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Full text of "Revue des sciences médicales en France et à l'étranger; recueil trimestriel analytique, critique et bibliographique"

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REVUE 



k 



SCIENCES MÉDICALES 



EN FRANGE ET A L'ÉTRANGER 



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|EVUE 



DES 



SCIENCES MÉDICALES 

EN FRANGE ET A L'ÉTRANGER 



RECUEIL TRIMESTRIEL 
ANALYTIQUE, CRITIQUE ET BIBLIOGRAPHIQUE 



DIRIOB PAR 



GEORGES UÂYEM 

Professeur de thérapeutique à la Faculté de Médecine de Paris, 
Médecin de l'Hôpital Saint-Antoine. 



COMITÉ DE RÉDACTION : 



P. BERGER 

Agrégé de la Faculté de Médecine, 

Chirurgien des Hôpitaux. 



H. RENDU 

Agrégé de la Faculté de Médecine, 

Médecin des Hôpitaux. 



SecréUire de la rédaction : D' A. CARTAZ. 
Collaborateurs: mm. ch. abadie, assaky, auvard, balzbr, barth, j. bbx, brinon (de) 

R. GALMETTBS, CAMPENON, CARRIÈRE, CAULBT, CHAUFFARD, 

DANI.OS,DA8TRB,DEBOVE,G.OECAISNB, OREYFUS-BRISAC, MATUIAS DUVAL, FREDBRICQ, 

GALLIARD, QARNIER, GIRAUDEAU, GOUOUBNHBIM, ORANGHER, HANOT,B. HARDY, HENNBGUY, 

HOLMAN, H0L8TEIN, E. JAVAL, JULLIEN, KUHFF, LABADIE-LAGRAVB, LANDOUZY, 

H. LEROUX, MATHIEU, MERKLBN, MOSSÉ, ŒTTINOER, OZENNE, CH. PÉRIER, 

L.-ff. PETIT, PORAK, REMY, 4, RBNAUT, RIGHELOT, RICKLIN , 8ANT1 (DE) , SGHWARTZ 

SÉNAC-LAORANQB, P. TERRIER, THOMAS, THORBNS , A. TROUSSEAU, G. ZUBER. 



treizième: annés 



TOME XXVI 



PARIS 
G. MASSON, ÉDITEUR 

LIBRAIRE DE l'aGADÉMIE DE lléDEGlNB 
îtQ, SOCLETARD 8AI2IT-GBEM Al H. 

1885 



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^,„.^ REVUE 

^■^53 DES 



SCIENCES MÉDICALES 

EN FRANGE ET A L'ÉTRANGER. 

ANATOMIE. 



Ben ganglions intra-rocheox , du nerf anditif chei l'homme, par 6. FERRÉ 

(Compt, rend, Acad, des ScieuceSy 23 mai 1885). 

Ces ganglions sont au nombre de trois : le premier situé sur le nerf 
veslibulaire, au-dessus de la crête falciforme (ganglion de Scarpa) ; le 
second, placé au même niveau, sur le faisceau le plus exterae de Téven- 
tail formé par le nerf cochléaire au moment de sa pénétration dans Taxe 
du limaçon; le troisième, enfin, disposé en spirale tout le long de la lame 
spirale (ganglion de Rosenihal ou de Corti). Ce dernier ganglion est in- 
complètement divisé en îlots par des crêtes de substance osseuse ou 
par des lamelles périostiques saillantes ; chaque ilôt ganglionnaire reçoit 
non seulement des fibres afférentes du point correspondant de Torgane 
do Corti, fibres disposées en faisceaux radiaux ou directs, mais encore 
dos fibres venant de points du même organe, situés au-dessus ou au- 
dessous; ces dernières, formant des ûlets spiraux^ s'enroulent sur le 
ganglion, de manière à présenter un trajet réfléchi ou indirect, tel que 
leur point d'immersion ganfçlionnaire est situé au-dessus de leur point 
d'arrivée dans le canal spiral. Toujours est-il que Tensemble des trois 
ganglions sus-indiqués forme sur le nerf auditif une zone de cellules ner- 
veuses analogues à celles qu'on rencontre dans la rétine (couche de cel- 
lules multipolaires du nerf optique). m. duval. 

OtBtrraxioni auUa divisione délie circonvolazioni frontali, par 6. GHIARUGI 

{Bull, de la Soc, tra i cuit, délie acienze di Sienaa, 1885), 

L'auteur a examiné 37 cerveaux d'individus sains et 13 cerveaux de 
fous au point de vue de la division des circonvolutions frontales ; il a 
reconnu que la division d'une circonvolution frontale s'observe assez fré- 
quemment (34 0/0) aussi bien chez les individus sains que chez les 
fous, peut-être plus souvent chez ceux-ci que chez les premiers. Le dé- 
doublement d'une circonvolution frontale, c'est-à-dire sa division étendue 
jusqu'à sa base, parait un fait beaucoup plus rare. Dos trois circonvolu- 

TRKIZlilCK AKKil. — T. XXVI. 1 



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s REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

tions frontales, celle qui est le plus souvent sujette à la division c'est la 
médiane, puis vient la supérieure. L'auteur n'a pas observé la division 
de la circonvolution inférieure, qui semble donc être beaucoup plus 
rare. p. h. 

Kête •«rim ra]^ort peu cffnm i« récurrent gasclifli^ par I. CHAPÏÏT {Soc, ««► 

tfymiqoe, il Juillet i884). 

L'auteur a trouvé sur une série de fœtus humains et animaux la dis- 
position suivaûic qu'il regarde comme constanbe. Sur le cœur d'un fœtus 
de 6 mois, on voit partir de la base du cœur la crosse de Taorie et le 
canal artériel. Ce dernier, après avoir décrit au-dessous de la crosse 
aortique une courbe sensiblement parallèle, va se jeter dnns Taorte des- 
cendante. Le pneumogastrique gauche passe au-devant de la crosse aor- 
tique et dé l aorte descendante. Un peu avant de passer à la partie 
antérieure du canal artériel on voit s*en détacher k angle aigu le nerf 
récurrent qui se recourbe de bas en haut et embrasse dans sa concavité 
non pas la crosse de l'aorte, mais celle du canal artériel. Le reste de son 
trajet présente les mêmes rapports que chez l'adulte. 

Cette disposition est liée au développement des arcs aortiques et à la 
descente du cœur. Autrement dit, le nerf laryngé inférieur serait, à 
l'origine, un nerf à direction transversale. Ultérieurement, par suite du 
déplacement relatif du cœur il se trouverait peu à peu attiré dans la poi- 
trine ; de là cette disposition récurrente. Du côté droit, si le récurrent 
embrasse la sous-clavière droite, c'est pnrce qu'elle est le seul vestige 
des arcs aortiques droits. A gauche, le récurrent embrasse d'abord le ca- 
nal artériel, puis celui-ci s'atrophiant, il embrasserait plus lard l'aorte, 
seul vestige des arcs aortiques gauches. a. c. 

Ueber klammerartigo Verbindnngen zwischen Âorta und Pulmonalarterie 
(Vincula aortœ) (Liens unissant l'aorte et l'artère pulmonaire), par 
• B. RINDFLEISCH [Arcb, f. path. An. a. Phys., XCVI, Heft^, p. 302). 

Au moment de la systole ventriculaire la pression s'accroît d'une façon 
considérable dans l'aorte et l'artère pulmonaire. Ces vaisseaux subi-sent 
par le fait de l'augmentation de pression un allongement. Cet allonge* 
ment qui tendrait à abaisser la pointe du cœur est compensé en ^ artie 
par le raccourci^'Sementdu cœur au moment de la systole. On a invoqué 
pour expliquer le choc du cœur et le soulèvement de la paroi thoracique. 
une tendance au redressement de Tare aoriique. Rindlleiscli considère 
que ce redressement ne peut s'effectuer parce que la base du cœur est 
pour ainsi dire immobilisée par les grosses veines qui s'ouvrent dans les 
oreillettes. Il croit donc que c'est l'allongement des vaisseaux artériels 
et spécialement de l'aorte qui détermine la saillie de la pointe du cœur 
au moment de la systole. 

Par suite de cet allongement systolique, le sommet de la courbe aor- 
tique s'éève et se porte adroite, la petite courbure tend donc à se sépa- 
rer de l'artère pulmonaire située au-dessous. Dans le même temps la 
courbe spirale décrite par l'artère pulmonaire autour deTaorle subit des 
déplacements analogues qui la portent en bas et à gauche. Leà deux 
vaisseaux tendent donc à s'écarter au moment de la systole. 



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ANATOIflK. d 

Quelles modiScations éprouve le feuillet péricardiquo qui passe de l'un 
à l'autre de ces vaisseaux. 

Le péricarde n'étant pas une membrane extensible, les tractions exer^ 
céessurloi doivent produire des plis dirigés précisément dans le sens de 
la traction. Dans Fintervalie des plis, des pelotons de graisse viennent 
remplir l'espace vide. Une autre cause vient s' ajouter à ia formation de 
ces pUs. Oa coaaaît les plaques laiteuses du péricarde qui sont dues aux 
frottemenlâ incessants du cœur. Le péricarde, au niveau des gros vais^ 
seaux, est soumis à une exagération fonctionnelle qui détermine de Thy- 
pertrophie, un épaississernenl; avec plis rayonnes. Les plis causés par 
TacLion combinée de ces deux facteurs s'étendent de la surface d'un 
vaisseau à la sui*£iice de i*autre et les fixent comiae un crochet. C'est ce 
que RiDdHeisch propose d'appeler vincala aovtœ. 

Ces ligaments ressemblent à des cicatrices rayonnées. A leur partie 
moyenne ils fo*)t sur la surface péricardique unesaillie de 2 à 3 millimètres. 
Leurs extrémités se perdent progressivement à la surface des artères. 
Us sont constitués par du tissu de sclérose formé de fibres parallèles que 
Ton peut décomposer en une dizaine découches. Leur fonction est d'em- 
pêcher récarlement des deux gros troncs artériels et par conséquent de 
consolider le pédicule du cœur. 

Un fait semble démontrer vraie l'opinion de Rindfleisch. Dans un cas 
d'anévrisme disséquant de l'aorte dont il donne le dessin, la rupture des 
deux membranes interne et moyenne s'était faite juste au-dessus des 
liens aortiques. Voici l'interprèlatiGn qu'il donne de ce fait. Au moment 
de la systole les deux vaisseaux tendent à s*écarler, les liens aortiques 
fixant trop éaei'giquemeiit la poKion sur laquelle ils étaient implantés, 
celle-ci n'avait pu suivre le reste de l'aorte dans son déplacement, et la 
rupture s'était produite. p. gallois. 

D« U détarmination des points d'émergence des artâres fessière, ischiatlque 
et honteuse interne pour la ligature de ces vaisseanz, par GHALOT (Gaz. hebd. 
dû Montpellier, n. 3â, 36» 1884). 

L'auteur résume de la façon suivante les considérations d'anatomie 
topogi aphique etlesdéductionspour la médecine opératoire, qui résultent 
de l'étude attentive de cette région : 

A. Artère fessière. — 1° L*artère fessière émerge à 15 millimètres de 
l'angle de la grande échancrure sciatique. {Point de repère interne.) 

2* Elle repose contre le plan osseux ayant d'ordinaire en bas et en 
avant un gros tronc veineux satellite. 

8* Elle se divise en branches terminales au niveau de la lèvre externe 
du bord supérieur de l'échanorure, de sorte que pour lier son tronc il 
faut là lier sous ce bord supérieur et même dans le bassin. 

4*» Elle mesure d'ordinaire 5 millimètres de diamètre, notion qui per- 
mettra de la distinguer de Tune quelconque de ses branches terminales. 

5° Elle est déterminée à son point d'émergence par la rencontre de 
deux lignes : Tune horizontale de 8 centimètres qui part de la crèle sa- 
crée {poiai de repète externe), l'autre verticale longue de 10 centimè- 
tres qui part du point le plus élevé de la crête iliaque {autre point de 
repère externe). 



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4 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

B. Artère ischiatique. — 1** L'artère ischiatique proprement dite naît 
et chemine le plus souvent en dedans de la honteuse, quelquefois en de- 
hors d'elle. 

2"* Elle s'en distingue par son calibre plus considérable (4 millimètres 
à 4 milllimètres et demi) et par sa position plus superficielle. 

C'est la première artère qu'on trouve et qu'on voit siur le môme plan 
que le grand nerf sciatique; une lame fibreuse épaisse la sépare de la 
honteuse, qui, elle, repose directement contre l'épine ou le petit ligament 
sciatique. 

8« Qu'elle soit en dehors ou en dedans de la honteuse, il ne faut ja- 
mais la chercher ni la lier au-dessous de l'épine sciatique, ce qui expo* 
serait à prendre une branche terminale pourle tronc lui-même. 

4^ Étant données les deux variétés d'émergence et de trajet, pour pro- 
céder avec méthode, quand on aura mis à nu les parties profondes, on 
cherchera d'abord l'artère ischiatique à la base ou au-dessus de l'é- 
pine sciatique ; si on ne trouve rien on la cherchera plus en dedans, à 1 
ou 2 centimètres en dedans de la pointe de l'épine sciatique sous le 
muscle pyramidal. 

6* On déterminera son point d'émergence, sur le cadavre et le vivant, 
avec les mêmes mensurations et les mêmes lignes que celles relatives à 
la honteuse, puisque cette dernière est intermédiaire aux deux variétés 
d'émergence et de trajet de Tischiatique et peu distante de toutes les 
deux. 

C. Artère honteuse interne. — !• L'artère honteuse interne propre- 
ment (Jite naît et chemine un peu en dehors de la pointe de l'épine scia- 
tique, quelquefois immédiatement en dedans (point de repère interne). 

2® Elle contourne en arc l'épine ou le petit ligament sciatique, ayant 
le nerf honteux sur son côté interne. 

3» Elle a un calibre moyen de 8 millimètres. 

4» Elle est toujours plus profonde que l'artère ischiatique et que le 
grand nerf sciatique dont elle est séparée par une lame fibreuse épaisse ; 
elle ne peut, par conséquent, être confondue avec l'artère ischiatique, alors 
même que cette dernière naîtrait entre elle et le grand nerf sciatique. 

5* Elle est déterminée comme la fessière à son point d'émergence, par 
la rencontre de deux lignes : l'une horizontale, longue de 8 centimètres, 
qui part de'la crête sacrée {point de repère externe)) l'autre verticale, 
longue de 12 à 14 centimètres et demi, qui part du point le plus élevé de 
la ciête iliaque (autre point de repère externe), a. mossb. 



Sur la circulation veineuse du pied. Note, par P. BOURCERET (Comptes rend, 
Aced, dts Sciences^ 9 février 1883), 

Contrairement à l'opinion classique, les veines du pied ne sont pas 
toutes disposéesà la région doi-sale, mais il existe à la face plantains, immê- 
diatement sous le derme, une véritable couche de veines tellemenLpressées 
les unes contre les autres qu'elles forment une véritable semelle vascu- 
laire, dont les troncs vont se jeter sur la face dorsale du pied en suivaniune 
direction légèrement oblique d'avant en arrière. Ce fait a passé inaperçu 
des anatomistos, sans doute parce que ces vaisseaux veineux sont comme 



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ANATOMIE. 5 

incrustés à la face proronde du derme, et emprisonnés dans une sorte de 
membrane fibreuse qui limite leur distension ; de plus, cette couche vei- 
neuse se confond, par son aspect, avec les trabécules fibreuses qui 
l'environnent, ces veioes ayant en effet des parois épaisses, légèrement 
blanchâtres. m. duval. 

Aie GefiNverbindnngen der Placentakreitlafife einiger Zwillinge , ihre 
Bntwickelnng and ihre Folgen (Les anastomosée des vaisseaux placenUires 
dans les grossesses gémellaires ; développement et conséquence de ces anas- 
tomoses), par Friedrich SGHATZ {Arcbiv fur Gynmkologie , BaDd XXIV, 
Hefl 8). 

Ce travail est basé sur l'examen de 24 placentas, dont 9 ont été re- 
cueillis et préparés par l'auteur lui-même; les 15 autres, conservés au 
musée anatomique de Wurtzbourg, ont été préparés par Hyrtl, et ont 
servi de base à son mémoire : les Vaisseaux sanguins du Placenta hu- 
main (Vienne, 1870). 

Voici les conclusions de l'auteur : 

Lorsque les jumeaux dépendent d'un même œuf, les placentas pré- 
sentent presque toujours, le long de la zone qui sert de trait d*union 
entre les masses placentaires propres à chacun des jumeaux, des groupes 
de villosités en nombre variable, de 1 à 20, dans lesquelles le système 
vasculaire est commun aux deux circulations, c'est-à-dire dans lesquelles 
les deux jumeaux fournissent : l'un l'artère, l'autre la veine correspon- 
dante. Il y a donc dans ces placentas trois circulations distinctes : une 
circulation propre à chaque jumeau, et une troisième circulation commune 
aux deux jumeaux. L'importance de celte troisième circulation est en 
général assez restreinte ; elle représente en moyenne du 1/10 au 1/20 de 
l'ensemble de la circulation des jumeaux. Elle peut même être moins con- 
sidérable; mais elle peut aussi atteindre le 1/5, et au delà, de la circula- 
tion totale. 

Cette troisième circulation, qui s'opère à travers les capillaires des 
villosités communes est complétée ou équilibrée souvent par une anasto- 
mose artérielle, et souvent aussi par une anastomose veineuse. Ces anas- 
tomoses artérielles ou veineuses sont toujours superficielles et rarement 
doubles; elles peuvent atteindre un calibre considérable. 

Les courants sanguins qui s'établissent par cette troisième circulation 
d'un fœtus à l'autre ne sont pas toujours équilibrés de manière à ce que 
chaque fœtus reçoive autant de sang (|u'il en donne : d'où résulte une 
différence de développement entre les deux jumeaux. 

Ce travail est accompagné de 5 planches coloriées, représentant le ré- 
sultat des injections et les divers genres d'anastomoses, h. de brinon. 

CoBtrilration au développement du squelette des extrémités chei les mammi- 
fères, par E. RETTERER [Journal de VAnat. et de la Pbysiol., décembre 
1884). 

Sous le rapport morphologique et structural, les moignons primitifs ont 
la plus grande analogie chez tous les embryons de mammifères : ce sont 
des bourgeons mésodermiques, formés de tissu lamineux embryonnaire. 



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6 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

L'appantîoB des segments cartilagineux s'y fait d'après la loi d'évohi*^ 
tion du tissu cartilagineux. C'est donc là la forme primitive, la même 
partout, sauf le volunrïe et la composition chimique des éléments du lissa 
embryonnaire. Mais là se bornent les ressemblances; dès Tapparition 
des pièces carpiennos et tarsiennes et des rayons digilifères, 
les dissemblances se prononcent et ne l'ont que s'accentuer au fur et à 
mesure du développement. La lame natatoire existe, mais les pièoes 
qui composent la charpente sont autrement ordonnées dès Torigine. Les 
segments qui sont internes ou externes chez les pentadactylés par rap- 
port à Taxe du membre, se disposent sur un plan postérieur chez le porc, 
les ruminants et les solipèdes. Les connexions sont en partie -changées 
et le principe posé parGeofTroy Saint-Hilaire (un organe est plutôt anéanti 
que transposé) n'est que relativement vrai. Dès leur apparition, les nodu- 
les cartilaj^'ineux sont gi'oupés dans un ordre déterminé, d'où résultent 
les dimensions et la forme spéciales variant d'un groupe à l'autre.- 

Les pièces cartilagineuses des extrémités apparaissent avec une ré- 
gularité parfaite de haut en bas de la base du membre vers le bout ter- 
minal. Il n'en est pas de même dans le développement des points d'ossi- 
fication primitifs, dans le nombre et le siège des points complémentaires; 
en eflet : — 1° Les segments cartilagineux des extrémités (métacarpe, 
métatarse, première et deuxième phalanpre) commencent à s'ossifier en 
un [)oint central situé à égale dislance des deux extrémités. Comme il 
est probable que la première anse vasculaire formera plus tard Tartère 
nourricière, le trou nourricier est, au début, également distant des deux 
extrémités. — 2* Au fur et à mesure qu'on s'éloigne de cette période ini- 
tiale, rossification s'étend plus rapidement dans un sens que dans l'autre, 
ou bien l'allongement d'une des extrémités cartilagineuses est plus éner- 
gique que celui de l'autre extrémité. Peut-être les deux phénomènes se 
produisent-ils simultanément; c'est surtout l'extrémité poui'vue plus tard 
d'un point complémentaire qui s'accroît davantage en longueur. 

L'étude de l'entrée des vaisseaux sanguins dans les extrémités carti- 
lagineuses conduit à ce résultat que, à partir d'une certaine époque, va- 
riable selon le groupe animal, les vaisseaux pénètrent dans le carti- 
lage du squelette fœtal, en suivant une marche analogue à l'apparition 
des segments cartilagineux, de la base du membre vers le bout termi- 
nal; les extrémités non pourvues, plus tard, de points complémentaires, 
sont sillonnées de vaisseaux comme les autres; la seule diiïérence à si- 
gnaler, c'est que ces extrémités dépourvues de points complémentaires 
anastomosent leurs vaisseaux de bonne heure avec ceux de la diaphyse, 
tandis qu'un cartilage synchondral non vasculaire sépare, jusqu'au mo- 
ment de la soudure, l'épiphyse de la diaphyse. 

Quant à la signification morphologique du pouce, on peut dire que 
chez les animaux pentadactylés les plus parfaits, il existe, au membre 
antérieur, quatre rayons digitifères faisant suite au carpe et composés 
d'un métacarpien suivi de trois phalanges, et un cinquième r^yon interne 
constitué uniquement par trois phalanges. Le pouce est dionc surajouté, 
puisqu'il n'y a normalement que quatre métacarpiens faisant suite direc- 
tement à l'axe du membre; et c'est en effet le pouce qui manquera le 
premier, dès que l'animal ne se servira plus de son membre antérieur que 
comme organe de locomotion, m. duval. 



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ANÀTOmE. T 

Una 081 erraxione di terzo condilo occipitale d«U uomo ; considerazloni rela- 
tive par G. ROMITI [Atti Soc. ToMcane Se. nui., VII, 1884), 

Romiti décrit une nouvelle observation de troisième condyle occipital 
sur le crâne d'un homme de 70 ans. Entre les deux condyles normaux 
à la partie postérieure du trou occipital, existent deux petits condyles 
symétriques, séparés l'un de l'autre par un espace de 3 millimètres. 
L*auteur considère ce troisième condyle (formé dans la cas acluel ée 
•deux moitiés séparées) comme l'homologue du condyle basilaire de la tor- 
tue, et de la portion médiane du condyle des oiseaux et des crocodiles 
«t non da condyle entiei* de ces animaux, comme le font généralement les 
-anatomisles* f. h. 

Sopra nn soloo non noto dell' osso frontale (Solco soprafrontale), par 6. ZO JÂ, 

{Memor, delV InsiUulo Lombard,^ 1884). 

Le sillon suprafrontal, découvert par Sœmmering, en 1843, existait dans 
la proportion de 16,40 0/0 dans les crânes que Tauteur a examinés. 11 
est relativement plus fréquent chez la femme que Thomme, bien que, lors- 
qu'il existe chez ce dernier, il soit plus développé . On le trouve plus 
souvent chez les fous que chez les hommes sains, sur les crânes mo- 
dernes que sur les crânes anciens. Le plus fréquemment, on ne le ren- 
contre que d'un seul côté et généralement du côté gauche. Il se dirige 
de bas en haut, d'avant en arrière, sur la face antérieure du frontal entre 
la bosse et la crête temporale du frontal. Ses dimensions sont variables; 
il a ordinairement de 2 à 5 centimètres de longueur sur 1 à 2 millimètres 
de profondeur. Il communique tantôt avec l'échancrure sourcilière, tantôt 
avec un petit canal spécial dirigé en bas et en avant. D'ordinaire rec- 
tiligne et unique, il est quelquefois curviligne, ramifié, double ou triple; 
il reçoit un filet du nerf Irontal et de petits vaisseaux sanguins. 11 ne se 
développe qu'après la naissance et persiste pendant toute la vie. Ce 
sillon n'existe pas chez les singes, ni chez les autres mammifères, sauf 
^hez le Bofi taurus qui en a un vestijre. 

Lorsqu'il est bien développé, le sillon suprafrontal peut être reconnu 
pendant la vie. Il est quelquefois remplacé en partie ou en totalité par 
un petit canal qui, logeant un filet nerveux, peiit expliquer la persistance 
de certaines névralgies après la résection du nerf frontal. f. h. 

2iir Kenntniss der accessorischen Nebennieren des Henschen (Des capsules 
surrénales accessoires chez Thomme), par GHIÂRI {Zeitscbr. f. IleiJk.y Dd. V, 
p. 449). 

Marchand vient de signaler (ri>cAoïv'Si4rcAiV, Bd. XCIl)rexisfenced6 
<;apsulessurrénales accessoires dans le ligament large chez des nouveau- 
nés et déjeunes enfants. Les faitsde Cliiari prouvent que contrairement à 
Topiniou de Marchand, elles ne disparaissent pas nécessairement avec 
l'âge, et qu'elles peuvent aussi se trouver chez l'homme, entre le rein et 
l'appareil génital. 

4" cas. — Femme de 30 ans Capsule surrénale accessoire du volume d'un 
pois, à deux travers de doigt au-dessous do rein droit, dans le tissu cellu- 
laire réiropéritonéal, adossée à la veine spermatique interne. 



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8 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

2* caa.~^ Tuberculeuse de 48 aus. A droite petite capsule surrénale acces- 
soire en avant du plexus ovarique, à gauche deux petites masses analo- 
gues dans le ligament large. 

3* cas, — Homme de 34 ans. En outre de nombreuses capsules surrénales 
accessoires au voisinage des capsules surrénales normales, une autre du vo- 
lume d'un petit pois à doux travers de doigt au-dessous du rein droit, à côté 
de l'uretère et de la veine spermntique interne* 

4* cas. — Homme de 23 ans. Une capsule accessoire, à trois travers de 
doigt au-dessous du rein droit. 

Chiari cherche enfin à démontrer qu'une tumeur du petitbassin qui, dans 
le service de Gussenbauer, avait nécessité la laparotomie, n'était autre 
qu'une capsule surrénale accessoire dégénérée. Il en serait ainsi, d'ail- 
leurs, d'après Grawitz, pour certains néoplasmes considérés à tort 
comme des lipomes du rein. l. d.-b. 

Uober die Gartner'schen (Wolffschen) Kanftle beim menschlichen Weibe (Sur 
let canaux de Gartner chez la femme), par Cari RIEDER (Arcb, /. patb. An, 
u. Phys,, Bd XCVJ, H.i, p. 100). 

1** Les restes des canaux de Gartner se trouvent chez la femme en- 
viron dans un tiers des cas; ils persistent dans un âge avancé soit sous 
la forme d'un canal muni d'un épithélium et d'une tunique musculaire 
(1/5 des cas), soit d'un faisceau musculaire sans épithélium (1/6 des 
cas) ; ces deux formes sont adossées aux muscles soit de l'utérus soit du 
ligament large et se rencontrent plus souvent à droite qu'à gauche. 

2** Le canal est ordinairement revêtu d'une double couche de cellules 
épithéliales, il est exceptionnel de ne rencontrer qu'une couche. Les 
cellules sont cylindriques et ont en moyenne 16 [x de haut. 

3" Au-dessous de l'épithélium se trouve une couche de tissu conjonctif 
recouvert par une tunique musculaire lisse ; celle-ci se compose de trois 
couches, l'interne et l'externe longitudinales, la moyenne annulaire. 

4« Dans sa portion supérieure cylindrique, le canal de Gartner corres- 
pond au canal déférent. Au niveau du col où se rencontrent des dila- 
tations il répond à l'utricule prostatique et aux vésicules séminales. Dans 
son trajet à travers la paroi vaginale où sa section transversale a l'aspect 
d'une fente, il est l'analogue du canal éjaculateur. 

5*» Dans la partie inférieure du vagin, l'auteur n'a pu retrouver le canal 
de Gartner ni voir son embouchure ; l'atrophie de cette portion du canal 
doit être attribuée à la croissance énergique de la cloison urétro- 
vaginale . 

6* Il n'est pas invraisemblable que certains kystes du vagin se déve- 
loppent aux dépens du canal de Gartner, mais pour s'en assurer il faut 
vérifier si le kyste est sur la continuité d'un de ces canaux, p. gallois. 

Recherches sur la formation des annexes fœtales chei les mammifères (Lapin et 
chéiroptères), par Ed. VAN BENEDEN et Gh. JULIN {Archives de biologie, <• V, 
fMO. 3, 1884). 

Les descriptions de la constitution et de la formation de l'amnios don- 
nées par les ouvrages classiques sont pour la plupart schématisées et 
généralement erronées. Les auteurs étendent aux mammifères ce qu'on 



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ANATOMIE. 9 

^it du développement de Tamnios du poulet et de plus ils ne tiennent 
pas compte de la distinction établie par von Baer entre Tamnios propre- 
mentdit et le faux amnios. Ce dernier est formé par le reploiement sur 
la face ventrale de Tembryon de Tondoderme accompagné du feuillet 
splanehnique du mésoderme; Tamnios proprement dit est constitué par 
l'ectoderme et la somatoplèvre. L'amnios des mammifères, du moins 
celui du lapin et des chéiroptères présente un mode de développement 
particulier. D'après Ed. van Beneden et Julin, il ne se forme pas autour 
de Textrémité céphalique de Tembryon, de gaine amniotique. La cavité 
amniotique est délimitée, au début, par deux formations distinctes; Tune 
est formée par Tectoderme uni à la somatopleure, c*est la gaine caudale 
ou amnios proprement dit; Tautre est constitué par Tectoderme uni à 
l'endoderme, c'est le proamnios. Ce proamnios est une formation tempo- 
raire : il diminue au fur età mesure que l'embryon se retire dans la gaine 
caudale qui devient l'amnios délinitif. L'existence du proamnios dépend 
de ce que la partie du blastoderme, située immédiatement en avant de la 
tête, ne renferme pas de mésoderme, au moment où commerice le mou- 
vement de descente de l'embryon dans la cavité blastodermique. 

Les auteurs ont aussi constaté que, contrairement à ce qui est admis 
depuis Bischoff, la circulation omphalo-mésentérique ne s'accomplit pas 
chez les mammifères comme chez les oiseaux. Le sinus terminal, chez 
le lapin, est artériel, la veine vitelline postérieure n'existe pas, enfin il n'y 
a qu'un seul réseau vasculaire, et la veine omphalo-mésentérique naît 
de ce réseau. f. hennbguy. 

Cootribations to tho study of nucleus dirision, bated on the study of prickle 
cells (Contributions à l'étude de la diviiion nucléaire basées sur rétude.des 
eellulei denteléei), par Sheridan DELÉPINE (Journ, of Anal, ànd Physiol,, 
roL XVIII, juillet 1884). 

D'après ses recherches sur des tumeurs d'origine épithéliale. Fauteur 
pense que les cellules dentelées du corps muqueux de Malpighi doivent 
leur apparence à des faisceaux de filaments qui unissent entre eux les 
noyaux de ces cellules. Ces filaments, qui sont plus visibles à la péri- 
phérie qu'au centre des cellules, appartiennent à des figures karyo- 
kinétiques, qui accompagnent la multiplication des cellules ; ils persis- 
teraient dans les cellules au repos. , f. h. 

Beitrag lur Anatomie des Gehôrorgans (Contributions à Tanatomie de Toreillo), 
parE. ZUCKERKANDL (Monatschritt fur Ohrenbeilk,, d* il, novembre 1884). 

!• Ossification d'un îlot cartilagineux dans la paroi externe de la trompe 
d'Eustache. 

L'anomalie était bilatérale et symétrique. L'îlot osseux faisait une forte 
saillie dans la trompe et aurait certainement fait obstacle au cathétérisme. 
n occupait l'orifice pharyngien de la trompe. 

2* Cartilage réticulé du crochet ptérygoïdien de la voûte palatine. 

R. G. 



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iO REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 



PHYSIOLOGIE. 



Redterclies expérimentales sur l'excitabilité électrique du cerreau proprement 
dit, par VULPIAN {Compt. rend. Acad. des Sciences, ÎSmars 1885). 

La doctrine des localisations motrices corticales s'appuie aujo»ird'hui 
SUT deux ordres de preuves expérimentales, d'une part les effets de la 
destruction des régions corticales, d'autre part les effets moteurs de 
réieetrisation de ces régions. Ces dernières preuves, les seules dont 
l'auèeur aborde l'examen critique, ne sont valables qu'à la condition qu© 
les effets moteurs en question se manifestent de manières tout à fait 
différentes selon que Télectrisation ne porto que sur la substance ^ise 
corticale ou qu*elle atteint les faisceaux blancs sous-jacents. 

Cette diversité dans les résultats expérimentaux est admise en effet 
par les partisfins de Texcitabilité corticale du cerveau. D'abord, disent- 
ils, la couche corticale, dans les régions motrices, est plus excitable que 
les faisceaux sous-jacents, car un courant faradique qui suffit pour pro- 
voquer des mouvements quand on le fait agir sur la région corticale dit© 
par exemple centre moteur des membres postérieurs, n'est plus capable 
d'amener cette même réaction motrice, quand on a enlevé par excision 
cette région de la substance grise corticale, et qu'oit applique le courant 
en question sur les faisceaux blancs sous-jacents. Sansiloute, dit Vulpian, 
mais la section qui met à découvert ces faisceaux blancs diminue leur 
excitabilité par suite de l'ébranlement traumatique et de Thémorragie. 
Pour agir dans des conditions bien comparables, il va exciter la subs- 
tance blanche à l'aide d'un fil de cuivre revêtu de gutta-percha et rais à 
nu seulement à son extrémité libre; eu portant ainsi l'excitation, à tra- 
vers la substance grise, sur les faisceaux blancs bien intacts, on constate 
que ceux-ci sont bien plus facilement excitables que la couche corticale. 

Une autre différence consisterait en ce que l'excitation électrique éner- 
gique et prolongée des points dits excitables de l'écorce cérébrale, 
provoquerait des attaqu(»s épileptilbrmes, lesquelles n'auraient jamais 
lieu si Ces mêmes excitations sont portées sur les faisceaux blancs 
correspondants. Or, en pratiquant l'expérience comme précédemment, 
Vulpian a toujours, par l'excitation des faisceaux blancs, provoqué 
une attaque épileptiforme violente, prolongée, et cela même avec un 
- courant électrique plus faible que celui nécessaire pour provoejuer les 
mêmes réactions par son application sur la substance grise corticale. 
« Je me crois donc, conclut Vulpian, autorisé à dii"© que les arguments 
expérimentaux, à l'aide desquels on a voulu prouver l'excitabilité motrice 
de la .substance grise corticale du cerveau, dans certains points déter- 
minés, sont dépourvus de valeur et ne peuvent servir à éta^rer l'hypothèse 
des localisations fonctionnelles cérébrales. Il importe de faire remarquer 
que les flbres nerveuses destinées à porter les incitations motrices céré- 



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PHYSrOLGGIE. Il 

braies à telle ou telle partie peuvent sortir de Técorce cérébrale par tw 
point déterminé, sans qu*il en résulte que ce point soit un centre de 
mise en action de ces fibres. » m. duval. 

Expériences relatires aux phénomènes qui se produisent dans le domaine de la 
vie organique pendant les attaques d'épiiepsie, par VULPIAN (Compt. rend. 
Acûd. des Sciences, SO mars 1885). 

Recherchant les modifications de diverses sécrétions, chez les animaux, 
pendant les attaque^ épileptiformes provoqués par Texciiation des points 
excitables du cerveau, Vulpian, ayant observé des phénomènes impor- 
tants dans tout le domaine de la vie organique, a poursuivi celte inté- 
ressante recherche en provoipiant, chez des chiens curarisés, des atta* 
ques d'épilepsie, sans convulsions des muscles, des membres, du tronc, 
en un mot des attaques d'épilepsie confinées dans le domaine de la vie 
organique. Tous les effets par lesquels se traduit alors Tattaque n'appa* 
raissent que quelques secondes après la fin de Texcitation épileptique ; 
les principaux sont les suivants : flux salivaire abondant; dilatation pu- 
pillaire; ralentissement et irrôgidarité des mouvements du cœur, avec 
systoles plus énergiques. Elévation de la pression inlra-carotidienne du 
sang, par suite d'une vaso-oonstriction, qui se traduit encore par la pâ- 
leur de la pulpe des orteils; les reins pâlissent également, et la rate se 
contracte très visiblement. Rien de particulier ou, du moins, de bien net, 
du côté de Teslomac, de l'intestin grêle et du gros intestin; quant à la 
vessie, elle entre en contraction lors de chaque attaque, et expulse une 
partie de son contenu. ' m. duval. 

Sut les différences que paraissent présenter les diverses régions de Técorce 
grise cérébrale, dites centres psycho-moteurs, sous le rapport de leur excita- 
bilité, par VULPIAN {Compt, rend. Acad. des Sciences, 20 avril 1885). 

Si les excitations électriques doivent être pliis fortes pour produire un 
mouvement du membre postérieur, en portant sur la région qu'on peut 
appeler cérébro-crurale, que jour provoquer un mouvement do la face, en 
passant par la région cérébro-faciale, cela ne tient pas à une différence 
réelle de rexcitabililé de ces deux régions, mais simplement à la diffé- 
rence des distances qui les séparent des foyers d'origine, comme aussi 
des extrémités périphériques des nerfs que Ton met ainsi en activité. Il 
est vrai que cette interprétation est en désaccord avec la loi de Pfliiger, 
d'après laquelle les excitations lancées dans un nerf moleur devien- 
draient de plus en plus fortes en parcourant ce nerf, du point excité vers 
la terminaison périphérique (théorie de Tavalanche), de sorte qu'une ex- 
citation électrique, d'intensité constante, portant sur un nerf moteur, de- 
vrait produire une contraciion musculaire d'autant plus forte, qu'elle agi- 
rait sur un point plus éloigné des muscles. Mais la théorie de Ftlûger 
est-elle exacte? Aux objections que lui avaient déjà faites Roscnthal et 
Marey, Vulpian vient join Ire les résultats démonstratifs des exjjériences 
qu'il a entreprises à ce sujet sur le chien, et qui lui pei-mettent de con- 
clure que les excitations expérimentales des nerfs moteurs, loin d'acqué- 
rir une intensité de plus en plus grande à mesure qu'elles parcourent 



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it REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

des fibres nerveuses, da point excité vers les extrémités ternninales in- 
tra-musculaires, perdent progressivement, au contraire, de leur énergie 
pendant ce parcours, et que cette diminution de force peut arriver à em- 
pêcher Texcitation du nerf, si elle porte trop loin de son extrémité péri- 
phérique, de donner lieu à une contraction. m. duval. 

Recherches sur la raison de l'impuissance des excitants mécaniques à mettre 
en jeu les régions ezcito-motrices du cerveau proprement dit, par VULPIÂN 

(Compt. rend. Acad, des Sciences, H mai 1885). 

A part quelques faits exceptionnels, relatifs à des animaux dont les 
régions cérébrales motrices étaient atteintes d'irritations inflammatoires, 
il est bien reconnu que les régions excitables du cerveau proprement dit 
ne sont mises expérimentalement en activité que par Télectricité. En 
faut-il conclure que Texcitabilité des fibres émanant de ces régions est 
toute spéciale, et diffère de celle des fibres nerveuses de la moelle ou 
des nerfs ? Nullement. Si ces fibres cérébrales ne sont excitables que 
par Télectricité, c'est que leur excitabilité expérimentale est relativement 
très faible, trop faible pour être mise en jeu par les excitants mécaniques 
ou thermiques. Il suffît, pour le prouver, de démontrer qu'un nerf quel- 
conque cesse de provoquer des contractions musculaires sous Tinfluence 
des excitations mécaniques et thermiques, lorsqu'il ne répond plus qu'à 
l'action de courants de l'intensité nécessaire pour mettre en activité 
lesdites fibres cérébrales. Les expériences sont très démontratives à cet 
égard, lorsqu'elles portent par exemple sur le nerf sciatique examiné, sur 
des chiens, à des périodes de plus en plus éloignées de l'instant de la 
mort : on voit alors ce nerf perdre son excitabilité par les a<?ents méca- 
niques ou thermiques à un moment (45 minutes après la mort) où il est 
encore excitable par des courants faradiques relativement faibles. C'est 
donc bien parce que l'excitabilité expérimentale des fibres excitomotrices 
sous-corticales est très faible, que les régions du cerveau qui les com- 
prennent ne sont excitables ni par les agents mécaniques, ni paries 
agents thermiques. m. duval. 

Beitragzur Kenntniss des Athmungscentrums (Gontrihuti on à l'étude du centre 
respiratoire), par Richard NITSGHMANN {Arcbiv fur die gesammie Physio- 
logie, Band XXXV, p. 558). 

Nitschmann admet avec LangendorfT l'existence de centres nerveux 
spinaux présidant à la respiration. Ces centres spinaux peuvent être 
divisés longitudinalement sans qu'il en résulte aucun changement dans 
les mouvements respiratoires, à condition que la section longitudinale se 
fasse exactement suivant la ligne médiane. 

Si pendant la section l'instrument tranchant a dévié même légèrement 
sur le côté, les muscles respiratoires de ce côté seront paralysés; la 
respiration devient unilatérale. Ceci se rapporte à des sections faites 
plus haut que la 4* vertèbre cen'icale. 

Si l'on sectionne longitudinalement la moelle cervicale et le calamus 
scriptorius, la respiration continue à s'effectuer normalement, les mus- 
cles de droite et ceux de gauche se contractant simultanément. Les 



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PHYSIOLOGIE. 18 

réflexes respiratoires consécutifs à l'excitation du sciatique sont stricte- 
ment bilatéraux, les deux moitiés du diaphragme se contractant en même 
temps. Par contre les réflexes ayant pour point de départie pneumogas- 
trique, le trijumeau ou les nerfs du plexus brachial agissent inégale- 
mf^nt sur les muscles respiratoires des deux côtés. La respiration devient 
inégale. 

Après section longitudinale de la moelle allongée seule, Texcitation 
des nerfs brachiaux ne provoque pas Tasymétrie des réflexes respira- 
toires. La section de la moelle cervicale seule e^t également insuffisante 
pour provoquer Tasymétrie des réflexes. l. f. 

Das Coordlnationscontrum der Herzkammerbewegongen (Le centre de coordi- 
nation des mouvements du ventricule), par H. KRGNEGKER et F. SGHMET 

{SiUuDgsbericbte der Akûdemie der Wissenschàften xu Berlin, p. 87, 14 février 
1884). , 

La lésion mécanique d'une portion limitée de la surface du cœur du 
chien ou dulapin(sillonintervenlriculaire antérieur, à l'union de son tiers 
supérieur avec les deux tiers inférieurs) suffit pour arrêter brusquement 
et définitivement toute trace de pulsations ventriculaires. Les oreillettes 
continuent à battre seules. Les ventricules montrent pendant quelques 
minutes un jeu continu de contractions fibrillaires, oscillatoires, puis l'ani- 
mal meurt. L'excitation du pneumogastrique n'influe en rien sur les 
contractions fibrillaii*es du ventricule, mais arrête les pulsations des 
oreillettes. Les oreillettes sont également seules soumises à rinHuence 
des accélérateurs. 

La piqûre a détruit un point d'entrecroisement des voies d'innerva- 
tion, qui d'ordinaire fonctionne comme centre de coordination pour la 
musculature des ventricules, et préside aux pulsations. 

Quand on supprime cecentre de coordination, les muscles du ventricule 
continuent à se contracter avec non moins d*énergie qu'avant, mais sans 
effet utile à cause du défaut de synchronisme des différentes contrac- 
tions isolées. L. FREDEHIQ. 

Ueber pseudomotorische Einwirkung der Ansa Vieussensii auf die Oesichts- 
muskeln (Action pseudomotrice de l'anse de Vieussens sur les muscles de la 
face), par N. ROGOWIGZ {Archiv fur die gesammte Physiologie, Band XXXVI, 
p. 1). 

Heidenhain appelle pseudomotrice l'action que l'excitation de la corde 
du tympan exerce sur les muscles de la langue quelque temps après la 
section de l'hypoglosse (voir R. S. J/., XXIV, p. 16). Il s'était demandé 
si le phénomène de l'action nerveuse pseudo-motrice ne s'observerait 
pas également sur d'autres muscles striés lorsqu'on excite leurs nerfs 
vaso-dilatateurs quelque temps après la section de leurs nerfs moteurs 
proprement dits. 

Rogovvicz a vérifié l'exactitude de cette supposition en ce qui concerne 
les muscles de la face chez le chien, notamment les muscles des lèvres. 
Ces muscles sont innervés j)ar le facial : à la suite de la section du fa- 
cial, ils montrent le même phénomène des contractions fibrillaires ou 



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t4 REVUE DES SCIENCBS MEDICALES. 

oscillations paralytiques que les muscles de la langue après section de 
rhypojçlosse (Scbilï). Leurs nerfs vaso-dilatateurs sont contenus dans la 
grand sympathique cervical et peuvent être poursuivis à travers Tanneau 
de Vieussens jusque dans la liioelle épinière, comme l'ont découvert 
SaBtra et Morat. 

Rogowicz arrache le facial dans le trou styloraastoïdien, puis attend 
12-14 jours avant d'entreprendre l'opération de la préparation de l'anneau 
de Vieussens. En excitant le rameau postérieur de Tanoeau par des 
chocs d'induction, il obtient dans les muscles des lèvres des phénomènes 
de contraction présentant tous les caractères de Vskolion pseudomotrlce : 
il faut plusieurs chocs d'induction pour provoquer la contraction ; celle-ci 
s'établit lentement et disparaît de même ; la période latente est longue- 
L*injection de nicotine dans le sang provoque un tétanos durable des 
muscles du côté paralysé tandis que le côté sain reste dans le repos le 
plus complet. Les résultats de l'examen hislologique des muscles para- 
lysés et de leurs nerfs sont exactement les mêmes que ceux obleYius par 
Heidenhairi sur les muscles de la langue après section de Thypoglosse. 

Rogowicz a répété également les expérioiices de Heidenhain sur l'ac- 
tion pseudomotince exercée par la corde du tympan et le nerf lingual 
sur la langue paralysée. Il a vérifié l'exactitude des principaux faits dé- 
couverts par Heidenhain. En outre il a constaté que le tétanos produit 
par éleclrisation du nerf lingual (après dégénérescence de l'hypoglosse) 
est un tétanos muety c'est-à-dire ne produisant aucun son dans le télé- 
phone. Le téléphone permet au contraire facilement d'entendre le son 
musculaire produit dans la langue (du côté siin) quand on tétanise les 
muscles par des chocs d'induclion atteignant l'hypoglosse. 

Heidenhain et Rogowicz ont repris la question de la soudure du lin- 
gual et de l'hypoglosse. Le bout central du lingual ayant été réuni au 
bout périphérique de l'hypoglosse, ils constatèrent au bout de plusieurs 
mois que l'action exercée par l'excitation du lingual sur les nmscles de 
la langue est une action motrice ordinaire et non une action pseudomo- 
trice. Les secousst^s sont brèves, vigoui'euses, à période latente très 
courte. Le tétanos présente également tous les caractères du tétanos 
ordinaire. L'opération fut faite deux fois par Heidenhain, une fois par 
Rogowicz. L'expérience inverse, consistant à réunir le bout périphëiique 
du lingual avec le bout central de l'hypoglosse et à provoquer 1 action 
pseudomotrice par excitation de l'hypoglosse, donna un résuliat négatif. 

LÉON FREDERICQ. 

Beitrag zut Physiologie der Herzspltze (Physiologie de la pointe du cœur), par 

EHRMANN (Wien. med, Jabrb., Hett 1, p. 141, 188ÎJ). 

L*oction des courants induits intermittents sur la pointe du cœur a été 
étudiée par beaucoup de physiologistes. L'auteur a voulu rechercher les 
effets d'excitation quo Ton produit en amenant progessivenientles txcita- 
tions à un maximum pour les réduire ensuite à néant en suivant la progres- 
sion descendante. Onpouvaitprévoir que les particularités observées par 
Fleischl dans les contractions des muscles volontaires se retrouveraient 
dans une certaine mesure dans celles du cœur. 

L'auteur agit sur un cœur de grenouille qu'il saisit pai^ le milieu du 



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PHYSIOLOGIE. 15 

ventricule aa moyen de la pince de Basch, de fiiçon à immobiliser 1« 
pointe sans la séparer du segmea^. basique et sans la priver de son oon- 
tenu naturel. La grenouille est liée sur une planotie et le cœur placé sur 
des électrodes de platine fixées eUes-mêones sur une lame de verre. La 
pointe transnaet ses mouvements à une membrane de caoutchouc et, par 
rintermédiaire d'un tube plein d'eau, à l'aiguille de l'appareil enregis- 
treur de Ludwig. Il faut avoir soin de ne pascomprtmer les veines abdo- 
minales, car les contractions du cœur à vide seraient trop faibles. 

Le début de Texcitation est enregistré et Texcitation est continuée jua*^ 
qu'à ce qu'une contraction cardiaque se produise; on évalue de cette £a- 
çon le nombre et la dui'ée des excitations et rintervalie des coatrac- 
tions. 

Quand on commence avec des excitations minima, dont chacune indi- 
viduellement serait inefficace, on voit qu'il en faut une série pour déter- 
miner la contraction. A mesure qu'on avance, leur efficacité augmente; 
la longueur de la série diminue et ces faibles excitations atteignent le 
mai^imum utilisable. Puis en prolongeant encore l'expérience, les mêmes 
excitations cessent de produire un effet appréciable, même quand elles 
s'ajoutent les unes aux autres en séiie. 

Que si l'on commence au contraire avec les excitations maxima, le phé- 
nomène inverse se produit : la contractilité s'épuise, les maxima devien- 
nent impropres, même en grand nombre, à susciter une contraction. 

La fréquence des contractions n'est pas en relation directe avec le 
nombre et l'intensité des excitations. 

On pourrait penser (fue po»ir déterminer la contraction il faut un nom- 
bre d'autant plus consitlérable d'excitations qu'on les emploie plus faibles. 
Mais, eu réalité, cette loi si simple n'est pas observée : il faut donc atl- 
mettre que les excitations minima suscitent dans la fibre caMiaque une 
inflaence qui tantôt produit la contraction, tantôt y met obstacle. On est 
obligé de tenir compte de l'excitabilité croissante et aussi de la fatigue du 
cœur. 

L'état d'épuisement qui précède la mort du cœur se traduit par de très 
grands intei*valles entre les contractions : les pauses peuvent durer 100 se- 
condes. L. CALLIARD. 

Zor Frage ûber die Innervation des Herzens (De l'innervation du cœur), par 
PAWLOW [Centralbl. /. die med, Wiss.y d- 5, 1885). 

Dans un -précédent travail (ihid. n* 4 et 5 1883) Pawlow a cherché à 
démontrer qu'il existe deux nerfs cardiaques centrifuges en dehors de 
ceux qui sont généralement admis, l'un augmentant et l'aulre diminuant la 
pression t^anguine. C'est du premier seul, nerf de renforcement, que Paw- 
low s'occupe dans son second mémoire. 

Une de ses propriétés est do raccourcir la contraction cardiaque et par 
suite d'allonger la pause, sans modilier le rythme. De plus il a pour 
effet de rétablir l'harmonie dans les contractions cardiaques, lorsqu'à la 
suite de Texcitationdu pneumogastrique les oreillettesse contractentavant 
les ventricules ou que les deux ventricules présentent un rythme dif- 
férent. 

Des recherches sur les chats montrent que ce nerf de renforcement est 



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16 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

souvent contenu dans le plus volumineux des filets nerveux qui se 
détachent de la face interne du pneumogastrique. 

Quant à son trajet rers les centres nerveux, on sait seulement qu'en 
excitant le vago-sympathiqueaucou on n*obtient pas les effets de Texci- 
tation du nerf do renforcement, tandis qu'on les obtient, lorsqu'on excite 
l'anse de Vieussens. 

Enfin l'atropine est sans action sur ce nerf. l. d.-b. 

Untersuchangon flber dio Blutkôrperchenzahl und don Himoglobingehalt des 
Blutes (Recherches sur le nombre des globules rouges et sur la proportion 
d'hémoglobine contenue dans le sang), par Jac.-6. OTTO lArcbir fur die 
gesûmmte Physiologie, Band XXXVI, p. 21 (!•' article) ; p. 86 («• ûrticle), et 
p, 57 (S*)]. 

Le premier article de J.-G. Otto est entièrement consacré à la descrip- 
tion détaillée des procédés analytiques employés. La quantité d'hémoglo- 
bine contenue dans le sang a été déterminée par le spectrophotomètre 
de Hiifner (Voir Journ. /. prakL Chemie, XVI, 1877, p. 290, et Zeits- 
cb, /. physiolog. Chemie^ 1880 p. 8.) L'appareil est formé essentielle- 
ment par un spectroscope a vision directe. La largeur de la fente peut 
être réglée et déterminée très exactement. L'une des moitiés de la fente 
fait entrer dans l'appareil de la lumière polarisée (par un petit prisme de 
Nicol), l'autre laisse passer de la lumière ordinaire non polarisée. La lu- 
mière non polarisée traverse la solution d'oxyhémoglobine et y subit 
une absorption ayant pour effet d'affaiblir certains rayons. Le spectre de 
la lumière non polarisée parait alors moins lumineux que celui de la lu- 
mière polarisée. On rétablit l'égalité entre les deux spectres parla rota- 
tion d'un nicol analysaleur. L'angle de rotation permet de déterminer le 
coefficient d'extinction de la solution d'hémoglobine (régions D32E—D51E 
et D63E—D84E du spectre). 

Otlo étudie d'abord le degré de précision avec lequel se déterminent 
les constantes qui servent à calculer les quantités d'hémoglobine, au 
moyen des coefficients d'extinction. Il arrive à cette conclusion : la dé- 
termination de l'oxyhémoglobine par le nouveau modèle du spectropho- 
tomètre de Hiifner surpasse en précision toutes les autres méthodes con- 
nues. 

Otto dilue le sang avec 150 à 200 volumes d'une solution à 1 0/00 de 
carbonate de sodium. La dilution se fait au moyen de deux pipettes ca- 
librées exactement et assez semblables à celles de Thématimètre de 
Hayem. La petite sert à mesurer le sang, la grande sert à mesurer le 
liquide de dilulion. 

Otto compte les globules au moyen de l'appareil de Hayem. Il dilue le 
sang avec une solution de sel de Glauber à 5 0/0, qui, d'après lui, donne 
des résultats aussi exacts que le sérum ou la solution de Hayem. 

Enfin Otto traite la question de la (lélermination,au moyen du spectro- 
photomètre de la quantité d'oxygène contenue dans le sang. Cette déter- 
mination, est possible si l'on connaît la quantité d'oxyhémoglobine et celle 
d'hémoglobine réduite du sang à analyser, la capacité de saturation de 
l'hémoglobine pour l'oxygène ayant été déterminée une fois pour toutes. 
On néglige l'oxygène dissous dans le plasma. Vierordt a montré la pos- 



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PHYSIOLOGIE. 17 

sibilité delà détermination simultanée de l'oxyhémoglobine etderhémo- 
globine réduite au moyen des coefficients d'extinction observés au speo- 
trophotomètre, les constantes photométriques de ces deux substances 
étant connues et déterminées une fois pour toutes. Hûfner a réalisé la 
solution pratique de cette détermination simultanée. Otto décrit en dé- 
tail la manipulation ayant pour but de recueillir le sang à Tabri de Tair 
et de le diluer pareillement avec une quantité connue de solution de car- 
bonate de sodium (i 0/00) privée d'air. Des figures intercalées dans le 
texte représentent les diflférents appareils employés dans ces recherches. 
D'après Hiifner, 1 gramme d'hémoglobine peut se combiner à 1,202 ce. 
d'oxygène (à 0* et 1 mètre de pression). Ce chiffre a été déterminé très 
exactement : il sert de base aux calculs du dosage de l'oxygène par le 
spectrophotomètre. 

Dans le second article, l'auteur expose les résultats des recherches 
qu'il a entreprises au moyen du spectrophotomètre et de l'hématimètre 
sur le sang normal de l'homme, du chien et du lapin. Le troisième article 
est consacré à l'étude de l'influence exercée par la saignée, sur la pro- 
portion d'hémoglobine et de globules. L'auteur fait l'historique détaillé 
de chacun des points qu'il traite. On trouve dans son travail des rensei- 
gnements bibliographiques nombreux et bien coordonnés. Nous nous bor- 
nons à reproduire ici les principaux résultats de ses propres recherches. 
Sang humain. — On a trouvé dans le sang de ï homme (moyenne nrise 
sur 25 hommes) 4,998,780 globules par millimètre cube et 14»f,57 dlié- 
moglobine par 100 centimètres cubes de sang; chez la femme (moyenne 
prise sur 25 femmes),4,584,708 globules et 13(^^,27 d'hémoglobine. Dans 
ces recherches, la quantité d'hémoglobine du sang se montre sensible- 
ment proportionnelle au nombre des globules. En effet : 

4,998,780 : 4,584,708 = 1,090 
et 14,57 : 13,27 = 1,091 

Sang du chien, — Dans l'espèce canine, le sang du mâle est également 
plus riche en globules et en hémoglobine que le sang de la femelle. Les 
chiffres trouvés présentent de grandes différences individuelles. 

Chiens (12 individus) : nombre des globides compris entre 4,119,900 
et 8,977,2()0 ; quantité d'hémoglobine dans 100 ce. de sang comprise 
entre 12«^,27 et 15«r,98. 

Chiennes (5 individus) : globules, 4,039,300 à 7,144,200 ; hémoglo- 
bine 12««',06 à 14^,98. 

Ces chiffres se rapportent au sang des capillaires de la région ingui- 
nale. 

Pour le sang de l'artère et de la veine crurale, Otto détermine égale- 
ment la proportion d'hémoglobine réduite et d'hémoglobine oxygénée. 
Voici quelques-uns des chiffres. 

Chiens (11 individus; : 100 ce. de sang artériel contiennent : ma- 
tière colorante rouge, de 12,531 grammes à 15,285 grammes, se ré- 
partissant en hémoglobine oxygénée, 11, 427 grammes à 14, 184 grammes; 
et hémoglobine réduite, 1,044 grammes à 1,186 grammes ; — globules 
rouges par millimètre cube de 4,119,200 à 8,486,900. 

100 ce. de sang veineux contiennent : matière colorante ronge, de 

TREIZIÈME ANNÉE. — T. XXVI. î 



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i$ REVUE DES BGIBNGBa MEDICALES. 

13,479 grammes à 16,480 grammes se répartissant en hëmoglobiBe 
oxygénée, 8,766 graimues à 10,216 grammes ( et hémoglobine ré^ 
duite, 4,714 grammes à 6,214 grammes ^ globules rouges par milli- 
mètre cube, de 5,072,000 à 9,418,300. 

Chiennes : (5 individus) : 100 co. de sang artériel eontiennent de 
11,690 grammes à 14,719 grammes de matière rouge, dont 10,676 gr. 
à 13,641 grammes d'oxyhémoglobine et 1,018 à 1,087 d'hémoglobine ré- 
duite, — U y a de 3,757.800 à 6,402,100 de globules rouges par milli- 
mètre cube de sang artériel. 

100e. c. de sang veineux contiennent de 12,367 grammes & 15,431 gram- 
mes de matière rouge, dont 8,443 grammes a 9,184 grammes d'oxyhé- 
moglobine et 3,924 grammes à 6,247 grammes d'hémoglobine réduite. 
Il y a 4,218,200 à 7,498,300 globules rouges par millimètre cube de 
sang* 

Le sang artériel n'est donc pas complètement saturé d'oxygène, puis- 
qu'il contient ordinairement un peu plus d'un^gramme d'hémoglobine ré- 
duite pour 100 c. c. de sang. On peut il est vrai objecter qu'une partie 
de roxyhémoglobine contenue dans le sang a dû nécessairement se dis- 
socier au moment de la dihition avec la solution bouillie, par conséquent 
avant l'examen spectrophotométrique. 

Le sang veineux est plus concentré que le sang artériel. Ce dernier a 
dû perdre au niveau des capillaires une proportion notable d'eau. 

Le sang veineux n'est pas plus riche en oxygène chez le mâle que chez 
la femelle. Pour l'oxygène du sang artériel, il y a une différence en fa- 
veur des mâles.. 

Saûff du lapin. — Ghea le lapin, l'influence du sexe se fait sentir de la 
même façon que chez l'homme et chez le chien. 

Lapins (10 individus). Le sang des capillaires de Toreille contient de 
4,186,400 à 5,216,800 globules rouges par milUmètre cube et 9«t,43 
à IOK',76 d'hémoglobine pour 100 ce. de sang. 

Lapines (10 individus). Le sang contient de 3,100,000 à 4,139,600 glo- 
bules par millimétré cube et 7«',89 à 9fr,41 d'hémoglobine par 100 ce. 
éd sang. 

Influeoeede la saignée. Action immédiate de ia saignée. — La saignée 
diminue immédiatement le nombre des globules et la quantité d'hémo- 
globine du sang. Fait curieux et encore inexpliqué, la diminution de la 
quantité d'hémoglobine est notablement plus forte que celle du nombre 
<ies globules. Dans Un cas de saignée (Aez l'homme, le nombre des glo- 
bules avait diminué de 8,74 0/0, l'hémoglobine était réduite de 9,97 0/0. 

En outre la différew» déconcentration entre le sang artériel et le sang 
veineux tend à disparaître ; la transsudation qui se faisait au niveau des 
oapillaires se ralentit ou s'arrête. Dans ees conditions, le sang veineux 
n'est pas plus riche en hémoglobine et en globules que le sang artériel. 
Mais la richesse absolue du sang en globules diminue rapidement après 
une saignée, à cause de l'absorption d'une quantité notable de lymphe 
qui vient remplacer ie sang perdu, et dilue la masse restante de sang. 
Après une saignée, la quantité d'oxygène diminue beaucoup plus dans 
le sang veineux que dans le sang artériel. Le sang artériel, tout en étant 
plus pauvre en globiiles et en oxygène après une saignée, est cependant 
plus près du point de satuiation d'oxygèae qu'avant la saignée. 



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L'éHida de la périd(Je da régénératwn imts fiprèe la §migDé0 a fourni 
des résultats qui ne diffèrent pas notablement de ceux déjà publié» par 
d'autres 6Kpépini8ntat6i|rs. i«po2r FRfBDsiucQ. 

Die Blnttplfttchexi nnd die Bluigerlnnnag (Les plaqnettee d« sang ai la aoagn- 
lation sanguine), par SGHIMMELBUSGH {FortscbriUe der Mediein, 15 /évpler 



De nombreux examens de sang, pratiqués h Tétat fma ou sous forme 
de préparations sèches, ont permis à l'auteur de rotrouver les éléments 
décrits sous le nom de plaquettes (hématoblastes); Tobservatioa directe 
du sang contenu daos les vaisseaux lui a donné le môme résultat ; onfia 
il a pu se convaincre de l'existence de ces éléments dans le torrent cir- 
culatoire : des animaux furent placés dans un bain d'une solution indif- 
férente de sel marin, puis laparotpmisés, et les vaisseaux du mésentère 
furent examinés direotement dans le bain avec un o^joptif à immersion. 

Ces plaquettes (Plàttchen) s'altèrent très rapidement, en prenant une 
forme irrégulière, anguleuse, et sur quelques-uns de ces éléments, à 
mesure qu'ils se ratatinent, apparaissent à leur périphérie^ soit en un 
point déterminé, soit au pourtour de leur ciroonférenoe, de petites masses 
pâles, homogènes, augmentant d'étendue par Taddition d'eau ou d'aoida 
acétique, disparaissant au contraire sous l'influenoe d'une solution salée. 
Ces modifications semblent au premier abord être en rapport asse« tm< 
médiat avec la coagulation de la fibrine ; en effet, le froid, lea solutieiui 
d'eau salée, retardent et la coagulation et Taltération des plaquettes du 
sang, tandis que la chaleur et le battage les font apparaître plus rapide- 
ment. 

Voici le procédé que S... a employé pour l'étude de la coagulation ; il se 
sert d'une lame porte-objet concave, puis il place uue goutte de sang prôg 
du centre de la cavité ; ilTétend rapidement aveo uue lamelle couvre^^objeti 
et la place au centre du porte-objet de manière que la lamelle reposa de tous 
côtés sur des parties planes ; on protège la couche de saug de Tévaporation, 
en plaçant sur le bord de la lamelle une goutte d'eau ou une goutte d'huile. 
£n soulevant le eouvre<objet et séchant rapidement, ou interrompt, quand 
on veut, le processus de la coagulation. L'auteur a pu ainsi se oonyaincro 
que la ooagîdation était entièrement indépendante des hématoblastes et 
que c'était en réalité un simple processus de cristaUisation ; la fibrine se 
montre sous forme d'aiguilles, asse? analogues aux crist^iux d'acide mar-^ 
garique, qui se placent les unes sur les autres, augmentant d'étendue et 
de volume pour constituer le réticulum bien connu, w, okttinu^h, 

Ueber die Contraction der Blatgefâsse unter dem Blninss erhèhier Temparalay 
(De la contraction des vaisseaux sanguins sous l'influenoe de Télévation da 
température), parOARTNSE [Wien. med, ^abrb., Heft 4, p. 48, 1884). 

Les observations de l'auteur ont été faites sur le mésentère do la gre» 
nouille au moyen du microscope à projection électrique. Au moment où 
la préparation est traversée par les rayons lumineux et soumise par con^ 
sëquent à une température élevée, on voit les vaisseaux se contracter 
activement, avec assez d*énergie quelquefois pom* arrêter oompièteinent 



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*0 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

le cours du sang. Quand les rayons sont très faibles, les vaisseaux restent 
dilatés. 

Ce ne sont pas seulement les gros vaisseaux qui se contractent, mais 
aussi les petits et même les capillaires ; le phénomène a été observé 
sur plusieurs grenouilles, même chez une grenouille curarisée pendant 
quarante-huit heures. 

Dans les artères et veines importantes, on voit que la conti^action se 
propage du centre à la périphérie, des insertions mésentériques à l'in- 
testin. Quand Tinfluence calorique cesse, les vaisseaux se dilatent, mais 
reprennent rarement leur volume primitif. 

La chaleur excite donc les contractions vasculaires : on connaît Taction 
hémostatique des irrigations d'eau très chaude, en gynécologie. 

L. QALLIARD. 

D« rinflnonce du travail et de la fatigue sur l'irritabilité des musclai et des 
nerfs et sur les réflexes tendineux chez l'homme, par J. ORCHAIISKI {Vratch, 
!»• 81, 1884). 

Les sujets qui servaient aux expériences de Orchanski étaient contraints 
de soutenir par le pied ou la main un certain poids pendant un certain temps. 
L'irritabilité des muscles en travail et de leur nerfs moteurs se mesurait 
à des intervalles égaux au moyen de courants constants et induits. En 
même temps on explorait l'état des réflexes tendineux dans la région des 
muscles en travail. Comme résultat, l'auteur a trouvé que l'irritabilité 
électrique (tant pour les courants constants que les courants d'induction) 
des muscles qui travaillent et de leurs nerfs moteurs augmente d'abord 
et ensuite, sous l'influence de la fatigue croissante, diminue considé- 
rablement. Ces deux phases varient dans leur durée et leur intensité 
selon les individus. Chez les personnes avec un système musculaire 
très développé, la première phase (augmentation de l'irritabilité) est plus 
manifeste et plus prolongée. Elle est, par contre, peu accusée et très 
passagère chez les sujets à système musculaire faible et atrophique, et 
peut même échapper à l'attention de l'observateur. Les changements de 
l'irritabilité pour les courants constants et induits se produisent en gé- 
néral parallèlement, mais ne sont pas toujours isochrones, et il arrive 
quelquefois que pour une variété de courant la première phase persiste 
encore, tandis que pour l'autre variété elle est déjà remplacée par la 
seconde phase. Ainsi, Orchanski a observé plusieurs fois une diminution 
de rirritabiHté pour le courant induit quand, pour le courant constant, 
l'irritabilité était encore très bien conservée — ce qui était une espèce 
de réaction de la dégénération (Entartungsreaction des Allemands). Les 
muscles fatigués se contractent aussi plus lentement (tràgo Zuckung), 
tout comme dans la « réaction de la dégénération j>. 

Tous ces phénomènes s'obtiennent sous l'influence des contractions 
tant cloniques que tétaniques, avec celte différence seulement que la 
fatigue apparaît beaucoup moins vite dans le travail clonique, c'est-à- 
dire non continu. Les changements de l'irritabilité se manifestent dans 
les nerfs plus tard que dans les muscles ; en d'autres mots, les nerfs se 
fatiguent moins vite que les muscles. Cela se rapporte surtout à la 
deuxième phase (diminution de l'irritabihté). 



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PHYSIOLOGIE. 11 

La restauration de l'irritabilité après la cessation du travail a lieu dans 
les nerfs moins vite que dans les muscles et peut être accélérée consi- 
dérablement, si Ton fait passer un courant constant à travers les muscles 
et les nerfs fatigués. 

Quant aux réflexes tendineux ou contractions musculaires provoquées 
par rirritation mécanique (percussion) des tendons des muscles, ils se 
comportent de la manière suivante : 

1"* Au début du travail ils deviennent plus intenses pour s'affaiblir 
ensuite quand la fatigue augmente. 

2*» L'état des réflexes tendineux change plus ou moins parallèlement 
avec les changements de l'irritabilité électrique, mais pourtant ces deux 
séries de phénomènes ne concordent pas tout à fait quant à leur inten- 
sité; 

3** L'affaiblissement des réflexes tendineux, une fois commencé, pro- 
gresse rapidement; 

4^ Quand, par suite de la fatigue, l'extrémité inférieure commence à 
trembler fortement, les réflexes tendineux peuvent d'emblée tomber à 
zéro. 

5* Par contre, la réapparition des réflexes tendineux est rapide ; on 
l'observe avant la restauration de la force et de l'irritabilité électrique 
des muscles. 

Les expériences de Orchanski montrent que l'état de l'appareil nervo- 
musculaire a une grande influence sur la production des réflexes tendi- 
neux. La disparition rapide des réflexes tendineux pendant le travail mus- 
culaire et leur réapparition tout aussi rapide après la cessation du travail 
ainsi que leur conservation dans l'extrémité inactive — tous ces faits parlent 
contre un rôle tant soit peu important des centres nerveux dans les chan- 
gements de l'état des réflexes tendineux sous Tinfluence de la fatigue; ils 
témoignent, au contraire, en faveur de la supposition que l'état des réflexes 
tendineux dépend principalement des changements dans le muscle en tra- 
vail et que le nerf moteur n'y prend qu'une part secondaire. Ainsi, les expé- 
riences de Orchanski sont un nouvel argument en faveur de la théorie 
des réflexes tendineux de Westphal (qui fait dépendre ces réflexes de 
l'état oùse trouvent lesmuscles) et contre la théorie d'Erb (d'après lequel 
les réflexes tendineux sont provoqués par l'irritation des nerfs des ten- 
dons qui se transmet aux muscles par l'intermédiaire de la moelle épi- 
nière). w. holstein. 

Expériences sur la contraction musculaire provoquée par une percussion du 
muscle chei l'homme, par A. BLOGH iJouru. de l'Anat, et de la PbyaioL, 
janvier 4885). 

Par un ingénieux dispositif expérimental, l'auteur arrive à réaliser sur 
le muscle droit antérieur de la cuisse de l'homme Pexpérience que Aeby 
et Marey ont fait sur un muscle détaché de l'animal, c'est-à-dire à enre- 
gistrer le gonflement muî^culaire sur deux points de la longueur du mus- 
cle et à calculer ainsi la vitesse avec laquelle se propage l'onde muscu- 
laire correspondant à une contraction provoquée par l'excitation directe 
du muscle en un point de sa continuité. Pour cette vitesse il trouve deux 
mètres par seconde, c'est-à-dire une valeur double de celle donnée par 



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il REVUE DEd Mnemes IIÉDIGALES. 

Aety éi Mâfefy pbtir' î'ônde mtisctilaif e de la grenouille ; mais il ne faut 
pûÉ ôtbilef qtfë ces de»* def niefti atrteurs expériraenUiient sur des mos- 
(fies détachés; de plus leui^ rééullats sont relatifs à des animaux à sang 
froid. A. Bloch a fait également son expérience en recherchant ce qui se 
passe loï*s<Jue rou pe!*cule le tendon rolulien dans les circonstances favo- 
Wbles à la proddrtliondu phénomène patellaire : dans ce cas les soulève- 
ments spnt simultanés sur deux points de la longueur du muscle, c'esi^à^ 
dire qu'il li'jr à pas pfogredôioii d'uue oudemais que le muscle entre en 
contraction dans sa totalité. Ce fait est un argument dans le sens de 
rëj^iplidatiôn dd phéhotnètië patellaire par une action réflexe, car s'il 
s'agissait d*utie étdtation des fibres inférieures des muscles cruraux, on 
cOflstetei*ait pour les régions éloignées de la rotule un retard comparable 
à celui que présentent, dans les expériences par percussion de la cuisae» 
le^ pointe éloigtiés de l'endroit percuté. m. duvàl. 

Sul* (t^èlqtiés pditttU de là phyniolafie dM UlteftcldK lisftéft ohéi let invdttébrés 
^ût Hi Aë TARtOKT {CoiÉpi. tétid, Ataâ.déB Sûfencegf tmafs 1885). 

Les lUuscies lisses des appareils de la yie de relation ches les inver- 
tébrés pi'ésentent des propriétés bien différentes de celles classiquement 
connues pour les muscles lisses des vertébrés. D'abord ils sont soumis 
à Pinfluenoe de la volonté ; puis ils ne sont pas thermosystoliques, et 
leur irritabilité est aussi grande que celle des muscles striés. Ainsi les 
muscles lisses du poulpe réagissent aux mêmes excitants et leur con- 
traction est plus rapide et plus brève que celle des muscles rouges du la- 
pin. De même pour la période latente» On peut donc dire qu'il n'existe pas 
de différence essentielle entre la physiologie des muscles lisses et celle 
des muscles striés^ les muscles lisses arrivant, dans certaines conditions» 
à égaler les muscles stiiés et même à les surpasser quant à leui*s pro* 
priétés contractilesi u. duval. 

ttHdèf sttf la marché d« l'hoiame au mejen de l'odographa. Noté par MARET 

{Aeëd. des SoiûûceSi 8 novembre 1884)» 

Cfes récherches ont moîiti'ô, comme résultats pratiques, rinfluencô fa- 
vorable que des talons bas exercent sur la rapidité de la marche; de 
plus que, au moins chez bon nombre de sujets, l'allure est plus rapide 
quand la semelle est un peu longue. Les frères Weber avaient cru pou- 
voir formuler comme une loi que les pas sont d'autant plus longs que le 
fythWë de la marche est plus rapide ; mais cette formule est trop gêné-- 
râle; eii réalité, il y à une limite à déterminer* par rexpériencc, limite à 
partir de laquelle il n'y a que désavantage à presser la mesure du tam- 
bour ou du clairon, qui règle le pas du soldat. Sur ce point, comme sur 
beaucoup d'autres, il faudra des expériences répétées pour déterminer les 
ôonditiorts les plue favorables à Tutilisation des forces humaines, m, d. 

In&uence clu s^btime nerveux shr la caloriÛcation, par Gh. tltCHST (Compt. 
rehd, Acad, des Sciences j 13 avril 1885). 

De^ Ift^ïfttSi dont le cerveau a été piqué-, préseùtenl une élérntiou 
dfi wffttp^WèHe plusieui^è degt^. Si fM oonthiue^ ch^z le même la^ 



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PHY8IÔL0GIE. *i 

pin, à ftiiré chaque jour des piqûres de plus en plus profoûdes, on pro- 
voque de renoëphalite, des abcès du cerveau, de Tœdème des ventri* 
cules, et on constate un abaissement considérable de la température. 
Or, à l'aide d'un calorimètre, dit à siphon, on peut s'assurer qu'il y â 
alors refroidissement dû non à une exagération dans la perte dô 
ehaleur, mais bien à une diminution dans sa production. La chaleur fô» 
brile est due semblablement, non à une diminution des pertes^ mais à 
une augmentation de la production de calorique. Le système nerveux 
règle donc la chaleur animale bien moins par une influehce vaso*mottice 
que par une action sur la vie chimique des tissus. m. duval. 

Uêbar Bewefiing«n der Bapfen nnd Pigmentidllen àet Hetzhflttt tmlêr é^m 
Einfluss des Lichtes nnd des Nervensystems (Sur les mouyements des côUfts et 
des cellnles pigmentaires de la rétine, sous l'influence de la lumière et du 
système nerveux), par Th.-W. SIfGfiLMAKK (Ardbîv /Dr die gesammte Pbysio^ 
logte, XXXV, p. 498). 

Van Gendorea Stort a découvert au laboratoire d'Engelmann que l'ar^ 
Hcle interne des cônes de la rétine se raccourcit considérablement soud 
riofloence de la lumière. L'article contracté peut ne pi^senter que le 
dixième de sa longueur primitive* 

Le racourcisaement se fait très rapidement, en quelques minutes 
quand il s'agit de lumière dififuse, plus rapidement encore par Tinsola** 
lion directe. Toutes les régions du spectre peuvent pmduhre le phéno- 
mène; les rayons les phis réfrangibles semblent présenter le maximum 
d'activité. Il est probable que la lumière porte son action irritante dirent 
tement sur l'article interne. Le raccourcissement de l'artiole interne t 
pour effet de retirer l'article externe (qui ne change pas de dimensions) 
vers la membrane limitante externe. On sait que le pigment de l'épi^ 
thélium de la couche externe exécute sous l'inQuance de la lumière un 
mouvement de locomotion dirigé pareillement de rextërieur vers l'inté- 
rieur» c'est-à-dire vers la couche limitante externe, fingehnann a constaté 
que ces deux mouvements, celui des cônes et celui des cellules pigmen- 
taires^ n'étaient pas nécessairement liés l'un à Tautre» Dans certaines cir« 
constances le pigment s'avance sans que les cônes se retirent* 

Le séjour des animaux dans l'obscurité produit l'effet inverse, c'est-è* 
dire l'extension au maximum de l'article interne du cône, l'article externe 
se trouvant poussé dans la direction de la couche pigaaentaire. Ge 
mouvement s'opère beaucoup plus lentement que celui qui a pour cause 
l'action de la lumière. 

Ces mouvements de la couche pigmentaire et des cônes peuvent éga- 
lement se produire sous l'influence du système nerveux central. Tant 
que l'encéphaie et les nerfs optiques sont intacts, l'action de la lumière 
sur un seul œil produit néanmoins les phénomènes de mouvements des 
cônes et do pigment dans les deux yeux. L'action unilatérale de ces lu- 
mières ne reste limitée au côté éclairé que si l'on a déiruit l'encéphale 
ott les nerfs optiquefl. Il y a donc là un véritable phénomène réflexe 
ayant son point de départ dans l'œil éclairé et exerçant son action sur l'œil 
plongé dans l'obscurité. Le nerf optique ne serait donc pas un nerf pu- 
rement centripète mais contiendrait également des filets eentrifbgeft. 



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24 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

Mais il y a plu8 ; ce mouvement réflexe des cônes de répithelium pig- 
mentaire peut avoir pourpoint de départ l'irritation des nerfs de la peau. 
Une grenouille conservée dans l'obscurité fut exposée par le dos et Tex- 
trémité postérieure seule a la radiation solaire ; sa rétine présenta bien- 
tôt le môme aspect que si elle avait été directement soumise à Faction de 
la lumière. L'action de la strychnine, l'application de Télectricité peuveat 
produire les mêmes résultats. 

L'association des mouvements des éléments des deux rétines fut étudiée 
et constatée chez la grenouille et le pigeon. l. f. 

De rintensité Imniiiense des couleure spectrales ; influence de l'adaptation ré- 
tinienne. Note par H. PARINAUD {Compt.rend, Acad.des sciences, U novembre 
1884). 

L'intensité lumineuse d'une couleur étant déterminée par le minimum 
de cette couleur perçu comme clarté, on constate que lorsque l'œil n'est 
pas adapté, c'est-à-dire lorsqu'il vient d'être soumis à l'action de la lu- 
mière ambiante, le jaune est le plus intense, viennent ensuite le vert et 
le rouge, etc. ; mais lorsque l'œil a séjourné dans l'obscunté, l'intensité 
relative des différentes parties du spectre se modifie profondément, par 
le fait de l'accroissement plus considérable de la sensibilité pour les 
rayons plus réfrangibles, dételle sorte que le minimum de lumière perçu 
par l'œil adapté s'abaisse d'autant plus que la couleur examinée est plus 
éloignée du rouge. — Par un contraste remarquable, cet accroissement 
de la sensibilité n'existe pas pour la macula^ ou du moins il est si faible 
que l'on est en droit de l'attribuer aux phénomènes de dispersion qui se 
produisent autour de cette partie de la rétine. 

Or, la macula ne renfermant pas de pourpre visuel, on doit penser que 
cette substance que la lumière détruit et qui se régénère dans l'obscu- 
rité, est l'agent de l'accroissement de la sensibilité rétinienne. Gomme 
l'action de la lumière sur le pourpre est manifestement de nature chimique, 
il est naturel que les rayons dont l'action chimique est différente agissent 
inégalement. Enfin, cette substance servant d'intermédiaire à l'excita- 
tion lumineuse, on conçoit qu'après sa régénération dans l'obscurité, l'œil 
devienne plus sensible pour les rayons qui ont sur elle une action plus 
énergique. m. duval. 

Sur la mesure de rintensité des sensations colorées, par Aug. CHARPENTIER 

(Compt, rend, Acad, des sciences^ Il mei 1885). 

On sait depuis longtemps que la force des sensations n'est pas propor- 
tionnelle à rinlensité des excitations qui leur donnent naissance. Pour les 
sensations de couleurs, en prenant comme unité de perception le mini- 
mum perceptible obtenu en présentant à l'œil un champ lumineux d'in- 
tensité juste suffisante pour qu'il soit perçu, on constate qu'à partir de 
ce minimum perceptible, qui pmcure une sensation égale par toutes les 
couleurs, la sensation croît moins vite que l'excitation, et de moins en 
moins rapidement à mesure que celle-ci devient plus considérable. En 
même temps, les sensations des diverses couleurs, d'abord confondues 
au minimum perceptible, croissent très inégalement pour des augmen- 



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PHYSIOLOGIE. 05 

tations identiques de l'excitation : ainsi, pour des excitations égales, le 
rouge parait plus intense que le jaune, celui-ci plus que le vert, et le 
vert plus que le bleu (la courbe de la sensation devient d'autant plus 
élevée que la couleur correspondante est moins réfrangible). m. duval. 

Ueber die Innenratioii des Pyloms, par OSER (Wîen, med. Jêbrb,, Hett III, 

p. 885, 1984). 

Pour étudier les contractions du pylore, Tauteur introduit dans l'organe 
les branches d'une pince à ressort, dont les mouvements sont inscrits 
sur un cylindre enregistreur. Les expériences sont faites sur de jeunes 
chiens, à jeun depuis 24 heures, curarisés, respirant artificiellement, 
chez qui les nerfs vagues ont été mis à nu au cou, les splanchniques 
dans la poitrine. 

L'étude des courbes obtenues après simple introduction de l'instru- 
ment, sans excitation nerveuse, montre qu'il existe des divergences très 
marquées entre les contractions des divers animaux * les uns ont des 
contractions intenses et durables, avec de longs intervalles, les autres 
des contractions plus faibles et plus fréquentes. Les mouvements spon- 
tanés se manifestent aussi bien quand on a coupé les nerfs vagues et 
les splanchniques. 

L'excitation des nerfs vagues au cou détermine immédiatement une 
contraction de Tanneau pylorique, contraction dont l'intensité et la durée 
dépendent de l'énergie de l'excitation, qui est généralement très courte, 
mais peut durer huit secondes. 11 est rare qu'une excitation unique soit 
suivie de plusieurs contractions. D'autre part, la contractilité de l*organe 
ne s*épuise qu'à la suite d'excitations fréquentes et très rapprochées : 
l'anneau pylorique conserve longtemps la propriété de se contracter d'une 
façon identique. 

L'excitation de la portion thoracique du grand sympathiopie arrête les 
contractions spontanées du pylore; l'influence de cette excitation s'exerce 
d'une façon progressive, atteint son maximum au bout d'une ou de deux 
minutes, puis elle décline lentement. Quand elle a cessé, on voit se pro- 
duire de nouveau des mouvements spontanés d'abord faibles, puis nor- 
maux, au bout de ti*ois minutes. 

La combinaison des deux expériences : excitation simultanée des pneu- 
mogastriques au cou et des splanchniques dans le thorax, montre que 
Taction paralysante de ces derniers est moins puissante que l'énergie 
motrice des nerfs vagues, du moins au début de l'expérience. Qw^ï^d, 
après avoir d'abord excité simultanément les deux ordres de nerfs, on 
s'adresse de nouveau aux splanchniques, leur action paralysante ne se 
laisse plus influencer que très faiblement par l'excitation des pneumo- 
gastriques. Si l'on abandonne ensuite les splanchniques, les nerfs vagues 
reprennent leur influence. 

Il y a une différence physiologique entre les deux splanchniques : le 
gauche a une action paralysante plus puissante que le droit. 

Il résulte de ces expériences que les flbres circulaires de Tanneau 
pylorique sont soumises à deux actions nerveuses antagonistes, celte des 
nerfs vagues et celle des splanchniques, l'une motrice, Tautre paraly- 
sante : mais le fonctionnement de ces deux actions n'obéit pas à des lois 



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te REVUE DES 80D2NGE8 MEDICALES. 

identlqadSy on peut donc supposer qu'il s'exerce par le moyen de deux 
appareils nerveux distincts* l. galliarb* 

I. ^ Un oas d« filiale gaitrigue, par da GÉRENVILLE, -^ ObearrationB phyalo- 
logiques par A. HERZEN (Revue médicale de la Suisse romande, janvier 1884). 

Il* «- De la pepsiaogénie chez l'homme, par HEKZEN, (Idem, mai 1884 et Jan- 

Yier 1885). 

III. ^ Influence du sel de cuisine sur l'acidité du suc gastrique, par 
W. LBRESCHE (Idem, octobre 1884). 

I-ni. •— Un grand nombre d'expériences relatives à la digestion ont 
6tô faites sur Topéré Baud par Herzen et ses élèves* En voici les ré* 
sultats résumés (voy« obs. marne fasc.^ page 229.) 

La digestion d'un repas composé de huit décilitres de lait, de deux 
œufs et de pain pilé réclamait au moins six heures. Douze heures après 
le repas, l'estomac contenait toujours 200 à dOO centimètres cubes d'un 
liquide aqueux, jaunâtre, offrant l'aspect, l'odeur et les réactions de la 
bile. Néanmoins ce liquide était acide, contenait en très faible quantité 
de la pepsine et du zymogène et sacoharifiait l'empois d'amidon. 

Une fois l'estomac vidé de ce premier contenu, au bout d'un certain 
temps il s'emplissait d'un liquide absolument incolore et limpide^ extrô* 
moment épais et Ulant, tout à fait semblable à du blanc d'œuf frais, et 
dont la quantité était toujours beaucoup moindre que celle du premier 
contenu. Ge deuxième liquide était aussi acide et ne digérait qu'impar^ 
faitement la ûbrine. 

Lorsque l'estomac a complètement achevé son ouvrage, il se repose en 
se relâchant et permet ainsi au contenu duodénal de pénétrer dans son 
intérieur. 

L'appétit commence à se manifester longtemps avant que restomac 
soit tout a fait vide. 

Her2en a également vérifié l'exactitude des idées de Schiff sur le rôle 
peptogénique du bouillon, de la déxtrine, du lait ; mais les peptogènes 
manifestent leur influence plus tard et plus lentement que chee le chien. 

De toutes les substances peptogènes, c'est le bouillon de viande fTai^ 
che qui donne les meilleurs résultats. Quand on administre ces subs* 
tances par le rectum leurs effets sont plus lents. 

Le sel de cuisine est dénué de toute action peptogénique. 

L'acidité du suc gastrique qui augmentait ordinairement pendant les 
premières heures de la digestion diminuait sans exception si l'on ajoutait 
du sel au repas et cette diminution était d'autant plus considérable et 
plus prolongée que la quantité de sel était plus forte ; quelquefois môme 
l'acide se trouvait complètement neutralisé. Cette neutralisation du suc 
gastrique est due à rhyperséorétion des glandes muqueuses ; aussi ne 
l'observe-t-on pas quand le sel est donné en lavement. 

Le vin blanc, le mâoon, le marsala, le cognac, le thé, demeuraient sans 
action sur la rapidité de la dissolution de l'albumine, tandis que le café 
noir semblait exercer une influence favorable sur la digestion. 

La digestion du fromage de Gruyère jeune et celle de la viande crue, 
beaucoup plus lentes qu'on ne le croit, ne subissent aucune influence 
appréciable de la part des meilleurs peptogènes. Paradoxal à première 



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PflYSIOLOGlE». Wl 

vue, 10 feit «'explique trôs bien. Ld oâséine n'étant pas di^oute par la 
pepsine^ une augmentation de celle-ci ne peut assurer la digestion du 
fromage. D'autre parl> la viande crue fournit elle^^mâme à l'estomao un 
extrait riche en substances peptogéniques auquel il est superflu de vou^ 
loir ajouter. 

Noua citons quelques chiffres qui préciseht les divers résultats si*- 
gnaiés ci^essUSé 

Avant le repas, 90 pour cent des liquides retirés de l'estomac de Baud 
sont bilieux ; dans les deux premières heures de la digestion, la pro- 
portion s'abaisse à 60 pour cent; dès la troisième heure^ elle remonte à 
17, et à la cinquième heure, elle est de nouveau de 90 pour cent. 

Avant le repas, 60 pour cent des contenus de Testomac renfermaient 
de la trypsine ; à la troisième heure, on n'en trouvait plus que dans 14 
sur cent et à la cinquième heure dans 20 sur cent. 

L'acidité moyenne du suc était de 4,2 pour mille avant manger ; de 
1,85 à la première heure de digestion, de 2,5 pour les deux heures sui- 
vantes et de 8 pour la cinquième heure. On voit que l'acidité aug* 
mente peu à peu pendant les trois premières heures de la digestion, 
pour diminuer ensuite. 

L*heureuse action des substances peptogènes ressort des chiffres sui- 
vants qui indiquent la proportion d'albumine digérée pendant les trois 
premières heures, avec ou sans introduction préalable de peptogènes. 

l" heure g** heure S" heure. 

Sans peptogènes 8 pour cent 25 pour cent 60 pour cent. 
Avec peptogènes 10 — 88 — 67 — *. b* 

Ole AaMohtidtmg dê« Zmokert im Itra« d«8 geennden MeatOhMi nftch Ci«iintff 
Von KoàUnhycbraUnp (L'e zoréiioa du raer* par les nriaes ohés rhomiae t«in A 
U évite de l'ingestion de sobstânoes hydrooarbonéee), par Worm MÎtliIiBE 
{Anhir fiir die çêeammt^ Pbyaiologit, Bênd XXXIV, p. 576). 

L#es expériences de Worm Mûller exécutées sur l'homme ont conduit 
aux résultats suivants : 

Une alimentation riche en féculents ne provoque pas dans les urines 
Tapparition de sucre. La lévulose ingérée ne passe pas dans l'urine. 
Après l'ingestion de 50 à 250 grammes de sucre de lait, de canne 
ou de raisin^ on retrouve chacune de ces substances dans les urines. 
L^espèce de sucre excrété correspond toujours à celle introduite par Talî- 
mentation. La quantité d*urine excrétée avec le sucre est plutôt diminuée 
qu'augmentée. 

La quantité de sucre excrétée est peu considérable, à peine 1 0/0 de 
la quantité ingérée. La presque totalité du sucre excrété Test pendant les 
3 à 5 heures qui suivent Tingestion. l. f. 

Die Résorption des hackers nnd des Eiweisses im Magen (La résorption du 
ancre et de Talbamine dans restomac), par R. Ifeade $MITR {Archiv fur Ana- 
tomie und Physiologie ; Physîoîoglsche Abtheîlung, p. 48i, 1884). 

FU Meade Smith a étudié chez la grenouille la résorption du suci*e de 
raistn et dea albuminoîdett A la aurfiioe de l'estomac U emploie des gre^ 



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§8 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

nouilles ayant jeune depuis huit jours au moins; il leur met Testomae à 
nu, lie le pylore, puis recoud soigneusement la plaie abdominale. Ces 
animaux supportent fort bien l'opération ; mais tandis que chez les gre- 
nouilles à jeun intactes, l'estomac est toujours vide et montre seulement 
un léger enduit de mucus, chez celles qui ont subi la ligature du pylore, 
la cavité stomacale contient une certaine quantité (0«^,3 à 0»',5) d'un li- 
quide trouble, raucilagineux, acide, renfermant environ 2,5 0/0 de subs- 
tances organiques. 

Les premières séries d'expériences concernent le sucre do raisin. Le 
sucre est introduit dans l'estomac à l'état solide ou en solution (solutions 
contenant l'une 28,5 0/0, Tautre 16,8 0/0 de sucre). S'il s'agit de sucre 
sec, la substance est introduite en quantité pesée dans l'estomac par une 
plaie de l'œsophage; l'œsophage est ensuite lié. Les animaux sont con- 
servés pendant quelque temps sur des assiettes de verre, sous des clo- 
ches de verre, puis sacrifiés par destruction du système nerveux central. 
Le contenu stomacal est recueilli avec soin, pesé, séché et incinéré. 
Mais auparavant le sucre est titré au moyen de la liqueur de Fehling 
dans une partie de l'extrait aqueux fourni par le contenu stomacal. 

R. Meade Smith a constaté de cette façon que plus de la moitié du 
sucre introduit dans l'estomac disparait, c'est-à-dire est résorbé au bout 
d'un petit nombre d'heures (3 à 6 heures) et qu'au bout de 48 heures on 
ne ti'ouve plus de sucre dans l'estomac. La résorption est d'autant plus 
rapide que la solution de sucre est plus concentrée; elle atteint son 
maximum avec du sucre en poudre. En même temps que ce sucre est 
absorbé par les parois de l'estomac, celles-ci laissent transsuder ou 
sécrètent une quantité de liquide pouvant s'élever à plusieurs grammes. 
Ce liquide est fort peu acide, parfois même alcalin; il diffère donc assez 
notablement du liquide sécrété par les glandes stomacales. Cependant la 
proportion de résidu solide organique (abstraction faite du sucre), qu'il 
abandonne à la dessication est à peu près la même que pour le suc gas- 
trique. Longtemps après l'absorption complète du sucre, on trouve 
encore dans l'estomac des quantités notables de liquide. 

La résorption des produits de digestion des albuminoïdes fut étudiée 
dans d'autres séries d'expériences. R. Meade Smith fait avaler à des 
grenouilles de petits morceaux de muscles frais de grenouille (composi- 
tion centésimale : eau, 78,24 0/0; substances organiques, 20,83 0/0). 
Chez les grenouilles intactes la digestion de 200 milligrammes de 
muscle est complète au bout de 48 heures. Après ligature du pylore la 
liquéfaction de la substance musculaire demande plus de temps, 3 à 4 fois 
24 heures pour 200 milligrammes de viande, 4 à 5 jours au moins pour 
des quantités plus fortes (500 à 1,000 milligrammes). Les résultats des 
expériences prouvent que l'estomac est capable de résorber les produits 
de la digestion des albuminoïdes, mais que cette résorption se fait plus 
lentement que pour le sucre. La surface stomacale est en même temps 
également le siège d'une transsudation ou sécrétion abondante de liquide. 
L'absorption stomacale présente assez bien le faciès d'un simple phéno- 
mène d'endosmose ; elle diffère par plusieurs points importants de 
l'absorption intestinale, qui, elle, ne peut être assimilée à la diffusion 
physique. Une fois la transformation digestive des aliments accompUe, 
la surface intestinale résorbe à la fois les pi-oduits de la digestion et la 



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PHYSIOLOGIE. 29 

plus grande partie des sucs sécrétés, de sorte qu'on ne retrouve qu'un 
résidu solide ne contenant que fort peu de liquide. Dans restomac, au 
contraire, on trouve encore des quantités notables de liquide, de lon- 
gues heures après la résorption complète du sucre ou la digestion des 
albuminoïdes. l. fredericq. 

Die Beftuchtnng des thierischen Eies (La fécondation de Tœuf dans la série 
animale), par EBERTH (Fortachritte der Medicin, n* 14, 15 juillet 1884). 

Les recherches d'Eberlh ont été faites sur des œufs d'échinodermes : 
le corps de l'œuf, non encore mûr, possède une grosse vésicule germi- 
native avec un nucléole; elle semble posséder des mouvements qui 
lui sont propres. Avec les progrès de la maturité, on voit survenir des 
changements importants : la vésicule devient irrégulière, s'affaisse puis 
finit par se résoudre ; mais auparavant, la tache germinative est sortie 
de la vésicule et à la place de cette dernière, on trouve plus tard une 
tache irrégulière, brillante, qui gagne peu à peu la périphérie; c'est à ce 
niveau que se font la division et la multiplication des éléments cellulaires. 
On ne sait ce que devient exactement la tache germinative. 

Quant à la fécondation proprement dite, voici ce qu'Ëberth a pu cons- 
tater et qui se trouve confirmer les recherches faites dans ces dernières 
années : un seul spermatozoïde en général pénètre dans Tœuf, car aussi- 
tôt après sa pénétration, l'œuf se rétracte et la membrane d'enveloppe 
s'épaissit; quelques minutes (4 à 5) après l'entrée du spermatozoïde, on 
aperçoit à la périphérie de l'œuf un petit corps brillant, allongé, entouré 
d'un espace clair, le corpuscule central, ou tête du spermatozoïde; autour 
de lui, les granulations du protoplasma se groupent sous forme de 
rayons, puis pareil fait s'observe autour du noyau de l'œuf ; enfin, au 
bout de 10 à 15 minutes, les deux éléments se sont rapprochés et fu 
siennes. 

Tout ce processus est facile à observer sous le microscope, sans 
qu'on soit obligé de recourir à im objectif à immersion, w. obttingbr. 

Sur le rdle physiologique dn retonmement des œufs pendant rineubation, par 
DARESTE (Compt. rend. Acad, des Scienees, 16 mars \ 



L'immobilité des œufs pendant l'incubation exerce une influence nui- 
sible sur l'embryon, et le fait généralenent périr à une époque plus ou 
moins éloignée de la mise en incubation. C'est qu'alors l'allantoïde con- 
tracte des adhérences avec le jaune, et il en résulte des ruptm*es qui 
peuvent détermmer la mort de l'embryon dès la seconde semaine de l'in- 
cubation. Si, dans ce cas, l'embryon vit jusqu'au terme de l'incubation, 
il ne peut ëclore, le jaune, qui adhère à l'allantoïde et est retenu par 
elle, ne pouvant rentrer alors dans la cavité abdominale. Le retournement 
des œufs prévient ces accidents, en activant les mouvements de Tembryon 
et les contractions de l'allantoïde, et en empêchant, par conséquent, le 
contact prolongé des mêmes parties de Tallantoïde et du jaune, m. duval. 



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M REVUE DES tmmGK KEDIGALES. 

Ueber die Go^^actipii dpr Tagina bel lai^inchen (Sur la contrattlqii du yagin 
ch^z Ip lapin), par N. W. JÂSTREBOFF (Arcbiv /. ADatomie uDd Physiologie 
PbyaioJogiscbe AbtheiÎMDg, p. 90 çt 167, 1884). 

Jastreboff a étudié sous la direction de Kronecker, au moydB de la 
méthode graphique, les mouvements du vagin chez la lapine. Une poche 
è parois (îéppessibles, rpDqplip d'eaii e^ Fejiée A m t^wbour a levjier e|i{ 
introduite dftps le yagin, J^ plume (îu tamhoup 4§ Marejr inscrit les 
contractions sur le cylindre de l'appareil enregistreur. 

Le vagin exécute constamment chez l'animal normal des eoniraetions 
spontanées et rythmiques. Les oentractions sont généralement progrès^ 
siyes et descendantes. Cependant la progression de la contraotion n'est 
pas continue (péristaltique) , mais se fait par segments. I^e yagin se 
divise suivant sa longueur en 8 à segmants qui ae contractent l'un 
après Tautre. La Éî'équanca de ces contractions ne parait en rapport, ni 
avec l^âge, ni avee les fonctions sexuelles du siyet. Leur intensité, au 
oontraire, augmente pivec l'âge et surtout avep le dévebppement sexuel 
du vagin : contractions énergiques ohez les lapines ayant déjà eu des 
petits, très énergiques pendant la gestation. 

Une légère élévation de la température du sujet développe un certain 
degré de tonus de l'organe et renforce les contvactions. Quand \a tempe* 
rature rectale dépasse 40'* C., les contractions deviennent générale^ 
mant faibles et irrégulières ou disparaissent complètement. 

Un abaissemept de la température jusqu'à 87*» renforce les contrac-* 
tiens ; un abaissement plus énergique rend d'abord les contractions plus 
rares, puis au contraire plus fréquentes. 

L'auteur décrit lea modidcations présentées par les contractions vagi* 
nales sous l'influence de l'asphyxie, de l'anémie, des excitations méca- 
niques ou theriniquee, et de différentes substances toxiques : curare, 
chloroforme, éther, morphine. 

Les contractions automatiques, rythmiques du vagin persistent après 
que la moelle épinière tout entière a été détruite, de môme qu'aprèa 
section de tous les filets nerveux sympathiques qui se rendent au petit 
bassiur lf0 Yflgin complètan^aut séparé des parties voisines et q)ém^ di^ 
portions de vagip (moitié postérieure) isojées peuvent ooQtiauer à pré- 
senter les contractions rythmiques. On doit donc admettre que le vagin 
comme le cœur contient dans son épaisseur les centres qui président à 
la coondlnation de ces mouvements. Le vagin, pas plus que le cœur, ne 
peut être tétanisé, mais exécute des contractions plus énergiques et 
plus fréquentes sous l'influence des chocs d'induction. 

De même que le cœur, le vagin se trouve influencé dans ses contrao-^ 
tiens par l'action du systèpie nerveux central. Jastreboff distingue un 
centre d'excitation des contractions vaginales situé dans la moelle lom- 
baire et un centre modérateur situé dans la moelle allongée ; à l'appui 
de cette manière de voir, il cite les expériences suivantes i 

Si, chez un lapin à système nerveux central intact, on tétanise les 
bouts centraux des sciatiques coupés en travers, on constate que les 
contractions du vagin deviennent moins fréquentes, mais plus énergi- 
ques. L'expérience réussit encore lorsque l'on sépare la protubérance de 
la moelle allongée ; par contre le réflexe ne se produit plus si l'on sec- 



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OHIMIS loblGAUB. §1 

tionne la moelle en tBavevs, au niveau de la pranidre vertèbre lombaire 
ou si Ton détruit la moelle lombaire. 

Une tétaniaation prolongée de la moelle allonfée rend les oontraations 
plus nombreuses et plus énergiques et augmente le tonus du vagin, 
produit par conséquent les mômes effets que Tasphyxle. Mais si la moelle 
lombaire a été divisée au préalable, Texoitation précédente allonge au 
contraire les pauses. La tétanisation d'une surface de section de la 
moelle lombaire pendant une pause augmente considérablement Ja (}^^ée 
de celle-ci; puis survient une contraction plus forte. Mais si Ton n'irrite 
que le segment postérieur de la moelle coupée, les contractions devien- 
nent phis fortes et plus fréquentes. L'excitation du bout supérieur de la 
moelle a pour effet aallonger la durée des pauses entre les contractions 
rythmées. i^éoir frbduuqq. 



CHIMIE MBPIGÂLB. 



f «ber dtB P«f«iBgehaH dM MagentaftAS M aormalen «nd pathol^gischea 
Zostaenden (Dn omitaav en ptpeine du suc gaftriqae à l'état normal et 
palholOfiqua), par B. BGliJTZ (Prag. Zeitaubr. f. Heiik., Bd. V, Heft VI y 
p. 401). 

Le sue gastrique reoueilli par la sonde chez les indjvîdii^ saine i Tétai 
de jeûne renferme toujours de la pepsine ; chez le même individu la 
proportion de pepsine ne varie ^v^e, tandis qu'elle varia de 0, 4 à 1, 2 
d'une personne 4 Tautre. 

Les naaladies primitives de l*estomao, lorsqu'elles aaot grave» ou da 
longue durée, diminuent et quelquefois réduisent à zéro le contenu du suc 
gastrique en pepsine. La dypepsie nerveuse ne l'iafluence pas d'une 
manière sensible. Lorsque ia pepsine est en quantité normale eu A peu ^ 
prés Bonnale, le sue gastrique a une réaction fortement aeide ; lorsqu'au* 
contraire elle est en petite quantité, le suc gastrique est neutre, alGaUn, 
ou faiblement acide. l, ^.w^, 

DjiUfmictaiifea fiber dia darch MagMitaft imlIsUeli hm^99â»% ^MuMMiXX- 
0MI SoMtaasen der NAhrpnuif imd Futtanai^l (RwliarphafaMr lai 8«bstaaaM 
MDtéas das noorritnrts et dtt «ojans d*aliiaaiitAtioii), par STUmOR, da 
Bons {Z^iischriâ fur phjaiologische Chimie, Band JX, p, Ui, 1^). 

On trouve dans les végétaux des combinaisons neutreç so}ublp3 AfiW 
Teau et dans l'hydrate de cuivre constituées par des corps /an^idés dont 
Tasparagine est le principal type, puis un second groupe eompr^»ant le^ 
éléments albuminoldes qui se digèrent dans Testomap des animau^c par 
Faction de la pepsine chlorhydrique, et se distinguent des apides amidés 
par leur insolubilité dans Thydrate de cuivre. Il existe enfin ]xn tfoj^ièiïie 
groupe d'aliments insolubles dans Teau, lapepsine phU)rhydriqi|P et qu'on 
peut désigner sous le nom d'aliments difacilement solubles, tels que la 



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St REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

nucléine. Ce sont ces dernières substances que Pauteur s'est proposé 
d-étudier. 

Il prit pour sujet d'expérience des noix de coco dont l'huile avait été 
enlevée parla pression Elles sont insolubles dans le suc gastrique acide 
et dans le suc pancréatique. Il arriva à conclure qu'après l'action du suc 
gastrique, le suc pancréatique n'a également aucune influence, b. h. 

Untersuchungen ûber die ÂmidoBftaren welche bel der Zersetnmg der Eiyeist- 
toffe durch Salzânre und durch Barytwasser entstehen (Recherches sur les 
acides amidés qui prennent naissance par la décomposition de corps albumi- 
noldes par Tacide cl^lorhydrique et par l'eau de baryte), par SGHULTZE 

(Zeitschrifl fur physiologische Cbemie, Band JXy p. GS, 1885). 

Ce sujet a déjà été l'objet des recherches de Hlasiwetz et Habermann 
et de Schutzenberger. Les deux premiers ont employé l'acide chlorhy- 
drique et le chlorure de zinc, le second l'eau de baryte. Nous n'entrerons 
pas dans le détail des nombreuses expériences relatées dans ce mémoire, 
nous donnerons seulement le résumé des résultats obtenus : 

Les résultats obtenus par SchuUze s'accordent avec ceux de Riithausen, 
Hlasiwetz et Habermann pour la décomposition des substances albumi- 
noïdes par les acides minéraux, acide sulfurique étendu et acide chlo- 
rhydrique. U obtint comme eux les acides aspartique, glutanique, la leu- 
cine et la tyrosine et en plus l'acide phénylamidopropionique. 

Il a constaté aussi l'exactilude des travaux de Schutzenberger qui a 
regardé le corps qu'il a décrit sous le nom de tyrole comme un dérivé 
de l'acide amidovalérianique et d'un corps hypothétique de la formule 
C*H**AzO*. Ce dernier corps pour Schultze doit être l'acide phenola- 
mido propionique. 

Il existe cette différence entre les dérivés obtenus avec l'acide chlo- 
rhydrique de ceux provenant de l'emploi de l'hydrate de baryte que les 
premiers sont optiquement actifs et les seconds inactifs. e. h. 

Ueber die Bestimmnng der Kuh-Caseins durch Fallung mit schwefelsfture (Sur 
la détermination de la caséine de la vache et sa précipitation par Facide 
sulfurique, par Joh. FRENZEL et Th. WETL (Zeitschritl fUr pbyaiologiacbe 
Chemie, Band IX, p. 246, 1885). 

Dans un vase de 150 centimètres cubes on verse 60 centimètres cubes 
d'eau distillée. On y fait tomber iO centimètres cubes de lait bien agité 
et mesuré avec une pipette. On agite et on fait tomber en agitant 30 cen- 
timètres cubes d'acide sulfurique à 1 0/0 et on laisse reposer pendant 
quelques heures. On recueille le précipité sur un filtre pesé et on lave 
2 fois avec de l'eau, puis 2 fois avec de l'acool, puis avec de l'alcool 
absolu, puis on lave le filtre avec de Téther. On sèche et on pèse et on 
brûle en ajoutant de l'oxyde de fer chauffé au rouge. 

Cette méthode est plus exacte et plus rapide que le procédé ordinaire 
de dosage de la caséine. 

L'auteur a remarqué que le lait étendu de 20 fois son volume* d'eau 
laisse précipiter plus de caséine, quand il n'est étendu que de 8 fois son 
volume d'eau. 

Il a constaté également qu'à quantité équivalente d'acide acétique et 



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CHIMIE MEDICALE. t9 

d'acide soUorique, ce dernier, employé en grande quantité, dissout plus 
de caséine que le premier. 

L'auteur fait encore remai*quer que pour être soumis à l'analyse le 
lait doit être étendu de 4 fois son volume d'eau, et que l'emploi de l'acide 
^carbonique est inutile. e. h. 

Untorfluchiuigen ftber den BlntfarbstofT, par M. NBNGKI et N. 8IEBER {Berichte 
des deutachen cbemiseben GesBlIacbafty XVIII, p. 392, 1885). 

La combinaison d'hémine et d'amylalcool que ces auteurs ont au- 
trefois fait connaître a pour formule (C*«H3*Cl.Az*FeO»)*C»H«0. 
Desséchée à IdO^", elle perd complètement son alcool, mais il ne se dégage 
pas de chlore, en sorte que les cristaux n'éprouvent aucun changement, 
mais ils restent très hygposcopiques et ont pour formule C^'H^^CI . Az^FeO^. 
Lorsqu'on les dissout dans une solution de soude jusqu'à la disparition 
du chlore il reste de l'hématine pure correspondant à la formule 
C»«H»«Az*FeO*. 

L'hémine se dissout dans 100 parties d'acide acétique bouillant, et cris- 
tallise mal par le refroidissement. Bouillie pendant longtemps dans un ap- 
pareil à reflux avec de l'acide acétique anhydre, elle se transforme en une 
combinaison acétylée qui peut être obtenue cristallisée. Il se forme en 
même temps une matière protéique cristallisée. Les auteurs continuent 
ces recherches. 

Les cristaux d'hémine forment facilement des combinaisons doubles. 
Lesauteurs en ont profité pour déterminer si véritablement rhémoglobiiie 
parfaitement pure contient du chlore. D'après Hiifner l'hémoglobine a pour 
formule C*^H*<>**Az*^FeS50*8». Si l'hémoglobine est une combinaison 
d'hémine avec l'albumine elle doit avoir la formule 

G««H«*ClAz*Fe03+C«»*He9*Az«*oS»0*8« ; • 

cetle molécule contiendrait 0,26 0/0 de chlore. Ils ont reconnu que 
Fhémoglobine préparée parfaitement pure ne conienait pas de chlore. 
Pendant ces recherches ils traitèrent l'hémoglobine sèche par de l'acide 
nitrique et firent bouillir tant qu'il se dégagea des vapeurs rutilantes, et 
ils obtinrent de l'acide pâranitro-benzoïque comme produit de l'oxydation 
de la matière albuminoïde qui accompagne Thémine. 

L'hémoglobine pure ne contient pas de phosphore. En traitant les cris- 
taux d'hémoglobine exempts de chlore et lavés longtemps avec 5 fois 
leur volume d'alcool à 93, ils obtinrent une masse qui après être restée 
pendant 16 heures à la température de 8" se prit en cristaux de forme 
rhombique. Us ont donné à cette substance le nom do para-hémoglobine. 

Ces substances ont la même composition et sont isomères. e. h. 

Réaction des Blatet Ghelerakranker (Réaction du sang des cholériques), par 
CARtANI {CenlralbL t, die med, Wiss, novembre 1884). 

Manfredi a recherché, à l'instigation de Cantani, la réaction du sang 
chez les cholériques; il a constaté que son alcalinité diminue rapidement 
xJans la période asphyxique, que lesangdevient neutre, et même acide peu 
avant la mort. 11 faut tenir compte de ce fait dans la médication hypoder- 
mique. ^- °"** 

TRBIZIKMB ANNEE. — T. XXVI. 3 

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U KËVUE h^ ^QimC^ )féj>lCALRS. 

SEE6BN {CôDtraJbl. f. die med. Wiss., m 09hkr9 18%), 

Sur plus 4e 1000 cas de diabète sucré, SeegQn n*fi o|)servé qu'une fois 
la lévulose dans Turine. Il s*agit d'une femme de 46 ^ns, atteinte de dia- 
bète intermittent, sans manifestations générales graves.' 

l/\iTinei {ip renfermait que de la lévylose, doqj le pouvoir rotateur put 
être évalué 4e -r 930 4 -^ 96^. 

La proportion de lévulose excrétée varia avec le régime ; elle s'accrut 
avec ralimentotion amytocéq et m réduisit au «liniipum Iprsqu'on sup- 
prima les amylacés; ce qui conduit h admettre que \^ lévulose se forma 
aiUi dépens des composés 43 cet ordre. 1,^ p.^, 

I, «-v Diii^ligt POP qvuntitativtn Bes^pmuog 468 Çtick^toffes iip Ham (Gontrl- 
j^uMqpH ^ lu détarmina^Q^ quimtitatiye do Vasote <)an« l'orine), par Karl 
IQ^I^NQ {ArchiYfûr die ge^ammte Physiologie, PaniXXY^p- 199). 

II. — Ueber eine elnfache Méthode sur Bestimmung des Stickt^ffffs \m Rara 
(Ëwt u|ie Méthode aimple de déterminatioD tft TmoM 4e l'uriiie) , ^ar 
%. PFLifaER et K. 9PHLAIID (Aj*o/ii> fûw die §e8mmte Physiologie, Bu^cf X^XV^ 

I. — r Bohland a fait au laboratoire de physiologie de Bonn un grand 
nombre de dosages d'azote des urines du chien et de Thomme, au moyen 
des méthodes de Dumas et de Will-Varrentrap. Il a comparé les résul- 
tats obtenus avec cei|x fournis par le titrage de l'urée par le nitrate de 
mercure au pioyen 4u procédé de Liebig, modifié par Pflûger. Le titrage 
au moyeu du proci$dé Liebi^-Pfiûger lui q constamment fourni un ohiffra 
d'azote trop élevé. L'erreur est peu considérable s'il s'agît d'animaux 
nourris exclusivement de viande depuis quelque temps. Dans tous les 
autres cas, et notamment ehez l'homme prenant une alimentation mixte, 
\m diffiéreoois aopt apn^dérable^- JL'^rreur dépa^^e ordinairement 7 0/0 
9l p#tt( 4Ueitt4ro iO et il 0/0, Boblaud en conclut qu'il n'est plus permis 
ai» pbyiio|o(|^isfc#$ qui font défi expér^enc^a aur Içs échanges nutritifs de 
éétarmÎMf l'aaota de3 urinea par un titrage d*urée au moyen du nitrate 
4(9 mereupe, L'azote doit être déterminé par une méthodq directe. 

h' F. 

D, wm Pfliiger et Bohland appliquent à l'uripe le procédé de dosage de 
l'iftote pré^nifié pftr Kjeldahl, (Voir ^eit^chrifl fur analftiscbe Chemie^ 
6d* XXXU» p» 36&*S8â.) li^ suppriment le traitement au permanganate, 

Votci Çiomawi iW prpposant d'ppérpr : 5 c^ntin)ètres cubes d'urine de 
coA^Atmltoo ^^)y^Que »ont mesurés ^t versés au moyen d'une burettOi 
dans im matras d'epvirQu 3Q0 centimètres cubes de capacité, additionnés 
de 10 centimètres cubes d'acide sulfurique anglais et de 10 centimètres 
su{)ei d'asida sulfurique Aimant, Le matras placé sur un c^ré de toiI(^ 
métallique est échauffé au moyen d'un grand brûleur de Bunsen, jusqu'à 
évaporation de l'eau et départ des gaz. Le liquide, qui était noir au début, 

S rend une teinte brune : on diminue la flamme à ce moment. Le liquide 
nit par devenir Jaune clair. L'opération dure de 25 A 80 minutes jusqu'à 
ce point. 

On éloigne la flamme, on laisse refiroidir^ on dilue avss de l'eau dd 
manière à atteindi^e environ 200 centimètres cubes, on laisse de uouvMll 



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tefroidir, puis m portP fie çiél^agi^ #fi^ m ffatr^ d'environ 8/4 dç 
litre de capacité. On ajoute 80 centimètres cube§ ^p les^jve de HQiipe 
(poids ispéciflqua 1,8), pn boucjip raplfiemen^ ej j'pi} ClistiU^î JjP§ pfo- 
duits de la distillation arrivent dans un matras d'environ 400 ppntim^tirç^ 
cubes de capacité et contenant une quantité mesurée 4'dcidô sulfurique 
titré. On prend les précautions voulues pour que Tçipimoniaque soit 
complètement absorbé par Tacide §i4)furique (faire (l^boucher le tube 
qui amène les vapeurs près de la .surface de raci4Q; faire passer au 
besoin ces vapeurs successivement ^ travers d^w^ fi^atras à acide). 
Quand l'opération est lormia^e, on titre l'acide sulfiunque qui a absorbé 
Fammoniaque, au moyen d'une lessive de soude à titpe équivalent. 
Toi^tq l'analyse peut être exécutée en une heure. ' l. p. 

fi}^ l08 «Fines p«t|M>l09^quef« |9ar^. VlfiLIERS [Compf, rend^ Acad, de9ScffiDceq, 

1^ mai 1885). 

Les urines normales, émises en bonne 1 
p»lQ|4^s; maisi} peut an appor^itrp ^m 
daqs l3 c^s de lésions plus ot^ moins anci 
^ent inaperçues par suite de ('^^bi^udjB, 
d^ps iipe grande q\i^j\\Hé d'urines piélan^ 
maies, il pst possible qu'on rencontre ^es 
raient les conditions qui ont amené quelqu 
à rexisteoice d'alcalpides (i^s ]b^ ufineç n 

Ueber Hydrozybuttersaûre ans diabetischen Ham (Sur V^}fip ^ Hy^rp^lf^f^U* 
riqiifi 4e l'i^rine diafc^ti^e), par ^.. |)PH;5B|mLfrER 9^ ]». TO^iIiPjSf (A(^^^^en 
der (Jbewie, Bd. 228, p. 92). 

Dans ces derniers temps on a signalé, dans l'urine diabétique la pré- 
spi)ce de Taoide acétylacétique et de l'acide p hydroxybutyricjue désigné 
quelquefois sous le nom de p — oxybutyrique. 

Les auteurs ont constaté dans une urine diabétique la présence de ce 
dernier acide et confirpi^é ainsi resactitude ds co f^t, ipii a¥ail tié 
Feeoanu par Kiîls et Minkowsky. 

Une grande quantité d^p^^e contenant 6 0/0 de suera et une bv^ê 
réaction d'acide aeétique, fut évaporée sans aputralisation. Le sirop fut 
épuisé par l'aloool chaud et le résidu de l'alfi^ol évaporé repris 4^0 
l'éther. 

L'éiher laissa déposer des aigi|illes miorosoopiquas ea quantité trop 
faible pour être recueillies. 

Le sirop brun fut saturé par du carbonate de soude. La aolution ^baa^ 
donnée sur Taeide sulfurique laissa déposer des cristaux qu'on aépayià 
par la pression des eaux mères brunes et que Vor flt rBcuriatalliser. 

En chauffant ces cristaux avec de l'acide sulfufique et du ehromate da 
potasse, il passa un liquide qui donnait les réactions de riodoforqie aveo 
la soude et l'iode, aveo la teinture d'iode et l'ammeniaqua (Le Nofai») al 
avec le nitroprussiate de soude et la soude (Liégal) une faible réaction. 

De ces ftiits l'auteur eonclut qu'il a^aH ebtémi i'acide hyéroxybut^ 
rique. 



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86 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

CFotonique. L'auteur répéta avec succès la même transformation avec 
Tacide qu*il avait obtenu . 

Les formules suivantes montrent les rapports de ces acides avec l'acide 
acéty lacé tique. 

I n m 

CH> CH« cw 

CO CHOH CH 

CH» CH» CH» 

COOH COOH COOH 

ae. aoétylacétiqne ac. p hydroxybutyriqiio ac. crotonique 
on 
^ oxybutyrique 

E. HARDY. 

Zur BMtimmang d«8 Chlors im menschlichen Ham (Sur le dosage du chlore 
dans l'urine homaine), par ZUBLZER (Bericbte der deutscben chem, Gesellscbêft^ 
XVIII, p. 8M, 1885). 

Le chlore ne peut être dosé exactement dans l'urine par la méthode de 
Mohr, parce que l'acide urique, les matières colorantes sont précipitées 
avec le chlore par le nitrate d'argent. On tourne cette difficulté de la 
manière suivante : On acidulé avec de l'acide nitrique 10 à 15 ce. d'urine 
eX on précipite le chlore par un excès de nitrate d'argent. On filtre, on 
dissout le chlorure d'argent dans l'ammoniaque. On ajoute du sulfure 
d'ammonium qui enlève l'argent, et puis du nitrate de cadmium qui 
précipite le soufre. On m^idule par Tacide azotique et on neutralise par le 
carbonate de chaux. 

Dans le liquide illtré on dose le chlore par la méthode de Mohr. Ce 
procédé ne demande pas plus d'ime demi-heure. e. h. 

Ueber dai Vorkommen der Phenacetursaûre im Pferdeharn (Sur la présence de 
Tacide phénacitnrique dans l'urine du cheval), par E. SALKOWSKI {Beriebte 
derdeutêcbtn cbemiacbtn Geseïlscbaft, XVII, p. 3010, 1885). 

L'urine des chevaux contient, outre l'acide hippurique^ Tacide phényl- 
acéturique qui a été découvert par E. Salkowski, dans Tuiine excrétée 
après une alimentation contenant de Tacide phénylacétique. 

L'acide phénylacéturique se trouve dans les eaux mères d'où s*est 
déposé l'acide hippurique, après la précipitation par Tacide chlorhy* 
drique de l'urine de cheval concentrée par Tévaporation. Cinq litres 
d'urine furent réduits à un demi-litre par évaporalion au bain-marie, et 
l'acide hippurique fut précipité par l'acide chlorhy drique, puis le liquide res- 
tant agité avec de l'élher qui enlève encore un peu d'acide hippurique. La 
solution est saturée avec du carbonate de soude. L'acide phénylacéturique 
passe à l'état de sel de soude; on agite alors avec de Téther pour enlever 
les matières étrangères^ puis on acidulé et on agite de nouveau avec 
l'éther qui enlève Tacide phénylacéturique. On le soumet ensuite à des pu- 
rifications successives, et on l'obtient en cristaux caractéristiques, e. h. 

Canoiérts do l'urine après rnsage de la kairine, par PETRI {Journêl de Phar- 
m»cie, tome XI, £>• sétie^ et Arcb. de Pharm,, 1885). 

Après l'usage de la kairine Turine renferme un éther sulAirique qui 

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CHIMIE MÉDICALE. S7 

donne la réaction suivante : au liquide acidulé par Tacide acétique on 
ajoute goutte à goutte une solution de chlorure de chaux à 10 0/0 au 
plus et on agite. Une belle couleur rouge fuchsine se développe qui per- 
siste pendant un demi-heure, puis s*efface peu à peu. b. h. 

Bas urines rosaciques, par YERNEUIL {Congrès franc, de chir. Semaine méd,^ 

15 avril 1885). 

l^" L'urine présente quelquefois chez les blessés et les opérés un dépôt 
rose, adhérent au vase, reconnaissable à la ^mple vue, sans secoursdes 
réactifs et constitué par une matière particulière, Tacide rosacique; 

2* Ce phénomène coïncide généralement avec Toligurie et la concen- 
tration des urines. Il est précoce et se montre peu après le traumatisme ; 
il est passager, dure de un à trois jours et reparaît rarement pendant la 
cure ; 

3^ U peut apparaître après tous les genres de blessures et chez tous les 
sujets. L'examen minutieux des antécédents, la coïncidence avec d'autres 
symptômes, les résultats nécroscopiques montrent qu'il est sous la dé- 
pendance des lésions diverses du foie, amylose, cirrhose, etc.; 

4^ Les altérations hépatiques causées par l'alcool semblent avoir plus 
que toutes les autres le privilège de provoquer les dépôts urinaires rosés 
sous l'influence excitatrice du traumatisme ; 

5* Les urines rosaciques ont donc une valeur sémiotique, car elles 
annoncent l'état morbide d'un viscère important ; 

6* La valeur pronostique n'est pas moins importante, car les blessés 
à urines rosaciques sont exposés à des hémorragies secondaires et à la 
gangrène ; 

7<> Pour prévenir ces complications, il faut assurer Phémostase et l'an- 
tisepsie et agir par un traitement médical sur raffection première, a. g. 

Examen des orines dans les maladies chirurgicales dn ventre, par THUUÂR 

{Congrha français de cbir. Semaine médio,, 15 avril 1885). 

L'analyse des urines peut donner dans la pratique de la chirurgie ab- 
dominale des indications importantes. 

Avant l'opération, la détermination quotidienne de l'urée peut éclairer 
le diagnostic. Dans les tumeurs de mauvaise nature, le chiffre de l'urée 
quotidien descend graduellement et tombe au-dessous de 12 grammes. 
La mensuration doit être faite sur les urines des 24 heures et pendant 
plusieurs jours consécutifs. Ces résultats ne sont pas appbcables aux 
malades albuminuriques ou tuberculeux. De plus, on doit tenir compte de 
la nature de l'alimentation. 

Après l'opération, l'abaissement du chiffre des chlorures indique que 
l'inflammation dépasse les limites voulues. Quand le chiffre s'abaisse 
au-dessous de 1 gramme pour les 24 heures, il y a danger ; le malade 
est menacé de septicémie péritonéale. (R. S. M., XIX, 438, XXV, 486). 

A. G. 

Urée et cancer, par KIRMISSON {Congrès français de cbir. Semaine méd., 

15 avril 1885). 

L*auteur combat les conclusions que Rommelaere (XIX^ 483) a essayé 



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ii REVUE DÊ& ëèt*W5BS ItfililCALES. 

â8 til'él' Ûë sèi «hàl^éés d*Ui«è. Lëë Variaiiôné dii tàUi qiiOtidiM de 
l'dréë ûè constltilCht ^u*tih eiéiiietli appi'diithaiif pout" le diagnostic él le« 
iildicâtlôiië pfDhosti(|Ué^.Lëâ VaHËlibnô peuvent exister en sëtlë tout à fait 
opposé atix données fburnieô par lefe médecine belgeis. 

Kirmisson a dosé l'urée de 24 heures chez 24 malades atteints de 
fcancer. 19 de ces malades ont présenté Udô qtiatikité infél^ieùf'ë à 
12 grammes (11, 10, 8, 4, une fois 1 gr. 95); cinq ont eu un chiffre' supé- 
l^iôur (14, 17, 19, 20 gr;), 

t)&nft les Uitneurs bénij^nes, le chiffre de Turée doit rester hormali 
d'après Rdmmelat^tig. K. à trouvé chez des malades atteints de lipomesi 
Okêt des feitimes tveo flbwmôs utérins (8»',70, lOt^^SO, 18 gr.)i 

Ott M peut dbnc tirer de des analyses des conclusions rigoureuëett 

ki Cl 

itt lènniâiéii ^èr SiWèilstiAfllfaiiÉ i 1^ Uebar dié Bildui^ déft Indoli iind SkatoU 
hàbH treiiieiÉi^thâftlilih mit H. SàlkOWfiki iil itûttfttar ànsrestdUtaii Vérsttehdit 
ifint lA ébtmàittsÉnëë de là fbttnéiitàtioA de ràU)aiilin6 ) i* dur U fbnhatioii 
de rindol et du ëkaidli d'aprdft Ids espéHëUces faites par H. SALKOWSki; à 
ÉiknSté^ {ÉeitsbûHft fût pbysiôlô^iÈebe Ckeml6^ Bâi VIII ^ p. 17, 18B4): 

De cette longue étude nous relevons surtout 1m résultats suivants : 

Le Bcatol et Tindol peuvent se remplacer l'un par l'autre. Une 
molécule d'albumine ne contient pas une partie déterminée comme scatol, 
tttie paHie comme indol ; mais les deux proviennent d'une substance qui 
ptéekiste dans la molécule d'albumine et qui fournit Tindol et le scatol^ 
quoique le scatol libre puisse quelquefois manquer. 

La séparation du groupe de l'indol de la molécule de l'albumine 
exi^e une rupture de la molécule jplus grande qu'on ne l'avait admis 
jusqu'à présent. Il semble déplus que cette rupture ait une grandeur diffé- 
férité iëivfttit Téspècé d'albumine. 

Par la fermënlatiod de l'albumine, l'indol né se trouve pas mis en li- 
berté) il se forme une substance intermédiaire qui se décompose ensuite 
par l'action des bactéries. 

La séparation de l'indol dans les liquides qui ne sont pas soumis à la 
fermentation parait dépendre de sa dilution. e. h. 

UeUtr eind noue Basé tus d»m Thiarkôrper (Sur uns aouvalle base du corps des 
animaux), par A; K08SBL {Berictt^ der dêutacben themiscben GeBelIscbafi, 
XVUh pi W^ 1885). 

Par la décomposition de la nucléine avec les acides étendus^ Kossel à 
obtenu des corps qui ne se produisent pas dans la décomposition de 
l'albumine c' est-à-dire, la xanthine, la guanine et rhypoxanthine. Comme 
la nuciéine est une partie constituante du corps de toUs les animaux il est 
naturel d y rencontrer aussi les substances susnommées, ainsi que hau- 
teur l'a toujours constaté. Dans le cours de ces recherches, il trouva une 
nouvelle bade qUi provient vraisemblablement dd la décomposition de 
la nucléine et qui paraît rentrer dana le groupe des combinaisons du 
<^yanojg;ène» 

dette basé, j[)our laquelle fl proposé le nom d'ad^nine, fût retirée d'&bbrd 



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etthcfe KlâbfCALË. s^ 

8Q pBfi0FA» d'wi bcBuf. La méthode de préparation est- la même opte 
celle qui sert à isoler quantitativement la xanthine et l'hypcxanthine. La 
plus grande partie de la base est précipitée avec la guanine par Tammo- 
niaque et isolée de oelle-oi par la bristallisâtidûde ^oti chlorhydrate. Elle 
est facilement purifiée par la cristallisation de son sulfate, qui est presque 
insoluble. Le sel pur dissous dans une solution chaude d'ammoniaque 
cristallise par le refroidissement en longues aiguilles. 

Le sulfaté â pôhr fôi^mulé(C«t5A2»)«H«S0«+'«rt<0. 

L'adéhiné forme i^ sels dristâllisëhleë aVëô l'Adide tlitMqUe et raôtde 
chlorhydrique et un sel de platine peu solublë et aussii ôHstôlliâô. Les 
solutions d'adénine isont neutres. Cette substance se décompose à une 
haute température en donnant un sublimé blanc et Une forlé odeur 
d*acide cyanhydrique. k. hardy. 

Sur Kenntniss der Fânlnissalkaloida (fiinde sUr îet ahaloldi à Âo la patrllaô- 
tion), par L. 6KIEGER (Étrichte der deutacben chemiachen Gêêeîîaclia/i, 
Bd. JrV//,i>. 615. 1884). 

Pai* la fermentation de la viâtlde à la temt)éHilhr6 dtl cd^^ë, Ptttitôttl' 
obtient un corps représenté par là fbrtnule (C»H«*àe*). ÔotillH fcvëb àb 
l'hydrate de potasse -, cô coirps Se transforme eh triméthylamiiie ; et k 
cause de ses rapports àveé la neurine, il lui donne 16 ttOm de timirtdltift. 
Ce corps n'est pas toxique. En outre, il ëé forme une autre base ëîttl*éttië- 
ment vénéneuse. Les premiei's symptômes dfe l*empolàonnement âùnï un 
flux de âalivé considérable qui s'arrête qtland on fait uiie tnJéctiôA 
d'atropine. Instillée dans Tœil, elle amèile le l'étl^ôdlssemôût ûê \à 
pupille, mais cet effet est détruit par l'atropine. 

L'atiteul», qui avait adopté pouf cette base la fbrnldlé (C^H^Az), peftse 
inaintenaht qu'elle doit èti*e regardée comme Un oxyhydrotrimethylvinyl- 
ftmmonium; La formule brute du sel de platine est (0»H*«Ai:)«Pt01*. 

tt. Il; 

Itwiês V«r^âlirén sur Aafttaifttêltuig ébi Stryehaitaft (Koutéaû procédé dé fé- 
charche de la ttrychnine et da qnelqtiai auttei alcaloïdes daiil le» tkâ A'éiB- 
lioitonnailiaat), par th. CHAHBËLOH (Zeîtschtih fût pby^ioîoyistkê Gkettiôt 
Bàhi lie, p. AU), 

La méthode de Stas pour la recherche des alcaloïdes exige pour ex 
traire la strychnine dea quantités d*éther extrêmement considérables; On 
h'a pas plus d'avance à se servir de benzine ou d'alcool amylique^ On 
pourrait employer le chloroforme, mais il s'émulsionne quand on l'agite 
avdc la solution aqueuse, et ne peut être séparé. L'auteur é, évité cette 
difficulté en évaporant les solutions contenaat la strychnine jusqu'à oe 
qu'en y ajoutant du plfttre^ le tout se prenne eu masse solide. On biroia 
cette masse , et on la reprend sans difficulté par le chloroforme^ qui 
diBsoul la strychnine, et en y ajoutant une solution éthérée d'aoide oxa- 
Uque^ on obtient ua précipité d'oxalate de strychnine; Ce prooédé peal 
être employé pour rechercher la strychnine dans leë eas d*empoisennea 
meal el sert également pour iaoler d'autres alealoïdesi i. h^ 



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4P REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 



PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE. 



