suédois a fait frapper déjà des pièces d'or de la valeur de 
\ francs, au titre de 900 millièmes de fin, appelées carolins. 

Le gouvernement provisoire de l'Espagne, qui s'est 
acquitté si dignement et si admirablement de sa tâche tout à 
la fois difficile et grandiose, en introduisant dans ce beau 
pays, dans un si court laps de temps, les belles et grandes 
réformes sociales, n'a pas négligé la question monétaire. 
Le ministre des finances, S. E\c. Laureano Figuerola, un 
des économistes les plus éminents de TEspagne, publia, le 
19 octobre 1868, un décret relatif aux monnaies, aux ter- 
mes duquel TEspagnc adopte les principes et les types de 
la convention du 23 décembre 1865. L'unité de compte 
sera la pezeta, équivalant à 100 centimes (1 franc). On 
frappera des monnaies d'or de 100, de 50, de 20, de 10 et 
de 5 pezetas; des monnaies d'argent de 5, de 2, de une 
pezeta^ de 50 centimes ou une demi-pezeia, et de 20 cen- 
times. Ce système devra être mis en vigueur à partir du 
31 décembre 1870. L'énergique gouvernement provisoire 
de l'Espagne à prouvé que vouloir c'est pouvoir {^). 

(') Voy. les pièces de 40, 5, 2 et 4 ban frappées à la monnaie de 
Londres. Blàtter plr MUnzfreunde, n« 4«, juillet 4868, taf. XllI, n»» 2-5. 

(^ Relativement à ce décret, nous avons eu Thonneur de recevoir une 
lettre autographe de S. £xc. le maréchal François Serrano y Domioguez, 
duc de la Torre, datée de Madrid, le 23 octobre 4868, dont nous repro- 
duisons le passage suivant, si encourageant pour les partisans de 

5* SiHlB. — TOMB II. 3 



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- 5i — 

L'accession de l'Autriche à la convenUon da 23 déeem- 
bre 1865 peut être considérée comme certaine. Pir la 
convention préliminaire du 51 juillet 1867, entre la France 
et l'Autriche^ cet Élat accéderait à l'union monétaire spé- 
cialement en ce qui concerne les monnaies d*or, et sons 
diverses réserves; c'est ainsi que l'Autriche conserverait la 
dénomination de florin pour son unité. 

Dans le Pérou, la Nouvelle-Grenade et au Mexique, le 
système monéuire français a également été adopté (*). 

En Brésil, où l'étalon d or existe seul et où la monnaie 
d'argent n'est que monnaie d'appoint, un décret impérial 
rendu récemment à Rio de Janeiro, sur la monnaie brési- 
lienne, ordonne que les pièces de 2,000 reis pèseront 
25 grammes au tilre de 900 millièmes de fin ; la lai^ur 
du module sera de 39 millimètres, par conséquent exacte- 
ment la pièce de 5 francs. 

Par un ukase impérial du 11 novembre 1 86X, le gouver- 
nement russe a introduit dans le grand-duché de Finlande 
un nouveau système monétaire, à peu près semblable à 
celui de l'union. Le markka est divisé en 100 pennia(^). 

Quant à l'adoption en Russie du système monétaire 

ranificatioD monétaire : « Quand vous recevrez la présente, voas saurez 
déjà par notre journal officiel, la Gaceta 'de Madrid, le décret qae le 
ministre des finances du gouvernement provisoire, que j*ai l'honneur de 
présider, a expédié, adoptant pour noire pays le système monétaire 
accepté déjà par plusieurs nations, et qui, moyennant vos efforts, 
deviendra dans un bref délai le système monétaire de tous les pays. » 

('} Fbudricb Xkllsb, die Frage der intemtUionaien MUnxHnigung, 
p. 86. 

[') Voy, ces nouvelles monnaies finlandaises, d'argent et de cuivre, 
BUiUer fUr MUnzfreunde, no 43, janvier 4868, taf. XII, n» 8-42. 



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— 35 - 

international, on ne peut plus en douter. Les grandes 
réformes sociales qui caractérisent si essentiellement le 
règne de S« M. l'empereur Alexandre II , et qui font le 
bonheur de la Russie ainsi que l'admiration de tout 
homme vraiment éclairé^ sont des garanties plus que suffi- 
santes pour que ce puissant empire ne reste pas en arrière 
quand il s'agit d'une réforme aussi utile. Pour ceux qui 
néanmoins oseraient encore en douter^ il suffira, pour les 
convaincre que nos espérances ne sont pas vaines, que nous 
citions quelques passages d'un excellent article de S. Ëxc. le 
commandeur baron de Kœhne, conseiller d'État actuel, à 
Saint-Pétersbourg, membre honoraire de la commission 
internaiionale pour l'unité monétaire, article inséré dans 
le Courrier russe, du 19 septembre (1*' octobre) 1868. 
Voici comment s'est exprimé ce haut et influent fonc* 
tionnaire de l'État et éminent numismate, qui s'est fait 
une réputation si bien méritée dans la science : « Une des 
questions les plus graves dont s'occupe en ce moment la 
science économique est celle de l'unité monétaire. Quel 
immense avantage ce serait pour les rapports internatio- 
naux, si, enfin, la même monnaie pouvait être reçue, sans 
diminution par le change et sans aucune perte, à Saint- 
Pétersbourg, à Paris, à Berlin, à Vienne et à Naples; si 
le voyageur pouvait faire le tour du monde sans avoir 
besoin de changer son argent à chaque frontière, toujours 
avec perte d'un ou de deux pour cent ! On se rappelle This- 
toire de cet Anglais qui, en arrivant en Hollande, échangea 
un souverain en monnaie hollandaise; puis en France, cette 
monnaie en argent français ; puis à la frontière espagnole, 
la monnaie française en argent espagnol, et qui, après 



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— 36 — 

avoir fait le (our de TEurope^ ne rapporta en Angleterre 
de son souverain qu'un seul penny ! 

« Nous devons a la commission internationale pour 
Tunion monétaire; qui , sous la présidence de son digne 
fondateur, M. L. Geelhand, siège i Bruxelles, des travaux 
préparatoires très -remarquables, parmi lesquels il faut 
compter les publications du secrétaire de la commission 
M. le comte Maurin-Nahuys, d'Utrecht. 

< Il n'y a pas de cloute que la monnaie d'or la plus 
commode et la plus répandue est la pièce de vingt francs. 
Elle est la base des transactions commerciales en Belgique, 
en France, en Suisse et en Italie, la monnaie de plus de 
quatre-vingt millions d'àmes. 

« La rareté croissante de l'argent prouve que l'étalon 
qui a pour base ce métal est difficile à maintenir, et les 
économistes allemands comprennent déjà que, dans un 
laps de temps assez rapproché, le thaler d'argent devra être 
remplacé par une monnaie d'or. 

« Mais quand il s agit des progrès de' la civilisation, la 
Russie ne reste jamais en arrière. Chez nous, l'adoption 
i!e Funité monétaire générale est même moins difficile 
qu'en Allemagne. Notre rouble vaut exactement 4 francs. 
Si donc, au lieu de la demi-impériale de S roubles 15 co- 
peks, peu commode et reçue à l'étranger toujours avec 
perte, le gouvernement se décidait à frapper une demi- 
impériale de 5 roubles et au titre des pièces de 20 francs, 
la Russie, avec ses quatre-vingt-deux millions de sujets, 
entrerait aussi dans la grande unité monétaire, et son 
exemple serait peu à peu suivi par tous les autres gouver- 
nements de l'Europe. 



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— 57 — 

« La mesure proposée serait d autant plus opportune, 
que pour le moment, la monnaie d'or rosse n'est pas en 
circulation en Russie j elle sert presque exclusivement pour 
les transactions du gouvernement et du commerce avec 
les pays étrangers. Raison de plus de Fadapter au système 
monétaire le plus usité , et qui ouvrirait à la nouvelle 
demi>impériale une active circulation dans la plus grande 
partie des pays européens, tandis qu'aujourd'hui notre 
belle monnaie d'or, à peine frappée, passe dans les creusets 
des bijoutiers de Paris, de Genève et de Hanau. 

« Il va sans dire que provisoirement la base de notre 
système monétaire doit rester encore le rouble d'argent au 
titre de 83'/* de fin. Mais l'adoption d'une monnaie d'ar- 
gent à '/lo de fin, dans les États où règne le système du 
franc, et la nécessité croissante d'adopter l'étalon d'or for- 
ceront peu à peu les gouvernements émettant une monnaie 
d'argent plus fine que V^o a changer de système. » 

Le savant auteur termine son exposé, dans lequel il saisit 
si bien la véritable situation de la question, en démontrant 
sur le terrain de la pratique le rôle prédominant que l'or 
est appelé à remplir, par ces mots remarquables : 

«< Pour aider le pays dans ses eflbrts persévérants, 
l'adoption de l'unité monétaire générale est nécessaire; et 
nous ne doutons pas que le ministre des finances, à qui la 
Russie doit déjà tant de réformes -utiles, ne soit disposé à 
prendre en considération une question aussi grave. » 

M. Sherman a présenté, le 7 janvier 1868, au sénat des 
États-Unis de l'Amérique, un bill demandant l'adoption de 
l'étalon d'or exclusif, la suppression du dollar d'argent 
comme conséquence, et une réduction de 4 grains 71 sur 



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— 58 — 

le poids du demi-aigle de 124 grains 29, el de ramener 
ainsi sa valeur exacte à 25 francs d'or; les autres pièces 
d'or subiraient proportionnellement une réduction ana- 
logue. 

La commission du sénat chargée d'examiner la proposi- 
tion de 31. Sherman en a adopté le principe à la majorité 
en mars 1868; la discussion du bill monétaire est remise 
jusqu'après l'élection présidentielle. 

L'opinion du gouvernement américain sur la grande 
question de l'uniformité monétaire se trouve précisée dans 
un mémoire publié par M. Ruggels, délégué des États-Unis 
à la conférence de 1867. 

En voici un extrait que nous empruntons à l'article inté- 
ressant de M. Charles le Touzé, de l'Uniformité monétaire 
et de l'unité d'étalon {*) : 

« On demande au nom des États-Unis, que la France, 
. dans un esprit de sage libéralité, contribue, comme elle le 
peut facilement, à la grande œuvre de l'unification moné- 
taire, en ajoutant à sa monnaie la pièce de 25 francs, qui, 
circulant côie à côte et en parfaite égalité avec le demi-aigle 
des États-Unis el le souverain d'Angleterre fraternellement 
unis el différant seulement par leur emblème, feront la 
main dans la main le tour du monde, ayant cours dans les 
deux hémisphères. On demande encore à la France pour 
compléter l'œuvre d'unification le sacrifice de l'étalon 
d'argent, c'est-à-dire, la reconnaissance officielle de For 
comme étalon unique. » 



(* ) Cet article est inséré dans le Journal des économislee, mars 4868, 
pp. 448-449. 



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— 39 — 

Sur cela, le gouyernement français a institué Tenquëte 
relativement à l'opportunité de la suppression du dernier 
vestige de l'étalon d'argent dans la pièce de S francs, dont 
nous avons déjà parlé, tandis qu'il a fait une proposition à 
l'Angleterre de s'associer à la convention monétaire du 
23 décembre 1865, au moyen de l'abaissement du sove^ 
reign, qui vaut aujourd'hui 25 francs 20, h une valeur 
exacte de 25 francs. 

Le type d'une pièce d'or de 25 francs a été recommandé 
spécialement dans la conférence de 1867, par les repré- 
sentants de l'Autriche et des États-Unis, et a été accepté à 
l'unanimité des États votants, dans la discussion de la 
question 9, mais à litre facultatif. 

A la suite de la proposition de la France, le gouverne- 
ment anglais a nommé une commission royale {*) chargée 
de faire une enquête sur la nécessité d'une réforme moné- 
taire, sur sa possibilité, et enfin sur le système qu'il paraîtrait 
le plus désirable d'adopter. 

Cette commission, qui s'est réunie sous la présidence du 
vicomte Halifax (sir Charles Wood), a déclaré qu'elle ne 
pouvait pas recommander l'adoption du sovereign réduit 
à une valeur de 25 francs, attendu que de cette mesure il 
résulterait de nombreux inconvénients dans les Compa- 
raisons des sommes exprimées en Angleterre en pence, en 
France en centimes, aux États-Unis en cents, et qu'en elle- 
même, la mesure ne serait qu'une mesure partielle. Quant 
à la question d'une réforme monétaire dans le but d'arriver 
i l'uniformité internationale du numéraire métallique, la 

n Royal commission ofintemational coinage. 



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— 40 — 

décision de la commission est absolument négatiTC et pro- 
clame, sinon Timpossibilité complète, du moms Finoppor- 
tunité de la réalisation de cette grande et belle idée, en 
concluant au maintien du statu quo. 

Cette décision a évidemment produit une impression 
bien pénible chez tous les amis du progrès et chez tous les 
partisans du principe du libre échange, car il est évident 
que Taccession du puissant empire britannique aurait été 
un nouveau grand triomphe pour la cause que nous dé- 
fendons. 

Après le verdict de la science, après l'accord unanime 
de tous les hommes de progrès sur l'immense utilité de ce 
projet d'unificalion, et en dernier lieu, après l'exemple 
donné déjà par tant d'autres États, on avait le droit d'at- 
tendre une autre manière d'agir de la part de la Grande- 
Bretagne, qui prétend être le champion du free trade. 

Si, toutefois, cette décision inconcevable, pour ne pas 
nous servir d'une autre expression, pouvait exercer une 
influence fâcheuse sur les esprits indécis, elle ne produira 
heureusement aucun doute et aucun changement dans les 
opinions des hommes d'État et du monde scientiflque et 
éclairé, sur les grands avantages que cette uniformité offri- 
rait au commerce et à l'industrie de chaque peuple et sur 
lopportunité de cette réforme; car enfin, il faut le dire, on 
est aujourd'hui habitué à l'attitude d'opposition que prend 
le gouvernement anglais dans les grands projets interna- 
tionaux. On n'a qu a se rappeler comment lord Palmerstoa, 
premier ministre du Royaume-Uni, a cru pouvoir pro- 
noncer une désapprobation arrogante et décisive dans le 
Parlement anglais sur le grand et be^u projet du peree- 



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- 41 — 

ment de risthme de Suez, en déclarant qu'il croyait que 
le projet n'était pas exécutable, opinion soutenue par un 
des plus célèbres ingénieurs anglais, membre du Parle- 
ment, M. Stephenson, qui osa dire qu'il était arrivé après 
avoir fait des examens sérieux à la conclusion que la chose 
est, il dirait absurde, si d'autres ingénieurs dont il respec- 
tait les opinions n'avaient également exploré le terrain et 
déclaré que l'entreprise était possible (*). Malgré ces décla- 
rations du premier lord de la trésorerie et du savant ingé- 
nieur, membre du Parlement, malgré l'opposition entêtée 
de l'Angleterre contre le canal de Suez, soutenu pendant 
tant d'années, que voit-on aujourd'hui? L'état de ceUe 
œuvre colossale est tel, que M. Ferdinand de {icsseps, l'in- 
fatigable champion de ce projet gigantesque, a pu annoncer 
que le canal de Suez sera entièrement terminé et ouvert à 
la grande navigation maritime de tous les pavillons du 
monde, le t''' octobre 1869. Voici la situation des choses 
déclarées impossibles par les hommes d'État de la Grande- 
Bretagne. 

Après l'enquête en France auprès des receveurs géné- 
raux et des chambres de commerce, le ministre des finances 
a constitué, par arrêté du 23 juillet 1868, une nouvelle 
commission chargée de poursuivre les études sur la ques- 
tion de l'étalon monétaire. 

Pour ce qui concerne maintenant le centre de l'Europe, 
cette belle Allemagne, où la sympathie pour l'idée de l'uni- 
fication monétaire s'est manisfestée si généralement, on ne 
saurait douter de la réussite de cette réforme, 

(>) Le Times, da 40 jaillet 4857. 



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— 42 — 

Le gouyeroement énergique de S. M. le roi Goillauine l"", 
qui, en opérant Tunion de la grande nation germanique, 
en agglomérant toutes les petites souverainetés allennaodes 
autour de la Prusse devenue si puissante sous oe r^ne et 
exerçant aujourd'hui une influence prépondérante dans 
toute rAIIeroagne, se voue, après ses victoires, avec ardeur 
à Tœuvre de la paix, et s*oecupant de l'organisation de 
son propre État et de la Confédération de l'Allemagne du 
Nord, fondée par lui et placée sous son hégémonie, ce 
gouvernement ne perd pas de vue l'importance de Tune 
des plus belles et utiles réformes, qu'il est appelé, par 
son pouvoir et son initiative, à accomplir dans la Ger- 
manie. 

Nous savons que le gouvernement prussien a adopté en 
principe l'idée d'émettre des monnaies d'or identiques à 
celles de l'union. 

Dans la séance, du 13 juin 1868, de la diète de la Con* 
fédération de l'Allemagne du Nord, on a demandé l'adop- 
tion d'un nouveau système monétaire fondé sur le système 
décimal, en recommandant surtout qu'on opérât cette 
réforme de manière qu'elle put se rattacher à un système 
monétaire général de toutes les nations civilisées. 

Les principes de la conférence monétaire internationale 
de 1867 ont été acceptés dans diverses assemblées écono- 
miques et commerciales de l'Allemagne. 

Le commerce allemand désire l'adoption d'une monnaie 
d'or, équivalente à la pièce de 20 francs, ou 5 UuJers 
10 gros de Prusse. 

Le congrès des économistes allemands, réuni à Ham- 
bourg, a adhéré, dans sa séance du 38 août 1868, aux 



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-- 45 - 

principes posés par la conférence internationale de Paris, 
de 1867, et s^est déclaré pour l'adoption simultanée de 
rétalon d*or, en adhérant le mieux possible à la convention 
monétaire du 23 décembre 1865 et aux principes recom- 
mandés par la conférence monétaire internationale de Paris 
de 1867. 

Quant à la monnaie d'or, la fabrication fut recommandée 
de nouvelles pièces d*or allemandes communes de ^jiù de 
fin, lesquelles seraient dans un rapport simple avec la 
pièce d*or de l'union de 5 francs. 

Le comité permanent du Haridelstag, ou réunion syndi- 
cale des chambres de commerce allemandes, à Berlin, a mis 
à l'ordre du jour de la dernière assemblée de ces cham- 
bres la question de l'union monétaire allemande, en re- 
commandant l'adhésion aux règles de la convention passée 
entre la France, la Belgique, l'Italie et la Suisse, tandis 
qu'il avait mis au concours Télude des moyens de transition 
pour passer de l'étalon d'argent à l'étalon d'or. 

M. Friedrich Xeller, essayeur à la monnaie de Stutt- 
gart, recommande également comme base d'un nouveau 
système monétaire de l'Allemagne une pièce d'or équiva- 
lant en valeur à celle de 5 francs ('), tandis qu'il reconnaît 
que la pièce de 35 francs est appelée à remplir le rôle de 
monnaie universelle ('). 

L'idée de l'émission d'une pièce d'or de 35 francs trouve 
aujourd'hui en Allemagne beaucoup de partisans. Le gou- 



(*} Die Frage der Intemationalen MUnxeinigung und der lieform des 
deutsehen MUfuwesens, pp. 404*455. 
n Ihid., pp. 457-458. 



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— 44 — 

vernement du grand -duché d'Oldenbourg a proposé de 
faire fabriquer une pièce de 2S francs comme monnaie 
commune, à laquelle le sovereign, le dollar et le florin 
d'Autriche pourraient s'accorder (*). 

M. Weibezahn, secrétaire de la chambre de commerce, 
à Cologne, a développé cette pensée avec beaucoup de 
clarté dans .une brochure (*)• 

En rendant hommage à la France qui s'est déclarée 
disposée à faire frapper des pièces de 28 francs, dans 
l'intérêt international, il démontre que celte pièce offrirait, 
plus que tohte autre, nob-seulement pour l'Angleterre et 
les ÉtatS'Unis de l'Amérique, mais aussi pour l'Allemagne 
et l'Autriche, un moyen facile pour coordonner leurs 
systèmes monétaires avec celui de Tunion. 

Par conséquent, il propose pour l'Allemagne l'adoption 
d'une monnaie d'or identique en poids et en titre à la 
pièce de 28 francs, et comme unité de compte, la dixième 
partie de cette pièce, le florin de 100 kreuzers «= 3 francs 
80 centimes. 

11 voudrait que l'on frappât, en or, des pièces de 20 florins 
ss 80 francs, de 10 florins = 28 francs, et de 8 florins = 
12 francs 80 centimes; en argent, comme monnaie d'ap- 
point, des pièces de 1 florin = 2 francs 80 centiaies, de 
80 kreuzers =: 1 franc 28 centimes, de 20 kreuzers = 
80 centimes, et de 1 kreuzers = 28 centimes ; et en 
cuivre, des pièces de 8, 2, i et V< kreuzer. Il voudrait 
placer comme emblèmes sur les monnaies d'or une cou- 



(') P. Xelleb, die Frageder IntemtUionaleMUnzemigung^ p. 468- 
Der Goldgulden als die demnOchtige deuische Rechnufigs-Mmse, 



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.. _ 45 — 

ronne, sur les monnaies d'argent un aîgle, et sur les 
monnaies de cuivre une croix. 

Le royaume des Pays-Bas suivra, quand la Prusse aura 
donné l'exemple. 

Dans l'intérêt du commerce et de TindustriC; ces leviers 
puissants de la civilisation matérielle, comme au nom de 
rhiimanité, du rapprochement des peuples et de la paix, 
la commission internationale pour l'unité monétaire s'est 
adressée, par circulaire du 27 juin 1868, aux divers gou- 
vernements, pour les conjurer de ne pas perdre de vue 
Timportance incontestable de l'unification des monnaies, 
et pour démontrer que c'est une erreur de croire qu'une 
réforme monétaire, qui occasionne naturellement des frais, 
imposerait aux peuples de trop grands sacrifices, attendu 
qu'une telle réforme peut s'effectuer, sans que les frais 
qu'elle entraine soient sentis par la nation, en substituant 
aux monnaies divisionnaires d'argent de SO et de 30 cen- 
times des pièces en nickel , en bronze ou en tout autre 
métal peu coûteux^ moyen proposé par nous dans une de 
nos brochures, et recommandé par M. Louis Geelhand 
dans son excellent rapport du 10 juin 1867, avec l'idée 
d opérer, par la forte unité, le rapprochement des divers 
systèmes monétaires en usage. 

Si l'on considère maintenant que dans l'espace de quel- 
ques années seulement, l'idée aussi ancienne de l'unifica- 
tion des monnaies a pris un essor si prodigieux qui a 
conduit déjà à des résultats des plus éclatants, on doit 
rcconnaitre que ce succès, comme tant d'autres, est obtenu, 
grâce à l'application de la vapeur, la plus belle et plus 
grande invention du génie humain, qui efface les distances 



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— 46 — 

en nous transportant en quelques heures d'un pays dans un 
autre, qui rapproche les peuples en les mettant en eom- 
munication constante, qui a multiplié si prodigieusement 
les relations internationales et qui a contribué si puissam- 
ment au développement du commerce et de l'industrie. 

« Les chemins de fer, a dit un grand homme d'Etat, 
n'ont pas encore dit leur dernier mot. » 

Nous ne saurions admettre la possibilité qu'il puisse 
exister encore des incrédules à l'égard de la réalisation de 
ce grand problème international, mais nous conjurons les 
théoriciens par trop rigides de ne pas être cause que les 
ennemis du progrés profitent de leur manie de poursuivre 
l'idéal, pour maintenir trop longtemps des barrières regret- 
tables entre les circulations monétaires des diverses nations 
civilisées. 

Qu'on sache faire réciproquement des concessions,- c les 
questions monétaires, a-t-on dit à la diète commerciale 
allemande de Francfort en 1864, sont avant tout des 
questions pratiques, » et il faut bien qu'on se souvienne 
que le meilleur est l'ennemi du bon. 

Maurin Nabots. 

Utrecht, le 25 décembre 4868. 



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- 47 — 



NOTE ADDITIONNELLE. 



La commissioD chargée de poursuivre l'ëtude sur la question 
de l'étalon monétaire, constituée en France par arrêté du 
2â juillet 1868, s'est prononcée pour l'adoption de l'étalon d'or 
unique et pour l'émission de pièces de 35 francs. 

La question monétaire a été discutée dans le conseil d'État 
turc, et on a l'espoir qu'elle sera résolue dans le sens de l'uni- 
fication. 

Cette question importante a aussi été mise à l'ordre du jour 
de la diète suédoise ; M. Walienberg, directeur de la « Stock- 
bolms Enshilda Bank, » et membre de la première cbambre, 
ayant fait une motion de la teneur suivante : 

4" La monnaie en or, qui, suivant l'ordonnance royale du 
51 juillet 1868, est appelée u carolin n =s iO francs, et dont 
51 pièces =3 iOO.900 grammes d'or fin, sera l'unité monétaire 
de la Suède. 

2" Outre le carolin, il sera frappé des pièces de 2 ^jt carolins 
B 25 francs. 

3* Le dixième d'un carolin sera appelé « mark; » le mark 
= i franc deviendra l'unité de compte du nouveau système 
monétaire et sera divisé en i 00 « ore. » 

4* L'aloi de la monnaie à frapper en argent sera de 20 mark 
as 100.855 grammes d'argent fin« 

5" De eet aloi, il sera frappé des pièces de 2 mark, i mark, 
50 ore et de 20 ore. 



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— 48 - 

G^ Personne, excepte la couronne, ne sera obligé de rece- 
voir plus de iO mark en argent à la fois. 

7" Il sera frappé des pièces en métal monétaire (95 portions 
de cuivre, 4 portions d'étain et une portion de zinc) dont 
80 ore auront le poids de iOO grammes. 

8^ De ce métal il sera frappé des pièces de 5 orCj 2 ore et 
de 1 ore. 

9® Personne, excepté la couronne, ne sera obligé de rece- 
voir plus de 100 ore en cuivre à la fois. 

10** Conformémentaurèglementmonétairedu 5 févrieriSSS, 
la monnaie royale frappera jusqu'à nouvel ordre deux pièces de 
monnaie, i riksdaler specie et *lé riksdaler specie, d'après le 
pied fort de 1830. 

i\^ Toutes les pièces de monnaie en argent, au-dessoos 
de */* riksdaler specie^ seront^ a partir de 4870, regardées 
comme de la petite monnaie, dont personne, sauf la cou- 
ronne, n'est obligé de recevoir à la fois plus de 4 riksdaler 
riksmynU 

12° Pour ce qui est du « remedium » par rapport au poids 
et au titre de la petite monnaie, on appliquera autant que 
possible les règlements actuels. 

Le rapport de la commission chargée d'examiner la question 
composée des comités de la banque et de législation réunis 
comme comité combiné, fut tout è fait favorable à cette motion. 
Le § 72 de la constitution, qui dit « que les billets seront 
payés par la banque à vue et en argent, » y fut expliqué de 
manière qu'il n'y aurait rien qui pût empêcher la banque 
d'émettre des billets payables en or. Par conséquent, le comité 
a proposé k la diète de déclarer un changement du système 
monétaire actuel désirable et nécessaire et de s'adresser au roi 
pour prier Sa Majesté de vouloir faire approfondir la question; 
si un système basé sur l'or serait, comme le croit le comité, 



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- 49 — 

propre ii atteindre le bat, et de faire parveair à la diète une 
proposition à ee sujet. 

La question fut discutée le 21 avril 4869, dans la première 
chHmbre, et tous les membres, à Tezeeption d'un seul, furent 
d'accord k reconnaître rutilitë ou plutAt la nécessité de la 
réforme. Quelques membres du comité ayant trouvé la forme 
du rapport adopté par la majorité trop catégorique à l'égard 
l'explication du $ 72 de la constitution, en avaient formulé un 
autre conçu dans des termes moins explicites; celui-ci fut sou- 
mis h la diète comme un amendement du comte 0. MAmer, et 
adopté par la chambre, après avoir été modifié ultérieurement 
par l'élimination de quelques mots. 

Le 23 avril suivant, rcxcellente proposition de M. Wallen- 
berg, destinée k se rallier au système deVunion et k adopter 
l'or comme base avec la pièce de 25 francs, fut discutée dans 
la seconde chambre. A cette occasion, S. Exe. H. le comte 
Wachtmeister, ministre des affaires étrangères, a donné des 
renseignements très-précieux sur la situation de la question, 
en exprimant la conviction que l'on verrait bientôt le système 
fondé sur For adopté partout, et fit aussi ressortir que lorsque, 
il y a quelques temps, il quittait Copenhague, Ton avait l'espoir 
que le Danemark adopterait le système de l'union, système qui 
d'après ce que Son Excellence avait eu l'occasion d'apprendre, a 
aussi en Norwège de nombreux partisans. Cet homme d'état 
éclairé, qui comprend si bien les véritables intérêts de son 
pays, ajouta encore qu'il ne serait pas sage que la Suède fût une 
des dernières nations k adopter un système qui nécessairement 
deviendra universel, et qu'un tel retard occasionnerait des 
perles réelles pour le commerce national. S. Exe. le Ministre 
des finances, ainsi que d'autres orateurs, ont démontré Timpos- 
sibilité pour la Suède de conserver à la longue un système 
monétaire ayant l'argent pour base, quand les pays avec lesquels 

C^ SiBIg. — TOMB. II 4 



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- 50 - 

la Suède a des rapporû commereiaux les plus étendus aœep- 
tent l'or. 

La décision de la première chambre fui adoptée par soixante- 
dix-huit voix contre soixante-quatonci qui se prononeèrent 
pour la pjroposition du comité. 

M. N. 
5 mai 4869. 



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-BI- 
LE TEMPLB DE JUPITER GAPITOLIN, 



Pi.Ai«cHg m. 



Les plus anciennes médailles^ ay^nt pour sujet le temple 
de Jupiter Capitolin, sont les deniers du triumvir moné- 
taire Petillius Capitolinus. L'un offre, d'un côté| la tète de 
Jupiter CapitoliU; tournée à droite, et derrière, l'inscrip- 
tion : CAPITOLINVS. Au revers, on voit un temple hexa- 
style, le fronton orné d'un bas-relief, et le toit de figures 
indistinctes; trois tintinnabula sont suspendus entre les 
colonnes du milieu. A l'exerguç : PETILLIVS. 

Sur l'autre denier, le droit représente l'aigle de Jupiter, 
debout sur le foudre et tournée à droite. Autour on lit : 
PETILLIVS CAPITOLINVS. Au revers, un temple sem- 
blable à celui de la pièce précédente, mais entre les figures 
indistinctes, placées sur le toit du temple, on reconnaît 
clairement deux figures debout, s'appuyant sur des hastes. 
Sur quelques exemplaires de ce denier, on trouve aux côtés 
du temple les lettres S-F ou P-S, que feu Mgr C. Cavedoni 
a bien expliquées par Sacrum Fulminanti ou Fulminatori. 

Riccio {*) décrit le temple du second denier, spesso 

(^] Mon$te délie famigUe di Aotna, pi. XXXV, 4 , 2. Les gravares chez 
GoBiH, Monnaieê delà république, pl. XXX, sont également inexactes. 
An lien des deux figures tenant des hastes, an y Toit quatre figures 



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— »2 -^ 

omalo di statue et quelche volte di bighe e prore. » Cette 
description est loin d'être exacte. Un examen attentif eiit 
la loupe de plusieurs exemplaires prouve que la Ggare, 
in culmine, est le quadrige en argile on celui en bronze 
placé sur ce temple, en 4SS de Rome, par les frères Cn. et 
Q« Ogulnii, les mêmes qtii, selon Tite-Live. firent exécu- 
ter; de l'argent provenant des amendes, le groupe de bronze 
représentant Romulus et Kemus nourris par la louve, 
sous le figuier du Rumon (*). 

Les Petillii, famille plébéienne, paraissent avoir eu Tin- 
spection du temple de Jupiter Capitolin. Noire Petiiliusest 
peut-être le même qui était faussement accusé d'avoir volé 
une couronne appartenant à ce temple. Il était ami d'Ho- 
race, qui dit de lui : 

Menlio si qua 
De Capitolini furtis injecta Petilll 
Te coram fuerit, defendas, ut tuus eslmos : 
Me Gapitolinus coDvictore usus amicoque 
A puero est, causaque mea permulta rogatos 
Fecit, et îDColumis lœtor quod vivit in urbe. 
Etc. P). 

Ces deux deniers se sont trouvés dans le trésor de San 
Bnrtolommeo, déposé entre 71 Oel 71 1 (44 et 45 de J -Ch.); 
or, si Petillius, compagnon d'enfance d'Horace, né en 689, 
était du même âge que le poète, il comptait vingt et un ou 
vingt-deux ans, lorsque, étant triumvir monétaire, H fit 
frapper les monnaies en question (')• 

(I) ZeitêchHft fOr MUnz-, Siegel* und Wappenkunde, V, p. 69 et aaif . 

(')59rmMlib.I,iat.iy. 

(>) £.c, p.465. 



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-- 5» — 

Nous voyons sur ces deux deniers deux temples sem- 
blables^ miits bien distincts dans quelques détails. Tous les 
deux ont les coins du toit ornés de figures qui, selon tes 
auteurs, sont des aigles; et en effet, on les reconnaît sur les 
beaux exemplaires de la première médaille, où elles sont 
représentées les têtes tournées vers le fronton. Une de ces 
aigles est gravée sur le droit de la seconde médaille. Ces 
aigles étaient en bois ('). 

Entre les aigles et le culmen du fronton, on distingue 
sur le premier denier des ornements en forme de pointes 
hérissées, tandis que sur l'autre denier on voit clairement 
des statues debout et tenant des sceptres. Mais le relief 
dans le fronton est le même sur les deux médailles. 

Si on l'examine bien à la loupe, on y reconnaît le sujet 
f rés-eonnu de Dea Roma, assise sur des boucliers, appuyée 
sur une haste et observant le vol des oiseaux. Devant elle, 
Romnius et Remus sous la louve. 

Ce type se rencontre sur des deniers sans nom de moné- 
taire, de la dernière époque de la république (*). Ils ont 
été restitués par Trajan (')• Kckbel fait observer avec 
beaucoup de raison que ce type doit être imité d'une 
célèbre statue de Dea Roma. Rien n'était plus naturel que 
de reproduire le bas-relief du Tronton dont le principal 
temple de Rome était orné. 

nTACiTi,i?i»(.,m,74. 

n Pat», Pttmiliœ Romanœ, p. 303, 7. Riocio, /• o., pi. LXXI, n«5. 
GoHgH,/.e.,pl. XL1II,44. 

EcKm, Doci. num,, V, 43. Coheh, I. c, pi. ZLV, 48, mais sur 
ostte gravure, l'artiste a repréeeoté, aa lieo des friteaax, des proaes de 
vaisseaux t 



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- 54 - 

Les moDDaîes dont nous veDons de parler nous doment 
seulement uoe idée du premier temple de Jupiter Capito- 
lin, fondé par Tarquin FAncieD, oommencé sous Tarquinle 
Superbe, après la prise de Suessa Pomelia, mais achevé et 
inauguré après la chute de ce roi, sous le consul M« Hors- 
tius Pulvillus (*). Selou Denys d'Halicarnas8e('), ce temple 
s'élevait sur une terrasse, dite YÀrea Capiiolma; il avait 
une circonférence de huit cents pieds. A son entrée princi- 
pale, située vers le midi, il y avait un portique de trois 
rangs de colonnes, et nux côtés, des portiques de deui 
rangs de colonnes. A la partie postérieure du lemple, ainsi 
que M. Ottf. Mûlier Ta prouvé, il. n'y avait pas de colonnes. 
Plutarque dit que les fondements de ce temple avaientcoùté 
40,000 livres d'argent ('). 

Les savants italiens pensent que ce lemple était construit 
la où se trouve aujourd'hui l'élise de Santa- Maria iii 
Ara Cœli, mais les savants allemands, par des raisons 
graves, prouvent à l'évidence que le temple de Jupiter 
Capitolin se trouvait sur la colline occupée aujourd'hui par 
le Palazso Caffarelli et Tlnstitut archéologique (*). 

Le temple des Tarquins était d'architecture toscane; il 
était divisé en trois nefs, dont la principale, savoir celle du 
milieu, était consacrée à Jupiter ; la seconde, savoir celle 

(») Tacitb, HisL, ni, 7«. 

(•JIV,64. 

(«] P9pli€0k^, XV. 

{*] Gaiunâ, Indieazûme topografica di RomaanHea, p. 490. Bomb, 
Bê9ohr0ibung ëer Stadt Rom, ill» pp. 204 et 654. Bicua, flMctec* 
dêr ftMfcAan AUêrlàièamr, I, p. 3S7. Rsaia, Die Rumm Bmi, 
pp. i94, etc. 



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- 5« — 

à la droite de la slafue du dieu, à Minerve, et la troisième 
i JuDon. Les autels de Terminus et de Juventas, qui exis- 
taient en cet endroit avant la construction du temple, furent 
conservés et se trouvaient tous les deux dans la cella de 
Minerve. 

Jupiter était représenté assis. La première statue du 
dieu était en terre cuite, la figure teinte de minium, la 
tunique et le manteau ornés de peintures, à peu près 
comme les statues étrusques en argile du Musée du Louvre, 
provenant de la galerie Cam|Mina. Cette statue était l'œuvre 
de Turanius, sculpteur de Frégelles (*)• On ne connaît pas 
l'auteur des statues de Minerve et de Junon; elles étaient 
sans doute, aussi d'argile cuite. 

Sur l'acrotére de la façade principale était placé un qua- 
drige en terre cuite. Exposé aux intempéries des saisons, 
oe quadrige était probablement endommagé en 4B8 de 
Rome, lorsque les Ogulnii, qui contribuèrent beaucoup à 
l'embellissement de Rome, le remplacèrent par un qua* 
drige en bronze. M. Becker, cependant^ pense que l'ancien 
quadrige en terre cuite fut conservé etqu'il décorait la façade 
du midi« tandis que celui en bronze surmontait celle du 
nord. Mais l'opinion de cet illustre savant n'offre pas trop 
de probabilité. Le quadrige n'était pas vide. Il y avait la 
statue de Jupiter, probablement la même qu'on voit sur 
les premiers deniers de la république (avec la tète de Janus, 
au droit). Jupiter y est représenté dans un quadrige lancé 
au galop. 11 tient le foudre dans la main droite, et un long 
sceptre de la main gauche. Derrière lui, une petite Victoire 

(>) BiciBR, /. c, p. 397. 



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— 56 — 

tenant les guides des chevaux. Ce sujet est reproduit sur on 
grand nombre de deniers postérieurs. Peot-OD supposer 
que le même sujet de Jupiter dans un quadrige, une fois 
en lerre cuite et une fois en hronze, fut représenté sur 
les deux Trontons du temple? 

Quant aux sonnettes {tintinnabula) qu'on distingue 
entre les colonnes du milieu, Stiétone raconte (*) qu'elles 
furent suspendues par ordre d'Auguste, en suite d'un 
songe de cet empereur, non pas au temple de Jupiter Capi- 
tolin, mais bien à celui de Jupiter Tonans, que l'empereur 
considérait comme le portier, janitor, du Capitolin. Les 
sonnettes ont iei la signi6cstion des sonnettes de maisons, 
suspendues prés de la loge du portier. 

Le temple était rempli de trophées et de dons votifs, il 
y avait, entre autres, une Victoire dorée, envoyée par le roi 
Hiéron de Syracuse (*), des boucliers dorés suspendus aux 
colonnes et aux murs, un tableau de Nicomaehos, repré- 
sentant renlévement de Proserpine ^*), des vases d'argent 
dédiés par les Ogulnii (*), trois coupes d'or données par 
Camille (*), la statue de Jupiter Imperator enlevée de Prœ- 
neste par T. Quinctius Cincinnatus (*); bref, ietempleétait 

{*]Augu$te^ 94. Cum dedicalam in Gapitolio edem Tonaali Jori 
assidue freqaeDlaret, somniavit queii CapitoliDum Jovem cullores sibi 
addoci : seque respoodisso TonaDtem pio jauiiore ei appositum ; ideoque 
moz tiatinnabulis fastigium asdis redimivitf quod ea fere janois depen* 
debaal. 

n TiTS-LiTB» XXII, 37. 

Purs, Nat. hi$t,, XIXY, 40. 

(«) TiTi-Liva, X, S3. 

n /M., YI, tS. 



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— 57 - 

si encombré, que les censeurs M. Fùlvius Nobitior et 
M. iEmilitts Lepidus se virent forcés de faire enlever tous 
les objets fixés aux colonnes. On les plaça dans les magasins 
établis dans les souterrains du temple. 

Le premier temple de Jupiter Capiiolin devint, en 670, 
du temps des guerres civiles entre Sylla et Marins, la proie 
d'un incendie, fraude privata, dit Tacite (*). Sylla soigna 
lui-même la reconstruction du temple; il fit venir des 
colonnes du temple de Zeus Olympios d'Athènes et se pro- 
cura les plus beaux matériaux. Mais il manqua à son 
bonbeur, comme dit Tacite, de voir ce temple achevé. La 
forme du nouveau temple était exactement celle du premier : 
les prêtres ne permirent pas de changements, même Tesca* 
lier que Lutatius Catulus, préposé à la réédification du 
temple, proposa de construire, en diminuant Varea, fut 
refusé, car les prêtres ne voulaient pas sacrifier les cellœ 
ifans l(*squellcs on conservait les objets du culte, les livres 
sibyllins et d'autres trésors. 

