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REVUE 



DES 



LANGUES ROMANES 



REVUE 



OES 



LANGUES ROMANES 

PUBLIBB 

PAR Lk SOCIÉTÉ 

POUR LtTUDli DES LANGUliS UOMANKS 



Tome XLIU 

{y*" SÉRJB — TOKE V) 




MONTPELLIER 

KV BtlREAU DE» PUBLtCATIONS 
Rve de rADcIcn-CoanlK-t ï 



PARIS 

G. PEDONK-LAURIEL 

Libr4Îr«<Édil«ir 

13, nuR aourpLOT 



M nccrjï 



REVUE 



DES 



LANGUES ROMANES 



UNE PHARMACIE PROVENÇALE 

AU XVI* îSlEGl.E 



Le document r^uî auît âst tiré de mes archives personaetles 
de notaire. C'est l'inventaire dressé en 1529, au décès du 
maître apothiesire Jean AnHriew. de Tarascon. 

Je&Q Andrieu fit son testament le 24 s^ptenibr^ 1529. Re- 
doutant, no» sans quelque raison, Pintervention de lajusti'^e 
et des hommes d'affuire^, que la minorité He ses enfanta 
MtiniH pu susciter, il eut le soin d'indiquer qu'il serait pro- 
cédé à rînventaire de aa succession k l'etide d^ experts choisie 
par sa famille, et qu'ensuite ses bjena seraient administres 
par Pe;yronne Ponoet, sa femme, aussi longleiujjsqiio celle-ct 
resterait en veuvage^ I/exécution Ûdâle de cette volonté 
noufta valu un docunoent des plus curieux. 

1 • lti.rn, dictus ti^i^tatoi- Taluii et expretfse [^rnhibuil quad jusUcta 
non A? habti'al quovïifmQdo iniromicturc de invenlarizarirlo bnnna lam 
mobiiia quani iumobilia ip^iuK teal^toris, Yinn^ T6Jiiit idciti testator 
tfue tpi iOfi teris tant nunUfs ifue inmobles sîan descnps et inventaritas 
prr dog îiomcf de den, ju^chans de Thnrfiscoti^ tos tfuah saran ^ietju frtf 
loi pamu dax ptifam dddit lestadot\..,.t 

(Trst.iineatum hnnorabillfl Hri rnagistH Johannis Andrée, ■pothecjrii 
i-UJe Tharascont<i. Noitf bribes de Maurice Cohvuhicr, vol, dt 1529, 




167921 



fi I:NE pharmacie provençale au XVl* SIÈCLE 

Le mancscrit d*oii est tiré cet inventaire e&t un «ahier 
petit in-folio, comprenant quarante-deux feaillets dont onze 
pHgea ont été laissées en bîanc. Il porte une double foliota- 
tion : l'une, en chiffres ordinairea, est particulicre au ms. [ui- 
méme; Tautre, en djiffres romains, l'ait suite à celle du volume 
d^étendues dans lequel il a été inaéré* 

Je ne les ai paa reproduites dans ma traosêrlption, na^i:^ j'ai^ 
par contre, jugé opportun de numéroter chaque article. En 
tète de chaque folio âgure aâaez régulièrement U date de 
la rédaction, travail qui exigea une dizaine de jours, comme 
d'ailleurs îe fait est consigné dans les dernières formules du 
document. Endn deu£ actes authentiques, aignéa du notaire 
Maurice Cordurier, remplacent ce que nous appelons aujoui- 
d'huï {*intîtulé d'inventaire et le défiùi pour minute. 

L*inventaire terminé» le texte original fui laissé selon toute 
probabilité entre les maina des per^^ionnes intéressées. Notre 
ms. n'en estqu*iine copie, — unt^dMedetpropie original ^ pour 
employer rexpreasioti même du titre, — faite par une per- 
sonne à qui la langue des pharmacieriâ paraît avoir été 
complètement étrangère* Il ni^ faut donc pas s'étonner d'y 
rencontrer de fréquentes incorrectiona et des fautes de kc- 
iure qui (léÔgurent certains termes et en rendent quelquefois 
r&xplication très difÛcile. C'est ainsi que les lettres x et /j, 
/et* sont souvent confondues : le mot Âxongie est constam* 
ment écrit Apongie, La même faute se reproduit dans Anxe- 
ris (Anseris), OximetlÎH, Xilhhalsamum^ etc., qui sont écrits 
AnperiSj OpimeHis^ Piiloùaisamum ; Ro$arum et ^o*a/t devien- 
nent Rofaram^ Hofati. Une des erreurs leg plus g^ro^sière^ 
ae trouve à Tarticle 84, où l'éiectuaire */e *Meco rosarum^ 
qui figure danâ toutes les anciennes pharmacopées et était 
d*un uaage courant, est transformé en électuaire de friquo 
rofarum, 

La prononciation populaire intervient aussi avec les formes 
Manon^ Mana, Linnon, pour Magnmtu Magna, Lignum, Quant 
à la tangue elle même dont se sont servis le» rédacteurs de Tin- 
Tcntaire, c'est un mélane-e de provençal très corrompu et de 
mauvais latin, 

Malgré toutes ses imperfections^ l'inventaire des héritiers 
de Jean Audrieu mérite cependant d'être connu, car il nous 



UXE PHARMACIE PROVENÇALE AU XVI* SIECLE 7 

foumii un tableau très exact de ce qu^était au XVI* siècld 
âne boutique d'apothicaire, aâsurèment bien achalandée, au* 
Uot qu'il est permis d'eu juger par Ka quantité et la variété 
des marchandiaes qui y sont énuméréea. La partie ta plus 
importante du texte est celle qui est consacrée à la phar- 
macie. Elle comprend sept eents artieles environ^ distribués 
sous des rubriques différentes, répandant à. la classidcatton 
de l'époque. 

Comme eomptément de cette première aomenclature., tous 
lesaccesfloireB servant à rapplîcation,, à la préparation ou à 
la vente des médicaments ont été consignéset décrits avec le 
métne soin. Vient ensuite rénumération des objets qui for- 
maient le mobilier du défunt. La cuisine, le cellier, l^^s appar* 
temenis du permier étag-e, ]a chambre des valets et le grenier 
EODt tour à tour visités, ainsi qu'une autre maison et un 
petit trias ou habitatlou rurale sis dans les environs de 
Tarascoû. Les rédacteurs de ce loa^ et miuutiaux travail 
nous donnent, pour terminer la liste des livres de compte du 
pharmacien, qu'ils appellent livres ressaiaris et m^nhuas de 
(a marchandiso. 

J*ai relevé daas des notes placées à la an de cette publi- 
cation la plupart des article? qui offrent des difâctiltés d*in- 
terprétation, sans avoir pu cependant trouver de solution 
aatiafaiaante pour quelques-uns d'entre eux. Le lexique qui 
fait saite contient Texplication ai l'identiâcatton des drogues 
et marchandises qui composaient la pliarmacie. 

Les abréviations ordinaires ont été résolues saui« autre in- 
dication, celles qui présentaient des ilifficuUés ou qui pou« 
valent laisser subsister quelque doute sont interprétées en 
caractères italiques, enûn la typographie a conservé â quel- 
ques-unes leur physionomie origiuale. Le mot ùftce est re- 
produit pa.T on. ^ quart ou quarteffron pur qrLt comme dans 
le ms., cffimi par unff^, le »cribe uyant employé ce signe dana 
une bonne partie de son travail- Des caractères spéciaux dé- 
«igaent les autres unités de poidg. 

Charles MoUAaST. 




« UNE PHARMACIK PROVENÇALE AU XVI* SIECLE 

LO LIBRK 

UE L'INVENTARI DES EYRETIES 

DE HSSTtlE 

lOHAN ANDRIEU 

APPÛTICARI 

Lo LIBRE DK L'fmrENTARt DES ÉYRETIES DE MEBTPE JOHAN 
AnDRIEU, APPOTICARI, QUE D[EU PARDON, SÔ BST SON FJLZ PoNS- 
CET AnDRIBU, BO BST DB5 SENS \fOBLBS BT tUMOBLES, DRKS RT 
ASSION OOIÎDIT MBStRB JkHAW AWnRtRti, PAG ET ACOMESSrVT PER 
SIRE ArDIN TuECH et ImBBRT OhAYî^ON. COMECBS PKR LOS PV- 
ItENS BT AMIS DBS DIS ANFFANS, LE VmTQUATRlEMB BB NOVEMBRE, 
PRMSSENT LE QUATRIEME DE DECEMBRE DE L*AN WITXO CINQ 
CRNCS ET VINTANOU. Rt [>0N0 PrVRONO PoWSSETO, LUR MAYRE, 
KST TtJBYRia ; ET LO PRRCBM LIBRE EST YSTA ESTRACH DOIJ PROPIB 
HORIOINAL BT EST V^O DOBLE, 

L'an de l'Incarnation <\e nofltre Seiirnnr rai! eincq cens et 
vint et nou, et !o vjnterae jort del mes de novembre. En ia 
ppeaenûia do rai notari ^t daa testimonis soct% scripa a'es 
presentada la honesla feraa donna Pejrona Ponceta, veusa 
rele^ysaila de megtre Johan Andrieu ihliaa Boscat, que nieu 
pardon, disant fit Gxpon^ant que ]od^ meslre Johan Boscat, 
son murit. estant en vida. a. fach pou testament en lo r|ual a 
frtuh ef ordenat sori heretier univnr^al Poncet Andrieu, snn 
fil 6t dâ ladicta Peyrona, et $a$ ûlhas & facb le^atanas ^ive 
hei edieras partiûularas ; et ladicta Peyrona a fsch et créât 
thueyria de sosdis enfans, la relevant a confection de iriven- 
tari et reddition d€ contes et prestation dou reliqua, ani^ins 
corao es contengut au testament près per mi notai'i, «l quai 
si refferis. Totas fes a vo^ut et ordenat qiie toa soa beijs rno- 
bles et iniDobles sien descrîps per dos mercliana d^aqnesta 
villa, elle^fis per los pareus de sosdis enfans. Et en aqnelEa 
voluntat es anatde vida a trespas. Et per ao que ladicta Pev- 
rona jusquoa ajsî non a po;7utfa.vre mètre en scrip los bens 
dasd. enfan? »nsias que i era istai ordenat per son reiarit, a 
causa que es istada fort maglada et non a bojat doia iiech 



CHÎ PHARMACIE PROVKNÇALtî AO XVï' SlKCt'E 







jnsqoDB do6 hou très jors, a enquaros non es bcn sana ansîns 
côumâ apareya per son visage, a fach appelar los diacres 
homes mestre Guilhaume Faucbier, appoticari, marit de Mo- 
neta Anrfrieva» sa filha et doud* testador» Esteve de Comhaa 
alias Johantet et mestrâ Martin Mulet, pareils et alias dasdis 
enfans, Et per so que non a d'autrea parena en aqueat pays 
Fi^* aleotor dasdis Ënfans, sinon lûs sue nomas, a fach ap- 
pellar \os noble çt It^nor^ible^ homes Johan de Lobieras, 
Glaude de Ville, ijeti-legues de la présent villa de Tharascon, 
mesure Johan de Ëarrema, médecin, Lojs Vincena et mestr* 
Gabriel Daniel, mercban?, habitans d& ladicta villa de Tha- 
râseon. as quais a pregat et requerit quesio de lurs l>on pîe- 
ser, ensemble load* Paucheri et de Combes et Mulet subra 
Domas. ellegir dos merchans d*a.*iue*ita \^illa rdones et suffi- 
cien8 per mètre en scriptz tos lo-^ bens raobtes et îmmobles 
da«dis enfans, ansins que es istatorJenat pej' son marit; ppo- 
Wfltant que per ello non es restât mays per U maladie que 
ella a agut, et ausi que rion restara de acamplir la voliinlat 
de sond' marit. De la qualla réquisition et protestation, en 
preeeDcia das subre nomas, demanda iy estre fach un g acte 
poblic per mi notarl, lo quai en tamt que pode \y ay eon- 
sedit. 

A istat fach en la meyson hereditaria deld. pupils, en la 
«Hlta davant, en presencia de mî notari et da» siibre nominas 
et de mestre Just Covef-, sarlre, et Johaniiori Girart, 

Et encotitinent fach lod* acte, loasubre di^ Faucherîi et de 
Combes et Nfulet, aveequps tes eii^dfs de Lobiera":, «ie Villa, 
de Barr^m^it Vincen* et Daniel, ?j son retiras a par< et an 
açut conferencfa ensemble. Et toa d'ung accort an ellegil per 
mètre en BCpip(7 losdîs bens et fayre segon la voluntat doud* 
lestador ïos honorables homes Hardo^n Thuecb et meistro 
H^mbert Chejâon, appotïcarl ; laqualla ellection fâcha, la- 
dicta thuejHs a demandât esfre fach utig acte et instrument 
{>er mi uolari, lo quai ïy e^y concedit en quant que pode. 

A istat fHch au luoch que de^suï', en presenciit (ie Johan- 
non Girard et fet) mestre Just Covet, sartre, et de mî Maurice 
CorJurier, notari de Tharascon, socta ainhat, 

M. Corhuruiïii, uot. 




\^ 



MUMUaC raOTENÇÂLE AU XVi' SIÈCLE 



Nm Af<Ma Ttooà €t Iiiiber Chayson. aocaesses ha învsniL- 
ri$ar U» Wm montes et fromobles de Ponsset Andrieu, 
ktrtUvr 4« ni«*Cr« Joban Andndu, Cfue Dieu a^ueo, et aco- 
kl âtt goriTiiffjixinj de novembre de Tan mille V«XXIX. 



I . Bt (^nio. tiDjt h^fttau etn plaMo, çonfroriUn dos levant amhe la 
mf*rsoTi dfi itiestfe Pierc Balsy^ ûoa coquan ambc la mejijon 
df* tiifsCre Anlhoni Manesquot^ d*anro drc(o atnbe loa baris.âl 
de marin ambe la plasao ; en laquallo mejsaon sen venges a 
In botiquo & aven atrobat «o que a'ftusech, 

2* Primo* âiero provensallo en [lans, net cin<^ ^uintaïUA soj^tanto 
sieys Ueurùa ; per ao dit : v q, Ixxvj (|î^. 

3. FluBj em mooBlios, trâa quiatauâ uue Heure et miege ; por eo 

dit: lij q.j<S;-d. 

4. PluBj siero lajdo au quuou de laË basiaos, aveu c^atimat environ 

vj S: per «o dit: vj<g. 

5. Plus^ de torgo de fundOp que n'ia xxvj en largo que pe^aan uog 

qtiintau xxvïj ^ & nuêge, per ao dit : J q, xxvij fj^, d. 



Le XXIIIP jart de aoveoibre. 



6. Item plua, avei} trobat «n torgoe :i mochallioB tre^ liorea ; per 

80 dit : xiij i^. 

7. Plus, de ftires de tola aorte peatiani i^ieyijantti & doe lioures & 

miego ; per so dît : Uij ^, d, 

8. Plna, de aucre de Mad«rô, dig« neuf lionres & très cars de 

lîçuro. xix f{!. it) c;ais^ 

9. Plus, ania confit, dos lieuro[«j, ij {^. 

10. Plus, ameMea bucrado^» dos liouroa. ij ^^ 
U. Plus, coUandrea prelati, nae lieuro dix onaoa, J 4f ■ ^ ^^- 

12. Plus, caliaodres lia, cinq on«oa. v on< 

13. Plua, canelat, sieya oaaoa, vj on. 
14* Ptus, arengat, quatre onsos. iiij op. 
15. Plua, carvit contit, miego lietiro. viy on, 
16* PluB, maratri coaât, uuû ûnaoa, j oo. 

17. P1qS| sucre paate, trojH onaos. itj an. 

18. Plos^ Bucre caudi^ une lîeuro. j f||. 

19. PliiB, candi vjullat, quatre onti^oG. iiij on» 
30. Plus, codoniacb au sucre en treie grans maasapane [A] en 

bueyg petîa que peaaûti quatorze lieurûa. xiiïj ^. 

21 . Plus, en eymagea de aiaro & braaea, dos lienros quatre onaes, 

[ij «. uij on. 



UNE fMARMAClE PROVENÇALE AU XVI" SIECLE H 



22. Plua, em bog-les, très Ueuroa iij ft. 

23. PtuB, torges a baston, cinq piesBOJt, v pies 90s. 

24. PluSf capd^Uofl d^neyraus & patagiiaua» la aocae de quaDi'te 

(sic) & dùB Ueuros &. mi^go. ixxiij ^. d, 

25. PliiBjde sire bïftDquo, très lieuroa troja quarteyron. iil î^.iij qrl, 

26. Plus aïrea blanâ, quatre lieurcïâ trojB quartejrron. iiij ^. iij qrt. 

27. Plus^ de fîl d'Eapiaa], vînt & neuf Heures. xxix ^. 
28l« Plus, de coton âlat» doalieurea & miege. ij ^. â. 

29. Plua, de cotuo batut» dix unsea. x on. 
90. plus» ea Ë) d« polouiat per fayre bogie, viot eL aeuf lieuroH & 

31 . Plus, fil per torchioa a b&ston, treze Ueuree et miege. xiij ^, d, 

32. Plus, tnechiûft de cftûdêllos Ullados & b^niados^ «ept Ueuroa 

mi«ga. vij ^. a. 

33. Plus, mechioB de torchtoâ & cordeto, vînt lieuroa. xi ^. 

34. PIuB^ eetopÎDs per fajre cordeta. ung quintal cînqonte lieuros. 

35. Plua^ raraos de papie de la campano, d\j, ramo&. 

36. Plus, de papie de eâtrasgo, demi ramo. 

37. PluB, papie de capeyron, fulliea doze. 

38. P]u9f da mêl, oêt àot quiotai^A, 

30. Plua^ de gresso^ ambe Usaquo, uag quintal noranto ciOqUour^B 

Lj q. hiiiv ffi. 
40. Plufl^ fi] uegre caQibe & ambe \a ^aqiiOi hucgtaute Douf lieurôs, 

[Ixxxix f{. 
4L Plus, grano de Hq, umbe la sac, vint & (ret« lieuroa. xxiij ^. 

42. Plus, d'alluQ blan, ambe la saquo^ uûg quiaUl traute eieys 

lieuros, j q. xixyi ^, 

43. Plu», collo escurOp buej g liures. viij ^, 

44. PluKt collo fioo, une liouree dix oases. J fï- ^ *^^' 

45. Plus, prunea, ambe to sac, muqante quatre lioureB. liiij ^. 

46. Ptu&t piuioQfl pâuiiy vabris, i^mbe lo sac, dix: et nept Ijoares. 

47. Plus, carvit ea grano, ambe lo lac» viotet dos lieuros. xxij ^. 



I rarooB, 

ramo d. 

xij fui tes. 

ij q. 



Le XXIIIl* jopt de novembre. 

48. Item plus^ eotniii, anibe to sac, vint & hii^y^ hour^s. x^viij $. 

49. Plue, en galEoa de Romanios, net doze liourea. xij {f . 

50. P1u9^ granoa de boys, utnbe la saquo, traule et bueyg Itourea 

[xxxviijf^. 

51 . Plnv, atnellos amaroa, ambe lo sac» seze boures« xvj g« 






^^Tî 


DN-E PHARMACIE PROVENÇAt.E AD XVI* SlÈnLE 




52. 


Plus, siibon dur, ambe ta. aaqtio, uQg quintal 


vînt 


, & hueyg 




53. 


lioures. 
Plus, Boiipre, cinq Iiourea. 


jq 






54. 


Plus, cinq nian-H do papie iieia. 




V mans. 




55, 


Plua, cotom en ftntoa^ cinq ouïos. 




V un. 




56. 


PliiSf cotom [i(*v9j deix onsos. 




J. on. 




57. 


Plus, nebie, ûet quntre îioiires imgno otïbos. 


inj ïfj on. 




58. 


Plna, en girofles fin sorto, siejs ousns & la'iegfi. 




v] on. d. 




59. 


Pltis, en girof^Bs triiis, aiejs onfises & miege. 




vj on. d. 




60. 


Plus, en muscados, itae onKe & mîege. 




j on. d. 




61. 


PliiB, en gingibre, vînt & quatre iiourea & 


tl'CZG 


onaes & 




fi2. 


Plusj en canello niarchando, qiiftt">rïe onaea. 


i'jft' 


iiij on. d, 
i.iii,ji oEi, 




63. 


Plus, en safrflD^ une lioorea cinq oaaes. 




j ^î^- V ou. 




64. 
65. 

66. 


PluB, eti pebre legi^r, doxe onaes , 

Plus, aappBiâ picado, dos lioures hiieyg onseB. 

Plus, p.m pebre pichfltt une ont*e & mlegc. 


ij 


X^j OD. 

9- viîj on. 
J on. d. 




67. 


Ph]«^ en gen^lbre [>ichal, dos onsea. 




il *>!>' 




68. 


Plus, em yùdve âe duc, cinq onsei. 




von. 




6Q, 


Pluâ^ em inadh^Q, cinq onaes. 




V on. 




70. 


Plusj em perlas blnnquos. 










f.i^ XXnil" jart de novtîfûbfe. S'eiisiiii, lo-t 1 


leltîl. 


uai'îs 






de E^ botii|ur). 








71. 

72. 

n. 


Et primo, diaejri«, quatre onses. 
Plu», diadragrant, qaatre onscs. 
Flua, diarodoQ abatis, trea onses, 




iîij on. 
hij on. 
iij on. 




74. 


Plus, triasancdaiyT "^ûs oasea. 




ij on. 




75. 


Plua, diamargariton, nenf onfes. 




ix on. 




7@. 


PliiH, triasandaly revhflridutij ungne unses. 




j on. 




77. 


Plus, at'umatïsy l'ofati {nif:^, ungne ûnse. 




j on. 




78. 


Plus, diacurcurinaj sieys onseB. 




vj on. 




79. 


Plus, diacimimni, très ooseg. 




iij OQ. 




80. 


Plus, dianison, dos oqecb. 




tj on. 




81, 


Plus, diagaUnges^ dûs ouaâa. 




ij on. 




82. 


PluHj ellecmariura contm pcaten, catre onsoa. 




iiîj OR 




83. 


Plus, dîaciirtartii, dos ansea 




i) on, 




84. 


plua, de friqiif? mfarum {sic), une liouro. 




■j« 




S5. 


Plus, uianus Xpistî. 

3^Gasegon ]n& [lodrcs cordjhalles. 








86. 


Et primOf pulvia elleclearium de gemmiSf ûeys .3. 




V3.3. 


CiiJ 


i.-^- . 




■ 


^ 







ONE PHARMACIE PROVENÇALE AD XVI 


is ^^^^1 


87. 


Plus, pulvis diatn&rgarJtoQ frigida» cinq onses ^. 


V ^^^H 


ds. 


Plua, ptïivi» djarodi abatia, IrcB .3. 


^^^H 


«9. 


FluB, pulvis aromatici roaati, cinq oaaes itos .3. 


V ^^^H 


90. 


Plu», pulvU colrjdiallis, miegfe ,'S, 


d ^^H 


dL 


Plua, pulvis dia ambre, dos .3, 


^H 


92. 


Plus, pulvîa diamuAci, ungoe >, 


^H 


93. 


PluB» pulvis cumeroD, dos oogea^ 


^^^H 


94, 


Plus, pulrlB jjro bajuJis, uDgûe onae. 


^H 


95. 


Plus, piilvJH cotitre vernies, quatre ona^s. 


^^^^1 


■ 


Dâdin to contado de Ja botiquo ae s&t atrobat so ^^^| 


■ 


que a'eoceqt. 


^^1 


96v 


Et primo, en ftielhea d'or» nimiero ^cenc & .<«ffpU 




«7. 


Plus, en fuelbea d'argem^ scène & trente neuf. 


j^ XKxixfulhes. ^^^^| 


98. 


Plufs, hor partit, fueliûfl neuf. 


^^^H 


99. 


?)u«, inuat, miege oose doa eyacrupoB. ij od, ij eatertipoa. ^^^^| 


100. 


Plua, en aîveto, quatre gi'ans. 


^^^H 


loi. 


Plus, ambre gris, deÎKgrans . 


^^^H 


loa. 


Plus, poudre de viollete, quatm onaes. 


^^^^^ 


103. 


Plus, em perles, doa oaaea cinq drames. 


^^^H 


104. 


Plus, ungne boufigaio de must. 


^^^1 


JÛ5. 


Plua, QDg peti coffre de la longor de uogne man 
a EDodo de gomo. 


hûverto, pintat ^^^| 


106. 


Plaa, uDg autre coffre sarat, en chai hon cro niust & sîveto & ^^^B 




boaes saoLura. 


^^^1 


i07. 


Plus, reybarby, siejs «uses. 


^^^H 


108. 


Plus, per rompre lo reybarby, doa tenalloa. 


^^^1 


lOÔ. 


PIqa, turbi^ dos onaea A miege. 


^^^^1 


110. 


Plus, hosseB de cort de aerviin^ do^e onaa«*. 


^^^1 


lU. 


Pltia, aâng de dragoQ fin, sleya ôossea. 


^^^1 


112. 


Plua, benjami, une liouroa. 


^H 


113. 


Plus, eaearoonea, ungnelioure dosouasea doa .3. 


\fg. ijoaJj .3. ^^H 


114. 


Plus» Câoforo, quatre onesea dos .3« 


^^^^1 


115. 


Plus, (^oibebaa» u^gDe oDsaea, 


^^^H 


ne. 


Plu», semen amomî, miege onsao» 


^^^^1 


117. 


Plqa, aallia armoQïaasy, tresonsses. 


^^ ^^^M 


113. 


PluSf galie muat^ade» uiiege draioe. 


drame. ^^^^H 


110. 


Plus, alite muacado, miego dramo. 


dramo. ^^^^| 


)20. 


Plua, coagula leporis. 


^^H 


J3I. 


Plue, carp«> borBam, uugno liouie. 


^H 


128, 


Plus, aerueo aitri, hueyg onaMB. 


^^^^1 




^^^ 


., ^ 1 



^^H 


^^■^^VPiPWi^H 


^^^H 


UNE PHARMACIE PROVENÇALE AU XVI* SIÈCLE ~ 


^^^B 


PluK, sandre il'afiur, ambe îo Bac» don Iburea ungoo Qaaau & 


^^^H 


miego. W îf ' j o»' *^- 


^^^B 


Plos, roRTsicot» quatre lÉûiires quatre onaiôs. iiij ^. iiij on. 


^^^1 


Plu^t sinabrion^ ungno ljour«, j ^. 


^^^1 


Plus, aendfll roguie, tloa lipureAdûa tiugao». ij %. \\ on. 


^^H 


Plus, aendal blan, uugno lioure êlmiego. j îj t]. 


^^^H 


Plus, aupiato cûDtrepeateiD. 


^^H 


Plus, géra armetia, très ousbob. iij on. 


^^^1 


PïuE^ aurea aleaaudrina, dos on&eos. iJ uu. 


^^H 


Plus, emplaslrora cemnehrum, dos onsaos, ij on. 


^^^H 


Plus, empl[a]stroïïj hocirioceum fÏD, qubsï« onssea et miego. 


^^^^1 


[iv on, d. 


^^H 


Plus, emplflatrûin ftpoatoUcDo cirurgicon, iiieya onss/îs, vj on. 


^^^1 


PluB, emplaatrom djvinunQj dos onfiaefl. i,} on. 


^^H 


Plufl, emplaati'ou contre roturo, dos odsbob. ij ou. 


^^H 


PIuBj ung^ eatcilori d'evori ambe ung trabuget desu& que nou 


^^^H 


u'ia ren dedîn. 


^^^H 


Pba, ung autre trabuget d'evon garnit de baUauaaoi et pes, 


^^B 


Le XXIIU* de novembre. 


^^^1 


S'eitse las podreg. 


^^H 


Primo, pulvia triasandalia, très uusaes iij ou. 


^^H 


Plus, pulvia him, miego onase. j on 


^^^1 


Plus, diagragant, un^o oasao et miego. j on. d. 


^^H 


Plua, p[u]lviB coralj rubey, doa onsaoe ateja .3. ij qii. vj .3. 


^^^1 


PluAp pulvis coraly albi, doa oosBoa. ij on 


^^H 


Plas, pulvis sandalli albi, ungno onsao* miege* j oii. d. 


^^^H 


PU]9, p[u]lvîs aaddalli rube;« trûs onsaes miego. iij on. d 


^^H 


Plus, pulviB linnoo alocs^ »ûego onaao. d. uit. 


^^H 


Plus, pulvis requiey, ungno oasse et miego. j on.d. 


^^^M 


Plus, pulvîfj diayBop^.doa ouaaus et miego, gon, d. 


^^^1 


Plua, pulvia dituniû, doa oubs^b. ij uu. 


^^H 


PluB, pulvÎB dianizon, aîûys .3. vj .3. 


^^H 


Pka, pulvis diacucurraa, raiego onaaô. d. on. 


^^H 


Plus, pulvîa diaautoa, uugno unaso sîejft .3. j on. vi .3. 


^^^1 


Piua^ pulvia diagalangâa, ungao oneao & àon ,3. j on. ij ^^, 


^^^H 


Plua, pulvia beaedL[cjta, doa oiiasee miego. ij on. j. 


^^^B 


PIus^ pulvia jere pigre Galeni.tres onsBeHA miego. iij on. il. 


^^^B 


Plua, pulvia diptami, miego onaag. d. oo. 


^^^B 


Piufli pulvia toi-tuÊntelle, doa .3. ïj .3. 


^^^m 


plua, pulvia thimica, demionaeo, d, on. 


^^■' 


Plus, pttlvia litoDtripon, ungno ODaao doa .3. j un. ij .3. 



UPfE PHARMACIE PROVENÇALE AU ÎVI* SIECLE 15 



r 



Le XIUl* de novembre. S*ensegoD las ajr^oa 

que se son trobados a la dito 

botiquOt pessados amb6 U[8] aiuolles. 

PrimOp ajguo porluUce ambe tloa amoUea, quinaze liourea & 
mie^o. XV ^. d. 

PIdb, ayguo acabiose eu dos amoUes, dâs sept lioares très 
quar« & demi. ivij ^. îij qrt. d. 

Pluji, ayg-uo akûree en doa amoJles^ deïaeptiîourea, xvij f£. 

PluSf ayg'uo bugloBae en doH amolle^ , tiey-ze lioureu & 
miego. xvj Q, d> 

163. Plus , ayguo biiglosse en ud^o [ajmotie , très iiouroa â 

mie^e. uj fj. d. 

164. Plaa, ay^uo de cinq rasBÎDOs en doa amolleei aept lioures, vg ^. 
163. Plufl^ ^ygu^ endivie ea dos aiuoUea, vint liouies. xx ^. 
106. Plus, ayguo gr^minU en ungno amollg, $ept lioure» trei 

qu«rs, vtj ^. tijqrt. 

iD7. Plu», ayguo guçurbilbe ea doA amoJlosj vint quatre liouree & 

uLiego. xiiii) ^. d, 

168. Plot, ay^o ai^toze eti uagno amoUe, des liourea, x f{. 

I00« Pltii, ayguo tupuli eu doa amolleHf neuf lioures à ung cartej- 

170^ Plaa , syguo acetozc en ungoo amolla ^ tiva liourea trea 
ï|Uara* iij ft. îij qrt. 

171 . Plu», ajg:uo gramiiiDi eo uQgno amoUo, ires lioure» très quar» 
teyrûû. lij ^. hj qrt. 

172» Plus, aj^uQ iiaiquLi en dos amplUa» cinq liourea très qunra. 

[v ^, iij qrt, 

173, Plaa, ayguo nenîfflortt, sept Uoures & miego. vij ^, d. 

174. Plufl, ayguo lactuce en uogDi> amollo, cinq liourea, v ft. 
|7&« Plus, ayguo paritarie en ungno amoUo, dos Hoursâ. ij $. 



La Xlll? de novembre. 



176. Plua, ayguo aerpentarie en ungno amollo. dos liourea trea 

quarteyfon. ij ^. iij qrt, 

177. Plut^ ayguo fumiterre en tingno amoljo, dex liourea & trea 

qaarteyron. x $. iij qrt. 

178. Plus, ayguo Dor de aaacbuc en unguo amollo, cinq Uoures Ires 

qoartflyron. v $. i^ qrt. 

17!). Plua, ayguo flor de tamancî eu ungno amoilo, sept Itoures A 

miego. viJ îf. -i. 



w 


16 


VUE PHARMACIK PHOVENÇALK AD XVI SIÈCLE 


^L 


l&O. 


P]u.^f ^ygiio de ^€c[uol i\e l'uasua ou uugao Auiuilu, du.^ ligures 
& iniego. ij ^. d. 


^^^^ 


181. 


l-'laa, ayguo d^ litii en uiï^MiOaâioKû, dos liûui'c:a. ij ^'. 


■ 


132. 


Plu&i ajgua de berbene en ungnu auiollo, dos liourea mlega. 


1 


183. 


PluSf ay^uo de suuvio eti dos amolloa, quatre liouces tre^ 
quarlejron. liij ^. iij h'1- 


1 


184. 


Pluîi, ayguo anaiolica Ou tiagno amelloi uogno lloucu & img 


1 


185. 


Plus, ay^uo de rays de pelro su uiigDO am[o]Uof cm^ liaures 


1 


186. 


Plus, âyguoa <]4rdiaUos ea uagao âmollo, cmq liourea trea 
qiiarteyroû, v ijf.iij (jrt. 


H 


187. 


Plu9f ayguû enelle campane en ud^do amallo, lve& liiïureâ ung 
quar. - iijft'^jqit. 


^H 


las. 


PltiB, ajguo rubeu majer ea augao amollû,9ept kourea vij ^. 


H 


\m. 


Plus, ajj^uQ dapii en uaguo ainoUo, quatre Uoures à ûiiego, 

[iiij ffi, d. 


^H 


190. 


Plus, ayguo de tneûthe eo. ungao araotlOj dos Ibures. ij $. 


B 


19h 


Plus, ayguo d^arbuce «n uagQO amolle, très liaurea & miega. 


^H 


192, 


FIus^ ayguû aansud âa ungnu amollo. 


L 


193. 


Plu», ayguo vioUarum en uog flasquo, ungno tiourw & uug 
cai-teyron. j ft.j qrU 

Le XX m» jort de novembre. 


^1 


194. 


Plua, ayguo s|>ma &lba eo tmgae amolte, très Uoures ^ miege . 

[njft. d. 


^H 


195, 


Plus, ayguoa Ifarini en uagne amoilo, traa lioures ung cnr- 
teyron. liiSJ qrt. 


>^^^H 


196, 


Plud ftjguo arth[e}tn)âueeii ungne amoUe, trea lioui-es. nj ft* 


^H 


197. 


Plus, ayguo de crête marine eu uogne anaolle» U'^hî lïouies. 


^1 


198. 


Plus, ayguo de crate marine eu uag flasco, aieys liuu i es ti es 
qunrteyroa, vj ®. iij 41H. 


^^^^1 


199. 


Plu», ayguo fltioadi en ungue amoUe, sept liourea. vij ^. 


rj^^^H 


200. 


Plus, aygoa anlliea, uugne AtaoUei ^ïiaq lioure». v ^« 


^^^H 


201. 


Plus, ïiyguû Uethottioc, imeamoHe, tivs iiuurea eimiege. iij^ii^ «l. 


^M 


202. 


Plua, ayguo yâ4>pi eu uae amolle. uue liuure uag oju'leyiuu. 


^^^M 


2m. 


PluB, ayguo berullaruui eu do« amûlles, àonze liaures ung 


■ 




^uarteyron. xij ^f. j qrt, 

1 
1 



UÎTE PHARMACIE PROVENÇ ALE AU XVI» glKCLK 17 

204. Plu»^ ayguoft d^Rgmoles en une amolle, cinq lioures et 

miegê. V ^. d. 

20&. Plus, ay^uo nne en une Hmalle, très lioures et mieg'e iij ^. d. 
206. PLus, ayguQ uagula Êal>al|i]Qri @d une amoUe, quatre Uoures breo 

qaartâjroD. liij if£, iij qrL. 

2C7. Ptu8, ajguoabrotaaieniing^ueatnolle^ ungne Heure uDgquartey- 

ron. j ft.j qrL 

208. Ptufl, ayguo ruthe ea tiogao amolle, tresquars. iij qrt. 

309- Plus, Jiyguo de limana en nngne aiïioUe grando et ungno petite, 

très liûures «t miege. iij f{. d. 

210. Plufl, Byguo mellisae en ungne amolle, dos lioures. ij ^\ 

211. Plus, aygua cftlidopie en unique petite amolte. 

212. plu», ayguû eufrazie en ungnepetiteamoUe, ungcarteyron, j qrt. 

213. Plus, ayguo morsua diaU en ungne petite ainolle, UDg quaitey- 

ron» j qrt. 

214. Plus, ayguo empetoH fin dos petites amoîles^ ungne lîome Irea 

quarteyroo. j ft. iij qrt. 

215. PluB, ayguo aassifrage en ungne petite nmolJe, ung quartey- 

roa, j qrt, 

Le XXIIIT* jort de novembre. 

216. Plua, ayguo de plantage en une amolle, quatre liourea 6t 

mi«ge. iiij$. d. 

217. Plas^ ajguo caprisfoUi en ungue amollei très liourea, îij $. 
218 Plu«, ayguo vithû eu ung fiasco, v â. v fj\ 

219. PIqSj ajguo capilUs Wen&ris, 

220. Plus, aygao vitUe co ungae umoUe, doa liûurenËtmlege. îj(|f-d. 

221 . PluBf ayguo acollopendjeen ungne amoUe, âeptijoureg, vij ^\ 

222. Plu&f ayguo capiUiB Venurts en ungne amoUc, dos Heures ung 

carteyron. y 'î?' j 4 ''^■ 

223. Plus, ayguos V&terit eu uug fiasco, vint & «quatre liourea & 

oûiege, ïxiiy ^ . d. 



3>aftegon léâ aucus que se gon trobas & 1& ditfîbotiqae, 
amba lasamolIeB^ 



224^ PncQo, aacna cîthoaiortim eo doa petites amolles, doB Heures 
ung quartejron. n ^- } qi't- 

225* Plus, auc de roaaos en doa petites amoIleB, doa lieurea uûg 
quarieyron. ij çj^j qrt. 

226, Plns^ sue Enallorum granatorum en ungne amoUe, cinq liouros. 

[y 9- 





UNE PHARMACIE PROVENÇALE AU XVI* SIÈClF^^^B 


^^Ê 


Le XXIIH* de novembre. 


^^l 


'enaegon lea sirops c^ue son airobas a la dite botJqua[d), 


^^H pesas net. 


^^^ 227. 


Primo, wrop rasât, oet ctnqliaures ungquartevron. v g. j qrt. 


^^^H 2sa. 


, Pluft, airop violât ^ net uagoe lïoiire trea quartejroQ. 


^^^H 


LJ ffi' "j qt-t. 


^^H 229. 


Plus, sirop de eapUl» Veneria^ net quatre liourea. iilj fg. 


^^^H 230. 


Plus, airop eodie, net cioq ljoure[s] iing qyarteyron, v ^, j qrt. 


^^^H 


Plus, sirop de acoUopendia, net âiejB liour^s trea quartsyroa. 


^^^H 


[vj ffi. iij qrt. 


^^^1 


Plus, sirop de fumotterre, net aieja liourea & miege* vj <ff, d. 


^^^1 


PluB, airop de papaveie, net quatre liourea très quartejion, 


^^^H 


[iiijffi.iijqft. 


^^^H 


PittB, sirop 0xiEace<i. compt». net dos Jioree très qtiartêTron. 


^^^H 


[ijft.iUq^t^ 


^^^1 235. 


Plua, airop acet" . citri, uel dos liourea et miege. ij ^. d. 


^^^1 


PIiiii, airop de sticftde, aet cinq lioures «ng quarteyron. 


^^^H 


(vîJ.jqrL 


^^H 


Plua, airop de empatorio, net hueyg lioures mieg quartevroo. 


^^^H 


[viij (^. qrt. d. 


^^^1 238. 


PJuSf airop acetoee .S. net uagoe [lioure] ires quarteyron. 


^^^H 


Liffi.iijqrl. 


^^^M 239. 


Plus, strop de absurtio, aei Ires lioures et miege. iij <^. d, 


^^^H 


Plus, sirop de borragine, net doa lioures très qnars & demi. 


^^^H 


[ij (îfjijqrt. d. 


^^H 


Flua, sirop de limoQÎbai, net doazs liourea uûg quarteyroii. 


^^^B 


[ïyfi!-.! qî"*' 


^^^H 


Plua, Jiirop cîthomopum, net aîej* liourea & miege. vj jf. d. 


^^^B 


Plus, airop aenuffarisj net udb liope. j Ç. 


^H 


Le XXIII* de novembre. 


^^^H 


PluSf airop bisancie, net une Heure. j $. 


^^^1 


PïuB, Birop [de] radicibue, hueyg liQurea. tîÎj g. 


^^^H 


Plus, sirop [de] ysopo» cinq lioures & mîege, v{|^. d. 


^^^1 


PluH, sirop de metita , net quatre lioures ung quartejron. 


^^^H 


[»ij ft- j qrt. 


^^^H 


Plus, »ii*op iï]irt[iJllorum ^ net très liourea ung quarleyrop. 


^^^H 


t"i fô- j q't- 


^^H 


Plna sirop de vi[o]îlat compote . net ungne lioure à tinege. ^ 


1 


u«'<^* M 



UNE PHARMACIE PROVENÇALE AU XVr SIÈCLE 19 



.S&O. PIuSt sirop d« arthemiai», adt CÎQq Uoara)i[3] et Eûiege & mieg 
■* quartejroD. |VJJ,qrt. d. 

S5I . Plus opimeltîa du^ , net quatre ttourefs] & mieg« & miêg c^ûftr- 
teyroD. [v ^. d. cirt. d. 

25^. Plui}, sirop de citr&ngâliâi net cinq liouras ung quatieyrou. 

[v^.jqrt. 
253. Plus t airop de a^resU , net aapt lioares ung quHrteyraa. 

^4. Plus, diamorod, tiet aiep lîoures utig quar< vj ^. j qrt. 

^6, Plus, diaiiucuiD, oet «Joa liourça & tnie^e. i) ^. d. 

256. Plus, Htrop de liq^ . net LjuatreUoures treaquars. iiîj ^. îjj qrU 

257, Plus, sirop de radicibus, uet quatre liourea un cjuai'tejroa, 

[Uij ^.j *jrt. 
26d, PluA, fiuccre al fous de ung pot ver, pot aver environ uagoe 
lioure, j ^. 

2S9. Mel rosat colat, uet neuf liouraa très quars, i^^> "J qt't- 

260* PJus« mel yriai» oei trea lioiires & cniege. lij ^. d. 

261* Ptas, met vioUt. net très liouras dt ruiege. iy ^. d. 

203, Plus, mel anthosati, oet quatre liouree. ii^j $. 

2ii3. Plas, sirop auc acetoze, aet dos Uourea et miege. i) Q. d. 

2&4. Plust sirop de timc^ciibUB » doa Itoiires mÏQg qaarteyrau. 

[ijft. qrt. d. 

Là XXV de novembre. 

S'ensegOQ Ias compDsitioQ[a] que son fttrûbadas a ta dite 
boutiquo et ausi ies conserves^ peaaat net. 

2^. Primo , coafectîou amech net trea lieurea troys quara. 

266 Plua, dUcatoUtCOtif ûfit quatre lioures. iiij f^. 

26f7, Plua, diaprunia eimpiîuiis , qqI cinq iiourea trea quArteyrou, 

(v g. iij qrt. 
268. Plua, diaprunia laïa^i, u^t trea Iiourea mieg qu,irteyron. 

[îij <g. qrt. d» 
Plus, diaphlatCQû, uet très Iiourea mîegqaarteyron. 

[iu 8- qrt. 4, 

Î70 PluB^ tiriacba, net sept liôurea. vij $. 

271 . Plu», roetridat. 

27^, Plua, yere pigfâi ûet une hotire & Cre« quai'teyron. j ^ . iij qrt. 
^3. Flui^ loah de casaya nnra zuccMro^ net cnieg'e lîoure. ^. d, 

274 , Plus, loeh de casâya cum melle, aet cinq lioures très quarti^yron , 

[v ft. iij qpt. 
S7&. PluB, trisferA tiiajiii& aive opiooet, miege Iiourea loieg quarâ, 

[d. (g, d, qrt. 



^^^H 


UNE PHARMACIE PROVENÇALE AU XVI' SIECLE ^^B 


^^V 


Plas, zucc^ rosati. 


^^V 


PluB, conaerve violUruna, net une liûure. j ^. 


^^F 


Plufl, Donaerve roaarum antiqmiron, net une lioure. j ft* 


^H 


Plua, coDaerve roBaron reaentiuin, net une lioure ung quartey- 


^^Ê 


ron, j fi, j qrt. 


^^^H 3S0. 


P[ljus, cODseive baglosae, net ane Uou[rel & mÏÈge. j fl. d. 


^^^H 


Piaa, GOûserve borraççs, a«t unelioure, J $< 


^^^1 


Pltia, coûaerve cappôlia VeaerÎB, net uogne lionne uDg- quar- 


^^^H 


tejrûn & demi. j ft- j ^^'t- **■ 


^^^1 


Plufti coDserre cappellis Veneria grosBoa, net une lioure & 


^^1 


miege. j ^'. à. 


^H 


Le XXV d© novembre. 


^^H 


PluB^ Btoracîa liqtlidi^ net miege lioure* d. ft. 


^^^H 


PluB, conserve aatiKonts, net une liourû A miege. j ($* d. 


^^^1 


Plue, cooserve acollopendine, net très quarteyroD. lij qrt. 


^^^P 


Ptuflr coQBBrve anthoa, net très quars & demi. îij qrt. d. 


^^H 268, 


Plus, conaerve esbry, net anelioure. j ft. 


^^^K 


Plus, coQserve itenu^Eiria, net une lioure un qujtrtejron. 


^^^H 


[j«-jqrt. 


^^^H 290. 


PIlib, conserve assetoïe, net ungnoonaae. j ou. 


^^^H 


Plna, conserve ^ria^ aet miege lioure. d. $. 


^^^1 


PiuB, conserve enule campane^ net trea quara et demi, iij qrL d. 


^^^1 


Plus, conserve atloadi, miege lioure & miag quertâj^ron. 


^^^H 


[d. «. qrt. d. 


^^^1 


Pîua, coQsei^ve acori, net très quarteyron. iy qrt. 


^^^1 S9&. 


Plus, GODaerve ainphiti, dos honaaea. ij on. 


^^H 396. 


Plus, conaerve yriogorup:!, net très quara et demi. iij qft, d. 


^^^1 


PJuB, conserve beibene, net miegû lionre. d. ft. 


^^^1 2dâ. 


Plus, conaerve enule campane, net iin^ne Itoiira mieg quartey- 


^H 


ron. J e. qrl. d. 


^^^H Ûudii jort. S'enaegon las drogues que ââ aon sitrobadea 


^^H 


an la ditâ botiquo. 


^^H 


Et primo, Ugnum atoea fin, trea oaaaea. iij on. 


^^^1 


Plus indi fin, ires oosses Se miege. iij on, d. 


^^^1 


Plu», inde moyen, trea liourca ung qiiarteyron. iij <fg- J q^t. 


^^H 


Plua, deronici roroani, mîeg' liaure miei? quarteyron, d, ft, d, qrL 


^^H 303, 


Pï*ia ,Z. edorrii ft, insego lioure mieg qwarteyrwu, d. jf, d. qrt. 


^^^H 


Pliift» cflRlorey, img quarteyrûii. j qrt. 


^^^1 


Plua, eiiillLiiiii, ungai^ liuure, j ft- 



F 


UNE PHARMAfUR PROVENÇALE AU XVl' 


^^H 


^ 306. 


Plu9« coralinio, iiii«iga lioure. 


^H 


r 


Plu», aenthoûie, upg quartejroa. 

Le XXV de novembre. 


^^B 


^ 3oa 


riuB, Bârnea contra, ung quartejron ungne h^tnsse. jqrt. jon. ^^^^| 


3œ. 


Plus, collQquLQtide bonec^, ung fjuartojron et d 


3ini. qrt. ^^^^1 


310, 


Pin», tutie préparâtes miogo honsBe. 


^^^^1 


311 


Plus, tutie, quntre lioiires mieg quarleyroD. 


iiij $■ d. ^^^H 


312. 


plus. ftnaCHdi, dos hoasses 'loa .3. 


^^^H 


313. 


Plus, opn tbebaioi, <|tmtrâ hotiaaes. 


^^^^1 


314 


Plus, cofcli, dûB hoDasÉs. 


^^^H 


315. 


Plui, balte BUancie* dos onsfies. 


^^^^1 


316. 


Plu9« folbi iiidî, mieg' oQsaes. 


^^^H 


3i7, 


Plus, ûucea iûdica, unçne oanse A miege. 


^^^H 


318. 


PIl]4, Bemen cart&ri, tmgne liaure imgquArteyron. j iji^, j qrt, ^^^^H 


319. 


Plu», lapdaDÎt très quarteymn & demi. 


^^^H 


320. 


plus, spodi fin, dos oQ^Bea, 


^^^H 


^H 321. 


Plua, apodî qmun, quatre onaaea. 


^^^H 


■ 3^. 


Plna. aufi&ftgrie. cinq lioures. 


^^M 


^H 323. 


Plut^ caUa[m]i arocf , dos onssea, 


OD ^^^^1 


^1 324. 


PItis^ Bucci liq^. UQgae oaa««. 


^^^H 


^M 32b* 


Pïus» radicea enuk canapap. tingtie lioure. 


^H 


^ 326, 


Plu», roouHiic, un g qiurteyroD uûg onase. 


^^^H 


[ 3-27. 


Plus, equioaDil, dûs on^^âes cinq .3. 


V ^^^^H 


^^ 32$. 


Plu», aemen canapis, ungne lioure. 


^H 


■ 329. 


Plus, rempontitii, raiege lioure. 


^H 


f 330, 


Pliï», aîjari, utig quartejron à demi. 


^^a 


^. 331. 


Plua» âallia getie, uug qunr tre» onsses. 


^^^^1 


^m 332. 


Flutt, aeiuen juniperi^ ini^go liour^. 


^^1 


^^ ;ui. 


plus, pilto baUaini, mieg quarteyron. 


^^^1 


t 334 


Plus, serici crudi^ img quartejron. 


^^H 


^K 3.%, 


Pluâ, atoraci calla**'. ung qiiarteyron. 


^^M 


■ 3,-%. 


Plofl, Btoraci rubeit uog quarteyi'Oû fltd«mt. 


^^H 


33T. 


PIdb, aanguiniB dracoQis conninut), dos ODasea. 


^^^1 


338. 


Plua, raaure eborla^ miege lioure. 


^H 


331). 


Plua, seruse, quatre ItùurcB, 


^^H 


340. 


Plus, viridi eriii, uûg quartejiou. 


^^H 


341 


PluSj aiaabnuint Ires quartÊvron & demi uugûe oiisse« ^^^^| 






[iij qrt. d. ^^^H 


^^ 


Le XXV de novembre. 


^^H 


342 


Plua, am)don> niî«g ?. 


^H 


i 


Pliltt, agâhc^ Qiiego lioure. 


^H 



^1 


UNE PHARMACIE PROVENÇAT.E AU XVI» SIÈCLE ~ 


^H 


plus, apice cluce, Irea quars ungno onase. 


iij qrt. j on. 


^H 


Plus, spicâ nardif ungne onsse. 


j '>ii- 


^1 


PIiiB^ yris Flo*. très quaHeyron. 


îij qrl 


^1 


Plns^ oBsi» oipie, me"' j. 


j- 


^M 


PïiiB, vitrioli roiDftni, ïniegelio[u]re mieg qu[a]r, 


d. ft. d. qrt. 


^M 


Plus, comporoaj, net vint cinq lioui-e». 


ixvft. 


^B 350. 


P\m, ûloes bon, raiego lioaro inie^ qura (ij'c). 


d. ft. d. qrt. 


^H 351. 


Plua, gfalange^ très quftfs iiiig:nÊ onattC. 


iij qrt. j on. 


^m 


Plus, macis, mieg quarteyroii. 


d. qrt. 


^H 


Plus, grana paradizi, roiege lioure. 


d. ft. 


^H 354. 


Plus, cartamocni, treâ otisi^es. 


Iij on. 


^H 355. 


Plua, piperta longi, Hept .3. 


vij .3. 


^H 356. 


PiuBj miro, ungne lioure. 


jfr 


^B 357. 


PIhs, galhani, trêa quat's ungne ousae. 


iij qrl.j un. 


^M 35g. 


PluSt g:aripOf dos tioures. 


ijffi. 


^B 


PIu«, serBpiai, miege lioure à, mieg quar. 


d. ^. d. qrt. 


^H 3eo. 


Plua, mastiûie^ uiig quar & demi. 


j qrt. d. 


^H 361 


Plufi, saodarace, ungneHo^uVe ungoe once. 


jffi-j "n- 


^1 362. 


Plut, trictV, angne lioure & mîege & demi quarteyeon. 


^H 




[jffi-d.qrt. .1. 


^1 363. 


Plus, bedelti, mtBge onsafl. 


d. on. 


^m 364. 


Plus, oppopoaBci, cinq onasea. 


V on. 


^H 3155. 


Plus, ariïiû<*> . miege lioure & mieg quar. 


d. ft. d, qrt. 


^B 


Plus, gomray dra" . miege lioure. 


d-ffi^ 


^1 367. 


PluB^ go[niTi]])' aTîK'^^ . très quarg et demi. 


iij qrt, d. 


^H 3B3. 


Plus, go[imn]y elepni, Bieya onesee. 


vj an. 


^1 369. 


Pliiâ, go[mm]y edere, aieys aaases. 


VJ OQ, 


^B 370. 


PluB, flsrcac[o]lle, très oQSses. 


iy on. 


^1 371. 


PluB, apODgie vîë, cinq liûureft. 


vffi. 


^H :m. 


Plus, coUofome, uDgns lioure. 


je- 


^M 373. 


Plus, euforbi, ungne lioure. 


jft* 


^B 374. 


Plus, asea felida, uDgne onsse aieya .X 


j on. vj ,3. 


^1 375. 


Plus, graûa tiotorura, quatre UouieB à miege & mieg quartey- 


^H 


ron. 


liîj ^, d, qrt. d. 


^H 37ti, 


Plus, poudre paslo d'escarlato, miege lioure â 


: miôg quartey- 


^H 


ron. 


[d. ^. d.qrt. 


^H 


Plus, aene, miege lioure. 


d^«. 


^H 


Plua, alumipiftplumie» cinq lioure* & miego 


vffi. d. 


^1 379. 


. Plus, liLargeri auri, voQze lioure & miege. 
Le XXV de novembre. 


ij ffi. d. 


^^^1 


. PJuB, semen papaveria nlbî^ ungne lioui-e uïejA oatao». J ^.vj on. 





UNE PHARMAriE PHOVENÇAf^E AD XVl* 


^^^ 


1 38L 


PI«B, aripel rfe toutes collors, doa d". 




^H 


1 .185> 


Plu», carvi bojta, quatfe lioiirea & roiege. 




^} «■ à. ^H 


^ 3RS 


Pliu, ciminî bojta, 6tx Ijgures & miege uùg q 


jar é deraï. ^^^^| 




[ï «' *3, 


^^M 


H 384. 


PtuA, coriandrj [ïreparati, ti-ea lîaurêa à megè. 




"j ^. d. ^H 


■ 385. 


Plo», aûisi cmdi, doa lionrea. 




^^M 


^m 386 


Plu», roarae, quaîre liourea. 




■>'j S- ^^H 


^ 3K7. 


Plus, ûccro jfitiDOi dosze tionres. 




^H 


1 3m, 


Plus, poudres reâUeûlivêè, dga liourea. 




^H 


1 38d. 


PiaB, &rgen vif, UQg&é tiouie. 




^H 


L 390. 


Plus, tabou muscat, ung quorleyroQ. 




^^B 


■ 301. 


Plufl, Umahndorurn^ miegû ]ieut*e ud^qê oûsse, 


d 


ff.jon. ^H 


■^ 34*2. 


Plus, catiye fiatule, doa lioures & miege. 




^H 




S'enaegoD les unguens que se sonttrobas 


^1 




en ladite boutiques, pesas net. 




^^1 


—^ 393. 


Et primo, Oïiguentum comitia. net ti-es onaseB. 




^^^H 


■ 3&i. 


Ptus^unguentiim populeon, net uiigne lioure. 




^H 


^ 395. 


Plua. ceroti ato^i . Galeoi, cet quatre liourea. 




'■u <iÈ- ^^H 


[ 396. 


plus, cer[o]ti saDdini, net miego lioure. 




^H 


^K 3!^^ 


Plus, ungaentum aiboii, net dos lîoure». 




$■ ^H 


V 39». 


Plus, uQgaeûtum podâlIigU, oet trea lioui'ea uûg quitrtejion. ^^^^| 


[ 




["jffi 


■ D qrt-] ^H 


^ 399. 


Plu«, UQgûentrjm Egiptiae^ net mieg« Houre. 




^H 


■ 40O. 


Pîua, ungueutiira bflzilicon, net dos liouree. 




^H 


^M 401. 


PltiB^ unguentutn apoetollorom, nétsîcy onssea. 




^^^^1 


H 402 


Plus, unguentum diallfle, net neuf iioures. 




^^1 


1 403. 


Plua. UDguentum martiaton, net Ires liourea. 




^^H 


1 404. 


Plufl» ungiïcntum aragou, net ungae (ioiire uûg quarte 


^^^^1 


1 




[.) $• J qi-t< ^^H 


H 405. 


plus, UDguentum Agripa, net très lioureB & mie 


b:«- 


<u 9' à. ^^m 


H 406. 


Plus* i°' u[ig[uen]t» callidâ^ cet uogtie lioure, 




^H 


1 407. 


Plus, apOQgiâ porcl colat, net ungoe lioure & miâge. 


^H 


1 40B. 


Plus» pûmadi>. net très quflTteyron. 




^^H 


1 409. 


Plus, jBopi humide, net aept onsaea. 

Le XXV de novembre. 




^^^1 


410. 


Plu», roMto, trealioureB. 




^^1 


4a. 


Plus, tnedule vituli, tiel miege onaae. 




ÛD. ^^^H 


412. 


Plus, apongie yrci, ungnc onsse & micge. 




^^^H 


413. 


Plus, apoûgie galine, ungne lioure. 


■■ 


^H 



^^M 


^IPWBlHi 


^1 


^^m 


1 

UNE PHARMACIE PROVKNÇAl-E AU XVl* SIECLE 


^^B 


Plus, apongie anpari*. 




^■^ 415. 


Plus, Uperçs» ambeueig^e petito JAro» imgne Uoure. 

3'enM^cn los olis que se sont atroba* 
en la dite bottquo, pessaa net* 


j *- 


^H 


Et primot olej rosati, net aept liourea. 


vij ft. 


^^1 


Plus, olev violati, net dex liouret. 


ï« 




^^1 


Plu», oley de Ullio^ net dex lioures A mtQg;e, 


x«.d 




^^1 


Plus» oley fiûrtillorum, net quatre liourea. 


iiij q 




^^M 


Plus, oley camomille, net aeyze lioures. 


ïvJS 




^^m 


Plus, olei mente», net doa liouies, 


ij« 




^H 


Plus, olei jrini, net doslionrea. 


ijffi 




^H 


Plud, olei Qardîoi, net UDgae Uoure &. miege. 


J«-H 




^^1 


Plu», aley castorey. net ungoelioure & miege. 


j-ffi H 




^^1 


Plua^ oley c[i]ihotiiorum, dos liourea 4 miego. 


iJ <S d 




^^1 


Plua, oley rute, aet mieg-e lioure. 


^•^ 




^^M 


Plus, oiei Sumbricomm, nel dos lioures- 


Uffi 




^^m 


Plus, olei sambiid, net dos liourea. 


ijffi 




^H 


Plus, olei absentiî, uet uagne lioure à îuief*e. 


j«>d 




^^M 


Plus olei masticis, tiet dosliouresS «ng quarteyroù. ij 


ff.jqrt 




^^m 


Plus, olei laiinni, net très liourea. 


iU« 




^^m 


E^lus oley petpolei, aet ungae lîoupo. 


je 




^^m 433. 


Plus, oifii benedicti, uiît fltnbe un flaato petit un^jine 


lîonre & 


^^H 


mtege. 


} ffi- <^^ 


^^M 


Plus, olei tartan en Ires fluauos » [lesat net neuf 


lioures. 


^H 


Plua, olei ter[e]benliue , net auibe ung flaacQ très 


iioiiren. 

[iij e- 


^^M 


Plus, olei de ^pida» net .-imbe ung fiasco dûs liourea & 


^^B 


niîcgcjuarteyroii, ij ^ 


. qrt. d. 


^B 


Le XXVI' de novembre* 




^^m 


Plue, agua mirliîlorura arobe un flaaco, net doa lionres. ij (ff. 


^^H 


Ptïia, ungno botelho d« ferre blan per tenir le dt oli 
tenent environ quatre vo cinq lionres. 


d'aBpic, 


^H 


PluB, oley yperieoTjis , net niiege lioure, 


d. ff. 


^^1 


Plus, olei sansuccj, uet seys unsses. 


V] on. 


^^1 


Plus, oley benedictî, net nngne lioure, 


',!»■ 


^^1 


Plus, oley vulpinl, net dos oaaiiaH. 


ijon. 



p 


UXE PHARMACIE PROVENÇALE AU XVi» StÈCLEi: ?5 ^^H 


■ s 


*«PBâgoQ lo8 emptastres que ^e sdq troba& dedins ladite ^^^H 




^^^H 


443. 


Et primo, emplastruiD baccamm lauri, doa Hourea ung qu^r- ^^^^| 




ieyron ij ^J qrt, ^^H 


444. 


Plus, emplaatmm bethonice, dos lioares A deiïii quartayron. ^^^H 




y 4^. d qrt. ^^H 


443. 


Plu9, emplastrurn sd reKtrin^eD^uin renia, cinq onsBea. v on. ^^^^| 


446. 


Plus. emi»la«truin [proj nistrice. tre^ lioures. "j %■ ^^^^| 


447. 


Plus, emplaâtrtirn {^ro lËnibus, très quartejroD. tij qrt. ^^^^| 


448. 


Plus, emplnatrum [MO stomaco, dos liour«& et iniege. ij ^.d. ^^^^| 


449 


Plus, emplaetrum de tïtÊlUloto« doa lioure^ ung quarteyiOD. ^^^^| 




[^J ^- J ^rr ^^M 


450. 


Plus» emplaatruin ceie en cumo^ très limtres. iïj ^, ^^^H 


451 


PLua, eoiplasti'am opici'ocetim cûmmime, angnc lioure et miega. ^^^^| 




^H 


452 


PtuB, amplastruiu de aenisii, iing quar. j qrC^ ^^^^^ 


453. 


Plu«, emplastrum tiiaformacum, do& lioureji & miege. îj Q.d. ^^^^| 


454. 


Plut, diaqmlloti manon, dos Heures & mle^e. i}<^, â, ^^^H 


-65. 


Plus, dinqiiillon commun, ung-De lioum. j ^. ^^^^^| 


«. 


PtuB, Ëâpanadfapum en telia, un« Uoure d^ miûge. j <^^ d. ^^^^| 


1 


Le XXVI* ûû novembre, ^^^H 


^V 3*«08egoii ïsls pillules h^ quai les se Aotii fr-obadeftala ^^^| 


diU 


botiquD. ^^^H 


137. 


Ec primo pilltiEe ellefaDgiae^ ungne onnse. j on. ^^^H 


458. 


Plus, pilEule ante sibon, cinq on&HCË. v un. ^^^^| 


450. 


PUis, pilliile de reubarbaro, ungûo ansae dos .3. j on. ij .3. ^^^^| 


460, 


P)li«, pilluLe auree, quatre onaa^fl £ nii«g». iiij on. d ^^^H 


461 


Plaa, pillule cocble, ^^^^| 


^ft 463. 


P]a«, pLIlule cofnune[a|. ^^^H 


W 463. 


Plua^ pillale d« V* gânâribua miraboUnoru rj. Ires onaaes ^^^^| 




^^^H 


464. 


Plus, pilluTt^ de fumotei'^. dos ûnsse» àan ^2^, ij on. ij 3. ^^^^| 


165. 


Plan, pîllule de yera compo&jta , dos ùnsam & sîeys .3. ^^^H 




^^H 


466. 


Plu«, piltule de yera&implîc], très onscea. iy on. ^^^^| 


467. 


Plu9, pillule arletice, ungn^ onsae dQs .3, j on.îj .3. ^^^^H 


H 4«î8. 


Plus, pUlule de mez«reon, ungne onsae ung .3. j on. j .3. ^^^^| 


B 469. 


Plus pilUile de hêrtnodatîllia» cinq .:^. v .3. ^^^H 


^ 470. 


Pka, piUitle de syrapîno, si«yft .3. ^ demi. vj .3. d. ^^^| 



^^^^^î# «as MUBIUCIC PROVENÇALE AU XVl* SIECLE ^^B 


^^M n. Mik |dUft 40 ùe qaiAKK «î^^e uob, ud^qd hoGQso très .3. H 


^H^ TJ 1 


^^^K gTL r^taiii *i "f "" ^" '^ 1 


^^^H C3l f^^ pAtf» •C^^aSB'* sAJores, Lr^a onssea img .3. ïij od ,3. V 


^ 4PC P%ik piSife Ma«7ff«^ sîejs 3. vj .3. 


^^^_ CS^ P%i% pOdft In^ BigoreA, tr«s oos^es â »iteg. iij on. d. 


^^^^H 4Ptk. f%aK tilhh^ ifif^) atoDUtice, ungae ons&c Bieys .3. j ûq, vJ .3. 


^^^^1 4S« . nak pittil* àe Uplldâ lazult, sieya .3. vj .3. 


^^^B ML Mlb. pâM« tH^ maWr. dùaoiiBae«cîat| ,3. jj on. v,3. 


^ OiL Pt«t Mod Mapatorii, siejs .3. vj .3, 


^M WL n*!. msm aKft]mdi« do» .3. ij ,3. - 


^^^^^ Staïa^OB tes trochij^Kef que se âouatrofaas a (a dite H 


^^^ Le XXVI* de novembre. ■ 


^^B 4l$l. El prioKï. agAricl troc^ ungne ûtiase & cinq ,3. j on. v. 3. ™ 


^^M ttft Pltt*, irosiaoûriïm diaradon, uDgoe onaâe & cinq [3J. j on. v. 3, 


^^B 4S3L Plttt, troBiSL'orum de reubarbaro^ mieg .3. d .3. 


^^K 4d4. PlttSi trosiacorum de apidia, Irea .3. iij .3. 


^^Ê 4â5. Pl>u, irosLscorurn de cactibre, ungDe oniise ung .3. J od. j .3. 


^^1 486. PltiSi tr^jsiacorum [de] cappitribua, sieys .3, vj .3. 


^^M 487. Plai. trosiacorum jdlocri, nog t, j j. 


^^1 483. Phiâ, tiosUcoiaoïi diacorali un^ae oasse db très .3. j on/iii .3. 


^^P 480. PIlis. troBÎAfjorum de niirra, ungue onBse & dt^s .3. j od ij .3. 


^^H 490. Plut, troBiacorutn pi-o fKmo? luiege lioure. ^' $- 


^H 491 . P]uB, troaiscorum d« allrecangi» 


^^Ê 492. Pitia, troÂLBCorum de campbora. 


^^^^f S'ensËgon les mirabolana que se son trobaa 


^ a ladite botiquo. 


^H 493. Et primo, mirabotanoram Bitriaoruoi, mieg^ lioure très oneiejs. ^ 


^B [d. g. lijoo. ■ 


^^B 494. Ptue^ mirabolapoiuni embUcoriim, uQg quar. î qi'L H 


^^B 495, Plus, niii-abolAiio]-utn Indorum, itûg qiinr dos oasses miege. V 


^H iJ. qrL on. d* 


^^H 495, PIiis^ niirabulanommirebulerum, très onflfleaât mtege. iij on. d. 


^^^^^ 497. Plus, mirabûlanoium belcricorum, ung quar& très onafies. 


^^^^B U qrt. 


^^^^^^^^ S*ensagQD las pierrarieB que son atrûbados 


^^^^^^^^F a iadïtâ botiquo. 


^^^ 49S, Et primo, lapia taxuLï^uEigne Itoure tresoniiseB* j ^. uj oD. 



CNB PHABMACIE PROVENÇALE AU XVl* SIECLE îl 

i qrt. j on. H. 
j on. ij .3 



49&. Plu», Upî« jâciatûram, ung quar ung-jie oeib»« 
;&iOO, Fiiu, Upît sa&Eoruni, migne oqbeê & dost .3. 



^507 



Le XXVI de novembre, 

501. Pliii, lapis grimatorum, miegp Ueura doB onsaee & mîego. 

[d, Q. ij on. H. 

502. PtuB, Upis lazuli preparate, un^e odssc & miege. j oq. d. 

503. P!»Sf liipîâ graDatcriiin, un^e onsse miege. j on. d. 

504. Plua lapis mstali, miegelioure cbq onaaes & mîeg^e, 

(d. ^, V OD, d. 

5(fô, Plasjspia amentini dulcts^ miege iiû[ulre]. d, g, 

505. Plus, Ui)U emati&Èai-uiii, mtego liour^. d. ^. 
567 Plue, lapîa aamianti, miego lioare. d, Q. 

Plu*, lapia lÎDCÎa, quatre onaaes, «ij on, 

509. plu», lapis eamarandorura, doa onaaea. ij on. 

510. Pfaa, lapîa dantaliB, iniege Houre. d, $, 

511. PI UB> lapis umblicï mar[i]r)i, dgaonsses. îj on. 

512. Plus, corali albi/miege lioure. d. {}. 

513. Plue, cor[a]li rub«i) quatre onsse & miege» iiij on. d. 

514. Plus, cacabre, «iëjs onsaea. vj on» 

515. Pltia» lapia callaminans, iiii«ge Heure doaoûaaes. d. Ç. ^ un, 

516. Plua, lapis sanguin afi^f doa ûoaaea. ij un. 

517. PluH, lapU a(opasïor«riD^ j ûo. vj .3. j on. vj .3. 

518. Plua, JapïB rubiaorum, trea onases, Uj on, 

519. Plui, lapîi margaftsitarum aurearum^ ungne onaaeA mi^ge. 

(j on. d. 

Plus diiiB ladite botiquo a'es atrobat unp* contarfor de aapin 
de quatre pans et demi de Ion 6: quatre pan^ d'nut, vonte il y 
A uog gran t^rmari &mbe très estagea dedins. ^arat a clau, 
diDâ Je quai s'gs atrobat se que s'en suit. 

!ï2l p Et primo, mftuvû^ miege lioure ungneonBij^^tniâge. d.g.nn.d, 

522. Plua, dalili, mîege lioiuo uDg qiiar et demi. d. ^. j qrl. d. 

523. Plu«, liquiritîe^ do6 lioineg & oiie^e. ij ^. 6* 
524r. Plue, nngne petite quayseto toto quarado, tant auto que lougo, 

per lénir casaonado.. 

Le XXVI de novembre. 

S'enaegûQ Jaa Bemenses que son atrobadeâ 

a la dite botiquo. 

5S5» Stprimo>sem0ncucanieria,tni«g«lio[ûjredoaonBa«a. d,Q.ijoa. 



^^^B 


■ 

UNE 


PHABMACIE PROVENÇALE AU XVr 


SIÈCLE ^^B 


^^^H 


Plus, 


Bemen citruli, trefi ()tiarte^i'OD, 


iij qrt. 1 


^^^1 


Plus 


Eemen cucurbithe^ miego lioure. 


d'ffi- ■ 


^^H 


PlUB, 


semea meïloQUnif uog quurteyron. 


j qrt. 


^^H 


Plus, 


4*"" fl&minum fiigidorum in[iDJoruint dos .3. 


ij.3. 


^^H 


Plus, 


Bcmen atriplicis, UDg quarteyron. 


jqrt. 


^^^K 


Plus, 


semeii altrecflDgest uog .3. 


j,3. 


^^^1 


Plus, 


Bflmen catjipiiaâia, ivfi& onsses. 


iij on. 


^^H 


Plus. 


Benifîii agnits castuâf trea oneBe». 


iij on. 


^^^1 


P]us, 


flcnien rmaturcii, uogue lioure. 


j«' 


^^^1 


Plus, 


8âmâD sileriB monta-ni, uug'ne anftse, 


j on, 


^^^B 


Plufl, 


afimeD caidoDis busLi, sieys otieses. 


Vj 00, 


^^^B 


Plus, 


semeu geii«ale, dos .3. 


ij.3. 


^^^1 


Plus, 


Bemen boubacisj xmg qnar, 


j qrt. 


^^^1 


plus, 


saineii bazillicH. upg quar & demi 


j qrt d. 


^^^1 


PUlB, 


seineti amere, ungne onBB€. 


j on. 


^^H 


Pll]8, 


Bciiien paima Chrisli, do» onssea» 


y on. _ 


^^H 


Plus, 


apmPD peonie, iiiiege lîoure et iiiî[ejg quar. 


d.ffi. d. qrt. ■ 


^^H 


Plus, 


semeu siaapÎB, une lioiire. 


J«. ™ 


^^^1 


Plus, 


t^enhan basdane, Ires tjU!ii"t«yi'OD & demi. 


iij qrtd. 


^^^B 


Plll^, 


serneu scoHnm, trea oosses. 


iij on. 


^^^1 


PJus, 


s«oieo poHulflcc, ungne Houre QiieRe, 


jffid- 


^^^m 


Plus, 


«emen dauci do^l , ungoe onase. 


jon. 


^^^B 


Pltia, 


setn^n |i9l1li, ungnfi liourre. 


jft- 


^^^H 


Pins, 


semeD acfejtoze, miege lion™. 


d-R. 


^^H 


Pln«, 


semen Bileria niontani, ungne lioure. 


j«. 


^^H 


Plus, 


semea gulitrici mayor» oaiegâ onasc^ 


d. on. 


^^H 


Plus, 


BenieD antere, très quan. 


iij qPt. 


^^^B 


Plu», 


âtïmân git. 




^^^B 


Plus, 


aeroeo cicute, Ires quara. 


ûj qrt. 


^^^H 


PIUB, 


semeQ ]ia[>^v«ris QÎgri, ungne tiûure. 


j«. 


^^^1 


Plus, 


aeineD pigftnii doa ODssea. 


ij on. 


^^^B 


Plae, 


aecneû a&BBifragf, tniegû liouie. 

Le XXVI de novembre. 


<!■«■ 


^^^B 


Plua, 


senien \ieiTO ma^^K miegc lioure. 


^. 8- 


^^H 


PIUB, 


Mémeii sparAgiSf don onBses, 


^on. 


^^H 


PIUB, 


aemen bruci, dos onases. 


ij on. 


^^H 


Plus, 


seïiiea cusacute, ung .•). 


j.a 


^^H 


Plus, 


»emeû uitbouioiuui, mie^ti lîouje. 


J^«^ 


^^H 563. 


Plus, 


semen violaruro, ini*ge lioure. 


d. ft. 


^^H 


Plus, 


arilloruDi, ungne onsse. 


j on. 





UKE PIÎàUMAClE PROVENÇALE AD XVI* 


s^^^^^^H 


565. 


Plu*, setnea ringelle, ungoe lioure. 


^1 


3«56. 


Pliia, Bemen acetoie, ungae lioure. 


^H 


567, 


Plus, sernen orolii. uagne lioure slejs Qjmss. 


j 9- ^'j^it* ^^H 


568. 


Plus, «ettieii teiîDpei, miege UoLit'«. 


^H 


560. 


plus, seuieti Apii, miegâ ocisie. 


^^^H 


570. 


Plus, semâo berbei'is, uogaâ lioure. 


^H 


571. 


PlîSB, setneu i>etrû dod. dos Itourea. 


^H 


^K 572. 


Plus, aemen citrang'uli^ dûa Lioures. 


^H 


^V 573. 


Plus, semen miUium soIU, iing-Eie onspê, 


^^^H 


574. 


Plus, semea laeluce, tiea onssaB. 


^^^H 


575. 


Plu», eetneu furaiterre, dos .3. 


^H 


576. 


Piiis, aemen iriusquiami, mjege lîoure. 


^^H 


577, 


Plus, aein^n êâtcariole» uDg' qusrtêjraii^ demi. 


^^H 


57$. 


Plus, aeinen etidie, aj^y» onsso^. 


OD ^^^1 


^m 579. 


PluB, aemen aneti. 


^^^H 


^V 560. 


Plus, semen Jiipinorum, ungne liaur». 


^H 


■ 581. 


Plus, aem£ij Uiâmniiee, uug .M 


^H 


5fl2. 


Plus, fiemea oiabue. 




583. 


plus, semen ylautaçinia, dos oanaea. 


^^^H 


564, 


PJufi, Bâtnen aucn&cb, tree quarUjroQ. 


^^H 


585. 


PluB, semen mirliilirum, tce* lîoures A. mieiffe. 


lîj^-'i- ^H 


5R6. 


Plus, aerneu canipis, ungne lioure. 


^H 


587, 


plus, •encien ruthe, ung quarlejron. 

Le XXVI de novembre. 


^^H 




S'enfieguon les rassines qua ae aoti ntrobaiica ^^^| 


H 


n,Ia dite botiquo. 


^H 


wm. 


Et priiDo, pitetori^ dos onsaos. 


'^^H 


589. 


Ptus^ radîcea nriâtoUogtero^i^. très liourefs]. 


^H 


590. 


Plus, radices rubea rua^ei'» àon onsBea, 


^^^1 


SOL 


Plus, radicea ben rubei, miege lioure. 


^H 


592. 


Plus, radices affrodillorum, UDgne oasa«. 


^^^1 


593, 


Plus, radicea biatorl*, doa ouaaea, 


^^^H 


^4. 


Plu», radicea penonie roi«>. utig quar & demi. 


^^H 


K 595. 


Plus, radiCÊB brionie, doe onsaea. 


^^^H 


H^ 596. 


Plita, radicea eLlebo[r]i nigri, ung quar. 


^^H 


^K »?. 


Plus, radicea cadi bo^i, ung-ae o[D]sae. 


^^^H 


V^sœ. 


Plus, radicea diptami^ quatre oûases. 


^^^H 


«I£l 


Plus, radicea ^rîn^orum, un^ae oasae. 


^^^1 


mw. 


PluB, radtcea tunice, ungne tîoure. 


^H 


, qoK 


Plus, radicea geatiane» uog quar A demi. 


^^M 



^^^^^^so 


UNR PHARMACIE PROVKXÇALE AU XvK 


SIECLE ■ 


^^^Ê 


Plus, radicea acori, mie^ lioure. 


à^%- 1 


^^V 


PluSf fâdicCB bsQ Bihî, dos onB^es. 


ij oa, ■ 


^V 


Plu9, radicea sigilum béate Marie, ungne onsse 


j<>°- ■ 


^H f}05. 


Plus, radiées tormentilïe, ung quar& très onsBes. 


J qrt. iij OD. H 


^H 006. 


Plus, riLdiGÊA penUfilQn, un^ae ot)»ae & demie. 


j DU* d^ ^M 


^^^H 


Plus, majB, dimptai, dosoDsseii, 


ij oa, ™ 


^^^B 


Plus, radices ezulte, <!os onaes. 


iJ ou. 


^^^H 609. 


Plua, radicea paois porcinij agne onsae et denaîe. 


j on- (j. 


^^^1 


Plus, radiées yrdos, très onsses. 


iij on, ii. 


^^^B 


Plus, radicea Cônsolidi majer. 




^^^1 


Plus, radii'.ea conaolîdi miouer. 




^^^1 


Plus, radice» aliee, dos onsaes. 


ij où. 


^^H 


Plus, radiées ellebori atbî, ungne o[D]9Be. 


J OQ. 


^^^1 


PluSf rsidicâs cîperi, ungae ousae. 


j oa. 


^^^B 


Plufl, radiées tribuli manm, ong quar. 


j qrt. 


^^^1 


Pluâ, radiées raffaoni ftgres[t]e. 

Le XXVI de novembre. 


j^ 


^^^H 


Plus, radicea Ullium aeleste^ raieiç quar. 


d. qî^^ 


^^H 


PUte, corticea rad. mad^. ung. quar« 


jqrl. 


^^^H 


Plua, corticea radiGi4m, 




^^^H 


Plua, jujinbarum, très quarteyroTî, 


iij qrt. 


^^^H 


PluB, cornu aervi usti, miageoQase. 


d. on. 


^^^1 


Plus, caitayê ligne, ungoe ODse. 


j oo. 


^^^1 


Plus, pUimbi uati, ungne onsse. 


j on. 


^^^1 


Plua, bolU preparati, âoi lioures& miege. 


ij«.d. 


^^^H 


Plua^ terre sigilate^ miege liûare. 


d^fi^. 


^^^1 


Plus^ min, aept onaaea. 


vij on. 


^^H 


Plus» hermodatillûruta^ aieys ooases. 


vj on. 


^^H 629. 


PluB. cripellerum glandrum, doa onâsea. 


ij on. 


^^^B 630. 


Plus, cicrp mb. trs9 quarleyron. 


iij qrt. 


^^H 


Plua, caûtertdanitïi , ungne onase. 


j 00. 


^^^1 


Plus^ batâuaUrum. ungaê onaae. 


j ^Q- 


^^^B 


Plue, farÎDe faharum, ungne lieure. 


.1 ffi> 


^^^H 


Plue, R:ilph[u)rJi vivi, une lieui-e. 


j«. 


^^^1 


Plus, psidiarura, nog qiiarteyron. 


jqrt. 


^^H 


Plua, palvia feQUg[j-e]ci, siDgae lioure. 


jffi. 


^^^1 


Plua, auri pimeuti^ mîege lîoure mieg quart. 


d. ijt. d. qrl. 


^^H 638. 


Plua^ collsi piciuin, uagne lioure & mîege. 


j i- ^1- 


^^H 


Pl*ia, flores sambiicit doa onaaes. 


ij ou. 


^^^1 


Plua, eoi'ti cite ciatêi. 




^^H 


Pluflj peculi roaaruiDr doa anaaGa* 


ij on. 





UNB PHARMACIE PROVEÏ^aT^Â^XvÎ^iSl^^S^^^^^^H 


H 642. 


Plaa, terra mérita, sieya ansse^. 


^^^H 


■ 643. 


Plus, batitara ferrea, trea quar«. 


^^H 


■ 614. 


Plus, &spalcinL,do3 anaaes. 


^^^H 


H 645. 


Plu», gommi lacca, uugne onsse & miege. 


^^^H 


H 646. 


PItu, fariue vollatilis, nngne oiiaae. 


^^^H 


^ 647. 


plus, croes orten&is, naiegeoEsae, 


^^^H 


[ 64a. 


Plus, flores i^t^aesta, irea, onsBga. 


^^^H 


K 64{». 


Plus, flo(*s tama^^i . «ogne onaae. 


^^^H 


■ 650. 


Le XXVI de novembfrei. 


^^^^1 


^^ 651, 


Plus, CôrlicfiB g-eneate, doa oosses. 


^^^H 


B 652, 


Pta«k hypoqnistidisi naîcge lipiire^i mieg quurl.. d. 


^^M 


■ 6fi3. 


PIti», uene, [ung] quarteyroti. 


^^H 


■ 654. 


Plua, fltrïnentum, trea quarteirron. 


^^M 


■ 6FifS 


Pluayntices ci[>rici, ungue onsa^ 


^^H 


H 655. 


Plus* flores camieonte, ung'oe onsse. 


^H 


H 657. 


Plus, baccarum laurl, doa ona^es. 


^^^H 


^ ^8. 


Plu», spolia serpeatiSt nu*, dos. 


^^^H 


1 ep9. 


Plus, accHtie, cinq onsses. 


V ^^^^M 


1 660, 


Plus, cortices cappariurn, ijuatre onBJes. 


^^^M 


l 661. 


plus, corticea cit. e. meîle, net dos lourea. 


^H 


■ 662. 


Plui, paaaillarum, ungue liotire & œiegê à demi q 


^^^H 




m 


^^^1 


H 6a3, 


Plua^ perreaine dedin uugoe caysa, ung quintal 


^^^^1 




ïioures. 


.iq-L«> ^^1 


664. 


Plus, polipgdi querciai en ung sac, net vitit & neuf iioui'eB. ^^^^| 






rxxix «. ^^m 


665. 


Plua, aristoUegie longe, quinze Ïioures . 


^^m 


666. 


Pluft, bolti, entre ung quiaUl. 

SensegoD les herbes, essintas et flors 
QUa se aont tpobades à La dite botiquo. 


^H 


r 667. 


Et primo, rosarum rubearunrif uD(e]gQe Itoure. 


^H 


^ 068. 


Plus, viotarum, ungne lioure. 


^^1 


^B 669. 


PluB, bugloase, ungoe lioure. 


^H 


^^ 670. 


Plus, borraginiSt ungne onsse. 


^^^H 


l 671. 


Plua, ueniffarig^ungne onsse. 


^^^^1 


H «72. 


Plua^ flores aqtbea, ung quarteyron. 


^^H 


^^ 673. 


Plu», thimt, miege lioure* 


^H 


[ «74, 


PÎQi, TBOpii quatre manipoe, ij^j 


^^^H 



Tes, 

M. 

m. 

M. 

m, 

T09. 
712 



'i3, 

7J5. 
716. 

71 S. 

125. 
736. 



UNK PHARMACIE PROVENÇALE AU XVI» SlÊCLF fin 

PluB, de CJiBsaBf doff. ij. 

Plue, pote de ny&^a teïienhuej^g Lioijr«e, bona^ iium«io très. iij. 
Plus poti de pjse de très lioures, Tuinûetù sept vij. 

Plus, potB Vfirs de la soflo de ^UBjg UoureSjboTiSinumiero sieva. 

[Vj. 

Plus, potz vers de la aorto de très lioures, bûûs^ quatre, îilj, 
Plust poU pef leaiinguejjs, vera, bons, numéro quaLorze. xiiij. 
T^lus, olieroa pi^r teii[îi]r les qUw^ obrage de Sçanct Quintiii. 
IjonB, ntirnero vint, 3ix. 

PluB, grandes aïierofi per tenir les conserves d&h oUs & mel 
rojatt doudit obrage, numéro hueyg. viij. 

Plus, ung grandi pot per t^ïiir arattyat, ledon, boD. J. 

Plua, grandûB ûâle» per tenir conâtureâ liquldËâ, Qumero cinq. 

[V- 

LeXXVI dud^ 
P1q«» gratuîoa boy tes quarradea, mojena valor, numéro des. 

Plus, bojt0a quarriide^r pauci valoris, vint cm^, xrv* 

PluB, grandes boytes nidones per tenir pillules, tvt>chisque$j 

& pierres, mirabolans, bones, numéro Bieya. vj, 

plus, boytea redones grandes & de petites^ moyenoB valor, 

numéro cinquaûte, I* 

PLua, boytûfi redonee, pauci vabriB, trea. ilj. 

Plus, boytea seroeoceriofl per tenir eilectuarisj moyen© vallor, 

ddur&doSf numerg viat ung. ïxj. 

PLaa, ^emenaieros pintados, icioteuo valor, numéro vintrea. ^xiij. 
Ptiia^aernensieros blanches per teuii' racines t&semenfiea, moyeno 

valbr, Dumero cent cinquante neuf. j* Iviiij, 

Plus, unguo boyto de ploma per tenir de safran, pesant iingno 

lioure & mîegrt & demiquar. j ^. d. qrt. d. 

Plus, àoa gobellea d'e^lan. ij. 

Plua, doB cmbus per ^pecies, pauci valons. ij. 

Plus, très pailbsB de Lalhana, de que u'i h uugues que non valeii 

gayre. iij. 

Plus, ung collador de qnivre per manegar merchandiâe, bon, 

pesant dou lioiiros & demi quarteyron. ij. i^. d, qrt. 

Plus, baneaballanaee per peaar très Uaure«, numéro dos. ij. 



Le XXVI dud^ 

727. Plus, uagnos bâllanseB platoe [ler peaar rnel^ pauci vstoris. 
729. Plus, UQgQea baliansea dt» ung quar. 

3 





■^^^^^^^1 


^^M 


3£ 


UNE PHARMACIE AU PBÛVRKÇALE XVl* SIÈCLE H 




Le XXVI dâ novembre. 


1 


675. 


Plu9. atiea<îiB citf. ungne lioure. 


j«. 


*î76. 


Plus, fiticadia arai^'^ cezâ lioureB, 


Xvi«. 


677. 


Plufi, camomilla. vint & neuf liouies. 


xiix ^', 


07H. 


Plu4f melliet, imgne lioure. 


J». 


(HO. 


PU*, BCntaai'ea mayer. très roani|j08. 


iij masipoê. 


i5R0, 


plus, âent^iiraa niynoi', âo& manîpOB, 


u maDÎpOJ!. 


68L 


PIlia, enferaala, doa manipoa 


IJ manipûs. 


682. 


Plus, belhonÎL'e, doa manîjtOR. 


ij manipos. 


683. 


Plus, tneUîsse. dos manipQB, 


ij mauipus. 


C84. 


PluB, aaDsud, très mauipoâ. 


iij mauipi>e. 


tm. 


Plus, rutbe, ives manipos. 


iij maûipos. 


iWi. 


Plus, absÏQtiî, ung luanipo. 


j manîpo(s). 


687. 


Plua, menthe, très mâ^nipoe. 


iij mantpos. 


688. 


Piua, urigani, très manipûs. 


iij nvanipo»*. 


639. 


PluB, calla^. doa mftnipQs. 


ij manipuff. 


690. 


Plus» gerpilU, dos rnatiipos. 


ij matiijïos. 


mu 


Plua^ pullegi[u]ii] regale, uug maaipo. 


j mauipo. 


692. 


PluB, pull«gi servio, trua msnipûi. 


iij maDipaa, 


693, 


Pîue, salvie, dos nianipo*. 


ij manipaa. 


G94. 


Plus, baUamite^ très manipos. 


iij manipoR. 


695. 


Plus, herba cati ung manipo, 


j manipo. 


696. 


Plua, jpericenia, dos maaipda, 

Sena^gon les atenailles 
que se son airobada."; a la dite botiqao 


'là 


697. 


Et primo, cabretoa de Vallenaio, booes et aufiaetites, uumetû 




seie. 


xvj. 


698. 


P]ua,c&bretotverdoa bo rogea de Beiieayre*boa€s, 
Le XXVI de novembra. 


numéro seze. 
|avj. 

« 


699. 


Pbia, potz per cûmpopition, de la aorte de aiejs Uourea de 




Ynllenaio, boaa et suffidenfi, numéro doze, 


xi|. 


700. 


Plus» potz per eonservea. de la sorte de qiiatre lioures de VsU 




leasia, bons, numéro vingt iiog. 


^nj. 


70Ï. 


Plus, pote [de la] dito aorln, que son iing pau 


taras, cinc, 
boDB.numewi 


702, 


Piua» [jotz de la aorto de très lioures de Vallensin, 




âùate. 


ly. 



DN'E PHARMACIE PROVENÇALE AV XVÏ» SIECLE nn 

703. flwa, de câBBHH, dQB. ij. 

7OJ , f^l U9, pota de pvBso toneu huevg liourea, boaa, oumei w tips, lîj, 
705« f*l«is potz de pise de lies Eioures, nuinero sept, vij. 

'jQÔ, f~*XiiSf pota v^i's [)â la sorto de hus^g liouréa^bons, numéro sievs. 

[vj. 

70*7- ^^«Js, potz vera de 1« sorto de très lioures, bons, quatre, ijij. 

708- t^l«9» pûtï pec les unguens, vers, bons, numéro quatorze, liiij. 

IQO* ^lus, olietûs per t&£i[i]r les oIUk, obiage d^ Sçanct Qunttiiu 

X>QTi5, numéro vint, sx^ 

7\0- ^lu3, gruijdoft olier»» per tenir le* conservée daa oJîa & mel 

rosttt, d«udit obDige, numéro hueyg. viij. 

7\\. T*lti«, ung KFBtidpot per tenir aratiyat, rcdon, bon. j. 

1X1. Plus, grandûs oulea per tenir confiture* UquideSi oumaro cinq. 

[V. 

Le XXVI dud^ 
713. Plas, grandos bojtes quartadee, moyeno valor, numéro det. 

«t4, Flqa, bojit«s quarrude^j^ pauci vaIoHa, vînt cinq. xxv. 

~J5, PIq», grandes boyCes rcdoueif per tenir ptllulea, trochisqttes, 

& pieiTCB^ mirAbolans, bùnes, oiimero aieya. vj. 

'lû, Plus, boytea redonee grandes & de petites, moyenoe valor, 

aamero c'mquaate. K 

1\~t Plu£» boytes redoues. pauci valorU, très. i^. 

7IS, Plu*, boytes semeaceriQB per tenir eltectuaria, moyene vallor, 

dauradôs, numéro viat ung. £ij« 

^19, Plus, aemenaiergâ pintados, moifitio Vâlor, numéro vintr^e^ rtxiij. 
720. Plus, secnensleroa blanch^apeJ'teTiii'raaîiieB &aemenses, moyeno 

vallor, numéro cent claquante neuf. j^ Iviiij, 

"^L PliiSj iingno bovto do plotna per tenir de sRAran» pesant nngno 

liûijre & iniego & demiqiiar. j Ç d. qrt. d. 

"t^,. PtuSf do3 gobellea d'e^^tan. iJ. 

^2â. Plui, dos embua per species^ pauci valorie. ij. 

^. Plu£f trea pailhçs de InlbaDs^ de que n'i r ungnês que noa valen 

gayre. iij. 

''S. Plaa, îiog collador de qiiivre per manegar merchaudiae^ bon, 

peaaiîl dos liouree & demi quarteyron. ij. (fj- d. qrt. 

'i2&. Pka, bûneabnllanaes per peâar trealioures^ numéro dos. ij. 



Le XXVI dud'. 

TZt. Pluj, uQgQOB baiUr^aea platoâ per pe»ar mel, pauci valons. 
72S. Plus, ougnea ball&Qiiea de uug quar. 



3E UNE PHARMACIE AU PROVENÇALE XVl' SIÈC^e' 



675. 


PlUB, 


676. 


Plus, 


«77. 


Plus, 


078. 


Plus, 


6711. 


Plus, 


*i80. 


Plus, 


681, 


Plus, 


682. 


Plus, 


633. 


Pla«, 


684. 


Plus, 


685. 


Plus, 


086, 


plus, 


687. 


F\m, 


68S. 


Plus, 


639. 


Plus, 


(390. 


Plus, 


691. 


Plus, 


692. 


Plus, 


693. 


Plus, 


094. 


Plua, 


695. 


PJllB, 


696. 


Plaa, 



Le XXYI de ûovembre. 

atic&dia cit'. ungne lioure. 
stîcadis ara°^ cezâ UoiireA, 
camorHiUa, vint & oêuf lloures. 
melliet, un^tie tiuure, 
sentaurea mayer, très manipos. 
senUiurea m^nor, dûs maaîpoa. 
euferaaia, dos TnaDi[.)03 
bethontce, doB ruanipoH. 
melltase. dos nianipQB. 
aanauci, très maiiipoâ. 
rufhe, très manipos, 
absiatii, ung ruGiuipo. 
menthe, tr«s maaipot. 
urigRDi^ trâa manipos. 
calla^. doâ manipos. 
setpilLi, dos manipos. 
piiMeg:L[ujm régale, ung maai^iQ. 
pullêgi servia, tr^s manipotr 
aalvie, dos tuanipos. 
balsamite, très manipoa, 
herba cati ung manipo. 
jpericeQia, dos manipoâ^ 



Xvi g. 

iij mftDipo«. 

M maatiïojc. 

ij maDiffOfi, 

tj manii»ûîï. 

ij inanlpcjs. 
iiJ maQipos. 
iij maaîpus. 
j nianipo(s). 
)i] inanipoB, 
iij manipOR. 

ij maaipû». 

ij manipos. 

J matiipo. 

iij cnampus. 

ij manipas. 

iij nianipos. 

j nianipo. 

i] nianipos. 



J 



SeDsegon )es atênsillêâ 
que ae aon atrohadas a la dite botiqao. 

697, Et primo, cabretos de Vallcnaîo, bone^t et auâseutes, uumem 

Beze. xvj. 

698. Plu&ftmbretosverdQa ho roges de Beucayre.boDQBf numéro sexe, 

I xvj , 



Le XXVI dâ novembre. ■ 

609. PiitB, potz per eotnpoaitioD, de. la eorte de aiejB liouroa de 
Vall^naiOt boQB et aiiffîseiia, numéro doxe« xij. 

700. Plus, pot£ per conserves, de la sorte de quatre liourejr» de VaU 
leûsio, bons, oumero vingt uag. ntj. 

7*H. Plus, potz [de W dito «orto, que »oïi ung pau tarar;, cinc, 

[y- 

702. PluB, potz de la aorlo d^ très liguree de Vallânaio.hoDa, numéro 
doaie. KiJ. 



ONK PHARMACIE PROVENÇALE AU ^tVï* SlECr.K nS 

703. f*i«»t de caBBEH, do», ij. 

jfO^. ^1 US| pote de p;«so teneo hueyg lioures, boas, numéro tree, iij, 
F*l us polz de pise de très lioures, numéro sept vij. 

"^fjG^ F^BiiBf pota vâi'B d^ la sorla de huc^rg liourea^bons, numéro sievg. 

[vj. 

'^07, F*Ius, polz vers de la aorto de très lioures, bons, ^^uatre. iiîj. 

70ft, t^liis, pu(z per leBunguens, vers^ bons, numéro quatorze, litij. 

70^* ^luâ, «héros per teu[i]r les ollît^, obiage de Sçanct Quintiiii 

Ijons, niimepo vint, 3ts. 

7\0. ^lu», gmpdr>s oUeroB per tenir les cona^rvea daa olia & mel 

rt>«at dûudit c.hrnge, numéro bueyg. viij. 

"ÎVU ï*tiis, ung grand pot per tenir aranyat, redon, bou. j. 

1\'l. Ploâ, grandoH ouie» per tenir confiture® liquides^ numaro cinq. 

[V- 

LeXXVI dud'. 

713, Plus, grandes boytea quarrades, moyeno valor, nutnert) dei. 

714. Plus, bojt^a quarriideâ, pauf^i valoria, vint cinq. xxv. 
7tS. Fias, grandes bc^ytês rfidonen per tenir pillules, trochisques, 

& pierres, miraWans, bonea, numéro aieys, vj, 

7IG. Plus, boytea redonee granflcs à de petites, moyenos valor, 

numéro cloquante, 1. 

'\1 FluSf boyteâ redonee, pauci valoriat trea. i^. 

7J8, PluB, boytea eemeocerioe per tenir ellectuaria, inoyene vallor, 

dduradofl, Dumero viat ung. ïij, 

719, Plus, detnenaieroa pintados, iiioiâuo valor, numéro viatrea. ïxiijj. 
72i}, PluB.aemeDsieros blaachas per tenir rafiiiiea&ëi€men»ês, moyeno 

vallor, numéro ceot cinquante neuf. j* Iviiij, 

'21. PhiB, ungno boyto de ploma per tenir de saffran, peaaut unguo 

lioure & mîego & demiquar. j ft. d. qrt. d. 

*^. Plus, dos gobellea d'e^^tan. ij. 

~it^. Plus, do» embus per speciea^ pauci valons. ij. 

<^. Plu^i ires pailhea de Ulbana, de que n'i h uiiguQs que nûtL vakn 

gayre. iij. 

*25. Plui, ang coltador de qiiivre per manegar merchanrlîae, bon, 

pesant doa liourea & deuii quarteyron. i). ^. d. qrt. 

"t^. Plus, boneaballanaea per pesâr très Itourefi, numéro :ios. ij. 

LeXXVi dud^ 

*tZ(, Plus, ungnos ballantes platoa per peaar mel» pauci valons. 
^- PU^, uugnea bailAQses de uug quar, 

3 



3? 


UNE PHARMACIE AU PROVENÇALE XV[' SIÊCLE^^H 




Le XXVI de novembre* 


1 


675. 


Plus, sticadis tiitL angne lioure. 


j »■ 


076. 


Plus, BticftdisaraiïL ceze liouren. 


ïvi g. 


C77. 


Plue, caïTiomilla. vint & neuf liourea. 


lïiï ft. 


078, 


Plus, msliiet, uDgne lioure. 


jft- 


079. 


Plua, aentaiirea oiayer, très manipos. 


iîj manipos. 


080. 


Plus, setitaurea mynor, âos manipaa. 


îi manipos. 


OSi, 


Plus, eiiferftflifl, dos mani^joa 


ij manipitii. 


682. 


Plus, bethonkâ^ doa cnaDipo». 


ij maaipojj. 


683. 


Plus, melliBse, dos manipos. 


ij manipoB. 


084. 


Plua^ aaaauci» très raanipûs. 


iij maoipos. 


085. 


['lus, l'iilhe, treâ aianipoâ. 


iij raanipus- 


086. 


l^lus, abBJûtii, uug luanipo. 


j iiianipo(s). 


087. 


Plus, Dienthe, très maplpoA. 


iij manipos. 


6«8. 


Plus, urigaai, très mani|>oB. 


iij rnanipaH. 


089. 


Plua^ caUatj. dos maaipoa. 


ij manipos. 


090. 


Plus, aeipilli, dos manipos. 


ij manipos. 


091. 


Plus, pullegiîujm regaUj ung maaipo. 


j maûipo. 


092. 


Flue^ pullegi servia, ties manipoe. 


iij mani{iûB, 


093. 


Plue, aalvie, doa manipos. 


ij manipos. 


094. 


Plus, balaamite, (rea manipoâ. 


iij manipoR. 


earn 


PluH, berba <iati ung mampo. 


j manspo. 


696. 


PiuBj jperîcenis, dos manipos. 

Senseg^oD leij utensilles 
qu^ se son atrobadaH a la «lite botiqno 


il maDipus. 

1 


097, 


Et primg, cabretos de Vallenaîo, boues et aufiaentea, numéro 




aeze. 


ivj. 


098. 


Pba,cabratoaverdûa bu rogea de Beuc&yre.bones, 
Lb XXVI de novembre. 


numéro eeze. 
Jivj. 

m 


oeo. 


Pins, potz per composition, de la aorte de BÎejs liourea de 




Vatleaaîo, bons et auftisens» numer{> doze, 


Iij. 


700. 


Plus, potï per L'onaervee, de la sorte de quatre liouree de Vat- 




laasio, bonn^ Dum^ro vingt uag. 


xxy. 


701. 


Plus, pote [de U| dito soptn, que son iing pau 


taras, ci ne. 

[V. 

l)on«,numero 


■302. 


Plus, potz de la aoito d* Irea lioures de Vallensin, 


^ 


dOSM, 


xg. 



ONE PHARMACIE PROVIÎNÇALE AU XVI^ SlÈCrK 3:1 

703. ^ivB. dç CâHBas, doB, jj. 

70^. f*l».ïs, potz de ]ijaso tenea huejrg liourea. boûa, numéro très, iij, 

7(>5. f*4«s poU de pis© de ires lioures, numéro sépL vij. 

•^00. f^lua, pots vei'a de la aorto dahueyg |ioijre9,bons,Tiuiiiiero âieva. 

707^ F*lua, |iotz vers de la aorto de très liourea» bona, quatre, Uîj. 

lOS» ^luSt patz p€r tesdi^g-ucus» ven^ bons, numéro quaLorze. xiiij. 

1(3fà* ^ItiS, ûtieros ji«i' tân[L]i- tes olli^, obtiige de Sçanct Quintiii, 

l>«n8, ûutn^rg vint> xx. 

7\Û' ^IuSt grawdos olieroa por tenir le» CDuserves das olis & mel 

ro»3t. dôudit obrnge, numéro hueyg. viij. 

TVVh t*luB, ung grArtd|ïot ^tev t<?nir aranyat, redotij bon. j. 

l\i. Plus, grau doa aules per tenir coafitureâ liquidas, numéro cinq. 

[V- 

LeXXVl dud', 
713. Pluâ» grandos boytes quarrades, moyeno vabr, OQin&ro d£x. 

7H. Plas, boyt^s ^uarrades, pauci vftloria, vint cinq. :eiv. 

"15, Plas» grandes boTtea redoties per tenir pillulea, trochiisques, 

â pierres» mirabolans, bonea, numéro aieys. vj. 

"tû, PIuB^ bojtea Pedonea grandes & de petites, mojenoa valor, 

numéro cinquante. U 

'•n Plus, boytes redaoes, pauci valoi'ia, titis. iij. 

'18. Plua» boytea semeucerios per tenir elleçtuaria^ moyene vallor, 

dituradoa, numéro vitiL utig. ^xj, 

'li). Plus, aeriiensierospintadoa, idoî^do valor, numéro vintros. sxiij, 
"à], Plas, aemenaiefoa blanches p^rt^nirfaaines&aemenaes, mojeno 

vallor, Dumiero cent cinquante nenf. j^ Iviiij. 

T2I, Plus, unguo boylo deploms jier tenir de saffran, pesant «ngoo 

Uoure & miego & ^lemi quar j ^. d. qrt. d. 

"i'û. Ptua, doa gobe]lâsd'ei<tan. ij. 

î^. Plus» dos eiïtbue per Rpeciea, pauci valoris. ij. 

'34. Plus» très parlhea detathans, de que ni a ungn^a qitû non v&len 

g*yre. iij, 

^. Pi«s, ting coUador de qutvre per manegar merchau^ise, boii, 

pesant doB liourijs & demi fjaarteyron. ij. 1^- d. qrt. 

Î26. pluir^ boneaballanâes per pesar très liourcï^i numéro dos. iJ. 

Le XXVI dud'. 

^. Plus» ungnos balbinses pLatoa per pesar mel^ pauci valoris. 
T28. Plus, ungnes baUfinse» de aiïg quar, 

3 



^^^1 


VSE PHARMACIE AD PROVENÇALE XVJ' SIÈCLE ^^H 




Le XXVI de novembre. 


1 


^F 675. 


Plus, Bticadia «if. ungne lioure. 


je 


^^^^ 


PluSf aticadi&ara<^L ceise lioures. 


ïvi g. 


^^^fe 


Plus, camomiUa, vint & ii«uf iLOUies. 


X%ix{^\ 


^^^1 


Plus, mellîet, ung-ue lioure. 


j fi?- 


^^H 


Plu», sentaarea tnflyer, très manipoa. 


ï\] maciLpua. 


^^^H 


Plus, HentaiirsA ni^Dor, dos manipos. 


ii maoipoA. 


^^^H 


Plus, eaferaBia, dos manipos 


ij manipnjt. 


^^^1 


PluB. bethoaico, dos manipos. 


ij tnanipoK. 


^^^H 


Plua, melliaae, doB manipos. 


ij manipu«t. 


^^^H 


Plus, Bansuci, ires matiipos. 


iij manipos. 


^^^1 


Plus, mthe, ti es manipos. 


lij manipos. 


^^^1 


PIhb, abainlii^ qng maiûpo. 


j manipo[s). 


^^^1 


Plus, menthe, très mampos. 


i^ manipos. 


^^^H 


Plus^ urig'ani, très manipos. 


iij manipos. 


^^^1 


Plus, t^allati. dos manipoa. 


ij maDÎpo^. 


^^^1 


Plus^ serplLli, dos niaitîpos. 


ij manipos* 


^^^H 


Pl«a, pulleg-i[ii]m regale, ung manipo. 


j maatpo. 


^^^1 


PIuB, pullegL g&rvin, très totinipo*. 


iij maaipos. 


^^^H 


Pïus, aalvie, àos manîpoH, 


J,} manipos. 


^^^H 


Plusj balsamite, Irea manipos. 


iij manipos. 


^^H 695, 


Plus, herbu cati uûg manipo. 


j manipo. 


^^^H 696. 


Plus, ypericenifl, dos maïupos, 

Ssnsegon les ut&Dsilles 
que 80 son atrobada^a a la dite botiqno 


ij manipos. 


^^H 


El primo, cabretoa de Valleiiiiio> bones et sufiaenlea, numeio 




sezti 


xvj. 


^^H 


PluSfCabTetosverdoa bo rages de Beucayre^boDes, 
Le XXVI de ooTembre. 


numéro seze, 
|ivj. 


^^H 


Pliifl, pûtz per cotnpoRitioD^ de la sorte de aieje liourea de 




Vallensia, bops et auffisensi numcrq doze» 


xii. 


^^^H 


Plus, pote per conserves, de la^orle de quatre lioures de VaU 




leûsio, boDs^ Quim^i'o vingt uag. 


lïj. 


^^^1 


Plas, putî! [<le la; dito aorto, que aon ting pan 


taras, ciuc. 


^^H 


plus, pûtz de la aorto de très liaures de Vallenain, 


l>ona,Dumcro 




dosKe. 


lij. 



VSK PHARMACIE PROVENÇALE AU XVI" SIECr^î- 
Plit«, de cassas, dos. 



33 



^• 



701. Plus, potz de |\vaso tenea hu«vg tiout^a, boas, numéro tics. ii,j. 
1(&. Pttia potz de pisc de très lloures, niimerû sept. vîj, 

706. Plus, pots vGL's de la sorto dû huejg lLourea,boDB, numéro eievs. 

[vj. 

707. Plus, pots vere de la sorto de Ires liourea, bons, quatre. litj. 

708, PUia» potï perles ung^uena, vers» bons, ournero cjuatoîze. JtiiJj. 

709, Plas, olterga per tenfijr les oUi», obiage de Sçanct Quintin, 

bons, numéro vint. xx. 

7IQ. Plus, grandos olieros per tenir les conserves dss aliâ & met 

rosat, doudtt obrnge, numéro hueyg< viij. 

71 1 . Ptua, ung grnnd pot per tenir arauyat, j-âdon, bon, j. 

7r«, Plus, grandoB ouies par t^n'ii* confitures Liquidea, numéro cinq^ 

[V. 

Le XXVI d[ïd\ 
Plus, gr&ndos boy tes quarrades, mojeno valor, numéro deiL, 

Plus, boytes qiiarrad«fl, pftuci valons, vînt cinq. nv, 

PIoB^ grandes boytea redone^ per tenir ptliulea^ troebtâ^ues, 

& pierres, mirabolaos, bones, numéro siey^. vj. 

PIuBt boytes redonef? grandes & àe petites, moyenos valor^ 

Dumero ciaquaute. I. 

Plus, boy tes redones, paiici valons, tr^. iij, 

plus, boytes semeocerius per tenir ellectuaris, nioyene vallor, 

dauradasj uumero vînt ung. x^. 

Plaa, setnensieros pintados, moieno valor^ numéro vintrea, lïiij. 
Plua,semenslâros blanche&per tenir rasinoa&âeniensea, moyen» 

vallor, numéro cent cinquante neuf. j" Iviiy. 

Plus^ uogno boyto de ploms per tenir de safFran. pesnnt ungiio 

lioure & miego & demiquar. j (^.. d qrt. à, 

PluSf dos gobêllead'eâtan. ij, 

Pliis^ dos embua pec species, paucl valoris. ^, 

Plus, très pailhes de talhans, de que n'i a ungues que non valen 

gayre. iij. 

Plus, ung collador di? qtiivre per manegar merchnndtse, bon, 

pBtanL doB liourcs & demi quarteyron. i}. ^. d. qrt. 

Plus, boneabaliaoseB per pesar très lioures, numéro ios^ ïj. 

Le XXVI d(id', 

787. Plus, tingnos ballanses platoa pei' pesar mel, paud Vâlopifl. 
72S. Plaa, ungnes bollanaes dû ung quar. 



713. 

714, 
715. 

716, 

717 
718. 

7t9. 

7-20. 

72L 

722. 

723, 
724, 




34 UNE PHARMACIE PROVENÇALE AU XVI» SIECLE 

729. Plus, UQgaes bailaûses de mieg quar. 

730. Plus, uDgiiea baUaaaea petites per pillulea. 

731. PluB, ung pea de ferre voate il y a uDg bdoI, pesant BÏejB 

livures. vj ^. 

732. Plu$, dos pes de ferre pesaa dos li(}ure[ &] la piessa. ij ifj^ 

733. Pilla, très peseii de ferre de ungno lioure la piesaa. 

734. PluB, doH pêBea de ferre de d°. Uoure la piesâa^ aumero 
do8, y. 

735. Plus» ung pea de meUlh peaaa tingao lioure. 

736. Plus, ung- pça d^ dos liourea de metalh, 

737. Plus, UDg pes de quatre lîourea de ferre. 
738« Plus, doH quartejrou de ferre. 

739. Pttis^ uiig quarLçjjTOD de metalh. 

740. Plua^ uQgQe oaase de ferre ^ utigao de metalh. 

741 . Plu&, le pes de la medeciao de Montpellier, tout garnit. 

742. Plus, uDgno grando romaûo tiraot quatre quintal^ Si viot ciu^ 

Uoures, ambe aon botboa. 

743. PluB, ungno roroano tiran ung quintalh. 

744. Piua» UDgDo romano tiran cinquante et ebq lîoures* 



Le XXVI du dit. 

745. Plua, uag gran mortier de metalh^ pesant ung quintalz norante 

très lîoures, j q, IixlïllJ ^. 

746. Plua, uiig mortie de metalZi pesant cinquante cinq liourea. 

[Ivffi. 

747. Plae^ ung mortie petit per les cUsteris, de metalh, pesan seze 

lîoures, 31 vj ft, 

748. Plus, uîig martie dâ metalh per laa medecinet, peaaa quatorjce 

lioures. xiiij $. 

749. Plus, ung petit niortis per les uogueûSi pesan aepl llourea. 

750. PluBj ung autre petit mortie de metalh, peaan très Uoures 

& mitege^ iij ^, d, 

751. Plus, UDg mortte déferre^ pesan cranta sept liourcs. xxxxvij ^, 

752. Plua, quatre pistoû[s] de ferre, peaan trento très liourea. 

753. Plua, ung petit piston de metalh, peean d^a liourea & demi quar- 

teyron. ij ft. qrt. d. 

754. Plus, ung escaufaire de coyre per tenir d^ajguo u la botiquo, 

pesan ciaq jiourea & miege quarCeyroD. v ^. qrt. d. 

755. Plus, tre[â] spatulles a dos palletosr numéro quatre îiij. 

756. Plus, UDg ensiaidor peraemeasas. J. 



I 



CXÊ PHARMACIE PROVENÇALE AU XVl" SIÈCLE ÎÏS 



757. plus, uDg callefatorï romput, de ferre bUnc. j 

758 Plus, borsâ&a de dieteri graiide[«], dos. ^ 

759. Plus, ungna borsa ambe uag canon d'argen per les enf&ns. j 

760. plus, cartons de cUateri, naoQero àex, x 
76] ^ Plus, an^o borsa de cUBteri de boja. j 
7G2. Plus, vergoB de ferre per renvergador, numéro hueyg« pesaan 



Le XXVI du dit. 



763, Pliû^ lamîaea tant per ^pecies & poudres cordlalles & âniares, 



764. 
765. 
766. 
767, 

768, 
769. 
770. 
77K 

772. 

773. 

774. 
775. 

776. 
777. 
778. 
779. 
780. 
781. 
7«2, 
7^3. 

ib4. 



ai)Jiier[o] ijuatre. 



)iij 



PI 



etia tamis dêscubera^ Lfea, itj 

Plus, àùâ iaortiea de mabre blanc, y 

PJua, le plot du grânt mortie. j 

PluA, ung plot a quatre pecolB pe[r] tenir les autres mor 

tiea. j 

PluBt pistonâ de boys & blatoi'tieAi huejrg, vijj 

Plus, ùng martie de boys^ j 

Plus, uûgno petito laQterno. j 
Plus, doe potz de cliateri d e»tan, pesan aieya lioures & miege 

PIqSj uDgno post graado per Tajre ciero verâo rouguio, ambe 

eiejfl aagelz. 

Plaa» UQgDO estamiDO ambe son pie de leton. 
Plus, uagno cosao de boys per insisir canello et regallBsCr 
Plue, Uûg grant talUiet per talbâr sires et caadEtUesp anibe aou 

colel & QDgno vergo de ferre. 

Plus, ima seaglo per deatregue mocalho, moyeDo vallor. 
Plus, iiûgno eolrebaat&dc" bon, 
Plna, ang forqual per botique, 
Plus^ dos petia baniïs per se agaetareD boliquo. 
Plus, un grant braa de bailanases. 
Plus, do8 blanques coîladoa & dos maris, 
PluSf dos drapa per coUar les cUeteiis, marie. 
Plus, dos Êstaaiioos, 
Plus, dos cas^etoâ grandga a couo pef îayre engaejnja. 




Le XXVI do dit. 

l7B5. Plus, uûgaocasacto per fairre mïego liourû taletoa, 
PluBt uQgaocaaseto per fuyre caadelletoa. 



3fi USIS PHARMACIE PBOVRNÇALE AU XVI* SIEGLE 

787- Plus, ungne eaii«to per tenir candeletos, d'estan» [leaan ungne 
lioure & mieg^e- j ffi. à. 

783. PliiB, {^iisâstaa per la ciero tant gr&fidofl que i^^tttos, don n'jf % 
UDgno rompiulo; n'i a cinq, pesaon trenze llout'«ïs ung qii»r- 
teyron, JLÎij ffi. j, qrt. 

789, Plus, dos caBsçtofl déferra blanc !per] hobrar siero blauquo, ij, 

790. Pitis-, dos maoîpûa de feutre. îj- 

7îM , Plti9, colles de ypoeras, ungno de tello et ungtie de drap. ij. 

792. Plus, Ltng- esct-itari dfi baya arnbe doa jdumes. j. 

793> Plus, ungnes jnqies de ^osao Ullo, pauci vatoris, trap[cjadas 
al pQstaa du jm^^sage. J. 

704. Plus, ungno pettlo quuiaetQ per tenir les pesés, tractcad^ a la 
muralho. j, 

795, Plus, boito tomissû $pt, boue. j- 

7QA. Plua, ung contudor de nocruier ambe dos armans aarrant achiu, 
de lu loDgoi- de cinq pnDS, fiejnjso rûdoa. j. 

797. Plus, ung autre coacador nûu de noguiei' bobrat ambe doa tira- 

dnvSj Hmberodos, de la lûngor de quiiirc pans. J. 

798, Plus, ung petit moichapîe per tenir bus le taullie deforos. j. 
790. Plus, img&D cBo[a]llodedex Bcaloaa perbali^uu» paucî vuloris. 

[j- 

800. PluQ, vergoa de caDdelloa, numéro cent & cinquante. j' L 

801. PiuB, ungûo caiâso pei tenir Ie|a] libres^ a U botiquo, de la 

Lougor de quaite jpang & demi. j. 



Le XXVI du dit. 

802 Plna, dos possea jier ten[i]r la balles deaus, de la longor de 

uagno caao. j. 

803, PluB, iing'no post per tenir la cîero daaus, de sapin, longer de 

aiejs pans vo environ. J^ 

iMH Pluâ, ung candiiier per tenir cnudello^T i^rnbe quatre atages* J. 
8U7. Plu^, UDgDo oadeiio au mech de in botiquo pendodo. J. 

8tKi, Pla3j utiû rodo de ferre per gitar hobraga de eiero» pesjin sept 

lioures & miego. j, 

8(n. Plus* ungDo L-aÎ5sn de «apin de lu longer de ungno eano, anibc 

daa rneiaiis, de que n'i a ung que «e aarrH en pLui, j, 

80B. Plus, ungno calusu de auccre pauei valoria, din^ Uquallo iesofi 

atï'obaa les mollea que a'ensegoq, j. 

80^. Etperuiierajnent, «i dCtûbat uug molle de chival. j. 

810. PLuA, UDg molle d'enfant malbotat. j, 

811. Pl'ia, iiiûlle diurne, lencn iin^no if^. j, 

812. Plus, uug iiiùlle de feiuo, Leucu uugu^> ^, j. 





UNE PHARMACIE PHOVKNr.AMî AU XV!» SIECLE 


^S^^^^^^H 


8J3. 


Plus, [ungj moHe decambo. 


^^H 


814 


PLuft^ UQg molle dû bras. 




«15. 


Plua, ung molle fie coret. 


^^^1 


SJt>. 


Plus, ungr cuberael per le morUer^ l'omput i>cr le niieab. 


^^^1 


»17. 


Plus, un g Mesuê acoinplit^ bon. 


^^^1 


8ld 


plus, las Pandçtos totea ooves. 


^^^1 


Sld. 


plus, lumen marus. 


^^^1 


820. 


Plus, Nicolfty Prepo8[i]ti. 


^^^1 


821, 


PIlib, tesaurus ap|iotecario]uiii, 


^^^1 


B2Z. 


Plu!, Rurial & Luccreesft. 

LeXXVMe dit, 


^^1 


«83, 


Plus, vita Chfisli- 


^H 


824. 


plus» rpeculum sacerdoturn. 


^H 


»&. 


PiuB^ le[i] contorîaticea de la Ublf*. 


^H 


836. 


Plus, Ca(oB etifraoçoys. 


^H 


SÏ7 


Plus, le[5] dilï des be&tca. 


^H 


828, 


Plus, les fanta^ies du monde > 


^H 


82». 


Plua, te gmnt ei-bîer eu fmosojs, 


^H 


830. 


Plus, Floraut & LioD. 


^H 


831- 


Plus, Pans et Vieno 


^H 


832 


PtuBf Sidi&c en fr&ti5oys. 


^H 


f<33 


Plus, dos baiïlhes viiides pot' »enir tnav'ïeA- m«lreda. 


^^1 


834. 


Plus, dos tlaacos teneii ijuatré p(;i;liie3 U picsàâvo environ, tj, ^^^^| 


«35. 


plus, doâ flascua Lenen âieyd p^i^KIcs vo çeivîi'od la pcBfla 


^^H 


¥36. 


Plus, iiMg flas<'o tenen qiralre pechîes^ plfin devin iijgre. 


^^H 


R37. 


Plus, UQg nai^oo da tret» p^^ehietj. 


^H 


»38. 


Plua, ung' flaaco de très peclji<3s. 


^^H 


839. 


Plua, ung fiasco per tenir ul^y amidararum KitjaiEii uni, 


teuen ^^^^H 




ung pechie. 


^^H 


»40. 


PLua^ ung rïas<:o teaen dex. vo doze pccbies. 


^^H 


^1. 


Plua, iIoB fia8CD>] â& sept ho huêyg j^iobiea U pïesBa. 


^^H 


842. 


Plus, fjuatre âaacu[a] Ccoea euvii'ûn trea fuUeto^t la 


^^^^H 

^^^1 


^43. 


Plus, t)"eB flascos teiien environ un^ pechie la paasa. 


^^H 


844. 


Plus, Bi^yb âa6co[s] teneri environ ungaa fulleto la pessn 


^^H 


$45. 


plus, ungDQ grando aro(?lle cuiberto de treno <Je jonc, 


teneii ^^^^1 




eaviroD de doze a quator2[eJ pechiea. 


^^H 




Le XXVI de noveuihip. 


^H 


MA. 


Plus, tresfiaacoâ tctncot environ ufig pêâliiiï. 


^H 


-^T. 


Via% uiiguo b^tââiuo grandu pcr gitar cici'o bello, loto 


^^^^1 



as 

848. 

849. 
850. 

srîi. 



852. 

853, 

mi. 

855. 
856. 
857. 
858. 
859. 



861. 



862. 

863, 
864. 

865. 

866. 

867. 
8Ci8. 

869. 

870 

871. 

872, 

873. 

874, 



UNE PHARMACIE PROVENÇALE AD XVI* SIÈCLE 

pesaQt cinquante & quatre lioures. liîij ^. 

Plus, ungno antre bassîao per gïtar siro laido, enUdû, pessan 

cmquaEite& quatre Honrea. liuj. ^. 

Plus, uDgne bassine liaadoyra^ pcsan bone treoto cÎDq liourea, 

XXIV ^, 

Plus. iiugQO pei'ladoyro dovo, peeaa quÏD^ê lioures & miego. 

[XV <fg. d. 

Pltis^ quatre bafisîooa clarîfticadoireB et uûgno petito pet* fayre 
tauletos, a dojî matielhios, & ungoe embe ungno couo, peasaut 
tôt cinquâ^nto quatre lioures, iiî^ $- 

y* 

iiij, 

J- 
ù'h 
ûy 

h 

y- 



Plus, dos talli^fl per talkr candelIoA menudoB, garnia. 

PluB, quatre ptanos de noguîer. 

PluSf UDgno ^anda post de noguier per aplanar Corchos. 

Pluâj trea ferre[*] per feretar torchog. 

Plus, très fretados per torches a baeton. 

Plus, ung quayrat per darifficar. 

Plut, UDgne petite escabelo & ungno grande de sapin. 

Pluff, un engm facb a dos croaieros per gitar aires |)Eia[c]ale«. 

Plus, dos baD3 per tenir \:i.B torcrbes a reglisa, ambê les taley- 

rona & doa posBes per tenir las torcbes autos. \|, 

Plua, ungno tnostre per mètre en avant de poeaes, de sapin, 

environ doai canofl. j, 

Le XXVII dourtitnpea. 

Plus, boytcB quayradea novea, hobrage d'uey, daurados, gran- 
doe» vint quatre. Xïiiij, 

Plus, boites rondes tlovea, dudit hobrage, dauradge. xij. 

Plus, bôytea a vissage noves , dudit hobrage, ungno doszeno 

Plua, Bemenaierea pîntados noves, dudit hobrage, quatre dos- 
zenoB. [iiij d". 

Plu,";, terbentino embe ungno barilho, net sept lioures. vij ^. 

Plus, bas ton de torches, vint ung. sxj. 

Plus, amuJIetes de lioure & de ruîegê Ikoiire & de quarteyron & 
de mieg quartejron^ aieys dosîtenoa. vj û*^"*. 

Plu», potes deterro, quatre cent, iiij c. 

Plus, maaapan larges, doa doszenos. ij d***. 

Plus, masapan de reatoran, aejsse doszeno*, ïvj d"V 

Pius, maBapan de lioure, pedona, dos doazenoa. ij d*". 

Plus, douB frogons de coiro ambe lit garnituro de ferre peaan... 

Plus, ung molle de coire per far candelloe, peaan vint et hueyg 
lioures, xxviij g. 





UNE PHARMACIE PROVENÇALE AU XVr SIÈCLE S^^^^^H 


875 


. Plua, aoc oivalct de ferre, vint neuf Uotirc». xxix {f. ^^^H 


876 


Plus^ ungHD grando taro per ^lesar marchandiae. j. ^^^^^ 


877 


Plufl^ Dngno houle de ferre pesAQ quinze lioures. xv^ ^^^^| 


878. 


Plud, le petit fogon de coyie ainbe àa garnituro tout cntc^r & ^^^^^ 




Bûs pes, pêsan crante qa&tre Uoures & micgo. ^txïjLiiij ^, d. ^^^H 




Le XXVII de novembre. ^^^H 


879. 


plus, un gfati fogon He cùyvê &mbâ sd gacnitnro lot entor f^aces ^^^H 




plea de ferre, pesan septanto neuf lionrcB. Ixxixijî^. ^^^^| 


880. 


Plus, UDg petit bassin traiiquat per cnllar bieo. pesiiti tii^gne ^^^^| 




lioare. j $. ^^^| 


m\. 


Plq«, nDgQO CQpello per ]}rejidre speciea j^ ^^^^^ 


88a. 


Plu«, ting picîoa per la bolico per raclne.s. j, ^^^H 


fi83. 


Plue, ferre[H] per hobrar & talhar p^pieâ per garnir tarchet ^^^^| 




pfirroatiô, dex. ^^^H 


884. 


Plus, nng petit ponaon, ^^^H 


Le XXYII dud>t m^s siao intras al selhie de la dilo may- ^^^| 


Bon, 


dJn[loqual] aven trobat se que &'enanvt. ^^^^ 


88S, 


Et primo, Aven trobat irea cysadoa de plan, bonea, (ij. ^^^^| 


886, 


PIuB, imgtio pjsfldo do grès. î^ ^^^^H 


887. 


Plus, dos picons & ung marit: luchet tij, ^^^| 


888. 


Plus, qngno treucho. j. ^^^H 


«89. 


Plus, ungno grando destr^u & ungne petîto. îj. ^^^| 


890. 


Plue, nngno petîto pilto d'olli en entrant au selhier, tenen en- ^^^^| 




viron non capea d'olti, dius laquallo pot aver environ dos ^^^^M 




d'olli, ^^^H 


R9I. 


PliiA, ûtigtio autre pillo teaen eDviron quinse oanefl, dins ^^^^| 




laqaallo a environ BÎeya canoB dolli. vj. ^^^^| 


892. 


P(aa, ires vey^eb pteD[B], tenen environ treze baralz 1a piesae. ^^^^| 


803. 


Plue, sept botes teaen environ sept barah la pieâsa. vij. ^^^^| 




Le XXVII de novembre. ^^^ 


8»4. 


Plus, tiejs boutes de quatre a. cinqbaralz lapïessa, vuidoR. vj. ^^^| 


806. 


Plus, doH bonles petitos, de ung baral la pes»A vo environ, ^^^^| 




^^^H 


806. 


PluB^ ung baral de soinado, vuide. j. ^^^^^ 


897. 


Plus, UDg baral per tenir eygra^, t«nen environ trento pecbies» ^^^| 




^^^H 



40 UNE PHARMACIE PROVENÇALE AU XVi" SIECLE 

89S. ?lu«, utig bnral 4e â&pt pechîes, j, 

@90, PliiB, ung bftral de dos pechies. J« 

ÇiOO- Piu3^ UDgbaral de très fuHetea, j, 

901 . FLuB, ung baral de ung ]>e<:h]e. j. 

1)02. Plu«, utigno estuboper eatuba c^ïiidelloe. j. 

903. Plus, cinq bunaBtoD{s] ^leQS d'olLîves. v. 

904. Plus* upg embuC de cojre pesas dos liourea UDg quDite^ron 

ij -g.jqrl. 

905. Plua, uDgûo gtoBfiO maiiBo j*er fondre boys. j. 



Le dit jort sian aim» a la coaino vonte aven atrobat ao que 
B*ensu^t, 

906* Et pdmoj en pla/ d'eststi^ fitavagnados, scudellos d aurelhoi 
aciideUbtii pechiercB, aimaysOB. fluacos^ )aviiiinQin& tout autre 
estîui, pessû Uûg quintalz sieypatito neuf lioures. j t^-liii ft. 

907. Plus, qiiHtrebaainoâ & irei^ baasin» lavamaoe, & ungno basiino 
qiiB est gi'flLido, d& (e\'i'e^ & uiig bssain de barbie, ung callador 
de pui-eyo, dos escatifeloe. ung senitor, angao de leton casso 
El la cauo de ferre^aept candeliiesTdo^qullieioe de lotOD,pe&san 
tût hueygtacito liourea. lux ^, 



Le XXVlt de nove[m]bre, 

y08» Plus, iingno autre casso de coyre violio& ungno caaso de loton 

roto. ij. 

009. PluB, ung grao peyrol lenen environ tree broa, bou. j* 

910. Plus, ung autre pejrol teneu enviiisû dos bros, j* 

911. Plu», UQg aulre mnrit peyrol pauci valloris, j. 

912. PluSf UD grant escaiifuTre & uug petit de coyre, iieeaot en toi 

viûtrea lioure», itsiîj <^. 

913. Plua» do9 grans alembis eu ôrgilla u très pies^ bons. i|. 

914. Ptua^ung grjinteâteudelliede sapin eu doa armarU&doa tinidoa, 

tes armaria aarat a clau. J. 

015. Plus, ung gran plat de bugie. j. 

916. Plus, do8 plutz de boja pintaa, y. 

017. Plua^ aêpt sacs plea de farino tenen environ d^. «od". la piefsao. 

918. PluBjungne cadiei'Odc nogiiiêr aquatrc braaquos torDi8Be[s]. j. 

919. FMus, unguo yorro dba ung bauaaLon, tenen environ trea 

can^:>B. j. 

920. Plufl, uDgno pillo grandu pei' tenir sendrea. j. 
(K!l, PluB, ung mortie de pejro negro. j. 



■ 


^^^^^^1 


«.•1 -^^^^^^^^^^^^^H 


1 


:XE PHARMACIE PROVENÇALE AU XVI* SIÈCLE 


\\ ^^H 


m. 


PluB, «pg-ce palleto de ferre [terlé fuoc, 


^^1 


m. 


Plus, doA petite carfuoB, 


^^H 


924. 


Plus, ungâûdefi a très pieâ, petit. 


^^1 


9S. 


Plu9» uugoe bone grasillo a ainq braoquos. 


^H 


fôG. 


Plus, uagiio quÊ as ruiûpiido, a sept bi'aaqtioa. 


^^1 


^9-27. 


Plus, dos astis, iing gran &. iing petit. 
Le XXVll tloutlit. 


^^1 


V928. 


Pïu3| quatre cuberaelles d'oUe d^ ferre. 


^^1 


H 929. 


Plus, dos aartaûsde que o'i a uûgDod'uno pessùà imgno 


^^^H 


^H 


aml^e la couo agustado. 


^^H 


^^930. 


Plus, do* escanirtdojrea de ferre. 


^^H 


l 931. 


Plus, uQgDO eaqumadovra de l«tOD. 


^H 


K t^î. 


PluB, iingno gïradojre de ferre. 


^^1 


■ VJ3. 


Plu», un gpûtit graiîft]. 


^H 


■ m. 


Phit, ung pestrîn de noguier «mbe dos curberselzA dof^ tartcauic ^^^| 


^H 


per le tenir, de U longor de sieja paoa. 


^^1 


B »3ô. 


PliiSj unguQ Uim'»ado)'ro de cinq |):^nft. 


^^1 


f 936. 


Plus, iing tamis de sedo & dos de peu. 


^^H 


l 037. 


PJuBi uûgno taullo per le p^Qt gi^audo, de la langor di^ 


uagao ^^^^1 


^B 


caoû vû envÎPOn. 


^1 


^■938. 


Pltift, doB poBtelhoB tiraa l'uno quatre paos & l'autre dos 




Vd39. 


Plus, doB molte^vrea de boys. 


^B 040. 


PÏUH, uDgQo quayao d'aiiljo (do la] longor de ungno cane 


» ambe ^^^H 


^^1 


nng m«gan a toieg, vùnt« avdo trobat «e que s'ensiet, 


sarado ^^^H 


^V 


a clau : 


^^H 


■ 941. 


lit primo, do3 tualheBU2ea,de l'obrage de Vemeeiâ doBservietea ^^^| 


^B 


Tuamdes, 


^^M 


^K 942 


. PluB, ungao grando bassiop de teiro per giCar siero bl 


^^^1 


^K 


bbng. 


^1 


V 


Ledit jort [siau atiaa] a lu. cambro tl[e] Jerniguo 


^H 


^H 


& aven trobat &o que is'eaaieL 


^^H 


^r 


Le XXVlî de novembre. 


^^1 


r 913. 


Et primOt ung grao lit de eau de uoguier, garnit de cous^ero, ^^^| 


^^K 


bassaquo» co«Bin, flaesado, cortines, pendânsambe très 


^^^H 


^H 


de ferre. 


^^H 


H^ai4. 


Ptua, uQg petit lit de cati de tioguier, garoll de couasero, ba.^- ^^^| 


^H 


saqno, cnjaia &. fla^sado^ corLinca^ pCDdcn.s ambs ^\jh 


^^H 


1 


de ferre. 





4Î UNE PHARMACIE PROVENÇALE AU X\V SIECLE 

946, Plue, iiugtio cadiero de »apîii tr&nquado antre lefaj doa lies, 
«mbe ung petit marcliopie. 

946, Plua^ ungno cadierû de nog-uier fago a quatre pilliei tortisBes, 

947, Plua, ungDG cajssâ de cinq pRna de lonc de noguier, narrado a 

ctau et ferrado beo & degudoment, vante ly ca tr[ojbat ao que 
s'eQ3yyti 

948. Kt iirimûi uDgnes frangée du gran lit de Jernego, moyeno vallor, 

949. P]u8, ungaos autres fraDgea i>er le gran lit de la Ballo, mojeno 

valor. 
050. Plus, un chatloD roge rptech ussat, de la mojaDô sorto, 

061 . Plue, iiD/?no cuberto de tapisasiie, bono,fago a fu]lage« & bes- 

liea aouvaçiTOos. 
052, Plus, iiDgao tello pengo, paucj vallc^ris, vocte il j a U cassa^ 

Le XXVn de Dovembre. 

953. Plus, uDg ta|iia de tautle Tni^g uaaâ obrage, 

954. Plue, ung autre tapis fag a barrea, mieg ueae. 

955 Pba. UDgnG autre cajsao de noguier de longor de aept pana, 
sarrado a cLau beu & degudoment, vonte &es trobat se que s'en 
suit: 

956. Et primo, lenEolz mieg U!tsftg, cloquante aiejs. IvJ. 

957, plus, eu tualloe grandas, bones, aieya, vj, 
9afi. plus, tuaUD& moj'[eJîiû vallor^ sept, vîj* 
959, plus, tualles corte», bonos, dos. ij. 
9<60 PluEif longierosbonoe, cinq, v. 
961 . PliiR, ungne frnngOB de ung {>etit lieg, miegoa uâBOS. j> 

062, Plus^ ungnoB piengos pci- caoibe, bonea. j. 
963, Plus, ungno piengoe per Mu^ bonos. j, 
904. Plus, uugQo gi'Hndo gibasaicro per porter a gival, boao. j. 
965. Pins, nag gras lineol de lia de quatre telles, per melr^ sua le 

forant lit fach a rodos. }. 



Là rlit jûrt eian intras a la s&llo sus la 

boutiquo» onte sVs trobat bo que s'en aific. 

Le XX VU doQdit. 

966, Et primo, uog grand lit sue dos bîins & posscB de «apin, 
garoîtde couBero, matelas & bas^nquo, covBiin & ung aurelier, 
rïaBaado, coitiDOB, Bubre^d & quatre peudeua anibe tre|aj 
vergDS de fori-e. 

067 « PluB^ de fiDubx ledit îieg ung petit cariou de sapin vonte y a 



UNE PHARMACIE PFOVENCjALÎï AU XVI» SIECLE \^ 



I 



un^ matelas de lâtiû, côysAlo de plurnû & ungno taa.mdo 

cub«rto. 
WS» Plu», ungf petit lieg fîe cfln de nopuier, garnit de consero 4 

basBftqtio, côj9sin jr flasado, amb« laa coftiti^a garnis de p6n- 

denfs] quatre A dos vei^os de ferre, 
fl6î*. PTuSj ungno Ifiiillo de noguier ambe sea tratetia» bono, de la 

longor de neuf pana. 
970. PIdBj uTjg tirehiban de no^iiîer nmbe doa qnaysaon^s] sarraB a 

clan, vonte a'es h-obat hueyg foudatis per la botiquo. 
P7] . plus, nogno cadiero de no^uîer a quatre pillioa tomif9so[»i, 

bOQO, 

972, Plaa, ung croc per fayre siicre panU. 

ttT^, Ptu^t ungmabre per fayre sticcre panis, assea gratit. 

974, Pla», ung cremal a la t^himiDeo. 

flTB, Fia», nnçB carftioB bons, pessan euviroEi de trente a cranta 

lioures. 



LoXXVn dciudit. 

97fi. Plus, «n|2fnea endeBSos bonnes. 

P77. PluB, titï croc de ferre. 

f)78« Plus, un^ao chAdien) hobrado ambe queyason & «arralla» de 

nûgtiier. 
979, Pins, unfc bufl*et de nommer a doa armans, eavîroti aieys pana 

da lonft, bon» sarrat a d^fl clani? & dos tîrfldos. 
080. Plus, iingno polenaio de aogiiîer per lnvamant, onte son las 
armaa do Hejt ft unfr baeqÎD de coyre pee«nD cinq 1ioure« & 
mïego. 
961. Plas, nngi]o cajaaa dénommer hobrado a panna^ de longruorde 
iieyft paofl, aarrado a claû, bonno et safflsetîtOt vonte s'ea 
trobat »e que &Vd suit : 
ÎWS. Rt primo, en qullies d'argen, numéro doRze, de que n*i a ung 
mmput, pessao iriiego Itoura & ung qviarteyroii& demi, pea de 
la bodquo. 
^63. Plus, très aubareBto[s] gamidos* 
Pins, miego frosso de tras, 
Plas, le bcfjs de ungno piquo, 
Plofl, nngno alnbardo, 
PliiA. iin^û jevelincï* 
Plua, im vou^, 
PUiB, ung Verdun. 
Plijs^ nngno e&passo curto, 
Plqa, QQg braquamar. 



UN!!; PHARMACIE PROVENÇALE AU XVP SIEr.LE 

992^ PluB, iingno eaofLravisBa. 

993. PluB, iin>^ garda bras. 

994, Plus, tmff cruxific. 

996. PluA, uiigao No«trû Damo. 



Le XXVII de novembre. 

906. Plus, un^o caysso de sajhci (iran eQviron quatre pans de Iûq, 
voDts s'es trobat «o que s'en stiit; 

997. Et priinû, ^ervietûB de uanibe) hobr[a]g$B de VenisAf micgea 

uzes, numprij de% aept» ïvij, 

998. Pliia^ iitigtio autre cayaso de noguier petjta, tiran environ do9 

pans de lonc, hobrado, vonte li h servietos bonea, hobrtige de 
Vynîssa, mimero dei sefit, ivij. 

999. Plus, servietes bones de lio del hobrage de Sereja^ numéro 

trente tras, xxxtij. 

1000. PbiB, treg bassinfal petis por favie taries a maBapan, peaan 
dua liourea & miege & demi quarteyron. ij $ d. qrt. d. 

1001. ?lua^ ittigûo quayaseto qiiarrftdo dîna le ban, per tenir mi««o- 
nado. j. 

1002. Plus, dedtns la cambreto, nng petit lit a banca de sa|)in ambe 
ung pavAUon] finibe coaaero. bataaquo, traverasies ùi ilasan- 
doa. j . 

1003. PIdb, catre eacabellus de naguier. iîij. 
1004- Plus» hijeTg esieubellos desajjia, mojcno vflllor. riij, 
1005. Plnfl, fledins rfirmmri ipio état en eotran delà b-aWo. vonte s qb 

atrobal se que a^en «uiu 
100(5. Et primo, concordat al sii>jcre ambe uog pot de veyre. net 
miege ïioutr. d. <j^ 

1007. Plua, sirop de tibcs en ung pot vert» au net très quartC5roû 

iij qrt 

1008. PluBj agriotea cotïfidea al ëuccre dins ungnû cabreto verdo 
iinguQ lioure, j ffi 

1009. Plus, scoraa de ponsire al auccre, uogno lioare & miege. 

Le XXIX de novembre. 

1010. Plus, gingibie veit diti* ung pot ver t de terre, net ungne 
Huure. j $* 

1011. Plua, ung tapis sui k tauUo, moyeno valtop 

1012. Plue, ungnu saladû de ferre. 

1013. pin?, aen anaa al graiit ^tanier vonte tenon [le boys, Bijhffî U 
coaino et cambra de Geraeguo, al quai aven atrobat ae que 
s'en suit * 



I 



I 



UNE i*HARMACIE PROVENÇALE AU XVI* &1ÈCLE 4 5 



1014. Et pHmo, darrie la porte av^a trobat las eapartuUos per levar 
lasa-bellos, numéro siejs, pessaut vint eieya [liourea], iivj (g. 

1015. Plui, UDgno grando quayaso marrido de aapin, aarrado aclau, 
par saltar les pora. 

1016. Plua, uDguea grandes {liengoa per p6Dgia&r câoebe, bonea. 

1017. Plus, dÏQS leatubo avon Irobat piuaentierefl de vejre, numéro 
aieya. vj. 

Ï01&, PLuâf comi^eft per tenir geteo de codon, aept. 

1019* Plu», do» loarrMluB quayaaos per de sucera^ en que tenon le^ 

potz de terro i& vejie rùraput. 
1020. Plua, UDg debanado embe uag pie d« ferre. 

Ledit joi't ^ea moataâ a \h. cambro 
das varlea vonte sè$ atrobat se que Ven suit. 
Le XXiX doudili 
El pnmo, uQg petit lit au& de ban poBses de Bapin, garait de 
(uatalloa de lauo anibe imgno cuberto de collor ti[r|aaqi^ado. 

1022, PIu«^ un^ gran lit per les servitors de la botiquo, de sapiu» 
garnit de cûusero de plumo, bassaquo de p^llUq et cuberto 
blanco. 

1023. Plua, ungno cadiero de noguier anibe ung quaysaon aarrat a 
clau ambe unguu tauUo deauB, longuor de eDviron sieya 
paos. 

1024. PluB| ungno petito taulla a quatre ples^de sapin, longuor de 
envtt on de quatre vo ctnq pans. 

1025, Piu»^ ting candellabre de ferre contre la murullo. 

Ledit jort sen anas al granier du blat vonte aven trobat 
ae que 8'e[n]euit. 

1Q9&. Et primo, bon blat^ très soumados, 

1"»27, P)u«T ii"gs trateus de aapin. 

IUZ8. Plujt, ungno tauLlodo sapin de longor de dex pana. 

Kfi9. Plu», cabasACB noua per lea abelloB^ aiejs. 

iOSQ, Plua, UDgno vyapio. 

1031 . Plua, ung aealie ambe au raasoyro. 

lOîi, Plua, doQO Peyrono dis aver près de blat duudÉt granier, per 
aecnenar, quatre aoumados, ilij. 



"J 

vj. 
j- 
j- 



Le XXIX dôudit mes de iiove[iii]brti. 

jortsBU vengus a roslal sîtua a la gago de Sçaï*e Nicûl- 
tu, pfiue^at de davan Tospital^ uotifro[njUnt ambë li?s 
eyreties de sire OlaudoDeilon dou coquac, do levan atubu 
la traversao ; dins lo quai aveo trûbat se qae s'en suit. 




4» UNE PHARMACIE PROVENÇALE AU XVl' SIECLE 



Et primo, a la sallû darânt : 

1033. Et primo, al deauj» de rintradoaveo trob&tuagao (juauquadoyro 
mando & ung marit veyasfil B.mbe usg fona pei" tenir las botU- 

1034. Plus, al graot sellier avâût trobat «i«yB rejaB^lz de Sçanc 
Gille, de que n'i a cinq pleDB. 

1035. Plus, UD^o grande tiao bullidoyra de quatre enca&tres^ Cenên 
envirûD sept a bueyg voLtâSi bono, 

103fS. PtuB, ung petit dol a ungencastre et très grana aeucles, tenefa] 

environ doa voûtes, bon. 
1037. Plus, iingno tinoquauquadojro a quatre piea, boDO âsuffiaeuto» 

a qoalre neudea, 
1033« PluA, UDg gmnt tiner de ung aou« vieL 

1039. PluB, ung grat) deatrech perdefayre CLsra& mal, dûn lameatre 
est d*&ubo aeuclado, ambe dos barres de ferre & canon déferre, 
ambe dos vis Uodgs & le ban & dos sçrofea bones & auffiaenlea. 

Le XXLX dou dit mes. 

1040. Plus, ung dëstreg plegat fag a lanteFoo, tôt gBr(n]it de ao que 
li fa^ bessuti. 

1041 . Plufl, doB peyrol[a] de n'ia ung ten environ ung barrai & demi, 
rompatf et Tautre tt^n etiviroti dos broa, boD, 

1042. Pluà, aieya cornudo[3j de Boumado per portar laa breacoa de 
las abelloa, bonoa. 

1043. Plua, très barillûs vuides per tenir mel. 

1044. Plus, $tejs cabasaes de cire que au estât erobeaaonog. 

1045. Plua, le pOD per la tlno. 

1046. Pins, img gran endes a trea piea. 

1047. Plua, cajaaoa vuîdea par abelloa, nou* i^. 

1048. Plu», ungDo graQdo eacallo de vînt et quatre eecalloQ[a], 
bonno. 

1049. plus, upgno graodo pillo dolli ambe son crubessel, teneo 
environ trento canuea, vonte il y a de sec^e a dex hueyg 
cannea, 

1050. Plua. ung embut de boys ambe son canon dâ ferre. 

1051 . Pluflf banastoDsbona cinq. 

Le XXIX de novembre. 

1052. Le ditjort alan entras en Teatable vonCe aven trobat ungchivul 
lot gar[ij]it, vallen environ de quatre a cîaqeaqu». 

1053. PluB, uni^no bardo miego uaao. 

1054. Plus, ungiio forquo de Terre a très bechs. 
10^, Plus, ung canfiellie de ferre ti ta niwrallo, bon* 

1056. Plua, a la feniefeaven trobat fen^ environ ungoo vouto. — Plua, 
ungno eatrillo. 

(à 9tiwre) MoURRST, 



UN MARIDAGE PER ESCRIT 



EL leg'it, — bous podi pas dire 

Dînm qano gareio èi legit — 

Vn maridage per escrit. 

Lou counte es droite e fait per rire, 

Lon bau rima : )ou ï^gireta, 

Ef ma fé^ pensi quo Hreta. 

Un jour d'ib^r t^oe UtiLraâs&bo^ 
En saut&Qt dô soun Idit, luouftau Pouna tridouUbo, 

A peBo mièch bragat, a'^abancèt dal mirai» 

Tout ea trigcusaant la aafaato, 

Per fa iou qoqU à sa crabato : 
En axant tristomea sa barbo pebre e sal, 

S'afaguèt : « Se œe marLdabi î 

a Ëucaro ëi pas loua prises blauca.... 

« Âm'uBO joube de biut ans, 
■ MouAo, de bèloâ cars, doua èla bius, careasHota, 

« L'aae quîlhe se trldoulabi ! n 



UN MARIAGE PAH CORRESPONDANCE 



J'ai lu, — je ne peux vousdît^e — dans quelle gazette, j'ai tu ^ Un 
mariage par correspondance. — Le conte eat drûl« et f&it pour rire, 
^je vais le riniûr; voaa 1^ tirez — et, ma foi, jo penae que vous ri* 
rex. 

Ud jour d'hiver qa*il neigeait, —en aautant de boq litf Monaieur 
Poaa grelottait, — i peme roi-vdtu, il s'approcha de son miroir, — 
totit en trainaat la fiavatê, — pouf faire le nœud à sa tïravate ; — eo 
âxaat Lmtemeut sa barbe poivre et sel, — il ae dit : i< Si Je me ma* 
riAÎa ? — Je n'ai paa eucore les clieveui blancB, — avec une jeune 
611e de vingt auâ, — potelée, bien en cbair, deuï. ^euï. vifa, care^- 
«anta, ^ diabU aoit 1 «i je gralotteraia 1 »> 




4n 



UN MARIHAGE PER ESCRIT 



Lou couquinas l aul cop, pren loTirgnoun,, moatro d'op, 
E fouguetat per l'esperenço, 
Ba s'infourma dins udd agence 
D'uno mouliè .^eloun aoun cor. 

Arribo trespourtat per Taire, 

E fier coumo'n tnaunfalou 

DÎJ13 tou burêu diU Dîreton 
QvCa] premîè motrespounH : n Anatc, ci bof^tre afatre : 

« Uno fi>ho nascudo à Toura ; 

< k Carcûssouuo s es ca^ado. 
a — Lou caratèro? -^ Doua t^oumo de cataouûadol 

« — PouUdo ? — Courao laa araoure. 
a — L'agef — Trento-bèît ans. — Diable î ea un pauc granado ! 
« Mes s'ea douço, poulido autant que b'afiriûats ; 

u Es pas trop ma^^ro aumeio, digats? — 

n — MagToI nàni» quVsfort espesso, 

^^ -^ Elt ha ! balbats nie aoua adre^so. m 

E munit de tout ço qu'i oal, 
S'^entourtio gai, counteiiti d'amour i*amo azoundado. 

E talèu dintratà Toui^tal, 

Boua e-^ûHu à sïk âançado 

Aquesto letro eng'alantado : 



Le luroQ , aussitôt, prend lorg^n^n, montre eo or, — et enflammé 
par l'espérance, — va B'iurormer daaa une agence^ d'une moitié Ae- 
lon Bon cœur. 

|] arrive transporté par Pair^ — et fier comme un triomphateur^ 
dans ]e bureau du Directeur — qui Lui répond au premier mot : " Ami, 
j'ui votre affaire ; ^^ une filïe uée à Tours ; — à Car<»a5Soane elle 
s'est filée. — Son ciiractêre ? — Doux comme de [a caasonnade I — 
Son fl.ge ? — Trente-buit ans, — Diable I Elle eat un peu mûre ! — 
mais ai elle est douce, jolie ainsi que vous l'afHrmez ; — elle n'est 
pas trop mHÎgre au moins, dîtes? — M^iigrel non^ elle est tfèe g^raBse. 
— Hé bien î douuez-moi son adresse. >« — Ei muoi de tous ces reti- 
«eigaementa, ^ U s'en retient gai, content, TAme joyeuse, — et aua- 
aitàt rentré à aon Logis, — iL écrit à ba future-- cette lettre galante: 



I 



UN MARIDAGE PËH ËSCRtT 

« Madonm&iâélo, souî urous 

ft Dal grand bé que m'an dit d« boas* 

fl Sa ca'^arUi de boua eacriure^ 

« £â que sabi que boslre cor, 

o D'amour beritable trésor, 

■ A f&O] d*amour, â a&iia affacciu pot paj$ biare. 

a Ëa per lou daissa ptts isouri 

« Qu'ftbèU pensât &) m&ridage : 
« Maféf tout fisançous, à baus bèai m^oufri. 

u Si cranto-einq ana: un braba a^e ! 
a Mèa toui parissi pas; âouî tatomen âourat 

« Qae m'en dounoun pas la mitai. 

'< Ei agut uao bido eatrcmomen reglado, 
« Autant aûbro qu€ pla reugado. 

■ T«nèta, la probo n*es qu9, aimploi empiétât 
a Dîna un oustal de gros, au fagu^nt U aab^to, 

a Ei sapiut mètre de cou&tat, 
tt Manjat^ bourrât e tout pagat, 
u fièit milo francs diaa ma tjreto, 
ti Uu mot d'espèr de boua, e mouii cor ba ûrema 
« Per bostria bèlis èls, doumaisèlo mannado. 

« 3ul cop, se 1 ofro boua agrado» 
H A. boatfâs pèds metrài tua fourtuno e ma ma, m 



49 



a Madjâmoiselle, je suï» h«ur«uï — du grand biea que l ou iu'a 
dit àe voua. — Sije me hasarde 4 vous écrire, — c'est qnû je sitift 
que votre cœuFt — d'amour voiitftble trésor — a faim d'uraour et 
•aaa alT&Gtîou ae peut vivre, — CVst pour ne pae U luiaser mourir — 
«]ae voua avez p^naé bu mariage: — ma roi, pL«in de couHan^e, A 
vouije viens m offrir. — J'ai quariiiite-cmi| aas : iia bel ÂgC ! — maU 
i« a* lea parais pus ; — j'ui le teint »i frais — qu'on ué m*eQ donne- 
rait pas la moilîé. — J'di eu «ne vie eitr^memôut réglée, — aussi 
■<ib.-e que bien orJoanée. — Tenez, la preuve eu est que, siiiipte em- 
ployé — dans une maison de commerce en ^'n»^ ea raîs»nt ta DU- 
ntle, — j'ai bu mettre de coté, — nourriture, vétementa et tout piiji, 

— boit raille francs daûa ma tirelire. — Un mot d'ospoir de voua, et 
mon cîceur vi brûler — pour vob btiaui jeui, demoiselle trharaïaûle. 

— A riaatautf ai l'offre voua agrée^ — A voa pieds je mettrtii mu for- 

4 



50 UN MAHIDAGE PER ESCRIT 

£ ^Arraâo soun noun à faire acuiralha. 

a Poscrisoston : -^ Noblo mestresao, 
ce (Per aquel motgauaat, tant poulit e tant doua, 
a Bous demaQ<it milo perdous,) 
n Se m^eacribèta, iafourmata-bous 
(t  mouaâuPoulidor qu*a dounat bodtro adreaso, 
a Pot prene de ransigrnouiens 
<t Dibs toutis lous de[>artotiiea8. » 

Daus Jours après, 8Ud labeaprado, 
Uaû respounaû éro arribado 
Enco de nsouasu PouUdor. 
L'amonrous èro aqui« D'uno tna tremoulanto, 
Am*un grand tic-tac dins Ioq cor, 
Leg-igu^t la ïetro charmante 

Que djsio : 

[i Moussu, boHtre eacrit 
« Probû qu'abèts de cor e mancata pas d^esprit. 

(i Bostro reaserco m'a flatado, 

< E m& trobi fort ounourado 
« Qu'un ome franc, leial e brabâ coumo bous 

« M'oiifrigue d'entre mouu espoua, 

« Âtoi ma situaciu neto : 



tune et ma main, n — Et il met au bas son nom nvêc un bH Liant 
{parafe, 

« PosUâcriptum ; Noble maîtrease, — (pour t'e mot osé, ai joli et 
■i doux, — je vous demande mille pardons), — ai vous m ëcnve^t 'Q- 
foifneX'VOUA auprès de Mocaieiir Poltdor qui a doûa^ votre adres»'?» 
— il peut se renseig^ner d^Qâ toiia les départenieûU. » 

Deui joura après, dans la âoîrée — une réponse arriva — chez 
Monsieur Polidor. — L'amoureux était là. D'une voiï tremUante, — 
avec UD grand battetneut de coeur, — il lut la lettre ch:ii mante — 
qui disait : *t Monsieur, votre lettre — prouve que vous avez du oteiir 
et que vous ce manquez pas d^eapiit. — Votre reiiherche nu* flatte - 
et je me trouve fort honorée** qu'un homine franc, loyal et honnête 
comme vous, — m'offre d'être mon époux- — Voici ma^ituatton nette: 



UN MARIDAGË PEB ESCRIT Bl 

H Soui pasjoube ; ôi trâDto*bèit ans; 
a Saj]s familho, bibi souleto 

■ Amë binto-sîèîs milo francs 

■ De titres tju'èi ihîiB ma tireto, 

H Sans estre uno beutat* disouQ que soui pas mal. 

Es pas an poulît mour, es la bouno armouDlo 

fl Qae fa ion bouniir d'un oustal, 

d PoussBdata ma fotographio : 

ff Dâbètsbeire se bous coumben^ 

a La boatro., qu'èi joust Tel, sourits e tu^assêguro 

u Que siots uno bouno naturo. 
« A parla francomen, moussu» boatro figuro 
> Ë tout lou reste me rebâu. 

u Aro, sans estre endebinaire, 

a Poudèts afourti qu'èi pas l'aire 
H De boulé m'engabia diuaun i^oumbra coubân, 

t< Se persLstats, tournar^ m'escriure. 

« D'aro'n-là, luoun paure cerbèl 
H Para tricoa junquoa que partets de nouhûl, 

a Ë m'assecarêi coumo'n ciure ! » 

Tout ac6 sionat d'uno ma 

Que bous âisi6 : Poudêts m'aima. 



— jene suis paa jeune ; j'ai trente-huît ape : — b^db famille^ je vis 
«eule — svec vîpgt-siï mille francs — ^ de titrca que j'aiiifina tim iii'#- 
liit*. » Saiib ôtre une bennté, on dît qiië je ne suis pas mnl. — Ce 
rj'est pat une jolie figure, c'e^t ]:\ bi^nne harmonie quifaii \e boahcnr 
il'uQ ménage. -^ VouBpoastidez taa photographie ; — voua devez voir 
si êU^ TOUS coDvieet, ^ là. vÛtre, que J'ai aoue rcQÎt^ sourît et me 
''ertifie - que vous litea une Ijoune naLiir*. ^ A parler franchement, 
MfciDSÎeup, votre pbjaiùnoïnie ^ et tout en vous me plaît, — Maînte- 
Lant, Bans être devin, — voua pouvez être certain que je n'ai pas l'eu- 
rie — de vouloir m'enferiner dans un sombre couvent. — Si vou* 
persister, — écrivez-moi de nouveau, — Jusque-là^ ma pauvre cer- 
velle — va troUiuer jusqu'à ce que vous parliez encore, — et je me 
dessécherai comme ua lîè^e ! '* 
Tout cela signé d'une main -^ qui voulait dire : Voua pQUvez m'ai- 




S! 



DN MARinAGE PER ESCFllT 



Lfts cauaos oourrission coumo aus de roulletoa* 
D'autroa letroa à grandis fula, 
E de mai en mai pus caudetos^ 

Ferroulhèroun la porto as fredaaaea calculs. 

 tout cor gânerous queatiu d'interès peso. 
Lou nobi, boulhent de fadeeo, 
Gralaritomen, cado éonn joura, 

Mandabo'n gros bouquet de las pas raros âours 
Qu'aurJoa embeacat sa proumâso, 
S'abio'gut besoun d'un bouquet. 
Mèa abiot pjcat à Tanqu^t. 

rdadoutnaisèlo jubilabot 

Kro pas en résto : broudabo 

De jtantouÛos à la uliut^clmt, 
Sans abé niesurat lou pèd dal pretoiiduL 

Trabal de fèo ! Ja trimaboun 
SouB paures èl^, souë dets, lûu bèapre e lou matit 

Laa coulous embabarilhaboun 1 

E counti tju'aurioii fait palli 
Los que fa bnlJia al cèl Farqu^t de saut Martin 

Fer bous ba dire tout^ dal fiai junquos Tagullio, 
Saureta que loa dous tourtouréla 



Lai cbose» couraient comme sur des roulettaa. — DVuti'ea lettres 
Buf de grandes feuilles, — et de plus en plus enflamiriéeet — femie- 
renl la porte aux froids calculs. -^ A tout cœur gënéreux question 
d'intérêt pèse» — Le fiancé^ bouillant d'orgueil, — gabmment^ tous 
les deui jours, ^- envoyail un bouquet de fleura lea pUis rares — qui 
auraiettt séduit sa promisg, — bl elle aviiit i^ii hesoih d'un bouquet 
pQur ceU. — Maî* la belle avait mordu i, rbameçon. 

La demoiflelle jubilait ! — Elle n'était pas en reste avec luiiello 
brodait — dea pantoufles en cacbettCi — aans avoir mesuré le pied 
duprétendu. —Travail de tee ! Us (rimaient — ses pauvres yeux, aes 
doi^tflf le floir et le matin, — en variant les couleur?. — Et Je suis 
certaiu qu'elles auraient fait pàlii* — celles que fait briller au ciel Tare 
de Saiut-Martiu, 

Pour tout vouft dire, de 61 en aiguille, — vous saurez que lea deux 



XTN MAHÎDIGE PER ESCRIT 

Abion descambiat dous ^aèls^ 
£a se fagueot cadot d'ao poulit porto- futho, 

Anfinlou jour es arribat 

Que fâço à faço ]ûu dous nobis 
Ptol pramié cop se ban troubii. — Dius ! fjuti pabai [ 

Sapto Mario î orapro nvèis! 

Mes direts : Calho-te, lengut; 
Ascleâ lou goubelet aban d^bé begut. 

Suâls, AJCL îa denousado : 
h^n binto-cinq décembre, am'uno fred de loup^ 

Mouasu Pouns â'espcrtèt» e zoup ! 
Bitomeo arnescat prenguèt la galaupado 
Béa la garo ouDt sabèls rjuei s^ siots en rstai'v!, 

fiadats, e partîsâèU pua tard. 

Noatre ome abio pas de bagai^'^es, 

Pourtabo tout blis l'esquinaL 

Coamo per un grand festenal, 
Abio mes capèl naut e gilet à raïuag^e^ ; 

— Aimabo I*e3tofo à couiouB ; " 
Un pAUialoun bourrut e la grando lâbito 

Que lou fa^îo aembla'a armito. 

