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REVUE 



DES 



ÉTUDES JUIVES 



VKHSAILLKS — IMPHJMKHIKS t;EHK, •"«, RUK DUPLESSIS 



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ÉTUDES JUIVES 



J-UBiaCATlUN TKlMKSTHIELLIi 
DK I,A SOCIR'I'É DKS ÉTUDES JUIVES 



TOME (JUARAiNTË-ET-UiNlÈME 



PARIS 

A LA LIBKAIHIK A. DUBLACHEH 



83 '''% RUK LAFAYETTK /w'^ ^ ^ ^ 



1900 -r^^ -A-5 



z-^ 



Do 

101 

1. 1^1 



DAVID KAUFMANN 



7 JUIN 1852 — 6 JUILLET 1899 



C'est raffliction dans l'âme que je me dispose à parler de David 
Kaufmann, qu'une mort prématurée a enlevé à la science. Je ne 
puis pourtant que rappeler quelques souvenirs, car pour tracer un 
portrait digne de lui, il me faudrait le charme de son style, ses 
connaissances variées et sa profonde érudition. 

Le nom de David Kaufmann est un des plus connus dans la 
science juive; nous l'avons vu figurer dans tous les recueils sa- 
vants. Ce qui surprend, c'est le nombre des travaux qui ont illustré 
une carrière si courte, et l'on est profondément attristé quand on 
songe à tout ce qu'il aurait pu produire encore, s'il lui avait été 
donné de ne pas mourir dans la force de l'âge. Mais si les œuvres 
qu'il nous a laissées ne nous montrent que trop combien sa perte 
est déplorable, elles sont aussi notre unique consolation. 

Les connaissances de Kaufmann étaient universelles, et il avait 
les plus nobles aspirations dont l'homme soit capable : le beau, 
l'idéal étaient pour lui une source de jouissances. Les études juives 
surtout étaient pour lui comme un jardin de délices où il savait 
découvrir des beautés qui échappaient à tout œil moins exercé 
que le sien. Ce jardin, il le cultivait avec une pieuse sollicitude, et 
il a su lui faire produire, grâce à ses remarquables qualités, des 
fruits exquis. 

A côté des trésors que nous découvrons dans ses œuvres, il s'y 
trouve des germes précieux pour l'avenir. Ses idées, ses espé- 
rances, ses efforts, lui survivront ; ils sont le patrimoine des cen- 
taines de disciples qu'il a formés et qui sont trop vivement pénétrés 
de ses savantes leçons pour les jamais oublier. Personnellement, 
j'ai été pendant dix ans son auditeur enthousiaste, et pendant six 
autres années j'ai pu me réchauffer aux rayons de sa gloire. C'est 
ce qui me donne le courage d'entreprendre sa biographie. 

T. XLI, N» 81. 1 



REVUE DES ETUDES JUIVES 



I. 



David Kaufmann est né le 7 juin 1852 à Kojetein (Moravie) ; son 
père, L(^'Opold Kaufmann', était cultivateur. Il avait gardé de la 
maison paternelle et de la rue des Juifs des impressions très 
fortes. La rue des Juifs de Kojetein * était un vrai ghetto, exclusi- 
vement habité par des Juifs, et où le temple et l'école formaient 
le foyer de la communauté. Les parents de David Kaufmann, 
comme la plujiart des habitants de ce ghetto, étaient fidèles à l'an- 
cienne orthodoxie ; les études profanes restaient accessoires, et 
Ton se consacrait principalement à l'ancienne littérature hé- 
braïque. Du reste, la Moravie était, au siècle dernier, le siège d'é- 
coles célèbres, dont les traditions se sont conservées en partie 
jusqu'au milieu du xix* siècle, époque à laquelle Kaufmann com- 
mença ses études. Son application trouva aussi un stimulant dans 
les souvenirs de la maison paternelle. Sa famille avait compté, en 
effet, parmi ses membres plusieurs talmudistes distingués. On se 
racontait autour du foyer avec quelle ardeur les aïeux s'étaient 
appliqués à l'étude de la loi. R. Isaac, son grand-père paternel, 
avait fréquenté la Yeschiba de Posen ; c'est lui qui a commencé à 
constituer la bibliothèque qui se trouve encore aujourd'hui dans 
la famille Kaufmann ; elle renferme des ouvrages précieux et 
mc^me quelques exemplaires absolument uniques. Son grand-père 
maternel, R. David, n'était pas moins connu pour sa science et sa 
piété. Vn frère de ce R. David, par conséquent un grand-oncle de 
David Kaufmann, le D^ Jaegerdorf^, était un médecin connu, 
auteur d'ouvrages de médecine remarquables ; s'était fixé à Paris, 
où il mourut. Tout en exerçant son art, il avait poussé très loin 
les études hébraïques. Tous ces hommes occupaient des positions 
honorifiques dans leurs communautés respectives. Le bisaïeul de 
David Kaufmann, qui habitait Wagestadt, avait môme obtenu le 
titre de n:"«n?2 c.sn de la Silésie autrichienne. 

Fière de tous ces souvenirs de famille, la mère de David fut heu- 
reuse de constater chez son lils d'excellentes dispositions pour les 

' Dûvi 1 Kaiilmann donne uno inu'éiiicuse inlerprélalion de son nom (Kaufmann = 
Kollmann, dans la 7ifci«r, X\.XV, 3()3. 

• Sur la coiniuuuaulë de Kojetein, cf. Nchemias BrUll , dans Ben Chanania. 
V, 3JV. •'-• 

• JacKcrdorf est une vilUe de la Silésie autrichienne. On sait que les Juifs, alors 
<^u•ils i/dvaienl pas encore d'étal civil, adoptaient le nom de leur heu de uaissanca 
ou de l'endroit 4u'ils habitoicot. 



DAVID KAUKMANN 3 

études sacrées, et elle l'y encouragea avec tendresse. L*enfant s'y 
appliqua de tout cœur, sans toutefois négliger les études profanes. 
Sa vive intelligence, sa prodigieuse mémoire, la curiosité de son 
esprit avide de savoir faisaient Tétonnement de sa petite ville, 
tandis que sa modestie, sa simplicité, sa tenue toujours irrépro- 
chable lui gagnaient l'affection de tous. M. Ignatz Kaufmann ', le 
frère de David, à qui nous devons tous les renseignements relatifs 
à ses premières années, nous a assuré que son frère avait déjà les 
idées tellement nettes, que du premier jet ses compositions avaient 
quelque chose de définitif. Il conserva plus tard cette précieuse qua- 
lité, et ainsi s'explique sa grande fécondité. Un trait qui annonçait 
le futur historien : il s'intéressait vivement aux liens de parenté, 
aux relations des hommes entre eux ; le ghetto n'avait pas de se- 
crets pour lui ; il connaissait l'histoire de chaque famille, de chaque 
maison. Une longue absence n'avait rien pu lui faire oublier, et 
lorsque bien plus tard il revint au pays natal, il étonnait ses com- 
patriotes par les renseignements détaillés qu'il leur fournissait sur 
leurs propres familles. 

Comme, en 1860, il était encore trop jeune pour être admis au 
gymnase, il se fit inscrire à l'école supérieure de Kremsier. Mais 
il resta à Kojetein pour continuer ses études hébraïques, et il se 
borna à aller passera Kremsier les examens semestriels, où d'ail- 
leurs il brilla. Il continua à étudier la Bible, avec ses commenta- 
teurs, et aborda le Talmud sous la direction du rabbin Jacob 
Briill -. Pendant les vacances, le fils aîné du rabbin de Kojetein, 
Nehemias Briill, alors étudiant du gymnase de Kremsier, lui 
donnait des leçons de latin. Les deux jeunes gens ne prévoyaient 
sans doute pas alors qu'ils deviendraient un jour d'illustres cham- 
pions de la science juive. 

De 1861 à 1867, David suivit les cours du gymnase de Kremsier, 
mais d'une façon très irrégulière, se contentant de se rendre une 
fois par semaine au gymnase, afin de se mettre au courant des 
travaux de la classe. Mais par son travail personnel il s'assimilait 
si bien à Kojetein les leçons qu'il avait entendues à Kremsier, 
qu'il se maintint toujours au premier rang ; il aimait surtout 
l'histoire naturelle ; il collectionnait des plantes avec passion et 

* Ce frère de David Kaufmann est cultivateur comme son père, mais il n'en est 
pas moins versé dans les études juives, et il a publié plusieurs articles dans VOesier- 
reickische Wochenschrift du D' Bloch à Vienne. Voir aussi Jiid. Litteratnrhlatt de 
Uahmer, XV, 66, 71 ; XXIII, 150, 154, 157 ; il donna, en outre, une Iraducliou alle- 
mande de l'ouvrage de S. Schecliter, Rahbi Slia Wtlna Gaon, Vienne, 1891. Nous le 
retrouverons dans le cours de cet arlicle. 

> Kaufmann le cite comme un de ses professeurs, dans la Monatsschrift^ XXXVII, 
379, et dans Vertreibun^, p. 86 et 181. 



4 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

se composa un riche herbier ; il collectionnait aussi des insectes 
et des papillons. Ce goût des choses de la nature se retrouvera 
plus tard dans les belles images qui émaillent ses œuvres litté- 
raires. Les monnaies anciennes et modernes l'intéressaient éga- 
lement et cet intérêt faisait pressentir le futur archéologue et le 
critique d'art. 

Parmi ses professeurs, deux surtout ont exercé une grande in- 
fluence sur son développement : Loserth, historien distingué, qui 
fut plus tard recteur de l'université Czernowitz, et Barthélémy 
Thorscli, professeur d'allemand. Il manifesta une prédilection 
spéciale pour l'étude du grec et se préparait ainsi, à son insu, à 
enseigner plus tard la langue d'Homère aux élèves du séminaire 
rabbinique de Budapest. ^ 

Dès son jeune âge, il avait des façons distinguées, une conver- 
sation spirituelle, et ces qualités ne firent que se développer avec 
les années ; il montrait du tact, de la tenue et de l'assurance. 
Aussi était-il l'objet, dans sa famille, d'une préférence marquée ; 
il en était l'espoir et la joie, et tous les siens rendaient hommage 
à sa supériorité. 

En 186G, son père, gravement malade, exprima le désir que son 
fils David, alors âgé de quatorze ans, continuât son exploitation 
agricole et prit soin de sa mère et de ses frères et sœurs. Mais 
son père se rétablit et sa mère persista dans sa volonté de vouer 
son fils aux études. En 1857, après avoir fréquenté pendant 
six ans le gymnase de Kremsier, il fut reçu au séminaire Israé- 
lite de Breslau, grâce à la protection du rabbin Briill. Cet évé- 
nement fut décisif dans la vie de D. Kaufmann. Il allait enfin 
s'adonner à la science judaïque. Son séjour à Breslau fut pour 
lui d'une double utilité : au séminaire il allait achever ses études 
hébraïques, et, d'autre part, il continuait ses études profanes 
en fréquentant de nouveau le gymnase. Grâce aux nombreuses 
connaissances qu'il possédait déjà, il fut accueilli comme le fut 
rarement un élève de son âge : il n'avait que quinze ans. Le 
directeur, Zacharias Frankel ', lit grand cas de ce jeune homme, 
d'une moralité austère et d'une piété profonde. David Rosin, 
son professeur de littérature profane, eut bien vite deviné la 
natun? d'élite de son nouvel élève : la première composition que 
Kaufmann lui remit : « Ma vie », fut une révélation pour le pro- 
fesseur. Ce travail dénotait une maturité d'esprit et de caractère, 
un style d'une pureté et d'une élégance qu'on n'attendait guère de 
la part d'un enfant sorti d'un ghetto de Moravie. Bien qu'il y eut 

• Kuu'inana a plu» lard reudu hommacc à ea mémoire, daus Alonatischrift^ 



DAVID KAUFMANN 5 

des différences très sensibles entre les programmes des gymnases 
de Prusse et ceux d'Autriche, il réussit, après trois semestres, à 
passer avec succès l'examen de fin d'études au gymnase évangé- 
lique de Tesclien. Ce certificat de fin d'études lui était indispen- 
sable pour l'exempter du service militaire, exemption dont ne 
jouissaient pas encore tous les élèves du séminaire de Breslau. Ce 
fut David Kaufmann qui, à son retour à Breslau, rédigea à ce sujet, 
au nom des auditeurs autrichiens du séminaire, une pétition qu'il 
adressa au ministre de la guerre et qui fut accueillie favorable- 
ment ; il en profita lui-même dès 1872. 

Il était encore au séminaire lorsqu'il fit ses premiers essais dans 
la carrière littéraire. Il avait dix-huit ans quand il entreprit un 
travail de critique historique sur un point de l'Ancien Testament. 
Ce travail devait lui servir de thèse de doctorat à l'université 
d'Erlangen. Mais plus tard il composa dans ce but une autre dis- 
sertation : « La philosophie religieuse de Saadia », publiée dans 
son Aiiributenlehre.W avait, en effet, renoncé à l'histoire biblique, 
où il ne se sentait pas sur un terrain bien solide, pour se consa- 
crer à la philosophie du judaïsme. Il n'avait pas dix-neuf ans 
quand son mémoire Die Théologie des Baclija ihn Pahiida fut 
couronné par le séminaire de Breslau. Ce travail fut publié en 
1874 par l'Académie impériale de Vienne. C'est vers cette même 
époque qu'il compléta la partie de son Attribut enleJire relative à 
Saadia ; ce fut, comme nous l'avons déjà dit, la thèse qu'il soutint 
à Leipzig en 1874 pour obtenir le titre de docteur, qui lui fut con- 
féré avec éloge. 

Il continua pourtant à séjourner à Breslau. C'est que de 1871 à 
1876 il dirigea les études profanes et sacrées de son frère cadet 
Ignatz, qui fréquentait le gymnase de cette ville. En outre, il en- 
tretint une correspondance très active avec ses sœurs, composant 
pour elles de véritables cours, leur indiquant les lectures à faire, 
des sujets à traiter en français et en allemand. 

Pour diminuer les charges de ses parents, il donnait des leçons 
d'hébreu aux fils de MM. Rosin et Moïse Lévy. Dès son enli'ée à 
l'Université, il était devenu collaborateur de plusieurs revues et 
journaux : il écrivit dans la Schlesische Presse de Breslau, dans 
le Ungarischer Grenzdote de Presbourg, dans la Neiie freie 
Presse et la Deutsche Zeitiing de Vienne, dans le Magazin fl'ir 
die Literatur des Austandes, journal très important rédigé par 
Lehmann. Cette collaboration lui permit en partie de subvenir à 
ses besoins et à ceux de son frère, et, de plus, donna une grande 
notoriété à son nom. 

Au séminaire, Kaufmann était le membre le plus actif des deux 



6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sociétf^s que les jeunes étudiants y avaient fondées : la société 
homilétiqueet la société Livyat-Hèn. Les sermons qu'il prononçait 
aux réunions de la première de ces sociétés étaient toujours très 
remarqués. Il acquit de la notoriété dans la société de Breslau 
grâce à ses sermons de l'oratoire du Séminaire et à ses confé- 
rences scientifiques à la société « Austria », société ouverte aux 
hommes de toutes les professions et où il traita des sujets d'intérêt 
général : lectures sur Grillparzer, sur Adalbert Stister, sur 
d'autres questions populaires en Autriche. Beaucoup de ces con- 
férences et de ces sermons, qui sont restés inédits, méritent 
d'être accueillis dans l'édition complète des œuvres de Kaufmann 
que doit publier la fondation Zunz à Berlin : alors seulement on 
pourra les apprécier convenablement ^ 



II. 



David Kaufmann était arrivé à l'âge ou il fallait choisir une 
carrière. Il était encore au séminaire lorsque la communauté de 
Leipzig lui offrit de subvenir à tous les frais de son instruction 
s'il voulait s'engager à devenir le secrétaire de la communauté ; il 
refusa. En 1876, il postula le rabbinat de Berlin, mais son conser- 
vatisme intraitable le fit échouer. 11 nous reste un monument litté- 
raire de cette candidature : Sieben Predigten m den Berliner 
Gemeindesynagogen (Berlin, IS^^). Ces sermons témoignent à la 
fois de l'ardeur avec laquelle il recherchait ce poste et de son re- 
marquable talent oratoire ; le style en est brillant. On y retrouve, 
non la rhétorique de la chaire, mais le langage entraînant de la 
véritable éloquence. D'ailleurs, les traits qui caractérisent les ser- 
mons de Kaufmann, on les retrouvait dans sa conversation, dans 
son enseignement, dans ses travaux scientifiques : c'était partout 
la même verve, le môme langage imagé, le même enthousiasme, le 
même feu, et surtout le même attachement au judaïsme. On ignore 
peut-être qu'avant d'être appelé à Budapest, D. Kaufmann avait 
refusé une chaire à l'école de théologie juive à Cincinnati, en 
Amérique, qui lui avait été offerte par le rabbin I. Wise. Il 
professait depuis longtemps à Budapest, quand des propositions 
îui parvinrent de Mannheim, Berlin, Breslau et Munich, pour un 
poste de rabbin. 