C'est le second temple, celui de Sylla, que représentent 
les deniers de Petillius. 

Mais comment expliquer les deux toits différents, l'un 
orné de deux statues et l'autre d'ornements en forme de 
pointes hérissées? Nous ne pouvons pas supposer que Tune 
de ces médailles offre la façade septentrionale et l'autre la 
façade méridionale du temple. Nous croyons reconnaître 
dans les bas-reliefs des deux frontons le même sujet de 
Dea Rtmia augurium capiens, et il n'est pas à admettre que 
ce même sujet était répété dans les deux frontons. A l'ex- 

(<) IW., UI, 1S. 



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— 58 - 

cepUon dés figures debout, au lieu des pointes hérissées, 
les deux façades se ressemblent tout à fait. D'ailleurs, sinsi 
que M. Ottf. Mûller l'a si bien prouvé, la façade du midi 
était close et sans colonnes. 

Il parait donc que, du temps de Petillius, le toit du tem- 
ple a été orné des deux statues en question, et qu'en ooasé- 
quence, le premier denier a été frappé avant que oes statues 
fussent élevées, et l'autre peut-être en souvenir de l'érection 
de ces figures, qui, sans contredît, représentent Minerve 
et Junop. 

Nous avons donc sur le u>it du temple la répétilioo des 
statues des trois cellœs savoir, au milieu, Jupiter dans le 
quadrige, imité de celui des Ogulnii, et sur la pente du fron- 
ton. Minerve et Junon. 

Le temple de Sylia fut détruit en 833 de Rome ou 70 de 
Jésus-Cbrist. Alors les Gaules, l'Espagne, la Bretagne, la 
flotte et la majeure partie de l'Italie s'étaient prononcées en 
faveur de T. Flavius Vespasianus et contre l'indigne 
A. Vilellius. Flavius Sabinus, frère de Vespasianus, avait 
conclu un traité avecVitellîus, qui, moyennant unerenle de 
cent millions de sesterces, avait promis d'abdiquer et de se 
retirer à la campagne, où il pouvait tranquillement se vouer 
aux plaisirs de la bonne chère. 

Mais les soldats de Vitellius et le mot de Rome, ne vou- 
lant pas reconnaître l'abdication de leur empereur, se ruè- 
rent sur le Capiiole, défendu par Sabinus à la tête des parti- 
sans de son frère. Après un terrible carnage, pendant 
lequel le temple de, Jupiter Capilolin fut dévoré pr les 
flammes, Sabinus fut vaincu et fait prisonnier. Tacite dit 
expressément que le feu fut nourri par les aigles en vieai 



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- M ^ 

bois qui soutenaient le fronton du temple : « Max susti- 
nentes fiutigium oquike veiere ligno traxertmi flammam 
aluerunîquê (*). » 

Tacite, qui décrit d'une manière admirable ce combati 
où une poignée d'hommes se défendit vaillamment contre 
les fameux troupiers de Vitellius^ s*indigoe que la destruc- 
tion du principal temple de Rome pût avoir lieu furore 
principum, que ce sanctuaire qu*il appelle pignus imperii, 
fût incendié par les Romains eux-mêmes ! 

Sabinus et le consul Quinctius Attieus furent conduits en 
présence de Vitellius, qui tâcha en vain de les sauver^ mais 
la canaille (sordida pars plebisy dit Tacite) les massacra en 
présence de l'empereur et traîna leurs cadavres aux Gémo- 
nîea(*). 

Domitien, qui était avec son oncle, se sauva, aidé d'un 
affranchi; vêtu de la tunique de lin que portaient les servi- 
teurs du temple d'Isis, il se rendit, inconnu du petiple, 
diez un client de son père, Cornélius Primus, qui le cacha 
dans sa maison, située près du Palatin. Après Tavénement 
de son père, Domitien, en souvenir de la conservation de 
ses jours, fit construire, sur l'endroit de cette maison, une 
chapelle à Jupiter Conservaior; elle était ornée d'une 
inscription commémoralive sur marbre. Devenu empereur, 
il fil élever un grand temple à Jupiter Custos (')• Selon 
Suétone (*), ce temple était construit sur le mont Capitdin. 

(») HiêL.UhV. 

(*) 1.68 Scafœ Gemoniœ, à rentrée de la prisoo Hamertioe, an pied 
du CapitolîD, du côté du Forum. 
P) Tacits, /. c, 74. 
n DomiUen, V. 



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— 60 ~ 

Le premier soin de Vespasien^ après son entrée è Rome, 
fut la réëdification du temple de Jupiter Capitolin. Pour 
donner Texemple au peuple, il déblaya lui-même et le pre- 
mier les ruines du Capitule (*)• Dans la reconstruction <la 
temple dirigée par L. Vestinus, on employa un grand nom- 
bre d'esclaves juifs. Vespasien ordonna aussi que les deux 
drachmes que tout juif était tenu de payer tous les ans pour 
Tentretien du temple de Jérusalem, fussent versées pour la 
reconstruction de celui de Jupiter Capilolin(*). Les haruspi- 
ces voulaient que les débris de l'ancien temple fussent jetés 
pour combler des marais, et que la circonférence du nou- 
veau temple fût exactement celle de l'ancien. Nolh Deo$ 
mutari veierem /bruiam ('). 

Le 1 1 des kalendes de juillet 824 de Rome (21 jtrin 71 
de Jésus-Christ), la première pierre du nouveau temple 
fut posée avec grande solennité; la pince était ornée de 
banderoles et de couronnes. Elle était occupée par des sol- 
dats portant des rameaux; suivaient les vestales, accompa- 
gnées de jeuiH*8 garçons cl déjeunes filles(de parents encore 
vivants), qui aspergeaient l'endroit d'eau fraîche. Les 
sacrifices (suovetaurilia) furent dirigés par le pontife 
Plautius iElianus. Puis, les magistrats, les prêtres, le 
sénat et les rhevalicrs traînèrent au moyen de cordes, 
un grand quartier de rocher, qui servit de pierre foo- 
damentale. Quelques-uns jetèrent dans lea fondements 
des mornaies d*or et d'argent et des morceaux de métaux. 



(«) SuiTORB, Vesp<uien, VIII. 
(*) Dion, LXVI, 40. 
(>) Taciti, But., IV, f^. 



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-- 61 - 

li n'esi pas dil que Vespasien assista à cette cérémonie. 

Le nouveau lemple, exactement semblable aux précé- 
dents, mais seulement plus élevé, fut terminé en peu de 
temps. Le dessin de ce temple est conservé sur les grands 
bronzes de cet empereur, gravés dans le Traité étémen-- 
tttirt de numiêmatique, d'Eckhel (M, et reproduit, dans 
une proportbn de huit fois le diamètre de l'original , 
par Donaldson, dans son Àrckiieeiura nutnismatica. 
Les détails du lemple y sont représentés i la loupe et avec 
grande exactitude* 

Le temple est bexaslyle comme les premiers, mais les 
eolonnes sont d'ordre corinthien et le bas-relief du fronton 
difière tout à fait de celui des temples de Tarquîn et de 
Sylla. 

On y voit Jupiter entre Minerve et Junon, et près d*eux, 
a gauche, Vulcaiii, asskté d'un cyclope, forgeant la foudre 
de Jupiter, et i droite, doux personnages sur lesquels il 
est impossible de donner des renseigncmeuts précis. Les 
coins du fronton sont ornés des mêmes aigles qu'on ren- 
contre à la même place sur le temple de Sylla. 

L'objet surmontant l'apex, n'est pas tout à fait distinct, 
mais nous ne doutons pas qu'il ne fût le même quadrige 
avec la statue de Jupiter, représenté in culmine du lemple 
antérieur. Aux côtés du toit, sur la pente, sont placés (!eux 
biges, probablement avec les sutues de Minerve et de 



(>i PI. IV, n« 6. La gravure, chez M. Cohbn, Méd. impériale$, vol. I, 
pi. XV, n* 409, n*eBt pas aussi exacte. M. Coben doDoe sept médailles, 
an mtae revers, opy. p. 349, dm 403 à 409. Elles sont des consulats, 
lit, V, Vil et VIII on des années 74 à 78. 



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- 62 - 

Junon, ou peut-éire avec celles de Diane et de Sol» figu- 
rées dans ie fronton du temple de Domiiien. 

Au centre du tenople, on reconnaît, sur un piédestal 
élevéy Jupiter assis tenant la foudre et s appuyant sor un 
sceptre. A sa droite est debout, sur uo piédestal moins 
âevé, Minerve, Vaulopis en tête, une lance à la main 
droite et appuyant la gauche sur le bouclier. A la gaucbe 
du dieu, sur un piédestal semblable, Junoo debout avec 
une patère et un sceptre. Sur la gravure de Donaldson, 
cette déesse est représentée la partie supérieure du corps 
nue, ce qui ne peut être qu'une inexactitude du graveur. 

Aux côtés du temple, on voit deux figures d'hommes de 
proportion colossale, peut-être deux fij^res d'empereurs, 
si nombreuses au Capitole. 

Ce temple de Vespasien brûla sous Titus, en 833 de 
Rome, 80 de Jésus^Christ. Dion (*) et Suétone (*) parlent 
de ce sinistre qui dévasta Rome pendant trois jours et 
autant de nuits. 

Titus commença immédiatement le quatrième temple 
de Jupiter Capitolin, mais il mourut bientôt, en septem- 
bre 81 , et Donatien acheva l'œuvre de son frère. 

Le nouveau temple, représenté sur un méilailioci d'ar- 
gent de 83S de Rome, 83 de Jésus-Christ (' , n'était pas 
hexastyle, mais bien tétrastyle. Ceci est également prouvé 
par le bas-relief du palais des conservateurs dont nous 



{*) LXVI, %i. 
(*) TUus, Vlil. 

('} GoHBN, Méd. impériaiei, 1, p. 387, n« 4. M. Cohen dit que cette 
pièce est frappée en Asie. 



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— «5 - 

parlerons plw loio. L'opinion de M. Bunsen que le qua- 
trième temple de Jupiter Capitolin était aussi hexastyle, 
mais que les médailles ne représentent que le milieu du 
teropie, avec les cellœ des divinités et sans les portiques 
latéraux (*), nous parait tout à fait erronée. 

Ce quatrième temple fut construit avec grande somp- 
tuosité* Les colonnes, d'ordre corinthien, étaient de marbre 
peDtélique. Plutarque les vit à Athènes, d'où elles furent 
expédiées à Rome. 1^ même auteur porte a douae mille 
talents la valeur des dorures dont ce temple était enrichi (^). 
Les portes principales étaient couvertes de pkques d'or 
massif. La médaille de 835 représente dans le centre du 
temple les mêmes figures de Jupiter entre Minerve et 
Jufion qu'on voit sur le grand bronze de Vespasien. La 
légende est : GAPIT RESTiT {Capiiolinum restituHim). 

Le sujet du fronton est plus clair sur le bas*reiief men- 
tionné, publié par M. le docteur Brunn. Ce marbre, muré 
pendant longtemps dans l'intérieur de l'église de Sainte- 
Martine, a été transporté au seixiéme siècle dans le palais 
des conservateurs, au Capitole ('). Il représente Marc- 
Aurèle sacrifiant dans le temple île Jupiter Capitolin. Dans 
le fronton du temple(tétrastylecomme sur le grand bronze), 



(■) Seschreibung Roms, IV, p. 654. M.Coben cite an moyen bronze 
de Domitien, dont le reyers offre an temple hexastyle avec statues, qoe 
ce savant prend pour celles de Jopiter, de Janon et de Pallas. Il altiibae 
celte médaille à Tannée 835 de Rome [It de Jésos-Christ) ; elle repré- 
sente donc le temple construit par Vespasien, pp. 444 et 466. 

(•) Poplieoia, XV. 

(') Annali deW initUuto di corriêt, arehiéi., 4a5t, pp. 289 et sniv., 
pi. XXXVI. 



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^ 6i — 

egt représenté^ au centre, Jupiter assis, entre Junon el 
Minerve. Mais les deux déesses ont changé de place, iunon 
se trouve à la droite du dieu et Minerve h la gauche. 
Au-dessous de Jupiter, une aigle colossale, et prés d'elle, 
un éphèbe, que M. Brunn prend pour Uanymcde. Près de 
Minerve est debout Mereure, et devant elle, deux 6gures, 
probableoienl Salus et Esculape. Puis sont sculptés sur 
des chars et allant à gauche, Diane et Sol et, enfin, dans 
les coins, à gauche, Vulcain aidé de deux cyclopes et for- 
geant la foudre de Jupiter, el à droite, un groupe de trois 
figures que M. Brunn n explique pas, et pour lesquelles il 
serait difficile de trouver quelque analogie. 

Sur le toit, on reconnaît in culmif%e Jupiter dans un 
quadrige, et aux côtés deux biges avec les statues de Minei*ve 
et de Junon, mais tournées vers le quadrige. 

Doniitien institua à Jupiter Capitolin des jeux qui 
devaient être célébrés tous les cinq ans. il y avait une lutte 
musicale, une course de ciievaux et des jeux gymniques, 
auxquels prirent part aussi des jeunes filles. Vêtu de 
pourpre et orné d'une couronne d*or avec les images de 
Jupiter, de Junon et de Minerve, rempcreur présida à ces 
jeux (*). Il consacra & Jupiter Capitolin une couronne 
remportée dans une victoire sur les Sarmates ('). 

Tel a été le temple de Jupiter Capitolin, la gloire de 
Rome païenne. 

C'est dans ce temple que les consuls faisaient des sacri- 
fices solennels le jour où ils prenaient les rênes du gouver- 

(I) SvÊTORB, DamiUen, IV. 
(•) ID., ibid., YI. 



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- 66 — 

neraent; c'est ici que les grands capitaines, en partant pour 
la guerre, faisaient des vceux (vota nuncupabant); c'est dans 
ce temple que se rendaient les triomphateurs, entourés de 
f rophéesy pendant que les prisonniers, menés en triomphe, 
expiraient étranglés dans la prison Mamertine. Des séances 
du Sénat se tenaient aussi quelquefois dans ce temple. 

Mais, lorsque l'esprit du christianisme se mit à pénétrer 
dans la ville éternelle, le temple de Jupiter fut négligé. 
Sous l'empereur Honorius, Stiiichon fit enlever les plaques 
d'or dont les portes étaient recouvertes (^}. Le Vandale 
Genséric s'empara de la moitié des tuiles de bronze 
doré (*). Des statues, des fragments d'architecture, servirent 
ft créer à la hftte des fortifications, du temps des Van- 
dales, des Goths et d'autres peuples qui occupaient Rome 
plus ou moins longtemps. Puis, l'ancien temple païen, 
négligé, abandonné, tomba en ruines. On se servit des 
pierres et des autres matériaux pour construire des églises 
et des maisons. Des fragments de marbre pentélique des 
colonnes furent cédés aux sculpteurs. 

Rome chrétienne se concentra d'abord au Latran, et plus 
tard au Vatican, où, sur l'emplacement du cirque de 
Néron, où l'on vit tant de martyrs verser leur sang pour la 
foi du Christ, s'élève aujourd'hui la célèbre cathédrale de 
Saint-Pierre , ce chef-d'œuvre de l'art chrétien , qui fait 
oublier le principal temple de l'époque du paganisme. 

Lx B**" B. DE KOBHNB. 

(*) Zosmx, V, 38. 

(*) Beichreibung der Sktdt Rom, IV, p. tt. 



9* sian. — ToMi II. 



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M 



GURIOSITeS NIMSMATIQUBS. 



MÉDAILLES BT MONNAIES BAKB8 ET INÉDITES. 



qVATOlZliMB AUTICLI. 



PtANcnr F. 



Qiokait da J88D ds Hejosbeqt — Koosé de Uatche. — Isteriô iù An! à 
HolkodiL -^ Ucnoaiedo Lueplo^ 
UàyiederiDa 



I 

Personnage couronné, assis de facei sur un irône goihique 
à six clochetons. De la main droite il tient Tépée haute, 
et appuie la gauche sur un écusson écartcié de Locz-Cbin; 
et Heinsbergi avec un petit écusson au lion sur le tout : 
* lOI^S g Oai 5 GR25 « aPS X liSOD 5 i 
g GOM i liOS. 

— Dans une épicycloidc à quatre lobes, croix formée 
d'une triple bande, évidée, ornée et feuillue : 4« XPŒ 

g viNccro i xperg RacHKm j xpœ ihps- 

Or. Gr. 3.50. GaUMiieB de M. le Ik DoenioUo. . 



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i 



— 67 — 

CedmAar^ imitation servilede eeai de Philippe le Bon, 
a été fait par son eontemporain , Téré^ue de Liège, Jean Vill, 
de Heinafoerg. L'exemplaire de M. le D' Dugnâolle, que 
nous décrivons ici, diffère notablemenl, par la légende^ 
(le eelui qu'a donné M. de Renesse dans son Hùioire 
numUmalique, pi. X, n^ i» et que cite M. Perreau dans 
son caialogae général des monnaies liégeoises. 

n 

Lioo rampant à qtieue fourchue, dans un eerele en 
grènetîs : * 10.... S Oai : GR2S : H€C : P. 

— Grande croix pattée coupant la légende : MOR | &JS7S, 
I MTTR I .... 

Arg Gr. 088. Gollection de M. WystaianD. 

I<a légjende du revers est malheureusement incomplète, 
mais il nous parait impossible d'y voir autre chose que le 
nom de Marche, petite ville du duché de Luxembourg, 
qui reçut, en 1327, sa charte d'affranchissement de Jean 
de Bohème, due de Luxembouiig et roi de Pologne 
(R€Cx Po/oftte), in parîibus infidelium. Les lettres illi- 
sibles seraient alors GCI^IS, qui rempliraient bien l'espace 
vide dans le premier canton de la croix. 

M. Serrure fils a décrit, dans le tome H, S* série de la 
Revue belge (pi. Il, n" 10), une pièce d'un type tout à fait 
lemblable à la monnaie de Marche et qui doit en être ou 
le modèle on la copie. Gettepiéee, de Thierry de Heinsbejrg, 
famte de Looz (1336-1361) a été frappée à Hasselt. 
I Nous n'awns pas vg, en nature, la pièce de M. Serrure; 



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— 68 — 

mais celle de Marche nous a frappé par son caneière 
sauvage. Le lion du droil ressemble moins au roi du 
désert qu'à un ours blanc qui sort de son bassin en secouant 
sa fourrure mouillée. 

Cette pièce est, croyons-nous, la première monnaie de 
Marche qu'on ait signalée. On savait, par une note insérée 
dans un compte de la prévôté de Mons, que Philippe le 
Bon, en lUZ ou liii, avait fait forger, dans cette petite 
ville du duché dont il venait d'obtenir la mambournic, de$ 
mailles d'or, égales en poids et valeur aux mailles du 
Rhin y mais ces pièces sont encore à retrouver f *). 

III 

Tète de face» couronnée de trois roses : *t FLORBNTIVS 

coœs. 

— Croix pattée, coupant la légende et anglée de douzt- 
glôbules: DVR | DRE | NCIS | CIVl'. 

Arg. 6r. 4.30. CollectioD de M. Sernire fils. 

On ne connaissait pas d'esterlin à tète, frappé en Hoi- 
lande, mais il était à présumer que ce type, qui avait joui 
d'une si grande faveur dans les autres provinces des Pap 
Bas, n'avait pas été négligé par les comtes de Hollaode, 
parents de Jean d'Anvesnes, le grand fabricant d'estrelios. 
Cette présomption s'est réalisée. 

La pièce que nous donnons ici, appartient à Florent \ 
(1256-1296), qui régna pendant quarante ans et qui fo^ 

(1) Remie de la numitmoHque belge, 1. 1, t* série, p. iSt. 



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— «9 — 

un des premiers à imiter les gros tournois de saint Louis. 
Elle a été frappée dans la ville monétaire des comtes de 
Hollande, à Dordrecht. Le mot Durdrencis, en latin, est 
l'une des nombreuses formes du nom de cette ville, qu'on 
trouve écrit DorrechtsdrechU Doertrecht, Toerdrechty 
Thordrechtf Thurendrecht, Durdrecht, etc, et sur l'éfymo- 
logie duquel les opinions varient. (Pby. Vander Aa, Àar- 
drykskundig Woordenboek, t. 111, p. 456.) 

M'oublions pas de dire, ce qui intéresse surtout les ama- 
teurs, qu'il a été trouvé deux exemplaires de cette pièce, 
dont l'un en mauvais état de conservation, l'autre très- 
beau, que nous avons fait graver. 

IV 

Lion rampant, entouré de la légende : ^ MOI2Sn[^3S 
4- liVGCSB. Bordure des gros tournois composée d'un 
petit lion et de onze trèfles. 
— Croix pattée, coupant la légende intérieure : OŒS | 
MBO I VR * D I VKh. (Dux locembùur). Légende 
extérieure : * BIIDIGWV • STO • nOtUa • DRI • 

nm • ii^v • xpi. 

Aig. Chez M. Josten. 

Cette jolie petite monnaie ne porte pas le nom du duc 
qui Ta fait frapper; mais comme elle est une imitation 
parfaite d'un tiers de gros ou de blanc au lion de Louis 
de Maie, comte de Flandre (1346-1384) (*), on ne peut 

(>) Gaiuaro, pi. XXVll, D« n%. 



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— 70 — 



la donner qu'à l'un de ses contemporains, Charles, roi de 
Bohême (1346-1353), ou plutôt Weneeslas (13S3-I383}. 



Balancier monétaire ou presse à vis : FELICITAS 

PUBLICA. A l'exergue : sacra monbta. 
— Dans une couronne de laurier, en six lignes :CAROLO 

LOTH : PRIiNC : MONETiE BRVG : PROTECTORI 

S.P.V.O.D.D. 1749 : Au-dessouSj un petit lioo, 

marque de la monnaie de Bruges. 

Caiyre. GoUecUon de M. le Dr DugnioUe. 

A la suite du traité d'Aix-la-Chapelle, du 18 septem- 
bre 1748, les Français durent évacuer notre pays qulls 
ayaient envahi trois ans auparavant. Le prince Charles de 
Lorraine, beau-frère de Timpérau-ice Marie-Thérèse, fut 
nommé gouverneur général des Provinces Belgiques. (le 
prince, dont la mémoire est restée populaire parmi nous, 
étendit sa sollicitude vraiment paternelle, sur toutiv les 
branches de l'administration. 

Un placcard, en date du 19 septeoibre 1749, décréta h 
refonte de toutes les monnaies antérieures et la frappe de 
nouvelles espèces. Cette fabrication allait rendre l'activité 
aux trois hôtels des monnaies qui existaient alors à Anvers, 
& Bruxelles et à Bruges. Le jeton ci-dessus a été Tait à 
Bruges pour remercier le prince de la part qu'il avait priseà 
cette mesure, et pour réclamer sa protection. Il est probable 
que Texistence de l'atelier de Bruges éuiit déjà menacée. 
Quand Joseph II, dans ses idées de centralisation excessive, 



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— 71 — 

le MpprîflM définitif emaùly ^ar un ëditdu 8 9tm\ 1786, il 
était feroiéi de fait, depuis plusieurs années. 

Ce jeton est très-rare^ nous ne savons pourquoi, et l'au- 
teur de la Deseriptton des médailles du règne de Mari^ 
Thérèse ne l'a pas décrit ('). La Monnaie de Bruxelles en 
possède encore les ooins; ils sont portés dans le catalogue 
Luprioié sous les n"* 711 et 719« 

VI 

Le 39 mai 1793, les Lyonnais, qui depuis six mois 
tremblaient sous la dictature d'un démagogue épileptiquOi 
d'un séide de Mar«t, nommé Cbalier, s'insurgèrent contre 
cet assassin fanatique, chassèrent les deux commissaires 
de la Convention, Nioche et Gauthier, et mirent en jugo- 
roeni Chalier lui-même. Malgré les menaces terribles de 
la Convention, ce fou furieux fiit exécuté le 18 juillet 1793, 
six jours après que Marat, son modèle, eut perdu la vie de 
la main de Charlotte Corday. 

Celle exécution coûta cher aux Lyonnais. Après un siègede 
soixante-dix jours, la ville, écrasée par les bombes et réduite 
par la famine, dut se rendre aux troupes de la Convention. 
Un décret du 12 octobre (31 vendémiaire) ordonnait la 
destruction de Lyon, dont le nom même ne devait plus 
être prononcé. Trois commissaires étaient chargés 4e 
mettre ce beau décréta exécution, Odlot d'HerboU^Màim 
comédien, Laporte et Fouchéf oratorien défroqué, démo- 



<<) Oëdâmeê ffnppém «ont fa régné ghrimaB ée rimpératHee*Beine 
Mari0^TkM9$. IkotB^ATBÈ, ia«fel., 44e pages. 



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— » — 

crate foroadie, oe même Foucbé qui, dix ans plus lard, 
dans la grande mascarade du premier empire, s'affublait, 
sans rire, d'un manteau de Yelonrs, d'une toque k plumes, 
el se faisait appeler Mmueigneur le due dOirenie. 

Ces trois énei^mënes devaient eoromenoer leur miasion 
par venger Chalier en faisant masaaerer six mille habi- 
tants dont le Rhône charria les cadavres. Ils proeédèreni 
ensuite à l'apothéose du martyr de la Liberté, et, bien qu'il 
n'eût pas été brûlé, exhumèreni ses cendres (style d'alors) 
pour les déposer au Panthéon. 

Voici comment un historien lyonnais Q) raconte cette 
singulière cérémonie : 

« A partir du 10 novembre, toutes les églises furent 
fermées, et le culte chrétien demeura alors mterdtt. Ce 
jour était un dimanche; on célébrait à Paris la fête de la 
Raison. Une autre cérémonie, plus odieusement grotesque, 
remplaçait, sur les rives du Rhône, les antiques solennités 
de la religion populaire. 

« Cette fêle fut appelée l'Apothéose de Chalier. Le buste 
du tribun et une urne qu'on disait contenir ses cendres, 
furent promenés processionnellement dans la- ville, comme 
des objets sacrés, et installés dans l'église de Saint-Nizier. 
Chalier fut appelé tin dteu sauveur, mort pour tous. On 
l'encensa, on l'adora, au pied de la lettre. Cet hommage 
étrange fut accompagné de profanations, encore plus 
révoltantes envers le cuite qu'on imaginait abolir pour 



(^) J. Moaiif, Histoire de Lyon depuis la révolution de 4789, etc. Lyon, 
4847, in-S'». Cet ouvrage devait avoir cioq volumes; trois seolemeat ont 
paru. {Voy. pour Tapolbéose (le Chalier, i. lil, pp. 4IS elsaiv.) 



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— 73 - 

toujours. Des chants grossièrement impies se fatsaienl 
entendre. Les vases saerés, dont on arvait dépouHIé les 
églises, étaient portés en triomphe par une troupe -de 
forcéoésy qui les agitaient en l'air avec des cris de dérision. 
Au milieu d'eux marchait un âne couvert d'une chape et 
coiffé d'une mitre; un calice était pendu à son cou; à sa 
queue étaient attachés le Crucifix, la Bible et l'Évangile. 
Ensuite un brasier fut allumé, les assistants l'environné* 
rent, le Crucifix et l'Évangile furent détachés de l'àne et 
jet^ dans les flammes : l'Ane se vit présenter à boire dans 
le calice» 

f Les trois proconsuls,Co)lotd'Herbois,PouchéetLBporle, 
e*e8t4-dire les trois délégués du gouvernement, ceux qui 
représentaient, à Lyon, la majesté de la France, assistaient 
officiellement A la cérémonie, dont ils avaient été publi- 
quement les ordonnateurs; revêtus de leurs insignes, ils 
avaient leurs rangs dans la procession sacrilège. Quand 
le corl^e Tut arrivé h la place des Terreaux, au lieu où 
Chalier avait perdu la vie, un auiel de gazon reçut les 
restes du dieu nouveau. Les trois commissaires de la 
convention s'avancèrent l'un après l'autre, et lui firent, 
agenouillés, leur hommage. 

« Dieu sauveur, dit Collot d'Herbois, vois à tes pieds 

< la nation prosternée; elle te demande pardon de l'impie 

< attentat qui a mis fin à la viedu plus vertueux des hommes. 
• Mânes de Chalier, vous serez vengés! Nous en jurons par 
« la République. » Les allocutions de Fouché et de Laporte 
ne sont que des variantes de celles de Collot. » 

La médaiUe que nous avons tait graver sous le n* 6, 
a évidemment rapport A la procession de l'Ane, et A l'apo- 



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- T* — 

Ihéose de Oialier. Elle porte d'ailleurs, en loutei kttrei, 
le nouveau nom de Lyon, FtUe offnmchU. Bien qu'elle 
eoit trèe^rare el qu'on Tait payée en vente puMkpie jusqa'i 
80 irancs («)| elle passe pour apoerypbe. Hennio, ni les 
auteurs du Trésor de Glyptique ne l'onl pas connue, ou du 
BMMns ne l'ont pas publiée. 

Dire d'une pièce qu'elle est fausse, qu'elle est apocryphe, 
o'on parfois un moyen facile d'éviter une diacussion^eela 
coupe court è toot« # 

Siia pièce è ràneest apocryphe, la vente de t843pnMm 
qu'elle est, du moins, antérieure à 1848, époque à laquelle 
on a fabriqué un si grand nombre de oea ^rosiîérftéf 
fit«mâiM(igna«. Les industriels d'alors, qui avaieotdesate- 
lieissnoDtés, pouvaient fort bien avoir eu l'idée de mHtm 
deaplèoes à la première révolution. A vendre des médailles 
d'étain 80 francs, l'entreprise devenait magnifique. Nous 
avions d'abord pensé i cette origine posthume { mais le 
catalogue de 1843 nous fit renoncer k cette idée. Il y 
avait donc U un petit problème à résoudre et, pour y pa^ 
venir^ c'était k Lyon même qu'il fallait s'adreser. 

A ia demande de notjpe savant confrère, M. Morin-Pons, 
M. B.-C. Martin-Daussigny , conservateur du Musée 
aivbéologique de Lyon, a bien voulu nous adresser, i ee 
sigM, la lettre suivante : 

« Lyon, os 44 septembre 4a6S. 
« MoifSTËOR, 

€ Mon confrère de l'académie, M. Morin-Pons, m*! 

(•) Vente TslMid et Grtéoe, âilte à IMUianos dit «rsi de fsri% 
en 484a. 



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— 75 — 

ooiDiBuniqué votre lettre du 38 août denuor^ en me priant 
de vous doDuer les détails que vous deoMBdez au siqet 
de la médaille commémorative de la praceisioii de l'àne 
micréy du 10 novembre 1793. 

« Il existe trois médailles rappelant ee fait. Une en 
plombj frappée, une en cuivre jaune, fendue, et une en 
cuivre rouge; frappée ; cette dernière est feusse et apo- 
cryphe : les deux premières sont parfaiifement authen- 
tiques. 

« Parlons d'abord de ceUe de plomb (*)* L'Ane tourné 
à droite, est coiffé de la mitre épisoofuije, son dw est cou* 
vert d'une chasuble sur laquelle est oouebéo une croix, 
à ses épaules est ajusté un manipule, k son cou pend lui 
calice, sur le flanc est suspendu un ostensoir et un ciboire 
est attaché à la queue. Le calicei le ciboire et l'osteasoir 
sont renversés. L'àne foule aux pieds l'Évai^ile, les cierges, 
la croix pastorale et la crosse épiscopale. 

Dans le champ, au-dessus, est un triangle entouré de 
rajons lumineux. La légende de droite porte : MORT AU 
FANATISME, la légende de gauche ajoute : ET A LA 
SUPERTITION (sic). En exergue, on Ut : VILLE 
AFFRANCHIE L'AN H. R. F. (République française.) 

« La médaille est octogone, mais oblongue, c'est-Â-^lire 
à pans inégaux. Sa largeur est de 39 i 40 millimètres^ sa 
hauteur de 58 millimètres, auxquels il faut ajouter 
i milliméires pour la belière. Elle a été portée comme 
insigne. 

« Le revers de cette pièce est fort singulier; c'est une 

n CoIIectioD Vaganay. 



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— 76 — 

croix latine occupant toute la grandeur de la médaille, 
croix dont la partie verticale, ainsi que les bras, offre une 
largeur de 13 millimètres et se compose de petites étoiles 
en relief, placées diagonalement. (Foy. Tesumpage n* 1 et 

« La seconde médaille (*) est, comme je Tai dit, en cuivre 
jaune et fondue. Elle offre un droit identique à celle 
de plomb, mais ses dimensions sont un peu différentes. 
Elle est large de 38 millimètres et haute seulement de 
5S millimètres. Elle n*a pas de belière et n*était que com- 
mémorative. Cette différence de module provient, sans 
doute, du rétrécissement du moule en argile dans lequel 
elle a été coulée. 

a Son revers est très-différent de celle de plomb. Il repré- 
sente Minerve s*appoyant de la main gauehe sur une pique, 
et posant la droite sur un bouclier ovale portant ces mots : . 
LA LIBERTÉ OU, un squelette armé d'une faux et vêtu \ 
d'un linceuil, se tenant un peu en arrière, complète Ii 
phrase : £a ItAerté ou la mort. Dans le champ, au-dessus, 
est un bonnet phygien, au centre de rayons lumineux. Éo 
exergue on lit : 

« B. V N. c G. p C. I R. G R. L D. c T. c B. M. b B. 

« (Koy. pour cette pièce les estampages n* 9 et 26tf). 

< Ces deux médailles son t les seules vraies et authentiques. 

« La u*oisième médaille en cuivre rouge, frappée (*), est 
fausse et apocryphe. C'est une contrefaçon exécutée, 
en 1814 ou 181S, pour M. Rosaz, grand collectionneur 



O Mosée de Lyon. 
(*} Musée de Lyon. 



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- 77 - 

lyonnais, qui vendit son cabinet à la ville en 1836, et 
n'avait jamais pu se procurer un exemplaire de la véri«- 
table médaille de 1793. Elle est gravée d'après la médaille 
moulée ou plutôt fondue, ce qui est évident, c'est que 
son coin a reproduit les accidents arrivés au moule de 
rancienne, accidents qui ne sont point dans la médaille de 
plomb que probablement M. Rosaz n'a jamais vue. 

« 11 esta remarquer, cependant, que la médaille Rosaz est 
plus grande que celle qui lui a servi de modèle et que ses 
dimensions sont exactement celles de la pièce de plomb. 
Elle a aussi une belière. (Voy. les estampages n* 3 
et Zbis). 

« Venons maintenant à l'explication des lettres placée 
en exergue : 

« B. Bertrand, maire, v N. Vincent Nc^l^ 

« c G. Claude Gravier, p C. Pierre Chazot, 

« j R. Jean Richard, g R. Gilbert Roch, 

te L D. Louis Dubois, c T. Charles Turin, 
« c B. C. • • Boucbenu , M. Milon, 

« B B. Etienne Boyet, 
« oiBciers municipaux. 

H M. l'abbé Gonon, dans sa Bibliographie, p. 295, a donné 
cette explication; mais n'ayant pas la médaille sous les 
yeux, il a transformé le c B. en C. B. et a fait ainsi d'un 
simple prénom un nom de famille. Il a interprété le C. par 
Carteron, et le B. par Boucbenu. 

« Le sieur Carteron a bien été aussi, il est vrai, officier 
municipal en même temps que Boucbenu. J'ai vu leur 
signature à tous deux sur les mêmes actes, mais rien ne 



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- 7» - 

prouve quil ah pris part i la procession de l'âne miiré. 
IKaHlearSy tes officiers nranicipant étaient en plus grand 
nombre que les dfx dont les initiales sont sur la médaille 
qui ne désigne que eeux qui ont joué un r6le dans cette 
mascarade^ résultat de refferveseencc des clubs, et n'ayant 
aucun caractère o(8ciel| punqu'elle n'a été qu'un épisode de 
la cérémonie de Tapothéose de Chalier. 

« Les noms que porte la médaille sont ceux seulument 
d'entre les oflBciers municipaux qui ont voulu par ce monu- 
mène perpétuer le souvenir dé cette protestation contre le 
culte catholique. 

« Puis enfin, une autre preuve de Terreur de M. Fabbé 
Gonon, c^est que, sur la médaille, le c est petit, tandis que 
le B est grand, donc le c n'est qu*un prénom. IKaiHeurs, 
des points «éparent chaque nom, il n'y en a pas après le c 
mais bien après le B. 

« Nous devons à Cliioard, célèbre statuaire lyonnais, un 
souvenir urtistiatique de cette burlesque cérémonie. C'est 
une statuette de la Liberté placée sur un piédestal rond, 
autour duquel se déroule la procession de l'apotbéose de 
Chalier, et dans laquelle figure l'&nc mitre* Cette oauvre 
curieuse et fort belle sera probablement un jour au Musée 
de Lyon. 

« Je souhaite, Monsieur, que ces détails écrits, les trois 
médailles sous les yeux, puissent vous être de quelque 
utilité, et vous prie d'agréer l'hommage de mes sentiments 
de considération la plus distinguée. 

« E.-C. MARTIN-DADSSIGinr, 

« CoDseirateur des musées archéologiques 

de la ville de Lyon. » 



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— 7t - 

Après tvoir romereié M. MartifhDaossigny 4e son obli- 
geante communication et des curieux renseignements qt/il 
a bien voulu nous donner, nous lui demanderons la per- 
mission de lui soumettre quelques obaervaUoos qua sa 
lettre nous suggère : 

La pièce n*2y coulée et de cuivre jaune, ne peut être que 
surmoulée sur une pièce anierieure, ci cette pièce anté- 
rieure n'est pas celle au revers de la croix étoilée. Ne 
aerait-ce pas plutôt celle qu'il attribue à Rosaz et dont le 
Musée de Lyon possède un exemplaire de cuivre rouge et 
frappé? Les dimensions, un peu plus petites, de la pièce 
coulée peuvent être Teffet de la dessication du moule de sable 
et du retrait du métal. On remarque sur la pièce Rosaz, 
derrière l'Ane, un défaut provenant d'une cassure du coin. 
Le même défaut se voit sur la pièce coulée; circonstancee 
difficile à expliquer en supposant que cette dernière ait 
servi de modèle à Tauire. 

N'est-il pas probable que Rosaz, au lieu d'avoir fait faire 
ou d'avoir fait de nouveaux coins, s'est contenté de repro- 
duire la pièce à l'Ane par le moulage, et que c'est à lui qu'il 
faut attribuer la pièce coulée de cuivre jaune? 

L'exemplaire que nous avons fait graver et qui appartient 
a notre excelleni confrère, M. Vanden Broeck, est d'étain 
et frappé. C'est la même pièce que celle de cuivre rouge. 
M. Durand de Lancy la possédait également d'étain, et son 
exemplaire est passé, avec toute la suite de la Révolution 
qu'il avait réunie, dans le riche cabinet de M. Codeville, A 
Paris. 

M. Durand avait aussi une autre pièce, complètement 
inédite, et qu'il décrit en ces ternies : 



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- 80 - 

Ah. il Ly4>ii. Téce d'un àne avec chasuble au cou, devant 
un raielier. 
. Rev. Liase. 

Plomb. 79 millimètres. 

On avait assuré à M. Durand que c^était là la teule 
véritable médaille à Tàne. Pourquoi n*aurail-on pas fait 
deux et même trois médailles pour conserver le souvenir 
d'une aussi auguste cérémonie que Tapcihéose du dieu 
Chalier? 

R. Chalor. 



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— »1 — 



LES ANGLO-SAXONS 



LEUfiS PETITS DENIEBS dits SCEATTAS. 



ESSM ftlSrORlilUE ET lOWSlATIffUE. 



If thert b« aa ipocb la the MrijF ftiitory of 0W 
«NMtfy» wUth, tbovB iU, «altM ilM cnriorilf tmd 
raisM Ui« intorMl, Il will probablj be Mkiiovlea|ed bj 
tll bitlorical inqulrefi lo 1», tbat pcriod vbteb inter- 
v«Mii brtVMi iht wbflbdfMral of ihi H|lut fvpplled 
bj tbt Romao wrilcri aad tba eridenaa affordad bj 
tba Saion biitoriaaa. D. 0. Baïai, thê Confuut •/ 
M¥it»h bftkéS ^ tm »LiHidatt, I8SI«y. I, fronO, R«4ca 
SaiTB, prefaaa la /«aamariiiai aipiilcArBla. 

Tba iindj et iba aoUqaary ara not ao dry, aa aaalaai 
aa oMBj baw lad ta aa|i|paaa» lifta (Ml» Iba Amm» md 
thê Semant by Tb. WaïaiT, Londoa, 18S3{ praTaaa, Tl. 