Ueber Zfthliiiigeii der BlntkArparcht n nàch Blntnngen (Hnmération dot globules 
da sang aprdo les hémorragies), par SIEGSL et MATDL {Wien. med, ^ûbr- 
bûcher, Hefl III, p. 407, 1884). 

Les numérations de globules ont été faites par Siegel et Maydl dans 
trois séries différentes : sur des animaux simplement saignés, sur des 
animaux saignés, puis ayant subi la transfusion d'eau salée, sur des ani- 
maux ayant subi, après la saignée, la transfusion du sang. 

!•' groupe. Chez deux chiens privés des 2/3 de la masse sanguine, la 
diminution des globules est plus marquée et plus persistante que chez 
deux autres qui perdent la moitié de cette masse : les premiers atteignent 
un minimum de 8,600,000 et 8,280,000 globules rouge89 les autres de 
4,711,000 et 4,010,000; ces chiffres sont obtenus chez les uns le 8« jour, 
chez les autres le 4* jour. Pour les premiers, le chiffre normal a été re- 
trouvé au bout de 30 jours. Les variations du poids du corps sont pro- 
portionnelles à celles des globules. 

2* groupe. On relire à trois chiens la moitié de la masse sanguine, 
puis on leur injecte une quantité de solution salée à peu près égale au 
produit de la saignée (800 gr. environ). Les globules descendent au mi- 
nimum les 5', 7* et 11« jours pour augmenter ensuite progressivement. 

Chez un des chiens, privé d*abord de 800 grammes de sang et trans- 
fusé, on a pratiqué le 9* jour une saignée de 200 grammes suivie de 
transfusion sans entraver le processus de réparation : le chiffre normal 
des globules s'est retrouvé le 30* jour, c'est-à-dire à la date habituelle. 

Les saignées répétées, suivies de transfusions salées, fournissent les 
mêmes résultats que* les saignées simples, de sorte que les auteurs nient 
les avantages des transfusions salées. 

3^ groupe. La saignée suivie de transfusion de sang déflbriné a été 
pratiquée sur quatre chiens. Dans deux cas, la transfusion a ramené 
immédiatement les globules au chiffre normal. Dans un cas, bien que la 
quantité de sang injecté (230 $?r.) fût inférieure au produit de la saignée 
(312 gr.), le nombre des globules n'a pas diminué d'une façon considé- 
rable (7,160,000 au lieu de 7,425,000) ; il faut dire que le sang utihsé 
pour la transfusion ne contenait que 7,010,000 globules. Dans la qua- 
trième expérience, après restitution d'une quantité de sang égale à la 
perte subie par l'animal (320 gr.) on a trouvé, au bout de 24 heures, un 
chiffre de globules supérieur au chiffre normal (8,330,000 au lieu de 
7,700,000). 

Comparés aux résultats des transfusions d'eau salée, ces chiffres in- 
diquent que la régénération du sang est beaucoup plus rapide sous Tin* 
fluence de la transfusion sanguine. Elle peut être obtenue de la même 
façon et avec le même succès chez les animaux qu'on saigne à plusieurs 
reprises. 



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PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE. 4i 

Après la transfusion sanguine, les résultats sont persistants : le nombre 
des globules se maintient définitivement. 

La régénération a été également très rapide chez deux chiens qu'on a 
transfusés, non pas immédiatement, mais trois ou cinq jours après une 
hémorragie abondante. 

Les auteurs recommandent donc la transfusion de sang défibriné. 

La diminution du poids du corps est à peu près identique dans les 
trois séries d'expériences : quel que soit le traitement de Tanimal, on 
voit cette diminution progresser jusqu'au sixième ou huitième jour ; la 
perte journalière est de 22 ^,6 par kilogramme. Cette déperdition pa- 
rait être le résultat de Tinanition, car les animaux saignés (avec ou sans 
transfusion) restent en général sept jours sans accepter ni nourriture ni 
boissons. l. oallurd. 

De rinflneiico fur rélasticité dei parois vascolairet de rangmentation de la 
presaion dn sang et dn rdle de oe factemr dani rétiologie des anéTrisqies. 
par L£?AGH0FF \fiégénéd, klio. GëEeta, o. 5, 6, 7 et %, 1884). 

L*auteur expérimentait sur des chiens chez lesquels il cherchait à 
déterminer des modifications courtes, mais très souvent répétées de la 
pression du sang dans l'aorte. Dans ce but, il comprimait Taorte abdo- 
minale en la pressant avec le doigt contre les parties dures sous-jacentes. 
La compression digitale s'effectuait (à travers une iistule) durant 3-5 mi- 
nutes plusieurs fois (4) par jour et ceci pendant trois à six mois. Le 
résultat était que la partie de l'aorte en amont de la «sompression — 
surtout la portion thoracique et la crosse — se dilataient considérable- 
ment. Aussi, l'auteur croit que (comme le pense Botkine) l'augmen- 
tation de lu pression sanguine peut, à elle seule, provoquer des ané- 
vrismes et principalement dans l'aorte thoracique ascendante et la 
crosse. w. holstein. 

nntarsQchnng ftber die Vernarbimg von Qaerrissen der Arterien intima imd 
média nach vorheriger Umschnûmiig (Recherches sur la cicatrisation de la 
mptnre circulaire des tnniqnes moyenne et interne des artères A la snite de 
U ligature), par F. Wilh. ZAHH {Areh. /. path. Ad. u. Phyg. Bd. XCVI, 
He/t 1, p. i). 

Dans un premier travail (Arch, f. patb, Anat,^ vol. 73, p. 161) Zahn 
étudiant la même question avait annoncé que le tissu cicatriciel qui ae 
formait dans les parois artérielles à la suite de la ligature provenait du 
tissu conjonctif limitant les tuniques interne et moyenne. De nouvelles 
recherches le portent à rejeter cette première hypothèse. Il pense ac- 
tuellement que le tissu conjonctif de nouvelle formation apparaît au 
niveau de l'endothélium et que les globules blancs du sang peuvent se 
transformer eu véritables cellules conjonctives. 

Pour ses recherches il dénude sur des lapins soit l'artère fémorale 
soit la carotide, place une ligature avec un fli de soie qu'il enlève au 
bout d'une minute ou d'une demi-minute seulement. Parfois il place une 
seconde ligature soit au-dessus soit au-dessous de la première ; dans 
quelques cas il saupoudre la surface externe de l'artère avec du cinabre 



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41 REVtn! fiËâ g6iÈN6ES ttfifiteÀLËs. 

(i^tltftll'è hM^é Ûê ïti^ôiïtë). tl Referme ensuite là plaie qul guérit par 
première intention. 

Èh tuaint ses arlîmàujc k déë épdqtie^ détermihées, il VoU évoluer l^ 
lésion. Jamais 11 h*a observé ni caillot tiî anévrisme (d'ordinaii*ë là 
tunique moyenne n'était rompue que dans sa moitié interne). 

Les premiers jours datis la dépression annulaire produite par la t*up- 
lute de Tendothéliura il trouVe des globules blancs et rougeë et des 
hématoblastes ; Tépithélium n'est refot*mé qu'au quatrième jour. 

Les modifications subies par là tunique moyenne rompue sont de peu 
d'importance : àugraentatioû de nombre des cellules, augmentaliori de 
Volume des faisceaux musculaires. 

Dans la tunique adventice, hypèrémie et production de petites cellules 
rondes tjui deviendraient fusiformes. Les grains de cinabre semblent 
pénétrer dans cette tunique et arrivent jusqu'au contact de la tunique 
tooyentie. 

En domine la cicatrisation se fait stirtout par l'endothéHtim. Les cellules 
prolifèrent et se répandent sur la surface altérée. D'abord presqiie sphé- 
riques, elles s'aplatissent, puis s'allongent, leur grand axe se mettant 
dans la directioti même du vaissedu. Le tissU cicatriciel se forme au- 
dessous d^elies sans doute àiix dépens des globules blancs du sang. 

p. GALLOIS. 

Ei|)èlriift«iitàl i'ëkéàràhés On cicàtritâtidii in bloùdvèKkeU after li^âitiM, p^t 
H. SÉHH (Tl'ahs. 0/ tbé Atàierlt, àur^. Assoc. //, p. U1), 

Dans 06 volumineux mémoire, l'auteur reprend toute l'histoire de la 
ligature au point de vue clinique etanatomo-pathologiquOi II fait de nom- 
breuses expériences pour contrôler les faits acquis et déterminer les 
conditions de la stase sanguine et de la cicatrisation dans les vaisseaux 
liés dans le cours des opérations. Ce mémoire se termine par les conclu-! 
sions suivantes : 

l"" Toute opération portant sur les vaisseaux doit être faite avec les 
précautions antiseptiques ; 

â* La ligature aseptique au catgut est celle qui donne le plus de sécu- 
rité pour l'occlusion des vaisseaux ; 

3*» Le caillot qui se forme après la ligature ne joue aiicun rôle actif 
dans l'oblitération du vaisseau; 

4^ Là cicatrisation définitive est due b la prolifération du tissu connec- 
tif et de Tendothélium ; 

b^ L'oblitération permanente^ dans les artères, est produite du 4* ail 
?• jour, dans les veines du 8* au 4« jour \ 

ô^" La ligature double aseptique doit être préférée à utie ligature 
unique pour les grosses artères liées au voisinage d'une collatérale el 
doit toujours être employée pour la ligature des veines variqueuses* 

â. û. 

Snr It transplantation dea mnaclea et sur la régénération dot flbr#« mnien* 
laireti par SALYIA {Riv. olim e terBpeut,^ dov. et déeembtê 1884). 

l)eâ e)cJ)Ôriéfices de Tauteur, Il résulte qiie : 

i* n est i>ossiblé de ptoûijité là ti'atispiâtitàtidh d*tu fi>a^8&t du ÛÈ^n 



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lâùBèiiUiM d'au iàitaM ènitè leâ fibres sëëtiôiltlées S*Uti âtiti^ë; qtlând 
diéme les deul anithadï âppâi^Uèhdi'àiént ft detit èàt)é6ëë diOéi'êffitëë; 

%^ Le fl^îUent de thuÉàie tfàdôplà&té ^ëtit se rêiïïiWf ooniplètéillëtli 
au muscle sur lequel 11 së greffe, pat j^t^emièi^ë Idtëniiôti, sans sUsôitëP 
d'inflammation suppuràlive bu dé nàtiii^Ô spôbiflclue. Pour qùë de fàifc se 
produise^ il faut que lé fl*agment de mtlëôlë tl^ànsplanté coililUe entière^ 
ment le vide fbi^ihê ptt^ là l-éli^àction dëë bôlilô du muscle excisé et qiië 
Topéi^tién â'aceomplisse dans les règles antiseptiques les plus rigou- 
reuses; 

8* Le réunion eitt^ë les &Wé9 IFânsplantées et celles dé ranimai suf 
lequel on a exécuté la grôfTe se {Produit ad mojf^n de la néoformation de 
jeunes fibres musculaires qui se fusionnent ensuite par continuation im- 
médiate aved les Ûbi*es gréfféës et àVec celles de i'aiiifnstl, satis qtfil l'esté 
plda tarà aucune ii^ace de séparation ] 

4*» Les fibl-es faïusculaires greffées perdent graduellemëtlt lëdrs cardé- 
lêfôs ânatomiqdës pfopi^es et preiihëtit ceuk ûei fibres de Tèltlitiiàl su^ 
lequel elles vivent; âô sorte qUë,aprês un cërlaih lettlps, Texameh inidtds- 
copitiûe le pltis attentif ne jpermet t)lus de révëlei» entre elles âtiétltlë 
différence; 

S» La fonction dU mii^clé, après là ^erfe, feë ràablit pai^fâilëmeht et 
dftns tin temps rëlatiVëMent court, sdtis la pla^ légère tëhdàticë à la fai- 
blesse oïl â la tôi^tieur. BAiiLi inÉids. 

beber dat Verkaiten von Wectionsstoffen gegaH ûbar den tardaanngsfcâftei 
(Réaction des matières ilifectieuses tur iaa sues digektift), par Ë. FRÂfilt 
{Deutsche med. Woch,^ n* 20, 1884). 

Leé sétirétibnô gâétHques peuvëtit-ëllës détruire l*éléiîieiit infectieux 
de la tlibétctilose et dU bharbont L'autëtii» fe'élait déjà proposé de ré- 
febddrë cette questibti avant là piibllcation du mémoit'e de t'alk {R. B. M., 
XXV, p. 65). 

Il pi^end de l*ëau dans laquelle dnt macéré pendant 24 heures des ttà^^ 
iiiënts dé pbumotl tuberculeux et qiii contient des bacilles en grand 
faombrë; il y ajodle soit 1/1,000 de pepsine seule, soit 1/2,000 de pepsine 
avec 0,1 0/0 d'àcîde chlot'hydHaue, soit 0,1 0/0 d'acide chlorhydrique seul, 
soit enfin 0,8 0/0 de bile de bœuf. Ces quatre différentes préparations sont 
Injectées du bout de 6 heUres dans la cavité péritonéale de lapins et de 
cobaye^ ; tous les animaux meurent tuberculeux au bout de six semaines, 
i moins qu'ils tlë succombent à des affections intercurrentes. La ma- 
tière tid)Ôrculeusë d donc fconservé Ses propriétés virulentes. Elle les 
bonserve encore en présence de 0,298 0/0 d'dcide chlorhydrique.. 

Mêmes expérieUces avec dé TeaU infe<itée par le sang d'animaux char- 
bonnelljt. Èh y ajoutant 1/1.000 de pepsine, ce UqUide tue les lapins en 
a heureë; en y ajoutant 0,3 0/0 do bile, là mort nWive qu'dprès 2 è 
4 jours. Si Ton tnel au conli-airë soit 0,^980/0 dWde chlôt-hydHque seul 
ou mélangé à 1/1,000 de pepsine, le liquide deVieUt iiUpropt^ë â ComdiU^ 
nîqdér Pinlectioti charbonneuse. 

C*ëst donc l*aci(iô ôhlobhydriqUé qui détruit le virUS du chdl*bdH,tàndls 

S'a là inêine dosô il n'exë^çàîl àUcune inttuôhcë Sur lé jpoisbh de là tii- 
fcdi(5te. 



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44 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

Le liquide charbonneux contenant seulement 0,12 0/0 d'acide chlor- 
hydrique est virulent pendant plus d*une heure; mais au bout de six 
heures il a perdu ses propriétés. On doit le considérer comme dange- 
reux pendant toute la durée de la digestion gastrique. 

En tenant compte des proportions physiologiques de l'acide chlor- 
hydrique, on peut dire que le suc gastrique n'a pas d'action désinfec- 
tante sérieuse sur les microbes de la tuberculose et du charbon. 

L. OALLIiLRD. 

De la lepticémie gangrénente, par GHAUVEAU {BulM. de FAc. de méd., 
2« série, tome XIJI, d* 34). 

L'auteur revient sur une note rédigée précédemment par lui sur ce 
sujet, en collaboration avec M. Arloing, pour répondre à quelques objec- 
tions qui lui ont été faites. Il répète que pour lui l'agent de la septicémie 
gangreneuse n'est autre que le vibrion sepiique de Pasteur. Ce vibrion 
est le type le plus complet de microbe anaérobie ; d'oii la nécessité de le 
cultiver à l'abri de Tair. On a reproché à M. Chauveau de ne pas tenir 
compte de la nature des liquides qui servent de^ véhicule. C'est une 
erreur, ainsi que le prouve Texpérience suivante. 'Que l'on prenne sur 
un âne ou un mouton, morts à la suite d'une injection intra-vasculaire de 
vims de septicémie gangreneuse, une goutte de sérosité péricardique 
ou pleurale, et qu'on l'inocule sous la peau d'un cobaye ! Celui-ci prend 
presque infailliblement une septicémie gangreneuse mortelle. Mais si la 
même sérosité est préalablement débarrassée, par fîltration, des parties 
corpusculaires, éléments cellulaires et microbes, elle peut être inoculée 
impunément à la même dose. 

C'est dans la veine-porte d'animaux morts depuis un certain temps, 
qu'il convient d'aller chercher le sang qui contient le germe du vibrion 
septique. Les ravages exercés par ce sang quand on l'introduit sous la 
peau d'un animal, ravages signalés par M. Signol et M. Pasteur, sont 
précisément les mêmes que l'on observe à la suite de l'inoculation sous- 
cutanée des sérosités infectieuses recueillies sur l'homme atteint de 
gangrène foudroyante. D'autre part, entre les formes microbiennes 
observées chez les animaux et celles de l'homme, il n'y a aucune diffé- 
rence. L'identité de nature ne saurait donc être mise en doute. 

Le fait que le vibrion septique appartient à la classe des microbes 
anaérobies explique pourquoi il ne s'inocule pas à la lancette par piqûre 
sous-épidermique, mais bien par piqûre sous-cutanée : l'inoculation sous- 
épidermique, en effet, en rapprochant de l'air atmosphérique ces microbes, 
les place dans des conditions très défavorables à l'entretien de leur 
vitalité! A plus forte raison doit-on invoquer cette cause pour expliquer 
rinnocuiié des applications de virus à la surface de plaies vives ou bour- 
geonnantes qu'on laisse complètement découvertes. Cependant, il se peut 
qu'une plaie de ce genre présente quelque recoin à l'abri de l'air où le 
germe septique trouve un admirable terrain de culture. 

C'est aussi parce que le sang contient de l'oxygène que ce liquide 
n'est pas virulent, pendant la vie, chez les sujets gangreneux. On s'explique 
de môme l'innocuité relative de l'injection du virus dans les veines, et 
les doses considérables que l'on est obligé d'employer, même pour tuer 



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PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE. 4» 

de petits animaux. Enfin, l'action de Pair ne serait pas étrangère à 
l'inactivité des sérosités filtrées. 

Quant à la prophylaxie, Timmunité s'obtient par Tinjection intra- 
veineuse du virus. Ce serait là une méthode sûre, dont Tauteur est à 
même de démontrer surabondamment refficacité.(i{. S« M. y XXIV, 424)'. 

GASTON DSCAISNE. 

MicroJ^es de la gangrène gaiente , par GHARRIN (Soc. anat, de Paris, 

90 mai 1884). 

Les expériences ont été faites avec de la sérosité sanguinolente des- 
séchée d'un âne mort de gangrène gazeuse. L'auteur insiste, dans cette 
note, sur les variétés de formes de ce micro-organisme, suivant les 
phases de son évolution. 

Plus on se rapproche du point d'inoculation, plus les bactéries abon- 
dent dans les muscles, non dans les fibres elles-mêmes, mais dans le 
tissu cellulaire environnant. Ce sont des bâtonnets â peu près semblables 
les uns aux autres, mesurant de 5 à 7 fn sur 1 à 1/2 {x de long. 

Si, au contraire, on recherche les microbes dans l'oedème du tissu 
cellulaire sous-cutané, on voit les formes varier considérablement. On 
trouve des bâtonnets différents et comme longueur et comme épaisseur, 
surtout comme longueur; quelques-uns présentent à leurs extrémités, à 
l'une de leurs extrémités, une spore soit arrondie, soit ovoïde. Au milieu 
des bacilles, on retrouve des éléments sphériques et arrondis qui sont, 
sans aucun doute, les spores détachées des bacilles. Enfin, c'est dans la 
sérosité des séreuses, du péritoine en particulier, que l'on voit les 
bacilles attemdre leur plus grande longueur, longueur telle que quelques- 
uns mesurent 40 à 60 tx. Or, qu'on inocule la sérosité du péritoine, qu'on 
inocule un fragment de muscle, qu'on inocule quelques gouttes de 
l'œdème du tissu cellulaire sous-cutané, on reproduira toujours la même 
maladie. a. c. 

Fathogénie de la tnpparation, par SOGIN et GARI (de Bftle) (Congrès français 
de chir. Semaine méd., 8 avril 1885). 

De concert avec son assistant, Gari, Socin a contrôlé les faits avancés 
par Krauss et Rosenbach (R. S. M,, XXIV, 429, 430). Ils ont 
reconnu le microbe pyogène en grappe jaune et blanc dans le pus de 
l'ostéomyélite; ils l'ont trouvé également dans le sang. Toutes leui's 
expériences pour reproduire l'pstéomyéiite par inoculation n'ont réussi 
qu'autant qu'on pratiquait en même temps une lésion traumatique des os. 

Les mêmes mjcrobes ont été rencontrés dans des abcès, des panaris. 
Sur 76 cas, le staphylococcus seul, et à l'exclusion de tout auti*e parasite, 
se trouva 68 fois. Dans les 8 autres cas, qui étaient tous des phlegmons ou 
empyèmes graves, les micrococcus en grappe se trouvèrent deux fois 
simultanément avec le streptococcus ; six fois, ce dernier existait seul. 

D'après ces observations, Tostéomyélite n'aui*ait pas d'agent spéci- 
fique : elle serait due aux mêmes agents qui produisent le furoncle, l'ab- 
cès. Pour prouver cette assertion, M. Grari s'est soumis à une expérience 
héroïque. Il s'inocula, dans trois petites places faites au bord de l'ongle, 
une peiite quantité de mici^obes d'une culture artificielle provenant du 



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4ê REVtlB t>Bfi SCilMeBa Mé»»4LSS. 

sang 4'un màÏA^e aUeiol d*QfitéoniyéUt«. Bn 14 beurûi, il sa démloppa 
un abcès sous-épidermoïdal, dont le pu8 donna pair oullure le mêmei 
microbe Jaunç. 

Dans une deuxiàipa a^périence» M. Oapi sUnoaula pap une onotian me le 
bpas tout ufi tube de Oiiltura* Dès le soir» il y avait formatian de pustules 
furonouleusesquiabûutirent, malgré rintervention, à un énorme anthrax. 
Et le pus de ces pustules, de cet anthrax^ donnait toujours par cultures le 
fn^m^ microbe jauoa- a, «. 

Pasfage de^ microbes pathogènes de la mdre aii fœtm. Note par (QUBASSQFF 

»(Comp. rend^ Acsd, des Sciences j 9 février 1885). 

L'auteup a procédé en recherchant la bactérie dans les organes du 
fœtus, pour y trouver les microbes inoculés à la mère ; à eet effet la^ 
organes étaient durcis, et on y pratiquait de^ coupes qui étaient teintes 
par la simple ou la double méthode. Cinq expériences ainsi faites ont 
donné dix-sept foetus dont le foie, la rate, les reins, le cœur, le oerveau, 
ont toujours, sans exception, présenté des bacilles charbonneux. On oon»< 
tate le plus souvent des baotéridies placées hors des vaisseaux et en 
groupes de trois à neuf petits bâtons, formant une ligne ; plus parement 
on renoontpe de petits bâtons placés séparément. Les baotéridies ont été 
eonstatées également, au moyeQ des cultures et des examens miorosoo« 
piques, dans le placenta, dans le liquide de Tamnios et du péritoine, et 
d'autres liquides du corps du fq^us. m. duvâl. 

Sulla ^euBOBita erupala aosU, par GANILI et ZAXPETfAI (Air. clin, di B^L, 

p. 40, 1884). 

L^s auteurs, ftprès avoir fftjt )q tpachéoU)inie, ftijeçtent ppcfondément k 
de§ Iftpips à l>id§ do la ^r^ngue de Praya» muRJ^ d^iwe pftRuIe éiftstiqwq 
des çraçliats pneumoniques, tuberculeux, de bronchite, et des liqui^M^ 
divers irritants ou contenant des bactéries. A Taide des crachats de 
pnauwpnie, ils obti^pnent i>Qp seul^nienj, (a ppeup^paie qrpupale, mm 
encore de la pleurésie e^ do l^ péricaji'ditp ; sl^ CQptraire,les autres liquides 
donnent des foyers inflammatoires limités. Ce n'est qu'avec les solutions 
de gomme qu'ils obtinrent des effets analpgues à ceux obtenus avec les 
crachats pneuiponicjues, et ils attribuent ce résultat â la viscosité de la 

solution. F. «ALZEQ. 

The m^rococcus of pneampi^a» par Robert MAGUIR^ {Brit, med. Journ. p. 1^26, 

décembre 1884). 

L'auteur résume Tétat des connaissances aotue|le§ sur ce sujet et 
donne le résumé de ses observatpns. Il fait d'abord pemarquep que poo? 
voir distinctement le raicrocoque de la pneumonie il faut colorer sue* 
cessivement les préparations par le violet gentiane d'aniline, puis pap 
une solution d'iode iodurée, enfin iBs traiter par l'aloool absolu, qui 
enlève le violet, sauf au niveau des microcoques. 

Lies examens microscopiques de Tauteur portent sur iO ca^ de pneu« 
monio 1 ehez tous, il a trouvé IJ3 pneuqnoeooous, av^e les paptiouMtèi 
sttivantss : groupement deux k deux en ferme de diplaoequ^, p ^é ap nes 



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# 



sangiiiiï, et jnoculation pre^qnp capjpiop php? lft§ pJiieo^ PJ las SQHFJS, qu| 
contractent des pneumonies tandis que les lapins y sont réfractaires. 
Ceci est d'autant plus intéressant, qu'il y a comme un antagonisme 
entre la tuberculose et la pneumonie chea ces animaux, les lapins deve- 
nant tuberculeux avec la plus grande facilité, tandis que les chiens sont 
relativement réfractaires. h. r. ' 

Sur la préQ^pco Hbb micrococc) pn6afl|onimi68 dans la broncho-pnaan^onie fié la 
roaj^aqle, paf ||UlfBROSA (Progrès aédical, 11-18 octobre 1884). 

Des ooupes de parties hépatiséesd'un poumon d'enfent mort de rougeole 
furent placées 24 heures dans le bleu d'Hertesberg et dans le violet 
d'Ehrlich, puis dans la solution iodée, et lavées dans Tenu distillée; elle^ 
furent alors, les premières, décolorées par l'alcool absolu et l'essence de 
girofle, les autres colorées par l'éosine, puis décolorées de même. Dans 
toutes ces préparations l'auteur a trouvé : 4» des micrococci ronds, les uns 
plus petits, les autres plus gros; 2® des micrococci ovoïdes, accolés très 
souvent 4qw k d^m* il ^n coftclut qu'il p'y a pas de différence dp (oriflg§ 
eptTQ les iqûcfocpçci et ceux que |'oo reppgntrp 4^s 1^ pg^ui^onie 
lobaire. 

De nouvelles recherches sur deux cas de rougeole et deux de diphtérie 
termipéspar de^ bfpRchopneumoqies Qn| poRflrmé pptli^ Ppin^o» ; il a trouvé 
la capsule de cep njjoropocci ep traitant les pièces par J^acét^le de potasse, 
nouvelle preuye 4'identité de forpps. Jl R'a4ipe^ pas pependapf, que cQg 
mjcrooppci ^e la brQnchopaeufftpni^ aient l^^ n^ôm§§ prppriété^'biolQ-: 
gicp^ps que peux 4e Iq pneumoqie lobaire; de§ expérieyxoi^f faites. ^ur 4^9 
animai^ ftyeç 4ps itJUltwres P^t tPUtQS doflné de^ résultats ijiéptifSf 

«fmT0Ua« B99tHê^m pom^traiivof §^T rtnofiOiihiUM Aa le /|fi»oM^,^t i$ ]% 

% DQW0mPr0 iW)- 

Pans cette npje^ Arioing relate «Jivprs^ps eypérie^çep d'iqooul^tion 
de ganglioQ struroeux 4 des lapinp et à 4©? cp^ay^s. I^p pfmglJQfl^ p,^- 
séeux au centre, extirpé le matin môipe syr ua jeune ppi-pfuleuXj (flt 
réduit pn jpulpe et Ip suc fut iuopulé sou^ |a pe^u 4e dix lapine et, 4p 4iï 
cojbayes (^gouttes par sujet). Deux inpi^ plu3 tard tous les cobaye^, uiprtfi 
dans le pour§ dç cette période ou immolés, ont présenté 4p§ gausplioi^ 
hypertrophié^ caséeux, des tubercules de la rate pt du pou^ou. L^§ diîj 
lapin^ u'ont offert aucune trj^p 4e tuberpuUsatiou viscérale on jgrangljpRr 
naire. 

Dans une seconde expérience, Tinoculation fut faite daqs le péritoiu^ 
^yec le suc d'un jfangUon pris sur le mêjpe W^ade (deux gputtes 4'in- 
jeptioq). JLiO résultat fut le mêiue qu'avec riuocujatioa spus-cut^ftée j 
tous le3 cobfi^eç présentaieut rhypert^ophi/^ de^ gangliou§ ; tou§ les l^^ 
pins étaient iudemue^, 

Ce» résultats paraissent ^ u^turp à Jufitiflpr dftps m^p çprt^Jae we^i 

BW h 4i§tin6ti9« <m'PR éN^wt 9» pUeiflue, g'pgit-il de 4em: vini§ 4»^- 



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4i REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

férents ? la scrofule est-elle le résultat d'un virus atténue, modifié. L'au- 
teur poursuit des recherches sur ce point délicat. a. cartaz. 

Nota lur U microbe dos oreillons, par BOUfET {Lyoo méd., l** mûrs 1885). 

L'auteur a fait ses recherches dans le laboratoire de Chauveau, sur le 
sang de 15 malades. U a constamment trouvé les microbes de Capitan 
et Charrin. Contrairement à l'opinion de ces observateurs, il a trouvé le 
nombre des micrococci plus abondant dans les fonnes d'oreillons com- 
pliquées. Chez un malade atteint, secondairement, d'abcès de la nuque, il 
a trouvé dans le pus des micrococci soii en chapelets, soit en zoogloées. 

Ces microbes ont été cultivés et le liquide de culture inoculé dans la 
parotide et la tunique vaginale de cobayes, de lapins ; le liquide de la 
3« génération n'a rien donné, celui delà i* a amené une vaginalite suppu- 
rée, de la péritonite avec sérosité puiniiente et dans les organes atteints 
on retrouve les micrococci caractéristiques. a. c. 

0eber Pseudo -infection bel Frôschen (D'une pseado-infection des grenouilles.— 
Contribution à l'étude de la question du jéquirity), par SALOMONSEN et 
C.-D. HOLINFELD {Fortschritte der Medicin, d' 19, !•' octobre 1884). 

S. et H. ont repris les expériences de Cornîl et Berlioz sur l'empoi- 
sonnement par les bacilles de macération du jéquirity; ils pensent que 
les bacilles ne sont pas l'élément pathogène, mais que le poison con- 
tenu dans les graines du jéquirity agit seul. En effet, que les infusions 
soient ou non stérilisées, l'effet produit est toujours le même; en outre, 
les cultures faites avec les bacilles trouvés dans le sang des grenouilles 
empoisonnées, sont toujours restées inactives. 

Si le sang d'une grenouille empoisonnée est toxique, c'est lorsque le 
poison a éié injecté à hautes doses, et il ne l'est plus, si les solutions 
employées sont au contraire à un degré élevé de dilution. C'est là pro- 
bablement la cause des résultats différents auxquels sont arrivés ces 
auteurs. 

Les bacilles trouvés dans le sang n'ont pas tous le même aspect; quel- 
quefois ils existent en grande quantité, tandis que dans d'autres cas ils 
sont en très petit nombre. S. et H. pensent que ces bacilles, lorsqu'on 
emploie des solutions non stérilisées, proviennent de ceu>; qui existent 
dans ces solutions; lorsque les macérations employées sont stérilisées, 
les organismes que Ton trouve dans le sang pénètrent parla plaie d'ino- 
culation et proviennent de T-eau ou de la vase où l'on a placé les gre- 
nouilles. En effet, il est beaucoup plus facile, quand on opèie sur des 
animaux, tels que des souris, des lapins, etc. , de constater l'absence de 
tout bacille dans le sang. 

Des macérations de jéquirity associc^es à des liquides provenant de 
cultures de micrococcus prodigiosus, de bacillus cyanogenus et de mi- 
crococcus incolores, produisirent toujours les mêmes effets, lorsqu'on 
les injectait sous la peau de grenouilles et Ton retrouvait toujours dans 
le sang les organismes caractéristiques qui leur avaient été associés. 

On sait que la macération du jéquirity est inaclive après une coction 



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PATHOLOGIE EXPERIMENTALE. 49 

prolongée; lorsque, dans ces conditions, on lui associait du liquide pro- 
venant de cultures des bacilles précédents, on n'observait aucun phéno- 
mène particulier sur la grenouille inoculée, et le sang examiné ne conte- 
nait aucune bactérie. Le jéquirity transforme donc Torganisme en un 
milieu de culture favorable pour ces dernières; est-ce grâce à des modi- 
fications chimiques du plasma sanguin, à une faiblesse croissante du 
cœur, ou à quelque autre cause qu'on voit, en pareilles circonstances, se 
développer dans le sang une si grande quantité de bacilles? La question 
ne peut être encore résolue. Il faut se rappeler que Rossbach a vu quelque 
chose d'analogue se produire à la suite d'injections intraveineuses de 
papayotine. Quoi qu*il en soit, il semble donc que dans l'empoisonnement 
par le jéquirity le bacille n'est qu'un élément secondaire, sans aucun 
rôle pathogène; le sang lui-même est un toxique, mais il n'est pas viru- 
lent. W. OETTUJGER. 

Le microbe de la flôvre jaune. Inoculation préventive, par Domingot FREIRE et 
REBOURGEON (Ba//. Soc. bioL,S novembre 1884). 

D'après Freire, la fièvre jaune est engendrée par la présence dans le 
sang d'un cryptocoque qui subit très rapidement un certain nombre de 
transformations, dont l'une a pour but la formation d'une ptomaïne, que 
l'on trouve dans les matières noirâtres du vomissement et dans les déjec- 
tions; c*est par la culture de ce micro-organisme que l'auteur est par- 
venu, d'une part, à obtenir ces résultats expérimentaux, et, d'autre part, 
à former un liquide atténué, dont Tinoculation préventive confère une 
immunité, sui* la durée de laquelle il est encore impossible de se pro- 
noncer. 

Carmona, de Mexico (Rev. de med. y cirurg.^ février 1882), avait 
déjà cherché à établir les caractères d'un champignon qu'il nommait 
Peronospora lutea, qu'on trouvait dans le sang, l'urine et les vomisse- 
ments des malades. Il avait noté que cet élément de la fièvre jaune se 
présentait sous forme de granulations ovoïdes, jaunâtres, avec des pro- 
longements dilatés qu'il appelle des oogones. ozennb. 

Znr JBtiologie der puerperalen Mastitis, par E. BUM M {Arcbiv fur Gynmkologie, 

Band XXIV, Hefl. 2). 

Dans le pus d'un abcès de la mamelle, l'auteur a trouvé un micro- 
coccus ressemblant au gonococcus : il est formé de deux moitiés hémi- 
sphériques se regardant par une face plane et séparées par un mince 
intervalle ; il mesure 2,64 d'un pôle à l'autre : il se colore facilement par 
Taniline. 11 se cultive dans le sérum de sang de mouton et l'extrait de 
peptone gélatineux. L'moculation que l'auteur s'est faite à lui-même et 
a pratiqué à deux autres personnes a produit une tuméfaction avec sup- 
puration atteignant, du 14» au 20« jour, le volume d'un poing d'adulte. 
On a retrouvé le micrococcus dans le pus de cet abcès. L'auteur pense 
que, chez la femme sur laquelle il avait été primitivement recueilli, 
l'infection a eu heu par les canaux galactophores; les seins avaient été 
surveillés très atientivement et n'avaient présenté à aucun moment 
d'excoriation. L'auteur a rencontré ce même micrococcus dans les lochies 
et la cystite puerpérale : il l'avait trouvé aussi, mais à l'état isolé, dans 
la sécrétion vaginale de la femme atteinte de mammite. h. db brinou. 

TRkniÈMS AMMBE, ~ T. XXVI. 4 



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50 REVUE DES SCrENCES MEDICALES. 

Ueber den Einflnst der Leberexstirpation auf den Stolfwechsol (]>• rinfl«eao# 
de l'extirpation du foie sur les échanges nutritifs), par MUIKOWSKI {Centrêlbl^ 
f. die med, Wissenscb.^ n* 2, 1885). 

Chez les oiseaux, la veine de Jacobson qui sert d'anastomose entre les 
systèmes portes hépatique et rénal étant très développée, Tinlerruptioa 
de la circulation du foie ne donne pas lieu à une congestion des viscères 
abdominaux très accusée; c'est pour ce motif que Minkowski a choisi Toie 
comme sujet de ses expériences relatives à Tinfluence qu'exerce sur la 
nutrition soit Tablation du foie, soit la ligature de ses vaisseaux. 

Immédiatement après cette opération il n'y a guère de manifestations 
anormales ; au bout de 8 à 10 heures les animaux tombent dans le collap- 
sus et succombent; pendant la survie, les urines, au lieu d'être 
troubles comme à l'état physiologique, sont rendues très claires, limpides; 
Tacide urique s'abaisse au 20'' ou au 30« de son chiffi-e normal. Pa^ 
contre les urines renferment une proportion U'ôs notable d'acide lactique, 
et l'excrétion d'ammoniaque augmente d'une manière très sensible; en ce 
qui concerne l'urée, Minkowski ne peut se prononcer. l. d.-b. 

Recherches sur les variations de l'urée du sang dans différentes maladies, par 
MEIGE (Thhse de PariSy n- 109, 1885). 

Sans aborder la question des propriétés toxiques de Turée, cette très 
consciencieuse dissertation inaugurale étudie au point de vue clinique les 
dosages de Furée dans le sang, dosages qui, d'après l'auteur, rendraient 
beaucoup plus évidents et plus certains le diagnostic et surtout le pronos- 
tic d'un grand nombre d'affections. Malheureusement, dans ce travail 
quelques-unes seulement de ces affections sont passées en revue. 

En ce qui touche la rétention d'urine tout d'abord, l'auteur a institué 
en collaboration avec M. Quinquaud, une série d'expériences sur les 
chiens: il a vu ainsi que la quantité d'urée commençait à augmenter 
dans le sang seulement le troisième jour après la ligature de Turetère* 
mais que celte augmentation, toujours croissante, précédait la mort de 
24 ou de 36 heures. Puis, passant du domaine de l'expérimentation à 
celui de la clinique, il a reconnu, à l'aide d'un certain nombre d'obser- 
vations, que l'accumulation d'urée se faisait également dans le sang des 
malades atteints de rétention d'urine, et que cette accumulation était d'ua 
très mauvais pronostic. 

Il en est de môme de la pneumonie, dont la terminaison est toujours et 
rapidement fatale, quand les proportions d'urée dans le sang au'^men- 
tant d'une façon notable. ° ^ 

Dans la néphrite avec urémie, la nature de l'affection, qui n'est sou- 
vent que soupçonnée, est rendue évidente par la plus grande quantité 
d'urée contenue dans le sang, et le pronostic est d'autant plus grave quo 
cette quantité s'accroît davantage, comme d'ailleurs dans l'érysipèle de 
la face et dans certaines formes d'hémorragie cérébrale et de ramollis- 
sement. 

En somme, il y aurait toujours état très grave et mort presque immi- 
nente lorsque l'urée atteint dans le sang un chiffre six à sept fois plus 
grawl qu'à Tétat normal . ^^ j^j„j^ 



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PXIilOLOeiB EXPBiaMBNTALB. 51 

Ueber die Innenration der Vagin» bei Kaninchen, par Heliodor Y. SWiEGIGKI 

(Zeilschrjft fur Geburtsbùlfe and Gynakologie^ Band X, Heft 2;. 

L'auteup rend compte d'expériences qu*il a faites sous la direction de 
Kronecker, sur des lapines, en employant la méthode graphique. 

!• La pipéridine, injectée dans la jugulaire en scJulion au l/lOO', 
augmente Ténergie des contractions vaginales ; et cet accroissement est 
proportionnel à la dose employée. La respiration et la fréquence du pouls 
sont en môme temps augmentées; de sorte que cette substance doit être 
considérée comme excitant les centres moteurs de la respiration, de la 
circulation et de la conlractilité vaginale. La dose employée était de 
2 centigrammes, mais l'action de 5 milligrammes était déjà très 
manifeste. 

2* La conine à la dose de 1 centigramme augmente la durée, la firé* 
quenee, et dans certains cas l'énergie des contractions vaginales. Cette 
substance jouit en même temps d'une action tonique, par suite de laquelle 
dans Tinlervalle des contractions les parois vaginales ne retoml)ent pas 
au repos complet. 

8* L'élher (en inspirations) rend les contractions plus fréquentes. Le 
mélange de 1/4 d'éther avec 3/4 d'air rend les contractions plus fortes, 
plus fréquentes et plus régulières : le mélange de 2/8 d'éther avec 
1/8 d'air fait cesser complètement les contractions après quelques con- 
tractions lentes et irrégulières. 

4*» Le citrate d'ergotine (Gehc) n'a aucune action sur la contractilité 
vaginale : l'acide sclérotinique produit des contractions très énergiques. 

Ces expériences tendent à démontrer que la contractilité vaginale est 
mise en activité ou régularisée par l'innervation centrale, et que les 
excitations périphériques de nature mécanique ou chimique n'ont aucune 
influence sur elle. 

Une seconde série d'expériences est consacrée à établir l'indépendance 
d'innervation entre le segment inférieur et le segment supérieur du 
vagin. Les tracés montrent que les deux segments se contractent à inter- 
valles égaux ; que l'un commence à se contracter, lorsque la contraction 
s'achève dans le second : que l'un des segments peut avoir dans le 
même intervalle des contractions plus fortes ou plus fréquentes que 
l'autre. D'une manière générale, le segment supérieur est plus excitable 
que le segment inférieur, l'innervation centrale agit sur le segment 
supérieur avant d'atteindre le segment inférieur. 

La contractilité vaginale est assimilable à la contractilité œsophagienne, 
à la contractibilité cardiaque : le vagin occupe à ce point de vue un rang 
intermédiaire entre l'cesophage et le cœur. h. de brlnok. 



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&2 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 



TOXICOLOGIE ET PHARMACOLOGIE. 



Ueber dts Pellêtierin, par W. Ton SGHRŒDER {Arebir fur experim. Pathologie 
und Pharmak., Baad XVJII, H.b et6, p. 881). 

Les recherches expérimentales de von Schrœder démontrent que la 
pelletiérine en injections sous-cutanées et à la dose de O^^Oi à 0^,02 
détermine chez les grenouilles une exagération marquée du pouvoir ex- 
cito-moteur, qui se manifeste au bout de dix à trente minutes, pour at- 
teindre son apogée dans le courant du second ou du troisième jour et ne 
disparaître que vers le cinquième ou le sixième. 

Cette exagération est telle, qu'elle se traduit par des accès de tétanie 
mais des accès de courte durée. Elle apparaît aussi bien chez les animaux 
dont Tencéphale se trouve isolé de la moelle par une section traumatique, 
que chez les animaux intacts ; elle est donc le résultat d'une action de 
la pelletiérine sur la substance grise de la moelle. La pelletiérine exerce 
d'ailleurs sur le cerveau une action paralysante de durée beaucoup plus 
courte. En outre, elle agit sur les muscles, et celte action est surtout ma- 
nifeste quand le poison est administré à fortes doses. Voici par quels 
phénomènes elle se traduit : Quand on met la grenouille empoisonnée 
parla pelletiérine dans la nécessité de faire un saut, sitôt le mouvement 
exécuté, on voit Tanimal rester couché pendant quelque temps avec les 
pattes en extension. En d'autres termes, les choses se passent comme 
dans les cas d'empoisonnement par la véralrine, si ce n'est qu'avec la 
pelletiérine l'effet est moins durable; le raccourcissement des muscles 
s'opère avec la vitesse normale, tandis que leur allongement est ralenti. 
Cet effet persiste un jour et se dissipe ensuile. Il fait défaut lorsqu'on 
soustrait les muscles d'une patte à l'action directe de la pelletiérine, en 
liant l'artère destinée à ce membre. 

Quand on injecte des doses plus fortes (08%0i à 0Jff,06), l'exagération 
du pouvoir excito-moteur dure beaucoup moins longtemps pour faire place 
à la paralysie musculaire avec arrêt de la respiration. La paralysie motrice 
est due en partie à une action directe du poison sur la substance muscu- 
laire, en partie à une action comparable à celle du curare et qui s'exerce 
sur les terminaisons des nerfs moteurs, cette dernière action n'étant bien 
accusée que quand on emploie de fortes doses. 

La pelletiérine ralentit les battements du cœur de la grenouille. Cette 
action est indépendante du tronc du nerf vague, car elle se manifeste en- 
core sur le cœur atropinisé. La pelletiérine réveille les contractions du 
muscle cardiaque arrêté en systole sous l'influence de la muscarine. 

Les recherches de von Schrœder démontrent que ce résultat est dû à la 
paralysation des extrémités terminales du nerf vague. 

Chez les animaux à sang chaud, la pelletiérine agit également sur la 
moelle en exagérant le pouvoir réflexe ; elle agit en outre sur le cervelet, 



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TOXICOLOGIE ET PHARMACOLOGIE. t8 

pour produire des troubles de la locomotion. En outre elle excite le 
centre vaso-moteur et paralyse le nerf vague. 

Enfin l'auteur rappelle que d'après l es expériences cliniques consi- 
gnées dans la thèse de Rochemure (Paris, 1879) les effets toxiques de la 
peiletiérine se manifestent chez Thomme par du vertige, des troubles de 
la vue, delà faiblesse dans les membres inférieurs, et, d'une façon moins 
constante, par des nausées, des vomissements, des secousses convulsives 
et des crampes dans certains gi*oupes de muscles, principalement dans 
ceux des mollets. 

Von Schrœder a étudié lui-môme l'action de la peiletiérine sur des 
tsenias recueillis dans les intestins de chats récemment sacrifiés. Ces tae- 
nias étaient conservés dans de l'eau maintenue à la température de 37^ et 
renfermant 1 0/0 de chlorure de sodium et 0,1 0/0 de carbonate de soude, 
milieu dans lequel ils continuent de vivre pendant plusieurs jours. En 
ajoutant de la peiletiérine au liquide dans la proportion de 1 sur 10,000, 
les taenias étaient sans vie déjà au bout de cinq minutes. En les transva- 
sant dans une solution fraîche de chlorure de sodium, les parasites repre- 
naient vie au bout de 15 à 30 minutes. Mais quand le tsenia avait été au 
contact du parasiticide pen<lant plus de dix minutes, il était irrémédia- 
blement privé de vie. 

L'auteur rend compte ensuite des expériences qui ont été faites dans 
les hôpitaux de Paris pour éprouver l'action tœnifuge de la peiletiérine. 
Il ajoute qu'il a pu se convaincre d'une façon directe que, contrairement 
aux assertions de Kamnitzer, la décoction de racine de grenadier ren- 
ferme bien une certaine quantité de peiletiérine, qu'elle n'est donc pas 
redevable de son action tœnifiige à la présence de l'acide tannique. Von 
Schrœder «lonne les indications suivantes, pour la préparation d'une dé- 
coction d'écorce de grenadier, dépourvue du goût répugnant de la dé- 
coction ordinaire, aussi efficace et moins coûteuse que la peiletiérine. 
Après avoir réduit Técorce en fragments menus, on la met en suspension 
dans de l'eau qu'on chauffe au bain-marie pendant une heure environ, 
pour être sûr que tous les alcaloïdes se seront dissous. On laisse refroi- 
dir le liquide et on y ajoute du lait de chaux, jusqu'à sursaturation. Le 
liquide prend ainsi une consistance de bouillie. On filtre, en prenant soin 
de bien laver le résidu de la filtration. Le liquide qui passe est très lim- 
pide, d'une teinte jaunâtre, d'une réaction alcaline; on le neutralise avec 
de Tacide sulfurique. Le liquide renferme l'alcaloïde en totalité, l'acide 
tannique étant resté sur le filtreà l'état de tannale de chaux. Aussi la dé- 
coction ainsi préparée n'a-t-elle pas la savair astringente de la décoc- 
tion commune; l'addition d'un correctif (limonade) lui communiquera un 
goût très supportable. Si l'on tient à débarrasser le liquide du sulfate de 
chaux qu'il renferme, on y ajoutera un peu de phosphate acide de soude 
et on filtrera une seconde fois. Il est préférable d'ajouter simplement à 
.la décoction 2 à 3 giammes d'acide tannique,pour empêcher l'absorption 
de la peiletiérine dans l'estomac. e. ricklin. 

Contribution à Tétudo botanique, physiologique et thérapeutique de l'Euphorbia 
piluUfera, par MARSSET [Thèse de Paris, 1884). 

Le principe actif de VEuphorbia pilulifera est soluble dans l'eau et 

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fi4 RBVUE DBS SaSNCES MEDICALES. 

Talood étendu, insoluble ou peu soluble dang l'étbar, le c^orofonne» le 
sulfure de carbone et l'essence de téi^ébentine. 

U est toxique à faible dose pour les petits aniitiaux, qu'il 4ae par airêt 
des mouvenaents respiratoires et des baitemenls caMiaques, accélérés 
d'abwd, puis ralentis graduelleraent sous soninfluenoe. Il paraît a^ir par 
action directe sur les centres respiratoire et cardiaque. 11 laisse intacts 
les autres appareils. 

Il paraît s'éliminer par le foie. Ses effets ne s'accumulent pas. 

Localement, il est sans action sur la peau et les muqueuses, sauf la 
muqueuse gastrique, qu'il irrite. 

Il donne de bons résultats dans les accès de dyspnée causés par Tasth- 
me, l'emphysème ou la bronchite chronique. Il doit être employé à doses 
quotidiennes correspondant au plus à un gramme de la plante sèche et 
pris dans un véhicule aqueux abondant, de pi'éféreace au commencement 
des repas. bizils rsHis. 

GoBtribation à Tétnée pharmaoologiqiie d« la oigniS (ceaimm nacvlatam), par 
LEPAGC {BnJhL de /Ac. de méd,, «• série, tome XIII, d* 50). 

Après avoir rappelé les recherches d'Orfila sur l'action des différentes 
parties de cette plante, l'auteur donne les résultats des expériences qu'il 
a entreprises lui-même depuis deux ans sur le même sujet : il aiTive 
aux conclusions suivantes. 

1" La racine de cigiie récoltée au mois de Eiars, alors que la plante 
est encore peu développée, ne contient que des quantités extrêmement 
minimes d'alcaloïdes. 

2o U en est de môme de oelie qu'on récolte au mois de mai, quoique 
à cette époque, où la»plante est en pleine végétation, les feuilles et les 
tiges en contiennent en très notable quantité. 

3^ Au mois de juiA, vers la un, les résultats oui été les même» qu*en 
mars et mai. 

4** Les racines de jeunes plantes de l'année, récoltées au mois de sep- 
tembre, ont toujours été trouvées plus riches en alcaloïdes que celles de 
deux ans. 

S^" C'est surtout dans les fruits que Ton rencontre la conicine ea plus 
grande quantité. 

6« On ne trouve pas d'alcaloïdes dans l'huile préparée par coction avec 
les racines réduites en pulpe, tandis que celle obtenue avec les autres 
parties de la plante en contient toujours on notable quantité : 

L'auteur s'est servi pour ses expériences soit d*exlraits d'alcoolatures 
des racines froides^ soit d'extraits alcooliques de racines préalablen^nt 
séchées. cjoston pscaisns» 

Hydrochlorate of hydrastino, par Robert SATTLER {Afb<f« iS^ws, Si Jêmriw. 

4885). 

L'auteur a pu se procurer des sels bien définis des alcaloïdes de Thy- 
drastis canadensis, le aulfate de berbérine et rhydrocblorate d'hydras- 
tine. Le premier n'a pas donné de résultats thérapeutiques bien marqués 
et ses incoavénients i*ont fait abandonner^ Uhydrochlorate d*bydrasUne, 



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TOXIGOIXMSIË ET PiURMAC(HiO(H£L 65 

au contraire, en solution à 1 ou 2 0/0, détermine une irritation très vive 
<le Tappareii oculaire, spécialement de la conjonctive. 

S... pense que cet agent doit convenir dans les Xorioes de conjonctivite 
liyperénxique granuleuse où Ton cherche la résorption des exsudais, des 
granulations par une inflammation modérée. Les résultats de ses pre^ 
miers essais sont satisfaisants, aus^i bien dans les coigonotivites graau<- 
leuses que dans les formes purulentes catarrhales ; dans Tophtalmie des 
nouveau-nés, Tauteui' Ta également employée, mais toujours conjointe- 
ment avec la solution de nitrate d'argent, a. c. 

VtbêT EraatimiUal dar Bigitalis (Les fuceédtttés d« la digitale) , far 
H. FALKENHEIM [D. Arch.f. klia. Med, Bsnd XXXVI, Helï 1 ûl 2, p. 84). 

n est question dans ce travail du convallaria maialis et de rhellébo- 
réine. Pour étudier le convallaria, Tauteur a employé une infusion de 
fleurs choisies. Les tiges ont été rejetées : grâce à cette précaution dans 
la préparation de Tinfusion, les résultats obtenus expérimentalement sur 
la grenouille ont été analogues à ceux qu'ont fait connaître à Sainl-Péters- 
bourge Botkine et ses élèves. 

Sur les malades, il a semblé à Tauteur que les résultats thérapeutiques 
obtenus étaient ti*ès contestables. Il insiste surtout sur la difficulté de ré- 
gler le dosage de Tinfusion. Il est assez curieux de constater que les ob- 
servations qu'il a publiées plaident ensensconti*airedeses conclusions : 
il suffit de jeter un coup d'œil sur les courbes qu'il donne de la quantité 
des urines émises poui* reconnaître que Tadministration du convallaria a 
été suivie dans les divers cas d'une diurèse ti*ès accentuée. 

Les courbes qui concernent rhelléboréine sont beaucoup moins nettes, 
et nous faisons moins de difficulté à nous associer aux réserves que for- 
mule l'auteur sur la valear thérapeutique de cette substance dans les 
affections du cœur. à. ¥. 

Remarks on the therapeutic action of the aconitum ferez, or indian aconite, 
par H. GULLIMORE {BriL med.Journ.^ p. 1275. décembre 1884). 

L'aconilum ferox est une plante de l'Himalaya, extrêmement toxique 
«et employée de temps immémorial par les Indiens pour empoisonner les 
flèches. Comme les autres espèces, elle présente une racine tubéreuse 
•qui renferme de l'aconitine à haute dose. 

Des expériences faites par l'auteur sur lui-même et sur des malades 
au moyen de la teinture alcoolique il conclut à l'identité presque com- 
plète avec l'aconit napel. Ainsi il retrouve ces phénomènes d'engourdis- 
aement des lèvres et de la langue» e^te sensation de constriction dœ 
Siembres» cet abaisseflieat de température avec affaiblissement du oou 
et tendance syncopale, que Ton a signalés dans Tintoxication par l'aconit 
napel; il constate également les boos effets du médicament dans les né- 
mnlgies^ à des doses très faibles (de 1 à gouttes); les seules différences 
jK)ntl0S suivantes : d'après l'auteur» Taconitum ferox serait plus diurétique 
^ moins diapbovétique, et il abaisserait moins franchement la terapér- 
jrature. Cooame aoestbésique che& les goutteux et les rhumatisants^ il 
.serait supérieur à l'aconit napel» tandis que comme N^aso-niépresseur il 
«Mail i«oin^ d'at^liM. 



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66 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

Dans les deux cas les phénomènes toxiques sonl les mêmes. 

Signalons en terminant une propriété peu connue d'une espèce d'aco- 
nit voisine, A, heterophyllum. Ce serait un puissant tonique génital, 
employé comme aphrodisiaque en Orient. L'auteur n'a pas d'expérience 
personnelle à cet égard, mais il rappelle que le rajah de Burmah, pos- 
sesseur de 70 femmes, tenait cette plante en haute estime, circonstance, 
dit-il, qui donne à l'opinion dudit rajah une valeur expérimentale consi- 
dérable. H. R. 

Action du sulfata de cinchonamina sur la circulation ai las sécrétions, par 
G. SÉE et BOGHEFONTAINE {Compt, rend, Acad. des Seienees, 2 mars 



Le sulfate de cinchonamine exerce sur le cœur une action paralysante 
dinstolique; mais cette substance n'arrête pas l'effet produit par la 
digitaline : il n'y a donc pas d'antagonisme vrai entre ces deux agents, 
car on ne peut pas non plus rappeler, avec la digitaline, les mouvements 
du cœur arrêtés au moyen du sulfate de cinchonamine. Mais ces deux 
substances exercent vis-à-vis l'une de l'autre une action suspensive, 
c'esl-à-dire qu'en injectant chez une grenouille, sous la peau d'une 
patte postérieure, une dose de cinchonamine capable d'arrêter le cœur en 
diastole, et sous l'autre patte une dose de digitaline arrêtant le cœur en 
systole, on voit le cœur continuer à battre régulièrement pendant une 
journée ; Tanimal succombe à l'empoisonnement des centres nerveux par 
la cinchonamine. La cinchonamine produit une abondante sécrétion 
salivaire; elle ne paraît pas modifier sensiblement la sécrétion biliaire, 
ni surtout la sécrétion pancréatique. Elle augmente la sécrétion salivaire 
par suite d'une action sur la glande elle-même et indépendamment d'une 
influence sur le système nerveux central. Enfin elle produit des phéno- 
mènes convulsifs qui sont précédés d'un abaissement de la pression 
sanguine et s'accompagnent de troubles cérébraux ressemblant à des 
hallucinations (expériences sur le chien.) m. duval. 

L ^ Thallin ein neues Àntipyreticum par JAKSGH (Soc. des méd, de Fieniie, 

31 octobre 1884). 

IL — La Tallina, nuovo antipiritico, par HIN6AZZINI (Lo SpallaDzani^ mars 

1885). 

IIL — Sur azione fisiologica dalla tallina, par PISENTI [Annali di chimica, mars 

i885). 

L — En étudiant les propriétés des bases de la quinoline, Jaksch en a 
trouvé une, la trétrahydroparachinasilole, qu'il considère comme un re- 
marquable antipyrétique. Il la désigne, avec Skrup, sous le nom de 
thalline. 

Les sels de thalline sont solubles dans l'eau, ont une réaction acide 
et jouissent de la propriété de se décomposer sous l'influence du per- 
chlorure de fer en fournissant une coloration verte. Jaksch a utilisé le 
sulfate, le chlorhydrate et le tartrate, ainsi qu'un dérivé d'une autre 
base le sulfate d'éthylthalline. Dans 86 cas d'affections fébriles, pneumo- 
nie, érysipèle, fièvre typhoïde, rougeole, rhumatisme articulaire, il a 
obtenu, avec des doses de 25, 50 et 75 centigrammes des résultats 



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TOXICOLOGIE ET PHARMACOLOGIE. ^7 

satisfaisants. Le médicament abaisse rapidement la température. Com- 
paré à la kairine, à la quinoline et aux autres corps analogues, il a 
Tavantage de faire durer plus longtemps l'apyrexie et de provoquer 
moins d'accidents : quelquefois il provoque de légères sueurs, dans des 
cas très rares un peu de frissonnement, jamais d'autre phénomène. 

L'urine des malades devient brune après l'ingestion de la thalline, et 
le perchlorure de fer y détermine une coloration rouge. 

IL — Mingazzini a employé le tartrate et le sulfate et a constaté l'effet 
annoncé par Jaksch, abaissement de température. Il a administré le mé- 
dicament par la voie stomacale, par la voie rectale et en injections 
hypodermiques à la dose de 10 centigrammes. Les effets seraient aussi 
prononcés qu'avec une dose triple ingérée par l'estomac. 

IIL — Pisenti a également fait usage des injections hypodermiques et 
les trouve exemptes de tout danger. l. galliard. 

La thallina coinmt antipyrétique, par ALEXANDER {Cent, /. klin, Med.^ 

7 février 1885). 

Dans presque tous les cas, sous l'influence de la thalline, le pouls 
diminue de fréquence en même temps que la température s'abaisse. Le 
pouls se ralentit moins vite que la température ne baisse; cet abaisse- 
ment est suivi, la plupart du temps, de sueurs profuses ; dans un cas de 
phtisie, la sudation a complètement fait défaut. La durée de l'abaisse- 
ment thermométrique est en général de 2 à 3 heures. a. g. 

I. — La easeara sagrada {Bhamnus purshiana), par ETMERI (Thèse de PariSf 

1884). 

II. — Idem, par LANDOWSKI (Union méd., 1885). 

I et IL — L'écorce du Rhamnus purshiana administrée à faibles doses, 
soit sous fonne de poudre, soit sous forme d'extrait fluide, possède une 
action purgative. Cette action purgative, utilisée dans le traitement de la 
constipation habituelle rebelle, donne des résultats satisfaisants et amène 
presque toujours une guérison définitive. 

La cascara sagrada a sur les autres laxatifs cet avantage immense de 
ne donner ni diarrhée, ni coliques, de ne déterminer ni nausées, ni 
troubles d'aucune sorte. b. féris. 

Quelques recherches sur les effets physiologiques du ohandoo (opium des fu- 
meurs), par H. NICOLAS (Th, Montpellier, n* 2t, 1884). 

L'auteur a étudié sur lui-même les effets physiologiques immédiats du 
cbandoo, il les a observés aussi sur des officiers qui fumaient par curio- 
sité ou par passe-temps. Il a eu, pendant deux années l'occasion de voir 
les effets éloignés produits par cette substance sur des Annamites et des 
Chinois, depuis longtemps adonnés à cette habitude, et c'est le résultat 
de ses recherches ou observations qu'il a pris pour sujet de sa disserta- 
tion inaugurale. 

Le D' Nicolas passe successivement en revue les effets du chandoo 
sur les divers appareils et sur les principales fonctions. Son travail tend 



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t$ REVUE BE8 SCIENCES Ml^mCALEI^ 

à prouver que le ohaodoo est un excitant utile du système nerveux, une 
sorte d'agent dynamique analogue au café, au vin, à Talcool, tant qu'il 
6ftt pris en quantité modérée et qu'il est de bonne qualité 

Il se passe en effet, pour les fumeurs d'opium, dans rOrient, quelque 
chose d'analogue à ce qui a lieu en Occident pour les buveurs. De mal- 
heureux fumeurs invétérés, ne pouvant renoncer à leur habitude, et ne 
pouvant se procurer, à cause du prix élevé, deTopium de la régie, font 
usage du drass. On nomme ainsi le résidu que Ton retire du fourneau 
fiW lequel le chandoo a été brûlé. Le drass pit)vient de la condensation 
des vapeurs et se présente sous forme de petits blocs Boiràlres qui ne 
sont bi'ûlés qu'à la surface et docU Tintérieur ressemble assez au chandoo. 
Il est composé (d'après Bérenguier) de charbon, d'huile empyreumatique, 
<ie quelques-uns des principes de l'opium et d'un peu de chandoo. Les 
effets du drass n'entraînent pas le bien-être général qui survient après 
que l'on a fumé quelques pipes de bon opium. Le drass amène assez ra- 
pidement une sorte d'anesthésie, puis il se produit des nausées, des vo- 
missements. Enfin son influence sur la santé finit par être désastreuse 
après un temps plus ou moins long. 

Le chandoo fumé avec excès entraîne aussi la déchéance de l'orga- 
nisme ; mais, conclut le D-^ Nicolas, il n'est pas plus dangereux que l'alcool 
pris avec excès, et les victimes de l'opium sont mains nombreuses et 
moins à plaindre que celles de l'alcool. Le sombre tableau de celui qui 
fume avec excès ne doit pas faire oublier que dans l'immense majorité 
des cas le chandoo n'est pas nuisible et que parfois il est utile. 

^. MOSSÉ. 

A propos de la médication ferrugineuM, par DEBIERRE et LINOSSIER (Soc. do 

biologie^ Il Janvier 1885^. 

Les auteurs ont anémié un chien par une saignée et l'ont ensuite 
-soumis à une médication ferrugineuse 1 10 grammes de tartrate ferrico- 
potassique et de citrate de fer ammoniacal en 25 jours). Au bout de ce 
temps, ils ont pratiqué une nouvelle saignée, et en ont comparé l'analyse 
à celle de la première saignée. Sous l'influence de la médication ferrugi- 
neuse, la teneur du sang en fer a augmenté sensiblement et beaucoup 
plus vite que la propoi'tion des globules; le résultat est tout à fait con- 
cordant avec celui obtenu par le professeur Hayem. La proportion d'urée 
a diminué peu à peu dans l'urine ; Petrovvski a trouvé au contraire, dans 
ce cas, une augmentation dans la production d'urée ; cela tient probable- 
ment à ce qu'il expérimentait sur des malades anémiques soumis à une 
nourriture très azotée. f. h. 

Uafetr àm. Binfluu der ffioM uni KolMttTerbindviigMi auf don thieriscbMi 
Organisaiiis (Be l'inllMiica â«8 préparations de Biokel ai de e^ah smt Toiv 
ganiame animal), par Anderaon STVkfiT{Archiv Air experimôatelh Paibologiê 
mé Phàtmàk., Band XVIJI, H.S ei 4, p. 151). 

L'auteur s'est proposé de faire pour le nickel et le «obttt oe que 
Haraack a fait pour le aine, le cuivre et le ptonab, Kebler pour le platine, 
While pom* l'étam, Mdjrer e* WiUiamâ powr te fee, vm Mot iog pour ie 



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'B3XlG0L0aiE ET PHARMAGOUKUK. 59 

mercure : étudier l'aciioa générale que ces métaux exerceat sur Tor*- 
^aaisrae, en utilisant une préparation très soluble dans Teau^ dé<- 
pourvue de toute action caustii|ue, ne coagulant pas ralbumine, ne 
fonoant de ooaguium ni en présence des alcalis, ni en présence des 
bicarbonates alcaUnSp doni la réaction alcaline ne fût pas plus tranchée 
que celle du sérum sanguin, et qui ne renfermât pas d'autre principe 
actif que Toxyde du métal dont on se propose d'étudier les effets physio- 
logiques. 

Pour ses expériences, Tauteur s*est servi d'abord du tartrate double 
de nickel et de sodium et du nitrate de sodium ; mais ces deux sels don- 
naient lieu à la formation d'un précipité» quand les solutions n'étaient que 
légèrement alcalinisées. 11 a fi.ni par trouver ujae solution qui répond à 
toutes les conditions énoncées ci-dessus et dont voici le mode de prépa- 
ration : Deux parties en poids d*acide citrique cristallisé sont dissoutes 
à chaud dans un poids égal d'une lessive de soude concentrée, de telle 
sorte que le mélange soit à l'état neutre; puis ou ajoute une partie 
d'aâde citrique. Dans la solution acide ainsi obtenue, on fait dissoudre 
du bicarbonate de nickel fraîchement précipité. La solution s'opère éga- 
lement a chaud et jusqu'à saturation. Puis on la laisse refroidir et on 
ûitre; on détermine sa richesse en oxyde naétallique en soumettant une 
portion du liquide à l'évaporation, en calcinant et en lavant le résidu^ en 
y ajoutant ensuite de Tacide nitrique pour évaporer et calciner à nou- 
veau. L«a proportion d'oxyde métallique est finalement déterminée par 
une pesée; elle peut aller jusqu'à 10 0/0 d'oxyde de nickel. Le même 
mode de préparation convient quand on veut expérimenter avec le cobalt, 
le manganèse ou le fer. 

Voici, en substance, les résultats expérimentaux annoncés par Fauteuil : 
les deux métaux, nickel et cobalt, exercent une action très prononcée 
«ur le système nerveux. Chez les grenouilles, cette action est limitée à 
la moelle ; elle se manifeste par des convulsions tétaniques, qui offrent 
la plus grande ressemblance avec les convulsions strychniques, qui per- 
sistent quand on sectionne la moelle au-dessus du bulbe, mais qui 
cessent de se produire quand on sectionne les nerfs sciatiques de 
l'animal. 

Chez les mammifères, les principaux troubles consécutifs à Tintoxica- 
tion par le nickel ou le cobalt sont également d'origine nerveuse. Quand 
on injecte de fortes doses du toxique directement dans les vaisseaux, 
on voit encore éclater des convulsions, qui font bientôt place à une 
parésie ou à une paralysie tantôt limitée à Tarrière-train, tantôt étendue 
à tout le corps : bref, on observe la même succession de phénomènes 
'que Bœhm et Mickwitz ont signalée chez les animaux empoisonnés par 
le baryum. La parésie motrice n'est pas un résultat de l'empoisonne- 
jneot, car elle peut se montrer première en date, avant les convulsions. 
lies phénomènes convulsifs se présentent d'ailleurs avec des caractères 
variables suivant qu'on développe une intoxication subaiguê ou chronique. 
On observe des secousses spontanées dans certains groupes de muscles ; 
-ainsi chez un chien, soumis à l'empoisonnement par le nickel, ces 
secousses affectaient exclusivement les muscles de l'osil, donnant lieu à 
du strabisme. D'autres fois, tout le corps est agité par un tremblement, 
qui rappelle habituellement le tremblement de la paralysie agitante chez 



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60 . REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

l'homme, ou encore les mouvements incohérents des choréîques. Sou- 
vent aussi, on observe une rigidité tétanique avec opisthotonos, évacua- 
tions involontaires, spasme con vu Isif de la glotte, spasme convulsif des 
muscles du thorax avec cri. D'autres fois encore éclatent des convul- 
sions cloniques, précédées ou non de convulsions toniques, et rappelant 
dans le premier cas le tableau de l'attaque d'épilepsie. Souvent le pou- 
voir excito-moteur a subi une exagération considérable, et alors le 
moindre pincement, un coup provociuè un accès convulsif. Pendant que 
durent ces symptômes, l'animal peut être 'privé complètement de mouve- 
ments volontaires, mais il ne paraît pas qu'il y ait perte de connaissance. 
De plus, chez les pigeons, chez les rats et les cobayes, les manifesta- 
tions paralytiques prédominent sur les manifestations convulsives. 

L'empoisonnement par le nickel et le cobalt se manifeste encore par 
des accidents gastro-intestinaux, qui sont surtout bien accusés chez les 
chats et les chiens. Assez rarement on observe de la diarrhée, mais le 
vomissement est habituel et prompt à survenir. Comme le métal (incor- 
poré par la voie hypodermique ou intra-veineuse) n'est éliminé qu'en 
très faible quantité par la muqneuse de l'estomac, comme Teffet émé- 
tique fait défaut quand le métal est administré à fortes doses par les 
voies ordinaires, il y a tout lieu d'admettre que le vomissement est d'ori- 
gine centrale. On observe, en outre, une inflammation de la muqueuse 
intestinale dans toute l'étendue de celle-ci, résultat qui fait défaut dans 
les cas d'intoxication par le manganèse. Avec cette entérite coïncide une 
stomatite. On s'explique ainsi que les animaux soient sans appétit, qu'ils 
aient de la peine à mâcher les aliments, et que ceux-ci aient, dans le 
cours de l'empoisonnement, une tendance à séjourner indéHnimenJ (pen- 
dant plusieurs jours) dans l'estomac. La soif est extrême, et la diurèse 
qu'on observe dans le cours de l'expérience est sans doute la consé- 
quence des grandes quantités de liquide ingurgitées par les animaux. 
La diarrhée est constante, commence peu de temps après l'incorpora- 
tion du toxique et persiste jusque vers la fin. Les animaux ne rendent 
pas de sang avec les évacuations alvines. 

Enfin, environ quinze minutes après l'injection intra-veineuse du 
toxique, la pression sanguine s'abaisse ; elle se relève lorsque la dose 
administrée n'est pas très forte; dans le cas contraire, la pression san- 
guine continue de baisser jusqu'à la mort. Ce résultat ne paraît pas dé- 
pendre d'une action des deux métaux sur la substance musculaire du 
cœur, mais très vi'aisembablement de la dilatation paralytique des vais- 
seaux. Les deux métaux exercent en effet une action paralysante sur 
le centre vaso-moteur intra-bulbaire. L'accélération du pouls, qu'on 
observe au début de l'expérience, reconnaît sans doute la môme origine 
(dilatation des vaisseaux). 

Le nickel et le cobalt sont absorbés par la peau, comme il est facile 
de s'en convaincre en badigeonnant des gi'enouilles avec la solution d'un 
de ces métaux. L'auteur ne peut pas dire si l'absorption a lieu égale- 
ment à la surface de l'estomac. Le nickel et le cobalt s'éliminent par les 
urines et par la muqueuse intestinale. On les retrouve dans la bile et 
dans le produit de sécrétion de l'intestin. e. ricklin. 



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TOXICOLOGIE ET PHARMACOLOGIE. 61 

Sull asiona biologie» dairacido anisico (De raction biologique de l'acide ani- 
sique), par TURGI {Rivista italiana di terapîa di Piactûza, Juin 1884). 

L*acide anisique C^H^O^, ou acide draconique, ou hydrate d'ani- 
sile, etc., est un isomère de Tacide méthylsalicylique. Il naît dans l'oxyda- 
tion de l'essence d'anis, d*ainandes amères ou de serpentaire. Il se forme 
d'abord de Taldéhyde anisique, puis par oxydation plus complète de 
l'acide anisique. 

L'anisate de soude est le composé qui semble préférable pour l'emploi 
pharmaceutique. Cet acide pourra être employé dans le traitement des 
plaies sous forme d'acide libre, mais son action antiseptique n'est pas 
supérieure à celle de l'acide salicylique. L'anisate de soude peut s'em- 
ployer à l'intérieur à des doses supérieures à celles du salicylate de 
soude et est beaucoup plus agréable à prendre. Il lui est probablement 
supérieur comme antifébrile dans les maladies aiguës, à l'exception peut- 
être du rhumatisme articulaire aigu. Il n'a pas les inconvénients du sa- 
licylate, vomissements, dépression des forces, lipothymies, collapsus, etc., 
et n'occasionne pas une dénutrition aussi accentuée. Il abaisse la tempé- 
rature sans déprimer le cœur, et il maintient la pression sanguine sans 
altérer la nutrition ni troubler l'estomac. Il pourra donc être employé 
sans inconvénient comme antipyrétique. f. balzer. 

Ueber lodoformvergifliing und ihre Behandlnng (L 'intozication par riodoforme 
et Bon traitement), par BEHRING (Deutsche med. Woeb,, n* 5, 1884). « 

L'auteur préconise le bicarbonate de potasse comme antidote de l'iodo- 
forme : il admet, en effet, que ce corps s'approprie les bases de l'orga- 
nisme, et qu'il importe de les restituer aux tissus. 

Son assertion s'appuie sur quatre expériences pratiquées chez des 
lapins et sur deux faits cliniques : 

Le premier est celui d'un jeune homme chez qui l'usage de l'iodcforme 
pendant plusieurs semaines avait détermmé de l'insomnie, une perte do la 
mémoire, un changement d*humeur. 

Le second cas se rapporte à un sujet de 58 ans atteint de plaie de tête, le 
iO novembre 1883^ et à qui Ton applique le pansement iodoforinique.LH cica- 
trisation s'effectue normalement; mais le 2 décembre Fauteur constate que 
son client perd la raison et qu'il a des phénomènes cérébraux inquiétants. Il 
applique un pansement a l'acide borique et prescrit 15 grammes de bicarbo- 
nate de potasse dans 200 grammes d'eau (une cuillerée à soupe toutes les 
heures). Oès le 4 décembre, le délire a disparu. Le 1 décembre la plaie est 
guérie, l. oalliard. 

Observation de pseudo-tabes dû à l'intoxication par le sulAire de carbone, par 
BBRBEZ (France médicale^ i*' janvier 1885). 

Il s'agit d'un homme de 29 ans, ouvrier en caoutchouc soufflé, sans antécé- 
dents vénériens ou alcooliques, qui, quelques jours après avoir commencé à 
travailler dans le sulfure de carbone, fut pris de nausées, de dégoût des ali- 
ments et de douleurs de tète intenses. Au bout de quelque temps, bien que le 
malade eûl renoncé a son travail à la An du mois, survenaient des troubles du 
côiédea membres inférieurs. La démarche était incertaine, et la peau était 
le siège de picotements et de sensations douloureuses. 



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6i RBVtJÊ DES SCiENCBS MÉDICALES. 

En quelques jours se produisait une paraplégie complète, à ce point qu'il 
était impossible au malade d'imprimer a ses jambes le moindre mouvement 
de reptation. Cette paraplégie, qui dura deux mois, avait été précédée d*anes- 
thésie plantaire avec sensations subjectives; le maladecroyait toujours marcher 
sur des boules, et trébuchait à chaque instant, surtout la nuit. 

Au bout de quelques mois, douleurs en ceinture, sensation de courant d'eam 
froide sur la peau, crampes douloureuses dans les' membres. Incoordination 
complète des mouvements. Difficulté extrême déporter les objets à la bouche^ 
Plus tard embarras de la parole et légère amblyopie. Nystagmus intermittent.. 
Disparition des réflexes rotuliens , crémastériens et abdominaux. Analgésie 
absolue des deux derniers doigts de chaque main. Perte de la sensibilité à \a 
température. Dissociation de la sensibilité a la région plantaire, le c6ié droit 
étant plus pris que le gauche. Absence complète de désirs vénériens. 

L'auteur admet qu'il s'agit là d'un faux tabès, et cela à cause ; 

De la paraplégie absolue qui a marqué le début de l'affection. 

De l'embarras de la parole ; du nystagmus; de l'absence de troubles 
urinaires ; de l'absence de troubles oculaires bien marqués. 

Ce qui plaide encore en faveur de l'intoxication par le sulfure de car- 
bone, c'est l'amëlioratioa très sensible qui est survenue sous l'influence 
d'un traitement dépuratif et excitant. qaston décaisse. 

Empoisonnement par le snlfhydrate d'ammoniaque dégagé d'un mastic do for, 
par L. GARNIER [Revue médicale de VEst^ 15 février 1885}. 

Deux ouvriers étaient occupés dans une brasserie à boucher des joints 
à l'intérieur d'une chaudière à vapeur avec un mastic ayant la composi- 
tion suivante : 

Limaille de fonte non oxydée 20 parties. 

Sel ammoniac pulvérisé 1 — 

Soufre en canon pulvérisé 0,5 — 

(Ce mélange bien intime doit être humecté avec une quantité suffisante 
d'eau, de façon à obtenir une masse pâteuse.) 

Ces travailleurs furent surpris, au moment où ils malaient le mastic, 
par un dégagement considérable de sulfhydrate d'ammoniaque. Tous 
deux furent suffoqués dès les premières émanations, et l'un d'eux suc- 
comba. 

M. Garnier étudia la réaction chimique qui se développe dans le mas- 
tic amené à l'état de bouillie par addition d'eau et soumis à des tempéra- 
tures variables ; il arriva aux conclusions suivantes : 

Le mastic de fer, mélange de limaille de fer, soufre et sel ammoniac, 
partout employé dans l'industrie pour le joinlement des appareils, peut 
dégager, par échauffement spontané, des quantités considérables d'hy- 
drogène sulfuré et d'ammoniaque et produire des accidents très graves 
qui se sont terminés par une mort rapide. On ne doit l'utiliser qu'en 
prenant les plus grandes précautions pour prévenir le danger d'asphyxie 
auquel se trouvent exposés les ouvriers qui manipulent le produit ailleurs 
qu^à l'air libre; on doit toujours, pendant le travail, ventiler très éner- 
giquement les appareils à l'intérieur desquels ils ont à opérer. 

P% PARISOt% 



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tHÉRAMîUTIQUE. |t 

Kalichloricum-Vargiftiing, par LEIGHTENSTERN [Deutsche me.d, Woch.^ a» 10,. 

1884). 

Ce cas est remarquable par Tabsence complète de modi(ïeatîons de 
Turiae, mal^é les symplômes de collapsus, malgré la tuméfaction du 
foie et de la rate« 

Une fille de 7 ans, habituellement bien portante, est atteinte d'angine 
légère ; Fauteur la voit le troisième jour et déclare qu'elle n'a besoin d*aucun 
médicament. Mais il est rappelé deux jours plus tard : contre toute attente^ 
l'enfant est tombée dans le collupsas ; le visage est pâle, le pouls pelit et fré- 
quent, la température normale. Il y a dti gonflement étk foie et de la râfte. 
Après douze heures d'anurie, la patiente émet une urine limpide ^ui ne oook 
tient pas d'albumine. Pas d'ictère. 

Au bout de quelques jours, une médication énergique amène la guériBOA 
complète; l*nrin« reste pare. 

Quelle a été la cause de ces accidents? L'auteur apprend qu'à son 
insu l'enfant a usé d'un gargarisme au chlorate de potasse dont elle 
avalait une partie. Il s'agit là certainement d'une intoxication par le 
chlorate de potasse sans détermination rénale. l. gàlliàrd. 

Accidents déterminés par une ii^ection ohloroformiqne sons-muqueuse, par 
BLOGQ {Progrès médioëJ, ââ novembre 1884). 

A... souffrait depuis quelques jours d'une vive oiontalgie au niveau de 
la canine supérieure gauche. On lui fit, le 20 avril, une injection de 5 à 
6 gouttes de chloroforme dans la f?encive. Immédiatement après il est pris 
d'une douleur atroce et d'une tuméfaction de la lèvre et de la joue; en môme 
temps se montrent de larges placards d'érythème an front, sous Torbite et à 
la joue, qui fusionnent et donnent à la face Taspect d'un érysipèlo accom* 
pagné de phlyctènes. Le lendemain, la bouffissure a augmenté; le malade 
ne peut ouvrir l'oeil ; la joue est couverle de phlyctènes pleines de sérosité 
trouble ; au niveau de la figure, il y a sur la gencive une tache grisâtre de 
2 centimètres carrés environ ; la muqueuse labiale présente, au point cor- 
respondant, une large phlyctène ; le 24 avril, la gencive et la lèvre se morti- 
fient; 5 mai, les escarres sont en voie d'élimination; 15 mai, la lèvre est 
cicatrisée ; la paroi alvéolaire de l'os maxillaire est à nu. 4 août, il existe 
dur le maxillaire un séquestre noir, de retendue d'une pièce de 1 franc, au 
niveau de la canine et de la première petite molaire, qui sont très ébranlées; 
le séquestre parait superficiel. u. l. 



THERAPEUTIQUE. 



Zor Kenntniss der Wârmeregulation, par FINELCR et PLETZER (Berliner kli» 
RÎMQht Wocàensohrift^ n* 5, p. 77, 4 février 1884). 

Les auteurs ont répété rexpérience dans laquelle Pflueger montre que 
souvent il est plus difficile, chez le lapin maintenu dans un bain froid, 
d*obtenir un abaissement de la température du corps, que ai, après ua 



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64 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

court séjour dans un bain froid, on asperge Tanimal avec de Teau 
cbaude. 

Finkler et Pietzer sont toujours amvés au même résultat. La tempé- 
rature subit une diminution beaucoup plus rapide quand, au lieu de laisser 
les animaux longtemps dans un bain à 12^ centigrades, on les en retire 
pour les soumettre à l'action de Teau à 85^ ou 40*, administrée en 
aspersion ou en immersion. La défei'vescence est encore plus mai'quée 
chez les lapins rendus fébricitanls à Faide d'injections de pus. 

En même temps que la diminution de la chaleur animale, on note 
une réduction du processus d*oxydation. 

Finkler pense que ces expériences peuvent donner lieu à des applica- 
tions thérapeutiques. On a là un moyen sûr et rapide d'abaisser la tem- 
pérature chez les malades atteints de Aèvre, sans porter à leur caloriii- 
cation une atteinte aussi profonde qu*on ne le fait en recourant à des 
bains froids très prolongés ou d*une température anormalement basse. 

J. B. 

Hot water in the treatmtnt of ntrrous diseases (Traitamant des maladies ner- 
Tsuses par l'eau chaude), par A. RANNET (New York mtd, journ., p, 427 et 
456, 1884). 

Le traitement des maladies nerveuses par l'usage interne de l'eau 
chaude semble actuellement très en honneur en Amérique^ et le travail 
de Ranney en montre bien la technique et les résultats. 

Voici les règles du traitement : 

L'eau doit être prise par doses de 1 verre à 1 verre et demi, dans des 
gobelets de bois pour éviter un refroidissement trop rapide, et par petites 
gorgées. Sa température doit être de 110 à lôO** Far., en augmentant 
progressivement. Les doses doivent être prises 1 heure 1/2 avant le re- 
pas, et le soir au coucher. L'usage des boissons froides doit être en même 
temps proscrit, et le régime alimentaire restreint ou modifié suivant les 
cas. Ce n'est guère qu'au bout de six mois que les pleins effets de ce 
traitement peuvent être obtenus. 

L'auteur a ainsi grandement soulagé un bon nombre de neurasthé- 
niques, des cas d'anémie ou d'hyperémie de la moelle ou du cerveau, 
deux ataxiques et plusieurs gastralgiques. 

Les résultats ont été non moins bons dans plusieurs cas de diabète 
sucré et d'affections rénales. 

Dans la discussion qui suit la communication de Ranney à l'Académie 
de médecine de New- York, Seguin et Amidon contestent l'action de la 
thermalité de l'eau ingérée, et déclarent avoir obtenu les mêmes résultats 
par le traitement hydrique simple à l'eau froide. a. chauffard. 

Des injections intra-parenchymateuses dans la tuberculose pulmonaire, par 
H. TRUC (Lyon méd., 3 mai 1885). 

Après un certain nombre d'expériences préliminaires chez le chien, 
Truc a fait chez des tuberculeux vingt-cinq injections intra-pulmonaires. 
11 se servait d'alcool à 90*» créosote (au 50*, 25*) — injectant de quelques 
gouttes à 15 et 20 centimètres cubes. Les résultats, au point de vue thé- 



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THERAPEUTIQUE. 65 

rapeutique, ont été peu marqués ; il n*y a pas eu d*accideDts sérieux. 
Notons quatre fois de Temphysème sous-cutané, deux fois une petite 
poussée pneumonique. Voici du reste les conclusions de cette note préli- 
minaire: 

!• Les injections întra-parenchymateuses d*alcool créosote dans les 
poumons tuberculeux, faites loin du hile, à travers les deux premiers 
espaces intercostaux, n'ont eu d*autre résultat fâcheux qu'une douleur non 
constante et parfois une légère élévation de température. 

2<*Dans aucun cas rinflammalion provoquée par l'injection n*a paru 
déterminer de caséification ou exercer une action défavorable sur la 
marche de la tuberculose, alors môme qu'on avait agi sur des lésions 
avancées. 

3« L'absence à& résultats satisfaisants dans ces dernières conditions 
porte à rejeter les injections dans les poumons dont les lésions sont 
étendues. 

4° Les injections créosotées, chez quelques sujets atteints de lésions 
peu avancées, ont été suivies d'une certaine amélioration subjective et 
objective. 

. Il convient de faire des réserves sur leur valeur curative même dans 
les cas les plus favorables. a. cartàz. 

L — Sur les ii^ections médicamanteases dans la trachét, par BERGSON {Congrès 
Assoc. française, Rouen, 1883). 

II. — Salle iniezoni tracheali, par G. BRANCA CGIO (ArcliiVii ital. di larSng, 

anno IV, fasc, 4). 

I. — D'après Bergeon, les injections dans la trachée sont très bien 
supportées par les animaux ; elles donnent peu de troubles fonctionnels. 
Il est possible de faire chez l'homme de semblables injections, à la con-, 
dition que Taiguille-trocart soit pourvue d'un mandrin qui empêche 
Toblitération dans le passage à travers les tissus. Il faut pratiquer l'in- 
jection dans le décubitus dorsal pour éviter la syncope. 

L'auteur cite le cas d'un phtisique chez lequel il a pu pratiquer en 
85 jours 25 injections de citrate de morphine. 

II. — L'auteur a fait quelques expériences surles injections trachéales. 
Il injeciait chez des chiens 15 à 25 grammes de sang à la température 
ordinaire; l'injection était poussée d'un seul coup rapidement, en 
tenant l'aiguille obliquement dirigée en bas, ce qui évite tout rejet du 
sang et les accès de toux. Les chiens, rendus anémiques, exsangues au 
préalable, reprenaient rapidement des forces, sans présenter à aucun 
moment de manifestations inflammatoires des voies aériennes. a. g. 

I. — D'un traitement spécifique de la diphtérie par la combustion d'un mé- 
lange d'essenoe de térébenthine et de goudron de gax, par DELTHIL {Acad. de 
méd,, 25 mars 1884). 

II. — Du traitement de la diphtérie par les fumigations de goudron et d'essence 
de térébenthine, par d'HSILLT, FÉRËOL, CADET DE GASSICOURT (Bull. Soc. 
des hôp,, 21 mai 1884). 

m. ~ Idem, par DUJARDIN-BEAUMErZ [Ibid., 25 février 1885). 

TRBkZlÀMB ÀNN^B. — T. XXVI. ^ 



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B6 REVUE DBS SCIENCES MÉDICALES. 

If. — Tk0 bhM guM steam freatmeBt of dif btiria (Fuiifatiou d*«mc«ln»t«4» 
par MurrayGIBBSS (LaDWi, i^ 9êpUmhrêidSS^. 

V. _ Trypsîn as a solvent of tha dipbteritic membrane, par Tan 8TGKSL {Mté. 
Record, 21 février 1885). 

YI. ^ Traitement dn croup par le brome, par MUSELLI (Jourc. de méd. <fe 
Bi>rd69ux, 29 mars 1884). 

VII. — The spécifie treatment of tiphteria aoid cronp, par G. UNN {New York 

med, journ., 24 mai 1884). 

VIII. — Some cases of Aiphteria treated by mercuriale, par Gb. LANGE {Mè^. 

news, p. 196, 17 février 1683). 

IZ. ^ Traitement médical de l'angine pseudo-membraneuse, par GOUETOÏÏX 
(Union méd., 6 Juillet 1884). 

Z. — De l'emploi de la résorcine dans le traitement de la diphtérie, par 
LB BLOND (Unionméd.,6jaiJletiSU). 

11. .— Cocaïne in diphteria, par Howard A. KELLT (3fetf , oews, 25 arriJ 1885). 

I. — L'auteur regarde cette médication comme véritablement spécifique. 
Les fumigations sont inoflensives, facilement supportées par- le malade 
et son entourage et ne provoquent pas la toux. L'auteur a dû à Tappli- 
cation de cette méthode plusieurs succès, dont quelques-uns dans des 
cas désespérés. 

Les fumigations, telles que les conseille Dellhil, sont pratiquées de la 
façon suivante : dans un vase en mêlai placé près du malade, on verse 
en proportions déterminées du goudron de houille et de Tessence de 
térébenthine, et Ton enflamme le mélange ; il se produit une fumée 
extrêmement épaisse, au contact de laquelle se dissoudrait la matière 
grasse qui agglutine la fibrine des fausses membranes ; ces productions 
devenant fluentes, une expectoration copieuse s*étabUrait, qui les expul- 
serait sous forme de mucosités catarrhales. 

II. — Cinq enfants opérés du croup furent soumis aux fumigations. Une 
heure et demie après la première ils furent tous plus oppressés ; les fumiga- 
tions répétées d*abord de deux en deux heures, furent espacées de trois en 
trois heures. Quatre moururent, le cin({uième guérit. En échange de ce 
symptôme inquiétant, la dyspnée, les enfants n*ont présenté aucune amélio- 
ration locale, aucune tendance à l'expulsion des fausses membranes ; d^ail- 
leurs des fausses membranes mises dans un verre et exposées aux fumiga- 
tions n'ont pas subi la fluidification décrite par Delthil. 

Féreol a observé une personne de 56 ans qui, après avoir donné ses soins à sa 
ftUe et à deux petits enfants, enlevés rapidement par la diphtérie, fut elle aussi 
prise d'angine, d*abord bénigne, puis étendue à tout Tisthme du gosier et au 
pharynx, les badigeonnages avec l'eau oxygénée n'empêchèrent pas la repro- 
duction des fausses membranes ; le samedi 19 on commença les fumigations 
espacées toutes les deux heures ; dès le dimanche soir, les fausses membranes 
diminuèrent d'étendue, quand la fumigation commençait, hi malade avait une 
salivation abondante, incessante, et un besoin de se débarrasser de mucosiiés 
bronchiques ; au bout de huit jours la guérison était complète ; les per- 
sonnes qui veillaient n'ont pas été incommodées par la toux. 

Cadet de Gassicourt rapporte le cas d'un enfant de 2 ans 1/2, chez qui 
s'étaient manifestés les symptômes asphyxiques du croup indiquant la né- 
cessité de la trachéotomie ; le traitement de Oelthil fut institvié, très bien sup* 



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tHERAPEUTlQUE. 67 

porté, et au bout de deux heures la rcspiralîon devint plus libre, el Tenfant 
expectora des fausses membranes dis^feociées. 

III. — Une petite fille de 4 ans présentait tous les caractères de l'asphyxie 
la plus intense ayant débuté 24 heures avant. Pas de diphtérie phar^nagée, 
ptts d^adénopaihie ; on fit brûler dans la chambre un métange de 25 grammes 
àe térébenthine avec 25 grammes de goudron de houille l toutes les 2 heures 
oa reaouvela cette quantité ; le lendemain amélioration trè» sensible due à 
Texpectoration d'un paquet de fausses membranes arborisées, rendues à la 
fiuite d*un vomitif donné dans la nuit, jusque-là aucun voBÛiif n'avait amené 
l'expulsion de débris pseudo-membraneux ; l'enfant guérit rapidement. Les 
fausses membranes rendues étaient couvertes d'un enduit noir dû à des par- 
ticules charbonneuses. h. l. 

IV. — Ce petit mémoire renferme la relation abrégée de 34 cas de 
diphtérie Irailés par les fumigations de feuilles d'eucalyptus et tous 
guéris, à Texception d'un enfant de huit mois. Ces observations ont été 
recueillies pendant le cours d*ime épidémie qui a sévi pendant les mois 
de novembre et décembre 1881 à New-Plymouth (Nouvelle-Zélande), et 
qui aurait fait de nombreuses victime» parmi les malades traités suivant 
les anciennes méthodes par les autres médecins de la localité. Tous les 
malades que l'auteur a eus à soigner ont été soumis à l'inhalation con- 
tinue des vapeui*s dégagées par une infusion bouillante de feuilles 
sèches d'eucalyptus globulus ; dans la plupart des cas il s'agissait de 
diphtéries graves, avec fausses membranes très étendues, adénopathies 
sous-maxillaires, propagation au larynx et aux voies aériennes ; au bout 
de quelques heures d'inhalation continue, les fausses membranes com- 
mençaient à se détacher, et souvent elles étaient rejetées par paquets ; 
toutefois elles ne tardaient pas à se reproduire et chez quelques malades 
leur disparition totale n'a eu lieu que le dix-huitième jour ; tous ont 
guéri sans incident fâcheux, à l'exception du petit enfant de huit mois 
qui n'a pu être soigné convenablement, ses cinq frères et sœurs ayant 
été pris simultanénaent et les parents n'ayant pu se procurer aucim aide. 

U est à remarquer que lauteur n'a pas noté d'albuminurie chez ses 
malades, qu'il n'a pas eu de paralysies consécutives, ce qui permet de 
croire qu'il a eu affaire à des formes plutôt inflammatoires que vérita- 
blement toxiques ; ses résultats n'en sont pas moins remarquables. Il est 
tenté de les attribuer au moins autant à l'action locale éiuoUiente et 
antiphlogistique de la vapeur d'eau, qu'à l'influence antiseptique de 
l'eucalyptus. u. basth. 

V. — * L'auteur recommande comme un excellant dissolvant des fausses 
membranes la trypsine, déjà employée avec succès par Lewis Smith 
de New-York et Keating de Philadelphie. La solution doit être em- 
ployée sous forme de spray, tous les quarts d'heure. L'auteur recom- 
mande la formule suivante poui> avoir rapidement la solution nécessaire. 
Ajouter à 50 centimètres cubes d'une solution d'acide salicylique au 
millième 5 grammes d'extrait de pancréas, faire digérer le mélange au 
bain-marie pendant quatre heures à une température de 37®, filtrer et 
ajouter un peu de bicarbonate de soude pour neutraliser l'acide, a. c. 

VI. — Dans un cas de croup, survenu chea un enfant de 8 ans, et arrivé à 
la période asphyxique, l'auteur s'est servi d'une solution de brome au cen- 
tième, doHt il faisait prendre tous laê qaartd d'heur» deux gouttes dans 
une cuillerée à café d'eau sucrée. Le traiteiMat, commencé à onze heures, fut 



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68 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

cessé à six heures. La respiration était devenue plus facile et un vomitif 
permit à l'enfant de rejeter un assez grand nombre de fausses membranes. 
La guérison eut lieu. ozrnne. 

VII. — Le traitement spécifique de la diphtérie par l'usage jnterne du 
bichlorure de mercure est actuellement en grande faveur aux États-Unis. 
Linn en proclame une fois de plus les bons résultats, à condition cepen- 
dant que le médicament soit donné à doses suffisamment élevées; 
toutes les trois heures 1/20 à 1/12 de grain pour un enfant de 2 à 3 ans ; 
1/12 à 1/8 de grain pour un adulte. Le véhicule le meilleur serait un élixir 
de pepsine. En cas de croup suffoquant on se trouvera bien de Tusage 
simultané du chlorure d'or. 

Est-il besoin de rappeler que le traitement de la diphtérie par les 
mercuriaux se trouve longuement étudié déjà dans les mémoires célè- 
bres de Bretonneau et ne semble pas avoir jusqu'à présent donné chez 
nous de bien brillants résultats ? A. chauffard. 

VIII. — Lange a traité par les mercuriaux 43 cas de diphtérie, lui 
donnant 37 guérisons et 6 morts. Il est très enthousiaste de cette mé- 
thode qu'il applique avec énergie, donnant de 5 à 10 grains de calomel 
toutes les deux heures. Chez un enfant de 11 mois, on donna en sept 
jours et demi plus d*une once de calomel, sans effet nuisible. Il existe, 
dit l'auteur, une tolérance remarquable dans la diphtérie pour les sels de 
mercure. 

Dans la discussion qui a suivi la lecture de ce travail, les avis ont été 
fort partagés sur la valeur réelle de ce médicament dans le traitement 
de celte maladie. 

IX. — L*auteur prescrit des badigeonnages au sulfure de sodium au 
110*, 120*, toutes les heures, des fumigations avec les vapeurs de la solu- 
tion suivante en combustion : acide phéaique, 280 grammes ; acide 
salicylique, 56 ; acide benzoïque, 112 ; alcool, 408. On donne en même 
temps à l'intérieur le chlorate de potasse, les toniques, excitants, etc. 

X. — L'auteur publie quatre observations de diphtérie traitée par les 
applications locales de résorcine. On donnait en même temps le chlorate 
de potasse à l'intérieur. Toutes les heures on pratiquait des badigeon- 
nages avec une solution glycénnée de résorcine au 10*. Trois des ma- 
lades ont guéri; le quatrième, traité d'abord par les fumigations gou- 
dronneuses, puis trachéotomisé, avait eu une récidive sur la plaie 
trachéale ; la résorcine fit disparaître les fausses membranes, mais le 
petit malade mourut de syncope au dixième jour. 

XI. — L'auteur publie sommairement quatre observations d'angine 
diphtéritique, dont la guérison a été obtenue par les applications toutes 
les deux heures d'une solution (4 0/0) de chlorhydrate de cocaïne. La 
cocaïne agissait comme dissolvant de la fausse membrane, en même 
temps qu'elle diminuait ou faisait disparaître la douleur. a. g. 

I. — Hydroohlorate of cocaïne , par R. HALL {New York med. Journêl, 

6 décembre 1884). 

II. — The hyd. of cocaine as a local anses thetic in ophthalmic surgery, par 

Stedman BULL {Ibid., 29 novembre 1884). 

III. — Hydrochlorato of cocaine in minor surgery, par W. BURKB {Ibid.t 

iO novembre 1884). 



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THERAPEUTIQUE. 6» 

I¥. — Hydrochlorate of cocaïne in dermatological practioe, par 6.-T. JAKSON 
{Ibid,, 29 novembre 1884). 

¥. ~ La cocaïne en ophtalmologie, par BODONE {Adïî. (foculistique, décembre 

1884). 

YI. — Hydrochlorate of cncaine in dlBeaseï of the noM and throat, par Morell 
MAGKBNZIE (Brit. med, Journ., p. 1188, décembre 1884). 

Vil. ^ Note on cuca, par Watson CAMPBELL {Ibid,, déc. 1884). 

YIII. — On the nse of cocaïne in combination with atropine in the treatment of 
certain diaeases of the eye, par Lloyd OWEN {Ibid., p. 1189). 

IX. — Cncaine as an anesthetic in ophthalmic snrgery, par Franck HODGES 

(Ibid.) 

Z. — Cucaine in neuralgia, par W. MURREL {Ibîd.) 

XI. — The physiological action of cnca and cucaine , par Eber CAUDWELL 

[Ibid,, p, 17, Janvier 1885), 

XII. — Gontribnslone airuso délia cocaina corne anestesico ed analgeslco, par 

Pietro MASUCCI (Arcb. ital. di Uring., 15 mars 1885). 

XIII. — Note iur remploi de la cocaïne dans le traitement de la fistule à l'anus, 

par OBISSIER (Bull. gén. de tbér., ih janvier 1885). 

XIV. ^ The hyd. of cocaïne in gtnito-urinary procédures, par Fessenden OTIS 

[New York med. Journ,, 6 <fécexnl>re 1884). 

1. — Des expériences répjétées de Hall semble résulter ce fait impor- 
tant qtrune injection sous-cutanée de cocaïne (solution à 4 0/0) faite au 
voisinage d'un nerf détermine une analgésie complète dans toute la zone 
d'innervation sénsitive de ce même nerf. C'est au moins ce que Ton a 
constaté pour le cubital, le musculo-cutané. De même, une injection 
interstitielle pratiquée à travers la muqueuse buccale, près du trou sous- 
orbitaire, analgésie la moitié correspondante, peau et muqueuse, de la 
lèvre supérieure, de la gencive supérieure, et les dents jusqu'à la pre- 
mière molaire. Une injection faite au niveau du nerf dentaire inférieur, à 
son entrée dans le canal osseux, analgésie la moitié correspondante de 
la langue jusqu'à Tépiglotte, du voile du palais, des gencives, ainsi que 
les dents correspondantes. Les opérations les plus douloureuses pratiquées 
en ces différents points ne provoquent aucune souffrance. 

Quand la dose de cocaïne injectée est un peu forte (32 minimes) on 
observe des symptômes d'intoxication : vertiges, nausées intenses, sueure 
froides, dilatation des pupilles ; le tout disparaissant en même temps que 
Tanalgésie, au bout d'une vingtaine de minutes. 

U. — L'auteur résume une série de 10 cas où il a pu pratiquer sans 
douleur diverses opérations sur le globe de l'œil, les conjonctives ou les 
voies lacrymales (irido-kératitesavechypopyon, strabotomie, iridectoraie, 
cataracte, chalàzion, tumeur lacrymale). Mêmes résultats de complète 
analgésie pour trois paracentèses du tympan, et daas un cas de catarrhe 
aigu naso-pharyngé. 

IlL ~ Ablation sans douleur d'une balle de revolver, logée au-dessous 



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70 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

de IVtioulatioa métaearpo^pb^angieiuie du petit doigt, 24 haure« apràs 
raccident, et alors que la maiu était déjà le siège d'un gonflement inflam- 
matoire considérable. L'analgésie avait été obtenue au moyen de deux 
injections interstitielles de cocaïne, faites au niveau même du point où 
s'était arrêtée la balle. 

IV. --> Un cas d'épilation électrolytique^ £aite sans pirovoquer la 
moindre douleur, au niveau de la sous-cloison et du menton ; analgésie 
obtenue cinq minutes après une onction locale faite avec une pommade 
de cocaïne à 4 0/0. A. cha.uffard. 

V. — Le chlorhydrate de cocaïne (à 2 ou 5 0/0) insensibilise les parties 
de Tœil dont il atteint les extrémités nerveuses périphériques. La cornée et 
la conjonctive occupent le premier rang parmi les tissus de Tœil suscep- 
tibles d'une insensibilisation complète ; viennent ensuite la sclérotique, les 
muscles et les parties profondes. L'action de la cocaïne est cumulative ; 
elle diminue à mesure qu'on se rapproche du bord palpébral; elle s'étend 
aux voies lacrj'mo-nasales ; l'iris échappe à celte action quand le mëdi« 
cament est appliqué sur la conjonctive. Sous l'influence de la cocaïne la 
sensibilité des parties profondes est au moins amoindrie si elle n'est pas 
abolie. 

La cocaïnisation de l'œil favorise l'action myotique de l'ésérine. 

La cocaïne dilate la pupille pour un temps relativement court, une à 
quelques heures. 

De co qui précède on pourrait, dit l'auteur, Urer les conclusion» 
suivantes : 

1** A de très rares exceptions près, l'anesthésie générale est destiné^ 
à disparaître de la chirurgie oculaire; 

2* Il n'est plus guère permis de pratiquer aucune opération sur les 
yeux sans recourir à la cocaïne. a. trousseau. 

VI. — Relation d'une plaie de la sclérotique produite par un éclat de 
fer chaud dans l'œil. Instillation de cocaïne qui insensibiUse la petite 
plaie, lavages boriques, guérison par première intention. 

Vil. — Résumé de six cas de névralgie sus-orbitaire guéris très rapi- 
dement par l'usage d'injections sous-cutanées de cocaïne : dose, 1 à 3 
centigrammes. Anesthésie instantanée, suppression de la douleur pendant 
10 à 12 heures consécutives. 

VUl. — Morell Mackenzie se loue de l'emploi de la solution de cocaïne 
à 20 0/0 dans les opérations d'extraction de polypes du nez et dans les 
cas de dysphagie par ulcérations tuberculeuses du pharynx. 

IX. — Campbell se sert depuis longtemps d'une teinture de feuilles de 
coca qui est à la fois un tonique et un sédatif du système nerveux. 11 
l'emploie avantageusement dans les cas d'insommie, d'affaiblissement 
cardiaque, de menaces de syncope, aussi bien comme topique local et 
comme anesthésique. 

X. — L'auteur, pour prolonger l'action anesthésique de la cocaïne dans 
les opérations de chirurgie oculaire, associe le médicament avec l'atto- 
pine. Le soulagement est à la fois plus immédiat et plus durable. 

XI. — L'intérêt de cette communication réside dans la démonstration 
que la cocaïne, qui, a petite dose (0«^,05), est sédative et provoque le 
sommeil, devient, à plus forte dose (0?'',12), un excitant du cerveau,, 
amenant l'insomnie, le déhre et des vertiges. L'auteur a fait des expé^ 



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THËRAPEUTIQUB* 71 

nences sur luinûoême. Eln mêioe temps qu'une céphalalgie sus-orbitaire^ 
il a éprouvé une sensation de défaut d'équilibre. La mydriase est alors 
constamment la règ^e. Du reste, même à haute dose, la cocaïne ne payait 
pas toxique. h. r. 

XII. — L'auteur passe en revue les applications variées que Ton a 
faites de ce nouveau médicament et montre que les résultats ont été assez 
différents. Pour son compte, il a rarement constaté les effets surprenants 
annoncés de divers côtés. 

il a expérimenté cet anesthésique chez des sujets en bonne santé, 
employant la solution à 20 0/0; les badigeonnages faits, suivant les indi- 
cations de Jelliûck et autres, sur la luette, le voile du palais, la partie 
postérieure du pharynx, n'ont donné tantôt qu'une anesthésie légère et 
de courte durée, tantôt aucune anasthésie. 

Dans deux caa d'ablation de polypes du nez, les résultats ont été 
meilleurs. Mais dans les opérations endolaryngées, Masucci n'a pas ob- 
tenu les effets indiqués. Employée pour calmer les douleurs de la laryngite 
aiguë, de 11 tuberculose laryn^'éc, la solution de cocaïne n'a donné qu'un 
répit très passager; elle est bien inférieure auxapphcationsd'iotloforme. 

Poui' Masucci la cocaïne, dans la pralicjiie rhino-larynj^ée, est un anes- 
thésique et un analgésique de médiocre valeur. Ces résultats sont proba- 
blement dus à une sorte de prédisposition individuelle d'idiosyncrasie 
anticocaïuique. a. c. 

XIU. — Dans un cas de fistule à l'anus avec douleur très vive, une 
injection sous-cutanée de 4 centigrammes dans la région anale, non 
seulement a fait disparaître l'algésio, mais encore l'anesthésie locale a été 
telle qu'on a pu facilement pratiquer la dilatation forcée, opération pour 
laquelle beaucoup de praticiens rejettent l'anesthésie par le chloroforme. 
Les effets anesthésiants de la cocaïne sont bien plus puissants sur la 
muqueuse de l'anus que sur celle du pharynx. b. fkris. 

XIV. — L'auteur rapporte une série de faits où il a employé la cocaïne 
en instillations urétrales, au moyen do solutions à 4 0/0 aqueuses, ou 
faites avec de l'huile d'amandes douces. Il a pu ainsi, sans provoquer la 
moindre douleur, pratiquer dans des urètres très irritables le cathété- 
risme, la divulsion, la Uthotritie, l'élargissement du méat. 

A. CHAUFFARD. 

I. — B« l'action de rantipyrine, par KOSTYLEFF (Medîz. Obozrenié, n* 21, 

1884J, 

n. — De rantipyrine dmii la fièvre typhoïde et la pneumonie, par MITBOPOLSKT 

(/Jbid., n- 21, 1884). 

I.— Kostyleff a administré l'antipyrine dans la fièvre rémittente, la 
fièvre typhoïde et la phtisie. Il conclut de ses observations que l'antipy- 
rine est ua antipyrétique puissant, mais qu'il faut la donner à larges do- 
ses, 1«%50 (l** dose), suivi de plusieurs doses de 75 oenligrammes à in- 
tervalle d'ona heure. 

La faiblesse cardiaque ne contre-indique pas son emploi. 

C'est un médicament engénéial mal supporté, produisant des nausées, 
des vomiAsemeots. Administi'é ea iavenaeint^ il produit des effets beau- 



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72 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

coup moins marqués. Les enfant.s supportent Tantipyrine mieux que lea 
adultes ; les sueurs sont peu abondantes chez eux. 

II. — 2 cas de fièvre typhoïde, un cas de pneumonie, traités par Tanti- 
pyrine. L'auteur vante les bons effets obtenus. holstein. 

Antipyrlna and its effects, par W. H. DRAPER [New York Acêd, of med, 

2 avril 1885). 

Draper a administré Tantipyrine dans vingt cas de fièvre typhoïde, 
dont 15 ont guéri; il la donnait d'après la méthode de Filehne. Dans 
sept cas il y eut de la diarrhée; six fois des sueurs abondantes, six fois un 
rash érythémateux ressemblant à la rougeole. Chez un malade, mort au 
trentième jour, la dose d'antipyrine absorbée a été de 350 grammes; chez 
un autre malade, très gravement atteint, mais guéri, on a donné 334 
grammes en 23 jours. 

Au point (le vue de la défervescencepyrétique, la chute la plus marquée 
a été de 39*», 9 à 36*»,9. Dans deux cas Tantipyrine a agi plus favorable- 
ment que les bains froids. Il est juste de dire que les cas observés par 
Draper ont été des plus graves; chez un malade (mort) la température 
monta à 42®; chez un autre (guéri), à 41°,5. 

Dans la discussion qui a suivi la lecture de cette note, Boldt dit avoir 
donné Tantipyrine dans deux cas de septicémie puerpérale; et Tadminis- 
tration de ce médicament a été suivie de pi'ostration très marquée, demi- 
comateuse, avec symptômes ressemblant à ceux de l'empoisonnement 
phéniqué. 

Peabody recommande la méthode hypodermique toutes les fois qu'il y 
a intolérance gastrique ou une contre-indication à l'ingestion stomacale. 

A. c. 

I. — De l'agaricina comme antisndoriflque, par PR0BSTIM6 (Cent, /. kJin. Mtd. 

n* 6, 1884). 

II. — Idem, par X. FRANGOTTE [Ann, de la Soc. méd. cbir, de Lihge, 1885). 

I. — Prôbsting obtient avec un centigramme d'agaricine des effets 
équivalents à ceux fournis par 5 dixièmes de milligramme d'atropine. 
Il n'a observé que deux fois des effets secondaires (nausée, céphalalgie). 

II. — Francotte prescrit l'agaricine en granules de 5 milligrammes à 
1 centigramme. Après l'administration d'un ou deux granules, on ob- 
serve une légère diminution des transpirations, mais il faut arriver à des 
doses bien plus élevées pour obtenir la suppression complète. Il n'a pas 
noté d'effets secondaires désagréables même chez des malades qui pre- 
naient 14 centigrammes par jour. 

Il a employé Tagaricine pour combattre les sudations provoquées par 
Tantipyrine. D'après ses observations Tagaricine a une action antisudori- 
flque certaine, mais inconstante ; les doses doivent varier beaucoup sui- 
vant les sujets. a. cartaz. 

I. — Note sur un cas de pneumonie double traitée avec succèi par la pilocar- 
pine, par H. MOLLIÉRE et Julei FOCHIER {Lyon méd., 8 mars 1885). 



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THERAPEUTIQUE. 7!l 

II. ^ Pnaumoiiia in high altitudes and ils treatment with jaborandi, par 
J.-W. BROWN (Journêl of tbe AmericaD med. Aas., 7 mars 1885). 

I. — Un jeune homme de 18 ans entre à l'hôpital pour une dysenterie aiguë 
accompagnée d'une néphrite; les urines contiennent une grande quantité 
d*albumine. Le lendemain de son entrée, on constate les signes d'une 
pneumonie droite, puis deux jours plus lard, une pneumonie gauche. L'at- 
teinte des deux poumons, la violence des symptômes dysentériques et de 
Valbuminurie rendent Tétat des plus graves, en dépit du traitement le mieux 
approprié. Oppression extrême : on fait une injection d'un centigramme de 
pilocarpine. Le nombre des respirations tombe à 24 ; à la 2« injection le len- 
demain, la dyspnée diminue sous Tinfluence de la salivation et des sueurs 
profuses. Trois injections suffisent en 3 jours pour amener un amendement 
très marqué dans les symptômes thoraciques. 

Il y eut une nouvelle rechute de dysenterie, mais sans gravité; au IB*' jour, 
la pneumonie était en voie de résolution complète. On n'eut plus à sMnquiéter 
que de la néphrite ; l'albuminurie ne disparut complètement que deux mois 
plus tard. 

II. — L'auteur signale la fréquence et la gravité de la pneumonie chez les 
populations habitant des régions élevées (de 1 à 10,000 pieds au-dessus du 
niveau de la mer). Il rapporte quatre observations où il a employé dès le 
début l'extrait de jaborandi, et il attribue à la transpiration profuse qui a suivi 
l'administration du médicament l'avortement ou la guérison rapide de la ma- 
ladie dans ces quatre cas. La lecture de ces observations laisse quelques 
doutes sur la réalité de l'existence d'une pneumonie ; deux des malades ont 
été, par exemple, traités quelques heures ou aussitôt après un frisson vio- 
lent. Brown ne discute pas l'hypothèse d'un accès paludique avec con- 
gestion pulmonaire. a. gartàz. 

Atropine in aevere electric ahock, par William*E. E66LEST0N {Med, Record, 
New York, 1" Janvier 1885). 

L'auteur rapporte trois observations de choc électrique traité avec 
succès par les injections d'atropine. 

1® Jeune homme frappé d'un coup de foudre ; le fluide semble avoir frappé 
d'abord la région temporale. Le malade Ht quelques pas, puis tomba dans 
un état de résolution complète. Pouls et respiration extrêmement ralentis, 
pupilles dilatées, insensibilité absolue. Pas de traces de brûlures, ni sur le 
-corps, ut sur les vêtements. Injection de 1/80 de grain de sulfate d'atropine, 
répétée trois fois à deux heures d'intervalle. Accélération du pouls sous son 
influence, mais impossibilité d'avaler ; la déglutition provoque un spasme 
pharyngé et des convulsions générales. Des lavements stimulants furent 
alors administrés, et, au bout de six heures, le malade reprenait connais- 
sance, se plaignant de douleurs dans la tête, le bras droit, la région 
iliaque gauche, et de photophobie. Le lendemain, hémorragie intestinale. Le 
repos, le séjour dans l'obscurité, amendèrent les symptômes cérébro-ocu- 
laires, mais il fallut trois mois avant la disparition complète des accidents; 

î^ Dans le second cas, le malade reçut le choc d'une machine dynamo- 
électrique ; il put faire également quelques pas avant de perdre connais- 
sance. Les mains et les doigts étaient dans la flexion forcée, la tête ren 
Tersée en arrière, les pupilles dilatées. Même traitemeat. Le rétablissement 
fut rapide. 

3* Chez le troisième malade, la commotion provenait du contact d'un fil 
électrique pour éclairage. Le malade conserva aussi assez longtemps de la 
photophobie et une grande faiblesse dans les membres inférieurs, a. g. 



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74 REVUE DB6 SCIBNCES MEDICALES. 



Mittheilang ûbar das GUninimi tnorpkum borioam, par FIIIKLEI et PRIOR 

(Deutsche med. Woch,, n» 6, 1884). 

Los auteurs recommandentleboraledequinine comme antipyrétique et 
antipériodique. IlsTadministrent à la dose de 50 centigrammes ou 1 gramme 
par heure sans provoquer jacnais de nausées ni de troubles gastriques. 
Les malades accusent moins de bourdonnements d'oreilles qu'avec les 
auti'es sels de quinine. D'une façon générale les effets sont comparables 
à ceux que fouraissent ces préparations, mais l'avantage du borate de qui- 
nine réside surtout dans la modicité de son prix. 

Les expériences des auteurs ont porté sur cinq cas de fièvre typhoïde, 
un de septicémie, trois de pneumonie franche et sur un grand nombre 
de cas de phtisie, et partout les résultats ont été favorables. Une névral- 
gie intermii lente du trijumeau a été guérie rapidement par le borate de 
quinine. 

Comparée à la chinoline et à la kairine, ce médicament mérite la pré- 
férence. L. OALLIÂRD. 

h — Ueber Heilbarkeit und Behandlung der Tabès dorsalis (Sur la curabilité 
et le traitement du tabès dorsalis), par B. EULEMBURG {Derlioer kJia. 
Wochtnscbrift, n* 1, p. 4, ei n* 2, p. 24, 18b3, ei n* 42, 1882). 

II. — Ueber Heilbarkeit der Tabès dorsalis (Sur la curabilité du tabès dorsalis), 

par LE MÊME [Congrès de Copenhague, août 1884). 

III. — Tabès dorsalis, symptomatische Heilung nach innerer Verabreichung von 
Nitrat Argenti (Tabès dorsalis. Guérison symptomatique à la suite de radmi- 
njstration interne du nitrate d'argent;, par BOKÂI {Deutsche medizin. Zeitung, 
J3* 4, 1884). 

IV. — Zur Pathologie und Thérapie der Tabès dorsalis (Sur la pathologie et le 
traitement du tabès dorsalis), par Th. RUMPF [Berliner klia. Wochenschrîft^ 

.B» 4, p. 50, I8b3j. 

V. — De Bebandiingsmethode van Rumpf (La méthode de traitement de Rumpf), 
par NIERMEIJER {WeekbL van bet Nederl, Tijdscbr., n* 14, p. 256, 1884). 

TI. — Mittheilungen aus der medicinischen Abtheilung, etc., par R. SCHULZ 

(DeuU Arc/2, fiir klin. Medicia, Band XXXV, p. 4D8, 1884). 

Vn. ^ Nerrstrftcknin (Élongation nerveuse), par Tvar SVENSSON [Arsberaettelée 
from Jabbâtsbergs sjukbns i Stokolm fur 1882. Stockolm, p. 127, 1883). 

TIII. — Bin Fall Ton Menrendehnung bel Tabès dorsalis (Ëlongation nerveuse 
dans un cas de tabès dorsalis), par ROSENSTEIN {Archiv fur PsychatrU (ijmT 
Nervenkr., t, XV, fâse. 1, p. 72, 1884 . 

IX. — Dangers du seigle ergoté dans Tatazie locomotrice progressire, par 
GRASSET (Progrès médical^ 17 mars 1884). 

I. — Sur plus de 300 tabétiques qu'il a soignés depuis une vingtaine 
d'années, Eulenburg a noté seulement chez 3 d'entre eux ia disparition de 
tous les symptômes caractéristiques et la persistance de la guérison pen- 
dant des ai^oiées. Voici le sommaire da ces S faits : 



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thérapeutiqub. 75^ 

1"^ €0$. — Hoaanfr de 53 ans traité uoiqueiaent par tes pthiles de nitrate 
d^argenldeâmilUgrammes; d'abord â, pMjis 5 pilules par jour. Le malade 
a pris en tout âi^'.dO du sel d'argent dans Tespace de 5 mois 1/2, Cinq^ 
ans plus tard, la guénaoa s'était maintenue» torsque cet homme s'e&t 
suicidé à la suite de cha^ns de famille. 

2* cas. — Homme de 27 ans. Après 4 mois de galvanisation» le traite- 
ment fut complété par une cure hydrothéi*apique. 

3^ cas, — Femme de 45 ans chez laquelle la maladie avait paru débuter 
à la suite d'une exposition au froid et à Thumidité. La médication a con- 
sisté en galvanisations quotidiennes, application des tul)es dorsaux de 
Chapman (qui agissent par soustraction prolongée de chaleur locale) et 
baios tièdos à âô"* R. La guérison se maintient depuis 8 ans. 

Eulenburg croit que l'inefficacité du nitrate d'argent s'explique parce 
qu'il arrive parfois dans Tintestin sans s'être décomposé. Aussi mainte- . 
nant^au lieu de le prescrire à l'intérieur, administre-t-il en injections sous- 
cutanées rbyposuUlte d'argent sodique (0«^1 de chlorure d'argent sciem- 
ment précipité, 0*^,6 d'hyposulfite de soude et 20 grammes d'eau 
distillée). 

IL — Dans sa récente communication au congrès de Magdebourg, 
Eulenburg a rappelé que des observateurs dignes de foi ont cité des 
exeinples de guérison de tabès dorsalis, ce mot de guérison devant être 
pris dans racception clinique; c'est-à-dire qu'il s'agissait, dans ces cas, 
d'une disparition complète et durable des symptômes caraeléristiques 
du tabès. Mais ce mode de terminaison est extrêmement rare. Eulen- 
burg en a cité comme preuve, que dans le cours d'une pratique de vingt 
années et sur un ensemble de 500 malades tîhez lesquels le diagnostic 
de tabès dorsalis avait pu être porté avec une grande assurance, il »e 
s'en est trouvé que 5 pouvant être c(Misidérés comme des exemples de 
guérison dans le sens chnique» ce qui donne une proportion de 1 sur 
100. Il a ajouté qu'en plaçant les malades dans de bonnes conditions d'hy- 
giène et en mettant plus d'insistance dans l'emploi des moyens théra- 
peutiques, on obtiendrait un plus grand nombre de ces guérisons. 

Il ne semble pas d'ailleurs, à en juger par les faits connus, que, parmi 
les traitements prônés contre le tabès, il s'en trouve dont l'eilicaeito soit 
plus certaine que pour d'autres. Sur les 5 cas de guérison mentkm- 
Dés par Eulenburg, on avait eu recours : dans un cas à l'administration 
interne du nitrate d'argent; dans un autre à l'hydrothérapie; dans deux 
autres à la galvanisation ; dans le dernier au traitement spécifique. 

Eulenburg ne croit pas qu'on puisse obtenir une guérison daûs le sens 
anatomo- pathologique du mot. 

IIL — DcJcai prescrit le nitrate d'argent sous la forme pilulaire; mais 
il fait enrober les pilules dans de l'argile blanche avec addition d'un peu 
d'eau, et il ne lait confectionnera la fois que le nombre de pilules néces- 
saire pour un court délai. Grâce à l'enveloppe argileuse, le nitrate d'ar- 
gent échappe à la réduction. Pour empêcher sa transformation en 
cliloi'ure au contact d'une grande quantité de suc gastrique, Bokairecom- 
inande aux malades de prendre les pilules à jeun, et d'ingurgiter immé- 
diatement après un peu de lait ; il se forme dinsi une combinaison d'ar* 
gent et de caséine très soluble dans les acides chlorhydrique et lactique, 
et qui se résocbe avec une grande laeiiilé« s. a. 



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70 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

IV. — TA. Rumpff sur 27 ataxiques soumis à ses soins, a constaté une 
proportion de 66 0/0 de syphilitiques, et, ainsi que Fournier en a déjà 
fait la remarque, tous les tabétiques syphilitiques paraissent n'avoir eu 
que des phénomènes d'infection extrêmement bénins et par conséquent 
n'avaient été l'objet que d'un traitement peu prolongé et peu énergique. 

Rumpf traite les tabétiques par le pinceau faradique. Il a déjà été 
publié (Neurolog. Central, 1882, n** 1 et 2) l'observation de 2 ataxiques 
à peu près complètement guéris par cette médication. 

Dans le travail actuel, il relate 4 nouveaux faits d'ataxie non syphi- 
litique soignés de la même façon avec des succès divers : 

Dans Tataxie syphilitique ni le traitement spécifique seul, ni le pinceau 
faradique employé seul, ne lui ont donné de bons résultats : il en est venu 
à combiner les deux modes de traitement. 

Voici comment il pratique la faradisation. L'anode du courant d'induc- 
tion de fermeture est placée sur le sternum et la cathode (pinceau) sur 
le dos et les membres, de façon à faire rougir vivement tous les points. 
La force du courant doit être telle que l'impression ressentie par le malade 
soit intermédiaire entre la sensation simple et la sensation douloureuse. 
L'application dure 10 minutes. 

Rumpf explique le mode d'action du pinceau faradique par un triple 
mécanisme : 1* action anodine; 2® retour de la sensibilité (Vulpian); 
3* action réflexe : l'irritation des nerfs périphériques détermine des 
troubles dans la circulation des organes centraux. j. b. 

V. — Niermeijer a employé la méthode de traitement de Rumpf chez 
un certain nombi'e de tabétiques, et les résultats qu'il a obtenus sont, 
dit-il, encourageants, moitis pourtant que dans les cas où le traitement 
était employé contre des états morbides en rapport évident avec des 
troubles circulatoires de l'encéphale. 

VI. — R. Schulz rapporte Tobservation d'un homme de 88 ans qui 
avait eu un chancre mou en 1874. En 1879, parésie passagère de la 
jambe gauche, céphalalgie et paralysie des muscles de l'œil à droite. 
En 1883, on constate les symptômes d'un tabès dorsalis grave. 

Parésie des jambes, avec incoordination motrice, aboUtion de la sen- 
sibilité musculaire, abolition des réflexes patellaires, troubles de la sen- 
sibilité aux jambes, parésie vésicale, etc. 

Le malade fut traité par Tiodure de potassium (1^',5 par jour), par 
les injections sous-cutanées de sublimé (08^,01 tous les deux jours) et par 
les bains salins. Ce traitement amena une prompte amélioration, telle 
que le malade pouvait de nouveau marcher. L'état de la sensibilité s'était 
amélioré également, mais l'abolition des réflexes tendineux subsistait. 

VII. — Chez deux tabétiques, Svensson a pratiqué l'élongation des 
deux nerfs sciatiques. Chez l'un d'eux l'opération eut pour résultat d'çle- 
ver la température des membres inférieurs et de régulariserles fonctions 
de la vessie et du rectum, résultat éminemment passager, car au bout de 
six mois l'état du malade était le même qu'avant. Dans le second cas, 
l'opération n'eut guère que des suites fâcheuses (secousses convulsives 
violentes dans les membres inférieurs, décubitus). Voilà des résultats 
qui justiflent la condamnation prononcée contre ce procédé de traitement 
par les principaux neurologistes. 

VIII. — L'observation rapportée par Rosenstein est encore plus oon- 



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THÉRAPEUTIQUE. 77 

cluante : rélongation des deux nerfs sciatiques chez un tabétique âgé de 
41 ans entraîna à sa suite un phlegmon avec suppuration prolongée qui 
fit mourir le malade d'épuisement. Quant aux effets immédiats de Topé- 
ration, ils consistèrent en une diminution marquée de l'analgésie et de 
Tanesthésie musculaire; l'anesthésie tactile subsista. De plus, le malade 
vint en proie à des douleurs assez violentes dans les mollets, à des con- 
tractures dans les fessiers, à de la parésie vésicale. 

Suit une relation très détaillée des constatations neuroscopiques ; la 
délimitation des lésions spinales, qui étaient limitées à certains districts 
des cordons postérieurs, parle en favem* de la nature systématique du 
tabès. E. RicKLiN, 

IX. — M. L. . ., Agé de 38 ans, a commencé à présenter, il y a deux ans, 
des signes prémonitoires de Tataxie, paralysie de la troisième paire, douleurs 
fulgurantes dans les membres, au rectum, et enQn Fincoordiuation motrice. 
Deux saisons passées à la Malou amenèrent une amélioralion notable ; à la 
fin de Vbiver, le malade se trouve un peu lourd et fatigué, et d'après les con- 
seils de M, Charcot prend de l'ergot de seigle, 0«',25 d*abord, puis en aug- 
mentant de 0»',05 par jour, jusqu'à 1 gramme; il devait prendre 3 jours de 
suite cette dose, puis suspendre le traitement ; le deuxième jour de la dose 
d'un gramme, il est paralysé des 4 membres et de la voix ; la sensibi- 
lité est émoussée dans les membres paralysés, môme aux bras, qui avaient 
toujours été intacts jusque-là; il n'éprouve pas de douleur ailleurs. La 
suspension immédiate de Fergot amène une grande amélioration. Au mo- 
ment de Texamen, les bras sont à peu près dégagés, la voix est revenue* 

L'auteur rapproche ce cas des faits d'ergotisme publiés par Tuczek, où 
plusieurs autopsies ont montré des lésions systématisées aux cordons de 
Burdach. h. u 

La ptpsine et les peptonat dans le traitement du diabète, par A. de 6IQ7ANNI 

{Medicina coûtenoporaneâ, janvier 1884). 

On peut rencontrer un certain nombre de diabétiques qui, soumis à la 
diète carnée, voient néanmoins la quantité de sucre dans les urines n^ 
pas diminuer, dont la nutrition dépérit assez vite, et chez lesquels on 
peut attribuer ces phénomènes à une altération fonctionnelle de Testo- 
mac. On arrive alors à relever rapidement l'organisme par l'administra- 
tion de la pepsine et des peptones. fbris. 

I. — Traitement de la dyspepsie par las peptogènes, par HERZEN {Rerae médi' 
cale de la Suisse romande^ IV,p, Hi, lévrier 1884). 

IL — Du traitemant de l'ulcère simple de l'estomac, par DEBOVE (Société méd, 
des hôpitaux, 7 mai 1884). 

L — Le bouillon de viande mérite d'être réhabilité, car il est pepto- 
génique, à condition toutefois d'être préparé d'une certaine façon. La 
viande ne doit pas être trop fraîche ; il faut la mettre d'abord dans l'eau 
froide et la réchauffer lentement. Aloi-s l'albuminé se transforme en syn- 
tonine et ne coagule plus à l'ébuUition. La cuisson en outre peptonise 
une certaine quantité d'albumine qui passe ainsi dans le bouillon. 

Un cas de cholérine violente chez un enfant de six semaines a été 
guéri avec du bouillon concentré fait dans la marmite de Papin. 



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78 REVUE DES SCIBNCE8 MEDICALES. 

La dextriné est un autre agent excellent contre la dy^pde. En lave^ 
ment, mode d'administration le plus facile^elie agit aussi bien que siell^ 
est prise par la bouche. 

Le bouillon doit être bu, ou le layement de dextrme pris, une demi^ 
heure avant le repas. 

Herzen pense qu'en fistisant cuire la dextriné avec do bouillon on 
pourrait obtenir un effet double. j. b. 

IL— Debove a constaté parfois les inconvénients du traitement classique 
par le régime lacté, les alcalins, etc., et a vu survenir plus d*une fois U 
dilatation de Testomac, oe qu'il attribue à la grande quantité de liquide 
que doit ingérer le malade ; feiussi conseille-t-il le régime suivant : trois 
repas par jour composés chacun de 25 grammes de poudre de viande 
délayée dans du lait ou de l'eau aromatisée, et additionnée de la poudre 
composée suivante : magnésie calcinée, 1 gramme; craie préparée, 
2 grammes ; saccharure de chaux, 1 gramme. Immédiatement avdnt ce 
repas le malade ingère un cachet contenant 2 grammes de bicarbonate 
de soude ; ua quart d'heure après le repas, 4 grammes de bicarbonate de 
solide. Il ne conseille pas de prendre plus d'un litre ou d'un litre et demi 
de lait par jour, additionné de 4 à 6 grammes de saccharure de chaux, et 
encore doit-on le prendre par petites quantités à k fois. u. l. 



Réflexions sur le traitement «ététique de robésité, par EMWL ^«k. hebd, ac. 
méd. Montp., n* 9, 1884). 

D'une façon générale, on prescrit dans le traitement de Fobésitô 
Tabstention formelle des corps gras (Chambers, Banting, etc.). Cepen- 
dant récemment Ebstein a protesté contre « ces cures par refus d© 
graisse », et a cherché à ramener sur ce point la thérapeutique aux pré- 
ceptes d'Hippocrate, qui commandait aux gens qui voulaient maigrir de 
manger des aliments gras, mais de supprimer les féculents. 

Engel soutient cette opinion, et par quelques remarques tend à prouver 
que l'observation et les théories actuelles sur le mécanisme de la nutri- 
tion le plus en laveur viennent appuyer cette manière de voir très an- 
cienne, mais très oubliée. a. mossé. 



La teinture dlade dans le traitement du eholéra, par SfiXISE {Riv* cUn. e êerap,^ 
novembre et décembre 1884). 

La teinture d'iode est un anticholérique. Elle peut être employée aussi 
à titre de préventif dans une potion avec du cognac et du landanum ; 
dans ce cas, tous ceux qui se sont servis du préservatif, sans exception, 
ont été prései^vés du fléau. Cette efficacité de l'iode s'exphque quand 
on songe qu'au microscope les microbes qui résistent à une solution 
phéniquée à 10 0/0, périssent instantanément dans une solution d'iode 
au centième. 11 y a, naturellement, indication de désinfecter les selles 
cholériques ayec cet agent. mus. 