Cari anabo Junquoa talouâ. 



sa 



tôtirtereaux -^ Avaient échangé deux anneaux, — eta'ëtaient faîLca- 
deao d'nn joli portefeuille. — Knfln le jour est arrivé- — où face k 
fftce ]eft deux fl«Dcë-s — votit se trouver pour la première fois. Dieu ! 
^ael pivé ! — Sainte Marie ! Oraprnnobis I 

VûQs me direz : Tnis-toi, bavard ; — tu cassea te gobelet avAOt, 
d'avoir bu. ^ Gela suffit. Voici le dénouement. ^ Le vingt-cinq 
décembre, pjir un froid de loup» -~- Monsieur Poas B*ëveiUa» et en 
avaot î — Vivetneut équipé, il partit au galop — vers la gare où 
vQus BRvez que si vous arriver, en retard, — V0iJ4 restez bouche bée 
et TOUS partez plii« tard. 

Notre liomme n'avait pas de îiagr^gcs. — U portait tout sur «on dos, 

— Comme pour une grande fêle, — tî avait ruis i-haneHu hriuie fi>rme 
H giïct a gtandfl ramages ; — il aimait 1 étofîe He i^oidenr YDynul4', 

— un l'^utaloD de gro^ drap et ta grande Lévite — qui le f^ibiut lea- 
Mmbler à qd ermite, — car elle lui atUit jusqu'aux talons. 



54 UN MARIDAGE PEB ESCRIT 

Ero'n abatiço de mièjo ouro, 
Magjnats a'èro emp^cientat ! — 
Pârtiren, dieio, sai paa courol 
K paiabo cotimo^n tentât, 

Anân, dins un bftgouD pren plaço ; 
L'atendioQ per eatre al coumplèt ; 
E coumo èro prou bo replet, 
AI reûg ount a'ajaasèb faguèroun la ^rimaço* 

S'artjautaba pas mal ! Mat* cluquèt lous èlhous, 
Pensant, rebassejant, urou.-?, 
A aa noubiêto qu'adourabo* 
a I gausarèî-ti sauta') col? 
« Se diaio. — Ma fe, && ba bol... » 

E coumo^n crabidou Lou cor i Lressautabo, 
S'acô^bio durât, beaiù fol! 

Cado estâciu lantomen pa930 ; 
Bouiajo pas ea trin esprès. 
Arifin, un ouro o miéjo après, 
Bel Ciutat e la Bilo-basso. 

Lou Pount d'Artigos es passât, 
Lou trin marcho à pas coumpaasat ; 



I 



Il était en avance d'une demi-heare. — Voue von» imaginez b'iI 
était impatient ! — Nous partirons, dtBait-il, .je ne n&U quand ! — 
Kt il jurait comme uq diable. 

EuÛn, il prend place fîans un wagon ; — on l'Attendait pour éira 
au complet ; — et comme il éhiit Rââe7. replot, — au rang où il a*as - 
ait 00 fit la grimace. 

Il &en moquait pas ritnl ! Muet, il ferma les yeuï^ — p^naant, rè> 
vant, heureui,f — à ea petite finntrce arlorêe. — « Oaarai-je lui sau- 
ter au cou î — se disait-il. — Ma foi, ëj clla veut*.» *< — Et comme 
un petit chevreau sou cœur bondissait. ^-- Si cela avait duré, il dcve- 
nHit fou 1 

Chaque station passe lontôoiect; —il ne voyagreait }»»« en train 
express. — Enfin, après une heure et demie ^- il voit la Cité et lu 
Ville-baise. 

Le pûut d'Artigue ett franchi, — le train uiarchû h. pas comptés ; 



TJN MARlDArrE PER ESHRIT 



AS 



I 
I 



Lou fiuièl gîgcio, tout a'arrësto ; 
Dal bagoun moussu Pouns es Tiite d&balhai, 
Bt>] pas d'omnibus : dins sa tèâto. 
L'omnibus Taurià retardât* 

L*airâ èro bibaa, tourbilhabo. 

Ainsaat coum'n alouési 
L'amourous, bès Toustal que sabèts, s'adraiabo, 
Ed tustant lou pabat de sa caïubo de bouèa. 

Pîètat! ûi bows, ni ladourado 
Botia èrets pas doutâtst de sa cambo ferrado ! 

Ero tabès un pauc boussut ; 

Eltse pretendio qu'espallut- 

Arribo» es arribat, eâquilho. — 
Digus l — Buto la porto, e \a [)'>rLo a ce<iat. 

Enfilo'n coulitlor planchât, 
EboD3 poadèts peasa se fa peta la quilho, 

A l'auaido 'i'aqiiel sag'an, 
Qae cado cop fasio drindi'ina lou bitrage, 
Al bout dal oourrdou se moustrèt uu bîsa^e 

Gracious coumo'n nègre ouragan ; 
Parèls à douâ laucet^, lous regards se crouâèroun, 

Ësul cop se recounesquèroun 1 



— le BÎÎÛet retentit^ tout s^arréte ^ — Monsieur Pons descend vive- 
ment du wag'oa. — U ne prend paâ d^omnîbua ; dans son idé6 — l'om* 
UibuaVAtârait retardé. 

L'air était vif, te vent totiibitloniiait, — droîl comme un aloès — 
Tamourenx sedîrige vers la mnlRon que vous connaifiBe^, — enhour- 
lâiit le pavé de sa jambe de buis, — Héiaa î ni vous, oi PaJorêe — ne 
rou« étiez doutés <jn'jl av^it une jambe ferrée 1 — [1 était aussi un 
jieu bo9Bu ; — luif préteudnit gculemânC qu'il avait d€ fortes épaules. 

— U arrive, il est arrivé, il aonne. — Personne! — Il pouaae ht 
porte» la porto cède. — U enfile un corridor parqueté en boia, ^ voub 
pouvez penaer quel bruit faisait sa quille. — En eoteniiint ce va- 
carme qui, & chaque cocij», faiii^iiîl; trembler les vitres, — nu bout du 
Oorridoi' se montra im vltiai^c — gracieux cummo un noir ouragan; 

— pareils à deux éclaira, leurs regards ee ciuisèrent — et aussitôt 
jJs ae reconnuiâQt 1 




$fi 



UN MARIDAGE FER ESCRIT 



Se pa?$ièt, al se^ur, cinq Tninutos de têtus 
Abant que'a pretenduts desclabessoun las dents. 

EfouD aquj, gûrjo-badadû, 
La Ûlho, l'èl bracat sus la camto ferrado, 
Apèi sus Tagaoït quilhat al mièch das rens. 

Moussu Pouna èro bert-d^oulibo, 

Abio pas tin pel de chalibo 
DioB labouco^ on fixant un èl tout ranscarat, 

Un clôt prioundomen curât I 
Boudius! mai que das èl& ïa nobîo èro endâcado. 

Anats, s*e\o s'èro enganado, 

El, k Éùnn tour, s*èro enganat. 

A tout asard d'esse escanat, 
Ea tant brabe, qu'aurio engonlido la pilule ! 

— Calio *bé un estouraac d'arculo I — 

Mes la filho TapouatroHfèt 

De la faissoula pus cruèlo; 
Faaio crica las dents, èro furiouso à fèt : 
ff Couci, moussu, aetubîats à-n-UD poulîchînèlo, 
t( Ë m'eD diâiots pas res ?... Ujio cambo de boues I 

Fasio de sa ^J9clanto boues ; 
« Acô-ai qu'es aisît per fa la paasejado t 

tf M'auriots degput aboua tout. 



Il se passa, aârement, cinq uiinutes de temps — avant que les pré- 
tendus desserrassent les dents. — lia étaient là, bouche t^éaute^ — 
la fiUe, Tceil braqué sur la j&mbD de bois,^ ensuite sur 1r bosse ^^du- 
rîUûo) plantée &ii milien des reins. — Monsieur Pons était vert olive,^ 
il n'ftvaitpaa uae g^oiittede salive— dana la bouche, en fixant un ceil 
tont machur^, — un creuï profondément viddî — Bon Dieu l Plus que 
des yeux la fiancée ëtait estropiée. — AlleZ| ai elle s'était trompée, — 
lui à BOD tour était dupé, — A tout hflaard de s'étrangler, — il estai 
boQ, qu'il aurait avalé la pilule ! — Il eût fallu pourtant un estomac 
d^Herculel — Mais la fille T^postiopha — de ta façon la plus vio- 
lente ; — elle grinçait des dents, elle était furieiise : ^- « Comment, 
Monsieur, voua resseinbleï à un poïiiiMnelle, — et vous ne m'en di- 
ftiec rien ! ! — Une jambe de boîs *. — disuil-Élle de sa voix içUpi*- 
saate ; — voilà qui est commode pour faire la promenade ! — Vous 



UN MARJDAGK PER SSCRlT 

« N,.*J^ ni, c*€St fini! tn^iièt dins un san^lout, 
Q Bir&ts-tne de dabant : m^abèts aâsassinado !!! n 

Matai, sans dire adia, Pouna faguèt demi-tour, 
Regretant d'abé pas sa carto de retour. 

S'acaminato bès la garo, 

E disio'n trigouÊsant la garro : 
ft Abio bîat Nostre Segna, al segur^ pel douai), 

u D'abé pas coumprea la maglo* 
fl La rasado 1 abio fait fa sa foLografio» 

u Peramaga l'él curât, de proufll I u 

CODNCLUÎilU D'AQUESTE SUBAUâSAGB : 

Metfi»ats-bou9 d'un maridage^ 
Sio per e^critt «o per message, 
FoMO nôàù se fan très ou quatre ans in cour. 
Mai se couneissottn pas toujour. 



Mars 1&90 



tories dû me tout avouer. — N„,i^ ni, c'est fini ! diMlle ea BSûglo- 
tant, ^^ Otez-vouB de ma vae : vont m'avez asaasainée 1 ! l m 

Confus, sahb dire aHîeu, Pon» fit dflmi-tour, — regrellftnt de D'avoir 
ptM BOD billet de retour, — IL s'achemiiinit Vêi's U ^are — ùt disait» 
en tratnaDt la jambe : — f Elîe n'avait vu^ bien aûr, Noire-Sei- 
gnear que par un petit trou — nnisqirelle o'avait pas conscience de 
sa fourberie. — La rusôe ! avait fait faire aa photographie — de pro- 
fil p0ur diBaimuler l'oBil crevé! 

CpDclusion de cette affaire f — Méfle^-nouf d'un mafiagc^ — sûU 
par écrtt, sait par côrrespon^tatice. — Beattcoup de jiancèt se font 
Ui cour pi^ndant trois ou quatre ans^ -" siira arriver ô se cortnoi- 
tre.. 



NOTES LANGUEDOCIENNES 



Formules employées dans les réponses 
(Parler de Itézignan — Aude) 



Uu des derniers numéros de la Romania (XXVIII, pp. *289- 
291) contient une note de M. J. Calmette intitulée : Nute 
Rur les règles de tafflrmaiion et de ta négation dans le dtalEcte 
parié à Ferrtères (Hérault). L'auteur a remarqué qu*à F^r- 
rières ■ rat'Ôrmation s'exprime d'one manière toute diffé- 
rente selon (iii'il est répondu aune question posée soua lorme 
positive ou sous forme négativâ. Dans le premier ua9 i'afâr- 
mation eat o et ouy ; datia le second oas elle est si ou siffait. 
On se sert de o ou do st chnijue foîs que Ton s^a<lresse à utie 
personne que l'on tutoie ; tandis que l'on se sert de ouy ou de 
;r)^r'£ lorsqu'on B'adfâase^oit à une personne à. laquelle on dit 
tivoiii^!)^ soit k [du9 (l'urje personne.* Après |Iuvoir donné 
des eiemples de cet emploi, M*C, njoute (p, '290) : k J'ig^nore 
quelle est au Juste rextfïnsion de ces phénomènes, et il serait 
curieux de pouvoir la d^sLermiaer. » La note suivante a pour 
objet de faire connaîire cet emploi Hap^ une partie d'uQ 
cté.iHT'tement voisin de l'Hérault, dans l'Aude, 

Je n*emiîloie pas la môme notation que M. C pour les phé- 
nomènes ilont, je m'occupe. Cette notation ma paraît défec- 
tueuse, Poui' t^t .SI pas >le diffloulté ; m.*is je serais étonne 
(|ue namn fût prononcé avec ileux n ^ Ferrièrcs; eu tout cas 
dans le pirler de Lézig^nan su pi'ouoncintron eat ttri-m, (M.C. 
UA pas notfj l'iiccentuati^m du mot» mais Taoceni doit éhv 
sur a comme danst le Narbonnais» l)ie;ç note le mot nmi 
Gramm dn L. H. "2, 445). Li notation de sf/faù rae paraît 
encore plii^ défectueuse, D*al>ord f double ne 3'osplique 
^uère ; Il ny a pa^ plus {|e / double que de 4 double dans nos 




XOTES rANGDEDÔClENNES 

patois. De plus, la noiA-Mon de ni pour marquer un son 
Ungnedocien fait songer k une diphtongue, ce qui a^eat vrai' 
semblableoient pa? le cas à Ferrières, Dans le NarbannaU ie 
mot eat prononcé corunie \e moi fett en allemand [fett ^ 
gras); car le t final âa.na le dialecte narbonnaia est très 
sonore. Mais la notation ftt toù paraît reproduire sufÛ- 
sammant le son [è:=e ouvert). Enûn oat (noté ouf/ par 
[ M* C.) est eu narbonnaîa une diphtonguti ascendante ; le fr, 
^M-ùuifàê oidrjj proQoncé rapidement, rend exactement le son. 
^B Je reprdodâ pour les former employées dans les réponses 
^r le tableau dressé par M, 0. et les exemples qui l'accompa- 
r ^ent, afin de rendre plus facile la petite enquête philolo^i- 
qaoà laquelle ces phénomènes donnent lieu. 



Réponet k 

une 

queetioD po«cû 

SOUB 

forme aiGriuatirb 

Héponge à 

une 

question poeée 

HOOfi 

funuc négative 



Ex. A« &bji le hupf 



Es. Jëpcu biat h lonpf 



(singulier) 
ùtâ (pluriel) 
(moun fraire), 
oui (motte fratn$^ 

il («iDgiilier) 

ii/èt (plnriol) 
«I (viminfrmtt) 
4'ifit (muu»/raireêt 
moussu). 



Nùu (singulier). — Ndni (pîtiricf) 



El, As bist le loup? 
As pas bifit lu loup ? 



Nôtt (moitn/rtiirë). 

Nâni (moua/rairéa, movtau). 



* J>cm 11* ini>l ainfti pnut- ne pâa dénaturer «a forme ordinaire : en 
fv^i^i la prunnnrîalioll est Ls suivante: ai bit/ h ioup? S Ûnal aaiiiuit 
(i«*lnt une cotiftofin*^ aoire que ^ c, p^ c'est lu cas pour ai = a*. 1^ 
çwnpc rff do ArV/ fe se ri^iiuil rtguliêi-ement à jc/ [\e t dîsparaUs.int 
f^aiau: dans Ioua Ips groupes de trois consonne» du m^me genrâ) el -s 
«*iaiuil«t passe à i san» se cOTiJ"ûndrt a^ec Ti qui pK^Ci^de. ( Cf. Patow 
<!« Utignan in Itevue de^ LùntfUes Romanes, 1897, S Î3t>)' 



«& 



NOTES LANGUEDOCIENNES 



On voit quQ les règles de T^imploî de3 diffdrenUs formules 
pour répondre sont les mêmea dans \e patois de Lézignan et 
d&QS celui de Ferrières. 

Ce [l'est pas tout: cba^cun des moU servant à répoadre 
peut ctre précédé de la coDjonetion ke, à. l'exceptioa de o 
Ainsi on peut répondre ke st^ ke nou^ dans le n^éme cas où 
Ton emploi© ji\ nou; dô même ke nam", kff nfèt, Ke o n'eat pas 
employé dans ]& parler de Lézi^nan, mais il esl connu dana 
la haute valtée dû l'Aude, aur les oonûns du départemeDt de 
l^Ariège, ou il est devenu i\^6 par la Bérie ke 6, hjô^ tyô. 
L'emploi de la conjonction ke dang ce cas s'axp1i4]ue par 
Tanalogie des rèponsis faite» avec un vej*bum dectaran'lt ; te 
fini ke sr (je te dis que si , respoundèt ke nou (il répondit que 
nonj, etc. 

Il faut noter encore les deux faits suivants : ottï peut être 
employé, même eu s'adres^ant à une personne que Ton tutoie, 
dana un sens emphatique^ en forme de conclusion : ouï^ moiin 
amie (ouï, mon ami, c'est comme ça ). 

On peut aussi employer dans ue ca^ la formole o fre* (et 
abet) <; Àoc-f- ^^^^ (+ ' inorganique), 

A c6tû de ces mots servant à répondre par Taftiraiative ou 
la né«jaLivL\ il n*eat pas sans sans intérêt de i;iter deux for- 
mules de politesse qui accompagnent rinterrogation ou qui 
servent k solliciter une interrogation nouvelle, (juand on n'a 
pas entendu ou compris la première foîa. 

Ainsi un enfani bien élevé ne demande jamais riea sans 
accompagner aa demande de la formule siupièi (dissfyllabe, 
iu^=iou). Si on lui pose une question» si on Tappello et qu'il 
n'ait pas compris, il demande àaon tour par la fornaule pièii 
(couvert, paroxyton) Ce qui est dit de l'enfant est dit de 
toute autre personne qui s^adresâo à une autre sans ta tutoyer 
ou à plu'«ieui*3! ; Temploi de ces deux formalca de politesse est 
de rigueur. 

Rassemblons maiotenant toutes ces formes : les formes em- 
ployées quand oti e^adresse â une personne que Ton tutoio 



1 Gl'. celte même farmoJe, employé* dans une réponse indirecU: 
" *îl et disï que? o Ae, ■* ([»c,ï/« Caroîi Ma^ni [P:ft't{dD~Philom.cnal, ^rf. 
ScHNRsa4.N9, HaU«, 18136, 1. 1249). Voir oncare dâinala pi<^co IV dâ Patas 



NOTES LANGUEDOCIENNES 



61 



appartiennent au vieux fonds de la langue : o < Aoc, now 
<^ non S SI <C sic^ 

VoJci, au ûontraîret les formes employées en a'adreseant à 
une personne à qui on doit Je respect (ou à plusieurs person- 
nea) ; ouù nâni, (ke) sifèt ; siuplèif ptèiL 11 suffit d'un seul 
coup d^ceil pour voir que ces dernièrea sont toutes françaises, 
M« Calmette, à la ûu de l'article oiié, se demande a si ce ouy 
u'est que le mot fraurnis importé». Il ï]''y a pas lu moindre 
doute là-dessus, ovi est la forme fratiçaiee ; de mém« ndni 
= a. fr. nenni . nenU (Four la diffërenee d'accetituatioû* 
af, infra), 

Sxfiî eat aussi la formule ti fait^ £î fréquente en ancien 
françaia. On répondait suivant le ivm^^ et la personne du 
wrbe de Tînterrogation : « faz^ si ffrai, si fis, si faison, etc. 
[Cf, Â, SCHUUB, §299,3=). 

La forma française est encore plus reconnaissable^ s'U se 
peut, dans stupièt ^fr* j'i(/) vouapiait (la forme de raneienne 
langue provençale est siuspiatz) et pièti^= fr. ptoit-it. 

Toutes les formules de politesse ou de respect sont, comme 
ûQk voit, empruntées au français. Du jour où le français eut 
pfaétré dans le domaine iroc, il s'y présenta comme unelau- 
gi]«Bupèrieure, ta langue des soldatâ et des admiinstruteura. 
Le* formes de îa langue d'oïl; ouiy nani, ,*! fèt^ plus tard las 
locutions siupièt, pièti, parurent plus élégantes que les formes 
rf* la tangue vulg^aire* 

L^hifltoîre des langues est pleine de ces faits qui relèvent 
presque autant de la psychologie que de la linguistique. 
Les formules servant k répondre par l'affirmative ou la 



^^oiM un curieux paa^^age cùulenanl plusieurs l'ormylRâ de réponse. 
'Mo, Wetke dtr Troub. 1,124). 

' Cf, pour Ja réponse négative les exemples suivanta, tirés des 
^"(o Ctiroli Èiagni, M. Scbne«oaN3 ; Noj aant payre frêponse d*ufi 
*raiinju Pape). G€%ta liîJO; no^ senher (rèponae d'un ermite â TurpinX 
<î«^fl 5ê9. 

'L« déplacement d'acccikt o éld amené de bonne heure par le besoin 
dedûiuier plus d'iiitenaité à ia déDi^gation. L^ mol of^i cnmmeneanL par 
uiiïfovelle (et par une Toyelle fermée) ne ae prêtait paa au mémedé- 
Kl«e*Tiient d'accent, 

* A. Scaujjta, !>«■ alifrantôtiache directe Fragesatt. Leîpiig^ S. Hir- 



0t NûTES LANGUEDOCIENNES 

ti^g^tive furent d'abord employées avec un pluriel de poli- 
tesse, ensuite avec un pluriel réel. 

 quelle époque ces formes se sont- elles introduites dan? 
U ïanguc d'oc î 11 n'est pa* bien facile de le d^îterminer. Tout 
indique poui'tant que Tempcunt deoui", nan^ si f et tloit remon- 
ter Hssez haut. Le languedocien nàni diffère en trois points de 
Tienit primitif. D'abord, raucentuation n^est plus la même, 
ymil était, à rorig-ine, accentué sur la dernière syllabe, 
conformément k Tétymolog-ie {non iV/ti* Aioâi on a nt;nii dans 
Aiol et Mirabet, éd. P^tJrster, v. 820. Jl est encore accentué 
aia»L â l'époque de la Farce de Maître Paihêlitiy antérieure à 
\410{Chrêstoruaifiie dujitoyi'ndffe^'^" éd. p. G. Paris etE. Lau- 
gloifl, Paris, 1899, p. ;i38. CL Teiemple p. 345, v. I7ô)* 

La voyelle nasalisée e de nen <^ non est passée d'asBOK 
bonne heure à a\ On trouve nan dans Emtache k Moine, éd. 
Michelp V. 540 (cité par Godefriy^ Dict» de l^anc. ianyue fr., 
s* u, non) ; nannil dans la chanson de geste de Baoul de Cam- 
brai (cité par Burg-uj, Gram* de la langue d'ûïl, 2,236); nanti 
{Quinze jat/ea du mariage ^ cité pur GonaFRay, SuppL s. u, 
rtenTîï).Lesgrammaîrien3 du XVI*** siècle ont noté la pronon- 
ciation nani: Meigret (1542) écrit nan^ ; Robert Estienne 
(cité par Diez, Etijm. Witrti'.riiuch^ 4" Aufl< p* 646) écrit nani et 
nanin [Gramm. Gail., p. 77) *. 

La chute de / «lan^ les mofS comme oui\ nennit est assez 
ancienne. Au commencement du Xll*^* siècle^ / ûnale (dans//) 
devant consonne avait commencé à s'affaiblir (Koschwilz, Zuv 
Aussprfichc des Franzôsischeny Berlin. 1H92, p* 64). Pour les 
mots comme wiV, ttenmi, qui n%^taient pas proclitiques comme 
le second de;} éléments qui les uômpoaent('V). la chute de /est 
venue pbiâ tard, vraisemblablement à la tin du XIII"^" siècte. 
Liliré cite U furme auwt/ du XiV"" siècle, Daiïs la farce de 

* Cf. Ips nomhreuï exemples du an proclitique passé à an dans 
Schwan-Bbuïibns, Altfr. Gratfim.^^* Aull. % 93, Rem. {danz K^domimis, 
dame s^ domna, file). 

* Littri^ note te motna-ni sans mdiqutir l'accÊnltjaLioii; Thomas [Dici. 
Oénérai] ttà-ni. Dans le Bûtry et dans L'Orlèanaia le mot, rarement 
employé d'ailleurs, se prononce nan-rii avec a nasslisé et l'accent sur la 
derni^Ty, 



NOTES LANGUEDOCIENNES 



A3 






Mtre Pathelin on aoï/y^ nenny [Cî. Chresiomaihie de Ca. fr,^ 
par G. Paris*.., p. 175), 

Si fèf doit être également un empruat assêz ancien; c&r 
celte expression, si fréquente en français au début du moj^en- 
âge, est devenue «le plus en plus rare- Mais d'une manière 
^^nérale on ne peut guère admettre que ces formes aient été 
JDtroduitea dès le dtbut de la conquête méridionale ; leur 
emprunt suppose un assez long espace de temps pendant 
lequel le (>euple s'est familiarigé avec leur emploi. D'un autre 
cftté, il ny a paj* de raison pour adnaettre <^jue ces formes ont 
été introduites tard dans la langue d'oc; sifèt, en particulier, 
ne peut pas être un emprunt récent. De ces considérations il 
faut rapprocher les faitâ suivants co^istatéa à Narbonne par 
M. Blanc ' ; « vers le milieu du XV" siècle, la connaissance 
*iii français a fait^ dans le Midi, des progrès importants n 
(fiiai..., p. 14). Les exemples apportés par M. Blanc permet- 
lent d'affirmer « qu'à Narbonne» au début du XVI"" siècle, 
nombre de personnes entendaient le français; [mais] il ne 
faudrait pas en conclure que Tbabitude de le parler fût très 
p^pandue », {Essai..., p. 17). Enfin, à la fin du XYl"^" siècle , 
K le dialecte local n* est pas considéré comme une véritable 
Jangue, mais [il] n'âsl plus qu'un grossier patois»^. Pour 
tûutea ces raisons il ne me paraît pas téméraire d'admettre 
^ae les formes oui\ uam\ stfèt^ ont comnaencé à être connues 
Ail milieu du XV^^ siècle , mais que leur emploi comme for- 
tniUs de poUtesso opposées aux formules de ta langue d'oc 
»'eit généra Usé au XV!™"" siècle, plutôt au commencement 
1":Lla âiK Siupièt et plèlt seraient des emprunts plus récents 
'i«oonf, nanti stfk, 

A, Blunc, Ejtxai iur la substiÀutian du français an provençal à 
•VorAonntf (Extrait du BuiL hùî. et phil 189Ï , Paris, Imprimerie 

On sait d'ailleurs qu'au XVl"* siècle la décadence de la langue 
pf irenialc s'accentue et que le français dorient, dana tout Jû Midi, de 
pîUKîii plus pi-époitdérfliil. (Ct". BftUNûT, Ui^t. iie Ifi iantjue et He tu 
'i'-A,. fludu Lomé II I.) 




H 



NOTES LANGUEDOCIENNES 



II 



Maintien de la prononoiation wé (pr. mod. wa, dulect. ^wé) 
dans quelques mots d^orlgine frauçaise. 

On sait que la diphtongue oeen ancien frençais provenait de 
différentes sources et qu'ellâ n''avait pas le même son, q^uoique 
Jïfc graphie fût sensiblement U même, (Gl"* P. Rosshann^ fran- 
Ziisisches ol (Heiilelb. Dis3.), Erlangen, Junge et Sohn, 1882.) 
C'était dans tous les cas uue diphtongus descendante^ comme 
le prouvent l6sassonaii{:eBes/otr«;/47'fe(t(.0âguANN, p.21)i Dan^ 
la plupart dea cas cette diphtongue eet arrivée, en passant par 
des stades qu*il est inutile de rappeler ici, au son oé; ce passage 
s'est accompli dans le frangaîa ordinaire dès la première moitié 
du Xlll* âiècle (Cf. Rossm,, p* 2^) et la prononciation oe, plus 
tard loéf wè * a'est msiintenue Jusqu'à la an du siècle dernier. 
Elle s'estoonscrvée encore dans pluaieurg dialectes delalaogue 
d'oïl. 

Cette prononciation a laissé de nombreuses traces dans les 
parlera de langue d*oc ; elle aët^ même appliquée à des moU 
empruntés récemment, Voii^i la liste de ceux où elle s^est 
maintenue dans le parler de Lëzignan (Aude) ; nous y avons 
mêlé parmi lea mots récenU ceux qui sont le plus usitëa * ; 

ardioézQ, ardoise. 

arrousî^èr et arrozwèr^ arrosoir (Le mot a-t-li été importé en 



t MM. Û. Paus fit E. LAHQLOiâ admettenl que h prouQuciation wé » 
commencé à lit fln du XIII* sîède [Chvtst. de Vatic. ft-., 2* éd. p. mx); 
c'est reitréme terminus a tfuv que les autfturs ont voulu (iier en donnant 
cetUdûte. M, BBHftKWS {Attfr. iirantm.^ 4* Aufl. p. 114 |. '111] admet le 
Xlll« siècle pour liî paasDt^u du ùi i;veniinL dcfi) à oéy mais il no prècisepas 
la date dew di^erâes tranaformatioiia subies par oè pour aiTÏTer à wè. 
T A la finaie, ajoule-t-d^ et dcTont une voyelle îe même dcTelûppement 
ne s'est accompli que plus lard et li'a pas éU lerminè avant 1« XVI" 
si^L'k. » La date ûiée par Rosàmanii (ci', infi'a) pour la (in de cette éTO- 
lul4on me paralL trop rapprochée. 

* Nous r^prâfientons le premier élémâat de Ja diphtongue ^uè par w; 
1 a le son J'oitt ï Jt.- suii d<«ui. 



r NOTES r.AXGUEOOClENNES «5 

même iem\iB. que HosiruraeDtfiana le Midi? Patsgrave 
note lo mol ûrrounouer, Thuror, Pron, fr, 1, 2S8), 
, otpei, bois À brûler. Le f>ots =■ la foréi »o dit toujours base, 

hwH^ Toii. Le Un^'. ffQufz est vieilii^. 

étcH^ voix «lu du iiin de for. An^imllé par une fausse étjmo- 
U»gie popuJairu uu prècédi*ijt. 
^_ erwèz^ aJ|flmbût. Di&iiâ tous les autraa eus croij: se dit eacorâ 
^B croufi, 

^ <ma) /ttw. (ma) foi. Vieilli* 
gttfïoèrt greffoir. 
ibitèro. ivoire. 

ûtiffêro^ histoire. Viôni peut-être de Técole. comme ertch. 
memioèro et memortfo^ Le suff. ù^ùi donne régulièrement 
da.iis notre dial€Ct« àtf/û^ avec une aorte (Je r mûuiUé, Ghrm ^ 
gitàr^Q, rareroenl giwè/v^ * Hàvia ^ ^rjyo, jamais bwèro [mrce 
que le frariç^iâ ancien ou juoderoe ne conuaU pa^ la foraie 
* 6ofre < * bària. (Je ne la connais itu moins que dans le nom 
t»ropre Laùvire <^ittam in^riam^ prononcé naturellement dans 
le Midi Labouèro.) 
ni^o, moine. 
pQtwèi\ patoia. 
pattcèf^ pâd^r. 

Lnoèff aoir. 
wèii, suio et dérivés stcègna^ stoègnouz := fr, soigner. $oi- 

içfntoèn, témoin. 

iisèio, toise. 

Il Q'eat guère possible d'établir Tordre daaa lequel oes mots 
ouléLé introduits dans la langue. Ce qu*an peut dire c*est que 
ouoQt le-i mots u^uela d'origine savante ou ecclésiasiifjije et 
^** Doœ» propres qui ont pénétré les premiers. Le mot cnoèz 

^Le mol parait-il plus clûganL aux poàUa coatëinporamâ ? Jû l'ai ren- 
'^ottépiuai^ur* fois dans le dernier Armana Prouvetiç-tH (!900) ; p. 52, 
1* teiU Qtucon de Filad«lfo de Yerdo port* bouts {v. 9j qui csl Ja fontitT 
^« 1» Uague d'oc ; la Iraduclion prr«?eoçaliî porte vouex. P. d6 voues 
{L Aslruc) ; p. 82, dans la gracieuse harangua d« 1a aouTetle rejnn du 
f'^liluri^fi Mario-Tfiréan de Cberig^éle laùnie mot se retrouve ;p, 8^ i'i>uef 
'!(« Uirio OaaquËt); \u .% (IpoidiLo VattOû); p. %, 1- 12. Mistral iui- 
11^'lïir BOipltiit; Ih uint. 



66 



NOTES LANGUEDOCIENNES 



a été sans doute parmi les premiers emprunta : savoir la crtoêt^ 
B&voir lire, était un tuxe parmi le peuple, W y ^ quelques deux 
ou troîa ceniâ ïiiis. Le mot swer^ ù cuuse de ison t^roptoî fré- 
quent dans la formule de salutation bminsickr (bonsoir] c^oît 
être placé à c6té du mot précédent. Le mot ardioèio ^at peut- 
être dû à l'influence de Técole. Les noms propres en oî ont 
contribué pour leur parla répandre la prononciation -icè, Tl a 
paru de bon ton de prononcer Anftcèno (prénom très répandu) 
comme oji Tentendail prononcer aux gens de la langue dVil 
venus dans les pa^a et le nom languedocien Antàni^ rélé- 
gué uu second rang-^ est devenu K^nonjiue de zot^ niats^ 
un sens auquel rien dana sa forme ne semblait le desttner^ 
il est possible ausai que !e mût mu^hto soit parmi leï^ 
premiers emprunts: prononcé à la française^ il marquait 
mieux le respect ; le mot lang-uedoeien monnjt s*eat réduit au 
sens 6e chauffe-iit^ ïtens connu aussi du français (Cf. Littré, 
moine, 4). 

La prononciation w est passée de ces mots à des muta em- 
pruntés tout récemment, à nue époque où la prononciation loè 
n'existait plus que dinlectaleraent. Le foulwèr ^fooïoîr) n*a été 
introduit que depuis une quarantaine d'annéejt et le grefwèr 
(greffoir) tout récemment, quand on a commencé a greffer 
les vignes américaines. Le pitéitomène se continue de nos 
jours: trotwcr ei pisioèr sont des emprunts tout récents et 
Tabattotr a été aussi dénommé Vabatwèr* D'une manièie gé- 
nérale le peuple applique à toute p:«eudo-diphtongue 100 du 
françata contemporain la prononciution archuique icé ; il 
éprouve comme un vague besoin de classer cessons nouveaux 
dans les moule» anciens. 

A quelle époque (?ettd prononciation s^est-elle introduite 
dans la Ungue d'oc? Oé était déjà pugËié à oè (e ouvert^ vers 
le milieu du XYI* siècle (Rossmann^p. «tô) ; c^estàcette épo- 
que aussi que le premier élément decctte pseudo-diphtongue 
est devenu une semi-consonne (lo), comme le prouvent )e$ 
graphies Aa/oncr,moucAou£^'(P&)£grHve cité par Thurot l,353)i. 
Je serais tente de croire (|ue la prononciation oè s*est intro- 
duite ver» le niéme lempsdaiis notre diaiecte et que oé y est 
très vite et très régulièrement passé à wè* La connaissauce du 
français était très répandue à cette époque (Cf, A. Blarc, Sub- 



I 



I 



NOTES LANGUEDOCIENNES 



67 



'i^tîtfltion du français au jïrovença! à Narbonne. [Extrait du 
Bull. htsi. et pfiti ] pp. 18-19 du tirage à part) et la, pronou* 
ciatio[i «st pa$8ée de la bouche dea gensinstruita dans celle du 
peujjle. Nous avons un exemples de oedans un document de 
Foiirnes (Aude) de la seconde moitié du XVl*ai&cle * dans le 
rJOûipropre Antof;ne (â colè de Antont)^ C^estàcetfe époqueque 
j*rattacberaÎ3 les mots comme cncès^swè?-, [ma] fwè, Lea au- 
tres mot» n'ont rien qui puisse noua aider à préciser l'époque 
où ils ont été empruntés, aauf peut-être tioèzo (qui désigne 
exclusivement riostrument dont on se sert pour mesurer la 
Uiile des conscritâ au conseil de rêTÎsion) et qui pourrait da- 
ter d^ répoque où la conscription a été introduite, c^'e^t-'â- 
dire de la fin du siècle dernier. 



III 



Lamo, Bleime = tu, bldme, a. pr. bleanie. 



ai noté dans mon étude sur te Patois de Léztgnan (Revue 
JHLanguea Romanes, 18ft7, §. 12i) le passage de« du groupe 
m i r dans les deux mots èime (bon sens) <[ * aesttmu et cata- 
picime<^ fr. catopiusme. Un autre mot intéressant où Ton re- 
ofcFque le même pliénomène est le mot hlëime= U\ blême. 
tiétymologie du mot est incertaine ; le scand. htàmis admis 
pi^r Dieï, KOrting, ne peut pas donner fr. A/me* (Cf. Mackel» 
**<? gti^maniscketi Eléments in dey fr. mut pf*otf. Spruf^he^ 
P- 43,| 11 nd doctnerait pas davantage le provençal A/etme» 
Miis il faut admettre comme certain que» n^est pas purement 
fîtphique en ancien frunçais, comme le veut encore K5rling. 
\lAteinisch-fiomamsches Wérterbuch , n" 123d*} w Lei verbest 
Weimar et hleimtr, j*e rapportant à blesme^ apparaissent tou- 
jours dans les plus anciens maiiuscrïta avec un s devant m a, 
E. Mackel, op. cit. p. 43), 
U forme languedocienne ffipîme renvoie également à une 




' bans un cmnple d^ l'EgllBe de Prtumes d« 1585. Cl. Rèvu^ ttei 




6B 



NOTES LANOUFOOCIEXNES 



I 



forme A/e^ms dont d'ailleurs nous n'dvona pas d'ercmple ea 
ancien provençal. R^j'ijoiiani [Uxit/itt /ioffttJH,'-d,2'Z{^,2}Aoni\^ 
plusieuia exenjjilPB rie fjtfsjnftr. Le iiièiiiQ mot (itf) biesmar se 
renconrre (îeui fois (lutia Finmenca (d'aiircs E. L.kvy. St/fipL 
WorferOuv/t,», v. i/ifsntttr]. La niot bffZir, t\u\ exi>io au^si eo 
ancien proveJiÇHl [Cf. Bartsch, Chreif. Ptoiy^ 4' é^l. Gloss.), 
pHrjtîin se fatlacher n !a ujêtne racine. 

L'iiiioieii françiiis hk&ma est atie:^té à partir fin XV* siècle 
(A. Greb.iiu Mtjsiète fie ia /Vïjî/ûh. 2Ô4HI. d'après Oodk^roy). 
Biennir e^t [ilus nitt-i. n ; on en tiouve ilrjà un t-ifiupie *\h\x% 
le Hfjiawi {La geni de Fravce ki i ùkcée et ùieirnie, (.h. de RoL 
éd. Mu.ltir. 5yu, cJ'aprea GouKPftoTj. Godefia}' cite égalenieat 
ùte^mer ^ renfhe fivt'te, Uois, |!,2tt9, éd Lev <le Linoy. 

D'après !« frunçaiti hesmir et le pi'ovi nçal ifhsmar la racine 
£/ejtr/t — pKrbît avoir été eiupruhtét; a Iti ajême é^foque par les 
detix Iduguett. 

Les mois iiainie. blnimar <^ bfasfphejmare cités dans Mis- 
tral et rjui f>re8entc4't ic njérne |«Ih'iiDuiciie d'umui^aeiueut ûe 
satiL ]du8 empliijéôdatts le parler iIl* Lt-zi^ii«ti 

Le mot. aumùmo <^ eiamiOittfua esl vi^iitî ei très peu usité* 
11 existe uUiiïii î-oiid cetif foriue en andien provençal. Cf. Ap- ' 
[>e\, i'rou. ( hn-sl. 117, 13. Ce mot-Jà prèj-ente daits iilusieurs 
iliuleçted du provençal moJerne la liiaBiiniiaLiou de 9 eD t* : ■ 
nUiuQtna. Celte foriue y>t connue aus^ï de l'hncientieîangue : ^ 
uC, aiuiwna. Appel, trov. CA/ya/., XVI, 4k. 



IV 



Lako. Ç011FO ; gourgo <^ ^urga 



Je crains que M. A. Blanc durnson intêras-^ant «rticle sur 
la Tupimijttiie et Etymoiwjie fiftpulaire (Revue des Langues Ro- 
atftne;^, 4'^, 'i^3 et suiv.) ne ,«oir allé un peu trop loin en avan- 
çant ijue le c de rforc «'Bt (uiïiJiô « N^rliouue dêa le commence- 
ment du XII l* siècle ; il est vrai (|u*il fait des réserves et il 
faïUenfrtire. Ltt tijui, insiste tin-ore (avec un o formé) dans 
uerlaius pariera de la Monta^^ue^Noire (ikord du tlèjjarteiueDt 



^ 




NOTES LANGD^nOCIENNKS 69 

<i* l'Aufle) et il est même connu dans le pHrler de Lpzigtian 
flSkil. ouest le Nart^omieJ ; lUua ied deux cas le c fiual eat 
sensible (hushî sonore qun dans yjorc ou àesc<^uisçttt»]. 

Ed revarjche. ]** vois le mot noté gaur dans le parfer pîscé- 
Doiî(E. Mazuc, Gr/itnmnire iMngne'foGfemie, ]\. 28U ; mais leâ 
formes du pat^lt^rlézigiiarmiâ reprcsenlHUt irés bien ceiks da 
dialecte »H!'bonnat4, Uudis que ce!!*is du ])arler piacénois 
s'en âloi^'neiit sensiblement. 

A côié de ijurijea exi^U en bas-laHn une forme (^ur^n qui a 
Ijiis^é un refirèî<entLint dans la plupart Hes iiarlarâ l^n^uedo- 
cieas : tjourgo, endroit d'une lûvière un se trouve un bas IbnJ. 
U forme larme ^e trouve dansiez Gftnnfitivf r^ett'rc», 3îi0, 19 
(«il(Ss par Q EoiiO&s, Ans fùàt'L Iai^iifutsf/ie& Wôrietù.l* AutL. 
*. u. (jurgn). D**ua le parit^r de Lé-nguan ce mot est plus usité 
qae k forme ni.isuuline fjonrc. 

Le mot ^/ï«r eiitite eii Mni^ien français et dnns les purlers 
Œo-teme^ sousia forme gort^ gùurt^ gt4rt. Godefroy en a 
recueilli <\v jiombrt^ia exemples dan^^ sr.n hicijnuuïiire («. v, 
yor^). Drttis cepuins le tuot a un o ou^'erf [*i\ l'S rim*'i4 mort: 
iforf flariâ le pa^sMge ée Gantier de Pout Sainte-Maxeuce, 
*iW (*Hr Go'l*?froy) ce qui r^pinsUe te ir^i'-flui^^iit de fi-, (/'irge^ 
prov, (for/ti aveu un u o^ivert- (Cf. Scuwan-Buhrkn^, Gram. 
^i-Àft/nA' Auû. g m. Rem ) 

pHtriii lea parlera mo lernt;3 la îjonnais-foréKien a gr^ur (Go- 
'it'fro^j^ les dtalei^tes du Jura ont huasi (/(»t/t (d'après un ren- 
'Glgitement perï^oatiel]. MéLûÊPurme dauâ JAt^fifiiiT, Ohsa. du 
CntirF de Ut France. 
Oodefroj cite encore la forine {ffiufqiie=^ * canal de moulin, 
8*otre de moulin a (î) d*aprê8 Ouin, Dict, fi',-italv'ï^ et 
<»ftprè4 un doiîumeut des ^rrA/we.î de (a Giromle (lô21). Le 
mot paraît être un prnveuçiilisriie. Les» patois puiievin^ oon- 
nahtent le diujiuut'f ^i^'jn/e^:^ ^^/v^h : « le gorj^reau regoule 
''*ti&uen [Glu&t. du patms jiùitvuin par Lalanne, Mém. de la 
Soc. des Aiit"quriire-s dt* rOue:*t, ;t2, p. 151), 

Du Cariire (éd. de Hî78) cire une forme gordus (lUl) *tocu$ 
ii/7»ut>> coatcfQfttu pitictutrt ciîpienditrum gvatia », qui paraît 
ODe formation récente d'uprès le fr, g^tri <] gurgtte et une 
fwmi'gurguf, pUis au^^ienne que gardui^ et qui pourrait bien 
ilaler de la même époque que^urt^a. 




70 



NOTES LANGUEDOCIEWNES 



Languediïcibn ran <[ Gkrh. Rand 

Le mot ran (aignAlë par M. A. Blanc (banale nom de lieu 
Ranmaî'y Revue des L. R. 43,400| existe encore dans le parler 
lézignanais; il est vrai qu'il est à peu près exclusivement em- 
ployé dans l'expression a/ ran de ^z au Imrdde. Quant à Véiy- 
moto^ie il faut la chercher dans le germanique rand. M. Ë, 
Mackel l'a d'ailleura déjà siiJi'nalée (après Ûiez< al je ne me 
trompe) dan3 eoti ouvrage Bip germanhcken Eiemente in dtr 
fr, îtndprov. Sprache (p, 8, 13, 59, 159) à propos de la forme 
féminine randa qa'il ramène au golique(fém,)* randus; il cite 
1© prov. a randa ^ jusqu'à la (in et l'italien a randa ■=. centre, 
fivèt de. 



VI 

DlBBIMIL/LTIOn DB A E?i L 



J'ftî donné dans mon étude sur le Patois de LÀm *tan § 169 
des exemples de la dissimîlRtion de r en Ismï i'.\i dans les mots 
em|inintés au français. Voici encore, dans le même parler, 
quelques mots qui nous présentent ce phénomène. Escûuvèou' 
nèio^ fr, scorsonère, aalsiâr; noir. D*après les auteurs du Dic- 
tionnnire Général le motest emprunté par le français à l'italien 
s€orz(mera. Tiàmet\rn.i$. tout aussi bien pour le Jang'uedâcieEi 
un emprunt k l^eap, esvorzonera cité par k Dici, GénéraL 

Le ^econl mot est alencado^ sorte de sardine salée et mise 
en barril dont on fait un grand usage dans le Midi, Le mot se 
rattache au jfermaniqu^ hariufj (Cf. M. Maoksl, Die Gertn. 
EL 9, 45, etc.) qui a donné aren dans notre parler ; le suf- 
fire — a<fo est venu s'jf ajouter. 

J. Angladr. 



I DODICI CANTI 

ÉPOPÉE ROMANESQUE DU XV1« SiÈOt.K 



CANTO SETTIMO 

(Suite) 



[F«80ro]49. Rispose il sir : » Per fard compagnia, 
Verrd se tu voleati in capo al mondo, 
Ch' attro facendo aaria scortesia ; 
Ma se colui, che sta nel ciel ^ocoodo, 
Ti presti ciô che t'aima tua desia, 
Dirmi chi soi non ti sia grave pondo, 
Che questo mi sarrà quel guidardone 
Da mebramato sol fra le persone. 

50. Non cerco baver tbesor, non cerco irapero, 
Ma ben cerco acquistar nel tnondo fama, 
Che qiiesta sempre dura, et di leggiero 
Perde la vita chi quegli altii brama 

Per cupidigia. Fama un huom fa altiero 
In vita et doppo morte al cielo il chiama. 
La egregia Fama un huom rende imortale 
Et di salir al ciel ti presta Taie ». 

51. Cosl dicendo ingroppa la fanciulla 
Che non si cura più di veste o gîo[i]e, 
Ma la sola camisa et d'altro nuUa 
Pensa portarsi, et le passate noie 
Tutte s*oblia, et lieta si trastuUa, 

Et dice al palladin: « Sir, non te anoie 

Meco venire alla cita vicina 

Ove bonor degno havrai da Fiordispina. 



7f 1 !)ODlin C'.AKTt 

52, Fiordispina iona io, di Zepodoro, 
FigliiiQl di Slûi'cliUn re rij Granata» 
Vftiaconsotte, pel oui dolor moro, 
Kinch^ io nol vedo havendomi sposata. 
Dîrotti cavalcando corne il Moro 

AL ào\çe apoflo mlo m'hâbbe imbûLliaia, 
Aciochè rnen ce tacresca qnesta via, 
Et cobI InteaderRÎ qtiella ch îo sia^ 

53. EeaeDd'ïo &1 padre mio uDicaûgLiB 
Et uome vedi Dvibile di etade, 
Spesfte volte egli mecQ ml consiglia 
Di marJlRrrïii ad huom di t^ran bontade. 
Io H^mprë le moatrai torie le ciglia, 
Imperù che mi usa una crudâltade 
Délie più aepre eldelle piû cpudeli 
Che mai fr& pagâa fuBse o fi*a fedeli. 

F'*dOv°]54. Andand' io un giorno a caccLa per dîlettû 
UnafandjUa a guisa dt guerrière 
TruQVâij âhe dirnoâtrava al chiaro aspetto 
Huoîu sLgooril rnagnanimo lat altigro ; 
Meco la trassi e in un mede&itio letto 
Jac&tnmo p«r più dl col cor aiacero, 
Kt Ul ai dipottô eh'al suo partira 
Creaimi per il diioi grave moHre. 

55^ Io m'era tanto di lai itiamorata 
Che aempre desiai ch' ella homo fuBse, 
Ma, perché mal mi vuol ^orte âpietala^ 
Un suo frateUo^ ai Lasaa 1 mi coaduBae 
Forai percb'io da lei fu^si lodata. 
Forttina pei donanni di aue bua«e 
Mîiadorni a rîLrovar il ^ovinetto 
Cbe coDO&CLLito fu per HicciaL'detto. 

56, Alla peraona, a 1' babîto^ al sêrnbiantei 
Alli coatuiiii, alla graa ligiadria, 
Farevaei propno qiiella Hrâdanmato 
Che più dl atette cnecoin uompagrtta : 
Le acoglienze ch' io fecl a queitu inante^ 
Furooo un zéro in su la fede mîn 
A quello cbe doppoi fâci a colui 
Che '1 cor cou l*hoDor mio poriù coq lui. 




iiANTO SKTTIMO 

57, Qdat gïiintô & me v«Atii con qu«lti [laiiitt 
Con qupi ch<? Ift !*or?nii fti veatiu, 
Per ben ch' io non conobbi slhor gli engani) 
Gli engfi.DDi che fur dotci alla mia vim, 
Ma dappoamAri et pieu di i«nti HfTaoDi 
Che, poieh' egli da tae îece partita, 
N'helï' îo a Bcojtpinr pt egli a rnorir |iriniB, 
A Ul ch« '1 dolor mîo fu tentA «tima, 

5H. Grava è la [»enn mia ch' io mi vicorâ» 
Che come donna me io mîsi in lettu, 
Et ei colcato Côtne cieco et sordo 
Stettesi rin pezKo pien d'oint HapetLo ; 
Ma perché la Daturafece ingordo 
L'huomo et ïa donna di quel lerao diletio, 
Quel dlilelto apeùlo naturale 
Ad buomo a donna a of ni altro animale, 

59 > Seppemi ei ai Nn dir cod le parole 
Ch* egVi erst BiadarifiRati; ch^ io ^li el créai, 
Et cb$ per In virtd del sacro âôlé 
S*eT^a f»tla bomo, et io cbe dir g;ïà entrai 
Quel miiUr di Tjn-hesia, come anole 
Credula dunocr, al buo dtaio pîù niesi 
Mi diedi in preda voloniien^ et lieta 
Ne fui fin che la cota fii ae<îreCa< 

F*01 r*]60. Ma poichè ai sMiaperse il meschinello, 
Lavitavi lnâdava.ae non ara 
Un certo cavalïier valenle et snêll^ 
Che [cajpitô per aorte alla H^-ierii 
NoAira qael di ehe dôvea morir qupt]o 
Inftioco orrendo ei la persona altiera ; 
Fti da qnel cnvallJerioUo allu morte 
Che la abiri-»glia uccise il prqde et forte. 

61. Per quella crudeltà del padr« mio 
Non ho volutû maritarmi mai 
A chi di darmi baveva egli in disio^ 
Ma U Fo)-iuna pet' donaimi guai 
Fatio ha del mio cor CMida un rar più pio 
Che quel d'iina (Colomba j)ura asaai, 
Etaoldi Zenodoi'o al prîmo flgiiardo 
Io aJai et Acai et aeinpre aghiaccio et ardo. 




I DODICI CANTI 

62* Una gioatra ordinata in ThAVAgona 
Fn dal taio pftdre aasai grfLnde €t flolennc, 
Che venirvi potesse ogni porsoûa, 
Purch' adori Maçon ; ondfl vi venue 
Dalla GrauaU il grau re âï coro&a, 
Kt seco in fin da 1 iboIa di Leane 
Fiivï unft UotiïiB clie é cotanto fiem 
Che combattuto havria con la Cbimerai 

63, Venuto vi era quel gigante nocora 
Che pcf ûomc faceva Argeate dirai, 
Etlagià detta donna SicoiDora, 
Graûdo «lia .tncora <)iiaDto poaaa udirai 
Da me uarrarâ , et senxa far dimora 
Prima fu contrai Argeate a dtecoprirsii 
Chiedendole battaglia a 1' improvisQ 
Cùn un robeato et ben ttirbato vi«o. 

64. Fecero insîeme una battaglîa quale 
Deve^L farai da dui corpi i-obuati, 
Ma il ci'udo Ârgeste, ch'era aaaai beatialet 
MeDâva a quella colpi poco giuati. 
De larmi, deda forza oguuno ugaale 
Ëra £jl CDinpagno; con dui mazzafruBÛ 
Si davano piombate per la schîena 
Ch^uaa baatava a occidei' Ih baletia. 

G5. pur vole«ae sorte O pur vûiitur?^ 
Dî quelta douiin, al *-apo dêl gigante 
GiuDae una pnlla fiior d'ogai miaiira^ 
Kl QorsË il San f ne dal teachio aile plante : 
Onde quel per vergogn!! o per paîtra 
F'uoi'i délia citade in uno isliiiitt; 
Pai'citie Ben/a preda^ ei non fu visto 
Se non qnando di uie fe il crudo acquialo. 

[^91 v*^] 66, Sicomorft poi sempre eteasi in pace 

Ohe aeco akUD più contrastai' non vuolle, 
Di Zenodoro alcuu non é piiï audace 
Kè ohe col sgaardo lo mio cor più immoHe 
l'oti atHva assni dqrii et pertinacQ, 
Par questi mia durezza avellc et toile 
Et tanlu m'ard'il cor, taoto l'accende, 
Qua^DJto piû £eco la victù comprende. 



CANTO SETTIMO 

B7» El tanto più U sua virtù ra' at-c^s^^ 
Cbe niella g^ioetra riportô llïODoreT 
Etpo'eglî iat^sso al mio padre mi chiese. 
Et quel mel pemuaec, il auo vAlore 
Lodando moho, et Vamor che m'apreee 
Di dur mi fece in petto molle il core ; 
Et giâ Soi mesi sod ch'hebb' io Tan^llo 
DaL mio «poso et signai- lïggiadro et bclto. 

08. Son venti giorni che cûvalleriA 
In Taragûûa egli m»ad6 a&Ba.i grundv, 
SaIo itêr* farmi Ëda campagnin ; 
Del mio Rndar in ûra[na]tH già «î i^pHudr 
La voce in corte, et eoD grao baroDÏii 
Del padm mio, n ciù da tiitte bande 
l'fuesi ben f^uardaU et ben aicura 
Patess' io di Granala entrar le mma 

*i9. Non gnari limgi dove mi tr^vasti 
Sopra la strada n atteodeva il n«grn 
Dalk cul maiii tu mi lib^rasti, 
Kendendomi il coi' aan (ïbe pi'iniH Ëfii Agro 
Quel rubaldan senza raltrui coDtraati 
Trarmi di sella punto uon fu pegpo. 
Né riacatUrmi Torxu Jiebbe gia oiai 
Tuttala tiiiba, ancoirhè fuaae a^vai. 

70. M6 aotto iiD bracï^io pnrt6 il neghitos'i, 
TrâhdDdo p<er il freno il bello ubino 

(^hetiii partti, per che '\ vidde porui»os(> 
Di geûitD« pretiose ^it d'orû fino 
Tutto coperta, et incno fu quello aso 
UitFam dalla raaji dell' asuaflaino, 
Ma nûaco venae per In tarta via 
TJq pexza et hacatol ]a compaj;?nui> 

71 , Oacniattudo per quella il frtato iatro 
l'urmi çonduase ta quel nllu burrone, 
Ove ù più baaso uu iuog-ij scuro et Htiu« 
i:il denli'o uaauàfipantia ai un mi piioue 
Primu legata ; poi coin criide] latrn 
Canina escr <li fnor aile peraoQ^. 

Ne ucciae assaieL ae ïevi dG'moltî, 
iCûiâpeado loi- le braocia^ toite et voitt. 



7ÏÏ 



7e I DODICI CANTI 

[F* fia r*J 72* QtiÉgli fujfgero et io priff^on rimasi. 
Le nchâ anellii et lu corona degna 
Et le Ampie veete tuolsetni, ond* io quasi 
Fui morta d;^] dalor, ma pur indigna 
Di tnl morte lervata ad altri (ïnsï. 
Costuj cQUtiadi [lie piû si ditidegna, 
Perché non volai (;otiseDlir h qnella 
Cha tal beatîame poco era il mio hoetello. 

73, QurI mi trovasti pq' Lgnuda legomint 
Et m'wLrfliggeva ancor ci>ine vedosti, 
Ma liÈ pieià ch'i Ûei benî^ûi et somuii 
OpraroQ tanta i-be tu mi] ven&Aii^ 
Fece persua boutade uh'al fia aoutmi 
Da morte a. viu tolu irï tRtiû mesti 
Aflkniïi rniei^ et veizg^iuini hnata 
Per tuaboQtàf pertua viitù pr^gi&ta. » 

74« Et fîaehâ ragionando iviia coetor» 
loveiÂO U cita, du iiriH gfHn gKitt« 
Vidder oupi'LL' tutto quel t«nitoro, 
Moati'ttndoBÎ in la vî^ta iissaî dolente, 
Ne ai st^mivA wtou» âuuno tra loiu 
Di tramVe o di tunlmi*, ma f^raiidemeiite 
DîcevaQu fni loi- di dar U mui-te 
A quel Ârgeatâ furiboudû et farta. 

T6. Sicomora fra qoesti era li prima 

Che'l cor voleva a quel trar fuof del petto. 

Zenod^rn di lei Th iriRg^iovotima 

Che di tutto Altro il bd drapi^llo eiêtto; 

Sol (|UeUii honoia, sol qiiella (tublmia, 

Solo di le în quefiti hIiq concëtto, 

A lei vuol ehe al dia la abidieciEft 

Ch' ir Don vuol al i^igaate di lei seaza. 



(A cuivre.) 



BIBLIOGRAPHIE 



GvC^^ti rP.). — ^Juelques préliminaires de la Rôrocation. de l'Édit de 
Nantes m Languedoc (I66<-16H5J. — Tontottfiey Privai; Parix, Picard^ 
Ibtfy, iniS*. [2lJi-CLIV p.] [BihUoihèqttemétidi^xHak^'V^' série, t. V]. 

La Révocation de l*Kdit de N;ifiles Iroqve aujourd'hui peu d'appro- 
bateur*, et tel ûufldémiiîien, qui. riaria tiea disoûiii*B, truite Je« fi'ôû- 
çuB ïii>n cRLhu)ii|i]ea d^ h ennâims dti l'âiiie fratJQHiâeip, se refuserait 
^ourlant à lua traiter eu euueuiis. Logique ptuaacHdéiuique que fiopu- 
l»irv. De <ie rMi90Jinenie(it ^\ ie peu^Let par muibeui', Hcceptait jtfiiiaiB 
^ |>temiri»eâ, U Lui donnerait 4Hns oui liou^e une tout auire conclu- 
non. 

C'«att!e dont le Livre eiicëLletit de M. 0. fournit la ptcuve. 11 rtioti- 
Ire que k ttévotf&tion ne fut pua geulemeut, corama on i*a cru, 
lœuviedu )j;aiivei*ueini;at ruyiil, ai celle du Lderg'ê de France, mais 
c*;lle de tftiit ie nmiide, de la ualiun prestiue (ïnliâi-e. Eu [-auguydoc, 
P^J*^ H'K(at3, où K réuuiiïsiiif^tit uh^^que annéo les âSBeriibLé^a dâB trois 
ordreflJcQ HLseiette!; diooËsnines, où delibêi'^iecit et Rdiinaialraietit de 
noPTibr^ti^es inimicipaliLéa cûii^itlaireE^i oa peut eutcudre 3a voix du 
pcujile Ce qu'il reclatue nvec insislanL-e, bien av^nt U Hévocalion, ce 
(OQt|«ii mesiiiet^ destinées à la prépRrcr. t^erteb lee buguerioti dépLai- 
*«i coimne hérétiques; mHift on lesairne nioin?; encore pour Ih pîace 
^""'11 (jtfuncut et qu'gii voudrait jH-etidre. Ûffi^îea, fwtjtîtione lucrativeB, 
fKïaitioirs comiuereiitle»^ industrielles» reenources accuinuié^B pour 
leotretiyti d'oeuvres pruteainnt&s, voilà la butJn cOîivaiLé. Et quant 
4^X iilflaures a eaiplu^'^r, certaine jutialea, »donni!urâ d^avisM que les 
E**Ueitïret(eoûeut, les l\ Meunier, les Bernard^sortt là pour Igs sug- 
g^wr. 1^ ^uveraenat^nt royal, Hollicité cb.'ique atmee, cède peu à peu: 
*iiui, Bur de» iaitmtivf^s venues ^arfï^i^ d'!isae« bnn^ fut ima^iaée, 
p^iii )i^pUquêG en l^atlgil^)dac, étendue k toute k Fruiit^G la pro^^ëdure 
4ui -«lUit priver les m ilheuri2U£ hugtieaata de droite soienaeliËment 
rvcormtis et aboutir auï pires violyQcea. 

La Procédure, la Violence, telles sont les deux parties de l'ou- 
rnge. 

La première est comprise entre tes années 1661 ei 1630. t1 nous 
•erait imposaible de Itt résumer ici; car la pr^o^dure consiste en 





wiTTC^ — caargvB 



U pénMk de TÎoteiioe (l^SD-i^) awa pââ prérw^ti—t ecUe ^ 
rcxécQtÎQn mOiùùre, quoiqu'elle j o oo daÎM . Ce«t U ub« c« prmtique 

i^«e prDêé«iiirièr« mTuent â«scLt«B. Les «tf«U. prew|ii« iamé- 
Smtm, forant déplorftbiea ;!«* proteataBli étaient fédaîUao déMspoir; 
dès 1083 le MDg eonU daa» le* CéTCBMS. 

M. G. nous p&rmît avoir caisi à laerTtalle U rraîâ nAinre ée* faiu 
leur eDcluînemcnt et lem eaoset^ si complexes. A ceQ% qaî, «uqtha 
par La noaresnté de* rttea, seni^Dt teoiés de crier ao paradoxe, oûiti 
recommuidehona ea paràealier ta lectare dea docomenU placés à la 
fin da rolune. Ton^ toai probant* ; qoelquea-an» sont d« premier 
4>rdre', aîaaî oii mémoire [n." 35]^ où l'iatendatil Dagoesseati expose 
tout au long tes -< mojrena haoïalos ».par leeqiidaan poairaiC détruire 
ta reli^oQ eonenue. La parfiùte iDodéniCioii de la peoaée et de la 
forme ajoutent à l'Impression i]e vérité que doDoe le iÎTre. Ajoutons 
qu'il ûM vivant par l'intérât, (jour aiaii dirt? actuel» de la raatièFe^ 
par le style, pittoresque par endroits, toujours souple et ferme. 

(*) 

Slndier i modtrii ipfrïJtireUQikap ufgifns af ojfllologiika aallkapal i 
^tockhnim. I. — Vpptaia, Âtmqvm, lS9t), in S». [Xll+23a p.J. ^ 

Ce recueil coalienl oeuf arlictes qtie nous allooB passer briAvemeat 
en revue: 

I* Cent mots uutiveaux eo Ume et cd -i$t€ ne figurant [i&adanft les 
[lictionnaires de langue oud argot fraQçaispnr K&r\ W.ihluad.^ Oai 
UDfi h»te curieuse: les paoU, tirés des écrit» du jûm*, périodiques et 



H 




BIBLIOGRAPHIE 



9 



I 

I 



i 

I 



k 



jfiimaui* sont cités avec l'indicftliou des sources et daaséï par lipes 
ûe It>ruiatJon, L'article débute pai- un aperçu fort intéressHnt sur le 
déveUjpîienieiil de« créflhons de ce geuie en français aiii diffèrenla 
liécle*. L'autetir pe a^ dissimule pas que si cei tain^ de ces itiûta 
devienneai rcellcmenc vivatiis dès leur apparition, d'autres naisaeEit 
^\xi caprice înatatitané auquel il ne survivent ^^oint, 

2* Na^ra fiQteckniag'^ii' ^rn ^invaQdnitigeti af prepositiouen A vid det 
direct* objectet i Bpauek.-ui af Ake W;sgn MuiUbe, — L'emploi de la 
prépoiition ci svec le régïnie direct en espag^n?! e$t tellemeût iuter- 
mitle&l qu*au premier abord il semble uniquotneot déterminé par te 
ciprice des {tuteurs. M. Miinthe essaie de dëbrouiilerce caos; il cUase 
M* eiernplea sous diDereotB chefs et montre que lu présence ou l'ab- 
i«nce(l& cet te préposition est déterminée par des raisûQB d'eufooie, de 
clarté, enfiii par !a tiatare du ré^îiTin, iiIhr ou naoina l'oncret ou 
lUirait, personuel ou impersonnel, précédé ou non de Varticte» d'an 
DomdeuoQjbre, etc. 

3* Mélangea grammaticaux par 0, Ortenblad, — est d'abo^d une 
recherche i»tori4ue sur Pejnploî du mode indicatif et du mode aub^ 
jOLwiif avec les conjouctioûs concessives, — puis une autre sur l'em- 
t'I'ndela préposkioii en devant rarlitde défini. Notons à propos de 
cette derajère que les IocuIlods en le. en les qui\ signale, n'ont pas 
ttM»é jusqu'à présent dans la langue vivante. 

^" Sinklda anmaïkningar till den engelska grammatikea af A. 
Milniitedl, — Cet article contient des recherches sur l'emploi et à 
loccfliion sur le aens: I» de farther z further, farlhesl : furihesi^ — 
2* de tthotter f whatevetf tcherevarlt hoioev&rï why everf — 3* de 
^^td, dursl, (/orer. nefà, use^ — 4" de l'article dt^âni, — 5" de Par- 
tiel* iadéfini» — 6" de schaU et mfL 

^ Le auffixe -mi«, -ième en français par Erik Staaf. — C est un 
àei bons urtielea de U collection. M. Staaf fait preuve d'une 
^tmiAsance tràe approfondie dv ta question et la discute avec une 
gf*ai$ compétence. Pour le suffixe -imet ^^^-^ con&idérons Ka 
^''Bclasion comme dêtinitive : il provient du iat. ^ëcimus dans la 
'fii'JC vndêûtmus — sedecimus. M&iâ pour le suffiïe -ième nous 
ptnsoni que le problème subsiste. Ne serait-il pas tout siajplemeDt 
leréiultat de la fueiou du suffixe -ime avec le suffixe ^esme prove- 
nant de -tîSimttf Le mélange de otizime avec *onzesm£ aurait pro- 
duil OHsiesme, celui de dousitrte avec *dousesme aurait produit dou- 
:ittme, Litâlien flemble fournir une intlicûtion en faveur de l'évo- 
lobon supposée» car À côté de undecimo, dodecimo correspondant k 
onume\ douîifne il possède les formes undtc^simo, dôdtcésimo auX' 
Ejudle» correspondraient 'ûnz^jftnv, 'douicsmt'. 




«0 



BIBLÎOf^iBAPHlE 



A*Ofn Sndeltâd -i> i nTsveaskua nf Alfred NordfelL — Recherche 
lar rorigiae etr$xtan9lQa da la finale -i^ &a suéduie mod^rae. 

7" Altêr&tit^n et chute de IV en fraaç^îs par Herman Andei'BBon. — 
L*anteur lepienri ici In têorie qu'il avait exposée dins le Recueil den 
Idémoii*es }>hîlo1og'lqiJBa présentés à M. G. P^Ks pnr ae? élève» 
Biiédaî>;^ Staiïkolm^ LJK89, [jaurla compléter et la modifierai] r certxiDs 
points. C'eat une t^tude irâa soigaée et pleine d'oliaet-vations inté* 
resBinteâ, Mais il n'i a pas lieu d*«a discuLer ici les concliiaioQA 
ptiisrji/elles l'uni été depuis d^ns une surte de tournoi Bcientifi^ue qui 
vient d'avuir lîeu drixis la ftomanta, 18^, p, 579 et siiiv* entre 
l'auteur et M. J. Vising, 

8* Zaï- frage nach der enlstehung von konatruktioûen in art von 
« ich biibe SL'hreiben kùnnen ^i u, s. w» von P* A. Lange. ^ M. Lnnge 
penae i^uc ce sont les constraijcians comm^ ich habe arb^Uen tassen 
qui ont servi de moilèle aux locutîouia plus récentfîs, tÊJtes que tcA 
Aojre ctrbeilen hônne», 

9* OiQ artikeln dess urspruug ofjh uppgiifl sSxskjldti fraaakan och 
abdii) romansku sprâk ^f P. A. G^ijer. -^^ €*eat un chapitre de aiD- 
taie i:»tot)(^tie. Kecherche approfondie aiir les origmes^ lea emplois 
et leurs vHleura de l'ai-ticle dans les laoguea romanea et particuliè- 
rement en fraaçaia. 

Le recueil se tei*fnitie par la bibliogr^Se des ouvragea ée 61ologie 
romatie et germanique publiés par des Suédois depuis 1893 jusqu'au 
mois <t octobre ISbtd. 

Maurice Graumont, 



Bouaet iEmilef.— BibUo^iaphîe du dlutrè^e de Montpellier, Ancien 
çdsB de Mjguelon^^ Mnnlpeliiert Bî^ïiers, Agde, Lodète et Samt-Pons 
de - Thomiérea. — AlQnffit?ititt\ Imftr. Firjttin rt MatUartet 1900^ jçr 
în-8». [146 p.J. 



dî^^ 



M. Ktnile Bonnet, docteur en droit, avocnt à ta Cour d*appel de 
Montpellier^ est l'auleur de s-ivants ouvrages» parini lesquels tiouft 
noua contenterons de tntcc Lêê débuts d* l'imprimerie à MontpélUtr 
Qt L'Imprimerie à Béslertt au XVJI* et au XVIII' siécU. Il publie 
Hujourd hut, en un beau volume, une BihUoyraphie da diocèae de 
Montpellier, <^ii\ tâ^rM foj t utile à tuitle une cutég'oi'ie de travailleurs, 

Tiès iiiétbodit|<ïeinenit coinposét ce répertoire sij^uale d'abord les 
ouvrages jjénéraux aur In matière {GailUt chr-htùimt, Hhiotrt du 
LanguefifiCy Hc.^ et passe cusuite en revue les ûuvragesi tuanua» 
cdta ou impritnetj, qui c^oncernenL i^haL'UD des cinq diocàsea que la 
ConatitutioD civile du clergé a réunie en ud seul \ celui de Béu^r:* 



BiBf TOGRAPHIK 



81 



'ftit^n*!?!! 1P02), H^ Mi>iii(Pt^lltei(riepuis cette <ÎHte). Dan* chaquecha- 
,pitre e«t auivi l'ordre snivaiii ;/- HiRitàrt dudiorêêe ^l rf« Enéquts:— 
//. Ahba^ifit. couvgttU, ffabi'Mitetnentg ho^pifâliefs et eharitahlet^ cûn- 
fréritA : — ///. Parome*. ^ffilses, r.hapflh» ; — /F. Hagiographiti 
— F. Liturgie ; — F/. Enneignement retigiêuxt taiéehhme» ; — VIT. 
Comcitt*, fynodeH, confétvnres ^, rèfftf.msntê tii ajffiires eecléti astique» ; — 
F///, Biù^affhUs ^^cléHasUqnta ; — ÏX, FnUmiqitt« rdigieus^ : 
r^ortan, jun*éHismt. Seulement, la bibliographie D'étnat ^aa égale- 
ment ficbe pour tocs les diocéfieSi cf^rUin^B BubdiirîaioQs ont dû étr$ 
parrotB omises : une pour Béziera, trois pour Agde et Lodève^ quatre 
poor Saint- Potis. 

L'ouvrage^ qui eat fûdigé d'utté façon agréable, ae termine par trois 
iQilex fort commodes, Tun pour les auteur» citéa^ l'autre pour les 
perso ti nu ges» le troiflième pour les localitfin, les ëdificoB et len étn- 
tiiisftémêTlta pieux. 

Une hibliographie ne ^^auralt jamaia Atre complète» et M. BacDst 
trAUveta sjitis i^ouEê par la suite de quoi coirib]erf;ertaiRes lacutieB ou 
ra^rue dp quoi rétablir telle ou telle des subdivisioas supprirnée!i'. Soo 
liiTe n'en est pas moins, parmi les recueils du même ordre, un des 
filus précis, dos plas coDsciendeax et des plus méritoires, 

Eugène RjGAL. 



Btrtbelé (Ja».)- — L^s Instructions el Coostîtations do Guillaume Du- 
rand, le spécaUleoT, d'apHs le manuscrit de Cesnenon. — Mortipeiliet'. 
/«/>. Bœhm, 190Û, gr. in-8-. [140 p, al 4 pLj. 

[Fait partie dvs Mémoirts d^ la section des Lettres de ^Académie d^t 
SeieneeiH Letirei de Monlpèllier, 2" âérie: tomf^ 111, L] 

C'est pendant une toarnëe d'inspection d'archivea, que M^ Jos. 
BertheJé a eu la bonne fortune de découvrir parmi les parche- 
man rriyaicipau]L du village de Ceesenoti (Hérault), le manu- 
icril des InstructiODs et Conatitutiona de Guillaume Durand, Cette 
découverte est d'autant plus importaote qu^il ne s'agit point d'une 
ttuvrv M tiiédite i*^ mais d'une œuvre a incoimue » des bibliographes 
les plus coiupétenCs. 

En outre^ le rnartusei-it doit étn^ considéré comme eu partie auto- 



Ainsi, pour le dioc<>ati de Béliers, la subdiTÎSîori supprini^'f] est celle 
/iicf^tiipfiie* ecf'i^-tuitii^ite.'i. Mats ne faudrail-il pas signaler lu bid- 
do l'abbé Maiiln (17iiJ-18^>, euro de Sl-Aphrodise de Bézier». 
té aux ÈlaU -Généraux, et membre delà Gon^^tituante? ËUi; a el*^ 
iteporM. Au^ïle Fsbré^at en 5rï p. iji-tJo [Biographie des Hommf» 



ê2 



BIBLÎOOBAPHIF 



graphe. Lab additions et U» surchargée ne aoat p&s de Ja raaiû d*aii 
flderdtaird écrivaot aou» ta dilatée, muia de ta main de Vauteur lui- 
même. i< Elles semblent trahiL' r^ditM.J. B., ■( l'auteur béâitant dan« 
n la. rédactioD de sa [>hra3e, coriig^eaDt, raturant, jusqu'à ce qu'it ait 
n donné à la traDacrî|>tiun de sa pensée 9a forme déâuitive^ ^' 

M. J, B. a publié ce texte avec le plus grand saîu. Il a eu, déplue, 
l'heureuse idée de faire reproduire eo pbototjppîe quelques piigesdu 
manuscrîtj ce qui permet d'apprécier l^écriture des uotes marginales 
que M, J. B. cûnaidére comme des autographes de Guillaume Du- 
rand. HT. 



Notes bibliographiques 

Notre coafi'ère, M. M. CAitÈLAT, publie dajis Mélusine (janv.-fév 
19ÛÛ) un conte qui a cours dans la vallée du Lavedau : les Apeniurati 
dit Chat et d<! l'Agneau. Quelques obaorvAtions de M. Gaidoz, qui 
\fieiineat à la suite eq font reBawrlir rorigitialité* 

11 eat dommage tju'il o'oit pas été reproduit ea gascon, c'eat-à-dira 
dana la langue où il semble avoir été reeueUli, 



Le premier Annuaire des Jeitji Coraux de Cologne vient de pari 
tre. Il contient le portrait de la Rein© de la fête, Cannen Sylva^ 
■areprëBentante et desj viugt-v|ualre darnes d'honneur, des poètes 
couroDués et enâu du fondficear des Jeux Floraux, M. le D'' Fasten- 
rath, H contient eu outre un salut poétique de Carmen Sj^lva, une 
poéste espagnole de Pinfanie Doua Pa^^ ainsi que des poésies de cir- 
conaLance envoyées par plus de cent poètes et poétesses de dix paja 
différeets ; pluaieura de ces pièces émanent de félibrea piovençausL 
(Cf, Bt^ue <kê Langue» romants, t. XLll* p. lOtJ, 112J: le volume 
contient en outre une lettre de MiatraL 




Dana le £u//£f in de ta Société d'agricuttitre de laLosère (oct.-nov. 
1899J,aou» trouvons une étude deM. JulesËARBOTquiporteletttrede: 
Jongleurs et Troubadours du Gévaudan. Ce n'est que la simple repro^ 
ducttou des piëees qui se trouvent dans tiajnouard ou Rochegude, 
sous les noms de Guilhem Adhémar, Garin d'Apcbier. Perdigon, 
âtc>.. M* J> B, iguore les publie^itions qui ont paru sur les trouba- 
dourt et Is poésie provençale, aoit en France, soit en Allemagae, eoit 
en Italie, durant les 50 dernidrea années. C'est aaaez dire tout ce qui 
manque à son travail. 



BIBLIOGRAPHIE 



«3 



et 

m 



Livres reçue 

ÀAàré (UëiiuB) — Le bienheureai Raymond Lulle fia3a-13]5).— 
Paris, Ucùffre, 1900, in-8^ llV-216 p.]. 
F&it partie de !a collection ' Les Saints »* 

Barg«r iBudGlfj. — Can^^boas uod partures des HltfranztifliachÊn 
Trouvère AdaD de le Haie le Bocbu d'Ar»s, L Cttrichotis. — Halle a. 

^Thèse #Je Halle]. 

Dra^ger (Riehftrd}. — MoUére*sDoiD Juan hiAtoriBch-gerietiach ueu 
beleuchtet — HaiU a> S., Jmp. Schietinger^ 1899, iû-a*. [39 p,]. 

[Thèse de HaJle], 

Garnier iChriaiianl.— Grammaires et vocabulaires méthodiques des 
idiomea de Bordtghera et de Realdo. — Parts^ Leroux, 1898, gr. 
in-S", [107p.]. 

Langlûi» (Eïmeit). ~ Anciena proverbes fraûçais. — Paris, 1899, 
■ in-H". [33 p.j, 

[Extrait de la Hihlïùlhéqu« de f Ecole des Chartes, t, LX], 
Harcbot i!P>tiV, — Essais d'explication pour troi» questions de phi- 
lologie romaije. — Tarin, Loesvhcr, 1900^ ia-H*** [8 p.], 
[Extrait des Siudjdi Filotogia roman^a^ ¥ol. VIII], 
labftjlitt — Caoucas fabloa de J. de La FouLâiQe en rimos bigouP" 
ofl (Patâuès de Bagaeroe), 2* éd. -^ Bagiières-de-Bigovrt, Imp. 
Courrettu, 1899Jfi-Ô^. [X-88p.!, 

Ijrop (Kr.). — PormatiL>ii du pluriel eu français. Les nocuo en /. 

[Extrait du Bulletin de l'Académie royale des scicnte* el des ft*i- 
trea de Danemark^ Copenhague, pour l'âiniiée 19LK) ; [u 2li ik 54[. 

Rnat (F.)j — La Cicerofie marseillais^ Nouveau guide pratique «Je 
l'étranger à Marseille, U'éd.— Man&iUe. Ruttl^ 1900, in-ia. [100 p. 
et un plan]. 

Tidal <â.|, — Comptes conaulairea d^Albi (1359-1360). Publiés avec 

e iatroduction, ua glossaire eldes notes pai- k. Tidal;et une étude 
înguisbque par A. Jeanroj. — Toulouse, Edouard Privai, 1900, 

8«. [OHIJ'272 p.J. 

Fait partie de la Bibliothèque tttéridiotiate y V* série, t. V, j 

Tiè (Louli). — Des priticip^lea applicutioas du droit d'interveotioa 
des puiasaDcea européennes dans lea HJfuireB des Bûlkana depuis le 
Irajté de Berlin de 1878 jusqu'àno.i jours. Eltude de droit iniernatîonal 
pablic el d'UititoicedJploiuaùque. — TouhHse, imp. L^tfarife^ 1900, 
ûi-8*. (158p.,. 

^Tiièse de Tuuloutej. 




CHRONIQUE 



La S0çiéU futur t élude des Latf^uef romanef^ dAnm U réutuan 
nrdmairp du moia de décrembret & procéda nn reoouvelieroeol de aon 
bureau pour rfttiaée 1900. 
OnCétéélun: 

MM. Léoa-G. Pèussikr, préstdenC: 
CuAsaiRY, vice-jrrésident; 
CuxBATiRsfj^ secrétaire général : 
LaUBEEt, Irésorier; 

Henri Tbuliê, secrétaire de rédaction dt 
Revue. 



Il ■*âst coustituéje 2J décembre 1899, à Saîot-Girona, uttâ seetiou 
lie Ja Société AriSgtoiêe dee Sctencem^ Lettrts fi Arts qui a pour but 
spécial féLude du Coufieraiis et la publication dos dgcument» et më- 
moirea relatifs à ce p&ja. Elle » prï« te titre de «t Société des études 
du Couserana «, Le nombre conaîdérable des adhérents au Douveau 
groupe semble devoir âtte une garantie de sod activité. Noua faiaonB 
dea vœui pour aa pcoapétilé et pourquâ la partie tinguiâtique de non 
programme neauit pa« négligée. 



En novembre 1900^ l'Acadétnie du Var célébrera par un enaâmble 
da Fâlea Taoniversaire de aon Ceisteiiaire : elle ouvre^ à cette oc- 
caiLOQ, un Coneoum Litlèraire sur les njatit^reB suivautea : 1" Puéaie 
Pran^aïae ; ïb«/ojt H Aa mtde^ (maiioïuai 3U0 vers). 2« Prose fran- 
çalie ; Grèce fi Provencf. — Légeo'ie ou hiatoire, (niaxicnuni 600 Jii- 
gaea). 3'* Poëaie Pravên^ale : Ua jovr d'été dfins un mat de firo- 
ifettcé, (maximum 300 vers). 4° Hiatoirâ tocaie. La Chapelle de Notre- 
£ktme de Sonne'Garde, ^capSi(;ié)^ avec une élude hiatonque *uf le 
mai et leâ romérages de Provent^e en général. 5^ Archéolûgie * roo- 
uographie avec plan d'un raonumeat de la période Sarraî^tne, exliî' 
tant ou ajast exiaté dutia Toulon ou dans le département du Var. 
tli* (léographie : Tableau a^nthétifjue de Tempire colonial de la 
Ftatite, ail point de vue politique, économique ot commercial. 

Prix : Le» prix cousiateront en objets artiQtiquea de valeur. Len 
travaux prëaentèa aeront souinia à un jur^ pria dana le aeiu de VA- 



I 



I 



i 



I 



NÊCrtOï/*<^f1K 



fi5 



cnâetuie liiî Vai . — Les membr^a de cette Académie, bteu (ju'admva 
iconconrip, n'aiiroat pniat part aux récompenapa; ils seront classés, 
mI y % lieu^ hors coucoui'a. 

Les œuvres couroiindes aeront ÎDsiirées dans le • livre d'or - que 
t'AcAdëmie publiera pour H cîfcoD^Uuce. 

Maiit;8mU -^ Délai d'envoi; Lea manuscriU ae doivent pas être 
iûfaëi. lia porteront, en têU» une devUe qui sera reproduite sur une 
eavelo|>]ie ferniés, renfii^nnatLt le nain et l'ttd["e*se de t'miteur. 

Itadfvront être ndic^ijêa fi*anci> avant le 1*^ octobre 1900, terme de 
figueur^ à M, Léon G'Stecui^ SecrêLaii'ti gcuérHl de PAcadémio du Var, 
22, rue d'Antrâchauif à Toulon (Var) : ils ae aeroDt paa rendus. 



NÉCROLUGIE 



Charles Rcvillout'. — A. Laugladc 

[>riOaURg DB M. BuâBNB RmALf PEtOFSaSIttJH Uï£ LITTKKATIKK 
PHANÇAISB A Li FACULTÉ HKS LKTTHSa 

MoNSLEtjR LE Recteur, 

Il y a huit aa« ((a'appeJe à remplacer don» une chaire qu'il avait 
hoDorte lîiQQ ancien maître, M. Kevillout, je rendaîa ua premier hom- 

' Le 17 noirenibre 1899 «al mort, à MnnlpelH«i-, M. Ch. ReTiJlout, qui 
lui IVn des membres les plus actifs de b Sn'^Uli des tungui^* romanes 
't l'an des crtllaborateups les plus assidu» de i*etto Renne, 

Dins l« discours prononcé ii ses lunêraiilies, M. Rigal a relfatt! ua 
"* «( rappelé ses vertus. Nous ne pouvjtmî^ mieux faire que de repro- 
CM belles pagea de noti e ronfrùre. Une bibliographie coaiplète 
'biTaux de M. Gb. Revillimt accontpague le discoars; elle «st aussi 
r»BTre do M, Rigal. — Lus discours prononiios aux funérailles de 
il- Cb*rles RevillouL, par MM. A, Benoist, recteur de l'Académie. 
K Rigal, professeur à la Fa<^uUé tîes lettres, A. Blary, nce-prêsidenl 
d« I A«i*ociaUori de* Amis de i'Uoiversilé de Monlpfîllier, ont paru en 
brochure sous le titre siiWant : Discours pronom-i^» aus fun^Taillen de 
M Charl«« RKViLLOtiT, ancien profensi'UP de HU^rature framjaise, prn- 
IrtMBr honoraiee à la Faculté des lettres de rUnÎTei-aité de Mont- 
|jt«llier, le 1^ novembre 1899- — Mùnijtelhfr. Imti \fnrtcl. 1900. in-8'. 



i 



IM 



XKCBOLÛGIC 




mxtc |o«e, car i 

de MB aefiTÎté «Mjsn fieqadte. Et 
ttmemt de e<B«r profaadje fMSS, aa Ma de U 
note m ''^■^f T iM fe — à cdm ^«i fet «n dv an pi 

plo* goAté* et ici pliu BppUodb. Cetle loi*, il B'ot pla», et qoeU 
qa«« pan Oui soffi à vu m»! implacable poor mouii pircMv«r c« qn« 
DoQs D« pDQTÎœt pe4 œ p&B méeôttti^tR qatad feftoe adnirïoiu la 
verte neiltease de M. RenHoat, à ftftrair que in U nveâlé de resprit^ 
ni la ehalear da tt^ar^ m taéme U ri^ear apparente dn corpa n^^cn- 
Ih&cheDl ]e temps de procéder à aoa œum de deetrncùon «t 4^ tuftit 
enlerer l'on après F autre lee objets de notre aJl^eboa et de notre res- 
pect. Da moias dû peal-U aoia empècber^ ni, en rappeUnt c* qae 
foreat no« chera di«paniB, d'aasurer U «orrhr&nce de leur louvenir, 
nî, en signAlaôt à tous leur exempte, de le rendre fécood encore en 
d^it de la mort. 

Ça étéf eeTtea, une carrière bien remplie que celle de M. Cbarlea- 
Jolea Reritlouh Né i tsftaudaxt te 30 janvier 1821. élève de l'HcQte 
normale supérieure de I83Ï) â 1S42, reçu second à l'agrégution d'bts* 
toîre en 1943» il enseigna successivement lliistoire hux lycées de 
Saint^Êtieooe fl842j» de Besançon (IS43), de Orenoble (1848), de 
Versailles (IB62;. Puis, contme il éuit déjà docteur es lettres depuis 
le ^juillet 1B5Q. il fut, en 1863, appelé à notre Faculté des lettres 
pour y suppléer nh msitm que Saînt-Msre Girardin avait jugé dtgnr 
de le suppléer, lui aussi, et que Paris venait ainsi de ravir à Mooi- 
pellier 

Succéder & un professeur éloquent comme Saint-Hené TailUndïer, 
cela ne laissait pas d'être une ticbe redoutable: M. Berillout eut 
vite fait d'obtenir l'eBÛme d^un public néneax et ami des choaea de 
rea[>rit; il le groupa nombreux autour de sa cbaire, et, quand ce1l#*ci 
fut définitivement abnDd<?naée par son apden titulaire^ il j fut à sâti 
tour tituJarisi^, te 18 juillet 1868. Vtngt^trois ans encore il devait Toc- 
ciiper avec un succès qui ne s'est jsmsis démeuti, et nombreux sont 
If's Montpelliérains qui se rappellf^at, qui remettent son easeigite- 



inerit vivant et solide, eomtne uorubreux sont lea anciens élèves 



qui 



lui sont refilés reconnaissAnis de la solUatude avec laquelle il veil^ 

lait k leur foiHïatJoa intellectuelle ei à leurs auccès. Nommé officier 
d*> rinatruction publirpie en I85fî. rhf*viilier de la Légion d'honneur 
SD l875,correspon*tinil du ministère de l'InstructioD publique en 1884, 
il pouvait sspirei' pluii bnut sans doute ï mais il renonça à tuiite ambi- 



NECHOLOGtK «7 

tiOD <)ui y^ûi éloigné d'une ville devenue aa ââcondie patrie, et lors- 
qu«r atteiot par la limite dâge^ il dut bbADdonuer rcofiei^uemeuL àla 
6n de l'anDée e<u)lâii'e lâ'J0-18Ql, il sentit, 6t l'on Aentit avé^c lui, 
c«mbi«u allaient lui masquer cea teçona pabltques dont il s*Qtait fait 
vae ttî douce habitude, ces conférences où la rue d'une Btudieuee jeii 
iKBse le rsgailljii'diB4aitt c^e examens méajeis el '.'en chargea de loulee 
^ùTie» «^ui lui étaient si légères. 

UeLireuseit>«iit pour \m — «t pour nous — il avait été noiutiie pv»- 
fesaeur honoraire k U Faculté des l^ttr^a et un regardait pas c^mme 
due métaphore vaioe ba « liens de l^honorariut ■> qui l'uattai^haieDt » 
encore à nous; il vemiiC à nos réuniuu9>^ prenait pKft à tioa diacua- 
Atona, nous aidait de «a précieuse ex)»éj-tencË. 

Dévoua à rUniver^tté de Montpellier tout eniièret il avait accepté 
âe présider la Société éeg Amis de cette Ciiivei'eitét et c est Jusle- 
niËût quand il représentait c^tte fijooiétê, c'est quand il assistait à la 
»éaace solennelle pAi- laquelle les diverses Facultés et Écoles itiau- 
gurenl leurs travaux, i^eat quand il dormait à notre Université cette 
marque de 4ou attacbetueQt inaltérable, que la plupart d'entre nous 
DDt pu le voir pour la dernière foi» — il n'y a, hèlsa ! que quelques 
jour». 

J'ajoute qu^r bifiiJ qu'adopt« svec eiupreâ^^Miieul par lei Sociétés 
«Kvanlea des villes ou il avait autrefois professé (la Société des 
tciences morules de Seine*-et*Oise, à laquelle il avait donne son 
ïnéuioire Parles QvçstêUt'MurbainSj ou ]\\cadéuciie Delphinale^ dont il 
svau éerit rioiéressante histoire) ; bien que souvent ët-outé avec faveiu- 
dana les Con^rc^ des Sociétés savantes , qui approuvërettt ^ed 
mémoires sur i'ÉytUe ei lea offranckiê, sur le CUrg chrétien dans 
tes campagnes après la grande inva*ion^ smc vue Page dt l'hUtaite 
^t guerre* de refigion, etc., qIc, M. Revilbiil appdi tenait surtout, 
et, aea loisirs étant devenus plus grands, il se conam^ra de plus en 
plus aui Sociéléâ savantes dout notre Montpellier HVikorgueillit et se 
pare : à VAcadémie cU» scienc4S f£ Uiîre» el à la Soctétê archéoh^gi' 
9tt«« dont le« recueils fiuent par lui cniichis de nonjbreux mémoires, 
à la Société dt» langues ronviM^, qu'il vivait puiss^mmeot contribué à 
fondar et dont U H§vue coniieui auaei un grand nombre de ses 
travaui. 

Diepti'téea ainsi de tous les cûtéâ^ ses publications sont innombra- 
blËa,eljo ne auuge pas à Les âuuniérer ici. Il me sufHra d'en marquer 
d'un mut le caracièrtî. Historien p^ir vucatiou et, au début du moins ^ 
par prufesaioii, M. H^villout avait commencé par s^altaquei* À d'im- 
|H>rtaulâ problèmes dç l'histoire romaine el de l'histoire des invasions 
barbares. On cite encure sa thèse latine sur le recrutement de Par- 
ovéc romaine depuis ta bataille d'Actium jusqu'à Tbéodoae, etsurtout 



9« 



NECHOLUGVI^ 



l'OD fl'm«pir«, en All<>ma^e et «tt France, An «a tb»ii« fntiçiii«« sui- 
/*^W(inj#nic (fex peuplea ffermaniquft qui ont enetïhi l'Empire 
Bitmain. Le sujeL était oeuf; car, si rArinnisnie avait été é(udié«:omme 
hëré«ie p»r Xen théologien», et «i Us bistori«n- avaient raconté s» 
défaite au eeiD do LKin^tire, on n'avait ^nère «orl''^ l *k detnaoder 
quelles conaé<|iieDces l'adoptioD de l'sri^iiiUnie par les peujileA germ»- 
Dtques avait |ui avoir sur les destinées mêmes de ces peuples et sar 
la forniation de rhéiçéraonie pontificale tumaine, Or^ M- Hevîllout ae 
proposait de montrer, et 11 montrait, 6t) ^^H, que rananisrine a^ait 
affaibli ce» peuples en les enipéchunt de »e conalter les catholiques 
qu'ils avaient valnoua; qu'il avait, au contrnire, élevé les papes, en 
forçant tous les culboliqueâ à se touruer vers eux, leur comnjun 
appMÎ, et CD aoienant les Fraucs Cîttboliqiies à «'uitir avet Rome 
contre leurs nvaux. Oq oe s'éCODaera pa^ que l'auteur d un pareil tra- 
vail ait joui de l'amicale estime d'an Augustin et d'uti Amédée 
Thîerrj, d'autant que, lea questions ardues caotmunDt à le tenter, 
l'auteur de V A riauisme dèt peuplea /germanique* éeven&ii l'auteur Hefï 
mémoires, restés claBaïquês^ aur le Colonat et suc l'Inquiiinal chez \e& 
Rotnainfi. 

On sait quels changetnents de vocations a souvent diitenuiiiéb le 
hasard des noininatioos universitaires, Kn 1863, par ^a aoutinatlon 
à Montpellier, M, Itevillout pa^snit de renseignement dt? l'histoire à 
[sdui de ['d. littérature TrançaLgê. Le danger étuit grand, pour le 
HB-vantque l'on transplantait de Ut sovto, do perdre son origioalitë et 
les qualités qui l'avaieût t>ttt connaître. Mais il échappa au danger 
de deux manières : en n'abandonnant pas rhistoire, — et^ quand il 
composait des études littcrAÎrea, en fondant les qualités de l'histarien 
Kvec celles du lettré. C'est ainsi i^n'iiiuée 1863» M Rcvillout continue 
à publier den études purement historiques^ '-omme ce Mèmttire itir le 
Quarantième dt:8 Gaules, paru en l8tKJ, où il combattait Topinion du 
grand épigrapbiste M. Léon Renier. i»l «nx conclusions duquel 
M. Léon Renier devait, cependant, lui'ni/'nie se rnllier; ou comtna 
cette monographie do saint Benoit d'Aniane et de saint rïiiilheni, 
parue en I8t*5, et qui eat un nindèln •.\o monographie historique, Kt. 
d'autre piiit, quand M. Revillont publinit âcg leçons ou âeâ dtacour«i 
sur ka Carodère» tt Us Tendances tin XVU»"^ */^c£a, sur ies Lettreu» 
lu Idée» et k» Mauris pendant tu premici\* partie du XVllI»* siècle, 
sur 3eaumarchaig ef la Comédie esjitjffnote, mw les Derniers inotf du 
poéU J du Betlfty-, aur le poète Rouchcr; rjLianri il donnait à ritïB 
Académies ses tJièmoii'cs sur Jean dr Sùudiêr de Rii^hesûio^ce, sur 
Molièrt, Lmtia XJV et U Tartuffe-, aiic AtUnine Gambaud, cheûaUer de 
Aféré».., itu gnind nomlire de jugfitueiitH intéreasaulâ et luts traces 
partout Visiblea d'une fréquentutiuii puiHOuuelLc des grauds écnvatnt), 



I 



NBCHOl.OâlE 



^0 



faitxMot honneur à rhumaDifite ât au leUfé ; miu* àan» ia L:rtti(|U0 d« 

éi¥**m téniuigiisiQ'eH ia^aquôi^ dnnB ks discussions Ue dat^s, diiniis le 
vUaii«tuvuL itiethodiijue d«» milie [tetils (mis qu'il fallftit rapprocher #1 
ucUirer ftin pari autre, od reconaaisaait l'ancien hi^loiieQ fornit? aux 
n^ureufi«K mt?lhodeiï tte rérudition <:onteinpoi'ai.De. 

Aaisi ëtA-it-il inévitable que M. Revillo^U «'nUat^hàt à tiue étude, 
rit «ont également nëcesHaiiefi In fhnideaeede rhistorien et la fineaiie 
du lettré ; eeUe de l'hiatûire de la iwQgne. riilrtii^^ne du XVI ï"' siècle, 
surtoui, lui était U'èa familinire, et il en cotnim-amt avec fimoiii' 
iiQ lexi']iie ëteadu. Si des scrupules excessifâ îm ont fait par la «uite 
«buiiloaaer c^tte (£uvr«^ comme re&dtie mu\n* utile p&i' des publier* 
tioQs ré4!entefl, il a du tnoin£ donaé du >^ |}4uvre driih d« La Fun 
Uice •% d« mot méchanf, du mat /jéIiVc... des monographie» luttirea- 
»aale«, et |tartou( il a tiré le raeiileur parti de «a cûtiaai^aaace pm- 
(bnide du vocai>ulaire et de la syntaxe. 

htB wéme» qualités sont restées vicaibles dans les ëcrilâ de 
M. RevilloDl jusqu'au dernierjuiir. On les retrouve dans les chapitres 
qn'hier enL'ore il lisait aui Académies de Montpellier. On les retrouve, 
^tos èclntantes peut-être, dans l'ouvrag-e qu'a public la Rrmie des ian- 
fUfs romaines, êi que souvent j'ai fttûicalement reproché à M- Revil- 
lout de D^ivoir pas eucore donné eu volume ; la Lég&ide d€ Botlenu, 
SoQS ce litre piquaut, M. KeviUout na pas fieulement mutitrô com"^ 
meut Des^tréairx vieilli s'était fait illusion et avait iQvolontAtri?ineiit 
tfompé la postérité sttr rimportance du rôle qu'il Rvait joué ; il n> 
pBK âetjteiDcnt éclairci mnint passage des œuvres du sutirique; c^eat 
Aussi a l'histoire de Racine^ de La FonlAitti^, de Molière, qu'il a fait 
dmi[Kjrtiinteft additiont uu rectinc^tiouB; nous srivans mîeuK, après 
FftVoiT Ici, c*e qu'a été i'éoole ]M>ëtique de 1600, si diflerêûte de colleta 
qui l'ont px^cédéei, nous comprenons {^u'à Molière eatdue liDÏtiatlvep 
tt qu'à .Ml^llère est restée longlernps 1» du-fi-li -u d'unirjouveraêiitqui, 

' fti reuouveUur. notre poé>iie quelque peu épuiséei a tant fait pour la 

llgloire dei letti'es fran*cai»es, 

\]jrèa tant de [lublicatiûiiaf M. RevilJout n'avait pas donné encore 
tutit ce qu'il ]jromettii[ît auï amia des lettres et de rhiatoire; mais dea 
mains pieuse» réuniront ses dernier» écrits et nous n'avons rien à 
craindre pi>ur eux : ne aont-ib ]ia$ sous U double sauvegarde du 

;Mvoir et de raflection? Frùre de l'illustre égyptologue M. Eugène 

l'Kevilloiit ; couiÎdl de Téminent inspecteur général honoraire dea 
Faculté» de droit, M. Accarias, M. t^htirles Revillout appartennit à 
irn* famille où l'on admirait sca lalenta, comme l'on armait son «arac- 
lêre, connue l'on vénémît ses veittia. El noun Sïivoaâ combien cette 
vénération et cet amour étaient tnéiités Notis Tavons vu toujou*-- 
à sea cotivtctionA et toujours eauUve de ses devoir», accueillant 



9" NECROLOGIE 

podr l«ft nouveaux venu», dévoué à «es atois, ne fornianl, pour aiDst 
dirCi qu'un cœur et qu'tiQç âme avec toui le« aiens, Quelle teodresse: 
et quel orgueil ne montrait-il pas quand il parlait de ce frère, qui 
témoigoe cloquemment pour lui des mêmea sentiments! Avec quelle 
joie il wUait à Paria retrouver une fille et deà petits-enfants chêne ! 
Et, ici même, quand tes cfeuil» les i^Uis terribW:} eurent frup^rè a l» 
fois et êoti autre fille et lut-mêntç, dauê quelle union touchante il a 
vécu avec cette fille hien-aiiiaée» U consolant, consolé par die, Coû- 
aacrant sea forces et son expérience à l'éducation de son petît-lils ! 
Quelle peiie cette famille vient de fmre ! Kt c^xiitue noua sehons heu- 
reux, àfi-ûp notre triflCeasej si noua pouviona peiiaer qu'elle trouvera 
quelque allégement à Ba peine dana in sympathie profoude dont nous 
rentouroDB ! 

PUBLICATIONB DE M. CuARLEâ ReVILI^UT 

Discours prononcé à la distribution dea pi ix: du collège royal de 
Besançon, le 27 août 1844 (LSesanf^OQ, 1844» in-8*l. 

De romani cxercitu« deleetu et auppleniento ab Actiaca pugnH 
uaque ad aevum Theodo&ianupfi diaqui&iûo hiatorica (tbi^ae ; Paria, 
1849, in S»). 

De rArianÎHirie dea jieuplej^ gerniHniquea qui ont envahi TËmpire 
romain [thiiae; Puris, ISTiÛ^ in-S"). 

Dificnurs [irononcé À lu diatribuiion des prix du lycée de GreooblSi 
le 26 août 1850 (Grenoble, IfiôO, iti-8»J. 

Rapporta divers ptësent^s o rAcadémie delpbiniile, de 1851 à 
1862. 

Note aiii le paasag:? d'Aaaibal {Builetin de l'Acadéaû délp^inaU, 
1853). 

Géographie du Dauphiné à l'époque gauloise (Congrès tciêndfiquê 
fie Grenoble. '34* session, t. Il)» 

Ktndfl sur le Jus Italiciim (Revue historique de droit françaU e$ 
étranger, 1855). 

Ktude 6ur Thiatoire du Colonalche/ les Kotnain»^ 2 partie» {Ibid^t 
aeptenibre-octoltre 1856 et riiaj-Juiu, juillet-août 1857). 

L^Ariâniame à Grenoble {Revuç <ie^ Alpeif^ 1858], 

lettre» inédites de l'iron {IbiH.). 

i.'aneietmc Académie dolphtiiale 4?L la Bibliothèque puMiqno de 
Grchtililt [IhûL et Bulletin fie rAcadémie tk'lithimiif, IW5H). 

LctlrcH inédites de Mme de Staël, i^onuiiuniquôea pur M. l'^iuiu. 
TeÎBfieirCf avec uote^^ \iHi- M. C U. {Heptis des Atpeê. 4 ji;iti 185\>). 

Lettre aur dea inacriplkona découvertes ^QrenoljLe [ibid.y l*** octobre 



I 



I 



NECBOLOGlïï %M 

Note tiir la cbartreuBe de Cnrrière et Biir \e rnonsLchnl des Chai- 
tmtx aciordé à Louvola ^Bulletin de VAûudéfiiie delphinah. 1860). 
Fuoorniilc!} des moinee d*È^y|tt6, Bti temps de saÎQt Aatoiue «t df^ 
uint pAcôme {jUd., 1860). 

Dîss«^ft4tion sur IWcupation de Grenoble avi ji* siècle par une 
fiiUoo païenne {Ihid,^ ISôO). 
Vote ftiir Ploquilinnt (Imprimerie natîotiate^ 1861, in-8*). 
L^s fainîlteft politique? d'Athènes et les gentea de Rome {Revue 
^i$lifriipte de droit ft^ançaM et étranger, 1862). 

Mémoire «ur Ia politique itea Roni&iDs djiiis ie Danphiné {BullrMn 
^i*^aidémie ddphhialf, 1863). 

L^ Clergé chrétien dans les i^nmpAgnee aprè4 la grande invseioa; 
ejctf*a.ît d'uu mémaire sur VSîêiotre des clastSfs af)ricHte9 datua le premier 
^^^yaumt de Bourgogne (Imprimerie tiHtioiialt\ iH6^f iîi-S"). 

Profie françHÎBe nvant le xv[r aiâele, diflcmtra }>rauoncè À 





*Moaipellier, I86J, in-S»). 
Caractère» et tendances du xv!!* siècle; leçon d'ouverture (i&irfj. 
t-^â Quesietirs urbains Méinuireu de ia Suctété dex Scieneeu woraies 
de S^»4'«U0i^é, 1 865). 

^ote sur TFgli^e et les ttl'i aocliis ; extimt d Un mémoire am 
\ ititUÀre de* flttt»t» ngricde» rfuiijï te premier ro^ume de Btmrgognf 
(Innirimene nationale, 18*^i5, in-8'^). 

\^rM lettres, les idées et le^ mœurs peadAnt Ia première partie du 
xvili* siècle: leçon d'ouvetture (^Mijist^ellier, 1805^ io S*). 

Mcmoite EDI' le Quaraût^iMiatj deti Gauler, À piupus d'utie inBcriptiou 
itu d«p8rleiDeitt des Pjréaées OrienUles Hyfttit U'HÎt à la perceptîoD de 
*^l impôt lÀIèmoirrt de itt S^iciété archéohgiqttt de }fon^lier^ 
I86fi}. 

Hne )tajB:e de rhiatoire des gnfrreâ de religiou sou» le règite de 
l-tiui^ XIU { 1621), tirée de» miuuleâ d ud notaire Û&uphiuoi« (lm|>rî- 
loentDftttonale, I8G7, in-S*). 
URenaia«HDce; leçf^n d'oiiverjure (Mout]»ellier, 1806, in-H"). 
nPAnmarcbais et lu Comédie espHgnole; L'ouTéretice fnîte à I'hu- 
'-i^nne L*jge de Mer de l'erpigimn (MoiitpelJter» 1867, in 8'j. 

Î'A littérature française :i[irê8 la Froiid*'; le^ûti d'ouverture (Retfttc 
t^Pnritdii I*' janvier 186H). 

1''% diTniers mots du poète .loju'hiiii du Bellny (lm]tritiieri(!! tialio- 
n-le,lrtfi8»m-8»]. 

Oiicwurs sur J.-A R'incher, po^nuuci^ à tu retitroe doe Kucultéa cl 
'» I K*:y|e *fii|térieure de Phmrtiifiijie de MoalpclUer» le l<> uovcnilirti 
\m (Montpellier, 1808, iu-S^'J. 



u 



SECRU10GIK 



L& Liliéiaturfî liu Moy«n âge et le RoranntmrDe; leçuu H ouverture 
{Revue de* Langues romttna^ 1870). 

Un lexicograijhe riii second siècle «Je uôtre »:re... Juliu« Pollua 
{Mémoire* de VAciuIémie de* éScicnc^x tt Ltttryt tîe JfnrUpellier^ 1874 . 
urtiL-le fiur le inètne Kty«t dins la Rertie de* Languet romanes tpn 
1873), 

MAdame d'Heudîcoui't et MAdame de M<ïinteQi>n {Mioui>irê« df 
l'Académie des Scientes H LeUrtâ tU. Jfoutfi^Uier, 1R75 . 

De la date |iiûaslb1e du romïia de Planieaca (^Metme de» Latt^u** 
romane», |Anvier ]S75i. 

Lia Doça« de Janaelou Roubi, |)tir Moassu Richnrd ThidX 

Etude bîil<irîque et littéraire sur l'ouvrage latin iotitulé: Vie de 
^itint Guillautrte {Mémoires de lu Société archéologique de Mont- 
pellier, 1876). 

Le pauvre drille de La Fontaine {Reou* dêè Lang-aeâ rcvwnes, 
septembre 1879J, 

Un voyageur dauj>binai» t-eeteiDConnu: Aatoiii^ de Bruoel, «eif 
de SHitît-Mfinnce-en-Trièves, 1622-1696 [Bulletin de VAct 
dêlphinale, \Sm). 

M. Hennebert et le passage d'Anotha] dans le DAii|>hiné (iïu^^e//ti 
de la Stit^iétè liinffUfdociennê d^a Géographie, \'8Sùy 

Lea MfËt^liea ilri thëfttre du Mai'ïiîa fLe Mtdifriste, septeiitbre 
1880). 

Marc Viilsou de la Colombière, Autenrde h Scîmce herbue, et stM 
ancêtres (^Bevue des Sociétés savantes, 7' ^easioa, t. IV^ 1880). 

Ud maître de conférenceâïiii milieu ilti xvii'siècW* Jean de Sotidici' 
de Hichesaurce (Mémoires de l'Ac*^àérfi.ie dex SHenc^t et Lettrée dr 
Moftipeliier, 1881 J. 

Le Junscoti^^ulte Paciut; de ReKga^ avant non étub\isse\i\et\t h 
Montpellier {l550-l6Û2j. d'rti>rê9 «n ilofumenl inédit (Iftid., iSlS'i . 

Diacoura j>ronoiîv'é uux obsèques de M. ie professeui* Ruticlieiiti 
[Revue deg long (feu romanes, avril 1BS3;. 

Le coocour^ ph)lalogt<jiie >,H littéraire de rn^anéc IHH3. Kt^ppuiL nm 
le cûncoitrs de philologie (^ItmL* juillet 18-^3} 

Grandeur et décadence du mol " [oëchauL » au ivn* siècle {lind , 
février 1886). 

Le mot '• paire »■ et les iiiota fronçai» qui n'ont fiits de singulier 
[Rmftie des Lanffuen romanes, mare 1686]. 

Diacour* prononcé aux obsèques de M. le i-voIVsBeui Mondi'i 
rMoDtpellier. 1887, hi-8-). 

Antoine iiamt>Htid, chevalier de Méré; aa famille, tjyu péie vi aos 
MinÏM iWtiHUea {\fémoire6 de i'Aeadémie de» Seimcpt ft Lettres de 
Monii»Uier, J887). 



NECROLOGIE 



^S 



Soursaalt et U Comètlie des mots â U mode. — Louis XIV, 
Molière et 1« Tarivft [IhuI,, 1888), 

Piiîlippe Taroîze; de Larroque: Lettrée de Feireac aux frères 

Dupu;; compte rendu {Hti^ua des Languts romanes^ octobre 1888). 

Un problème de chrouoJogîe littéraire et philùlogique- date préau- 

mable de» Dialogue de Fénelon jmr l'èktqtiefice (/St^., janvier et avi-ii 

J889). 

V'oltdjire et le itite de Riubelieu : leurs relations avant le matiagp 
du duc avec Mlle de Guise, 1718-1734 {Ihîd., ûctobre ISt^Oj, 

L.e« tnaîtrea de langue française au xvii" siècle' Olivier Patru 
[IA04-16&1); ses reklions nvua Ëoileau {MéoiùÎTes dé l'Acadimit ii«$ 
,Sei^9ê£U et Lettre* de MoniitcUler, m92), 

Saîbt Benoit d^^niane et anint Guilhetu (Mont^eUier, IS95^ in-t^^). 
l-a Mgende de Boiîeau {H^mt^^ de» Languejs romatwi, iS90-18S5). 



PUBLICATION POSTHUMB I 

Ka«&jb de philologie et de littérature (les muta méehant el pair«: — 
le» J^itilùffu^ de FeueloQ tur téloqutnc^;; — VoUaira et le lUic 
d« EiicheUeLi: — U Légâode de Boileau). Montpellier, 1900, 1 vol, 
io-8», 

A PARAITBB : 

Li Henaissanee à Montpellier (Ifénoire* rf^ Jla Hftc*été arehéoloffiffur 



A. Laoglacie 

A. Unglftde eAt mort le 5 férrier 1900. U fut, comme M. Charlea 
ft^ODt, un collaborateur assidu de k Aâvuf des Laugues roma- 
nu. o4 11 a publié ses meilleures pi&cea. Nous donnons ci-desaoufi 
lârtiHe (jue lui a coosacrê M. Jules YéiHO et dan^^ lequel il apprécie 
'^t&Ietit et i OBUvre du poète de LaoBargues avec autaut de fineBFip 
'juc<1ejtiate8«e. 

"A LflDsarguesi daca l'Hérault, s'eut éteint, Agé d'environ qiiatrc- 
nwgl» aq», le poète Alexandre Langlnde, " 

n II û*eut p»s, comiue cela arriva à d'autrea» héïaa ! la renoainiêe 
^11 méritait. $HcarriAi*e littéraire fut lougue pOLirtaot, etaes oeuvre» 
noffibfpuse», |,n Hevut d-ex Lftntfue^ rornanâs publia ses première» 




^1 



Lm Cmdm mm itOB^i^mm êm^^t 
e JhmM (1881), Fm^itâ m C — r y (VÊÊg^ » 
« Ce r«l b pr«uc«« ptfiMe 4e la vie 

VAI^rim (IW), ma c^<f^« 
(18»11:l> riMiiii ^ la 



4tU agiaJe. La 
(18n>: Lm Fadit 





de ton- i 
I aagta<tf fal ■ortoat le poêle de U aetore. > 

< Os troorerail diffiôkaeat daas l'kiMôére 4e U IiitérMqti& frm> 
^ÊtÊB <ln poiHe à «oa^aftr, sons cp n|i^on, ao« 
Laoglsde, nais avec Miitral. Tataa* Jcaa Laorte, le 
Pierre Frocaest, mort a vingt ans, OiariovB Rïéa. U 
jiiaqu'aa XVI' «âécle pour trwiTer des poètes fra«çeÂe« et e«COt« ce 
qa'oa cueilJerait »eraiK p«o de cbo«e, apÀ n'aient va daaa la Nature 
(jne la Nature et<{aî ne l'aient pas défigurée. wty\i. pour TeBiioblir, 
Ctaamt au XVII^ siècle, soit pour U « maquiller «, comme au XVIll* 
•iècle, ou qui ae Taient paa, comme en notre uècle, %ntefprété« â 
lâur faol&uie, la vayaoi a travers des veux de pbilosophefi ou «ucore 
De «e voyant qu*eux-i£iéme« eo elle, n 



f* On poumûl très justement dire de Langlade 40'ii fut le Tavan 
languedocien. Et ce n'est pas un minoe éfoge qu'on lui décernerait, 
CAr Tavan, le dernier BUrvii'aiit, avec Miâtral, des V'II foadatËiira du 
Félibri^e, est un admirable poète, Comuie LpaQgUde, Tavaxi. qui n'a 
jamais i|uiué^ lm Qoa plus, son village <te ChâteaiJuei.]r-de-Ga<Jjigiie, 
en pleme terre comtadine, est essentielle ment uo bucûlique. Mais a» 
Muse eit ptoa douce, plus gracieuse, plus élégante que celle de 
Langlade; elle e»t provençale, tandis que Tautre est langaedocieune. 
Mais la jjûéflie de Tavaa a'eci est pas luoins ttraie pour cela que celle 
de Langlade: les jeunes Ullea de Saiut-Rêmy, qui (raTailI^tit touis 
l'année aux jardina, cessent-elles d'être de vraies paysannes pour 
AEre, rien que dans la bonjour qu'elles vous adreaaent, d'une élégance 
oiquiie? 

•• Et puis, il 5 a uae autre différence entre lea deux poètea-paysans : 
^D lisant Tavan, on lui applique ce que Cyrano dit de lui-même dans 
1h tragi-cou]édit< de Kostaud : a Une robe a passé dans sa vie. m Une 
uu deujL peuL-ètre... Un sourire de femme, en effet, éclaire ç&et là aou 
otuvre : Langlade est plus sévère. »* 



NECROLOGIE 



95 



I 

I 



oTftvjut languedocien, soit, et encore en teDant compte d«a diffé- 
feiK»i (|ue je viens d^indiquer ; mais Virgile languedoeieu, cofocae 
q4Hlqaea f«rvéQU adnoij-ateurs ont quelquefois appelé Laagkde, aon 
pu: c'at à. 1^ Uh trop, et trop petu » 

■ C'est trop peu, sj l'on oe voit par hasard dana Vîrgfile que fau- 
teur des Bucoliques, car il y zi diaas Langlade, Gaairae dans beaucoup 
<^'«utre(! poite$ |>roveQçau^, biea des chapes qui valent ces coBipositiouâ 
Triûdes, artifldelles, où l'art a n ne place aingutiùremeut plus ïm|)or- 
iVili que l& poésie. " 

« Mais c'«st beaucoup trop, et Ion p$ii«e aux Géorgiques, œuvre 
JuiQùrâble qui n'a été refaite par peraoQDe, et ai l'oii p^nse surtout à 

^ Quels que soieni les défautâ de Tépopée viigilienae, elle est 
^ttMitrée comme la glortiicatioa bpUiiiiide du Peuple romain, un 
^tjvme m^gniâque d'amour et d'âspoir udresflé à Rotae par le plus 
pwuxde »e8 Sh. Laaglade célébra certaiDemeut les beautés et les 
^Ttttide «on terroir: il décrivit ies mœurs de ses campatriates» mais 
•ipeoM* oe fi'éleva p«a plus haut ; il ae sùogea jjas â racoater ati 
{^l^lÊâuquel îl «pparleuâtit l'histoire de «un passé, m, encore moina, 
ih [iréjjarer a un avenir réparateur, » 

" Ce rdle fut dévolu à Mistral et à Mistral sôuL Celui-là eat vrai- 
4Mt le Virgile de notre race — avec un souffle pluapuiasaatj une poésie 
pliu n*:ï\e et plua origiuale. Celui-là ^eul est uotre podte national. Il 
^«levésu Peuple provençal un monumeutimpêiiaauble. Ses poèmeB, 
Ml Dicùonaaire., se» Discours, sj correapoudaucëj il n*eat pas une 
■i^cbeïliii où ne respire Tàme de ce qui fut la naliou proveaçale, 
^ a'^iaie, k L'adresse de sa i-ace, un nppel à la résurrection, à la 
^^^ el, en même temps que si puisaant est son génie, si violent est 
^û amour pour sou paya qu'il suffirait peut*étre à lui assurer de raer- 
vetllleiaeB destinées^ *i ,. si Pergama /iefend'i poiSânt, ^ 



"mci le relevé des oeuvres de Laoglade, publiéea daas lu âetuêdëê 



^Vtrudona, tV,42iï. 
^^vetprada. VI. 597. 
^Qgalae ia Faumiga, Vil, 341. 

*'&t9ncd« Lori (Coucouni philologique et littéraire, 1875, p. 125), 
l'n Gan/(i-r;»«*, XI, 89 ; XII, 46; XIU» 29, 
^«K* Las d'amour, XV, 25T ; XVI, 32, 





»« NKCROLOOIF 

MaJhan t Damdkt XVIII. 183. 
Ixm Pm e km Camié, XIX, 17. 
La Padêta d'en garrigay XX, 2t>. 
PauUi e Gourgoê^ XXI, 226. 
Lou Dcëtourbi dasaneels^ XXIII, 241. 
A perpau de Boucherie, XXIV, 186. 
Lou Peru9sàxel'AbelMa, XXV. 93 
/>/« Ni» de eardounilha, XXVI, 284. 
André. XXVIII, 135. 



L/ Gérant rexpcmeable : P. Uamki.in. 



FRAGMENTS 
DES SERMONS DE MAURICE DE SULLY, 

DU DIALOGUE DU PÈRE ET DU FILS 
ET D'UN TRAITÉ ASCÉTIQUE INCONNU. 



Le petit lot de parchemins que mon confrère M. Pasquier 
a bien voulu me communiquer {voy. Revue, 1899, p. 489) ne 
se composait pas seulement des deux feuilles contenant les 
fragments épiques que j'ai publiés ici il y a quelques mois, 
mail de sept autres feuilles contenant des fragments divers 
que je n'avais pas alors le loisir d'examiner de près. J'ai fait 
depuis quelques recherches à ce sujet, et ce sont les résultats 
deces recherches, ou ceux des obligeantes communications 
qui m'en ont dispensé, que je présente aujourd'hui aux lec- 
teurs de la Revue, 

Ces feuilles ont la même provenance que celles dont je 
viens de parler ; elles portent diverses mentions d'opérations 
ootariales se rapportant aux années 1761-7, de la main de 
luaître Pierre Vergues, dont elles nous font connaître la rési- 
dence. La feuille que nous désignons par F porte au verso la 
mention suivante: Du IS* septembre T an 1767. Consécion (sic) 
d*unban et tonbaux (sic) dans tÉgèise de St-Advit acordés en 
faveur de moy Vergnes^ n* royal par tévêque d^Agen. D s'agit 
donc évidemment ici de St-Avit d'Agenais (arr. Marmande, 
c. Seyches). 

Elles se divisent en deux groupes, qui diffèrent par le for- 
mat et par l'écriture. 

La première, qui compose à elle seule le premier groupe, 
est double ;|pliée, elle forme deux feuillets mesurant chacun 
32 cent, sur 22; les marges sont larges; l'écriture, du com- 
mencement du XIV* siècle, très soignée ; il y a deux colonnes 
de 34 lignes chacune. Les petites capitales qui ouvrent chaque 
alinéa, alternativement rouges et bleues, sont assez gracieu- 
sement ornées. Les titres (rendus ici par de petites capitales) 
xuu. — Mars-Avril 1900. 7 




DES SKRMONS 
feoillet est numéroté {d'miti écri- 



cûcuneacem«m du XVIi« a,) 200, l« 
ares, à Tépoqoe de la foHota- 

D feuillet aimpi« (c'est-à-dire 

>itftnt liwmit déjà être mutilé). Les fragmenta qu« m 
V ^mttmÊl^i lious a conservée appartiennent à des 
• LtfliMMiik Le premier fait partie du Dialogue du 
traité éiémeiitajre d*iostructiûn chréttennâ 
i^v a^^piT a récemment signalé un &^3ez g:rat)(i nom- 
LMiHW litt* L^ second feuiilet est occupé par une 
: commentaire de Maurice de Suily aur le 
fm0. ^fi^«uu>«<M» ^ dialecte pùitevin au Xili' s^, p. 14) et 



1 



'Ciài» 



KÉgaes du sermon sur ta Circonotsion [ibid.y 



\ 



x 



'-^ *— "?>e«« eompose de siïfeuillet-ssimples.megurant 
et demi. L'écriture^ a&sez aaguleuse, est de 1& 
^ ^ il jr a deux colonnes de trente lignas cha- 

i^.^K- > Je chapitres [il n'en reste qu*un) étaient à 

)«^^.. i.es lettres ornéea (akernati^emeut or et azur) 

j^ ■'3^, Les citations latioÊS sont aouUgnéeaà 

, ,^ _ .. j a ^à une exception prèsj des titres courants 
xMtô4« tïkaque ooLoiiue. De loin en loin, des indications 
,^, - Appellent l'altcntion sur un passage déterminé ou 

; nom d'un auteur cité dans le texte, 
. -^ «A t^uillets portent respectivemcnt^en chiffres romains^ fl 
4^i(^4«HUr6qQ] paraitcontemporatne du texte» les chilTrea 
^ff^ ïti. 17a, 220, 226, 242. Je les désigne, pour plus de 
HjgiflrHit-^ par les lettres A, B, C, D, Ë, F. ■ 

4^^ttt«I premiers contiennent des fragments d*un ouvrage 
^4|^n^>•t ooiuplètement ineonnuet dont une partie au moins 
^IV<i#jit ^iro intitulée (d'après la rubrique du fol, A v*) »i\faison 
Jl wyt'fnTT -• d'après le titre courant du fol. E, une antre 



^ Brandin, qui a bian touIu vérifier ma conjecture au sujet 
y^ ..«tion, m apprend qu'il correspond au fol. 199 r" du m». 

et» jf» i» Bibl. iNat. — Leit italique» iacliquenl, comme d'habitude, lii 
MWtlitUuii 'Icf- AJ>réTiat3on9, 

. ;,- maMiii.XXVlU,258. 

* V>» lellpea oméea ouvrant d^ ?éritatili?ii alinéas, nflus avons indî- 
Aw^ <r* fttinéjia, dans Tédition, par un tiret. 



I 

4 




IIK MAURICK tïE SULLY 



9? 



I 



fnrtie devait être iniituMe uMûùon de paradis». Cet ouvrage 
était évidemment fore Long, {vaieffu'il comfjtAit déjà dix-sept 
chApïtreB avant le premier de nos feuillets', et qu*il n'avait 
liAS eri'^ore pris fin au itîi'uior.C'esL un truite ascétique comiLie 
il eu a ét^ eoiupodé beaucoup au XIV* siècle t maison sait 
(^ue ce i^enre a été jusqu'ici fort [leu étadié et je n*ai rien 
trouvé r]ui pût me eoJiduire i une identitication. 

Le ci^mierHe noA feuilleta contient hu recto (Je verao eât 
Manc) un fragment d'une oeuvre que Je ne conuaissai» point 
et dont M. P. Meyer a bien voulu me fournir l'ideDtiticaUon. 
Ce«t une partie de la reUtioti des derniers momenla et de 
la mort de Jeanne d'ÂIençon, femme de Pierre d^Alençon, âls 
de flaint Louis, qui décéda pieusement le 29 janvier 1292. 
n n*e9t pas étonnant de trouver ici <ette relation, quj a été 
aouvent jointe à de< recueila de traités ascétiques '.Mon frag- 
ment ne prt^Henlant aucune divergence notable avec le texte 
imprimé^, je juge inutile de le reproduire ici : it commt^nce 
par les moisi depiii& laimnne coniesss tCAlençQn et de Bloin 
n'eniêndi a nute chme fors a Dieu [éd. col. 1236^ ligne?) et se 
termine |»ar ; tauiei /es auu':^ de ceah et de cetksgut sont trepas- 
jf: de cest sievie qui ia mtrci Dieu aitendenl. Amen, Pater no&fer, 
Ave ^arta.fl ne contient donc point le dernier paragraphe de 
l'imprimé, 

A. JeANEOT. 



I 

ULaOOUE DU PÈRE ET DTJ FILS 

[Reoto, coL IJ « .„ dou diable que uns autres, por ce qu'il 
seit bïen, se il a le pastour, il avra les brebis^ quar l'en diât 
que qui a le vilain si a le buef. Et i[uatii U diables puet 



I Ce» cbapiiretdeTaieat é{e« srsseï lon<;s, paUquË nous ne trouvoni 
daiu tioiciaqfeuilliela, dont deux pourtant se BuivQiit. rindtcalion d'aii- 
coji tulre. 

" Voy, rarticle àa J.-V, Le Oopc dans Ifiift, littéraire, t. XX, p. 107. 
U. Meyer me dit en aroir rencoiilré des mas. 3 Ûifoi'd (Ma^dalcn Cnl- 
I>-v«), Lûtidres (Br. Mua, U3rL,3353J, Cheltaiihaiii, Besançon. UlJc, etc. 

■ Martine et Durand. Amalùsima coHfitiùA. VL col. 1219 «,» .%v 



l«a PfUGMKNTS OES SEBMOXS 

9«lr6 baîne^eatre k prédire et les p^rrocbiena, dont a il 
tout gftaigûié, <^o&r il bee a tuer Tun p^r rautrê. Et por ce 
di«Dt telfl i a : H Je ae lairai pas ma me^chine se li prestres 
tte Uit la soe. Et por quoi ne feroie je mat quant )i preslreâ le 
fût?* C'est aussi graot foiie que qoi diroit : u Por qooi De me 
oeciroie Je come il jirestres? Dont n^ai je aussi bon coutel et 
si ireochaDt com ii * î Mais bien sache U preatres qu'it a a ré- 
pondre de soi et lie aea brebis et qn*iL doit mètre por els 
gv^i^r 8(i vie dou cors, si caminedial l'Evangile : n Bonus 
pmstor&aloiani suam poail prooTlbus suis. » Mai^ li 
prestrequi c>r sont, tels i a« ^''oDt cure de ee, qu*il ne ijuie- 
relit des brebis que le laii et la laîne^ et II leu prennent 1ë 
sorplus »il wetent, quar de pluâ »e :»'enU'e[Detent il, ains 
pensent de maogier et de boire et il deùsaeat entendre u 
paistre lor brebis. Mais il sera -L jor que Dif^x contera a els 
dftl escot, si come dUt li prophètes : » Kgo ipse râqulram 
gregem meum, dû pascant ultra semetipsos, h et alibi 
idem : t< Ve pastoribus Israël qui pascebant semet- 

IpfiOS. • 

Bhûorb DiST U PivREs: [Col, 2.] «Li preudonetjui h »n IV lue et 
seA enfans etse& s^Jaiis^ il en respotidra à Dieu, ei sache bien 
^*il oe doit pA^ defoiiler ses seï'jans ne mestroier. fors par rai* 
»ontain£ ^^ doit penser que il août si frère, quar aussi sont il fîl 
Uteu, ou miex par aventure. Ildoitâesenfans apreiidre etchas- 
toier et enseiiErnier cornent il doivent vivre honestement et 
^iaument et oetemeiiT. gelonc Die[u] toi avant et puis selono 
lesteole, et cbastoier qu'il ne dient folea ]>aroles et que il ite 
^eeni maies enfances* Et aaobe bien qnr, ^o il sont mal en- 
S^nié itar ^a det'aute» il )e comparra doleren^emf^nt. Il 
doàt SA feme letiir selonc ce que elle est et i[ue elle doit ef^tre. 
I0 Terne ne fu pas faîte de la teste de Vliome ne des piés^ 
l^s dou coaté, G'est a dire qu^il ne la doîi'. paa faire dame 
■^r dessus lui^ et ne la rtoit pLiS defoulev coni sa baiease, 
^M la doit tenir com sa compaJgne, Quar, si com dit l'Kscrip- 
isre, elle fn faite por aidier a l'orne et elle le doit obeïr et 
^ier de tout son pooir, et celé aide proprement por quoi 
«JI9 fu faite, ce lu por faire enfans, quar ^an^ feme ne les 
M«t home faire. Por ce le di ]equê borne doit gesîr a sa feme 
«i^P.a^o^r enfans qu'il norrisse » non pas au siècle^ mais 




DB MAURir.E DE SÛLLY 



101 



^^•^M ^^^» vol. 1] a Dieu. » Hnoore i doit il gésir por autre 
cboââj por CB que elle ne facâ folie par sa. défauts, quar il i 
avtroit grant pechié et por cest peschié comanda g. Pois et 
À\s t. : n TTxorl vir debltum redda.t et usor viro : vir noa 
Iia^l3et potestafcem sul corporîs.sed muller^ Et sic mu- 
Uex» non babet potestateni sut corporls. sed vir. « C'est 
adiré : « Li mariîi si doit rendre a la famé de ceste ohose ce 
i^u^il doit et la. feme au luari^ ([uar Vom& n'a pas s['>]i «ndroit 
Ib. s^ignorie de son cors, maiâ la fâme, ne la feme dou sien, 
mâ.îs Tome n. Et por ce di je ç[iie il fait peehié qui en esoon- 
dist l'autre* Mais por ce ne doivent il paa vivre luxuneuse- 
ment, aîas se doiveut refreDer et bien sache «L chascuos que» 
ill assemblent par luxure, il font peiihié, mais tant i a qu'il 
«st pardonnables pop la raison dou mariage. Encore te di je 
^vie cil ou celés qui oot père et merâ sachent qu'il br 
doivent de droite date par le comandement de Dieu trover 
honorablement et soiiffiâamment ce qwf- mestier leur est a 
br pooir. Quar quant Diex dona sa loi, il comanda ,X. coman- 
démena, dont li AU, apaKîenerit a ramor de Dieu et li .VIL 
^ 4 Tamorde son proîsme, et por ce ([ue c'est li plus haus et H 
^K plut dig'Uea, que l'en doit honorer aon pare et sa mère, E li s, 
^^M home fjui a entendre no* font l'Escripture dJ3-[Col, tij-trent 
^H en loi- eacrit qu^il convient porter a eh honor et âei^norie en 
^V lotîtes ehoaea, et trover et donop ce ({ue mestier lor eat, hono- 
^ rablement, selonc son pooir. » 

Dm u FILS : « Voua m'avez dit que quant home prent feme, 
lu'il doit, lai&aier son pore et sa mère por sa feme, u 

Dist li pères: « Tu n'^s pas bren entendu, ainz te di que, 
nwnt Diex assambJa Adam et Eve, il dist que por ee lairolt 
hûtae son père eï sa mère, et sanz faille qui seroît menés a si 
Sï^iitbesoint' qu'il covenistaforce laissier son pore et aamere 
*ïu safeme^ il les devroit laîssîer por sa feme ; mais qui' puet» il 
^<»itde droitaels eta sa ferao bien faire; or poeadont veoir qwe 
l'feiTuet qu'-" l'en lor faoe bien. Et g, Ambroises muus en disl: 
«OeusDon querlt domum Buorum parentum. » C'est 
t dire que Diex n'a cure que hons li face don ne aumosnc de 
w dont son père et sa mère aient mesaises. Des or mab te 
dtrAilaaonme et la fin de ceste oeuvre, et saches que uc home, 
'Itî f|ti<îlque mestier ijue il soit, doit si servir la vile ou it de- 



FRAGMENTS DES SERM05S 

menre He «on me^tiet que Veu o'en ait aouffhtiteji. ou soit d« 
pain ou doit de via ou de coudre ou de uiUer ou do qae^tie 
lïiestier que ce 80it^ ausBi com leuA de lu teste ne voit pas por 

soi seujeroent ce qu*i] voit, mais por. » , , 



H 

MAURICE DE SULLY 

COMMENTAIRE SUR LE PATER ET SEHMON 

SUR LA CIRCONCIS [ON ». 

[Rocto, coL Lj 
,..»«! com elle est faite en ciel, Seig:DOï\ en ciel e«l faite 
volonté parfaitement, quia arûhangeli, angeli. princl- 
patu8, potestatâs, virtuteSni dominationes, troDi^çhe- 
rublii,Beraphln, patrlarGhe, prophète^ apostoll. mar- 
tyres, confâssores, virgines et amnes célestes anime 
qui flODt en oiel devant Jui obel&aent a lui et fout parfaite- 
ment sa voleoté et son comandemenl. Mais en terre a moult 
de celsqui 80rtt(el ciel) devant Dieu obéissant a lui ^t font por- 
t'aitement sa volonté et aon ^onruandement^ et moult en i a de 
cels qui font Uti choses que Dîox ne vodroit mie; por ce prion» 
noz et disons: <f Fiat voluntas tua. sicut lu cela et in 
terra.» CVatautressi come se nor. disons par autres pluiaours 
paroles: «Sire Diex, si cotne cil qai sont el ciel, seloac la 
grandece del bien et de la grâce que tu lor donea, font ta vo- 
leoté parfitemetit, enai daignes [^orr. doignea) tu que II home 
mortel la lacent en terre «eloDO lor petit pooir et selonc la 
graoe que lu lor done^s. Sire Diex, daigne que la facent l'apos- 
tollea»*archteplsoapl, episcopl, presblterl et omnes 
ordinatl sancte ecclesle» reges, principes, milites 
virL famine, agricole, pusllli cum majorlbus 



LA QUARTS PETITION 

Panem nostnun cotldiannm da nobis bodie: n Pain 
de cbascun jor done ooz hui. » Honâ ijui [CoL 2,] est df* .IL 



i 



À 



' Sur les TTiM. de Maurice dû >SuîJ>, toj. P. Meyer dan» Romonia, \\ 
i66: XXIll. 117 et 497 ; XXVIIL t\h. 




DE MAURICE DB SOLLY 103 

0A^«_Are8, de 1^ uature corporel et de la rmture espirituel^ a 
meiS'tUr de double pain, dou pain corporel au cors et dou pain 
«9p«*4tuel a Tama. Li pains a Tame eat saiote doctrine et la 
pfôciîcation des comandem^ns Dieu, par f^uoi Parae vif qnaat 
elle les met a oevrd. Li pa-ius e[9Jt la garî^ODâ au cors ; ce save^ 
f09 biea qii^ (est] celé querez voz vûlontierâ. L'une et Tautre 
ddDCiandez a Dieu, si ferez savoir, et plus le pain a Tame qû£ 
le pain au corâ, quar se lecuer [f^or?', cors) a c^ que il wet^e^ 
fa^oie muert de faim, c^est se elle n'est enseîgnie si corn elle 
doit,; mai9 se Tame eat bien enaeignie et elle fait ce que elle 
doittSi ira lî cors eDBamblo ealagloire de Dieu, 



LA QUINTE PETITION 



Dlmitta Qobls débita nostra slcat et nos dlmittU 
laus debltoribus nostris : <( Pardonc noz aot» menais si 
coin nos pardonons a cela qur oieffait qo^ ont. » Or poe^ oïr 
que clt qui wet que Diex li pardoinsi ses péchiez et ^es tuef- 
fais^ se il convient que il pardoinst a cetâ qui melTatt 11 ont, et 
iDaiement secil quiii ameffaitli crie merci ^ li offre rainable 
aoieade, si lors ne li pardonne, por nient dîst pa^reno^^rct 
qtiiiril deiuande a Dieu sa clampnation la ou il dist tu Dîmitt^ 
Qobis débita nostra âicut et nos dimittlmus debl- 
toribus noetHs, ȕ Si le vendroitmieK taire que Dieu proier 
ne apeler [V^irso, coK 1), que il ne wet autrui pardonner si 
coine il devroit. Pardoaez donquea a autrui^ maiemant 
^u^nx il vous crie merci et il vos offre droit rainablej se vos 
*oleiq(*e Diex vos pardoint vos pechiès. Qaar si coûi Diex 
^iit : aMensuraqua measlfuerltls remetientur (n'r) n. 
" Selonc la mesure que vos mesupré (sic) a autrui, selonc eele 
Qie&ure remesurra il a vos» Ji 

LA &BXTB PBTlCtON 

St ne nos indocaâ In tentationem. O^eat v ne suefTre 
lut ftûemiî noz tempte ne que il noz maint a mal par temp- 
tation tt. Lî diables vait environ et tempte. c'est aasaie la 
boue gent^ savoir mor» qui il porra prendre. Il temple le« 
moitne^ et le? chanoÎDeSf le? hermites. ke rendus, let 





I 



104 FRAGMENTS DKS dEKMONS 

homes, les femes, le^^ richeet, les povreii yoir els trairu a mal, 
quar lasuhe home ^t Easche feme sont tost trehuchié, et li pro- 
dons et la prodo fense ae deffendent vertueusôtoent, et por ce 
accipient ûoronam qu&m promisit Deus dUlgeiitlïius 
se. 

LE BBPTIUB PBTICION 

Libéra nos a malo. n Délivre doz de mal. » De q 
mal? Dâ mal il<;i uorps ^t de Tame, de tO£ (xiaus, clou mal 
de cest siècle et dou mal de Tautre, dou mal (\m l'en apele 
pechié, dou mal qui ©si apelez [laintie. — Âmeo, c'est a dire 
(( voirË » r et afferme toutes choses que uoz demaa^lons a 
[OoK 2»] Dieu en la patreno«/rt3. Autant monta amen com s-e 
no& disons a Damredicu : k Sire Diex, voiremeiit otrolesE noï 
(l^uanqut' noz voz avoua demande eu la patreiiostre : voire- 
mant soit sainleûez li tiens nons, vûîrement avieigne U tJeRs ■ 
regiies, voirement soit faite in vole^ité en terre ai com elle 
est en ciel, voirement nos pardones tu nos meffata ^i com nos 
pordonons a ccis qui lueffait uoz out, voJtemeni ne suefrcs tu ■ 
queli diables noz temple a mal faire, voîrement nous délivre ' 
de mal. Pater, libéra nos amalo^^a nobis bonum cor- 
porls, da nobis bonuzD auio^e, bonum in hoc seculo, 
bonum in futuro* booum quod est justlcla, bonum 
quod est glorta. Amen. 

Li SERMON BK LA CLACOMCIâlON NOSTRB SBIONOR 
SELONC LU0Ji3. 

PostqiiaiD consummatl sunt dies octo ut circumci- 
deretur puer, vocatum est noiDen ejus Jhesus, quo^ 
vocatum est ab angelo priusquam ia utero conclpe- 
retur, Seif;:rior, icie jors ei est \\ premiers jora «le Tan que 
vous appelez ail nuef^ À Icest jor soloient lî mauvais crestien, I 
seJonc la coHtume île paieniuie, [par] âorceries et pfïJ'chertn^s 
enquerre ei{\\ai') eâperim../ leîi aventures qui ereut a venir. 
Hui soloient il ontendre aB mal , . . 



i Qufiltruoij leltrep effacées. SupplyL-i [aiie* 



DE MAURICE DE SULLY i05 

III 

TRAITÉ ASCÉTIQUE INCONNU 

V^ol. A, recto, col. 1 *) mencement et trop curieu- 

^' '-^ont Barsabee, famé Urye qui se lavoit et se baignoit. 11 

^ Convoita charnelment et pécha par avoutire, par homicide 

^' partraïson. Aussi avons nous de la famé Putiphar, en qui 

***-awon servoit Joseph, le filz Jacob, qui estoit bel jouvencel 

pur et chaste. Laquele famé , embrasée du feu de charna- 

*ité, geta ses yeux sur Joseph en li prenant par le mantel, a 

^Q8te fin qu'il s*acordast a sa mauvaise volenté. Mais le jeune 

^onme, qui avoit purtè, netteté et ohaasté, de li se départi 

en li laissant le mantel entre ses mnins. Pour la quel chose 

elle le Ôst emprisonner et enchartrer villainement par fausse 

et deslojal accusacion. 

Detelz mauvais regars se gardoit moult soingneuaement Job 
qoi disoit : Peplgl fedus cum oculis mels ut non cogi- 
tarem qutdem de virg-ine. « J'ay fait, dit Job, .1. acort de 
purté a mes yeux, a ceste fin qu*il ne me viengne pensée 
[Col. 3 *] charnel de vierge ne autre lam<^ mauvaisement 
couvoiter, » — Item purté, qui est la première columpne 
de la maison de sapience, deffent toute eompaignie qui est 
de^shoneste et souspeçonneuse, et paroles ^ut esmueven^ les 
caersa pechié et a desordenance, car il n'appartient a nulle 
P*nionne, especialment a personne de gr^nt estât, ne mau- 
vaises compaignies tenir, ne paroleri mains chastes etdesho- 
neste dire ne oïr. 

Et pour ce nous enforme s. Pol, (jui dit en tel manière : 
Omnls sermo malus ex ore vestronon procédât. « Gar- 
d«, dit 8. PoK que nulle parole mauvaise n'ysse de vostre 
boDche. » — Et en un autre lieu il dit : Forntcacio aut im- 
QQodtcia nec nominetur in vobis, sicut decet sanc- 
tOs: « Je vous prie, dit s. Pol, que parole de fornicacion ne 
d'ordure no soit entre vous no/«mee ne oye, si comme il 
appartient a saintes gens. » Car il est escript que les paroles 

< £n titre courant : porté. 
* Titr^ courant: pupté. 



106 



FaAGUENTS DES SERMONS 



n 



mauvaises et ileâhoneâtey corrompent les [Verâo, col, 1 '] 
bonnes meurs. — Et Jbe&u Criât dit que de rabondaiice liu 
cuer la bouche parole. Donc, e'est aiguë de cuar corrom|*u 
quant U boucha eat conchiae et ordoîee par paroles la^deî, 
dissolues et deshonesteâ. — Or est donc appelée sapience 
pure et chaste pour tant qu'elle rent la per^sonne nette et 
pure^ noa pas seulement ea fait, mais en paroles, en signe» , 
en moiivemenâ et en co?77pai^aiea teuir^ en atouahemeus et en 
pensées, a ceste 6îi qu'il n'i appere nulle chose qui soit ne ne 
jjuist eslre eontruire a purté, Rt ce est la première calumpne 
de la rnaitiort de sapienne, comme dites!. 

LE XVm"* CHAPITRE QWi'PrtrrJI DELASKCONDE COLUmPNB 
r>B LA MAISON DK SAPIKnCB HT EST APPBLRE PAÏK- 



I 



La seconde columpno sur quoy est edifîee la maison de 
sapisnce est paia ef acort. FA c'e^t ce 4]ue dit s. Jai^jf^s qu^nl 
il dit: Delude est paolflca, etc. <t Elle est paisible ». — ■ 
PaîjÊi selonc la doctrine b. Augustin, eit une chose parfl 
accort liieti [Col, 2] ordenee, c'est a savoir quant une personne 
se porte ordeiieement envers tou;*^ quant elle ha obéissance a 
âoQ souverain^ révérence au plusancfett, amour a son papûit, 
et benivoletice a son songiet. — Et pour parler plus propre- 
ment et protitablement de paiK^ il est a savoir que Tesi^riptiire 
sainte parle de .îtj. manières de patz^ ear il est une paiz aou- 
veraine en exoellence, paiz de conscience^ etpaiz de conmune 
accordance et aliance. — La première pais^ est celle que aotis 
avons et devons avoir a Dieu. Noua veons que le sergent 
g-arde volontiers la [»aiz de son seigneur! autrement il n^est 
seiir de ses biens, de son corps ne de sa vie ; et se ii est loyaux 
a son seigneur, il n^avra ja re[ios de corps ne de cuer jnsques 
a tant qu*il sente son seigneur a Jui apaisié. — Trop pius sens 
comparoison doit un chascun de nou^, especialemeat princes, 
grans seigneurs et dames'..,. 

[FoLB^reclo^col. Pjne pueentavoirpai^de eonscience. C'est 

I Titf 9 Cfiifrnnt.au miîUu df la pagfi Paîï avocqwe^ Dieu. 

^ Manque tin feuillet ; M rontenait la fin du dûvfinppcmenit ^\\r la paii 
atcf Dteu fil le coiiLintinceinatiL de celai aur in païi avm: Boi-mfimQ ou 
•• jauix de consdAnce >. 

3 Titrt courarU: Faix de£on»ciance. 



DE macrtcf: DK SULr.T 



î(^7 



kVs^dagranlsûiDgetdu labeur qu iioQt i;^>NuiLiaemdnlen 
witi^raTil ce qa'il désirent a avoir et la douSeur et granl an- 
goisse qu'il ont quant il ne puâent venir a avoir laui* entante 
I**! Ce riué il désirent, en la paowr de perdre ce qu'il ont rt'ujuis 
4 ^Dt paîne et a ^ant labeur, ou le yoing' et la grant dis- 
^ntiion de cd«r que il ont quant i1 leur convient perdre et 
,l|lNlier ce que tant il avoient amé. Pour toiHes ces causes oii 
^ttfr aucunes H'icellea les pécheurs ne pueent a-voir paiz de 
eoiiMleii^e, maîa seulement ceste paÎK est donnée aus justes. 
-Ainsi le teamoingno le roy David qtn'iUtou psautier: Pax 
milita dlUgentibus teg'es^ « Sire, diaoit il a Dieu^ ciU <|ui 
»im«nl a garder ta Joy et tes cottmanderaena^il ont mowltgrant 

tpsiteneuU. j>^ Et ênrEi;ai>gili? gain t Luc, ^^cnndo capii»/o,,. 
iCoI. 2'Kgîlô. saint hnc capetulo, lï.) chanioient les aii^^eb di3 
psrMdtïf: Gloria in altissimlsDeoât In terra paxhomlnt* 
l>Qsbon6 voluntatls. C'est a dir^ k i^ue ;j:loit-& âoit aDieu es 
cliiMôfl treg hîiutea ♦ û*63t eaciei, et en t^/re paiz soit donnée 
aoihontnes qui sont de bonne volonté ». — Ceste pal?- devons 
HûUs moMlt désirer a avoir, et, q^rint noua Tavrons, garder a 
ÇTflMdiligeni^e. De Inquele dit s. Auf^ru^tin que le bien He paiï 
«ï si ^ûnt que en toutes les clioaea crées ne pnetsi douce 
cbose estre oye. Nulle ohose plus beîe ne puet eatra deairea 
fitnulle (ilus profitable trouver. Qui ha ceslH paiz» il ha Dieu, 
PtCem habete 6t Dans pacls et dileccionifl erlt vobLs- 
com, riir «. PoL 



CT PÀRLK DR L4 TIBRCB PAIZ, QUE NOUâ DBVOnS jLVOIA 
L*UIf A t'AOTrB. 

U tierce paiz est entre le^ bonnips l'an a Taulre quant il 
tont «run acort et d*Uâe aliance ensemble. De ceate paiz parle 
ftrâii Pol en Tepistre aui Hebrieux. Xlf^. capitdlo : 

'Viîfso, col, 1']. Pacem sêqaiminl cum omnLbus ot 
Mactimoniam sine qua nâmo videbit Deum , « Mez^ 
dili. Pot, paiz arecqnez totiz honmoSitatit Cùmtù^ en voas est, 
et ^ftrtleT, dit il, que vous aï^z paiz a touz et TenBUyvez. 



* Bm îttrt rottmat: Paii l'un a t'aulrc 
Al titre courant: Paiz Tun a l'autre. 




Alezacw. i*..uUi!XÂ ^t *\ifi\^ ï-:^«£:<!i•^é, ^2 *&irem«at noix 
ne vntx Ir.ec Teo:r. 1 — l'r^M «. P>. iii : Si Aeri potest. eom 
oïDBibaslioiiiinibas pacem h&bentes. « Aiei. dit il. paix 
ATecjui^i ion% hvnoi'^s ^wir^^^r/nm-» e- T':o$e»i.secepaetestreB. 
— E: p/rjrf/remerit :.:: i 'jfci: <*>nime «d vous en ». car il ne 
•io:i pa« tenir «ïii occs *'.cc ii.'ju* l'uvO^ p&u: et dit aussi «se 
il poei «Kire ;a.'. .> racre ja^'î^e e; rvnscierce. Car aocims 
ViDt 4e «î mauv aU-ï ccrn :.c:oa >^ite i. heexît paix, &eort et toate 
juiitice. en teie OiaDi'rre -Ae r.u.s ne :-uet vivre paisiblement 
avec'jue^ eu;z. Car auci^s »*:;Dt i^'^: iroab.eo: paix et concorde 
devant U>uz et en apoert. — E: pour ce ou îe sage en Ecole- 
«iatte: Homo iracundos incendit iitem et vir peccator 
turbabit amicos et in X'ol. z \ medio pacem b&ben- 
clnm inmitit iaimiciciam. « Homme jrreux et courron- 
ceux embrase rioi*e. noie et teoçon, et .e pécheur met entre 
leH bons amid turbacîon et défaut de paiz 1», car il fait des 
amis aiiemis morteis — Autres v ha <iui troublent la paix en 
Hecret et en couvert, si conme fout mesdisans , murmureurs 
et detrayeurs, Aei<\ue\z «iit le sage en Ecclesiaste : Sasorro 
et bilin^ulB maledictus mnltos enim tnrbavit pacem 
habentes. « Celui, dit il, qui me;$dit par derrier et en 
Toreille et celui qui ha langue double sont de Dieu maudix. 
Car l*un et Tautre trouble la paiz de plusieurs qui devant 
estoient amis ». — Celui ha double langue qui une chose ha 
en son cuer et Tautre ha en sa buuohe , qui une chose veult 
et autre chose die, qui en la présence des personnes dient (sic) 
paroles qui li:ur plaisent et par derrier en mesdient et les dif- 
fament [Fol. (7, recto, col. 1 '], et de tels gens n'a il pashui 
deffautes cours des roys et «les princes. Desquels parle le roy 
David qui bien les congnoissoit, et ilitainsi : Locuntarpacem 
cum prozimo suo : mala autem in cordibns eoram. «Il 
parlent, Hit David, paroles douces et amiables, paisibles et 
oinghans, mais il ont les cuers et les entoncious felonnesses, 
aspresetpoi/ignans». Kts'ensuit: Daillissecundumopera 
eorum et secuadum uequicliim adinvencionum ipso- 
rain. « Sire, dit David , donne leur selonc leurs ouvres et 

I Titre courant: Paizalouz. 

* Titre cintrant : Paiz l'un a l'autre. 



^ 



DK MAURICE Ï)V SULtY !^» 

desserte mauvaise». — Or,avonsilotic.ij, m&iiierefl 
recqueï lea qw^lz Teo ne puet vivre ^aisitilement : 
It&p'ïmier» nouj devons haïr conme ceulz qui paiz et «m- 
eortie troublent ouvertement et en ap(ïert ; et Jea autres noua 
devoD« fuir conme serpens envenimez, unr il sont tt-nhi- 
lr« Iree mauvais et très jjesmez pour tant quW sont couvert, 
El e«t plus [Co). 2 *] legiere chose il© soy garder des {tre- 
Hiew^wt! des aecons. Etli secont sont trop plus périlleux t\ue 
u lûTit Li premier. 
^H ~Ët ccmme il suit ainsi qu'il est ,111. manieras de paiv., des 
^B^ies nous ïivQn^ aucune {:hose touchiez c'est & savoir la 
^B piiiqu? uot/s devons avoir a DîeUt celle que noii^ilevôtiA avoir 
^^ •nouanieismos^t't lajiaiz ijtrp noua devons avoirTuii aTautre» 
totireramement il appartient a Toy et a pn'ntîe, et aussi 
^ttgron* daines fiar especia.1 estre paisibles on toutp& les ma- 
^HltarfiB flessMâ Me tes , car souveraineme»!- et devant toutes 
^Btboid* )ft t^rinue ae doit estudier et travailler qui) ait patza 
^■tovf ettous sessubge?. nient pal/ ensemble. — A Texempla du 
^■At^iile, riche et sage roy ie roy Âssuerus, le quel disoit ou 
li'T«d«He3ter, cïï[t\tuh{st>): Cum pluribuzgeDtlbazimpe- 
rarem et universum orbem dicionl mee sublugassem^ 
^«Combien, diaoil il, «jue je lieaBsîe sei^^neurie aiir pluseura 
î&f, et tout |Vât'so, col. 1 'J le luunde je eusse min en ma 
^bjfictioo »f toute voie il ne me plut, onques jibui^er de la 
ideur de ma [luiasance* mais ay voulu grouverner mes 
itijçei par douceur et debonnaireté, a ceste fin qu'il vesquis- 
'teDi desBoua moi seiirement âen.'^ nulle paour et (|u*il eussent 
le tue n de pais:, le quel doivent désirer roubles hommes mor- 
teli.— Et a ce bien de paix avoir, pourchacier, g^arder et 
dedentlre ee travelllerent moult les aaeîens ro^s, David, 
âakmon, Ezeehia^, Josias, et le^ autre» nobles roys et ein- 
irears, ju^es et princes, de quoj en rKscripture nous avoos 
it de biaux exemplo^^ et es croniques, lesquels il ne con- 
paa maintenant recorder. — Et est bien a noter et 
oir que, a ce que desïiows .1, prince ou l roy. p^ant sei- 
|eur et grnnt dame, paiz soit gardée entre \iet ses sub^e£ 



te titre cmiranf mantfue, 
Tt'tr^ four/int : l'air, a lou/. 



1 



I 



110 l'HAGMENTS HR8 SKKMÛNS 

et qu'il ait aussi \ia.[y. entre lei^ Hubg'ez^ est requise jCoL 2 '] 
loyauté ijt (>re^te obéissance ^&v devers les subgez ; luaisil 
avJeDt aucune fois que par le Juste jugement de Dieu que I^H 
peupla subJBot obeïst mauvaisâinent au prince |»arce que le 
prince n'âât pas a Dieu bieu obei^ijant ijiconme il deiist estfe. 
EL de ue il s^ensuit qu'il n^a point de p&iz eatre les sub^ez en- 
semble ne entre l&sàuhg&z et le prince, nav ce ne puet estre 
qu*iJ y ait patz âe il un fout premièrement paiz a Dieu qui est 
prtDce souverain. — Et p&ur néant mettent leur fiance etfl 
leur attente (sic) en faire ou pour faire aliacces avetiqwes™ 
hORineâ Euortelï, tant soieni rioheg ne puUsanfi, se il ne font 
premièrement a Dieu acort et vraie aliance. A 

Et. pour ce «lit Diex par le prophète: Quls mlsereblttir^ 
tul. Jherusalem, aut quis contristabltur prû te, aut 
quts ibit ad rog^andum pro pace taa t tu enlm dare- 
tiqulstlme, dicit Domlûus. Selon la vérité, ciiz de U.,. 

[Fol. h, recto, col. 1']... ma peticion: sire Diox, pm-donna 
moy ! pardonne moy ! car je ne âuy pas {ligne d ' estre oy, 
mais tu me sauveras par ta grant miaerioofde, -^ Ht eat a 
savoir quf combien quHi eiist Dieu moult corrucié, et, quant 
e*t de HOU edtat, il nVnst pas causa d'avoir fiance de eelre 
eseaucié, toute voie pour ce <iite devant Dieu il s*aecu&oit et 
de la grant miséricorde de nostre Seigneur il se fioit et en luifl 
espei'oit, Diex se voult a âa peticion incliner. Dont U est 
escript de )y : Deprecatus es DomlQuin et obsecravlt 
Intente 
Jherusalem 

aupplîa dévotement et mouli ^ntenti^'ement, er. Diex si l'oy et 
il le ramena en Jherusalem et li restubli son royaume, u 

— Et pour ce dit 9, Bernart: laterduni impedlri solet 
oratla et puâillanlmltate spiritus et timoré Immode- 
rato. (t Aucunes fois , dit il, oroison est empesi^hee pottr 
.11. cause»: la première est [Col. 2, "] une hardiesce d'esprit, 
et Tautre cause est une paour dasmesuree, » Et ce avient 
qKtait une p^r^onne pen^e si a sa propre indignité et ifjaouffl- 
Bauce qM^ il n'oâo ne endure pas les yexde son cuer convertir 

' Titre courant : Paîz uusiîinlûe, 

* Titre courant : Oroi'«j^n, 

* TUre courant : Oroisoû, 



et exaudivlt oratlonem ajus reduxltc[ue in A 
lemin re^nnm suum. " l\ pria noi^re Seigneur et 




DE MAURICK DE SULLY lU 

^^\»onté divine ne a sa bénignité ; et tout ansfii ctmme 

^*l péril fie Dieu prier troppaoureusement et trop couarde- 
'*Til, tout aussi par le uontruire ce n'eal pas luemlre periU 
^^&e9tgrajgneur, q/tant noslre oroison vientde presumption 
•'de foie hardiôôce. » Ne je ne tiî fiaa,ce liit a. Bernart, pour 
^ que je vueille oater ëlub pécheurs que il lie prieat Dieu 
fi&bismerit, mai^ je vueil que, quant il prient Rosira Sfii^neur, 
ÎJ e« tieagnent et repiHeiit eâtre pécheurs et vuïz de tneritea. 
Et pour tant leur oroii^on doît eâtre pour avoir de leurs pe- 
cliiez remiasion ei indtilgenee. a —* Et rioit estre faite ceste 
ofoijûn de cuer contrat et rie esperit devant Dieu huwilié et 
atesié, et en fiance de la divine bonté, de la divine [Ver^o, 
eol. 1 '] courtoisie et beni^niié. 

La derrainne ^ondicion qui doit esire en oroison a ce 
qu'elle soit a Dieu agréable est que elle soitsouvent frequen* 
teeet a grant instaoce. Ainsi le nouf enseingne Jhesu Crint 
«D l'Evangile «. Luc, XVJn" ca/ji7rdo, qui diat ainsi : Oportet 
aemper orare et non deflcere. f II convient, dit il, 
toux jours Dieu prier sans défaillir ■ — Ainsi Tensein^na 
il pur exemple en TEvangile ^. Luc , QhpiiuXo Vl^ : Srat 
pemoctaas la aratlonlbus. v, Jh^sus Crist, Jil b. Luc, Teil- 
loitpar nuit en prières de Dieu et en oroison». — Et aamf Pol 
dit «D la première e[tiatre wl T/tassaionicertsest V*^ Capituio : 
Sine lûtermlasioae orate et cetera, a Orez, dit il, et priesc 
HN« cesser, i^ Et la glose dit : Non desiûlt orare qui non 
desinit JtiBtas esse. «Celui, dit la glose, ne laisse pointa 
prier qui ne laisse point a eatra juate. b — Et aelonc ce, 
oroison est ci prise motdt largemerit; et selonc l'ezposicion 
«*AugU9(tD« ce mot que dit Jhesu Crist: u il convient [Col. 2^] 

i: joorâ Dieu prier i},c'e4t a entendre ans heures a ce esta- 
llies et a ce ordenees, car il n'est pas de nécessité tonz jours 

t€t eu toutes heures Dieu prier, mais a heures certainnea; 
^nt Miinte Eglise ha esiabli dt ordetié motitt bien heures 
^rtainnes et detfT-miaeeâ pour Dieu prier , si ronme sofit 
heare^i de messe dire et oïr, matines» pr/me, tierce, midi, 
Donne» vespre» et cotnpHe. — Et chascime bonne personnB 



^llie; 



Tifrt ^^urant : Oroiaon. 
Titre coiirant : Oroiaoïi. 





::.■: -s.*^ ii.-i-r* i-*^*'^» ■--*-> --.j^ t. sl-sci qu'elle 
:ït:. **..-.* .-r: r-r;:^* ^ t :■:.- ii-,ê: ir-- à ?r.*r d* bon 

Svs:*.^:.** irr-rr* = «^*. M».* :. fi t i* à.^2siïs qui t^b* 
**at' *::'. ;^ili :'j< i^.— .t'^: i z * •*•. «*Àr.*ri*ti ras qu'il 

e; i *::*-•. : k« :-* .\ t-t-r** •:; .* i^;i* *x: :>GTerce ; et 



[P>.. E. re::o. -o"., 1-] z-l.-f ;?*? ,>• ^ .;:£»« nos cuers 

raex:lr r.-r --i-.-.er, -à:? a:;:.: O.ii .^s rAea-ilira ie toir* 
-i^^ï.Et ce li'e^". ; « cirr.f.Le.:^^ .1 es: :;••*. bùi^.Ei est bieas 
»oi> ■'■iin-. **:,= .r.îi/. ;. i-'-ës* z.». .-le-. — E* :e ce ; -ir.e «. 
Aî:?.'ï'.:n oa L^rr :■* » .".:^ îe l*.ei, •'zpUiu'o T-V//--.V.O» 
etM''. e» 3;i A.Zi*. cL .a lersznne :* r-^rre Sfiyn<.ér: K^o ero 
and': sacientor^ ero qnecamqtae ab hominibns honeste 
desiderantDr,vita.salus, victus, copia, gloria, honor, 
pax et omne bonam St seqnitor : Ipse Dens sitas de- 
sideriomm nostrorom. qui sine fine videbitnr, sine 
fftfltldlo amabitor. i J^ serav. ;.: D.ex, li ^-iens dont les 
e?!eû< ser ïii ra-eu.^.. Tt>i:u.t: Je le;;r sc;jv :ô.iies choses 
'jU; "« honme* : uer::* vS'.re ie>:'#-< :. -ue*ieui «l. si coiiiue 
vie. ^a-ur. \ivre«, La^undaii^'e. çl ire, Loti^eur. :aiz et ton: 
hien< :*, 

Et dit aprè? ?. A .^ns*;»i ■{:;•• Ivex e*i ^ ni. »ie nos de- 
9ir«,(jaisen«fiD sera veu îî*-. s l-.-:''.:i.-. M sens e:iuier,seraa:uez 
très fermement X'o.. "2 et trc-« ch:-rî-^::.eiil. — E:i oeïle cité 
de paradis uous :uangero:.s .e:<aiu ie vie ^u. iu oiei descendi, 
aoD pas eu sacrement ne repostemenï, m.iis en appert seus 
couvertare, cieremen* e' mauiiestement. 

conme sera Neneoit *[m mangera ce pain o'.i rovaume 
de paradis ! — Éc aussi en ce royaume et en oeste glorieuse 
cit'î nous serons abevrez du vin d^^ leesce esjoyssaMt les cuers 
jijs'jews îi jvresce sens j-ecrii-- et sens mesprison. 