Le mot essai convient parfaitement aux notices histori- 
ques et numismaiiques que nous avons Taudace de mettre 
sous les yeux des historiens et des numismates qui se sont 
occupé? des Anglo-Saxons, et spécialement de leurs mon- 
naies primitives, à peu près sans légendes, dites peHts 
deniers ou sceatîas{*). 

Ce n'esti en réalité qu'un es^t, une tentellve que je 

(') Voy, rexplication d«ce nom dans la second^ partiedd notrO' travail. 
ft*siaii«— Tomll. 6 



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— 8J - 

risque pour faire disparaître ou du moins diminuer l'ob- 
scurité qui règne sur les premiers siècles de renvahissement 
de la Bretagoe^p^r des peuples du continent, envahissement 
si complet que même le nom de Bretagne, Britannia dut 
faire place à celui d'Engaland, Engeland, Angleterre^ 
Anglia. 

Turner, qui publia son Hîstory of the Anglo-SaxoM 
entre les années 1799 et 1805, pouvait, à juste titre, se 
plaindre (*) qu'alors the anglo-saxon coinage en entier 
était encore un sujet très-obscur à traiter et que les nuées 
qui longtemps l'avaient enveloppé n'étaient pas encore alors 
dissipées. — Gr&ce aux travaux de plusieurs numismates 
distingués, cette assertion serait maintenant inexacte. — Il 
reste pourtant une partie de la numismatique angio* 
saxonne encore plongée dans une obscurité assez profonde. | 
Elle comprend le temps primitif, die Vrzeit, du coinage I 
anglo-saxon ; celui des petits deniers ou sceattas à peu près | 
mueu, qui a précédé «elui des grAfids deniers anglo-saxons 
avec légendes ou inscriptions. 

La cause principale de l'abandon dans lequel ou a 
laissé ces pièces se trouve dans leur manque à peu près j 
total de légendes qui permissent de les reconnaître et de les ^ 
dflussisr imipédiatement. Surtout quand on les rencontre i 
séparément, la chose devient encore plus difficile. Ce ne 
soat que les dépôts de quelque importance, qui peuvent 
DOiis renseigner tant soit peu sur leur origine et qui per- 
mettent d'oser aborder la classification de leur type et leur ; 
attribution* 

(*] Fiftb édition. London, 48)8, t. II, p. 504. 



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• 85 — 

On peut parfaitement leur appliquer ce qu'a dit un 
numismate françaisy M. André JcufFrain : « Des monnaies 
« anciennes prises isolément , suriout parmi celles d*un 
« petit module^ sont impuissantes à donner une idée des 
« types qu'elles renferment et l'on doit s'aider du rappro- 
c chemencde leurs analogues Q). » De méme^ notre ami 
M. de Koehne (*) observe judicieusement que ce n'est que 
dans les temps récents qu'on a commencé è utiliser les 
résullais importants que nous procurent l'étude d'une trou- 
vaille entière, comme le plus sur moyen pour déterminer 
l'âge de beaucoup de monnaies. ^ Ailleurs, il exprime le 
souhait, que dorénavant les trouvailles de monnaies soient 
mises en entier entre les mains d'un numismate compétent 
pour en pouvoir tirer tous les fruits possibles ('). 

M. JeuiFrain a donc raison de dire : « L'occasion de se 
«■ procurer la masse des monnaies qui forment le corps d'un 
« enfouisseme.nt est une bonne fortune pour un numis- 
•« niate(*1. 

Les quatre dépôts de petits deniers anglo-saxons ou 
sceattas découverts depuis quelques années dans notre pays 
natal, la Prise, et qui n'ont pas été dispersés, nous engagent 
vivement è nous en occuper dans leur ensemble et à tâcher 
«l'en tirer quelques conclusions pas trop hasardées. 

Il est vrai que les monnaies sans légendes ou inscriptions 

(>) Essai d'inUrpréUUion des types de quelques médailles muettes 
émises par les Celtes^Gaulois, Tours, 4846, p. 3S. 

(^ Zeitechrift far Afilns-, Siegel-* und Wappenkmnde, Berlin, 4843, 
III, p. 4«9. 

n BerUnsr BUUter, III, p. 300. 

{«) Bssai, p. 84. 



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- « ^ 

se prèteni volontiers à des hypothèses ordinairement assez 
gratuites. Maïs nous nous en abstiendroiis autant que 
possible. La nuiaismatique esl une science Urop réelle et 
trop solide pour quitter la terre ferme et se perdre dans les 
nuages (*). Craignona le sort du pauvre Icare et, observant 
k nMnme : qui betie distinguiez beat docei^ divisons notre 
travail d'une manière à en reodre la lectare plus fadle et 
moins désagréable au lecteur peu versé dans Thistoire 
aneienne; ci obscure de la Breta{;neu 

Jetons d' abord un fondement histcMrique pour pouvoir y 
élever notre modeste constmetioQ numisoMitique. 

I. HiSTOBIS. 

A. Avant l'arrivée de Jules-César (an 68 avant le Christ.) 

Les lies britanniques étaient appelées par les Grecs 
Kaaatr Jpi^a; du mot xaaatrepo; , étain : c*est pourquoi 
Bochart (*) voulut dériver le nom Britannia du mot puni- 
que BârUt Anak, le pays de Vélain. Un se rappelle que 
les Phéniciens, les Carthaginois et les Grecs visitaient ces 
contrées lointaines pour y cliercher un métal nécessaire 
à la composition du bronze, ce mélange de cuivre et 
d'étain, dont les produits, armes, ustensiles, etc., étaient 
on des principaux objets de leur commerce d'échange 
avec les barbares. 



0] Berlmer BlëOer, 4«S6, IIJ, pp. 469, 4». 
(*] Dans son ouvrage Canaan, 1. 1, c. XXXIX, p. 420; seloa J^ Bos- 
woaTH, The ElementsofAngU>'Saxomfl^a»nmr,.LaQàm, 4SS3; préiftoe, 

p. IV (6). 



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— 88 — 

II nous sembla jilui&t qu^ ic nom de Bnetlfit^, JB^etugne, 
Briummia indique une «rigine eimbrique et un ncHO d(y& 
parte :par eux sur te continent, avunt qu'ik eussent paasé la 
mer du Nord pour aborder les ilesde l'étain qui éiaieat au^ 
delà. Nous rencontrons du moins, plus tard, sur^^es oàle;^ 
un peuple habitant des tourbières le long de la rivière de 
rËms^maînlenamt le marais de Bourtange, \e&Brutterit^). 
£riaenestencore,en Frise, len^m desmoroeaux de tombe. 

Pline (*) mentiaDQeaa^s» une peuplade 4e BriUmm>^vkt 
entre Boulogne et Amiens» dans la Gaule bei^iqvc, Ge <fuî, 
selon Lappenberg, /. L^ prouve des relations et desooumiu* 
nications directes et très-anciennes entre les deux rivages 
opposés. Lts Belges avaient .pris possession de la partie ta 
plus ricbe de la Bretagne méridionale, et ils avaient conclu 
une alliance étroite avec leurs frères de l'autre côté de la 
Manclie ('), 

(*J A kistory of England unâer the Saxon Kings, trarulaied from 
the german of Dr J.-M. Lappbnbbho, by Bbnj. Thoiipb , LondoD, 4845, 
t. I,p.7. 

Bructeri, prononcez Brœkleri, et rappetez-^Tous le village rendu 
fameux par Murraj e iutU quanti .'Sreekdn W^iierhnd, eltaé dapt Aine 
contrée très-marécageuse. 

(») iJûf. no/., l. IV, c. XVII. 

Wrigbt, /. /., p. 5; R.-G. Latbam, dans son opuscule curieux : 
the Ethnol9gyofthe BriUsk Islands, londoii, 4883, p.€V, dSt que si les 
B€l^a étaient des Germaine au temps de it^le^-César, lee popqlattt os 
de Kent, Surrey et Sussex étaient aussi des Germains. « Wbet is true 
of the nortbern coast of Gaul is true of tbe soutbern coast of Britain. • 
Ces roots, selon lui, sont du défenseur le plus convaincu de Torigine 
germanique des Bretons du sud-est, c'est-à-dira de M. E. Adaiib^ dans 
ses Remarkê on the probability of Gothic settiements in Britain prtvioue 
to anno Domini 450. — Phiiological transactions, n» GUI. 



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— 86 — 

Les Bêdm de Somersetshire, les Mcrini de Doraet, 
les Senonet de Hampsbire, les Rhemi de Berkshire et 
Surrey, les Atrebatés leurs voisins, les Cimbres aux bords 
du Devon, les Parisii sur la côte orientale de l'Ile, 
ayaient tous leurs synonymes ou représentants dans la 

Gaule («). 

Tout le pays, le long de la côte, depuis l'embouchure de 
rHumber jusqu'au Devonshîre (Plymouih), et comprenant 
peut-être è Tintérieur encore les comtés modernes de 
Hertford^ Buckingham et Berkshire, était en possession 
de tribus qui avaient passé la Manche ou la mer du Nord, 
et avaient délogé et refoulé les aborigènes dans Tintérieur 
de l'ile (*). Oux-*ci se retiraient, fuyant comme plus tard 
les Indiens dans les Amériques devant les blancs d'outre- 
mer. 

Ces envahisseurs, surtout ceux de Kent, se distinguaient 
par quelque civilisation, par leurs demeures permanentes 
et par l'agriculture, et l'emportaient sur les Bretons primi- 
tifs, qui, comme les Arabes, erraient avec leurs trou|)eaui 
de province en province. 

Wright ('), en énumérant les tribus britanniques le long 
de la côte orientale, dit que probablement toutes ces tribus 
étaient des colonies ayant délogé les habitants primitifs et 
dont plusieurs avaient une origine germanique. La cheve- 
lure rouge et la forme masculine des ('alédontens (Êeos- 
sais) indiquent selon Wright une origine germanique. Un 



(*) Weiobt, /. /., p. 45. 
P) Ihid,, p. 47. 
(»)IWd.,p.44. 



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autre autear, M .Viuriiii dit : t On sait que IHnkerton donne 
aux Pides une origine germanique (*). 

Il était néeessaire de constater ici les relations déjà 
Tréquentes du continent avec la Bretagne dans ces tenfit 
reculés. Poursuivons-les pendant la seconde période.^ 

B. La Breî4igne sous les RomcUns jusqu'en Van ÀiO 
ds Jésus^^Chrisî. 

Laissant de côté Thistoire intérieure de la Bretagne 
pendant la domination romaine, qui, tentée par Jules- 
César Tan 68 avant Jésus-Christ, finit par révacuatîon, 
sous l'empereur Flavius lionorius, Tan i\0, nous citerons 
seulement les faits qui, relatifs aux invasions subséquentes, 
en furent les préludes ou qui les favorisèrent. 

Taylor (*} observe que les légions romaines étaient pour 
la (ilupart composées de Germains, ce qui doit avoir intro- 
duit un élément germain considérable dans la population 
bretonne. Il afQrme même que la piraterie saxpnne com- 
mença déjà pendant le gouvernement d'Agwooia dans la 

(') M. Yavrih, Études relatives à fétat politique eï religieux dès îles 
Britanniques au moment de l'invasion Saxonne^ (T. Y des Mémoires 
présentés par divers savants à F Académie des inscriptions et belteS" 
lettres.) Paris, 4852, p. 43 (42). Comparez Francis Pals^ravb, the Rise 
and progrès ofthe english commonwealth, Loodon, 48^2, in-4«, toI. f, 
p. 467(2). Les Pietés étaieot des Bretons non romanisésï \ts avaiénl 
conservé leur picltire ou ta toaage. 

(*) Words and Places, or Etymological illustrations of history, ethnO" 
togy and geography, by the Rev. Isaag Tatlob, London and Cambridge, 
<865, 2« édition, p. 436 (4), et ses sources. Lbo, Vorlesungen, K. p. 268. 
Wbisht, on the Ethnology of south Britain at the extinction of (hs 
Roman govemment. Essaye, I, pp. 70-74 . 



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Bretagne, e'tal-l-dire è la fin du pmnter ftéde C). Mais 
le nom saxon ne se f encontre qu'à la fin du u*ijècle (')* 
Ptoléraée {Geograpkia, II, 2) les eile comafie poasédant 
alors les lies situées à l'embouchure de TEIbe et probable- 
ment les dtstrids vis-i-vis du Holstein ei eu liadein. Dans 
le siècle suivant, leurs pirateries les rendirent si dangereux 
pour Templre roinain,déjà si affaiMi, que, pour repousser 
leurs attaques et protéger tes eétes4e la Bretagne et de le 
Gaule, on désigna, sous les empereurs Dioclélien(!285-30S) 
el Maximien Hercule (286-305), un chef spécial nommé 
CarausiusC). 

Les Saxons tiraient probablement leur nom du Seax^ 
grand couteau qu'ils portaient toujours sur eux (*J. 

Comme leurs voisins les Danois, c^étaient des brigands 
et des pirates de profession, tels qu'on ne les retrouve 
plus maintenant qu'aux Indes orientales et dans les mers 



(*) L. f., p. 136 (3). Il cita PosTt, BrUamnie Bewtrekes, p. tO. 

(*} LàVPtNaiHê,'i. /., 1,^.44. 

(>) Ayant l*an 286, lorsque Carauêiut, passant en Bretagne (Angle- 
terre}, se fil recoiinaltr^ empereur, 

(*) T^LWt L l^ p. 9%. BauB l'origine, c'était uq grand coutaMi 
d^ piari^, n^9wn, <j>ai8 de fer, /. 1. U7. Yoy. Wumt, (. /., è 
ia planche vis-À-vis d^ la p. 404^ n«« 13-46, jet J. Sncn, YAngMene 
andamie ou Tableau fjlet tnœun, etc., t. I, p. 40, pi. XXII, n«« 4S-t3. 
J. Bosvoafi, 4 DicUonary çf Ihe Angh-Saœon language, Loadon, 
4838, préface, § 48, p. u, dit : « In East Friesia, Saegh^^ a little ^abre. 
C{r. The Anglo^Soç^on Borne, a bistory ofihs dotnesUc institutùmi wd 
cuêiotM JOf Engiand from the fifih (o the ekventh century, by Joii 
Tflaopp, London, 4868, p. fi (2). L'usage de ce couteau n*est pas encore 
oabUé dans la Frise, la gaiae ea est de cuir, le manche qaelq[uelois eu 
argent. On le porte dans la pocAedroUe de la pulotte. 



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- 8» - 

de ih Cibine* Le vdI^ Vooonpalîon das biens d'aiUrui ibr- 
nmeol leui^ fntmpide» reasourees Q). PJusieui^ ^causes 
énooeées 4»*aprd0i bvorisaiait cet éua aQonial de lout 
UB peuple. 

Quand dans }a Germanie ou la Snaadimvie une peuplade 
irouvaU sea moyena de si4»6iKipnce i^svfllisanfSi et était 
incapdnk) de subvenir à des oocroisscmeniscooMaals, elle 
abandonnait le sol ruital et f^e dirigeait, (out eniié|« ou eu 
ponki â la Teoberelie de eoiitrées plus vustes ou plps fer- 
tiles. 

GcAte émigration était volontaire (m déiermiuée par le 
son, ou bien eneore imposée aux membres jeunes de la 
peuplade, qm alor^s se réunj$Wi*nt ordinairement ^lutour 
d'uD chef de clan (^), 

Si les émignants prenaient le ehemin de la n^er^ le chef 
de ces tribus ou du élan équipait une ou plusieurs de ces 
barques (*) CragUes saur lesquelles ees marins intrépides 
osaient biraver TOocan. Le cbef, maitre du vaisseau, 
devenait un Dikhèff ou pirate. 8a famille, son entiuirage 
de jeunes. gens (c/îe»(ss), formaient féqiHpage deaa Hollfi. 

S*ils avaient Fintcntion de ^ fixer quelque pairt et d*y 
transporter leurs pénates, ils emportaient une colonne de 
bois consacrée ou le poteau de la porte de leur demeure 

(>) Thriipp, l. L, p. 286. 

(*] Le Senior ou Alderman, Ealdorman, PAisutLà,^, L L, ^. 353 
ai 415» Q^el ou g^oérai; il éi«it ie duc, d^, her^aoch, hetzog. Ibid,, 
fiu 4â5. « Quod |)aso8, tôt peue (iuces, • dit Sam poêla, chez Bovqust, Y^ 
p.<43S. 

('] Leurs barqtiM pnnitivi^ Hmul d'osier natté, doublé de cuir^ 
s. ^ lu I, p. 5 (S)* 



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— 90 — 

abandonnée. En approchant do la eôte, ver» laquelle ikse 
dirigeaient, ils lançaient la colonne i la mer et débarqoaient 
à Tcndroil du rivage où le flux ou le vent l'avait jelfc. 
C'était la place indiquée par le sort comme leur demeure 
future, et les malheureux colons étaient forcés d'expubcr 
ces intrus de vive force, ce qu'ils purent faire rarement 
faute de moyens suffisants {*). Beati suni pos$idenletf tel 
était ordinairement lé résultai de l'invasion. 

Carausius, Ménapien, Batave ou Breton (^), d'origine 
obscure, pirate un peu lui-même, fut donc chargé du com- 
mandement d'une flotte pour défendre les côtes de li 
Grande-Bretagne et de la Gaule- Belgique [*). Non content 
de ce rang, il attira bientôt des pirates saxons, passa la 
Manche, se fil reconnaître empereur (286) et régna jusqui 
l'an 394, quand il fut assassiné par Alleetus, son succes- 
seur (294-296). 

La défense des côtes fui alors confiée à un cornes mari- 
timi traclûsy nommé depuis comês littoris Saonmci, (ie 
titre se trouve cité pour la première fois dans la Nolitk 
dignitatum /), compilation du temps d'Arcadius (382-408) 
et d'Honorius (590-493) (^). 



(«) Thrcpp, /. /., pp. 178, 184, 285. Tatlor, /. /.. p. 426. 

LAPPiNBiaa, /. /., 1, p. U (2), a recaeUli des indicationft sur m 
aaissaoce. 

(•)/6W..l.p.44(a). 

l*) Voy. Dr A.-F.-H. Scbaumann, Zur Geichiehte âer Eroberwf 
Englands durûh germaniêche Stdmme, GOttingen, 4 845, p. 8(1). Làftv- 
BBRa, /. /., I, p. 44 (3), Wbioht, /. 7., pp. 354 et 382, Utiuh, /. /.,p. 99, 
sont (Taccord, à peu près, sur le tempe de cette oompilatioo. 

(*) NotUia uiraque digniUUum, cum arienliê, tum ocddtnÊU, «Af* 



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Comme nous devrons, de nouveau , citer ee litfus Saxo- 
iiicum en déterminant un des typesdesfcea^la^, la recherche 
(ic son emplacement et de son origine est nécessaire. 
Voici comment Schaumanit, proresseitr (1845) à Gôttingue, 
juge très-compétent dans cette matière, les détermina à peu 
près (M. 

L'Armorique, ))ayi situé le long ou de l'antre eôié de la 
mer (*), était primitivement le nom général des dviiateê 
gauloises, sur le littoral de l'Océan . Hestreint depuis, comme 
tractiis Àrfnoricanv${*), il désigne le rivage entre les embou- 
chures de la Loire et de TEscaut. Enfin, la Nûtitia digni^ 
talvm appelle une grande partie de ce tractùs : « Liitus 
Saionicum. » Ce Httus on litus Saxonicum comprit la 
partie septentti'oriale de la provincia Lugdunensis secunda. 

Mais en même temps que la Notitia dignitatum était 
compilée et qu'elle donnait des indices sur le liltus Saxo^ 
nicum (gallicvfn)i la Grande-lireiagne avait aussi déjà 
son /t7lt/s Saxonicum (hritannicvm). Il comprenait, selon 



Arcadii Bùnoriigue tempora et in eam G. Pamciioli eommentarius, etc. 
Logd., 4608, in-fol., cap. LlXll, p. t6t. — Ex nota receniUme 
Phil. LiBBB. Parisîis, 1654, iD-49; E.BOckimo, Ueber die Nûtitia cUgni" 
tatum utriuêque imperii. Eine Abharidlvng zurihre Literatur-Geêchichte 
und Kritik, Bonn, 4834. 11 publia, plus tard, à Bonn, en 4839 ou 4840, 
la meilleure édition de cet ouvrage. 

(*) L, l., g 4, Ceschichte des Litus Saxonicum an der Nordkuste 
Frankreichs, pp. 5-^9, Cfr. Molbtjtsbn, Bydragen, VI, pp. 244-H8. 

(•j Ar=:le long ; mor, mer, mare, la mer, eau, Scbaumamn, /./.,§ 5. 
Ar- mor = oter-sea [outrt-mer), Latbam, /. /., p. ÎÎ3. 

(*} Sub disposîtione viri spectabilia duels iractûs ArmoricsKii et Ner- 
vicani, tribunus cohortis primœ nov» Armorie», Grannona (Granville, 
en Normandie} in litore SàxûDioo. ScHAtoMAHif , /. /., p. 6. 



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- »8 ~ 

ca .ouvrage^ la cAt^ depuia Douvres^ avec neuf villes ou 
ports 4e mer (*}. 

La source indiquée^ la Katiiia fait même croire à 
Sobaumann (184-5) qu'il faut spécialement chercber dans 
la Grande-Breiagne, l'ancien principe de la division terri- 
toriale par les Romains et de la modification du nom. 

Quoi ^u'Jl «n soiif il ^t constaté que les côtieB opposées 
de la Gaule et de la Bretagne formaient un litiui, m seul 
territoire nommé comitis maritimi trêciùêj dont des 
auteurs plus anciens que Ja coaapilalîon de ia Noêitia foo( 
d^àvmemiofl(*), 

(*) PALStMTi, i. /„ «opposa, dégè en Itaa 4aaa, treiae aat afaat 
SciAuiiAKjf, que des Sazous, avant la descente de Heogist et Horsa« 
s*éUieDt établis dans la Grande-Bretagne. 11 en trouve précisémeDt la 
preuve dans ce nom de rivage Saxon, emprunté, non aux iDYasions 
"Mvivent^s des Saxons dans tes contrées ou à la ^Hoation Ae nie qalli 
rayageaisnt* mais plutôt à loors demeuras établias sur oe rivage. O 
seitalt d'ailleurs une chose 4inomale de nooyner une contrée d*aprës ses 
envahisseurs et non d*après ses babitanis, I, p. 384. — En Bretagoe le 
LiUuê Saxonicum comprit plus tard les territoires d*£88ex et d'East- 
Anglia, l,,p. 412. 

JUtbaii, /. /. (4852), j). 499, énumérant les paragraphes de la KotUia 
qui font mention d'uii LUIuê Sa^canicum dans la Gaule et dans Ji 
Grande-Bretagne, trouve, dans le dernier pays, les localités suivantes: 
Brancastsr, Tarmoutb, Rfculvers, Ricbborougb, Douvres, Lymne et 
Tembouchure de l'Adur. « Putting tbis together, it is safe to say thaï 
M tbe wbole Une of coast from tbe Wasb to tbe Sootbampion waler v» 
« in tbe reigo of Uonorius (390-423)» ifn^earUer,a LiUus Saxonicum. • 

Tatloe (4865), /. / , p. 437, dit aussi qu*avant ConttanHn (306-^')i 
autant dans la Grande-Bretagne que dans la Gaule, il y aTait un LtUut 
Saxonicum, Pans le premier pays, son extension était de Braocsster 
en Noriblk jusqu'à Shorebam enSussex. 

('} Ufpenbss4«, /. i,, l,,p. 44 j(a). « JSarlier writers nsme bim om» 



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Ce lerriioîre formait le centre de Temptre d'un ntinrpQ- 
teur hardi comine Cautaiisitts el de son« meurtrier Alkcttis 
qui lui succéda. 

Après eux, un nouveau districtf se farina des provinces 
arrachées en quelques années (3&6-996) à L'empire el q«i 
bouleversa lanciefiiie division du lerrit^Hre^, 

Le cojuM ifOocM SoMnicif nouvel officier revélii de ce 
tilre^ séjourna dans ta Graode-Brefcagoe. 

Le LiiUês Saxo$%icum Gallicum était une dépeadanee 
(le la Grande-Bretagne». Ces rjfages avaient emprunté leur 
nom des Saxons émigrés, qui, refoullés, par la forination 
d'un empire Scandinave, quittaient successivemeni leurs 
anciens territoires dans la Chersonèse ciiiUu*ique« Dépas- 
aani le» Frisons, race fédérée, aussi; fidèle au sol que 
vaillante , ils fondirent en pirates sur des peuples alors 
moins unis et moins bien gouvernés^ par suite de la déca- 
dence constante de Fempire romain* 

Bientôt leurs habitudes de rapine font place h une colo- 
nisation forcée, à un séjour et le Kitus saxon Jctivn se fonda 
des deux côtés de la Manche. 

Cet événement remarquable eut lieu, d'après Schau- 
mana, a la fin du troisième siècle, et Carausius (28ti-394) 
en fut le principal fauteur. 

Afaximien Hercule (Tan 286) le soupçonna d'avoir 
attiré des barbares saxons et francs sur le territoire qu'il 
devait administrer. Carausius, ayant appris qiue la peine 
capfCalë lui était réservée, hâta sa révolte en faisant la 

mmriHmi irm€tû9^a drcuÊÊManct n^to be overhok$éU.ona€eouM cnihê 
importance of the LiUus Saxonicum for the htOorv: Qf ikf SwcQm. • 



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il 

J 



- 94 - 

paix oTcc Ie9 Saxons et les Francs qu'il devait combaure, 
gagna toute TArmorique à lui, et passant ilans la G^and^ 
Bretagne, s'y fit proclamer empereur. 

Natire du territoire depuis appelé Littus Saxonicum, 
fort de la position isolée de sa résidence, il forçait, par 
ces deux avantages, les empereurs légitimes è conclure 
la paix avec lui et à le reconnaître comme leur collègue (*). 

Le Littus Saxonicum de l'autre côté de la mer compre- 
nant les lieux d'embarquement et de débarquement Bononia 
(Boulogne-sur-Mer> et Rutupiae portus (Richborougb^ («), 
Carausius se hâta de renforcer son armée et sa flotte par 
des pirates, soit en les engageant sous main^ soit en h 
faisant venir de leur pays natal. 

L'énorme quantité de numéraire (') que Caratuius fit 
frapper pendant son règne si court (286-294^ doit sans 
doute son origine à ses grands embarras pécuniaires, pour 
s'attirer d'abord des partisans et payer ensuite la 8i)ldede> 

(*) Voy, la moDDaie ou médaille rare et intéressaote de Tao 289 de 
Carautius, Dioctétien et McLximien Hercute. Chez M. Cobkx, t. V, 
p. 639, et t. Vil, p.362. 

Droit. Caiavsits et FRATRES svi.Btiste radié deCarausius^à gauche, 
ticcosié des bustes nos de Dioctétien et de liaximien Hereuh, tous trois 
avec la cuirasse. 

Rev, Pax AuGoa. La Paix debout, à gauche, tenant une branche d'c^i- 
vier et un sceptre. Dans le champ S. P., à Texergue C. 

f) SCBAUMANN, f. /., p. H (S). 

(') Dans Touvrage important Monumenta hi^torica brUanmca or 
Maieriala for the history of Britain from the earliest period to tV ntd 
ofthe reign of king Henry Vil. Pubtiihed by command ofHer Mûfntf. 
London, 4848, toI. I, in- fol., on trouve 40 planches avec 338 monoates 
de Carausius, M. GonN, t. V, pp. 50I*(M, cite S77 de ces piècas: 
et, t. VH, p. 3<0, 47 autres. 



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barbares «axons et peut-èire aussi des Francs (*), ainsi 
qae celle des légions ^t des cohortes, prétoriennes (*). 

Son successeur Alleclua suivit sans doute son exemple; 
du moins, les monnaies frappées sous lui, durant son règne 
Uiès-court (394-296) sont aussi assez nombreuses (>); nous 
60 verrons paraître des types sur les sceaitas ou petits 
deniers anglo-saxons. 

Carattsius fui donc le fondateur principal du Littus 
Saxonicum et de la dignité de cornes litloris saxonici, 

(') Lathim, /. /., p. 96, fixe ralteotion sur un passage du panégyriste 
Mamertin, contemporain de fempereur Mnximinien (98&-305), qui 
loue son maître d'aToir chassé une armée mercerudre de Froites ûe là 
ville de Londres. Probablement ce (ait eut lieu peu après la mort 
d'Allectus (296), mais il faut observer qu*alors des Saxons étaient aussi 
compris sous le nom de Francs, comme PAisoaAVB, I, p. 377, Tobserve. 
C'étaient alors des noms généraux, comme aujourd'hui ceux d*Améri- 
cains. Allemands, etc. 

(') Genbbibi, dans une Explication des médailles qui font mention 
du cohortes et des différenUs légions de Carausius, s. 1. et an, in-42, 
p. 22, prouve que Carausius, suivant ces médailles, avait au moins une 
armée de 64,000 hommes, sans y comprendre ses forces maritimes, 

(*) Les Monumenta cités pi. XV-XVI, en représentent T3. M, Cohbn, 
t. V, pp. 540-548, en cite 65, et t. VU, p. 363. encore «. Wbiqbt, /. /., 
pp. M 5, 356 et 364, fixe aussi l'attention sur la grande quantité de 
monnaies frappées par oes deux osarpateurs , mais il n*en dit que 
« that they were not neglectful of commemorating themselves. » Il 
assure que ces monuments de métal jettent quelque lumière sur leurs 
caractères et leur histoire, et il espère que sous les mains d*un intelligent 
antiquaire, ils pourront un jour y contribuer plus encore. Voy, aussi dans 
son ouTrage, pp 371-373, des tables indiquant les nombres relatifs des 
monnaies de quelques empereurs romains découvertes à Richborough 
et CaeriOD [Cœsaris legio). Parmi 4,U4 pièces provenant du premier 
lieu, Carausius figure pour 94, AUectus pour 45. Parmi 268 pièces du 
dernier lieo, Carausius figure pour ti et AUectus pour 4. 



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- »6 - 

créée après lut (*). Des rclaiions fntiiiies», des mammnkir 
lions fréquentes doivent avoir en liea entre la Bretagne 
et la Gaule septentrionale à ta fin du m* siède et au 9iècle 
suivant (•). 

Une carte mtéressante , signalée dans Tauor (1. 1., 
p. 152), nous indique une (fiiantitéile noms saxons dans la 
Picardie et FArtois, entre Calais, Boulogne et Saint^mer. 
Presque chaque village ou hameau y porte un nom saxon, 
quelquefois synonyme ou eorrespondamc av^d«» nomade 
Tautre côté de la Manche ('). 

Il donne des indications pour prouver que la cotonisa- 
ti<m saxonne de eetie partie de la Gaule doit avoir été 
eflbctuée par de^ colons appartenant è>dts fanaiUes tenta- 
niques fixées sur la côte opposée, car les huit dixièmes de 
ces pau*onymîques forment le commencement de noms 
propres, se retrouvant dans la Grande-Bretagne (*)«Taylor 
prouve encore que ees colonaaonl arrivés de rOuesi(et non 
du Nord ou de Hilst). Le district de Sr^int-Omer était 
évidemment colonisé par des immigrants qui abordèrent 
à Bo.iiiogfie;« à l'ouest, et non à Dunkerquc, au nord de 
Saint-Omer (»). 

(0 Lappembiag, fit. Il-, pp. 4i-l6; Sgiaumarn, L L, p. 4S. 

(*) Voy. par exemple la note 52. 

(■) Tatlor, /. /., p. 433. Par exemple, ea France: WarhemssWmriuan 
dans le Norfolk, etc. 

(<) Tatlor, /. /, p. 434. Par exemple, en Praoce: Aknetkun^^ 
AUington, en Kent, etc. Voy, surteat chez lui TAppeadioe B, pp* 494- 
495. Saxon Patronymics in Artois and in Engfitnd, 

(S) Le village Marek, près deCalais^ indlqoeaassl par aon msm la lioute 
ethnologique. Un diplôme (Booveoir posthonie) d» Tan 84a<ie Charles le 
Chaave (84a-87?) parle (fun ComiMM Bafaeommui ffia^mi) eld^ua 



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— w — 

Il faut donc reculer le oommencemciit de la colonisation 
saxonne de la Grande-Bretagne an moins de deux cents 
ans, sinon plus longtemps^ avant la datd de Tan 449 qoe 
Ton fixe ordinairement^ quoique par erreur^ comme noas 
verrons plus lard, è la fameuse et un pen apocryphe 
arrivée de Hengiai et de Horsa, et k la première descente 
des Saxons dans la Grande-Bretagne (*)• 

Après la mort d'Alleclus (296)« Consianee-Cblore devint 
maître de la Grande-Bretagne. H mourut à York (506)^ 
ayant désigné pour son successeur Constantin^ depuis dit 
le Grand, qui fut reconnu par l'armée britannique. Nous 
trouvons alors dans cette armée un roi ou chef de class 
teutoniques, dit Crosus ou Erosus (*). Sous le règne de 
Constantin le Grand (306^337), Tinlmense empire romain^ 
ipeu près reconstitué, était divisé en quatre gouvernemental 
Les départements différents de Tadministralion dans là 
Grande-Bretagne avaient à leur tètîe le chef de la Gaule 
occidentale (>), Magnentius (3KÔ-S53). Celoi-ci, peut-èlre 

Pageliuê OÛingua Saxonica ( Ot := Out = ait , vieax) . Scbaoharn , 
/. /., p 27, cite la trouvaille, faite eo Tan 1849, (Tuoe tboriaafe atec lô 
mooogramme de Charles le Chauve et riascription du revers : I(b] caan 
SAsoMiBif. (Ménunru des ofUiquUéê d» la Normandie, citées par Sciau- 
MANN, p. 27.) Il mentioDoe, pp. 28-29, les traits de ressemblance encore 
existants entre des usages westphaliens oo bas-saxons, et qnelqaes- 
ttM de la Normaadie. Gfr. Tatloe, /. /., p. 444. Saœon eelêlement near 
Coen. « The oooatry by Caen is divided by thick hedgerows into saiaL 
irregttlar crofts, and the cottage» are uomistakally Eaglish ratber thaa 
Freoeà in structure and appeatance. § 

(') Tatmm,; /. /.,*p. iaS; Taaupp, /. L, p. 4, compte au moins 30a oa 
400 ans avant cette première invasion. 

(>> Paimbavb, I, p. 379. 

(•} WaiGHT, /. /., p. 358. 
5« sàMiM. — Tous H. 7 



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~ 98 — 

un Breton, créé imperator à Aiilun par les l^ons et les 
auxiliaires, se rendit mailre de la Gaule et de la Bretagne, 
s'allia avec des barbares, parmi lesquels on nomme des 
Saxons (*). L'historien Ammien-Maroellin (*) nous raconte 
que, pendant les années 364-568, des Pietés, des Saxons, 
des Scots et des Attacots ravagaient continuellement les 
provinces romaines de la Bretagne. Le cornes Tbéodose, 
père de Théodose le Grand (379-395), débarqiiaut à Rutu- 
pia, Tan 568, marcha vers Londres (>), entourée de bar- 
bares, et délivra cette ville de cette posidon dangereuse, 
en divisant leurs forces combinées et en les combaUant 
ensuite séparément. Néanmoins, cette confédération était 
si forte, que seulement Tannée suivante (36*J), et après 
avoir attiré à lui par des promesses d'impunité une parue 
des alliés, il osa quitter Londres. Ayant enfin défait les 
barbares, il nomma la province récupérée Valentia, en 
riionneur de son maitre Flave Valentinien (36i-375). Si 
l'on peut ajouter foi aux panégyristes Claudien et Pacate, 
Théodose fut victorieux sur terre et sur mer, vl poursuivit 
les Pietés, les Scots et les Saxons jusqu'aux îles d'OrL- 
uey (*). 

Sans doute, ces Saxons étaient des pirates débarqués ou 

P) Palsoravi, /. /., 1, p. 380. 

(') Biêt., lib. XXVI ei XXVII, cap. Vlll et IX; Hamh, /. L, p. 44S, Picti 
Saxonesqueei Scotti et Attacotti BritanDOsaBrumnia vexavereconiûmii; 
Lathah, /. /.. p. 98, appeUe rattention sur ce dernier mot conimuiê. 

("] Palsgratb, /. /., 1, p. 385. « Lundininm (I*aDCieii nom, le ooo 
nouTeau était Augusta), It is amusing to read such at the présent day. • 

(*) Haigh, /. /., p. 443, notes 27 et S8. 

Maduerunt Sazone fuao, Orcades.... Clauoianus. Saxo oonsomptos 
bellia navalibus offeretur.... Pacatus. 



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- 99 — 

aidant avec leurs navires à bloquer I^ondrcs et à prendre 
d'autres ports de la Bretagne. 

Maxime {Magnui Maximus) se révolta en l'an 383 dans 
la Grande-Bretagne et s'y fit proclamer Auguste. Passant 
la Manche pour combattre Gratien, il emmena avec lui 
une telle quantité de jeunes et de nobles Bretons, que Ton 
suppose qu'une colonisation de l'Armorique en fut la 
suite (*). 

A la fin de son régne (383-388), Tan 387, Maxime 
envoya Gratien Municeps pour secourir les Bretons contre 
les invasions des Pietés. Stilicon, général de l'empereur 
Flavius Honorius (390-493), les défit en l'an 397. Il répara 
le rempart d'Antonin et fortifia le Littus Saxonicum. 

Les tyrans se succédaient alors tellement dans la Bre- 
tagne que leur grand nombre devint proverbial (*). Marcus 
(f 407), Gratien-Municeps-Gonstance (408-411). Ce der- 
nier quitta nie pour envahir la Gaule et l'Espagne. Les 
Pietés et les Scots profitèrent de son absence pour assaillir 
les Bretons. Ceux-ci appelèrent les Romains à leur aide 
et Sevëre-Acquile fut envoyé à leur secours ('). 

Il défit pour la dernière fois les Pietés et les Scots. 

D'autres tyrans, Victorin et Héraclius; d'autres gouver- 
neurs, Placidus et Gastius, furent défaits et battus par 
les Pietés et les Scots. Le dernier succomba en l'an 410, et 
les vainqueurs inondèrent la Bretagne. Les Romains quit- 



ta) Palmaati, I. / , I, pp. 38t-3SS. 
n Bieronymuê in Ctesiam. Palmravi, /. /., f, p. 386 (43). 
(*) HAïaa, /. /., p. 49, qui ne cite pas ses sources, place tous les évô- 
Boents depuis If arciit jusqu'à CaUiuê entre les années 407-440. 



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— 100 - 

tèreot alors pour loujoiirs Ttle, et c'esi en vaio que les Bre- 
tons 8 adressèrent k l'empereur Honorius (390-iS3). Il 
repondit que dorénavant ils devaient s'aider eux-mêmes (*)• 
La Bretagne devint indépendante de Rowèe (')• 

C. La firetagne indépendante (ilO-iSS); sonmise peu à 
peu par les JuÊeê, les Saxons et tes Angles (438-586) 
et enfin christianisée (IS96*688). 

Depuis Févacuation de la Bretagne (410) jusqu'à la fin 
du VI* sièele, Thistoire de ee pays est enveloppée d'une 
obscurité profonde (*). Les indieationsy jusque li rares et 
vagues des écrivains romains et grecs maoqueni totale- 
ment. Les annalistes, ou ne remontent pas si haut, ou ne 
sont à consulter qu'avec la plus grande réserve (*). Leurs 
récits paraissent empruntés de poèmes ou de chansons, 
traditions orales défigurées par les transmissions succes- 
sives de bouche en bouche et arrivées à l'état de romao Q). 

La chronologie établie par les «uieurs.^ même les plus 



(^] Zoanm, lib. ?I, cap. X; Wumt, p 385 (I). 

(•) PAtsciuvK, 1 1, h p. 387. 

(') Wrigbt, /. /., p. 385^ « In profouod obscority and to anderataDd 
ii ail, we must glaDce back on what bas been ibe state of the island 
under Roman ruie. « 

(*} LAPPKiuiBAa, /. /.» I, p. 74 . « For a perlod of neariy a bondredand 
flftyyears, weare unable to adduce a single trastworthy authority for 
ibe bistory of tbe pagan Anglo-Saxons. > 

Latiam, /. /., p. 447 (*). m The year 447 la tbe year in wbich ùrosisi 
concluded bis bistory. It lee^es 98 aear u aiay be, a ceataiybotveeo 
tbe last of the Roman informants and th^ birth of the earliost Britiib. > 

n Palscaavb, /. /., U PP* 389-390, 39SI. 



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renommëii, M souvent fisutive. Se fiant è rautofité d*un 
écrivain comme Bdde, dit le Vénérable, ils prétendaient 
toujours (}ue le premier débarquement des chefs jutes, 
Horsa et Hengist, eut lieu Tan 4-49, tandis que Ton admet 
maintenant Tannée 498 (*) comme date du commencement 
des invasions continuelles par mer, qui finirent par subju- 
guer la Bretagne. 