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PATHOLOGIi: mTBRNi: ET CLINIQUE MÉDICALE. 79 

T. — Des laYemQiits phéniqués dietns la dysenterie, par SGHTCHE6L0FF [RusaktJa 

med., n* 31, 1884). 

U. - Jéêm,pêT KAMPF {Ibid^ o* 48» 1884). 

I. — SchtcheglofT a traité 12 cas de dysenterie par les lavements phé- 
niqués (1 sur 500); chez plusieurs, il y avait eu insuccès des médi- 
catioos ordinaires. Six malades quittaient Thôpital après trois joui*s; trois 
autres étaient guéris le 4« jour; un le 6'; un le 9°; im le 10* jour. Chea 
tous, les symptômes s'amendèrent dès le premier lavement. 

II. — Relation de huit cas de dysenterie aiguë tr^tés par la méthode 
précédente. U suf&t de deux ou trois lavements pour amener la gué- 
risûa. A. G. 

Crtasote water as a local anesthetic, par E. R. SQUIBBS {Epbemeris, mars 1885). 

L'auteur regarde comme le meilleur topique pour les brûlures Teau 
créosolée à 1 0/0 ou moins, suivant la susceptibilité des sujets, appliquée 
au moyen de compresses de mousseline, cette eau amène le soulagement 
de la douleur en cinq à dix minutes. a. c. 



PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MÉDICALE 



de clinique médicale faites à l'hôpital de la Pitié (1883-1884), par 
S. JIGCOÏÏD {PTis, 1886). 

Dans l'ensemble des 34 leçons publiées, on peut distinguer deux sé- 
ries distinctes par leurs tendances et leur objet; les unes sont essentiel- 
lement consacrées à l'analyse clinique appliquée à de délicates questions 
de séméiotique et de diagnostic. Les autres partent également de 
Texamen clinique du malade, mais pour s*élever à la discussion de hautes 
questions doctrinales. 

Au premier groupe, on peut rattacher une série de leçons consacrées 
aux cirrhoses biliaires et veineuses, aux kystes hydatiques du foie, à un 
cas d'anévrisme de Taorte ascendante; d'autres leçons sont dévolues à 
l'étude de ce phénomène si précieux en clinique, quand il est bien ana- 
lysé et bien compris, le pouls veineux. 

Puis viennent des pages entièrement personnelles, et qui représentent 
la fouit de longues et importantes recherches sur des questions toutes 
nouvelles; je veux parler du pneumothorax partiel et du diagnostic des 
adhérences, pciriétales du poumon, du faux pneumothorax ou pyopneu- 
mothorax sous-phrénique, de Tabcès sous-phrénique. avec ses deux con- 
séquences possibles, la pleurésie purulente ou la vomique. Notons spé- 



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80 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

cialement le chapitre consacré à Tétude de l'exploration méthodique et 
de la séméiologie de Tespace semi-lunaire, avec tous les enseignements 
que Ton en peut tirer pour l'appréciation de l'abondance et de la situa- 
tion d'un épanchcment pleurétique gauche, ainsi que pour la délimitation 
sur le vivant des adhérences costo-diaphragmatiques, si importantes à 
reconnaître au point de vue de la thoracentèse. Bien des fois, malheureu- 
sement, comme le montrent les faits rappelés par M. Jaccoud, l'omission 
de cette exploration méthodique de l'espace semi-lunaire a entraîné de 
véritables désastres opératoires : ponction du cœur, pénétration à tra- 
vers les adhérences costo-diaphragmatiques, dans la cavité périto- 
néale, etc. On ne saurait donc trop attirer l'attention sur tout ce chapitre 
de séméiologie, et sur les propositions suivantes de Tauteur ; « L'espace 
semi-lunaire peut être altéré, en cas de pleurésie gauche actuelle ou an- 
térieure, par un épanchement sous-mammaire, par une symphyse 
phréno-costale épaisse, par des fausses membranes minces et frag- 
mentées. Dans les deux premiers cas, le tympanisme est remplacé par de 
la matité, et la distinction de ces deux conditions si différentes ne peut 
être faite que par Tétude de la mobilité respiratoire de la région ; en 
aucun cas, on ne doit admettre Teffusion liquide sous-mamelonnaire, en 
se fondant uniquement sur la matité. Dans la troisième éventualité, 
les résultats de la percussion sont variables, mais il y a des frottements 
pleuraux, et le diagnostic est par là même fixé. » 

Au second groupe appartiennent les leçons sur la chlorose fébrile, sur 
le traitement par le tartre stibié du rhumatisme articulaire à caractère vis- 
cérale, sur l'endocardite infectieuse, sur un cas d'oreillons graves et in- 
fectieux; puis une série de leçons résument une partie des longues 
études de l'auteur sur la fièvre typhoïde, sur la marche de la tempéra- 
ture et sur les rechutes dans cette maladie, sur la forme ambulatoire et, 
dans son cours, sur une cause non encore décrite de mort rapide par 
coup de sang pulmonaire. 

Quant aux leçons dévolues à l'étude de la forme sudorale de la fièvre 
typhoïde, la nouveauté du sujet, aussi bien que la minutieuse précision 
de la description clinique, en rendent l'analyse sommaire bien difficile, 
car, en pareil cas, tous les détails ont leur prix. On trouvera là les pre- 
miers faits et les premiers tracés recueillis en France de cette curieuse 
forme morbide. 

Nous ne pouvons qu'énumérer, alors que nous voudrions longuement 
analyser; mais au moins vouions-nous, on terminant, signaler les leçons 
si actuelles par leur sujet, et en même temps si élevées et si médicales, 
que M. Jaccoud a consacrées aux pneumonies infectieuses et à la 
phtisie pulmonaire, envisagées au point de vue des doctrines micro- 
biennes. Partout ressort la démonstration du rôle prépondérant de l'or- 
ganisme dans l'évolution de ces maladies infectieuses, ainsi bien que 
dans la fixation des indications théra[)eutiques. 

Bien que nous n'ayons pu que souligner les chapitres les plus impor- 
tants, nous en avons dit assez pour montrer quelle est la valeur de 
ces leçons cliniques ; elle sera, croyons-nous, hautement appréciée de 

tous. A. CHAUFFARD. 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. 81 

Prophylaxie et géographie médicale des principales maladies tributaires de 
l'hygiène, par Léon POINGARÉ (Un roL inS* de 500p«^et, Paris, 1884). 

L'ouvrage de Poîncaré est conçu d'après un plan assez ingénieux. 
Prenant aux livres spéciaux de géographie médicale ce qu'ils peuvent 
avoir d'utile pour la prophylaxie, aux épidémiologistes les règles de ré- 
pression administrative des maladies populaires, aux hygiénistes les 
mesures individuelles, illustrant le tout de nombreuses cartes géogra- 
phiques, Poincaré est arrivé à faire un livre un peu inégal, parfois in- 
correct ou incomplet, mais qui rendra certainement des services. Cha- 
cune des maladies considérées comme principalement tributaires de 
l'hygiène est l'objet d'un chapitre spécial divisé lui-même en deux par- 
lies distinctes, quoique corrélatives : la géographie médicale de la ma- 
ladie et sa prophylaxie, cette dernière s'appuyant sur la première. Poui* 
chacune de ces maladies, le texte est appuyé par une cai*te particulière. 

Comme classification entre elles, elles sont rapportées à trois groupes 
correspondant à trois ordres bien distincts de conditions hygiéniques : 

!• Les maladies d'origine miasmatique^ c'est-à-dire celles qui, 
d'après le courant des idées modernes, seraient engendrées par les mi- 
crobes, et qui, en tout cas, ont le droit d'être considérées comme en- 
gendrées par l'introduction dans Téconomie d'un poison d'origine 
biologique ; 

2* Les maladies d origine alimentairef c'est-à-dire celles qui parais- • 
sent être particulièrement engendrées par une alimentation défectueuse, 
soit comme quantité, soit comme qualité ; 

3* Les maladies d'origine météorique^ c'est-à-dire celles qui semblent 
être surtout Toeuvre du froid et du chaud, ou de l'ensemble des condi- 
tions atmosphériques. 

Encore une fois, ce plan nous semble devoir être recommandé ; mais, 
pour être traité avec fruit, il nécessite des développements beaucoup 
plus considérables que ceux dans lesquels Tauteur a pu entrer. Et pour 
signaler immédiatement sa lacune principale, l'auteur n'y a fait aucune 
place à Tétioîogie^ trouvant sans doute que le fait seul de placer une 
maladie dans l'ime des trois classes précitées suffisait à justifier la pro- 
phylaxie. Ce serait là, à notre sens, une profonde erreur. Un épidémio- 
logiste ne peut traiter des mesures à diriger contre une maladie épidé- 
mique sans justifier l'étiologie qu'il admet, et Poincaré lui-même n'y 
manque pas. C'est ainsi qu'il expose avec soin les données que la science 
possède actuellement sur l'origine de quelques maladies infectieuses, 
telles que la fièvre typhoïde, la rougeole, etc. Et comme cet exposé 
étiologique occupe, avec raison d'ailleurs, une place plus considérable 
et plus importante que la géographie médicale, il s'ensuit que le véritable 
titre de l'ouvrage devrait être : Étiologie et prophylaxie des maladies 
épidémiques. Les cartes qui montrent aux yeux la répartition géogra- 
phique des principales maladies, ainsi que T intensité Ae cette répartition 
(s*ilest permis de s'exprimer ainsi), sont fort utiles. Mais elles sont d'une 
échelle beaucoup trop faible, et, spécialement pour ce qui concerne l'Eu- 
rope, absolument insuffisante. c. zuber. 

TRBIZIÈUK ANNEE. — ^ T. XXTI 6 

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M HfSVUE PEB «GIBNGII9 MiPPICALES, 



Ce volume constitue un résumé de nos connaîssanc0^ sur la topogra- 
phie médicale des principaux pays de la zone torride. 

Des cinq chapitres qui composent le volume, deux sont consacrés â la 
géographie médicale générale et détaillée (chiap. I et IV) ; un à Taction 
physiologique des climats torrides (chap. II) j un à l'action pathogénique 
(chap. ni) ; le dernier, enfin, à racclimatement des Européens dans ces 
régions dangereuses (chap. y). Dans ce dernier chapitre, le plus impor- 
tant au point de vue de rhygiène, se trouvent étudiées successivement : 
les questions de colonisation, les expéditions militaires, les explorations 
et Voyages, les travaux de la terre. Quant aux médecins qui se trouvent 
appelés à visiter les pays torrides ou à y exercer leur art, Ils chercheront 
en vain le code de règles hygiéniques sur lequel ils comptaient, et Tou- 
vrage lu, ils seront amenés à le rédiger eux-mêmes. 

Depuis quelques années, les médecins de la marine réagissent vive- 
ment contre la doctrine classique de Tçxagération du fonctionnement du 
foie dans les pays chauds, en général. ]L.*hypermégalie fonctionnelle du 
foie était devenue, en quelque sorte, la clef de voûte de toute la patho- 
logie tropicale. Il faut reconnaître cependant que les arguments présentés 
par Nielly .— comme antérieurement par Layet — ne sont pas absolu- 
ment démonstratifs et procèdent plutôt du raisonnement que de l'obser- 
vation clinique. Cette question est très importante et mérite d'être étudiée 
à nouveau. 

L'auteur n'est guère favorable à la doctrine parasitaire, et sur ce point 
il partage les opinions d'un grand nombre de ses collègues de la marine. 
n semblerait cependant que ces praticiens, appelés à exercer au milieu 
des parî^ites de tout genre, devinaient avoir de la tendance à admettre 
l'invasion des parasites jusque dans le domaine des maladies infectieuses. 
Il n'en est rien. Et Nielly, par exemple, en est encore, en ce qui concerne 
la malaria ou la fièvre jaune, à admettre l'intervention d'un gaz ! Mais 
quel peut bien être ce gaz mystérieux que la chimie moderne ne peut 
arriver à connaître, qui s'élève le matni au sommet des montagnes et re- 
descend le soir en brouillard fébrigène au niveau du sol ? L'argument qui 
consiste à dire que les cas foudroyants ne sont pas en rapport avec la 
doctrine parasitaire n'est pas convaincant. Il est d'ailleurs bien probable 
que les cas dits foudroyants résultent moins de la multiplication gra- 
duelle d'un microbe pathogénique que d'un véritable empoisonnement 
par un de ces alcaloïdes mystérieux dont nous entrevoyons â peine l'im- 
portance. 

Il est curieux de constater que cette hostilité vis-à-vis de la doctrine 
parasitaire entraîne Nielly jusqu'à nier l'intervention de la filairedu sang 
dans rhématochylurie. Lever serait une simple coïncidence. L'histoire 
de la médecine nous a appris à nous défier de ces prétendues coïnci- 
dences. 

En somme, le petit volume de Nielly est Jnléressant et sera lu avec 
plaisir par tous les médecins que préoccupe, à un litre quelconque, la 
santé des Européens dans les pays chauds. c. zuber. 



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PATHOLOGIE INTERNE ET C3L1NWUJI WDICALE. 99 

I. — Behrige ihf Paihelegia uad DitgnMtik in ll|i0e]>kfitn|4l9iM9» HP tV9J^ 

RIEGEL {Deut. Arcb. f. klin. Med., XXXVI^ Heft 1 et % p, iOfi). 

II. — Gomplexus symptomatique spécial das dyspoptiquas tanan^ A Qaa anto- 

infécUon, par LIÎTEN {Berl. klfa. Wook.^ 16 ûotobreim)^ 
|II. — Bin Fall von krankhaft gesteigarta ... (Ihi cas dliyparaôcrétiaii marbida 

du anc gastricpa), par KEICHMANfl {Ibid,, S octobte 1889). 

ly. -r Bio Zwaitar Fall von contimûrUcbar ... (2" cas da sécrétion continue di| 

suc gastrique, extrêmement acide), par LE MÊME {Ibid,, 14 janvier 1884)^ 

V. — lenrôaa Gastroxy&eis (D^ 1^ gas^'a^cyneis nery^nsa apnsiddrée cpmma nue 

ftorma spéaiala da la dyspepsie nfnrausa), par f. R9S9B4P8 (^e«^ Arebiy f, 

kUB. Med. XXXV, Heft 5, p, 883). 
YI. — Note sur un réflexe douloureux du nerf cubital dans certaines dyspapiias 

gastro-intestinalas, par TREILLE, rappart par UtREBOUJAST iS^o. mi4. 4^ 

hôp., 9 avril 1884). 

V|I. — Zur Diagnosa nnd Thérapie der Magei^ankfaeiten (Bes alféatiaiia da 
l'astomac, spécialement des névroses), par ROSBNTHâL {Wiener med, Pj>eaae, 
n* i, 1883). 

Vin. -^ Antiperist^ltige Magenbawegungen (Mouvements antipéristalticjues d^ 
l'estomac), par A, CAPlf [Deut, Arcb. f. kl^^. fded.^XXXV, Heft 5, p, 408). 

IX. mf Da la dilattiiaa de l'aatomaa et de m» r4l4 palh^g^jOgna , ptr 

Ch. BOUCHARD (Soê, des hop., 19 jui§ im)- 

X. — De la dilatation de l'estomac, par H. THIÉBAUT (Tbèae de Naney, iWk). 

XI. ^ De la dilatation atonique de l'estomac, par G. SÉE et A. MATHIBV {Rev, 

de méd,, 10 mai et 18 septembre 1884). 

XII. ~ Basai sur la dilatation adynamique de l'estomac, par de ARGAÇg (TV}^^^ 

de Paris, 18^4). 

XIII. "• Sssirï sur la ))mit da alapatamant atomaaal* par BABMI4T iTà^a^ tfif 

Paria, 1884). 

XI¥. — Da la dilatation da l'estomac consécutive à (la fièvre typhoïde, par 
E. MONTATA {Tbèse de Paris, 1884). 

XV. — De la ternie d'origine gastrique, par L. GALLIAED [Assoc. franq.. 
Congrès de i?ouen, .1883). 

XTIf -r Pas aapidepta tétanifprmaa daiui la 4U^tfiUfi» 4^ Vfi^imi, p«r 
E. IiAPREyOTTp {Tbèse de Paris, ^884). 

XflL'-Siurun aasda dilatatian del'eBiomao aampliquéa da tétai^a gésérallaéa, 
p«r DïïJARDm-BBAUMETZ et ŒTTIliaBR (Cfnion méd.,W Janvier 1804). 

XVin. — De la dilatation de l'estomac ches les enfants, par I. COMBT {Arcb, 
gén, de méd,, août 1884). 

I. — Dans ee travail, P. Riegel a surtout repris Tétude des acides de 
Testomac à l'état patholo^que. On sait que Ton avait tiré de la présence 
ou de Tabsence de l'acide chlorhydrî(|ue dans le suc gastrique une indi- 
cation importante pour le diagnostic du cancer de Testomac. Van der 
VeldeQ avait troavé que cet acide disparaissait complètement dans le 



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84 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

cancer : cette disparition devait donc amener à des conclusions pratiques 
importantes dans bien des cas. Ewald avait contesté les affirmations de 
van der Velden. 

F. Riegel, entrant dans le débat, prend parti pour ce dernier. 

D a recherché quelle était Tacidité de Testomac pendant la période de 
digestion : c'est en effet deux à trois heures après l'ingestion des ali- 
ments que cette acidité atteint son maximum. Il a trouvé que la méthode 
de Leube, qui se contentait de faire prendre un peu d*eau glacée, donnait 
des résultats incertains et n*excitait pas fortement la sécrétion du suc 
gastrique acide. 

Comme réactifs, il s'est servi de la teinture de tournesol, de la tropéo- 
line, du violet de méthylaniline, et pour démontrer la présence des acides 
lactique et butyrique, du chlorure de fer phéniqué, déjà usité par Uffel- 
mann. 

Pour se procurer du suc gastrique, il procède de la façon suivante : il 
se sert du siphon qu'il amorce avec une très petite quantité d'eau. L'en- 
tonnoir étant immédiatement abaissé, on laisse écouler l'eau destinée à 
l'amorcement du siphon et l'on recueille seulement le contenu hquide de 
l'estomac qui s'écoule ainsi pur de tout mélange. 

Le résultat principal de son travail, c'est que l'acide chlorhydrique 
disparait dans le suc gastrique des individus atteints de cancer de l'es- 
tomac. Il semble que cet acide soit détruit par le suc cancéreux lui- 
même ; ce qui le démontre, c'est qu'on le fait disparaître en ajoutant à 
du suc gastrique normal le liquide obtenu par expression d'une masse 
cancéreuse. 

L'acide butyrique et l'acide lactique qui résultent de la fermentation 
des aliments qui séjournent trop longtemps dans l'estomac ne paraissent 
nullement en diminuer le pouvoir digestif, contrairement à ce qu'on a 
prétendu. albert uathieu. 

n. — Litten expose comme suit un complexus symptomatique non en- 
core décrit qu'il a observé chez des dyspeptiques et qu'il regarde comme 
l'expression d'une auto-infection de Téconomie par un corps dissous dans 
le sang qui se formerait à la suite de décompositions chimiques anor- 
males s'effectuant tant dans l'estomac que dans Tintestin. 

Cet ensemble de symptômes se compose d'une anorexie absolue, d'une 
tendance invincible au sommeil (sopos), d'arthralgies, d'une haleine à 
odeur spéciale rappelant à la fois celle du chloroforme et de la ponime, 
d'une réaction caractéristique des urines, qui prennent, lorsqu'on les addi- 
tionne de perchlorure de fer, une teinte rouge, sans contenir de sucre. 
En même temps les urines sont toujours diminuées de quantité et accrues 
de densité, mais ne renferment aucun élément anormal, figuré ou chi- 
mique, autre que celui qui produit la réaction signalée. Le type de la 
respiration reste normal. Quelquefois il survient un léger mouvement 
fébrile sans type net. Les matières fécales ont une odeur cadavérique. 

Tous les phénomènes morbides disparaissent en même temps que 
cessent la réaction signalée dans l'urine et l'odeur de l'haleine. 

Ewald dit que d'après ses expériences l'odeur de fruit ou de pain frais 
que prend l'air expiré n'est pas indispensablement liée à la présence de 
la réaction de l'urine au contact du perchlorure. Il l'a rencontrée chez 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. 85 

des personnes offrant uniquement des phénomènes de décomposition 
anormale dans Testomac. 

m et rv. — Les deux faits suivants tendent à prouver i*existence 
d'une dyspepsie liée à un excès d*acidité du suc gastrique : 

i« Homme de 37 ans, atteint depuis six ans de troubles digestifs. Pendant 
deux ans il a vomi ses aliments non digérés. Au bout de ce temps, les vomis- 
sements spontanés ont cessé ; mais quand le malade souffre trop^ il se sou* 
lage en introduisant son doigt dans la bouche pour se faire vomir. 

Les crampes épigastriques reviennent chaque soir, durent toute la nuit, 
privant le malade de son sommeil ; elles atteignent leur maximum le matin, 
et 8*étendent alors à tout le ventre ; le manger les apaise. 

Émaciation, anémie et faiblesse extrêmes. Appétit et soif exagérés. Cons- 
tipation. T^yrosis. Pas de dilatation de restomac. 

Le matin, de Testomac a jeun, on retire un litre de liquide vert gazon, à 
odeur et réaction acides, présentant un degré d'acidité de 2 à 3 0/00, rame- 
nant le violet de méthyle au bleu clair et contenant des peptones et de la 
bile. 

Après chaque pompage de ce liquide, le malade ne ressent plus ni pyrosis 
ni douleurs. 

Pour étudier plus complètement ce liquide retiré en si grande abondance 
de l'estomac, Reichmann a, à quatre reprises différentes, soumis son malade 
à un jeûne absolu d'aliments et de boissons, durant toute une nuit, après avoir 
la veille au soir bien lavé son estomac. 

Le lendemain matin, chaque fois la sonde a fourni de 180 à 300 centimètres 
cubes d*un liquide presque transpai*ent, plus ou moins verdâtre par mélange 
de bile, offrant une acidité moyenne de 2.5 0/00, transformant en brun la 
couleur jaune de la tropéoline, et en bleu clair celle du violet de méthyle, 
ayant un coefficient de partage de 188 et contenant manifestement de la 
pepsine. Il s'agissait donc d'acide chlorhydrique. 

Reichmann rapporte tous les phénomènes offerts par ce malade à 
la sécrétion exagérée de suc gastrique. Les douleurs tiennent à des 
mouvements spasmodiques de l'estomac irrité par cette sécrétion trop 
acide. Les mouvements stomacaux, en se propageant au duodénum, y 
provoquent des mouvements antipéristaltiques qui ramènent la bile dans 
l'estomac, malgré Tabsence de vomissements. La propagation des dou* 
leurs à Fâbdomen est un phénomène réflexe tenant soità la douleur môme, 
soit au passage du contenu stomacal trop acide dans l'intestin. La diges- 
tion insoHtement prompte et facile de la viande s'explique tout naturelle* 
ment. Les substances féculentes restent indigérées parce que la salive 
ne peut agir dans ce milieu trop acide. Enfin le séjour prolongé des 
liquides et du chyme peut dépendre de deux causes, soit de ce que la 
mucpieuse altérée par le contaot continu du suc très acide a perdu une 
partie de son pouvoir absorbant, soit de ce^que la tunique musculaire, 
fatiguée par ses mouvements nocturnes, a perdu l'énergie nécessaire 
pour pousser dans l'intestin le contenu stomacal. 

Ij6 traitement a consisté en pompages matin et soir du liquide, régime 
exclusivement azoté avec proscription complète de Teau et très faible quan- 
tité d'aliments fluides. Gomme compensation, en dehors d'un lavement froid 
destiné à provoquer les garde-robes, le malade prenait chaque jour trois 
lavements désaltérants d'eau tiède : compresses de Priessnitz et appUcations 
chaudes sur le ventre; frictions du corps avec de l'eau froide. 

En six semaines, cet homme avait récupéré ses forces et son embonpoint. 



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k6 tieVUË t)fid 6CIENGË8 MÉDICAIiBSi 

Ift Soif 0t l'ûppétît s'élaient ttiodéréi; il ti'ftTâit plU8 ni owimpet, ni pyrosit* 
et l'on notait une diminution considérable de liquide acide eécrëté dans 
l'ëatomaCi 
Le 2^ cas est similaire» 

Reichmann a sondé chei 59 malades rcstomac à jeun : 27 fois il l'a 
trouvé vide) 14 fois il contenait un liquide muqueux, plus ou moins 
aqueux, alealin, avec ou sans restes d'aliments; 41 fois un liquide acide, 
avec restes d'aliments et champignons de fermentation, mêlés ou non à 
du mucus et à du sang. Le liquide de ces 11 malades» dont 10 avaient un 
ôàncer de Pestomac, ne contenait pas d'acide chlorhydrique libre, 6 fois 
l'estomac à jeun renfermait un liquide acide, avec restes alimentaii-es et 
parfois aussi sarcines et torules ; dans ées 5 cas il existait de Tacido 
chlorhydrique libre. Chez un malade, Testomac contenait des caillots 
sanguins neutres, et chez l*auti*e du suc gastrique pur. 

L'état de suracidité du suc gastrique à jeun est donc assez fréquent. 
Si on ne Pa pas encore décrit, c*est qu'habituellement on examine le con- 
tenu de l'estomao après Taroir rempH d'eau qui dilate et neutralise son 
contenu. j. b. 

V. *-* Pat* gftfttrdxynsis, Tauteur entend une acidité exagérée du suc 
gastrique. Cette acidité excessive se montrerait surtout chea les per* 
âonrtes occupées à des travaux intellectuels d'une ftçon trop assidue. Il 
faut en tout cas une prédisposition spéciale, qui consiste surtout dans 
une excitabilité exagérée du système nerveux. 

îl se fait dans ces conditions une sécrétion do suc gastrique fortement 
acidoi et la présence de cet acide en excès provoque l'apparition de toute 
une série de manifestations morbides. 

Cet acide trop concentré excite les nerfs sensitifs de l'estomac, et re- 
lài*de la digestion^ Par voie réflexe les vaisseaux de la tcHe se contrac- 
tent, de là la céphalalgiei les étourdissements, etc. L'estomac lui-môme 
s'anémie^ ses vaisseaux -se resserrent et la résorption se trouve entravée. 
Le malaiBe^ la oéphalalgie, se produisent surtout a jeun, Testomac étant 
▼ide^ Us diihinaent lorsque le suc gastrique se trouve dilué par les bois- 
soni et les alimeats» et momentanément saturé. 

Après lee rëpaa^ les malaises dispai^aissent donc complètement^ con*- 
fcndretnedt à ce qui se passe dans la névrose réflexe do Leube, dans 
la(}ueUe le malaise survient seulement pendant les périodes diges- 
tivea. 

Il ti» s'agit pas tion plus de l'acidité exagérée pennanente qu'a signalée 
Retc*man!t. Dans la gastroxynsis do Rossbach, on ne constate pas de 
renvoie acides, pas de pyrosis. Ces renvois acides n'indiquent pas du 
reste une acidité exagérée de l'estomac : ils sont dus à la régurgitation 
d'aliments imprégnés de suc gastrique et souvent même de suc gastrique 
d'une acidité inférieure à la normale. 

Dane là dyspepsie acide, il s'agit de fermentations de la masse alimen- 




sonnes prédisposées, sous l'influence de chagrins, de mouvements de 
colère, de surmenage intellectuel. Elle survient brusquement et s'apaise 
de même, ce qui indique bieh qu'elle n*a rien à voir avec le ca- 



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PATHOLOOm INfMtimi BT OLIKIOUB MEDICALE. 19 

tafflve gastrique. ^tisc}tt*à présent elle a été confondue avec ce catarrhe. 

Souvent aussi on a dû la confondre avec la migraine, à cause deé aecèô 
de céphalalg:ie qu*elle provoque et deô Vomissements. 

Lorsque commence la crise de gastroxynsis, il suffît de boire Uû verre 
ou deux d'eau tiède ou de thé léger pour l'arrêter immédiatement. 

Quand cette crise est plus avancée, elle tend naturellement à amôneT* 
des vomissements qui débarrassent l'estomac de son acide : il est boû 
de fticilîter ôes vomissements en administrant une boisson chaude. 

Les alcalins soulagent momentanément, mais ils ont le tort de sus- 
pendre la digestion et de provoquer ensuite une acidité exagérée du suc 
gastrique. 

n est bon de combattre la cause générale, et, en particulier, de faire 
cesser tout travail intellectuel. A. kAtHtEU. 

VI. — ■ Treille a observé que chez des malades atteints de dyspepsie 
gastro-intestinale, principalement chez ceux qui sont devenus dyspêp* 
tiques à la suite d'affèolions du tube digestif, si Ton Vient à froisser la 
peau de Tabdomen au niveau de la (bsse iliaque gauche, dans le voisi- 
nage de répine iliaque antéro-supérieure, on détermine fréquemment 
dans la sphère du nerf cubital du même côté une sensation plus ou moins 
pénible, Variant depuis le simple fouimillement jusqu'à la douleur qui 
arrache une plainte au malade ; cette sensation se produit instantané**- 
ment ; elle naît et disparait avec la pression des téguments, et s'étend à 
toute la sphère du nerf cubital. 

Lereboullet rappi*oohe ce phénomène des observations de synésthésiès 
signalées par QiJLbler, mais montre que les ftiiti dé Treille en diffèrent 
en œ que ses malades accusaient spontanément des sensations bigarres 
douloureuses dans la sphère du nerf, fburmillement, ilgidièë, etc. Il croit 
qu'il ne ftiut pda rattacher cea phénomènes herveu^c au trouble gasiro<- 
intestinal, mais bien à l'état irritable du système nerveux, qu'il soit 
primitif^ oonstitutioonei^ ou consécutif à une maladie chronique. ». l. 

VII. *-* L'auteur rapporte d'abord des observations de névrose gaa* 
trique chea des jeunes filles anémiques et chlorotiques, migraineuses, 
excitables» atteintes de dyspepsie nerveuse aveô constipation, gfastralgle 
et vomissements i on note che£ elles la pileur BKitètné de la face^ la 
dilatation des pupilles, le ralentissement du pouls, une série de troubles 
en un mot qu'on peut ocHisidérer oomrae relevant du grand sympathique. 
Elles présentent aussi de l'hyperesthésie oUtanée et musculaire, et dés 
poiati douloureux multiples sur le trano, sur la colonne vertébrale. BUed 
eat l'estomac presque eoiistamment dilatée 

On trolive aussi ehea les jeUnes homiâes de l'excitabilité gastrique, 
même sans dilatation, s'accompagnant de troubles vaso-moteurs réflexes : 
da temps en twnps survient une ôrampe douloureuse à l'épigsstre^ aVec 
sensation de chaleur et rejet de mucosités; au même moment, on oons« 
tate une ooloration rouge foncé de la gorge et de la mUquêUse nâSSle 
s*Aocompagnant de surdité; ces phéUoménes durent une demi«*heure^ 
puis iM muqueuses puissent et la surdité cesse. Ge geaté d*accideftta 
pMt être fliVdrablëmeàt modifié par lé brômut^ de potassium. 

L'auteur cite un homme de 48 ans, migwineuif, atteint de dyspe^éiè et 
dé dilatation considérable dé l'estomac, chez qui les émotions 6u/hn* 
lluence du froid déterminaient des crises spéciales : pâleur extrême, re- 



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88 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

froidissement des extrémités, petitesse et accélération du pouls, et enfin 
lipothymie. Ces accidents duraient de dix à trente minutes. Ce sujet a 
été guéri par la diète sèche, les douches froides et l'électricité. 

L'anesthésie limitée à la face interne des avant-bras et des mains a été 
observée chez un docteur en droit, âgé de 38 ans, atteint, à la suite 
d'excès prolongés de travail, de dyspepsie avec dilatation de Testomac. 
Ce malade se plaignait de céphalée, d'insomnie, de diminution de la 
mémoire ; il était abattu, mélancolique et très anémique; ses réflexes 
tendineux étaient exagérés. Il a fallu plusieurs mois de traitement tonique 
pour le guérir. 

Dans les cas de dyspepsie nerveuse, d'asthénie gastrique, confondue 
souvent avec la gastrite chronique, on emploie en vain le traitement par 
les eaux alcalines, les poudres et môme le lavage de Testomac. Ce qu*il 
faut, c'est le régime fortifiant, la bière, les préparations martiales et 
aussi le bromure de potassium. 

Le diagnostic de l'asthénie gastrique est parfois très difRcile. L*auteur 
a pu la reconnaître chez une fille de 20 ans, chlorotique, très amaigrie, 
malade depuis plusieurs années et devenue véritablement cachectique, 
avec abaissement de la température à 36<',2, du pouls à 56, œdème et 
pai*ésie des membres inférieurs, sans albuminurie; elle a guéri sous 
l'influence du traitement. 

On sait que les hystériques ont souvent des troubles gastriques. L'au- 
teur les a notés chez une fille de 25 ans, qui offrait une particularité 
curieuse : l'hémiplégie à gauche et l'hémianesthésie à droite. 

Il insiste également sur les crises gastriques de l'ataxie locomotrice. 

L'auteur étudie enfin la dilatation de l'estomac dans ses relations avec 
le catarrhe chronique de l'organe, et en rappelle les symptômes clas- 
siques. Il y a là deux indications thérapeutiques : combattre les fermen - 
tations et stimuler l'énergie de la paroi musculaire. 

Parmi les topiques employés pour le lavage de l'organe, l'auteur donne 
la préférence à l'acide borique, dont il vante l'action désinfectante et 
antiseptique. Il l'emploie en solution à 3 ou 4 0/0, en y ajoutant 5 ou 
10 grammes de glycérine pour conserver le mélange, et remarque que, 
même après un traitement prolongé, il n'a pas d'action défavorable sur 
l'organisme. 

On peut en prendre à l'intérieur, en effet, de 4 a 6 grammes, sans 
observer autre chose que l'augmentation de la diurèse et l'acidité de 
l'urine; il faut aller jusqu'à 12 ou 15 grammes pour produire de l'inap- 
pétence et des vomissements. L'acide borique a de plus l'avantage de 
ne pas précipiter l'albumine et par conséquent de permettre la formation 
des peptones. 

Pour tonifier la couche musculaire, l'auteur conseille la douche écos- 
saise. L. OALLIARD. 

VIII. — Une femme de 60 ans, atteinte d'un carcinome de la petite coui^ 
bure de Testomao, présentait une dilatation considérable de oe réservoir. 
Pendant la vie on a constaté à travers les parois abdominales amincies des 
mouvements antipéristedtiques, qui remontaient de gauche à droite, en sui- 
vant la grande courbure de l'estomac. Cette grande courbure descendait jus- 
qu'au niveau du bassin. Cette observation, ajoutée à d'autres semblables, 
démontre donc la possibilité de mouvements antipéristaltiques chez Thomme* 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. 89 

Ce fait est à ajouter a ceux que les Allemands décrivent sous le nom d*agita- 
tion de Testomac (Unruhe des Magens). a. mathieu. 

K. — Ce travail est basé sur 220 observations personnelles recueil- 
lies chez l'adulte ; cette affection se rencontre surtout chez les gros man- 
geurs et les grands buveurs ; le meilleur moyen de la reconnaître est le 
bruit de clapotage provoqué au niveau de Testomac par le choc à la fois 
brusque et léger de deux ou trois doigts, frappant deux ou trois fois 
presque en un seul mouvement et comme par une vibration la paroi abdo- 
minale relâchée. Ce signe doit être recherché chez l'individu à jeun. Dans 
les cas douteux, on le rend apparent par Tingestion d'un demi-verre 
d'eau qui introduit en même temps le liquide et le gaz nécessaires pour 
que soient réalisées les conditions physiques du phénomène. Obtenu dans 
ces conditions, le clapotage indique la dilatation et retendue de cette dila- 
tation. Dans la plupart des observations qu'il a recueillies, le bruit s'en- 
tendait au niveau de Tombilic ou descendait au-dessous, même jusqu'au 
pubis, et se retrouvait à droite de la ligne médiane. 

La prédominance de tel ou tel groupe de troubles fonctionnels a con- 
duit M, Bouchard à étudier plusieurs formes de cette affection. La plus 
fréquente pour lui serait la forme dyspeptique, qui comprendrait elle- 
aiêmo les types flatulent, gastralgique et hépatique. Dans ce dernier 
type, la congestion concomitante du foie, avec ou sans ictère, peut faire 
penser à la litliiase biliaire, et rendolorissement de Testomac, deux ou 
trois heures après le repas, est considéré comme la pseudo-gastralgie 
des calculs biliaires. Chez ces derniers, sous l'influence de la congestion 
hépatique, le rein droit se déplacerait souvent. Viennent ensuite les 
formes larvées qui peuvent revêtir le type névrosique caractérisé par les 
manifestations nei*veuses les plus diverses : migraine, vertiges, névroses 
psychiques, irritabilité spinale, névrose cérébro-cardiaque, hypochon- 
drie, etc. Le type cardiaque avec ses palpitations, ses intermittences du 
pouls et les accès de fausse angine, analogues à ceux des fumeurs; le 
type asthmatique, et enfin le type rénal, qui réunit, à lui seul, trois états 
morbides distincts : ectopie du rein droit par l'intermédiaire de la conges- 
tion du foie, urines à sédiments uratiques et même lithiase rénale, enfin 
albuminurie avec toutes ses conséquences. 

Parmi les autres accidents qui peuvent naître sous l'influence de cet 
état morbide, M. Bouchard compte diverses manifestations cutanées: 
l'eczéma, l'urticaire, le pityinasis, l'acné, le purpura. La fétidité de l'ha- 
leine, l'abondance des sueurs, le coryza, les bronchites fréquentes, les 
phlébites spontanées, le rhumatisme articulaire aigu ou chronique par- 
tiel sont signalés par lui. Il attache une importance toute particulière 
aux nodosités des secondes articulations des doigts : « Elles consistent 
parfois en saillies latérales proéminant à la face dorsale de la deuxième 
articulation, soit en dedans, soit en dehors. Plus souvent elles sont cons- 
tituées par un élargissement de la deuxième articulation due à Tépais- 
sissement latéral de l'extrémité supérieure ou bien de la deuxième pha- 
lange. A ces nodosités s'ajoutent fréquemment des changements de 
direction des phalanges, de telle sorte que Taxe du doigt en extension, 
au lieu d'être rectiligne, est constitué par une ligne brisée. » 

Ainsi que le fait remarquer M. le professeur Bouchard, trois hypo- 
thèses se présentent à l'esprit pour expliquer les relations de la dilala- 



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90 AlVUfi t>Ëd SCJËHCW MÉtitCALË». 

lion avec tant de maladies disparates : !• la dilatation est (îatisô prédis- 
posante ou efficiente de ces maladies ; 2" ces maladies sont cause de la 
dilatation ; 3^ ces maladies, comme la dilatation, sont produites par une 
éause plus générale, un état diathésique, par exemple. Pour lui, il se 
rattache à la première hypothèse. Appliquant ici la théorie des maladies 
de la nutrition qu^l a si brillamment exposée ailleurs, il se demande si 
les fermentations qui, à Tétat normal, doivent s'accomplir à Taîde des 
ferments digestifs, ne se font pas imparfaitement dans l'estomac dilaté, 
et si des {fermentations anormales ne s*y développent pas sous Tinfluence 
des ferments figurés, deô microbes, des parasites. A l'état normal, le suc 
gastrique s'oppose à leur développement, mais lorsque les fonctions de 
festomac rie s*exécutent plus régulièrement, tous ces éléments trouvent 
dans l'estomac dilaté un milieu de culture favorable et fabriquent en dé- 
finitive un grand nombre de substances toxiques, qui seront résorbées 
ultérieurement dans l*intestin, et qui, une fois introduites dans la circula- 
tion, «pourront, en imprégnant toutes les cellules, vicier leur nutrition ou 
iî'oubler le fonctionnement de quelques-unes, et déterminer des phéno- 
mènes irrîtatifs sur les surfaces d'émanations à la façon de tant d'autres 
poisons. Ainsi s'explique comment les symptômes, les accidents mor- 
bides, les deutéropathîes, dans la dilatation de Testomac,. portent sur la 
nutrition générale, sur le système nerveux, sur les reins, sur la peau et 
sur les bronches. » En résumé, M. Bouchard fait de la dilatation de l'es- 
tomac une entité morbide, une véritable maladie locale qUÎ, vu l'impor- 
tance*de l'organe primitivement atteint, est capable de retentir sur l'or- 
ganisme tout entier et de devenir, à un moment donné, par suite de la 
déchéance organique qu*elle entraîne, la cause d'une fbule d'affections 
générales, aU nombre desquelles se trouvent la scrofule, la phtisie, le 
rachitisme, etc. c. omAUDBAu. 

X. — Les nombreuses obsei'Vations cliniques qui forment la base de 
cette dissertation ont permis à l'auteur d'étudier avec soin les conditions 
écologiques de la dilatation aigUë et de la dilatation chronique de l'es- 
tomac. Tandis que la première Reconnaît souvent pour cause les affec- 
tions fébriles gastriques, les simples indigestions, les opérations chirur- 
gicales sur l'abdomen ; la seconde, plus fréquente assurément, est 1* effet 
d'un nombre considérable d^états pathologiques dont nous ne ferons ici 
qu'une énumération sommaire ; ce sont, par ordre d'importance : les obs- 
tacles siégeant au pylore ou au duodénum, le catarrhe chronique simple 
ou compliqué d'ulcère, la dyspepsie simple ou avec gastorrhée aiguë et 
chronique, la tuberculose, la fréquence des repas, la polyphagie, la poly- 
dipsie, ^ingestion d'aliments indigestes ou irritants, la parésîe muscu- 
laire* les pyrexies graves, les névroses cérébro-spinale et cérébro-gastro- 
cardiaque, les maladies organiques du foie et du oœur, etc. etc. 

Les types principaux sous lesquels se présente la maladie, les symp- 
tômes que peut offrir la gastrectasie sont l'objet d'une étude minutieuse. 
Une diuiculté contre laquelle le praticien se heurte trop souvent consisté 
à reconnaître sur le malade d'une façon précise la partie la plus déclive 
de l'estomac, seule capable d'indiquer te degré d*amplialioh de l'organe. 
C'est pour repondre à cette exigence de la pratique médicale que Thié- 
baul a fait construire un instrument auquel il a donné le nom dé gastro- 
mètre. 



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PATHOLOGffi WnSïlKË ET CLINIOUË MÉDICALE. M 

Ce gasti^otiiêtré se compose essenUellement d^une sondé œsophagienne 
grtiduée dottt le canal est pai*coui'u pat un fil de Bole mcfiel est sus- 
pendue Une petite tnasse de plomb pouvant facilement s'adaptei» à Tex- 
trémité inférieure de la sondé. L'emploi eti est facile, bien qUe délicat, 
mais le cadife restreint de cet article ne nous permet pas de nous étendre 
plus longuement sur cet instiniment qui est appelé à rendre do réels ser- 
vices au clinicien. 

Au chapitre diagnostic, plusieurs pages sont consacrées aux erreurs 
que peuvent faire tlaître la dilatation du côlon trausverse ou la situation 
verticale de restomâc. A propos du traitement, l'auteur, après avoir 
mentionné les divers procédés de lavages, parle de la médication interne, 
de;rêlectrisatîon et dii régime alimentaire. p. pAntsoT. 

Xi. -^ Les auteurs ont eu surtout pour but, en publiant ce mémoire, 
de mettre eii lumière une variété de dilatation stomacale à peine soup- 
çonnée jtl8qu*â aujourd'hui ; nous voulons parler de celle qui survient 
chez des individus qui présentent uti élat particulier de nervosisme 
général. D'une fréquence extrême, cette alTection se produit h la ôuite 
de crises qui paraissent indiquer l'intervention successive et allernant^ 
d'un état spécial de spasme et d'atdnie du Système moteur gastro-intes- 
tinal. Ces crises, souvent douloureuses, pàrfbis accompagnées de diar* 
rhée, sojil habituellement provoquées par une, cause occasionnelle ou 
générale, comme les émotions tristes, les secotlsses morales ; ou bien 
locale, comme les excès, rirtsufflsauce ou la mauvaise qualité de l'ali- 
mentation. Ces crises sont ainsi la détermination locale d UU état consti- 
tutionnel de névrose spasmolonique (neurasthénie de certains auteurs). 

La constipation et la flatulence paraissent jouer un réle considérable 
dans le mécanisme du développement de bes troubles gastro-intestinâut 
avec ectasîé gastrique prédominante. 

La dyspepsie, rarement antérieure à la dilatation, lui succède fréquem*» 
ment. Elle paraît pouvoir être caractérisée par la présence en quantité 
notable des peptoiîes dans l'urine. En tout cas, ou n'arrive â la dilatation 
gastrique permanente qu'après des alteruatives de spasmes (causes de 
douleur et de diarrhée) et d*atonie (caUse de distension). 

La seconde partie de ce mémoire est plus particulièrement consacrée 
à la description clinique de cette manifestation morbide. Les troubles 
fonctionnels auxquels elle donhe lieu, les signes physiques qui la carac-»- 
térisent, les procédés employés pour la mettre en évidenée, y sont étu- 
diés avec le plus grand soin. Nous signalerons aussi les pages consa- 
crées aux allures revêtues par cette affection, qui peuvent être réunies 
en quatre groupes : forme simple, le pltis souvent latente ; douloureuse, 
la plus fréqueute, la forme avec embarras gastrique, et enfin lit formé 
dyspeptique. 

Le traitement doit être surtout pathogéhique, c*est-à-dirë qu*il doit 
avoir pour but de combattre la prédisposition générale et de s'opposer à 
la localisation gaslrô-lntôstlnalë. L'hydrothérapie, la elimalothérapië, la . 
gymtiaôttque, fourniront les prlnéipaux moyehs destinée à relever le 
totius général du système nei-veux, à luttei* contre là tendance A l*adyna- 
mie. Les indications symptômatiqiiés applicables â la dilatation, telle que 
la comprennent les auteurs, peuvent être résumées de là façon suivante ; 
Éviter la surcharge alimentaire et les sUbétanceB qui prorvoquônt un i^lâ- 



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92 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

chement de l'estomac. Régulariser les fonctions motinces gastro-intesti- 
nales. Régulariser les selles et surtout combattre la constipation. Exciter 
la musculature "gastrique, combattre la douleur, combattre la dyspepsie. 

XII. — L'auteur étudie dans ce travail la forme de dilatation de l'es- 
tomac décrite par Sée et Mathieu (voir ci-dessus). Il insiste particulière- 
ment sur les crises gastralgiques qui en sont les principales manifes- 
tations. 

XIII. — Les points essentiels de cette thèse peuvent se résimier de la 
façon suivante. Le bruit de clapotement stomacal peut être physiolo- 
gique ou pathologique. Physiologique, il ne s'entend que lorsque la 
palpation porte au-dessous d'une ligne horizontale passant par le carti- 
lage d'union de la neuvième et de la dixième côte. Il ne doit s'entendre 
que pendant deux heures après l'ingestion d'un liquide et six heures 
après l'ingestion d'un repas ordinaire. En dehors de ces conditions, le 
bruit de clapotement est l'indice d'un état morbide : cet état morbide est 
l'inertie gastrique sans dilatation ou la dilatation stomacale. Lorsque le 
bruit de clapotement perçu dans la région normale s'entend plus de deux 
heures après l'ingestion d'un liquide ou plus de six heures après l'inges- 
tion d'un repas ordinaire, il y a inertie stomacale sans dilatation. Lors- 
que, au contraire, le bruit de clapotement est perçu au-dessous de la ré- 
gion normale, et s'entend plus de deux heures après l'ingestion de liquide, 
ou plus de six heui^es apbès l'ingestion d'un repas ordinaire, il y a dilata- 
tion de l'estomac. Il existerait enfin des cas où il y a dilatation de l'es- 
tomac sans qu'il soit possible de provoquer le bruit de clapotement, par 
exemple chez les phtisiques qui .ont des vomissements. 

XIV. — Au dire de l'auteur, la dilatation de l'estomac au cours de la 
lièvre typhoïde serait un phénomène fréquent. Primitive parfois, elle 
peut se montrer également à la suite de la distension de l'intestin. Dans 
quelques cas, elle accompagne les manifestations typhiques stomacales ; 
mais le plus ordinairement elle parait due à l'adynamie de la muscula- 
ture générale et en particulier à celle de l'estomac et de l'abdomen. Ordi- 
nairement passagère, elle peut aboutir à une véritable dilatation qui 
persistera plusieurs semaines ou même deviendra permanente. Dans ce 
dernier cas, elle s'accompagne de phénomènes douloureux intenses. Lors- 
qu'elle apparaît dans le cours de la fièvre typhoïde, aucune médication 
particuhère ne doit lui être appliquée seule, l'administration de médica- 
ments actifs convne le sulfate de quinine, Tacide sahcylique, devra être 
surveillée attentivenrent, de peur d'aggraver les ulcérations typhiques qui 
peuvent exister en pareil cas. La dilatation qui apparaît pendant la con- 
valescence nécessite une alimentation légère et peu abondante et l'em- 
ploi des alcalins : les douleurs sont-elles vives, on administrera de l'eau 
chloroformée; enfin lorsqu'elle est devenue permanente, c'est au lavage 
de l'eslomac par le tube de Faucher que l'on doit avoir recours. 

G. GIRAUDEAU. 

XV. — Les affections gastriques s'accompagnent d'accidents nerveux 
variables; mais il en est un dont on a peu parlé jusqu'ici, c'est la tétanie. 
Comparable à celle que déterminent les évacuations intestinales des diar- 
rhées cholériférmes, elle succède, chez les sujets atteints de dilatation 
gastrique, aux vomissements abondants, aux grandes déperditions de 
liquide ; tandis que l'absorption régulière des liquides ingérés et la polyurie 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE B4ÉDICALB. 9S 

qui raccompagne constitue une garantie contre les accidents de tétanie. 
Galliard publie un fait où la tétanie, bien que grave, a guéri ; elle 
s'est accompagnée, dans une des crises observées, d'état cholériforme. 

A. c. 

XVI. — Cette thèse contient l'exposé des théories proposées pour 
expliquer ces accidents d'origine nerveuse. Celle de Kussmaul, qui attri- 
bue leur production à la soustraction d'une trop grande quantité de liquide 
par le lavage stomacal; celle de G. Sée, d'après lequel il s'agirait de 
réflexes dont le point de départ serait dans les nerfs de la muqueuse 
stomacale distendus ou comprimés par le liquide que contient l'estomac. 

Laprevotte se rallie à l'hypothèse de Bouchard, qui rattache tous ces 
phénomènes pathologiques à Tabsorption d'alcaloïdes, de véritables pto- 
maïnes prenant naissance dans le contenu stagnant de l'estomac. Pour 
compléter l'analogie qui semble exister entre ces troubles nerveux de la 
dilatation stomacale et ceux des maladies infectieuses, l'auteur signale la 
présence, dans les urines de la malade dont il rapporte l'observation, 
d'une notable quantité d'albumine pendant les crises convulsives. 

c. GIRAUDBAU. 

XVII. — B..., âgé de 46 ans, est depuis quatre à cinq ans sujet à des troubles 
digestifs, lenteur de la digestion, renvois, puis vomissements ; amélioré par 
les lavages, il reprend son régime ordinaire ; les accidents reparaissent ; le 
malade vomit presque après chaque repas, au bout de deux ou trois heures. 
n maigrit beaucoup. On constate les signes d'une dilatation considérable de 
l'estomac (clapotement, contractions péristaltiques). Les lavages sont de nou- 
veau pratiqués, amenant une grande amélioration. Mais un jour on constate 
un melsena abondant, le malade ayant eu, paratt-il, un accident analogue 
deux ans avant. A une dernière orise de dyspepsie, le malade est pris, le 
14 octobre, d'une crise de tétanie classique durant une demi-heure. Le 16, 
contractures généralisées, avec trismus, le thorax maintenu dans l'inspira- 
tion, les membres supérieurs dans la flexion, les inférieurs dans l'extension. 
Hort au bout de quelques heures. 

A l'autopsie, on constate la dilatation au bissac de l'estdmac, dont la petite 
tubérosité descend à 11 centimètres au-dessus du pubis. La muqueuse est 
épaisse, et forme des plis transversaux très accusés. Le duodénum est très 
rétréci à on centimètre et demi du pylore, et ne laisse passer qu'une plume 
d^oie ; on ne voit pas de cicatrices bien nettes. 

Les coupes de l'estomac montrent toutes les lésions de la gastrite chro- 
nique, altérations glandulaires, infiltration de cellules embryonnaires sous la 
couche glandulaire; l'épaississement de la paroi est due surtout à cette infiU 
tration ; dans la partie rétrécie du duodénum la couche musculaire a à peu 
près disparu, et est remplacée par une couche de vrai tissu fibreux. Les 
glandes de la muqueuse sont naines, 11 y a dono non pas ulcération du duo- 
dénum, mais duodénite chronique. 

L'auteur insiste sur la tétanie mortelle qui a clos si tragiquement la 
scène, et pense qu'on peut l'expliquer par des causes multiples, l'état 
d'émaciation du malade, ses vomissements répétés, et surtout les lavages 
trop fréquents pratiqués par le malade à l'insu du médecin. h. l. 

XVIU. — L'auteur a réuni un nombre assez considérable d'observa- 
tions de dilatation de l'estomac chez les enfants. Cette affection se carac- 
térise surtout par un bruit de clapotage sous-ombilical, le petit malade 
étant à jeun en venant d'avaler quelques gorgées de liquide, puis par un 
développement exagéré du tentre et du tympanisme. Les enfants atteints 



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94 tlBYtîB PS8 SÇIBNCS8 MBDICALBS. 

Aq dilatatioa da l*efi(pfQCic présentdnt différents troubles fonptioimels dont 
la poïnddenc9 mérite d'être relevée : aocidentfi dyspeptiques; ponvulsions 
et insomnie i gourmes, urtioaire, liroiichites» Mtis toute la question est 
dominée par les relations étroites de la dilatation de Testomac et du rachi- 
tisme ; pour Tauteur, l^s troubles digestifs e( la dilatation, en raison de 
Télaboration vicioui^e des aliments qui en résulte, seraient la cause du 
rachitisme. Quant à Torigine de la dilatation stomaoale, elle résiderait 
uniquement dans la mauvaise alimentation, le sevrage préooce, Tallaite^ 
ment défectueux des enfants, La prophylaxie se réduit à conseiller l'allai- 
tement paturel ^t à restreindra les tetéei^ dans des limites réguUdrea* 

p. n» 

I. — Ein Fall yon Pssudoleokftmio mit Perforation v^n Kilz mi Hagsai par 
Kît£D£L {Berl. kJin, Woob., iO décembre 1889), 

lit -* Anaiomio pathologique de l*nlcère de l'oetomao, par STIlNON {Bull. 
Acad. de méd, de Belgique, XVIII, n» 7). 

III. — Anévrismes miliaires de l'estomac, par GâLLARD (Soc. méd, des hôp., 

5 mars 1884). 

IV. ^ Pm einfach^ o4er rand^, odar porforirende DaodaiMilaMQliwftf, par 

CHV09TEK (Wiener med. ^ekrb,, HeA 1, 1888). 

V. «• Iwei FflUe von GaetriUs phlegmonosa idiopathica, par GLASBR (BerL 

klin» Woch., 17 décembre 1883). 

Tf. — 2ur CasnistilL der Qastritiff pblegmonoda, par Tliomas L6WIN {Ibid», 

4 février 1884), 

YU, — Remarks on a case of phlagmoneus gaetrltis, par Thomas WQIPHAll (Br/^ 

med.journ.^ p, 896, mai 1884). 

VICI. - 0n cas rare d'abcès 4a rostomac, par T^STHAnnali uoiv.di med., dç- 

^ cembre 1883). 

Ur -- Diagnotiio «i traitemast da caneer de restomae, par A. DB8GHA1IPS 

(Thèse de Paris, 1884). 

I, — Chez un homme do 24 ans, atteint de pseudo-leucémie et mort trois 
mois après le début des accidents, au milieu d'hématémèses et de melœna, 
on trouva, à rautopsie, Testomac distendu par des gaz, descendu plus bas 
que rombilic. 

L'estomac et le duodénum renfermaient un liquide sanguinolent et des cail* 
lots très volumineux* 

L*cstomac, soudé à la rato au niveau do son grand cul-de-sac, offre en ce 
point un ulcère de 7 centimètres de diamètre dont le fond est formé par 
le parenchyme splénique gangrené. 

La tumeur splénique a i8 centimètres de longueur sur 15 de largeur et 
autant d^épaisseur ; elle adhère seulement au diaphragme. A la loupe, on dis- 
tingue une couche corticale ferme, de 5 centimètres l'épaisseur, ne présen- 
tant pas d'autre anomalie qu'une hypertrophie des follicules et une portion 
centrale pai*semée d'infarctus et de cavités à contenu gangrené. 

Hypertrophie de^ ganglions stomacaux et hépatiques. Le foie a 25 centi- 
mètres de long ; son lobe droit a une largeur de 20 centimètres et le gauche 
uns largeur de 15. 

Reins normaux; la gros intestin renferme dos matières sanguinolentes ou 
goudronneuses* 



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PATHOWGIR WtBRMl m OHNIOUB imoiCALE. M 

Au ii|ior9«oop0, ta lumeur splénique i^ppnrait formN 44 »lPom^ 0•^jQg•tiC 
fibrillaire dont !•« toouna» gopt l'^mpU^d de Q§Hulw lyppbovjftf» 9A d^gto^ 

n. — Après avoir exposé les diversafi tbéorii» admisM sur la geofi«fl 
d« Fulcère de rastomac, routeur donne I9 résulltt de ses recherches 
histologiquea et rapporte les observations qu'il a luirméme remieilliee. 
D'après lui, il y a lieu de tenir compte dans la pathogenèse de Tuloèrâ 
simple de restomac, non seulement des causes premières de la lésios, 
mais de celles qui lui communique son caractère essentiellement 
chronique ; les pi-emières ne domient pas lieu à un uloôrd^ mais à une 
plaie simple qui a de la tendance à guérir. Lasseooades dépendent d'al- 
térations ultérieures des boi^ds de Tuloôre. Parmi ces altérations seoon- 
daires il faut compter l'inflammation destructive, la cirrhose et l'hyper- 
^nèse glandulaire. 

L*hypergenèse des glandes se développe, comme altération secon- 
daire, dans les ulcères gastriques comme dans les ulcères du col 
utérin ; elle peut donner heu à aes productions offîrant avec le cancer 
uofi ressemblance grossière, mais dont révolution olinique n*est pas oella 
du cancer. Cette hypergenèse glandulaire expliqua le phagédénisme de 
Tulcère chronique de l'estomac. Mie est susceptible de guérison ; dans 
ce cas, les cavités glaodulaires se rétrëoissent sous l'effet du dévelop- 
pement cieatriciel du tissu oonjonetif voisin, et Tépithélium des tubes 
disparait après désagrégation. Le point de départ de l'hypergenôse glan- 
dulaire est dans l'irritation inflammatoire de l'épithélium des glandes de 
la muqueuse. Ge développement glandulaire constitue un terrain fiivo* 
rable à révolution du cancer. p. h. 

in. — Gallard rapporte, à côté de deux observations qu'il a déjà pu- 
bliées, ITiistoire clinique d'un fait récent, 

G..., âgé de 48 ans, a vomi depuis deux jours du sang en grande quan- 
tité ; il éprouvait, depuis trois semaines, après les repas, des douleurs assez 
vives à Tépigastre, accompagnées de vomissemeats alimentaires, survenant 
trois quarts d'heure après Tingestion des aliments ; puis de vomissements 
noirâtres, couleur de suie. Anémie extrême du malade. Les vomissements 
de sang noir continuent ; le ventre est ballonné, douloureux à l'épigastre, 
Testomac dilaté. Le malade meurt dans la nuit à la suite de nouvelles héma- 
témèses. 

A Tautopsie, on trouve l'estomac et les intestins remplis de sang ; la mu- 

2ueuse violacée, imbibée. Pas de cancer, ni d'ulcération étendue. Le long 
e la grande courbure, à 4 centimètres du cardia, saillie asseï dure, recon-* 
verte par U muqueuse présentant à son sommst une ouverture large comme 
QSB tête d'épingûi, par laquelle sourd du sang décomposé ; cette saillie ^ la 
grossear d'uns petite noisette et paraît bi#a être le point de départ des 
hémorragies. u. f., 

IV. — L'auteur passe en revue les observations d'uloère simple du 
duodénum qu'il a trouvées dana la littérature médicale, et s'en sert pour 
écrire une monographie oh il place ^vf. observations personnelles iné- 
dites : 

l"" La coïncidence de l'ulcère duodénal et de l'ulcère gastrique est 
fréquemment signalée par les auteurs, 

CÀvoslek l'observe chez un invalide de ôi ans, qui se plaignait depuis qua- 
rante années de erampes fsstriqiies« vomissait parfois du sang et souvent 
des maiières alimentaires. On trouve» à TAUtepsiei ufîe eis^ifice siégeant au 



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Ô6 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

cardia et empiétant sur l'origine de l'œsophage ; le duodénum offre, près du 
pylore, une ulcération irrégulièrement arrondie dont le bord inférieur est en 
voie de cicatrisation. Emphysème pulmonaire, pneumonie caséeuse de la 
base gauche, tubercules des sommets. 

2*» Dans la pathogénie de cette affection, on peut attribuer un rôle 
important à toutes les causes d'arrêt de la circulation veineuse duodé- 
nale : cirrhose du foie, cancer du foie, affections cardiaques. C'est de 
la même façon qu'on pourrait expliquer l'influence de la tuberculose pul- 
monaire. 

La tuberculose des deux sommets existait en même temps qu'une autre 
affection importante, la paralysie ascendante aiguë (paralysie de Landry), 
chez un homme de 25 ans qui présenta à Fautopsie un ulcère rond du duo- 
dénum non soupçonné pendant la vie. Ce sujet avait en môme temps des 
tubercules de l'iléon et de l'appendice cœcal. 

3® Particularités analogues : ulcère latent du duodénum découvert chez un 
homme de 51 ans qui a succombé à la tuberculose pulmonaire et qui présente 
aussi des tubercules de la dernière portion de l'intestin grêle. 

40 Le quatrième malade est un officier de 39 ans qui meurt de péritonite 
suppurée sans cause connue ; l'autopsie révèle l'existence d'un ulcère du 
duodénum. La seule chose à ajoiiter, c'est qu'il y avait aussi des lésions nettes 
des valvules aortiques. 

5*» Il est intéressant, au point de vue pathogénique, de voir un syphi- 
litique atteint d*artérite et d'anévrisme de l'aorte contracter l'ulcère 
duodénal. 

Lieutenant de 59 ans, ayant eu en 1849 un chancre induré suivi d'éruptiou 
cutanée et d'angine. Depuis 1864, il souffre de dyspnée; en février 1882, il a 
eu de la toux, de l'expectoration sanguinolente, de l'œdème des membres 
inférieurs. Il entre à l'hôpital le 30 juillet. On constate de nombreuses cica- 
trices cutanées, quelques cicatrices de la gorge, des signes d'affection aor- 
tique, de l'albuminurie. Mort le 31 août. Rien n'a pu faire penser à l'ulcère 
intestinal. 

Autopsie : cœur dilaté et hypertrophié ; épaississement du bord libre des 
valvules aortiques. L'aorte ascendante est dilatée et sa face interne couverte 
de plaques jaunes cartilagineuses. Foie petit et dur ; rate grosse, indurée. 
Reins consistants, de volume normal. Estomac congestionné. 

Immédiatement au-dessous du pylore, se trouvent deux diverticules pro- 
fonds de 1 et de 2 centimètres et dont les orifices arrondis ont un diamètre 
de 2 centimètres; entre eux on constate une cicatrice rayonnée. 

6^ Le diagnostic est rarement établi d'une façon précise pendant la 
vie. Cependant l'auteiu* a pu le poser dans un cas en tenant compte du 
melsena, mais surtout de l'heure où apparaissaient les douleurs de la 
région épigastrique. Elles ne survenaient que deux heures et demie 
après le déjeuner, et trois heures après le repas de midi. Le malade, un 
capitaine, âgé de 33 ans, mourut de, péritonite par perforation. L'ulcère 
siégeait dans le tiers supérieur du duodénum, à 1 centimètre du pylore 
et sur une ligne que prolongerait la petite courbure de Testomac. 

La perforation est le mode de terminaison le plus habituel de la ma- 
ladie (27 fois sur 63 cas). l. oalliard. 

V. — 1* Homme de 10 ans ; point de renseignements sur son passé patho- 
logique. Après avoir eu quelques vomissements, il entre pour de la fièvre 
et de l'épigastralgie. Ventre souple, insensible à la pression, sauf au niveau 
du creux de l'estomac. Mort dans le coma six jours après l'admission. 

Autopsie : Ballonnement des intestins, surtout des côlons; les intestins 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. S7 

sont recouverts de dépôts flbrineux et soudés les uns aux autres. Dans le 
petit Lassin, faible quantité de liquide séro-purulent. 

L estomac, également recouvert de dépôts de fibrine, offre une résistance et 
une épaisseur tout à fait insolites. Une incision faite sur la grande courbure, 
montre que les parois stomacales dans toute leur étendue, entre le pylore et 
le cardia, et dans toute leur profondeur du péritoine à la muqueuse, sont 
infiltrées d'une matière purulente demi-solide qui a rendu méconnaissables 
les diverses tuniques et par places soulève la muqueuse en déterminant à la 
face interne de Torgane des saillies on peu supérieures à des lentilles. 

Au niveau de la petite courbure, à quelques centimètres du cardia, tumeur 
carcinomateuse, non ulcérée, discoïde, un peu plus grande qu'une pièce de 
5 francs et nettement isolée au milieu de rinfiltration purulente générale de 
Festomac. 

Foie normal. Pleurésie purulente double, 

2* Femme de 28 ans. En 1876 et en 1819 elle a déjà été traitée à Thôpital 
pour de violentes crises gastralgiques qui, dans la première de ces deux 
années seulement, s'accompagnaient de vomissements. 

Depuis deux ans, les paroxysmes douloureux étaient insignifiants, mais il 
y a quelques jours ils sont redevenus plus fréquents. 

A son entrée, la malade ne souffre pas ; Tépigastre n'est nullement sen- 
sible et les règles ne tardent pas a apparaître. Huit jours après son admis* 
sion, en se levant, elle est prise d'un frisson, avec température de 40* et 
douleur très violentes sous le rebord des fausses côtes. Aucun vomissement. 

l^s jours suivants la fièvre demeure intense et continue, le ventre se mé- 
téorise, le faciès devient hippocratique; constipation, incontinence d'urine, 
refroidissement de la langue et des membres. Mort le huitième jour des 
accidents aigus. 

Autopsie : Péritonite purulente généralisée. Estomac rétréci en sablier au 
niveau do sa portion moyenne qui est le siège, sur la petite courbure, d'un 
ulcère perforant, cratériforme et circulaire, de 2 centimètres de diamètre. 

Entre cet ulcère et le pylore, les parois gastriques sont épaisses d'un cen- 
timètre et demi et uniformément infiltrées de pus. La région de l'organe 
placée à gauche de l'ulcère, c'est-à-dire du côté du cardia, u offre pas de sup- 
puration, mais présente, tant sur la petite courbure que sur la paroi posté- 
rieure, 4 ou 5 ulcérations moins considérables, irrégulièrement arrondies et 
s'arrètant à la musculeuse. 

Pleurésie purulente gauche. Œdème pulmonaire (H. S. M,, XVI, 547). 

VI. — Homme de 59 ans. Pas d'autre maladie antérieure qu*une péri- 
tonite, il y a 28 ans. Aucun excès de boissons. 

Début par frisson, douleurs épigastriques, inappétence et consti- 
pation. 

Le troisième jour, vomissements verdâtres. Sopor. Ictère intense et 
pétéchies, dont quelques unes grosses comme des noisettes, sur tout le 
corps. 

A l'autopsie : Petit épanchement purulent dans la cavité pleurale 
gauche. Péritonite séro-purulente généralisée, avec adhérences résis- 
tantes de tous les viscères. Légère néphrite parenchymateuse. 

Aljcès multiples entre la muqueuse et la séreuse de l'estomac {R. S. 
J/., XVI, 547 et 549). 4. b. 

VII. — Il s'agit d'une fernme de 49. ans, sujette depuis plusieurs années à 
des diarrhées bilieuses, et habituellement dyspeptique par suite de la chute 
de ses dmts. A son entrée à l'hôpital, elle se plaignait de diarrhée, d'une vive 
douleur épigastiique et de vomissements d'abord noirâires, puis bilieux. 
Comme elle avait une hernie, on pensa d'abord à des troubles d'engorgement 

TREIZIÈME ANNÉE. — T. XXVI. ^ 



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99 REVUE DBS SCIENCES VEDICALISB. 

herniaire; tnaîs if devint bientôt érrident tjne raffectrtm ètaSt pkrs profonde. 
Aux symptômes précédents s'aj^ata mie légère jaunisse; les vomissements 
persistèrent sans dtscontinoer, -et des signes évidents de périlonite se mani- 
festèrent. La malade snccomba éan« le eoma. 

k Tautopsie, on trouva l'estomac épaissi, congestionné et ronge au voisi-» 
nage du cardia ; à la section, la région pylorique était infiltrée de pus col* 
iuté entre la couche muqueuse et la couche musculeuse. Les reins étaient 
granuleux et sclérosés, le foie gras. h. n. ' 

VIII. — Homme de 45 ans, souffHint depuis longtemps de "troubles diges- 
tifs et ayant eu les fièvres intermittentes. Trois ans avnnt son entrée à Thô- 
pital, îl a déjà élé pris de violentes douleurs stomacales avec vomissements 
de sang très abondants; il fut guéri au bout de quelques semaines et reprit 
son travail. Avant de revenir à l'hôpital, il fut pris de nouveau des mêmes 
douleurs à l'épigastre, avec inappétence. Ces douleurs ne cessaient que 
lorsqu'il provoquait le vomissement. Il rentre à Thôpital le 21 juillet 1882. 
On diagnostique une gastrite avec dilatation et on veut le soumettre aux 
lavages de Testomac : il refuse et quitte Thôpital le 6 août. Mais les acci- 
dents augmentent dUntensité, et il est obligé de rentrer de nouveau le 4 no- 
vembre. On trouve à ce moment tous les signes d'une dilatation avec hyper- 
trophie des parois stomacales, car la palpation donne la sensation d'un corps 
él^tique et résistant. Les matières vomies se divisent en trois couches : 
supérieure, dense et spumeuse; moyenne, trouble; inférieure, contenant 
des débris de chyme et quelques amas de sarcines. On tente une alimenta- 
tion exclusivement albuminoïde, avec lavages. Après une amélioration pas- 
sagère, des vomissements alimentaires et sanguinolents surviennent, le 
malade maigrit rapidement. L'estomac est douloureux spontanément et à la 
pression, principalement à droite. La cachexie et Tœdème apparaissent. Mort 
le 30 mars dans un état d'amaigrissement extrême. 

A l'autopsie, on trouve un estomac très dilaté et hypertrophié; le péritoine 
est épaissi, l'estomac offre des adhérences avec le foie, le diaphragme, le 
colon. Sa cnpacité est de 3 ou 4 litres; sa surface est mamelonnée. Dans le 
voisinage du pylore, on trouve une masse ovalaire longue de 13 centimètres 
sur 8 de large, recouverte par la muqueuse. En incisant celle-ci, on donne 
issue à UOO grammes environ d'un pus crémeux, verdâtre, non fétide. Cet 
abcès est situé dans le tissu sous-muqueux ; sa cavité est anfiactueuse ; le 
pus se compose exclusivement de leucocytes. 

Les autres organes sont à peu près normaux, sauf la rate dont l'enveloppe 
est très épaissie. 

Cette observation est accompagnée de réflexions sur la marche des 
abcès de l'estomac et d'un historique de la question. p. balzer. 

IX. — La partie la plus intéressante de ce travail est celle consacrée 
à l'étude de l élimination de Turéo chez les malades atteints de cancer 
de Testomac. L'auteur refuse à la loi de Rommelaëre toute valeur dia- 
gnostique dans le cancer de cet organe. Pour Deschamps la quantité 
d'urée est adéquate au régime, la diminution de l'urée n'est pas particu- 
lière au cancer, et ne peut expliquer toutes les conditions de produc- 
tion du cancer. c. giraudeau. 

Gotfitribution à l'étude de rictère catarrhal, par A. CHAUFFARD; (/?e rue d6 méde^ 

cfue, p. 9, Janvier 1885). 

Dans ce mémoire, l'auteur cherche à montrer que Tictère catarrtial 
n'est pas une maladie locale ainsi qu'on le croit généralement, mais bien 
le résultat d'une maladie générale. L'abattement, la courbature, la perte 



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PATHOLOGIE ÎMÎËÏINË ET CLINIQUE riéDiCALE. 99 

4)es fbrces, les douleurà ôontusives dans les messes musculaires, l'ano* 
rexie et les vomissements qui en marquent lô débul, plaident en faveur 
•de cette opinion : plus tard la diminution parallèle de Turine et de l'urée, 
Talbuminurie, puis la crise urinaire qui marque souvent lô début de 
J*améIioration semblent également appartenir aux maladies infectieuses. 
La lenteur de la convalescence enfin, en désaccord avec la lésion hépa- 
tique peu profonde, rend bien compte de Taltointe portée à Téconomie 
tout entière. M. Chauffard émet, pour expliquer le développement et la 
marche de cette affection, Thypothèse suivante : sous Tinfluence d'un 
écart de régime quelconque, les poisons toxiques développés dans le 
tube digestif augmentent de quantité, peut-être même leur qualité se 
modifie-t-elle ; résorbés par la muqueuse intestinale, ils irritent d'abord 
le foie et ses conduits d'excrétion d'où en dernier lieu l'obstruction catar- 
rhale du cholédoque. c. gihaudeâu. 

I. — tf eber Stoffwechtelanomalien bel einzelnen Lebererkrankiiiigen (Sur quel- 
ques anomaliet des échanges nutritifs dans les maladies du foie) , par 
E. STADELMANN (/). Arcb. f. klin. Med„ XXXIIÏ, Heft 5, p. 626). 

II. — Raoherebes sur l'urômia d'origine hépatique, par DEBOVE (Union méd,^ 

% juin 1884). 

ni. ^ Rapport! fra la motilita iridala • la pi^sensa o manoanza degli acidi 
biliari nella oriM, par SCARPARI (Adù. im/r. dimtd,, mers 1884). 

tV, — Toux splénique, toux hépatique, par TRASTOUR (Bev, de méd,, n* 1, 



T. — Zur Lehre von der Gelbsucht (Sur la jaunisse), par G. GERHARD! (ZeiL /. 

kJia, Med.y Band VI, p. 78). 
TI. — Ictère émotif surranu an quelques heures, par H. REND G (France méd.^ 
23 décembre 1884). 

TU. — Ein Fall von Icterus catarrhalis mit lethalen Ausgang, par Josef 
TOCLG et Edmund NEU8SER [Ztit. f, klin, Med., Band VII, p. 321). 

Tni. — Les ictères graves sporadiques curables, par RONDOT (Gaz. bebd, des 
se. méd. de Bordeaux, octobre 1884). 

IX. — Note pour servir à l'histoire de l'acholie, par HAMOT (BulL Soc, debioL, 

2Q Janvier 1884). 

X* ^ Traité de l'affectioB calculeuse du foie, par Jules GTR (lo-S*, Paris^ 1884). 

ZI. — Reobachtungen ûber die Gallensteinkrankheit, par ROTH (Corr, Bl, f. 
scbw, Aerzte, 15 août 1881). 

Xn. — Zur Frage tiber die GaUensteinkolik, par N. P, SIMANOWSKT (Zeit. 
klin, Med,, Band V, p, 501). 

XIII. — Des ihrégularités du rythme cardiaque dans un cas de lithiase biliaire 
chreniqme, par COIGNARB (Tribune méd,, i*' juillet 188^). 

I. — Dans un travail de Hallervorden sur l'apparition de Tamnaoniaque 
dans l'urine (B, S. i/., XVill, 32), il est indiqué que dans un cas d'affec- 
tion du foie celle quantité d'ammoniaque a sensiblement augmenté. D'un 
autre côté, Schmie<leberg a cherché à démontrer que Tammoniaque est 
destinée dans Téconomie à fournir de Turée. 



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iOO REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

L'augmentation de la quantité de Tammoniaque éliminée par les urines 
serait donc Tindice d'un trquble dans les échanges nutritifs, d'une évolu- 
tion incomplète dans l'organisme des produits azotés. 

On sait que les travaux de Meissner, Brouardel, Murchison tendaient 
à attribuer au foie la production de l'urée. C'est à démontrer la même 
théorie qne tend Stadelmann par son présent travail. 

Il a dosé l'urée, l'ammoniaque et les chlorures dans l'urine de malades 
atteints d'affections destructives du foie. Il s'agissait d'hépatite inters- 
titielle, de cirrhose atrophique, dans un cas de cancer ou de dégéné- 
rescence amyloïde du foie. Dans tous les cas, il a été constaté une 
diminution de la quantité d'urée et une augmentation de la quantité 
d'ammoniaque. Il en résulte naturellement une élévation du rapport de 
l'ammoniaque à l'urée. L'élévation du chiffre de l'ammoniaque a pu, dans 
quelques cas, atteindre la proportion de 2 : 1. 

Dans plusieurs cas de cirrhose hépatique, Stadelmann a rencontré des 
peptones dans l'urine. N'est-ce pas là un phénomène du même ordre et 
la marque d'une évolution incomplète de certains des matériaux de la 
nutrition ? Seegen a prétendu en effet que le foie pouvait transformer les 
peptones en sucre. 

I^a quantité de chlorure de sodium rejeté par les urines est également 
sensiblement diminuée et sans que cela soit en relation avec Téliraina- 
tion de Turée. C'est même là une particularité dont on peut faire un argu- 
ment contre ceux qui prétendent qu'il s'agit, dans ces conditions, non 
d'un trouble général de la nutrition, dû en grande partie à l'insuflîsance 
de l'alimentation, mais d'une véritable suspension dans l'exercice des 
fonctions hépatiques. A. Mathieu. 

IL — L'auteur, après avoir vérifié l'exactitude^ de l'assertion de 
Brouardel, que généralement la quantité d'urée de l'urine diminue dans 
la plupart des affections du foie, a cherché une explication physiologique 
de ce fait. S'agit-il d'un trouble do l'excrétion, ou d'un trouble de la 
formation de l'urée ? 

Il a institué à cet effet une série d'expériences pour doser l'urée du 
sang ; les analyses portaient sur du sang extrait par des ventouses appli- 
quées à la région hépatique. Quatre observations montrent que chez les 
iclériques l'urée urinaire est diminuée, et Purée sanguine augmentée; 
autrement dit, si l'urée a diminué dans l'urine, ce n'est point parce qu'elle 
se produit en moindre quantité, mais parce qu'elle n'est plus excrétée 
aussi facilement. Chez deux malades atteints de cirrhose et non iclé- 
riques, les résultats ont été analogues. 

D'où cette conclusion, que dans nombre de maladies du foie l'urine 
contient moins d'urée qu'à l'état normal, le sang en contient une plus 
forte quantité, et que l'abaissement du taux de l'urée urinaire est dû à 
un défaut d'excrétion de ce produit des combustions organiques. 

On peut admettre théoriquement que les matériaux biliaires agissent 
sur le rein et limitent sa sécrétion, et pratiquement la nécessité d'entre- 
tenir la polyurie chez tous les ictériques. h. l. 

III. — Ce travail est basé sur quatre observations corroborées par les 
recherches bibliographiques très complètes faites par l'auleur. Il admet 
que le myosis est en rapport avec l'absence des acides biliaires dans 
l'urine, et la dilatation pupillaire avec la présence de ces acides dans 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. 101 

Turine. Le myosis a été très accentué dans deux observations d'ictère 
grave qu'il rapporte et dans lesquelles les urines présentaient, non la 
réaction des acides biliaires, mais celle du pigment. Dans deux cas d'ic- 
tère hépatogène catarrhal, la dilatation des pupilles était très marquée, et 
les urines contenaient à la fois le pigment et les acides biliaires. L'auteur 
explique le myosis dans l'ictère par une excitation du nerf oculo-moteur 
ou par une paralysie du sympathique causée par la rétention des acides 
biliaires dans le sang. f. balzer. 

IV. — Les malades chez lesquels Trastur a constaté la toux qu'il 
qualifie de spléno-hépatique présentaient un engorgement du foie ou de 
la rate, ou des deux organes à la fois : engorgement simple, dépendant 
soit de rinfluence paludéenne, soit de troubles dyspeptiques. Comme la 
toux gastrique, elle a un certain caractère nerveux, spasmodique, ordi- 
nairement sans expectoration, sauf parfois le rejet de quelques muco- 
sités incolores. Cette toux est plus ou moins rude, plus ou moins fré- 
quente; brève, non quinteuse, elle se montre souvent, caractère impor- 
tant, à l'occasion des mouvements ou de l'ingestion des aliments, mais 
surtout par la palpation et la percussion du foie et de la rate. S'il y a des 
accès de lièvre, cette toux est parfois très réitérée et pénible au moment du 
frisson. Par elle-même elle n*est nullement inquiétante; mais quand elle 
est jointe à la pâleur, à la maigreur, à l'anorexie, à la faiblesse, à l'es- 
soufflement, à un aspect cachectique, s'il s'agit d'un valétudinaire ou d'un 
adolescent, le diagnostic avec la granulie peut être hésitant. 

D'après les recherches récentes de Morat et Arloing, d'après celles 
antérieures de Franck, elle ne devrait pas être expliquée par le pneumo- 
gastrique, mais bien par le grand sympathique : on sait en effet que c'est 
- par cette voie que les réflexes arrivent au poumon, pour déterminer le 
resserrement de ses vaisseaux. 

Cette excitation des filets du grand sympathique produit dès lors un 
ralentissement de l'assimilation qui s'ajoute aux autres conséquences de 
Tengorgement spléno-hépatique. Comme conséquence thérapeutique, 
l'auteur insiste tout particulièrement sur l'emploi des révulsifs cutanés 
(cautère, etc.) appliqués sur le foie et sur la rate et associés au traite- 
ment habituel des affections de ces organes. c. omAUDEVu. 

V. — Gerhardt a trouvé en très grande quantité, dans les selles déco- 
lorées des ictériques, une grande quantité de cristaux qui seraient des 
cristaux de tyrosine. L'auteur se demande si cette tyrosine est due à ce 
que chez les icténques l'action du suc gastrivfue continue dans l'intestin, 
à une action du suc pancréatique, action qui se manifesterait hors la pré- 
sence de la bile, ou bien si cette matière est due à une putréfaction des 
aliments. Peut-être aussi la tyrosine de l'urine des ictériques vient-elle 
d'une résorption intestinale. L'auteur pose toutes ces questions sans les 
résoudre. m. debovb. 

YI. — Il 8*agit d'une femme convalescente d'une péritonite puerpérale, qui 
souffrait depuis vingt-quatre heures de rétention d'urine. L'élève chargé de 
pratiquer le cathétérisme n'ayant pu y parvenir, la malade fut prise d*une 
émotion très forte qui se traduisit par une sorte de crise nerveuse. Une demi- 
heure après, les sclérotiques présentaient une teinte m'anifestement subicté- 
rique qui n'existait pas auparavant. Une nouvelle tentative de cathétérisme 
allait être faite, lorsque la femme se mit à uriner spontanément. Les urines 



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m ?a;VU£ DSS SCIENCES M^mCAL^S. 

fiaient d*ua9 couleur brun foncé et oontenaient du pigment biliaire en quaiv^ 
tité notable. 

Une heure et demie plus tard, la coloration jaune avait envahi tout le corps. 
Elle était surtout marquée au ventre et sur le tronc. Lie lendemain cette jau- 
nisse était aussi foncée qu*à la auite des coliques hépatiqfues les plus intenses 
et les plus prolongées. Les urines ressemblaient à de là bière brune et v«r^ 
dissaient sous Tinllusncs de Taeide nitrique. Les selle» étaient grines et ajpgî? 
leusea. Pas de prurigo, pas de troubles nerveux, pas de tendance bémorriK 
gique. Pas d'augmentation de volume du foie. 

Deux jours après, Tictère commençait à pâ^lir et la bile à réapparaître dans 
les garde-robes. Vingt-quatre heures plus tard, il n'y avait pour ainsi dire 
plus trace de jaunisse. Seules, les urines conservaient encore une teinte 
foncée. Le lendemain, il était impossible de soupçonner Texislenoe ô% cet 
ictère qui avait duré en tout quatre jours. 

Ce cas, dans lequel rélément catarrhal eal tout à fiait hors de eaiiae, 
peut être considéré comme un type d'ictère émotif. La décolonitioQ des 
selles prouve que Texcitalion nerveuse n'avait pas produit ici une hyper- 
sécrétion biliaire. Tout plaide en faveur d'un ictère par rétention, occa<" 
sienne par une contracture passagère des muscleâ lisses qui constitueal 
la paroi des voies biliaires. La rapidité de la marche vient encore à Tappui 
de cette manière de voir. OASTOii obcaisne. 

Viï. — Toelg et Neusser rapportent un cas d'iolère grave survenu 
dans les circonstances suivantes : 

Un homme de ââ ans, robuste, sobre^ devint ictériqiie huiA om diiE Jour« 
après une indigestion produite par ringestion de sauoisse avariée. Au iuo<> 
ment de l'examen, oa constate Texistenco d'énormes péAéchies et d'héma- 
turie. Le foie esl augmenté de volume ; la vésicule biliaire accessible par le 
toucher est distendue. La rate est tuméfiée. La mort survient par le fait de 
l'abondance des hémorragies. Â l'autopsie on trouve les voies biliaires dila- 
tées par le fait d'un catarrhe du canal cholédoque. Le foie est normal, mais 
imprégné par la bile. 11 n'y avait aucune altération importante des reins. 

M. DEBOV«« 

VIII. -^ D'une étude avec observation sur les ictères graves spora-^ 
diques curables, l'auteur tire quelques conclusioos, dont nous extrayons 
les suivantes : l'ictère grave typhoïde curable, dont la cause ne peut être 
précisée, débute par des symptômes analogues à ceux des typhiques. A 
l'ictère s'ajoutent la diminution plus ou moins pi^ononcée des urine» et 
de l'urée, une ûôvre qui ne dépasse guère âQ'^jô, la fréquence exagérée 
du pouls. 

Ces phénomènes disparaissent souvent d'uoe manière presque soudaine, 
sauf l'ictère, qui s'éteint graduellement, et la convalescence s'établit. 

Parmi les complications il faut noter l'albumiaurie fréquente, de môme 
que la parotidite suppurée. La guérison est ordinairement la rè^te. 

IX. — L'auteur, après avoir rappelé qu'en 18^1 il a oomoïuniqué à 1* 
Société de biologie un ca& d'oblitération du canal choléâoq.i4e sans ictère, 
ce qu'il avait attribué, d'après certaines lésions, à l'abolition, prescpia 
totale de la sécrétion biliaire, relate l'observation d'un malade chez leqvel 
il observe actuellement une hypertrophie du foie et de la rato^un tympa« 
nisme considérable sans ascite et une décoloration complète des ma^ièreg 
fécales sans le moindre ictère. Rapprochant ce fait du premier, il sup- 

S ose qu'il existe sinon une acholie complète, au moins une ojigocholie^ 
ont il feuf rechercb^r Ift QftU§<î d^os la lésion l\éç^tiq^ue. 



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PATHOUMïl£ INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. lOS 



A la séanAft du 24 mai, M. Hanoi est reveau sur rhistoira de ce 
lade et, d'après Tanalyse de Turine faite par M. Robia^ montre que la 
bile était encore sécrétée, que les pigments seuls faisaient défaut, qu'il 
n'y avait en réalité qu'une achclfe pûgmentaire. 

Chez un nouveau malade, dont M. Hanoi rapporte Tbiâtoire^ il se trouva 
encore en présence d'une acholie vraie, causée par una altération encore 
à déterminer du protoplasma de la cellule hépatique. ozennb. 

X. — La mono^aphie de M. Gyr est plutôt une oeuvre personnelle, 
finit d'une longue expéf îBnce, qu'un résumé de l'état actuel de la science 
sur TaffecUon calculeuse du foie. On y trouvera donc peu de compilation 
et de bibliographie banale, mais dea descriptions cliniques très finement 
analysées et rendues. Entre autres chapitres intéressants, signalons ceux 
qui ont trait à l'influence de la grossesse et de la parturition sur la litbiast 
biliaire; à l'étude des tempépatures locales dans la colique hépatique; à 
la périodicité des crises ; enfin et surtout on lira avec grand profit toui 
ce qui concerne.le Iraitement thermal de l'affection^ et notanunôut la cure 
de Vichy. 

On pourrait seulement reprocher à l'auteur de faire trop bon marché 
de la valeur diathésiaue de la lithiase biliaire; une fois les calculs éli- 
minés, la maladie, dit^l, est terminée.. C'est là un pmnt de vue peut-être 
un peu étroit, et qui ne sera pas partagé par ceux qui considèrent l'affec* 
tion calculeuse du foie comme une des manifestations multiples d*un état 
général héréditaire ou acquis, d'un vice proXond. et permanent de la nutrl* 
tion organique» ▲. chauffard. 

XI- — Cette étude de la lithiase biliaire,, au point de vue anatomo-pa- 
thologique est fondée sur les 2,028 autopsies de maladies diverses que 
Rotb a pratiquées à Bâle dans l'espace de huit ans et demi. Sur 166 ca- 
davres» il a trouvé des calculs biliaires, ce qui constitue une proportion 
de 8,18 0/0. Le chi£Q*e des autopsies d'hoonnes et de femmes étant sen- 
siblement le même» la fréquence des calculs biliaires chez les premiers 
est de 4,7 0/0 et de 11,7 chez celles-ci; autrement dit^ la lithiase biliaire 
est deux fois et demi plus commune dans le sexe féminin. 

Tous ces cbiffres concordent assez bien avec ceux que Fiedler (Jahresb, 
ier Gesellsab. /. Natur. und Heilk. zu Dresden, 1879) a obtenus : 7 0/0 
sur l'ensemble dea autopsies; 4 0/0 chez les. hommes, et 9,6 chez les 
femmes. 

La fréquence des calculs biliaires croit rapidement avec l'âge. Jusqu'à 
80 anS) elle n'est que de 3,23; de 31 à 60 ans, elle atteint 8,6; enfin, 
au-dessus, elle s'élève à 17,52 0/0* 

Dès le jeune âge, la prédisposition du sexe féminin s'accuse. 

Roth n'a remarqué aucune coïncidence insolite des calculs biliaires 
avec quelque autre affection, telles que les lésions organiques du cœur, 
les calculs rénaux, ou l'athérome artériel. Relalivement à cette dernière 
affection, dont Beneke (iî. S, J/., IX, 517) avait signalé la coïncidence 
fréquente, Roth fait remarquer que Beneke lui-même lui enlève toute 
importance, puisqu'il reconnaît que l'athérome est également commun 
èhez les vieillards des deux sexes,, tandis que les calculs biliaires sont 
plus fréquents chez les femmes* 

La présence de calculs dans le canal diolédoqjue est moins excep- 
tionnelle que ne Ta em Fiedler, qMÎ. ne l'avait constatée cgoa i fois sur 



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1C4 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

270 autopsies, tandis que Roth Ta notée 16 fois sur ses 166 autopsies 
de lithiase biliaire. 

Quand les ulcérations déterminées par ces calculs guérissent, elles 
donnent lieu à des cicatrices rayonnées que Roth a observées 13 fois sur 
la muqueuse de la vésicule, 3 fois sur celle du conduit cystiqbe, et 1 fois 
.sur celle du canal cholédoque. 

Le mode, à la fois le plus habituel et le plus favorable de perforation 
des voies biliaires, a lieu dans Tinlestin. L'ouverture dans Tintestin peut 
se faire en 3 points différents : 1* perforation de la vésicule dans la cour- 
bure supérieure du duodénum, habituellement à 5 centimètres de Tan- 
neau pylorique et partant, au-dessus de l'abouchement du canal cholé- 
doque ; Roth a rencontré 6 cas de ce genre : 5 fois Torifice était béant, 
1 fois cicatrisé. 

2® Rupture de la vésicule dans le côlon transverse, que Roth a vue 

4 fois, l'orifice étant toujours béant. 

3° Rupture do la partie inféneure du canal cholédoque dans le duo- 
dénum, à quelques millimètres au-dessus de Tembouchure duodénale de 
ce canal, tout à côté de lui, 

Roth a trouvé 2 fois rorifice béant, et 1 fois Toriftce cicatrisé. Après 
Fissue des calculs, il y a persistance de trajets fistuleux. 

Au décours de la fièvre typhoïde on a signalé des inflammations des 
voies biliaires. C'est ainsi que sur les 172 autopsies de typhoïdiques faites 
en huit ans et demi, Roth a compté 9 cholécystites catarrhales sans 
calculs, et 11 exemples de lithiase biliaire simple ou compli(|uée, dont 
8 perforations mortelles de la vésicule biliaire. Une autre des malades, 
une femme de 26 ans, présentait un kyste gros comme une tète d'enfant, 
contenant deux litres de liquide verdâtre, puriforme, de nombreux 
calculs. Ce kyste était formé par les canaux cystique, hépatique et cho- 
lédoque, tandis que la vésicule biliaire, était à peine dilatée. 

La fièvre typhoïde a une influence fâcheuse sur l'affection calculeuse 
du foie; elle pré lispose à la suppuration, à l'ulcération et à la perfora- 
tion des voies biliaires. 

Si l'on néglige les cas de lithiase biliaire où la fièvre typhoïde a amené 
la mort, la mortalité de la lithiase biliaire suit une marche parallèle à 
celle de la mortalité, c'est-à-dire qu'elle est plus marquée dans le sexe 
féminin et à un âge avancé. 

Sur ses 166 autopsies de lithiase biliaire simple, Roth n'en compte que 

5 où les calculs aient été cause de la mort, ce qui fait une proportion de 
3 0/0. Relativement à l'ensemble des autopsies, cette proportion n'est 
que de 25 0/0. 

Xiï. — Dans le but d'éclairer la physiologie de la colique hépah'que, 
Simariowsky a çntrepris une série d'expériences sur des chiens. Il éta- 
blissait d'abord une fistule biliaire, puis soumettait la vésicule à diverses 
excitations. Ces expériences l'ont conduit aux résultats suivants : 

!• L'introduction dans la vésicule biliaire des électrodes ou de tout 
autre corps étranger provoque une très violente douleur. 

2® Lorsqu'on essaye d'enfoncer ou de retirer les électrodes, on éprouve 
une certaine douleur qui tient vraisemblablement à une contracture spas- 
tnodique des parois de la vésicule. Au bout de quelques instants cette 
résistance disparait, elle peut cependant se reproduire. 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. 105 

3** La fréquence des battements du cœur augmente sous Tinfluence 
des excitations électriques faibles, elle diminue sous l'influence des exci^ 
tations fortes et il survient de l'arythmie. 

4** Lorsque les excitations sont persistantes, Tactivité cardiaque dimi- 
nue. Cet effet se produit aussi bien avec les excitations faibles. 

5* Les excitations accélèrent les mouvements respiratoires (20 à 
70 respirations par minute). Une forte excitation amène un arrêt momen- 
tané de la respiration. 

6* La température rectale s'élève pendant l'excitation, et il n'y a aucun 
rapport entre cet effet et les mouvements violents de l'animal. 

7® La température de la peau prise sur des points symétriques a sou- 
vent présenté de grandes variations, sous Tinfluence des excitations de 
la vésicule, elle baissait souvent d'un côté pour s'élever de r»utro. 

8* L^nimal devient ordinairement raide, pondant les excitations. Le 
même effet peut être observé à un moindre degré quand on excite l'es- 
tomac. 

9* A la fin de l'expérience il n'est pas rare de constater une parésie 
des membres postérieurs. Elle peut durer plusieurs mois. 

10* L'excitation de la vésicule produit souvent des vomissements. 

li* L'excitation produit toujours une augmentation de la pression san- 
guine, à moins qu'on n'ait préalablement sectionné le nerf vague au cou. 

M. DEBOVE. 

XIII. — M..., 55 ans, a eu plusieurs attaques de coliques hépatiques; 
depuis six mois, durant )a nuit il éprouve de fortes palpitations, puis un arrêt 
subit du coeur et du pouls : actueilemeut le pouls donne deux pulsations, puis 
un arrêt. Volume du cœur normal. Pas de liruit de souffle. Bruit de galop à 
gauche, dans le troisième espace intercostal. Foie volumineux, déborde les 
fausses côtes. 

L'auteur discute les différentes interprétations qu'on a déjà données 
de ces phénomènes et fait remarqtier, d'après cette observation, que la 
lithiase biliaire à l'état aigu ou chronique produit des altérations car- 
diaques se naanifestant à l'état aigu et chronique, par un dédoublement 
du second bruit dans le territoire reconnu de l'artère pulmonaire. 

OZENNE. 

I. — The causation of tropical hepatitis, par E. MILWARD (Brit. med. journ,, 

juin 1B84). 

II. — Étude sur las abcès arôolaires du foie, par A. CHAUFFARD (Are/i. de 

pbys,, 15 février 1883). 

m.— Btude anatomo -pathologique des abcès dysentériques du foie, par KELSGH 
et KIENER (Ibid., 30 Juin 1884). 

I?. — On tropical liver abcess, par Joseph FATRER (Brit. med. Jour a., p. 1129, 

Juin 1884). 

?. — Abcès du foie consécutif à une ulcération de l'appendice codcal par une 

épingle, par NETTER {France méd.,Q Janvier 1883). 

VI. — Uebar traumatischen Doppelahcess dar Labar, par Fr* MOSLER {ZeiU f . 
kJin. Med,, Band Vi, p. 173). 

?II. — Contribution à l'étude de la dégénérascanoa kystique du foie, par 
Ch. 8AB0URIN {Arcb. dé pb/8., 188^. 



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tOfi REVUE DES. SCIENCES MEDICALES^ 

VIII. — lUme tujet, ptr UB ll£ll£ (//>x<t, 1882). 

IZ. •«- Da rélct ««• â^ne I0 tyslèam TMieuz an-^iépfttiqiM dm» 1a ttipiynplKl» 

de la cirrhose du foie, ptr U UtUR{R»r, d^ méd.^jmn 1881), 

Z. — M oie fur feblitéretion des Telnet snt-hépatiquet dans la cirrhose dn fdie» 
ptor &E VtME (/Z>jU, irotf< 1882). 

XI. — Note sur un cts de cirrbose bilitire avec atrophie du foie,, piar TÏÏFFm 
et 6IRAUDEAÏÏ {Ibid., n* 12. 1882). 

ZU. — Sur deux cm de^ «in^ote lm^rtrûpUq«e grtMiteiit» antû icMM» par 
P. KfiULBN (IbML^ j^. 907, I88S). 

ZIIL -^ Sur les rapperlt qu'affectent les oanan Teinevr aut^Mpati^e» arec le 
tiam fibreux dans le* cinrheaet annulairet et insulaii^et, par Gb:. SAMÏÏRBT 

{Ibid., n^HT iS^, 

ZIV.. — Note sur un cas de cirrhose atrophique'avec adénome gén^alité du. 
foie, par P. MERELEN [Ibid., avril 1883j. 

XV..-^La glt&d» biliaire et l'éTobution nodukôse gctitteuf du ft>it, par 
Gb.. SiLBOmBIN Çlbid^ loêi 1883]^. 

XVI. •*• La etrrboie du STttème t«9^hépati(|m d'ovigiBe* otrdiÉq«d , par 

liE MdHS (/ftûf., ytfiVier issqL 

XVn. — Contribution à l*étude des cirrhoses graisseuses, par LE MÊME {Tbîd.^ 

p. 118, 1884). 

XVIII. -^ De la eirrhoae alcooUque graittieute, pav CU^IiSON {,Thèse. de Pana;, 

1884). 

XIX. — Étude sur la cirrhose graisseuse, par G. BELUN6£ {Thèsû de ParlSy 

1884). 

I. — L*a-uteur regarde Tintempérance et surtout Talîmentaiioa exces- 
sive comme la grande cause de Thépatite chez les jeunes soldats anglais 
qui servent aux Indes. Il fait remarquer la rareté de ral'fection chez les 
Hindous qui se nourrissent d*une façon très légère, et chez les Européens 
d'autre nationalité qui vivent sobrement. Sans doute la dysenterie joue 
un grand rôle dans Tétiologie des abcès du foie : mais Pusage immodéré 
des bières fortes, alcooliques, dont abuse Tarmée anglaise, agit surtout 
comme cause provocatrice de Thépatite. 

Suivent quatre faits d'hépatite suppurée, deux suivis de mort (avec 
lésions intestinales) et deux guéris, Tun par vomique pulmonaire, Tautre* 
par incision antiseptique. h. r. 

|I. — Outre les grands abcès lobaires, Ids petits foyars disséminés da 
Tinfection purulente, les suppurations pyléphlébitiques, et les angio- 
cholites suppurées intra-ampullaires ou compliquées d'abcès biliaires 
propréments dits, Ton peut rencontrer dans lé foie des abcès d*un type 
tout à fait anormal et non encore décrit jusqu'à ce jour. 

En raison de leur apparence toute spéciale, ces abcès méritent la dé- 
nomination d* abcès aréolaires. 

Lerxr Topme générale, est asses comparable à ceUe- des infaretus r lear 
base est périphérique, -et leur sommet profondément enfoncé au sein du: 
jjarenchyme hépatique. Leur volume total égale oa dépasse oalui d'un# 
«iandarine ou d'une pain]^^Ils^QQt.ooastâA«iéâip«r des logettes qui, con- 



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PATHOI^Ii; INTSHK9 £T CLINJQUS MEDICALE. 107 

fondues au oeoire ^a uoe ^a plusieurs oaverues par $uito de U destruc- 
tion des clQJ^on^ de i^éparatioo, restent distinctes à la périphériet et 
d'autant plus petites qtf on se rapproche davantage des limite* exkâmes 
du foyer puruleni. Us renfei'menL un pus tantôt jaunâtre, épai» et oré- 
xaeux, tantôt glaireuz çt verdâti^e, Us sont limités par une paroi pyogé^ 
nique dun b^anc lai&eux^ épaisse de S â 5 millimètres, non sépamble par 
la dissection, sillonnée de festons réguliers, et toute creusée de petites 
aréoles inégales i isolées, ou pour la plupart communiquait entre 
elles. 

En dehors de cette membrane, le parenchyme hépatique parait à TcBil 
un peu altéré; les veines du foie sont saines, les voies biliaires intra et 
extra-hépaiicmes ne sont souvent ni dilatées ni malades. 

L'examen nistologiq^e montre que la structure de Tabcès lui^mêwa, 
envisagé dans son unité évolutive, Taréole purulente, est très simple. 

Au début le travail inflammatoire se localise dans un espace-porteu 
Le tissu sclérosé de cet espace devient le siège d'un petit amas de cel*- 
lules rondes qui présente en son centre ou à sa périphérie un ou pli^sieurs 
canalicules biliaires. I^'artèrQ hépatique et les veines portes périlobu- 
laires restent indemnes^ L^s canaux biliaires, au contraire, sont bour<- 
geonnaots, anastouiosés et notablement augmentés de volume. 

Plus lard, le nodule inflammatoire s'étend à la périphérie el empiète 
sur les lobulest avoisinants, en même temps qu'au oeniro il dégénère et 
$^ transfornae en aréole purulente. 

Quand la fonte du nodule est encore récente, Iaf)aroi qui limite Taréole 
est presque uniquement cellulaire ; dans les parois des aréoles plus am- 
ciennes, la membrane pyogénique est épaisse et presque fibreuse. 

Au voisinage immédiat de Taréole, le tissu hépatique présente des 
altérations variables : tassement des travées, congestion des capillaires 
radiés, cirrhose lameUaw'e, hépatite interstitielle diffuse. Plus loin, le$ 
lobules reprennent leurs caractères normaux; les espaces portes seuU 
restent altérés, et offi*ent les lésions typiques de U cirrhose biliaire. Les- 
gros troncs biliaires collecteurs contenus dans les grands canaux-portes 
situés à la périphérie du foyer purulent et semblant s'y diriger, sont 
dilatés et atteints d'angiocholite desquama tive., 

Les résultats do l'examen anatomique et' di3 l'examen histologique 
s'accordent à montrer que les abcès arédaires sont toujours précédés, 
dans leur localisation, et accompagnés, dans leur développement, par 
des lésions, inflammatoires des canaux biliaires. Il est donc légitime 
d'établir entre ces deux lésions un rapport de cause à effet, et de conair 
dérer les abcès aréol^ires comme des abcès angiocholitiqucs. 

La raison première de l'angiocholite génératrice des abcès aréolaires 
échappe encore^ I^'iatengité et la profondeur des lésions doivent faire 
penser à l'intervention initiale d'un élément d'une grande puissance 
septique, U ne répugne point d'admettre que, dans des coûditinnsenoeré 
indéterminées, de nûUeu chimique ou plus probablement paiasitaire éjd 
l'intestin grêle, des principes irritants et septiques peuvent pénétrer 
dans les voies biUaiireô, remonter plus ou moins loin; dans tour cours, et 
déterminer #e<K>ndaiiiement, au, niveaut et au-dessus de leujc point, de 
ftsatioUft toute lu sériai d9^ lésions, ^ui caractérisant Les abcès aré^^ir^ 
du foie. 



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108 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

III. — Schématiquement on peut ramener à deux types le développe- 
ment et révolution des abcès du foie d* origine dysentérique. 

Dans un premier ordre de faits, ou voit se produire au sein du parenr 
chyme hyperémié des nodules résultant de Taocumulalion de leucocytes 
dans le réseau capillaire. Ces no- Iules se nécrosent dans leur partie 
centrale et se ramollissent par une sorte de fonte fibrineuse, rappelant 
la formation du thrombus blanc. Lorsqu'ils cessent de s'agrandir, on 
voit se former à leur pourtour une zone de tissu embryonnaire, plus ou 
moins vasculaire, plus ou moins netleinent disposé en membrane bour- 
geonnante, et qui se recouvre d*un exsudât diphléritique. 

Dans une deuxième série de faits, on voit se produire au sein du 
parenchyme hyperémié, non plus une simple accumulation de leuco- 
cytes, mais un lissu à substance fondamentale fibreuse, plus ou moins 
chargé de leucocytes, et plus ou moins vasculaire. Le nodule ainsi cons- 
titué, se ramollit aussi à sa partie centrale par un mécanisme qui, sui- 
vant la plus ou moins grande vascularité du tissu, rappelle tantôt la 
formation des abcès précédents, tantôt la fonte d'une gomme syphili- 
tique. Ces sortes d'abcès ont une évolution plus lente, une extension 
moins considérable, et leur surface interne est le siège d'une exsudation 
moins abondante, ce qui explique sans doute pourquoi les productions 
diphléritiques y sont plus discrètes. a. Gilbert. 

IV. — L'intérêt de cette leçon réside surtout dans Tétude des rela- 
tions respectives de l'hépatite et de la dysenterie. L'auteur s*appuie pour 
la résoudre sur les statistiques de l'armée anglaise aux Indes depuis 1870 
jusqu'à 1880. Nous ne pouvons donner les chiffres en détail : ils sont 
intéressants à consulter. 

Ce qui ressort de ces statistiques, c'est que le vrai abcès du foie tro- 
pical n'est pas nécessairement lié à la dysenterie, comme le supposaient 
Budd et Annesby. Pour Fayrer, l'hépatite suppurée est la conséquence 
à peu près constante de l'irritation directe du foie par une nourriture 
trop excitante ou par des excès alcooliques. Quant aux relations de 
l'hépatite avec les autres maladies, voici comment l'auteur les comprend 
et les résume : 

1° Une première catégorie d'abcès comprend les abcès du foie septicé- 
miques, qui dépendent d'embolies putrides, de débris de parenchyme 
nécrosé, de pus altéré : on les trouve alors disséminés simultanément dans 
les poumons et les autres organes; c'est l'infection purulente classique; 

2** Une forme d'abcès du foie co-existant avec la dysenterie est le 
résultat de l'absorption directe du pus ou des détritus septiques qui se 
forment au niveau des ulcérations intestinales. Ce sont des infarctus 
septiques d'origine lymphatique ou veifieuse. L'abcès hépatique peut être 
unique ou multiple : c'est en géuéial une forme grave, à pronostic 
presque fatal ; 

3® La dysenterie, la malaria et l'hépatite peuvent coïncider et se su- 
perposer pour ainsi dire chez le même sujet, sous l'influence des cir- 
constances climatériques. En pareil cas, il est nécessaire de penser que 
l'abcès hépatique dépend de la dysenterie; mais l'auteur pense qu'il 
s'agit plutôt d'une simple coïni*idence que d'une relation de cause à etTet. 
Gliniquement, cette variété d'abcès du foie diffère de la précédente au 
point de vue du diagnostic et du pronostic ; 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. 109 

4* Quant aux abcès ordinaires tropicaux, ils sont tout à fait indépen- 
dants de la dysenterie. 

Au point de vue du traitement, Tauteur est partisan d*une interven- 
tion large et précoce ; il fait ouvrir la cavité abdominale antiseptique- 
ment, dès que l'on a la certitude de la présence du pus. Grâce à cette 
manière de faire, la mortalité par hépatite est devenue sensiblement 
atténuée. Dans l'armée anglaise du Bengale, de 1860 à 1870, Thépatite 
fournissait un contingent de 59 cas pour 1,000 hommes, et une mortalité 
de 3,3J ; de 1870 à 1879, la proportion est descendue à 4 pour 1,000 
d'admission, et à 2 pour 1,000 de mortalité. h. r. 

V. — Femme de 23 ans, souffrant depuis trois jours d*anorexie, de dou- 
leurs de tôte et de ventre. On diagnostique d^abord un embarras gastrique 
simple. 

Au bout de quelques jours, on est porté à soupçonner la granulie. Les 
jours suivants, fièvre, amaigrissement^ sueurs nocturnes. Le quinzième jour, 
en arrière et à la base du poumon droit, matité qui va en augmentant les 
jours suivants. Aifaiblissement du murmure vésiculaire. Vibrations nulles 
dans les deux poumons. Légère matité a la base gauche. Abaissement du 
boi*d libre du foie Œdème des parois thoraciques. Accès fébriles persistants, 
avec rémissions de 2° et 3». 

Un mois après l'entrée de la malade à l'hôpital, on fait une ponction qui 
donne issue à 100 grammes d'un liquide exlrômemeut fibrineux, lequel ren- 
ferme beaucoup de globules rouges et se coagule immédiatement. 

L'abaissement du foie augmente de plus en plus. Aggravation de Télat 
général, frissons. A la fin de la sixième sem&ine, on ponctionne le foie qui 
est descendu au-dessous du nombril. 11 sort 300 grammes d'un liquide jaune, 
épais, d*odeur très fétide. Mort deux jours après. 

A l'autopsie, on trouve un foie énorme. Son lobe droit renferme une poche 
contenant au moins doux litres d'un pus fétide et jaunâtre. Au niveau du 
bord droit, à sa partie inférieure, second abcès iiTégulier renfermant 
300 grammes de pus. Dans tout le lobe droit sont disséminés d'autres abcès 
dont le volume varie de celui d'un œuf de pigeon à celui d'un œuf de poule. 
Rien dans le lobe gauche. Rien dans la veine porte. 

Dans Tappendiee cœcal, on trouve une épingle placée la tête en bas. Au 
niveau de sa pointe, ulcération annulaire de la muqueuse. Il y a de plus une 
aiguille à la partie postérieure du péritoine, un peu au-dessus du pancréas ; 
elle est plantée dans le tissu cellulo-adipeux rétro-péritonéal. 

Le sommet du poumon gauche est dur et crépite mal. Pas de tubercules. 
A droite, 2 litres de sérosité rougeâtre, transparente. Abcès métastatiques 
d'un volume variant de celui d'un gros pois à celui d'un grain de chènevis. 

L'auteur admet que l'infectiou générale a eu pour point de départ l'ul- 
cération qui a mis le contenu intestinal en rapport avep les origines de 
la veine porte. Le liquide extrait du foie renfei*mait, en effet, de longs 
corps elliptiques, immobiles, à grand, axe d*une longuem* double de celle 
d'un globule rouge, et paraissant tout à fait identiques aux germes ren* 
fermés normalement dans l'intestin. gaston decaisne. 

VI. — Mosler rapporte Tohservation d'une malade qui eut deux abcès 
du foie, à la suite d'un violent coup de coude dans Thypochondre. L'un 
des abcès contenait des échinocoques, l'autre n'en contenait pas. Ainsi 
le même traumatisme aurait d'une part produit un abcès et d'autre part 
amené la suppuration d'un kyste hydatique. m. debovb. 

VIL — Pour le foie : 

1. Les kystes se développent aux dépens de la glande biliaire. 



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l!d BEVUE DES SCIENCES Wfo!CA^ES. 

Le pW)ce«iOs comprend trois phaôe* «ticeesâfvèâ, ponr la grande ifia- 
jorité des kystes au moins, sinon pour tous. 

1*» Il y a une néoformation d'un réseau de canaTicuïes biliairefe, aux 
dépens des trabôcules sécrétantes de la bile, réseail plongé dans ttïW 
trame conjonctive. Ce processus fibro-épithélîal dans lequel la trame 
eonjonctive a pour limites les limites mêmes de la production des cana* 
licules nouveaux, se produit sous forme de nodnïeé qui s'échelonnent 
sur le trajet des voies biliairea, de sorte que, dans son ensemble, ta 
lésion du foie n'a aucun des caractères lopOgraphiques de la cirrhose. 

2<* Dans les nodules fibro-épithéliaux ainsi foimés, les canalicuïeâ 
Subissent une transformation alvéolaire qui donne aux coupes de ces 
nodules Taspect des angiomes caverneux. 

3** Dans ces angiomes caverneux biliaires, certains sinus se dévelop- 
pent aux dépens des autres, et les grands kystes résultent de la con- 
fluence des petits kystes isolés. La paroi des grands kystes est formoe 
par la plus grande partie du tissu conjonctif qui constituait le stroma du 
nodule fibro-épithélial, et ensuite de l'angiome biliaire. 

4<» Certains kystes arrivés à Tétat parfait peuvent subir une série d'al- 
térations qui ont pour résultat la guérison de la tumeur. 

2. A côté de la lésion appelée kyste séreux du foie, ou dégénérescence 
kystique du foie, lésion qui accompagne assez souvent les reins kys- 
tiques de l'adulte, on peut observer, dans certaines cirrhoses hépatiques, 
des kystes dont la nature, Torigine et l'évolution sont les mêmes qu© 
dans ce foie kystique accompagnant la maladie des reins. 

YllI. — Celte observation vient compléter l'histoire des kystes dans 
la cirrhose du foie. 

L'évolution régulière étant l'atrophie graduelle de ces canalicules 
nouvellement formés, il résulte de cet ensemble de faits que nous con- 
naissons quelques types de déviation à cette évolution d'atrophie : 

1° Par la proliféralion do leurs épithéliunis, et leur végétation en forme 
de culs-de-sac, ces néo-canalicules biliaires peuvent donner lieu à des 
polyadénomes biUaires (Kelsch et Kiener) ; 

2° Far une évolution en surface, toute spéciale, de leur épithélium, ces 
néo-canalicules peuvent donner lieu à des tumeurs angiomateuses que 
leur dépendance du réseau biliaire doit faire dénommer des angiomes 
biliaires. Cette lésion qui paraît être assez rare, ou mieux qui a été rare- 
ment observée, peut se montrer disséminée dans toutes les régions d'un 
foie cirrhotique, au milieu des travées conjonctives ; 

3** Une altération secondaire se produisant dans les précédents an- 
giomes biliaires, altération caractérisée par la dilatation énorme de leurs * 
sinus constituants, on a une troisième espèce de productions acciden- 
telles, ce sont les kystes biliaires, dans la ciiThose. Gilbert. 

IX. — Les conclusions de Tauteur sont les suivantes : 

1*» Parmi les diverses variétés de cirrhoses hépatiques présentant au 
microscope la forme plus ou moins annulaire, il en existe un certain 
nombre qui, plus que probablement d'origine simplement alcoolique, 
méritent le nom de cirrhoses annulaires, veineuses pures. Ces termes 
multiples ne sont pas inutiles pour bien préciser la nature des lésion^ ^ 
dont il s'agit; 

2* Ce sont des cirrhoses annulaires, absolument systématiques, dans 



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PATHOLOQÎfi im«lNï: ET CLINIQCB MÉDICALE. Ht 

les^effesies'beiiKleslibreuses qui Billoiment le foie résnitent de Têro- 
hition simultanée de deux systèmes cirrhotiques, l^in qui suit le réseau 
veineux-porie, l'autre qui suit le réseau veineux sus-hépatique. Ces deux 
Tastes systèmes fibreux communiqueat filtre eux par de nombreuses 
anastomoses ; 

JS^Les annaaux fibreux «ont surtout forakésaiu dépens dusyalfème 
fibreux përi-6us4iépatique ; 

À"* Cette cirrhe&e i^i-veineuBe esi tanfeôt monolobukire, tantôt mulUIo- 
biliaire; 

h"" La cirrhose inonolobulaiTe résuUe de ce fait que les deux systèmas 
veineux sont atteints jusque dans leurs demiènss ramifications. Dans ce 
cas, les ilôts cirrhotiques sont très petits^ car ils répondent à des seg^ 
ments de lobules hépatiques, résultant de la division de ces derniers par 
les bandes fibreuses multiples qui réunissent^ d'une part, les veines 
centrales enti^e elles, et d*autre part, les espaces portes à ces dernières 
sur beaucoup de points. Le terme de lobules de la cirrhose doit donc 
disparaître pour caractériser ces îlots, car il tend à éterniser la confu- 
sion regrettable d'un rapport existant entre ces ilôts cirrhotiques et les 
lobules hépatiques» rapport qui n'existe plus; 

6"" Les cirrhoses purement monolobulaires dans toute l'étendue de 
l'organe correspondent mac^oscopiquement à des foies induises, lisses ou 
à peine finement grenus; 

7"* La cirrhose muUilobulaire résulte de ce fait que les deux systèmes 
veineux ne sont atteints que partiellement sur certaines de leurs ramifi- 
cations correspondant à des territoires glandulaires plus ou moins vastes^ 
Entre les domaines vasculaires atteints, il existe un nombre variable de 
ramifications portes et sus-hépatiques respectées, correspondant à au- 
tant de petits territoires glandulaires élémentaires ; 

8^ Ces cirrhoses multilobulaires correspondent macroscopiquement à 
des foies granuleux, à granulations variables, faisant partie de Ten^ 
semble macroscopique connu sous le nom de cirrhose deLaennec; 

9** En thèse générale, cette cirrhose est d'emblée ou monolobulaire 
ou muUilobulaire et pereiste à cet état jusqu'à la fin. La cirrhose mono- 
lobulaire n'est pas produite par une extension secondaire de la muUilo- 
bulaire. Mais c'est une sorte de loi qui peut souffrir des exceptions, car 
les vaisseaux des deux ordres correspondant aux teiTiloires glandulaires 
élémentaires, d'abord respectés dans un ilôt muUilobulaire, peuvent très 
bien se prendre à leur tour consécutivement. 

X. — Dans la grande masse des cirrhoses vraies, autres que les cir- 
rhoses biliaires pures, dit M. Sabourin, le système des veines sus-hépa- 
Uques est le siège d'oblitérations d'éten^iue variable, souvent très limi- 
tées, oblitérations pouvant occuper les différentes ramifications de ce 
système, depuis les branches intra-lobulaires jusqu'aux branches d*ua 
calibre considérable, oblitérations dues à une véritable phlébite adhésive. 

G. GIRAUDEAU. 

XI. — Il s'agit dans cette observatioa d*un malade atteint d'ictère chro- 
nique dont la cause a échappé et dont les symptômes objectifs étaient carac- 
térisés par une atrophie du foie sans ascite, une hypertrophie considérable de 
la rate. 

L'autopsie démontra qu'il s'agissait d*une cirrhose hépatique d'origine 



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112 EEVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

biliaire, mais indépendante de la lithiase biliaire; le foie ëtait très petit, lisse, 
de coloration verdàtre. L'examen histologique démontra, en outre, une cir- 
rhose interlobulaire, caractérisée par des bandes de tissu fibreux, séparant 
les lobules les uns des autres, mais ne proliférant pas à Tintérieur du lobule; 
il existait, en oulre, une néofomiation considérable de canalicules biliaires. 
Les auteurs inclinent à penser qu'il s'agit d'une cirrhose hyperlrophique 
biliaire arrivée à la période atrophique, le processus inflammatoire actif 
s'étant depuis longtemps arrêté. w. œttinoer. 

XII. — L'auteur a surtout cherché à élucider le mécanisme de la pro- 
duction de l'ictère dans cette affection ; c'est ainsi qu'il le considère 
comme la conséquence d'une hépatite diffuse inlra-lobulaire aiguë ou 
Bubaiguë, qui, pai* l'abondante néoformation embryonnaire qu'elle déter- 
mine entre les cellules hépatiques, interrompt le cours de la bile dans 
le lobule. D'après lui, l'intensité de l'ictère est en raison directe de l'in- 
tégrité des cellules hépatiques. En d'autres termes, l'ictère serait d'au- 
tant moins prononcé que la dégénérescence graisseuse des cellules est 
plus complète. 

XIII. — Dans un précédent travail, M. Sabouriû avait montré que les 
veines sus-hépatiques sont l'un des grands foyers d'évolution du tissu 
fibreux dans les cas de cirrhose annulaire, que ces veines sont lésées au* 
môme tiire que les rameaux portes ; aujourd'hui il se propose de prouver 
que dans les cirrhoses insulaires le processus scléreux est primitive- 
ment limité aux espaces portes et que les veines sus-hépatiques ne sont 
intéressées que secondairement, de proche en proche pour ainsi dire, 
par la sclérose. En effet, on aperçoit souvent en un point de la paroi 
veineuse un traclus fibreux qui, parti de la périphérie du lobule, arrive 
jusqu'au rameau sus-hépatique, mais il s'épuise à ce niveau, et jamais 
alors on ne voit d'anneau fibreux se former autour de cette veine; les 
autres points de sa ciroonférence restent en contact immédiat avec les 
cellules hépatiques. Il s'agit donc là d'une cirrhose d'emprunt et non pas 
d'une cirrhose propre comme on l'observe dans les cas de cirrhose 
annulaire, 

XIV. — Homme de 61 ans, malade depuis un an, commença six mois avant 
son entrée à l'hôpital à se plaindre de coliques avec alternatives de diarrhée 
et de constipation ; au bout de quatre mois son ventre commença à grossir. 
Au moment de son admission dans le service de M. Vulpian, il avait une 
ascite considérable, une teinte subictërique 'les téguments. Le foie était petit, 
la rate volumineuse ; l'état général très mauvais. Quelques jours après, il 
eut une hémorragie inteetinale abondante et une pneumonie double à laquelle 
il succomba. A l'autopsie, la face présentait tous les caractères de la cirrhose 
atrophique, et, en outre, sur une coupe de l'organe on constatait des points 
blanchâtres, d'aspect et de consistance caséeuse, de la grosseur de grains de 
mil. La veine porte était le siège d'une thrombose occupant son tronc et ses 
principales branches. Enfin, la vésicule biliaire affaissée et épaissie renfer- 
mait un giand nombre de calculs à facettes; de plus, la cirrhose à son 
niveau était à son maximum. A l'examen histologique, indépendamment des 
lésions de la cirrhose vulgaire, on constata la présence de nodules adénoma- 
teux ayant leur maximum de développement au voisinage de la vésicule 
biliaire et ayant de là envoyé des bourgeons épilhélioïdes dans toute l'épais- 
seur du foie par l'intermédiaire des vaisseaux portes. 

XV. — Dans les travaux précédents l'auteur a cherché à démontrer 
que le foie est une glande formée de lobules ayant pour centre un espace 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MÉDICALE. 118 

porte autour duquel viennent se grouper les cellules hépatiques ; â la 
périphérie se trouvent rejetées les veines sus-hépatiques^ absolument 
comme dans le poumon les veines pulmonaires occupent les interstices 
des lobules. Ces lobules hépatiques primitifs se réunissent pour en 
former un d'un ordre supérieur ; ainsi se trouverait constituée l'analogie 
du foie avec les autres glandes en grappe. II a trouvé un argument de 
plus à cette théorie dans l'étude de certains foies gras. 

€ Dans un premier degré, en effet, la dégénération vésiculo-graisseuse 
frappe, individuellement, chaque lobule primitif biliaire, en allant du 
centre ^espace porte) à la périphérie (veines centrales du lobule hépa- 
tique) ; comme cette altération rayonne non en surface, mais en espace, 
c'est donc une évolution nodulaire. La dégénérescence marche ainsi de 
dedans en dehors, et arrive peu à peu à ne laisser à la périphérie du 
lobule biliaire qu'une sorte de capsule de tissu sain. Sur les coupes, à 
ces différentes phases, on aura donc, d'abord, une tache graisseuse en- 
globant l'espace porte, puis un cercle graisseux de plus en plus large, 
limité par un anneau de tissu hépaticpie non dégénéré. Gomme tous les 
lobules contigus sont atteints de la même façon, les anneaux réunis for» 
ment le stroma interlobulaire. Mais bientôt les trabécules hépatiques qui 
forment ces travées sont elles-mêmes atteintes par la graisse, et toute 
limite disparait entre les lobules primitifs biliaires. Il faut même admettre 
que beaucoup d'espaces portes (centres apparents de ces lobules) voient 
leurs éléments constituants, si délicats, être atteints de la même dégé- 
nérescence, car beaucoup de leurs vestiges ont disparu. De même los 
veines centrales (zones limitantes de ces petits lobules) à parois si 
minces sont affaissées, et leur cahbre ne suffit plus à les faire recon- 
naître au milieu des capillaires sanguins qui entourent les vésicules 
adipeuses. » 

XVI. — Contrairement à ce qui a été avancé dans ces dernières an- 
nées, M. Sabourin croit que la cirrhose cardiaque a son point de départ 
dans les veines sus-hépatiques, ainsi que cela a été admis longtemps 
sans conteste. 

Pour étudier ces lésions, il faut s'adresser à des foies provenant de 
vieux cardiaques et ayant subi un certain degré de rétraction : on voit 
alors que les veines centrales des lobules sont distendues et entourées 
d'une zone conjonctive qui se prolonge sous forme de travées le long des 
capillaires sanguins dilatés; les cellules hépatiques qui entourent la 
veine sus-hépatique s'atrophient d'abord puis finissent par disparaître. 
A un degré de plus, les capillaires sanguins plongés de toutes parts au 
milieu du tissu conjonctif, se rétrécissent et finissent par disparaître 
d'autant plus qu'on approche du centre du lobule. Enfin les gaines con- 
jonctives qui entourent les veines sus-hépatiques émettent des prolon- 
gements qui finissent par se rejoindre et limitent alors des mailles au 
centre desquelles se trouvent les espaces portes et la portion du tissu hé- 
patique qui a résisté à la destruction. 

XVII. — Ce mémoire estconsacré à l'étude microscopique d'une variété 
de cirrhose hypertrophique graisseuse qui, au lieu d'être diffuse comme 
la plupart des cas décrits sous cette dénomination, est annulaire, seule- 
ment les anneaux, au lieu d'être nettement circonscrits comme dans la 
cirrhose atrophique vulgaire, sont dentelés sur leurs bords et envoient 

TREIzàME ANNÉE. — T. XXVI. 8 



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114 RfeVUB DBS SCIENCES MEDICALBS. 

des prolonffemenis dâno l'épaisseur du parenchyme hépatique. Quoiqu'il 
en sollf cette variété de ciiThose prendrait naissance dans le réseail vei- 
neux sus-hépatique et se montrerait au début sur les coupes à Tétai de 
simples plaques étoilées à bord diffus, puis sous forme d*anneaux com- 
plets résultat de la fusion régulière des rayons fibreux émanés des 
plaques précédentes* Tantôt monolobulaire, tantôt multilobulaire, Cette 
cirrhose s'accompagnerait souvent de phlébite Dbhtérante des veines sus- 
hépatiques et des capillaires radiés qui se transforment en cordons pleins 
dont le réseau englobe les trabécules hépatiques. A ces lésions primi-* 
tives viennent s'ajouter des dégénérescences multiples des trabécules 
hépatiques dont la plus remarquable est la transformation vésicule- 
graisseuse des cellules constituantes, plus ou moins répandue et mélan- 
gée avec la dégénération granulo-graisseuse simple ; souvent aussi, ÎT 
existe^ en outre^ un degré variable de cirrhose autour du système porte- 
biliaire. Cet élément nouveau parait être abondant surtout lorsque le 
foie présente des oblitérations nombreuses des veinules portes. 

XVIII. — Excellente étude critique dans laquelle Fauteur a réuni soud 
un seul chef toutes les variétés de cirrhose décrites successivement sous 
les noms de cirrhose hypertrophique graisseuse, cirrhose atrophique à 
marche rapide^ hépatite interstitielle diffuse aiguë, cirrhose avec stéatose^ 
certaines variétés de cirrhoses dites mixtes. Toutes ces dénominations 
en effet ne répondent pas à des affections distinctes^ mais bien à un 
même processus morbide qui» avec quelques variantes dans la marehe^ 
dans la topographie des lésions, reconnaît une seule condition étiologique^ 
l'alcoolisme. 

M. Gilson a donc préféré à la dénomination cirrhose graisseuse^ ajouter 
répithète alcoolique, qui, sans rien préjuger sur le plus oti le moins de 
volume du foie, sur la diffusion ou la systématisation du processus scié- 
reux, a Tavantage de faire intervenir dans cette qualification un élément 
de classification étiologique. 

XIX. — L'auteur a préféré la dénomination de cirrhose graisseuse à 
celle de cirrhosehypertrophique graisseuse, parce que, dans certains cas, 
le vplume du foie> loin d'être augmenté, est diminué. L'épithète alcoolique 
lui semble impropre pour qualifier cette affection^ car si dans beaucoup de 
cas l'alcoolisme en est réellement là cause, dans d'autres, au contraire^ 
il fait absolument défaut. Lorsque le foie est augmenté de volume, M. Bel- 
langé croit qu'on a affaire à des foies primitivement congestionnés qui 
deviennent ensuite graisseux. Lorsque, au contraire, il y a atrophie, on 
aurait le plus souvent affaire à des foies de cirrhose alcoolique ordinaire 
qui ont consécutivement subi la stéalose du parenchyme. Le danger dans 
le premier cas tiendrait à la suppression de l'excrétion biliaire, dans le 
deuxième oas^ à la suppression de la sécrétion. c. oiraudiau. 

I. -^ Belirlffe Eût Pathologie nnd patholog. Anat. der Leber, par B. WAOIIBR 

(Deut, Arch. f. klin. Med, XXXV, Htft 5 et 6). 

II. — Deux cas d*âtrophie du lobe gauche du foie, d'origine biliaire, par 

E. BRISSAUn et Ch. SABOURIN (Arch. dé phys., l«r avril 1884). 

m. — Coniribuiione allô etadio de l'epatite intertiiiale flacoida^ par MAZBOTTI 
(Riv, êïin. di Bologna, 18B8). 



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PATHOLOGIE iNtBHNÊ Et CLINtQtJB MÉmCALE. Hd 

IV. ^ Cni of $ùtLi% hiUêry cii^hotU itttiiilAtlttt yéllOir atf èphy df XM Uvéff 
par Shingleton SMITI {Brit. méd. jonth,, Jitnrièr 1884). 

t. — f#o eatei of cinrhodis of tke liver, par Frederick ROBÊRtS (Ibié.^ 

/). 1001, mai 1883). 

VL — Des rapporta de la cirrhose du foie aTac la péritonite tnbercvlautOi par 
M OROUX (Thèse de PariSt 1883). 

¥11. — Thrombose de la Toino perte pat compreasiOli dAifct le oeurl d'ttttt 
péritenite tohenraleuae^ par âORARD {Arch. de pby»,, 15 mai 1884). 

Yin. — Âheê» biliaires dans la cirrhoâe «an^ cholélithiasè, par ISlfibtfRtM 

{Progrhs ihéd,, \t Janvier 1884). 

I. — 1* Coïncidence de la cirrhose du foie et de la tuberculose du péri- 
toine. L'auteur en a vu dix cas. Quatre d'entre eux ont déjà trouvé place 
dans la thèse de Seifert. La cirrhose paraissait primitive, la tuberculose 
péritonéale secondaire. 

Le plus souvent il y avait de Tascite, rarement de Tictère. Dans là 
moitié des cas répanchement était hémorragique. Après la ponction, on 
trouvait le foie très petit. Dans la moitié des cas, aussi, il y avait de 
rbydrothorax ou de la pleurésie simple ou double. 

2*" Atrophie rouge aiguë du foie. Il s'agit d'une jeune fille de 21 ans 
qui, après avoir eu du vertige, du malaise, des vomissements, du lympa- 
nisme abdominal, avait présenté de l'ascite en assez grande abondance 
pour que la ponction devînt nécessaire : on évacua trois litres d'une séro- 
sité jaunâtre, peu albumineuse. 

A Tautopsie on trouve un foie petit (1,500 grammes) tttec des inéga- 
lités à sa surface et à la coupe où l'on trouve mélangés des lobules blan- 
châtres, jaunâtres et des lobules d'un rouge brun^ déprimés. 

Au niveau du bile, il existe une sorte d'anneau scléreux, épais do 4 à 
6 millimètres qui entoure la veine porte et l'embouchure des troncs vei- 
neux afférents, et cela seulement au niveau du hile. Il n'y a pas de lésion 
semblable dans le foie, ni sur les troncs afférents. Des caillots rougeâtres 
adhèrent sur plusieurs points aux parois veineuses. Nulle part là lumière 
du vaisseau n'est obHtérée. Certains lobules hépatiques sont infiltrés de 
globules sanguins, tassés et pressés dans la veine centrale et les tsApil" 
iaires radiés. Il n'y a pas de cin'hose. 

C'est là une affection singulière, non décrite, à Iflcfuelle cotivîeul assez 
peu le nom d'atrophie rouge aiguë que lui attribue l'auteur. 