• Je dois u M. I^uhU Kaufmann de Kojelcia lous les renseignements qui pré- 
rèdcul; il ma aussi fourni des informalions importantes sur la période suivante de la 
vie de son frère, et je l'en remercie vivement. J'ai les mfimes oblifrations envers la 
Kvur cl le beau-frère de D. Kaufmann, M. et M"' KOnig. de Budapest. 



DAVID KAUFMANN 7 

L'école rabbinique nationale de Budapest avait été fondée grâce 
aux efforts du parti progressiste, et malgré la vive résistance du 
parti orthodoxe hongrois. Établie sur le modèle du séminaire de 
Breslau, elle avait été créée sur l'initiative du gouvernement et 
placée sous sa surveillance immédiate; c'est en cela qu'elle diffé- 
rait des établissements similaires de la Prusse. Cette école devait 
non seulement former des rabbins animés de l'esprit moderne, 
mais contribuer aussi à relever le niveau moral des Juifs de Hon- 
grie et à répandre parmi eux la civilisation nationale. C'est dans 
cet établissement, dont on espérait tant, que fut appelé, en 18*77, 
le jeune Kaufmann. Son ami Pinkus Frankl, de regrettée mémoire, 
alors secrétaire de VAlliancs Israélite à Vienne, avait été son 
rival heureux à Berlin, où il avait été nommé rabbin. Ne voulant 
pas accepter le nouveau poste de Budapest, il recommanda le 
jeune Kaufmann, dont il connaissait la haute capacité. Zunz et 
Rosin recommandèrent également Kaufmann, et comme sa répu- 
tation l'avait devancé, le choix fut approuvé sans difficulté par le 
gouvernement. Ce choix compléta dignement le corps enseignant 
de l'établissement nouvellement fondé, qui devint célèbre dans tout 
le judaïsme moderne. 

Kaufmann n'y avait pas encore inauguré sa chaire, lorsque 
l'administration l'envoya à Padoue pour y acheter la bibliothèque 
du professeur Lelio délia Torre ^ Depuis ce moment jusqu'à sa 
mort, Kaufmann fut bibliothécaire de l'école, et la bibliothèque 
qui, grâce à l'acquisition qu'on venait de faire, comptait alors un 
nombre respectable d'ouvrages de valeur 2, devint, par les soins 
experts de Kaufmann, l'une des plus riches bibliothèques spéciales 
du judaïsme. 

A l'école rabbinique, Kaufmann enseignait le grec et le latin 
dans la division inférieure, l'histoire des Juifs, la philosophie de 
la religion et Thorailétique dans la division supérieure. Sous la 
pression de l'opinion publique, l'enseignement devait en grande 
partie être donné en hongrois, langue dont les étrangers ne se 
rendent maîtres que très difficilement. Cela n'effraya point le jeune 
professeur, qui, sans interrompre ses travaux littéraires, entre- 
prit avec passion l'étude du hongrois. Grâce à sa vive intelli- 

* KaufmaDn mentionne son séjour à Padoue et la copie qu'il y fit d'un manuscrit, 
dans Letzte VertreibunÇy p. 91, noie 3. — Lelio délia Torre avait été professeur au 
collège rabbinique de Padoue; il a laissé une bibliothèque particulièrement riche en 
manuscrits rares et en incunables. 

* Eu cette même année 1877, le séminaire fit aussi Tacquisition de la bibliothèque 
du D"" David Oppenheim (1816-1876), rabbin à Becskerek (Hongrie), de sorte que la 
bibliothèque du séminaire comptait 5000 volumes dès la première année. Cf. le pre- 
mier rapport annuel du séminaire national de Budapest, 1878, p. 3. 



8 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

gence, il triompha rapidement de toutes les difficultés; il parla, il 
enseigna, il écrivit dans la langue du pays qui allait devenir son 
pays adoptif, pour le reste de ses jours. 

Pour se faire une idée môme imparfaite de ce qu'était Kaufmann 
comme professeur, il faut, comme moi, avoir été son élève pen- 
dant dix ans. Il serait injuste de supposer que Kaufmann, dont la 
science était universelle, ignorait les principes de la pédagogie, 
mais ce n'est pas en les appliquant qu'il exerça sur ses élèves cette 
profonde influence : il émanait de lui un vrai charme. On dit de 
certains talmudistes que le souffle qui sortait de leur bouche était 
comme un feu dévorant, que leurs paroles étaient des étincelles. 
De Kaufmann on peut dire qu'il mettait dans ses paroles une 
ardeur persuasive, une chaleur vivifiante; son langage simple 
était expressif et clair ; il éveillait en nous les plus nobles aspi- 
rations. Son éloquence entraînait ses auditeurs ; il leur ouvrait 
des pers{)ectives nouvelles, et leur communiquait une parcelle 
de son grand esprit. Soit qu'il expliquât les beautés de l'hel- 
lénisme, soit qu'il exposât la profondeur de vue des classiques 
allemands, ses développements étaient toujours d'une origi- 
nalité et d'une richesse incomparables. C'est surtout dans la 
division supérieure, dans l'enseignement de la théologie que 
Kaufmann était hors de pair. Sa maîtrise absolue dans ce do- 
maine, ses parallèles avec d'autres sciences, son exposition claire 
et lumineuse, sa langue vive et élégante donnaient un véri- 
table attrait à ses cours. Personne n'a réussi à mieux nous dé- 
peindre la grandeur passée d'Israël, personne n'a ressenti plus 
vivement, n^a raconté avec plus d'émotion les douleurs du ju- 
daïsme, personne n'eut plus que lui confiance dans son brillant 
avenir. Malgré sa tendance à généraliser, il ne négligeait pas, à 
l'occasion, les moindres détails; de même dans la philosophie de la 
religion, il savait, sub specic (tHemilatis, examiner et analyser 
les pens»U»s philosophiques qui se présentaient. 

Il était alors peut-être le seul professeur qui s'occupât d'épi- 
praphie et de diplomatique hébraïques, et il faisait passer sous les 
yeux (lèses élèves toute sorte de manuscrits, les clichés de quantité 
d'éjutaphes, tous les documents nouveaux qui lui arrivaient de 
t()ut»'S parts, et il les préparait ainsi à devenir, non seulement de 
bons pasteurs, mais aussi des pionniers de l'érudition juive. Mais 
c'est surtout en nous préparant à la prédication que Kaufmann 
développait magistralement les idées éternelles du judaïsme : 
il savait tirer le plus beau sermon d'un texte mal choisi par- 
mi élève inhabile. Bien qu'il fût un excellent prédicateur, il 
n'a laissé que de faibles témoignages de son talent oratoire, 




DAVID KAUFMANN. 



10 REVUE DES ETUDES JUIVES 

parce qu'il n'a pas eu souvent l'occasion de monter en chaire*. 

La situation que Kaufmann avait conquise à l'école rabbinique et 
la subvention que l'Etat avait consenti à lui accorder l'engagèrent 
à se créer une famille, et le 10 avril 1881 il épousa M''^ Irma Gom- 
perz, femme de grande distinction. Ce mariage l'attacha définiti- 
vement à la Hongrie et à Budapest. La famille Gomperz était, en 
effet, une des plus considérées de Budapest ; la piété s'y alliait à 
une parfaite éducation mondaine. L'entrée de Kaufmann dans 
cette belle famille ouvrit de nouveaux horizons à son activité in- 
tellectuelle. Les ancêtres de sa femme, tout en étant des hommes 
d'affaires, avaient su acquérir de belles situations dans la science 
et dans la société. Kaufmann vit aussitôt quel exemple instructif 
serait pour la postérité la vie de tels hommes ; il refit leur biographie 
et en réunit les portraits dans l'ouvrage qu'il a publié sous le titre 
général : Zur Geschichte der jûdischen FamUien. Il s'attacha 
d'autant plus au pas&é de sa famille que l'avenir lui offrait moins 
d'espérances : il n'avait pas d'enfants. Kaufmann fit de sa demeure 
un refuge, un lieu de pèlerinage pour les pauvres. Plus d'un 
écrivain russe ou polonais vint chercher chez lui un conseil et 
des secours, et plus d'une œuvre littéraire publiée dans lextrème 
Orient slave n'a vu le jour que grâce à son concours. Il ne se 
contentait pas d'être un savant éminent ; il fut aussi une sorte 
de Mécène, à l'exemple de ce Samson Wertheimer et d'autres 
aïeux de sa femme qu'il nous a dépeints avec tant d'amour. 
Kaufmann ne se bornait pas à fournir des secours en argent; 
il mettait sa science et son immense érudition au service d'autrui, 
et par complaisance il se faisait le collaborateur des auteurs qui 
le consultaient*. Le futur bibliographe des œuvres de Kaufmann 
aura fort à faire s'il veut noter tous les ouvrages auxquels il a 
collaboré. 

Kaufmann, à son tour, était soutenu par tout ce qui a un nom 

• Oiilre les Berliner Predigten, ont élé publiés : le sermon pour l'inauguration 
(le la synagogue, à l'ocoic rabbinique de Budapest, le 6 octobre 1877 (Budapest, 
lH"y); un sermon de Ilanoucca [Die Lichtcr amAbend), Budapest 1880; un sermon 
très remarquable, dans une brochure publiée a Toccasion du 80" anniversaire du 
Habbiii Moses Bloch, professeur ù l'école rabbinique de Budapest, Budapest, 1895. 

* Nous mentionnerons ici: Commentar zum Sepher Jezira de R. Jchuda b. Barzilaï, 
édile par S. J. Halbtrslam, Berlin, IKSri. p. 33'i-3î>4. — Kaufmann élail très lié avec 
ilalberslum, mort depuis. - Des travaux <iaus le fl'^ONn, de N. Sokolov, de II, Var- 
sovie, 1885, vT'Ci nb^iin^î 'c^ir^n rT:nr*:n *^i-i2 'n, p. 293-299; Hid., m, 

1886, p. 209-2:0, ::"?:cr; m:\L*:: Z'^TC rzi'^'C^ mzn nirpr. Dans l'anuuaire 
de M. Luncz : Jtrusaitvi^ II ^Jl•^u^alem, ISST ,p. 141-147. p' 3 "JI^^ZC 'l ï^.lliK 
1?2w ~ D?r'C3 r^.ir'w?^. — Tout de suilo après sa mort parurent ses additions 
a 1 ouvrage de Salomou Baruch Nisseubaum, "J^Vdi'tD C^TinTI milpb "20 
(l.ublio, 1900), p. i5'2-159. 



DAVID KAl FMANN 11 

dans l'érudition ou la littérature juive. Des éditions rares, de pré- 
cieux manuscrits sont dispersés aux quatre coins du monde, et qui 
veut pouvoir s'en servir doit avoir, pour ainsi dire, des agents 
dans les villes où il y a de riches collections ; ces agents sont 
les savants des différents pays qui se rendent mutuellement 
des services. Kaul'mann ne s'arrêtait pas volontiers dans les 
sentiers battus; les terrains en friche le tentaient particuliè- 
rement. Aussi devait-il, avant toute chose, s'assurer le concours 
d'auxiliaires sûrs, et les procédés qu'il employa pour se procurer 
des documents originaux nous causent autant de surprise que sa 
vaste érudition. Il avait comme une véritable agence de rensei- 
gnements ; les nouvelles et les faits lui arrivaient des pays les 
plus éloignés. Si je voulais citer tous les correspondants de 
Kaufmann, j'aurais à citer, à quelques exceptions près, tous 
ceux qui depuis cinquante ans se sont occupés avec le plus d'ar- 
deur et le plus de compétence des études juives. Kaufmann entre- 
tenait avec les uns des relations personnelles très cordiales, il 
était lié à d'autres par une amitié sincère, désintéressée, que la 
mort seule a pu interrompre. Les lettres en nombre considérable 
que Kaufmann a laissées ne tarderont pas à être publiées et 
jetteront une vive lumière sur ce point. 

Sa situation de fortune lui permettait, cas très rare chez les 
savants juifs, de véritables prodigalités. Il dépensait largement 
pour acquérir des manuscrits et des livres rares et il se forma 
ainsi une bibliothèque personnelle très riche. Son cabinet de 
travail contenait un véritable trésor de documents, que l'Ancien 
et le Nouveau Monde avaient contribué à former. 

Quand il s'occupa de l'histoire de l'art juif, ce fut dans ses 
propres manuscrits qu'il puisa le plus abondamment ; ses Rituels, 
ses Mahzorim, ses Haggadot, ses Meguillot étaient magniti- 
quement illustrés ; il avait, en outre, une belle collection d'auto- 
graphes. Autant de témoins éloquents d'un passé auquel Kaufmann 
voulait arracher ses secrets; ils lui parlaient du goût d'Israël pour 
l'art malgré sa situation précaire, au milieu des tristesses de Top- 
pression. Il y trouvait des preuves matérielles des rapports de la 
science juive avec la science générale, de la contribution que le 
judaïsme avait apportée au développement général de la civi- 
lisation. Ce sont là des vérités que Kaufmann répéta à profusion 
dans de nombreux articles de Revues et dans ses livres •. 

Kaufmann ne vivait que pour la science : les voyages qu'il entre- 

* J'ai fait un relevé des manuscrits que KaufmaDn possédait, d'après ses propres 
indicalions, et j'en ai compté j^lus de cinquante. 



12 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

prenait n'avaient point d'autre but. Outre son voyage en Italie 
(ISTT) que nous avons déjà mentionné, nous devons parler de sa 
visite à l'Exposition de Paris en 1878, dont il profita pour butiner 
dans les manuscrits de la Bibliothèque Nationale. Ses voyages de 
vacances n'étaient pas davantage de simples distractions; il en 
profitait pour fouiller les archives des communautés, les papiers 
de famille, pour déchiffrer des épitaphes. Il s'y rencontrait avec 
les sommités scientifiques du judaïsme, et il y avait entre eux 
échange d'idées sur les questions juives. En dehors de ses amis, il 
avait une légion d'agents, largement rétribués, qui, sur ses indica- 
tions, faisaient dans les grandes bibliothèques les recherches qui 
lui étaient nécessaires. C'est là la clef de l'activité prodigieuse de 
Kaufmann et des heureux résultats de son travail. Sa bienveil- 
lance, le charme qui émanait de sa personne, lui facilitaient sin- 
gulièrement toutes choses; il était, d'ailleurs, à même de rendre 
service pour service. 

Partout où il s'agissait d'encourager quelque œuvre juive, on 
pouvait compter sur le concours de Kaufmann. Je ne puis citer 
qu'un petit nombre d'exemples de sa générosité, car il répugnait 
à sa grande âme d'en faire étalage. A peine M. A. Berliner, de 
Berlin, avait-il émis l'idée de reconstituer la société Mehize 
Nirdamim, dont le but est d'éditer d'anciens ouvrages juifs, que 
Kaufmann y fut gagné. Il publia un appel aussi pressant qu'en- 
thousiaste, daté du 10 août 1884, 90° anniversaire de la naissance 
de L. Zunz. Cet appel fut entendu ; la société fut reconstituée et 
Kaufmann fit partie jusqu'à sa mort du comité de direction. 
Quelques éditions faites par cette société portent son nom ; d'autres 
ont été augmentées par lui '. Il tenait surtout à ce que la société 
publiât chaque année un recueil de petits écrits *. Parmi les livres 
qu'il a édités dans la collection de cette société, je citerai Minhat 
Kenaoi de Yehiel ben Samuel de Pise (Berlin, 181^8). 

Pour honorer la mémoire de son maître et protecteur David 
Hosin, il fit un legs de 4,000 couronnes au séminaire de Breslau, 
dont la rente devait constituer des prix à décerner à dos ouvrages 
scientifi(iues '. 11 fit aussi de grandes largesses à toutes les insti- 
tutions de Kojetein, sa ville natale, et à l'occasion du TO" anniver- 
saire de la naissance de son père, il lit don à la synagogue de 
superbes ornements pour la Tora. Et cet homme que préoccupait 

» Additions dans «^«-np, 1, II, VI (V^p72 p ^n P-.iN , VII ,:n2^:3 p"p sp:2). 
dans D'^niO mbSTD, «du. E. IJaum^'arleu. Berlin, 1895. 

• î)'oprès M. Horliner. 

' Programme du séminaire de Rreslau en 1895, au commencement. Kaufmann a 
consacra un article à Kosin dans \q JUdisches Lxtteraturblatt de Rahmer, XXII, p. 87. 



DAVID KAUFMANN !S 

la prospérité de communautés entières, de tout le judaïsme, trou- 
vait encore moyen de s'intéresser à chacun de ses élèves. Ils 
s'étonnaient de le voir si bien renseigné sur leur situation parti- 
culière. S'il remarquait chez l'un d'eux le goût du travail per- 
sonnel, un esprit ouvert, il ne négligeait rien pour encourager et 
développer ces heureuses dispositions. Sa maison était recherchée 
par ses élèves, qui aimaient à se grouper autour de leur illustre 
maître ; on y causait familièrement, et le souvenir de ces doctes 
entretiens ne s'effacera jamais de la mémoire de ceux qui ont eu 
le bonheur d'y prendre part. 