Un écrivain anglais, surtout, M. Daniel H. Haigh qui, il 
y a quelques année8(186t), fit tous ses efforts pour rédiger 
mie bonne liste chronologique de6 événements accomplis 
depuis Tan 385 jusqu'à l'an 954', nous assure (*) qu'en 
adoptant l'année 428, les récits britanniques et saxons 
s'accordent pendant une période de soixante et dix ans 
(années 418-496) jusqu'à Tan 498 où Decius Paulinus et 
Joannes Scyiha forent consuls, et que, depuis cette époque, 
rbiaioire anglo^^xonne commence à reposer sur des bases 
pins eeriaifies ('). 

Nous ne communiquons les fiiits principaux de cette 
liate ehronotogi^ae, que dans l'impossibilité où nous nous 
trouvons d'en établir une meilleure, et sous la réserve 
expresse de ne pas adopter aveuglément toutes les théories 
oo assertions Q) de cet écrivain distingué, quoique ci^i- 



(*) M. BiaoT, dans la préface intéressante des Monumsnta, pp. 444 
et suiTantes, admet Tannée 428. Gfr. Lappbnsbro, /. /., I, pp. SS-63; 
TuMna, /. /., 1, p. 46S; Haios, /. I., p< 49. 

(»J t. /..p. 474. 

(>) Haiob donne, p. 467, le fondement» et pp. 473-474, le résalUtde 
sa chronologie. 

(4) Par exemple, p. 20, anoo 445, Stonehenge erected about tbis 
time(!). Une assertioa défeùdue très-faiblement, p. i64. 



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- 10» — 

tiqué par un autre auteur anglais assez hardi, lui-^éne, 
dans ses conjectures et ses conclusions (*). 

Nous nous permettrons d'y ajouter quelques observa- 
tions : 

Année 425. Vortigern usurpe le trône. Son arooée est 
défaite par les Pietés. Il appelle à son aide des Saxons. 

Année 428. Horsa et Hengist arrivent, par un cat /br- 
fttfl, et sont enrôlés dan5 les troupes de Vortigern; ils 
livrent bataille aux Pietés près de Stamford et reçoivent des 
renforts de leur pays (Jutland). Ils livrent un nouveau 
combat aux Pietés dans le Yorkshire et le Northumber- 
land. 

Année 429. Des renforts frais arrivent, envoyés par les 
Jutes. Une autre bataille est livrée dans le Noriliuoiber* 
land. Horsa est désigné pour défendre les côtes du S.-E. 
Hengist épouse la fille de Vortigern, nommée Rumwea. 
Kent est cédé aux Jutes. Octa et Ebissa se rendent en 
Bretagne et arrivent avec Childéric. 

Année 433. Vortigern est détrôné et Vortimer élevé sur 
le trône : il défait les Jutes sur les bords du Derwent^ et, 
de retour à Aylestborpe, en 454, il remporte, en 435, la 
victoire appelée Alléluia, et gagne la bataille d'Episford où 
Horsa succombe. Hengist succède à celui-ci comme roi de 
Kent. II est défait par Vortimer et expulsé de la Bre- 
tagne. 

Année 456, Vortimer étant mort, Vortigern est ré- 

(^) M. Tatlor, /. /., p. 309 (2), dit de Touvrage de M. Haigh, Conqueii 
of Britain, p. 267. • This is an uncritical work, but coDtains a large 
siore ofcarefuUy cottecM and sometimes valuaHe facU, » 



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tabli: il invite H^ngist à revenir. Hengist. à son relour, 
défait les Bretons qui l'attendaient à Grayford. 

Année 457. Essex et d'autres provinces sont cédées k 
Hengist. 

Année 441 . 11 réussit à subjuguer une partie de la Bre- 
tagne. 

Année 443. Ambrosius défait Hengist, le prend et le 
met à mort. Il fait la paix avec Octa, Ebissa et Ossa. Les 
Saxons sont chassés de liOndres. 

Année 444. Combat entre Ambrosius et Hengist 11 (per- 
sonnage créé par M. Haigh. Voy. p. !289-299). Paix 
(l'an 444-449). 

Année 450. Octa, Ebissa et Paccent (Saxons) descen- 
dent à Menevia. Guerres intestines (l'an 4S0-4K3). 

Année 4K7. Mlle et ses fils arrivent et s'établissent sur 
les côtes de Sussex. 

Année 465. Ils s'avancent dans l'iniérieur du pays et 
demandent des renforts. 

Année 467. Hengist II meurt. Son fils Aesc-Occa donne 
la ISorthumbria à Colgrim et lui succède dans le Kcni. 
Commencement du règne d'Arthur. Ses hauts faits, assez 
mythologiques (l'an 467-493). Sa mon, etc., etc. 

M. Haigh a fixé les dates de ces faits, assez douteux, 
comme points de repère de son essai pour mettre en har- 
monie (comme le titre de son livre l'indique) : « The Ats- 
« toria Britonum, les ouvrages de Gildas, le Brut et le 
• 5axon Chronicle. » Ses dates diffèrent -quelquefois avec 
celles qui se trouvent dans Timportant Chronological 
abiiraiif des âîonumenta Britannica, vol. 1, p. 129-i 46, et 
comprenant les années A. D. 59-488. Elles sont tirées des 



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ouvraget eontenus dans le premier Tolmne (le «tiil pm 
jusqu'ici, 1869) de celle Imponaiite eolloetioB; oQvngei 
doDl la valeur historique esl jugée dans la préface, 
p. 106-198 (*)y comme chez Lappenberg, i. I, p. xivHfiii 
doni riniroduelion lilléraire, p. uichlxtui, esl digne 
de l'ouvrage qu'elle précède. 

En pareourani lea listes chronologiques que nous avons 
mentionnées, en les criliquanl el en les confroniant, oo 
s'assure que Ikda s'esi trompé d'une vingtaine d'années, 
en Qxani l'arrivée de ces fameux Uoraa el Hengisi en 



(') Poor Doire époque, ce soni priocipalemeDt les oavrages ralTaeli : 

I. QuBM Sapimftf da esetiH BrUannim AtrCorim pp. M5, etSpîlM 
ijui, pp. 4M6, GUda QaqoU Tan 546. Manum^Ua, 1, p. 46 (6). Utaïa. 
I. I., p. 1S7. SoD jugement sur cet auteur est très-défaTorable, pp« 446- 
448. • He tells so little, that the question as to the value of his aotbo- 
rilies is reduoed to nearly nothjng. • Baiqi, /. /., pp. 9-6, défend 
l^ulbenttoité de Oilda, que Wumt, 1. 1, p. SSS, éil avoir allaqoé dans 
la Biographia Briianniea Literaria. 

II. Eulogium BriiantWB sive hisioria Brtfontim, aoctore Nmno. 
pp. 47-8S. NeuDius, disciple de Tévèque Elbot (f 809), naquit Tere la fin 
do Yiit* siècle, et écriTit son histoire des Bretons en Pan 858. MotiU' 
«ente, p. 47 (o). UnAH, I. ê., p. 490, dit qo*n n'y a pas detiac» 
dans Nennius d*aD historien. Suf ses sonroes, voyei ifaatMiMls» 1* 
p. 47 (6). 

III. Venerabiliê Bbda, Chnmiam sive de eex hufue secuH etM^t 
p. 83-40). Biêtorià ecdeeiaetiea genlie Anglorum, p. 403-189. Beda, 
moine et prêtre, qaqait Tan 673 et mourut Tan 736. li finit mb Bk H h a 
ran 734. Ëhnumenia. I, p. 403 (a). Lappeusbro, /. L, I, p. 76, dit de 
lui : • Beda, whose glaring deficienry in historic criticism has orer 
been dulty attended to followed in the ane accounl the Kentieh narra- 
tivee, in the other, the Nord-AngUan aulhorities, • • Beda haud semper 
sibi oonstare videtur. » MonumenU^ I, p. 43 (a). 

IV. Tha AngfQ^Saaon ChmUcle, pp. S94-466, etç.« elc. 



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^ MB ^ 

Tan 449» «0 lien de l'an 498 («)• U Bretagne parait atoir 
compris, entre les années 410-498 et peu après, quelques 
dviiatu (républiques) indépendanlesi sans eesse rivales et 
bienidt subjuguées par des tyrans militaires, puisque, 
comme dit Turner (*), dans ce mal, le pire de tous, « la 
furie civile, » c'est Tépée qui finit par prévaloir. Un de 
cet tyrans, Gurthigernus (selon Gilda) ou Voriigern, parait 
avoir dominé les autres dans la partie méridionale de rUe, 
lorsque Horsa et Hengist abordèrent les c6tes (*). 

C'est ici le lieu de dire quelques mots de ces personnages 
un peu mythologiques, du lieu de leur débarquement et de 
leur première possession, Tile de Tbanei, à rembouchure 
de la Tamise. 

Horsa et Hengist sont cités comme ceux qui abordèrent 
les premiers dans la Bretagne pour aider les Bretons 
assaillis par les Pietés et les Scots. Ce rôle leur est atU'ibué 
non-seulement dans les annalistes anglo-saxons, mais aussi 
dans les légendes frisonnes, coordonnées par les annalistes 
frisons («), ainsi que dans les légendes des Nord*Prtsons, 

(*) Lorsque les Romaias quittèrent (440) la firetagnei rénuméraUon 
des dates selon le style Romaiu, par consuls et empereon, cessa. On 
ne comment pas alors à compter par les années écoulées depuis la 
naissance du Christ. Ce ne fut que dans le yi« siècle^ que X>idi^tia 
Eaeigwàê introduisit cette méthode, et on ne Tadopta en Angleterre 
qn*après la conYeraion de quelques rois aoalo-saions. LAmnasas, 
/. / , I, p. .74. 

(>) L, L, I, pp. 49a-494 (S). U cite Paoco», Hiêt. Vundalorum^ qui 
affirme que depuis l'évacuation (440), nie fut gouvernce par des des- 
potes, • rV/^MMPtl<. » 

(>} TuHRBR, I, pp. 496 et 2fi3. 

(*) LAPParosao, /. /., I, p. 79 (3). Son traducteur Thorpa indique 



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— 106 — 

et des habilaots des fies laDgeanl la cAte da Sehieswig. Ces 
dernières les font partir da Lister-Tief, détroit entre les 
lies Rôm et Sylt, séparant encore aujourd'hui les Jutes 
des Nord-Frisons (*). Nous verrons qu'en réalité les pre- 
miers qui abordèrent la Bretagne étaient des Jules Q) 
habitant la Chersonèse Cymbrique et y relégués maintenant 
jusque dans sa partie septentrionale. Une preuve convain- 
cante de cette assertion se trouve dans le royaume Jate, 
le seul que ce peuple forma, de Kent, de l'ile de Wighl 
et d'une partie du Hampshire Ç). C'étaient des aventu- 
riers ou des exilés que le hasard fit aborder dans la Bre- 
tagne méridionale avec leurs trois navires pouvant ren- 
fermer au plus trois cents guerriers (*). Ils descendirent 
sur cette oôtCi sinon déjà assaillie du moins menacée par 



qa'Oeeo Seharlennê, Tanoaliste frison, suiTit GeoCFroy de Monmoath. 
Comparez roavrage à citer p. Î7 (3), The Cat^Stonê, p. tè (4). 

(«) M. NissiM, ih PnêkeSJemOm {h Miroir firiêom, littéralemeat 
ijem 00 sJenaH», la pierre qoi luit ou Ton se voit). Altooa, 48Sa, p. 35. 
L*ezoelleote carte se troarant à la fin de l'ouvrage recommaodable de 
notre ami G.-P. Hansen (à Sylt, une des tles nord-frisonnes), Ika 
SekietwigMchê Watienmeer und die fheeisehen Insein. Gtogau, 1863, 
indique, an snd du Lieter-Tief, mentionné dans notre texte, un banc 
de sable nommé Bengisi, Plus au snd se trouve le Eorebuller Steert, 
un banc semblable. 

(') « De Jutarum origine sunt Cantuarii et Victuaril; boc est ea geos, 
qo» Vectam (Wight) tenet insulam et ea quas usque bodîe (anno 731), 
in provincia oocidentalium Saxonnm (Ëssex), Jutarum natio nomi- 
natur, posita contra ipsam insulam Vectam. » Bbda, Monumenta, I, 
p. 4S4. 

(*) BoBWOHTi, préface, Diet,, p. zv, p. xxi. l^urs possessioDi eo 
Bretagne étaient en rapport avec leur nombre. 

(«]TimHBa,f.i., I,«(S5(44). 



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— 107 -' 
les Pietés, qui occupaient déjà la partie septentrionale de 

rtie. 

On objecte leurs noms Horsa et Hcngîst, comme épony- 
miquea {*) ou sentant des épithëtes poétiques, car Hengist 
est le cheval de bataille, et Horsa (Ross) le cheval ordi- 
naire. Mais outre que nous avons déjà dit que Ton trouve 
encore ces noms dans leur patrie, ils se retrouvent aussi 
dans une quantité de noms locaux de TAngleterre (*), ainsi 
que eeui de leur famille et contemporains mentionnés 
dans ces mêmes annales pins ou moins apocryphes (>). Si 
l'on rejette toute Thistoire de la première descente des 
Jutesy Horsa et Hengist, à cause de leurs noms chevaleres- 
ques, ou du moins si Ton s'en sert comme arguments contre 
la probabilité des faits mentionnés, on peut de même nier 
la découverte de rAmérique par un Colomb, ou les recher- 
ches, voyages et aventures d'un Drake et Hawkins, ou les 



(*} Whiobt, /. /., p. 394 ; Tatlor, /. /., p. 309; Paisaaavb, L L, I, 
p. 394. On y trouva môme uoe allusion au cheval sacré des Germains 
(Tacitb, Cerm,, cap. X), et au cheval blanc des armoiries de Kent. 
Lafpsrbbro, 1, p. 19. Ce cheval sur la bannière aurait fourni Torigine 
de la légende, et ainsi de suite aux narrations de Geoffroy de Mod- 
mouth. TaiiRBv, Histoire de la conquête, etc., I, p. 46, y trouve au 
cootraire on emblème de bannière conforme aux noms des deux ckieis. 

(*} Tatloi, l, L, pp. 309-340. et surtout Haioi, /. /., pp. 460-454. 

(•) Tavioa, /. r, pp. 454 et suivantes, et surtout un petit ouvrage 
très-intéressant : The Cat-Stone (Édimburgshire) : iêU not the tombetone 
of ihe Grand fatker of Hengist and Horsa? by J .-T. Simpson. Édim- 
burg, 4862. Le savant auteur s'attache ë prouver que ce CatStone (pierre 
OQ monument, souvenir d*une bataille, Cat),k Kirklisten, avec Tinscrip- 
tion In (h)oc tvmvlo iacbt vbtta : victv, a été érigé en rhonneur du 
g rand-père de Horsa et Hengist. Gfr. Haiob, L t., pp. 444 -448. 



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^106 — 
exploiu du général Wolf| ele. (*). Bédé nous assure que, 
de son temps (673-735), on montrait encore dans le duché 
de Kent un monument (Cat-Stone?) érigé à la mémoire 
de Horsa (tué l'an 436 dans la bataille d'Épisford (*)• 

Les historiens anglais , même ceux qui rejcUent les 
récits poéti4]ues(')^ sont d'accord que la première possession 
des Jules dans la partie méridionale de la Bretagne fut une 
lie nonunée en langue bretonne Ruichin (*) et dans la 
langue des nouveaux possesseurs Taneth ou Thanet. Selon 
Taylor (■), c'est un nom qu'on retrouve dans Solinusi 
auteur qu'il croit être du iv* siècle au plus urd. 

La situation de cette ile était très-favorable pour dominer 
la Tamise. On vante sa fertilité et son agréable climat (*). 

Le commencement du règne jute-anglo-saxon était sans 
doute bien petit ('), mais ils avaient en leur pouvoir le 

nSwP8ûR,i./.,p.S9(4). 

(*) SwMON, /. l., p. 60 (S), donne le récit littéraire des recbercbei 
faites à cause de ce rnooiunent, dont LAm«Bita, I. /., I, p> 79 0], iàit 



ParexeflBple, Paimbavs, /. I., 1» p. 99k. 

n Nnmm, Mmntmênia, 1 , p. 6S (d)* Dans les ^riaDtes I. i.. on Kt 
Ryoiidn, RuioMm» JltiodUfii • qm liogoa eonun îoiMlA, Brifftmtoo 
semone Rv4ekin Tooaior. » 

Tavlok , L I., p. 438. UmiiaBas, I. ê., I, p. OS (f), Indiqiidao 
doenaest de l'an 6M, oè l'on reltonve ce non . 

# FeUx Thanet saa fecatidf tate , insala anidentf, tôna rftnm 
copia, ragDi floset tbalamas •, etc., Joeelffn, dans I«AprtM«aa , I, 
p. 68 (S). BiDà le décrit ainsi, cap. XXV (Jfomiiiiefito, I, p. 430 (D)) : 
« Est antem ad orientalem Cantie (Kent) plagaai Tanatoé insola ood 
modica, qaam a oontîDenti terra (Keal) seoernil aoThis Vantsun 
(Wanstam), etc > Sur la aitnatioû trèa-modiSée par allOTions de eeltd 
Ue, M^. TuBiiu, I. p. 866 (48). 

(') BaoA, I. L. rindique aioa* : • Hagnilodflnls }8lta t 



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port par lequel leurs oompatrioiès pouvaient enlrer dans 
la Bretagnei comme autrefois les Romains par celui de 
Rutupia (Ricliborough) dans la même ile ('). 

Quand l'apôtre Augustin, plus tard archevêque de Cau- 
terbury, arriva, en l'an 397, en Kent, le roi Etiielbert 
(560-616), quoique encore payen, l'aocueillit fevoraUe- 
ment ei lui indiqua l'Ile de Thanet pour demeure (*). 

11 est remarquable que feu M. Retbaan Maearé (') nous 
ait donné un petit denier ou $ceaUa, selon lui, avec la 
légende TAN VM, dans laquelle il lit par syncope Tancftum, 
et qu'il attribue au roi prénommé. 

Il va sans dire que, dés que les Jubés eurent le pied ferme 
sur cette partie riche (*) et déjà civilisée d'une immense 
Ile, ils se hélèrent d'appeler à leur aide des compatriotes (s) ; 



«stimatîonb Anglorum (o) familiaram sexceutanim. » L*éditeur de Beda, 
M. S(haepb), note (o), obsenre • Hidaram sive carrucalaram. Portio 
terr» est oeDtum cirdler acrafum (ocris), ciyus caltura tàmilis alands 
sofflciat. » 

(*] Les Jates descendirent à Ebbs-fleet oa Tpwines-fleet . Tuansa, /. /. , 
I, p. SS5 (42), près de Richt)oroagb. Cfr. WaïaaT, /, t., p.iti. 

Bbda, /. /. 

(^ Tweedê verhandeling over de by Domburg gevonden romeinsche, 
frankiêçhe, hritUtniscke en andere munlen [*). Middelbarg, 4866, p. 37, 
pi. I, n« 24, reproduite par nous sur la pi. F, n» 4. 

P) WaïQjiT, /. /., p. 444. « Kent*s discoveries show a greater degree 
of weallh and refinement tban tbe otber Saxon or Anglian kingdoms. 
Voy. la pi. /. /. 

(*) Nbmnius, cap* XXXVII. « Qui rereisi sont cmn cblolis (kielea =5 

• 

(*) IVovs rMonmandoot cm diHcrlatioas fur les nonDaict «BcicoBCf, «le, iroDTéei f«r 
U rivtfe de Donborg (Zélaadc-Pajt-BaO, à rattentiôn de bm leeteort. Ut moonalet 
ffktaqoM et Mglo-MiODiiet mbc pretqM tovtct reproduites dant le demltr toliae da 
gfBBd M««a^ de M, V^BdeiiGhfli. 



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- «0 - 

mais, comme nous l'avons précédemment indiqué, il esi 
impossible y ou du moins très-difficile, d'indiquer toutes 
les circonstances qui accompagnèrent leur conquête du 
pays de Kent; de Tile de Wight et d'une partie du Hamp- 
shire Q). Horsa a succombé dans une bataille Tan 438. 
Hengist est mis h mort en Tan 443, mais leurs successeurs 
continuent h régner sur le territoire indiqué, et parmi les 
huit royaumes qui forment enfin, dans l'an S86, THep- 
tarchie ou plut6t rOclarehie, si connue, on ne compte 
qu'un seul royaume jute (*). 

Il serait trop long et assez fastidieux pour no$ lecteurs 
d'entrer ici dans des détails pour esquisser l'occupation par 
les Saxons et les Angles du reste de la Bretagne, et pour 

Taisseaaz). » XVII. Gfr. ibid., cap.XLVI. • Vocandochiolascom ingenti 
namero viroram bellatoram et foKium. > Monumental I, pp. 65 et 67 ; 
TuANBB,!./., I,p. 326(6). 

n TuRNSR, /./.,!, 258. 

(*] Un passage remarquable et qui prooTe que, longtemps après, les 
Jates n'étaient pas encore oubliés, se trouve dans les lois d*Édouard le 
Confesseur (4042-4066), « Guti cum veniunt suscipi debent et protegi 
in regno nostro sicut conjuncH fralrea, sicut propinqui et proprn civei 
regni hojus. Ezierant nempe quondam de nobile sanguine Angiomm, 
scilicet de Engra ciTitale el Aoglici de sanguine illorum et semper effi^ 
ciuntur populuM unus el gène una. « Bosworth, Dict., p. l (§], et Tarticle 
très-intéressant de M. Karl Marck, Die Jneel der Nerthus, dans la 
revue Germaniaf 4859, IV, p. 395. 11 fixe Tattention sur la découverte 
faite par le professeur Henri Léo, près de Heidelberg, d'une grande 
quantité de noms synonymes de lieux en Kent, domicile des Jutes 
émigrés. Il donne, pp. 396-399, une liste contenant vingt-eiz de ces 
noms synonymes. Haigh; /. /.,p. 409(2),dit ; « The law of Gavelkind, 
we are said to hâve been indebted lo the Jutes, who settled mainly in 
Kent : and in Kent, where the Jutieh cUttom of gafeikind e^iite, tke 
rule êtiU continuée to be abeerved that an heir eomeê ofageai fipeen. 



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indiquer la formation des huit royaumes» $avoir : un jute, 
trois saxons et quatre angles, existant dans Tannée indi- 
quée, 586. 

Le premier royaume saxon parait avoir été établi par 
Ella, dans le voisinage de eelui des Jutes, sous le nom de 
royaume des Sud-Saxons, South-Sax^ maintenant Sussex. 
Dans Tan 494, une eolonie laissante arriva eonduiie 
par Cerdie et se fixa à l'ouest du Susses. Après leur éta- 
blissement définitif, en 51 9, on nomma ces colons les West- 
(Ouest) Saxons (Wessex). Leur territoire embrassait la 
partie Fcpteulrionale du Hampshire, les comtés de Berks, 
Wihs, Dorset, Somerset et Devonsbire, et une partie des 
Cornouailles. 

Le troisième royaume saxon, datant de Tan 521, est 
fondé dans TEssex et le Middlesex et la partie méridionale 
de Hertfordshire, sous le nom de East-Saxons, East-Sax ou 
Essex, Saxons de l'orient (^). 

On voit que le territoire saxon avait une grande étendue* 
Pourtant il était moins vague que le nom saxon à l'égard 
de la Grande-Breugne. 

Thrupp (*) observe très-judicieusement que Ion confond 
ordinairement dans ce nom général tous les Anglais vivant 
entre les années 445-1066, espace aussi long, dit-il, que 
celui qui nous sépare maintenant du roi Henri III (131 6- 
1372). On se représente ordinairement tous les Saxons, 
comme tous les anciens, vivant simultanément et que 

(*} BoswoRTH, DicL, p. XT, doDoe cet aperça aiasi que le suivant sur 
le temps des établissements des royaumes saxons et angles dans la 
Bretagne, comme le résumé de ses recherches. 

f)A,i.,p.3(«). 



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— lia — 

Heogiat (438) et Hwrold (1066) étaient des amis intimes. 
Pourtant^ il y avait une aussi grande différence entre les 
idées morales, les mœurs et les usages du temps de Hengist 
et ceux du règne d'Edouard le Confesseur (tO42-i066) 
qu'entre ce qui existait en Angleterre sons Henri VII 
(1465-iSe9) et l'Angleterre d'aujourd'hui («). 

La conquête de la Bretagne, d'abord commencée par les 
Jutes, puia continuée pçr ks Saxons et terminée par les 
Angles, ne se fit que successivement et pendent un grand 
laps de temps. Elle ne pouvait se faire que très-lentement, 
car les forces des assaillants n'étaient pas égales à celles 
des Bretons attaqués. La division du territoire, les guerres 
continuelles de^ petits états bretons entre eux, leur jalousie 
mutuelle les livraient séparément i la merci de leurs 
agresseurs d'outre-mer. Ceux-ci n'avaient pas i combattre 
des forces nationales réunies, mais des. forces jalouses e( 
séparées (*). Ce fut la cause principale de leur u-ionipbe 

finaL 

Mais d'où venaient ces Saxons? En partie de l'Aile^ 
mâgne et en partie de la Gaule, du LUtus SoxoHicnm Gai- 
licum renforçant ceux du LiUus Saxonicum Britannkm, 

La Confédération germanique, connue sous le nom de 
Conrédération des Saxons, occupa la plus grande partie de 
la Germanie inférieure, basse ou septentrionale où l'on parie 
encore aujourd'hui ce dialecte dit plat-deuUch ou vieox 
saxon Qy Elle comprit : l^ les Estphaliens sur les bords 



(») Taawp, /. I.,p.«' 

(•] TuANBR, /. /., 1, p. d48w 

(•] « DeSaxonibus, id est ea regioDeqa» oaoc antiqaofOB Suonom 



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orientaux du Wéser (la Visurge); ^ les Weslphaliens lon- 
geant les bords Qeeidentaux de la Visurge jusqu'au Rhin et 
jusqu'au Zuiderzee; 3" les Angravariens plac^ entre les 
deux premiers et sur les côtes de la mer du Nord ; V les 
Nord-Albingiens, depuis l'Elbe jusqu'au Danemark, et, 
enfin, 5"" les Trancs Albingiens, en partie. 

Une faible partie seulement de ces peuples se transplanta 
dans la Grande-Bretagne. Le nom saxon resta en Aile- 
leroagne, et le petit royaume de Saxe est encore aujour- 
d'hui un débris de l'immense territoire que la Conledéra- 
tion couvrit autrefois de ce nom. 

Les Angles, leurs voisins du Nord, au contraire, comme 
nous l'indiquerons, quittèrent complètement et presque 
sans exception leur territoire, à tel point que leur nom 
s'évanouit parmi les peuples germains. 

Mais il surgit plus glorieux de Tanu^e côté de la mer du 
Nord, pour se faire connaître et respecter sur presque 
tous les points du globe, d'un pâle à l'autre ! 

La plus grande pan à l'honneur d'avoir fondé trois 
royaumes saxons dans la Bretagne, parait pourtant revenir 
aux Saxons d'outre-Manchc, c'est-à-dire les Saxons ex littore 
Saxonieo Gatlico. Réunis aux Saxons déjà sédentaires 
dans le littus Saxonicum Britannicumf ils créaient les 
royaumes de Sussex, de Wessex et d'Essex. 

Pour prouver celte thèse, nous renvoyons nos lecteurs à 



cognominator veoero OrientalêM Saxooes (£tf€a?), MêMiani Saionea 
[Suêsex], OceidaniSaiXQXïes{Wessex).BEnkJ. L.Monumenta, p. 4)4. Les 
DoaveUes de M. Fritz Reuter ont fixé l'atleotioa but ce dialecte parlé 
eocore de dos jours par des millioDs d^AUemands. 

6« séui. — ToMB H. 8 



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quelques pages précédeiiteSy et surtout à Topuscuie déjà 
souvent cité du professeur Schaiimann Q). Il indique que 
le saTanl VigneriuSy dans son Tractatus cte origine vetemm 
Francorum(^)j avait déjà très-bien soupçonné qu'unegrande 
partie des faits attribués aux peuplades saxonnes de TAIIe- 
magne appartenait aux Saxons du littoral. La découverte 
d*un littus saxonimtn dans la Notitia dignitatum fit depuis 
ouvrir les yeux et les fixer sur les relations entre les côtes 
opposées, déjà florissantes au temps de Joles-Césnr (>), et 
entretenues depuis comme nous l'avons indiqué. 

Dé telles relations n'existaient nullement alors avec les 
Saxons de la Germanie, plus éloignés des Bretons et 
presque inconnus à ceux-ci. Assaillis par leurs barbares 
mais vaillants voisins du nord, les Pietés, ils eurent recours 
à leurs voisins d'outre-Manche, guerrier» qu'ils connais- 
saient, et demandèrent leur assistance. 

Le souvenir du grand pirate Carausius, régnant des 
deux côtés de la Manche, ne peut pas être déjà complète- 
ment effacé alors chez les Saxons du littuê Saxonicwn 
Britttfinicumy affaiblis par leurs divisions et leurs querelles. 
On implora leur aide ; c'étaient d'anciens alliés. Us répon- 
dirent à l'appel, mais le secours prêté d'abord et consis- 
tant en un petit nombre d'hommes fut suivi d'une émigra- 
tion générale et terminée par la prépondérance des deui 
peuples. 

(0 Zur Geichichte der BnAerung Bnglands, durch çerma»i»thi 
Stamme,^iei%. 
(*) DucHBSfli, I, pp. 460 et 6uiv. 
(>) BeUum GalHcum, III, «. 



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— 145 — 

Quant aux Saxons établis dans la Gaule, leur émigration 
successive (*) et non spontanée et par suite (fune seule 
conquête, comme plus tard cellecle8Normands(1066), coïn- 
cide avec renvahisaement toujours croissant de la Gaule 
romaine par les Francs. 

A mesure que ceux-ci pressent les Saxons du litius 
Saxonicum Gallicum^ ces demies passent la Manche, 
jtisqu'i ce qu'à la fin le nom saxon disparaît de la Gaule (*) 
et est remplacé par celui des Francs, vers la fin du 
VI* sièle('). 

Les faits suivent et s'accordent ainsi parfaitement. 

Nous verrons plus tard que la numismatique ne s*y 
oppose pas, qu'elle confirme, au contraire, cette suite 
d'événements accomplis dans ces temps reculés et obscurs. 



(*) PALSttftAVB, l. Lf I, p. 396, les nomme • distinct enterprises of 
indepeadeot aveoturem. • 

(*) ScBAOHAMii, /. /./p. 28, indique qae le? Gesla regum Francorum 
nomment une fois le Pcigus Sucasioneruiê, PoytM Scupomqus, et que 
Frbobgaibb, dans son Chronicon, nomme la ville de Soissons SaxoniM. 

Voici le commencement du poème FEstorie desEngiessolum la trans- 
lation Maiêtre Geffrei Gaimar, MonumentaBritannica^ 1, p. 764. 

Li Attglcls 10» Jars o«relf mirai ; 
C«r de nllrc'mtr MTeni ▼Malcnl. 
eu d* 3ciM0sM et de AUmalgM, 
S'ajntteat à lar eompaigoe. 
Par Dm Hengb, lar aneetsnr, 
Les titrât Ûrtot d^eli teigour. 
Tôt jort ti corn il eooqaertent, 
Det Engleit 1t rteoonaltiaitnt : 
La ttrrt kll vo»! eooqaérUt, 
Si ripeloot Engeltnd. 

LBLBWBt, Riiapparitionê du type gauloii, p. 44 . « Les Francs 8*em- 
parèrentt, 486-507, do centre et du nord de la Gaule. • 



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-^ H6 — 



\\ Les iroisiëmes envahisseurs, arrivés en dernier lieu, 

; mais avec des forces tellenienl supérieures, qu'ils pnrent 

donner leur nom à louie la Bretagne, furent les Angles. 

On dérive leur nom du mot couffel, aculeus hamatus (*)* 

;! joint au nom saxon, comme Anglo-Saxon; la première 

partie dénote le species, la seconde 1« genus (*). 

Tous les Angles étaient des Saxons, faisant partie de la 
Confédération saxonne, mais tous les Saxons n'étaient pas 
des Angles (•). 

Jusqu'au milieu du vi* siècle de notre ère, ce fut un 
peuple très-obscur, qui, comme un brillant météore (*), 
appa>*ut subitement à Tortent pour se diriger vers l'occi- 
dem et s'éteindre dans la Bretagne. 

Leur teint est blanc, leur visage agréable et leur cheve- 
lure longue et soyeuse (>). Leur langue était plus aiguë 
et plus plate que la langue ouest-saxonne et s'appelait 
autrefois le dialecte dano-saxon. Puisqu'ils se fixaient dans 
TËst-Anglia, la Nortiuimbria et la partie méridionale de 
l'Ecosse, il faudrait plutôt le nommer le dialecte nort- 
humbrien ou est-anglian (^). 

(*) BoswoaTB, /. /., p, Li, § 48. Tatlor, /. /., p. 82 

(•)ID.,S46. 

(*] Latham, /. /., pp 49t-495, cité dans Tatlo», /. L, p. SS. 

n LATBAM,^^, pp. 443-U5. 

(*} Angii candidi corporis ac venusU vuUûs, capillorum qaoqoe fortna 
egregia angelicam habent formam. Ai usi jugea le pape Grégoire [devitu], 
Année 592-596, comme Bèob l'atteste Voy. Mcmumenta, pp. 448-449. 

(*] BoswoRTH, pp. XXI et zxii. Les dialectes jute, saxon et angle ne 
différaient probablement pas beaucoup De môme, les Francs avaleot 
un langage communiquant avec celui des Anglo-Saxons. • Nataralis ergo 
lingua Francorum commonicat cum Anglis, » dit GuUielmas Blaimes- 



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— 117 - 

Quantité d'écrits auglo-saxons- ont bravé les temps. 

Presque tous sont maintenant imprimés et conservés 
pour la postérité. 

Un paria l'anglo-saxon en Angleterre jusqu'à l'an- 
née 1258 0). 

D'où venaient ces Angles? Bèda Venerabilis nous 
indique leurs demeures comme situées entre celles des 
Jutes et celles des Saxons ('). Ils occupaient donc la plus 
grande partie de la Chersonése cymbrique, probablement 
longeant au sud TEider. La capitale de ce pays fut plus 
tard Haddeby ou Hailhaby, en langue anglo-saxonne 
Haedcy dans le Schleswig Q). 

Les Jutes étaient leurs voisins au nord : les Mord-Frisons 
demeurant sur les lies à l'ouest Q. 



buriensis, cité par THuaar, Histoire de la conquête de V Angleterre par 
les Normande, Bruxelles, 1835. iD-4), t. I, p. 63, en rappelant la 
mission évangélique du pape Grégoire (année 596) en Angleterre. 

(*) Bo6woaTB, /. t., p. XVJI. 

(*] Advenerunt autem de tribus Germaniœ populis fortioribus, id est 
deSaxonibus. Porrode Anglis bocest deillapatria, quœAnguIus dicitur 
et ab eo tempore usque hodie manêre desertw inter provincias Jutarum 
etSaxonum • Lappb9ib£r«, L /., t. L p. 89, obserre que ce témoignage 
de Bède, vivant lui-même dans un royaume angle et à peine un siècle 
après sa fondation, est ici très-valable. 

(') BOSWORTB, /. L, p. XLVII, § 35. 

(*) Karl Marce, Germania, IV, p. 388, combat victorieusement, 
pp. 388-393, Topinion du professeur Dahliiann, Geschichte Dànemarke, 
1. 1, p. 45, qui place la demeure primitive des Angles, leur ureitz, au 
sud, sur TElbe, et les fait partir de là au Schleswig, tandis que M. Marck 
les fait partir du Schleswig pour la Bretagne, les Pays-Bas, la Belr- 
gique et tes environs de Heidelberg. 11 leur fait occuper les lies d^Alseu, 
Fuhnen, etc., jusqu'au Grand-Belt, p. 388. Ce qui, dit liATHAH, /. /., 



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— il8 — 

Le nom des Angles s*est oonsenré jasqu*& nos jours 
dans la petite province Angeln^ située entre le Sdiiei et le 
golfe de Flensbourg (*). 

Leur émigration vers la Bretagne, dont on Gie ordi- 
nairement le commencement à Tan 527, était tellement 
eomplète (jointe probablement à d'autres émigrations vers 
le sud, avant ou après celte date) que leur sol natal fut 
dépourvu d'habitants (*). 

. Wright (*) observe que la relation du premier débar- 
quement, dit de Hengist et Horsa, est fondée sur des 
traditions de Kent, au sud de la Bretagne, il suppose 
que ces Jutes (il les nomme Angles) étaient précédés par 
d'autres Angles dans le Nord. Nous n'en avons de con- 
naissance historique que quand , depuis longtemps , ils 
sont en possession paisible de toute la contrée comprise 
entre l'Humber jusqu'au Vallum ou rempart, mur d'An- 
tonin, formant les deux royaumes de Bernicie (au nord) 
et celui de Deira (au sud). Il suppose que, peu de temps 
après que les Romains avaient quitté la Bretagne (410), 
les villes romaines importantes septentrionales Eburaciim 
(Eofor-wic-York) Pons >Elii (Munuoesceaster, Monk- 
schester) et d autres ont appelé les Angles pour les assister 



pp. 4 48-453, semble tiré de l'ouvrage de M. de DASMAKiiet oe sert qu*à 
rendre la question plus confuse. 

(>] Kahl BffAftCK, /. L, p. 389. 

(*) Voy. Bios, dans notre note [*) de la page précédente, t^ tien désigné 
par NiNNits « ita ut insulas de quibus yeneruntabsque habifatore relin- 
querunt. • G. 38, cité parTuRNsa, I. i, I, p. 3S6[6), regarde les Jutes, qui 
possèdent encore des Ues, celle de BOm, par exemple. 

(•) L. /., p. 390. 



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— 119 — 

contre les Pietés, qui avaient déjà détasté les autres villes 
septentrionales. 

Cooune nous Pavons déjà dit, on place ordinairement te 
commencement des invasions des Angles à l'an K37 (*), 
lorsqu'ils commençaient à former le royaume d'Est* 
Anglia comprenant le Norfolk, le Suffolky Cambridge et 
une partie du Bedfordshire (*). La colonisation était £aite 
par deux grandes tribus, appellées le North Folk et le 
South Folk, peuplade du nord et dû sud (*)• 

Le chef de clan Ida commença l'an 547 à s'établir 
dans la Bernîcie, comprenant le Northumberiqnd et la 
partie méridionale de l'Ecosse entre le Tweed et le Pirth 
(ou baye) de Forth («)• 

Un autre chef de clan, Ella, conquit, vers Tan 559, le 
royaume de Deira (Deoramaeyd), situé entre l'Humber et 
le Tweed, comprenant les comtés de York, Durham, 
.Northumberland, Westmoreland et Lancashire (>)• 

Le quatrième royaume angle, dit de Mercic, était formé 
par Crida, vers l'an 586, et comprenait les comtés de 
Chester, Derby, Nottingham, Lincoln, Leicester, Nort- 
bampton, Rutland, Huntingdon, la partie septentrionale 
de Bedshire, ainsi que Hertford, Warwich, Bucks, Oxon, 



(') TuMn, /• /., I, p. aaa, «e fianl à Mathieu de Westminster. 
Voy. riodex aa mot AngeU, àla fio des MonumentabrUannica, yoI. t. 

(*j BoeWOETB, l. /., p. XYI. 

('). Pâimbavi, tom. I, p. 443. Ëtaient-ce des Angles venant direc- 
tement da Nord (Scbleswig-Holstein-Elbe) et des Angles déjà antérieu- 
rement émigrés vers les Pays-Bas, situés plus au sud? 

(*) BOSWOITB, /. /,! p. XYI. 



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— «0 — 

Woreester, Hereford, Gloueedter, Slafford ei Salop (')• 
L'Oclarchie était donc complète en Tan 586 (^y mais 
elle ne dora pas longtemps. Dès que les Saxons, les 
Angles et les Jures devinrent sédentaires, ils commencèrent 
à guerroyer entre eux et à se rendre maîtres des royaumes 
adjacents. 

Ce que firent les Anglo-Saxons-Jutes est en sens inverse 
de ce que firent plus lard les Espagnols, les Portugais, les 
Anglais et les Hollandais dans les Indes. Mais là ce scmt 
des barbares qui subjuguent un peuple romanisé : ici ce 
sont des peuples civiiilBés qui domptent par leur science ei 
leur esprit supérieur des peuples moins civilisés. 

Les deux catégories de conquérants mettent pourtant 
presque toujours les noémes moyens en pratique pour 
obtenir les effets désirés. Une seule petite lie (Thanet), un 

(^} Id. Bbda, /. /., lîb. I, cap. XV, Mon., I, p. 4S4, les éoamère 
ainsi :« Porro de Anglis... Orientaies Âugli, Medilerranei Aogli, Merci, 
Iota Nordanhymbrorum progenies, id est iliarum geotiam qaae ad 
Boream Humbri fluminis inhabitant, caeterique Auglorum populi sunt 
ortî. » 

(*} fioswoHn, /. i , p. xvi. L*Octarchie se forma : 4» Kent par Hengist, 
aDDée 42S et suivaotas; t* Susses, avant rannée 600, par EUa; 
3* Wessex, année 549, par Cerdic; i» Fast-Anglia; 5* Essez; 6« Bemtcie, 
année 547, par Ida: 7« Deira au sud du Tee, par Ella ; 8« Merde au sud 
du Humber. Tubru. voi. I, p. 3t3. 11 observe à propos l.l, I, p. 276, 
qQe,saos Taide puissante des Angles, q in se jetaient en masse sur la Bre- 
tagne, les Saxons, restés à peu près seuls, auraient été chassés à la 
longue, comme cela arriva déjà une fois lors de la faible colon isatioa 
jute, ou du moins qu*ils ne se seraient pas rendus maîtres de tout le 
pays. Resserrés sur les côtes d*une grande tle, comme les Hollandais 
actuellement aux les Bornéo, Gélèbes, etc., Ils auraient }oué le même 
rôle que les Normands dans la Gaule. 