S* Fièvre intermittente hépatique. 8. Wagner rapporte plusieurs cas 
de fièvre intermittente hépatique survenue dans la lithiase biliaire, dans 
un cas d'ictère par émotion, dans l'angiocholite suppurée, et, enfin, 
après l'ouverture d'un kyste à échinocoques dans les voies biliaires. 

4** Tuberculose miliaire aiguë du foie. Il signale le tympanismé, Tasclte, 
Tictère et la douleur à la palpation dans la tuberculose miliaire du foie. 

5** Parfois, avant une ponction d'ascite, on trouve la surface du foie 
lisse, égale. Après la ponction, on la trouve inégale. Sous l'influencé de 
la décompression due à l'évacuation du liquide abdominal, le foie se 
serait oongestionné, et les inégalités seraient devenues saillantes, per- 
ceptibles, i. MATHieU. 

n. — La première observation est un type parfaitement pur d'atrophie 



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116 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

du lobe gauctie du foie d'origine biliaire. La cause de Taltëraiioii sclé- 
reuse était un calcul qui obstruait le canal hépatique gauche. I^ lobe 
droit du foie était absolument sain, et la condition étiologique vulgaire 
des cirrhoses, l'alcoolisme , faisait défaut. 

La seconde observation est un fait plus complexe. D'une part, le foie 
présentait tous les caractères d'une cirrhose biliaire généralisée accom- 
pagnée de certaines lésions sus-hépatiques liées à l'alcoolisme. D'autre 
part, le lobe gauche du foie offrait des altérations identiques à celles du 
cas précédent. Bien qu'à l'autopsie il n'existât pas de calcul dans les 
voies biliaires, il est probable qu'à une période de la maladie, im- 
possible à déterminer, il s'était produit une obstruction au cours de la 
bile dans le domaine du tissu hépatique tributaire de la branche gauche 
du canal hépatique. 

Dans ces deux faits, le système veineux porte, le système de l'artère 
hépatique, et les grosses veines sus-hépatiques étaient restés perméables 
au milieu des régions hépatiques transformées en tissus fibreux; les 
capillaires sanguins qui unissent les vaisseaux afférents du foie aux vais- 
seaux afférents avaient au contraire disparu. L'on devait se demander 
quelle voie peut suivre le sang apporté par la veine porte et l'artère hépa- 
tique pour pénétrer dans les grosses veines sus-hépatiques, le passage 
par les capillaires intra-lobulaires étant supprimé. 

L'étude histologique montre que les veines sus-hépatiques d'un certain 
calibre reçoivent des rameaux nourriciers considérables de l'artère hépa- 
tique. Le sang de ces rameaux nourriciers est recueilli par des veines 
qui, par le chemin le plus direct, le conduisent dans les veines afférentes 
du foie. Ainsi se trouve constituée une voie dérivative qui se développe 
dès que sont oblitérés les capillaires sanguins qui unissent les branches 
de l'artère hépatique aux veines centrales des lobules. 

Les rameaux de l'artère hépatique destinés à la nutrition des veines 
sus-hépatiques ne s'étendent pas seuls aux parois veineuses, ils sont 
accompagnés d'une expansion de la gaine de Glisson, d'un canalicule 
biliaire qui ne tarde pas à s'arrêter en chemin, et d'un rameau de la 
veine porte. Il est plus que probable que la veinule satellite de l'artère 
nourricière dans l'expansion glissonnienne, et la veinule, sa satelUte dans 
la paroi sus-hépatique, communiquent ensemble. D'où une voie de commu- 
nication, en miniature à l'état normal entre les veines portes et les veines 
sus-hépatiques. A l'état physiologique ce rameau porte-satellite des 
artères nourricières sus-hépatiques ne répond peut-être à aucune fonc- 
tion spéciale. C'est un pur vestige de l'état embryonnaire ou fœtal; mais 
ce rameau n'en est pas moins perméable. A l'état pathologique c'est une 
toute autre chose. Le sang de la veine poi te n'ayant plus d'écoulement 
par les capillaires intra-lobulaires trouve dans la disposition anatomic[ue 
précédente une voie de dérivation facile à lorcer. 

Pour que ces circulations s'établissent, il faut que les grosses veines 
sus-hépatiques soient libres. Or, s'il en est ainsi dans les cirrhoses insu- 
laires ou biliaires, dans la cirrhose annulaire vulgaire, au contraire, le 
système susp-hépatique est farci de thromboses oblitérantes et de nodules 
d'obstruction phlébitiques. De là la différence entre ces deux ordres de 
faits pour l'établissement des voies circulatoires pathologiques. Gilbert. 
III. — Sous le nom d'hépatite interstitielle ilaccide, Ercole Galvagni a 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MÉDICALE. 117 

décrit, en 1880 (Riv. clin., fasc. 11*), un cas dans lequel le foie présen- 
tait les caractères de Thépatite interstitielle commune, mais s'en distin- 
guait par sa mollesse. Ce cas, observé chez une femme de 44 ans, pré- 
senta de la fièvre avec frissons oscillant entre Sl^ et 88*,6 et une ascite 
qui nécessita la ponction. En 1882, nouveau cas de Ughetti, de Catane, 
[Arcbivio medico, juin et août 1882) chez une jeune fille de 17 ans, tra- 
vaillant dans les solfatares ; on constate de la fièvre, de Tascite avec 
subictère et tuméfaction de la rate. La maladie dura deux mois et demi 
environ. A l'autopsie, mêmes lésions que dans le cas de Galvagni, dans 
laquelle la durée de la maladie avait été de trois mois environ. L'auteur 
publie un troisième cas observé chez une jeune fille de 19 ans, née à 
Poggio Renatico, pays infecté de malaria. La malade eut la fièvre inter- 
mittente, puis fut atteinte d'hépatite interstitielle. Comme dans les autres 
cas, la maladie prit une marche rapide ; on fut obligé de pratiquer la 
ponction pour Tascite, et l'examen objectif démontra le développement 
de la rate et l'atrophie du foie. Les moyens curatifs restèrent absolument 
sans effet. La malade succomba après un fort accès de fièvre. A l'au- 
topsie, on trouve un foie granuleux et petit, mais mou ; à l'examen micros- 
copique, une cirrhose annulaire et polilobulaire. Mais dans les espaces on 
trouve non un tissu connectif fibreux et compact, mais un tissu inflam- 
matoire jeune avec de nombreux éléments lymphoïdes et quelques hémor- 
ragies. La cause de la maladie parait avoir été la malaria dont la jeune 
fille a souffert à plusieurs reprises. 

L'auteur fait observer que ces cas diffèrent notablement des faits dé • 
crits par Hanot sous le nom de ciiThose atrophique graisseuse et de l'hé- 
patite d'origine paludéenne décrite par Kelsch et Kiener, Lancereaux et 
Picquet. Ainsi que Galvagni et Ughetti, l'auteur insiste tout spécialement 
sur la flaccidité particulière du foie cirrhose. Les analogies avec la cir- 
rhose commune sont trop grandes cependant pour que l'auteur pense 
qu'il soit nécessaire de créer une forme nouvelle de cirrhose. Il faut la 
considérer comme une variété de la cirrhose commune remarquable par 
ses causes, sa marche rapide, ses altérations anatomo-pathologiques. 

F. BALZVR. 

IV. — Un homme de 33 ans est pris, au milieu de la nuit, de douleur 
épigastrique et de diarrhée, sans vomissements. Deux jours après, il 
devient iclérique, et on l'amène à l'hôpital. L'ictère est considérable, le 
foie un peu augmenté de volume et sensible à la pression : les urines 
sont bilieuses, non albumineuses. La peau est fraîche. 

Les jours suivants surviennent des épistaxis, des hémorragies intes- 
tinales, du délire et de la somnolence : la langue se sèche, l'urine se 
supprime presque complètement. La mort survient dix-huit joui*s après 
le début des accidents. 

Autopsie. Foie peu volumineux; vésicule biliaire remplie de bile nor- 
male ; voies biliaires perméables, sans calculs. Parenchyme hépatique 
dur, de couleur cuivi'ée : lobules très visibles, entourés d'une sorte 
d'exsudai grisâtre. Histologiquement, les cellules du foie semblent abso- 
lument normales, un peu plus pigmentées que de coutume : la seule lé- 
sion appréciable est une hyperplasie de la trame conjonctive, surtout au 
voisinage des canalicules biliaires. L'auteur rapproche ce fait de ceux 
décrits par Bamberger [Allq, Wien. med, Ztç.y n* 49, 1882). h. r, 



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118 RSVUE PBS SCIENCES MÉDIGilLBS. 

V« *^ i^ Oirrhoae accompagnée d'une asoiie localisée, «imnlant «m kyste 
l^ydatiqua. Homme de 39 ans, buveur. Pepuis neuf mois, douleurs vagues 
daps le foie, avec irradiations vers 1 opaule, flatulence, anorexie et insomuie: 
depuis cinqi mois, gouBemcat limité de rh^^ochondre droit, qui va sans 
cesse croissant [ amaigrissement général. 

On constate, à son entrée à Thôpital, un certain degré do subictère, de 
l'anémie, un peu de bouffissure, des urines rares et foncées. Au niveau du 
foie, tuméfaction et voussure considérables, avec projection des côtes et re- 
féulèment du diaphragme vers la cavité thoracique ; fluctuation manifeste. 
Au-deaaous de l'ombilic, pas d'apparence d'ascite. La sensation de flot était 
perçue au-dessus de Tombilic, et la matité se déplaçait obscurément dans les 
mouyemeota du malade ; on crut même percevoir le frémissement bydatique. 
On pensa è^ uu kyste du foie. 

Las joqrs i^uivawts, accroissement de la douleur et de la dyspnée ; exten- 
^on de la youssure îj gauche, dans i'bypochoadre splénique. On fait une 
ponction qui ramène quatre pintes et demie de liquide trouble, jaunâtre, très 
albura^neux, chargé de leunocytcs et d'hématies, sans traces de crochets d'hy- 
datjdes. Deux jours après on est obligé de le ponctionner de nouveau, et à 
partir de ce moment, le liquide se reproduit avec une extrême rapidité. Le 
malade meurt cinq semaines après son admission à l'hôpital. 

L'autopsie montra une poche asoitique formée par des adhérences du grand 
épiploon avec le gros intestin, et constituant une sorte de loge séparée, qui 
ne communiquait avec la grande cavité péritonéaie que par un très petit per- 
tuis. Le foie présentait les lésions de la cirrhose classique. 

2® La seconde observation concerne un individu qui arrive avec tous les 
signes 4c la cirrhose, et une ascite considérable : on est obligé de le ponc- 
tionner, et le liquide ne se reproduit qu'avec une certaine lenteur. Huit jours 
après, sans cause connue, se déclare spontanément une diarrhée aqueuse qui 
exerce la meilleure influence sur l'ascite et la fait rapidement disparaître. 
L'auteur donne les mesures successives qui montrent l'abdomen diminuant 
progi*es8ivement de circonférence, sous l'influence de ces évacuations natu- 
pellea. Au oommepcemeqt de mars, juste un mois après le début do la diar- 
rhée, il ne iMiate aucun signe de raffection primitive. Le malade retourne 
Gbe« lui guéri en apparence ; et revu à la fm d'avril, »1 continuait à se bien 
portaf, aaus tr^cçs appréciables de sa cirrhose, ou du moins de son ascite. 

H. R. 

VI. — P'après l'auteur, voici en résumé comment les choses se pas- 
seraient : u^ alcoolique est atteint de cirrhose du foie; cette affection est 
une oaixse d'irritation pour la séreuse péritonéaie ; il y a là, du côté du 

f)éritoine un locus miuoris resistcntiœ; que ce malade soit déjà depuis 
ongtemps atteint de tuberculose, ou que la tuberculose apparaisse gous 
^influence de la débilitation et de la contagion, peu iniporte; plie aura 
4an$ ces deux pas une tendance à se greffer sur le péritoine, à mani- 
fester sa présence par qne péritonite tuberculeuse. Jamais la péritonite 
ne précéderait la cirrhose hépatique. g. gir^udbau. 

Yllt ^- L'auteur rapporte un exemple d'oblitération de la veine porte 
survenue au cours d'une péritonite tuberculeuse aiguë ù\\ez un malade 
f^ttejnt d^une cirrhose hépatique latente. La coagulation du sang serait 
TOputfthIe à la compression du ti'onc de la veine porte par des fausses 
flf^embranes; il faudrait, en outre» dans la pathogénie de cette thrombose, 
faire une place à l'étal général du sujet, et à la gène circulatoire causée 
par la cirrl^ose hépatique. qilbprt. 

VIII. — Sur w foie volumineux prés^pt^nt dei granulation? irrçguUères 
caractéristiques de certaines cirrhoses annulaires, on voyait à la coupe dissé- 



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PATHOLeOIB INTBRNfl BT GLINIQUB MBBICÂLE. tt9 

minas des foyers blanchâtres dont les plus gros ne dépassaient pas le Yolnme 
â*un graiii de ohànavis. Au miorosoope, on voit que, de oe^ aboès, les uns 
sont dans rôpaisseui* des lamos fibreuses, les autres sur leur bord, d'autres 
•n plein parenchyme; le centre rempli de leucocytes est entouré d'una ooueba 
de magma purulent, dont la consistance s'accroît de dedans en dahoDS, puis 
de fibrilles conjonctives mêlées à ce magma ; enfin d'un tissu fibreux organisé. 

D'autres abcès pluR petits contiennent, dans la couohe pyogénique, des bloos 
elairs réfringents qui sont sans doute des cellules hépatiques altérées; des 
eujs-ds-sao tapissés d'épithélium cubique; enfin, l'examen de tout petit abeès 
montre que le centre est recouvert par Tépithélium cylindrique caractéristique 
du revêtement caaalioiilaire biliaire. 

Comme on trouve tous les intermédiaires entre las premiers et les deiv* 
niera, force est d'admettre qu41 s'agit d'abcès nodulaires ayant pour siège 
les voies biliaires, et que Ton ne pourrait confondre à ^œil nu qu'avec la 
tuberculose des voies biliaires intra -hépatiques. h. }.. 

I. ^ Ueber dss Adtnem 4er lieber, pigr WfiBllISH (Whoef «0^, tfn/utA,* HtA t> 

- p. 4n, isw). 

II. — Die knotige H^erplasie und dag Âdenom des teber^ par 8X11110^8 

{Peut. 4reh, f. kUn. M^d,, XXXIV, flçfl A^p\ m]. '^'' 

m. ^ Caaeep primitif ent^ysié dn foie, eaaoer «eeondaîre des lympiiaUqiies 
des ganglioas, dn hile et de la veine porte, par 0. HATBM et Ang. ëILBB&f 
J/îer. de méd., novembre 4883). 

lY. — Mots ^u^ Is ^éy^^oppeipeut du Wic«ic prinrttif ^u fo|e, pi|f |ppyR|lfiT 
{fi$r. de méif., juiilel 188*), 

¥. — Gareinoma of ihe common bile-dnet, par BBLAFIBU) {ffew York med. 

Journ,, 26 mai 1883). 
VI. — Ein Beltrag sur Casulstik und Symptomatologle de primftreii Oallen- 

|)l49pn^fîb«98 fCiwc^r primitif d(^ la y^^pulo l^iltaîre), par Jpbs. RliâPS 

[Dent. Arai^, f. klm, Afe</., J^XXIV, flefi 3, />. ?70). 

WL — Étude d'une cemplicatien rare des kystes hydatlqiies du foie, par 
H. FAILLE (Thèse de Paris, 1884). 

¥01' -^ li^yBtf hydatiq^e 4q M^ anya^M^^ ift cayiM M^awiguQ » if%v 

BRÀP9U{iT {Brii, me(t. joum.^f^mnw imh 
n. _ Qn the treatment of hydatid tumonr of the lirer^ nar Jolm l|AllI»iT 

[St nomasi's bosp, Rep.y XII, p. 166). 

I. — L'auteur admet trois variétés d'adénome du foie : 

!• Tumeur conslitqée par du tissu hépatique ^yP^^P (cas de Rokl-- 
lansliy,'(ÎP Klpt, ^'Hpffm^nn, d'Eberth, de Thierferder); 

2*» Adénome hépatique atypique; le^ peUule^ mi Ip poi^^UtHO^t qiit 
hiou tou« l^s oaracfèrQS des p^Utiles d^ foip» W\^ ^ affre^t pas la di^po- 
sjliqn propre auï acini (^^ cette glan4^ (cn^ de Fri^dreieb, ap Gpiesjngpir 
e( RiRdfleisch, 4e lielsch pt Kie^er, ^econcl C43 4p TWerfpWpr) { 

9^ Tumeur formée de c^nft|icule$ an^}oçiips à ppi)x des ypie^ biljfiiire? 
qui leur ont donné naissance. C*est |'a4éRPme hiljftlre (OftS de Wagoe^* ^^ 
de IJirph-Hirschfeld). 

Voicf Mroi3 qhservflftipn^, 4pnt Iqç deuj^ première^ y» l^^pporipr^^ à la 
variété adénome biliaire, et la troisième à Tadénome hépatique alypiq^p. 



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ISO . REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

1* On trouve dans le lobe droit du foie, chez un hotnme de 61 aas^ un 
noyau arrondi plus gros qu'un pois, nettement distinct du tissu hépatique et 
présentant à la coupe une surface grisâtre. Le sujet offre en môme temps 
des tubercules anciens des sommets, et des tubercules récents des lobes 
inférieurs, du foie, de la rate, des reins^ des plèvres et du péritoine. 

La petite tumeur, circonscrite par une enveloppe conjonctive qui se con- 
tinue avec la capsule de Glisson, est constituée par des cylindres et des tubes 
étroits contournés et ramifiés, qu*engatne un stroma conjonctif à cellules 
fusiformes. Les cellules de ces tubes, cubiques, deux fois plus petites que 
celles du foie, pourvues d*un noyau ovale relativement volumineux, ressem- 
blent à Tépithélium des voies biliaires ; elles sont disposées en général sur 
deux rangées séparées par une étroite lumière, ce qui complète leur analogie 
avec les canalicules biliaires, mais les rangées peuvent aussi se multiplier 
les unes à côté des autres. 

A la périphérie de la tumeur, il est facile de constater une abondante néo- 
formation de canaux biliaires typiques ; ces canaux se continuent sans inter- 
ruption avec les cylindres des parties centrales où les éléments cellulaires 
acquièrent un volume plus considérable, tandis que leurs noyaux deviennent 
plus difficiles à colorer. Autour des groupes de canaux biliaires, on voit des 
accumulations de cellules rondes. 

Dans les zones qui avoisinent la tumeur, les cellules hépatiques sont grais- 
seuses et le tissu conjonctif est semé d*éléments embryonnaires. 

î? Femme de 75 ans, foie petit avec capsule très épaisse, atteignant 8 milli- 
mètres au niveau du bord libre; sur ce bord existe une tumeur grosse comme 
un pois, dure, offrant à la coupe Taspect d'une glande acineuse. Son enve- 
loppe fibreuse se détache des cloisons qui la partagent en plusieura lobules 
de dimensions variables, et chaque lobule est subdivisé encore, par de fines 
travées conjonctives, en follicules arrondis ou en cylindres. Les cellules qui 
constituent ces figures ressemblent, dans les parties périphériques^ aux 
cellules du foie, mais dans la région centrale elles sont plus petites, présen- 
tent un protoplasma pâle, à peine granuleux, un noyau souvent creusé de 
vacuoles. 

Sur les limites de la tumeur et de la partie fibreuse qui la relie au paren- 
chyme hépatique, on trouve des canalicules biliaires et des cylindres compa- 
rables à ceux de Tobservation précédente. L'auteur en conclut que la tumeur 
a son origine dans les canaux biliaires. 

d« Homme de 69 ans, atteint de tuberculose pulmonaire chronique et de 
tuberculose intestinale. Dans la profondeur du lobe droit du foie, on découvre 
une tumeur de la grosseur d*une noix, constituée par l'assemblage de plu- 
sieurs petits nodules jaun&tres, dont quelques-uns ne dépassent pas le volume 
de Tacinus normal du foie. Elle semble à l'œil nu nettement séparée du tissu 
hépatique, mais au microscope on reconnaît qu'elle est très imparfaitement 
circonscrite par une zone conjonctive et que, sur plusieurs points, ses cylin- 
dres, ses tubes cellulaires se continuent directement avec les travées du 
parenchyme, tout en offrant un aspect dissemblable. Parmi les éléments qui 
ont des dimensions variables, quelques-unes ne diffèrent pas des cellules du 
foie. C'est là un adénome atypique. l. oalliard. 

n. — L'auteur, se basant sur quelques faits qui lui sont personnels, 
pense qu*il y a lieu de maintenir la division établie entre Tadénome du 
îbie et l'hyperplasie nodulaire. Il faudrait même admettre une subdivi- 
sion d'une part en hyperplasie nodulaire isolée et multiple, d'autre part 
en adénome isolé et adénome multiple. 

L*hyperplasie nodulaire isolée est une tumeur qui consiste dans une 
masse de tissu hépatique riche en tissu conjonctif et entourée par une 
capsule. 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. iti 

L*hyperplasie nodulaire multiple est constituée par des noyaux, plus 
petits, non encapsulés, formés par une hyperplasie du tissu hépatique. 
On doit les considérer comme des productions compensatrices qui se 
rencontrent seulement dans lés cas de dégénérescence étendue du paren- 
chyme du foie. 

L*adénome multiple présente une structure glandulaire. U se constitue 
80US forme de tumeurs rapidement encapsulées. Cette néoformation se 
produit sous Tinfluence de la néphrite interstitielle. Les adénomes ne 
donnent lieu à aucune métastase ; cependant ils se transfoiment quelque- 
fois en carcinomes. 

Quant à Tadénome isolé, il se rencontre dans des foies absolument 
normaux. a. mathieu. 

III. — Homme de 64 ans, alcoolique, perte d*appëtit, malaise général, six 
semaines avant son entrée à T hôpital. Gonflement du ventre et ictère depuis 
trois semaines ; œdème des membreè inférieurs depuis quelques jours. Au 
moment de rentrée, ventre volumineux, surtout au niveau de la région épi- 
gastrique, dû à une ascite médiocre, et surtout à la distension de Testomac 
par des gaz. Circulation veineuse sous-ombilicale anormalement développée. 
Foie dépassant de 2 centimètres le rebord des fausses côtes au niveau de la 
ligne mammaire. Ictère prononcé. Rate non hypertrophiée. Urines peu abon- 
dantes, foncées, ictériques, contenant des pigments et des acides biliaires. 
Inappétence. Langue rouge sur la pointe et les bords. Constipation. Amai- 
grissement peu considérable. 

A partir du jour de son entrép, le malade alla en s'affaiblissant ; Tictère 
augmenta de jour en jour, les urines devinrent de plus en plus rares, enfla 
la mort arriva dans le coma au bout de douze jours. 

A l'autopsie, le foie d'une coloration vert fonèé, d'une consistance ferme» 
semé d'inégalités, légèrement hypertrophié, présentait dans le lobe droit, 
immédiatement au-dessous de la capsule de Glisson, deux cavités du volume 
d*an petit œuf de poule, situées Tune au niveau du bord postérieur, l'autre 
au niveau de la face supérieure du foie. Ces cavités renfermaient une bouillie 
molle et rougeàtre que l'on pouvait facilement énucléer; chacune d'elles 
était limitée par une paroi résistante. Le tronc de la veine porte, ainsi que 
les branches de celle-ci, était oblitéré par des bouchons jaune orange, que 
Ton faisait sourdre à la pression. Les veines sus-hépatiques, ainsi que les 
canaux biliaires et l'artère hépatique étaient vides. 

L'examen microscopique de la bouillie contenue dans les cavités hépatiques, 
a montré que celle-ci était constituée par des cellules cancéreuses, dégéné- 
rées, atrophiées, et perdues au milieu d'un détritus granuleux, à la partie 
centrale, tandis qu'à la périphérie elles étaient volumineuses, de formes 
variées, et avaient des noyaux géants et multiples. Les parois de ces cavités 
étaient constituées par les lamelles flbreuses conçentriquement emboîtées. 
Le foie dans toute son étendue présentait les lésions de la cirrhose biliaire. 
Le contenu des branches de la veine porte avait une composition analogue à 
celle des cavités hépatiques. Les parois veineuses bourgeonnaient par places 
ei chacun de ces bourgeons était formé d'éléments cancéreux. Les ganglions 
do hile avaient subi la même dégénérescence. 

Hayem et Gilbert expliquent de la façon suivante révolution de ce car- 
cinome et Toblitération de la veine porte par les bouchons cancéreux : au 
début, cancer enkysté du foie, ayant amené consécutivement l'envahisse- 
ment des lymphatiques ; ceux-ci, en rapport constant sur tout leur trajet 
avec les veines qu'ils côtoient et en rapport intime avec elles au niveau 
du hile, auraient sur un ou plusieurs points dQ leur pt^^çpurs abandonné 



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lit RBVUB DES SCIENCES MÉDICALES. 

aux ramifications et au trono de la veine porte quelques ifranulatlons, 
noyaux ou cellules cancéreuses, qui, jetés ainsi dans la circulation porte, 
auraient eu pour effet non seulement d'aller omboliser les veinules de 
petit calibre, mais encore de provoquer une prolifération active de Ten- 
dothélium, et peut-être enfin la formation d'un thrombus sanguin qui ulté- 
rieurement aurait subi la transformation carcinomateuse. 

IV. — La production du cancer primitif du foie débute par une proli- 
' fération très active des canalicules biliaires et du tissu oonjonotif inter^r 

lobulaire. Durant Taccroissement rapide de ces amas d^épithélium d'ori«- 
gine biliaire, les cellules hépatiques disparaissent, probablement par 
atrophie simple. Les espaces limités par les faisceaux du tigsu conjonctif 
se dilatent de plus en plus; espaces interfasciculaires et faisceaux ftbreux 
arrivent ainsi à oonstituer un stroma alvéolaire, tel qu'on le rencontre 
dans la plupart des néoplasies cancéreuses. Dans ces espaces du tissu 
conjonctif interlobulaire végètent avec une extrême activité les éléments 
épithéliaux d'origine biliaire. Le cancer primitif du foie, dans le cas 
éti4dié par Bouveret, était donc un épithélioma dont le point de départ 
sp trouvait çl^ns un développement rapide et considérable de répithéÛiïm 
des plqs fins canalicules bdjaires disséminés autour des lobules, 

p. GIRAUDBAU. 

V. — L'auteur résume comme il suit les cinq cas de cancer du canal 
cholédoque qu'il a observés : 

Les malades (tous des hommes) étaient âgés ^respectivement de 85, 51, 
47, 50 et 48 ans ; dans trois cas, la durée do la maladie depuis Tappari- 
tion des premiers symptômes a été de trois mois, dans un cas de deux 
lï^ois, dans le dernier pas de un mois seulement. Deux cas ont été pré- 
cédés de dysenteriç chronique. Un ictère à développement très rapide ^ 
été chaque fois le symptôme initial ; 4ans deux cas, il y a eu en môïpe 
temps de violenter douleurs épig^striques. Puis très prqmptement perta 
d'appétit, nausées, vomissements; émaciation rapide, Chez trois malades, 
ûQ nota des hémorragies diverses, gingivales, gastriques, intestinales, 
cutanées. Dans un cas seulement, il y eut de la fièvre, probablement dé- 
terminée par la suppuration des conduits biliaires. — A Tautopsie, on a 
trouvé chaque fois une tumeur de très petit volume, ou plutôt une infil- 
tration cancéreuse des parois du canal cholédoque^ offrant au microscope 
les caractères de TépithéHomeà cellules cylindriques, et paraissant avoir 
prig naissance dan^ les gl^udo^ muqueuses du coqdujt. Dans den?ç c^s, le 
mal ^v^it g^gué la tète du pancréas dans une faible étepduc Une seule 
fois pn a trouvé de» uûyaux secondaires daus le poumon. Le foie, dans 
quatre cas, était considérablement augmenté de volume ; une fois seule^ 
ment la vésicule biliaire était légèrement dilatée. Dans un cas, il existait 
de l'angiocholite oatarrhale avec abcès biliaires. h. barth. 

VL — -L'auteur du présent travail rapporte cinq observations de oancer 
primitif des voies biliaires et surtout de la vésicule biliaire. Leur com- 
paraison ramène â des réflexions d'un certain intérêt sur la symptoma- 
tologie et le diagnostic de cette affection. 

Dans quatre cas, il s^agissait de femmes. Ohez toutes, on a trouvé des 
ealouls biliaires. H semble du reste que la lithiase est chose habituelle 
dans le cancer de la vésicule. Il est possible que les calculs précèdent le 
cancer, et que l'appaintion de ce dernier soit provoquée pai» jiUmtation 



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PATHOLOGIE INTKRNE ET CLINIQUE MEDICALE. itS 

que oanse «ur la muqueuse la présence eontinuelle d'un corpg étran- 
ger. 

C'est vers 40 ans que cette lésion apparaît, sans qu'on trouve de cancer 
dans les antécédents héréditaires. 

Dans les cinq cas, dès le début, dans quatre d-entre eux, un peu plus 
tard pour le cinquième, des douleurs spontanées ou provoquées par la 
pression se sont montrées dans la région hépatique et dans le flanc droit. 
Dans trois cas^ on trouvait à la palpation une tumeur en partie inégale, 
bosselée, en partie résistante sans bosselure, dans la région de la vési- 
cule biliaire. Dans un cas, cette sensation était indistincte, conftise; dans 
un autre cas, elle feisait totalement défaut. L'ictère s'est montré plus ou 
moins tôt chez les cinq malades. Il y eut de l'ascite dans deux cas. Dans 
aucun, il n'y eut de fièvre. La fréquence du pouls était à peu près nor-, 
maie. La cachexie cancéreuse apparut plus ou moins rapidenient chez 
tous les malades et la mort eut lieu au bout de deux à huit mois. 

11 est difficile, sinon impossible, de poser pendant la vie le diagnostic : 
cancer primitif de la vésicule biliaire. En dehors des phénomènes géné- 
raux de carcinose, les symptômes les plus importants sont : la présence 
de la tumeur formée par la vésicule ; les signes antécédents de choléli- 
thiase, les douleurs dans la région hépatique, l'ictère chronique. 

ALBERT MATmEU. 

Vn. — L'observation qui fait le point de départ de celte thèse est celle 
d'une femme de 23 ans, atteinte de kyste hydatique du fbie et chez 
laquelle on vit se développer successivement de l'œdème des membres 
inférieur» et des parois abdominales, un développement considérable 
des parois latérales de l'abdomen, de l'albuminurie, puis de l'anurie. La 
mort survint dans le collapsirs. A l'autopsie, on constata comme pouvant 
expliepiep ces accidents, l'existence d^une thrombose par compi^ssion de 
la veine ouve inférieui«e. L'auteur insiste tout particulièrement sur le dé- 
veloppement des veines des parois latérales et postérieures de l'abdomen 
comme signe diagnostique de la thrombose de la veine cave inférieure; 
il l'oppose à la circulation supplémentaire de la cirrhose qui occupé 
la lace antérieure de Vabdoi^pn. c- gî^aupe^-u. 

VIII. — Joha T..., \1 £|»s, entra à l'hôpital, au mpig de? mai, avec des sy?np- 
tômes de pleurésie, accompagnée (j'épt^nchement abQn(}ant ; voqgsuç^q consi- 
dérable du côté droit du thorax, oblitération des espaces intercostaux, dimi- 
nution des mouvements respiratoires, matité absolue, respiration tubaire et 
éloignée, déplacement de la pointe du oœur à gauohe, matité hépatique e'éten- 
dant à 5 centimètrea au-dessous des fausses eôtea, traces d'albumine dans 
l'urine. Dix semaines auparavant, il avait reçu un coop aur la poitrina. Une 
beqre après, i) ressentit une yiva (Couleur dane la région épiga^triquq, }\ eut 
4e Ict fièvre pendant uqe huitaine de jours et depuis g'était plaint de tou^c et 
de dy^iée. A la fin de mai, au retira de la poitrine denx. litre? et- demi en- 
viron de sérosité teinjée de bile, uîi litre au mois de juillet et un litre et <\exn\ 
au mois d'août. Le liquide ne contenait pas de crochets. On fit une pouvelle 
ponction le 5 octobre. Cette fois on se servit d'un gros trocart et oii retira 
tion seulement de la sérosité, mais aussi de nombreux kystes hydatiques de 
volume variable, Le malade suocomba le lendemain. 

A l'autopsie, on trouva un immense kyste hydatique sur la face supérieure 
du foie, entre le foie et le diaphragme. Le kyste adhérait au diaphragme qu'il 
avait perforé. Il communiquait avec la plèvre droite par un orifice circulaire, 
pouvant admettre trois doigts. Le kyste, ainsi que la plèvre, était rempli 



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124 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

d*hydaUdes. Il y en avait aussi dans le poumon droit, mais pas ailleurs. Le 
poumon droit était aplati. j.-b. h. 

IX.— L'auteur pose en principe que, quel que soit l'état du kyste, sup- 
puré ou non, il faut l'ouvrir largement, évacuer intégralement son con- 
tenu et le laisser graduellement s'oblitérer en maintenant l'ouverture de 
la poche. 

Voici comment il procède. Il plotige un volumineux trocart muni d'une 
canule (au moins de la dimension d'une sonde n^ 12) dans la partie sail- 
lante de la tumeur, et facilite l'issue des lambeaux d'hydatides au moyen 
d'ime sonde munie d'un petit crochet que l'on introduit à travers la canule. 
Puis il fixe celle-ci par des cordons soigneusement attachés et immo- 
bilisés à l'aide d'une bande de tarlatane plâtrée. Pendant la première 
semaine, on se borne à panser antiseptiquement et à recueillir les hyda- 
tides à mesure qu'elles se présentent à rorifice. Au bout de huit jours, 
les adhérences sont établies entre le kyste et la paroi abdominale : on 
enlève alors la canule après avoir préalablement introduit une grosse 
sonde élastique qui sert de conducteur et dont Tœil est percé latérale- 
ment d'une large ouverture. On pratique alors avec une autre sonde intix>- 
duite à côté de la première de grands lavages qui détachent la mem- 
brane de rhydatide et l'engagent partiellement ou en totalité, dans 
l'ouverture de la sonde. Une fois la membrane du sac enlevée, la cica- 
trisation se fait très facilement, à la condition de continuer les lavages 
antiseptiques. Harley conseille la solution phéniquée à 1/60''. 

A l'appui de cette méthode de traitement, l'auteur cite un fait dans 
lequel la tumeur hydatique durait depuis huit ans et s'était mise à sup- 
purer à la suite d'une chute ; après la ponction, l'évacuation totale du 
contenu du kyste avait été obtenue vers le lO"" jour et la guérison était 
complète le 70® jour. Par contre, il cite de nombreux cas où la ponction 
débarrasse en appfigrence les malades, mais où la guérison complète n'est 
pas obtenue, car ils reviennent, dans un état souvent aggravé, un ou deux 
ans après l'opération. h. rendu. 

De l'aoBcaltation des bruits œsophagiens pendant la déglutition et des modifi- 
cations de ces bruits dans certains états pathologiques thoraciques, par 
A. BARÉTT (Revue de Médecine^ p. 652, août 1884). 

Dans certains états pathologiques, l'intensité du bruit de glouglou peut 
s'accroître et cette exagération peut s'accuser davantage sur l'un ou sur 
l'autre côté de Taxe du corps. De plus son timbre peut être notablement 
modifié. Ainsi dans bon nombre de cas d'induration tuberculeuse des deux 
ou d'un seul sommet et plus spécialement dans des cas aussi nombreux 
d'engorgement ganglionnaire trachéo-bronchique le bruit de dégluti- 
tion était surtout intense du côté où existait ou prédominait soit l'indura- 
tion pulmonaire tuberculeuse» soit l'engorgement ganglionnaire. Dans un 
cas d'épanchement pleurétique siégeant à gauche, les bruits de dégluti- 
tion avaient pris de ce côté le timbre du souffle pleurétique. 

C. GIRAUDKAU. 



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PATHOLOGIE INTBRNB ET CLINIQUE MEDICALE. Ifi5 



DiimoTO tnlla p«ptoniiria (Bncore sur la peptonorie), par GROGGO {AnDali uni" 
rersêJt di méd., août 1884). 

Après avoir rappelé son premier travail {Ann. univ., nov. 1888) dans 
lequel il a résumé les travaux de Hofmeizter, Meixner, Jaksch et de Poehl, 
Fauteur dit qu*il considère la peptonurie comme un fait morbide spécial, 
indépendant de Talbuminurie symptomatique de maladies locales ou 
générales. Parmi ces dernières, il signale Tinfection palustre, la fièvre 
typhoïde, le scorbut, le purpura, la septicémie et Tempoisonnement par 
le phosphore : mais elle n'est pas toujours symptomatique d'accidents 
généraux graves, elle dépend quelquefois, par exemple, de fièvres 
miasmatiques subcontinues légères. Les processus morbides locaux 
suivis de peptonurie, sont presque tous de natui*e inflammatoire et le plus 
souvent suppuratifs, surtout ceux qui sont aigus ou subaigus. La pepto- 
nurie est plus rare dans les processus chroniques. Il en est de même 
pour les néoplasies, même à marche rapide. Dans les processus locaux, 
il est probable que les peptones formées dans la partie malade passent 
dans le sang, puis du sang dans l'urine. Pour les maladies générales la 
pathogénie est inconnue. 

La valeur séméiologique de la peptonurie est restreinte : elle ne peut 
servir de signe différentiel entre une maladie à exsudât simple ou une 
maladie à exsudât purulent. Elle fournit seulement des probabilités en 
faveur de cette dernière. 

EUe est fréquente dans la pneumonie en résolution ; elle s'observe 
aussi avant la résolution ou dans le cours de Thépalisation grise. 

Elle n'a pas de valeur pratique pour le traitement de la pleurésie. 

F. BALESR. 

I. — EzparimentoUe UnteranohiiBgeB ûber Inhalationstiiberciiloae (Recherches 
expérimentales BUT la tuberculose par inhalation), parWEIGESELBAUM (Wïen. 
mfid. Jahrb., He/l t,p. 169, 1883). 

II. — A case of apparent phthisical infection, par QUINLAN {Brit, med.joum.f 

p. 248, /évr/er 1888). 

m. — Recherchée expérimentales sur la contagion de la tuberculose par les 
inhalations de crachats de phtisiques et sur quelques moyens prophylac- 
tiques proposés, par Gh. LAJOUE (Thèse de Paris, 1884). 

I?. — Ueber das Wesen und die Rehandlung der Scrophulose vom Standpunkt 
der neuem baoillflren Forschungen aus betrachtet (Nature et traitement de 
la scrofule d'après les recherches récentes sur les bacilles), par ALRREGHT 
{Arch. /. Kinderheilk, 1888). 

V. — Recherches de pathologie et de thérapeutique expérimentales sur la 

tuberculose, par GOZE et SIMON {Bull. gén. Thérap., 30 mars 1884). 

VI. — Fréquence de la tuberculose consécutive à l'Inoculation du lait vendu à 
Paris sous les portes cochères, par H. MARTIN (Rev. de médec, p. 150 
1884). 

TU. — La contagion de la tuberculose et sa prophylaxie, par VALLIN {Soc» 
méd. des hôp., iâ juillet 1884). 



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Itd HfiVUB DES SQIENGBB MéDICALEg. 

VIII. — Etude expérimentale sur la virulence tuberculeuse de certains épanche- 
ments de la pierre et du périUine, par GOM BAULT et CHAUFFARD (Soc. méd. 
hôpit., 80 aouM884). 

IX. — Scrofule et tuberculose, par GRANGHER [UDion méd,, 21 août 1884). 

T* «- De la scrofule. Rapports anatomiqnes et oliniqnes de la scrofuleso aveo 
la tubereulose» par H. MARTIN (Rev, de méd.^ 10 octobre 1884). 

n. — De la transmission de la tuberculose par le taccin, par 1. AG&fiR 

{CehttbI. T. ailgem, Gesuûdbeîtspâege, 1884). 

Xil. " Report on the transmissibility of boTine tubercuîosis trough milk of 
young animais, par Fr. IMLAGH {Brit, med, Joum.^p, ilb, juillet 1884). 

XIIL -^ On the oansatiTe relation of phthiiik, par Douglas POWELL {Ibid,, 

octobre 1884). 

XtV. — On tbe contagioii of phtisis, par J. É, fiENNËT (Ibid., />. 698, 1884). 

XV* — De Tinfection tuberculeuse parla voie génitale, par FERNET (Soc. méd, 
deshôp., 7 Jaûvier 1885). 

I. — L'auteur a choisi pour ses expériences des chiens bien portante ; 
les chiens résistent mieux en effet à la tuberculose que les lapins et les 
oobayes. Il les a placés dans une caisse longue d*un mètre et demi^ de- 
Tant laquelle be trouvait un pulvérisateur à vapeur; le liquide pulvérisé 
était une solution de 40 grammes de crachats tuberculeux dans 210 gram- 
mes d'eau, réduite par la dltration dans Touate dégraissée à une masse 
totale do 190 à 200 grammes. L'inhalation durait 20 minutes; en la re« 
nouvelait plus ou moins fréquemment suivant la durée de l'expérience 
qui pouvait se terminer en quelques jours ou être prolongée jusqu'à 
100 jours. 

Les 17 chiens soumis aux inhalations ont tous^ sans exception, pré^ 
sente des nodules tuberculeux des poumons; 14 ont eu des tubercules 
des reins et chez presque tous on a constaté l'hypertrophie des ganglions 
bronchiques avec des nodules plus ou moins nets. 

Le nombre et la grosseur des foyers pulmonaires ne dépend pas du 
nombre des séances d'inhalation mais seulement de la durée de Texpé- 
rlence, du temps qui sépare la première inhalation de la mort de l'animal. 
Il faut huit ou dix jours pour que toutes les parties du poumon soient 
envahies par des granulations tuberculeuses visibles à Toeil nU et vingt 
et un jours pour qu'elles atteignent la dimension d'un grain de chènevi3 
ou d'un pois. C'est du temps que dépend également l'extension du pro- 
cessus aux ganglions bronchiques, tandis qu'il est impossible de dii*e 
quelles sont les conditions de l'envahissement du rein. 

Dans une seconde série d'expériences l'auteur a pris des produits non 
tuberculeux : fromage, pulpe splénique de bœuf, cerveau humain, pus 
provenant d'une carie costale. Ces substances triturées dans l'eau puis 
filtrées au moyen du coton dégraissé ont servi aux inhalations d'après le 
procédé indiqué plus haut. Sur les huit chiens soumis à Texpérience 
plusieurs ont présenté des granulations pulmonaires semblables en appa- 
i^enoe aux précédentes, ayant même avec elles de grandes analogies au 
point de vue histologique, mais s'en distinguant par l'absence de ba- 



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PATHOLOeiEl INtlSaNB BT CLINIQUE MBDIGALE. lit 

cilles. Qes ftoimaux n'avaient ni lésions des ganglions faronehiques ni lé- 
sions des reins. 

L'infection dépond donc d'un principe spécifique. Ce principe existe 
dans les granulations tuberculeuses créées par la première séné d'ex- 
périences d'abord parce qu'elles contiennent des bacilles, ensuite parce 
qu'elles peuvent servir efficacement à des inoculations tuberculeusesi 
comme l'auteur l'a démontré sur plusieurs chiens. 

L'auteur a cherché en outre à isoler par les cultures, d'après le procédé 
de Jalan de la Croix, le bacille de la tuberculose : les liquides qu'il a 
obtenus de cette façon n'ont pas réussi à engendrer, par les inhalations, 
le tubercule pulmonaire. Les crachats tuberculeux stérilisés par la ooc- 
tion ou par le sublimé ne déterminent pas de granulations spécifiques ; 
et même ils sont impuissants à produire les noyaux broncho-pneumoni- 
ques non spécifiques : ces noyaux n'auraient pas fait défaut, si les subs- 
tances organiques ne s'étaient trouvées ici stérilisées en même temps que 
les bacilles. l. galliard. 

11. — Bridget 0*L., âgée de 37 ans, veuve, a encore ses parents ; c'est une 
femme vigoureuse qui n*a jamais tousse. Ses frères et sœurs soiit indemnes 
de tare tid)erculeuse. Par contre la famille de ôon mari est contaminée par 
la laberculose; son père, sa mère et une sœur sont morts phtisiques. 

Cette femme se marie en 1878 et a deux enfants qui meurent de eonvul* 
siens. Son mari se met à tousser et meurt à la an de 1880 d'une phtisie 
rapide. Dans les deux derniers mois de la maladie de son mari, cette femme 
commence à cracher le sang et à maigrir : elle est actuellement phtisique 
à la dernière période. 

L'auteur ne met pas en doute que la cohabitation et la respiration d'un 
air confiné chargé do particules tuberculeuses n'aient été l'agent de l'in- 
fection chez cette femme. h. r. 

m. — La joue a soumis des cobayes à des pulvérisations d'une eau à 
30**, contenant 10 grammes de crachats de phtisiques pour 150 gram- 
mes. Sauf de rares exceptions, les poumons, le foie, la rate ou les gan- 
glions mésenlériques de ces animaux ont présenté des tubercules ; les 
poumons ont été le plus gravement atteints. Parmi les substances anti- 
iniasmaliques employées par l'auteur (acide phéniqnc, iode, permatiga- 
nale de potasse), la créosote seule a eu le pouvoir de neutraliser le virus 
tuberculeux ou d'en atténuer la virulence. l>. PArusor. 

IV. — Admettant l'étroite parenté qui unit la scrofule et la tuberculose, 
l'auteur réduit à deux les médications thérapeutiques : 1** Empêcher le 
développement de la scrofule; 2® la scrofule développée, empêcher 
qu'elle soit greffée de tuberculose. 

a) On peut empêcher la scrofulose de s'enlparer de l'organisme en 
quelques cas, en évitant certaines sources d'infection. Ainsi les expé- 
riences sur les animaux démontrent qu'on peut transplanter par la vac- 
cination des bacilles. On doit donc être très circonspect dans la vacci- 
nation de bras à bras. 

Le lait de femme n'est pas toujours le meilleur aliment pour le nour- 
risson ; il faut empêcher la mère scrofuleuse de nourrir son enfant. 

On sait combien la syphilis des parents prédispose leurs enfants à la 
scrofule, il faut donc Insister silr un traitement spécifique prolongé. 

b) Le terrain scrofuleux existe, il faut empêcher la tuberculose d'en 
prendre possession, pour cela il faut insister sur totts les moyens hy-* 



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ISa I^VUE DES SCIENCES MEDICALES. 

giéniques et conseiller des aliments riches en carbures et en azote. Dans 
les cas où il existe de Tinappétence Fauteur a obtenu d'excellents résul- 
tats par les inhalations d'oxygène pur auxquelles les enfants s'habituent 
très vite. m. schachmann. 

V. — Ce sont les résultats d'expériences tentées dans le but d'opposer 
au développement des bacilles de la tuberculose dans l'organisme divers 
médicaments antiseptiques. 

Dans une première série, les auteurs ont cherché à enlever aux ba- 
cilles leurs propriétés virulentes ; ils ont mélangé des crachats de phti- 
siques successivement avec des solutions de bichromate de potasse, de 
sublimé, d'hydrogène sulfuré, de créosote de hêtre, d'eucalyptol et ont 
injecté le liquide sur des cobayes. Il semble que seuls le sublimé et la 
créosote aient réussi à entraver chez ces animaux l'évolution tubercu- 
leuse. 

Dans une deuxième série de cas, ils ont recherché si Ton pourrait ob- 
tenir quelques résultats en injectant tous les jours aux animaux, immé- 
diatement après l'inoculation, les antiseptiques suivants : hélénine, su- 
blimé, eucalyptol, benzoate de soude, styrone, arséniate de soude, 
créosote, sulfure de sodium, thymol, hydrogène sulfuré. Tous, y compris 
le sublimé, n'ont donné que des résultats négatifs; il y a peut-être une 
légère réserve à faire en faveur de la créosote qui a paru retarder le 
processus tuberculeux et diminuer la profondeur et l'étendue des lésions. 

Enfln, la tuberculose étant en pleine évolution, MM. Goze et Simon ont, 
à différentes périodes de la maladie, essayé d'enrayer son développe- 
ment par des agents divers, à savoir : Je permanganate de potasse, le 
sulfure de sodium, le thymol. Cette troisième série n'a donné que des 
résultats négatifs. 

Ainsi, au point de vue expérimental, les antiseptiques n'ont pas donné 
"de résultats précis. Cependant l'emploi de la créosote parait justifié dans 
le traitement de la phtisie. s. féris. 

VI. — Les inoculations de lait ont été faites dans le péritoine de 
treize cobayes. Dans un cas l'animal est mort de péritonite surai- 
guë ; trois .autres inoculations étaient encore trop récentes, au moment 
de la publication de ce travail pour que l'auteur ait cru pouvoir en 
tenir compte. Sur les neuf inoculations dont les résultats sont aujour- 
d'hui définitifs trois paraissent être positives, c'est-à-dire que du lait 
pris au hasard à la source où s'alimente la majorité de la population pa- 
risienne semble provenir une fois sur trois de vaches atteintes de tuber- 
culose. G. GIRJLUDEAU. 

VII. — ValUn, au nom d'une commission dont il est le rapporteur, 
expose les données expérimentales et cliniques qui permettent d'établir 
et la transmissibilité de la tuberculose et le degré de contagion; puis il 
indique les règles prophylactiques à observer. 

. Il convient tout d'abord d'éviter la proximité et le confinement en com- 
mun ; le phtisique doit coucher seul dans sa chambre et dans son lit, 
surtout quand il est arnvé à la période consomptive où ses cavernes 
fournissent des sécrétions abondantes. On n'est pas en droit d'affirmer 
la nécessité de la prohibition complète des rapports sexuels, avec les 
pei*sonnes atteintes de tuberculose ; du moinsdoivenl-ils être très réservés ; 



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PATHOLOGIB INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. 129 

la femme tuberculeuse ou suspecte de le devenir doit renoncer à la ma- 
ternité et surtout à Tallaitement. 

C*est surtout dans le confinement nocturne que réside le danger de la 
vie en commun avec les phtisiques; quand Pair a été largement Tonou- 
vêlé, on peut impunément y circuler et môme y séjourner ; la ventilation 
continue de la chambre du malade est de rigueur ; il faut proscrire les 
fermetures trop exactes, les portières, les alcôves, etc. 

Les matières expectorées doivent être désinfectées; les malades doi- 
vent cracher non sur des linges, mais dans des crachoirs à orifice étroit 
et à couvercle mobile, contenant une poussière de bois imbibée de li- 
quides antiseptiques (solutions de chlorure de zinc, de chaux, phéni- 
quées, etc.). 

Les crachoirs doivent être vidés deux fois par jour, soigneusement 
nettoyés à Teau bouillante et les crachats jetés dans les fosses d'aisance 
mais non sm* les fumiers, dans les jardins, etc. 

Pour les promenoh*s des stations thermales, Vallin conseille de multi- 
plier les moyens de désinfection et les crachoirs. 

Dans une maison particulière, après le décès d*un tuberculeux, il faut 
faire passer à la vapeur à iOO> les étoffes de tenture qui ne se peuvent 
laver, toute la literie et les vêtements des malades, brûler dans la pièce 
de la fleur de soufre (30 grammes pai* mètre cube); on doit après la fu- 
migation laisser la pièce ouverte huit jours jour et nuit. 

Vallin s*élève contre la désinfection insuffisante dans les chambres 
dliôtel des villes d*eau et stations hivernales, à la suite des décès des tu- 
berculeux et réclame Tapplication des mesures sus indiquées. U demande 
la désinfection annuelle des casernes des hôpitaux, prisons, etc. 

Vallin ne regarde pas comme nécessaire l'existence d*hôpitaux spé- 
ciaux pour les phtisiques, il suffirait de pavillons permettant de répartir 
les malades par groupes similaires et surtout de mettre en pratique les 
mesures de désinfection qu'il préconise. Il demande surtout le passage 
à rétuve de tous les effets de literie et habillements des malades. 

H. L. 

Vm. — Les auteurs, ayant cherché infructueusement le bacille de 
Koch dans les liquides pleurétiques ou péritoniques, eurent l'idée de re- 
courir à l'injection de ces liquides. 

Le liquide a toujours été recueilli sur le vivant à l'aide de la ponction 
capillaire et de Taspiration, après l'emploi des précautions antiseptiques; 
les inoculations ont été pratiquées sur des cochons d'Inde ; trois centi- 
mètres cubes étaient injectés dans le péritoine avec une seringue de 
Pravaz. Les expériences ont porté sur 23 cobayes avec des liquides pris 
sur 21 malades. 

Quatre inoculations n'ont pas donné de résultats ; neuf ont été néga- 
tives ; l'autopsie pratiquée 3 et 4 mois après n'a pas montré de lésions 
tuberculeuses; dix ont été positives. 

Les lésions consistèrent en granulations des viscères et des ganglions 
dans lesquelles on retrouvait les bacilles; d'une façon (générale les ino- 
culations pratiquées avec des liquides provenant des malades certaine- 
ment ou probablement tuberculeux ont donné un résultat positif; celles 
faites avec des liquides venant de malades probablement ou certainement 
non tuberculeux ont été négatives. h. l. 

TRSIZIRIIK ANNÉE. — T. XXVI. 9 



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140 HBVUB DBB 8CIBNCB6 MÉDIGALfiS. 

IK. ^ Oraaaher à lait deux séries d*inoeulations intra-pérltonéaies 
chez des cobayes, les unes avec des gouttes ou des fragmenls dissociés, 
veoueillis sur des malades atleinlsdeserofùlides graves, abcès froid, adé- 
Bite oaséeuse, gemme scpofuleuse, etc., et toutes ont donné des résultats 
positifs I les autres avee des éléments pris sur des scrofulides bénignes, 
impétigo, adénite subaiguë, kérato-conjonctivite, etc. Sur 22 inoculation^ 
de cette série 2 seulement ont été positives, 20 négatives. Les deux po- 
sitives ont été faites non pas avec la croûte de l^impétigo fragmentée, 
maisPune avec un bourgeon né sous la pustule d'inipéiigo, l'autre avec le 
pus d'un petit abcès du derme sous-crùstacé. En f^it, tous les impéti^s 
sa soQt montrés stériles. 

Grancher est porté à croire que la lésion cutanée ^ert de porte d*en- 
tpéd auK mierobes. h. l. 

X. — Ce mémoire est basé sur une série d'expériences faites à l'aide 
des inoculations en séries suivant la méthode de l'auteur. Par ce pfo- 
eédë, il a pu s'assurer que ^inoculation de produits scrofuleux oiseux, 
articulaires, viscéraux, ainsi que celle de nodules cutanés scrofuleui^ où 
de fragments de peau atteints d'uleérations scrofuieuses a toujours 
donné naissance chesjes animaux en expérience à des tuberculoses gé- 
néralisées : au eentraire, l'inoculation de substances provenc^nt de m^- 
fsstations scrofuieuses bénignes (croûtes d4mpéti^o, eczéma, ganglions 
enflammés) n'a jamais été suivie de manifestations tuberculpuses. A^^^^ 
H. Martin, ayant remarqué que ee dernier groupe se (iéveloppq de prér 
févenee chez les enfents lymphatiques issus de parpnts arthritique^, pro-: 
pose-t-il de les désigner sous le nom d'arthrltJ4es héréditaires précoces^ 
réservant le nom de scroftilides aux manifestations du second groupe. 
Béton lui, l'expression de scrofule devrait êtfe conservée en plinique,car 
elle comprend un ensemble de manifestations morbides sur lesquelles 
tout la monde s'entend, mais en nosologie pe tenne doit disparsutre et 
être remplacé par celui de tuberculose. ' c. giraudeau. 

XI. — L'auteur a conduit ses expériences avec la plus grande rigueur. 
87 phtisiques dont les crachats contenaient manifestement des bacilles 
ftirent examinés ; la peau fut lavée auparavant avec le s^voq et l'alcool. 
Fiûoeulation fût faite avec des aiguilles flambées, la piqûre fut protégée 
par du coton antiseptique. Chaque jour, à partir du moment où la pus- 
tule se développa, la lymphe fut examinée avec le plus grai^d soin ; on 
ne découvrit jamais de bacilles. a. c. 

XII. — L'auteur a cherché à vérifier dans quelle mesi^re ralimentatioq 
par du lait tuberculeux est capable de donner la tuberculose. Tout eu 
admettant la possibilité et même la fréquence de ce mode d'inoculation, 
il croit à l'immunité possible des animaux. 

Trois de ses expériences le démontrent. Pe jeunes veaux, Jssus dç 
parents sains et placés dans de bonnes conditions hygiéniques, son^nourr 
ris avec du lait provenant de vaches manifestement tuberculeuses pen- 
dant plus de deux mois : on les sacrifie et on ne trouve aucun sij^ne 
d'envahissement du mésentère ni du poumon par le tubercule. Ceci mon- 
tre que quand Tépilhélium intestinal est sain il résiste au contacj; de§ 
bacilles virulents. 

XJll et XIV. — L'intérêt de ces deux mémoires provient de 1^ ^it^aT 
tion spéciale de leurs auteurs. 



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PATHOLOOIB WFmiNB B9 GLINIQUB MÉDICALE. lit 

TJun d'eux j Powell, est médecin de l'hôpital de Brompton, destiné spé- 
cialement aux tuberculeux : et quant au médechi de Menton, sa compé- 
tence en phtisiologie est suffisamment connue, ôr, tous deux, bien 
qu*ac|ipflttoot la réalité da la pontagian de la pbtiaie, la paga^dent qi 
pratique comme très rare e| font ramai^uep gue }e pep8ona^l infirmier et 
médical de ThôpitaJ de^ phtisioue^ paye \in trjfjut minime à ce^tq mal^r 
4ie, mal^é Ifi^ CQpdjt,jons de contag^iosité |es plijs forfpellqs. Q'est le 
terrain morbide et la prédisposition originelle^ Iq plus souvpn^ hérédi-» 
taire, qui pour, les deux médecins anglais jouent le rôle causal prépon- 
dévant. B. R. 

XV. — Paraet rappovte quatre observations {È hommes et i femmes) 
de tubereulose génitale qui lui permettent d'avanoer, sous toutes véser- 
Tes, les conclusions suivantes : 

}• La fuberculfl^e «épitftle prfiRHive RPWt pfojîftbjgnjpiit gjf^ caug^f 
par PO^^^gion dirpct^ (iaa^ les r«BPQr^ 50xuel^ ; 

2® Il faut tenir pour suspectes les blennorrl^é^s ip4Q}6ntp9 qui ce njqa- 
trent chez certains hommes à la suite de rapports sexuels, surtout lors- 
qu'elles ne sont pas consécutives à la blennorragie proprement dite ; 
quelques-unes dé ces blennorrhées paraissent être de nature tubercu- 
leuse; on peut en dire autant de certaines leucorrhées chez la femme. 
La recherche du microbe tuberculeux jugera |a questiop ; 

9* Les rapports sexuels avec un sujet atteint de tubprculoi^e génitale 
exposent à la contagion directe ; ils présentent donc un risaue qu'il est 
sage d'éviter; 

4« Un des principaux dangers de la tuberculose génitale existp dans 1% 
possibilité d'une infection générale secondaire ; il faut donc poursqiyre 
sa guérison par tous les moyens, niême recourir à une opération chirur- 
gicale. ' * H. L. 

I. — Bacilles de la tnbercalose dans nne alcération périnéale, dans la tuberr 
dilQse dp vagin et 4an8 «ne ulcération àp If lèvre infériearç. pajr BAf ^S 
(Soc. «n«(,, iO juillet 1882). 

m. . 9eber das ?orkommen der Taberkelbacillen im Eiter (Bes baoflles ta- 
berculenz dans le pus), par SGHLB6TBNDAL {Fortacbr. der Med., n* 17, 1888). 

ly, - n^bev T'ihQrkçlbaçillen ^^à T^prltulofp, p%f $iIf|iA(}I Ofi>^j a^^^ 

T. — Inr Lelire von der Taberkelbacillen insbesondere ûber deren Beâepliuig 
fOr Biagnose and Brogn^se (Bes baeilles, siirtont aa paiai de vae du diag- 
Bostio etda pronostie), pav IIEHL (DtuiMch. wd. Woêk,, m 5, 188^. 

V|. — Du bacille de la tuberoalose ; s^ recherche et sa yalel^' dif iposticpe, 

par HUGUBJIT (T/i, Je iVanp^, 1883). 

TU' rr fhf 4ia0noftiP »n4 pvoiuiiti^ vj^n^ «I tiia tiitoralA htoiUwb w^ 
9. «nnter MiCUVZIB (mink, m^. JoufUu p*m, fifpiê^ imh 

Tm. — Upber Taberkelbacillen im Blate bei allgemeiner acater Miliartober^ 
onlose (Bes bacilles dafis le sang an ooars de la ti^erçalose miliaire aiguë, 
par WEIGH8ELBAUM {Soc. de méd. de Vienne, 29 février 1884). 



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181 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

IX. — Uêber dat Torkommêii der Tnberkêlbacillên in den Organên Tnberen- 
lOser (Dês bacilles dans les organes des tuberculeux), par WESEIIER (Z>. Arcb, 
f. klin. Med., Band. XXXIV, Heft 5 et 6, 1884). 

Z. ^ Rechercbe du bacille de Koch dans la tuberculose calcifiée, pir 
DÉJERIHE {Compt. rend. Soc. biologie^ n* 90, 1884). 

XI. ^ Ueber ein neues Reinculturverfabren der Tnberkêlbacillên (Nouvetn 
procédé de culture des bacilles tuberculeux), par BAUMGARTEN (CtntrbL l 
die med. Wias.y n* 22, 1884). 

ZII. * Dif ettione artiflciale, riacaldamento e cottura der baciUo tubercoltro. 
Gonserrasione del medesimo nell'acqua e nelle biancherie (Digestion artifi- 
cielle, chauffage et cuisson du bacille ; sa conservation dans l'eau et let 
linges), par SORMANI (Ann. univers., août 1884). 

ZIII. — Gommes scroftilo-tuberculeuses sans bacilles ni sooglées Tisibles ayant 
reproduit par inoculation la tuberculose bacillaire, par LETULLE (Soc. méd. 
des bôpit., 28 novembre 1884). 

ZIV. — Des yariations de nombre des bacilles dans les crachats des tuberca- 
lenx, par Z. ZIENKIEWITCH {Med. Obosr^ié, n* 1, 1885). 

I. — Gornil et Babès ont montré qu'on ne trouve pas habituellement 
de bacilles dans la tuberculose de la peau ; il n'en est pas de même dans 
les ulcérations tuberculeuses qui siègent au voisinage des orifices mu- 
queux. C'est au moins ce qui résulte de trois faits rapportés par Babès 
(ulcérations anale^ labiale, vaginale) où il a trouvé les bacilles de Koch. 
Dans le dernier cas, le muco-pus vaginal en renfermait également. 

A la suite de la lecture de ce travail, M. Comil rapporte un fait de 
cystite avec constatation de bacilles dans le pus urétral, chez un individu 
qui ne présentait aucun signe de tuberculose et insiste sur TimportaDce 
diagnostique de l'examen histologique des urines dans des cas douteux 
de ce genre. l. d. b. 

n. — L'auteur a examiné 600 malades, au point de vue des bactéries, 
et fait environ 8,000 préparations depuis la fin de mai 1882. Il ne lui est 
pas arrivé une seule fois de trouver le bacille de la tuberculose chez d^ 
sujets non tuberculeux. Dans le plus grand nombre des cas de phtisie, il 
a pu le découvrir à une période où les phénomènes cliniques ne permet- 
taient pas encore le diagnostic. Souvent il a vu les bacilles se multiplier 
pendant que la maladie avançait dans son développement. La valeur de 
constatations histologiques lui paraît indiscutable et très considérable ea 
clinique. l. gallurd. 

III. -^ Les recherches ont porté sur 100 cas; dans 26 d'entre eux, on 
a constaté la présence de bacilles de la tuberculose; mais 74 fois le ré- 
sultat a été entièrement négatif : i? Pus provenant d'abcès non en con- 
tact avec l'air (abcès osseux, articulaires, ganglionnaires ou sous-cuta- 
nés); sur 40 cas, 17 résultats positifs; 2*» Pus provenant de fistules ou 
d'ulcérations (fistules osseuses oii articulaires ; ganglions lymphatiques; 
voies urinaires ; ulcérations proprement dites) ; sur 60 cas 9 résultats 
positifs. 

Dans plusieurs des cas relatés cependant, le diagnostic de tuberculose 
n*était pas discutable. 11 semble donc, que, dans bien des circonstances, 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. ISS* 

Texamen du pus, provenant de fistules ou d*abcès, au point de vue de 
Texistence des bacilles, ne peut être utilisé pour le diagnostic. 

W. OETTINGBR. 

rV. — C'est à la clinique du professeur Koranyi, de Budapest^ que 
Fauteur q fait ses recherches. Voici les conclusions : 

Les bacilles de Koch, grâce à leur forme et à leur mode d'apparition, 
constituent une famille spéciale jusqu'ici non décrite. Ces micro-orga- 
nismes, colorables par les préparations d'aniline (la brune exceptée), se 
distinguent d'ime façon incontestable non seulement des éléments cellu- 
laires des tissus animaux, mais aussi des organismes de la putréfaction 
et de tous les autres (bacille de la lèpre excepté). Les méthodes de colo- 
ration qu'on utilise pour les isoler ne s'appliquent pas aux autres bac- 
téries. 

Ces bacUles ne s'observent pas constamment dans les crachats des 
phtisiques au début, de ceux qui n'ont que du catarrhe des sommets ou 
des hémoptysies ; mais on les trouve toujours dans les cas de phtisie 
avancée; leur nombre n'est influencé ni par l'intensité de la fièvre, ni 
par l'extension du processus pulmonaire et c'est seulement dans la phti- 
sie galopante que ce nombre est constamment très élevé. 

On peut démontrer leur présence dans les organes envahis par la tu- 
berculose. 

On ne les trouve jamais dans les crachats des sujets non phtisiques. 
Aussi leur constatation est-elle décisive pour le diagnostic, surtout si 
elle est faite à plusieurs reprises, tandis que leur absence ne permet pas 
d'éliminer absolument la tuberculose. l. oÂllurd. 

V. — L'auteur a trouvé les bacilles dans les crachats de 72 phtisiques ; 
de tous les malades atteints de tuberculose appréciable à l'auscultation 
un seul faisait exception à la règle. Les bacilles ont même été découverts 
chez les individus suspects, avant l'apparition des symptômes physiques. 
Dans 34 cas au contraire d'affections respiratoires diverses (pneumonies, 
bronchites, gangrène pulmonaire) les résultats ont été constamment né- 
gatifs. 

Voici 8 observations intéressantes : 

i^ Un soldat de 23 ans se refroidit au bal, il tousse et au bout de huit 
jours il a une hémoptysie. A la clinique on ne constate chez lui ni matité, ni 
râles. Le lendemain de son entrée il a de la fièvre. Au bout de quatre jours 
on perçoit des r&les au sommet droit, puis de la matité. Or, l'examen des cra- 
ebats, pratiqué immédiatement après la cessation des hémoptysies, a révélé 
la présence des bacilles. 

Au bout de 7 semaines, le sujet quitte l'hôpital dans un état trèf satisfai- 
sant, ayant augmenté de 14 livres et n'offrant plus aucun signe de tubercu- 
lose. Comme les crachats font défaut, il est impossible de savoir si Tëlimi- 
nation des bacilles s*est continuée après les premières constatations. 

Il s'agit là d'une hémoptysie initiale, suivie de guérison apparente 
chez un siyet porteur de tubercules. Ce cas se rapproche de ceux de 
Hilier et de Lichtheim. 

2? Dans ce cas, le microscope a permis de faire le diagnostic de la 
syphilis et de la tuberculose : 

Une femme de 32 ans, malade depuis huit mois, se présente le S5 oc- 
tobre 1883, avec un rétrécissement du larynx. L'èpiglotte est tuméfiée et 
recoQ verte d'ulcérations superficielles ; les deux cartilages aryténoldes sont 



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18« HfeVUB DBS Bt:il!HGB8 MÉDIGALBB; 

gboflés. Aiton dans les ^oiithona. Fiè▼^6 vespérale. Le sujet af^ni mi ûhé 
accidents véhériens et là lésion pétrissant relever de la ëtphilisi bn lui Ûoruié 
de Tiodure de potassium. 

Le 81 octobre, trachéotomie. Les sécrétions fournies par la canule, eiUlni- 
neës à plusieurs reprisés, ne contiennent pas de oacilles. Mais on en trouve 
dans le pus emprunté aux ulcérations du larynx : la syphilis put donc être 
ëilthlhéë: 

u'ësl seulement lé ^5 novembre qù^on decouv^e des signes pulmonaires. 
Mbfl lô 8 dôttèilibrë. A râllldpsie, dfcêhàtiôns tuberculeuses du larynx, kroâ- 
eftlië et t^ëfUbl^anbhitë, lUbërëtiies ihillairës dâUs lë§ deux poumbtiâ, Ibs i*ùïûi 
fh \à Hiê. 

h" L'ëxâtilëh hifetaidgiclUë S t)bf*W Ici sifr dëfe ffslgrtifenlé âê tUmeiiP dU 
lâi*îffa* abtit 6H Vbiilait pHtmt la nâtui^ë. SUi- deis fcôut^és du A dbftètâlé 
l'existence d'un tissu de granulations et la présence des bacilles. 

hègUmâîil ôëg obsëtvâlions, l'âùtëtir déclare (Juô là présence dès ba- 
eillôô dahâ lb§ (Rachats deé phtisicjUës est là règle, mais qu'il petit V âvoif 
dëS èitëbtibhé ; tjUé leur absëHce île berrtiet pa^ d'écàt^ler àbsoiahient 
i*hyi)dlhe^ë de la tUbëWdldse, Ënfifi, rëlUdë du bomke et du degré dé 
rtêf ëlttt)l3ëHlëtit de^ b^eilleà n/k pas poui» le pfohbstlc là VâlêUî* qiié lui 
attribuent Balraëi* et Fl^fitltzeî. L. GALûÀhD. 

VI. ~ Le ptôàédè employé par l'auléiir poUr déceler le bacille de Koch 
dans les crachats des tuberculeux a été celui de Balmer et ^raen- 
tiël âveë tlUélqilës fhodittcalions qui le i^éhdënt plus expéditif : la pré- 
{^kfâiibd d'tlhé plâqiie ne demande pas plus de dix minutes. Au lieii 
d*âbàfldôhhéi* pêhdaiit Si beurefe là làmëile recJouverte des produits tuber- 
culeux dâhë UUë solution froide de violet de gentiane, Hùgueny cnauti^e 
le ll^ldë ddlbrànt datiS Uhë petite dâpàillë à l'aidé d^uile lampe à alcool, 
le WaihllëHt {)éndattl Uiië bu déUk itiiiiules seUlertient à 60^ la solulibh 
flfe Violet flé gëiitiârië (fd^il emploie est plUs concentrée qUë cëllô de 
Ôâlmëh et J^l^ftciitiël (violet dé gëtiiîafaé b gfaiiimës, eau saturée d'àni- 
liHS IdO gfftbiriiës). bbrtibie Umilde cblôMiit destiné a teinter les pàfliéâ 
àë Ift iji»epâl»âtioh atithëë c[Uë lëë bacilles, raulëUl' se sert d'une solutiotl 
de chrysoïdine préparée comme dans le procédé de Gibbes (R. S, 1/., 
n* 42, 15 avril 1883). 

Apfê^ lit i*eldtioii sommaire dé 60 observations dont H ont trait à des 
Ibbërculeux, kugiien)^ pose les conclusions suivantes : 

L^ëxistehce de bacilles de Koeh dans les produits d'élimitiâtion d'an 
tftf^ne esl ijine préuTè certaine de «Ubtt^imlofle d^ eet orgaitOi utônls 
lorsque les signes cliniques font défaut. 

ti'ttBbëHëe des babillëB ne [jëhmët fjas dé ëbncluf»ë â l*flbfeenëe de Idbër- 
aUlëSë, côf Ite peUVënl itiàhquer dans cértaihes prépàrâlidns âloi^ (Jii^îlô 
se fëndÔnlrëril dans d^aùtres, faites le même jour,, oii à quelques joui*s 
d'intervalle; de plus, on ne les trouve que quand il s'est établi un pro- 
cessus aestructir dans un foyer tuberculeux, et que ce foyer commu- 
niqué avec le conduit qui fournit les produits d'éliminatioii. 

Dans quelques cas, le nombre et les dimensions des baoilles) Varia- 
bles dans dés crachats pris chez le même malade à des jours diO^rentS) 
l^urront donner des indications sui* l'évolution de la maladiof el éiré un 
élémë&i de pronostic ial|lorlant; 
âattbWÉ^etn^t ft i'bpiuidtl de ahc^mel' ëi dé Metlëhë; Hd^ëhjf g»tlffl8 



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PATHOLOOni DffBRNB VF QLIIfIQUB HWIGALE. iM 

qu'tt eét pos&iMe de rebo^àîtte le bttcille de Kdbh dans les matitfes 
féeales deé phtisiquest ^i i^Hfflbt: 

YJli *^ Travail consciencieux, portant sur Tàhal^ae de 10 iMfe étîidiél 
soi^eiisement. Les oonciusioos de rauletirdonâhnent les rééditais déjà 
eodnusi à savoir que le bacille est pàthognomenique de la Idbércttletoi 
et qu'il manque dans les bronchites chrdniqdeia non tuberéuletiMtst 

L'auteur l'a trouvé surtout abondant daha la phtisie alfUë fébrile : il 
l'indique égaleinent dans le saoi^ des hémoptysies^ comibe a^ftlit une 
taieur diagnostique eonsidérablei Par èonta^, Mn iihporUince prMdsa 
lique toi difficile a préciser, ear il f^eul f avoir àboadanoe de iNl^lled 
dans âe& phtisies lentes, torpides^ ap^réliques el ihvel*Beiniiût) p$}à A4 
bacilles dans des cas de phtlsid aiguë. Hi Hi 

Vin. — Weigert a insisté le premier sur la tuberculose dëé Vëfalëa 
dans ses relations avec Tinfëetion tuberculeuse du sabg IM la geAtoè de 
la tuberculose iniliairë aiguë. Aflrês la déifbuverie du baoillë dé Kdbhi 
il d eûti'eprié une notiVelle série de reeberohes el réussi à dënmâtref 
rexistenoe de l'élément infeoiieux dansées fefërs veitunix prittiitiVemdtli 
incriminés par lui. Mais ce qui manquait encore à Weigert ë*étàit la 
eonstatdtien des bfacillèB dans le sang. 

Or, Weichselbaum a comblé cette iaDUAe en déeimvraht les ba^UëH 
du sang ehez' trois sujets atteints de tuberculose miliaire aigùëi Etens 
ees trois cas la maladie avait eu pour point de dëpai^t de6 lésions tei^ 
lieuses; dies le premier sujet on troûVa des tuberculeé deii v^des ulés- 
rinés au biveau de rinsertién du placenta^ ches to seDOcid des tubercules 
des veines pulmonaires ; le dernier présenta des feirers de fafttaie iiÉldi^ 
dans le plexus vésied-vaj^inah 

L*ïiuteur saisit éette eocasibn pour eôhibatlre l'opinion de Eiëhl qtU 
bie la présenoe des bacilles dans le§ |pi^anuiatioiiB de li tuberctdosv Inii- 
liaire aiguëi Chez les trois sujets, il a pratiqué l'examen htetologiqdë 
d'un grand hodibrè dé refera viseéfanx et eonétattiâienl il f a U*euvd les 
baoillesd 

Le sang des individus atleinU de phtisie throniqûb eohtiént phi^ih 
blemedt des babilles^ mais on n*eti a pas ^nm)l« ikit ulénMdB) eè dii 
i^ste^ les bhcilles doivent s'y trotit^ eii tl*Dp p^ï hofhbrë pmir servit* 
au feebéi^hbB clini(}ueSi Dans là tubemilosis aigu6| au contraire) teur 
recherche paraît avoib une Véritable important) l'aHl^ur aniioti^ ^'^lle 
davra désdntiais édairér Ib diâgnostib. 

A «m instigation^ Kowalski a ekaibinft le fttfug de §ttl* ftidla*» Miek 
tfài la ittberettlobe aiguë bvail revêtu la IbMUë typhoïde éi doht il a p\x 
VWftet* les lësidrife è l'feutopsie. MttlhéUréliséihétttî éfett ttêb ttttftlBf^dfeéfe 
tn-éparations be lUl Ottt paà perihffe dte déiiëUVrtff Uué ëëtll© feii lib bâ- 
ciUes de Kdeh. Il ëfel Vrai t}Ue le «ftttg défe dUjéta h'àvàit pm 8tft m%mi 
M miy^h de Veut^uiël scftHflées, Cbrillhë l'ftUi^il dë«il*é WëlbhseU^rkra, 
mais iiuelqueë gdUttes prisée ôux doigté (lël'iiéëëHt dëf^i^ sëHôliMiër tth 
«cbMtillén dumèâht k l'analysé hiëtblb^qUë. 

Lêê rMulUtÀ:dë WeièhsëibaUtb réëlëhl dënti efiêëK i^ëlé§ ^ il idt 
dlfadflëi «ô «"W, fl'attHbUëi- W mètttë valeuf «uh wnëëPMhMrutH, 
dtthé Ub tfls dé âlëhiU^të tubèi^euleU^ë (fé 18 bMHë^, m\iH ê^ bftëiliëft 
MM le ëm? de l*feirt@rë bëëiittf^ ëi dé^ Vëiflë» t)dltHëHau«è', j[)(li§q»'ti dfc 
ra^MMtt ^ li de tlàilei«ul»6é Miàm i^Ûf^Êkié^ ëUk VtsëeH^.- 



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116 REVUE DES SCIENCES MéDIGALBS. 

Du reste, en admettant même l'authenticité de ces résultats, la pré- 
sence des bacilles dans le sang ne confirmerait pas encore d*une façon 
décisive les théories de Weigert. l. oalliard. 

IX. — L'auteur a recherché les bacilles dans différents organes tuber- 
culeux; il les a pai*ticulièrement étudiés au point de vue de leur nombre 
et de leur mode de répartition. Dans les poumons, les bacilles se ren- 
contrent surtout au voisinage des cavernes, dans les parois des excava- 
tions. Us sont nombreux surtout dans la zone embryonnaire, et en parti- 
culier au milieu des cellules épithélioïdes. Le plus souvent ils sont 
contenus dans ces cellules elles-mêmes et deviennent libres seulement 
lorsque en vertu d'une sorte de nécrose de coagulation celles-ci se 
fragmentent et donnent lieu à des amas de détritus plus ou moins recon- 
naissables. 

C'est toujours daÉs la zone embryonnaire et surtout dans la zone 
épithélioïde que ces microphytes sont le plus nombreux, ils disparaissent 
le plus souvent à mesure que se produit la caséification. Ils s'étendent 
au contraire de plus en plus à la périphérie, par un véritable mouve- 
ment d'expansion. 

La chose se rencontre tout aussi bien dans le foie, les reins, les cap- 
sules surrénales que dans le poumon lui-môme. 

F. Wesener a vu que le nombre des bacilles trouvés au voisinage des 
cavernes n'est nullement en relation avec la quantité de ces organismes 
rencontrés dans les crachats, et, d'autre part, qu'il ne paraît pas y avoir 
non plus de relation entre cette quantité et l'intensité des phénomènes 
fébriles pendant la vie. 

Dans quelques cas de tuberculose miUaire, les bacilles ont manqué, 
ils ont été vus dans d'autres. Gela ouvre la voie aux hypothèses : s'agit- 
il dans certains cas de spores qui échappent à la coloration et partant à 
l'examen ? a. mathixu. 

X. — On sait que dans le sommet des poumons de vieillards, on trouve 
souvent des masses calcifiées entourées d'une zone de pneumonie inters- 
titielle et c'est là un des modes de guérison de la tuberculose. Il était 
intéressant de rechercher dans ces cas la présence de Tagent infectant. 
Les recherches de l'auteur ont été faites sur des poumons de vieillards 
morts d'une maladie intercurrente. Les productions calcifiées furent 
examinées après une porflrisation et mêlé à l'eau. Dans les masses forte- 
ment calcifiées il n'y avait pas de bacille de Koch. Dans les noyaux 
caséeux et crétacés, le bacille se trouvait dans la masse caséeuse. Ces 
résidus de l'affection bacillaire ont un cei*tain intérêt; ils permettent de 
différencier les masses caséo-calcaires de la tuberculose de productions 
similaire d'origine syphilitique. U ne faut pourtant pas éliminer la 
préexistence de la tuberculose, si on ne trouve pas le bacille. 

XI. — Pour obtenir des cultures aussi pures que poss^)le du bacille 
tuberculeux, Baumgarten propose un procédé nouveau. Lorsqu'on im- 
plante une masse tuberculeuse, empruntée à un animal vivant, dans la 
chambre antérieure de l'œil d'un lapin, on constate que la masse im- 
plantée grossit rapidement les jours suivants : cet accroissement de 
volume est dû exclusivement à la puilulation des bacilles, pendant que 
la trame du tubercule s'atrophie. En faisant une série de transplantations 
sur plusieurs lapins, on obtient des cultures de plus en plus pures du 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MÉDICALE. 1S7 

badlle et, finalement, il ne resté rien des autres éléments anâtomiques 
du tubercule. l. d. b. 

XII. — La digestion artificielle complète avec le suc gastrique d'un 
animal omnivore détruit à la fois dans sa vitalité et dans sa forme le 
bacille tuberculeux. Cette destruction ne se produit que dans les der- 
nières périodes de la digestion ; si celle-ci est peu active, par insuffi- 
sance de sucs, par insuffisance d*aciditéj le bacille n'est pas atteint et 
conserve sa virulence. 

La virulence du bacille est détruite par Tébullition pendant 5 minutes 
et même par le chauffage à 60**-65" pendant une heure. 

L'eau ne détruit pas le bacille de la tuberculose, alors môme qu'elle 
contient de Tacide sulfhydrique. Peut-être diminue-t-elle sa virulence. 

Les crachats qui mouillent le linge des tuberculeux lui communiquent 
une virulence qui persiste pendant plusieurs mois; elle parait disparaître 
après 4 ou 6 mois. 

Ces résultats divers ont tous été contrôlés par .Tinoculation. aux ani- 
maux. F« BALZSR. 

Xin. — Relation de 4 faits où l'inoculation des produits de gommes 
scrofulo-tuberculeuses hypoderipiques, dépourvus de bacilles et de 
zooglées visibles, a déterminé constamment chez les animaux la tuber- 
culisation bacillaire. Mais celle-ci a toujours été très lente. La scrofule 
no saurait être considérée comme une maladie absolument distincte de 
la tuberculose : elle en diffère par la rareté des bacilles, leur virulence^ 
moindre et leur tendance à se localiser longtemps à la surface du corps. 

L.-D.-B. 

XrV. — - De ses nombreuses recherches clinico-microscopiques Zien- 
kiévitch tire les conclusions suivantes : 

1. La quantité et la qualité des crachats n'a aucune influence sur le 
nombre des bacilles dans les crachats. 

2. L'opinion de Balmer, Frâentzel et PfeiCTer et autres, d'après laquelle 
le nombre des bacilles de la tuberculose atteindrait son maximum les 
derniers jours de la vie du malade est erronée. 

S. La quantité des bacilles de la tuberculose dans les crachats ne dé- 
pend pas du degré du processus destructif dans les poumons. 

4. Cette quantité est proportionnée à l'intensité de la fièvre mais seu- 
lement en "tant que cette dernière dépend de la rapidité du processus 
destructif dans les poumons. 

5. Les bacilles de la tuberculose ne se développent pas primitivement 
dans les crachats et ce n'est pas des crachats qu'ils pénètrent dans le 
tissu pulmonaire. Au contraire, ils provoquent d'abord la formation 
des tubercules et seulement après, à mesure que s'efTectue la fonte des 
tubercules, ils apparaissent dans les crachats. La supposition de 
Balmer et Frâentzel que les bacilles de la tuberculose se développent 
mieux dans les crachats que dans le tissu pulmonaire est pour le moins 
douteuse. w. uolstbin. 

I. — PlOtslicher Tod bei Longenschwindsiicht im Folge von Lufteintritt in diê 
OefisM ^lort subite dans la phtisie pulmonaire à la Boite de la pénétration 
d'air dana lea vaipteauz), par DUNIN (Bérl. klin. Woch., 80 janvier 1882). 



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IM RfiYUB DBS SQIBNGB8 MHBIGALB8. 

II. — Beitrag zu Du&in's Bericht« (même sujet), pttr V06SL {Tbid.^ 20 mets 



III. — MiMllatioii de {Inenmetherioc tiubercUléiii par des gai inteétiaaai» ^ar 
aiBOBL {Ibidi, 4 sep^mbre 1882) i 

It; •:- SttniHBatidn & i'êtadë d«B teni^dràtùréë t^ôHpliôHciiiëè Ôl ^ëHicHliérëk 
fiiëill d»k teMit>ëfdlaHtt mdrbideâ Ibcalès dam U plUisië ^Ulitaôiiàirë, (lâf 
SâtiliA [Th^ Méhtpeîîiér, iM), ' 

¥. — Température locale dans la phtisie pulmonaire, par ll^iftâ (Compt. 
rend, iioc, hïoîog.i n^ 15, 1882). 

Vli — fiindtfa sur leb rappdrU de la t«]>ereulo4e et du eanceri pax' Ui GOBlifiliIN 

{Tbèae PwiSi 1880)) 
tu. ~ Étttd» eliÉi^uë MAUUsii^ë luir 10 bôlk ÏÏH %t^9témM Ift ^HlIt^iliMies 

iHfliblitt4luliftëliiii'è& dsWi Tétbliititfn dM léëidhé iilBSi^tmitfmseé dtt t^tfHidtflli 

par MATBT {Gaz. méd, de Pan'Sy n» 6, 1888). 

tffl. ^ Vàldifiiiiëui ànéVHsine dVé arttré ^ùUUonàii-é bkél Udë j^kiidique 
tdël^ë d'hëmoptysie, par DAMASGHINO {Union méd., 5-7 avril 1883}. ' 

Iz.— Dé l'embolie puliâonaire comme cause de morl rapide et imprévue dans le 
cours de la plititiepuiiiionairé,par litlG0Êt {Uuioh méd.^ i^eï ti septembre 1883). 

1; ^ Tke Hlations of phthisis and albuminuria, par The WILUIAMS {BtiU aied. 
^'Durn.; pi 1224, décembre 1888) < 

.Ht ^OêfieF ttib lâliAUlèheldhillf lia Hàril bel LdiigeBdsôli^iiiasQëlli Ifid Tbf^ 
BfMiod de iêl^ êalëairëtt ^Éil^ rtii*hiè dans iàplHiéié^tiUiiéttttifé)i i>âi^ SfiitâTOft 
{Chêtitt-AnaaJ,, VII, ^abrg, p. 897). 

ïit. ^ Bé ià tabëi-feùlëbe t^irltbiiéol^ieui^àie ëiiiikigUë, j^à^ ¥Êk!(Él! \5b6. tàéd. 
des bôp., ^ïêvrieir i884). 

iuL — La pleurésie tuberculeuse phtisiogéné d'edbl^e, par HËKAtf¥ (daz. 

méd, de Paris, ^ novembre 1884), 

21 V. — Reckerches sur la guérison du pneumothorax chez les phtisiques, par 

ROUANET (Tbhse 'pawis, 1884). 

i. ^ ^hlislctUedëâé^h&beprééèiltahldë signée jphJ^^iqtiéS qu^âli ërinlHiet 
droit. Un joâV dû tl lé'éiàit lêVé il b'sfTâlsgk gUbitëtnëht sliHë cH. Quadd U 
ttiëdeëili ttë âéHriee nirriVëi 11 était dëjft tHëH H'tifatit ëU iii ëdni^dldldnë ni 
^liii*e ^héhélhèné bëhldr^dabib. 

Autopsie 24 heures après le décès, la tempërttilrB étant fratehé et la pd-^ 
tréftietioti cadavérique peu tnarifuée. 

Grahulaiions tuberculeuses et grande caverne dans le poumon droit. Le 
poumon gauche présente également des granulations. et ^ caveruules, dont 
l'une du calibre crune noix, située dans la profondeur du lobe inférieur, con- 
tient un peu de saug mêlé de tulles d'aih - ,, x \ < iv 

Véiilriçiilè gàucRé rëinfipli d liu lànç fluide, vermeil, oattli avec d înnom- 
Isi-àblé^ biilleà d'^li^ fei^liiànt dibâ^sé. Lé ilbiitHouiédrdil l^bufertnë adàâl deà 
^^ibhlëS d'hif, lîlâli. blbllife hdttibrëîi^eâ: 

TodMiëlfeS llrtéfrés du corps ont un sang môle d'air; Tair se retfdliVê bh 
moindre quantité dans les veines caves et Tartère pulmonaire. 

Enfin tçus les vaisseaux encéphaliques, artériels et veineux sont dilatés et 
î*émpUs d'àir. , . , 

r?b5taftién à là Ibujib &^a pd W1P8 a86bd^Hf \i ikïém\x îrtlHpdMhMfi Ifeé, 
mais ii m «Vidbni qu'il ë^âgisi^it amd HUâUifciim ém tëtliéi ^ldMHftif«ë . 



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PATHOLOOIH INttfflNB ET CLINIQUE MéuICALE. I«t 

IL — Vogel* a propos du fait dfe Dûâin, râppellb atoir observé en 1814 un 
cas de mort subite chez uu eiifant, occasionnée par le môme méôaiiisme. 

Fûlette de 5 ans souffrant depuis longtemps d^une affection thOracittUe. 
Après une violente quinte de ioilx on la voit s'affaisser subitemenl en oriani 
« dk ma pôiti'ine I >»^ 

Le lëiiaéinaiu, à 1 autopsie du corps qui était dans un état de conservation 
pai^faitef ôii trouva au somtnet dîi poiimôh droil uii gaiig;iibii casééux placé en- 
tre une grosse bronche et la veine sous-clâViêre qui l^iihe èi Vautré élaièht 
nlëëiMfes. Eh ihàUfflarit de l'ait pàb là bi-bnéhé pHnéip^ë Bii le Vbyâlt â'ëchap- 
per par un orifice situé sur le côté du rameau bronchique: 

Le eorps contenait une très petite quâlitité dé ètttig liquide^ iii81é8ë ^^oâses 
bulles d*air. De l'aii* existait aussi dans la capsule de la tâiei deB t^iiid Dt 
dans le mésentère* 

IIL — Phtisique à ia dernière période ayant «tne vaéte càvërnb an Bbmmet 
gauche et des loyers cLreonscrits dé matité dans le lobe inférieur borreépdA» 
dant. 

Trois jo^rs ayant la mort,b malade estprisd^un point de côté gauche et d*uue 
géttë rësjili'aloire extrême. La partie inférieure gaiicne du thorax reste presque 
cbthjilêlëment immobile [)ëndahl lé reépiiratibh. Lsi dlàtiié de là Làsé est rem- 
placée par un son tympanique avec respii^àltbn aiilphbHqliè èLbHll dMli>aln. 
Gbllâpdâs et ffldH. 

A rautot>aie au lidu dH plienmdtliorâx diâ^ndsti^tiëi bh cbhytëtë (}tië 1^ W^ê 
tboraciqne gauchb est cdusidéréblemënt diminuée d'étënduë ht ^uS Ib dië^ 
phragme remonte jusqu'au-dessuà de la 4^ côte refoulé |>ar une ailse dé gros 
intestin^ distendu p^r des gai . En môme temps Te^tomac etft dévie à drbite 
et le iol)e inférieur du poumon gauche comprimé. j. b: . 

IV.^ — âarda expose d'abord le résultat aë ses recherches sur les 
températures locales^ à Tètat physiologique; Ëa généraii le S« espace 
intercostal gauche a une température plus élevée que îe 2^ espace droit 
(t), 1 à 0,15); les températures de la fosse sus-cjayiculliire dont légère^ 
ment supérieures à celles du 2'' espace, de 0,05 à 0,15. Les tempâréitu- 
res thoraciques sont phis élevées le soir que le matin^ et teia dans dçê 
limites variant de 0>0i à 0,05. Chez les sujets atteints de fiètre sc^ns lé- 
sion pulmonaire la température de la paroi thoraciquej. comme oeHeA de 
la face palmaire de la main et de la face antérieure de Tavant-hr^â) s'élè- 
vent plus que la tenipérature générale^ sans cependatit Tatieindret GhéB 
les chioroliques e^ chez toutes les femmes au moment des règieô on ob- 
serve une légère diminution dans ia température de te paroi Iherra- 
ciqiie. 

Quant aux variations des températures morbides locales^ dans la tu- 
berculose pulmonaire chronique, voici les conclusions de Téuteur; 

Dès ie début de la tuberculose il y a hypérthermie locate ; à la période 
initiale, elle est de 0,5 à l''; à la période de craquements hecs elle varie 
de l"" à 1|5) à la période dëé oraquebdents humideé elle est plus f^rte, 
douveot égale ou inférieure) rarement ftUpéneure à éëlle Ue la péHode 
précédente. Lorsque les cavernes sont formées, s'il n'y a pas d'ihflatti- 
ipatiod péricavemeuse, la température locale dépasse à pëitie la mintihle 
de 0,5. 

Aç cas d'hémo|9tf sie tuberculeuse il y a hf i^drthërtttle Idàile ad {iHifll 
où é'est faite Thénloptysie. 

La diapaHIé entre lea deut sommets^ lorsqu'elle atlèiht ati tndln§ tlti 
demi-degré, est un signe probant de tuberculose [5illttt<Hl^H^s 



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140 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

L'hypepthermie locale doit être nttribuée aux combustions interstitiel- 
les, aux irritations vaso-motrices réflexes, au rayonnement. 

Plus rhyperthermie sera considérable, plus active devra être Faction 
thérapeutique. Les dérivatifs et les révulsifs abaissent toujours la tem- 
pérature locale dans les cas de tuberculose pulmonaire. ▲. mossé. 

V. — !• Tout foyer tuberculeux n'élève pas constamment la tempéra- 
ture de la paroi correspondante. 

2* L'élévation de la température locale n est pas toujours proportion- 
nelle à rétendue dos lésions. 

3* La température pariétale du thorax peut varier à des époques rap- 
prochées; un point qui, comparé au côté opposé, donne une tempéra- 
ture élevée le soir, peut donner une température plus basse le lendemain 
au matin. De là la nécessité de suivre la marche de la température péri- 
phérique du thorax pendant plusieurs jours et de prendre des moyen- 
nes. 

4* Les tuberculeux seuls ne présentent pas des différences de tempé- 
rature des deux côtés du thorax; il en est de même parfois pour les chlo- 
rotiques, et surtout les hystériques. 

5* Dans la phtisie aiguë, au premier degré et principalement dans les 
formes congesiives avec accès fébriles, hémoptysies, on note très sou- 
vent une élévation thermique de 5 à 6 dixièmes de degré environ du côté 
où siègent principalement les lésions tuberculeuses. 

Cette hyperthermie n'est pas localisée au foyer tuberculeux; il existe 
généralement une hémi-hyperthermie, notée dans toute l'étendue du tho- 
rax, souvent aussi marquée dans les points correspondant aux parties 
saines que dans ceux correspondant aux parties infiltrées. L'élévation 
de la température locale peut exister à la base du cou, au niveau des 
dernières côtes, à la Umite du thorax et de l'abdomen. 

6* Dans les cas de phtisie à la période de ramollissement, dans les 
formes chroniques et sans fièvre intense, les résultats fournis par la 
thermométrie locale sont absolument incertain et leur constatation ne 
peut être d'une utilité sérieuse. 

Sur 60 cas, 28 fois l'élévation de la température existait du côté le 
pli|s atteint, dans 32 cas du côté le moins malade; dans 10 cas, la tempé- 
rature était égale des deux côtés. 

1^ Dans la phtisie à la troisième période, les résultats sont peu pré- 
cis. 

8» Dans aucun cas, on n'a trouvé la température de la peau du thorax 
supérieure à la température axillaire. 

9^ La recherche des températures comparées des aisselles ne donne 
aucune loi précise. 

Dans les phtisies à marche rapide, avec fièvre, la température est gé- 
néralement plus élevée (de 5 à' 6 dixièmes en moyenne) du côté le plus 
atteint. 

Dans les phtisies chroniques, les résultats sont très variables. Les tu- 
bercules à l'état infiltré élèvent plus la température de Taisselle du côté 
infiltré que de l'aisselle du côté en voie de ramollissement. La tempéra- 
ture de l'aisselle du côté atteint de cavernes, comparée à celle de i'ais- 
selle du côté atteint de tubercules en voie de ramollissement, est géné- 
ralement moins élevée. m. 



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PATHOLOGIB INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. 141 

VI. — L'auteur tire, d'une centaine d'observations comparées, les 
conclusions suivantes : 

1« La tuberculose et le cancer peuvent coexister sur le même sujet ; 
c'est là un fait acquis aujourd'hui; Topinion d*auteurs compétents, et 
de nombreuses observations en font foi. 

2» Le cancer ne se développe pas chez un individu entaché de tuber- 
culose. Il n'y a pas d'antécédents héréditaires directs de tubercule chez 
les cancéreux. 

8^ Le tubercule se montre quelquefois chez les cancéreux, principale- 
ment quand le cancer siège sur les voies digestives; mais alors c*est un 
tubercule acquis, apparaissant chez un individu cachectique, dont Torga- 
nisme est moins capable de résistance. ▲. chauffard. 

VII. — Tout en faisant la part de l'hérédité, M. Mayet montre combien 
est grand le rôle que jouent les phlegmasies broncho-pulmonaires dans 
Téclosion de la tuberculose. ' 

Dans un certain nombre de cas, le développement de la maladie s'est 
fait immédiatement à la suite d'une fluxion des organes respii*atoires. 
L'hyperémie est manifestement la cause ladjuvante, et elle agit d'autant 
plus sûrement qu'il y a lieu de soupçonner davantage ou d'afftrmer une 
autre cause débilitante, ou encore des antécédents héréditaires indiscu- 
tables. L'auteur cite à Tappui de ces faits une cinquantaine d'observa- 
tions, dont quelques-unes se recommandent à l'attention. 

D'autres fois, l'affirmation ne peut avoir heu bien que l'hypothèse 
s'impose pour ainsi dire d'elle-mémeé 

En rappelant que sur 167 cas, 52 fois la fluxion a été le point de départ 
certain de l'éclosion de la diathèse, l'auteur termine ce travail en signa- 
lant l'intérêt qui s'attache à cette étude et l'importance que semble 
avoir la fluxion congestive dans l'évolution du processus tuberculeux du 

poumon. OZENNE. 

VIII. — L'anévrisme occupait à droite la troisième branche de bifurcation de 
l'artère pulmonaire, et présentait les dimensions d'un œuf; Jl remplissait 
la cavité pulmonaire, et se continuait directement avec la branche artérielle; 
la surface delà poche, lisse et régulière, se séparait aisément de la paroi de l'ex- 
cavation^ et n'adhérait au poumon qu'au point même où l'anévrisme se conti- 
nuait avec la branche artérielle ; une petite perforation en soupape existait 
au bout opposé à l'artère. Une section pratiquée sur le grand axe mit à jour 
une masse compacte à parois épaisses, et (ireusée d'une petite cavité; les 
parois étaient constituées de deux couches adhérentes; à l'intérieur et en con- 
tinuité avec les tuniques artérielles une sorte de membrane interne d^un blanc 
jaunâtre rappelant Taspect d'un vaisseau ; à l'extérieur des couches concen- 
triques de caillots les uns décolorés, et fibnneux, les autres violacés et cruo- 
riques, à peu près aussi anciens à la périphérie qu'au centre. L'examen histolo- 
gique montra que la couche interne était constituée par les tuniques artérielles 
modifiées; autour du sac les caillots avaient formé la masse volumineuse. 

U est probable qu'une rupture peu considérable de l'anévrisme s'étant 
produite le sang s'est épanché autour de la tumeur, et que la reproduc- 
tion successive des hémorragies a formé des couches concentriques de 
caillots. 

IX. — X...,àgé de 32 ans, entre àThôpital présentant des lésion s très nettes 
de tuberculose pulmonaire et une cachexie très accusée ; aucune douleur dans 
lee membres ; pas d'œdème autour des malléoles. Un matin le malade se lève 
et tombe soudainement mort. 



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Hl MVyS P«8 SCIBVCBS ICHBICAliBe. 

iLUtpp9)«. îpfljtc^tiflp dQ \m\ Ip BPupiP» dppit 6| c|h iobfi «upérieuF du pou- 
mon gauche dont le lobe inférieur, à peine atteint, ppDVfti( 3§)|} ^rvir 4 U 
respir^tjqft. L,a brfinchq artpriejle qi^i se ren4 4 pe Iph^l e§t fipi)[)plètpmpnt 
qblitérée par des çaillqts grisâtre^ fef mqs, hppaog^neg^ ^ jîftsi^urp fpujjletfe ; 
le premier occupe la partie initiale de cettp branche ; le second es( ^ cheval 
sur réperpn oui divise la première bifurcation dp ce tronc artériel ; chacqne 
de ces branches secondaires contient un caillot de même aspect, aucun de ces 
quatre caillots n'a contraoté d^adhérenee avec les parois artérielles, qui sont 
intactes. 

L0S vei&e^ des membres infijdeupa à ^^ueba sont saines ; il en est de même 
4 firpitp, sauf daQ» je spgmei^t qui Q-^tepci dp h veina cmirale profonde à 
IVpftde pruralp. {^^ il p^jste pft cpijlpt, (png 4p 4 cp(||fipp|rei, qui ^ p]ti« 
naissancp 4^^ pn nid valvulaire, et 4ont )'piLtréipi(p supérjp^pp pffr^ iii^ti 
cassure irrégulièrp ; il rampe Ip Ipng 4^ )a paroi avpc |pq^plle \\ a ppnff^cté 
de» adhérences intimes et qpi est dépoljp à ce i^iye^u. E)pu^ f(utr^^ Y§lY]ile8 
situées Tune au môme niveau, l'autre quelquescentimètres plp^ b^^t. ÇQfi^jpj^r 
nent chacune un petit caillot oviforme. 

L'auteup, après avoir discuté les opinions émisep par divers médecfnsi 
sup la thrombose pulmonaire chez les' phtisiques^ affirme : !<> que les ca^ 
ehectiques tuberculeux peuvent présenter dans certains points au système 
veineuXj dans la crurale en particulier, des thrombose^ marasliques. 
bien avant que se montrent les deux signes principaux de ce q]i*o|i appelle 
la phlegmatia alba dolens des cachectiques, à savoir Toedème et ^ 
douleur ; 

S*» Qu'une mort imprévue et soudaine peut phez pes malades être \^ 
conséquence d'embolies pulmonaires ; 

S^ Qu'il faut rechercher avec soin dan^ tous lep points du système 
veineux périphérique l'origine des caillots anciens trouvés df^n^ Tart^re 
pulmonaire, et ayant pu amener une mort plus ou moins subite, Ifi throm- 
bose pulmonaire en pareil cas, si tant est qu'elle existe, étant plus cmQ 
douteuse. h. l. 

X. — Ilressortde ces recherches, basées sur l'analyse de 16observ^tîoi}§, 
qup l'albumipurie se montre d'ordinpipe à la 3® période de la phtisie. 
Elle a pour conséquence d'abaissé?* noig^blpprie^t Ift \^n\pév^i\ffe dpi nipT 
lades, fout en ippipte|}pnt IPS carpptppesi dp }p pourt)e t-bprimque Wbrila 
hgbitiipUp k pette phasp 4e raffeptiqp. 

l^pi |ésipp répale U ptu$ fréquente ches les phtisiques est la dégénëres- 
oence lerdacée nu amyloïde de l'organe î puis vient ensuite la stéatpse, 
le gros rein blanc, et enfin le pein granuleux qui paraît être une coïncir 
dence assez rare (8 0/0, tandis que 87 0/0 de rein amyloïfie). L'apteuf 
rattache à l'influence de l'anémie l'abaissement de la ten^péfaturp deVffl^- 
lades^ 

;.e pronostic dp l'alhqminPrip pUo? |eq pl^tisiqueg (le l'hôpital est fer| 
grave: ftWQUft d'e|iç ne véput plu^ (Jp trois ipois. En ville, il est moins 
sérieux, pf \^ m^W\^ ft PU §© ppolopger pendant plusieurs annëps sans 
qwe |« pompjipatiop rénale parut hâfer la mnrt. h. r. 

Xl,-r-Sepator acjme^ qu'à l'é^t sain l'heinme adulte excrète par les 
luines de 0,20 à 0,35 centigrammes de chaux. Chez les phtisiques o» 
obtient ^Quvppt ^e^ chiffres plus élevés, jusqu'à 0,50. D^auti^s fois la 
mPyPWûï pins hAft6^ d'une manière absolue, est relativement plus élevée 
qu'à rétat normal, étant donnée la consomption des malades. 

Il est difficile d'expliquer cette élimination anormale des sels calcaires 



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PATnOLOGtÉ IN7BRNB É9 GLINIQÙB Ml^IGALE. . Ht 

elle est probablement due à une irpîtation de la meelle osseuse, qui elle- 
méme reconnaîtrait pour eause la cachexie, ^amaigrissement et Tappau- 
'vrissQmeBt du san^. l. d.-b. ' * 

Xn. — Femet rapporte quatre observations de tuberculose përitonéale 
à type subaïgu, intermédiaire entre la forme chronique classique et laforma 
aiguë. Dans tous ces cas la séreuse pleurale a été touchée, mais 3 fois sur 4 la 
péritonite a été la maladie initiale et prédominante, la pleurésie ou les 
pleurésies n'ent occupé que le second rang. La tuberculose est restée 
limitée aux séreuses, sans que la porte d'entrée de l'agent infectieux ait 
pu être déterminée. 

La maladie débute lentement par des phénomènes généraux, indices 
habi 
dom 
cçité, 
ne 4! 
esl,i 
neu: 
a en 
rîticm du liquide. 

Pendant la durée de }§ m^l^die il pxi^tp uj^q fièvre modérée à type 
rémittent. 

Après 6 à 8 semaines la maladie rétrocède, tous les symptômes s'amen- 
dent; on sent nettement les adhérences péritonéales, et on constate un 
retrait de la poitrine. Les malades reprennent rapidement leurs 
forcea. 

Tout en faisant ses réserves sur la possibilité de généralisation de la 

tuteroulgse ^ rjnte^tin,fli|x poumons ou fluxRiémngsa, Feront QPfiit q^'U 

ne faut pas trop qs^ombpir 1q pronqstJQ, gt quQ Ig péciionite et la pleuré- 
sie tuberculeuses peuvent guérir. 

n conseilla pp^rle ^riaitemeut locgl la tejptiirfl â^iP^^i les y^ficatoires, 
les pointes de feu, la ponction si les épanchements sont trop abondants 
et surtout insiste sur retraitement général consistant en amers, toniques, 
préparations arsenicales et suralimentation. h. l. 

Xni. .-s-r Au milieu de divers prolégomènes anémiques et asthéniquas 
on constate à la base de la m^ité, des frottements buUiformes et Texis- 
tenpe 4'unP copge^Hoa puJiQOQaire qui m Y» ûm^V qu« qwplqiiea jouBf I 
c>si le premiep des phéuQUièues dissociés: pui§ un ép^Uch^rp^nUe pro- 
duit lentement et d'une manière peu homogène, accompagpé de pepfçiri- 
loquie aphone ; quant ^ Téçophonie et ^u ^oufflej le^^ ?xistençg simul- 
tanée n'est pas constante. 

Ce qui est surtout important pour le diagnostic, c'est de constater que 
ces différents signes ont des relations réciproques anormales, qu'il existe 
un yént9bl0 eotopisme des signes, dont 1a dissociation vient encors 
augmenter la valeur diagnostique, 

A ces symptômes de la pleurésie succède le 4év6lopp6ipQptde|a phtir 
sie; l'évolution complète delà maladie peut affeptpr différentes formes, 
sur lesquelles M. Renaut appelle l'attention, et cju'il faut nejteipent 4i9- 
tînguer des cas où la pleurésie n'a aucun rôle phti^iogènp, mais est sim- 
plement une affection satQllite. ozennb. 

XIV. — Cette thèse contient cinq observations dans lesquelles des 



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144 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

tuberculeux aiteiats de pneumothorax guérirent de cette compUoatioa 
considérée ordinairement comme fatale chez tous. On avait observé la dis- 
parition graduelle du tintement métallique et du souffle amphorique en 
même temps que du liquide se formait en grande quantité dans la cavité 
pleurale. Les signes de TépanchemeDt gazeux suivaient une marche 
progressive inverse de celle du liquide pleural; bientôt le liquide lui- 
même se résorba peu à peu et il finit par disparaître ; à ce moment tout 
signe de pneumothorax avait disparu. ghiaudeau. 

Ueber Influenia, par Otto SEIFERT (Volkmann's Samalang klinisober Vorêrige, 

A* 240, 1884). 

Dans cette leçon très intéressante et très complète, nous relèverons, 
comme point nouveau, la présence dans les crachats de nombreux cocci, 
qu'on ne trouvait pas ailleurs (dans le sang par exemple), et non inocu- 
lables aux animaux. Ils étaient très abondants dans le mucus vitreux ou 
visqueux, et devenaient rares dans les crachats purulents. L*auteur les 
considère comme spécifiques. r. calmbttes. 

I. — Traité des maladies de Tenfance, tome III, diphtérie, par CADET DE 

GASSICOURT {iD-S\ Paris, 1884). 

II. — La diphtérie considérée principalement au point de vue de ses causes, 
de sa nature et de sod traitement, par X. FRANGOTTE (iji-8% 2* édition. 
Bruxelles, 1885). 

III. — Diphteria spread by adults par A. JAGOBI (New York med, journ., 

27 septembre 1884). 

I?. — Klinische Beobaohtungen fiber Diphtérie, par Ludwig 8TUlIPF(Deu<. 

Areb. t, klin, Med,, XXXVI, Heft 1 et 2). 

?. — Thoughts on the pathological relations and the etiology of diphteria, par 

Edw. WILLOUGHBT (Brit. med. journ., p, 405, mars 1884). 

?I. — Diphtheria ; mode of transmission and period of incubation, par SALTER 

{Brit, med, Journ,, p. 1065, décembre 1883). 

TU. —Étude clinique sur l'inoculabilité de la diphtérie, par F. GUSTIN {Tbèse 

de Paris, 1888L. 

?ni. — Can diphteria be communicated by a bite î (La diphtérie peut-elle être 
communiquée par une morsure?), par George LEFFERTS (Arcb. of laryngo- 
logy, IV, n. 2). 

IX. — Die experimentelle Diphtherie, par Otto HEÏÏBNER (Leipzig, 1883). 

X. — Épidémie de diphtérie transmise des gallinacés à l'homme, par M. WOLFF 

(Btrl. klin, Wocb,, 10 septembre 1883). 

XI. — Erfahrungen ueber Diphteriten, par KLEBS (Corr, Bl, /. scbweiz-Aerxte, 

l«r août 1883). 
Xn. — Case of coexistence of diphteria and typhoid fever, par PAGET (Brit. 

med. joixrn., p. 67, juillet iS8S). 

XIII. — Herdformige Sklerose nach Diphtherie (Un cas de sclérose en plaques 
consécutiYe à la diphtérie), par STADTHAGEN (Arcb. f. kinderbeilk, V, Heft 
1 et 2). 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE MÉDICALE. 445 

XI¥. — LflhmQngen nach Diphtheritis (Des paralysies consécutiTOs à la diph- 
Urie), par WIDERHOFER. {AUgemeine Wiener med. Zeit., 23 oct 1883). 

XV- — Case of temporary spinal paralysit, par Mac 8WINET {Dublin journ. of 

med. Se, mai 1884). 

XVI. — A contribution to the pathology of diphteritic paralytis, par Percy 
KIDD {Med, Cbir, Transactions, LXVI, p. 188). 

Zni. — Ueber diphtheritische Lâhmnngen, par Alph. 6ENHART (Inaug. Dis- 

sert. Zurich, 'i^SS). 

ZVIII. — Ueber die Beiiehnngen des Kniephœnomen inr Diphtérie (Des rela- 
tions du phénomène dn genou avec la diphtérie), par Martin BERNHARDT 
(ArcA. /. patb. AnaL XCIX, Heft 3). 

UX. — Znr klinischen und patholog. Anatomie der diphteritischen Nephritis, 
par FoRBRINOER {Ibid,, XCI, Heft «)• 

ZX. — - Znr Kenntniss der Nierenaffectionen bei der Diphtérie (Affections des 
reins dans la diphtérie), par Joseph FISGHL (Zeit, /. klin, Med, , Bd. VII, 
p. 427). I 

XU. — De l'albuminurie diphtéritique , par CADET DE GASSIGOURT {Rev. 
mens, des mai, de fenfance, novembre 1884). 

XXn. — Ueber FunctionstOrungen der Augen (Troubles de la vue consécutifs à la 
diphtérie), par HERSCHEL (BeW. Jt/in. Wocb., ^Juillet 1888). 

L *- Nous insisterons surtout, dans cette brève analyse du Traité^des 
maladies de Teafance sur les leçons consacrées à Télude de la diphtérie. 
L'auteur est partisan de la doctrine microbienne de la diphtérie. 
Après avoir exposé la structure de la fausse membrane et les carac- 
tères différentiels qui la distinguent des autres productions mem- 
braneuses, il donne les résultats obtenus par Talamon, Cornil et d'autres 
expérimentateurs, et conclut qu'il faut encore rester dans la réserve sur 
cette importante question. 

Dans la symptomatologie, M. Cadet de Gassicourt s'est étendu sur 
quelques complications peu étudiées jusqu'ici, notamment sur les adé- 
nites suppurées. Il s'attache à mettre en lumière l'infection générale, et 
montre que dans les formes hypertoxiques elle cause quelquefois la mort 
du malade après la disparition de tous les symptômes locaux. 

Conséquent avec les doctrines qu'il professe au sujet de la nature 
de la diphtérie, M. Cadet de Gassicourt repousse, dans le traitement 
local de la diphtérie, les méthodes violentes qui ont été préconisées 
autrefois, et notamment les cautérisations, qui, sans faire cesser l'infec- 
tion locale, augmentent souvent le gonflement inflammatoire. A l'étude 
du traitement rationnel de la diphtérie, se rattache un très intéressant 
chapitre sur la guérison spontanée du croup. L'auteur montre que cette 
guérison a lieu, d'après ses relevés, dans la proportion de 9 0/0. L'indi- 
cation qui en résulte est qu'il y a souvent lieu de temporiser dans le 
traitement du croup et de reculer la trachéotomie autant que possible . 
Il n'est nullement démontré qu'en opérant de bonne heure les résultats 
soient beaucoup meilleurs. Mais lorsque la trachéotomie est devenue 
nécessaire, elle doit toujours être pratiquée. U n*y a pas de contre-indi- 
cation absolue et formelle de la trachéotomie. M. Cadet de Gassicourt, 

TREIzdUUB ÂNNijB — T. XXYI. 10 



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14d RJBVUB DB8 8CIBNGBS MÉDICALES. 

après avoir exposé les principaux procédés opératoires, admet qu*il faut 
préférer la trachéotomie supérieure, avec ou sans section du cricoïde, à 
la trachéotomie inférieure, plus habitueUement exécutée dana les hôpi- 
taux de Paris. 

Dans les leçons sur les croups dits infiammatoii*eSy M« Cadet de Gas- 
sicourt combat la théorie de la non-spéciflcité défendue autrefois par les 
médecins étrangers. Il admet Texistence d'affections pseudo-membra- 
neuses non diphtéritiques, mais il nie l'existence du prétendu croup 
inflammatoire simple. Il s'agit évidemment, dans ces cas, de croups peu 
toxiques, de diphtéries locales, dans lesquelles l'infection de l'orga» 
nisme est peu accentuée. Mais celle-ci n'en existe pas moins, ainsi que 
le démontrent trop souvent l'évolution de la maladie et les faits de con- 
tagion* La distinction symptomatique de ces deux variétés est vraie, 
mais la distinction ;iosologique est fausse. 

La diphtérie prolongée est manifestement aussi d'origine infec- 
tieuse et non d'origine aimplenïent inflammatoire. Le poison semble 
avoir subi une atténuation, mais l'étude des origines de la maladie 
montre bien quelle est sa véritable nature. L'auteur ' décrit avec soin la 
diphtérie prolongée dans ses deux localisations; dans le pharynx et 
dans les voies aériennes : on peut, sans injustice, dire qu'il a faite 
sienne toute cette partie de Tbistoire de la diphtérie, qui a été surtout 
élucidée par les remarquables observationa recueillies dans son service. 

Nous ne ferons que signaler, en terminant, les recherches originales 
de M. Cadet de Gassicourt sur les complications de la diphtérie, et 
notamment sur l'albuminurie et la paralysie. A propos de cette demiôre,, 
dont il fait remarquer la gravité assez fréquente, il c(Mivient de men- 
tionner spécialement la description des accidents cardio-pulmonaires. 

F. BALZER. 

II. — L'auteur n'a pas entendu étudier, dans oe volume, toutes les 
questions afférentes à la diphtérie, et s'est borné, comme l'indique le 
titre, à Tétiologie, la nature et le traitement ; passant en revue toutes 
les discussions, soumettant à une critique judicieuse les opinions di- 
verses émises sur tel ou tel point. M. Francotte se contente le plus 
souvent d'exposer les divergences qui séparent les anatomo-patholo- 
gistes et les cliniciens, sans prendre parti pour les uns ou les autres. 

Je résumerai brièvement les recherches qui lui sont personnelles. 

A propos de la dissolution des fausses membranes par diverses 
substances, M. Francotte a essayé un grand nombre de réactifs, et il a 
constaté que les plus actifs sont le benzoate de soude, l'eau de chaux, 
le chlorate de soude. Il n'admet pas la différence que l'école allemande a 
tenté d'établir entre la membrane croupale et la membrane diphtéri- 
tique. Entre les fausses membranes, dit-il, qui se détachent facilement 
sans laisser d'ulcérations, sans provoquer d'hémorragies, et celles qui 
pénètrent la substance môme de la muqueuse, qui font corps avec elle, 
il n'existe qu'une différence de degré. 

La diphtérie se présente sous trois formes : simple, bénigne; forme 
infectieuse ; forme toxique d'emblée, maligne. Il faut y ajouter deux 
variétés : la diphtérie firuste et la diphtérie chronique. 

Peut-on conclure à la gravité de telle ou telle forme diaprés le cycle 
thermique ? L'auteur ne le croit pas. La marche de la température n'a 



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PATHOLOOIM INtfiRNB Bf CSLIKIffUB MBDIGALE. U| 

rien de typ^^^ ^^^ la diphtérie; rélévation el la marohe prQ|p*ea&ivi«t 
ment ascendante comportent des pronostioa fâcheux, mais la fièvre n'ft 
rien de caractéristique. De même pour Talbuminurie, qui peut se ren- 
contrer dans des formes légères, presque apyrétiqueSi et faire défaut 
dans les formes graves. 

Dans le chapitre Étiologie, Fauteur étudie longuement la question da 
la contagion directe et indirecte et de rinoculation ; il a fait, sur ce 
point, diverses expériences qui n'ont rien de plus concluant que les ob-i 
servations du même genre faites par d'autres auteurs. Notons, à ca 
propos, qu'il rejette Pidée de faii-e de la pourriture d'hôpital une forme 
spéciale de l'infection diphtéritique. Les épidémies de ces deux affeo-* 
tiens sont distinctes, indépendantes, et Ton doit, d'après lui, considérer 
la diphtérie et la gangrène nosocomiale comme deux entités morbides 
différentes. 

Le traitement forme un chapitre étendu; voici les moyens que con- 
seille l'auteur. Badigeonnages ou imgations d'eau de chaux; administrer 
à l'intérieur le chlorate de potasse. A moins que les phénomènes inflam- 
matoires et douloureux soient tout à fait insignifiants, donner la glace à 
l'intérieur et appliquer autom* du cou une cravate de glace ou les tubea 
deLeiter. (Voy. R. S. M., XIV, 727.) Lorsque les si^es de putridité 
sont manifestes, faire usage des antiseptiques, acide phénique» acide 
salicylique, etc. Combattre Tinfection générale par les toniques alcoo- 
liques. L'auteur n'est pas partisan des cautérisations locales. a. g. 

m. — Jacobi déclare, dans ce petit mémoire, qu'à son avis la sponta* 
néité n'existe pas plus pour la diphtérie que pour la scarlatine ou le 
eboléra, par exemple. La contagion est toujours la cause du mal, sans 
qu'il y ait de rapport entre la gravité du premier cas et celle des cas 
transmis. L'amygdaUte folliculaire est le plus souvent de nature diph- 
téritique. Elle peut, chez l'adulte, ôtre assez bénigne pour ne pas en- 
traîner le repos à la chambre, et, de plus, par sa longue durée ou ses 
récidives, augmenter de beaucoup les chances de propagation de Ift 
maladie. Il y a, en un mot, presque autant de diphtéritiques levés qu# 
couchés, dehors qu'à la chambre. A.CHAUFVAftD. 

IV. — Voici les conclusions de ce travail : la diphtérie du pharynx, 
du nez, du vagin, de la conjonctive, en im mot de toutes les muqueuses 
directement accessibles à l'air, est une maladie purement locale. 

Cette infection, localisée au début, peut ultérieurement amener un# 
infection générale de l'organisme. 

La maladie étant une lésion locale, le traitement doit être surtout 
aussi un traitement local. Il est donc conforme aux données scienti** 
iiques actuelles de combattre les foyers premiei^s de la maladie. 

Les principes de la méthode de Lister sont, en conséquence, appU- 
caliles à ce traitement local. On ^pourra y joindîre des inhalations. 

Contre l'infection générale nous n'avons pas de moyen thérapeutique» 
Le spécifique de l'infection diphtérique n'est pas encore trouvé. A. h. 

V. — Travail intéressant, en ce que l'auteui* rejette complètement la 
dualité du croup inflammatoire et du croup infectieux, si longtemps 
admise en Angleterre. Il revient complètement aux idées d'unité pro-* 
fessées par JBretonneau et l'école française. 

CUoiqueioeatt il admet que Vmflamtmtioa exsudAtiv9 est d'abord 



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148 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

banale, et que c*est raltératioa secondaire de la fausse membrane qui 
crée l'infection : assertion assurément discutable. 

Les accès de suffocation, d'après lui, ne seraient pas le résultat du 
spasme pharyngé ni laryngé, mais d'un état paralytique des muscles du 
larynx : c'est là encore une affirmation qui heurte les idées admises en 
France. 

Certaines amygdalites et angines d'apparence inflammatoire , non 
couenneuses, seraient susceptibles de se transmettre par contagion sur 
la forme pseudomembraneuse : fait intéressant qui aurait besoin d'être 
démontré d'une façon plus précise. 

Enfin Fauteur incrimine, au sujet de l'origine du contage, les émana- 
tions des égouts et des matières en décomposition. 
VI. — Voici un fait d'une précision remarquable : 
Dans une ferme isolée, éloignée de plus d*un mille de toute habitation, 
vivait une famille composée da père, de la mère, de deux garçoas, d'une 
fille et d*un jeune enfant, plus trois servantes. 

Le 24 octobre, l'auteur est appelé pour voir Taîné des garçons, qu'il 
trouve atteint d*angine diphtëritique. Le lendemain , le second fils est 
atteint ainsi que le père ; le surlendemain, c'est le tour de la femme de 
chambre. Le 27 et le 30, la cuisinière et Tautre servante sont frappées 
successivement. Tous guérirent après des péripéties diverses. 

Le vendredi de la semaine précédente, juste cinq Jours avant Téclosion 
du premier cas (et trois jours avant les manifestations prodomiques initiales), 
une femme d'un village voisin était venue apporter du linge dans cette 
maison. Elle avait précisément alors chez elle deux enfants malades, Tun 
d'une bronchite capillaire à laquelle il succomba, et qui était de nature 
diphtëritique; Tautre, d'une diphtérie an gineuse parfaitement caractérisée. 
Il n'y avait aucun autre cas dans le pays. L'enfant qui avait succombé était 
allé quelques jours auparavant dans une ville éloignée, où régnait une 
épidémie de croup. 

Il ressort de ce fait que l'infection avait dû ôtre apportée soit par la 
femme, qui avait été en contact avec les enfants malades, soit par son linge 
qu'elle avait laissé dans la maison, elle-même n'étant pas souffrante. Cinq 
personnes furent contaminées de ce fait. Il est remarquable que ni la mère, 
ni la petite-fille, ni l'enfant à la mamelle ne furent atteints par la contagion. 

H. R. 

Vn. — Cette thèse contient une analyse assez détaillée des recherches 
récentes sur la diphtérie ; nous ne trouvons à signaler que l'observation 
personnelle relatée par Tauteur. 

En faisant l'autopsie d'une malade morte de diphtérie, M. Gustin se fit une 
piqûre légère du doigt; la lésion était si insignifiante, qu'il ne prit aucune 
précaution. Le lendemain, traînées de lymphangite, ulcération de la petite 
plaie, qui se couvre de pseudo-membranes au sixième jour. Quelques jours 
avant cet accident, le malade était affecté de laryngite, qui le rendait aphone. 
Au huitième jour, la plaie étant en voie d'amélioration, les phénomènes de 
sécheresse de la gorge, de douleur dans le pharynx et le larynx s'accen- 
tuent. On constate, au laryngoscope, de petites plaques blanchâtres sur 
l'épiglotte et les cordes vocales. Le lendemain il ne pouvait exister aucun 
doute sur la nature diphtéritique de la lésion ; en outre, les urines exami- 
nées contenaient un peu d'albumine. Les jours suivants, le malade rejetait 
des fausses membranes, et il fallut un traitement énergique pour triompher 
de cette complication, qui retint le malade au lit une quinzaine de jours. 

M. Gustin attribue cet accident à une inoculation de la diphtérie à la suite 
de la piqûre. On pourrait aussi bien, étant donpés les troubles laryngés anté- 



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PATHOLOGIE INTERNE ET CLINIQUE Hl^IGALE. 149 

rieurs, les rapporter à une simple contagion ordinaire par les germes de 
Tair ambiant. 

VIII. — L*auteur donne, sous réserves, le récit de sa propre obser- 
vation, comme un docuntent à Tappui de la contagiosité de la diphtérie 
par inoculation directe. 

Appelé auprès d'un enfant au dernier degré de rempoisonnement diphtë- 
ritique, pour pratiquer la trachéotomie, Tauteur cherche à examiner la gorge 
et, en portant le doigt dans le pÈàrynx, est mordu par Tenfant. L'état près* 
sent d'asphyxie lui fait négliger tout soin personnel. Il pratique la trachéo- 
tomie, retire avec le doigt des fausses membranes^ une fois la trf^chée 
ouverte ; Tenfant meurt quarante-huit heures plus tard. 

I^ jour suivant, le doigt et ia main étaient douloureux , gonflés ; des 
traînées de lymphangite s'étendaient le long du bras et il y avait un peu 
d*adénite axillaire. Frissons, température à lOâ Fahr. Le matin du troisième 
jour, mal de gorge et, dans ia soirée, on trouve des plaques diphtéritiques 
sur les deux amygdales. Le lendemain, les plaques étaient plus étendues ; 
los gauglioas sous-maxillaires tuméfiés, la fièvre très forte, le pouls faible. 
Sous rinfluence d'un traitement ^proprié, le mal céda bientôt. a. a 

IX. — Heubner .a essayé de déterminer chez les animaux une afTec- 
tion ressômblant à la diphtérie humaine. On sait qiie Weigert(i?. S. If., 
XI, 480) a tenté déjà de résoudre, le problème au moyen de cautérisa- 
tions de la muqueuse trachéale. Mais à part le fait que les pseudo-mem- 
branes ainsi obtenues diffèrent à certains égards des exsudais' diphtéri- 
tiques, le processus diphtéritique chez Thomme n'offre rien d'analogue à 
une cautérisation. 

Heubner s'est donc appliqué à expérimenter dans des conditions plus 
rapprochées des processus humains. 

L'organe qui lui a semblé le plus favorable à l'expérimentation est la 
vessie, et le meilleur procédé lui a paru être lac ligature du col vésical. 
Chez les animaux soumis à cette opération, il a toujours trouvé une 
même lésion de la muqueuse, une mortiiication par coagulation, variable 
seulement d'étendue, selon la durée plus ou moins longue de la ligature. 
Quand la durée de la ligature est très courte, on note ime forte injec- 
tion vasculaire avec œdème de la muqueuse et fonte de l'épithélium ; la 
muqueuse vésicale est soulevée par places et déjà mortifiée. 

Une ligature plus prolongée ne fait qu'exagérer ces phénomènes. On 
note la formation d'épais bourrelets de muqueuse dans l'intervalle des- 
quels se voient de petites plaques jaune pâle. 

Si la ligature est laissée encore plus longtemps, ces plaques se géné- 
ralisent à presque toute la muqueuse, puis envahissent les couches sous- 
jacentes, y compris la séreuse. 

D'après Heubner il s'agit là d'un mélange intime de mortification épi- 
théliale et d'exsudation inflammatoire vasculaire. 

Heubner pense qu'on peut se figurer un processus analogue chez 
l'homme. Par suite d'un spasme prolongé ou d'une compression méca- 
nique des vaisseaux, il se produirait un état permanent d'anémie semblable 
à celui qu'entraîne la ligature du col vésical. Cette anémie a pour con- 
séquences les mêmes troubles nutritifs : 1** mortification des épithéliums ; 
2* exsudation des vaisseaux. 

La cause immédiate de ces troubles nutritifs de la diphtérie reste seule 
inconnue. En tout cas, il ne s'agit point de microorganismes,car Heubner 



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i«0 mVUB DB SCnBHCn «falICAUBS. 



tte i8B a jamais trouvés que mr les tissus morts et «m sur les i 

vivants. 

Malheureusement Heubner a échoué dans ses tentatives pour inoculer 
sa diphtérie vésicale expérimentale. 

X.~ Voici les faits observés par Seebec, à Messelhausen, à une époque 
où il n'y avait aucun cas de diphtérie dans la localité. 

En eeptembre 1881, un établissement dHneabation reçut des environs de 
Vérone 3,600 poules dont quelques-unes avaient la diphtérie; 1,400 d'entre 
elles périrent successivement de la même affection. 

L'été suivant, Tincubation d'œufs de provenances variées produisit 
1,000 poulets qui, au bout de six semaines, furent atteints par la môme épi- 
démie qui finit par les faire tous périr. 

Les 5 chats de rétablissement succombèrent à la même maladie* Le perro^ 
quet, qui en fut également atteint, guérit. 

Mais dès novembre 1881, la diphtérie s'était étendue parmi les employés de 
la façon suivante : 

Un coq italien diphtéritique mordit le gardien qui lui badigeonnait le go* 
sier avec de Tacide phénique sur le dos du pied et au poignet gauche. 

Cet homme fut pris d*une fièvre 'violente, de gonflement énorme autour des 
plaies, de lymphangite et d'adénite axillaire et inguinale du côté atteint; il 
eut de la diphtérie de ses plaies qui guérit très lentement. 

Mais ce ne fut pas tout : les deux tiers des journaliers qui soignaient les 
volatiles eurent une angine diphtéritique. L'un d'eux, en outre, transmit la 
^ maladie à ses trois enfants. 

XI. — Parmi les formes graves de la diphtérie endémique, il faut 
distinguer deux maladies entièrement différentes non seulement par leur 
évolution, mais par la nature des organismes végétaux qu'elles présen- 
tent et qui permettent d'admettre une diphtérie microsporine et une 
diphtérie bacillaire. 

La forme microsporine qui sévit de préférence dans l'Europe orientale 
(Russie, Bohême, peut-être aussi Hongrie et Styrie) se caractérise d'une 
part par l'extension relativement faible de Texsudat sur les amygdales 
et le pharynx et par sa propagation encore plus rare au larynx ; d'autre 
part par l'apparition précoce de phénomènes graves, notamment du côté 
du système nerveux; ces symptômes généraux qui sont les plus saillants 
peuvent entraîner la mort en quelques jours, malgré l'insigoiflance de 
l'angine. 

Or, dans cette forme on trouve un schizophyte que Klebs a désigné 
sous le nom de microsporon dîphteriticum. Il constitue tantôt des amas 
brunâtres de microcoques dans les couches de fibrine, tantôt des bâton- 
nets placés perpendiculairement à la surface de ces couches. 

Dans les gaines vasculaires du cerveau et de la moelle on voit en 
abondance les mêmes bâtonnets dans les points où siègent des hémorra- 
gies, c'est-à-dire sur la pie-mère et la substance corticale. C'est par 
cette lésion qu'on peut expliquer les phénomènes cérébraux graves et 
les paralysies dans les cas qui guérissent. 

La diphtérie bacillaire s'observe en nombre surtout dans l'Europe oc- 
cidentale et se localise essentiellement aux muqueuses ; c'est elle qui 
donne lieu au croup. La fièvre est modérée et ne dure habituellement 
qu'autant que les fausses membranes continuent à s'étendre. Les récidives 
et les complications septiques graves sont fréquentes; au contraire les 
ph^nomôqes Qerveux manquent ou ne surviennent que tardivement. Kit 



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PATHOLMIB mtBRNB BT OLINIQUB MBDIGALE. I5i 

revanche, l'iribnminurie est préooce. La mort résulte Boit de la gène më* 
oanique apportée à la respiration, soit d'accidents septicémiques ou de 
complioatioas viscérales. 

Dans cette forme on rencontre constamment des bacilles extrâmement 
petits qui se groupent d'abord dans Tépithélium des muqueuses. La se- 
conde altération morbide est une dilatation vBSCulaii*e énorme qui semble 
amener une stagnation du sang dans les vaisseaux dilatés. Puis survient 
l'exsudation de fibrine qui amàne le soulèvement de l'épithélium rempli 
de bacilles. 

Jusqu'ici on n'a pas constaté la présence de ces organismes dans les 
visc^es, bien que, conmie le poumon, le 'rein, le myocarde et les nerfs 
périphériques ils soient le siàge de processus interstitiels. Aussi est>il pos- 
sible que ces processus secondaires soient l'effet d'une substance chimique 
irritante fournie par les micreorganismes qui pullulent à la surface des 
muqueuses. D'autre part, il se peut que de nouvelles méthodes de re^ 
cherches permettent de constater la présence de ces organismes dans les 
voies circulatoires elles-mêmes. 