Deiaquelleyvresce parîe David ou psautier et dit: Inebrlu- 
bi^ntorab nbertate domns tne. etr, ull seron; tuus eny- 

1 Titre courante au milieu de la pay^: Du !a inai^Ltu de pai-adi^. 



DK MAURICE DE SULLY 



113 



^ 
N 



'Vrez ilfirabondftficede joie qui âst en tft maison d» et du ruia- 
^leldetes délices tu les abuvreras, pour ce que par devers 
^toj est la fontaine de vie. - Et est a savoir que la delcctacion 
dettâradisestbien fow(iH*ree au riiirii5e!,non pas pour ce q^u'elle 
pai8« en lamauiet'u du ruissel, tnaîa potir tant [Verso, col.P] 
qa>IU est pUinne^ habundunt et conliûue, et toux jours eut 
oouTelle seQS défaillir. 

Tiercement dous devons avoir U maison de paradis en 
graottieair pour y habiter, car l'en y vit (res joieudËfneiit, et 
*al toui jours la leesce continueti eu loen;^'e et en jubilacton, 
-* Jabilaeion est nue joie de cuer i^ui est &) grant que nul2 De 
lapuetbiâii exprimer, ne par parole ne par âigne soufS^a»- 
cn«iit moustrer et déclarer; la qtiele oat si parfaitement ceulz 
ii« paradis ([ue to(i« jours sout et seront en la (oenge de Dieu 
eccupeî et sens casser. 

Et jjon pourquant il ne peuent toute leur joie exprimer ua 
bien demonâtrer,3L conme dit est. — De cestejoia g;loneuBe et 
gloire ai joieuse parle L)avid ou psautier et dit:Beatlqui ba- 
bltaot in domo tua. Domine, in secula seouiorum lau- 
dabantte. » Beneois soient ^eulz qui babiteaten ta mai^ortr 
car itai'durabK'meMt il te [Col, 2] iôeront. — Et la glose aur c« 
Vv- dit ainsi : Hoc Ibl agnnt, hoc totum est in regno 
Cêlûrum. 

<Diex loer, dit la glose, est le mestier des sains v» Et ce 
*ittoîilee qwi est fait ou royaume du ciel. — S, Augustin dit 
'>u livrti de la cité de Dieu : Vocablmas et amabimus* 
amablxnuB. vldeblmus et laudabimus. £cce quod erlt 
lu ftae sine fine. Aussi coume s'il vousist dire : «Très 
doali Dies» moult devons avoir ep grant désir estro en la 
cité iJe paradis, en la qufle nous repoaerons et Dieu ameronâ ; 
noua l'umerona et le verrons, nous le verrons et le loeroos, 
<«fl»raeQ lafîn et sens fin, » 

Qu&rtefflent et ânabLement devons avoir en grani désir la 
QiaUoD de paradis. Car l'en y aime très loj^alment. — Il ba 
^le diUt-iîoD et tele amour eu paradis que ceuls qui y août 
pldfl Aiment Dieu ff aimeront qu'eulz metames... 

' Jitrt courant, au. milUu de ta page: Dû la maÎAOn de parâdi$. 





LOU CAPEL NOIJ 



Per parla capêl d6u^ la coundeciu première 
Rs de garda Inu hièl, quand (ôumbariè gus èla ; 

Mèâ âe ne îhmats la fabièro 
Ou que Paoets quilha sua brancs d*una âguèro, 

Per eapauruga loua aucèla, 
BouB rèsto qu*UQ câpèl^ e poudèts pas pus dire ; 

((Moun capëln6ui), mèstouicourt: «mouri capèLn 
Ja qoe mousî^u Boufard, lou ^^ardabo, lou bièl j 

Boga auriô fait creba de rire. 

En Tausignent marcandeja, 
Lou jour que d'un coufal s'anabô endimenja. 
As ijapeiièâ trop carsrafuso sa pratico» 

Moussu se serbit?* qu'en fabrico : 
Palpo, bîro, rebiro uno ^roâso ouro aumetis ; 
Causits un capèl fort pua retLe que la tolo, 
Que se trufo da:^ trous e daa ranfounçomens^ 
E qu'i saucto lou cap just ûûutno'no birolo, 



LE CHAPEAU NEUF 



Pour parler d'au chapeau neuf, U première coudilion — est de gar- 
der le vieux, qufiud même i! tomberait anir Les yem ; — Qiais si voua eu 
fumex les fèves — ou que voua ailtez le perohersdi- ks brancboB d'uu 
figuier, ^ pour faire peur a\i% oiseaBï^ — " il "* ^^qs reste qu'un eha- 
peau, et voua ne pouvez plus dire : — m Mon <?hap*Hti ueuf»». maÎB tout 
cour! : i« Mùn chapeau, n — Ceat Avec soiti que Monsieur Boufard le 
gardait, le vi*>iiï ! — U vous aurait fftit crever de rire, — eu l'epten- 
dattt m ^rcbander, — le Jour où d'uoe nouvelle oolITure il allait n'ea- 
dinrtani.'her. — 1) refuse s^i pratique s.\xx chapetiera vendant trop cher. 
— ManBJeur ne se sert qu'eu fabrique ; —il palpe, tourne, retouroe, 
[pecdiinlj une i^roï^ae heure an tooiits ; -^ cboi«it ua cbapetiu fortiplu^ 
raide que la lôle, -^ qui ae moque de» cboca et des renfoncements, — 



LOIÏ CAPHL NOÎÎ 

Al puât que doun frount prim es marcat d'un arquel 
Coulou de cre§li> de poulet» 

Dous escuts de cinq franos clauaouQ aquâl afaire. 

J&mai ]ou fabricant n*a pas boui^uL rea traire; 

« Moussu Boiifardj — s*afa, — rarticle eâ tout noubèl. i) 

Ë t'alispo dïil couidei e boufo dîna lou peJ : 

(De pel, aiiiplàt, Û cauino*Ji blese) 
« Quno sedo, mirats I es al jour que cal bese 

L'efèt que Tara aqiiel capèl t m 

Mousflu Boufard sasit^ lou tambre, 

Pagôtin-iin e prcn lou lambre 

Pus Iriouufaot qu'un escoalié 
De n6u tout ame^cat. Lou ca^èl sua l'aurdho 

Se plauto dabant sa moulié 
Qu'a lou fisBou marrit mai que lou dé Fabâlbo : 

ft Bb bé 1 toa pamparru^o d*or^ 
I ben* 1*èi mièch tacnijat^ la houco faito eu cor : 

(( Couâsi irobes qu*aoô me cofo ? Palpo... 

(I Es pus dous qu'uno p&l da talpo. 

u Blètaae I bau sembla^n milûrd ) 

u Hé ! qu*eQ dises^ ma tourtourèb?» 



lui cercle U tête autant qu'une virole, — au point que Bon front 
ètrûit e«t marqué d'un arc — couleur de crête de coq. 

Deux éâus de cinq francs tormiDcot cette aâ'aire. — Jamaia le fa- 
briciDt n*a rien voulu rabatire ; — *f Mansieur Boufard, — dit-il — 
l*tttiele est tout Doiiveau. » — Et ÎL le lisse du coude et souffle daaa 
le poil ; _ {^tu poLI, b'lI voua plaît^ ëq confina du blaireau] — 
|> QiiÊtle soie, admirez! c'eit au jour qu'il faut voir — Teffet que fera 

Motiaieur Boufftrd pr«ad le chapeau, — paie comptant et part vt* 
teicsDl, -- p[ua triomphant qu'un écolier — (ont babillé de neuf. Le 
chapcnu iiur l'oreille — il se campe devant sa femme — qui a Taig^LiiU 
let pilla pjquaat que celui de l'abeille : — «Hé bien ! mon lajron 
dot, — lu] dit-d, Toeil à moitié fermé, la bouche eu cceur : — Com- 
ineat irotives-tu que cela me coiffe? Palpe. ,, — c'e*t plus doux 
<|QiiQei)eaû de taupe. -' Vraimeatlje vais ressembler à un railord ! 
— Hein! qu'en dis-tu, lua tourterelle? « 




lia LOU CAPEL NOL' 

Cl — Disi coumo toujour: qu'aa pas brico He goust; 
(I Que sembleâ. tout pair«:t, un bièl ï^iiige^ dejoust 
«c Aquel afrous cauou de pouélo.» 
« — Ta, ta, ta, i entendea pna rés; 
" La raarohandisû pus preaado, 
(i Quand es pâs tu que Vas croumpado 
« A t*etitendr6 es que de fouréa. > 
Boufardi embouiârgat. graugnejo, fa tapage. 
Amé de papié t\, mouflet coumo'n coutou, 
Faifl»o Boun capèl nù\i coumo'n petit maiuage, 
Lou rebouod douçûmen dîna Testucb dt; cartou, 
LVatrèmo al cabinet (utio bièibo relico» 
Qu'abi6 alretat souu |jaiie u la mort de ea grand.; 
Après pren l'ancien beteran. 
Qu*a la criniâro en republico. 
L'alo reoauquiJh&do en l'ornjo de coupëu^ 
E dits en lou cargant : « Para per lou burèu. * 

Un matin ( âan^ paro ni garov 
A sa fentm^ qu'i fasi6 caro 
Dâspèî bèit jours, Boufard^ risent, fa : <« Digos^ h6u ! 
a S'estreD&bi lou capèl n6u ? m 
a — A louu aise, ac6 t'arreg-ardo ; 
(( Dal oap i^s pëdâ cambio Je fardo. 



a — Je dis corame toujours '. que tu n'as pas le rttûîndre goût ; — 
que tu leBa&mbles, tant craché, à un vieux Bioge, sous — cet aiTVeusi 
tuyau de pools* » — Ta, ta, ta, ta u'v entends rien ; — 1h marcban- 
liiae la jjlua prisée, ^ gi elle n'a paa été Hchetéejiar toi — à l'enten- 
dre, B*eat que de ta pacotille. >< — Boufard. vei^e, grogne» fait du 
tapage. — Avec du papier Bn, moelleux comme du eototip — caresse 
Bon chapeau oeuf cdîDme un petit «^ufAut^ ■— le ]>lncedouepnietit dans 
l'ëtui de caiton, — renfemie dana Taf moire (une vieille relique — dput 
rtvait hérité son père à la inojlde sa graud'uiiôre). — ensuite il prend 
i ancienne iioîifpu'e — qui nia crîjiiére héiisfiée, — lei? ailes retournées 
eu forme de copeau, — et dit en Ee nieCtant (sur s» tétef : ** 11 sera 
suffisant pour aller an bureau. » 

Un matin, ^atis crier gare, — à t^a femme qui ftiiitait la moue — 
'lepuia huit Jours, — Lluufard dit en riant ; u Dis, beia 1 a\ j'étrenaais 
le cbapeau neuf ?» ^ <tA ton aise,eeU te regarde; — de pied en caj 



tÛÛ CAPEL NOb 117 

tt S'es tôun plasé, qu'ajes d*afas. » 
e^M0Q5 plaaé.moQn plasé ! Te* monn ptaî(é aaas l'éJïtre. 
" — Alabetg, t'endirûônjea paa.» 
« ^ E 36 me plai, qui sara mèatre? >i 
{( — ^ Jèa ! qu'un ome aissable e tiaaûUâ ! » 
i* BûU8 fa béni ïas treasusoûs : 
I Boua coQDaulto, apêi fa soun cap, que's qu'on î f^îgo! » 

Boufard râmoustego» furious ; 
Jito iou bîèl i^LiissoUt pus mol que cap de âgo^ 
K mîèjom&n mudat, aourtits coumo'no p6u, 

PoumpouDat dâ sotin CApèl n6u. 

Cinq minutos Après, Iou temp^^ babMûâJnbo. 

La feiino, alânestrou, coucbabo 

Loti cami que preniô Boufard. 
KIo, ]ou pu souUetif alaugêrido^ urouso, 

Quand i besi6 fa aoun départ., 

Bel rebasaejo, trifito, èrgiiouao, 
De iou saupre partit sans cano ni riflard. 
En fixant !ou tioufat coulou d'esco e de sîèjo, 

Và[ coulerons, round coumo'n s6u, 
Diai6 : < Conmprerti pus qu^am'un temps à la plèjo, 

B Boufard porte Iou capèl nèu, » 



(*JiRbitB, — li c^est pour ton ptaisir^ ai tu aa dea affaires, m 
m plaisir, moa plaiaîr î c&&t mon plaisir sans rétre.u a — Alara 
ne t'eoditnFi&che paa.» — n Ktai celii me plaît^qui de aotia deuï sera 
'•naître ? ■* « — Dieu! quet homme dësagréable et têtu ! — il votia 
■aitiuer4groBses gouttes; — iilvoua coaaultB^ easuita il a'eQ fmt qu'à 
«atéte, qaoi qu'on lui diee! m 

El<»iifard martûottait, fmieux; «^ il jette soa vieux caissga^ plus 
tdOo qu'une figue — et bientôl habillé, sort vivement — orné de son 
chapeau aetii, 

C^Qq tnîniitfiji après, le tempa bruinait. — La fâmme à la fenêtre, 
I^^Sttait — le chemin que prenait Boufard. — Elle qui, le plus sou- 
Tent^taiigaîe, heureuast — quand elle le vojMt partir, — aujour- 
dliui févfiuBe, irisle, iaquiète, — de le savoir parti sans canne ai pa- 
rapluie. — Eu regardanl la coiffure couleur de suie, — l'oeil en co- 
lora, road comme uu ami, — disait : € Je ue comprends pas qu av«i] 
tui tetQ^ft pluvieux. — L^uufard ait [nia le chapeau aeuf, » 




n» LOU CAPEL NOb 

Boiif&rd abîÔ'n sicrèt per sa mitât treblado ; 

Amé i'atnic Kouquet, un luroun couneâcutt 

Âbi6 fait lou coumplotde fa peta Tescut 
DiDfl uno partido carrado. 
Lou michani temps saubèt Boufard 
Urouaomen d'aquêi encart. 
Loua ftoanaU rajaboun d'aigo. 

Impoussible d'ana rejuiita soun ainii;, 
E ffês coumo'noberdoulaîgOp 

S'enfournèt al eafè per se mètre à l*abric. 
u Pétard de sort! quoo marrano ! 

MarmQUtabo Boufard, inquiet coumo^nobano ; 

(( Sacrejes oouiuo iéu^ segur, paure Rouquetl » 

Un moumej] après s'eataulabo 
Am^un ÛLou que lou guignabo. 

Me cal benja a'adits, suraqueate piquet. 

L'estrangé, qu'èro court de bledo, 
Mes aisit de touto!) las mas, 
I raflèt, dabant aoun bel nas. 

Un parel de Jouidors e Lra^ francs de moiinedû. 

Boufard ablo tous èU de la grossou d'un iôu. 

Pas de poulo : d'oustardo. Abrutit» regardabo 
La plèjo que toujour tiudabo, 



Boufârd fivâitun aecret poui-sâ tnoitîè loquiète ; — avec TAmi Itou- 
quet, un bnon fi«ffe, — il avait fait le complot (\e dépenser ï'écu — 
dans une pai-tiâ carrée. — Le mauvais temps sauva Boufard — heu- 
reuaeraeat de cb danger. — Les gouttières ruisselaient d'eau. ^ 
Impossible d'aller rejoiodie son ami,— et frais comme uoe plante de 
pourpier, — JJ ee réfugia au café pour «e mettre à riibri, — » Coquin 
de aortî quelle déveine ! — tnarmoltuil Boufard, inquiet coitime lu 
vanue d*UD moutia ; — tu jures comme moi, bien sûr, pauvre Rou- 
quet! n M 

Un moment après, il s'assil à une table — avec un filou qui le guet- 
taïL — U faut 1110 venger, se dit ii,0Q jouant an piquet, ^L'étranger 
qui était court F^'argent, — mais habUe de ses inaLoa, — lui rafla^sous 
son nezj — deui Iouijï d'or et trois franc» de monnaie, — Boufard 
avait les yeux de la grosseur d'un oeuf, — pas de poule., mnis rrctu- 
tarde. Ebahi, il regardait — la pluie tpii tombait toujours, — et le 




LOU CAPEL 

E lou lustre ternit de soun bel capèl n6u. 

Que faire? ï*erprene patienco, 

Boafard countùnto la despeaso : 

Pas80 à la salo dal bilhard, 
E, coumo'n enratjat, tusto, triplo, crambolo ; 
Anfio soun estoutnafi erido que se fa tard. 

Urt biftec ftimûus lou counsolD, 

Dias Taubèrjo dat be^inat, 
Dont a'èro r«faudtt amë'l capà] bagnat. 

f Mâdamo, disià la chambrièro, 
k\ mcumeii que fioufard && curabo la dent, 
Il Sèt ouros an aounat ; Moussu jama'i nou ben. 
n — Serbicî, Louifioun^ » fa la mèstro en coulèrOt 
Que despèi lou matis erusabo soun cerbèl 

Treboulat ûq ue^^ros pônsados; 

Que de quesijus s'èro pausado» j 
Mes aqueato, â tout pic, tournabo de noubèi : 
u Per qu^uQ moutif Boufard a* strenat soun capèl? » 

Aro pl^u pas pus, mes tabaseOf 
Lou moucadou 3ul cap, Boufard s^esquifû ras. 

La coutnedio 's à>n-uu pas* 

Ai parterro ba preno plaço, 



no 



N 



Jutre terni de son beau chapeau neuf. — Que faire 7 Pour pAtien- 
ter, ^Boufftrd coQtiniifi la dépense ; — il passe àlsiaaUede billard, 
"- «t.comme un enragé, joue, triiile, carambole; — enfin son estomac 
lui crie qu'il ee fait tard. *^ Un bifteck fumant le réconforte,» — dane 
l'auberge du voiainuge^ — où U s'était réfugie avec le chapeau 
fnûmliê. 

'— Madame, disait la servanle, — au moment où Boufard se cu- 
rait le» denU, — sept heures oui aonné; MoDsieiirjamaia n'arrive, '^ 
— • Sers^ Louiaon, dit 1* maîtresse eu colère, — qui depui» le matin 
ereiuaitson cerveau — tro^iblé par de noirea pensées; ^ — que de ques- 
^^^ elle B'éUît poaée» i — Mais celle-ci, à tout raoruent,TeveDaît 
de nouveau : — # Pour quel motif Boufard a-t-il élrenné aon cha- 
peau U 

Msiotenaot ce n'efltfihis delà pluie, mais un torrent^— le niouchoit 
W la tÉte, Boufard e'euf|uive eu rasant les murs. La cumédie eat à 




120 LOU CAPEI. NOn 

Toujour par ga.nrlt lou uufièL 

A sounat mièjo-nèît. — n Nast.ro-Damo dal Cèi 1 
Disio *n treplnejant laf^nno dclaisisado. 
Que la pôu (l'un malur daissatio ari*ebaUiHdo ; 
u Me Tan assa^siaut, ou Tan më« en prison ! 

n km 'aqaclo îièit tant eacuro 

« Trobi pas cap d'autro raeou, 
a LauUoun, tê sul cop holo à la Prêfetaro, 

« A la coumuQo^ as quatre beats, 

(i Per prene de ranaig^nomonSi n 

<i — Madame, respouiid la serbiento, 
Ënaercaot, saoâ trouba, aouUèâ e dabatital, 

E d'une bouèâ toul', juât countento ; 
(I Mousau pot pas passa la uèit foro roustal. >) 

Def&t, an 'ouro après, coumo *o ourgao arribo 
Lou aa&anié, trempât jusquos à la car bibo; 

Semblo 'n iinèl a^agadou, 

LouisouD, la Mari^arJdou, 
Tiro quâ tîraraa, arr&nûoun la pelhaiidro 
At maiui'ou^ Boufard^ tramblaiit coumo 'no maiidru, 
Acô « lou capèl nou que cal beire, piètat ! 

Coumo *D0 chemiûiéro rumo> 

un pas, — au patlene il va prendre place, — tou}our& pour garantir 
la cbapemi, 

Minuit viftîjt dt* eonoei . — *< Notre-Dume du Ciel! — diflaîl en tré- 
pignant la femme délaissée, — que 1» ornintc: d^uti ninlheur tcoatt ea 
éveil '■ on n^a Va assassiné ou hien on l'a luia en priann! — Au milieu 
Ae cette nuit &\ obscure — je ne trouve pa^i d'autre motif. — Louiaou, 
VMf tout de suite, couru a la préfectui'e, — â Ih c:oiï]iniiiief aai qua- 
tre vents, — pour prendre des ren&eigOPments. — >< Madame, répond 
la servante, — en cheiohaut, aana trouver, soulteia et tablier, — et 
d'une voix roécou teste : — Monsieur nepeut pas paaser la nuithora de 
la jbaibdiIé h 

Eu effet, une heure après, consme un ouragan, arrive — Taventa- 
rier, ^ trempé juaqu^à la cbntr vivâ; — pareil h un tonneau d^niTO- 
ïAge, — l^ouiaou, la Marguenle — tirent de tous ivUés^ arrachent le 
vAtement trempé — au malbeui'cut Buufard. ti-eiiibUnt cûiimi»! un re- 
uard.— C eut le ch&peau ueuf qu'il tHllaii voir, hélas I ^ semblable à 



tXHJ CAPEL NOU ISl 

Dirî6tH UD *efit>oungo quaad tihutuo. 
Ou be *un canich ne^re negat 
Al bes&J d'un mouU peacat, 

D'ouat beuioa tant de llèus? Que bou1Â(a que bous dlo, 
Boufard| en sourtiguent tard de la ûoumedlo, 

A paB trouvât cap d'ouDÎbus. 
Tendre peraamoulié, qu'abiÔ daisaat souleto, 

De Touro bol pas faire aima, 
E partlU en brumaui coumo qui lou fouguelo. 

Brabo beâtiasao de Boufard^ 

n Couci diable arribea tant tard ?i) 

Cridû sa. fâiino carmiciado. 
m. — Pergandi lou capêl d'uno gru^iso ramado^ 
« — Pari qu'ères araé Rouquet, 
■ — Ë quand aii6 ï^ario ?abai3so loun caquet ; 

u Brames coitmo s'èreâ flannado. 
« — Doforo tout un jour ô tout'uno nèitado î 
tt BejaQt, ouni as diotiat? - A l'auberjo, èi dinriut ; 
«( Daiflâo-mo tle repau^s, aotii pla prou 'ntantinal! 

" — Mes aro, malurous daonat, 
(t — D*ount. 80urtis3ea anfin? — M'oissourdes, dal teiitrc, 
n — Dal teatre I meroi ! pauro bèstîo que aiôu ! 



une cbdOiinée qui tume^ — ^n dirait une éponge pceBeé^ — ou bien 
oû caoiehe Qoir noyé — repftchë au bief d^ua iiif>uiin. 

l>'où veooiôQt caat de calamités, tt'tûfoi'Cuuea / ~ Que voulfix-vouR 
i|uejfl vous diie,— Boufard eiaut iotii lard de la comédie — n'atrouvé 
AUCUQ orunibua. — ^ Tendre pour aa inoidér q^j'il avait lîiiiHé fl«ul«, — 
il ne veul pMi» larder davanlage — et part taut ruiftAelaot cmncne **ï[ 
ekut poat^aivi. ^ Quelle bauoe bète ce banfardî 

- — CQmtaeat diable arrives-tu si tard? » — crit na feiiiine rouge 
dâ colère. — >* Pour garantir te uhapetiu d'une gro«»e averie.» — f Je 
^mn^ que tu éuia avet! Rouquet?^ « Et quand cela laraitî CeiM te* 
cria; — tubrailks comme si on te saigoait. — ^ « _ Dehors tout un 
Jovr et tout une Duit! — Vovons* où ii»-tu ditié? — «- <* J'ai dîné i l'ait- 
bcrge; — laisse-ut^lea reposije Auiia-sflez ontrarié ! — a — MaU 
anflo.tualbeureux dnniuê. d'où aors-ta? — ■< — Tu m'a^sourdii, du 
ibAÂtje. — ■ iiti Lhoitre i (fiçrci * pauvre totti.' que je •tii« 1 — din toul 



— J 



lîî LOU CAPEL NOb 

«Digôs tout bounometl qu^âsfait Ina diable à quatre: 
V M'en doutàbif quand as aargat loii capèl nàn U.. 
c — Se Ton pot... bouli6 paa péri laaoufuduro : 

cr Aquî ta rasou sLmpLomen* 
t( — E qui t'auriè 'aipachatde prane uno bouèturô ? 
» — Enmércî paa Tardent tant inuttllomen. 
n — As doano manjat pêr réa? - Nou, mes.., — Soui 
« Espetacle, café, t'an tout fournit gratis, [imbecillol 
■ — Que t'ôsplique *n bricou... — ^Tè, daiaso-rae tranquillo ; 
« N'î a pôr mai de quatre tûatis, 
« — Que diaiî — pcr mai iVun' antiado 
a Âbant qtiâ siogue apribasado I » 

Dâspèilou fatal jour que cambtèt de capèl» 
Boufard, pallo^ minât, s^ttôâeeo tiiiia la pâl. 
Se fa d obaerbacius, bas, a sa Margarido, 
Que jS8 piiupo à d'un gout^ i fa aiena la bldo. 

Car i planita mièjû de bibn, 
n Eâque te di^^ rè^^ i re^poun^i oourrouaaado, 
a Quand jites lousescuts* couiuo*quelo Jouniado 

(I Qu'estrenères lou capcl nôu ?» 

A. MiR. 



bonnement que tu ab fait le diable à quatre : — je m'en doutaia quand 
tu as mis le chapeau netiff ... «^ Si Ton peut... jene voulais pas 
perdre ma coiffure : — voilà la Fuiaon simplement, u — Et qui t'au- 
rait empoché de prendre uae voituie? ^ t, ^ Je uedéponse pas Tar- 
gent 6L inutilement. « — Tu as donc luangé pour rien? — « Non, 
maift. * . — M Jp. suis donc atupideE — specUcle, café) on t'a tout 
fourni grati». « — Que je t'eipUque uu peu,.. « Tieoa, laîsse-moi 
ti'anquiile» — il y en a pour plus de quatre mFitîns, — que dis-je I — 
pour ]tluB d'une année — avant que j'aie reprÎR confiance! i> 

Deiiuia le jour faUl uù l) cibangea de ohfipeau, — Boufard, pâte, 
inquiet, ae desaùche dans sa peau. — S'il fait dc^a ohaei-vatians, limt- 
dément, à aa Marguerite, — qui se rebiîfe et lui fait mener une vie de 
ehien» — car plie lui plsiiit le boire et le manger, — t est-ce que je te 
dia rien, lui répond-elle courroucée, — qiinml tn ;2:?iJî[iïUes ley êeua, 
comuie le jour — où tu ôtruunas \q chupçau uuuf. •» 



I 



QUELQUES LETTRES DUCALES 
DE LOUIS XII 

(Suite) 



^ 



^ 



22 

Lettres de rémlBslonpourOUavlano, Marquis PaUavlelaL 
Pr&acisco de Portu et Giovanni Bartotomeo de Lanzaao. 

(Archive? naLionales, JJ 235* n* 154) 

LndoviouB, Dei gmtia FfôDCoriim rex, ootum facimus iiuiv^rHJH 

ptmixiet \ilter&& insjjecturia tioaliiitnilem âupplicatioDem OcUviant, 

Mwjiliioma Palveaiui, nec non Francisci de Poptu^ et Johannti Bar- 

tMIotoeide Laazano râcepiasen^coatiD^uterii quod, inmen^Q.., uliinakle 

{ireterili aûûi, presentia ipsi FraDciscus dû Porlti êLJobaoQef Bartho- 

loitijus àe Lanz&no, suh co pretextu quod, auirnrï dêUt>er&lôf enBÎbuji 

«oratû evagrinatis^ fecerunl insultum contra ZeliDum de Gaenajif 

tnteadone scilicet reum occideDdi,{qaod et feciftnent, «i potuïaxent) ; 

renuQ, qaiA îpse Zelinus tpsos de Laûzanoprevidit, cupien» t'ito •uo 

pOMe mortis pericula ^vader^^ qaendaiii saam spatâ.tn, qaam «etiurn 

tune lÊipporis deSerabat pro tuicioQe sui, ev&gio^ïvil; nuEla Union 

i^um pairtium vulnerata mimmeque leaa fuit, ted unavrjueqito ab 

hujdâCQodn conilictu evaaît, et que* ubi bouuia plaçait, diftc««)fit. 

Quonioi premissôrum accasione «t aub pretextu cujuftdem dccreli ia 

diic&ta noBtro Mediolanj incoDcuue obwrvati, quo cavettir »« muni- 

Uatet armîs aiictorît«te propriA osa» cootru aUufn ptignin debere 

'.^agEucJon« corporalL, dilActut notter cftppiUiieixi Jiubeie in elvîtata 

BoBtrtMedtolaoi eiUtens* îp»o« PruiciiKrUcius de î'urtuet Johaniwni 

Hutbolomeuui Lauz^oio cormis Ȑ ad ccitaiu dieu lutic TutiiratR citari 

MDcoQveQïri îtciL Qua die t:ixûern u^iuime, p*^ *ê n^c ]"9*' aUiim c^tupa- 

nt, Itcet debîLe proclam»U, Cujij« occuione et att«tttï« prœUma- 

debîte contra «dcdem de Portu «t de LiiMiZâoo factù. in qua 

tumacioni eommdem, ip«o« Praoriacam de Partit ef l<^aao«CD 

tfantomeai» ad altioram «apiifieintt eondean^nrit &>riimq«i« 1mni< 

Ijis et fi«co Bostro adjodKant. Et eo leofiore, pmt^euU Uuqoe 

Micii fe^ntmtù, îpsî Fra»d*cQa de PorU ei IiAmiim Ban^tonMot 

LiDxaao ad gtiiadacB dtMMo «eo fortalkàam ia loe» OidoU apéc- 

otea et p«rtiA«nteia êcIq 0«trnas» alierî mf^hema/H^ yan'ia 

et ifl eoèm per oertoe dM ]iii»>«an«Bf rliMiaafiaa JjaBrm 

, i]»d« MtKieiftaâna ff«p|wtiafî jvafiàrpannafliastM, «I falfiir* 



ÏÎ4 



QUELQUES LETTRES DUCALES 



tem coram ipso citori et ooDvepirit laque sui persottairif socuad 
casus exigeotminf procédera nixuB fuit etoititurde présenta, Quonim 
promis 8 orum oec&ËiioQe dubitans ipse OgtfiviaQui» rig^oreni jiiaUcie. et 
ne premisfiomm ocoasione contra ©utndem et bona sua ad ulteriora 
prdcederetur, etifim dicti Frauciacus de Portu et Jobannei Bartholo- 
meuB.qUL prËmiaaorum ûccasione minime in dicte ducatu noatro con* 
versâK audcrcot^ blis de caiisis, nd nos recurremat humiliter ; suppli- 
caodo quateDusde premiaais eisdem graliam et liberalilateis DosÈraDi» 
quatn humîUme flagitaat, Laip^rtiri digQAi'einur, Eapropter, et attente 
quod !□ cetens earum aegotiis et caaibua se decenter et hoaneate _ 
[geruatj? inler quoscumque de eia noticUni kabeûtea honeete et B\ae ■ 
iiIlovillicrimînofueruDt accusatif nos^ eisdem supplicaotibuApreferendo 
mÎBj^rtcordiain rig'orl Juâticie^fttCeutis premiaais^ inque conaideracione 
quart! plurîmoriim âerviciorum pereumdem Octaviaauoi nobis tempore 
guerrarum seu diviaioiium in ducatu Doslro Mediobnl ('xiateatirjm 
ractÎBiquiUavimus, rGmtsimuB,iadu]8imus,quîttamu&quQ remittimua et 
mduJgemus; de gracia epeciali^pIeoRriapotefitate et auctoritale reg-ia, 
caaura et fa^;Lu[ïl prcdictum unaciim omnibus peiiis,emeûdis,corpora- 
libus^ crimiDalibus, civilibus, lu quibtis preuiissoruiiii occasîone tpsî 
suppltcantes potuenmC, seu lu fulnnim potuisse^U erga nos et juati* 
tiam incumbere^ uaa euni omnibus et singulis deife«^tibii9, banni mentis 
et appellationibua, iode quoquomodo seqiitis ; eosdetn aupplicEintes de 
nastra umpliori gratîa m sais fania ctnoroine inque ducatu noatro et 
patria ne booia suis ncn confîst^atis remittendo ; satiafactîone taras n 
facta par'ti civili^ dumtâïat nisi jam îacta fuerit ; intponeûdo propte- 
t'ca quœ ad hoc silentium perpetuum procuratori aeu fisco nostro 
pi^senti et futurota dicto ducatu nostro Mediolant. Mandantes , . . , . 

Datitm Bleai<i in ooieaae decembris anno domini mîlleaimo quing'en- 
teaicno primo et regni quarto. Sic itifftuiititn : Per regem ducemMedio- 
LadÎ, ad relatlonern consilii : Q\hboi. VIsacoitteatuE- : Auys, 



23 

DoD tb AubOûio Maria Pallavicloo 
de certatoe» terres dans lis duché de Uil&ii. 



(Archivas nationale^ JJ 23â, n- 395. p. 135) 

(15 arrU lôOJ) 

Loy»t roid' SicilleêtJhéruaaleait ducde Milbiu, aeig^D^ui'detjenaea, *{ 
«i(c. Sç«ivoir faiftoUR que n^T^'is, cotisidéraus ai i-éUujpsaïis à niorifoir*' les 
gruiidn, singiiliera, proufTiCtiblee et t)'tïa«rocoiuniaiidablt!â eervicca que -^j 



nE LOUIS xn 



l!5 



aotre ism et téaX couâin^ coaselller et ctiambellan, le aieui* Authoine- 
Maii^ PalveysÎQ n fais, fait et cootiDUi^ chacun jour à IVotoar de notr^ 
pifSBnûe et autre» manières» et espérons que (ilus face cy après; A 
if«]ltiy, pour d<? Bâs aervi(*ea aiicimemetit le rémutiérer, et poiii* autrea 
umiidératioTiB h ce nous rtiouvana, nvons doonô et octroyé, ei par ces 
préuQtei, de notre certaine scieticïe, ^râce e&|)écial et autorité royale 
«tdoeale, doDOons et octroyons les terrea de Nexio, de Dongho, de 
GrilKcfoaB, da Sarno, de Re^onigtio, âvecqi]e4 leurs plèbes et jurîsdtc- 
feoai^et avaQtaig'â Ôq la d&xe de nolte ville et cité de Partnê, ia dattd 
ilii péafe du fer assia i l'entour de notre ville et cit^ de Costie, que 
lenoktel possédoit et d^nt avoua octroyé main levée et JoyasAHC^ 
1 thmâ Lucfeiee Cribelle, laquelle puis âucua temps eu ça b^êjï a&t 
&1U< et retirée en party h tioua contraire et hors tioCredït pays & 
ctodiiê de Millau ; pour desditeF» terres et choses dessus décUréea, leur 
Bpparteaancea et de9[ieudauces Joîr et user pâ^rtiotre dit couaia fusqu'à 

Pti iiomaie de trois cents ducats par an, atenpreodre, percevoir et re- 
jprvoirles fruits, prouves, revenus etémolumens, à quelque aomrae, val- 
lHir«t estimacion qu'ilsi^oientet puissent estre et monter jusqu'à ladite 
■omcne de 300 ducals par chacun aa^ et tout ainai par la forme et 
muièreque en joyasoit derrenièremeût Indite Liiiirease Cribellet eu 
pa^uiUt afiqaill&tkt louteavoyes les charges et devoir.-? d^uz^ k oau^e 
devdttn terres et choses dessus dîtes où et ainsi qu*iL appariieudra» 
St di>mioDS â aotre atué et féal chancelier, aux gens de notre conseil 
etftéQâtt et Tuaistres de noz întradcs à Millan et à tous ao£ autres jus- 
ticiers «t oniciers ou k leur.^ Iteutcnauls ^ à chacun d'eux eu son 
r«|srd et comme à lui appartiemlra, que en faisant nostre dit cousin 
oODsenter et chambellan joir et user de Qoa pré seas grâce > don et 
octraÎTilsle méctent et fassent inettre tn pf>BsasaLon et saisine desditei) 
ftorree, seigneuhea et autres choses desaus dëcl arées ; ùt d'icelles^ eu- 
Mmbtcdes fruits et revenus jusqu'à la dite somme de 800 ducats par 
chAcan an, le faceat. souffrent et laissLeatjoiret user doulcement, pai' 
«nb|tftDenle4plaineri]Ëpt, cessans ou faisaut cesser tous empeschemena 
au coatrsire; et par rapportant le» dites préseates, signées de notre 
a«ij), ou le ridimus pour une foys, avec recongnoissance d'L<:e]luy 
notre couftio, sur ce «ouffisant ^enlement^noufi voulons nostre trésorier 
•t recerenr général audit Millan et tous autres ofSciers comptables 
<i particalïer» qu'il appartiendra et â qui le pourra taucher^ en eaire 
{{uittesetdescbargés en leurs comptes, partout où il appartiendra, 
aucune difficulté; car tel e«t noire plaisir, non obstani quelcoo- 
ordre«f résolutions, oiandemens ou defl*ânaes à <x contraires. Ku 
iog de ce, etc. EJonné k Challoit, le XV*^ Jour dVvril, Tan de 
gr»o«lâCLjd^ uotieiîg^oe le IV*. .V/|7»« Loj». Par 1« roy: HoBVhTBT. 
CMCi«rallé : O. Buok, 



l?G 



QUELOUKS I.ETÏHRS UUCALES 



24 

Donation A. Jacgues de Romelin 

(Ârcliive!! nationales^ JJ 235, pièce 344) 

Loys, 6tC' A tous ceuUt etc, eftlut. Comme après la dernière conqueste 
et réduction ^n Dos inaina &t obéiBSAace de nostre duchîë et estât dâ ^ 
MilLan^ pour aucunement récompenseï' aucuiia iioz bons serWieure et I 
subgetz des peioes et travaulx, (r&u et mises qu'il?: y iivoienC euz et 
aupportés, feismea ceriaiu rouUe et décccnaamoa qoz lettres de povoif 
à tioBtre ame et féal coneeiUer, J'évesque de Luçod» chef et président 
de Qoatre Cooseil et Sénat de Millau^ poui' récompeuBer nos ditz servi- 
teurs ?ur lea biens de» rebelles et acteurs de U dicte révolte; lequel 
nostreditcoûBeiller et|>rësident, en enâuyvant ledit lotilleetpovoir, ajt 
baiilé et délaissé, par ces lettres patentes et pour les caiiaes contenues 
enicelles, à aostre amé et féa] conseiller. laqueit de Romelin, dit Litlande, fl 
cappitalfie deTre«^e^ et de do2 ûrdonoântïes^ en assiette etasai^acîon V 
de troia cens duc^atz par an, entre autres blenâ desdita rebelles» tous 
et chascuns les biens meubloa et immeubles qui furent et appartin- 
dreatù AûthoiaeMjirle de Saint Alo.^e, à dqus rebelle el désobèyssaul, 
qui » touajours tenu le parti du seigneur Ludovic, noetre adversaire. Or ^m 
e»t il, que en pcocédi^nt [lar le fisiîal de notre daché cootre ledit de " 
Saint Aloze, par devant lea gen^ da nostre Conseil et Sénats touchant 
La confîâcation et déclaration deadits bieu^, le dit de Saint-Aloz^ a 
esté {>tir leur a.rrest et pour leâ causes contenues au procès sur ce fait 
coDdeœpnéensaperBonnff et biens à nostre arbitraj^e; et combien que, 
eneu<ïuyvantlesdiCa roulleei povoir, ledit deLalandeest et dnibt eatre 
eniretenu en son dit don, ?e néantmoioa^ pour plus grant seureté «t 
coroborai'ion d'icoltu;, et actendu comme dit est ledit de Saint Aloce 
A esté cotidempné par ledit arrest en «a pergoûne et biena à no$trg 
arbitrage, il nous a humblement requis luy octroyer sur ce doe lelti'e^ 
et iiennission convenable, et sur ce îuy impartir noatre grâce. Savoir 
faisona que nous, iea choses deaaua dictes cunsidéiées, que voutona 
favorablemeDt traicter ledit âe Latande en sea affaires, en faveur des 
bons et agréables services qu'il nou" h tousjours faizet fait èa affaires^ 
dd noatre dit duché, où il se lient pournostre service, k ieelluy, pour 
CAaOAUsea et nu très it ce nous [nouvatitj,.-ivoiis de nuuvel et en tant que* 
ineslier eeroit^donué, traiii^portéct détatâ&éret.par lateueurde ces pré- 
■entes, de uostie certaine science, pleine puissance et auotorité rojale, 
donnons, transportons et délaissons tous etchascun le^ biens meubles 
et imEnchiblââ dudît Saint Alo^e juaques & [a dite somme de trois Céias 
ducats de rente ou revenu annuel, el au deHOubz, se Unt ue le peuj^ 



DE I.ODIS Xll 



U7 



2S 

DoiiatioD fatte à Angelo Sacco 
(Archife» aitionaies, JJ 235, n*' 3tiî) 



^V teni monter; et leaquelKbieQsdudUâaiatAJozetainaiBoubmîâ à noatra 
(îit arbitrage, noua uvana dédairea et déularona estre à nous couâs- 
^vaetapparteoir juaqui^s i la somoie et vulleur de trois cens ducaU 
de reste ou reveau» et aQdeaaoubï comme dit est, pour ta joir ai us^r 
]i&rluj aux charges, soubïJo»^ coaditioDs et tout ainsi qu'il eti coatenu 

^_ eskltres deuostre dit conseille*" Tévesque de I^uçon. Sy donnons..,. 

^V* D^uté à Au^onne, le xv* jour de Maj l'an de g^nce mil cinq cen* 

^^ etuojç.elde nôBtrë fègneJe i|uaLnssme, AiïW*,s;>Antf':IjoyB.ParleRoy, 
ducdeMillaiiT Monae]jB;neur le fjardifiaLd'Amboiiae cL autres préaetiB; 
GiDOVH. Visa contentor: Budé. 

Rpai- U grâce de Oleu,rojr de Fraace.de Najjplea et Jfaéruaalem^ 
MilUn, seîgTiaur d« Genir<es, A tous ceuli qui t^s présentes 
lc(trw verront, salut. Savoir faiBoas que pour couflidérscion de plu- 
iieun boQs services que tioatre cbier et bien aroê rnaîstre AtigdJ Sac, 
Doiire k«crét«ire audit Millau^ dou? a cydevant faUz^ioulK nottrechîer 
et uDé irousia, <cod4eiller et {^bumbellan^ le seigneur Jehan J?ique« de 
Tn?oul»e, mareschal de Fran^e^en L'eatat de «oti «ecrélairer et autrc- 
aralfut et continue chacuii Jour et espérons que plni r«^ra,ài^4lli)j, 
poureet causes et autrea, et en récompense deadita service», avona ea 
cootillUBDt le don par nous à lut fait du tempa de U première cun- 
^ucfite Bt réduction de uoatre dit ductié de HilLaa»et en enanyvaat les 
Icitrtft dadit don c^ue I'od dit avoir esté perdeaea ou adirés, doon^ 
tt oclrojré, dûODODs et octrojODS de f«chef par ces préaentes.poor [qj, 
*ti boLTB et successeurs, le poot, port et pasmaige de Gère de la (kvi^re 
de Adde au druit de Piixiguetun, 4^ge a tenu l« ««igoeur JetiAD de 
Veativ^Uti du tetsps du tetgoeor Ludovic^ par don de lujr^ ena^mbU 
ri *v^ l'oateikerie de Chtleaim^nf, près le dît punt que a I«qii ung 
ivutté Vaaaao Boikvin et ses frères, par lettres dudit Ludovic, pour 
njyjT et oser, prendre» perceroir et receroir les frmU, rerettuee, 
K^dSU et esinolam£>iu , a qoclqœ «omaie, rallcvr el estinMciMi 
^i«Dl n»oater«et iiifiiiia^il «a laire H dispoter cocmm die 
1 ose et bénUigcMlDs* «■— ytt a fait jwin— A p r étm t * 

St dunaona -.----,--•---■».•..-•.-•*...,.,,,»•*»•** 

boaoé * LjOD, le xn* jedr 4» JMff Tea ée fr»ee nfl eii»q ce»a H 
RAg et Je ao4lre régne le ^jMCÔeMM;. iftieté «r^ / Lo^e ^f le 
ft»)* duc de MilUsi, Mnaar^anr U ctt^âaX «tAaMae e< airtree 





Il 

NOUVELLES ET LETTRES POLITIQUES 

DE UdS-U99 



J^ai publié déjà, ici même et ailLeurâ, divêrââg séHei! dô ces 
feuillea d'avis qui ctaieul l'un dea moyens de propiigaûoii des 
nouvelles les plus employés par les chancelteriéa italiennea, 
et Hiirtout par la chancellerie milanaise, du Cînquecento. 
Le:) dûcumeaLâ suivants offrent le même genre dMntérêt que 
les lettres antérîeuresH, et proviennent comme elles desarohi- 
vesde Milan, 



A.VÏB reçus d'Asti 

(30 août 1496), 

Guerre de BnargDgnii, — TrivtiU-e. 

Si^fiUTHirh de uviti poriad de Asti a di 30 df ttUffUMlo 1498 

Como el Rehâpreaô el loco deMânsi^nor d* Verg-ier, o Iha donato 
a Robineto; e fara [iroaeguire î'oxpugnailoDe contra doi ttUrî lûci pur 
deepflo Mans, de Verg-ier^et se sperava che, facta ta vendetta contra 
luit la pacese stabilira col Ke de Rotn^Di. 

Coroo Hobineto e \o oonte de Mi&occQ erauQ intrati a foruire epso 
loco de Vergiei* cuni due coinpaguîe, 

Como M. Joftû Jaconoo se raoûstPA i-efredito îd l'amîciaia de Veue- 
tiani , 



Avla reçus à Chîerl 

{i septembre Ii98'j 
NouT«tleE de la gucn-e de Bourgogne. — Prise de Vergi. 
Mflssarre de sa j^arni^fln, — M. de Siton priaonnier. 
Avisi retraii a Chieria II 2 di «etembret gîunti gtteêto di medesîmn. 

Como le zeDte d'arme del Ke, qmale emnci a la eipugnadone de 
Verg^i, l'bano preao, âtinBierne xma. oltra villa, quale 4 de Monaignor 



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NOUVELLES KT LETTRES POLITIQUES 139 

de V«r^ ; la quale villa Thstiûo apianaU ; e Vergî \o serbAtto per 
KubtDetti>. 

Como baDo, tra t&gliftto l?i teata et impichatip homint 1000^ zioà 
îirc» 500 Ugliaio la tealâ, *■ ^oho qucUi cbe emno rabelati al R& in 
It villa «opra citALi» e li alCri 5(10 impïchatl sono queUi che h&veano 
iuttiti(iîc} il fuûcho a Uvïlagi. e in quello nindcaîmo loco che ht^fe- 
TUO ibruBiati H hanoo imjjtcEilr 

Conio MoïiB. lie Sitoiit parente de Mona, de Vergii e preflone ; 
«TtQomotti de tjueUi û&\ Re che volcatitj che Suh MaoâU ti faceaae 
taglure U Uata; e como quella dice t^be prima se vole informare dove 
^piiKrîuta la causa che Mous, dé V^rgi habia facto fjuesto, e- poî 
cbe Sua Ma«<là ne fara qaello t-h' epaa li parer:i. 




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Lettre sans soiu d*aut«ur adreasèo à » Jacobo Andraâ " 

(18 octobre U^) 

'^OJtge* de Louifl Xll. — Procès de Jeanne de France. — Arrivée de 
r^^MrQof^a. — ^éjûur et dépenaes des Ambassadeurs TènJtîeus. — 
D^'u^iion* frantïO'Vi^mtiennes sur les condiLionsde l'aLliAnce. ^ énu- 
méi^tion dea capilaines français. — Maxîmilien à Luxembourg. — Pro- 
jets de pali entre Mâiioiilien et Louis XlL — Projet d'alliance entre 
It Allfl da Koi de Nâples et le cnmte de Lignir. — Favaurs ii Con- 
ttiQtiii Armtî. ^^ Ambassade âorentiae, — Le duc de Bourbon. 

M. Jacobo Aadrea, non paseo b« noû rîtrovarcui gfAiid«meQte de 
Bulivû^lia ch», dopûi mi paiti da voy, non bo mal havuto da vot 
Dcvi aleunat e mancho é vebuto lo Roaso como prom^tâv^aai coii Con«' 
luUcDeDte. lo ve bo siïriptù due voUe et al Rosao uoa^ uJtra chio par- 
i*M*al aig* BorsQ. Hora bavendû ateso infico qui aspeclando» e ve- 
^ado cbe non vene atcuno, per faie il debito miu, ho deliberalo di 
QiiDiiare U nno famiglio a po&ta, adcio cogDoacaCe chio qq» ho altro 
tle«jderio cbe di satîafare, e se baveaae havuto meïïi, o che non haveaae 
^ïttto confideoia in lo ordine che mi havevati dato, non aeriano paa- 
**ta Coae, o verobên poche, che non havâsae avisato. Hora pei- aapef' 
lû forerDare^ vi prego m'avvisati coniu voleté cbio faci e lo modo 
^^^ ad t«fiire, e vi prego uou maû'.'batJ, se me amati, de rimandarme 
pitilo lo famiglîo et avuarmi del tutto. 

Qotfeto Ee hora si rilrava qui. d« mal s'ë partito de qui intorno. 
<)illad(» A Tampes et quaj;do a Meluoii, ma^ sabalo proiimo ov«ru 
lUBCdi, andsra a BUs^ p«rcbg ad Oïlieas «L ad Torse moraao de peate 
par tiai. E ai afirma che ïï aïkdara lo Ëgtiolo del papa a San Pietro m 




130 



NODVELLKâ ET LETTRES POLITIQUES 



VÎDCûli, ma, S&d. Pietro in Vin<!olî fara pocha diDiora.f châ and&rft a 
Roma. Lo predicto Ke andara poi in Bertagaa, ^i dice pei- conclu^^ 
lo rnatrimoDio oum la Regina; el m\ Blés ai a^iinra il procesao d& 
queata aUrîi regiua, quale dicono se defeûdecum bonâ «t boadste &rgu- 
menUtione: diceado Icy esBere flgliai de udo Ee & sorellade Re, e per 
talcauBaglidebemeriUmente esaer? havutoboao rUpecto; ailaDatura 
gU ha negato la bdcza del corpOt gli dovea pnma consultar« ; e se vo- 
gliaDo dii'6 che la uou aia dlaposU a Agliare, la facino vedere per 
doDe scDza puseione, che la ritrovarano sufBcieQte a portare figliûli^ 
ma che coacepere doq âî puo senza convËnieûte acW, e che una terra 
ch@ non sia culLtvata aoa produca ; e cum queiste ragimie, diffeade 
al meglio che puo la causa sua. La vedua regina ancora lejdjcecbe 
se i'altra nou è coatcutaj uoa. vole per modo alcuuo aaeutire. TiimJa 
eosa, como si extima, é coiietu&a tra loro, 

QuË»to figLto del papa è aapectato cum la maiorc attentione del 
mondo. & pare che lui dcba portare lutta ï& conclûaiODe de Italia. Ë 
cotQO ho dicto, gtoDto che aara San Pietro ad Vincula, fara dimora che 
Htidata a Roma, se non si muta oi'diuc di quetlo ; e facto mfÏQoqueBto 
^lûiito, e se è vero ch© lo R,noo MoQsigQor aostro Ascauio se ritrova 
in i^uella contuma^Ma col papa si dice, credo che ogni modo andara, Qal 
ai dice che lo Re dïirn l'ordine suo al sîgnor Jo. Jordauo. 

Li ûratori vâaoÈiaai son qui & si discoiichaiio di apeae, MaadoQô 
uaa fiepte tïavalli a casa, la più parte de Ile aue robe, e M. Nicalo 
Michèle me ha dicto ohe mitnda suo Ëgliolo a caaa, e che atar& qui 
qualcUe tneao più di quello cho lui credeva ; hauao factO) e faoo 
grande instHDtiti cbe se niasdasse geote in Aai^ per divertire la geule 
lie) duca de Milnooda F^iâa,[]ia ai ritrovano lutte occupate m Burgo- 
gna, et anche qiiesto Re dîce che Don vole fare dimoaslratiope ulcuaa, 
infino che ùon fscia tal sfor/o chel poasa esseie &Jcuro de la vittoria; 
*i questo med«mù dîi^â moite volte, chel vol fare taie provi.HÎoue di 
Henarie di gente^ che aon gli bisogui au la luipresa cnancharc dinari. 
Et in vârità, sol persévéra como ha princtpîato de non dare dioari ad 
homo chi vlva, fara graudissimo aina«BU de dinarî; che vi dico che' 
ne a FrauzoEi ne a Taliam non da amto de uûo quadraQle, et queatî 
povei'l Napoietaoî è Btato furzfi iriettergtï la bombarda, per huvere uagi 
meKû quartirone de la provisione ordinaia per il qttûndurn R& Carlo, 
li quali haveoo mangliUo primii che gli hnbaaq havuli. Di Fj'anKoAi 
v'ogHo tncei'i?, che tiiti, aîno ad uno, fugino, g \a maîore parte de 
geûtilhominit anzi diro lutî, sono atla casa îoro : talmcutc che que^^ta 
corte é civm pocbîasima geute, tanto pouha che non lo ci'ederesti. 

Pur m afînnK che Veitiçiaui ogaimodo ni cûûligaraâo cum quesEo 
Re, et Icitenda de bono locu che hano domaudato tute quelle terra 
che aoûD di la di Adda, cioé Carava^o e moite altre, e che gli eqùo com 



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NOUVELLES KT LETTRES POLITIQUES J31 

\ie. In queati giorni epi orAtori tnandomo uuo auô segretario 
lÛ-Bt lié Li^aoDû, non so pet' che r^auaa; mapoi che lu ^ii^rtiLo^Mua^ 
le queste pjirolle : ««'Vedeciant ogui modo serano d'acordio 
rto Ke. M UrtA coea iiun vo<^Hio pvâtËrmettei'e , che in verita 
qttfifila giierj-a de HoigognK ha dato qui tanto da pensare, che vi pa 
r«rÎBCf)aa atraiia, et in kpiesta inipcesA lïLi aoiio li pi'îmi o 1i miglîorî 
ea|jitDDl dî tulu itneslo i"egD(jj e fp» ijtii alLiî gli è Kubiui^lu^ Mutis. de 
Aligra. e Mous, de Vidniue [sic), ambi êapitanei do li 20D zeûLdlioinim 
de In guardia, Mous, de Santo Andrtîii» eapidsno del ducia di Borboae, 
M. de Blandicurtiï^ goverantore de U Burgo^a, ei marcachaico de 
(hk, Mûns de Obigoino, e poi Mons de Liçnîdo lîltimameûte, cocno 
(ÇêTeroatùre de ie gentedairae, & loiîoli'nente del Re; e iiieDÙ tinm lui 
4410 lauze, sichê quasi tiite le gente darme dt questo regao eruDO 
occupate e deteoute in quella Lmpresa. 

Uimperadore hora se ritrova a Lucemborgo, e ee dice che va allô 
wchifliica SMO Ë^liolo, perinlerrurapere lo aceordio facto cnm queato 
nfi;etiûQ lo potendo înterrumpere, si extima fara ogaii accofdio cumi 
i^utetu He^TEadar^L lo honore a »uo Ji^lict. E questo si extvmapercho 
pAfe che In îmjteratâre hbbia diato parolla n-nm al duca de Savoy a et 
*J duca de Loreua^ qualli pfnLicha\^ant> l'acordio fra lo impemtore û 
^iticilô Ke.Si crcde che lo ardiiduca dod gli asentira a i^uesti), e gli 
K^pnlli uoti vogliano giierracum Fraozoai ; o lo archiducs gia hu taaù.' 
Q&toquj imo auo îu) fai-« lûteodêre che tulo queUuîicurdiâuheba facto 
^^ua la He vole habra eH'ecto, ^ L'hc non si volie introniettere in t'OBn 
*lciiiimr^ questo Re e auo padre ; © quajidogli volesse f:ire violentia, 
*«*uaMaestà gli dara aiuto, Gli èstalo riaposto chel deba continiiare 
^boïiaatiikitia, cheuoa gli manchembiaogtiando akunoatuto contra 
"Ijlpicjre o di sUio che gli volesse ofTendêre. 

l"- pei'iîhe (larc ehtï Lo imperatore si û spesse voite Tnot«sato alli 
•gïDti p«r queato K« che pratichavano lo accord io< che si questo Re 
i>q1)& |itt>aietere dé nou nioleatara Milaao, cËasai'iauo tutte quelle 
fWre, « cbe «l Re seria^o date bone s&me de dinari ; etïaïiiehe doq 
'•l«»e renusliare ad alcuûa 6ua ragione, ma che per lo tempo vivera 
S^M»lo duea lo laBauase in pace^e che lo predîcto dueu do Milanogli 
dariiaiutô allô aquisto del Rearue dîNapuli, e çontia di VeniLiiiui ; e 
tuie ([ueate case ai exlima procedano da Milano, e souo divul^ute qui 
^uiolte, e sîdicanoche queato Re per modo jilrunouoa a^eutira, ma 
fh« persévéra \û g-fandÎBBiina opinione da havere Milano; — dico ere- 
|uico cb^ quaùdo qussto Rc ne aïa conducto o strasiufito da pot^nlia 
t^liioa a queata împresn, che di isuo [iuteato (nai gli vcnirii, benohel 
(^ciaMAte ^i roottm L&nto i:aldo. Di aoi baroni, p^iehi ^(i fioau cUe la 
c<'sfortatt&ino. DaTaltra parte la avaj'itia lo coinbatena per modo che 
ton tirdirîa mai speudereiu tauta iiupreaa; e ai »apeate a (juauLudilT- 




TOUVELLES KT LEITRES POLITIOÛES 

cnlta sj pa^avaDo li Suieeri che sono alla impresa conira lo impera* 
tore, certe ve ne maiavegliareste; e cicditelo a me che sia buI fado; 
et bora cb^gli pai-« che to hiveino sia pioiima, ba delibeiato de mettre 
alcuoi Suycerî a qtjelU terra de lo iciipeiâtorË cum qualche geste- i 
ilfirme. II teâto ae ae ntûruara. | 

Un» praticbfl g:1i è furse cbe ^ot^iiû havere effecEo : sapeti ehel Rej 
Pederiiîo ha qui urm tigliola: si è proposto a) Re de dargeln a Man-i 
j^ignore iIg l.ig^nino.e che Ke Federico glidag-hî Lo priociputo de Alla**'! 
rnur&Hi e cbel reatituiEca il aiio a luti li baroiii^che Mone^ de IJgnino ai ! 
conducaaeco, dutone tifierau^a a dicto Monaignore, beoche Luputa ai^ 
Bua nepote de una gertnana, La Kegiim ^li ioclmarta, perche nmm.i 
que£tA gLovjine molto ; e glié obi dica cbe per taie causa tra lo due» 
de Lorena e Mons, de Liguino era venuta quâlcbe lifteratione. Queatij 
<\i pasMatî, prima cbel duc3 p'ittisse, el fecedoiiare ducati 20O acertji 
Napolëtani, v«dendûglj io tanu iiecessiCa. Laquale cos» Jo Re non:] 
bel}6 per bene^ e diae a\ signoi* Belringero Cajdore chû bâvea repûrtatai 
mal di lui st diiea âe LoreDa. Negando el aignor t^elangero, e do^ 
mandando chi lo havea dioto, demiun de H stli de gli,che era stato dj 
Jo sigûorJo. dî Moaflato» e ijosi se suo diffidis, Poi parae cbel Re vo-, 
lease ricoprire ipiesta coaa, e usA molt^ booe parolle a] «ignor Bélao*' 
gercï, e coai Mona. di Roatio, dicendo chel dtica di Loreoa era b«B 
lïusifia de la Maestà det Re, e quello era de Vuno era de l'altrû» ti«^ 
pêr queato ne havea t^eatito nlcuno diftpiaeere! ao hén chel duce noik^ 
li> ha haviilo per bene, e cuai lo agenle auo qui lo ha facto intendere^ 
allapredicta Maeatâ. 

l^ri seia fù conducto qui uno quai fu pre&o cum lett^re che lo im-^ 
peradgre maadava allô arcbiduca ; infiDO qui, doq se intende ch^ cork' 
gli iia,salvo cbe dicoDO ^li era mentione di Milaûo. Intenderoil tutto.^j 

Ln Masatii del Re fa le inaiore denio^traLione del mondoal voatro 
compare M* 2anîoo de AnoQo; lo ha facto cavalière cum gran soient 
nitfl, e faistofî'li promÎBione grande, e dîcono cbe i^tano due hore alla 
volta itisieme aerati. I 

Al siguor Coiistaotino ha mandnto novametittï privilegio dï conai-^- 
fi^bero e ciatnberlano, ultraTordine auo. 

FiurenliDÏ fano ritornaie to vest!ovo de Pazi indretOp quale erq,' 
gia a Lioiie, per ïUoiaare a KioreiiEa. Non eerivo le grati proferto 
che hanno facte e fanno a que&Lô Ke : tredo che le sapiatc. 

Lo diica de Hoi'bouo si ritrovera ullti corte, si dice per concludei 
itii auaflgliola cum lo petito [tic) «le Angcileiua. Luy e Madaaia la du-^i 
chBASfi s-ono statL iaUno ma aile terre lom. AEtro non m\ oucorre. A 
lei mi raccoroando. 

Ditum die 18 octobria U98. 



NOUVELLES ET LETTRES POLITIQUES 133 



Résumé d'ane lettre de Maffeo Pirovani 

(31 octobre 1498) 

Ghel conte de Cayazo era arrivato a Torino, e dicto a Mapheo ve- 
DireaV. Ë. COD certi avisi, e dubitava venire, se prima non era facto 
intandere a V. E. Lo ha confortato a venire iiberameate, e cosbî ha 
iffirmato de fare como habia expedUe alcune faceade ia Ast. 

Como U ha dicto le infrascripte cose, che lui e li Napolitani quasi 
totti lono partiti de FraDza per la miseria del Re. 

Che la vita del Re è lasciva e desordinata. 

Cono U regina de Orliens fa le maior exclamatione del muado in 
Kà defenaione. 

Cbeliduchi de Burbooo, benche non faciano alcuoa dimonstratione, 
toiDBtanomalcoDteati de suaMaestà, e per loroe moltialtriaignori de 
Franzaae ha dubio cheepaa acceleraase la morte del re Carlo. 

Che per le cosse predicte e per non havere fioli, gîudica non ha- 
lôtperroolti mes! disponersi a pasa»re in Italia. 

Como ha viaitato el duca Valentino incamioo, e l'ha trovato pioce- 
dere cou tropo elatîone verso el Re, diceodo vulere in uno di omne 
couB da aua Maestà di quelle expecta da lei, e per questo se giudicu 
^a ruinarsi in Franza, benche el Re moastra expectarlo con grana 
deriderio. 

Como ta praticha del matrimonio deCandallasie divertita in quello 
dela6oladel Re Federico, la quale è in Franza, con presuposito de 
■Dtnre pîù alto in le cosse del reame di Napoli. 



Résnmé de lettre d'un agent milanais anonyme 

(7 fcTrier 1499) 

AUÙQM franco-Ténitîenne. — Probabilité de la guerre pour 15(^)0. — 
inonde de Louis XIL — Mariage de la fille du roi Frédi%ric3Tecf>Mr 
Boi^. «. Ambassade de Neri Capponi. 

Tirdâto ha un pocho el scrirere roio, per scrivere, se possibik 
foMe; cossacerta ; mavedutoche le nove ogni giumo variaDo,8crivefo 
oMno la trovo. 

PerVinceotio mandai a dire che accordio alcuno non era ancora 
Mgaito, tra la* Maestà del Re e li oratori veniïti, ne îtltro poi ne rir* 
hi havato qna de questo. 



^1\ 



NOUTEïJ.KS KT LETTRKS POLITIQUES 



Re gli (îomnnrla bon.i suinma dcUitifici, ptomno gli [a voglioûo dare. 
E|t9t> Rc, [icr reducerlî al soo volere, li ha parlatg più volte 
ga1iHrd:iin^Dt?( cqd dirll che bg lui guardnB&e ad quaalînQ ba ÎD c&s&f 
noQ faris niai accortlio alcuno coa loro, pei ca«ere inîmici dp uobileaa, 
et nllre simile parole paugitive. Tutt^i volu loro taûo orechie da 
mercadantn 

La dîapoaUiotic! âc; la MaesU del Re si e de vokre apunlare con 
dicli, VonÊtlanL, a raolto luontstra esaerli itii^lihata^ sccondo a me è 
referto. 

QacUo del quai parlai alla K. V. onu mancha do Keopdare e 
aerivere chel sary. hen faoto mandat-e ancurn quulche ^ente de 
qua, nltrîi quelle soanodeputHte, pen/he piû fA<^ilinenle, Haadonumero 
de genlç do qua, se obtenara quollo accoidio ai vorra et coa chi ai 
vora ; edicto auo parère, aecondo è atato acrîplode qua, non è dispia- 
ciutO] itno èsUta landatd. 

E coal se lene âe matidara ancora qualche gente de arme de qua, 
ultra quelle suudo deputate. 

1^ benchc corne giudîcia sia cbe sua Nfaesta per queato anao non 
dobift romp^re an^^ora de queate bande, per non trovurai diaari per 
queâÊo fare, nDiidiitiani.'lio se hanoleltereda uno doctore de GruDopoli, 
per leqitaïe avisera ctiel re se ne venivn vcrao Lioue, e de queslo anao 
«e romp^Ka la giieria de qua : fondamento alcuno ad que^to ûoa, 
s'è avulo. 

M'è Btato fiarora affîrtnato che In. djâpositione de la MaestÀ dai 
Re si è che lo toatiimonio ts-a cl duça de Valentinoia e la princi-^ 
peasa de Tiiraut habi;i eirecto, benche epaa principesaa non vû-, 
gUa aenttrne^ nlIe^aDdo non volere contrabere nifitriraonio alcuno 
seoza voIiiuLl del siguur Ke mm padrs ; e per qiiesto si extima cheL 
re de Franza babia permesso andare avopti lo ambascialove del Re de 
Napoii, acioche questo matrîmoEiio si fuel. GU è ancora che per questo 
arguisâe cbe qualchc accordlo poteria seguire ira dicti 91 guori Re, 
per mezo Ae\ papa e del sigoor Duca. 

La veniitn de Neri Capponi è vera fin ad qtiello effcfrto, cioq 
chel si maûdasse quello bonin per dinanadere lo accordio» ûic, pno, 
purchâ ae vede$$e sel se potease [racUre cou U Ejt.tia V.t'a> addu- 
cendo ad qiie.^to rnpitebone rasone. Cossi mr* ha affirmalo lo amir4>< 
E per satiâfint* non tanto ad lui quanto alla R.Vra, facto lo giorno de 
cardeVËtle, se ]>arlira. 

K Don prehenda aHmiratione, ae I0 ha utj pocbo più Urdato éi 
ftuo pai'lire, perche quello Uono ninioo gli teniva i^he! îion poteva 
bavera la tua doaa^qnale beri glotiae qua ; eeossi nùn l'anirno poaaato 
£e ce pûtera parCire ;ncli manco De mancaro accio i^ada ben âaliafaoto 




NOUVELLES RT T.ETTRES POLITIQUES 



135 



Xfiëae inâtructo. Spera Tare bene, e con bono anioio, e cosal el p4- 
troii« pur nâ vedera Lo ââ'ecto. 

El"" Signer mio, la summa prudetitia de ht Kx.lia V.ro e la vita 
&1U i^ti'mgef Don SE^Imn quelli La vâtfenû, ma che la. iutâadaiio^ ad 
UQftn quella â d^siderargli de sûrvire. E cûiiai Dio gli dia. ^t*aCi& 
loagitneote in felice etroaquillo sUto [jei-s&ver.ire ; et alla sua boaa 
^litia huinilmefilâ me ricommando, 

Datum raptim die 7 februarii 1499. 
B. V. B^. huiailliaius servus. 



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6 

Extrait d^ane lettre de la Cour de France 

(BloiB, 2 mars IV^) 

t^mbasg^ile TéailieDne.'^ EÏÏnl pfûduit [i£ir les Ttctoifes des Florentins. — 
L** eiilés napolitains.— Voyages de J. Jordano Orsiiii.— Grossesse do 
la Reine. — Le cArdiual de La Horâfe à la Cour. 

Bxempla d'una alita lelteftt de la enrte^ a di 2 maria* 

^ oritori TGDedaQi fanno omnc instantia che la ChriatiaDisaima 
^ità mandi qitalehe gentedarnae in Asti, e <îhel se ne veuga a 
^voïiA de LioDe. Qua e fania iiod siano pei posseï* teuere Pi&a. ëenzà 
'M worg dû la predicta Maestà, e queeta causa &e stima li habia 
*^ftcti H la lïgha^ &t an^'he çhe li h»bia [Do^ai là vicLctrie baao ha- 
'^teli «ïgHori Fireatini, niedianle le opère rie la Signoria Vostra; la- 
qOBÏe ogniuDO comendi e macda al celo, diceadoai aeti li pritni homini 
"^ F^tia, fi como ve ho scripto altrevolte, seti in grandj&sima ùpl-* 
^ittiane pr^Aso questo chrisliâniasimo aigoor Re e tuttaqueata cotler, 
^t haveadoae a fai'ô impreaa dôû dubito che le Sigaorie Voatrâ ha* 
'raao, volendo \renîrea queato carulao^ quaDto «aperaDO dûmandare. 

Tdtti i^uelli signori e ^eQÙlhomiai neapolitani «taao de bona voglia, 
^«tiiQaao preeto, con la bandiera de Franza, riComare id casa loi'o, 
icbe Dîo et voglia!) ma forze le cose aiidrano più loDge non peaâanOf 
e lyno multi che sliniaiio che lo cbristianiseimo aignor Re pocbo o 
iUflDle babia a fare per qiïeHto anno. 

B] tignor Jù. Jordano^ û circha un mese,andù nela Bassa Bertagna 
P*r vedere eJ paeee; dopo ae inlese paaBÎ in Inghilterra per ve- 
•CT( Londra. 

E qaalcbe fama che la Maestà de la regina aia groasa, et fin in 
hcira, tnaiae atacba dal aignor Ke auo marito, e ee înteDde ae amario 



El R"» Cardinale San Pietro in VincoU è qui a Ja corte, e forte 




I3fi NOUVELLES KT LETTRFS POMTIQIJKS 

voxato âtL ie bolle e dogUe fraociose, e sU a apadA tracta & la part« 
de Veoitiani. lo soao nd onme bora in casa suâ^ dove qucata lïiatiiui 
ho inteso ehe Ia perenteUa del VBlentipCBe cnm la principesab é 
retachata, e che li èqualohe spâtsuza ahabia n Tare, 

QuGsta m&tÏDa veane qiti n Bleu lu Christianiesim^ MarâUethogi 
li oratori Ëoreatini li tianuo parlaio, e Sua Maeii^tà ha motiatrato vê- 
deth Uûto voluoiei-a qu^to... esso dira '» e, aecofido me dîoooo, 
hiao boti> sp^ranxa. 



Copie d'uno lettre de Veoiee 

(6 mars 1499) 

NouTelJes enîoyées par le Cardinal del^Rovôreà son frèreà Sinipaglia. 
-^ l^'tijiarnlif? militaires de Louis XIL — InlrigueS d« Julien rte La 
RoirAnv— Affaires de Kerrare. — Siège de Bibbieoa.— Pierre de Médicis. 

Exttmpium itlterartar* cujttëdam amici «c Veu^tits, die & fnariii 

A quodam atnicomeo iiit€llËxi,quide Siaigalia vecit» ubi eatprasfec- 
tui frater S. Peirî in ViDculis, c^m babuit Uttei 39 a cardianlî de curia 
r#gis rouUuHi récentes. Advisat quod dî^tus serenlastmua Kex super- 
Mdere fec^rat suuin expedimenlitm cnm Samalo et JohttiiQe Joi'd^no 
pro ProvintMa^dùnecvetiiBset ad-^uriain itl™*" dtix Lorenef^uem dtetîm 
expeetabant, ut ei investiretur regautn NeapaUs. et cederet aibi jura ; 
quia in taCa MgH couÛDetur ad ipaam impreaiam contnbuere debeat 
aummus pODttfex pro quarta part^ impcDaaruiU} ista Dotninatio pro 
alla quarta parte, et a«r,niu8 rpx Francie pro dimîdia. la qua dtmidia 
RoiuB Cai'dinalis Saticti Petiî ad Viucula exbursare babet ducatorunii 
50 [fliliaf et bacpro dar^^ fratri aug et siUii bontiru grâdum tu It&Ua ', «i 
hoc fuclû ser onua Rex ia per&ona venire debebal ÏDtra madium {$ic) 
\a Lugdutio. 

De rebua PUanis Don loquUur. De adventu ïIIbJ ducîs Ferrarie 
cnm omtorlbua FlûreatÎQÎa nibil ampliiiâ dtdtur : allqui crgdunt mu* 
taverÎDt propoaitumi aliqui vero quod mndein venirû debeaac ; et pro- 
priuin aciemuB ec intelUgetis \)er alia^^. 

Loi^iis BibietiË ùbaesaua reaiaoet cum non multÏB victualîbua» et 
epiïies PitiliaDi nuUum prsesidimn hacteous dédit a«c est daturus, DÎai 
eiercitua Floréatinomm ttliam deliberatioDeDi faoiat, Petriis d<à Medi- 
ois hic eat sccretua qui BûLlJcitat aubsidiaiu Bibieh^, iu qua restant 

I ij) iium propret vu supprime par ic topisle milanais. 




NOUVELLES ET LETTRKS POUTIQUES i^T 

^ïÂitsti JulÎHnus de MeiEcia, Bartholom^iis Alvinntiit, Carolua Ur- 
fioui, et provïsor istitis DominattonU. 



BèBuinA d'une lettre de ÎAXcio MaJ^ez^l 

(Août 1499) 
L&lt^e de mtsseï^ LuUo de pasitato Âuguslo 



Cllfl 11 LDÎmîci ei eraao 6nualî a MonUg'ruaâQ, Cauelle e C&ma- 
noo ; |jêr il che, ae po compreheaiieie vadiûo ciunn deaegao diqualche 
tmNto, piQ preato cbe alirrinifinte ; ne ha advêrtitî tutti U loci dovi è 
ftlatobisogno, et euisi messer loanue Adoroo, 

Ow^ier ti réduction de li inimid dftïa dn Tariero, ba levatoda Va- 
I*oia li fiinti àft la eompagoia dâ B-irlino, <». tiiiasftli în rastellaKo, 
iVilfiDii «nplira de altri. 

{Ltttere de 2.) — Châ da mesaer Odoao heb« avisu li iûitnid efi^ersÉ 
(«ratida onde erana, e aviati veisn Sj>igtiri \ t^rede non vadîno h 
^glto, ma inù presto cercauo de insignoi Lr8e de le LuDghe, o vero 
MD «i vaUma a la voila de SavotiSf hnveodo la valle de Coliaao 
*^U Stella ad sno pii^posito. ûvvero nou iniiuiiu in Carii^ano el Oxilia 
If^r coiiipiacere al «igoorti Costantino : 

Bitittg Hviao di questo a xnesser luauae Adomo, uhe» avnlo la 
ctirteuii di quelle faruau U iaitnici, ae cuudaiiaDu eoa Ji cavalli lez&i'i 
^4U4Jclu fauti ^d AucLita, p«r tare Qovitacoûlra li iaimid et divertirli 
^quelle bande. 

El conte da Meht^, per una de 3 ad Ate^ftndt^ia, che U com«- 
Ofti de la Rochela de Spiao li ba maDdalo dtiy homiai ad farê inten- 
■^ïïchel di inaate di-ûft al meKO giorno, li iuimici preb^aeno Spigno. 
«f«cetto grao danino de EnortaJitatê de hûminî, de preaocii^ et de torli 

Cbe ^losu qae«to, aDdorno ad epaa Rocheta, et domutidortio se si vu- 
Uytcti) rondere o expectare bata]ia; et, stacdo loro |ierplexi, diaseDO 
non b»c»gnav« tacto penaare, petche, r«ndiiQdoae o dod, ïi vokvano 
*(■ ogni modo ad discretioiie Per queato La Cûmimîta haveva man- 
■1^ queUi duy at coote per lutendere quello hano ad fare ; et luj ue 
Ikitviiiite fiieasêr Lulîo che era al Gaalellazo^ qûale, giutito cbe lia, 
*04fdiDira quello se ba ad fare. 

RiQgratia Vostra ExcelleotJa de In giuuta de 50 balestreri. 

atehebbe.'&^ai'iù paasati 



epi 



IMJ- 



laF WOUVETJ*RS KT liETTRFS POLITIQUES 

cho di febre, et la aeera raffermalacurn dny pai-ûciami CâldiJ'uno k 
noctet l'ahro il di. 

CbelefcoBe <ji&l C^stellazo comeaciao afi aUre ben« e ha, sej di 
sersQo in 8«gurez;i, et Joaone Antonio dl Mariolo e Bndioo non tî 
tuanchina. 

Cbeïi hoûiînidarmfl che eiano ad Barjilucio aesono reduti ad Porolo 
per essere ui loiio più coeniiioilo et saciiro, 

Jeanne Aiitonin de Mariolo et Badino, pei* una deï p&asato, «crivâDo 
di» la proinpte^Ka et âtudio colqimle se exibitinû li homîni del CusteU 
lacio la nocte inante, esaendoai bavuti per* U segnalî del faco d« U 
parCita de li iniinici ; et saria beae VoBtrn Hixcelkniia li facesse scriv«re 
qualche coaaper rnsoniiarli pîû« 

Messer Lutio scrtveclie eflaendo andato la Dioniaio Confanoneroper 
intend«r« le coâe de li tratalii lassii qiiella cura ad luy ÎDsiema cum 
il caniïQ de avUare VoâCrit E)ccelleDtiâ, 



I 



u Nciav«lle# de bonne SDiire« * 



(Sans date) 

Préparatifs rnîlit&ires. — Politique do Louis XII, — Ambassade 
IjOLji,4 XII à MaximiliBn, cnnseilléo par In Comte Palatin — Ludovic 
SforïA et l'âliiance Lurque, ^ Kourelloa diversea d« l'armée, 

Acigi 4a à<m loco. 

Como U di proximi, du. ima. persona qualc vencva da la corte et 
andava rn Sviceri, de t:f>inïnia3ione del He, fu dicto affirroativaniente la 
ÎQtêntLQQe del Ke oâseii^ de dare al présente qualche prloupio alla 
impieBU de Italia; iufeiendo che quello la tana. aopra G«ima u poca 
coBa, ma che era opinions, durante iâ^ irapresa dol imperio coatr& Svi- 
ceri, la Mae&tà.qua ne babia havûr pocho honore. 

Conio dicta peraona dixe chel Re demûrarïa a Paria quindeci 
gioi'ui, e li jïspcotïLt'iti lu Aocordu del ai'L'biduea; a dopui ntornariîi dove 
sta la Regina a uoutorno di Bles^ e ao extimâ.va uou fana più e\ camiim 
de Burgogna, per Ësaere in molti bci U petite, e predpuQ tt DigîuDO. 

Che in Burgoifna erano più de 900 lnûce frani^esa ; e Le geaCe _ 
del duca Valenlinese li havevano fuoto uaa moûâtra, et hiivevaDo^ I 
comiï]U«ione dal He alU 15 de giugao de eesere iu A-^t, che dod sarin 
|)09aibile; e :<Eli 10 eruUQ aocbora iu Liuuâ, ad il locot&tieiite loro eia 
ben partito. 

Comû el He di Franza» bavendo voluota de rurapoie la guerr* 



1 




ÎÎ0UVE!,LF;S FT lettres POTJTlOtfRï* 



139 



a)! dofti* ^ MiUno Don fece mai In peznre cobh ad donhonMiTHrai cossi 
«Wa Bcoperta contm tutto ]o imperio in fAVoresare li Sviceri, perche 
f^\o bnvenïk liratû tutto [lep aiïo inimico, et rI coûtrsrio RmiDiefiiifiio 

dkica di Milaiio^ ultra la iDcliûadooe che prima H baveva, eesendo 

ibto d'epBo jaip/3no, et havendo eempre facto demonatratione et 
fetlj nmorevolï verao dicîto imficrîo. 

f"he de H oratori che haveva mandati (;[ Kc de Frunza al Re 
|ikc ki«ijiaui. era stato iiiveutioue de) Coote t^alatino, quah è sempre 
fetaici ajniciseimo de casa de Fidn^a; et advertendo lii M. S, de voïere 
dtmoiiitirare de cootractare qualche împrefl& coDtra ei Turco. e che 
■ftctndo dfl l'&Ura t'anto, ep^o t^oiiLe PâJatÎDose era o^erlo adoperarai, 
iu tuodo cbel He de Komam fûri:i dopûj de le altre coae piû a a^xo 
proposiU) e davli sp&rauïsa àe apuncUmeutô, « cou questu dictî oratori 
eraoo psrtiti, 

Cb£ 11 S^ceri havcvano domandata geotedarmi al re, ([uale noa 
se era anchi>ra resaluto, ù se jiidicara che dictj Svicen fariano 
malëlifacti loro. 

Ch« el Re àovûva tara la tuouAtm de 200 jECotilhominî di sua 
^eua, et allu corte se raeonava chel duca de Miliiao haveva facio uoa 

■ noQBtrH de genledarme. 

bitta la nob(?leza de Frauza stavano malooQtênti cbel Re 
•tss&a«e jje U sua durflïtt ne 1a ùnpiesa d\i Mtlano, et alchiini vogLiouo 
cbcl hiibii levato queâta fama per haverfi dopoî bonn aicuaatinae de 
««rtdmari, 

C<tmo sa era certato chel Re de laghiltei'ra era ben d'accordo 
wl Ke di Franssa. 

Cotno alla i^orte se era vociferata chfil duL-a de Milanû haveva 
||ireBc [g figliûU del Turco per aua mogliere, ma li homini i^ruilenti 
[ettirtiavftoo fusse tmafolia, nja fiirise ben vero chel havesee bona in- 

Hi^Dtis çol prediçtolo Turco, 

C<trno, da person» degna do f^doi se haveva che] duca VaEoritt- 
o«ehahavuto bona Hceatla dal Reper ritoroare a Rom a, eae dieeva 
M tûontavfl BU rarmnta de RhodK 

»Coin(> el gran priore d'Aiivergna era partitù da Lïone, et andato 
tot"[\er RoânhOftsWa. voita de Av[gnûne,moltû ben in ordine de cAva- 
ï<ri,cte! Re li ha data in sua compagûia cento gentilbomini del reniiie 
de E^raniia, non gin de la au» gardia. 
Che da LioEie erano piirtiti otto pezzi de urtegliaria con la dicta 

<!*n]o A Lione erano .ivvisi da Fiorenza, che si atavii in qualche 
jftui}«cto cbel Diica de Mitaua pi'estaâse quakhe aiuto a Piaaût, e 
iia per volcre tîrsre Fiorerutini alla sua devottone, quali ae intcude 
ffoWnf» stare neiitrali. 




us 



NOUVELLES ET LETTRES POLITIQUES 



Sopra el cbe al Re d«sLdËr»udo in questo chsu coaipîacere a djcto 
oiODBfigDorJ lu arcbiduc, et a la rich<;ata i^opra cio a iiiy faLU {j[erj ti 
dicti !soi fimbasiatori, a c^oaJs^DtiCa ât acordato tuUe et catïuue le 
Cosaiï sopiadictâ. 

El cum questû c[be| dui^ando Lu vît» do liij et de dicLo raonafigiiûr] 
lo archiduc c[on]ii][u]ctameaie, cl non fara sitndmfîQte de |j[B>r]tâ aua 
p[er]BeciictD[ie, p[er] via de fatto uec de justîcia, dei dritto cb[elj 
pretidere {sîc) oe le casteilunie de Lisla, Douay et Archic?», ma si 
betie p[er] via amicabile et fara dare aJ Re, p[firj lo adjmpleuiejilo el 
HQcureza d^le cosse sopraditte, sue l[ette]i-e pateote et aei^urcîji in taie 
caeo rîcbeslei el se obligera el Re, eotta li niedeaimi sacr^meuti el 
B[ujbrniBBiûnâ de lionBiiri [sic] çh\û] ae obligera moQsfignorJ lo archl- 
duCj de atendere le coae aopradiijle. 

El L'emauera et tinctato de Snalis in tutti alti*i aoy poncti iu Aua 
forma el virLu per eaaei'e ateao p[er] il Rtà el p[er] dicto □LODa[igTior] 
lo arcbiducb secundo la sua forma cl tênor^. 

Quello ch[e] di eopm èacnlto bè atatoacoi'dato, promesse etjur&to 
p[er] il He p[er| una pfarjte et tnoDSÎgnor el conte de NanBa, Fbiiipo 
de le Contay» aignore de le Foreste et j^ubernatore de Anaa, el ca.v^- 
liero de DitiCevilla, maealro Jobantie el SatvacicD, p[re]8ident€ de 
Flaadra^ LaureDiio de Bleyel| secretario et gr^fier dei oj'dine de 
monB[igaor] lo Archiduc, ethabenli uxpretiiia poiere a queuta, in le 
pres^jntie de rnlagniflj^i ajgnori lo ducbn du Borboii, Hti Lorcua, lî 
couti de Albrct,ile Neveia.dti Can<înllj dt? Ligni LavHneB,inons[iguor] 
el cuuzAcr, larciveacovy du K;jtti», el veacovo dei Ui, tjl vesctuo de 
Lvj£ou, li aignori de Gie, de lu GtuLut'u, de Peyiie^r inoûsignor de 
Saucto Andréa, U seuescbalcho de Beaucberc, monsigtioi' de f)u- 
qagie. 

Et queato è atato passato pler] eL Re et per li dicti ambaaAtorî în 
presentia de meiatro R^avaaldo Socbieio ol Petro Guirardu, nrvtarii 
apostoiici a qiiûsto dotnandali, n li <U \i\ de Julliu I49£i, 

(il iuivTê.) i 



I DODICI CANTI 

ÉPOPÉE ROMANESQUE DU XVI» SIÈCLE 



CANTO SETTIMO 
(Suite) 



76. Disse albor Fiordiftpina al bon Rinaldo; 
u Deh, vedi, sïgnor inio, per cortcaia 
S' ha di me il mio coosorte il petto caldo, 
Ch* adunata ha si bella compagaia 
Per veadicarsi di quel grao ribaldo 
Ch' ô vei'o padre d'ogni villaoia. » 
« Meritamente, il cavallier rispose, 
Il tao coDSorte fa débite cose. » 

[^88t*]77. Era ia camisa alhor quella regina 

Id groppa al cavallier, che quel ladrooe 
Dell' altre veste havea fatta rapina, 
Et quelle ascose deatro del burroae ; 
Ma la camisa sopra d'una spina 
Havea gettata îl perfide ghiottooe, 
Montre che la battea con cette funi 
A quai legati havea puogeati pruni. 

78. Yedendo tanta gente ail' improvisa 
I>a damigella fatta vergognosa, 
Regina essendo et vedersi in camisa. 
Divenne sbigotita, etiagrimosa 
Dicev* al bon Rinaido a questa guisa : 
« Non mi condur più oltra, ma mi posa 
Qnivi, et a Zenodoro vanne ratto 
Et dille che son qui, Darrand > il f itto. h 



U4 l DOnia CAN'TÎ 

79. Hynaido, che mai setnpre del geatile 
Riteone, î^ce quanto quella vuolae, 

Et la regiua per vergogua humile 
Dî groppH a Rabican ratt& «i tol^e, 
Rt in CéapiigUo, b^nchë rozzo et vile, 
Meg'lio che eeppe tiitta si racolse. 
Spronù Rynaldo col buo Rabicano 
Che si laadû quai veuto a dietro il piano. 

80. Di Zenadoro aublto adimanda 
11 cavallîera Slcomora, et {{ueUa 
A Zenoduro un meBaagg'iei'o mandlu 
A dirli come un cavalliei* TappeUa^ 
Arivato ai nuftvo ia quella banda. 
Ma non sa aticor quai aporti novelhi. 
ZâDodoro ne vien col messaggier*' 
Dqvq Sjcomora ô col cAvalliaro^ 

81. Coq qnellu riverenzaet quel honore 
Ch' a re convienne, prese il deg'ao aire 
Del ffttto a racontar totto il tenore. 
Si ineravigtia 11 re di tanto ardire, 
Et ch* huoQ &k picclolo habia «1 graa oore 
Ch' lin til g"iga[o]te tiith> babia perire I 
Ma Sycowiora dî in6 natia crede» 
Oui disse il air ; i< Le dotitie hati poca fede. •> 

[F* S3 r"] 82. .\rmata quelJa în modo Ul aadava 

Quai ai couvienue a donaa et a guerriers, 
P»rà Rin»ldo tal riipoata dnva 
A qiaelU dispettoHB, jtivîda, aidera. 
U re» ch' alla sua donna pur pens&va, 
Ct'cde che nîa la foaacerta et vera, 
Gonae le narra il gir, che ^oslenere 
Coq Tarme vuol le aue parole rare. 

83. Fu per nascer dtscordia fcH Ryaaldo 
Bt Sycouioraf se ['alta pre^^entta 
Del re ûod era, ch' ognuii fe atar aaldo 
Con la aOHve 9\\a gratii eloquedda; 
È fatto deaîoao et tutto (^atdo 
Delta auA apoau aon viiol pid l'abseatia 
Fa prega il cavallier obê '1 meni dove 
La sus Bpota dimora et non altrove. 



tUNTO SFTTIMO 145 

Rynaldo andava inansti et egli dopo, 
Per an che giunae ove era la regina : 
Patta era quasi simil al piropo 
Nel viso per vergogna la mischiDa. 
Discese il re, né di mezzan fuo huopo 
Ad abbracciar la bella Fiordispina. 
Le lagrime che versan tutta via 
Faano pianger Rynaldo in compagnia. 

To[rjQa8i il re di fatto in la citade 
Che vicina era men di mezzo miglio. 
Poichè con la sua sposa per pietade 
Di lagrime bagnato hebb* il bel ciglio. 
La coaa al vechio padre corne accade 
Narr6 chiedendo et parer et consiglio 
D*hoiirar il cavallier ch' ha Uberata 
La cara sposa da lui tanto amata. 

El bon re Stordilan, ch*era giàTecchîo, 
Et per consigtio et per esperi[enjtia 
Di tatta Spagna era lucide spechio, 
Morigerato etpieadi sapientia, 
Fece di donne fare un apparechio 
Conveniente a régal eccelentia, 
Corona, anella et vesta pretiosa 
Per adobbar la ritruovata sposa; 

Suoni di trombe et di tutti istramenti 
Che si poteano in la città truovare, 
Et tutte quante quelle armate genti 
De Tarmi sol da ofienderfe spogliare, 
Et li soi eittadin tutti contenti 
Di varie veste fe subito armare, 
E un carro trioafal con molto honore 
Ove era scritto : « Al mio liberatore. >• 

. La bella Doralice era la prima 
Fra Taltre donne figlia a Stordilano, 
Di cui goduta havea la spogUa opima 
Al suo volere il Tartaro pagano. 
Vedova ritornata hora si stima 
Più bella délia moglie del germano, 
Ch' ora havendo diposto il viduile 
Vélo si mostra vaga et aignorile. 

10 



m 



NOUVELLES ET LETTRES POLITIQUES 



Sopra e\ che cï Re de&jderAndo in ijoesto ca»u eompiacero a dîl 
mOD{i[igQûr] lo archiduc, et a la rii:heflU sopra cio a liiy fatta |][eij 
dictî aoi ambaaiatorîi a c[oD|a6nt:ito et acordato tude et cadutivl 
coBse sqpradicte. | 

Et cumquesto c[he, durapdo lavita de luj et de <ïiclo mùQs[ign4 
lo archiduc c[on]iU[U]etameate, e\ noa fara simelcaeate de p^urjte 4 
p[er]âecudotie, p[Gf\ via de fatto aec de juaticia, del drîtto cti4 
prendËre (aie) ae le castellanië de liala, Douay et Arehios, txm 
bénê ptei*] via amieabile et fara dace al Re, pj^er] lo adimpletnentc 
secureza d&leoosse sopraditte, eus l[ettâ]ra patente et securda m ^ 
caBo richestei et se obligera el Re, sotto limedesiiui Bacrjunenfel 
«[uJbiûÎBBipQe de canaurî (sic) cb[e] ae obligera inoo9[îgiturJ lo ar«^ 
duc, de atendera le cose aopradicte. 

Et reuianera et trHctato de SauUs In tutti ahn &aj iiûncti ia ai 
forma et vjrtu per eaaere ateaa p[er| iil Re et p[ei'] dicto Eaona[igTio 
lo archiduch aecuado la sua forma eL tenore. 

Qiiello ch[e] di aopra è soriLto hé aliïCa ncordatu, ^roiuesso etjnr^ 
p[ei'] il Re p[eri una p[ar]te et moasignor d conte de Naosa, Fhilij 
de le Contay, ajgnore de le Foreste et gubernatore de Arraa, el cav 
liera de biQtevtDa, ma@âLro Juhanîie el Satvatiço, p[rË]&ideiite i 
Flaudra, Laurentio de Bleyel, seoretario et grefier del oïdine i 
mona[igiior] lo ArchiduCi et habentt expiei^^u poiere a quei^to, iid 
presrjutie de m[agtiifiji;i signori lo diicha de Boi-buii, de Loreuu 
Cûuli de Albïet,de Neveia^de Catidull, de Ligni Lavanea, mt>iia[igiifl 
el CHiiZ(iler, larciveacovo de R:iin(», el veacovo del Bi, el vesi(?ovo t 
Luzou, li aignoi'L de Oie» de la Grulura,» de Peynes, inonaiguoi' i 
S&ucto Andréa, te ueueschalcho de Beaucherc^ mon^iguor de fl|| 
Kagie. I 

Et qiiesto è statu pas^ato p[er] et Ri? et pêi* li di^ti ambaaatoril 
prcicntia de ineiatru Reyaaldo Soehieto et Petro Gulrardio, iir>tMt 
apofitotici a queato dgiliaildatî, a h dt Xll de lulliu 149i4, 

(A miwe.) 



I DODICI CANTI 

ÉPOPÉE ROMANESQUE DU XVI* SIÈCJ.E 



CANTO SBTTIMO 
(Suite) 

76. Disse alhor Fiordinpina al bon Rinaido ; 
u Deh, vedi, stgnor loio, per cortcsia 
S' ha di me il mio consorte il petto caldo, 
Ch* aduoata ha si bella compagoia 
Per veadicarsi di quel graa ribaldo 
Ch' è vero padre d'ogoî viUaaia. » 
« Meritamente, il cavallier rispose, 
Il tno consorte fa débite cose. » 

[^88v*]77. Era in camisa alhor quella regina 

In groppa al cavallier, che quel ladrone 
Dell* altre veste havea fatta rapîna, 
Kt quelle ascoaedentro de! burrone; 
Ma la camisa sopra d'una spina 
Havea gettata il perfido ghiottone, 
Mentre che la battea con certe funi 
A quai legati havea puogenti pruni. 

78. Vedendo tanta gente ail* improvisa 
I^ damigetla fatta vergognosa, 
Regina essendo et vedersi in camisa. 
Divenne sbigotita, etlagrimosa 
Dicer' al boD Rinaido a questa guisa : 
« Non mi condur più oltra, ma mi posa 
Quivi, et a Zenodoro vanne ratto 
Et dille che son qui, narrand) il fiitto. » 



14rt 1 DODÎCl CANTI 

S9« Portft l'aneUa queataet Ja coroiia, 
Chi porta la centtira et cbi la vesta, 
Peradoniare t'inclita p&rsona 
Di Fiordispina fuori alla foresU, 
Tutu la terra ribombando auoaa 
Per alegrezza et per honorata feeta. 
Si cuûprono le vie con ÎBpaaai archi 
TrïoDffti Hi vaghesEa et trofei t»ircbî. 

W. Le doûDÊ vfitino prima in ordinanza, 
I régi a piâde et lutu i cîtadini, 
Pra quali il carre pieao di bnldanza 
ââùzaaleun suao tiran quatro ubini : 
Poî Sict^raora con la aun arogao^a 
Viea fra licavalli«ri ^t fantacmî, 
Gridando tutti con moUe rumore 
Di Fiordispina &I buoti liberatore. 

91 . Vâatoa la sposa quelle donne et poi 
La pûûg^^Q aopra Thonorato ubiao, 
VaoQO ambi i régi con quelli altri beroi| 
Can nv0ren£!i maitat al palladinOf 
Et per forza di braccîa dalli auoi 
ArcLon lo tranno, a quai spîrto dirino 
Fno«ado tanto hoQor cb'i' aoik vel aarro, 
Parch' io aoa basto^ a 'l poser aopra il carro. 

92. Sopra U carro havean posta un atnpia seda 
D'oro et di g^emmê sotîlmeute ûrnata, 
Et CQDvieQ cbe Rinaldo a fona céda 
Ai degai ragi, alia ttirba hoûorata. 
Et codtfa il auo voler sopra essa seda. 
Oui intoroo va la belU gootc grata 
Gridando quel che aopra il curro é scrittû : 
H Al grao libêrator per sempre inWtfio. •* 

^^. NelU citade con knoofô taie. 
Eatrû rtvuatdo et aûco Finrdiapinit, 
Ht. sciimti quelli «1 palax3io regaie, 
Nulto deiduoicoi âuoi piedi oaminn. 
Ma di peao porlati per le acale 
Fur preaenUti alla vechia regtna, 
Madre di Zenodoro et Doralice, 
Ch« piaugeado ai cbîiima «aaar felice. 



I DODICl CANTI 

ÉPOPÉE ROMANESQUE DU XVI« SIÈCLE 



CANTO SETTIMO 
(Suite) 



76. Disse alhor Fiordispina al bon Rioaldo ; 
u Deh, vedi, signor inio, per cortcsia 
S* ha di me il mio confiorte il petto caldo, 
Cb* aduoata ba si bella compagaia 
Per veadicarsi di quel graa ribaldo 
Cb' è vero padre d'ogai villaoia. » 
« Meritamente, il cavallier rïspose, 
U tuo coDsorte fa débite cose. >» 

[F*88v*]77. Era in camisa alhor quella regina 

In groppa al cavallier, che quel ladrone 
Deir altre veste havea fatta rapina. 
Et quelle aacose deotro del burrone ; 
Ma la camisa sopra d*una spioa 
Havea gettata il perfide ghiottoae, 
Mentre che la battea con certe fuai 
A quai legati havea pungenti pruoi. 

78. Vedendo tanta gente air improvisa 
La damigella fatta vergognosa, 
Regina essendo et vedersi in camisa. 
Divenne sbigotita, etlagrimoaa 
Dicev* al bon Rinaldo a questa guisa : 
u Non mi condur più oUra, ma mi posa 
Qnivi, et a Zenodoro vaoae ratto 
Et dille che sou qui, narrando il fatto. » 



u^ 



1 nonici CANTi 



99. Et DoralJce » eau ta al palladinc 
I) tutto odendo alupefâtU il içroatA, 
Pûi dicc in se; '^ VoleaBse il raio destine 
Ch' iû fuasi ïD matritoonio a eoattii data. 
Et non a Matidricardo ilSaracino, 
Ch^ îo vedova non fora adiventaU, 
Pepù ch'assai piii bello et più gagliardo 
É coatuî che nou fu quel Mandricardo; 

IF*94V*1I00. Quel Mandrir^ardo Tartaro, che morto 
Fu da Ritg^ier non liingi da Parigi. 
Peich* egîi &eco oombatteva a torto, 
Corne padre di guerre et di letîgi 
Kg-li aneormi ruhbd quni ladro accoilo, 
l^t, f^* 10 Don era dei buoî mal eervigi. 
Non bisûgnavft l'opra di Rtigg-iei-o 
Ch^a ga&tîgaHo era atto il re d'Al^ero ; 

lOi» A chi lûJQ padre il vechio Stordilano 

M'havGB pi'otnesâa la spoaa, et Mandricardo 
Cùu un tronçon di tancia ch' hav^a in tnano 
Per fûi'KA iiiî farô aetizn rigurtrdo. 
QiiËBtû diceva e al air dli Monialbano 
Doratice con un pietuso aguardo 
Et quasi Ugr^imando suEpimvat 
Meatr« ohâ da se st«6aa in ciô penaava. 

102. Come esser pniy, dirai, grato lettore, 
Che Doraliee iincor vedova aia 
Etçli« viva Agricân, pieu di furoie. 

Et ad Albracea habin di Tartai-ia 
r^ndoCta ^eote jw^na di valore 
Per aottopor qnel i*egtio a sua haiia. 
Et che Bia moito Mandrî^aHo il tîgllo 
Che g'iàdi CarJo Te grand' ontaal gigiîo ? 

103. Vit farti chian», fnr àm Mandrit-arrii, 
Un padre et Tnldo fig-lio d'A^rioan**, 
Ambi valent! in THrini pt al ^aliardi 

Ch* i Acrittrth le lor acKttiire vtttx 
Cdnfuser speaso, 64 fjarsero bugiardi 
NeJ acriver loro openiôni itiaanc, 
Che ae un rin L'attro havesser bec diatioto 
!âi «apria quale da Kuggiêr fu vipto, 



I DODICI CANTI 

ÉPOPÉE ROMANESQUE DU XV1« SIÈCr.E 



CANTO SETTIMO 
(Suite) 



76. Disse alhor Fiordispina al bon Rinaldo ; 
M Deh, vedi, sigoor rnio, per cortcsia 
S* ha dt me il mio coasorte il petto caldo, 
Ch* adunata ha si bella coinpagnia 
Per vendicarsi di quel grau ribaldo 
Ch* à vero padre d'ogDÎ viUaaia. » 
« Meritamente, il cavallier rispose, 
Il tuo coasorte fa débite cose. » 

[V*88t*]77. Era in camisa alhor quella regina 

la groppa al cavallier, che quel ladrone 
Deir altre veste havea fatta rapina, 
Et quelle ascose deatro del burroae ; 
Ma la camisa sopra d'una spiaa 
Havea gettata il perfido gbiottoae» 
Mentre che la battea con certe fuai 
A quai legati havea pangenti pruni. 

78. Vedendo taata geote ail' improvisa 
La damigella fatta vergognosa, 
Regiaa essendo et vedersi ia camisa, 
Diveane sbigotita, etlagrimosa 
Dicev* al boa Rinaldo a questa guisa : 
tf NoQ mi condur più oUra, ma mi posa 
Quivi, et a Zenodoro vanne ratto 
Et dille che son qui, narrand> il fatto. » 



nï NOUVELLES ET LETTHES POLITIQUES 

Sôpra el che el Re deaideraûdo in ifuesto casy eompiacere a dScto 
moDBfigDor] lo archiduc^ et a k riL-hesU aoiira do a liiy fattn |>[âr] H 
dicli soi ainbaaiatori, a c[oEi]seDtito et acordato tutte «t caduae le 
coaae Bopradiat<e. 

Et cum (juesto c[he) durando tii vîtH de luj et de dicLo nioQ3[igaorJ 
lo archiduc c[on]iu[a]cUmei]te, el non ta^r^ alméïmetiie dep[ar]te sua 
p[er]9ecucioûe, p[et'] via de faUo uec de justicia^ del drittû eb[el| 
prenderÊ {sic) ne le casteliamë de Li&la^ Douaj et Archiva, ma ai 
bsoe p[er] via amicabile et (slva dar^ al Rc, p[^J'j lo aditapleEnento et 
aacureza deiâcoaae sopraditte, sue l^elte/e pateuto et aecurdu in Laie 
casa riche&tef et ae obligera el Ke, sottu li medesimî eacrumenti et 
B[u]bii]iaBiûnû de c:flDguri {sic) ob[e] te obligera maaa[]gnDr] 1q archï- 
duCj, de ateodera te coae aofiradîct^. 

Kt remanera el tmctato de Sanlis in tutti alth sojr pOQcti lu sua 
foritia et vlrtu par eaaere aUso p[er] il Re et p[er] dicïtû moD^i^D-'^i'] 
lo archiduch secutido ta sua forma et tenom. 

Queltû ch[e] di aopra éscritto lié BlatoacordatOipromeaBo etjurabo 
p[er] il Re p|er| uua p[itr]te et inoasignor et uonte de MuQ&a, Ptiilipo 
de Je Conta,v, signore de le Foresce et gubernatore de Arras, el l'ava- 
Uero de Dinievilla, maestro Johanue el Salvntico, j>[re]sidente d@ 
Plaûdra, i-aiircntio de Bleye), setjretai-io et giefier del ordine de 
moïi*[igtior] lo Ar-chtduc, et habenti wïpfesao poiere a queslû, in I0 
pres'mtie de nijagmâjci signurt lo diicba de Borboti, de Loiêiia, li 
Cûuû de Albret, de Nevei'B, de Candall, de Ligmi Lavnnes, mijns['iî'''^''] 
el Ciiiuoler, larciveacovo de Huins, el veaeovo dcl Bi^ cl vg^l'û^o de 
Luzout U âigiioi'i de Uie, de ta (jrutiii'ii, de Peyit^d» inousignor de 
Saacto Andréa, le aeEieschalclio de Geau^bevi?, monsignor de Bo- 
aagie. 

Et qimsto è aUtu paaâato p[ei-] el Re et [ler II diGti ainbaaatori iu 
prcî^entia de meiati'^j Ke^oaldo Sochioiû et Petro Guit'ardo, iintatii 
apoatolici a quesLo domandutif a li di xii rie Jullic} 1498. 



I 



{A suivre.) 



I DODICI CANTI 

ÉPOPÉE ROMANESQUE DU XV1« SIÈCLE 



CANTO SETTIMO 
(Suite) 



76. Disse alhor Fiordinpiaa al bon Rioaido ; 
u Deh, vedi, aignor inio, per cortesia 
S' ha di me il mio consorte il petto caldo, 
Ch' aduoata ha si bella coinpagnia 
Per veadicarai di quel gran ribaldo 
Ch' è vero padre d'ogni villania. » 
« Meritamente, il cavallier rispose, 
U tuo consorte fa débite cose. » 

[^88v*]77. Rra in caaaisa alhor quella regina 

la groppa al cavallier, che quel ladrone 
Deir altre veste havea fatta rapina, 
Et quelle ascose dentro del burrone ; 
Ma la camisa sopra d'una spioa 
Havea gettata il perfido ghiottoue, 
Mentre che la battea con certe fuoi 
A quai legati havea puogenti pruni. 

78. Vedendo tanta gente ail* improvisa 
La damigella fatta vergognosa. 
Regina essendo et vedersi in camisa, 
Divenne sbigotita, etlagrimosa 
Dicev* al bon Rinaldo a questa guisa : 
K Non mi condur più oltra, ma mi posa 
Quivi, et a Zenodoro vanne ratto 
Et dille che son qui, narraml) il fatto. » 



15^ 1 DOUICI CANTl 

2. intendanii chî po' uhû iïi*ixitendo iu 
Perché n' hn fatte capeneo^a a^aai. 
Tal ti ai montra amico ch' ia oblio 

Tî àkr aâ pur ria aorte a qualche giiai 
Fortupa ti coaducciusUto rio. 
Chi é vero amico, noo piii car imai, 
Ma qu«l cb' è finto ti eonduce a sorte 
Chs bi fa desîar gâmpi'Q la morte, 

3. NoD più di queatOj ma di Sacripaate 
Et d*Orlando tornian, aignor, a dire, 
Ch' io vi diaeva oel caotai- davante 
Corn' egli trasse Alfegra del mai'lire 
Che le havea appsirecchiato il sir d'AngUntâ, 
Di mille error volendola puoirc» 
El A prece del re te ne fe duouo 
St alla atrega diede a tuor perdono. 

4. Non coQoscÊvaQ l'un l'altro, che mai 
Non A erao viatii gencroai hcroi» 
Pur il aaagiie gentil che piiote Aaa&i 
Alhor opr6 tutli gU efletti auoi , 
Et fe scordar al coûte U aspii lai, 
Et iusieme araicaroiiM ambi duoi 
Coa taato amor quanto duj frati fauno 
Ghe d'un corpo l'ori^ne Iralta hauno, 

5. Acombiatarsi adonque dal bel gregge 
Di quelle boacarecce et sacre Dee, 
SegLiendo il Fj^iûq che hebbe già per legg-& 
Coadurli per li i egui et le dmchee, 

Per aaUatiche parti et per egregge, 
per bosch!,pet- monlagûe et per vallée 
Fin al Cathaio, dove a Gallafrone 
Faeeva il re Agrican la qatation^. 

F^BSt^JÔ. Olîeta, o generosa compagnia, 

Quando si truovan dui di vîrtù paK! 
Aadavaj] ragionando per la via 
Di guerre et fatti d'armi altî et preclari. 
Ne Tun né l'altro già dicea bugia 
Narraado i gesti auoi dt fuma chiari, 
PerA che in opra quai aonava il dire 
Ëra ognun d'caai di Bupremo ardirc. 



CANTO UTTAVO 



lïS 



7. Pur iisci i^ricua a ragionnr il cont^ 
Délia bellezza etcrudelUde délia 
Donna ob'oi riti'uvà, poi pers^ a.1 fuQi^, 
Al fonte che \o acQrebbe la facella 
D'Amore anâara che di monte m ntontâi 
Di piaggia io ptaggia, it fa cercftr di quella 
AngelioA crudel, tau a Sacripante 
Diapiiai^ udir ch^ 'I conte le sia aniaiitâ ; 

S. Qiial si peDflQ di Irarnela Hel core 
CoB UQ bel noodo et can biasroar colei, 
Colei ch*ambL costor atrug^ge d^âmûre, 
Et diëse ; <■ siguor tnÏQ» da te vorrei 
Cbe tu Bpend«Bli il tiio getilil vallorti 
in aeqiii»l4rti houor, gloria et trûpbei^ 
Et Dûâ iû seguir doQQa al legiera, 
tagrata, desleal, auperba, aJdera. 

9. Sapii che quesia donna dUpi^Uta 
Emcantalrice et montra UL bellezza. 
Coma credo io, per fotza iDcfiiitR[ta] ; 
NemicA di viitù, di ge»UleK^a, 
PerSda, dJBiîort-^ae ei osiinAta^ 
Ogni fûdel auo amante fit^herne el HpmzH^ 
E QD incADtato anel V iograta tiene 
Col quai a mille âErtanti dâ gran pêne. 

10 Samiramisse, rinulita regiaft 
Di Babilodia, B^acindo inamorata 
Del bUQ iD'ûpno figUuoI, quasi vicina 
A morte, dentro il letto diaperat», 
Non tniovaudo al doLor suo mediiciika. 
Cou cêfto mfigo già dâliberatiï 
Narrar lo iflcendio auo, ûairà l'ai-ffoia 
Et la pââsionchG le afâigâva il core. 

87 r*] 1 1 * Si Q«grAmaote, cbe d«gli eccelleDlî 
Fu del siio tetïipo^ fabnco an anelliï 
Che pcrtatû rendeva i luroi Epsuti 
Di cta&ciin che mîrato baveuse îo quelto: 
Cb^ io detD lo teoea^ aè i ves(imeDh 
Vtaibilierau anco a. V ochto isaollo. 
Cotil tDvisibil fatta U regiiia 
Alftuo dolor Cruovo lamediciaH. 




ÏS4 1 DODICI CAHTI 

\2. '* Lb rnedicina, diase SftcnpaDie. 
Al sir di Brava, qnella in fuoco acceaai 
Quella che del (igliacL sécréta amante 
In dubjouo tempo era âUU suepesai 
Truovû con quel aae]]o in iino latante* 
Dalla itivîîîibLltà ûBs^odo compresa 
Col fîgflîo Bpeflâo incognitd. ncl tetto^ 
Del auo dUlo efogando il ho concetto. 

13. Poi êABtth leg'g'A publicA net re^o 
Ch*ogni dotinna, laquai doû hamaKio. 
Tuorselo posfta (û femrnil ing-egno 

Soi pronto al mal I) eecMtdo el Buo apetito 
FrateUo o IJglîo, ovuuque fa diasegnû. 
Et (ïbl difldlt^e in fuoco sia piinito. 
CoBÎ poi per ta\ legg^ il fîgliuoL lulle. 
In luogo di ]3Q&ritû, acerbo «t molla. 

14. Mapoco tempo visse il giovanetto 
Nel stupro deUa pjatm, ch« la morte 
iDVida di ai belle et vagcv cggetto 
Anca immaturn il fece a aeconsorle, 
Quella iihe epeaso ne l'allnii ditêtto 
[>olce l'ascentio rncBce amapoet forte, 
Onde e1 f^glio et marito a im tratto toise 
Alla rcgina chî per a& \o vuotBC. 

15. La madré et raoglie al suo figliuolo fit apoto 
Adolorata fe uua statua d'oro, 
Sûpra un cava] poueudo il glorioso 
Idolo suo, et 0ra il c^aval iroro 
AltûrBl, et l'anelletto virtuoso 
PûBe in iiD deto a quel bel idol d'oro, 
E il CGaer sacrà dentro, etfiacbè 'I statue 
La Parcaruppe adora in voglie brame. 

F^ST^"] 16^ Qael aaffgio iocantator ohi? l'anel fece 

Doppo che Tenipia ainante ha Maie Bolge, 
Cûinr ivi, non altrotide, andar sol le^:é, 
A chi dal bôQ 4-ainin ÎVt ai volge, 
Di quella statua d'orû in luogo et v«ee 
nit DOD [)er eiQjiir d'or aue vuote bolgôv 
Di terra uua De fe et rorma ti diedc 
Che ijUfilla propriH sia ciasctiti hi ure<tcï> 



CANTO OTTÂVO 

t7. m rinelU d'oro in un momento puosp 
' tjun anlro ïq LjdJH, finchè '1 paatar Gige 
La pif^ggîa cl le saette fuluiiDose 
(Cbe facean Tonde turbi d/iodo bigâ) 
In quel autro fugendo si nascoBê, 
Di che inprovisn Htruqv;* il vestigre 
Del symolâccû, che sLese I& manô 
Ove em raoelletto a quel villano. 

18, Et qtiel che discorao hehbe l'ane! preafl, 
Perché lo vidde d'un âploDdor e&tremo; 
Qd«1 flipuo»e Dfl deto et quai coi-tese 
D'tUtronon fece il symulacro scemû. 
CevBÔ Is inaggta, il Bcntier ript-âse 
Oigi, et tjtruova uscendo it paslor Herno 
Cb'tva cei'caûdo una ^ua pecoiolla 
P^PBa per la tâmpeatà et Ha procellu. 

J9. «4 Che cerchi? >> le adjiriaiidA Gigi, «iquello 
(jige al parlai* cotio-sce et no» lu vode. 
StftSKi aiiinnrato ei non aa âa laûelto 
l/aka vjrtude, osde sognar ai crede. 
Hemo risponde n Gigi et (îigi ad dlg 
Parlâf Dé sa. ch'eiçli uiviaibil i lede ; 
Pur vîsto fu doppoi, uhe (^vial discretu 
Si tras^e» per [jrovar, Tanel del deto, 

20. Et ottener sperù il ro^zo pa»tci^ 
Di Lydia la regiufi cod l'aEiello ; 
Perché vedendo ]ei arae nel core, 
\ndar dispose nel régal hostello. 
L'ane) aï [jone in deto^ da l'amût^ 
TklUo ne va, quai pardo arditto et anello. 
Entra lu ]a corte regia, ne ni vede 

Da nlcuRf a ta! ch'a peun egli aeloredfi. 

21 . Si pongoDo le menae, [alla] regina 
L'inviail^il pastor s'accosta alquanto^ 
l^t fa di cerli bocooci ctipiaQ, 
SivolgeelU hor da questû, hor daquel canto, 
Mirandû in tomo ta vista dechioa 

Per veder «e caj^miol o g-atto ;^ canto 
1/6 invola de sul Londli:) ::klciiua coau. 
NiilUvede, onde sta rnaraviglioaM. 



IH 



ISfi î DÔDICI GANTÏ 

[F«88 r*]22, Dice fra ;se| ; ** Non donno hora, noù aegno 
A citâiiaii sto, ne rtiuu^oil tutto apoalf> 
Di saper quastn fatlo, pur agogn^o^. 
Spari^ae a, nu Iralo i-lcî^flo coti l'aioatu, 
IVeggio queâlo aperto^ non èaogao, 
Ne già al mangiat- mi truova piû diepoiito 
L*appetitQ boggi fuor di mio t^Qatuine, 
Se viveia me délia fagione i) lume. » 

23m Eï Gnito il piaQgîar, reuta auspesa 
L'iDcliU doQaa, et il pa^tor occull^ 
Al tinel con U servi ha la via preaa, 
Et fa □ascsi' fia loi' non poco insullo, 
Che'l piatio acai'CA, perché lr<>ppo peAu» 
Del <}argg dbo, ei «îenza aJcro eonsulto 
Fa ogaim runiuref et da parole i fatli. 
iiùd& &oi Gigi mfra cotaaii maiti, 

24, Ckri'roQ li geotîl homini a! rumor^, 
fa adimandur il re del maggioi'duomo, 
Dimaaija la cagion di queeto errore. 
Ma quel saliandQ va dal pero al porno, 
Perché ûi5n *ft il segreto de! paatore 
Che vede In Regind et uod so como 
Rid^r di queaio, perché eiiteso havâva 
Kl luUo da un aaiidiei' ahé li el dîoeva, 

25« Et di caméra uâcita etiti'ûvvi ûigi 
Che aatollo era et havea Uoppio ciildo, 
La regina puon âae aili letigi, 
Ch' al rç narradidra il acodier pur satdoi 
Che ne portava m laiîiiia auciie i vefttigi 
D'an pugûo ch' ei leva cadeudo al apaldo ; 
Tetcé una guaocia liaa pei tal tcùàù 
Cha buono iDditio fu del pugao aodo. 

26. Vieil J'hora del dormir, corcaai kn letto 

La regma gentil, Rome cra usaLai 
Vi «i cort:a H pastor âeaî;a Hspetto; 
Parte la camaiiera, che laeciata 
Lêi aola crede a^aaa alcun auapeUo, 
Fà pur latJciuUa beoe acJJOJpagnaU, 
S'aiiorroa la regina, m&. il pastoi-e 
Conta le qumle, sÉBite et ^lettiitie hoie* 



fîANTO OTTAVO 



n? 



r 



27. Vede il tetn|iû o^ttrortun, la g«nt« queja 
Kt ttomiDincia a basar ia bella donna ; 
Si riBeiite ella et 8ï ^iitnostra lieta, 
Cb« Ubidine ealda in Ici «indopaa. 
Tocca il pastor ^lii basao, cUsi nal vieta 
Che di matino uûq è frcddA collonnA' 
Fa Gigi l'oprn suit taûtA gagliarda 
Cbe fa chef spenLo fuoco ancor rîardft. 

]28. Tocca et ritoccfi eti'iaov' ella il giuoco, 
Pîace alla douna del pa&tor noa mepo. 
Se per atrachezïa si riposa un j*oco, 
Si IraatuUa il (lastor uel bîapco a«Qû. 
Foi. quai si cava délia iHce iil fuoeo^ 
Incita Gige lei al giuoco améno 
El b^D oonosce ella cbe *[ marito 
Non è coatuî cb' m l'opra è pîù epâdito. 

*^, Seateaî âlta iinpii anco da ogttî banda 
Da queato cbe da quel coa più diletto. 
Onde chi via cctatui spe.'^aQ el djmaada, 
Ma d'appaleaara: ba it puitorauspetto. 
Ella quai sja il aiio nome prega ^panda, 
ËC cb'uu poco le m Bill! il cbiaro ai^êtta. 
Vieta queato il pastQr »e non giura eila 
Per tutti i Ûei non eaaerli ribella. 

30, Giura ella più cbe Gigi non le cbiede 
Et fa cbVi g-iuH a lei ritornar Kp&aaû. 
Si trahe il paator Taoel, ia donna il vede* 
Et QOUi& é ban mcnibmto et ben compleaao 
Foi àe\ suo Don:ie le fa GLgi fede, 
Quai nel cor [è| di lei subito improasp 
Cou tauto amor^ con taato rtfrlgeno 
Ch'in apoHo bnyerlo ba solo il deaidei io. 



J\ . Entçan La virtù del aacro anello. 
Le persuade eh« '1 maritf> uccida. 
Et che dormcntio il i-e il pa^tor con quello 
1d caméra entrarà easeodo ella ^uida, 
B annato soi d'un Becnplice coUcUo, 
Et col auo anel «ntrar Çrgl si fidï. 
La regina è di notte al paator acôfta 
Et fa cbe I earaarife]r gli apfe la porta 



I5S 



ï DoaiGi Cantt 



32. Etdenti'o eatrato uccide il re che dorme. 
Et aQUQ il catnarier manda aotterrJi* 
Ne pur Jel inalfaUQ^ ai veggon Tôrtne. 
Del tDorto re si apande pev la tt^i'ta. 
[.a, Duova^ i[l] paator pr«i)ile le sue forme 
Hegali, apparechiato accerba gaerra 
A âOBteniere^ e ia trihunal salîto 
Dftlla ra^na divcntà marito, 

33, Coai di Lydia la regîtia attiera 
Il ]>a3tor viïise.e'l tnisero re uocise» 
El poi del regno la curonn vera 
Sul capo pflstot'al la doiina tniae. 
Pûicbâ 'l pAstor giiinse aMa eatrema aern, 
Venue T^oel în man di quel CamJïisc 
Chfi padrc fu di Cyro, par il quale 
Aatiageo le fu si libérale. 

fF"8S r"l 34, Doppoi ^ran tempo quealQ anel pervenae 
Aile maûï d'AthUnle di Caréna 
Per raezao di quel re di TremiAdone 
Cbe dt Pet'^ia adlcata havea l'harena, 
Nâ la virtù di quei cnra ai teatie 
Cbe u*era i^QarUp aè riobisato a pena 
Le fu du Athlaûte^ che ne f*ii*e il duaoo. 
Quai f&tto non Rver forai ara buoao. 

2S^t, Quel poi uon carrni alla virtù virtute 
Di quel ai^^unsê ch' luviaibil tia 
Vuol ehi lo tiea iii bocca, et che aaUtte 
N#l dêto apport! coritra ogni rnalia, 
Doppot pervetine in quelle muni aatiUe 
Di Gallafroû, pRilre di scortesia^ 
Che gU lo dîede Athlante per disfare 
Carlo et la Fraucia e il suo Rug^gier salvai^. 

36, AngeliGa crudel, che la Ttnc&nto 

Di queato auellg, aetupr^ aeco il pûftfl, 
Et tieti d'ogni malia anco etla il vaQto, 
Corne sagace^ astutH, acalti^a, accorta. 
Misero me chVmata l'ho cotanto 
Quanto un vero araator d'amar comporta ! 
Ma che ml giova, se la speme è vârd«» 
Cbe cbi aerve agU iagrati il tempo perde? 



1 



CANTO OTTAVO 159 

37. Fer amor dï costei servito ho il padre 
Et il fratello in mille loro imprese, 

Gbe mi promise già sua cara madré 
Darmela in sposa, il che più assal m'accese ; 
Ond* io non dubitai fra armate squadre 
Soletto entrar et farle mille offese ; 
Ne bastè questo, che per ritrovarla 
Non dubiaî sol in Francia seguitarla. 

38. Llio ritrovata, ai lasso ! et che mi giova 
CoD un gigante haverla combattuta 

Et per lei fatta si mirabil pruova, 

Ch* in un momento poi me I' ho perduta, 

Cagion dello anelletto che si truova 

Délia detta virtù non conoaciuta, 

Ch* a me dinanzi si ritolse a un tratto, 

Onde a pensar vi resto stupefatto ? >» 

39. 11 conte oui tal caso già intervenne, 
Quando la perse al fonte di Merlino, 
Pu sbigotito e a pena si ritenne 
Che non dicesse al re quel palladino : 

u Sapii che similmente ancor mi avvenne » ; 
Ma per vergogna tenne il capo chino, 
Pensando corne occasion si bella 
Persa bavea al fonte di goder di quella ; 

[F"89t*] 40. Che di gioir di quella et tempo et luoco 
Lliaveva posto la fortuna in mano. 
Non prende il molto chi non piglia il poco, 
Che spesse volte è il désir nostro vano. 
Voleva Orlando Varooroso fuoco 
Sfogar e esser pregato di lontano, 
Kthorin fuoco si consuma et strugge. 
Seguendo indamo chi lo aprezza et fugge. 

41. Et, mentre vanno i tai ragionamenti, 
Sa la riva del mar i gi-an campioni 
Veggono in acqua navi, in terra genti 
Di quai parte ei'a a piè, parte in arcioni. 
Orlando, che i passati incantamenti 
Sapea d*Alfegra, salse in suspitioni 
Di quelln strega, et per6 il Fauno manda 
E il tutto enteso torni le comanda. 



IflO I DODICr CANTT 

42. PnrUTfl il Fauao quelle annî «rAppolU 
Gbft poi «i vendicA Cupldo anoora : 
Una Baettadi quelle ch' ha al coUo, 
Et r&rco tolae tn mao âenza dimora* 
NoD Bi vûdeado rujiti etâocû o eati)l1o 
D'ubidir quel guerrier che tanto bonara. 
Toruato ditise elto ; «f K quel arognate 
RoduinoQte cbe ir vuol cou Agramante. » 

43. Et chê Agratnantâ havea delibet^to 
Seppe iL FaunOf îre in Frâocia veodicai'e 
La morte dî Troian col atuol armato, 
Et lutta Bârbaria facâva armarF 
A queeto eifetio : et, quando bebbe parlato 
Coatui, commÎQciù il cont^ in se a pensare, 
Poî disse rivoltato a Sacripaate: 

H Segulta me, aîgDor, ch'io vado iaaate, m 

44. Ne queato a jiena detto al comdore 
Sqo pUDs« î fîaQcbi et fuor il braado trass« 
CoD tanto adegno, coq Canto furore, 
Quanta alti^a volta in quello adoperaas^; 
Ne prima gîimtu TaCto fu un rumore 

Cbe parea che la terra ne tremasseï 
Rt del 8U0 asâalto fa «i erudo il cL'otio 
Che per timor ciaB^uu abaudoDuollo. 

4&. OgnuD volta le spalle al Sera oont? 
Che TacidË et fora et aquurtu i Sarai^ini, 
Cul a'oppoae it superbo Rodomontei 
£ il Fauno ariva con li \n^ capnai 
ln»i«n cou Sacripantir, et acbertii et oate 
Faiino atnbi queati a. quelli Patetinî, 
Uno con Tarco et Taltro con la lancia« 
Tal cbe pochi di ïqt andranno io Francia, 

Ferdinand CAStSTâ. 



{A suivre.) 



BIBLIOGRAPHIE 



Bti t ràg e z u r roTJianixrhen P h H o i o y i e . Festgahe fUr 
Qi3aTAr Gaobeh ton Pb. A. Becker, D. Behrens, E. FreTmûzid, 
V- Kala«4, B. Soscbwitz, H. n.Lang, F. t. Schneag^ni, B. Schuefl- 
fl>tiB, C. This. G. Tburau, K. fossier. fi. WalU, L, ZéUqson. R. Zen- 
Ut. - naïte a. S., Max Niemeyt;t;i&y^, ^t: ui-H* [541 p.J. 



Ce groâ volume oat un bel hommage readiu au vénérable romaniste 

deStriisbourg, k roccasipp de son vingt-cinquième anniversaire comme 

prdfeMeur titulaire, par quatorze d& ges ancieuB élèvââ. Les quatorae 

^ («ntribiitioîis a^tpArEtetineot toute» au domaine de la phiEologie loinaDe. 

H EN Bout d eteniiue et de valeur fort inégiileâ^uidiB aucune n'est dénuée 

H iuiéréL Le tout fait grand honneur an maître qui a guidé les preiuii;- 

^ Métudes i-QDiaQifitiquefl de cea quatorze savauts, dont plaaieurs ont 

^ji acquis une rë|iutation internationaïe remarquable. 

Les iujets traités étant des plus diveis et les contributions ae aui- 

^mt sans égard àii contenu, n<»us tratterona les quatorze mémoires, 
Bon dans Tordre où ils se trouvent 4iaiiB le volume, mais en lea dis- 
}ius4u£ [jIus systématiquement. Nous espérons ainsi pouvoir donner 
^îi<léc plus nette de Tensemble de cet ouvrage si varié. 

Commeûfant parles cotitributtona lingurêtiquti.uoMimeûtiotiQ&tQHB 
*" premier lieu le seul mémoire quise rapporte âl'histoiredu français; 
^'^^ Wnrt^féchichie deA frafiziinUche/t (pp. 149-170), par D. UsHHE^â 
l^*Men). L'auteur di&cute 1 etymologie (le plus souvent bas-aJle- 
. ouûde) d'un certain nombre Ae. mots de l'ancien français ou des patois 
H ictueli, liiDsi que de quelques teimes de métier dafraoçais moderne. 
^ M. Behrens fait preuve de beaucoup de jugement et de sagacité dans 
Hs repprocbements iutéressauts. Son mémoire doit donc être consi- 
déré comme une cotitribuliou précieuse à la loiicologie française. 
Le» ]ir:ncip3(ix mots français que traite M. Behrens âont, par ordre 
aJpbabètiquç : 

onadlf, tei'fne herald, : » réuulon de trois listes psrallëïes qui tra- 
înent lecu sans toucher au bord i»; cp. a. fi, hantëde, AatneitU^ 
inUK^ m barre, barrière " [ a. flatn. hannef^de, u l'Opu^ulum, ligiium 
truutfértum quod ostiis opponitur m posteui utiiusque immiasum i» ; 
oéerK ham^e^ a verrou, clôture faite d'un bâton a ; etc. 

11 




1Ç2 



ËIBLIOGRAPHIK 



bai'ge, lorr., u aûrte de hach^ » ; hêssoîs bariche, » petite bâche 
diminutif lie boartt ait. Litt. Barte, 

berm&t <f cuve où l'on ffût fermenter le fromeitt pour la fabricâttOD 
de l'amidon » ; alL Bârme. ►^ lie 1^; etc. 

bermiert " ouvrier des âaliuei} qui porte Teau saturée de &el daaa la 
cuve f> ; dérivé du mot précédent ou bien se rattacbaut à iisr^ï? ^ ail. 
Bermtï, » ^spuce étroit 4111 court Et» pied d'un rempart, le long du 
fossé n , 

(Itiacq)tffaffhef a. fi., k sui'te de ehaKot» (God.); ail. Wagen. 

Cfîonchieire, ctinchiëre, norm., m partie labourée aui deux bouta d'un 
u cIloB » perpeodieuUiremeDt au labour du re&te du champ d; dérivé 
de camrHare ^ ■ 

daguer, u frapper d'uQ coup de corne t> ; flam. dakerif " toucher n, ■ 

($e) dogH$rt". frapper k coups d& tète, à coupa de corne n; iD.néerl. 
docken, « dure pugnos. ing^erere verbera >» ; etc, 

dtiuket, dohes, q, fr., •< morceaux de drap» ; m, néer), dokt, (jLur. dtt 
dcee, n drap » ; &U. 7WA. (L'auteur a oublié de dire que IV Anal du 
mot n^eatque ]a déaiuence du pluriel), 

eiclaidage. a. fr., m impûi sur (es marchandÎBaft quj étaient trans* 
portéei* Hur des charrettes ou des traîneaux n ; dérivé d'un radical 
(êjtnlaid, flam. $Udde^ sUde. « tramcau a ; cp. Du iJauge tcleida. 

etcuti. a. fr., <« petit bateau »; m. baa-a)l. «cAut«. 

jfeCi '< poisson du genre ptip »; néerl, «'^aI!, i' raie >*. 

^JÏB, pic.» « raie blanche ; fliim, iîloûlf vîote. 

hamét, » manche de 1 ecouvillon » ; à rattacher à l'ail. Jutmpim, 
<' arrêter, barrer »i ; cp. westph. hamme, « manche de faux i*. 

huTiieîèUi a. walL.K petit bout de toit eu triangle que L'on conalriût 
au i«ummei d'un pignon i> ; cp. frisun orient, ham, hamm, » toit de 
paille dépassant le pignon *^ 

haiAittûc, a. fr., même étytuologte, pour la première partie du mot, 
^ue pour }tamét (ail. IltmmêtQck), 

Aa/neite, a. fr , à rattacher au wal]^ hameiète, m coiffe ». 

hampef é. rattacher au westph. hamme (î). 

fielbot, hêlbeiiitU{Xy[* siècle) et /lÊllebut, cbippoglossUB vulgarie »[ 
m. iiai;i. helbot. hêylbot. 

heler, htller^ a. fr,^ «< boire etlâemble, se souhaiter réciproquement 
ta santij ; ui. ;iugl. haih^ keiUf augL rr.od, hail. 

labaîe^ wall., n gourgandine, coureuse, impudique; p) m. néerl. ^- 
fc(jy, H femme bavarde ». 



I 



I 



4 



I 



' M. A. Tlinmaa rient de démontrer. Pom, XXtX, le>9-170, t[ue Tétj^ 
iiio]n]£iê ittj mol doil Hve 'cftnc^n. 



BIBUOGRAPHïK 



163 



^ 



^ 



kbetuu, waII., «femme pauvre, funéante et déguenillée »; bai- 

qH. ia^tm* » paresseui i^ du nom biblique Lahan, 

H/tcop,A. fi'., flam. oce- UJfkoopt ♦•pot-de-viû», 

Untat^ n, fr., tiam, hjftsaad, *> ÂËrnencis de lid 51. 

loptwiîte. a. fr., « fîllâ coureuse ": à latUchef a.u ââra, hop^i, 
• courir ». 

iorpidon, a. fr,, term^ d'injure adreasé a une vieille fômiue (God,); 
flurt. occ, tarpe, ■« filou - (?l 

fvuK, fr, orient., *< ebambre où se réuniâaent te& fUeiisea ». L*b.ii- 
twrrejelte l*élyfnolûgîe fucuhra H voit *ÎBns ce mot le lat, op^rrt, 
pWcédéde ! article. 

Itmpeueuo!^ a. fr, c vaurien -i (Goti.) : flam. occ. turpf. » filou *»(?). 

fcwfftto, HoutbéL^ i» colctuque d'automne n; ^iérivation de /cmre, 
" veillée '« = ^ottrï, 

iurri/*, a, fr., " lange •» ; a hnut-all. fwfara^ luthara^ « cunae, 
conaliTiia, mvolumenttim 1=. 

itmnjusin^ terme de marine : k Ifgne d'aroarragê faite avec deux 
61b (î« caret très fins, commis on entrelacéB ensemble»; néerl 
^*i*inij, avec soudure de rarticle. 

*nre« a. fr^ « bâtiment âervant & la pèche du hareng » ; os. néerL 
""■, • navire s, avec prosthése de n. 

^iupe, a. fr ; ail. Eepe> « tremble ?>. 

^«1 MoQtbéLr etc., f chanvre non peigné, çhaûvre bmti»; 
lut. optra^ cp. «û-deseuâ lourt. 

paeant^ niatre ; ail. Packan, '^eseogrifTe »>, 

f*da^ JoTT., n courroie reliant eriBemble les deux bitons du fl^au »; 
<!*»eTait le part. prés, dépendre. 

Tof, f nageoires du flétan >■' ; néerl. r<^. 

Tfpe, wal]., ti eorde à laquelle sont attacbéâ ptueteurn bame^oasn ; 
fl&m, rtept « corde ». 

fèp$r, w&IKt » traîner volantairemetit A t«rre l« bout de l'échaBBé j»; 
flim, rtppent « tirer », etc. 

r»M, lorr., ^icbargement d'ardoiBe» t* ; cp. tkAsaauviea/ΣÛi, '«sorte 
ié mesure pour ardoises )< . 

r^rtifc, Meuae^ = lurtlle. 

Kîaid, walI., <• traîneau » ; v, ci-dessus eteîaida^e. 

ttm* fcûkken, a. fr, h poisson séché * ; flam. tcholUt f plie (•♦ 
ta/» B* fi'. (God. ;?) ; flam. xpèrel, gperreL 

fitofilie,, a. fr., « cbaise » ; flam. aioeî, ntûeltje, t* petite chaise n. 

Uomb, wall., « aiguillon pour piquer les bceufa»*; bas-ali. ntutiip, 
elc„ «tronc, tronçon, bout»». 

tUnt^ltt a, wall. , u b^tou » ; bu^Ëill. ttummel, ttampel^ etc. 




164 



BÏBLIOGBAPHÎE 



$troinpe^ Malmédy = tiomb ; uéei'l« ttromp^ v. tronc n. 

tanque, a. fr., » leDailies »; ni, aéeil, tttnghe, 

tUrre, fhierre, tiere^H. fr*^ c conle à laquello on attache les chevAUï 
et lea ^acboaeii pâturage *\ m, hu|^L ledir. uogLinoH, Udder, telher» 

Uiquefi fltiui. tokki^n = dokken, v. tn-iiessue doffutr. 

itatne. a. fr,, u huilu île ijoisson »> ; m* aéerl, ^mai, 

varlofit. [»'obableriientoontaminaûo» du i^èerl, voorlooperj ^rabol >'p 
et du fiHNi. ufeerhchi, <" luUot ^>. pcotH'enieiit dit «* éclair w. 

Fenttf, u, fr. « tD&raijs n ; m. neerl. etc. v^ne. 

lour^UÈ, hai»., M mesure pour le eliiirhûn de teire ■• ; nèerl. toauj, 
u balance n. 

war^^ a. fr«, u rajoo Jq mïeE m ; baa-all. teerk, loark^ avâc la même 
eigùLfi cation. 

u!«|^e, pic, « g-uitlard, ijràae »> ; flam. etc. uvpe^. 

lo^îant, walL ^ « fiétlLlaut ^^ ; m. néerl. icitpelcnf [^voltiger, 
s'agiter' j). 



I 



i 



Le françaîa moderne a été traité par M* C, Tbis (Strasbourg) 
dao^ uae étude s)-nttuiiqiiâ : Zur Lehre tier Tempora und Modi ù/i 
FranzÔHiÈcheft {[i y. 233-251). L'auteur, influencé par çû qu'avait dit ■ 
M Giùbar, dnn-i son Grmulrî»g, conc^ertiiitit la <« syntas^e empirique », 
a voulu douner uae nouvelle clasaificatloD logique des temps et 
modes ilu veibe français, M. Thia proteale, avec l'aîauDi contre toute 
claBsiiicatLoa gr^imxnalEcale qui ae tieut pas assez compte de la na- 
ture propre tie la laagyû en quQatJuQ (noua «ommee* hélaa ! oaoore 
phiA ou inoÎDB âsclaveti de la grammaire latine I )j niaia il est fort don^ 
teux que la cUsaiftcatiuu du l'autf^iu puic^ee aati^falie tout le nioade. 
C'eut !i4jt'tout te ràiii îtttiibué, daus eoQ e/âtéme, tiu futur (et niicon- 
ditivnHel^ comme et futur du prétérit") qiti hûus p.ar^îC difficile à 
approuver. Diaprés M, Tbie, le futur sert k iodiquer une action [ou 
UQ eut) cuniuie [I potentielle n. dépendant (Tune couditioa exprimée 
ou DOD. La {.'oriditLQQ eat exprimtïc dans cette phraae-cî : ^t le père 
vierU.Je lui dtfai toute la vêt'ité^ tnaiB àaaa ta proposition ; H plmittra^ 
la i^ouditioo eBt soua-€iit(ïûdue : elle est k fait Kt observé i> [\< daa 
alâ wnhrgeuoniiiit^u geaetzie Geacbehea >» ) que le ciel est couvert àa ■ 
uuHgetit ou toute autre oircoustaiice observée, propre à dOub per- * 
iiitiittri; de tirer la conclusioti n qu^il pleuvra ". Egalement^ la propo- 
sition ^« Ttpomîrul à cette iettre n'exprime que la >< dispoeition » de 
celu» qui parle d'écrire une réponse, disposition résuUatit d'un fait 
observé (le contenu de la lettre regue?). Dana la proposition Tu ne 
taeroê pas,, W faut auua-entendre i ëi tti veia; suivre î^ pricepUi de 
Dieu, ëiCh, etc. Pour l'auteur, le futur n'eat que la forme du mode 
n conditionnel *>r qui se rapporte au temps prëseot. — Noua t«gar- 



diblîogbapkîf; 



135 



^^^^T 



raÎBonnemenI comme foitdèremeot errooë. Selon noua, le 
/ulnr indique Hvant tout, quoi qii'eii dise M. This* «no nn^lion/f^fwre 
relnllTement au temps (ïrésenl. Car, t|UTnni on dit : S'il ne hnurje pUtn, 
îlui m&tt ou SI Von 9uii hs préceptes de I}ieii, vn ne iae i>oft, il y 
s fnaditioii (ou Cûpclt]amii)i ausai hien qu@ darts les phrases sus- 
dites, mais ici le verbe <\e la pro|jositiûn principale flst an ]>rë»ent, 
fiaree qu'il a'agit *le cjwelque chose quia hevi àpréieni. En pAftnnt 
d'une conceplion analog'u& du conditînnuel : qu'il n'est esa^ntielle- 
ne&t qae te n futur » reliitivemenl au temps paaséf on arrive ftussi^ 
orojoos-DouBf le plus aiscment à explitjuer les fonctiona miikiples de 
pe < mode «p. — Le raisounement de l'auteur concernEint le rflle du 
ttihj/iwtif^ona pMniît é^nlemi^nt défectueux. M. This dotine eomtne 
tt|.es Ips deux ]>hrase3 : Je délire fjtie ton ami ûiemif et Jt avis ravî 
pt tontimi soU rèt^hfi. D'3|iré9 M. This, te subjonctif y est de ri- 
gueur, [t&vùc qne u délirer et Hrt ra^l ne sont pan dea fîKpnessions par 
l«iili9elle« on désigne un fait r.ûfniiï& nbaervé >* (p. 239). C^hl est 
fndfmiiienl juste pour ce qui coFiceViie désirer^ mais, r^n.int à être 
Mff, lit chose n'est jias aussi simple. Four pouvoii* « être ravi >*, ï\ 
fflut lji«n 4^n avoir une raisDn quelconque^ qui est précisément te 
" /*ii observé ". Cest ce qui <?xpli(pio qu'où peut, tout en eïpriinant 
Utnàrne i*4ée. se servir de l'indicatif en élisant: Je&}jih rati rfc ce que 
Jmiajnî «jnf rétabli. Selon nona, tons les cas où l'emploi du sub- 
jOTtctff dépend d''un mot (exprimant uue^^éinotiaïirt ne auborftonnentpas 
lo^uiUiieii t k la règle connue dm subjonctif qui dit que c'est par ce 
mode que Ton énonce quelque choisc comme simplement «• siippoflé >» 
( »Qwr vorgesteïlt -), comme «incertain ». Ceat donc par exUn^ion^ 
|>trc« que le «• fait observé ^^ ne Jqug qu'un râle Becoiidâire tians la 
phnue lil D*indiqiië que la caiiee de Fémotion^t q^^^ le Hubjonctif est 
■rriïé à pr*ntire Iti place de Viadicatif, demandé pîtr lalojirique. 
ég-aletneut pjireïteiision qu'on dit, pu employant le subjonctif : 
il MTiM malade^ mon frèfe ési totijourit giai^ puisque i^'eat un 
^l<|ae •• le frère est malade »■ '. C'eat à la sjnUxe historique de tâcher 
deipliquer ccïmiomalies logiques, et il est absolutnent erroné àe 
«ronW, comme le semble faire M. This, enregistrer i^hfique fait 
friflimaticul dans une caiégorie lo^nque toute limitée. Qu'on ne 
iTiîte jamais la grammaire moderne sans tâoir oouipte du développcr- 
meat historique de la langue l ^ C'est encore un défaut du systâme 
ieM. This de ne |iai ftvoîi- compris que le aubjonctif a un «futur »», 
iutii bien que )'indic:itif, mnisi que co a futur» se confond, puur la 



T» sait que le lan^^age familier, étant dans ce cas plus logique, em- 
[>^i« fréquemment Tindicatif. 




Ifi6 



tTBLlOGRAPHTE 



tormc^ avec le [jréaent du aubjoacttf i^^i. Je doute qu'U toit ià et 
Jb doute quH vienne avec Je Êais qu'il est là et Je nais quil viendra]. 
— Ed Bomme, nous devonsi frauchgni^at avouer que le môniQire de 
M.Tbis, eu ce qu'il cootictit de nouveau, d'uijg^mftl, t]ùu» secnble 
bttsé sur une couoeption Li>ut à fait f^uase^Jes faU& exiataDte. «t que, 
ponr le reata, il s'ag^it de çhofles i-econnuea de tout le rnoode. 

Tieviji des mêtnoirâs du présent volume traitent dsssujete de dialec^ 
tDlogîe française moderae ; Ueber eîtten Yolksdichier und die Mund- 
arl von Amiens (p^. 1-38) par E. Ko&ouw[TZ [Maibourg en Hease) 
et Mitndartiiches ans Malmçdy (Prsitssisçhç W^allonie), pp, 507- 
531, pî^r L. Zèw^iQy (Met^}, 

M, Koscbwilz a étudié le (jatoift du clief-Ueu de la Pic&rdi^ pâadant 
im fléjour qu^il j a fait en I89L 11 a eu la bonne chance d*j découvrir 
un vieux poète populaire, PierrÉ Dupiiia^ né en 1^21 el mort depuis, 
ea 1895ou 1896. Ce floiit lea cbanâons de ne trouvère moderDe qui 
ont foLinii à M. Koscbwitz les matériaux de ses rechei'cbea dialecta- 
les. M. Kgêcb^itz publie dix de cea cb^Daons en double gTapbie,dHiis 
celU d'une édition de 1 snnée 1891 et en Lranacriptioii phonëtiquQ.Dea 
note^ sous [a texte coiitieTinent des vArianteB de prononciatioDiprove* 
nant de (a bouche d'un autre Amiétioii*, M. Delaruefoc en ! 844), Une 
entnie tnarpholo^ie du patois d^Amietis termina l'étude de M. Kosch 
wilz.I^s débutBOta en dialectoloj^ie françniae sauront ^ré au maîti-e 
expérimenté des (^ooaeilH pratiques qu il leur donne — d'un tOD jovial 
et quelque peu railleur — concernaôt 1» meilleure mauigre d'entre- 
prépare Tétude duo patois quelt^onque. 

Le mémoire de M. Zétiqzoa L'oatîent des échaalilloQs divers du pâ.*- 
lioJK de Malmady [Wallonie pruBsietmeJ en transcription [ilvonëtique et 
accompagnés d'une tranipusitioti en fraudais littéraire. Un appendice 
donne la notatiaa tnusicalo de la plupart dea cbanfions qui se trou^ 
vent dana ie texte. Cea écbantillûns, san» coramentaire linguistique, 
font fitiite ft un mëmoir'e de M. ZéUqzoUj publiée ea 1893, aous le titre 
^M* der Wallontej dana les Annahs du L^cée deMeU. 

Pat^mi les mémoirea linguistiques il faut encore enreglslrer celui 
dp KaHL VoasLKR (Hmdelbei'g]* intitulé" BanveHuio Celtîni's SUl in 
ieîner Vila {[t\\. 414-451)- On a ici affaire à une espèce d'analvae 
pB^choïogique d'nn auteur d'ftpr*>s son alyle, et c'est encore M* Gro- 
ber quif par quelques iDdicatiouii dauif buu Gratidriss \L [, p< 213 et 
suiv.)^ adonne la première impnlaiou à uo Duuvel esBai, L'ex.poaé de 
M, Vossler ne compread ee]iendant que les paiticularîtéB fyn^oaït- ■ 
ques de Beuvenuto Cellini. Le résultat auquel Tauteur arrive eat 
que le ^tjle de Cellini indique que celui -ci était porté aux éuiotit^an 



I 



BIBLIOGRAPHIE 



167 



irtf» M Auiv&nt ropidemâDt^ et que, pni'coasé^^UËnt, il avull uq tem- 
pénmânt << colérique 'p (v. p, 450). Ueasal de M. Vosslerest iucêr«s- 
itnCei digne d'altentioiit et sea coDciiiâiona nâ paraissent pas èive 
\np hftsartléea.La mélbade est cepeadaiit pleine de dang^ers : on |ieut 
KiMment, fautede pointa de cotiipHirHiîseTD, croire à des [»articijlant(<& 
individuelles là où il ny h que des Jocittiotiii à 1^ mode on de» iitiitii- 
lionii JAtentionaelles. U fatit jneDCionnet' iivec i'ei:onei.^iâsaDce lit ti^te, 
^«laéeparM. Voaaier (pp. 4hi-42(^). fies « flo^eatini«mea^^ vulgaires 
<teUliU)ga4 de Benvenuto Cellini 

AvRot de passer aux cantributîûns touchant l'hisLûiie littéraire» 
il c;oQvient de noua arrêter à \in mémoire de M. Hugo Wait/, 
iCoaitantinople], leqnel n'eâl âiilt-echoee que la reatitation critiqua 
^w ctiansotiâ du trouvère bien ijonnii Gillehert de RernÊville : Dfr 
irifaVA* Text der GediehU tfon Gilhbert de Bernefsille ntit An^aht 
tàtittlicher Le&arten nach dtn PariKer Handschriften (pp« 39-118). 
M.U'AÉtz UA paa voulu^ à ce qu'il dit (p. 40], uniformifter la lao^ue 
(iwtreDtê'trQis chansons dont il s'agit; il a donc, en général, con* 
Mfv^ Ik graphie du ma. qa'il a, chaque fuis, pris pour baae de »a 
i^itltiition. Il y a cependant dans ce mëli<mélo orthographique, 
^ai n'est naturellement qu'un pia-aller, des formes, introduites pFir 
M. Waitï, que nous ne aauriona admettre en aucun cna. Telle:^: 
«iltiroD. conjoint) au lieu do me 1, 3, 1. 3; 4, 1; [U, ï. 8; XIV, 
3, 6; XIX, I. 6(ftr*); 2.0; XXVII. 3. 4 fl, 3, 7; VII, 4. ±i. 5; 
^V. lî, 4; XIX, I, 2 il faut probablement lira fn*i); justice au lieu 
^«jfiMtiie: * Ur II, 6, IQ (aoqire la leçou du aeul ms. qui donne U 
«trofihej; aurai au lieu de amd V, 6, 3; Vil, 4, i : XIV» 4, 1 ; 
**»:. Rt pourquoi M. Waitz a-t-il, contre le me.» corrigé çou çn chou 
XXIII, 4. I, mats m^ffhi en merci XXlll, 4, 8 ?, Quant à la ponc- 
■u&tion en général elle laisse également fort à déâirerr n étant pas 
du tout fninçaiae (ce qu'elle devrait otre t)» maia bieti allemande. 
^ vya$ passons ensuite à la reelitutioii du texte hii-mâme, c'est 
u« rpg^et que nous conaL&tons l'âbsen^ïe de toute clnastlicatioTi 
<'M mes, à Taidc des leçons fautive-s» M, Waitz comble sotivotH 
tvair choisi au ha^urd lajeçon qui kii ^ paru la plus acceptable en 
^tie-méme, sans tenir «tiffisamment compte de âa valeur réelle, 
B^bljf par u filiation dea msa. Ainsi, puisque M. Waltz parait ap- 
[jrouïer [ v. p. 39 ) ta clasaification , faite par Si:hwan dans aea 
'^ttfrùiisi^fsvhe iJ^dcrknndsehrifitu» de tous les mss. eu question eu 
trttii «roupcs: ^î| ijjab. MTab ) , a't(mas. URVNKXH ) et b '" 
'*«. f'IJlF), il eet incompréhensible qu'il ait pu adopter, eutre 
■mrei, le« leçons stiivanlea ; III, 4, 9 Qu'éî NKX(RetU: qwf)\ 
•VV Cir N |R et *'.r^«(!); XII, 4, 2, *?( Ma (ORKX et C :««<(); 




ÎGR 



btbuographiï: 



Xltl, 2, B Sifti muH âtsre^ NKX fMT et C : > bièji deviez |T et 
C: (leuecy V; fu plun que fhtnee ) ; 3, l ci*t>î MT (VNKX et C: êai)t 
XIV, 1, qui ma chanço^mt T {M;i et K. : qu'ti ma chançott) ', 3, fl qui 
M (Ta «1 ÏC: «j); 4, 3 Eiigt vohir M (Ta et K : MeUst ft^iotr*); 
XVI, â, 1-3 i4iw ma*« rti« ni êntrepnfi N^ fu par iioient, N'onqut» 
ei [a: jnais] loiaua amis Mf\ (RNKXP et U : Onrftwa maù ai erUr»* 
pria [U : ehahisjNêfnî par tuaient, N'naqttfs mta [NKX ; si] îniaasarrdt 
[U; wert onkes uui j^tts ftinis-, XVH, I. l Cuulent dont n (NKSP 
Bt U : CHtdoient] ; I, 4 c* NKXP (a et U : ne) ; 1, 5 ains reiTrt<rcH ^ 
<NKXP et U.' ;> rrtmomi) ; I. 6 maintenrai a (NKXP et US 
wn'iVo*) ; 2, 3 êtli$chiêr a (NKXP fil U : realeeeier) ; 2^ 6 r«ga#rtia* ft' 
(NKXP et U : rtcferm)\ 2, 7 Traîtour a (NKXP et U : mettle&r);' 

2, 8 JfofTï)^^ a fNKX.P et U: P(t?r*o?t*); 3, 1 7ft* Hcr c*mai*r a< 
(NKXP et U : m'en qnkr ealuifinUr); 3, 4 car NKXP (a et U: c'rtr); 

3, 5 dou^ ji (NKI^ et U : 6/t)«aj ; 3, «i courtmii a (NKXP et U : ptui\ 
vaifiant);3,^ envoitie ft (NKXP et U; reneoisk); 4, 1-2 de wj 
ffaiiier Jotf ne donroie un eifpi h (NKXP et U: faus losengier, </e ni. 
t>o» /wfd «Tï <?vy)î} ; 4, ri-fi Forant vous acohrai Mon ami., quant b ' 
wnrrtî a (NKXP et U : nwn «m» eieolej'nt, ai tmt conje l^ verrai); 

4, B iTffnra* xi (NKXP et U : «en;*)» De inôiuef la leçon Adoptée, 
[lar M. Waitz eat inadaiiaBibte dans quelques auti'ea cas^ si Von s«i ' 
lient aux grotiiiernents de maa», établis \mr Schwan : XIU, 1.9' 
QiK M. N [T. C: mi, V, KX : qui) ; XIX, 2, A puit' V (OR,NKX: 
plict); XXV, 4,2 Ne àrtirre U ftr T, (Tj , M : nt df^im pfin fes) \ . 
etc. Si M, WfliU, pour un© rnUoii ou une autre, n'a pas ^ni o^iprQu- [ 
ver 1a clasaificttlion <ie Schwan, il aurait dû le dire et justîË^r , 
sa munière de groupet- ittê rnsa, *. Maintenant on a le vagrue senti- 
ment que M, WaîtK n'a pas bteu nomprîs toute T importance d'une 
clasaificationdesriiaa- Ajtiutonfi eneoie ffu'fmtreles corrections qu'exige 
la Rliatîon dea msn. , II* te^te de M. Waitz présente quelcjucft 
erreurs» p. ex. I, 1,1: Faute de ponctuation : il faut une virgule à Ift 
fin du vera; 5, 7 : teit$ pour tel', II, 4, Q->10: Il faut bien lire Avea 
Scïiêler : S*ttnB toun J^u» mfJtfaîx Df.tftnt laaugré vous. Votant ttms, Qtm I 
paû nf. soitqttise, Voforccy eta, et tr^jduire : i< Si utie seule Action cou- 
pable em[*ôehc... q|ue la paix ne aoit aouhaitée, Votre forcer etc. ; *% 1 ; 
Virgule a la lin du vers; 6» 5; Virgule à la fîn; Hl, 3, 4 r Virgule au lieti 
de point a la fin; 6, 4 : La première virgule eai de trop; XU* 3^ 1 : ' 
aime pour aijtt ; 'i, 8: t'en (^=î /i èii) pour #'«n ; XI V, 6| 2: Qotart doit 



> Il .va des raisons sérieus€â pour croire que s" et »'" ont ori^nai^ 
reinonl formé un seul groupe; t. notamment XVll» 3, 9 et Tenfoi 
donna par 1«6 mss. UNKXP pour La Tn<?me chanson. Cp, le tableaa 
de la flUaUon dosm&s. dann notre édition de Conon dr BéthunCt p- ?3*, 



BIRMOGRAPHIE 



169 



^ 



lire entre vîrpules: XX, 3» 5-10: Les héaitationî de M. Wailz^ 
pp. 111- 112, qtmnt ùla legan du texte rétiîbiij «ont certainement 
joitiféest il fuut probflblenienC lirs en suivant U; Nés que li rais 
dcv Uitfirtt Srtteit en este N'e pttet rendre la cUxrte Ne If- Bfmh^ant, 
N* it prêKt Ntis a la Ires ^rant bkutte, eic,; G, 1*2: Signe d'escla- 
mBtiûQ À tn fin rlti v. 1, virgule aprù^ v. 2*. Meiitiomions enfin qtio 
M. W RI ta a oithlié d'indiquer que la strophe XXIV, 6 manque (^ans 
NKP (cp. Bai'taph, Rnm. u. Pttai., p, 38H). La stpnphe XX, 5 
M maaque-t*elle pne aassi diths U ? — Si nouB réstimons nos im- 
pttMiûQe sur le travarlj du reste trè^ conaciencieux. de M. WaiU,îiou3 
devons avouer qiïM n^itona gatisFait iju'â mwitie. Nous regrettons sur- 
tniiti|ue le comiiientaire ciitiqui? lie lu tîliaiioD des m»s fasse dùfaiit. 
Chuimie travail de ce genre devrait fotirnîi' de nouveaux matériaus 
pi^L« à Ia da«âîfication des mss., basée aurTouvrage si important de 



I 



Nous arrivons miiîntenant aux mêmnirea L'oncernsint ïhithire litté- 
raire. Quatre d'entre etix se rajuioi tenta l'flDcienne èpMpét* frHnçnUe : 
O^Siège fie Bitrltaifre jj.ir Ph.- .^ liKcKER(B«da'l*esth), Znf Chun 
•»(fef/MM « Aiol et Mirahd » par F. Ed. ScUNEErtANS [Heidelher}.'), 
TsifT den Attîfil tita Rtiauî de Hnudénc au tUr Ver^fiistsemchtifi (fer 
leByra»c« Ragntdet j)ar Ma\ Kaluzv (Kroni^sber;! on Pruase) et Z)ie 
mirtùnchrn GTUtitUttfjeu d^' zicf.iteti Branche de^ " Couronnement de 
^'ir « par K. Zkmlëh (KoBtûtk), 

UçoulritiUticHi de M. Heckerfpp. :i52-2tl(îi n'irai antre cîioae ipn'iui 
^<3i]iité detHÎIlé dn oontPiin de lu cbun^on de gest<j Le Siège de Sar- 
àa4trtd'n\itè& le ma. BibL mit. 2-43*11) eC^ pour une Ucune dana celui- 
Uilenis Biï>!, uni. \4.4H, Otie .haiison de geste, de plue de 7000 
»l*xttiidnn=, étant eni!ûi*e tDi^iiUe, M. R** •ker a pRO-sL', el avec raison, 
lui] r :iuraiirpielqiie intérêt à an fuite oununiire le i^untenu. Lu Siège 
^Barimstre, ijiit jmraît eati^itiineiit rniiiiqiier {le fuud bietijriqvie, ce 
rittdcbe, conune an «ait, A la persaune et nus fiiita d'Aimeri d« 
N*fboDaê . 

Dm» le mémoire intitulé Zur Chanêott de tjfnte « Aiid et Mirabet i^ 
(|'l*. 397-413), M, F. Hd, ScboBegiius essaie de curaetériset la genèse 
•Recette chfloson de geale bien comme. Selon lui ( p. 407), <( elle ne 
*BttpAif comme d'autres épopées, p^u Àpeu développée d'un noyau 
^^0*1 pat* l'addition depiaodeA étrangers, elle n'eat pas non plus 



' D'iutre* corrections ont Hè faiEP9 par M. Arj. Tnhler, Dtnische Lit- 
*i^tutzeitnng 1900, col. 45 et suit. 

' Dans b Xeittih^. f, vom. PAd. XXIV. pp. 310 318» M. Wtiiï rient 
i*riilysci' ÎA hmgue de* thansons et des mas. du fjrroupe a t. 



170 



BÎBrjOfiBÂPHtE 



I 



Iceuvre d'un jougleur élevé Jima la tradition d« la tcani^missloa Hai 
chaDauna de ii^esteol composant &âs chAnson-! d'une façon rautmière, en 
guivAint la voie indiquée |>ar ses lirétié^esâeur^, à I aide ds lieux com- 
tniius é[»t>|iii«fa ; elle est ]»lutdl l'œuvre artistiijiie d^un poêle habile, 
qui 8 créé quelque chose de nouveau, enseBetvant de ihèmea épîquei 
coQriii>4, '■ Aioi ei MirahfJ n n'est donc pHM nue l'haasaii de g^^^te dana 
l» vieille acC(?|>tîoii du mot; c'est déjà une espèce de roriion d'aven- 
turcHf [ileln de traita em[n'unti^«i à ta vie rô«l1e ^iu leinp« du poèt^. Il 
faut savuir gré à M« ^chn^^egacs de son analyse ai intéressante, qui 
montre combien un examen attentif et intelligent sait déoouvrir de 
traits l'aractéristiqiifls et curieux dajis une nenvre où un lecteur opdi- 
Qaii^ ne uerait teutédc voit qu'une iinitatton pen uriginaledea anciennes 
chanaon^^ de g^iste. 

Dans sa dissertation sur Raoul de Houdeac ^|ip. 119-143), M. Ka- 
liiZA démontre, d'une manière, âelon noua, tout à fait convaincantÊ» 
que l'auteur de }féraugi$ de Porthsguez a composé la seconde partie 
(VGPB 5744*6174) de U Ven^eanef* Raguidel (publiée en 1862 par Hl^- 
peanjet qu'il en ateniAQÎé lapremièr* [sartie, d'orijriDeiuounmie, Aprèa 
avoir pnsaë eu revue oe qu'on si dit jusqu'ici sur cette quesLiwn si vive- 
ment déli'ittye, M KhUiïii examine soijçnenaemeut l«s rimes» lie «tjle 
et le contenu de la Vengefince RagitidÊl, el cet exainet) le cc^nduit à 
U t^oaclitsÎGH qne aoui venons d'indi^^uer. Ajoulone encore que 
M. KaUiSEn, contrairenif^nt à M. Zenker [Udier dir Kehthtit xweier 
dem Raauf von UoutieHc zagt^ifcfiriebewfn Werkff ÏHHM, p. 30)^ avance 
que Kaoïd de Hoiideac a coiiipoaé In Vengeance Hatjuidfl 9\>t^ii MéraV' 
ffig de Pùrlksgues. 