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- 131 - 

seul port occupé chez les uns : un seul comptoir fortifié 
peu à peu, forçant Jacalra, la ville du sulian javanais, 
depuis devenue Batavia, la capitale des Indes néerlan- 
daises. Ou, si l'on veut une comparaison plus frappante, 
que Ton observe alors la carte intéressante, coloriée, 
du livre de M. Taylor, et Ton verra comment des noms 
anglo-saxons couvrent In Bretagne. Le Wallis, le nord de 
rÉcossc et le sud du Cornouailles seuls ont conservé leurs 
noms celtiques, puisque les anciens Bretons et Pietés qui 
sy retiraient, n'étaient domptés ni par les Romains ni 
par les Anglo-Saxons Q. La même chose se voit encore 
dans l'Amérique, où, de jour en jour, les Indiens se reti- 
rent et leurs pays se couvrent de noms de lieux étrangers. 



Il nous reste encore à dire un root sur deux peuples 
intimement lié^ avec les Angles et dont des membres ou 
des familles paraissent avoir préicédé, accompagné ou suivi 
leurs pérégrinalwns sur la mer du Nord. Ce sont lesFrisons 
et les Varifii ou Warncrs. 

Procope, dans son important ouvrage sur la guerre 

('} ta mène carte indique par «es couleurs commeat les éléineots 
daDots et norvégien se répandirent dans 111e, renversant Télémeot 
aoglo-saxon. Comparez Tatlos, i l , p. 460(3), qui dit qu*on a tâché 
de déterminer les districts ssxons-sngles au moyen de leurs dialectes ; 
mais que c'était chose très-diflBcile ë faire a The Saxon pecularities pass 
ioto tbose of the Anglians, tbe Anglians inlo those of tbe Danes and 
thèse again in those of the Norwegians. The Danish inroads were tbe 
continuation, nnder another name of tbe earlier anglo-saxon expédi- 
tions. • 



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- 133 - 

contre le9 Goths Q), écrit i peu prés çeat vingt ans après la 
première 4eseente dea Jutea dans la Bretagne, dit que la 
Bretagne, de son ierops (f l>n 535), éiai( habitée par 
trois peuples nombreux, les Bretons, les Angles et les Fri- 
sons. Il omet donc les Saxons, tandis que Bède,. qui vivait 
beaucoup plus tard (l'an 673-735), omet les Frisons et les 
remplace par les Saxons et les Jules. Les noms des U'ois 
royaumes d*Essex, Wcssex et Suçsex indiquent pourtant 
que Téléoient saxon était fortement représenté dans rim- 
migration, et puisqu'pn ne trouve pas un royaume Trison, 
qoo^i^eMn rpyaunie jute (Kent),, il est à supposer que les 
Frisons immigrés dans la Bretagne ont disparu entre les 
Angles et les Juiea. 

Ils étaient les voisins de ceux-ci; car il faut ici laisser de 
côté les Frisons proprement dits, ceux de la Frise majeure, 
Frisia major, la Frise de nos jours, notre pays natal, ceux 
de TE^t-Frise ou ceux de l'Ouest-Friae (West-Priesland, 
Noord-Holland), mais chercher ces Frisons dans le Nord. Ils 
longeaient comme Sirand-Prisons (Frisons du rivage) Q) les 
côtes occidentales du Schteswig, et habitaient alors et 
habitent encore aujourd'hui des lies jadis beauecupplas 
grandes, mais depuis rongées, déchirées par le terrible 
Océan qui se brise sur leurs côtes. 

S'assoeiant i leurs voisins, les Jutes et les Angles, 
des familles nord-frisonnes doivent avoir passé la mer, 
puisque des traces de leur séjour en Angleterre se rctrou- 

0) Libro IV. cap. XX (Mcmmmta, I, p. lxzxiv), fi/nxxitn^xkt^nm 

B/ÎTtMWC. 

(<) TuaNBK,/./.,!, p. 349-330. 



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vent encore (^), soit dans des nomi» anonymes (polrtmy- 
mica) (*), soit dans des noms de lieux (') ou dans des 
usages encore communs (^). 

(') TATi^a, L L, p. 4«3(5) et pp. 438-439. Il retrouve des FHeoaâ 
sartout dans le district de Holdernesa (Torkshire), près de la ville de 
Hull, entre le Bomber, la mer et les forêts (tbe wolds). Holderness est 
la seule partie de TAugleterre où la terminaison frisonne um au lieu de 
la terminaison usitée anglaise ham, se retrouve dans des noms de lieux. 
De plus, on retrouve dans le Bolderness, les villages Arram, Rytom, 
Ulrom, comme Arum, Reitsum, Ulrum en Frise Tatlor, /. /., veut 
môme retrouver dans les Uatfihu) (en lisant Farisioi, des Frisii,- que 
Ptolémée place justement dans le Holderness], d*anciens colons frisons. 
L*oovrage important de M. Gsoaoss Poulsou, Ike Bistory and AnHqui' 
tieê of the seigneury of Hoklemeu, 8 forts volumes in-i», Bull, 48M- 
4843, consulté par noua, n*aborde pas encore cette qnastion. 

Wright, I. /., p. 282, dit que Mancunium (Manchester) était une 
colonie d*une cohorte de Frisons, appelés dans les inscriptions Frisiogi, 
Frisooes et Fnsavi. Cûosuttez l'ouvrage de Thomas Dunhaii Whitaebr, 
the Hiêtory ûf Manchester, Lonûon, 4773, I, p. 460, et fouvrage cité 
par Simpson, the Cai Stone, p. 38, Memoir of the roman garnison at 
Manchester, by D» Blace, Manchester, 4849. Sur des inscriptions funé- 
raires de légionnaires frisons morts en Bretagne, voy. la collection 
qa'a publiée la Société frisonne d*histoire, etc., dans \eVriJe Pries, III, 
pp.4-7, IX.pp. 3«7-3{8. 

(*) BoswoHTH, /. I., p. LH, § 53. Sa liste est susceptible de grands 
. développements. 

(>) Tatlor, f. I., p. 438^438 et p. S68(3). On retrouve un Friesthorp 
(Liùooiasbire), deux Frfsbys (Leicestershire), Frieston (Lincestersbire 
et Susses, deux en Suffolk), Frystone (Torkshire), Friesden (Bucks), 
Frisdom (Wilta), Frismerth autrefois en Torshlre. Cf. Baiob, /. t, p. 437. 
Il dit même, p. 442 : «The Frisians who migrated hither in large num- 
ber. • Plus tard, on les rencontre encore dans les annalistes; par 
exempte, dans fan 679, un marchand d'esclaves frison, Wright, 
p. 442, ou se battaDi avec les Saxons contre les Danois. 
(*) Bosworth, /. t., pp. uv et iv, §§ 64 et 66, donne un exemple 



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Les relations iniimes des Angles et des Frisons avec le 
contineni, résultent du fait qulls avaient un légtslatear 
commun, dit Wulemar (*). 

Les relations intimes des Angles cl Werini (Warnrrs) 
résultent de la loi qui porte le litre de lex Àngliorum et 
Werinomm hoc est Thuringorum. M. H. Muller (*) dit 
que celte loi a été composée vers l'an 556. Les Angles 
et les Werini (les ^Ovipouvoi de Ptoléraée) éuieni des 
voisins, ils longtaient la rive droite de l'Elbe. 

Quelques noms de lieux (*), en Angleterre, paraissent 
indiquer que des Warners ont aussi passé la mer du i\ord, 
soit primitivement, lorsque les Angles quittaient leurs 
demeures dans la Chersonèse Cimbrique, soit plus tard, 
partant des ports des Pays-Bas. Comme nous retrouvons 

très-remarquable. Gomme on sait, raaglo-saxoD se rapproche infl- 
uiment de la langue frisonne, encore parlée et ayant une littérature 
intéressante, digne d'être plus connue des étrangers. Latiam, /. /., 
pouvait dire : « Tbe Germean genuine and typicat is not to be foond 
within the four seas (of Britannia]» th$ nearest approaeh benig tke 
Frisian ofFriesiand. 

(<) Palsorati, /. /.» I, p. 42. La Lex Frisionum a nne AddUio 
Sapienium, inscrite avec le nom de Wnlemarus aux titres I, 11, III et 
VIII, de même que la Leœ Angliorum el Werinorum, iïL V, § tS. 
Voy, aussi : Lex Fritioiwm, edenU Karoio, iibttfv larone deMiehlkofnit 
repetUa curis SocieUU*s friiiacae. Leovardi«e« 4S66, pp. uii-l et 
p. 87. 

(*) Karl Marce, Germania, IV. p. 394 , où il traite, pp. 392-395, des 
Warners. L'ouvrage de M. Muluw est intitulé ïkrUx Salka und dur 
Lfx Angliorum el Werinorum Aller und Beimat. Wflrzburg, 1840. 

(') Deux Warnborongb's en Hampsbire, Warrington (Laocasbtre et 
Bucks), Werrington (Devonsbire et NortbamplODsbire) . Tatlor, t /., 
p. 429. 



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des Angles délogés dans la G\xe\dre{England£(rholt)t etc. (*)i 
nous rencontrons des Warners à Fembouchure du Rhin 
près de Leyde (*) et Procope nous a conservé une légende 
très -curieuse de ce séjour Q, datant à peu près de 
Tan S48. 



Terminons la partie historique de notre Essai par des 
observations sur Tintroduciion du christianisme dans la 

{*) Voy. les recherches savantes et intéressantes de feu M. P. G. Mol- 
haysen, citées déjà par nous dans cette Bévue, 4« série, t. I, p. 394. 
Molhuysen pensa que la plus graode partie des Angles traversa les 
Pays-Bas. 11 donne dans les Bijdragen, 1861, II, pp. 485*494, et t'M., 
pp. 4-6, Boekbeschouwing, un grand nombre de lieux dans l'Angleterre 
tirés des Public Records, conformes à des noms de lieux dans les Pays> 
Bas. L'opinion que Plnvasion des Anglo-Saxons partit des côtes des 
-Pays-Bas est aussi ceUe de M. Psabson, The eariy and middle âges of 
Bngland, London, 4864, p. 64, cité dans M. W. Moll, Kerkgesehiede^ 
nis wxn Nederland, Arnhem, 1864, 1, p. 44 (4). 

Lappbnbero, dit Scbauharn , p. 38 , a prouvé par la comparaison et 
par la conformité des lois anglo-saxonnes et la Lex Angliorum et 
H^arûiorum que ces débris appartenaient à an seul et même people. 

(*) Warmood, village près de Leyde. Mond, Munde, château, schloss. 

O Pbocopids, de BeUo Gothico, liv. IV, cap. XX. Monumenta BH- 
tannica, I, pp. lxxxiii-lxxxvii, et quantité d*auteura cités à Tarticle 
Radigis, dans le Biographiseh woordenbœk^ de Van obb Aa, vol. R. 
Cfr, Tdbmbb, L L, I, p. 348. Lathah, /. /., p. 243, assure hardiment : 
« That tbis taie in ail its détails at least, is devoid of accuracy. • 
M. W. MoLL, professeur à Amsterdam, dans son excellent ouvrage 
Kerkgeschiedenis 9an Nederland, vol. I, p. 39, le trouve au con- 
traire très-remarquable. Molhuyaen Tacoepte principalement. BUdror 
gen, III, p. 64. 



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- 126 - 

Bretagne. Nous en reuconlrons aussi des traces sur les 
sceattas. 

Sans doute, les légions romaines et le commerce irans- 
portaieot déjà avant qud Constantin le Grand régnât 
(306-337) et fût le premier empereur chrétien, les germes 
du christianisme dans les îles Britanniques. Pendant un 
laps de temps d'un siècle, au moins, il avait eu le temps 
d*éclore. Quoique les Jutes, Saxons et Angles payens ne 
détruisent pas tout ce qu*ils occupent et qu'ils n'extirpent 
pas les Bretons romanisés, il parait pourtant assez constaté 
que le christianisme devait, durant un siècle et demi, se 
tenir à l'écart, ou qu'il s'était réfugié dans l'Irlande et en 
l'ile de Jona. 

Les rois barbares restent payens. Ce n'est que vers la 
fin du VI* siècle, que le pape Grégoire (S96) envoie des mis- 
sionnaires chrétiens dans la Bretagne. Les Est-Saxons em- 
brassent le christianisme l'an 604 (*). Il pénètre dans 
l'ouest de l'Ile en l'an 607. Le Northumberland l'accepte 
l'an 625 ou 626. Les En- Angles en l'an 632. Les Ouest- 
Saxons en l'an 63S. Les Angles du milieu ÇViddle Angles) 
en Tan 655. Le Sussex en l'an 681. Les derniers Anglo- 
Saxons qui gardaient leur ancien culte, dit Thierry (% 

(}) Wrmht, l /., p. 397, aussi pour les dates suivantes. U observe 
que la conversion entière de la Bretagne fut retardée par Tapostasie de 
plusieurs chrétiens ; par exemple, Tan 649, des habitants de Londres 
redevinrent payons 11 Quand un roi converti au christianisme venait à 
mourir, immédiatement la cour et le peuple se livraient de nonvean 
au paganisme quMls ue pouvaient se résoudre à rejeter. 

C) L, i, 1 , p. 78 (3). M. MoLL, Kerkgeschiedeniê van Nederîand, I, 
pp 65-66, cite à peu près les mêmes dates que Wright, suivant Haid- 
wicH, An hittory of th$ Christian ehurch in Uie middle ag€, Gam- 



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— 127 — 

furent eem du cdté du sud s ils n'y renoncèrent qu'à U 
fin du vil* siècle (6Ç8). 

Il Taut relenir ces dates : en rencontrant plus tard des 
sceattas munis d'attributs chrétiens; ils serviront à leur 
chronologie. 

Il faut noter encore les années 617-633, pendant les- 
quelles Edwin Bretwalda, roi des NorihumbrienSy ou chef 
suprême y soumit sous son sceptre tous les royaumes 
Saxons, excepté celui des Jutes de Kent (*). Marié à une 
fille du roi Atbelbert de Kent, qui lui-même avait épousé 
une chrétienne, fille d'un roi de France, sa conversion eut 
lieu en l'an 626. Après lui, Oswald de Nonhumbrie 
(f 64*2) est reconnu Bretwalda par les (|uatre nations 
alors prédominantes de Tile, savoir les Angles, les Bretons, 
les Scots et les Pietés (*). 

L'Angleterre, totalement convertie au christianisme à la 
fin du vn* siècle, jouissait, dans le siècle suivant, d'une 
paix et d'une prospérité qu'elle ne revit pas pendant des 
siècles ('). Assaillie par les Danois-Norwégiens et enfin 
subjuguée par eux (101 6-1 042), et ne respirant en liberté 



bridge, 1863, et Sodhm, The anglo-$axon church, 4*^ edit. Lod- 
doD, 48S6, etc. 

n PALsasAVE, !./.,!, p. 429. 

{*} Palschavi, /. l,f I, p. 433. H y a eu huit Bredwalda*8 ou chefs 
suprêmes avant qu*Egbert (8t7) devint le premier monarque absolu ; 
mais la liste tout entière n*est pas authentique. The Britone and ihe 
Saxons. London, 42% p. 54 (livre populaire). 

(*} Haiob, L L, p. 340. MoiL, /. /., I, pp. 66 et suiv., indique Pinfluence 
de cette paix sur la conversion de la Frise pendant cette période par des 
Anglo-Sazons. 



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- 1» — 

(1049*1066); elle fut asservie par les Normands sous le 
conquérant Guillaume de Normandie (1066) (*). 

(*) Foy. Th. Miilbe, History of the Ânglo-Saxoni from the earlier 
period to the Nortnan conqueêt, Loodon , 4848 , pp. 57-338. (livre 
populaire.) 

l. Dires. 
{Pour être continué,) 



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— «a» — 



LE TIR FÉDÉRAL A Z0U6. 4869. 



PLàNCn II. 



Le mémoire que j'ai donné sur les tirs fédéraux de la 
Suisse et sur leurs médailles, publié dans le lome VI, 
4" série de la Revue de la numismatique belge^ m'engage à 
le continuer, en disant quelques mots du Ur fédéral qui 
vient d'être célébré à Zoug, en juillet 1869. C'est le vingt- 
quatrième depuis l'année 1824. Les notices suivantes sont 
principalement tirées de quelques journaux. 

Le comité d'organisation de ce tir a adressé aux sociétés 
de tir de l'Italie, de la France, de l'Allemagne, de la Belgi- 
que, de l'Angleterre, des États-Unisde l'Amérique du Nord, 
l'invitation cordiale de prendre part aux fêtes de Zoug, par 
des délégations, auxquelles le meilleur accueil fut assuré 
d'avance. 

a L'emplacement du tir est superbe, son organisation 
• excellente. Une cantine haute et vaste, encombrée de 
« consommateurs, un stand conforuble, un pavillon de 
« prix très-visilé par les promeneurs, les réceptions de 
« drapeaux, les saints, les vivats, les accolades, les coupes 
« circulant pleines d'un vin généreux, tout à l'entour un 
« cercle de boutiques et de bateleurs, des bannières sur 
c les toits, les fenêtres ornées; enfin, l'attrait et le prix de 
« ces fêtes internationales ne consistent pas seulement en 
« quelques coups de carabines, elles conduisent les Suisses 

6«BiBll. — TOMB II. 9 



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« de canton en canton, leur apprennent i se eonnai(rei à 
« s'apprécier ei è resserrer le lien fédéral. Les dra fédé- 
c raux ont leur signification historique et politique, ils 
« excitent Tenthousiasme pour la liberté et le progrés. » 

Le stand mesure en loagiieiir sept cent quaure-vingts 
pieds, et en largeur quarante et un pieds ; en face sont dis- 
posées cent vingt-quatre cibles. 

La cantine compte trois cents pieds de long sur cent 
trente de large, elle est construite sur le plan d^une basi- 
lique, avec sa nef principale et ses bas-côtés, elle coniieiu 
seîxante-huit tables, amour desquelles il y a place pour 
trois miHe qujitre cents convives. Le soir, éclairée par 
quatre cents lampes de pétrole et en particulier par un 
lustre central de quatre-vingts flammes, elle offre un aspect 
des plus anfmé. 

La partie centrale du temple des prix {Gaben-Tempel) 
est une tour ronde surmontée d*une petite coupole et 
entourée t]'u« passage, où les prix sont exposés aux r^rds 
de tous; c'est là que les différentes dépntations sont reçues, 
et c'est un moment solennel que celui de la remise d'un 
drapeau cantonal au tir fédéral, c'est le salut de bienvenue 
d'un canton confédéré, Texpressiot) de ses sympathies au 
peuple suisse. C'est encore là qu'on distribue les prix aux 
vainqueurs. I>isons que les Américains ont témoigné leurs 
sentiments sympathiques par les dons remarquables duut 
ils ont enrichi le pavillon des prix. 

C'est autour de la coupole que flottent les eouteots 
vanées des drapeaux des sociétés eaDtortates,qu6mttnoat^ 
la bannière fédérale arborée sur te frite. 

C'est au comité du tir fédéral que l'on rcMet les 



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— 154 - 

coupes d'honneur; on remarque sur un des cdtés de ces 
coupes Jean Landwing tenant de la main gauche la grande 
bannière, et de la droite une hache d'armes; sur le côté 
opposé sont représentées les armoiries de la Confédération 
et du canton de Zoug. Nous reviendrons sur ces emblèmes 
en décrivant la médaille du tir. 

La salle du festin (Festhalle) est superbe et grandiose; 
die rappelle les constructions des Normands en Sicile. Sur 
un de ses murs, il y a trois peintures : celle du milieu 
représente la Suisse^ i'épée à la main ; à sa gauche et à sa 
droite, on a placé deux personnages célèbres dans le canton 
de Zoug, Jean Kolin et Jean Schwarzmurer, qui tous les 
deux se sont distingués dans les guerres d'Italie, au com- 
mencement du xvi' siècle. Au milieu du bâtiment, se 
trouve la tribune sur laquelle on lit cette inscription : 

WORT UND THAT DEM VATERLAND. 

(paroles et actions pour la patrie.) 

Ne manquons pas de mentionner que l'assemblée fédé- 
rale a fait son entrée au tir. La députation se composait de 
cinquante membres environ. 

Quant à la ville de Zoug, nous dit Picot, dans la statisti- 
que de la Suisse, on ne sait ni quand ni par qui elle a été 
fondée; pendant le moyen âge, elleappartint successivement, 
ainsi que son territoire, aux comtes de Lentzbourg, de 
Kibourg et de Hapsbourg, et en 1352, elle fut reçue dans 
la Confédération suisse. 

Avant de continuer, je dois relever ici une erreur de mots 
commise dans la description du revers de la médaille du 



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— 132 — 

(ir fédéral célébré dans le canton d'Argovie, en 1849. Le 
mot allemand Aar signifie bien un aigle, un oiseau de 
proie, mais dans la description de la susdite médaille, Aar 
est le nom de la rivière qui a donné son nom au canton, en 
allemand Aargau. Gau , Gow (pagui), est un vieux mot 
allemand qui signifie district , vallée , canton, ainsi : 
Aargau, Thurgau, Brisgau. 

Je n'avais aucune connaissance de la médaille frappée à 
Berne pour le tir fédéral qui s'y est célébré en 1830; cest 
la seule qui existe avant la série complète depuis 1842. 
En ayant fait l'acquisition, j'en offre ici le dessin et la des- 
cription. 

Z. ANDEiNKEN A . D . EIDSG . FREYSCHIESSEN 
IN BERN V. 12 — 17 IUL. 1830. 

(SOUVBI^IR DU TIR FÉDÉRAL A BERNE, LES 12 — 17 JUILLET 1830.) 

Au milieu d'une couronne de chêne, et sur deux lignes 
horizontales : 

IMMER 
BEREIT 

(toujours prêt.) 

Rev. ALLE NACH — EINEM ZIELE 

(tous pour un même but.) 

Trophée d'armes; dans le fond un paysage alpestre. 
Tranche lisse. PI II, fig 4. 



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— 155 ^ 

Passons à la médaille frappée pour le tir fédéral de 
Zoug. 

EIDGEiNOSSISCHES SCHUTZENFEST 1869 IN ZUG 
(tir fédéral a zodg en 1869.) 

Deux écussoDS accolés aux armes de la Confédération et 
du canton de Zoug, brochants sur deux carabines en sau- 
toir, sommés d'un chapeau de carabinier , entourés d'une 
branche de chêne et d'une branche de laurier réunies au 
bas par un nœud de ruban. 

Au-dessous 5 FR(anAen). 

Rev. HAN8 LANDWING RETTET DAS PANNER 
BEI ARBEDO. 

(jBArt LANDWING SAUVE LA BANNIÈRE A ARBBDO.) 

Ce héros de Zoug est représenté debout, armé, tenant de 
la main droite une hache d'armes, et de la gauche la ban- 
nière. A l'exergue 1422. 

Tranche cannelée. PI. II, fig. 2. 

La bataille d'Arbédo eut lieu le 50 juin 1422. Voici à 
cet égard un passage .extrait de l'aperçu de Thistoire de la 
Suisse, par Etiin. 

L'année 1421, le duc de Milan reprit aux confédérés 
Domo d'Ossola, Belltnzone et la Levantine. Les cantons 
firent passer le Saint-Gothard à leurs troupes. Les trois 
mille confédérés placés sous les ordres de l'avoyer de 
Luoeme, Ulric Walker, furent attaqués à i'improviste le 



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- 154 — 

30 juin 1492 à Arbédo, non Mn deBelKoiooe^par l'a 
milanaise forte de vingt-quatre mille hommes. La bataille 
fut sanglante et dura toute une journée. Les eonfédérés 
perdirent prés de quatre cents hommes, les Lncemois 
eurent à déplorer, entre autres, la mort de leur chef, Peter 
Kolin, blessé mortellement, et qui tomba sur la bannière. 
Son fils Jean la releva et la déploya au-<]essu8 des bandes 
de Zoug; au moment de mourir, il s'en enveloppa le corps 
et se jeta dans un fossé. Jean Landwing Taperçot et la loi 
arracha de ses mains mouranles. La bannière flotta de 
nouveau au-dessus de la tête des combattants. 

En 1827, Zoug a célébré un tir cantonal auquel plu- 
sieurs cantons prirent part, à en juger d'après les armes de 
divers cantons qui sont représentés sur la médaille. On lit 
d'un côté : 

SCHUTZENGESELLSCH : DER STADT ZUG. 

(SOCIÉTÉ DU TIR DE LA VILLE DE ZODG.) 

C'est à la complaisance de M. Trachsel que je suis rede- 
vable de cette notice et des suivantes. 

En 1834, il y eut un tir cantonal à Altstetten, canton de 
Saint-Gall; è cette occasion la Société dn tir fit don de 
quelques médailles ayant au droit Tinscription suivante : 

PRAEMIE 

VON DER 

SCHUTZEN 

GESELLSCHAFT 

* IN * 

ALTSTETTEN 

1834 



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U r^vws a pour davm - 
VATERLAND — FREIHEIT ^ EINTRACHT 

(PATBIBy LlBBRTi, CONCORDE.) 

En 1846, il y eut un tir cantoual k Bellinzone, dont oa 
a une médaille en argent fort rare. Elle offre au droit : 

TIRO 
CANTONALE 

. IN 
BELUNZONE 
1846 

Je me borne à ce peu de notices, saps décrire complète- 
ment ces médailles. En attendant, il serait certainement 
intéressant d'avoir autant que possible une monographie 

des médailles des tirs cantonaux ainsi que des jetons émis à 

« 

cette occasion. Je crois difficile, peut-être impossible, d'en 
former une collection complète. 



F. Sbgoin. 



Ofoire, hii Mpiemi)re 4B69. 



Le premier mémoire de notre bonorable collaborateur, 
M. F. Séguin, sur les médailles des tirs de la Suisse, avait 
engagé la Revue à parler des tirs de Bruxelles et de Wim- 
bledpn^ en 1866 et 1867. Nous proBterons également de 



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— 136 - 

sa nouvelle notiee pour dire quelques mots de trois mé- 
dailles de ce genre qui ont paru récemment en Belgique, è 
l'occasion du tir international el des fêtes de Liège, du 
mois de septembre dernier. 

La première (pL II, n** 3) est une espèce de décoration, 
souvenir offert par la ville aux tireurs étrangers. Les plus 
élégantes, les plus jolies dames de Liège, convoquées è cet 
effet, remettaient elles-mêmes les médailles aux Riffkmen, 
lors de leur réception solennelle à rbôlel de ville. 

Cette décoration commémorative a été fabriquée par 
M. Lambotte-Doucet, de Bruxelles, au nombre de 3,050 
exemplaires d'argent à huit dixièmes. On la portait suspen- 
due à un ruban moiré aux couleurs nationales. Quarante 
exemplaires de chrysoeale, ou dorés, suspendus à des 
rosettes de soie verte, distinguaient les membres du comité 
du tir^ 

La deuxième (pi. Il, n'' 4) est, comme la pièce le dit 
elle-même, un souvenir offert aux Maçons étrangers qui 
assistaient au tir, par notre honorable confrère en numis- 
matique, M. le contrôleur de la Monnaie, A. Brichaul. 

La dernière ipl. II, n"" 5), qu'on vendait dans les rues 
et qu'on portait aussi à un ruban rouge, jaune et noir, est 
le début très-réussi d'un graveur liégeois^ M. J. Danse. 
Cet artiste était connu depuis longtemps par d'autres 
genres de travaux. Ses ciselures et ses incrustations sur les 
armes de luxe avaient obtenu le premier prix à l'exposi- 
tion des arts industriels à Bruxelles, en 1857. Il avait 
remporté, en 1861, une médaille décernée parla Société 
des arts industriels, pour des bronzes et des orfèvreries 
gravées. Enfin ses camées tendres et ses camées traas- 



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— 157 — 

parents, dont il est l'inventeur, avaient figuré avec succès 
à l'exposition universelle de Paris, en 1867. 

Sa médaille du tir a été frappée en métal blanc, dit 
métal anglais, mais il en existe quelques rares exemplaires 
d'argent et de bronze, sans bélière, spécialement destinés 
aux collections. 

U.C. 



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— IM — 



CORRESPONDANCE. 



LeUre de M. le B*" de Chestret de Hanbffe à M. Chaloh, 
président de la Société royale de numismatique. 



BlankeDberg, t3 octobre 48eS. 
Monsieur le Président, 

Vous avez publié, dans le t. V, 3* série, de la Revue, ud 
article sur les seigneurs de Schônau, à propos d'une mon* 
naie de cuivre, frappée par le baron de Blanche, dans cette 
localité. Permettez-moi d'y ajouter quelques observations, 
qui m*ont été suggérées par suite de l'acquisition du thaler 
de 1843, dont vous donnez la description. 

Je vois dans Fahne (*) que Thierry de Milendonck reçut, 
le 12 décembre 1823, la seigneurie de Schônau comme 
fief immédiat de l'Empire, et qu'il battit monnaie. Or, ce 
Thierry, qui avait épousé Agnès de Drachenfels, mourut 
le 18 mai 1549 (*). C'est évidemment le même personnage 
qui nous est signalé sous le nom de Théodore dans le 
tableau généalogique de la- maison de Milendonck, et 
auquel doit être attribué le thaler en question. 



(*) Première partie, p. 3tfS. 
(') i6fd.,p. ai. 



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-> 139 - 




Quant à ce tbaler, il présente, au droit, d'une exécution 
barbare, un buste cuirassé, tourné à gauche, devant lequel 
apparaît le bout d'un plumail : % THEOD - D * IN * 
MILENDONCK • Z • SCHONAWE. 

Rev. Un écusson entouré de lambrequins et timbré d'un 
heaume, avec deux proboscides pour cimier ; écartelé aux 
I et 4 de Milendonck ; aux 2 et 3 de Drachenfels : MONE * 
KO • DOM • SCHONAWENSIS. 1542. 
Arg. 6r. 30.43. 

En effet, les Drachenfels portaient d'or au dragon d'ar- 
gent; et je trouve, en confrontant ces armoiries avec un 
passage de l'article inséré par M. Habets dans les publica- 
tions de la Société historiqtie et archéologique dans le duché 
de Limbourg, t. IV, pp. 300 et 301, que les Milendonck 
portaient fascé d'or et de sable de six pièces. Le même 
auteur, après avoir dit que Thierry vivait encore en 1547^ 
et que son fils Godefroid ou Godart lui succéda dans la 
seigneurie de Schônau, nous apprend enfin que Baltbazar 
mourut en 1 629. 

il reste è expliquer la qualification de monnaie nouvelle^ 



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— 140 -^ 

que vous aurez sans doute remarquée. Était-ce une feiole 
purement diplomatiquei une légende copiée servilement, 
ou bien notre petit dynaste avait-il déjà lancé dans le 
monde d'autres spécimens de son aielier monétaire? 

En attendant la solution de ces graves questions, veaillez 
agréer. Monsieur le Président, l'expression de ma haute 
considération. 

B"*" J. DE Chestret de Hanipfb. 



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— i4i 



Lettre à M. Chalon, président de la Société royale belge 
de numismatiquef au sujet des monnaies de Florent de 
Kuilenburg. 



Monsieur lb Président, 

J'ai Tbonneur de vous soumettre quelques doutes au 
sujet de raitribuuon qu'a faite M. de Gosier , d'un écu 
portant de face : SANCTVS CAROLVS MAGNVS, et de 
revers : MONETA NOVA ARGENTEA, D : I : P, à Flo- 
reni de Pallant, comte de Kuilenburg (*), dont riiôtel à 
Bruxelles joua un si grand rôle dans notre révolution du 

(^) Orthographes diverses du nom : Culemborg, monnaies et actes du 
x?i« siècle ; Cuiemborch^ signature de la liste des nobles confédérés et 
médaillon de Van Loon, cité ci-après; Cutonfrer^lr, Gsobn tan Peins- 
Titis, Arehhes de la maison d'Orange-Nassau, S* série, t. H, p. S57 ; 
CuUenburg, Van Spaam, InlMing tôt de historié van Getderland; Culen- 
bourg, Culembourg, Cuyienbourg, chez les différents historiens qui se 
sont occupés du xvi« siècle. 

Deux auteurs de monographies : Von van Oudbiusdin, Hislorigehe 
betehryvingen van Culemborg (Utreeht, 48ft3), et Nyhotp, Bydra- 
gen, etc., 1. 1, p. 1 {Ovsrticht van hei arehief afkomstig van hel graaf" 
sehap Kuilenburg), ont, comme on le voit par les titres de leurs 
ouvrages, adopté des orthographes différentes : Nthofp, comme le plus 
récent, et comme ayant eu sous les yeux le plus de documents origi- 
naux, a été suivi id. 

Les archives de Kuilenburg, scrutées par Nthopp, ont été réunies 
par arrêté royal du 42 mai 1835, au dépôt des archives de TÉtat, à 
AmheiD. 



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— U2 - 

XVI* siècle, comme thé&lre du Compromis des fwbles^ da 
Banquet des gueux, eC enfin de Tarreslation du comte 
d'Ëgmont per le duc d'Albe (au moins selon Sirada). 

Voici comment s'exprime M. de Coster {Revue de la 
numismatique belge j V série, t. III, p. 332, pi. XII, 
fig. 3) : « Je n'hésite pas à restituer ce bel écu à Floreot 
« de Culembourg, l'associé de Louis de Nassau, d'Henri 
« de Bréderode et de Guillaume de Bergues, ees quatre 
<t zélés provocateurs de la ligue qui surgit en 1S66 contre 
u Philippe H. Or le seigneur de Culembourg avait été 
« créé seigneur libre de Pallant en 1520; dès lors, les 
•> chefs de cetie maison ont pu battre monnaie comme 
« seigneurs de Pallant. Je lis donc D : I : P, Dominus in 
« Pallant. La légende vocative Sanctus Carolus Magnus 
* « confirme encore celte hypothèse ; elle semble être un 
« témoignage de reconnaissance envers Charles-Quint, 
« qui éleva la maison du seigneur de Pallant à un si haut 
tt degré de splendeur. » 

Mé de Coster est dans le vrai en ciunt le fait de Téreelioo 
de la terre de Pallant, en une seignetrrie Nbre depuis IStO; 
mais il en était déjà de même de la seigneurie de Kuilen- 
burg, avant son érection eu comté, car, disent les auteurs, 
les seigneurs de Kuil€nbur§: s'ap|)elaient Nos, et en consé- 
quence étaient intitulés Edele Heeren (•). 

Mais en 1820, Florent {Floris) I" n'était seigneur, ni 
de Pallant, ni de Kuilenburg, et cela par une raison bien 

(*] Van Spaak, t. III, p. 935 : « Dîc Beereo schreeven altyd Sos, 
«en weerden doorgaans Sdele Beeren geDoemd. * « Begvhis Cuffien' 
burgensis, • dit Tsschbnmachbe, Annales CUviae, p. 476. 



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- iW — 
simple et qui dispenserait d'en fournir aucune autre, purce 
qu'il naquit en 1537 (^); ensuite, parce qu'il succéda seu* 
lemeot en 1540 à son père Éverard (Erard)y cooinie sei- 
gneur de Pallant, cft en 1 585, à sa gmnd'tante maternelle 
Élbabedi de Kuitenburg, veuve d'Antoine de Lalaing, 
comme seigneur de Kuilenburg, en même témpa créé 
comte au même titre. 

Si donc les sigles D. I. P. pouvaient indiquer Dominus 
inPallanff lauteur de la monnaie serait vraisemblaèlement 
Éverard de Pallant (le père de Florent), qui fut seigneur 
libre de Pallant depuis 1530 jusqu'en 1540. 

A la vérité) Florent I", qui a réellement battu monnaie, 
en qualité de oomte de Kuileaburg (Fby. plus loin), aurait 

(*] GaoBif VAH PnniSTBiBt^ i^ série, t. H, p. 45 ; Voit tan Oudibot- 
DBN, pp. 4 78 et 495; Te Watbr, Biitorie van het verbond en de smêek" 
êchriften dér nederlandêche edeUn, etc., t. III, p. Î23, lequel criiique 
W'AéMiàAa, ^^en tègêttWôôrdigeH êtàat van Oetderinnd, p. 344, d'avoir 
écriiqae Florent I«% à sa mort eo 4598, avait environ soiuote-dix ans. 
(Jo croqaîs généalogique présenté par Ntropf, plaoe Florent 1*^ comme 
quatrième de dix enfants qu*Everard de Pallant eut en treize ans de 
son mariage avec Ellsabetb de Lalaiog [4527 à 4540), ce qui reporterait 
la naissance de Florent I» vers 4532 ; mais la liste de Nyhoff semble 
saivre un ordre tout à £ail arbitraire, ea nommant d'abord les enfants 
mates, etpami les filles même ton plaçant après «ne première If argue- 
rUe qui survécut à son père, une seconde Marguerite, morte jeune; en 
oufere, si Marie, norirmée te «xiène, était réeUemeot le sixièoie enfant 
d'ererant^ elle eitt dû naître vers 4586, au i^oa tôt, et on la menUoDne 
d^ comme mariée ea 4fi49, c^est-àdire à qoaterse ans. 

Florent a donc été sans doute le bnitième des dix enfants, dont dnq 
seulement (lui, seul maie], ont survéca à leur père; il avait donoTîngt- 
bntaas lors du Compromis en 4566, et fingt^ieuf, lors du Banquet des 
GbsUdP» famiéa suivante. U é'était marié en 4664, par oonaéqoeot A 
▼iogtHMipt ans, avec Elisabelb de MandancMd. 



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— 144 ~ 

pu, de 1540 à 155S, émettre des pièoes à titre de libre 
seigneur de Pallant ; mais il éuit âgé seulement de trois 
ans, en 1540, et ii n'avait que dix-huit ans, en 1855| 
lorsqu'il fut créé comte de Kuilenburg Q). 

Dés lors, le « haut degré de splendeur à laquelle la 
« maison de Pallant fut appelée, > et la reconnaissance 
envers Charles-Quint dont cette élévation aurait été Tob* 
jet, d'après M. de Coster, se rapportent plutôt à la nomina* 
tion de Florent l*' comme comte de Kuilenburg en f S55, 
qu'à la transformation subie en 1520, par la seigneurie de 
Pallant ; toute monnaie battue par Florent I*' n'eût pas 
mis exclusivement en lumière le litre héréditaire de sei- 
gneur de Pallant, qu'il avait trouvé dans son berceau, et 
qui était déjà pour lui de l'histoire ancienne; dès 1540, ii 
était du reste, par suite d'un arrangement de sa famille, 
et du décès d'Antoine de Lalaing (*), nu-propriétaire de la 
seigneurie de Kuilenburg ; et celle-ci reconnue seigneurie 
mdépendante par Charles-Quint lui-même, avait un rang 
prééminent que Florent a soin de faire remarquer dans 
sa protestation (') contre le décret d'assignation du duc 

(*) D'après Vobt van Oudrbvsoeii, p. 479, « Floris van Pallant, dot 
nog een kiod, word dea 6 october 4544, van keiier Karel, als grave 
van Holland , beleent met Gasparden , Everdingen , Golberdfngen, 
Tulle, Honswyk, etc. • liais d'après Via Spaam, p. 139, celte Inféoda- 
tion daterait d'an siècle plus tôt; il est inuUle de taire remarquer que 
les mots aie grave van HoUand se rapportent dans le passage de Voit 
à Gbarles-Quint et non à Florent W. 

(*) YOBT VAN OuOHBOSDtll, p. 475. 

(^ « Dat hy tea deele gewooal had en woonte in zyn eigen land vaa 
Witthem en Pailant, ten deele van Cuelen, beboorende onder bat 
roomsche ryk, ende geenxins omfer het gebtet van Spaiye; dat Catoir- 



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— 145 — 

d'Albe, et que ses sueoesseurs n'ont pas oMmqaé de faire 
valoir par U sùit& contre tes États de €tieldre; Paltant 
était de reste une simple seigneurie tandis q«e Kuilenbmf 
était une ville, et même une place forte (*). 

Mais ne voili-t^il pas qu'un rapprochement etirieux de 
dates fait formellement obstacle à la manifestation de la 
reconnaissance de Florent de Pailani envers Gharlesr 
Qeint, à tiure tic comte de Kuilenburg : 

Cest le 31 Dc^o6re 1S55 (*)qae Florent I*", armé ebi^T 
Yslier par Charles^joini le iti duminu moiê ('), reçut son 
investiture comme comte de Kuiletiburgy du vivant inén^e 
de sa grand'aate Elisabeth^ veuve de Lalaing, qui mot^ri^t 
à qtsaire^vkigt et un ans, le 9 décembre suivant. 