, Le violet gentiane et le bleu de méthylène qui colorent d'une façon su- 
perbe les productions parasitaires de la surface n'ont donné sous cerap* 
port que des résultats négatifs. 

Ces bacilles atteignent à peine la dimension de ceux qu'on rencontre 
dans la tuberculose; habituellement ils contiennent deux spores qui 
occupent les extrémités du bâtonnet; par la dessiccation, les sporas se 
multiplient jusqu'à doubler ou tripler de nombre. 

Les hémorragies sont assez communes dans les poumons, la muqueuse 
stomacale et le tissu cellulaire sous-cutané. Sur les coupes des poumons 
elles forment des taches rouge foncé irrégulièrement délimitées. 

n 8*y joint des hépatisations rouges interstitielles qui siègent surtout 
aux bases et ne dépendent pas d'une extension des fausses membranes 
aux bronches* Ces pneumonies vasculaires, comme les appelle l'auteur, se 
résolvent lentement. 

Les hémorragies du tissu cellulaire sous-cutané s'observent sur les 
soembres et sont visibles de l'extérieur sous forme de taches d'un bleu 
passé dont le diamètre dépasse rarement un centimètre. 

Dans Testomac, où elles sont plus rares,elles se présentent sous forme 
de nombreux petits extravasats arrondis de la muqueuse. 

Dans les complications septiques qui entraînent la mort le plus souvent 
par coUapsus rapide on observe dans l'urine à côté de Talbumine une 
grande quantité de microcoques qui ont été décrits dans le sang des 
diphtéritiques par Hûter et Tommin sous le nom de monades. 4. b. 

XII. — Ce cas est curieux, en ce que la diphtérie et la fièvre typhoïde 
coïncidèrent manifestement chez la même personne. 

Les signes locaux de la diphtérie disparui*ent momentanément pendant 
six jours, puis se montrèrent de nouveau en résistant pendant plus de 
i8 jours consécutifs. Un avortement survint à la traverse qui mit en 
danger les j(mrs de la malade : elle finit par guérir de cette double af* 
fection. u. r. 

XUI. —Stadthagen rapporte l'observation d'un jeune garçon qui, h l'âge 
de 4 aâs, avait été atteint d'une angine dipthéritique avec paralysie coosé- 
OttUve dtt vmle du palais» Depuis lors, la voix avait oopsevé un timbre mm 



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15S BEVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

sillard. Quelque temps après la guérison de l'angiiie, les parents i 
quèrent que la démarche de Tenlant était empreinte d'une certaine 
maladresse ; plus tard, on reconnut que l'enfant traînait maniiéstement 
la jambe en marchant. Cette parésie du membre inféri^ir gauche fit des 
progrès. Beaucoup plus tard, quand l'enfant eût atteint l'âge de 9 ans, 
le bras droit était également fira|qpé de parésie, avec tremUement à Voo- 
easion des mouvements intentionnels. Enfin, six mois avant la puMiea- 
tion du fait, Tenfont, examiné pour la première fois par M. Stadthag^i^ 
présentait de la parésie motrice du côté droit et des muscles innervés 
par la branche inférieure du facial. Il avait de la salivation continue, 
qu'exagérait la moindre émotion. Parole traînante, mais non scandée ; 
l'émission des labiales était gênée, comme dans les cas de paralysie bul- 
baire. Pas de nystagmus, pas de dipiopie. La démarche ressemblait à 
celle des sujets affectés de tabès spasmodique. Tremblement des jambes 
après la marche. Toute tentative d'imprimer des mouvements passi£s au 
pied ou à la jambe se heurte aune résistance occasionnée par la contrac- 
ture des muscles antagonistes, surtout à gauche. Quand le malade relève 
les membres supérieurs, il ne peut dépasser la hgne horizontale ; ses 
bras sont agités de mouvements saccadés spasmodiques. Les mouvements 
passifs imprimés aux membres supérieurs ne rencontrent de la résistance 
que quand les bras sont en abduction. Pas d'atrophie, pas de troubles 
de la sensibilité. 

L'auteur voit dans ce fait un exemple de sclérose en plaques consécu- 
tives à la diphtérie. 

XIV. — Widerhôfer insiste sur ce que les paralysies ne se dévelop- 
pent pas toujours pendant la convalescence de la diphtérie, mais dans le 
cours même de cette affection. D'autre part, les paralysies graves du 
voile du palais peuvent se développer à la suite d'angines diphtéritiques 
bénignes, comme l'auteur en cite deux exemples empruntés à son obser- 
vation personnelle. Quant au mécanisme de ces paralysies, il y a aujour- 
d'hui des raisons positives de croire qu'elles sont la conséquecce de 
troubles de la nutrition des centres nerveux, occasionnés par une actiou 
directe du virus diphtéritique. Leur pronostic offre quelquefois une grande 
gravité, loi'sque la paralysie frappe des organes dont l'intégrité fonction- 
nelle est indispensable à l'entretien de la vie. C'est ainsi que Widerhôfer 
a vu deux malades succomber par le fait d'une paralysie post-diphtéri- 
tique des muscles de la respiration. 

Le dénouement fatal peut aussi i*econnaître pour cause une paralysie 
des muscles du larynx, qui livre accès aux matières alimentaires dans 
les voies respiratoires; d'où pneumonie par pénétration des corps étran- 
gers. Souvent aussi la mort est due à une paralysie cardiaque, qui peut 
elle-même être occasionnée par une dégénérescence aiguë du cœur, ou, 
comme Widerhôfer en a observé un exemple, par une paralysie du nerf 
vague, le cœur conservant son intégiité structurale. A propos du traite- 
ment des paralysies consécutives à la diphtérie, Widerhôfer recommande 
de n'user qu'avec beaucoup de prudence des injections sous-cutanées 
de strychnine, surtout chez les enfants. e. ricklih. 

XV. — Enfant de 6 ans, bien constitaé. Pas d'autres antécédents morbides 
qu'une coqueluche et des amygdalites. En janvier 1884, il se plaint de tor- 
ticolis et d'incertitude de la marche. Bientôt sas membres deviennent £uble8 



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PATHOLOGIE INtESlNE ET CLINIQUE IfÉDIGALE. 1^ 

et 66 paralysent gradueilemeni, aussi bien les bras que les jambes. Il se 
tient à peine debout, ne peut porter sa main à sa bouche. Toute la surface 
cutanée est hyperesthésique. Pas de troubles vésicaux ni de désordres vis- 
céraux, ni d*albuminurie. 

Vers le milieu de février, la paralysie est générale et complète : l'enfant ne 
peut plus se tenir debout ni manger seul. La paralysie motrice est absolue, 
et cependant la contractilité électrique est conservée. Cet état de choses 
pendtfte environ huit jours. Après quoi, le mouvement reparaît lentement 
dans les membres inférieurs d'abord, puis dans les membres supérieurs. 
A partir de la fin de février, amélioration rapide et guérison dans les pre- 
miers jours de mars. 

La nature de cette paralysie est restée obscure. On avait songé à la myé- 
lite aiguë de landry : il est plus probable qu'on a eu a^iaire à ces troubles 
spinaux diffus comme on en constate après certaines maladies aiguës comme 
la diphtérie. L'auteur discute l'influence possible de Tamygdalite et de la co- 
queluche antérieures, ainsi que celle de la dentition (l'enfant commençait 
à travailler ses dents tle 7 ans. Il insiste sur le bOn effet que produisit Tin- 
ciBion de la gencive sur la marche de raffection. 

Au cours de la discussion qui suivit ce fait, plusieurs membres 
admirent la possibilité d'une paralysie réflexe : Nixon regarda le cas 
comme un exemple de paralysie diphtéritique, Tamygdalite du mois de 
décembre s'étant accompagnée de quelques points blancs sur la gorge. 
Cette interprétation semble la plus plausible. h. r. 

XVI. — Le point intéressant de cette communication est l'examen 
microscopique de la moelle d'un enfant mort de paralysie diphtéri- 
tique. 

Deiiix ordres de lésions sont rencontrées dans cette autopsie : 1"* une 
injection des petits vaisseaux qui sont gorgés de sang et distendus par 
des amas de leucocytes ; S"" des modifications intéressant les cornes an- 
térieures de la moelle. Les cellules nerveuses sont partiellement atro- 
phiées, quelques-unes ont perdu leur noyau, beaucoup sont granuleuses 
et graisseuses, la plupart n'ont plus leurs prolongements ramifiés. Nulle 
part l'auteur n'a vu d'hypertrophie ni de gonflement des cellules mo- 
trices. La névroglie parait normale. Les lésions siègent surtout à la 
région cervicale et dorsale de la moelle ; la région lombaire est relative- 
ment saine, ainsi que le bulbe et la protubérance. Les noyaux du plan- 
cher du 4* ventricule sont normaux d'apparence. En somme, il s'agit 
d'une poliomyélite antérieure diffuse, ce qui confirme les recherches de 
Déjerine sur ce sujet. h. r. 

XVn. — Sur 259 enfants admis pour diphtérie, de 1874 à 1882, on a 
compté 24 paralysies. 

L'époque du début de cette complication a oscillé' du 4* au 69* jour de 
la maladie. La moyenne donne le 23* ou 24* jour. 

Tandis que la diphtérie atteint à peu près aussi fréquemment les deux 
sexes, les paralysies sont deux fois plus communes chez les filles. 

En général, la paralysie initiale est celle du voile palatin, qui- est le 
phis souvent bilatérale. 

Viennent ensuite, par ordre de fréquence, les troubles visuels portant 
sur l'accommodation ou sur la locomotion. Les troubles d'accommodation 
sont de beaucoup les plus ordinaires. En effet, Homer, sur 90 cas de 
parésies de l'accommodation a vu 24 diphtéritiques, tandis qu'il n'en a 
trouvé que 8 sur 461 cas de paralysies des muscles de ToBil. 



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114 mvtjfl DIS tcitMcn MÉDICALM. 

Dans tm peu moins de la moitié des oAs de Uy^ublês Ooidtifet, on a 
noté tm AffâibliAsemont dé l'acuité visuôlle. 

Une seule fois les tierfô optiques n'étaient pas normaux. 

On a rencontré également un exemple d'astigmatisme léeer. 

Presque chez tous les malades, il existait une hypermétropie consi- 
dérable, parfois inégale pour les deux yeux. 

Le traitement principal a consisté en toniques et en usage de Yerrea 
convexes. 

Les paralysies des membres sont ordinairement opiniâtres et corn-* 
phquées de troubles de la coordination ; leur développement est gfadueL 
Chez la majorité dêê enfants, les deux membres étaient affbctés. 

Un seul malade a offert des troubles de la sensibilité. 

Un autre a eu une atrophie des deltoïdes. 

On constate toujours un affaiblissement des réflexes tendineux, de la 
contractilité faradique et parfois même de la galvanique. 

La paralysie du larynx est aussi commune que celle des membres. 

4 enfants ont eu une paralysie faciale qui chez 2 était double. 

8 ont eu une paralysie des hypoglosses et des muscles dn pharyn](. 

1 autre a présenté une paralysie des muscles abdominaux. 

Chez une fillette, la paralysie unilatérale des muscles dorsaux entraiâd 
une cypho-scoliose. 

1 fois il y A eu paralysie vésicale et 1 fois paralysie de sphincter âùàl. 

3 petits malades ont eu des vomissements. 

Chez 7, l'albuminurie est venue se joindre aux paralysies. 

La durée de la paralysie a varié de 8 à 88 jourSi soit 31 jours en 
moyenne. 

Toutes les paralysies ont fini par guérir. j. b, 

XYIU. — L'auteur a, dans 21 cas de diphtérie, recherché le phénomène 
du genou, dans 7 cas le réflexe a persisté des deux côtés, dans un cas 
il existait à gauche et manquait à droite* 

Étudiant 12 observations publiées en Allemagne, par divers auteurs, 
il note une diminution des réflexes dans 11 cas. Il en tire les conclu- 
sions suivantes : 

1"" Dans un très grand nombre de cas d'origine diphtérique le réflexe 
patellaire diminue quelques semaines après la maladie ; 

2"* On peut observer cette diminution même à la suite d'une diphtérîe 
légère, ayant donné lieu à des troubles nerveux consécutifs eux-mômea 
très légers ; 

3° Quand les réflexes diminuent (de la 5^ à la 8« semaine après la diph- 
térie) on ne peut pas affirmer que plus tard ils ne pourront diminuer 
encore. D'autre part, les réflexes étant revenus à l'état normal à la â^ou 
4* semaine, mais le malade présentant des troubles nerveux, il se peut 
que l'état des réflexes reste normal ; 

4'' La diminution des réflexes commence en général d'un côté et 
quand ils réapparaissent le réflexe est également plus marqué d'un côté 
que de l'autre ; 

ô*" Les réflexes ayant diminué peuvent revenir à l'état normal pendant 
5 ou ô mois, puis diminuer à ce moment une seconde foisi sans qu'il y 
ait aucun trouble nerveux ; 

6^ Comme six mois après la diphtérie on peut oonsidértr l'individu 



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PATHOtf»» WWWW » OLmtQU» MÉmCALE. tw 

Mitimê revenu à l'étet gain, cette disparition des réfltxee à ôê moment 
est intéressante «u point de vue de l*étude des reflètes à l'état sain ; 

7*» Comme la diminution des réflexes peut se produire très t«rd> Tau- 
leur ne peut affirmer quil y ait des cas où cette diminution n'a pas 
lieu ; 

»» n n'y a aucune relation entre les reflètes tendineux et les réflexes 
cutaoés ) 

9* Pour pouvoir affirmer la diminution des réflexes il faut s'assurer 
que le triceps fémoral est en bon état, qu'il répond aux excitations éleC'* 
triques et qu'il n*est pas atrophié* L'auteur rapporte à ce sujet une courte 
observation de paralysie atrophique, chea un enfant de 7 ans, à la suite 
d'une diphtérie. 

A la suite de la diphtérie Comme ft la suite de diverses maladies infeo- 
Ueuses^ on peut observer des phénomènes alaxiques et la disparition à\k 
réflexe rotulien. Bernhardt se demande s'il y a une relation entre ces 
deux complications. Il pense que la coexistence est possible, mais que 
chacune de ces oomplioations peut se produire séparément. Il se de-> 
mande ensuito si l'on peut attribuer, comme danâ le tabès, la diminution 
du réflexe à une lésion des parties (^ises de la moelle ou des racines 
rachidiennesi Ne pouvant se baser sur l'anatomie pathologique, ii se 
contente d'argruments tirés de la clinique, et ne croit pas qu'on puisse 
admettre une lésion médullaire chels un sujet qui n'a pas d'autre mani» 
festation nerveuse que cette diminution du réfle)te rotulieti, diminution 
elle-même transitoire et pouvant survenir h un moment o6 la santé est 
complètement rétablie. r. oàllois« 

XIX. — L'auteur a étudié les reins dô dit malades qui avaient sac- 
.eombé à dés cas graves de diphtérie. 

Pendant la vie on avait observé de la diminution de la quantité des 
urines. Le poids spécifique était abaissé : lOiO à lOËOi Jamais l'urine 
n'a été hémorragique. L'albuminurie s'est montrée surtout dans les 
cas graves. Elle a pu s'élever de 1,8 à 2 0/0. On trouvait dans Turine, 
au microscope : !• des cylindres hyalins, granuleut, cireux, grariulo- 
graieseux; 2* dés éléments épithéliaUTt libres, troubles, gonflés, à noyau 
peu apparent ; i*» des globulea blancs assea nombreux ; 4<» des globules 
rouges; 6» des noyaux adipeux (une seule fois) ; 6» des masses hyalines ; 
5* des ôellulea épithéliales des voies d'excrétion de l'urine ; 8» des urates 
amorphes, de l'acide Urique et des cristaux d'oxalaie dé chaux. 

Fiirbringer a recherché aVèC soin s'il existait dans Turine des orga* 
nismes inférieurs; ils ont toujours manqué quand les recherches oht 
porté sur des urines fraîchement recueillies. Cela l'amône à douter que 
les particules qui s'étaient colorées par la. méthode de Kannenberg 
étaient réellement des Iniérococcus ; le violet de méthyle colorerait donc 
non seulement les micrococcus, mais aussi les granulations protéique84 
Voici, en résumé, l*ôtat anatomique des reins. Ils étaient maoroscopi-" 
quement sains; leur substance corticale étaient anémiée. L'épithélium 
des tubes urinifères du labyrinthe était atteint de dégénérescence paren* 
chymateuse, à peu près comme dana « la foi*me abortive du rein 
fébrile. > 

D'autres fois encore, Isa coupes de la substanoa corticale étaient trou^ 
blés, pâles. La dégénérescence était jplUs p^noû^ée^ étendue mtt glo* 



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15é REVUE DBS SCIENCES MEDICALES. 

mérules. On commençait à apercevoir des lésions interstitielles. Les 
canaux médullaires étaient atteints çà et là d'inflammation catarrhale, il 
n'y avait pas de lésions médullaires. 

D'autres, enfin, étaient gros, jaunes, comme dans les formes hémor- 
ragiques de la scarlatine. La dégénérescence graisseuse du parenchyme 
était plus marquée et les lésions du stroma conjonctif beaucoup plus évi- 
dentes. A. MATmsu. 

XX. — Le travail de Fischl sur les affections rénales d'origine diph- 
térique comprend deux parties, Tune clinique, Tautre anatomique. 

A. Recherches cliniques. — L'albuminurie n'est pas, dans la diphtérie, 
aussi fréquente qu'on l'a écrit, elle n'a aucun rapport avec la gravité 
de la maladie. Quand elle existe, on trouve dans l'urine : 1® des cellules 
égithéliales provenant du rein ; 2** des globules rouges du sang qui ont 
le plus souvent abandonné leur hémoglobine ; S"" des cellules provenant 
des voies urinaires ; 4*» des leucocytes ; 5* des cylindres, mais non cons- 
tamment. Malgré des recherches réitérées l'auteur n'a jamais pu cons- 
tater la présence de microbes dans les urines fraîches. 

L'auteur rapporte ensuite, à titre d'exception, deux faits de diphtérie 
dans lesquels on observa tous les symptômes du mal de Bright, notam- 
ment l'hydropisie qui, dans le cas particulier, est très. rare. 

B. Recherches anatomiques. — La tunique adventice des artères est 
épaisse, l'endothélium est tuméfié et desquamé. Les veines et les capil- 
laires présentent souvent à leur périphérie de petits amas de leucocytes. 
L'endothélium des glomérules est tuméfié et ces glomérules peuvent 
être ti*ansfprmés en une masse hyaline pauvre en noyaux. 

Le stroma est plus ou moins infiltré de cellules lymphoïdes. 

Dans les canalicules on trouve les cellules épithéliales tuméfiées, un. 
peu graisseuse ; on y rencontre aussi des globules blancs et rouges, 
mais jamais de microbes. 

L'auteur conclut en disant que la néphrite de la diphtérie n'est pas 
seulement parenchymateuse, mais aussi interstitielle. m. debovb. 

XXI. — La statistique dressée par l'auteur comprend 85 cas de diph- 
téri e de forme et de gravité variées : angines, croups, forme simple» 
forme infectieuse, etc. Sur ces 85 cas, il y a eu 73 cas d'albuminurie. 

Ces 85 cas se divisent en quatre groupes : 1* absence d'albuminurie ; 
2^ cas dans lesquels il y a un nuage d'albumine ; S° cas dans lesquels il 
existe une quantité notable (de 0,25 à 1 gramme); 4^ cas dans lesquels 
Talbumine est abondante (de 1 à 15 granmies). Cette dernière dose n'a 
été constatée que chez un seul malade. 

Sur ces 85 malades, on compte 85 guérisons, 50 morts dont 10 chez 
des malades non albuminuriques. 

L'albuminurie n'a pas, en effet, d'une façon générale, grande valeur 
pronostique ; chez les 29 malades n'ayant qu'un nuage d'albumine, on 
compte 7 morts ; sur 19, avec quantité notable d'albuminurie, 11 morts ; 
sur 16, avec albuminurie considérable, 13 morts. Mais à doses élevées, 
la présence de Talbumine implique un pronostic fâcheux. a. g. 

XXII. — A la suite de la diphtérie, il est des cas où les verres sont 
impuissants contre Tamblyopie, qui parait tenir à une certaine parésie 
de la rétine. Sur 13 cas de troubles de l'accommodation, Herschel en a 
noté 6 associés à une lésion de ce genre. 



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PATHOI^OOIB INTERNE ET CLINIQUE MEDICALE. 157 

En rentrant à l'école, les convalescents de diphtérie s'aperçoivent, 
quand ils veulent lire, que tout est confus devant leurs yeux, ils ont des 
papillotages, la tête chaude et des battements dans le front. Maîtres et 
parents n'ajoutent pas foi à leurs plaintes, parce que leurs yeux sem- 
blent sains. L'examen ophtalmoscopique est également négatif. 

L'askhénopie va croissant et il survient un rétrécissement concen- 
trique du champ visuel. Les signes de Thyperesthésie rétinienne font 
défaut. Les troubles de Taccommodation ne sont pas des plus intenses. 

Il n'est d'ailleurs pas besoin d'instituer un traitement spécial contre 
cette torpeur rétinienne, et elle disparaît spontanément en 3 ou 4 se- 
maines. On fait seulement la médication symptomatique des troubles 
concomitants de l'accommodation et l'auteur rappelle à ce propos qu'en 
cas d'inefScacité de l'ésérine, il faut recourir à son antagoniste, à l'atro- 
pine. J. B. 

Ytriations horaires diurnes et nocturnes de la température dans la pnenmonie, 
par J. HEMRT (TbèM de Nancy, 1884). 

L'auteur a enregistré toutes les deux heures, nuit 'et jour la tempéra- 
ture axillaire chez des malades atteints de pneumonie et il a poursuivi ses 
investigations pendant le cours et la convalescence de cette affection. Il 
a réuni de la sorte 9 observations dont l'étude comparative lui a permis 
de formuler quelques considérations sur la courbe thermoscopique réelle 
de cette maladie. 

La température peut présenter pendant toute la durée de la pneumonie 
des oscillations quotidiennes qui affectent soit le type intermittent, soit 
le type très rémittent, soit enfin le type rémittent. La durée de ces oscil- 
lations varierait suivant que la maladie doit se terminer par la mort ou 
par la guérison; dans le premier cas les oscillations relativement faibles 
se succèdent à des intervalles courts et irréguliers ; dans le second cas, 
les oscillations plus amples sont périodiques, quotidiennes. Ces indications 
thermiques semblent donc entraîner avec elles une réelle valeur pro- 
nostique. 

Dans l'espace de 24 heures, les rémissions se font des heures moyen- 
nes de la journée aux heures moyennes de la nuit, et les exacerbations 
suivent la marche inverse. Les maxima se trouvent ainsi en général 
entre 10 heures du matin et 2 heures du soir et les minima entre 10 heures 
du soir et 2 heures du matin. 

La marche de la température envisagée pendant tout le cours de la 
pneumonie se divise en trois périodes : une période d*augment pendant 
laquelle le niveau supérieur des oscillations s'élève de jour en jour, une 
période d'état caractérisée par la succession de plusieurs oscillations 
atteignant une hauteur à peu près égale, et enfin une période de défer- 
rescence. Cette dernière se fait suivant 2 modes, le premier traînant 
consiste dans la diminution progressive des maxima. Dans ce cas, on 
constate entre la fin des rémissions et le commencement des exacerbations 
un intervalle de repos augmentant de jour en jour pendant lequel la tem- 
pérature reste stationnaire ou s'élève moins rapidement. Le second mode 
de défervescence est rapide, il se cai*actérise par un écart brusque entre 
2 maxima consécutif», en deux oscillations, la défervescence est ac- 
complie. P* PARISOT. 



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15g KEVUS DES 8CIEHGËS MÉDICALES. 

Note snr QA oat d'épanchéméni ekyliltoniia au pMtdittt, pif M. LBTUUB {Bêwm 
de médeoiùey aepumbrt i884}« 

Enfant de 8 an», atteint ë*ane affection mitrale d'origine rhumatismale^ 
arrivée rapidement à Tasyatolie. Lore de son entrée à Tbôpital on constate 
la prôsenoe d'un foie énorme» d'une asoite jtrès prononcée et d'un hydrolhorax 
double. L'anasarque était également très accentué. Une ponction de l'ab- 
domen pratiquée à l'aide de Tappareil Potain donna issue a deux litres de 
liquide lactescent. L'enfant mourut néanmoins quelques jours après, l'au- 
topsie ne put être faite. 

L*auteur profite de cette circonstance pour passer en revue les théo- 
ries qui ont été proposées pour expliquer la production des épanche- 
ments chyliformes des séreuses. En ce qui concerne le péritoine, il croit 
que tous les cas d'ascite chyliforme, connus jusqu'à ce jour et suivis 
d*ezamen cadavérique, sont des cas de péritonite chronique tubercu- 
leuse, cancéreuse ou simplement nëo-membraneuse. L'existence des 
lésions inflammatoires chroniques représente, d'après lui, l'un des élé- 
ments les plus constants de la genèse des péritonites et des pleurésies 
avec épanchement chyliforme. Il croit enfin que la régression granulo- 
graisseuse des produits inflammatoires épanchés (fibrine et leucocytes) 
suffit, peut-être, pour composer la totalité de la graisse émulsionnôe, ai 
suspens dans la sérosité pleurale ou péritonéale. g* omAmiBAu*» 

De la parèsie analgéflique à panaris des extrémitéa anpérietirea ou paréso- 
analgésie des extrémités supérieures, par MORVAN (Gftr. bebdom,, a* 85, 96 
et 38, 1888). 

Sous le nom de parésie analgésique à panaris, l'auteur décrit une affec- 
tion nouvelle dont il a observé 7 cas. Cette affection siège sur les extré- 
mités thoraciques. Elle est d'abord localisée à un des membres dont elle 
occupe les deux segments inférieurs, avant-bras et main ; au bout de 
quelques années elle gagne le membre supérieur de l'autre côté ; dans 
un cas seulement, après avoir occupé successivement les deux membres 
thoraciques, elle a fini par envahir l'un des membres pelviens. Le début 
est marqué par des douleurs névralgiques, procédant par crises, assez 
violentes parfois pour troubler le sommeil. Bornée souvent à Tavant-bras 
et à la main, les douleurs commencent quelquefois aux bras et irradient 
jusqu'aux doigts. A la manifestation névralgique s'ajoute rapidement une 
parésie avec affaiblissement de la contractilité faradique des muscles de 
l'avant-bras et de la main ; cette paralysie aboutit à l'atrophie* Enfin, 
fait qui le premier appelle l'attention de Morvan, il existe dans tous les 
cas, une analgésie complète des parties affeotées, à ce point que les inci- 
sions pratiquées aux doigts ne provoquent pas la moindre douleur. L'a- 
nalgésie est habituellement, mais non toujours accompagnée d'anesthésie. 

Ces sortes de mains, atteintes tout ensemble de parésie et d'analgésie 
sont sujettes, par intervalles éloignés à des panaris avec nécrose d'une 
ou de plusieurs phalanges. Ces panaris se développent habituellement avec 
la première atteinte de l'affection dans chaque membre. Ils sont multiples, 
et atteignent successivementtousou presque tous ies doigts, mais jamais 
le même doigt n'est atteint deux fois de panaris. Ces panaris sont le 



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PATH0L06IB tKTSRNË BT (SLtNlQUB lliDIGALB. I5t 

plus souvent indolentSi ou bien, si, exceptionnellement ils sont doulou- 
reux pendant les premiers joiups de leur évolution, leur incision et Tex- 
traction de la phalange nécrosée ne provoquent pas la moindre douleur. 
Les membres frappés de parêsie analgésique sont le siège d'^un gonfle- 
ment notable, surtout en hiver ; on y constate également divers troubles 
irophiques, tels que gerçm*es permanentes, phlyctdnes avec exulcératioui 
déformation des ongles. Enfin> les extrémités malades sont froides, et 
oet abaissement de température est pénible pour le patient. 

La marche de la maladie est essentiellement progressive. Elle procède 
par étapes, se confinant pendant plusieurs années dans un seul membre 
thoracique. Celle des douleurs névralgiques, celle de la parésie analgé- 
sique, enfin celle des panaris successifs. Le plus souvent rafTectlon 
gagne l'autre membre supérieur et elle procède de la même façon. 
Jamais elle ne guérit, mais elle dure très longtemps et n'amène pas la 
mort. 

L'étiologie est encore des plus obscures. Quant à la nature, on ne peut 
qu'invoquer un trouble ou une lésion de tous les nerfs d'une extrémité, 
probablement de cette portion de l'axe médullaire qui préside à l'inner- 
vation des extrémités thoraciques. Des différences essentielles séparent 
la pai'ésie analgésique à panaris de la gangrène symétrique des extré- 
mités de la sclérodactylie, du panaris nerveux de Quinquaud. 

p. MfllUCLKIf» 

Myxodème et béribéri, ou hydroparésie névrovascolaire, par Basile PÉRIS 

(Gm. hebé„D.^ 188$. 

L'auteur cherche à démontrer l'identité du béribéri et du myxœdème, 
celui-ci pouvant être considéré comme un béribéri nostras. Les deux 
affections ont pour symptômes principaux un œdème plus ou moins 
étendu et raffaiblissement de la motilité ; l'œdème et les troubles nerveux 
présentent dans les deux cas les mêmes particularités; de même encore 
pour les caractères plus accessoires. 

Le béribéri, pas plus que le myxœdème, ne s'observe au-dessous de 
15 ans, mais le premier parait plus fréquent chez l'homme, le second 
chez la femme. D'ailleurs les causes essentielles des deux affections 
résident dans l'humidité et les variations brusques de température. Aussi 
Pînfluence curative des changements de lieu leur est-elle commune. En- 
fin la pathogénie proposée par l'auteur pour le béribéri s'applique aussi 
bien au myxœdème ; les variations météorologiques, en faisant contrac^ 
ter les vaisseaux cutanés détermineraient une hyperémie avec œdème de 
la moelle, d'où la parésie, mais, à cette excitation des vaso-moteurs pé- 
riphériques succéderait l'épuisement, â*où l'œdème. p. hirkuen* 

OtaerraUen d'anénitme de raorie abdominale, par P. SIMOM (Rer. méd. de 

l'Est, a* il, 1888). 

11 s'agît d'une tumeur, mesurant 46 centimètres de long, pesant plusieurs 
kilos, et s'étendant de l'origine du tronc cœliaque, jusque dans la ouïsse, au« 
doBSOiM de Tareade empale. La marehe fût si rapide qu'un espace de neuf 
QMMS à peine s'éeoula entre les premiers phénomènes et la mort, et que quatre 
■MHS suâUienl à raBévrisme pour atteindre ces éûeftmtm dimeasiims^ 



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tOQ REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

. Cette tumeur, bien que sa nature eût été reconnue au début, donna lieu par 
la suite à deux erreurs de diagnostic. — « Au l*'' juillet apparaît au-dessous de 
Farcade crurale gauche, comme si elle était contenue dans la gaine du psoas, 
une tumeur molle, fluctuante, indolente, sans altération de la peau, et com- 
imuniquant avec une autre tumeur de môme nature, que Ton sent profondé- 
ment dans la fosse iliaque. La cuisse tend à prendre une position fléchie sur 
le bassin; l'état général s'aggrave, le malade devient pâle et maigi'e; malgré 
l'absence complète de douleur ou de déformation de la colonne vertébrale, on 
songe à un abcès par congestion. — « La tumeur supérieure augmente ; le 
bord des fausses côtes est relevé; la paroi abdominale elle-même est animée 
de soulèvements rythmiques, la cachexie arrive, et est attribuée à un 
néoplasme (ostf^o-sarcome pulsatile du bassin.) » 

L'éliologie de cet anévrisme est des plus obscures ; le point de départ 
semble avoir été le ramollissement d'une plaque athéromateuse. c. z. 



GYNÉCOLOGIE. 



Vicariirende Menstruation nnd Menstrual-Exantheme, par HEITZMANN {Wien, 
med, Jabrbùcber,Heft i, p. 9, 1884). 

Les hémorragies supplémentaires des règles peuvent se faire dans les 
parenchymes ou à la surface des muqueuses ; elles peuvent avoir liôu 
également dans le tissu cellulaire sous-cutané. Voici d'abord deux 
exemples d'une pareille déviation du flux menstruel : 

1" Dne servante de 16 ans affirme qu'elle n'a jamais été réglée, mais que 
tous les mois (depuis quatre mois) elle a du gonflement des extrémités avec 
des douleurs à la région ovarienne, et de plus des éruptions cutanées. Ja- 
mais de rhumatisme articulaire. 

On voit sur tout le membre inférieur et sur Tavant-bras des taches viola- 
cé(;8 ou bleues, larges comme des pois ou comme des noisettes, isolées ou 
confluentes, persistant sous la pression du doigt. Elles résultent manifeste- 
ment d'hémorragies du tissu cellulaire sous-cutané.Gomme l'éruption se com- 
pose de plusieurs poussées, on trouve à côté des taches récentes des macules 
bruaes ou verdâtres. Il n'existe pas de lésion viscérale appréciable. La fille 
est vierge, elle a l'utérus peu développé ; les ovaires paraissent tuméfiés. Pas 
d'hémorragie extra-génitale. 

Au bout de quatre jours l'œdème et les douleurs disparaissent; les sugil- 
lations cessent. 

Pendant un mois, rien d'anormal. Au bout de ce temps (22 février 1882), 
nouvelle éruption analogue à la précédente. 

Au mois de mars survient un léger catarrhe du col : on le traite au moyen 
de la canule de Bandl qui détermine un peu d'écoulement sanglant. Le 
22 mars, menstrues normales pour la première fois. A partir de cette époque, 
la jeune fille est guérie : les manifestations cutanées font place à l'écoule- 
jnent physiologique. 

2<^ Fille de 21 ans, n^ayant jamais eu ses règles ; depuis six mois elle a pé- 
t^iodiquement des accidents analogues à ceux de la précédente observation : 
œdème des extrémités, pétéchies ; en même temps un malaise qui la force 



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GYNECOLOGIE. i6l 

à garder le lit pendant deux jours. Môme traitement et même succès théra- 
peutique que dans le premier cas. 

Les deux observatioas qui suivent sont des exemples d*érythème 
menstruel : 

!• Fille de 20 ans, jamais réglée. Depuis quatre mois les règles sont rem- 
placées par une éruption qui envahit d'abord le visage, puis la nuque, la poi- 
trine et le dos, et s'accompagne de malaise et de fièvre pendant plusieurs 
jours. Depuis quatre mois aussi les mamelles ont acquis un certain dévelop- 
pement. 

L'auteur décrit l'éruption : c'est d'abord une hypérémie cutanée analogue 
à rérythème, déterminant un prurit désagréable. La malade se grattant d'une 
façon très active, l'éruption revêt l'aspect de l'eczéma, mais sans vésicules 
apparentes; les plaques se recouvrent parfois de légères squames. 

L'auteur a vu plusieurs fois de suite cet érythème menstruel chez sa pa- 
tiente ; elle a Tutérus infantile. 

â<* Fille de 19 ans, réglée depuis Page de 16 ans, mnis d'une façon très 
inégale. Les menstrues sont parfois remplacées par des taches érylhéma- 
teuses aux avant-bras, au visage et au tronc. L'utérus est petit. La malade 
désirant se marier, est soumise à divers traitements qui échouent; l'auteur 
lui fait alors des applications caloriques locales au moyen de son appareil 
(Wôrmeregulator) et réussit à rétablir les fonctions physiologiques. 

L. GALLIARD. 

Soma remarki on the value of permanganate of potassinm in amenorrhœa, 
par Edmnnd J. DOERING {Chicago gyn. Soc, 20 mars 1885/. 

l** Le permanganate de potasse, à la dose de 2 à 4 grains, est un 
emménagogue eiTicace, à la condition d'être administré au moins pendant 
une quinzaine; 

2'' L'administration de doses suffisantes pour obtenir ces effets déter- 
mine des douleurs assez vives qui empêchent souvent de prolonger la 
médication; 

S*" Comme, mode d'administration, l'auteur recommande les capsules 
de permanganate données dans l'intervalle des repas et suivies de Tin- 
geslion d'un peu d'eau minérale (voy. R. S, J/., XXV, 223). a. g. 

Zur Kenntniss der hysterischen Phantomgeschwûlste (Contribution à l'étude des 
fausset tumeurs chez les hystériques), par 6. KRUKENBER6 (Archir fur 
G/Dtekologio, Band XXIII, Heft 1, 1884). 

Le développement de Tabdomen que l'on observe chez les hystériques 
et qui simule une tumeur volumineuse serait dû d'après l'auteur à un état 
particulier d'accommodation des muscles de la colonne vertébrale. Cet 
état d'accommodation produit une lortiose permanente de la colonne ver- 
tébrale, et la tuméfaction de l'abdomen est la conséquence de cette lor- 
dose, qui produit une augmentation notable de la pression intra-abdomi- 
nale. h. de brinon. 

Pltttenepithel im Utérus (Psoriasis Uterint), par A. ZELLER [Zeitsebrin fur 
Gtburtahûltt und Gynakologie, Band XI, p. 176). 

Dans toute espèce d'endométrite chronique, des couches plus ou moins 
nombreuses d'épithélium pavimenteux peuvent se former aux dépens de 

TREIZliuiE ANMiB. — T. XXVK H 



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laS REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

répithélium cylindrique qui tapisse la muqueuse du corps et celle du coL 
On retrouve dans cet épithéiium pavimenteux, comme dans Tépithélium 
du vagin et dans l'épidermC; une couche profonde à cellules cylindriques,, 
une couche intermédiaire avec des formes de transition et une couche 
superficielle dépoui»vue de noyaux et susceptible de subir la tranbforma- 
tion cornée. Tels sont h^s faits que J*auteur a constatés dans une série de 
66 observations, dont 3 autopsies. Le raclage fréquemment employé à 
la clinique de Halle, soit dans un but diagnostique, soit dans un but thé- 
rapeutique, a fourni à Tauteur la plupart des matériaux de ses recherches. 
Des précautions minutieuses étaient prises par lui pour éviter le mélange 
des produits de la cavité utérine avec les séci'étions vaginales. Il s*agis* 
sait, dans tous les cas, de ces catarrhes utérins chroniques qui sont si 
souvent la suite de la métrile chronique, des déviations utérines ou de la 
vaginite. 

Les principales altérations constatées dans le tissu de la muqueuse du 
corps sont les suivantes : 

Les glandes sont le plus souvent modifiées dans leur forme, mais elles 
ont à peu près conservé leur longueur. 

Dans le tissu interglanduiaire, on trouve constamment une inilltration 
de petites cellules rondes. 

Les cellules épithéliales présentent les formes les plus variées : pns- 
sant de la forme cylindrique à la forme pavimenteuse, telle qu'on l'ob- 
serve dans le vagin ou sur la muqueuse de la langue. 

L'auteur n*a jamais rencontré de cils vibratils. 

En général, on trouve au-dessus des cellules cylindriques de grandes 
cellules claires, succulentes, se rapprochant de la forme cubique, puis 
des cellules aplaties, rondes ou polyédriques, et entin, de très grandes 
cellules très pâles, tout à fait aplatit s, rondes ou polygonales, présentant 
souvent des plis et des bords irrégulieis. Le protoplusma de ces cellules 
est tendre et légèrement granuleux, surtout au voisinage du noyau. Les 
plus grandes de ces celluks atteignent 0,097 de longueur sur 0,054 de 
largeur. Quelques-unes sont >ans noyaux et renferment des granulations 
graisseuses, ou ressemblent aux cellules cornées de Tépiderme. Tandis 
que les cellules cylindriques se présentent pres(|ue toujours groupées 
sous forme de palissades, les cellules polymorphes sont presque toutes 
isolées, et les cellules pavimcnteuscs sont groupées par couches faciles 
à distinguer lorsqu'elles se présentent par le bord, ou disposées ea 
mosaïque lorsqu'elles bO présentent de face. Les cellules cylindriques 
sont géiiéralement plus volumineuses que sur la muqueuse normale, et 
rau.::meniation de volume porte plutôt sur la longueur que sur Tepiiisseup. 
Toutes les fois que des injections d'iode o;it été faites, on trouve, les 
jours suivants, une plus grande quantité d'épithélium pavimenteux. 

Les glandes sont hypertrophiées. L'épiihelium glandulaire conserve la 
forme cylindrique ou cubi({iie; mais on trouve au-dessus de répithélium 
cylindrique, et surtout au voisinage de l'orilice des glandes, des cellules 
de transition qui remplisseut plus ou moins la cavité de la glande et 
sont accompagnées, dans quelques cas d'épiihélium pavimenteux. 

Un caractère constant de cette hypertrophie de la muqueuse est la pré- 
sence de saillies ou viliosilés visibles seulement au microscope. Ces sail- 
' lies sont formées à leur centre de cellules courtes et à la périphérie dô 



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GYNÉCOLOGIE. lOl 

cellules plus volumineuses : elles sont limitées par de grandes cellules, 
non complètement plates, mais se rapprochant de la forme plate. 

La muqueuse du col présente souvent les mêmes modiAcations que 
celles du corps : souvent aussi, elle conserve ses caractères normaux. 

Dans 5 cas, Tauleur a observé une véritable transformation cornée de 
répithéiium pavimenteux superâciel et une exfoliation spontanée de larges 
membranes formées de cellules cornées. Par Taddition d'une solution 
alcoolique d'acide picriqne, ces cellules présentent la coloration jaune de 
coin foncé Ci<ractëristique, et Tad iition d'une lessive de potasse fait appa- 
raître un grand noyau gonflé, sphériqiie. Sur certaines coupes, l'auteur a 
obtenu par le traitement qu picro-carmin la réaction caractéristique de 
l'éléidine (Ranvier) ; apparition de gouttelettes rouges sphériques dans 
la zone immédiatement sous-jacente à" la couche épithéliale dépourvue de 
noyaux. h. db brinon. 



Ueber Hydrocele muHebris, par HENNIG {Archir fur Gynakologie, Band XX V^ 

lien 1|. 

L'anteiu* a réuni 41 cas d'hydrocèle chez la femme, y compris 2 cas 
personnels. 8 fois la lésion siégeait à droite, 6 fois à gauche ; 2 fois elle 
était bilatérale. 5 fois le contenu était sanguin, dans quelques cas il était 
constitué par du sang pur, coagulé ou non. 

25 lois sur 40, Thydrocèle était complète, c'est-à-dire remplissait le 
canal inj^inal. 3 fois seulement on a pu constater d'une manière certaine 
que la poche liquide était complètement indépendante de la cavité abdo- 
minale. Dans deux cas elle était formée par le canal de Nuck, et dans le 
troisième cas elle enveloppait le ligament rond. Dans plusieurs cas, les 
kystes étaient cloisonnés. 

L'opération de l'hydrocèle chez la femme a été faite 33 fois : deux fois 
il y avait une anse d'intestin grêle. Dans un des deux cas obsei'vés par 
l'auteur, on put constater, après l'ablation du kyste du ligament rond, la 
présence d'une anse d'intestin dans le canal ; et l'opérée fut obligée de 
porter un bandage herniaire. 

La tumeur est indolente à son début, elle grossit lentement, en suivant 
la direction du pli inguinal. La fièvre est rare, à moins qu'il survienne 
de l'inflammation. L'inflammation peut se développer spontanément sous 
la seule influence d'une tension exagérée. La peau s'amincit souvent 
jusqu'à permettre la transparence. L'hydrocèle peut donner lieu à des 
accidents d'étranglement, même en l'absence de viscères. 

Le diagnostic entre la hernie et Thydrocèle est toujours très difficile. 
Dans le cas d'inflammation de l'hydrocèle, la présence de vomissements 
sans rétention des matières fécales exclut l'hypothèse d'une hernie. On a 
observé dans plusieurs cas le développement de gaz putrides dans l'hy- 
drocèle sans que ces gaz pénètrent dans la cavité abdominale. 

La guérison complète a été obtenue 23 fois par l'opération ; 7 fois la 
guérison a été incomplète, 5 fois notamment il y a eu récidive : 2 cas 
de mort, dont un en dehors de toute opération par péritonite (Pitha), et 
Fautre par phlegmon consécutif à l'opération (Chassaignac). Dans le cas 
d'hydrocèle complète, le traitement consiste dans la réduction et l'appli- 



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164 REVUE DES SCIENCES MEDICALES, 

cation d*un baadage jusqu*à oblitération du canal. La simple ponction a 
suffi dans deux cas d'hydropisie du canal de Nuck ; l'injection de teinture 
d*iocle a réussi dans 4 cas ; dans un b^ cas il fallut exciser le sac. 

H. DE BRUfON. 

Die Bildungsfehler dei Hymeni (Les anomalies de déTeloppement de l'hymen), 
par R. OOHRN (ZtUaehrifi fUr Geburishûlfe undGynmkologie, Band XI^ Hett 1). 

La forme normale de Thymen est la forme annulaire, avec prédomi- 
nance de la partie postérieure et rapprochement de Toriflce hyménal 
vers l'orifice urétral (variété semi-lunaire ou falciforme). Il est rare que 
l'orifice occupe exactement le centre de la membrane (hymen circulaire). 

L'auteur admet huit variétés anormales : 

1® L'hymen denticulatus, à contour dentelé ; fréquent; 

2* L'hymen fimbrialus, à bords frangés; 

8* L'hymen infundibuliforme, à bords relevés en haut, n'est pas rare 
chez le nouveau-né, mais se trouve aussi chez l'adulte ; 

4*» L'hymen hypertrophicus, rare (2 cas); l'hypertrophie est partielle 
et s'observe plutôt dans la partie antérieure ; 

5** L'hymen multiplex, caractérisé par l'existence au-dessus de l'hymen 
d'une deuxième membrane pareille; 

6** L'hymen septus ou bifenestratus; l'orifice est partagé en deux par 
unecloison, le plus souvent verticale; 

7"* L'hymen columnatus ; la cloison se prolonge au-dessus de l'hymen 
dans le vagin ; 

8** L'hymen cribriformis ; au lieu d'un seul orifice il y en a plusieurs 
petits. 

L'absence d'hymen est très rare ; elle a été observée par Roze, Toul- 
mouche, Tolberg, etc. 

Le déplacement de l'hymen vers le haut du vagin a été observé par 
Kiûmer. 

Les anomalies de consistance de l'hymen sont très variables; depuis la 
toile d'araignée jusqu'à la consistance cartilagineuse ot osseuse 

La persistance de l'hymen pendant la grossesse a été observée assez 
fréquemment. Tolberg a décrit un hymen qui était resté intact après 
l'expulsion d'un fœtus de 6 mois. 

L'atrésie de l'hymen est, do toutes les anomalies, celle qui a attiré le 
plus l'attention. Elle exige souvent l'intervention médicale. 

Six planches, dont deux coloriées, sont annexées a ce mémoire. 

H. DE BRINON. 

Ueberdie Masstge in der 6yn»kologie, par PROGHOWNIGK {Arcbiv fur Gjrnm^ 
kologie. Band XXV, Heft 1). 

L'auteur a employé le massage dans une série de 102 cas d'affections 
gynécologiques. 16 malades n'ont pas persévéré. Les 86 autres se par- 
tagent ainsi : 

5 néoplasmes : 2 se sont rompus sans accident et n'ont pas récidivé ; 
1 autre a augmenté et a dû être enlevé; 2 fibromes sous-muqueux n'ont 
pas été modifiés. 



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GYNÉCOLOGIE. 165 

18 cas d'abaissement et de prolapsus utérin. Résultat négatif. 

10 cas d'involution défectueuse ou de métrite : 4 guérisons, 5 amélio- 
i*ations. 

18 exsudats, dont 5 hématocèles : 8 guérisons, 3 améliorations, 3 cas 
peu améliorés, 3 cas aggravés. 

40 cas d'exsudats cicatriciels ou de rétractions fibreuses cicatricielles. 
24 guérisons, 10 améliorations. 

Le massage est contre-indiqué, d'après l'auteur, dans toutes les affec- 
tions aiguës ou subaiguës, accompagnées de lièvre. Il ne peuf être 
appliqué aux exsu'iats que 2 ou 3 mois après la disparition de toute 
ûèvre; aux hématocèles, 6 à 8 semaines après leur apparition. La gros- 
sesse, la phtisie, la blennorragie latente sont des contre-indications, 
mais pas absolues. 

Baumgàrtner recommande l'application de la gymnastique suédoise à 
la gynécologie. 

Kiitsner dit que, dans les affections qui ont été fébriles à une période 
quelconque de leur évolution, le massage ne doit être employé qu'avec 
le contrôle du thermomètre. h. de brinon. 

I. — Beitrag zur Lehre von der Behandlung der Inversio Uteri, par SCHiJLEIN 

[Zeitscbrift^ ïur Geburtshulfe und Gyneekologie, Band X, Heft 2). 

II. — Inversion complète de l'utérus, par POLÂILLON {Bulletin Soc. chir,, 

p. 647, 1884). 

I. — Jeune femme de 26 ans. L*in version était consécutive à un 3® accou- 
chement; les hémorragies qui se répélnient tous les 15 jours, avaient jeté la 
malade dans un état d'anémie et de faiblesse extrême. Pendant 8 semaines, 
Tauteur fit des tentatives inutiles pour réduire l'inversion. L'auteur se 
résolut alors à enlever l'ulérus. L'amputation par le vagin, précédée do l'ap- 
plicalion de solides ligatures sur le col réussit parfaitement, et la malade 
sortait guérie 24 jours après rop/'ration. 

Dans la discussion consécutive, G. Ruge examine au point de vue 
analomique ce que devient la muqueuse do l'utérus en inversion. On a 
dit qu'elle était le siège d'une pi*olirération épilhéliale, que son épithélium 
se transformait en épithélium pavimenteux. Il n'en est rien. G. Ruge a 
examiné la muqueuse de Tulérus enlevé par Shuelein : il a eu Tocoasion 
d'examiner deux auti*es muqueuses, dont l'inversion était récente, et il 
a constaté que l'inversion avait pour résultat la destruction de la mu- 
queuse ; répithélium et les glandes disparaissent complètement, et le 
tissu de la muqueuse est remplacé par un tissu de granulations, un vé- 
ritable tissu cicatriciel. G. Ruge ne nie pas d'ailleurs que lorsque l'in- 
version s'accompagne de prolapsus, il puisse y avoir production d*épi- 
thélium pavimenteux comme l'a afiirmé Klob. Que devient la muqueuse 
après la réinversion ? G. Ruge est convaincu qu'elle peut se régénérer 
et que la grossesse est encore possible, même après une très longue 
durée de Tinvertion. h. de brinon. 

IL — Ghez une femme de 43 ans, Polaillon trouve un polype volumineux 
comme les deux poings pendant entre les cuisses, et pénétrant dans le vagin 
par un pédicule épais de 3 centimètres de diamètre. L'utérus ne pouvant être 
senti dans l'abdomen, on en conclut qu'il y a invei*sion et la section du pédiaule 
est immédiatement pratiquée au moyen du thermo-cautère. L'opérateur ne se 



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146 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

dissimulait pas qu'il pouyait ouvrir le cul-de-sac péritonéal, et raccideiit se 
produisit en effet, mais l'application du seire-nœud à crémaillère et à iraotioii 
éUstiquc de Férier conjura toutes suites fâcheuses. Pas de péritonite ;aa 
5« jour la malade était en parfait état. l. jullien. 

Ueber einen Fall Yon Perforation der Uterufwandung dnrch einen Placentar- 
polypen mit nachfolgender Hœmatocele retrouterina (Un cas de perforation da 
l'utérus par un polype placentaire avec hématocèle rétro-utérine consécutive), 
par r.-Wilh. ZilHN (Arch. f. patb. An. u. Phys. Band XCVI, Hefl l,p. 15, 1884), 

La malade dont Tauteur rapporte l'observation, avait présenté des symptômes 
rappelant l'occlusion intestinale à un tel point que Ton pratiqua la laparo- 
tomie. Elle mourut peu après l'opération et l'on trouva un polype uiérim 
ayant perforé la paroi de l'organe et déterminé une hémorragie dans la cavité 
de Douglas. 

L'observation présente trois points intéressants : la nature de la tumeur, 
la perforation, l'hémorragie. 

Le polype provenait sans doute d'un fragment de placenta resté dans 
l'utérus et devenu caverneux. La perforation n'était pas due à la gangrène de 
la paroi, produite par la pression du polype qui était trop mou pour déter- 
miner celte altération. Il avait di\ se produire un travail d'atrophie au contact 
du polype. L'hémorragie provenait sans doute des tissus veineux contenue 
dans la tumeur. Le sang d'ailleurs avait, au moment de l'opération, une odeur 
manifestement putrifle. Des germes de putréfaction avaient dû pénétrer par 
la perforation et déterminer cette altération du sang et par suite les accidents 
observés chez la malade. p. gallois. 

Ueber Fibromyome des Utérus, par Garl SGHRŒDER [Zcilscbrift fur Gebarlsàulfe 
und Gynxkologie^ Band XI y IlefL 1, p. 140). 

Ce mémoire repose sur une série de 822 cas de fibromes utérins recueil- 
lis du mois d'avril 1876 au mois de novembre 1883 soit à la policlinicpie 
de l'université de Berlin, soit dans la pratique privée du professeur 
Schrœder. 

L'âge des malades est noté 798 fois : Tâge moyen est 38, 97 à la policli- 
nique; 46, 51 dans la clientèle privée; d'une manière générale, 40 ans. 
Les deux plus jeunes malades avaient 19 ans ; les deux plus vieilles 66. 

Sur 792 malades, 614, soit 77, 5 0/0, étaient mariées; 178, soit 28, 4 0/0, 
ne l'étaient pas. 

Sur 604 malades, 400 = 66, 3 0/0 avaient eu des enfants; 204 = 33, 
77 0/0 étaient stériles. La moyenne du nombre des enfants, chez les 
400 premières, était de 2, 1 : la moyenne des enfants en Allemagne est 
de 4, 5 par femme. Ces chiffres contîrment Tinfluence bien connue des 
fibromes sur la production de la stérilité. 

Au point de vue du siège, sur 334 cas où le diagnostic était précis, 
l'auteur a noté. 

27 fibromes du col 8, 08 0/0 

307 fibromes du corps 91, 9 0/0 

106 = 34, 5 0/0 étaient interstitiels, 

128 = 41, 69 0/0 sous-séreux, 

24 == 7| 8 0/0 sou&*mu^neuK 

49 = iô, 96 0/0 se pràsentaieirt à Fétni de polypes. 



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GYNÉCOLOGIE. 167 

Ce sont les fibromes sous-^séreux, d*après la statislique de Tauteur, et 
«près eux les fibromes sous muqueux qui paraissent exercer la plus 
haute influence sur la production de la stérrlité; l'influence des fibromes 
«ous-séreux est en contradiction avecTopinion généralement admise. 

Au point de vue du développement des tumeurs, la comparaison de 
18 caslongtemps et minutieusement observés par le professeur Schrœder, 
•conduit Tauteur aux conclusions suivantes: Il faut au moins 3 mois à une 
tumeur pour qu*on puisse la reconnaître sur le vivant; souvent, au bout 
d'un an, elle n'a pas encore un volume appréciable. Eu 5 ans, les fibro- 
. mes acquièrent le volume d'un poing (26 centimètres de circonférence); 
•ea 13 ans, celui d'une tête d'adulte (56 centimètres). Dans l'espace de 9 à 
12 mois, la circonférence des tumeurs fibreuses augmente d'environ 
10 centimètres c'est-à-dire que, dans cet espace de temps, une tumeur 
passe du volume d'une pomme à celui du poing; ou du volume du poing 
à celui d'une télé d'enfant. Dans l'espace de 30 mois, une tumeur a passé 
•du volume d'une noix (8 centimètres) à celui du poing: c'est-à-dire que 
sa circonférence a augmenté d'environ 18 centimètres. Une augmenta- 
tion de 20 centimètres (du volume d'une tête d'enfant à celui d'une taie 
-d'adulte), en l'espace de 3 ans, a été notée deux fois. La même augmeo* 
4ation^ dans un espace de temps moitié moindre, a été notée une fois. 
I/auteur reconnaît cependant, que ces chiffres ne peuvent être pris oom* 
me une règle générale : le développement des tumeurs fibreuses présente 
■de telles variations qu'il est à peu près impossible d'établir l'âge d'une tu- 
meur par son volume : c'est ce qui ressort d'une seconde série de 4 11 cas, 
•dans lesquels le volume a été exactement noté, et l'âge calculé d'après 
la durée de la stérilité. L'auteur admet que, lorsqu'une femme atteinte 
de fibrome a eu une coucbe ou une fausse couche, le début de la tumeur 
remonte à la dernière couche ou fausse couche. 

L'auteur termine cette étude pai' l'exposé des résultats obtenus à Taido 
des injections d'ergotine. On a employé l'ergotine dialysée en solution 
aqueuse au 1/5 puis au 1/3. Les injections sont faites tous les jours, 
quelquefois tous les deux et trois jouis, pendant un temps assez long ; 
plusieurs mois, un an, un an et demi. Do 81 femmes qui ont été soumises 
À ce traitement, deux seulement ont présenté des accidents graves : Tune 
B. présenté 4a décomposition putride de la tumeur, l'autre, une aphasie 
passagère. Trois fois, les injections n'ont pu être supportées : dans un cas, 
A cause d'une sensibilité excessive, dans un autre, a cause de fourmille- 
ment des doigts, dans le 3*, par suite d'apparition de fièvre etda vomis* 
sements. Dans aucun cas, la disparition complète de la tumeur n'a été 
-observée. Dans la pratique privée, 37 cas sur 61, soit 60,6 0/0 ont pré- 
senté de l'amélioration sous l'influence de la cure par Tergotine :24 cas, 
soit89,8 0/0 n'ont présenté aucune amélioration. A la policlinique, les ré- 
sultats sont moins brillants : 7 cas sur 20, soit 35 0/0, améliorés; 13, soii 
65 0/0, non modifiés. Les 87 cas améliorés de la pratique privée de 
Schroeder comprennent : 

11 cas (18 0/0) où il n'y a eu que diminution de la tumeur et des 

phénomènes morbides. 
16 cas (26,2 0/0) où il y a eu diminution de la tumeur sans amélio^ 

ration dans les symptômes. 



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168 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

10 cas ( 16,4 0/0) où il n'y a eu qu'amélioralion des symptômes, sans 

diminution de la tumeur. Voy. /?. S. J/., XVIII, 
p. 146; XIX, p. 589; XXIII, p. 579. h. de BmwoN. 

Extraction d'nn fibrome interstitiel considérable de l'utéruB à -> travers une 
incision vaginale : guérison, par E. BŒCKEL (Gaz. mêd. de Strasbourg, 
mars 1885). 

11 s*agit d*uQ volumineux fibrome, développé sur une femme de 30 ans, 
dans l'épaisseur de la paroi postérieure et latérale gauche de Tutérus. Au 
lieu de pratiquer la laparotomie et rhystérectomie, Fauteur a incisé le repli 
postérieur du vagin dans l'étendue de 5 centimètres, et la lèvre poslërieuro 
du col en prolongeant l'incision de 2 à 3 centimètres dans la matrice. Le 
fibrome, bien que nettement visible, mais fortement enclavé dans le bassin, 
ne peut être extrait d'une seule pièce; il est morcelé, mais avec cette précau- 
tion de laisser intacte l'enveloppe fibreuse, qui le circonscrit : celle-ci est en- 
suite décollée de tous côtés^ et le tout, offrant le volume d'un fort placenta, 
est amené au dehors sans hémorragie, sans autre complication qu'une inver- 
sion de la matrice, immédiatement réduite. Suppuration ultérieure sans acci- 
dents. Guérison. ozenne. 

Thirteen casas of hysterectomy, wîth remarks on carbolic acid spray in abdo- 
minal surgery, par Thomas KEITH (Brit, med. journ., p. 214, Janvier 1885). 

Sur les 13 opérations, 12 guérisons, 1 décès chez une femme qui dès 
le moment de son opération, tomba dans le collapsus pour ne plus se 
relever. Malgré ces brillants succès, l'auteur se demande si une morta- 
lité de 8 0/0 justifie rhystérectomie en cas de fibromes utérins; livrés à 
eux-mêmes, ils sont loin de donner lieu à une mortalité semblable : il est 
vrai que souvent ils amènent des accMents incessants et une anémie 
excessive, et qu'alors les risques d'une opération sont préférables. 

Relativement à l'emploi du spray phéniqué, l'auteur avoue y avoir re- 
noncé depuis quelque armées, et depuis lors il n'a pas plus de mortalité, 
peut être même moins, qu'auparavant. Le traitement peut être rigou- 
reusement antiseptique sans que l'atmosphère soit chargée de vapeur 
phéniquée. Ce sont les doigts du chirurgien qui créent exclusivement le 
danger, quand ils ne sont pas rigoureusement purifiés. h. r. 

Valenr des altérations du rein consécutives aux corps fibreux de l'utérus pour 
les indications et le pronostic de l'hystérotomie, par POZZI {Ano, de gyn., 
Juillel 1884). 

Des observations publiées dans le mémoire, découlent les conclusions 
suivantes : 

1° La compression de la vessie et des uretères est une complication 
fréquente des corps fibreux de Tutérus, môme de médiocre volume. Elle 
peut entraîner des altérations graves des reins (hydronéphrose, kystes, 
sclérose, dégénérescence graisseuse); 

2<* Gettj compression, lorsquelle agit sur la vessie, est assez facilement 
reconnue. Il n'en est pas de même loi^squ'elle porte sur les uretères; le 
plus souvent on ne peut que la soupçonner avant qu'elle ait amené la 



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GYNECOLOGIE. 169 

lésion des reins et des troubles dans la constitution normale de l'urine 
(albuminurie). 

8** La compression de la vessie et des uretères doit peser d'un grand 
poids parmi les indications opératoires et peut déterminer à elle seule 
une intervention hâtive du chirurgien, 

4* Dans le cas d'hydronéphrose, Tin^licRlion opératoire est particulière- 
ment pressante, en raison du danger qui menace le seul rein demeuré 
plus ou moins intact. Le traitement de ces cas complexes sera rendu 
moins grave en divisant l'action opératoire. L'hystérotomie sera d'abord 
faite, et, après la guérison, on pourra s'atta<|ner au kyste. 

5*» Le pronostic de Thystérotomie est considérablement aggravé lorsque 
l'analyse des urines aura permis de diagnostiquer une altération rénale. 
Si celle-ci est très avancée (maladie de Biight confirmée), elle deviendra 
une contre-indication formelle à l'opération; il n'en sera pas de même 
d'un très léger degré d'albuminurie . p. 

Ueber Peritonealtoilette , ptr BÂUMGARTNER {Arcbir /dr Gynmkologie, 

Baud XXV, Hcfl 1). 

Pour nettoyer complètement la cavité abdominale à la suite des opéra- 
tions de laparotomie, Tauteur projette sur les anses intestinales, à l'aide 
d*un tube de caoutchouc fixé à un récipient, un jet de liquide ( solution 
salicylique au 1/iOOO et à 30") avec une force de 1 m. 50 de hauteur ; et 
continue ce lavage, jusqu'à ce que l'eau sorte claire de.l'abdomen : les vis- 
cères sont ensuite essuyés avec des éponges désinfectées. L'auteur em- 
ploie ce procédé depuis 1875 et n'en a jamais éprouvé, d'inconvénients. 

Grœfe et Schatz considèrent ce procédé comme dangereux. Schatz 
préférerait en tout cas une solution de sel marin. h. de brinoiv 

Beitrflge lur operativen Gynskologia (Gontribntions à la gynécologie opéra, 
toire^, par P. MiJLLER de Berne {Deutsche Zeilscbrift fur Chirurgie, Band XX, 
He/t i et 2. p. 1). 

La castration des femmes, c'est-à-dire Tablation des ovaires sams 
ou du moins peu augmentés de volume, n'a pas trouvé grande faveur 
depuis que Hegar et Battey Tont pratiquée pour la première fois. L'au- 
teur de ce mémoire reconnaît cependant des avantages sérieux à cette 
opération qu'il a pratiquée 21 fois. Une seule fois la mort est due à l'opé- 
ration même, dans les autres cas les résultats obtenus ont été variables. 

Six fois l'opération a été pratiquée pour des fibromyomes de l'utérus, 
quatre fois à cause d'hémorragies abondantes, deux fois moins à cause 
de rhémorragie que de violentes douleurs abdominales. Une fois Topé- 
ration ne put pas être terminée, dans un autro cas la mort fut due à des 
accidents de péritonite. Dans les quatro autres cas le flux menstruel dis- 
parut complètement. 

Onze fois l'opération trouve son indication dans des maladies des 
ovaires, et les troubles de Tétat général des organes voisins qu'elles 
avaient provoquées (ovarite chronique et dégénérescence kystique des 
ovaires). L'auteur dit n'avoir pas obtenu dans ces cas les résultats qu'il 
espérait. Ainsi trois fois il n'y avait lieu d'extirper aucun des ovaires, 



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170 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

une fois un seul d'entre eux. Les sept autres cas n*ont pas fourni non 
plus des résultats bien brillants. Une des femmes mourut ; dans un autre 
cas on n'a pas de renseignements sur les suites de Topération. 

Chez les cinq autres femmes la menstruation ne s'établit plus, mais 
chez deux d'entre elles seulement on put constater un état de santé que 
Ton pouvait considérer comme une sorte de guérison. 

Deux fois l'opération fut pratiquée pour des tumeurs des ovaires assez 
volumineuses. Ce sont en somme des ovariolomies; deux fois pour des 
altérations de forme de l'utérus avecdysménonhée intense. Dans le pre- 
mier cas, les douleurs dispHinirent; dans le deuxième elles reparurent au 
bout de peu de temps quoique un peu moins fortes. 

Le manuel opératoire est celui de la laparotomie en s'entourant de 
toutes les précautions antiseptiques habituelles. L'opération a plusieurs 
fois présenté de grandes difficultés d'exécution, elle a même été impos- 
sible. Enfin, il faut quelquefois enlever les trompes avec l'ovaire. 

ED£LMANN. 

On one hundred and fonr abdominal i eetions performed ^ during 1884, par 
Thomas SAVAGE [Drit. med. Journ.^ p, 217, Janv/er 1885). 

Sur cette statistique considérable de 104 cas d'ouverture de l'abdomen 
pratiquée par un seul chirurgien dans une seule année, nous relevons un 
point qui nous parait i)articulièrement intéressant : c'est le traitement de 
l'hydropisie de la tr/)mpe de Fallope par la laparotomie. 

Cette opération a été laite 7 fois : â fois pour une hydropisie simple, 
4 fois pour une suppuration de la trompe (pyosalpinx). Les conclusions de 
l'auteur sont les suivantes : 

1** La salpingite suppurée peut être diagnostiquée assez facilement. 

2*» Elle est le plus souvent consécutive à une blennorragie, à titre de 
complication tardive. 

3** La section de l'abdomen constitue le meilleur tx'aitôment de cette 
affection. Car, si on ne la pratique pas, il se produira une des éventua- 
lités suivantes : 

a) Rupture fatale de la trompe dans la cavité péritonéale. b) Issue du 
pus par le vagin et fistule interminable, c) Réplélion et déplétion alter* 
native des trompes qui se vident mal par l'utérus, et marasme progressif. 
L'opération guérit le plus ordinairement (1 seul cas de mort, par seplioé» 
mie, dans la statistique précitée). h. r. 

The opération of shortening ronnd ligaments for remedying utérine displace- 
ment, par W. RIVIHGTON (Brit. med. Journ.,p, 425, février 1885). 

Cette note est destinée à une réclamation de priorité au sujet de l'opé- 
ration d'Alexander, qui consiste à raccourcir les ligaments ronds pour 
obvier aux rétroflexions utérines. L'auteur rappelle qu'il a eu l'occasion 
de faire cette démonstration en 18Ô9, et de publier ses recherches opé« 
ratoires en 1872 dans la Medic. press. and cire, gazette. Mais il convieat 
que ces expériences a'ooi. pas dépassé la table d'amphithéâtre, h iu 



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OBSTÉTRIQUE, 1^1 

I. * Exciflion of the ntenui by the Yaginal methods for cancer, par J. WALLAGE 

{Brit, med.Journ., p. 1277, décembre 1884). 

IL — Bztirpaftioii of the nterus, par Will. DUNCAN (Obstetr, Soc. ofLondon; 
Brit, med. Joarn.^ p. 283, février 1885). 

— L'auteur commence par insister sur la nécessité absolue d'opérer 
de bonne heure, avant que les ganglions lymphatiques péri-utérins et 
lombaires ne soient envahis. De la relation des trois opérations suivies de 
succès, comparées aux deux suivies d'insuccès qu'il publie, il tire les 
conclusions suivantes : 

1** A la période initiale du cancer de l'utérus, alors que l'organe est 
encore mobile et peu volumineux, il y a grande utilité à exciser l'utérus: 
la gnérison survient même rapidement. 

2* L'opération vaginale doit être préférée aux autres méthodes, la 
section de l'abdonien accroissant beaucoup les risques, et n'étant pas 
nécessaire dans les cas où l'opération est indiquée. 

3* Lorsque l'utérus est très volumineux (sarcomateux par exemple)^ 
ou adhérent aux parties voisines, il n'y a pas lieu d'opérer. 

II. — A propos d'un cas malheureux d'ablation d'ulérus cancéreux, 
Duncan discute les avantages et les inconvénients des méthodes abdo* 
minale et vaginale. Sur 137 cas d'extirpation pai* la méthode abdominale, 
il y eut 38 guérisons et 99 morts, soit 72 0/0 . sur 296 cas d'ablation 
par le vagin, il y eut au contraire 197 guérisons et 79 morts, soit 28 0/0. 
Quant aux détails du traitement consécutif, il ne regarde comme nulle- 
ment nécessaire de faire la suture profonde du vagin; non plus que d'y 
fixer un drain; mais il insiste sur l'importance d'employer largement l'io» 
doforme localement, au moins pendant les 10 premiers jours, et d'admi- 
nistrer l'opium. 

Relativement aux conditions morbides qui peuvent nécessiter l'opéra- 
tion radicale de l'extirpation de l'utérus, il pose d'abord en principe que 
jamais il ne faut la pratiquer pour des tumeurs bénignes : seul, le sar- 
come et le carcinome justifient l'intervention chirurgic^de, surtout quand 
le néoplasme est localisé au corps de l'utérus et à la muqueuse du canal 
cervical : mais quand l'épithéliome atteint la muqueuse vaginale, l'opé- 
ration est excessivement grave, le mal récidive presque toujours, et il 
vaut mieux ne pas opérer. h. r. 



OBSTÉTRIQUE. 



Ein Beitrag sur Lehre vom Frnchtwasser (Gontribntion à l'étude du lifuide 
amniotique), par Richard HAIOLEN {Archiv fur Gynmltolog^ie y Band XXV ^ 
Htfl 1). 

L'auteur a enlinepris, à la Maternité de Stuttgard, de nouvelles expé- 
riences en vue de jeter quelque lumière sur la question controversée de 
l'origine du liquide amniotique. Dans une série de 43 cas, il a noté la 



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Mt REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

longueur et le poids du nouveau-né, le poids du placenta, la longueur du 
cordon, le nombre des spires de torsion, le nombre des enroulements; 
la quantité et le poids spécifique du liquide amniotique. Réunissant ces 
43 cas à ceux déjà publiés par Fehling (/?. S, M., XVI, p. 567), Tauteur 
obtient une série de 77 cas, à Taide desquels il a recherché s'il existait 
des proportions constantes entre les différentes données qui sont entre 
ses mains. Le résultat de cette comparaison est complètement négatif. Il 
ne parait y avoir aucun rapport entre la quantité du liquide amniotique 
et le poids du fœlus, le poids du placenta, la longueur du cordon, son 
degré de torsion, le nombre de ses enroulements. Il est à remarquer que 
le poids spécifique du liquide amniotique ne diminue pas avec sa quan- 
tité. Dans un cas d'hydramnios, oti la quantité de liquide atteignait 7 li- 
tres, le poids spécifique : 1009 dépassait la moyenne 1008,4. 

Dans une seconde série d'expériences, l'auteur s'est occupé du pas- 
sage de J'iodure de potassium dans le liquide amniotique. 

Administré à la mère après le début des douleurs, plus ou moins long- 
temps avant la rupture de la poche des eaux, l'iodure de potassium a 
presque toujours (10 fois sur 12) été retrouvé dans le liquide amniotique, 
et toujours dans la première urine du fœtus (12 expériences). 

Administré pendant la grossesse, l'iodure ne se retrouve ni dans le 
liquide ni dans Turine, toutes les fois que l'administration a cessé plus 
de cinq jours avant l'accouchement (10 expériences). 

Dans un cas où le fœtus était décomposé, l'iodure a été retrouvé dans 
le liquide amniotique, après avoir été administré une heure et demie 
avant la rupture de la poche des eaux. Ce cas semble prouver le pas- 
sage direct du médicament dans le liquide amniotique sans l'intermédiaire 

du fœtus. H. DB BRINON. 

Ueber Erwârmungsgerâthe fur Frûhgeborene und schwâchliche kleine Kinder 
(Des procédés employés pour réchauffer les enfants faibles ou nés avant 
terme), par GREOÉ (Arcbîv fur Gynmkol.y Dand XXIV, Heft 1). 

Depuis plus de 20 ans on emploie à la Maternité de Leipzig une sorte 
de baignoire en cuivre à double fond, dans laquelle l'enfant se trouve 
couché, enveloppé d'épaisses couches de ouate et le visage à découvert . 
L'eau qui remplit l'intervalle du double fond est à 40» R. = 50*» G. On 
la renouvelle toutes les 4 heures, et la température, à l'intérieur de l'ap- 
pareil où se trouve l'enfant, ne tombe pas au-dessous de 32° G. L'enfant 
n'est retiré de l'îjppareil que pour être mis au bain ou prendre le sein : 
les soins de propreté et l'alimentation artificielle lui sont donnés dans la 
baignoire. Tous les enfants dont le poids n'atteint pas 2,500 grammes 
sont mis dans l'appareil de Gredé. On y met aussi les enfants malades ou 
affaiblis, quel que soit leur poids. La mortalité a été la suivante, de 
1866 à 1884, période pendant laquelle l'appareil a été employé sans 
interruption : 

24 enfants de 1000 à 1500 grammes 20 morts 88 0/0 

115 enCants de 1501 à 2000 grammes 42 morts 36 0/0 

476 cnrants de 2001 à 2500 grammes 54 morU 11 0/0 

5i enfants de 2501 à 2U00 grammes 1 mort 2 0/0 

En faisant abstraction des 24 premiers, dont les chances de vie étaient 



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OBSTETRIQUE. 173 

trop faibles pour entrer en ligne de compte, la mortalité s*élève à 15 0/0, 
chiffre très favorable : la mortalité des enfants à terme est de 5 0/0 
dans le même hôpital. 

L'auteur compare avec son appareil les différentes couveuses usitées 
à Paris et les résultats obtenus. A Paris, en ne mettant dans l'appareil 
que les enfants au-dessous de 2,000 grammes, la mortalité a été de 
88 0/0. L'auteur trouve ce résultat très satisfaisant ; il reproche aux 
couveuses françaises de constituer un appareil compliqué non portatif et 
de ne pas permettre à Tenfant la respiration directe de l'air frais. 

H. DE BRINON. 

Ueber puerpérale Peptonurie , par FISGHEL (Soc. des méd, de Vienne , 

17 octobre 1884). 

L'urine des accouchées contient presque constamment des peptones ; 
c'est ce qu'a constaté l'auteur en soumettant à l'analyse chimique, pen- 
dant les vingt premiers jours, l'urine de 56 femmes. Voici les règles 
qu'il formule : 

La peptonurie n'apparaît que douze heures après l'accouchement; elle 
devient fréquente pendant les douze heures qui suivent, presque con- 
stante le second et le troisième jour; moins fréquente jusqu'au sixième, 
elle ne se manifeste plus que dans la moitié des cas du septième au 
dixième jour. Dès lors il n'y a plus de peptonurie. 

Les primipares et les femmes qui n'allaitent pas n'offrent pas à cet 
égard de prédisposition spéciale, mais chez elles le phénomène parait 
durer plus longtemps que chez les autres, peut-être parce que l'utéinis 
se contracte plus lentement. 

Quelle est la cause de cette peptonurie ? Elle n'est pas due à Texis- 
tence des peptones dans les lochies, car on a noté au contraire l'alter- 
nance des deux phénomènes : les peptones apparaissent dans les lochies 
au jour où ils font défaut dans l'urine. Elle n'est pas causée par l'ac- 
cumulation de leucocytes dégénérés dans l'utérus de Taccouchée. Il faut 
donc qu'elle provienne d'une désorganisation spéciale du muscle utérin, 
comparable à cette dégénérescence graisseuse qu'Heschl a constatée à 
partir du quatrième jour qui suit l'accouchement. Les matières albumi- 
noï' les du muscle se transformeraient en peptone et ce phénomène con- 
tribuerait à l'involution utérine. 

Cette hypothèse s'appuie sur l'analyse de l'organe chez les animaux; 
l'utérus des femelles, en dehors de la puerpérilité, ne contient pas de pep- 
tone tandis que l'auteur en trouve chez les chattes, les ciiiennes, les 
lapines qui ont récemment mis bas. L'existence des peptones dans le 
muscle utérin est une conséquence du travail si elles ne se produisent 
pas (]uand l'organe est à l'état de repos. l. oalliard. 

Oer Einflass der Dauer der Geburtspanse auf die Oeburt der Zweitgesohwafl- 
gertan (De Tinflaence qu'ezeroe sur le deuxième accouchement la durée de 
rintenralle qui sépare les deux accouchements), par Ludwig KLEIMWAGHTBR 

(ZeitBehritt fur Gebartshûlfe uad Gyaœkologie, Band XI, Hetl 1.) 

Ce travail est établi sur une statistique de 897 cas, dans lequel l'inter- 
valle des deux accouchements a varié de 1 à 16 ans. L'auteur les divise 



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174 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

en trois séries : la première série, de 1 à 5 ans d'intervalle, comprend 
801 cas ; la deuxième, de 6 à 16 ans, 96 cas ; une troisième série, de 
10 à 16 ans comprend 27 cas. Il résulté de cette statistique que, plus Tin- 
lervalle des deux accouchements est long, plus sont fréquents les U'onbles 
et les maladies de la grossesse ; plus Taccouchement est prolongé, et, 
par suite, plus sont fréquentes les opémtions, les déchirures du périnée 
et les hémorragies. Avec Taccroissement de l'intervalle entre les deux 
accouchements, on voit augmenter la fréquence des avortements, la mor- 
bidité et la mortalité puerpérales, la fréquence des accouchements gémel- 
laires, et la mortalité des nouveau-nés, soit au moment de Taccouche- 
raent, soit dans les huit premiers jours. Il est^ remarquer que les enfants 
sont en moyenne plus lourds et plus longs, lorsque Tinlervalle entre les 
deux accouchements est plus considérable. 

Un long intervalle entre les deux accouchements semble diminuer les 
chances d'hémorragie avant Taccouchement, détermine une diminution 
extraordinaire dans la quantité du liquide amniotique, diminue la faculté 
d'allaitement et les inflammations qui résultent du fonctiomiement de La 
glande mammaire. La proportion du nombre de filles avec le nombre de 
garçons semble augmenter avec la durée de Tintervaile. La fréquence 
relative des diverses présentations n'est pas modifiée. 

Lorsque la durée de l'intervalle est égale ou supérieure à 10 ans, la 
femme se trouve à peu près en présence des mêmes inconvénients et des 
mêmes dangers que les primipares âgées. h. de brinon. 

Ueber einen Fall von Endometritis purulenta in der Schwangerschaft (Endomé-' 
trite purulente dans la grossesse), par J. DONAT {Archiv ÏUr GynsekoIogiCf 
Band XXIV, HeftS), 

Fefhime à sa 12® grossesse : hémorragies pendant les premiers mois de la 
grossesse, simulant les règles. Accouchement avant terme d'un enfant vivant 
pesant 1,850 grammes et mesurant 42 centimètres. Suites normales : hémor- 
ragies après la sortie de Thôpilal. 

Le placenta pèse 350 grammes et mesure 14 à 15 centimètres sur 2 à 2 1/2 
d'épaisseur. On remarque sur la face utérine du placenta un dépôt mince, 
dont la teinte jaune se détache nettement de la teinte gris rougô de la 
caduque séroline. La face utérine des membranes fœtales ne présente pas de 
lambeaux. L'amuios et le chorion sont épais, non transparents, et assez soli- 
dement unis l'un à Fautre. En les séparant, on trouve entre eux un dépôt 
purulent. La présence des globules purulents en grand nombre accompagné» 
de quelques globules rouges est établie par plusieurs pré})aralions micros- 
copiques. Les corpuscules de pus prdj^enleut leur volume caractéristique et 
renferment deux ou plusieurs noyaux : ils sont englobés dans une matière 
d'aspect fîbrineux. A la périphérie du placenta seulement on trouve sur le 
chorion des débris de la caduque vraie épaissie et visiblement inllllrée de 
pus. Les préparations conservées dans l'alcool montrent la caduque sérotine 
envahie de toutes paris par de nombreux corpuscules de pus, faciles à re- 
connaître à leur petit volume relativement aux grandes cellules de la caduqpie 
à gros noyaux, a leur forme arrondie, à la disposition des noyaux. L^n- 
filtration purulente a gagné jusqu'aux villosités. J^a recherche des gODO- 
coccus aboutit à un résultat négatif. 

Les causes de cette endométrite seraient, d'après l'auteur, soit la 
blennorragie, bien qu'on n'ait pu en retrouver les traces au microscope, 
soit le traumatisme (manœuvres en vue de provoquer i'avortemenl). 

H. DE BRINON. 



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OBSTETRIQUE. 17& 

I. — Untersachangeii ûber die electriscke , Reizbarkeit des Utérus bel 
Schwangeren, Kreissenden und Wôchnerinnen (Recherches sur Taction de 
rélectricité sur l'utérus pendant la grossesse, raccouchement et les suites 
de couche), par E. BUMM {Arcbiv fur Gyaakologie, Band XXIV, Hefl 1). 

II. ^ Ueber die Bedeutung der Electricitfit in der Geburtshûlfe und Gynseko- 
logie (De la Taleur de l'électricité en obstétrique et en gynécologie, et en par- 
ticulier de la provocation de ravortement à l'aide du courant continu), par 
ïleinrich BATER [Zeitschtin fur GebartsbûJfe und Gynmkoîogie, Band 1, Heft 1). 

I. — L'auteur a pratiqué ses expériences à la clinique de Wurzbourg. 
Elles se divisent en trois groupes . 

A. Application de Téiectricité sur la peau. Les expériences ont été 
faites sur 10 femmes parvenues aux dernières semaines de la grossesse 
et sur 40 femmes en couches. L'auteur n'a jamais pu obtenir des con- 
tractions comparables en intensité aux contractions moyennes de rac- 
couchement. Les courants faradiques les plus intenses, lancés dans toutes 
les directions ne par\'iennent pas à réveiller l'excitabiUté utérine: les 
parois abdominales seules se contractent. Avec le courant galvanique, et 
en^appliquant le ï)ôle positif sur la colonne vertébrale, le pôle négatif sur 
l'utérus, on a obtenu deux fois des contractions de faible intensité. 

Chez les fenunes en couches, Tauteur a constaté : 

r Qu'il existe de très grandes différences individuelles enti^Q les de- 
grés d*excitabilité utérine ; 

2° Que les contractions provoquées par Télectricité sont relativement 
faibles et n'atteignent jamais la force des contractions spontanées de 
raccouchement ; 

y Que le couinant constant est beaucoup plus efficace que le courant 
galvanique ; 

4^ Que l'excitabilité augmente au moment de Taccouchement. Il est ar- 
rivé plusieurs fois que le même utérus qui ne répondait pas à rélectricité 
pendant la grossesse se contractait facilement pendant l'accouche- 
ment. 

L'emploi de rélectricité comme moyen thérapeutique dans des cas 
d'anomalie de la contraciilité utérine n'a donné aucun résultat. 1/auteur 
a vainement essayé ce moyen dans le cas d'atonie primitive, dans deux 
cas de contracture partielle du fond de Tutérus et dans un cas de contrac- 
ture spasmodique de l'orifice externe à la suite d'écoulement prématuré 
des eaux. Dans un cas particulier, Fauteur a vu la sensibilité doulou- 
reuse de Tutérus céder sous l'influence d'une application deux fois répé- 
tée de courant continu : mais dans tous les autres cas où le même 
moyen fut employé il n'y eut aucune atténuation de la sensibihlé anor- 
male de l'utérus. 

B. L'appHcalion de l'électricité parle vagin a été essayée de plusieurs 
manières, l'électricité étant poi*tée soit sur la portion, soit dans la cavité 
du canal cervical, soit dans la cavité utérine, soit sur les nerfs moteurs 
de lutérus, au niveau du péritoine en refoulant le cul-de-sac postérieur. 
Les applications vaginales ne provoquent aucune douleur. 

L'application sur la portion vaginale ou dans les parois du canal cervi- 
cal ne donne des résultats sensiblement différents de ceux qu'on obtient 



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176 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

par rappîication cutanée. La portion vaginale elle-même ne subit aucune 
modification de forme ou de couleur sous Tinfluence du courant. 

L'application du courant électrique dans la cavité utérine provoque une 
contraction très énergique de la matrice : la contraction se montre dès 
que le courant commence à passer, et s'arrête dès que le courant cesse. 

Le conducteur métallique qu'on porte dans Tutérus doit être 3 ou 4 fois 
plus volumineux que la sonde utérine ordinaire, et recouvert d'ouate hu- 
mide, afin de fournir une plus grande surface de contact avec l'utérus. 
L'auteur a constaté des contractions de l'utérus dans plusieurs cas de 
suites de couches normales. Dans 11 cas de subinvolution utérine, l'ap- 
plication du courant a paru utile. Cependant, il est difficile, dans ces cas, 
de faire la part exacte de l'action électrique et de l'excitation mécanique. 
Dans un casd'avortement artificiel, à la 23* semaine, l'électricité a réussi 
après un essai infructueux avec la bougie, prolongé pendant 7 jours. 
Dans 4 cas d'hémorragie par inertie utérine, l'électricité a également 
triomphé de l'inertie et de Thémorragie consécutive après des applica- 
tions infructueuses d'eau glacée. 

L'électrisalion des nerfs moteurs de l'utérus a été tentée 7 fois par le 
vagin, ô fois par le rectum : les résultats ont tous été négatifs. Au point 
de vue pratique l'électricité ne peut donc rendre service que dans le, cas 
où Ton peut introduire une électrode dans la cavité utérine, c'est-à-dire, 
dans les cas d'atonie puerpérale compliquée d'hémorragie, et dans le 
cas seulement oii cette atonie ne reconnaît pas une cause mécanique. 

IL — L'application du courant continu est un moyen certain de provo- 
quer les contractions de l'utérus gravide : cette application est absolu- 
ment sans danger ; elle peut être employée, dans la plupart des cas, pour 
provoquer l'avortement artificiel. 

Cette conclusion ressortde 8 observations d'avortement artificiel, dont 
6 recueillies à la clinique du professeur Freund, à Strasbourg, et 2 ob- 
servations recueillies à la clinique du professeur Miiller, à Berne. 

Le meilleur mode d'application consiste à porter le pôle négatif dans 
la cavité du col et à appliquer le pôle positif sur la paroi abdominale au 
niveau du fond de l'utérus. C'est le procédé qui a été employé dans les 
observations de l'auteur. On peut aussi porter le pôle négatif dans le cul- 
de-sac postérieur : l'application dans le cul-de-sac antérieur n'a pasdonné 
de résultat. Les points les plus sensibles au courant continu sont les par- 
ties latérales du col. 12 à 16 éléments suffisent dans la plupart des cas. 
Le courant continu ainsi employé est un des moyens les plus sûrs et les 
plus puissants pour provoquer et régulariser les contractions. Dans les 
observations de l' auteur, 5 fois sur 8, le courant continu a suffi, à lui 
seul, à provoquer Tavortement : le nombre des séances avarié de 2 à 6. 
Dans 3 cas, il a fallu, après 13 à 14 séances d'électrisalion, recourir à un 
autre moyen, les bougies, pour terminer l'avortement. Dans aucun cas, 
l'enfant n'a paru souffrir du procédé employé ; et, du côté de la mère, la 
souffrance déterminée par le courant a loujoure été facilement tolérée et 
les suites de couches ont été normales. 

Pendant l'accouchement, le courant a été employé deux fois avec un 
succès complet pour combattre la contraction spasmodique du col. Plu- 
sieurs autres applications faites pendant l'accouchement ont montré net- 
tement l'efficacité du courant continu pour dilater et ramollir le col. Ce 



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OBSTETRIQUE. 177 

moyen est donc indiqué dans certains cas d'inertie utérine, où il est né- 
cessaire de réveiller les contractions. La période de dilatation une fois 
passée, le courant continu s*est montré presque toujours sans effet. 

Le courant continu pf»ut aussi provoquer des contractions utérines en 
dehors de la grossesse, soit que cet organe soit entièrement vide, soit 
qu'il renferme des corps étrangers. 

La galvanisation est un calmant des plus efficaces dans toutes les affec- 
tions spasmodiques de l'utérus. Dans l'accouchement à terme, il fait dis 
paraître comme par enchantement la contraction du col : dans Tavorte- 
ment artificiel, il évite sûrement cet accident. En dehors delà grossesse, 
il se montre très utile dans tous les cas de dysménorrhée spasmodique. 
L'auteur donne deux observations de dysménorrhée spasmodique traitée 
par le courant continu. La seconde surtout mérite de fixer Tattention : 
le traitement continué pendant 5 mois fit disparaître complètement les 
accidents dysménorrhéiques que Ton ne pouvait calmer' qu'à l'aide du 
chloroforme. Enfin, dans un'cas de fibrome utérin contre lequel avait 
échoué Tergotine, le traitement galvanique dirigé parle professeur Freund 
fit cesser complètement les hémorragies et permit à la malade très ané- 
miée de reprendre ses occupations. L'utérus examiné plusieurs mois 
après la cessation du traitement était encore un peu épais ; mais la tu- 
meur avait entièrement disparu. L'auteur reconnaît que Ton ne doit pas 
espérer, dans tous les cas, un résultat aussi heureux ; mais l'observation 
n'en est pas moins, remarquable. (/?. S. M.y XVIII, p. 151.) h. de brinon. 

Ein durch mangelhafte Entwickelung des Kreusbeines querverengtes Becken 
(Rétrécissement transversal du bassin consécutif à un arrêt de développe- 
ment du sacrum), par Heinrioh UTZMANM (Archivfùr Gynmkologie, Baad XXV, 
Hen 1, 1884). 

Ce bassin provient d*une femme morte à la clinique d*Altona des suites 
d'une lai;ge déchirure du cul-de-sac postérieur du vagin. Celte femme était 
Agée de 36 ans et à sa troisième couche. Ce bassin n'appartient ni à l'une ni 
à l'autre des deux formes connues de rétrécissement transversal, la forme 
ankylotique et la forme cyphotique ; il constitue une troisième forme carac- 
térisée par l'arrôt de développement du sacrum. Il présente les caractères 
suivants : le corps de la 5^ lombaire semble avoir été comprimé de haut en 
bas; il mesure 1 centimètre, 9 de hauteur à gauche, et ^centimètres, â à droite; 
sa face antérieure est parcourue par une gouitière horizontale profonde, et le 
bord inférieur de cette face est saillant et aigu. Le sacrum est représenté 
par une bande osseuse demi-circulaire qui réunit la dernière lombaire avec 
les os iliaques. La hauteur do cet os sur la face antérieure est de 1 centi- 
mètre, 4 à gauche et de centimètres, 7 à droite. On ne retrouve ni Iq corps, 
ni les ailerons du sacrum. Les autres vertèbres sacrées manq[uent complète- 
ment. La face postérieure du sacrum est complètement cachée par la réunion 
des os innominés. L'apophyse épineuse, les apophyses articulaires supé- 
rieures et inférieures et les apophyses transverses de la ô^' lombaire sont 
confondues en une masse informe, l^s fosses iliaques sont moins ouvertes 
qu'à l'état normal, et la forme du détroit supérieur est celle d'un carré long. 
Les principales dimensions sont : D. sp. ant. sap. 20,2; D. maxima crist. 21,6; 
conjugal ver. 11,6; D. acetabul. 10,5; D. transvers. 10,5; O. spinar isch. 6,5; 
D. tuberum 8,5. 

L'auteur attribue cette malformation à une compression exercée pendant la 
vie fœtale (le sujet en question provenant d'une grossesse gémellaire). 

H. DE BBINON. 
TRBlZlÀm AlfNéE. — T. XXVI. 12 



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n% REVUE DES B0I1BVGB6 MEDICALES. 

Znr Beckenmessung ; lysecieTl sur 'Schltsung derTraosTena des Beckenein- 
gangs (Contribution à la pelvimétrie : nouvelle méthode pour mesurer le dia- 
mètre transTerse du détroit supérieur), par Hermann XOELEIN {ZeUschriïî 
TÛT G&hurtshûlle und GyDwkologie, Band XI ^ Heft ij. 

Les résultats qu*a donnés à Fauteur rinstrement de KTOti!i«i'(/?. S, Jlf., 
XXIfl, '201^ ont été teïienient dëfectneux, qu'il lui paraît impossible é*en 
tirer parti pour ta pratique o'bstétricale. Il propose donc tnjaard'hni \irm 
Douvelle méthode, qui permet d'obtenir la dimension di diawrètre trane- 
verse Han« les T^assins normaux ou uniformémenlTétr^ois, stms le seoeare 
d'auouTi instrument «l à l'aide de la simple mensuration digitale. L%i- 
porlance qwe présente la dimension du diamètre trawBveree au détroit 
supérieur dans les "bassins uniformément rétrécis e^ considérable : im 
cas malheureux, publié par Isaac E. Taylor (Amer. ^oum. ofObstetrks, 
fifoût 1883) a récemment attiré ^attention sur rtfbilrté de cette meiten- 
ration. 

Or, il résulte d'un certain nomhre de mensurations faites par Vauteur 
sur des bassins normaux (8) et sur des bassins nniformément rétrécis (5) 
qu*il suffit d'augmenter d^ 20 millimètres la distance de f arcade pu- 
bienne B?i bord supérieur antérieur de la grande éohancrure sciatique 
potn* avoir le diamètre transverso du détroit supérieur; cette proportion 
n'existe plus lorsque le bassin est déforma : hassin plat rachilique <ni 
non, l'auteur Ta constatée dans une 9* bérie d'expériences au m>mbre 
de 8. Mais il n'en reste pas moins, dans la mensuration de la ligne qui 
va de Tarcade pubienne au bord supérieur et aatérieui* de la grande 
échancrure «ciatique., ua moyen facile de connaître le diamètre transverse 
du détroit supérieur pour les bassins uniformément rétrécis; et cette 
ligne peut toujoui's êtrje mesurée avec le doigt sur le vivant, 

H. DE BRINQN. 

Utfbor die l^reckm&Bsis^keft itor einsetlSgen SBitlicbeii Inciflion b9im Ihmm- 
tchutzverfahren (Des avantages de l'incision unilatérale comme mfoyen Aa 
protection du périnée], par CREDÉ et COLPE {Archiv fur G^n^kologie, 
Band XXIV, Heït 1). 

n est admis comme règle, à la Maternité de Lerpsig, que Ton -doit pra- 
tiquer l'incision du périnée toutes les fois qu'tme déchinire paraît à 
craindre. L'incision est faite à l'aide de forts ciseaux droits. On choisit^ 
pour placer rinstrument, le début d'uae douleur; on l'introduit à plat^ 
entre la tête et le périnée^ à 2 ou 3 centimètres au-dessus de la ligne 
médiale du frein; l'une deis branches est enfoncée dans le périnée, TauLne 
placée en dehors ; -oh dirige alors 4e twmohant vers le périnée, »et, lors- 
que i'aemé est passé, on pratique une incision de 1 à 8 oentimèbne* -diri- 
ge verB te tubérosité isohiatique. Suivant les cas, Tiocision ne com- 
prend que ia peau ou, avec la peau, les fibi'es tendues tiu oonstricteur 
du vagin, qui, le plus souvent, constituent Tobstacte. On préfère un© 
incision plus profonde à deux incisions du même côté; on ne fait jamais 
pUis de deux iocisions. l.'iacision est réunie par des points de suture 
toutes les fois que des Hbresjiiuscuiaires saut intéressé»^ La plaie e&ft 
saupojttdnée td'iodoforme. 



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L*applîcatioB de eette méthode a donné, à la dinique de Leipsig, les 
résultais suivants sur 2,000 accouchements. Le* aooouchées se parta*- 
^ent à peu près par moite en primipares et en multipares. 

Pmmipares MuUipares Total 

Incisiona unUatéralas^.. 259 = 25^ 0/0 i2 = 1,2 0/0 271 = 13,5 0/0 

■Déchirure» spontanée» 104 = 10,4 0/0 24 = 2,4 0/0 128= 6,4 0/0 

î>échirure« malgré les incisions... i» = 2,9 0/0 ss ^=1,4 0/0 

JiéMODS péRnéafas .S92 = .$9,2 0/0 80 s Si,6 0/0 4S8 = â1^0/<> 

Des 29 cas de déchirures survenues malgré les incisions, 25 se trou- 
vaieat dans des conditions exceptionnellement défavorables : 15 fois il 
«'agissait d'enfants pesant plus de 3,500 grammes, et les 10 autres cas 
comprenaient 3 cas "de vaginiJte granuleuse très développée, 3 cas d'af- 
faiblissement du. périnée par des lésions syphilitiques, 1 présentation 
du front, 1 hydrocéiphale et 2 cas de déchirure par le passage des 
épaules. On peut donc dire que l'incision unilatérale rend 1res rare la 
•déchirure spontanée incomplète et met à l'abri de la déchirure totale. 
H n'y a eu aucun cas de déchh*ure totale à Leipsig depuis l'emploi de 
Ja méthode. La guérison de l'incision s'opère dans des conditions beau- 
coup plus favorables que celle de la déchirure. L'incision ne crée aucun 
<ianger appréciable par rapport à l'infection : elle ne laisse, après sa gué- 
rison, aucun inconvénient par rapport à l'occlusion vulvaire. La douleur 
de l'incision est insignifiante pour l'accouchée, pourvu qu'elle soit pra- 
tiquée pendant une douleur, et elle épargne à la femme la prolongation 
de l'accouchement et le danger de gangrène du vagin par compression. 
Pour lowtes ces raisons, l'épisiotomie est considérée à Leipsig comtme 
un procédé li'ès utile, sans dangei», et dont les indications doivent être 
plutôt étendues que reôtreinLes- (Voy. iî. S. if., XXUI, 610.) 

H. »fi BHINDIi. 

ÇentidératioM fur la rigidité &9 Forlflot iit4i<ln pendant le travail. Ëtvâe wr 
la TifiAUé an col d'origine typhilltiqiie, par 1XILËRIS {Ou. méfL tf6 Paris^ 
n** 49 et suivants^ décembre 1884 et janvier 1885). 

Ce travail est divisé en deux parties : dans la première, l'auteur traite 
de la rigidité de T-arifice utérin pendant le travail. Avec les aut^iurs il 
décrit la jîgidilé spasmodique, qui n'est qu'un spasme, uae contracture 
accompagnant le travail anormalement douloureux; le chloroforme en a 
facilement raison. Une deuxième variété est la rigidité anatomique, ''état 
•de l'orifice qui succède au complet ou presque complet effacement du col; 
elle survient dans deux circonstances à l'état physiologique et à l'état pa- 
thologique ; dans le premier cas, elle tient à l'envahissement du col par 
un prooGflfiua sdléreux ^chez les (très vieille* primipares ; à une évolution 
physiologique inconplète cheE les très jeunes primipares; à un rainolli&- 
sement insuffisant et aune préparatron inparfaitte du lôssn cervical diez 
teBfemmea qui «vonlent ou aocoQotent pnénailurément.; mais on doit re- 
anftrqtter que^ces e&eD^pdes «ont «tores eUqm ia ^véritable ri^ité est sur- 
tout liée à quelque procdesns «pftfeliotegkittBB parmi JfiMpislfi.la :fiiyphiii^ 
<l*après M. Doléris, doit être inscrite. 



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i80 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

C'est ce dernier point que l'auteur a cherché à mettre en lumière dans 
•la seconde partie de son travail. 

Après avoir établi, en considérant les manifestations de la syphilis a 
ses différentes périodes, que la diathèsepeut engendrer des dégénéres- 
cences scléreuses primitives ou secondaires, partielles ou générales, lo- 
calisées ou diffuses, et de durée variable chez les femmes non gravides, 
Tauleur aborde en premier lieu Tinfluence de la grossesse sur la marche 
des lésions syphilitiques. Sur ce point, ainsi que nombre d'auteurs ront 
déjà prouvé, il n'y a pas de doute à conserver ; les manifestations spéci- 
fH|ues s'accroissent sous l'influence de la conception et du développement 
de la grossesse. 

Quant aux modifications ultérieures survenues dans la structure de 
l'utérus et capables de modifier la marche du travail, M. Doléris déduit 
d'un certain nombre d'observations qu'il rapporte et discute, que la syphi- 
lis et, avant tout, le chancre syphilitique du col de l'utérus, évoluant pen- 
dant la gestation, sont de nature à modifier la marche normale du travail, 
en prolongeant ou même en empêchant la dilatation régulière de Torifice 
utérin. 

En pareille circonstance, le traitement antisyphilitique énergique doit 
être institué ; on peut ainsi espérer, bien qu'il y ait lieu de tenir compte 
de l'ancienneté de la diathèse, qu'on arrivera à aplanir les difficultés de 
l'accouchement. ozbn.*ve. 

Du cancer de l'utéruB gravide et de son traitement chirurgical, par GOROENNB 

{Thèse dû Lille, 1884). 

D'une étude bien conduite sur la question et d'une série de recherches 
consciencieusement faites sur le cancer de l'utérus gravide et son traite- 
ment chirurgical, M. Coréenne tire les conclusions suivantes : 
a Pendant la grossesse amputer tout col opérable ; 
b Pendant le travail : 

1* N'attendre un accouchement spontané que si une seule lèvre est 
envahie par le cancer; hors ce cas, intervenir toujours d'emblée par une 
opération ; 

2<» Si le col est opérable, faire l'amputation dès le début ; rejeter tou- 
jours les incisions du col ; 

3<» S'il est inopérable, à un degré si faible qu'il soit, faire l'opération 
césarienne, et quand les conditions sont favorables, terminer par l'opéra- 
tion de Freund. berthod. 

The influence of cimicifuga racemoea upon parturition, par J. Suydam KMOZ 

{Chicago gynecoh Soc.^ ¥) mars 1885). 

Knox a employé Tactée racemosa (herbe aux punaises, oimicifuga 
racemosa) dans 160 cas d'accouchement (57 primipares; 93 multipares) 
et voici les conclusions de ses observations : 

!• I^ cimicifuga a une action sédative très marquée chez les femmes 
enceintes ; elle calme l'irritabilité réflexe ; les nausées, vomissements 
sont moins fréquents et disparaissent souvent à la suite de son adminis- 
tration ; 



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OBSTÉTRIQUE. 181 

2« La cimicifuga a des propriétés antispasmodiques ; les crampes, les 
douleurs irrégulières du travail sont modifiées ; 

3" Elle relâche la fibre musculaire utérine, et, en diminuant la résis- 
tance des parties constituantes du canal génital, facilite le travail et dimi- 
nue les risques de déchirure ; 

' 4'' Dans la seconde période du travail, elle accroît Ténergie des con- 
tractions. 

Knox donne 15 minimes d'extrait fluide de cimicifuga dans du sirop 
de salï^epareille composé pendant les quatre semaines qui précèdent T ac- 
couchement. 

Plusieurs membres de la Société ont essayé la cimicifuga sans obtenir 
de résultats bien marqués. a. c. 

Le basiotribe Tarnier, par BAR {Progrès médical 1884). — Idem, par PINARD, 
{AûB, de Gyn., novembre et décembre 1884, Janvier 1885). 

Le nouvel instrument proposé par M. Tarnier a déjà été expérimenté 
par Treyzi, en Italie. Il est constitué par trois pièces : 1* un perforateur 
crânien désigné sous le nom de perforateur alésoir ; 2^, deux bran- 
ches terminées par des cuillers de différentes dimensions, Tune grande 
et Tautre petite. 

C'est un instrument broyeur de la tète. On introduit d'abord, dans le 
crâne, le perforateur alésoir jusqu'au moment où son extrémité est arrê- 
tée par la base du crâne ; dans un second temps, on introduit la petite 
branche à gauche ; dans un troisième temps, à l'aide d'une vis de pres- 
sion on écrase la portion de la tête saisie : petit broiement ; dans un 
quatrième temps, on introduit la grande branche à droite ; dans un cin- 
quième temps, on broie la seconde portion de la tète saisie d'une part 
par leperforateur et la petite branche, d'autre part par la grande branche; 
graxid broiement. 

L'instrument possède sur les autres céphalotribes des avantages incon- 
testables. Les expériences et les observations cliniques en fournissent 
des preuves non douteuses. 

Les instruments employés jusqu'à ce jour ne répondaient, en effet, 
que d'une façon fort imparfaite aux indications de toute bonne céphalo- 
tripsie. Ils saisissaient bien comme les cranioclastes, mais broyaient mal 
ou pas du tout; ils saisissaient mal comme la plupart des céphalotribes 
et broyaient souvent d'une façon insuffisante. A la suite de la céphalo- 
tripsie ; il arrive souvent que la base du crâne échappe à la destruction 
que devait opérer l'instrument. La grande supériorité du basiotribe de 
M. Tarnier est de posséder une prise excellente. Lorsque celle- 
ci est obtenue, si l'introduction de la seconde branche n'est pas trop dif- 
ficile, il faut évidemment qu'elle soit placée dans la partie diamétrale- 
ment opposée à la portion de la tète saisie. Gomme cette seconde branche 
est beaucoup plus grande, elle embrasse une portion beaucoup plus 
étendue de la tête et en assure la destruction. La base du crâne échappe 
quelquefois, mais rarement, à cette action. Rien n'empêche alors qu'après 
avoir fait exécuter une rotation d*un quart de cercle à la tète, on exécute 
une seconde application avec ses deux broiements successifs, et bien 
rares doivent être les cas où il serait nécessaire de procéder à une troi- 



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1» REVUE DE» SCIENCE» MEDICALES. 

sième application. Les bramehe^ rapprochées mosurent monis de 5 cen- 
timètres. On peut donc espérer recirier (Jéffmlrvement, è raiete de cet 
instrament, les Hnrit^ du rétrécisseinent dti bassiiT qui indicpjepa d'une 
façon absolue Popération césarienne, laquelle malgré tous les progrès- 
récents qu*elle a subis, présente encore un pronostic si désfiwtreax. Le 
nonvel instrument permet d'éviter fes tractions si Mchewses. Les diffi- 
cultés présentées par le dégagement des épaules sont rarement im- 
portâmes. 

Les inconvénients du basiotribeTamier semblent résider (tens le poid^ 
de l'instrument et les difficultés de sa manœuvre, objections tout à fait 
secondaires. pokar. 

I. — Achtzig Fâlle von Kraniotomie aus der gebortshûlllichen Klinik und 
Foliklinik in HalU, par W. THORH (Arebir fur Gynakologie, Band XXIV, 
Hefi 3). 

IL — Einige erISutfèfflde Bemerknngen (Remarqua tur !• méflMfra préeédent), 
par CRBDÉ {Ibid., Band XXIV, Hefi 3). 

L — L'auteur a suivi le plan de Merkel, dont le mémoire ( R. S. M. 
XXIV, 528) contient la relation de 100 cas de craniotomie pratiqués àr 
Leipsig. La comparaison des deux statistiques demande certaines réser- 
ves : les 100 cas de \ferkel ont été pratiqués dans une période de 5 ans^ 
1877 à 1882, et tous depuis l'introduction de la méthode antiseptique; 
tandis q»ie les 80 cas de Thornsont répartis sur une période de 25 ans^ 
de 1858 à 1883, et les 45 premiers n'appartiennent pas à la période an- 
tiseptique; ce n'est qu'à partir de 1877 que la méthode antiseptique a 
été apphquée d'une manière uniforme à la Maternité de Halle. 

La proportion des craniotomies à l'ensemble des accouchements est 
un peu plus forteàLeipzigqu'à Halle: Leipzig, 1,770/0 ; Halle, 1, 120/0^ 

La proportion des enfants \ivanls sacrifiés par craniotomie est presque 

3 fois plus forte à Leipsig qu'à Halle. Les 100 craniotomies de Leipsig" 
portent sur 64 enfanls vivants (dont 1 hydrocéphale) et 36 morts; les 
80 craniotomies de Halle purtent sur 20 enfants virants, dont 7 hydrocé- 
phales et 4 ajronisantset 60 morts. 

L'auletir s'attache surtout à justifier les craniotomies pratiquées sur 
des enfants viv^ants : 7 fois Thydroeéphalie avait été constatée avnnt Topé* 
ration ; des 4 agonisants, 8 ont été mis à mort à cause de Tétat tétanique 
de l'utérus, et le 4* à cause de l'état d'ÎjfTaissement extrême de la mère, 
qui était en travail depuis 43 heures et avait déjà subi plusieurs tenta* 
tives infructueuses do forceps. Dans les 9 cas restants, l'indication était 
fournie 3 fois par l'état tét»nniqne de l'utérus, 2 fois par une fièvre intense, 

4 fois par Timpossibilité de terminer autrement l'accouchement. 
Comme à Leipsig, les garçons craniotomisés sont plus nombreux que 

les filles, dans la proportion d'environ 75 0/0. 

85 enfants seulement ont été pesés. Le poids moyen non compris la 
matièœ cérébrale et le sang perdus, est de 3,111 grammes; six dépas- 
saient 4,000 grammes et deux 5,000 grammes. 

Le rétrécissement du bassin a été noté 52 fois. Le diamètre conjugné 
vrai a été mesuré 37 fois; il atteignait 8 cent., 5 3 fois; 7 cent., 27 fois; 



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et 5 G0ai.«. 5 7 fois. Ed outre S baams ae Crowvaieat rélrém» par b ppé- 
sence de fibromes utérins. 

Si Toadiairtii le&5â basftins réi£éGis,.lôs 3 cts de fibrome et las. 7 cas 
d*hydrocéphalie, il reste 16 cas dans lesquels la craniotomie a dû être 
pratiquée malgré les dimensions normales du bassin. Sur ces 16 cas, il y 
avait 13 enfants morts. L'indication était : 5 fois la rigidilé du col; 1 fois 
un carcinome avancé du col et du corps; 6 fois le volume exagéré de 
l'enfant ; S fois le crâne n'offrait pas une pri^e suffisante au forceps à 
cause de son petit volume et de la mobilité des os; dans le dernier cas 
il s'agissait d^uim rupture spontanée de Imiteras. 

La mortalité à Halle a été de 12, 5 0/0 tandis qu'à Leipsig^ elle est de 
8 0/0. Cette différence ne tient pas seulement à ce que les médecins de 
Leipsig attendent moins longtemps pour pratiquer la craniotomie ; elle 
tient surtout à la grande mortalité de la pénodè antélîstérienne. Ainsi» 
tandis que les 45 premières craniotomies de Halle donnent une mortalité 
de !T, 8 0/0,soit8 morts ;les 85 dernières soit de 1877 à 1882, ne donnent 
que 5, 7 0/0, soit 2 morts. 

Comme à Leipsig, la mortalité est beaucoup plus forte, 22 0/0, à la cli- 
nique qu'à la policlinique, 9, 6 0/0; 

La plus grande mortalité que présente Topération sur la tête dernière 
(18, 7 0/0 au lieu de 11, 3 0/0) est tout à fait accidentelle, et ne prouve 
pas, comme le veut Merkel, que Topération soit plus dangereuse. 

La morbidité est, comme la mortalité, plus forte à Halle qu'à Leipsig: 
18 cas à Halle, 9, à Leipsig. 

Au point de vue technique, la perforation constitue presque toujours le 
premier temps de la craniotomie. qu'il s'agisse de la tète première ou de 
la tète dernière; et c'est aux ciseaux qu'on donne la préférence pour cette 
partie de l'opération. Pour la réduction et l'extraction de la tête, le cra- 
nioclaste est employé de préférence au céphalotribe. Le céphalotribe 
n'est employé que sur la tête dt^niière, lorsque la perforation n'a pu être 
pratiquée, et que la réduction de volume de la tête est nécessaire. 

11. — Crcdé explique la plus grande Iréquence des craniotomies par la 
fréquence du rachitisme à Leipsig. La population ouvrière de Leipsig et 
des environs se trouve dans des conditions hygiéniques très mauvaises 
et les déformations du squelette y sont très fréquentes. Il n'en est pas 
de même de la population de Halle. Quant au grand nombre d'enfants 
sacrifiés, Credé affirme que l'opération n'est jamais décidée à Leipsig que 
lorsque l'état de la mère la rend absolument nécessaire; et Merkel n'a eu, 
suivant lui, qu'un tort, celui d'omettre dans son travail le détail des ob- 
servations; il eût été facile, en examinant ce détail, de^ reconnaitre que, 
dans tous les cas, Topécatioa était pleinement jusUliée. h. de brinoji. 

I. — JMmr vpuere Kaiserschnitt-methoden (Sur le» novr^lee méthode» de 
ropération césarieime), par FEHLINS (Samm/ua^ klinîscher Vortràgt, no248). 

IL — Traiiament intra-péritonéal du pédicule daae l'opération, de- Porro^ pu 
GHALOT {AaxL. dt gjD,, août lâSâ).. 

nu. — Uaber den KaÎMreehnitt nacb Vxmm, par JASSINSKI ( W^iea. med. Presse 



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184 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

IV. — Ein Kaiserschnitt nach Porro, par LÏÏMPE (Archir fur Qyamkologie, 

Baad XXIII, Hefl 2, 1884). 

V. — Ueber einen Fall von Kaiserschnitt nach Porro, par A. Jf ARTIN {Zûitsebrift 

fur Gebartabùlfe und Gynakoloyiey Dand X, Hefl 1). 

tl, — Zwei weitere glûckliche Kaiserschnitte mit Dtems-naht Unterminirung 
der Serosa und Resection der Muscularis (Deux nouToauz cas d'opération 
césarienne d'après le procédé de SÀN6ER, suivis de guérison), par LÉOPOLD 

Arcbiv fur Gynœkoîogio, Band XXIV, Heft 3, 1884). 

VII. — Ueber zwôlf Fâlle von Kaiserschnitt mit Hysterektomie bei engem 
Becken, par BRAUN-FERNWALD (,Wien. med. Woeb., n" 45, 1888). 

I. — L'opération césarienne par Tancienne méthode doit être exécutée 
chez des femmes mortes ou agonisantes. La modification de cette opéra- 
tion par la méthode de Sanger (détachement d'un lambeau de la tunique 
musculaire de l'utérus et prise du péritoine retourné et appliqué à lui- 
même dans les sutures) doit être réservée pour les cas oti les femmes 
ne doivent pas être privées de la possibilité de devenir de nouveau en- 
ceintes, comme dans le cas de monstruosités, par adhérences par 
exemple. Le cancer de l'utérus justifie encore cette méthode opéra- 
toire. On préférera l'opération de Porro lorsqu'il y a intérêt pour la 
femme à supprimer toute chance de nouvelle gix)ssesse, comme dans 
les rétrécissements ostéomalaciques extrêmes, dans les cas de tumeurs 
pelviennes irréductibles, ou lorsque les parents le désirent dans l'inté- 
rêt même de leur enfant. 

II. — La statistique du traitement intra-péritonéal du pédicule dans 
l'opération de Porro est loin d'être favorable. L'auteur ne possède aucun 
cas nouveau, aucun succès personnel à enregistrer. Il n'est pas moins 
partisan de l'abandon du pédicule par un procédé qu'il a imaginé, et qui 
consiste à inciser en entonnoir l'utérus, les ligaments ronds et les liga- 
ments larges immédiatement au-dessouâ des ovaires. On obtient ensuite 
l'hémostase définitive à l'aide de liens de caoutchouc qui saisissent en 
deux anses les gros vaisseaux qui clieminent sur les bords de l'utérus. 
On renoue ensuite les bords libres du moignon qu'on maintient fixés par 
une double ligaure de fils de soie phéniquée. Les autres temps de 
l'opération se font suivant la méthode ordinaire. porak. 

III. — Une femme de 24 ans, pâle, anémique, atteinte de scoliose et de 
cyphose, présentant un rétrécissement très considérable du bassin (diamètre 
antéro-postérieur 6 cent. 1/2) est parvenue au terme de sa première gros- 
sesse. Il est impossible d'espérer l'accouchement naturel et la seule opéra- 
tion rationnelle est Topération de Porro. 

L'opération dure en tout une heure et demie. Mort au Séjour, 
A. l'autopsie, outre la péritonite, on trouve l'intestin grêle rempli de sang. 
L'auteur attribue cet accident ultime à la torsion du mésentère qui présente 
des dimensions anormales. l. galliard. 

IV. — C'est la 4" opération césarienne pratiquée depuis 1878 à la 2® clini- 
que de Vienne par Spath. Il s'agit d'une femme de 38 ans, à sa 9« grossesse, 
atteinte d'ostéomalacie. L'enfant était à terme. Le diamètre sacro-cotyloïde 
gauche mesurait 6 centimètres, le droit 4«,6. 

L'ofpération est pratiquée le 9 janvier 1884. 

L'extraction de l'enfant ne présente pas de difûcultés : il était vivant, 
pesait 2,350 grammes et^mesurait 48 centimètres de long. Le placenta situé 



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OBSTÉTRIQUE. 585 

sur la paroi postérieure de Tutérus n*a pas été atteint par l'incision, et Thé- 
morragie n'est pas plus abondante que pour un accouchement ordinaire. 
Fixation du pédicule à la paroi abdominale, et pansement à Tiodeforme. Con- 
valescence normale. Les sutures tombent du iO« au 15« jour ; le moignon se 
détache le 13* jour et laisse un profond entonnoir qui n'est complètement 
cicatrisé qu'au bout de 4 à 5 semaines. 

V. — L'auteur est convaincu que ropération de Porro et ropération 
césarienne classique doivent trouver, chacune dans la pratique, leur place 
distincte et qu'il serait impmdent d'exclure systématiquement l'une ou 
Tautre. Les indications de l'opération de Porro ont été, suivant lui, trop 
étendues par Sânger. 

Ainsi, l'atrésie du col ou du vagin, l'occlusion par une tumeur indé- 
pendante de l'utérus, n'exigent, dans la plupart des cas, que des opéra- 
tions directes moins graves. Il admet l'indication résultant de la gros- 
sesse dans une corne oblitérée. L'infection du corps ou bien est limitée 
à la muqueuse, et alors, l'irrij^ation permanente suffit; ou bien, elle a 
gagné le système vasculaire veineux et lymphatique, et alors, l'opéra- 
tion de Porro ne réussira pas mieux que tout autre traitement. L'auteur 
n'admet pas l'indication résultant du fait de plusieurs opérations césa- 
riennes antérieures : il admet l'indication tirée de l'ostéomalacie. Enfin, 
il existe, suivant lui, une autre indication dont un fait récent lui a fourni 
un exemple frappant. Il s'agit des cas dans lesquels la puerpéralilé cons- 
titue par elle-même, un danger incontestable pour la malade. La coïnci-^ 
dence de troubles graves de la circulation ou de la respiration avec un 
état des voies génitales rendant l'accouchement difficile, devient alors 
une indication précise d'opération de Porro. 

VI. — Le procédé de Sânger a été décrit dans la Revue^ XXI, p. 215. 
Leopold publie la relation de deux opérations césariennes dans lesquelles 
il a suivi le procédé avec une légère modification. Sânger conseille de 
réséquer la couche musculaire avant de disséquer la séreuse : on comprend 
facilement qu'il est plus rationnel de commencer par la dissection de la 
séreuse, c'est ce qu'a fait l'auteur. Le procédé de Sânger n'a encore été 
appliqué que 3 fois : dans les trois cas, mères et enfants ont été sauvés. 
Li suture utérine faite d'après ce procédé ne prend pas trop de temps et 
tient bien ; le traitement consécutif est simple, le procédé mérite donc 
toute confiance. 

Cependant l'auteur est d'avis que la résection de la couche musculaire 
n*a pas d'avantage pour faciUter la suture, et qu'elle peut entraîner pour 
l'avenir un affaiblissement de la paroi utérine, qui deviendrait un incon-^ 
vénient sérieux dans le cas de grossesse nouvelle. Il se propose donc de 
supprimQr ce temps de l'opération. de brinon. 

VII. — L'auteur a publié déjà les cinq premiers cas de cette série; les 
autres sont inédits. Il n'a pratiqué l'opération césarienne, d'après Porro, 
que dans les cas de rétrécissement du bassin de 6 centimètres ou moins. 
11 a eu sept succès complets, un incomplet et quatre insuccès ; onze 
enfants ont été obtenus vivants. Toutes les opérées guéries étaient des 
rachitiques sauf une atteinte d'ostéomalacie . 

L'opération a eu lieu huit fois après les premières douleurs et les en- 
fants pesaient de 2,200 à 3 JOO grammes ; dans les autres cas, le chirur- 
gien n'a pas attendu le' commencement du travail : cependant le plus 



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ita REVUE DES- 3GIHNGES- MÉDICALES. 

petit des enfants pesait 2,470* gprammes; Il oooseitte i'agif aatanl qm 
possible de bonne heure. 

n a toujours pratiqué, sauf une fois, le traitement extrapéritonéaf du 
pédicule. 

Son procédé est celui de Pon'O aveo les modiflcations de Mûllfir,, 
Hegar et Veit. u galliard. 

I. — easaraean opération In a dwarf' (Opération césarienne chez une nalne)^ par 

Ely Tan de WARKER {Médical News, 7 mars 1885). 

II. •— A case of cssarean section, par DOLAN {Lancet, 24 isnvieB 1885). 

I.— L'auteur a été appeîéà délivrer la. naine connue sous le nomde Wîdg^t, 
âgée de 30 ans. A. son arrivéev dans un api*artement d'assez mauvaises con- 
ditions hygiéniques-, il constata une présentation podaltque. La malade ëtnit 
dans un état do coUapsus grave. L*auteur pratiqua aussitôt l'opération oées- 
rienne et retira un enfant morL L'utérus revint facilement sur lui-même, on 
fit la suture utérine avec des fils métalliques,. La malade mourut le 3^ jour 
d'épuisement. 

A l'autopsie on constata un peu de rougeur du péritoine, une absence de réu- 
nion de la suture utérine, quoique les bords fussent parfaitement coaptés. Le 
bassin donnait les mensurations suivantes : diamètre sacro-pubien 3 pouces 9/16; 
diamètre transverse 3 pouces 7/8; distance entre les épines iliaques 6 pouces. 
L'enfant extrait pesait 7 livres 1/2 et mesurait 20 pouces de long. 
• L'auteur donne à la suite de cette courte observation un relevé des 
opérations césariennes pratiquées aux Etats-Unis sur des naines ; ce 
relevé est dil à Robert Harris, de Philadelphie. 

Sur 26 cas : mères mortes» 19; guéries, 7; enfants morta, 14 ; sau- 
vés, 12. La plus petite de ces opérées guéries mesurait 3 pieds 9 pouces; 
la p'us petite connue et guérie dans un cas opéré à Brest (France) mesu- 
rait 35 pouces. L'intervention, chez les naines, doit être plus hâtive, 
toutes choses égales d'ailleurs, que chez une femme normalement consti- 
tuée. , 

II. — Dolan a opéré une femme de 26 ans, d'une taille de 3 pieds 11 pouce». 
Elle était en travail depuis 5 heures. Le diamètre antéro-postérieur ne dépas- 
sait pas 1 pouce et demi. La suture utérine fut faite avec le catgut phéniqué ; 
la suture abdominale avec du fil d'argent. Enfant vivant , femme morte 
54 heures après. 

A l'autopsie on trouva la plaie utérine entr'ouverte et un large caillot au 
travers; péritonite consécutive. a. c. 

I. — Uober Graviditas eztrauterina, par FRElUfD (Archir [fur GynmkoJogh, 

Dand XXII, Heà 1). 

II. — Ueber einen Fall von Tuboovarialcystenschwangerschaft, par F. WLLIET 

(Ibid., Band XXII, Hofl 3). 

m. — Uebar Tuboovarialschwangerschaft, par BEAUGAMP [Zeitschritt fàr 
Gcburtshùlle und Gynœkologie, Band X, HeU 2). 

HT. — Die operativ» Bebandlung dar Eztra-uUrinschwangerschaft, par WEKTK 

{Congrès de Copenhague ^ Archir fur Gynœkologie^ Band XXIV, IMft^). 

V.— HydranmÉon bei Eactna-utarinschwanfersehaft (GrosMss» «ctransUriv* com- 
pliquée d'kydranmiMlr par 1. TBUFFBL ((te Ghemniis) {Ibid., Band XXII^ 
iàôfi^. 



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OBSTBTREQUB. tm 

VL ^ Flv» CAiêft ol aziraKirina pregaanaji oparatoA vpoai at Ut» lime of ira|i-> 
tura^ par fcawsiMr. TMZ lAni. mad^Jaunat^ p* iW9\ Juinr 1884). 

YII. ~ Eztra-ntariiks chwangerscbaft im fûnftan Honate ; Tôdtnng der Fœtua 
mittels ITorphium injection ; Heilung, par REITMERT (Archiv fur G^nmko- 
logie, BàBd XXIV, Hcfl, 2). 

YU.^Saltanar Inigasm; ainer Banchachwangurschaft (laaoe Eave'dTuna groaaaMa 
aMomînala), par KŒHIG (WUn, mêé. Presse^ n* 15> iB84). 

n. — Raoord of two> caaas of aatranterina pragnanoy, ona of them raccaasMQF 
treaitad by lapaaratomy and intestinal rat eetiott, par Angna' MAGBd!f A£D 
{Bdioà, JDcdl, jourm., jx 607, Uvrier t884). • 

Z. — Grosaesaa êztra-utérine, expulsion naturelle de Tenfant à travers les pa* 
rois abdominales; étranglement interne ; anus contre nature : guérison, pat 
BOUZOL (L^on méd., 21 décembro 



I. — L'auteur a observée 16 cas de grossesse extra-utérine. H signale, 
parmi les causes reconnues, les mouvements de contraction des trompes 
pendant le coït ? L'implantation du pl'acenta peut avoir lieu sur le péri- 
toine, qui, d'après les recherches les plus récentes, est une véritable mu- 
gueuse. Pour le diagnostic et surtout pour reconnaître la position de la 
tête, l'orateur recommande l'akidopeirastique.. Il distingue 4 variétés de 
grossesse extra-utérine : l**la grossesse qui se développe dans les cavités 
musculaires préexijstantes , trompes, cornes utérines; 2^ la grossesse 
ovaiienne ; S*' la grossesse abdominale avec insertion du placenia sur un 
point n'appartenant pas à Tintestio; à^ la grossesse abdominale avec 
insertion du placenta sur l'intestin (pronostic très grave). Comme traite- 
ment, l'auteur établit les règles suivantes : tuer l'enfant par ponction 
dans les 3 premiers mois; que Fopération réussisse ou non, attendre la 
fin de la grossesse pour opérer; une seule cause peut légitimer l'inter- 
vention avant ce terme, c'est lorsque le fœtus étant mort, la suppuration 
se manifeste. En cas d'opération, ne jamais chercher à détacher le sac 
et le placenta : après avoir desséché le sac, V. le remplit de tannin et 
d'acide salicylique mélangés en parties égales, place un drain en verre 
d'Hegar et tamponne avec de l'ouate. Le sac se détache spontanément du 
10* au 14*^ jour. 

Frânkel croit que Ton pourrait employer l'électricité (15 à 20 éléments 
jpalvaniques) pour tuer le foetus. 

Battlehner communique un fait dans lequel la gi'ossesse s'est produite 
après L'abl.iiiott des deux ovaires : il croit que kr formation des œufs n'est 
pas liée à l'ovaire. 

II. — Le sac fœtal était formé par un kyste du volume d'une tête d'enfant 
occupant resfiace de Douglas. Il était intimement uni en avant avec le liga- 
ment large et la partie inférieure de l'utérus et en arrière avec la séreuse 
pelvienne et le rectum ; cependant on pouvait avec les doigts détruire ces 
adhérences et constater que le kyste avait une paroi propre indépendante. 
J^ trompe droite a été sectionnée à 15 centimètres de son extrémité utérine 
par l'incision pratiquée sur la face supérieure du kyste pour extraire Tenfant 
pendant la vie. En dehors de ce point de section, la trompe décrit un demi- 
cercle embrassant le sac qui occupe Traisemblablemant la place de l'ovaire 
absent» En ouvrant eetta partie de la trompe, ou constate que ses parois se 
coAtixMomL «tiraateoMDt dans les parois du k^aia. ;, cetta coiatiaMité est auctout 



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188 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

visible en dehors mais aussi très nette en dedans. L'amnios est en partie bien 
conservé^. L'extrémité de la trompe se comporte avec le sac comme elle le 
fait en général avec les kystes tubo-ovariens. 

L*auteur admet que la grossesse s*est développée dans un kyste tubo- 
ovarien préexistant. 

III. — Il existe, d*après l'auteur, une variété de grossesse tubo -ovarienne 
qui est due à l'adhérence complète de la trompe sur l'ovaire. Dans cette 
hypothèse, l'adhérence de la trompe à Tovaire existe antérieurement à la 
grossesse, et elle explique la longue stérilité qui précède ces sortes de 
grossesse. Dans beaucoup de cas, cette adhérence totale de l'extrémité 
abdominale de la trompe est congénitale ; elle peut aussi être le résultat 
d'inflammations chroniques du péritoine ou du développement de certains 
kystes tubo-ovariens. Dans tous les cas, elle a pour conséquence de 
frapper de stérihté tous les ovules qui n'appartiennent pas à la zone em- 
brassée par la trompe, c'est-à-dire la plus grande partie des ovules. 
Lorsque l'adhérence tubo-ovarienne est compliquée de kyste ovarien, la 
rupture du kyste dans la trompe est nécessaire pour que la fécondation 
soit possible. Un fait recueilli à la clinique de Schrœder paraît rentrer 
dans cette dernière catégorie. 

Le sac fœtal occupait le bord supérieur externe de rutérus, au-dessus de 
l'insertion utérine du ligament rond. Ou trouve à sa partie inférieure et ex- 
terne un certain nombre de kystes, variant du volume d'une lentille à celui 
d'une fève. Ces kystes, examinés au microscope, sont des débris de l'ovaire. 
A la face supérieure du kyste on peut suivre la trompe sur une longueur de 
10 centimètres 1/2; puis elle se perJ dans le sac. La largeur de la trompe varie de 
2 centimètres à 4 cent.,!. L'enveloppe du sac se confond absolument avec celle 
de la trompe sans qu'on puisse extérieurement reconnaître la limile entre la 
trompe et le sac. Après avoir ouvert le sac dans la direction de la trompe, on 
constate que la trompe traverse la paroi du sac à sa partie supérieure et 
latérale; il ne reste aucune trace des franges, la trompe se perd en bas dans 
les parois du sac; à 1 millimètres au-dessous de ce point, se trouve un pli 
mince dont la hauteur maximum atteint 4 millimètres et la longueur 9 cen- 
timètres. Le bord libre de ce pli est inégal et déchiqueté; le tissU qui le forme 
se confond intimement des deux côtés avec la paroi du sac et ne se laisse pas 
isoler. 

L'hypothèse de l'adhérence tubo-ovarienne compliquée de kyste peut 
seule expUquer ces particularités anatomiques. Cette hypothèse est d'ail- 
leurs confirmée par l'état anatomique du côté droit. De ce côté, la trompe 
qui mesure 11 centimètres de longueur adhère complètement par son 
extrémité abdominale avec l'ovaire. Un kyste d'un centimètre de long 
sur 2 millimètres de large se trouve au niveau de la portion ovarienne 
comprise dans la trompe. 

IV, — Dans les premiers mois, deux méthodes se présentent : ou en- 
rayer la grossesse par la mort du fœtus, ou pratiquer l'ablation du sac. 
Cette opération est indiquée lorsqu'il s'agit d'une grossesse tubaire ou 
ovarienne, et lorsque les connexions du sac avec les parties voisines se 
présentent dans des conditions favorables à l'opération ; l'opération est 
encore indiquée lorsque la position du sac dans l'espace de Douglas peut 
entraîner des phénomènes d'enclavement. Après la rupture du sac, l'ex- 
pectative paraît au contraire préférable. 

A une époque plus avancée de la grossesse et tant que l'enfant est 
vivant, l'opération, sans grand avantage au point de vue de l'enfant, est, 



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OBSTETRIQUE. 1S9 

presque toujours fatale à la mère. Sur 17 cas réunis, soit par Litzmann, 
soit par l'auteur, il n*y a eu que deux mères de sauvées . Il vaut donc 
mieux attendre la mort de l'enrant. 

Lorsque l'enfant meurt après avoir acquis un certain développement, 
il devient une cause permanente de danger pour la mère, et il faut Ten- 
lever. Mais l'opération ne doit pas, autant que possible, être pratiquée 
avant Toblilération des vaisseaux placentaires; c'est-à-dire dix ou douze 
semaines après la mort du fœtus. 48 opérations réunies, soit par rauteur, 
soit par Litzmann, ont donné 13 morts. 

Le siège anatomique est d*une grande importance pour le choix du 
procédé opératoire. 

L'orateur distingue deux formes : 1"* la tumeur est pédiculée ; le siège 
de la grossesse est alors soit le segment externe de la trompe, soit 
l'ovaire, soit la trompe adhérente à l'ovaire (grossesse tubo-ovarienne) . 
L'opération ressemble à une ovariotomie et offre à peu près le môme 
pronostic; 2^ la tumeur est inlraligamenteuse; dans ce cas le point de 
départ parait toigours être la trompe. L'opération radicale est impossible. 
Il faut combiner les deux procédés et suturer le sac fœtal dans la plaie 
abdominale. Le placenta et les membranes seront enlevés, si Ton n'a aucun 
doute sur la thrombose des sinus placentaires ; dans le cas contraire, on 
devra laisser le placenta jusqu'à ce qu'il se détache spontanément et 
remplir le sac d'une poudre antiseptique (tannin et acide salicylique à 
parties égales. — L'élylrolomie n'est préférable à la gastrotomie que 
dans quelques cas particuliers). 