La deuxième branche du CofU'oaneTnetit rie Loaië uontient^ comme 
on sait, en 2688 vet^, la descriptiou de re^pédltion que Guillautne 
d'Oratijïe fait cjntre les Sjirr:isii]9, entrés en Italie, On a cm, en 
jçénéral, retrouver <ImU9 c(*Up desr:riiiliou un souvenir pnétique dea , 
guerres de Louis 11, en 8^6-87^, contre ces m^mes enneniis des chré- 
tiens. Or, M. Zenker, dan$i son mémoire très consciencietiâeuienl 
élaboré {pp. 171-23;^), démontre qu'en effet la ciuiifiapne ^^e LauiB II 
formé le fond historique de la deuxième branche du Couronnefit^fU de 
LouÎFf main qu'eu même If^mps 1» confusion existante, relutiveinent à 
l'époque, ne provient pfls originairement de cequ'on a identifié le Loutê 
de la branche avec [<ouÎ4 le Débonnaire, mais bien de ce qu'on a cru ■ 
voir dans le hôrôd de la branche, Gtitliâume^ le célèbre Guillaume " 
d'Orange. Quunt à t^i* GuilUunïCj M. /îenkt^r croit qu'il n>st, au fund, 
autre ipio Guillaume, fils di; TrthciV'de do Hauteville, et que, tmr coti- 
fléqucntf la deuxième branche du Gaaronneitteat dt L(t^'tê reflète, non 
«enleinent Ih cHuqiagne d^Iiallo d^ Louiâ II (866 873), maia ausni le« 
exploita des premiers Normands dans L'Italie méndionale, datant daa 



BIBLIOGRAPHIE 



17T 



_ bloM. 

B I4QC 



I 
I 



I 



WTiMs lOIÔ-lOlJ' et 1037-1043. M. Zenker repcenfl ainsi, i-oncemant 
If bt<ro$ de ]» branche, Popmiou émi&e déjà en 1840 [»ar Psiilio Paris 
t. [m manuscriùt /rançoiti, U lU, p. 125J et cQmUaUue par Jonck- 
blort, Lapglwi» et d'autre». M, Zepkei- noua semble avoir déFenda 
MQ opinion d^ine façon très bÊureus^p dâ sorid que nous Bomm«a, 
notre part^ porté à croire qu'il a raison, U faudrait éoac aussi, 
H. Zênker, admettre la uaissance, â&n» la seconHe moUi«? i^u 
XI'iiÈcle, d'une chanson de geâtt? sur lea hauts faits do Ouillauiue de 
BAulevUle, laquelle aurait servi de source à la deuxième bi-aoche du 
ùmrmtietMni de Lauiê. Aussi cette branche montre-t-elle, dans »es 
«MOQAocesi des traita liuguie tiques qui prouvent qu'elle est d'une ori* 
gîoft^laB récente que l^s autres branches. Comme elle distingue, en 
OBire, entre «i et ou à la rime, ou peut sHjqiûBer que aoii auteur était 
ddNar(nattdi« (la brinche est tme glorification des Normande I]. 

Ar»cle mémoire de M* HeiNRicB ScHMBRGAJiS (Krlangen): Groiiske 
Sa^thei MoUêrff Elti Beitrag sur Ixomik Molière it (pp, 257 -31d] 
flouf entrons dana le domaiine de l'eathétiqiifî litlêrLiLre, L'auteur cuni- 
laence (jttr définir le comique, en lëjiétaui oe qu'il ea a dit dans aa 
^«thkhii fier groiesieeH Satire: le coutique n^tft du choc soudain de 
^^m >«aHatioDB contradictoires, nue sensation de jjlaiâii' et une sen- 
(MioD dft dépkifiir. L'asftimilâtioa fadle d'une idée à une autre déjà 
«i*Utita provoque une seds^tion de plaisii, tïindia que Topposition 
Rûlre l'idée existante et U nouvelle fuit iiaStre une «enaation de dê- 
pUieir, Ainsi, dans ia foret (p. ex. le Méde^n malgré lui) noiis nous 
<^joiiiiaûns des t>urâ réiiàaie, [jarce que tunt ce i]iii mène au but ûous 
'sii<1 contenta (andia que l'invrAiaeniihhu^'e dea âltuatiana et des 
pcnaantgen nous cause dti dépluisir; de lu l'inipr^a^ion du comique. 
Ows la comèiHe d'intrigue ^j. ei, SganarelU ou U Cocu itnoffinaire, 
Jittucore iiiieui : le Chapnau d& pa*lle d'IUilie, de Labiche), c eat 
l^il«tê de l'auteur à métier rinti(;^i)e qui évoque en aoua la sensa- 
ttaiido plaisir, tandta que la omiBe du d^ipltiiair est k même que dana 
^^^MJtie. Dani lee deux genres, runique but de l'auteur est de faire 
i^rcles spectateurs* but siiupltiineut câtbétique, tandia que la cûmédie 
'oi'rvjui (le Tartuff., VAvare, les Prédeuêet ridicules) visent un but 
nionl^ tout et] Ceudant au même but esthétique qu^ la farce et la co- 
(Dadie d'intrigue. Aa point de vue purement esthétique, la farce et la 
Wînédie d'intrigue ont donc autant de valeur que h\ comédie satirique. 
•^Ue dernière est gtoUsque, si la sieasation de dé[4a!8ir eat évoquée 
î'^des idé«a tout à fait irivraisemblables. Or M. S<;hneeg&ns tâche 
'^ déiuoulrei' que ce n'est que très rEii-euient que Molière veut être 
^rcleiquement aatirique et que ceux qui ont prétendu le contraire ont 
t^tibinent oiéconau le vrai caractère de c;ertains peraonnagen et de 



17* BIBI.TOGRAPHTE 

certaines scènes. Prenons, par eKSinple, le type dit péd/mK tel qu'on 
le vait dans la Jtilojtttf. dtt BarhnuiJiè ou dans le Maria/fp forcé. Il est» 
certes, grotesque à un tréâ hniti dsgrè, ni^i^* ce pédant vCeai pas de 
Tinveution de Molière ; il est (unt aimplement emiininté couventÎQii- 
nenemenl à Jh comédie iUliêuae. Au eoutrnire, le u philosophe h dti 
Bourgtou gtiUllhûmme h'h pas dû être un personne)^ dépourvu de 
vraisemblunce. M. JourdAiD liii-rnémc n'est paa, an fond, un person- 
nage g'rotesqtie. 11 est vrstî que dans cet'lainea scènes, Dol^inment 
celle de son éltiVfttiûn au rang- de «^ maruamoui_*hi ». aa héliae dép^i^ae 
les borne:; de la YrRiseenblance^ tnaid M. Schneegans fait remarquer 
que MoLi3re s dil combiner sa ooraédie avec «ne mascarade turque» les 
Turc« étant devenus à la inude depui» le voyage d'Orient du chevalier 
d'ArvJeuï. De U nu** exagération groteaqtie dans certaines scène», 
latidis qu'an fond M. Jourdain n'est pas grotesque. Pour ce qui est 
des méàtcinA^\^ satire de Molîi^re devient bi&n quelquefois grotesque, 
mais, d'un autre côté, dans bien des traUs, iuvri^iseinblables pour 
le public d» XIX* siècle, Molière ne semble pa» «voir exagéré le 
pôd^ntisme, rignorjuice et l'orgueil oicesBÎf de ces doctes personnages, 
pour qui ît n^ Hvnit pas d'autre reirtède que de ^> clysteriurn donnre , 
posteu seignare, eûsiùla fnurj^rare^ « — Le mémoire de M- Schnsegsun 
est éciit avec beaucoup de bon sens, et il faut bien lui dontier raison, 
quand i! nous dît de ne pas croire que tout ce que nous trouvons gro- 
tesque dnna Molière l'ait éxà aussi pour Uii-mâme. CepRndant, il nous 
semble que M. Schneegnns a peut lïcre un \\&\\ trop êliniiné oe qa'tl 
y a de vraiment grotesque dans la satît^e de Molière. 

La conlrihutjoti de M, Gustw THumu (KfBnîgsbcrg en Prussel ; 
Gehelmtoiimenft^hfiftHchf. Probkmt vnd .\fotii}e in der morfer/ien frart- 
sdêUchm ErzâhlungsUUtrahir i[i[. 452-483) est très curieuse» l/auteur 
a voulu démontrer à quel degré Voccidtisrrif, sous aes formes diverses 
(magie, apintiame, hypnotisme» tbéoaophie, etc.], occupe la litté- 
rature française du XIX* siècle, I) ]ïaase en revue lôs différents pro- 
blèmes de cette littérature » occulte -i ^ju'ont triutéa les ramaocler?, 
en commençant pnr l'élUîr de vie des alcbiiniateâ et eu terminant par 
la doctrine delarëincarnation des tbëosopbes, L^expos^, tràs nourri, 
de M. Tbui-nu se lit avec beaucoup d'inlérét. 

A cGté de tant de dîâEcertntioDs, traitant différents sujets de la Utté- 
mlure française, nous n'avons à enregistrer qu'un seul méaioire 
spécial «ur ta littérature d'autre» peuples roniansi, celui de H. R. 
Lkkg C^evr Hauen, Conn.); The Descort in Old PorittguM^ and 
SpaniuJi Pf'ftry (pp. 4^4-506), M. Lang rend très probable son opi- 
nion que TancieuDe poésie portugaise et, aprâs elle, rancienne poésie 



I 



BIBLIOGRAPHIE 



17S 



» 
I 



I 




CAitiJiAae avaîeîit itiiité le tlesco^ri provençaL Dana la poésie ljriqu« 
{NirtugiisË, le dsscordo avdt encore conservé, plun ou moins, la nature 
de ton module: désaccord d^ sentiiD^titB, exprimé en coupleU de 
elructnre trrégulière, taudis que» d^aa la poésie IjrTÎque espagnole, le 
dUcùr ^ecùble avoir pris la sigoification de chaufioa en général. 
L'âtilaur publie aept chansons, quatre poi-CugaJBes et trois espagnoles, 
doQi BÏi (]. Cane. CûlaccL-BranouLi, n°l35, li'ua certain NuDeanues 
Cârz«oî 11. CB. n"^ 470, d'Alphonse X de Castille; 111. Cane, da 
ViiJcaDa. Q" 963, de Dou Lope Dia?.^ aiort probabLemeuL ea 1236; V* 
Ctoc de liaeua 11, p. 195, de Fray Diego de Valenoia; VI. C. 
KadDK H, p. 188, du tnéme; Vil. C-. Baetia 11, p. 101, de Juaa 
AUduaû da Baena) Bout deâ de^cortâ, taudis que La «epuèniêi, une 
chuuoû portugaise de Martin Mosa (IV. CV,, n" 4SI), eat plutoï un 
êttvtnhiv moi-ul, rappelaut beaaermp ten serveatots de P«ire 
Canlenal. 

Il D« reate qu'à mentionner le mémoire le plus important du recueil, 
uue étude folkloiiscique de haut ÎDiéièt: Arttis' Kampj mit tUm 
KateHungetùm, Eine Epi&ode der VuigatutU^ Livre d'Arivs^ die Sage 
tind iiwi Lokniisicruntj in Savoifen [jjp. 3n-39G}, par K. Freymûnd 
(B«riie). On couaait la légende, telle que la raconte le Lwre 
i'ÀTtui; Le roi Artua tue en combat singulier un monstre qui, bous 
liform^ d'un chat^ infeatait Ua bords du « Lac de Losaue t>, M. Frej- 
iDoad a pris a tà^be de déraéler rortgine de ce conte («i étrange. 
tltUiid^ Il coDâtute qu'on rcucoaire, daad l'ancienne poésie cymrique, 
uJ> monstre m^rin analogue, (hth Paluc. Ce monstre apparaît soua 
ti rormfi de Capaiti^ Chapala daoB le Ho)H&ns des Fi*ancei« (composé 
»aQt 1^4 pHî André de Coutaacea) et dans la Bataille Loqui- 
/''■(érrite p*îu «près 1175)^. Dtias ces deux œuvres, le chev:diei(durja 
^ H'ijii, ciefl FtiLiic c'est Artus) ae lua pas le monstre. Au contrairei 
"Iaûh le Rom. dan Franc. ^ c'est, celnt-ci qui tufi Artus. Cela est éga- 
Imvutle ca» |tour la chanson mha. Manuel itnd Amandcr où le nom 
■lu ittortBtfe, aorte de poissoD-chat, D*eat pns dit. D'autres œuvrea 
mentiomieD t également uae lutte (à iaâue variée) entre un chevalier 
(■Ouvrai Ariuaj et un monstre dont Torigme aquatique Q&t plus ou 
itoiiii nettement indiquée. De tout cela, M, Kreymond se croit imto* 
fiwà tirer U cuncluaion que le inonsitre du Liwe d'Artuë a été ori- 
SiBiireinent un démon inariB.. M. Freymond est même tenté de 
ttg&rrier ce démon eoninie une jjei aounifieation mythiijue dQ la vteTj 



DiinB les deroiorç remamemenlâ d'Ogi^r le Daums, nn relpooTe 
%Ni/u aimmc » voy tlûA dia luilons •* , 




174 



BIBLIOGRAPHIE 



ou plutôt, puisque ilaus [jluaieurg versious de la légende le moast^ï^ 
grandit déme^uiéTueot^ de la maré& ttiOTitatUe; mais Ila'ose a'avepturer 
plu5 lom Bur ce terrain périlleux. Nous oroyona auvsi qu'il a bîep fait 
de s'arrêtera temps; on a déjà trop d^hypothùaes mythologiques, 
bÂties gui' le sable. Dana la forme primitive de la légende^ le mûnatre 
iiiarïn aurai! vaiucti un roî breton^ en qui on aurait ensuite vu Artus. — 
Quant ii la localisation du combat sur iee bords du Lac Léman, 
M. Frevmond démontre qu'il j a, dans Je Livfe trArUm, confusion 
enli'e ce la^ et le Lac du Bourgel, eu Savoir, près duquel se trouve 
le Mont du Chat (dont le sommet s'ajipeUe la Dcni du C^f)ave': les 
petits Lac» df. Cheûelu^ le Col de Chtvelu^ le village de Chevelu et le 
pèl^rionge de Saint-Jean de Ckevtlti» l/épisode même du Itimv 
d*ArUiê vit encore, aous une forme altérée, comme conte popalaîro 
da.as ces régions. D'après M, Pr^vuiondi il a pu être transporté 
d'Angleterre en Savoie et locali.sé dans ce dernier pays (peut-être aouB 
l'inJïuence luême des noni!} géograpbiques cités ci -dessus) à la î^utte 
dea relations qui existaient, aux Xll* et XUI* siéclee, entr« Icn 
coiut&9 de Savoie et les niaisonn royales de France et d'ADgIeterre 
(pp. 3d7''-i90). Le conte aurait, d'ailleurs, également pu être apporté 
en Sfivoie par de» pèUrme, dootVitinéraîre les conduisait préciaéoieat 
à iraverfi la partie de la Savoie où le ^ûnte a été localiaé. — L'im- 
pression totale du beau mémoire de M. FreymoQd est que celui-ci a 
su faire de aon âiijat trèa épineux tout oe qu'on pourrait actuellement 
en faire. 

Un index bienvenu termine le volume (pp. 533-540). 

Noua sommes arrivé k la fin de ce compte rendu forcément incom- 
plet et, en p^irtie, superficiel. Néaumojaa, nous eapérons avoir pu 
donner aux lecteurs de la Hetme und juste idée de c« Het^ueil ai inte* 
resBGtnt, digne du miittre romaaisteà qui il a été dédié. 

HelaÎDgfora, A. WAi-UtNaRiiLD. 



Anbânel (ThAodoreV ^ Lfm Bèir«-Sûulèa (Le Soleil d'Oiitp«-toaibe)J 
Recuïtil ée poâsies inédllea i^unies et publiées par Lm>ovic Leghé. — 
Marseille, Aubfriitt ef HoUs, (1900), in •8". |XH *S80 p. et un por-" 
Irait.î 



M^ Ludovic Legré, à qui Ton devait déjà ce volume exquis: £^4 
Poète Théodore Aubane!, biographie du grand poète jiroveQçal qui 
fut aon ami et qui Ht de lui son exécuteur testamentaire tittëraire, 
vient de s'acquérir un nouveau titre à la recDanaias&ncê dç ceux 
qui s'intéreasent à la renaïasance des Lettres provençales ou quil 



» 



» 



BIBLIOGRAPHIE 175 

nmplemeat aîmeal lu poéste «iu (oubliant, soub le titr« : Lou Rèire' 
Siiate» (So)eiî d'ouLie-Comba), uq recueil de poésie» posthumea dâ 
lOD illustre anù. 

Il «at probable que Qous ne coonatlrons pas d^autres poésiâs 
d'Auhinel. Peut-être sâulernent pouvoas-noufl espérer de lire uo 
jour «on leoond dr&aïe: tau Fastrê, dont M. Ludovic Legré ne 
ionaaàtnnhu Eéirc-Sauièu que qu^lqug^ vers. Quant an troisième 
ànîMà'A.u.bs.ne\tloa J^ubatùrij il fauUrn saoadoute secoutenter d'eo 
p««<i*r tine analyse définitive qtii a été inomiee à cette Rewe 
ptr lïn dee booifues qui oût le mieujc conuu le poète des Ftho 
d'Atignottn et qui lieût d^ailleui-i lui-même une b«ll« pUce daaa U 
pléiade proveoçale. 

Lu poésies qui composent loti Réire^Souîèu Hppaitietitietit à toutes 
Itt^riodes de ta vte d'Aubanel. Al. Lcgit: uie pcrmetlr&-i-il d*ex' 
pnmcr le regret q'i'il n'ait pas cru devoir donner la date de chaciiûe 
delln? Nous y HtiriûUB gagné peut-^tre k établir m Aubanel n'a 
{MU lubi à divers moments certaines influences Ulttiraires et quelles 
fuKQtces influenoes, A Dieu ny pîiaiae qu'on m'nccuse de voir lien 
OirtifitMel d^Dâ \a, poésie d'Aubanel, d'un carActere si profoiidéTiient 
orijjiiiiii et ai vraiment provençal. Mais rosi sait que lîetLe question 
de l'originalité des poètes provençaux cootemporains a été qael- 
ftMfois itiscutée et il faut convenir qu'elle est des plus întéres- 
u^atea. Or» si des espKts Exigeants se sent plu à relever dans 
l<Kuvre de Mistral un oÔlé artificiel en reprochant au poète érudit 
certamei eipi-essiona qvi'il aurait inventée» (ce dont M. Oaalon 
fvii). dans son étude sur MUtral» non seulement excuse, mais 
toue le gr^d poète ) , et toute une partie de merveilleuse que 
Iwleur de Sfiréio a tiré^ de ses souvenirs classiques, ces mêmes 
'^iKits seront tentés certainement de noter dans Aubanel, çkèi là, 
''Hfl <:ertaine recherche* iU diront peut-être une oertaiue subtilité, 
(|iitfD . chercherait en vain dans les autres poètes de Provence, 
'^téi.dans leurs compositions leK plus délicates et les plus élevées, 
*k réellemeat ** peuple >\ si absolument n paysans o. 

ui vérité est qu'Aubanel, avec une langue bien populaire, est 
I^ ■«til de' poètei] provençaux que le populaire ne comprenne pas 
^ujûurs, li est l'aristocrate de la littérature provençale. Pourquoi? 
«wu doute parce qu'i! est <■ nLoderne» ; parce qu'il est le seul parmi 
**• ploneoï amis de la Renaissance provençale en qui les voix de 
rwii tTOuvèrent un écbo. 

N'est-il-paa, par ercmple, du dernier » modernisme n ce vftr» 
l'MdSiii sonnet : 

U plus bèua iue vers eu se vîron, 




ne 



BlBUGORAPHrE 



Li doua entre ai bras sDiiepiron, 
Femisaètito enca maî que raino dï viàuloun. 

N'edt-îL pas jiermis encore de ae rap^teler la maDÏère de José^ 
Murm (le litirédia eo lisant le mBgnilique aonnet : La chato 
d'Eleusis, et la fin «urtouL ' 

Uùa tremouot sus la mar la jflamo ee enca vivo ; 
l4i joavo longo-mai pantaio.., E dïn» bU iue, 
l'a la tnAlaticounîé d'uQ grand câu sènsô mvo. 

Plt il»ns tet fliitre aonn^t: ta Bmiquetièro^ ne eera-t-on \\wa tOQlâ 
de relever une note baudelait-ienne : 

Paaao au initan di tauLo en Bêmomtdèiit si floui'. 
Pai'ai? eajouino e bello, e ta chato a Vhv puro. 
Un i'aganto laman^ un autre la eenturOp 
E lifif ea tôuLi rÎB, séua rouiLû e sèaâ paloiir. 

D^u balana de s» anco e de ea taio empuro 
Di vièi roufiao creba loti rèsto d^ calouf ; 
Li jouvènt, se trufant, gtilejon sa belaur, 
H&corna ! res n'a plus & faire sa caturo. 

Se lipant U mouaLacho, uti bev^ire absati, 
L'arrèato... Ris plus fort. Lou mouetre, que Ta dif 
Ses gaatado e perdiido, oh! voie pas lou saapre. 

Kb uno enfant, es bello, èro pas facho, noun! 
?èraemùundre à qu \ôu si Hour, mai n'en reçaupre 
Di jourènt esmougu, di jouvént à geinoun ï 



M. Legré ne s'eet pas aoucié davaDtage de classer les piècea q 
composent lou Rètre-Souléit. En quoi, cette foie, il a été bien iaa- 
piré 11 n plac^* ru petit bonheur, ainsi que la fantai^îe du poète l«s 
enfanta» petits billets, é]»ithalames, sonnets, aifvêntèa, hrindes^ 
fhaiisone, poéaiea descriptives et dramatiqueB. Il j a, en effet, de 
tout cela dans tnu Rèire-SouièUf ce qui en fait un recueil plus varié 
que la Mtâugrano ou les Fifw d'Avignoun. 

On ne trouve pas ailleurs ces billets à 1» manière d'Horace q 
surprennent un peu et charment d'autant plua $oua la plume d'n 
poète k qui, t>our qui ne l'a connu qiie psir ses ceuvres, la passion 
j'allais jM'eaquc dire la folie amoijreu9et et un tempérament lyriqii^i 
emporté semblaieot n'avoir jamaia dû laiaaer un moment de répit 
pour éorire d*une main tranquille des choses aimables à des amis i 
propos d'une fôte, d'un nouvel an, d'un aouvenir, — lea bagatelles 



ié 

i 



BIBLlOGaAPHIK 



177 



Il jjyésie. Ou sait quelle ^ilace tiennent ces bagatelles dans la Utté- 
rttore provençale: elles forment tout le bagage d'uae quantité încal- 
ciikhle de poeivt- minores qm; compte le Fêlibrige. N'en rions pas 
ur» tandis *jue le* productions^ de oe gcDie éi^rilea eti français unt 
toujours l'îiir de pastiches pliia ou laoiua hciuetix^ elles ont, eu pro- 
vwiçal, même aous la plume de pajaans ou d'uuvriers qu'on pourrait 
|)r«s(]ue appeler illettrés, un oharme naturel irrésistible. 

Vu ggare très cultiva etiL'ore par les poètoa provençiiux, c*eËt l'épi- 
lîuilame. On en trouvera quelques-uns lians lou lîèire'Souléit. Ce 
oeil p»s ce qu'il ; a de plus remarquable. S>j l'on peut dire qu'ils 
laQl tuus d'un bon poéte^ on peut oser afBruier» pour U pluparL 
^'fca.\Te éu%, que la griffe du m&Ure n'y est ym. Happelona-aous ii 
fionço, dans les Fiho d*Avignûun : 

Velout dûu grame verd^ lano que lou brusc gleno. 

Tu, rûujo flour 46a miougraaié, 
La nouvieto tresano e soup peu se destreao, 

FaaèB un nis sènso parié : 

Uq dîb tout perfiima d'amour e de jouineaso, 

Rûfada di plus hèu pantflï, 
Un nja ounCe la aom lucho emé li earesso 

RI aoiito H poutoun n'en vat. 

î'ftatrea pièces de ciri^onatance se tiouvent dans lou Hàire-Soulèu, 
^ deux plus importaute» sont un ^^onnet intitulé: fVoum«(èti, et 
*ui véritable BÎrvêntéHr lou Poutoun de Judas. 

f^rountetèu eat dédié h A Guihaume i, rèi de Prusso ». La pièce 
*»l iaapirée par les défsitei de la France en 1870, C'est U peinture 
^ malheur* de la mére-patrie que le poète compare à Proraëthée 
Pf^ à M dresser en face du VAvitour qui la torture. Le aûnnel ?st 
^beau, mata, en dehora même de ses qualités» il méritait d'être 

É^iittrvè pour montrer, mja à tiolé des compositions de Mistral, Félix 
«fu, Fonrè», Aniavielle, Langlsde et bien d'autre» sur le même 
^J£t, <|ue tes poètes proveuçnta ne restèrent pas indifférents, aînvi 
^uoa l'a dit. au^ deuils de la France. 
Si Aubanel futun bon Français^ il fut aussi un ardent catholique. 
Il Tétait d'abord de tradition. On sait que^bien avant ta réunioQ du 
UmiAUVenaLsaîn à la France^ la maison Vubanel, à Avignon, avait 
■^udu gouvernement papnl la qnaLlité rTn imprimeur du Saint-Siëge >* ; 
tt e« i^ai se perpétua dans celte maison^ avec âon indiiatne et son 
'^u jjiivili^ge, ce fut la foi religieuse. 

MaiB Théodore Aubanel fut au^si ccittiolique par (Conviction. Mille 
ÏMU en témoignent : ses pièces religieuses, sea lettres, sûq pèlerinage 




17& BIBLIOGRAPHIE 

k la Salett*: après use maladie de sa femine^ aa présence dtms l& coq* 
frérie des PénitenU Hlnnca, duna le Tiei's-Ortlie de St Françoia, 



)j tirâi 



Recuilt-ta d'\' 



Rpimi qii ]J praïaaux Kecuu^-ca a wignoti ru trioment de 1 exécuUQti 
dea dé<^i'eu, ce qui lui v^ltit une cund:titiaMli □ jiour «i lapw.ge noc- 
turne » (il paya là saija doiu*? puur toiia les tapii^es nocturnea det 
fêUUresjt et, avant sa mort chiétieune, toute un* vie passée, en dépit 
de ce qu1l eut à subir de la part d^ cettaina catholique» qui le trai- 
tèrent comitie un srm])le Albigeois, daus lea prescripidoQs de l'Eglise 
catholique. 

Il faut savoir gré à M. Ludovic I^gri* de iioitQ avoir douué tou3 cea 
dtitftil!» et bien d'autrc^s daos sou livre : le Poète Théodore Aubantl. 
Ils sont intéressants k plus d'un titre. Ils établissent d'^Hbofd la sia" 
cérité du po6tt^ de la Miùwgrano, aïocérité qui e^t un des caractèr^i 
les plus Tïiapquéa de la poéaie provençal* coDieniporaine. tU donnent 
ensuite toute sa valeur à la profession de foi eonieniiedans le dermËâ" 
vers de L'bjRme admirable à La Vemu d'Aria : 

E perqué, iéu chkstun^ te caate, o grand pagano I 

et accusent ainsi violemment ce duaiiame quipartageal'âmed'Aubanel. 
poète a la fois très catholique et le plus puTeu des temps modernes. 

Lis nous donoent enfin lu i^^nèst; d*ane pièce comme lou Poutoun 
de Jiidat^ ftcrite a la suite des événements de Rome de 1869, Lç poète 
y adjnre saint Pierre de tirer son épëe pour frapper les ennemis du 
S&iDC-Sièg« : 

O saut P&tre, amoundsut, ^aot Pèire^ dequé faa. 

Mai dequë f^a de toun espaao? 
Quouro toun bras « auboura e lia agraso? 
Veici i'ouro e la uiue dôu poutoun de Jud&a ! 

A quoi pie IX répondit finement en rappelant au poète quSu temp« 
de U( PïisVion le Cbnst avait ordonné à Pierre de remettre son épéft 
44QS le foiirreHu. . 

Les aenlinieitta religieux d'Aiibanel se montrent encore dans la 
Prrçuiem pèr nia femo pr^mt, une de% piA'.'Cs les plus cuiîeuaea du 
BiHre 6<mUu. C'vst peu(-èti% bien ta première f^iiSf depuia que lea 
ttoips du pHganistiie sont fermAs^ qu'on entend un poêle implorer de 
U divinité l'heureuse délivrance d'une feuame : 

â«{mour, Rgués piets d'aqne^lo p.iuro femo, 
Uuo r«nio, o iiiouii Uiéu, quAsimen an enfaût ! 

Dins lia ftrsi. duv» li i;igre/no. 
Que porté {*as auun fru counie tant d'autrofAn. 

'Aobuftl 



1 



C'est poar «a propt» 



^u- 



priait 



BIBLIOGRAPHIE 179 

La pié^ «Bt d'ailUurs tn''» iat^'i-esBatile à examiner dans les ilètaila. 
le )jo4le se plniot que l'enfântometit soit ^lu« douloureux pour les 
ftmm*9 qaepour les aytres éir^e ; 

Regardas Us aucéu : bouscado e dindouletû^ 
1 pouitt^ho di lêulis'o^ i branco di bouilssouD, 

N'en trefoulisaon dis aleto, 
Tout eu couvant sis iôUj n'en cnatûn de caaaoïm 

Kt eettÊ peinture de aa femme à ce» pénibles heures .' 

Eto qu'aviê dejmo autant que de joumesao 
E de tire e de far^o autant que de aanta, 

Vès sa naalaudro esa febtesso ! 
N*a plus qae soun amour^ n'a plue que &a béuta ; 

Mai sa bùuta oeblado. E tiiato, alaagoundo, 
Si peu» négrie awèu, retoumboa t^mt-de-lony; 

Sa pauro oaro eBcouloui'ido: 
A tAUfo a gea de fam, au Ué B*a geS de aoiia. 

Pameoa jamai se plang. e recito ais Oura, 

Li mue, li I6ûgui ûiue mounie peu piia dourmi; 

Pièii de-veia léu b« viro e pburo, 
E djft : — Pèr m ajuda, fai-me'û pouloun, ami ! 

Pâtiona lur la scène d'intimité qu'évoquent les derniers ver« et 
ootona ^ue lea aonS'riiiicea de sa femme a'ont pas etiapêi:bt§ le poète 
^PEDDftrquer la beauté qu «Lie avait conservëoet quai genre de beauté. 
A Trfli dire, dann Aubanel l'artiste ne i>eidaif. jarnais ses droits. Il 
pusji aa vie à l'aStlt de la beauté, et quaad i\ la rencoDtraitj rien ne 
poHUit l'empêcher de lui faire acte d'adoration. Quela que fussent 
^Toilea qm U défendaient, il les écnrtait — et il éiîrivait un âonnet 
CocoDQe celui qui a pour titre; lu Mau^ daus les Fîho d'Avignôun, et 
Q[a'oQ voudra bien, j'espère, me t&iâser citer tout entier : 

L'enfnnt Bouinoi la maire eapincho uno lagremo ; 
Si det Jin cercon, proamte, i deutello raescla, 
L'evôH don macQËU que sort g-oiinfle de la. 
Vese encaro la man ounie uiausatiQ li gemo 

De si bHgo. Aqnelo ouro èro tant casto e aetno 
Qu'esnioiigu de repèt, paurous de treboula, 
H'envau. *< Tant l^u ï » me A\a, E, s&nao mai parla, 
Me traÎË aa beXlo man, la ajavo jouiao femo; 




ISO 



BIBLIOGRAPHIE 



léii^ la porte à mi bouco e ié fau un poutouQ, 

Dina 1a raubo diil>ei'ta< ebna TenfantouD 

Au Maoc maDïéu bevïé coume à d-uu pur caJice. 

Oman, pit.'hoto niati an toucR freiï, rouaenl... 
Ma aouvendrai toujoiir d'iiquéii baU de délice, 
Que ié beiaant li det, cresîéu beiaa lou aep. 

L'on hêsUe toujours, bien qu'on en aitparfoia» conmieici, la tentation, 
l'ii ptonoiicer ie mol île ^etisualïté k pro^ioti (rAubaneL (lent )n mâni9 
letituliuij et la Tnétne hésilation qifou êiirouve devant certains tableaux 
de tireuze où l'innof'euce prend parfois des «irs qu'on s'en vôut à 
soi-uiéme d^ trouver iroublantH.., ■ 

A propos eucore rie la Prsguiero pèr ma ffi.mtt prfrm, j'aurais f>u ' 
parler du caractère dramatique de la poéfiie d'AubaneL Ce caracti^re, 
la critique Fa depuis Longtemps fait reasorttr. en remarquant qu'An- 
baiiel {li Fabre^ d&na les Fiho d'Aviffurmn, en sont un exemple illuatre) 
drauiatts^ jusqu'aux paysages. On le retEonvera tu uiriuIr endroits 
du Bèirê-SottUuf et non âeuJement dans certaines pièces qui sont d« 
petites scènes à plusieurs peraonnagea» comme lou Vitt kiue, la 
mignoUi, la Manida PlauftOf où. par l'instinct dea situations, le naturel 
du dialoguB, te mouvement, la vie, se révèle te dramaturge ptùsaanl 
du Pan dAu Peeatei du Fastrc, maiBcncore danubien d'autres poésies 
qui sont comme des épisodes détachés de la vie d'un cœur où «e Uvrâ- 
rent d'incessants cooibatfl. 

Maîj> le régal du Rèlre-SonlèH, il faut le chercber dans les pièces 
,eù éclate le véritnbla génie d'Aubaoel, s'il doit rester surtout comme 
le poète de la passion brdUnte et contenue et qui se dévore elle-même, 
)e poète des tristesses et des vanités de Tamour, celui qui aim& pas" 
flioiincayent, qui ne cessa jamais d'aimer et qui souffrit d« sentir son 
pauvre cœur trop étroit pour satisfaire son iminenBe beaoin d^ainour : 



I 



Calignanéfl la fâmo cncamai amarello^ 

Uno fado à poutoun mai que fûu, «ubre-caud, 

N*atroubai*a^ jamaî Taraour, blou^, eternau 

E i'etcmê de«r, o nïûuii cor, te bourrello !..„ 

Et re qu^on retrouverji encore dans das pièCÊs malheurcuaeiua^ 
trop rares, c'est le poète exqui:^ des decni-teiittea, des tendrea mélan- 
coUes con^éea à la nature compatissante, dcg rythmes careaseun, 
des voix imprécises et des ailence^ pleîna de rêve: 

Lou Boulèu dina li fueio raîo 
Un brisuuu ; Toumbru s'escaraio ; 



IIIBMOGRAPHIE i<Si 

Lou vèspre es bèii, lou vent fresqiiet ; 
E pamens sian triste. Perqué?... 

^A la Bartaloiso,) 

Es aro que fai bon de a'enaaa pèr orto, 

Sabe pas mounte barnilant: 
De soiirti de la vilo e de fiigi si porto 

A Tasard, coiime un escoulan !... 

{Li Campano de Pasco.) 

Vôsti grands lue soun treboulant. 
Tant soun linde et tant soun parlant, 
BèuB iue de Fado o de Sereno, 
Plen de tendresso ede belu. 
E iéu d'abord siéu resta mut, 
Agaènt de vous t'umo trop pleno 

{A Madamitello Soufio de L.) 

M. Ludovic Legré nous dit que c'est Mistral quia trouvé pour ce 
volume posthume d'Aubanel le titre de Rèire-Soulèu. Titre magnifique 
etqui traduit bien l'impression qu'on garde de la lecture du livre: le 
soleil disparu par delà tu mer infinie, laissant derrière lui traîner 
P*rteciel non immense et ébouissant manteau de flammes — et Ton 
reste triste devant ces splendeurs, car voici la nuit... 

Jules VÉHAN. 



Sneliiflr (Henuann). — Piiul' neue Handschriften des provenzalischen 
Recht5buchs Lo Codi. — Halis^ Typis Orphanotrophei, 1899, in-4''. 
[11 p. et 5 planches en phototypîc]. 

Cette publication forme la première partie d*uu programme de 
runiversité de Halle '. La somme provençale en question, appelée lo 
Codi d'après quelques manuscrits, est le plus ancien des grands ou- 
vrages eu prose écrits dans une langue romane, composée entre ÏVM 
et 1149, probablement à Arles. M. Fitting, collaborateur de M. Su- 
chier, en donne une courte analyse, en a[ipuyant sur son caractère 
populaire. Sept manuscrits, tous appartenant à des bibliothèques de 
Paris, étaient connus jusqu'à présent: 

A Bibliothèque de l'Université, N*» (532 (texte provençal, fin du XII" 
siècle); 

* L'édition destinée axx commerce a paru ch« Max-Niemeyer, Halle. 
1899. 



18£ 



BIBLIOGRAPHIE 



B Bibliothèque Nationale^ Nouv. auq. franc. 4138 {texte provençal, 

Ad du XI !l*8iècle); 
C BiblioiliAque N»Uonale, Nouv. acq. franc. 4.504 (te^te proveoç&l, 



XIV 



lU); 



D Bibliothèque Nntîonale, frflL&ç, 1932 (t^xt^ provençal, commenc«- 

niodt du XV* Siècle); 
F Bibliflthoqiie Ndtiouftle^ franc. IflfiO (tpïtie fraiw^ais, écnt en 1304); 
G Bibliothèque Natioualp* franc. 1U70 'texte fr:i ri çiis. XIV" Biô/le); 
H BiUliothèquQ Niitiûualef fraoç^ 1933 (lex^te fii;tnvHiSf éurit van 



1 



I 



Six autres infinuacriU, parmi lâsqtielt una voreton catalane, aoni 
perduâ. Aprèb avoir en<-or'e indiqué celui dotii^'eat s^rvi Mnitiier «o 
1857 ftraituction fr!iQÇMiâe)et {ioQtIa ti'aceeai perdue, M. Suchier ea 
fût conoattre cinq nouveaux i h 

E Bibliothèque Nationale de Paria» frat]ç>i]a S426 (fragment pravenç&l 

XV' siècle); 
/ Bibliotecci Naciooal de Madrid^ R 393 (te^tte caetillant XIV* aie- 

K Bibliûtec.t Nacional de Madrid, ti 12 (texte castillan» XIV^' Bièclû); 
L Bibliothèque du chapitre de Turtoaa, N*" 1S9 (texte latin, ûa du XII* 

siècle) : 
M Bibliothèque publique d'Albi, N" 50 (Icïte latio, fin du Xli* aie- 

de). I 

A la Buite l'auteur défend uontre M. Jules Tardif la cûmpoBÎtîûD U- 
l3fedu texte provençal et montre que ta version tatioe, que M, Tardif 
iivaît prise |joui' le texte nrig-inaKti'e&t qirujie traduction an la langue 
populaire [ce qui est prouvé par uoe iiidicstion du manuscrit Jf citant 
comme auteui' le magifitei ElcarJua P^âHuua). li» fin de Tétude eat 
formée par une juxtaposition des d«ux premierâ chapitres du text« cri- 
tique prov^nçal^ de la vcrsiDiï latine du m^nus^rit L et du fragment 
provençal du manuscrit E, pour dmontrer le fait curieux que le côo>- 
mencement de ce dernier texte e&t ane retraduction de la vei-aion 
latine. 

Cinq planches en phototypte reproduisent une page de chacun des 
manuecrita F, G, U,L., M\ m 

W, S, \ 



I 



* Pour une analyse détaillât* voir rarti<ïle de M. Rnndurand, Bemw 
du \fidi, i&'J9, n- 12, pp. 458-66. 



BIBLIOGRAPHIE 



189 



» 



I 

i 



T1ZT8S CÂT4L1NS. — A la aiiite d'une étude sur Tare de triûmphe 
â^A^hoDee I, à Niiplee, M. vou t'aL^i-iczv j^iiblio quelques e:cLnùEadâs 
Repsin*» de la Trésorerie du royHuniâ do Napl**» i^oncerofint la 
cou^CructTOQ (ludit arc de triomphe, iu Jahrburh rJer Kônifflich' 
pnuMaitchfn KunKUaimHlunffsit^ XX, Bàiid, IL Heft, IJerlia, \Q99, 
C, Grotcftche Verlttg»biichbt«dliîî)^T |»p. 1-47- 151.) Ces Cf^mptes 
lont écrits «n catalan n^élé d'itfilî^n et de hitin. lU «ont du milieu 
du XV* BJècU (le [ifemier est de lATy^^ le deittiet de 1473), Ltv plu- 
l>ftrt de cea exirnite oqc éic anMlyucâ par Miuicri Hiccio; un quart 
ËQviroB de ceux qui soui pul^liés par M. v. F. éUiient iaédics. 

P. 150 te teïte cttUiUn appelle Jolian. de GuAfes scnva de la sua 
Tfts&peria {iotfitat a aviech de payur Ut fabrica del Caslei non). 
M. MiItiI?; (Utut. fie l^art pendant ia Re'tntssancëj î, 1 [4], aer fondant 
inr udv fiiuAse lecture^ avait f*it (te ce peraonnHg'^ un sculptetir> 

(Siii IVtjrploi du L-fltMian à la diJineelleHe de N><ples cf, Gkorbkr, 
Gruttdniis der rom, PhiL I, p. 670: t* ..* en Sicile et k Nuples... 
lecfttalaii fui la tangue offi;:iellG de la chrtDL'BlIf^rîe royale de|>uiB la 
bdu XIII* ftiédâ et pendant totiie In. datée de la dynastie aruga- 

Notes bibliographiques 

Nous avons déjà anoon^'é (Revue XIJI. 392) la prochaine publi> 
''atioQ du Lihro tîe buen arnor de .lumi Riiiz fl'aïf hîjirôtre de Hita), 
eDlTOprise par notre confrère et atui M. Jkak Dhoamin. Noih reco- 
TODs aujourd'hui les Ir'euillea qui ^ontlenneot la leptoducliou dtploma,- 
licjuedes divers m;ii)ygt:rits qui tiuii^i unt coit^civé tes œuvres de cq 
po*!*; dAoâ quelque» aemaines^ lorsque auront paru l'Introduction 
0tlâi tables, le volninË »«r-a coinpIeL A ce njoment-là uous en rea< 
drom compte d'une fnçon détaillée ; mixia ooub poiivoua dii'ti^ dès 
nwiQlenant* qu'uoe édition diplomatique fiU rarement mieux coni- 
(rriiieet plus soignée. L n di»|ioeitiûu ûti^ pages est des plus heureu- 
>tt*, le lêcieui' a ciiTifitamin^at soua Isa veux fit Ida trois versions et 
ItfiJioie'j A la foia ; son travail p<^ut se poursiiivi-e sath qu'il soit ûéces* 
•tire de femll^ier lo volume pour letrouver les vuriuntes. La profu- 
sion dsB carncières a|iêciaux mis par 1 éditeur à 1» dispoEition de 
M. Ducainio avec une i^oquettene d'impriîrieur habitué à bien faira 
(ceti de M. Privât, éditeur do VlJigiùirfi d^ Lançued^Cf qu'il s'agit), 
« v^rnda de lelover tontes les particiilfiritês graphiques du tnanu- 
unt ]^a hispnnisiiulii se réjouiront d^autant plus d^^voir entre lei» 
n»ains un ficellent inatrnment de travail que jusqu'à aujourd'hui, 4 
•*e rares exceptions prôs, ils nV>nt jfuère été gâtés à ce sujet. Du 





184 RIUUÔGBAPHIE 

rfiste, nous ci^ûyouii savoir que M. DiicHiiiin ne s'en tieudrfi pas à cette 
siin])Ie reproduclion dee raniuiscnts die l'archiprétTG de HitH, mai» 
qu'il nona doonera, eu uu volume, le lY^sitïtat de ses recherches, et que 
cette étude pet-rneUra de coniiiiitre «t d'appiécler à. sa vuleur Vnn 
des auleiU'â les plus uriginaiix et lâA plus rGttiHrqtiablds d^ la littéra- 
ture ^spa^udte. 

I.ea ^r.up ifndtlhergcr Jahrhofifihcr ( Librairie Gusifin Koesier 
Heidelberg) coutieDn«at (lome IX, p. 182-20(1) une intérea^^nte 
étude <lâ M. F. Ed. ScHKCKâANS — na SLrasbourgâoia Privat-Dozent 
à VUBÎvei'SÎté de HeJdelberg, éditeur ties Gesi'i Carott Vayni ad 
Cure, et Narb. — sur Balîsto Bonnet. Par un heureux choix de ci- 
tations finement commentées, M. Schn, a su montrer ce qu'il y avait 
de profondément personnel ttatia l'oeuvre Hu " Paysan du Midi. » 



I 



Le juui'uai lAiûii i^uî, trois fois pur maia, nouâ apportait des 
iiouvell^a ilu Mid) et |ilu> âpéoiaLeinent du Félibrige, vient de dlapn- ^ 
ifLÎtre, SouB l6 titre: Em*aC4t beîIoJinidOf U direction uûus antioace H 
1a Bu de cette pmbliciitiop âe la façon auivaute: 

» TûiiL preti tin a lAiôli vuei es à doun acabado. Avèn tenjçu ai^ti 
ua Ion aiouléir^; À la [iiau: uùu au, {^u'es U diirada d'un boo encarta- 
luea (le liieLQHg'iL^ prouvençau MHÎp^rde resoun especîalo, iju'es iuu- ^ 
tile d e^psudif anaa ri^veasa tou mourtio. » M 

*» Mai, baBto, J'Abadié se perd pa» pèr uu mouine. Couine disiê Ion 
brave imtjourau aeiounen (CrouzillatJ, de fjiuton pas li journalet ni 
li rËviâto de tout binia ni Ils armana felibren ptV faire lume dins Iqii 
pûple. Kfeu que dins U Prouvèuço, Lùu Feîibrige de Jaa Motiné, 
LMi Gan dôii Paire Savié, La Vihadtî de Mfiziero e La Sartan tie 
Rinio-Sfttiaso, ivsluu dubert i jouiue que vuloii faire granilo, e noiu 
enanan bèn traiiqulie subre lou mantèu ddu drapèu.u M 

Ce qui nousconstde de lîetfe disparition^ c'est qu'elle ne semble pas 
devoir être définitive eX ipie VAioli aevti proclifliuement remplacé, 
crojoDs-nous, par un aitre organe qui se prêtera Tnieiix k l'expan- 
sion et à Im défetiâe de la Cause félibtéetine. 



Livres reçus 

AréTalo (Riiy Sancheide)^ — Verjel de lo» principes. C«dic« del 
«iglo XV [Édité p,*vr KR\\L-rsoo H. tm Urakon. — Madrid, împ. F* 
ei h^ostîe Tclto], lîKX), in-S^ 'XVlwSp,], 



mBUOGKAPHiK 



1»5 



i (Alphome). — L« rappel ilii duc H'Anjou et lordotmaïice Hn 
25 avril 1380. —Parié. Imp. Nationale, 1900, in-8" [24 |>.l, 
1 Extrait du Bulletm hfBlorigu« et philologique, 139&. 
Cresctni iTincenxo}- Per il « Vers " del «Lavadop». — FadôtJa, 

[Eitrittt des Attiet Mtmnrie délia R> Accadeniiadi scienxe} lettei'e 
eA artl in Padova, vol. XVI.]. 

Legrâ (LudoirJcj. — La botaninise en Pi-oveoce an XVh fiiècle. 
Félix et Thomae PlaUer. Aveu es.traits relatifs k 1m Proveuce des 
BAéniotreB de Félix et Thomeis Plattei\ tradmtij do l'alletaand, pai' 
M, KiKUFER, — ifarsai^fc, Âuberiin et RoUe, 1900, in-8^ [Vill- 
es F.3 
LBTrattlt (Léon) — L*Epopée (ÉvoJution du genre). — Paru, De* 

J*tp^flne^ s. d-, ÎQ-IO. [112 p.]. 

■oratia(,L.-F. de). — La eumedia l ;< va et I''] si de laa ainas. In- 
tfoductiûn et étmie litlëraire^ aotice ei uotÊs, par Fbançois 0ro7. — 
Hrvt. iJanner, [*MK inl8. (XXXIV 191 p.]. 

■ ?*U |iflrtie clc la Coltfclion JE, Mèrimèt. 

PlaQetign {Louisi). — PUntea méJîcîuuleâ et Lox'k^uca du dép9.riC' 
mem de THyiault. — Aftmtpellier, Imp. Ddord-Bmhra et i\fartial. 

[Kxtrait des Jf^moitei^ de rAcixdéaue ttes Scient^en et LfUrc» de 
MoBtpeHier. Section de Médecine. 3* série, t. I, 18^9^] 

Po6we Jatias]. — Sjiracha iind Vsr*kunât der Mystères inédite 
■<«XV'8i;^cic. (Ah^'erlrnckt von A. aiÉbinal, FjiHs, 1R37} — HaiU 
"^ <S.t C, A . Kaemmerer. liHK), iii M- (95 p.j. 

[Tbïse de Huile, , 

Sottb iJuAlin H.)' '^ 1"!^^ truubaduuiït ut hojite. Tbeir iives and 
^ir^Dcililies, their 8ong« atid their woild, — A'eio- Kort é Lvndtm, 
''■ i' FiitnùjHH sons, [89W, 2 vol ûi-S", 

Dbgaa <Frandftoo R. de}. — La Gsuejilugia y la llerâldica en la 
tiHtorift. bÏBcuraoa lyJdûa aote la real Acad^mia de la Hiatopîa 
''fi U recejitîôQ i)iiljlica âe\ Exenin, senor Don Franoiboo FERNJiNDKZ 
i*K BiTHBACOUKT, ol dia 29 do Juuîij de JOtXt. — Motliid, Imp. 
t\ rer-^MTO, 1900, gr. jn^S*". [61 p,J. 




CHRONIyUH 



.J 



I 



IjC POÈTE MaTHIRU LaCKO 

Le 12 novembre 1899 eut lieu a la Grande 
présidence de Mistral, Tinaugurytion du bu-^ 
Mathieu I^croix. Quelques scniaiiios aupar 
avait donné, au proBt de cette œuvre, un^ 
publions quelques extraits propres à nous ^"^ 
poète et comment ses compatriotes couçurei-: 
mémoire un monument durable et surent le i^ ., 

■G 

Li Felibre, ié fai toujour plesi de pnrla di* » 
Dosto bello e santo lengo d'O. Pèr iéu, rVi: 
cop. Mai crestis bèn. mis ami, que janiai a^^i^* 
voulountié. |^„ 

Ai pas besoun, mi** ami, de \ous ikMJianc**«(,| 
davans vous moun prouvençau. Mf* nVn vc'^nt.f 
uno autro pirlurado. S'avès f;i à ruuibl'<i'>,^ 
l'ounour de veni Tentèudre, es f|Ui: s;ii>i;iâ q "» ^ 
lengo; e, pèr icu auriéu :»gu pou, en parlr"- f 
bio, la graudo ouri'bro entristesid-i de vos'* ^- 
CPOS e me fai v^rgougno de me servi, pôP' 
lengo qu'aquelo qu'eu parlé toulo >a ' 
bouco fugue proim loucanco c pruiiii él 
hràvi gèntsus lou d6u de la « pauro Mar. 

Voste Matiéu, vous disiéu ! Ah ! IVs 
dôu brès à la toumbo, vous ap.iricnifuè 
qu'avès vougu lou garda, en vàuiri qi? 
es vÀutri quVvôs vougu Taussa en ounoi 
à cha sôu, emé vosto moudèsto pago, i' 
d'amour e d'amiracioun que bèn-lèu • 
Pouësio e Prince de la Raço. sepui de 

Sabès qu'èro un enfant natur.Mi d'ui 
que mourigu»\ po<:;Mre! àrcspitan pèr • 
quàuqui moble qu*èron touto s:t funrtun 
perdeguè sa maire, l'aviè non mes so" 
fauguè quita si libre, si cambarado, 
nietre au travai. 

Ero toumba dins li man d'nn peir 



189 

vniadou qu'avié 

tin que se deba- 

. feroissié, plou- 

!juc fugué lou rôi 



ir:* .-•■■.(( ■ ■ 
*uii ^1 ;■' '• •- 
r tT.iiti I, ■... 
fSff t * ■*». . , , 

■Mftflt y* 'I - I . n 

ri/.'. 



cours pendant le se- 
*, pendant son congé, 
is élèves, M. le doc- 
la même ville. Notre 
■«•nière la part qui lui 
■li de Troyes, prépare 
^ons les vœux les plus 
te de mener rapidement 



a quelques années, d'une 

lecteurs de la Uetue des 

œuvres d'Ausias March. 

e Valence, quelques docu- 

î fixer certains points inté- 



e Montpellier informe le public 

chacun seront donéns par elle 

rd et de prix Lichtenstein. 

tentions des fondateurs, ne fixe 

>iront à leur gré, et tout Mémoire 

sujet d'histoire ou d'archéologie 

smaiique^ Épigraghie, Histoire 

etc.f etc.,) pour le prix Ricard ; 

relative aux animaux, VHomme 

eln. 

lanuscrits ou imprimés. Sont exclus 
jés déplus depuis trois ans, au joQoment 
1 aurait fait Tobjet de quelque récom- 
mr. 



ClIUONIyUE 



l«K POBT^ Mathieu Lackoik 



Le 12 novembre 1S99 eut lie-ii a 1û Grand'Combe (Gard), soua La 
préBidence de Mistral, rinnuguration du 1>iiate du \tn'rt^i |ioj-ii1aire, 
Mathieu Laçroi^t. Qnclqusa acnininca aiipuravant, M» Jules VSkak ^ 
avait doQné, h\x ]*rt>^t de uette oeuvra, ime conférence dont noua H 
publions quelques esLtiHÎta propres à nous fj^iie c^DDûHpe U vie du 
poète et cummeut eea oumpritriotes cooçui'ent lt> projet li'élevei' â «a 
mémoire un monument durable et i^uretit la mener à bonne ÛM. ^Ê 

Li Felihre^ ié fai toitjour plesi de purlâ dt pouèto qu'an caata dia« 
esobIû bello g sauto lengo d'O. Pèr iëu, m'e^ arrivsi aJeja qnàuc^iiî 
cop. Mai cresèa bèn, miB ami, que jamai aviëu ^res la paraiilo tanfri 
vouïoittitii^. 

Ai pns tiesoun^ ini^i »mi, de vous demanda La penitfssioun de parlai 
ilftVflTiH voua moun prouveïin;aii. Me wVii voudrirv* de Begiii' d'emplfttfft 
uua auti'o pirturado. H'tLvta fa à J'uiiibl^ felJbre que voua piano 
l'ounour de xaw i^entéiuLre, «s quii subias que voua parlurié dîna voata 
ieng^o; e, pirioii. aufuhi i»gii pou, en parlant fi^iticùa, do véire l'oui 
bio, la gmudo ouo^bru entriâtpsido de vaste Mnti^iis'aitljoui'a dei>om 
oros e me fai v^r^onf^no da me sârvi, pèr \o\i tiittï^nnia, d'iino aul 
leago qu aqiielo qu'eu p;irl& touto s»u vido, qii a<]iiêl<) que diiis 
bûucû fugii<> pinEin touciLuLo e prouu éluuquùntu pèr t'iitre pLoura II 
bràvi gèat*us lou dùu de b " jiauro Martino •» 

Voatc Mn^iéu, vous dlsîéu ! Ah ! L'«a bén. vosiLre! Tonto aa vido» 
dàu brÀB à la toumbo, voua Aprtrien;^tLè, e, iinr) fes ntort, <*3 vàuiri 
qu'avés vougu Lou garda, ea vÂutri qu'avàs \iha aits soua aouv«nî,jH 
ea vÀutri qu'dVi'is vougu i'aussa en ounour e eu giôri. eâ vautrt quft^S 
à cha sùu, emé vosta moudèato p^go, i' nvëâ aubiHua Ion rnoiiQuoien 
d'aifiour e d'amiracioua que bèu-lèu Lou ^mnd Mistral^ Mè«ire de 
PouëaÎQ e Prince de la liaço, aegrui de at Msifoura^i, vendra saludaî 
Sabès eu'èro ne cnfaot natnrr^u d'uiio pauro coiirdtineco de Nimea 
que niôiirjgui . pi?L'.jiwe! â l'cspitsu pêr leissa un mens a 4ou« drol** U 
quàuqiii moble qu'èron toute sa fonrtuno. Aviè sèt an, IVnfunt, Quand 
pei'deguè au innire. L'aviè nàu mefi »ouliimpn qit'uuHvo k tV^colo! lé 
fauguÉ quTta ai Libre, si cambarado, aÎB amusamen d'cnratil pèr se 
mètre au travail 

Frrt (ûumba dîna Li msn d'nn peirin c d'uno meirtai^, de gènt 



I 

<Bta 



CHRONIQUE 



1B7 



i%o» que Ion meniîfnn ooumo imo hèsti, Pas proun dfl Ion fair* 
tr&vaiiv» lom dim^^nche Ion fiiiindttvon à tviivés li vtln^r^ ijuiata sniia 
pAn ei cccca d'uuinorno, Ltvii veaèa, pt-d Ji^acaiis, sus lï çHiiiîn? I^b 
poiilit ootiine un ^lur: a iVme blii, h pùii l)Knm'ii e toujour sounla; 
aumucun |.vusso: icpHt-u lu lun-ji ; |tièi, activai uimi^ tmijuiir [ou >uiiiiiîre 
î l*i bouco. Quiicid &ma eufant! vè; noo tloiir e 1» viiî ciili ; lido 
tn^lorn boiil^'g^o e U \à\i tn^-\r\tA, «i^âtous^ro nti tiii;cèu, e ié p^rt 
ai«f«â'; tnsit i' l'S troo dislrnciotm^ ton! i" es un plesi : In Niituro, la 
graAnd cniiiiaoïtlitrplli), bte^^nfello do tuuLi H dotilonr, aèrnblu qi)« ié 
vù«i f.iire ou'jIkU la rni^riit^SHû di* ntne... M«i, l'vii vèapie, pecuire ! 
•e 'tt oop IViif:!»! s'eiiloiirHo ft l'oii^ttiu de b\ botitièti, ft'udus pas 

proun de fi5u. v}it|tiii que Ion picon« lou taUitsaon. lou murlinson 

Plut ifti'd, Mesaiëà.qiianrï çntpndrë^ Malien i>arl!i erné tantd'amour^ 
«mé t/iDt de piPUteusè t'uit d(} finno delà painlho; quand l'eatendièa^ 
dîna ftoun pouèmo de bt Cartta, dt^manda au mounde euié tunt deloU'*' 
QU^Dci de «ecotiri li maJurouSf ae aias estoiïnni de véîre la }>DuëâLo raja 
de «a bogço coiime uno font ; se vous demandai ouate iou paure 
niiABOun, que D^èro reftCt que quàitqni mes à l'e:<colo di Fr^ire, a trouva 
U|u4lifraao que voua esioovon, aquéli mot que vous rlntrou dins lou 
cor e voua bagnoD il parpello, cercnia pas mai : ea U mabjr de M^itiéu 
^ue Wn t& pouèla ; ea d'avé ploura aotm dou, es d'avé crida sa fam, 
^ dVvé para la man, eâ d'Hvë «enti »ï pichoi pèd aauDA &\ts U pèîru 
di Quntii, quft ié dounè Talea pér caoLai emé la forço e reriiouciotin 
)*ie sabèa, li malin dia àutri ; es de in courouuo d'espiao que Matiéu 
P^Qrtè lusaateatetu d'tnifaut qu'espeliguè U flour de jjouëaio qu'em- 
™ino iuei eocaio de soun perfiini »iqiieBto encouptrado, 
^ ^'alrouvè pamen* uno jouîuo Éh», Suseto Tilioy, davaos Uxèa 
"^^guel que ae pr^ng^uéi de pieta pèr aqtiëci mignot que anurj peirin e 
■A tndiriao fasiên tant relioiiU ; ourfan^^ilo elownemo, vougtïé aeca lia 
I^^Ui leii blu ds roiirrnnèu quVdeja avieu trop pîoui'a-Suaeto prengué 
^>(iéu etn'elo quand avii^ douge dD, e elo ti^avamutt eu gagfnant 
^^ siïii per jour ea faaâut nianubro dios la mniisouiiané, li jaur 
PH»»avoa prouii dotis pèr Mutîvet qne.eu riutianC don travaî, irouvMVo 
^ 1 oustau, euié de p'iu fitiH lu taulo, lou aournre dt' la bravo fiho 
1*i'«vié vuuiiu lé servi de maire, 

Alutiéu eatadùunietia se f&H\é *n orne. Qnouro aguè dès à- se t an, 
^»»itè euto lejfiètlttbono Suaeto péiana travaia h C^ifin einê M, Fou- 
Reiron, imi eotreprenéire de basiisao, que Imi tiatè coitme eoun enfant. 
h quaiiqite tèm» d*nqin, ^lecaiie ! s'estent tonmbH ana lau pouL de 
G^ftzau, ae coup^ L dous brtiâ. AcSi painena ané pas pua lîuen- Ma- 
tién se reâtdbligué proun léu, e. en iravaî^nt, âaiguè pèr poudé ee 
tnetre a egun comte, S eâtabliguè à U GraadXoumbo. 



Lera aqueu dâu« Matiéu aguè emè aa Françouoeto uno paaaadû de 
l>QDur, Faflîe proun bèo sia afatre ;ero ama, outima de tàuti. Kr à-n* 
^uelo epoco que reiuonto lou rescontre que fu^uù en Aies d'Aofoa 
Vlaudet qu'ëro alor oièatre d'eatùdi au coulèf^e d'aqueh vib. Daudet* 
)«u ubè«, avié Htor sege hq e adeja s'èro deuiia à la literaturo. Ma* 
li^ lou veaid aouvéut; easèu a^iavon se paseja eti Pradarié. Matiéu 
M«iuaula,vo lou jôuine Daudet de ai peuo, l'acotirajavo à leDÎ bon 



OHRONiyUR 



T.Ï POÈTE M ATEtlElT LxCHOIX 



he 12 novembre 1899 eut li<îu & ta Grand'Combe ((jnrd)» aoi 
présidence de Miatral. rinnugiirution du htiate du poM« pnfitjlflirê, 
Mathieu i.acraix. Quelques aeniaïiieB auparavant, M. Julb» Vérah 
avait donné, au profit de cette œuvre, une conféreri'^â dont nous 
publions que1<jtie& ej^tiHita ]kro|>rGs k nous Tnire coûnnitre Xsx vie du 
poète et eoniiuent ses c<>ni^>î*LriutËB couçurenl Iq projet d'élever à aa. 
mémoire un mgouuient durable «t, Bureot le mener k boaae fia. 

Li F^tîhro, ié fai toujour plcaL de parla dî pouèLo qu'mn canlA diîn» 
oostû bt'llû e santo len^^o d'O. Pèt iéii, mV« arriva adcja quAuquî 
cop. Mai ui-çaèa bèn. mis anii, que jarnai itviéu près 1» parnulo tant 
voulpuntié. 

Ai pas besoun, tiii^ nm\, de vuim deiimuda la permes^tinun dt* parla 
davttns vûtia tiioiin prouvHii^^HU. Me uon voudiius d<î spi^iii' d'emplega 
uuo autro p^rluradu, S'ttvèM fa à l'uuible felibre qne voua pnrlo 
Tounour de \em Tentéadre, ea(|Ue sulii^i^ qu<! vous parlanô dms vo«to 
lângo ; e, pèr iùu aunèu .igu pôu, en |iHrlmit fiancés, <Jp vèire l'^um- 
bro, la graudo ûiitnbrti «niriâteAidr» de vdbC« \faiif^ii a^aiiboura de soun 
croi e me fai vi^rg-ougno de me servi, pèr Ion Iriuï^f-ajA, d'nmï autro 
lûQ^o qu'aqueto qti eu pArl^ LuiiCo au vidû» qu'^queh) que dms aa 
bouc^o fui^uïr pi ijun luiirnutg c pt'uitti tiiouipiuulu pêi* fuire ploura U 
bràvi géntBua lou d6ii de hi a pauru Martiuo ». 

Vaâtc Mïitjûu, vous dj^iou ! Ab ! \\^s bèu. vg^tie! Toittû aa vldo, 
dôu brés à la tomnbu, vou3 uiruieui^iiié, e, uno fes iihtrt, es vàulrî 
qu'avès vûugu lou g^trdu, «s vÀutii i^u'avâs vih» «nti «oua sôuveoi, 
es vàutri qu'avèa vougu l'auasA en oiinour e eti i^tùri, es vàutti que, 
à cba ôôu, «mé vo*to moudèsto psg:o, i' nvè^i auboiir.'i Ion mn^numeD 
d'amour e d'auilrainoun quâ bèn-léu tou f:rtnM\ Misiral, M^^tre de 
PoaËBÎo e Prîuce de la Raço. segui de ei Majourau, vendra saluda! 

S>âbè& qu'èro un enfant nstiimu d'atio pauro coiirdiiriero de Nimei 
que niourij^uîn p'^'^nire! à l'cs^pitan pèr leiH^^ ^in mr^na ri suun drale H 
quàu<[ui moble qu'érun toiiio ^ii faurtuna. Aviè séi nn» IVufaut, ntiitnd 
perdeguè «a mi^ire. l'arié nôu voeu âoulmnen qu'uniivo à IVscolo! 1^ 
fauguè quita ai libre, si cambarado, blb Hinusarnen d'eafittit pèr s« 
rjietre nu travail 

Èrn tounaba dîna Li man d"»in peirm e d'tiûo mdrrno, de gèdt d*J 



I 



CHRONIQUE 



1S7 



rên, ()a(ï lou mentïroit ooiimo uqd bâstî. Pas [>roi]n de tau t'airû 
LrnvaÏA, lou drmpnche lou mandavon à travâs li l'ila^.'-i^ quiata snun 
|t»n At cerca d'aiinaorDO. Loii vcâès, péd d&âc^u?, sus lîcumîi]? Un 
pt^ulit co4ime un jituf : rx d'iup blu, h peu blound, e toujour sounia; 
(fitttUiL^uTi |)a«ao: a^iHio la mun ; ^lièi, g'eiivai mal, Loigoiir lou suuinr^ 
à h\ bauijo. Quand ai^v etifaot! véi uno tiour e la vn.i culi ; imo 
SD^Ioro boulfgo d l>i v6ii aif^ittA; destaiiat^o un aiicêiit e. ié p»rt 
a|«rè-; tout i' •-« nno diftli-MCiouti, tout i' es un [il^ai: Ik Nsiluro, la 
grand cuunaïuilHrf^llû, bi'e.<J8ai'eilo du touti li douttiiHS sÀrublo que îé 
viju faire ûu^iIhIa la mjirîil^sso ili* «m*^... Mni, Ino véspie, peeaife ! 
se 'd cop IVaTiint a'eulQUrno i^ Tunatftu de ai bauirèu, s'adue» |>Bfl 
yronn de sàu, vaqin que lou pioun, Lou tab^^ason. lou niHrtirisoo..... 

Ploa tard, Messies, qurtnd entpudrés Muliéu paHii emé tnnid'ninour, 

etné iMQi de pi'*ta, emè tant de il irno de lu paiii'iho;qnitad l'eotendi'éSf 

dins «ouD pouènio de la. CarUa, dtioiiindaaij mouade einé untd'etou- 

au&tici de secouh li tnalurous, se âius e^touna de vèire 1h poaëaio raja. 

ae la bauco «couina uno font ; m vous demandas ounte lou paure 

masBOijo^ qi!e u'èi"û restn que quAuqui mes à l^e^colo di Fpaire, a trouva 

aquéli rraso que voua esinoi^on, aqudU mot que vous riiitrûQ dîna lou 

coTevcms biAgnon li paipello, cercti* pas mai : ee h rnaUir deMiUiéu 

<lueVjin fa p<>uètû ; ea d'ave ploiira gouti dou, es d'avé ei'ida aa fam, 

«sd'avé (lara Ih m^n, es dVvé seati ai pichot pèd sauna sua li ptiiru 

«licKcniD, que ié dounâ Talen pèr ounta, emé la forço e Teuioucioun 

<|ue Bftbâe» h roalui'dJB àutri ; es de Ih courouuo d'espiao que Maùëu 

pourtèsua sa testeto d'enfaut uu^etspeliguè k floitr de pouésio qu'em- 

betmo iuei eucaio de soua peiTunt «queeto eticountrado, 

*S'jitrouvè pamens ima jouino fiho, Suselo Tilloy, davana Dieu 
'ifguet que se pren^uê de picta pèr aqnéu mignot que bouu peina e 
Mrneirtni> faaieu tant lebouii ; ourfatieilia elo-mL»u)ci, vougiiè seca lis 
tfôwieubiu de rourfaûèu qu%idejaavieei trop jiloura. Suaeta («renguë 
MRiiéit am'eli) quand avii^ dauge iin, e elo triivai^au eu gagnant 
^^ Sun per joui' eu fjmènc ntanubro dins la ■ui'tssounané, li jour 
i^aiisAVDti proun doua par Mntîvet que, eu riutrant dou travai, Liouv^vo 
J^louïian, eiïié de piiu bus U lauio, Lou «uuri'ire de la bravo âho 
^Qavié vouiïu ié servi de niaice^ 

Uotieu eQladùum^na se {&»\é *d oine- Quouro aguè dèa &-sèt an, 
'|<i>lè eme regrètlabono Suseto pèr au» travail .'i ^lntHn euié M. Fou* 
fteiron, un entreprenèirede ba^lissOp que Imi UMé courue sùun enfant, 
^^UBuque térns d'aqui, pecaiie ! sWièuC toumbïi sus lou pout de 
dz-aa, se coupt.' li doua br^a. Ac6 paineus ané pas pua liuen. Ma* 
l'èti se reMtabligué proun lèu, Ci en travai^ut, âaiguè pèr poudè ae 
<^etTe à eouD comte. S eatabliguè à la Grand Cauinbo. 



Leva aqueu dâu, Matiéu aguè emé sa Fraoçouneto nno paaaado de 
toQur. Faeiè praun bèa ^,is afaire : ero ama, eutima de touti. Es à-a- 
^uelo epoco que remonto bu reaooatre que faguè en AlÈa d'Anfos 
Daudet qu^éro alor mèatre d'estûdi au coulège d^aquelo vilo. Daudet, 
lifii «abùfl, avié hIot sege aa e adeja a'èro douna à la literaiuro. Ma- 
ti«u lou ve^iè souv(.^nt; eusèa auavoa se paseiaeD Pradarié. Matîéu 
cûuQBûulavo loujouine Daudet de âî peno, 1 acourajavo i tem bon 



1 fî8 



CHRONIQUE 



cOQiro l'auro m ar rida que bouTuvo |iéi'éi] à^n-fiquéu inoinitt^Qi csoou* 
tavo BÎ lifOLimièriv poiiâaîo« iè legisMlé sis uWo, e Toq \^àa creir^i 
MoBBLcs^ que Matiou es esta \iév quaiicaren diuâ la reaoulacioua qoa 
Ditadetprenjjiué, un t>cujoui\ de planta 'c^ui Alè9 e iouD coulage pài 
ana ceira fourtuno à. Paris, \ 

t^Qste poiiétOf éti^ ji'agLiê pas la leitasito dâ Daudet. Sa bauata loti 
pci'dei^ué. Qoati que ié demandeuse dt» travat, amai n'H^fiièasebesoun dfl 
TùSy l'embaiiebitvrt. lî fiîèi, fan hen dire qa'èro un pan rtu^a die ci^alOf 
cuume tùiiti li ponèto. CaiiUvo, cantavu. e d'rtqtièn tàins d'autri iî 
|>reuïea ai i^oiimundi:). Sis affiira d'iio jour k Tautre penduût'ûn e «l'en* 
dovpngiiê que ton bou M^ùéu, quand muuhgiiè, éro mitant p&urri 
qij'ero ïihs'ju* lé barrèroo lis iue lou 11^ dfl nouvémlire 1864; 



Aquéti mort ^ro na poiièto de raço, un |iouètu de natiiro <\nc 
tpuoumado adejà s*i>ro ea^andido bcii lîuên. TjSmti lisan» pi^r Santo 
Barlïo, lou brave Matiëu largnvo i ir^VJiiadou de la minn acampA u 
poiiësîo moiinte metiè tout aouo cor e que, cûuine nnn «ureto fresc 
secavo la gub ûoi- di fvoat e esparpaiavû li grèu aoucit qu'aclapon tro| 
souvent h pàiiri ginl. 

Kh i Me^t>iéa, l(!ist;Râ>n:ie vc>ur§ Ion dire ; taïui li pouL'mo de Mati 
HDU1I que de pla^nun : la mort l» la inisèro «oun li dons tênM> de 
trobo, e sa Muso s'apeUo la Heta^ 

Ea Ih Pie ta que Ta îapira soun [lùuènio de lu Cariia, bouli Elegi 
stii la moft de mun enfnnl, s*mn pouêïno .V*a fa itiuvtHe Jnti HAboul 
innuttte, peoaii-e ! s'euctisavo d'e^criéure dinn «a ienjoro ritiolo^ la ^ctni 
que conneiguàase. 

Ero p»s de cregnc que Matîéu e^criguésse »Ei Paaro Marthio d 
franoéa ; aurié faut^n que rerquèsBe si mot *i èro béo trop esnioiig 
p''ir jii'ù, L'eecn^ui). lou bab^fs belén, tout d'un vnm^ \v\é vint l 
si'cno temblû vertadiêro que sVVi'o passade à l'ititradi» de la mino 
Tomo mort, da fûmo qu^arrivo, deaperdudn. e ae ti'as^tit coume uni 
folo sus lou i^adabre, lia enfant, A e^oun entour, ([ne [doinron. . . M 
Lieu linlcrt à soun oustai, lou cur jj^ounfle. Aqiiéu rnalur Ion irebniil 
Se mes ari liée lagoui vùupM veni. MaEiëiiâ*apart^^n plus, es foro d'en 
s'anlîonro. s'fis«ètr> à sa Unilo» ppcn de papiê^ nno plotimô, e, o inîi 
raclel la scGno de mort e de dcs'^ulîicioun à cha pau renais soui 
aa niim febronao que s'ab^ao pas d'eacriëure ; li mot ié vènon ei 
abouade, li vera se fan d'ewperêH, e, nu inounieit après, lou bel i|fno* 
r^iut aviè donna uocap-d'obro à la literaturo proveitçalo ! 

. , . , , »li lou aeutiguèron peréu aiisiû li joutfèut de Ftiutit'Sejçijgno^ 
foandadou dou Felibrige, quand Matiéu veng-nii davaos éli, à Tacarn] 
di pouéto pr^^Mlvetvçau que se tengu^ en vllo d'Aïa-^n-Pmiivènço eai 
IH54, lecitft son» obro. 

r aviê *ji uiounde fàu e la plua bello aoiicicla de la vilo. Tout â-n^ 
un co[ï ve^oD paréiaac Matiêii... De-qu'eti aquéa? se disou. lis qu 
Matitîu, Meâs^iés, amé lâia abibage d'oubri^it ^i gros soulier tkita 
marrit capùii que vîravrî e revivfivn dins st rnan, pag^avo j^as de inino 
Acoiimencè de dire Pnurn M*trtint>, Ah! MesHîés^ Miatrau n'es es 
témouiD e l'a raeoutita èu-mèaie : ï'aviê pa« cinii miQutQ que iforl^ 



nHRONIODE 



:s9 



[Ufttiéu éro transfigura ; aonto l'orvo Hôn Eravalftdou qu'avié 
lûu |ioijèto aviè bouaibi e ïmi pople, entantoduque se debo- 
lis estrnfc» doulèato dùti puuùmo^ s'alendrisfijét Ferniasiû, ploii- 
Tavoi e s'ftuboumvo enrïn trefaulj pér aclama Matiêu que fugitë lou rèi 
âe lu journado ... 



I 



Vi. le professeur W. Forkateh n*a pas fait de cours pendant: le E<e- 
iD«trc d'été à rUniversîlëileRotiD. Il a ^t^r suppléé, pendsut son congé, 
j)«r ua de ^^f^ plue jenries et de $ea plus bhllaaCs élèv<^&, M. le doc- 
kar HuscuaFiBRUCK., proreBËeiir au gjmnaae de la méiïie vîll«. Noire 
uvinl Cîllabnrnteur» qui a terminé l*année dernière U pari qui lui 
revenait danfl l'édition dea reuvres dft Chreatieti de Trojea, prépare 
nue GrflrttmaiVe t/tf /'nHCiB*i françnh. Noncfnisnnw Ich vœux tes plus 
imc^ères pour que son état de saolé lui pertnettûdâ mener rapid^tneiil 
iboanefla ce nouveau travaiK 



WAmédée Pages, qui k élé chargé, il y ti quelques nnuées, ù\iue 
■hiiiiun eu Kapagnei» et qui est connu des Lecteurs de la Revue des 
^ ^., prépare une édition critique des œuvres d'Auaiaa March. 
M. k. Pages a découvert, aux archives de Valence, quelques docu- 
nwnts imptirtf^nta, qui lui permettront de Hxer eeitaina point» inlé- 
reiitni;! de la vie d'AviBÎas Mai'cb, 




t'Aeadéraie des Bciences et lettres de Montpellier infonne le public 
4"« <lsux pKx de trfyls cents fj'ttucji chacun aerunt dom-tis par eîle 
^ 1902. 30uâ le nom de prix Kicard et de prix Llchtenatein. 

^'Académie conforiDémeot aujt intentioiis des foudateure» ue fixe 
pw l« ftujet ; les concurrent» le cboisiront à leur gré, el tout Mécuoire 
«rs »f.*ceptê, s^'il n pour objet uu sujet d^histoire ou d'archéologie 
^tif au Bas-LanoOSdoc [Nutnismaliquc, Épvfjraghie^ Histoire 
^^^t, ffUtôire d'une institution, etc.j «£<?. J pour le prix Ricard ^ 
" «"il porte sur la Zoologie relalice aux finimaux^ l'Homme 
*rMp(e jiour le prix LlcbteuBteln. 

Le* Mémuirea j^^jurrant C'ii'e uiauuacrita ou imprimée. Sont exclus 
■lu coDCoura IgB ouvrages imprimés déplus depuis troîaanit^u juomenl 
àii t'oïK-ijura» et tout Mémoire qui aurait fait l'objet de quelque récom» 
l^ute ilna& uu concours j^ûtcneur. 




nHRONIOUK 

Ltfs Mémoir^â, inanuaeriU ou i[n[frimi.'8, rlciîveiK- êti'e ilépûaës nu 
SsoRÉTAftiAT de l'Acndënaie, le 31 décembre 1902» au plua tard. 
Les Prix aeront distribuas à b aéatiL'A générale du mois de février. 



^^9 

La Revue Liboumaise, l. Il, p. 1^4-159 (Libourne, ImprimeriÉ 
G, MalevîUe), publie uû article de M, .1. NetMon, sup la Parémio- 
lûgie gnscone [Origine ths Proverbes et Dktons du dialet^U gascon]* 
L'îiulear a recueilli 2,500 proverbes ou dictons gaecona et se propose 
de leg publier prochainemeat : l'iirticle do la,Revue Libottrnuite hqii» 
fsùt espérer ub iQtéteHBAiit recueil. 




Le fascicule 1 du volume Xt des Romanieche Forschungen noua 
apprend que M, le professeur K. YitUmïiUçr a fondé une société de 
textes romaoB [Geselhchafl fur Homaniscfie Liiteratur), Les 
SHVfints £uiva.ali^ ee sont déclarés prJStn à f.'ûre partie du bureau d« 
la Société: G. Baist, F. A, Coelho, W. Foeraler, M. Menénd**x y _ 
Pelayo, Ksiuon Menéadez Pid-tl, W. Meyer-Lûbke, C. Mi>'hiiplt& de H 
Vaaconcellos, E. Mouaci, A. Morel-l*alîû, Kr, Nj^rop, G. PariB^ 
H. A, RcTifiert^ G. Wnliluiad, A. Weaselofaty; aocrôiaire, W. von 
Wurzbach (Vienne). 

Le comité, comme on voit^ est tout à fait iatematioii&L Lr>a statuts 
de la Douvelle société paraîtront en Eiutomne. 

La aaciété se compose de membrea fondateurs et de niembres ordi- 
naires. Les membres [ondatetÀrs versent U somme de 300 marke ett 
une seule fois. Les membres ordtjiaires paient 20 roarks par an. 

Le but de la société est la publication de textes romans imp^rtuits 
non encore împnméB, ou la réimpression d'ouvra^s rares. 

Elle publie particulièrement des l'omAas^ des nouvelles, des pièces 
de théâtre, sinsi que les ouvrages qui ont de l'intéiét pour Tbistoire 
de la ciiilisBtion, de ]^ litlératuie, des traditiooB populaires, de* 
dialectes des pays romans. 

Les publications sont «uivaat l'occasion des éditions critiques ou 
des t'éimpi^saiôus. Dans ce d(.«rQier cas la réimpression, abatrActiou 
faite du formel et du caractère qui sont les mêmes pour la cotlectîotL, 
reproduit fidf't^in^tit rori^nnal au point de pouvoir le remplacer 
com|iLUfîmeQt. Le:^ inlroductiL>nà, Aq^ remar«^ti>fs, etc., donnent, suit 
en sDetntind, f^oit eu anglAis^ suit dans Tuae qm'lcoaque dea lati^ue* 
romflne8,cequi est nécef*sûirepoui riuteilii^encedu teïte. AroccaaioD, 
des reproductions pbotographiqueB des fouilles de titre et des reuilloA 




CRHONIQUR 



191 



ds lêite seroQt jpîtilea aux. voluaieti, La société donnera auiai Ift 
re^tm^uction d'œuvres eDtièreâ CD fac-aimile, 

Cbiqufl eneiuplairi* est tiiiinéroté et porte imprimé le nom du 
rn«mljfe auquel il e»t destiné. Ka outre ua nombre très restreint 
d'eietnplaires «et'ii toh dans le coiuiDeice à un prix très élevé. 

La five activité qui se mftQifcBte dans la publication de teitea 
rooiaDB doDn<e k la So^riétô Taflaurancc qu'elle pourra remplir son 
liut. Elle se distiu^ut^ (]t*n Htiires sociétés eristantes en Alleinagae, 
«nFrance. en Bsp^*^ne, eu liatip, par co fait qu'elle publie des 
\*i\iti n\t\iixtieu^ai à. tontoa le>^ l{iu>;ueB romane». 

Aàrcftser les adheaiotis à M. te professeur K. VoLLMuu.Eii, Wiener- 
itrtMe, 25, Dresde. 



U 18 janvier^ lea membres de IWâsocîalion des Etudiants de Mont- 
|>6llier iti rèunia^aieDt puur écouter la conférence de M. Juïes Vêra.n, 
(Juiavjiic choisi comme i^ujet: La Femm« dan$ Vœavr^ de Théodore 
^nhmet, Lft petite nalle réservée à cea réunious était bondée. El 
«^«UeirRiieace témoi^n^tt de toute la «ympathie deâ auditeurs pour 
te canffiriuoer* ^tudiflul de b veille, et de l'iDCérât qu'ils portaient au 
iajetijLi; ^cvnit êlr^ traité. 

M. V^rAti montr.1 tout d'abord que &i Aubanel avait été le poète 
ptr^KCtllence delà Pemmct il n'avait pas été que cela. 

Lu grands événeEneu ta survenue dans te cours de sa vie ne Ta- 
r^ieDl |ii>iat Uissé indifTéretit; »on tireur de FiHDt^^aiB.ivait sai^uë cle- 
MKlWs lUiiliietirs dt) su patrie eQVHtùe, et le catholique qui était eii 
loi «VA^t souvent uispiré le poète. Il fut enct^'e ) éloquent interprète 
ifl< rpiendeiirs du la iiRture proveD{;Mle, et dans tous ces geuree il ne 
Iftcffl* Q pticsoune. 

MniA Aithar^el £^9t uvant tout t(? chantre A^ la Beauté et de son 
^tnellfl «&pi4ïâdion: la ftimiiie. Dana son ceuvre elle est touiour» 
P'Wwnie: jviiiie fille, jt^uno femme, jeune mère. Ce n'est pas aeule- 
inaiicelle» «juM i-ontiMlt qus l'inspirent, mais encore celles qu'il ren- 
contra |iar hnsurdi qu'il croise dans la rue et qu'ausiïitâc non œil 
M\hHt«» vers cUnutt'Ut. 

Anbaiiet a céiéUr*' dans aoQ œuvre toutes les parties de U femme, 
Qtif^lii» «l,{*..'ial€inent Km yeux* les cheveux ft Jes seins. Kt le coD' 
f^ntioier produit à Tappiii dr^ sa iliè^c de numbrcuâea dtalions ein- 
|>nintdeB i \n Mhutjrano enL^-duherto, aux Fiho d*Àvignoun^ et 
•ttân au RèJT-f'Soutf^i, 

lllfimioe en disant la « Vénus d'Arles», inervetlleux. h;mnâ â, la 



192 CHROXIQUE 

beauté féminiDe. Et il prend texte du dernier vers pour doub montre' 
Aubanel plus païen que Lucrèce et tourmenté toute sa vie par Pimpo& 
sibilité où il se trouvait de concilier ses aspirations païennes et s: 
foi catholique. 

Des applaudissements répétés ont souligné la fin de cette confé 
rence. Pour nous, nous exprimerons le regret qu'elle n'ait pas él 
faite dans une salle plus vaste donnant accès à des auditeurs pic 
nombreux. Par son allure et sa belle ordonnance, elle était dign: 
du grand public. 



Le Gérant responsable : P. Hamblin . 



ACTE DE DONATION 

DE LA SEIGNEURIE DE SA.INT-JUST 

( DBPARTRMBNT DB i/HBRAULT ) 

Entre Haimond Gaucelin, vicomte de Lunel, 
et Bertrand de Saint'Just 



La charte dont j'ai communiqué une copie au dernier CoH' 
grètdes Sociétés savantes se trouve en ma possession. Elle est 
écrite sur parchemin ; elle mesure 25 centimètres de hauteur 
sur 16 de largeur. Elle contient quelques lacunes qui provien- 
neot de déchirures. Elles sont indiquées par des points dans 
b copie ci-jointe. 

Elle renferme un acte de donation concernant la seigneurie 
de Saint-Just (canton et arrondissement de Montpellier, 
département de THérault). Le seigneur de Lunel donne et 
concède au sieur Bertrand de Saint-Just la seigneurie de 
Salnt-Just, Le seigneur de Lunel est Raimond Gaucelin, beau- 
frère du vicomte de Montpellier. 11 est plusieurs fois cité dans 
VBiitoire générale de Languedoc, On le trouve parmi les vas- 
saux du comte de Toulouse, qui, en 1209, prêtent entre les 
maios du légat Milon le serment d'être fidèles aux lois de 
l'Eglise. (Dom Vaissete, ffist. gén. Lang. VI, 278-279). Il 
mourut en 1215. 

Bertrand de Saint-Just est moins connu ; c'est peut-être le 
même qui est cité dans une charte de 1179 parmi d'autres 
seigneurs méridionaux qui forment avec Raimond, vicomte 
de Toulouse* une ligue contre le vicomte de Nîmes. {Hist. 
gén. Lang VIII, c. 337). 

Bertrand de Saint-Just reçoit en ôef de Raimond Qaucelin 
laseigneuriede Saint-Just avec ses fort.^ {forcias^Gf. Ducange, 
s. u. fortia). Il lui renl hommage (hominhim) et prête le ser- 
ment de ÛAéMiéifidelitatem)» 

Raimond Gaucelin concède la seigneurie avec 8es dépen- 
xuu. — Mai-Juin 1900. 13 



194 



ACTE DE DONATION 



dancea et les râdovaDces qui lui appartienoont {firtnancias et 
iusticias)* Il se réserve, autant qu'on en peut juger par la 
texte mutilé en cet endroit, iea redevances qui proviennent 
des procès entre étrangers et indigènes; ces prooés doivent 
être jugëB en dernier reaaort à Lunel. 

Par une stiputation 3pécial6, il promet de ne lever ni impôt 
(taiilam, prov, talho^ a, fr. taillel ni « quête» i^uistavi : sorte de 
taille, imp6t, oL ûucange^ s. u.)3anfi le consentement de Ber- 
trand de Saint-Just ou de aea héritiers. Il se réserve les droits 
à'osi et de cavalcada (droit de lever des soldats et des cava* 
liera), et, par suite, ie droit de faire la guerre et de rendre la 
justice [gucrramet ptaciia). Les serments échangés, un g^rand 
nombre de témoins soignent avec les contractante. 

La pièce a été inventoriée deux fois, si on en juge par deux 
mentions que Ton trouve au verso, La première, qui est de la 
fin du XV"* ou du XV1=** siècle, porte les mots suivants : f20^, 
hommage de Bertrand de Saint-Just à /iaùnond Gauceîin, sei' 

gneur de Ltmei.,, de Sdiftt-Juisi que kd. seignêw baiiieet 

concède au sieur Bertrand. — 

La seconde mention, d*unê écriture plus récente (probable* I 
ment du XVII"*' siècle), est la suivante ; n"* 15, don de ta pian 
(il est impossible de lire autre chose que ee dernier mot) <^e 
Saini'Jttst, cotte par Lr Â" J, 

J. AjJQLAnS. 



I 



TEXTE 




Anuo cliTmmice incamalLûniB. M. CC. II. Kgo Berlrandua de Soncto 
Justo Y>trr me et \\er heredea in«os accipio uîllam de Sancto Juato et 
omnes f^i'cias quae ibi sunt uel in pusLerur/i erunt ad feudum a te 
Raimuiido Gaucelîno, al ab horcde tuo dur^^îr/o caatri Lunelli. Ki en inde 
facio tibi homiDiu/n et fideliUlem niro tibi et hei'edi tuo futuro 
domino caa;!ri LunelH. Et in vmtate rei^ggîiosco quod u[illa âupra] 
dicta ecf in pos^eagione et in dcmmatiooe Castrl LuiielU. Ht egû Kai- 
niundtttf Galc<:linu£ domiaus LuucUi per uic et pet- «ueceMorea m«oa 
doQo et concedo iibiiu uiWttm el i» foixjiue^ lirmaacias et lu^ticias 
tocius uille et forcio. fil hominain et feiin(uiinjm], MiK el hrr^di meo 
retiueo Si-jnuncias et iitâliciab cvmmunalium quesCionu;?!. .....,» . 



actî: de donation 



ijljQaipni 



indigei 



ifiicte ville 



nellî 



\ 

k 



ilebist lia illa agîtari et tfrmiuarî. Kt per etipulationem promitto tibï 
B^tr&ada d« a^h^Iq Juâto et beredi tuo qttud m tota prediota villâ 
Iter m» uel [ler alta;/s non (ACiAm taiitam nec t . . . , . nâc qulatam sme 
tuft taoruinçuf vqIurUU, Et retineo mîAi ost et cau&lcAdaB et opéras 
ftdc, .... castri LimeUi in horainibua |>rodicte uiUe et retineo ut 
exiDde poa&im f&ccre guerrara et placita. Kt supradictiis i-ctiuGo m/Ai 
([wd SI tu aoUcfi iuaticiani facerG de aliqtto faciiim ego tiel hereâ mena 
lEIom. Et ego Guilleloiufi cornoui (/) cuvator doniiu jRaimu^di (.ïal- 
c«liai Utido et conlîriua totum hoc. Et ego dîc[tufl] RaimunduB 
Gilceliuus juro p«r deuta et ÛÂQm meai» quod totuni boc ul Bupras- 
criptu;;) e*t sùmper ûvmher* t^uebo [et| [imjplebu, El nuUo iure ne/ 
MiSTieliidine «eu cmu*libel rel occasione contra h(>? uerim"i iiêl me 

ho. Testen simt RaiiïiKHdïW de Uieds, Poûciuj de Nùzeto,Bffr- 

i]iir(]ii4 de Sancto tusto^ Guillfr^rnu^ de Pûrlu, Raitaundua de Porlu, 
BrrtPsndM* Catellus, PoaoiMéi fiernardui), B^îrnardtiB Raimimdws, 
nuUliJiDEr^ de MoatîliOf Guitle^mus de Poole, Crietopbouud, Duranttuir 
deMiRâc), Qruillffiiiud Sfinaiicua, Fetruâ UostaTiciuff Kocanua, Poneiufi 
<Je Portû^ Kftiiuimdu^ de Stagao, U^narduv Agretu^, Guiliçfmus de 
S&birrâri&, Ponciuâ de CaJduKameia, Bârïï$.rdus A$mundu«, Pondue 
Cilcarlellitt, Ra.itnujtdtt/ï Afimondus, Pelnta Sartor, Poncitr^ vicecomes, 
Kaiinundua de Ferreriis^ Bifrlra^d^tA Sapte, B<;mardu« de Oasatis, 
fiuillrinitis de Sancfo Stcphwjjo, Hernsvdus Saiiarieus, Bremuwd»« 
BojiQUH, PoncttM Raiaeâ^ Stephaimt de Sancfo Nazarîo, Mi<;hael 
CftljcbilelliM qui hoc êcri^&iL FA ego B. Cakadelltut QotAma qui bic 
*4fûi * „ . ecripBÎ et hoc acribere feei 

B. 



Ajoûié 4u-deMus de la ligne. — ^ Trans? 




LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS 

{Suite) 



[95 (ci 49)1 

ARNALD DANIEL {c f. S7 r^) 

{= B, Or, 29, 17) 

1 . Sim fo8 aroor de ioi dûtidJ' 

[tant larga 

Com eu ii«r lds< dauerfis 

[cor e franc 

Ja per gniD b« qÛ cal de 

Qeran te»-' aut qesper me 

(puia âm tomba ^ 

5 Maie ^ qaat malbir con es 

[de preç at aam 

Molt^m«aani mais qar ac^ 

[Uuçei uolâr 

Qera aai eu qê moa ^ cor» & 

Imos aeriB 

Me faran far lor" grat rica 

feouquesta. 

I!. Perço aeu '^ faz long eaper 

[nom «nbargA 

Qe tanl^' rie loc me aoa" 

[tnûs e msatauc 

Qab doa b^l dû me tindra*'' 

[de ioi larg'* 



" Bflgpai tant '* com mè" 
[port a la tomba*' 
5 Qeu'* Qo SOI ges"" cel qe 
[lais ttur per plomb '^ 
Ë pois ei) leia tios tainh 
[coin ** reu eamer 
Tant li aérai fins '^ & obe* 
[dieDB 
Tro de samor âil ptaz baiaan 
[mâDueBta ^*. 
m. ÏJn bon respeit me reuen 
[em ^s descarga 
Dan dolç deair^" dotj mi 
[dolon li flanc 
Qeta pfldz "' prea lafan el 
[aofri & ^* p5irg 
Pois*" de beutat soi] las 
[autras en ct^ba 
5 Qe la geaeer-'*' par qaia 
[près untomb ^' 
plue bae de lois qi la ue A 
[es uep 
Qe^* toti boa aibs prez A 
[aaber ^^ é aeai» 
Henli6 flb ^^ leis ^una non 
[ ee mena ni tcstb ^^. 



! 

I 



t IJeis — ' Ja a moa ioms nom c^lgra uer— ' Qieu ara lara — * qeapera 
mi puejflm plomba — ■ E — » Moot — ' anc — * mon — « lur — 'o Si 
ben men — " tan — *• luec mi soi — " Don li bel dig me tenran -^ 
" lare — '* (Jula — " tan — i» mi — i' lumba — i" Qicu — »* son je» 
■ï pbm — " E p. non taïtjg com en Icia — *J sera — *• minucsU — 
*■ Sa granïualors el ria prêts mi — " Dul gran sospir — " Qar «n 
patx — ** sufrel — «» Cur — *< genaer — 'i preU en lom — «' Car — 
** ioia \s soIhU — s* Rdgnun en — ^s ni^ins nin resta 



^^^^^^^^^^^^^^^^I^^^^^^H^^^^^L 


^n^^^^ ^^^^^^^^^^H 


^^^r LE CHANSONNIER DE 


BEHKART AMOEOS 197 ^^H 


^m t^ , E i>os tant ual dous cuiez^ 


5 Qa (jan meeueilh dî dans '" ^^^^ 


^^ [qe sespargua^ 


[los oilâ de aoQ '^ ^^^| 


^V Mo8 d^Birers ni quesfori ni 


Aaos mautrei qant leu me ^^^| 


^H [setntjlanc ' 


[(/. .' ni] usiic iacer *° ^^H 


^V Qar eu no sai (2. : sui) steus 


E noua cuiea r^es raenna ^^^| 


^H (ni meus si ^ men parc 


mne ^^H 


^B Per «el flâiohor qea ^ moa- 


No fara ges qaral B«nt^' ^^^| 


^B [tret en Colomba^ 


^^^P 


^H 5 Quel tncû ii& a bom[«] di 


VI. (c/. J7 11'') Fais laiiâcngiers ^^H 


^H [negniL "* Dom 


[focs la I^Qgua ua argua "^ ^^^H 


^H Tant desirâtOB gtao b&n- 


Û qe pérdâz loa oils ab un ^^^| 


^H [enîsa " auer 


[mal tuog** ^^H 


^M Com eu fan biR & teng & 


Qe per uoa son estraitcaual^^ ^^H 


^1 [n& calar ^ 


[& marc ^^^^ 


^H Lob enoioB ^^^ ouï dnns d&- 


Amor tolUz qa pauc de " ^^^H 


^H [inor" ea Teata. 


[Lot n<TU tomba ^^H 


■ V. <s Uâ (en;'"! mieU de ben Ja 


5 Cotifondaiis dit^uâ qf^ ia n^\ ^^^M 


^H [□<> Bîaz aufirgua'^ 


[â?)b&»'* cam ^^^P 


^H QeQ uoatramor me troberaz 


Vos faiz ala dniï ^^ mal dir ^^^| 


^1 [tat blanc 


iiil ienei'^^ ^^^| 


^H Qeu^^ nô ai cor ni poder 


Malastrea ee qeus tea dea- ^^H 


^M [qem dâflcarg'B 


|coao)scans^*> ^^^H 


^H Del fenuB uolers <je nn es 


Q« p«gi«r es qût hooi ^^ UOB ^^H 


^^^^^ [par ^^ de recomba 


[amoDeata'^. ^^^^ 


^^^^^^ u, cuUs donc — ^ 36spûrça — ^ qe 


iR fore ni ses branc — * No se- ^^^| 


^1 f*i miflus ni «ieits si ia — * Si maint tel qis — & columfaa — ^ Qen tôt lo ^^^^ 


^H niun non e» bom de nul — * T. finamçn dc»ir ^ran ben — '^ Con qu Sur, ^^^| 


^1 '"H nidftteinineu nan culexiii — >^ Pcl d 


euiiigns — '1 dels druU — ■* Sel ^^^H 


H iilffo L 6', ifi seguente {\U\ stnnza e 


ma^is/ a ffufsta (V^) — )^ Ar ^^^| 


^H - "* marga — 1* Qicu — ''' descarc 


-^ i^ l'«rrn TDl&r qiien as p^is ^^^H 


^H - '* niesueil ni clau — " soin — =' Voslre romane qan liou mi uauc ^^^H 


^H ivQr ^ Il cuieU qem liaboî;» m. Xaïem — ^* lurm ieu caisl non ~ ^^^| 


^P '* ■■usoitgicr fuec» la^ lengas u. arga 


— ^* perdaU amii lofl oila de m. ^^^^ 


^» cfinc— " Cap ï>. u. s, canal estmjr ^ 


*« Amar tulle* cû p. del — «f e ^^H 


wi ao") dire — ** Qeus tassais diuti - 


- M tenir — a* Qe per uos es ^^H 


^m <*siiti pieii fi iouens -^ ■" E es pegler 


fjî plua — ^' Qui L. S. ha piu ta ^^^| 


^M tt^HmU tiatjia: 


^^H 


^H VII. Ane nau en mar can a p 


crtliil sa ïiavR3 ^^^M 


^^^^^ Ë f a mal feiïip:^ e: uôI nirar (c^ ^Ji ? nrtân) Ah ranc ^^^| 


^^^^^k E c^^r filu^ loïiL duna ^&.h 


darc ^^^H 


^^^^^K Qâ pôi en auL. ti ptnfi euil 


ial<i SA plomba ^^^| 


^^^^H ?» Non trais anc9 pleins, e dirai no» benccm ^^^1 


^^^^H Con eu p^ Ilftia car anc nom uok taner ^^^B 



^^^^^19^^lî; chansonnier de 


BERNART AMOROâ 


^^^^K VII. Arnaud s. faiL * & fara lonc 


Qeu passera*^ part la [pluta 


^^^^^ 


de lertia" 


^^^^^^L Qatendcn fai proa hom 


Loinh peregns '^ lai drecb 


^^^^^^B conqueeta *'. 


[on '8 cor ebrea. 




III. Seu uni '* passatz poot^ si 


^^^^ [86 {& 55)] 


[planchai 


^^m ARNALD U\mEh (il f. 40 r-) 


Par leU cuîai qeu '• men 


^^H (= B. Gr. 29, 3) 


Nd fax cap toi a«a uianda 


^^^1 U Ans qel cima ^ reaton delà 


Mi " aaup far medçina con- 


^^^H [brancbaâ 


[ta« 


^^^H Sec^ ni dispulhadB de fuUia>> 


& Baiean Lcnen & cor hî tôt 


^^^V Farai qsrrior&mi '^ comunda 


[mi uola^* 


^^^^L^^^ Breu cbmiison de raçon lo- 


Nq» part de l^is qem cap- 


^^^H Lgii» 


[dolla em'" goueina 


^^^^^^H 5 Qar ient maduç ab lAfnr" 


Cora OD qeu^^ an de leia 


^^^^^H [dâ l'eflcota 


[00 par» tsic" sebree. 


^^^^^^K Sei tant '^ qel cors faa '^ 


IV. E tu cailhora no " te atan- 


^^^^^^H [resUr de ËiiberD& 


[ehflfl 


^^^^^^H E mona Uuos es |ro]>>''> 


Per aiitra qec denboit nu 


^^^^^^V IpJua cùçeus '^ qe lebr«s*". 


[Iha ï* 


^^^V II. {f,40 i^J E tu q« lïiaus ao 'i* 


Tût pladiea qi ue deBman- 


^^^^^^H [t&frânchas 


[da" 


^^^^^^1 Per e per camars aculha ^'^ 


Sai 4 lai qi qit aoiuonha*' 


^^^^^^^H S&c Bêt dêfui ^^ nie fai g&ada 


5 Qe foi plah*» frd qi se me- 


^^^^^^H Mas ^' greu er codi Doia 


[CeiB afola^^ 


^^^^^H 


E tu non fai foltia dùti hom 


^^^H 


[deaqerca ** 


^^^^^^H Terme ni iorn ni respçig [c 


, fn: )«speîg) ni cou«nx 


^^^^^^^ P^-qc mos iols qem (c. fn : 


qcra) âoriU bcaësta. 


^^^^1 1 Arnautza lag— '•'lonca atcnlz— ^ 


Gap scvflrir— * conquesla.— * sims 


^^^H — « brancbefl — ' Secs — » deapoUUati — ' ioïlla — *• mo — »* lonja | 


^^^^H — >* Car iiïD Qitidui do Isa sriz — ■) 


Gan aal — i*' fai — ^^ mos bous 1 


^^^^B — i« pro^ *' correna — ^* L.S.ha(fuit'uUima[yi')itaTiza di (fursto — 1 


^^^^H IV E tu da îoi aon-^*^ P. respeig qe niorU IjiiUDilla — ^i s.sim dûstal — M 


^^^H SI Qo — " pona — ^*Qi safortis rte pmat- tiiaî n*>ii coUla — w Qeupas- | 


^^^^H aarai^- *^ palulz diuerna — *^ Cciin pi 


îlons e — w pari en — *" aieu ne» — 1 


^^^^H 3<> caiau qieu — '^ dubilld — ^* Men 


— » raoiïina cftia — ** nolUt ^ 1 


^^^^H >^ U«i» qiJ rn>in(i?n l'I -^ '* qiov — 3' 


iiois nut partit ciL -^ ^' Anz die 1 


^^^H caiilor» non — >* qel prec nil uaeillï 


— «» Son uoler fui e demanda 1 


^^^H ^ '1 qi qei iiim ujjja — »2 (îran son 


dan - « afûHa — ** fat ren per 1 


^^^H &Dm tg qUfrna 


■ 



LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS 



WûB aprop ' diou lei SQnora 

[& selebrea *, 

Je» de paris & us casao- 

[chaâ ' 

Jêfiser * nos ueat ni dea- 

[putha^ 

K sa beutaz es tau ^n-anda 

Qe sembla rimifs tnenaoûia ■* 

Beo aai damoreitlaiu bais 

[& maeola ' 

NoD di>pti mai ielada * ni 

[bucrna 

Nim fai patz mais nï ^uera> 

[nifebres. 

VI. A b ra çoa e û tas ' " & f ranchas 

Ma mafidail " qeu ûon des- 

Ni riôo aeg'* atitra ntm '* 

[blanda 

Has tant aai qap ai tna- 

[coinda '■ 

5 E dits*' qe tlors aoji eem- 

[ble " die uiola 

Qea cama Icu '" sitôt Docas 

[iuerua 

Maa '" [jer Bamors ** sja 

[laufs o ginebieR'*, 

VU. " Seos ça natnautz di^l si m 

[oia qen U sola 

E senc^ leis no uol auer 

[luçeroa 



199 

Nil BGgDoriu deJ lei enqe 

(cûrebres, 

[^RClO»iR\TO I>Sn POLQBTZ 

OS HAHfiSlUA 

F<>lqetz si fo d^ cntuactUa Ëla 
du, niercader qe fo de ^«Qoa A ac 
[lûm ser liinfos e cant lo paire 
morit'^ ail laiaaet uioutdaucrà 
^1 €at@ûdet em ^retz & eo ualor 
e mea ae a aeruir & auenir ala 
uatenï homes & abrigar can lor 
À Q dar & a aemir  a u^iiîr & 
anar e fort fograzitziS:'^ onraU^^ 
p«j* l'j roi ricbart e ptrr lo bô 
coale raioad de^* (oloza. e per eu 
barrai lo scuaegDorde uiarsçilla. 
Molt troua be e tnoU chanta beq 
ç niûU fo aiiinCz om de la prr- 
sona e eot^ndia ae en la motller-^ 
de son flegaior ea bairal c pre- 
gaiia [q, e Tlizliï aas clijlKos i\e]fi, 
Mas anc p«r prscs ni per chau- 
ïoa non poic** Lrobai" uierce per 
qtfela U f«zea nul don ûh dreit 
danaor. Per qe totz tcmpa si 
plaing damor eu aoaa chaoïos e 
snetic ai qe la dona raoric <& en 
barrala lo uiam delà el aegaor 
de lui que tan li faxia duuor el 
rei richarliï &\ hou coma raimanz 



^ Uasâ prca ^ * lieu honôrs a celabres — ^ De lai diul Iro a sain- 
cliiï — » rniela — 6 ni non despucîlla — ■ moasonia -^ ^ damnrs qelam 
b. *• icolla — • Per qc n5 pot frisii* niîiis — ■ Ni faf sentir doîor gota 
^"Qnh raiont cnHilaa — '^ mandat - *' nojn ds^tueilla — '' seru — 
•*nm^ i& Pnv tan lai qab iiK- ftâcoinU — '• Km du — 'T semblés — 
" (ifit fjimia liou — '* Mais ^— ''' s^rnnr — Si laur o genehres — ** Qt^sta 
thiaut t. S. non tha. — El fietn ar/fumento e scrilQ a ruUimo folio de 
ff'^ttQ tit/it} {c'esi-à-d'f/r à tti patje Hîti )•*. Le même texte se i'ctrùuvp. dfirts 
^ in-i»ére partie du mnntiJicrif A au f. '.¥} \)". Variantes de cf ifdcorfd 
itHr: » mohc — î* mam^usnt — ** moiiliep ^ '* poc. 






^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^H 


^^E^^^^^l 




BERNA RT AMOROS ^^| 




?nfl LE CHANSONNIER DE 




eL boB reis narufos. dont eî per 


Qel Bieu amor mes denan 




triat^Bga* de aa ^ domuu e dels 


[qi mateing 




princeps. (jue uos ai digta aban- 


Qem fai tornar, vaa lei« tant 




donet lo raopt & rendet se al orde 


(mi deetreiDg. 




de flistet coiu sa moiller ■* e com 


llU.otn^ " mes deleoils mas del 




dos soB fitfl qel auia. e ai fo faits 


[cor mee tan prea 




abbas diina rica^ abadJa qe es 


Cella per cui aouen plaitig 




em proenza. qe a aom. lo te- 


(e «oapire 




roadet e poiâ el fo fait2 eue^qes 


Qe on plus nai dafan, e de 




de toloza e lai ©Imoric] 


[martîre 




97 


Dobla lamors e creia e aaia 

[ades 

5 E car »oi sieus doq cuig qe 




EN FOLQETZ DE MARSRUXA 




r^ (^ B. Ôr, 1&&, m 


[menganee 




^H L (p. lis) Poe entramea me 


E ai » me ten ^*. cl aieu enaei- 




^^H [aui de far chaozoâ 


[gnamen 




^H Ben deî gardar qe fais djoU 


Per câi reapeig qe nauiai " 




^^1 [ûoi fen]t£Eida 


[chaiizimen. 




^^M R siâu die re qe nii donz on 


IV. Ben fora sud ae deleis mi 




^^M [grat prends 


[loÎDgaea 




^^1 Bon men sera rendutr bos 


An/, qem laisees ab la dou- 




^^1 [guiaserdos 


[lor aucire 




^^M 5 Et agra tort «e rnos chaïu. 


Mas amorsvoïqeustafrauoB 




^H fnoa en boa 


[auffrire 




^H Per qe car U niâ donet lart 


E ia |ier ra qod aîâl cof 




^H [et engiena ^ 


[engres 




^^1 Et so qeu fax doq défi] 


& Cane dieua no fcï! nul hom 




^^1 met[r] en deedeing. 


[qe ben aiaes 




^H II. E 81 tût mes deaemblaat 


Qe nO crc/^es miela anaor qe 




^^H [orgoîllos 


[ftOD sen 




^H Non ai poderqe vaa au[t]ra 


Per qeras ven a sar^'BOu ■ 
[maadamea. H 




^^M ^Eûentenda 




^^1 Qfil car «s oi1« me mofiron ^ 


V> Ane nuU amanz per ai donï 




^^H [q« mi remta 


[ûô eofri 




^H Tan magrada de sas belha 


Tan greu dolor ni aital ma- 




^^H [fais BOS 


\ ian&DKa 




^^P 5 H qant ieu m^Q cug partii' 


Fer merceil pr&e qera dis* 




^^K [qo mea près '' 


[ta! pesanza 




^^P 1 trtflteia • * la — 3 moillier — 


* ricca.) —5 c. en: et engieng, L: cL 




' gisng ^ * f, : el o, me moelron 


— ' I. : pros — ' f. sn : Luin^; — 




t /, : u _ t» ^, ^„ : up^ I, ; tant — 


^W, : naurai —!■(>: P. qe mauen 




a far. 

L 


1 



LE CHANSONNIER DK BERNART AM0RO5 



ÏOI 



S« cor oon a qe» meîllur en 

[vas mi 

5 Par qe venguee plus viau 

[a la fi 

(^ me m&l es roirar ' al meu 

Q« toU temps vii^r ab pen 

[&t ab afan. 

VI « ChaiiEOtietB Vfti teD tôt dreït 

[cami 

Lu a mi dont en cul ai 

[mespernoza 

E digaslim caia calqe mea- 

[brauza 

De me car tacD s«dz enian 

[ab cor fi 

^ Qanc par ma fe dea lora ^eu 

[la vi 

Non au ' mtida nt cambia 

[mot) t^laQ 

kAuz lam ndea e lu dopt e ta 
[blaot. 
98 
EN FÛI.QETZDEMARSEILHA 

\.{p. US] Pin amora a cul me 
[sui datz 
El geaz tflraiiniLS atuoroa 
Caacua daqétz mes ucbaizos 
DoQ dei esser eDarnoratz 

h Per qea dreiUeab luîuraon 
Passa conoUser en chMatitu 
CoaieuBUÎ faitznlur comaa. 

M. Qar mida sai sufTârtar eu 

[patz 

Si qe mofl volera oea deacoH 

Ë [lar bea ia per aU dA foe 

' ^- en: mnrDl, L : morii- — * /. 




Mâs car am e uo aui amalz 

5 E ia <!il doa chao dp maon 

Sa totz ÎQrE» Qom vau tnet- 

[luran 

De leiB bea amaraea enian. 

ill, Per qeue prec qe mere« 

[najatï 

Sea (ûrt qieu anc noa ac 

[per vos 

E ael drèîtz qes tâo cabaloa 

Nom pot valer humilltatx 

5 Mi vaillabucs^ doinne CDaoD 

Car Dul dreiU dod a valor 

Lai on forza faî aon talao. 

IV. Qaissi mea «1 cor aagcllatx 

Voatre ries pr«U verais e 

|boa 

Per qîeu non aoo geD pode- 

} ros 

Qem braisËG * vaa altre laU 

5 Ni uo voU ia caulra maan 

Maa vo< domna de cuj en 

[cban 

Et afn e dezir e reblan. 

99 

EN FOkQETZ DE MARSSILIA 
{^ B, Or, 1&5, m) 

I . Si cam cel qes tant grêuaCz 
De mal qe nou acut dolor 
Ni aent ira ai trÏHtur 
De guiiaD aui obiidatï 
5 Car tant sobre poial danz 
Qe nulâ hom no polpea^ar 
Ni niîLs hoiu tro al proar 
Non pot Babcr con ses 
[grauz 



mi — ' <r. rn : TsUïab tioft — * L ; 



^^^H $n$ LE CHANSONNTER DE 


DERNART AMOROS ^^B 


^^^^^^^ Dcn barrai lo mieu boo se- 


Od mais vecioD qendor H 


^^^^^B 


10 Mas dieuB corn bondocador B 


^^^^^^H 10 Per qe ser chant oK [o] ptor 


Vos daiiaua ades mil tatiî. * 


^^^^^^^B No mo près, plue qleu feir 


V. Et er qan vue fos pojatï 


^ 


Fajlltta ^Ëtigmaa deflor M 


^^^^^^ IL QieupeDZBÎcoaencbantaU 


Qe cimt bom la vei genzor B 


^^^^^^^^H On soQ cazntz en error 


Il adonc (ai\ plus vniatz B 


^^^^^^^1 Can su gran vdor 


5 Maade vosmostrasemblanz B 


^^^^^^^1 Qaiasi noa ténia i^rratz 


Qe lui aol deuem amar B 


^^^^^^^1 5 QeUaameD corn latizmiaoz 


El chaitîu segle deaamap 


^^^^^^^H Tirai fer e leuar 


On hoûQ passa com viadanz 


^^^^^^^H Faziel mams core drci Tur 


Cautre pTOtK tortiendeieoQor 


^^^^^^^B Ves pretx forsaU c pezan» 


10 Etot autre setiz eu folor 


^^^^^^H E q\ gaug e pre^ et bonur 


Mas daqelqifai eoacomani^. 


^^^^^^^H lÛ Sens lar^ue^a astre e 


VK Aisegtiierdieuaciiîaonplatï 


^^^^^^^P Na8 a tuut pnuc Do&tre 


MorU d6 nepun pechador 


^ 


Ad/, per audre k lor B 


^^^^^^^^ 1 IL Ai cantz ara ^ doBereUE 


Suffpitz vos la voptre pnta B 


^^^^^^^B Qeram tioc rie en samor 


5 Fait lo lai viure ab loa aùur B 


^^^^^^^1 E qanz en mûrie ]o 


Poa fiai nol volguetsi Idisaitr B 


^^^^^^^1 Qel fo murU e ^oateraty. 


E deiguaz Ion de preiar B 


^^^^^^^B 5 Qq vie luortz 


Verg-ens qe pmialz. per 


^^^^^^^^B Neis qui lauKÏa nomar [\axlz 


[mainx 


^^^^^^B Hi atendia capUr 


VoBtre filli per qe lo» aocor 


^^^^^^^B Tant era aaa pretz prfizsLQ^ 


10 Qeaperanzatui ttiit li oieillor 


^^^^^^^B E «aup so nom far 


El vostre car preca m«r- 


^^^^^^B JU De pauc gran o de j^^raot 


Iceifttu. 


^^^^^^^B 




^^^^^^B Trueec 


[100 (c'S)] 


^^^^^^^^ 


FOLCHETT DK MAKSEILIj^ 


^^^^^^ IV. {2>. 114) Ai aegnier doux a 


(c/.er») 


^^^^^^K Com piras dtr voatra lau- 


(=B. Or. 155,16} 


^^^^^^^H Qa lel dedu aoraedor [;sor 


l. Per deu amors beii eabex* 


^^^^^^^^H Qi cieis un plus ee 


[ucramea 


^^^^^^^B S Creis voatre Uus gd peaaaaK 


Cura plus deacen ' plua poitt", 


^^^^^^^B Kï trop adea maiit qe Hir 


[htmnlîtâl " 


^^^^^^^B E Bernblairi voaU'6 douar 


Et orgoill • chai on plus buut 


^^^^^^B Don vûB creiaaûvl tr*l»nE 


[ea'^poiwi^ 


^^^^H 1 r. «71 : drditar ^ * c. m: na. — 


3 c. en : malor. l. : maior —•'/.: 


^^^H pu>ï8& — E c. en : SaiiJit£ — ^ dieu a. 


b, sabcU — ' dciâson — * puma ^-^ 


^^^^^^^ « K orgoila - c» plus sut 


■ 



^^^ LE CHANSONNIER DB BERNART aMOROS ?Û3^^^^^^ 


^B ^OQ dei aufir gaoa' « nos 


E donc unor« pût cjaI fai " ^^H 


■ («pmn 


1 tan eouen ^^^^ 


B t^UAro se cQOAtraz ' orgoilL 


& CooQ*^ plus uos âerf chu»- ^^^| 


[cqûtra mesura * 


[cuna ^* plus a«D raCLciir* ^^^B 


^ brau iieapos a mss humil 


E doL >' aeruir tftiDg qalqe ^^^| 


[chanBOs * 


1 giêrdoft ^^H 


OoQC * es ftenibtant « qel 


Prc^ a aniix meilloramenl ^^ ^^^| 


[orgoiU chflia ' ios 


u ^^^H 


Qapres Iwl iorn* ai uiât far 


Sea un daquQBtpar fgl» qi ^^H 


(noil escura 


^^^1 


^^1. BdM uos nô |]ar puecaz * 


IV. Fola fui «u donc qi ^^ mis lu ^^^| 


^k [far falliiïiçn ■«> 


[cûr &{ «en ^^^^ 


^H ï*ero ([an faitl cel qes pros 


S«a ao fu g^a enHt ^^ fo ^^H 


^H [ni preâaz '■ 


[grao foldax ^^H 


^H T'ai! qau '^ ual mais Ud es '^ 


Car ce] t^s fal qi cuida^^easer ^^^| 


^» flïlua encolpaz 


[aoiiaz ^^H 


Qûn la uftlor poial "^ colp & 


E Bab ^' hûtnmiala choBCUHa ^^^H 


^H [deficeu ^''> 


[on mais apicn ^* ^^H 


^Bp h si '^ tôt hooi pfirdoD la 


5 C^anc*^ poia m^rcea tje u&l ^^^H 


^B [forfaiturfi 


1 niaiB qe driluru ^^^| 


^K Ja del bl&Bme noi '^ 8«ra 


No ualg a uii ûi ag ^' podor ^^^| 


^H [faii^ '^ perdus 


{en uos ^^^1 


^H H cel ^* reinaa ea *t> qimIh 


Pauc me sembla ni/igea *^ ^^H 


^H [âOâpQI^OG'^ 


[ualgut raxOM ** ^^^| 


^H Qfe maït" ajûl cet qi uius ^^ 


P^r qeu fui fois qttr *" an« ^^^H 


^H ^ufi dcsraeaura. 


[de uosaig *^ cura. ^^^| 


^pi* filaamû na hom & chaacun 


V, Mas er aui n% poia en uoa ^* ^^H 


^K [c«la seo 


[nd menlen ^^^| 


^K Perqea leoian e Due ^* {hliin 


QeD cnidar ^' es riqesBa et ^^H 


^H [(^^aliaz ^^ 


[paubretaz ^^H 


^B Aice)qU"fa] qaicel'^ qe» 


Qar cet ee rii qi *^ nea ten ^^H 


^K [emannaz** 


[per pagAï ^^ ^^1 


^M ' gaug — » Csnc sera rooslrcU — 


ï meiura — * chan^ns — ■ P*rq — ^^H 


^B«ciablfln — ' di-gôil!ti*aîa — «iôr — * 


M.gr:<^nnusp.puac»U— l'faUlirnen ^^^^ 


^^■'*pfe^aïï— *»qant — >* lant Oc?» ^ 


~t* pueiaJ — *• deiss"n^**rant — ^^^H 


^W oû ^ ti faiçi _ 19 Caicei - *' ni - 


- 'I sospeissos — '' raaiuï — *^ qui ^^^H 


^^kd an ^1* en fii*lenjan — ^* galijiti — J* co - *' qe ceï — " anianaU ^^^| 


1 -* fiw _ ao ,„ueii — ai CoD— *» 


•«ru ca:icus — "de ~ ** goiardoA ^^^^ 


j^ — '• Hruir axnics mfiillurarneiiE — ■ 


** daqupLx es foS - '' «u ben qci - ^^^^ 


^fc* Sftfii rirt f,> jr^ nhanï — i* fondai;: 


— ** noA Mn tyn cuia — <■ «cnnU ^^^H 


^B*""**p — **TD,ade« onpiu-» naprnn 


_i« K— •'Hrwhura — *• oalc a mo ^^H 


^■^ le — n Tna^iï» -^ <• rains — •» i 


|e ^ "'^ Air — *i ir •« tlci qMi QOt ^^^^ 


^■^w- >' cuiar — " Qaicttl e» nca 


pagaU ^^H 



^^^H ?ai r.E CHANSONNIER DE 


BEHNART AMOROS 


^^^^^^^^ B oel 6* paubi'eg qeD trop 


Aicel qiB^^ laissa im 


^^^^^^^H enten 


1 


^^^^^^^H 5 Fer qcu tan 


Qar eoaiBÎ'B ueDsT 


^^^^^^^H 


[tr 


^^^^^^^H Qan pemi qeu tomftz 


Et a ueDcutduaa** 


^^^^^^^H 


[' 


^^^^^^H Qadonc era mftrriï ^r 


5 Maa uoa &mOT nos 


^^^^^^^^^H 


[ge 


^^^^^^H Per qeo mel tdng > a grati 


Qanc îom roepces al 


^^^^^^^H [bon 


[pog 


^^^^^^H VI {cA$ v") Cortesia qoû ë9 ala 


Anz mauez moatrai 


^^^^^^^H meauru 


[uûstr 


^^^^^^^H Mas noa amor sabeï^ 


Q«raB noua ai dî i 


^^^^^^^H [auc qe fos 


[- 


^^^^^^^V Mai eu tan plua cor*^ 


II. Perqe'^ par fola qî 


^^^^^^B [tca de uoH 


1 


^^^^^^^H Qal maior bruî calor&i^^ma 


1 
Zo qe eonqer qeu 


^^^^^^^ 


[ben ac 


^^^^H VIL Ab naimaa & sb tos^^ temps 


Qi ço roten qe a c 


^^^H 




^^^^^^^ ChansoDa qai- de lor es ^* & 


Per aôD eaforç" co 


^^^^^^^^^fe [de 


[c 


^^^^^^^H Qmitréssi 3«b cbascuns des- 


5 QftîsBÎm pograç tew 


^^^^^^^^^1 


[1 


^^^^^^H Maa aemblant 


Leaparuier fer qau 


^^^^^^^^^1 [Hon non an 


[ei 


^^^^^^^1 


Qet estreiDg tant 


^^^P 


[pong irc 


^^^^V FOLCHET DE MARSEILLA 


E pos cators lias aoi 


^^^^^^ft 


[pui 


^^^^^^^^^B 1, Aqati gcnl'^UGFiç & ab qa.nt 


111. Tût ço qe iial pO' 


^^^^^^^H datai] 


lai 


^^^^^^^V 1 E cel — ' ries i. ^'rana — ^ pos qieu s. tornalz — * Cadonca e 


^^^^^V — ^ qe [Tiû Ueing <- <> maa — ^ ^ Ë 


u. amoj-s HD saupez — * P 


^^^^^^L ' qe — '" Cal aiajer brug calara 1 — 


it A naîimBiiï e en Lotï — 


^^^^^^^1 xos q. Q9 liir^ — 1' ]tir — ^^ Oautresi ùs ca^cus pauc amoroa - 


^^^^^^^^ qei ma» sembLan fan ~ L, S.^ '* Ai 


Cûn gen — l'qes — '"u 


^^^^^B i*cnals»i— *'*do&S' *^nDn o — '* 


aUai — " nom poc ab uoa 


^^^^^^Ê moslraf — l^Per dom — ^^qicu^'^ 


atreslan — "conqiat — ••ft 


^^^^^H ■i* Mas uos mi reteii(;rati: col — ^L Le^paru^t Tels caul L. qil ac ^ 


^^^^H p^inn; tro qel — " Mas puai* oatarU u. sui — *' pocR — «t p 


^^^^B 


d 



^^^^I^E CHANSONNIER DE BÊRNART AMOROB 205 ^^^^B 


^P Donc sGU lûDg > pro beus 


Ër^^ len desmen ai qe chas ^^^| 


^B [porai dan ten«r 


[eus ^^H 


^B Et er mercea aabeib uoetro 


Qareireâ traia ^^ per mieh ^'' ^^H 


^P [saber 


[satlir eaan ^^H 


^K Qc mauez dat don ' aoc iorn 


5 Qel era eon««r «s rix reia*^ ^^H 


^ [nô iaudî =^ 


(flee ^^1 


S Vos mou tenao* eus dig> 


Qar bsn aocora *^ fai deiia ^^H 


^K [mal en chantaQ 


(aïs bas ^^H 


^P Maa non er fait" cbauËÎ 


E seu dis'^ bco al craçar eu ^^^B 


^H [men^ cneD rete^ 


[dïs^'uer ^^^B 


^P Adç uûil irvp mda mon daa 


Et er aei" bom per qa- ^^H 


^B [auffrii- Laae* 


fdonc^' non mûùtî, ^^^B 


^B QeUf uoBtre torU aadrei- 


Vt. Ja naiôianï^ ne tôt *^ temps ^^^| 


^H [turea "> daman. 


[non creian ^^^B 


^Hir* En d'obarez maia tant** *]e 


Qeu uas amor aîa^^ uirat ^^H 


^K [boEia fe 


[mùa (rù ^^H 


^H QaDc<^ mais dqIb hom se 


Maa ben pod ^* ham creîrtj ^^^B 


^B 1 m^teis nô (rui 


laiço qe ua ^^^B 


^H Son escies si com - ' «t/ qâiis 


(ar. Maa eu teuo beo p^r ^^^B 


^H [aerui 


[pi-obat çû qom ue) ^^^| 


^B Taa**^loDiaaieii qanc nO lau- 


Et «r sabut ûimaie daqi e ^^^B 


■ [diite^'rô 


^H 


^B SEH'qeriïieTCË ço'^fana parer 


^^H 


^H Qar qi trop uai âeniii^i '" 


[1Û2(C-10)] ^^1 


^B [reprocban 


FOLCHET DE MARSEtLLA ^^Ê 


^1 «Scrablaiisa fai qe gaçerdoo ^^ 




^H [deoaao 


(— B. Or, 155, IS) ^^1 


^H (c/, 7r«) Maa {a de mi oaua 


L Sai cor plagu^B bên fora ^^H 


^P (cuidei; qcl oeapei--^. 


[oimai ^^ saçoa ^^^H 


^H V g qil bon rei ricbard*^ qe 


De far chfteon perioia raan- ^^^B 


^1 [uoL qeu chan 


^^H 


^M BlABtnet daiço ^^ qar aûa 


Mas trop me^^ fai maue»- ^^H 


^B (p^iaset de se'' 


[tura dgler ^^^B 


'neuitinc — — 'pueia— 'nom 


iauïi — *tensc.m — ^dic— *faigzqe ^^^B 


^^ — ^ai te — * Qar enani uoil mon 


dan àutïrir ant se — ^ Qa -^ *'^ adrei ^^^H 


^Htarcr. — iIQq irubrarc? m. tan — 


I* Ane — iscon — ** Tant — i& Uuû ^^H 


^fci^ '*Ser — " 30 — '" senim - 


- » Ëen fai semblan quel guiardo ^ ^^^B 


^V'iîttios Don crcïsU qel «npur ^iiËsil bos roiii rUiiarU — >^ du co -* ^^^H 


^B^incsQ — i*El — i^castuB bo uo — ** Careit estrais — '^ iTiLnlH — ^^^| 


^B"twm« ar ej rei ries - '• Car bon 


aoeora — ^l'^dieuaa bonuolcr — ^^dit ^^^B 


^^•*-"Oera u«£ — ' Hcudonc — ^'naïiman — "lotz — ^•creLran — *'Qe uos ^^^H 


^BUbontlali^ ^^pot^ ^^saupul hoi daîssii tiHian.^L, S.; ^'boimai— *^ iià ^^^H 





BERNA^^^RO^^^^^B 


^^^^^^^sÔfl^L^raAjîsoSNlË^Ê 


^^^^^^^m Qant eu» g&rà toa bene ' eU 


10 Ni sua tio uaitanl^'U par ™ 


^^^^^^^H 


[teraoï'oi ". 


^^^^^^^H 5 Q&r ri:c dlz^ bom qe fioi^ « 


III. Pero nod laia'-'^ ai tôt ea 


^^^^^^H [qe bes 


[pereilloa*» 


^^^^^^^H Maa cel qel dix * nû aab ies 


Qadea noD poig" en ana a 


^^^^^^^B lo uer 


[mon poder 


^^^^^^B Qar beaenansa no pot 


E deuriam domnal fia cor»^" 


^^^^^^^H 


[uaJer 


^^^^^^H De nulk re mas daji^o^ 


Pos conoiasez ^' qe ia nû 


^^^^^^^H [cor 


[reereimi 


^^^^^^H Per qea n&m >* maîa on pau- 


5 Qab ardimeu apodenac '* 


^^^^^^^H [brûS 666 


[lesglai 


^^^^^^H 10 Qua rix sens qes 


K no (c / 7tJ^) ten*» dfto qe 


^^^^^^^H 


fmen deiaeschaer 


^^^^^^H U. E âeu'* anc iorti fui gais 


Perçous or icnt'*siïn deg- 


^^^^^^K amoroft 


[naa^^ retenor 


^^^^^^^H Er non ai ioi d&mor 


Et gaçerdoH er ** aitala 


^^^^^^H [eaper 


[cum" aescbai 


^^^^^^^H Ni autre peu» or* pot «1 


Oea eia lo dons es faiz lu 


^^^^^^H 


[gazerdos^* 


^^^^^^^K AÎDz ^T m3 semUlaû 


10 A cd qi"sapdauinent"far 


^^^^^^^H 


[aoB doA. 


^^^^^^^H & Pero daroor qat ^^ uer uûs 


IV. Donc se *^ merces a nul po- 


^^^^^^H^ [en 


[der ea uas 


^^^^^^^■h Nom laÎA del no men 


Traga ** aenao si iam uol 


^^^^^^p 


[pi-ou *ï tener 


^^^^^^1 rema- 


Qeu DO men ** fi en prez ** 


^^^^H 


[ni «n aaber 


^^^^^^H Aiai cum cel qea md det 


Ni en chansos qar b«û '* 


^^^^^^^H es 


[conosc & aai 


^^^^^^V Qea poiaz tant ^^qe non sap 


5 Qe merc«B aol ço qe raaoB*^ 


^^^^^T [tom&r 


[dechai 


^^^^H iCanlmi membrA loi Ë6s — *Qai — 


3 Qe ries diti — ' qeu sui — * bem 


^^^^^H — *cn diU^-^Qe beaaiiaaza nom pot • 


— 9 daiflso — * am — ^A paubre *— 


^^^^H » frics ses — "ai — '^^jai ^'*ailre iois— "al — i*plaïer — "Ani — 


^^^^H («sembla ICNt — i^ioia — mio — iipui 


î^c moui?r — *' Ëciânz no uau ni 


^^^^H mcn Haï rêtnaner — ^^cân sel qu mieij 


; d- aibre ^ *' lan poiaU - ^ tan 


^^^^B — **timora9 — »*No lai&^arat — "pfidllos — -*Cades n. pueg — ME d. 


^^^^H nat Bn cor — ^i conois-^es — ï^apûdetois — -*' tem — >*P{>r qeas er g«n 


^^^^^H — 4» degnàL£ — >* QqI gaçardon ner 


— ^' corn — *• dûu ben es fait* 


^^^^H gtùardoA — ^«qe— *^ daiiinôn — *i 


Aï — -« Traia — *^ pro— ** me — ■ 


^^^^B^^ «pMca — ^« en raio tuas car — *ï razoa J 



^■^^^LE CHANSONNIER DE BEHNART AMORÛS Î0 7 ^^^^^| 


^H F«r q*u uos cuiç ' sJ) meree 


10 E dirai b« ^* He leJË ea >d ^^^| 


^^H [caaqerer 


[tD&s cbaDâoa ^^^H 


^H QecD »B eBcuz'cûtra] sobre 


VL Si naimanz '" Babia ço qeu ^^^^| 


^^B [uaW 


^^^^1 


^H Qt es en ua& « em fal metrc 


Dir poiia qç ben paucaî oo- ^^^H 


^^B [en aBâai * 


1 chaJBoa ^^^| 


^^P De uoâtramor çq rjem uedii 


Noz^o en aiuor maia qe nui ^^ ^^^H 


[raaoa ^ 
lO Merc««* me fai cuidarqaui- 


^^^H 


[neûtfoB K 


(c* 11)] ^H 


V. Ara * conoBC ijé âoi aeias 

[paoroii " 

Qaii^° al coHieusamen men*' 


FOLCHET DR MARSEILLA ^^H 

Gr 1^, 5) ^^H 


jdeBOBper 


1. Beo a£i mort nû & lor ^^^^^ 


E maachaaBOQspoU'^ m«r-> 


Mai oill galiador ^^^^| 


[ce qerer 


Per qgs tang ^* qnb eJa plor ^^^^^ 


Farai adonc " ei cotn '^ lo 


Qar tàh ment ^^^H 


[bglara fai 


5 Qeu ^-' tal [Iùijihâ.n cbausit ^^^^^| 


S Q&iaî com mog 1û '" lais tu 


Oq an fait fâilimen ^^^^| 


^^m (ânerai'*' 


E qinautpoJabauB^^deBsen ^^^H 


^^P Deseaperoz <^, qar eu uA 


Hero eu «a merce mateii ^^ ^^^^| 


^B [puac ueçer i*^ 


Qai-^B eu aon cre^^ q« mar- ^^^^| 


^w ÎU«{?Q3i* per qel ^*^ degues 


[oe^ «U9 ^^^^1 


^W [de me '■ cli^^tei 


10 Lai ou deus uolg '* toz au- ^^^^| 


^H Perû «j noeDâ ^^ aitant ne 


[treB befi aa«ir. ^^^^| 


^H [tendrai 


IK Pero ^^ couûLBc damor ^^^H 


^^Ê Qftni «n mon cora ^* Lamarai 


Qe mo8 dans li ea ^^ sabor ^^^B 


^^^^H [a reacoe 


Cjaiço dont ai larg^r ^^^^M 


r * Cuieraoa donc — » t'scuU — ^ De 


UOB domna domna ^ ^ eaai — s ra- ^^^^| 


^^■"1^ — 'Mas il — ' cmnr qauinen — 


* Aisst— * qt^usui truep raocuroa ^^^^| 


^^-^ >• Cant - " mi — »*En ma cha 


nzo pDii; uoiJl — > > o donc — ^ ^ con ^^^^| 


— »* Oiiasi c. eu mo — k a Bnirai- 


*^ DcscBperaU — *'* Pois q^iu ii, ^^^^^| 


fn««Cf«bQr — *' Razos — " qeii — 


*^ iiiJ — 3^ meïuB — ^-^ aiLani r«- ^^^^^| 


croinL ^ 4> Qinï e m. cor — i' ben — j* c — *^ chnnmns. L. S. Aa dt ^^^B 


Piii V«ttfO CtirtiOTWmo : 


^^^H 


Monr cujei mas ester grat die uer ^^^^| 


Cat Mies ta ua trop mie 


]»caranà9L9i ^^^^H 


Ë tujei Tar creire ao 


qe ni^ ^^^^1 


Maa [Uf]f mon ^rat 


saueran mas ehâQ2os. ^^^^^| 


— *iiaim.iiin — ^* poîpia «[yn pauqel duchaiîflt* ^ "" NoU — " no. — ^^^^^| 


L.8.: Btiroigt _ sa q^u — " Qar 


qi trufp pueia ba? — *=^ maren — ^^^^H 


*Cif _ ji „ei _ SI dicua Uûk — 


^^^1 


^^ 


à^-^^H 









^^^H 


^^■^ 20a LE CHANSONNIËB DE 


BEBNART ÂMOHOS ^H 


^^^^^^^h Me ' presar petit 


V. Mae gûB oiant '^ per f)or 


^^^^^^1 5 E pogDûr A 


Nô uiraz " cbaDtador 


^^^^^^H En leÎB qe defen 


Maa \\ prec'i mon segnor^* 


^^^^^^P Zo qe men cauça uau fugen 


Lo '^ bon rei cui deua guit 


^^^^^^1 E ça qeo) fug (o/ 8 r°) eu 


5 Daragoti nian partit 


^^^^^^^^B uau 


Dira & de matrimen 2* 


^^^^^^^B AisO ' noiî eai casim puBca 


Per qeu chant tôt forse.da- 


^^^^^P 


[men 


^^^^^^^ 10 QetiÉeffîB noD puac ^ «neau- 


E al Beu bal plasen manda- 


^^^^1 [aar & fugir. 


[men *' 


^^^H |[|. Er auiâs grau foltor 


Non deuoa ges eei amtc 


^^^^^^^_ Qardiç aoL * p^âi paor 


[contradir 


^^^^^^^H Qer tan lem la dolor 


10 Qala enemix *' uei ï|ea fai 


^^^^^^H Damor ma 


[obedir**. 


^^^^^^^^B 5 Qai aom faî plua ardit 


VL Sai a laa dûlor de laa deoB 


^^^^^^H De mo»trar moû tal^n 


Vir la lioga lei oui mi rês 


^^^^^^^1 Alleiaqimfai ueUlardûrcoeci* 


Et enncrcGB ae mi degaa 


^^^^^^H Donc ai per paor ardimAn 


[acoillir 


^^^^^^^B Aiai cum cel qaeterB 


Qe mainç bo&s loca faç son 


^^^^^^^B |P°^ 


[rie prez audir ". 


^^^^^^H 10 Qe uai suis «atre 


VII, Bêla nftdîmanï ^^^ deu '" mi 


^^^^^^v 


[gard d0 faillir 


^^^^F IV. Pros donna cui ador 


V&a lei qâ fail uaa mi ^* aeu 


^^^^^^B Reataurax en ualor 


[1au«eB dir. 


^^^^^^^^1 Mi A iioetra laudor 




^^^^^^P Qantdui nem arredit 


(104 ic- 12)] 


^^^^^^1 5 Qar meraea en aoblit 


FOT.CHET DE MARSEILLA 


^^^^^^^^1 Mi qâus am ËDamon 


(B. Or, ISS, 2Î} 


^^^^^^^1 Qaicil qi eaboD uaD diaen 


LTant mabelie" Lamoroa pen- 


^^^^^^^B Qe ci'oi seruir faî mâU gen'^ 


[aamon ^ 


^^^^^^ Et eu qeus '^ am tant qe 


Qi aes ueogaz ^' eo mon 


^^^^B [dais noti 


[fin^^ cor aasire 


^^^H^ 10 Per mi & uob ueiasa ^^ biid 


Perq^ noi pot mil autra J 


^^^^^^^ 


[poDB " cabér B 

1 


^^^^F " Mi— ^ Entai qe sîm — ' Daiso— * 


pueaca — ^puesc — * aui — "' aaiçit 


^^^^H ^ " durmen— * noapot— *• Jauaor- 


- il ubJit— ï'diïi^n - i^ M/il serujr 


^^^^^1 fai amnir lan gt^n — '^ E car uon — 


*» Perl uos c mi içardalï— '• Neus 


^^^^^1 coifim — i^ Nn uonz — <* M. fir«s de 


— 15 SKignor — ^> Del — '" marri- . 


^^^^^ iii«n. -^ ** Mas al siou piaseu tnandaran ^ •!* enemica — ** oberir — ■ 


^^^H '5 VI.Mùfsan uaa \rtii uni teii corpen Lai an raimon bci-angier cui désir | 


^^^^1 hv car iier bo, iaU U mon chan auïir - 


- ïfi uaziniani — " dious ^ i» me,— 'B 


^^^^1 L. S,: ^" mabellis — '^ ponsament— >< 


uengulz— '* û m. li — ^^ nuls a. peut M 



^^^^^^LK CHANSONNIER DE 


BERNAHT AMOBOS ?09 ^^^B 


^^^H Ki &utre iois ' no naea dolç > 


Adç mer BembEftiiî'. ^* qd ^^^| 


^^^^B (niplasenz 


( partam Sgalmen " ^^^| 


' 5 Qadonc ■ iiiu sans qan raau- 


5 Perofliuaplaz^^qadautra" ^^^B 


^^ [cion* coneire 


[part m^ uire ^^^B 


^H B ËDamorB alleuia mon ^ 


Oataî *' de uoe la beutad el ^^^B 


^B [martire 


[dalz ^^^B 


^H Qeti* promet ioi iniiB(c/.8v'') 


ElbelBemblanq^monfoliâ ^^ ^^^| 


^^ [trop leu ^ duuti leu 


[mon ^^^H 


^^P Qab b«l semblant ^ ma ti aî- 


Poia partir mai de nos iiioa ^^^| 


^B [n^t loniamen. 


^^^H 


^Vtl. Ben aai q« tôt qan fatz e3 


IV. A to£ iora >^mea plus baila ^^^M 


^B [dreiz dïcd ^ 


[&. pltis plasen ^^^H 


^B Euqem puBC^** maiâ samors 


Per qeo >3 uotl mal al oila ^^^| 


^^Ê [me ^' uùl micire 


[ab qeiiH remire ^^^H 


^B Qblt '3 eflcien ma douât tal 


Qar a mon " pro n^ poi ^^^| 


^^P uoler 


[riea uêçer ^^^| 


^B Qe i» Don er uencuz ni el 


Et a moD ^» dan ucçan ^^^| 


^H [on ueQ 


[trop auptilmeu ^^ ^^^H 


^B 5 Vencuz '^ ai cr qauctr mî^a 


5 Moa dan ^^ qô es si nais ^^ ^^^H 


^^P [li con.^ire "' 


poâ naire ^^^H 


^B Ton ^^ suauet qar de leis 


Ans mee tan doh doaoa ^^^| 


^B [cm deztre 


(per qau ^° malOire ^^^| 


^B Noa ai eecor» " ni dallor "^ 


8i mauçiez " qe noua es- ^^^^^ 


^^V [qoq kten 


[tarib ^^^H 


^^P Ni dautramor nfi t^ii^c '^ 


Qar *'^ lo ineiLB daQ;^ uoatre ^^^^^ 


^B [auertaleti. 


[ser ^^^M 


[ m. Bona dnna. «ua ptaz «îo;. 


V. Per i;o ^B donna aoua am ^^^B 


^H [euffren " 


(Bauiamen ^^^B, 


^^■^ Del be" qenanoil rjfiii aoi'^ 


Qar ^' uos soi *' âaâ amoB ^^^^J 


^^^^B [del ma) auffrire 


[oba *" ^^^B 


^^^^V E pois lo maU non poira 


l') 110:4 tem perdrs & mi ^^^H 


^^F [daa tener 


[au puac ^^ âuer ^^^H 


^^B ^ Ni mais ueguna — ^ d tïuc — ' Cadoncs— '• sas canl: mazizoa — ^ al- ^^^^| 


^m ^ttja mo— *Oem — Mom ^ « Qap 


I semblan - * quant faz ea droiU ^^^B 


^B oiwii — i» leu q. puesc — '-^ mi — i» Cab — '= uonctilï ni recreieoï — ^^^| 


^B *' VencuU — "* sospLTB — '* Tf>l — 


lî socora — "* dalbji-a — i» puesc ^^^H 


^B *- aplati sial**uffr^ns — "i Imn — 


*^ sut — *^ aemblan — ^* egatmeaz ^^^^f 


^B - » plaU ^ "* .salUu — «1 Pflitulï — 


" Ij^ulat ei douK " ^ EiialVilis ^ ^^^^B 


^^1 — " qec iwrn — ^' plasenz — ** q« — 


*^ Car a m^m -^ ^* rit>n — -^^ K it] ^^^^| 


^B Oiicu -^ Il truep aolilmen— ^î dant - 


- ^" QP 30901 — 3» nadre— " donz ^^^B 


^B doiuba p^ qieu — *i maucies — *s gen — « Car — *^ er eisaameo — ^^^B 


^^K **^ '- ^* aauiameï — *^ Car — ** sui — ** amoa ûpa — ^ passe ^^^^ 







ïio 




LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS 



Eus cuid ^ noçer & soi ^ a 

[mi Qoaenz 

b Pflro mon mal ' noue aua 

(nofitrar ni dira 

lAoB al esgard jpodez * mon 

[cor de (lire 

Qar leuB cuid^ dir & erae * 

[men reprcn ^ 

Ë port nata '^ oiU uergo- 

[gna & •* ardimen. 

VI^ Trûp uûs aoi maia i*^ dOoa 

[qeu dA aai dira 

Ë aeu " anc iora Tui '* 

[dâutrauior luudire ^^ 

r^o DQGD pened anz uot^ ^m 

[per un eau 

Et '* ftî ppoat lautrui '* cap- 

VU. Cansoaâ uaa Ifii leu ua qi q6 

[aen '" aire 

Oauç naursti per lo meo 

[enciea " 

Laa aulTU '' d^naa a cui 

[^&u te preaen *•, 

VIll. Ë ceiftB trâa ual non mate 

[âftltraa '^cen. 

[105 e 14)1 
FOLCHET DR MARSËILLA 

(=B. Or. 155, 1) 
L Amor merce^' n6 mora (an 
[sotten 



Qs iam podeï uiaz*' del tôt 

[aucire 

Qe '^ uiurem faiz & morir 

[cûsecladame ** 

Et ecaisaî doblaz me ^^ mon 

[martire 

5 Poro Eueiz mort ** uoa eui 

[hom« " & seruire 

Ela^ruiBes meatniP* aitaoz 

IpluH boa 

Qe de nulaiitrâ auer rïc '" 

[guierdos. 

U. Perqes peccat amor ^" ao 

[âabçz uoH 

Si maudez poia ue« ^^ uoa 

[ùô maire 

Maa trop ^* Beruir t^ti dan 

[maintaa aaaoa 

E ^-^ si>D amie en pefd ^' 

[hom ao aui ^^ dire 

5 Qeus *^ ai oerujt & aaqer >^ 

[ûo meu uir« 

E qar sabôB qal gierdôa •* 

Ai pÊfdud *^ uoa el aeruirs 

leaiamen ^°. 

m. Mas uoB dôna qe auezmui- 

dameQ ** 

Forzaz *^ amom & uoa cui 

[Ut] deaire 

Non ges per me *^ mas pci* 

[dreit iausimen ** 



\ 



1 c^it _ î 9UÏ ^ ï moa mais — * eagart pod^iz — ^ Ar lows CQig — 

* aras î repen — ■ els — " iieff^ogne ^ î* niteila — ^' car — '• aie — 

!■ deïXfe — «^ car — '' laUfui — '^ Vas neras ten uai chanzona <p q*îs 

— 1' Car gaug n, segon Lo meu al bire — i* treî — " priîzen— '"Car 
ella< tî-ei uaJoD ben dautcas. — L. 5. : •' Amors inorcc» — ** podeti uiaU 

— " Car — '* faili et iiiurir muacianitin — ■* ilabladî^s ^ * meiti morU 

— *ï'tioïïi — ** âaruir mes cen mil — *" rks — '* Perqer peccatï amors 
^ ai uaa— »? Iro^p ^ " Qe ~ " part — ^* aiip ~ " ÊtJS ^ " ancat 

— ** sabetz q. gierdon — '" pt^rduL ^ *' aeruir eiasaiaen ^ '* au etâ 
ludor ualon '» " Forzatz — *^ un — *' chatiûmen 



LE CHANSONNIER DR BI^RNART AMOROS 211 ^^| 


<^ tôt plaQgeu - uoB pre- 


5 Ni qi mer Ra seu eis me soi ^^^| 


Igon mai eospire 


^H 


^ Ciea moD cor pi or qanueiez 


Qe ai >^ nô sab celar nô ^^H 


[lofl ^ oîU rire 


[ea raaoa ^^H 


Uu * par paor qeu nft * aem- 


Qel ■> eeloQ ce! a coi nO ea ^^H 


[ble noioB 


[nul ^^H 


Fart mi de uos e traie ^ 


VI. '"D&nalBncorqieuB ainous ^^H 


[mal eo perdos. 


(au« tôt dire ^^^| 


IV . Jâ non cuiçera * uo&tre cors 


Mas ço qeu Jais qeu ooq dio ^^^| 


[ojrgQîltos 


[pet- nonaet) ^^^| 


Poges al meu ' (ad long * 


Reâtaura? uqb ^^ en boua ^^H 


[désir aasire 


[entendimen ^^ ^^^^ 


Mail per paur non > feçefi 


VU. MoDB aimaOB diç '* qeu H ^^H 


[duD dan dos 


[sui ^^H 


Kft aue eu tôt mgb mal 


E mous toâtemps qe uaa lui ^^^| 


[trâJi '° detîire 


[aui gfetôB ^^^1 


^P& Ai qar uostroill qo ueçou 


Qar ^* tût mon cor aoo ^^^| 


(raonniartirc 


[retrac a el dos>^ ^^M 


*iadonc nagTAn il merce " 


^^^ 


[■ftd no men " [af : mon 


[106 (0- 15J] ^M 


[escien) '^ 


[FOLCHET DE MÂRSEILLA] ^H 


^B Li dolç esgard qtm fan 


^B [«embl&n -^ paru^D 


(0 f. 10 r") ^^H 


^B foT : Dan doU esgard si 


( = B. Gr. 15540) 


^■^ [ada datûor paruen) ^^ 


1. Oreu fera " duU hom fal- 


^^F - A uosuolgramoatrarlo mal 


[lensft " 


^^ [qeu Ben 


Sî tan temaea aon bon sen 


^B Etala autrea celar& a^c^'^dire 


Cum^ lo btaame de la ^en 


^B Q«t] ûol puBC pluB tener cela^ 


Qi iudia ^^ ab deacoaoia- 


^B [damen 


[eeû&a " 


^^^^ Ddoc mu ** DO sai cobrir qi 


5 Qtjii '^ Taill qar latg per 


^^^h [mer CQbrire 


[temenea »* 


^H ^ tta plagnjen ~ > Qel cor piora 


cam iieïL-s il^U — 3 E — ' qe noua — 


^H ' Kann tai Ais e trac — * Ane rnm cujei — ' Po^uw en mi — • Innc — 


^^ 'Pw«i paor no — *• Si cajaiia tôt mus maUraitï — i' CbÎbsî nagras 


[ BitCM— !■ ai doncnon meu — <» 


il uerio dû gut in là {c'cat-A-dire iés 


^H ••^mfrt dff* tfçrs 6 #T) ih i,. S. manca — »* Lo d e»gar qem fai Taerc«a | 


^H — '*si(!b — i* Qi sa — »"î raioa — 


** GiU — '» L. 5, fta <fueato ritor- 


^H wtfo dopo i'altro chi îêgutf *— '* 


sai — •* nosen — ** Ho^taurali o — 


^P " bon enUndtîmisa — ** Mâs □almanzditz — '^ E len totitempa c&v eu 


^ aï»n (ali gigaoB — « Car — " ad ambdos, —^L.S.: faira— »• faiilenia 


L ^** con — 3! Qe iuUa _ 3i déco 


lûiaacnaa — ** Qieu — '* temeiJîa 



2X2 



LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS 



Del blasme descûnoisR^n 
Qeû ' contramar ' do men 
[preo 
Qaatresi ^ uoz trop aurren- 

Cam leus ** cors s&s rete- 

II. Qar ^ en uostra niaotenenaa 
Me aÙB «mors franchamen 
Ë fûrsi uior^ > ueramen 
Si tij> * fOB ma coDoïfi&ei)4H ^ 
5 ûonc^<* QOQ uinz maie pti- 
[uensa" {al' ; credeuLea) 
Qeu « manu euro aoiP^plaT 
[gnen 
Ni mora oîmaie ** ta «oett ^^ 
Ë mas cbaaaôa'* q&n par- 
[uensa 
Naiiian mè de ualensâ ^^. 
lU. Ni iamercefi do uoe ueaea'^ 
Par DÛ qeu nâ lai attoa ^* 
Ad£ meslarai plauaûseu 
Sea uos poê taut " uoa 
[aieDsa ^^ 
5 Pfwiï ** de bella capte- 
[nenaa •* 
Seu pnsc en aiaoD Deoten '* 
E cil stiffran^* lo tormôD 
Qi**fan ptfr fol atendensa^^ 
Aai&del peccat pea^dûnsa^B. 



IV. Maa eu " aaia pliaensa '* 
Tant 3' qant amei foUamân 
En aiço qom " uai diaeii " 
BcD feaia qi roal comeosa ^* 

5 P^r qeii*^ auîa eiit«odeaBa>* 
Qe per proar edod taleti 
Mag lez ^^ mat comeusa- 
[tûôii " 
Mas er comïac a presenaa '* 
Qe toz ^" tcps magra te- 
[lïâiisa *^ 

V. Sim de^ra£ dar guîrenaa 
ijar mielz ** (a^* : mais) ga- 

[zagna & plus geo 
Qâ donaqaiââl *^ qi pren 
Si prez na dl baouolenaa ** 
5 Mas uolta ^s os en lûl te- 
[aenba *■ 
Vostra fara & eu ûîëq 
Qom ^' U08 Bol dar er *• uo8 
[ueD 
Mas ^^ lais meti qeu ai aa- 
[benaa **■ 
De mal dir A absteaetlia *^. 
VL NaioiaQ ^^ al uostre aec 
E de tûç " tepa ûîssaxneD 
Mi ten^ ducnors qe par- 
[ uensa ^^ 
ËD faix ^* mae pauc uoa 
[ageQEta . 



I 



* Qfi ^ * conlramors — * Qeiasamûn — * iruep aufrenzâ -^ » Con lou 
^ ■ Car — 'fora morU — * ao — ■ conotsentsi — *• DonI — '^ credetiiia 

— '"^ Qlei) — " con sueil — i* muer hoimais — *' suuen — '* chatixos 

— '' Ntturian mein de uâlenza — '* uensui — '■ car ieu non laten — 
• tan — *' aienita — •• fran» — *3 captenenia — ** Sieu puesc en «iio 
metitôn — '* ^uflrun — •s Qe — *' alendenia — '• pecchat penedcnza 
^ « ieu — 3" crcKenza — " Tan — " eom — '> dizen -* 3i caniËnzâ 

— ** (peu ^- *• enUndenKa — ^* Mac sts — ** comeny^men — >■ ar co 
nOBc B prexenzii — '• loti — •' magras tcneDTjii — *^ Qe maia — *' qe cU 

— " Cel na gret ni beuuoleDKa — ♦* uout — *'» uillenenia ^ *^ Com 
— ^ *• nr — *• K — ** qieu ai ^abeaca — '^ ustûnaasa — ^ Naiimaa — 
•*K en toti — •* Dei esUr damor qe parueuzd — "& faig 



■ LE CHÂNSONNÎBH DE 


BERNART AMOROS Ïi3 ^| 


W [107 (c- 16)j 
FOLCHET DE MARSElLLA 


III. 


MaB trop ma ^ adirât atnors ^^M 




Qar [aV ; qaat) ab nierce ^^^ 
[«en > deaaue ^^| 


1= 0. Gi. 15:., U) 




Perol miels de mieb q« hom ^^| 


I . Mont i fez grau peccat 




^1 


[amora 




Mi dons qe ualmais qe ua- ^^B 


Pois li pLac qea mËçoB en me 




^H 


Qar merce ddd aduis ab ëg 


S 


i Eu ^ pod leu far acordameti ^^H 


Ab qe eadolçea ma dolors 




Qar maior na fait per un ^^H 


5 (o/r 10 tî*) Qamor perd gcm 




[cet. ^1 


[Dora el deBHiein 




Qi uau cum la nsiia d calora ^^H 


Et fia deaamor phuamen 




Zo es la blaaqeasa el colore ^^^| 


Poifl raer&ea noi pot far so- 




Sacordanten îei semblaEjz es ^^H 


[cors 


10 Qaiïiors al Acord & ' iDerce$. ^^^| 


Per qol fora prez & honors 


IV. 


Ealera ^ oon pusc dnrar ^^M 


Pos il uûl uencer totas rea 




[amora ^^H 


lO Qima * uez la u^nqeâ mer- 




E no Bai cosi eendeue "^ ^^H 


1 [ces. 




Dq mou cor qaiaBÏ ua aï^ua ^^H 


Hl . Si ' Duua ueuz ueucu^ aoi 




^H 


B [amom 




Qe rc non parqe naia altorA ^^H 


H Vélicer ùOQS pusc ma« ab 


5 


Qar si beus es ^ane eie&a- ^^H 


H [merce 




[meu ^^H 


H E BËDtre taDK (a/'; cenz) 




Podez en mi caber leumen ^^H 


B (mais Dâi un be 




Qoa^^deuezîg uoagranB tors ^^H 


H Ja nous er dans ni deso- 




Eu un pauc miraiJl eP^ tar- ^^M 


[nors 




[gors ^H 


^ Coidaa nos donc qeua estia 




Es diiLz ^* (aV: En sui) tan ^^M 


B [^^ci 




grana qe aiuQ [plaguea ^^H 


H Qir mi fiiii plagueP tan 


10 


Enqer neia i caubra ^^ mer- ^^H 


^§ [aoen 




^^1 


^^^^Ani eo uat in«Ds iiostra 


V. 


Mas non pod eseer poa ^^H 


^^^H Ilaitdorâ' 




[aïDors ^^M 


^^^Wera malâ me fora dolçora 




Nnn^^uol oi m i doua aocre ^^H 


^^^Rol ^ lanUam n cui me sq 




Fera de mi dons n^ aai re ^^| 


[prea {«/' ; tes) 




Qanc tau non meti folU ^^ ^^^ 


^ lO Me pleiOB nserceia merces. 




[follora ^H 


n qtt 


!"//{) è seûfitidô the gui itiranno ^^H 


K «fffnalr per mtmeri (1 : 1, ïï : 5. lU: 


2, IV: 4, V: 3,Vl:fi)— * Suna— ^^ 


■ ' Sar ^ 1 „aîf,p^ _ * Ri _ 1 n,o3 _ i 


si — 


- ' En — * al) ' > OeaLiers — ^H 


1 '*»8Wlwe — ï< q. la en se — i* Gos - 


. 13 


eu — i« es ins — ^^ faubria ^^| 


H -'*î;on la— ï' DomaSolUc 


L 


J 



21 i 



I>E CHANSONNIER DE BERNART AMOROS 



5 Qeu lauçes dir mon pensa- 
[mâu 
Mas cor ai qeis capte! ' {aV : 
çabdel} sibaoïi 
Et * ardîraen qe toi paorB 
Pero âaperar* fai la flora 
Tornar* fruité damorBim* 
[pea 
10 Qesperau l&uenqea mercea. 
VI. Trop [aV : Mal) mi soi gar- 
[daz par no aen 
Qa mi eiB ma emblat amora 



E^ qeta estorç * de sas do~ 

[lors 

Maa dir pusc q«u âta m& aui 

[prea 

5 Neaa nomÇ a ualgut* mer- 

[ceB. 

VIL Naimaiiï lo uoatre a«corfi 

Ara et toat t^ps uoiJl b«ii 

[aillo» 

Maa aiçQ oqu uoil eapsac 

Qanc qar ueii no lo aap 

[mGr[c]âB. 



(A sut'&^p] 



Ë. Stbvoel, 



' capdel— ' Dfll — ^ esperan — * Ucmr — '■ wm — ■ Ar qur uBÎorl — 
7 Pois qe nom u&l dreigt ni, 



VIEILLES PRIERES ALBIGEOISES 



^ 



l]jr a quelques soixante ou qiiatre-ving-ts aas, on chantait à 
l'églîae de la Madeleine (Totral ponf, a Albj, une prière 
palûiae, VAlltre dai Paradis^ qui paraît avoir eu longue 
ïûgoe. Elle alternait avec tles IVoëh dont on n'a pu roe donner 
qQ« des brib^a et qu'il serait intéressant dû ootnpiëter. 

Tel ce /Vo^/ du Mirach du Semeur ou de La Menihe et de la 

Atbalf abal, dedina aquaLo coanaba 

Y a ua boujë que ëemetio de blat, 
Al aûijRQ dal Jeaus, 

Y a un bouy^ que semeno de b)at, 



Bajquerre ta d<ïlhO| boun ome, 
Toun blat ee madcr, trezenat. 

Al noum dal Jeeua, 
Toun bUt e» madur, trâzenati 
Jeans, Maria ! ^ 

^ Koûi, qui se chantait lu jour de l'Epiphanie, a un grand 
•if de reasembîance avec le Noël des Laùoure74rs reoueillî par 
M. Smith dans le Volay et le Forez, et publié ftar la Romanis '. 
Od peut encore là comparer à c&ax que cette Revue des 
f^gites Romanes u édîtéa ^, ou bien à ceux d'Arbaud *. 

Lès Albigeois chantaient encore : 
Jandot, pren ta museto, 



' Id-ba^, lâ*bas, dans cette combe — il j s un bouvier qui sème du 
Ui, ~ a^ nom âo J^aun^ — il y a un bouirier qui sème du blâ, — Jésus, 
llsnol 

Vacliercher ta faux» brave hommft, -^ tnn, hl^ eslmrtr, trop mûr, — 
in nom de Jësus^ — ton blé C3t mûr^ trop imlr, — Jiiius» Matïe I 
1 Vil, p. 4m 

* %' Bérie, loin. XI, p, GH et 4- aér. \\, p. 378. 
» l,p 33-11, pp- 235 et 245, 




£16 



VIEILLES PRIERES ALBIGEOISES 



E tu toun tambour^ 
Marti*. 

Ce Noël, dont je ne connais que ces trois vers, rappellô 
le rjthma de la chanson bien connue dea lecteura de cette 
Revue - 

Haatou, que l'amour meao, 
Tîro tonn capelet 

Berouiet, 
Ht n'aurafi per ta peno 
L'eetreno d'un poutet 

Doucet, 
Janti pâatoureM '. 



1 J^indott prends lii iïiu5elle, — cl loi Ion lûmlnoutin, — Martin. 

ï Voir Lettre des a rais de la Ckjnstilulion d'Amen à Grégoire, Cf_ 
auHâi HûdmgitdE!, Recueil de pièces en langue romane ^ manuâcriL 9^ 
n- 150. 

Voici un PaHourèin albii^*;oiflB, composée sur re joli rythme : 



Amoun, sus la nmuritagnn, J 
Lou9 pastQurs aou jouyous» > tis. 