C'est à Budapest que Kaufmann passa les années les plus belles 
et les plus heureuses de sa vie, aimé et adoré de sa double fa- 
mille, de ses nombreux disciples, entouré de nombreux amis qui 
l'honoraient et l'aimaient, possesseur d'une belle fortune, occu- 
pant une position élevée dans la société, jouissant de la juste 
réputation d'un savant et d'un homme de bien. Les plus grandes 
communautés auraient voulu l'avoir pour rabbin, les plus impor- 
tantes écoles lui offraient une chaire, et il s'en est fallu de peu 
qu'il n'acceptât en 1893 la direction de l'école de théologie juive 
qui venait de se fonder à Vienne. Le chevalier W. von Guttmann, 
à qui il avait dédié, sous forme d'une réplique, sa brochure Wie 
heben wir den religiôsen Sinn unserer Mddchen und Frauen, 
(Trêves, 1893), avait également essayé de l'attirer à Vienne. Malgré 
tout son amour pour sa patrie adoptive, il avait conservé un pro- 
fond attachement pour sa première patrie, et il n'aurait peut-être 
pas résisté aux brillantes offres qui lui venaient de tous côtés, si 
les liens qui l'unissaient à la famille Gomperz avaient été moins 
puissants. Ils l'ont retenu à Budapest jusqu'à sa mort. 



111. 



Les travaux de Kaufmann sont si nombreux et si variés que 
dans le cadre de cette biographie, nous pourrons à peine en donner 
un aperçu superficiel, sans songer à en faire un examen appro- 
fondi. Outre l'antiquité biblique' ,1e Talmud, le Midrasch - et l'hel- 

* Outre la disserlalioa non imprimée que nous avons déjà meulionnée, on peut ci- 
ter de lui une étude sur le mot Reèni (DN"l) dans la Bible, dans le Jad. Litteratur- 
blatt, de Rahmer, VI, 7; sur le Cantique des Cantiques, ibùi., VI, 67, 71 ; sur 
Texpressioa nb'D "T*n72 de Deulérouome, xxiii. 19, dans la Revue hongroise M. Zs. 
Szemle, lll, 107, à propos des dissertations de J. Derenbourg dans Reçue, 11, 126, de 
J. Halévy, tbid., 111, 200, et de S. Reinach, dans Revue archt'ologxque^ laS4, p. 129. 

* Mentionnons particuliè»emeut ses comptes rendus de Bousset, Der Antichrut in 



14 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

lénismejuif Sil a exploré dans toutes ses parties le vaste domaine 
de la littérature juive et Ta enrichi d'œuvres durables. Ses écrits 
montrent l'étendue de ses connaissances : la philosophie d'un 
Philon, par exemple, cette première forme de la philosophie reli- 
gieuse juive, n'avait pas de secret pour lui, et ses dernières 
œuvres, ses études sur Ibn Gabirol sont tout imprégnées de la 
philosophie classique des Grecs. 

Deux des travaux les plus importants de Kaufmann remontent 
au temps où il était encore étudiant à Breslau : Die Théologie des 
Bachia Ibn Pahuda, publiée par l'académie de Vienne, a paru en 
18'Ï4, mais n'a été composée qu'après Die Geschichte der Attri- 
huienlehre in der jùdisclien Redgionspliilosophie des Mittelal- 
ters von Saadja bis Maimihii, qui n'a paru qu'en 18'' à Gotha. 
Ce dernier travail est le plus considérable des ouvrages de Kauf- 
mann par son étendue et par son objet ; il lui a valu sa nomination 
de professeur à Budapest. Une voix plus autorisée que la mienne* 
range ce livre parmi les plus importants de la littérature juive 
moderne. Le jeune auteur eut le bonheur d'y présenter sous un 
jour tout nouveau les rapports de la philosophie religieuse juive 
avec celle des Arabes ^ D'après son titre, l'ouvrage ne doit 
traiter que des attributs divins ; autrement dit, il doit faire con- 
naître les vues des philosophes juifs de l'époque arabe sur les 
qualités qu'on attribue à la divinité, mais, en réalité, il contient 
toute la philosophie juive de Saadia à Maïmonide. C'est peut-être 
la seule critique qu'on puisse faire de l'ouvrage : il contient plus 
qu'il ne devrait, il est plus étendu que ne le réclame le sujet. 
Kaufmann est resté, à côté de Joël et de Schmiedl, le plus impor- 
tant représentant moderne de la philosophie religieuse juive, et 
il y est toujours revenu comme à son étude de prédilection. 
Outre différentes dissertations qu'il a publiées sur ce sujet dans 
diverses Revues*, nous lui devons : P Die Spiiren Al-Batlajusis 

der Veberlieferung des Judenthums, daus Monatsschrift^ XL, 134; O. Bardenhewer, 
Biblisehe StudiêH, ibid., 188: Katzenelson, Z)i> normale und pathologtsehe Anatomit 
des Talmu'h, ib., XLI, 378. 

' Ein l'fbenetzungsfehler bei den St/nopttkern^ à&ns if onatssckrift, \^93. XXXVII, 
393: compte rendu de Btbelstudien, I, de Deismann, dans Monatsschrift, XL. 41 ; 
de Die Quellen des Josephus Flavius de II. Bloch, dans Jiid. Liîteraturblatt, IX, 56; 
de Gesammelte Abhandlungen de Bernays, dans RÉJ., XI, 311. — Une belle dis- 
serlalion sur le culte de làne dont on accusait les Juifs, dans M. Zs. Szemle. III, 327. 

' M. I. Goldziher, professeur à Budapest. 

' Cf. Juda Haleici, p. 26 : • Nous retrouvons chez lui la pensée de Abou Hamid 
.\l-Gazzali, ce llambeau de la théologie mahoraétane. » Kaufmann démontre com- 
ment Juda lïalévi dépend de Gazxali, dans Attributenlekre, p. 119-140. 

♦ Sur Saadia Alfajyoumi, voir Z. D.M. (r. . XXXVII, 1883. p. 230 ; une consul- 
tation du Gaon R. Haï sur la prescience divine, ibid., XLIX, 1895, p. 73 ; — Le 
prétendu commentaire disaac Israfli sur le livre Tecira, dans RÉJ., VIll, 126 ; — 



DAVID KAUFiMANiN 15 

in der judischen Religionsphilosophie nebst einer Ausgahe 
der Jtebrrnscîien Uehersetzungen seiner bUdlichen Kreise ' , 
1880 ; 2" Die Sinne, Beilrdge zur Geschichle der Physiologie 
und Psychologie im Mitielalter ans hebralschen und arabi- 
schen Quellen, 1884. Ces deux ouvrages ont été écrits lorsqu'il 
était déjà professeur à Budapest, et comme ils ont paru dans les 
comptes rendus annuels de Técole rabbinique, ils ont aussi été 
publiés en hongrois. Le titre, Die Sinne, ne saurait donner une 
idée de toutes les connaissances physiologiques et psychologiques 
que l'ouvrage révèle, des nombreuses lectures qu'il suppose sur 
les littératures juive et arabe du moyen âge. C'est chez les maîtres 
delà philosophie et de la religion, chez ces savants juifs qu'il con- 
naissait à fond, que Kaufraann avait appris que, tout en s'occupant 
de philosophie théorique, d'études abstraites, il ne fallait pas né- 
gliger les phénomènes naturels, et encore moins la psychologie 
humaine ; qu'il fallait s'appuyer sur les sciences physiques pour 
avancer d'un pas sûr dans le domaine de la théorie *. Dans la der- 
nière année de sa vie, Kaufmann travaillait à son ouvrage : Studien 
ûber Salomon Ibn Gabirol, 1899, qui devait aussi être publié dans 
le compte rendu de l'école rabbinique de Budapest. Ce livre mérite 
de prendre place à côté de Bachja Ibn Pahiida, et de Atlributen- 
lehre^. Naguère, l'illustre savant Salomon Munk, de Paris, avait 
montré que le Fo7is Vilœ a pour auteur Salomon Ibn Gabirol. 
Kaufmann, à son touf, ramena la « Source de la Vie » à son ori- 
gine en montrant que Gabirol en avait emprunté le fond au philo- 
sophe connu sous le nom de Pseudo-Empédocle. Il publia en même 
temps les fragments que les Juifs du moyen âge avaient conservés 
de cet auteur, et donna ainsi une nouvelle preuve des rapports qui 
existaient entre la littérature juive et la littérature générale*. 

Jehuia ha-Levi on the dogmas of judaïsm, dans Jeioish Quart. Rcview, I, i41. — 
Vers la fin de sa vie, il publia pour le grand public : Der Filhrer Maimunis in der 
Weltlitteratiir (ouvra^^e extrait de VArchiv fier Gcschichte der Philosophie^ XI, n" 3), 
Berlin, 1898; cf. J. WeiU, dans RÉJ., XXXIX, 155. 

^ Les cercles intellectuels de Batahjousi^ dans RRJ.., VIII, 131, et la critique de 
son ami P, Frankl, mentionnée plus haut. 

* Cf. Propaedeutik fur Aerzte von Isaak Israeli, dans le Jild. Litteraturblatt, de 
Rahmer, XI, 97. — L'original arabe de b^'Ji?^ 173^73 de Maïmonide, ibid., XV, 170; 
— Un siècle de l'existence d'une famille de médecins Juifs de Vienne et de Posen, dans 
RÉ/., XX, 275. 

' Cf. Une citation de Salomon Ibn Gabirol dans Joseph Kinihi, dans RJiJ,, XVII, 
306. Recension de H. Brody, Weltliche Gedichte des Ibn Gabirol^ dans Z. D. M. G., 
LU, 290. 

* Kaufmann avait pris connaissance du texte de Yesod Olam de Elhanan b. Ab- 
raham dans un manuscrit que lui avait copié son ami Senior Sachs, de Paris [Stu- 
dien ûber Salomon Ibn Gabirol, p. 116). Il est regrettable que ce travail, par suite 
de la mort de l'auteur, soit resté incomplet sur plusieurs pointa. 



16 REVUE LES ETUDES JUIVES 

Toute sa vie, en effet, Kaulmann a soutenu que la science juive 
ne doit pas être une science de ghetto, qu'elle doit trouver accès 
dans les Académies et les Universités, qu'elle le mérite incontes- 
tablement et par sa valeur propre et par ses rapports avec la 
science générale. Si ses paroles avaient trouvé un écho, les Uni- 
versités auraient depuis longtemps créé des chaires pour la science 
juive, elle ne serait plus considérée comme une plante exotique 
qu'on tolère çà et là comme un pur objet de curiosité*. Dans la 
biographie magistrale qu'il a donnée de Zunz -, à l'occasion de 
son 90^ anniversaire, il considère comme un des plus grands mé- 
rites du vieux maître d'avoir demandé que la science juive lut 
mise sur le pied d égalité avec les autres sciences. Mais plus que 
Zunz, Kaufmann se fit le champion de cette idée, et en fit du 
moinsadopter le principe. Disons à ce propos qu'il reçut de nom- 
breuses marques d'amitié du patriarche de la science juive ; d'ail- 
leurs, nous serons complètement édifiés sur les excellents rapports 
que les deux savants entretenaient entre eux, quand on publiera 
les nombreuses lettres que Zunz a écrites à Kaufmann. Outre la bio- 
graphie imprégnée d'amitié qu'il consacra à Zunz, il apporta aussi 
son concours à la Jnhelschrifl, publiée à l'occasion de son 90® an- 
niversaire, ainsi qu'à l'administration de la «fondation Zunz» éta- 
blie dix ans auparavant. De même qu'il paya son tribut d'admi- 
ration à Zunz, il ajouta aussi un court résumé allemand aux 
lettres hébraïques de S.-D. Luzzatto^et apporta son concours à 
l'occasion de la célébration du centenaire de Rappoport*. Ainsi 
il sut rendre hommage aux trois grands fondateurs de la science 
juive moderne et prouver une fois de plus le culte qu'il leur 
vouait au fond de l'âme. Nous comprendrons ainsi l'ardeur avec 
laquelle il réfuta les attaques dont Zunz fut lobjet de la part de 
Paul de Lagarde, le célèbre professeur de Gottingue. En 1884, 
il était arrivé, en effet, que, sur l'avis de Lagarde, l'Université 
avait accepté comme thèse de doctorat un travail intitulé : Zwei 
Gnliinger MachzorhandscJiriflen. Cet écrit trahissait la plus 
piteuse ignorance de la littérature juive et de la liturgie synagogale 

> Kaufmann expose cJaus Monalsschrift, XXXIX, 14o, quelle petite place la 
science juive occupe dans les Luiversilés. 

* Leopold Zunz, extrait du Jewish ChronicU, 1884, 12 pa^es; cf. Die Familie Zunt, 
dans Monaisschri/'t, XXXN'III. 481 ; li. Ldb Zunz, ib., p. [100. Tout ce numéro de 
la Monatsschrift est consacré à Zunz, Voir aussi Altxander Zunz, dans Monatsschrifty 
1899, XLlll. r.M. 

' b"TO m"i:<5<. l>- Luzzatto's hchraische B>'iefc, Przemyzl. 1882, et Cracovie, 
1891. CI". Kawltiiuiin, dans yd(//5fA. Lttteraturbl. de Rabmer. VllI, 77,81. 

^ Iieila;/e lu D' Blvch's Ocsterrctchische Wochcnschnfi, 18*.*U. Kaufmaun a encore 
parlé des Iravuux de Uappoporl dans Jtidisch. LxttcraturhhKt de Uahmcr, XIX, 
93, 101. 



DAVID KAUFMANN 17 

et on se permettait cependant d'y condamner les travaux de Zunz, 
de Landshuth et de Luzzatto. Kaufmann fit une critique incisive, 
dans Oeslerreichische Monatsschrift fier den Orient (n°' du 
15 avril et 15 mai ]885), de la malencontreuse dissertation. Il s'y 
éleva vivement contre l'exclusivisme des savants chrétiens : « Cette 
ignorance, dit-il, provient de ce que les Botocudos et les Tzi- 
ganes ont des représentants dans les chaires des Universités 
allemandes, tandis que la littérature juive, mêlée à l'histoire et à 
la littérature des peuples anciens les plus civilisés, en est exclue ! » 
Et il ajoutait : « Une telle négligence n'est possible que lorsqu'on 
n'a aucun contrôle à redouter... Le dédain du silence ne suffit 
pas; des intrus, auteurs de tels fatras, doivent être chassés du 
temple. » Lagarde, qui n'était nullement visé dans cette critique, 
se crut atteint et écrivit, sur le ton cassant qui lui était familier, 
un fort méchant pamphlet, où il invectivait Zunz, mort dans l'in- 
tervalle ^ Mais Kaufmann riposta. A côté de M. Berliner ^ et de 
B. Ziemlich, de Nuremberg^, il combattit énergiquement les 
prétentions de Paul de Lagarde dans sa brochure : Paul de 
Lagarde' s jildische Gelehrsamheit (Leipzig, 1887), où il montrait 
sans aucun ménagement que Lagarde lui-même ne possédait pas 
la littérature juive, et que toutes les accusations portées contre 
Zunz étaient mal fondées. Aussi bien Kaufmann était-il plus auto- 
risé que tout autre à prononcer le mot décisif dans une discussion 
sur la poésie synagogale. Au moment où il quitta le séminaire de 
Breslau, le 28 janvier 1877, il avait déjà parlé avec une haute 
compétence de JudaHallévi, le plus grand poète juif au moyen 
âge; cette étude fut imprimée la même année, avec des notes 
savantes*. Il avait également fourni des matériaux intéressants 
pour le Diwân d'Abraham Ibn Ezra^ que M. Jacob Egers édita 
à Berlin en 1886. Son argumentation contre Lagarde fut, en 
effet, écrasante. Il est seulement regrettable que les coups de 
Kaufmann atteignirent un homme dont les divers travaux ont 

' Lipman Zunz und seine Verehrcr, dans Mittheilungen de Lagarde, II (Got- 
lingue, 1887), p. 108-162. KauCmann avait élé auparavant lié avec Lagarde; il avait 
publié plusieurs comptes rendus dans les Gôttingiscke (jelehrte Anzeigen. Je men- 
tionnerai ici son important travail sur Erziehi(ngswesen de Gûdemann dans les An- 
zeigen de 1886, p. 70-94. Kaut'manu a publié une autre recension du grand ouvrage 
de Gûdemann dans la Monatsschrift^ XXIII, 85, 138. La période hispano-arabe de 
l'ouvrage avait alors seule paru. 

* Berliner, Professor Paul de Lagarde nach seiner Natur gezeichiet, Berlin, 1887< 
' Ziemlich, Einerder nlcht Liturgiker sein will^ Leipzig, 1887. 

* Jehuda Hale/vi, Versuch einer Characteristik,BTes\aiU, 1877. 

« Diîoan des Abraham Ibn Ezra, éd. par Jacob Egers, Berlin, 1886, p. xv-xx, 150- 
152; cf. sur une énigme d'Abraham ben Ezra, Magazin fur die ^\'issensch. des Ju- 
denthums, XVIIl, 54. 