Kœberlé a opéré 5 fois : 4 succès, 1 mort ; dans ce dernier cas, l'opé- 
ration avait été faite 6 semaines seulement après la mort du fœtus ; dans 
les autres il s'était écoulé beaucoup plus longtemps, jusqu'à 21 se- 
maines. 

MûUer a opéré trois fois : 1* cas récent; mort d'hémorragie ; le pla-, 
centa avait été atteint par l'incision ; 2* gastrotomie après un temps assez 
long; guérison; 3* élytrotomie au bout de trois ans; guérison. 

Olshausen a vu survenir la mort de la mère 14 jours après la mort de 
Tenfant consécutivement à la rupture du sac. 

Sânger a réuni les cas de grossesse dans une corne rudimentaire 
d*utéi*us bicorne. Ces cas sont intermédiaires entre la grossesse tubaire 
et la grossesse interstitielle. 22 fois la mort de la mère est survenue 
dans les six premiers mois par rupture, 3 fois la grossesse est arrivée à 
terme et s'est terminée par la formation d'un lithopédion. 4 cas ont été 
opérés (Kœberlé) 1865, guérison; Salin (1880), guérison; Litzmann- 
Werth (1881), mort ; Songer (1882), guérison. 

V. — Il s'agit d*une femme ftgée de 36 ans, portant depuis deux ans nne 
lamear abdominale, qui a pris un développement énorme. L'abdomen me- 
sure 116 centimèlres de circonférence maximum. A gauche, immédiatement 
au-dessus du ligament de Poupart, on remarque une partie saillante, de con- 
sistance solide ; il y a de la sensibilité à ce niveau ; le reste de la tumeur est 
liquide. I^ ponction exploratrice donne un liquide jaune, un peu trouble, non 
filant. Au microscope on n*y découvre rien de caractéristique : les éléments 
figurés sont à l'état de détritus ; seul un faisceau de fibres musculaires striés 
attire l'attention et reste inexpliqué jusqu'à l'autopsie. Le diagnostic porté 
est celui de kyste parovarien. La malade refuse l'opération radicale. Une 
ponction faite avec le trocart retire 1 litres de liquide. 2 jours après cette 



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100 REVUE DES SdENGËS MEDICALES. 

ponoUon la fièvre sedôolKre «i la nMl&de «^ «mnpoitéo em i8 jours par vtm 
diarrhée incoercii»l«. A i*autopflifl, on iroDve rfans ta carvHé «bdomiiiBle «a. 
sac rempli de liquide, à parois épaisses, fibreuses^ (M sac adiière à la p«ni 
abdominale antérieure^ à ia paroi postérieure de TutériM et au linéament 
large gauche ; Tovaire gauche manque. L'ovaire droit et Ja irompe diioite 
n^offrent rien d*anormal. Le sac renferme un fœtus à ierme hien conservé* 
Diaprés les renseignements anamncstiques, cette grossesse extra-utérine 
aurait débuté plus de deux ans auparavant ; la tumeur solide reconnue au- 
dessiM du pli iogulBal gauche était la tête du fœtus ; le faisceau musculaire 
strié provenait du fœtus macéré. h. de brinon. 

VI. — LawBon T«it rapporte cinq opérations, suivies de guérison, 
chez des femmes qui avaient des grossesses extra-utérines lubaires, avec 
rupture de la trompe. Dans presque tous ces cas M existait un état gé- 
néral grave et des signes de péritonite confirmée. Il en conclut quorigi* 
nairement la grossesse extra-utérine est presque toujours, sinon toujours 
tubaii-e, et qu'il y a lieu d'intervenh* toujours de bonne hemre. h. r. 

VIL — C'est le 4« cas de grossesse extra- utérine, dans lequel Tinjectiom 
de morphine a été employée pour arrêter le développement du totns. 

1 gramme d'une solution de morphine à 3 0/0 eet injecté par le vagin, à 
raide d'une seringue de Pravaz dans la partie fœtale qui panait ^étre la tèta. 
La mère n'éprouve aucun signe d'empoisonnemeai morphiai^ue. Les .mou- 
vements spontanés très violents une heure après riujecLion, vont en s'afTaji- 
blissant et disparaissent la nuit suivante. Le 19 février, expulsion^ par le 
vagin, d'un morceau du cordon avec sécrétion fétide très abondante. A partir 
dn il, les sécrétions utérines toujours très fétides deviennent sanglantes cl 
s'accompagnent de débris membraneux. Le 2 mars, brusque hémorragie par 
le rectum. 1" avril, conv8les<»ence. 

L'auteur préfère l'injection de morphine à la ponction, parce qu'eUo 
atteint plus sûrement le but désiré et n*expose à aucun danger. L'emploi 
de l'électricité préconisée par les Américains pour obtenir la mort du 
fœtus lui parait impraticable, et les observations qui ont été publiées 
n'ont pour lui aucune valenrr sd^atifique. h. bb FamoTv. 

VIII. — Fille de 80 ans, ayant eu ses règles pour la dernière fois à la fin 
de mars 1^1 et chez qui la grossesse évolue nonnftlement ju9«pi*au milieu 
d'août. Â ce moment elle a des symptômes de péritonite et eUe cesse de per- 
cevoir les mouvements du fœtus. Cependant le développeiaent de la grossesse 
continue et au mois de décembre les seins se remplissent de lait, les eaux 
s*écoulenl par le vagin, on attend l'accouchement. Mais tout s'arrête, le vo- 
lume du ventre diminue, les phénomènes d'expulsion font défaut, si bien que 
la malade est accusée d'accouchement clandeartin et d'infanticide : les mé- 
decins légistes constatent que la grossesse existe encore. 

En février 1882 la fille <[uiite son village et elle arrive îi Garslen où elle 
cherche à s'employer comme blancliisseuse. A partir de ce anoment elle n 
chaque mois des hémorragies abondantes qui l'afTaiib lissent. 

En février 1883 dtarràée avec expulsion de liquides infecfts et <f éléments 
nécrosés. A ee moment l'aiitenir constate que le vtïntre a le développemettt 
d'une grossesse de six mois. Il existe une tuneur dore et Maaie dont on per- 
çoit les limites au niveau des fosses iliaqoes «i qui pVooge dans le bassin ; 
da côté de l'ombilic on trou^te nne mastte surajoolée qui paratt^eensti tuée par 
les petites parties du foetn». Oa atl«int faeilement l'utéims dont la poKroa 
vaginale «lesuie 4 ceniniètreB let dent l'orlftce est é'bH>it. Dsm la paroi anté- 
rieure dn neotom se irorauve nne tumeur grosse ^Mimme mi «euf contenant une 
maase dure. 
Le iO aonais un fémur ne prisent» à l'omis. Le taidemaia le médecin Ifrou^rs 



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â raanmscim fmgfnent de oorëon mmv l«fuel ilexMree des toaoèwiM, et;ealmit 
le dM, ipoÊB 408 ipaul», le th«nnL dans leqmei la Mie Vest enfooeée «ei^B èe 
twinflin ei les exUsémitéB. Le fœtus est loa^ de 44 centûnèn^es et pèse 
700 grammes ; il parait âgé del mois. Il est dans un état de déooinpositi«i 
aYancée. 11 ^masque au sqaelette icvlaiifin te pariétal iganoàe qui n^test ealuait 
dn rectum que ie 29 mars. 

Peu de r^ratiou fébrile ; gvërœoo compfêke. l. «u^luad. 

IX. — La première observation peut se résumer ainsi : 
Symptômes rationnels de grossesse ; développement d'une tumeur située 

dans la purtie postérieure droite de Tabdomen; enfant vivant, constaté par 
Tauscultatiou et les mouvements perçus, l^ tumeur n'est pas constituée par 
Tutérus, car celui-ci, exploré au moyen de Thystéromètre, est vide. Vers le 
G* mois de la grossesse, mort du fiœtua, iofflanmation du sac, péritonite 
grave consécutive avec thrombose de la veine iliaque gauche et signes de 
pblegmatia dolens. Simultanément, développement d'accidents septicémiques, 
hyperlhermie, dyspnée, état général grave. Au moment où Padynamie est à 
son paroxysme, rupture du sac dans Tinteslin, et issue de pus fétide par le 
rectum. Amé^oratkm rapide maie persistance d*une fistule fntarissable offei- 
bliseant le malade, fièvre hectique permanente. Dans ces conditions Topera- 
tion est résolue. L'abdomen ouvert antiseptiquement, on découvre une poche 
renfermant, outre )e« oe du fœtus, Tinte^in fœtal putréfié et gangreneux, 
mélangé à des mattères Héctflee pi^<veiiant de ik mère, a trarvers un lange 
pertuis «eotr ouvert. 

L'auteur dàssè^ine le k^te, résèque la portion ^'intiestin adhéreote, kxi^^ue 
de 7 pouce&t ei fait une suture soignée des deux poi'tions d'intestin uormaU 
Après la toilette de Tabdomen et du péritoine, le pansement de Lister est 
appliqué en ayant soin de nuiiutenir un volumineux drain à Tangle inférieur 
âe la plaie. La malade guérit au 19® jour, après avoir passé par des péri- 
péties assez alarmantes. 

Le second eas concerne une femme enceirite delrors mois environ, très 
probafolemeRt atteinte de gestation tubaire et qui présenta les signes d*inre 
roptore de 'la traoupe «t 4'oae hématocèto éaorme, mettant la vie imméiiatB* 
ment an danger i(doalear avbite, exoesaive, après des signes rationnels de 
^rosBaaaa, anémie, pâleur, 'OeUapsus iastantané). Oràce à l'opium à haute 
dose, les applicatioas permanentes de ^lace, i'immoUilisajUoai absolue, la 
^uérison Unit j»ar survenir. u. a. 

X. — Femme de 38 ans, ayant eu six accouchements antérieurs dans de 
bonnes conditions. Devient enceinte en Juillet 1883 ; vers le mois de décembre, 
douleurs d'expulsion, comme pour Faccouchement ; issue de nombreux caillots 
de sang; cessation des douleurs. "Vers le 20 décembre, tuméfaction au ur\-effu 
de l'om^itic, ouverture spontanée d'une fistule laissant couler une grande 
quantité -de liqa>4e<ntrin, puis du pus. 

Qaand Taoteur eet appelé auprès de la malade (janvier iÈ%^) il la trouva 
dam aa -état da débilité parolende^ amaigrie, épuiaée par des aueai^s prefiosea, 
consumée par la fièvre hectique. Le ventre présente les apparenoee de 
Fabdomen vers le dernier tiers de la grossesse; on sent une tumeur avec 
saillies irrégulières; Tauscultation est négative. L'oriûce fistuleux conduit 
dans un petit cul-^-ôac. L*auteur, en raison des commëmoratifs, pensa à 
une grossesse eiira-utérine. 

Vers la fin de Janvier, Torifice de la Bstule s'agrandissait en effet et laissait 
couler une grande quantité ée Tiquide jaunâtre. T^iis au-dessoas de Vombilic 
0é faisatt une ouverture hrrge d*un ptmi^ par laqœlle fnretil éliminés ^ea 
d^tma potréMs «d'un fo^s. 

A la Bmktof «t sans ^roads aok», car an ne fit «ppaier h aouweaa le waé^ 
jttD pMT l*«Diéatf «felÉriaiir, l*étal général »'améiioM n(pideaM«t. 



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191 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

Mais la malade, ayant voulu faire un effort dans son lit, fut prise de yo- 
mîssements, douleurs, tous les signes d*un étranglement interne pour lequel 
M. Bouzol, tardivement mandé, dut faire un anus contre nature. Soulage- 
ment immédiat ; issue d*une quantité de matières. 

Un mois plus tard Tanus artificiel était en voie de rétrécissement ; les 
matières reprenaient le cours normal, et au bout de 8 ou 4 mois, la cicatri- 
sation était complète. La malade était guérie de ces deux graves accidents. 

A. c. 



DERMATOLOGIE. 



Ueber die pathologische Bedeutong der Prurigo (Sur la sigAiflcation patholo- 
gique du prurigo, par G. RIEHL (VierteJJah. f. Derm. u. Syph.fp. 41, 18B4). 

Le prurigo (de Hebra) doit prendre place dans les cadres nosologiques 
à côté de Turticaire chronique. Le rapprochement se justifie par raffmité 
manifeste des élevures prurigineuses récentes avec celles de Turlicaire ; 
et par robsei'vation qui montre que les papules du prurigo sont précédées 
pendant longtemps chez les jeunes sujets par des poussées d'urticaire. 
L'étude anatomique faite sur des lambeaux cutanés, exempts de der- 
matite secondaire (lésions de grattage) conduit aux mêmes conclusions. 
Elle montre en effet l'intégrité de l'épiderme et du réseau de Malpighi. 
Dans le derme, les glandes annexes sébacées ou sudoripares sont res- 
pectées ainsi que les follicules pileux, les fibres musculaires et les cellules 
adipeuses. Une dilatation générale des vaisseaux sanguins et lympha- 
tiques de la couche superficielle du derme, avec un peu d* œdème et d*in- 
flltration cellulaire constitue, jointe à la présence de nombreuses cellules 
migratrices dans les saillies papuleuses, la lésion essentielle de la ma- 
ladie. L'intégrité de l'épiderme et des follicules pileux différencie nette- 
ment cet état de Teczéma et du lichen pilaire. L'auteur en déduit que les 
opinions d'Âuspitz sont inacceptables. Quant aux lésions nei*veuses in- 
diquées parLeloir, elles sont le fait d'un mode défectueux àe préparation, 
ce qui infirme l'idée émise par Cazenave et défendue par Leloir d'une 
lésion nerveuse primordiale, et justifie l'opinion de Hebra faisant de la 
papule la manifestation originelle du mal et de Texsudat intra-papuleux, 
le point de départ des sensations prurigineuses par irritation des fila- 
ments nerveux. h. danlos. 

Uaber Prurigo, par J. CASPART (ViertelJ. /. Derm. u. Sypb,, p. 341, 1884). 

L'auteur considère comme parfaite la description de Hebra sauf sur la 
question du pronostic moins grave que ne prétendait le médecin vien- 
nois. Pour lui les opinions dissidentes de Hebra fils et d'Âuspitz ne 
sont pas légitimes. Le rôle des muscles pilaires est nul contrairement 
aux assertions de ce dernier auteur. Gaspary en donne pour preuves: la 
production de la chair de poule par le froid chez les sujets atteints de 



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DERMATOLOGIE. 193 

prurigo, le défaut d'action des injections d'atropine et des courants 
contenus forts ou faibles sur les papules ; et enfin la structure de celles- 
ci. D'après lui, l'examen histologique des papules non encore altérées par 
la dermatite de grattage, montre qu'elles sont exclusivement constituées 
par la prolifération des cellules de la couche épineuse. La couche cornée 
de répiderme et tous les éléments du derme sont absolument normaux 
môme les fibres nerveuses terminales. Le prurigo, avant toute compli- 
cation inflammatoire secondaire, serait donc un acanthose pur ou une 
hyperacanthose. h. danlos. 

Recherches sur ranatomie pathologique et la nature des érythdmes et de 
rérythème polymorphe en particulier, parLELOIR (Progrès médical, iO Janvier 
1885). 

Leloir passe en revue toutes les formes élémentaires de l'éry thème. 

A. Simple rougeur ou macules; des coupes fines pratiquées perpendi- 
culairement montrent : 1* une dilatation des vaisseaux du derme ; 
2^ parfois un très léger degré de diapédèse des globules blancs, qui sont 
toujours accolés aux vaisseaux. 

B. Dans un degré plus accentué, ce sont des taches accompagnées 
d'un léger épaississement de la peau, et formant une légère saillie; ici, 

es phénomènes d*exsudation sont constants ; les vaisseaux sont entourés 
de véritables manchons de leucocytes extravasés, et gorgés d'hématies ; 
il y a en même temps extravasation de quelques globules rouges et 
d'une partie du sérum coloré par l'hémoglobine. 

C. Papules. Dans ces cas il y a hyperémie exsudalive du derme et 
de l'hypoderme, mais surtout du derme ; alors les leucocytes se ren- 
contrent à une distance plus ou moins grande des vaisseaux, disséminés 
irrégulièrement ou disposés en amas ; dans l'hypoderme, il y a les signes 
d'un œdème peu accentué ; au niveau des papilles, on voit quelques 
cellules migratrices s'insinuer entre les cellules de la couche profonde 
du corps de Malpighi, et même jusque dans les plus superficielles. Ajssez 
souvent il existe une dilatation du nucléole d*un certain nombre de 
cellules du corps muqueux. Il y a toujours extravasation d'un nombre 
plus ou moins considérable d'hématies, soit isolées, soit disposées en 
amas, surtout dans les cas d'érythème à tendance hémorragique; on 
peut, dans ces derniers cas, rencontrer entre les vaisseaux conjonc tifs des 
granulations jaune clair, anguleuses, qui proviennent do la matière 
colorante du sang. 

L'œdème hyperémique se caractérise par la dilatation des espaces 
lymphatiques, sous forme de lacunes étoilées, revêtues d'une couche 
endothéliale, qui parfois desquament et peuvent contenir des caillots de 
lymphe; le liquide exsudé entre les mailles du tissu conjonctif contient 
rarement de la fibrine. — L'œdème périphérique comprimant les vais- 
seaux centraux donne naissance aux pomphi de l'urticaire. 

D. Erythème tubéreux. Ici commence vraiment l'inflammation ; les 
cellules fixes tendent à proliférer; le liquide exsudé contient souvent de 
la fibrine; ce sont, cependant, surtout les phénomènes d'hyperémie exsu- 
dative qui dominent. La diapédèse des globules rouges est en général 
très abondante. 

TREIZIÈME AJmiE. — T. XXVI* 13 



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1<94 REVUE DES SGIBNCES MEDICALES. 

E. Érythème vésiculeux et buîleux (herpès iris). Dans un premier 
deg^é, alors qu'il n'exisle pas encore de phlyctèn0,on conslate cependiuat 
que le corps de Malpighi est envahi par une grande quantité de cellnle» 
migratrices, qu^il existe en un mot un début d'altération cavitaire; es 
quelques points il y a un décollement entre les couches granuleuse ei 
cornée ; quand la bullo est bien fonnée, l'épiderme corné est soulevé en 
masse avec quelques parties du stratum lucidum, tandis que la couche 
granuleuse forme la paroi profonde. — En résumé, sous Tiniluence de- 
rhyperém'ie exsudative, les liquides extravasés, et un certain nombre de 
leucocytes tendent à pénétrer dans Tépiderme ; cette pression de dedans 
en dehors tend à soulever en masse Tépiderme par place, mais ce sou- 
lèvement microscopique ne se fait que sur des espaces très limiiés 
(phlyctènes profondes avortées ou embryonnaires); plus avant, un certain 
nombre de cellules du corps muqueux présentent le début d'altération 
cavitaire (vésicules avortées). Enfin, un véritable clivement de Tépiderme 
se produit (phlyctènes superficielles). En général, le liquide de ces der- 
nières phlyctènes est clair; parfois il est purulent, et alors le pus s'ac- 
cumule dans les parties déclives. h. l. 

Note lur trois cas d'érythdme à diagnostic douteux, par BERBEZ {Progrès médi^ 

cal, 15 novembre 1884). 

Obs. I. — E...,ftgéede23 ans, de constitution acrofuleuse, et atteinte detri*» 
chiasis pour lequel ou lui arrochc souvent des cils ou ou cautérise le bord libre 
des paupières^ présente en févriei', trois Jours après uoe de ces opérutions, 
les phénomèues suivants: elle sent tout d'un coup une chaleur insupportable 
à. la face, et est prise d'étourdissements; peu à peu le cuir chevelu devient le 
siège d'une démangeaison insupportable ; les points d'émergence des nerfs 
orbitaires deviennent comme des l)Outoiis électriques à irradiations doulou- 
reuses; le front, les pommettes, les joues, sont marbrés de taches rouget, 
qui bientôt gagnent les menibres inférieurs, accompagnées de sensation de- 
brûlure atroce; au bras, les rougeurs étaient plus marquées sur l:i face pal- 
maire que sur la dorsale, de même pour les mains; quelques taches se for- 
mèrent sur le tronc; puis les cuisses se couvrirent de larges effloresceaoes 
rouges, et enûn les pieds, à la plante puis sur le dos. La malade, pendant 
cetle crise, dont la durée fut d'une heure et demie, éprouvait une soif insa- 
tiable; l'accès fut suivi d'une abondante émission d'urine, et d'une enphorie 
accentuée. 

Depuis, les accès revinrent tous les jours vers midi, pendant 8 semaines^ 
Au mois de décembre 1882, une nouvelle excision du bord libre des 
paupières amena l'apparition d'accès fébriles franchement intt^rmiltonts do 
midi à 1 heure 1/2, et qui se répétèrent quotidiennement pendant 2 mois» 
Au mois de j mvier, un changement de pHnsement amena pendant 6 semaines 
les poussées érythémateuses; la température centrale n'était pas augmentée ;. 
les taches présentaient une élévation thermique de 6 à 8 dixiè.nes. 

Obs. II. — Femme de 37 ans, ayant eu des accidents palustres dans la 
Bresse; atteinte de para[)légie, suite de mal de Potl; présente au moment de 
crises douloureuses des poussées érythémateuses généralisées, durant 
2 heures, qui se sont reproduites pendant 6 semaines. 

L*auteur rapproche ces deux cas des faits que Straus a étudiés sous- 
le nom d'érythromélalgîe. h. l. 



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DERMATOLQâlK.. IW 

EÉsentielle Exanthème (Auspitz). — Erythema multiforme und Purpura rheuma- 
tica. — Durch Schlundentzûndungen hervorgerufen (Erythime polyforme et- 
purpura rhumatismal consécutifs à des angines), par C. BCBCK (VierteJ^ 
jabrscb, t Derm. UDd.Sypbil,, p. 481, 1883) 

Dans ce mémoire, l'auteur rapporte trois observations destinées à mettre 
en relief les relations qui unissent certaines angines et notamment les 
angines folliculaires aux manifestations cutanées et articulaires de la 
diathèse rhumatismale. La première est un fait d'érythème multiforme 
développé au onzième jour d'une angine. Dans la seconde, le début de 
l'angine remontait à tm mois quand apparurent les manifestations 
articulaires bientôt suivies de purpura. Durant Tintervalle, le malade 
était resté déprimé comme à la suite d'une grippe intense. Chez la troi- 
gième malade, Tangine se développa entre deux poussées d*érythème. 

Discutant ensuite les rapports de l'angine et des autres manifestations, 
l'auteur se demande s'il faut y avoir la preuve d'un état infectieux ou 
nn ensemble de lésions d'origine réflexe, ayant pour point de départ le 
pharynx. Celui-ci devrait le pouvoir de provoquer des lésions à dis- 
tance à ses relations avec les .centres vaso-moteurs et la moelle allon- 
gée, relations attestées par le nombre considéi*able des nerfs bulbaires 
qui se terminent ou se distribuent à la gorge. C'est à cette singulière 
interprétation qu'il semble se rattacher. u. danlos. 

Dermita professionnelle spéciale (Ecxéma des fileurs et des varonlenrs de lin), 
par H. LELOIR (Add, dederm»t. et de sypbil., p. 129, ISa*)). 

L'affection, spéciale aux sujets qui travaillent le lin «à l'humide », frappe 
de trois à quatre dixièmes d'entre eux; principalement ceux entachés de 
diathèse arthritique. £lle eal symétrique et siège a la paume des mains. 
Salocalisniion préférée est le niveau des faces adjacentes du pouce et da 
l'index ; elle peut exceptionnellement s'étendre aux avant-bras jusqu'aux 
coudes. C'est une dermite pouvant affecter toutes les formes de l'eczéma; 
mais principalement celle d'eczéma lichénoïde sec. Prurit constant, mais 
d'intensité variable; raideur de la main et desdoigts. Palhogénie dumal : 
Lesmèchesde lin, avant d'être filées, sont placées dans un bac rempU d'eau 
très chaude {So")^ destinée à retenir certaines impuretés et à faciliter le 
ûlage. Celte eau renferme, outre de nombreux microbes^ le principe mu- 
cilagineuxdulin transformé partiellement en acides butyrique et lactique 
(fermentation). Elle laisse sur les mains des ouvriers chargés de rattacher 
les fils qui cassent une sorte découche visqueuse qui produit le mal. Le 
traitement curatif est celui de l'eczéma artificiel; comme moyen préven- 
tif l'auteur conseille l'usage des gants de caoutchouc ou le changement 
fréquent de l'eau des bacs^ h. danlos. 

Dos lésions da la muqueuse buccale dani le lichen plan, par 6. THIBIBRGE 

[Ann. de derinai, et de sypbil,^ p, 65, 1885). 

Ces lésions peuvent précéder la lésion cutanée, raccompagner ou lui 
survivre. Les malades ne s!ea apecçoivent que par basait, car elles ne 



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196 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

causent aucune douleur ; simple sensation de rudesse à leur niveau. 
Dans la plupart des cas, la langue et la muqueuse des joues sont atteintes. 
Sur le dos de la langue, le mal se présente sous forme de taches blanches, 
irrégulièrement rondes et sansaucune saillie, isolées ou réunies en lignes 
parallèles aux bords de l'organe. Les papilles devenues plus rudes 
semblent diminuées d'épaisseur. Sur les joues, la lésion est formée par 
des papules acuminées d'un blanc pur ou même brillant, isolées ou réu- 
nies en plaques ou en séries linéaires. Au niveau des plaques et dans 
rintervalle des papules la muqueuse est souvent érodée ou d'aspect cica- 
triciel. Siège de prédilection: portion la plus reculée de la joue près des 
dernières molaires; face inférieure de la langue, bord libre de la lèvre 
inférieure. Peut-être des causes irritantes locales (tabac, aliments épi- 
cés, dents cariées) favorisent-elles le développement du mal. Nature his- 
tologique des lésions inconnue ; tendance constante à l'amélioration ou 
même à la guérison complète. h. danlos. 

Zur Aetiologie der Psoriasis, par X... {Verielj. /. Derm, u. Syph., p, 937, 1884). 

Le psoriasis est de nature parasitaire. Le champignon, mycélium ou 
spores claviformes, offre bien les caractères décrits par Lang. Il pénètre 
dans l'économie avec les ingesta et atteint la peau par sa face interne en 
suivant les voies circulatoires. Aussi le trouve-t-on surtout dans les cou- 
ches profondes de l'épiderme. De même son apparition à la racine ou à 
la partie moyenne de l'ongle, au-dessous de la couche cornée, s'explique 
ainsi beaucoup mieux que par une pénétration directe. h. danlos. 

I. — Urticaria factitia, par 6. BEHREND (Berliaer kîinische Woebenacbrift, 

6 et 13 »oùt 1883). 

II. — Ueber Dujardin-Beaumetx's « Femme autographique » und Urticaria fac- 
ticia im Allgemeinen, par P. MIGHELSON (Idem, 11 et 18 février 1884). 

III. — Fall Ton Urticaria factitia, par LISSA [Idem, 7 avril 1884). 

I. — La malade de Behrend présente des phénomènes identiques à 
ceux de la femme autographique de Dujardin-Beaumetz (jR. S. i/., 
XVI, 608), mais sans être hystérique. 

Dans la discussion, Meschede et Caspary déclarent avoir eu souvent 
occasion d'observer des faits semblables. Caspary a même reconnu que 
le phénomène persistait tout aussi intense chez un jeune honune qu'il 
avait chloroformé profondément. 

II. — Michelson commence par rappeler que les troubles cutanés vaso- 
moteurs décrits par Dujardin-Beaumetz ont été signalés depuis long- 
temps, en particulier par W. Gull (Ga/s Hospital Reports^ 3* série, V), 
qui a même créé pour eux la désignation d'urticaire factice. Dans le pre- 
mier cas qu'il avait observé, les éminences ortiées se produisaient loca- 
lement, quand la personne se lavait avec une éponge ou mettait ses bas. 
Heusingev {Virchow*s Archiv, XXXIX, 1867) a également rapporté 
l'observation d'un jeune paysan qu'on ne pouvait toucher nulle part, 
sans voir se produire le phénomène morbide. G. Lewin (Deutsche 
Zeilscbr. /. praki. Med., 1877) explique les symptômes viscéraux de 
l'hystérie par une excitabilité analogue des nerfs vaso-moteurs de l'uté-*- 



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DERMATOLOGIE. 197 

ruSy du cerveau, de ia moelle, ce qu'a d'ailleurs fait de son côté aussi 
Dujardin-Beaumètz. 

Michelson relaté ensuite cinq cas plus ou moins identiques, dont quatre 
chez des hommes. Chez tous ces malades, la peau irritée, par un instru- 
ment mousse, réagissait sous une forme rappelant tout à fait Turlicaire : 
efHorescences saillantes, blanches ou rouges, environnées d'une zone 
rouge, le tout durant quelques heures. Tous aussi offraient en môme 
temps le phénomène de la chair de poule, ce qui indique une excitabilité 
simultanée des nerfs moteurs de la peau, que GuU considérait à tort 
comme l'élément essentiel. 11 est vrai qu'il n'a jamais observé la coïnci- 
dence de l'urticaire factice et de l'urticaire spontanée, tandis que chez 
quelques-uns des malades de Michelson cette coexistence était très 
nette. 

Le fait qui a paru le plus insolite dans l'observation de la femme auto- 
graphique, c'est qu'il s'agissait de portions de téguments complètement 
anesthésiques. Mais Eulenburg vient justement de publier un cas d'hé- 
mianesthésie hystérique, dans lequel on provoquait très facilement l'ap- 
parition d'érythèmes et d'éminences ortiées du côté insensible. 

III. — Le fait de Lissa concerne un jeune homme de 2! anâ qui, 
venant d'avoir une urticaire, présentait encore dans les régions un peu 
serrées par les vêtements, pli du coude, nuqup, des raies blanches. Chez 
lui, en effleurant la peau avec un instrument mousse ou avec l'ongle, on 
provoquait l'apparition d'une bande blanche environnée par une rougeur 
que le malade percevait comme une brûlure. Au bout d'une demi-minute, 
ces phénomènes disparaissaient en commençant par la rougeur margi- 
nale. J. B. 



Uaber Nourltis bei Herpès Zoster (De la névrite dans le zona), par A. DUBLER 

{Arcb. f. path. Ad. u. Phys. Band XCVI, Heft 2, p. 195). 

Le travail de Dubler présente un certain intérêt. L'auteur, après un 
historique complet de la question, rapporte deux observations person- 
nelles de zona avec autopsies. 

La première observation est celle d*une femme de 17 ans atteinte, un an et 
demi, avant sa mort d'un zona intercostal.C'ëtait une tuberculeuse à l'autopsie 
de laquelle on trouva une périoslite avec trois amas caséeux qui intéressaient 
les 6% 1% 8* et 9* nerfs inlercoslaux droits. A l'œil nu, ces nerfs étaient 
épaissis, rouges par places. Les lésions microscopiques de la névrite s'éten- 
daient à la fois dans les deux sens, centripète et centrifuge. Les altérations 
portaient à la fois sur le tissu interstitiel, sur les tubes nerveux. Ces altéra- 
tions se retrouvaient jusque dans le tissu adipeux sous-cutané d'une part, 
de l'autre, elles s'arrêtaient avant, d'atteindre les ganglions spinaux et la 
moelle. II se trouvait que précisément du côté gauche, c6të opposé à celui où 
8*était développé le zona, le ganglion spinal du 9^ nerf intercostal était ma- 
lade. 

La seconde observation est celle d'une femme de 71 ans qui, 3 mois avant 
de mourir d'une pneumonie gauche dans le cours d'une néphrite chronique, 
présenta un zona du côté droit. A l'autopsie on trouva une névrite des 9* et 
10* nerfs intercostaux droits. L'altération se poursuivait comme dans le cas 
précédent, dans les plus fins rameaux musculaires et cutanés. Mais la névrite 
ascendante avait attt^int la racine postérieure et le ganglion du 9* nerf inter- 



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TBB REVUE DES SCIENGBâ MEDICALES. 

coaCal. Le ganglion du 10* était resté sain* La cause de la oéwrite ne put être 
trouvée. 

Dans les doux cas, réruption cutanée était exactement supyerposéeaux 
branches cutanées malades. Four savoir si le zona est dû aux lésicms des 
rameaux cutanés ou à celles des ganglions spinaux, il recherche les 
diverses relations d*autopsies de zona; il cite des faits de Rayer, Da- 
nielssen, Esmarch, Bœrensprung, Charcot et Cotard, Schiffer et Wyss, 
Haight, Wagner, Weidner, Kaposi, Satller, Chandelux, Lesser, Hebra. 
Il fait remarquer cependant qu'on ne peut tenir un compte absolu de ocs 
relations d'autopsies. En effet, tantôt Texamen a été fait à rœil nu, tan- 
tôt les examens microscopiques un peu superilciels n'ont pas porté sur 
toutes les branches des nerfs intercostaux, et pour les gros troncs sur 
toute l'épaisseur du nerf. Rarement les nerfs de la peau ont été exa- 
minés. 

Se fondant donc sur ses deux observations, il croit qpj'elles ne sontpas 
l'appui de l'hypothèse do la trophonévrose mais qu'elles démontrent qu« 
le zona est dû à la.névrite des filets cutanés. Dans &es deux autopsies, les 
filets setisilifs n'étaient pas seuls (iltérés, les filets moteurs l'étaient éga- 
lement; cela permet d'expliquer la production des paralysies dans le 
cours du zona. 

Puis il étudie quelles sont les causes qui peuvent produire le zona* 
S'appuyant sur les observations d'auteurs divers qu'il a réunies, il établit 
six ordres de causes : i** traumatismes; 2*» propagation d'inflammations 
du voisinage; 3* empoisonnements (vapeurs de charbon surtout); 4" ma- 
ladies infectieuses; o" rhumatisme; G"" cas spontanés qui sont probable- 
ment des cas dans lesquels la cause est restée inconnue, p. gallois. 

Contribution à Tétude du pemphigug épidémique, par GOLRAT [Revue de médc» 
cine, p, 935, 10 décembre 1884). 

Ce mémoire contient l'exposé d'une petite épidémie observée à la 
Charilé de Lyon. Quatre enfants furent ainsi contaminés. Sur chacun 
d'eux, les bulles pouvaient ôlve reproduites par auto-inoculation. Le 
liquide contenu dans les bulles renfermait, indépendamment des globules 
blancs, une infinité de micro-organismes en 8 de chiffre ; jamais fauteur 
n'a rencontré les bactéries signalées par Déjerine dans un cas analogue. 
Ce microbe en 8 de chiffre a pu être cultivé et isolé ; il s'est reproduit 
avec les mômes caractères jusqu'à la troisième génération. L'inoculation 
aux animaux n'a pas donné naissance à des bulles de pemphigus, mais 
à un décollement de l'épiderme contenant un liquide louche dans lequel 
on retrouvait les mômes micro-organismes. c. . axRAuosAu. 

Sclérodermie d'abord symétrique, puis disséminéo, précédée wbl début par est 
phénomènes d'asphyxie des extrémités, par A. MATHIBU {Revue de médecine, 
p. 180, 1884). 

J..., 49 ans,'» présenté des accès de fièvre intermittente qui ont pris le 
'type tierce et n'ont duré que pendant une quinzaine de jours. A toujours été 
-bien 'potiant depuis cette époque. H y a quali^ ans, se sont moiïirés des phé- 
nomènes d'asphyxie des 'eictrénirtés digitales. Ses doigts '8*engourdi«saient, 
devenaient "Violacés, froids. Au bout d'un movs, il se Ûi de la gène niafpqaée 



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DERMAT0L06IB. 1«9 

^es moareraents; les doigis ëUtent raid««, Ja pdau éUiU déjà devenue lisse 
■et duire. Depuis cette époque, la rélractron de la peau s'est de plus ea plue 
accentuée, et les doigts se sont trouvés complèlement immobilisés. Plus tard 
-86 sont montrées des taches blanches à la partie supérieure de la poitrine. 

Acluelloment, les doigts sont ri^^ides, durs comme du bois ; la peau est 
indurée et collée fortement sur les parties profondes. Les extrémités digi- 
tales sont volumineuses, hippocratiques, pâles, livi les, froides. Les ongles 
sont recourbés en gnffes. Il existe de petites dépressions cicatricielles 
arrondies, trace de poussées pustuleuses survenues à plusieurs reprises. 
Les doigts sont fléchis sur la main et les dilîéreates ar lieu laiton s pariictpent 
à eette flexion. La peau est bruuâtre, fortement pigmentée, avec des taches 
blanches, décolorées. On retrouve une coloration pigmentaire, brunâtre, 
foncée sur Tabdomen, le tronc, la face, la base du cou et les avant bras. Au 
-centre môme de cette tache pigmentaira se trouvent des plaques scléroder- 
miques blanches, qui rappellent l'aspect dbs cicatrices ; elles sont en appa- 
rence l»^gèrement déprimées. î-.es mouvements de Tépaule sont très difficiles. 
Lfs orteils sont violacés, livides, froids, sans induration ni rétraction 
évidente. oiraudbau. 

Ueber das Keratoma palmare et plantare beredfUritm (Kératome Itéréditaire 
palmaire et plantaire. Étude sur la kérato-^noaeiogie), par P. Q, UlfKA {Vier- 
telj, /. Dermat. u. Sypb.,p, 281, 1883). 

U 6*agit d*une affection localisée à la plante des pieds et à la paume 
ties mains qui peuvent être frappées ensemble ou séparément. Essen- 
tiellement héréditaire, elle parait se transmettre par descendance directe 
et non collatérale, sans pouvoir sauter une génération et sans que le 
sexe ait sur sa transmission une influence appréciable. Elle débute daas 
les premiers mois de Texistence, peut-être même dans les premiers jours, 
sous la forme d*une zone de coloration ronge bleuâtre entourant, comme 
un axioeau irré^gulier d'injection vasculaire, la plante des pieds et la paume 
-des mains. Plus tard, Tépiderme s'accumule dans la partie injectée el 
-en même temps que la lésion s'accentue dans la zone périphérique, le 
nml fait coneentriquement des progrès. A la période d'état, quand la 
maladie existe depuis des années, Tinjeclion périphérique n'existe plus 
et la lésion se présente sous la forme d'un épaississement épidermique^ 
d'autant plus considérable que les soins hygiéniques de la peau sont plus 
négligés. Dans certains cas, le mal se réduit à cette hyperkératose; dans 
d'auti-es, il peut produire des fissures dans les plis palmaires et plan- 
taires, du suintement, du prurit , de Texfoliation épidermique, en un m(fi 
un ensemble de symptômes simulant le psoriasis ou l'eczéma palmaire. 
Des onctions répétées avec une solution éthérée d'acide salicylique au 
dixième, solution additionnée d'un peu de substance grasse, amènent 
une amélioration et non une guérison détinitive. 

L'auieur D*a pu tix)uver dans la science qu'un travail se rapportant à 
-cette singulière affection. C'est la thèse de Thost (Heiâelbarg 1880) : Sar 
tiehthyose héréditah^e paimûire et plantaire. Unna critique comme abso- 
lument impropre 4a éënemlnation ^'iehtyose. Il invoque, à l'appui desoa 
opimott, la consislanee ferme de répidorme aocumulé, sa transpaarenMMi, 
Tabsence habituelle ti^xfoliation (sauf oomfAioations inflammatoires), la 
timitation brusque d« «mal en dohors par un bourrelet saiUant, la conser- 
vation de la sueur et le siège dans des régions jfue l'iohthyvee ^nespeete 



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tOO BEVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

toujours. Se lançant ensuite dans une digression théorique sur le mé- 
canisme intime . des dermatoses épidermiques , il critique la classifica- 
tion d'Auspitz en acanthoses (lésion des cellules épineuses) et hyperké- 
ratoses (lésion des cellules cornées) ; ou plutôt trouve que les diverses 
alTections y ont été rangées d'une façon 1res arbitraire, témoin l'ichthyose 
qui doit, suivant lui, être séparée des durillons, verrues, etc., et rappro- 
chée du psoriasis. A la suite de longues et très hypothétiques considé- 
rations sur le processus de prolifération épidermique et de kératisation, 
il groupe les kératonoses en trois familles. 

1* Les acanthoses ou mieux acanthomes, dont la lésion essentielle est 
une prolifération exubérante des cellules épineuses complétée à titre 
accessoire par une résistance anormale des cellules cornées. C'est dans 
cette classe ne comprenant que des lésions circonscrites (condyloma 
acuminatum, verruca, tyloma, claws, flbro-acanthoma cornificans) que 
Tauteur fait rentrer le kératome palmaire et plantaire comme une variété 
du cornu cutaneum. 

2« Les hyperkératoseSf lésions diffuses dépendant âq désordres chro- 
niques dans le système circulatoire et pouvant déterminer de place en 
place des troubles par rétention dans les follicules. Elles comprennent : 
Tacné (spontanée ou artificielle), le lichen folliculaire, certaines cica- 
trices; et des affections dans lesquelles aux lésions précédentes se joint 
une prolifération épithéliale exubérante : acné hypertrophique, épithé- 
liome cicatriciel). 

8« Les parakératoses ou kératolyses, affections diffuses ou en placards 
disséminés ; caractérisées comme les précédentes par de Thyperké- 
ratose avec plus ou moins de prolifération épithéliale; lésions combinées 
ici avec une exfoliation anormale de la couche cornée ; et une diminu- 
tion de l'activité sudoralo. C'est dans cette classe que l'auteur place 
l'ichthyose à côté du psoriasis, du lichen ruber, du pityriasis simple ou 
rubra, de la séborrhée sèche. h. danlos. 

Mittheilung aines Fallos von Xanthelasma planum und tubercnlosam multiplex 
par EICHHOFF (Deutscbû med. Wocb., n* 4, 1884). 

On n'a pas encore signalé le xanthelasma avant l'âge, de huit ans. 
Voici un cas remarquable où le début a été noté à l'âge de deux mois : 

L'auteur observe, au mois de septembre 1881, une petite fille de dix-hait 
mois, atteinte de taches hépatiques. J^a mère raconte qu'à la naissance la 
peau était absolument nette et que raffection a débuté à l'âge de deux mois. 

Sur toute la surface cutanée, mais spécialement sur le dos et les extrémités, 
aussi bien du côté de Textension que de la flexion, et sur le cuir chevelu, 
on voit un grand nombre de taches et do nodules jaune paille ou brun clair, 
variant des dimensions du grain de mil à celles de la pièce de dix pfennigs, & 
surface tantôt lisse, tantôt ridée. Rien aux paupières. I/enfani est bien déve- 
loppée et paratt saine. Pas d'affection hépatique. 

L'examen histologique d'un lambeau cutané excisé par Doutrelepont à 
Bonn a fourni des résultats analogues à ceux de Virchow, Kaposi, 
Ghambard : néoforination de tissu conjonctif et accumulation de granu- 
lations graisseuses, tandis que les glandes sébacées, contrairement aux 
assertions d'Ërasmus Wilson et d'Hebra, sont indemnes. L'auteur n'a 
pas trouvé les micro- organismes de Balzer. 



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DERMATOLOGIE. «01 

La seule cause à invoquer est ITiérédilé ; l'auteur a vu, en effet, l'ar- 
rière grand-père de l'enfant qui est atteint depuis la plus tendre enfance, 
de xanthelasma. La mère porte des nœvi piginentaires. 

L'auteur a suivi sa jeune cliente : il a employé inutilement une longue 
série de topiques ; à l'âge de 3 ans 1/2, nulle modification n'est surve- 
nue. L. GALLIARD. 

Rechtrohes sur les caractères anatomiqnes du xanthelasma, par F. BALZER 

{Archives de physiologie, 30 juin 1884). 

Il y a de grandes différences entre les divers cas de xanthelasma : dans 
les uns, la production de tissu fibreux semble le fait fondamental ; dans 
les autres, l'élaboration de matières grasses paraît la lésion dominante, 
au moins à une certaine époque de l'évolution de l'affection; dans 
d'autres enfin, les lésions du tissu élastique semblent l'emporter sur 
toutes les autres. Â cette dernière catégorie se rattachait le fait étudié 
dans le travail que nous analysons. 

Les plaques xanthélasmiques cutanées étaient, en effet, constituées 
par de la matière élastique provenant des fibres élastiques normales du 
derme qui, après s'être hypertrophiées, s'étaient fendillées et segmen- 
tées. La désagrégation de la substance élastique atteignait également 
les fibres des jjarois vasculaires et jusqu'aux appareils élastiques des 
poils et des glandes sudoripares. 

Les plaques xanthélasmiques cardiaques présentaient les mêmes alté- 
rations du tissu élastique; elles contenaient de plus des cellules xanthé- 
lasmiques qui avaient englobé un grand nombre de grains et de frag- 
ments élastiques. 

Les granulations que renferment les cellules xanthélasmiques doivent 
donc être considérées non comme des microbes, mais comme des grains 
élastiques résultant de la régression des fibres élastiques, et englobés 
par le protoplasma des cellules du tissu conjonclif, comme }e sont les 
corps pulvérulents introduits dans ce tissu. a. Gilbert. 

Observations et recherches sur l'érythrasme et sur les parasites de la peau à 
l'état normal» par BALZER et DUBREUILH {Ana. de dermat, et de syphil,, 
p, 597, 1884). 

Travail composé de deux parties. Dans la première, les auteurs com- 
plètent la description de l'erythrasina, insistent sur ses affinités avec 
Vintertrigo et sur ses caractères cliniques. Indolence absolue, siège dans 
les plis de flexion, surface chamois, café au lait ou rougeàtre, comme 
saupoudrée de farine, surtout si on la frotte, sèche ou un peu humide ; 
finement plissée, d'aspect moiré, donnant au toucher une sensation 
onctueuse comme le talc ; plaques terminées par un contour très net. Le 
parasite siège exclusivement dans la couche cornée de l'épiderme et il 
ne diminue pas l'adhérence comme fait le pityriasis vei*sicolor. (Pas de 
copeaux épidermiques; quelques squames seulement par legrattage.) Ces 
masses sporulaires occupent la surface libre de l'épiderme ; les nombreux 
tubes de mycélium s'y enfoncent et pénètrent entre les cellules jusqu'au 
voisinage de la couche claire du corps muqueux. 



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202 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

Dans la deuxième partie, Baizer et Dubreuilh essayent une olassiûca- 
tion des parasites de la peau à Télat normal et en font deux groupes. 

1* Parasiter de la sueur. Parmi eux on peut distinguer au moins deux 
espèces distinctes, les zooglées rouges ou incolores observées dans 
Taisselle des sujets atteints de sueur colorées (voir Revue XXV; 253)01 
le parasite de Térythrasma qui, diaprés les observations de Bizzosero 
vérifiées par les auteurs parait exister normalement dans la région inguino- 
ficrotalc et les espaces interdigitaux des orteils. Il n*y existe d'ailleurs 
qu'en petite quantité et le mycélium toujours rudimentaire ne prend 
jamais le développement qui, chez les sujets prédisposés, conduit à 
Terythrasma.' 

2*» Parasites des matières grasses. Ils rangent sous ce nom les diverges 
variétés de spores de Malassez (pityriasis, pelade), dont le dévoloppemOTit 
leur semble favorisé par le sébum qui constituerait pour elles un excellent 
milieu de culture. h. danlos 

Sur le mycosis fongoîde, par FABRE {Gat, méd. de P^f/f, tr* 5, 6, 7, 85, 186i). 

Des observations qu'il rapporte et de Tétude qu'il a faite du mycosis 
foûgoïde, Tauteur tire les conclusions suivantes : 

Cette maladie se caractérise autant, sinon plus, par Tétrangeté de 
la marche que par la nature des lésions. 

D'une durée habituellement longue, puisqu'il met généralement plu- 
sieurs années à parcourir les diverses phases de son évolution, le mycosis 
a toujours abouti à une terminaison faiale, à l'exception d'un cas, qui 
paraît avoir délinitivenient guéri. 

On peut, dans la succession des symptômes, reconnaître quatre pé- 
riodes, quelquefois bien distinctes, mais le plus souvent empiétant Tune 
sur l'autre : 

1** Une période initiale, caractérisée par l'apparition sur la peau, en 
poussées successives, de taches congestives, simulant Turticaii'eou l'éry- 
thème papuleux, ou encore de l'eczéma au début de réru|>tion; 

2° Une période liehénoïde, présentant des papules persistantes à dé- 
mangeaison très vive, accompagnée d'insomnie ; 

3*> Une période de transition, dans laquelle l'éruption de lichen coïn- 
cide avec la présence de plaques indurées d'un rouge brun, et avec 
d'autres altérations cutanées d'aspect très varié, puis surtout avec l'ap- 
parition des premières tumeurs néoplasiques, parfois aussi avec Tengor- 
geraent des gan;;lions lymphati(pies ; 

4® Une période de cachexie; les tumeurs myoosiques se multiplient^ 
s*ulcèrent à la surface, se mettent à suinter; quelques-unes s'afTaisseAt»» 
disparaissent même sans s'être ulcérées, mais ils'en produit de nouvelles:; 
une diarrhée colliquative, une anémie globulaire de plus en plus maiv 
quée, rarement de la leucocythémie, un affaiblissement progressif, sur- 
tout de la iièrre hectique, tels sont les symptômes précurseurs de ia 
mort. ozBKi». 

Becharches smr la nature dm lupas vulgaire, par LELOIR (Progrès médîcêl^ 

A. octobre 1881). 

Pour conclure à l'identîtéde la tuberculose let'du ltrpus,'îlTaUtproaver 

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DERMATOLOGIE. Wt 

que oes deox affections sont absolumenrcomparables, au point de v\\e ée 
la clinique, de ranatomie pathologique, des inoculations expérimentales, 
et enfin des micro-organismes. 

Ciiniquement, doux affections de même nature peuvent ne pas pré- 
senter la môme syroptoraatologie ; le lupus peut être considéré comme 
une tuberculose primitive, et par suite dilTérer de la tuberculose secon- 
daire de la peau. Il est prouvé aujourd'hui que les lupeux deviennent 
plus souvent phtisiques que les autres malades, et peuvent être enlevés par 
la tuberculose miliaire aiguë, généralisée. Cependant on ne peut être 
absolument alfirmatif. Leloir rapporte de plus avoir obtenu un cas de 
lupus ayant envahi les os de la face (os du nez, maxillaire supérieur et 
palatins). 

L'anatomie pathologique montre Tidentité morphologique du lupome 
et du luberculome. 

Les recherches de nombreux savants ont prouvé que le tubercule 
seul engendre le tubercule. — Or, les expérimentations pratiquées 
avec des inoculations de lupus, soit dans le péritoine, soit dans la 
chambre antérieure, ont donné en moyenne à Leloir une fois sur trois 
une tuberculose miliaire généralisée, inoculable en série, et bacillaire. — 
On sait d'autre part que le lupus inoculé sous la peau donne des résultats 
négatifs. Leloir a réussi deux fois sur cinq à obtenir des tuberculoses 
localisées, en insérant sous la penù du ventre d'un lapin un morceau de 
lupus accolé à un lambeau d'épiploon hernie destiné à le nourrir; il admet 
que Ton peut à volonté, en inoculant des fragments de lupus dans cer- 
taines conditions expérimentales, proiluire tantôt une tuberculose géné- 
ralisée, tantôt une tuberculose localisée, pendant un certain temps du 
noins. 

Leloir n*a trouvé de bacilles que dans un seul cas sur onze, et un seul 
snr douze coupes : il admet, en s'nppuyant sur Tabsence habituelle des 
bacilles, sur l'inconstance de la réussite des inoculations, sur la longue 
durée qui s'écoule entre l'opérai ion et rapp«^rition des tubercules, que si 
le lupus est une tuberculose locale, c'est une tuberculose atténuée; il 
rapproche le lupus des tubercules fibreux. En résumé, on ne peut aflîrmer 
que Je lupus vulgaire soit toujours une tuberculose cutanée localisée 
primitive : peut-être sous ce nom comprend-on deux affections distinctes 
dans leur essence, bien que semblables dans leur objectivité. Certains 
lupus sont peut-être des manifestations tardives de la syphilis héréditaire, 
sorte de produit dégénéré de la vérole simulant le lupus scrofulo-tuber^ 
culeux vrai. h. l. 

!■« lapus et son traitement, par E. BESNIER {Ann, de dermat, et de syphfl,, 

Janvier 4885). 

Besnier comme Doutrelepont, Leloir etc., et pour des raisons de même 
«rdre, considère le lupus comme lié à la tuberculose du derme. Sous le 
rapport thérape«ilique il préconise dans les formes oirconscriteslescau- 
iérisalions interstitielles. Dans les lupus très étendus principalement 
ceux du visa^jil préfère cependant la cautérisation par l'acide pyrogal^ 
lique (dermite ai*tificieile suppuraiive et substitutive). 

Les surfoces lupiques sont badigeonnées avec un pinceau trempe 



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Î04 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

dansdel^élher saturé d*acide ouTeçoivent une pulvérisation faite avec la 
solution éthérée. Dans les deux cas la surface se couvre instantanément 
d'une couche blanche d'acide à laquelle on superpose une couche 
de traumaticine. Les jours suivants une forte vésication se produit sui\ie 
de suppuration et d'une cicatrice lisse. Une seule application est souvent 
suffisante; au besoin on réitère jusqu'à ce que tout foyer du lupus ait 
disparu de la cicatrice. 

Ce traitement convient surtout au lupus de Willan; pour le lupus de 
Gazenave, Télectro-cautérisation interstitielle reste la méthode théra- 
peutique par excellence. h. dànlos. 

Die Actiologie dei Lupus Tulgtrii, par DOUTRELBPONT (Vierielj\ f, Derm. o. 

S/pb.. p. 289, 1884). 

Le lupus vulgaire est une des formes de la tuberculose cutanée; telle 
est la théorie que Fauteur défend dans ce mémoire. Il base son opinion 
sur les travaux de Koch, Friedlander, Besnier, Martin..., ainsi que sur 
ses propres expériences et observations. Dans 26 cas de lupus, il a 
25 fois trouvé le bacille caractéristique. Sur trois malades récemment 
atteints et indemnes de toute médication topique, le parasite se montrait 
en grande quantité. Les essais d*inoculation (chambre antérieure de 
l'œil, cavité péritonéale) lui ont également donné des résultats positifs. 
Quant aux différences d'aspect signalées par tous les auteurs, entre la 
tuberculose vraie de la peau et le lupus, Doutrelepont les compare à 
celles qui existent entre les syphilides cutanées et les explique par Tétat 
de l'organisme au moment de leur évolution. Il ajoute que la phtisie 
termine souvent l'existence des lupeux; quinze de ces malades sur 
trente-cinq lui ont signalé la tuberculose chez leurs ascendants et enfin 
qu'il a pu constater plusieui's cas de transmission héréditaire du lupus. 

H. DÀNLOS. 

Ueber Lupuscarcinom (Sur le carcinome lupique), par SGHIJTZ (Monàts. f&r 
prakt. Dermatologie, mars 1885). 

Le carcinome peut, comme Ta montré Lang, se développer dans des 
cicatrices de lupus ou dans le tissu de lupus en pleine efflorescence. On 
ne saurait s'étonner que les cicatrices de lupus deviennent le point de dé- 
part d'un cancer puisqu'il en est parfois de même des cicatrices consécu- 
tives à un traumatisme ou à une ulcération banale. C'est ainsi qu'il n'est 
pas très rare de voir une néoplasie cnrcinomateuse naître d'une cica- 
trice consécutive à une brûlure de la face ou à un ulcère de la jambe ; 
le fait est seulement plus fréquent pour les cicatrices de lupus, sans doute 
parce qu'elles irritent plus que les autres les tissus épidermiques qui les 
entourent. 

Les néoplasies épidermiques que Ton peut constater dans le lupus en 
activité sont également secondaires. L'épiderme est intact au niveau des 
nodules récemment développés : lorsque l'affection devient ancienne, cette 
membrane s'amincit le plus souvent et disparaît par places; mais il peut 
arriver au contraire que ses cellules se multiplient; il se fait alors une 
néoformation dont le développement est facile en présence d'un tissu 



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DERMATOLOGIE. t05 

friable et peu résistant comme Test celui du lupus. Ou peut voir les pro- 
longements inler-papillaires du corps muqueux s'étendre en profondeur 
et aussi vers la surface et former des masses considérables ; ils peuvent 
prendre Tapparence de productions papillaires et le lupus ainsi modifié 
est souvent désigné sous le nom de lupus papillomateux. Si en même 
temps la tumeur revêt un aspect corné et s*il s'y développe des globes 
épidermiques, on la rapproche à juste titre des épithéliomes, et si les 
épithéliums se disposent en agglomérations tubulaires, on ne peut plus 
douter qu'il ne s'agisse d'un véritable carcinome en même temps que 
d'un lupus; la tumeur est deseane hybride. Peut-être cependant diffère- 
t-elle du cancer par sa bénignité relative ; dans deux cas dont l'auteur 
rapporte l'observation, l'ablation du néoplasme a été suivie d'une gué- 
rison complète. Ces tumeurs évoluent comme des lupus et non comme 
des carcinomes. h. hallopbau. 

Die A«tiologi« und Pathologie der Lepra, par A. HAN8EN {Viertelj. f, Derm, u. 

SyphU,, p. 817, 1884). 

La lèpre, sous ses deux formes anesthésique ou tuberculeuse, n'est nul- 
lement héréditaire. Les présomptions en faveur de Thérédité ne sont pas 
soutenables, et sont susceptibles d'une explication différente. En faveur 
de celte appréciation l'auteur invoque divers arguments : la fréquence 
de la lèpre en Norwège est telle dans certains milieux que l'on pourrai 
y voir une influence de race, et, -si cette vue était exacte, la tare hérédi- 
taire devrait s'afQrmer avant l'apparition des lésions spécifiques par des 
signes de dégénérescence. Or il n'en est rien ; la race des paysans dans 
les districts envahis est forte, vigoureuse, et avant l'âge où ils sont frap- 
pés, les lépreux en général jouissent d'une excellente constitution. La 
découverte du bacille et sa présence constante (dans la forme tuberculeuse 
du moins) fait présumer l'origine bactérienne du mal. Bien que la preuve 
directe soit impossible à faire; il est infiniment probable que la lèpre 
n'a d'autre origine que l'infection et la contagion; modes de propagation 
favorisés par la malpropreté des habitants et la vie en commun des 
lépreux avec les sujets sains dont ils partagent le lit et la noumture 
(habitude des lits communs, usage des mêmes cuillers, etc.). En outre, 
les lépreux dissimulent très longtemps, grâce à sa chronicité, leur mala- 
die. A l'appui de ces considérations, l'auteur montre en s'appuyant sur 
des statistiques que, depuis la création des asiles des lépreux, la propa- 
gation du mal a subi une rétrocession remarquable. h. danlos. 

Eau Fall von Akne varioloformii universalis mit tOdlichem Auigange (Sur un 
cas d'acné varioliforme généralisé terminé par la mort), par GRÛNEWALD 

(Monàtsch, fiir prâktiscbe Dermatologie, m»rs 1885). 

On décrit actuellement sous le nom d'acné vanoliforme deux affections 
cutanées bien distinctes : l'une, celle de Bazin, est constituée par de 
petites éminences ombiliquées et d'une coule\ir se rapprochant du blanc 
de cire, comme demi-transparente sur les bords de l'ombilic; l'autre, celle 
des Allemands, est une forme d'acné dont les pustules rappellent par 
leur aspect les efQorescences de la variole ; elle a pour siège les glandes 



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906 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

sébacées. C'est à tort, croyons-nous» que l'auteur applique cette même 
dénomination à un cas dans lequeUes glandes de k peau sont restées: 
intactes et où la maladie, après s'être généralisée, a entraîné lu mort , car 
il a diUéré aussi bien par ses lésions histologiques que par sa marcàQ 
clinique des véritables acAés. En voici l'histoire résumée : 

£u décembre 1883, le malade remarque quelques papule» à la. partie estf- 
•teiue de ses deux cuisses; elles sont le siège d'un vif prurit. Bientôt elles. sa 
muUipiieii^ gdgaeulle bas-veiitref puis s'étendent peu à peu à toute la sur- 
face du corps ; le prurit est tellement vif que le malade ne p^ut reposer ni 
jour ni nuit (caractère étranger à l'acné); il entre à IHiôpital le :2 octobre 1884. 
Il présente sur la plus grande partie du corps une éruption de papules dont 
le volume varie de celui d'une tète d'épingle à celui d'un pois; leur codeur 
est d'un rouge pâle ou bleuâtre, leur consistance ferme; elles^ se détachent nett^- 
mentdes parties saines; elles ne sont pas douloureusesà la pression, mais elles- 
deviennent parfois le siège de vives démangeaisons ; elles portent à Idur 
sommet une croûte mince, d*un gris brunâtre; quand on la détache, il 
s'écoule une goutte d*un liquide séreux trouble. Ces papules sont confluentes- 
au niveau du thorax et de Tabdomen ; elles sont abondantes aux membres 
supérieurs, particulièrement sur la face palmaire de l'avant bras, dans l'ais- 
selle et autour du coude, leurs caractères sont modiûës dans cette région^ 
en ce sens qu'elles sont plus petites, plus dures, moins colorées et non recou- 
vertes de croûtes. C'est au niveau du dos et des extrémités inféiieures qu'elles 
sont le moins nombreuses. On voilà la partie externe des cuisses des taches 
blanchâtres, arrondies et entourées d'un étroit bord brunâtre qui repr<f'sente 
les traces de papules efiacées^L'unno oontientune petite quantité d'albumine*. 
Des frictions avec la pommade chrysophanique à 1/10 amèjient une der— 
matite bulbeuse. 

Les jours suivants, l'éruption continue à faire des progrès; elle envahit la 
nuque et la face où elle occupe surtout les plis naso-labiaux ; le front resta 
indemne jusqu'à la terminaison fatale qui survient le 19 décembre. L'exa- 
men microscopique montre que les papules se sont développées aux dépens 
du corps papillaire et de l'épiderme qui le recouvre ; leurs éléments se sont 
multipliés; les neoformatious épidermuiues se disposent en travées circons- 
crivant des espaces sphériques dans lesquels se trouve inclus le tissu conjone- 
tif des papilles; ces espaces sont très nettement limités par une ou plumeurs 
couches de cellules d'épithéiium cylindrique colorées en brun par des granu- 
lations plus ou moins fines. La couche profonde du revêtement épiderniique 
présente une ou plusieurs couches de cellules cylindriques lusifoimes qui se 
confondent peu à peu avec les cellules cubiques du réseau normal de Malpi- 
ghi. 11 semble que les altérations de l'épiderme soient essenli3llement liées 
à la multiplication de ces éléments de transition qui viennent s'accumuler 
entre l'épiderme et le corps papillaire. Celui-ci est également en voij de pro- 
lifération ; les follicules pileux, non plus que les glandes sébacées, ne partici- 
pent aux altérations. 

L'auteur s'appuiopour donner à cette maladie le nomd'acno voriolifor- 
me sur l'analogie qu'ont présentée au point de vue clinique les p.ipules 
qui la caraL'térisaieui avec les boutons delà variole et aussi .-ur un certain 
degréde ressemblance entre les lésions anatomo-pathologiques; il montre 
qu'il ne peut s'agir d'un acné cachectique; il n'y avait d'autre trouble con- 
comitant qu'une albuminurie peu considérable et passagère, les reins n'ont 
présenté à l'autopsie que de légères altérations. 

C'est une maladie sul generis; elle a été fort grave chez ce sujet puis- 
qu'elle a entraîné la mort en un an. h. hallopeau. 



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MALADIES V£1NëHIëNN£&. S07 

De Vomploi da naphtoL dans quelques affecUona cutanées, par P. SOMARET 

{ThèsQ de Paris, 1883). 

L'auteur résume ainsi les avantages du naphtol : 
1** Les prépai-ations sont inodores et ne colorent ni les téguments ni 
le linge ; 

2* Par remploi du naphtol manié avec les précautions indiquées par 
Kaposi, il n'a observé ni phénomènes d'intoxication (albuminurie, colo- 
ration des urines), ni inflammation vive des téguments ; 

8® Dans la gale, le naphtol est un excellent parasiticide, et exerce de 
plus une action modiflcatrice très favorable sur les éruptions concomi- 
tantes ; 

4* Dans la pédiculose, il est efficace sans danger et d'un maniement 
facile ; 

6® Dans le psoriasis, aucun résultat satisfaisant ; 

6*» Dans le prurigo de Hebra, le niiphtol fait disparaître rapidement le 
prurit et influence heureusement les éruptions; mais pas plus que les 
autres médicaments il n'exerce d'action curative. 

Ces conclusions sont basées sur un certain nombre, d^observations 
prises dans le service de Besnier. 

Le médicament a été employé aux doses et sous les formes pharma- 
ceutiques indiquées par Kaposi. h. danlos. 



MALADIES VÉNÉRIENNES. 



Syphilis nnd Pseudo-syphilis, par A. COUPER (In-S^ 334 pages, London 1884). 

Dans cet ouvrage sont traitées toutes les questions, symptômes, étio- 
logie, prophylaxie, traitement qui se rattachent à la syphilis acquise ou 
héréditaire; mais pour être com[)let sans cesser d'être court, Tauteur a 
dû se borner, surtout pour l'étude des lésions viscérales, à l'indication 
des points principaux. De nombreuses allusions aux travaux des syphi- 
ligraphes anglais et étrangers monti'eut une connaissance approfondie 
des questions à l'ordre du jour ; la personnalité s'affirme par quelques 
propositions au nombre desquelles les suivantes: Cooper ne croit pas à 
l'existence d'un virus spécial au chancre simple (!) non plus qu'à l'effica- 
cité de la méthode abortive par excision ou cautérisation du chancre initial. 
Il donne, des variétés d'aspect de celui-ci, une expUcarion au moins ingé- 
nieuse. Si, dit-il, le germe syphilitique s'inocule mélangé à des produits 
irritants (pus ou hquide purifornie), l'accident primitif aura le carac- 
tère d'une lébion phiegmasique et suppnrative (ulcération profonde, sé- 
crétion abondante, etc.); si, au contraire, le poison spécifique est siiôpendu 
dans un liquide inoQ'ensif, on aura le mininmm de lésion primitive (pa- 
pule ou nodule). Sous le rapport thérapeutique, Cooper est partisan d'un 
tKatiement mercuriel prolongé pendant six mois et suivi d'une ou plu- 



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208 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

sieurs cures trimestrielles séparées par des intervalles de cinq à six se- 
maines ou plus. Gomme moyen prophylactique, il insiste sur Tutilitë 
d'une surveillance sanitaire des prostituées, et constate qu'en Angle- 
terre, dans les villes où sous l'influence des règlements sanitaires la 
vérole avait diminué de fréquence et de gravité, la maladie a repris ses 
anciens caractères depuis que des scrupules de sensiblerie humanitaire 
ont fait renoncer à ces mesures salutaires. h. danlos. 

I.— Die SyphUis bacillen, par LUST6ARTEN (Wien. med. Jâbrbùcber, ffôft 1, 

p, 89. 1885). 

U. — Uaber BacUlen bei Syphilis, par DOUTRELEPONT et 8CHUTZ {Deustcbe 
med, Woch., n* 19, 1885). 

I. — Le bacille de la syphilis ayant échappé jusqu'ici aux observa- 
teurs, l'auteur a jugé nécessaire d'inaugurer une méthode nouvelle. 

Il excise une syphilide et fait durcir le fragment dans l'alcool absolu, 
puis pratique des coupes qu'il plonge dans la solution de violet de gen- 
tiane d'Ehrlich-Weigert (100 parties de solution aqueuse d'aniline, 
il parties de solution alcoolique concentrée de violet de gentiane); elles 
y sont maintenues pendant 12 à 24 heures à la température de la cham- 
bre, puis pendant deux heures à une température de 40*. 

Pour décolorer les coupes, l'auteur les plonge d'abord pendant dix 
secondes dans une solution aqueuse de permanganate de potasse à 
1/2 0/0 (elle s'y chargent de bioxyde de manganèse), puis dans une solu- 
tion aqueuse d'acide sulfureux pur. Le peroxyde de manganèse se change 
en oxyde, l'acide sulfureux en acide sulfurique ; il en résulte du sulfate 
de manganèse. Les coupes, partiellement décolorées par ce premier trai- 
tement, sont lavées à l'eau distillée puis replacées successivement dans 
les deux liquides à trois ou quatre reprises différentes, pour que la dé- 
coloration soit complète. A la fin on les déshydrate dans l'alcool, on les 
éclaircit dans l'essence de girofle, puis on les monte dans le baume de 
Canada. 

Même procédé pour la recherche des bacilles dans les humeurs ; 
même coloration, mêmes réactions successives du permanganate de 
potasse et de l'acide sulfureux. 

Les bacilles de la syphilis ressemblent, à première vue, à ceux de la 
tuberculose. Ce sont des bâtonnets tantôt droits, tantôt plus ou moins 
courbes, tantôt brisés ou enferme d'S. Leur longueur varie de 8 1/2 fi. à 
4 1/2 fx., l'épaisseur de 1/4 jx. à 3/10 fx. généralement colorés en 
bleu foncé, ils restent aussi quelquefois bleu pâle. A un faible grossis- 
sement, on voit leurs contours lisses et réguliers ; leurs extrémités 
offrent de légers renflements. A un fort grossissement, on peut se con- 
vaincre qu'au lieu d'offrir une régularité absolue, les contours présen- 
tent quelques ondulations et quelques dépressions ; on voit aussi qu'ils 
portent des spores. Ces spores, au nombre de deux à quatre dans un 
bacille, se manifestent sous forme de taches ovales, claires, brillantes. 

Les bacilles n'existent pas à l'état de liberté. On les trouve seulement 
dans de grandes cellules lymphoïdes, deux fois plus volumineuses que 
les globules blancs du sang, qui méritent le nom de migratrices. L'au- 
teur en a vu une en effet, sur la coupe d'un condylome, au milieu des 



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MALADIES VENERIENNES. t09 

cellules dentelées du corps muqueux de Malpighi ; il en a observé deux, 
sur une autre coupe, dans la lumière d*un vaisseau lymphatique. Ces 
cellules contiennent d'un à huit bacilles. Peu nombreuses au milieu des 
tissus malades, elles se réunissent en groupes sur les bords des foyers 
d'infiltration syphilitique et dans les zones avoisinantes, saines en appa- 
rence, ou peu altérées. 

L'auteur a trouvé les bacilles caractéristiques sur les coupes dans dix 
cas de chancres, papules et gommes. En outre il les a vus dans les sé- 
crétions fournies par les chancres ou papules de six sujets. Sur les pré- 
parations colorées, il trouvait d'abord une foule de micro-organismes 
très variés et très dissemblables au milieu desquels les éléments spéci- 
fiques ne pouvaient guère se distinguer. C'est seulement après la déco- 
loration que ceux-ci persistaient avec les caractères décrits plus haut. 
L'auteur n'a pu les retrouver, en dehors de la syphilis, dans un grand 
nombre de préparations de lésions diverses ; il les a cherchés vainement 
sur des coupes de chancres mous. Il se croit donc autorisé à affirmer la 
découverte du bacille de la syphilis. 

Ce bacille n'a pas encore été trouvé dans le sang. L'auteur pense que 
le virus se propage surtout par la voie des lymphatiques. 

IL — Les auteurs ont fait une première communication au congrès de 
Bonn, le 15 décembre 1884, sur les bacilles de la syphilis, semblables 
à ceux de la lèpre et de la tuberculose par leurs formes et leurs dimen- 
sions, mais se distinguant par la fixation du violet de gentiane. 

Ils donnent ici les détails de leur technique. Les fraj^ments durcis 
dans l'alcool absolu sont ramollis dans l'eau, puis coupés sur le microtome 
à congélation. Les coupes sont plongées dans une solution de chlorure de 
sodium à 1/2 0/0, puis dans l'alcool absolu, et enfin elles restent 24 ou 
48 heures dans une solution aqueuse de violet de gentiane au centième. 

La décoloration s'effectue dans une solution d'acide nitrique faible 
à 4/15 pendant quelques secondes puis dans l'alcool faible. Les coupes, 
violet pale, sont placées alors dans une solution aqueuse de safranine 
où quelques minutes suffisent pour leur donner une couleur rouge foncé ; 
puis on les décolore dans l'alcool. Elles sont enfin montées dans le 
baume de Canada. 

Les bacilles apparaissent colorés en bleu, les tissus et surtout les 
noyaux sont rouge clair. Ces bacilles ont été trouvés dans deux chan- 
cres, deux condylomes, une papule et une gomme. Ils sont absolument 
identiques à ceux qu'a figurés Lustgarten. l. galliard. 

Ueber einige inocolationf resultate von Sklerosen auf dem Trfiger (Quelques 
résultats d'auto-inoculation de chancres indurés) , par PONTAUPIDAN 
{ViertelJ. /. Derm. u. Syph., p. 566, 1883). 

Les auto-inoculations faites avec le chancre syphilitique à l'époque ou 
son induration est encore douteuse, réussissent souvent. Après une incu- 
bation de deux à trois semaines on voit alors se développer au niveau de 
la piqûre, qui n'avait pas donné de résultat immédiat, une petite papule 
dont l'apparition précède celles des symptômes généraux, et atteint plus 
ou moins vite en s'indurantla grandeur d'un pois pour disparaître au mo- 
ment de révolution des lésions généralisées. L'auteur rapporte trois ob- 

TRSIZliMB ANMSB. — T. XXVI • 14 



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fiO REVUE -BBS SCIENCES MEDICALES. 

gervatîons de ces papules. d'inocuUtion, qu'il considère comme des chan- 
Gces abortirs anôtt s xlans leur. évolulion par rinfeclion générale. 

,.H. BÀNLOS. 

RiinfecUon syphiUtiqne, par.2£0L0TSKT [Mediz.ObozrenittU^ 21,. 1884). 

Un paysan, âgé de 22 ans, traité par Tauteur pour une syphilis, se pré- 
sente dix-huit mois plus tard à Thôpital, porteur de chancres indurés 
typiques, remontant à cinq semaines, avec lymphite indurée du pénis, 
adénite inguinale et cervicale, roséole sur Tabdomen. L'auteur ne met 
pas en doute qu'il s'agisse d'une réinfection syphilitique. a. g. 

Ueber Syphilis hœmorrhagica Neonatorum, par Eduard PETERSEN {ViertçJJ'f, 
Dermat. u. SyphiL, p. 509, 



Etude critique dont la conclusion est que le type morbide décrit par 
Behreiid sous le nom de syphilis hemorrhagica neo-natorum ne relève 
pas toujours de la vérole et qu'il y a lieu de n'admettre Tinlei'prétation 
de cet auteur qu'avec beaucoup de réserve ; car les hémorragies chez 
les nouveau-nés syphilitiques peuvent se produire indépendamment de 
la syphilis. A l'appui de son dire, Peters rapporte un cas personnel réa- 
lisant au com[)let le type de Behrend et dans lequel l'autopsie montra 
que les hémorragies relevaient d'une pyhémie, liée elle-m^me à une 
phlébite suppurée infectieuse (nombreux microbes) de la veine ombili- 
cale. H. DANLOS. 

Beobachtungen ûber den Befund des Auswurfs syphilitischer Lungen erkran- 
kung (Examen des crachats dans la syphilis pulmonaire), par KŒNI6ER 

{Deutsche med. Woch.y û" 50, 1884). 

L'auteur a fait par centaines des examens de crachats do phtisiques. 
Dans six cas, les bacilles de Koch faisaient défaut, mais les prépara- 
tions présentaient les particularités suivantes : après coloration parla 
fuchsine et le bleu de mélhyle, au lieu de bacilles de Koch (colorés en 
rouge), on trouvait des amas de bacilles colorés en jaune rouge, allon- 
gés, minces, droits ou légèrement recourbés, deux fois plus longs que 
les bacilles de Koch, et deux fois moins larges. 

Or, sur les six malades dont les crachats contenaient ces bacilles, deux 
étaient de vieux syphilitiques, atteints d'affections pulmonaires déjà 
anciennes ; deux offraient les signes de la syphilis tertiaire ; chez deux 
enfin il était impossible de découvrir les traces de la syphilis. 

Ces bacilles n'ont pas été retrouvés dans les crachats d'autres phti- 
siques : ils paraissent donc susceptibles d'être rapprochés de ceux de 
Luslgarten. l. galliard. 

Zur Kasulstik der Lnngensyphilis, par RÉTHI {Wien, med. Presse, n» 52, 

1884). 

Un maçon de 41 ans se présente, le. 25 peptembrOy à la policlinique de 
Schnilzler. 11 a été atteint, il y a 8 ans, d'éruptions cutanées et d'angine àiia 
suite d'une Llennorrhée; deux ans plus tard il avait au nez un nodule qui 



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l^fALADIES VENERIENNES. «11 

«•ouTTît et laissa' une cicatrice profonde. 'L'aimée sm^m!ffe,'ûlcrëration à la 
Terge avec adénites inguinales. Ces renseignemeftts ne toispeitt pas de doute 
sur la syphilis. Le sujet raconte en outve< qu^ayant eo tVabord qiMtre enfante 
Jbien portants dent le plusjeiuke a il «nSf^il en a perduaix depuis onze anc, 
à Vé^ de deux à six .mois ; «a femme a fait de plus deux fausses couches. 
Il porte des ulcérations au coude, et les deux clavicules sont ttiméfiées. On 
irouve une cicatrice brillantcrà la paroi.postérieuredn pharynx; une autre à 
i« base (lu pilier postérieur droit. 

Le larynx offre des lésions multiples (le sujet est enroué depuis neuf mois): 
rougeur de l'épiglotte et de toute la muqueuse laryngée ; ulcération du bord 
de l'épiglotte à gauche, de la muqueuse des aryténoïdes,des cordes vocales. 
Snbmatiié aux deux sommets, avec dimiîïution du murmure vésieulaire ^ 
expiration prolongée ; souffle à la partie moyenne à droite ; expiration pro- 
longée en bas. On ne trouve que deux bacilles dans les préparations de 
•erachafes. 

L*aul€ur diagaosUque: syphilis et tuberculose combinées du larynx et du 
poumon. lodure de potassium, inhalations de sublimé, emplâtre mercuriel 
sur les ulcères du coude. 

29 septembre. Les signes constatés au tiers moyen du poumon droit se 
sont atténués ; l'épiglotte a meilleur aspect. 

4 octobre. Le gonflement de la muqueuse du larynx diminue, les ulcéra- 
tions se limitent. 

21 octobre. Les ulcérations laryngées ont disparu presque complètement. 
Les plaies du coude sont guéries. Aux poumons, il ne reste plus qu'une légère 
submatité des sonunets, i- oalliard. 

leçons sur la période pré-ataxique du tabès d'origine 8yphiliti,que , par 
.A. rOURNlER (Paris, 1885 oh 1«84). 

• M. Foiimrer a étudié avec beaucoup de soin et avec un grand luxe 
de détails les symptômes si variés sous lesquels peut se révéler le tabès, 
ôTant que survienne de rincoordinatioa motrice. Beaucoup de ces symp- 
tômes sont de connaissance relativement récente. Il en est même, comme 
ceux qui se développent du côté de l'appareil auditif, dont il était à peine 
fait mention dans la littérature médicale, avant la publication du livre de 
M. Fouvnier ; c'est de ceux-là surtout que nous nous occuperons dans 

cette an;ilyse. 

Après avoir justifié la division possible de révolution du tabès en 
deux périodes, une période pré-ataxique et une période ataxique, 
M. Fournier étudie, dans autant de chapitres : le tabès à début vé- 
sical, le tabès à début génital, le labes à début cérébral, le tabès è 
début auditif, le tabès à début paraplégique, le tabos à début gastrique 
ou intestinal, le tnbes à début laryngé, le tabès à début ti»ophique; 
enfin un dernier chapitre est consacré à Téttide des réflexes tendineux 
et pnpillaires dans la période pré-ataxique du labes. 

Pour les troubles au'lilifs, survenant au début du tabès, M. Fournier 
les a rencontrés chez 13 malades, et chez la plupart ils sont entrés en 
scène à Texorde même du tabès dorsalis. Ils consistaient essentiellement 
en une altération, variable comme d( gré, des facultés auditives, à 
laquelle s'associent, comme phénomènes de moindre importance, des 
sensations subjectives, des bruits auriculaires et du vertige. 

Les altérations des facultés auditives débutent par une dureté de 
rouïe; celle-ci commence tantôt d'une façon insidieuse pour évoluer avec 



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212 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

lenteur, tantôt s'établit avec brusquerie, succédant à un ictus congestif, 
à une attaque apoplectiforme. Voici d'ailleurs les caractères que 
M. Fournier attribue à la surdité tabétique : elle se distingue par ses 
progrès rapides, par sa tendance à la bilatéralité, par son intensité 
excessive, par son incurabilité habituelle ; enfin, par l'absence de toutes 
lésions auriculaires appréciables sur le vivant. 

Ces altérations auditives s'accompagnent de bourdonnements d'oreille 
(bruits musicaux) et d'accidents vertigineux comparables au vertige ab 
aure Isesâ; il en résulte une triade symplomalologique qui reproduit la 
maladie de Ménière sous une forme adoucie et mitigée. M. Fournier con- 
clut qu'il n*est pas impossible que le syndrome de Ménière prélude, dans 
certains cas, aux autres symptômes du tabès. 

Ce chapitre du livre de M. A. Fournier sur les troubles auditifs ajoute, 
en somme, des documents nouveaux à Thisloire déjà si riche delà symp- 
tomalologie du tabès. Le chapitre qui suit et qui traite des troubles paré- 
tiques ou paralytiques des membres inférieurs à la période pré-ataxique du 
tabès, contient également beaucoup de nouvelles données. Pour ce qui 
concerne les manifestations paralytiques (paralysies motrices), M. Fournier 
se met en opposition formelle avec la grande majorité des neuro-patho- 
logistes. Il était convenu jusqu'ici que les accidents de paralysie sont 
exceptionnels dans les cas de tabès, qu'ils ne frappent que des muscles 
ou des groupes de muscles isolés, et que, quand dans le cours du tabès on 
observe une paralysie plus étendue, une hémiplégie ou une paraplégie, 
on se trouvait avoir affaire à une complication. M. A. Fournier est d'un 
avis contraire : « Sans être communs, dit-il^ les troubles parétiques ou 
paralytiques qui se produisent dans les membres inférieurs, au cours de 
la période pré-ataxique du tabès, sont loin d'être rares. » Si jusqu'ici on 
ne s'en est que fort peu occupé, cela tient, d'après M. Fournier, à ce 
que les accidents de paralysie motrice cadraient mal avec les idées qui 
ont cours sur la pathogénie du tabès. Bref, M . Fournier pose en fait 
qu'il n'est pas rare qu*à des étapes diverses de la période pré-ataxique 
du labes, il se produise des parésies des membres, sous forme de cour- 
bature, d'affaiblissement, de débilité musculaire de ces membres, paré- 
sies presque toujours passagères, se terminant par résolution spontanée. 
Plus rarement des paraplégies véritables font invasion au cours de la 
période pré-ataxique du tabès. Ces paraplégies, variables comme degré, 
sont plus stables, mais néanmoins curables ; elles sont sujettes à réci- 
dives, comme aussi elles peuvent disparaître complètement, auquel cas 
les symptômes ultérieurs d'ataxie ne leur sont que consécutifs, sans y 
être associés d'une façon contemporaine. Ou bien encore, elles ne se 
dissipent qu'incomplètement, et alors l'invasion des symptômes ataxiques 
se fait au cours des symptômes pai^aplégiques. 

Nous n'entrerons pas dans le détail des autres chapitres, qui ne ren- 
ferment que des notions cliniques déjà connues. Nous ferons seulement 
remarquer, à propos du dernier (réflexes rotuliens à la période pré- 
ataxique), que, seul entre les auteurs qui dans ces dernières années ont 
fait connaître les résultats de leurs observations sur l'état des réflexes 
tendineux chet les tabétiques, M. Fournier admet qu'au cours de la pé- 
riode initiale du tabès, il peut exister une exagération^ parfois très 
accentuée du réflexe rotulien. 



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MALADIES VÉNÉRIENNES. 21 S 

Le grand nombre d'observations intéressantes relatées dans Touvrage, 
les qualités de style et le talent d'exposition qu'il y déploie rendent très 
attrayante la lecture de son livre, qui contribuera à vulgariser le dia- 
gnostic du tabès, affection si polymorphe à ses débuts, et si souvent 
méconnue. e. rigklin. 

Quelques faits de néTralgie syphilitique, par DIFFRE (Thèse de Montpellier, 

1884). 

L'auteur rapporte quatre observations dans le but de montrer que trop 
souvent on oublie que la syphilis peut être la cause de névralgies. Ces 
névralgies résistent d'ordinaire à tout traitement, mais cèdent très rapi- 
dement à l'action du mercure. Le sirop de Gibert, et la liqueur de Van 
Swieten produisent de très bons effets dans les cas de névralgies syphi- 
litiques rebelles et dont la nature diathésique a été méconnue, ou volon- 
tairement cachée. 

La première observation de Diffre est très intéressante à ce point de vue. 
Il s'agit d'un tic douloureux de la face datant de 12 ans chez un homme 
ayant eu antérieurement la syphilis.. Combat pensa que le peu do succès de» 
traitements antérieurs tenait peut-être à ce que le tic douloureux était sous 
rinfluence de la syphilis. Les phénomènes douloureux disparurent assez ra- 
pidement, en effet, sous l'influence de la liqueur de Van Swieten. 

Dans la seconde observation, il s'agit d'une cuisinière de 26 ans, qui, niant 
tout antécédent syphilitique, souffrait d'une névralgie trifaciale horriblement 
douloureuse. Malgré ses dénégations, Combat institua le traitement anlisyphi- 
litique après que les médications ordinaires n'eurent donné aucun résultat. 
Le succès ne se fit pas attendre, et la malade avoua, après la guérison, avoir 
eu deux ans auparavant un chancre suivi de plaques muqueuses. A.MOssé. 

De la curabilité de l'irtérite syphilitique par LEUDET (Union médiosile^ 

14 octobre 1884). 

X., âgé de 53 ans, a présenté en 1878 des accidents manifestes de syphilis 
secondaire rapidement guéris par le traitement mixte. Vers le milieu de 1882, 
il remarque qu il devient triste, perd la mémoire, et éprouva des douleurs 
vagues dans les membres; au mois d'août les os de la face deviennent dou. 
loureux (Kl 2 à 5 grammes). 

Le 10 octobre, il présente au niveau de la tempe gauche, dans un point 
qui était récemment devenu le siège de douleurs lancinantes, une augmenta- 
tion marquée de volume et de consistance de la branche frontale antérieure 
de Tartère temporale superficielle; elle forme un cordon long de 25 milli- 
mètres, à consistance uniforme, se terminant brusquement; le volume du 
tube vasculaire est doublé; les battements à ce niveau sont affaiblis, puis 
disparaissent le 20 octobre. Aucune trace d'épaississement ou d'alhérome sur 
les autres artères. D'octobre à février 1883, l'état de la branche oblitérée 
reste station naire : même dureté; même suppression des battements; douleurs 
vives dans la tète; vertiges. 

En avril 18^3, il accuse dans la région temporale droite des douleurs ana- 
logues à celles de la tempe gauche, une branche frontale antérieure de la 
temporale superficielle à direction iransversa le s'indure sur une longueur de 
S centimètres; au bout de trois semaines, cette artère est oblitérée et privée 
de battements. Vers la fin d'août, la dureté de cette artère diminue et en 
septembre on perçoit quelques légers battements ; en octobre, l'artère du côté 
gauche se modifie dans le môme sens; le 18 décembre 1883, l'induration a 



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ai4 REVUa DES SCIENCES MEDICALES. 

totaJ0m«Dt disparu daxks- les artères q^l préseatent la même souplesse, les^ 
mêmes battements que leurs voisinea. Eu même temps, diminution notable dea> 
douleurs de la tête, des membres et des vertiges. L'artérite avait duré en 
tout 14 mois, malgré un traitement régulier et a hautes doses par Tiodure de- 
potassium et ses congénères. h; l. 

Uebar dai Leucoderma syphiliticum, par A. NEISSER (ViertelJ, /. dermat. u^ 

Sypb., p. 491, 1883). 

Ce travail destiné à vulgariser en Allemagne la connaissance de 1» 
syphilide pigraentaire n'est guère que la repj*oduction de nos descriptions- 
classiques; dont il se distin<;uo toutefois au point de vue théorique. Pour 
l'auteur, celte syphilide n'est ni un vitiligo comme Tontprétendu Bazin et 
Hardy; ni une hyperchromie, comme le veutFournier. Elle se caractérise 
essentiellement par un processus de décoloration partielle, précédé d'une 
pigmentation anormale et uniforme de la région. La décoloration se pro- 
duit sous forme d'anneaux qui, primitivement développés autour des 
macules de la roséole, s'étendent peu à peu excentriquement de manière 
à figurer pnr leur rencontre des réseaux irréguliers* 

L'origine de la lésion est la prolifération exubérante des cellules mal— 
pighiennes. Dans la première phase du mal, les nouvelles cellules épuisent 
en quelque sorte la provision de pigment et l'entraînent en totalité avec; 
elles à la superficie de l'épiderme; puis comme le sang ne suffit pas à 
réparer en temps utile cette consommation anormale du pigment; quand 
Texfoliation éj»idermique se produit ; les couches sous-jacentes apparais- 
sent et demeurent décolorées jusqu'au rétablissement d'un mode normal 
de nutrition. h. danlos. 

BeitrAge zur Frage der Excision der ssrphilitischen Initial aolerose (Gontributioa 
de l'étude de l'excision du chancre syphilitique, par E. SGHIFF {Viertelj. f. 
Dermat. «. SyphiLy p, 510, 18»3). 

Ce travail est basé sur l'observation de trente-deux cas de chancre- 
induré traités par l'excision. Le résultat, même en faisant une réserve 
nécessitée par l'optimisme de Tautenr, semble très remarquable. Sur six 
malades opérés avant le développement de l'adénopathie inguinale, 
aucun nVut d'accidents secondaires. Sur seize individus déjà atteints 
d'adénopathie, ivois eurent des accidents secondaires douteux ;on2e des 
manifestations très légères ; deux seulement des syphilides graves et 
récidivantes. Cuh\ malades ont été perdus de vue; les cinq derniers sont 
en observation depuis trop peu de temps pour permettre une affirmation^ 

H. DANLOS. 

Ueber einen Fall von weichem Schanker auf der rechten Mandel (Chancre mon: 
de l'amygdale droite}, par TflOMASGHE^SKY (Wien. med. Presse, n* 34, 
1884). 

Le chancre mou de la gorge n'a pas encore été signalé. Voici une 
observation dont il faut laisser la responsabilité à Tauteur. 

Un sujet est admis à la clinique de Kiew, avec le diagnostic : uleémlioAft 
syphihtiques de la gorgp et du prëpuoe. Lauteur apprend que, quati-egoura 



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MALADIES^ VEXEïHEPmES: fl5' 

après son dérnief^coïl, il a observé swr le prépuce plusieurs petites -ulcér»-^ 
tions; qnekives-jouTS plus tard, il s'est blessé- la- gorge* avec un ft^agmeiilt 
d*os, en mangeant, et c est depuis ce moment qu'il a un ulcère amygdalien. 

KexAmMà du. prépjubce ne permâtpas de conserverie diagiio8U&.dû.8ypbUis«i. 
il y a là quatre chancres simples caractéristiques -avec adénopathie inguinale; 
du reste, pas de manifestation cutanée. L'amygdale droite olîre un ulcère 
ovale qui. en occupe^toute la- surface eL.s*avaaoe même, jiisqu'au point de 
jonction des- deux, piliers. Le fond est inégal^ , bourgeonnant,.. avec una> 
membrane épaisse, gris j^uue ; les bords sont peu saillants* entourés d*une 
zone inflammatoire. Rien à Tamygdale gauche ni sur les autres parties de la- 
gorge. 

On ne peut confondra cette u+cératîon ni avec l'ecthyma syphilitique profdnd,' 
ni avec les goaimesy ni avec le chancre induré.- C'est là un chancre mou. On* 
peut s'étonner, qa'il soit 1 isolé et qu'il n'y ait pas eu propagation du virus 4^ 
différente points. 4 do. 'la' région. L^anbeur admet rantfrÀoooulatiiMi'du.maladap 
grâce à la. plaie, qu'a déterminée un fragment, d'osi 

Trois jouff8^pji;ès rentrée. à l'hôpital, adénite sous-maxillaire â dtoite, douK 
loureuse, avec tendance :au ramollissement. 

Pour confirmer le diagnostic, Tauteur inocule le produit de la sécrétion 
amygdaUonne au bras du malade. Il pratique trois piqûres, dont deux four- 
nissent des* résultats positifs: deux chancres mous caractéristiques. Malheu- 
reusement le malade quitte l'hôpital trois jours -après Tinoculation et l'obser- 
vation s'arrôle làv l. galliard. 

Beitrag lur Klinntiiiss d6r Gonorrhœ dér weiblidien Genitalien, par E. BUMH 

[Archiv fur Gynœkologie, Dand XXVIII, HeÙS). 

L*auteur décrit trois espèces de diplococcus, qui ressemblent à celui 
de Neisser. 

Le premier de 2,2 à 2,5 jx a été trouvé par Bumm et Bockhart dans les 
lochies, les ulcérations de la bouche, les crachats de la coqueluche. L'au- 
teur a réussi à le cultiver et à l'inoculer sur les muqueuses de rurètre, 
de la conjonctive du vagin ; il est éliminé sans produire de lésions; c'est 
un parasite des tissus morts. 

Le second, beaucoup plus rare et qui a été trouvé dans les sécrétions 
vaprinales, se distingue du gonococcus par sa grosseur. 11 mesure 3,0 
à 8,5 II. 

Le troisième se rapproche beaucoup plus du gonococcus par sa forme 
et sa dimension (2,2 à 2,6). L'auleiir ne l'a trouvé que dans les lochies. 
U diffère du gonococcus, en ce qu*il ne pénèire pas comme lui, entre les 
cellules vivantes el dans leur épaisseur; en ce que chaque demi-Sj'hère 
ne présente pas de concavité sur les faces conliguës; de plus, l'inlor- 
valle qui sépare les faces contiguës est moins grand que dans le microbe 
de Neisser. 

Le siège de la blennorrhagie chez la femme est le canal de l'urètre, le 
canal cervical et la cavité utérine. L'auteur n'admet pas la blennorragio 
vaginale (?) ; les signes inflammatoires que présente la muqueuse vaginale 
ne sont dus qu'à l'irritation produite par le contact du pus spécifique 
proveuMut du col. 

Au bout de combien de temps la sécrétion utérine perd-elle son pou- 
voir contagieux? 

Dans deux cas observés par l'auteur, les microbes avaient complôte- 



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216 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

ment disparu au bout rie 6 et 8 mois. Mais il est des cas dans lesquels 
ils persistent très longtemps. h. de brinon. 

Unteriuchungen ûber den Gonococcus Neisser , par Oscar OPPENHEIMER 

{Arcbiv fur Gynmkologîe, Band XXV, Hett 1). 

L'auteur a examiné au microscope la sécrétion vaginale de la plupart 
des femmes qui ont été reçues à la clinique d'accouchement d'Heidelberg 
pendant les huit premiers mois de Tannée 1883. Sur 108 femmes sou- 
mises à cet examen, 30, soit 27,77 0/0, présentaient avant l'accouche- 
ment des gonococcus dans la sécrétion vaginale. Jamais les microbes 
n'ont pu être décelés dans les lochies des femmes reconnues indemnes 
avant l'accouchement. Plusieurs fois, la quantité des diplocoques a dimi- 
nué après l'accouchement sous l'influence des injections de sublimé ; 
toutefois ces injections ne les ont jamais fait disparaître complètement. 
Dans quelques cas, sous l'influence d'une désinfection complète du vagin 
avec la solution à 5 0/0 de sublimé dans la glycérine, les microcoques 
ont entièrement disparu. 

L'application à la cHnique du procédé de Gredé ne permet pas à l'au- 
teur de comparer la fréquence de l'existence des diplocoques dans le 
mucus vaginal de la mère, avec le nombre, des blennorrhées oculaires 
constatées chez les enfants à la môme époque. Mais si l'on admet pour la 
fréquence des ophtalmies du nouveau-né le chiffre moyen de 12 à 13 0/0 
qui ressort des statistiques d'Hausmann, d'Olshausen et d'autres auteurs, 
la proportion de 27 0/0 trouvée par l'auteur chez les mères ne paraît pas 
exagérée, car il est vraisemblable qu'une partie des enfants échappe à la 
contagion, soit par suite de l'occlusion parfaite des paupières, soit par 
suite de l'issue de la tête couverte des membranes ou peu après le pas- 
sage du liquide amniotique, etc. 

La seconde partie de ce mémoire est consacrée à une série d'expé- 
riences entreprises en vue de déterminer les conditions dans lesquelles 
vit le micrococcus de Neisser et les agents qui peuvent entraver ou arrêter 
complètement son développement. 

L'auteur n'a réussi à obtenir des cultures pures qu'avec le sérum de 
sang stérilisé et coa^^ulé d'après la méthode de Koch et à une tempéra- 
ture de 87 à 39° G. Il a pu constater que les cocci ainsi cultivés ne dimi- 
nuent pas de dimension comme l'afflrme Neisser, et qu'ils supportent la 
dessication pendant plusieurs semaines, saiis perdre leur vitalité. Cer- 
taines substances ajoutées au sérum sanguin avant sa coagulation le 
rendent impropre à la culture. Tels sont en première ligne l'iodoforme, 
la créosote, Tacide phénique, le thymol, les acides benzoïque, salicylique; 
à un degré moindre, le benzoale de soude, l'acide borique ; le sublimé en 
solution à 1 0/0 et le calomel en poudre ne diminuent en rien la végéta- 
tion du microbe ; ce que l'auteur attribue aux combinaisons qui se pro- 
duisent entre ces corps et l'albumine du sérum. 

Pour étudier l'action directe des agents chimiques sur le microbe de 
la blennorragie, l'auteur a employé le procédé suivant : lorsque les 
colonies de cocci avaient atteint un diamètre de 5 centimètres, il lais- 
sait tomber sur elles des fils de soie stérilisés à 150 ou lOO'»; les cocci 
adhéraient aux fils de soie, ainsi qu*il était facile djs s'en convaincre avec 



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MALADIES VÉNÉRIENNES. 217 

le microscope; il faisait alors tremper pendant.dix miûutes les fils recou- 
verts de microbes dans les liquides à expérimenter et les reportait sur 
des verres remplis de sérum coagulé; puis, pendant six ou sept jours, il 
venait chaque jour constater l'état des cultures ; le contrôle était facile à 
taire avec des fils non soumis aux agents chimiques. 

CeWe dernière série d'expériences comprend : 

1* Les métaux durs. La plupart de ces substances, telles que Tacétate 
de plomb, le sous-nitrate de bismuth, Talun, les sulfates de zinc, de 
cuivre et de fer, le chlorate de zinc, n*ont aucune action sur les cocci 
au degré de concentration où elles peuvent être appliquées sur les mu- 
queuses sans produire d'effet caustique. Le perchlorure de fer (solution 
à 29 0/0 de la pharmacopée allemande) détruit les cocci. Le nitrate 
d'argent en solution à 2 0/0 retarde leur développement ; résultat qui 
concorde bien avec les effets cliniques obtenus par la méthode de Credé. 
LfOS sels de mercure présentent dans cette catégorie le maximum d'ac- 
tivité. Le sulfate et le nitrate en solution à 1/15,000*, le sublimé en solu- 
tion à 1/40,000* retardent déjà le développement des colonies : les deux 
premiers sels en solution à 1/10,000* et le troisième en solution à 
1/20,000* tuent complètement les parasites. 

2* Les alcalis et métaux légers, même en solutions concentrées, sont 
complètement impuissants pour détruire les micrococci. Tels sont le 
chlorure de sodium, le bromure de potassium, le chlorure de potassium, 
le chlorure de chaux, le nitrate, le chlorate et le permanganate de potasse, 
l'eau de Javelle et la liqueur de Labarraque. Les eaux chlorées, bromées 
et iodées font exception et sont très actives contre les micrococci. 

3* Parmi les substances organiques considérées comme antizymo- 
tîques, les solutions faibles d'alcool méthylique et éthylique, d'éther 
Bulfurique, de glycérine et de chloroforme sont sans action sur les cocci ; 
la résorcine en solution à 5 0/0 et le tannin en solution concentrée sont 
absolument inefàcaces. L'acide phénique ne commence à agir qu'à la 
dose de 5 0/0. Les solutions aqueuses concentrées d'acide salicylique et 
de thymol sont inelTicacos; Taction des solutions alcooliques est peut- 
^tre due à l'alcool. Parmi les dérivés du benzol, le plus violent poison 
contre les cocci est la créosote ; une goutte de créosote sur 20 parties 
d'eau suflit pour les tuer. La térébenthine est un puissant agent destruc- 
teur, mais le copahu et le cubèbe n'ont aucune action directe. 

L'auteur admet qu'en passant dans l'économie ces substances donnent 
naissance à des dérivés qui jouissent d'une action nocive pour les gono- 
cocci : c'est ainsi que l'urine d'une femme grosse qui avait reçu à deux 
reprises 1 gramme de copahu stérilisait les fils de soie; tandis que 
Turine non chargée des mêmes principes médicamenteux s'est constam- 
ment montrée inefficace. h. de brinon. 

La microbe de la blennorragie, par de PEZZER (Ami. des maladies des organes 
gênito-urinairts^ février'inarS'avrU 1885). 

Ce mémoire résume les travaux récents publiés sur la question depuis 
Neisser (1879^ jusqu'aux dernières i^cherches de Constantin Paul et de 
son élève Chameron, y compris les remai*quables monographies de Bo- 
kaï, Eklûad, Weiss, Pétrone, Bockhardl, Stemberg, Welander, etc. .. 



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S18« REVUE DBS BCISNCKS MBDlCAliRS. 

Tbut d*àbord, ratiteiirnon^ rournit ôae renseignenMetgtecInnqciefl but* 
l manière de recueillir, ohez Thomme-etichee lafeiaiBe^ le* pus blennor*^ 
ragrqwe que Ton ra seumeitre a rexanfeeii mioroscopiquev aûiai que s«f.' 
les différents prooédés-de coioraiioa qui doivenl éte& ppéfërést* FiMy il 
étudie les caractèresdn microbe, soo siéger dans- las dôirars* élëmenli»^ 
anatomiques et la valeur séméialo^que'dd sa pré8eaee<: 

Les cultures-elléS'rareS' inooulalioiis da^onococcns^ tentées jusqu'à 
ce jour, sont ensuite exposées «b appréciées dans leurs résultats*. 

Enfin arrivant àla^question du traitement, de Pezzer "passe en revue* 
successivement les' différents antiseptiques, tels qnei le nitrate d'argent; 
le permang?tnafce de potasse, le sulfate de* quinine, le subHmé, appliqués»' 
à ja destruction du microbe et^ par suite, à la^goérisoiD de la • biennor— 
ragie. a. jam». 

Ueber AffiotloBMi désYas' dafarant^ ptrlfEDiiiJnf ISoe^; iit9uz»</. de^Viexm^y. 

A.awrit 18S4K 

L*auteur s'occupe des altérations du canal déférent d^ns ses portions 
inguinale et pelvienne, altérations consécutives à Turétrite. 

11 cite deux exemples d'inflammation de la portion inguinale : 

Dans le premier, il s'agissait d'un homme vigoureux qui se livrait au coït 
malgré l'urëtrite dont il était atteint et qui présenta pendant troi^i mois un 
gonflement douloureux, limité à ce segment du canal déférent. 

L'autre cas est moins simple : le segment funiculaire ou scrotal participe 
à la maladie. Un sujet de 2i ans éprouvo de vives doaleurs sur* le trajet du 
cordon à droite et au niveou de l'épididyme ; au bout de trais semaines, tumé- 
faction douloureuse dans Taine: On constate uae tumeor fusiforme, grosse 
comme' le ponoe» s'arrètani a l'anneau inguinal externe) se prolongeant du. 
côte du testicule. Uien à Tëpididyme ni à la prostate. Formation d'un abcès^ 
incision, écoulement du pus. La plaie se ferme; la portion scrotale du canal 
dëférejit n'est pas Konflée dans sa totalité, mais reste dure et présente des 
nodosités en chapelet. 

Les inflammations de la portion pelvienne ont été notées par l'auteur 
16 fois sur 100 cas d'épididymite ; elles compliquent presque toujours 
celles des portions funiculaire et inguinale, mais dans trois cas la portion 
pelvienne était seule atteinte. Le volume du canal déférent variait des 
dimensions d'une plume do corbeau à celles du pouce. On sait que le 
toucher rectal permet de faire le diagnostic, puisciue le dernier segment 
du canal dt-férent au voisinage de la prostate est accessible au doigt. La 
guérison a été constante, au bout de trois à huit jours. La résorption 
6*elîeciue doue ici plus rapidement que dans les autres segments de Tor- 
gano. Néanmoins le pronostic est sérieux, car roblilération du canal 
peut persister, avec ses graves conséquences, au point de vue de la 
fécondation. 

Dans tous les cas d'épididymite, Tauteur conseille d'explorer par le 
toucher rectal la dernière portion du canal déférent. l. galliahd. 

Le gonococcus et le traitement abortif de la blennorragie, par Domenico 
6ARDUZZI [Giorn, ItaJ. d. maL venerce, novembre 1884). 

Barduzzi regarde le gonococcus comme Télément producteur de la 
blennorragie et recommande dès le premier ou second jour de Tappari- 



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PATHOLOGIE EXTERNE: HT THBBAPEUTIQUE: OHIRURGIGALE. fiS 

iioa de récoulement d'employer la solutioû de sublimé. (1 suv.d,000 ou 
9,000suivaat la.toléraneôdusujet).IUnj^teune demi-cuilierée à.cafô'de 
la.sokUioa daos rurèire ti*ois fois pai* jour* Dans 5 cas sur. 6 ainsi traHés:^ 
la.nuàladie,a&cassé.da:qi|baire. Jours. AmCw 



PATnOLOGIE EXTERNE ETTnÉRAPEUTIÛUECnmURGICAlB; 



I — Traité de pathologie externe, par POITLEr' et T. B0U5QÏÏBT (Vàl. 1 et II. 
grand in-Bo avec ûg. Paris, ,1885). 

II. — Précis de médecine opératoire» aide-mémoire de relève et lia praticien^ 
par L£ fi£G.(m*12, ParU, 1885). 

IIL — Clioique et critique chirurgicales, par Paul RECLUS (/ii-8* Paris, 1884.) 

I- — De grandes découvertes ont modifié de fond en comble dans ces 
, derniers temps les doctrines chirurgicales, changé les procédés, les 
méthodes, en changeant aussi les résultats. D'autres luodiflcations 
p.euvent surgir au fur et à mesure des progrès de la science. Ce sont ces 
raisons qui ont déterminé les auteurs à nous donner un résumé impar- 
tial des travaux publiés en France et à l'étranger, et à le donner rapide- 
ment, pour n'avoir pasentre les premières et les dernières pages du livre 
UB désaccoril absolu. Je les féliciterai d'avoir su faire, dans uoe biblio* 
graphie fastidieuse, un choix heureux de documents, n'indiquant qu^lea 
principaux, juste ce que Ton doit connaître pour posséder la question. 

Le premier \0lum0 est consacré à la pathologie chirurgicale générale 
(inûammation, tumeurs) et aux maladies des tissus. Les derniei's travaux 
sur les septicémies sont mentionnés avec soin et la tuberculose ligure^ 
pour la première fois dans un traité de chirurgie comme une affection 
vii'ulente générale, susceptible de localisation dans divers appareils. 
Inutile de dire que la question des méthodes antiseptiques, des panse- 
ments est bien résumée. 

Je mentiormerai d'une façon particulière le chapitre des affections 
osseus s traité avec beaucoup de soin, de détails, qui embrasse 250 pages 
de ce livre et en particulier le paragraphe de la tuberculose osseuse, 
sujet de pleine actualité. Les auteur.-, médecins militaires, ne pouvaient 
moins faire que de s'étendre avec quelque complaisance sur les lésions 
par arrties à feu; les accidents de cet or«lre sont trop fréquents et trop 
nomlu'euXy.pour des^ causas diverses, pour que Ton ait le droit de s'en 
plaindre. Les perfectionnements dos armes à feu, les modifications de 
la balistique remuttent toujours en question la clinique de ces trauma- 
tisnies spéciaux. 

Le lome II, conçu dans le même esprit traite des maladies des régions, 
crâne, rachis, et les appareils si divers, œil, oreille, etc., pour s'arrêter 
aux affections chirurgicales de la poitrine inclusivement. a. c. 

II. — L'auteur a eu pom* but dans cet ouvrage de présenter des des- 
oriptioûs courtes, oùilluL facile de trouver eu-quelquiiô lignes les prin- 



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220 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

cipes nécessaires pour exécuter les opérations. Chaque phrase, on pour- 
rait presque dire chaque mot de ce style spécial, concis, représente un 
acte chirurgical, et de très nombreuses figures placées en regard donnent 
une clarté très grande à Texposition. Une nomenclature des instruments 
nécessaires à la pratique de chaque opération précède chaque chapitre. 
Après une introduction consacrée à Texamen des pansements et des 
méthodes modernes, Le Bec étudie successivement les ligatures, les ampu- 
tations, les résections, puis les opérations spéciales : arthrotomie, ostéo- 
tomies, transfusion du sang, syndacylie, etc. Citons comme très intéres-. 
santés les sections relatives à la gastrotomie et aux pratiques gynécolo- 
giques. L'auteurfait preuve sur tous ces points d'une érudition très grande 
et d'une parfaite connnaissance de tous les travaux modernes. 

L. JULLIEN. 

III. — En un volume de 600 pages, M. Reclus vient de réunir les diffé- 
rentes études, qu'il a publiées depuis plusieurs années dans divers 
recueils scientifiques : chacune d'elles a été revue, quelques-unes modi- 
fiées. 

L'ouvrage comprend dix chapitres, dans chacun desquels on lit quelque 
œuvre personnelle. A Tétude critique des maladies constitutionnelles, 
des hybrides, depuis quelques années exposées par Veraeuil, font suite 
un certain nombre d'affections ayant rapport aux os et aux articula- 
tions : les exosttfses ostéogéniques, les hyperostoses consécutives aux 
ulcères de jambe, les luxations paralytiques du fémur sont exposées avec 
beaucoup de soin. 

Dans les chapitres V et VI citons les pages qui traitent de l'épithé- 
lioma térébrant du maxillaire inférieur, et de l'extirpation des cancers de 
la langue. 

Après une revue sur les progrès accomplis pour le traitement des her- 
nies ombilicales et des affections des voies urinaires, Tauleur consacre 
un chapitre au testicule, ou plutôt à l'étude du fongus bénin et du trai- 
tement du testicule tuberculeux. 

Quelques récents travaux sur le sarcocèle syphilitique lui inspirent une 
une discussion approfondie et un important chapitre sur ce que 
M. Reclus appelle la maladie kystique des mamelles, termine celle œuvre 
de chirurgie critique. ozenne. 



I. — Snr les antiseptiques» par X... (BulL gén, de tbérêp., 30 octobre 1884). 

II. — Du pansement ouaté et de son application à la thérapeutique chirurgi- 

cale, par Alph. GUÉRIN (in-ii Paris, 1885). 

III. — Die physikalisohen und chemischen Eigenschaften unserer Verband- 
mittel als Maasstab ihrer Brauohbarkeit (Les propriétés physiques et chimiques 
de nos matériaux de pansement comme critérium de leur valeur), par 
RÔNNBERG {Arcb. /. klin, Cbir., t. XXX, p. 877, 1884). 

IV. — Beitrag zur antiseptischen Wundbehandlung (Contribution à l'anti- 

sepsie), par BALSER [Ibid,, Band XXIX, p. 413 et 692). 

V. — Ueber den Sublimatverband mit Holzwolle und das Princip des Trocken- 
▼erbandes (Du pansement au sublimé avec la laine de bois et du principe des 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 211 

pansements secs), par P. BRUNS {Deutacbe Gesellacbaft 1884, et Arcb. /. ^lin. 
Chirurgie, t, XXXI, p. 92). 

YI. — Ueber Sublimatwnndbehandlung, par HOFMOKL (Wïen. med. Presse, 

!}• 16, 1884). 

I. — L'auteur a entrepris des expériences pour déterminer la valeur 
microbicide des divers antiseptiques au point de vue chirurgical, en 
faisant ses recherches dans les conditions les plus rapprochées des con- 
ditions normales. 

L'addition de 1/400 d'acide phénique à du bouillon de veau prévient 
tout développement des microbes; mais pour obtenir le même résultat 
dans le sang, il faut augmenter la quantité jusqu'à 1/250, et dans la 
chair musculaire jusqu'à 1/160. Celte différence de doses est encore 
plus frappante pour le sublimé, l'azotate d'argent et l'iode; le premier 
empêche la reproduction des germes dans le bouillon, à la dose de 
1/13,300 et dans la chair à 1/500, l'azotate d'argent empêche à 1/10,000 
dans le bouillon et à 1/225 dans la chair, et l'iode à 1/8,000 dans le 
bouillon et à 1/225 dans la chair. 

Tous les antiseptiques sont beaucoup moins actifs dans le sang et 
dans la chair que dans le bouillon stérilisé et cette différence est d'au- 
tant plus accentuée que l'antiseptique est plus toxique. Cela tient sans 
doute d'une part à la coagulation des albumines au contact des agents 
chimiques introduits dans les milieux nutritifs avec lesquels ils forment 
des composés insolubles; la chair et le sang sont en eiTet plus chargés 
en albumine que le bouillon; d'autre part, il est possible à un certain 
degré que cette différence dépende du milieu nutritif même qui convien- 
drait mieux à la vie des microbes. 

Quant aux bactéridies charbonneuses, la quantité d'antiseptique est 
toujours moindre pour les tuer que pour empêcher leur développement. 

Si les bactéridies meurent très facilement au contact des agents chi- 
miques, leurs germes offrent une remarquable vitalité. Les limites 
d'action des substances antiseptiques pour détruire les germes sont très 
éloignées de celles trouvées pour les bactéridies. Ainsi le sublimé ne 
détruit ces germes qu'à 1/8,000, dose cent fois plus forte que celle néces- 
saire pour les bactéridies. Pour obtenir les mômes résultats avec Tazotate 
d'argent et l'iode, il faudra augmenter le premier de 20 fois et le second 
de 8 fois. Le thymol et l'acide phénique restent inactifs contre les 
germes ; ils commencent à agir le premier dans la proportion de 1/100 
et l'acide phénique de 1/12, quantité qui agit plutôt comme caustique. 
L'alcool n'a aucune influence sur les germes; soumis pendant vingt- 
quatre heures à son action et semés dans le bouillon, ils ne tardent pas 
à se reproduire. b. féris. 

IL — Ce volume, de 400 pages environ, est non seulement un traité 
du manuel opératoire du pansement ouaté tel que M. Guérin le com- 
prend, mais encore un exposé des doctrines chirurgicales de l'auteur. 

Revendiquant la paternité de la doctrine microbienne en chirurgie, 
M. Guérin voit en son pansement le plus sûr, sinon l'unique moyen 
d'empêcher les germes d'arriver à la plaie. Il affirme que, sous ce pan- 
sement, le pus n'acquiert jamais de mauvaise odeur et ne renferme 
jamais de microbes. Du reste, la ouate agit non seulement par la fîUra- 



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tu -BEVUE TÏES :MSGtEïf DES ' MEDrCAlBS. 

tion deH^aîr/mais encore ^^wr facmmpressron élasticpre -qu'elle exerce 
sur les tissus et par la température constante qû'ellcy entrelient/La 
partie la plus déclive du pansemeat doit t4UijiMi«s métrer sont extréfniltf 
libre. — Ce pansement, excellent comme moyen compressif dans le trai- 
de rarlhpite, est appelé à rendre les plus grands services en chirurgie 
d'armée. 

L'auteinr professe un profond dédain pour la staitétrque, c'est pourquoi 
il ne donTie guère que des observations éparses et une statistique 
écourtée dans laquelle les grandes opérations sont malheureusement pen 
nombreuses et qui par conséquent est difficilement comparable aux 
grandes statistiques étrangères; peut-être même pourrait-on lui repro- 
cher un peu de défiance non seulement vis-à-vis des étrangers, mais 
même des chirurgiens français qui ont adopté son pansement. Quoi qu'il 
en soit, la lecture de ce volume est pleine a'intérêt et confirme Toiânion 
depuis longtemps faite en France sur la valeur du pansement ouaté. 

in. — Le nombre des matéi'iaux de pansement augmente de telle 
sorte qu'il est nécessaire d'exiger d'eux certaines propriétés générales 
sans lesquelles ils doivent être repoussés; telles sont un pouvoir absor- 
bant aussi grand que possible pour les liquides, une asepsie complète 
et une indifférence mécanique ou chimique absohie vis-à-vis de la plaie, 
La propriété à laquelle Tauteur accorde la plus grande imiiortnnce est le 
pouvoir absorbant; en conséquence, à l'exemple de Neuber, de Walcher 
et de Fehleisen, il a cherché à déterminer expérimentalement la capa- 
cité d'absorption relative d'un certain nombre de matériaux de panse- 
ment pour un même li<]uide. L'expérience a consisté à mettre un poids 
déterminé de la matière dans une capsule remplie d'eau, à faire écouler 
l'excédent de liquide et à peser. 

Rônnberg a trouvé de la sorte pour i gramme de matière les chiffres 
suivants : colon hydrophile, 25 grammes; mousse, 8«%2; laine de bois, 
lO^'jô; sciure de peuplier, '7«%3; sciure de sapin, 5^,3; gaze, 9^,6; 
jute, 7 grammes; cendres de coke, 2»%1 ; coton de cellulose, 23 grammes; 
coton de bois, 15 grammes. 

A l'aide d'un autre appareil, il a également déterminé la hauteur 
d'absorption d'un liquide mis au contact de la surface inférieure de la 
matière dans un tube à expérience, sous une pression constante ; il a 
trouvé l'échelle d'absorption suivante : 1° coton de cellulose; 2*> mousse 
humide; 3° coton de bois; 4» cendres de coke; 5* laine de bois de 
Walcher; 6° amiante; 7® charpie; 8** sciure de bois; 9* sable marin. La 
jute, réloupe et la tourbe sèche n'absorbent pas. Une substance n'est 
bonne pour les pansements qu'à la condition d'absorber 5 centimètres au 
moins de hauteur du liquide; seuls la sciure de bois, le sable et la 
tourbe sont au-dessous de cette limite. 

L'absorption par les matériaux de pansement n'est qu'un phénomène 
de capillarité; elle est soumise aux lois physiques de la cnpillarité, 
c'est-à-dire qu'elle est d'autant plus grande que le calibre des capillaires 
est plus petit. Or, dans les substances en question, la capillarité résulte 
de deux conditions, à savoir la pf>rosité propre de chaque parcelle de 
la substance (capillarité moléculaire) et le diamètre des espaces inter- 
parcellaires, qui dépend de la finesse de division de la substance (capil- 
larité par agiégation). Le premier de ces facteurs est invariable, mais le 



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PATHOLOGIE EXTERNE \ HT :*raÉRAPEUTOJUEtCH»URGICALE. ttS 

second esl modifié par la pression, oircon^taiice très kftporiaiite pour les 
pansemenis ; il faudrait déterminer pour chaque substance en paitioulier 
le degré ule coastriction.nikinimuni que doit exercer la bande >sur le» pan- 
sement. 

L'tiuteur enfin, à Taide d*une solution de gomme de la den&ité du sang 
et d*un appareil à niveau constant, a pu constater que sauf avec le sable 
et le coton hydrophile, il n'y avait pas à craindre la formation de^u- 
meaux dans les substances en expérience. 

La laine de bois, la sciure de bois, le coton de bois et le coton de cel- 
lulose sont en conséquence les matériaux qui offrent le plus de garanties 
de succès. Rônnberg décrit sommairement leur fabrication; il a poi se 
convaincre, en visitant les fabrit^ues, que ces substances sont pi^éparées 
avec une propreté, absolue et qu'elles arrivent à être complètement 
aseptiques. 

IV.- — L'auteur publie les résultats qui ont été obtenus depuis 3 ans, 
par Bose, à la clinique chirurgicale de Giessen. Le pansement qui y eat 
usité n'est autre que le pansemtjnt phéniqué humide de Bardeleben; 
seulement les compresses de gaze sont immergées pen'Iant 12 heures 
dans une solution phéniijuée à 3 0/0, puis, après leur application sur la 
plaie, recouvertes d'une épaisse couche d'ouate. Les résultais de ce pan- 
sement sont excellents. En effet, sur 49 grandes amputations ou désar- 
ticulations et 5 doubles amputations, au total 59 grandes opérations, pra* 
tiquées de 1880 à 1883, on ne compte que 3 morts, l'une de pyohémie à la 
suite de désarticulation de la hanche pour un sarcome du fémur, une 
autre dedeliriuin tremens à la suite d'une fracture compliquée de jambe, 
le dernière de tuberculose pulmonaire à la. suite d'une arthrite fongueuse 
tibio-tar sienne. 

35 fractures compliquées, dont 21 de la jambe et 4 de la cuisse, trai- 
tées par la conservation, ont donné 34 guérisons. 2 fois seulement il 
fallut recourir à l'amputation secondaire, une fois dans une fracture de la 
jambe (mort de delinum tremens) et une fois dans une fmcture du fémur 
avec hémorragie secondaire. 4 de ces fractures intéressaient les articu- 
lations. 

£niin 15 plaies pénétrantes articulaires, dont 4 du genou, également 
traitées par la conservation ont donné 15 guérisons. Voir l'original pour 
les observations. 

V. — L'auti'ur emploie depuis 15 mois dans sa clinique le pansement 
au sublimé avec la laine de bois. Cette substance a été d^ms ces der- 
niers temps très améliorée; elle est fine, blanche, spongieuse, très élas- 
tique, très absorbante et medleur marché môme que le jute et la mousse. 
Le pansement consiste à recouvrir la plaie suturée d'une cou( he de coton 
de verre, puis de coussins de laine de bois, le tout maintenu par une 
bande de gaze fortement serrée. Le nouveau coton de bois d'Hartmann 
donne un pansement plus facile encore à appliquer, car il s'emploie 
comme le coton ordinaire, mais il est notablement plus cher. Ces pan- 
sements sont renouvelés rarem*^nt et donnent relativement plus de réu- 
nions immédiates que le pansement de Lister. 

Le succès de ces, pansements, comme de ceux à la tourbe, au sable, à 
la mousse, etc., tient à l'introduction d'un nouveau principe antiseptique 
dans la pratique de Lister; ce principe est celui de la dessiccation des 



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t24 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

plaies par absorption des produits sécrétés; c'est le principe du panse- 
ment sec. En conséquence, la plaie doit être recouverte d'une couche 
très épaisse de substance très absorbante et toute substance imperméable 
doit être proscrite du pansement, autant le protective que le revêtement 
protecteur, afin de permettre à l'air de pénétrer librement dans les cous- 
sins et d'y dessécher les liquides. 

Le sublimé de son côté ne s'accompagne jamais d'accidents toxiques, 
prévient toute irritation de la peau, diminue la suppuration et s'oppose 
efftcacement à l'érysipèle. 

Voici les résultats obtenus à Tubingen en 15 mois : 

557 opérations ou blessures graves, 10 morts seulement, toutes indé- 
pendantes du pansement. La seule maladie chirurgicale infectieuse 
observée est un cas de tétanos qui a guéri. 

Le pansement au coton de bois sublimé donne surtout de remarquables 
résultats au point de vue de la réunion immédiate. Sur 48 amputations 
toutes guéries, dont 87 gi*andes amputations (15 de la cuisse et 13 de la 
jambe), 32 ont guéri par première intention sans le premier pansement; 
sur 30 amputations de la mamelle, la plupart avec curage de l'aisselle, 
25 ont guéri par première intention. Sur 22 résections du genou ou simples 
extirpations de la synoviale du genou, 20 réunions primitives sans fis- 
tules secondaires. 

Bruns considère ce résultat comme la preuve de l'excellence des pan- 
sements absorbants et il préconise spécialement la laine de bois sublimée 
en chirurgie d'armée. de s.vnti. 

VL — L'auteur emploie actuellement le pansement au sublimé sous 
deux formes : l'humide et la sèche. Le pansement humide s'effectue par 
l'application sur la plaie de 6 à 8 couches de gaze imbibée de solution 
à 1/100, puis d'un tissu imperméable (gutta-percha par exemple) d'une 
couche de ouate et d'une bande. Cette forme convient aux plaies petites 
des doigts, de la tête, qui fournissent peu de sécrétions. 

Le pansement sec s'applique mieux aux grandes blessures, aux plaies 
d'amputation par exemple : après lavage avec la solution à 1/1000 on 
place une couche unique de gaze légèrement imbibée du même liquide, 
puis un coussin de paille de bois, de sphaigne ou de tourbe de mousse, 
une couche de ouate et une bande de toile. Dans ce pansement sec, on 
n'emploie pas de tissu imperméable. Le pansement reste de 8 à 12 jours 
en place. 

L'auteur emploie pour les sutures le catgut sublimé, pour le drainage 
les tubes de gomme sublimée. Il lave toutes les plaies avec la solution 
à l/l 000 qu'il emploie aussi pour la plèvre; les irrigations vésicales 
doivent être dix fois plus faibles 1/10,000. Il a conservé pour les éponges 
l'usage de la soude, du permanganate de potasse et de la solution phé- 
niquée. 

Le pansement au sublimé a été appliqué depuis le mois d'août 1883, à 
72 blessés de la consultation externe et à 73 malades de la clinique de 
l'auteur, sans qu'on ait eu à noter d'intoxication mercurielle ni même 
d'élimination de mercure par le rein. 

Au point de vue de la marche des plaies, les résultats ont été satis- 
faisants. 

Sur les 73 blessés de la clinique, 51 ont guéri complètement, 8 sont 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 825 

en voie de guérison,8 ont succombé, 4 sont partis non guéris. Il s'agissait 
dans presque tous les cas d'opérations graves : 17 amputations, 12 ré- 
sections, 6 extirpations de tumeurs, 8 énucléations, 3 ostéotomies du 
fémur, 1 ovariotomie, etc., ou bien de traumatismes sérieux : 5 fractures 
compliquées, etc. l. g.vlliard. 

Klinische Erfahrungen fiber das lodoform bel BebandIung cbimrgitcher Krank- 
beitsfâlle, par von HOFMOKL {WieD. med. Jabrb., p, 809, Heft 2, 1883). 

L'auteur publie les résultats obtenus pendant dix-huit mois sur 168 
malades traités par i'iodoforme, à l'état de poudre, d'émulsion dans 
l'huile, en pommade ou en solution dans l'éther sulfurique. 

Ce corps est, d'après lui un excellent antiseptique qui convient mer- 
veilleusement aux plaies récentes, dont il favorise le bourgeonnement ; 
son efficacité ne s'étend peut-être pas jusqu'au moment de la cicatrisa- 
tion définitive; il ne conjure pas l'ér^sipèle. Difficilement soluble, il 
s'applique médiocrement aux plaies cavilaires compliquées. Pour les 
plaies récentes, on peut interposer une couche mince d'iodoforme entre 
les deux lèvres sans empêcher la réunion par première intention. L'auteur 
conseille d'en pratiquer préalablement le lavage avec une solution phé- 
niquée à 2 0/0. 

L'iodoforme avait été peu employé jusqu'ici chez les enfants : l'au- 
teur se loue des résultats fournis par l'enfance. Seulement il ne faut pas 
considérer le médicament comme un spécifique des processus tubercu- 
leux ou scrofuleux : il n'agit qu'après nettoyage, après évidement des 
fongosités ulcérées. 

Les plaies et les ulcérations de la bouche, du rectum, du vagin, sont 
favorablement traitées par l'iodoforme, qui s'applique fort bien aussi 
aux lésions osseuses. 

Les injections parenchymateuses d'éther iodoformique, généralement 
très douloureuses, sont utiles pour les fongosités synoviales et les hyper- 
trophies ganglionnaires. La pommade et les emplâtres à l'iodoforme modi- 
fient les goitres parenchymateux, les adénopathies, les tuméfactions 
des synoviales articulaires et tendineuses. 

Les émulsions, injectées dans les cavités des abcès, diminuent l'abon- 
dance du pus et en améliorent l'aspect d'une façon générale, le médica- 
ment combat la fétidité des néoplasmes ulcérés, inopérables. 

Les bâtons d'iodoforme peuvent être introduits avec avantage dans 
l'urètre et même dans la vessie enfiammée ; mais il faut se garder de 
les faire pénétrer dans les longues fistules des parties molles, qu'ils pour- 
raient obstruer. l. oalliard. 

Baitrftge sur plastischen Chirurgie (Contribution à l'antoplastie), par KR'dNLEIN 

{Arch, /. klin, Cbir., t. XXX, p. 458). 

Dans un chapitre concernant le traitement de l'épispadias, l'auteur 
préconise vivement le procédé de Thiersch exécuté par un mode de su- 
ture qu'il appelle « double suture avec suture métallique intermédiaire », 
et qui se rapproche beaucoup de la suture à étages de Delore. Il a re- 
marqué en effet que la cause principale des insuccès dans le? opérations 

TREIZIEME ANNEE. — T. XXVI. 15 



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£26 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

autoplastiques des conduits ou cavités muqueuses est Tabsence de sou- 
tien des parties molles intermédiaires à la suture de la muqueuse et àf 
la suture do la peau ; sous Tiniluence de la tension des tissus, les deux 
rangées de sutures s'appliquent Tune à Tautre, réduisant à néant la sur- 
face intermédiaire avivée par laquelle doit se faire Tadhésion. En con- 
séquence Kronlein maintient et augmente môme retendue de cette sur- 
face en faisant passer dans Tintervalle des deux rangées de sutures une 
rangée de fils métalliques dont les extrémités sont nouées sur une che- 
ville ou sur des boutons à une assez grande distance des bords de la 
plaie cutanée. Il se fait de la sorte un glissement de la peau sur la mu- 
queuse, et la surface d'adhésion acquiert une grande étendue. Kronlein 
affirme que ce mode de suture lui a toujours réussi ; il l'emploie dans le 
traitement de toutes les fistules ou les pertes de substance cutanéo--mu- 
queuses. Il rapporte en effet : 

1° Une observation d'épispadias complet sur un enfant de 5 ans, guéri en 
trois opérations successives par le procédé de Thiersch avec un remarquable 
résultat. La troisième opération ne consista môme qu'à oblitérer une fistule 
du diamètre d'une tète d'épingle derrière la couronne du gland. 

Jo Une observation de fistule latérale du canal de Turètre, du diamètre 
d'un haricot, dans la région balano-préputiale, consécutive à un chancre pha- 
gédénique, chez un homme de :26 ans. Guérison en une seule opération et 
par première intention, grâce à la suture métallique intermédiaire. 

8^ Une obsei'vation de fistule trachéale dont vpici le résumé : 

Homme de t\ ans, pris de fièvre typhoïde, puis de périchondrite laryn- 
gienne et traohéotomisé par Rose, le 29 février 1880. Guérison avec un rétré- 
cissement du larynx qui rend indispensable le port permanent de la canule. 
Le 8 décembre 1881, Kronlein fend le larynx jusqu'à la fistule, place une ca- 
nule laryngo-trachéale et suture la plaie : guérison. Le passage de Tair re- 
devient possible par le larynx, si bien qu'on enlève la canule en juin 1882, et 
que le 10 juin Kronlein oblitère la fistule par son procédé. Réunion immé- 
diate. Le malade quille rhôpital complètement guéri, le 7 juillet. 

4* Une observation de perforation de l'aile du nez à la suite d'un coup do 
rapière chez un étudiant de Si ans. Réunion immédiate. 

Dans une note sur le refoulement de l'os intermaxillaire dans le bec-de- 
Uèvre bilatéral compliqué, l'auteur conseille, après avoir réduit la sail- 
lie, de maintenir l'os en place par une suture métallique qui passe trans- 
versalement entre l'os et la lèvre, et dont les extrémités se nouent sur la 
peau de la joue à une assez grande distance de la racine du nez; on 
avive alors dans la même séance les deux becs-de-lièvre et on les suture. 
Dans un cas de ce genre l'auteur a obtenu un remarquable succès sur 
un enfant de 8 mois. (Voir les planches qui accompagnent ce travail.) 

DE SANTI. 

Sur la diagnostic des tumeurs de la voûte palatine, par MAGITOT {Bull, Soc^ 

Chir\, p. 287, 1884). 

Magitot a observé deux cas dp tumeur par inclusion d*un germe dentaire 
sur la voâte palatine même. Le premier cas était relatif à Tapparition lente et 
progressive d'une tumeur chez une femme de 74 ans entièrement dépourvue 
de dents depuis longtemps. La tumeur, du volume d'une petite amande, resta 
d'abord indolente pendant plusieurs années, puis devint le point de départ de 
phénomènes névralgiques très intenses. Plusieurs années après le début de 
la tnmattr^ ceUe«>ai livra passage à une daut canine qui fut reconnue par un» 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 227 

enquête rétrospective comme effectuant son éruption à la fois tardivement et 
kétérotopiquement au centre de la voûte. 

Le second cas peut être résumé ainsi : Tumeur dure de là voûte palatine. 
Douleurs névralgiques intenses du côté droit de la face, paralysie du muscle 
. droit externe du globe oculaire du même côté. Strabisme interne. Incertitude 
du diagnosiio. Hypothèse d'une tumeur spécilique. Importance du traitement 
an tisypliili tique. Inflammation brusque de la masse. Ouverture d'une vaste 
poche osseuse au fond de laquelle est implantée une couronne de canines. 
Aiïaissement graduel des parois. Ceseation immédiate des accidents. 