Tendrons; y 

Gardoa louri^ bprbjnetoa, 
Loua pitious a^neloitii 

Tpndro«3, 
Dins Ua hëlos sasoua. 
Bcr^Aro, ma bor^éra^ J 

T'en fario dous poutous J 6*j, 

Tendrous. \ 

— M^ii&sbôlos doQtaçnoa^ 
Sie;râ du i^ado coustat. — 

Jutsat ! 
Se jéu ai refusât 1 



Masquant yiu la rencounlr), i 
1 l^bi uiDuri burr^t ^ bis, 

Biulct ; ^ 

Y6u i jo^ui un aire, 
Al soun dai Ûajoulet 

Sauret, 
Jo^Oj paslrmrelet- 
M^s tiïuto la n«ytTolli 
Altour de soun ouslal 

Payral, 
Kt jmnal ]rèu ttoa podi 
Coanienta motin penchant 

FatsL 
Mourirei yéu aUL 



Lâ-hsut, aor ta monlagne, ^ Les bergers sont jojeui, ^ Tendreté ; — 
lU gardent leurs brebis. — Les petits agnelet» — lendrets — Dans Us 
belles saisons. 

Bargèro, ma bar^éret ^ je te ferais duui tiaisurs^ Tondrets. — Maia 
à belles doutainea, — Six de chaque oôtcî. — Jug^ez I — Si moi j'ai refusé 1 

Mais lorsque mni je la rencontre,— -Te lui lève mon berrel — Violet; — 
Moijfl lui joue un air — Au son du flageolet» — Blondinet» — Joue, 
petit b&i*g«r. 

Mais toute la nuit Je rode — Autour de »a maiaoTi — Paternelle — >] 
Et jamais Tnnj j« ne poux — Satiafat» mon penchant — FataL — Je! 
mourrai^ m'>i ainsi, 




VIEILLES PRIÈRES ALBIGEOISES 217 

Ua chantaient aussi : 

Derebelho-te, Gnilhot! 

Pren l'eaclop, 
Bay te n' querre ua pauc de fioc ^ 



Oïl Ton trouve la patriarcale façon de rallumer le feu employée 
par nos aïeux qui ne connaissaient, en fait d^allumette, que 
le tuquet *. 

00 bien encore ce Noël qui ne manque pas de parfum 
local: 

Béni, Marioto, 
Per bese lou boun Dioua dal cel; 
Béni, Rousoto, 
S'ou dis Pangel. 

Et meno donne Madoloun, 
Catin, Angèlo, Marioun, 
Et daysses pas TAnnoto 
NiMargoutoun, 

Meno l'Andribo 
Touneto, Clèro, Janetonn, 
RoBO, Matibo, 
Trèso, Cleroun. 

SioB pas magagno ! 
Fay donne balo toun flajoulet 
Dins la campagne 
Per Nadalet ^ 

U Noèl des métiers n'était pas inconnu dans TÂlbigeois ; les 

1 Rireîlle-toi, Guillot ! — Prends le sabot, — Va-t'en chercher un peu 
de fea. 

*Tige de chanvre dont rextrérnitt'î avait été trempée dans du soufre. 

' Viens, Mariole — Pour voir le bon Dieu du ciel; — Viens Rosette, 
— Dit le petit ange ; 

Et amène donc Madclon — Catherine, Angéle, Marion, — Et ne laisse 
P«» l'Annelte, — Ni Margoton. 

Amène TAndrive, — Antoinette, Claire, Jcannetfn — Rose, Malive, — 
Thérèse, Clairon: 

Ne soit pas mazette — Fais donc valoir tnn flageolet — Dans la cam- 
pagne — Pour la Notil. 



ÎÎ8 VIEILLES PRIERES ALBIGEOISES 

strophes qui suivent, tout incomplètes qu'eilea soient, i^- 
pellent le Chani des métiers, reoueilU par M- Smith '. 

Abej QB aftâcut Nadal 
Dîna un tant poiiht ouat&l, 
Dîna iiito crambo tapïs^ado, 
T&piHBBdo &.mé de paillô. 

Chut! chut*î 
Que l'cfati dort; pas tant de t>rutl 

Va mounge escarrabilhat 
Ben canta ; MugjiifieaL 
N'eu D^utabo trop la noto; 
Sant JouB«p rattrape» p^l la caloto : 
Chut ! chut ! 
Que l'efan dort ; pas taut de brut 1 

Un meDuaiè ben CBprè^ 
Pflr i fayrc uo jiitioiii brés ; 
TuBtabo ammé rarruiaeto. 
Soût Jouaep lattrapo par k bouQâto 
CbutI chut! 
Que Tefau dor ; pas taot de bmt. 

Va CDurdouuiù hetk espréB 
I faire piliouB souliès. 
No lustabg la aemèb. 
tiaat Jiïuaep Tattriipo pêl la ^aaèlo 
Chut! «hiit! 
Que Têfati dort ; paa tant de brut ^■ 



» Romania VIIÎ, p. 417. 

* Cfl chati chutl me rappulJti uD« vieille cliansoade mon enfance, dont^ 
quatra vera aeuUtoBût sont restés dans ma mémoire : 

Chut I chut î chut r 
Qui* hâ cal pa^ dire, 
Cbutlïhutt chut! 
Que la gato put. 

a Aujourd'hui «si né Noël — Dans une Uni juJie raaiaon — Dnna nn< 
chambre tapisséts — T^ipiasêe avec de la paille — Chut î chut! — Quo, 
l'enfant dort; pa» tanr de bruit t 

Un mome^eiktil — Viaut chanter Magnificat — U levait trop haut lat 



VIEILLES PRIERES ALBIGEOISES 219 

Le chAnt de ces Noëls n'allait pas aans un certain ci^rémo- 
nï&l. La chaDli^use^ chef d'archeâlre, — Margoutou de Guilhem 
queeertaina Albigeois ont connue,— le chapeau de paille 
âorlâ/oupt\ les pieds sur le toni, s'assevait sur lâa ma.rches 

(de la chaire et entonnait le Noi^î. 
I Mais le triomphe de .\faryoutou de Guilhetn était i'Albre dal 
f*<imiis. Je dois la copie de cette vieille prière à la eoUabo- 
7*aUou de deux Albigeoij albi^eoîsantâ, M. Gabriel Soulages, 
pour qui la bibliothèque de Ro<:heg:ude n'a pas de secret, et 
M. l'abbé Rey, curé de Saint-Urcisse. Malgré cette double 
colluboratioa, nu vsraet tout au moins a dû rester au fond de 
moD encrier; je n'en connais que le premier vers : 

Aqui Jesua, (ou boan Jeaua. 

Ce chant a une forte couleur provençale et je ne ser&ts paa 
étonné qu'il nous aoit venu du paya oii souffle le mûtrau* 
irbaûd en donne plusieurs de même nature , construits, 
coaune PAlbredal Paradis^ sur une rime en ar * ; d'autre part 
k /fomanw * cite un chant du Velav qui est lu traduction 
pM8f|Qe texttielïe de VAlbr^ dai Pttradi^ albigeois. Saint 
Micbel y remplace saint Pierre : 

Eu Paradis est un arbre. 



Saint Michel ^ât à la p^ioU 
Qui compte les kmen passer 

CdfELït de géographie des vieilles prières est à noter. 
Voici, sans plus de commentaires 



'ï— SaïM Jof^epb l'atlrapL* par U calotla.' — Chut I chuti — Que 
*ftfint dort: pas tant dy bruit! 

Bam^auijier Tient eïprC's— Poutlui faire un petit bûMcaa ; — Il frap- 
pât iTec l'erminolle. — Sainl Jg.Hpph raiirnpti par 1« bonnet : — Chut ! 
dintl ^Qae r«nfanL dort : pas tant de bruit ! 

Cn coFdonntvr vient esprôs — Pour lui l'aire de peliLs aouliers — Il 
HpptiïÏA aerneile; — Saint Jtt^iph Taltrape par h's baaqni«â : — Cbut! 
thifll — Que i'enfanL dort ; pas tant de bruit. 
' â^ftede coiffe sftprnnt In tHe] uliu n'a pus compk'itimenldispapa, 
* TbcBA I", pp. 23. 3a, TjH; uimfi II, p. IE>. 
» Vûl. rV, p. 437, 



itù 



VIEILLES PRIERES ALBIGEOISES 



L^ÂLDRB &A.L Paradis ' 

Nostre Segne dous ospèro [bis) 
Sua laribcto de la tûat^ 

Jcsua ! 
SuB la ribeto <le la mar, 

JeBas ] Maria I 

A son* pèe aus 1a peyro freaco (bis) 
Et Bas mafiotoa sus l'autar, 

JeauFT 
Bt aaa maiDoloA sua Tautar^ 

Jovusl Mariai 

Aqut *B preste a CâQtar mesvo ; (bU) 
N'a pas digUB per Tajudar, 

J«BDB 1 

N'a pas digui» per l^ajudar, 
Jeeiis! Mariât 

Y a pas que aa bouao mayre (bis) 
Que itx cap» yî bol Ubar, 

Je«us ! 
Que La capû ji bol lebarg 

Jeâua ! Maria! 

Laissas, layssaa, ma bouno mayre, {bis) 
Aco n'et) pas a boua a far, 

J 69 us ! 
Aûo n'es pae a boue a far, 

Jâaual Mariai 



L'aRDEE du PAAADia ■ 

Nolre*Seigii«ut noua allend — Sur la rive do Igi niflr» — J6swBf ^ Sur 
Il me d*lis mer, ^Ji^^usl Marie I 

Il A ses pieds aur la pierre froido — KtsoB ptetites mains sur l'Autel, ^ 
Jésusl — El sea petites mains sur i^auUJ, ^ -h^sus! Manef 

Là^ il est pF'ét à chantop mea^e; ^ Il n'a personne pour rairlor^ — 
Jésus I — U n'a peraonnii î>oiir l'aidor^ -- Jj^hus! Maris 1 

11 n'y a que sa bonno raôrd — Qui la iihane veut lui l#Tor -^ Jcï^ua ! 
— Qui la chape vaut lui lever, — Jùsaa! Marie! 

I^aÎBsez, laissez, ma hofifis luère, — Cu a'iï^l pss it vous j []e] faire, -~ 
J6avil — Ce n'est pas à tous à [lej faire» — iTésuaî Mario I 



VIEILLES PRIERES ALBIGEOISES 



££L 



Yi calâno un clerc d'eâcolo [bis] 
Sâpi«tit a legi «t couQUr, 

Jesua t 
Sâpieut a legi et çountar 

Jmus t Maria ! 

Al prep de Diûus naaquet un aîbre ; [his) 
Jftm&y digus n'a bUt aoun (lar, 

Jetuat 
Jamay dlgns n'a bUt aoun par, 

Jésus 1 Maria ! 

I,As braiiqaâtoft s4a eo ibûri (Ai>) 
Et LaB reilhetoA d*argeii clar, 

Jésus ! 
Et las feiihetoa d'argen clar, 

Jeau» I Maria ! 

Loa gratïd sanl Heyre ai a la cîmo {bis} 
Qu'agajo iaa anuoa pâBaar, 

Je«UA l 
Qu'agajo las artnos passar, 

Jaaus t Maria I 

De dons camis qu9 yèu non aabi (Au) 
LouH bol) toutis enïiei^nar 

Jeau«! 
Loua boli loutÎB ânseigaar, 

JéBUB ! Maria! 

Las j an tiro deboB glori {£>xj] 
L'&atre tîrQ bas glona, 



n j faudrait mi clerc d^cole — Sayant i lire et compter ! — Jésus ! — 
Savant à lire et corapLer, — Jéaust Marie! 

Auprès de Dieu nflfjuit un arbre, — Jamais peraonno n'a t« hqii pa- 
reil: — Jésus î — Jamais personne n'a tu San pareil^ Jt^sus! Marie. 

Les liantes brsncbea «ont d'ivoire — Ei len petites feuilles d'argent 
êlatr, — Jésus 1 — Et les petites feuilles d'argent clair, — Jésus ! Marie î 

Le gr^nd saint Pierrft est à la ciin» — Qui regarde les arnea passer,— 
Jèsoil — Otti regarde le* âinaa paast-r, — Jùïuh! MaHr! 

0» dcui chemins t\\xe je connûia ~ Je U'.s veux tous ensei^'ner, '- 
J^sua? — Je tes toux tous enseigner^ — J(*su?t Marie I 

ll^las! l'un tire vers gtori — L'autre tire vor» gh^in^ — Jésusl — 
L'autre lirij Tara j/orirt, — Jésusl Marie I 





9tt VIEILLES PRIERES ÂLQIGEOISËS 

Jektifit 

L'autre tifo bôB gloria, 
Jesuet Maria! 

Cette vieille prière est incomplète ; on ne voit pa& la tran- 
sition entre le âiziéme et Je âeptième verset. Malgré cette 
lacune, elle ne manque ni de charme, ni de naïve poéaie. 

Les prières qui suivent rappellent, par leur découaUf les 
prières picarde*, recueillies par M. H. Carnoy *, 

PATSR LOU (ÎRAND ' 

Pater lou Grand, 
Vèu me eesisus âabaac. 
Un joiiD qu'agajèri 
La Gleyso-Croutfi bajèK. 
Qle^ao-Ci'ouU, aBaieto-aoas 
Coumo faguel JésuB per noua. 
De sa car nous incamet ; 
De S0U4 osses nous ousset; 
i)e BOUQ gaug nouâ abèureL 
TreH ealeloa ûoub mouslret: 
Utio aant Pe^re, uao Bnût.fan, 
L^Autro ta j>orto dal paradis. 



LA asRBS-nious ' 

La Berbe-Dioua 
Coumande eu Diûua! 
Coumftafle en ûcua, 
Sanla pero glouriou«! 

1 Rômatîùi, vai. VIII, pp. 25ft-259. 

PATHR LB GRAND* 

Paîep le grand, — Moi jo ro assieds sur un banc. — Un jour que je 
ro|.'BrdaJ [aiteiUivumaiiL] -^ L'Egîisie-CrQU ju vis, — Egh^e-Croii, asstati;- 
nous — CoiiifiK' fit Jésua pour nous. — De aa chair, il nous incarna -, — 
De Bos oa, li nous owifia ; — De son sang, A nuu? sbreuTM ; — Troîa 
iïWil(»3 U noua montra : — L'unu âaint Pierre, J'auUe imii Jean, — 
L'autre la porte du Paradis. 

LR VBÎlEIB-DaU ^ 

Que la Verbfl-DÎGU — Commande on Hhn 1 — 4Qu'<jIie commande en 
noua, — Sainte pôce gtorieui I — VÎTona^ fleurissons I — La Votbo« 



VIEILLES PRIERES ALBlftEûlSES 



££3 



La Uârbe-Diou9 noua becdaban 
Ame sûiiû aang escampat 
Etau plagog detuoustraD. 
SftDt Peyrti i ba ctire ; 

— Agar&Ut SeigDou I qu abeU que ploures tant? 

— Ytiu n'ai b^ a ptoura ; ai lua mort que a'approtso tant ; 
N'ei tr«s de roa coumpa^no que m'appelou fautuart. 
L'un es ÏOMJxLge., J'autre lou baratau. 

Abal, abal^ ya du plajiqueto 

Qu'ea pas ni larjo m eatrejo. 

Aqui loas salbaU paasarôu 
Et louE damnata al cap demuurarûu, 

Aqui qmrdarûu : 
mauD dibin Jeeui I que noua autrea siaci estata 

Que laBfirbe-Dioua n^ajea pa» apr^a^ ! 

Se la Berbâ-Dîûus eabieo 
Sua a^tielo ptanqueto paaaarien. 

Qni nou la sap aau rânneif^DO ; 

Un joun aoQD cor pago la peoQ ; 
£t qui Dou l'eoteD dir< ooa rappren ; 

Un JoaD aap coiiasi «'en pran. 

LOU SALirr DK pioug > 

Ivûu aalat de Diooa ea bel et poaLiL 
Pajre da) céï H de la t«m>, 



^ 



aooa Tient deTaat '— Avec »oa sxog r^pando — Sll a«i 
BMUiftaL — Saial PierT« lia va dire : — H«^ardaa. ^«^ll^w I 
^fm ^e roua pleoriei laiil ? — Mot, j'ai b^cKi [-icpi niaonaj à 
J li ai» mort qm s'ap^^tocbe UaC — Il 7 en a trcu d« ns 
fui mippelLoU fvutumrt ;— 'L*an «al 1« j«f«, Tavln U liildcvr.^ 
l^bis, a 7 a |iiB p^ml iaia d*)aBa plin gfc cOa — Qwi s'ot ai 
éthiite.— Là las «a«T«« paawronl — Ba lc< JHMtix fca^ 

- U Uf chemit : — «Ma 4ma J4»tt. ^k Mfoa astraa 
*U [nul iu^kuéa] — Qmm la Teata^Diett »o«t a'ajwat paa 
Si h Verbe-Die« mon arnaaa,* 9w c«lla plMclMUa m«i 

- Celoi qui ne la aait mt rasMifBa — Oa ^aar aa» <4Mr p«i« 
Rt qui M r«amd tfva m tafftwmà : — Utt Jimt â 

i'j prend. 

tas aujot «c m«b > 
U taltti de Uk9 «A Wm H r^ ^ Plra 4a «M «I 4a la 
Aixui l£ AU de Diatt a'aaMMa — i« 



Qa 



-U-hai, 

laff c ai 




224 VIEILLES PRIEBES AF,B1GEÛISES 

AjUl loti ftl de DiouB 9'appelo. 
PâBsèri per un camp âount ; 
Aqu) bGJèri tant d^ametos r 
Dos pel fioc, dos pel Tajgo et dos pel la carrieiro, 
La mnyrâtû de Dioue touto lajjrumieLro. 
— Que fas6ts aqui, ta iiiauno mayreto ? 
^ Yèu âoii aqai àa gmouillouâ 
Per abe pietat d&s paurea pecadous. 
Y n'a pas cap, pitioti ni gran, 

Que nou jure mae plagoa et qn& renè^e moun aang. 
fîeflouriren laa bignoa» degraDaren lous campa. 
Mes a qui dira lou aalut de Dious très copa Iqu joiio. 
Très cops la neyt, laa portos de Tinfer eerùu 
Tampados tit las del Paradis aeràu dubertos. 



Les éditeurs des contea populaires adoptent généralement 
une orthog^raphe ausat repréî^entative que possible du son des 
mots; ils écrivant autant pour Pordlle que pour VœU, Si je 
n'ai pas cru devoir les îmiter, cVst parce quo l'école féli- 
bréenne a édicté une orthographe ûfâciâllâ pour la latiguQ 
d'Oc et qu'il est de boa e^tiiuple île se montrer reepecteux des 
règles poiées par lea maîtres. 

L'école Qëo-romane représente le Xf qui sonne comme le Ç 
grec, par ;, ^, is, r/^, suivant les cas. Jesus^ bejeri^ legi^jamay^ 
ginouiilouSf etc., etc., &e prononcent donc Tsesus^ àetsm^ 
ietsi^ tsatnay^ tsinouilious. m 

J'aurais aimé trouver dana la grammaire des félibres ua 
signe orthographique quelconque pour représenter la légère 
mouillure de Vs de l'article pluriel des deux genrea, <je> 
adjectifs poâsessifs, des pronoms àous^ nous^ las^ hus^ immé- 
diatement âuivis d*un mot i^ui commence par une consonne. 
Dana TÂIbigeoLa comme dans le VanraiB, sur les borda d 



je Tïs tatil de petites âmes ; — Dooi dans le feu, deux dans l'eau 
duui sar lu cbeinin, — La peLïte mtra de Dieu louLe la première, — Que 
faîlea-TDUs lài la mienne potile m^vn? — Ja suis Là a genouK — Pour 
avnîr pilic dt^a pauvres [a'-diflura. — Il ti y en a aucun, pelîL ni yrand, ^• 
Qui ao jitte [paij mes plaie? tL qui nu renie mon sang, — Nous défl 
rirons les vt^nc», noua 6<;rt<jicrD[u-( [ci cliatiips. — Mais ù qui ilirj le salu 
du Di«u trois foiB lu jour, — Trois fois la nuit, les portes de Féal 
«ûroat — Permâes, ot coUea du Paradis s^roat our«rt«ai. 



] 



VIEILLES PRIERES ALBIGEOISES SÎ5 

Tarn comme sur les bords de TÂgout , on prononce lai 
manotos, lai feilhetos, hui boli prene, sont drolles^ sai droulleioSj 
botid bmi dire, nout disio *. 

Il 7 a longtemps que la Revue de$ Languei romanes AsignaSé 

rimportancedecefait philologique ; Je Tai moi-même signalé, 

en 1896', dans le patois de Lavaur. On peut donc englober le 

Tarn dans la carte géographique des pays de langue d^Oc où 

Ti final, dans certaines circonstances, sonne comme Vt\ 

Au g. Vidal. 



' Ftil à noter: la mouillure n'a pas lieu devant c et p; on prononce lous 
^ie$cal ana querre, las craboSt lous ou les carrett^ sas cambos^ sous 
fousis ; sous pés, las pïuzes, mous perpits ; de-v&nt /, la mouillure de l'if 

^ se fait sentir que dans le féminin. Prononcez: lai lauzHos et lous ou 

l^leirrautSf lai lampos, lous lansols. 
' Voir Reemedu Tarn: La rue Jots Ayguas, toI. XIIL P- 4^- 



15 



LA CANSOUN DI FELIBRE * 

A.-N-AKFOB EÛQUÊ-FBRRIER 



jin' p iç B j \ i.i,^ ^m 



Sou - lo lou grand céu blaac, l'ûun-da - do ne - gro 



i 



:?^ 



ML 



i 



Îï: 



fcrza: 



S3t:B: 



i 



Mi-ralo en 

3= 



bar - ru - lant 



^ 



:^qt 



!a lono a - le 



g^'o^ 



= 3=:^==: 

J^ ^ ^^^ 



f 



K=Ç 



ï=p: 



Ddo gna-lLço A-Ti-gnoun, Parlais e toor^ri-houn 



^ff 



Pan de den - tel - lo djus lia es - teJ-lo. 



Soato lou grand cèn blanc^ 
youddado nôgro 

Miraîo, en barrulant, 
La luno alagro ; 



LA CHANSON DES FÉLIBRES 

SouH le grand ciel blauc^ Le Ûot aombre reÛtïte, en roulant, W\ 

* Nous donDona, avec musique, ces deui cbanaons d'Aubansl etd'Ar- 
navielle, qui ont été fréquemment chantées dticsnt les félaa du JVcti/*- 
nairç. Il j atira d'ailleurs 4}u«lqiio inlérét pour Jea romanbles à les 
comparer avec les chansons dans iesquellea Pierre d'Auvorgnû et le 
Uoiaû de MonCaudoQ paAieûlen reTue lea poâtea de leur tempt. 



LA CÂNSÛUN Dl FELIBHE 

Dôu gotitique Avignoun 
PalaU e tourrihûon 

Fan de dentello 

DIqs lia estâllo. 

Âvif Doun, grasiha 

Quand escandïho, 
Tambén de fea que Ta 

Lou Jour âouQailio ; 
Mai, s'acampo au soulèu 
Si gai felibre, lèu 

Ks dj cigalo 

La Capiialo» 

Li crêBien touti mort^ 

Li vi6i Iroubairô ; 
Li fiÂu an Teatrambord 

Mai qae ii paire : 
Veici lou graod Mistrau, 
Jamai la^^ jamai rau, 

E RoumaDÎho 

Tout armounlû 

CroQBÏllat e Tavan, 
A Taubo primo, 

CoDireguèron davan, 
Gerçant li cimo ; 

Ëro UD béu matm, Gaut 

Cantavo coume un ^au : 



loQejûjeufle; du ^othif]aû Avignon palais et tourdlea font dea den- 
telles dans ka âtoiloji. 

Avignon, grillé 4e rayons, tout de même quelquefois, le jour, 
^i^tû«tlle ; (uaîs, s'il aseeniblfj au soleil sea gai» félibroa , vite il de- 
f^tJà d^B cigales la capitale. 

On les croyait tous niortï, lea vieux troubadours ; lea Ûla ont Ten- 
Ibooiiasme plas encore que le&aîeux. Voici le grand Mistral, jamais la«, 
^^itmâÏB enroué, et Roumanille, tout barmonié. 

^m Cransillat et Tavan, au point de Taube^ coururaût diîvâatt cher- 
«hantlea cîmea; c'était un beau matin, Qaut chantait comme un coq : 
m Le Palibrige aort de Torage. » 




LA CÂI^SOUN DI FELTBRE 

— ft Lou Falibrige 
Sort d3 raurjg:6. 9 

Emé aoun tambourin 

Flouca de veto^ 
Vidâu jogo un refrin 

Su9 sa flaveto ; 
Graâ| qu'ea un tron*de-diéu, 
Sa de^boundo, e Mathieu 

Pèr li chatouDo 

N*a que poutouno, 

E Hûunaiéux tant galoi, 

Taat galejaire^ 
ËMiquèu tourevoi 

CaasouneJaJre ; 
E lou tendre Brunet 
Plourant si garcounel; 

Ë, bâUo rofio, 

Anaïa-Hoso, 

Tirariè trop de long 

La letanlo 
Ràn agoto la font 

De pouêslo ; 
Es coume un mes de Mai, 
Toujour a'ausis que mai 

Cant dejouvènço 

DîD8 la Provén^o, 



Avec son tambaurin pomponné de rubuua, Vidai jouo un rcfraiit 
aur flOQ galoubet; Gras, qui est un vaill&at. déborde de verve, 
Mathieu pour les fiElettea û'il que baiiera, 

Ki Koumieux ai joyeux, &i rieur; et Michel, le gaillard chanaoaoi«r; 
et le tendre Brunet pleurant aes garçomieta ; et, roM belle, Anaï« 
Rose. 

Elle n'en Sutraitplua, la litanie ; rien ue tai'it ta sourcede poésie. 
C'est comme un mois de mai, et l'on eiitend loujours plue nombreux 
des chauU Ue joiiiiea«e dans notre Provent:e. 



ïl 



LA CANSOUN DI FELIBRE 2i9 

Aubanèu sèmblo mut 

Mai lou âô couvo; 
S'enfouDSO i bos lamu 

Emé sajouvo. 
Un jour qu'aura lesi, 
Vous fara fernesi : 

Counèis lis astre, 

Trëvo H pastre. 

Dis estràngi païs 

Que la mar bagno, 
D'Irlando que gémis, 

Emai d'Espagno, 
Âxribon de cansoua 
Pleuo de languisouD, 

D'iro e de âamo, 

Âbrant lis amo. 

Segur lou mai fenat 

Es milord Wyse ; 
Aquéu de pitre n'a, 

DVdoure d'aiae! 
Escoutas Balaguer, 
Terrible, dous e fier, 

£ li zambougDO 

De Gatalougno. 

Dins la coupo d'argent, 
 plen de bouco, 



Aobaoel semble muet, mais le feu couve ; il s'eufonce dans les 
boii touffus avec sa jouvencelle. Un jour qu'il en aura le loisir, il 
Tooa fera frissonner: il connaît les astres, il hante les pâtres. 

Dm pays étrangers que baigne la mer, d'Irlande qui gémit et d'Es- 
pagne, arrivent des chansons pleines de mélancolie, de colère et de 
IftouDes embrasant les âmes. 
Assurément le plus féru, cVst milord Wyse; il a du souffle, celui- 
i, de l'ardeur et de l'aisance! Ecoutez Balaguer, terrible, doux et 
er, et les guitares de Catalogne. 



S30 



LA CANSOUN DT FELÏBRE 

Beven loa vin tant gènt 

De nôsti souco* 
Catalan, Prouvenç&u, 
Tout bon felibre aanp 

La lèi d'fiscréure 
Ë la de béure t 

Teodor âubankl. 



Dans U coupe d*uig 
nos ceps. Catalan, Prc 
celle de boire l 



bourbe, buvons le viu gentil de 
Xïh félîbre Etait la loi d'écrire et 



Théodore Aubu«el. 



à 



LOU PARAGE DE CLAPOLI 



k'aubrt arnaviblls, tramschit pak hario» fibchbout 



i I ^ 



^ 



h 8 h n^^ 



4 ^ ■ j 



^ 



#- * 



Poî" la san - lo pou - a - ai - o 



I 



^^^^^^^^ 



ê lou MÎlQ -jour qu'ai- man tant 
■ ^ - t \ -h 



Lou Pa ' 



é-^ — # 



FÏ=FH^=ffJ^ 



ra - ^e lôn se - si « ho^ Sona Ins-tra tsI 



fh i\r.f \ rïJM 



¥ 



■ * 



i|a*fta-men-taiit, E lou Gla-pas d'a-van - tan 



^^^-^i^ttf^lTJ' J^ ^ I r" p ? 



Dfl - mati sa - ra - 'ïi Ça - pi - tô 
Refrsln 



li. 



m 



p^ 



B=t! 



^^ 



yr^y 



tfZZK 



#-ï— # 



Ah! qu'os bôu Loià Pa - ra - ge do Qa - po - lil 



h ^b j j rrj^ j' j' J J' I jLîudi 



Ah! qu'ai hèn\ Hea ^uû ié fa-gueram - peut 



LA CANSOU DAU PARAGE 

BSCODO FBLIBRHNCO DB HOUNT-PBLIÉ [18^2-1889] 



Per la aanto Pouëslo 
Ë lou Miejour qu'aiioan tant, 
Lou Parage tèn aesiho : 
Soun lustre vai qu'aumentant, 
E lou Clapas d'avantan 
Deman s&ra 'n Gapitbli. 

hh\ q^u'es bèu 
Lou Parage de Clapùli * \ 

Ahl qu*ea bèul 
Res que ié fague rampàu ! 

rèires dau parla flôri 
Que Fo ié dgnolo Va, 
Qu'amouat devèa tîra glori 
D'aquei reviéur© estela ! 
Trop iàu te sièa envoula, 
*8ringuiè^ felibre apoustôlil 

Ahl qu'aa bëu^ «te. 



LA CHANSON DU PARAGB 

Pour la Bâia te Poésie -~ et le Midi que nous uimoDS tant, — \e 
Parage tient eéanM: — son lustre ne va qu'en augmentant, ■'— et le 
ClapftB d*antan — rtet*a detiiain un Caîiitolfi, 

Ah I qu'il est beau — là Parage de Clapali 1 — Ah I qu'il âat beau ! 
— Riea qui l'égale I 

ancêtres du parler bl'îlUat ^ uù Va modula Va^ — ct^mbieu, \h- 
hnut, vgu:} devez tirer gloire — dti cette reaaiasaaco ctoîlée! — Trop 
tôt tu t'es aovolê, — Briuguier ■, fdlibre apôtre I 

Ahl qu'il «et beau, etc. 

' CiapMi, tai*nl'à-dire Vilo dati ClApa», qu>s Monnl-Pclîè. 
• OcljTien Brin^'uiyr. 



LA OU DAD PABAGE ^33 

Lou poplâ, quô s*amou1ouno, 
De CharleGros fai fouïiè: 
£1 a caota Magalouno, 
Ounte Mèstre * Cavattè ' 
Nods moustrè ço que valië 
Lou cabiaeèu dau regôli. 

Âhl qu^eâ beu, etc. 

Antounin^ tendre magist^râ^ 
Séduis aa f&ntAumariè; 
Din» Vescri d'un vièl registre, 
Chahanèu e *Boueanè^ 
Ëfl sounsabé sens parié, 
YèngUG Mila.vèûgUB Asoùlil 

Ahï qu'es bèu, etc. 

Brassant l'idèo latino, 
Touriouiotm e Ferriè-Ho^ 
Lou vin-i tou vin de la tino 
Dins saa mans risco pas trop ; 
K van n'en béure à pieu bro 
Madridt Paris g Nap6li. 

Ah! qu'es bèu^ etc. 



Le peuple, qui s'amoncelle, — de Cbarles Groa fait folie: — il a 
cbatit^j MagueLoEie, ^ où maître Cavaltier ^ — nous montra ce que 
vaUît — le cftjiiacol du fastin. 

Ah! qu'il esi beau, etc, 

Aotoniû Glaiîe, tendre majartatrat, ^ suit aon illuaion ; — danal'é- 
cril d'un vieui refaire, — Chabsueati et UoiicheKe', — leur savoir 
«ftt sana pareil, — vienne Mila', vtetme Aacoti [ 

Abl qu'il est beau, cte. 

Brassant l'idée laiioe — Charles de Tourtoulonet Roque-Ferrier, 
— (e vin, le vid du tonneau — dans leurs mains ne court paB da ris- 
*pie; — et ils vonty bûïro k plein broc — Madrid, Pans «t Naplea: 

Ah! qu'il eat beau, etc. 

• Aqnel signe tôw dire qu<? lou paare felibro e* mort. 

• (", Cavalii^ {D D. S ) éio Cabist'Au dau Para fïe: ncuiMil demessiouna, 
1/m majnurjti L, Rnumi^nx fu^fUi^' t-lit'i à R^t pltir-o ilin^ uno sesiliode l'F.s- 
coio.— * Chariea Carallier. — •* A. Boachetîf. — * Milâ y FenUnala. 




£34 



LA CANSOU DAU PARAGE 

De la felibrenco colo 
L'eaprit lûu mai fantaati, 
Houmiéu aigrejo TEacolo: 
Ah t dâ cacalas nTa-til 
Jusqu'à ^Rettner l'asceti 
Qae n*a près un toarticôli... 

Ah[ qu'es bèu^ etc. 

Soun \\h de r Fueio nouvello » 
De long^B soms dono à Fritti ; 
Mes, s'un cop larg-o la vélo, 
Alor, ob ! quante plaaë 
D'ausi vibra lou verset 
D'aqu&rbèu ûl de SabôLi} 

Ah ! qu'es bèu, etc. 

E proro qu'es de requisto, 
Lou Parage, e qu*es astra, 
Ka ditiB soun cénacle qu'isto 
Lou felibre naut^acra, 
Felibre lîrouasa, mitra, 
Qa'acô 's Maumegne Anaiàit 
Ahl qu*ea bèu, etc. 



De la bande fëlibréeatie — l'eRprit le plue fantastique, — Rou- 
iiiiem ' réveille TEcole: — ahî o'y en a-t-il d'écluU de riret — Jus- 
qu'à dettuer ^ Tascétique — qui eu a pria ua torticulifl,,. 

Ah 1 qu'il est beau, Me. 

Son litdeF^m^^ nouvelles*^ donne de longs sooimea A Fnzet * ; 
— mais, ai Unt eet qu'il largua la voile, -~ alors, oh! quet plaieir — 
d'entendre vibrer le ver&et — de ce beau fila lie Saboly I 

AHI qu'il eat be&it, etc. 

Et comme preuve qu'il a de la diBlinction, — le Parage, et qu'il a 
du bonhear, — c*eat daas3on cénacle que ae voit — le félibre haut 
aHcr^, — fébbrc croisé, mitre, — qui eal Monseigneur Attatole de 
Cabrière» ^. 

AhJ qu'il eat beau, etc. 

t Louis Roiumeux, — ! Victor Hutlaer. — ^ Malachie Fruet, 
* Titre d'une <:hanaon du félibn» majorai Malachie FVizeL 
» Mensùgneur de Gabnères^ éTiîque de MontpelUar. 




LA CANSOU UAU PARAGË 

9 Mau-grat Ion devé aevére 
Que lou riblû àl'escabot 
Mesqain dau camî de ferre, 
UArabi crido ; T*b6I 
El iou crtdo tant que pot^ 
À^clapa souto souti cdli, 

Ahf qu'eB bèu« «to. 

10 *Xa Baumo^ sout la simarro 
Soun cor roumEin fai tîn^tin, 
DîDtre Vqt que lou cbimarro 
Fourcand es où flèr Latin : 
Fer Eduva noâte destin 
Flambariè tout au petrèli... 

Aik! qu'es bèu, etc. 

11 Souvent» dina sa prefeturo 
Pau regrëto soun sourel. 
Ea un mèatre d'escrituro. 
Coumo n'i'a ges^ Cantagref. 
Lamberti fai leva lou grel^ 
Toun arquetn, au mai bout*d'6]i! 

Ahl qu^ËS béu^ etc» 



«&5 



Malgré le devoir *év&rfl|^ — qui U rive aq troapeaa -^ maâquiu du 
chemin de fer, — ArnaviellË crie: Tahol — Il le crie ausai fort qu'il 
peut» — afTaisBt^ soua ston colis. 

Abî (ju'iJ est beau» etc. 

Maxime de la BaumCf fioua la aimaire — ^- Bon coaar romain fait: 
lin-tin. — Parmi Tor qui le chamarre,— le colonel Fulcraod est un fler 
Latin * — Pour sauver notre destin, — il flamberait tout au pétrole... 

Ah ! qu^il est beau, etc. 

S<)uvent dauH sa. préfei::ture — Paul Glai^a regrette eonaoteil: — > 
c*oii un maitro d'écriture — comme il û'etj eat plus, CanlagreL — 
Lambert ', il émoustille, — ton archet, le pluni nabot ! 

Ah 1 qn*il cflt beau, etc. 



* Louis Lambert. 



tik C^SSOC DAU PARAÛE 

ipO rJDSUltO, 

• lit Dtsfardins^ 

d'autro counaulto 
i^Vt^i^stes T^rg muscardJDB, 

Qhaonl remftdi: Tai^ii I 

AbJ qa'«â bèu, âto. 

13 Dîa» la naturo Lûnglado 

A rougu pouaa soun cant, 
B3*0S d*à-foODa desv-elado 
A Doste Oumero pacan; 
Ba ol J'oaaou dau trescamp, 
Es tfl la dûa dau broucèli. 
Ah ! qu'es bèu, etc. 

14 Bwts (la Lunèl per la Muso 
A 'n amour JouiDe e couiéâ; 
Glhiot sua aa carEamuao 
Ktfllflo ut) èr minerbéSy 
LHuèl fiâda su^ un coumpéa 
Qut) paHo de aâa oarùli. 

Ah! qu'es bèu, etc. 



Qu*K»J^»y ^ve riuaulle, ^ Espagne ', et toi Charlea FoUo-De«- 
lliK^I^ «• M »«a« donne?; pas d'autre orciDnnanca que v^is vers ini- 
^^1^1^ ^ ^a b*«0 mettex-y dedans — ud seul remède: l'ailbli ! 

Oi«i«\% «aHr* Lft&glade * — a voulu puiser son chant, — et elle 
i*«*^frmM hiX iUvoUée -- à notre Homère paysan; — it eat, lui, 
V^MMM 4* I* Un\t«, — il eat, InJ, la fleur îles tieurs. 

Xlt» i|uM Ml t««n, etr, 

^«v * Jfc* l,*o^l-V»*t, potir !a M.tse, — possède un amour jeune et 

A^«« .l>j If—» . — Kli*niie Gleize* aurson chalumeau — souffle unair 

. V -* ï***ï attaché aur ud coinpoia — qui pnrle Je quelque 

\ IWIMI^ A^Ml^** Kipagne. — ^ ' Alexandrie Langlade. — ' M. Auto* 



LA CANSOD DAU PARAGE 

15 De 'Gautié Ja n Cendrouseto h 
Qu&nt3 sabatou voua a ! 
Droloa dau Clap^s, de Ceto, 
NoUf gea pourrée kou passa: 
Oscol quû Vergno a csussk 
Aqnel penounet tantjèlil 

Ahl qu'es bèU] etc. 

16 Aii^ikro dins sa n Cabano u 
Cantû e 'nclausis la paluQ. 
A Teetùdie aan apano, 
Chûssàri, soun nouveltin ; 
Per la Causo, embé lou lum 
Ëj fai la casso au beulôli. 

Ah 1 qu*es bèu, etc. 

17 iîousiihùu^ cabnt d'Anduaû, 
Brmaud, Agenëa abra^ 
Salut I Lou felibre aduao 
Au liô que l'èro barra; 
Car tout iou proufci^sourat 
Vi>u béure au papo-cpao6li. 

Aht qu'es bèu, etc. 



S37 



]>*AiigUi(6 Gautier, Ift CgndrîUon ^ ^ h petit boulier qu'elle voua 
a î — Jeunes filles de MouÈpellier et de Cettç, — uon, aucune de voua 
ne pourra le passer. — Bravo, toi, IjOuU Ver^ae^ qui as fait lacbaus- 
sune — de ce petit pied ai joli ! 

Ab! qu'il est beau, etc. 

Auzière ', doua aa cabuae ^ — chaate et charme les Vigux palus- 
Ires- — A rëtudâ snio Cb^Rsary '• alimeaCe 9ajeuiïeaD&. — ?our lu 
Cause fétibréenne, avec la iumtére, >— il fait la chasse iiux chauves- 

Ah 1 qu*it est beau^ «te. 

Rouâaillon^, jeune chevreaud*Anduze, — BriaARud, ardent Agenaia. 



1 Titre d'une piè<'e de poésie du jeune fï^Ubre Auguste Oautier. 

* M- Clèuietil Auzièrfl. ^ * Campigna du féiibre CUment AuiiÔr*, à 
âdtDt'Laurent d'Aigouie (Oardji. — * M. P. Ghassary^ prÉiidunt de U So- 
ciété des langues roiuancs. — * M. Louia Roua^ilion, 



338 LA CANSOU DAD PARAGE 

Iti Pourtant la capo e la toco, 
Galtièf Bigot e Bktvet, 
Lotis premièa ^abouu la toco 
Per faire uû poulit doyé ; 
L'autre, valent e bravet^ 
Escalo nosto Acroupèll. 

Ah! qu'e« bèu, etc. 

19 Longo-mat la bando tira ! 
Fournel^ Louht, Coulazou^ 
Dezêu$e.., N'es pas da dire 
Loua qae portouû sa cansonn t 
Fralrefi Hamelin, sou I zou 1 

A La prèB^ paaaaa d'ôUKi. 

Ah I qa'és bèu, ato. 

20 Fiou d'Areao, ara de Toaudo, 
Leovntino es Ion lagar : 
Nous rend la 'Lauseto bloundo 
Qu'a pluga soun doua regard, 
ËD te quitant, o Ricard, 
Un regret coumoul de bôLi 1 

Abf qu*es bèu» etc. 



— Bfilatt L$ félibre attamt — au lieu qui lui était fermé; — cnr fôSI 
le professorat -^ veut boire â la dama-jeaûne. 

Ahl qii*ileat beau, etc. 

Portant la capeet latoqae(d'«tudtatit],^Galtier,Bigât^etBUvet', 

— les premiers eaveat le moyen — pour faire uq joli devoir ; — 
l'autie, vailUat et charmatit, ^» es^âJade notre Acropole. 

Ah ! qu'il eet beau, etc. 

Que toiyoura eticore la bande tire en long^uearl — Foufnel *, Lou- 
bet *, Coulaiou °, — Ueieu^se *... Impoaalble dû dire — le nombre 
de i^eux qui apportent leura cbaaaanB. — Fràrea Hamelin', allonsl 
allons I — a la pre&ae pafl»ez de l'huile 1 

Ab ! qu'il eat beau, etc. 

J M. Henri Bigot. — * M. Alcidc Blavet. — * M. Jean FourneU — 
* M. Joseph Loubeit.— ^ M. Germain Cotilasou. — *M. François Dezotue, 

— ' Noa ituprimeurs* 



LA CANBOU DÂU PABAGE 

21 VÎTO lou flendi Laforgo f 
L& Court d'amour a "speli, 
E de damos ié dasgorgo 
Un issam entrefoali... 
Antaa, de qo pus poulit, 
Parage, as loo mounopôU 1 

Âh I qu'es bèa, etc. 

2â Lou Parage tèo S€siho ; 
 clava lou cubercèl 
Dau palais de Pouësia, 
Superbe coumo lou cèi ; 
Car Marâalf de souii pjacèl 
Iluatro aquol Capîtàli. 

Ahl qu'ea bèu 
Lou Parage de ClapûU T 

Â.hl qa'ea béu! 
Hes que té fague rampèu ! 

Albert Arnaviellb. 



239 



***lôur d*Arènca, maintenant de loode — Léontine * est l'étoile. — 
■■-l 1^ Qûua rend l'Alouette bloode * — qui ados apndoux regard» — 
'^^ te laÏBeaut, Ô Ricard, — un regret pleiu d'amertume. 
■Ahl qa'il est beau, etc, 

\ive le syndic Laforgue » 1 -^ La cour d'amour a aurgi, — et de 
*^nies il y afflue — uu esaaim tout impatient... — Ainsi, de ce qu'il 
V a de plus beau, — Parage^ tu ae le monopole I 
AK! qu'il est beau^ etc. 

Le Parage ttent Hëanoe, — il a mis la clef de voûte ^ du palais de 
Poéaie, — «uperbe comme le ciel ; car Maraal \ de son pinceau — il- 
liutre ce Capitole. 

Abi qu'il eetbeau^ — leParagedeClapoUl — Ab! qu'il est beau] — 
ries qui T^gale ! 

I M"' Mathieu, née Lâonlîne Goipani, félibresse d'Arènes. 

* VAÎ^fuHte désigne ici (par allusion à Talmanach de ce nom, publié 
par Lfluîs-Xaviet de Ricard et Pourra) la fcliLrssae Lydie da Ricard. 

1 H. Camille Laforgue» aaci«n syndic de 1« UaiutQUAnce de Languedoc, 

* M. Ëdoiiard Mar&aL 



RELATION 
DU SERVICE FUNÈBRE 

QUI YUT CÉLÉBRé A ^LLAU LE 12 AOÛT 1461 
A l'occasion de la mort du roi CHARLES VU 

Obit 
que fùnc fach del bon Hey Charles, que Bien a&soive. 



Lu relation qui sait est tirée du livre de comptes de R. Bar- 
rière, ûOQsul boursier de Millau t>our Tannée consulaire 
1461-2 (Arohivee de Millau ce 430). Elle se trouve a.ux folios 
xjx et suivants. 

Etaient ooiiBula, cette année : noble Jean Fellegryf seigneur 
deLa HoqueSaiDte Marguerite ;E. Barrière, consul boursier; 
et P. Reboul,du quartier de Payas ière ; maître Jean Calmette, 
Antoine Giffart et Guillaume Cohe, du quartier de la Place. 

Le regiatre porte en tète Tépigraphe suivante: 



Jhus 

En nom de N08TRB SENHOR DlBUS JhESUS ChRIST E DE I^ 
GLOBiOSBA UUMIU^L VêEQSS MaEIa SIA FACH TOT QUANT FARS», 

Ambn. 

Dimenje a II d'aoBt lanMlUI^LXl v&nc en pressen vialU deMelhau 
M* Dorde de Vasaiih meCge del Rey e fonc parlât ao bel pet Messeu- 
hûi'B moâ compiilhoti e âjaso que eL veaia, de Mtir sur Hiebra e a^res 
pro parauiaa Ig dicb M" ûurde Vasailb nos anet dire de aerta quu lu 
Hey Qostre aeahor «ra an^t de vida a ireepassameii lo jor de la 
Macdalena propda-paasada a buna hora. après [niech jora eu lo lot: 
de Mur sur Hiebra '. 

Item dilua a IX d'aoat avem fach cloquar le eoBBeth général de 
I Ufihun'Sar-YâTre, à 17 Idl. N.-O. de BfturgeB, 



RELATION DU SERT^ICE FUNEBRE 



i\ 1 



l^esquilla e ajaao ffobre las noveUa de la mort del bon Rey Cbarles, 

QOBtre eobeyran Bcohor, i.., « que Viallafrauqua g Rodes aviau fach 

l'obit moU houorablamoa e que era de raaao que nos Ûq Milhau hy 

fecs«m uotre deg-ut, E forou eu bdich coaselb lo» que ey @ias«g»: 

{éttiventles noms des conseillers à la séance). 

Itéra foDC apoûcbat per toU messenhors, desaua nommât?, cjiicl lUjons 
propdaveoen fecsem far l'obit i\ù\ Key, noatrp stinhoi-, ((ij(> Dieiis ly 
(loije aa part de Paradis, e quft lolz ne {>i'egeiii île bon ror f. que hy 
liaai&m nûstre de^tit, que que oostût e que Jonem n qiiA^qun {^apela 
i d. e que mândem toU lori orde^ e relogioRsaB que toLz hy aian sana 
falhïr per honor del Rey, Item que del fauh di? lus torchns et de lu 
■i>iianae desao que hy quaîrii far, que ho fas^iam houoriibïameD e 
^ue uvissem la forma e la maDieyru que fonc facb al autre Hey, coma 
ftp&rejxlo libre de!s t^oniptaiï de S. Hretif^aî't Hoa^ia, cobaoI et borsaia 
■is l^aoM 1111'^ XXll, aqtiû se may hyqunl far per honor del Rey, quâ 
^0 fassiam que aia honar de la vialla, veasen que acm ilol Key 
û&»tre aenbor aana aulre. 

Hnsec bj !& Heapess^ fâcha per Tobit del Roy noatre aciibor 
H^lflt Chartes» loquai era aâat de vida a, ti'eapass&men Ip joru de l& 
^ ^cdaleaa propdanamieD passade, loqual obit es eatat fach per apoa> 
ct^^Miiea dei Coasel de sayna e fotic comenasat dimecres a XU d'aost 
^ âoil dijouB a XHl del dich m&n. 

Item ay pag-at (^er XXV escuaaeU delis gr^aa aiu las armas del 
^2F c ^c la vialla am lo camp Degré, e p^jr LXXX eBcuaseb deU 

petite , . , , . îïv e* 

Item foron meaaas Ina arcnaa del Rey sus los pialara e ams Iaâ 
portas de la gleya de Noatra Doaa e aua las cadieyraa del cor de lad. 
g:leya. 

Item dimecrea ferâni lîûoienaai' de aonar totaa laa cumpacas de 
NoetTA Doba ù de lotz los Ordga e ^ley&a d ealii vialla per mânitiyrït 
de Unxàvk sua la hor;i dti mmcb jora, ^ st^uem aaua ceasar tro a u 
lEkoras apréa miêch joni. 

Itflffl, lad. jorua Tliora de veapraa feaem souar autra ves tùlaa laa 
^■np&oaa per luaaieyra de feuida ti fereui dii^ vespru» deU niorU 
luti ti^tu negcas porLan los capelae mot houorablacûâu. 

IteLQf lod. jora 3U3 la hom de Complota ferern âouar autra ves toUs 
lucAQip^as per utaûieyE'a de fcaida e dui^t de sonar tv horua aana 
••wip de lu gléya inaje e de totz lo* ordea. 

llero, lod, jaru farom fî*r pressoutar lo turabel ea la mayo tl« aayns 
'I" Ifii-em ciibrir de dp:i[(S daur e veni Mossenhor lo Jiitge aiii iota 
^ gcnt dv 4a Cort e bel i^up deh aenbora de sayns et meagaa laa 

ta 





«42 



HELATION DU SEHVICE FUNEBRE 



armas de la vialla am !<_> camp ncgte su.9 lod. Lombel : cl fonc dicb , 
Mosseahor io Jutge ù CoU loa eenhors de saytia que la causa, cslavii 
mot hatiorabltuneu, a honor del Rey et de la vialU. 

Item lo tlich jorn foroa mandatz lots bs ordes [ïredicadora 
frayres menorg, carmes, monjas e eorres meDOt'$ e totz los capelu 
^equlars que detna que aéra jous fos&oa al obit del Rey oostre 
senhor o aquy pef far lodtch obit en la gleya wAJe d^esta vUlla, car 
Aquy per aponchamen del cosseih ey dévia far lodich obit. 

L\ cEiDA. — Item lu dich joru fer^ra far crida an vos de troiïipeta 
per LoU lt>a canboa de la vialla que non fos borne ay ardit que agea a 
hubrir hobrador ni far bcssonba tro per tant que lo dbh obit fus fach 
e aysao ^ua \i± {^ena de x a. pa^adora a la volontat dels aenhora 
co^soIb. 

Itéra que tôt cap d'oatal home ho fâona fos aldicb obit en ladicha 
(^leya maje dema aua la bora de prima pi^r honor de) Rey e de la 
vialJae aquy per pregar Dieu oostre creator qne aja Dieus meraBo 
de sa arma, tant noble Roy cornu Dti^us noa avia donD^t^ al hoa Rey 
Charles, que Dien^ aja an arma per recommandada. 

item lod. Join aguem de seabor G. Pef^uria. ïex. torchas de ii 1. 
la pessae mt ). d'eatorttihas e foron ineBsaâ en quaaquoa torcha )a« 
armaa de la vialla am lo camp ne^e. 

Itetn lod. jorn ferem far loa candalies al toni de la nau de la 
gleya per mètre las torchas, loacala candaliea eron dâ label» de 
fuata» 

]têm lod, join ferem portar lo tombel en la nau de la gleya, local 
tombel avia de naut vu pan& & de lonc nu pans. 

Item lûd. jora avem mandat (lo sermo) al may&ire revereti dels 
Frayres Menora que dema li plages de fat* lo aemioper Tobit d^\ 
liey et que ly p]iî.[;e8 de dei.îlar» la u^blfi vida de! Rey uoatre seubor 
e àa iaa grassias qus Diqus ly avla mostradaa plus que a Rey que y 
foa après lo Rey SHût Loya ,,,,.., ^ , . 



[tem dijoiia huna hora davan jorn foron sonadas lotîis las c^m- 
panaa per manieyra de fenidn de Li diirha gieya uiaje c de totz los 
ordes e gleyas e durci la diclia sonaria u horaa. 

lleia lo thob joru auâ la borti de la uieaâa de Talba fonc mea lo 
tûmbel en lo miecb loc de la nau de la gleya e haquy fone parât e 
hornat de drabs ilaur invlt boûornblamen e sub los di<:hs draba daur 
foron rnessaslfia armas de la vialîa am lo camp nègre a toi lo torn 
del dich tonbcl, e sobre lo dicli tonbel aytaubû las dichas annaa 
qUQ an dua grana etteusaeU a molt honorablafi. 

Item la dich jorn ëub la hura de prima e sonada aquela 



I 




BELATION DU SERVICE FUNEBRE 



?43 



■ 



fseba la seconda an totaa }&s campanaâ de tûtHs las gle;^ e duret 
IkdJcba fenîda 1* hora e ml^ja entorn. 

JUm soDau la dicha fenida VGtm Messenhor lo Jnge an tQt& ea 
pD dfiaaa Cort eti la mayo comuna boot fonc trobat per Moa&enhor 
JO Jugig loB seahors Coaaola q tôt lura cosaelb ho la major partida 
^aquels toU aseetiati quasïjuD en son loc, e fonc dich per Moseenhor 
lo Jnge qae &\ venia devers Mosaeahorâ CohsoU am la g&n de aa 
Cort e aqisy per far bod d&gut al Rej a far son sebeîturi e aqtij per 
^Ompalhar laa aenhûra CossoU e liir Cosselh b far aoo degut, 

Item aquioietâ;^a los dicbs aetihore CosbûIs reiiierBieroa aldlch 
^osseobor lo Juge la honor quG faa&ia al Rej nostre Benbor a al 
C»*«olat. 

ttem aquimeteya lo dich Mossenhor lo Juge « loa senbars Coaaola 
^^ la geâ de larCE>saelb d'un costale d'autre vaa partir de la majo 
^ eayoH mot bonorablaoïea, portaa loa aeDhora del Cosaelh da aajns 
caacuD sa torcha ea la ma an las armaade la vialla sur cada torcha, 
totz etifl^ma aea aoero partea dâ sayaa «q la gleja majo d'eata 
^'^Alla de Nostra Doua, aqui foroa altjquadaa al torn del toiibel las 
fichas entortas. 

Item, aticoateoen quant las dichas eatoiiaa foron totaa aluquâdaa 
** torn del dich tonbel foroû tnesaea iiij enfaûa garuiti b habilhats a 
''^Kmejra d^angela portaû sua ela laa armas de U vinlfa art lo camp 
^^gre e tenen caacua ban etiBïrasia d'arg^ti en lur ma anbensa^a ala 
***ij. cautOB del tonbel e caacan hun delà eofans totjoro donao enaea 
^^4itcaQt duret lo dich bofias^. 

Item, eflCODteneD vengron trastotf loa ordôB prëdicadora, frayrea 
^enorfli carmes, monjas et sores menora, caacun an \ar crosses, 
Portan en la f laa armas de la vialla an lo camp nègre a raaQieyra 
^^ proBseBBÎeu, e vengutz totz fonc comenssada la meaaa dels mortz 
^tl l'autar msje an diages e Buadiagea an capaa negras e vistimena 
^fegre» mot bonorablamen. 

Item, fonc dich lo aermo a la dicha mesaa per M" Aiitoni Martel^ 
^ en leulegia delà frajrrea luenors, loqaal dia e eapEiquet la mort del 
K«y mot Bontuosameti et près eu aa tema Morttias est Uex Carolut, 
«liguai tema eaptLC|ue( inoU boQorablâraeii. 

Item, dicha la measa fonc prea lo tonbel del mîecb loc de la uau de 
la gfleya molt honorablamen per loB^ vj, aenhara CobboIs e portât ealo 
miech loc de la plaasa e aqai foron totz loa ordes, totz arengats al 
t^m de la plaasa, e loâ aenbor^^ Coaaeliaa de aa^ns poitan las torchas 
aluquadas en lur ma^ e aquy foron dichs loa eïSûiidia e toU loa rea- 
poBsea per loa ordea, lot jom eoEian lotaa laa campanaa mok honora- 
blamen. 



2ii 



REr.ATION DU SEIIVIGE FUNEEîKE 



Item, aquymntcys fuac donat b, toU lus âcuhors cnpclas a ca&qua i 
Uun eatortilhOf tensa casquo ea b& ma aluuq^t aytant csLùi dur^t los \ 
(.iichg l:!]xsau(liae iîXsiJE!quia&* 

Itetu, aquyEaetsys fooc facli lu Koac eu Lo dich loc per Moi^aenhor 
tiostre cami^anlio premia cussol» lo uable aeoJitïr Jobnn Felegfy„ ' 
loqual lo menavo per far lo Heac Moseenhoi' Johan de MontcaLnii' 
aenbor de Srint-Vei-a, g fonc donat a caecun capelft que hy era preaen,^ 
â relij^ps e religioasas x d.cootanB valens hiihA dobta, e fonc donat' 
lo dich argen per me R. Bameyra, coasol e horsaîaj ^ foiom acom—' 
palhatz en la dich reoc per totK loa aeubora Coflsolfl e coBsetUa de Itj 
mayo de eaytia raoU honorabïamen. i 

Iteiïi, faasea tota« ]»3 exsequîas en la dichft plasaft, loa iiiî angielil 
estai! ah iiiii cfiTiloa del dich toabat tat jom an Inra enseïïsîas comaj 
avimi îicostiirhiit totjoiD dottrivaa l'enasciîf bhub seaear, a huu casquil ! 
p€r lui- tleuc s dlM 

hc.ïat fâchas las dicbas essequiae en la dicha plaaaa, anen reànr 
grasaias eu la ^leya lot^ ensems nn totz Measenhoi's défi] Cosaelli etl 
îiiitre», e. », vençron lotK enaerna eu la mayo de anyns rnot honora-! 
bUineti e aquy Jur fotjc remersiat per Mûsseiihornoatre coirijïtinhoj 
lo noble senhor J. Pelegri la honor que avian fâcha al Key noilrt^ 
seiiUur ù ni CoSHolaL 

Item, :iy ^ugai per lo iiaiic que fonc fuch e aysaq aie aonho 
cafiL'Ins c relîgiùaaijs ^ rtili^;toaau» a ca^qtm x d, conLuns, que b 
montât vu {^. Uii 8. ii dJ 

Uem, ay pagat, qu« foac donat a totz loa petitz eafaaa que hy foroif. 
e pDurea, a casquo ) d, que ha montât xvi s. vin d. 

Item, ay pagat a Mesaenohrtf mos compaahoa quant anein huffrii 
a la messa a caaqua i dobU, que monta 1 a 

Uem, ay pagat atâ iiii eufana que avian fuch lo& aiigiaU a casiju 
X d., que inqnla iii a, iîiî d 

Itoiii, ^y pagtiL al friiyre de Mohs*"' K^ Boisai;! que nos avi;i garnll 
loa angieU ebaylat loa ahilhametis, que monta ii s. vj d.; 

iteiû, plus ay pagat lodîcb jorii a senhor G. Peguria, per laa de 
quaaaediaaa du laa dîchaa xxx turohas c per laa iiîi (f^ d'âQtortilboa q 
feroD donatz aie capclaH, que monto en tôt îiii 

Item, uy pagat a aenhor Guiral Peguria per una lidelu d 
fiera gotnada per metrc lan pcnonssek sobre laa entortoa, qiiéj 
montii vi. d. 

lli'm, ay jiag^l a U. Huiiquaiol^ .^elia, per mètre loa penoIsriU det 
Rey sobre las pialka de k gloya e aobi^ las cadicyraa del cor aii la 
puta enqaojada e ao tôt» que monta îi s. vi d 



'i 




RELATION DU SERVICE FONEBRE 2\h 

ItetDp ny pagat per '/^ <^* espilUn per mètre loâ penolaele aobie lo 

lonbel sur los draba daiir iii fi. 

Item, ûj pagat de voler de Mes»"" al roflystre reberen que nvia 

f&cb \o «ermo, tant per Aqiïel aermo, tant p^r. J. autre que avia fncb 

c«nt aazygram que to Rey ora malautCf sx s. 

Item, fiy pagrat île voler de Myas""^ a Musa"'' lo sagreata lïnil jier 

loa tins que mes affar TofïiaBy, tant per lue ea^es que hy me» u pcr 

s-o que hy avia trebalhat e per tôt «o que hy apurtenia, que 

naontn xv ». 

Iteoi, ay pagat de roler de MesB*^^* als sentas e ha bel cop d'mïtreB 

«jue hy avian trebnlhat alTar los dîcba ctaiiiea, cocnn fay metissien 

«h.ftraBj que monta ^^^■ 

Item, ay pagat a G<° Molieyra^ nostro eacudter e d. per aou reuc, 

«•xuel difh que hy avi» [diech?] cmua j. c:ipcla, qwe uiontii x d. 

EtetOj ay pagat pçr. cxx, cluveU barutlua et per. c. cLaveU folbadua 

«ft^Ar t«ti caudalies e ha far lo tQubeJ del Key, ijue iiioata tiij a, vi d, 

ftem, ay pagat per. iik. pcaaaâ gi^nuda^ de aalsâc i^ffur los candulie» 

« |>cr, ivj. doelas affar l^sdich canduliea de x pana de lonc In pesaa 

« ^r far la tonbel, que manta vj s. 

Item, ay pa^l a V* Crfisaa fus^tia e a P" Royssia Tuatia que feron 

lo tonbel e los oandalies, per lur trehalh e los aasetjar e la jiau do In 

B^ey&t que monta v n, j. à. 

Itetn, lu dicti jora Mobs*" rnos componhos vol|?roii que nos 

dinassem eusunis, e ui:iy lus i'ustiaa que aviao fâcha la hessolha' de 

^ue avÊNi despendut tunt per ij «. de pa, iiy poU it a. vj d., iij pesiaa 

4q cnoto ij B. vj d., ê to \y, e ao qtie may hy ngram, que monta xîj $. 

[vi d. 



* Uetsoiha pour lifssunfiu, comme plus haut t'ûmpnihm pour (dm^icj- 
"'^oi. acom/Au/Aur pour acotiipanfutt', de... 



TRENTIEME ANNIVERSAIRE 

DB LA FONDATION 

DE LA 

SOCIÉTÉ DES LANGUES ROMANES 



Comme cela avait été auaanoé dftiiB le faâcîcule juillet-ftoât 1B99 
de cette Revue^ les fêtes^ destinées à célébrer le trentiëniâ aaniver* 
Boire de la fondation de la Société pour Vétuda de» tangua romctn», 
ont eu Ueu les 24^ 25 et 26 ttiai de cette aiiDée. 

Si elles ont revêtu l'éclat dea fêtea d'anlaD» si elles ont été dignea 
de La Société et de &ea mvitéa, c'est grâce à la muiïiâceDce de la 
muQÎcipalitâ moDtpelliéraine qui, à cette ocçEiaîon, a bien voulu noua 
accorder une importante aubvention. 

La veille, le 23, une rdunioa chez le président de la Société, 
M. Lëon-G. PëiÎBaier, à laquelle étaient invités les étrangers venue 
pour prendre part au Congrès, lea membres et les amis de la Société, 
servit de préface aux fStea qui allaient autvre. Elle permit à ceux qui 
devaient ae rencontrer dans le» eEeuraionB ou au Congrêa de fair« 
connaissance- Pendant que les converaatîona allaient leur traia. 
Tordra des travaux et dea réjoujBsancGB dea jours suivants fut établi 
d'une façon définitive. Le programtnei ainai élaboré, fiit exécuté 
de point en point. Le voici : 

Jeudi, 24 mai» apaks midi ; 

Séance aolennelle d'inauguration^ Boua la présidence de M. le 
Recteur, dans la aalle daa fâtea du Palais universitaîre. 

1" Discours de M. Léos-G. Péliaaier, président de La Société d^ 
tangua rof^umea; 

2** CoEûmunicatioa de M. Orammont, prûfêseeur à rUnivoraitéf our: 
Le vers rojjtanli^ue ; 

3t> Communication de M. Martinencbe, professeur au L;cée de 
Nîmea sur: Les itourceg e^agnola d'Horace §t d'Hér&cliua tU 
ComeitU ; 

4* Rapport sur lea divara concours par M. Chaaaary; 

5° Prûûlani&tîoa dea lauréats. 

Vrndrbdi, 25 MAI : 

Excursion k Saint-Guilhem-du-Déaert. 




DE LA SOCIETE DES LANGUES ROMANES 



S4 



SaMXDI, 26 MJLt, UATtN, 9 HEUftKS 

Premiâre sâ&nce du GoDgrës sous la présidence 
de M* Ghabanean 

^* t-^ON Lauovcbk. — Note sur ta classification des dialâcles de 
J* ian^ue d^Oc ; 

2* \^^ALTHRR SucHiEA. — La Fffmfow^e Nôitre Seîyneur^ |joènie (m 
vieui rrançaifl ; 
3** tÎEMii Tp.vuk. — Note sur la déforrnatinn (îea proverbes ; 
4° -Joseph Vianhv. — Le modèle italien de Rûnsard daua l'odij 
f|»adarique ; 

^^ l-éow-G. Pblissiek. — La jeunesse d'Aioédée Pjchot, félibre 
majoriil ; 

^ *1o8. Beïithelë, — Passage de r i n devant m dans certains 
^wtt» tic liçu iaD^uedociena. 

APRRS MIDI, 3 BEUKBa 

Denxiéme séance. — PFésldence de M. Jeaoroy 

** ^UOKJXB HioAL. — Le Gkiive de Victor Hu^^d et sa source ; 
CA»rLLE CuAIiA^E\L■. — Le moine des llea d'Or et Jean de 

^ Lron-G. PÉusBiKB' — Les dfacûea d'AonunKÎo ; 
^^ î^aRDiNAN& Caststs. — Dcftcription d\ï manuscrit de la RibUo- 
Uietiuti aationalcj ancien 39 LaValUére, coté aujourd'hui !24.387j conte- 
oaQt 1^ version du Renatttt de MûnPiuhan que Michelant a suivie 
jmqi^'j^ la page 410, v. 2 de son édition ; 

MAimioB Obammont. — Les mots expressifB. 
Huit heuréa, banquet offert aux mi^mbres du Cong'i'ÛG. 

■^ sèacce aoîenaelle s'ouvrit à trois heures de rQprL:s-midi. 
**' iJcûoist, recteuf de rAcadèmie, présidait, ayjitit k sea c6tôa le* 
^^^^Tessiat^a étrangers et les membres de la Société des langues 
rovk^n^g^ La vaste aaile des fâtes du palais universitaire était à \\&n 
P^ft remplie par le public. Dans les tiibucies se preagaient de uom- 
^^^ïîa*6 dames, 

^1. BoDoist ayant donne la parole au préc^idenl do la Sociûlù, 
^> Lôoo-G. Pêlisaier pronijDça le discours suivant; 

MoNsiflUu Lfi Recteur, 

MbSDAMBS Et Mt^:âSlBUaî^, 
C'est à UDC modeste et oorcliale fête de famille que nous 
Vous vivons [jriéft de noua faire rhoniiour tle vtiu& roririre. 



£48 



TRENTIEME ANNlVEBSAmE 



L& Société pour Cétude dei Langues Romanes existe de^juis 
trente ans; c'est un bel âge pour une Boclétd qui essaie d'être 
savante^ et ne veut être que cela. Aussi n'est-ce pas satiâ 
âerté qu'elle le proi^lame; car» si Ton ne peut, selan la )oIîe 
remarque de Renan, si Von ne peut empêcher un aiècle d*avûir 
cent ans^ bien des accidc^nts peuvent empêelier une aociété 
d^en avoir trente! La o6tre a connu darj^ aa jeuneijse h les 
estramborda et Ven avaut des forts i», mais elle a rcucoutré 
ensuite Le» déâillusionri ^ie l'âge mûr. De ses pi-emierâ amis 
plusieurs l'ont quittée trop tôt; elle a éprouvé des sëparatioaB 
cruelles, dea abandons injuBtifiéa, de» ruptures qu'elle regrette 
encore^ et la pi^riodo plus douloureuse de findifiérence. Ma.is 
au«ai de fidèles amitiés l'ont soutenue ; quelques-uns de aes 
parraina, à Montpellier et au ilehora.MM, de Berluc-Pérufisis, 
le baron cie TourToulou, àîitonin Glaize, Louis Lsniberl, n*onl 
paa cessé de l'encourager; de nouveaux dévouements, des 
z&lea, non pas plus convaini^ua, mais plus jeunes, se sont joints 
aux anciens. Si elle n'a paâ toujours eu Téclat que ces focida- 
teurs avaient rêvé pour elle, elle n'a jamais cessé de travailler- 
Parfois caljotée, Ba carrière n'a jamats été oisive. Même aux 
heures les plus dssombrîeSp on peut lui appliquer le mot pro* 
fond do l'ubbé 3iejè&: <i Elle a vécu. » Et, pour si anciecod 
qu'aile aoïT. on ne peut pas dire d'elle : « Elle est bien vieille 1 u 
Il nous a donc paru aujourd'hui qu'il n'était pas înconve-- 
liant, i^u'elle convifkt ses amis, tous ses amia, eeux d'autrefois 
et ceux d^uujourd^hui, à venir fêtcr^ ou tout simplement con* 
stater ce trentième anniversaire. Tous ont accueilli avec joie 
cette invitation ; et si plusieurs, retenus par des occupations 
professionnelles, par Tâge ou la maladie, ne sont pas pré- 
sents ici, tous du moins nous otit envoyé les plus sincères 
aouhaits ad majora semper, ad midtos aniios : àde plus grandes 
œuvres, à de plua longues années. Parmi ces témoignagâa, 
je m*en voudrais de ne point mentionner ceux que nous a 
adressés TAllemag'ue savante, par une lésion de romanistes, 
c;qui qui nous viennent de Helsingfora etd'Up9al,de Bucharest 
et de Lisbonne; ceux (|uê MM. (jaston FariSf Paul M^yer^ 
Br<îal, Antoine Thomas, Clôdat, nous ont exprimés do Paria 
et do L>on avec leurs sentiments de confraternité; la fijli- 
bresse Filadelfo du Yerdo b'eicut^e daii8 les termes les 



DE LA SOCIÉTÉ DES LANGUES ROMANES 



£49 



* 



I 



|^ta$ cfa&rinaots, Il noua est venu dea lettrea de Catalo^«, où 

DOtre Société compte de noiubreux amiâ, et rie Palerme en 
iitnm, «tomme de Florence en marbres, Tltahe s'unit à noire 
fête, pur les ("ïoquêjiles von de Pio Rajna, de Carducci, de 
Kfnier^ de De Lollis: Tud souhaite rjne n U commutiauté des 
éitidea contribue À refaire Tunion des esprits u, Tautr*; on- 
Toic ses Toeui à Montpellier, n une des Mecque^ de 1& philo- 
lopie provençale. »> Nombreux auflsi sont les amis du dehors 
qui nous ont fait \h gric© de leur jtrêiea(;e rôeilc; les imi- 
verejtés de Toulouse et de Rennes, celle de Hatle, le haut 
enseignement de Leipzig sont ori ne peut mieux re[Mésentôs 
i»»r MM, Jeanro^j Coulet, Snchicr, et TscKnIijï; la Fetite- 
Kiisaie, où «o développe en ce lempB un luouveaieiit d'index 
penilance ]in^ui«Li<iue analo^rue à notre féljbrig;*». noua & en- 
voyé H*élD<]ueMies adresses et de gracieuses délégations ; 
ptrrui les Socfétéa savantef^ qui sVasocient à cet anoiver- 
«ùre comme à noâ iravaui, je ne citerai que l'Acadi^raie des 
Actencea et lettres d'Aix : elle 0:^t représentée ici ptir deux 
de ses membres les plus éminents, M. le baron Q-uilMbert* 
féiibre majorai, titulaire He în Cigalo tii Poutfmn, et M. lo 
CûQiie A.ntoine de Saporta* Noua sommos touchés et flers He 
uve d'amitié rjue nou^ drinna la vieille métropole pro- 
ie, !a vieille et ^'ailliiîitL* cité utiiversîtfiirê, la patrie de 
rfliresc er deMirabeau. Mei^ui à eux. merci à la Miinicipiilit*^ 
''^publieairie de Montpellier, dont ta libéralité magniôf[UG 
n<îus permet de recevoir dignement ce« hôtes illustres, merc' 
^voqi tous, de r|ui l'empressement à remplir cette salle mon- 
tf^que la Socii^tp puur l'éfude <i^* Langues Hùmanes n'a pas eu 
ton<ie compter sur votre s^vmpatbie. 

Nese mêle-t-ii pas, pout-étr-e, quelque curiosité, du reste toute 
OîeDffeiiianie^àcel eûapress*.'raentà réponiire à notre appel? St 
«ciernieelsi populaire (ju'elle soit, tiotre Société atoujours été 
^^^agOMi'elle a'eâi ^uèru connue. Quelques-uns d'entre vous, 
J«neonunB pas He,,. le craindre* ii'otit sans doute qu^uneasae» 
'*giie idée de ce qu'elle est, de co qirelle afait. «Iok thèmes ha- 
^ituetsde ses travHUi. C'estlàce que nous voudrions vous faire 
*otiflaître. &Jiiisra8âure?.-vou8; il faudrait pourvoua racon'er Je 
il^iaildflsoii 11 tg toi re, beaucoup plus de tBm|)8,Hl \Hy\\v apprécit^j 
*0D œuvre, une compétence ([ui me manqnu Hbâolument Je 





Ï50 



TRENTIEME ANNIVERSAIRE 



neauis ici qu'un apprenti de l'onzième heure, et ce ii*est q 
le jeu trop régulier de noa lûâtitutions qui m^a valu de porter 
cetteannée le lourd fardeau delapréaidertce. Jamais je ne m*en 
suiââantlplus indlg'Qe! Pourquoi l'aveuglefatâlitén'a-t-elle pas 
chargé du soin dâ cette présidence et de cette alloeutioa, aa 
lieu d'un profane^ un de nos savfti^ta confrères, littérateurs ou 
philologues? Pourquoi ma place n'est-elle pas occupée par ce 
maître admîrabla de fa phiîoEog-îe provençale qu^est uotr» 
excellent secrétaire g'ônëral, M. Camille Chabaneau ¥ 

C'est du grand mouvement de renaissance provençale dont 
Mireià fut Timmortelle aurore qu^est née la Sociéfé pour 
t'éiwie des Langues Bomanes, Ce mouvement avait eu, dès 
Torigiae^ à Montpellier, dans les groupes scientiûques^ des 
amis et d'ineonaoientg auxiliaires : c'était Moquîn-Tan- 
don qui étadiait à sa manière la langue d*oc dans aa Carya 
Maffutonensis ; Genoaiit, qui familiarisait les médiévistes avec 
les anciens textes des chroniques, des chartes, et dôs actes 
languedociens ; c'est Saint-René Taillandier, qui, l'un des 
jiremiera en France, signalait à M. Buloa, le moine féLIbre 
des hommes, l'apparition de Roumanitlti^ d'Aubanel et de 
MistraL D'autres, ici ou dans la région, étudiaient le catalan, 
te folk-lore, Icâ chansons populaires. Ces efforts dispersés sq' 
combinèrent, ces bonnes volonté:^, hésitantes et isolées, se 
raltiàrentT se reconnurent, retrouvèrent a Taire quVù aent 
venir de Provenza » dans le grand souffle qui venait de 
Maillane.Lea fondateurs de notre Société, Charles deTourtou- 
lon, Cambouliij, Anatole Boucherie, Montel, PauJ Glaize, 
dirent expressément qu'ils la constituaient pour contribuer 
au progrès du mouvement félibréen, pour étudier dans ses 
origines, dans ses monuments anciens» dans ses divers dialec* 
tes actuels, cette langue du Midi qui avait perdu ses titrea 
de noblessâr et à qui Mistral venait de lea rendre, de par aa 
pleine puissance et joj^euse science, La Société entendait 
donc être la légion scientiâque dans cette armée de poètes et 
de rénovateurs. Et, si vous préférez une métaphore pîus paci- 
fique, elle voulait préparer rherbiet- où se conserveraient les 
Ûeurs que la nouvelle poésie moissonnait à lourdes g-erbea. 

Cet herbier comprend aujo«rd*hui une soixantaine de 
volumes,— la Revue des Langues Humane^f la série (momen> 



I 



I 



DE LA SOCIETE DES LANGUES ROMANES 



S5I 



lûéoieDt suspendue) des puàhcattons spéciales, et quelques 
ouvrages dont rimpressioUf engagée depuis longtemps^ sat 
interrompue pour divers motifs. La poésie provençale occupe 
txne grandâ partie de ces volumeâ : textes anciens des Irouba^ 
(tours et des poètes provençaux, chansons de Bertrand de 
Sorn, d'Arnaut de Mareil.de PeireRog-ieriairventês de Mon- 
tons Sastre, chanBOunier de Bernart Amoroa, ^ je feuillette 
*.Ti hasard, — tout y est imprimé * commente^ élucidé, si bien 
qu'ii o'j a peut-être pas aujourd'hui cinq cents vers des 
'trotibadotirs qui soient encore à publier; — puis ce sont les 
<Buvres des poètes patoisants des derniers siècles et du nôtre^ 
Dotû Guéria, Guiraldenc , J-»B. Coje, Octavïen Bringuier, 
du célèbre auteur du Sermon de Moussu Sistre et de l^Opéra 
*^ Frountignan* (L*édition des oeuvres de notre abbé Favi'e^ 
s'achève aujourd*hut raême en un quatrième et dernier vo- 
lume, bien longtemps attendu l )Bt après ceux-ci viennerLtdes 
poèmes, des odes^dea chansons, des vera d*amour, — beaucoup 
devers d'amour, des félibres contemporains. Mistral, Aubanel, 
Bonaparte W^se» Roumieui, Fourèa, Langlade, et Les poènies 
^*un charme si mélancolique de A^a DuîctoreUa,. la jeune muse 
trop viteévanouiciet de combien d'autres j Etparmi les poésies 
ïont mêlés les travaux pbiloiogiquea sur les dialectes anciens 
«t vivants, des dissertations grammaticales, linguistiitue^, 
phonétiques, qu*il serait impossible de citer toutes ici, mitls 
doQl te patient amas est si utile à quiconque veut étudier 
rhîaloire de notre langue ! La Société n*a d'ailleurs pas oubliii 
Que la (igalejadoi) est un des aspects les plus sympathiques et 
*ea plus intimas du gënie méridional et que iou Cascareiei de 
^ Armana prouvençaù n'est pas moins caractéristique de cette 
renaissance que les vers lyriques des isclo d^or, — et elle a 
f«cueilli et publié avec un soin pieui les énigmes, les iiitme- 
'lin ne, les légendes, les contes populaires» les anecdotes qui 

» ont le bon goût du terroir, de la àuurrido et de Vaioli^ 
La publioation de sa Revue, pourtant absorbante, n*a pas 
épuisé Ténergie active de notre Société: à son rôle de conser- 
^Mricê des textes et des langages méridionaux, elle a voulu 
joiodre une multiple propagande. C'est pourquoi elle a ouvert 
dsicoucours, donné son appui aux félibrées qui se sont céié- 
Mei à Montpellier, organisé les fciea an Chani du Latin, 




252 



TRENTIEME ANNIVERSAIRE 



4 



tenu des Congrès ou Hes réunions de mmanistâs. Kn II 
pourles fêtesfia GImntdu Latia; en IH9C1, àToccàsion de? fétes' 
du Centenftire de l'Université, on a vu pe grûaper autour de 
notre Sociétt^ ti dûs reprësenlani:* de tous ceuï qui iIg Bor- 
deaux k Nioe, i\^s Buléareâ à Clertuont'-Ferrîi.ndT parlent notre 
lan{*ue, de tous ceux qui dans le niondo entier en font l'objal 
de loura études, n Ces ir*urj*-lài et bien d'autres fois encore, 
des romanistes allemands, acatidinaves, italiens, iinlandais, tes^ 
maUreâ \e» plus iltustres des Universités de France et dea, 
Université.? étrangèrea» ont répondu à nos invitations» ^ont 
venus nous apporter Jeure lumières, et réclamer celles de, 
M, Chabaneau. 

Kt si, jtitrnii ce» visiteur.-», je |ïuis citer ded profeifseurît «les 
Paculti*s — disona uujour'i'buî fies Universilii-f — de Franue»^ 
c'est, pour uiiegrande [>art^ â la Société prtm' fétude des i.an§m 
/îoiHnnesiiu'onledoit Klle a tnisuiit^infatijjableénergjeâ récÎA- 
nier pour Tétude du provençal en France un traitement égal 
aehn que lui accordaient rAllemagne, la Suéde ou ^Italie. 
campftÉriït' fut longue et difficile. Ce fut en 187E>, a Ia suite des' 
concourade la Société, quand î"opJniDn méridionale eiltété pré- , 
pariée, ipiVIle demanda la orêHiion de clmireâ de lang>ue d*(H]H 
et dt langue d'oil dans les Facultés d' A iï, (Je Montpellier et de^ 
Toulouse. L'Assemblée nationale accueillît favorablement ces 
pétitions; M, Waddirtgtonf minii*tre de l'Instruction publique, 
promit en 1876 de demander k la Chambre la fondntion « d'une 
chaire de cefranreH dansw unde9graDdscentres",etceschaires 
qu'on demandait pour Montpellier etToulriuse, !e ministère les 
créa, — naturellement, - ii Lyon et Bordeaux. Jl fallutrecom- ^ 
mencer les sollicitations. Ce ne fut qu>n 1878 que cet enseî^fl 
gnemenî fut organisé à Montpellier; voilà des nièces d*argent 
à fêter, dans trois ans^ pour lesquelles nous pourrions prendre 
dès à présent rendesi-voug. Un cours de langue romane j fat 
confié à M. Chabanean, et de* conférences de philologie ro- 
mane a M. Bouchene. Ainsi se réalisaient amplement les vœux 
de notre Société : elle ne demandait qu'un profeflaeur, on \\\\ en 
donnait deux On lui en donnait m^nte trois: car, ennièmetemps 
quei'en±ieigneme[Ltda provençale on constitua aussi àlaPaculté 
celui dâ Tarabe! Langue qui, !*einblnit-il, ne peut passer pour 
rotuane a aut^un degré « mais te mi tnstere estima sans doute quâ, 




DE LA SÛCràTÉ I>ES LANGUESÎRÔMANRS tri3 

depuis rexpédition de Tartarin, TAfrique du Nord n'est fiJus 
<%^^aDd banlieue d& Tarascon. 

La Société fiour Cétiide de» Langues fiomanes a donc putssaïu- 
ment contribué à la dtd'usion et â la propagation doâ études pro- 
vençal ea.Mai:» elle ne s y enferme pas. Son litre l'indique: cV«t 
\*eti»emb]€ de toutes les langues romanes ou néo-latines« dans le 
paasé 6t dana le présent, qu'elle revendique comme le domaine 
théorique de ses travaux, comme le terrain éventuel de ses 
fouilles et rechTchûiEt. Le temps mo presse^ et jenepuisqu'ln- 
Uiqucr ici combien juste et légitime est cette manière devoir. 
C'eit, en effet, uue troj» étroite conception de la philologie 
^«Oiauo qu^ de ia limitei' à la connaissance et â. Tétude des 
premiers siècles de notre histoire littL*raire. Il no fuut pas en 
^ri«er rharmonieux déroulement, condamner nos professeurs 
île littérature romftnc et de littérature française à respecter 
tiiiL* imaj^'inHÏre démarcation, comme si la Chnnson ûe Roiatid 
'l'étjUt pas française, ou (jue la Légende des Sièclea ne fùi pas 
»*otnane l C'est la un travers où les Universités éiran^'ères ne 
totiihf'iit pas; M. WalJiand peut, étudiera Upsal alternative- 
tnent }fireiô et Caîendah et les sirventèg de Bertrand de Boni ; 
M, Van Hamclà Groninguepaâse âaus diflieullé du Rendus de 
Moiliiens a Gu^ tle Maupaeisant ou à Emile Zola. La Soyiélé 
& ilnDc pris pluâieurs fois, avec succès, le droit d'éludier les 
*utéurs et les t<axte3 français : notre regretté confrère, 
^. Revilioutn, par exemple, nous a donne swr \ea dialogues de 
I^'ciittloii, sur la jeunesse de Voltaire^aur la légetifletieBoileau, 
^^'excclienteâ JiB^ertaiions. — De niêmef les Alpes et leB Pyré- 
né«tne nouit ont jamais paru des fr<uitièreàau delu desquelles 
'*■ Socirie pour i'éludv deA Langues /ifn/innea ne fût plus ohcaolle. 
"ÏVop c .rj.^Lantes, trop iVOquontea ont été U-s rciatronsdca troia 
'^ t-l^ratuies italienne, française elesptignole, pour qu^on puisse 
'-■ï*jvt«r det* muraillea entre L^lles ; trop cttmmtJrios sont leura 
^ « ^ines pour que !e développement, d'une de ces tangues 
^ '«claire }>as celui des autres: quant au folk-lore, à Thistoire 
^^smosur-^, la connaissance de ces trois civilisations est nécea 
**«.uv a uni vcui cri étudier à foîid une ï:e»le. Cotte «cience 
^&C3uviatle des fittéiaturâs comparéiîs^ ces recherches de gram- 
^■^ aita uu d»j sociologie comparée, U Société des Lanf/tte» 
^^oitmiufi leur a lonjoura prêté une particulière altention ; 



£54 



TRENTIEME ANNIVERSAIRE 



toujours elle â'est préoccupée de réunir et de publier des textes 
ilaliêns et eâpagnold, de préparer des matériaus à nos voisina 
d*outr6>monta, d'accueillir leurs travaux. Nous avons publié 
des articles italiens aur les légendes carolingîennea, et un 
auteur italien eât venu noua apporter des études écrites en 
français sur le théâtre espagnol : n'est-ce pas là, au premier 
cheff réaliser l'union latine? 

Aussi, quand nous avons eu à. constituer le programme de 
notre réuuion d*aujûurd'but^ avons-nous sans hésitation choisi 
nos lectures dans les plus riantes régions de ce domaine, dont 
quelques autr«s peuvent paraUte un peu arides à un public 
non composé de philologues profesaionnels. Sans compter que 
des questions de pure doctrine, de technique niinutieuse^ si 
elles eussent été peut-être plus solennelles» n'auraient rien eu 
de plus roman, ni même de plus romanesque 1 Mieux valait 
à la fois affirmer tout la prog-ramme de la Société pour Tétude 
des Langues romaues et nepoiuttropennu^^er nos in vîtes. Noua 
nous intéressons à toute la littérature française , et notro 
savant confrère, M. Grammont, va vous parler du vêri 
romantique. D^étroitas relations, que nous sommes aoucieni 
da développer encore, nous unissent aux deux péninsules 
latines, et Tun de nos h6tes les plus distingués^ M. Mar- 
tinenotiet va non» révéler, à propos à'Horace et d'Héraclius^ 
des points de contact inconnus entra la littérature ôspa- 
gnole et la littérature française. Notre curiosité s'inquiète 
(in folk-lore, des antiquités, des beautés du pajslanguedocieu^ 
— et nous vous proposons pour demain une excursion a Saint- 
Quilhem-le-Désert, — Et enfin^ en couroonant devant vous, 
d'aprâs les rapports de MM. Grammont, Lambert et Chassarj, 
des travaux de philologie romane, des contes populaires lan- 
guedooi0n8,des poésies méridionales, ne rentrerons-noua pas, 
et dès ce soir, sur te terrain le plus central^ le plus étroit, de 
nos études ? 

Et, par là, nous restons Ûdèlus à Teaprît de nos foodateura : 
car nous imitons, dans un cadre plus modeste* rharmonteux et 
complexe développement de la vie de celui qui est notre grand 
patron, Mistral. Inimitable poète dans La Heint^ Jano, Caiendaù 
et /Vtrfd» dans les hcto d'Or et Lou Jioset évocateur divin de 
cette Mireiô, qui est devenue rincarnation même de la Pro- 



i 



» 






DE LA SOCIETE DES LANGUES AOMANES Î5Â 

rej3oo, rame de sa* jeunesse Je type éternel de sa beauté rus- 
tique et Imuineu&e^ Mistral s'est f&it le philologue génial du 
Trésùr daii Felibrigej donnant ainai Teierapie inouï d'un Vir- 
gile qui aurait pu écrire sur lui-méaie le CoEcmentaire de Ser- 
viQ«. If a fondé le Félibrigê^ animateur des sentîmeûtâ d'au- 
toDomie traditîonniste, linguistique et littéraire qui tra- 
vaillêDt maintenant les nationalités vaincues^ les Gaëls de 
Cornouailleâ et d'Irlande comme les Catalans, de ces sen^ 
timanU qui se répondent de la Finlande opprimée à la Polo- 
gne toujours martyre. Et, après cette œuvre d*intérêt général 
ei naûoiia]^ il revient vers le soir à ses premiers^ à ses pluâ 
constants soucis t il se recueille, il se concentre dahi la 
créLtîon du Mttseon Ariaten* Ainsi notre Société, après les 
éttxles les plus diverees, après des vagabondages aux ex- 
trêmes limites de son domaine, en revient toujours k la Pro- 
vence, à la philologie prorençalê» Car elle sait, comme lui, 
que là est sa terre patrimoniale, sa terra miicQt et, comme le 
maître rie Maillane dansaon dernier sirventèa encore inconnu, 
«Ile a pour refrain : 

La m&ire Prouvènço qii'a batn Taubado, 
La maire Prouvènço que iiin Ion drapèu, 
L'a pancfi crebado 
La p^u 

Dùu mmptlîu 

PajBse-t-il battre longtemps encore, le rappel de Mistral, 
'^ tambour de la Provence et de la littérature provençale! 
Puisse- t-il nous convoquer dans vinfft ans auï noces d'or 
de notre Société ! 

Les pnDcîpaux [ia**ages de ce discours furent soulignés par des 
BpplRudiEBementfi, maia la lin excita un vif enthousiastne parmi les 
ludileurs où l'on recaarquait de nombreux fôlibres. Lorsque le silence 
Mtrétftblî, M. Oraaimontât une communication sur Le aéra roman- 




■ ne pouvons TDalheurensemeat donner qu'uoc aaaljse de aon 
Q<ïe, car elle doil faire [nartie d'uo livre actueUeïnent en cours de 
ubUcaùoD qui H puuf titre: Le vers français^ s^s vioyens tTexpres- 
tiûnt sonhartiionie. 



M. Grammont, prenani pour point de départ les beUes étu- 



«56 



TRENTIEME ANNIVERSAIRE 



des de M* Becq de FouquJères claiis son Traité générai de v 
si/ication française, indique très rapidemeat les rectiiicatio 
qu'elles iiomporteal, et se propose de recihe relier tout J'abo 
qHQi ii:At i effet produit par fintroductioEi d'un vers rouinrit 
(|U« ou Irimètt^ datiâ une pièce dont Teaseiuble est en ve 
elûgaiques ou tëtramèires* L'arrivée i1*un vers rithmé à troN 
me^ttrea après une série de vers rythmés à quatre ne SHur&il 
passer inaperçue; tout chang^ement de mètre, produisant uti 
Goritrasief fra^^pe et éveille l'attention qui ae porte au^fditôl 
sur lia mètre nouveau, c'est*à*dire sur les jdé«s qu'il exprime^ 
D'ai)tr6 purt, en quoi con^iâte <ïe cliangemenl de mètre? eq 
1h substitution d'un mètre \iiuH rapide à un mètre pSus lenti 
{Vûye'i. sur ce dernifir poiut Becq de Fouquiàres, l, K), 

Ces deui éléments que l'on peut déterminer, a pr$orij ao 
crolsaemeut de viLus-e et ôveil de Tattetition, [lermettent d 
comprendre touït la« effets proditiis par l'introduction di 
rythme roiuaiitiqiic dans le rjtUme classique ; 

1" Il est évident quol'emi^loi d*un vers plus rapide eat propre 
àtfXprîiuoria rapùiùé, qu'il s'agisse d'un mouvementpbjsiquâ 

De moment en motiietit le sort eit moLos obscur 
l'^i Too sent bien | qu*oa est emporté \ ver« Tazur. 
(Hugo, Gontfmplations,) 

Ëafiu, dans Taîr brûL-knt et qu'il embrase eacor, 
8ouB U pisUl ^éant qui s'érige, il éckte, 
Et rétamj.ae lance au loin ] le pollen d'or. 

(Ubhédia,^ Ftem' iéûuiûire.) 

ou hion d'un mouvcraent puremeat imaginaire ou moral 

Hûlaa ! verb le pasaé touniaut un œil d'envie, 
SnuB que rien ici-bas putBâe m'en consoler, 
Je regarde loujourti ce raumeut du ma vi« 
Où Je l'ai vue | ouvrir non aile j et s'envoler, 
(Hugo, à Viliequier,} 

Et de» vents inconnus viennent me carenBor. 
Et je voudrais | naisir le luonde | et rembraa«Ër. 
(Lkcomtb db Lisle, Gîaucé,] 

2*^ Toute auj^mentatiort de vitesse détermine tirie préseï 
tatiou pluït rapide des idùes et dea images, D'antre part U 
temps pendant lequel noua pouvons conaidérer chaque ûlê< 



DE LA SOCIÉTÉ DES LANGUES ROMANES EST 

ment d'idée, ou oh&qae idée composante, est devenu propor- 
tioa&eUement plu9 court. Une accélération nous fera dono 
leatir, par le resserrement des sons, le groupement plu9 
étroit deis idées ou des faits: en rapprochant les unités, elle 
nocs fait éprouTer la sensation de la collectivité. C'est dira 
que le trîmètre est propre à contenir une énumération à trois 
tdnufti qui enviga^6 une question sou» toutes ses faces; 
gr&ee an rapprochement synthétique dû à raccclératîon, il 
fait de ces trois termes un tout, une unité qui résume (a 
question : 

^B Faisait s art] r l'easâim des étrea fabuleux 

^B Tâcitôt àe^ boia, | tactât des mers, | tantôt à&a nueè, 

^^H (HuaOi Le sacre de la femme,) 

^H Je jure de g^arder ce souvenir, et d'âtre 

^H Doux au fai|blË, lojal auboa,|tefrible au tr&Ure. 

^^Ê (Huao« Le petit roi de Galice.} 

^H ^ Enfin puisque l'arrivée d'un trimètre, après une séri» de 
^^ tétraiûètre, surprend Tesprit, parle contraste qui en résulte» 
^t oblige rattention à s'appliquer aur ce trimètre mêmâp il est 
tîié de comprendre que le trimètre, mettant en un relief sin- 
gulier ridée qu'il exprime, est tout désigaé pour contenir 
l'idée la plus importante d^une tirade, celle qui la résume, 
HQilacoDclat,et, d'une manière générale, celle qui est destinée 
i ^nipper le Jecteur ; 



^" Tels sont les différents effets que nos poètes peuvent obte- 
nir et ont obtenus en effet par Temploi du vers romantique. 
Une étude approfondie des cBUvres de V. Hugo montre 

17 



Aimer est le grand point, qu'importe U maîtresse? 
Qa^importe le itacon, pourvu qu'on aitTivresse: 
PiiteB-vou8 de ce moude un aong^ aane réveil. 
S'il est vrai que Schiller n'ait aimé qu'Amélie, 
Gœthe que Marguerite, et Hotisseau que Julie, 
Que la te|rre leur soit légère 7 — | Ils uat Aimé. 

(Mi^ssET» La CQUpc et let lèvres.) 

Cûe fraternité vénérable germait; 

L'astre était sans orgueil et le ver aana envie ; 

Oq s*adoratt | d'un bout à l'âujtre de la vie. 

(Huao, le sacrée de kt femme.) 



25ft 



TRENTIEME ANNIVERSAIRE 



I 



(railleurs quMI a parfaitement senti cea effets, car, presqae 
toujours, les vers qui précèdent le vers romantique le prépa- 
rent et concourent h, le mettre en évidence. Ou n'en saurait 
dira autant des trimètres que Toa rencontre ohQZ les parnas- 
siens ât d'une manière générale chez les poètes poâtériears à 
Hugo. Trop souvent ce vers n'est dan» leurs poésiee qu'une 
négligence, une licence injustifiés, ■ 

Il y a donc lieu d'étudier à part le vers romantique de 
Hugo, et il y a une autre question, uon moins neuve que la 
précédente, qui s& présente à Tesprit de quiconque examine 
ce %'er3 avec attention: à quoi reconnaît-on un vers romaati. 
que et qu'est-ce qui indique, dans une pièce tout entière en 
dodéûasyllabes^ que tel ou tel vers est un trimètreet non pas J 
un tétramètre? C'est ce que M. Grammout a essayé de préci- 
aer dans la seconde partie de &h communication. 

Le vers romantique est tin vers de douze syllabes qui, 
contrairenaeut aux babitudos classiques, n'a pas d'accent 
rytbn^ique sur la sixième; mais, chez Hugo du moins (ou eu a 
diiférentes preuves), il a toujours nu accent tonique à cette 
place, même dans les cas où il n'y en aurait pas en prose. 
Ainsi en prose dans cette phrase : uelle n'est pas reine », il 
uy a pas d'accent tonique sur le mot h pas i; ; mais il y en a 
un sur ce mot dans le vers suivant : 




Une reine n'est pas reine Bans la beauté 

{Evitadnuë.) 

Comment lea vers peuvent-ils avoir des accents toniques 
là où ta prose n'en a pas? Parce qu'ils ont un rythme qui n'est 
pas celui de la prose. C'est le rythme, et te rythme seulement, 
qui peut appeler un accent tonique sur une syllabe où la prose 
n'en admet pas. Il en résulte que cette syllabe a non seulement 
un accent tonique, mais aussi un accent rythmique, et par 
conséquent que les vers de ce type, c'est-à-dire ceux qui ont 
un accent rythmique sur la septième syllabe et n'auraient pas 
en prose d'accent tonique sur la sixième, ne sont pas des 
trimètres* Quelle est leur valeur spéciale et le genre d'eâ'et 
qu'ils produisent? La voix, donnant uu accent à un mot qui 
en prose n'en aurait pas, à un mot souvent dépourvu de toute 
importance, attire l'alteuLion d'une manière extraordinaire 



1 

uea 1 



I 




DE LA SOCIETE DES LANQUES ROMÂKGS f59 

sur le mût qui suit ]& coupe d^ Thémistiche^ ou, Bi ce mot iui- 
txiéme a peu de valeur, sur tout le second hémiatiche: 

UDâ reinQ a^eet ji^oa | itBi|ae sana la. beau(ë 

est un exemple du premier caa. Le relief du mot «reine d pro> 
vient surtout de ce qu'il est en quelque sorte un rejet du 
premier hémistichât comme le mot « brille h dans cet autre 
vora : 

. ■ . comme un cèdre au milieu des palmiers 

Bègn&f I 6t comme pBlbmoB | brille \ entre les Sporadee. 

On a un exemple du second cas dana ce vers : 

Mai9 Diderot était | digjtedupil(tri 
quifl'oppose à celui-ci : 

Pigault'LpebruQ allait A vctre goût austère 

Ot ùt le rehef du second hémîaticlie acoentue l'antithèse. 

Les vers reiatiremeDt rares qui, bien qu'ilî aient Taccent 
rythmique sur la seplième syllabe, auraient en prose un 
Aocent tonique âur la aiscième, ne rentrent paa daus cette 
catégorie et peuvent être dea trimètres: 

La foi naFge, le droit âo|tte» le vrai tournoie. 

{Hdigions et Religion.) 

^^aifl dans quels cas en sont-ilB, et dans le type beaucoup plus 
^c*^quent où la sixième sjUabe est étroitement unie par le sens 
^ la eeptième sans que Taccent rythmique soit sur cette der- 
z^tère, à quoi reconnalt-oti un trimètre? Puisque ce n*eat pas 
^ laforme du Ters, c'est évidemment au fond, à l'idée expri- 
me. D'aborii tous cêUi dans lesquels il y a une dnumératiou 
trûis termes parallèles août des trimètres : 

Pendant aux pals, | clouée aux croix, | uufl sur les claies 

{Sultan Mourad.) 
U est «ans peur, [ il est «ana feiotei | il est aana tacbe 

{La paternité.) 

C&tte catégorie de vers est largement représentée chez 
V. Hagû, mai» les deux autres le sont fort peu, iuÛnimeut 
m^ina que ne Ta dit M. Becq de Fouquiérea et que certuius 




TREIÏTTÈME ANNIVERSAIRE 

ne l'ont cru après lui. Ils ont trop souvent confondu avec d< 
trimètreB lea tétramètres à céâure faible. La distinction es! 
d'ailleurs parfois délicate et c'est alors le godt seul qui peut 
trancher la question. Il faut, pour chaque caâ, examiner de 
trèa près la texte et le cootexte^ voir quel est le genre d'e^et 
qui convient le mieux à Tidée exprimée, et ai le poète a voulu 
mettre en relief un mot, une expression^ ou le vers toal 
eDtter. Si on lit en trimètre le second d& c&s deux vers : 

Ils mettent l'affreux bât de la béte de somme 
A des esprits, | comme eux pectsant, \ comme eux vivant, 
{Lâi fjuaire oenU de Cespfii,) 

on le met en relief par le fait, puisqu'il vient après un tétra- 
mèlre. Mais c'eut une lecture brutale qui supprime toutes lei 
nuances, SI Von veut donner à chaque mot sa valeur réellej 
on lo lira en cinq mesures: 

A dei eapnts, | comme eux j pettsant, | comme eux | vivant ; 

alors u pensant a et o vivant m auront tonte ta signiâcation 
dont iU so:]t isuâceptibles, et non seulement ces deux mot9j| 
Djaiij auâsi l'expression h comme eux » ; et cet effet sera dft 
surtout à Vattente suâcitée par l'accent rythmique du mo 
V eux n et au changement d'intonation sur les mois tt pan 
sant ]) et a vivant t> qu'exige la faiblesse du repos placé 
devant eux. La suspension de la voix à cette place est exac 
tement la même que celle qui suit un vers enjambant sur 1 
suivant ; 

A TouloDf I le fourgon | les ^ui|tte, le pootoa 
Les prend; | «ans vâtetneutfi, sans pain, îïoub \e bâton... 

(Les chdt menti ) 

Cet exemple n*a pas besoin de commentaire, Quant à la 
qualité particulière de rjntonatîonqui convient à latrolsièma 
mesure de ces faux ti-imètres, chose qu'il est bien difficile de 
faire comprendre par àiis explications, voici un exempt 
là fera nettement saisir : 

ïl fit scier soD aDct@ Acbm^t entre deux plancher 
De cèdre, ] aâo de faire | honneur \ & ce vieïUard. 

{Sultan Mourad.) 




k 



DE LA SOCIÉTÉ DES LANGUES ROMANES 2fil 

IL»«!8 deui mesures a De cèdre •> et n lionneur » sont toutes 
ci^u^ des rejets, Fane ftu premier vers, l'autre du premier 
ïa. ^mUticlie du second vera^ et doivent être prononcées aveo la 
a::fc.^naê intonation. Lorsque Cromwell vient do faire saisir les 
taures par aea foldatg, U leur dit : 



Je ne vûia rien ea voua qui soit k dédaigner, 

Et vous estime eafio [ trop | — > pour vous épargner. 



I— ^ mot « trop » est en rejet à l*hémistiche et l'effet qu'il pro- 
<A ^^^it est tout k fait identique à celui que V. Hugo a obtenu 
*" iileors par qd contre-rejet à ['hémistiche : 

Oui, troia de mee cité& de Castille ou de Flandi'e 
Je les dûnneraÏBl — | fa»/*, | plus t«tr1, à Igb reprendre I 

(Bernam.) 

Parfois rhésitation est permise et Les deux lectures aont à 
^^^ ri^eni* possibles : 

Un crapaud | regardait le ciel^ 1 bète éblouie, 

^I^'èsitine idée surprenante, {a forme du trimètre lui convient, 
nia celle du létraœétre 



Un crapaud | regardait | teciett \ bête éblouie. 

^^Ate rien à Pinattendu de Tidée et annonce bien mieux Je 
®Cljet de la pièce par le relief rju'ollo donne aux mot» « le 
<^iel D ; le ciel c'est la pureté, lui c'est l'être immonde, le ciel 
*est respérance, loi c'est !e paria, le ciel c'est la chanté, lui 
*^»«tle réprouvé qui va être en hutte à la haine. 

Afais, le plus souvent, Tunedeâ deux lectures fauKsele sens* 
Si Vous lisez en tétramètre le dernier de ces quatre vers : 

D'autres, d'un vol plus bas crois^al leur» uoirt réieaux, 
FrAlaiect le front baité par leA lèvres d'Omphale, 
Qnand, aju^iaDt au Dcrf la flèche triomphale, 
L'Archer Buperbe fit [ un pm \ dam leii rofteaux. 

fUitasnu, SfymphaU.) 

^^ti£ mettez en relief le? deux mots v un ptta n comme si vous 
^'^Ulitsz expressément faire sentir qij'llercule n'a pus fait dei:x 
ou (>lm$ieur9 pas^ Lisez^It^ eu Irimêire' 




S6Î TRENTIEME ANNIVERSAIRE 

L'Arch«t* BUper | be fit un pas | danâ lea roseaaz 

et ToD ftura simplement rimpresaion que le héros fait un 
mouvement en avant, ce qui est bien l'idée du poète* 

M. Grammont termine en exposant brièvement , aoua 
forme de concluaion, ca qu'est devenu le vepa romantique 
entre lâR mains dea parnassiens et des poètes postârieura à 
V> Hugo. 

 M. Grammont Buccéda M. Martinenche, qai lat la communi- 
cation suivante : 

Les sources espagnoles d'HORACE et d HÉRACX.IUS 

Je me souviens qaW temps où j^avaisle bonhenr, non pas 

d'enseigner, mais, comme noua disions entre noua, de «faire» 
la rhétorique, en dehors de^ deux fumeuseâ oamedias qui ont 
inspire le Cid et le Menleur, nos connaissances sur les rap- 
ports du drame espagnol avec notre théâtre au XVIl* siècle 
se réduisaient i peu près n trois formules que nous répétions 
consûiencieusement.Qu'est-ue qaeHardy ï nous demandait-on, ■ 
Nous répondions : h C'est un poète aussi médiocre que fé- 
cond qui, au dobut du grand siècle, pillait maladroitement 
touâ les dramaturges d'Espagne qui lai tombaient sous la ■ 
main. » — Avec autant d'assurance nous alJSrmions que 
V Horace d& Corneille ne devait presque rien à Tite-Livê, et 
rien du tout k Lope de Vega. Enân, nous réservions nos 
jeunes et généreuses indig-nationa pour ce Voltaire qui, re- 
prenant les affirmations d'un obseur abbé Pellegrin, avait, à 
Taide de contre-sens et de fausBoa dates, fait découler Héra^- 
clins d'une comedia de Calderonjmprimée dix-sept ans après. 
J'apprends aujourd'hui à mes élèves précisémenl le oon-^ 
traire de ce que je récitais. U faut bien, n'est-ce pas, varier 
de temps en temps renseignement secondaire? M. f^igai, - 
dans sa substantielle étude sur le théâtre français au début I 
du XVIl' siècle ', a parfaitement établi que Hardy n'avait 
jamais lu que quelques méchantes traductions de riouvellea 



* Cf. Rigal» Aîexandt*tr ffwdt^ tf( le Thédtn françaù 
dît XVII' siècle, Parî!^, 1882. 



tfuîa: ati cumm^ncemenêW 



I 



DE LA SOCIETE DES LANGUES BOMANES 2'vtl 
espagnoles. Je voudrais voua montrer maintenant que les 
Iragéâies d^Norace et à^Héradittâ n^ont été conçues dans 
rîEBa^nation qOt les a créées qu'après la lecture de deuK 
coffiedias, Tune de Lope, et Tautre de Calderon.Yous verrez, 
Ailleara, que roriginalité de Pierre Corneille n'a rien k per- 
dre â cette rapide étude *. 

El Bonrado fiermano {Le frère plein d'honneur) est nne den 
plua médiocres comedias de Lope. Je ne crois paspourtcint 
qQ'tille ait été sans influence sur l'admirable tragédie de 
Corneille, Sans dotite^ on n*y trouve point ce persoonage de 
Sabiae, ai «heureusement inventé 'm^ qu'il crée véritablement 
U drame entre ces parents dont un a trîate et ûer honneur n 
Tft faire des ennenais* Écoutez pourtant comment Flavia 
«Biaie de retenir son umant Horacio, et entendei^ ausâi !a 
ïépoQBe quVUe reçoit de iui« Voua croirez assister à une scène 
êiitrôle jeane Horace et sa femme. Une uutre fois, c'est la soeur 
(l'HoFaciOi Julia, qui éveillera dans votre mémoire le sou- 
TÊiiir de Sabine. « Hélas ! s*éçrie-t-elle, ne pouvoir empê- 
cher le combat entre mon frère Horacio et mon époux 
Cdrîttcîo î Dire que l'nn doit tuer l'autre! N'y a*<-ii aucun 
remède à cette infortune? Ali! puiase-t-il se trouver dans 
limort de la mallLeureuse qui est à la toh soeur et femme ! n 
(UI, 3), Vous voua rappelez, n'est-ce paa, les vers de Cor- 
ueill« : 

H Je aettB mon triste cœur percé de tous les coupe 
Qq) m^AtenC maintenant un Trère ou mon époux » (III, 1). 



Si c'est dans Tite-Live que ae trouve la première ébauclie 
d'où fut tirée Tadmirable figure du vieil Horace, il serait in- 
juste de refuser à Lope le mérite d'avoir poussé ptu9 avant 
1& peinture de TUistorien latin. Je n'en veuï d'autre |^rL^uve 
iiue les paroles de Ca^o Horacio e]i ^ppelunt au peuple de la 
aeûtence de mort prononcée contre aon fiJs : « A-t-on jaiuaiM 
ro couronner une tête pour la faire trancher parle bourreau? 



mç! cnnUnte rlti iif^aumer iri quelffues pa^j^'s H'im volume qnii 
ilru ù b lin du janv'urliH.ll^i^liL-?. Hachette, sous i:e Liiro •.fIj/it'ijiHvditi 
tynole cr» Franyv tiv fftirtii/ ît i/fiCtti€<it 
Examen d'Homce 



264 



TRENTIEME ANNIVERSAIRE 



... Les Albaîûs ÊUSL-mêmes gémiront k oe Bpêûtaole, et vous 
Appelleront peuple ingrat, n N'est-ce pas là rori^ÏDe des vers 
que CoraeiUe met dans la bouche du vieil Haraca : 

t* Lauriers, sacrée ratndaux qu'oD veut réduire en poudre. 

Vous qui mettez es tête A l'abri de la foudre, 

L'abHDdonnerez'Vûus à Ttiifâmâ couteau 

Qd fait choir las tnéchaDlsBouiB la m aie dubourrenu? 

Albe ne pourra pas souffrir un tel epectacle, 

Et Rome par aes pleurs y mettra trop d'obstacles, a (V, 3^) 

Enfin, quelle que Boit roriginalitë avec laquelle Corneille 
a peint son Curiace et sa Camille, il ue faut pas oubliôr qu'il 
n'en a tracé le portrait qu*aprâs la lecture de Lope. Curîace 
ne se souvient-il pas de ce Cunacio qui ne peut paa oublier de- 
vant Horaoio qu^'il parle au frère de celle qu'il aime î Quant 
â Camille, n'entend elle pas l'amour comme une Espagnole, 
et non comme une Romaine? Et ses fameuses imprécations 
ne rappellent-ellea pas étrangement les paroles qu^après la 
mort de son amant JuUa jette à la face d'Horacio : a Je ue _ 
viens point, frère annemif voirie fruit de ta gloire pour le fl 
peuple romain j je viens, vôtue de deuil, pleurer mon époux 
Aîbain; je viens pour que tu traverses ma poitrine avec cette ^ 
épée traîtresse qui n*y pénétrera que mieux puisqu'elle est H 
teinte de son san^. Pour tuer mon époux, il faut que liï me 
tues. C'est moi qui suis Curiacio, Rome, donne-moi la mort. 
Il a emporté ma vie dans son cadavre,ct j'ai pris la sienne en H 
moi. C'est moi maintenant qui 9uia Curiacio* » 

Pourquoi donc Corneille n'a-t-il indtqné comme source 
de son Horace que le récit de Tite-Live ? Paroe que la couleur ■ 
de sa tragédie était purement historique et ne rappelait en 
rien tes peintures romanesques et disparates d'Et honrado 
hermano. Bt puis, et surtout D*avait-il pas fait siennes les J 
indications qu'il devait a Lope et qui n'étaient, à vrai dire, 
que de simples suggestions? La meilleure preuve en est peut- 
être dans le passage où son imitation e^t le plus sensible* fl 
<r J'avais aujourd'hui quatre enfants, s'écrie CayoHoracio, je " 
n'ai pas donné peu à la patrie puisque je lui en ai sacrifié 
trois sur quatre. Laînaez-moi, Rûm»iLns, celui-là seul qui me 
reste. » Voici comment Corneille traduit ; 



DE LA SOCIETE DES LANGUES ROMANES 26b 

<t Homeaujourd*bui m'a vu père de quatre enfanU: 
TroU en ce même jour sont morts pour ssi querelle; 
U m'en r^ste âncore un; coju^rvez-le pour elU, » 

Hat'celà une traduction, ou n^est-ce pas plutôt une admi- 
'*^l>Je trouvaille? Le vieil Horace, Tuême lorsque parle son 
coa^ir de père, ne cesse pas de s'exprimer en citoyen ; ce n'est 
pB-s pour lui, c'est pour sa patrie qu'il veut conserver son fils. 
î^^iia El Honrado Nermano^ à tout propos et hors de propos, 
I-»ope reste Eapagnot. C'est a Rome toute entière n qui parle 
P^T la bouche <ie$ Horaces, 

La tragédie d*//i^ac^îMs, au contraire^pour reprendre le mot 
tl© Fontenelle» est n à l'espagnole w. Elle l'est surtoutparla 
Complication de sou intrigue et plus encore par l'tdée âubtile 
»t étroite que ses principaux personnages se font d'une 
'« î^loire «> oùiln'eatpas difficilede reconuaître le t. pundonor it. 
W Bi^ elle l'eat aussi, et c'est ce que je vomirais vous montrer, 
par les emprunts que Corneille a faits à Caïderon *. Ce.* em- 
pT'unts se réduisent à trois. C'est d'abord et surtout le nœud 
'^éme de la pièce qu'on ne rencontre point chez Baronius. 
^'«st la tragique incertitude oii le tyran se trouve plongé 
«Cfcfsqu^il hésite à frapper rhéritier de l'empereur Maurice 
t>our ne pas risquer d'atteindre son propre flla. Astolfo disait à 
^<icas ; « Tu peux les tuer tous !ea deux; ruais lu sais main- 
"t^Datitque l'un des deux est ton fils. » Léontîne s'écrie avec 

^ ne fermeté plus saisissante : n Devine^ ai tu peui^ et choisis, 

*i tu roses, » 

Voici encore deux mouvements dramatiques qui ne peu- 
vent s'expliquer que par une imitation directs. Menacée par 
Pbooas, LéoûtiDe lui réplique : 

f Je nrai de (a peine, ou, ai tu m'en punia, 
Tu perdras avec moi le secret de ton fîU. » 

Mais déjk Ajtolfo avait répondu à Phûcas qui voulait le 
faire périr r (t Ainsi mon secret demeurera plus sûr. Rieu ne 
vaut un mort pour g-arder un secret.» — Enûn, quand s'en- 



^ Voici le titre complet de la eomedia de Guteltroti : En esta vida todo 
et verdad *j todo mentira. (En calte rie toul e$t TCrilr et tout «st iii«n- 



TRENTIEME ÂKPÎlVERSAmE 

gage Ja généreuse lutte des deux jeunes g'ens^ les deux 
PhocRs prononcent tes mêmes parole». L^Eapagnal s'écrie: 
u Ah I bienheureux Mauricio I Ah 1 naalheureai Phocas ! 
Aucua ue veut être mou Ûïs poar régner, et tous deux veu- 
lent être nés de toi pour moarirl » Le Fraucaiâ se sert à peu 
près des marnes mots : 



H malheuretix Phocas I à trop heureux Macrice ! 
Tu recouvres âQXXTi fiSs pour oiourir après toî^ 
Et je n'en puis trouver pour régner âprèB moi ! " 



i 



Voilà les seuls rapprocbemeots qu'on puisse faire eotre 
VHéraclius et VEn esta vida qui justifie son titre en entassant 
ave»; la plus étrange fantaisie tes situations las plus bizarres 
pour entremâler plus étroitement Terreur et la vérité. 

Depuis la publioation d'une étude de M< Viguier qui est 
reproduite dan» le tome V de réiiitton Ré^nier^ îl estenteiidu 
en France que de Calderon et de Corneille le plagiaire n'est 
pas celui que pensait Voltaire. 

Je auiâ convatDCU, pour ma pnrt^ du contraire, et je suis 
plus sûr encore qu*ll n'y a pourtant dans Héraclius aucune 
trace de plagiat. M. Viguïer ftiit reposer sa démonstration sur 
■ rois raisons principales. La première^ qui estlaplus Bérieuse, 
c'est qu'on ne trouve pas avant 1065 d'édition de VEn esta 
vida. Encore faudrait-il prouver que cette comedia ne se ren- 
contrait avant 1647 ni dans un des volumes perdus de la 
eoUectîoa deCarlos Sanchez dont le privilège est daté de mai 
1637t ni dans un exemplaire détaché comme celui que j'ai 
trouvé k la Bibliothèque nationale de Madrid \ dl enfin dans 
un de ces manuaerits qu'apportaient avec elles les troupes 
espagnoles ambulantes. Que penserait-on d*un critique qui 
déclarerait que Thomas Corneille n'a pas traduitMoreto parce 
que Le ChûiTue de ia voix parut à la scène en 1653 et, qu^on 
ne connaît pas avant 1054 d'édition de : Ùq que puede laapre- 
hemion ? 

La seconde raison que nous donne M. Viguier révèle uno 

> C«l exempkair» lâolè et non cataloguiï de l'Bn e$iti vida est cerlai^ 
nâmûnL du XVM* siècle, mais mflJJieuç'evisômeDt il n« part* m dgt« tu 
indicaliou d'aucuno espace. 



DE Là SOCIETE DES LANGUES ROMANES 



£67 



I 



» 



âiD«ingénae. Pour nou» montrer que Vsui^viT d'HêraclitÀS a 

ptii sans aucaû secoiirâ étranger, tirer te nœud même de »& 

tragédie de sea réâeiion« sur le te^te historique^ M. Vio^uier, 

d&D8 UD6 anaïjrse qu'il croit; triomphatite, refait à nouveau le 

tra?ail de ComalUG. N'ajant pas reçu comme lui des lumières 

spéciales pour éclairer à distaDoe TiDiagination créatrice des 

boQUDQS de ^rènle, je me garderai bien d^entrer avec lai eQ 

discussion sur ce point» Je ne discuterai pas davantage 

y^j^Qihèae d'un Philippe IV chargeant Calderoa d'affubler de 

foiigoriRmea une pensée de 8on rival français. Je ne comtuu- 

Digne pas plus avec les rois défauts qu^avec les grands 

tomes des sièclea passés, ei ni les uns ni leâ autres ne me 

disent leurs petits secretg. Je me contente de faire remarquer 

^u« si l'Espagne n'a jamais été mieux connue de la France 

qu'ao XVÏl' aiècle, la réciproque n'est pas vraie, et que, 

JJ*r exemple, Calderon ig'norait le français, tandis que 

Corneille savait parfaitement respagnoK L'auteur de W^n 

tita vida a^ d'ailteurs, si peu cherché dans une langue quj lui 

était étrangère le noeud de sa pièce, qu'il t'a, en effet, trouvé 

dims La rueda de (a Fortunaf de Mira de Mescua, dont il a 

repris quelques vers et qui est de beaucoup antérieure â notre 

Béraelitis, puisqu'elle fut imprimée dès 1Ô16, à Barcelone, 

Qhes Sébastian de Cormellas^ 

Pourquoi donc Corneille revient*il t deuï reprise» dans 
lûu Examen sur Teffort d'invention que lui a coûté Héraclin^ ? 
Conclurons-nous comme cet aimable Allemand (ai-je besoin 
de nommer M. Schlegel?) qui ne craint pas d'écrire : « U est 
GerlaiQ que le poète français se doaue pour avoir conçu la 
première idée de cette pièce^ mais il faut se souvenir que ce 
o'&Ht que forcé par La nëcesàité qu'il a reconnu ce quHl devait 
i l'auteur espagnol du Ctrf,*! Corneille n*ajamais hésité à reooo- 
Qsltre ses dettes,etga parfaite bonne foi neaauraît âtre mi^e en 
doute. S'il n'a pa? cité Calderon^ c'est qu'il ne se cpoj'ait point 

'Dài^ câtte utontfsdia, Aurelisna, femme de l'empeFfitit- MauriciOt époa- 
TânU^e par un aonge, vient nous raconter elle-^mêoie qu'elle a Tait élever 
par Heracliano son Gis Hcraclia, bL qu'elle â mis à sa place âu palnii^ 
r^nfaot d'une iï(?rvante scythe. Mauricto, à son tour, voil en rêve Phncas 
lui enfoncer tint épée. On voit sans peine dans cf>9 deuï ai;âne8 Torit^nt! 
d« Il ailuaUon principale de XEn esta aida. 



268 TRENTIEME ANKiVEHSAIKK 

obligé de relever minutieusement les emprunts qui lui sem- 
blaient aan^ f^rande impoi*tance. Après tout, le nœud d*//ér«- 
ctiuê ne sa renconlrait-il pas ddjà dana Rodogune ou de Cleo- 
pâtrâ sâule dépend le sort des duuz frères qui attendent de 
sa boucbfi âinon le secret, du moins Tordre de leur naissance? 
Et puis, n'a-l-il paa transformé Astolfe en Léontine qui se 
gagne la conûauce de Phocas en lai livrant son propre file 
sous le nom d'Héraclius? N'a-t-il pas compliqué l'imbroglio 
en fHisant passer Martian pour Léonce^ et Héradius pour 
Martiao? NVt-il pas créé entièrement Fulchérie, Ëadoxe et 
Ëxupère? N'a-t-il paa ent!n imaginé sa manière à lui de 
dénouer son intrigue! En vérité, Corneille pouvait se croire 
lëgLlimement le droit de ne se réclamer que de lui. 

Peu importe donc qu'il n^ait pas plus parlé de Oalderon danâ 
son Kxamen d^Héî'acims^ que de Lope à propo* d^Mjroce, ou 
que plus tard de Ghirardelli à propos à^Othon. Et peu importe 
aussi pour sa gloire qu'il ait fait aui Espagnols un ou deux 
emprunta de plus. Ce n'est pas travailler pour la m^^moire 
d'un grand écrivain que de dissimuler ou de nier les sources 
ofl 11 a puisé. C*eat faire plutôt oeuvre de critique naïve et 
quelque peu grossière. La véritable invâution n'eat pas ce 
qu'un vain peuple pense. Elle ne uonsiste point à trouver, au 
sens brutal du mot, une scène ou un sujet nouveaux. On ne 
trouve jamais que ce qui existe ou a existé. Avec dea éléments 
bien connus, créer une {Buvra originale, voilà le douBUprème 
et mystérieux, car c'est \e secret même de la vie. Il est vrai 
qu'au génie seul un tel privilège est accordé. Mais Pierre 
Corneille &at de ceux qui enrichissent quand ils dérobant. 

Api'ùj M. MartmeDche, L-i parole fut donnée k M. Ckaaaarj, qui lut 
dou rapport «ur les concours. 

Mesdames, Messieurs, 

La Société pour Tétude dea Langues romanes, dont noua 
célébrons cette année le trentenaire, comptait» parmi ses 
membres fondateurs, M. Cambouliù, professeur de littérature 
à la Patîulté des 'ettres de notre ville, amateur passionné de 
la lui]gue catalane, romancier et auteur dramatique à aeii 
beuras, et M. Paul Olaize, un de nos compatrîoteSi un ûù 



I 



DE LA SOCIETE DBS LANGUES ROMANES «69 



W 






lettré^ ami d«s rénov&teuri de Ja littérature proTençale et le 
frère du charmant, maïa trop modeste poète que s'honoreut 
de posséder notre Société, le Fëlibrige, l'Académie des 
lettres, la Faculté de droit et le Tribunal de Montpellier. 

Aussi f grâce à leur influence ^ Isi Bemie des Langues 
f^ô^uneit organe de la Société naissante, ae montra-t-elle à 
ses débuts comme elle l'est demeurée dans !a suite., accueil- 
tante anx poètes de Languedoc et de Provence^ et OotavieD 
Bringuior, Théodore Aubanel, Bonaparte- W^se, Gabriel 
AïAla, Louis Roumieux, Auguste Fourèâ^ Alexandre Langlade, 
[lOtir ne citer que les morts» ont*ils pria une bonne place 
|i&rmi les collaborateurs dont nous avons inscrit les noms 
Buf notre iîvre d'or. 

Fidèle auï intentions de sea fondateurs, à la tradition 
■délibérément maintenue par ses membres les plus érainents, 
— car même chez les philologues dont la reDommée est euro- 
pâenne, le poète n'e^it pas toujours mort jeune, pour ne 
laisser survivre que Le savant, >^ notre Société a fait une 
Jilace^ dans chacun de ses concours, k la poésie en langue 
d'oCf et le titre de lauréat qu'elle décerne est un de ceux 
auiquelë les liUérateurâ attacUent, non âaaâ raison, permettez- 
moi de le oroire, le plus de prix, et dont ils ae réclament le 
plua volontiers, 

L« concours de 1900 n'a point différé de ceux qui Tout 
Précédé. 

A notre appela de nombreux concurrenta ont répondu, et 
du Comité de Nice au Béarri, de la Catalogne jusqu'à TAurer- 
^i^e^ et même d'Algérie, nous sont venues de^ œuvres de 
v&lsur diverse, sollicitant les prix qu'annonçait notre pro- 
^amme. 

VjQgt'huit oeuvres nous sont parvenues dans les délais régle- 
oifiiitaires; vingt-six remplissaient exactement les condi- 
tions imposées aux concurrentâ; deux a^ân éloignaient, puis- 
ifti'eïles consistaient en livres ou brochures déjà publiés, et 
dont le nom de l'auteur se trouvait par conséquent connu. 

Le jury a retenu Tun de ces livres, un recueil de vers 
publié â Béziers en 1899, ajant pour titre «e Flou^ de Farfa- 
d«lo B — c eet le nom de la villa qu'habite l'auteur. M. Antonin 
Maffre, le collaborateur languedocien assidu des Journaux 



Ï70 



TRENTIEME ANNIVERSAIRE 



btlinguea du BiUrroia. Ce volâmes qui compte 174 pièi 
parmi lesquelles un certain nombre de piàoeade circonstanô^ 
d'inégale valeur, rânferme quelques poéaies de belle enver- 
gure, se rattachant pour la plupart  un genre dont le chef- 
d^c&uvre est Tinégalable a Vénus d^Ârlea d, d'AubaneU L'une 
d^entre elles, u Las Vendemios d'Amour ?>, a valu un premier 
prix au poète, lors des Jeux floraux que La Maiatenanoe de 
Languedoc a célébrés à Montpellier en 1895, Son auteur, qui 
la déclama dans renceînte de rEipoaitiou, a dû conserver uti 
excellent aouveuir des ananimes applaudiaaemenLs du nom- 
breux public qui Técoutait, 

3l le recueil ne contenait que de« poésies de cette valeur, 
o^est une grande médaille d*or que le Jury aurait attribuée^ 
hors concours, à M. Maffre ; mais sa trop heureuse facilité, 
que sollicite la coUaboration quotidienne ou hebdomadaire 
aux journaux, rempSche trop souvent^ ou de rejeter un aujet 
dont rinspiration n'est pas heureuse, ou d'apporter à Ja 
facture du vers, à la rime surtout on se montrent^ plus que de 
raisoQ peut-être, les épithètes et les diminutifs, ce âni aana 
lequel une œuvre littéraire, quelle que soit la valeur de son 
inspiration^ demeure toujours imparfaite. Une médaille 
d'argent, hors concours, est décernée à M, Maflre pour 
<i Flous de Farfadeto ?>. 

Les vîngt-siï autres piÈcoa ont été réparties en deux groa- 
pes : le groupe catalan, entièrement transpjrénëen, et le 
groupe de la langue d'oc française, le groupe cispyrénéen, si 
je puis m'exprimer ainsi. 

C'est une pensée délicate, féminine, patriotique et chrétienue 
à la foLS^ cjuL a inspiré THuteur de la pièce ait Johana d'Arch» , 
dans le choix de aon sujet. 

M*^' Enriquetft Palery TruUol a voulu rendre hommage à la 
France vers laquelle la portent sans doute les sympathiea du 
coBur et les afflnilés de race ; femme, elle a tenu à honorer une 
jeune ûUe illustre entre toutes ; enfant de cette Catalogne qui 
revendique avec une persévérance digne d'admiration les 
imprescriptibles droits de sa nationalité, elle a exalté ta Fran- 
çaise qui chassa i'Anglaiâ du doux pa^a de France ; chrétienne 
ardente comme ou l'est dans la ragiou que domine le sanctuaire 
de la Vierge Noire de Montserrat^ elle prie déjà avec un« 



I 



I 



• 



DE LA SOCIETE DES LANGUES HOMANKS îïl 

feirearenthousiaste la sainte que Jeanne d'Arc sera officielle- 
metit deiDain. 

La pièce est écrite en strophes uniformes de quatre vers 
de neaf sj'llabeâ sonores et fortement rjthmés. 

Celle qui, 



êtqoi 



Comma héroïne eatune gloire de ta France^ 



Cotnme sainie aéra une gloire du laondâ. » 



k 



— je cite l'auteur -^ a porté bonheur ù aon admiratrice de 
Figue ras* 

Uqô médaille de vermeil rappellera k M^** Paler y Trullol 
ia grande patrie de Jeanne d'Arc, la petite patrie du roi Don 
JacDCf avec le légitime et très mérité suceës quVlle-méme y 
obddnt aajonrd'hui. 

Dana le deuiiëme g^roupe, le poète qui a chaiâi pour devise 
le mot espagnol : h Becuerdo », nous parait d'inapiration plua 
Tariée. 

Saas le titre de a Ramelet gascou m, il a présenté au jury 
boit pièces de bonne langue ag^enaise, aux vers harmonieux 
«t eûulantâ. 

Dans ceâ vers passe tantôt le «ouffle d'un vent de bravoure 
un P«u libertine, un peu vantarde, et par le fait bien g^as' 
connê, comme dans ces deux strophes de la Chanson dea qua- 
raote-cinq, tes gardes fidèles de Henri llï de Valois» — ces 
F^curseurs^ par un certain c^té, du Cyrano de Bergerac, tel 
1>^& nous le présente la légende : 

Quacd darré Ion rîè, dins Paris, 
Cavalhès à la fiÈro mino, 
PâiaQan,maL d'un èlhon lanis 
Oun déjà Taidou se devîno ; 
A mai d'uno d^mo de ren, 
Mémo Je! constat de la Ligo^ 
A mai d'uco noao al couvent 
Avèn desfèi ta cïambaligo. 

DoiîB es l'amouj mèa reâ nau bal 
Loa coumbat, quand hen apunLados 
SouUdoB è fînoB de tal, 



tu TRENTIEME ANNIVEBSAIBE 

DmtrOD en daneo las espado». 

Se lous Guia&rda fan loua meachaDta, 

Lour aprendroD, de faisBou bouDo, 

Coumo h pél des FraucimanQ 

Se trauco à la modo gaacouno ; 

Tantôt perce urïô pointe d'émotion^non dépourvue de ^ce7 
comme dans la légendû qui a poar titre tt DJûs Ion bo&c n, on 
U princesse tt Lindo h, miae méoliamment à mort par U roi 
jaloux, jette une fieur blanche auï amoureux qui voat cher- 
clier à minuit une consolation dana le bois où se promène aon 
ombre : 

Et cette âeur que désirent les fiancés reod 

(I L'un CDuntient k toutjamai} 
n L'autre, fîdèl per la vjto, » 

Aussi, le poète propose-t-il à a Rouaereto d do l'y amener 

Houaereto, ae zou vos, 

Mas juaidoe, dîna lou bos 

Adrea, l'ouro tiudado, 

EaperR qu« d«l ûoc blanc 

Per noua aue. toumbe en passant, 

La floureto eamourcilhado. 

L'émotion se teinte parfoia de fantaisie, comme dans la 
chanson : ci Yogo, vogo. » 

Le poàtOf parti à. la conquâte du monde, revient fortune 
faite, ayant embarqué aur trois vaisseaux son or, ses chansons 
et son amour. 

Les vaisseaux font naufrage : Tor coule au fond d*UD gouffîre ; 
les chansons l'une après Tautre se noient, mais le bel amour 
eat tellement vigoureux qu*i[ se sauve, et le poète consolé, 
sans regretter aucune autre ricihesseï vogue heureux vers sa 
blonde. 

D'autres foin, il se laisse envahir par la mélancolie. Il cher- 
che [a fleur enchantée qui rfoune Toubli. Il ne la trouve ni 
sur la bouche de .son amie, car la satiété a vite fait de dis- 
joindre les lèvres quille baiser arait unii^s, ni dans les Jardina 
bleus du rêve, ni sur le front rayonnant de la gloire; la ûeur 
enchantée qui donne l'oubli, son coeur dotent ne la trouve 
qu'en un coin du cimetière. 



DE LA SOCIETE DES LANGUES ROMANES ÏTR 

Je passe soua silence ua sonnet qui ohantd ]e moia de Mai, 
CTQ rondeau fort bien troussé, tD& fol» ob les troubadours sont 
13318 ÊEi c&use, Qne ode aux vleuz châteaux, et une traduction 
^'une piécette de Henri Haine. 

Sans aucune hésitation, te jury a décerné au « Bamelet 
^a^cou » la première des récompenses dont il disposait, un^ 
CDédaille de venneiL 

C*est du Béarn que noua eat venue a La Cunsou de la 
Terro », avec Tépigrapiie « Sic vos non vobis. a 

Que Tauteur ne craigne plus qu'un autre reçoive la récom- 
pense quMl a lui-même méritée. 

La otiansûQ de la terre^ la chanson que disent la glèbe, la 
t&oÎBSon et le bU, le raisin mûr et la vendang^e^ la chanson 
qae devraient écouter, l'âme dilatée, et savourer le cceur en 
joie, les paysans de tous noâ villages, lui apporte une 
médaille d^argeot. 

Nous ne nous arr^lona pas à la pièce du même auteur qui 
& pour titre : a BoubèmîSi n nous aimons autant^ sonnet pour 
sonnet, relire celui de Baudelaire ; « Bobémienâ en voyage, n 
Une autre médaille d'argent, ex-œguOt récompense un 
poème provençal dont le titre est la a Gigalo d'argent u, et 
la devise qui appartient à un blason dont la pièce principale 
est une âeur ; 

Lou Boulèu me la aigno. 

Le sujet est une légende : Masaitia, en joi^^ fête Artémis, s& 
protectrice. On a mis au concours un éloge de la déesse. Le 
prix de poésie, une cigale d'argent» est pour Atrîos qui le 
déposa en hommage aur le piédestal de la statue de Dtane, 
demandant en grâce à la déesse que, par sa toute-puissance, 
elle donne à la cigale le vol gui l'emportera vers le ciel, le 
jour où la civiiiâation hellénique devra disparaître. 

Les Barbares conquièrent la Gaule, Marseille tombe entre 
leur» mains» le miracle demandé se réalise, et la cigale, 
symbole de la gloire du poètej s'est réfugiée aux cieui^ 

Près de mille ans s'écoulent, U civiliâation chrétienne 
arrivée à son apogée a transformé les barbares ; lei barons 
féodaux sont devenus hommes de « Paraga u,en même temps 
que rhonneur, refleurit la poésie, les troubadours chantent 



174 



TRENTIEME ANNIVERSAIRE 



Difiti, la Vierge et les dame» \ ia cigale d'arg'ont redescend 
sur la terre de Provence d'où la oàas3€ la croisade albi- 
geoise. 

Pendant six cents ans cette foiâ, elle demeure exilée ; une 
nouvelle renaissanca de la poésie la rappelle, et à Carpentras, 
aui Baui, dans las Coups d^amour d'antan reaBuaçitées^ elte 
partage, avec le baiser octrojë par la dame élue, ïe privilège 
de consaorer le poétique triomphe de rheursux vainqueur. 

Tâlle eat la donoëe d'un poème à l'eiéeutîon duquel on 
peut reprochâr quelques longueurs, parfois des tournures qui 
ont Tair de rémîniscencesr mais qui au fond se recommande, 
et par le mérite de Finvention, et par la vigueur de certains 
passages. 

Marmaadd et Montpellier nous oot fourni les deux der- 
nières pièces qae le Jury a retenues et récompenâées d*une 
médaille de bmoze. 

La première dont le titre : Las Sasous» est accompagné de 
la devise : 

MêB cap baycfaif 
Mes cor lëbi. 

est une chanson en dix couplets qui rappelle par la coupe 
du vers, par J*emploi de certaines métaphores et de certaines 
épithètes, àia fois Pierre Dupont et notre Peyrottea. 

La deuxième est un dialogue entre deux babillard^^ — • 
l'auteur les qualifie dans le titre même de tr barjaires », — ^ 
à propos des avantages respectifs de la vie urbaine et de la 
vie rurale* 

Bien que la devise soit : 



V Chacun trova aaun nia béu m, 

Tan des interlocuteurs paraÎL tui avoir donné un démenti, 
puisqu'il a quitté le vilUg-e natal pour se axer à la ville 
voisine. 

Beaucoup de détails, extérieure surtout^ de la vie de 
l'homme du peuple à la ville et à la campagne sont exacte- 
ment observés et rendus avec une certaine verve; mais lea 
argumenta, pour si nombreux qu'ils soient, pouvaient ^tre 
autrement condensés; — le poème compte plus de 350 vers. 



DH LA 30C1ËTE DES LÀNQUES ROUANEâ 



275 



«t cAjrtaineâ répliques n'en ont pas moins de 35 à 40 — un 
di&Iogae ne présente g-uère de vivacité dans de pareilles ûon- 
tiitioDs; d'autre part» 1& discussion manque en réalité de 
caDdaAon ferme, paisque Tauteur termine ainsi : 

K E pi^i tranqtiiUniei] couotanioun soqd rampèu,., 
VoQB ioa dirai pua tard, ea encara pua bèu. n 

Aucune des autres piècee ne nous a paru mériter une 
iQ^ntiOD spéciale. Ou bien ces pièces sont d'invention insuffi* 
H&teavec une langue et une prosodie plus ou moius correctes, 
ou bien elles révèlent, en ce qui concerne le dialecte ampleyé^ 
Que connaîsa&ni^e par trop rudîmentaire du vocabulaire, ou 
âe la grammaire, ou de la graphie^ quand ce a'est point des 
trois à la foi:*. 

Noua rappelions par voie d'alluaiou, au début de ce rapport, 
U distique souvent ctté de Sainte-Beuve : 

u II eïiate, en uu mot, cbez les trois quarts des hommes, 
Un poète mort jeuae à qui Thomme survit, " 

I>e eapui murtuum de notre concours ne nous prouye point 
lue tous nos concurrents ont été poàtes en leur jeunesse^ mata 
'^peut nous autorisera penser que, si cbez quelques-uns le 
poète n'est pas mort jeune, il pourrait bien être en train de 

Ceux-là même n*ont point à trop se plaindre ni à déses- 
pérer ; il suffit qu'en eux Tbomme survive, car, ae sentir 
'i^Ûimej dans le secâ larg'e du mot, c'est plus qu'il ne faut 
V^Ut se consoler d'une luUdélilé passagère ou permanente de 
^ Muse. 



RAPPORT 
aur l6 concoars pour le prix Boacherle 

La ooncours pour le prix Boucherie se présente cette 
^née dans des conditiou^ particulièremeut remarquables, 
^an qu^il ait été auooncé très tardivement, les mémoires qui 
nous ont été adressés sont beaucoup plus nombreux que 
Aabitudeetparmieuxily ena trois qui sontdignes de grands 
éloges. 



:! 



276 TRENTIEME ANNIVERSAIRE 

L'un est une <5tude sur le parler dû Bagnèves de Lnchon 
sa vallée. Après une introduction qui délimite et c&ractérisû 
ce dialecte, l'auteur montra en détail dans ub6 première 
p&rtie ce que les aona du latin sont devenus danâ cette ré* 
gion, et ae tableau da l'évolution des phonèmes est comploi| 
et bienfait. Puis, laissant ïea aons pris isolément, iL nous ex« 
pos^ les modiâcationâ syntactiques dea mots, celles qu'ils su- 
bissent par »uite de leur contact dans la phrase. La seoondâj 
partie traite âeë origines et de Tét^mûlogie du vocabulaîroj 
Luchonnaia* Ce sont des questions (iangereuseâ et dont tropJ 
souvent on évite la difficulté en les passant sous silence* 
Il les a abordées hardiment et s en est tiré à son honneur. 
Ce qui concerne les elémeats latins est presque inattaquable ^ 
on n'en saurait dire autiint du celtique, du germanique elda: 
l'ibérien; mais ici encore pour Tensemble ue mémoire est 
dans le vrai, et s'il ^^ a de nombreux détails qui sont contes 
tables, il y en a fort peu qui soient nettement faux, et en| 
tout cas pas assez pour faire tache dans le travail. L'auteur 
est au courant des principaux ouvrages qui ont paru sur cea 
questions et les a utilisés avec întalligence, quoique pas tou- 
jours avec assez de critique. Ensuite^ vient un bon chapitre 
sur ta formation des mots et quelques remarques de sémanti- 
que* Puis la morphologie avec les paradigmes et la syntaxe, 
forment une autre partie que Ton peut résumer en disant 
qu'elle est complète, exacte et bien présentée. L'ouvrage so 
termine par quelques textes en vers et en prose, dont l'auteur 
aurait augmenté le nombre s'il n'avait pas été pris par to 
temps. En somme, très bon mémoire. 

Un autre de ces travaux étudie les dialectes MQnlpeUiê^'am\ 
et Lodévois. Il j a une introduction où les deux dialectes sont 
délimités et caractérisés; la délimitation est bonne et pré- 
cieuse ; on peut trouver que Tautre partie est plutôt des- 
criptive et pas assez uaracténsante. L'auteur s'eicuse d'ail- 
leurs» comme le précédent et le suivant, en déclarant qu'il a 
manqué de temps. Immédiatement après vient ta grammaire 
proprement dite, grammaire strictement philologique et des- 
criptive* Klto est complote, prëciae et à peu près irréprocbabîe* 
On voit que l'auteur n'en est pas à son coup d'essai. Il a évité j 
soigneusement tout ce qui touche à révolution des sons et do 



DE LA SOCIETE DES LANGUES ROMANES 



Ï77 



^ 



ft langue: il est purement phiîologue. On peut le louer do la 

rudence avec laquelle il a écarté tout ce qui est réellement 

ifflcile et propre ii entraîner des erreurs. Pourtant il ne fau - 

ait pas 3*eïagérerla valeur de cette qualité, car on en vien- 

raît bien vite à cette cancluston que le meilleur ouvrage est 

<ie\u\ qui, ne parlant de rieDi ne peut rien cootenii' d'tnexuct 

Il j a certainement un mérite considérable à aborder toutes 

les difficultés et à étudier la laugue à tous lea pointe de vue ; 

Euéme si l'on ne réussit paa toujours dans le détail on a fait 

use oeuvre utile et facilité la tâche de ceux qui viendront 

eiïauite. 

l Le trûisiGEue mémoire étudie la langue de Cette, patois très 
intéressant parce ([U'il ne remonta pas bien haut, la ville de 
Cette n'aj'ant guère que 200 ans d'existence, Il a été formé 
pftrie mélange des parler» des bommes d*ori^ine diverse dnnt 
^'agglomération a fondé la ville^ c'est-à-dire des habitants ries 
lUea et vîlisgea voisina: Agde, Marseillan, Frontignan « 
Montpellier, et aussi des Provençani, des Cévenols, etc. L'in- 
flu«Oce de ces différents éléments se fait encore sentir dans 
H grammaire et surtout dans le leiique. Cette étude est de 
noaveau purement philologique, elle est trèa complète, très 
^lacte et bien faite. L'exposé de fa grammaire proprement 
^t^ est suivi d'une liste d'idtotismes et de comparaisons 
populaires qui ûst fort iDléresâante et précieuse, La rédaction 
^l^iiote une mam inexpérimentée, et les généralités du début 
*>Dt entachées de quelques errreurs* Pour ces raison»^ il 
letzible que ce mémoire doive être classé «iprèiH les deux 
iLutres, mais paa à une grande distance, et il mérite incon- 
^stablement d'être récompensé. 

Quant aux deux premiersn^ il semble que Ton peut les 
omettre au même niveau. Si le premier est pins complet rjue le 
^Coprl en ce qu*il étudie le dia.lecte non seulement au paint 
de vue philologique, mais encore au point de vue linguisti- 
que, jl présente aussi dans cette seconde partie un certain 
B(^i&bre d^rreurs. Sî Tautre e^^t purement philologique, il 
^'^peuse en quelque sorte Tabsence de toute étude histori- 
V^^ [lar ce fait qu'il embrasse un domaine lioguiitique plus 
^■^te et noua donne la grammaire non pâjs d'uu s«ul dialecl«, 
Qi&i»ca réalité de deux. 




878 TRENTIEME ANNITERSAIRR 

Nous ooncluoas donc que l'on pourrait attribuera ces deux 
mémoireB le prix Boucherie ex-xquo, mais nous regretterions 
que Ton n*eât paa quelque récompense à accorder au troisième, 
qui dans d'autres concours pour le mémo prix Boucberie eût 
ocoQpé sang difficulté le premier rang. 

Lorsque M. Chassar^ eut terminé In lecture des divers rapporU, 
les eavelpppes contenant les noms d«s lauréaU fur^at brisées et ces 
Qomg prodaméâ. Les prix ont été attribués aux pêrsouues suivantes : 

Poéne 
!*<' prix : M^&ille de vermeil. Ex-œquo. 

W^ E^ftiquETTA Palba vTauLLOL^à Fîgti6raa(Catalegne). 

M. Oaatqn Ljlvbkqnr, félibre, à Réllzanet province <)*Oran 
(Algérie). 
2* prix l Médaille d'argent. Ex-œquo. 

M, Maurice HA^iMBAUiTr à Marseille. 

M. SiKiN Palay, maître en gui-eavoir, k Vic-de-Higcrre. 
3* pnx : Médaille de bronze. Ex-aequo. 

M. F. EbcaOUt à Marmaode (Lat-et-Garonii«). 

M. Jallois, â Montpellier. 

Ouvrt^fes imprimés 
Médaille d'argent. 
M. ARTûNiff Mapprk, à Bëîiera (Hérault). 

Prose 

1* prix : Médaille de vermeil. Ex'œqwt, 

M. HKNat PELLtasoN, à Arette (BaMea-PjréoéeB). 

M. GosTAvB Thsrowd» instituteur à. Cette. 
2* prix: Médaille d'argent. 

M. le chanoiae Bourobb, & Aix -en- Provence. 
S" prix ; Médaille de bronze. 

M. KÉaia Pioard, à Pérîgueux. 

Pria; Boucherie 

M. BEERT^fARD Sarriku, prûfesseur au Ljcëe de Quimper 
!•*■ prix : (Fînifltère). 

M. Laos Lamouchb, à Angers. 
2" prix : M. Gustave TasaoND^ inatitutear à Cotte. 

Le programme de cette première journée est ôpuif^é. M. le Recteur 
lève la aéaDce et l'on se douue rendez-voas pour le lendemain à Saint- 
GuilhemHJu- Déaert, 



t 
I 



DE LÀ SOCIETE DES LANGUBS ROMANES 



£79 



EXCURSION A SAINT-GUILHEM 



I 



Le Vendredi, vers les six heures du matin, ime première bande de 
coagrefiflifi tea prend le train à la ghire d'Arâaea. Beaucoup de dameSp 
de demoiselleâ, parmi lÊsqueltea la majeure partie de la colonie pûiite 
nutienne de MostpelUer. 

A la gare d*Aiuaiie des omaihus doub attendeat. Ou «e cnse coimïiâ 
oa peut et 1e« itupériales hoûL compléiement gamiea. L'aîr est frais, 
presque froid, et oa le settl d'aatant plus que chacuti s^est légâremeût 
vètti en (>réviBioQ de la chaleur quUl fera tout à Theui:^. Le ciel eat 
pur, 9BSi9 nuages ; après être sortis du bourg d'Aniaae, nous avons 
UD beau coup d^œil aur la ptaioe de l'Hérault. Au Pont du Diable, 
tout le luaiidâ met pied à terre aiîû de suivre doucement la route qui 
longe la rivière et admirer à l'aïae te lit qu'elle s'est capricieusemeut 
creuBÔ dans le rocher. On boit de leau de Clamouso an passant, on 
cueille des fleurs, tuais l'archéologie ue perd point aea droits et notre 
confrère, M, Jos. Berthelé, uoua moulre sur le bord opposé dea 
veitïgea de rouraillea : c'est là tout ce qui reste d'une ancîanne église. 
Aur moulins, peudaût qu'il tioua donne à leur sujet de curioux rensei- 
gneiueDts, uoua aoDUses rejointe p^r M. l'abbé Casaan^ archiviste 
dâoiîéaaLn et curé de SainCrGuilbem. D'un oïDiiibus qui passe, ou nous 
fait de granda gestes , c'est notre restaurateur qui apporte de Moût* 
peLlier le dîuer qu'il va uous servir tout A l'heure. Dana ce pays aride 
et détfert, l'idée i^ue nos victuailles soDt arrivi^es â bon port nous 
semble réconfortante et le paysage gagne à pouvoir être admiré ainsi 
en toute sécurité. 

A Saint-Guilbeni, aprèa une légère collation et une visite au jardin 
que M* le docteur Barmi met généreusement & notre disposition pour 
le r^paa. nous aulvoDS M, l'abbé Casaan à travers le village. Plu- 
sieurs maifionB anciennes, d'architecture originale, frappent notre 
attendoQ, Au coin d'une rue, la boucherie et» & l'intérieur, deux 
chtivres: l'une appeodue, l'autre qu'on dépèce. La chèvre est le ^eul 
animal dont ou débite la viande àSaînt-Gutlbem. Nous voieî A Tëglise. 
M. Tabbé Casaan nous eo fait les bonneurs. Tandis qu'il nous montre 
les réparations entreprises et la reconstitution de plusieurs tombeaux 
dont il a recueilli, avec une patience des plus mèi'itoireâ, les fragments 
AUi quab'e coins du village, quelques eufauts se mettent à sonner la 
cloche. — n n n*j aura pas de catéchisme aujourd'hui »t leur crie 
M. l'abbé. — Un léger arrÔt, puis ils reprennent do plus belle. Un 
aurpriâ de leur obstination. M-Tabbé descend au fond de régliie 
nous avec lui, — " Pourquoi sonnez-vous?" — " Il y a fou «, 
répondent lea gamins, — <= Où donc? >» — <• Au bas du vilUge^ •> — 



ÎSO TRENTIEME ANNIVERSAIRE 

[t C*eat notre dîner qui biflle tt^ ajoute quelqu'un, et noua voilà dana 
les tranaes. 

NouH nous rêixiolis en courant sur le lieu âe riticendie, D*UDe 
maiflon sort une colonne de fumée. Sur le toit, deux horamee jettent 
de Veau; et noua assîatona Alorâ à la pluâ belle scène de désordre qu'il 
aoit poaeîble d'imaginer. Les gens courent, se bouaculnnt^ B^ecabAirAs- 
sant. Lee uns rnonteut dane Teecalier étroit et cbercbeot à se frayer 
un paBHflg-e parmi ceux qui descendent, les «eaux roulent et Feau ae 
répand sav la têtu de ceu£ qui sont eu b^H. 

Avec M. Tabbé nous essayons d^org^uîs&r une chaîne^ nous y 
rëuBsisâona assez bien et, durant quelques inat&ntSi lee Beaux — • 
ou du moins les ustensiles variés qui servent de aeaux — passent de 
main en inaiu, M^ib laiiiterne où Vaa pmse se tarit et k chaîne se 
diefoquG à nouveau. Le feu cependant^ qui semble prendre en pitié 
ces pompieirs improvisée, e'éteint doucomt^nt de laî-mâme. Chacun 
de nous bû félicite d'avoir contribué pour une bonne part k cet heu- 
retiï résultat et, en uttendrint que la seconde troupe de congressistes 
arrive de Montpellier, noua allons faire un tour au barrage qui est en 
amont de Saint-Ouîlhem. 

Mais un accident rient noas attrister. Une demotaella ayant voulu 
cueillir une fleur gtimpe sur le talus de la route^ son pied glisse, 
elle tombiï at dans sa chute se blesso crueUetnont au front etau bras. 
On la transporte à Thôtel où «ne chambre est déjà préparée^ otj grâce 
à Mademoisells A. Hamilton^ docteur eu méd&ciae» qui fiit partie de 
rexcureioD, un rapide pansement peut ^trc fait. 

Ces divers incidents ontretai-dé le déjeuner, et c'est senleraent à 
une heure et demie que nous nous mettonfl & table, tout disposés à 
faire butineur au menu suivant: 

DSJBUKBE DU 25 MAI t900 

HorH-d*œnvre félibréen 

Petites bouchées Flamenca 

Saumon k ta Raynouard 

Poularde milanaise 

Filet de Lyon à la rhodanienne 

Dindonneau k la nontronnalse 

Asperges de Figueras 

Roche de choux Guiltauine-d'Or&nge 

Dessert 

Vin de Champague 

Au dessert, après un louât de notre présidont, M. Léon<G. Pélisnier, 
au plus jeune des convivee^ à loura RouasoVi qui répond : « Vive la 






DE LA SOCIETE DES LANGUES ROMANES Î8I 

Piuvetieel Vive la Franchi» et faUrudmiradon de loua avec ^qs bottes 
ei lûûcoBlame de Petil-Russiea^ il est donaë lecture des adresBoa qui 
4ost pwepuflB delà Petite- Kimaie à la Société des Langues roma- 

U Petite^RuaBid ùs\ un peu eu dehors de lu f^tnillc latine, sem- 
blÉ<t-iJ, Aa*ai est-ce moins la questioti de langue qui a îrittirÊBsë 
)^ Ukrainii^na, comme ils so nominentj qu'une oertaino similitude 
duuiet deâtitiéea de In Provence et de la Petice-Rusaîe. C'eat pour- 
quoi t«ura cnvoift B'&dreBaeut autant aux Félibres qu^aux rainaniateB. 

Voici la traduction des trois adresses qui proviennent do KiefT, de 
TiiliiifnigDW et de Poltava, 



I 



ADRÊaSS DB KUPF 

L«i Ukraïniena de KiËfi* adressent leurB aincères félicitatîonB k U 
lété des Langues r&manes à l'occastion du trontiètue anttiver- 
ÎK do «a fondation. Us font des vobux pour que lo but qu'elle pour- 
Buil obtienne le< plae ^uide Buccèa. 

Suivant les signatures. 



KHKER&i DE TCHKRNIOOV 



P 



Parmi les grandea littératures derunivera, il y en a une qni cherche 
défendre ses droits» comme le fait en France la littérature |^»roveii- 
Ç^e. Ayant perdu son autonomie, devenue simple parcelle deVeniiûre 
âï Russie, après avoir lon^emps lutté pour la liberté, rUkraïne 
pTot&ïite par In voïjc de ses éci-ivsiina contre la centralisation. Quoique 
enchaîné par la ceuaure^ notre peuple tient courageusement aon âvA- 
pGïit où Bont inBcritea lea gîoneuaet parolea de notre iminortâl poàte 
S«lie/tchenko : tt BHaez vos chainea^ frAtemiaez! >* 

l^epuifl longtemps déjài les înteltectuelB de l'Ukraine trouvaient 
^Mi» le mouvement provençal de& aBpiratîona aernblable» aux leurs, 
et iiotre grand écrivain Dragomanoff noua a Tait connaître vu»eflurt« 
litt^rair^B. 

Aujourd'hui, que votre Socidté va fêter ses trente années d^activité 
Uujieute et littéraire, nous vous adreasona des steppes de notre 
l^iUQpr le plus affectueux salut et nous faisons des vceuï pour la 
prospjii-jt^ du peuple proveoçaL 

Suinent Uâ aigitaturas. 



ADI^âaE DE POLTaVA 



>amt fraternel aux Provençaux de leur» arota Ukraîniens de 
3«lut A toi, paj^B étranger et lointain! -- Entouré de montagnes. 




Î82 



TRENTIEME ANNIVERSAIRE 



coupé de rivîârea, — Gareaié par les eaux claires et bteaes de la 
u\CT^ — Recouvortf comme uh vrai paradis, d« jardins âcuris. ^É 

Quelque étranger que tu eoies pour oous, — Il y a dans nolra sort^H 
historique quelque chose qui le rappro^rhe du tien. — Aux tempt 
reculée où des eiinemU ^ Ont dévasté nos Btêppes du Midi, 

Que dêfotilea nomades et barbares; — Lea Folovici, les Nogaiienat 
Ub Talarea 1 — De même tes champs» belle Provence, — Ont été 
rivflgéa par les Viaig'otJbs, les Burgondes et le§ Francs. 

Coname toi noua eûmes nos guerres religieuses et sociales — E^ 
nos f^rands héros qui défendaient la chrétienté — Des aasaulB des ^ 
hordes sémitiqUËs et mongoles. ^Ê 

Pareils à tes troubadours immortels, ^ Nos chaûtres populatrea, 
□oa Kobzaris ^— Charitêrent leurs exploits et les traosmireDi — Aux 
g^rauda poètes de aoa joura avec Tamour de la patrie, fl 

Noua vivons anr le sol arrosé — Du noble sang de nos héros, — B 
Mata aujourd'hui ce ne sont plus noa ennemis — Qui nous font souffrir 
le plua cruellement, ce sont nos frères de sang. 

Ils se moquent de notre langue, de ootre parole, — Et la traitent 
comme un idiome vulgaire, — Bon seulement pour dea paj-aans in- 
Gultes, — Incapables d'exprimer de hautea penBéea, de grauda senti- 
ments, H 

Us noua défendent de la parler, de Tétudier, — lia condamnent an^ 
silence nos poètes înapirés,— Qui nous chantent TAmour, — le Bien, 
la Beau, la Pratcrnité. 

Mais viendra le jour du Jugemont — Et tous les oppresBeura tom- 
beront, " Toutes les chaînes se briseront et l'opprimé sera affranchi, 

— Et la parole de tout peuple aéra libre. 

Ce beau jour ne peut âtre loin ; — Déjà le Soleil du la Vérité se lève, 

— Nous aomiues i lauhe de ce jour si longtemps attendu. — R^ois 
donc, beau pajs de Pj ov^nce, 

Notre aalut sincère et fraternel ; — Si dos fortunes aalérieurea se 
reasemblent, — Quo Pavenïr noua sourie; à tous les deux — Unis dans ^ 
un même amour pour notre Pays. » H 

Le banquet terminé, on retourna à Aniane. Les uns, pour jouir 
encore nne fois du pittoresque ntervellleux de la vallée de l'Hérault, 
revinrent à pied, les autres prolongèrent quelques inetants leur séjour 
fc Saint-Ouilhem et attendirent les voitures. 

Congrès des Langues Homaaea 

C*est le samedi matin, 26 mai, à neuf henres, que s^ouvrit le Con* 
grés, sous la présideDCe do M. Cbabaneau. 




DE LA SOCIETE DES LANGUES ROMANES 



ÏS.T 



Od trpDVorat d'autre part^ tn extenso ou atial^aéest les diverses com- 
muflicatioii» qui furent faiti^B.Maia ce qui? noue n'avons pas pu repro- 
duire, ce Bool les savaala commentaires tju'ajoutôrent à chacune dVUes 
let deu^préoideata, M, Chabaaoau pour la séance du matin, M. Jean- 
roj pottr c«^Ile de raprès-mii^i. Nous dêvosa fiuaai eioua contenter de 
ngnaler rinterveûtioo de M. Se docteur Zchalig, qui prit la parole 
fc (trûpoa de quelqu^s-unea d'entre elles ^ et pttia particulièrement 
iiur les mots expretsifs de M, Gramrnoiit — et eiprima à leur sujet 
dsi opîniûna ausai mtércasantoa que judicieuses. 

Le flQÎrr un dernier banquet noua t^uniasAit de DOtiveau k IHôlel de 
la Métropole. En voici le menu i 



Consommé à la Sévîgnë, 

Escatoppe de turbot à la Floreatine, 

Filet de bœuf de Ljon aux primeurs, 

Ria de veau h la flnancîàre, 

GanetoQB Douveauz à la broche, 

Salade romaine, 

Asperges sauce vier^t 

Charlotte FlombièrOt Gaufrettes, 

Corbeilles di> fruits, 

Pâtisseries et dessert. 

Café et liqueurs. 

Vins 

Rouges et btanca en carafes 

Château Arnaud, Moulin à vent 

Champagne frappé. 

L'heure des toasts étani arrivëe^ c'est M. Seoolst, recteur de l'Uni- 
veritie de Moctpellier, qui se lève le premier. U rappelle les tiens qui 
oui tui^ours uni rUuiveraitâ à la Société des lanffuea romanes^ et il 
K félicite du pouvoir porter aujourd'hui, au nom de la première, nu 
toast à M. Chabaneau. 11 dit, «ux applaudtssemeots de tous, toute 
I sdmiratioQ que l'Université a pour lui, combien elle est heureuse de 
le posséder, car Bapréseri(!6 n'est pas sâuletu^nt pour elle unhonueur 
mais une force^ et il ajoute qu>Ue espère bien le garder le plua long- 
temps possible. 

Très ému, M. Chabaueau remercie vivement M. le Recteur des 
aimables paroles qu'il a prononcëea à son égard. îl se montre confus 
Ags attentions que l'on a pour lui. 

Mais la réupiou lui fait eu ce moment uDe ovation prolongée, indi- 
quant par là qu« M, le Recteur n'a été que son éloquent interprète. 