T. XLI, N» 81. 2 



18 REVUE DES ETUDES JUIVES 

rendu service à la science juive. Membre de la Société des études 
juives, il s'en retira ', irrité des attaques de Kaufmann. Il est éga- 
lement à regretter que Kaufiiiann ait montré de Ihostilité envers 
le professeur M. L. Strack, de Berlin ; ce savant avait bien mérité 
du judaïsme en combattant vaillamment le préjugé du meurtre 
rituel. Mais, plus tard, les relations entre Kaufmann et M. Strack 
reprirent leur cours normal, et peu de temps avant sa mort, 
Kaufmann était tout disposé à lui léguer un précieux manuscrit 
du Talmud-. Cette polémique se termina à l'avantage de la littéra- 
ture juive. En effet, sur la proposition de Kaufmann, on établit un 
index systématique des poésies synagogales étudiées par Zunz et 
que la « fondation Zunz » se chargea de publier '. 

Kaufmann ne voulait nullement faire des études juives un mo- 
nopole des Juifs^ il voyait avec plaisir les Chrétiens s'en occuper, 
il ne cherchait à en écarter que les intrus non qualifiés. On 
peut condamner la passion que Kaufmann apportait dans ses polé- 
miques*; il avait i)0ur excuse son culte de la vérité. Cela ne 
l'empêchait pas d'entretenir des relations des plus amicales avec 
des savants chrétiens, comme le montrent la plupart de ses écrits, 
et il y avait souvent entre eux échange de services. En 1897, il a 
môme travaillé avec le fameux théologien chrétien Alfred Resch 
au prétendu texte hébreu des Logia Jesu^. L'enthousiasme avec 
lequel Kaufmann accueillit le roman de Georges Eliot écrit à 
la gloire du judaïsme fait honneur à ses sentiments et témoigne 
de l'intériH qu'il portait aux belles-lettres''. Il a aussi parlé en 
termes chaleureux du professeur Franz Delitzsch, savant hébraï- 
sant et ami des Juifs'. Mais il ne supportait pas l'injustice. Il lui 
semblait indigne du judaïsme de s'incliner sans protestation de- 
vant ses adversaires ; aussi écrivit-il une brochure fulminante 
contre le père de l'antisémitisme allemand, le prédicateur de la 
cour Stocker**. Quand en 1884, au parlement hongrois, ou avança 

* hagarde, Mitthcilnngen^ II, 1IJ5. 

* l>*u|)ri;s une coiuinunicalion de M. Strack lui-m5me. 

* A. (ieslelnor, C^UV^n HriE/Û, iierlin, ISS'J. Cet ouvrage était d'ailleurs en 
préparation CD 1882, ainsi que nous Papprend Kauimann {Paul de Layarde, p. 24]. 

* Ainsi il fit une critique très vive de l'ouvrage de Merx, Documents de paléogra- 
phie htflirai'jue et arabe (Leydc, 1894) dans la Monatsschrift . 18'J.'i, XXXIX, 145- 
107, et il cul la sulislaction d'C'lre approuvé par M. Strack, quand il demaudait que 
ics savants chrélicus s'initient davantage a la lilléruture juive ; cl. Tkcologi&chcs Lit- 
(eraturblalt, 1896. XVII, 315. 

» A. Hesch, D,e Logia Jesu, Leipzig. 1«î»8; cf. Â'enie, XX.XV1I. ibH 

* (/'•ort/e Klivt uad dus Juddithitm, dans Monatsschrifl. 1870, WN'i, 172. 
2l4,2r.!i." 

' Jeicish Quaitcriy licfitf^ il, viSO. 

" Ein Wort im yctiauen an Uerrn IJofpi'edtgef Stocker, Berlin, 188U. 



DAVID KAUFMANN 19 

que le judaïsme avait une doctrine secrète, qu'il n'avait pas môme 
de catéchisnae, Kaufmann lança de nouveau, dans une brochure, 
une énergique protestation contre cette assertion aussi malveil- 
lante que mensongère *. 

Kaufmann ne se bornait pas à être un savant, il était aussi un 
polémiste de premier ordre. Il ne cherchait pas la lutte, mais une 
fois qu'il y était engagé, rien ne l'arrêtait plus. Sa campagne 
contre Lagarde lui a laissé une impression profonde, puisque dix 
ans après, quand il publia les a Véritables mélodies de Ileller* », 
il en parla encore avec émotion. Du reste, il ne craignait pas de 
s'adresser au grand public. C'est ainsi qu'il envoya plus d'un 
article remarquable aux principaux organes de la presse quo- 
tidienne : au Pester Lloyd, de Budapest, à la Neue Freie Presse^ 
de Vienne, et au supplément de VAllgemeine Zeitung^ de 
Munich. Partout il s'appliquait à faire connaître le judaïsme, à 
le faire aimer, à répondre aux attaques et à détruire les préjugés 
dont sa religion avait à souffrir. Mais il est temps d'arriver aux 
travaux importants de Kaufmann, dont nous n'avons pas encore 
parlé. 



IV. 



Si Kaufmann s'est distingué dans ses études de philosophie re- 
ligieuse et dans ses polémiques, il a surtout brillé comme histo- 
rien. La longue série de ses travaux historiques nous jette dans 
l'étonnement. Que de volumes à consulter, que d'inscriptions à 
déchiâ"rer, que de manuscrits à découvrir et à lire pour percer les 
ténèbres qui enveloppent le passé l Mais son grand amour du ju- 
daïsme lui faisait surmonter tous les obstacles. 

Un très petit nombre de ses travaux historiques ont été publiés 
séparément. La plupart sont disséminés dans les recueils pério- 
diques de la littérature juive contemporaine ; il n'y a peut-être pas 
une de ces Revues que Kaufmann n'ait enrichie de ses travaux. La 
Revue des Études juives, entre autres, perd en lui un de ses plus 
actifs collaborateurs ; chaque numéro contenait au moins un 
article de lui. Il a également collaboré au Magazin fur die 
Wissenschaft des Judenthums tout le temps qu'a duré cette 

* Vom judischen Katechismus, Budapest, 1884, paru aussi en hongrois dans 
M. Zs. Szeinle, 1, 119-127 ; le même journal donne ensuite une liste de cent cin- 
quante-six catéchismes juifs. 

* Die echten hebra'tschen Melodiett^ traduction de S. Heller (Trêves, 1893). pré- 
i'ace, p. XVI. 



20 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Revue. Il écrivait aussi dans Monalsschrift fur die Wissen- 
schaft des Judenthiims, et quelques années après la disparition 
de cette Revue, Kaufmann, aidé de son ami M. Brann, la fit re- 
vivre, en ]892, et en fit son principal organe. Le Israelitische 
Letierbode d'Amsterdam, dirigé par M. Roest, la Zeiischrift der 
deuischen morgenlàndischen Gesellschaft et la Jewish Quar- 
terly Review de Londres ont publié de ses travaux. Nous avons 
déjà mentionné d'autres Revues où il écrivait, et nous en aurons 
encore à citer. Mais ses préférences allaient aux Revues rédigées 
en hébreu ; il écrivait cette langue avec facilité et élégance, malgré 
l'éducation toute moderne qu'il avait reçue. Mentionnons ici 
comme modèle de style et de composition un article sur la Gue- 
niza de Fostat (n':;n iii^) •. Ses articles en hébreu le faisaient 
connaître jusqu'en Orient-, dans les pays où les habitants s'inté- 
ressent plus qu'on ne le croit généralement à la science juive, 
pourvu qu'elle leur soit présentée en hébreu, seule langue qu'ils 
comprennent. 

Kaufmann a publié dans les diff'érentes Revues, sans compter ses 
travaux de vulgarisation % environ trois cents articles S dont nous 
ne pourrons citer ici qu'un très petit nombre, choisis parmi les plus 
importants; mais tous sont dignes d'être conservés. 

J'ai sous les yeux le remarquable travail de Kaufmann : Ans 
Heimnch Heines Ahnensaal, Breslau, 1896. L'auteur y groupe 
ses ouvrages historiques de la manière suivante. Pour servir à 
Thistoire des familles juives: Samson Werlfiei77îer, premier inten- 
dant de la cour de Vienne et grand-rabbin (1658-1'724) et ses en- 
fants (Trêves, 1888). — /?. Jair CkojjimBacharach (1640-1702) et 
ses ancêtres (Trêves, 1894) -. — Die letzie Vertr'eibwig der Juden 
ans Wien iind xslederoslen^eicli, ses prodromes (1625-16'70) et ses 
victimes (Vienne, 1888)^ — Urkundliches ansdem Leben Samson 

» Dans nr^rirî, n. 

2 II écrivit dans ll^obn ïn'^a de Friedmann-Weiss, dans le T»:»?:!-?, 1898. dans 
>~ID:^7jrT, 1880, dans D'^m: T\ZiX12 de Harkavy, elc. Cf. aussi 1"!^" (lierditschew, 
181)8), 1^^ fascicule. 

' Il publia plusieurs articles dans VAllf/emcin! Zeitung des Judenthums, de Ber- 
lin, dans Oestcrrcichische Woc/icnschri/'t, de Vienne. Son travail sur l'éducation des 
lillcs qu'il a publié dans ce dernier journal a été traduit en anglais à Shangai parle 
célèbre sinologue P. G. MôUendorf. Il écrivait aussi dans le Jeioish Chronicle, 
Jewish Messenger^ elc. 

* Le livre de M. Scluvab, Répertoire des articles relatifs à l'hiitoire et à la litté- 
rature juives de IlS'y ii iS'JS, ne cite, à la vérité, que deux cent cincjuanle-neul' nu- 
méros ; mais plusieurs arlicles ont été oubliés et plusieurs autres ont paru depuis. 

■^ Sur liacbarach, cf. Jeivii^h Quirtcrly Revieio, 111, 292, 45o. Pour les enfants de 
J. Cb. Bacharacb, \o\t Monatsschri/'t, 189'.>, XLIII, 37. 

* Dans le compte rendu du séminaire israélile de Budapest; ce travail a aussi élé 
J)ublié eu bongrois. 



J 



DAVID KAUFMANN 2! 

Weriheimers (Vienne, 1892) ^ — Die Ersiurmiing Ofens iincl ihre 
Vorgeschichte (laSO-na^). Megillalh Ofen (Trêves, 1895j ^ — 
D^ Israël Conegliano und seine Verdiensleum die Repuhlih Ve^ 
nedig bis 7iac/i dem Frieden von Carloioliz (Vienne, 1895^ 3. Son 
travail sur Henri Heine, qui appartient à ce groupe, était destiné 
au grand public ; Kaufmann lui a donné une forme plus at- 
trayante. Le connaisseur voit immédiatement l'étroite connexité 
qui existe entre ces sept ouvrages ; ils dépeignent à peu près 
la même époque, les différents personnages sont plus ou moins 
mêlés aux mêmes événements et, par suite, ont de fréquents 
rapports entre eux. Autrement on ne comprendrait pas que huit 
années aient suffi pour composer ces sept gros livres qui de- 
mandaient tant de lectures et de recherches. Kaufmann étudiait 
son sujet à fond, il le considérait sous toutes ses faces, et était 
convaincu que l'histoire, pour être utile, doit donner une idée fidèle 
et vivante du passé. Il travaillait en artiste et ne quittait un 
ouvrage que lorsqu'il lui avait donné une forme achevée. 

Nous avons déjà fait remarquer que c'est l'entrée de Kaufmann 
dans la famille Gomperz, si avantageusement connue depuis long- 
temps, qui lui inspira l'idée d'étudier le passé de quelques familles 
juives. Il en fournit lui-même la preuve. En effet, en 1887, un an 
avant qu'il entreprît cette série de travaux, il publia, avec Joseph 
Weise, rabbin à Waag-Neustadtl, en Hongrie, des novelles 
(û^u:*iin) sur une partie de la Bible et le Rituel laissées par le grand- 
père de sa femme, Low Gomperz. Dans la préface de cet ouvrage, 
il dresse l'arbre généalogique de la famille Gomperz depuis la fin 
du XVI® siècle avec ses alliances avec d'autres familles distin- 
guées, entre autres celle de Samson Werlheimer. « Ces hommes, 
dit-il, méritent que je ne ménage ni mon temps ni ma peine, que 
je fouille toutes les archives, toutes les bibliothèques des lieux 
qu'ils ont habités, afin de pouvoir raconter aux Israélites l'histoire 
édifiante de ces familles distinguées, dont plus d'un membre a su 
relever le courage de son peuple; leur vie a été un modèle de 
piété et ils ont maintenu les bonnes traditions de génération en 
génération^. » 

Qui aurait jamais songé à se placer à ce point de vue pour écrire 
l'histoire des familles juives? Les Juifs étaient-ils donc autre 
chose qu'un ramassis d'usuriers, vivant dans une profonde humi- 

* Dans le compte rendu du Séminaire. 

* Se trouve aussi dans l'Annuaire de la société littéraire judéc-hongroive, I, 63, 

* Compte rendu du Séminaire Israélite de Budapest. 

'* nb i"l3b :2b "^DIJ'^û, Vienn^,'18S7. Le titre fait allusion au nom de l'auteur 
[y^h) Low. 



22 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

liation, dégradés par la barbarie de ces tristes temps ! C'est parmi 
eux qu'on trouve des familles oii régnent, de père en fils, le 
bien-être, un luxe quasi-princier, les bonnes façons et la haute 
culture, des hommes qui ont accès à la cour des princes et qui 
semblent être là pour protéger leurs frères malheureux l L'histoire 
de ces familles amena Kaufmann à l'histoire des communautés, et 
c'est ainsi que tous ces travaux se tiennent, forment une espèce 
de cycle dont s'écarte, en partie, l'histoire de Conegliano, écrite 
d'après des documents diplomatiques, mais auquel se rattache 
l'histoire du rôle diplomatique de Barthold Dave Burmania, am- 
bassadeur hollandais \ Vienne. 

Il va de soi que de tels travaux supposent des recherches préli- 
minaires qui fournissent les matériaux de travaux accessoires. 
C'est ainsi que Kaufmann a étudié le Memorbuch de l'Oratoire de 
Zacharia Lévy, de Viennes l'histoire des exilés de Vienne en 
lô'TO-, des inscriptions tombales de Wiener-Neustadt 3; toutes ces 
recherches se rapportaient à son ouvrage : Ble Verireihiing aus 
Wien. Le faux Messie Sabbataï Cebi, qui joue un grand rôle dans 
la biographie de Jaïr Chajjim Bacharach, devint l'objet de re- 
cherches particulières pour Kaufmann, qui publia un document 
diplomatique le concernant *. 

Avant de fixer la généalogie de H. Heine, Kaufmann, à propos 
d'un descendant d'Eléazar Fleckeles, avait déjà essayé d'établir 
que les qualités étaient héréditaires dans les familles \ Nous 
pourrions mentionner d'autres ouvrages de Kaufmann appartenant 
à cette série s'il nous était possible de faire connaître ici tous les 
produits de son inépuisable activité; mais son œuvre est trop consi- 
dérable pour que la chose soit facile. Pour ma part, j'ai groupé ses 
travaux historiques d'après les pays auxquels ils se rapportent, et 
ce classement pourra avoir son intérêt le jour où ces travaux pren- 
dront place dans l'histoire générale du judaïsme. Une grande partie 
d'entre eux, une trentaine environ, se rapportent naturellement à 
l'Allemagne ; beaucoup d'autres sont consacrés à l'Italie, probable- 
ment parce que Kaufmann tenait de ce pays la plupart de ses ma- 
nuscrits" et que ceux-ci traitaient généralement de faits locaux. 
A peine M.Neubauer avait-il publié la chronique d'Açhimaa d'Orid, 

« Monatsschnrt, XVIi, 289. 

> 7à.rf., XVII, 302. 

3 Revue, XXX, 300. 

* Revue, XXXIV, 305 ; cf. ibid., XXXVI, 2.%. 

^ /)(•;• Sffimmfiau des />'. EU'fzar Flecitcles, eine Ahnenprohc Moritz Harfmann^s 
duns Monatsschrift, XXX\"I1, 378; Kaufinauu a aussi publié ce travail séparément. 

•» Les travaux sur l'Ilalie, quaraute environ, ont pour la plupart été publiés dans 
celle Revue, où ont paru éfjalcment presque tous les manuscrits de Kaufmann. 



DAVID KAUFMANN 23 

qui a jeté tant de lumière sur l'état de l'Italie au moyen âge, qu'il 
en fit l'objet d'une étude approfondie (1896) ' et s'appliqua à rendre 
les résultats obtenus accessibles aux savants étrangers à ce genre 
d'études 2. Mentionnons encore ses Conlribidions à Vhistoire des 
Juifs en Italie-, Quelques-uns de ses travaux se rapportent à la 
France; le plus important est l'article : Une Jlaggada de la 
France septentrionale ^ . Kaufmann considéra comme un devoir 
d'étudier l'histoire de la Hongrie, sa seconde patrie, dont l'étranger 
s'est si peu occupé; il lui consacra onze de ses travaux historiques, 
sans compter que toutes les études historiques que nous avions 
mentionnées, sauf celle qui concerne Conegliano, ont trait à la 
Hongrie ^. La Pologne et la Russie sont aussi l'objet de quelques- 
uns de ses travaux. l\ consacra dix articles à l'Espagne. Juda Hal- 
lévi, une des plus grandes figures de l'Espagne juive à l'époque la 
plus brillante de son histoire, l'intéressait particulièrement et, dans 
le portrait qu'il en a tracé, l'impératrice-reine Elisabeth, la grande 
admiratrice de Heine, a bien voulu reconnaître un précurseur de 
son auteur favori, ce qui fut une grande satisfaction pour Kauf- 
mann, qui travailla sans relâche à faire assigner au mérite de Juda 
Hallévi, de Salomon ibn Gabirol et de Maïmonide le rang qui leur 
est dû. Sur la proposition du savant espagnol Fidel Fita, l'Aca- 
démie des sciences d'Espagne élut Kaufmann comme membre en 
1888, en même temps que le D^ Kayserling et Isidore Loeb. 