Conclusions : 1** Il existe dans la voûte palatine une variété do tu- 
meurs ayant pour origine Thétérotopie d'un follicule denlaire. Cette 
variété se divise en deux sous-variétés : 

a. Une première comprend les faits de simple éruption d'une couroniie 
coiffé^ seulement de la muqueuse correspondante ; 

h. Une seconde sous-variété comprend les kystes développés au sein 
même d'un follicule frappé lui-même d'hétérotopie préalable; 

2° Dans ce dernier cas, le follicule devient le siège d'une transforma- 
tion kystique dont l'enveloppe n'est autre que la paroi du follicule lui- 
même, coiffée d'une coque osseuse empruntée à la lame inférieure de la 
voiUe ; 

3*» Le diagnostic différentiel des tumeurs de la voûte devra toujours 
être subordonné à l'examen attentif de l'état de l'appareil dentaire. Toute 
anomalie par diminution numérique établie, soit par l'examen actuel, 
soit par les renseignements rétrospectifs, devra toujours faire émettre 
l'hypothèse d'un fait d'hétérotopie dentaire, kystique ou non. l. jullien. 

Eine halbseitige StichYerletzung des Rûckenmarks (SacUon semi-latérala d« la 
moelle), par G. FISCHER (i;«uisciie Zeitachrift fur Chirurgie, Dand XX, fasc. 5, 
i).411). 

Un jeune homme de 18 ans est atteint de deux coups de couteau à gauche, 
à c6té des 6« et 1* vertèbres cervicales, à 2 et à 5 centimètres des apophyses 
épineuses des vertèbres. • 

Membre inférieur droit, paralysie motrice complète, hyperesthésie, mou- 
vements passifo douloureux. 

A gaudie, le malade remue les orteils et le pied et iléchit un peu la jambe 
sur la cuisse^ mais il ne peut soulever le membre du lit. Ânesthésie com- 
plète de ce côté jusqu'au mamelon et jusqu*à l'épine de Tomoplale. 

Les réflexes sont intacts. Mouvements involontaires fréquents. Rétention 
d*urine. Pénis en érection dans les premières 24 heures. Constipation. Pas 
de douleurs quand le blessé est tranquille, il peut remuer la tète. 

Rien d anormal aux bras. Suture, pansement phéniqué, sachet de glace 
BUT le rachis. 

Après deux jours pluBde âèvre. 

▲près 8 jours la aensibiiité commence à reparaître dans le membre infé- 
meur gauche. 

1^ semaine, le blessé marche quand il est soutenu. 

8* semaine, mouvements ataxiques dans le membre droit. 

Dans la 22* semaine la sensibilité est revenue sur tout le corps, mais le 
membre droit a toujours encore quelques mouvements ataxiques. 

Sept mois après les blessures le blessé marche assez rapidement, mais 
traine encore le pied droit. edelmann. 



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2Î8 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

Su di on caso di spina biflda gnariU con la lagatnra alastica, par Aot TURRBTTA 

[Giorn, di clin, e terêp., fasc, 2, 1884). 

II s*agit d*une petite fille de deux mois qui portait, depuis sa naissance, 
au niveau des deux dernières vertèbres cervicales, une tumeur de la gros- 
seur d'une petite pomme, soutenue par un pédicule de trois centimètres de 
circonférence. 

L*auteur, au milieu des vapeurs antiseptiques, ponctionna la tumeur avec 
un trocart, Tévacua à moitié et pratiqua à la base du collet une ligature 
formée par un double tour d'un lien élastique de petit diamètre. 

Au moment de la constriction, on constata des mouvements cloniques lé- 
gers, un peu de cyanose de la face; tout disparut au bout de quelques 
heures. Le 2* jour, tendance au coma, contractions des membres supérieurs, 
vomissements persistants ; T = 38<> 5. Ces phénomènes durent jusqu'au sixième 
jour et cèdent à l'administration du calomel. Le iâ* jour la ligature tombe 
avec la tumeur et la cicatrice est complète le 27^ jour. 

Ce procédé détermine une compression lente, graduellement progres- 
sive, qui permet aux deux surfaces de l'arachnoïde de se souder en évi- 
tant en grande partie le danger de la diffusion de la phlogose dans le 
canal vertébral. L'évacuation partielle d'une partie du liquide a été faite 
dans le but d'éviter que la sérosité, chassée de la tumeur par le fait 
même de la ligature, n*exercât une brusque pression §ur la moelle. 

B. FERIS. 

Herxtamponaile. Ein Beitrag sur Henchimrgie (Tamponnement dn cœur. Contri- 
bation à la chirurgie du cœur), par E. ROSE {Deuische Zeitschrift fur Cbi- 
rurgie^ tome XX, fësc. 5, p. 3â9). 

La paracentèse du péricarde a longtemps joui d'une grande défaveur 
en Allemagne. BiUroth dit que cette opération est une frivolité chirurgi- 
cale. Rose cherche à démontrer qu'elle peut être utile et même nécessaire 
au même litre que la trachéotomie, en cas de danger imminent. Rose 
s'élève, du reste, contre l'opinion d'après laquelle les plaies du cœur 
serai.^nt absolument mortelles, et qu'il n'y a pas lieu de les traiter. Au 
contraire, pour les 16 cas qu'il cite dans sou travail, une seule fois la 
mort a pu être attribuée à la lésion du cœur, dans les autres cas la mort 
est due à des causes étrangères. Le traitement de ces plaies n'est donc 
pas aussi ingrat qu'on le dit. Rose désigne sous ce nom de tamponne- 
ment la compression exercée par le sang épanché dans le péricarde. 

Les pbiies du cœur avec lésion concomitante du poumon gauche sont 
les plus faciles h diagnostiquer. 

D'autre fois le cœur seul est intéressé, mais l'abondante hémorragie 
qui résulte du traumatisme rend le diagnostic facile. 

Les cas les plus diflicilesà reconnaître sont ceux où le cœur lui-même 
n'est pos intéressé, au lieu où la plaie du cœur s'est obturée rapidement, 
comme après une fracture des côtes ; les coups de couteaux, les plaies 
par balle de revolver. Ce sont aussi les cas qui exposent surtout à des 
accidents consécutifs, anasarque, gangrène des extrémités, etc. 

La guérison se fait par réunion primitive ou réunion secondaire. 

En tout cas, sitôt que l'on soupçonne une lésion du cœur, il faut éviter 
au blessé toul examen inutile ou intempestif, le soumettre à une diète 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 229 

sérieuse, pratiquer une saignée, si Thémorragie continue, appliquer la 
glace, et enfin, si la compression du cœur rend la mort imminente, ne'pas 
hésiter à intervenir par i*incision. Du reste, la distension du péricarde 
par le liquide fait que l'opération n*est pas des plus difficiles. 

EDELHANN. 

I. — Case of œfophagotomy, par Edward LAWRIE {Laacet, 8 mars 1884). 

II. ~ Ueber Gastrostomia, par MATDL (Wiener med. Presse, n* 47, 1883). 

II bis, — Ein Fall von Gaatrostomie, par PATZELT {Wien. med. Wocb. y tt<» 46, 

1888;. 

III. — A fuccesffal gaitrostomy caia, par Witehead REID {LsDcet, 3 novembre 

1883). 

IV. — Gastroatomy, par Knowsley THORNTON {Drit, med. journ., 10 mai 1884). 

Y. ~ Gastrostomie ; un cas de fistule gastrique, par de GÉRENVILLE (Rev. 

Suisse romande, janvier 1884). 

VI. — Gastrostomie et œsophagostomie pour corps étrangers, par BILLROTH 

{Allg, Wiener med. Zeit,, 24 février 1885). 

VII. — Rétrécissementcicatricielderœsophage, gastrostomie, par 0. TERRILLON 

{Acad. de méd,, 17 mers, et Semaine méd,, 18 mars 1885). 

VIII. — Cancer of the stomach, gastrostomy, gastro-enterostomy^ par Joseph 
RARSOHOFF et WHITTAKER {Cincinnati Acad. of med., 3 novembre 1884). 

IX. — Gastrostomie pour rétrécissement infranchissable de l'œsophage, par 

P. SEGONO {Congrès franc, de cbir.; Semaine méd., 22 avril 1885). 

X. — Gastrostomy, œsophagostomy, internai œsophagotomy, combined œso- 
phagotomy and rétrograde divulsion in the treatment of stricture of the 
œsophagus, par Samuel GROSS (AmeWcaQ journ. of med. science, juillet 1884). 

XI. — Ueber einem geheilten Fall von Magenresektion (Résection de l'estomac ; 
remarques sur un symptôme gastroscopique du cancer de l'estomac), par 
MIRUUGZ {Wiener med. Wocb., n* 41, 1883). 

Xn. — Ein neuer Fall von geheilter Magenresektion, par HACKER (Wiener 
med. Wocb., n* 41, 1883). 

Xni. ~ A case of resection of the pylorus for carcinoma, par Randolph 
WINSLOW (Americ. journ. of med. sciences, octobre 1884). 

XIV. — Resektion des carcinomatdses Pylorus, par HACKER {Soc. des méd. de 

Vienne, 28 mars 1884). 

ZV. — A case of duodenostomy, par F. SOÏÏTHAM (Drit. med. journ., p. 1146, 

juin 1884). 

XVI. ~ Plaie de l'estomac, suture, guérlson, par G. TILING (St-Petersburg. 
med. Wocb., »• 44, 1884). 

XVn. — Schnlttwunde der vorderen Magenwand (Plaie de l'estomac), par 
FACILIDES (i)eu/s. med. Wocb., n* 51, 1884). 

I. — Une femme Sikhe, âgée de 35 ans, est reçue à l'hôpital de Lahore, le 
14 décembre 1883, avec une grosso noix de galle enchalonnée dans la por- 
tion cervicale de l'œsophage. De vains efforts furent faits pour mobiliser le 



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280 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

corps étranger. Vingt-quatre heures après son entrée à l'hôpital, la malade 
s'affaiblissant rapidement, on se décida à pratiquer lœsophagotomie. L'opé- 
ration fut faite selon le procédé habituel en disséquant le tissu eeliuLaire 
lâche situé entre la trachée et les vaisseaux carotidiens. Le doigt servant ^de 
guide, on arriva aisément sur le corps étranger, qui fut extrait par une inci- 
sion longitudinale de la paroi de Tœsophage. La malade fut nourrie à l'aide 
d'une sonde pendant cinq jours; douze jours après Topération, la déglutition 
se faisait parfaitement, et au bout de trois semaines elle sortait guérie. 

U. BARTH. 

II. — Depuis la publication .de son premier article sur la gastrostomie 
(/?. S. J/., XXllI, p. 660), l'auteur a observé, à la clinique d'Albert, 
52 cas d'affections de l'œsophage, dont H ont été traités par cette 
opération. 

Quatre opérés ont succombé : trois hommes atteints de carcinome œso- 
phagien et une femme de 32 ans atteinte de rétrécissement cicatriciel. 

Les sept autres ont vécu un certain temps (un mois ou plus). Ils 
étaient tous affectés de carcinome. 

L'auteur considère la gastrostomie comme une opération désormais 
banale : elle prolonge en moyenne de quelques mois la vie des cancé- 
reux, et le chirurgien ne doit pas s'en laisser détourner par Tàge avancé 
des sujets, ni môme par les symptômes de la cachexie commençante. 
Au contraire, les affections de l'appareil respiratoire constituent des 
contre -indications formelles. l. galliard. 

II bis. — Un homme de 42 ans est atteint depuis un an de rétrécissement 
de l'œsophage. Au printemps de 1883, on le trouve très amaigri, ne pouvant 
même plus avaler les liquides. On essaye le cathétérisme, mais la sonde 
s'arrête au milieu du médiastin et livre passage à une colonne d^air; rœso- 
phage, probablement cancéreux, paraît être en communication avec la tra- 
chée. Il est impossible de faire pénétrer les liquides sans provoquer des 
accès d'asphyxie. La. mort est imminente, car le sujet n'a rien pris d^uis 
trois semaines; il n'a été alimenté que par le rectum. 

Le 9 avril, gastrostomie d'après les principes de Langenbuch. Incision en 
deux temps. L'estomac est d'abord suturé et tixé à la paroi abdominale, puis 
le 14 avril il est incisé à son tour. 

Malgré la toux qui risque de compromettre les • sutures, l'orifice est régu- 
lièrement constitué et les aliments sont versés dans Testomac. Le malade vit 
encore 55 jours. 

Au lieu d'un cancer de l'œsophage, on trouve à l'autopsie une masse gan- 
glionnaire à l'angle des bronches, tuméfiée etabcédée, ouverte dans l'œso- 
phage et la bronche gauche. Tubercules du poumon droit. l. galliard. 

III. — Une femme de 43 ans fut admise à l'hôpital, le 13 avril 1883, pour 
une dysphagie persistante avec vomissements nprès les repas. Depuis le 
.15 décembre de l'année précédente, elle était incapable d'avaler les aliments 
solides, et depuis un mois auparavant elle avait commencé à dépérir. Son 
poids était tombé de 126 livres à 84. La sonde œsophagienne était arrêtée à 
28 centimètres des arcades dentaires par un obstacle infranchissable. L^amai- 
grisscment faisant des progrès rapides, la gastrostomie fut pratiquée le 
10 mai. Le 15, les adhérences étant bien établies, l'estomac fut ponctionné 
avec le bistouri, une sonde n« 12 fut introduite par l'ouverture, et séance 
tenante on injecta 150 grammes de beef-tea; on continua en même temps 
les lavements alimentaires, qui, depuis le début du traitement, étaient admi- 
nistrés toutes les trois heures. Les jours suivants on augmenta peu à peu 
la quantité de boisson alimentaire injectée dans l'estomac. La malade se 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 231 

remît à merveille, reprit de Tappétit et des forces, et lorsqu'elle quitta Tfaô- 
pital, le 3 août, avec sa fistule gastrique, elle avait regagné 17 livres de son 
poids. A la date de la publication, elle continuait à se bien porter, h. barth. 

IV. — I/antetir a pratiqué la gastrostomie chez une jeune fille qui avait 
l'habitude d'avaler des cheveux, des filaments de coton, etc. Il s'était formé 
dans Tabdomen un véritable égagropile mesurant 9 pouces 1/2 de longueur 
et 5 de large. L'estomac fut ouverl par une incision de 5 pouces de longueur; 
la masse pileuse fut extraite et la plaie suturée aux fils de soie. a. g. 

V. — Henri Baud, âgé de 28 ans. En décembre 1882, durant une quinzaine, 
<louleur8 d'estomac et vomissements. Depuis lors, simple dyspepsie jua- 
•qu'en avril suivant, où, sans cause, se produit une aggravation considérable. 
Les douleurs épigastriques paraissent après chaque repas et persistent tant 
que la malade n'a pas vomi. Les vomissements sont purement alimen- 
iaires. 

Au moment de son entrée à l'hôpital, le malade a l'aspect d'un cholé- 
rique : algidité, lenteur extrême du pouls, température au-dessous de la nor- 
jooale, rétraction du ventre, constipi^tion. Aucun symptôme local. La sonde 
«si arrêtée à 39 centimètres de l'arcade dentaire. L'introduction de poudres 
effervescentes ne détermine aucune modification dans les limites de l'esto- 
mac, mais elle est suivie d'éructations bruyantes et de vomissements mu- 
•queux provenant évidemment d'une dilatation do l'œsophage au-dessus du 
•cardia rétréci. 

Après avoir éliminé toutes les causes ordinaires des rétrécissements, de 
Cérenville admet la filiation suivante des accidents : dyspepsie, catarrhe 
chronique de l'estomac chez un alcoolique, occlusion graduelle du cardia, 
dilatation de l'œsophage. 

Gastrostomie d'urgence vitale, le 5 mai, par Dupont. Incision parallèle aux 
fausses côtes gauches et longue de 5 centimètres. Sur l'estomac attiré dans 
la plaie on pose une couronne d'une vingtaine de sutures au catgut et do 
sutures métalliques, comprenant la paroi de l'estomac, lo péritoine et les 
téguments. Pansement de Lister. Le surlendemain on incise l'estomac, et dès 
lors le malade est alimenté par sa fistule. A part un petit phlegmon dans la 
couche musculaire, la gaérison fut régulière. Les sutures furent enlevées à 
partir du 8® jour. Le poids de l'opéré s'accrut rapidement. A deux reprises 
le malade ayant essayé de boire ou de manger par la voie naturelle, fut repris 
de vomissements, de dyspepsie et d'amaigrissement rapide. De Cérenville 
ne réussit pas à franchir le rétrécissement, ni dans un sens ni dans l'autre. 
Ce ne fut qu'en février 1884 que Roux parvint à y introduire «une sonde par 
l'estomac . J. b. 

VI. — Deux observations de corps étranger (dentier avalé) pour lesquelles 
furent pratiquées, dans l'une l'œsophagotomie, dans l'autre la gastrostomie. 
Dans ce dernier cas, la recherche du corps étranger fut des plus laborieuses. 
Il s'agissait d'une jeune fille de 19 ans. La gastrostomie fut pratiquée ; la 
main introduite dans l'estomac ne' permit pas de découvrir le corps 
franger. On agrandit alors l'incision des parois abdominales, et on chercha 
dans la cavité abdominale. Eln passant en arrière du ligament gastro-splé- 
4iique, on sentit dans le oul-de-sac stomacal le dentier, qu'on put extraire, 
lia malade guérit. 

Vn. — Le malade avait un rétrécissement infranchissable causé par Tin- 
gestion accidentelle de potasse caustique. L'émaciation du malade était 
excessive, sa température au-dessous de 36<*. Terrillon pratiqua la gastros- 
tomie ; l'estomac, très diminué de volume et complètement recouvert par le 
foie, put être fixé à la paroi d'après les procédés ordinaires. Trois heures 
après l'opération, on put alimenter le malade; la guôrison ne tarda pas à 
être complète. 



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5r)2 REVUE DES SCIENCES MEDrCALES. 

Un mois plus tard, des tentatives nouvelles de cathétérisme réussirent ; 
on put passer une bougie filiforme et la dilatation va être continuée sans 
interruption, si cela est possible. 

VIII. — A propos d*un cas de cancer de restomac où le diagnostic fat 
des plus difficiles, Ransohoff communique l'observation suivante d'un 
malade traité de concert avec Whittaker. 

Homme de 34 ans, ne souffrant que depuis une année de troubles gas- 
triques. A son entrée à Thôpital, le symptôme le plus marqué esl le vomis- 
sement; la douleur est peu intense et disparaît quand Testomac est vide. 
Émaciation extrême, dilatation considérable de Testomac. On ne put décou- 
vrir de tumeur et on pensa à un rétrécissement du pylore. Les vomisse- 
ments ne cessant pas après des lavages de Testomao faits régulièrement 
pendant une semaine, on se décida pour une opération. La laparotomie faite» 
on trouva une tumeur de 2 pouces de long, englobant toute la circonférence 
du pylore et qu'on n'avait pu reconnaître pendant la vie, cachée qu'elle était 
par la surface du foie. Ransohoff se décida à faire une gastro-entérostomie, 
en abouchant une anse d'intestin prise, à 8 ou 10 pouces de l'extrémité du 
duodénum avec la paroi antérieure de Testomac. Le malade ne .sui*vécut que 
huit heures après Topération. 

C'est la septième opération de ce genre ; elle a été pratiquée par 
Wôlfler, Billroth, Liicke, Lauenstein, Rydygier, Courvoisier (Voy. 
i?. S. iRf., XXIII, 673). 

IX. — Segond a étécpndult à faire la gastrostomie chez une malade atteinte 
de rétrécissement de l'œsophage et arrivée aux derniers degrés du ma- 
rasme. 

La dysphagie remontait à 8 mois. A la base du cou était apparu un gan- 
glion assez volumineux. Peu à peu la malade ne put plus avaler les solides, 
puis les liquides. A ce moment, se produisit un vomissement de pus. I^ 
dysphagie s'amenda au point de permettre l'alimentation complète; mais 
bientôt elle reparaissait aussi intense, et quand la malade se présenta dans le 
service de Tauteur, les accidents étaient menaçants. Elle pouvait à peine 
avaler sa salive et mourait d'inanition. 

Les antécédents strumeux firent diagnostiquer une adénite péri-œsopha- 
gienne avec compression, puis perforation de l'œsophage et rétrécissement 
consécutif. 

La gastrostomie fut pratiquée. Le côlon transverse fut ouvert dans le cours 
de l'opération et suturé aussitôt avec trois points de soie phéniquée. L'es- 
tomac fut ouvert et fixé selon les règles habituelles. La guérison fut parfaite. 
La malade est montée de 30 kilogrammes à 65. Elle peut avaler les liquides ; 
le rétrécissement reste toujours infranchissable à la sonde. a. g. 

X. — Samuel Gross a voulu, par l'étude comparée de 271 cas de ré- 
trécissements cancéreux ou cicatriciels de l'œsophage, préciser la valeur 
des diverses méthodes opératoires actuellement employées. 

Des quatre opérations praticables en cas de sténose cancéreuse de 
l'œsophage (gastrostomie, œsophagostomie, œsophagotomie interne ou 
externe), la première est de beaucoup la plus simple, la plus rationnelle 
et la plus sûre. Les résultats ne cessent de s'améliorer, et les succès 
seraient encore plus nombreux si Ton opérait plus tôt, aussitôt le dia- 
gnostic posé, et avant que le malade soit trop affaibli. 

Dans les rétrécissements cicatriciels, Gross considère la dilatation 
comme un simple palliatif; l'œsophagotomie combinée n'est apphcable 
que chez les enfants et pour les sténoses qui siègent près du cardia. 
L*œsophagotomie interne doit être réservée pour les rétrécissements 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 238 

récents et peu étendus, l'externe pour les cas où Ton peut arriver au- 
dessous de l'obstacle. 

Ici encore la gastrostomie reste l'opération la meilleure et la moins 
dangereuse. a. chauffard. 

XI. — Femme de 25 ans, souffrant depuis cinq mois de douleurs gastriques 
et d'inappétence, vomissant depuis trois ihois. On trouve chez elle une 
tumeur grosse comme un œuf, mobile. Le bord inférieur de Testomac dilaté 
dépasse de trois travers de doigt la cicatrice ombilicale. Diagnostic : cancer 
du pylore. 

La malade vient de sevrer son dernier enfant ; on attend quinze jours pour 
l'opérer. 

22 février. Lavage de l'estomac à l'eau tiède. Laparotomie sous le spray. 
Incision transversale de 15 centimètres. La tumeur du pylore, nettement 
circonscrite, n'adhère pas aux organes voisins. On détache l'épiploon, 
on enlève un ganglion lymphatique qui se trouvait en arrière, on isole la 
tumeur en protégeant les parties voisines à Taide de la gaze iodoformée ; 
puis les compresseurs de Wehr sont placés à droite et à gauche du néo- 
plasme à une distance de 15 millimètres. 

I-»e couteau porte d'abord sur la petite courbure, puis sur la grande et 
ensuite sur la partie inférieure du segment duodénal ; c'est seulement après 
la réunion de ce segment à l'estomac que le- chirurgien détache complète- 
ment la tumeur. Suture double de Gzerny pour fixer les deux organes inté- 
ressés. Sutures de la paroi abdominale. Pansement à l'iodoforme. L'opération 
a duré deux heures et demie. 

Le fragment excisé est long de 8 centimètres; la lumière du pylore admet 
à peine le petit doigt. Au microscope, on y trouve les éléments du carcinome 
colloïde. 

23 février. L'opérée est bien. Soir : P. 80. T. 37o,6. Dans la nuit elle vomit 
deux fois des mucosités, sans bile. 

24 février. Apyrexie. Deux vomissements. L'ingestion de lait froid est 
suivie de vomissement. Lavements de peptone. Etat local satisfaisant. 

26 février. Le soir : P. 116. T. 39«,5. Vomissement. 

21 février. Apyrexie. L'opérée prend un œuf et du vin. 

9 mars. La plaie est réunie par première intention. On enlève les sutures. 
I^' opérée est nourrie comme les autres malades. Elle part le 22 mars, com- 
plètement guérie. 

On voit que l'auteur a employé le procédé opératoire de Billroth et 
Wôlfler. II recommande les compresseurs de Wehr qui obstruent com- 
plètement la lumière do l'intestin et de Testomac sans interrompre la 
circulation sanguine des parois. 

L'auteur a exploré, au moyen du gastroscope, une série de carcinomes 
de restomac. Chez l'homme sain le pylore a l'aspect d'une fehte ou d'une 
ouverture soit ovale soit arrondie, avec une muqueuse plissée et rouge; 
on voit, du reste, cet aspect varier suivant les instants, à cause des 
contractions musculaires. Or, dans les cas de cancer, le jeu des muscles 
de la région pylorique fait défaut ; les plis manquent plus ou moins com- 
plètement, la paroi du pylore semble lisse ; enlln, la muqueuse est soit 
pâle, anémique, soit foncée et cyanosée. Il est facile d'expliquer ces 
modifications du pylore. Leur constatation doit encourager les médecins 
à poursuivre les examens gastroscopiques, trop peu usités jusqu'ici. 

L. GALLIARD. 

XII. — Il s'agit ici d'un squirrhe du pylore opéré avec succès : 
Femme de 46 ans, malade depuis l'été de 1882. On la traite d'abord par 



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f84 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

l'eau de Garlsbad , puis le médecin découvre une tumeur du pylore et 

adresse la malade à Billroth. 

Ce chirurgien constate un carcinome gros comme une petite pomme, très 
mobi)e, opérable. Le 24 février 1883, il fait à la paroi abdominale une inci» 
sion transversale de 15 centimètres. La tumeur pylorique, recouverte de 
l'épiploou, vient faire saillie entre les lèvres de la plaie. Ligature des deux 
^piploons et section au thermo-cautère. Section de l'estomac à partir de la 
petite courbure, dirigée obliquement à droite et en bas. Ensuite section du 
duodénum et réunion de cet intestin à l'estomac par une vingtaine de points 
de suture. Excision de deux petits ganglions. Toilette du péritoine et suture 
de la paroi. Toute l'opération, rigoureusement antiseptique, a duré une heura 
et demie. 

Pas de réaction fébrile. Réunion primitive. La malade part guérie, le 
31 juillet. Elle a écrit, le 5 octobre, qu'elle supportait sans peine tous les 
aliments. l. gâllla.rd. 

Xlll. — Chez une femme de 42 ans, atteinte d'un cancer de l'estomac, l'au- 
teur s'est décidé à pratiquer l'ablation de la tumeur. L'estomac fut vidé et 
lavé avec soin, pendant plusieurs jours avant l'opération, avec la solution 
salicylée; l'alimentation se faisait par des lavements nutritifs. 

Anesthésie mixte, par le chloroforme d'abord, puis par l'élher. Incision 
sur la ligne blanche, de 3 pouces au-dessus de l'ombilic descendant à 3 pouces 
au-dessous. Pas d'adhérences; mais gan;,'Uons hypertrophiés que Ton enleva, 
en même temps qu'on divisa l'épiploon. Section du duodénum et de l'estomac, 
entre des clamps pour prévenir Tissue de liquide. Suture de la partie supé- 
rieure de la plaie stomacale, puis réunion du duodénum à l'estomac à la 
pai^tie inférieure de la section, au voisinage de la grande courbure. L'opé- 
ration dura trois heures ; la malade mourut deux heures après. a. c. 

XIV. — L'auleur rapporte l'observation d'une femme de 39 ans opérée par 
Billroth, le 26 février. Elle avait depuis un an de la dyspepsie, depuis six 
mois des vomissements caractéristiques. La tumeur du pylore n'était facile à 
saisir par la palpation qu'après avoir fait avaler à la malade des poudres 
effervescentes ; elle avait la grosseur d'une pomme. 

L'opération a duré une heure et quart. Le chirurgien n'a pas fait usage de 
compresseurs ; le duodénum a été fermé et maintenu au moyen d'une bande 
de gaze iodoformée. Marche normale, apyrexie. Guérison complète. 

L. GALLIARD. 

XV. — Homme de 45 ans, présentant les signes d'une obstruction pylo- 
rique (douleur, vomissements noirs, émaciation progressive). On sentait une 
petite tumeur dure et mobile, au voisinage de l'ombilic, et qui semblait être 
le pylore induré. Malgré les lavements alimentaires, le malade s'affaiblissait 
rapidement : on résolut d'intervenir chirurgicalement, soit par une résection 
du pylore, soit par une duodénoslomie. 

Après avoir incisé la paroi abdominale sur une étendue de 3 pouces, avec 
les précautions usuelles sur la ligne médiane, l'auteur tomba précisémeni 
sur la tumeur pylorique et sur l'origine du duodénum. En. introduisant le 
doigt dans Tabdomen, il sentit parfaitement l'induration annulaire du pylore 
qui lui servit de point de repère; grâce à cela, l'anse duodénalefut tii*ée hors 
de la plaie, fixée par des fils d'argent à la paroi de l'incision, et maintenue 
de façon à établir des adhérences solides. 

L'alimentation continua à être faite artificiellement au moyen de lavements, 
mais le S* jour, le malade faillit succomber de coUapsus dû à l'inanition. Ce 
que voyant, l'auteur se décida à ouvrir le duodénum et à introduire des ali- 
ments par cette voie. Mais bien que cette dernière opération eût été très 
simple, le patient succomba d'épuisement le soir môme. L'autopsie montra 
qu'il n'y avait aucune trace de péritonite, et que l'induration du pylore n'était 
pas cancéreuse, comme on le supposait, mais simplement fibreuse. 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 185 

L'auteur rappelle que la duodénostomie a été faite par Langenbuch à 
Berlin et par Robertson à Oldham. Il recommande ce procédé, qui paraît 
moins difficile sur le vivant que sur le cadavre, et présent de ne pas 
attendre, pour y recourir, que le malade soit très débilité par les progrès 
<ie rinanition. h. r. 

XVI. — Jeune homme de 19 ans. Coup de couteau dans le ventre, formant 
une plaie diagonale de près de 1 pouce à la gauche de la ligne blanche, 
8 pouces au-dessus de l'ombilic. Issue d^épiploon par la plaie. Pendant qu'on 
suturait la,plaie^ une heure après Taccident, le malade vomit de la matière 
chymeuse et environ une pinte de sang. On pratique la laparotomie, on retire 
de la cavité abdominale une grande quantité de sang. Pas de plaie à la paroi 
antérieure de Testomac. On fiait par découvrir une plaie à la face posté- 
rieure, 2 pouces au-dessus de la grande courbure, plaie au travers de 
laquelle la muqueuse stomacale faisait hernie. Il y avait eu blessure de raF-* 
ière gastro-épipioïque. Trois pointS/de suture avec des Ûls de soie. Guérisoa. 

A. G. 

XVII. — Une enfant de 7 ans, courant dans la rue, tombe et casse une 
bouteille qu'elle portait à la main et dont les -fragments la blessent à l'épi- 
gastre. Une heure après Taccident, Fauteur constate que la paroi abdominale 
est ouverte et livre passage à une tumeur ayant 6 centimètres de diamètre. 
Cette tumeur élastique est constituée .par Testomac, qui présente lui-même 
une plaie de 5 centimètres par laquelle s*écoulent des aliments. 

L'enfant, chloroformée, fait des efforts de vomissement, aussi le chirur- 
gien est-il forcé de maintenir les lèvres de la plaie gastrique en contact 
jusqu'à ce que les vomissements aient cessé : puis il y place cinq sutures au 
catgut. Après désinfection, l'estomac est remis en place. L'enfant vomit de 
la bouille sanguinolente. Suture de la paroi abdominale. Gaze iodoformée et 
ouate salicylée. Opium à l'intérieur. Diète rigoureuse. Au bout de trois 
■semaines, Tenfant est guérie; elle a bon appétit et se trouve bien. 

L. GALLIARD. 



I. ^ Fistule biliaire consécutive à une ponction exploratrice, par FLEURT 
(Loire méd,, 15 décembre 1884). 

II. — Cholacystotomy for gallstone, iMir Th. SAVACr£ {BriL med. journ.^ p. 453» 

1884). 

m. — Note on cholecystotomy, par Lawson TAIT (Ibid., S mai 1884). 

IV. — Cholecystotomy, par Mao GILL (Ibid,, 6 décembre 1884). 

V. — Gholecystotoony, with a report oftwo neweaaet» a tabla of aUthekltherlo 
reported eaees, and remarks, par J. liaSSER et W. KEEM (American Joora. 
of med. sciences, octobre 1884). 

Yl. — Surgioal observations in the treatment of diseases and «ooidants of tlw 
livMr, parCharles-K. BRIBDON (Med, News, 31 Jûavier 1885). 

YIL — A case of cholacystotomy, par TATLOR (BriL med, journ., p. 220, 

Janvier 1885). 

Ym. — Casa of cholecystotomy for dilatation due to impaoted oalcull, par 
HEREDITE [Ibid,, p. 431, février 1885). 

IX. -^ Ein Fall von Gallanretentlon badlngt dnrch Impermeabilltâi des 9wi%om 
choladochns, par WINIWARTER (Pragvr, med. Woch., »• 21, 188î). 



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836 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

Z. — On a remédiai opération suggested for cases of obstruction of the gall 
duct, par Mac-F. GASTON (d'Atlanta) (Bn't. med. journ., p. 324, février 1885). 

XI. — A case of cholecystotomy, parC.-T. ?ABMES, (Médical News, 9 mai 1885). 

ZII. — Beu indications de la cholécystotomie, par Jules BŒGKEL (Cong, franc. 

de Cbir,, 10 avril 1885). 

ZIII. — De la cholécystotomie considérée surtout au point de vue de ses indi- 
cations, par CTR [Uaion méd.^ 18 jaurier 1885). 

XIY. — Des indications de la cholécystotomie, par WITZEL {Deat. Zeit. f. 
Chirurgie, XXI, Hefl 1 et 2). 

XY. — De l'interyention chirurgicale dans quelques affections des Yoies 
biliaires, par F. BRQN (Arch. gén. de méd., février 1885). 

ZVI. — Gholecystotomy and cholecystectomy (Med. News, 28 décembre 1884). 
XVII.— De la cholécystotomie, par G. MAUNOURT {Progrès méd,, 4 avril 1885). 

ZYIII. — Zur Chirurgie der Gallenwege, par Theodor ROTE (Arcb. f, klin. Chi- 
rurgie XXXII, Hefl 1). 

XIZ. — Cholécystotomie und Gholecystectomie, par COURVOISIER {Corremp. 

BI, A scbw. Aerzte, !•' août 1884 et id Janvier 1885). 

XX. — Sur deux cas d'extirpation de la vésicule biliaire, par THIRIAR {Bull, 
Acad. de méd. de Belgique, n- 1 et 2, 1885). 

I. — Il 8*agit d*un homme chez lequel on sentait au-dessous des fausses 
côtes droites une tumeur arrondie, peu douloureuse, de 15 centimètres de 
diamètre environ. Une ponction donna issue à quelques gouttelettes de sang. 
On conclut a Texistence d'une tumeur maligne. Deux jours après, le malade 
quittait Thôpital. Bientôt la piqûre s'enflammait et donnait issue à un suinte- 
ment purulent par un orifice très étroit ; à un moment donné, il en sortit môme 
une sorte de poussière jaune verdâtre. 

Après s'être assuré de l'existence d'adhérences péritonéales, Fleury prati- 
qua la dilatation progressive du trajet avec des tiges de laminaria. Dans les 
premiers jours de septembre, l'orifice donna issue à deux calculs de la gros- 
seur d*un petit pois et à quelques fragments moins volumineux. 

Un peu plus tard, la fistule se ferme: mais presque immédiatement apparaît en 
dedans de la cicatrice une fluctuation sur un point limité et superficiel. Un 
petit abcès sous-cutané 8*ouvre et donne issue à du pus d*abord, puis à un 
liquide filant et visqueux, et ensuite à un calcul du volume d'un petit pois. 
On dilate ce nouveau trajet peu à peu avec la laminaria, et, à la suite d'une 
injection phéniquée, on extrait un nouveau calcul de la grosseur d'un pépin 
de raisin. Au milieu de novembre, issue d'un autre calcul de 1» grosseur d'un 
grain de millet. A partir de ce moment, la fistule donne issue tantôt à du 
muco-pus, tantôt à de la bile pure. Au mois de juillet, le malade fait une nou- 
velle saison à Vichy. 11 y a un peu d'amélioration dans l'état général, mais 
la fistule persiste. Le liquide ordinaire est du mucus, mais de temps à autre 
il s'écoule de la bile pure. Cette situation dure, en somme, depuis deux ans. 
Chaque fois que l'orifice extérieur a de la tendance à s'obstruer, il survient de 
la pesanteur et môme de la douleur dans l'hypochondre droit. L'écoulement 
normal de la bile continuant à se faire dans Fintestin, la digestion des ali- 
ments et, par suite, les fonctions nutritives peuvent s'opérer régulièrement. 
Le malade a môme pu reprendre ses Tonctions de jardinier. L'auteur pense 
que, jusqu'à nouvel ordre, il y a lieu de s^abstenir de toute intervention chi- 
rurgicale. GASTON OBCAISNB. 

IL — L'auteur mentionne ainsi le fait, sans plus de détail. 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 287 

Homme nerveux, d'habitude sédentaire, soufTrant du foie depuis longtemps, 
et portant dans Thypochondre droit une tumeur considérée comme un kyste 
hydatique par plusieurs médecins et par Savage lui-môme. La tumeur avait 
le volume d'une noix de coco moyenne, et était constituée par la vésicule 
biliaire, énormément distendue. Après incision de la paroi abdominale, la 
pond ion de la vésicule ramène d'abord un liquide transparent, incolore et 
visqueux : le dernier tiers au contraire était foi*mé de bile presque pure. Ce 
qui supposait une double poche séparée par une cloison. L'auteur retira 
14 calculs à facettes. 11 fait remarquer que dans ce cas Topération fut très 
simple et qu'elle exposa moins le malade que ne Teût fait une simple ponc- 
tion, laquelle eût évacué le liquide sans permettre Téliminatiou dos calculs. 

III. — L*autjeur a pratiqué 13 fois la cholécystotomie, tous ses malades 
ont guéri. Une vieille femme mourut de catarrhe suffocant quelques se- 
maines après la guérison de sa plaie, un autre d'un cancer du foie. Les 
11 autres opérés sont bien portants. 

Le procédé, proposé par Spencer Wells, de suturer la vésicule sans la 
faire adhérer à la paroi abdominale est mauvais : dans le seul cas où 
son auteur Ta employé, il a eu une péritonite mortelle avec issue de la 
bile dans le péritoine. La vésicule est en effet un réservoir destiné à se 
remplir et à se vider alternativement; or, il est à peu près impossible que 
la contraction des parois musculaires ne fasse pas sourdre du liquide à 
travers les points de suture. 

Le point le plus délicat est peut-être de savoir, au moment de Topé- 
ration, si Ton a extrait tous lescalculs de la vésicule etlsurtout du conduit 
cholédoque ; quand on en laisse, il se fait une accumulation de bile en 
amont de Tobstacle^ et les accidents continuent, souvent même aggra- 
vés. 

Il est encore plus déplorable de vouloir enlever la vésicule biliaire, 
comme Ta proposé Langenbuch. Autant vaudrait enlever la vessie parce 
qu'elle serait remplie de calculs. Dans les cas où il existe un calcul dans 
le canal cholédoque, Tablation de la vésicule entraine forcément comme 
conséquence le reflux de la bile dans le péritoine ; c'est ce qui explique 
que les trois opérés de Langenbuch sont morts. Chez un des malades 
de Lawson Tait qui présentait un calcul du cholédoque qui n'a pu être 
extrait, il est resté une fistule biliaire permanente, et jamais une goutte 
de bile, depuis l'opération, n'a pénétré dans l'intestin. 

Chose remarquable et qui ne concorde guère avec les traditions phy- 
siologiques, aucun de ces malades à fistule biliaire n'a paru souffrir de 
l'absence de bile dans l'intestin, et tous ont augmenté de poids, en même 
temps que leur santé devenait meilleure. Le seul phénomème constaté 
chez eux a été l'apparence argileuse des selles, sans que d'ailleurs on ait 
constaté de flatulence ni de phénomènes de fermentation putride. 

IV. — Mac Gill montre à la société un malade auquel il a pratiqué la 
cholécystotomie ; enlevant plusieurs onces de liquide et un calcul biliaire 
de la grosseur d'un œuf de pigeon qui était enclavé dans le canal cystique. 
La guérison avait été complète en 20 jours. Le diagnostic du cas avait 
était fait grâce à la présence d'une tumeur à la région ordinaire de la 
vésicule, mobile dans les mouvements d'inspiration. Comme le conduit 
cystique n'était pas oblitéré, on put pratiquer la suture immédiate de la 
vésicule. 

V. — Le mémoire de Musser et Keen contient l'analyse de tous les cas 



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238 IIEVUE DES SGlËNGEâ MEDICAUSS. 

publiés de cholécystotomie au nombre de 35, plus deux observations 
nouvelles. 

Dans le i*^ cas, Topëré était un homme âgé de 82 ans qui, à la suite d*atta- 
ques répétées de colique hépatique, fut pris d'ictère chroniqfue et plus tard 
d'accès fébriles intermittents. Au mois de mai 1881 les accidents étaient tels 
qu'on se décida pour l'intervention: coloration ictérique de tout le tégument, 
émaciation profonde, vomissements fréquents, selles rares, douleurs épigas* 
triques. Foie et rate hypertrophiés. Sur le rebord des côtes et dans l'hype- 
ebondi'e droit on trouve une zone de matité étendue. Pas de sucre ni d'albu- 
minurie dans les urines ; acide et pigments biliaires abondants. 

Le 8 mai, on fait, avec toutes les pi'écautions antiseptiques, spray compris^ 
«neincision de trois pouces, portée ensuite à 5 pouces 1/2, s* étendant du voi- 
sinage de la ligne blanche, parallèle au bord des côtes. Un pouce et demi 
au-dessous d'elles, ligature de Tartère épigastriqpie supérieure. On tomlM, 
au-dessous du foie, sur une masse dure, du volume du poing, adhérente au 
foie ; au côlon et à Tintestin grèio, englobant la vésicule. Ou ne sentait auoun 
calcul. Keen crut un moment avoir affaire à une tumeur maligne. Le dia- 
gnostic restant indécis, on referme la plaie sans toucher à la masse. 

Le malade quittait son lit le 45® jour; mais il y avait eu dans le cours du trai- 
tement des hémorragies capillaires assez abondantes et une lymphangite qui 
entraîna un abcès de l'aisselle. A sa sortie, la masse indurée présentait encore 
une étendue de 4 pouces, la jaunisse était moins pi*ononoée et les condition» 
générales satisfaisantes. Un cure à Saratoga amena la dispantion de rictère, 
la diminution du gonflement du foie, sans changement de la masse indurée et 
un rétablissement à peu près complet. 

L'auteur suppose qu'il s'agissait d'une obstruction calculeuse avec ia«- 
flammation des canaux, qui a cédé, le calcul ayant été probablement évacué 
(quoiqu'on n'eût rien trouvé dans les selles examinées 2 mois de suite). 

Dans le second cas, il s'agit d'unhommede 31 ans, sans antécédents syphi- 
litiques ou paludiques, souffrant depuis longtemps de dyspepsie et ayant vu 
survenir de la jaunisse à la suite d'un catarrhe gastro-intestinal aigu en oc- 
tobre 1882. 

Keen voit le malade en mai 1883, et en présence de l'état général, de la fièvre 
à accès répétés, des épistaxis, diagnostique une angiocholite suppurée.Ou fait 
une ponction et on retire un liquide, visqueux, limpide où l'examen chimique 
ne révéla aucun élément biliaire. O» décida de faire la cholécystotomie ; la 
pouction de la vésicule donna âO onces du même liquide. L'incision de la vé- 
sicule laissa écouler quelques onces de pus mélangés de bile. 

Les parois de la vésicule avaient un quart de pouce d'épaisseur etnecon* 
tenaient aucun calcul. L'orifice du canal cystique ne put être découvert. 

La plaie fut fermée par douze points de suture attachant la vésicule à hk 
paroi abominale et laissant une fistule biliaire. Le malade succomba sept 
jours plus tard. 

A Tauiopsie, adhérence parfaite de la vésicule à la paroi aux points de su- 
ture. Liquide oscitique dans le ventre et deux onces de sang dans les replis 
de répiploon gastro-colique. Vésicule du volume du poing; parois épais - 
0tes, enflammées. Le conduit cystique est dilaté, épaissi, obstrué par sou- 
lèvement de la muqueuse ; le canal cholédoque est épaissi, élargi au point 
d'admettre le petit doigt et au voisinage du duodénum presque le pouca. 
Oblitération fibreuse de son extrémité ampullaire. 

Sur les 35 cas relevés par Musser et Keen on compte dix morts. Dans 
la plupart des autopsies, on a noté de tels désordres du côté du foia que 
la vie ne pouvait se prolonger longtemps. Il y a donc indication généraLe 
à opérer de bonne heure. 



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PATHOLOGIE BXTBRNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 23^ 

Les causes dé sténose de conduits biliaires sont de trois ordres: 

i* Corps étrangers des conduits (oalcuis, parasites) ; 

8« Lésions des parois (congénitales, inflammation, adhérence ou ci- 
catrice d'ulcération, péri-hépatite) ; 

8* Tumeurs comprimant les conduits. 

Pour faciliter le diagnostic, on peut avoir recours à la ponction aapi- 
ratrice et à Texplpration avec une sonde engagée dans le trocart, ou à 
l'acupuncture préconisée par Whittaker et Harley. 

Keen discuta ensuite le procédé opératoire : Doit-on provoquer des 
adhérences par les caustiques, avant d'ouvrir la vésicule,? Faut-il faire 
l'opération en deux temps, laparotomie d'abord, fixation de la vésicule à 
la paroi, puis après adhérence intime,^ ouverture de la poche ? Faut-il 
faire directement^ sans préliminaires, la cholécystotomie ? C'est le dernier 
parti qu'adoptent les auteurs; en principe ils rejettent la cholécystectomie. 

VI. — Dans ce travail l'auteur passe en revue diverses affections du 
foie, et il cite, -à propos de la cholécystotomie, les deux observations sui- 
vantes : 

1<* Un jeune homme, ayant fait une chute grave d'un wagon, voit se déve- 
lopper, une semaine plus tard, une tumeur de Thypochondre droit. Son mé- 
decin y fait à diverses reprises des ponctions, et le jour où l'auteur le voit 
pour la première fois, la ponction a retiré une grande quantité de bile pure. 
On fil une large ouverture (pas 'd'autre indication), on retira de la bile, on 
draina la cavité, mais le malade succomba peu après. Pas d'autopsie. 

2o Jeune homme de 29 ans, tombé d'un S"" étage, apporté à Thôpital dans un 
état de collapsus profond. Quand il fut en état de répondre, il se plaignit de 
violentes douleurs dans la région abdominale, surtout du côté droit. Urine 
sanglante. 

Trois semaines après, toute trace de choc traupiatique ayantdisparu, Turine 
redevenue normale, on constata la'présence d'une tumeur fluctuante, à droite 
au bord inférieur des dernières côtes. Une ponction donna 69 onces d'un li- 
quide présentant tous les caractères de la bile. L'examen microscopique et 
chimique démontre que c'était bien de la bile. 

Les douleurs, la dyspnée, furent soulagées, la température redevint nor- 
male. 

Le lendemaia, frisson; la poche s'est de nouveau remplie. Teinte subictë- 
rique des conjonctives. 

Quelques jours plus tard les accidents étaient tels qu'on ouvre la poche; 
incision d'un pouce et demi. On retire 65 onces de bile et le doigt pénètre 
dans une cavité recouverte pai* le foie, on ne put définir s'il s'agissait de la 
vésicule ou d'une poche kystique. Drainage. 

Pendant plusieurs semaines la bile tache le pansement. Après des péripéties 
diverses résultant de l'ouverture de la poche dans le poumon, le malade 
sortit de l'hôpital après 10 mois de séjour, portant encore une fistule donnant 
simplement un peu de pus. a. c. 

"VII. — Femme de 43 ans, portant depuis 9 semaines une tumeur abdomi- 
nale du côté droit, douloureuse à la pression: antécédents de dyspepsie et de 
gastralgie obscures. 

A l'exploration, la tumeur paraissait dure, arrondie, mobile, à droite de 
Fombilic, sans rapporta évidents avec le foie ou le rein. Jamais d'iotères, 
garde-robes régulières. L'auteur diagnostiqua uae tumeur solide, probable- 
ment caBcéreuse, de i'épiploon. 

Le 5 septembre ouverture de Tabdomen: on reconnaît qu^il s'agit d'une vé- 
aieQWbiUaire distendue^ Après avoir ^ami le pourteuv de la tumeur d'épongesy 



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240 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

pour protéger les intestins, la vésicule est ponctionnée avec dn trooart courhe 
et une canule; issue de 1 onces de liquide muco-purulent. Le chirurgien 
agrandit Touverture, de façon à y faire pénétrer son doigt; il constate l'ab- 
sence de calcul biliaire et la présence de saillies de la muqueuse comme 
dans une vessie à colonnes. Il suture les bords de la plaie de la vésicule avec 
ceux de la plaie abdominale et laisse un drain à demeure. Guérison très ré- 
gulière au bout de 4 semaineâ sans qu'à aucun moment la fistule donnât is- 
sue à de la bile : le canal cystique était évidemment oblitéré par le fait d'une 
ancienne cholécystite. 

L'auteur fait suivreson observation d'un résumé des principaux cas pu- 
bliés ci-dessus. II arrive à un total de 28 opérations ayant donné 21 gtié- 
risons, 4 morts et trois résultats inconnus. h. r. 

VIII. — Femme de 59 ans, d'Une bonne santé. Dix-huit mois auparavant, 
douleurs vives dans le flanc droit, sans colique hépatique avérée, ni jau- 
nisse. A son entrée à l'hôpital, on constate une tumeur mobile dans l'hypo- 
chondre droit, ressemblant absolument à une ectopie rénale, peu douloureuse 
d'ailleurs à la pression. Urines normales. 

Six mois plus tard, la malade revient a l'hôpital. Sa tumeur a considéra- 
blement augmenté de volume; elle n'est plus mobile, ot adhère manifeste- 
ment au foie: elle présente la forme allongée de la vésicule, et est sensible 
à la pression. Du côté du foie, il n'y a pas d'augmentation de volume, point 
de troubles généraux autres que des douleurs irradiant vers le dos, des trou- 
bles dyspeptiques et de l'amaigrissement. 

On décide une opération, qui est pratiquée le 30 janvier 1883. 

Incision verticale commençant à deux travers de doigt au-dessous des côtes 
et conduite le long du bord externe du droit antérieur de Tabdomen A 
l'ouverture de la cavité abdominale, on voit proéminer la vésicule biliaire 
distendue : le toucher fait reconnaître un paquet de calculs à la partie posté- 
rieure de la tumeur. Après avoir protégé les intestins avec des éponges phé- 
niquées, on ponctionne la vésicule ; il sort un flot de bile épaisse, dont quel- 
ques gouttes, malheureusement, tombent dans la cavité péritonéale. Une fois 
le liquide évacué, l'incision de la vésicule est agrandie verticalement sur 
l'étendue d'un pouce, et les calculs extraits au moyen d'une pince. On en re- 
cueille un grand nombre, qui pèsent 33 grammes. Après avoir constaté la 
perméabilité des canaux biliaires, on décida, sur le conseil de Spencer Wells, 
de suturer la plaie de la vésicule et de la laisser dans l'abdomen, de façon à 
éviter une fistule biliaire. La chose fut ainsi faite, mais la malade fut prise 
presque immédiatement après l'opération de péritonite, et succomba au bout 
de 48 heures. 

L'autopsie montra que de la bile s'était épanchée entre les anses intestina- 
les, mais il ne semble pas que cette bile eût Iranssudé à travers la suture de 
a plaie vésiculaire, car celle-ci fut trouvée intacte. 

Aussi Tauteur ne blàme-t-il pas la pratique employée, tout en recon- 
naissant qu'il est plus prudent d'établir ixne fistule biliaire à la manière de 
Lawson Tait. 

IX. — Winiwarter a établi, dans un cas où Toblitération du canal cholé- 
doque ne permettait pas le rétablissement du coui*s normal de la bile, 
une fistule cysto-entérique. 

L'opération a été faite en plusieurs temps. 

11 s'agissait d'un malade de 34 ans, entré à l'hôpital pour des syptômes de 
pérityphlite. On diagnostiqua une occlusion du canal cholédoque, donnant 
lieu à de la rétention biliaire et de la distension de la vésicule. Des ponc- 
tions (quatre) donnèrent issue à six litres de liquide bilieux, les accidents 
reparaissant, Winiwarter se décida à intervenir : après avoir ouvert le ventre. 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. t4i 

dégagé la vésicule et reconnu rocclusion du canal, il lia la vésicule au côlon 
ascendant, et, une fois les adhérences formées, établit une fistule en ponction- 
nant l'intestin, après ouverture de la vésicule biliaire. 

Winiwarter croit préférable de choisir le duodénum pour récoulement 
de la bile, et il propose le procédé suivant : 

Ponction de la vésicule distendue avec un trocart explorateur. Opéra- 
tion quelques jours après quand la vésicule s'est à moitié remplie. 

Incision en forme de T transversal, recherche de la vésicule et de Tintes- 
tin, palpation soigneuse de la vésicule et du canal cholédoque pour s'as- 
surer qu'il n'y a ni calcul ni tumeur. On prend alors une anse intestinale 
aussi voisine que possible du duodénum, lequel est ti*op immobile, et on 
la lie avec la vésicule sur une étendue de 2 centimètres de sa circonfé- 
rence, en faisant des sutures superficielles n'intéressant pas la muqueuse. 
Puis, suture des parties ainsi accolées à la plaie abdominale ; pansement 
à la gaze iodoformée. Cinq ou six jours après, établissement de la fis- 
tule entre l'intestin et la vésicule. Pour cela, on fait une boutonnière à 
Tintestin, on passe un bistouri avec lequel on fait une incision intéres- 
sant à la fois la vésicule et l'intestin adossé^ Tun à l'autre, enfin on re- 
ferme la petite plaie intestinale en nouant les fils de suture mis en place 
auparavant. gallois. 

X.— Le but de l'opération proposée par Gaston est d'établir une fistule 
biliaire entre la vésicule et l'intestin voisin, pour éviter la déperdition 
produite par Técoulement de la bile à l'extérieur. 

L'idée de cette opération lui fut suggérée par deux autopsies dans 
lesquelles les calculs biliaires avaient pris une voie anormale. 

Dans le 1^ cas, il s'agissait d*un homme atteint d'ictère chronique, qui eut 
un soulagement marqué quand les garde-robes redevinreut bilieuses, entraî- 
nant un grand nombre de gros calculs, trop volumineux pour avoir pu fran- 
chir le canal cholédoque. Le malade étant mort d'accidents pulmonaires pro* 
duita par une fistule biliaire pleurobronchique, on put voir que la vésicule 
biliaire communiquait d'une part avec le côlon tranversé, d'autre part, qu'il 
existait un abcès sous-diaphragmatique oùla bile et le pus s'étaient fait jour 
vers le poumon. 

Le second cas était également un fait de jaunisse chronique avec tumeur 
volumineuse produite par la vésicule. La malade mourut de consomption 
sans intervention chirurgicale. On trouva le canal cholédoque oblitéré et in- 
duré, le canal cystique était rempli par un volumineux calcul, la cholécysto- 
tomie eût soulagé la malade, mais n'eût pas rétabli le cours delà bile. 

Enfin, un troisième fait est relatif à une vieille femme qui présentait une tu* 
meur formée par la vésicule biliaire distendue, et qui n'allaita la garde-robe que 
très difficilement. Les matières étaient décolorées, la malade allait succomber, 
quand un purgatif composé d'une grande quantité d'huile d'olive amena l'éva- 
cuation d*une copieuse décharge de bile épaissie et demi-solide, en même 
temps que diminuait la tumeur de la vésicule. 

L'auteur en conclut qu'il y avait un pertuis fistuleux étroit entre la 
vésicule et l'intestin, et que le canal cholédoque était obstrué. En tout 
cas, la malade guérit parfaitement le jour où la bile repassa dans l'in- 
testin. 

Ces prémisses une fois posées, l'auteur décrit aussi l'opération, qui lui 
semble répondre le mieux aux indications physiologiques. 

Une incision abdominale ayant été faite au point le plus proéminent de 
la tumeur, le chirurgien, soit avec son doigt, soit avec ses yeux, appré- 

TRXIZIEMB ANNÉE. — T« XXVU 16 



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%\t REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

oie l'opportunité d'ouvrir largement la vésicule : t^ette manœuvre vaut 
mieux qu'une ponction préalable. 

S'il y a intérêt à ouvrir le sac, et qu'il n'y ait pas d'adhérences avec 
la paroi abdominale, il est indiqué de suturer la vésicule à celte paroi 
et de la maintenir hermétiquement adhérente. Cela fait, on excise d'un 
coup de ciseau la portion de vésicule comprise entre les ligatures de 
façon à permettre la Hbre évacuation du liquide et des calculs et d'ex- 
plorer l'intérieur de la cavité vésiculaire pour s'assurer de la perméabi- 
lité du canal cholédoque. Celle-ci persiste-t-elle, si faible quelle soit, 
on doit essayer la dilatation du canal cholédoque. Dans le cas contraire 
il faut faire communiquer l'intestin avec la vésicule. Ceci peut se faire, 
soit en établissant artificiellement un trajet dans la direction primitive 
du cholédoque au moyen d'un trocart courbe, soit en établissant des adhé- 
rences et une suture entre l'anse intestinale et la plaie vésiculaire. 

Cette dernière ojjération n'a pas été faite sur le malade, mais Gaston 
l'a expérimentée sur des chiens. Il a cherché à unir dans une ligature 
élastique les parois du duodénum et celles de la vésicule biliaire : puis, 
dès que l'adhérence était intime, à ouvrir largement la portion ainsi 
réunie. Les résultats de ces expériences ne paraissent pas satisfaisantes. 
Les 5 chiens ainsi opérés moururent, les uns de péritonite suraiguë, les 
autres tardivement avec des abcès profonds sous-hépatiques; enfin, 
si dans la, plupart des cas les adhérences artificiellement développées 
étaient intimes, il ne semble pas cependant que Ton puisse toujours 
compter sur leur solidité. C'est, dans tous les cas, une opération chirur- 
gicale très délicate, car la ligature élastique de la paroi vésiculaire avec 
la paroi intestinale est très difficile à faire correctement : tantôt elle 
étrangle toute l'anse intestinale, tantôt elle glisse, et suivant la façon 
dont le nœud est plac4, Tauteur a retrouvé le fil soit dans la vésicule 
biliaire, soit dans l'intestin. h. r. 

XI. — L'auteur publie an nouveau cas de cholécystotomie pratiquée pour 
une obstruction biliaire caractérisée par des douleurs qui, remontant à plu- 
sieurs années, s'étaient aggravées de plus en plus, par de la distension de la 
Téflicule et du gonflement du foie. L'incision des parois fit voir, en effet, une 
'vésicule énorme; on ouvrit la vésicule et l'on sutura les bords à la paroi ab- 
dominale. On ne trouva pas de calculs. Le pansement fut laissé en place 
quatre jours. I^ gonflemeut du foie avait diminué, et au premier pansement 
on recueillit sept calculs ; au second pansement, cinq nouveaux calculs. Les 
douleurs persistant, on dut élargir l'orifice fistuleux et Ton essaya de passer 
une sonde dans le oanal cholédoque. A partir de ce moment, les selles repri* 
rent le caractère noroial et la guériaon suivit son cours. Deux mois plus tard, 
on dut dilater la fistule et l'entretenir ouverte, les douleurs reparaissant par 
insuffisance probable du canal cholédoque. 

Dans la discussion qui a suivi cette commnmcation, Prewett dit que la 
présence de calouls, môme quand le palper les fait bien reconnaître, 
n'est une indication d'opération qu'autant qu'il survient des symptômes 
gravas et menaçants. 

S.-W. Gross a rassemblé 42 observations d'opérations de ce genre, 
.96 cfaolécystotomieset6 cholécystectomies. Les 86 ouvertures de la vési- 
cule ont donné 28 guérisons, 8 morte : 3 d'^utsement et d*hémomigia, 
fi de choc tràumatique, 1 par issue de la bile dans lo përitohie et péri- 
-Umite. 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 243 

Dans 4 cas, on a saturé la vësioule ei on Ta rentrée dans Tabdomen; 
vne mort ;• dans les 92 autres cas, la vésicule a été suturée à là paroi. 

Les 6 cas de oholécysteotoinie(5 parLangenbuçh, IparCourvoisier) 
onl donné une mort par ulcération du canal cystique et pénétration de la 
bile dans le péritoine. 

(Voir les deux observations de Thiriar, ci-dessous.) 

XII. — J. Bœckel résume, par les propositions suivantes, les indications 
^e la cholécystotomie. 

Voici ses conclusions : 

La cholécystotomie emprunte sa gravité à la présence ou à Tabsence 
-de fistule biliaire. 

A. !• Dans le premier cas (existence d'une fistule ayant démontré ou 
fait soupçonner la présence d'un ou plusieurs calculs), l'intervention opé- 
ratoire s'impose ; 

2» Bien que la guérison s'obtienne quelquefois spontanément, il y a 
tout avantage à intervenir de bonne heure; 

8* L'intervention hâtive assure et hâte la guérison en conjurant les ac- 
cidents dus à récoulement incessant de la bile; 

4* L'opération est d'une simplicité et d'une bénignité remarquables, 
grâce aux adhérences qui unissent la vésicule à la paroi abdominale; 
lors même qu'on est amené à ouvrir le péritoine, la cholécystotomie 
pratiquée dans ces conditions peut être considérée comme inoffensive, 
grâce à la méthode antiseptique. 

B. 4* Dans le deuxième cas (absence de fistule et d'adhérences), 
l'opération est infiniment plus grave; ses indications sont plus déli- 
cates à saisir ; 

2* Avant tout, il faut établir le diagnostic causal de l'obstruction des 
voies biliaires et être certain de la présence de calculs, pour ne pass'ex- 
poser à faire une opération d'une utilité douteuse ; 

3» Lorsque les commémoratifs, la marche de l'affection, l'examen at- 
tentif du malade, et surtout la présence dune tumeur bUiaire^ lorsque la 
ponction exploratrice aura révélé la présence de calculs biliaires, la 
cholécystotomie faite en temps opportun paraît indiquée ; 

4* Le diagnostic bien établi, l'opération doit être faite de bonne heure 
pour parer aux accidents graves, mortels môme, qui peuvent être la con- 
séquence de l'abstention ; 

6*» Dans toute autre circonstance, Topération est trop grave par elle- 
même, ses résultats trop incertains, pour exposer les malades à en courir 
les risques sans grand profit ; 

6» L'état actuel de no^ connaissances ne permet pas d'établir si c'est à 
la cholécystotomie ou à la cholécystectomie qu'il faut avoir recours. A 
l'avenir appartient d'apporter des faits nouveaux et de résoudre le pro- 
blème. 

XID. — Dans cette note, l'auteur insidte sur les difficultés d'établir avec 
exactitude le diagnostic sur les indications qui peuvent motiver cette in- 
tervention. II conseille de recourir, avant d'ouvrir la vésicule, à une 
.ponction exploratrice. Aucune observation personnelle à l'appui. 

XIV. — Les indications et contre-indications varient beaucoup suivant 
-que le chirurgien se trouve en présence d'une occlusion complète, per- 
sistante du canal cholédoque avec rétention de la bile, ou d'une occlusion 



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244 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

du canal cystique et d'une hydropisie ou d'un empyème de la vésicule. 
Dans le premier cas ropération est de nécessité comme l'entérotomie 
dans Tocclusion intestinale ; il faut sauver la vie du malade. Dans le se* 
cond cas, il s'agit non seulement de procurer un soulagement, de remé- 
dier à des accidents du moment mais aussi d'amener une guérison com- 
plète et définitive. 

On peut classer en trois groupes les conditions morbides qui peuvent 
faire obstacle au cours de la bile dans le conduit cholédoque. 

1® Les entozoaires (lombrics, douve, hydatides) et les calculjs; 

2"* La cause la plus fréquente est une altération organique des parois, 
qu'il s'agisse d'un épaississement par néoformation conjonctive, par ia- 
flammation, d'une atrésie par adhérences, suites d'ulcérations, ou enBn 
de véritables rétrécissements tenant à des infiltrations du tissu sous- 
muqueux ; 

3"* Les obstructions par compression (tumeur maligne d'un organe 
voisin, anévrisme hépatique, tumeurs abdominales, etc.). 

De ces diverses causes celle qui donne lieu le plus fréquemment à 
l'hydropisie et la suppuration de la vésicule est la présence de calculs 
qui amènent l'obstruction directement en bouchant le conduit, ou indi- 
rectement en ulcérant la muqueuse, provoquant Tépaississement des 
parois. Le liquide bilieux, puis muqueux, finit par se transformer en un 
liquide purulent, et l'hydropisie simple devient un véritable empyème. 
Le diagnostic entre ces deux états n'est pas facile ; la fièvre, les frissons 
répétés, les sueurs nocturnes, quelquefois Tinflanmiation des parois, 
mettront sur la voie de la suppuration de la poche. 

Witzel a pratiqué avec succès la laparotomie et l'ouverture de la vé- 
sicule pour une hydropisie avec calculs. 

XV. — Dans cette revue critique, l'auteur rappelle d'abord, d'après 
les travaux de Charcot, Mossé, à quels accidents peuvent donner lieu la 
rétention biliaire ou Tobstruclion calculouse. Il y a un siècle, J.-L. Petit 
avait indiqué d'après des observations de traumatismes des voies bi- 
liaires la possibilité d'atteindre la vésicule, quand les adhérences péri- 
tonéales sont suffisamment solides. On consultera avec fruit cet abrégé 
historique.. Les faits récents de cholécyslotomie (voyez plus haut) sont 
discutés au double point de vue des indications et du procédé opé* 
ratoire. 

XVI.— Revue critique, d'après les ti'avaux de Witzel, Tait, Musser et 
Keen. 

XVII. — Revue générale où sont discutés avec beaucoup de justesse 
les indications de l'opération et les procédés à employer. a. c. 

XVIII. — Dans cette revue critique, l'auteur traile la question de la 
cholécystolomie au point de vue historique, rappelant les premiers 
essais de ponction de la vésicule par J.-L. Petit, Chopart, Desault, etc. 
Il donne ensuite un résumé des opérations pratiquées jusqu'à ce jour et 
discute les indications de l'opération. 

La cholécystotomie est indiquée dans quatre cas : l'^lithiase biliaire, 
quand les autres moyens sont restés sans effet ; dans ce cas on doit 
donner du chloroformo pour faciliter la palpation et assurer le diagnostic 
de calculs biliaires ; ce diagnostic peut être complété par une ponction 
exploratrice; 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE. É46 

2^ L'hydropisie et rempyème de la vésicule. Roth signale les diffi- 
cultés de diagnostic qui peuvent surgir du fait de Tinterposition d'une 
anse intestinale entre la tumeur et le foie ; 

8* L'oblitération du canal cholédoque; 

4* Plaies de la vésicule. gallois. 

XIX. — i^ Femme de 64 ans chez laquelle sont apparus, d'une façon 
assez aiguë, une grosse tumeur fluctuante au niveau de la vésicule biliaire et 
de l'ictère^ sans jamais aucune colique hépatique. 

Opération le 4 mars 1884. Section, couche par couche, de la paroi abdo- 
minale au niveau du bord externe du grand droit abdominal du côté droit. 
Vésicule biliaire attirée au dehors et incisée ; issue de dOO grammes de mucus 
incolore contenant plus d'une centaine de petits calculs variables entre un 
demi-pois et un haricot. Suture et réduction de la vésicule ; suture de la plaie 
abdominale. Pansement de gaze au sublimé. Après Topération, la plus haute 
température ne dépasse pas d8o,l. Dès le 11, la plaie était complète- 
ment cicatrisée ; le 1«' avril la malade commençait à se lever, mais Tictère, 
la décoloration des faciès et les urines bilieuses persistaient. 

Le 21 mai la femme succomba à une pneumonie double. A 1 1/â centi- 
mètre au-dessous delà vésicule biliaire, qui était peu dilatée, le canal cystique 
était complètement atrésié par du tissu cipatriciel. Au sein de ce tissu, et 
difficile a découvrir, se trouvait enkysté un calcul de la grosseur d*un pois, 
4]ui comprimait le canal cholédoque. Aucune trace d*inflammation récente. 

t^ Femme sujette depuis deux ans A des alternatives de tuméfaction de la 
vésicule biliaire s'accompagnent de douleurs intenses et de phénomènes 
généraux graves. Chaque fois la tumeur s'affaissait subitement à la suite d*une 
rémission des douleurs, et Ton pouvait prévoir Texistence de concrétion dans 
la vésicule* Jamais d'ictère. 

Le 6 juin 1881, au moment de Topération, la vésicule forme une tumeur 
élastique ayant les dimensions d*un œuf d*oie. Môme incision des parois 
abdominales que chez la malade précédente. Le palper f&it reconnaître 
l'existence d'un gros calcul complètement immobile au niveau du col de la 
vésicule et celle de plusieurs concrétions mobiles dans la cavité de la vésicule. 
Courvoisier se décide pour Textirpation totale de la vésicule et y procède de 
la façon suivante : 

Section du repli péritonéal allant du foie à la vésicule, et ligature de nom- 
breux petits vaisseaux. Isolement de la vésicule à coups de bistouri, pour la 
séparer du foie et la détacher jusqu'au niveau du conduit cystique, qui est lié 
et coupé au-dessus du gros calcul. Toilette du péritoine ; suture et drain . 
Pansement de gaze au sublimé. 

14 heures après l'opération, la température s'élève à 38^,1 et il se fait un 
suintement de bile qui cesse vingt heures plus tard. Dès lors guérison sans 
incidents et plaie se réunissant par première intention. A partir du 11 juin 
apyrexie. a. b. 

XX. — Thiriar a pratiqué deux fois avec succès l'opération de 
Langenbuch. 

1^ Femme de 44 ans souffrant depuis quatre ans de coliques hépatiques 
que les divers traitements suivis n'ont nullement améliorées. Crises se suc- 
cédant rapidement : après chacune d'elles on trouve dans les selles un calcul 
arrondi de la forme et du volume d'un pois. Tout en admettant que la vésicule 
j^iliaire ne renferme pas de calculs, et que ceux-ci ne se forment que peu de 
temps avant les crises, l'auteur se décide à faire l'extirpation de cette vésicule 
pour prévenir le développement de nouveaux calculs. 

Toutes les précautions antiseptiques étant rigoureusement observées et la 
malade endormie, une incision de 15 centimètres environ est faite suivant 
le bord externe du muscle abdominal droit. Le muscle est incisé transver» 



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Uù REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

salement à ses fibres à 3 travers de doigt dans les fausses oôtes, ainsi que Ia> 
peau ; la plaie a la forme d'un T renversé de c6té. La vésicule biliaire pré- 
sente avec le duodénum des adhérences qui sont détachées à Taide de ciseaux; 
l'opérateur procède de même pour isoler la vésicule de ses connexions avec 
le foie. Le canal cystique est alors bien isole : une première ligature en soie 
sublimée est jetée à son origine au delà du collet ; une seconde ligature de^ 
précaution est placée plus haut pour empêcher la bile de s'écouler dans It 
vésicule. Le canal cystique est incisé entre les deux ligatures et ses lèvres^ 
sont suturées par de la soie fine sublimée. Les lèvres de la plaie abdominale 
sont ensuite réunies ; celles du péritoine d'abord isolément avec du fin catgut^ 
celles du ventre par des sutures profondes et superficielles. Pansement phé- 
niqué. L'opération dura un peu plus d'une heure et demie. 

Six jours après l'opération la malade se levait et reprenait son régime 
ordinaire. 

2*» Femme de 25 ans, de forte constitution, ayant eu 4 enfants, souffre 
depuis 3 ans de coliques biliaires. Les crises ont été plus fortes et plus fré- 
quentes pendant les deux dernières grossesses, les deux enfants sont morts 
de convulsions quelques jours après leur naissance. Depuis un mois les 
crises sont terribles et ne laissent aucun répit à la malade, que l'on reconnaît 
être enceinte de quatre mois environ. L'opération fut faite comme dans le 
premier cas ; la vésicule contenait une douzaine de calculs. Guérison en 
10 jours. 

L'auteur fait suivre le récit de ces deux faits des remarques sui- 
vantes : 

Tout démontre que la vésicule du fiel n*est pas indispensable à la ré- 
gularité des fonctions digestives de Thomme. Cet organe manque chez- 
beaucoup de mammifères, et il n'est pas rare de le rencontrer complè- 
tement obturé et atrophié chez Thomme. 

Si Ton doit admettre que ce n'est pas seulement dans la vésicule que 
les calculs peuvent se former,c*est là un fait excessivement rare en dehors 
de cei'tains états pathologiques qui provoquent la formation des cholé- 
lilhes dans les canaux et conduits biliaires. Or, ces états pathologiques 
(cancer, obstruction des voies biliaires) préexistants sont précisément une 
contre-indication formelle de la cholécystectomie. 

Cette opération est évidemment délicate et difficile à pratiquer, mais- 
étant donné le peu de gravité des lésions péritonéales produites, en 
observant les règles de la méthode antiseptique, l'auteur estime que de 
toutes les laparotomies, c'est l'extirpation de la vésicule biliaire qui 
paraît la moins grave, la moins dangereuse. C'est une opération qu'il est 
permis de pratiquer dans les cas de lithiase biliaire qui ont résisté au 
traitement médical et qui produisent de violentes crises. 

Quant à la cholécystotoraie, si elle est plus facile à pratiquer que la 
cholécystectomie, elle a l'inconvénient de laisser à sa suite une fistule 
biliaire avec tous ses dangers, elle n'enlève pas l'organe producteur des 
calculs ; ceux-ci peuvent se reformer. , f. h. 

I. — Penetrating gunshot wounds of the abdomen, par Gharlea-T. PARKES 

{Med. News, 17 mai 1884). 
IL — Laparotomy forgnnthot wound of the small intestine, par W.-T. BULL 

{Ibid., 14 février 1885). 
m. —Unique case of abdominal injury, par W.-L. ESTES (Ibid,, 4 ottobre^ 

1884). 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 247 

IV. ^ Fall voa Baaohwanda mit Danii¥orfall, par J. HEGETSCHWEILER (Cor- 
resp. Bl. f. scbweiier Aerite, 15 février 1883). 

f . — Traitament des nipturM traumatiqnes de Tiiitestin par la laparotomie et 
la mture, par BOUILLT, rapport par BERGER ; idem, par GHAVASSE; rapport 
par GHAUVEL {Bull. Soc, de chir., IX, p. 690, et XI, p. 123). 

VI. — Des indications opératoires dans les blessures profondes de l'abdomen; 

par GRAVASSE (Congrhs franc, de cbîr., H avril 1885). 

VII. — Beobachtungen ueber Laporotomie, par ROKITANSKT {Wiener med. 

Presse, n* 25, 1884). 

VIII. — Zur Frage neber die Mittel zur Vorbaugung von Hemien nacb Laparo- ^ 
tomian (Moyens de préyenir les bernias à la suite des laparotomies), par 

0. HAGEN-TORN {Cent, f, Chir.^n- 86, 1884). 

II. ' NouYoIle manœuvre pour la réduction de la bemia crurale chez la 
femme, par ROUX {Rev, méd, de la Suisse romande, février 1884). 

X. — Zur operativer Behandlung der Hernia funiculi ombilicalis , par 

FELSENREICH {Wiener med. Presse, n- 17, 1884). 

XI. — Beitrage zur Hemiotomie eingeklemmten Nabelbrûcbe (Kélotomie daM 
la bamie ombiliaale étranglée), par HOFMOKL {Wiener med. Presse, n* 1, 

1884). 

XII. — Ueber Albuminurie bei eingeklemmten Eingeweidebrficben (Albuminurie 
dans les hernies étranglées), par ENGLISGH {Wiener med. Jabrb,, Heft 2, 
p. 259, 1884). 

nn. — Radical cure of a large congénital omental hernia by extirpation, par 
Robert-F. WEIR {New York surg. Soc, 10 mars 1885). 

1. — L'auteur a fait un grand nombre d'expériences (37) pour étudier 
les résultats de l'intervention chirurgicale immédiate à la suite des 
plaies par armes à feu de l'abdomen. Les animaux étaient anesthésiés 
et les coups étaient tirés à courte distance avec le revolver Smith et 
Wesson, calibre 22, 32, 38 et 44, et la carabine calibre 22. Voici les 
conclusions littérales de cette consciencieuse étude : 

1** L'hémorragie consécutive aux plaies par armes à feu de Tabdomen 
et des intestins est très souvent assez grave pour ne pouvoir être ar- 
rêtée sûrement qu'après ouverture de Tabdomen ; en tout cas, elle est 
toujours suffisante pour mettre la vie en danger par la décomposition 
septique secondaire, accident qui ne peut non plus être évité que par la 
laparotomie ; 

2** L'épanchement du contenu de l'intestin est aussi certain que Texis- 
tence de la plaie ; 

8* On ne peut préjuger en rien le trajet du projectile d'après la situa- 
tion des plaies d'entrée et de sortie ; 

4* Les plaies d'entrée et de sortie ne doivent être touchées que pour 
arrêter le sang ou retirer les corps étrangers, quand il y en a. Elles ont 
seulement besoin d'être protégées par le pansement antiseptique appli- 
qué sur l'abdomen; 

5" Plusieurs perforations de l'intestin, réunies sur un même point, ne 
demandent qu'une résection unique, comprenant toutes les ouvertures. 



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248 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

Les plaies qui ont détruit la surface mésentérique de l'intestia réclament 
toujours la résection ; 

6** Le meilleur procédé pour la réunion de l'intestin après résection est 
la suture de Lembert avec des (ils de soie fins. La suture doit porter au 
moins sur un tiers de pouce de la paroi, transfixant seulement les tuni- 
ques séreuse et musculaire^ sans jamais comprendre la muqueuse. La 
muqueuse renversée doit être retournée; il n'est pas besoin d'autre 
traitement; 

7* Les plaies de l'estomac, les petites perforations et les abrasions de 
l'intestin doivent être soigneusement réunies au moyen de la suture de 
catgut ; 

S"" Chaque point, donnant du sang, doit être lié ou cautérisé, et on doit 
assurer du mieux possible le nettoyage de la cavité abdominale ; 

9** Le meilleur procédé de traitement du mésentère divisé est sa su- 
ture à l'intestin au point de la résection ; 

10** La laparotomie jor/z72/7iV0, immédiate sur la ligne médiane fournit 
la voie la meilleure et le moyen le plus sûr de remédier aux accidents. 
Cette opération ajoute peu, si elle ajoute, aux dangers de la plaie elle- 
même. 

II. — Un homme de 22 ans reçoit dans rabdomen, près de rombilic, une 
balle de revolver, calibre 32. Bull le voit 17 heures après raccident; la dou- 
leur est vive, le pouls à 102^ la respiration à 30, la température à i0(y*,2 Fahr. 
La laparotomie est pratiquée sur la ligne médiane, avec toutes les précau- 
tions antiseptiques ; rincision s'étend de rombilic au pubis. Deux pintes de 
sérum sanglant s'échappent avec de petits caillots; les intestins et le mésen- 
tère présentent déjà des signes évidents de péritonite. Une plaie de la 
tunique séreuse faite par les ciseaux est liée au catgut. On trouve sept per- 
forations de Tintestin grêle qui sont obturées par la suture de Lembert ; les 
bords des sutures sont saupoudrés d'iodoforme. La balle est logée à la partie 
supérieure de TS iliaque, vers le bord mésentérique ; elle est extraite et 
Touverture fermée par trois points de suture. Guérison complète. 

C'est le premier succès pour une intervention dans les plaies de cette 
nature (voy. R, S. M., XXU, 309). 

III. — Un jeune homme de 18 ans tombe, pendant un exercice de gymnas- 
tique, sur une branche de pin formant le niveau d'un encadrement à fran- 
chir, la casse en deux, et ua des fragments pénètre dans l'abdomen. L'extré- 
mité de la tige do bois, qui sortuit d'un pouce, était entrée sur le' côté gauche 
du scrotum, au niveau du canal inguinal. L'auteur put retirer immédiatement 
un fragment long de 10 pouces, sans qu'on constatât d'issue de matière 
fécale ou d'hémorragie. Dans la région lombaire on reconnaît juste sous la 
peau l'autre extrémité du bois qui s'est cassé dans Tabdomen ; après ânes- 
thésie, on retire de la région lombaire droite un fragment de 4 pouces et 
demi de long. Le corps étranger avait en tout 14 pouces et demi. Le blessé 
succomba le 4« jour à la péritonite. 

A. l'autopsie, on reconnut que la péritonite était due au passage des ma- 
tières fécales à travers deux petites ulcérations qui s'étaient produites sur 
l'iléon. L'iléon était en effet contus et déchiré superficiellement en 20 ou 
30 points ; deux de ces plaies s'étaient ulcérées et avaient entratné la mort 
par péritonite. Le péritoine était déchiré également sur plusieurs points. 

Aucun autre organe n'était atteint. a. g. 

IV. — Uu homme reçoit un coup de stylet dans la région inguinale gauche . 
Il peut à peine rentrer à pied chez lui, seul, en comprimant de ses mains 
les intestins hernies. 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 249 

En arrivant, Hegetsohweller constate que par la plaie, qui a 5 centimètres 
de long, 1 pieds d'intestin grêle, ne présentant ni blessure, ni trace d*in- 
flammation ou de gangrène, font saillie sur les téguments abdominaux. 

Après un nettoyage du paquet intestinal avec de Teau phéniquée chaude, 
il procède à la réduction des anses procidentes. Malgré deux injections mor- 
phinées de 3 centigrammes, cette opératioa est assez laborieuse, vu Tétroi- 
tesse de la plaie et les efforts inconscients du malade. 

Suture de la plaie avec trois fils de catgut et pansement antiseptique. 

Dès lors injections quotidiennes de morphine. Le blessé a guéri rapide- 
ment, presque sans fièvre, la plaie s*est réunie en grande partie, par pre- 
mière intention, et la cicatrice était assez solide pour que, quatre mois plus 
tard, cet homme pût faire son service militaire. a. b. 

V. — A deux reprises différentes, la Société de chirurgie vient d'étu- 
dier le traitement des ruptures traumatiques de Tintestin sans plaie exté- 
rieure. 

La i'* fois il s'agissait d'une observation de M. Bouilly. Unhommede29ans 
entre à l'hôpital le il juin 1883, peu après avoir reçu deux coups de pied de 
cheval dans le ventre. Le soir môme la péritonite débutait, et le lendemain 
le chirurgien considérant la perte du malade comme certaine, en laissant les 
choses à leur marche naturelle, pratiquait séance tenante la laparotomie. 
Deux foyers de contusion très rapprochés, une escarre brun foncé sur le 
point de se détacher, et une perforation de l'étendue d'une pièce de 10 sous 
à bords déchiquetés furent reconnus, et comme ils étaient rapprochés, on 
fit la résection de l'anse et la suture par abouchement des deux bouts ; puis 
la paroi abdominale fut refermée. L'opération fut suivie d'une amélioration 
considérable, les vomissements s'espacèrent, l'état général se releva nota- 
blement. Le troisième jour après l'opération, le malade eut une débâcle intes- 
tinale, mais en môme temps la plaie abdominale se rouvrit et donna issue, 
elle aussi, à une certaine quantité de matières fécales. Les jours suivants les 
^arde-robes étaient rendues à peu près en partie égale par l'anus et par la 
fistule abdominale ; cependant l'état général s'améliorait, et à tel point que dès 
le dixième jour Bouilly explora l'anus contre-nature dans le but de se rendre 
compte de la situation des deux bouts de l'intestin. Cette exploration fut faite 
avec le doigt ; mais malgré le tact du chirurgien, elle fut l'occasion d'une 
péritonite par rupture d'adhérences, à laquelle le malade succomba dès le 
lendemain. L'autopsie montra que les sutures avaient prématurément cédé ; 
mais auparavant il s'était formé au pourtour de l'anse coupée entre elle, les 
anses voisines et la paroi abdominale, une série d'adhérences suffisantes pour 
s'opposer au passage des matières dans le ventre. 

Le second cas est dû à Chavasse. 

Le 28 septembre 1884, entre au Val-de-Grâce un dragon de 23 ans, frappé 
le môme jour d'un double coup de pied de cheval à la région épigastrique. 
Les vomissements survenus deux heures plus tard, la face injectée, les traits 
tirés ne laissent aucun doute sur le diagnostic de péritonite. Le lendemain et 
les jours suivants la situation ne cesse de s'aggraver. Le 2 octobre Cha- 
vasse ouvre la paroi abdominale. Nombre d'anses intestinales sont succes- 
sivement amenées au dehors, examinées avec soin, mais on ne trouve pas 
de perforation. En deux points le côlon transverse est contus, mais il n'est ^ 
pas déchiré. I^es doigts plongés dans le ventre constatent la présence d'une 
masse épaisse, mollasse, placée au devant du lachis; c'est le mésocôlon 
infiltré de sang, pas d'odeur stercorale. On referme la plaie, mais le coUapsus 
est manifeste, et le malade meurt le 5 octobre à midi, sept jours après l'ac- 
cident. A l'autopsie on reconnaît une contusion de l'épiploon et du côlon 
transverse, une contusion du pancréas, mais aucune rupture de viscère. 

Dans son rapport sur robservation I, Berger a précisé les conditions 



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UÛ REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

qui justifient une intervention de cette nature, et rappelé les tentatives 
antérieures dues à Larrey, Baudens, Legouest, mais seulement en pré- 
sence de contusions accompagnées de solution de continuité de la paroi. 
Etre certain que l'intestin a bien réellement été rompu est une condition 
indispensable ; on y arrivera en éliminant successivement les lésions de 
la vésicule biliaire (siège spécial du traumatisme, présence ou absence de 
bile dans les matières vomies) les déchirures superficielles du foie (écou- 
lement sanguin et bilieux intra-péritonéal, siège de la contusion sur la 
région hépatique, péritonite non foudroyante et sans météorisme). 

En ce qui concerne le manuel opératoire, il faut remarquer que la suture 
intestinale a lâché. Berger conseille en pareil cas de faire une section 
oblique de l'intestin pour faire porter les sutures sur une plus grande 
étendue, mais comme Texpérience apprend que si bien qu'elles soient 
faites, ces réunions sont à peu près toujours suivies de fistules sterco- 
rales, il serait d'avis de ne suturer l'intestin que dans une partie seule- 
ment des lèvres de la surface de section, et de ménager par conséquent 
sur sa périphérie une petite fistule stercorale que l'on fixerait à la paroi 
et qui jouerait le rôle d'une véritable soupape de sûreté. Verneuil et 
Després partagent cette manière de voir. 

En face du cas de Chavasse, Ghauvel, rapporteur, se demande quelle 
conduite il fallait tenir, et répond ainsi qu'il suit : Je crois qu'il faut ou 
intervenir de bonne heure, ou s'abstenir. jullien. 

VI. — Voici les conclusions de ce travail : 

1* La laparotomie doit être pratiquée dans tous les cas de rupture de 
l'intestin sans lésion des parois abdominales. 

2° L'opération sera faite aussi hâtivement que possible, avant que la 
péritonite ait pris une trop grande intensité. 

8° Si la dëoliirure est minime, on fera une suture perdue et on refer- 
mera l'abdomen en mettant un tube à drainage ; si elle est totale ou com- 
prend la moitié de la circonférence de l'intestin, on établira un anus 
artificiel. 

4** Cette opération est d'une utilité incontestable, étant donné l'exces- 
sive léthalité dans les lésions de ce genre. Elle n'est pas et ne peut pas 
être nuisible, même quand elle se borne à une simple incision explo- 
ratrice. 

5'* Les contre-indications sont un état de collapsus trop prononcé et 
indiqué par une température de 36 à 35 degrés, les lésions concomitantes 
de la rate, du pancréas, des reins et du foie (vésicule exceptée). 

VU. — Rokitansky a pratiqué, depuis le mois d'octobre 1875, 67 lapa- 
ratomies, dont voici le détail : 

42 ovariotomies, dont 12 suivies de mort, ce qui donne une mortalité 
de 28,57 0/0 ; 

6 ovariotomies incomplètes, avec 5 insuccès ; 

6 paraovariotomies, avec 3 morts ; 

8 incisions exploratrices pour une tumeur du foie et deux hydroné- 
phroses (3 guérisons) ; 

3 laparotomies à la suite d'erreurs de diagnostic ; il s'agissait une fois 
de péritonite tuberculeuse (décès au bout de trois mois), une fois de 
myxosarcome du grand épiploon (mort après dix jours), une fois de kyste 
du pancréas (mort onze jours après l'opération) ; 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 251 

I laparotomie pour Textirpation d'un myoâbrome de Tutôrus; gué- 
rîson; 

6 laparohystérotomies, 5 morts. 

Presque toutes ces opérations oat été faîtes à l'hôpital Marie-Thérèse^ 
de Vienne. 

Le diagnostic des productions ovariques présente de grandes diffi- 
cultés; il est généralement impossible de savoir s'il existe des adhé* 
rences avec Tépiploon et les viscères abdominaux ; les relations avec les 
organes du bassin peuvent cependant être appréciées d*une façon asse^ 
précise. L'auteur évite autant que possible les ponctions exploratrices. 

II ne considère pas comme indispensable de pratiquer l'incision de la 
paroi sur la ligne médiane ; quant à la longueur do l'incision elle dépend 
des indications spéciales à chaque cas et paraît sans importance au point 
de vue des suites de l'opération. 

L'auteur s'efforce d'arrêter très complètement les hémorragies de la 
paroi, d'abord au moyen de pinces, puis, si c'est nécessaire, en prati- 
quant des sutures au fil de soie. Dans ses ovariotomies, il n'a vu man- 
quer les adhérences que onze fois ; sept fois il a dû détacher des adhé- 
rences intestinales; du reste les adhérences n'ont pas compromis le 
succès des opérations. Quand leur rupture donnait lieu à une petite 
hémon*agie, il sufiîsait du cautère Paquelin pour l'arrêter. Dans quelques 
cas l'hémorragie eut une certaine importance, et une fois il fallut com- 
primer l'aorte pour la faire cesser. 

Chez 15 opérées qui ont guéri, le pédicule avait été maintenu hors de 
la cavité péritonéale par la pince de Spencer Wells; tandis que sur 
25 opérés, chez qui le pédicule a été abandonné dans la cavité, 10 ont 
succombé. Aussi l'auteur recommande-t-il d'employer autant que pos- 
sible le procédé d'extraction extra-péritonéale. Pour effectuer l'occlusion 
de la paroi, il commence toujours par des sutures profondes, comprenant 
le péritoine. Il a eu constamment, sauf dans un cas, la réunion par pre- 
mière intention. 

Dans 7,14 0/0 des ovariotomies, l'auteur a trouvé les deux ovaires, 
malades, mais une seule fois il a extirpé l'un et l'autre ; le sujet a con- 
servé ses règles pendant un an après l'opération. Trois ovariotomies ont 
été pratiquées chez des femmes qui avaient déjà subi une première fois 
Topération ; deux ont guéri ; chez la troisième, Tovariotomie n'a pu éti*e 
terminée à cause des adhérences, mais la malade n'a succombé qu'aa 
bout de dix mois. l. galliakd. 

Vni. — L'auteur ayant fait involontairement, dans un cas d'ovario- 
tomie, une incision légèrement courbe, cette incision porta, dans ses 
deux tiers supérieurs, sur le muscle droit. La malade guérit, mais cinq 
mois après, il y avait dans le tiers inférieur de la cicatrice, c'est-à-dire 
au point où l'incision avait porté sur la ligne blanche, une hernie de la 
grosseur d'une noix. 

L'auteur en conclut que la ligne blanche étant la partie la plus faible 
de la paroi abdominale, la mieux prédisposée aux hernies par sa struc- 
ture, l'incision dans les laparotomies doit se faire non pas sur la ligne 
blanche, mais sur l'un des muscles droits, parallèlement à ses fibres. 11 
a agi de la sorte dans deux nouvelles ovariotomies et dans deux laparo- 
tomies exploratrices et le résultat a été parfait; il n'a rencontré ni d'hé- 



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25 J REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

morragie ni de difficulté à extraire le kyste ou à explorer l'abdomen ; 
répaisseur môme des lèvres de Tincision musculaire favorise la réunion 
primitive. Malheureusement ces observations sont trop récentes pour 
qu'on puisse en déduire une conclusion au point de vue des hernies. 

DS SANTI. 

IX. -r Chez une malade de 65 ans, atteinte d'une hernie crurale droite, de 
la grosseur d*un œuf, étranglée depuis peu de temps, après avoir essayé inu- 
tilement tous les moyens usuels (taxis, pulvérisations d'éther, vessie de glace, 
compression continue), Roux eut Tidëe d*agir sur Tiutestin par le vagin, qui 
était vaste et dilatable. La femme étant eu outre très maigre, il put facilement 
circonscrire par la palpation bimanuelle le pédicule de la hernie. Alors, après 
avoir, pour ainsi dire, chargé celui-ci sur l'extrémité du médius de la main 
droite, il lui fit subir des mouvements de latéralité, tandis que de Tautre 
main, il comprimait la tumeur de tous côtés. 

Au bout de quelques minutes, le pédicule parut d'abord se mobiliser, puis 
on sentit un craquement doux, et la hernie rentra. ^. n. 

X. — Un nouveau-né du sexe masculin, pesant 3 kilogrammes et long de 
49 centimètres, présente à la paroi abdominale antérieure une hernie médiane 
grosse comme un citron, sur laquelle s'implante le cordon avec ses vaisseaux. 
La brèche de la paroi mesure 8 centimètres de long et 4 de large. L'intestin 
contenu dans la hernie est réductible en grande partie, mais les enveloppes 
délicates menacent de se déchirer quand on exerce la compression. Aussi la 
kélotomie est-elle inévitable. 

Six heures après la naissance, le chirurgien ouvre le sac par une incision 
longitudinale qui intéresse le péritoine, constate l'intégrité absolue de Tintes- 
fin, fait maintenir le paquet intestinal avec une éponge, excise le sac et su- 
ture les bords avivés de Touverture abdominale au moyen de douze fils de 
soie. Il est forcé de lier l'artère ombilicale droite. Pansement à Tiodeforme. 

L'auteur, pour éviter Tintoxication phéniquée, ne s*est servi des instrumenta 
et des éponges trempés dans Tacide phénique qu'après lavage dans Teau 
bouillante ou la solution d'acide thymique. 

Réunion par première intention, apyrexie. Second pansement le quatrième 
jour, ablation des sutures le neuvième jour. 

Immédiatement après l'opération, l'enfant a pris le sein d'une nourrice 
robuste, plus tard de sa mère; et pendant les deux premières semaines il 
n'a perdu que 180 grammes. Ensuite il augmente régulièrement de poids. La 
guérison est complète. l. oalliaiid. 

XI. — L'auteur publie trois obsei'vations personnelles: 

i^ Femme de 63 ans, ayant eu six enfants, le dernier à 38 ans; elle a un fort 
embonpoint. Depuis trois jours, à la suite d'un effort, elle éprouve des dou- 
leurs abdominales et souffre de constipation. A l'ombilic existe une hernie 
molle, maisplushaut une tumeur tendue contenant de l'intestin. Vomissements 
fécaloïdes. Le taxis n'ayant pas réussi, le chirurgien incise la peau et le sac 
herniaire; il y trouve une anse de 12 centimètres avec un peu d'épiploon. 
L'intestin est bleu foncé, recouvert d'un exsudât fibrineux. Lotions avec la 
solution de sublimé à 1/000. On constate que l'anneau herniaire ne se confond 
pas avec l'anneau ombilical, mais existe au-dessus de lui. Ce dernier livre 
passage à une hernie épiploïque sans complication. L'opérée guérit sans 
fièvre en quatre semaines. 

2<» Homme de 61 ans, atteint depuis 12 ans de hernie ombilicale et de hernie 
inguinale droite. Étranglement depuis deux jours. Tumeur à l'ombilic, large 
de 8 centimètres, recouverte de peau mince et tendue, douloureuse à la pres- 
sion. Gemme les phénomènes ne sont pas menaçants bien que le taxis ait 
échoué, le chirurgien attend deux jours. Le 17 mai kélotomie; on trouve une 
anse intestinale brun foncé avec épiploon adhérent au sac. Dôbridement de 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. tbS 

l'anneau ombilical du haut. Lotion phëniquëe. Réduction de Tintestin seul, 
répiploon restant en place. Guërison par première intention, en 15 jours. 

Le sujet avait en môme temps un abcès à la^ cuisse et une ulcération au 
pied qui guérirent rapidement. 

3^ Dans ce cas Topération n*a pas été pratiquée, le sujet, âgé de 70 ans, 
ayant été apporté à Thôpital in extremis. Du reste la hernie était énorme, 
contenait tout le duodénum, des anses de Tiléon et de jéjunum soudées par 
des exsudats fibrineux. Gangrène et perforation sur plusieurs points. Périto- 
nite purulente généralisée. L. GALUARO. 

XII. — L'auteur a examiné, depuis 1879» l'urine de tous les sujets 
atteints de hernies étranglées et inflammées et a obtenu les résultats 
suivants : 

Sur 29 hernies étranglées (inguinales, crurales et ombilicales) traitées 
parle taxis, l'albuminurie existait 10 fois. 

Sur 25 hernies étranglées traitées par la kélotomie, l'albuminurie est 
notée 22 fois. 

Sur 13 hernies enflammées, l'albuminurie existait 2 fois. 

C'est la catégorie des hernies opérées qui fournit la plus forte propor- 
tion (85 0/0) ; l'albumimirie augmente dono suivant l'importance des 
obstacles qui s'opposent à la réduction. 

Chez les sujets dont l'urine était normale avant l'étranglement, on 
voit l'albumine apparaître et augmenter d'une façon progressive jusqu'au 
moment où Ton se décide à l'opération ; elle dépasse toujours les pro- 
portions qu'elle atteint dans les cas où le taxis suiût, et la kélotomie 
étan t faite, elle persiste encore pendant deux, trois, quatre jours au 
plus . Le phénomène est indépendant de l'âge des sujets, de la variété 
de hernie, de son ancienneté , du nombre des étranglements antécédents. 
Rare dans les hernies partielles, il est constant quand le sac contient une 
anse intestinale complète, avec ou sans épiploon. 

Chez les sujets qui avaient déjà de l'albuminurie, il acquiert une in- 
tensité exceptionnelle. 

En dehors de cette circonstance, la quantité d'albumine varie suivant 
les cas particuliers ; son accroissement n'est pas en relation directe avec 
la durée de Pétranglement ; elle diminue quand le malade vomit. Elle est 
indépendante de l'irritation du péritoine, des dimensions de la hernie, 
des modifications du sac herniaire. Elle augmente quand les phéno- 
mènes généraux s'aggravent et que la mort approche. Elle est relativement 
élevée dans les cas de gangrène, qui ne manquent jamais du reste de pro- 
voquer l'albuminurie. Quand les accidents se prolongent, pour aboutir, 
après une longue période, soit à la guérison, soit à la mort, l'albumine 
diminue progressivement et disparait à certaines époques. 

Les matières colorantes de l'urine augmentent tandis que la quantité 
d'urine diminuesous l'influence de rétranglement. On trouve quelques 
cellules épithéliales provenant des reins et quelques cylindres. A l'au- 
topsie, on constate un léger degré de néphrite. 

C'est probablement dans cette lésion qu'il faut chei^cher l'explication 
des phénomènes nerveux qui surviennent dans les cas graves d'étran- 
glement herniaire : crampes, convulsions toniques et cloniques, accès 
épileptiformes, contraction, tétanie, hémiplégie, coUapsus, tous ces acci- 
dents, qu'on a cherché à expliquer par des hypothèses diverses, pour- 
ront être désOimais considérés comme des manifestations urémiques. 



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254 RBVUB DES SGIEm^S MÉDICALES. 

Che?: les sujets qui guérissent, T urine reste long^temps alcaline, aptes 
la disparition de Talbumine, d'où parfois une violente cystite. Mais les 
troubles fonctionnels du rein peuvent déterminer la mort, même après 
réduction pai* le taxis ou après la kélotomie, dans des cas où Fautopsie 
ne révèle aucune lésion assez importante pour expliquer la terminaison 
£atale, et où les chirurgiens en cherchent inutilement la cause. 

L*albuminurie a une importance réelle pour le diagnostic ; quand on 
la constate on peut affirmer que Télranglement porte, non pas sur un 
diverticule de Tintestin ou sur l'épiploon, mais sur une anse complète. 
Quand on trouve une grande quantité d*albumine, on doit penser que la 
lésion intestinale est déjà sérieuse. La coïncidence de Talbuminurie et 
de la gangrène intestinale est d'un pronostic fâcheux. 

Quand le taxis ne réussit pas rapidement Talbuminurie doit être con- 
sidérée comme une indication de kélotomie ; dans les cas de gangrène 
elle invite à la résection de Tintestin. l. oalliard. 

XIII. — Homme de 3â ans, atteint d^une hernie congénitale dont le vo- 
lume déterminait une gène considérable. Une hydrocèle aiguë considérable 
vint compliquer son élat. On ponctionne rhydrocèle sans grand soulagement. 
Weir se décidé à faire une opératioa et il enlève une masse épiploïque pesant 
une livre et demie, occupant tout le côté gauche du scrotum. I^ masse fut 
liée en deux et coupée au niveau de Tanneau interne. Après une dissection 
minutieuse du cordon, le prolongement péritonéai fut lié en masse, la plaie 
drainée, suturée et pansée au sublimé. Guérison en 10 jours; la cicatrice est 
solide et il n*y a pas de tendance à réventration. a. g. 

I. •— Contribution à l'étude de l'obstrucUoii intestinale tans obftacle méca- 

nique, par 6. THIBIERaB (Tbèse de Paria, 1884). 

II. — On the mode of death firom acute inteatinal strangulation and chronic 
intestinal obstruction, par Thomas BRTANT [Drit. med. Journ,, p. iOOj, 
novembre 1884). 

III. — Calcul biliaire volumineux, cause d'obstruction intestinale, par TATLOR 

(Western Lancet, septembre iSS^), 

Vf. — Idem, par MERKLEll [France méd., 18 décembre \S»k). 

y. » A case of intestinal obstruction, with volvulns, remotely oonnoeted wltk 
ovariotomy, par J. SHIVELT [New-York med, journ,^ 18 septembre 1884). 

iri. — Heilung von Iléus durch Magenauspûlung (Traitement de l'invagination 
intestinale par le lavage de Testomac, par KUSSMAUL et GAHN [Berl. kJia. 
Wocb,, 27 octobre 1884). 

VII. — Ueber die Bekandlnng des Iléus mit Magenaassp&lung, par SENATOR et 

HASENCLEVER [Ibid., 2 iévrier 1885). 

VIII. — Bu lavage de l'estomac dans rocclasion intestinale, par GHANTBMESaE 

Frmmce méd., 10 mars iSSft). 

IX. — Idem., par FAUCHER [Ibîd., mars 1885.) 

I. — Ilaus treated by wasbing ont of stomab, par J.-T. WHITISAKEE (C/ncia- 

nati Acad, ofmed.; Med. news, 4 arrii 1885). 

XI. ^ Tfaitonent é& l'ecclwion iateftinale par le otonBt galvcniqm, pu* 
BOdDET BE RâRiS 4JUÊd.:deméd., iSjMorier, ei «teom. dûs JS$c. acioaL, 
14/aiirMri885)« v 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. «55 

XII. — Di« LapactUmie bt i iimeren Danaf^rsehlfisM (Laparotonie dans l'oo- 
clnsion intestinal^;, par H. SGHRAMM (Areb. /. klin, Chir. XXX, p. 685). 

Tin. — Beitrag sur Laparotomie bei interner Darmocclnsion, par OBALINSKT 

{Wiener med. Presse, d* 48, 1884). 

nv. — Wie viel Darm kann der Mensch entbehren ? (De combien d'intestin 
rbomme peut-il se passer ?}, par ron BAUM {FortschriUe der Mcd,, d* 24, 
1884). 

XV. — Ein Fall ron Dannresektion imd Damaabt (Entérectomie et entéror- 
rapide), par FELD {Arch. f. klin, Chir, XXX, p. 222). 

XYI. — Resection of several inches of small intestine in the course of abdo- 
minal section for remoyal of an eztra-uterine pregnancy , par Angus 
HAGBONALD (Laoce^ 9 février 1884). 

I. — Les conclusions de ce travail très intéressant sont les suivantes : 

L'obstruction intestinale, bien f|u*ordinairement produite par des obs- 
tacles mécaniques de nature variable, peut se produire sans Tinterven- 
tion de causes de cet ordre. La plupart de ces pseudo-occlusions doivent 
être rapportées à des paralysies intestinales, presque toujours d'origine 
réflexe. Dans quelques cas, cependant, elles sont dues, comme Tobstruc- 
Uoû intestinale par matières durcies et comme certaines formes de cons- 
tipation opiniâtre, à des troubles de nutrition de la tunique musculaire 
de rintestin ayant déterminé sa paralysie (atrophie glandulaire, atrophie 
de la paroi musculaire et peut^-être des nerfs intra-pariétaux, alhérome 
artériel). a. ch. 

U. — Ce mémoire, riche en observations inédites, se divise en deux 
parties, la première concernant les étranglements aigus de l'intestin, la 
seconde, les obstructions chroniques. 

fl) Dans le premier cas la mort survient par ulcération de l'intestin, 
par rupture, ou gangrène, ou collapsus, ou enfin par péritonite. Laissés 
à eux-mêmes, les accidents sont toujours mortels. De là les conclusions 
suivantes auxquelles aboutit Tauteur. 

La laparotomie doit être faite dès que l'on a posé le diagnostic d'étran- 
glement intestinal, ou môme d'invagination aiguë, et qu'au bout de deux 
ou trois joui*s de traitement médical Tobstacle n'est pas levé. 

Dans toutes les opérations de laparotomie, c'est le cœcum qui doit 
servir de guide au chirurgien. S'il est gonflé et tendu, c'est que l'obs- 
truction siège dans le gros intestin ; s'il est flasque, l'obstacle est à rin- 
testin grêle. Les brides péritonéales se rencontrent plus souvent à la 
région cœcale que partout ailleurs : enfin c'est là qu'il est le plus aisé de 
suivre les anses intestinales pour rechercher robstruction, parce que 
c'est en ce point que se montrent de préférence les anses de l'intestin 
non distendues. 

Si Ton rencontre un point de gangrène, il faut franchement réséquer 
l'anse intestinale. 

i) Dans les obstructions chroniquesjde l'intestin, la mort survient sou- 
vent par le mécanisme de la péritonite, mais auparavant, il se fait presque 
toiijaurs un.rétrécissemant de l'intestin, consécutif aux ulcérations de ^a 
nuaqueuee (inflanmialûires ou syphilitiques). Dans ces cas, l'indication 
t thémp0atiq»&<le casaré^Dédsseniants . afioiilaiiesiafit > d^ 



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256 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

lombaire droite ou gauche, et l'on a la certitude par ce moyen de retarder 
les progrès du mal et de prolonger la vie pendant plusieurs années. Cette 
opération réussit, non pas seulement dans les atrésies du rectum, mais 
dans le volvulus par flexion de VS iliaque, aussi bien que dans Tocclu- 
sion causée par des tumeurs. Seulement, pour cela, il faut opérer de 
bonne heure, avant que les effets pernicieux d'une obstruction prolongée 
se soient fait sentir. 

La dernière partie du travail de Fauteur est destinée à montrer la diffi- 
culté du diagnostic de certaines affections intestinales qui simulent 
Filéus : notamment la typhlite, la péritonite et les perforations intesti* 
nales par ulcère rond du duodénum. h. r. 

m. — Homme de 66 ans. Accidents d'origine hépatique (coliques sans 
ictère) au mois de septembre 1888. Le li décembre, phénomènes d'obstruc- 
tion intestinale. Trente-six heures après le début des accidents, on pra- 
tique la laparotomie. On découvre les traces d'une péritonite circonscrite. Une 
partie des anses intestinales était distendue par les gaz, une autre partie 
était affaissée. En palpant le tiers inférieur du duodénum, la main de l'explo- 
rateur rencontra une masse dure, qu'il fut impossible de faire progresser de 
haut en bas, ni de morceler à l'aide d'une épingle. On incisa le duodénum et 
on parvint à en extraire un calcul biliaire mesurant 1 pouce 1/2 sur 1 pouce. 
L'incision duodénalo fut ensuite suturée (suture de Lembert) avec de la soie 
fine. Malgré l'absence de tout signe de péritonite et quoique le cours des 
matières fécales se fût rétabli, le patient succomba le troisième jour. 

Eu égard aux dimensions considérables du calcul, qui s'opposaient à 
admettre qu'il eût franchi le duodénum, on avait pensé à Texistence d'une 
fistule entre la vésicule biliaire et le duodénum, ce que l'autopsie vint con- 
firmer. E. R. 

IV. — Femme de 42 ans. Depuis le 10 août, elle avait été prise de malaise, 
d'anorexie et de constipation. Le 15 août, au matin, se déclaraient de violentes 
coliques, puis des vomissements répétés, ayant Taspect et Todeur des vomis- 
sements fécaloïdes. Etat cholériforme des étranglements graves. Tempéra- 
ture à 36o,2. Pouls petit et faible à 108. Extrémités froides et cyahosées. 
Crampes très pénibles aux bras et aux jambes. Urines rares et rouges. 
L'examen du ventre ne révèle rien qui puisse mettre sur la voie du siège et 
de la nature de Tétranglement. Pas de météorisme. 

Sous l'influence des injections de morphine, des applications de glace sur 
le ventre, du café et de l'opium, les douleurs diminuent les jours suivants. 
Mais les vomissements continuent et suivent immédiatement l'ingestion de 
la plus petite quantité de liquide. La constipation est toujours absolue. Une 
véritable détente se produit les huitième et neuvième jour, mais elle n'est pas 
complète. Malgré le rétablissement apparent des fonctions intestinales, les 
vomissements persistent et reprennent le caractère fécaloïde qu'ils avaient 
momentanément perdu. La mort survient le 31 août, à la suite d'accidents de 
péritonite subaiguë (hoquet, ballonnement du ventre, etc.). 

A l'autopsie, indépendamment des lésions péritonéales, on trouva dans 
l'intestin grôle un volumineux calcul biliaire, long de 4 centimètres, sur 3 cen- 
timètres de diamètre, et 9 centimètres et demi de circonférence. Il pesait 
17 grammes et surnageait dans l'eau. Il paraissait remplir la cavité périto- 
néale, mais on pouvait le faire cheminer facilement. La vésicule biliaire, 
adhérente au duodénum, contenait un calcul semblable, mais beaucoup plus 
petit. Elle présentait, au niveau de son adhérence, une ouverture par laquelle 
Tagent de l'étranglement avait pénétré dans l'intestin, oàston dbcaisns. 

V. — Chez une malade qui, six ans auparavant, avait sabi l'ovariotomie, et 
était restée depuis sujette à des coliques douloureuses avec constipation, il 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 257 

se produisit tout à coup un étranglement interne qui entraîna la mort en cinq 
jours. A Tautopsie on constate, outre les traces d*une ancienne péritonite 
diffuse, une adhérence intime d*un point de Tiléon, à 18 pouces du cœcum, 
avec Tangle inférieur de la cicatrice opératoire. Autour de ce court segment 
intestinal s'était enroulée et comme nouée deux fois une anse d*intestin grêle, 
de manière à former une obstruction complète, qui aurait du reste pu être 
facilement levée par la laparotomie. a. chauffard. 

VI. — 1* Fille de 16 ans, atteinte depuis huit jours d*une occlusion absolue 
de l'intestin contre laquelle ont échoué purgatifs, sangsues, opium, douches 
rectales d'eau et d*air. Kussmaul, ayant remarqué que Tostomac était distendu 
par des gaz et des liquides, eut Tidée d'essayer les lavages de cet organe. 
Dans l'espace de douze heures, on en pratiqua trois qui ramenèrent des ma- 
tières liquides et fécaloldes : au bout de ce temps le cours normal des ma- 
tières fécales reparut. 

^ Homme de 38 ans, ayant depuis neuf jours des accidents d'étranglement 
imputables à ffes résidus de përityphlite. Comme tout avait été inutile, Luecke 
se préparait à faire l'entérotomie. Mais, ayant appelé Kussmaul en consulta- 
tion, celui-ci fut d^avis d^essayer encore le pompage stomacal, parce que, 
malgré Textrème tension du ventre, il avait perçu du clapotement à la partie 
supérieure gauche de Tabdomen. Uh seul lavage qui donna issue, il est vrai, 
à cinq litres de matières jaunes fécaloîdes, suffit pour rétablir les garde-robes 
spontanées. 

9^ Homme âgé, affecté depuis vingt-trois jours d'une rétention complète 
des matières tenant, ainsi que la s^iite l'a démontré, à une invagination du 
gros intestin. Il fallut deux lavages quotidiens de Testomac répétés pendant 
trois semaines pour rétablir le cours normal des matières. Huit jours plus 
tard, il y eut élimination de 13 centimètres du gros intestin. Néanmoins au 
bout de trois semaines, le malade succomba à des accidents de péritonite. 
Plusieurs fois, on fit la remarque que les premiers liquides enlevéà de Tes- 
tomac étaient clairs, tandis que les suivants devenaient brusquement féca- 
loîdes, ce qui indique un reflux du contenu intestinal à travers le pylore. 

A côté de ces trois cas, qui sont des succès pour les lavages, deux 
fois, dans des iléus liés à une perforation intestinale, le même procédé 
de traitement se montra complètement inefficace. 

Kussmaul croit que les lavages stomacaux font cesser l'étranglement 
interne par un mécanisme comparable à celui de Tentérotomie et de la 
ponction capillaire qui sont pratiquées également bien au-dessus du 
siège de l'obstacle. D'abord, en évacuant les gaz et liquides de Testomac, 
on crée de la place dans la cavité abdominale, ce qui facilite le dégage- 
ment des anses invaginées, fléchies, tordues, etc. En outre, on diminue 
la pression qui s'exerce au-dessus du point étranglé. Enfin et surtout, on 
calme le tumulte de la péristaltique et on régularise les mouvements de 
rintestin. 

VIF. — A Tannonce des bons effets obtenus par Kussmaul dans le trai- 
tement de l'étranglement interne par le pompage du contenu stomacal, 
Senator et Hasenciever se sont empressés d'en faire l'essai : 

1® Homme de H ans. Au treizième jour de Fétranglement, alors que le 
malade était en plein coUapsus, on fit le premier lavage. Le lendemain, après 
un second lavage, les selles spontanées reparurent. Mais trois semaines plus 
tard Thomme succomba aux progrès d'une tuberculose limitée au péritoine 
et à une pleurésie purulente. 

^ Chez une femme où les accidents dataient de huit jours, un seul lavage 
les a fait cesser. Mais quelques semaines après, cette malade mourait d'une 
affection organique de l'intestin compliquée d'une récidive de pleurésie. 

TRVIZIBMB ÀNNKK. — T. XXVI. 11 



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258 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

d^ Homme de 24 ans, atteint de colique saturnine et vomissant tous les 
médicaments et aliments. Au septièino jour de la coprostase, deux lavages 
stomacaux ont déterminé la débâcle intestinale. 

4^ Femme de 43 ans, ayant un étranglement interne depuis cinq jours. K 
la suite du second lavage stomacal, les hoquets et vomissemeats 
cessent, mais la malade meurt après cinq lavages sans avoir eu de garde«> 
robes. A Tautopsie on trouve un conglomérat d*aiises grêles, étranglées à 
50 cenlimèti-es au-dessus du coecum et gangrenées sur une longueur de 
10 centimètres. L'auneau de constriction était farmé par une membraae 
reliant le fond de l'ntérus au reetunu 

&> Femme de 88 ans, tombée dans le collapsus dès le troisième jour des 
accidents d'iléus et ayant en outre des crachats rouilles. Les lavages stoina- 
eaux arrêtèrent les hoquets et les vomissements sans que les garde-robes 
reparussent. Mort quarante-huit heures plus tard : abcès du ligament lar^e 
4roit ; péritonite aiguë ; rotation sur Taxe avec flexion de la partie inférieure 
de rintestin grêle; broncho-pneumonie droite. * 

&* Aecidetkts d'étranglement interne survenus dans le cours d'une hépatite 
intestinale, avec péritonite chronique. Dès le quatrième jour, vomissemeats 
fécaloïdes. Disparition de tous les phénomènes nvorbides à la suite d'un lavage 
stomacal. 

D'après Senator, les lavages de restomac dans Tiléus ont un eUet 
double, palliatif et curatif. Ils suppriment les hoquets et vomissements, 
plus rationnellement et plus efficacement que ne le fait Topium, parce 
qu'ils s'adressent à la cause morbide : la réplétion de restomac et de la 
partie supérieure de l'inteslin. Oser {Wiener medic. Blatter, 1884, 
n°41)a en effet montré que le pompai^e gastrique évacue en même temps 
le contenu de la portion supérieure de Tintestin grêle. Quant à Tactioa 
curative des lavages, Senator n'est pas satisfait de la triple explication 
qu'en donne Kussmaul. Il pense en outre que la distension de Testomac 
par un contenu morbide irrite les libres des nerfs splanchniques, d*où 
paralysie des mouvements péristaltiques. 

Roseubach a vu, à la suite de lavages stomacaux chez deux femmes 
atteintes de coliques hépatiques avec vomissements incoercibles, ceux-ci 
cesser immédiatement et, peu après, les calculs être expulsés par Tia- 
tes tin. 

Ewaldsi constaté plusieurs fois chez des malades affectés de consti<- 
pation chronique opiniâtre, auxquels pour une raison ou pour une autre, 
il avait pmtiqué des lavages stomacaux, que dès le lendemain il se pro- 
duisait une selle facile. 

La quantité d'eau introduite dans l'estomac étant insuffisante pour 
diluer le contenu intestinal, il crut pouvoir expliquer l'heureux elTet des 
lavages par une action réflexe sur les mouvements péristaltiques. 

B. Fraenkel croii^ RU contraire, que le pompage de l'estomac agit sur- 
tout en faisant cesser l'excès de pression en avant de l'obstacle, car on 
voit quelquefois les malades affectés d'étranglement interne guérb- après 
avoir rendu par le haut de seaux de matières fécaloïdes. 

Senator confirme en partie le dire d'Ewald sur les succès obtenus 
dans le tniitemcnt de la constipation rebelle par les lavages stomacaux ; 
mais Hasenclever, qui a fait une série d'expériences thérapeutiques sur 
ce point, a aussi éprouvé des échecs. j. b. 

Vlll. — Le malade, ûgé de 59 ans, entre ù l'hôpital pour des accidents 
d'obstruction intestinale remontant à dix jours. Suppression complète des 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. f59 

«elles, des gaa. Ballonnement du ventre, vomissements féealokles, anurie. La 
voix est eassée, le pouls feibLe et rapide, les yeux exeavés. 

On pratique aussitôt un lavage de Festomac en amorçant le tube avee im 
dLemi-verre d eau de Vichy. Il 8*éooula deux litres ei deaû d'un liquide jau- 
nâtre, d*odeur acide et repoussante. I^ ballonnement du ventre diminue un 
peu et le malade urine dans la nuit. Le lendemain nouveau lavage ; issue 
d'un litre de môme liquide. Un lavement purgatif amène des selles peu abon- 
dantes, mais fétides. A partir de ce moment, la température tombe de 39^ à la 
normale, mais pendant une vingtaine de jout*s il y eut encore quelques signes 
de gdne dans la circulation des matières et le malade eut une poussée furon- 
•culeuse considérable, tous signes que l'auteur attribue à une véritable intoxi^ 
«ation de Torgaoïsme par la résorption des matièrea intestinales aHëreea. 

IX. — L*auleur rappelle qu'il a publié dans sa thèse la première ob» 
-servation de ce genre. Depuis il a eu recours deux fois à ce moyen et a 
obtenu la guérison. 

Il s'agissait de rétention des matières avec vomissements féoaloîdes chse 
une femme atteinte de caneer de Tintestin. Les accidents d'obstruction cm^ 
sèrent peudanl un mois sous Tiafluence d'un lavage de l'estomac. 

Un aulre malade, qui n'était pas allé à la selle depuis quatorze jours, Tit 
la constipation cesser complètement après deux lavages. 

X. — Malade de 40 ans, souffrant de constipation depuis un an et demi, 
ayant eu autrefois la dysenterie. Toutes les quinze ou vingt minutes, vomis- 
sement d'un liquide visqueux, foncé, sans odeur stercorale ; ventre flasque, 
ëmaciation peu marquée; ictère léger. L'examen du rectum, avec introduc- 
tion de la main, ne fait découvrir aucun rétrécissement. Les lavements ne 
ramènent rien. On se décide à faire le lavage de Testomac; au moment où on 
introduit le tube, rejet d'une pinte et demie de liquide brun foncé. Il ne sort 
rien par le tube. On lave Testomac ; les vomissements cessent et le lende- 
main il y a une évacuation intestinale. Deux jours après, réapparition des 
vomissements, nouveau lavage. Une sonde est alors introduite dans l'intestin 
et fait reconnaître un rétrécissement. Le malade mourut quelques jours plus 
tard, sans avoir été revu par l'auteur. 

Whittaker rappelle qu'il a traité, en 1880, un malade par cette méthode 
^Cincinnati CliniCy 28 avril 1880); le malade succomba. Quatre ans avant, 
1878, Cleveland avait traité par le lavage de Testomac un cas d'obstruc- 
tion, suite de pérityphlite. 

William Judkins cite un cas d'obstruction datant de cinq jours; deux 
lavages amenèrent un soulagement immédiat, et après le second, survint 
une évacuation spontanée. 

XL — Boudet de Paris a traité par le courant galvanique (un rhéo- 
phore dans le rectum, l'autre sur la paroi abdominale) 61 cas d'occlusion 
intestinale. 17 fois seulement le courant a été impuissant à vaincre l'obs- 
tacle; 44 fois le succès a été complet. 

Les cas se divisent ainsi : 

Cancer, 15 sur 18; pseudo-étranglement par péritonite, 9 sur 12; 
brides péritonéales anciennes, 1 sur 4 ; invagination, sur 2; entérite et 
typhlite, 6 sur 6; paraïj'sie de l'intestin, 5 sur 6; obstruction stercorale, 
S sur 8 ; tumeurs extérieures comprimant l'intestin, 8 sur 4 ; volvulus 
probable, 2 sur 2 ; cause inconnue, sur 4. 

Cette statistique donne 72 0/0 de succès, et montre l'innocuité de l'in- 
tervention galvanique dans les cas inflammatoires. 

La seule contre-indication à l'emploi de ce procédé est l'asthénie car- 
•diaque, à cause de faction du courant sur le grand sympathique; mais 



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260 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

ce phénomène n*a lieu qu*à la période terminale de Tocclusion intesti- 
nale, et le courant galvanique doit être employé aussi près que possible 
du début. 

Enfin, il faut noter qu'en dehors de Tocclusion intestinale vraie, celte 
méthode est applicable avec avantage dans les cas de constipation grave. 

A. G. 

XII. — Après avoir rapporté trois observations de laparotomies faites 
par Mikulicz durant Tannée 1882-83, la première chez un homme de 
29 ans, pour un volvulus d'une anse d'intestin grêle (opération au huitième 
joui», en pleine péritonite, pneumonie post-opératoire, fistule stercorale, 
mort vingt-neuf jours après Topération), la seconde chez une femme de 
24 ans, récemment accouchée, pour une invagination iléo-colique (opéra- 
tion au huitième jour, pneumonie post-opératoire, dysenterie, pyohémie ? 
mort trente et un jours après Topération), la troisième chez un homme de 
54 ans, pour un cancer du côlon ascendant (résection de 8 centimètres 
du côlon avec trois gros ganglions et un fragment d'épiploon, suture cir- 
culaire de l'intestin, mort quarante-huit heures après par sphacèle des 
bords de l'intestin consécutif à la libération du mésentère), l'auteur 
apprécie la valeur de la laparotomie dans le traitement de Tocclusion 
intestinale de cause interne. 

Il a pu réunir, y compris les trois faits qu'il publie, 190 observations, 
à savoir : 

GuérisoDs. Morts. 

21 pour occlusion par invagination. 8 19 

49 — par bride ou diverticule i3 36 

16 — par adhérences.. 1 9 

11 — par réduction en masse d'une 

hernie. , 6 5 

10 — par torsion de l'intestin 1 9 

12 — par nœuds de Tinteslin ...... 4 8 

12 — par pincement interne de Tin- 

testin.. 4 8 

1 — par corps étrangers 4 3 

38 — par néoplasmes 16 22 

8 — de cause indéterminée 5 3 

Total. 190 — 68 122(61,2 0/0) 

Mais la statistique prouve en outre que le pronostic de l'opération 
s'améliore tous les jours; tandis que les opérations faites avant 1873 
donnent 73 0/0 de mortalité, les opérations postérieures à cette date ne 
donnent plus que 58 0/0; c'est la conséquence des progi'ès de la méthode 
antiseptique et du manuel opératoire. 

La cause principale des insuccès est le retard trop grand apporté à 
l'opération. Il faut, quand on a essayé sans résultat les moyens ordi- 
naires, recourir immédiatement à la laparotomie ; il est inutile pour cela 
que le diagnostic du siège et de la cause de l'occlusion soit rigoureuse- 
ment établi; du moment où il y a occlusion, l'indication' est urgente. Il 
faut opérer autant que possible avant le développement de la péritonite, 
mais celle-ci n'est pas une contre-indication. La crainte de ne pas trouver 
l'obstacle est mal fondée ; cela n'est arrivé que 8 fois sur 190 cas. 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 261 

Dans rocclusion par néoplasmes (38 cas), on a fait 21 fois la résection 
de Vinlestin (12 morts), 8 fois des opérations destinées à supprimer la 
cause de l'occlusion (ovariotomie, ponction d'un kyste, réduction de 
Futérus en rétroflexion, mort), 2 fois rien (1 mort au bout de 9 heures, 
Taulre au bout de cinq semaines de marasme), 10 fois l'anus artificiel 
Çl morts). En conséquence l'auteur conclut que la résection intestinale 
dans les cas de cancer n'est pas une mauvaise opération et qu'on ne doit 
recourir à l'anus artificiel que lorsqu'on a affaire à des néoplasmes étendus 
nécessitant une énorme résection de l'intestin. 

Schramm préconise la ponction intestinale dans le traitement de Toc- 

Clusion. DE SANTl. 

Xni. — L'auteur publie six observations (un seul succès) : 

1* Homme de 20 aas, se présentant à la clinique de Gracovief le 18 sep- 
tembre 1884, avec une distension considérable de l'abdomen et les signes 
d'une occlusion du gros intestin. Il a été purgé chez lui sans succès. Tem- 
pérature 38®. Lavements inefficaces. 

Laparritomie le 19 septembre. Incision de 12 centimètres. Il s'écoule 
200 grammes de liquide foncé. Ponction du gros intestin à l'aide d'un trocart 
pour permettre Texploratioi de l'abdomen. 11 s'agit d'un volvulus du côlon 
descendant et de PS iliaque. 

Lotions au sublimé, sutures, gaze sublimée. Le malade a immédiatement 
une selle copieuse. 

Dix jours après l'opération, il quitte Thôpital guéri. 

St9 Sujet de 63 ans, souffrant depuis cinq jours. Signes d'occlusion. Tumeur 
allongée dans la fosse iliaque gauche. Pouls filiforme. Collapsus. 

L'auteur trouve une invagination de l'iléon de 30 centimètres. L'intestin 
étant sph^célé sur plusieurs points, on en résèque 90 centimètres. Il y a de la 
péritonite. M >rt au bout de vingt-quatre heures. 

8« Fille de 18 ans, traitée d'abord dans un service de médecine. Les acci- 
dents sont déjà très graves au moment où on l'apporte. 

Laparotomie. L'occlusion parait due au grand épiploon, dont l'extrémité 
inférieure est retenue dans le bassin et qui forme une bride comprimant l'in- 
testin grêle du voisinage du cœcum. Section de l'épiploon. L'intestin qui est 
très rouge et que le chirurgien a dû attirer en grande partie au dehors, se 
rompt sur un point au moment où on le replace dans la cavité abdominale. 
Sutures. Mort au bout de vingt-quatre heures. 

A l'autopsie, péritonite généralisée. Le grand épiploon adhère en bas à 
l'ovaire droit, il y a de l'ovarije et de la périmétrite. Mais on constate, en 
outre des lésions, des plaques de Peyer dues à la fièvre typhoïde au stade 
d'infiltration. Congestion pulmonaire. Dégénérescence graisseuse du cœur, 
du foie et des reins. 

4<» Laparotomie pratiquée chez un sujet de 19 ans atteint, non pas d'occlu- 
sion comme on l'avait cru, mais de péritonite due à la perforation de l'appen- 
dice vermiforme. Mort. 

5o Jeune soldat atteint depuis quatre jours d'accidents graves. On trouve 
à gauche de l'ombilic une anse intestinale serrée par une bride fortemen 
tendue. Mort au bout de trois jours. Péritonite aiguë. 

6° L'auteur est appelé auprès d'un jeune médecin, malade depuis sept jours. 
11 constate une tumeur au niveau de la fosse iliaque droite. Malgré l'extrême 
gravité de la situation, il opère. La péritonite existe déjà. Il n'y a pas d'obs- 
tacle à droite, mais un volvulus de l'S iliaque. Mort après vingt-quatre heures. 

L'auteur insiste sur la nécessité d'opérer de bonne heure. 

L. GALLIARD. 

XIV. — Une femme, âgée do 40 ans, fut opérée d'une hernie crurale, dé- 



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262 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

terminant des accidents d*étranglement ; elle goérit très rapidement de l'opé- 
ration, mais quelque temps après, elle rendit par la plaie encore entr*ouvertd- 
une petite quantité de matières fécales très fluides ; bientôt se formèrent des 
trajets fistuleux et la tumeur augmenta considérablement de volume, au point 
d^aequérir les dimensions d'une tête d'enfant; une nouvelle opération fut faite 
quatre mois après la première et Ton put constater alors que plusieurs anse^ 
d'intestin adhéraient entre elles et que dans le mésentère de celles-ci s'étaient 
formés deux abcès du volume^u poing. 

Tout Tinteslin malade, soitiâl centimètres, fat sectionné, et les deux bouts 
furent suturés. 

L'opération guérit complètement et la malade semblait très améliorée, mais 
elle perdit bientôt l'appétit et les forces, s'amaigrit rapidement et finit par 
succomber quatre mois après la seconde opération. L'autopsie dénote une 
cicatrisation complète de l'intestin et l'absence totale de lésions de ce côté-là; 
les seules altérations constatées étaient un léger degré d'atrophie des reins, 
que l'auteur regarde comme secondaire, car elle n'avait jamais eu d'albumine 
dans les urines et aucun symptôme de néphrite; il attribue la mort au rac- 
courcissement opératoire de l'intestin et à une nutrition, par ce fait, incom- 
plète. 

Quelque temps après avoir observé ce fait, il fut appelé à soigner une femme 
qui présentait une plaie des parois abdominales avec issue de l'intestin, per- 
foré en sept endroits différents; il préféra des sutures isolées à la résection 
de l'intestin blessé; la malade guérit entièrement et sortait après vingt jours 
de l'hôpital. w. œttingkr, 

XV. — Homme de 33 ans, porteur d'une vieille hernie inguinale habituelle- 
ment réductible. Etranglement sans phénomènes généraux bien accentués. 
Opération le sixième jour. Ou trouve une anse intestinale qui commence à se 
gangrener; résection de 18 centimètres du bord convexe, 15 centimètres du 
bord concave et d'un petit triangle de mésentère. Suture du mésentère, puis 
de l'intestin par.la double suture de Czeray ; débridement multiple de l'ori- 
fice, réduction, drainage de la plaie et du scrotum, pansement antiseptique. 

Insuccès de la réunion immédiate, suppuration. Guérison en treole-trois 
jours, malgré une pneumonie intercurrente. Les gaz ont passé par l'anus dès^ 
le lendemain de l'opération ; jamais de douleur ni de tension du ventre. 

DE SANTI. 

XVI. — Femme de 28 ans, entrée à la Royal Infîrmary d'Edimbourg, le 
19 mai 1883. Dernières rèj^les en octobre 1882; depuis loi*s, symptômes très 
nets de grossesse : gonflement des mamelles, maux de cœur, tuméfaction 
abdominale et mouvements actifs. Au mois d'avril, à la suite d'un effort, 
douleur abdominale violente, puis cessation 'des mouvements du fœtus. A 
l'entrée de la malade à l'hôpital, douleur et distension de l'abdomen, diarrhée 
et signes évidents d'infection septique; haleine exhalant l'odeur de foin coupé; 
Aèvre vespérale. Huit jours auparavant, il y avait eu un léger écoulement de 
sang par le vagin. 

L'examen révèle une péritonite très étendue, partant d'un kyste fœtal extra- 
utérin situé à la partie postérieure et inférieure de l'abdomen du côté droit, 
et proéminent fortement dans la cavité pelvienne. Œdème considérable de la 
jambe franche. Au bout d'une semaine de séjour de la malade à l'hôpital, il se 
fit deux évacuations successives de matière sanieuse par le rectu»n, maison 
n'y put découvrir d'os. Après cela l'état de la malade s'améliora lentement, la 
diarrhée disparut, la masse extra-utérine diminua manifestement de volume. 
Mais eiiaque mouvement, chaque effort donnait lieu à une menace de récur- 
rence de la péritonite. 