»P^ TRENriEMK ANN^VEISAIRË 

Puis M. Walther Sucbioi' proaance lea mots suivante! : 
il Au nom de m^e i^onipâtnQLeSf au nom dâ ttiod {}i^re et au mien,. 
je remercie la Société des Lantjues rarfuines de l'invilatio» qu'allé 
Qousa adreseéeÀVoccaiionde&on Trentenaire, PenA&ni les rjtiMqnes 
moLB qufljâ viiïDB âe passer à Montpellier, jVi apprécié Thospitalité 
fr&nçAÎso» maîa c'est surtout durant cesderDl^ra jours que }*a\ apprîft 
comlïieu elle est cordiale et affeclueuse. Je boU À U Société dea 
Langues romanes! » 

M. Zcbalig, dans une oausoric des (ilus huraouristîqueB^ démoDlre 
que la Société des Langues romanes a droit à la reeooDuasuica 
toute entière des étraûgerg par la uiaûière do&t elle a ausatlifaire 4 
la fois : leur esprit, leur cœur et leur estomâo. 

M"»" RouBsov, ea sod nom et au uom de sa voî«me Mademoiselle 
Decanakj^ reruefcie pour la plaça que Toua bien voulu faire, dans ces 
fâteSf à B^B compatriotes, 

M. Henri Teulié boit au félibrige, à aou représentant officiel^ M. le 
syndic HippoljteMssainer et à tous tes fi^libres membres de la Société 
des Langues romanes. 

M. iMeasioe ee félicite de Tuaion de plus en plus étroite qui s'est 
âUblie entre lea félibres et les romaniatei»^ et il eoubaite qu elle suit 
durable. 

M. Antouiu Glaixe boit à M. et M"* Péllssier, au Secrétaire dis 
Cougi'ws, M. TeuliiSj et il rappelle avec émotion les débuta de U Société. 

M. LéoQ-G. Féliaaîer porte la santé de M, Fabiéger et amionce 
i'editton du Cartulnire de Maguelone. 

M. FfLbrège répoud : 

ti Je ue auia quVu laïque de l'Univeraité ; je n'eu ai pas oioias 
raniour sacré de nos viielles écoles, glorieux apanage de notre cité. 

» M, Pélissier, président <îe la Société des langues romanes, veut 
bien me cotnpHmeuter pour mes travaux '. j^aurais trop à m'éteudresi 
je voulais étiuuiérer les siens et ea faire ressortir le pHx. ?m«qu*il 
aaDonee la publicatiou du Cartulaîre d^ Maguelone^ j*m le devoir 
d'eu reporter riuiliative et le principal mérite à notre ëmînent archi- 
viste, M. Herthelé, doQt vaits coïiûaiaaea et la valeur et la modestie, 
arcbêologue, artiste, écrivaiD, qui a composé use sene inânje dia 
moboi^raphiefl, quolques-unea très importantci, ot qui a fondé, à 
Montpellier, une Ecole de paléographie^ dont tes aerrices seront 
înapprëciablea pour l'histoire. 

Mon ami Glaiie prouve par son st^nnet qu'il a autant de ctfiur que 
d'esprit. Mais, s^il eat aus^i boîioré cuuiiiiê magistrat que coiume 
profe^fleur, ne prouve-t-il pu, dans cette circonstance^ qae r<imi a. 



1 
I 



DS LA SOCïéTE DES LANGUES ROMANES 28» 



isQuencé l« juge? Je veux bien accepter U couroutte qu'il me décerne, 
mus pour lui dire comme Charles [X à Houaard ; Il y a plus de 
n&érite à lea damier qu'à les porter, u 

M. D«rLhelé répond que la publicaUûn d'une «érie de documeûta 
ftiMsi considérable que le Cartulaire de Magueloue u'eat pas de ceLlj 
^ae pouvait tenter une Eôciété Aa^aûte, même avec Taide des iiubveti- 
£oii« imiii«térieUeâ, Pour une entreprise de cette envergure, iJ fal- 
Uit... tfn Mécènel — M. Fabrége a été ce Mécènep ~ et il Ta été 
arec cette môme epontanéitë chaude et cette mâme libéralité rna^fii- 
jig««, auxqueliea nouâ deviona déjà la conservatioa et la reatauralioD 
delà vieille cathédrale de Maguebue, UQe des plus beika œuvraa de 
l'architecture romane taûguedocienne. 

Apr^fl avoir sauvé la cathédrale elle-même, M. Fabrège a entre- 
prU, — avec l'ampleur d'ÎDformatioQB et ia largeur de vuea d'un véri- 
ttble hiatorieu, — d'eu écrire les anoalea et d'e cigatrer quel r6le 
glorieux aea évéï^ues gnt rempli dans le moode du mojea âge. Eu 
ttadanl accessible aux travaitleura Tenaernble dea 2,400 i^iécea du 
cartulairet M- Fabrège coutinue son œuvre. L'avenir dira qu'au 
lotil celte ceuvre est vraiment grandiose. — De pareils ^ervicea reo- 
dutàlarcbéologie et âThiatoire Bnëritêat la reconnaissance et l'admi- 
rition de toua 

M. Berthelé ajoute que t'arcbiviate du départecaent de THéiaultet 
de la ville de Montpellier aurait manqué à aea devoirs d'érudit, s'il 
ivûtdécliflé rhonaeur que lui faisait M. Fabrt^ge^ eu le choieiBBant 
pour iou collaborateiir. 

H.MalavialLe porte la sac (é du représentant de rUaiveniité de 
îdi]loa»e» M. Jeanro^. 

M. Jeaaroy ne s^attendait pas, dit-îl, h prendre encore la parole, 
r^tsqa^îl en avait largement usé à ta séance du Cougrès tenue l'après- 
tnidi. Il est cependant heureux de rendre horamage i Taccueil parfait 
c|Q'il a reçu k Montpellier, et de constater l'activité toujourâ nouvelle 
It toujours féconde de la Société des Languêa romantê, 

M. Chassar; signale la part importante priae dans nos concours 
pirrenaeigement primaire et boîtà M. Tbérond, deux fots lauréat. 

Aprèa quelques mots de remerciement de U part de M. Thérood, 
U, Castets boit aux romaDistes et h la presse, qui jlie le souvenir 
flurable de toutes choses. 

Puis des vers furent dits ou cbantéf^ Jusqu'à une heure avancée de 
la nuit, par MM. Glaize^ Cbasaary, Gachonj Grammont» Paul Hamelîn, 
Tborond, etc..., et l'on se sépara en se donnant rendez-vous pour la 
lendemain à Magueloue. 




£86 



TRENTIEME ANNIVERSAIRE 



Maia cororoo Ton n*a. jamm» tant Boif qu'au sortir d'an baaqaet, 
les plus iûtrépidea s'arrêtèrent encore à la terrasse d'au Câfé^ où dos 
amb d'Allemagne leur eDueignâreni À boire des bocks ad e^^ercitium 
^ïamandrU, m 

Henri Ibuliâ, f 

P« S. — Le CongrÈB de \& Société de* Canguet romanes ent^ lele^de- 
main^ uq épilogue à Magueloae^ dans ime félibrée pr^aidée par Mistral 
et le i^pouUé Félix Gras. Nous en doDûerona olténeurement le 
compte reodu, que le <Iéfaût d^espace seul nous empêche d'înaérer ici» 
et qui, comme celui qu'on vîeot de lire, est d^ à I^. Teulié. 

A ce compte rendu ai fidèle, — où l'auteur n'a oublié qii« de men- 
tionner son propre rAIe, — celui qui était président de la Société eh 
1900 a \b droit et le devoir d'ajouter quelques niots pour exprimer ce 
que tous tes meiubL^eH du Congrès penseut de bod aêcrétaire} et ce que 
la raodeatie de M, Teulié Ta empêché de dire lui-même. Secrétaire de 
la rédaction de la Revue et secrétaire du Congrès, M. Teulié a été le 
membre l^ plua actif de la Commiaaîon dea fêtea du Trentenaire, et 
leur prinr.ipal organisateur. On peut dir« que c'est grâce fïurtout à 
«on ïâle qu'a été dû le ^iuccèa de c^tte modeste et cordiale réunion. 

11 n'a pas fallu à M, Teulié moins de dévouemeot pour mener à 
bien, — malgré mille abataoiea dus à la dispeision de nos coofr&rea 
petidant les vacasoes, à son ëloignement actuel de Montpeltier^ à ton 
changement de réaideace, aux nombreuses difficultés qu'il a trouvées 
k réunir les élémeots du présent compte rendu et le texte on l'anal^rse 
dès cotnmumcations, — Pimpre^sioti presque simultanée (et par li- 
méme plua lente dt^uVDuous'Ie, un peu retardée) de quatre lÉvraisoua 
de notre Rei^ue et du volume comiuëmoratif du Trentenaire. 11 n'est 
que juste d'exprimer ici publiquement à notre excellent et dévoué 
confrère et ami les siact>reB remerciements de la Société et du Congrès 
des Langues Romanes. 

Léon-Q. PÂu&Bi£A. 

ï mam l'JOL 



CHRONIQUE 



L& ville de SArago«se aiiresse un vibratit appel à tous les poètes 
00 lug'tiË espagnole ou autres^ pour ses Jeux jlorauja. Voici qtiêt' 
foef^uns des sujets qui sont proposés en même temps que les prix 
V^ J sont attachés : 

Prix de H ColagDeM. — Poésia écrite en Ungue atlemaade (mètre 
€l îoagueur de la pièce au cboÛL Je Tauteury dptit le anj^t doit âtre 
OQ f^t glorieux de Hiietoire de rAltçmag-ae. 

Prix de France, — Premier prii, — Coule écrit en langue d'oïl 
ffraaçaia claaBiqueJ aur lea mcBura et coutumes d'une province fran- 
çaise. Le prix cooBÏatera eo qd coq en miniature en or, emblème de 
'antique Gaule. 

Deuxième prix. — Poëaie écrite «D proreaçal classique (mâtre et 
'oDg-aeur au cligii du poAteJ. Prii : nna violette en or. Pour ce prix 
AeroDt admis tous le» dialectes parléa dans le midi de La France. 

Troisième prix. ^ Légende en vera çn langue eepa^ole aur on 
^pi^ode de la vie de Don Jaime le Conquérant. 

Prix de Catalogne. — Poéaie écrite en Catalan aur Phistoire ou les 
*2^>utumes de la Catalogue. Prix : une églantina d'or donnâe par le 
t>*D, R, Monuer y Sana. 

Les maauBcrits deiveni âtre envojéa avant le 15 septembre 190L 
Pour plus de détails, s'adieaaer al S*" Secretario dtl ^kccelentmirriç 
-^Ayv^tasniento de Saragosbc. 

U carul d'envoi est signé do l'alcade de Saragosaet M. Amado 

X-fiGuNA DH RiWBf du Président du corps des fnûiûtenenrs MARif^No 

K>8 PjL^to T RuATA, dâs SIX maJQteneare Flohknoio JaBBïel, MA^iuaL 

Cabiillon t Tbna, E. CA^ai T Rouvehr, D, dk Litk&n t ABciBAtB, 

^' ^OftNBS T Galla-bt» e. Iexrha T R0DH.IQDKZ, et du Secrétaire dos 

^OQx Florauxi M. Ugblat t Cardona. 



Société de littérature romane* — Un des demicra numéros de la 
^^Uchrifi fur romuniiche Phtiûhgie (ÎLICI Buid, 4 Heft, 1900)» 



Ï88 



CHRONIQUE 



I 



GODlient uD BupplëmQût qui donne quelques raaseignemeiita iatëres- 
aanU sur la nouvelle Société» Lo bureau, prtîl; à fauctiocaer dè^ qu'un 
assez grand nombre d'adhéGiona Auront été recusUUss, flermt compote 
de J& mauiàre suivante : M, W. FosnâTEA (Bonn), président ; M. Kà&l 
VoLLUôLLBR (Dresfie], vice-pféaident et secrétaire; M. Fr. Junge^ 
libraire et imprimeur à Erlaagan^ trésorier ; membraa du bureau^ 
MM. G.. Ba[3t (Fribourg eo BriagauJ, Coblqo (LisbooDeJ, Mbnendkz 
T Pblato (Madrid), Msnèkdeï PwKh (Madrid)» W. Mbtbr-Luedkb 
{Vieime], Madame C. Mlchaelis de Vasconckllos (Oporto), MM. 
MowACL (Rome), Morbl-Faiio (Paris), NïROP(Cûpeûhague), Gastu^ 
Puug (Paria), Rennkrt. 



I 



Lea tîvr&iiona pfocbaini^Br qu> auivront de ^rht celle-ci^ seront 
presque entièremeat consacrées à la publication intégrale ou à V&n^- 
tjBe des comtuunîcattona faites au Cougrès dei Langues Romanefi, 
dana Tordre où le* indir^ue le programme. Où ny trouvera, cnalheu- 
reuflement pua celle que M. Chabaneau a faite sur le Moine des lUi ■ 
d'or, et dont sea auditeurs avaient tant apprécie Térudition et Tingé- 
nioaité. M. Chaba-iteau avait bien voulu la détacher du travail qu'il 
prépare depuis ai loQgtemps sur le» Vies des Poàtes Provençanx de 
îfoBtredame^ et il croit préférable, àuos grajida regrets, de ne la publier 
que dans ce volume. 



Le Gérant re^nsahk : P, Hamelih. 



A JOANA D'ARCH 

Yerge y martre 



Yens de joja entussiastes ressonen 
D*iin extrém de la Fransa â alf re eztrém ; 
Tots els cors en un sol se confonen, 
Bategant de contento suprém. 

Honorarse desitja â la Alla 
Que & sa Pâtria tan llustre donâ ; 
La donzella que, humil y senzilla, 
De les runes un trono aixecà. 

L*heroine cent voites gloriosa, 
1 Ky sens ella de Caries seté I 
La coloma ignooent, ardorosa. 
Que mori per la pâtria y la fe. 

Sent per ellaM dois niu de sa casa, 
Prats y camps, tôt el mon conegnt, 
No havent maj empnnj^at cap espasa. 
Ni saber manejar un escut; 



JEANNE D'ARC 

Vierge et martyre 

^'^ cris de joie enthonsiasles reteotisseot — d'une extrémité delà 
^*^ce i raaire ; — tous les cceurB m confondent eo uo seul, — 
Palpitant toos d'an contentement suprême. 

^<Hia envieax d'honorer la jeune fille — <;|Di donna tant de lostre à 
*^ Patrie,— la jeane fille modeste et «impïe, — «joi a relevé oo trôn« 
«•mines; 

l'^^éroïne cent foii glorieuse. — s^ns U'^uelle, bêla» \ c'en était 
^d« Chsries Vil. — Colombe innoctnit tu t^uUtka^ d'ardeur, — 
<{Bi moifut pour U patne et U foi : 

PoQrqai le doox nid de sa K&ftison. — tes pr<< et les cliiafAtf« MMifrtit 
*•■* le monde conn=5 : — -ii; c'srt&t \s^xus\: fy^rhir '■'.*••>. '^;.é*y. — nt 
Wit à se serrir d'an b>:;tl:er. 

xun. — JaiDa-Aoit Véfi. i > 



î9Û A JOANA DARCH 

Admirant â tothom sa bravesa^ 
MuDta ardida ferestech corcer; 
A la lla^ta se llensa ab fermeaa, 
Comintrépit y destre guerrer. 

Y bâta] la darrera batalla» 
Vaserena Itiurant sens descans : 
La Victoria p^r ella maj faiU... 
Prou que ho saben Reims y OrleanB. 

Y del Loire la vall placentera, 

Left comarquea de Trojes, Ciialona ; 
Fins Uavorâ, d'una faoat estrangera, 
Invadides tan belles réglons, 

3empre impàvîda, audâs heroina, 
Al eiércit valor inapirant, 
Va de Fraûsa, ab Fajuda Dîvina^ 
El terrer d'euemicha nelejanl. 

RéB Tatura; trîomfant ae passeja, 
Sens temor al contrari brahô ; 
Que Hmatje de Criato rumbeja 
Estampada en l'invicte pend» 



Étonnant tout 1b rnôûde par sa bravour-e, — monte hardlmê: 
courtier fougfuêiiXi — &e lance avec fermeté dans la latte» ^^ 
qij'uD g^ueiTier adroit %i valeureux, ^Ê 

Et va le front serein, livrant bataille — sur bataille aanalR 
repo», ^ U victoire ne lui échappant jamais. — Reims et Or] 
là savent bieii. 

De même que la riante vatlée de la Loire» — et les catnpa^^ 
Troyes et de Cbàlons, — cea belles régions que n'a pas foulées 
qu'alors — dWmëe étrangère. 

Tuujours intrépide, raiidaci^uB^ bëroïne, ^ inspirant du coq 
k l'armée, — va, avec laide de Dieu, *— balayant la terre de Pr 
d'ennemi», 

Hien ne t'arrête. Elle se promène triomptiante, — aana avoir 
de son adversaires — tandis qii*elle porte et déploie IMmagi 
Cbriet^ — empreiote f^ur son invincible pennoa. 



A JOANÀ DÀRCH 291 

Mes les glories y honora no afalaguen 
Son cor pur, dMgnocent serafi. 
Ni dels triomfs els vapors Tubriaguen, 
Ni orgallosa la fa son desti*. 

Donchs per ella es tôt brill cosa vana; 
De renom es follia l'anhel, 
Es qaimera la gloria mundana ; 
Sols aspira à Teterna del cet. 

i Oh secrets del Senyor ! presonera 
Ja la te en son poder tingles vil : 
No Tespanta la sort que Tespera, 
Llar coratje servant varonil. 

i Quànts insults, quanta injuria j tortures 
No sofreix y calumnies y afronts ! 
Tota sola, en tan greus amargures, 
Vers al cel girals ulU fets des fonts. 

Mes encara no's troba saciada 
Lavenjansa d'aquells cors malvats : 
Es del foch à morir sentenciada ; 
Gels j terra quedant esglayats. 



MaU les gloires et les honneurs ne flattent nullement — son coeur 
**^^ de séraphin innocent, — ni les vapeurs des triomphes ne Teni- 
^^^t, — ni sa destinée ne la rend orgueilleuse. 

Car pour elle tout ce qui brille est chose vaine, — la soif de renom- 
^^ée est de la folie — la gloire du monde une chimère, — elle n as- 
**îre qu*à réternelle gloire du ciel. 

Mais, oh 1 secrets inpénétrables de Dieu ! la voilà tout à coup pri- 
^^wuiiôre, — et déjà la tient en son pouvoir l'anglais odieux — le sort 
^m l'attend ne Tépouvante pas, — tenant compte de leur courage 
*^We et viril. 

Que d'insultes, que d'injures, quelles tortures — ne souifre-t-elle 
It^asI que de calomnies ! que d'affronts ! — - toute seule au milieu de 
^«lU d'amertumes ! — elle lève au ciel ses yeux noyés de larmes. 

Mais elle n'est pas encore assouvie — la vengeance de ces cœurs 
pervers. — Elle est condamnée à mourir par te feu, — Le ciel et la 
Une en sont effrayés. 



f9ï A JOANA D AHCH 

Enforttda per rBucartsiia, 
Contempl&ntâe là Cr^^u ûi k fit» 
Si ab la mort la carn ilaca porfla, 
No desmaya un tuornânt Teâpârit 

Vel de fiâmes li fal beneûci 
De cubrir son co3 nù^ virginal, 
Dealliurantla del méa dur supiici 
De ser blancli de riota infernaL 

Oblidant, corn 9od Deu, fera agravia 

Y una tormenta taa horribles, iniclis^ 
Ab &\ nom de Jesùn en ela llabis, 

Perdô clama pelsseus enemichs. 

Pa «ra temps ! ja TYglesta, enardida, 
Ab Tafanj d'aumentar llur trésor, 
Eixa perla bî vol veure afeglda, 
Eiia estrella d'inmens resplandor. 

Y la Fransa, que'l$ dies de gloria 
pot fi mils remembrar ab orgull, 
No escriurâ, ni ha eacrit maj, en sa bîstorîa, 
Méa hepmôa y raés tendre j gran fulL 



Réconfortée par PEuchariatie, — contemplant la Croiï face k face, 
~ si ta chair lutté avec Ea taort^ — rame ne di^faitle paA an momeat. 

Un voile Je flamme lui doone Tavantage — de coiivrif aoû corps du 
et virginal — la délivrant dti plus dur ^tippliL'e — de se voir lé point 
de mire d'une risée infernale. 

Oubliant, comme son Dieu, des offenses cnjellea, — dea lourmeot* 
horriblea et injquea — avec le tiom de Jësua aux lèvres — elle réclame 
le pariioD pour sea bourreaux. 

lAa'ii il était temps. L'R^liso enhardie ^avec le désii' ardent d'aug- 
menterle treaor Aes aiens — veut y voir ajouter cette perle — cett» 
ébûile d'une loimeDae respleudeur. 

Bt la Fraoce, qui peut remémorer par milliera — avec orgueil $«■ 
jours de gloire» n'a jamais -* éerit et n'écrira jamais, datia son hiatoiiv, 
— pagv plus belU, plus» attendrissante, plus grandiose. 



i 



A JOANA D ARCH 293 

Fins ailàf de quais fills mort crûenta 
Ne rebé, bavent dragat fel â mars, 
Âb la fe mes sencera y ardenta, 
Yenerada sera en els altars. 

La corona dels sants, ab frissansa, 
Veure anhelan els fiels en son front: 
Si, heroina, una gloria es de Fransa, 
Corn â santa, n'es gloria del mon. 

ËNRIQUBTA PaLBR T TrULLOL. 



Jiuqa'à ce qu*après avoir avalé fiel à flots — sur des fils dont elle 
a appris la mort sanglante — rhéroïne sainte sera vénérée sur les 
aoleb —avec la foi la plus sincère et la plus ardente. 

Les fidèles brûlent avec impatience de voir — la couronne des saints 
sar son front: — si comme héroïne elle est une gloire de la France, — 
comme sainte elle est une gloire du monde. 

Traduit par M, Justin Pkprvtx. 



7. \k.:.î VIS r*::"^ aiAT'iaeaow 

!'«» p':ai.:i: rca-: 1 la ±rir-:. 

jambe .i 7 :«':ro sac irr-*;*: 

E *U3 lonr^ 2.%-i'.* x*^'ii 'iaibrejo. 
^^parajî. •!> ao'c;r« :as:e.2! 

L'une ema; l'ii^To -* no3:re3 èU 
Eq vous au? '.a^ 7**or: vi:e:;io«: 

E ^e. tuara"i per p-èjo e veac^, 

Dimonraa dreta •:o'im:' uqo laaoo. 

1 

'Siâ :-»r -^ue sapien, lou« joaTen«, 
L^ rriî. iou 3e îa vieli.j Frur-'oî 



- ir^'f' -tf -..ire ï:. :.-.i :s«i :•?. — ali ^\:.7-zv:i* ne «iiieâ pas 

»» :»• f?>i* ;;^ *>i3 Unirai:* U ji-i.:i — : .inirenc les v:ûl- 
,> . »ir.'w:i-^ • — î'ii -îîi'i ùren: .\ ; B--i:r.i s — U trOne de so» 

: .M»i »»* >■!:» :uarq'i:s — q*» coiiriien i !i mort certaine. — 

. .%..!«». lî --"^ *'-ix lèvres. — de la pou-ire r;se i-i visage. 

. .**, .*i'.i;!« «I-t» de mUle ana. — avec h vôtre se oonfond — U 

,. ..I x^»!»-* ••_»*« sur le* Franks — eisjr U'.rs exploiu raToiim^. 

.-^^ ^.«f«. • acble* ohâteaiii î — s-ir vos ptiUsaotes épaules — 
.^ ,» ki.*t^ .H K'* ?"•"* — en voii« les voient viviuces : 
* V, '».i-.x -.i." yUiie et vr-nts. — \..;s demeurez droits comme 
•*»^*.% ^i V*-'^" 'î"^ les jeunes iii-.hent — la grandeur de la 

\c**».. .■ \A»«»i-«*' Jppoîait ain-jî «pir^lquos-un-s de se» compagnons 



RAMELBT GASCOU 297 

II 

DINS LOU BOS 

(COUNTB) 

Dins lou bo8 de TÂusèl blanc, 
Se mestresso damb galant 
S'en van quand mèjo-nèi tindo, 
Veson passa sus las Ûous, 
La noQo del rei Jalons 
Ë de la princesso Ltndo. 

Loua dns novies an cadun, 
Lou rèi à soun blu perpunt, 
Lindo à sa pelho nonvialo. 
Une esquissado d^agoun, 
Goumo d*unoroujo foun, 
Un fiélet de sang devalo. 

Ë veici ço que se dit : 
Ta menut èro lou dit 
De la pichouno prinoesso 
Qu^en dansan branle ou roundèl 
Toumbèt pe*s prads soun anèl 
Quand tournavon de la messe. 



11 

DANS LK BOIS 
(contk) 

Dans le bois de l'Oiseau blanc, — si amoureuse et amoureux -^ 
■'en vont quand minuit sonne, — ils voient passer sur les fleurs^ — 
la Doce du roi Jaloux — et de la princesse Ltnde. 

Les deux ëpoux ont chacun, — le roi à son pourpoint bleu, — 
Liode à sa robe nuptiale, — une blessure d'où,— comme dVne rouge 
fontaine, — coule un filet de sang. 

E( Toici ce que l'on conte : — Si menu était le doigt — de la petite 
pri&eease, — qu'en dansant branle ou rondeau — clic perdit dans 
Im préi son anneau, — au retour de Véglise. 



298 



BAM^LET 3ASC0U 

Lou rei n'aguèt pas mai lèu» 
Al ditou blanc coumo nèu. 
Via quÈ Tanèl d*or mancavo. 
Que, dJns un jalous trasportt 
Plantèt soun e&pado al cor 
D'aquelo que tant Tairnavo, 

Mes quand, Tanèl retrouvât, 
Li fuaquèt que trop prouvât 
Qu'èro ûâtat jaloua sans causo, 
Lî vcnguét ta grand chagrî 
Que voulguèt tabe mouri 
E mouri la mémo causo, 

Adoun al dit englasit 
TouFiièt Tanèl beuâsit. 
Sus la morto pietadouso 
Plourèt sa pano a lô^ét 
Pèi eûfouncèt dins soun se 
L'espado enquèro sannouso. 

la milo ans d^ac6. Dumpèi, 
Cado sero à. mèjo-nèi. 
Loua novies, amos en peno, 
Tornon è doulentomen, 
Van è viron un rooumont 
Suâ las flous de la garâno. 



Le roi n^eut pas phia tôt, — au doigtelet conlenr de nâîge, — ^ vu 
quo manquait Tanneau d'or — que, dans un Iranepoit jaloux, — 
il planta son épëc au tïOQur -^ da ç^We qui l'aimait tniu. 

Mais quand, ranneaii retrouvé, — il n'eut que trop compris — 
i^ij'il avait été Jaloux injustemeiit, — il reasentit douleur si grande^— 
qu'il voulut mourir ausai ^» et mourir de la même mort. 

AdoDC, au doigt glacé— il passa de nouveau Panneau bénit, — 
sur la dolente victime, — il pleura longtemps sa peine» — puis il 
enfonça dans ea poitpîpc, — l'épée encore aangUnte. 

11 j a de cela mille ans. Depuis, — chaque soir, à minuit, — lex 
dpoux^ âmes en [icine, — reviennent et Iristement — se promèneni 
un momeai — Bur les Heura du boÎA, 



RAMELET GÂSGOU «09 

Se se troTo en aqael loc 
Dasamoaroas, de soan Ûoc, 
Lindo en passan loari jito 
Une âoureto que fai 
L'on coanflent à tout jamai, 
L*aatre âdèl per la vito. 

Ronsereto, se zou vos, 
Masjunidos, dinslou bos 
Âniren, Fouro tindado. 
Espéra que del âoc blanc, 
Per nous aus, toumbe en passan, 
La flonreto ensonrcilhado. 



III 
VOGO, VOGO... 

(CANSOU) 

Sus très navibs, abioi un ser 
Ëmbarcat tonte ma fourtuno 
Ë, damb elo, tout moun esper; 
Vogo, Togo, devès mabruno. 

Un pourtavo la ponsco d*or 
Qn^as païs de mort oun aboundo. 



S'il se troave dans ce lieu — deux amoureux, de soo bouquet, — 
Lfinde en passant leur jette — une fleur qui rend — l'un confiant à 
tout jamûs, 1 autre étemellemeat fidèle. 

Roserette, si tu veux, — luuius entrelacées^ dans le boit — nou^i 
irons, l'heure venue. — attendre que, du bouquet blanc, — tombe 
pour nooB en passant, — la fleurette enchantée. 

III 
VOGUE, VOGUE... 

(CHASBOTl) 

Sot trois vaisseaux T j'avais un soir — embarqu<^ tonte ma fortune 
'^ et, avec elle, tout mon espoir ; vogne. vogue vers ma brune. 
L'on portait ta poudre d'or — qu'aux pajs de mort ou on la trouve 



300 



RÂMELET dASCOU 

Eri *atat couDquîsta ,*ii*l sort. 
Vogo, vogo, devèa ma blouodo. 

L'autre ompoiirtavo mas cansous 
E loua laurès que per caduno 
Revèri, de glorio envejoua. 
Vogo, vogo, devèa ma bruno. 

En^Q, Bu*l darrè, qu'es pLen cèi 
Abio talhatsa velo rouDdo, 
Drivavo mouu amou ta bè!, 
Vogo, vogo, devès ma bloundo. 

Lous ires naviùa aa capvirat 
Uno nèî, al cla de la luDo. 
E cûumo eSi lour cargo a soumbrati 
Vogo, vogo, devès ma bruno. 

AE found del grand cros oun dîgun 
N^a pôuscut fa tûuoa la aoundo, 
A rouLlat moun or, gran per grun ; 
VogOf vogo, devè:^ ma bloundû. 

E dambe lous deaiJs glourioua 
Qu^abio) revat, Puno apèi Tano, 
Sa âûun negados mas canaous ; 
Vogo, vogo, devàâ ma bruno^ 



*^ii abondance, — ^jetaÏB allé disputer à la Fortjne. — Vogue, vogue, 
vera mablonrfc. 

L'auti'e emjiortaît mea chnnsonB — elles launere que pour ellas — 
J6 rêvais» de gloire ôpriB. — Vogue^ vogue, vers ina brune. 

Eufin, sur le deraier, qui eu plein ciel— avait taillé sa voile ronde, 
— s'en allait mon bel amour. — Vogue, vogue vers ma blonde, 

Lefl trois vaiaaeaux ont chaviré — une nuit, au clair de lune, — et 
leur chiirge a sombré comoieeux. — Vogue, vogue, vers ma brune. 

Au foud de Pabiiue où nu) — ùq. pu faire toucher la soade, — ^ a 
roulé mou or, grain à grain ; vogue, vogue» vers ma blonde. 

Et avec lea glorieux dealioB — que j'avais rêvô, lua« aprêa Tune, 
^- se sont novées mes chanboiis ; — vogue^vogue, vere ma brune. 

MaiË mon amour, iiUitne IréBor, — plus profoud que la mer pru* 



ê 



RÂMELET GASCOU 301 

Mes mouD amon, darrè trésor. 
Mai pregoan que la mar pregoundo, 
S*en es tirât è n^es pas mort. 
Vogo, vogo, devès ma bloundo. 

Moun bel amou, se ses toarnat, 
£i sauvât touto ma fourtuno; 
Des autres bes, n'en plangi nat. 
Yogo, Togo, devès ma bruno. 

E B*es vrai que ses mai pouten 
Que riro amalîdo de Tonndo, 
Vai, vai» là-bas, eutorno-t-eo : 
Vogo, vogo, devès ma bloundo ! 

IV 
CANSOU DES CRANTO-È-CIN 



De la Oascongno sèm venguts, 
De la Gascougno, rudo maire, 
Que, se nous balhèt pauc d'escuts, 
Adresso è cor nous plangèt gaire. 
Alai, capasso nostro tour 
Sa*l vièl castèl que fai de mémo, 



fonde, — a échappé au péril et c'est pa« mort. — Vogue, vogue, 
vers ma blonde. 

Mon bel amour paisque tu es revenu — J'ai sauvé lonte ma for- 
tune; — des autres bien, j* n'en regrette aucun. — Vogue, vofrij^î, 
vers ma brune. 

Et s*U est vrai que ta es plus puissant — qa« la «y/lère furieuse 
des Ilots, — va. va, U-bas, va-t-en de nouveau : — voif»^, vogue, 
vers ma blonde ! 

IV 

CHANSON DRS Qî;aRANTE-CI.SQ 

1 

0e la Gascogne, ooos a>'/e&.''.^fr« v«n-««, — d« h ^»«K'r//trn«, ni'lJï 

mère, — qin,âclle boqs don&apead'^nïus. — nooa tttit:\nf%à^iÊAttr%%«i 



Ht 



EAMELET GASGOU 

Mes lous rebaatireii ud jour 
Damb Tadujo d'Enric trûsièmo. 

Sèm loua Gascoua, Eous Cranto-è-cin, 

Per Ift ripalhô 

È U batallio. 
Toujours parais, toujours en trio. 



Qumnti d&rrà loa rèï, dîos Pari», 
Cav&Uiès à fa fièro oiinQ, 
p^^saBf mai d un èlhoa iuâi:» 
OttQ àé}k l'amou ae ddvino : 
A MAt d'uDo d&iDo de ren, 
IfèoQQ del coustat de la Ligo, 
A mai d'un» nono al couvent, 
Avèn desfèi la cambalj^o, 

S^m Loua Gascons, tous Cranto-è-ctû, 

Per Ja rtpailio 

È la batalho, 
Toi^ours parats, toujours en trin. 



M àê coura^. — Là-bas, penche notre tour -*aur le vieux caatel qui 
fait comme elle, — maia tioua les rebâtirona uo jour — avec l'aide 
d'Ktan 111. 

Noua sommes lea Gascons, les Quarante-Cinq, 
Pour U fête 
Et la batailleg 
Toqjoara prêts, toujours en train. 



QWHvii éwrifan le roi, dans PariSr — cavaliers à fière mine, — nouA 
^Imb dVn doux œil brille — où Tamour se lusse déjÀ devi- 
«»4 Vii^ d'une dame de haut rang — mime du c6Cê de la Ligue, 
^4d|Mb 4'ViM uooae au couvent — noua avon» déoouë la jurrelièi-e. 
NwM aomtnea les Gascons, les Qaara.ate»CÎDq] 
pour la fête 
Et I& bataille, 
prAtB, toujours eu traio. 



RAMELKT G&SCOU 



90H 



ni 
Doua es l'amou* mes res aou bal 

Loii ûoumbat, quaud bieD apuntados, 

Soulidoa è ûdos de ial* 

DintroD &ti daneo laâ espados, 

Se lous Guigaffls fan loua mâsohatita, 

Lotir apreudren, de faiasoa bouno, 

Coumo la pèi des Francimana 

Se trauco à la modo gascouno. 

Sèm loua Gasoous, loua Oranto-è-cin, 

Par la ripalho 

Ë la bataihô, 
Toujours parais, tonjmîrs en trin. 



OUN LA TRÔUVARAS « 

La Ûou'boimo, Ûou de mistèri, 
Que nous balho roubtidomen^ 
Oun la trouvaraa, c^i doulen 
En cami sua tûua dur caJfêri? 



m 

Don% est Tamour, mai» rien ne vaut — le c<>inbat qujitid bien aigui- 
sera, — solid«B et trancbaptes, — «ntrenten danse teeépéea. — Si le» 
Gotsârds font les méch&nU — nous leur apprendroas gentimeot — 
comment La peau des FrancimûDda — &ç Lrûue â la mode gaBConrte. 
Nous sommes les Gascoas, lea Quarante 'Cinq, 
Pour la fête 
Et la bataille, 
Tû^jQur» prêta, toujours en train. 



OU LA TROUVERAS-TU ? 

Ia fleur-fée. fleur de tnyatère, -* qui uutis proeupe (Vuhlî, — oû la 
trouveras-tu. cœur doulâureui — es chemin sur tûu ipre cat- 
rmreî 



304 



RAUELËT GÀSCÛU 

La trouvaraâ, rosûd'amou, 
Sus la bouqueto de ta migo ? 
Nou, lou fasti biste deali^o 
Loua poUque junjâ tou poutou. 

La trouvaraa, roBO del rère^ 
Dina lûus casais blu& del cèl pur ? 
Nou, quand Talo cerco Tazur 
Bai se maca oountro la nève. 

La troiivar&a, roso de lum, 
Al frûUût dâ la, 61orir> Hlut^ado? 
Nou, la glorio à touto buffa^ïo 
S escaEapilhQ coumo de funi« 

Laflou-bûimo, flou de oaUtèri, 
Que nous balho l'oublidomen, 
La trouvar&3| ô co doulen, 
Dins un cantou ûg cementèri* 

VI 
MATI DE MAI 

(sOUTfBT) 

De floua, de flous, de flous anquèro, 
De flouâ partout^ re que de Aous : 



La trouver&B-tu, rose d'amour, — sur In petile bouche de ta mie ? 

— Noû^ la satiété fi<^pare vite — les 1ôvi'£B <|U*unLt 1o baiser. 

La tfouveraft^tu, rose du r^ve ^ dans les jardins bleus du ciel 
irninaculé ? — Non, quand l'Hile cherche Tazitr^ — elle va ae meurtrir 
cuutre le nuage. 

E.a trouve raa- tu, rose de lumiùre — au front de la Gloire alluma ?^ 

— Non, la gloire à tout aouffte ^ a'^parpîlle t;t)ïnroe une fumée. 

La flinir-fûe, fleur de mj^stôre^ — qji nous procure l'oubli, — Iw Ite 
trouveras, ô cœur douloureux, — dâiis un coin de cimedèra. 

VI 
MATIN DE MAI 
(sonnkt) 
Défi fleurs, dea fleura, eacore des fleura, — [lartouL tlea fleura f.^ 



RAMELET GASGOU 805 

Un boulugadis de couloaSf 

Deblu, de blanot d'or, de pourprôro. 

Goamo udo alenado leugèro, 
De tens en tens un aire doua 
Passo è bufio milo sentons 
Dins laâno lux printenèro. 

Tout esyito, espanissomen, 
K preso à Tensouroilhomen 
D*aqaelo bèlo matin ado, 

La bouoo se dîèrv as pontous 
Goamo, de tous bords, lous broutons 
Se diérron à la soulelbado. 

VU 

L'AMOU 
(RonNniL) 

Abioi revat Tamoa mai dous 
E mai poulit que touto causo ; 
Loas troabadous n'èron la cause : 
M'abion trop vantât ious poutous. 

Me quitèri prene as sedous 
Que lou malin cassaire paaso : 



lien qoe des flears : — un édocenement de couleurs, — de bleu, de 
^fituic, d*ory de pourpre. 

Coaime une légère baleine, — de temps en temps une douce brise— 
psaaieet sooffie mille parfuma — dasa la fine lumière vemale. 

*Toat est vie, épanouissement, — et, prise à rensoreellement — de 
'^^^ belle matinée, 

lAbooche s'ouvre aux baisers ^ comme, de tous cAtés, les bou- 
*«>»)> ,- s'onvrenti la soleillée. 

VU 
L'AMOUR 

(RO?n>CL) 

i'sTSÎa rAvé Tamoiir plus doux — et plus beaa que toute fthoim', — 
W poèiss en étaient cause ; — ils m'avaient trop vaotA les l/stners, 
h ne laissai preadre aux lacets — qoe tend le rosé cbasseur: 



aofi 



RAMELET GASCOU 

Abioi rêvai l'amou mai doQ« 
E mû poulit qus touto cauBO. 

OmentJdo des troubadous I 
Momi amo dumpéi es malauso 
Ëseatiquede bèlo pause 
Nou garîrade sas don loua : 
A.biai revat Tamou mai doua 1 



VUI 
VÈS SOUN COR 

(d'APÈI LlNTBR.lfB££0) 

Ûambfi mas ^randos douions, 
Fau de pichouoos canaoua 
Que levant clins la aèi mudo 
Lours tindeutos ptumaa d'or^ 
Volondiacoâ k soun oor, 
D*uDo amourousa courrudo. 

ALai, vèa elo âVn van, 
Mèsâ*eutornoii en plouraji, 
Cargados de dol è nado 
Nou vol dire ço qu'a vis, 
ûambe Tel de mous chagris, 
Ûioa tûu oor de Tadourado. 

Oastou Lavbrnho. 

— jVvaÎH râvë Tamour [ilus doux — et pliia beau que toute chi»*, 
O DienBuuge des i^oèLe» ! — Depuis, moa âme est malade ^ et je 
iteps *^ue Je Longtep^pa ^ elle tie guérira de sa douleur: — j'avais 
rêvé i'amQui' plua dgui ! 

VIII 
VERS SON CŒUR 
(D'APaàâ l'It^tsrmbzzo) 
Avec mes ^l'Audes doiileui's — je faia de [letitea chantODS — oui 
Houlcvtint danB ta tiuil miiGUe — leurs HOQores plumes d'or, — volea'ic 
jusqu'à son cœur, — d'uû éiaq éperdu. 

Là-bas, vers elle, ellen a en vont, — mai» ellew revieobent en pieu* 
raui, — porUcjt le deuil et nucune^ ne veut nte dire ce qu'elle a vu, 
^— avec* le» yeux de mes douleurs, — dans 1« cœur de la bieu-iùmée. 

GaBtou LjkvaaaNa. 



LA CIGALO D'ARGENT 



AMaRTOUN HUOT, ma PHOUMBSSO, que N*RN SXaUÈ OUIHRDOUNADO 
BN GOUaT d'aMOOR DB CARPBNTRA8 

« lé Tenon Dono Q. Péricaud, Na 
Mario Oirard, li dos damisello Huot 
e Midamisello Bfirèio Arnarielo e 
Blanco Roman. Au jougne porton 
tàuti une cigalo d^argènt. » 

(Loo FBLiBaiOB, n*d'ôutobre 1891.) 

1 

Marsibo es en baadour : es la fèsto de Diano, 
L'Àrtemis très cop aanto e très cop soubeirano 
Que fai la vilo grègo ensertado i Ligonr 
De*longo gasagna ricbesso emai clarour. 
Es fèsto. Li jouvèat an dansa la pirrico, 
Brandassant sis espaso emai traisôat ia pico... — 



LA CIGALE D^ ARGENT 



A M\RTHB HUOT, MA PUNCEB, QUI RN PUT DBCORKK 
A L\ COUR d\M0UR DB CARPRNTRAS 

« Y assistaient M*" G. Péricaud, 
M"* Marie Girard, les deux de- 
moiselles Huot et M"** Mireille 
Arnarielle et Blanche Roman. 
Au corsage, toutes portent une 
cigale d'argent. > 

(Lou FBLiBRioH, n* d'octobre 1891.) 

1 

Maneille est en liesse : c'est la fête de Diane, — TArtémis 
trois fois sainte et trois fois souveraine — par qui la ville grecque 
«Dtée sur les Ligures — croît chaque jour en richesse et en gloire. 
— C'est Jour de fête. Les jeunes gens ont dansé la pyrrhique, — 
brandinaant leurs glaives et lançant le javelot. — > Ces souvenirs de la 



«"!■ 



LA CIGALO d'ABGÈKT 

D6 la maîre^patHo aquéli souveaî 

Au front di vièi plourou3 fui aourge rembruni. — 

Li teourio, pièi, di vierge brunoe mauso 

Au son di fliatre e di llro eutrlnon de danso 

Ounte au pople abrama fan vèire, dlus i'acioun. 

De si cors blanquinèu tôuti li perfeciouQ. 

EnfiDj chato e jouvènt — un vùu d« reguiadoulo — 

S*arrâpon pt!r la man e fan la farandoulo, 

Danso santo enveutado autre-tèmi) pèr Tesèu, 

E la tiero deafai, refai âoun cabedèu 

Autour dôu sQurne autar que dou aa^ng di ritima 

Emai di libacioun aa pèiro e» tot^our imo. 

De ia vido di cbamp, dina àv& evoalucioun. 

Retraâou à de rèng'mé li tribulacioun, 

Li joio a li travai : veici, aèmblo, qu'ôuLivon; 

Aro, à mena L'araire eapincbas que a'atrivon. 

Meissounon ; li raquito, aro au tèms dôu raaio, 

Que chauûbon dina Jt bouto e fan raia lou vin ; 

Eaûti Tivèr arribo é mouoto la aharano 

K li balairCf lèu, fi'acaton sout ai vano. 

Mai di pouèto alor vaqmto qu*èi iou tour* 



mâre-paltie font voiler de nuages — le front de« vieillarda en larmea. 
^ Puis les ihéoricB des vierges brunes et douces, ^ au sou des 
sifltrca el des lyres, se livrenl à des dan&ea — où dans le (en de 
Taetion, elLea montrent au peuple enflammé de déaira — toutes l«« 
perfecrïonft — de leuj'fl corpB éclatant de blani^heur.— Enân^ ëphêbea 
etjouvencellea, légers ainsi qu'un vol d'kiron délies, — ae prennent 
pai' la roain et font la farandole, — clause sacrée Jadia iaveaté'.< par 
Théflée, — et U bande noue et dénoue bon echeveau — autour du 
sombre autel dont la pierre est ooniinuellemeat humide du sang des 
victimes— ainsi que de»libations. — De la vie des champs, dan» leura 
évolutions, — ils reproduieeut tour â. totir \ss tiibuialioaSj — les joies et 
les travaux. Void qu'ils foat la cueillette des olives; — maintenant, 
voye-z-lea peiner h diriger La «htrrue, lia moissonnent; lea voici 
ninintenant au temps de» raisiné, — qui (liétiaent dans la cuve elfoni 
couler le vin ; — enfin riiiver arrive et Torage monte, — ausaitÛl les 
danseurs se mettent à l'abi'i sous leurs couvertures. 
Mai» voici que te Leur des poètes est venu. — Celui qui «era dd- 




I 




LA CIGALO D ARGENT 309 

Loa qae sara vincèire en disent, aqaéu jour, 
Li lausdxgo de la divesso nacioanalo 
D*argéntpur ié sara guierdouna 'no cigalo» 
E tôati de soun miés, paare ! de s'ôupila, 
Fasènt sonto si det la zambougno siéula. 
Lis an dins lou grouûn abron nno âamado 
E se fan aplaadi, dôu tèms qu*ano bramado 
Concho dins la liaenchuur lou cantaire imprudent 
Que de si vers panard voas fai crussi li dent. 
E, la jonncho acabado : « Atrios I » crido la foolo 
Que Testrambord tresporto. A travès la bourroulo 
Atrios qu'on juste ourguei soun pies fai tresana, 
Mounto d*un pôd lôugié lou porge d6a Sénat 
Ounte VArcount Proumié d*uno arengo amicalo 
Lou benastrugo e pièi ié baio la cigalo, 
Recoampènso de soun engèni. 

Mai alor, 
Se virant plan-planet vers Testatuio d*or 
D*Artemis, Atrios dis : « puro e casto Diano, 
Que dins li bos ramu di quau siés estajano 
As dirija mi pas de tau biais que mi cant 



eUré vainqueur en disant en ce jour — les louanges de la déesse 
nationale, — recevra en récompense une cigale d^argent pur. — 
AoMÎ, tous font-ils de leur mieux chanter la cithare sous leurs 
doigts. — Les uns font courir une flamme dans la foule — et s'en 
font applaudir tandis que des huées — chassent au loin le rimeur 
imprudent — dont les vers boiteux vous font grincer les dents. — Et 
le concours achevé : « Atrios I » crie la foule — que transporte Ven- 
thoasiasme. A travers la tourbe, — Atrios dont un juste orgueil fait 
battre le cœur, — escalade d'un pied léger le porche du Sénat — où 
le Premier Archonte lui adresse d'amicales — félicitations et lui re- 
met la cigale, — récompense de son génie. 

Mais alors.— se tournant lentement vers la statue d'or— d'Ar- 
témis, Atrios dit : » pure et chaste Diane, — qui dans les bois 
tooffoa dont tu fais ta demeure, — as dirigé mes pas de telle façon 
que mes chants — de la lutte d'aujourd'hui sortent triomphants, — 
c'est toi qui as parlé par ma bouche.Sans outrecuidance — je ne sau- 
rais garder pour moi cette récompense — que toi seule a gagnée. En 



310 LA CÏOALO D ARGENT 

Au courreli de "vuei clarejon triounÔant, 

Es tu que pèr mi bouco ps parla. Sènao croio 

Nôun poudriéu me aoubra, segur, aquelo joio 

Que souleto as gagnado. En ôumage veîci 

Qu'à ti pèf\^ AHemh, \éti la depause eicL 

Mai H*uû jour — gardo-noua d'aquelo malastrado î 

Sûut li cop di Bai'bare, ai ! èro matrasâado 

La cîvUiaaciaun dôu grand pople eleuif 

Sfl nosto raço mèatro ôro k mand de feni» 

O divo ! acordo-me que« viergiï, esto cigalo 

S'envoie aperatnouut dîna la lus celostialo » 

Ansin, milo an de ièms, subre ]ou pèd^estau 

La cîgalo reatè ; mai un jour — jour fatau ! — 
De PAdré, de TUba, dou Trelua, uno auraaao 
S^aubouro : Tisigot, Gerraan, Oungrés, ea raço, 
Emé rAlemand rouî* e Ion Mooro negroun, 
Sua IVmpèri rouman naarchoiï, lou sabre au poung, 
lé, fan calëtl mai djrîas tio endoulible 
Eia Forço latino, en aquéu tuert terrible, 
Emé la Gràcî grègo, enfraumiDado, an Un. 
Tout s'e^barboulOf fout desparèis. Un matin^ 
L'ArteraiH maaaalieto es ptèi jitado en terro... 
Mai cûume onsin neisaié *nû pountannado fèro. 



hommage voici — Artëmis, que je la dépose ici. — Mai* ai un .jotir 
— éloï^DË do ûûUB co malheur! — sûua lea coupe dee barbares, 
hélas I veuait à succomber — la civilisation du grand peuple helté* 
niqtie, — ai notre race souveraine éUit menacée de disparaître, — 
Déesse! aci;orde-moi que, vierge» cette cigale — ^'envole là-baut 
dans la lumière des cîeuî n... 

AÎDBÎ pendant mille ans la cigale resU sur te piédestal ; ^- maie un 
jour — jour fatal! — du N&rd, du Midi, du Levant, uo orage — 
monte : Viaiiîothfij Germains^ Hoti groin, par hordes, — avec t'Alle- 
maud roui et le Maure baaané, — contre Tempire romain marchent 
le sabre au poing, ^ En vain tente-t-on de leur résiater, ila rea- 
aembletit à un déluge — et la Force latine, dans ce heurt terrible, — 
ainsi que la Grâce grecque aont brovôea et anêantieB. — Tout a'ë- 
croule, tout disparaît. Un matiui -- TArtémis maasaliète eat à son 
tour jet^e à terre,,, — Mais comme ainsi sWvrait une ère de aao- 



LA nSALO D ARGENT 

La cigalo d^argènt bîb alo espandiguè 
Edintre la founsour dôu cèu e'esvaliguè, 

11 

Impassible, lou tèm^ debanè soun escagoo 

Sus aquéli tatilèu de aourno malamagno 

Quô sembla^oa jamai &yé d« prendre fia. 

Ûr, quEbu vous & pas di qu'à la primo, un matin, 

Uno voues clantjguèdins li vau, sua lî calû. 

Voues siavo qu'auHaâ dî, segur, Taurêtg folo 

Quoaro à travès di âour* jougaat 'mé lou zalîr, 

Dâ SOQQ cor barbelaot escampo ]t sôuflpir. 

E 'quelo voue* disié ; « A rèire, Barbario î 

Desempièi trûp do tèmn cauquâi Dosto Patilo. 

A Pèii'e, nèblo e fre I Nautre, ome dôu Mi^jour, 

Nousfaa lou gai clarun e nous fau la miobuur, 

N^ous fau lou aant Souléu, ta Bèuta soubeiraDo, 

E nous fau TAmour pfir e U Femo abelano. 

A fias lis ariuo ! A ba^ lou sang! A bas la mort 

Que bouto la resUnco i geiierous eâforsl 

Vivo ïa vido s&no! An! trop long-tèros^ sus terro, 

Lia oœe audeabounda sa naturasso fèrol 

Zou 1 Zûu ! Plaço à la Femo I Oh 1 Réino de daman. 



:^i 1 



Imagerie, — la cigale d'argent déploya see ailes — et s'évanouil dan» 
^1 profondeurs du cieL 
[m, 



11 



[mpasBible^ le témp» déroula des sîèdea «ur ces tableaux de Bom- 
ljre« malheore— quisemblaient ne devoir jainais prendre fin. — Or,voi(ji 
rj^rati printemps, un matin^ — une voix retentit dans Les vallée», Hiir 
les cotlinee» — voïï suave qu on eût certainemeut pu prendre pour 
It brise folle — lorsqu'au «lilieu des fleura, jouant avec la Zëphvr,— 
de son cœur palpitant elle ejibiil« les soupira. — Et cette voir di- 
tail : " Arriére, Barbarie! — Voîci trop longtemps que tu fotdea 
Aim pieds notre patrie. — Aitiére, hrouillnrdâ et froidure! A tiutjs, 
bomoiica du Midi, — il Tant U tuniiére «pit rend gai et il faut la 
eb^^lenrf — il doua faut lesaintSoleil^ la Beauté Nouveraine, — il qoub 
faut l Amour pur et la Femme souriante. — ^ A bas les aruieRÎ A 




31Î LA C1GAL0 d'âRGÈNT 

L'univers ganbeja''mé douçour pèr ta maD^ 
Cûuneira ïou Vâfai e lou Bèu, car lou mounde 
Dîna nàsti lucho esterlo es ûâcit que se founde 
Se la Femo noun vôn au pua lèu lou sauva, n 

Ansîn disié 1& voues e lis orne, atriva, 

E^panta pêr lou doua d*«n parier evangèli 

Que de s'estramasaa veguèron *n autre fèlî. 

Proun, entre quau i 'avié limai ààhli baron», 

Depausèroiï l*auberc emaî l'esptéu feroun, 

E, reprenèut en man la Uro abandoi^nado^ 

TouquèroD k quau iniés auhado e serenado. 

Dqu mai grand empefâire au mai umbic pacan, 

Tôuti, dins lou Miejour, uniguèron ai cant 

En Tounour dou bon Dieu, de la Vierge e di Donc 

Que âoun noum, vuei enca» dinB noste païs aono, 

L'odi di aîècle fèr fasié place à Tamoar 

Qu^à Sig^no, à Roumanîu, gaio tenié sa cûurt» 

E coume ansin la génio e galanto Faneto, 

Lou pilre bacôlant, emè lis arcaneto 

Dôu pleaif presidavo en soun castèu Tacamp 

Di sèt dono qu'avieo de terceja li cant. 



bas le BSDg I A bas la Muit qui entrave lea g^ënéreux eJTort&I — Vjve 
la Baine vie ! Ah! trop lotiifteoips »iir la terre — les hommes ont 
donaé libre couva àU sauvîig:erLe de leur naturel! — Allons ! allons! 
place à la femme. Oh ! Reine de demain, — l'uuivers dirigé avec dou- 
ceur par ta main, — conuaUfa le Vrai et le Beau^ carie monde - 
sombrera dans nos luttea Bténles — si la Femme ne vt€nt au plus 
iàt le «aiiver. n 

Ainsi dirait la voix et les hommes charmés, — surpris par la dou- 
ceur de ceL évangile — uouvenu, entrevirent un bonheur autre que 
celui Hq B^eatre-détruire. — Beaucoup^ parmi iQsqnêlB se trouvèrent les 
plus noblea barons, — déposèreol le haubert el Tépieu meurtrier, — 
puis, reprenant en inaîn la lyre abandonnée, — chsntérenlà qui mieux 
mieux aubade et sérénade. — Du pitit grand empereur au plus hum- 
ble paysan, — tous dans le Midi unirent leurs chnnts — en Thonneur 
du bon Dieii, de \n Vierge et des damea — dpnt le nom retentit 
ftujoin-fPhui encore danè notre [lajB. — La haine des siècles barbare* 
faisait place à Tamour — qui^ à Signe, à Romanin, tenait ea joyeuse 



LA CIGALO d'argent 313 

Dàa founs de TEmpirèio od vèi la Cigaleto 
Voala vers la Segnoaro e, ié fasènt Taleto, 
Sabre soun Ben redoun, pièi, se pausa plan-plan. 

Mai sus Prouvènço, ail lasl tourna *nca lou malan. 
ma patrlo blouso ! Ëres trop gaio e bello ! 
Oardo, que d*eilamount uno chonrmo te bèlo 
D*ome blouad, d'orne rouge i carage palous, 
Que ta glôri tant poro encoulèro, jalons. 

E subran, de TUba la menèbro Crousado, 

Contro lis Aubigés d*en proumier abrasado, 

Subre tout lou Miejour vôn escampa Ion d6u 

Tant, qu*après cinq cents an lou cor n*en sauno e dôu. 

Coume en esto coumbonr, en este mourtalag-, 

A toustèms — lou cresien — soumbravo lou Parage, 

La Cigalo d*argènt sis alo espandiguè 

Ë dintre la foonsoar dôu cèu s'esTaligué. 



^<*«r. — Et comme la gente et gracieuse Fanette, — la poitrine pal- 
pitante, aux joues le rouge — du plaisir, présidait en son château — 
^ aréopage des sept dames chargées de classer les chants par ordre 
'^ mérite, — du fonds de TEmpyrée on vit la petite cigale — voler vers 
'^aeigneuresseet, battant des ailes autour d'elle, — venir doucement 
^ poser sur son sein arrondi. 

Mais hélas! le malheur s'abattit de nouveau sur la Provence. — 
O ma douce patrie! Tu étais trop gaie et trop belle! — Prends garde, 
de là-haut te guette une bande — d'hommes blonds, d'hommes 
roux aux visages poilus — qu'irrite ta gloire si pure, objet de leur 
envie. 

Soudain, du Nord la sinistre croisade, — allumée tout d'abord 
contre les Albigeois, ~~- vint jeter le deuil sur tout le Midi de telle 
•orte, ^ qu'après cinq cents ans, le cœur en saigne encore.-- Comme 
en ces incendies, en ces hécatombes, pour toujours, croyait-on, 
lombrait le Parage, — la cigale d'argent déploya ses ailes — ets*éva- 
nooit dans la profondeur du ciel. 



3U 



LA CIGALÔ D ARGENT 



III 

« Èvo d'un paradis ùunU l'amour èi Ùiéu^ 
Saiutf Ùonoy avès U dos bèuta reqwHo 
Que de vous /an tidoto autamùèn que Ctiriùto 

E vous cuerôùn de rai coumeuno autto d'Aàriéu •(*) 

Me dève-ti fiaa vo noun de mis auriho 7 

Kd-ti dins la Liuenchûur quauque voutivoûn d'abîho? 

Ai-tî bèn entendu vo bén perde lou sèn? 

Quau m'assaveatsira que aoua éstiâ acènt 

Que dîsien amoussa pêrjamai? 

— De Loscuro 
Es la voues malautouno, apassionnado e puro 
Qu*eila dins Carpentras, en pleno Court d'amour^ 
Vèn reçanpre sa joio ; un poutoun'm*urjo flour, 
Ciir, mau-deapîé dôu Nord la tepribîo radouiro 
Giblant nosto genôrio, ai ! I&s t que s'en douloujro, 
Dins no&te tèma prali({ue ounte camin -l'erra.. 
Tel^grafo, vapour^de tout caire ongimbra, 
De la terro de Diéu fan une mecanioo, 

(•)F. Lkscube: Idono de ta Court (f-4niûifi'{Lou CxKEioatttÈ cahtavo, 
p.48). 



ti Èves tTîin paradi$ où t'amoar e*t /)»eu, — ifalut / femmes^ vous 
avÊM U$ deux beauUt d'élite qui d^ mut fonf, l'idole attesi bien qtw 
Ptuikk^et vau4Ct>upreni de rayowt cntmfte une aube d*avrU .», (*], 

DoÎA-je en croire mei ôreillea ? — N'est-ce p&s dans le lointain u 
botirdoDnftrriËQt d^aboilloa "^ — Ai-Je bien ÉDlendu ou ai-je perdu 1 
iienB? — Qui me dira queb iioat ces accents — que Vùïi crojait èlem 
k jamaii ? 

De Leeûura c'est la voix maladive, passionûée et pure — quilà-bïH 
4 C»rpentT'Bfl , en pleine cûuf d'atnour. — vient recevoir sa récom— 
[icubg: un baiser et une Heur, — c^r, eu dépit de la terrible radoire — 
*ou8 laquelle le Nord ploi« notre race qui en géniil, — dam notre 
lempii pratiqua où cheoiiDq de fer, — télégraphe» vapeur, tigencés da 

tout c6téf transforment — la terre du bon Dieu en une méi;anlque, 

Provence re&pleadit de nouveau si poétique^ et ai noble et «i fièreet 

{*) F. Lescokb; Aux dameu de la Coup d'Amour {hov Cakboûtiib can- 
TKVO, p. 48). 




LA CIGALO D ARGENT 31 

Proûvènço resplendis tourna tajit pouctico 
3Ëtaiit noblo e tant fièro eglouriouso tant 
C^ue ]i j^èût de Ift DJtie plngOD, parpelejant. 
lE de brama : « De*bado avèn clava la porto 
De aoun cros, la cresènt, aquesle cop, bén morto 
Cj^esbarlugantû lua que nous rimolis iue: 
lo, coQDQe ïou jour, aèmpre coucho la niue, « 
^nâin disien dôu tèms qu^emé s& caro blavo^ 
lioscuro, lou pouéto, î cinq dono acabavo : 
« Pèr gara la dûulûur e nous flouri iou cor^ 
mouioimant aqtti rôsti hèu ehevu d'or^ 
.^)ono di Court d'' Amour ^ pourgés-nous vostoespah^ " 

Xjor, pèr Iou segound cop, se vegiiè la Cif:alo 
IX>avalant tras Tetèr, ans Iou côu de Martoun 
SSe veni repausa, ié fasèot un poutoun. 

'Mti civilîsacioun grègo e Jati no morto ^ 

Xou Parag6 estoufa, uosto Prouvènço forlo 

£aio Iou FelJbrigû au vièi mouade estouna 

<}ae davanata Cigalo, o Marto,vai clina. 

Ca UQ, Iou 11 de set^mbre de 189^. 

Maurïci Raimuault. 



^loneuse — que devant eile lesfitade la nuit ferment leura paupiè- 

** clignotantes. — Ecoutez-les brailler ; » Ed vsin de son tombeau 

. ^s avions fermé la porte, — la croyant i;ette fois morte — pour tout 

^ Wn, l'aveuglante luratère qiii naua brûle les yeux: comme le jour 

** chflBse toujours les ténèbres, n 

Ainsi diaaieLit'Lts peûdant qu'avec sa figure pAlie, — Leseuie te 

**^*èle acbevait de dire aiiï fiînfj dflmôfl; 

^ Pour faite fuir bt tlouhur et/aire ^6Urir wtê çtmiTS^ — groti^tU 
^^* ooi heavx chtreux dor, ^- Dames des Couru d'Aviotir, prétez^noua 
^•^ èpauU. « 

Alors, p^tir la seconde t'oîs, on vit la Cigale — dâficendj^Liit à tra- 
^fH Taspace, venir se poser sur le col de Marthe — et lui dounar tm 

Les civilisations grecque et latine une fois mortes, — le Faruge 
-»-otjfl[(É, notre vigoureuse Provence donne le FLillbrige aiivîeui monde 
*t«niié — qui devant ta Cigale, ô Marthe, va a'incUner. 
CaunBB, le 11 septembre 1897. 

Mauiice Rmksmjlt. 



LA CAN80U DE LA TERRO 



Boue qui t*en 1l>a9| prumà que lou sourelh 
Hisse estiglao darrè la ccustalada, 
Laura toun cam^ au pas brac deu parelh» 
E Hinqu*au êé 1^ra d*uo halado 

As audit, bouè^ la gran cansou 

Qui s'alando de cap lou sou^ 
Per lou cèu oaclarit, en suporbo boalado? 
Quesoy laMay dou blat, !aMa_y deubou pàblang, 
La May, au *é piicbanl, de tout co qui pôrpito, 
La doun la bouno lèyt balho à oadu la bito, 
Quesoy la Terroqut cbens âbu bous da aoun sang! 

II 

Seg^ayre brun auit bras tilbous è dus, 
Au rcbat deu sourelh yumpan [a dalho 
Yacan au bouc loue cabetba d'or madus 



LA CHANSON DE LA TERRE 
I 

Boijvi«r f|ui vas avant que le aolêil — ne mûnte, ardent, 
les <*olli»iCB, — labourer ton champ au pas Jant det bf»lif« — 
jusqu'au soir tirer tout d''nn^ haleine, «-^ as-tu entendu, bouvier^ 
pbansnn — qui moule vers le soleil -^ par le ciel clair en su{»«H 
(jhvolêe? — Je suis Ih mère du blc, la mère du bon pain, ■ — lu mbf 
nu âcin puissant, de tout ce qui palpite^ — rolle dont le bon h 
donne à chacun la vie, — je suia Ia Terre qui* ttatis regrût, donne h( 

11 

Md«eoDneai brun auï bras nerveux eC durs, — bous le feu a 
Boleil balançant la faux ^^ qui coucbe dana tes Hillona le^ épia d' 



CONTE DE BARETOUS 319 

Bti, e bous nou serets Ihâbadô ; quoant %y dounguââ per 
isU escot e per noste recaptê ? » 

— a Per bous-autz dus, arnica, n'ej pas que ?ept soofl ii, 
ispounou la brabe hemne, d&b u ayre àe piâtai, en béden 
Lin èren mau arroupatz e minables aquQtz estraDgès. 

— ft Pierre, pàgue aque^ie bemnei», digou lou boun Dlu, 
Labetz sent Pierre tira, sept sooâ de deben^ ue sacoutete 

t^:> iite plie de doubîetes d*or, d'escutz e de pecetes d'argent. 
Ladauoe e lou me^tû qu^èren esmiraclatx e toatz peca de 
^^de tant grane fourtune enmaas dâ tant praitbe mounde. 

Ë lendouma^ de gran mati^ chenz dise arré à sa bemne, 
Plxètni se Iheba tout doua e sVn aua ta debore, sus lou cami 
&x:idabati^ argoeyta loua dus eatrangèa: 
- — <t La bousee ou la bitâ ! ii -e-us crida. 
— « Nou 8àbes-tu qu'ey defendut d'aucide e de pana? a, 
Bfik-ti respounou lou boun Diu, chen^ met, en s'ajustan. 

- — « Que-u sty ! roey jou qne-b tourni diae; la bousse ou 
- ^ bito, e drio biste 1*», w 

ËI rhom^, armât d*ii gran bârrou herrat, lou mîasaabe dab 
^ brlu«ndemouniat. 



S^*nd matiii, et voua ne aériez paa levée ; corabien c'e«t-il donc pour 
'^'^tre écot et pour notre abri? » 

' — M Pour vous autree deux^ mea amiA, ce n'est que sept «au« », 
'"^pondit la brave femme, avec uu air de pitié » en voyant cQmment 
^^^ent ftccûutréfl et pauvres ces étrangers. 

*— M Pierre^ paie cette femme », dit le bon Dieu. 
Alors sHinC Piei'i'e tire sept: souâd^une petite aaoocbe qui était toute 
^^^ine de doublûn^ d'or, d'écus et de petites pièces d'argent. 

t^ nvaitre et la maitres^e étaient émerveillés et tout ôhuria de voir 
^Oe aussi belle fortune en mains d'ausai pauvres geoa, 

Kl )e lendemain, de giand niatîn, sans rien dire à sa femme, Tbomnie 
leva tout doucement et b en alla dehors, le long du chemin, épier 
** Boitie des deux éLrangera. 

- — n La bourse ou la vie t » cria-t-il. 

•^ H Ne saie-tu ijoiut qu'il est défendu de voler et de tner? lui ré- 
Vondtt la bon Dieu^ en a'approcbant sana peur. 

-■ — V Je le Bais, maU je voue le répète encore: la bourae ou la vie, 
4t uo peu vite, f» 




350 CONTBfi DE BARETOUS 

— « Pierre, prén u erabeste qui-ej henz la sacouiete 
boutû-û à d'aqueste maturous enfirounat, û digou loii bouB 
Dïu, tout tranquîle. 

Nou y habé, dQ-â€gu, nad araboate henz la aacotd, abani, 
mej^ lûu boun Dlu que-ti y hé trouba, e sent Pierre, auta-lèQ, 
que-u bouté à Thomi qui, ea u birat de oâlh, esté cambial d 
u poulit aaouK,, e que-u 9'en bén aaa dab etliz, tout en lo 
han oulbebeta daban. 

Qa3 paasèn per u gran boac oun trûubèû u carboÀ qui 
dab prou de pene^ apôdagnabe saques de carbou. 

— u Amies, b'babetz aquiti u betU sauutetl u ae^us digûti 
be-m serbîre pla ta carreg:a carbou, aï-u roe boulèbetj 
bi'De? i> 

— u Bène ne u poudém pasj mej puch que Vbabetd 
beaouDh» que-u pe prestam de bou coo per sept mes, » 

— H E dounc, amie, gran mercés toutu, mej diaet-nM 
driaî que-ii balhatz per manja? a 

— n Arré, n'hauratz beaounh de baïha-u arré, bet-loi 
floulamenK bebe très cops per die, lou mati, lou meyd 
lou aer. 



Et rboinme, armé d'uu grand bâtoû ferré, les menaçait avec 
entrain de démon. 

— K Pierre^ prends un Hcal qui est daim la sacoche etmet-leà 
malheureux en furie j», dit le bon Dieu, tout tranquille. 

li n'y avait^ auparavant, certes» aucun licol dans le petit aaC| mjil 
le bon Dieu l'y fit trouveri et «aint Pierre» auaaitCi, le mita rhomn 
qui, ee ua clin d'œîl, fut changé en un bel àne ! et ils remmener^ 
avec eux» Iouë en le faisant l'uer devant. 

Ils passèrent par un grand bois où ila trouvèrent un i^hai-bonnierqu 
aveu iisaez de peine» cbamait sur ses épaules de« sacs de cbarbo 

— « Amia, vuub avez là un bel âne t i» leur dit-il^ « il me »emni 
bien pour charrier du charbon, si vous vouliez mêle vendre. *< 

— M Nous ne ppuvous le vendre, mai* puisque vona en avi| 
besoin, noua voua le prêtons de grand cœur pour sept moia. ** 

— <( EbbienE mea amîa, ^ant) merci tout de luâme, mais ditdf 
iQûl un peu : qu eal-^ce que vous lui donnez à manger? * 

— M Rien, voue n'aurez besoin de rien lui donner, faïtea-le seul 
meut boire troia fois par jour, le ntalin, à mi li et le aotr. Danss se^ 



CONTE DE BARETOUS %îi 

» En sept Tnea douac que^u bieiiâram serca nous^ assl, siatz 
G.tlén e au plasé de tourna 'n;& bâde.,, » 

Labetz que-s desôparèn. Lou boun Dlu et aeût Pierre 
countuaèn kr cami, e lou carboè se bouta à carga Tasou 
<le dues saques de car-bon. Rth s*en jinabe ha-rdit, coura ai 
a'habè arré de-sus..* ti B'ey goalhard aqueste saumet I » sa 
<3isebe en eth-medich Eou carboë, o edaunc, baiu, que-u bàu 
ba^lha ue aute saque 0. Ë lou bûurrou carreyabe aaa très 
3a.quea, mej arrebendit dengore que si nou^n habè que 
dues» 

— tt Jesua I miracle 1 que-u ne pôdi ha pourta quoate e 
&<1 ajze... V a'escrida noate h6mi tout estounat, 

K, dén mati dinqu'au aer, Tasou troutabe, eacarrabelhat, 
^&b sas quoate saques de carbou sus l'esquLe, e toutu dou 
boulebe jamêy manja u soulst punhat d'arredatb ou de hé, 
^^ abusa sàbrouatanad cardoa ; nou boule tapoc fl^nti nad 
ft't*&a de milboc, arré que bebe Tangue bribénte e clare de 
l*arrluqut toustem cantabe sa canaou ta medtche, en se pas- 
■^yan eapbat lou boac. 

Leodouma mati» à Teaguit déudie, lou saumet esberlt^freac 



^'^^'^ift donc nous vîendroua le chercher lui, soyez fidèle et au pIsÏBÎrde 
■*QUa revoir.,. •* 

Alors ils te séparèrent. Le Ijoti Dieu et saint Pierre continuêreni; 

'^tir cheniiq, et le charbonnier se mit à cbargei" Tâne de deux aaca de 

cHatbon- Kt celui-ci s'en allait hardi comme s'il n'nvait riao sur lui. 

— - {< Il est bien gaillard cet àoel » ae digRÎt en lui-même le t^har- 

^oriniep, *■ eh bien ! voyons, jr vaia lui doniiei* un auli'*! sac. >• 

Kt l'âqe portail ses trois »acs, plas fjidgftnt eucore que quand il 
** en avait qae deux. 

- — it C'est prodigieux 1 Je puis lui en faire porter quatre, eifacîle- 
'•^ôtitî s'écria notre horome tout ahuri. 

&I, du matin au aoir, Tàne trottiûait, alerte, &vùa aea quatre aaca 

*^^ oharbon aur l'êchinet et pourtant il ne voulait Jamais manger une 

^^*ile poignée de regain ou de foia, qj s'attarder à brouter aucun 

^Datdûn ; il ne voulait non plus seotir aucun grain de niRis, rien qtie 

^*olre l'eau vive et claire du ruisseau qui iodjoijr& chantail sa même 

^bauson, en se promenaotâ travers laforfU. 

1^ lecidemam matiiii au point du jour, Tâne éveillé, frais et potelé, 





CONTE 



BAHËTÛUS 



6 pouUlat, iricoutabe aus quoate peda sua lous sândôâ déu 
bosc, cargat de quoata i^aques de carbou^ d lou carboè, tout 
Jibre qui ère, qu'habé g&y de sequi-u ; labeti, que-u ne balba 
lèu berea ciûq aaques, au loc de qucate^ e tout en sauteri- 
queyan, eth las carrâjabe à pinneUt toutucoumâi D^èreu que 
saqaes d'eapouDJes. 

Tout die lou prauba aaou haBebe aquet mestiè, autant arre- 
benditldu breapàu coum lou mati, e jamey ooumaojabe arrdwH 
souQ quâ bebe. ^ 

Sapt mes se passèa atàu^ quoand u mati lou boun Dlu e 
sent Pierre arribèn dab aquet praube aaumet daban u»^ 
auberJQte. ^M 

Après habé estacat l'aeou benz la borde, êthz s'ea anèu ta 
la coudiue damanda de que manja, 

La dauûBf touLc be^tide en dôu, qu'ère tmtote coum ue 
amne ea pêne per dehenz-etiià. ■ 

— (i Arnica, Bsdet-boua n^^ge-ua digou dab u &yr6 doulent,^ 
o jou que^be bàu lèu serbj ain^les tarrisses de soupe e drin de 
mascature. d — 

— tt Noua qu'habèm tout lou Lems, daune, hèt à pllLflé, d 



(I tricotait » de aea quatre pieds sur Lee eentiera du bois, charge de 
quatre sacs de chïrboD, et le charbouuier, tout libre qu'il était, avaii 
do la peine à le suivre; alors il fiuic par lui (îoauer cinq beaux sacs, 
au Ueu de quatre, et tout ea sautillant et en gatub&daat il les portail, 
i^omme A'ih n'eussent été que rlea iac& d*épouges. 

Chaque jûUï* ce pauvre âne faisait ce tnétier, taut ausai friagant 
le floir que le matin , et jamais il ne maugeait rien ^ il buvait 
seulement. 

Se^ft mois se passèrent ainsi, lorsque, ua matin, le boa Dieu et 
s^Dt Pierre arrivèrent avec ce pauvre âne devant uûe petite auberge. 
Après avoir attaché Tâtie dans U grange, tU entrérûût daaa la cui- 
fiithe pour demander de quûî manger, 

La rnaUreaBe, revêtue d'hablU de deuil, était triste, la pauvre» 
comme une âuie eu peine, à travers &oa logis, 

— ' « Me» arnîâj aaseyez-voua '>, Leur dit-elle d'un air dolent, a je 
vais vouH aarvir tout de suite une tenioe de soupe ù chacun et ua peu 
de pitance. » — « Noua avons tout le temps, Madame^ allez douce^ 
ment *>, répondit te boa Dieu avec une grande d^u^ur, et puis il lui 



^^ 



CONTE DE BARETODS 3ï3 

rspouQou Ion bûun Diti dab gr&ne dougou, e puch que-u 
«lamanda: 

— (t Per qu*etz bous babilhatk de oégre? qu babeU dilhéu 
pergut quauqii*u de boâte familha ¥ 

— (( Malaje! o pla*.. qu'ej pergub lou me praube k6mi... 
MSiey jou be-tn semble de recouDecbe'^b à bûu9-a.ut7.? n^èretï pas 
^engatz, aasi, paasa^ ne noet, quauque tems-a?.*^ u — 

— a Qu*ej berlad, dauoe, e que y-asept mas, hoey, die per 
ie. — 

— a Edoanc, monn hômî qu*B mancai en case deaempuch 
aquetdie madech, e n*ej jamey poudut sabé »i ey mourt oti 
Lia,,,, a 

Labetz, sus u sinne de lou boun Dlu, sent Pierre s'en ané 
desestaca Tasou e tira-n lou crabeste. 

U iDoumeDdet après, lou meste de Tauberjote s'en entrabe 
à la eottsine e se jetabe au& peda de lou boun. Dlu, en lou 
pre^an de perdouna-u ; « Nou m*y tournarey mey ! h, 
lûiispirabe lou praube hùmi tout counfua , triste^ magre, 
Icftbat. 

E puchf en se biran de cap k sa bemne qui-ère mîey esmu- 



^^nuidâ : — n Pourcjuoî étes-vons bablllée de noir ? Voua avez peut- 
être perdu quelqu^un de votre famille? 

^ n Hélas! qui J'ai perdu mon pauvre homme,.. Maja il me semble 
Hea voua reconnaître voua autres ?.., » N'étiez-voiig pas venus Ici, 
pwaer une ôuil, il y a quelque temps? o 

^ R C'est vrai, MAdame, et il j a. aept mois Jtujourd'huî, jaur pour 
jour. M 

— u Eb bien! mon bi>mrae a manqué à H maisoii depuis ce jaur 
Mme, et je n'ai jamais pu savoir s'il ëtnit mort ou en vie. j> 

Alors, sur uaaigne du bon Di^u, aaiat Pierre s'en alla délivrer Tâne 
et fui sortir le licoL 

tjiL petit momeat après, le maître de la maiaoa entrait daun la cul- 
tioe et se jetait aux pieds du bon Dieu, en le priant ^e le pardoQner: 
~ ■ Je n'y reviendrai plus 1 >i soupirait le pauvre homme tout confus, 
triate, maigre, accablé. Et puis» se tournant vers aa femme qui était 
toute interdite et «ans parole sous le coup de sa terrible surprise, il 
lui ût deux, baisers et îl lui dit : 

— If Ecoute, ma pauvre amie, prends joliment aoîn de ces bcmmea 



CONTE DE BARETÔUS 

tide e Conte enclabade de sa tarrible susprese, que-u hé dus 
potK e que-u digout 

« Ëscoute^ [)raubine,ayeB-tu beroj scienh d'aquestes hùmis^ 
G ne^ufl préngues arré per pagaméa, toutz mmablea coum ta 
lou3 bèdes, eth^ qu'au de hère grans poudes, e nou iabém qui 
soun.,, V — 

Entant que debîsabea amassa^ homie hemne^ lou bouu Dlu 
e sent Pierre despareBooun toutu coum dus âalarobrets, après 
baba pausat «u»]ataulete déu iarè sept escutz d'argent « sept 
doubteteâ d'or. 

Henri P^LLiasas. 




el n'accepte d'eai rien en payement, tout rnnlheureui que tu lea vo 
ils uat ik grands pouvoirs, et noua ne savons qui ila aoat. .. » 

Pendant que rhonime et la femme cauflftiijQt easembla. le bon D 
et aaÏDt Pierre diapjirurent comme deux éclaira, sprôa avoir dép 
jiur lu manteau de lu chêiniaée sept écus d^argeot et sept doubi 
d*or. 





CONTES LENGADOUCIANS 
Oaa ptoch de Sant-Loap an ploçh de Sant-Cla 



I 

PER LAS METRE à L'OSCA 

A MOCN KÈgTRB» LÛtJ MAS£LIÈ 

î*«r las mètre à Toaca, — pensa qu'avèa devignat de quaa 
parle, — per las mètre à rosca, voie be que i*age pas cin- 
*iuanta mila biais de se ie prene ; mes deqa*ea de-bââoun de 
*^Dt !... S'^is que n*î*age un bon, paa vraiî e que se âcoun 
*ous autres î 

Or, Ion bon biais i*es, e toutes loa connouiasèa, au mens per 
^usit dire, amai, se eau, quauques uns per Tavedre emple- 
^^t.,. Chutf parlen paâ de ce que facba« D^abord aco'g d'afaj- 
■~«s qu'arre^ardoun pas degus» e quant à iéu, aoui aicî 
^ioiplatiien per vous oountà, s'avèa de tems de rèata, couasi *a 

î 
POUR LES METTRE AU PU 

A UOH HUTRE, LE MASKUER 

r*our les mettre au pli» —je pense que voua avez deviné de qiiî 

*^^ parle, — pour les mettre au pli, je cencède voLon tiers qu'il 

^Xiete pas cîtiquiinte mille inaaièreB de s'y prendre; mais qu'en 

^^t-il besoin de tant î,„ LiwïpQrtant, n'est*ce tjas? c'est qu'il y en 

^*t «ne bonnes ** ^^^^ ^^ toutes lea ftutresl 

^ Or, la bonne manière, tous voub la conîiaÎMez, au moina par qui- 

^■^■^»et même, d'flventure, quelques- uns pour l'avoir eniployée,,. Cbutf 

^^ parlons pas de ce qui fâche 1 D'abord^ ce sont là des affairo!» 

^*)i ne regf^^rdeot peraonaerCt quant à moi je suis ici totit atmpletncQt 

|>oci( ygu( conter, si vous avez du temps de reste, oomment, une 




326 CONTES LANGDEnOClENS 

cop aqnet bon biais agèt doyblô succès. Belèu sabÊB pae Ion 
fèt. 

Prenguen las causas per soud Ôeu* 



Parte, EL Ik» Matelas, unjouinoma qne Bouoaren Milo 
Aquel Milola aviè perdut soun paire de bona oura e sa matre, 
la YcuBaNanoun, aviè toujour dich de nou quand sers, parlât 
de la remarldà. Couma enfant de veusa èra adounc pas par- 
tit per soun sort. Ë vîviè sans trop de làg-uiSf urous couina 
an rei, dîna soun oustalet d€) rintradadau vila^^e. Gagnara de 
bravas jonrnadas, dins soua emperauB fasîè vM gotia quau- 
quea cantous, aviè toujour Ja soupa escullada !ou vèspre 
quand arrivava e labtassa garnida lou mati quand partiasië ; 
6 de-longa sa maire lou teniè recatat e propre couica an 
anèl. Digàa-me dequé ie mancava? 

Ai, lag ! la benuraiiça, quand, per asard, passa en-quioon 
aici-da-b&s, îe fai pa» de longaa fangaa I.,, En lavant sa bu- 
g^ada^ lin irer, Nanoun acaasèt un marrit raumàs. Lou 




foÎB, cette bonno manière fut couronnée d^un double sucoèB. Peat-étre 
ne counaiEgo^-voue point le fait* 
PrenoQi les choseï par leur fîL 



Il y ùvmU ^'àx Matellea, un Jâun^ hamrne que dpub appellerons 
Milote. Il était encore tout jeune quand il [verdit eoa pare. Sa mère, 
1a vguve Naddd, aVHtt toujours dît ûod quand on avuît parlé de ta 
remarier. Coiuroô fils de veuve il n*êtait donc point parti pour Tamtée. 
Et il vivait aana trop de goueis, heureux ainsi qu'un roi, dans sa 
maiBonnette à Tetitrëe du villag^e. Il gagnait de bonnes journées, 
fnisait valoir ses quelques coina de terre pendant â^s heures de loi- 
sir, et trouvait toujours la soupe trenipée le soir en arrivant et le bia- 
sac bien garni le matin au départ. Sa mère^ de plus, lui niBintenait 
aou lioge en paiinil état. Vous l'aussiez vu confltamnieiit ^iropre et 
coquet comme ua bijou. Ditea-moi ce qu*il lui manquait? 

Hélas t le boaheur, si par hasard il passe quelque part ici-bas, que 
peu de temps il y séjourne!... En lavant sa lesi^ive, «n hiver, Nânon 
prît un Tnauvaîs rhuma. Le rhume, d'abord négligé^ empira : il em» 



CONTES LANGDEnOClENS 31E7 

r^»_aimis, d'abord mau souègnat, venguôt vilèti, talamen vilèn 

1^ -rnsMù la paura n*eacapôt pas. Quinze jours après l'entêrravoun» 

Vejaqui dounc nostre Milota sans ouatalièiras. E ara, ooiiasi 

V m«ure tout souUt?,,, TravaJhà defora couma un nègre, tout 

1<=»-« sant-clamen dau jour, e faire la oousiaa lou vèspre entre 

^ «r-rivà, sostout quand Tentendèa couma un porc per escrieure, 

&^ pas causa ben aliiida« Milota hou vouguèt be ensajà, mes, 

^^tïâirel quaa t'a rist e que te veil... Au bout d'una mesada, 

^ 1 , autres cops pl6 de car e trtouuflant de santat^ èra pus sec 

q^^^'^Q estelou e regagnava d'o$ses couma de Irisaoua. 

Se TÎrèt d'un autre biais e prenguèt peusloun onoo d'un 
d c: souA cousia, Âco seguèt fiourti dau rèc per tounibâ diuâ 
l£L rivièira* AJmava loud l'aviôusï... ie rueticn de letitilhas ; 
v<:}u^Qès8e de tentîlhaa?... le reveniè de favièus. E somblava 
e&cara que ie faguèssouQ marmanda de lou nourri, amai que 
l»eraco n'i*en coustèaae Ioub iola de la testa. Un jour* per 
I>ati'patà pas reâ, agèroun quaucaa pichotaa résous, e se qui- 
'-^roun brouihata à mort. 

Milota anèt à Tauberja. S'en faguèt soun sàu e ie gagaèt 



pira tellement que la. pauvre n^en réchappa point. Quinze joun aprfea 
**Q real^rraît. 

Voilà daat5 notre Milote sans ménagère. Et maîntenimt, comment 
y*'^e, «eulet?... Peiner aux champs comme an nègre tout le long du 
^'^ur, puu faire sa cuisine le soir dàa rarrivce» surtout quaad on s'y 
^c^teud comme uu pgrc fi*etilend à l'écriture, ce u'eat pas choQe bien 
^^Bée^ Milûte voulut bien e&aayer, mais, pecaïra! qui fa vit et te 
^voiil... Dans moins d\in moia^ lui, jar^ia plein de chiiir et triooi- 
Mbaiït devante, était plus aec qu'un écUt de bois et fiu^^aii saillir dea 
^* semblables à dea cloua. 

Il aa tourna d'un iiutre cAté et prît pension chez Tun de ses cou- 
**u». Ce fut se tirer du ruisseau pour venir choir dans k rivière. 
-^'mait-il les haricota?,.. on lui servait des lentilles; voiilaït-il de» 
^^ûbUeK?... il avait des hancots. Et de plus on se donnait des aîiâde 
•ï»i octroyer une grande faveur eacore que pour robtefiirillui en coû- 
*4t les yeu3t de U léte. Un jour, pour pstflti-patata-rîen, ils échan- 
CSeront quelques mota aigre-doux et se séparèrenit brouillés à mort, 

Milote s'en fut À l'auberge. Il v porta son bel argent et gagna d'y 
<^4nger, plua souvent que de raison, de vétustea ragoûts mi-brûlés, 




3î8 CONTES LANGUEDOCIENS 

de manjàf pu» souvent qu'à soun tour^ d& vîèis fricots rabiaatâ 
ounte l&s mouscaa asseg^utavoun loua pàusaea de la pachauda 
ooiJsinLëira. 

De veire tout aquel varal fintgoèt per ftc faire nue resou- 

lucioua. 



Un bèu dinianchef entra sourti de la meâ^a prumîèira, ve^- 
tit de sas pu» bèLaa bralbas, la blodâ blua fldtiibaiit-nàu, capël 
e âouliês das festenaus, Milota s'ai^aiTairèt de-vera Sant* 
Marti, gros vjlajàa à très ourBrS de las Matelas. 

Ëp^s pua ièu Tarrivà d^nt&ndèt ouata demourava lou vtèl 
CousLant. 

— Chavat ! encapitàa, quaucun ie digtièt: l'avès tout juste 
amount que véii de la measa grande, 

Couma de-fèt, Coustant, que Taviô devistat, se asrrava 
daus el. 

— Hoià! aco's tue, Milota?,.* Per quanle fèt d'asard 
i^eadsvèDes aici ? j 



âmmi Icâquelfi Iob moucbeB nageaient au pourchae dea cheveux ûe 
malpropre maritomc. 

Ds voit- Luut i:e btuLiillamiai il finit par se faire une réeoluLtoiL. 



Un beau dîmânehe, aîtdl ou!e U première mesae» vêtu de ses pluj 
belles braie», la blouse bleue battait tieuf^ chupenii et souliers dei 
grandes fâtea^ Milote s'achemiati vers Saint-Martin, gros village J 
trois lieues des Matelles. 

Dèa rarrivée, il dêiuaûda où demeurait le père Cooatant. 

— Par tnafoit vous Jouez de chance, queli^u'un lui dii^ le voîlj 
jnstement qiù sVn revient do ta grand' mease. 

Eâ eâet. Gonêtaot^ qui TAvatt reconnu^ «^approchait do Itii. 
^ Holà t eftt-ce bien toi, Milote?... Par quel heureux ha«Ht-d l 
tiouvea-tu îci? 

— Je *uis venu voua voir. 

— Tu as bien fait, mon ami.,. TiensI petit, dit-il à un g-arçonne 
(jui pa^sHiLlà, voici un bocl poiirtoi; va-ren vite â la rnaisoni ; tu pre 
viendras Goton que nous aurons un convive pour le dlaer, u*8»t-o 



CONTES LANGDEnOClENS 

— Soui ren^ut vous veire, 

— Aa ben fach, moun orne *. Tè! pichot, dig'Uèt à-n-un 
sait que passavai aqui i'a'n sàu per tua e vai-t'en vïta à 

l'<z>asUu avi«â &outoun que çai avèn quaucun de dinnada, 
tg^mmeL * D'aquel iems fariein pas mau d'anà gimblà'a velre; di- 
»^ £pascouma iéii ? 

— S'acû voaa agrada, vole be, 

~ Sabes, moun enfaot, couâsi ta paura maire aco seguèt 
Itïtj ièite? Sembla pas poussible, una fenna tant galhardaî.* 
A- liî ça., mes, diga-me : & qaau te fal la eoupal 

— M'en parles pas, sieuplètt que n'ai un v6mi. 

H» pan per pan, ie conntèt sa vidassa de^^empiûi lou jour 
<ïa''aviè 'nterrat sa maire. 

— Achal vos que le digue dequé farîèi, a'ère tus î 

— Deqiié fariàs I 

— Memaridarièi. 

' — ÂdouDo, counselhâa que me marîde?... 
—^^ Oi^ me roaridarièi. Laâ fennaa aoun be, maî-que-maî, 
^^^ardastgroumaûdasifalourdas, toutce que diànaifi voudràa, 



^*-« ?.., Si» ea attendant, nous atlîûDs prendre un vëPië : dia-ta pas 
*^*^'*^nie moi? 

— — Si cela vous a^rée^ je veux bien. 

Saia-tu, nianeûranl,quc la pauvre mère fut bien vite enlevée? Cela 

^^ paraît pas pôâaible, une femme si robuste !.. Ah! ça, mai«, dis-moi: 
»*** ^onc tefîiii la «oiipe? 

~— - Ne m'ssi pai'le/, pas, je vout en prie; yen ai plui que mon 

Bit, de point en point, il conta sa vie depuis le jour ûù mourut aa 

— - Ah ! bien, vcuk-Iu que je te dise ce que je ferais, ai j'étaia que 
•*^ tûi? 

-^ Que ferieï-vous? 
— ^ Je me ma^rierais. 

^-^ Alufa, voua coQHeillûE que je pte marie î 

— ' Oui, je me marierais, I^-es femmes sont bien, pour k plupart, 
^-^jmcieuaea. ffijurmuodes, coquettes, tout ce <jue tu voudras, mais il 
^ï* fiut. E(^ pour tenir une niaiann et BoiguRr un homme, il n'eat per- 
^OQae comme ellea. Marie-toi, ai tu veux m'en croiie. 



330 



CONTES LANGUEDOCIENS 



mes u'cn eau. E, p^r tène un oustau e aouegoà 'n orne, ia 

paa dâgu8 ooumarGlaa. Marida-te, se me oreses, 

— Eh, ben ! à tous hou dire drecb, août rengat un pauc 
per &C0, 

— » agutuna bona idèia. N'en parlareo à Goutoun, tou- 
tjirâ, en dînnant, e veiràs que t'aura lèu trouvât ce que eau. 

— M'avès paa laissât acabà,,, M*ati dich qu^aviâa vostrn 
Blha présta à maridà, e, aladounc, me soui pensât que, conma 
eriàs eatats grands amies embé moun paure paire.,. 

— Coûtai!... ma dâmaades Catarîoa? 

— Franc que ra*atrouvé8 pas un prou bon partit par ela !..< 

— Es pas aqui toQ pîcà de la dalha, aoulamert.sabes?.., la 
pichota es un pauo jouina... e pioi... 

— Anen, veae qu'&co vous val pas* EscuBàs ; n'en parlen 
pas mai. 

— Mes si, acû me vai : es à tus qu'ai p6u que fanarà pas, 
Yeja, aime mai francamen t'hou escullà oouma n'es: ma 6lba 
pot pas faire per tua ; a dau mau de sa maire^ es capuda 
uouma un ase û te fariè veire las pèiras.»* Âco t'estouna que, 



I 



I 



I 



-^ Eb ! biâu» à dire vrai^ jâ auifi un p^u vetin pour cela. 

— excellente idée ! Nous en loiicheroas ud tnot à Goton, tout 
ITieuro, pd dînant. Tu voiras qu'elle aura tôt fait de te trouver œ 
qu'iî te faut. 

— Voua hê m'avez pas laissé at^hever... On m'a dit que voua aviez 
votre fille en âge d'être mariée; alors j*ai pensé que, puisque voua 
fûtûB ai grands amis, voua et mûn pauvre père... 

— CotnmeDt 1... tu me demandes Catherine? 

— A moins que vous ne m'estimiez point un assez boa parti pour 
die T.«. 

— Ce D'eat paa là le hic^ seulement, tu sais?,., l'enfant eal un peu 
jonnette .. et puis... 

— Allona, je vois que ça ne vous va pa9« Excusez-moi; n'en par- 
lons plus. 

— Mais gi, cela me va; c'est à toi que cela n'irait pas, j'en ai bien 
peur. Vois-tu, j'aime mieux franchement te Tëtater tel que c'e&t : ma 
tille nQ peut faire pour toi; elle resBemble trop à sa mère; elle est 
eniétëe comme une bourrique ; elle te ruadraJt malhcureuï cômmo les 
pierre« du i^bemia.., Celal'étguae que, moi^jeparle ainsi de ma JiUe t 




CONTES LANGUEDOCIENS 



331 



I 



léu, parle anUu de maâlha? PardieuJ houdirlèi pas à quaucun 
iD^,inès tuBk sabea be que toun paire me sauvèt la pel quand 
faaiaD ensemlïie las guârr^is d'Italla, e veses be que série *Da 
grofiâa coDPciença se te iaissave eDgusà.'... Qu'un autre me 
la demande e, bota, Tase-fourres se ie fau tant de contes L,, 

— Oui, oai, tout aco revèn à dire : « Te la vole pas dounà.» 

— Qtiante bougre de ca^ut que siès^ paniens i..* Escouta: 
la voaT... eb be ! a'ela te v6u,la prendras. le metraî pafi d'em- 
pachamens. T'ai dich ce que te devièi dire, tant pis per tua 
ae faâ una michanta embar^a. Atien toujour heure quicon e 
veîren quand âeren à Toustau, 

Per pas mai aloungÉLlou tapis, ^f^uprés que Catarina atrou- 
vèt Milota à soun ^oust e qu'un mes après, lou tems dVIeeti 
Ions papièâ e lou rèata» la noça se faguèt sans trop de bruch» 
pcr amor dau dôu dau nôvie. 



L'endeman de soun marida^e, Milota eumeoèt sa fenna â 
las Matèlaâ, Passèt lou prumièjour à ie faire counouisse lous 



Et pardieut Je ne le diraiH pas à quiconque. maÎB toi, tu saie bien 
que ton père me sauva ta peau alors qu'^aftemble nous faîsioufl la 
giuerre, en Italie, et tu vola bi«ti que ce serait trop lourderneat 
charger ma co nscience »1 je te laiflflais empêtrer. Vienne quelque antre 
ftoupiraot et^ va, le diable soU ai je lui fais atilant de cotite^ E 

— Oui, ouif tout ça sigtiifie ; n Point ne veux te ta donner, « 

— Ah f le bel obstine que tu es, paa moinb L.. Ecoute: tu la veux? 
eh bien ! si elle te veut aussi, tu la prendras. Je n'v mettrai aucun 
«mpâcbement. Je t'ai dit tout ce que je devais le dirci tant pie pour 
toi «i tu f»ta un tnftrchë de ditpe. Allons toujoiirs boire quelque 
chose; nous en recauserons  la maison. 

Afin de ne pas davantage allonger le tapis, voua stiuroz que Cathe- 
rine trouva Milûte a son gro et qu'un mois après, le temps ds pré- 
t>Arer les paperasses et le \reste, les noeeci furent cëlébréea aana trop 
de tralala, à cause du deuil du fiancé. 



1^ lendemain de aon mariage, Milote emmeDa aa femme atii Ma* 
telles. IJ eonnatira le premier jour à lui faire lier connaissance avec 



3a? 



CONTES LANGUEDOCIENS 



parents e lou» veais, passejà lou vidage e veaità \om bonchès, 
esptcîès,, boulangés e jariiiniès ounte caudrîè quo j^'aprouva- 
eiguèsse de fartalha. Ë couma aquel prumiè jour avîèn dinnat 
enco d'un parent e soupat enco d'un autre* lou segound jour 
Milota VDuguèt mètre Catarina à Tacoustuma de Toustau, ie 
iDOUstràûUDtsae teniè lalegna^coussisetiravaraiga daupoast 
e patio e coufin. Pioi, lou vèapre, îe diguèt : 

— Ma fenneta, aco'a pas lou tout de se poutounejà : Caa 
Iraralhà. Daman anarai à la journada. Me pourtaràs )o J diDuà^ 
que f 

— Ë se lou preniès ? 

— Nou ; aime mai que me lou portes tout caud, e te farai 
dos groeaas poutounaa per la paga, veiràa* Sabea ounte dea- 
caussêle?... t*hûo faguère veive quand vetiian de Sani-Marti. 

— Boudîeu !..* amount tant liont I 

— Tant ItoDt ?,.. es una passejada. Dîns mièja-oura se fai 
lou vai-fl-rèti. Sîègues aquî à miejour» pas vrai? 

Catarina faguët be qaauq^ues monrrea, mes diguèt pas 
de-nou. 



les parcrita fit lea vûiaînB, â parcourir le village et visiter les bou- 
cher, épicier, boulaager et jardjoier, chez teequela elle devaiC 
fi*ap|iroviaionner de vicluaillea. Et comme, ce premier jour^ ils avaienfc. 
dinë chûz quelque pareutet soupe cbez quelque autre, te second joar 
Milote voulut mettre Catheiîue au courant des m de ta maUoD, lui 
montrer où l'on teujtit le bois â& chaufl'aget comment il fallait tiror 
Teau du puîta, et patati et patate. Puis te soir il lui dit: 

^-^ Ma petite fêmme^ ça ti'esl pas tout que de se baieûter : jl faut 
tra\'ailler. J^rai demain à la journée. Tu m'apporteras le dîner, 
n'eBÈ-ce pas t 

— Et si tQ le prenais f 

— Non ; j'aime bien mieux que tu me Tapportea chaud; je te ferai 
deux bons gros baisers «ql retour^ tu verras. Tu sais ou je déchAïuae 
les vigne» ? .,. je te le montrai, quand nous venioas de Saiat 
Martin. 

— Bon Dieu ! .„ là-Haut, si loin! 

— Si loin?... c'eal une promenade. Dans demi-heui'e on parcourt 
Taller et le retour, «^ois ta à midi, pas vrai ? 

Catherine fît bien la moue, mais elle ne dit pas non. 



CONTES LANGUEDOCIENS 33 a 

Lott tresième jour douno^ MibU descausselava dm^é 
^randa afecioun, couat«nt cûiima uq Pierre* e bavava qua- 
BÎmcD pas que de p&ttsà que toutara aa poulîda fenneta ie 
pOQrtariè La soupa e lou fricot caudets, &mhé quauques pou- 
tous par la daaserta* 

Qaoura v«gèt lous lauraîrea das entours desatalà, la joun- 
cha acabada : 

-^ Â& 1 «e penâèt, CataHna partira lèu d« l'oustau. 

Fameofl, lou tems passava^ uoa oura, dos ouraa belèu, e 

degna veciè pas. Lou paure Milota se aeQtisaiè restoumac tèu 

e «abiè pas dequé ^'imagina* Mes quand ^ à força d'esperà, 

s'&visèt que lou sûurel paDJava prou vers lou cuuchaut: 

— Ëspaapoussibla, sou dlguèt; Taquicon de mai ou de mens. 

Plaiitèt aqui ouatiseâa e travul, s'eutUDchèt de gagna laa 
Matëlaa e Tarrivèt que tout juste lou reloge picava dos^Ànèt 
vltamen à Touatau, doubriguèt la porta un pauc apreandoua 
e, te devistèt dequé ?«.« Madama, ben carrada au cantou dau 
doc, que se galaminava, e que chourlava aoun cafetou, tran- 
quiilameo. 



Le tfûÎBÎèitie jour donc, Milot«i décha^uasait l^a vignes de bûQ 
cotur, content comme un piaBon, et de Teau plein la bouche à la 
seule pensée que tout à Theure sa jolie petite femme lui apporterait 
latoupe et le fricot biea chauds, aaas compter les bous baia^r» eu 
^iee de dessert. 

Qatiod il vit les laboureurs^ dans les champs d'aleotoar, dételer 
leurs bosufs, la demi-jourDéB achevée ; 

— Allons ! p«tisA-t-LU Catherine partira bieotôtde la maison* 
Cependant, le temps s'écoulait, une heure, deux peut-être, et rien 

ueveuaiL Le pauvre Milote se sentait l'estomac affamé et ae savait 
plus que s'imaginer. Mais quaod, à, bout de patience, il s'avisa que 
le soleil s'ioclioeit asseï^ sur le couchant» 

— Pas possible, dit-il ; il ; a quelque ehoie. 

Il pi nntn là outils et travail, se hAta de gaguer les Matelles et y 
arinva comme tout juste, à Thorloge, deux heures sonnaient, 11 s'en 
fut vite à sa maison* il ouvrit la porte, non sans appréhension^ et il 
aperçut qui ?... Madame, douillettement installée au coin du feu^ se 
prélassant et sirolaut son petit café, béatement. 



886 CONTES LANGUEDOCIENS 

boulhouna d'euse^ râmendats de tem» eo tams^ aviè f&cb de 

aa couaiaièira una fennâ couma las caudriè tûut&a. 

Quau vous tt pas dich mêmes que Catanna^ s'avisaol que 
soun orne èra un pûulit omenet, b«Q embiaisfiat e mai que 
galant^ s'en rendèt amourouea que tout ple?..> E lou soue- 
gnavftj lou tlûtourlôjava, sabiè pas pus dequé faire per lou 
coumplairel L'aurié toujour vougut «mb ela : «emblavoan 
Crouchet e Maïheta. 

ûiuâ aquelas entremièjas venguètla ûèira de Saat-Marti, 
qu'es lou ires de mai, per la Crous. Couma deju&te cauguètque 
Milota e sa fenna anèseoun passa la fèsta enca de papeta 
Couâtant e de mameta GouIoud. 

Vous dirai pas couasi la âèira se festegèt : aabès que dins 
aquelas escasençafl la fartalba a lou drech de rouHà. Venguéû - 
Be d'aUHida à la û dau dinnà. 

Milota sourtissiè sa pipa per n'en pipà una, quand a'avisét 
qu^aviè pas pus de tabat. 

— Catarîua, vos m'anà querre quatre eôus de tabat, sieu- 

plèt? 



4 



reaouveléa de tenipt eu temps, 11 avait fait de sa cuisimère une ferome 
telle qa'û les faudrait toutes. 

I] Arriva même ceci : c*est que Catherine, s'avitant que aon mari 
êtsil un JûU petit homme, <l'figréfible tournure et irèa gaUul, 9*eii 
rendit amoureuse pleinement. Kit elle le fiolgoait, elle le pompoûnait, 
elle ne si^vait jiLua qu'inventer pour lui ^(iaiiel Elle Tattrait toujoiu^ 
voulu à aes ct^tës : ou aurait dit Daphais et Chiaé. 

Sur CfrB entr^falteB se tînt ta foire de Saint-Martin, le 3 mai} beau 
jour de Ifl Sainte-Croix. NflturQllementj Mitota et sa feroroe durent 
aller passer quelques jours de fâte ohez le papa CouaUntetlnmainau 

Je ne voua dirai point f^ommeut la foire fut fétëe : en ces circon- 
BUncea.vguflle aareZi les victusillea ont le droit de pulluler. Venopa* 
en immédiatement à in fia du dîner. 

Milote tirait sa boufarde de sa. poche, a6n d^en piper une, lorsque! 
s'aperçut qu'il n'avait plus de Câbae. 

— CatheHoej veus-lu m'aller quérir quatre soua de tabac^ s'il le 
plaît ? 



4 
4 



CONTI'S Î.AXGtIKDOr.lENa 337 

— Oî, moun orne.,. K se l'un pourt&re on paquet ?... Es 
pa^ chaca jour fèsta. 

- Diga, diga, santa-foi^trala ! saique acabaràs de dinnà? 
Câ.7negét la vièlha. Aâ pôu que lou crgtnpe pas âoun tabat, 

_ toTin ome, quand s'enanaraii au oafè?... 
^^b — Oh 1 boutas, ma mairo^ aurai be lou tema d'acabà toutara. 
^^ E Calarinasoupliguèt^entreraen que la viêlha, roundinant a 
I r^^pouteganU lotrava dîiiâ la cambra p^r sabe pas dequc faire. 
I Mes, presemple! se quaucun toumbava de âoun &aut, ae 

L^ULviè 'n ome eatabousit e deavariat, acoa èra be lou viM 

C^oastant. 

- Boudieul... di^uèt à goun geitdra, an chaojat noatra 
SL^e à la fièirap es paB pousaible! Coua^i^ diànsis l hs pouscut 
r^ ire per aveHre una fanna tant otibeïssentti ? 

Paî erapeg'at lou rômèdi* pas mai. 

Lou remèdi?.,,Deqiië mû cantes aquî ? l 'a dounc quau- 

cita.e remèdi que saches? 

Mes peaae que roulés rire,saique ? Lou sabès de davana 




~-— Oui, mon homme.,. Et rî je tappofiaîa un paquet?.,. Çb n'eat 
■*'*'^ fête tous les jours. 

"^ — I)i«, dis» sainte-nigiiedouiUe l lu achèvenAs de 4ùier, je pense ? 
«■'^knç^ la vieille. As-tu donc peur qu'il ne se l'achète pas aon tabact 



«^ 



r% 



v^iari, qu:iùd ils s'en Iroat au caTé?,, 



"""-' Oh! allei, ma mîiTSf j'aurai bîen le tempe d*aehever tout à 

*^i Catherine sortit^ cependant que la vieille, grommelant et gro- 
^**^Ol» eutrait dans la chambre à cûté, je ne sais trop pourquoi, 

MatSf par eiemple ! si quelqu'un tombait rie» miee, s'il y avait un 
^■^«^ïne abasourdi, éraeiveillé, c'était bien le vîeui Coqstant. 

' Bon Dieu !.,. dit-il à «on gendre, on a ch-tngé notre &ne à la 

loii-o, sûrement ! Comment, diable! as-tu bien pu faire pour avoir une 
•fi'ïiriie auBsi obéissante ? 

Je lui ai appliqua le remède, pas plaa, 

Le remède?.-. Que me ehfxntes-tu là? Il y a donc qneïque remùde 

^nixM de toi ? 

~— Mais j'iniH^gine qufj vous voulex rire, n'est-ce paa t Vous Tavez 
«ïonnii avant moi. 




ïdNTES LANGUEDOCIENS 

— T'assegure que nou. Veaes pas que trefoutisse quô me 
lou digues ? 

— ÂaeD, voulès badiaà. S'agis pas mai que dâ foire var&lhâ 
Moussu de TEuse. 

^ Moussu DeUuse?,., Quau es aquel Moussu Dêleuse?*,. 
Ounte demora? 

— Tenès, ptirlen frans : Quftnd la^ fennas roloua pas escoutà, 
i'a pas re$ couoia d6 preae ima boua branca d'euse ede le 
la faire tastà dessus Teaquiaa. Aqui i'avèa lou levât de mes. 
Ë ses pas à saupre qu'emb un bon levât se fai lûai-que-mai 
de bona pasta. 

— Foutre I e âièa soulide qu'aquel remèdi fague d'efèt ? 

— WeD venès de veire una prova. 

— 01, mouu Dieu l que iéu t'age pas counouscut pus ièu !.. Un 
remèdi tantsimpte !.., Goutoun !*.. Goutounl.* h6u 1 Goutoun? 
^^ Au diable! bramaire; dcqué trou japes? 

— Goutoun, vai me querre de tabat. 

— lëu?... As lou front de me dire act>, à. iëu?... Yat-t'en ïe 
tus, vai, bougre de viôL caguot. 



^- Je t'aasure qtie aon. Ne voia tu paa combien je grille de I'ôd- 
tendrmiie l'enseigner? 

— Alloua! vou» Aimâ?t la plaiaaûtet'iO'l] fi*aj^it simplement de mettre 
eu branle Monsieur du Cliéue. 

— MoDsieur Ducliône?.«. Qui eat ce monai^ur Duchâne?.,. 04 
pei'che-l il ? 

^ TeD«Z} parlons franchement. Quand les fetnmeâ ne veulent poiat 
se aoiunettre, il nVst neu comme de prendre ;ine Uonne branche de 
chêne et de la leur faii^ Emvourer sur le d&s. Le levain est tdasi pré* 
paré. Et vous n'j^tiui'cz pas qu'avec ua bon levain, ea fait géucrale- 
Qient de lu bunne pâte. 

< — Fkhtre I et tu es aûc que ce remède eet efficace ? 

— Voua venez d'en voir une preuve* 

— Ohl mon Diâu 1 que moi je ne l'aie poiat connu plu« tôt I... Un 
remède aussi siinpte!.,. Goton t,., Ooton !,.. ho I Ooton ? 

— Va-t-en au djuble ! bruillard; qui te fait abojer? 

— Goton, va me quérir du tubac, 

— Moi?.., Tu AA le front de me dire c^la, à moi ?,,* Vaa-y toi, vaî 
eipèea de vieux cagneux. 




nONTFS 1.ANGUEIJ0CIRN'& 



339 






Yoa pas ca'atià qaerre dâ labat f 

— NoU| cranta copa nou. Ah ! ça, mèa, ^ig&i d^qué te 

.^adouDC lou vièl CoustantagaDtèt tou maDche de Tescouba 
ftc fourrèt à tabasà sua las oostas de Goutoun^aus resquïna, 
3 la ciosca^ pertout : Sâmblara à preâ^fach e ie mandava 
uma un sourd. Se so\ia gendre l'empachâsse pas* la quîtava 

^^ Laissa-ute faire» cridara. Aquela garça m'ea a fdcU 

• Tû de toutas dËSempioi vint-o-cinq ans que sian easemble. 

tEioun tour..* le vas querre de tabat?.,., 

£ GaotouQ anét querre de tabat, eniramen que Cûastant 

«aoenava do-ÏODga- 

— Un remèdi tant aimple !,,, Quicon de tant coumode !.*. 



^atuaradaa, a'avés de-besoun de n''&ii mai aaupre, escrivès 
* ■^* iïotaque vîeu toujour» à las Matelas. Voua douuarà. loutaa 
'AS oounaultas que vous aeran necassàriasi e à gràti» eucara. 



— ^ Tu ne veux pas lu'uller quérir du tabac ? 

'^^- Non, quarante fois non, Ah ! ça, iûiiifl, dls-naoî, qu'est-ce qui 
te preud ? 

Aloi» le vieux ConaLant empoÂg'na le miiDohe du balai et s'attela à 
** Pt^omeoer «ur le« c6lea de Gotoa, sur Téchine^ eur la caboche, 
P*^^ut : oD l'aiipftit eru payé à la pièce. Et il frappait comme un 
p*Ut-ïi_ Si soa gendre ne l'en oût empoché, i\ étendait aa femme sur 

""- L^sse-tnûi faire, criait-iJ. Cette garce-là m*en a fuit voie* de 
^^% les coulëiirâ depuis ving't-cînq aoa que noua sotnmêfi eaaemble. 
'^^oii tour... Y vaa-tu quérir du tabac?... 

'^^ Oolan alla quérir du tabac^ cepeudaut que Cuastant i*ép^ia)(, 

'^^ Un remède ai aimplel... Quelque chose de ai cemmode ! ... 



^^CEvaradee, si voub avez besoin d'en vavoir plus long, écrivez à 

•^te qui vit loujour*, aux Mateltea, Il vous donoera toutes las cqu- 

*^*t^iioûB qui vous seront nécessaires, et Gratis pro Deo, Voua vo^eE 




340 



CONTES LANGUEDOCIENS 



Vesèa que caudrié pas avedre lous très aôua dau timbre per 
s'en passa. 



H 

LOU VIAGE DK NOâTRE-SEGNE 

Ad bon abuo cetôri, Jousép Soulet. 

Dîsèn dounc qu'aquel an» vtè[ papeta Nadau s*eD venguèt 
toutdringa-dranga davaus lou Segne-Palre et ie faguét aotau 
sous pléntii e méatîa: 

— Mëstre, sont à cap de catul: mous iols de-long-a parpe- 
lejoun, i auaissQ pas oaaî qu'ua tuupi, tuas cambas s'envan 
tout dehitoril/ust e, dau oieadre frech, tousaisse couma una 
feda ^»âmada. Poadriàs-ti pas mandi quaucun tuai à lua 
plaça per faire d'ara-eu-lai lou viage uadaï^oc?*.. Manca paa 
de jouinesâa... 

— Nadau 1 Nadau! es pas toun vlèlhounge bouI que L'enoîta 
à-u-aquela demandai... 



qu*il faudrait ne pas avoir les trois boub du timbre-poate pour s'en 



pnver. 



It 
LE VOYAGE DE NÛTRE-SE16NEUR 

Au BON AMI CETTOia, JoSBPH SoOLST, 



I 



Nous disons doue ^qué, cette anoée-Iài, 1$ vieux botthomme Noël a'ea 
vÎDl clopiQ-clopant devant ]e Seigueur-Père et lui fitamii scfl plainU^ 
et lamaoUtiQUa : 

— Maître, je fiuiB à bout de chemin : mes yeux papillotent aan» 
ces&e, Je a'aî d'ouie nou plus qu'kiEi pot, mes jambes s'en vont de 
guingois, et* dés le moindre froid, je tousse aitiei qu'uae brebis phti- 
siqu^H. Ke pourriex-vouA envoyer quelque autre que moi faire doréaavaot 
U tournée de Noël ?... 11 ue manque pas de JouveQceaui... 

— Noël t Noël! ce u'eal point ton graod âge seul qui t'încîto 4 
cette demande ! 




CONTES LANGUEDOCIENS 341 

— Bs vrai, Segnonr» es pas moan vièlhoange soal. Es qae 

sabe pas pns coussi m'engincà per ben courapU moan obra. 

Se Ta de paures mesquins que s'ameritarièa ce bèu et ce pus 

bèu, de quatre cops très an pas ges d*esc1ops nîmai de chimi- 

oièiras; e loua trassa d^arndsses en quau revendriè de ie 

fonitàlas ancas jusqu'à tant que fumèssoun, gastats e pourrits 

per sous sauts-fou traus de parents, se vesoun croumpà tout 

ee que lou diable ie fai lusi davans sous iols... Vous dise, 

Mèstre, que n'i*aurîè per se batre embë soun oumbra. Âtabé 

chaca annada me fau pichè de marrit sang. 

— Hou preoes trop au vîeu, moun paure Nadau: sabea pas 
faire toun mestiô. 

— Sabe pas faire moun mestiè!...VierjaMalre, Tausiasès!... 
OMàstre, Môstre! saique voulès que desbourroune? 

— Anen! anen ! pansa toun sang, sant orne. Per aqueste 
An i'anaren, sus terra, toutes dous. E veiràs qn*es pas mau- 
cuait d*entonlhà ious afaires un pauc couma se den. 

* 

Quand seguèt la nioch que caliè, Nostre-Segne e Nadau, 



— Cela est vrai, Seigneur, ce n'est point mon grand âge seul. 
C'est qae je ne sais plus comment mlngénier pour bien accomplir 
mon ouvrage. S'il est de pauvres mignons qui mériteraient tout ce 
<\n*'i\ y a de beau et de plus beau, trois fois sur quatre il n'ont pas 
de sabots, pas même de cheminée; et les mauvais garnements à qui 
reviendrait, en toute justice, une bonne fouettée jusqu'à fesses vio- 
lettes, gâtés et pourris par leurs saints-niguedouilles de parents, 
se voient acheter tout ce que le Malin fait miroiter à leurs jeux. Je 
vous le dis, Maître, il y aurait de quoi se colleter avec son ombre 
même. Aussi, chaque année, je me fais une pinte de mauvais sang. 

— Tu le prends trop à cœur, mon pauvre Noël : tu ne sais pas 
faire ton métier. 

— Je ne sais pas faire mon métier?... Vierge Mère, Tentendez- 
vons?... Oh! Maître, Maître ! voulez-vous donc que je déraisonne? 

— Allons! allons! modère- toi, saint homme. Pour cette année 
nous irons, sur terre, tous les deux. Et tu verras qu'il n'est pas bien 
malaisé d'arranger les aifaires un peu comme il convient. 

• 

Quand ce fut la bonne nuit, Notre-Seigneur et Noël, suivis d'une 



CONTES LANHUEnOClENS 

segtiifs d'uo vôl d'anjoua d*anjounèlas, carrejant quau de 
groumandiges, quau de jougalba^, quau de patin, quau d€ 
couûn, saliguèroun Hau Gièl s, kouI caoïîna que caminaràs! 

S'agâTidiguâroun lèu-lèu à-u-una granda vîlaasa. Intrèroan 
din^rui) daspus poutit? ousLaiia e s'endôvenguèroun finalamen 
BU milan d'una C'jTubrâta erubtancada e caudeta^ ounte un& 
serviciala s'entauohava de couch4*Q maait de set ou ioch ans. 

— léu me vole pas coaulià^ caïnâjava lou pichot ; ai pas 
viat mainà de tout ioî : me la eau esperà. 

^ Mes, MousBU Ëob, Madama la Marquesa intrarà tar^ 
dièira^ amai balèu pas que demaû* Sabès be qu'es anada enco 
de Madama laCoumtessâ^ 

— E moun papa» quoura vendra ? 

— Muusau lou Marqués es à ga souoietat dau BoD-Secous. 
S'ôucupoun de-vèapre das pauresvergaugnouses : n'auran per 
un bon briâu. 

— Eh be ! oui, cresèa aquela!... S^'encbautoun pas mats 
dus paures vergougnousea ! Fan k laa eartas touta la nioch : 
aaique vous imaginas qu'iiou sabe pas î...* 



volée d'iingeB et d'angdets chargés qui de fmadUea, qui de joaets, 
qui de ceci, qui âa ci^la, isairent du Ciel et, £Out cbetnine que cbe- 
m intiras ! 

Ils eurent tôt fait d'atteindre nne très grande ville. Us pénétrèrent 
dans Fune des pliia belles niSLieDûa et se ti'oui'èretit finalement dana 
une chiimbrette bkacbe et bien chauffée, où une Bervante se hâtait 
de mettre au Ut un garçonnet de sept ou huit ans. 

— Mol, je ne veux pas me coudier^ jtEeuE'uichait le petit ; je n'ai 
pas vu tQEtrrma de toutatijourd'liui ; il faut que je l'attende. 

— Mui». Monsieur tiob, Madame la Marquise ne rentrera que fort 
lard ; peut-être même u& rentrera-t-elie que demaia. Voua s^vez bien 
qu'elle est allée chez Madame la Comtesse. 

— Et mon |iapa, qunnd viendra-til *? 

— Mou^ieur le Marquis est à ââ société du BoD-Secoura, Cèa 
measieure s'occupent ce aoîr des pauvres honteux : ils ea auront 
pour uQ boa morneut. 

— Ah [ bien^ oui, croyez celte-là„. Ils se soucient bien dea pau- 
vres honteux ! lis jouent aux cartes toute la nuit: vous vous imagine^z 
peut'âtre que je ne le sais psa ?... 




CONTES LANGUEDOCIENS 343 

— Anen ! segués sage. Moussu Bob ; fasès vostre som-som 
Va.a mètre vostre soulièiretdedinslachîminièirae belèuNadau 
TOI28 poartarà lou poulit manège, lou bèa fusil aiuai lou gros 
povrrichînèla que demandaviàs tant. 

— Tè ! tè ! dequé me cantàs !... NTa pas ges de Nadaus : 
^tt mamà que vous a dioh de croumpà tout ce que voulièi. 
A.ittai se m'hou avès pas croumpat couraa hou vote, bota! ie 
dirai qu'avès gardât d'argent. 

Aco dich, toujour fougnous, Tenfantou s'enfurguèt dins lou 
uéchety que la bonai*aviè caufat, e se virèt contra la muralha 
«n ronndinant : 

— - Quand serai grand, quand papa e mamà seran vièls, 
detooararao aici toutes soulets, se voloun. Per iéu sera moun 
^ur d'anà faire drilhança. 

Sus aquelas bêlas entenciounscouma, fin-ônala, Picbot-Ome 
®^^ lou pus fort, lou manidèt cuguôt las parpelegas. La ser- 
'^^îft.la, cop-sus-cop, anèt querro ce que caliè e n*en claÔ- 
^•*^t la cfaiminiàira. Pioi se retirèt dedins la cambra que tou- 



"""— Allons 1 soyez sage, monsieur Bob ; faites votre dodo. Je vais 
^ttre vos petits souliers dans la cheminée et peut-être que Noël 
^**ia apportera le joli manège, le beau fusil et même le grand 
'****ichinelle que voua désiriez tant. 

— ^ Tiens I tiens! ce que vous me chantez!... Il n'y en a point de 
*^ o^X : c'est maman qui vous a dit d'acheter ce que je voulais. Et 
^■*ï«, si vous ne l'avez pas acheté tel que je le veux, je lui dirai 
^^^ "VOUS avez gardé de l'argent, na ! 

^^Is dit, toujours boudeur, l'enfant s'enfonça sous les couvertures 
itque la bonne venait de bassiner, et se tourna vers la ruelle en 



*^^r*imelant : 

. Lorsque je serai grand, alors que papa et maman seront vieui, 

* cJemeureront ici tout seuls, s'ils veulent. Mon tour sera venu 

*^ler faire la noce. 

^^^ ^tjr ces belles intentions, et comme, en fin de compte, Fetit- 

^**»ime * était le plus fort» le tjaiçonnet ferma les paupières. La ser- 

^^te, sans plus tarder, s'en fut quérir ce qu'il fallait et en em*>lit la 

^^KXtinée. Après quoi elle se retira dans la chambre voisine. 

* Uorphée. 



«44 



r.ONTES LANGUKDOCIKKS 



— Quand voua hou disiéî, Mettre, fnguèt Nadau, Aqui 
poultssouDOt que ?*èra pas estât toatara per quicon !-.. 

Mes Noaire-Scgnei sans respondre, eolevêt lous amusais 
f^u'aviè pourtat la âcrviciala e, au grand estal)QUBÎiiteD d« 
Nadau,n*i'eïi raetèt à la plaça de foçapus bèus, e tant, e tant 
que a'i'ân pou^quèt anà. 

— E ara aanven-noua qu'avèn pas de tôtns à. perdre. 



FaguèrouD aotau fossa distribuciouns, Nadau de mai en 
mai estouiuacat dau biais dâ Nostre-Segae que semblava, à 
tustaa-e-butas, baità marmanda as uns e »s autres, barra«a! 

XJq cop s^eugulhèroun dedins la cbiminièirad^uD pichot ou^ 
talût.UD oustau de travalhadou,pasgaire couBsut^mes recatat 
e propre couma ua anël dû veîre* L'orne, tafennae sous dous 
ui&tiitâ venièn de sourtî de la messa de iuièJa*nioûb. Aviëri 
vitatneii t^iivalat un talhou d'estoufat emb* un bon cop de vi« e 




— Quand je vous le disais, Maître, déclara Nio<ë1. Ce petit polissonl 
Je ûe sais, tout à l'heure, ce qui ui*A retenu [«*. 

Mttîfi Notre-Seïgneur» eaua répondre, enleva lea jouets qu'avait 
apportés La servante et en remit à leur place de beaucoup pins beaux, 
et tant, et tant que la cbemîraée [jut eu contenir. 

^ Ht maintenant sauvons-noua , nous n'avons pna du lempï à 
perdre > 



Ils firent ainsi force distrihnlionB, Noél de plus eu plus surpn» 
de U maDière de faire de Notre-Seigneui, qui semblait^ à l'aveuiiçtette, 
donner à foison aux uns et aux autres, beroique ! 

Une f&ia Us s'introduisirent darys la cheminée d'une petite noai- 
•onnettef une maiaouoette de journalier, peu luxueufle. miiia proprette 
et coquette comme un annenu de veire, L'homme, la femme et leurs 
deui garçonnetfl aen revenaient de lu mesae de miuuit, lia avaient, 
au plus vile, avAlé un bon maroean d'étuvé, un bon verre de vin et, 
maintenant, tla se trouviiient tous dsns leur chambrette cooimuDe. 




eONTKS LANrtURnoniENS 



347 



— Cliut ! marmurèt Noate-Segnet que d'un âiane arrestèt 
loua ànjous. 

B^seclinautde^Ters lou lièch das manidous.ben doucaznent 
Ê^uèt doas poutous à ohaouii; piûi, sourrisent; diguèt: 

— Aoen 1 muscD pas^ qu'&vèn pas acabat noâtra obra. 



La DÎoch èra negra ûouma la pega. Lous orres giDgouluns 
de la b]sa estremenlisaîèn. K fasiè 'n frech que pelâva, 

Nostre-Segne e Na^lau, art-ivats à-ti-uii rùdou mountagtioua, 
intrèrouD dins una eapèça de cabaiiola que, [jccaire ! precbara 
pas fourtuna, 

Taviè pas mai que doaâ membres: utia cambra emb'uQa 
couâtoa. Dina La cambra, qq lîècb; e dtna lou llècb, uiia 
lïianîda de ii6u ou dèch ans que aemblava dourniL. Ras de la 
chiminiéira de la uoiasina, outite quatiques eateloua jitavoun 
sa Dâingra clartat, une vîèlha quepregava Dieu. 

— Noatre-Segae 1 sou-diaiè, âgés pietat de ma pichota. 



" — Chat! rnurmurft Notre-Seigneiir, arrêtant d'un signe les angfls. 
Et, se peQchant snr lo lit des enfflïitSj bien doucement, il donna 
''*âx baisers à chRcuo d'eux ; puis, BoiiHent, il dit: 

*~- AUoDS ! ne lambinons point. Noue n'avons paa terminé notre 



l^Buit était noire ainsi que do In poix. Les horribles hurlements 
^ la bise épouvantaient. Et il faisait uu froid qui crevassait toute 

Notre-Spîg-iieur et Noël^ parvenue en paj^s montagneux, péué- 
^^r^Dt dans u.ije sorte de mauvaise cabane qui^ hélae^! ne pi-£chait 
P^» fortune. 

iï n'y avait que deux pièces: une chambre, une ouiBÎae. Dans la 
'■^ïipbfe un seul lit; et dans le lit une flUette de neuf au dix ans qui 
p«r«iBRait do^rfrir Pri;a de la cheminée de U cuisine^ d'où quelques 
'^'^ Éclata de boia projetaient une maigre lueur uae vieille femme 
4*11 priait. 
-^ Seigneur Dieu t disait-elle, ayez pitié de mon enfant. Trois 




^A 



348 CONTES LANGUEDOCtKNS 

Très ans i'a déjà que preng-ueriàa ma Ûlha; vostra vQulounut 
sièg'UG fâcha... Moiin gendre, aladotmc* èra encara ua bri?e 
orne... Perijué, mounDieu] perquéfau-ti qu'aquela Goatoun, 
que lous aima toutes, Tag^e fach an tant marrit pair»?... 
Moun Dieuî peHounfis à-ii-aqucles malurouscs; moun Dieu! 
guérisses ma Nenou ; moun Dieu! gardas la santat as ([U 
nous seeouriasoun.., 

— Ma gi'and !... Ma grand L,. 

— Soui aqui, ma fîlheta. 

-- Oil se sabiàa, raa Grand» lou poulit sounge que fasièi! 
Pantaiaave que loi èra Nadau. Avièi mes moun eaclopriisde 
la ctiimiuièira e i*avièi atrauvat uoa bèla petèta: «odb» 
aquela, Babès?que me dounèt ma paura maire .. Nf a Or^od, 
quoura sera Noué ? 

— Dîna quftuques jours, ma ûlha,., Tè, vo8-ti heure tooo 
remèdi, couma hou a dich lou medeci ? 

— Oui» ma grand, que vôïe lèu èatre guerida..* Anaren 
[a messa de mtèja-Qioch, pas vrai, ma grand? 

** Fanaren, ma fliha. 



fla« ie sont éDouIéa deptila que voua ptUea inaâlte: votre volonté lO 
ffkhëf SeigiiPiîr... Mou gendre, fllors^ était encore itn brave homme. 
Pourquoir moD Dieuî pourquoi faut-il que cette Ooton, qui l^a aia» 
tous, l'ait rendu UQ »i mauvais père?... Mon Dieu! [lardonnez à 
malheureux; mon Dieu ! guérissez ma Madeteiae; mon Dieu cou^^ar 
vezïafifliilè à tous ceux qui nous secoureat.. 

— Graud'mère!,.. Grand 'mère!..* 

— Je suis \k, ma fillette. 

— Ohl si vous Baviez^ griidd'jnèreT le he»u Bonge que je faisaûl 
Jerévaiâ qu'aujourd'hui c'était jour de Noëh J'avai« mia meit sabfi 
dftDfl la (cheminée et j'y uvais trouvé une belle poupée: comme cell 
vous eouvieut-îl? que me donna ma pauvre maman. «. gr, 
quand sera* t il la Noël? 

— DftBB quelques jours, mon enfaut.-, Tienaf veux tu boire 
màdicameat, coraioe l'a ordonné le médecin! 

— Oui, grand'mète : je veuï être bientôt guérie... Nous im 
la messe de ijuiouit, u'est-ce pas, grand^mère? 

— N'jus iroDB, mon eoTant, 




CONTES LANGUEDOCIENS 



349 



granti^ ara quai be^ut moun remàdi, couchâa-vous 
qu'atiriàs frâch. Vesèa be que velu milhoo... Vole que voub 
couchés, ma grand. 

— Oi» Nenou, me vau coucha. 

Lagr.ind alor se desabilhèt, damoussèt lôus estfîlous jouta 
Us cendres e pioi, à'pa^jpas, a'engulbèt diDs lou lièoh, au 
caustat de la pichota» 

— Mèstre, plourèt Nadau d'à-gînoulhoua a? pèdg de Noste- 
9«^«» Méstre, a^és pietat dau paure mounde : baîlàs-ie lou 
dequé. faatlàa-ie la santat, bailàe-ie Ja benurancaL*. 

— Eh ha î regarda, 

E d'ausida, un cop de vent espotaclous deasabranlèt l'ous- 
tâQ. Las portas e las feDèstraa s'engrunèroun, La vièlha, 
Msidâ per lou tVech, mourîg:uèt sanglaçada. La picbota^ diD:^ 
uuaquiiita de tous, voumiguèt tout sou u sang,.. 

Mèg vejaqwi tambeti qu^un grand eaclaire esbrilhaudèt lou 
nieiiibre, que de cants armouniousea s'ausiguèroun, e qu'una 
léDnn touta emblancada empourtèt la manida morta, emb'a- 
<\^mè crid triountlant: 

-Mafilha! mafilha!... 



— Grand'mùt^^ maLatenant que j'ai pria mon remède, couchea- 
voiu: VQUB auriez froid. Vous voyez bien que je suU mieux., , Je 
i^ui que vouB vous coachiez, grand "m ère. 

— Oui, Madeleine, je vais roe coucher. 

U graDd'mére «e dévêtit; elle éteignit les ttaenâ sdub ta cendre 
^pmi^à tâtons, se TaLiSUdaDstelit & cùté de L'eufatit. 

** Maître, pleura Nuël, ageiiouillè devant le Seigneur, Maître, 
*1^ ^jlié d{^« pauvres gens : donuez-leur le aécessaire, doaaez-lear 
* i&até, donnez-leur le boaheurE... 

^ Eh bien ! regarde. 

Ht toudain, une rafale épouvantable ébrâEilâ la Tïiâ.iflôn. Les por- 
'^«tltjs feaètrea s^écroulèreut. La vieille, par le froid saisie, lïiou- 
f^'ti le ^ang glacé. L*enfant, dans uae quinte de toux, vomit tout 
'oniaag:.,. 

aIsls voilà qu'une grande clarté illumina la chambre, que dee 
^^tî harmonieui se firent enteodrCt et qu'une femme, de blanc 
^(it« vtïiue, emporta la fillette morte en poussant ce cri de triomphe : 

-Ma miel ma fille K-. 



â&o 



CONTES LANGUEDOCIENS 



Lou vtèl Nadau caumprenguèt. E toujour à ginouU dav&t 
lou Segnour: 

— Voua sout ses grand, Voua sou) sèa boa, Vous août sî 
juste!,.. Avès bailat d'atuusages n'ân-vos-aqui-u'as à renf&~ 
dau riche: pecaire 1 es encara lou mens urous, d'abord qa 
pas Tamour das aieusl,.. Louiaôt e Pierrounèl tous avés q^u 
tats coumaèroun: de qu'avièïide-beaouE de mai?... Elapau. 
Neaou^ Tavèa mandada rejougne sa maire : es ela la milti* 
despartidal 



... Desempioi Nadau a représ chaca an lou coulàB, sajis st 
faire tira Faurelba. 



p 



t 



Le vieux Nogl comprit alara. Et tûiyoura prQ&tenié aux genoust da 

Sâigneur: 

^^ Vousseul ètee grand, vous seul êtes booi voua seul été» juste!,.. 
Vous îive^ comblé de jauëtB Teafaut du riche: hëlasl il est encore 
le moine heureux puisqu'il n'u pas raffëction d'un père et d*un« 
mère !... Louîaet et Petit-Pierre* vous n'avez rien changé à leur étal: 
qu'avAieut-ila begoin d'autre chose?... Et Ifi pauvre Madelifine^ voui 
l'avez envoyée rejoindre aa mère: o'est elle lii mieux partagée \ 

.,. Depuis lora Noël a rêprU le cûllier, chaque aauée^ aaaa ae faire 
tiret" l'oreille. 



NOTE SUR LA CLASSIFICATION 
DES DIALECTES DE LA LANGUE D'OC 



Sftns chercher à soulever la question da l'existence ou dâ 

'^ non- existence des dialectea, ai à discuter la valeur de cette 

**■ c> tioD au point de vue théorique, il nous sembie que, à un 

Pc^int Ae vue puremeat pratique, la néceasité dea ciassifica- 

**■ «i^na ne se fait pas moins aeatir pour l'étude linguiâtlquâ 

*^^ "'fcjûe région que pour tout autre travail. Telle est l'idée qui 

^- conduit à la rédaction de la présente note. Nous avons 

^ ^^ sAjé^ eu noas basant eur leâ caractères les plus saillants 

^ ^^bs différents parlers^ de tracer les limites des grands dia- 

l^^-<:ït«3 de la langue d'Oc^ et, dans chacun do leurs domaines, 

A ^^ marqut>rle9 subdivisions occupées par les dialectes secon- 

A ^EMires )e3 mieux caractérisés. 

Un travail de cette nature présente forcément nne certaine 
ç» ^^rt d'arbitraire. Ki] prenant uu critérium trop absolu, con- 
3 '^ïtué par un caraolère uniijue^ on peut être amené â sëpnrer 
I c^^s variétés semblables, sauf sur un point, ou à en réunir 
I d.** Autres, ne possédant guère on commun que ce même point* 

I Ï3' autre pwrt, en voulant baser une classiflcation sur un 

I ^v^flemble trop complet de caractères, on s^expose à de cou^ 

I ■^'iâûtea hésitations. Nous avons cherché à garder une juste 

I n*«imre entre ces deux procédc^s extrêmes, 

^ Nous ne nous liissimulùfifl |ias, du reattj, qu'une claîigificâtion 

^K île Ce genre ne peut avoir qu'une valeur relative, et nous ne 

^ V^seoton» ceUe-oi que comme un moyen de travail, pouvant 

^ctiiter !a coordination des études séparées portant sur les 
l^arlera des dîfféreulea localités du pnys d'Oc, 

1^ cadre restreint imposé à cette note ne permettait, à'j 
iftir« entrer que les considérations es.^entielles* Nous nous 
soŒittieB Jonc abstenu de parler des questions qui ne con- 
cernaient pas immédiatement notre sujet, notamment des 



j 



35? NOTE SUR I.A Cr.ASSTFir.VHON 

limites séparanL la langue d'Oc des langues voisines; Doufld 
les avoDS supposées connues» jVons avons également adosia i^ 
priori Te^ii^cence des quatre grands difkUcUs; (fâscon, Lùn-4 
guedocieUt Provençal et Catùiartf auxr|t^eb nous en avons ajouta 
un cinquième» que nous »,ji^e\on& /Jmott»in-Ùittipfiinois, et qit^ 
embrusse tous les parlera de la zone septênrrionale àû 1^ 
langue d'Oc, dans lesquels c devant a se change on ch (pro 
nonce tch ou ts). 

Nous n'avons, bien eDtendu.cité ici, pour déânir les dta.^ 
lectefi, que les caractères les plus importants, 

I 

Nous pouvons, pour oommeDcer, séparer des autrea.i 
variétés de U langue d*Oûj deux de ses grands dialectes quîJ 
se distinguent pur une série de caracièrea parJUitement nets, 
permettant ria tracer faoilement^ entre leura territoires ef 
ceux des parlera voisina, des limites précises. Ces deuxgrandflj 
dialectes, qui présentent d^ailleurs» presque dès rori^'ine d^ 
la langue d'Oe, un développement littéraire apéciaU gràcd 
auquel lisent été souvent considérés commâ des Ja.ng'u 
distinctes, sentie Gascon et le Catalan, 

Le premier possède en propre un grand nombre de traii 
n'appartenant pas seulement au domaine de la phonétique^ 
mais àeeiui de la sjrntaxe. Tels sont Remploi fréquent d< 
pronoms afflxea, Pusage de La particule que qui précède toal 
les formes personnelles du verbe, et qui donne à la phr^st 
gasconne une tournure si étrange ', l'absence de Vf reo» 
placée par une h plus ou moins aspirée ^ la transformationi 
de -U en r-, entre deux vo^eSles, et en -{(dans le Commingefl 
et Je Couserans^ -tch), k la un des mots ', la vocalisation de] 

I Exentpîfs T Loti trûubîe quisnac^ble^ leteoublB qui nouâ accable. 
Ycu p-aufi-i donne ma Ure arvttme, QuK /a-a depattsi sur l'auta^ je toi 
oBTre donc mon beau ranioau» je voua le dépose sur l'autt;!, — O ha/ft^ 
dv'alfé dus hithf., un Uonirne avait deux His, 

^ HtUiey fllle, Aami\ faim, A«f, faire'. 

* yaf/ét, tiabère, nouveau, nouvelle^ /^fistêt^ chjîteau (Cousorans, castéfeh^ 
capère^ ^zliApelU, pou(ch tCpUK.). coq dut. puJJus), 



DES DIALECTES OE LA LANGUE DOC 353 

17 simple finale * , la chute de -n- iatervocaUque *, remploi 
de Tt oonsoDoe (y) au lieu du j des autres dialectes '• 

La limite eutre le Gascon et le Languedocien oommence 
aox Pjrrénées dans le département de TAriège qu'elle coupe 
en deux, laissant à droite l'ancien pajs de Foix, langue- 
docien, et, à gauche, le Couserans, gascon; elle suit le cours 
de TArize (le Mas d'Azil, situé sur cette ririère, parle un 
languedocien présentant déjà certains caractères du Gascon), 
pais celui de TAriège, pour rejoindre la Garonne qui forme 
la frontière linguistique jusqu'aux environs le Marmande, 
De là, la ligne séparative se dirige vers le nord en suivant 
à peu près la limite des départements de la Gironde et du 
Lot-et-Garonne. 

On peut admettre, comme le fait M. Achille Luchaire dans 
sa sayante étude sur les idiomes pyrénéens, que le Gascon 
comprend six dialectes, que nous répartirons en trois groupes, 
du Sud-Ouest ou des PtjrénéeSj comprenant les dialectes 
Landais^ Béarnais et Bigourdattf du Sud-Est, formé du dia- 
lecte unique de Comminges et Couserans^ du Nord ou de la 
Garonne, comprenant te dialecte de V Armagnac et le Girondin, 

Le premier groupe présente le tjpe le plus parfait du 
Gascon, tandis que le troiâième, à mesure que L'on s'avance 
vers le Nord, perd quelques-uns des traits caractéristiques 
de ce grand dialecte; Pi consonne devient/, Vf reparaît à 
côté de TA, les pronoms enclitiques s'emploient de moins en 
moins. Le dialecte de Comminges et Couserans conserve 
mieux la phonétique gasconne (cependant, i consonne y 
devient y), mais sa morphologie et sa syntaxe se rapprochent 
beauconp de celles du languedocien ; la conjugaison, en parti- 
culier, est presque la même que dans le dialecte languedocien 
de i'Ariège*. 

Nous ne pouvons entrer ici dans de plus amples détails sur 
les caractères des différents dialectes gascons ; nous rappelle- 
rons seulement une intéressante particularité que présentent 

• CasaUy jardin (Ig. casai), sau, sel. 
» fiarlo, farine, gario^ poule (Big.). 
■ Âtye, âge, yudya, juger. 

* On y remarque notamment le passé défini en -èri, -iros^ -éc. 

23 



354 



NOTE SUR LA CLASSIFICATION 



les dialeotea des Pyrénées centraleiî [Bî^orre» Comi 
Coiiserans), Temploi d*un article représentant la forme com- 
plète du latiii iUêf iila: en Bigorre, et^ era, en ComaiÎDgdfl et ^ 
CouseranB, eUh,era. ■ 

Le catalan^ dont nous n^arons pas besoin de développer le» 
caractërea philologiques bien connus (absence du son u« pftla- fl 
talisatJon ^le VL initiale, vocaliâation. dans cëi-taines positions, ^^ 
de rf, et de (s, en ow» etc.) ', est netteiuent sêparii, au Nord, 
des autre» dialectes de langue irOc«non par une barrière oa* 
luroile, mais par Tancienue frontière politique d'avaDt le 
traité des Pyrénées, laquelle difTëre un peu de la lioiite actuelle 
des départements des Pyrénées Orientales et de TAude. Ce- 
pendant, les parlera de la haute valtée de l'Aude, dans le dâpar- ^ 
tement de ca pom et dans celui de l'Ariège, sans appartenir H 
réellement au catalan, constituent une variété intermédiaire 
entre ce grand dialecte et le languedocien. 

Le manqua de dooiimenta nous empéohede traiter des dia-* H 
ieotes catalane, parlées en territoire espagnol. Quant an Hqus- 
silionnaiSf il se distingue nûtainment par le chan^enaent en e, 
en a et en au, de Va, de l> et d« ïo atones', par la teroiinaison 
en -l' des premières personnes du sinj^ulîer des verbes (t^ue le 
catalan -espagnol termine en -f})^ et [»ur l'emploi presque 
constaut de rauxiliaire être à la place de rauxiliaire a^ûir. 



11 



à 



Le Oaseon et te Catalan mis à part, il reate nn vaste terri- 
toire sur lequel le langage parle présente encore bien des 
nuances. Nous pouvons déjà le diviser en faisant intervenir 
un phénomène linguistique des plu4 importants, le traitement 
duclatin devant a. On sait que, dana toute la France centrale, 



> Par oxumpJe, Uet, lail, Uocfi, lieu, ltûj}^ loup (proa. Uiaup) Uuna, 
lune {pt. iliouna) peu, pied, creu^ croii (Ig. crvuU), pitrlau, jotis parles 
(Ig. psrlaLi}- 

* AtJiai le» mots que i'ou6crit,d après lrtrthi>graphtj classique, e^timar, 
aimer, vthi Toisin, se pronaneeul astimil^ hahi. L'-a des lËroalnalsODs 
fémlalxie& prend ua son tout à fait ToUia de é^ 




DES DIALKOTF.S DR \.X LANGUE DOC 355 

lec, dans cette situation, se change en cA-, comme dans chan- 
ter,chètïre, vache, tan lis que les idiomes méridionaux conser- 
rent le c instantané cantà^ cabro, vaco \ Toute nne bande du 
domaine de la langue d*Oc, de la Dordogne aux Alpes du 
Daaphiné, s'accorde sur ce point avec la langue d'Oil, et pro- 
nonce ickantà, tchàôro^ vàtcho ou tsanlà, tsàbro^ vàtso. Le tracé 
de la limite méridionale de cette région, c'est-à-dire de la ligne 
séparative de ca- et de cha', a fait récemment Tobjet d'une 
enquête opérée par MM. Teulié et Thomas, dans les départe- 
ments de la Dordogne, du Lot, de la Corrèze et du Cantal. 
La limite en question part à peu près du confluent de la Dor- 
dogne et de risle, traverse la partie méridionale du départe- 
ment de la Dordogne, contourne vers le nord le département 
du Lot, l'arrondissement d'Aurillac, le département de TAvey- 
ron, passe au sud des départements de la Lozère et de TArdèche, 
firanchît le Rhône et suit à peu près la limite de la Provence 
et du Dauphiné, en laissant cependant au Nord la vallée de 
Barcelonnette. 

La région qui se trouve au sud de la ligne ainsi tracée 
s'étendf sur les deux rives du Rhône, de la Garonne aux 
AlpeSf et embrasse les dialectes que l'on appelle usuellement 
languedociens et provençaux. Si Ton considère deux de ces 
dialectes, pris, l'un à TSât» l'autre & TOuest, du grand 
fleuve méditerranéen, on sera insmédiatemefit frappé de la 
douceur, de la moUeiise du premier, à côté de la fermeté plus 
grande, de la sonorité plus rude du second. Cette différence 
tient à ce que les parlers languedociens ont fidèlement gardé 
lenrs consonnes finales^ tandis que ceux de Provence les ont 
presque toujours laissé tomber et sont arrivés, comme l'ita- 
lien, quoique par un chemin différent, à n'avoir presque plus 
que des finales vocaliques ^. L'absence ou la présence des con- 

1 On sait aussi qu'il en est de morne dans les dialectes de Textrâme 
nordf picard et wallon, par exemple, en picard, min capieu^ mon chapeau, 
cA' catieu^ le château, 7to vaque, notre vache. 

s nfautremarquer, cependant, que la plupart des dialectes provençaux 
conservent, dans certains cas, V-s de âcxioii en liaison devant un mot 
commençant par une voyelle (par exemple, quand un détermtnatif ou un 
qualificatif est suivi du substantif auquel il se rapporte). LV de flexion 
se conserve également dans certaines formes verbales. 



â56 



NOTE SUR LA CrASSlFlCATlON 



Bonnes finales sera donc la mtirquâ dislJnctiro des dialecl 
provençaux et languedociens. Un autre signe» facile à saUif, 
qui difiting^ue \e Provençal du Languedocien, est la forme d 
Tarticle et des détermîuatifa au pluriel. Le languedocien pos- 
sède une terminaisoti distincte pour chat^ue gaure» 'Ous 01 
-es pour le Djaaoulin {lous^ moiw,*. , /es, mes,..*), -as pour 1 
féminin [faStmQSj,.]^ tandis q^ue le provençal n'a qu'une fortn 
unique, en -t ou '«/ devant une consonne -û ou -«1^, devant uq< 
voyelle {lt\ rnî,,.^ iei, mei^.,,)* 

Uàus ces conditions, la limite du provençal et du langue< 
docien nVst p&s tracée par le RbÔoei comme on semble que 
quefoia le croire. D'ailleurs, des exemple? nombreux mont.reai 
que led grands fleuvea servent très rarement de frontière» 
au]L m^e» et aux langues. Sur la rive droite, dans le Oard, lai 
arrocidiâjîemenla d'Uzèsetde Nîmes appartienneut, sans aucun 
contestation possible^au ilomairie provençal, dont ta Mmite, pai 
conséquent, commence au Vldourle, Pour rarrondissemen 
d^Âluia Ja question n'e^t pas au^^i facile à résoudre, le Cévenol 
parlé danâ cette région, présentant, en proportions à peu prèl 
égales^ left caractères des deux grands dialectes voisiû3« P& 
exemple, il suppNme lea consonnes ânali^s, mais emploie poui 
sou article et ses pronoms les formes lanj^iiedociennes. Dant 
la doute, uous nous eu tinndrons a ce dernier critérium, pi 
net que le premier, et nous clasaerona, oonformémeut d*aU- 
leurs à la tradition, le Cévenol au nombre des dialectes lan- 
guedociens. 

Ou pourrait être tenté de prendre aussi, comme caraotèn 
distinctif, le traitement du groupement latin et qui devient, 
à l'Est fA, à l'Ouest ït K Mais on arriverait ainsi à une clasai 
fication absolument artificielle qui grouperait aveo le pro- 
vsngHl, non seulement le cévenol, mam le moutpeltiérain, io 
parlera de Lodève et d'Agde, le Rouergat, et qui resterai 
indécise pour lo quercino), Taibigeois et le biterrois où Ton 
rencontre, évidemment par suite d'inâuenoes extérieures, dai 
exemples des deux traitements* 

En dehors de la question des ficiales et de celle des déter^ 



> P, *ÏM U latin factum deTiaol d'im cûté fach^ de raatre, fuU^ 
n&rii^n donne nioch, niaech et neit. 



DES DULECTES DE LA LANGUE D OG 



357 



ctiiDatîfs, ïea principaux traits qui caractériaani le Languado- 

cien etlô séparent du Provetiçal sont : la confugion du v et 

<lu é ^, la conaerratioQ de /anale que le Pt*ovdQçal vocalisd 

^Ti ou*, la chute frér^uente da n finale surtout après i «t ou', 

les désinences verbales *, 



L*a région langitedocienne comprend le payj de Foix, le 

X^anguedoc (Jiraiaué de la rive g^aucha de la Garonne, d'une 

E> Art, dea territoires de Nîmes et d'Uzès,de l'autre), le Rouer- 

S'ue» la Haute-Auverg^iid (arrondissement d'Aurillacl, le 

<^u©rcy et TAgenaîg. Nous j distinguerons troîa groupes de 

«1 î^iectea : 

1* Au ceotre et à l'ouest les à\a.\ectes Iftnguedociens propre- 
*^*^"rj/ (fïV^compretiîint d'abord le Toulousain c^m Moundi, que 
^* on petit prendre pour tj'pe, VAnegenis ou parler do Foix et 
^^ parler du LnurQgnah^Ae^xx variiîtéi d'un même dialecte, le 
*li«.lecte de VAude avec quelques varîétéâ locales. Les carao- 
t.*»t*e3 comtûuns nui idiomes qui précèdent sont : i& réduc- 
tion à ^ del'o diphtonguée /'^Mfl, feuille; <•/, ceil)^ la trana- 
torruftiion de et en ït (ndi, lait, fnît)^ Temploi des article» 
*ua^ûulins Ity len (sauf dans la région de Narbonne où Ton dit 
«*?*, /oui), les pluriels des adjectifs masculins en -is {aquélts, 
^»4f(t/i>, n^n^wri/s), lidentilicatioades termiiïaiaons du pluriel 
f»% p5 aveei (t (focx^ copXy se prononceot fats^ cots), les pre- 
"*îères personne* du singulier des verbes eu i, les deuxièmes 
P«r"8onnea du plu'Jel en ts. 

l-»e3 autres dialectes du m^me groupe sorjt l'AgenaîSt que 
* ^n prend souvent, à tort, pour un dialecte gascon, r/Wèi"* 
J^oWj le Btiert'ois et ce que j'appellerai le diaiecie de Cffé- 
^'^•Att^ parlé à. Âgde, Pdzenas et Lodève. Tous emploient an 



* Le Ijinguedâcien^ «ftmme le gaacan, prononça lonjoufs f>^ bit vin; 
9<Mi4it^ f ûs^è ; èeitt, Tenir, au lieu de ni, vaùit^ veni. 

* Bi. UngM oustal^ maison, Nadalf Noël, ^adél^ petit clûeâ» caUl, 
***Pflt à côté du proT.^ tiiistau^ Nadau, cfidéu, calén. 

* t'Sn^,, vir vin, mouii^ moulin, cami, chemin, moitlou, ta. ctintou, 
f^in. ^Ppot^ t'trtt uiouitTit carntn^ mouhun, c&ntûftn.. 

N*ot8mnient, Is lermmaisoa -ot de la d«uzi£mg peraonne du sin^- 
*^ de cartains temps de la première conj, {&a lieu de proT. -es)^ les t*r- 
^'^'^•iBAns -toi nn -iù, -ias, -ta, nie, à l'imparfaif at au conditionnai^ ©le. 




358 



NOrR SUU LA CLASSlFlCATlOr^ 



masculin le» articles iûu et /ou*, réduisent à -s la tarminaisoti 
-ts de ia deuxième personne du pluriel des verbes, et ignoren 
les pluriels ma^tîuUng en -?», Les autres particularités con 
cordent, eu général avec celle dea dialectes nommés en pre 
ffîier lieu» cependant l'Agenais termine en -es (ati lieu de -os]^^ 
)ii deuxième persontie du iiingulier du présent de Tindica— 
tif de la première conjug-aiaan, TAlbi^eoia, et dans quel- 
ques endroits auasii l'Agenab, ppononrient ts le ch et le ;, le 
Biterrois et le diaïecte do THêraull proiionuerit tch les termi- 
naisons -es ^ -pSf -ts [fotchy cotchf pratch pour /bca, cops, 
pra(s)> Le dialecte de PHérault se dislingiie en outre du 
Biterrois en ce qu'il termine en -e (au lieu de en -î) les pre- 
mières peraonnea du sidgulier dea verbes^ qu*il diphtongue Vu 
devant une palatale en -io [fioJha-, toi) et représente par ^h le 
groupe latin ct{njoch, fach]> comme le MoïitpeUiéiain. Noua 
avons compris dans le dialecte de l'HcrmiIl deux variétés u^ 
peu différentes, celle d'Âgdâ-Pézenas qui chauge en 'O Va 
final atone, et celle de Lodève qui conserve partout r«» 
comme le Montpâlliér^an, en le prononçunt, même d'une façon 
beaucoup plus nette et plu» fraouhe. 

2° Arextrémîté Est^ les deux dialectes bas-languedooiens, 
le Montpdîierain et le Céveno/, constituent la transition du 
Languedocien au Provençal, Tous lea deux ont la première 
personne du singulier des verbea en -e et la deuxième de la 
première conjugaison en -es. Lea termiuaiaons de Timparfait 
et du conditionnel eu -téi, -tes, -ïè, rappelleut celles du Pro- 
vençal. Le traitement de /finale, coj)3erv«êe dans certains 
mots et vocaïi&ée dans d'autres*» tient le milieu entre le Pro- 
vençal et le Lauguedocîen. Le Montpelliérain conserve 
final atone, quoique avec une prononciation plus sourde, tân» 
dant vers e, diphtongue To devant une palatale en -l'o*» tandis 
ijiie le Cévenol, beaucoup plua voiain du Provençal, distingue 
le y et le A, que le Monipelliérnin confond encore, change 
atone final en-o, diphtongue l*o devant une palatnle en uè, iu^^ 
ou rè * et laisse tomber presque toutes lea consonnes finales 

1 P.ei. ffal, c*q, ehtval^ chcTai, vedêi, veau, à côté dojûu, ini^dedatâ 
éé à coudre, Ww, beau. ^^ 

* loi, aujourd'hui, ioch^ hujL, nioeh^ nuit, fiùiha^ feuille. 
> luéi, iuét niuè (prùn. sniuè), fiilho. 



DES DIALECTES DE LÀ LANGUE DOC 359 

notamment Vs du plariel, quoique les auteurs cévenols aient 
oonservé Thabitude de récrire. Le Montpelliérain, au con- 
trairef garde assez fidèlement la prononciation des consonnes 
finales, mais il réduit -cs^ 'ps et 'ts à s simple. 

3" Âu nord, un autre groupe de dialectes, le Rouergai, le 
Q^gercinolt le Haut- Auvergnat (arrondissement d'Aurillac) for- 
ment la transition du Languedocien aux parlera plus septen- 
trionaux, Limousins et Bas-Auvergnats. La caractéristique de 
ce groupe est le changement constant en o, de a atone, et, le 
pi U.8 souvent aussi, de a tonique devant nasale : lou comij le 
cii.emin, lou chobal, le cheval, porlà^ parler, côntOt il chante, 
f9*4^niioy gran le. Le Rouergat et le Haut-Auvergnat se dis- 
^Sï guent, en outre, par l'extension qu'a prise, surtout dans le 
pz^emierde ces dialectes, le phénomène de la diphtongaison 
^^ Xo tonique*. Dans le dialecte auvergnat d'Aurillac, les 
<^^> Bsonnes finales se sont généralement affaiblies aussi bien 
4^3L'en Bas-/ uvergnat. Dans le dialecte du Quercj, ces con- 
^^^Xines se sont complètement effacées, ce qui, joint à la pro- 
^^^nciation sifflante {dz et ts) que prennent dans ce dialecte 
'^ ^ consonnes ch et/, lui donne un air de famille tout à fait 
^^•^^•raotérisé avec les dialectes limousins. 

On n'observe pas, entre les divers parlers provençaux, de 

* "5. "ffirences aussi considérables qu'entre ceux de la région 
*^*->ïguedocienne ; aussi peut-on les ramener tous à quatre 

* i alectes : 

l*Le Rhodanien^ le dialecte littéraire par excellence de la 

^^^ngue d'Oc moderne, parlé sur les deux rives du fleuve qui 

\"*^i donne son nom. Il est caractérisé par la terminaison -i 

V. — ù devant une voj'elle) des articles et des déterminatifs 

'Pluriels, la terminaison -e de la i'" pers. du sing. des verbes, 

^^ absence de diphtongaison de To, en dehors des cas communs 

^ presque toute la langue d'Oc. A Avignon et Arles, le rh et 

1« ; se prononcent fs et ^/s. Le langage de la rive droite du 

Hhône (Nimes et Uzcs) se distingue de celui de la rive gauche 

par quelques particuLirités rappelant le Languedocien : 17 

finale se conserve dans certains mots, la terminaison -iè fait 



CnuontCy ronte, fouorm». i'orinc, houoir. je veux (= vote]. 



360 



NOTE SUR LA CLASSIFICATION 



au féminin -lèiro (Avig'poiï,-réro) *, les 1'" pers. de l'imparfait - 
et du conditiûnnel sont en -ièi au lieu de -iéu. 

2" Le Mnrssiliais ou dialecte de la Basse- Provence, Il affec- 
tionne la diphtongaison de l*t> en -oua et -oue'; il termine son 
article et sea déterrainatifs en -et {-ets devant une voj'-elle) et" 
les 1"* pera, du sing:. des verbes en -i. 

3" Le dialecte des A'pes ou de la Haute- Provence (dêp. des 
BasBes-Atpes). Il ressemble en gdnéral au MarseillaiSf mais il 
diphtongue To en ouo, termine Tarticle etiea déterminatifs *n 
-es devant lea voyelles et les consonnee ^, c (dur), t, et en 
>«f devant les antres cousonnes, et enûn^ termine la P* pera. 
des verbes en -ou, 

4' Le Niçois^ parlé dans le territoire annexé à La France 
en 1S60. Ce dialecte possède ausd certains caractères concitimns 
avec le Marseillais; mais^ en outre de la [irésence de mots et 
de tournures d'origine italienne, il ae disting'ue par la conser- 
vation de Va final alone, prononcé trèâ nettement, ^B.t la dis- 
parition complète de Vf du pluriel^ même en liaison dcvatiL 
une autre vo^veUe{tandia que, par contre, d^autres consonnes 
anales, comme le -f du participe pasâé, reparaissent}, par lea 
formes de Tarticle plur.^ iu au masc.^ /i' au fém., et par quel- 
ques parttt^utarités de la eonjugaiîjon. A re:xtt-émité orientale 
du dép. des Alpes-Maritimes, le Mtntonnais^ auâSL bien par 8& 
grammairô qiie par sa phonéti^iue, ao pn^sente comnac uno 
variété miite entre le provençal, le piémontais et le génois. 

III 

Enfin, la longue bando septentrionale que noua avons déli- 
mitée pluâ haut comprend des parlera divers, tenant chacun 
des dialectes limitrophes de l'autre côté de la lig^neséparative, 
mais possédant aussi des caractère^t communs, par exemple 
la chute plus ou moins complète des consonnes finales, qui 
donne aux di»lr^etes dont il s*agit un air de ressemblance 
avec le Provençal, la conservation de Va final atone quand il 

' Oariè, demiôp, dnrièro (A^-), HarUire (Nimea), demii^re» carri^^^ 
(At.) Kfi^Tiév-o (N.). rue. 

* ffouesto TtQ»^}^^ Dotre bru (Avigoon. nùtttf noro)^ moutf^t, mauari, 
morlf bùuent ftouan, bon. 




DES DIALECTES HE LA LANRUK DOC 



961 



&m% d€veuu topg par auile de la chute d'une s de ûexion (ex. : 
/o c^Aflfrro, pi. la chaùra^ pour las chaOras). Ce sont les dialectes 
qtje nous appellerons Lmomms-Daup/tinois. 

X^a plupart changent, en o, a protonique (quelques-uns, même ^ 
^ t^oDique suivï d'un a long^ h vdiso^ la vache, ia và(sà^ les 

î î convient d'abord de mettre à part le Lozérois qui possède 
^ filupart des caractèreg des dïaiectes languedocieiiSj et que 
^ nautatio» de ca en cha empêche seule d'être classé avec 
'^tax-ci. Le Lo^érois forme ainsi, avee le Céveool d*une pHrt, 
^ i^autr-Auvergnat et la Quercinol d^autre part, une ceinture 
^ ^ langages mixtes qui relient le Languedocien aux grands 
^^^^lectes du '«ord et de TEst, 

X I n'est pas trè:^ facile d^ établir une claaaiûcation précise de 
%i tes les nuances de langage qui se succèdent depuis la 
'-'oii'dogûe jusqu*au delà des Alpes, Souvent, les propriétés 
^^i^actéristiques, telles que la prononciation chuintante ou 
*' fixante de M et de /, les finales en o ou en a, etc., a'enche- 
^'' ^ t-rent les unes dîtna les aulres, disparaissant à un endroit 
T*our reparaître plus loin. On [leut cependant admettre, sans 
^^•^^indre de trop s'éloigner de la venté, que lea divisions 
*ii siïectiiles de cette partie du territoire d'Oo correspondent 
**-t:x trots réjrîona historiques et géographiques^ \q Dauphiné^ 
l*-4 uvêrgne^i le limousin. 