La joie de Kaufmann fut grande quand on découvrit la Gueniza 
du Caire, découverte qui fait connaître une série de documents 
concernant l'histoire de l'Egypte. Personne n'était mieux préparé 
que lui pour déchiffrer et lire ces parchemins jaunis et déchirés, et 
il s'en acquitta avec un tel bonheur *^, que tout le monde pressentait 
en lui le futur historien du judaïsme égyptien. Qui sait s'il ne se 
serait pas décidé à écrire l'histoire générale du judaïsme si la mort 
ne nous l'avait pas enlevé si vite? 

Indépendamment de plusieurs petits travaux sur les Juifs d'An- 

» Monatsschrift, XL, 462-473, 496-509, 529-554. Ces articles ont été réunis eu un 
volume. 

^ Byzantinische Zeitschri/'t, 1897, IV, 100-105; un autre article sur une lettre de 
la Guenim, th., 1878, VII, 83-90. 

3 Hevue, XX, 34. 

^ Ibid., XXV, 65. K. publia aussi un article sur la famille du capitaine Dreyfus, 
dans Monatsschrift, 1898, XLI, 424. 

^ Très important est l'article : Die Verheerung von Ungarisch-Bi'od durch den Kurut- 
zen-Ueherfall vom 44 Itili 1685, dans le Jahreshericht des Privat-G yninasiums zu Ung.- 
Brod (1894\ Ce même article se trouve dans Monatsschrift, 1803, XXXVII, p. 270. 

^ Cf. sa dissertation sur le mot &"'bnn dans le Ben Sira hébreu, dans Monats- 
schrift, 1897, XLI, 237. Ibid., XLI, 503, il recliae une erreur de M. Ncubauer au 
sujet du prétendu Naguid Mordechaï, Toutes les autres dissertations relatives à ce 
môme sujet ont paru dans la Jeivish Quarterhj Revicto. 



24 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

gleterre, Kaufmann découvrit que les Juifs de ce pays suivaient 
un rite particulier avant l'expulsion; il établit aussi que Jacob b. 
Juda de Londres fut le plus grand Ilalachiste de l'Angleterre'. 
Kaufmann était, membre de la Société d'bistoire juive de l'Angle- 
terre et collaborait à ses publications. 

Il nous reste encore à parler de deux œuvres qu'il édita et qui 
lui font le plus grand bonneur : en 1892, il tira des papiers laissés 
par Simon Hock les épitaphes de l'ancien cimetière juif de 
Prague*. Kaufmann y ajouta une préface où sont exprimés des 
sentiments admirables en un langage exquis qui n'a son équiva- 
lent, dans les œuvres de Kaufmann, que dans la préface qu'il écri- 
vit aux Mélodies de lïeiler. En 189G, il publia un ouvrage qui est 
très important pour l'histoire intérieure des Juifs d'Allemagne : 
Memoiren der Gliickele von Hameln (1645-1719), Francfort-sur- 
le-Mein, 1896. 

Si Kaufmann a pu produire tant de travaux historiques, c'est 
qu'il connaissait parfaitement la bibliographie allemande; il savait 
même puiser des renseignements précieux dans les approbations 
imprimées en tête des livres hébreux. Il ne nous a pas laissé d'ou- 
vrage complet sur la bibliographie, mais différents articles té- 
moignent suffisamment de sa compétence % qui fut telle qu'un 
savant, comme M. Steinschneider, ne dédaignait pas de le con- 
sulter. Ajoutons encore qu'il était un des fondateurs de la « Biblio- 
graphie hébraïque », dont l'existence fut trop éphémère \ mais qui 
a reparu après sa mort. 



V. 



Si Kaufmann se distinguait par sa rare érudition, il n'était pas 
moins remarquable pour son style et son langage châtié. C'est 

* The Eti Chajjim of Jacoh B. Jehndah of London, and the hi&tory of his manus- 
rript, dans Jetrish Quarterhj Reriein, V, 333-374. 

* ;«N"1D "^""0 mrîDwTO, /^«< Familien Pratjs, nach den Epitaphien des aîten jû- 
disrhen Friedhofs in Pray, Presbourg, 1802. 

* Il consacra un orlicle substantiel, dans Monals&chrift^ 1SH5, XLII, 9i, au cata- 
lof^ue que dressa M. Steinscbneider des manuscrits de Munich 12" éditioni. Dix ans 
auparavant avait paru Vlnveutaire des livres l'ormant la bibliothèque de Benedict 
Spinoza, publié d'après un document inédit par A. J. Servaas von Rovijen. Notes 
de la main de M. le D' David Kaufmann, professeur à Budapest, La Haye, 1888. 

'' Zritsrhri/'t fûr hchraische Jiihliographie, de H. Brody, Berlin, 1896-1899. 
Kaufmann est cité comme le collaborateur le plus éminent ^fasc. 1, p, 2). Daos 
le l"' fascicule, p. 22, Kaufmaun a écrit ses Echo-Gedichte : cette expression, créée 
par lui, dcsif^nc des poésies dans lesquelles le dernier mot de chaque vers est comme 
l'écho renvoyé par Tavant-dernicr. 



DAVID KAUFMANN 2-5 

SOUS ce rapport surtout qu'il était un i-^n^n Tn\ une exception 
dans le judaïsme. Rien de plus commun que le Juif érudit et 
laborieux, mais Fart ne llorissait f,^uère chez nos coreligionnaires ; 
l'oppression séculaire qui pesait sur eux était plutôt de nature à 
leur gâter le goût. Kaufmann, Juif de cœur, avait le sentiment du 
beau d'un Grec. Il y a dix ans, il aurait paru absurde de parler 
d'un art juif. C'est le mérite particulier de Kaufmann d'avoir décou- 
vert cet art. Il n'avait pas seulement à démontrer que cet art 
existait, mais encore qu'il pouvait exister. 11 démontra, en effet, 
que l'interdiction des images n'avait pas été un obstacle au déve- 
loppement de l'art, parce que le dessin n'avait été défendu que 
lorsqu'il s'appliquait au culte des idoles. D'après lui, le judaïsme 
eut môme cette supériorité sur tous les autres cultes d'avoir tenu 
en honneur l'art delà calligraphie, même après l'invention de Tim- 
primerie, puisqu'il continue à l'appliquer dans la confection des 
rouleaux de la Loi et des phylactères. L'illustration s'introduisit 
nécessairement dans les ouvrages, et Kaufmann le prouvait maté- 
riellement par les manuscrits illustrés qu'il possédait. 

Il s'occupa également d'archéologie. Les tombes juives que 
Garucci et de Rossi avaient trouvées à Rome lui faisaient espérer 
qu'il y aurait enfin une archéologie juive, et lorsque son ami 
Ascoli de Milan étudia les catacombes de Venosa, il fut comblé 
de joie. Ses études se dirigèrent aussitôt de ce côté. Le ITf février 
1873, des soldats français ayant découvert près de Tunis les restes 
de la synagogue de Hammam-Lif, il étudia la mosaïque mise au 
jour par eux avec une incomparable compétence *. Bientôt après, 
il écrivit le travail si important : Sens et origine des symboles 
himulaires de Vmicien Testameyit dans l'art chrétien primitif 
(Revuej XIV, 33, 217). C'est à peu près vers le même temps qu'il 
donna dans la revue hongroise Archaeologiai Ertesiio (Indi- 
cateur archéologique), 1886, VI, 318, un article résumant ses 
recherches sur les catacombes juives en Italie, et il continua de 
collaborer à cette revue, circonstance qui n'est probablement 
connue que d'un petit nombre de personnes-. Je ne dirai rien de 

* Études d'archéologie juive, dans Revue, XIII, 45. M. Emile Schûrer, qui a édile 
les épitaphes de Rome, a appuyé de sou autorité les travaux de Ivaulmann; cf. 
Geschichte des jud. Volkes im Zeitalter J. Christi, 3» édit. II, 43S. Kaufmana a encore 
écrit sur cette découverte dans 21. Zs. Szemle, II, 629. 

* Outre les articles mentionnés déjà dans le texte et ceux que nous allons encore 
citer, il a rendu compte dans celle Bévue des ouvrages suivants : J. Strzygowski, 
Iconographie der Taufe Christi, Munich, 1S85 (Vi, G2^ ; E. M. le Blant, Les sarco- 
phages chrétiens de la Gaule, Paris, 1886 (VII, 366) ; V. Schultze, Archaeologie der 
altchrist. Kunst, Munich, 1895 (XVI, I60h E. llennecko, Altchristliche Maîerei 
und altchristliche Litteratur, Leipzig, 1896 (XVII, 263). 



26 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

nombre d'autres articles relatifs au même sujet, mais je rappel- 
lerai que Kaufmann a reconnu un Juif dans le peintre vénitien 
connu Mosé dal Gastellazzo (Reviie^ XXII, 200i; bien mieux, toute 
la famille de ce peintre semble s'être adonnée à la peinture [ibld., 
XXIII, 139). Il écrivit aussi un article remarquable sur les carac- 
tères principaux de l'art dans la synagogue {Art in the Syna- 
gogue, dans Jcicish Quarierly Remeio, IX, 254). 

Kaufmann fut heureux de voir prospérer deux institutions qui 
répondaient absolument à son idéal et qu'il avait puissamment 
contribué à créer. Le musée des antiquités juives à Vienne est en 
partie son œuvre. En 1897 déjà, il fit à son intention une conférence 
publique : « Contribution à l'histoire de l'art dans la synagogue », 
qui fut publiée dans l'Annuaire de la société*. Il fut aussi un 
membre actif de la société juive de folklore fondée à Hambourg en 
1898, qui publia dans ses Rapports un article de lui sur les noms 
juifs (I, 116), ainsi que des documents très importants pour l'his- 
toire des mœurs et de la civilisation juives (IV, 94-101). Ce der- 
nier travail fournit à Kaufmann l'occasion de revenir sur la fa- 
mille Wertlieimer. Kaufmann ne devait pas nous quitter sans 
nous laisser un monument de son amour de l'art. Un an avant sa 
mort, il publia en une édition de luxe, unique dans la littérature 
juive, un travail sur l'histoire de l'illustration des manuscrits 
juifs, qui est une véritable esquisse de l'histoire de l'art juif-. Il 
nous montre successivement tous les objets que la peinture juive 
embellissait. Voici d'abord la Masora ornée de figurines, puis les 
Bibles illustrées et surtout les MeguUlot (rouleaux d'Esther) dont 
il possédait un magnifique exemplaire d'origine italienne ; il 
décrit aussi le luxe d'illustrations d'un Mahzor italien de 1484 
qu'il avait dans sa bibliothèque. Mais on n'illustrait pas seulement 
les livres de prières des jours de fête, le Rituel ordinaire l'était 
également. L'art se prodiguait surtout dans les Haggadot des- 
tinées aux soirées de Pâque, ainsi que le prouve la Ilaggada de 
Sarajevo. Dans l'édition de luxe dont il a été question, Kaufmann 
a reproduit les gravures de deux Haggadot remarquables qui 
étaient sa propriété. Puis viennent les livres liturgiques et les 
Rituels illustrés. Enfin il donne la description d'une Kelouha 
illustrée (Rrmc, XXIX, 142) ; il en possédait deux, l'une datée 
de Mantoue, 1064, l'autre de 1780. Grâce aux efibrts de Kauf- 
mann, on connaît aussi des copies illustrées des œuvres de Maï- 

* EisferJahresbrricht (1er Wietiet' Gcsellschaft fi'o' Dftihntiler des Judcnthums, 1897. 

* Die Htii/qadah von Sarajevo, de 1). II. Mullcr cl Julius von Schlosser, Vienne, 1898. 
ce. Kanlinann, dans licriie, XXX.VIII, 74-102 : Les cycles d'ima<je du type allemand 
da IIS rUlustration ancienne de la Uagyada. 



à 



DAVID KAUFMANN 27 

monide* (Kaufmann en possédait une du plus haut gothique de 
1310), de Moïse de Coucy, de Mordechaï ben Iliilel — le musée 
national de Budapest en a un superbe exemplaire — , d'Ascherben 
Yehiel, d'Isaïe di Trani, etc. D'autres œuvres encore, de caractère 
varié, avaient été illustrées. Kaufmann nous les fait connaître 
toutes en nous affirmant que ces illustrations sont l'œuvre d'artistes 
juifs. Aussi Kaufmann était-il convaincu que les Juifs possédaient 
tous les matériaux nécessaires pour créer une archéologie juive. 
Voici une citation textuelle tirée d'un article de Kaufmann qui n'a 
été publié qu'après sa mort : « Bien qu'un grand nombre de docu- 
ments relatifs à l'histoire de nos mœurs et de notre civilisation se 
soient perdus, bien que beaucoup aient été la proie des éléments, ou 
aient été détruits par l'ignorance ou l'indifférence, plus perni- 
cieuses que les éléments mêmes, bien que cette destruction se con- 
tinue sous nos yeux, en pleine civilisation, il ne faut cependant pas 
tout à fait désespérer de pouvoir rassembler des matériaux ca- 
pables d'éclairer cette partie de notre histoire*.» L'homme qai était 
si convaincu de l'existence de trésors cachés, quelle joie n'a-t-il 
pas dû ressentir lorsque, après trois cents ans, il a trouvé dans 
une famille juive la coupe de Kiddousch du « grand » R. Lôw de 
Prague ^ De telles antiquités existent probablement encore en 
grand nombre dans les familles juives. Un autre genre d'anti- 
quités, les cimetières et les tombes, ont été l'objet des recherches 
de Kaufmann. Une heureuse découverte le mit en état de déter- 
miner remplacement du plus ancien cimetière juif de la Hongrie ''. 
C'est dans la ville même où il a trouvé ce cimetière qu'il dort 
de son dernier sommeil. 



VI. 



Kaufmann, d'une complexion en apparence vigoureuse, ne jouis- 
sait pas d'une belle santé; depuis dix ans, il souffrait du diabète. 
Dans ses dernières années, il se rendait, dès le commencement des 

* Il les a décrites dans la :Revîie, XXXVI, G3--74 : Un manuscrit du Mischné-Thora. 
Cf. Zur Geschichte der Kethtiba^ dans Monatsschrift, 1897, XLI, 213. Dans toute la 
littérature juive ou trouverait difficilement un seul article traitant de la Ketouba au 
point de vue archéologique. 

* Mittheilungen der Gesellschaft fiir j. Volkskunde, fasc. IV, p. 95. 
' Monatsschrift, \%%<è^ XLlII, p. 41. 

* Yon Monatssckri/t, 1895, XXXIX, 305. L'article qu'il a publié sur ce même 
sujet dans VArchaeologiai JErtesitÔ, 1895, XV, 219, est plus cooiplet et renferme de 
superbes illustrations. 



28 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

vacances, à Carlsbad, en Bohême, d'où il revenait reposé et sou- 
lagé. Il fit encore ce voyage en juin 1899. Il était parti gai et dis- 
pos, emportant du travail et la tête pleine de projets pour l'avenir; 
la mort le surprit corrigeant des épreuves. C'est un accident qui 
amena sa fin : il s'était cassé une clavicule en faisant une chute, et 
il se produisit une hémorrhagie interne; une fluxion de poitrine 
s'ensuivit qui trancha en quelques jours cette belle vie. Le rabbin 
de Carlsbad, le D' Ignatz Ziegler, son ami et élève, le quitta le 
jeudi 6 juillet 1899, sur le conseil du médecin, et, à neuf heures du 
soir, il avait cessé de vivre. 

La triste nouvelle parvint à Budapest le vendredi matin. A Carls- 
bad même, sa mort causa une grande consternation, et un service 
funèbre y fut célébré le 9 juillet, en présence d'une assistance nom- 
breuse et émue. Le rabbin Ziegler et M. Kayserling, rabbin de 
Budapest, également à Carlsbad alors, prononcèrent son oraison 
funèbre; sa dépouille mortelle fut transportée à Budapest, où elle 
arriva le 10 juillet. A la gare se trouvaient réunis, outre les 
membres de la famille, les représentants de la communauté de 
Pest, de la Hebra Kaddischa et de l'école rabbinique, beaucoup 
d'élèves et d'amis, qui accompagnèrent son corps au cimetière 
Israélite, où il fut enterré le lendemain. Onze discours furent 
prononcés devant la foule attristée de ses amis, de ses élèves 
et de ses collègues, accourus de toutes parts pour rendre ce der- 
nier hommage au savant vénéré. M. Samuel Kohn, rabbin de 
Budapest, un vieil ami du défunt, fit le premier discours; puis 
vint le tour de M. Rosenthal, rabbin de Breslau, beau-frère de 
Kaufmann, qui parla au nom de la famille ' ; le professeur 
Bâcher, collègue de Kaufmann et son ancien camarade d'études, 
prit la parole au nom du séminaire israélite; puis on entendit 
successivement M. Brann, au nom du séminaire de Breslau; 
D.-II Mùller, au nom du séminaire de Vienne-; M. Steinhardt, en 
sa qualité de rabbin de Kojetein, lieu de naissance du défunt; 
M. Klein, rabbin de Nagy-Becskerek, au nom de la commission 
administrative du Séminaire ; M. A. Bùchler, rabbin à Keszthely, 
au nom de ses anciens élèves. Le conseiller des bâtiments Stiasny 
parla au nom de la communauté de Vienne, dont l'histoire a été 
l'objet de tant de travaux de Kaufmann, et au nom de la Société du 
Musée de Vienne. Enfin, M. Ignace Goldziher, son ami intime 
et M. Oppenheim, autre beau-frère du défunt, de Brùnn, fermèrent 

' Ce discours el celui de Braun oui été publiés dans le calendrier juif -de 
Brann, IS'JO. 