C'est le 3tf odoAre \W9, que Charlea-Quiol fait çolep- 
nellemeot son abdication à Bruxelles. 

Si Florent l"*', le nouveau comte de Kuilenburg, enoore 
nu-propriéfaire, avait voulu battre une monnaie de reoon- 
naissaoee, ee qui ne se fait ai en un jour, ni même en 
quatre, ee n'aurait plus été à titre d'hommage au prédé^ 
cesseur de Philippe II, mais à Philippe II lui-même, alors 
régnant, et n'ayant pas encore suscité les réclamations dont 
il fut l'objet dix ans plus tard. 

Les invraisemblances s'accumulent dofic pour faire 
repousser l'attributiop de M. de Coster, et c*est à quelque 

barg altyd een lerritoir was geweest, van aUejuridictie geacheiden, en 
van niemand beroepelyk* • 

(*J Nthopp, p. 4 . •Castrum dictuvn Culemburg, dit certain acte de4284 , 
rapporté par Pontaiius, Hiêtoria Gelrica, t. VI , p. 4 58. 

(*) VOBT VAN OUDBBUSDBN, p. 495. 

(*) NYHOfP,p. 24. 
5« sitEiB. — Tome If. 40 



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^ U6 ^ 

autre seigneurie dont le nom commenee en P, qu'il faut 
rapporter la monnaie. A laquelle? C'est ce qu'il ne m'ap- 
partient pas de décider, et ce que, du reste, je suis impuis- 
sant à déterminer. 

Quant à la monnaie : I^SfiRIGVS Q0m6(«), au 
revers m G | VGL | DQl | DVS, où le baron de 
Pfaffenhoffen avait cru d'abord reconnaître une mon- 
naie de ClJEL{enburg) j il a fait observer avec raison 
qu'à Npoque de cette pièce, il n'y avait pas de comte Henri 
de Kuilenburg {Revue de la numi»maîique belge, 4* série, 
t. V, p. 479); en effet, la monnaie, par la forme des 
caractères, indique une époque antérieure à la majorité de 
Charles-Quint, date où, d'après les observations que vous 
avec bien voulu me communiquer, l'usage de ces carac- 
tères a cessé dans nos contrées. Or, il n'y a eu d'autre 
Henri, dans la série des comtes de Kuilenburg, que Henri- 
Woirad de Waldeck*Pyrmont, en plein xvn* siècle. 

Il y a donc lieu de se contenter, comme seules monnaies 
connues de Florent I*' de Kuilenburg, des quatre pièces 
frappées en 1590 et 1591, qui portent de revers (avec Fécu): 

FLORENTIVS • CO : D : CVLEMBORG. 
FLORENTIVS • COMES • D : CVLEMBOR'. 
FLORENTIVS • COMES • D • CVLEMBOR. 

(deux exempla ires). 

Et de face, après P II ou P IIII, cette devise caractéris- 
tique encadrée dans le cbamp : 

LIBER I TAS • VI ( TA • CA ( RIOR 



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_ 147 - 

Ces quatre pièces sont données par Van Loon (*), après 
un médaillon ovale auquel a fait allusion M. de Coster, en 
son article. Le monétaire de Kuilenburg s'appelait Hevick 
Kraeyvangen (*). 

Van Loon, d'après De Groot, VanMeteren, Aubéry, etc., 
a injustement accusé Florent I*' d'être rentré dans la vie 
privée, « où il fit voir qu'il n'était pas l'homme qu'il fallait 
« pour soutenir avec vigueur le dessein de délivrer sa 
« patrie. » On a depuis vengé à cet égard la mémoire du 
comte Florent de Kuilenburg, qui a continué à prendre 
une part très-aclivé aux affaires de son pays (')• 
Agréez, etc. 

H. SCBUERMANS. 
Liôge, 45 novembre 4869. 

(1) Histoire mékUlique dês Pays-Bas, t. I, p. 4U; voy, aussi Vobt 
▼AM OuBBEUSDBN, p. 249, qoi cite Bizot, Medaiische historié^ p. 97. 

(^ Ton, /. cit.j donne des détails sur remplacement de la Monnaie 
de Koilenbni^. 

' Ti Watba, t. III, p. 242 ; GaOBii van PiuisTiaER, i^ série, t. V, 
p. 377; Nthopf, /. cU,, etc. 



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— U8 — 



MlUNiliS. 



M. Cellier, archiTiste& Valendennes, vient de répondre, 
par 13 pages in-8* (*), aux quelques lignes que nous avions 
insérées dans cette Revue (^) sur sa brochure intitulée : 
Es^ai sur Fatetier monétaire jde Valenciennes. La conclu- 
sion de cette réponse est : « Nous maintenons qull n'y a 
» jamais eu de monnaie du Hainaut, mais bien une mon- 
9 naie de Valenciennes adoptée par les souverains du 
» Hainaut. » 

Nous maintenons, c'est facile à dire ; mais nous pouvons 
aussi maintenir la question que nous avons posée et à 
iaqiifslte M. Cellier s'est absteau de répondre : que feites- 
vous alors, s'il n'y a jamais eu de monnaie du Hainaut, 
des nombreux esteriins de Jean d'Avesnes, frappés à Mons 
et à Maubeuge, des pièces de ses successeurs portant moneta 
hanoniœj moneta montensis? Nous n'ignorons pas que les 
comtes de Hainaut ont principalement employé l'atelier de 
Valenciennes pour la blanche motmoie^ comme pour les 
monnaies noires et les monnaies d'or. Mais ces pièces, 
forgées à Valenciennes, n'étaient-elles pas les monnaies du 
Hainaut, des comtes de Hainaut? La légende moneta valen- 



{*) Revue agricole et industriette. Valenciennes, t. XXIII, n^ 9, sep- 
tembre 4869. 
(*) 6« série, t. I, p. 37t. 



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— 149 — 

anmriêy indique le lien où les pièors ont éré frappée», 
comme monetatnontemiSfgandatfênsiSy tUostemU, bruxet^ 
lensis, lovaniensis^ etc., etc., rien de plus. 

La grande découverte de M. Cellier, découverte qu'il a 
faite dans le chroniqueur Wicart, c'est le nom à donner à 
cette figure singulière 




qui sert de type aux monnaies du Hainaut, et qu'on appo- 
sait comme marque distiuctive sur les marchandises ven- 
dues au h'bre marché, & retape de Valenciennes. Ce nom 
c*est I'estaplb. Mais que représente cette figure baroque? 
Elle provient de la dégénéressencé du type earlovingien du 
temple à double fronton, comme nous l'avions dit, comme 
l'a prouvé M. Robert* 





Et ce temple qu'esl-il devenu? Une hoière (en français 
unehie ou mouton à enfoncer les pilotis), ditleVaknciennois 
Doultreman Q); une eschelle, disent Simon Le fioucq, 
Coqiiiau et une charte de Marguerite, de 1353; une chose 
quarrée^ dit un manuscrit de 1465, et enfin une estaple, 

(1) Ou d'Outreman. 



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— 1M — 



selon Wicart. Nou% avouons humblement ne pas com- 
prendre comment cette figure, 



fj> 



ou une figure quelconque pourrait représenter une estapkj 
à moins qu'elle ne soit le plan du bâtiment où se teoait 
cette franche foire. 

A cela, M. Cellier indigné répond : 

En vérité, tes savants de la Belgique jouissent de sing^ 
lier s privilèges I Ce n'est pas un Français qui oserait, dans 
un recueil sérieux, hasarder de semblables badinagu. Il 
trouverait bientôt quelqu'un pour lui dire que les questbm 
archéologiques ne se résolvent pas par des concetti. 

Cet argument, aussi sérieux qu'international, devrait seul 
nous réduire au silence. Mais cela ne suffit pas. L'auteur 
revient à la charge, et pour prouver, que la fameuse marque 
de Vestaple n'est pas celle des comtes de Hainaut, il nous 
apprend qu'elle se trouve sur des étalons de mesures, au 
Musée de Valenciennes, et sur une antique ferraille senraot 
d'ancrage sous la porte du Quesnoy. Cela prouve-t-il, le 
moins du monde, que cette marque, ainsi que le veut 
M. Cellier, n'ait rien de commun avec le Hainaut? Les 
comtes de Hainaut étaient souverains à Valenciennes, et 
leur marque a pu figurer là comme ailleurs, comme elle 
figure, au reste, sur une monnaie de Mons. 

Les numismates modernes, depuis Tobiesen Duby, jus- 
qu'à M. Robert, ont cru voir, comme nous, dans ce double 
temple, déformé et retourné, l'intention de représenter 
l'initiale de Hannonia. Nous persistons à préférer cette 



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^ i9i - 

explication à Vhoière, à Yeschelle, J la chose quarrée et 
même à Yestaple de Wieart. 

Quant à la question de savoir à quel titre nos comtes 
possédaient Valenciennes, si le Grand-Bailly y exerçait son 
autoritéparcegtMOu quoique Grand-Bailly, etc., etc.^ nous 
nous abstiendrons de la discuter ici; elle remplirait des 
volumes ('), et, résolue dans le sens de M. Cellieri elle 
n'empêcherait pas que la monnaie des comtes de Hainaut, 
frappée à Valenciennes, de même que les monnaies faites 
à Maubeuge et à Mons, ne soit une monnaie du Hainaut. 

M. Cellier parait surtout préoccupé du désir de prouver 
que les Valenciennois n*ont jamais eu rien de commun avec 
les Montois; qu'ils sont restés VatenciennoiSy rien que 
Valenciennois, jusqu'au jour où Louis XIV leur fit l'hon- 
neur de les réunir, à coups de canon, à la grande famille 
française. Les Montois, eux, sont demeurés attachés à leur 
petite et modeste famille belge^ et ce n'est pas moi qui 
me plaindrai de notre lot. 

M. Cellier, avec sa grande famille^ ne semble-t*il pas 
un peu nous traiter comme font les bourgeois anoblis qui 
ne veulent plus connaître leurs cousins restés dans la 
roture? R. Ce. 

(>) « n est bien vrai, dit M. Cellier, qQ*en maintes circonstances, les 
• Montois ont intenté des procès, accumulé mémoires sur mémoires.... 
« Ces chicanes perpétuelles se renouyelèrent, même en 4793, lorsque 
« la Belgique se trouva momentanément réunie à la France, etc. » Gec. 
n*est pas exact. Ce n*est pas quand la Belgique se trouva réunie à la 
France — il ne s'agissait plus alors ni d*états, ni de Hainaut ^ que les 
états du Hainaut réclamèrent leur autorité sur Valenciennes, mais bien 
quand celte ville eut été prise par les années alliées, au nom de TEm- 
pereur, comte de Hainaut, le t8 juillet 4793. 



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— 152 — 

M. Jules Boipiet. arebiviste de l'Élat à Namur, vient 
d'ajouter un quatrième volume à la eollecUon qu'il publie, 
par ordre du conseil provinciali des documenU inUiU 
relatifs à thisUrire de la province de Namur. Ce volume, 
de 4S2 pages, renferme le cartulaire de la commune de 
Cmejij cartulaire que M. Borgnel a élé obligé de recom- 
poser d'emprunts faits à divers dépôts d'archives; caries 
Gnésiens, qui avaient commencé, en l'an V, à brûler leurs 
titres sur l'autel de la déesse Raison (*), conlinuérent leur 
destruction systématique, en vendant le reste aux épiciers 
de l'endroiL 

M. Borgnet fait précéder son cartulaire d*une histoire de 
Ciney, en 128 pages. Nous avons lu, avec un vif intérêt, 
cette histoire locale (dans laquelle il est aussi questioo de 
monnaie), ce tableau simple mais vrai de ce qu'était ce 
beau moyen Age auquel certaines gens voudraient nous 
ramener; alors que Bouvignes sa batuiit contre Dinant, 
Dinant contre Ciney> Ciney contre Huy, ravageant, pillant, 
brûlant tout dans leurs territoires respectifs, et alors que 
chaque château n'était qu'un repaire de brigands, qui 
détroussaient, rançonnaient et massacraient les vilains, 
quand ils ne s'égorgeaient pas entre eux. 

R. Gh. 



(I) Celle déesse était repiésentée, en chair et «o es, par «aecftojeiue 
noounée Grouier. SiagaUer nem pour une c 



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— iS3 — 

Pregeito di rioriinamento délie œllezioni numiematiche 
in lialiëy per l'ab. Gnmo Ciâiatti. Firenxe, 1869, iii-8*^ 
:29 pages, 

Cest sous le palronage de M. le marquis Carlo Strozzi, 
directeur du Periodico di Numiematicaj que M. Tabbé 
G. Giabatti fait paraître son projet de réorganisation des 
collections numismatiques de son pays, appartenant aux 
villes ou à TÉtat. La première mesure que l'auteur propose 
de prendre, c'est de former un inventaire général de toutes 
ces collections, inventaire qui donnerait, avec la descrip- 
tion de chaque pièce^ son état de conservation, sa prove- 
nance (quand la chose est possible), son poids, sa valeur 
intrinsèque, son module, son âge, et, s'il s'agit d'une mon- 
naie inédite, les raisons qui militent pour ou contre son 
authenticité. 

Cet inventaire servirait de base pour les échanges à faire 
ensuite entre les divers cabinets. 

Ce sont précisément les mêmes mesures qu'on a souvent 
préconisées pour les bibliothèques publiques, en France et 
ailleurs, mais qui, croyons-nous, n'ont jamais abouti à une 
exécution réelle. 

R. Ch. 



Le deuxième volume de VHistoire numismatique du 
règne de S. M. Léopold P'y par M« Guioth, paraîtra à la 
fin de janvier prochain. Ce volume coûtera 30 francs par 
souscription. 

R. Ch. 



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— <54 — 

Notre savant confrère, M. J.-F.-G. Mcyer, conservateur 
du cabinet royal des médailles, à La Haye, vient de faire 
paraître, en 16 pages in-8", la notice sommaire des accrois- 
sements de la collection confiée à ses soins, pendant l'an- 
née 1868. 

R. Cb. 



La Revue archéologique^ de Paris, contient, dans le 
n"" XI de novembre dernier, une nouvelle note de M. F. de 
Saulcy sur les contremarques appliquées aux monnaies 
impériales romaines. Il s'agit celte fois des contremarques 
au nom de Vespasien, qu'on rencontre, entre autres, sur 
des deniers consulaires, et, chose plus étonnante, sur un 
denier d'argent frappé à Ephèse, h l'effigie de Domitien* 

R. Ch. 



M. Gustave Vallier, correspondant de la Société fran- 
çaise de numismatique et d'archéologie, a donné récem- 
ment lecture, à l'Académie Delphinale, d'une courte notice 
sur deux tiers de sol mérovingiens, au nom de Graciano- 
polis. Cette notice, publiée d'abord dans les bulletins de 
l'Académie, a été reproduite, avec le consentement de 
l'auteur, par la revue de Grenoble, intitulée le Dauphiné, 
numéro du 31 octobre 1869. Elle sera, de plus, insérée, 
mais avec de grands développements, dans le prochain 
Annuaire de la Société française. Voici la description de 
ces deux triens : 



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— 155 — 

Buste imberbe, diadème, à droite : >P GRACIA NO- 
POLE^. 

— Croix pattée dans un grénetis : »i< FLAVlNVl/l (le 
 et le V forment monogramme, AT) MNT. 

Buste imberbe, diadème, i droite : 4< 6RACIN0PL. 

— Croix pattée dans un grénetis et cantonnée, au 5 
et 4, des lettres G R : * FLAVINVS MONTA- 

R. Ch. 



Currency of ihe i$le of Mon, from its earliest appearance 
to Us Qêsimilaiion tviih thebritish coinage, in 1840^ 
with the laws and other circumstances connected with 
its history. Edited by Charles Clay, M. D., etc. Dou- 
glas, printed for tbe Manx Society, 1869, in-8% xu et 
228 pages. 

L'Ile de Man, qu'on a quelquefois qualifiée de royaume, 
est située entre l'Angleterre et l'Irlande. Elle appartient à 
l'empire britannique, mais, de même que Jersey et Guer- 
nesey, elle a conservé ses lois et son administration parti- 
culière. Ce n'est même que depuis 1840 qu'elle a perdu 
son autonomie monétaire, pour adopter la monnaie an- 
glaise. 

M. Charles Clay, président de la Société numismatique 
de Manchester, a fait, des monnaies de Man, de celles qui 
ont eu cours dans Tile (comme les ducatons belges de 
Philippe IV), des jetons, tokens^ médailles, sceaux, etc., et 
enfin des assignats ou papiers-monnaies^ une monographie 



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— IM — 

trèfl-intéressante et publiée avec le soin et le luxe qui 
distinguent les beaux livres anglais. Les planches sont 
photographiées avec une telle perfeetion qu'on croit avoir 
les pièces elles-méroes sous les yeux. 

Ce volume forme le tome XVII des mémoires de la 
Société historique de l'ile de Man (the Manx 56cte(y}. 

R. Ch. 



On lit dans la Correspondance générale de Paris : 

ttUn ordre significatif vient d'être envoyé à la Monnaie. 
Cet ordre porte que, à dater du 1*' avril prochain, la dou- 
ble effigie de Napoléon III et de son fils ^reroot {sk) sur 
toutes espèces de monnaie. Nous disons qu'il est significa- 
tif parce qu'il semble indiquer, conformément à nos ren- 
seignements d'hier, que l'association du prince impérial à 
l'empire aura lieu dans le courant du mois d'avril. Sur le 
projet de modèle, joint à l'avis qu'on nous dit avoir été 
adressé à la Monaaie, le profil du jeune prince figure à la 
droite de celui du chef de l'État : la couronne de laurier 
traditionnelle ceint les deux fronts. » 

Cette association de tètes impériales est tout à fait dans 
le goût du Bas-Empire, et rappelle les Héraclius aux mou- 
staches horizontales, et les Héracléonas. Mais la nouvelle 
en est-elle bien sérieuse? La date dupremt^ avril, qu'on 
assigne à son exécution permet au moins d'en douter. 

R. Ch. 



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— «7 — 

Notices sur Rome, les noms romains et les dignités men- 
tionnées dans les légendes des monnaies impériales 
romainesj par Tabbé J. Marchant, membre de la Société 
française de numismatique et d'archéologie, PariS| 
RoUin, 1869, in-8% de 669 pages. 

Excellent traité d'antiquités romaines, dans lequel l'au- 
teur, à propos des légendes etdes types monétaires, explique 
ce que c'était que ces nombreuses magisu^tures romaines 
dont la réunion, le cumul, forma le pouvoir impérial. 

R. Ch. 



Nous lisons dans le rapport de la Société archéologique 
de Namur, pour 186S. 

« L'étude de tout ce qui se rattache à l'histoire de la 
province est un but que nous ne cessons de poursuivre. 
Pénétré de l'utilité de pareilles travaux, M. le gouverneur 
a bien voulu nous consulter sur un projet tendant à 
demander, à chaque commune de la province, un mémo- 
rial historique destiné à conserver le souvenir des faits 
principaux dont elle a été le ihéAtre. Ce serait là une œuvre 
excellente et que nous ne pouvons qu'appuyer de tous nos 
vœux ; mais il semble nécessaire de la circonscrire dans 
certaines limites, si l'on veut obtenir des résultats pratiques. 
Nous avons, en conséquence, exprimé à M. le gouverneur 
l'opinion que l'on devrait confier le travail demandé à un 
ou plusieurs hommes spéciaux, convenablement rétribués, 
et qu'il importerait de se borner a consulter les documents 



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- 158 - 

iroprimés', car^ si l'on devait consulter les manuscrits, 
l'ouvrage deviendrait long et à peu près impossibles. > 

C'est pour répondre à ce programme que M. A. Lecatte, 
après avoir fait paraître Thistoire de Givet, en un volume 
in-lSy vient de publier une notice de quelques pages, inti- 
tulée : La deux Vireux (*) ; deux villages qui nous ont 
été enlevés par la France, mais qui appartiennent histori- 
quement au comté de Namur. 

Nous engageons M. Lecatte à poursuivre ses recherches 
et à les diriger particulièrement sur des localités restées 
belges. L'archéologie et la numismatique peuvent souvent 
faire leur profit de ces petites histoires locales. On y 
trouve des renseignements qu'on chercherait en vain 
ailleurs. 

R. Ch. 



Zur ùsterreichischen Mûnzkunde des xui. und xiv. JoArten- 
deris. Ein kritùcher Vermch, von D' Arnold Loscam. 
Wien, 1869, in-S"", 50 pages et 3 planches. 

Ce mémoire, tiré à part du xif volume des« Archive fur 
Kunde ôsterreichischer Geschichtsquellen, » traite de ces 
affreuses petites monnaies, grossières, informes, la plupart 
sans légendes, et dont il faut deviner les empreintes. Mais, 
de même qu'il n'y a rien de répugnant, ni de sale pour iid 
chimiste, il n'y a rien de laid pour un numismate. 

R. Ch. 

(>) Givet — imp. de F. Choppin, 4i pages. 



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— «9 — 

Kurze Àbhandlung ûber die Mûnzen, Medaillen und 
Orden der Soùverainen Fûrsten von Monaco, von 
C.-Ch. FIoffmann von Russelshbim. Homburg vor der 
H5he, 1870, in-8% 14 pages. 

Simple catalogue des monnaies des princes souverains 
de Monaeoi de leurs médailles, au nombre de deux : 
Tune de Louis P, en 1683, l'autre d'Honoré V, en 1838. 
Ce que les amateurs recherchent surtout, dans les livres 
de numismatique^ ce sont les planches; elles font ici com- 
plètement défaut. Seulement, la pièce de S francs de 1837 
sert de fleuron de titre (*). 

R. Gh. 



Recueil spécial de grondée curiosités inédites et peu con- 
nues, dans le champ de l'archéologie, de la numisma-- 
tique et de Vépigraphie, publié par A.*P. Boutkowski, 
1** livraison. Saint-Pétersboui|[, 1868, in-8% 38 pages 
et une planche phototypée. 

Cette publication, annoncée comme devant être pério- 
dique, sera-t-elle contiuée? Nous n'en avons rien vu paraî- 
tre depuis plus d'un an. M. Boutkowski est l'auteur d'une 
brochure dont la Revue a eu occasion de parler, dans le 
volume de 1869, page 104. Nous y renvoyons le lecteur. 

R. Ch. 

(') 7otr, pour les rnoonaies de Moaaco, Touvrage de M. Girolamo 
Rossi, dont nous avons parlé dans le volume de 4869, p. 375. 



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— ieo — 

Zur mittelalterlichen Mûnzkunde Tiroh, m-8% 10 pages 
et une planche* 

Cet article du D' Arnold Luschin est extrait de la nouvelle 
revue numismatique de Vienne, et a pour objet de com- 
pléter et de rectifier Touvrage de Ladurner surla numisma- 
tique du Tirol (*). 

R.Ch. 



La Zecca e le monete di Milano. Dissertazione di B. Bion- 
DBLLi. MilanOy 1869, in-8®, HO pages. 

Origine de la monnaie milanaise. — Liste des princes 
dont on connaît des pièces frappées à Milan. — Système 
monétaire. — Noms donnés aux monnaies de Milan, aux 
différentes époques. — Empreintes ou types des monnaies 
milanaises. — Légendes. — Rareté des monnaies et im- 
portance de Tatelier de Milan. Telles sont les différentes 
questions auxquelles répond Touvrage de M. Biondelli. On 
voit que l'auteur n'a négligé aucune partie du sijyet qu'il 
avait à traiter. Malheureusemem, le livra n'a pus de 
planches. 

R. Ch. 

(^) Deber die MUnze und d€U MUfvsweêen in Tirol vom 43 /oArAun- 
dertbiê zum Ableben K, MaximlioM 15i9, Innsbruck, 4868, in-8*. 



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— ICI — 

Dichiarazioiie délie Mùnete antiche delP isola di Lipari, 
raccottc dal barone di Mandruisca Enrico Phujno, in-i"*, 
12 pages. 

Cette notice posthume de C. Gavedoni est tirée à part 
du volume V des aôtes et mémoires de la commission royale 
d'histoire, pour les provinces de Modéne et de Parme, 
1869. 

R. Ch. 



Dans une lettre que nous a écrite M. Herman Odelberg, 
de Stockholm, il nous donne la traduction de quelques 
extraits d'un ouvrage contenant les généalogies de la no- 
blesse suédoise (Svenska Adelns Altartaflor)^ qui a été 
publié à Stockholm, de 1857 à 1864, en quatre volumes. 
Ces extraits concernent les directeurs de la monnaie en 
Suède pendant les xvi" et xwC siècles, et sont de nature à 
intéresser les lecteurs de la Revue. Voici les notes que nous 
avons reçues relatives à ces fonctionnaires : 

« I. Gilles Coyet^ né aux environs de Gembioux, en 
firabant, où son père, le chevalier Gilles Coyet, possédait 
uu château. Réfugié en Suède à couse de ses opinions reli-* 
gieuses. Orfèvre du roi, et maître de la monnaie de 1576 
& 1599. Mort à Stockhohn en 1600. 

» 11. Antoine Grooth, né en firabant, fils d'Antoine et 
de Magdelaine Habedanck. Réfugié en Suède, du temps du 
duc d'Albe. Orfèvre du roi et maître de la monnaie de 1!^99 

5«s6AfB, — TomrII. 14 



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— 46a - 



j à 1614, date de sa mort. 11 épousa Anne Coyet, fille du 

précédent. 
I » 111. Gilles Coyet, fils de Gilles et de N... Van Huf- 

I foen, d'Anvers. Maître de la monnaie de 1614 à 1626. H 

partit pour la Russie en 1 629 et mourut à Moscou en 1634. 
» IV. Marc Kook, fils de Daniel et de Catherine Havens, 
I de Limbourg. 11 naquit à Liège, le 14 janvier 1S85. Hailre 

I delà monnaie à Bromberg en 1613, à Kônigsberg en 1631, 

à Berlin en 1622?, à Stockholm en 1626, et à Avesta, 
en Suède, en 1637. Mort le 20 novembre 16S7. Il épousa 
à Dantzig, le 28 juillet 1614, Elisabeth Van Eyck, née le 
21 octobre 1S98, morte le 3 mai 1665. Elle était fille 
d'Isaac Van Eyck, natif du Brabant, directeur de la mon- 
naie à Dantzig. 

> V. Antoine Grooth, fils d'Antoine, qui précède. Or- 
fèvre et directeur de la monnaie de 1641 à 164S. n 

Alex. P. 



Dans une publication récente (Stockholm, 1869;, inti- 
tulée Fran jemàldem (Sur Tége de fer), par M. Oscar 
Montelius, et dont il n'a paru encore que la première par- 
tie, on trouve à la suite d'une dissertation sur les décou- 
vertes d'armes faites en Suède, des tableaux qui décrivent 
les trouvailles de monnaies romaines et byzantines, avec 
l'indication des localités et les règnes auxquels elles ap- 
partiennent. Une planche est jointe à ce fascicule, sur 
laquelle sont représentées vingt-cinq bractéates, dont plu- 



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— 163 — 

sieurs sont des plus curieuses au point de vue de l'art. 
Cette partie numismatique de l'ouvrage est écrite en anglais, 
le reste est en suédois. 

Alex. P. 



Le n"* XXXV de la Revue anglaise de numismatique, 
qui forme la 3" livraison du volume de 1869, se compose 
des articles suivants : 

i® Monnaies des successeurs d'Alexandre, en Orient, par 
le major-général, A. Cunningbah. (Suite.) 31 pages et 2 
planches. 

On remarque parmis ces monoaies, un tétradrachme d'Eu- 
cratides d'un type absolument semblable, sauf la dimension, 
au ftmeux Eucratidion d'or du cabinet de Franee.] 

** Sur. un dépôt de monnaies trouvé à Tower Hill, par 
M. John Evans, Esq. 11 pages. 

S'' Ce qui distingue les monnaies d'argent de Henry IV, 
Henry V et Henry VI, par M. W. Hylton Dybr Longstafpe, 
Esq. 25 pages. 

4"" Publications nouvelles, 3 pages. 

8^ Mélanges. Médailles romaines trouvées à Poole. — 
Nettoyage des monnaies d'argent. — Ventes publiques de 
médailles, etc. — 10 pages. 

Une planche, Old english coins, qui devait accompagner 
Tarticle de M. Haigh dans le numéro précédent, est jointe 
à cette livraison. 

R. Ch. 



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— 164 - 

La direction du Bullettino di numUmatica italiana 
annonce, en terminant la troisième série, que ce recueil 
continuera & paraître aux mêmes conditions quepar le passé 
et que le premier numéro de la quatrième année sera disuv 
bué en janvier prochain. Un artiste de mérite a été chai^ 
de la gravure des planches dont la confection sera beau- 
coup améliorée. Elle se plaint, enfin, de la négligence que 
mettent certains abonnés & payer leur cotisation, malgré 
les demandes qui leur ont été adressées, dans le journal 
même et par lettres particulières. 

R. Ch. 



La double livraison (mai*«oùt) de la Rwue mmima- 
iiquê fnmçaise contient les mémoires suivants ; 

!<" Tétradracbme inédit de Delphes, par M. Hbhri de 
LoNGPÉRiBR. 24 pages et 4 vignettes dans le texte. 

3* Médailles grecques inédîten de sa collection, par 
M. A. -G. SouTzo. 1 1 pages et 3 planches. 

3* Monnaies et bulles inédites de Néopatras et de Car}'- 
taena, par M. P. Lambrob. 10 pages et 1 planche. 

4* Monnaies inédites de Jean IV, duc de Bretagne, par 
M. L. Chauffibr. 27 pages et 1 planche. 

5* Mélanges de numismatique, numéro V. — Trouvaille 
de monnaies du xiv"* siècle. France, Bourgogne, Bar, Savoie, 
Vaud, Bretagne; par M. Ch. Robert. 17 pages et 1 planche. 

6* Florin d'or de Bar, émis sous le duc Robert, par 
y.. J. Laurent. K pages, 3 vignettes. 



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— ^65 — 

7* Essai sur Thistoire monétaire des comtes de Flandre 
de la maison d'Autriche, et classement de leurs monnaies 
(1483*1856), V article; par M. L. Dbsghakps de Pas. 
34 pages. 

8*" Chronique, 17 pages. 

Les amateurs, qui n'ont pas le bonheur d*étre millionnaires, 
y verront, avec stupéfaction, la liste des prix auxquels ont été 
acQugées les monnaies de M. C.-J. Dassy, dans la vente faite à 
Paris, le 5 mai dernier et jours suivants» 

R. Cr. 



Le second fascicule du t. II de la Revue numismatique 
italienne, de M. le marquis Strozzi, se compose de quaUre 
mémoires : 

1" Monnaie inédite de Caius Marcus Claudius Taeitus, 
par M. C. Strozzi. 7 pages et une vignette. 

V Suppléments au mémoire du père Irenée Affà, sur 
Tatelier monétaire et sur les monnaies parmesanes. Études, 
par le commandeur M. Lopbz, ancien directeur du musée 
de Parme. 11 pages. 

3** Le musée Bottacin, annexé à la bibliothèque et au 
musée de Padoue («titte), par M. Carlo Kunz. 33 pages 
et une planche. 

4** Sceau des cardinaux Jules et Hippolite Medicis, à la 
collection du musée national de Florence, par M. Lcigi 
Passerini. 4 pages et une planche. 

R. Ch. 



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— 166 — 

Les journaux ont^ plusieurs fois, fliit remarquer, et cela 
aYec raison, qu'il paraissait peu convenable de plaeer la 
tête du souverain sur les timbres-poste, destinés par leur 
usage à être outrageusement maculés. II parait qu'on com- 
mence à avoir égard à ces justes observations. Sur les noa- 
veaux timbres de notre pays, le portrait de Sa Majesté a été 
remplacé par le profil du ministre des travaux publics. 

C'est bien là une application plastique de nos institutions 
parlementaires. Le ministre couvrant de son masque cod- 
stitutionnel la figure inviolable du Roi. 

V. D. B. 



La troisième livraison (juillet-septembre) de la nou- 
velle Revue numismatique de Vienne (NumimatUcke 
Zeitêclirift) se compose des mémoires suivants : 

I "" De Tancienne numismatique de l'Egypte, Plolemée IV 
Philopator, Arsinoe III Philopator, par M. C.-M. Hobbr. 
46 pages. 

2* Sur la numismatique des Arsacides, par M. Vo» 
Prorescr-Ostbn. 1 1 pages. 

3* VAes grave de la Campanie, par M. le D'Jtiuos 
Friedlaender. 9 pages. 

*• Sur les monnaies musulmanes dites Vtcamte-lfun- 
zen et sur des drachmes de cuivre du xn* et du xiu" siècle, 
par M. le D' Joseph Karabacek. 37 pages. 

II existe de ce Mémoire un tirage à part dont il sera rendu 
compte dans le numéro prochain. 



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— 167 — 

b" Médaille de bronze du cardinal Mercurius Arborio 
de Gattinara, chancelier de Qiarles-Quint, etc., par M. le 
D' Jos. Von Bergmann. 6 pages. 

6 Monnaies du Tirol au moyen âge (suite et fin), par 
M. le D' Arnold Lusgbin. 38 pages. 

7« Tbalers inédits de la ville de Rend et du roi de 
Pologne Michel Koribut, par M. le D' Kupido. 5 pages. 

S' Mélanges -^ ouvrages nouveaux sur la numismatique* 
8i pages. 

. Trois planches sont jointes à cette livraison. 

R. Ch. 



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— 168 - 



IÎËGR0L06IE. 



La Société royale de Numismatique vient de 
faire une grande et douloureuse pertel M. le séna- 
teur comte Maurice de Robiano , son vice-prési- 
dent, élu pour 1870 , est décédé à Bruxelles, le 
17 décembre dernier, à l'âge de cinquante-quatre 
ans, après une longue et douloureuse maladie. 

Af • de Robiano était un des fondateurs de notre 
Société dont il fut à diverses reprises vice-prési- 
dent. Plusieurs articles de lui figurent avec dis- 
tinction dans notre Recueil. 

Il laisse une collection considérable de médailles 
et surtout de monnaies du moyen âge. Les suites 
qu'il avait spécialement cherché à compléter, sont 
celles des comtes de Namur et des comtes-ducs de 
Luxembourg i il réunissait aussi volontiers, dans 
ses cartons les pièces rares et inédites de tous les 
pays. Son intention était de les publier successive- 
ment dans notre Revue; mais ses occupations, 
ses voyages et surtout la maladie qui le minait 
depuis plusieurs années, l'en empêchaient toujours. 
Il y a là des trésors perdus, peut-être pendant bien 
longtemps, pour la numismatique. 



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— 169 ^ 

Par une coïncidence singulière, le jour même du décès 
de M. le comte de Robiano, mourut, à Paris, le vice-prési- 
dent de la Société française de numismatique, M. J. Saba- 
TiBR, membre honoraire de notre société. 

Une notice nécrologique spéciale sera consacrée, dans 
le numéro prochain, à cet éminent numismate qui a 
rendu tant de services à la science. 



On nous annonce aussi la mort récente de M. G.-R. Her- 
UJMS, archiviste du Brabant septentrional, auteur de divers 
travaux sur les monnaies de sa province et qui a fourni 
plusieurs articles dans les premiers volumes de notre Revue. 

R. Ch. 



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T- 470 — 



SOCIÉTÉ ROYALE DE RUMSUTIQilL 



BITIAIIS DU PBKt^TUBiUI. 



Réimioii du bnveaii du 10 déoemlire 1869. 



Sur la proposition du président, le titre d'associé écran* 
ger est conféré à M. le marquis Carlo Strozzi, directeur du 
Periodico di numUmatica e $fragUtica, à Florence. 

Le secrétaire, Le président, 

CiM. PiCQUÉ. R. Chauni. 



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— i7i 



SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMSMTIQUE. 



LISTE DES OUVRAGES REÇUS PENDANT LE U TRIMESTRE 1860. 

Revue bibliographique unîyerselle, 2* annéoy t. IV, S*, 4*, 8«et6« lirraisons, 
septembre-ddcembre 1869. Paris. 

Le Cabinet historique, revue meusuelle, I5« année, 7«, 8« 9«et I0« livrai- 
sons. Paris, 1869. 

Bibliothèque de Tccole des charte, revue d'érudition consacrée spécia- 
lement i rétude du moyen âge, 30> année, 6* série, t. V, 4» et 8« livrai- 
sons. Paris, 1869. 

Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie, année 1868, n^S et 4; 
1869, DM i et 3. Amiens. 1869. 

Revue numismatique, publiée par MM.deWitte et deLongpérier. Nouvelle 
série, t. XIV, uM 3 et ^4, mai et août 1869. 

Bulletin de TAcadémie royale des sciences, etc., de Belgique, 38* année, 
2* série, t. XXVIII, n«« 8, 9 et 10, 1869. 

Bulletin de Tlnstitut archéologique liégeois, t. VIII, 3« et dernière 
livraison 1868; t. IX, 2« et dernière livraison 1869. 

Bulletin des commissions royales d*art et d*archéologie, 6« année, novem- 
bre et décembre 1867. 

Annales de la Société historique, archéologique et littéraire de la ville 
d*Ypres et de Tancienne West* Flandre, t. IV, i^ et 2« livraisons, 1869. 

Bulletins de la Société historique et littéraire de Tournai, t. Xlll, 1869. 

Analectes pour servir à Thistoire ecclésiastique de la Belgique, t. VI, 
1869, 3« et i» livraisons. 

Les deux Vireux (notices), par H. A. Le Cattc. 

Berliner Blfttterfûr Mnoz-, Siegel- und Wappenkunde. XIII Heft. (Fûnf- 
ten Bandes erstcs Heft.) Berlin, 1869. 

Jahrbûcher des Vereins von Alterthumsfreundcn im Rheinlande. Heft 46, 
1869. Bonn. 



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— in — 

Kurie Abliandlung ûber die Mûoien, Medtillen ond Orden der SMrre- 

nienen Pûrsten Ton Monaco, voo C. Ch. Hoffmann Ton Rasaelshetni, 

1870. (Hommage de IViateor.) 
Curreocy of the isle of Man, by Charles Clay. Dooglu ; prinled for tbe 

manx Society, 1869, in-S*. (Hommage de Paateor.) 
A Guide (o (he study and arrangement of english coins, elc. ; by Henry 

William Hcnfrey, 2* et 3« partie, 1869. (Hommage de rauteor.) 
Le temple de Jupiter Capitolin , d^près les médailles, par le baron 

B. de Koehne, in-8*. (Hommage de Taotenr.) 



CKBIHET NUMISMATIQUE. 
DONS FAITS PAR M. LE MINISTRE DE L'INTÉRIEUR. 

Le baron Leys. Hommage du Cercle artistique et littéraire d*An vers, 

1868 ; Léopold Wiener, bronse,68 millim. 
Inauguration en Belgique du premier festival annuel de musique eiaa- 

sique, 1869; Alex. Geefs et Ed. Geerts, brome, 65 milUm. 
A.-J. Lebcau, ué à Huy, le 3 janvier 179^i mort le 19 mats 1868; 

C. Jebottc, brome, 60 millim.^ 

DON FAIT PAR M. A. LE CATTE. 

Petite médaille à belière, distribuée à Namur à Poccasion de Tinaugun- 
tion de la statue de Léopold I<r; similore, 13 millim. 

DON FAIT PAR BI. MESDACH DE TERKIELE. 

Découverte de la planète Neptune, par Alpbée Dubois, hronie, 60 millim. 
Voir page 483, 6* série, tome I. 

Le BiUMhéeaire, 
A. BaiCRâOT. 

Bruxelles, le 31 décembre 1869. 



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— 475 - 

CATALOGUE 

DBS 

RONimiES OBSiDIONIILES ET DE NECESSITE. 



DIX-SEFTIÈXB ABTICLB. 



«■•BBAlea de ealvre ^nl devaient avoir conra camnie al ellea 
étaieat d'arseat. 

d. 12. Demi-rouble s — ^égende eu vieux caractères 
russes, signifiant : Par la grâce de Dieu, le 
grand gossoudar czar et grand -duc Alexis^ 
Michaelowitz de toute la Russie.) Le czar cou- 
ronné revêtu du manteau royal, à cheval, allant 
au pas, à droite ; tenant de la droite le sceptre 
posé contre l'épaule, dans un cercle de grënetis. 
Rev. — Aigle à deux tètes^ dans un cadre carré, 
entouré d'ornements et d'un cercle de grènetis; 
au-dessus et au-dessous des caractères en vieux 
russe, signifiant : an 71 62 ou 1 654 et PoUinnik). 

Cuivre. B<« de Chaudoir, idem, n» 426. 

PI. I. 7. no 7. 

d. W. Demi rouble. — Presque semblable au n"" 12, 
mais avec une différence dans le mot russe qui 
se trouve au revers au bas de la pièce. 

Gaivre. B« de Chaudoir, idem, n» 4Î7. 