Xjes parlera dauphinois préeantent la plupart dfis caraotèrea 

*ï^ Haut -provençal (dialecte alpinl, mai^i ils laissent tomber^ 

^ti^re deux voyelles, des consonnesquele Pn>vençal conserve, 

"^f^tarnment g et d [prea, prier, fèmàf finie, prov. prega^ 

f^~riido). On peut considérer deux principaux dialectes dauphi- 

tiots, celui des Alpes, parlé sur Us deux versants de cette 

chaiiie* notamment, du côté do la France, dans les vallées 

^u Queyras et de Barcelonnette, et, du côté de l'Italie, dans 

i«a vallées vaudoises, et le dialecte de la Drame, Le premier 

*e fait remarquer par sa tendance à changer /et n intervoca- 

liqueg en ?' * ; il ne modifie pas Va proîonïqde ; dans quelques 

^oc^lîtés, il conserve les anales, même IV de Tinfinitif. 

^ Kl. ; ot^Q^ matmlte (proT. tmio), paro. poll«, tttro, lune, itouëro. 




3 6Î NOTE SUR LA CLASSÏFUUTTON 

Le dialecte de la Drôme maintient Va anal après la cl 
de Vs de tlexLon; il vocali&e cette s <l6 flejcîon eu -i'^ aprôa 
f \ il laisse totuber 17 finale après a et e^maiâ laouainlient au 
pluriel, en la vaciiliaant chavà^ chovà, chevaU àucè, oiseau, 
pL chovatii chovaUf àucèti^ ;tmir chavaus^ ôucèu»), L(j eous-dîa- 
lecte dt' Die change Va |irotOiiii|i]û en o^ Utidis que Vakiicfj le 
conserve. B 

Au gr'oupe «lauplitûois se rattache le dialecte dti Vivarait^ 
qui, cependant, emploie à la 1" para, du siug. des veibeâ ta 
terminaison -e et non -du. 






Les dialectes aiivet*mts et irmoustris sont caractérisés par 
traitecaent de Vs qtii se ^ocaliso en -i (après -e) ou disparaît 
(nprcs les autres voyelles), non seulement en finales, meta 
quand le mot s^nivant ûomraence par une voyelle ', mai^ aussi 
à Tintérieur d'un mot, devant une consonne (p. ex. lim.^j 
nélrei^ nos). ^M 

Le proiipe atwerçnat emhr&BfiG les parlera <lu Cantal {sauf 
Aurillac), du Puy-de-Dôme et de la H.iute^Loire. Ses dialectes, 
que je ne puis autrement préciser, faute de documenta assez 
complets, 8e distinguent, en génëral, par iaprëdutninancô dê9 
aons d et e (sourd) dans les ûuales atope^r la suppression de 
IVÛnale^ la palatali^ation de Vs initiale ou placée devant un i 
suivi d*une autre voyelle, l'emploi des pronoms sujets dans la 
conjugaison. 

Le ^rotipe limousin comprend trois dialectes: le Sas-Limou- 
sin (Tulle), avisez voisin de i*Auvergnat» le Haut'tnnotisin 
(Limogea) et le Pengourdm, Les deux premiers changent 
toujours Va atone en ù^ tandis que le troisième conserve in* 
tact r<i protonique; le premier et le dernier donnent aux 
consonnes çh et ; un son sifQanl [^s, dm)^ tandis que le aecond 
leur conserve leur prononciation chuintantô ; enfin, le bas- 
lïmoiiâin change en -r V-i lïnale qua les deux autres dialôctes 
vocalisent en -ût( (ex. coq,]an^. gai, b-lim.y^ri \iWm. jau)^ 



I 



En résumé^ \e^ diverses variétés de la langue d'Oc peuvent 
être réparties de la manière suivante : 

' Ex.: XoHs ome*, les hommes, ttqîtestsi rourei^ ces cbènes. 

' En Diiijphiriniâ, gu contraire, IN fînale subsiste parfois en Haison 
demnl un mot commenrânl par une To^'elle. A part cette dj^érence, Ifl 
triiiti iii^-nl de ^ ânalfi est le rti^me dans \e» deux groupe? de diji]«ctfes. 



I 




DKS DIALECTES OE LA LANGUE DOC 



863 



filUdl fillNlM 



O^SOON. 



Caxaum. 



Pho 



"VlKÇAL. 






Sad-Oaest 
(Pyrénées). 

Sad-Est. 

Nord 
(Garonne). 



****«OOtD0CIBN. 



Languedocien, 
propr. dit. 



Languedocien. 

Languedocien. 
Septentrional. 



Dauphinois. 

LozeroÎB. 
Auvergnat. 

Limousin. 



OiilMUt 

Landais. 

Béarnais. 

Bigourdan. 

de Comminges 
et Couserans. 

d'Armagnac. 
Girondin. 



8iat-diilwltt 



RoassiUonnais, etc. 



A gênais. 
Toulousain. 
de l'Ariège et 
du Lauraguais. 

Audois. 

Albigeois. 
Biterrois. 

de THéraulL 



Montpelliérain. 
Cévenol. 

Rouergat. 

Haut-Auvergnat. 

Quercinol. 



Ide l'Ariège. 
du Lauraguais. 
(de Carcassonne. 
( Narbonnais. 



I d'Agde 
} et Pézenas. 
( de Lodève. 



Rhodanien, 



i R.G. (Avignon). 

f R.D. (Nîmes). 
Bas-Proveuçal (Marseillais). 
Ha ut- Provençal (Alpin). 

Niçois. 



des Alpes, 
de la Drdme. 
du Vivarais. 

Lozerois. 



Bas-Limousin (Tulle). 
Haut-Limousin (Limoges). 

Péri gourdin. 

Iléon Lamouche. 




LA VENJANCE NOSTRE SEIGNEUR 

POâMB EN VIEUX FRANÇAIS 



Je vais essayer de tous 'donner ci*aprè9, en précis, Ua 
résultats <rune recherche snr un poèroe en vieui français, 
laquelle paraîtra dans ia ZettivUrîft fur romantsche Philo- 
/o^te. Ce poème traite de la destruotioti de Jérusalem, faite 
\\hr Titus l'an 70 aprà» Jésus-Christ, et aenible, d'ft|)rèa 
quelques pasâagefl <]\î texta, îiorfer le titre : La Venjnnce 
Nostre Seigneur, Personne n'en avait foarni, jusqu'à prééetit, 
des itidiuatioiis (iéttLillées, aussi la texte critique manqud-t-il 
encore. 

Je commence par une courte analyse du coatenu, L*erape- 
reor romain Vefl[ta^ien, atteint d'une lèpre incurable, envoie 
à Jérusalem Gai. son aénéchal, pour chercher une relique du 
Christ. Le messager revient accompngné de Vérone^ qui, par 
son ^aint suaire portant rimagt^ dti Sauveur, accomplit la 
guérison de rempeieur. Pour venger la mort du grand pro- 
phète, Vespaeien entreprend avec Titus, fion fils, et ans 
grande armée, une «ïj^édition contre les Juifs. Arrivé a U 
Terre-Sainte, il emporte d'abord la ville de Jafès, et com- 
mence ensuite le siège de Jérusalem. Mais it ne réussît pas à 
prendre la ville d'assaut et se voit obligé de l'entourer de tons 
côtés d*iin grand fos^è et de la réduire, de cette manière, par 
la faim. Après la destruction de la ville, les Romains rentrent 
chez eux et se font baptiser par saintClément. Filate, emmené 
prisonnJeri eai détenu deux ans à Vienne dans un puits, et 
après mis dans une tour, qui est engloutie par U tetre. 
Autour de ces traits principaux, il se groupe nonihre dVpi- 
sodés, dont Je ne relève ici que deux: un» relatant qnc Ves- 
pasten fait vendre les Juifs trente pour un cJenier, parce qu'ils 
^tvaient venin J<^sus pour trente, et un autre, qui raconte qiis 
180 Juifs, exposés dans trois navireB et jetés sur les côtes de 



^f r,A VENJANCE NOSTRE SEl^iNEUR 36S 

' l'^.A.ti^laterref ilea Flandres et de rÀlleuiagne , t>ut peupié ces 

£n iaierprétaatdonolef&it de la perte du peupla juif comme 

csti aliment pour la crucifiement, de Jéâua, Fauteur incoanu 

■«ï*-ojait faire un poème ohrélîen et spirituel, pour aupplsater 

€:i^s poèmtfS moudain»^ dont il cite quel<iueâ'uns. Dans ce 

b%m^^ U a gardé la forme dea cbansoDS de geate, des couplets 

^xioBorimefl ; la Vtnjance eti coDÛent 107, avec environ 

f^ 9-400 v€ra* Sa deâtinution semble avoir été aussi d'être 

R=lh.sK[ttée, et des couplets sîmilaires, un rdcommencemeat, un 

!v^:^u[ijé au début, et uue prière à ta Ûa a^j trouvent comme 

"«^^iij bien i\Qi cban^onâ de «on tempâ. Lea vers aoDt dos 

^^^ mandrins. Pour le djateote, un examen des mots assurés 

' i>Q^7 U rime oupar le mètre nous moDtre des formes pîoardeâ, 

^r». outre une jjartitiularité vjhtimpeuoiiifl. Quant à l'âge, les 

a^vauts qui ont meiuioun<é le poème l'ont fiUot3 ou à la fin du 

! ^11' «lecle, ou au commencement du XIU*, sans eu donuer 

, ^^ i^reuves. Uue allusion, du reste pas tout à fait certaine, 

, s^itibJe j>rouver \{\i*\\ est poatêneur à la troisième croisade, 

<ïi*i*ieu li^" de \\%)-02, Cboae curieuse: dauâ plusieurs cas» 

lo poète a importé des «sageè du moyen âge dans sa matière, 

^^ i|uî se voit, par exemple, dans le titre de sénéchal, douné 

^U caaÛdarit de Vespaaien. 

Le poème est consiirvé dans dix manuscrits, d*une valeur 
*eaeî difléreule, car k* nombre di^s vers 3 varie <;ntre 1,200 et 
'^94iX). Déjà cette indication lait, voir que le poème a subi de 
^Audes modiÛcations, En rélabtîâsaot une partie du texte 
^f'iiique, j'ai réuissi à découvrir lea rapporta qui existent entre 
^^4 divers manuscritâ ui 1(^5 rtidaotiona y contenues, et je 
'^Qae le riiauUat ubtenu sous forme d'un arbre généalogique 
v^, p. .%0). Supposons un orig:inal 0, d'où découleraient trois 
^i^âjji>best le manuscrit 1^74 de U Bibliotbèque NalioDalede 
ï*«rii [B. iV. iS7Â] et deux manuscrits hypothétiques z et w. 
Ce manuscrit 3 est exigé par les particularités cûmmunea au 
tUanueurit 3d10 de la bibliothèque de l'Arsenal {Ars. ^5i6) et 
^ On autre manuscrit hypothétique y, qui doit étre^ a son tour, 
^* source du manuscrit 15D3 de ia Bibliothèque Nationale 
\'^- ;V. fJJ5) et d'un manuscrit a?* De ïf? dérive le manuscrit 
A.claitional 10289 du Bntish Muaeum {Add. fOMS9], Tous ces 




3«fi I.A VENJANCE N03TRE SEIGNEUR 

manuscrits coatiennânt ou doivent avoir contenu le UxU 
original sans différences importantes* Une secouda rédaction, 
un peu abrégée, âe trouverait dans le manuscrit y, d'où des- 
cendent le manuscrit 5^1 de TAraenal {Àrs, S2Qi) et lefl 
macuscrit perdu Rojal 16 E VIlï du Brilish Muaeum [Rot/' i^ 
E Vllt). Du mâme maouijcriti) proviennent encore le manu- 
scrit u et le manuscrit L IV 5 de la Biblioteca Nazionale de 
Turin (7*. LIVS)\ le texte de ce dernier a subi une nouvelle 
abréviatioîi (au lieu des*i»400 vers de l^original, il iren a que 
la moitiâ)etrepré36nte une troisième rédaction. La supposition 









B,N.IA74 
y Arg. .U!6 Add.îOJlS9 i> 




B,N. ISSS 




T,Lrii4 



d^un manuscrit u est nécesmire par é;^ard pour le manu^ci 
25439 de la Bibliothèque Nationale {B. /V. 25459) et le manu- 
Bcrit^ aoiircadu mamocrit 20039 de la Bibliothèque Nationale 
{B. iV, M0059} et d'un manusi^rit ^-î. Ces cinq derniers manu- 
scrits forment une qualrième ràdactiou ; en deliors de Tabré^ 




BIBLIOGRAPHIE 



SÛ9 



a L^ifa d'Àmort (Ul, 31G) où il est dii:.„, D'aquevku Jiguraê uMe 
««W quë ft rUop «7 TanJaret. M, T, voudrait lire TauâorH et voir 
n« ce aom celui de Tauteur de ï'Echffa Thaoduîi. Le passage de 
o p>rotûmqUÊ à au ne fait paa de dîniiiulté et M, T, surait pu citer à 
^t^ du ttûm commun laupart le nom propre Launart {C. de Poitiers, 
^3^U, 6j* Lea parlera languedocieûa modernea offrent les trois pronon- 
feia^tiona suivantes: Todôro. Taudiiro H Tôadéro.] 
r 1 IL Histoire des mots, P. 04*05. A. Horning [ fr. empoiê. [Vient de 

** »K^ïeri]tu/ii a. fr. *m^o*M <^ imjfe/HH. L'étjraulDgie me ptiraît tout à. 
^■*^^-« t esacte. A côté des exemples daiméa (lar Fpeuod, pour^^uo- 
[^^'ï- Homing nVtâl pas cité t^îeui donnés p^r GïùrgksV Cf, q. (i 
^^'•^^«iwa ; a zurai Ziegelatreîchen» Edict. DU/cL 7, 15-16^ OreH. /nser. 
I ^^ H Le« patois uarbonaaia oe cocoaiaseut pua la forme féminine 
I *"*^a^o donnée pur Mistral ; mais îe narb.ewi/j/a (avec « fermé) renvoie 
I *-^<»«i bien à imp^âum que pez (fj'. poids) à lalio pAsum.J — P. 96. 
H - SoHSjeMAKDt. Le^de dupe n'est pas prathétlque, maîa ^ Qtwmaio- 
po«#ùifA i«, ^ IV, Grammaire. P, 95-96. A. Hor:ïinq : La première 
p^et-sonna ois de Ta, fr, danalea cïtalectes modernos, [Meyer*Lûbke a 
^ocnarqtié (Rom< Qram. 3. 172) que dauB la vallée de la haute Moselle 
tovaa los verbes, à l'exception (\'at*ûir, être, vouloir^ étaient toroiinca 
1^ \h première personne du présent aingulier par vin e fermé accentué^ 
^1- HoraÎDg cite des exemples du Jura suisse: à Delémoat, oo estend 
yr^vé{e ouvert accentué) == je lèee. Dans les Vosges mëridiûualeâjOn 
trouvé dea premiBres personnes du singulier (pour les verbes eo -er) 
terminées par a, o, accentués, Ces formes renvoient aux formes en oit 
quecontîentieût ks chartes de Besançon, Montbéliard et enviroDi<] 

CoMPrKB REXOUB. ^- P. 97-123. Ohrafi de Loped^ Vegu — publi- 

^adoa |ior la Real Academia Eapafiola^ vol. l. II, lll. {A.RiiaToni, 

premièie partie d'un très long et très important compte rendu) — 

^- 123-125. P. Guaroerio, Pktro Gu^jHelmo di Lwerna (E» Levv), 

^* 125-130. Les Enfances Vivien, Cbanaon de geate pub) , par 

^- Wahlund et H. v. Feilitieo (Ph, Auti. BKCRtta ). — P. 13L 

•^^H^ lUt/ian^ftischm Lautgeseùss in Tàbsllen^.. voti Benno Rùttgeps 

(tl- Hkrïog). — P, 132, .ï. OesterreiebeP, Beïtrage aur GenchichU 

•ier* jûiliëehfranziiêUchin S/trit^^he uud Litcr^Utr im Mitteinlter (E. 

HfciuwG), — P. 133-135. M. Scherill'J^ Alctmi capiuUi delta h'wgrajui 

*» -Ûaniff (B. WiKSE), — P. t3C, G'wrnaU SU/rico ddlu Letkratura 

**(UiQna» voL XXX. faso. 1-2 (B. WiBS»). — P. 141, — Hoviunia 

ï** JOl (G, GRunKR,) 

P. 145-1&6. Gboro Havp, ftur le Voir Dit dû Guillaume de 
^•ehaut. [M, Snchîer a montré que Ton ne pouvait paa tirer Pérowiû 
^'^rnvneiéref de ranagratiime qa'oa trouve daua Guillaume de Ma- 

£4 



370 BiBLlOGRAPHtE 

chaut, {Zeitschrift /. ivm^ Ph, £2^54 -545.) Apre» une mJnuLieu&e 
titude du X'tf, M. H, «et disjjoBé à ne voir dans le Livre du Voir Dit 
qu'une \nne iuvealiou du poète. Le» lettres et les poésies attnbuèes 
à lît dame sont de Guillaume do Machaut lui-même,) 

H. \^-21^.Tb. Brai}>b : Conti'ibiitïoDS nouvelEea à la coQD&îsaano» 
de quelques mois fomana d'origine germaolque. [Suite de TimportaDl 
travail dont le commence m est a éié publié dans la Zêitt. (21, 213] et 
qui complète Celui de MackeK Parnû les mots iotéresiAuta traités 
daua cet article citone : fr. robe, prav, rauba <^ rauba et raupa en 
aaOk b. aJl. : it, arrufaré. cat. atrufa (le mot existe aussi en pravençaJ 
moderne, àe même que Je mot r^fo, pli) ; it. scagita {au françatia i^ïUe, 
picard écaler, il faut ajouter le limouaiD «îcatej ; fr, tomber; prov, 
irappa, ir. trappe, fr. tremper (ne viendrait pae de ttmperare) ; ù, 
trop^ vague,] 

P. 217-242, W. RiïDOW. [Nouveaux exemples de moU rouniftins 
d'origine oon turque.] 

Mélanges. — L Histoire littéraire. P. 243-248. W. FoBRaTSR. tJo 
nouveau document sur la légende d'Arthur. [Ce document n'est autre 
chose qu'un groupe de sculptures qui se Lrouveat aur le portail de la 
face nord de la cathédrale de Mudène, M.Ztmniermanu ea donae la 
description dan» son livre v Oberitaliacbe Plastik im frubea und hobeu 
MitLelalter ». Ce groupe représeote la prise d'assaut d'un ch&teau. 
Fluaieura peraoDDageaj prennent part H le sculpteur a gravé le nom 
à càtè de chacun d'eux.. Il y a Artuê de Brêtania^ Gahagùi, etc. Le 
tépiolga&ge est intéressant, surtout si unamvea déternnner l'époque où 
le portail nord delà cathédmlede Modèue a été couBtruît :eu étudiant 
les armures des personuag a, M. i', arrive à dater les sculpturea du 
commencemeut du XU' siècle. A quel roman arlburien eat empruntée 
cette Bcàne et que représente^^t'elle ? Il e^t probable que cet épisode 
n'existe pltu dims lea débris du la littérature arlhurieune qui qou» 
restent, tl aoua prouve en tout cas que la légende d'Arthur étuit cou- 
nue en Italie, dès le commencement du XII* sièk.'1e, ce qui prouve 
qu'elle était connue depuis; bien (ibia lùngtompa an France.] — IL Ma* 
nuacrita I, P. 249 fôL E. Braunholti. Uû fragment provençal à U 
ËibL rojiJe de Bnmberg. [Ce fragment comprend une partie de la 
chunBon de Pierre (h Corbiach la Vierge Marie fcf. Burtach, Chreti. 
Prov,). Le copiste pirait avoir écrit le piss^^ge de mémoire,] — III. 
Exégèse. P. 251-258. Emil Lkvï, sur Sordel (éd. de Lollis), Suite 
d'intéreaaantes cotTecLioos, — IV Grammaire, P.25S.259, G. Kôrtïnô 
Les parfaits forts en -û en aQC. provençaU [M. K. n*admet pas la 
théorie de Dieï et do Meyer-Lubke sur rorigine de ces formes ; 
(1 voudrait partir dea thàtues qui ont déjà un e en latin, pîâcui, pla- 



I 



BIBUOGKAPHIE 371 

eaUU ^ piae» plagtUat, tàcui ^ t€u:, etc.] — V. Histoire des mot» 
français. P. 250-261. M.Goldschmidt. ] . emblauerf forme picarde ren- 
voie à germ. * blaupan^ de mAme racine que ' hîaupjan ^ fr. 
ibl<mir (sens = rendre tang force» ittcapable). 2. eêcîUtre. 3. garde, 
garder, garer, garnir. — P. 261. J. Ulrich, a. fr. tutre, aiêtre ; 
forme commune aux langues romanes catastrutn. (Lat. m .-âge 
aâtraeufn, p. gr. ostracon donne régulièrement aistre, âtre. Mâme 
traitement que monacumt 'monjum ^ moine). Cadaitre ne vient pas 
de 'capitaêlrum comme l'admet Diez, mais de * catâêtracum pour le 
gr. jucrôoTsautov. Le mot est formé par conjecture sur un xxravJ&a 
qai existe déjà; cette hypothèse nous p^traît bien aventurée.]—. P. 262. 
H. ScHUCHARDT. Vénitien htrlon. — .P. 263-273. \V. Fobrstbr. Éty- 
mologiea françaises ; origine du mot fr. biblot. bibelot, bimbelott et le 
redoublement dans la langue des enfants ; brimborion, atuîare, Gi- 
ronde, etc. [On trouve au XII* siècle beubelel; bibelot est le même 
mot formé avec un autre suffixe ( — Ôttum). Le mot vient d'une racine 
bel-bel 4- ttium (on trouve les formes beabelj babel, baubel). Cette 
forme belbel n*est autre que le redoublement du simple bel^ redouble- 
ment si fréquent dans le langage des enfants (cf. bonbon, de bon). 
A cette occasion M. Foerster étudie le redoublement dans la langue 
des enfants et groupe en cinq classes les mots ainsi formés. L'article 
est plein de remarques ingénieuses. Nous pouvons ajouter deux 
exemples a ceux qu'a recueillis M Foerster: mé-mé, le mouton [ono- 
matopée] ; cha-cha, le cheval (en lang. chabal), A côté du ouoouo 
de M. beville, M. Foerster peut mettre u»iu-toau, le chien (onoma- 
topée] ; pendant le semestre que j'ai eu le |»l»isir de passer à Bonn 
la petite fille de la maîtresse de maison (âgée de quatorze mois) 
devant qui je m'amus.iis à contrefaire le chien m'appelait » Onkel 
WoM-Wau )». Càcu existe et .M. K. n'a pas besoin de le faire précéder 
de Tastérisque ! C'est le mot simple redoublé.] 

CoMPTKS RBNDUS. P. 274-2J5. Obra8 de Lopa de Végn, vol. IV, V. 
(A. RsSTORl); [suite de l'important compte rendu signalô plus haut.] 
•^ P. 295-290 Giornaie Storico délia Letteratara italiamt, vol. XXX, 
fa»c.3. (B.WiBSK).— I*. 296-301 Romania, XXVI, n- 102-103. (G. Ohô- 
B8B et Mbykr-Lubk.(£). — p. 301-301. Réponse de M. 0. Schultz- 
GoftA a une remarque de M. P. M^ïyer à propos du compte rendu 
da Bordel de M. de LoIUh. — L.i page 305 L*amprend un erratum du 
mOrundrisg Rom.Phil.» Vol. 2, première partie, troisième livraison. 

P. 303*330. 0. DiTTRicH : [Sur la composition des mots (d'a- 
près le français moderne écrit) [Très minutieuse étude qui a pour 
but de répondre aux deux questions suivantes : déterminer la nature 



37 2 BIBLIOGRAPHIE 

dfi la compoaiiioTi, trouver une dasaification unique pour les cono- 

pOS«4.] 

P. 331-360. PiHTao Toldo : Due legendii iraggicht tdaleunî rii£fnUri 

cet teatro ddh St^hiller. 

P. 3G0-385, Virrortiû FiMi. Lç rime di un içnoio UînanUta dtl ge- 
coîo XV (Frances^o Quercenle^ protonotnrîo apostolico.) Poésies 
latiaes et iUlieunes publiées d'aptes te ma. de E.ucquea 2L17. 

P, 3ë5-3IU, H. Moar \ Le drame liturgique dea Viergos sa^s et 
des Vierges folles [Spoums]. [On u*a pas assez tenu compte Jusqu'ici 
dAns rexpltcfition du Sp^mius de ce fait que le drame met le récit bibli- 
que eti actioû. La compiraîaûn entre l'âvangil^ de saint Mathieu et le 
drame montre que les 48 vers latins forment À eux seuls le draine 
litur^^quG (cf. p, 3^8 riogéDidLjae reconatructioD de la ecèae proposée 
par M. M.) Avec le temps le It^xtei toninn &'e$t ajouté au texte latin. Il 
IL le caraeL^jJO ^^\xyM; glo$e i il doit montrer aux pi'of&nes le s«u9 du 
draine latm, Lrj 5j?cj/isu8 n'est pus un drame destiné k être représenté 
à Noël, i^otniiie on Tadsiiet généralement, luaÎB un draiM pa*caL] 

MfcLA.^OKS. — I, Histoire littéraiiâ, P. 392 Ph* Atro, Bj^csJEH. 

Supplément à ZtiUthriJt^ 21, 73-101» —- M. Histoire des HJOta 
P. 393-400, H, ScBUCBAhDT. 1, It. froge, t, Asturien tàhol 3, italien 
toccart. [M. Sch. pense avec M. Nij^ia que le mot ne vient pas de l'al- 
lemand. M, Sl'H. rjipptdle (pic déjà ^ùn\i\\Gi\B. [Revue dtè Languu ro' 
nianea^ i87-i, 350-351) ;ï donné iuiiicare comme étjmologie de fr, Uftt* 
cher]A. Baiûonalsetielir ^ cuchUarium, 7}. Ambularc, etc. Renasr- 
quoufi en p assaut que W, Sch,, ticut à l'élymologie ançfar <^ " «tmfri- 
tare {iaau avec changement de aufflxe de ambiiim's], — lU Gram- 
maire. P. 400- 401. J. Ui.Kicti. La destiûée de n fermé libre en français, 
[0 fermé en sjllohe libre donne eu fp. moderne et*; en syllabe fermée 
donne ow -* valeur, Jletir^ jour ^ aéjoui'. Admet lu. théorie lie M. M- G. 
PariSf M. Meyer-Lubki^ [n>ur amour. venViuaB (influence des dérivés}.] 
P. 401 402. L, l\ MAitcKor. Feent du Joua». [Celte forme (rapréseûtâût 
facunî) continue à vivre eu territoire wallon. j 

Comptes RrxDUs. — P. 403 412. Ch. Roussey» Ghs». du parler 
df Boumoig; id, OmUs populaires recueillis à Bournois (J, Jeax 
jaqcet). — P, 1I'2-417.0. Heoker: Die italimUche Uingantfstptache,,. 
(H, Sabersky). — P. 4Î8-427, La prise de CfcrrfrM... éd. Densusiann 
(Ph. Alg, Bkcb.kr), — P. 427. Monaci; Gre»tf>ma£ia itaiiana.,.,, 
(G, (jKOBKa) — ^ P. 428. M. tîr«iijmool : La disëim'tfatiort covsonan- 
tique... {Vt, (ïBÎiaKH). — P>42!rt. C. Weigaori: Dritîfr Jahriitberichtdet 
Instituts fur rwmifiischê Sprache] id , VierUr Jahrtsbtrichi (J. U- 
J*ïiKi'K> — P, 341. Menendesî Pidal ^ La Ur;enda de los Infitntit de 
Lara (E LmFORSS), — P. 432. Ilello-Cuervo : Grammatica de la Un- 



I 



I 



BIBLIOGRAPHIE 



373 



*ï CaMlana [E. LiDFOHas). — P. 433-43^. Jî^tvue des Dintjnft rrtm- 
<^n«x [1801 1R941. (0. Schliltz-Gou.i). - \\ 437 438. Glùmale SioHc^ 
I <^^ZiaUiUsratw^itnliarta{YQ\. 31, fasc. \,){^ Wie?îîî),— P. 438-440 
-Remania, n"* 104, octobre 1897 (W, jMKYKK-lâÎBKK et G. GkOber.). 

P, 441-4^* O. DiSTRicfî. I^a niût& composés d'aprt.»s le Frauçais 
I é<2ril moderne. [Suite de l'article paru dRns lo j>ri5cédcnt numéro.] 
P- 465-481. C. SalviûM. Appmiti etimohgkl t Uêftkali. [Ces 
*^t»8ervatioQs portent sur une quarantaioe de mots appartenant & 
**îvera dialectes italieria.] 
I P. 481-491, A, HoRNi?(G, Histoire dos mots. [La plupart de ces 

I ^*^ote appartiencent au fiançaîa (^pi^p^, clnin, farf cuiller , ftûlt, ma- 
m^S^vd\Âe la raCLDe maS'Vmrùt']. rdle, râl-er, rate.)] 
^^P P. 4Ï*2'496. W, MBïSïi-LiiiîR«. La p:6p(3sUion roumaine tpre 
I x^Mprèê, contre) [Est dérivée gt'^nérftlement du composé ea; 4- peri fjui 
^*âilleur& ne ae trouve pas en latin. Mitla les composés avec «œ 
*oot tr^'â rnrea eu Utin po*t-classlquc. Les exemples les plus 
^^^>t)CÎeiJB renvoient ru latin ^up^r, '^ Eîxaihiersuê et «fondra, dit 
^^P^. MeijPfîr-Lubke» d'après Karl Hamp [Arf^hfv. fur tftt. Lfx. Tk S21- 
368), ne sont Attestés qu'une foie ; voici un mitre exemple de econirn : 
^^JStluiae Pçrf.grmafiù^ éd. P. Grïer (Cofp, Script. Eqcî. Lat vol. 39) 
^^H^. ^df 13; un jiassage semblable dans Pierre Diacre a exa^iierso 
^tJbid.\K 110, 21,)] 

P. 4P7-r)08. Paolo SâTJ-LoPKX : Lafortuna del TantUlo in Jspa- 
^na (Les Inrmea niÎb saint Pierre). 

P. h50Q-52O, W. FoKHarKR. Complément k Tunicle hihehi [Zeit 
m^riftt XXn, 263.) Gascon caêtti <^ cattiîlum, fr. btthioU^ andar 
I .<^ timèiilitre. [Ca^feUa devient vaniel par la forme întcrmcdiAire 
I <i*%9te(fdu. P. 514 étyniCklogie de babiak', babiole ue peut p^s »e 
«épA-rer de belhef et eM le m6me mot. Le masculin hclbel — fifainteou 
avait un féminin heaubelle et le r^roisem^nt dt^a deux formes Aurait 
^nnné * hahiajilff^ babiole. P. 515 l diacussion avec M. ScHuchnrdt aur 
<xiii6u/-are y>alhr. P 520, tableau de» formée dênvéea de {imbuhre.] 

ÉP. 521-525. W, FoKRBTBH- La terminiitisou toatiane vno k 1a 
troiaiêmc personne du pluriel du présent, (n'admet pas les dif- 
r^rentes expUoAtiona doanêes par M. Meyer-[«Ubke. Cet o m s'est 
•développe phonétiquement et régnlièreitietit d'après uneformc latine » ; 
l'aoftlogie n'a pas eu de part à cette frirmiition. Les formes ita* 
lienaes renvoient aux formes du vieux Intiu iîtintinl( = dant), pro- 
dinwtt, etc.] 

Mkia?ïgks. — p. 52tî^529. ï, Histoîi-e littéraire. "W. FoKftSTBR. Le 
Dourean (io^^ument concernaat Arthur (cf. Zeittckf^ft, 22, 243j [Uia- 



374 



rUBUIOr.BAPHÎK 



ousBÎoa d'nne nate que M. le D'' Colfi, élève de M. HajtiR, lui « 
eavvyée sur le même sujet.] — Ih Histoire des moU. F. 529. Wr 
FoKRSTER, t. V. fr. mélifh. [M. G. Paria a cité un oom'el exemple 
du mot (/ïomania, 20, U9f 1, 17) ; M. F, en cite hd antre exemiile tiré 
à'Amadtutetîdoitie^i raUnchc le mot k\\ rftcine mtlf miel,] — P. 52*3- 
531. O. SoHULTZ-GoHA, 2. Jfu /rattt^ijitt. [FranraU it, à l\>rigiaé^ dans 
cette expression et dans bien d^autrea, le sens de frmttien^ ^rançaiê 
du centre et noa pas <ie fraoçaii du nord en génêraUj — F. 531-53^ 
.!.SvB>iK> 3, tlalieq du Sud ; mmuifsine ^^ ceinture. [Le mot tisité à 
NapleA {et daua U province de Naples sous Ih forrue andetino) renvoïa 
à anîe senti (aioum), Ui cuntatninatiun de mani*:llo (pour e^xp]!- 
quer M ÎDitiiile me parait bieu douteuse.] — V, 53?. H. SghucbaRI^t. 
4, Rugidus. ['UruIêut, daas les Jionumiiche Ktymftiegitn ii'«vaït pu 
Ctler de cette forme qu'un seul exemple tiré de la Ulinité du moren* 
âge ; il en communic^ue un autre exempte tiré d'une inscription : 
rujTfltat ( «B 7utftdaê).\ 

CoMPTaaRBNDca.^P. 533-536. F. Rîcheuet: Le patok de Petit- Noir ^ 
Jura. (J. JEA?(JAQUitT). — P. 536-542. I, UBchakoff, Zt^t Fragr von 
fl&i namfierfen Vokalfn im AHfranzÔsischefi [E. Herzog). ^ P. 542- 
543, In Constans, La hntjuû du ruman de Troie {F. Settegast). — 
P. 543-544. A. vau Berkum, De middelnederlandsche Bewerking voâ 

dcH Piirthono^ttg- Roman (Martin). P, 544-545. — La belle damtô 

sans fnerqf, éd. Cail Wahluud (A. Scbuuxk). — P. 54(5. Aufbal Eche- 
verrCa i H^yes^ Sobre hu^uaje {.\ Scacr.ïE). — P. 547-5-i9. J. Weiç- 
ke. Die QueîUttdeg alifrtimi\&h(*hen Prosavomamt von Guiltitume d'O- 
range, {Ph. Alg. HE(?K.eji). — P. 5r(Û-556. De Noto, Appunti di font* 
fica fttil dialêtto di Taranto (J. Subar). — P. 557-54X). Atexandru 
Phîlippide, GramnHca ckmentara a îimbiî romÎM(W. RuDow). — 
P, 500-202. A. Thomaa, Eaeaijt de philohf/ie francité (A, Hon- 
king). — P, 562-564. Stwiiet and notet in Philolngy and Litcraturû, 
publiées par rUnivcraite d*Harward, vul. V (M, J. Mesckwits. — 
P. 565'5fi7. Romama. Janvier 1898. (Ph. Auâ. Bkcker, G, Grôb»»), 

— P. 557-571. Nouveaui livrea [G, Grobse)- — P. 571, A, ScauLza, 
Z>' Moni. ForsthtmgenX, 5K0-552. — P. 572. Recdâcatiou (au sujet 
de L'artiele âtir les noms composes en fr moderne) (0. DrrrRict). 

— P. 573. Table dee matières. 

J. Ancïlam. 



< 






Kritiftcber Jabresbericbt âber die ForttDbritta dflr romaniiôfaen 
Philologie. 

Ou m'a remis en même temps les cinq fascicules dont je v&is pAtl^r. 
Quelquâa-uDK ont été publiés il i a ddjâ plusieurs années et il en a 



BIBLIOGRAPHIK 



ntZ 



pftru de côtés et d'autre» de norabreiii comptas -rendu*, aoxivéot tr^ft 
biep faits, après lesquels il serait difficile de dire aujoiirdiii quelque 
chose de nouveau on d'initéreasant. La piupAft des jujecnenta ont été 
très favorables, cl je partait; ta pliifiart des opialuns f{m ont clé 
«cnUe*. U lue semble ôona que mon rôle doive à peu près Be boruer 
A di^noer une ânaUse decea faAcii^uleB pour ceux qat n& les conoai- 
traleot pafl encore. 

0eux de ces faacîciiles sont eu quelque sorte des întroductious ou 
de» prospecta» du Jahrésbrrkht : 

l* Uûbêr plan uiid einnchtuaff lUa romanhchtn Jafirtiberichtea bot» 
JCctrl VoUmlHier, Krïangen, Kr. Junge, 18&G (108 p,J; 

2* Kratti btihfft zu U^her / Ma urtf/ f'iHruihfang det rotfiani&chen 
jcc/àresherichtéê tion Karl VoUmdlter, ErUogen, F, Junge, 1897 [paru 
«I* ^8QS], (88 p.). 

L« premier expose le but de M. Voilmdller et de aee cotUbarâteura 
^uîest de donacr un tattteau siâLèmHtiqii0He tous Irb réaultaita acquis 
^t des progrès Accomplis pendant Tannée dans le dommne de U 
biologie romane et des scien-ïca qui fl*i ratUchent, Ce fascicule con- 
'^ient en outre iii) plan délaillé du Jahresberickt^ le «catalogue dea ou- 
^>'a^:efl qui ou t été adressés à la rédaction pour qu'elle en readît 
^*>Dipte, la liste des colUborAteurs et rexpîioatiou des abréviations 
*^Qot ils se servent pour désigner les différentes revues, coHecdona et 
o^jvragea analogues. 

Le second noua met au courant des difficultés matérlellea que Ten- 

r^f«pnae a rvucoutrëes à uqil début, proué^ av^eu rëdileur, changenaeiït 
li-^éditeur, eto. Ces diffioiiitésqui otitlougternpsempéiïhé lapubtlcation 
^e paraître régulièrement ont été auimontées. On trouve en outre 
*X^ln« c^ fascLcule uu nouveau catalogue dea ouvrages reçus par la 
^^daotion. Ces catalogues sont très richea eu sorte qu'ils devieunent 
|At-e3c]ue une bibliograûe de la âlologte romane, 

Lea tiois aiitfea fascicules constituent à proprement parler VAn- 
^^-mUÈÎre critique. Le preuiter KritUchgr jahreahtfieht ûher die fori- 
mckriUe der rfimaniicfunphilohifié, II bamî, 1S91 1894, trâU hàlfU, L 
^mfi. Leipzig 18tS, Rett^er»rhe hitchhaudluttff {2SS p.) contient led 
».Tticle>; Buivîiiit» : [Jnguislif|ue générale et indo-européenne de 1889 à 
1 ^04, par M. L. Siittorlm, — Ponétique générale, par M* K* Kogi^b- 
-^»rUî, — Langue la tinû ancienne, par M. F, Skut^ch,^— Latin vulgaire, 
pïir M. W. Mcjer-Lijbkej — Laliu des juristes, par M. "W, Kalb, — 
I l^A langue latine au roojeu-dge^ p^r M. L. Traube, — Grammaire 
I comparée dea langues rnuianes, par M. W. Meyer-Lubkej — Langue 
I itâlieDne, par le meniez — Dialcctea de Tltalie ceotrale» par M. C. 
I «le l^llii, ^- Dialectes du sud de ritaliCf par M. H. Schneegani, ^ 

L 




37 lî 



BmUOaUAPHIE 



I 



I 



DialecteE Sardes, par M, P. E, Guamerio, — Langue rétoTomime 
par M, E, Sleogel, t£3îtes par M* E, L^vy. 

Nous trouvons dans le seconti fascicule :///. fianj, lS9l-lS94f 
gtBfite hâl/ie. I. heft, Erkm^eri. Fr. Jttnge^ 1S97 (1S8 p.). les articles 
aujvoula: Mërrique romane, par M. E, Stengel, — Hisloiro et critique 
littërairea, |iîirM.K* liorinski, — Liltérflture ceilique, ^lar M. L. C, 
SterQ, — Littérature latine au moycn-âgGj par M. L, Traube, — 
Littérature latine de U reDaiiiBaace, par M. K. v. Rfiiah'irdutâtttter 

— Littérature française anci«Dn«f Généralités, répopée cairlovjngiôQaô 
par M. E. Steiigeî, Littérature didaclique par MM. E. Laûgloia et 
F.ManD, Liriquc par M, A, J^aorov, Littérature religieuse par M. J. 
BonnarJ, Le drame français au moyen-âge par M. K- Stenfji^L 

Enfin le troiaii-me fascicule qui nous est parvenu : ///. bandy IS&Î- 
IëÔ4, eweite hàl/te, S. hêft, Erlangai, Fr. Jw,ge^ lS97y (ttî /»•) coo- 
tieût: Littérature françaine do 1630 k ïiiUO, par M, B. Mahfenholti, 

— RouaBeau, par M, E. Riltor, — Critique littéraire allemande rela- M 
tive à Rousseau^ par M. R. MahrenhoUz, — Littérature françaUe 1 
ftpi'ès 1815, par le même, — Littérature française de Teure actuelle, 
par M, J. Heller^ — Aacienuo littérature provençale, pai*M. Ë. î^vv. _ 

— Littérature italienne, par M, E. Perooi^o, 1 
L'éuumëratiou de cea arti<:lea avei: les Qoma deteui^ auteurs suffit 

à montrer i[Ue chaque ni&lière a été coofiée à un âpéctHli«te. Ûo ue 
saurait offrir uue meilleure garantie à ceur qui déâircut trouver im 
dépouillement à peu prùscoiiipletet une critique sutoiisée dns ouvra- 
ges parus daus le domaine. Aussi leKritUcher Jahrevbfricht rend-il 
de g^rands aervicea et est-il en quelque aorte, pour reprendrelesporolea 
de M. G. Piiris, le Gtiihtrs Oruttdrisâ « iutléfinimcct continué ©l mia 
au cgurant », 

Maurice Gramhont. 



RomiDia, XXVlll, 3-4 (juillot-octobre 18^). — P. 321- 
F. Lot, Koiivellea ôiudes sur (a provenance du cjde arihurien. 
Morgue la fée et Morgan-Tud. — ÎV. Melvas. — V. Guillamne de 
Rennes, auteur des Gegta reffum Britunnia:. — VL L'épiaade doM 
larmes d'Enide dans Ére^. — Vlï. Le i^hevalier Alban, — Vlllfl 
BlederJcus de Cùrowiill. — IX. Dînas Emvojs.^ X. La tftble et la 
chaise d'Arthur en Corawall, — P, !^48-350. G. Hlet. Sur Torigine 
de Flaire f^t Blf^ncfiffirMr , [[/auteur montre u qu^il y a dans Flaira 
BitindicfUur tiee, ivîKxiA de mt^urs et des tbênies qu'on retrouve dai 




^ 



aiBLlÛGRAPHlE ^'' 

ifftb«« et, d'autr« part, qu'il y 8, dâuft les MïlU et une 

€t dans Us r^ciU qui ne rapportent à ce cycU, dâ& contes dont 
î fond essenliel ie rupprocKe de noir* romau. »] — F. 300*408, 
S. Bbhôrh. l.eo Bibles câstilknee. K L'hii«toir« génér&lÊ d'Alphonse 
X.— 11. TrAHiictîcns .înprès le teïte Intîn. [Rtude tièssaignéo des 
|irin^ipai]x ninutiscntd eBp&guolB de la Bible, avec quelques extraits, j 
— P. A*yj-42Q. C. S*[,viaST, Aneora dei ça-h-itaîici di Skilia* RfpUcn 
al tiffnfrr G, de GrtgfjTio{voy. Romœtin^ XXVHl, 70-90J. 

MblaNobs. — F. 42M20. Â. G, KKUQTcit. Lea manuecrits de la 
CKanenn du Chevalier ou ctfgne etd« Godffroy de Bouilhn, — P, 426- 
433, l\ Meteh. 1° La pUiole de Notre-Dam* ; 2« le Trenteûaîre de 
B.-iinte Mârje; 3<» VAir- Maria par*iphr»aé; i" trope de Baitit Etienne 
en provençat. (Cee quolre piéc^es provençales, dont iâ \^' et 1& 4», ici 
ittcoDipUCes, Bont bien cûnnuee, &« trouvent réunies dans ud feuillet 
de g^arde conserva aux archives de TAude et écrit au commencement 
f\u XVI* siècle, hi Plainta donne la fia cl» poème fS couplets], qui 
rnattqiie au ma, de Pjtriâ et^ de plu», un couplet spécial ; maia il n'y 
£k CQ tout f^ue 13 coupletftj tandia qiio Je ma. de Paris en a ^2. 
CTett, À ce qu'il s^mlilei le Bort commuD de ces pièces esseutiellement 
IpopuUîree, de et-rvir de cadre à un nombre indéterminé de couplets, 
^oyei, par «■lemple, VÉrttnffUe avx ftmmtis, dont les divers uianus- 
drtl^ ont presque Iûub dci coiiplËts spéciaux, Cf, notre édition, dana 
la Zfiiêchri/l fiir romtiaiitfht Phifûhgîê, VIll, 24 sqrp eLcpIle de 
Oeorge C. Keidel (Baltimore, 1895), et notre Rétue, XXVU, 254, 
^rom^'terets (v. I^t) est uuo mouvaifle graphie de Iti forme, encore 
ujourd'hui [leraistante, f/rnmrtérfA (paroxyton) et le vera n'est, par 
«OQS^qucot, pas faux. Le Treutettairtf dont un exlrnil seulêineul est 
^onnéi el VAv^ Maria sont sans iniportanc«, Qunnt nu irope de saint 
EUenne, il n'a ici que six coqpletB sur seize, leaqueUt a»»ez sDiueut 
incorrects, ont cepeudant quelque intérêt au point do vue de la lan- 
gue. Rappelons qu'une forme de ce trope rajeunie, rnaia remontant ce- 
pendant à la fin du XVII' fei^i!le,se chante encore à In cathiMrnle de 
Saînt*SQUveui% à Aix-en-ProvencoJ — P. ^33-4^5. G. Paris. ÀhrieTf 
abri. [Il semble qne le fmnçfiis du nord-ouest n'nit pas connu apri- 
care, conservé en Eapagoe et dans le Midi et l'Est de la Oaule [j/r 
d'y donne pas br, mai» vr), et qu'il aitjioseédé un thème bri^ d'origine 
pcul-4lre celtique, d'où il avait tiré abrier (couvrir d'un vfltement) 
et dithrier. Plus lard, ubrifr [abri) se aérait confondu avec ï'tfbritjar 
iai/ric] méridional. »] — P. 43^-437, 0. r)o\ciEux. Les verbes laliûp 
en 'Uhre el les noms en -ulttt, -uiu dans le provençal. (M. D. 
explique le in:iintien de Vu intertontque (devcnuon ) dan*: les verbes en 
-ahre par l'armlogie, lea furniea verbales (ou nomiiuites) pnroxjtoui* 
qiies qui y carreapoudect recevant l'accent par tiu déplacement dû 



37fi BlBMOr,BAPHÎE 

& la Bubstiitition du buFSxc -ulluft en aot&xe -uluâ, M< G. P&rta croit 

cette hypothèse in utile et rapproche des mots comme lagréma poar 
làgr^ma, îampèzn jjour lâmprsa, etc. Ne pourrait-on ps» rapprocher 
at]««i tébis, usité aurtout aujourd'hui au féminin, dans aîgo tebéso, à 
cAté as l^ancièu pt'ovetiç^l ^t^fr?; fc6e« a, sans doute, été itiHuencé par 
tébesir, tit-.de, et p^r i^bcsza, tiédeur [Ubtxa^ dana RajrïouHrd, e&t 
tfaduit à tort par « tièdeiu* «<: t^'i^st le féminin de (^^«j <Qt non pa.^ un 
norn verbal)], ^ P, 437-438. G. Doncihux. RoneauUr [du provençal 
rauffuu/ar ^ Vocufa^e pour rau{^u/ar«. M. G, Puris croit k TaBsiuiila- 
ti(»n de \\\ |iremière syllabe à ta aecoDide.] 

CowpTKa RïNûua. — P, 439-447. Crescini, Il cantart di Fiorio e 
Bianeiiwra [G, Pahis proflte de l'occAâion pour préciser un pâti plus 
la pUcA que le l'otûnn êspugnol occupe dans la rédaction II l d^ la 
légende de Floire et BlaucKefleiji'H et la place que cette rédactioa occupe 
etie-méme en rfig^ird de Pautre (I-Il), ^t il loue la façon dont M, Cr, 
a ëtubli le cflrsctèi'eetles rapports des trois membres \U\ sou»-gFoupo 
italien (le FUocalo deBûccAce, le CanlareetU poème grec].^ — P. 448- 
450. r-Iotermans, Die historié van dte eeuen wijse mannenvan Roinea; 
P]o(nn^ De m'uffielrtfiderUuuisché bewjrkiniivaTf hi't /jefUcht. rand^n VU 
vTOfden van Hnnu G. Paris). — I*. 450-454» Cloetta, Die En/anesÊ 
Vivien (R. Wkcks : éloges), 

PÉHTomQiiES. — P. 455.459. ZeitKhri/l fiir romaaiëche Philohgit, 
XXIII, I-e {G. Parïs, p. Mbter, A. Jb\krot). — P. 450.462, RffPUé 
de Phitoloffiefrançtii^e et de Uuhalnre, p.p. L. CkMaï,*, XU (1808), 
\A (P. MtiTtEti). — p. 462. BttîU.iin de la Société de» ancien» Uxiéi 
français, KSflS. — P, 452-471. Zeltfichr\ft fïÀr franscÉStirhe Sprarke 
wid Littcratur, XIII-XIX (1801-1807). ^P.472-478|ll faut v signaler 
les détails précieux que donne M. P, Meyer sur une veate récente 
de iuss, provenaut de la bibliothèque de lard Ashburnhatn, dont un 
certain nombre^Aclietés par U Bibliothique nutionule, ont été décriU 
par M. L. Deîiflle dans le Journitl deft tavantê (Voy. les ouraéroa de 
Juin et août 1899J]* — P. 478-488. Livres aaiioocéâ aommajpefnenl. 

P. 489-507. L. BnANDtN. Le manuftcrit de Hanovre de la Dettruc- 

tion de M*ime et de Fierahraft (avec deux héliotypies], | Description 
minutieuse de ce pré^-'ieux manuscrit, ii3:^ufû.'iiAtnment décrit pat 
M. Grceber, dans soti édition de ta Destruction d*. Rotne, et longue 
Uate de corrections â.u texte imprimé d'après uae coUatiuQ attentive 
du manuscrit [. — V, 50S-567. S. Bbagsr. Les Bibles t^astillaoes et 
portugaisea f^n). 111. Révisions d'ajirèa rHébreii. ^- IV. La Bible du 
Grand-Maître {de Tordre de Calatrava^ ou Bible d^Albe on d^OUvar&s). 
— Appendice, Note sur les Bibles portugaise* (par M"* C, Michaalia 



■ 
f 

I 
I 




BIBLIOCRAPHIK 



579 



VftscoticeUaa et S. Berger)» [Uoe Bthliogr<tphi6 détaillée terimne 
•et împûPUntartîcle], — P.5fi8-578. F. Lot. Csradoc et saint Patern. 
Le <^'a.fadoc légendaire n'flnmrt paa pour prtitotyjie historique, comme 
l'a cpa M. G. Pari» [Vov. Bomttma^ XXVISI, 214-231). un chef bretOD 
<ia pajs de Vaiioea au V* Biècle* Les cqqwè du n Bfirpent *> et aussi 
^e Jq Ëdélité conjugale, aoiis la donlile forme da Cor et du J/afiteJ 
:mautoi£ftd, proviendraient desS^otsd'Albaniefriûrd-aueBtde i^KcoaBe); 
T.-, Bretons Ua plus voisina leur auruient donïié J^Ollr héros un d« 
Vi?iiis cliefa les filuis célèbres, Caradauc, aurnommé " au bras fort >i 
f^Sreichhru») el les aurHient tranemîs hui Gulioia]. — P, 579-595, 
•3. ViaïKG et H. Akdrksfo?!. L'amniasement de \'r fiunle on fran- 
çais- [M. Vbing combat (en partie) I^b coneliisions d'un mémoire de 
"W. AuderBBQn iuséré d^ms le Recueil (te mémoire;» jîhlhtloffiques présenté 
G M. G, Paris (1889?» complété et Tmodifiu pur un travail postérieur, 
altération et chute de l'v en français (daaa \e& StutUer * mi^emaprak- 
}tt^>itkap, Stockholm, 1893} : îl admet que IV a passé à a avnût de 
«)]»pAraUfe, mais fieuîement (les mots savants; et les motiosyllabeii 
Sïits à jiBrlJ après les voyelles hautes et antérieurea (ip e fermé, tu 
fermé). Répoaae de M. AndcTsaon et réplique de M. Viâin^^, qui main- 
t;eQt scB concluaioas],-- P. 598-6'^0. J. lbiib db VABC0NCBt.i.OB. i^Ao- 
molofjia mirandtêa. 



» 



fkivpTR» RENDUS. — P. 621-622. G. MKn^/ Tratiati medieeaH di 
-t-itmka itaîiana [G. Paîjis i éloge*). — P. 622 524. E. Sleageit Die 
^tprtn'ejtziiliitche Lirdi'rmmmtung c der Laiireasiana m Florenz : 
M, Pelaez, Il Çanzoniere pro^etizaÏÉ c Laurenziana (L. Bmandin : les 
^eux édition* sont exactes, celle de M. Stengel plua commode]. — 
I*. 624-633. Ed. Moore, Studieë in Danltf (PAtiKT Tûynbsk ; favo- 
r-dbU). 

pKRtoDKjUKS. — P. 634-636, ZtiUchrîfi fur rtmunitcht Philologie, 
'^XIH, 3. iG. Par[s). — P. rj:i6-640, LiUraturhhUt fiir fferinanhche 
nd rttmauieche J^hilahgie. XVIII-XIX (e. ha.). — P, 64U643, Chro- 
if[ue. ^ — P. 643-650. Livres annoncés sommai rement 



XXÎX, 1-2. (jftnvier-avril 1900). 

P. 1-34. P, Mkvbr. Notife dii ma. Kawlinson Poetry^ 24L|CemB. 
^oatietit les ouvrfigefl suivants : 1° Proverbes dr Botm, 2* la Fiainte 
d'Amour; 3" Pùème 9tir l amour de Dieu et sur la hatiK. du péché; 
^^ Diahfjm entre î'évéçue saint Julien et ton dùcipk ; 5" Miraeltê dt 
)** y*e.rge^ par Erej^urd de Gatdtij, moine de Bunj Saint -Edmond {ne 
•enihle pas se trouver ailleurs); G« Extraits du Manuel des péchés 
'« William de WaddinijUm (environ 3900 vers, le tiers du poème) \ 
'" fra^/Mofw» du Spéculum Ecelesiaî de saini Edmmd de Pontiffné, 



3?^ 



BIBUOGEAPHIE 



aîvkevêque de CatiLorhèty: S* h .Uariapê tUa neuf /ithé du diahU fcf, 
Ef^vtif lies L rom, 3« !^*i^ie, XII» 2 \H) ; 9* Sur les quatre temps de ttin : 
10* /(Z Petite iihilo«njthie ; W* Iç Lunaire de Saîo»in\ i2"^ioèmé êttr 
VA ntfchrht et le Jugement H^rrUer [ae seiDbie |>a9 se trouver ailleurB). 
I,Q n* ^^ est fî<mnéeu entïei' avec quelques vai-iante» Hn ins. de Cam- 
bridge^Corpua Chriati-Colleçe, 405 et (en appendice) le début elU fin 
du j>o6me diaprés le ms. Fîîbl. nat. fr. tl02. Le premier et le dentier 
dea trois miracles de la Vierge sont c^gal^inent publiés çn enli^r; du 
tecond on donne seulement Je début ut un court extrait. Ces divers 
poèmes ont été ootnposéa en Angleterre au courâ du Xlll* sièele, 
sauf le Lunaire deSalomon qui ^&t d'ortgîue fr^uçAise et a été publié 
par Méan, Nouveau reivtfil de/ahliaut^^ t, 364, d*nprèa le ma. B. N. 
fr. 2043 (f" 105)|. — P. 85-03. William Au.an NKrLsoN. Tke Purga- 
toi'y of crvel beautifi [Note sur les souicea de la 8* aoiiv&lle de la 
5* journée du DttcamtrQu de Boccace] ^ V. 94-104, Gbdbo:<( Hubt. 
La traduction frHnçni&e des Martin» de Mâerlaut [E'!tude sur une 
traduction^ de vHlour Tiiédiacre. cpru^iosée reis 1450, des trois fameux 
débats dii grnnd {juuto nijerlftndaia .Kacûb vaa MfierlttUt (^ vers 121^1), 
dont Iês deu^ premiers traitetit de IVinutir ût la troiaiéciie caatieoL un 
ei;po«é du dogtïie de la Trinité. De cette trintuction^ imprimée entre 
1477 et 1480 par le célèbre impntneui' brugeûia Jean Bortoen, on a 
retrouvé auccesaiveinent un certfim nombre de feuilleta^ qui ont été 
republiés pnr M. Fredmcq dans le TfjdBchri/t, t t. XVII. p. 33 sqq.] 

MfeLANGKS.— P. 105. F, Lot. AsasUo.— P. 106 107. G. Paris. Un 
fragment épique. [A propos de ce fragment de 33 vera appartenant 
aux Ênfaitceê Gotiefroit Tnuteur de la note constate que danates trola 
paasageË où Ton trouve Gt c*est-a-dire G&dêfroif l'éditioQ Hippeau 
donne TT, c'eat-à-dire Wittusie, ce qtii a amené uq remaniemeot soit 
d'un côLéy Boit de Tautre : questiou qui re^le à exam)aer]> — P. 107- 
112. G. Pauis. La mort de Sig^er do Brabant. [Parle rapprocheoient 
d'un paasage d'une chronique latine brabEintioe avec les rera du 
poème de Durante {publié ici même par >L Castets en 1881) qui 
coDcerneot Siger, G. Paris tmontre que le grand philoso|jhe averroïiite 
â4t mort k Orvieto, d'un coup d'épée que lui avait donné un aien 
clerc, pris d*une folie aubitej. — P. 112-115. A. Piaûet. Quelque^ 
ver« du cardinal Pierre d'Aillt. [Deux petites pièces octoKyllabî{|uee, 
l'une de 14, l'autre deS4 vers.dont chacun renferme une maxime, et 
quidoiveut s'ajouter à la seule pi&ce de Pierre d'Ailli que Ton conailt, 
kë Contredite d^ Franc-GQntîer] — P. 115-116. L. Havkt. Abri, 
aiUevrs.[Ahn^ est né de (ib-rigar(^tpnrfirt),psr une reçômpoaition 
iljêg:itin]e à uoe époque où le b se prononçait encore en fin de eyllabe 
dans des corapoaéftcommedè-rum/w, ab<ipiû^e{c.Ailieiirê{âealiùrÉum) 



I 



I 




BlfiLlOQRAPHIË 381 

^ été traité comme meflienr* (de melp>r€s) avec bquel il rtme. parcfl 
cjti'on y a vu ku radical en r suivi de F* fleitonnelle. Hypothèses in- 
^éQÎêUAes et qui méritent d'ëtrâ prîsËB ea aérieuse conaidéradon. 

CoMFtES-RCNDus. — P. 117-126, Battage zut rçmâmiscken Pht- 
i^l&ffie. Festgabe fur Guatav Grceber (0. P*.bi3, A. MoRKL-FATioet 
J". LoTH : mérnûires presque toua étendus et iraportanta.) — P, 127. 
A. Stimûaing, Der anglonormanniache Boeve <fc Haumfone fG. Pabis : 
fAVorable). — P. 127 130. G. A, Cesareo, Ls Origini dellu poêsitt Itrica 
#91 TiiiHa [A, Jranrot reproche àPsiut^ur d'être trop porté à prendre 
^cs hypothèses pour des cortitudes et d» ne pas reconnaître aaaez ce 
<:|ue l;i lyrique îtalicnne doit à U lyrique française et provençale], — 
t*. I30'irî4. C. Dccartins, Rt^iaronxaniicht Chrtaiomaihie, t. îl, 
^J."" livf. (.î. Ulkich: gravea repmûhea). 

I^P FémoiïiQURs. — P. 1^-138. ZK'tU.U.:j'ij:it^ romanùche Philologie, 
"5CX1M,4 (G. PARia) [à propos de l'étymologie de suie que Salvioni 
s« rçfuaâ à tir^r â& gudica [yoaf sueidaf comme on TâdmetUit jcisqu'ici, 
€3. P. fait observer que Kttgia^ qui se tiouve d^ns \es GIosb. Cusst- 
wifênvês^ convieTîdniit trèa bien et expliquerait le lombard m^ti. Ajou- 
t.ouB ^ae le rouergnt muJo postule ëgaleiment $tigia\, — P. 133-L44. 
^rchiv fiîr dos Sttfdium def neueren Sprachen ttnd LitUi^atureiit 
^l-XXXVniXl (nouvelle atirie, 1) (S. D, G,}, ^ P. U5-147. Chronique. 
P. 147-100. Livres aanonc^a aûmmairement* 

P. 16]-^)K A. TnoMk^.Êttfmotogies française [t^^ta'iger, amiaUt 

/, angl. butiertA et buttreatt, cagouilk, thaintré. prov, chancera, 

tnrière, clin, cùumére, eHuvfm, eanûillk, estûin^, eêtrenc^ ^strichinr, 

^fnevelle, piuv, uiad, t/inovKcln, fjienvtti^ ghutretiief jarce, jarçûjt, 

\^onn9iaJtuicli*i, [ii'nv. morK fachtiscio, angK laïun. louat^ure, lumignon, 

uroute, moi^on, piov. pfrgara, peire, quiérame, rémftulade, lyonniiia 

ubican^ ritutine, mlburo^im^ serrtm (cfirn/ïr «iirf?n}, $hjuette, 

fftitchUr, jfonffntth, snffient, SQUchct, sourdûH, soM/re, Un't'ê, tai'anche, 

naii. tie, tireifure, tire-f^iUe, titre (terme de cbasae), (réf^au^ trévin^ 

ingle (trattgle, ihtglt), trovière , tym^iff, 'Gt'fanÂiU , véidtd, Toujouca 

même perspii^aultë et même infonnation abondante chez le savant 

éditeur du Dictûmmttfe de Hatzfekl-Darinfisleter.'l — P. 209-2IS, 

G. Paris. Sur Huon de B&rdeavx* [RemBPquea complériientatrea ou 

rectificativea à un urtlele publié pnr l'émiiik^nt rumaniatet dès IBUI, 

dâae \AÏtetae ger}imuiqaf> aur cette chaudon de geate], — P, 219-256. 

G. DOKCIBUX. La chanson da roi Renaud, ses dérivRea ramanes, aa 

pventé celtique et Scandinave. [La chanson du Boi Renaml^ le chef- 

■i'oeavre du t'omaacéro populaire français , qui djute du milieu du 

XVi* siècle, eat une libre et iatetligente imitation d'an ^^uMfjt armoH- 





^ 



I 



3X* BIBLIOGRAPHIE 

CAin, le Comit Nann, dont le début pré^flnte la mort du héros, non 
camma résultant d'unâ blessure reçue k la gu^rt'e» mais cotume un 
effet de la ven^eaDce d*ua« i^e déd^i^aée ^ar lui, pnrttcijtanté qui s« 
retrouvs dans une v'''»^ daDr>ifle, beaucoup plus ancienne, le Chevalier 
Olafs oiï «e trouve aussi l'ébaucbe du dialogite caraatértatiqua entre 
la b«He-mâre et la bru.] 

MÊLAKGE3. — P. 257-259. H. SucBiRK. Quelques passages du Ft€^- 
mdt»f dt La Haye. [Diocuastop de quelques paasajjf^^ où M. L. Havei, 
dana aouéditioQ Uu Qatroiu»^ purue en 1380, adopte un Heaa difltiteEtt 
de xiâluî qui figure dans rédltioa Suchier (I, U <\?s Narhimtmiti\^ . — 
P, 259-262, A. ThcȕaS. La mention de Waland te forgeroa dans !& 
chronique d'Adémur de Ghabannas. |La favmfiWttiaTider, invoquée 
par M. Jiric:£ek. {DeaUchû Seldensagen) pour appuyer l*opûiian que ÏA, 
cono&isaattce du fameux forgeton » élé importée en Fittnce par les 
Nortnandâr est due à une faute de lecture du Père Labbe daaa le 
m&. dQ la Chronique d'Ademar de Chabannes^FuaZijriJ KaVuaftinàuA, 
Wal-anchiB. Q^tû, dans ce luènte taxie, désigne Courlain^ la fameuse 
épée que aoa anciens poètes attrlbueut ordinaîremeut à Oger le 
Danois)* — P, 262-203* G. P\hi8. Giiet'Cîpeitt,\Ce mot vient, par une 
double a|:»g^latinatiQn, de (meurtre) a agait a apens. — P, 263-2fô, 
Ch, Jorkt, Des suffixes iiormanda (î) coft) et (i) boft). [Vt serait «ae 
voyelle de liaison et le c auraît été intercalé <îevani le suffixe ot, 
comme le t et IV qu'on mneonCre dans un grand nombre de dériTéa 
français, bijoutier^ aiUrun^ et^i-.], 

CoHPTBS RENocs. — P. 266-287. 0. Mohl. Inlrodoetion à la chro- 
nologie du latin vulgaice; — RùmÂrakà dvojice Lui; Ltt; lé coupU 
rmnan. lui: lei, ses origines et son histoire dans les dîalecteM vulgaires 
de l'emp\re rotiiaîji [M. Roques: « L'on ae demande si, dca deux 
livres que noufi vctiorts d'analy&er, il restera autre cho^e que le sou^ 
venir d'un brillant effkjrt d'imagination et de constructiou logique, 
qui n'appelle ni contrôle» ni imitation »). — P. 287-292, H. Suchier, 
Aucassin und Nieolfi^t 4« édition, i8r}^)(l3. P\R]s; grands éloges, 
Si^compagnés d'observ^itiotts pënëtraotes au sujet de ce petit ch&f- 
d'cBuvre. M, G. P. croit, aujourd'hui, avec M. Suchier, q^'Avctwiin 
tt NicoliU a dû être c^omposâ dans l'Artois^ mais persiste a croire 
que l'auteur n'avait aucune idée prëd^e ds la v^riMble situation de 
Hefliïcaire)* — P. 292-2^4. P. BiiLlev, Lêffinda aurea, Légendû daréê , 
Goîd^n Lâtjend {P. Mrtbr: quelques pages seulement peuvent 6lre 
utiles â celui qui reprendra la question des sources de la Guider 
Legend de Caïtou). — P, 294-300, H. Guy, Esaai sur la vie et les 
ceuvres littéraires du trouvéïe Adttu du le Haie (A. JkjvnROV: très 
favorable : réserves au sujet de la aévérité de Tauteur pour les chim. 



CHRONIQUE 383 

MOI d*Adan; cf. Revue de* l. rom. IV, 170). — P. 300^02. 
Ch. Goerlin de Gaer, Essai de dialectologie normande : la palatalisa- 
tion des groDpea initiaux gl, kl, fl, pi, blj étudiée daDn les parlers de 
300 commimea du département du Calvados (J. G. : résultats surpre- 
nants, en ce sens qu'ils coostatent la coutinuaiion actuelle de l'évolu- 
tion phonétique). 

PiRiODXQDEa. — P. 303-306. Revue de$ langueê romanes, 4* série, 
t. X, n* 6 àl2 ; 5« série, t. I et II, n" 1 à 4 (P. Mbtbr). — P. 306-309. 
Zeiteehrifi fur romanische Philologie , XX1V,1 (G. pARts). — 
P. 309-311. Literaturblatt fur germanische und romanieche Philologie, 
XX (E. M.). — P. 311-312. Studi gloUologici italiani, diretti da Gia- 
oomo di Gregorio , t. I (M. Roqurs;. — P. 313. Chronique. 
(M. G. Paris y fait l'éloge de l'article publié par notre collaborateur 
B. Rigal, dans la Remie d'Histoire littéraire de la France^ sur les 
sources à'Aymerilloi et du mariage de Roland, de Victor Hugo). — 
P. 317. Livres annoncés sommairement. 

Léopold CONSTANS. 



CHRONIQUE 



La SOCIBTB ARCHÊOLOOIQUB, RClBNTiriQUB BT MTTBRAIRB OB BbZIBRS 

(Hérault), dans la séance publique qu'elle tiendra le jeudi de l*Ascen- 
sion, 16 mai 1901, décernera : 

1* Un€ couronne de laurier en argent, à l'auteur d'un travail histo- 
rique, biographique ou archéologique coacemant le Midi de la France, 
écrit, autant que ponsible, d'après des documents originaux et accom- 
pagné de pièces justificatives. 

2* Un rameau d'olivier en argent, k la meilleure pièce de vers en 
langue néo-romane. 

Tous les idiomes du Midi de la France sont admis à concourir. 

3» Un rameau de chêne aussi en argent, à la meilleure pièce de 
vers français. 

La Société pourra décerner en outre des médailles de bronze^ d'ar- 
gtnt ou de vermeil aux œuvres qui seront jugées dignes de cette dis- 
tinction. 

Les œuvres destinées au concours ne seront pas signées et devront 
âtre adressées en double copie et franches de port, avec un billet ca- 
cheté conten-int le nom et l'adresse de l'aut'ïur, avant le 1*' avril 
prochain, terme de rigueur, à M. Antonin Soucaille, secrétaire de la 
Société, avenue de la République, 1. 

Le programme détaillé sera envoyé à toute personne qui en fera la 
demande, par carte postale, îiu secrétaire de la Société. 



Le Catalan dans les îles Sporades. — La Revue hispanique a publié 
(tome Vil) une courte mais mtéressante note de M. G. BAiST,surle 



3S4 CHRO-MOUK 



Ga^ïan dans U» î?e* Spûraâei Deux ÎQVflntairea pubïiés par M, E. 
OtEtti.AND {Dait Archl\), ths ïlersotfs von Kandta im KùaigL Sitmt' 
Mj^firV *« Vfiiediif^ Strtta6our,|^,Trûbuep, 1899, pp. 7û-73Jt uiontreat, 
qu'en 1359^ l« caulan eat employé comiae Imigue coiumârciale dana 
Je voUinage de U cûte ()« C&ne. 



I 



« 



Voici le rèsiilUt du concoure littéraire orguniaé par VAcadémU du 
Voft à Toccâftioii â\^ Centenaire de cette SocîiJté, Les auCeam d«ra 
manuscrits i^i-desaouâ dt^sig'néa par lâura devi^ea, sont idvilé^ h ae 
f&ire âoiiTiaïLre pur lettre, adressée à M. Léon OrsTtîcci, «ocr-eiaire 
génërul de i'Acadoraie du Vnr, 22, rue d'Antrechaiis, à Toulon. 

Poêaie française. Sujet : Toulim et sa iiitle. 1"' prix. Manuacrît 
poriHiU commfl devise : ^vlptrr non tomhcnit (MallarnjéJ; — 2* prix. 
ftÎB, : Bhiiu- rhftfd sarnf brhh ft ftfins m'trs. porte-moi t'flr* les nohUs 
fiten', mentiau lunmrHljIe ex aequo, Mas. : J'élis ce que timx — Sert 
Vfiveriir, porte l'ufcJtt (V, Hwy*') — ^'"* ^■'*"*' ^'^^ ^^ /'iu? beau dt tov* 
fe» porfudii monde. 

Pro-ne fraijçflîae. Siijet : Gsèee et Provence {Légende ou hiatoire). 
prix, Ms. : On n'tntentittit nnlattr ni phinte ni soupir; C'est aînii qu'il 
mourut^ êi c'était îà mcnrir (LaiHarUiie). 

Poésie Provençale, Sujet; Un jour d'été dans un mas de Proveace. 
Pi-iî. M». : Erîtin ati leva que U terrada An si recûrdo aiiutdutada 
[Mii^tral, Mtrfio^ cant VIL); mentioa. Ms.Es care lottpaU Qttntl'aih 
embauJiiti l'air, 

Ai'cbéolo^ie. Sujet ; Monogt^aphie avec plaa. Prix, Mb. ; TakoUf 
lOatnli r.KJO. 

Géogrnphie, Sujet ! Tableau synthétique dé 1 emplfd cûtûDisd de 1a 
France. Mention. Mb, : Faig ce qite tu /ata. 



Nous np]]rGnoQB qu'un jeune romaniate de Berlin, M. Rudolf 
Berger, vient d'être élu membre correspondant de l'Acadéînie des 
Sciences, Lettres vt .Vrts trArraa, M. lîor^ar a mérité cette distinc- 
tiou par L'édition ^uil n publi^^e cette année, daua la Romaaisc'fte 
hibfiolfk. 11* 17^ du trouvère Adan de le Haie U Bochi^ d'Ara*^ 
Notre litx^m rendra compte de cette édition datiâ ua de ses proctiâLioa 
f&Bcicule». 



Parmi les articles du Journal deê tafnntu qui peuvent iût^resaer 
les romanistes» il faut citer celui que M, Micbkt. Hrk^I* a cousacré 
au livre de M. P. (i. Mohl {Jntrnducthti ù la chronologie du latin fcu7- 
gaire) et celui de M. Gastos Pahis aiir le livre <!e M. H. Berger 
(Dis Lehnwiirtgr in d^r /rait::ti3hcheii Sprache der filteéten Zeit). L'ar- 
ticle de iM. Bréal est ^'anteiui dans lesnuruèrus de février mais 19(10, 
celui de M. 0. Paris, ditns les numéros de maî-juiu de la même 
année. 



! 
1 

I 



Le Géi'ant resfWnuil/U : P. U/lmrlik. 



CONTES LANGUEDOUIENS 



iQ pioclL de Sant-Loap au pioch de Sant-Cla 



(Suite) 



III 



LOU MAU DE NAS 

PÉR L'AMIC J.-Hi OAUBERT 



l ^ei'a de moundê que naisaoun embé la cres|iina, Ti*i 'en 

I ^^nca pas atabé qirà sa naissença, quaucamariida masca 
*«ajbla i'avedre dich : — Tus^ faràa paa Marmanda. 

î^^ai^uested èra Batï^tou. Lou couoouiï^sé? pas, Batistou?., 
*- irava de soun paire per la testa: uDâ cloeca couœa un fema- 
^'^y ; sa maire Taviè aupelhat d'aco pus bèu : à faire se calcina 
^® jalousie toutes îoua asea de Valena; aous jols avièn pas 
Jâ-tuai poQScut anà do couieria, d^abord que l'un agachava 
■^arJ3 quand l'autre voultè veire Rouma; à n6u on dèch ana, 
**■ picota l'avié cruvelat couma una eartar» caalagnèira; e 



III 
LE MAL AU NEZ 

POUA LAMt J. -El. GALISBRT 

Sll est des gens qui ^laissent coifTës, il n'en maDque pas aussi à 
^^>i, le jour de Leur nnisaaai^ei quelque niaudite aorcldre semble 
*V<>ir dit: — Toi, tu ue feras [loint flores, 

D« cea deriiierB était Batiston. Vous ne le cotinAiitez pas, BaLir- 
**>u V l\ avait la t^te de son père : atie calioche comme uu tomiêlet; sa 
■*^^re l'avait pourvu d'nuiides oreilles: lîe quoi fnire crever d'envie 
*^tia las iin*B <în boia de Valeine; aca yea\ n'avaient jamaia pu Aller 
*^e coterie: Tu» regardait Paris, l'uutre voulait voii' Fouine; à neuf ou 
^ix «Qij la variole Tavait cKbIé comme uae poAle à ch&taignea; et 
XLiii.-^ Septembre-Oclobri? 190O, 25 




386 



CONTES LÀNGURnOClENS 



vejaqui qu'en agantant sous vint-e-cinq, i "Gapeligiiêt sus 
nas uDa espèça de boutouaot, d'abord pas ni tua ni vous, mes 
que pioi s'udèl, a'uflèt eans ioie : talamen qu^âuriàâ dicb dau 
paurû bigre qu'aviè, en mîtan de la âgura, uaa ûga, ude au- 
bergioa ou tout ce que voudrés, pulèu qu*un naa, Aco, pre- 
Bemple, lou desoundrava d'à-founs. 

Un malur vèn pas sans l'autre, Babèu, una gavachapas 
pouUdassa, 69 vrai, mes fresca^ g^arruda a bèu couUâi de 
car, qu*eD ju^qu'aladoutic i'aviè proti vouLountat, ton vouliè 
pas puâ counouisse^ ni per âgura ni par pintrura. 

Lou bardouiàs parlava déjà de â'atià ueg&. 

— BotaJ ie diguét Babarôt, aoun camarada fidèl^ fagues 
pas l'ase. De te negà t'apouncharà pa ^n fus, e ie sôràa tou- 
jonr à tema. Vaudriè mai qu'anèsaea à Mountpelhô veire un 
d'aqueles moussus de la Medecina. Guerissoun de la rougna» 
dau mau nègre, Ue patîu amai de coulîa, e vos pas que te 
gueriguèssoun d'un tpaasa de raau de nas ¥... 

Tant-i'a que Batistou repieutèt à Tesper, ecounvenguèroun 
d*anâ toutes doua au Clapàs. 



■ 

I 



voilà qu'on prenant sa vingt- cinquième année, il lui pouH«n sur le 
aa@ espèce de boutoD, d'abord ui cliair ni poiasoQ, m^tis qui, par 
suite^ enâa, entla sans mesure' ai bi«n que vous eussiez dit du pau- 
vre diobte qu'il avait, erami le mage, une Êgue, une aubergine, tout 
ee qiie vous voudrez, plutAt qu^un neK. Cela, par exemple» mettait Ia 
comble  aa laideur. 

Un malheur ne vient Jamais seul. Babeau^ ane gaoache point jolie, 
& la vérité, mais fraîche, et forte» et la poitrine rebondie, Baboau quii 
jusqu'alors avait trouvé Batistou Buffisamineui à son gré. Babeau HAj 
voulait plus le conuaUre m en figure ni en peinture. 

Le grand nigaud parlait déjà d'&UeiHe Qoyer, 

^ Va ! val lui dit Babarot, son camarade Edùle, ne fais paft l'âne I 
De te noyer ça n'y fera ni chaud ni froid : iï sera toujours tempe. 
Mieux vaudrait aller à Moutpeltier voir un de ces messieurs de la 
Faculté, lia vieeneot à bout de la gale^ du mal noir, de patad et' 
ite patata, et tu ne voudr^ia pas qi/ila pussent guérir un mal au 
nez de rien du tout?... 

Si bieUt que liatistou renaquit à l'eBpoîr, Kt ils convinrent d'aller 
tous les deux au Clapaa ', 



* Nom populaire de Montpellier. 



CONTES LANGUEDOCIENS 



387 



1 



I 



Pârtig-uèroun pas pus tard que reDdôman, amat que se- 
guèsse un divendrea* Ë, eatre souvU de la gara, as prumièa 
p&Bsea dÎDs la oarrièira Magatouna^ Babarot diguèt : 

— Moussu Ctiaplatout, que lou fan tant e tant entendut, 
demara perquînaicL.. Ah I tè^ vejaqui soun ouâtau. Monta-te 
]|)er veire dequé te dira. Tesperarai au café d'en fàcia. 

Batiâtou mountèt* Couma per un tèt d^asard, aquel jour, 
ï^aviè paâ trop g^randa fogade mouDde^ Atabé esperët pas glaire 
luai d'una mièja-ourada davans que seguèsae soun tour. E 
quand segtièt soun tour» moustrèt dounc sa bêla Ûga en 
couûtant couasi Lou mau ae i' èra mes. 

Dindineat diguèt lou medôci, se fasiè oura quâ ven- 
uessiàs^ camarada. Mes, malurous que ses, vesiâs pas 
a*aquel mau auriè pouscut vous nianjà touta ia figura?... 
Anlin, ie sèn encara à tems per l'arrestà l soulamen, sabès? 
i'apaa à dire moun bel amie, Jou eau coupa^ Una picbota 
minuta es \ë\x passada quand s'en dèu pae pus parla,., Anent 
'Vâu apreparà loua oustissâs. 



^ 



tlfl pai-drent dèa lel«[id«maiD, biâo que ce fût un vendi'edi. AusaitÛt 
hors delà gare, aux premiers pas dans la rue Maguûloae, Bnbarot dit : 
^^ M» Coup6tDut| dont on vante tant 1^ savoir» hEibite pur iat... 
Ah! tiens, voilà sa maiaoD. Monte, pour voir ce qu'il te dira. Je 
t'attenda au café, en face. 

BatiaLou rnoota. Far hasard il n'y avait pas, ce jour-lâ^ ti'op grande 
aflluence de monde. Auaai n'attendit-il guère fias d'une demi-heure 
avant d'être tntrodiùl. Et dès qu'il fut introduit* il montra ea belle 
figue et expliqua gomment le mal était venu. 

— Sapmti! dit le médecia, il était temps que l'gQ vuus vit, cama- 
''ade. Mais, tnalbeiireuil ce maUlà aurait pu vous rougEur toute la 
(ace!.,. EaÛD, il uest poi.ut eaaQi-e trop tard pour raiTètoi*: seule- 
tœbt, voue savez? il n'j a pua à dire mon bel amip il faut le coupei'^ 
Va mauvais moment est vile passé quand ua n eu doit piua parler. 
AIlcQaJ je vais préparer les instrumerits. 

Tout cela fut dit en frfinçaia. Or du français Batistou n'en a jamais 
oubiié mie : il duti saos doute» comprendre dta pour huo, toujours 
QBt^il qu'j[ SQ sauva sur-le-champ^ sans dire souieinaot: b6te,ea-tu là? 




388 CONTES LANGOEDÛCÏENS 

Diguêt Boo dîna soi^n fraucëa» Or sâ capîta qne, per lou 
friiticimand, BatJstou W paa jainai res dessoublidat* Saiqtte 
deuguèt couuipreiie jh per biô, Ion tout es que se sauvèt 
d'ausuta sans dire soulamen : béstia que Bîès nqui I | 

— Ab! parla m*en de toun Cbaplatoutl cridèt à Babarot 
qud Tesperava.*, Un poullt aââ ! N^avès pas de oasges à ie 
tène par que vous lous cope?«.. Lou diable Tempourtèsse 1 



D'aqui s"'t3nanèroun enco de Moussu Rasdet que demeura 
jout rEsplan£^da. Batistou intrèt tODrnamai tout eouI^ e tout- 
escàa s'aviè badat que lou medeci ie faguèt ; 

— Badinas?.., Voulèg que aiègue de-beaoïin de lou coapâf... 
Sa quaucun vous a dicb a(;o, pot pas èstre qu'un cûurdouniè... 
Tunèâ : vesèâ ben aquela bôutelheta ?..> À paa Perde res e 
pamerts ce que tèn vau soun pesant d'or. Preuèa^a, boujàa* 
n'en doua dégoûts sua voatrc nas, mati e vèspre, quJnre jours 
a-derré, e pioi retournas me veire. D^in vira, de man vou9 
lou vole derrabâ sans que vou 'o avisés. 

— Plèti? Moussu, 

— Una quinzenada, amai pas que douge jours, se eau. 



— Ah 1 parlôQB-en de ton Conpetout t cHn-t^îl à Babarot qui Tat^ 
lêndait. tloe fAmeuse bourrique î... N'aves!-vous pas dea ueE à lui 
pi'éB&atei' pour qu'il voua lea coupe ?*«. I^ diable l'emporte î 



De là^ iU aUàreDt chez M. Racletout, qui habite au bas de TEs- 
pUuade. Batistou entra encore tout seul chez le docteur, el^ h peine 
avnil-il flotr'ouverl la bouche, que celui-ci rariéta. 

— Vous badinez?,.. Qu'il faille le couper?... Si queb^u'un vous a 
dit cula, ce ne peut âtre qu an cordoumer.,,. Tenez! vûus voyez celte 
petite fiole? Elle u'a Tair de rien et, cependHut, ce qu'elle contient 
vaut gou peaanl d'on Prenez-la, veiaez deux gûuttea du liquide sur 
voire neK, matin et aoir^ et quinze jours de suite. Puîb revenez tne 
voir. D'un tour de main je veui. voue l'arrachËr sans que voub y pré- 
nie-A garde, 

-^ Plait'il ? Monsieur. 

-^ Udcî quiu^aine, et mémo duuze jours euffiroQt, au besoin. 



CONTES LANGUEDOCIENS 



3S9 



ëxa 



^ E cresès que sa derrabarà? 

I —^ Freaemple L., Vouiirièi be veire que Sft derrabèaso pa*l 

— Ca]>oun-d€'3ort I la poudèa garda, vostra salla besou- 
.! Vole pas q\ie se derrabe, entendes ?,,. Aimanèi mai 
nà fourra dtn9 lou Lez emb'unapèira au ûol d*on parel de 
*1^ l»itauâ... Adisaiàsl 

^âdBabarot,quel'e8perava, Tarreâtèsse pas,aai{]ue couririè 

—^ Eacouta, l'arresourièt Babarot, çaî sèii* çai sèn ! On 
^^"«^X'a i^aa toiijoup à s*acoumaudà dau prumiè cop, l'avèo 
^ ** ca ara lou faraou» Poutinga : quau sap se ie farà pas la cam- 
**^ t-w à toutea. 



^^ousBU Poutinga, el^ digtiètaiço: 

— — Ks pas iÎ3-be30Uîi ni de !au coupa» ni de lou derraba, 
***^^n&s tant soulamcn Ten^uen qua vous vau baîlà, fretàa- 
^*^ la'û Jou nas quatre ou cidq jours de fîta, davMîis de voua 
"^•^m-ichà, sièis îou mai, e^ boutas! touœbarà tout aoulet. 
Dises?... 



u 






Et vou» croyez qu'où pourra Tarracher f 

— - Par eieoï|de!. , Je voudrais bien voir qu'il De «e laîssât pas 

" — Tonnerre de sort! vous pouvez la garder voire sale drog^ue. Je 
veux pas qu'on l'arrache, entendez- vous ?.., J'aimerais mieux aller 
^ jeter daQa te I^z^ avec une grosse pierre au cou, , lioasoirl 
^i Babarot ne l'eiU yoïai arrêté au passage, sûrement il courrait 

^ — Ecoute, lui ropréseuta Rabaroti noua j aoinmoB, dûiiâ y eom- 
*^ô8! Ou ne s'accoiiimode pay toujourâ du premier coup, il uoqb reste 
^^core le fameux Droguetout Qui eaît s'il ae leuf fera pas )a pige 

• * 
^ÎODfiieur Droguftout, lui, parla aioaii; 

-^ Il n'est lieBdiii nî de le (?otiper, ni de l'arracher, PreneR tûiit 
Aimplcment roagunnt fjue je Vftîs vous donner, paasez-voua en iur le 
'*®*, avant de vous coucher, durant quatre ou cinq jour», bU tout 
*u plua. Kt soyez tranquille: il tombera tout ne uL 
" — Voua dites?,,. 



390 



CONTES LANGUEDOCIENS 



— Amai vole perdre moun ooum se n'fôti demora quand 
dis uuft bri&a. 

— Petard-de-petard t ses un ase, Toulès que vous hou 
digue î... Lou diable vous curèsse, voua e toutes lous autres, 
espèças de sabaruaus paa mai bons que per croncà lous sàus 
dau paure moundal .. Ânàs vous faire toundre, bourrisoût 1 

E fusèt couma un lamp, sans que Ûegns lou pousquèaae 
reteue, ni perreâous» nt per foutre ni moutre. 



Eh ben I achà9 dequVs pas quand lou destin v6u vira? En 
couriguent couma un chi-fol, s'embrounquèt à quauque caU 
hau, s*espatèt de tout souq long e s'abimèt lou mourre contra 
uu butat'ou. L*empourtèpoun à Tespitau, eatavauit a la lesta 
touta enaannousida. le demourèt per lou mens uJia mesada e, 
quand sourtiguèt, guérit d'à-founs, soun mau de naa agèt 
passai per malha. Couma aco'sîéu que voua hou dise, 

La ônii^ioun es que Babèu Ta mai vougut^ que se âoua ma 
rldatâ e que sabe paa s'auran fossa d^enfants. 



à 



— Et je veux perdre mon nom s'il «n reste une miette. 

— Tonnerre de tonnerre î voua n'êtes qu'un âne, voulez-vomt qnë 
je vona le diati!,.- Le diable vous crève, voue et tous voa coiifrèrea, 
egpèci^â dti sAvetiers, bon^ uDÏqucment potir croquer les bous du |>uu- 
vre lunnde!,.. Allez voua faire tandrct bourrique !... 

Et il i^artil comme un éclair sans qae personne pût le retenir, d'au- 
cune manière. 



Kh bien t voyez un [jûû de quQ c'est quand le Destin veut 
sourire? F.n courant comme un cbiên enragé. Batiatou heurta du piedj 
contre une grosse pierre, s étendit de touL aaa loug et s'iipldUt le mu- 
seau Bur une borne, Od l'emporta à l'hôpital, évanoui^ lîi tête eusHD- 
glaotée. Il y denîeura pour le moins un mois, et lorsqu'il en sortit, 
tout à fait guéri, aon mal au nez eut disparu comme par miracle. 
Aussi vrai que je vou-s le dis. 

[,n concliisionp cesL qtie Ftnljcau Vtx voulu de uouvoau, qu'ils sa 
sODt mariés, et que je ne sais pas s'ila auront beaucoup d'enfante 



CONTES LANGUEDOCIENS 

IV 

REGAGNOU 



391 



AU GAUAEU.DA PkVL AHAT 

^tîls vèlha d« N»dau e, couma aco se sap, lous cafés, a^iiel 
ï*^*-*-^»sG haproun paa de boiia oura. Atabé 'ncar-a i^ade mounde, 
^^i'^s lou pîchot cafetou de Pitanga, amai que se sarr© mièja- 

^r^'i'a pas, pôrdi* que tout ne siègue, d*abord que lou daniiè 
^^ t« messa sounarà lèu e que laus que sûun pas à la Capèla 
"l^.nca an g-atiditvers la glèisa; mes, per i*avedre la mièja- 
'-^^^<-i gêna, j'es, Niijtjeta, de l*auberja daii Liûun d*ûr, e Tisaoa, 
'*^** fatou de laa postas, al issata à-n-una partîda de damas que 
i^-'ïiai noun finir?, aoun loua soub d'aUulats; louâ autres, Cou- 
*ï^ianièla lou bouché, Patanegra lou maréchal, Borcagautas 
**^*^ raaaif^, Moussu Sentisabotas lou vièl gendarma retratat, 
^ X^itaoça lou tiafetiè» fan lou roudelet k l'entour de la bra- 

I CiïuQte es Goucûumèla, ae demanda pas qaau tèa lou let: 



IV 

RÉVEILLON 



POUR LR Oj^UARA^DR PAUL A.MAT 



C2'est la vmlle de Noël, Cocame chacun sait, ce jouMà les cafés ne 
*^**TBônt point He bonce heure. Auasî y a-t-il encore du monde dans 
*^ petit café rie PitrinL-e, bien qu'il soit près de minuit. 

Il n'y en a pas, pardieu biiea> à foison; le deroier coup delà raeese 

^^«.tit sur le point de aonoer, les homme» qui ne sont pas à la Chapelle 

^ta^Qche ae août déjà dirigés vers règliae ; mais pour la ctemi-dou* 

^î*tiie, elle y est Niquette, de l'auberge du Lion d'Or^ el Tisane, lo 

facteur dea postes, [«aasionoément absorbés dans une interminable 

partie île dames, ^ttnt les seuls attnbîés; les aiitresj Goucoumelle le 

nouciier, Pattenolre le maréchal, KbréchBJoiica le barbier» monsieur 

^•ïtabottea le vieux gendarme retraité^ et Pitance le limonadier, font 

côpcJq autour du brasero. 

'-^ ot se trouve Goucoumelb, ne demaudex pa« qui tieat la craK 




-ny? CONTES LANGUEhOCÎENS 

n*ra. pas que per el, E toujour ci iéu » : iéu aicl, iéii alai. iéu 
aiçOi iéu lou resta. Fiais que voug fai venî la testa oouma 
uiia oula. 

— Oui, Q^ en vaiic de dire, d'agnèls antau a*en tuga pas 
trege à la doiigena. S'aviàa vîattjuaïita poulida car!... E rou- 
ginousa^ eplena!.. amni tondra quâ seràt... Anân n*ai gardât 
un ^i^ot per iéu. De^ué trou I saiqtie nostra bouca es h& tant 
fina couma la ilo quaucun niii,e pioi, am&i se digpuâjoos cour- 
dountèa soun pa» toujour Ioub pus mau caussaia, Taiit^i*a que 
il^aquestâ oura es quiocb e dèu èstre darans lou ûoc à se 
mnntène tiau i. Qu^un cop souriigoiin de la meâsa ô, bûutiâ ! 
Roaa e iéu ie diren quiaonet, couma es vrai que ses de brare 
m'ounde. 

Niqueia, à-n-aquel mouoneti, bufa la darnièira datna de Ti- 
ft8na;ausi3 lou dich de Coiioouroèla. e^ douçamenet: 

— Di^a» Ti:<ana, roanjarîèa pas un talhou de gigot? 

— Ounte vas embé toun un!.., Saique atnal n'i^agëdse 
quatre !..~ 

— Iéu, tamben^ me aeintla qu'un parel de honas liscaa me 



choir: il n'y en a que pour lui. Et toujours « fùùl «<: moî par ci, moi 
par iè, moi ceci, moi le reale. On finit ]r.\r- en avoir la lûie comme 
un ]iot. 

— Oui, est'il en trniu de dire, des agne;iuï connue celui I A on n'en 
tue paa treize à la douzaine. Si voua aviex vu quelle joUe viande!... 
El roiigpf et ferme!... et tendre aussi qu'elle seraL.. Enfin, j'ai gard* 
un gignt pour moi. Que diable î ucttie [talajâ est iiiiâsi <téli^at qtte 
celui de quiconque, et puis, qur>i qu'on en dise, lea corduntiiera ite 
sont pas tuujouia les plus mzil chnussé». Tant il y a qu'à cette 
heure le gigol est cuit: mn femme Ta sûrement mis devant le feu 
afiu qtiM vente chaud. Qu^on aorre bientôt de la mease, et je vous 
jure bien (]ue Koae et tnoî uous lui diiona deux mots, aussi vrai que 
vous 6tes d'honnêtes g^ens, 

Niquette, en ce moment, souffle la deinière danae de Ti»anâ,il 
entend ce que dît Coneoumelle, et, à voix haase; 

— D»B, Tiaanc, ne mAngerais-tu pas une bouobée de gigot? 

— Où eVn VRs-tiii /Lvec inie boiiehêe !..> Quand bien tiiéoie il y en 
aurait quatre!... 

— Moi, «usai, il nie âemUle qn'uuQ paire do bonae« traochee ne 



CONTES LANGUEDOCIENS 39 3 

^arièn pas peu. Vos que nous faguen couvidà per Coucoumèla? 

— Te couvidarà couma plôu d'ôli... Chaval, nTauriè be per 
•e signa *inbé lou couide ! 

~ Cancagna per que nous couvide! Vas veire. 

S'anbourant d*au8îda, se sarra contra la brasièira^ fai un 
vira-revira de sas manadavans lou fioc, e, couma tout juste 
miëja-uîoch pica au reloge, se met à. dire : 

— Boudîeu ! mièjaniocb déjà? Oi, couma lou tems fila!... 
Dequé dises. Tisana, s^anaven veire d*alesti aquel lebraud? 

— Un lebraud? Avès un lebraud, vautres? toutes ie vènoun 
eu cor. Ghaval de boussut ] vous mouc;\3 pas embé lous dets, 
camaradas!... Saique hou dises per rire? 

— Hou disèn be per rire, mes toutara, à taula emb*el, riren 
be *ncara mai... Ah! mèstre Coucoumèla! tus creîriôs belèu 
d'èstre lou soûl à n'en faire de bons !... Bota, se ohaca cop 
que se n^es virât de la no:itra t'en pas soulamen toumbat 
qu*aD peu de la closca, pau ra cabossa , coussi séries 
pslada ! 

— Noum-de-pas-dieunes! couma dises, ses pus forts que 



me feraient pas peur. Veux-tu que nous nous fassions inviter par 
Coucoumelle ? 

— Lui?... il t'invitera quaad l.-i pluie sera de l'huile... Bon Dicul 
il y aurait bien de quoi se signer du coude! 

— 11 ne tieat qu'à nous d'être invités. Tu va» voir. 

Niquette se lève sur le champ, s'approche du brasero, se frotte un 
instant les mains devant le fiMi et, comme justement minuit sonne à 
rhorloge, il se met à dire : 

— Bon Dieul raÎQuit, déjà? Comme le temps passe!... Qu'en 
dis-tu, Tisane, ai nous allions nous occuper de préparer ce levraut? 

— Un levraut? Vous avez un levraut, vous autres? s'exclament-ils 
tous à la fois. Ah! les gueusards! vous ne vous mouchez pas avec la 
manche, camarades !... Ne le dites-vous pas pour rire? 

— Nous le disons bien pour rire, mais tout à l'heure, à table avec 
le levraut, nous rirons davantage encore. Ah! maître Couooiiiuclle! 
est-ce que tu croirais être le seul à faire de bons repas ?. . Va, isi 
cbaquefois que c'a été notre tour tu avais perdu scMilcaicnt un cheveu, 
pauvre caboche, comme tu serais pelée ! 

— Nom d'uu petit bonhomme!... comme tu dis, vous êtes mieux 



^94 



CONTES LANGUEDOCIENS 



iéUf vâutres, au mens ioi. Un Iebraad?mè8 badinftn pi 
Ghanjarièi be per moun gigot, 

— Amai ne séries, pas la mitât d*unh.. Saiquo te dona 
legaT 

— Pofie pas dire de non. 

— Eli be! mèa, se vos, faren pacha: rai-t^en querre tonti 
gigot e meaclarân lous regagnou?... Ou â'aimes mai que pour- 
ten lou tout à toun ouâtau?.^, 

— Per m6lal as aqui uaa bona idèia*.. Sa dich : à toatara. 

— Dequé, toiitara?... D'auaida, & sans mai d'alônguls, 
sieupîèt. 

— Mes me eau be*sperà la ferma?.., 

-^ N'i^D quitarêti3ai>art,.* Terra I esperàque 80UPtiï;ouii,e 
tont-egcàa âe sotia lou dapoièl... Dequé disea d'aiço, Tiâ&iia? 
Vei pas, soulide, qii^avèn de dents d^uti p^n, 

— Pamens pode paaaans que Roaa... 

— Te dise que n'i'en quitaren aa part, mai? Quant d'arma- 
naca !... E pioi, moun ome^ couma voudras, Demouren couma 
èreu*.* Anî hota, Tiaana.-. 



loda que moi, vous autres, aujourd'hui du rooins. Un levraut? Ça 
n^eat pas de la petite bière. Je Téchangerais biea contre mon gigot, 

— Et tu ne seraÏH pas la moitié d'un imbëdle... U te fait en vie , 
je gage? 

— Je Dô penx pas dire lecoatraire, 

— Eh bien! mais, si la voux, on peut s'entendre: va prendra ton 
gigot, hûuB réveillontierotiB en commun... 6u, ai tu Taîmea mieux, 
noua pûi*leroDS tout chez loi?... ■ 

— Par ma foi ! voilà une faïuetiae idée !... C'est dit : & tout à Theure. f 

— Comment, tout à L'heure?... Imrnédiatemeatr eaae plus de centeët 
e'il te plaît. 

— Mais îl faut biea que j'attende la Temme?.,. 

— Nous laisaeroûa sa part... Fiohire! attendre U sortie de la messe, 
et c'eat à peine si Ton soune le dernier coup?... Que dis-tu de ceci, 
Tisane? 11 no voit pas, bien adr^ que nûua avons des dents lôtjguei 
d'un empan. 

— Gepcndaut je ne peux guère sana que Rose..* 

— Je te dis que nous liiia-^crona aa partp maï? Qiio d'hiatôifesl. 
Et putB, uiou aiui, à ta guii)i>. liestouâ cutuue nous ûtions... AHoukI] 
Tiaane. . , 



CONTES LANGUEDOCIENS 

•^^ Quâ se fourre ! me décide. Vous fai paa res qu'hon zn&n- 
^^xx k Toustau? 

Au cûQntràri: le aeren pus tranquilles qu'à l'auberja. 

L«oa lebraud es peîat e tout. Yau dire à ma maire de lou mètre 
^ X*âste^ d'aleati lou saupiquet e d'hou manda tout â toun 
oustau. Dins l'afaire d'una mièja-ourada ^ lou tems de toueà. 
lo 1:1 pouB au gigot, e sera leste. Foudès vous avança. 



Pamparigousta es un pichot vtlajou baatit aua lou pèd d'un 
s^Tre* En bas passa Jou grand cami que fai la pus long-a e la 
piaa pouUda carrièira* E d'aquel cami partiasoun, per mountà 
^x-ech vers Ten naut dau vilagfi, quatre ou cinq carriéiretas. 
C>« maniera que, Fauberja dau Lioun d'Or estent sus lou 
&r^iid cami d'iina man^ e de l'auLra man l'ag^ent la Carriêira 
Nova que ie fai vis-à-vis, dau raitan d'aquesta carriêira» 
ounte es Toustau de Coucoumèla, se vei mai*q(ie-ben la porta 
*^^ l'auberja. 



" — - Ma foi, tant pis! je me décide, Ça ne vous fait lieiï que ûOui 
^'^^Qgiona à la maiflon? 

^■^ Au cotih'fliriî, nous y serons plus tranquilles qu'à l'auberge., I^ 

^^faut est écorchè et vidé. Je vais dire à ma mère de le mettre â. la 

^Q<*lie, de préparer Iq fiaupiquel et d'envoyer le tout chez toi. Dana 

^^^ica d'une demi-beurei* le temps de iâter le poula au gigot, tout sera 

****^t. Vûu« pouvez prendre lea devaûta. 



^amp^rigouBte est un petit village, bâti sur le ^lied d'une colline, ëd 

^^a pas^e le grand ehemia: e*eaE la plus longue jet la plus bçlle rue. 

~^^ ce chemin partent quatre ou cinq ruelle* qui moatent, en droite 

*&He, vers Is haut du village. De sorte qii«, l'auberge Hii Lion 

** Or étant sur" un tàiè du grand chemin et faisant face k l'eatrée de 

^^ '•ue Neuve, on peut fort bien, de la maison de Coucoumelle ailtiéa 

'^^ïis cette rue, voir la porte de l'auberge. 

Kiqneîte est donc passé chez Itii. Il a dit ce qu'il nvnit k dire à 
Catherine, ï.i servante. U a i-ejoint les autres. 

lU %ùnX attabléfl, maintenant, lia ont grig^notté quelques petites 



19 



Niquet 



ft es 



[lire 



CONTES LANGUEDOCIENS 

1ounc passât à soun ou^tau, A ^ 
â Câlin, la serviclalaf e u. rejouguegut 



u 



J 



devm 
autres. 

Ara sonn ataulats* An engoulit [lerquinaqui quaucas «e 
rimballiaa: d'oulivas, desauuisaot, e deqfu) aabô iëu? Cou&i] 
mêla ven de découpa lou gigot 

— M'en anàs dire de nouvèlas, fai. Agachis s*aQo's bèu 
Tè ! Niqueta, fai-me lum â,-a'aqtiela liâca, © tua* 
arra{)a-te à-n-aquel talhoii... Ëhlse?... 

— Mûun orne, es famons, 

— Quand afourtisse qutcon, boutas, ei paraula d'dvan 
Vous hou avièi be dîoh? 

— Piques! quanta boa mousaèl qu^ea aîço ! 

— Entancha-tô d'acabà 'quel que la tournarà^. 

— Oli î soulide : série be'ii pecat de a'aprestà tant lêu 

— Vous geinéa pas, au mena. Vesés que n'eu luanca pi 
E patin, e cQuân« Coucoutnèta, que s« réserva per I 

lebraud, faî pas que barjacà entraraen que loua autres sol 
afecîouaatâ au traval de las dentâ. De-aegu saboun lou 
verbe : « Toula feda que biala n 



i bèul 
TuaJ 

angàj 




choftâs: oUvee, B&ucisson.que 9aîa-j«? Coucoumelle vient 
le gigot. 

— Voua allez m'en donner des nouvellesj djt*iL Voyez si o^ 
beat]!.., Tiflaa, NiquDtte, faia ud peu danser cette lèche» cl 
Tisane, atlelle-toi à cette tra^nche... Eh bieti?. .. 

— MuD amî, e'eat délicieux. 

— Quand J'itflsure une cho/^cï, aU^K, c^^eat (tarole d^évangile. Je v j 
l'avais bien (iit. 

— HigTii! quel bon moreeau eàtceci? 

— Hâte-toi d'achever côluL-là: ta repiqueras, 

— Oh ; aûi'ement: ce serait Uî&n péché que de «'arrêter aitût 

— Ne voua gênez pas, au mùinu. Vous voyez qu'il n 
quâ pai. 

Et ci, et ça. Coucoumelle, qui ac réserve pour le levr:iut, iie~ëi 
de babiller^ cependant q\i& h& nuLiea a affu^tiuiriueDL uniquemen 
travail des mâcboiree. C*eat qu'îU conuaiseent le proverbe : « T 
brebis qui b^le perd un coup de dent. ■> 

— On y eit, on y eat! dit Tisane, je faia eomtne si j'cîlais 
moi... Ëb bieaf et toi, Coucoumelle? 







CONTES LANr.UEDOClENS 397 

*- le sèn^ ie sênl dis Tiaana, vau faire coama à tuoun 

ou&tau... Eh! be, û tua, Coucouoaèla? 

— Manjà.s, manjàs. iéu, âabèâ? la vtanda de boucharîè n*ai 
iè 11 un prou- 3e eau, manjarai un paiic mai de lebraud. 

— Aco Varregarda ; iéii toujour le tome ; e tus, Niquetaï 
^- Fai tira, te tendrai pèd, vai I 

Pamens de mousâèl en talbou, lou gigot s'entaocha. 
^Sonaua paac Catin, per veire ouDte ne soun» disNiquela 
êi, Coucaumèta, 

AquâSte ae met sus la porta e brama: 

— tt Catiu !.*. CatinL.< 

-^ De^ué voulez? rebàca la aerviciala. 

— »> Aquel lebraud ?„, 

— » Lou lardoun. » 

— Vai ben, aou-dis nostre bouulio, riu:,se friant ias manB ; 
vousfaguéâ pa:â de marrit sang, mous enfants^ sera lèu prèstê. 

Ce qu'empauha pas que vén pas vite. 

— Se me crese3, Tisana^ dis Niqtieta deapaclenlat, fanarès 
querre tVuu cop dâ pèd ; autramea aç[uelasfeimas noua farièn 
v^eni cabras, E boulèga-te. 



-^ -MaDgcEi mangez. Moi, voua «avez? la viande de boucherie» j'en 
uae telleïiieiit !... Je niflagerni ua peu ^lua de levraut, si c'est 
tiéceasaire, 

— Cela te regarde; moi, j y reviens ; et (oi, Niquetteî 

— ' Va de Tavantj va, je le auis pied à pied, 

^<^ moins dâ morceau en morceau le gigot tire à sa fin. 

Appelle Cathcriae^ pour voir où elles eu sont, dit Niquette à 
^ucoumelle. 

^^lui-d ee met sur le pas de sa porte et braille : 

'* Catherine !.,, Callierine !.,, 
"^^ '» Que voulei-vQua? répond la servante. 
"~" •» Ce leviatit ?,„ 
"^ » Oa Je passe au lard,,- » 

*^ Va bioa, petite noire boucher, en ne frottwtit les mains; ne 
*^u« fzijtea pas de mauvais aang. mes enfants. Il sera bî^utôt prêt. 

^®*«iinûin8 il ne vieut pas vite, 
i, "^ ^i tu m'en crois, Tiaaue, dit Niquette à bout de patience, tu 
, *• t^reudre d'une enjambée ; sinon, <îea feoiiuee noua feront deve- 
"■ *^èvresf. Et garde-toi de lambiner. 




39S CONTES LANGUEDOCIENS 

— Ghaval I dèu ben èstre gros, vèn Coucoumèïat quand 
Tisana es partit^ qu'encara siègne pas quioch î 

— S*fis gros, dises?. .. Imagina-tô que quand Mattira loa 
pourtava dins soun sac , ier, oYen creaièi doua... DevigDa 
quant fat ¥ 

— Betèu cinq liâuras* 

— SièU lieuras manca un quart, car de cavilha. Bota, &e 
Taimes, poudràa ie faire toun ome,*« Ah I ça, mes, deqaé tron 
fourra Tisana?..» 

Ë Niquetai à son tour^ de dessus la porta, crida: 

— Tiaanaî... hôu !-•. te catjdrà veni quorre, tus atabé ? 

— Foutrau ! me brulîe,.. Vèui pourtà lou saupiquet 
mens. 

— Vènfl, 



E vejaqui I ., Eb pas de-besoun de dire se se faran es] 
loung-tem&p nostres galapians. Es de creir^ mêmes que li 
aran passa Pascas, antai la Tnnitat. 



— Sapristi r fait Coucoumtlta, dé» que Tisane «ftt parti, il doit être 
grofl ca li^vraut : pas encore cuit^.,. 

^ S'il est gros, dis-tu ? Imagiae-toi que lorsque Mature le porUit, 
hieft je croyaia bien qu'il en avait deux dans sun sac.,. Devine quel 
poids ? 

— Peut'être citiq livres. 

— Six livres moins un quart, pelé et vidé. Si tu raimea, mon ami^ 
tu pourras t'eu douner à cceur joie. Ahl ça, mais, que diable fait 
done ce grand tanteraier de Tisane? 

Et Niquette, k son tour, sur ie seuil de la porte, crie : 

— Tisane... ohé!... faudra-t il venir te prendre, toi ausei? 
^Eb! farceur t. .. je me brûle, , Viens porter le saupiquet, au 

moins. 

— Je viens. 



Et voilà !... Pa« n'est besoin de dire s^ils se feront attenrlre long- 
temps, nos deux gueuaards. Il est mftme probable qu'ils Uisaeront 
paaaer PÂques, ainsi que la Ti-inite, 



CONTES LANGUEDOCIKNS 399 

V 
LOUS CHIS AU PARADIS 

AD SAUTA-BOCS HATIBU CARLBS 

Yejaqai qne quand agèt rendut soun ama v dans les bras de 
ton chien », oouma dis la caDsou,Sant Roc,touJour seguit dau 
fldèl animau, s'en venguèt tabasà à la porta dau Ciel. 

Sant Pèire doubriguèt. Au coullèga faguèt d'aculs à n*en 
vos aqui n*as ; mes, — lous pourtiès aimoun pas lous chis, — 
quand 8*agiguèt dau coumpagnou, barracal i*agèt pas plan de 
ie faire ansi 'na resou. 

— Fer veire, disiè soun n-èslie, lot: pode pas quit&defpra : 
série *na grossa oounoiença. E pioi un sant Roc sans soun chi 
semblariè pas de bon, que diànsis î Es couma 8*on parlava 
d'an sant Pèire sans claus!... 

- Ta I ta! ta ! tout aco 's de contes. Lou Paradis es pas 
facb per las bèstias. 



V 

LES CHIKNS AU PARADIS 

AU SAUTB-ROCHERS MATHIEU CARLBS 

Voilà que quand il eut rendu son âme « dans les bras de $on chien », 
^^ooune dit la chanson, Saint Rocb, toujours suivi du fidèle animal, 
^k '*eD vint frapper à la porte du Paradis. 

Saint Pierre ouvrit immédiatement. A son confrère il fit toutes 
^^ ortes de grâces ; mais, — les portiers n'aiment pas les chiens, — à 
-^^égard du compagnon, bernique ! pas moyen de lui faire entendre 
*^ai8on. 

•^Voyons, voyons, disait son maître, je ne puis abandonner ce 
^sanvre serviteur dehors : ce serait un cas de conscience. Et puis, 
^■ans son chien, saint Hoch ne serait plus saint Roch, que diable I 
^"est comme si l'on parlait d'un saint Pierre sans clefs !... 

— Ta ! ta! ta ! tout ça c'est des mots. Le Paradis n'est point fait 
^ur les béte». 



400 CONTES LANGUEDOCIENS 

— Terré!*.* vous hou disèsî*., Emb*aoo que aant Mata 
çai fn pa3 soiin lîoun, sant Jaa bûud agnelou, Ant6uL soun 
poucèl e dequé Iron aabe iéu!.., Moun chi vau tout «quel 
bestian. 

— Pas tant d'uleluiàa, voas dise. Loua chîâf loua pode pa4 
senti- 

— Belèu aimariàâ mai un galî... 

— Cousai?,,. Aurîàs pas un er» pcr a«ard ?... Intrarà pas» 
quand me aannèasoun J... 

— lutrarà, quand perdrjèi moun noum l 

S'acQ daràasâ encara unbri^u, ^ carcagna^ tus! carc&gna, 
iéu I — fuu-mé ! d'una par» ula à Tautra las cauius aurièn rnaii 
virât. Per un be[i de pas, passèt Noâtra-Segne. Esooutèt lou 
dire (l'un cbacuii e^ ôn-fiimla,es à sniit Hoc que dounèt. drocb. 
Do matùùra qu'itqtie&tejou cap ievat^ embé aouu ehi, la coueU. 
en J'eTf faguèrouii una Inlrada ei^fietaclous^ e triounâanta, 
âiilrameu que saut Pèire aloaugava doua pau de nas. 



Tout ae aap* Lou diton de ta countèsta daa dout^ santa s'es^ 



— Oui-dè?.., c'esl V0U9 qui le dites J.„ Avec ça qwe aaint Marfi 
na pas ici son lion, saint Jean son agnelet^ Antoine aon pourceau^ et 
que 9Aia-je donc, inoî !...Monchiea vaut tout cû bétail-là. 

— Pas tant de pbrasee, je voua dis ; les chieoB, j« tie poux paa 
les souffrir. 

— Peut âtr« un goq vous plnirait-il davantage?,.. 

— Commeot?''. auHâz-voua le front de vo\ii moquer de moi, par 
hasard?,,. M n'entrera pas. dût-on me 4aiguer!.„ 

— * il entrera» duBsé-jej perdre mon nom !... 

Si le grabuge eût dun^ un inonient, — querelle, toî ! querelle, mol i 
>— par ma foi, d'une parole à l'autrp, l'affaire aurait ptis une mau- 
vaise tournure* Heureusement Notre Seig^neur vint à passer, tl 
écouta lea dires de chacun et, finaîeuient, c'est à aaint Roijb qu'il 
donna raison. Ue sorte que celui-cJ« iêiQ baute, el i*m chien, la 
queue en Vmc^ firaiit nne entiée sensatiynneUfl et iriomphAJe, cepeu- 
daut que saint Pierre allongeait un nei: de deux [ûeds. 

Tout ae aalt. Bientôt 11 ne fut bruit partout que d« la dispul« mtr^ 



CONTES LANGUEDOCIENS 401 

pandiguët eD t&ca d'ùli. Sus terra s'en parlèt amai 8*en âes- 
parlèt. Ënco das chiâ âustout, iVgèt un rêvaladia dau troD. 
Talamen quô s'acampèroun toutes, e que* loua uns après loua 
autres ou mai-que-mai toutea ea^emble, metèroan sa pelha à 
la bugada. 

-^ Oui 1 SaQt Péire a mancat TeHcola. 

•^ le oau voutâi una agairada. 

— Caa TaDà faire charivari. 

— Ta pas res couma de dinamita... 
E patatiD^ e patatan. 

A la perfin, un gros dôgou, uoa forta cloaca, prouôtant 
d'un moumeD que lou bourlls mainava, se Œ&tèt sus ud buta- 
loui SQurtiguèt ud papafard, toussiguèt, Diâôt, escoupiguèt 
e cridèt : 

^ Ciiozliens^ a'agis pas de lantemejâ. Escoutàâ ce que lëu 
prepause : « Toutes loui chU de la cbiaarièj acampata en 
ÂBsemblada ge&erala, voloun de coampHmens estrambourdata 
au grand saDl Roc qii*a tant ben aparat ^ous dreehes, e deci- 
dounde ie manda cinq delegata per i'oufri una medallia rt^mâm- 
bradouirai croumpada en souacricioun publica* q 



vetiue entre lea deux sainU. Sur terre on en raisonna et même on en 
déraisonna, Cbez l^s cbiens surtc^ut, ii y eut une effervescence iodeij- 
cri[.UiLb]e. A tel point qu'ila a'aesemblèretiti et qu«, les un? aprûa 
IçR autres ou simultanément le plus souvent, ila émirent tijus leur 
petite motion. 
^ Oui l Saint Pierre a manqué le coche ! 

— Conepuona-le d'importance J 

— Allons lui faire charivari 1 

— U n'y a rien comme une bombe de dynamite... 
Et patati, et pAtata> 

A la fin des fins cependant, un groa dogue, une forte tète, pro- 
fitant d'un moment ou te vacarme faiblisBait, se jucha sur une borne, 
déplia un grand papier, touâsa, reniâa, cracha et cria : 

^ CitoUienSr il ne s'agit point de lanterner. Ëcoutez ce que je 
^yropaee : v Tous lea chiens de la chien té, r^nnia en Assemblée géné- 
rale, votent (tes remeroiemetitB enthousiastes au grand saint Roch^qui 
a BÎ bien défendu leurs droits. Us décident, en outre, de lui envoyer 
ànqdélégruéa, cbargés de lui offrir une médaille commémorative, 
achetée par aouacription publique, n 



4 02 CONTES LA^*0t]ED0Cl£^5 

— Aubé ai> qu'aco's parlaU,.. Bravo! bravo I bravisslmo 
Viva saut Roc ! 

L'eacaufèstre s'amaisEiDt lèu, la moucioun â«guèt adoutada 
par lou bîaU de très japadissas & loua dolegats desîgaats : loti 
d6gûa couma de juste, un chi de pargue, un casgairot» un 
^roâ ooucàrou e lou daoâs d'an cafôtiè. Pioi se pocbegète se 
B6uii€gàt per la medalha. 

Quand tout aeguèt teste, perquinaqui ioch jours après, 
endimenchata couma d'amelliès ûourïts, Qostres delegats 
etireguèrouQ lou cami dau Ciel, Vejaqui lous davans la porta. 

— Holi I fai saut Pèire, quau i'aî 

— Siao, sou-dig^uÈt lou dèg-oii que faaîè la Eenga, sian una 
deputacioun do chis. Voudrîan iotrà tant simplamen par 
rematre a sant Roq una medalba que se Tes oufrida* 

— ^ Âh I ie mandoun de medalhas f... Eâperàa que vous vau 
doubri. 

Mèa gntre el ae marmouUguèt : i< A.ici mouE revenge qu*ar- 
riva. S'introuUi vole be que la testa me saute J » 



« Ah l bïeti, voilà qui est parlé t.. . Bravo 1 bravo T braviâsimo I Vive 
«aiDt Hoch 1 

L'exaltalion une foU tombée^ la prapo^itiûn fat adopUc par troia 
aboiâmsnU Bucceaeifs et les délégués désignés : le dogue, Cûinme de 
Juste, lin chiea de montagoe^ uq chasseur^ uu groa vagabond et le 
daDoîa d'un cabaretier. Api'ès quoi, chacun mit la maio à la pachc^ et 
les SQUB a'empilèraiit pour lacbat da la médaille. 

4 m 

Lorsque tout fut prêt, environ huit jùura jdus tard, «ndimancltéa 
cotume det, auiaudiers en fleurs, nos dél^égués enSlérent le cbeuiÎQ du 
ParadU. Lea voici d«vant In porte. 

— Hoîi? iotcffoge saint Pierre, qui va là? 

— Nous socDEiieaf dît le dogue qui faiiiait langue au nom de tous, 
nous S!ji)iTne0 iioe dopulKlion d^ cbîrii^. >îouâ voudrions entrer tout 
«implemeutpuur remettre à saint Roch une médaille qui lui est oflerle* 

— Ahl.„ OH lui envoie des inédaillee?.*. Atteodez, je vieaa voua 
ouvrir. 

Mais à pîii'L soi, il murmura : *t Voici ma revanche qui arrive. S'ils 
4:ntreut, je veux bien qu'on me eoupo la têtel u 



I 



CONTES LANGUEDOCIENS 403 

— Pa-ha I... pQ-hn 1. . faguèt entre doubri : deqa'es aqnela 
carougnada?... Série pas YantreB, par asard, que podiriàB, 
monsaus das Chisf... 

Aqaegtea, plantais couma de cigàrous, 8*arregardéroun, 
embaboachits. 

— * Oiftronl emponisonnàs mai qu^un rat mort 1... BoQ*ai t... 
Ânàt-Toaa en lava, ooullègas. Es pas antau qu*on intra, aici 1 

Monqnets ebèfls de l'afrount, lous chis s'enanèroun netejà 
daa milhou que pousquèroun ; mes, vai-te*quei're 1 quand 
rerengaèroany sant Pèire, en se tapant lou nas, oridèt tourna 
cooma an avugle : 

— Boadieul... bèhl... lapudissinal 

E couma en se niflejant Pun l'autre deuguèroun couveni 
qae, dau rebous dau mourre, i'espelissiè'n perfum pas das 
pus catonlics, se reyirëroun, aurelhas bassas e couetas entre 
oambas. 



Ah 1 me digàs, lou grand crèva-oor quoura, davans toutes 



— Pouah!... pouah!... fit-il dès que la porte fut eotr'ouverte : 
qa*est-ce donc que cette charogne V... Ce ne serait pas voua, par ha- 
sard, qui pueriez, Messieurs des Chiens ? 

Ceux-ci, plauté» comme des cigares, s^entreregardôreot/ bouche 
bée. 

— Ah 1 tonnerre, vous empoisonnez plus qu'un rat mortl... Bou- 
ait... Allez donc vous laver, collègues. Ce n'est pas dans cet état 
qu*on se présente ici 1... 

Confus et blêmes, sous Taffront, les chiens allèrent se nettoyer 
du mieux qu'ils purent ; mais, va te faire fiche I quand ils revinrent, 
saint Pierre, se bouchant le nez, cria comme un aveugle : 

— Bon Dieu!... bèhl... la puanteur! 

Et, ma foi I en se flairant l'un l'autre, les chiens furent bien forcés 
de convenir que , des antipodes des museaux , émanait un parfum 
pas des plus catholiques. lU s'en retournèrent, oreilles basses et 
queues sous jambes. 



Ahl qui dira le graud crève-cœur lorsque, devant tous les chiens 



^0^ CONTES LANGUEDOCIENS 

lous chis ç[u'6sp«ravoun en àocîas,lou dègou eeouUètlou mau- 
avângut âé sa mUaîouu, Pametis degus au&èt pas leva lenga 
tant toutes se sentissièn faiitibîea dau mémo pccat. 

Demouravoun aqui, ravita «n broeaa, quand un loubet pren- 
guët ranttèna : 

— E tron ! de se dâscouosoulà» acos apounchapasun fus! ., 
Me sembla, seloun moun picliot aentimen, que farian milboa 
de trouva 'n estèc per guéri lou mau. 

'- Ea vrai L,« Âvès reaou : parlas t. «« parl&al 
— Ta ma mèstra, unapersinetaensucrada, qu'a Bas dentsqtia 
s^apourridisaouD. Lou mati, tuga las mousqaa de vint paaaes. 
Lou vèsprÊ, à Tencountràrii en Tâmbrassant soun galant le 
dis: i Vostra bouca e», mignota, un brout de jauasemil u 

— Presemple ï,„ e coussi pot faire?,,, 

— Sant-fou Iralas&es t... la perfuma? 

— TèK.,.* veja.,,. i^avian pas pensai!.».** oî t d'aquel 
vènti 

E d*ausida chacun vouguèt enaajà de restée. S'embatu- 
mèroun de perfums toutes loua rôdons que catiè. Faguèt \in 
efèt dan trou de Dieu. De l'aTis de tout lou mounde, Sant 



qui attendaient aûxieusement, le dogue dut narrer le désastre de «a 
miBaioD. Cependant personae n'oaa dire mot, Unt tous ae Benbaiept 
en état d'identique piïcbé. 

lia demeuraient là, changea en bûches, quand un loubet reprît 
l'anlLeaTte : 

^ Et tonnerre ! se déBoler, ça ne fait paa tourner fu«eau3tt,.. 11 
me semble, à mon humble avis, que nous ferians mieux de chercher 
quelque remède pour guérir le mal dout nous sonâ'roDfl. , 

— C'est vrai L., il a raison : parlez !.♦. purle^ î, . ' 

— J'ai pour aiaîtrN^BseuDemîJLiurëe aucrâede qui les deata ae carient 
de plus en plus. Le matin, elle tue les mouches à vingt pas à la 
ronde. Le soir, au contraire, dés qu'il l'embL'aaae aon galai:itlni soupire; 
n Votre bouche est, miguoDue, un bouton de jaamin. « 

— Fareiemple!,,, Et comiaent peut-elle donc faire?,.» 

— Saints DÎguedouiileal»». elle ae parfume. 

— Té I vél,,. noua n*j avions pas songé !.,. oh 1 de ce m&lîn I ♦. 
Immédiatement chacun voulut faire essai du remède. Us a'emplà- 

tcÈrenl dio parfuma toutes les parliea maladea. CeU produisit un effet 



CONTES LANGUEDOCIENS 4 05 

Pèfre poudriè pas faire 80130 refastignous.Suâtout estent couti- 
VGDgut qu'on emplegariè pas mai que d'encens : se creirlè 
d'èatre en quaucaproucessiouD* 



Pas pQB tard que rendaman, nostres Hambards d*emba9- 
ac^doaa* en quau s'èra ajustât., perlou ben grameûià, lou cht 
de la peraineta enaucrada, a'adralhéroun mai vers lou Para- 
dis, cafîts d'encens coiima se den* 

Malurousamen perelesSant Pèire èra avisât de tout. E 
coiima 63 lin ratie pignastre, vouguèt pas que aegiièsse lou 
dich que lous chis iûtrarièn au Ciel. Prenguêt adounc sas 
pT-ecaucionns. 

Tant-i*a que, tout en caminant, — dran-dran, ^— à-n-un 
crouaadou, loua chïs s'endevenguèroun cap à cap emb'una 
^^hinota, escarrabilhada que-tout-ple , acassada couma iina 
Qôvio, poulida couma nn s6u, l'iol vieu» nas reiouasit, e Tanà 
mai atnûurous qu*una cata en febriè. 

— Dindines! la farota maatda 1 diguèt lou lonbât. 



ineapêrë. Et ropinioa unanime fut celle-ci : « Saint Pierre ne pourra 
P'^B faire le recîii|e;Dé ; éUnt donné qu^on n'emploiera que de l'encenB^ 
^^ ^^rgira aûr^mêDt être à la procâ^aioû^ » 



t^a« plus tard que le lendamabi naa flambarta d'âmbftsaadeurs, à 
*ï^' 1*011 avait adjoint, par raaDière de remerciemeutr le chien de la 
'Mijaurée Rucvé^^ s'achemmèrent vera le Paradis^ alnta d^encena b,vl- 
t«ûl qu'il le fallait. 

t*ar malheur pour eux, saint Pierre était prë;'enu. Et comms c'eat 
^'^ rancucier teaFice,il ne voulut pas qu'on pût dire: « Leacbîena aoDt 
entrés au Paradis ,** IL prît donc ses oiesurcjs aa aouBét^nence. 

Tant il y a que* tout cheminantt — dran-dran, — noa chiena, 
arrivant k un carrrfour, ac trouvèrent ne» à nez avec une gente 
*^bi^anfitlet êveilti'e comme pas une, attifée comme une mariée, jolie 
^^Qime un Boleil levant, Tœil vif^ le nez au vent et Tallur^ amourauae 
*^ 'Jiiê ébatte en février. 

^— Obi la, IftL,. la faraude petite! ditle lonbel. 




406 CONTES LANGUEDOCIENS 

— Chaval ! à-n-ounte anàa, poulit pordigalhon? faguèt lou 
chî de cassa* 

— ^Âgéa pas p6u, madoumaiâèla, aièi aioi per voua apardi î 
oufriguèt lou chi de parg^ue. 

— Venès enjusqu'à moun oustau, prepauaèt Ion cafetiè : 
beiirés un deg'out <ie licou ? 

— Vostre amour, s^eaclamèt tou dô^ou, oh ! ma ponlida, 
sera Testèla de ma vida ! 

— ^Bota* murmurât lou coucàrou, se vos»*, sabe un amn- 
gadou L.. 

— Plètiî.., Bravea moiisaus, sèsben ounésteg» reboquèt In 
ohihota enfaguent aa cata-bagnada, en »e fadejaut, s'anjagna- 
gant, remenant lou cueu, pnttti, couân... SoolameD^ sabèst 
m'espèrouti, 

— Venèn embé vous, japâroun toutes couma un aoul orne. 
E zou ! afreacadets, aiinfrats, entrofouUts» afoiilatrita» mar- 

inouHguent de fadourti^es* d'aproumessEiat de catitnélas^ 
racoustairânt, la nititant^ L'alisant,3e friantd'ela anÛii, toutes 
la seguiguérotiiQ. 

Or, se capîta qu'aviea â faire eiub' uaa arrautinada que, 



— Seigneur!,, . Et où aîle^-vous aintt senlette^ genfil perdreau? de- 
manda le chien de chasap. 

— N'ayez ûitlle crainte, mademoiaelle, je suis \k pour voua proté- 
ger I gronda le chîea de montag'tie. 

— Ven«i doDc, »'il voua plaît, chez nous, proposa le cabaretier; 
voua prendrez uae goutte de quelque chose, 

—Voire ariioin\ ddclama le dCig^ne, 6 ma jolie, aéra l'étoîle de ma vie! 

— Dis^ insinua le vagabond, veux-tu"?.,. J3 sais jne câchatteK.. 

^- Plaîl-jl?... Mes bcawï Measieurs» vous êtes bien hoûn^tôi, 
repondit la petite chienne en faisant la chattemite, en tninaudant, en 
natgnardant, frétillant des feaseg, patati, patata .. Seulement, aavei- 
voiis?,.. l'on [n*attend. 

— Nous alloue avec voua, aboyùpent-ila en cbcsur, comme nu seu 
homme. 

Et, 2ou! empressés, allèches, palpitants, affolés, rnurmur&nl deaj 
fadeurSf des prouiesaes, des cafe^Bea, Vacooetant» la flairant, li 
cajolant^ se froUîînt d'elle cnfiu, t*Kis laauiyjreat. 

Or, ils avftîeat à faire à une rusév commère qui, dûmeut St5lée, le 



I 



CONTKS LANGUEDOCIENS 407 

aHçounada coiima oau, lous menèt tout drâch eu anfcr. E 
Satan, coiintent de jongà 'n marrit tour à aant Roc» loua 
embarrèt tj'aco pua bèu- 
L'amour es UDapêrdlcioun. 

Dâeempioi aquâljour, Eoita cbiâ de !a Terra e^pèrnim de- 
loagu lou retour de sons messages. Evejaqui per-dequë qaand 
uncbi ne rescontra un autre dVstrangè, rai a'asge^urà sua^ 
cop ae, per asard, sentîriè pas renc^os. 



W 



VI 

LAS PÉCHAS DE MAURAS 
{CONTE DE SANT-CLa') 

AU MAJOURAU, G. JOURDANNE, 

,, Jaquût, aprèa avedre êacoulat un prumiê cop 

I Tout loamuandû sap qu'à Cela î'a, cODtra la mai-, la mounUgnade 



» 



■3a«Da tout droit en enfer. Et Satan, heureux de faire pièce à B&int 
^ocb, les enfenna de ôiaîtresse fsçoa, 
L^&mour €Bt une perdition. 



Depuis cej&ur. leR çbiânB de la Tarrc attendent coatinaenemenl le 
V*etaur de leurs measagerB. Et voità pourquoi, dÛB qu'un chien en 
fenconlre un aulre qui lui est ètrani^er, il va a'asaurer aur-W-cliainp 
fti ce dernier, des fol«i ne fleurerait paa cotûtne encens. 



VI 



61 
LES PÊCHES DE M, MAURAS 
(OONTBDKLA SAINT-OLAIB*) 
AU FKUBaa MAJORAL, GASTON JOURDANNS. 
...,. Jaequet, après avoir une première fois vidé son verre, 
\iut le monde sait qu'il y a, À Cette, sur le bord do la mer, un 




40S CONTES LANGUEDOCIENS 

soun veire» aluaiâ.t sa pipa e bandit de vers las estèlas quaaoaa 
g>onladas de fum, noua eacullèt aqueata. 



Ta d'a<;o mai de quatre Qiatis* Av^ièi tout-êflcâBSeta una 
quinzena d'ans a fasièi banda ensembLe embë cinq ou sièis 
autres gotiàpous de moun tems, Arnaise ioi atrouvàs en-qutcon 
de tant bonaâ lamas e d*e?tampaB d'aquâl numerot, bou vole 
anà dire k Eouma de testas l Aurian sustoatfachsagat, magrat 
e pastenaga per lou dich de nouâ ben bourra lou fafach au 
despend de quaucua; e se» dau même cop^ fasian reni cabra 
aquel quaiiGun, noua vejaqui côuntents eoutaa de Pierres : lou 
rei aladounc èra pas nostre cousi. 

Lou pua lutrat de toutes encara, lou mèstre, lou que 

Sîint Cla. Lnus Celoria i'an bastit que-tout-pLe ds masets qu'apélomi 
cabanaij ou haraqueias. fô vaji paasà loii dimanche. Mè$ ea surtout per 
Saut CLa» en mi^ch d<} joUiet. que se ic fai la fèsta o que se n'i'flD codU 
de cmèias... Vou'n di*a pas mai. 



allumé sa pipe et lancé vers les étoiles quelques boufféee de fumée, 
aouâ conta l'hiiteire que voici : 

D 
» O 

Il y a de cela pUis de quatre mntmB, J avais une qitinxaine d*at)Dêes 
À peioe, et je faisais bande avec cinq uu aix autrea garneinentâ de 
mail fige. Si vous trotivex quelque part, aujourd'buit d^aussi jojeux 
lurons et de« vaunens de cet acabit, je veux faller dire à ftame, 
jambes en Tair ! Nous aurions fait le diable h. quatre surtout pour 
bien nouf^ bourrer In panae diix dépens de (pielqu'un; et si, par la 
même occasiDn, nous faisionB devenir chèvre ce quelqu'un, oh I a]or«^ 
noua êLioDs contents comme de» pierrots : pouf le coup, le roi a^était 
pas notre couata. 

Le plus habile de tous encore, le maître èB-matoiseries, celiu qui 

pâtit mont^ le Sslnt-Ciair. Sur ce mont, les Cettois ont bâti, à profu- 
sion, des TillsSt E^randes et petites, qu'ils appdleni cabanes oq barra- 
guetUs, C'est la qu'ils vont, pour ta plupart^ passer leurs journées du 
dinianche^cIcMais cV'StsurtoLiL u la Saîtit-Ciair^vifra la inî-juillel, qu'ion 
ftïStoîe cfi ïiarraquctlect qu'oii venconCu d<fjrili<;â.,.. je iieilis ricudcj^lus. 



CONTES LANGDEDOGIENS 



409 



8'atrouTava pa'n bougre ûcat de ie faire camb«ta en fèt de 
rasariès, acos èra lou paure Carairota que mouriguèt Tan 
de-delai. Oi! d'aquet tron de mîota!..» Ë s^uti cop vous enca- 
pava quicon^ auriè fach Marmanda et Mazamet psr n*arrivi 
ouDte vouliè. 
léu valièi pas mai que lou restant de la banda» 
Quant au moussu Materas de quau vole parla, èra un atiûian 
marchaud d'e&tofas. Âvië tant e tant raubat, iver coama 
estioUr à Jan ou à Guilbaume, sus lameaura â suâ la qualitat, 
que »*èra antau acampat mai de louvidorâ qu'un pesoulhous 
ûù lende^. Ëstacava pas per aco sous chis embi^ desaucissa. 
Quante cuiatou que i'aviè aqui ! Aviè quatre grands oustau? 
dins la vila, eh\ be, per ]*amour de n'en tira mal de rendan, 
demourava tout Tan soulet couma un coucut, dins una bara- 
<iueta aieuua par en amouïit dessus la Buta-Rounda*, Ë per 
«iemourà antau liontde pertout» car i'aviè paa aladouoc tout 

* Vîel fort ba»Ut per Vauban, sus lou revàs de la mounlagaa que 
regarda la mar e que soun nouai dis prou ss forma. 



^. 



vaît aucun rival capable de lui (ïonner le croc-en-jaiïibe en fait àa 

''^^^es et d'a&tuces, c'était ce pauvre Caramote qui mourut it ir a deux 

AEk«. 0ht de ee fîn renard!... Et lorsqu'une fois il s'était mis une 

i<^êe «D tète^ il aurait remué ciel et terre pour ea arriver à ees fins. 

Aïoi, je ne vailais paa plue que le reatç de la bande. 

Quant au M.Mauras dont je veux parler, ee soir, c^était un ancien 

'^ïE^rghaïad drapier, Il avait volé tant et tant, hiver comme été, & 

^^QD, Pierre ou Guilliiume» sur k meaure et sur la qualité, qu^il 

^v^Bit ainsi amaâeé plus de jaunets qu'un ponilleux n'a do lentea. Il 

^ attachait paa, pour cela, aea cbiena avec des eaueisBea. Quel BefTë 

K^ï^gou c'étaitl II poaaédait quatre graudea roaisonaen ville, eh I bien. 

P^>^ cupidité, à aeule fin d'en retirer un plus grand revenu» il habitnit 

^'C^Ute l'année, seul comme un coucou, dans une aienna barraquette 

'^-haut au dessus de la Butte-Ronde", Et pour demeurer ainsi leolé, 

^^r lea barraquettea étaient rares alora en cet endroit^ il fallait bien 

9.Ue Qotre lidrc fut attaché au£ bana graa aoua plua qu'un âne ne 

^*eetàun sifflet. 



* Viçus fori, bàtî par Vaiiban, swr Je vprsflut de la innnl&yiîie qui re- 
Stt^e la mer et duni le nom dïtaasez la forme. 



ITO 



CONTES LANGUE nOClENS 



êatacat à la moimeJa qu'un ase &-ii-un alblet. 

Dtréa pas oouma aautres disian quG^ d'eatramà qaicon de 
mati recatat d'un tal aarrapiastras, deviè èstre de pao benHaa 
oièl?.., 

Estudièren dounc Tanà de rome e ïious avisèren de dos 
causas: la prumîéira, que iWiè *n grand terrea à sa bara- 
quêta, e, dins aqiiel terren, dos famouaas pechèiras ; ta 
segôundafque mou«su Mauràâ davalava en vila* Teâtieu, chaca 
dÎBsate après soupk per se faire rasclà las gautas. 

Tablèren de ie brafà aaa pècbaa. 

E quand saguèrotin perquinaqul prou madurâtas^ un bèu 
di8Sâte,€ntram6n que lou rasairepelava lou mourre de nostre 
moussu, nautres landèren ie faire la barba k sas pechèiroa* 

S^isaven coumade gourgs, pa*n peu que noun faguèsse sOQQ 
degout quand i'arrivèreo. Es vous dire la set de segaire que 
nous afalhôucava e se las pèchaa agèroun la broda, D*uneB, 
escarlimpata sus las brancas^ d^ autres, d'escambarlous sus la 
paretquei'èra contra, zou, aici aèol tè I tus^tèîiéu : bourra-te 
que te bourraràs 1 Verdas ou maduras tout ie pasaava , 
a-derré. 



I 



Ne direE-'VOua pa« comme qoub diaions : mettre en Ueu aùr tûtit 
ce que pouvait laisser traîuer un pareil piace-oiailles devait être paiu 
bénit au ciel ?•,. 

Nou9 étudîÂines donc notre homme. Nous nou« avisâmes de deu^c 
choses : la (ir&mièfe^ qi^'^i y ^vait un ^snd terraittt attenaut À sa bar- 
raquctte^ et, d&iLB ce terrain, deux superbes pêchers ; la aeconde, que 
M. Mauras descendait eu ville^ l'Été, chaque aumedi apc'èa souper» 
afin de ee Aiire r&clef lea Jouab. 

Nous décidâmes de lui croquer toutes ses pèches. 

E^t quand elles furent mûres couçi-couça, un beau aamedi, cepeti- 
daut que le barbier rAtissait le museau de notre monsieur, noua, 
noits courûmes faire la barbe à ses pêchers. 

Noua étioDA trempés de aaeur quand nous arrivâmes : pas un 
cheveu qui n'eût aa goutte. C'est vous dire la soif de moissonneur qui 
aeus dévorait, et combien les pâcheKt^uretit beaujeu. D'aucuos, per- 
chée sur les branches^ d'antres, à crïlifoiirchon sur le mur voisin, 
zou ! nous y voici : k toi, à moi I bourre que bûui reias 1 verUs ou 
mâre«i toutes j paasaient, aans ex^^eption. 



I 



CONTES LANGUEDOCIENS 4 1 1 

Segnèren lëu sadouls e coumonls à las toucà *mbéloa det. 
Mes se poadîan pas n^entripà mai, res empachava pas que 
n^en faoiguèssen las pochas e D'enfurguèssen mêmes dins la 
eamisa. Ce que faguèren sans mai d'armanaos. 

Vai-te-querrel on es pas jamai tranquilles. Avian quasimen 
aeabat quand, tout d*un cop, zac 1 la porta se doubris e quao 
espelis?... moussu Mauràs. Amai lou bardot aviè pas delem- 
brat sa lenga au conissi : chaval ! coussi petava soun fouet I 
Entre nousveire, s'acoussôt de-vers nautres en nous agairant 
de soatisas. 

— Marrits augèts ! voulurs ! bregands 1 canalhas 1... 

Vos pas sauta?... oh! que si. Ëncambèren la muralha 
e... sauva 1 Soulamen Caramota, sabe pas coussi tron faguèt 
sa fatiga, se s'encrouquèt per las bi albas ou dequé, tant-i*a 
que roudelet de branca en branca e petèt d'esquinas as 
pèses de moussu Mauràs. Ë vous Taurié caugut entendre 
gingoulà 1 

— Ai 1 moun Dieu, ma maire ! sièi mort. 

Dau cop quitèren de trepà e^ casquilhats sus un roucàs, 
esperèren per veire coussi las causas virarièn. 



Nous fûmes bientôt repuB, à les toucher avec le doigt. Mais si 
nous ne pouvions en engouffrer davantage, rien ne nous empêchait 
d'en farcir nos poches, d'en enfourner même dans la chemise. Ce 
que nous fîmes sans autre forme de procès. 

Va-te-faire-lanlaire ! On n'est jamais tranquille. Nous avions 
presque achevé, quand, tout d'un coup, zac ! la porte s'ouvre et qui 
surgit?... M. Mauràs. Et même le bonhomme n'avait pas oublié sa 
langue sons le traversin : bon Dieu! comme son fouet claquait! A 
peine nous eut-il aperçus, qu'il se précipita vers nous en nous agoni- 
sant d*injures : 

-* Mauvais sujets ! Voleurs 1 Brigands! Canailles!.... 

Ne veux-tu pas sauter?... que si! Nous enjambâmes le mur et... 
sauve qui peuti Seulement, Caramoteje ne sais comment diable il fit, 
s'il s'accrocha par le fond desculottes, ou quoi, tant il y a qu'il dégrin- 
gola de branche en branche et vint s'étaler sur le dos, aux pieds de 
M. Mauràs. Et si vous aviez entendu ses hurlements !.. 

— Aïe! mon Dieu! ma mère! je suis mort! 

Du coup, nous cessâmes de courir et, juchés sur un rocher, nous 
attendîmes pour voir comment les choses tourneraient. 



* 1 2 CONHES LANGUEDOCIENS 

Oarâmota brama-va de-lon^a à vous faire galinà las c&m: 

— âecous] mourissa. Ma maire I... Ma maire l.<. adieu! 

— Dequ'avêsïdequ'avès? ounta voua sèa fach mau ?,.. fitii- 
guèt per iâ dire moussu Mauràs. 

— Aqui... Ai I ail... partout... Ai I... ai t ma camba l.«. oi ! 
de ma camba! 

"^ Mes atabé eau qvte voua manque un bout per sauta couma 
avès facb. Que diànais ! Vous aurièi pas manjat^ saique!, 
Per veire, ensajàsde marcha, 

— Pdde pas... Oh ! tiàni, pode pas... Au seûous ! au secoui' 

— Moun Dieu! se sera tugat e me îou faran pagà. Voulès 
que vous porte jusqu'à ma baraqueta? Prendréatm degoat de 
rhum, aco voua dounaràd^estoumac. 

— Oh! ouif moun brave moussu.,, perdou ! perdou !... me 
quités pa& mauri aici 1 

E moussu Mauràs, pietadous, — aviè âuatout grand pàu de 
3*en faire de frësses, — moussu Mauràs au»8èt p)&n*platiet 
Iou maiaute embé suèn^ Ioq panlevèt sas soua brasses couma 



Carsmote bramait cDDtiDuellemiïnt, à vous donner la chair de 
poule : 

— Au BBCoiirs ! je meurs I.„ Ma mfere !,,. adieu î 

-^ Qu'avez-vous ?qu'avez-voUB ?où vouiâtes-vouB faitdumalf...1aî 
dit euiin M. Msuras. 

— Là.... aïe ! aieL.. partout ! aie 1 aïel... Ma Jambe l... ob ! de 
ma Jambe I 

— Mais dUBsi^ faut-il qu'il vous manque un grajo pour sauter 
comme voua Taves fait. Que diantre î je ne vous t'irais pas mangé 
peut-être?... Vojons, essayez de marcher. 

— Je ne peux pas... Obi uod, je ne peux pas... Au accours î au 
secours! 

^ Mon Dieu I il se aéra tué el on me le fera payer. Voulez-vous 
que je vous porte jusqu'à ma barraquette? Vous preûdrejî «n doigt 
de rhum • cela vous donnera du cœur. 

— Oh î oui, mon bon Monsieur... Pardon I pardon! ne me laissez 
pas mourir îcil 

Et M. Mauras, misén^ordietix, —il avait surtout peur d*avotf des 
frais, — M. Maura» releva le malade Uicn doucement, avec les plaa 
grauds soiuB ; il le aouleva dans 3ea bras comme une tcodre mère ; 



CONTES LANGUEDOCIENS 



413 



uua boaa maire, pioi tout souscaDi e drînga-dranga, lou car- 
ragèt de soua niUbou de-vers sa cabaoai Paaaavoun davaiiâ la 
porta dau jardi, encara doubrîda, quand Caratuola bailét una 
aûtra giaclada. 

— Pausàs-me 1... ma fa«èâ mau... Vite^ viU ! mourisBe..» 
Oui I. , oui... 

D'auai tout aquel varal noua èren aarrats^ à mîtat œorta de 

pÀUi e auaren intrà en cresegaent de trouva nostre paure 

camarada au raufelet. Juste moussu Mauràs lou pausava. Mes 

el^ pas pua lèu toueâ lou sôUt ban ! âquèt un parel de sauta 

couma un cabrit, dcus ou très brucbs que^.« vole pas dirB* ft, 

&<ii3âià3, aiou&âu Mauràs, veuès me querre ].*^ 

Coussi ratrouv'àâ ?... Aqui per una. 



L*aD d'après^ mouaau Mauràa, escaroit» daval&va per se 
'^i^tre toumbà la bourra pas mai que lou dimenche au matu 
^^« pronvesisaiè, tant que t'éra, de fartalbât 61ii sau, tout lou 




f»iûs, soufflant» geigtiant et clopinant, il remporta du mieux qu'il put 
>^crs fla cabane. U& pasBaient devant la parte du jardiu, encore ou- 
>rerte, quand, soudain, Carataote jie remît à hurler, 

— Laiases-moi I... Voue me faites mal... Vite l vite ! je meure»... 
^ooï [ houi ! 

Vous peaâe^ qu^eo eutendaut un tel VAcarme aou^ nous étioiis 
^approcbéa, ù demi morts de peur, Nous altioaa même entrer, croyant 
bien trouver notre pauvre camarade k ragonie. Justement M« Mau- 
T'asle déposait à terre,. Mais lui, dès qu'U sentît le aol bous ses piede, 
%>aail.«. it ûi une paire de sauU comme un caliH^ deux ou troia bniitf 
<^ue... je ne veux paa nommer, et puis : bonsoir, M. Mauraa ; venez 
Eue prendre 1... 

Comment la trouvez-vous?... En voilà pour une. 



L'année suivante, M, Mauraa, — chat écbautfé crAtut Peau froide, 
— ae descendait pour se faire enlever la bourre que le dimanche 
malin. II s^appravisionnaii en m£mû temps de victuaillea, huile, ael« 






CONTES LANGUEDOCIENS 

diable Q aouû trio, e âe, per asard, la senoianËL avîè de-besoun 
de quiûon, l'anava pas querre que dÎDS lou bon dau jour. 

La nloch se couchara pas. Âvian bèu roudà de niocbad&i 
eutiôjrasà l'eutour de sa baraqueta, iou veaian de-looga tava- 
nejà Jouta sou3 aubrea. 

E pamenâf tron-de-cnilï I la petelega de ie brafà sas pècbas 
nous prusiasiè niai-que-maj, a^roumandits que n'èren pdr l'an 
de davans. Las saupro aqui qtiaaimen toutaa maduras, embé 
Boua ers de vous faire lengueta, e pas poudre soulanicn n'en 
tastà la couQta d'una, aco'a pas juate^ disian. Oui, mes coussi 
faire?. , Lou jour, à despart que cïiacun avjan noatre traval, 
trop do mounde noua aunèn pouscut veire ; e la nioch, franc 
d'aâsaasiDâ moussu Mauràs !.», 

Caraïuota »e graâilhavH, Âco lou tafarava en c ara mai que 
nautres. Chifrava» earculava, reohifrava, recarculava, tant 
qu'à la û trapèt l'ealèc* 

— Quau a una cabra I nous dis un T&sprs. 

— léu, fai Janot de la Lisota. 

— A be UDa eequUleta au col, ta cabra ? 



tout le diable €t f;on traio. Et si, par hasard, on Eemaine. il avai} 
beâoiû de quelque chose, il n'allait le quérii' qu'AU bon du jour. 

La nuit, it ne se couchnit pas. Nous nviona beau rôder des nuitées 
entières, k Feûtour de sa barrâquËtte, noue le voyiona 9ana cesse 
allei' et venir gaiis nés aiLres. 

Et cependant, lonnen-e fîe mille! l'envie de lui bâfrer aes pêches 
nous tourmentait de plua&D plus, affnandéa que nou^ étions pArcellea 
de l'aniiGe prét^édente. Les savoir là, quasi toutes mûres^ avec leur 
air de nous narguer, et ne pas pouvoir en g-oûter aeuleaieiit la queqe 
d'une, ça u'eat pas juste, disioûs-uous. Oai, mais conimeut faire? .. 
Dans le jour» outre que nous avions chacun nos occupations, trop 
de gens auraient pu nous voir, e( la nuit, à moina d'asBassiner 
M. Mauras !... 

Caramote se rongeait le foîe, Ca te turlupinait en<ïore plus que 
nous. Il chiffrait, il caloijlaît, il rechlffraît, il recalculait, sj bieu qu*à 
la fiu il attrnpu le bon mo^en. 

— Qui a une chèvre? aoua dit-il un soir. 

— Moi,, répondit Janot de Lisette. 

— Elle a bien une clochette au cou, ta chèvre 7 



I 



I 




( 



1 



CONTES LANQCEDOCIENS 415 

— Aoha L,. se voa que iè siègue à la coueta? 

— Nou, mes auriè pouacut n'avedre p&s gC9<,. Vai vite 
querre aquela esqmlieta^ vai» e boalèga-teit.Laa pèchaa âoun 
Qostraâ, camaradas. 

Vous ai déjà dich, pas vraii que l'ariè pas aladouuu sua la 
mouatagna lasbaraquetas que i a ioi. Loua trea-quarta das ter- 
rens i'ëroim ermasâiis e le pouâsava pas mai que d'erbas^ de 
bauca^d'arrouDCËS, de paotacousta, dequé tron sate téu Atabé 
|»roa de Cetdrîa nourri^ièn uua cabra. La fasièn garda pei* 
S0U8 enfante, J^e^tiiau. «U9 la mountagDa^ amai facampavouu 
e TeEtrernavoun de pasturga^a per tout Tiver. 

D« loaDièra que« dounc, Junot pourtèC iéu Roun eaquilla, e 
noua adrathèreu d'ausida de^vera la Buta-Rounda. Couma 
snavenèstre rendut»^ Caramots fV\ç:\^èi : 

— Baila aquela eaquilla, baila. Vautres, anàs-TOUS amagà 
toutes darrièâ la tuuralba, contra laa pechèiras. S'agiâ de pas 
s'embaurà: eau que mousau Mauràs veiigue à l'autre bord de 
&oun terren : aqui lou picà de la dalha : mèfi iéu m^eo cargue. 
E quoura ^eirég de poudre vendemià las péchas, e&perés paa 



— Parbleu !,.. si tu voataÎB qu'elle l'eût à la queue ?.'. 

— NoD, mais elie aurait pu ne pas eu avoir.,. Va vite prendre 
cette clochette, va, et aecoue-toi,.- Les pêches tont nÛtreB^ cama- 
rades. 

Je vouB ai déjà dit, n'eitt ce pas? qu'il h'y avait pas alors sur U 
montagne toulea tes bnrtaquettea qu'on y voit actiicliciUËQt. Les 
IroiB qnarta dea terrains étaient en frichea, H ny veaaîl que plantes 
Bauvagea ; gruoiens, roDcefi, chèvrefeuilles, et que eai«-je eucere. 
Aussi force Celtoia avaieip^t-ils une chèvre. Ils la faisaient garder par 
Leurs eafoutSf ïétéj sur la uiontffgn€>. Et nièine iU trouvaient là de 
quoi l'approvisionner d^herbe sèche pour tout l'hiver. 

Janot apporta donc sa cbobette. Nous eoua acb^ntiDâmea sur le 
champ vers la Butte- Roti de. Comme noua alliona arriver^ Caraœote 
dit: 

— Dontifi uette clochette, doDDe.M&intenant, voici: Vous allez tous 
voufli.'acher derrière le mur, près des pL^chers, ËnteDdonanous bien 11 
faut que M. Maurna vienne à Tautre bout de son terrain ; c'e<it là le 
Aie, mais je no'eti charge. Et quand vous verrez que c'est le moment 
de vendanger les pêcbse, n'attendeï pas que rangëlus sonne, ni ne 
vous endormez pas sur le rôtî. 



^1C CONTES LANGUEDOCIENS 

que sone Tangeluâ, nimai voua etidûurmi^^uéâ pas sus lou roui 
Scguèr€Q lèu £lu poste. De per dessus la paret veaian moussa 

Mauràs que se passejava, trHuquille couma Baiista. S'agèsae 

pouscut saupre cù que ^'alesiissiè t.,, 
Vejaqui que tout d'un cop un bruch d'eaquilla a^ausiguèt : 

— Drin-drin-drin f Drin-drin-drin ! 

Moussu Mauràs entrecoupèt aa paasejada tout net, se 
plantèt sua sas <los quilhas e l^auaig^uèren repoutegà: 

— Dequ^es aquel destimbourlat que garda sa cabra^d'aqueâ- 
tas curas % 

— Drin-drin-drin! Drin-drîn-drin! 

— Fouchea ! série pas quauea bèstia qu'agèsae ea^^apat 
d*en-quicon î ,, , 

— Drin-drin-drin ! Drin-dt^n-drin t 

— Ai d'aquela garca I me Dûanjaràmas soucaaî... Cabra !... 
espèra-t©,.. blatou!».. 

Ë| tout desvariat, se i'acoussèt perla vira. 

— Ounte aies, traasa de cabrât... 
La côrquèt ^ uerca que cercaràsl — mal de miéja-ourâT 

Amai encara Tatrouvèt pas. Mes ai be uautres saa pèchaa, 
preaemple 1 



NouB fûmes bientAt au poste. Par-deeeui le mur nou« apercevîoD« 
M. Maitraa qui Eie promeDait, tranquille, comme Baptiste. S'il avait _ 
prévoir ce qu'on lui préparait I..* 

Vôîlà qii£ soudain une clochette se fît entendre : 

— UrtUn-dm-din ! Dreîin-din-din ! 

M* Mauras ioterrompit brusquement sa promenade. Il «e plauta 
aur ses âaa^ quilles et nous 1 eQteniJîraefl giommeler: 

^ Quel ehi cet idiot qui garde sa chèvre, à cette heure-ci? 

— Dreliri'din-din ! Drelin-âtti-din ! 

— Fichtre! ne serait-ce pas quelque bêtaëgarde?... 
^ jyrelin-din-din\ Drelin-dirt-dtn ! 

— Ohl de cette gaixeU., Mells ùUe va délruire mes treilles! Chè- 
vre!,., attends ua peu... ouste I... 

Et, tout cfifmë, il a'élEinçQpour la cbaoBer* 

— Où donc ee-tu, mnudite cb^vre? 

Il la chercha, — cherche que chercheras. — plus d'une demi- 
heure. Et même encore ne la trouva-t*tl pai. Mais qqub. noua trou- 
vlmes ses péchei^ par exemple! 






CONTEE LANGUEDOCIENS 
Aqui per dos... Dequé dises L.. 



41? 



'^ la treaièma? 

I^a trâsîèma seguèt un nouvel refrin dâ Caramota que 
ti^o iirnamai Oambava aulam. 
I Bdouaau Mauràs, aquelan^ enzeng^uètroai quebenuna eapèça 

A& sètî sus la camba d'un de sous aubrûâ, raanlevèt un fusit 
double à quaucun e^ en coumpagna d'aquel ouatisi passava 
sa.s DÎochs, carrât counïa un chafre» dîassa cambra vsrda^ 

— Boia î ni per aquela ! aco te las aauvarà pas, veDÎè 
Cir£».Tamota. Camaradas, vous assêgure que las auren, couma 
ckl «inq dets à la man. Espéras soulamen que vous digue quand 
a^x^à Toura. 

ïlsperaven que dous diguèsaâ quand aeriè Toura, e coumeD. 
ç^'ven mêmes d^atrouvà Tespera un pauc lûunguela,quoura, 
I iXi vèapre, Caramota noua fai : 
L — Manjariàs pas una pècha^ couUègaaî 

^K — Veja aquel !.., ounte vas emb^ toun una7 
^^ -^ Eb 1 be, zou I en routa, Ea loi la nioch que eau. Lou que 

I ^^ v6q queseguigue lou d6u. 



Hn voilà deux... Qu'eu dites-vouB? 



••• 



£t la troiatëme? 

La trniaièrae ce fut un nouveau refrain de Caramote, une trou- 
^^ille de génie. Oye^ plutôt. 

At. MaufaS; cette année-là, iDstallat — pas trop nsal» ma fdi! — 
^tx^ eorCe de siège OQtre les grosaes branches de l'un de ses arbres. Il 
^■Xipruata uu fusil à deus coups et, en compagnie de ce oouvel outil, 
^'- |)&flaaùt ses nuits, se prélaasaut c^oairae un évéque, dans sa cbâm- 
^«^ verte, 

— Bastl tu as beau faire, ça ne te lea sauvera paal déclarait 
^^ramote. Camarades, je vous assure que nous les aurons, aussi vrai 
^^ej'aî oinq doigts h. la maÏQ, Atteadez seulement que je voua dise: 
*• L'heure est venue. » 

Nous akendioQS qu'il nous diae: « Uheuro est venue. ^ Et môme 
^<^UB comimeaçioas à trouver l'attoute uu peu lieu longuette quand, 
^O soir, Caramote noua apostropha : 

1' 




■ 



4 18 CONTES LANGUEDOCIENS 

Soun plan èra ben simple. Nouâ mandèt très, — iéu nea 
faaièi uû (J'aquelea, — nous pouatà couma l'an de davana per 
Aaik moussu Mauntsû i'aoacnpà saa péchas^ s^un cop s'enanava 
de dessus soun aubre» El embé loua autres, — la cola a*èra 
aunientadat desetDpioi un an, de quauques boQâ coulas de 
mai, ^' ae carguèroua de faire parti iou mousâu. 

Noua vejaqui toutes trea ouate se deu. Fasiè*oa nioch de 
cauoiagnà:», ua d'aquelea tems d'ourage tant grèus, tant 
siftus e tant pauruca^ Paa un pouaae d*er, pas res que boule- 
guésae. Tout-eâcà3 s'auâiââiè TeterDéi plourun que faila mar 
per tanl pausadia^a que siègue^e, de tems entemaj ben liont, 
quauque roundiflamen de trounadi&sa. La nioch èra negrassa, 
mès^ quand d'asard iglaua&ava, la mar, aval, aeii^blava un 
iruméûSL lançôu blanc eapaudUi la Buta Rounda, una teataasa 
de gigant coupada, loua aubrea e Us berta:»sagnas, de trèvas 
ou de fauLaumeâ qu'eâpelJi^îfiiML e s'avalisâièn cop-âus-cop. 
Taviè deqaé aredre pùu, e, a'ère eatat aoiilet, l'ase-fourres 
ae me aeguèaae pas encourlt de tant de cambaa qu'auriél 
agut \ 



I 



— Ne roangeiisï-voufl pas une pêche, coUègu^B? 

— Voyez celui-là!,.. Où t'en vas-tu avec une? 

— Ehl bieo, zou I en roule. L'heure est venue. Qui en veut suive 
lu deuii. 

Son plan était bî€n simple. Il nous délégua trois, ^ — j'êtaia un de 
ceuï-Ià, — pour noua pùatef côratjie l'aonée précédente, afin de sur- 
veillar M. Mauraa et de cuËillir aes pèchûa, si une fois le bonhomme 
abandonnait aon arbre. Lai, avec lea autree, — la baade a'élait en- 
richie depuis UD au de quelques bons eujeta de plus. — Us ae cbargù- 
rept de faire déguerpir le monsieur. 

Nous voilÀ donc toiia les trois au poste. Il faisait uae suit acca- 
blante, un (le ces temps d'orage si lourds, si caln:iea et si troublaaU. 
Paa un aouffie d'air, rien qui remuât. A peine entendait-on lea éter- 
t:eU aiinglota que pousae lu mer, pi peu agitée aoit-elle, et, de temps 
en tempH,, bien loîn, qudque roulement de tonnerre. La nuit àtait 
irèâ nuire, m^ia quand [>ar hagard un éclAir fulgurait, I» mer» là-baa, 
r»6aembUiL à uu imnieuae linoeul très blanei, la BuLle-Roode, ft une 
énorme tête de géant, les arbres et les buia&oîis, k des Bpeclrea ou dea 
fMatômes qui upparaisaaieut et diap a raidiraient BQuJaia. Celait 



H 



I 



I 



CONTES r.ANGUEnOClENS i 1 9 

ToaV&-n-un cop de gingoulunB de catamiaula trauquèrouD 
Ion peâuc silénci, un beulùli giaolèt sa cridadissa espatiru- 
ganta, un iglau embraûdèt lous niVQua e, d'en-oaut dau 
Sant-Cla, de vouèssea linjas, menuJas, amai que devièn pas 
av«dre de granas à la gargamèla, quieulèroun &us un cr 
Qaugnard : 

— OunU anàSf pauras Qtnetas perdudas? 