' I). II, Millier a depuis consacré un pclil travail ii la mémoire de K. : Jahrhuch 
des Vereins fufjal. Gesch. h. Litferatur, Berlin, 1000. 



DAVID KAL'FMANN 29 

la série des discours. Tous pleurèrent en lui le grand savant, 
l'israélite convaincu, Tarai et le maître dévoué. 

Les condoléances arrivaient au Séminaire de tous les pays. Dans 
toute la presse juive, on déplora sa perte; les Revues, les Alma- 
nachs et les Annuaires rendirent des hommages émus à sa mé- 
moire. 

Le séminaire de Budapest célébra en son honneur un service 
commémoratif le 16 octobre 1899, et ses élèves organisèrent un 
service funèbre le 31 décembre. La douleur de sa perte fut partout 
vivement ressentie. 

11 nous reste à dire un mot des œuvres posthumes de Kaufmann 
dont quelques-unes ont déjà été mentionnées. Le fascicule de juillet 
de la Jewish Quarterly Reinew publia» quelques semaines après la 
mort de Kaufmann, trois articles de lui : le premier sur un fragment 
d'une MeguUla du Caire, le second sur la légende qui veut que 
Samuel Çarça ait été brûlé (il trouve une explication ingénieuse 
de la légende dans le nom môme de Çarça), le troisième sur Yedidia 
Rimini. Le n^ 76 de la Revue des Études juives (XXXVllI) conte- 
nait de lui une intéressante étude sur les synagogues de Tolède, 
sur les inscriptions des tombeaux de Mardochée et d'Esther, sur 
l'autodafé des quarante-cinq martyrs de Séville en 1501, sur une 
nouvelle élégie sur R. Azriel Dayléna et sur la défense de lire le 
Meor Enayim d'Azaria dei Rossi. Le n^ 77 avait aussi trois articles 
de lui La Monatsschrift aussi a publié de lui plusieurs articles 
après sa mort (numéros de juillet, septembre et octobre 1899). Les 
papiers qu'il a laissés seront probablement édités à leur tour, et 
nous avons l'espoir de voir encore produire au jour bien des ou- 
vrages sortis de sa plume. Si la mort l'a arrêté impitoyablement 
dans ses travaux, nous devons au moins sauver de l'oubli tout ce 
qu'il nous a laissé. 

Pour le premier anniversaire de sa mort, un livre commémoratif 
sera publié sous la direction de MM. Brann et Rosenthal; le grand 
nombre de savants, d'am.is et d'élèves qui contribueront à cette 
œuvre prouvera combien Kaufmann était estimé et combien le 
monde des lettres tout entier a vivement ressenti sa perte. La Société 
de Mehize Nirdamim a l'intention de réunir en un volume ses ar- 
ticles écrits en hébreu. La fondation Zunz fera probablement 
imprimer une partie de sa correspondance. Son frère Ignatz 
Kaufmann a déjà entrepris le triage de ses lettres de jeunesse; 
d'autres proches parents classeront les autres. On ne sait pas en- 
core ce que deviendront sa précieuse bibliothèque et sa riche 
collection de manuscrits, mais j'ai la certitude que les dispositions 
prises à cet égard ne feront que rehausser la gloire de Kaufmann 



30 REVUE DES ETUDES JUIVES 

aux yeux de la postérité. Une magniâque pierre turaulaire lui était 
élevée le 24 juin 1900 en présence de sa veuve, de ses sœurs et de 
son frère et d'une foule de ses amis et élèves. Cette fois aussi son 
beau-frère, M. F. Rosenthal, le rabbin de Breslau, consacra un 
éloge à sa mémoire. Nous ne pouvons mieux finir cette biographie 
qu'en mettant ici son épitaphe, tirée d'un poème de Juda Hallévi, 
son poète favori : 

• '^mnj^ !n?:5n b::b N-ip n-i^s 

rûyi2 i^'7:'w im irrirNi 
r^^yi n2"]73 "^31:73 ibp-i 



Samuel Krauss. 



Budapest. 



AKABIA ET SA GÉNÉRATION 



Akabia ben Mahalalel a été une des personnalités marquantes 
de sa génération, et cependant on ne sait rien de sa jeunesse et 
nulle part ne sont cités les noms de ses maîtres. Ce qui nous a été 
conservé de son enseignement et de ses maximes est relativement 
peu de chose, mais ce peu suffit pour le faire reconnaître comme 
un homme de haute gravité, d'une conscience inflexible et d'un 
esprit de suite rigoureux. En lisant la Mischna ^ entre les lignes, 
nous découvrons facilement le portrait d'un homme qui maintient 
ses opinions, quand elles sont fondées sur l'autorité de la tradition, 
même lorsque des opinions différentes, s'appuyant sur des tra- 
ditions divergentes, sont soutenues par des majorités faisant loi. 
Vainement la majorité lui demande de renoncer à son opinion : il 
refuse. La majorité lui fait entendre que, s'il montre de la condes- 

* Edouyot^ V, 6-7. Comme nous aurons, dans le cours de celte élude, souvent 
l'occasion de citer cette Mischna, pour permettre au lecteur de l'avoir sous les yeux 
dans sa forme orifçinale pendant qu'il suit notre analyse, nous la reproduisons ici, 
en laissant de coté toutefois ce qui ne se rapporte pas il notre sujet : "{3 5<'i!2p3' 

î^npnb ^b n-ûV2 pb -i?3N b^iuî-ib idn y:::^':^ -i72iwX r-i-i-»-':: û-^nan 
rn"" Nb':: tnip^^n "^DDb ron mnwS r;^*\u mcj^'b s^bT 172^ bD m-jtj 
t-iN ;ï<b i^p\D72 v^"^ ^"^"^^ ^"^^ ^^ï^ •••'^^ "^^'^ î-i-nuj b-in-jn ûn^a^N 
"ib "nT^N 1^p'^?û tzi^nTaiN û-^^ûrDm n-nnri:72- rinso Nbi rn-n";:: 
tr^r^û;:: mp^m û^bain-'n î-in^-o nTinrv::?^ nnDO Jn^7û:DnDn nc^Ta 
i"3 ibpDi ■i'^in'^:n n^^ imT«3-i mp'cn n^^d^tt izi-b nT^wS ii^bi^n^T 
!mT3> I^N'sJ m^n: Ninp:^':: ûVidct on ï-nin^ 'n -i7:^î i^thn* nN 
p î^inprD ^<•J^ n.N-pm i-i?3Dn3 bN-i'::-^?^ tz:iN bo "^22^ s-ibr:: 
'riTûi ...ïD-^T^ niriii^n p::pD':j "^120 p "iT^-ibN it^3 ^12 r~iuSi b.Nbbrî;: 
^<b n?2bi b"N n?3iN "^n^^no Dnm 'm ^3 -ntn I3:ib -itjwN inn^?: 
D^3i-i7jn ^D?2 i^'Tauî ûrn û^3in73n ^d'z ■^n:>?DO ^:n ib -i7ûî< '^n rniTn 
Tn"^n "^273 n^Ta^ nriN bn^ in3'"i7:'»::3 11?^:^ ûm ^-ij'n?^'::^ ^117^^ "^dj-î 
^72N 1^31-172^ ■'-in'73 TiH^bi ^^^^H "^"im iT^snb n::i73 D^mi-jn -^27:1 
t^ib-^r N?ûO ib -i7j^ 'T^pD72 "^i^N "ib n73N '^T'nn ■«b:' mpD ?«<3w\ nb 

'^Ipn-)"' ^"^^^721 ^13-ip^ ']'^\:;;^'72 l^b Vp ^73^^ ""3 r-|J<::73. Dans nos édi- 
tions, il y a quelques variantes, mais elles ne modilieut pas le sens du teste reçu (cf. 
Uabbinowicz, Dikduke Soferim^ ad loc] 



32 REVUE DES ETUDES JUIVES 

cendance, il sera promu au rang de vice-président du Sanhédrin : 
il rejette cette proposition. Il déclare: «J'aime mieux être traité 
de sot toute ma vie, plutôt que de pécher contre Dieu un seul 
instant en troquant mes opinions contre une fonction honorifique.» 

Dans le cours de sa discussion sur la halacha concernant les 
«eaux amères » (cf. Nombres, v, 11-31), Akabia dit que, si la 
femme soumise à cette épreuve n'est pas une juive libre d'origine, 
l'eau n'est pas administrée, tandis que la majorité de ses collègues 
soutenait que, même sous ce rapport, une affranchie doit être traitée 
comme une fille d'Israël née libre. A l'appui de leur opinion, ils 
citent un cas de ce genre où les anciens co-présidents Schemaya et 
Abtalion ordonnèrent l'épreuve précisément à une de ces femmes 
dont Akabia avait dit dédaigneusement : rsipuîn N72:i^^ « ils ont 
fait boire qui leur ressemble ». Telle est sans doute la signification 
de cette parole; elle peut être interprétée commue une allusion à 
une antique légende qui courait sur les deux présidents, suivant 
laquelle eux-mêmes n'avaient pas uniquement des Juifs purs 
parmi leurs ascendants, Gitlin, 57 ô; ou encore: « ils lui don- 
nèrent à boire un semblant de boisson amère », ce qui indiquerait 
qu'ils avaient tourné en dérision des institutions rituelles '. 

Cette allusion injurieuse à la mémoire de Schemaya et d'Abta- 
lion, s'ajoulanl à l'opposition persistante d'Akabia contre l'opi- 
nion généralement reçue au sujet des quatre points en discussion, 
mit le comble à l'impatience de la majorité et provoqua la sentence 
d'excommunication, le Niddouy, qui fut prononcée contre lui. 

Il supporta avec courage cette sentence jusqu'à la fin de sa vie, 
plutôt que de modifier son opinion, et ainsi il devint un martyr 
volontaire de ses convictions. Cependant avant sa mort, il exhorta 
son fils à se rallier à l'opinion de la majorité, précisément pour 
ces cas de jurisprudence où lui-môme avait manifesté une opposi- 
tion si formelle. Comme son fils lui exprimait sa surprise, le doc- 
teur mourant lui répondit : « Moi, j'ai reçu cette tradition légale 
d'un groupe ^l^mn^D — de plusieurs), tandis que les autres ont reçu 
la leur d'un autre groupe. J'ai dû me conformer aux traditions 
que j'avais reçues, comme eux furent obligés de se conformer aux 
leurs. Mais toi, tu as entendu cette tradition de moi seul et tu as 
entendu la tradition de mes adversaires — c'est-à-dire d'une rai- 

* Ainsi Haba.l. ad loc. : li:-) TT, £i:">^5 ÛriC ""ZtfZ "im">T î^-::i1"T n?3"lbD 

rnpam tpnTDi rrb lans t^s^jbrn «bwX r-i? ipn72T naiD rnb;?^ 

'i:DT. (<'is Jz""^ coucorilcul avoc la leçoa du Yerousclialmi [Xfoed Kalon, m, 1, SW) : 



AKABIA ET SA GÉNÉRATION 33 

norité et d'une majorité : il vaut mieux rejeter l'opinion d'une 
minorité et se conformer à celle de la majorité. » 

Cette dernière parole d'Akabia : « il vaut mieux, il convient 
davantage, 13^153, de rejeter les vues de la minorité et d'adopter 
celles de la majorité », semble en contradiction avec l'attitude qu'il 
s'était imposée et avec l'importance qu'il attribuait au mérite per- 
sonnel, quand il refusa de recommander son propre fils aux doc- 
teurs, en lui faisant cette remarque : « Ou bien tes propres œuvres 
t'introduiront dans le milieu désiré, ou elles t'en éloigneront. » 
Cette parole ne s'accorde guère avec sa devise essentielle : « Sou- 
viens-toi d'où tu es venu, où tu vas et devant qui tu auras à 
rendre tes comptes*.» Un homme qui se laisse diriger dans la vie 
par l'esprit de cette devise ne saurait être un opportuniste allant 
d'une opinion à l'autre; il ne s^inclinera jamaisdevant les conve- 
nances ; d'ailleurs, la suite prouvera qu'Akabia n'a jamais trahi sa 
conscience. Sur ce point nous nous en tenons à cette remarque 
qu'Akabia appréciait pleinement la portée de la devise choisie par 
lui et qu'il l'a mise en pratique, comme l'atteste hautement et 
emphatiquement un personnage non moindre que R. Juda, en 
s'écriant : mani i<^np:?U5 ûibu5i on I « Il est impossible qu'Akabia 
ait été mis en Niddouy, car même quand le parvis du temple était 
rempli par la foule, au point qu'il fallait fermer les portes aux 
nouveaux arrivants, il ne contenait aucun homme aussi grand par 
sa sagesse et craignant autant le péché qu'Akabia ben Mahalalel ! » 

Pour ce qui concerne l'époque où a fleuri Akabia, les savants 
sont divisés d'opinion 2. Les uns la font remonter au temps de 
Hillel I et d'autres plus haut encore ; d'autres la placent plus 
bas, à la première génération des Tannaïm (10-80) ; certains 
supposent qu'Akabia a vécu sous le patriarcat de Rabban Gam- 
liel II (80-in). Nous nous rangeons à l'opinion de ces derniers 
parce que nous croyons que les circonstances et les incidents 
qui se passèrent dans les écoles de la seconde génération des 
Tannaïm rendaient l'excommunication d'Akabia très opportune et 
très probable. Mais, avant d'expliquer en détail les motifs de notre 

1 Abot, III, 1 : n-jib t^n nnN i-^nt tD-^nsT '^n bsnon n73iN ?û"n":? 
V'T in^b '^^'^3' nn^^ "^Ta "^iobn ^bnrr ï-îdn Iî^'^"^ ^^"^^ T^'^ ^^ ^""^^ 

'^'D^ *J13'Cm. Celte devise a du sans doute provotiuer le refus opposé par Akabia 
à l'ollre d'une dignilé et lui inspirer celle déclaralion : ÎIIÛTO N"ipr!!? "'3 ISISVi 
'l^l « Il vaut mieux me laire traiter de i'ou. .. » 

* Pour éviter la nécessité de citer fréquemment les travaux particuliers qui nous 
ont donné l'idée de cette étude, nous en donnons ici la liste : BruU, Alèbo Hamischna, 
I, 49; Frankel, Darkè Hamischna^ 56; Gans, Cémah David, s. v. Scheinaya ; Graelz, 
Geschichte, IV, 2» éd., 39 ; Heilpriu, jS^É^er Haddorot, s. p.; Jost, Sekten, II, 34; 
Weiss, Dor Dor Vedorschav, I, 176; Zaculo, Touhasin (éd. Filipovsky), 17, 75. 

T. XLI, N° 81. 3 



34 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

opinion, il nous semble nécessaire de passer rapidement en revue 
les arguments principaux qu'on y oppose et, comme Frankel les 
a réunis et en tire cette conclusion que l'épisode dont nous par- 
lons eut lieu longtemps avant l'année "70, nous nous proposons de 
le suivre pas à pas. 