Le 9 octobre, la situation no se modifiant pas, l'auteur se décida à tenter 
l'évacuation du kyste par la laparotomie. A l'ouverture de l'abdomen il tomba 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 268 

sur une anse d^ntestfa grêle, très enflammée et friable, largement ouverte 
dans la cavité kystique, qui était remplie de matières putréfiées et fécaloïdes. 
Dans les efforts qu'il fallut faire pour retirer les os du fœtus, cet intestin fut 
déchiré en plusieurs endroits. La partie endommagée, longue de 15 centi- 
ipètres, fut alors réséquée, et les deux bouts réunis par une suture continue 
au catgut, à points très serrés, dans laquelle on eut grand soin de ne pas 
comprendre la membrane muqueuse. La lacune du mésentère fut également 
suturée, et après un lavage soif^neux de la cavité kystique et de tout l'ab- 
domen, un drain fut disposé à la partie inférieure de la plaie, s'enfonçant 
jusqu'à la partie la plus reculée du kyste; l'anse intestinale suturée fut replacée 
dans le ven»re et la paroi abdominale réunie suivant le procédé habituel. Les 
premiers jours il y eut de la fièvre et une suppuration très abondante par le 
tube à drainage, mais aucun signe de péritonite; Tintestin fonctionna dès le 
lendemain et pendant quelque temps il y eut de la diarrhée. Peu à peu celle-ci 
diminua, les selles se régularisèrent; le treizième jour on put enlever le 
drain; en même temps Tappétit et les forces revenaient rapidement. Deux 
mois après Topération, l'abdomen avait repris son aspect normal et ne pré- 
sentait en aucun point ni sensibilité ni rénitence. Au toucher vaginal on 
constatait la présence d'un utérus bien conformé, de dimension ordinaire. Il 
ne restait aucune trace du kyste fœtal. h. barth. 

I. — Golotomie par la méthode de Littre, par VERNEUIL .Semaine méd,, 

it avril 1885). 
n. — Golotomie lombaire et colotomie iliaque, par P. RECLUS {Congrès franc. 

de chir., 9 avril 1885). 

IIL -^ Abnormalitj of the colon, a cause of unsuccessfuU colotomy, par 
LOCKWOOD (St. Barthol. liosp. Rep., XIX, p. 255.) 

lY. * Guérison d'un anus contre nature consécutif à une hernie étranglée, par 
U. TRÉLAT [Bull, Soc. de chir., p. 637, 1884). 

¥. ~ A case of artificial anus treated bj resection of the small intestine, par 
G. -H. MAKINS [St. Thomas's hosp, Bep. XIII, p. 181). 

VI. — Zwei Fftlle von Darmsflstel durch Bauschnitt (Deux cas d'anus contre 
nature guéris par la laparotomie et la suture de l'intestin), par MENSEL 
{Deut. med. Wocb., n- 7, 1883). 

VII. — Application de la colotomie au traitement des fistules vésico intesti- 

nales, par DUMËNIL [Bev. de chir., avril 188 i). 

Vin. -^ Colotomie lombaire et coBootomie dans le traitement des ulcérations 
dysentériques du gros intestin, par FOLET (Congrès franc, de Chir,, 10 avril 
188:>). 

IX. — Zur Behandlung der syphilitischen Mastdarmulcerationen durch Golo- 
tomie (Traitement des ulcérations syphilitiques du rectum par la colotomie), 
parE. HAHN [Arch. t. klin. Chir. Band XIX, Ueft%, p. 3^5). 

X. ^ Die Ezstirpation des Mastdarmes mit BiUung ... (Traitement des rétrécis- 
sements syphilitiques du rectum), par F. BUSCH (BerL klin. Woch., avril 



XI.— Case of gastrocolic flstula, par Walter ' EDMUNDS [St. Tlwmas's hosp. 

Bep. XIII, p. 91). 

XII. — Excision of the coscom for epithelioma, par Walter WflITEHEAD 

[Brit. med, Journ., p. 171, janvier 1885), 



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t64 REVUE DES ^SCIENCES MÉDICALES. 

XII. — ' The treatment of aeata peritonitU by abdomiiul Mction, par Frederick 
TREVES {Ibid., p. 538, mars 1885). 

XIV. -* Ahstract of an address of one thousand (1000) abdominal section, par 
Lawson TAIT {Ibid., p. 218, Janvier 1885). 

I. — Le procédé de colotomie indiqué par Verneuil diffère du procédé 
classique par la direction donnée à Tincision de la paroi, par la forma- 
tion préméditée d'un éperon, par la substitution de Tentérectomie à Ten- 
térotomie. 

L*incision, de 3 à 4 centimètres, est dirigée suivant le trajet d*une 
ligne partant de Tombilic et tombant à Tunion du tiers externe et des 
deux tiers internes de Tarcade de Fallope. La paroi ouverte, l'intestin 
mis à découvert, on fait saillir au dehors les trois quarts de Tanse intes- 
tinale ; le quart restant, qui correspond au mésoeôlon, servira à consti- 
tuer réperon. L'intestin une fois fixé par une série circulaire d'environ 
15 sutures métalliques, est ouvert, non pas par une simple incision, 
mais par la résection de la portion hernièe de l'anse attirée au dehors. 
Verneuil fait d'ordinaire cette résection au thermo-cautère. L'anus ainsi 
formé, on voit, en examinant le fond de la plaie, les deux orifices supé- 
rieur et inférieur revenus sur eux-mêmes et séparés par un éperon d'un 
travers de doigt en moyenne. Ces deux orifices sont situés presque dans 
le même plan horizontal, mais leurs axes prolongés se rencontrent a 
angle obtus. 

Ces modifications offrent des avantages incontestables : la direction 
de rincision remédie au rétrécissement graduel et ordinairement pro- 
gressif de l'anus; la formation préméditée de l'éperon empêche le pas- 
sage des matières fécales dans le bout inférieur. 

II. — D'après l'auteur, l'anus de Littre doit être regardé comme l'opé- 
ration de choix. Les partisans de Ja colotomie lombaire ont invoqué des 
arguments qui ne lui semblent pas convaincants. 

On dit que l'anus lombaire constitue une infirmité moins répugnante. 
11 semble, au contraire, bien plus facile de donner tous les soins de pro- 
preté à l'anus inguinal. Le renversement et le prolapsus de la muqueuse 
ne sont pas plus fréquents que dans la colotomie lombaire ; le rétrécis- 
sement de l'orifice amène la disparition ou la diminution de celte proci- 
dence aussi bien que dans la région lombaire. La production d'un éperon 
peut être facilement évitée en ayant recours au procédé de Verneuil. 

L'ouverture du péritoine ne constitue pas une complication, et d'ail- 
leurs on a des exemples fréquents de sa blessure dans la colotomie lom- 
baire. 

La mortalité serait plutôt moindre dans la colotomie iliaque que dans 
la colotomie lombaire. a. g. 

III. — Homme de 57 ans, pris le 6 novembre de symptômes d'obstruction 
intestinale, lesquels, après des péripéties variées, persistent en s'accroissant 
jusqu'au 18 novembre. Pondant cette période de 12 jours, aucune garde-robe 
spontanée n'est rendue et des vomissements bilieux, puis fécaloïdes, montrent 
qu*il existe un obstacle au cours des matières, situé probablement au com- 
mencement du gros intestiu. Après avoir successivement essayé tous les 
évacuants sans aucun bénéfice, on décide la colotomie lombaire. Cette opéra- 
tion est pratiquée suivant une incision parallèle à la dernière côte, à égale 
distance de celle-ci et de la crête iliaque ; mais, après avoir sectionné le 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE. t66 

carré des lombes, il fut impossible de ti*ouver le côlon. Gomme il fallait im- 
périeusement ouvrir une issue aux matières, on tira au dehors une anse 
d*inte8iin grêle et Ton pratiqua sur elle un anus artificiel; une grande quan- 
tité de matières s'échappèrent par cette voie, mais le malade succomba au 
bout de quatre heures, dans des douleurs intolérables. 

L'autopsie fit voir une péritonite généralisée et un épanchement stercoral 
à la partie supérieure de Tabdomen. Le côlon droit manquait totalement, et 
le cœcum était situé au-dessous du foie, dans l'hypochondre droit. Ses parois 
étaient gangrenées et trois perforations donnaient issue à la matière fécale. 
Le côlon transvei^se était normal, mais le côlon descendant avait un mésen- 
tère spécial. Un singulier diverticule partait de la concavité de la courbe 
splénique et finissait en cul-de-sac dans la fosse iliaque gauche. Là, au ni- 
veau de rS iliaque, existait une tumeur volumineuse grosse comme une noix 
de coco, qui était le point de départ de Tobstruction, et que Tobésité du sujet 
n'avait pas permis de sentir pendant la vie. h. r. 

IV. — Ce fait tire son intérêt du traitement fort simple et absolument 
innocent qui a amené la guérison. Ce traitement consiste dans l'adminis- 
tration alternée de larges purgatifs salins pour évacuer totalement l'in- 
testin et d'extrait d'opium pour obtenir la conslipation. 

Le purgatif est donné tous les 5 ou 6 jours; dans Tintervalle on fait 
prendre de 4 à 8 ou 10 centigrammes d'extrait thébaïque, suivant le 
besoin. Sous Tinfluence du repos prolongé, roriflce anormal se rétrécit, 
et, dans certains cas heureux, se ferme totalement. jullien. 

V. — L'auteur a réussi à obtenir Tocclusion de l'anus chez un jeune 
homme de 21 ans opéré pour une hernie inguinale congénitale étranglée. 
Une autoplastie avait été tentée sans succès. L*auteur se décida à une 
nouvelle intervention pour les raisons suivantes : l'émaciation résultant 
du passage trop rapide des aliments par suite du siège probable de Ta- 
nus sur un point élevé de l'intestin ; Tissue à peu près complète dos ma- 
tières par l'anus artificiel; Timpossibilité enfin de trouver l'orifice du 
bout inférieur, quoique l'anus fût large (2 pouces de diamètre). 

Deux jours avant Topération, on cessa toute alimentation buccale pour re- 
courir à des lavements nutritifs administrés toutes les quatre heures ; la veille 
de Topération, le bout supérieur fut soigneusement lavé avec des injections 
d*acide salicylique. Anesthésie par le protoxyle d'azote et rélher. Désinfec- 
tion de la plaie; passage d'une éponge dans le bout supérieur pour retenir 
les matières. Incision verticale de la paroi descendant à 1 pouce et demi au- 
dessus et au-dessous de Torifice anal. Le bout supérieur est alors disséqué 
de ses adhérences ; on trouve le bout inférieur immédiatement au-dessous, 
dans une position parallèle. Les deux bouts hion libérés, les précautions 
étant prises pour éviter toute pénétration de matières, on excise 1 pouce du 
bout supérieur, 2 pouces et demi du bout inférieur, ainsi qu*un coin de mé- 
sentère de 4 pouces de long sur près d'un pouce de large. La suture fut 
faite au moyen d'une double rangée de sutures. Pansement à l'iodcforme. La 
plaie abdominale ne fut fermée qu'aux deux angles supérieur et inférieur. La 
guérison était complète au !()• jour, et, à partir de ce moment, on supprima 
les lavements pour revenir à l'alimentation normale. 

L'auteur établit ensuite un parallèle entre la destruction de Téperon 
par Tentérotomie et la résection de l'intestin et donne les indications qui 
doivent faire choisir telle ou telle méthode. Suit une statistique de 39 opé- 
rations semblables. a. g. 

VI. — l» Femme de 28 ans, ayant depuis dix jours des accidents d'étran- 
glement interne; depuis huit jours des vomissements. L'auteur pratique chez 



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ÎS6 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

elle un «nus contre nature sur la ligne blanche; bientôt elle va à la selle et 
Touverture artificielle ne fournit plus que des matières liquides. Mais il n'ob- 
tient pas avec les cautérisations rocciusion de la fistule, et, un an après la 
première opération, il se décide à en tenter la cure chirurgicale. 

Comme il n'existe pas d'éperon, l'emploi de l'entérotome de Dopuytrea 
n*est pas indiqué. L'auteur fait une incision à la paroi abdominale au-dessus- 
de la fistule, de façon à saisir entre les deux doigts Tanse inteslinale ouverte, 
attire celte anse au-dehors et le suture avec cinq fils de catgut; puis il suture 
la paroi abdominale. Au bout de dix jours la guérison est complète. 

î.^ Hernie inguinale étranglée chez un homme robuste. Bien que les acoi* 
dents ne datent que de 24 heures, la tumeur est déjà très douloureuse. Ek» 
incisant ce sac, Tauteur constate qu'il ne contient pas de liquide mais qu'il 
est rempli par une anse intestinale longue de 28 centimètres, tendue et déjà 
bleu foncé. On y trouve môme uii petit orifice qui laisse échapper du pus et 
du sang. Deux médecins présents se prononcent contre la suture intestinale» 
L'opérateur vide donc Tanse, la lave avec une solution de sublimé et fixe le 
petit orifice au niveau de l'ouverture herniaire. Il reste donc là une fistule 
qui, malgré le rétablissement des fonctions intestinales et des évacuation» 
par Tanus, n'offre aucune tendance à la guérison. 

Trois mois après la première opération, l'auteur ouvre la paroi abdominale 
au-dessus de la fistule, extrait l'anse perforée, dissèque les bords de l'orifice 
fistuleux et le suture avec six fils de catgut, puis suture la paroi de l'abdomen. 
Guérison complète en 10 jours. l. galliard. 

VII. — Après avoir rappelé que les chirurgiens anglais sont presque 
les seuls qui aient appliqués la colotomie au trailemeat des fistules rec- 
to-vaginales et vésico-intestinales, Tauteur ajoute aux cas déjà publiés- 
par différents auteurs la relation d'un fait qui lui est personnel. Sur les 
13 cas que la science possède, 7 ont été suivis de succès non pas absolu , 
mais tel que la survie a été pour quelques-uns des opérés, de plusieurs 
années. En quelques lignes M. Duménil s'occupe du manuel opératoire^ 
des difficultés que Ton peut rencontrer, et conclut que cette opération 
constitue une ressource précieuse, capable de prolonger quelque temps 
la vie des malados. ozenne. 

VIII. — Chez un malade atteint de dysenterie grave de Cochinchine, résis- 
tant à tout traitement, et ayant amené un rétrécissement rectal à marche 
progressive, Folet s'est décidé à pratiquer l'ouverture du cotjcum. L'opération 
ftit faite en deux temps, le cœcum n'ayant été ouvert que le S** jour, après 
formation des adhérences. Le malade succomba le 5« jour. A l'autopsie on 
constata la présence, depuis l'anus jusqu'au cœcum, d'ulcérations étendues, et un 
rétrécissem^'ut très marqué du rectum. a. g. 

IX. — L'auteur désigne sous le nom d'ulcération syphilitique du rec- 
tum ce qu'on appelle en France le syphilome ano-rectal. 

On discute encore pour savoir si le rétrécissement dit syphilitique du 
rectum, presque exclusivement observé chez des femmes et chez des 
femmes syphilitiques, est bien une lésion spécifique. A quelle période 
de la syphilis apparlient-il? procède-t-il de plaques muqueuses, de con- 
dyloines ou de gommes? ou bien est-il simplement le résultat d'une 
action du pus blennorragique, comme le veut Gosselin, ou d'un chancre 
mou comme le veut Després? L'auteur se prétend renseij^mé sur ces 
questions, mais il en réserve la solution pour un travail futur; il se con- 
tente de nous dire qu'il possède 50 observations et 30 autopsi»is de cette 
affection et que si le plus souvent les femmes chez lesquelles il l'a 
observée étaient syphilitiques, quelques-unes par contre n'avaient aucune 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. î€7. 

trace de syphilis. — Au point de vue anatomo-patbologi<j[ue du reste, on 
n*a presque jamais reacoatré jusqu'à ce jour de noyaux gommeux ni 
condylomateux dans cette affection. 

ËIû ce qui concerne le traitement, on connaît le peu de succès de la 
thérapeutique locale et générale dans lescas dece genre* C'est pourquoi, 
dans les cas où malgré un traitement local et gén^^ bien suivi, il n*y 
a aucune tendance à l'amélioration, Texistence des malades étant com- 
promise par rénorme quantité de pus qu'ils sécrètent et convaincu du 
reste qu'il n'y a pas d'autre chance de salut, Hahn fait la colotomie. 

Il a pratiqué 8 fois cette opération pour des rétrécissements du rectum 
et dans certains cas a obtenu une amélioration considérable. 3 fois il y 
eut, Immédiatement après l'opération, une diminution très considérable 
de la sécrétion purulente et une augmentation marquée du poids du corps. 
Voici du reste Tobservation la plus probante. 

« La patiente accepta ma proposilion et je lui fis, en octobre 1880, la coloto- 
mie antérieure gauche. — Le résultat fut des plus rapides, car, 14 jours après 
l'opération, la sécrétion purulente commence à diminuer et le corps à augmen- 
ter de poids. Cette augmentation était au début à peu près de 2 livres par 
semaine, plus tard de 4 livres environ, si bien qu'en quelques mois la malade 
avait gagné 86 livres. Auparavant très épuisée, cachectique et horriblement 
maigre, eUe était devenue florissante; la suppuration rectale avait complète- 
ment disparu. 

Quand, 2 ans plus tard, elle se représenta, demandant à être débarrassée 
de son anus contre nature, elle était encore dans le môme état de prospérité. 
— Je l'opérai, sur sa demande, au commencement de 1883, d*une rupture du 
périnée très étendue qu'elle portait; malheureusement elle mourut de pyo- 
bémie... » 

Trois des opérées sont mortes dans un délai de 8 mois et demi de 
maladies intercurrentes; deux ont succombé peu de jours après l'opéra- 
tion, l'une d'inanition parce que l'opération avait été entreprise trop tard, 
l'autre de péritonite. 

L'auteur donne la préférence à la colotomie antérieure qui permet aux 
malades de se nettoyer eux-mêmes, qui est plus facile à exécuter et 
qu'il est plus aisé de pratiquer antiseptiqnement; il considère cette opé- 
ration, lorsqu'elle est faite sous les précautions nécessaires, comme abso- 
lument inolTensive. — Le plus souvent il fait la colotomie antérieure 
gauche, quelquefois, quand les ulcérations remontent haut, la colotomie 
antérieure médiane (ouverture du côlon transverse sur la ligne médiane 
à 7 ou 8 centimètres au-dessus de l'ombilic). L'opération doit, quand la 
chose est possible, être faite en deux temps. Le premier acte opéra- 
toire consistera en la suture du péritoine pariétal à la plaie cutanée (de 
4 centimètres environ d'étendue), à Taide de 8 à 10 points de suture; 
puis en la suture du côlon au péritoine pariétal à l'aide d'un même 
nombre do points, de façon à obtenir un aceollcment parfait des deux 
feuillets rie la séreuse. Les fils doivent passer entre les tuniques séreuse 
et musruleuse de l'intestin dans rétendue d'un demi-centimètre envi- 
ron, puis traverser le feuillet pariétal et la peau pour êlre noués à l'exté- 
rieur. Les premières sutures sont en catgut et coupées ras, les secondes 
en soie phéniquée et on laisse aux fils une longueur de 8 centimètres 
environ pour qu'ils ne se perdent pas dans les bourgeons de la plaie. — 
Le second acte opératoire peut être fait au bout de 6 jours, sans chloro- 



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t68 REVUE DES SCIENCES MÉDICALES. 

forme; on n'a qu'à écarter les Als en tirant sur leurs extrémités opposées 
et à inciser dans l'intervalle ; on est certain de la sorte de ne pas dépasser 
la limite des adhérences del*intestin. 

Sur ses huit opérations, Hahn a fait six fois la colotomie gauche et 
deux fois la colotomie médiane. 

Son travail se termine par la description de 7 pièces anatomiques de 
rétrécissement syphilitique du rectum, toutes provenant de femmes dont 
3 avaient subi la colotomie. Ces pièces montrent surtout d'énormes des- 
tructions de la muqueuse qui, dans quelques cas, se prolongeaint sur une 
hauteur de 20 centimètres. La tunii^ue musculeuse est toujours fortement 
épaissie, la lumière de Tintestin très rélrécie. de santi. 

X. — Vu l'impossibilité de guérir durablement les rétrécissements 
syphilitiques du rectum, dès qu'ils sontcalleux et un peu étendus, soit par 
la dilataiion graduelle ou brusque, soit par Tincision, Busch préfère les 
extirper. Dans le fait suivant, il a modifié un procédé de résection indi- 
qué en 1872 par Hueter dans le but d'éviter l'incontinence des matières 
fécales, en conservant le sphincter externe et le point où la peau se réflé- 
chit sur la muqueuse. 

Femme de 35 ans, ayant un rétrécissement syphilitique du rectum, sur une 
longueur de 2 centimètres l/£, qui laisse tout juste pénétrer rextrémité de 
lindex. 

Incision transversale du raphé périaëal à mi-distance entre l'anus et la 
fourchette et contournant Tenus en demi-lune. Section de la couche musca- 
leuse au niveau où les flbres du constricteur du vagin s*entrecroisent avec 
celles du sphincter externe. 

Pour inciser le tissu cicatriciel compris entre la paroi vaginale postérieure 
et la paroi anlërieure du rectum, un aide relève la paroi du vagin, tandisque 
Busch déprime celle du rectum. Tout ce temps de l'opération fut très laborieux 
et nécessita une cinquantaine de ligatures. 

Parvenu au-dessus du rétrécissement, Busch ne coupe d'abord que la moitié 
de la circonférence de l'intestin et pour en éviter la rétraction, il fixe par 
3 ligatures provisoires les lèvres de Hncision du rectum à celtes de la peau. 

Il achève ensuite la section du rectum et arrive de haut en bas sur la face 
postérieure du point rétréci qui se détache facilement du tissu conjonctif de 
l'excavation sacrée. 

Alors il pratique, au-dessous du rétrécissement à 2 centimètres au-dessus 
de l'anus, une nouvelle section du rectum, dont il résèque ainsi un tronçon de 
5 centimètres. 

La réunion des deux bouts de l'intestin ne présenta aucune difficulté. Les 
premiers points de suture furent introduits par la face interne et noués sur 
la face muqueuse, parce que l'accès de la face externe n'était pas possible en 
arrière. Lorsqu'un peu plus de la moitié du calibre du rectum se trouva ainsi 
réunie, les ûls restants furent passés par la surface externe de Tintestin, 
car Taccès de la muqueuse n'était plus possible que par l'anus. Il suffit de 
20 points de suture pour bien réunir l'intestin. 

Après avoir saupoudré d'iodoforme le fond de la plaie, Busch introduisit 
un drain de chaque côté, et suture la plaie cutanée. 

Le A* jour après l'opération, la femme eut ses premières selles ; elles étaient 
claires et profuses. Des matières fécales s'introduisirent sans doute entre les 
points de suture car peu de jours après, il se fit un écoulement de pus féca- 
loïde par la plaie périnéale en même temps que par une petite perforation de 
la paroi vaginale. Cet écoulement, entretenu par une diarrhée opiniâtre, con- 
tinua plusieurs semaines au bout desquelles la malade fut parfaitement guérie. 



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PATHOLOGIE EXTEÏINE ET THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE. £69 

Busch a eu recours à la môme opération chez une femme de 32 ans, pour 
oblitérer une fistule recto- vaginale produite en essayant de dilater brusque- 
ment un rétrécissement syphilitique. 

Malgré qu'on eût fermé immédiatement la communication anormale entre 
les deux conduits, il n'en était pas moins résulté une ouverture dans laquelle 
on pouvait engager Textrémité des deux doigts. Busch essaya d abord d'ob- 
turer cette fistule après avivemeut des lèvres vaginales mais la suture ne 
tint pas. 

Alors il se décida à isoler Tune de l'autre les solutions de continuité vagi- 
nale et rectale pour pouvoir en aviver les lèvres séparément et par la plaie 
périnéale, il ferma le trou* vaginal par 12 sutures longitudinales et celui du 
rectum par 6 sutures transversales. 

XI. — Homme de 49 ans, souffrant depuis plusieurs années de troubles 
gastro-hépatiques. A eu à deux reprises des accidents d'obstruction intesti- 
nale, le dernier ayant duré 21 jours. A partir de ce moment, vomissements 
toutes les 24 heui*es; les intestins fonctionnent cependant régulièrement. Le 
lavage de festomac ne produisit aucun soulagement; le liquide était aussi 
trouble à la fin qu'au commencement de l'opération. 

A son entrée à Thôpital, les vomissements continuent; ils ont une odeur 
fétide, btercorale; les garde-robes sont peu abondantes. Pas de signes d'obs- 
truction, pas de tumeur abdominale. L'urine contient de Tindican en grandes 
proportions. Le diagnostic porté fut fistule gastro-intestinale, probablement 
gastro-colique. La colotomie fut pratiquée du côté droit dans le but d'empê- 
cher les matières de passer dans l'estomac; les vomissements s'arrêtèrent, 
mais il survint une diarrhée avec meloena et le malade mourut 1 jours 
après l'opération. 

A l'autopsie, on trouve l'estomac uni au côlon transverse par une masse 
dure» cancéreuse, au travers de laquelle se trouve une large ouverture d'un 
pouce faisant communiquer les deux viscères. A la partie inférieure du rec- 
tum, large ulcération que l'examen micrographique foit reconnaître de nature 
carcinomateuse. a. g. 

XII. — Homme de 38 ans, sans antécédents cancéreux héréditaires, adonné 
à la boisson. Début de rafiection par de ta diarrhée, de la douleur dans la région 
lombaire droite, avec crises paroxystiques. Au bout de dix semaines, on 
s'aperçut de la présence d'une petite tumeur, grosse comme une noix, dans 
la région lombaire. Cette tumeur s'accinit rapidement, devenant le siège de 
douleurs violentes, et déterminant chez le malade un amaigrissement rapide. 
Au moment des crises, il y avait de la tympanite évidente ducœcum, et il était 
manifeste que la tumeur siégeait dans les parois de cette portion de l'intestin. 
On diagnostiqua un épithéliomo, et comme la tumeur était mobile, on décida 
de l'enlever. 

Après chloroformisation et précaution antiseptique, le ventre est ouvert 
largement par une incision parallèle au bord externe du muscle droit anté- 
rieur- 
La tumeur est ainsi mise à nu, et Ton constate qu'elle siège à l'union du 
cœcum et du côlon ascendant. Après avoir passé une double ligature de cat- 
gut autour du mésentère et autour du côlon ascendant au-dessus de la 
tumeur, l'intestin est sectionné à ce niveau : la surface de section soigneu- 
semeut lavée à l'acide phéniciue et purifiée de toute matière fécale. Une 
seconde ligature double est passée de la même manière autour de l'iléon et 
Textrémité de l'intestin grêle sectionnée, de façon à réséquer toute la partie 
intermédiaire du cœcum. Cela fait, écartant les deux feuillets du mésentère, 
le chirurgien va énucléer deux ganglions mésentériques qui semblent enva- 
his par le néoplasme. 

Ce fut là le temps le plus difficile de l'opération, en raison d'une hémor- 
ragie veineuse que l'on eut une certaine peine à arrêter. Après avoir lavé la 



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i70 REVUE DES 8GIBNCES MEDICALES. 

oavité abdominale, il ne resta plus qu'A fixer rextrémîté inférieure de Tiatos- 
tin grêle à la partie la plus déclive de l'iacisioa abëomimale, de façon à éta- 
blir un anus artificiel, tandis que la portion eectiomiée dtt cèlon était fixée 4 
Tangle supérieure de la pki«. Celle-ci fut suturée dans la plus grande partie 
de son étendue, en eompreaaat dans son épaisseur les museieB et la séreusa 
péritonéale. Pansement avec de la gaie iodoformiée. 

Les suites immédiates de Topératioa furent des pl«s simples. Le cours das 
matières s'établit très régulièrement par la fistule abdominale, il y avait pea 
de fièvre, peu de collapsos. L'alimeutatiou se faisait par des lavements de 
peptone et di>8 le second jour, par du lait. Pendant les cinq premiers jonrs 
il y eut peu de douleur, seulement de la tension abdominale produite par dsB 
gaz. 

Le huitième jour, les garde-robesdevinrent fétides et Télat général mauvais 
le météorisme abdominal devint considérable. Malgré des alternatives d'amé- 
lioration passagèro, la mort survint le lâ« jour par péritonite. 

D'après les résultats de Tautopsie, Tauteur s'efibree de déasonti*er que la 
péritonite, en pareil cas, était traumatique et non septique, et que Topéré eût 
pu guérir s'il n'eût pas été alcoolique. 

XIII. — Une femme de 21 ans entre à l'hôpital le ai janvier, pour une 
pelvi-péritonite chronique consécutive à une blennorragie. Le 25 février 
éclatent soudainement des symplômes de péritonite aiguè diffuse, qui sem- 
blent devoir amener une mort prochaine. Dès le lendemain Tabdomen est 
ouvert avec dos précautions antiseptiques, la malade se trouvant dans une 
situation très critique. L'incision fait voir des anses intestinales enflammées 
et purulentes, agglutinées par des exsudats récents : le foyer était un ahoès 
pelvien très fétide qui, primitivement enkysté, s'était ouvert dans la grande 
cavité abdominale. Après le lavage de la cavité abdominale avee de Teau chlo- 
rurée, un drain fut passé dans la plaie, et la malade guérit : 40 jours après, 
elle se levait et se promenait dans le jardin. 

Dans la discussion qui suivit cette communication, Howard Marsh rap- 
porte des faits analogues. 

Il s'agit d'un garçon de 19 ans, atteint brusquement de péritonite suraiguë 
avec vomissements fécaloïdes qui pouvaient faire croire à une obstruction 
intestinale. L'opération fut faite en pleine crise, le malade vomissant violem- 
ment et présentant déjà du collapsus. Les intestins furent trouvés rouges, 
ballonnés et déjà purulents. L'abdomen fut soigneusement lavé avec de l'acide 
phéniqne à 1/60, un drain introduit dans les lèvres de la plaie, et celle-ci 
soigneusement suturée. Pendant deux heures, le malade resta froid et algide, 
puis il se reprit à vivre, et malgré des vomissements incessants, il finit par 
guérir au bout de deux mois; on fut obligé de lui faire des injections iodées 
dans la cavité abdominale. 

Barwell rapporte également des faits de pérityphlîte, dans lesquels 
l'intervention chirurgicale fut très heureuse, bien qu'il s'agit, non pas 
d'ouverture d'abcès extrapéritoneaux mais bien de péritonites suppurées 
circonscrites. h. r. 

XIV. — Voici les chiffres pnncipaux de cette statistique : 

Incisions exploratrices 94^2 morts. 

Ablations de : 

a Kystes parovariens 65 — 2 morts. 

b Kystes d'un seul ovaire 239 — 26 — 

— des deux ovaires 101 — 5 — 
c des annexes utérines pour : 



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99 — 


7 morts. 




201 — 


10 — 




6 — 


— 


) 


54 — 


19 ^ 


30 


— sans morts. 


13 


— 


— 


9 


— . 


— 


11 


— 2 


morts. 


10 


— 


— 


2 


— 


.... 



PATHOLOGIE EJCTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. Wi 

Myomos 

AfiecUons inflammatoires 
Epilepsie 
d de Tutérus (hystérectomie) 

Ouvertures de Tabdomen : 

Pour abcès pelviens 
Cholécystotomie 
Néphrotomie 
Grossesse exiraTutérine 
Hépatotomie 
Hydatides du péritoine 

Sur 1,000 cas d'ouverture de l'abdomen, la mortalité totale est de 93, 
soit une moyenne de 9, 3 pour 100. h. r. 

I. — Be quelques variétés de tumeurs congénitales de l'ombilic et plus spéciale- 
ment des tumeurs adénoïdes diverticulaires, par LANNELONGUE etFRËHONT 

{Arcb. gén, de méd,^ Janvier 1884). 

II. — Multiple adenoma of colon and rectum, par W. WHITEHEAB {Brit. med. 

journ.f p, 410, mars 1884). 

IIL — Note sur deux cas d'adénome du rectum, par POZZI [Gàz, méd, de Paris, 

25 octobre 1884). 

IV. — Nœvus of the rectum proving fatal in the adult from hemorrage, par 
Arthur BAKER [Royal Society; Med. Times^ 28 avril 1888). 

T. — Prolapsus du rectum causé par un rétrécissement congénital de cet 
organe, par E. BŒGKEL {Rer. de chir,, janvier 1885,. 

71. — Note sur les cloisons congénitales du rectum ; indications chirurgicales ^ 
qui peuvent en être la conséquence, par LANNELONGUE {Bull, Soc. de Cbir., 
p. âÛO, 1884). 

Vn. — Bie Opération des Mastdarmvorf ailes (L'opération de la chute du rec- 
tum), par BITTEL [Wiener med. Wocb,, n^ 18, 1883). 

TIU. — Zur Statistik nnd operativen Behandlung des Mastdarmcarcinom (Traite- 
ment du cancer du rectum), par HENCK [Arcb. /. klin. Cbir.^ Band XXXIX, 
He/tS, p. 586, 1883). 

IX. — NouveUe méthode opératoire pour la cure radicale du cancer du rectum, 
par Maurice POLLOSSON [Lyon méd,, 18 mai 1884). 

I. — 1^ Tumeurs adénoïdes diverticulaires. Aux deux cas relatés 
par Kùstiier et à un troisième rapporté par Ghandelux , Lannè- 
longue et Frémont ajoutent trois observations avec examen histolo- 
gique et figures. Les tumeurs adénoïdes diverticulaires succèdent à la 
chute du cordon , et sont caractérisées par une saillie se dévelop- 
pant en pleine cicatrice ombilicale, atteignant le volume d'une petite 
cerise, d*un aspect rouge uniforme à surface lisse, résistante, irréductible. 
On trouve à leur surface un enduit visqueux tachant le linge comme un 
liquide muqueux. Du reste, le diagnostic ne peut être fait d'une manière 
sûre que par l'examen hi^tologique. Ces tumeurs sont constituées par 



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t7f REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

du tissu de l'intestin, modifié à bien des égards. La muqueuse forme la 
zone corticale ou périphérique et présente diverses particularités : épithé- 
lium sans plateau, mais fortement distendu par du mucus; chorion riche 
en éléments embryonnaires ; glandes se montrant sous deux aspects, les 
unes recouvertes d'un épithélium semblable à celui qui tapisse la sur- 
face de la tumeur, remarquables par leur longueur, leur largeur, les 
dilatations ampullaires qu'elles présentent sur leur trajet ; les autres 
pourvues d'un épithélium clair, absent dans l'intestin normal. L'adhé- 
rence des tuniques entre elles est beaucoup plus grande; les couches 
sont irrégulières, épaissies. Dans un cas, la tumeur était presque exclu- 
sivement formée par la muqueuse doublée de sa couche musculeuse et 
de la celluleuse sous-jacen(e hypertrophiée. 

Lannelongue et Frémont pensent que les tumeurs sont formées par 
un diverticule intestinal, vestige du conduit vitello-intestinal. La présence 
de la muqueuse à la surface résulterait pour eux d'une procidence par- 
tielle de cette tunique, d'un prolapsus latéral entraînant à sa suite les 
plans musculaires qui lui sont annexés. L'hypothèse d'une inversion du 
diverlicule, proposée par Chandelux, ne leur paraît pas admissible. 
Quant au traitement, il consiste dans la ligature ou l'excision, à con- 
dition qu'un examen attentif ait préalablement dénwntré l'absence d'un 
trajet central communiquant avec l'intestin. Les cautérisations sont inef- 
ficaces. 

2' Granulome de T ombilic. Cette tumeur, facilement confondue avec 
la précédente s'en distingue par son volume souvent plus considérable, sa 
surface inégale et lobulée, sa consistance molle, sa sécrétion franche- 
ment purulente avec fréquentes exhalations sanguines, enfin sa facile dis- 
parition sous rinfluence des catitérisalions. Trois observations avec 
examen histologique sont rapportées dans ce travail. 

3» Kystes sébacés congénilaux de rombilic. Dans l'observation rap- 
portée par Lannelongue et Frémont, à placer à côté de celle de Lan- 
genbeck, le kyste occupait le bourrelet en capuchon qui surmonte la cica- 
trice ombilicale. p. merklen. 

II. — Garçon de 21 ans entre à Thôpital en juillet 1883. A Tâge de 11 ans, 
il b'était aperçu qu'à chaque garde-robe une sorte de production pédiculëe 
sortait de son auus; Taffection était complètement indolente. A 13 ans, il 
commença à en souffrir et à saigner toutes les fois qu'il faisait rentrer la 
tumeur. Celle-ci ne tarda pas à grossir et a obstruer le passage des ma- 
tières. 

A son entrée, il était dans un état d'anémie profonde. Le ventre, très 
flasque, se laissait explorer avec une grande facilite. On sentait le côlon 
descendant et l'S iliaque comme une sorte de boudin résistant et bosselé. 
L'anus et le rectum étaient remplis par une masse de productions polypi- 
formes qui faisaient saillie hors du sphincter : on en sentait une quantité 
innombrable, aussi haut que le doigt pouvait atteindre. 

L'opérution fut faite de la manière suivante. En déprimant fortement l'S 
iliaque, on arriva a faire saillir toute la tumeur boi*s da l'anus ; elle avait 
l'aspect d'un énorme chou-fleur. Une tentative d'excision des papillomes pris 
isolement échoua, l'hémorragie étant considérable. L'auteur se borna à saisir 
toute là masse et à la lier au moyen d'un serre-nœud : l'opération fut très 
simple. Une fois la tumeur enlevée, on put explorer le rectum, en intro- 
duisant un doigt d'abord^ puis la main. On put ainsi constater que le 
côlon descendant était dilaté au point de remplir et de distendre toute la 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 278 

cavité abdominale. La main y rencontrait une série de tumeurs papilloma- 
teuses analogues à celles du rectum. 

Cette opération, si incomplète qu'elle fût, eut des conséquences heureuses : 
huit jours après, le malade quitte Thôpital, ne souffrant plus d'hémorragies et 
capable de retenir ses matières fécales ; on eut des nouvelles de lui plus de 
six mois après, la guérison ne s'était pas démentie. 

L'examen histologique des tumeurs montra qu'il s'agissait d'adénomes, ou 
plutôt de papillomes recouverts d'épithélium cylindrique. h. r. 

III. — Femme de 88 ans. Depuis 1880, elle est prise d'hémorragies anales 
fréquentes, accompagnées de ténesme et de leucorrhée an^le. 

On constate sur la face antérieure du rectum, à 6 centimètres de la marge 
de Venus, une tumeur sessile du volume d'une amande verte, molle, un peu 
élastique, granuleuse, paraissant faire corps avec la muqueuse rectale et être 
mobile sur la cloison recto- vaginale; elle est rouge foncée, d'aspect fram- 
boise et saignant sans ulcérations, ni prolongements, ni racines* 

M. Pozzi pratique Tablation de cette tumeur en se servant du bistouri. 

La seconde observation a été communiquée à l'auteur par M. Trélat. Le 
polype (également un adénome) fut enlevé avec Técraseur. Le malade était 
âgé de 40 ans et le début de la tumeur remontait à huit ans. ozbnne. 

IV. — L'auteur a observé cette tumeur chez un adulte atteint de diarrhée 
accompagnée d'hémorragies abondantes. L'examen avec un spéculum vaginal, 
pendant l'anesthésie, et l'éclairage à une forte lampe permit de reconnaître la 
nature de la tumeur et le point de départ des hémoiTagies, trois petites 
ulcérations. En dépit de tout traitement, le malade mourut épuisé par les 
pertes de sang. A l'autopsie, on reconnut une tumeur angiomateuse occupant 
les parois du rectum sur une longueur de quatre pouces. Les autres organes 
étaient sains^ le corps était exsangue. a. c. 

V. — i^ Enfant de neuf mois présentant une chute du rectum ayant la forme 
d'un cône pointu, long de 6 centimètres^ et ayant débuté à l'âge de deux mois. 
On reconnaît un rétrécissement au sommet du cône : application d'un 
pessaire rectal le 30 mars 1881 ; suppression le 3 avril ; la chute ne se re- 
produit plus. Guérison constatée en juillet. 

^ Fille de six semaines, porte un prolapsus de quatre centimètres de long, 
depuis 15 jours. Application du pessaire le 1*' juin ; suppression le 3 juin. 
L*a chute du rectum est guérie; mais il se produit un phlegmon péri-anal, 
qui se vide spontanément au bout de quelques jours. Il faut encore achever 
de dilater le rétrécissement par l'introduction quotidienne de l'index ; mais la 
chute ne se reproduit plus. 

S® Garçon de 3 ans. Le prolapsus a paru à trois mois et est devenu per- 
manent è 1 an ; de forme conique, il offre une longueur de 1 centimètres. 
L'orifice du sommet est fermé par un liséré non extensible, n'admettant 
même pas l'extrémité du petit doigt, et laissant passer des selles molles en 
spirale. Muqueuse rectale prolabée rouge, sans excoriation. Anus dilaté et 
couvert de petites gerçures. Application, après réduction, du pessaire le 
7 octobre 1884 ; suppression le 13 octobre. Ce jour on constate que l'anus est 
encore largement dilaté, eu forme d'entonnoir, et à 8 centimètres de pro- 
fondeur, on sent une légère bride, que le doigt franchit facilement. Eu no- 
vembre guérison confirmée. 

Ces trois cas sont trois exemples de prolapsus du rectum, reconnais- 
sant pour cause, suivant l'auteur, un rétrécissement congénital de Tex- 
trémité supérieure du rectum. Aux causes ordinaires de chute du rec- 
tum, il faut donc ajouter celle-ci, le rétrécissement du rectum, dont la 
formation nous est révélée par révolution embyologique de la région. 
Dilater le rétrécissement et maintenir le prolapsus réduit, sont les doux 

TRSIZIBIIB ANNÉE. — T. XXVI. 18 



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tn HEVUB DSS SCIENCES MEDICALES. 

mikmtions thérapeutiques à remplir. L*auteur préconise i cet effet un 
pessaire anal spécial. ozenne. 

TI. — Dans un premier cas, après avoir opéré, par la méthode de Littre, ua 
Bou veau-né dout le rectum ne communiquait pas avec l'anus, il fut possible au 
bout de vingt jours, de conduire une sonde par l'anus artificiel dans le 
bout intérieur de l'intestin jusqu'au niveau de l'obstacle inférieur ; 1 auteur 
incisa cet obstable et rétublit de la sorte le canal intestinal. 

Le second fait est démonstratif; l'examen des pièces- anatomiques permit 
de reconnaître l'existence de deux cloisons ou valvules complètes dans la 
dernière partie du gros intestin. La première de ces cloisons est située à 
trois centimètres et demi au-dessus de Tanus bien conformé ; la seconde 
cloison est à onze centimét'es de la même ouverture anale ; entre les deux 
existe un intestin normal dont le calibre est seulement plus petit parce qu* il 
n*a pas été distendu par le méconiun. 

Lorsqu'on a été assez heureux pour obtenir la guérison d'un nou- 
veau-né par la méthode de Littre, ou pai* la création d*un anus artificiel, 
Tespoir de rétablir le cours des matières par Tanus normal ne doit pas 
être perdu dans tous les cas. 

On est autorisé à explorer le bout inférieur de Tintestin ; plusieurs 
circonstances peuvent aloi*s apparaître. La sonde parcourant le rec- 
tum arrive librement jus<|U 'au périnée, à quelques centimètres de Tatius, 
trois ou quatre en moyenne ; on sent alors que la portion anale du rectum 
n^cst séparée du reste de l'intestin que par une faible épaisseur de tissus, 
quelquefois même par une simple cloison. L'indication parait fonnelle 
dans ce cas : on doit rétablir le cours des matières en incisant l'obstacle. 

Pour que la pratiqua' précédente puisse être Suivie, il va de soi que 
Tanus ariilîciel doit être pratiqué sur l'S iliaque du côlon, sans cela le 
calhétérisme du bout inférieur serait à peu près impossible ; dorénavant 
ce cathétérisme devra toujours être pratiqué pour qu'on soit détlniiive- 
ment renseigné sur l'état du bout inférieur de l'mtt stin. Lui seul pourra 
f(>urnir les données nécessaires au rétablissement de l'anus normal. 

Dans la discussion qni a suivi cette présentation. Després ayant coo- 
iesîé qu'il s'agit là d'un can«l intestinal ncfrirmlement constitué, l'auteur 
répondit par l'exposé d'un examen microscopique tout à fait probant. Il 
en résulte que c'est bien de l'intestin avec son péritoine, ses deux cou- 
ches musculaires, sa couche celluleuse et sa couche muqueuse, qui se 
trouvait compris entre deux valvules. 

Une telle malformation est parfaitement ex^llicabie pour Trélat par 
les lois du développeuient de l'anus et du rectum; mais Pozzi, Tillaux, 
Després, Marchand opinent différemment. 

Pour Lannolongue, il ne serait pas impossible qu'il s'agît là d'une allé- 
ration pathologique intra-utérine. On a la plus grande tendance à ne voir 
que des anomalies, alors que bien souvent il faut compter avec les 
ulcères, les adhérences consécutives et les lésions, non point formatives 
mais morbides, qui se développent pendant la grossesse. jullie.v. 

VU. — Les chirurgiens de Vienne observent très souvent la chute du 
rectum, surtout chez les Serbes, les Roumains, les habitants du sud de 
la Hongrie et de la Galicie ; la race juive fournit à cet égard un contingent 
considérable. Aussi l'auteur a-t-il pratiqué l'opération plusieurs centaines 
de fois. 
Examinant les divers procédés opératoires : écrasement, cautérisation 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHmURGICALE. 275 

à Tacide nitrique, oaolérisaiion au fer ronge ou au galvano-cautère et 
^ifln ligature, c*est à ce dernier quil donne la préférdoce. Depuis qu*îl 
a inauguré la ligature élastiqiie (mars t872), il l'emploie presque exchisi- 
Tement sans avoir jamais ni accident, ni insuccès, ni récidive. 

Il fait usage uniquement de tubes en caoutchouc des fabriques fran- 
cises, qu'il applique de la feçon suivante. Il saisit la portion saillante 
-de la muqueuse au moyen d'une pince à polypes qu'il confle à un aide, 
place la ligature au niveau de la base du repli muqueux en exerçant une 
traction lente et continue jsur les deux chefs du tube élastique qu*il noue 
Bolidemenk. La muqueuse devient immédiatement bleue, puis noire et le 
soir même de Fopération la tumeur est flasque. Elle se détache du 
quatrième au septi^e jour, laiâ^ant une surface granuleuse qui se cica- 
Irise en quelques semaines. 

Les complications de l'opération sont la douleur, la rétention d*urîne, 
6l le gonflement qui peut mettre obstacle aux évacuations anales. Mais 
fauteur est si satisfait de son procédé qu'il rapplique sans crainte, môme 
aux sujets âgés. l. oalliard. 

VUl. — Il a été observé depuis 1877, à la clinique de Czerny, 
4S cas de cancer du rectum, dont 29 chez des individus de 40 à 60 ans ; 
W concernaient des hommes, 13 des femmes ; 42 étaient des cancers 
le plus souvent circulaires ou à peu près circulaires de la muqueuse, 
i un épilhéliome pavimenteux de Tanus. 

L'examen microscopique, pratiqué dans 36 cas, a donné 26 fois des 
carcinomes à cellules cylindriques simples, 7 fois des carcinomes cylin- 
driques en partie colloïdes, en partie alvéolaires, i fois un épithéliome 
pavimenteux. La différence de structure histologique n'implique pas 
d'évolution clinique spéciale; cependant il semble que les cancers cylin- 
driques simples ont une marche relativement f ivorable. Les ganglions 
inguinaux ne sont pas, comme l'avance Von Winiwarter, pris,'dans le 
cancer du rectum, avant les ganglions qui entourent le rectum ; tout au 
plus le sont-ils quand le cancer s'étend de bonne heure autour de Tanus. 

L'extirpation du rectum a été toujours et en totalité exécutée, sous les 
précautions antiseptiques les plus rigoureuses, par le procédé de Volk- 
mann à incision médiane postérieure, détachement circulaire de l'anus 
et suture préalable de Textréniilé supérieure du rectum. Cette dernière 
condition est très importante, d abord parce qu'elle s'oppose à la rétrac- 
lion cicatricielle de la muqueuse pendant la guérison; ensuite parce 
qu'elle prévient l'infection de la plaie pai' le contenu du rectum. 

La conservation de petites portions de la marge anale ou de minces 
lambeaux de muqueuse est condamnable parce qu'elle favorise les 
récidives. 

La résection du coccyx est le plus souvent inutile et doit être évitée le 
plus possible, parce qu'elle complique notablement les conditions de la 
plaie. 

Le pansement à riodoforme donne, dans Textirpation du rectum, de 
bons résultats. 

25 opérés n'ont donné que i mort, soit 4 0/0 de mortalité. 11 des 
opérés sont encore vivants dont 9 sans récidive, bien qu'ils aient été 
opérés depuis plus de 3 ou 4 ans ; on peut donc très vraisemblablement les 
considérer comme guéris. Guérison définitive : 12 0/0 des cas. 



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876 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

Dans les carcinomes rectaux durs, rétractés, très étendus et par con- 
séquent offrant peu de chances de guérison radicale, il ne faut jamais 
recourir au raclage, qui ne donne que de mauvais résultats, mais tou- 
jours à la colotomie qui supprime les principaux accidents et permei 
une survie de plusieurs années. de s.\Nn. 

IX. — L'auteur propose, pour rendre l'intervention chirurgicale, dans 
le cancer du rectum, plus facile, moins sujette aux compUcations, de 
pratiquer tout d'abord la colotomie, puis secondairement et à plus ou 
moins longue distance l'extirpation du néoplasme. 

La colotomie n'est plus une simple opération palliative. L*auteur cirée 
une voie de dérivation complète, en obturant le bout inférieur de l'in- 
testin et supprimant ainsi le passage des fèces, cause d3 douleurs, d'irri- 
tation. La tumeur rectale, est pour ainsi dire, isolée et une fois le cours 
des matières bien assuré, on peut songer à l'ablation du cancer. 
M. PoUosson a pratiqué une fois cette opération ; il a choisi la région 
iliaque comme siège de l'anus contre nature. Une fois l'intestin dégagé, 
il le sectionne en travers, et repliant quelques millimètres des bords du 
bout inférieur, les refoulant par invagination, il suture cet orifice par 
cinq points de suture au catgut ; Tintestin est oblitéré complètement. 
L'autre bout est fixé, d'après les procédés ordinaires, aux lèvres de la 
plaie. 

L'auteur n'a pu, vu l'état de la malade, pratiquer la seconde opéra- 
tion. ▲. c. 

Biagnottio clinique des néoplasmes de la vessie, par F. 6UT0N {Ann. des 
maladies des organ. génit. urioaireSy novembre 1884). 

Pour le diagnostic des tumeurs de la vessie, et pour poser les indica- 
tions de l'intervention, le chirurgien, d'après Guyon, sans négliger toute- 
fois l'exploration directe, doit tenir le plus grand compte des symptômes 
fonctionnels. Ceax-ci sont au nombre de ti*ois : Vbémalurie, la douleur 
et les troubles de la miction. 

L'hématurie est le seul symptôme à peu près constant : elle a une très 
haute valeur séméiologique et devient pour ainsi dire pathognomonique, 
lorsqu'elle apparaît spontanément, se reproduit facilement et fréquem- 
ment, lorsqu'elle dure longtemps. Il faut cependant savoir distinguer les hé- 
maturies d'origine vésicale de celles que déterminent les tumeurs du rein. 

La douleur et les troubles de la miction ne constituent des symptô- 
mes ni précoces, ni constants; ils n'acquièrent de l'importance, au point 
de vue séméiologique, que s'ils se combinent avec l'hématurie qui vient 
leur donner sa note caractéristique. Cependant, l'étude du symptôme 
douleur peut jusqu*à un certain point aider au diagnostic différentiel des 
tumeurs bénignes et malignes. 

L'examen de Turine fait aussi parfois rencontrer des parcelles de néo- 
plasme, qu'il est possible de soumettre à l'examen microscopique. 

L'exploration directe de la vessie par la sonde métallique ne donne 
souvent, surtout dans les cas de papillome, que des renseignements très 
insuffisants. En outre, le cathétérisme détermine quelquefois des hémor- 
ragies graves et provoque l'éclosion de la cystite. Quant au toucher 
rectal, combiné avec le palper abdominal, c'est un excellent mode d'ex- 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 277 

ploration, car il indique si la paroi est envahie dans toute son épaisseur 
et, par suite, si rablation de la tumeur peut être tentée. 

Dans la plupart des cas, Guyon ne croit pas nécessaire d'inciser 
avant ropération soit la vessie, soit l'urètre, et d'aller explorer avec le 
doigt la cavité vésicale pour compléter le diagnostic. Néanmoins, lors- 
qu'elle est indispensable, cette incision exploratrice devrait être pratiquée 
par la voie hypogastrique plutôt que par le périnée. Car, si des tenta- 
tives d'ablation vont succéder immédiatement à ces manœuvres d'explora- 
tion, l'ouverture sus-pubienne les rendra plus faciles, plus complètes et 
plus efficaces. En somme, le chirurgien de Necker regarde comme excep- 
tionnelle l'indication de Vexploration digitale de la vessie par la voie péri- 
néale, telle que la pratique et la préconise sir H. Thompson, r. jamin. 

Leçons sur l«s maladies des voies urinaires, par RELIQUET (Un vol. iii-8<», 

Paris, 1885; . 

La première de ces neuf leçons constitue un chapitre de physiologie . 
normale : le mécanisme de 7a miction^ chez l'individu sain, y est étudié 
dans tous ses détails et ses différentes phases (distension physiologique 

de la vessie, besoin d'uriner, effort initial, jet, coup de piston, etc ) 

Les différences qui existent dans la miction de la femme et de l'enfant 
sont ensuite exposées, et enfin la leçon se termine par rinfiuence du 
système nerveux sur Tappareil excréteur de l'urine. 

Dans la seconde leçon, Tauteur passe en revue les spasmes de la 
vessie et de Furètre et les diverses affections qui les déterminent. 
Pour la vessie, ce sont les affections des reins, les corps étrangers intra- 
vésicaux, les altérations organiques péri-cervicales, différentes affec- 
tions de l'urètre profond^ de la prostate, des conduits éjaculateurs et 
des vésicules séminales (notamment la tuberculisation de ces organes), 
et enfin les maladies de Taxe cérébi*o-spinal. Pour l'urètre, nous trou- 
vons signalés les rétrécissements péniens, l'atrésie du méat, l'élongation 
et l'ôtroitesse congénitale du prépuce, les inflammations aiguës du canal 
dues à la blennorragie, à la cowpérite ou à la présence de corps étran- 
gers arrêtés dans l'urètre antérieur; puis viennent des causes d'ordre 
purement génital, des causes de nature ano-rectale (telles que constipa- 
tion, hémorrhoïdes, fissures....). La fin de cette leçon est consacrée à 
l'étude de l'action du chloroforme sur l'urètre et la vessie. 

Les sept autres leçons traitent des stagnations d'urine, que leur cause 
soit urétrale (surtout par rétrécissement) ou prostatique. C'est cette 
dernière qui est principalement étudiée dans sa physiologie patholo- 
gique et ses symtômes, ceux-ci se divisant en : l*" période latente ; 
2^ période d'excitation, et pouvant se compliquer finalement d'altérations 
diverses du côté des uretères et des reins, de la prostate et des voies 
séminales. L*état des urines, comme qualité et quantité, et surtout leur 
transformation ammoniacale, tiennent une large place dans ce complet 
exposé clinique, ainsi d'ailleurs que la relation existant entre la stagna- 
tion urinaire et les états généraux, ceux-ci ayant sur elle une influence 
manifeste et réciproquement. 

Quant au traitement, il varierait, d'après l'auteur, suivant que la 
stagnation est à sa période latente ou à sa période active. Dans ce der* 



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S7S REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

nier cas, la «onde à demeure semUerait préférable aux cathétérifine» 
répétés pour assurer le repos physiologique el organique de Tappareil 
de la miction. Toutefois, les auti'os moyens tbérapeuiiques ne doivent 
pas êti^e oubliés; tels sont la mé<Ucatian calmante, les soins hygiénique» 
de la vessie, voire même les opérations chirurgicales destinées i assurer 
un libre écoulement à Turine, la boutonnière périoéale ou hypogastriqn» 
par exemple, si souvent pratiquée à réiranger. a» dUUM. 

I«çaM sur Im twaaurt 4a la fawia ai aar fvalqMa ^aiata ée la ekirarfia éta 
T«ia« orâMkaa, yar «Lr H. nOMKOlI, tméattai yar R. JàMlB {Um mi. im^ 

Péri*, ieS5>. 

Les quatre premières leçons de cet ouvrage, qui en comporte dix, 
traitent des tumeurs de la vessie. L'auteur commence par exposer 
l'application toute nouvelle qu'il a laite de l'opération, préconisée autre- 
fois par les anciens chirurgiens français sous le nom de boutonnière 
périnéale : il se sert d'abord de cette incision urétrale pour Texploration 
digitale de la vessie, c'e^t-à-dire pour le diagnostic des tumeurs ou 
autres états morbides du réservoir urinaire à l'aide du doigt introduit 
dans cet organe par la voie périnéale ; et il utilise ensuite cette même 
incision pour les manœuvres d'ablation qu'indiquent les rensetgnemenU 
ainsi obteaus par le toucher direcU Ne se contentant pas de développer 
le côié clinique et pratique de son sujet, en iaisant connaître son numiel 
opératoire et les résultats que ce dernier lui a fournis, Thompson envi- 
sage également les tumeurs vésicales a un point de vue plus théorique ; 
c*est ainsi qu'il en étudie les caractères microsoopiques et qa'û arrive à 
en établir une classification, en s'appuyant à cet égard sur les cas 
observés par lui-même et aussi sur les nombreuses pièces an«toBK>- 
pathologiques que renferment les musées de Londres, et dont qualfuee» 
unes sont reproduites par la gravure dans cet ouvrage. 

La cinquième et la sixième leçon sont consacrées à Tétude de diffé- 
rents troubles fonctionnels de la vessie, résultant de l'inertie du nMiscle 
vésical, inertie soit spontanée et primitive, soii déterminée par l'hypaif- 
trophie de la prostate, par une afi'ection des centimes nerveux, l'aiaxia 
locomotrice notamment, ou par une inflammation ou un traumatisiae 
instrumental de là vessie elle-même. Quelques considéralious très 
usuelles sur les moyens d'éviter les dangers immédiats ou éloignés da 
cathétérisme et d'en obtenir^ au contraire, les plus grands bénéfices 
pour le sMlade, terminent ces deux leçons, qui, réunies, constituent aen. 
chapitre séméiologique important de la patbologie urinaire. 

Viennent ensuite trois leçons siir le traitement chirurgical des calouis^ 
vésicaux par la lithotritie et la taille. L'auteur a au y faire entrer à la 
fois l'historique complet de la question, depuis les anciennes UiUaa^ 
et la lithotritie de Civiale à séances courtes et répétées jusques et f 
compris la Itthoiapaxie en une seule séance prolongée de Bigelow^ La 
diagnostic des calculs^ les différents modes opératoires, leurs indica* 
tiens relatives, et enfin il «goûte aux statistiques de plusieurs célébras^ 
praticiens anglais la sienne propre, portant sur plus de 800 lithotritiesaMi 
tailles. Quelques pages soat aoogrdéea aux modifications moderoesde la 
taille hypgfpaslrique (procédé da Petarsai^ à la i» da la neuvièaM laçao.. 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THÉRAPEUTIQUE CHmURGICALE. S3ê 

Le troîleiaeRt des rétrécisftements de Tupètre, principaiement Jpw 
Furétrotomie èiiieme, est <1évdo^ dans la dernière leçon. Le firooééé 
opératoire <!• Thompson, inspiré en partie par oelut de Giviale (section 
des tissus fttdtirés d'arrière en avant), n't*€rt généralement, pas prattqtté, 
comme règle da moins, paries chinir^ens français, qui donnent habi'*' 
turOement la préférence aux instruments munis d'un condiict.ur, dont 
Turétroloine de Maisonneuve est le type. Néanmoins, il est inléressatrt 
d'étudier les résultats qu'n fournis jusqu'à présent à Thompson remploi 
de sa méthode personnelle. 

Un^'and nombre d'annotations, ajoutées par R. Jamin, le traducteui;, 
permettent de comparer les rappi^ochementsei parftôs les divergences qui 
existent dans la pratique da chinr^ieii aftglais ^ •dans^Mlie <ls ^iroiw* 
•etir Gujon et de ses élèves. jl. c 

Patliofféflfta Om ftstnln mVmctttn, paor I. dCSm. {Thèse tb» P«rn, »*m, 

La pathogéniedes fistules ombilicales pourrait, d'après ratrtewr, être 
ainsi dassifiée : 

1** Fistules consécutives a ira processus inflammaloire à marche aiguë 
(péritonite suppurée déterminant un abcès au niveau ou aux environs te 
la cicatrice ombilicale ; péritonite puerpérale, péritonite idiopatbique de 
Penfance (Gauderon), péritonite perfoianle de Féiéol). 

2® Fistules consécutives à uae phlegmasie chronique du pécilaine 
(péritonite tuberculeuse^, kystes hydatiques,.^.). 

3*" Ftstnles enléro-einbiitcales (faeroiawes, éiverbioulaires, ou confié* 
cutives à la présence d'un corps étranger ou d^entesoatres). 

4* Fistules ombiHcales d'origine hépatique (caltuls biliaires,'kystes hy- 
datiques ou abcès du foie). 

5* Fistules urinaires, crinsccutives a une perméabflrté permanente de 
l'ouraque, les unes conc/én Haltes, que le suj-^t soiiaflecté ou non d'un vie» 
de coni6i*mation des organes génito-urinaires empêchant Turine de s^é- 
couler au dehors par les voies miturelles ; les autres, survenant chei 
TMduUe^ plus ou moins kw^rtemps après la naissance, par Touraque resté 
perméable, eâ a ta suite d^uii obetade aueoors de J'iirioa. a. Aàmm. 



L — «ilMr Bm iuMu — at ataia (Galenlt da l*iiréir<, par PâETSCSl ^mtmÉm 
med. Woch., n* 7, 1t«4). 

II. — Calcul nréiral, par FOLBT [BalUiin Soe. chir., p. 25, 1884). 

m.-* CalMfciyifa âiwr % aaoli d op p elaaH iff 9rmmnm fcliwa àmék BUhm 

(Anovia «a Aîk Som due A facctasioa Sas èèvx arvtliraa par êva oakmla), far 
BGCft iPtfUtsche med. Woch. a* % 1S84). 

ly. — EKtraordiauirj aai probablf mtAq^ casa of stana in tha bUddar« par 
A* PATZEUAN \Gia^, mmU jQurm,,p. AQB, juin iâS4^ 

L — Gar^A da 6 ans chez qui fauteur reronnatt Texisteoce d*un calcul 
logé dans la portian péuieaae da l'urètre. C'est à Vé^ de trois mois que, 
d'ai^rès les rensaignemeuts de la mère, les tiH>4ibles de la miction ont débuté 
chez le jeune sujet. Puis un médecia constata une tumeur au pèrliiée; cette 
tumeur chemina vers le méat, et actuellement elle siège à une peiila distaAca 



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f80 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

de cet orifice; elle est dare, inégale, immobile, longue de 4 centimètires. Le 
cathétérisme fournit à l'observateur la sensation caractéristique. 

L*auteur, ne pouvant songer à Textraction directe, incise Turètre sur une 
longueur de 3 centimètres et trouve cinq calculs fixés dans une loge fibreuse, 
qui communique avec Turètre et dont les parois sont foimées par une trans- 
formation scléreuse du corps caverneux. Les calculs étant enlevés, le calhélé- 
risme devient facile, la vessie ne contient pas de pierre. Pansement à Tiodo- 
forme, guérison en quatre semaines. 

Les petits calculs, constitués par de Tacide urique, de Turate de soude et 
des phosphates, s'articulent les uns avec les autres par des facettes 
aplaties. l. galliard. 

II. — Dans le cas dont il s'agit, le malade n*avait que qninzeans, et la maladie 
datait de 8 années. Le calcul , bien que volumineux, du poids de 90 grammes, 
ovoïde, allongé, mesurant 4 centimètres 1/2 de diamètre sur 2 1/â, n'avait 
point mis obstacle à la miction. I^ vessie se vidait bien, la cystite n'apparut 
que 6 semaines avant l'intervention. Toutefois les envies d*uriner fréquentes 
et impérieuses étaient tellement pressantes que le malade souillait son lit et 
ses vêtements; le calcul fut enlevé par la taille périnéale. 

Ce qui fut remarquable, c*e8t la rapidité de la guérison, qui fut complète au 
bout de i 5 jours. l. jullieiv. 

III. — Un homme de 59 ans, ayant eu dans son enfance des coliques né- 
phrétiques, qui se sont renouvelées plus fréquemment à partir de l'âge de 
47 ans, est atteint d'un accès violent le i*^ novembre i88â avec douleurs à 
gauche. Il a trouvé dans l'urine, quelques jours avant, de fins débris calculeux. 
LeiO décembre, il émet un calcul, puis les douleurs cessent. Le 14, il éprouve 
quelques douleurs à gauche et émet le soir de l'urine claire. A partir de ce 
moment, anurie durant dix jours. 

Le 15 novembre, après un vomissement nocturne, le malade est dans un 
état normal. Pas de fièvre, pas de céphalée. 

Le 20 novembre, ou constate que la vessie est absolument vide. L'eupboiîe 
persiste. Pas de vomissement. 

C'est le 23 seulement que l'agitation commence. Convulsions fréquentes 
des membres supérieurs, puis des inférieurs et contractions des musclesdudos. 
Mais il n'y a pas d'anxiété; la mort arrive le 24. 

Autopsie. Le rein droit modérément tuméfié a pei*du presque complètement 
sa substance médullaire ; les calices et le bassinet dilatés contiennent du 
sable fin et plusieurs petits calculs. I /uretère présente à son origine un calcul 
gros comme une cerise qui oblitère complètement la lumière de ce conduit. 

Le rein gauche offre des particularités analogues; le bassinet ne contient 
que du sable. L'uretère est bouché par une concrétion grosse comme un 
haricot, fixée à 5 centimètres de la vessie. 

Les calculs sont constitués par des urates et dos phosphates, l. galuard. 

IV. — I^ malade," qui fait l'objet de cette curieuse observation, avait eu, 
àTâgede 17 ans, une rupture traumatique de l'urètre avec lacération du péri- 
née, et en avait gardé une fistule urinaire périnéale. Sept ans plus tard, en 
1852, commencent à se montrer les premiers symptômes révélateurs d'une 
pierre dans la vessie. En 1872, poussé à bout par la douleur, le malade arrive 
à toucher son calcul par sa fistule périnéale, le fracture d'un coup de ciseau 
à froid, en détache et extrait un fragment pesant une once environ. Deux 
heures après, pendant que le patient se promène dans sa chambre en proie à 
de vives souffrances, la pierre s^échappe spontanément à travers la plaie 
périnéale, tombe à terre et s'y brise en 2 fragments. Elle pesait en tout 
496 grammes, et mesurait 10 pouces 1/2 dans la grande circonférence, 
8 pouces 1/2 dans la petite. — Guérison rapide sans incident. — Mort acciden- 
telle en 1883. 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE. «81 

A cette observation est jointe la photographie, en grandeurnaturelle, 
du calcul, et le relevé des pierres les plus volumineuses déjà 
observées. à. ch. 

L — Ueber das primftra Blatancarcinons, par BORDE {Archlv fur Gynœkohgie, 

Baad XXIV, Heft 1). 

IL -* Bamarknngan uabar dia Oparationan iniravatikalar Tomoran (Ramarques 
sur las opérations da tumaurt intravésicalas), par WITTELSHOF JSR (Wiei}« 
med. Wocb,, d* 52, 1888]. 

m. — A casa of flbrous polypous tamour of tha bladdar succassfùlly ramovad, 
par BERKELEY BILL {Medico-^bir. Traos,, LXV, p. 45). 

¥. — Ezstirpation ainas papillâran Adanoms dar Hamblasa (Extirpation par 
la vagin d'un adénoma papillaira da la vassia) , par R. KALTENBAGH 
{Arcb. /. kliû. Chir., t. XXX, p. 659). 

I. — Sous le nom de cancer primitif de la vessie, Tauteur comprend 
des tumeurs qui prennent leur point de départ dans la vessie, dont la 
structure ressemble à celle des glandes épithéliales et dont les cellules 
sont pour la plus grande partie le produit de la prolifération de véritables 
cellules épithéliales : ces tumeurs ont une tendance à détruire les parois 
de la vessie et à former des métastases. Des faits qui ont déjà été pu- 
bliés et des deux cas qu'il a observés, résulte pour l'auteur cette conclu- 
sion que, si le cancer primitif est très rare dans la vessie, comme toute 
espèce de tumeur en général, son existence toutefois ne saurait être 
contestée. La plus grande fréquence chez l'homme du cancer primitif de 
la vessie peut s'expliquer par le développement anormal d'éléments pros- 
tatiques siégeant dans les parois vésicales ; mais cette explication ne 
peut être appliquée à tous les cas et elle ne s'applique pas aux cancers 
développés chez la femme. 

La fréquence du cancer primitif est établie par les chiffres suivants : 
à l'Institut pathologique de Berlin, de 1859 à 1868, il a été enregistré 
d*après Heilbom, 7 cas (3 femmes et 4 hommes) sur 4,774 autopsies; et 
de 1868 à 1881, 3 cas (2 hommes et 1 femme) sur 7,037 autopsies (Hu- 
senclever). 

La plupart des auteurs reconnaissent avec Winckel que la forme 
papillaire est la plus fréquente. C'est à celte forme qu'appartiennent les 
cas de Watson, Plozl et de Boston, le cas de Winckel et les deux de 
l'auteur. Des 10 cas recueillis par Heilborn, 5 présentaient cette forme. 11 
est à remarquer que le cancer primitif à forme papillaire est plus fré- 
quent dans le sexe féminin. Dans un cas d'Heilborn et dans un cas de 
Mûller, il s'agissait d'un myocarcinome. h. de brinon. 

II. — Les tumeurs de la vessie doivent être divisées, au point de vue 
pratique, en deux catégories: les pédiculées etlessessiles; les premières 
sont faciles à opérer et ne récidivent pas, tandis que le pronostic des 
autres est beaucoup plus grave. 

Dans tous les cas où l'exploration par l'urètre ne renseigne pas d'une 
façon suffisante, il est utile de pratiquer l'incision de la vessie d*après le 
conseil de Thompson : c'est à l'opération hâtive que les malades devront 
leur salut. 



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232 B£VUE BBS SGIENGBS MEDICALES. 

Voici un cas où Dittel regi>eite de n'avoir pas pratiqué k taille : 

Le siyet esl un médecin. russe de M ans. qui a depoisplasienrs anaées des 
hématuries; il a employé sans succès la médication interne et les iaieciioaB. 
On lai fait un grand nombre d'injections d*eau froide, et il quitte l'hôpital 
le 22 juillet 1881. 

11 revient le 22 aoM i882, et raconte que les hématorîes se sont repro- 
duites. Il urine du sang en graade abondance, et se trouve dans un état 
d*anémie extrême. Les injections lui causent de vives douleurs; celles qu'oA 
fait avec la sonde d'Ultzmann sont cependant mieux supportées qœ les 
autres. 

A plusieurs reprises, Dittel songe à une opération, car le diagnostic de 
tumeur vésicale a été posé, OMis le mqet eet si fiiibie, ai anéaùque qae !• 
chirurgien ne se décide pas a la faire. 

Le malade vit jusqu'au 28 mars 1883. 

Autopsie. Reins contenant plusieurs abcès; inflammation des uretères dila- 
tés. La vessie dilatée, à parois rigides, est recouA-ertc sur une granïe partie 
de sa face interne (le fond et le sommet sont respectés) par une masse moUe 
hérissée de fines papilles, épaisse d*un centimètre et qui ne paraît s'im- 
planter que sur la muqueuse. La tunique musculaire est épaissie. 

L'ouverture de la Tessie aurait sinon guéri, du moins notablement sou- 
lagé le malade en lui évitant le ténesme vèsical, les crampes doulou- 
reuses et les souffrances provoquées par les injections, l. galuahd. 

m. — Femme de 40 ans, prise au commencement de janvier 1881 de 
symptômes de cystite, avec béniaturtes pendant près d'un mais. A partir de 
lévrier le saag ne réparait qae par intenatiteace dans l'ariae, mats la eyalal» 
gie persiste, entrainant le beBoia d'uriner et l'insomnie. Eti avril, avartemaaft 
de 3 mois qui fatigue la ma'ade. £a juin, élimination par l'urètre d*ua volu- 
mineux caillot librineux qui soulage la malade; néanmoins, les mictions 
restent fréquentes et purulentes, en dépit d'une amélioration momentanée 
provoquée par des bains de mer chauds. 

Vers celte époque, ayant consulté le D' Penhall, celui-ci, après l'avoir chlo- 
roformée, dilata Turètre et découvrit sur le plancher de la vessie une tumeur 
encroûtée de sels pho^phatiques. 

Au mois d'octobre, après avoir répété Texplo ration et «'être aseuré qat la 
tumeur était pédiculée, on introdaisit, par l'urètre dilatée, l'oase d'un écra» 
seur et l'on enleva la iumeur pi^e^que sans hémorragie. Deox jours après 
l'opération, l'urine redevint acide, et huit jours après la malade n'avait plus 
d'incontinence vésical. Au bout d'un mois la ^uérison était complète. 

Le polype, examiné au microscope^ fut reconnu pour un fibrome, variété 
rare, d'un pronostic bénin. h. iu 

IV. — Une femme de 44 ans, atteinte depuis S ans de violentes hématuries 
et de douleurs véstcales, se présenta a Hauteur qui, après dilatation de l'urètre, 
reconnut p«r Texploration digitale une tumeur de la paroi antériture de la 
vessie. Cette tumeur avait le volume d «ae noix et présentait au toucher aaa 
apparence villeuse; elle était demi-oftolle, friable et adhérait à la paroi par mi 
pédicule d^ la largeur d'une pièce de 2 fraocs. La paroi vésicnle ne sesubUt 
pas complètement traversée par la tomeor. Kalteubach lii alors sur la paroi 
vésico-vaginale une boutoanière médiane de 3 cent, i/2 de longueui et es^Aya 
d'attirer, avec des pinces et des érignes, la tumeur dans cette ouvei-ture; il 
n'y réussit qu'en saisissant la paroi antérieure de la vessie elle-même, parce 
que le tissu du néoplasme cédait sous la pince. La paroi vésicale iu versée, il 
passa phisieurs fils de soie sous la base de la tumeur, les noua profondément 
et excisa, toute la masse avec le bistoori, les ciseaux et le thermo-cautère. La 
fistule véstca-vaginale fut fermée par B satures métalliqves. Au bout 4a 
86 heures, les urines étaient limpides, au bout de 14 jours le pédicuialié 8'M<» 



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PATHOLOGIE BXTERNB ET THSUP£imQU£ GflIRURGICALE. Ut 

mioa avec les fils par l'urètre; au 16* jour les svtnrQs fbi«at eolevées. La 
fistule vésico-vai^ale avait guéri par première intentioa. L exameu biatolo- 
gique de la tumeur, pratiqué par Bostrom, montra qu'il s'agissait d*ua adé- 
nome papillaire développé aux dépens des follicules de la mu<|ueuse. 

Des opérations analogues avaient déjà été faites par Sclialz et par 
Norton; Simon même avait extirpé un pHpillome de la paroi antérieure de 
la vessie, mais en passant à travers une large fistule vésico-vaginale 
d*origine puerpérale. L'incision en T conseillée par ce chirurgien, serait 
indiquée dans les tumeurs à large base d*impIantaUon; dans la plupart 
des cas cependant la boutonnière médiane est suffisante. d£ sanh. 

Ob «zlàliaiiiig cjttitia, par iamiMon HURRT [Edinb, mêd. Journ^ p. lOOû» 

Une femme de S4 ans, enceinte de 4 mois, se présente à Thôpital, souffrant 
de gène dans la miction depuis trois sem^iines. Depuis neuf jours, elle est 
obligée de recourir au caihétérisme pour vi 1er sa vessie. 

A son entrée, on constate que le bas-ventre est tendu, résistant, doulou- 
reux, mata ta percussion ; an toucher, on sent difficilement le col de Tutérus. 
Derrière lai, on sent une tuméfaction considérable gagnant jusqu*aa 
périnée. Diagnostic : rétroversion de Tutèrus gravide. On place la femme 
dans la position génupt*ctorale, et on lui introduit un pessaire à air 
pour redresser Tutérns. Deux jours après, ou constate que Torgane a repris 
sa position normale. 

Mais, en même temps, les douleurs de vessie, les besoins de vomir fréquem- 
ment continuent : bientôt il s^y joint de Tincontineuce complète d'uiàne, 
celle-ci est alcaline, louche, contenant un peu de sang et de pus, et de nom- 
breux phosphates. 

Le 19 janvier, 17 jours après son entrée, la malade expulse, après des 
douleurs atroces, par Turètre une fausse membrane grisâtre, tout à fait sem- 
blable à une escarre gangrenée. La vessie est lavée à grande e>m, et Ton 
voit apparaître une énorme fausse membrane, de 3 pouces 1/2 de long sur 
S 1/2 de large. 

Le lendenniB, état général grave, natisées, poals petit et fréqtwnt, dou- 
Icara Tîoletites. Une ooQvelle Moarre sViiaMue spontaaèmeDt par 1 mrètre« 

21 janvier. NouveUe ex^mUion de fausses membraB^s, à ia maiie de doa» 
laors oaniparables à cellaH de racco4icheai<*nt. Uriae plus abiaidaaie, saa- 
gliinte; frisaoa : état général mauvais (irrigations vésicales avec une solution 
acidulée de quinine). 

Huit joui« après. Tétai général étant oieiJleur, on procède à un exaiaea 
approfondi de la région, et Ton constate que l'es arre gangreneuse éliminée 
n*est uutre chose que la cloison urélro-vaginale. Far Touverlure ainsi faite, 
le doigt peut facileoMiit péaétrar dans la vet^sie, et il est aiaé ée sentir la 
maquause recouverte d'une couche épaisae de pkespkaiea. On oaatiMie las 
lotions intra-vésicales avec une solution acidulée. 

L*état général persistant à être mauvais, on pratique raecoucheaeni pré- 
maturé: à partir de ce mo nent, amélioration ra»)ideet i*éparation de Tescarre 
nrétrale. Sans avoir complètement retrouvé le libre fonctionnement de sa 
iressie, la malade n*est plt» sujette à de rineontinence d urine. b. r. 



BU BaluHidHBif atiiwwm tUMifcatuTlM 4mli BteMnaelniU <Traf%Hiast êm 
eytUUi gravet par U tailla); par MMTin (Wïea. ati. Wéc*., a* ^. 

Weir a réuni 47 <d)S8rvations de taiUd dans les cfsiilds rebellfts 



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fH REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

(R. S. M. y XVIII, 239). Depuis ce travail, on en a publié onze nou- 
veaux cas. Sur le total de 58 cas, il y a 80 guérisons. Pour ce qui con- 
cerne le manuel opératoire, il y a eu 30 fois taille latérale, 5 fois taille 
bilatérale, 10 fois taille médiane, 2 foistaille prérectale, Sfoisuréthrotomie 
externe. 

Trois de ces observations appartiennent à Dittel. La première (suivie 
de mort) a été publiée à propos du traitement de Thypertrophie de la 
prostate (1876). Voici les deux autres : 

1* — Homme de 38 ans, atteint de rétrécissement de Turètre depuis 
1875, avec cystite consécutive. Il entre à Thôpital le 7 décembre 188i. 

Urine trouble, alcaline, contenant du pus. La cathéter pénètre à grand 
peine dans la vessie, détermine des douleurs vives et il est impossible de 
pratiquer une injection sans provoquer des contractions violentes, très dou- 
loureuses. Aussi le traitement local est-il très difficile à appliquer d*une 
façon satisfaisante. 

Le 4 février 1882, uréthrotomie externe dans la portion membraoeuse. Le 
doigt pénètre dans la vessie sans y découvrir de corps étranger; on y intro- 
duit une sonde qu'on laisse à demeure. Lavages réguliers. L*urine devient 
plus claire, le ténesme vésical diminue ; au bout de trois semaines on enlève 
la sonde, la plaie se ferme. Le 25 mars, le malade part guéri. 

2*» -^ Garçon de 12 ans, atteint de cystite, il y a six mois, à la suite d'un 
refroidissement. Il entre le 9 novembre 1882. Il est pâle, faible, amaigri. 
Ténesme. Urine sale, trouble, ammoniacale, contenant des sels, du pus, des 
épithéliums. 

Le cathétérisme est difficile et très douloureux. 

Le 25 novembre, uréthrotomie externe. I^ doigt, introduit dans la vessie, 
rencontre des masses membraneuses, fibrineuses, gangreneuses, qui rem- 
plissent Torgane. On y place une sonde en permanence. Injections deux fois 
par jour. Pansement à Tiodoforme. La fièvre, qui existait avant Topération, 
cesse complètement. Guérison rapide. 

Diltel conseille, comme Thompson, de se contenter de Turétrotoniie 
externe dans la partie membraneuse, qui doit suffire presque toujours ; 
si l'on craint qu'elle ne soit insufûsante, on a recours à la taille médiane. 
Après Tincisiou, il faut fixer dans la vessie le cathéter de Nélaton et 
faire des injections avec une solution d'acide borique, ou encore de ni- 
trate d'argent, de sulfate de cuivre ou d'acide phénique, cela deux fois 
parjour. l. gilliard. 

Traitement da rinflltration d'orina, par Ed. GUILLAUME [Tbhtt de Péris, n. 55, 

1884). 

C'est le résumé de la pratique du professeur Guyon, déjà exposée 
dans différentes thèses de ses élèves et surtout dans ses leçons cliniques 
de l'hôpital Necker. En présence d'une infiltration d'urine urétrale, 
c'est-à-dire succédant ordinairement à la rupture du canal en arrière d'un 
rétrécissement, il faut immédiatement : 

1« Par une incision large et profonde sur la ligne médiane du périnée, 
ouvrir le foyer primitif de l'infiltration, c'est-à-dire la loge périnéale infé 
rieure, dont on sectionne laponévrose superficielle et dont le doigt 
brise ensuite les cloisons celluleuses. 

2* Pratiquer les incisions libératrices et limitantes, nécessitées par 
l'étendue de l'infiltration, incisions ne comprenant que la peau et le tissu 
cellulaire sous-cutané, et non l'aponévrose superficielle. 



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PATH0LCM5IE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. S85 

8^ Panser les plaies antiseptiquement, avec la solution de chloral de 
préférence, pour éviter Tintoxicaiion phéniquée : ne pas négliger un trai- 
tement générai tonique et reconstituant. 

4** Ne songer qu'après une période de repos assez longue (^parfois 
plusieurs semaines) à agir sur la cause première de Tinfiltration, c'est-à- 
dire le rétrécissement, et lever cet obstacle plulôt par Turétrotomie in- 
terne que par la dilatation. h. jamin. 

fitude sur la pnsamaturia, par Gh. ALEM {Thèse de Paris, n*bi, 1884)* 

La pneumaturie est rémission de gaz pai* Turètre. Or, il est à re- 
marquer que si des gaz et de Turine sont accumulés dans la vessie, le 
liquide est expulsé le premier et les gaz né sont chassés qu*à la fln, en 
produisant un bruit de sifflement tout à fait spécial. Ces derniers recon- 
naissent deux origines distinctes : 

i® Ils ont pénétré dans la vessie par une communication anormale 
entre le tube digestif et l'appareil urinaii'e (fistule vésico-inleslinale, 

urétro-rectale ); dans ce cas, la pneumaturie est accompagnée 

d'autres symptômes, tels que le passage des matières fécales par 
Turètre, l'écoulement de l'urine par le reclum, etc.. 

2<' Ils sont nés spontanément dans le réservoir vésical sous l'influence 
de la fermentation de l'urine, et alors la pneumaturie existe seule. 
Cette fermentation s'observe surtout chez les diabétiques, comme Ta 
établi Guiard, d'oii le nom de pneumatmne diabétique. r. jamin. 

Considérations sur la taille hypogastrique : son manuel opératoire, son panse- 
ment, ses suites, par J. 6IR0U (d*Aurillac) (BuH. gén, de thérapeutique, i^août 

1884). 

Même en dehors des conditions de dureté et de volume exceptionnels 
du calcul, la taille hypogastrique devrait être préférée à la lithotritie mo^ 
derne dans certains cas. Celle-ci en effet nécessite une éducation pra- 
tique spéciale, tandis que la taille sus-pubienne peut être exécutée par 
tout praticien et avec les instrumenta de trousse ordinaires (bistouris, 
sonde d'argent, sonde cannelée et quelques pinces). L'auteur s'est tou- 
jours fort bien trouvé du ballonnement rectal, pour lequel d'ailleure un 
simple pessaire-Gariel est sufllsant. Par contre, il regarde comme inu- 
tile et même dangereux le drainage de la vessie soit par les deux tubes- 
siphons en caoutchouc rouge, soit par la sonde à demeure. La présence 
de ces corps étrangers aurait pour effet de retarder la guérison de la 
cystite calculeuse et la cicatrisation de la plaie hypogastrique. Lorsque, 
au contraire, cette plaie n'est rétrécie ni par une suture, ni par un tube, 
ni par un pansement compressif, mais qu'elle est laissée largement 
béante, elle assure un libre et sufllsant écoulement à l'urine, qui n'a 
aucune tendance à s'infiltrer, ainsi qu'il ressort d'un cas observé par l'au- 
teur chez un enfant. Dans ces conditions (sans tubes), la guérison de la 
plaie hypogastrique a lieu en quinze jours, au lieu de quarante jours 
en moyenne(avec drainage). r. jamin. 



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«86 BEVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

1. * 0«btr SntirpatioB der lanblMe, par aUCK {Bêrlim. kUm. Wm*., a* S 

p. 3Î15, a jaia 1881)» 

n. — Eln« naua Méthode der operatlren Behasdlnsg ûmt Bktopia Teslcae 
mittlelst Ezetirpation der Hamblase, par E. SONRBlf BUR6 {Berliaer klinisebê 
Wocbenscbri/t, n. 30. p. 480, ^Juillet 1881). 

III . — Vorstellung eines Falles YonExstirpation der Hamblase, par SONIfEKBURG 
et discussion [Idem, u* 23, p. 356^ 5 Juin 1882. et n» 24, p. 873, njuia lb82). 

IV. _ Ueber Operationen an der Harnblase besonders in Hinsicht auf die 
Ezstirpatioii der Blase bei Botopia Yeeicae lût KrankenTorstrihuig, par 
SaUNBNBURG {Idem, n» 30, p. 471, ^juillet 1882). 

T. — Zor Frage der IVachbehandlung der Ureteren nach Ezstlrpatio Vesicaa, 
par Tb. GLUCK et A. ZELLER {Idem, o* 44, p. 6tô. 31 octobre 1881). 

VI. — Zwei Fâlle Yon operatiYgebeilter lAversio Vesicae, par THIERSGH (Idéta, 
n- 30, p. 471, 2\ Juillet 1882 et a» 24, p. 374, i2 Juin 1882). 

TU. — Svtsre da la yessit, par 6. JULLIARB (Rerae nédicaJû de là Smàsm 

roiMJM/e, ///, p. 27). 

VIII. — Rupture of bladder (întraperitoneal) with fracture of peMs ; laparo* 
tomy and suture of bladder, death, par W.-T. BULL {Med, Nevts, p. 550, 
15 novembre 1884). 

IX. ^ Hernie polypiforme de la Yossie à travers l'or être ches une femme : 
excision de la tumeur au-dessous d'une ligature ; guérison, par A. MALHERBE 
(de Hantes). (Ann, des maladies des org, génit. urin., décembre 1884). 

I. — Gluck a présenté deux chiens vivants auxquels il avait pratiqué 
rexlirpalion extra-péritonéale de la vessie. 

Les animaux ont toujoms survécu à cette opération quand les uretères 
étaient suturés, soit à la paroi abdoininale, soit à Turèlre. Au contraire, 
lorsque les uretères se sont soudés aux parois du rectum, il est survenu 
de rinfiUration d*urine et un épanchement de matières fécales ilans Tab- 
domen, et l'animal a succombé. 

Gluck conclut de ses expériences à la possibilité d'extirper la vessie 
chez l'homme en cas d'afiections incurables graves. 

II, 111, IV. — Sur un garçon de 9 ans atteint d'exstrophie vésicale, chex 
lequel la saillie de la paroi postérieure était trop cousidérale po ir permettre 
de recourir au procédé d'auaplastie de Thiersch (/?. S. 3/., VIII, 307», Son- 
nenburg, encouragé par les résultats des expériences de Gluck et Zollt»r, s'est 
décidé à extirper la vessie, en suturant les uretères dans la gouttière formée 
par le rudiment du pénis. 

Cette opération, faite pour la première fois sur l'homme, a parfaitement 
réussi. Sonneiiburg a refermé la solution de continuité en faisant glisser 
de chaque côté les téguments abdominaux. L'opéré a été dès lors maintenu 
en pernxanence dans un bain. Au bout de deux mois et demi, il possédait 
une cicatrice souple et capable de supporter les appareils. 

Chez deux autres enfants, â^és de 3 ou 4 semaines, Sonuenburg a égale- 
ment excisé la vessie, mais en lais>aiit les uretères en place. 

Sonnenburg n'hésite pas à recommander son opération qui guérit plus 
rapidement les malades que les opérations d'anaplaslie. 

Dans la discussion, Bavdeleben s'élève contre la manière de voir de 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 287 

Saonenbu^. En enlertmi la vessie, ob ne met pas les malades dans de 
meilleiires conditions que ceux chez lisqnels en se borne à des soins de 
propreté. D*autre part, on leur ôte la possibilité de profiter des amé- 
Fiorations dont seront susceptibles les procédés anaplastiques. 

V. — Que faire des uretères, une fois la vessie extirpée ? Chez les 
chiens, le résultat le meilleur a consisté à les fixer dans la paroi abdomi* 
nft&e. Mais^ chez Thomme, le proeédé a de graves inconvénients cosmé- 
ti(|M&. 

Après de nouvelles expériences sur des cadavres humains, Th. Gluck 
et A. Zeller recommandent le manuel opératoire suivant : 

La vessie ayant été extirpée extra-péritonéalement, on fait une uré- 
trotomie externe. Avec une pince» on va saisir les uretères et on les 
attire au niveau de la plaie urétrale oii on les suture. 

Puis on désinfecte le petit bassin et Ton referme la plaie abdominale. 

Eu agissant ainsi, on a une opération aisée, n'exposant nullement à Vïa- 
fillration urineuse. 

U est facile de remédier par la prothèse à Técoulement de l'urine par 
la plaie d'urétrotomie. 

VI.— Thiersch est loin de considérer comme un progrès Topératioa de 
Sonnanburg. 

Chez une fillette de 7 ans, qui, outre Texatrophie vésicale et Tabsence de 
symphyse» oXCrMit une bifidité du clitoris, une absence du vagin el un utérus 
bicorne» Titierseh, une fois la nouvelle vessie faite, Ta mise en communication 
avec te recttun au moyen* d'un enlérotome de Sanson. 

Cette enfant, opérée il y a six mois, retient ses urines pendant 3 heures. 

Dans la discussion du ll^congi*èsde la Société allemande de chirurgie, 
Billroth tout en reconnaissant le résultat actuellement favorable obtenu 
I>ar Thiersch, se demande si le passage des urines par l'intestin n'amè- 
nera pas leur décomposition et des rectites. ^ 

Billrnthn'a vu qu'une personne affectée d'exstrophie vésicale atteindre 
Vk^e de 43 ans. Selon lui, la mort prématurée et l'insuccès de toute opé^ 
ration dans cette infirmité, s*expliqueift par le développement plus ou 
moins rapide d'une pyélite, causée vraisemblablement par la déviation 
angulaire des uretères. En effet, aucune opération ne peut s'opposer 
à raction des intestins, qui pressent sur la paroi vésicale postérieure. 

Chez un de ses opérés, Billroth a constaté en outre de nombreux cal- 
culs phosphatiques dans la vessie nouvelle. 

Depuis 1867, Thiersch a traité 20 cas d'exstrophie vésicale dont 16 ont 
guéri. Des 4 morts, 2 sont dues à une péritonite, 1 à un érysipèle et la 
dernière à la pyélite préexistante. Surlescausesde cette pyéhte, Thiersch 
est en désaccord avec Billrolh, car, pour lui, la dilatation des uretères et 
du bassinet remonte à la vie intra-utérine. 

Deux fois seulement, il a trouvé des formations calculeuses chez ses 
opérés; dans l'un des cas, les calculs s'expliquaient par la configuration 
anfractueu>e du nouvel organe ; dans l'autre, par un développement de 
poils sur un lambeau transplanté trop tardivement. 

Parmi ses 3 opérations fructueuses, Langenbuch compte un vieillard 
de 75 ans (/?. S. 3/., II, 244 et 353; V, 672 et 673; VII, 317 : X, 272 et 
627; XUr, 469; XV, 682; XXI, 701 et XXIII, 344). 

VII. — Femme de 40 ans, ayant un kyste de l'ovaire pour lequel Julliard 



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288 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

lui pratiqua rovariotomie; la tumeur, énorme, adhérait de toutes parts. En 
séparant ces adhérences avec les doigts» la paroi postérieure de la vessie se 
fendit en travers sur toute sa largeur, soit sur une longueur d'au moins 
12 centimètres. Bien que la cavité de Torgane fût béante, il n'y eut pas 
d*épanchement d'urine, grâce à la présence de la sonde. Aucune hémorragie. 

Suture de Lembert, au moyen de 15 fils de catgut ne comprenant pas la 
muqueuse vésicale. Les suites furent des plus simples; la température ne 
dépassa jamais 38^ Durant les deux premiers jours, urines sanguinolentes; 
le 6° jour elles étaient redevenues normales sans avoir jamiis été purulentes. 
Le 6® jour, enlèvement de la sonde à demeure. I-^ iO« jour, première miction 
spontanée. Les besoins d'uriner furent fréquents jusqu'à la 3* semaine. 

6 mois plus tard, cette femme ayant succombé à un cancer du foie, Julliard 
put faire son autopsie.' La cicatrice de la suture vésicale formait une ligue 
d'un blanc nacré : pas de trace des fils de catgut. En revanche^ un des fils de 
soie qui avaient servi à lier le pédicule du kyste était encore visible. 

La suture de la vessie n'a encore été exécutée que deux fois chez 
l'homme pour des ruptures accidentelles, par Willett d'abord (/?. S. J/., 
X, 672) et ensuite par Healh (Medic. Times and Gazelle, 15 mars 1879). 
Les 2 opérés succombèrent et leur autopsie montra que les sutures 
n'avaient pas tenu et avaient laissé l'urine s'écouler dans la cavité péri- 
tonéale. j. b. 

VIII. — Un homme de 46 ans tombe d'une hauteur do 16 pieds, il est apporté 
à l'hôpital sans connaissance On constate des plaies contuses de la tempe, 
une fracture du radius gauche et une fracture du bassin. La sonde retire de 
l'urine sanglante. Les accidents consécutifs ne laissèrent pas de doute sur 
l'existence d'une rupture de la vessie, et Bull pratiqua la laparotomie. On 
trouva dans le tissu sous-péritonéal une assez grande quantité de sang extra- 
vase; dans la cavité péritonéale il y avait plusieurs onces de liquide, proba- 
blement de Turino. Les intestins furent rejetés, enveloppés de linges chauds, 
sur le veatre et Ton procéda à l'examen de la vessie. Il existait une ouverture 
de trois quarts de pouce à la paroi postérieure. La suture fut faite au moyen 
de sept fils de soie phéniquée, la plaie abdominale refermée en laissant un 
drain dans l'angle de la plaie. Une sonde à demeure fut placée dans Turètre. 
Le malade mourut sept heures après l'opération et, à l'autopsie, on constata 
que les deux points de suture les plus inférieurs laissaient passer un peu de 
liquide. a. g. 

IX. — Femme de 30 ans, à bassin rétréci, ayant déjà eu deux accouche- 
ments très laborieux qui ont nécessité l'emploi du forceps. Depuis le dernier, 
remontant à quelques mois, elle a des mictions douloureuses et difficiles et 
elle ne vide sa vessie que très incomplètement. En outre, depuis lors, elle a 
vu apparaître entre les lèvres du méat urinaire une petite tumeur rosée, et 
non rouge comme les polypes, molle et du volume du petit doigt. Celte tumeur 
s'attire facilement au dehors et tient manifestement à la paroi inférieure de 
l'urètre à laquelle elle adhère par un large pédicule; cependant, à mesure 
qu'on l'attire, elle se pédiculise de plus en plus. Elle se réduit à demi, mais 
non complètement. Le diagnostic cystocèle urélrale ayant été posé, sur la 
demande de la malade, la tumeur est solidement liée le plus haut possible et 
retranchée d'un coup de ciseaux. Guérison rapide et complète sans inconti- 
nence d'urine. 

L'examen histologique a montré que tous les éléments de la paroi 
vésicale se rencontraient dans celte hernie de la vessie par l'urètre. 
Néanmoins, l'adhésion des tissus sectionnés a été prompte et parfaite. 

C'est un des rares cas de cystocèle urélrale qui existe dans la science. 

H. JAMIN. 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 289 

Lithoirity undsr cocaina, [par Robert F. WEIR {Med. News^ p. 832, 21 murs 

1884). 

Chez un homme de 72 ans, atteint de lésion cardiaque qui ne permettait 
pas l'anesthésie, l*auteur a eu recours à la cocaïne pour pratiquer la lithotritie. 
Deux séances avaient été faites antérieurement, au prix des plus vives dou- 
leurs. On injecta dans la vessie, préalablement lavée à l'eau chaude, 3 drach- 
mes d'une solution à 4 0/0 qu'on laissa 15 minutes. On injecta alors dans la 
vessie de Teau en quantité suffisante pour permettre les manœuvres. Sauf 
le passage de Turètre un peu douloureux, l'opération (qui dura 8 à 10 mi- 
nutes) fut très aisée et le malade n'éprouva que fort peu de gène. a. g. 

Die Anwendnng der Massage bai dar Erwaiternng dar kallôsen Striktur der 
Hamrôhre (L'emploi du massage dans la dilatation des rétrécissements de 
l'urètre), par Géza von ANTAL (Ceatralbl. f. Chir. n* 28, p. 869, 1884). 

L'auteur prétend que, dans les rétrécissements calleux provoqués par 
la blennorrhée chronique, les difRcultés de la pénétration et de la dila- 
tation du canal sont dues, non pas à la réduction de la lumière de l'urètre^ 
mais à des néoplasies conjonctives et à des infiltrations annulaires péri- 
urétrales. (invaincu d'autre part de refficacité du massage pour la ré- 
sorption rapide des exsudats plastiques, il a essayé le massage externe 
des rétrécissements par séances de 8 à 10 minutes de durée. Ce massage, 
ii'ès facile à pratiquer dans la région caverneuse, est plus difficile dans 
les régions membraneuse et prostatique; mais on peut, dans ce dernier 
cas, le pratiquer par la voie rectale. 

Six observations citées à Tappui tendent à démontrer que le massage 
externe facilite la pénétration et la dilatation par les bougies des rétré- 
cissements urétraux. L'auteur admet mêoie qu'il diminue la fréquence 
des récidives. de santi. 

Sur une observation de kyste hydatiqne de la prostate, par MILLET, rapport 
par NIGAISE (Buli. Soc, chit.,p. 551, 1884). 

Dans le cas de Millet, le kyste qui avait occasionné ^ine rétention d'urine 
fut crevé par la sonde et 700 grammes d'un, liquide clair^ renfermant des 
échinocoques, s'écoulèrent par le pavillon; une perforation se fit aussi par le 
rectum. Les accidents durèrent 5 à 6 semaines, enfin le malade se rétablit. 

Nicaise a rassemblé 33 cas de kystes hydatiques développés dans la 
région prostatique et, tout en faisant des réserves sur le diagnostic du 
siège intra-prostatique fort contestables dans presque tous les cas, 
formule ainsi les conclusions générales qui ressortent de la comparaison 
des faits : 

Les kystes hydatiques du bassin, dont les symptômes propres sont 
presque négatifs, manifestent leur présence en agissant mécaniquement 
sur les organes voisins, ils peuvent amener de la gêne dans la défécation 
et de la rétention d'urine. Celle-ci est très fréquente et a été observée 
dans un grand nombre de faits ; la compression porte, soit sur la portion 
prostatique de Turètre, soit sur le col de la vessie, soit sur des uretères. 

Le kyste hydatique a pu être la cause de la mort par les troubles de la 
miction dont il était la cause. Sur les 33 faits recueillis, il y a 9 guérisons ; 

TREIZIÈME ANNÉE. — T, XXVI. 19 



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2W REVUE -DES SCIENCES MEDICALES. 

11 fois les malades ont succombé à la rétention d*urine ou à ses suites; 
dans les 18 autres cas, la mort est survenue en dehors de complications 
urinaires et les kystes n*ont été reconnus qu*à Tautopsie. 

Dans un bon nombre de faits, le chirurgien n'a cherché à combattre 
que la rétention d'urine, ne soupçonnant probablement pas sa cause; 
alors on Ht la ponction de la vessie [2 fois pai* le rectum, i fois pai* le pé- 
rinée (White)]. 

Dans 6 cas seulement, il est noté que le chirurgien intervint directe- 
ment contre le kyste. Hutchinson, Périer, Ma liez liront une ponction du 
kyste, le malade d'Hutchinson mounit, les autres guérirent. 

Bryant guérit un malade en faisant une ponction et une incision par le- 
rectum; M. Tillaux eût un succès en incisant le kyste par le rectum. 
Chez un malade de Dolbeau, le kyste faisait saillie sur le côté de 1» 
marge de Tanus; il l'incisa en ce point, et après une série de complica- 
tions graves, le malade guérit. En résumé, sur 6 cas dans lesquels le 
kyste a été traité chirurgicaleinent, il ^ eut un décès. jullibn. 



Uebar Oblitération nnd Erweiterung der Ansfûhnmgsgflnge der Gowper'sclieii 
Drûsen (Oblitération et dilatation des canaux excréteurs des glandes dt 
Cowper), par EUGLISCH {Wien. med. Jahrb, Heft II, p. 289, 1883). 

L'auteur a observé la dilatation kystique des canaux excréteurs des 
deux glandes de Cowper sur le cadavre d*un homme de 87 ans. En inci- 
sant la paroi inférieure de Turèlre il trouva deux cavités allongées, 
séparées l'une do Tautre par une mince cloison médiane, commençant à 
8 millimètres de Taponévrose périnéale et faisant peu de saillie du côté 
de la muqueuse mais déprimant le corps spongieux. Leur diamètre 
transversal atteignait 21 millimètres, ré,aisseur des parois 2 à 3 milli 
mètres. Les deux kystes étaient absolument clos en avant, mais leur 
extrémité postérieure effilée se continuait avec de minces canali- 
cules dans lesquels le plus lin caibéterse trouvait arrêté, mais qui parais- 
saient dépenln* des glandes de Cowper. Celles-ci occupaient leur place 
normale et n*avaient pas subi de modification. Du reste, pas d*autre 
anomalie des organes génitorurin/iires. 

Il s'agit bien là de cavités développées aux dépens de deux canaux 
excréteurs, car leurs parois sont lisses, elles sont nettement séparées 
des tissus environnants, et surtout elles sont tapissées d'un épithéliura ; 
il est vrai que les cellules épithéliales sont aplaties, mais c'est peut-ôlre 
le résultat de la compression qu'exerçait le liquide accumulé sur les cel- 
lules cylindriques cies canaux excréteurs. 

L'auteur ayant cberché inutilement la cause de ces productions, admets 
dans ce cas, une oblitération congénitale des canaux glandulaires. Il a 
trouvé, en effet, chez quatre nouvrau-nés, des kystes de la même nature, 
développés aux dépens de la partie aniérieure des canaux de Cowper, 
reposant sur le corps spongieux et faisant saillie sous la muqueuse uré- 
Irale. Ces kystes, remplis d'un liquide clair et formés d'une membrane 
transparente, avaient de 8 à 15 ini.limètres de longueur; ils existaient 
soit au niveau du bulbe, soit i)lus en avant, et l'on retrouvait à une petite 
distance en arrière les glandes de Cowper, sans pouvoir, il est vrai. 



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PATHOLOGIE EXTBRΌ BT THBRAPEUTKIUB CHIRURGICALE. 191 

pratiquer le ciilhétérisnie de la partie normale de leurs conduits. Leurs 
parois étaient tapissées de cellules épithéliales. La saillie qu'ils for- 
maient dans l'urètre n'avait pas provoqué de rétrodilatation. 

II est difficile do trouver la cause de Toblitération des canaux excré- 
teurs de Cowper dans ces conditions. Les kystes qni en résultent pett- 
Tent demeurer inconnus pendant toute la vie. C'est seulement dans les 
cas où ils deviennent le siège de phénomènes irrilatifs qu'on en peut 
soupçonner Texistence; ils exposent alors les malades aux fistules uri- 
mires. En général, ils restent petits et échappent à l'observateur; 
aussi ne doit-on se préoccuper de leur traitement chirurgical que s'ils 
viennent à s'hypertrophier et surtout à supporer. l. oalliaro. 

Vébw Entiûndung der Gowper'schan Drfisen (Da rinflanuBatioii das fondas dm 
C«wper), pas INGUSGH (Wèam. mmi. PresêB, n^ ^ et saiv^, 188a). 

Monographie complète dont nous extrayons les parties originales : 

La cause habituelle de l'inflammation des glandes de Cowper est 
r.uréthrite sous ses diverses formes. Voici cependant un cas où le 
chirurgien a dû invoquer comme cause un effort violent, car le sujet 
était guéri depuis trois ans d'une blennorragie avec adénite inguinale. 

Il s'agit d'un boulanger de 30 ans qui, le 27 avril, portant une lourde cor- 
beille, glisse et se renverse en arrière ; à ce moment il éprouve une violente 
douleur au testicule gauche. Cette douleur persiste deux jours, et, le 29 avril 
le malade, urinant avec difficulté, s'aperçoit de l'existence d'une tumeur au 
périnée, à gauche de la ligne médiane. L'abcéa qui en résulte et qui doit être 
ofOBsidérè conmie dépendant da la glande d* Cofwper, est incisé le 4 mai. Or 
l'erètre oe fournit aucune sécrétion et on peut pratiquer le çathéteriam» 
airee uiie sonda de & millimètres. On apprend seulement que le sujet a été 
atteint, il y a trois ans, de blennorragie avoo bubon inguinal, noois que ces 
accidents ont guéri sans laisser de iraces. 

Celte maladie peut être en relation avec la tuberculose, et survenir 
chez des sujets prédisposés par Thcrédité ou condamnés à l'invasion 
ultérieure des tubercules, même sans que ces sujets présentent la 
moindre altération préalable des voies urinaires. Ou bien on voit sur- 
venir uu léger écoulement qui attire, d'abord Tattention, mais persista 
longtemps et se complique enfin de cowpérite; or un jour on découvre 
la tuberculose pulmonaire. 

L'auteur a vu aussi Tinflammation de la glande de Cowper survenir 
chez un sujet affecté de tuberculose pulmonaire avancée et de tubercu- 
lose osseuse, sans désordre urétral prémonitoire. Dans ce cas la 
tumeur disparut sous l'influence des émollients ; elle ne fut pas incisée. 

A[>rès l'ouverture des abcès au périnée, persistent parfois des Ûslules 
difficiles à guérir. L. gâluard. 

Hé ht paralysie vésioale ooaaéoittlve A l'aeidii phénlque an pansements, par 
A. GABTAZ (Gaj. méd. de Paris, if 42, 18 octobre 1884). 

Parmi les différents accidents que Ton peut attribuer à Tacido phé- 
nique employé en pansements, les intoxications ont été plus d'imo fois 
DOiéeà avec des caractères d'évidence qui ne peuvent être mis en doute : 
à ces intoxications se rattache un phénomène rare, la paralysie vésicale, 
que M. Coriaz a observée dans les deux ciirooastances suivantea^ ■ 



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f92 REVUE DES SCIENCES MÉDICAI^S. 

1* Une femme, déjà mère de quatre enfants, est prise d'une perte abon- 
dante, suite d'un avortement de deux mois environ. L'hémorragie est 
facilement arrêtée ; mais six jours après, la malade est prise d'accidents 
de septicémie dus à la rétention d'un fragmeut placentaire. On pra- 
tique, après Tablation de ce débris, des injections intra-utérines d'une 
solution phéniquée à 2 0/0. Quatre fois dans la journée on répète ces 
injections. 

Le troisième jour à partir de l'emploi des injections phéniquées, on 
constate une rétention d'urine ; le cathétërisme retire 400 grammes d'une 
urine noire, foncée. Tout accident de septicémie a disparu. Ces phéno- 
mènes paraissant se rattacher à une intoxication phéniquée, on remplace 
la solution ordinaire par une solution de sublimé à 1 p. 2,000 et l'on 
donne quelques excitants. 

Pendant 48 heures on pratique encore le cathétérisme et Ton retire 
une urine de coloration de moins en moins foncée ; au neuvième jour» 
six jours après le début des accidents septiques, la malade urine seule, 
sans douleur; et la convalescence s'établit complètement. 

2* Femme de 86 ans. Se fracture le col du fémur le 18 janvier 1884 : 
gouttière de Bonnet. Le 1*' février escarre de la région sacrée, que 
Ton panse pendant 15 jours avec une solution phéniquée à 5 0/t). Le 
15 février, rétention d'urine : cathétérisme, urine brun foncé, sans odeur. 
Pendant deux jours, persistance de la paralysie vésicale. Suppression de 
la solution phéniquée, remplacée par de la vaseline boriquée. Aucune 
altération de la sensibilité des membres. 

Dès le lendemain, la paralysie vésicale commence à disparaître. Trois 
semaines après, mort par épuisement dû à l'accroissement des escarres. 
A ces deux observations, M. Cartaz ajoute le résumé de deux autres, 
publiées par Nieden et Napier, qui ont observé la rétention d*urine à la 
suite de l'ingestion d'une solution phéniquée. Ce sont les deux seuls 
eus, ayant quelque rapport avec les siens, que ses recherches bibliogra- 
phiques lui ont fait découvrir. 

Après quelques mots de pathogénie sur la paralysie vésicale, l'auteur 
montre que dans l'espèce on ne peut attribuer cette paralysie à aucune 
des causes ordinaires, et insistant sur sa disparition rapide après la 
suppression du pansement phéniqué, croit devoir en conclure que seul 
le médicament a été l'agent coupable. ozBiufB. 

Rapide Wuoherung und Ansbreitung eines Mammacarcinoms nach iwai tohwe- 
ren Erysipelaufâllen von 15 — resp 10 tâgiger Dauar (Accroissement et ex- 
tension rapide d*an cancer dn sein à la snite de deux graves attaques d'éry* 
Sipèle de 15 et 10 jours de durée), par F. NEELSEN (CeniralbJ. f. Cbir,, 
n* 44, p. 729, 1884). 

En réponse au travail de*Janicke et Neisser (Voy. R. S. M., XXTV, 
426), Neelsen publie un fait qui ne semble pas d'accord avec la théorie 
des auteurs précédents. 

Une femme de 41 ans, très chargée d*embonpoint, mais vigoureuse, portait 
une tumeur à chaque sein ; à droite, la tumeur était petite et les ganglions 
axillaires n'étaient pas envahis ; à gauche, la tumeur avait le volume du poing, 
adhérait intimement à l'aponévrose pectorale et à la peau, et présentait des 
points fluctuants; les ganglions axillaires de ce côté avaient le volume d'œufs 



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PATHOLOGIE EXTERNE ET THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE. t9S 

de pigeon. En raison de Tobësité de la malade on ne voulut pas risquer les 
deux opérations en môme temps; c'est pourquoi, le 11 janvier, on fit Tampu- 
tation du sein gauche et le curage de Faisselle. La réunion immédiate échoua, 
mais la suppuration s'établit franchement et la plaie était presque guérie 
quand, le 16 février, trente jours après Topération, la malade fut prise d'un 
frisson violent avec température = 40«,2. Erysipèle grave, de quinze jours de 
durée, qui envahit successivement la plaie, le sein droit et la région du dos; 
le 20 février on constatait un épanchement pleurétique à droite, qu'il fallait 
ponctionner le 24 ; le 28 on ouvrait un phlegmon rétro-mammaire au niveau 
du bord inférieur du pectoral droit (le pus de cet abcès ne contenait pas de 
microbes); enfin, le 3 mars, l'érysipèle disparaissait, laissant une plaie fistu- 
leuse à la place de l'incision du phlegmon et un sphacèle limité de la peau du 
sein droit. « La tumeur du sein droit parut, après l'érysipèle, un peu atro- 
phiée. ^ 

A partir de ce moment, amélioration sensible jusqu'au 25 mars, époque à 
laquelle survint une nouvelle poussée d'érysipèle de dix jours de durée. 
L'érysipèle partit du sein droit et s'étendit à toute la moitié droite du thorax 
et à Tépatile; il disparut le 4 avril, mais les forces de la malade étaient 
épuisées; elle succomba le 8 avril dans le marasme. 

L'autopsie fit voir, outre une dégénérescence graisseuse complète du cœur 
et un épanchement séro-purulent enkysté de la plèvre droite, un envahisse- 
ment complet de la mamelle par le néoplasme. Le sein est régulièrement 
hypertrophié et induré; les muscles thornciques sont infiltrés de noyaux can- 
céreux dont les prolongements arrivent jusqu'à la plèvre costale; la peau est 
également soudée à la tumeur par un grand nombre de tractus néoplasiques; 
les ganglions axillaires sont volumineux, durs et infiltrés de tissu morbide. 
L'examen histologique montre dans la tumeur du sein gauche la structure 
d'un épithélioma glandulaire à grandes alvéoles, sans aucune déviation du type 
normal. La tumeur du sein droit offre, sur quelques points, la môme struc- 
ture, mais sur d'autres points on retrouve les modifications décrites par 
Neisser, à savoir : la dégénérescence graisseuse et la nécrose du contenu des 
alvéoles, l'absence de coloration des cellules cancéreuses par l'aniline et l'hô- 
matoxyline, et la transformation kystique des alvéoles. Toutefois ces espaces 
kystiques ne sont pas béants; ils sont déformés par pression, grâce à l'énorme 
développement du tissu interstitiel. Le tissu interstitiel est en effet le siège 
d'une infiltration de jeunes cellules fortement colorées qui s'insinuent entre 
les faisceaux fibrillaires et même entre les fibrilles de chaque faisceau ; elles 
sont mélangées à quelques leucocytes, mais, en raison de leurs caractères 
spéciaux, il est facile de les reconnaître pour de jeunes cellules épithéliales. 
Cette jeune infiltration cancéreuse s'étend dans toutes les parties de la tumeur 
et en dépasse de beaucoup les limites ; on la retrouve dans les cloisons cellu- 
laires des muscles sous-jacents, dans la peau, etc. ; quelques micrococci peu 
nombreux dans la peau de l'aisselle. 

L'auteur en conclut que la première poussée d'érysipèle a atrophié la 
tumeur du sein droit, mais que la seconde poussée a, au contraire, déter- 
miné une production abondante de jeune cancer dans le stroma même 
de la tumeur atrophiée et dans tout le voisinage. Si la malade eût suc- 
combé à son premier erysipèle, on eût pu croire justifiée l'opinion de 
Neisser ; l'évolution ultérieure a démontré une conclusion inverse, car la 
destruction cellulaire produite par le premier erysipèle n*a eu d'autre 
résultat que de diminuer la pression réciproque des éléments cancéreux 
épargnés qui, aloi*s, ont proliféré avec activité et ont trouvé, dans les 
espaces lymphatiques dilatés par l'œdème inflammatoire, un terrain 
favorable pour leur propagation. 



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§•4 REVUE DES SaENCES MEDICALES. 

L'flutenp admet l'hypothèse que le virus érysipélaleux n'attaque que 
les vieilles celhiles épithéliales et respecte les jeunes, t Le premier éry- 
sipèle, Hit-il» a nettoyé le terrain pour im développement rapide du cancer- 
et le second n'a apporté aucun obstacle à ce développement. » 

DE SA^TI. 

Ueber Gallertkrebt der Brustdrfise (Sar le cancer colloïde da 8eHi\ par 
M. SIBIMONDS {Deutsche Zeitschrift fur Chirurgie, Band XX, Heft 1 et 2, p. 74). 

L'anteur cite deux nouveaux cas de cancer colloïde du sein, Tun chez 
une femme de 43 ans et qui met plus de 16 ans à évoluer, l'autre chez 
une femme de 73 ans qui avait observé les symptômes de l'affection 
11 ans auparavant. L'auteur s'élève contre' l'opinion généralement reçue 
qu'avec l'intestin le sein est le siè^e de prédilection de cette forme de 
cancer. Sur 1,200 cas de cancer de la mamelle, 4 seulement étaient des 
cancers colloïdes. De ses observations personnelles et de celles d'aiilres 
auteurs, il conclut que le cancer colloïde du sein augmente plus lente- 
ment que les autres cancers; qu'il envahit plus rarement les ganglicms 
axilldires; que les métasla-es sont plus tardives; quopéré, ii récidive 
plus rarement ; en un mot, que son pronostic est plus favorable 

EDELMANn. 

£iii Beitràg zur Lehre Ton Kopftetanus (Du tétanos de la tête) , par 
M. BERNHARDT [Zeitscb. f. klia. Med., Band Vil p. 410). 

Bernhardt rapporte une observation du tétanos qni a été décrit par 
Rose sous le nom de téînnos de la tête ou de tétanos hydropliobique. 
Celte maladie produite par une blessure intéressant une des parties in- 
nervées par les nerfs crâniens détermine habituellement un spasme des 
muscles de la déglutition rappelant le spasme hydrophobique. Dans 
Tobservation de Bernhardt comme dans celles de Rose, il y eut une para- 
lysie faciale correspondant au côté do la blessure. Celte paralysie faciale 
est un des symptômes les plus caractéristiques de la malarlie. 

L'auteur ra])porte brièvement les observations du môme genre publiées 
jusqu'à ce jour. Elles sont au nombre de sept. m. debove. 

Anévrisme popllté, extirpation par POLLOSSON (L/on méd„p, %fi,\A janvier 

1885). 

L'auteur a pratiqué avec succès Tablation d'un sac anévrismal poplité, 
sans ouverture préalable, comme dans le procé ié d'Antyllus, après avoir 
lié successivement Tartère au-dessus et au-dessous de la tumeur. Emploi 
de la bande d'Esmarch et pansement antiseptique consécutif. 

Ollier et Gayet disent avoir enlevé de tout petits anévrismes palmaires 
ou pédieux. D. Mollière a extirpé par ce même procédé six anévrismes 
de volume moyen. A- c. 

Goitre sarcomateux énorme de la glande thyroïde; extirpation; récidive trois 
ans après; nouvelle extirpation et gaérison, par Eug. BŒGKEL [Gaz. des 
Hôpit., B* 138, 29/2orei23/)rel884. 

Ce fait concerne une femme de 48 ans, qui portait un goitre de]iuis l'âge 

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PATHOLOGIE- EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 2^ 

de 10 a»8, A plusieurs reprises, celle tumeur avait augmenté de volume en 
8*8ccompagnanl de différents symptômes, qui avaient conduit les professeurs 
Schulzenbeiger et Brouardel à la considérer comme une espèce de goitre 
exophtalmique. En novembre 1880, a la suite de pressions, la tumeur s ac- 
croît et on voit survenir des dou!eui»s, de la difficulté dans la dé;^'lnlition, de 
la faiblesse de la voix et quelque temps après de la fièvre et finflammation 
des téguments. En raison du volume de la tameup, qui mesurait 14 et 18 cen- 
timètres dans ses plus grands diamètres, et qui gênait la déglutition et me- 
naçait la respiration, et surtout en raison de la fièvre continue et des indices 
desuppuralion intérieure, M. Bœ^kel pratique, en mars 1881, l'ablation de cette 
tumeur, dont Texamen histologique. fait par le D"" Recklinghausen, révèle la 
nature sarcomateuse. Un mois après Topéralion, la gucrison est complète et 
reste telle pendant trois années. Puis, on mai 1881, apparaît, au niveau do la 
cicairice, une petite tumeur, qui est enlevée deux mois après et reconnue 
eorome un sarcome à grandes cellules. Cette récidive s'était probablement 
développée aux dépens de quelques cellules du néoplasme, restées greffées 
sur un point de la plaie et d'autant plus épargnées qu'on avait obtenu la pre* 
mière guérison presque sans suppuration. oze:cnb. 

I. — OjTteil à marteau, par Albert BLUM (Arch. gén. de méd,, novembre 1884), 
il. — Du pied bot transTersal antérieur, par D. MOLLIÉRE (Lyon méd 

22 février 1885). 

I. — Sous le nom d'orteil à marteau, il faut comprendre une diffor- 
mité caractérisée par l'extension de la première phalange sur le méta- 
carpien correspondant, par la llexion de rarliculalion de la première et 
de la seconde phalange, et quelquefois par l'extension de l'articulation 
suivante. Cette affection est congénitale, acquise ou simulée. 

Dans Torteil à marteau acquis, le mécanisme est ainsi expliqué par 
Tauteur, d'après les résultais fournis par Tanatomie pathologique. Le 
phénomène primitif est un durillon siégeant à la face dorsale de larticu- 
lalion de la première avec la seconde phalange, (*onséquence, chez un 
sujet prédisposé, de la contusion répétée et chronique due à une chaus- 
sure mal fiiite. Le travail in itatif s'étend à tous les tissus libreux périar- 
ticulaires (capsule, lijrameiils), et détermine, au bcut d'un temps plus ou 
moins long, la rél^action et le raccourcissement de ces tissus, phéno- 
mène analogue à ce qui se passe dans la rétraction de l'aponévrose 
palmaire. 

Au point de vue thérapeutique, on pourra essayer au préalable la sec- 
lion sons-cutanée des ligaments et tissu fibreux pcriailiculaires, avec 
immobilisation de Tarticulation redressée. L'amputation sera la ressource 
dernière. p. m. 

H. — L'auteur désigne ainsi la difformité connue sous le nom d'orteil 
en marteau. Ce n'est pas, en effet, dans les orteils que siège la maladie; 
la déformation dos doigts n'est que la conséquence do la déformation du 
pied. La maladie siège dans l'avaut-pied, et elle consiste dans un abais- 
sement, vers la voûte plantaire, de la tète des métatarsiens. Cet abais- 
sement résulte lui-m(^mo de lu laxito exagérée des ligaments intermota- 
larsiens, laxilé d'origine congénitale, mais qui peut disparaître ou s'amoin- 
drir avec la croissance. Il est très facile de corriger la déformation au 
moyen d'une chaussure appropriée, portant au niveau des tètes des méta- 
tarsiens trop saillants, une sorte de coussin-ampoule qui les refoule à leur 



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206 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

place. M. Mollière a guéri, par ce moyen bien simple» plusieurs cas de 
pied bot transversal. a. g. 

Hoto sur nne Ttriété d'ezostose de lliaménig, par POULET {Bulletin de U Soc. 
de chirurgie^ p. 467, 1883). 

L'auteur a recueilli 6 cas d*exostose de Thumérus. La petite tumeur 
est située vers la partie inférieure de Tos, sur son côté interne, et fait 
saillie comme une épine d'acacia la pointe en bas, à 6 ou 8 centimètres de 
l'articulation du coude . Dans un cas opéré par l'auteur, il y avait sou- 
lèvement du nerf médian et paralysie dans la zone correspondante ; il 
fallut en débarrasser le patient avec la gouge et le maillet. Sur un autre 
sujet rencontré à Tamphithéàtre, le nerf était soulevé comme une corde 
de violon sur le chevalet, et Tartère oblitérée ; une autre fois la même 
exostose fut trouvée sur le cadavre d'un jeune soldat, mais le paquet 
vasculo-nerveux était indemne. Il en est de même chez un collègue de 
l'auteur qui lui fit sentir sur son propre humérus une exostose située un 
peu plus bas mais toujours sur la même ligne. 

Enfin le musée du Val-de-Grâce contient 2 cas semblables. 

U y a là donc à n'en pas douter un lieu d'élection sur ce point osseux. 
Poulet n*y connaissant aucune apophyse normale, aucune saillie dont 
l'exagération puisse conduire à Texostose, propose Texplication sui- 
vante : En disséquant attentivement cette région on trouve qu'il existe en 
ce point une sorte de ligne âpre qui donne insertion à des fibres ten- 
dineuses nacrées du brachial antérieur ; elles sont distinctes de l'aponé- 
vrose intermusculaire et correspondent exactement aux vaisseaux et nerf 
médian. Il pense que l'exostose se développe au point d'insertion do cette 
aponévrose constituée par de véritables fibres tendineuses aplaties. 

JULUEN. 

Iwei Ffllle von otteopUstioher Retektlon d«g Fasset, par MULULIGZ [Wien. 
med. Wocb., n* 80, 1883). 

L'auteur a formulé au congrès de Berlin trois indications de la résec- 
tion ostéoplastique du pied : les lésions étendues du talon et des parties 
voisines; la destruction par ulcération de la peau du talon; la carie du 
caleanéum et de Tastragale. 

C'est la carie que l'auteur a traitée dans les deux observations pré- 
sentes. 

i«. — Femme de 27 ans, atteinte, pendant Thiver de 1881, d*08téite tuber- 
culeuse du caleanéum avec abcès et fistule. On pratique au printemps de 1881 
révidement de Tes malade qui fournit un séquestre gros comme une noisette. 
Traitement à Tiodoforme. Le processus s*étend à l'astragale; il y a en même 
temps tuberculose des deux sommets. 

Le 2 octobre 1881 l'auteur pratique l'opération dont il a indiqué les dé- 
tails dans les Archives de Langenbeck (/?. S. A/., XIX, 257). La plaie se 
comporte bien. Le premier pansement est laissé dix jours en place, le second 
quatre semaines. Réunion par première intention. 

L*opérëe essaie de marcher dès le commencement de décembre. Le pied 
est placé dans une bottine spéciale et comme il y a un allongement du côté 
de Topération, le pied sain reçoit un talon de 1 centimètre 1/2 pour com- 
penser la différence. Les cicatrices se solidifient et la marche s'effectue sans 
peine, la tète des métatarsiens reposant sur le soi. 



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PATHOLOOIB EXTERNE ET THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. t97 

Au milieu de janvier 1882, phénomène.^ pulmonaires graves. La malade 
meurt le 29 juillet, après avoir mis au monde un enfant sain. 

^. — Garçon de 16 ans, atteint de carie tarsienne depuis cinq mois, est 
apporté à la clinique. Il ne présente qu^un peu de bronchite, pas de ramol- 
lissement pulmonaire. 

. 20 février 1883. Résection ostéoplastique; il y a destruction ducalcanéum, 
de Fastragale et de toutes leurs articulations. L'auteur est forcé d'enlever 
^presque complètement le cuboïde et le scaphoîde. Suture, drainage , panse- 
ment antiseptique. Le résultat est bon : apyrexie. On change le pansement 
après 8 jours, puis après 22 jours. Réunion primitive. 

80 mars. 1^ réunion des os est assez solide. Les orteils se sont fléchis 
d'une façon exagérée; on est obligé de les redresser. Le 15 avril l'opéré com- 
mence à marcher avec une canne. Le 5 mai il marche sans canne et sans 
appareil; l'allongement est de 1 centimètre 1/2. 

Six mois après l'opération, la guérison est confirmée, le pied est solide, le 
fonctionnement parfait. l. oalliard, 

L — Glinical obsenrations on the treatment of severe railroad injuries of the 
eitremitietf, par James Mao GANN (Trans. of the Amerie, surg. Assoo, lU 
p. 197). 

U. — The multiple amputations, par W. BLAND {Joarn. of tbe Amerîc Med. 

Assoc, Si mara 1885.) 

I. — Dans ce travail, Tauteur discute ropportunité de rintervenlion 
chirurgicale dans les traumatismes si graves résultant des accidents de 
chemins de fer. Nous nous contenterons de citer la statistique publiée à la 
fin de ce mémoire. De 1877 à 1883, à Western Hospital de Pennsylvanie, 
on a pratiqué 127 amputations pour accidents de chemins.de fer : 74 am- 
putations de la jambe ou du pied, 15 morts; 19 amputations de cuisse ou 
désarticulations du genou, 11 morts. 

Dans cette même période et dans le môme hôpital on a pratiqué 
29 amputations doubles pour accidents du même ordre, 14 guérisons. 
Dans un cas, une triple amputation a été faite chez un enfant de 9 ans: 
amputation de la jambe gauche au tiers inférieur, amputation de la jambe 
droite au tiers supérieur, amputation de Tavant-bras gauche. Les trois 
opérations ont été faites dans la même séance. L'enfant a guéri. 

II. — L'auteur rappelle le cas d*un malade opéré par Kœhler en 1847 
pour un traumatisme. Les deux jambes et le bras gauche furent amputés 
dans la même séance et sans anesthésie. Le malade vécut en parfaite santé 
88 ans après l'opération. a. c. 

Bei périoitites consécutives à la fièvre typhoïde, par TERRILLON {Progrès mé» 

dicaî, 1« avril 1884). 

L'auteur a observé trois malades adultes atteints de périostite pendant 
leur convalescence, deux à quatre ^semaines après la chute de la fièvre ; 
il insiste sur la marche par poussées successives qui n'est pas rare, 
avant que la suppuration se produise. Dans un cas il y a eu des lésions 
portant sur deux os, tibia et cubitus, aux points mêmes qui avaient été, 
quelques années auparavant, le siège de fractures. Un des cas s'est ter- 
miné malheureusement ; après une séance de rugination du fémur, le 
malade fut enlevé par une hémorragie foudroyante de la fémorale; l'artère 
avait été ulcérée par le pus collecté dans un petit cul-de-sac. 



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«38 REVUE DES SCIENCES MEDICALES. 

Dppuis la publication dti travail de Terrillon, bon nombre d'observa- 
tions analo<^ues ont été publiées. Nous citerons les notes de E. Mackey, 
Jackson, Hayward {DriL med. Journal , janvier et février 1885), Gelez 
(Paris méd,, 10 janvier 1885). h. l. 

Sarooma of synovial sheaths, par T. MARKOE {New York med. Journ.^ p. 467, 

1884). 

L'auteur rapporte trois cas de sarcome des gaines synoviales de la 
plante du pied. C'est là, dit-il, une affeclion rare et fort mal connue, dif- 
ficile à distingfier des synovites traumjiticpies ou spontanées. Le dia- 
gnostic sera fondé sur la marche lente et peu douloureuse de l'affection, 
sur l'absence de fluctuation distincte, la tension et la rénitence du sac 
synovial, les résultats négatifs de la ponction. L'amputation est souvent 
le seul mode elïicace de traitement, à cause de la fréquence des réci- 
dives sur place. a. chauffard. 

Om jod behandling fÔr stmma (Traitement du goitre par Tiode), par Garl 
ROSSANDER {Nordiskt med. Arkiv, XVI, d* 23) 

L'auteur a traité par l'iode à l'intérieur 58 cas de goitre. Seize fois la 
guérison a été complote ; douze fois les suites sont restées inconnues ; 
25 fojs le résultat a été nul ; chez ces 2b derniers mala les la guérison a 
été obtenue par l'injection iodée. Il s'agit dans ces 53 cas de 
goitre simple, byperlrophique; c'est à cette forme seule que convient la 
médication interne. 

Dans 52 autres cas de goitre follicuLiire colloïde, Rossander a em- 
ployé les injections iodées et les résïiltats ont été satisfaisants, toutes les 
fois que les malades se sont prêtés à suivre longtemps ce traite- 
mont. 

Enfin la ponction, suivie d'injection iodée, a été pratiquée chez dix 
malades atteints de goitre cystique .: 8 succès. C'est un total de 115 cas 
de goitre soumis au traitement par rio<le (injections interstitielles, iode à 
l'intérieur, injections des poches) avec les meilleurs résultats. A. c. 



OPHTALMOLOGIE. 



De l'anesthésie en ooulistique, par GATET {Arcb. d'ophL, septembre-octobre 

1884). 

M. Gayet recommande de faire au malade à opérer, vingt minutes 
avant le moment où on désire lui administrer le chloroforme, une injec- 
tion sous-cutanée de 1 gramme chez les adultes de la solution suivante: 

Sulfate d'atropine 2 centigrammes. 

Chlorhydrate de morphine .... 20 centigrammes. 
Eau distillée 20 grammes. 



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OPHTALMOLOGIB. t^j 

Cette méthode abrège la durée de la période préparatoire de l'anôs- 
thésie complète, mais elle semble augmenter la prédisposition aux vo- 
missements surtont consécutils, ce que Gayet ne considère pas commie 
un gros inconvénient. 

L'auteur énumère ensuite les avantages de Tanesthésie qu'il regarde 
comme infiniment favorable à Texécution correcte d'une opération ocu- 
laire, et qui lui. paraît soustraire le malade à toules les angoisses et à 
toutes les douleurs, en lui procurant la résolution indispensable à la 
restitution complète des parties après l'acte opératoire, a. trousseau. 

Sin Fall von traumatischem, pulsirenden Ezophthalmui (Un cas de tumeur 
pulsatile de l'orbite d'origine traumatique), par RÎJBEL [Centralbl. f. prakt, 
AugenheiJkj octobre 1884). 

Un individu reçoit un coup sur la tempe gauche, à la suite duqnel apparaît 
un fort gonflement, et quelques mois plus lard un bruit pulsatile dans toute 
la moitié du crône, avec exophlalmie et dilatation des vaisseaux de la pau- 
pière et de la tempe. Un an plus tartl, Texophtalmie était telle que l'occlusion 
des paupières était devenue impossible. Le doigt introduit entre le jrlobe 
de Toeil et le rebord orbltaire, donne la sensation dune tumeur élasliqne, 
facile à déf)rimer. Le bulbe est à peu près immobile, et de tetups en temps 
le siè^e de fortes douleurs qui sMrradient dans le voisinage. Dans toute la 
région, ranscultation révèle un souffle anévrismal, isochrone au pouls. La 
compression de la carotide supprime tous ces symptômes. Un médecin croyaat 
avoir affaire à une tumeur maligne, essaya d'extirper la grosseur de la ré- 
gion temporale. L'hémorragie qui survient met la vie du malade en danger ; 
il persiste néanmoins une plaie, qui de temps en temps donne lieu à de forts 
écoulements de sang ; ceux-ci, à force de se renouveler, entraînent la mort 
du malade. rohmer. 

Des opérations qui se pratiquent dans un but d'esthétique sur les yeux perdus, 
difformes'et douloureux, par ABAOIE (Gaz. méd. de Pans^ n* 48, 29 novembre 
1884). 

A propos des diverses énucléations partielles ou totales du {rlobe ocu- 
laire et des indications de chacunes d'elles, TantcMir estime que Topéra- 
tion de Gritchett doit être réservée aux cas «rhydrophtalmie che