D'aval, dau ans founs de la tnar, ou belèu dau cementèri 
qoeresQûotra, d'aotras vouèssea grassas^ baasaa^raafelouâas, 
de vouasses coujua n'an, »oulide, lous dannats, rabequèroun 
d'un touii encQuleril : 

— Anan manjà las péchas de Maures f 

Pioi, pas pus res tourDamaî que lou plagnun dâ la mar e 
lou tron toujour liouL. 

Mouaau Mauràs aVstourroulhèt à lasprumièiras vouèaBea ; 
à ïas segûundas, aautèt per tou sùu e demourèt couma un 
cigàrou, piquetât, eâtabouait* 

De pus près^ aque&ta fes, las vonessea recridèroun : 

— Ounte anàst pauras umeias pei^dudas? 



effrayant. Ec ai j*avaisété seul» ahl fichtre, comme je me seraia enfui 
àtoi^tefl jambeeL.. 

Tout à coup an hululeroent de tihat-buant traversa le lourd *ilence, 
uoe orfraie jeta son cri déchiracti un écl&ii' enflamnia le» nueaetj du 
ha«t du Saiût-Clair, des voii perçantes, grêle» et claire», paalmo- 
diérent sur ud ton aigu : 

— Oè alteis-voast paitvrei âtties jierduêâ^ 

De li-baB, dti fond de la mer, ou peut-être du cîineliâre qui l'avoi- 
sioe, d'autres voh, groBsâs, baaaen, rauques, des voîï comme ëq ont 
«drement le» damnés, rêplïquèreDt avec colère: 

— Noui aUofia ntatiger Us pêcheè de Mauraê f 

Puis, pius rieo, aînoa la pkiate de la mer et le grondement tou- 
jOnrB iolntain du tonnerre. 

M. Mauras **ébrona dès les premières vûiï;aui «econdeai il aauta 
vivemeat à ten^e et detneura là, comme un cigare, immobile , 
stupéfait. 

Plus rapprochée» cette (ùia, les voix crièrent derechef ; 

— Où. ai/tw-iJoiw, pauvret ûme» perdaesf 

— ^ Noui aiîûfM manger ha pèches de Afauras ! 



4fÛ 



CONTES LANGUE D 



-^ Anan manjà ias péchas de Mauràs ! 

Mûus8U Mauràs, pecaîre ! deviè tramblà couma un jonne, 
car i'&uaissian sas denta faire trica-traca. A Tûaclaire d'an 
iglaa lou vegèren tout carravirat, e aoui ben aegti qa^iin gra 
de mîKw 

Mèâ quand las vouèâaea, que s'ôroun mai sarradaâ, repren- 
g'uèroun la mèma sansogna emVaqneste ajustoa: 

^ E dequê farés quand n'î'aurà pas pus ? 

— Manjaren Mauràs que Tes dessus ! 

Lou paure vièlhet, ah I fique^, carguèt saa cambas à soelo^ 
col e se sauvèt de-vers sa cabana : toacava pas lou sda, vou^— ^ 
lava. S'embarrèt à. clau., amai Tau^iguèrea rebalà de moble 
contra la porta per la milhou assoulldâ.. 

Eiitramen las trèvaa countuniavoun aoun charivari d*aûfe 
e i^eacamoutavûun las pèchaa jusqu^à-s-omen. 



E l'an d'après f 

— Obi Pan d'après, fagnèt Jaquet, moussu Mauràs &g 




M. Maumft, le pauvre t devait trembler commo un jonc, car 
entendioDa ses deDte faire clic-et-clac, A la lueur d'un éclair uotua 
TÎmea tout bouleversé, et je suia bien aûr ^^'^^ grain de mil,,*., 

Maifl lorsque les voix* qui s'étaient encore rapprochées, reprir^uC 
mémo couplet avec le lefraio que voici : 

~ Et quefereZ'Vout, $'il n'en resté plus f 

— Niiut inatigerona Mauras qui fit dessus f 

Ce jjauvre vieui, nh! roii^^éricorde ! il prit sea jambes À eon ctvu 
ae lïauva ver9 sa cabane: il De touchait pas terre, il vêtait. II s*e 
ferma à clef, et même noua reutendimes iraiuer des meubles god 
la porte^ aân de la barricader* 

Cepeudaut, lea fa.utâûiea contlauaieQt leur infernal cborivart et 
escamuLaieut lee pûcbea juaquee à amen. 



le 




• • 



Et l'année suivante t 

— Oh ! racinée amyaote, ajouta Jacquet^ M, Mauraa eut veodii 
Lamquette, et naus, noua tranaportâQiea ailleura noa petits chats- - 



CONTË& LiNGUKnOClÊNS 



421 



» 



vendut sa baraqueta e nautres chaQgèren nostres catouâ... 
Adèa aquL oTa prou per lén^ Conllè^a PaDota, la caotea ou la 
oantês pas ? 

— A'^ous Isi vau cantà. 

E Fanotaf qu'es pas toujour de luna, noua caotàt pamans sa 
famauaa : « Quand on fut tmjoun veriueuXy — On ame à voir 
iever V aurore., . n 




VII 



L'ASE BLANC 



AU KAJOURAU^ A. ARNAVIBLLE. 



^ 
k. 



ns lou têms daa Segnous, lou castèl de VivieureSi arnoont 

f:ant naat qnilhat aiiaracrin dau pîocli d'Ortou«, èra pas couma 

,^3 ara UQ simple niaau aauvertous da bâulôlis, de chots, dû- 

OUB û cataEnîaulas, mèe ai be Tarrougaotousa demourança 

unft aatra mena d*aucàls rapiih afiea, mai asaaovagita e mai 



AAaîa en voilà asaez pour ma part. Collëgiis Pano^e, la chantes-tu ou 
*ie la cbantes-tu pas ? 

— Je vais vous la chaoter. 

Et Panote, qui u'eat pas toujours dans aa bonoû lune, uoti^ chanta 
c^êpead^Dt aa fELmause^ « Qt*aa</ on fut ùîujotir^ vertueux, — On aime 
ci voir Uver rauron. > 



VU 



L'ANE BLANC 

AD FKLlBEtB miJOnALf A. ARNAVIELL8, 



I^An temps dea Seigneurs, la château de Vivîeures, ai haut perche 
sur la crête du pic d'OrlhouB, n'était pfis, comme aujourd'hui, sim- 
plement un nid sauvage d'orfrûîeaj de hiboTia^ de grands^duce et de 
ebata-huants, main bien Tarrugante demeure d'uqe autre esjiàce d*(>î- 
aeatiK de proie, plus rapâceâ, plua carnaaaiera encore, lea féiocûs 
I barona de la Rgquette, 



ASt 



CONTES LANGUEDOCIENS 



acRrDaîâitâ que toutes lous de loir bus ferouges barouas d 
la Rouqueta* 

En l'an mila e quicon lou mèatr€ de Vivieures èra Bernât 
Lou Batalhè. 

Aquel Bernât tou Batalhè tenîè d*eraharrada dÎDs sa tourre 
levantiiia, emt' una vièlha servictala per touta ooumpagna, la 
jouina Alis de Treviës^ de qtiau avië sagatat paire, maîre, 
fraires e ^orrâs, après Tavedre pas quitat de aoun caatèl quand 
se dis una pètra sus Tautca. 

K s'avièesparg^nat la jouinaÂUa, aladouno manîdâtade n5u 
ou dèch ans» èra aaûs que 30U9 adadarde, moravilhats de sa 
poulidessaj avièn per ela uridat seba. 

Desempioi^ lamanida, maugratque aag'uèsse de-longfatrista, 
doulenta e palinousa, — paure aucelaunet engabiat ! — aviè 
talamen crescut en gracias e bèutats que s^èraameritada Tes* 
cai-noum d'Alia la Bêla. 



I 



Sauprés de mai qu'à Fûmbâtou, vilajou dau baroun per 



Vers TâD mille^ le eeigoeur de Vîvteurea^ était Bernard le Bat&iU 
leur. 

Ce iîemard le Batailleur tenait enfermée dans la tour orieiilaJe de 
HOD manoii', avec une vieitle servante fiour toute compflgnie, k jeuae 
Alix de Tréviera. Il avait nit^iière mnssiacré îe père, la mère, les 
frèreti et les scwiirs de la înalheureiiae jeune fille, et rasé son cbâtean 
sans laUseri^eiilemeiit une [jîerre âiir l'autre. 

Et s'il avait épar^Dé Alix, alor^ enfant de neuf au dix ans^ c'était 
parce qm les hommes d'armes, ëmerveilléd par sa gentillesse, avaient 
toua imploré aa grâce. 

Députa lor»^ In jeune fille, bien qu'elle fût sans cesse triste, 
dolente et laaguiaaaDte, — pauvre olaeleten cage! — avait tellement 
grandi en grâce et en beauté, qu'elle avait mérîtè le Burnora d^Alix 
ia Belle. 



j 



VoiiB saurez de îiUib qu'à FombQtnn , \Tllage de Iji haronnîe 
au-dessous de Vivieures, il y avriit un jouvenceau d'une ving'taiBe 
d'année», au teint frais, aux manières nobleaJoU eopame les amours. 



COXTES LANGUEDOCIENS 



4tS 



dejoata Vivieuresj i'aviè 'n jouvânt d*una ?intena d'ans, fresû 
e finetj e poulit cotima un «ou, que soun noum èra Rimharjd, 
e 8€tiû traval de garJà lous troupëls. Se disiè qua d'el atabé 
BerD&t aviè facb péri touta !a parentéia. 

Un bon jour, en gardant sous moulou» au ras dau cartel, 
^o Ters lou caire dau levant, Rimbaud aviè devialat la jouioa 
pre8ûanièira que se passejava malancouniousa dessus sa tour- 
rèla. E, de la veîre tant bêla, n'èra estât enclausit. Talamen 
que, deaempioi, tout cop que lou baroun éra partit en guerra^ 
^K s'en èra veug^ut garda au même rôdou. E, per Tensourelhà 
«a soulituda e i'enilourmi âoun trislun, qtioura, erabé soun 
auboi, jougav& à la filheta d'ers asaoulaires que-noun-sai^ 
quoura, un pauc mai au&ous, ie cantava de eansous, tiradas 
<3e aoun isi-cap., que disiën d& taîit poulidas causas. 

Alî^, <juunrl Rimbaud cautava^ c^c tani que sous canta Ta- 
gr&davoUDp veuiè toujour sus sa touirèla per Tausi. E cau- 
^uèt pas un inoulou de tema per que lou jouvent s^amourou- 
>'guèase de la jouventa que-tout-p]e, e per que la jouventa 
traguèsse pas nimai de pèîraa au jouvent 



^^n t)oinètaitRainnbaucl,etsa chafg:e conaî^taità garder leBtroupeaiix 
du seigneur. Oti |irétcnHnit qne Bernard avait fait aussi périr tûuH 
^* menobrea de b& familte. 

^n b«au jour, en gardant ses moutoni fout pràs du cb&lenu, vers 
*^nent, Raimbsud avait aperçu la jeune prisormière qui ae promenait 
^êlancoliquemeiU Aur ta ptAteforme de sa tourelle. Et de ]:i voir si 
^^Ue, il en avait été ébFouî. Telleiuect que, depuis, chaque fois que 
le baron était pfirti pour la guerre, lui, avait mend |iaîlre son trou- 
peau au même endroit. Kt là. afin de lui ensoleiller su solitude, sfin de 
^'lî endormir sa trist^ïse, tantôt^ sur le haulbais, il Jouait à la jeune 
^lle des airs qui calmaient Eon enDui, tantôt, un peu plus bardi. il 
'*i^ chantait des chansons qu^l composait lui-même, et qui disaient 
^^ ai Houceâ choses. 

Alix, lorsque Raimbsud cbantaîti venait toujours aur la tourelle pour 

^titetadre, tant ses chants lui raviasaient Tâme. Et peu de temps suffit 

l'^'^iir qiift le jaiivcntîoau <!i?vtiit pa^aioniidnient t^pria de ta jouvencelle 

^^ {imit qnc in jouvc-hL^elle, à buu tuur, Tilt loin de vouloii' Jeter des 

>ferrea au jouveuceau. 





42i 



CONTES LANGDEDOCIENS 



Adounc èra la tïiocb de Nadau« Lâu segoau embé sous ea- 
tafiès e SEkt;aiiiand9, avièn ausit la mesaa dins la capèta dau 
castél. Fioi s*èrou[i cntaulats, en granda drilhança, dina la 
sala de laa armariès, davaus de cArnifathaa e de vis en abounde. 
Ë meiiavoun grand sagaiii d*abord que Beraat aviô dichà Ta- 
coumençança dauregagnou; — Amies, beguen e mangen que 
çai Ta pas reâ de manea. Mes nTaurè. be mai qu*aûô encara 
de marigilhas e de beveùdas^ lou jour, — - o sera lèu, — que 
me marldarai emb'AtU la Bêla. 

A.lis, ela, )a paura migaota, entre sourti de la measa s^èra 
anada embarrà soula dins sa tourrèia. Mès^ à-loga de se eou- 
cbà, s'èra poustada darriès soun destrecb feneâtroa per 6&- 
eoutàlou Nadaa de Rimbaud. 

Car Rimbaud, roau-despièoh dau frech que pelara, èra ven- 
gut ie cantà soun amour. E sa voues, dins la nîoch de luDa 
palla e jalada^ mouutava amlatousai linda e olarinèla. 

Nadau ! Nadaul Granda nouvèla! 
Lou9 ànjeua cantoun : Glorial 



Or donc c'était La nuit de Noil. Le Beigneur, set e«tafîcrs et ses 
soudards avaient ouï la me»ae dans la Chapelle dti Manoir. Puis, afin 
de se livrer au cojiieux Réveillon, jle &*étaieut iastùUôB daas la Salle 
d^ Armes, devaut des tables abundammeat pourvues de viandea et de 
vins, Et ils Taisaleat an beau BabaË, car Ëernard avait dit au coaimên- 
cernent An festin : — « Amia, buvons, mangeons : c'eat bombance 
aujourd'hui. Mais il y aura encore ptua frani^iies iip&iUea et plaa 
grandes beuveries, le jour, — et c'est bientôt, — où je me marierai 
avec Abx la Belle. 

Aliï, elle, la pauvre mignoune, ausaîLôt sortie de la messe, était 
allée s'enfermer seulette lîana «a tour. Mai», au lieu de se mettre au 
lit, elle s'était placée pi&a de âon étioite fenêtre pour écouter te Noël 
de Raimbaod, 

Carftaimbaud, en dépit du froîd giacinl^ était venu lui chanter mon 
amour. Et aa voix, dans la nuit de lune pÂIe et froide, montait amou- 
r«UBe, pure et elaire : 

Noël î Noël \ Grande nouvelle ! 
Les anges chantent : Gloria ! 



CONTES LANGUEDOCIENS 425 

Lous Très Reis segnissoun Testèla 
Qu*& Beteléa dèu lous mena. 

Loua Très Reis seguissoun l*estôla 
Qa*à Betelèn dèu lou mena, 
léu m'es sempre una gau noavèla 
Quand pode vers vous caminà. 



Juste à-Q-aquel moumen un soun de cor resciant iguèt. 

Un viët k barbassa blanca, agouloupat dins una roupa blan- 
quinousa e d'escambarlous sus un ase tout blanc, veniè d'a- 
bità davans lou castôl. Ëra el que, per faire assaupre & las 
gens de dedins que quaucun demandava, aviè sonnât dau cor 
penjat &-n-un piquet en fàcia de la porta, sivant la moda 
d'alor. 

— Qnan es aco? cridèt lèu un s6udard de garda. 

— Soni un paure vièl ; trèpe desempioi de matis e soui ar- 
redut. Poudriàs-ti pas nous dounà la retirada à iéu emVà 
moQD ase, per l'amour de Dieu? 



Les Trois Mages suivent rétoile 
Qui les conduit à Bethléem. 

Les Trois Mages suivent Tétoile 
Qui les conduit à Bethléem. 
Pour moi c'est une joie nouvelle 
Quand je puis venir près de vous. 



Juste à ce moment un son de cor retentit. 

Un vieillard à barbe de neige, enveloppé dans une blanche houp- 
pelande et monté sur un âne tout blanc, venait de t*arrôter devant la 
grande porte. II avait pris le cor suspendu au poteau, selon Tusage 
du temps, et en avait sonné pour faire assavoir aux gens du château 
que quelqu'un attendait au dehors. 

— Qui va là? cria bientôt un soldat de garde. 

— Je suit un malheureux vieillard: je chemine depuis ce matin et 
je suis brisé de fatigue. Pourriez-vous pas nous donner Thospitalité à 
moi et i mon âne, pour Vamour de Dieu ? 



4tfi CONTES LANGUEDOCIENS 

Mèd lou segnou, avertit riau fèt^ faguèt respoodre: 

— Que ftVnane coucha au diable ! E se 8*eïtvai pas 
acoussàs-ie lous cbiâ. 

Lou paure vièl s'entournèt. En a'entournaat rescountrèt 
Rimbaud que, au aoui] dau cor, aviè entrecoupât squd Na- 
dau par satipre dequé virava, e que v«mè d'auai ÏB. parla- 
menta. 

— Yenèa embé iéu, brava omâ ; vous farai oouchà. 

E lou meiiètrlin» la Jassa caudeta ounte, dîna un cantou, 
i'avîè soun lièiih de ^falha. Quand ie seguèroun : 

^ Digàs, faguèt lou vièl, es*tî pas vousjouvent, que tou- 
tara cantavea un tant poulit Nadau? 

— St-fèt. 

— Eper eau lou cantavea, se soui pas trop curiouâf 
Couma toutes lou? amourouses, que saboim pas res tene, 

Rioibaud dîguèt soun auiour per Àtis la Bêla. 

— D'abord qu'es antau, jouvent, vole pas que par iéu voua 
degtourbf^s de voatra cantadissa. Mountàa sus moun ase e 
toncnùa au castèl. Se d'asard quaucun Vôuliè voua faire de 
dasabioea, oridàs souJameu : a Arri 1 Nadau, n 



Maïs le aeigneur, conaullé, fit répondre : 

— Qu'il s'ùû ûiUe au diahle ! Et nur le champ 1,.. sinon lâcher les 
chiens à aea trouBsefi. 

Le pauvre vÎqus .-^'ca retourna. 11 rencontra Ilaimbaud (|iii^ au aoa 
ducor, avmt iaterrompu bqq Noël» prâté l'orâille et enteadu le dia- 
logue : 

— Venez avec moi, brave hotnrno : je vous ferai coucher, 

[Cl Hriinili/uifï conduisit lo vîmilard dans la ch:mdo bergerie où, en 
un poiti, était i*on lit de pnUle. D'>s qu'ils furent outrés : 

-- Diles-mni, jeune homme t n'est-ce paf« vous qui chantiez tout à 
l'heure un si beau Noël? 

— Si fait. 

— Et pour qui lechantiez-voua, si je ne euia pae îndîecret? 
Comme totis les amoureux, qui ne savent rien cacher, Raiinbavd 

dit son amour pour Alix ta R^lle, 

— Pniaqiril eu eat ainsi, j^^me homme, je ne veus pas que pour 
moi vous cesaiez votre chnut. Montez sur (non àne et retournez au 
cbÂteau. Si^ par hasard^ quiolqu^un voûtait voua faire du mai, ciies 
simplement : <c Arri .'Noël. •> 




CONTES LANGUEDOCIENS 



n 



^^uand Rimbaud se^uët mai jouta la tourre levantinâ^ 
r" ^t:i.l>a veoiè d^eapeli, blanquÎDèla. E lou jouvent oautèt, mai- 
Ei^ xï ^ -mai afûdgat : 

I Nadau ï Nadaa ! Granda nouvèla ! 

^^^^^r Lous ànjaus caatoun : Gioriaf 

^^^^^H Lous Très Reis seg'uîssoun Testèla 

^^^^V Qu'à Betalèn dèu loua mena.., 

^^^^^Ê Oil coussi voudrièi m'enanà 

W^^^^ Embé vûaa dors TAnba nôu^èlaï 

i T4*èraaqui quand, tout d'un cop* lou segnou e sas gêna, se- 

I ë'ixitâ de âous grands chia de pargiie. saliguèroun dau castèL 
j — Tè! tè! A tua ! Âeoussa! Toca-louL.. 

^ s'acUtavoun per acampà de calhaus aûns de Tabatiilhà. 
I ^^^s Rimbaud Taguèt pas qua dire : 
I - — Arri! Nadau. 

B vejaqui que ae plantèroun toutes estaboneîts, esglarîatâ, 
a. T*x*e gansant d'iob couœa de paumas, car Taee blanc veniè de 
^^ panlevà dins l'er, plan-plaoctf fioa qu'agèsse agandit l'en- 



k 



Quand Raimbaiid fut revenu sone la ij^nrelîe oHfiïitalo, Taube avait 
I r*C»ifli^ blanche, blanche. Et le jouvonccflu cbanîa dans un élan d'a- 

bNoêl I Noël [ Qr&nde nouvelle 
Les anges chantent Gloria L 
Les Trois Mages suivent Tëtoile 
Qui les couduit à Bethléem,,, 
Ohîque ^& ToudraÎB m'en nllor 
Avec voua vers TAube nouvelle ! 

SotidAÎn, le seigneur et ses hommes d'armes, Baivia d'une meute 
^^ chièna, débouchèrent pAr la grande porte> 

— Tfljaut! tajaul I,.. ksat î kssL,, A mortl h mort, 
EtiU se bâisATiient, ramassant des pierres afin de le lapider. Msis 

«^aîmbaud cria simplement 

— Arri! Noël. 
El voilà qu'ils demeurèrent tous fichca au eol, flLu^tefiits, épou- 

Vaotés, le» jeui démesurémont ouverts, car l'âne blanc venait de 
s'éleverdaufl les ain, tout doucement. 11 eût bientôt atteint k plate* 



\ 




Jî!^ CONTES LANGUEDOCIENS 

nautde la ioarrèla ounte Ali?, au bruch, èradejà mountadi 
Rimbaud agantèt la manida dinâ sous braises, la m«tét «l'as- 
86toua darans âl, e Tase mai fusèt, empourtant loua jouvanlâ 
dinsTemplanura celeatiata, do vers lou levant que rougejava. 
Agandîguèt anâin Lou grand roucàs eapetaclûus que sembla 
s^èâtre demargat dnu pioch de Saot-Loup e se i*apausèt> K 
aladounc apareaquèt à la vista, 9iis lou roucàra blu^ couma un 
inmëaâi bastimeoque semblava vougà vers uaa mar de sang. 
Mes quand, piOL^ lou sourel espâLîg'uèt, ae vegèt que lou bas- 
tîmen èra tout uuîmen ud grand «astslàs êinbé de nautaa 
tourrèlaa que âas oumbras, coiiaia de longas àrpias, veDién 
jusqa*à Vivieures, d'an er de dire : « Seras mieunel » 



I 



E, dâ-fât, lou aegnous de Mountferratkd faguèroun lèu la 
lèi as seg^nous de Vîvieures. 

E vejaqui, tamb^ïn, cousei seguèt auboarat aquel grand 
castël BUâ QQ roueàâ tant eacalabrouâ, car dâ creirâ que d'o- 
mes aurJcn pousûut le lou faire, autant vaudriè dire qu'uQ 
aae poudriè oantà la messa. 

GoBiàviTHÉRONi*, 



forme aur laquelle Alix, an bruii, éUit ëperdilmenl accourue» Baini- 
baud prit alora la jeune fille dans «es bma^ rnssit devant Jui, et 
Tâoe de nouveau a'eiivola, emporUiit lea jounea g^etifi à travers la 
plaine céle^te^ ver'^ lo l^v&nt qui rutilait. Dès qu'il atteignit le gigan- 
tesque rocker qui semble **étre détaché du pic Saint- Loup , 
l'Âne blanc se posa sarâoa loesmet* Et eoudaiti apparut sur ce rotiber 
bleu, une sorte de navire fanlaatiqiie qui paraiaflait voguer vera uoe 
mer de aang. Mais quAnd, puis, le soleil aurgit, on vit que le oavîre 
n'Était rien moins qu'uri trèa grand et puisBant manoir. Et ses tours 
étaient fli haLitesj ai hautes^ qtie les ombfes qu'elle» projetaient, aère* 
blabka à dea tentrieules, venaient juflqu'à Vivîeures comme pour 
dire : v Tu m'appartiendras. >* 

9 
« 4 

En effet^ les seigneura de Montferrand rangèrent soua leurs lots 
Jes Beigneurs de Vivietires, 

Et vûîlà qomment fut élevé ce grand château aur ua rocher si 
abrupt. Car fM-étêadre que dû? hommes auraient pu Vj bâtir, autant 
vaudrait dire qa^un âne pourrait chanter matinea. 

Guatave TitâaoA:o 



4 
I 



NOTE SUR LA DEFORMATION 
DES PROVERBES 



Je voudrais appeler rattâDtion sur les difficultés de plus en 
plus graniles que l'on éprouve à recueillir lês proverbes et, 
|»ar là, éviteri dans une certaine mesure, quelques erreura 
faciles à commettre. 

Les proverbes font partie de cette littérature orale qui se 
tranaiDel d'individu & individu et qui est conservée à peu prèa 
exclusivement par ia mémoire* La liuerature orale est plus 
spécialement la littérature des illétrés* 

 meâure que le nombre des illétrés diminue le domaine de 
la littérature orale se rétrécit. 

L'un défi agents qui contribuent le plus â la restreindre 
c'eat assurément ie JQurual. Il apporte, ài celui qui en fait sa 
lecture quotidienne ou hebdomadaire, une telle quantité 
d'événements qu'ils passent devant ses yeux comme les ima- 
gea d'un kaléidoscope et ne ae aient point. Ceux qui ue 
lisent paâ, et lis sont déjà rares, entendent conter par leurs 
voisins les derniers accidenta, voU ou assassinats* On en 
cause, on les commente un instant^ mais le tendemajn four- 
nit son nouveau contingent de raita-dîvera et le souvenir de 
ceuï de la veille s'évanouit. Comme dit le proverbe: un clou 
chasse l'autre, et, sur c» terrain toujours en mouvement, 
rien ne re^te à demeure» Mai:* cette littérature fugitive, qui 
se renouvelé au jour le jour, Huffit à sati^faira la curioaité et 
l'ttcdvité iîitêilectuellea de U majeure partie du peuple» et 
c'est pourquoi iea contes de jarii«i, les proverbes tran&mis de 
bouche en bouche jusqu*à aujourd'hui par les diverses géné- 
rations tombent dans Toubli. 

Aussi, dananoâ paya de langue d'oc^ le nombre de ceux qui 
connaissent des proverbes diminue sans cease et il en est 
probablement de même dans toutes le^ régions où Tînistruc- 
tioQ va en se généralisant. Ët| comme bien peu de personnes 



430 NOTE SUR Ik DEFORMATION DES PROVERBES 



savent qu'elles en connaissent, ce nombre paraît encore pi 
petit au premier abord. 

Demandez, par exemple, à des pajsanâ, parlant convena-' 
blement et journellQmeiit leur idiome, de voua fournir d^^ 
proverbes: deux fois sur trois ils vous répondront qu'il» n'èo 
savent point. Ne vous rebuter pas; causez: de la pluie, du 
beau tempSf n'importe, et roua ne tarderez pas à voir passer 
quelques apiiorismes qui viendront illustrer la conversatîoD.U 
faut, pour recueillir dos proverbes, avoir ia patience et la 
ténacité du chasseur â TaUûL dans un pa^a peu giboj^eui; 
souvent, on doit entretenir dea conversations sans grand 
intérêt, subir de longs récits si Ton veut, de loin en loin, 
mettre la main sur quelques proverbes. 

iMâlheureusement, ils ont, la plupart du temps, perdu de 
leur valeur. Ce n*est pas le proverbe original que nous ren- 
controns mai^ un proverbe déformé: goit qu'il ait perdu sei 
assonances^ ses rfmes ou son rj'thme, un ou plusieurs vers 
soit même que son sens ait changé. 

Je ne citerai point; des exemples de ces tilvers cas qui sont 
fréquents; je veux simplement pour prouver Tinconsistance 
des proverbes montrer qu'ils sont souvent cités d'une 
manière différente par Va. même personne et cela dans un très 
court intervalle de temps. 

Je me trouve ebez X,., *- 11 fait froid ; on a allume du feu 
BOUS ta vaste cheminée. Le bois peu sec brûle mal et fume. 
A ce propos X... cite le proverbe suivant : 

Liyno vèrdti e tourio caudo: 
D*uno bouno moitsou ien /ai uno de ^tauro '. 



*e. 



j 



On commente et on explique ce proverbe: le bois \tT —m «rt 
flambe mal et il eu faut davantage pour obtenir le mém- .f^Eoe 
résultat; on mange une pïus grande (juantité de pain tendr*^ Jre 
que de pain dur et Qu'est pourquoi toute maison oti Ton brûLf .^^la 



I Je n'ai pas cru nécessaire de donner L-^ nom de là persoiuie q 
m'a fourni chacun des proverbes, cette précision n'appopteraîL aucu 
élément fiûUTcau i\ celte t^tude. 

* LiUérâlemcnl: Boia en poinU brûla cammfi s'il était oiut^ botfl 
travers brûle comme do i^r. 







NOTE SUR LA DÉFORMATION DES PROVERBES 131 

(u bois vert où Pon mange du pain tendre de riche devient 
pauvre. Chaciun est d'accord sur le aens autour de l'âtre. 
— u Lsâ proverbes sur le bois ne sont pas rares o^ ajoute 
c^uelq^u'ua « ea voici un autre : 

Ligno de pountso 
Burlo como s'èro ountio 

Ligno de irovèr 
Burîo coumû del fèj\ ' » 

quelques jouis dii là ï* occasion se présente pour X... de 
citer de nouveau ce proverbe el voici la nouvelle citation 
çiaetemeut tranacrile : 

tBui de trovèr et tourto caudo 
D'uno bouno moitsou s*en fatuno de pauro. 
Sans tenir compte de £01 qui u*ettt subatitué à iigno parce 
ne le rythme était rompu dans itgno de trovèr, ce que le 
citateur a jnsLÎDctlvemeut senti, on voit nettement ce qui 
s^est passé : le second proverbe a influé sur le premier et le 
premier membre de phrase du second a pris la place du pre- 
mier membre de phrase du premier, luâueuce d'un proverbe 
sur un autre proverbe. 

^H Ceat jour de foire. Nous sommes à Tauberge. Y« . entre dana 
la salle où je sul«. Apercevant un de âeâ aoiis il lui demande 
des nouvelles de ^a aantâ et, comme son ami se pluifit de ce 
qu'elle n*est guère prospère, il le console avec ce proverbe; 

BVat mai cîôusidou 
Que poumpidou ■. 
T... s'aââied à coté de moi et me voit écrire ce proverbe ; 
ja conversation :s'engagÊ là-desaus. 

»Le sens n'eat pas douteux ; celui ijui geint vaut mieux que 
eeliii qui est [lompeux (qui ï^e porte bien}, parce qu'il vit plus 
longtemps; et Y... cite » Tappui de son explication ce nouveau 
^Lprorerbe : 



* LàUépalemenl: Bois verl et tourle chaude: d'une boniifl lïiaÎBon il 
ï*ec fait une de pauvre. 

* Le mot fiOitmpidou nu ao trouve pa» avac ce sens dans Mistral 
[Trésor du F»ilihrig©), Mftia il peut a'eipbquer facilement par uîiei l'or- 
mutloa populaire sur poumpo (apparat), 




4 32 NOTE SUR LA DEFORMATION DES PROVERBES 

Lou que (ai piu^ pia 
Es lou que mai viu ' - 

A qaelq^ues jours de là j'entûnds de nouveau le premier 
proverbe et voici la trane formation qui s^est opérée : 

Viu mai clôusidûu 
Que poumpidou. 

SoUB rîDfiaeQce de reiplic&tiou le texte se rapproche doi 
cette explication. 



t qui 

à 



Deux voisins vivent en mauvaise intelligence, ce qui e^t 
noriQal^ V\iu d'eux a tué à cou[isde fusil les poules de Tautre. 
Sujet de conversation pal|iitîint pour un petit village et qui 
amène comme conclusion ce proverbe de Z... : 

Pèi pioun 

Ou pèl botûire 

De poulo 

y*en dernoro gaire^. 

Plus tard Z. .. qui ne le cite plus à propos de pouleamaîs 
simplement du mot Maire^iG rëtablit de la manière suivante 

Pèlploun 

Ou pèl ùolaire 

De piisoun 

iV'erï dernoro gaire. 

Je pourrais mâutlonner eocore queli^ues faits aembUblea 

mais je peoae que les trois que je viens He signaler, prove- 

naot chacun de personnes différentes, suffisent à montrer 

jusqu'à quel point les proverbes sont inconsistants. 

On a vu le premier se déformer au contact d'une citation, 
ie second ne pouvoir résister k sa propre expUcation, et le 
troisième^ soua l'influence d'un événement récent, so trans- 
former et perdre une rime. 

Il j aura peut-être lieui dorénavant, en recueillant des pro- 
verbea^de contrôler ai che^la mêmeperâonne, à quelques jours! 
de distance, ta première version n'a point changé de forme 

Henri Teuub. 

1 Dit- ; Celiu qui fait pioii, piou(qul piaille^ est ctlaï qui vit le plas<. 
* Lut. : Par le plomb ou par rellcborË^ de poulei U en reste peu. — ] 
Ptofi bas, pigeon sâ substitue ù poule. 




LE MODÈLE DE RONSARD DANS 

L'ODE PINDARIQUE* 



Entre toutes les parties de aoD (Buvre, il n'dD est flucune qui 
ait Inspiré à HoQsard plus de âerté que aea quatorze odêâ 
imitées de Ptndare, II ae a'eat jamats lassé de répéter que 
personne avant lui, en France, n'avait osé se risquer sur les 
traces du poète thébaio, 

M, Vianej' se propose de démontrer que si notre Pindare 
n'avait eu, en effet, chez nous aucun précurseur, il en avait 
eu* du moins, un ches les Italiens et qu'il n^eut point la 
modestie de le reconnaître. 

Après avoir rappela la vie de Luîgi Alamanni, son exil, son 
séjour en Provence et à. la cour de François 1"', finfluence 
qu'il exerça âur la propagation des études italiennes en France, 
M- Vianey montre qu'Aiamannî a laissé huit Hymnes pinda- 
riques en l'bonneur du roi François et d'autres hauts per- 
sonnages. Ce sont ces Hymnes qui ont servi de modèle à 
Eonaard. Non qu'il y ait puisé des idées, des images ou des 
cooiparaisoDA : il ea trouvait chez Findare et chez Horace une 
prorisioo snffiaante. Mais c'est en grande partie aux Hymnes 
du poète italien que ie^ odes pindariques du poète français 
doivent ce qu'elles ont peut-être de plus singulier: leur 
métrique. 

Les Hymnes d'Alamanni sont divisés en strophes [haliaie), 
antistrophes [contrabaltate] et épodes (sifmze)* La airopbe a 
toujours un nombre considérable de vers : jamais plus de 
dix-neuf, mats jamais moins de dous^e, L'antistroplie est la 
copie de la strophe. L^épode s*en distingue en général seule- 
ment en ce qu'elle a trois ou quatre vers de moins : on voit 



) Aoaljae de b communication faite au CoDgrâa des langues romanes, 
par M. J. Vianey. 

t6 



134 



LE MODELE DE RONSARD 



aved ■ 




qu'Âlamanni ne craint pas d'acaoupler une strophe paire 
une épode impaire, ou réoiproquemenL Le vers uniformément 
etnployé, sauf dans um pièce t est le vers de sept pieds. 

Tel est le sjstème que Ronsard a imité dans ses grandes 
lignes. A la différence d'Alamanni, il n*aime point^ aans doute, 
è accoupler une strophe paire avec une épode impaire, et il 
préfère les strophes paires. Mais chez lui la strophe a, à peu 
prèâf le nombre de vers qu'elle a chez âon modèle : en général, 
elle en a douzOj riuelquefoia davantage, sans dépasser le 
chiffre de vingt :1e chiffre qu'Atamanni ne dépasse paa eat 
celui de dix-neuf. — Chez BoDBard^ comme chez son modèle, 
Tépode, en général, ne se distingue pas de la strophe autre- 
ment que par le nombre des vers, et chez les deux poètes cette 
difërence est sensiblement la même : de trois vers chez 
l'italien, de deux, de trois ou de quatre vers chez le français, 
— Enfin, dans onze odes sur quatorze , le vers adopté par Ronsard 
pour toutes les parties de la pièce est le vet*t de sept syllabes^ et 
dans trois autres odes ce vers est celui de Tépode. On s'est 
élODué de la prédiiection de Ronsard pour ce mètre qui u''a 
peut-être pas très bonne grâce danâ la grande strophe fran- 
çaise. On voit maintenant pour quelle raison notre Pjndare 
Ta choisi: c'est tout simplement parce qu'il suivait en docile 
écolier Texemple du Pindare italien. 

M. Yianey termine sa communication en annonçant celle 
qu'il fera au Congrès de Littérature comparée sur Les saur-ces 
ilaiiennes de COiive: il montrera combien fut tributaire des 
Italiens ce du Bellay» qui pasae pourtant poor être le plus 
indépendant des poètes de la Pléiade, 

U. Vianey donne un avant- goàt de ses découvertes en 
signalant la source du fameux âonnet CXIII de VOlivt, Ce 
sonnet est emprunté à un poète que personne aujourd'hui ne 
connaît en France et dont ses compatriotes eux-mêmes ont, 
sans doute» oublié le nom. Ce nom mérite d*être sauvé de 
Toubli, et, sans doute, tous les histuriens de notre littérature 
salueront-ils dësormaii^ au passage Bornardino Daniello, quand 
ils sauront que sans lui le prince de nos sonnettîstes ne nous 
aurait pas laissé ta perle de son premier recueil de sonnets. 



I 

I 

I 



DANS l/ODE PÏNDARIQDE 495 

Se' l viver nostro c bnvs osûuro giorno 
i'reu'a r^mo, « pïen d'a^anni e maU ] 
E piu veloci a&sai ckt venti o strali 
Ni vedi iV gli anm, epiu non far ritoôio, 

Aima ; çhefaif che non ti miri intorno 
S^lkt in çieco vrror fra h fnortali 
Noiote cure f e jfoi ti âtm date ait 
Davolar a l'eterTio alto xoggiomot 

Scuotile: triêta ch'è hen Ujupo homaù 
Puûr del vitco mtmtkm ch'i êi t^tacc ; 
E le dùpiega al ckl per driUa via : 

Ivi è quel tommo hen dtogni hw^m dévia ; 
IvV ï verç Ttposo, wi la pace 
Ch'iridamo tti quagia c^rcandû tai *. 

Assurément, fait observer M. Vianey, ce sonaet aurait 
bêsom d'âtrâ remis sur râncluoie : ta première parlie est 
trop développée, la dernière trop écourtéâ ; là trait final 
tnajique de finesse ou d'éelat. 

Loin d'avoir disparu, les défauts oat encore augmenté dans 
la traduction que Daaportea a oaé donner de ce sonnet après 
du Bellajr : 

Si ia course a&auelle eu serpent retooruée 
Devance tin trait voUnt par Je ciel emporté, 
Si la pluB toDgue vie est moms qu'une jotimée» 
Une heure, une minute, envers retêrnité ; 

Que eoDgea^tu, mou ame, en la terre enchaianëe? 
Quel appaist tient ici ton désir arreelé ? 
Faveur^ th^efiora^ grfindeurs^ aa aont que vaoitë, 
Trompana des fois mûrtele la race infortunée. 

PuiB que rheur souvecaiu ailieura se d&it ehercherj 
Il faut de cca gluau^ ton plumage aiTAcher 
Et voiler dans le ciel d'une legèce traicte. 

Là se trouve le bien affranchi de aouci, 

La fojf ramour aana feinte et là beauté parfaîcte 
Qu'à clos yeux, sans proâtf tu vaa cherchant ici ^. 



ï Bime divei'te di molli ecMllentissimi aulori nuovamente raccoite; 
libro primo ^In Vlnetîa, appresso Gabriel OioLlto di Farrarij^ 1546)^ 
p. 3i6. ^- Je reproduis ce teite avuc son orLhograpbe et aa ponctuation. 

* (Buvres de Philippe Desportes avec un» iatroduction et à^^ notcs^ 
par A. Micliiels(Fari9, Dfllahay»f, 1S58), p. 502, 



436 



LE MODELE DE RONSARD 



Âprâa cea vers trop facilea, il y & pl&isir à lire le sonnet 
CXIII de votive, dur san» doute, mais d'ua ai beau to) et 
d'une ezpresaloD parfois ai ferme: 

Si noatre vie est moins qu'tiiie journée 
Ea Teternel, si l'an qui f&ict le tour 
Chajise noz jours aaoa espoir d^ retour, 
Si périssable est toute chose ué&. 

Que aoDgea-tu taoa &mG emprîaoQiiée? 
Poupquoy te plaîst Tobecar de noatre jour, 
Sî pour vol^r en uû ptua cler adjouf^ 
Tu aa au doa Taile bien empacëe? 

La eat le bien que tout esprit deaire, 
La, le repos eu tout le monde aspire, 
La eat ramour^ la le plaisir encore. 

La, A mon âme, au ptua hauU ciel guidée, 
Tu y pourras recoagnoistre l'Idée 
De la beauté, qu'eu ce inonde j'adore. 

Voilà vraiment faire un sonnet. 11 ne faut done point nier 
roriglnalllé de du Bellay. Mata encore doit-on rendre à, chacun 
ae qui lui appartient et bien savoir que, si le âagaoUet de 
Marûtt comme en a dit Sainte-Betive^ n'avait jamais rendu 
d'accents comparables à eeuï-ci : Que songes-tu mon âme 
emprisonnée ? la. ûtie de du Bellay n*a au les rendre que parce 
que celle deBernardiuo Daniallo lui avait donné le ton. 

Joseph VlAKBT. 



4 



■ LA JEUNESSE D'UN FÉLIBRE ARLÉSIEN 
^^^ AMÉDÉË PICHOT A PARIS {1818-1820} 

■ <c £t maintenant^ à nou$ deux , Paru ! a a^écrie, dans la 
^epûière scèae du Père Goriot^ le jeune RBistignac, qui vient 
^e conduire au Pêre-Lachaise^ avec le convoi modeste de son 

ieîl ami^ le deuil de ses illusions, de aes naîvetéa, de sa 
jeunesse, C'eataeul devaotl'avenir, perdu dansla ville immense, 
GontemplaDt le monstre grondant et fumeux qui s'ëtale bous 
seâ yeux dans Les ombres encore lumiaeusea du couchant, 
qu^il pôuâEie ce cri suparbe, qu'il jette ce déû à la chance, cet 
appel à la fortune. Ce cri n^eat pas une Invention de roman- 
cier, une trouvaille d'artiste* Balzac^ qui a incarné dans son 
Haatignac toute une génération, a exprimé par es mot le 
programme de toute la jeunesse provinciale de 1816. Combien 
de jeunes hommes Tont tour à tour jeté, ce vaillant défi, en 
atteignant le boI sacré de la ville où ils viennent chercher ce 
que depuis 1789 la province ne peut plus leur donner, Fidéal 
et la gîoire, la fi>rtiine et le succès ! « A hqîis deux, Paris \ n 
disait à son lour^ à la rent-rëe dti 18lS, un jeune Arlésien que, 
sans fortune, sans protecteurs, muni d'un simple diplôme da 
TËcûle de Montpellier, la diligence de Laûtte et Gaillard 
jetait sur le pav^ de Paria, tout meurtri du voyag-e, pour 
finir ses études et compléter non expérience de médecin, plus 
encore pourcherctier aa carrière et rencontrer !a fortuns^Ce 
n'est pas par la médecine quil trouva sa voie, mais il la 
trouva, et aujourd'hui, qui entre dans Arles par le faubourg 
de laCavalerie, c'est le monument commémoratif de ce jeune 
Artésien qu'il aperçoit tout d'abord, solidement encastré dans 
une vieille maison^ maçonné sans élégance en honoÔte pierre 
de Fonviolle, maiâ regardant vers le Nord, tourné vers Paria, 
véritable symbole des origines et des attaches foncièrement 
arlésiennes» et de la carrière toute parisienne de oeiui qui 
Tut Amèdée Pichot. 



138 LA JEUNESSE D UN FELIBRE ARLESIÉN 

Sur tea débuts du célèbre fondateur de la Revue Britanni- 
que^ sur sa jeunesse et sur son iDstallation à Paris, jusqu'au 
milieu de 1820, la Bibliothèque municipale d'Arles possède 
touteunestirje de curieux documaats : lea lettres iatioies qu*il 
écrivait à sa mëre ; ceâ lettres ont été recueillies par un 
iufatigable coUectiooneur artésien, Louis Mège, à qui Ton 
doit le salut de bon nombre de documents précieux pour 
l'histoire de la vieille cité. Elles méritent d*j être ex&minéâs^ 
HOU eeulemeut parce q^u^elles y Eont encore à peu près iû* 
connues, mais aussi par^e qu'elles donnent un irès vivant et 
authentique tableau des déburs d'un Provincial à Paris pen- 
dant tea première^? années <ie la Restauration, et parce que ce 
Provinoialt sans jamaia perdre de vue aea intérêts et êoq 
avenir, a su se mêler au monde parisien, le goûtor, le com- 
prendre, le juger, en décrire la vie sociale et politique. Rien 
ne vaut les dépositions individuelles involontaires. Las lettres 
écrites sans intention historique sont les documents les plus 
giocères et les plus utiles à Thistoire. 



An moment où s'ouvre cotte correspondance, Amédée 
Piohot est à Montpellier et il j termine ses études de médecina. 
Né le 12 brumaire an IV (v5 novembre 1795), ancien élève du 
collège de Juillj, élevé sous la direction et aux frais de son 
oncle Pierre Blain, le séjour de la vieille ville universitaire 
commençait à Tennu^er^ et il rêvait déjà d'aller B^étabtîr à 
Paria : «J'aime mieux aller chercher femme à. Paris», 
écrivait-il le VZ mars ISH, et sa mère entrait volontiers 
dans ses vues : » Il me paratt que tu veux tâuher de ne plus 
retourner à Montpellier,., Si tu termines cette année, tu 
pourra» plus tôt aller à Paris» (12 janvier 1S17), 

Il fut autorisé à commencer ses examens de doctorat au 
mois d'avril ; le 12 mars, il atteud&it l'argent de ses inscrip- 
tions, pour faire axer son examen à une date antérieure aux 
vacances de Pâques. Du reste, 11 ne se donne ni pour un pui 
de science ni pour un bourreau de travail : f< Je suis pares 
seax«.« ; je serai aussi heureux que tant d'autres qui en saven 




^ 



AMEDEE PTCHOT A PARTS <39 

tsioinaque moi.)» Etaaparease, sa légèreté au trayail lui font 
^i^ement regretter les retards de ses épreaves : 

Je croyais subir mon premier eï&meB le 2 Avril, mais ne voilà-t-il 
pa« que lea professeura prennent vacancea jutqu*au 14 avril? Cela me 
T^tafde encore, et me fait perdre du temps, parce que je a'ai pas la 
gifttienee de revenir aur une étude déjà faite, et q^ue tout s'oublie faci- 
lâment. 

Cependaût il achevait aa tbèse, sur un sujet qu*îl connaîS' 
sait d'expérience : « A.perçu aur les diversea espèces de pays 
ïnarécageui et sur la ville d^Arles en Provence, n II s'oc- 
cupait de »*aapurer des subsides, toujours difficiles k extorquer 
à la parcimonie d^'un oncle même bienveillant. Il envoyait sa 
mère en ambassade ch⣠cet oncle, pour qu'elle eût 

une explication au aujet de mon doctorat. Je crains beaucoup qa'il 
ne trouve la d^^pense trop forte, puisque, ep m'envoyant cinq cetita 
francs, il me répète deux foia qu'il eat étonné que les premiers exa- 
mens fioient ai chers ; que isera-oe donc e'il faut qu'il me donne cinq 
ou fiix cents franca pour terminer, aana compter la dépense de mon 
«éjour ici? Jleat vrai qu'avec les premiers cinqceotB franca, j'aurai 
ma pension payéejusqu'en juin. 

Au moment d'aborder son cinquième examen» Amédée 
Picbot apprend d'Arles que son père eattpès malade. Honnête 
boutiquier du Plan de la Cour, Jean-fiaptiste Pichot n^avait 
pu se consoler de sa retraite à la campagne^ C'était un des 
soucis de IMtudiant : a Mon père s'ennuie-t il et reg:Pôtte-t-il 
le magasin ? 11 II déclina rapidement^ et, dès la £d d^avril, 
Madame Pichot annonçait à son OU que « Tétat du père était 
désespéré, iill mouraten effet le 1" mai, sana que son ôls eût 
pu ou voulu aller assister à ses derniers moments. Deux jourâ 
après, ne sachant pas encore la mort de son përe» mais la 
coQsidërant comme fatale et eu attendant la nouvelle par le 
courrier suivant^ il écrit à sa mère une lettre qui est un 
monument d^égoïsme et d'impiété filiale; il faut la citer toute 
entière; le sens général en est celui-ci :« Comme j*ai besoin de 
mon sang-froid pour mon examen, je tâcherai de n'appren- 
dre la mort de mon père qu^après en être débarrassé. » Et 
il conseitle à sa mère, au lieu de pleurer le pauvre mort, 




4J0 t,A JEUNESSE D*UN FÉLtBRE ARLÉSIEN 

de 96 eonBe^^re^ pour 9oa Ûls qui est. vivant et htet\ vivant. 

Et M"* Pichot manifeste un amour maternel presque au«ai 
exclusif dtî toute douleur conjugale : «Tu doit de regré à 
ton père, lui écrit-elle le 6 mai ; il 8oat juste; me ru doit la 
modérer pour tecotiaerverpourta bonao mère comme toi (sic), »» 

De si boiino mère à ai bon ÛU, \\ e&t aisé dâ s'entendre» et 
i!g BGmbtent en effet 8*Ôtre entendus pour oublier bien vile 
]ti père Pichot, Hvee qui, sa veuve s'en souvenait» fl'étail 
quasiment m'îaalliée une ilemoisL-lle Blain. Quant aux Blain,le 
deuil de leur beau*frère leur fut léger, et Tonde Pierren^ &prëé 
avoir adressé le 2 mai una lettre de coudoléancea à aon neveu, 
lui écrit de nouveau deux Jours plus tard^ et^ en manière de 
consolation, il fait luire k ses jeux la liberté qui va lui être 
acquise, et lui parle de ses projeta de voyage à Paris. Il lui 
conseillait, d'ailleurs, d*ajournor jusqu^après sa thèâc une 
visite à sa mère. 

Àmédât] Pichot n'avait pas besoin do cet eocouragâ-' 
ment ; il remit donc A quinzaine le triste plaisir n de minier 
ses laroiOït â celles de sa mère »», et ne a^occupa plus que ilo 
son doctorat, comme le montrent les lettres suivantes des 6, 
8, 9 et 12 mai : 

(6 iDAÎ),..., J'espùrealler bien tâtmejeterdaD aies bi'aa... cela dépend 
de ma thêacqu^il faut que je firijsae et puis fasse imprimer.** Je cal- 
culoîs avec toi que je pourrois, au 20 de te mota, 4tre docteur. Gomme 
tout Qi'ri réussi poui' mes exameos, et quej'eu suii quitte depuis hier 
»aQ3 avoir autre chose k tmve que ma tbèse, it me e^mble que le 
^Omai je pourrai être avec toi.... Alors je ne te quitterai plu«, et eer-ai 
totalement libre. 

(8 ms.])*,,,. n ne me r^ate plus qu^à faire censurer et imprlrner ma 
thèse^ ctpuiis le premier jour de séance la soutenir. Je vais aller tout 
à l'heure la porter ru professeur nomraé pour y mettre son visa, et, 
dèsqu^il me l'eitra rendue, je ferai en aorte de presser Timprimeur. II 
n'y a que deux théseo avant la mienne. D'aujourd'hui en huitt 
c*eflt-à-dire le 15, je tâcherai d*avoir tout termine. 

(9maij.»,.. Ma tbâse sera prête pour mardi^ et, ai lea profeaseara 
sont convoquas pour ce jour-là, comme il y a apparence, je pourrai 
pnrtir le mercredi, 

(12 mai)...., Ûemaîa je passe ma tiié^Si et mercredi je para 

Ayant diuûuuë uia tbâ^^e de maitit^, te» frais d'impression se ré* 
duiront & cinquante francs, et j'en avais quatre-vingts pour cela 



I 



&Mlh)KE PICHOT A PARIS 411 

Ce fni^ en eifet, le 13 m&i 1817 qn^Amédée Pichot soutint 
sa thèse' et fat reçu doct«ur en oiédeoiDe. Il ([uïtta aussitôt 
1« logis qa'îL occDpait € chez M. Bedos, marchaTjd de papiers, 
T"ue de TArgenterie u ', et rentra en Arles. 

Sea épancbemenls ôliatix n*y furent paa de bieD longue 
c3urëe. Alors que, peu de mois ftoparavant, il songeait à rester 
«i&nslà maison paternetle le temps nécessaire pour économifter 
ses fraîâ de Tojage à ParU. et qu'il annonçait ensuiteriûtention 
4âd ne jamais abandonner sa mère, il quitta Arles dès le 
ZDoig de juin, et, après un assez court «éjonr à Marseille, 
s*tQstalla â Toulon pour j commencer Texercice pratique de la 
médecine. 

A Marseille, logé chez M. Clapier « homme bon et franc », 

la jeune fatuité de Pichot crojaît n'avoir paa dépla k sa ÔUe 

Caroline, mais il avait la modestie de la juger un « parti trop 

Avantageux»*. I[ ne songeait p&s encore sérieusement, du reste, 

À se marier^ et suîrait volontiers le conseil de son oncle Pierre: 

a A Toulon, exerce- toi ; fa»:? de la médecine ; habitue-loi k 

aller dans le monde *^. M Blani estimait ie séjour de Toulon 

préférable à celui de Ptiris pour les débuta mondains de son 

neveu. Mais apparemment dea o Cyprès n il en jugeait 

miil, si Ton en croit Amédée Pîchot, La naïveté du jeune 

médecin parait s^étre offu'^quée quelque peu de la libellé 

d'allures , de langage et d'opinions de la société toulon- 

naise : 

1 OltA thèse, «ur It lujet pr^e^denmidQt indiqué et seoa U méma 
titre, porte en épigraphe des rers de Lucr6c«, 

Ea TÎ-s m*>rborum pestitilaaque 
Aat extrin36cu9 ut nub«3 nebalceque auperne 
Per cœlum reniant, «ut ipsa ssepe coorta 
De lerrâ sargunt, ubi palrorem hamida nacta est 
InteuipestlTispluTiis^ae et solîbus îcta. 
Elle fut imprimée •• à Montpellier, cbeï Jean Martel ainè^ seul impri- 
meur de ta Faculté de médedne, pr^s l'hAle) de la préfectQt'f^, ti* G^ », 
tâliT (n* 34), Elle était dédiée * A mon <>nç}o Pierre Blain. A mon oncle 
François ÛLain. A ma m^rc. - 

* Lti Didison ^t le commerce Ûg M. Berlos cïîstont loujoiin. 
> Am, P. à sa mt're^ Toulon, tS août 1817. 

• P. Blain il Am.P,, -aoiCjprès.îSaoût iei7*. A. P. logeait ilor» à 
Toulon^ rue Royale, 35. 



40 LA JEUNESSE D UN FELlBRE ARLESÎEN 

Si on croit que jo puis devenir galniit à Toulon, oa ee trompe : 
on «Bt ti*è& immoral, très indécent en société ; oq j parla de tout* et 
je n'appelle pas ça le bon ton. M'"' d'Entrechaiix elle-même jare 
quelquefois comme un dragon, BurÉout contre le roi et aes miaia- 
tr^a. C'est un club qii*elte préside où jâ frémirois des propos «mn- 
g^uÎDaires, ei Je ne Koia des prétendons ndiculea qui les accompA- 
gaont. Au dîable lea ultroa, peu à peu je mVn ëcarte '. 

AilleMra,ilâigna]e un autre trait caractériatique de la société, 
toulonnaîse de son temps : le goût du paroisfre^ La r^chercbo 
dâa glorioles eitérieurea au détriment du confort réel. 

L^ameur -propre perd surtout U plupart des ToulûDDaiB^et surtout 
des Toulo no aises. On est le bouireau de aou eatomac pour taut 
doouer au corps extérieure c'eat-À-dire on jeûoe ici toute la aemaioe 
pour se parer le dimanche. Non pas ce» jour^-ci par exempleToà toat 
le luxe ee tourne vers la collation de ce soir et le dinde(5ic)de d&Piaîn. 
Ou met aea chemiaei eo ^age pour «e régaler A la Noél ^. 

Lstmison ne semblait devoir pas être aussi brillante i^ii'on 
le supposait: ta misère et la mauv^aisâ humeur contre le gou- 
vernement détournaient îa saciété dea dissipations mondaines. 
Ce ne fut qu'après les fêtes du jour de Tan que quelques 
valons s'entr'ouvnrent, ût qu'on organisa quelques bals par - 
souseriptioa : 

îei on commence à organiser des bals nicjeacant uoe aoascnptîoii.ffr 
de vingt francs pour quatre bils qui auront lieu les Uiudi. Jpplaceraii^. 
mes vingt fraaca autre part. Les peraounes de haut rang donneront* . 
auasi, dsjiB le courant du mois , des aoiréeB an peu plus brillante^s 
que jaaquici '. 

Ajuédêe Pictiot ne devient dono pas un mondain; an con*^ 
traire, le spectacle des passions politiques des gens prétendus J 
àien pensants et de leur grossièreté le dégollte de la via d»J 
salon. Il avait, du reste, des origines plébéiennes et, danssc^ 
famille , l'exemple du libéralisme de son père à imiter i 
J.-B. Pichot avait, pendant la Terreur Blanche^ joué un foFW ^ 
noble rôle, et son fila eu a très exactement conservé rhoûorn*^ 



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• Am. P. à sa mère, Toulon, !5 octobre iSn* 

' Am. P, k 6» mère, 4 di>cfimbr« 1811, 

» Am, P. à sa mèro, Toulon, 9 janvier 1818. 



ÂlklEDKE P1CH0T Â P&EIS 



443 



ble fiouveair aou9 une transparente action, dans sod romaD 
Alonsieur de f£tinteile. Vn autre molif» pour ne point fréquen- 
t«rde trop prè$ iea mond&îns, êt&it le déTeJoppement de ses 
idéea ToltairienDefi. lï avait qaeJque mérite à l«s avoir et à tes 
oonserreFf danssoD mîUeafamili&l, où, depuis la mort de son 
père,rîe& ne faisait uf> juste contre-poids à îa dévotion eice^tve 
et étroite de sa mère. Le jeune étudiant prenait, d^ailleura, ud 
évident plaisir à taquiner la bonne dame sur cé chapitre* tl 
a^eotaît un air profond et doctoral pour lui donner des con- 
seils de libre penseur: « Ne faites pastropmaigre chère. Dieu 
xie veut pas qu'on soit le bourreau do son estomac. La véri- 
%^bl« abstinence est celle du péché » ^ La conversatiop entre 
la mère et le ûls, sur ce points ue languit jamais; il saisit 
'toutes les o<:;casion9 de présenter «oua un jour ridicule, ou 
niais, ou hypocrite, les cérémonies et les usages religîeui tra- 
4litioDDels, à riposter par den ironies parfois acérées aux récits 
d« sa mère, bien naïfs, tout pénétrés d*onction. Celle-ci, dans 
Arles, veuve et âgée^ asse^ isolée, avait peu de distractions; 
"(.oute solennité religieuse d'extra était un divertissement 
pour elle, et ensuite un aliment savoureux pour la chroni- 
c)De de petite vi!le qu'elle adressait à Amédée ; on reste sans 
Knoquerie devant une bonne foi si parfaite et si dénuée de 
'toute défiance. Certain jour elle presse son OU de revenir 
x^pidement à Arles, aûu de pouvoir prendre sa part d'un 
«peetaele intéressant et inaccoutumé : 

...Tu pouirais ^ssioter ici su service funèbre du duc d^Auguîn que 

la garde urbaine lui fàH^ qui est R^é au 15. Je sairé charmé que tu 

'viB lemoaoléde Louie 10(î{c) qu'an a. laissé subsiaterjusqvi'àcetteépo- 

«|ue; c'est 8ÛreEDeDtquelquechD8e de très joli: M, Huard Beat distingué. 

11 y aura cependant quelque chose de changé. Ou a Gxé le 15 pour 

<|ue M. Sauret puisse y aaatster^ devant p&rtir de PtiK< au premier 

jour. Samedi dernier, le service de Louîa 16 ut lieu ; il fut célébré 

^ans la plus grande solennité : l'église été très bien décoré; elle a 

été tandu en noir; ou avé enlevé toute les chaise fîxe, on avé placé 

la banque de la merie devan la chaire ; toute lé dame été en noir, 

sans oublier les artisane; elle été camiadle noire* jupon brun et 

tablitnoir, ruban uoir.Onn'entréque par billet pour le pris de lOfrancs. 



ïd., iàid,, lî mars 1817. 



4H 



LA JEUNESSE D'DN FELIBRE ARLESÎEN 



M&rgré cette prëcoUoQ, il a fallu se rendre à boaue heure; M*** SftU- 
ret jfutà aapt heurea, elle m'avé douDé a^ïgoiatiQn à huit heures».. 
Il y auret ut un jolî coupd^oeil a'îl ni avet pas utse mélange'. 

Tandis que M** Pichot ne voit que dévotion et aentîments 
pi€uz dans les mouremenis qtiL réunissent cette foule, 
Âmëdée juge djfféremment les sentiments des Toulonnaîâ et 
des Toutonnaises, non moins empressés pourtant à courir 
aux églises le Jour de Pâques. Il conclut d'ailleurs ce déve- 
loppement par un parallèle assez plaisant entra Toulon et 
ArleSf otf dit-il^ a II n*y a point de coquetterie chez les femmes 
et point de pensées erimiaelles chez les hommes', » Ce der- 
nier trait s'adressait indirectement à sa mère qui lui avait 
reproché de croire les jeunes Arlésiens hypocrites , grief 
dont il e*était défendu déjà : 

Je n*aî pas dît que tes jeunes getit d'Ârlea me parussent tartuffes^. 
Je ne le croîs pas. Je ios attends au pont de Crau le mercredi de^ 
Cendrea '. 

Quelques jours aprèa, sa verve est eicitée par une mi&sior 
que Ton prêche en Âdea * et qui occasioune naturellement u^ 
^rand enthousiasme chez les bonnes âmes* Ll écrit ; 

Ks-ia vendu ce que tu médisais avoir à vendre? Tu pourrais alo- 
doDûer quelque choee aujc mts&ionDairea « car il faut que tout 
monde vive; et, quoique les miasionnaires oiiëpriâent cette vi^ci, r 
oût heBûiu de paiu pour prêcher sans s'épuiaer- Je pense bien qu* "^ 
ne manqueront pas d'invitation à dîner ^. 

Cepeniiant cette mission déchaînée avait dû réveiller r 






' M»" P. à Arn.*3(> juin 1817. Jeconserre l'amusante orthograpito 
U TÎcille damo. 

* Voir cette lettre en appendice. — Toulon, 22 mars iS18. 
3 Am- P,à sa. mère, i5ocl. 1817. 

* OuTQrlG 1« 2 novembre ai clôturée le 21 décembre 1317^ celle mis- 
compta diî membres : lu supi^neut' Hauzan, Fajal, Rodel, Dumo^ail' 
Ptrail^ Mcnjaud, PoIm, LovenhT'tick, de la on^f^ation dos Mi* 
de F*rance; Mye el Beblieu, d* la conj^réwalion d'Aii.Le tome Xll 
Miscellanea de Mègu, à la Bibliothèque d'Arles, contieul uae 
de cette mission. 

' Am. P. n sa mûre, ÏS oct. 1817. 



'-^ 




AMEDEK PiCHOT A PARTS 



445 



"▼îeui reste de proséljtiame dans le cOBur de M*°* Pichot ; pour 
couper Gouri à 1& mania BermoQueusQ^Âiiiédéeûtàsamère uue 
déclaration de principes très Dette. Ces priDCJpea étaient déjà 
i^enoement arrétéa dans Tesprit da jeQoe médecin. Il leur 
demeura Ûdèle toute s&, vie : 

J'ai toujours détesté les big^alB^ et rien n'est plus éloigné de U 
véritable dévotion. Je tie auîa pas dévot uon plus, mais je crois avoir, 
aana badiner, tout ce qu^il faut pour faire un bon chrétien. J'ai une 
Ame tendre qui, quand elle aéra fatîg'iiée d^avoir aicpé la aïonde^ 
aimera saUB doute la Providence éternelle qui aime tant les horomûfl. 
blaia tout ce qui est pratique extérieure est encore peu de mon goût. 
J'élève aouvent mon coeur vers TEtre Suprême, et l'hommage d'une 
pensée bien recueilheest uno boane prière. Tu ne dois pas déseapérer 
de mon aabt, ma chère mère, parce que j'ose dire que Je ne euÎ4 (.laa 
ua grand pécheur, quo même Je uj^ime ^'nn ie grand monde et me 
«ens tout disposé à remplir leligieusemeut les devoirs de mon étaC^ 
et ceux d'un bon père de famille, gi je le devietis, Ng t'imposB paa au 
moine de trop grandes mortificatioDs. Si ta santé aoufirait jamais par 
excÈa de dévotion^ j'aime trop ma mare pour ne paa en conserver 
peut être uae prévention plus forte que moi contre une religion qui 
lui serait nuisible K 



P 



M"* Pichût ne déaarme pas encore ; elle espère convaincre 
son flls par le récit des exploits de ces prédicateurs : n Ta 
seconde lettre ne parle que mlBaion d, lui répond Amédée le 
7 décembre ]S15;mais.,huit jourâ après, il commençait à troti- 
:Ter la converBation monotone, et il fait comprendre à sa 
mère que ses tentatives de conversion sont inutiles, et lui dit 
tout franc quHl est charmé de ne s^êtra pas trouvé en Arles 
pendantacette bienheureuse mission. I) Et i) conclut, tout en 
rendant hommage de nouveau au ti zèle de ces mesaieurs, d par 
quelques observations assez rudes sur les caractères de la 
pseudo-piété mondaine, et en exprimant sa préférence pour 
la morale d'un abbé de ses amis^ moins insinuant et plus 
sincère*. Un trait de cette Isttre , d'assez mauvais goût 
d^ailleurSf et qu'Âmédée proférait d'un ton quelque peu 

* Le mAme à la même, 14 nov. 1617. 

» Am. P. à sa mère, f5 et 24 décembre 1817. Voir ces lettres en 
appendice. 



1 1 û 



LA JEUNESSE D UN FELIBRE ARLESIEN 



pédîiat, * /Vous autres médecins a, choqua et coDtrlsta U 
bonne M*' Pîchot : il est probable qu'elle manifesta aon 
chagrin à son âla , et que celui-ci comprit qu^etîe avait été 
réeJiemeût peinée: auaai dana une lettre suivante chaug^e-t-il 
de toD^ et, sans pointes, sans moqueries^ saos intentions 
agressives (qu'il demande d'avance qu*on excuse ou qu'on 
comprenne, s'il lui en échappe]^ tl souhaita seulement que sa 
mère soit tolérante à. son égards respecie sos oonvictions 
présentea, et, si ces convictions doivent changer, laisse leur 
évolution s'opérer lentement, sans vouloir y aider, ou plutôt 
la contrariei', par une violence maladroite, t) vaméme jusqu*Â 
reconnaître que les misâionnairea d^Arles «ont dignes du ^^ 

respect des hommes; il est vrai quMI ne leur rend ce respect ,^( 

que pour «l'amour de Thumanité >* ; mais c*e«t déjà une cou- 

cession. D'ailleurs il revient bientût à ses maximes et à. ses ^^g 
plaisanteries ordinaires. Rntre autres vœux et cousetla de ^^le 
jour de Tan, il dit à sa mère : 

...Ne vas plus û matin à la mefiâê : on prie aussi bien Dieu un peu^Ai^ «a 
plus tard. Laisse voa belles dacneâ devancer le jour afin d^étre pWïi^s .^=11 
Lât débarr::iâsoe$ de leurs devoirs de piété et se livrer un pea àlj^s. à 
Taraour du prochain, ceat-à^dire au plaiair do caqueter aup Pierre el» ^^ et 
Paul. 

Et, à rapproche du carnaval, il reparle encore de la mon^ 
danité religieuse qui lui inspire une visible horreur. Il y ^ 
encore là d'assez bonnes remarquas sur les prêtres à la naod^ 
et leurs ouailles temporaires, autant de membres de TAssa- 4 
dation générale des Repentirs Momentanéi : 

Voilà donc que le carnaval, sans doute» inspire peu à peu de^».^>J 
setititneuta un peu plus mondains aux belles dame« dévote»; il faix7 
être de ce monde, puisque Dieu nou«y a tnis, et surtout y dtre ave^ 
charité et humilité chrétienne, Vos miasionn^ires ont dA le dire. 
mâBsîeura ont dû en effet être confus de se voir à la mode, car ri< 
ne passe vite comme la mode. On est mauvaïa chrétien quand t 
s'engoue uq moment de la relig^ion : on risqua de ne pas persévérer < 
on gagne mieux eoa aalut en faisant tout honaem^ut son pe^ 
chemin. Saiot Pierre ne âe pressera pas d'oumr la porte du Parut 
à ceux, <|ui orLent si fort <|Li'il3 veulent entrer et qui frappent bien U 




AHEDEE PICBOT A PARIS 



AAl 



f^oTif fftire eotâtidre 1« brait dti tnartfi&ci. Mais c'est asseï parlé de la 
muftîoB '. 

Ce n*6st pas sâulement de râligîon que caasent la mère et 
1« aie. LHoépaisable ûhrooiquearlèaieimâfoiiroitàMixiePichot 
znainta faits divers, qui D^ont plua pour la postérité le même 
î ntérét qoe pour son fils. On peut eepeadant noter la préoccu- 
pation que causaient à tous les Arlésiens de laRestauration les 
faîta et gestes de M. d'ÂDtonelie ; l'ancien jacobin, ei assaj^'i 
quMl fùtenca temps-là» n'eu restait pas moins très redouté de 
t.ous les roj'aliatea et même des libéraux. Le 20 juin 1817, 
Af me Pioboi écrit par exemple : « La v iile eat fort tranquille. 
£wl. d'Antonelle n*a plus rien dit. » Ce oélèbre révolutionnaire 
izuourut le 'iô novembre 1817^ en pleine mission, mats sans avoir 
voulu receyoir ni écouter les mi>^ ion flaires :n liâo ut dû être bien 
coDfua, écrit Àmédée le 7 décembrei de ne pouvoir triompher 
de d*Antonelle mourant. » Son ami Donnadleu lui oiprîmait 
ci^Âix Topinion des ultras: 

La mort de M. d'Âotouelle prive la France d'un de ces loupa de 
i-évolution qae le Bon Pa*teur ne dpit pas regretter de ne pas avoir 
«ïâjia flOQ troupeau. On ne lui a donné* dit-ou, qu^iiu prêtre pour 
l'àccompagrer à la tombe. Un a eu tort. Il u'en voulait} lui, pomt 
du tout*» 

Après sa mort, M^d'Antonelleflt encore un bruit de viile : son 
t^eatameut, fait en faveur de son neveu, M, de Jonquière, qui 
f"wt plus tard maire d'Arlea, fut jugé injuste par les Arléaiens» 
^ qai les DeGuîUem, ses autres neveux qu'il déshéritait, étaient 
^^mpathiquea. Picbot déclara lui-même que les conseils des 
Yr^issionnaires auraient peut-être inspiré au défunt un meilleur 
^«siament^, et il dit ailleurs: 

J'apprendrai avec plaisir que le teatameal de M. d'Anta&cIle eat 
K^ut. Sou tiériCier en a bien assez, à moinâ qu'il ne veuille encore 
^^cbeter quelque croix *. 



> Am, P. à sa môre, TquIdû, 9 janvier 1818, 
»F. Donnadieui A, P., Air, f"^ diScemhrc 1817. 
^ km^ P. à sa m^re, 7 dùccmbro 1817. 
* Le im^me à U miiine, 22 mars 1818. 



448 



LA JEUNESSE D UN FELIBBE AHLEâlEN 



Il j eut un prûoèa sur la validité de oe testameiit, elle fat 

admise par le tribunal malgré ropînîûD arlésiânne. 

Malgré leâ Aouvenirs eocord bien voisina de la Terreur 
Blanche, malgré les causes locales du méconteatement, la 
ville restait cependant très tranquille : « L'exemple qu'on dit 
avoir eu lieu à Toulon les a fait tenir tranquilléft, écrit 
Mme Fichot le 30 juin 1817. On n'a pas voulut se mètre 
au même eaâ c^ue le gendarme et le mîliterre pour avoir crié 
M..,., pour te rot, qui ont payé de leur tête, » Le gouverne- 
ment avait d'ailleurs fait preuve de sagesse en maintenant, 
du moios provisoirement, à ia tète de Tadmini^tration moni- 
cipiiJe, Le maire bonapartiste, M. Sauret: 

On atant les députés; il parroi qu'il de son pat satitfait de voir 
revenir Sauret reptaadre sa pUce de m&ire ; on été partit dan» la 
pevauation qu'il ne le seret plus^ ajant été placé par Boanaparts- 
,,,11 aété très bien acalit, boîC des mLaietreBf même duâdcrétairepaMi- - 
culîer du Tù\ ^ 

Dans une autre lettre^ qu'on lira plus loin, Mme PicboV* 
donne une Ôdèle image de la chronique et de la vie arlésienae 
c'est un agréable mélange de cérémonies religieuses et d»> 
plaisirs nocturnes^ une messe en musique le jour de Pâques 
et, des aérénndes aux plus jolies demoiselles, des oomiué^ 
rages assez inoiï^nsifa, mais qui mettaient en cause quelT 
ques amis d'Amédëe, et pour terminer une tirade oùl'ar. 
lésienne vit et vibre toute entière, pour la défense du nae « 
national, du saucisson d'Arles. Le frondeur Amédéo ava^ 
glissé dans une lettre cette phrase : cr A propos de saucIssoiLf: 
ceux d'Arles ne coûtent ici que trente-six sous, et on les c» 
véritables, n Phrase dangereuse qu'aggravaîiencore un aDt:0~ 
reproche: ttCeui que tu m*envojas n'étaient pas encore hiM 
faits» » Mme Pichot ne pouvait accepter pareille injure; e^3 
ne 8'indigne même pas, mais avec quel souverain mépris ^^ 
écrase ce pseudo saucisson : 

Je doute ' que le BOaiaaa de Toulon soit de sosiaon darles, 
ment oepflut'il faire? On le veaticilS sols; je veus que Ion le lui ^^ 

>Mme P. à A. P., 30 juin 1817. 
» M-* P. à A. P., 21 mars I8i8. 






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AMEDEE PICHOT Â PARIS 



449 



A UD plus bfts pris : la dimiDutioa et trop grande» ee ae pourroi être 
qit'uoe «qualité tnferi^afâ. J^ tavea preveai] que ceas que je tanvoye 
aetoL pas bien fait ; il ce peut auai que, daoa le fcrAQâportT il ce eoit 
raudu mou. 

Les quelques autres lettres qu'échangèrent Âmédée Picbot 
et sa mère sout sans intérêt; Il faut cepeQdant j relever un 
trait qui caractérise legeurede sensibilité d'Amédée PicUot. 
Le même fiU que la mort de son père avait UiB^é ai froid, 
qui écrivait à sa mère malade, le 1*' jativîcr 1818 : 

Tu reconnaÏB combien tu es nécensatre au bonheur de ton fils; auAaî 
g*ai-je aocuae répugoance au mariage qui me donnerait ud chez moi, 
car ai tu me maQqimia, partout je eert^LS seul, partout étranger, 

le même homme exprimait des condoléances presque émuâfl 
sur la mort de leur chien : 

Je commencerai^ ma chère maman, par t'exprimer mes regreU sur 
la parte de notre pauvre chieui qoi eit aana doute mort de vieillesse. 
C*esi UD Tuide daoa la luaison. 

Mais roraiaoQ funèbre eat coitrter etlemotauivant^ — Nom 
te remplacerons — , prouve que Témotion n'est que superficielle : 

Noua le remplacerons, car on se trouve moias aeul, quand, an en- 
trant, on est aalué par les aboismena aSbctueux d'uuobieti fidèle*. 

La correspondance entre la mère et le fils cessa d'ailleura 
bientôt après. Piuhot s'était résolu, comme il l'écrivait à son 
camarade Clair, à ne quitter Toulon que lorsque il lui dirait 
nn éternel adieu, selon toute apparence dans le courant de 
de juin'. Il songeait plua que jumaiâ à exécuter son grand et 
ancien projet <!« voyage à Paria *, et il ne tenait pas à s'aco- 

» Am. P. à sa mère, Toulon, 9 avril 18Î8, 

* Le môme à H. Clair, 30 avril 1S18. 

3 D^s It! moi» de mars [V\ mat'ïi 1817}, il exposait à sa mère le plan 
tniv.mt ' M Si je piluvai» finir c» iiioi^i de juillet, mon plan serait d'Éco- 
nomiief quelques centaines de francs pendant mon séjour à Ailes, ^ilîn 
de pouvoir fatro des dépenses «n liabits, lingâs et Lin-fiâ à Paria, suns 
trop demanHep â mon oncle, et ce me serait facile en restant depuis aniVl 
jusqu'en avril ou mars 9 1» maison. Je l'en reparlarm, lorsque avant 
aubi un ou dtiux esameus, je Terrai mieux C4 qui mu convii>nt. » £l en 
m6me temps, il faisait souder par sa mare les toleutions de son oncl« à 
cet bgard. 





[ 

l 



450 LA JEUNESSE 1) UN FELIBKE ARLESIEN 

qainer trop longtemps dans Arles, entre Talfection iDÎntelU- 
gente de sa mère, et les dîstractioDa moins intelligeûtea encore 
dont quelques-uns âe se» camarades lui faisaient le navraot 
tableau, qu'ils trouvaient dëlicieui. Un cârtain Gârmanes, qui 
sigûe officier de voltigeut^s et qai affichait ses seatiments roja- 
lîstea mémo avec les griaetles, ne lui laissait rien ignorer de 
ses passe-temps; deui lettres qu'il écrivait à Picliotle 10 avril 
et b 15 mai 1S13 sont de véritables documents sociologiques 
Voilà ce qu'était ui>e partio de la jeunease bourgeoise fran 
Caiso, dans une petite ville de pro^^ince, ily a quatre-vingts ans I 
Voilà TambîtioD de ces jeunes hommes dont L'enfance avait été 
bercée par les canons de répopée impériale ! Courir la Roquette^ 
courtiser les càtitos, k mettre le pays à contribution Démettre à. 
Jamode de jnauvais trous^ et chaque jour, tt faire decinq heurea ■ 
à dix heures, bamboche étoruelle 1 » Et le malhenreuat sVtait ■ 
dépêché ds perdre âon vernis parisien pour se mi^ttre au niveau 
du pajâ, u on, dîsait-il â Pichot, nous sommes probablement 
destinée à hubiter toute notre vie j »> On voit la grimace que ce 
pronostic dut arracher à son ami. Bon prince et bon garçon 
d'ailleurSjil faisait luire à ses yeux « vïn avenir de petites par- 
ties», un régime de communisme parfait^., ou presque. On 
comprend que cette existence idiote n'ait pnâ tenté Piohot. 
Un autre de ses camarades. Honoré Clair *, apparteîmît â uue 
toute autre catégorie de jeunes gens. Romantique etsenttnien- 
lal, tournant agréablement ranecdote, mettant nue pointe de 
coquettûrie à môner Éibien une aventure a pastorale ti» et pre- 
nant plaisir à la bien racontera un ami, ~ son mérite naturel 
le saurait de Tenlizement arlésien. Sas goiUs littéraires l'attU ■ 
raient k Paris non moins vivement que son ambition j pous- 
sait Amëdée. Plus jeune que celui-ci du deux ans, il comptait 
sur le départ do son ami pour décider sa famille à une aussi 
longue séparation ; Pichot lui-même ét^it bien aise d^em- 
mener avec lui à Paris un cumarade sûr, aimable et riche. Ils 
tombèrent vite d'accord ; dés février 1818, Clair imaginait les 
plus riants horizons : <t Bientôt nous serons à PariSn, bientôt, » 
disait- il à A.médt^e ^qui dans uu *î0urt accii:9 do mysticisme lui 



I 



1 Honoré Saint-Michel Étisaboth Clair, ne en tî9G, mort ïù 8sQp 



Lembre fl 



ÂMEDEE PICHOT & PARIS 451 

ftvaîtcîtésftîQt^'niérède et saint Aagus|]D),ff bientôt, philosophe 
sensible et tendre^ tu coarriras de baisers une jeuoe beauté, 
digDe d'uo cœur seuâible comme le tien. » Et déjà il s'inquié- 
tait d*ao départ trop prompt d*Âmédêe poor Paria : « Est-ce 
que ta voudrais aUer à Parte araut la fin de Taunée seholas- 
tique?Cela ue m*arraDgerait pas * I i» 

Tout A'arrangâa cependant, et, en octobre 1818, les deux 
amis partaient ensemble pour Pnris : te docteur en médecioe 
Pjchot, que les détails précédents font âèjk connaître suffi- 
samment, d'une grande indépendance de coeur, comme il 
appert de sou attitude et de s«a lettres pendant la dernière 
maladie de son père, et du ton péremptotre et ehoquaut qvCH 
prend parfois avec sa mère; d'une snffîsance parfois si pré- 
sompiueuse; d'une affectation de supériorité si comiquement 
ridicule, d'une allure jav^nile^et souvent déplaisante, d'^esprit 
fort et de frondeur, qui juge da baut de son diplôme les 
missioDS} les mœurs du jour et les polémiques locales ; Lntollî- 
gent d^aiJieurs, habile, ajant réussi à obtenir de ses oncles 
Blain les subsides nécessaires pour aller compléter son édu^ 
catiûo médicale, en réalité cberolier un chemin, à Paria^ — 
(ce n^était pas en vain et sans uo adroit calcul qu'il leur avait 
assuré Timmortalité en leur dédiant sa thèse); — rëtudiant 
en droit Honoré Clair, sinon confié^ du moins recommaudé à 
ton mentor de vingt-trots ans, né de famille bourgeoise et 
royaliste, d*une culture sociale plus relevée, d'uue politesse 
t la d*Âotonelle*, plus homme du monde que son amip beau 
cavalier, gftlant causeur, chesc qui le séjour de lu petite ville 
n^avait pas éteint les gofïta littéraire?, qui s'intéressait aux 
antiquités locales, et qui allait à Paria flnir son droit, s'assu- 
rer quelques protecteurs, ^^ et perdre i^rstr de la Roquette t>^ 

Lca deux jeunes gens partirent d'Arles avec un soleil ma- 
giiiûqne, u trop beau même, car il était chaud. » ti A Paria le 
Boieil est moins clair, h mais u Vive Paris quand il fait beau 
temps, et même quand il fait mauvais î n La route se parcourut 
sans incidents notables; k La vue de Paris fit oublier les fati- 
gues du vojage; un boti sommeil les prépara aux fatigues du 
lendemaiu^ n Mais, quelle que fût leur joie de ce voyage, ils 



t Oair a P., Arles, 4 février 1819. 

* On connaît le diclon aili^^i^n •• Moussu d'Anluneiio, csp^ii ^^ti inan.* 




*h2 LA JEUNESSE D UN FELIBHE ÂHLESIEN 

étaient assez triâtes delà séparation et regreilaieot ta ^e1 
patrie: « J'aibesoiDdu bruit et des alTaireâ d6 TarriTëe pour 
oublier Arles, dît Pichot, j'espère ne jamais l'oublier tout 
à fait cependant, » Il ne l*oubiia paa en effet; dan^ sa corres- 
pondance^ reflet de ses pensées et dâ ses préoccupations, La 
chronique arlésienne alternera avec celie de Paria, et tout 
«avant qu'il est, tout lettré qu*il devient, c'est souvent cheï 
lui rAdésien qui continuera à juger tes franciots. 



II 



Dès le lendemain de aon arrivée à Paris, le vendredi 
30 octobre ISlS, Pîchot écrit sa première lettre à sa mère. 
Avec une telle destinataire, ces lettres sont des récita d'une 
euttère bonne foi, maiâ aussi d'une exactitude terriblement 
plate, 11 faut» pom* a y plaire et pour en apprécier toute la 
saveur, ae représenter un peu M*^* Picbot mère., la bonne 
Arlésienne, sans orthog:rapbe, mais non sans fines^-o iutetleu- 
tuelle; idolâtrant !âon ûls unique, scmy^r^on, qui ne Lui le rend 
pas sans quelque parcimonie intéreâséc, sacrifiant tout à sa 
carrière, et se saignant aux quatre membres pour entretenir 
ce Monsieur le doctBurf qui , e u attendant de se faire uue clientèle, 
lui coûte a les oreilles >k On la voit, à la lecture des lettres 
d'Amédée, inquiète et effarée, mais cepemlaut toujours digne, 
poussant des Bonne mère / Gi ûes Bûundf ou I au prix exorbitant 
de rbnlle et des gilets di3 âanelb^ et a mettant les mains sur 
la tête », sans pitié de sa coifiure, — car en vraie Arléaieune, 
en bourgeoise de la rieille roche, elle r colSait gancoe » ; — on 
la voit, la lecture faite, allant de commère en <îommcre 
raconter ce qu'il fait, ce qu'il dit, ce qu'il dépense : 
(t Ah I de cet Amédëe, /}£Z5 moinsl ^u^il est allé passer huit 
jours chez M. de Gbartrouse ! » Excellente femme à tout 
prendre, mais dont le caractère et réducation première justi- 
fient le ton et l'allure générale des lettres de son flls. Comme 
le jeune oiédiîcin 7 parle de tout ce qui peut intéresser la 
vieille dame, c'est-à-dire de tout ce qui le touche^ sa vie quoti* 
dienne. ses occupations^ banales et frivoles ou sérieuses, ont 
beaucoup plus déplace dans ces lettres que les hautes spécula- 



AMEDEË PICRÛT A FÂRIS 



^53 









tiona philosophiques. Elles nous donnont UD tablean Ûdèle et 
complet d^nnevie d'ëttidiant h Paris sous la Restauration. 

C^est rmstallatioa, la vie roatérielle de son fils qtii avant 
tout préoccupe M"" Pichot.Amêdée a une chambre meubïée 
et mange au restaurant^ tandis qu'H, Clair a préféré une pen- 
sion bourgeoîser Installé d^abord rue Sâint-André-des-ArU, 
n^ fj^ , il jr reste peu : « Je n'ai pas encore le log'ement 
que je voudrais, » écrit il le 17 nov^embre 1818; au mois 
de mai \ il se transporte rue de» Grânda-Auguatins, 17 : « Je 
«uiâ à un quatrième, et je n'ai vue que sur un ciel ouvert. » 
Cela lut coûtait vingt-huit francs par mois: « Et puis qu'on 
di^e que les logements sont à bon compte à Paris ' 1 ■» Il s^était 
éloigné de Clair le moins possible: « Nous sommes logés aussi 
près Tun de Tatitr'e qu'à Arlea, C'est être bien près à Paria. 
Nous nous rapprocherons davantage, autant que l'argent le 
permettra; les chambres sont assez cliëres dans notre quartier 
où arrivent tant d^étudiants '. » 

Le matin ib déjeunaient chacun chez soi, frugalementj et 
îla faisaient volontiers banueur aux provisions qu'on leur 
olli*ait du pay j : ** Nous ne refusons pas les saucissons. >^ Ils 
les ménagaient d'ailleurs en gens économes et en vrais ama- 
teurs: 

Noua noud sommea décidés & entamer an saucisson ; mais ils ne 
sont paa bien faiig. et comme voici Içs jours de la aeinaLne sainte, 
no UH avons clonâ la caisse jusqu^près Pâques ^- 

Leaoir lia dînaient ensemble dans une pension pour4âfrancs 
parmois,assâï bien etsouvent très bien, La table leur paraissait 
satisfaisante :« Je suis surpris de la bonne cuisine,» Le restau- 
rant était d'un prix abordable ; Pichot trouvait les prix ana- 
logues à ceux de Toulon. Le pain était à discrétion: Clair en 

1 II ôcrit encore ît 4 mai ; f Je ^ms sur lo point d& changer de loge- 
ment, aans aavotc où jlroi ; tu n'as qu'à m'écrira tout Itonnemenl à 
M. Hnnnré Clair (pour remettre à M. AmédtÎK;* rue des Noyers, n» 8- 

3 P. à sa tnûre, fflJ mat ISIO.— Toufoi* le:» lotirez (|qe nous (riions ci-des" 
*ouft sont aiïrosa^^ea par Amédùc PicLoI à M"" Pichot m^rc :je me fjorne 
donc à ren^oyor à Icars datea. 

^ 17 novembre 131S. 

i l&IÔTrior, 6 avril 1819. 




431 LA JEUNESSE D*UN FÉLÎBRE ARLESIEN 

dévorait dos morceaux « gros comme trois rangées de fou- 
gHCe i>, K rieux livres ât iltîmle à déjeuaar d/ Le f^lus cher, à 
leur avis, c'était le vin rtandïsquea dans bscabarelsle peuple 
ne le payait quequHtre ou cimi sous », et qu'on « n'y voyait 
que des hommes» saouiâ ^\, dans Les restaurante bourgeois, iJ 
coûtait trente ou quarante aoua la bouteille : encore était-il 
de qualité inférieure. Auasi Clair buvait de la bière, à qua- 
rante ceittimeâ le t/e/m, etAmédée Piohot, faisant de néoesaité 
vertu, du cidre : 

Ja préfère le cidre {à tu bière) et Je Vatme même beaucoup : je 
me régale de maa via lorsque je d[ne en vUle, Ce u'eat guère une 
éeononûe, car on dit qu'au jaiir de Tan ces dîners ne paient*, m 

Aussi regrettaîent-ila qu'A la fameuse caisse de saucissons 
n'eussent pas été jointes quelques bouteilles: <* Cela uo nous 
a pas em^écbé de trouver bon le viu blanc d'Arles. » 

Its suivent avec un intérêt trè^ eipUcable la hau&se et la 
baisse du vin; baîaae au printemps^ relèvement à l'autorane ; 
Piehot s'en abstient alors complètement, mais il comptait se 
dédommager cbes sa mère. 

Tu fais bien de aoi^er notre cave. Je me dédotâmBL^rai de ne 
pas boire da vin à Paris; il esL trop cher, et je me coNteute d'eau, 
pour que mon diaer ne monte pa« trop. Honoré ne peut p;:u «'en 
passer. 

Saucisson et vin, voilà deux notables éléments de la cul- 
aine arlésîenne. Ajoutoua-y rhuitOf mère de !a fougace et de 
l'aïoli; PiehoL s'ébahissait de sa cherti^^ — «trente et quarante 
soUle litre \ » Cependant la vie de restaurant, à la carte ouà 
la portion, m(^meavecuQ comme ngaî comme CUir^ ne lui coûtait 
pas pluschorque la pension bourgeoise : a Honoré est dansune 
maison bourgeoise où nous mang-eona tous les jours. Pour être 
bien logé^ bien soig-né, il lui en coûte, u et de plus ce ajstèmô 
avait bien d'autres inconvénients* ; 



J 17 noTombro, 15 décembre 1818, 3 mars 1819. 

* n novembre, l'^décembre IH18. 

* 3 arrii I3ly\ !•• riov. liilî), 
M7 nov IR18. 



AaiÈDEtC PICHOT A PARTS 



455 







i 



[ Honoré ] ne buvait poiirtftnt t^ue de la bierre dans cette char- 
mante [tension bourgeoise où îL élait ai choyi^. J*ai un lie contre Ie& 
gêna qui vous choyent, et Honoré et Clapier savent ce qu'il en coûte. 

s gens là ont fait batitjuerciute, et Honoré en est pour plus de quatre* 
vingts francs qu'il avait payé d'avan«e. Heureusement que j'avaîa 
quitté un peo à l'avance.,,. 

Ces gastronomiques préoccupations à la Monsieur Folan- 

nô tiennent, il faut le dire, que la moindre place dans 

> lettres d'Âmédéa Piehot. C'est beaucoup moins le gour- 

d qui souffre en lui que TArlésien, être frugal-, peu cupîeui 

raffinements culinaires» mais qui réclame avec énergie 

aa part à Thuile et son droit au âaucisson. 

S'il n'est pas joli d'être {gourmand, il est, au contraire, b\^n 
porté pour un jeune homme, en 1818, d'hêtre dlégant et. même 
coquet. Aussi un provincial qui débarque rue Monsieur-le* 
Prince ou pue de la Harpe fi*empres9e-t-il de jeter bas les 
vêtements apportés de che^ lui et d^endôs^er l'uniforme à la 
mode* Cela n'e&t pas indifférent pour réussir, car» dans le 
monde des salons et des iuLriguen qui ûorÎHsâit autour du 
Château, !e succès était déjà « un dieu dont le euîte éfait la 
tenuo », et c'est du fâux-col aux eacarpina qu'on jugeait tin 
candidat, nn prétendu, nn solliciteur,— im homme, Nesommea- 
uous pas au temps où Hastignac manque ^a fortuiiti chez 
M" de Restaud pour s'être présenté en habit avant sept 
heures du soir ^ incorrection cruellemeut signalée par an 
sourire du beau Maxime de Traillea ? au temp» où M. le 
baron Emile do rEmpeaé écrit tout un volume sur Part de mettre 
«t dâ nouer ?a cravate ? 

I Lo jeune PicUot, jusqu'alors assez iadifiérent à ces recher- 
ches ridicules de toilette, est obligée do subir la loi du coafu- 
mier. Nous savons par lui que, dans Thiver 1818-1819, on 
fl^habtllc à Paris tout en noir, avec des bas de soie noire ; que 
[es bas, cependant, ne doivent être de soie que« pour l'habit w, 
mais que, lorsqu'on est en bottes . il les faut de fil très 
commua ; que la culotte tend t détrôner le démocratique 



^ Qui ne connâU te mêiancoliquË héro? d'A i^au tetiti-, de J. 
uysmans ? 



J^lô 



LA JEUNESSE D UN FEL1BHE ARLESIEN 



l^atitaluD. Pichot en vient à a'intéresaer aux magasini ua 
blanc : a II y a ici des magasins uniques pour le Ungâ< On a 
pour six francs des chemises de percaïe toutes faites, comme 
leaiïiîetïnes. » Surtout, il faut soigner aea cravataa. ■ 

Quoique te linge aoît ici assez bon marché^ je te prie de (n'envoyer 
deux ou trois cravates de mousseline Gae ; c'est pûur les avoir toutes 
ourlées et marquées, ■ 

La DQOUsaeline est bien légère I L'hiver suivant, Pichot 
arborera le jabot, plus solennel, plus conforma t Ja gravité 
[loctorale. Il Faut bien payer l'honneur d'être le a jeune ûon- 
frère w de M, Dupujtren et de M. Dubois: 



A ton loiair tu pourrais aussi tne monter quelques JabotB en batiste. 
Si tu ficbetais jamm dea ornviiCeB, qu'elles aoieut en batiste aussi: 
J^ainie mieux, n'en â^folr qu'une ^. 

IL faut voir û& quel train, une fois lancé, notre étudiant 
renouvelle sa. garrle-robe : dâhors les vieux habits, n ridicules 
dans la malle d'uo jeune homme >i ; dehors le pantalon olive, 
la redingote prune, ai souvent brossés par les oiaias mater- 
nelles, si pieusement H retapés; n dehors aussi, les vieilles 
ehemiâea en loyale toile de Crau ou de Camarg^uei — elles 
sont jaunes^ elles sont rudes, — elles ne sont pas à la mode I 
— U nous faut du neuf, du moderne, du mondain : 

...Lafemtne qui me louemaDouvelle ehambreades communications 
avec l'Angleterre et m*ft proposé pour treize francs cinq sous des che- 
miees toutes faites en percale^ fines comme celles que m'a données 
matante. 

...J'ai scbeté trois chemises de percfile très fines. Toutes les chemises 
que j'ai apportées m 'embarrassent par leur nombre esceplê les finest 
et celles-ci s'us^ent. Voîlài pourquoi J^en ai acheté trois, qui m'ont 
coûté quaraate et un fraacis. C'eat une dépense que jVi hésité à faire 
par habitude, car elle ne me gèae pas "*. 

Ces chemises de percale, c'est peut-être ce que rAngteterre 
moderne a révélé d'abord de son génie au futur fondateur de 






1 



1 n nov^ l«lfi, 2i, :*> janirier, 15 février, 3 ami, l'* novembre i8l9. 
' 20 mai 1819. 



AMÉDÉE PICHOT A PARIS 4Ô7 

^ a Bévue Britannique f Pichot fut sans doute le premier bour- 
geois d'Arles qui se soit fait habiller à Londres : le snobisme 
«Je son temps n*allait pas jusqu'à s'y faire blanchir. 

Et Toas, bonnes gens d* Arles, qui usez vos veilles à tricoter 
«a à coudre pour votre garçon, qui videz à son intention votre 
bat de laine dans le plus riche magasin de la rue des Mar- 
chands, qaî ne croyez pas qu'un trousseau puisse être jamais 
trop solide, ni trop bien fourni, écoutez les nouvelles théories 
de 06 jeune « gandin », frémissez de sa défiance de votre indus- 
trie domestique : 

Tu feras biea de faire fabriquer les bas noirs & Saint-Remj ; tu 
m*en enverras d'ici & l'hiver prochain ; si tu en fais, que ce soient des 
bas de fil, très commua pour les bottes... 

Quelque chose que tu achètes pour moi, il faut du plus fin; car, 
ai je me fixais A Paris, j'aurais trois douzaines de chemises à vendre. 

Ce qa*il y a de cher ici, c'est le blanchissage : toutes mes chemises 
sont d'un jaune affreux; j'en ai trop: cela m'ennuie quand j'ai à 
choisir. 

Ta devrais avoir des anciens gilets à larges boutons ; il n'y aurait 
qoe la forme à changer; je n'en ai besoin que d*ua à la rigueur, d'ici 
à rété,et c'est un petit malheur si je l'achète. Fais-moi quelques 
jabots *. 

Tout ce vestiaire de gandin coûte cher; la blanchisseuse, 
qui fait ses lessives à la brosse, le tailleur, le cordonnier se 
font payer; ce n*eât pas exagérer que de porter A cent écus 
le prix d'un habit d'hiver ; tout, en ce genre, est proportion- 
nellement plus cher : 

.... En Provence, on a un pantalon de nanquin pour quinze francs; 
à Paris» c'est vingt-cinq ; et nous avons fait l'expérience que, quand 
les tailleurs ne fournissent p^s, leur compte va toujours au delà de ce 
qu'il aurait été s'ils eussent fourni... 

.... Les bons tailleurs sont drapiers à Paris, et il est désagréable 
d'avoir un habit manqué, et de plus l'ennui de l'emplette sans la con- 
solation de marchander ^. 

Bottes et souliers « pour n'avoir pas les pieds humides » 
coûtent ici neuf ou dix francs la paire. 

< 17 noT. 1318, 30 janvier 1819, 20 mai 1S20, et passim. 
* 17 noTcmbrc et 15 décembre 1818, 22 janvier 1819, 3 mars, 3 avril, 
4 mai et 19 décembre 1819. 



A%n LA JEUNESSE D UN FEUBRE ARLESIEN ^M 

Autre dépense, calle des cal^riolets les jours de plute. Dès ^| 

le débuti Picliot trouvait Paria ÊrinujBUx h quand il faut ^| 

trotter dans Teau n ; mais i] n'avait pas de parapluie : c'était ^M 

mùtwais geni^e : ^^^H 

Croirafi'tu que, mali^ré l'eau qui tombe à Paris, je n*ai pas encore ^^M 

de parapluitj?Qu&Ddit pleut, on a y habitue. J'attende d'être ea fonda, ^H 

D'autant plus qu'il n'eat pas du bon ton d'avoir un parapluie : cela ^H 

prouve qti'oû n a pas d'argent pour payer une voiture. Dia k M"* Clair, ^H 

BÎ elle s'inquiète, qu'Honoré n'a pas pârdu le sien. ^H 

11 faut 3G chauffer, et le boiiâ e«t, avec b loyer, nnô grosse ^| 
dépense. Outre ce que Ton cousomm?, il faut compter que le ^U 

portier et sa femme en volent pour vingt francs par roois. J^M 
Encore Thiver de 1818 ne fut-il pas rigoureux. ^H 

Disona en passant qu'une grande place est donnée par — ^^r 
Pichot auï renaeignementa météorologiques: a Le soleil étaiL:^-^Yt 
trop beau» car il était chaufi. Nous lavoNs trouvé un peu raoina^^^ms 
clair le lendemain », dit-il dans sa première lettre, u II & uirv .■:jn 
peu plu ces jours-ci. ïi a II y a soI<»il etiuue alternativement ,^A; 
hierà minuit, sur les ponte, la lune était belle conimeen Pro «:^-ro- 
vence...^ mais un oarrick eat une bonne ehose k une heure dr f:» du 
matin,» uNouâ jeuiaKonsd'une temp<.Vature !^i douce que je m .^r^r^rme 
réconcilie aisément, avec le climat de Fariâ^etqu'àia rijh'ueur o «:^ -on 
eût pu se passer d'un oarrick..., mais il ya des jours et surtoL-r -«i^^ml 
deanuitsj où, pour traverser les ponts, on n*a rien de trop surf rx Jirl< 
aasa^uin. n « A propos de pluie, vraiment je suis aux anges r-» -» d^ 
voirqu'il fait si doux. Je suis bien aise de te dire avant de ferm» .c:M:*nic 
ma lettre qu'il fait un beau soleil qui dore meà vitres '.u LelTn* mtm 'no 
vembre, àsept heures du matin, il êcrivaitdaaE aa chambre, s&r^s ^BW 
feu ; le froid ne commença que vers le 10 décomUre, et^ dès j^^fe* 1 
début de mars, Pichot saluait avec joie * le beau soleil r^^ 1 T< 
dore ses vitres, u II n^allumait plus son feu que pour ufl^^^i^tisâ 
80D bois, qu'il ne voulait pas laisser à aon portier en dômor^ ^JU^ 
nageant. Et, le :î avril, il déclare que Clair et lui ne font p^ <3C pitis 
de feu» tant il fait beau temps. Leur impression était « qw ^^»qalf 
ne fait décidément pas plus froid à Paris qu'en Provence ^^^tf tf. 



f 17 noT^mbre el 15 di^eembre, IS et 22 janvier, 2Z mars 1S19. 



d 



AMEDEE PICHOT A PARIS 



4 59 



I 



et, par une &.\miih\B galéjado^ ils estiment qu'il manque à la 

Be\ne le courant d'air du likônel D*?licieux euphémiame' î 
L'hiver suivant 181&, fut plus rigoureux ou tout au roôine 
plus précoce: dès la Toussaint, il fallut allumer les feux. 11 
C8t vrai que, par une harmonie éTifieronaent providentielle, 
n le boia avait un peo diminué. Avec soixante f[*ancs^ on peut 
à la rigueur passer son hîvar*. ii 

Et combien d'autres oecasions de d^pen^e^ ! Deux mois 
après Bon arrivée à Paria^ il « s'en faisait déjà pour cînquaute 
francs d'étrennes: argent pour tea domeatiquâB, almanachs, 
bonboDS» » L*année d'après^ ce chapitre de son budget avait 
doublé. !S s'aperçoit que, bien que Jea repas aient Tavanlage 
d'être meilleure, ce n'est pas une économie quelea dîners en 
ville : c'est au jour de Tan qu'on le? paie, — Et ne faut-il pas 

compter toutes les tentations d^achats auxquelles on cède; 

toutes les bonnes occasions dont on vent profiter : 

Si tuétoia à Paris... tu fe roi a bien dea emplettes, t^fir vraiment le 
bon marché de la foire de Beaucaire existe dans mille choses à Fans ; 
et il j a de quoi s'en ruiner, mais on passe heureusement trop vite 
devftnt les objets, et malheureusement auBsi l'argent manque 

Ce qui mine à Paria, ce sont les choses bon marché : ce n'est pas 
une plaisanterie. Vous êtes souvent ctourdi qu'on vous doanc tel 
objet presque pour rien. Vouf^ vouieic faire une bunse aÛiiire, et de 
bonnet affaires eu bonne» o^uires, Targent flle tout dancement '. 

Enfin» ajoutons à tout cela riraprévu, le fatal imprévu^ qui 
peut revêtir tant d^apparencesjcjj^eu.^es ou féminines. Pichot 
n'en sig'nale à sa mèi-e t^n'unc fotme des plus avouables : 

Les occa»ionB de dépenser sont fréquenteSi et les cas imprévus 
Bunt un chapitre qui n'est jatnriïs achevé. Voilà piir osemple Achille 
Bousquet qiûeat vi?iiu passer un mais ici ^uous voilà aveo Uounadieu 
el lui visitaDt les rnonumeuts, les apectades^les restaurateurs. Voilà 
de suite une douzaine de fraue»*. 



^15 décembre tH18^ 3 mars et 3 avril 1S19. Piehot ne laisse p9$ 
Ignorer k aa mère qu'il n'a même pas été obligé de pnrier de in fïanoWr : 
• Je n'a] pas bi-anin pourcet lÛTt-r de gilets, H a fail si do ut que je n'ai 
psa rats la ûaueUe. VoiJà pourquoi j'ai pensé auï gilets do percale. •■ 

' IG ûOTBinlire 1819* 

» 28 ilé.'. ISIS ; 20 mai, 19 août 1819 - 9 avdl 18Sn 

4 ao mai LB19. 



4 50 LA JEUNESSE D UN FELIBRE AHLESlEN 

Tout compté, la vie est donc chère à Paris. Ânasi Piçhot 
se IJvre-t'il à de profondes combinazioni pour aâsurer réquiti-H 
bre toujours inaUble de son modeste buJget. On a va sefl 
économies de penaion et de chauffage* Pendant quelque temps 
il eBaaya même de déjeuner avec du beurre et du pain pour 
Httier un peu mieux. Il déguisait cette mesure nëceasaire sous 
uo prétexte de gourmandise : i(Le pain est déUcleus à Paris, 
et Honore et moi ne cassona de dire qu'il vaut mieux que la 
fougace d*ÂrleB ^ » Bientôt il brocante avantageugemeut {ie 
Tieltlea nippes et des bijoux hors d'usage ; il vend une ch&Sae 
d'or cent francs; c'est payer à^ moitié son fameux carhck« ce 
beau carriok bleu, objet des jalousies de Ciair qui Dépossède^ 
lui qu*un carrick ooiëette '. Le carriok de Glaire il est vrai, fl 
était à cluq colletB» — ^celui de Pichot à trois âeuïemeiit, mais la 
bleu de roi avait bien plu^ demeure/ Il vend auâai un vieux man- 
teau; il se sépare, ringfdt, de aoa Adèle paut&ton olive, qtufl 
lui a ai longtemps âervi, qui lui sert encore le matin, <ipour 
courir dana la boue.» It regretta de n'avoir pas apporté un 
certain babît marron pour s'en défaire; il conseille Isamèra 
dû vendre ses vieux vêlements et de lui en envoyer le prix. 
Au printemps il fait valise nette : 

...Au total, je BUÎB fort Côntenl à Pam, et Jusqu'ici je me vui» 
assez bien arrungé^ mais jâ ne laisse rîeQ perdre; et la. âemiiliie pq^sée 
j'ai lire ciaquante francs de ma redingote, de mon habil bletj et de 
ma culotte Jaune. C'est peu de ehose, mats les vers auraient, pendiitil 
l'étéf achevé de tout user, Lea vieillee hardea de aîgntâent rien dftus 
la malle d*uQ jeune liommo, et, si vous voulez fréqjenter la bonne 
compagnie, il vaut mieux la qualité que la quantité ^. , 

Il accepte même que sa mère se défasse, pour lui en en- 
voyer le prix, de deux braeeletâ, « deux autiquailleSA; mats o^est 
le dernier eacrifiee qu'il veuille accepter d'elle : « Je n*ai tjal 
besoin d'argent et te eonâeille de ne pas te mettre & même de 

» 17 noT. 1818. 

' L'achat de ces carrloks, surtout de celui de Clair, parait avoir été nno 
T<5nUl)le attîiireds famille^ et PlchoL, en en pnriant, se moque quelque 
peu de M"' Clair (13 et 3<) janvier. lHl9ï: * Dis ô M"" Clair, pour finir 
riiJaloire du carrick, qa*un carrick bleu coûte 200 francs et qu'un 
noLStitt"? nfï coûte que 13^. Houorô le porte cependant conuiie uioi^ 
Oiûli^TL' cette ditVuenct; de couteur.* 

i 17 Di>T«mlipe, 15 décembre iSH, 13 jâuTter, SQ in«i 1819. 



I 



AMÊDÉE PICHOT A PARTS 4fil 

'en envoyer, quand même ta vendrais quelque antiquaille^ 
seule source où je voudrais puiser*. 

h Toutefoia durant cette première année, il && demanda sou- 
^ent, vu la cherté de toutes choses et la modicité tïe son 
budget, a'il '^ pourrait tenir n à Paris; à la rentrée de 
novembre 1819, il sentait crueliement le manque des éco- 
nomies qu^il avait pu faire autrefois pendant les vacances, et 
qui lui étaient si utiles pour installer eês quai tiers d^hiver : 

H Je lerai plua au large dutis cinq ou aix mois qu'actuelleoaeQt, au 
voîci Fëpoque d^B vacancâs^ époque où yéconomiaflisordjDaîreca^cit 
cent écus qui m'étdieEit trèa utiles à raon retour à MoDtpellier oa à 
Toulon. Quinte cents francs t Toulon, pour un an, sont trais mitle 
frascB à Paria*. 

- Malgré ces difficultés momentanées, on ne peut pas dire 
Bu'Amédée Pichotait jamuis connu la misère en habit noir 
d'un Rubempré ou d'un Rastig^nac, ni quMl ait été réduit aux 
expédients par trop fantaisistes d*un Schannard ou d'un 
Colline. C'était par amour-propre surtout qu'il ne voulait pas 
puiser dans la bourse avunculaire, et qu'il tenait à fare da se. 
Ingénieur et souple, il so débrouilla d^ailleurs vile: trois mois 
après son arrivée à Paris, il avait trouvé déjà diverses maniè- 
res de se procurer âe Targent, qui n'avaient rien de commun 
avec celles de Patmrge. Le 22 janvier 1819, il écrivaitd'unton 
mjâtérieux à sa mère: a II ne fauilrait que de Targent. Je ne 
désespère pas, ceci soit dit entre toi et moi^, d^'en gagner, 
dans quelques mois, unpetitpeu...Uf et en efîet, le 12 octobre 
bivant, il lui annonçait : 

Je ne manquerai pas d'argent, ayant pour le 20 de ce moia un billet 
de 200 franiîs, et un autre de 300 pour le 20 du mois prochain ; d*ail- 
ieurs j*ai retiré 70 francs de l'actiDo de millç francs que tu avaia 
kise À mon oncle. 



uni 



La suite de sa correspondance nous montre, en nous en 
expliquant les causes, le développement régulier el continu de 
tB ressources financières. 

{A suivre.) L. G, Pélissikr. 

■ 15 octobre 1818, VA janvier ISld. 




MOHMELLICUM = MONMEL 



A l'époque où notre bonoe viUo de Montpellier n'ét&it^^. 
qu*u& minuscule village^ k peu près aussi important qae^^ ^, 
YalmaillarguesouCombaiLlaux^c'eat-à-dirâàlafÎQ de l'époque _^i 
aariovîngîeEine, — le chef-lieu de la circonsf^ription féodaW Wlt 
eteccléaiasiîquQ ëtaitâxé à Substantion^ une ancienne locaiit»> ^sM^ié 
romaine (ou pré-romaine), dominant le Lez, et dont les ruine ^^ei 
ont servi en partie à construire le village actuel de Gastel.^ ^J. 
iiau ** 

Le comté de Subsiantion était divisé en trois WguertâA : 
celle dite de Maguelûtne (que Ton eût plu» eiaotement di 
nommée de Substantîon)^ — celle d^Agonès* — et celle cifc. de 
Mot'meHicum^ 

La viguerie de Mormeliicum est meutionnée, avoc des pr^ — ^é- 
clsiong géographiques très nettes, par deux chni toâ de la fc fin 
du X* siècle, traîiscrites dans le Liber imtrumeniot'utn rtmr-^^ie- 
mûriûHs^ des Archives oiunicipaleâ de Montpellier. — 7 La 

première de ces cliartes, datée du 13 décembre 980, concerT:^crrn« 
IVg'lise Saiot-HiJaii'G de Foulliouâ (aujourd'hui Saint-Hilai ^ ire- 
de-Beauvoir) ; la seconde, sans data précbe» mais de la mé. ^^me 
époque approximalivemeiitf se rapporte au domaine da C ^ffBar 
riguea ; ti eccleaie qui est in territorio oivitatis Magalonen^s jsÎs, 



* cSuBSTANTiow, ville g^llo-mmainfl. ruines, commune de Ca.stfilpftitt JT -He* 
Leï, pr^s Mnntpelliep},.. Subsbnlion l'ut originairement un coj ^ »tfé, 
qui prit ensiûto te nom de Mdgueii... el fut aoumia à la suzeraineté? ^ ^^ du 
Saifil-Siégtî depuis 1085. Sur les comtes hérôditaifos de Substantiôi»- — *iJ| 
de MtilguËil, voy. HUt. de LunQ'^ II, 613.... * (Thomas, Ùktionn. to} 
de VHérault, p.aj? ) 

' Canton d? GaJigea. 

' La titre dû LiîtPr inxtrumentofum memùrialium. que rautfïrit^S^^ w 
Germain a consacré « n'est pas absolumenl eiacE, ainsi qu'il résuU^^i^ cT» 
i'ân-tétâ et d'un passage de la préfaça da cù carlulair& ; « încipil P^, 
phalio Inlilïro instrumantoriun memoriali «t^ ^ chot ilaque opus în:^ *^'' 
me^ntnrum mémorial^.,. » ^ Le génitif pluriel mejnorialiftm est ^^* 

erreur de lecture. L'adjectif ao rapporte à liùer ot non ft tfistruf^''^^- 
fùvttî». Le liire véntable du cartulaire est Liter ituffumenlorutim 
moti'tHi. — DtM titres anfilii^ue» ml (Hé t?Rip]"^i-'s lidlmirs 





MORMELUCUM =- MONMEL 



463 



m m Biihiirbio Castro Sustancionense, in vicaria que vocant 
» MormelUco,... qui est fundata In Itonoro sanctî YJarii, in 

termiolum de villa Foilooea * » ; — « hoaore qui vocatur 
» GarrigaSj.,. et est ipsa honore in pago Magalonenâis, în 
]» suburbio Castro Sustancionenaia, in vicaria que vacatur 
» Mormolacus'. s 

Los viUageâ de Saint-Hilaird-dâ-Beauvoir ' et de Garrigues * 
socit âîtués, TuD et Tautre, au uord-est de Moulpellier, Sub- 
itaottoo et Mauguio, — daiia la partie supérieure de )a ïone 
le développant entre Castries et Sommières. C'est donc de 
ce c6iê qu'il uûus faut chercUer, selon toute vraisemblance, 
te cbef-Jleu de la vjguerie dont lis faisaient partie. 

Noua le retrouvons dans une localité^ située à peu prèa à 

même diâtance (â. vol d'oiseau) de Satnt-HiUire que de 
Garrigues : — à Saini~Bauzilit-de~Monimei *. Four cette loua- 
tit€j comme pour beaucoup d'autres, le vocable paroiasia), le 
nom du patt'ou de réalisa, a relégué le nom primitif au 
second ran^ 

L'identification de Morrmllicum s.vec Montmei pôutaembier 
ajsaeï téméraire au premier abord. Elle eât cependant parfai- 
tement certaiue. 

L*égliâe de Saint-Bauzilie-de-Montmel, qui est dite, en 
1291, dan§ le Cî^rtulaire de Maguelone, ecciesiam Sancti Bau- 
dtlii de Monte^cblo*, est encore détiommée en 1234, dans len 
archives de Tancien couvent de Sainl-Félîx-do-Moiitcean, 
eccieste Sancfi Baudtlii de MoHEdELLioo^. Dan» ces mêmes archi- 
ves de Suint-Féiii-de-Moutceau, noua trouvons, à la date 
de 1173 (o. s.), une autre forme latine, très voiàîue do celles 
de 980 et dâ 1234, patTochia Sancd liaudeîii de MoRu[B]aico'- 



h,! 



U 



1 Garmain, Lifj, inxiritm.y p. 559; cf. Berlhdè, Archives de la ville de 
ontpstîier, tnniB III, p. 50, art. 375. 
- Germain^ Li6. imtrttm., p. 560; cf. Berlhelé, Ai-chiv..., Mùntpeîlier, 
t- III, p. 58, art. 400. 
^ Canton dQ CaâLrîas. 
^ Canton de Clarot. 

* Canton des MatuUea. 

* Arch. départ. lU-rauït, 0, IV, I, tome D, foL 314 v. 
ï Arch. départ. H«raLiU, si^rie H, fonda de Tahlmye de *SainL-Fé|ii- 

•ie-Monceau (ppùi Gigeani}; — pî^c^i anolytcr: daiifi rifiTantairc dw 
«f^hÎTes du cette abbaye. nSdîgé par F"p, Joitre en Itîyb, page 189, n" 4, 

* Ibid^, pi6ce inv^sitovlén juiv Jolfre, pp, ^1-202, a' 2. 



9chta 



\6^ MORiVIELLICUM -- MONMEL 

Les formes françaUes représentant la transition deMormel' 
iicum à Monmet nous sont égalâmeut fournies par les arcktvM 
de Saint-Félix-de-Moaceau. Nous trouvons succeBsivemeut: 
en 1133, Sancti BaudUii de Mokmelgue \ 
en I165j eccîesi^ Sancli Baudt/ii de Morubtqvs^ parrochiê 
S ancli BaudUii de Mormetgue', fl 

en llb5> ecciesie Sancti Baudilude Moa&iBTQUfi ", 
en 1206, parochia Sanctî Baudiîii de MorukigBi parochia 
Sancti BaudUii de MoRMBiauB *» 

en 1219, ecclesie Sancti Leonis^ û!e Mormetgb*. 
en 1260, monasterii SancH Leonn de MoNMBTaï^ 
U'autre part, une charte de 1254, conserréû dans Lea ârohi- 
Tes du châl,eau do Doscares (prèa Montpellier}^ nous donne I& h 
forme Moemrl : — dtcimaria Sancti Saudilii de Monnel *, f 

La forme SionmeU Montmel^ \\\û a prévalu dès la fin duXHl* 
siècle et d'où dérive 1h forme Utine Sançtus Batiddius de 
Moniemeif}, — est visibiemeut une fusion des deui dérivés 
de Mormeilicum^ Mormel et Monimeige, dont noua conatalona 
remploi on 1254 et 1260, 

Il existe^ dans le département du Gard , uue localité, aujour- 
d'hui déaîgnée souh le nom de Montrnoirac, dont le nom ancien 
était MonuQyracum *. — Ea rapprochant Mormeiiicum et Mor- 
mot/racuffif on constate que, danfi ces deux noms de IJeax, la 
lettre H, qui tepmjjiait la syllabe MOR, est paaaée à N. SeloD 
toute vraisemblance, elle a subi une action analogique, pro- 
duiie par la fréquence des noms de lieux commençant par 
la syllabe Mont. — Lea noms de Ueux en Morm*. .. étant très 



' Ihid.y^ pièce ifiTentoriée par JolTre» p, 187, n" 1, 

' îbtd.y pièce inT^nloriâe par JolTre^ pp- 181-183, n" ï, 

^ Ibid.i pièce iiiTenloriûe par JoJi're, pp. 188-189, n* 3. 

* lùid.^ pièce inventûriée purJoEfre, p. 227 „ ii^ l. 
^ SjLiMT-LâoN, ablMje ruinée, cammuiiâ de Saiut-Bausille'da-MonLmcl 

(cf. Thomas, Dtct topog. Itérauit, pp, 180 ûl 18*j). 

* Apcliiv. dtiparU HérauJi, loç. cil. ; ^- pièce iiiTeiiloriée par JoSrCt 
pp. 2()5-206, n- 9, 

' Ibid,^ pièce inventoriée par Jgffre, p. 331, arl. &. 

* G, Douais, Archiver curicusa dt Ùoscaves.à^m les Mélangée de l'i 
rature et d'histoire-^ pubUèâ à l'occasiDii du juhil^ èpiB<ropi}L d« Slgt* de 
Cabrières, tonte UI, p, '1^9 — C'est par «rr«ur que ce lexte a été im~ 
pcLniQ * Mortijcl ». 

* Ourmer-Durand, Ùict. tûpQg. Gard, pp, Ikt «t 264. 



469 



^ MORMELLICUM ^ MONMEL 

v^ares, on conçoit très bi«D que la laD^« populaire ait ramené 
iaffUnctivenient une forme insoUta à use aatre forme i^tii loi 
était familière. 

Dans ces conditions, il n'y a rien d'anormal à ce que \e 
radical f/ormc/soit deveuu Stonmeif Montmêi. 

Mais iMormelHcum t^ootânait, en outre de son radical, ud 
auMxe it^um. La trace de ce suffixe se retrouve dans les formes 
des Xir et XIII* aïèclea, Mormeigue^ Mùrmeigve, i\hrmtiy(t€f 
Aformetçf^ Monmetgt; ôU* manque, au contraire, dans les 
I forcées Mormd et MùntmeL — Il n'y a là rien non plus qui 
I floive noua étonner outre mesure. La chute des safÛxeâ, dans 
des cas déterminés par Taccentuation, n^est pas rare parmi 
les notna de lieux. Elle se constate pour les suffixes -i^m et 
I —acuïn^ au3ni bien que pour le suffixe -anum ^' elle eatmême rela- 
tivement fréquente pour ce derniep. — En ce qui concerne 
le aufâxe -tcum, le département de THérault uous «n offre des 
exemples dans Aizanicumf aujourd'hui AIzqu \ et dans Sorcia- 
■a^tcum^ aujourdlinj Sorbu^. 

En résunié , ridentification de Atormetlicum avec Saint- 
£au£ille de-Moutmelt — certaine au point de vue historique, 
— s'explique sans difficulté au point de vue philologique. 

Notre radical Mqrmel se retrouve intact, avec un autre 
«affixe, dans le nom de lieu champenois Mourmeion» Il est 
«ans doute un peu étrange de voir le même radical doûner» 
«l&na THérault, MonCmel, et dans la Marne, Mourmçhn^ mais 
b1 ne Test pas davautag-e de voir un radical anatog'ue Mormoir, 
<lonner, dans le Gard, Montmoirae, et dans Yaucluse^ Mot- 
-mTiQiron, Les noma de lieux sont assez coutumiers de ces bizar- 
3-eriea. 

Les étymologtstes de Saiut-Bauzille expliquent le motMont- 
^nei par te miel que les abeiliea confectionnaient a\it la mon- 
'tAgne. La théorie que nous émettons est évidemment pina 
^^rre à terre et moitis savoureuse, mais elle â'autoriae d'une 
série de textes formels des Xll* et XIIP siècles et d'une ana- 
logie parfaite avec d* autres cas philologiques, constatés dans 
la même portion du bas Lang^uedoc. 

J0£. BSRTUELB. 

* Cf, ThpmîiN Dic/. topo^f. ff^roiïW, pp. 5 *( 234. 
» w ifnti.. pp. 205 et 271, 



« LE GLAIVE « 
DE VICTOR HUGO ET SA SOURCE 



Le poèmô : la Fin de Satan^ que Yictor Hu^ro composait «n 
partis vers 1S54 et qui n*H paru qne trente-deux ans pins 
tard, en 1886, est h certains égarda un poème h tiroir». 
L'action principale, qui se pa^se hors de la terre éi^Kii a pour 
héros Satan, Lilith lais, l'aoga Liberté, encadre trois drames 
hutnaina, qai n'ont pour carat^tères communs que de peindre 
les iniquités aocîaleâ et de se rattacher par leur origine au 
premier crime qu*aitvu la terre. Caïn ayant frappé Abel are^iH 
un clou» avec an bîUDn^ avec une pierre, le clou devient n iJB 
glaive et crée la g^uerre; le bdton devient un gibet, et on y 
attache Jésu^; la pierre devient udb prison, et c'est l'oppres- 
sive Bastille* De U trois poèmes. C'est du premier seaj, inti- 
tulé le OiaivE^ que j'ai Tintention de dire un mot. M 

Ce poème est divisé en six chants on» comme dît l*auteur, W 
en six strophes^ dont la dernière, très courte, n'est qu'âne con- 
clnsion; dont les trois premières paraissent faites autantpour 
donner une dimension raisonnable à l'œuvre que pouren bien 
marquer la portée ; dont La i" et la 6' seules contiennent ace 
action. Or cette action est passablement étrange. 

Le roi Nemrod a conquis la terre, et son eunuque Zaïm, ae 
prosternant, lui dit: « Tout est à voua; il ne reste plus rien, n 
— (t Que le ciel m, répond Nemrod. Et ce ciel, il rêve de le 
conquërit' à son tour. Avec le boia de Tarclie, restée sur le 
mont Ararat, le roi terrible construit une vaste cage, dans 
Laquelle il place son trône; aux quatre angles il attache des 
aigles affamés, ayant au-dessua d'eux dos quartiers de viande 
accrochés à des piques. 

Par uae corde au buI la cage était fixée. 

Il mit aux quatre coiDs les quatre; aigles béantâ. 

Il leur nouft 1a serre avec &e& doj^tË ^êaDU, 

Et les boia entend aie a Mes dur» oiseaux se plaindre. 



LE GLAIVE 467 

Pois U li« «i haut q^u'Us n'y pouv»iecit atteiadrCf 
Au-des«as de leurs fronts moadéa de rayouaf 
LeB piqaeftoù pendait La viande des lions ; 
Neinrod dans ce char^ noir comm^ l'aatique Erébe, 
Mit UD siège pareil ik bqd trône de Th^be 
El Câal [Kuoâ de maU et cent ontrqs de via. 

Alors, une tiare aa front comEne Mîthra, 
Nemrod, sod arc au doa^ aa fièche au poing, entra 
^^K Dans laçage, et te roc treaflaillît sur sa base; 

^^V Et lui, saufl prendre garde aux frisâona du Caucase, 
^^V Vieux moûtqui songe à Dieu bous les soîra étoiles, 
^^B Coupa la corde et dit aux quatre aiglea : Allez, 

^^^ Et d'tiû bond ha oiseaux efiTm^rants s'envolèrent. 

I Les aigles s'élancent sans relâche vers la noiirrîtnrâ * la 
DOUJTiture fuit sans relâche devant eux, et Nemrod monte, 
monte, monte toujours* Le ciel restait bleu devant lui. Au 
bout d'an an» Netnrod juge le moment venu d*attaqucr 
Jéhovah. 

Alors, son arc en main, tranquille, l'homîïie énorme 

SortiE hors de la cage «t sur la plate>forme 

Se dressa tout debout et cria : Me voilà. 

Son œii D& chercha point la terre: îl contempla, 

Pensif» lea bras croiaés, ]e ciel toujours lem^me ; 

Pnia^ealtiie et fians qa'im pti tremblât «ur son front blêmes 

Il ajuata la flèche et son arc redouté. 

L«fi aigles friflaonnanta regardaient de côté. 

Nemrod éleva lare au-deasua de sa této; 

Le cÉLble lâché fit le bruit d'une tempête, 

Et, comme un éclair meurt quand où ferme lea yeni, 

L'effrajant javelot dispainjt dan» lea cieux. 

Et la terre enl^ndit un long coup de tonnerre. 

Un mois après, un pâtre voyait retomber Nemrorl foudroyé 
"8îir la terre ; près de lui était retombée sa flècïia, dont la 
ïinte était teinte de sang : Dieo avait-il été blessé? 



Le poète qui a jtigé à propos de fraiter ca sujat et qai en a 
accusé l'étrangeté par des «exagérations énormea, était sans 



4 es Î.E GLATTE 

douta capable H« rinventer. Mais il n'en a pas eu la peine, et 
ce sujet existait avant lui. 

Nous ne prétendrons cependant pas le reconnaître dans les 
mojens variéa auiquola a recours Cjrano de Bergfôrao poor 
s'élever dans les airs. Ni les moyens employés, ni Je but poar^ 
suivi par Tauteur du Voyage dansîa Lune et de V Histoire comi- 
que des états et empires du Soieii, ne resâemblent assez au but 
et au moyeu de Nemrod. 

Déjà Doniinique Gojizalèâ s'était faJteniever par des oiaeaux 
dans un roman anglais de Francis Q-odwin dont Cjrano paraît 
a*ôtre inspiré. Quand Taventurier espagnol monte jusqu'à la 
lune, il est assis sur une machine en bois à laquelle il a attelé 
vingt-cinq gansaSf ou cygnes sauvages d'Amérique '. Mais 
GonzalèSi qui révaît seulement dose transporter d'un endroit 
à un autre sur la terre, n'a pas projeté un aussi hardi voyag^e 
et n'a imaginé aucune ruse pour forcer ces oiseaur k s^élever 
dans les airs, Il en est autrement pour le héroâ da ffùman 
d'Alexandre de Lambert le Tort et d'Alexandre de Paris *, 
c'est-à-dire du jjoème qui, écrit en vers de douze syllabes, m 
valu au grand vers français le nom d^atexandrln. 

AJex&ndre, encore enfant, était élève d'Anatote^ lorsqu'il 
conçoit le projet de s'élever dans les airs pour voir d^en haut 
la terre qui doit lui appartenir un jour. En vain Aristote lui 
fait-il dô3 remontranties. 11 prend deux grifions que possédait 
son père, les fait jeûner pendant trois jour^ et les attache à 
un siège solide et commode, qui ne puisse être ni renversé 
ni secoué. Puia il s'installe sur le siège en mettant au- 
dessus des puissants oiseaux deuE chapons, que de longs 
épieuz permettent de placer, k volonté, dans la direction du 
ciel ou de laierre. Pour le moment, les chapons sont au-deasua 



■ Voir la traduction de Jean Baudoin ,' L'honimt dans ta Lune, ou 
le voyarje chimei'ique fait au monde di ta Lime nouueltfment dêc&uvert 
pur Dominique Gonztîles .aiiuenturin- Esptrfpiof^autfefneftt dit UGùUimer 
notant. — A Pana. ch<aï Anlhoiiie de î^oTnmanillfï.., M« DC LIV, in 16, 
p. yt aqq. ^PrinlôgR du dornier jnuf <lti ftivpîor 1648), 

' Voir AlejJiiJidye le Gmiid d^tts la Uttérature ffonçane du mûvm 
fige, par Paul Meycr, 2 ^oL in-U, 1886, t. 1, pp. 109 ot 130*133 ; II. 
p. 183 et in. 



« 



LE Gr^FTC 4A9 

des ^ritfonfl, et cenx-ci s*enTolent aÛti de lea aUoiudre. Ëti 
Tojaot ftinsi fôarâta disparaitre d^as le$ airs* ie roi Philippe 
est furieux, la terne Oïympias âe désole, mai& Abiandre 
monta toujours* Seulement, la chaleur devient iatolérablGiles 
plumes des oiseaux se brAleui : Alexandre tourne k« épi«ux 
Vers 1& terre, les gnffoas dôâûândâut, Us abordeai dans uue 
prairie. 



E«Vce }& le récit qui a inspiré Victor Hugo? Le poète ne 

1 i«aît guère nos texies du moyeu âge ; mais it avait trouvé dans 

un article écrit par un professeur de Montpellier, par Jubiual» 

lea élémetiU de son Mariatfe de Rolandf liâ son Aymeriliot et, 

«D partie, de son Aigle du tasque:\\2.yxTn\i pu trouver aillenra 

une traduction eu lang-age moderne de cette « enfance w 

cl*A1exandre. — D'autre part, les dilTéranceâ entre le réoit de 

notre vieux poème et celui de Hugo sont assez grandes : elles 

no sont pas telles oependant qu'eileâ de puissent être Tœuvre 

de l'auteur du Glaive. C'est dono dauâ le Homan de Lambert 

le Tort et d'Alexandre de Paria qu'il f^adrait voir la source, 

sans doute iodirecte, de cette partie de la Fin de Salant si la 

même légeode ne se retrouvait ailleurs, avec un élément 

très important qui se remarque dans la version de Hugo et 

que noua n'avons pas rencontré encore. 

Dans uu conte d'Andersen ', un méchant prinae, après 
avoir dompté tous les royaumes de la terre, enirepretid de 
vaincre Dieu lui-même. Il fait construire un navire précieux, 
d'où la simple pression d'un ressort faisait jaillir des milliers 
de ballesn, et attelle à ce navire des centainea d^aîgles. Ainsi 
il s*éiéve très haut, trè^ haut, dans tes airs. Mais Dieu envoie 
contre lai un ange, et c'est en vain que les innombrables 
balles du Dsvire viennent frapper les ailes du séraphin: 
d^une des ailes blanches une seule goutte de sang s'èctiappe 
st son poids suffît à précipiter le navire vers la terre et & 
briser les ailes des aigles. Les nuages (formée de la fumée 



i Ber héte Fùrxt, dans Ibs tetlM aiiemonds. Je doja la mmrminica- 
Uon de c« conta a TobUgeancc de M. le D' WaLlber Sucbigr, d« Halle. 






470 



LE GLAIVE 



Ûambo^'aotô des vilies mau^lites} prennent dâ» formas mena- 
g&ntôâ autour da prince, et celui-ci. à demi-mort, resta 
étenda sur \ê navire, qui soudain, avec an choc torribte, 
s'arrête accpoclié aas branches d'un at^bre» cîuis ime forêt. 
Incorrigible cependant^ Le prince prépare pendant sept ans 
nae expédition nouvello ; mais un moucheron* que Dieu sus- 
cite, met par sea piq^ûroâ le rebelle au d<^se8pûir* 



I 



Ainsi, danâ le ooDte d'Andersen, c'est la révolte contre 

Dieu et le châtiment infligé par le Toat-Piiissaui qui s'éta- 
lent. La ruse que nou9 trouvions dans VAiexandre a dispara. 
Ne trouverons-nona pas quelque part les deus éléments du 
sujet réunis? — Ce sera dans le Sha/t Nameft ou Livre de9 
/ton, r^popée persane de Firdouai* 

Cette fois, il e*agit dû 7ieax roi de Perse Keï Kaoue. 
Un génie malfaisant, un Dîv, ayant ravÔtu Ea forme d'un 
élégant jeune homme, se prosterne devaut le roi et tai dit : 
K Telle e»t ta gloire et ta apLendeur, que la voûte du oiêl 
devrait être ton trône,.. Tu t'es emparé de la terre et de tout; 
ce qui a'y trouvait à ta convenance, mais le ciel doit encore 
Vobéir. j) Dès lors, dit le Shtih Name/i, « Teaprit du roi s'oc- 
cupa continuellement dea moyens de s'élever sans ailes 
dans Les aira ; i) adressa beaucoup de questions aut savants 
sur la distance qui est entre la terre et Je oiel de la lune. 
Les astrolog'uea la lui enseig^nèrent, le roi les écouta et fit 
choix d'un moyen étrange et impie. Il ordonna qu'on allât, 
dans la nuit, chercher les nida de» ailles, qu'on prît un 
g^raud nombre de leurs petits, qu'on lea distribuât par un 
ou par deux dans toutes les maisons» et qu'on les nourrit 
pendant deâanntiea et des moi», avec dus oiseaux et de 
viande rôtie, et quelquefois yvec des agneaux. Quand cei 
aiglons furent devenus forts comme des lioaSi de aorte qu*i 
pouvaient enlever un argali» le roi fit construire un trône 
de bois d^aloès indien, que Ton renforça par des plaques d'or, 
puis on attacha aux côtés du trône de longues lances. Toutfl 
étant ainsi préparé, et son âme tout entière absorbée dans 
ce désir, il âuspendit à ces lances des quartiers d'agneaux; 



LIU 

an . 



471 



û a 



m to« 



forteiBMit aa trtee. Kaovs s'aHÎt m&r k trte«« aprfci avoir 
plftcé deraat In ^m oftape 4» vni ; «C l«a «iglM «ix «iM 
foriaa, powéa pw la frin, »^Mi»nèriBt v«n Im «wfttaaf 
de dttîr. Os Mvkvèreot é« tarra la tr6ae, Toipaci^rMit 4a 
la plaina ren laa sMa, at dirigètaat leurs ^Êbfia v«ra }«a 
iDOrDaaax de e^aîr aaan loagtaoïpa qa^U lear rvsta d«« 
K^yraaa. J'ai ci t taila éàtm qao Kaovs SMnta juiU)a'Aa^<^«g«a 
HdB fiiimaïaal, at qa*E eaatÎBaa daaa faspoir «à« s'élaTcr 
an-daana daa axigea; aa motre dit qull avait volé vars le olel 
poar le eombattre avee l'are et las flè«ltea II y a «ar m 
point dea IraditiûJii éé umU asp^e, mais U rénU &^ast 
conûQe que de Dieu le créateur. Lea aigtas Tolèrenl loog- 
tempa, puû s'arrêtèrent ; tel sera le aort de ceux qui 
(eritero&l eette entreprise. Mais, lorsque lea OMaaDX furent 
épuisés^ ilâ se découragèrent, pliéreût leurs ailed seton leur 
habitude, et descendireot <ies sombres nua^a, Unuit aprà^ 
eux les lances et le trôae du roi ; iU »â dirigèrent von une 
for^t, et prirent terre prèsd'Amol. Far miracle, la terra ne 
tua pas le roi par le choc, et ee qui devait arriver restait 
encore un secret. Le roi déairâit qu'un canard sauvage «e 
lev&t, car il avait beïoio de usanger un peu. C'est ainst qu'il 
avait échangé son pouvoir et aoù irAue contre la honte et 
la peine. Il resta dans la for^t tout épuisé, et adressa se* 
prières (t Dieu le créateur \ m 

loi encore, quelques dëtaila importants dilfèreut do cûui 
que nous lisons dans Hugo : le dénouement, par exemple, oal 
tout antre. Mais pourquoi Hug-o, ajaut choisi uu ruod&to, 
Teùt-ii suivi aveuglt^ment? Et combien le r^Soit quo nous 
venons de lire est plus proche du poème ^e Giaivv que le 
conte d'Ânderâsu^ ou l'épisode du Roman trAlezandrel 
ComparoDS'le au conte d*Andersen : noua n'y trouverons ni, 
bien entendu, lartilierie, par trop moderne, du méohatit 
prince, nt Tintervention édifiante de Tange, tu les nuages 

merveilleux, ni les aigles innombrables s'envoîani suns cauiie 

connue dans les profondeurs du uiel. Com|>urons-U au 



• hc livre dçs Bais, par AhttuV kaiim Finiousi, tf'aduît rt commenté 
par JuUm Moklll^ol m-8^ 1876-1378; L II, p. 32-3^. 



i ^ •- 



47* LE GLAITE 

/ioman (CAfêisafidre : norx^ n'avons plus affaire à un dofiMlt 
coriâux, mâ-is à un conquérant qui ne peut |»lu3 ûntrepren- 
dre de coot^uétes que sur Dieu même, comme Nemrod ; Kaous 
ûftt tenté par Le Di?^ cocrime Nâmrod par Teunuquo; lui aussi 
emploie des aigles, non deâ griffûnâ, aa nombre de quatre, 
&t non piuâ de deux; it leur montre des quartier de 
viande, et non des chapona ; il ne redescend paa volontu* 
rement vers la terre ; et, sl Firdousi ne nous le montre 
point lançant sa Hèche contra Dieu, du moins dit-ii « qu^i 
avait volé vera le ciel pour le combattre avec Taro et 1 
ûêches, » 

C'est du Livre tks Eois évidemment que Hugo s'est mspiré_ 
À. la suite d*una lecture directe? d'après un article de viii 
garisation? Jô ne sais; mais la traduction du Livré dsê Rùii.^ 
par Jules Mohl, a commeDcé à paraître en 1838 et, dèâ 
Tanoée suivante, J.-J. Ampère la signalait dans deux articleâ 
de U Rtvue des deu:n àfondes ', Le quatrième volume de cette 
traduction a paru en 1855^ et c'est dans le set^ond que se 
trouve l'épiflode imité par Hugo. 



La source du poème k Glaive une fois découverte, il me 
Bemble qu'une antre question se pose. Quels rapports faut-il 
admettre entre les divers écrit» que nous avons signalés? 

Cyrano f^oît âtre mis hors de cause: il s'est d'ailleurs 
librement inspiré de Lucien^ de Sorel, de Godwln et de bien 
d'autres', 

Godwin tient peu-têtre d'une légende orientale ou d'un 
remaniement de notre Alexandre l'idée de sa machine entra!^ 
née par des oiseaux ; mais il n'y a rien là de nécessaire, 
cette idée seule rappelant dans son roman les épisodes de 
rAiexanàre et du Sàafi Nameh. 

La parenté est beaucoup plus grande entre les deux po^ 
roea (rorieutal, du moins) et le conte d'Andersen; mais an 

1 Uépùpéc pfraoïtf, U Shah Namch^ 15 âoât et 1" suptembre 1839 
(recueilliâ dana Ui xeiencc et tes Mires rn Orient, p. 27y*273). 

1 Voir V. Anl. Druii, Savinien df Vifiurw llfTfferac, ntt vie et i« 
ouvres. Pâm^ 1893, in 8*. p. 29a, aqq 




1 ^" 



LE GE.AIVE 4 73 

abrévialeur allemand du Shah Namdi^ Gœrrâsi, avait déjà 
raconté la révolte de Keï Kaous contre le ciel'. 

Bt maîntenant, comment expliquer la ressemblance entre 
VÂiexandre Qi le Skah i\ameh. Noa trouvèrea du Xll* siècle 
auraient-ils connu Firflouai ? — Non certes ; mais, par 
^'îirtermédiaire d*une compilation latine, ils connaissaient la 
légende d'Alexandre^ telle qu'elle avait été aompoaée vers 
le IV siècle» à Alexandrie, par le faux Callistbène; et le faux 
CalUsthène lui-mime attribuait à. Alexandre maints exploits 
conçus en Perse par rimagination populaire et que lea soldats 
du conquérant avaient colportés en Egypte et en Grèce. 
Ce qui semble bien indiquer que, sL la légende de Tascension 
dans les airs ne a^est pas formée tout d^abopd autour du 
n^m d'Alexandre, c'est que Firdûusi n^en a pas parlé À pro- 
pos ds !jon Alexandre, d'iskender, mais à propos de l'antique 
roi Keï Kaous ; or Firdousi avait recueilli avec un grand 
soin les traditions persanes^ et il les a suivies âdëlement, saaf 
pour l'époque d'ïskender où elles lui faisaient défaut et où il 
les a remplacées par des traditionsgrecques'.C'està lakender 
r^u'il eût, comme le faux Calltsthènes, attribué Texploit dont 
cous nous sommes occupé^ s'il n'avait pas eu des raisons 
sérieuses de le faire remonter & an âge fort antérieur. 

Et voilà comment une antique tradition persane a eu 
uGcesâivemeut pour héros Keï Kaouâ, Alexandre, un prince 
fabuleux, et Nemrod ; comment elle a inspiré un poète per- 
an au début du XI* sièole, un trouvère français à la an du 
IP, un conteur danois au XIX* et Técrivain de la Fin de 
^atan en 1854, Des quatre versions qu'ils nous ont offertes» 
Getle qui, par son allure farouche, son invraisemblance naïve, 
l 'intempérance d'imagination qu'elle suppose, paraît la plus 
orientale et la plus primitive, c'est bien celte du Français 
notre contemporain* 

Conclusion bixarre en apparence, mais qui n'étonuera que 
tes lecteurs superficiels de notre grand poète épique. 

EuoèwERlGAL. 



' J-J. Ampère l'a signalée d'âpcùs Guerres dans l'étude mentionnée 
«;î>d(?s9us: La icien<x et len letti^^s en Orientt y, isyi. 
* Vf^irlr Lierfdex roii, l. V, p. HT (introduLimn). 



BIBLIOGRAPHIE 



H. Sehachardl. — Ueherdiekiassiricalion der romanischen mundir- 
Un. — Gras. 1900, 32 p . 

C'eal utie conférence pAr laquelle M. Schiicbardt & inauguré sa 
carrière iiniv-îraitairc il i a trente ans. (I^a Vocaliimus des Vwlffârî^i- 
teins est d.^ 1860*08)* Bien que ce travail u'ait jamais été imprima, 
l'auteur i a souvent renvoyé depuiG, et il en résultait paur lai uoe 
situation biïiirre qu'il fait cesiser maintenaDt [1 publie cetto étude^ 
non pas l'emaaiëâ. mai» mot pour mot teEle qu'il Ta proaancôe eu 
IS70. Oq i trouvera forcément dans ces coodilions des inexactitudes 
ou même des «rreura qu^uu lluguislo di^ue ^e ce nocnnecofuai«ttrait 
pLua aujaurduî; mute on i verra aussi que M. SchuchardC avait déjft 
à cette époque une idée arrêtée sur rimposBibilitê de ctasaer les dta- 
lactea et qu'il ne l*a pas empruntée a autrui. 

Il ne Huurait âtre questîou pour nous de relever les défectuûBitéa 
de cette brochure ^ on serait malvenu à reprocher à un Bavant d« 
rt*avoir pas connu il î a trente ans ce qui a été découvert depuis, et 
l'a même parfois été par lui-naéroe. Notre i'5!é dûit »e boraer à signa- 
ler iea principales idées qui août développées dans cet ouvrage, eo 
reiiiïtrqiiiiDt qu'elles sont eucore bouues à publier en 1900, quoique 
la plupart soient dane Tinterval Le entrées dans le domaine commun. 

M, Schuchardt B'occupe bien entendu des dinl^tes parlés et popU' 
Uire« et non pa:t des Ijingaeâ écrites on littéraires, et il veut montrÊr 
qu'il est impossible de les classer. En effet, quand il s'agit de dialec- 
tes frères, il u'ï a pas d'endroit où un tel Huit et où tel autre 
commence. EsHAyer, comme l'ont fait q^ielques-unâ récemment encore, 
de déterminer exactement leurs limites, est une tentoiive vaine. 
Butre deux dialectes donnés il i a des dialectes intermédiaires qui ont 
certains caractèi'es communs avec Tun et d'autres communs Avec 
Tautre. Auquel des deux les rattacher? En réalité les dialectes d'une 
mâme famille constituent uoe série indéfinie. 

Il n*i a pas non plus de dialecte pur ; car les différents dialectes 
inHuetit continuellement l'un sur l'autre et su pénétrent rédproqoe- 
iiient. 

CommeDt caractériser un dialecte? Par un trait unique» c'oal im- 
possible, '^n ne peut i Arriver qu'en relevaat une série de féDomèaM 



I 



BIBLI06RAPH1K 



475 



relstifis aux sone, frux modifif^liOD^ t^u'iU àut subies, & la forme des 
mote, à leurs significations, à la sinUxe, etc.; e( ces dii3^&retiU faits 
D*ont pas ealre dnx de lien néc^eaaire* sauâ <fUoi une formule unique 
pourr&ît résumer tear ensemble. Sinous coasMér^^ns ]e«particti)anté« 
fonétiquefi d'uD dialecte donaé, m^me les plus frappantes^ ootis 
verron* que la plupart d'entre elle», pour ne paa dire toutes, ae re- 
ituutcat <laQ9 d'autres dialectes. Ce qoî caractértBe un dialecte D*ept 
doDc pan le *jffnre dâfl modifii^ationi* qu'il a siibîea, mais leur réuHiûn: 
plus les dialectes sont g^grafiquernent voisins, plus ils uni de traita 
uoaiiAuiia. Nous p^iucons donc bien motn» d^Urminer ie domaine 
dWn diaiecte unique, ^ue Un domaines cU chacun de ses chan^e- 
mentj fonétiques^ 

Il ne faut pas oublier d'atlleura qu'un même ab&uti s sèment fûtiétlque 
peut apparaître dans des régions très élot^éea l'une de l'Autre «ans 
se rencontrer dama l'intervalle; car étant donué uu ëod ou un j^Toupe 
d« sona qui subit des modiâcationa, il peut parvenir aux demieta 
atadea de »on évolutioa possible dans deux dialectes qui ne aont nul- 
lement voiâina et s'arrêter à des slades iateruiêdiaires (ou même no 
paa évoluïïrdu tout) dana les dialectes aituës entre ces deux-là. 

Dotiu, après avoir déterminé deux dialectes» tout cù qu'on peut dire 
d'un troisième, c'eat qu'il ae rapproche davantage de Tun que de 
rautrei qu'il a un plua grand nombre de caractères cooimunB avec 
1 un qu'avec l'autre, ou Aes caractères plua importants, et encore 
cette appréciation riaque-t-el)e aouvent d'être plus ou moins aubjec- 
tive et arbitraire. 

Maurice Grammoî(T, 



Snchiêt (flcn&ann).*— Die Handscîiriften der câstiUaniachen Ueberse- 
Uung des. Codi. —Haiis^ Tifpts Orphanotrophei. \\*J0, in -4°. [22 p. et 6 
planches an pbototjpie}. 

Comme la publication analysée dans cette même année de la Reçut 
des tangues rùmanes^ p, 181, le présent traité du même auteur com. 
prend aussi la pï*emîère partie d'un prôgramcûe de IMniveraité de 
Halle*. Après avoir rendu compte^ dana les « Fûnf neue Handacb- 
rifteu ■>\ etc., de tous lea manuacrita eonaus du Codi, M. Suchier 
donne^ dans cette notivelEe publication, des deacriptîoDS dt^tailléea 
dea deux muausci-ita de ia traduction castillane, les Rianu&crita R 
593 et li 72 de la Bibiioteca Nacional de Madrid (1 et K), A la suite 
de la description de i:hacun de ces manuscrits, l'auteur a fait impri- 



' L'&ditînn destinée au rninmerce a paru ch« Mai Niemeyer. Halle, 

two. 



4T6 



BIBLIOGRAPHIE 



merquâtquefi morceaux Am tt^xta deadeai : du manuscril 1 1« râgistre, 
lâfl d^ux prâmierïi ch&pitres ot le dernier; du manuâcrit K le premier 
chapitre du premier livre, le coraraeûcemcnt de ctiacuo dea nuire» 
bvre«, le dernier chapitre de tous et un pa8sag:fl du G"* livre (tJ*ft»5* 
criptiori de 1a Ijw« planche). A la fia de l'étude août 3JouUo8 six 
planches ea phototypte, r&j>rodui«aQt udo p^ge de chacun des itiaau* 
acrita A, B, C, D, l, K (munoacrit» provençAUi), et compldUbt let 
fac-nmiléB de la precniâre publication. 

W. S. 

EdourdBoiïï'ûî^S. — t^adocuments gascoQsde Bord«AUï. de Jo Reoils* 
sanee a la RtïToiution. — Bordeaux, Im/n-. Goitnaulhou^ IW'JS, tn-^*, 
[23 p.). 

L« titre de cotte brochure (parue d'abord aouB forme d^artide dan* 
la Revue PhilomaUque de Bordeaux et du Sud-OueH, 2* aan^ 
Q"* 10) en indiqua suffisanitneut le coatenu. Les dacucneots g^necaos 
de Bordeaux soai afleez uombrflus jusqu'à Iel fin du XV* siècle ; à 
partir de ce moment ih se font beaucoup plus rares, Cbose curieaae 
méuie, OD De peut paa eu signaler an aeul pendaut le XVI' sîAclc. 
L'idiome gaacou reparaît au XVll* siècle, surtout dane le» Ma*ari* 
nades. M. Bourdez cite quelques extraits de cea poéaiea satiriques; 
elles aoot très faibles au poîat de vue littéraire, maie le« lingaijstfia 
y trouvent toujours à glaner. Quelques recueils de Noêls ont égale- 
ment paru au XVll** siècle. Le XVUh siècle produit encore quelques 
oeuvres écrites en gascoo, et, à la Eu du siècle, t-^ierre Bernadau envoie 
à Tabbé Qrégoiie une traductioû gasconne de k Dédaralitm des 
Droits de l'homme. Comme la plupart des autres dialectes d'oc, le 
gaiscon n'était pa« mort pendant trois eièclâa, il a sommeillé. H faat 
savoir gré k M, HQureieiî de nous l'avoir prouvé en quelques pag«« 
pleines de faits et très intéresaaatefi à lire. 

J, A»OLAI>I. 



A..-0. Ott. — Etude sur les couJeurs en vieux français. — Parii^ 
BvuUlon, 1899 [XII, 1H8 p.; 7 h.] 

M. Ott essaie de répondre & cette question : *t Comment Taûcioo 
français a-(-il cherché k exprimer l'idée des différentes couleurs T u 
Comme il l'aununr.^e dans sou. lutroduction, il f&it l'is torique ûe tea 
idées, prenant la Ji^m<iti(ti^i4e et Ïa lexicologie pourb^âcs de «on travail; 
il étudie le s^rt des déaignattoos latmes en vieux français, leur diapa- 
ritioa, leur conservation, avec ou sans chaDgements de sigaiScaliôa, 
Apréa avoir suivi ces expreasioûa dues à la tradition, il cherche 
èlabtiiriutillratiriri dans le vieux français de nouveaux tciines sei 



BTSLlOr.BAPHÎE 



477 



résigner lea couIeurBi pur la dânvatioQ ou par \i composition, jmr 
tiution d'uafi nouvelle! acceptiou L uû motdéjàâxiâiaiic. eaSn par 
Temprunt é. une autre lang'ue. 

Il coQBacre tin chapitre particulier à chaque couleur: l>laDC^ noir, 
couleurs neutres [ gris, fiiultlooîorê, pâle, sombre), jaune, bleu, rouge, 
vert. Il lerinine par une étude sur le i?eciu et leLaide^u vieux français. 
Certaines couleurs étant âssântiellemeuL con^idërées comme belles et 
d'autrea comme laides, cettâ dâruière partie était léi complérneiit india- 
penBable de son livre. C'est aurtaut dans cet appendice que l'auteur a 
été ameoé à étudier lapsikologie de la langue. II avait d'ailleurs dû le 
faire dans tee autres chapltrea, cfir le plus souvent la déaignatton d'une 
couleur ne tenu pasTexactc percsptioa ^Biologique; comme il le montre 
à diffèrentea repHaea " la laijgue exprime ce qui» da^âUDe couleur, a 
Je plus frappé notre esprit, question qui, selon les individus et les tetnps, 
«at sajelle à de grandes âuctuationa m. Qn^lques-unes de ses oba^r- 
vatioQS psikologiques août aasez Ënea et aases bien documentées. 
Chaque chapitre comprend le» Bubdivisione suivantes: 1" Tradition 
l^IUnGt c'ost-À'dire tout ce qui appartient au laCinanténenrà TanDOO; 
3" Création romunSj c'sat'à-dire tout ce qui est postérieur à l'Etn 5O0« 
-Dans cette seconde clâsae M. Ott distingue la Création romane basée 
iur la ti^adition et la Ct'éatw» rofnane non basée sur la tradition. 
En outre dans l'emploi de chaque couleur il sépare l'emptoi au 
jir&pre et Teraploi au figuré. L'étude s'arrête en l'an 140O. 

La partie étimologique ne présente rien de bien nonveau ; M. Ott est 
&u courant et aait manier l'outillage dont disposent acIueUâinent les 
romanistes, Quelques ètimologies sont tîontestablea, mats elios DOsosit 
pas de lui, et BD général on n'a rien de meilleuràîeur substituer jusqu'à 
préaect- D*autrea sont préaenléea bous une forrae inexacte: ainsi pour 
rouillei rouiller il faut restituar ** ruliliaf ^ rutiîîare et non pasrt*- 
Ula^ rutilaref p. iOO et 1 18^ Il n'i a gu^re que les mots héUc.beiif^ he- 
li, signîâant ic ronge n un terme de blason, dont il n'ait pas donné d^éti- 
Duologie^ p. 131. 11 est fort possible que oe aoient simplemeat des 
dérivés àa belluSf comme le beli de la page 150, Fui^qoe le rouge 
était la couleur belle par excellence, dire d*UD objet qu'il est de la 
couleur belle, n'était-ce pas dire qu*il est de couleur rùugef Comparez 
les lan^uea slaves et les langues celtiques dans leâqutiUes le même 
mot signifie à la fois rôuge et beau^ ou plntAt ne sépare paa ces 
deux idées. 

n i a quelque danger à restituer une forme latine comme origioe 
de mots de création romane el qui parfois même ne remontent pas à 
la première eure. Ainsi nouâ lisons â la page 51 a ° pigellatu ^ 
pUli t> ; pourquoi * pi^e^JaCu? parce que ** picetlatti eût visîbl^- 
menl donné * pisele. Ku lieu de ce ^ pigellàtu qui ne rime à rien il 



478 



BIBLI06HAPHIE 



fallait donc éciire pica-^eUalu, coaime il a dit à la page X* 
u * blanka + ittii ^ bianchei -* ou Oiieui encore ^le •+- ^té ]> ;}cf^, 
car il eBtt^vtHent que ce mol u'est pas dû à L^unioo d'âlêmenU latioA, 
mftifi À Putiioa d'élémeula rrftDçaU issus du latin. A la page 50 on lit 
H ^ liait* + atu ^ ^airé » parce que ^ «driaCu donnerait ^ vairié: 
ilfaliait donc éciiie t'cti'r 4- ^ ^ vaiV^^ Ia combinaison d'un motfrail' 
çaÎB avec uu auffuie l^tin préseDl^ uQe discordance qu'il fallait éviter. 
C*Êst là ime cpiestion de méthod» i]ui à son importance, d'aulnut plus 
qa'il n'i a peiit-ôtre pas de chapitre dans ce ïlvre sur lequel ou ue 
puisse faire porter 1» critique que nous formulons ici. 

On souaitemît aussi pnr eudroita uno langue piua souple^ ou mâme 
BÎCDplenient plus correcte; par exemple p, 3iJ: « c'est pourquoi aussi 
que Ferrant devient nom propre de chevaux ». 

En somme M. Ott uoiis a donné là une bonae étude, soigaé^É 
approfondie et bien dQcuineniée. 

Maurice GMMMOtNT, 



A BlaiiC> — L« rappfl du duc d'Anjou et rordoMusnce du 25 «Tril 
1380 <EïU'ait lu HuHetin historii^ue et philoiogiqtte, 1899, p. IM- 
îlï), Paris, Imp. Nsbonafo, 1900, in-S* [Ï4 p. arec double papinatïooj. 

Nous ne noua occuperons pas de la question historique diacutëe 
dang cette brocbure; rnaici elle contient daua les notes quelques 
extraits des clavaires narbontiaïa de 1379-80-81, qui étaient juaqu*ici 
inédits, Qaoîqu'ds qg soic^nt pus très longa, quelques formes oaC de 
rintèi'êt. On j trouve constamment la farine geater (fr. janvier), 
plusi^Lira fais la funne oto^re {îv.oclohye) ; a for ^è^ tHÎson de ; va^s, 
devaifs (p. 196, 197) ^^ vers, devers ; saysanla (p. 196) =. soixante. 
B représente n mouillé, de «ûrte qu'on a presque constamiueut SflAoi, 
comparas (p. 102) et même (.'aftÊJiaVi (p. 197). Conti i;ïapiu; n^esl 
plus nsitc aujourd'hui daus le c^rbonnais, mais il continue de virre 
en Rousaillanais. Dada* jp, 19^) x^ lat. datus (de datus) a disparu 
de nos jours ; mais tia (=» ttare) eat encore counu daus le Roiisailloit 
Parmi Igb formes des parfaita» citonB À la 1^ personne du pluriel: 
ban/lent^ mand^m, Irameren, sagelenit patjcm^ reseapem. 11 faut 
enfin noter le parfait .ttcc {p. 194), stet (p. I9t)), estec (p. 2G3}. C'est 
t&ut ce qu'il y a A glaner dans Cûs es^traitâ, mais M. Blanc vient >te 
nous donner de?, matériaux plus abondants avec le^*^ volume do Livre 
ds raisons de Jttcme OHvier , te premier volume qui «e tardera pas  
paraître contiendra une [ihonècique et une morphologie de rancieo 
dialecte narbontiala qui seront une importante contribution k l'his- 
toire de ce dialecte. 

J. AnOLADB. 



BIBLIOGRAPHIE 



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i-ie J. G. Sûhmilt (F. Sûhû et J. F. Laué) i5ôp. in fi*, iSOl. 

Ce deaïîâme Annuiaife de» Jeux floraux de Cologne est di^ne 
du précédent. H est édité avec autant d^ luxe et f&iC bonoeur à ta 
Liiterariiche Oesellschafi de Cologoe et à son distiagué prëaident^ 
M. le D' Fj^aTENitATit. L«B Jeux âoraux ont réuasi en pnyt rhén^a 
&u d^l de toute espéraacâ ; rabûadânce et le mérite dee pièces cou- 
ronnées cette anoée ea sont un suffisant témoignag-ç. Un interes- 
H&nt compte rendu des Jeux fîomux de l'année, écrit par M. Fhitz 
2iL.CK.SN, ae trouve ûu tâtâ du volume et sa lecture fait regretter à 
beaucoup de ceux qui couDaîeBGDt le Gûrzetnch de De yan e'âtre 
Couvés là» Les aoosbreuaefi reproductious phologiaphiquefl qui 
«DroeQl le voluroe teur doQuerout au moiûs une idée de la Tète. La 

théine était cette aotiée U princesse de Schaucnbourg-Lippe, aoeur de 
ï'ânipereur Guillaume ; la l'eîne précédente était Carmea Sylva. 

I^araii lea a&lutB citona un joti httilain de Mistral, 

Quand dcno Serlo e sa coulouffno 

Fasisn régna li boni rnour, 

Li iroubadoM d'Arlc a Cox^lougno 

EsptOkdissien li léi d^amour. 

En souvent de dono BertQ 

ï hloundi sorre de Gretcften 

Mîrèw vtieij la man duberta^ 

Mitndo aquesl amistûus vuûûhen, {p. ItOj 

Des eilruits de revuea et jûiimaux alleiuandsi fitmc^ist espagnols 
et aulred reuiptiijseQt la fia du volume. Les fëltcttalionâ n'ont pas 
manqué au:x mudemes Minnestn^er de la vieille Si/lhn et elles 
sont venuies d'on peu i^artout. Si las prochains annuaires ressem* 
blent aux deux premiËra, ta collection formera, dans quelque temp»» 
un précieux témoignage du mouvement poétique dana les pays 
rhénans. J. AKaLASs, 

Notes bibliographiques 

Le Liieraturblatt /iir romanUche und germaniêche Fhîlohgie publie 
(tnai 1900, coL 174 et suivantes) un compte rendu de rûdition des 
Qcjfta KarûH Magni ad Gircasgonnafn.., ; le compte reudu est de 
M. H.Sucbierqui rend justice au 3ûîii avec lequel M. SchneegansT 
Véditeur, s'est acquitté de sa tâche. 11 regrette qu'un index des noms 
propres ne termine pas rédifcion et annonce qu'un élève de son Sénù- 
natreM. (Hermann Kempâ)estâQtraiti de compléter Scbneeg&ns sous 
ce rapport. L'absence de cet index, qui aurait été utile poiir localiser les 
Doma d« lieu si nombreux dans les Gçtta,étàit Traiment regrettable et 



iSÙ BIBLIOGRAPHIE 

j'avaiEi fait verbalement la même criti