1. Notre Mischna raconte qu'on dit à Akabia : tsnm '13 ^n mm 
^il^Mi^ n"^"»!!^ Renonce à tes quatre opinions » ; or, après la chute du 
temple, les opinions se multiplièrent et nul n'était inquiété pour 
qu'il renonçât à ses idées ; c'est pourquoi Akabia doit avoir vécu 
avant que les discussions des partis devinssent si ardentes et qu'au- 
cune individualité isolée eût encore émis une lialaclia. — Mais 
ceux qui sont au courant de la littérature rabbinique savent bien 
que les controverses de casuistique ont précédé la destruction du 
Temple, quoiqu'elles ne fussent pas encore ardentes à cette époque ; 
on sait, par exemple, que Schammaï défendait ce que d'autres doc- 
teurs permettaient et qu'il se vit obligé par ses adversaires de se 
conformer à leur décision : rîL:"i Nbc: 'jpTin \S720 b:f vby nn?:» 
-i-iT» -^nusn b^Sisrib vby l'^wn ïiriw^ "irn b^::i<nb (Houllin, 1^1 b). 
Est-ce que la discussion n'était pas la raison d'être de toutes 
les assemblées savantes en général et du Sanhédrin en particu- 
lier ? En outre, c'est précisément à l'époque de R. Gamliel II que 
fut édictée la règle I''n"i-i)3n "^naiD riD^n ûbi^^b « La règle est l'opi- 
nion de la majorité «" {Edowjot, i, 5 ; Tosefta, ibid., i, 4), et il 
semble, par conséquent, que c'est seulement après que cette règle 
fut instituée, que la majorité a pu dire à la minorité ^3 mm « Re- 
nonce à tes opinions. » Nous trouvons, en eflTet, cette même 
expression encore en usage à la fin du iv*' siècle 'ih "^DS^ '"i] V'N 
in'n'n ipT "py n\n:D î^2n p «b^i "^n iirn [onro (j. Gitlin, vin, 7, 49 c). 
Et quand Samuel dit à Rab : ipT ^by n\nD w^3ï^ p ^bi [pon riwS] b'Di^ 
aniQJJ (j. Sabb., i, 7, 3d) « Agis contrairement à ton opinion, sinon 
je te déclarerai rebelle », pouvait-il penser à autre chose qu'à la 
locution ^3 i"iTn « Renonce à ton opinion » ? Ou lorsque Rabban 
Gamliel répliqua en disant : l-^a ^^i^-i D"^3:d?3 tinwS \n7D ly i^^^-py 
tnp"ibn)2n {Berach., 37 a) «Akiba, jusqu'à quand introduiras-tu ta 
tète dans les discussions? » n'est-ce pas à cela qu'il pensait? Il faut 
noter encore qu'Akabia n'a pas émis ses pro[)res opinions. La 
Mischna dit expressément T>3>n ?3"3"3>, ce qui signifie qu'il a dé- 
claré avoir assisté lui-même à des faits de ce genre ou qu'il pos- 
sédait une tradition sur ces difl'érents cas. Akabia ne pouvant 
avoir été témoin de cas semblables, piiisciu'il dit "^nr^^uj ■'3i; «j'ai 
appris », ses déclarations se rapportaient donc à des décisions 
traditionnelles, et ces décisions n'avaient pas pour auteurs des 
individualités isolées, car il dit : "j^aTi?::! ^d73 ^r\yi2^ ■':î« « je 



AKAIUA ET SA GKNKHATION 33 

l'ai appris de la bouche de ceux qui formaient la majorité ». 

2. « Akabia est nommé sans aucun titre honorifique, comme 
tous les autres prédécesseurs de R. Yolianan b. Zaccaï ; or, 
le titre de "^n-i étant devenu d'usage courant parmi les doc- 
teurs de la période de la Mischna , après la destruction du 
Temple % il y a lieu d'en conclure qu'un docteur aussi distingué 
que l'était Akabia, qu'on avait jugé digne d'occuper les fonctions 
de vice-président du Sanhédrin, n'ayant i)as même été gratifié 
du titre de Rabbi, doit avoir vécu avant que ce titre ne fût mis en 
usage, c'est.-à-dire avant la chute de Jérusalem. » — Mais Akabia 
n'a-t-il pas pu avoir été privé du titre de Rabbi en vertu de la sen- 
tence d'excommunication sous le poids de laquelle il vécut et mou- 
rut-? N'y eut-il pas, d'ailleurs, des docteurs éminents qui vé- 
curent postérieurement et qui ne portèrent pas le titre, alors usité, 
de Rabbi? Dans ce même traité où l'on rapporte l'incident que 
nous étudions, la Mischna cite plusieurs docteurs ayant une auto- 
rité reconnue en matière de loi traditionnelle, sans leur attribuer 
aucun titre {Edouyot, vu, 8; viii, 5) ; de même, plusieurs docteurs 
de l'époque de Rabban Gamliel sont mentionnés sans aucun titre. 
Parmi ceux-ci, il faut nommer Nahum de Gimzo, connu comme 
ayant été un des maîtres d'Akiba. 

3. « D'ailleurs, on cite uue autre Mischna (Negaïm^ \, 3) prou- 
vant que la contestation d'Akabia était vraiment ancienne. Nous y 
lisons : nm ïm73 a^'^-^py Yn i^nntûjo û^^i^m s^^t:^ "^''^''y mipD i3>u: 
*;"^^^ip?D 'js'^i^ ■'Di^ T^'-û^ ^'D N^2p:> nn^ ni^ iVjnusûUîrî nb in^îuS... Akiba 
disant son opinion sur la discussion d'Akabia avec les docteurs, 
il en résulte que cette discussion précéda de beaucoup la déclara- 
tion approbative de R. Akiba. » — Mais, dirons-nous, comment 
cela prouverait-il que la discussion d'Akabia fût antérieure et non 
contemporaine? Il nous semble que, si cette Mischna prouve quelque 
chose, c'est que l'approbation par Akiba de la déclaration d'Aka- 

1 Cf. Arouch, s. V., "^-^nN : ...înyuj HniN^D û^^i^ûo^ bTnrt "«nn CjN^ 

•jbMbl ^N:dT p pm*^ p-1 iT^Tobntt nn^n 'û^t^r — Sifrè (Nombres, j^ 7), 
Tosefta Sdouyot, ii, 9, Maïmonide (Com. sur Hdouyot^ v, 6) donnent à Akabia le 
titre de "^y^. Comme le passaj^e de Tos. Ed. se retrouve ailleurs [Tos. Bechor., ii, 
19 et Babli, ihid., 26^) et ne lui attribue pas ce titre, il est évident que la présence 
de ce titre dans celte Tosefta est le résultat d'une faute de copiste. Ou peut dire la 
même chose des deux autres citations, puisque nulle part ailleurs Akabia n'est 
nommé '^'2^. 

' 11 existe un principe rabbinique que le chef d'académie ne peut pas, s'il a été 
frappé, revenir à son poste : ^Tin "lî'^NT iniN V?^"^^ l^l^'C^^Tx •::^<'*l 
'n:D1 "imn*nu:b (Maïmon., H.Sanh., XVII, 9. Cf. j. Sanà, ii, 1, 19 rf). — Daus le 
cas qui nous occupe, quoique Akabia n'ait pas encouru la peine de la llagellalion, 
la Mischua dit expressément : l^l'if^ nX 1"3 ibpOT T'Tlîa DTDI « H mourut 
eu état d^nterdit » ; par conséquent, il ne lut jamais réhabilité. 



36 REVUK DES ÉTUDES JUIVES 

bia était contemporaine de la discussion d'Akabia. Cette discussion 
était encore fraîche dans la mémoire des docteurs, et quand Akiba 
avoue qu'il approuve la déclaration d'Akabia, on l'avertit que son 
vote ne changera rien au résultat : <( Comme la majorité a vaincu 
Akabia, ainsi ton opinion ne l'emportera pas sur l'opinion opposée 
de la majorité. >j II semble, en outre, que, si la discussion d'Aka- 
bia avait eu lieu depuis longtemps et que si la question avait été 
réglée, R. Akiba n aurait pas dit « je l'approuve en ceci », car il 
aurait su que cette question avait précisément contribué à Tex- 
communication d'Akabia. C'est pourquoi nous croyons que cette 
discussion était encore ouverte, que le cas de ïimps ^V'^, qui est le 
premier des quatre cas énumérés dans notre Mischna de Edouyot, 
venait précisément d'être discuté et décidé contre Akabia et que 
c'est à ce sujet que R. Akiba déclara qu'il l'approuvait, ce à quoi 
on lui répondit : « De même qu'on a repoussé l'opinion d'Akabia, 
on repoussera la tienne. » S'il en était autrement, si Akabia avait 
déjà été excommunié, on aurait donné à Akiba un avertissement 
tout dififérent : on lui eût dit : « On t'excommuniera comme on a 
excommunié Akabia. » 

4. L'argument le plus fort à l'appui de l'ancienneté de la dis- 
cussion est tiré de notre Mischna de Edouyot elle-même. Frankel 
observe à ce sujet : R. Juda dit, dans cette Mischna de Edouyot^ 
qu'il est impossible qu'Akabia ait été excommunié, car le parvis 
(du temple) ne se fermait devant aucun Israélite aussi savant et 
considéré que Akabia. Or, ce R. Juda ne peut être que R. Juda b. 
Betèra, plus ancien qu'Akiba. Pour prouver que le R. Juda de 
notre Mischna est R. Juda ben Betèra, on cite le passage suivant 
du Sifrè (Nombres, § 105) : rn5< ^xrh Trij» "nT^i.^ nitû p irrMT 'n 

^T^^-QH ^12 l->^n r-iwS irr^b vn:PT yyn^ :>:2n5 n^Ji^ïï "^t: bD i"ia'jnn 

m;nD ^"n"3> « R. Juda ben Betèra dit : celui-là devra rendre compte 
de ses paroles qui prétend qu'Aron a été frappé de la lèpre . . .et 
qu'Akabia a été excommunié. » Nous avouons que cet argument a 
beaucoup de force, mais il n'est pas décisif. Il n'est pas prouvé 
d'une manière incontestable que R. Juda ben Betèra soit l'auteur 
de cette expression « le parvis ne se fermait, etc. y> Qu'il en doit 
être ainsi parce que le Sifrè cite son nom et parce que ce passage 
du Sifrè est confirmé par un passage parallèle du Talmud {Sabb., 
97<7), cela ne supporte pas un examen approfondi, car : 1° si le 
Sifrc est corroboré par un passage parallèle, notre Mischna l'est 
par deux (/?6?;\, 19 a, et Pes., 64^); 2" quelques manuscrits et 
quelques éditions anciennes du Talmud portent R. Yosé au Ijeu 
de R. Juda (cf. Rabbinowicz, Dhd. Sof., in Der., ibid.)\ 3" la re- 
marque du Sifrè relative à Akabia n'est pas dans le passage parai- 



AKADIA KT SA GÉNÉRATION 37 

lèle du Talmud'. Môme en admettant l'identité proposée, on ne 
peut découvrir la nécessité de croire que c'était H. Juda ben Be- 
tèra de la première génération des Tannaïm. Kabbi Juda ben 
Betèra que l'on trouve ailleurs en conversation avec R. Akiba 
était sans doute celui qui nous apparaît comme le contemporain 
plus jeune de R. Eliézer [Negaim^ ix, 3 ; ib., xi, 1) et comme l'ainé 
de R. Josia, comme le disciple de R. Ismaël [Sifrè, Nombres, v^ 123 ; 
Deuf., §218). Il ne serait pas sérieux d'objecter que, si Akabia 
n'a pas vécu avant la destruction du Temple, l'expression « le 
parvis » formerait un anachronisme, car de pareils anachro- 
nismes, comme le savent tous les lecteurs du Talmud, ne sont pas 
rares, telle, par exemple, la réponse de R. Yohanan : « l'heure 
convenable pour l'office de clôture du Jour des Expiations, c'est 
le moment de la fermeture des portes du Temple » rib^j^s i^'^n ''nir^ 
b'yii ^^y^ nb-'j^sn (j. Ber.y iv, 7c, en haut). 

5. a C'est vraisemblablement à la fin de la vie de Hillel et après 
la mort de Schammaï qu'Akabia a refusé de devenir vice-pré- 
sident, car il y avait alors vacance de cet emploi et on voulait y 
mettre Akabia. » — Mais il y a eu également des vice-présidents 
aux époques postérieures, comme R. Eléazar ben Azaria, sous le 
patriarcat de Rabban Gamliel II -, et R. Nathan sous celui de Rab- 
ban Simon ben Gamliel (J. Be7\^ IV, 7rf ; b. Horayolt 13&). En 
outre, l'exemple cité par les adversaires d'Akabia, rr^'D^^isrn lT0yi2 
ûibu5"i"T^n nn'^rrui nn"imu:'?D nnsu) « Il arriva à Karkemit qu'une 
esclave affranchie qui était à Jérusalem », prouve que la dis- 
cussion d'Akabia n'a pas eu lieu sous le patriarcat de Hillel, car 
Hillel vivait à Jérusalem et une controverse aussi grave que celle 
qui concernait un vice-président éventuel du Sanhédrin lui au- 
rait été sans aucun doute soumise. L'indication du nom de l'en- 
droit où ce cas se serait passé, à Jérusalem, eût été, par consé- 
quent, superflue. 

De la négative, nous allons maintenant passer à l'examen de 
l'afl^rmative, aux raisons pour lesquelles, d'après nous, Akabia ap- 
partiendrait à la seconde génération des Tannaïm, contemporaine 
du patriarcat de Rabban Gamliel II. 

I. Comme tout effet naturel doit être précédé d'une cause 
naturelle, ainsi chaque phénomène historique doit avoir été 

* BrûU rejette aussi ridenlification du H, Juda de notre Mischna avec R. Juda 
ben Betèra et donue de nombreux motifs à son opinion. Cf. aussi Bâcher, Ajada d. 
Tannait en, I, 383, note 3. 

* Quoiqu'il ait été d'abord un adhérent de la théorie de Tancienneté de cette con- 
leslaiion, BruU [Mèbo Ham.^ 1, 271] a admis plus lard qu'il est néaninoius poisio.e 
qu'Akabia ait vécu à l'époque d'Eléazar ben Azaria, 



33 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

prëcédé de quelques incidents qui ont préparé la scène pour ce 
phénomène. Or, si on examine avec soin Tliistoire de l'époque de 
la Mischna, depuis l'époque de Schemaia et Abtalion jusqu'à celle 
qui suivit immédiatement la chute de Jérusalem, on ne trouve 
aucun moment où les circonstances aient pu nécessiter une scène 
comme celle qui est décrite dans notre Mischna, où les guides 
spirituels transformèrent le Sanhédrin de Jamnia en cour d'arbi- 
trage et entreprirent la composition d'un code fondé sur des 
témoignages authentiques. 

Les discussions entre les disciples des deux grandes écoles 
de Hillel et de Schammaï, qui avaient été interrompues pendant 
quelque temps par les malheurs de la guerre et par les conséquences 
politiques et économiques qui la suivirent immédiatement, recom- 
mencèrent avec plus de force et produisirent de telles divergences 
dans la doctrine et dans la vie pratique qu'il devint proverbial de 
dire : « La Loi unique s'est changée en deux Lois » : niin toj'd 
r-n"mn "^nor) [Sota, 47 &; j. Sanh., i, 7, 19 c). En effet, il y avait 
des indices évidents d'un prochain avenir où l'on chercherait 
vainement des décisions claires, puisqu'une autorité contredit 
l'autre : nnfiî ûip):n irrro. ïiso^i irrra Tohr-, iw^ir^*^ nVj: (Sabb., 
128 6). Pour empêcher des éventualités si fâcheuses, le Sanhédrin 
de Jamnia * proposa de reviser tous les pointa discutés, en enten- 
dant le témoignage de ceux qui avaient assisté personnellement à 
la célébration des cérémonies à l'époque où l'accord existait pour 
les choses rituelles, ou qui possédaient des traditions dignes de foi 
au sujet de ces cérémonies ou des lois en général ; il proposa de 
faire peser ces témoignages et de faire déterminer dans quelle 
mesure ils devaient s'appliquer pratiquement dans le présent et à 
l'avenir, par un vote de la majorité : la décision prise devait être 
définitive et irrévocable, et devenir obligatoire pour toutes les 
parties, pour tous les lieux et pour toutes les époques. 

Cette proposition ayant reçu l'approbation générale, le Sanhé- 
drin procéda à l'audition des témoignages (Edouyot). Tout sem- 
blait devoir bien marcher ; la réalisation de l'entente et de l'union 
paraissait devoir se faire aisément, lorsqu'un élément de dis- 
corde apparut en scène : Akabia refusait de renoncera certaines 
traditions ! D'autres aussi avaient des traditions divergentes, mais 
dans l'intérêt de la cause, ils se soumirent à la décision de la ma- 
jorité. Akabia seul refusait avec fermeté. Dans l'intérêt du but 

■>î<72":;7:t bbn?D b^nn: -117:.^ m^nnb n^j-n rimn -^nmTa -idt wNH'i >^bu? 