PI. II, 7, no 7. 
6* siR». — ToMS II. 42 



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— 474 - 

13. Altin. — Le czar couronné, à cheval, allant au 
pas, à droite, tenant la pique baissée ; sous le 
cheval M (Moscou). 
Sev. — Dans le champ, en six lignes, on lit une 
légende en vieux caractères russes. 

Cuivre. 

Monnaie suspecte. 

B« de Chaudoir, idem, n* 4iS. 

13*. AUin. — Le czar couronné à cheval, allant à 
droite, tenant d'une main un sceptre; sans lettre 
sous le cheval. 
Rev. — Dans le champ, on lit une légende en 
vieux caractères russes. 

Cuivre. 

Monnafe suspecte. 

B<» de Chaudoir, idem, v» 4î9. 

13». Altin. — Semblable au n" 13*, mais derrière le 
CEar:n(P«*o/l. 
jj^, _ Dans le champ, on lit une légende en 
vieux caractères russes. 

Coivre. 

Monnaie suspecte. 

B<» de Cbaudoir, idem, n* 430. 
15*. Altin. — Semblable au n* 15», mais sous Iccheiah 

n. 

Ue», — Dans le champ, on Ht une légende en 
vieux caractères russes. 
Cuivra. B** de Chaudoir , idem, n« 134 . 



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— 475 — 

U. Groche ou 2 copeks. — Le czar couronné à cheval 
allant à droite, tenant la pique baissée ; sous le 

cheval : M. 
Rev. — Dans le champ, on lit une légende en 
vieux caractères russes. 

Coivre. 

Monnaie suspecte. 

B«B de Chaudoir, idem, n» 431. 

14*. Groche ou 2 copeks. — Le czar couronné, à cheval, 
allant à droite, tenant le sceptre ; sous le cheval : 
n {Pêkop. 
Rev. *-- Dans le champ, on lit une légende en 
vieux caractères russes. 

Gaivre. 

Monnaie saspecte. 

W^ ée Onudoir, idem/n» 433. 

14'. Groclie ou 2 copeks. — Semblable au n* 14*, mais 
à cAté du C2ar : U. 
Rev. ~ Semblable au n"" 14*. 
Cuivre, B«» de Ghauddr, idem, n^ 434. 

1 a. Copek. — Le czar couronné, revêtu d'une cuirasse, 
à cheval, allant à droite, tenant la pique baissée; 
sous le cheval : M. 
jRen. — Dans le champ , on lit une f^gende en 
vieux caractères russes. 

Cuivre. 

Grandeur d'un copek 4*ar|ent. 
Bob de Ghaudoir, idem, n« 435. 



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- 176 - 

15*. Copek. — En tout semblable au n* 18, mais sans 
lettre sous le cheval, 
d, 15'. Copek. — Semblable au n' 15. 

Rev. — Dans le champ, on lit une légende en 
vieux caractères russes. 

Cuivre. 

Boa de Cbaadoir, idem, d* 436. 
PI. II, 9. n« 3. 

1 5^. Copek. — Semblable au n* 1 5, mais sous le cheval 
deux vieux caractères russes. 
Rev. — Semblable au n* 15>. 

Cuivre. Bm de Chaodoir, idem, n» 437. 

i^^. Copek. — Semblable au n'IS, mais sous le cheval 
deux caractères russes^ signifiant Novgorod. 
Rev. — Dans le champ, on lit une légende en 
vieux caractères russes , plus ou moins frustes. 

Cuivre. Boa de Cbaudoir, idem, n* 438. 

15*. Copek. — Semblable au n* 15, mais sous le cheval 
deux caractères russes différents de ceux de 
n- 15* et 18»). 
Rev. — Dans le champ, on lit une légende fruste en 
vieux caractères russes. 

Cuivre. B»» de Cbaudoir, idem, n» 439. 

15^ Copek. — Le czar couronné, revêtu du manteau 
royal, à cheval, à droite, tenant le sceptre; sous 
le cheval, Il {Pskof). 



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— 477 — 

Rev. — Dans le champ, on lii une légende en 
vieux caractères russes, signifiant : Le czar et 
grand-duc ÀtexiS'MichaelowitZj autocrate de 
toute la grande, petite et blanche Russie). 

Cuivre. B« de Gbaadoir, idem, d« 440. 

15'. La même pièce, sans lettre sous le ciieval. 
Cuivre. 

15«. Copek. — Semblable au n' 18'. 

Rev. — Dans le champ, on lit une légende fruste 
en vieux caractères russes. 

Cuivre. Bw de Chaodoir, idem, d« 444 . 

ib*:Ck>pek. — Semblable au n* 15^ 

Rev. — Dans le champ, on lit une légende un peu 
fruste en vieux caractères russes. 

Cuivre. B«" de Chaudoir, idem, n« 448. 

15".Copeii:. — Semblable au n* 15', mais sous le 
cheval, IIC. 
Rev. — Semblable au n* 18". 

Cuivre. B«> de Chaudoir, idem, n« 443. 

SABIONETA. 

Mo^oée par lea Impérlaoz en flW99. 

Pendant le blocus de cette ville, le général D.-Gas- 

par de Zuniga, manquant d'argent pour payer 

ses troupes, fit frapper des lires et des demi-lires 

en cuivre. 

Carlo Morbio, p. 242. 



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- 478 - 



SAINT-DOMINGUE. 






d. 1 • CtMT/a» «— Dans le cbamp, sous une couronne 
royale, les caractères F • 7 • 
Rev. — Dans le champ, cnlourées d'une guirlande de 
laurier, les lettres S D * Au-dessous, la valeur |. 

Gaiyre. Cabinet de M. Vidal-Ramoo, à Baro^ 

leoe. 

SANTArllABTA. 



«•■■alM #e BéeMsIté fkwypèea peM«M la «■•!«« 4m I*liiM- 

d. 1 .? -^ Dans le champ, les earaecëres F * 

y II; ou-de$$ou?, la date 1818, le tou( entouré 
d*un segment de globules. 
Rev. — Dans le champ, les lettres S M, entourées 
d'un segment de globules. 

GulTre. Cabinet de M. Vidal-Ramon, è Baroe- 

looei 

* 2. Cuarto. — Croix équilatérale cantonnée aux 1* et 
2* des lettres S — M, au 3* de Castille et au 4* 
d'une épée inclinée sur une pile de boulets; le 
tout entouré de feuillages. 

(*} M. BAtTBKUdiT, dans son Manuel comfUl de numkmoMquê^ indi- 
que cette pièce pi. X, n* 485, comme appartenant è, 8ani$09ae, assiégée 
par les Français en 4809. 



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— *79 - 

Bev4 — Dans le champ, sous une couronne, la 
valeur l accostée de Caslille et d'une épée inclinée 
sur une pile de boulets. Au-dessous, la date 1 820 ; 
plus bas, un petit ornement. 

Caivre. 

SADÎT-MAETIN (Ile db). 

«•■•Aie de nécessité frappée en «•«•? 

♦ 1 ? — Morceau triangulaire d'une piastre, 

sur lequel il y a deux estampilles, l'une avec le 
nom de S' MARTIN, l'autre parait être un 
soleil. 

Arg. — TriajDgulaire. 

Catalogue Tbéod. Bom, do S4 sep- 
tembre 4866, n» 6680. 

8AINT-0ME». 
Aeslésée pur les Pimiffils, en ft49W. 

d. I . tS deniers. — Autour de l'écusson aux trofe pom* 
mes de pin, on lit : PRO'PATRIA. L'écu est 
surmonté de la date 1477. Au-dessous, le nom- 
bre tZ indiquant la valeur. 

Étain. — UDiface. 

A. Dewisme ('), p. 329. 



(•} Catalogué raisonné des monnaies du comté d^Arlois. 
Xi, B. Neiis regrettons de ne pouvoir partager la conflaioce ^ranteir 
dans Taothenticitéde cette monnaie. 



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— 480 — 

3. 9 deniers. — Probablement semblable au n* 1 , 
sauf rindication de la valeur. 

Étais. — Uniface. 

Alex. HeroiaDd (>), p. 40. 

Aiwlésée par les Fran^U, en !•••• 

3, Patoffon. — A VDOMARVM OBSESSVM • 1638. 
Les armes de la ville. 

Arg. — UDiface. 

Alex. Herroand, p. i3. 

^ 4. SoL — AVDO e OBSE. Dans le champ, la croix 
dite de Lorraine. Au-dessous, la date 1638. 

Cuivre. — Dniface. 

Alex. Hermand, pi. I, n* 8. 

SAINT.QXJENTIN. 

flOBBAlefl de Béeesflité trmppéem par Henri d'OrléaBfl, dae 
de LeBSBeTllle, ponr fenniir bbz ffirBifl de la gae r re ^b'II 
teltMll ponr le roi et 1« relIslOB, en !«••. 

d. ^. V* d'écu. — * HENRICVS III • D • G • FRAN 
ET POL * REX. Croix à triples bandes, fleurde- 
lisée et évidée en cœur. 
Rev. ^ ^ U^ DORLEANS D A LONGVAVIL 
FACIEBAT. Dans le champ, on lit : PRO — 
CHRISTO — ET REGE — S Q — 1889. 

Arg. Leblanc, pi. LUI, n« 4. 

KIotz, p. 303, D« 83. 

(*) BeehBTcheê êur leê monnaieê, médaitteB et Jetons dont ta viUe de 
Saint'Omer a été Vc^et, 



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— 181 — 

d, 3. 15 êoU. — Semblable au n'' 1 . 

Rev. — * SANCTVS QVIÎVTINVS • 1889 {trois 
hermelines). Dans le champ, on lit : PRO — 
CHRISTO - ET REGE — XV. 

Arg. Leblanc, pi. LUI, n« 5. 

Klotz.idem. 



• • ■ • é 



d. V. 15 toU. — * HEiNRICVS • III • D • G • FR- 

POL ■ REX. Croix fleurdelisée portanl en cœur 
une rosace. 
Rev. - * SANCTVS QVINTÏWS • 1889 • .T. • 
Dans le champ, sous deux poirts, on lit : * PRO ' 
— CRISTO • («c) - ET • REGE • — • XV • 

Arg. Cabinet de M. Desaios, à Saint-Qaentin. 

SAINT-TENANT. 

Assiégée par fl. de Taremie, «b i#ftV, 

d. 1. 30 sois. — Dans le champ, on lit rinscription sui- 
vante gravée au burin : -povr - 30 . solz • de • — 

. LA vaisselle • DV — . MAR*t DE TVRENNE • — 

• ASSIEGEANT • — • S! VENANT • 4657 • La pièce 

est timbrée sur le côté d'une grande fleur de lis 
dans un cercle perlé. 

Bev. — Le champ est timbré d'une grande fleur de 
lis dans un cercle perlé. 

Arg. — Rectangulaire, irrégnlière. 

Daby, pi. XYI, n<» ^. 



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- I8B — 

d. 2. 20 ioh. — Le champ est timbré d'one grande flear 
de lis dans un cercle perlé. 

Arg. — Unifacc» carrée, irrégulière. 

Adolphe Dewisme, pi. XIV, ii« 460. 



SAIZBOUBG, 



■•BMilaa #e Béeeflfllfé frappée* pur lPr«l|pMi^ 1 
BalleMw, é¥ê4«e de SelBkewrs, en ift9S, pe«r peyer les 
trelc enselcnee d'iBfABterie «o'Il eT«lt enrêlées pe«r telre 



1. Demi'thaler. — SANCTVS • RVDBE — RTVS • 
EPS * SALISBV : Le saint assis de face, mitre 
et nimbé, regardant légèrement à gauche: il 
tient de ta main droite la bénate et la crosse de la 
gauche. Devant lui, un écusson ovale et orné, à 
six quartiers, renfermant : en haut, les armoiries 
à deux quartiers de rarchevëché, et dessous, celles 
de la famille avec un écu au besanl en cœur, 
surmonté d'une croix et du chapeau de cardinal 
entre deux croiseites. 
Rev. — IN • DNO • SPERANS • NON • INFIRMA- 
MABOR — • Une forte tour au milieu de la mer 
est assaillie par les flots et les vents, et battue 
par la grèle^. 

Ai^. — Carrée. 

Yod SchuHhw-R«ittta« C). ^ IH, 



DO 3786. 



P) Thakr CMntH. 




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- 188 ^ 

1*. DtmUîhûler. — Sembhbie aa n"* 1, mak sans le 
chapeau de oardinal et les deux croisettes au- 
dessus de récussoD. 
Rev* — Semblable au d" 1 . 

Arg. — Carrée. 

9. Thaler. — SANCTVS : RVDBERTVS : EPS : 
SALZBVRG : Le saint avec ses attributions 
comme sur la pièoe précédente, mais d'un dessin 
trés-différent; devant lui, un écusson renfermant 
aux 1*' et 4* les armoiries de l'archevêché, aux 
9* et 3* les besants des armoiries de la famille* 
Mev. — IMMOTA x ^ RESISTIT * M : D : 
XCIII ^ La tour comme ci-dessus, mais d'un 
dessin différent en ceci qu'on ne voit ni la porte 
ni les meurtrières, 

Arg. — Carrée. 

Von SGbiilth6B8-Reebberg, t. III, 
0*3787. 

2«. Tkaler. — Semblable au n"" 3. 

Rev. - IMMOTA • — • RESISTIT # M • D : 
XCIII • Semblable au n"" 2. 

Arg. — Carrée. 

IdeiOi idem. 

S>. Thaler. — Semblable au n* 1 , mais plus épaisse 
et d'un autre dessin. 
Rev. — IMMOTA • - • RESISTIT * M • D : 
XCIII ^ Semblable au n^i. 

Arg. — Carrée. 

Idem, n» 3788. 



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— 184 — 

2*. Thaler. — SANCTVS • RVDB - ERTVS • EPS- 
SALISBV : Semblable au n*2. 
Rev. — Semblable au n"" 3. 

Arg. — Carrée. 

Idem, D« 3789. 

y. Thaler. - SANCTVS • RVDBE — RTVS • EPS' 
SALISBVR — Semblable au nM . 
Ret). — Semblable au n* V. 

Arg. — Carrée. 

Idem, vT 37(K). 

2*. Thaler, — Semblable au n* i, maïs avec SALISB* 
Rev. — IMMOTA • RESISTIT • M • D : XCIII • 
Semblable au n** 1 • 

Arg, — Carrée. 

WelleDbeim, n« 40366. 

3. Z>mt-«Aa/er.^SANCTVSRVDBERTVSEPS- 
SA USB : Dans leehamp, deux écussons accolés. 
Rev. — Semblable au n* 1 . 

Arg. — Carrée. 

Idem, n« 40388. 

3«. Demùîhaler. — Semblable au n* 3, mais avec une 

contre-marque au-dessus des armoiries de Sah- 

bourg. 

Rev. — Semblable au n* 1 . 

Arg. — Carrée. 

Idem, D* 40385. 



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— 185 - 



les #e aéeMwllé frappéca par Parts^ «reherê^we #e 
••lab««rs9 pondant l« nverre de Trenie-ABS (f } 



4. Tkaler. — MONETA • NOVA • SALZBVRGE : 

Deux écussons accolés et ornés; celui de droite 
aux armes de Tarchevéché, celui de gauche aux 
armes de la famille. 
Rev.—+- SANCTVS • RVDBERTVS • EPS • 
1621 * Le saint assis de face, miiré et nimbé; il 
lient de la main droite la bénaie et la crosse de 
la gauche. 

Arg. — Carrée. 

VoD Schultess-Rechberg, t. IH, 
n« 3826. 

4<. TAafer. — Semblable au n^4y mais avec S A USB VR: 
Rev, — Semblable au n*" 4. 
Arg. — Carrée. 

Idem, no 3827. 

4*. Thaler. — Semblable au n** 4; la fin de la légende 
est fruste. 

Rev. — SANCTVS • RVDBERTVS : EPISC : 

1622. Semblable au n'4. 

Arg. — Carrée. 

Idem, no 3832. 

5. Demi4haler. — + - • MONETA • NOVA • SALIS- 

BVRGE : ^ -i-. Écusson ovale, orné, surmonté 
de la croix et du chapeau de cardinal. 



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— 18S — 

Rev. — SANCTVS o RVD — BERTVS o EPS o 
Semblable an n" 4. 

Arg. — Gairée. 

Idem, 0* 3833. 

K». Demvthaler. — SANCTVS • R VDBERTVS ' EPS • 
SALISBVRG : 1620. Semblable au revendu 

Rev. — PARIS • D • G : ARCH — EPS • SALZ • 
SE : AP : L : Semblable aa o" S. 

Arg. — Carrée. 

6. «/• * <*«'«•• — SANCT : RVDBER — TVS • 
EPS : SALZ : 1644. Semblable au n« 4. 
Rev. — PARIS • D : — G : ARCHIEPS : SAL- 
SE : AP : L : Semblable au n"* 5. 



Arg. — Carrée. 



SANAHUJA. 



«OBBAle de aéceMlfé frappée par U Tille «o Béai del.«BtoXlllf 
peBdBBt l*oeeBpBllOB frBB^lae de l« €mUkim§pmmj de f dâl 
à f «dS. 

d. I. Sixain. — LVD XIII D G R F E CO BAR -• 
Télé laurée du roi à droite. 
Rev. — VILLA SA — NAVI 1 64 • — . Ècu losange 
aux armes de la ville, placé sur une croix cou- 
pant la légende. 

Cuivre. Mémorial NumiemaMieo EtftM àt 

4868,pl.V,B*IO. 



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- 187 - 

SGAKBOBOUGH. 

AMiécte par iM pArtesMntelrai, en i«4ft. 



d. 1. */t couronne. — Dans le champ, un château fort à 

S D 
deux tours. Au-dessous, la valeur .. y.. 

Rev. — D«n8 le champ, on lit : OBS — Scarbo- 

Arg. — Obloogue, 

Ruding, pi. XKIX, n« 4. 
Daby, pi. XV, n* 6. 

d. 2. 2 shilling, — Semblable au n^ 1, mais avec la 

c 
valeur ?,• 

Arg. — UDiface, obloDgue, irrôgalière. 

Ruding, pK YI, sappl., qo 7. 
Duby, pi. XIV, n« 8. 

d. 3. 18 sois. — Semblable au n" 1, mais avec la va- 
leur ^ y|. 

Arg. -~ Uaiface, octogonale, irrégulière. 

Ruding, pi. VI, suppl., n« 9. 
Dttby, pi. XIV, no 3. 

d. 4. Gro$ ou i sols. — Semblable au n* 1 , mais avec la 
valeur }^. , 

Arg. ^ Uniface, carrée, un angle coupé. 

Ruding, pi. YI, suppl., n» S. 
Duby, pi. XIY, n« 4. 



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- «8 - 



SCHEMNITZ. 



■oBiialefl 4e aéecMllé fmppéca pendant 1« cnerre eeeCrelei 
Tares, de !••• à !«••. 

1 7 — Dans une couronne de feuillage, h 

Ictire L couronnée. 
Rev. — Dans le champ, les lettres C S (Ciotftu 
Sch€mnitz)j accostées de la date 16-95. 

Cuivre Catalogne WeDenheim, o« 4046. 

2 ? — Semblable au nM , mais de Tannée < 6-96. 

Cuivre. Catalogue WelIeDheim. n* 4047. 

3 ? ~ Semblable au n"" 1 , mais del'année 16-97. 

Cuivre. NumUmatische Zeiiung de 4847, 

p. 489, H» 47. 

4 ?~ Semblable aunM. 

Rev. — Dans le champ, une grande S renfermant 
dans la courbe supérieure la lettre A et dans 
Tinférieure la lettre C. Des deux côtés 16-97. 
Cuivre. Idem, p. 490, n« 64, 

S ? — Semblable au n* 1 . 

Rev. — Dans le champ^ trois C entrelacés, accostés 
de la date 16-99. 
Cuivre Idem, p. 490, n* 55. 

6 ? — Semblable au n« 1 . 

Rev. — Semblable au n* 1, mais de l'année 16-99, 
et sur la lettre S« on a frappé le chiffre 9. 
Cuivre. Catalogue Welleobeim, n« 40t8. 



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— 189 — 

7 ? — Semblable au n* 1. 

Aet?. — Dans le champ, les lettres S-0 accostées 
delà date 17-00. 

GaiTre. Gatalf^oe WeDooh«iiD,]i«4049i 

8 ? — Semblable au n* 1, mais la couronne 

de feuillage est plus simple. 
Rev. — Semblable au n* 7, mais de l^année i74)!, 
GaiTre. Catalogue Welieuheim, n« 4 031 . 

9 ? — Semblable au n* 8. 

Rev: — Semblable au n* 7, mais de Tannée 17-01 
e^ une contre-marque. ... ; 

GdItm. X^atalope Weltetihèim, n« 40S4. 

10 ? — Semblable au n' 1 . 

Rev. — Semblable au n*" 7, mais de Tannée t7-02« 
GoiTre.. Catalogue Welleohelm, n« 4020. 

11 ?— Semblable au n" 8. 

Rêv. < — Semblable au n^ 1 0. 

Gaivre. Catalogue Wellenbeim, à* 40S3. 

12 ? — Semblable au n"* 8, mais avec une contre- 
marque près de la couronne. 
Rev. — Semblable au n** 7, mais de Tannée 1702. 
Cuivre. Catalogue Wellenheim, n» 4025. 

i3 ? — Dans une couronne de Teuillage, la 

lettre L couronnée. 
fi« Béa». — ToHB II. 43 



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Rev. — Dans k^ çii^mh ^ \^^J^ C & entrrfacées 
aecost^éct^'ile ia date 17r92^ 

Cuivre. 

* 1*. 3 treuteer. -^ fhm le champi enlre deux branches 
de feuillage trëa-majgres, la Ietu*e S courmDée. 
Au-dessous le chiffre 3, 

GQiTve. — IJnitMe. 



SCHOONHOVEN, 

1.12 9oU. — Au milieu cPune couronne de feuillage, 
lai.bitcet S reimniée. Au-dessus^ la* valeur : XII. 
Au-dessousy la date iS7K. 

ÊUiA. — UDiface, carrée. - 

Van Loon, 1. 1, p. Î06, d« I. 
Dtoby, pi. V, n» «. 

2. 6 sob. — Au milieu de deux cercles concentriques^ 
la lettre S tetournée. Au-dessus, la valeur : VI. 
• Au-dessous,, la djBite 1575. 

ÉtaîD. — Uniface, losange. 

Van Loon, 1. 1, p. 206, n« f : 

3^ 4 ^«ij — Au milijçu de deux cercles concentriques, 
la leUre S. Au-dessus, la valeur : llll. Au-dessous, 
la date 1575. 

Étaio. -^ Uniface, earrée. 

Va» LooB^ 1 1, p. MO, uo 3. 



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4. 3 iols. — Au milieu de deux cercles concentriques 

dont le cercle intéi^içMJç est festonné; la lettre S. 
Au-dessus la valeur : III, au-dessous la date 1S75. 

Ëtaio. — Uniface, carrée. ' 

Van LooD, 1. 1, p. 206, n^i. 

5. têols. — Semblable au n* 9;mai8*aveela valeiir: H. 

ËtaiD. — tlniface, carrée. 

YanLocOit. i,p.206, n«6. 

6. SqL — SemblabU au n** 3,. mais av^ la valeur : I. 

Vaik(4Pf»vt. l,p.«D6|n«6. 

6«. Sol. — Au mîliai d'un grènetis entouré de deux 
ceroIes> (jea sîgl^ .S L 

StaîD. — Uofface, carrée. 

SAN-SEVERIMO. 

1 . » fcaiocçtics* -. SANCTA Ofil • ~ GKiMTRIX — 
Buste nimbé et. étrapë de la Bainte-Vierge, à 
gauche. Sous le buste les lettres s , m. 
R^. — PÏVS PAPA SEXTVS ANNO XXIH ~ 
1797 wB, Dans te cbarop^ sous une petite étoile, 
on lU : — BAIOC — CFNQVE — SEVBRI — 
NO — 

Cuivre. 



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~ 192 



SILESIE. 

■•MBAlM de MéeeMlté fMppéea M' !•• prlaees llc«és de to 
«llé«|e, es t«tt. 

di i . 25 /&a/er, — Aq milieu d'une couronne de laurier, 
l'aigle éployée de Silésie, portant au cou un 
croiss^i. 
Rev. — Au milieu d'une couronne de laurier, un 
cartouche orné, renfermant Vinscrîplion sui- 
vante : MO • AVRE — SILESIiB - XXV • 
10 A — CWIMFC — ORVM; au-dessous du 
cartouche, 16 — hi^ — 21, 

Or. •' Duby,pl.XÏIV, n»4. 

Godfrid de Werdeck H, pi. XXXYIIf , 
no 8. 

d. 2. 12 thaleretfkmù - MQNETA • AVREA • SILE- 
SliE 12 i TALERO. L'aigle éployée de Silésie, 
accostée de la date 16-21 . La pièce porte quatre 
contre-marques, savoir ; en haut u^ à droite; à 
gauche et en bas A . 

Or. — Uniface, carrée. 

Catalogue Tfaéod. Bom, du Si sep- 
(embre4866,Q«5368. 

3. 10 thaler. - ♦ MONETA • ARGENTEA • SILE- 
SliE • X TALERO. L'aigle éployée de Silésie, 
portant au cou un croissant et accostée de la date 

(*) Siletia numùtnaUca, 



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— 195 - 

1^911. La pièce porte deux contré-marques^ 
savoir : en haut m» en bas S . 

Arg. — Uniface, carrée. 

Catalogue Tromper, d«)834. 

*• 6 thaler. — • MONETA ARGENTEA SILE- 
Slifi • S£X * TALËRO : L'aigle éployée de 
Silésie, portant au qqu le croissant surmonté 
d'une petite croix et accostée de la date 16-21. 
Entre les plumes de la queue de Taigle, on voit 
les lettres h — a. La pièce porte les mêmes con- 
tre-marques que le n"* 3. 

Arg. ^ Unifaoe, carrée. 

Rader,D«464. 

Godfdd de Werdeck, pi. XXi;VIII^. 
n-4. 

». 3 thaler. — x MONETA • AROENTBA • SILE- 
SIM • m • TALERO ~. Semblable au n** 4. 
Arg. — Unifeoe, carrée. 

Duby,pl.XXUJ,no?.. 
Godfrid de Werdeck, pi. XXXVIII, 
«•5. ... 

6. 9 thaler. 

Arg, ^ Uoiface, carrée. 

Catalogae Tbéod. Bom, du îi sep- 
tembre 4866, no 5392. 

7. 1 thaler et demi. -r. ♦ MONETA • ARGENTEA • 

SlLESIiE • U -TALERO : Semblable au n* S. 



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. Lt pièce porte à fauché una troteiéme cootre- 
marque avec P^ 

Arg. — Uniface, carrée. 

Ruder, n» 466. 

(ioàfrid de Werdeck, pi. ZUVni, 
n«6. 

•: 7*. I ihalBrttdémi. - Semblables ïi* 7, mais ayam 
à droite «ne -qUëtrièltie éontfMnarque avec P. 

Arg. — Uniface, carrée. 

Catalogue Gafllenfete, 1)* M. 

8. 1 V* thaler. 

Ârg. — Uaiface, carrée. 

Catalogue Van Dareo, n« 4647. 

• Ô. ^/idertaïer.— •MONETA-ARGENTEASILE- 
SIiE • * • TALÈRO. Semblable au n* 7*. 

4rg. -0«lfiice,oartéè. 

Cflldegae Tnutikter, Ji« ia36. 

10. ^Ik de thaler. 

Arg. — tlnïTacè, carrée. 

d. M. 30 kreutzer. — Semblable au n* 1- 

Rev. Dans une couronne de feuillage» fwcartoacbc 
orné renfermant rinscripUon suivante : MONETA 

— ARGENT — SILÈSliE - XXX • CRV. 
Sous le carioucbe la date 16 — 2i . 

Arg. Ruder, n» 467. 

GMfrId d» IV^rdeelf, Ti. XOTUf 



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~ iW - 



«OLSONA^ 



Um de «é0«MUé tmB W ém pur U.vlU%#«MlMil Vm 



cL i. Sixain. -^ PAINGIPATO CATALO. Les armes 
iHiardiMiées de C«l«lognfe. 
Èev. -^ GOELSO - CIVI iUlt. Ëcu losange aux 
armeb de la villey posé sur la croix de Sainte- 
BftMie. 

GolVild. 8Âlât,pl. V,n«t. 

9. Menui, -^ 'i^ COLCONA. Autour d'une croix 
patriarcale. 
.fier. -CIVI-;- 1641. 

:G«ivre. •8atai«p.tO«. . 

80HBBEBETE. 

■•■■•le ém Mé0MlÉM«ë '4rà)fp^ i^dÊÊiàMi U 'wMfklè ém t'Iadé* 



H. 9. Uk ^^ièûm déoHtes p. 404 de la Refnte ntimiimo- 
tiquê belge, 4« série, t. V, ou p. 458 da tiré à part et repré- 
sentées rar la pi, XlXt 9^ 4 ^ s, mus la dénominatioD de 
Galide (noorelle), apparUenneai à Sombrerete. 

d. 1. KéaL - IMÊRWN • Vit - SBREhÉTÈ. Dans le 

efuimp/deux globides sous «ne-couronne royale. 

Reo. ^ V'AR6A& Au centre de la pièce un écus- 

son ovale aux (rois Oetirs de lis aeeosté de la 

valeur : I — R. Au-dessous la date 18H. 

M«. CAl^Det de M. Vidal RamoD, à Bar- 



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• 196 — 

stSbnwyck. 

Vu la pénurie d*argeot, les magistrats de la ▼ille prirent 
la résoiaiién de mettre les armes <)e la ville, qui sont une 
ancre, sur l'argeiit oon^ot <|ni restait. dam la caisse, 
ainsi marqué, cetargeut devait aTOir cours pour ie doabte 
de sa valeur ordinaire. 

d. 1. V» daalder, valant un daalder. — PHILIPPVS • 
D • G • REX • HISP • Busie armé ci lauré du 
roi, à droite. Derrière la tête du roi, une estam* 
pille atec une ancre, armeô de la Ville. 
Rev. — ♦ PAX MVLTA DILIGENTIBVS • LEG • 
TV. Les armes de la Gueldre posées sur la croix 
de Bourgogne, aeooscées de deux eroîsettes sur- 
montées de briquets et de deux petites croix. 
Une troisième croiseite se trouve sous l'écusson. 
. .sM^e.e$((ampilk.que9ur lafoce. 

Arg. VanLoon,t.I,p.tS6. 

D.ubsr,pLVIU,Do4. 

STBALStJND. 

AMiévée wmr le séaériil ir«lleiMite|«i| em ûm^^. 

d. 1 . , • . . • r. ? . <-* Dans le champ, deux estainpilles aux 
armes de la ville, aecosrées de' la date 16-28 et 
des letlres S ~ G. 

duivre. — - Uofface, i-ectaogulaire aux angles coupés. 

Cabinet de M. Westwnanii, à Biela- 
feld. 



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- td7 



AMiécée 9«r lesJlAMolfl, les tex^Bii elles PruMleaS) e» f f f ft. 

• 2. 16 schilling. — STRALSVND. Dans le champ, 
les armes de la ville. 
En>. *^ D^ns le ehamp, on lit la valeur : XVI — 
SCHIL — LiNG~-i715. 

Arg. Klotz, p. 350, no W. 

3. Schilling. — Semblable au n"* 1 . 

Rev.—iS EINE REIGHSPALER. Dans leeliamp, 
on lit : SCHILLING - STVCK — • 

Caivre. Klotz, p. 360, n» 7()^. 

, STRASBOUEÇ. 

■■•■■Alefl de aéeeMlté flrepi^fl per Je ea - O e e rge de VniBdc- 
Ibenrvy liettilttBf Ik cuerre centre le eaF^Inal de I<emiiae, 
ea «««t. 

* !•, SO kreuU^. -m Daas.Ie ohamp, trois écussons; le 
premier à.qtiatr^ quarniei^; (iana le l** sont les 
armes de révéctiédeStnapbourg} dans Je ^* celles 
du burgravial de Nuremberg; dans le 3' les 
armes de Brandebourg, et dans le 4' celles du 
landgraviat d'Alsace, Le second À^ussoq est aux 
armes du chapitre de Strasbourg et le troisième 
aux armes de la ville. Le premier écusson est 
accosté de la date 15-92. En bas, la valeur ; 80. 
Le tout entouré d'ime guMeude de feuillage* 

Arg. — Uniiace, carrée. 

Duby, pi. X, n« 4. 



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- M8 — 

9. 40 kreutzer. — Semblable au n* 1, avec cette 
différence que les ëcussons sont plus peliu et 
ont uoe 9«Kre forne. £n bas la valeur 40. 

Ârg. — UniCBce, carrée^ 

Lac]d\iai|),336. 

3. W kreutzer? 

4. 10 kreutzer? 

lÉloqn^ par les Allié*, e» 1l»f 4 et f»tft. 

8. Un décime. — Au n^ilieu d'une couronne de cbène, 
la lettre N surmontée d'une couronne impériale. 
Rev. — Au milieu d'une couronne de cbène, oo 
lit : UN -DÊClMÊ • — 1814 • — BB, 

Cuivre.. / / Milliii.etM.ilUDgeiv;^l.XXXIII»n»W. 

tf *. Un décime. — Au milieu d'une couronne de cbéoe, 
hi lettre L 'su^ttiôbtéë d'une èdurotme royrie et 
ènDburée de \Mè fleitt^ 'dëli». 

Cuivre! MiUiDet HiUîngBD,pI. LXXIII,ii*497. 

M». Bn Hèdme. — 'SemUaUe ad n** *S mais aYce h 
date 1815. 
Cuivre. 

S^ Un détin». W âemUaUe au in'' «* mais avec la 
date 1818. 

Coivre.' 



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Voy. à la SirioB, Chitrleô, duc de Sudermanie. 
•StJÈrfE. 

«•■■Aies de Mé0«Mlté ftrappéMi p«r Cnstove l*') roi de 
Mtaëie, tett iftk^rt^ «dBtt« tDhrlttttnii it, #et a» iNmtrflMYà, 
es ffttf » 

d. 1 ?— * L« roî à mx-corps, de fece, armé, la 

tète nue, les épauted eôruvertes du umnteau royal , 
71 tient une épée de la tnatn ârofte et le globe 
^ Cfucigère dé h giaudhè. 
Rev. — Dansunécu88onaccoftédis»H!Uffre8 I — Il| 
délit fléehes en sautoir, armes de la Dalécarlie, 
cantonnées de la lettre G et de trois couronnes. 

Arg. — Oarréfi, Irvôgalière» 

Dal)f,pl«XX,a«4.. 
E. Bronner, pi. I, q» 4. 

d. 3 ? — Le roi à mi-corp^, <)eibl^y armé, la 

télé nue, il tient une épée de Ja maîfi^lroite et la 
galieiia'apff»uyéé'9tlr^ hanche. 
Rev. — Les armes de la Dalécarlie comme au n" 1 , 
sautque la lettre G se trouve en bas au lieu cl*élre 
en haut, et que Técusson n'est pas accosté des 
cliïffres 1 — 11- ïln bas, on ïît : ERlâON. 

Arg. — Carrée, irrégulière. 

Dnby, pl.X3t,ti*). 
É. Arenner, pi. II, n» 2. 



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— 200 — 

d. 3 ? — Semblable au n* 1 , d'un autre coin, 

avec une légère différence dans la pose du roi. 
Rev. — Semblable au n* 1 . 

Arg. — Carrée, irrégulière. 

E. Breoner, pi. II, d*4. 

«e f sas à fl«Sf . 

4^ ^ ..... él — Dans le champ, la lettre G, aocosiée 
de la date 3 — 8 (1835;. Au-dessous les armes 
de la Dalçcarlie. Dans la lettre G, une figure, 
. peut-être la gerbe de blé^ armes de Waza. 

Aig. — Ooifàoe* 

DariMk» jrynlMôfoef, B. I. pi. II, u* t. 

d. 5. 16 or. — Dans le champ, un grand G couronné, 
des deux côtés la date 1 5 — K6. 
Rev. — Dans le champ, trois couronnes posées 
(2 - l)i celle d'en bas est accostée de la valeur : 

16 — ÔR. 

Arg. i- Gftirée. 

.£• Bienner, p. 70, a* S. 

d. 6. 15 or. — Semblable au n* 5, mais de Tannée : 15 
•- 43. 
Rev, — Semblable au n** 5, mais avec la valeur : 
15 — ÔR. 

Arg. — Carrée. 

E..BreDner, p. 70, n* 3. 



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d. 7. 12 or. — Sefnblable au n« 5^, mais de l'année : 

«5 — 45. 

Rev. — Semblable au n"* 5» mais afe# la valeur : 

IZ - OR. 

Cuivre. — Carrée. 

E.BreoDer, p. 74,D*4. 

d. 8. 8 or. — Semblable au«' 5. 

Rév* ^ Semblable au n* 5, mais avec la valeur : 

8 — ÔR. 

CuWre. — Carrée. 

E. Brenner, p. 74, n» 8. 

d.' 9. 4 or* «^ Semblahie au n"" 5. 

Rev. — Dans le champ, les trois couronnes posées 
(2-1). Au-dessous, la valeur : 4 — ÔR. 

Cuivre. — Carrée. 

E.Brenner, p. 74, nôS. 

d. tO. 2 ôr. — Semblable au n*" â. 

R€v. — Semblable au n* 9, mais avec la valeur : 

2 : ÔRE. 

Cuivre. — Carrée. 

£. Brenner, p. 74, n* 4. 

d. 11. 16 ôr. -* Dans le champ, les armes couronnées de 
la Suède, accostées de la date « 15 ^ S7 o. 
Rev. — Dans le cbamp, les armea couronnées de 
Wasa, accostées de la valeur : o 16 — ÔRE o. 

Arg. — Carrée. 

B.Brenoer, p. 7S, n«4. 



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— »M - 

Rev. — Semblable au n** 1 1 , ipija ave^ la valeur : 

' ih 8 o -«^ ÔRE. 

Caiyre. — Carrée. 

B. Brenner, pi. 7t, n« 2. 

d. 13. 4 or. -^ Semblable an n"* 1 1 , mais Técu est accosté 
de la valeur t t>i ^ QH. 
BeVé -^ SemhbiUe «M n? il» miia reçu «t aocosié 
de la date f S — S7. 

Cuivre. — Carrée. 

%, Breaner, pi. 79, ii« 3. 

■mumIm 4m MéceMllé fmpvéMVfMl É#» lLVr,.««il 4e 0aè«c, 

y»p<W»t !• fm««Te c«MÉre VcMMc Ut r»l <• H^aeaMucfc, 

14. 46 ôr. — Dans le champ, écu couronné renfer- 
mant les letires EB, il est accosté de la valeur : 
46 — ÔR. 
Rev. — Dans le champ, les armes couronnées de 
la Suède, accostées de la date IS* — 65. 

Arg. — Carrée. 

Mad4l»ii»6430, 

^ (5. 16 ôr. — Dans le champ, écu couronné et orné 

r«AfermanL les lettres Ë ^ R » accosté de dtui 

croisettes et die Ib valeur : q 16 — ÙR o 

Rev. — * Dans le chamiiy écu. eonronoé «I orné m 

mme^ de la Siiëdfi, accosté de la d^te 15 —6i. 

Arg. — Carrée. 

6. Brenaer, p.S4,n«S. 



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4, |6,, 8 or, — g^mblfJtile iin n' 1,ÎJ, mais *v€<? U viilaup : 

8 Ô — RE. 

J^^. -^i 9fim4^)ab)fs 4M» n* IK» «nais «««b la date 

« - W. . 

Ârg. — Carrée. 

S, Brenner, p. 8S, n*4. 

d. 17. 4 ôr. — Sw^bj^M^AUJ)' t8| mais, avec la valisuf : 

Rev, — Semblable au n" 15. 

Cuivre. — Carrée. 

Ef Brenner, p. 83, d« 2. 

d. 18. 9 ôr. — Semblable au n^' 18, mais avec la valeur : 

*— iÔR. 

Rev. — Semblable au n* IS. 

Caivre. -* Carrée. 

E. Brenoer.p. 89, n» 3. 

ll«muil«i de Béceafllté frAM^éea à inradateBA^ ymr Jeaa, duc 
de PlalaBde^ et Cluirlea, dae de 0aderm»ale, peadaal la 
Saerre ceatre ^:rle JLVWy ea f •••• 

d. 19. 8 marcs. — Dans un encadrement orné de tré- 

feuilles, la gerbe de blé couronnée (armes de 

Wasa), accostées des lettres I — C liées à la 

gerbe par un lien, et de la date : 6 ~ 8 (1 568). 

Rev. — Dans un encadrement orné de tréfeuilles, 

les trois couronnes posées (2 — 1), les deux 

premières séparées par un point. Dans le champ, 

la valeur : 8 — M. 

Arg. — Carrée. 

E.Brenner,p. 86, no4. 



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— 204 — 

d. ^. 4 mares. — Semblable an n* 19, mais sans Fen- 
cadrement orné. 
he9. ^*--*SeinblaMe au fi* 't^, mais sans T^ncadre- 
ment orné et avec la valeur ^ 4 — M. 

Apg. — Carrée. 

e! BreoDor, p. M. n« S. 

â.ii. 2 marcs: -^ Semblable au n* 2(J. 

Rev. -- Semblable au n** 90, mais avce la valeur : 
Z — M. 

Arg. — Carrée. 

£. Breaner, p. 86, n* 3. 

P. Maillibt. 



{Pour être cmtinué.) 



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— 805 — 
LES 

ATELiEDas m:o]v:éxa.iii,es 

FAMILLE DES TRIVDLZIO, 

c»Bl»i U lincci, lei^iMn de ftheiiTild et de SiTiei, ■«rqiii de Vifeuie, priieei U la nllée 
de linlciM et de Retepe inpjriile, etc. 



LETTRE A M. R. CHALON , 



MoNSiEUft LB PlléSIDBNT, 

Le vif plaisir que j'ni éprouvé en irouvani, |J«ns un livre 
fort rare et peu connu hors de riialie, de nouveaux rensei- 
gnements de la plus haute importance pour la numisma- 
tique en général et particulièrement intéressants pour 
l'ouvrage que j'ai entrepris de publier, en allemand, sur les 
monnaies des Grisons, ainsi que le désir de faire connaître 
à un nouveau cercle d'amateurs le résultat de quelques- 
unes de mes recherches sur ce sujet, contenues tant dans 
Touvrage même, dont deux livraisons ont déjà paru, que 
dans plusieurs articles imprimés dans différents journaux 
numismatiques, m'ont suggéré l'idée d'écrire pour votre 
5« sitiUL, — ToMB H. di 



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~ 206 — 

Revue une notice sur les ateliers monétaires de la famille 
des Trivulzio {*)» Ce nouveau travail contient une confir- 
mation de quelques détails publiés dans le journal numis- 
matique de Berlin (*), mais en même temps il renferme 
un grand nombre de faits qui m'étaient inconnus alors et 
quiy si je ne me trompe, sont encore ignorés d'un grand 
nombre de collectionneurs. Ils pourront en faire leur profit 
dans le classement de mainte pièce attribuée faussement i 
un atelier monétaire imaginaire qui n'a jamais existé à 
Vigevano (Vigére); les pièces portant le nom de ce mar- 
quisat italien ayant été frappées au château de Misocco, 
dans le canton actuel des Grisons en Suisse. 

Veuillez parcourir mon modeste essai et si vous irouvei 
qu'il soit digne de Bgurer dans votre excellent journal, 
je vous serai très-reconnaissant de l'honneur que vous me 
ferez en le publiant sous vos auspices. 

LES ATELIERS nONÉTAIRES 

DE LA FAMILLE DES TRIVULZIO. 

Vers la fin du xv' siècle, un riche milanais, l'illustre 
JeanrJacques Trivulzio, qui, après s'être distingué comme 

(*) Je n'ignore pas qu*one foule de noms italiens sont ordinal remeoi 
francisés par les auteurs français qui s*eo servent, mais ne voyant pas 
la nécessité de faire ces mutilations, j'ai conservé à dessein rorthogra- 
phe italienne, par exemple, rnvu/stoet Vigevano, au lieu de Triwkt 
et de Vigén. 

(*) Die angeblithen Muenten von Missoco im WeiïeDbetm'scben. 
Catalog. Berliner Biatler fur MCtoz- Siegel- u. Wapenkunde, 44 , ti 
(IV. «, 3). 



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- 207 - 

lires dffi capiiaioe du duc de Milan, continua sa brillanle carrière 
»fliie[H s militaire sous Ferdinand I, roi de Naples et sous trois rois de 

le joûni France, Charles Vlll, Louis XII et François I, et qui, enfin, 

;iD{)i i 7. ^n 1 499, fut même élevé à la dignité de maréchal de France 

neom^. ^^ ^^ f^f^^^Ç^i^ de Figevano, avait acheté vers Tannée 148S, 

\oék P^^r '^ somme de 10,000 florins, la vallée de Misolcino 

(mli: (Vallis Mesauca) avec le château de Stisocco (Mesaucum) 

^ f^^. à un comte de 5acco, en allemand : Sax zu Uasax. 

'^. Les préliminaires du contrat de vente furent faits avec 

le comte Henri de Sacco. Après quelques retards, l'achat 
se conclut définitivement avec le comte Jean-Pierre de 
Sacco, comte de Belmont dans les Grisons, surnommé par 
ses contemporains le Prodigue, vraisemblablement fils 
d'Henri et petit-fils du célèbre comie de Sacoo, dont This* 
toire conserve le nom comme un des fondateurs de la 
Ligue Grise. 

Telle fut l'origine de l'influence de la famille des Jn'- 
tmlzio sur Thisloire de l'antique et valeureuse république 
des Grisons dans la Rétie supérieure (*). Un simple con- 
trat de vente pour une somme qui suffirait à peine pour 
acquérir une petite maison élégante dans une de nos 
grandes villes modernes. 

Cependant quelques points litigieux sétant élevés entre 
l'acquéreur et le vendeur, et les habitants de la contrée en 
étant venus aux voies de faits, Jean-Jacques Trivulzio, 



(') Ed rejetant la lettre h qui est entièrement inutile et absolument 
fausse d'après Tétymologie la plus ancienne des mots RAETIA et 
GVRIA , je ne fais que me conformer à Tusage suivi par les savants qui 
ont publié des documents relatifs aux Grisons. 



■met': 
oJeh 



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- 208 - 

alors occupé h faire la guerre aux Rassi de Parme et aux 
Vénitiens, pour le duc de Milan, s'adressa à ce dernier en 
lui demandant son appui. Le duc envoya dans la vallée de 
Misolcino Renée TrivulziOf frère de JetnhJacques, avecdes 
troupes armées. Le pape Sixte IV adressa aux babitaols un 
bref, daté du 4 août 1483, leur enjoignant de laissera 
Jean-Jacques Trivulzio la libre possessi(»n de son château 
de Misocco. En 1493^ le nouveau comte de Mîsocco aug- 
menta encore son influence dans les Grisons en achetant 
du comte George de Werdenberg des droits seigneuriaux 
sur les vallées de Rheinwald (Vallis Rheni) et de Stussa- 
vien (Stussavia) (*). 

La tranquillité étant rétablie, Jean-Jacques songea dès 
lors à obtenir une faveur que les empereurs d'Allemagne 
accordaient avec assez de libéralité, c'est*à-dire le droit de 
frapper monnaie dans sa nouvelle seigneurie, privilège 
ambitionné par les plus petits barons de Tépoqae, qui 
réussissaient à s'établir sur un territoire d'une certaine 
étendue et dont les revenus étaient assez considérables pour 
leur permettre de s'adonner à un luxe qui devenait pour les 
plus heureux une spéculation commerciale lucrative et une 
source de nouvelles richesses, mais qui accélérait aussi 
souvent la ruine des moins fortunés et surtout de eeui 
qui s'obstinaient i exploiter des veines d'or et d'cirgent 



(*) Vanotti, Gegchichte der Grafen wm Mohtfort und von WnDM- 
BiRo, p. 354. ZscBOKKB, 1, p. 467. D'après une note manuscrite do 
maréchal, de 4548, publiée dans le volume supplémentaire de Tonvrage 
de G. RosMiMi, il parait que les revenus de Miêoeho, Stusavia et Yal- 
damo se montaient alors à 4 ,000 ducats. 



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— 209 — 

improductives qu'ils avaieni eu le malheur de trouver dans 
quelque eoin de leurs domaines» 

Les ouvrages historiques de Jean de Huiler, deZschokke 
et de Vanotti m'ont fourni quelques-uns des détails qui 
précèdent, mais la source la plus riche est rexcellente 
biographie du grand-maréchnl, écrite par le chevalier 
Carlo de' Rosmini {*). Cet ouvrage est enrichi d'un supplé- 
ment écrit par le docteur Pietro Mazzucchelli sur les ate- 
liers monétaires de la famille des Trivulzio et sur les 
monnaies et les médailles conservées dons le Muêée Tri- 
tmUiano, 

On trouve^ à la vérité, des détails biographiques et bis- 
toriques sur J.-J. Trivulzio dans une foule d'ouvrages 
contemporains et postérieurs, mais il y en a fort peu qui 
soient exempts des plus grandes erreurs. Pour n'en citer 
rapidement que quelques-unes, nous lisons, par exemple, 
dans les Vies des hommeê illustrée, par Thevel, que le 
roi Charles VIII nomma J.-J, Trivulxio gouverneur de 
Milan en 1 49K. Le Nouveau dictionnaire historique, par 
L.-M. Chaudtm et F.^B. Delandine, imprimé à Lyon 
en 1804, nous dit que Trimilee n*at>9it point été marié. 
Un autre ouvrage, publié i Paris en 1 808, prétend que 
Trivulce naquit à Florence en. 1436. Imhoff enfin nous 
apprend que la première femme de Jean -Jacques fut 
stérile. 

D'après ce qui précède nous pensons que quelques ren- 
seignements exacts seront bien accueillis de nos lecteurs. 



* (*) Déff istoria intomo àtlê tniHtari imprese e aHa viia di Gian-Jacopo 
Trkmhi» ésUo U Magw ec. liM XV ec. MUano 4845. 



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— 210 - 

Jean-Jacques fils du Magnifico Antonio Triwlzio el de 
. Francesca Visconti, naquit i Milan, vers Tan U41. Il 
épousa en premières noecs Marguerite Coleonoy alors égée 
de douze ans et qui mourut en 1483. La seconde femme de 
Jean-Jacques Trivulzio fut la comlesse Béatrice (fioa/oi, 
qu'il épousa à Naples en 1487, et qui lui apporta une dot 
de 1 0,000 ducats, somme alors assez considérable. Il n'eut 
qu'un fils légitime de son premier lit, Jean-Nicola$, comte 
de MiêoccOy qui naquit en 1479. Le 8 juillet 149S, ftla 
bataille de Fomot*o, connue dans Thisloire de France sous 
le nom de bataille de Val di Taro» n'ayant alors que 
seize ans, le jeune héros sauva le roi Charles VIII des mains 
du duc de Manloue. Le roi voulut savoir le nom de ee 
valeureux jouvenceau et le créa chevalier sur le champ 
de bataille avec toutes les cérémonies d'usage. En 1499, 
J.-J. Trivulzio confia la garde du château de Milan è son 
jeune fils Jean-Nicolas^ qui épousa Paule Gonzaga, yen 
l'année 1S04, et mourut à Turin, au mois de juillet 1511, 
égé d'environ trente-trois ans. 

Outre ce fils, le maréchal eut huit enfants illégiU- 
mes qu'il aimait et qu'il fit élexer avec soin, cinq filles et 
trois fils, dont Tun nommé Ambroiee fut évëque de 
Bobbio. 

Après que J.-J. Trivulzio, en 1499, eut conquis en peu 
de jours toute la Lombardie pour Louis XII, le roi, en 
partie & titre de reconnaissance et en partie comme dédom- 
magement, è la place du butin qui, selon un ancien usage, 
revenait de droit au général en chef, et qui était évalué à 
ISOyOOO écus, le nomma maréchal de France et l'investit 
du marquisat de Vigevano(\itéré) qui lui faisait un revenn 



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de dix mille dacats d'or (*). Ce n'est par conséquent que 
postérieurement à 1499 que fiirent frappées toutes les 
monnaies et les médailles sur lesquelles il porte le titre 
de marqttis de VigevanOj tandis que celles qu'il émit 
pour la vallée de Misolcino ne portent que le titre de 
comte. 

Pour se faire une idée de la valeur relative de l'argent 
vers la fin du xv* siècle, on lira avec intérêt les détails sui- 
vants. Cinquante bouches mangeaient i la table du maré- 
chal. La dépense était évaluée è huit lires par mois pour 
chaque personne. Les écuries contenaient cent chevaux, 
y compris ceux de Af** la maréchale et du comte de 
Mieoeeo. L'entretien de ces chevaux coûtait 600 lires par 
mois, ou 7,200 lires par an (<), c'est-i-dire moins que 
n'en coûte de nos jours l'entretien d'une voilure à deux 
chevaux. 

Les ateliers monétaires des Trivulzio sont au nombre 
de quatre : Misocco, Bùveredo, Mueso et Retegno. Mais 
avant d'entrer dans les détails relatifs à chacun d'eux, il 
importe de démontrer que, contrairement è l'opinion gé- 
néralement répandue et appuyée par des noms fort res- 
pectables dans la science numismatique, il n'y a jamais eu 
d'atelier monétaire è Figevano (Vigère). 

Suivons donc notre docte abbé dm Pieiro Mazxue- 
chelH dans ses preuves et ses conclusions irréfutables, qui 
possèdent tout le charme de la nouveauté pour le grand 
nombre de ceux qui n'ont pas encore consulté son traité 



n RosMim, I, p. 339. 
{*) lo.y p. 664. 



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nuraîsmotique, digne è tous les égards d*ètre porli^^^ 
connaissance des aniateurs de la soience pour enriehîTVcMkt 
répertoire. 

Muraiori, le premier investigateur italien scientifique ' 
de la numismatique du moyen égc, mentionne ua atelîcf 
monétaire établi à Vigevano. L'autorité de ce savani ^^^ 
traîna ses successeurs et surtout Argehîù Carli, G^^^^ 
nigo, ZanetH et même Tauleur des mémoires de l« ^^^^ 
de Vigevano, P. -G. Biffignandi Buccella, en 181 0« ^^ 
leur fit croire à l'existence de cet atelier monétaire itnBg^' 
naire. 

Antérieurement à Afitratori^ Egidio Sacck^Ui avait P^*"'^ 
d'un atelier monétaire de Vigevano, sans eependtfOt *P" 
puyer son opinion d'une preuve quelconque, tes arob»^^^* 
de la famille de Trivulzio, si riches en documeuls «'^**^*,^ 
aux autres ateliers, ne contiennent nulle trace d'un ^a*^ ^^ 
établi è Vigevano. Une seconde preuve négative fo^^ ^ /# 
portante vient h l'appui de la précédente, la voici : En ^/^ ^ 
le cardinal Matthieu Schiner^ évéque de Sion et pi^^ 
du Valais, fut investi du marquisat de Vigevaao j^ 
Maanmilien Sforxa, qui avait été remis sur le trôtie (j^ 
Milan pai* ce prince de l'Église avec l'assisiance des Suisses» 
Or, si un atelier monétaire avait existé & Vigevano, le csn 
dinal n'aurait certainement pas manqué, consHue tant 
d'autres l'ont fait en pareille circonstance) de contînaer & 
y frapper des monnaies à son coin et de profiter d'un drok 
dont il savait faire usage dans le Valais. 

Examinons maintenant les privilèges accordés à J.-J. Tri- 
vulzio pour les autres ateliers. 

En 1485, le duc Jean Galeazzo accorda à J.*J. Trivuf- 



/ 



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— ÎII3 - 

zio }a permission de s'adresser è l'empereur d'Allemagne 
pour obtenir la ralification de soa acquisition dans le pays 
des Grisons* L'empereur Frédéric lil, en date de JNurem* 
berg> le 18 novembre 1487, daigna non^seuiement ratifier 
le contrat d*achat, mais accorda encore à l'acquéreur le 
droit de frapper des monnaies dor et d'argent dans le 
susdit château de Misecco ou dans tout autre endroit de 
son domaine. 

» Ivi specialmente f » poursuit le D' Nazzuochelli, 
« e non altrove debbon essere battute tulte le monete d'ar- 
« gento e di métallo inferiore^ elc.| etc., parte délie quali 
« hanno doit un lato in mezzo una M^ iniziale di 
« Musoceo. » 

« C'est ici et non ailleurs que doivent avoir été frappées 
« loules les monnaies d'argent et de métal inrérieury etc^ 
« dom quelques-unes portent d'un côté dans le champ 
« un M majuscule, initiale de Misocco. » 

Le second privilège de frapper monnaie accordé à Jean- 
Jaoqttes Trivulzio émane de Louis, duc d'Orléaos, qui, 
dans le doewnenty daté d'Amboise, le 2 mans 149K, more 
Galiieano computando, correspondant à 1496, prend les 
titres de due de Milan et de Vaioiày comte de Blois^ de 
Ptivicy d'Asti, etc., etc. 

Ce document accorde au comte de Misocoo le droit de 
frapper dans son atelier monétaire de Misocco des mon- 
naies au titre de celles d'Asti et de France. 

Une preuve de l'activité de Taielier de Misocco vers la 
fin du XV* siècle est une lettre écrite par Leonardo Botta 
au duc Louis-Marie Sforza^ surnommé le Maure, en date 
du 12 février 1499| dont l'original se trouve dans les 



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— ÎU ^ 

archives des ducs de Milan. Voici le passage de cette kttre 
qui nous intéresse, transcrit avec son orthographe suraaoëe 
et surchargée de lettres inutiles. • Heri $era aliogio qui 
in Àngleria uno tnulatero de M. Zo. Jaeomo de 7nW- 
CIO cum muli dùi et chaise (') quattro mereantile piene 
de croacoli da fimdere argento; et parlando cum luy me 
disse che M. Zo. Jaeomo era in Asti : et mandava dieti 
croocoli (*) ad Misocho per adoperarli a la Cecha et 
maxime (') che l'haveva trovato in quelli paesi una 
vena di arzento. » 

« Hier soir logea ici à Angera un muletier de messire 
J.-J. Trivulzio avec deux mulets et quatre caisses a 
marchandises pleines de creusets à fondre Targeut, et 
dans le courant de la conversation , il me dit que messire 
Jean-Jacques était à Asti et qu'il envoyait à Misocco ces 
creusets dont on se sert dans l'atelier monétaire et il 
ajouta surtout qu'il avait trouvé une veine d'argent dans 
ce pays. » 

Un arrêté relatif aux monnaies ayant cours, publié i 
Milan en iSOO, contient ce passage : iltfist que Umtes fei 
mofinates de l'illustrissime seigneur JeanJacques Trivul- 
zio. Or le maréchal, à cette époque, n'ayant pas encore 
établi d'autre atelier monétaire, il s'ensuit que les mon- 
naies mentionnées dans cet arrêté doivent avoir été frap- 
pées & Misocco. 
Le troisième diplôme accordé au marquis de Vigevano 



(«) Chasse aa iiea de casse, caisses. 

(*) Croxolo au lieu de croàuoh, creuset, en anglais eructbls. 

(") Maxime au lieu de tnaulmanuinte, surtout. 



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— 3f5 - 

est de Maximilien I, empereur d'Allemagne. La date est 
omise à la eopie de ee document que le docteur Mazzuc- 
chelli avait sous les yeux. Cependant les titres de marquis 
et de maréchal donnés è Jean-Jacques dans cette pièce, 
ainsi que la considération des circonstances politiques, 
nous permettent d'en fixer la date avec assez d'exactitude 
pour notre but. Comme il n'est guère possible que le 
maréchal ait eu recours à Tempereur d'Allemagne avant 
la réconciliation de ce monarque avec le roi de France, 
événement qui eut lieu en 1505, on peut, par conséquent, 
fixer è cette époque la date du document qui accorde à 
Jean-Jacques Trivulzio, comte de Misocco, le droit de 
frapper des monnaies dans son château de Misocco et dans 
la vallée de Misolcino. 

Ces nombreux documents prouvent Pimportance que 
l'illustre maréchal attachait à son atelier de Misocco. 

Une quatrième pièce qui sera citée plus bas, fait encore 
mention de l'atelier de Misocco en IKIS. 

Avant de passer à celui deMusso^ il nous reste encore 
i parler de deux manuscrits qui entrent dans le détail des 
légendes des pièces frappées dans l'atelier de Misocco. 

Le premier, écrit par un habitant de Vigevano dans le 

siècle où le maréchal mourut, est intitulé : Dell' Origine 

e del Principio di Vigevano, etc., 1583, et fait partie du 

musée Trivulziano. Il contient ce passage : « Gio Giacobo 

« Trivultio, godendo ilMarchisato di Vigevano conec. ec. 

« teneva in Vigevano residentia a ricevere li suoi redditi 

K et aliri negotii pertinenti al suo dominio; faceva stam- 

« par monete à Musocco, nelle quali era scritto : Jo Jaco- 

« BUS TnivDLTius Marchio Viglevani et Frangie Marbs- 



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— Îi6 — 

« GALccs ; teneva in Yigevano li MagistraU otm vu 
« Dottore ec« » 

« Lorsque J.-J. Trivulzio jouissait du marquisat de 
« Vigevanoy il avait sa résidence à Vigevano où il recevait 
< ses revenus et s'occupait d^auires affaires Goneerntot ses 
« domainfs; il Cuisait frapper à Misooco des monnaies qui 
« portaient la légende : /o. Jacobus TrivuUitu Marchio 
« Viglevani et Francie MarescalcuSf » etc., etc. 

Le second manuscrit^ également conser^^é dans le mosée 
Trivulziano, est écrit par Lazzaro Agostino CùUz, Dans 
un supplément de son Museo Navarese, il confirme oe qoe 
nous apprend Nubilonio. On trouve dans son ouvrage le 
passage suivant : ^ Fuda questo Gio Giacomo TrmkîQ 
« introdotta la fabbrica degli arazzi e tapezzarit di FfOfi< 
« dra. In Misocco di suo dominio fece batter monela Uji- 
« tima di liga (*) deUa grandezza e valwe de/ soUo 
« JUilanese, e si chiamata ioldo Trivulzino, fiel cireohdi 
« ma parte del quale si legge 10 • lAC - TRIVVLT * 
« MARCH - VIGLEV e net centre le insegne di $m /o- 
c miglia, cioè tre haste. Nel circolo delV altra MARES * 
« FRANC. Nubilonio. » 

Il cite donc ici son prédécesseur en ajoutant quelqoes 
détails justifiés par les circonstances et sa propre eonnai^i- 
sance des faits qu'il corrobore de son chef par le passage 
solvant : «< Altra sua moneta d'argento delta grundexsât 
• valore del Giulio Homano ha dalla parte anteriart nei 
« circolo 10 • lAC • TRIVL • MAR • VIGLE • ET F 
« MARE con h êtemma gentilizzio, e nel rofoescio l'isuh 

(*) Liga au lieu de kga, alliaga, billoa. 



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— 247 - 

« gine di San Giorgio a piedi in aîlo di uccidêre il 
• Drago, e net eontomo : SANCTVS GEORGIVS. » 

Afin de suivre Tordre chronologique, nous passerons au 
second atelier établi au cbàleau de Musso sur le lac de 
CAme. D'après les preuves données par le doeteur Maziuo- 
chelii qui appuyeni les assertions de Fortunatus Sprecher, 
il est de Tait historique que J.-J. Trivulzio obtint de Biagio 
Malaerida le château en ruines de Musso^ eh 1508. Après 
avoir fait rebâtir ce château, J.-J. Trivulzio le confia â la 
garde de ce même Malaerida qui en fut le fidèle châtelain 
jusqu'à ce qu'il fut obligé de le céder à J.*/. Medicif le 
7 février 1523. Zachokke n'est pas d'accord avec les histo- 
riens italiens sur les moyens employés par Medici pour se 
mettre en possession de ce château. Mettons cette question 
de côté puisqu'elle est étrangère & noire sujet. 

Ayant eu déjà quelques démêlés avec ses sujets grisons, 
le mai*échal désira établir un nouvel atelier à Musso. A cet 
eSèt, il s'adressa au roi de France, Louis XII, qui, en 
date de Blois, le f mai 15l!2, ancien Ftyle, lui accorda le 
privilège « de frapper des monnaieê d'or et d'argent dans 
« son château de Musso, ainsi qu'il l'avait fait jasqWalors 
* dans celui de Misocco . « 

Ce privilège est meiuionné par Savot ei Patin. 

Mais les événements politiques ayant forcé le maréchal 
de se réfugier en France, pendant que l'évèque de Sion 
était en possession de son marquisat, il obtint plus tard, 
en 1818, du nouveau roi de France, François r% une 
conGrmation du privilège accordé par Louis XII pour 
l'atelier de Musso. 

Plusieurs arrêtés du ieinps prouvent que cel atelier 



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— 218 — 

fonctionna jusqu'en 1K23, époque où /.-/. Medici s'em- 
para du chàieauy et, ayant trouvé tous les ustensiles néces- 
sùintSf y fit frapper quelques pièces qui portent son nom 
et qu'il ne faut pas confondre avec celles du maréchal et 
encore moins avec les monnaies frappées à Miêoooo, ainsi 
que l'a fait par erreur l'auteur du catalogue de la collectioD 
de Wellenheim. 

Occupons-nous à présent du troisième atelier mo- 
nétaire. Jean-Jacques mourut de la « pierre à Char- 
tres, en France, le 5 décembre 1KI8. Son neveu Jeon- 
François Trivulzio, qui lui succéda, au lieu de lâcher de 
se concilier l'affection des Grisons, préféra favoriser le 
parti de leur ennemi Jean-Jacques Medici^ dans la guerre 
que celui-ci leur fit et qui est connue dans l'histoire suisse 
sous le nom de guerre de Muuo « Mûsser Krieg. » 

Les habitants <ie la vallée de Misolcino^ aidés par les 
Grisons, démolirent le château de MisoccOj en 1 526. 

C'est alors que Jean- François Trivulzio transféra son 
atelier monétaire à Roveredo ou Rogoredo (Rogaretum), 
bourg considérable situé à l'extrémité méridionale de la 
vallée Q). L'existence de cet atelier est constatée par les 
comptes rendus des années 1K29 et 1530, ainsi que par le 
contrat fait entre Jean-François Trivulzio et son maître 
monnayeur, Giambattistad'Appiano, Iel5septembre1537, 
pièces conservées dans les archives de la famille. 

Le quatrième atelier monétaire dont nous avons à par- 
ler est celui de RetegnOj dans lequel Théodore Trivulzio 

(*) Il ne faat pas confondre ce bourg avec la ville de Rooendo sur 
TAdige, ni avec le village do môme nom dans le canton da Tessia. 



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— f 19 — 

el ses suceesseurs firent frapper leurs monnaies vers la fin 
du xvn* siéele. 

D'après une carie spéciale que j'ai consultée à cet ettei^ 
Retegno est situé au nord de Plaisance^ à un kilomètre 
au-dessous de Codogno. A un kilomètre et demi de ce 
dernier endroit, on en voit un autre nommé Trivulza. 

C'est donc dans cette région que les successeurs de Jean- 
Jacques firent frapper leurs monnaies^ mais malheureuse- 
ment, faute de sources, il m'est impossible de donner de 
plus amples renseignements sur cette localité et sur l'atelier 
de Retegno. Cependant j'espère pouvoir remplir cette 
lacune plus tard. Je terminerai ce petit essai en transcri- 
vant la légende d'un demi-scudo de 1676, de ma collection, 
frappé à Retegno, et que je crois inédit : 

Droit : • THEODORVS • TRIVL • S • R • I • ET • 
VAL • MISOL • PRINC • 

Revers : CO • MVSOCHI • XI • BARO • RETENY • 
IMPERIA • XIV • ET • C 

Il faut observer que sur cette pièce Théodore est nommé 
onzième comte de iMisocco; c'est une faute faite par le 
graveur du coin, car sur trois simples scudi, ainsi que sur 
trois doubles scudi du même prince, qui font également 
partie de ma collection et qui sont tous différents les uns 
des autres, il y a toujours CO * MVSOCHI * X - Sur ces 
six dernières pièces, quoique plus grandes que le demi- 
scudo, on lit seulement RET *; sur d'autres pièces figu- 
rées dans l'ouvrage intitulé : « Monnoies en or n et 
« Monnoies en argent » du cabinet impérial de Vienne, 
on trouve aussi : RETENNII * Ce sont celles d'Antoine- 



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— MO — 

Cajetan de Tritmlzio^ frère de Théodore, qui mourut 
en 1707. Enfin, sur un scudo de 1736, dUnlotne^Ptole* 
mée de Trimlzio, on retrouve RETENY. 

C,-F. Trachskl. 
BerliD, dans les vacaocas de No6l 4869. 



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DÉCOUVERTES 

aionrm 

DE MONNAIES KOUFIQUES, EN SUÉDE. 



PtàHOtt IV. 



Les déeouveries de dépôu de monnaies, dans Ie$ pays 
Scandinaves^ au lieu de dimiauer^ ^embleni au eonln^Ue 
devenir de plus en plus fréquentes et considérables. 
Du moins les deux dernières années 1868 et 1869 ont été 
très-riches sous ce rapport en Suède ; car une grande masse 
de monnaies antiques et du moyen âge en or et en argent, 
bractéaies en ôr, arnemaits^ armes et outils en ces mêmes 
métaux, aussi bien qu'en bronae, en fer et en pierre, ont 
été exhumés dans différents endroits sur la terre ferme et 
dans les HesdeGotlaodet d*Oelaikl. Parmi lesmonnaies, les 
orieotaleSi ou lesdirhemê koufiques Turent très*nombreuaes, 
en sorte que j'ai pu tn examiner plus de trois mille, entre 
lesqueUea plus d'une centaine manquaient encore au 
cabinet royal de Stockholm, dont la partie koufique est 
d'aîUeurs bien considérable. J'ai cru faire quelque plaisir 
aux amateurs de ce g«âre de numisniatique, en donnant 
une courte description de ces trésors qui, & peu d'excep- 
tions près, sooi déposés aa cabinet susdit, et pinoviennent 
4e doaze dépAts. Plusieurs de ces dirhems sont d^jà 
publiés; mais j'ai voulu soiyre aussi ici la aadme méthode 

6« 8<RIB. — TOMB II. 45 



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que dans mes Symbolœ {(bbc. <-IV) et dans la notice que 
j'ai donnée dans la B^ue de ta société orieniale iÂUe- 
magne ^ vol. XXII, pp. 286 et suiv., en me reportanl, 
pour la classification et quelquefois pour la description, & 
mon ouvrage : Numi cufici numophylacii holmienris. 
Les numismates sauront ainsi où trouver les pièces en 
question. Ils pourront aussi , je l'espère, très -souvent 
corriger mes assertions. Dans fa numismatique orientale, 
où riiistoire nous fait défaut sur un grand nombre de 
questions essentielles, il n'y a pas d'infaillibilité, et la 
rétmion d'efforts combinés réussira seule à résoudre les 
énigmes que nous rencontrons partout. 

Omattàdes. 

1. La moitié d'un dirbem frappé •• «J !;«• ^3 {j^y^^, 
à at'Sous, dans t'annie quatre-vingt-dixième. 

Cette ville, située dans l'ancienne Susiana^ rare dans la 
liste des endroits monétaires, est dqà sigoalée par M. Blau 
(Revtée de la soc. orient, dl Allemagne^ vol. IX, p. 83S) 
pour l'année 94, comme existante dans le cabinet d'Ismaêl 
Pacha, et dans le musée Britannique elle se trouve sur 
les deux dirhems, avec les dates 90 et 94, provenant des 
fouilles de M. LoAus dans l'emplacement de Ja ville de 
Susa (Voy. Transactions aflhe royal Saeieigofliîeraiurt, 
vol. V, new série). Comme Tan 99 n'est pas encore trouvé 
pour cette localité, je crois pouvoir attribiier ia monnaie 
en question à l'année 90, surtout parce qu'elle ressemble 
parfaitement à celle du Musée Britanniqne. Un autre 
dirbem, si je ne me (rompe pas^ appartenant aussi aax 



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trouvailles de M. Loftus, existe dans le même musée; il 
portait la date 92, mais fut è tort attribué à el-Sous. Au 
lieu de ce nom, j'y ai trouvé, en l'examinant bien altenti* 
vement ^>^ Sarakhs ou Sarkhas , ville de Khorasàn 
entre Nejsapour et Merw, qui parait ici pour la première 
fois sur une monnaie de l'Orient. Notre exemplaire a été 
trouvé tout près d'Upsal et est conservé dans le cabinet 
des médailles de l'université de cette ville. 

2. j^^jjuj^ ^^V ^ ^ \J^^* ^^ Kirmàn (c'est-à-dire 
dans la capftate de cette province at-Sirdjàn)^ Tan 98. 

La monnaie est déjà décrite par Frachn, aussi bien qu'une 
autre (3) de la même localité, mais qui porte l'année 103. 
Cette dernière, trouvée près d'Upsal, appartient au cabinet 
susdit. 

II. Abbasides. 

4. ^\j yj^ j^. à Samirrti, Tan S39. 

Le droit porte au-dessous du symbole te nom d^Àbou 
Abd-allahf fils d'al-Mouiawakkil etpriuce héréditaire, qui, 
devenu khalife, prit le titre d'al-Moutezz billàh; et le revers 
montre le nom du khalife régnant a/- .¥outou;airit7ara/UA« 
Voy. Fraehn, N. Kuf. Mûnz. Cherwn,^ n" 8. 

5. XiJ^^^ à al'Alouhanmedia (c'est-à-dire Al'Ilayy)^ 
l'an 363". 

Au droit se trouve le nom d'al-Movaffiq billàh, frère du 
khalife cU-Motamid al' allàk^ dont le nom figure sur le 
revers, Cette année manquait encore pour cette localité qui, 
depuis 148 jusqu'à 361, se retrouve si souvent sur les 
monnaies koufiques. La pièce est conservée dans le cabine i 
d'Upsal. 



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- «84 - 

6. j|^i)l> d al^Ahvàz, l'an S07. 

Semblable au n* H^ mais sous le nom, au refera, on voit 
un ... Le dîrbeoi est dans le même cftbiûet. 

7. >^t hjx^^ dans ta ville dé la paùt (c'e8(4-dire 
Èaghdàdh), l'an 270. 

Le n"" 4> 1 de la classe deuxième dans Numicuficinumùph. 
holm. ^qui porte la même date, diffère de celui-ci, en ceque, 
au lieu du nom d'al-Movaffiq billàh, on a ici la marque &. 

8 . Est la moitié d'un dirbem, frappe ^j^] à Samarqanif 
sur lequel on distingue de la date seulement ^j ^j^ î^i 
qui pourrait être ou 565 ou 575» 

Il ressemble complètement au n*.S| et appartient ainsi 
au khalife al-Motamid qui régnait entre 256 et 279. Dans le 
cabinet du feu M. Soret il y avait un dtndr de l'année 365, 
mais le dirhem n'était connu, ni de 365, ni de 375. Cette 
pièce appartient au cabinet dUpsal. 

9. Dn autre fragment dans la même collection est d'/^a- 
hdn, ^J-^^i mais de la date il ne reste que s±Ji îx^ qui doit 
être 569 ou 573, h cause do nom du kalîfc Al-Moîafnid, qui 
«e lit sur le revers. 

40. j^ d Merw, Fan 276. 

Tout i fait semblable au n* 5. 

^^' S^J {J^ J^' * Samirra, l'an 274. Après le symbole 
sur le droit on lit tà\ ^ji^j^^^ al-J^dsir Uddin-iUdhi, et au 
revers, sous le nom d^al^Moiamid al' alldh : i^jl^ ^^ ^i 
li^U Ahmtd, fils d^al-Movafflq billdh. Al-Ndsir lid{n4Uâkii}t 
défenseur de la religion d'Allab) fut le titre que le frère do 
khalife, al*MoTaffiq, reçut, lorsqu'il fut déclaré sutooesBCor 
après Djafar, fils d'à/ Motamid. Ahmed, le fils d'al-HovaSf, 



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dont le nom figufo siur le re?eni| deriiit CQ^iiite khalife ei prit 
le titre d*al-Motadhed bOldh. 

Son apparition sur ce dirhem est très-remarquable. Bien 
qa'il prit une part active aux guerres contre ^es rebelles de 
ce temps, il n'avait aucun droit de mettre son nom sur une 
monnaie, et seulement, en 278, après la mort de son père^ 
il fut déclaré successeur malgré le l^halife. Son nom cepen- 
dant occupe ici la même place que les dynastes s'appro- 
priaient ordinairement sur leurs monnaies. L'histoire ne 
nous aide pas à résoudre cette énigme. 

«3. ^l&JU d alSckâch, ran 279. 

Semblable au n* 5. L'année suivante, la dynastie sama- 
nide, à laquelle ce dirhem appartient aussi peut-être, s'ar- 
rogea le droit d'émettre des monnaies en or et en argent, 
prérogative du souverain suprême, 

IS. ^\j ^j-»^ à S^mirrm, Tan Ml, 

Sur le droit, il n'y a que le symbole ; le revers affre 
ii^lj Xjefl4 1 aUMoiad^id billih, khalife qqî succéda à son 
oncle al-Motamid^ en 379« et régna jusqu'à 289. 

14^ M\ ibo^ à B9§Mm^ ran 288. 
Semblable au n* 13. Un autre exemplaire se trouve dans 
le cabinet royal de Copenhague. 

15. àùhjji à Berdha^a, même année 288. 

Ressemble au précédent, mais au-dessous é\x nom 
du khalife on remarque un j. La capitale de l'Arménie, 
exprimée ici, se eaehe ordinairement sous le mm de la 
province, comme par exemple aor le dirhem publié dans 
mes SymbolMj II, n* K8. 



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— 336 — 

46. Aj»<V^^ à al*Mùuhammediaf Fan 389. 
Tout à fait semblable au n* H. 

47. ^j^\ ^t^ d Râs al^Aijn, Tan 291. Suplcrc?c«on 
lit «\)lj ^ùS2i\ al^JUoukîafi bitlàh, khalife qui régnait entre 
389-395. 

Cette localité, grande villede la Mésopotamie, cDU^Harrào 
et Nisibin, se rencontre rarement nommée sur les mon- 
naies. Le cabinet royal de Copenhague possède un dirhem 
frappé ici, mais sur lequel l'unité manque dans la daie, 
dont il ne reste que 39. 

48. iaJj} à Vdsit, l'an 398. Après le symbole on lit sur le 
droit ,js^jJi^j:f^ i iji {j^^^jî^ Abouti- Ahbâi^ fils duprmu 
des croyants, et le revers porte a^^Ij j J^l at'Maqtadir bUUk. 

Cet Abou-1-Abbàs, qui, déclaré successeur, obtint l'hon- 
neur d'être nommé sur la monnaie, ne fut khalife qu'après 
al'Qâhir, en 323, et prit alors le titre d'al-Bidhi-UUih. 

19. ^J^ à Bedtts, l'an 501. 

Cette ville, qui entre ici pour ta première fois dans la 
liste de places monétaires abbasides, était située dans 
l'Arménie, non loin de Khîlét. Sur le droit, il n'y a que le 
aymbole. Le revers montre en haut le mot i^ en lettres 
très-minces. Le nom qui suit ici le symbole est illisible. 
Autour de l'aréa est un cercle grossier. 

30. îÂi\j}l à URafiqàk, l'an 903. 

Cette ville monétaire, d'ailleurs très-rare, est maÎDlaiani 
représentée dans le cabinet de Stockholm par seiie diffé- 
rents dirhems, frappés entre les années 183 et 356. La 
monnaie ressemble au n** 18. 



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— 1» - 

3f • C^f Cr!r^ à Rài^'AiJH, Vm SOS. 
Semblable au n* 18. 

93. hl^j p ... 2^ ij^ Ij d at-Bagraf Tan 307 ou 309; 
mais 304 est impossible, car le premier trait de l'unité est 
distinctement ou un o ou un ^. 

Comme n^l8. 

Î5. ^!j {J^j^. * 5amtrro, Tan 308. 

Pour le reste^ comme le précédent. La même monnaie 
existe aussi dans le cabinet de Copenhague. 

24. ï^t slyf à Mâhnal'Basra, l'an 308. 

Les légendes comme sur le n" i8. Cette ville, qui s'ap- 
pelle ordinairement Nehavendj située dans l'Iraq persique, 
se trouve si rarement sur les monnaies, que je ne l'ai trouvée 
que sur un dirbem d'al-Qàbir de Tan 321 (Cl. II, 800 
Numi cuf. nutnoph. BolmJ) et sur un autre de 993, dans 
le Musée britannique. 

35. ^1;^ à Harrénj la même année 308. 

Je ne me souviens pas d'avoir vu cette ville nommée 
sur une monnaie abbaside. Les Hamdanides qui la possé- 
daient y frappèrent ies dirbems; ear deai de .cette olasse 
dans le cabinet de Cepenbague, de 337 et 333, et un autre 
dans le cabinet de Paris, de 337, portent le nom de cet 
endroit. Celui-ci ressemble par&itementau nM8. 

96. Iwty d Fdiil, l'an S09. 

Comme le précédent. Cette ville appartint longtemps 
au domaine du khalife, de plus en plus circonscrit, même 
après le temps que les Emirs-al-Omera Iiri avaient arraohè 
presque toutes ses autres possessions. 



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27. LJyàVasit,Tm%M. 

Comme les six suivants, semblable aoa* 18^ 

28. f%J\ A^A^ 4 B^ghdédh, la même année 3I0| qui 
manquait encore dan^ la $érie des années pour celte yiUe. 

29. i^lj à al-Basra^ aussi Fan 9I0# 

Le nom du khalife sur le revers, presque effaoé, «eiaUe 
être ^^^;^'>:es»X\al'MoiaAhedbillâhp qui s'explique en suppo- 
sant que le coin de ce côté a appartenu à la monnaie de ce 
prince. 

30. jl^^ ^ 4 BaiakhschAi^ le