"IDT. Tos. "Edouyot, i, 1. Cf. Talmud, Suhb., ibid,; 



AKABIA I:T sa GKiNKRATION 39 

important qu'on poursuivait, on le supplie, on lui fait des offres 
séduisantes pour le décider; on lui oppose des décisions contraires 
émanant de Schemaya et d'Abtalion : tout est inutile. Il refuse 
avec dignité les offres et il se moque des précédents qu'on lui cite. 
Le Sanhédrin de Jamnia alors prononce contre lui l'excommuni- 
cation ^ 

2. Cette époque, celle de la seconde génération des Tannaïm, 
n'est pas seulement celle qui convient à la scène qu'on connaît, mais 
Rabban Gamliel II est aussi le personnage le mieux choisi pour 
être acteur dans ce drame. N'a-t-il pas excommunié Eliézer ben 
Hanoch pour avoir plaisanté au sujet d'une loi cérémonielle, pDpsu) 
Û'^T t-i'i^Lûa [Edoiiyot, V, 6)? Il excommunie aussi Yosé ben Tad- 
daï à cause d'attaques facétieuses qu'il s'était permises au sujet de 
l'application du raisonnement a fortiori-. Il excommunie même 
son propre beau-frère, R. Eliézer le grand, à cause de son opposi- 
tion contre la majorité [Baba Meçia, 59&) ; il menace R. Akiba 
d'un traitement semblable (j. R. Haschana, i, 6, 57 &), et, à deux 
reprises, il humilie publiquement son collègue R. Josué ben Hana- 
nia {Berachot, 27&). La raison qui le poussait à ces mesures 
radicales était son ardent désir d'établir l'accord et de le main- 
tenir. Il s'excuse en disant respectueusement : s^iTi "^nb:* :?''::'an 

b^'iu^'^n tnpibrra ïin'n"' [B. M., ibid,) « Tu sais que je n'ai pas agi 
dans l'intérêt de ma considération ni pour celle de ma famille, 
mais pour la tienne (Dieu), afin que ne se multiplient pas les dis- 
cussions en Israël ». Il n'y avait que lui pour oser excommunier 

* Ce fut sans doute vers cette époque, aussitôt après l'excommunication d'Akabia, que 
R. Josué b. Hanania refusa d'émettre une opinion sur une question de droit matri- 
monial. Comme on lui demandait l'opinion de qui devait prévaloir, il répondit ^2^^ 

^nbi^:; mpibn?: V^ û-«b"ii^ tD^nn 'n ^^ '"'^î^'i ts^o'^^^^j on.N rr?: 

■<nb:ib:i 1irT"l^ t^73\I5 "«3wX NT'n?^ ï-l"n Y'2^ ":;"3 "j-^n • Pourquoi vou- 
lez-vous me faire entrer la tête entre deux montagnes, dans le conflit qui règne 
entre récole de Schammaï et celle d'Hillel ; je crains qu'on ne me brise le crâne » 
[Yebam., 15 b], — Dans d'autres occasions, nous le voyons donner des réponses di- 
rectes sur des questions rituéliques, même là où il sait que ses réponses ne sont pas 
d'accord aveS celles du Nassi (cf. Ber., 27 ô), et ici il se montre si réservé et si ti- 
moré! La raison de ce changemeut d'attitude est sans doute le fait qu'il avait été té- 
moin de la perturbation créée par l'obstination d'Akabia, persistant dans ses opinions 
opposées à celles du Nassi, qui était le représentant de la majorité au pouvoir, et 
qu'il avait assisté à son excommunication ; de là sa réserve et sa circonspection. Au 
souvenir de l'excoramunicalion infligée à ce docteur, il s'écrie : t Je crains qu'on ne 
me brise le crâne », paroles qui traduisent uu sentiment d'amertume contre la majo- 
rité et les mesures qu'elle a prises. 

\-^i irN ï-rn -noN ^^n^ ui\s mOw^ nnnn -nDï< ''3&< rtn -im;^ "DN":: 

':> '1 nm^il .„ ïinna -nON rr^n^S'C:. Derech Ereç, i. Cf. Yalkout, sur Lév., XXI, 
14 (§ 631). 



40 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

un homme tel qu'Akabia. Environ deux siècles plus tard, R. Josué 
ben L6vi trouvait dans l'histoire de toute la période talraudique, 
depuis l'époque des Macchabées jusqu'à son temps, vingt-quatre 
cas où l'on avait prononcé l'excommunication ou simplement me- 
nacé de la prononcer, à cause d'offenses du genre de celle d'Aka- 
bia *. Un nombre considérable de ces cas, comme nous venons de 
le voir, datent du patriarcat de Rabban Gamliel II. Il n'y a donc 
pas à douter que c'est Rabban Gamliel, plutôt que tout autre prési- 
dent de Sanhédrin, qui a osé prendre des mesures aussi rigoureuses, 
et il est certain pour nous que lui seul a pu excommunier Akabia. 
3. Notre Mischna porte encore : R. Juda dit : « Ce n'est pas Aka- 
bia qui a été excommunié, mais Eliézer b. Hanoch. » Que R. Juda 
dise vrai ou qu'il se trompe en contestant l'excommunication d'Aka- 
bia — la Mischna dit explicitement à ce sujet qu'il mourut encore 
dans son état d'excommunication — ce n'est pas une raison pour 
douter de son assertion positive et indiscutée au sujet de l'excom- 
munication d'Eliézer ben Hanoch. De plus, il est évident que R. 
Juda veut parier du même Sanhédrin qui a excommunié Akabia % 
sans quoi la mention de l'excommunication de R. Eliézer dans ce 
passage n'aurait pas de raison d'être. Ceci posé, il suffit de 
jeter un regard sur l'époque de rétablissement des règles concer- 
nant û'^T nnïi::, pour déterminer l'époque la plus reculée où aurait 
pu exister le Sanhédrin qui a prononcé les excommunications, 
c'est-à-dire l'époque où l'on ne pouvait encore avoir encouru de 
châtiment pour avoir plaisanté au sujet de cette loi. Cette loi est 
une excroissance des (.< dix-huit mesures » ; elle fut établie au 
temps où i< après comptage, l'école de Schammaï l'emporta sur 
celle de Hillel » ln"n by t5"3 in'i'i I5505i inpm ib^^t) {Sabb., i, 4 ; To- 
sefta, ibid.y i, 16); si nous consultons le ïalmud sur l'époque du 
d'^T^ n^ti::: (Sabb., 14&), nous trouvons que l'établissement définitif 
de cette règle est postérieur à Hillel et Schammaï î^bT 'rnn nn^^Nini^ 
i!T^"«3'^53 "iba^ipi inn ■iiT>'^i^>2bn nn^si 'U^'^^id ibnp. Or, puisque le San- 
hédrin qui excommunia Eliézer ben Hanoch û^":^ nnrrjn 'p^'p^':^ est 
identique à celui qui excommunia, ou n'excommunia pas, selon 
R. Juda^ notre Akabia, la discussion d'Akabia ne peut être 

* ■i5n3U)7:3 ^r5U) tzbiDT n-in ^inD by ]^i':ij T'3 rm?:ip?: n"D3 

{Ber., 19fl). C'est ainsi que Margolioulb, Com. sur Schéeltot (90, note 2), inlerprèle 
juslemenl ces mots. 

• Brull, tout en acceptant la théorie du Meïri, qui fait dAkabia un contemporain 
plus jeune de Schemaya et d'Abtalion, admet néanmoins l'idenlilé du Sanhédrin qui 
a excommunié Akubia avec celui qui a excommunié Eliézer b. Hanoch. L'adoption 
(le celte opinion l'oblige aussi à admettre qu'il est improbable que la scène d'Akabia 
se soit passée du temps de Hillel. 

^ La Mischna, dans le cours de ce passage, rapporte certaines conversations entre 



AKABIA ET SA GÉNÉRATION 41 

placée avant l'établissement des « 18 règles » c'est-à-dire à 
l'époque de la première génération des Tannaïm. Mais la première 
génération des Tannaïm n'est pas celle avec laquelle cette scène 
puisse cadrer. L'excommunication était une mesure trop douce 
pour cette éi)oque et contraire à la politique des Schammaïtes, 
qui usaient d'une violence extrême, comme on le sait (ann riy: 
^ "iDT î^if^ bu^ î^^ivm DSiDii Diisn "["ijzi^ ^n'TTfz'n t-i'^na). Assurément dans 
de pareilles circonstances, une proposition comme celle qui fut 
faite à Akabia était impossible. D'autre part, dans la seconde gé- 
nération des Tannaïm, lors de la réunion des Edouyot, une propo- 
sition de ce genre est aisément admissible et se trouve parfaite- 
ment conforme à la tentative faite pour établir une entente. 

4. Non seulement toutes les circonstances militent en faveur de 
riiypothèse qui fait vivre Akabia dans la seconde génération des 
Tannaïm, mais une preuve directe établit qu'un contemporain 
plus jeune de Rabban Gamliel II était parmi les adversaires 
d'Akabia. C'est le passage suivant : i"ni<i ^mm ujbin':: û"i^ hvi msn 

ttîbm n72!::3\:j b^ ipbro ïi73 b:' ...^m?: Niri':: s-itn NDDbn ndn 
•[•^isii^ û"^73::m i^n^ b^bbn^ p ^'2'^^v^ r^n ^"ni^n *i373"^n [Vos. 
Edouyot, II, 9; Tos. Behh., ii, fin; Bekh., 26&). Cette discussion 
est une de celles qui déterminèrent une rupture entre Akabia et 

Akabia et son fils, sans citer toutefois le nom du fils. Ce nom, quel était-il? J'ose 
émettre l'hypothèse que ce nom était Hanania, et que celui-ci était lui-même un con- 
temporain de notre R. Juda qui détend si ardemment la mémoire d'Akabia. Une 
hzvaila {Mo ed Kat., 21 a) dit : "'i^J'bw n3 rilin^ 'l bo 122 J-|731 rr^T^TD 

Vû^mnb s-*i-«3p::> p !-i^23n '-n t^^np^^ p ir-î^j:n 'nb t^iin u^nbi 

fii^lb y^T^'C^H "j^jri-nnm • a la mort de son fils, R. Juda b. liai alla à 
l'Ecole en même temps que Hanania, fils d'Akabia, qui s'assit près de lui. R. Juda 
parla bas à Hanania, fils d'Akabia, qui répéta ses paroles au Tourgueman, lequel les fit 
entendre au public. » Le même R. Hanania b. Akabia est en discussion avec le même 
R. Juda au sujet de l'expression exacte d'une déclaration faite par Rabban Gamliel 
[Ketoub., viii, 1). Or, comme dans toute la liste des Tannaïm, nous ne trouvonsd'autre 
Akabia qu'Akab'a ben Mahalalel, il semblerait probable que R. Hanania b. Akabia fût 
le fils de cet Akabia, La parenté de R. Hanania avec cet Akabia expliquerait le vif 
intérêt avec lequel R. Juda défend la mémoire d'Akabia. R. Hanania et R. Juda — 
comme il résulte clairement de noire baraïta — étaient des amis intimes et, en pré- 
sence de l'opinion alors généralement admise d'après laquelle il était mort en état 
d'interdit, la protestation emphatique de R. Juda contre une pareille possibilité 
peut s'expliquer par son amiiié pour le fils d'Akabia. Si l'on admet celte parenlé 
entre Akabia et R. Hanania b. Akabia — et il n'y a aucun molif pour la repousser 
— il en résulte évidemment qu'Akabia ne peut avoir vécu avant la seconde généra- 
lion des Tannaïm (80-117), puisque son fils était contemporain de R. Juda de la 
quatrième génération (139-165). 

* Sabb., Va.— Le Yerouschalmi [ib., i, 7, 3c) dit : £«<'^"^31i^ i'UîirT^ '"1 Î^^D 

pTD nuju: ^3n rr''^ ^i^izbnn ';^:i-nn vm rTj7ûb72 pb Mm' o"3 "^n^ûbD 



/i2 RKVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ses collègues ; or d'après R. Yosé, son propre père, R. Halafta, 
prit part à la discussion, Akabia était donc son contemporain'. 
On sait que ce R. Halafta acquit de l'autorité dans la troisième 
génération des Tannaïm, après la mort de Rabban Gamliel II. 

En réunissant tous ces arguments, nous nous croyons complè- 
tement en droit de nous rallier à l'opinion de ceux qui placent 
Akabia à l'époque de Rabban Gamliel II, à la seconde génération 
des Tannaïm. Cette conclusion nous fournira un indice pour dé- 
terminer l'identité des maîtres d'Akabia , et réciproquement 
l'école qu'il fréquenta indiquera l'époque de son activité. Le fait 
qu'il a eu des maîtres ou qu'il a fréquenté quelque école est hors 
de doute : n'est-ce pas ce qu'il faut entendre par son expression : 
« Je l'ai appris de la bouche de ceux qui formaient un groupe » 
l^nn'i^ïi "^D'Q "^71912^ ""Sî^. Ces l'i:3i"T?3 doivent désigner une école pour 
ce cas-, comme ils le désignent pour ses adversaires. Mais quelle 
était cette école ? Il faut chercher la réponse dans la constitution 
du Sanhédrin qui l'excommunia. 

Une tradition rapportée au nom de Samuel établit que, Bet- 
Schammaï et Bet-Hillel ayant discuté sur certains points pen- 
dant trois ans, et chaque parti prétendant avoir raison dans son 
interprétation de la Loi, enfin un Bat-Kol vint proclamer que 
l'opinion de chacune des deux écoles provenait d'une inspi- 
ration divine et que néanmoins la vérité était avec Bet- 
Hillel. Ce Bat-Kol se fit entendre à Jamnia ^ , où le Sanhé- 
drin, présidé par Rabban Gamliel H, essayait de supprimer la 
scission entre les deux grandes écoles. Ce Bat-Kol, c'était la 
voix de la majorité des Hillélites que dominait la minorité des 
Schammaïtes, et Akabia, appartenant évidemment à la minorité, 

1 En parlant de R. Halafta et en se référant à cette baraïta, Weiss [ibid,, II, 122) 
remarque qu'au témoifj;nage de R. Yosé, son père était parmi les adversaires d'Aka- 
bia, ce qui fournit un indice pour l'époque d'Akabia. 

* Evidemment Weiss prend le terme Û'^31"T72 dans le même sens que lorsque, son- 
geant à cet expression, il dit qu'au temps d'Akabia il y eut une discussion entre 
groupes dillerenls sur ces points. 

• Le Babli [Eroub., 13 b) ne nomme pas exactement le lieu. Il dit : f^2U5 UÎI^U) 

ï-tiDbrt û-«-i^it< ibbm i:ni?35 ^^dbn dn^ûis ibbrr r^"m ":)"3 ipbnî 

1l"2'D, Mais le Yerouschalmi {Ber., i, 7,3 6) parle à ce propos de Jamnia : 15n 

rT"3D rr^Dbïi bn.^ û^"^n £zi"«nbwX ^nai ib-^Ni ib\^ n?2wSi p"3 nwS^'» 

Graelz {ibid., 424), dont l'analyse de ces passaj^es m'a aidé matériellement pour ar- 
river ù la conclusion exposée dans ce chapitre, remarque avec justesse que Pexcla- 
malion de H. J jsué, bip P33 *|'^n'^;i'>IÎ73 'J'^Ji « on ne lient pas compte du Bat- 
Kol », s'applique au même Hal-Kol qui s'est lait entendre à Jamnia et reuterme une 
proleslaliou générale contre la règle d'après laquelle les opinions de Bet-Hillel 
i'oDl loi. 



AKAIilA ET SA GKNEHATIOX 43 

était, par conséquent, un disciple de Bet-Schammaï. — Par contre, 
les écoles de Schammaï et de Hillel étaient les successeurs des 
maîtres illustres dont elles portaient respectivement le nom. Ces 
écoles continuèrent leurs ardentes discussions pendant l'époque 
de la première génération des Tannaïm et môme encore quelques 
années après, jusqu'au jour où le Bat-Kol se prononça en faveur 
des vues des Hillélites ; et comme le témoignage d'Akabia fut pro- 
duit dans le cours des efforts faits à Jamnia pour provoquer ce 
Bat-Kol et amener une réconciliation, tout cela sous la présidence 
de Rabban Gamliel II, Akabia doit avoir été contemporain du 
même Rabban Gamliel. 

C'est seulement en admettant cette hypothèse concernant à la 
fois l'époque et l'école d^Akabia, qu'on peut expliquer d'une ma- 
nière satisfaisante l'exhortation d'Akabia mourant : « Il vaut mieux 
rejeter l'opinion de la minorité et adopter celle de la majorité. » 
En apparence, ces paroles sont une concession aux convenances, 
mais un homme aussi conservateur et aussi scrupuleux que celui 
qui refusait la vice-présidence du Sanhédrin pour obéir à sa 
conscience et qui déclarait préférer être taxé de folie que de se 
parjurer devant Dieu, ne renoncera pas sur son lit de mort aux 
principes soutenus durant sa vie entière pour s'incliner devant 
les convenances. Une étude des règlements en usage dans le 
Sanhédrin de Jamnia prouvera qu'Akabia, en conseillant à son 
fils de se rallier à la majorité, n'a pas fait le sacrifice de sa 
conscience. 

Le Sanhédrin de Jamnia mit en pratique la règle que la loi doit 
toujours être interprétée conformément à la majorité [Edoiiyot, 
I, 4), ou bien, selon la version plus usuelle : 'ndbn û^'n'ii TrT> 
û'^ans « quand une minorité et une majorité sont en désaccord, 
l'opinion de la majorité prévaut * ». Sous la présidence de Rabban 
Gamliel et dans l'état de choses qui existait alors, cette règle vou- 
lait dire que l'opinion des Hillélites était souveraine. En effet, on en 
vint bientôt à dire : n3\i5^ M3\^ M"n ûnp^jn \D"a : « là où Bet-Scham- 
maï est contredit par Bet-Hillel, l'opinion de Bet-Schammaï ne doit 
pas être considérée comme faisant partie de la Mischna » et, par 
conséquent n'est pas obligatoire [Ber.^ 36&). Naturellement une 
telle loi répugnait à la minorité composée de vétérans Scham- 

* Cette maxime, qui est souvent citée dans les discussions rabbiniques {Ber., 9 a ; 
Sabb., 60(5» _, 130 i), était enseignée par Kabban Gamliel lui-même; c'est ainsi que le 
Talmud rapporte {Ber.^ 37 a) : -Qy:: '^TDIw^ :.""! Û^:^?:" Sn3.*n'w''3 Nin'J b^ 

muj-i :j"-i inii ... !-i':)3>73i ujbu: i^j^to snnx n^na i<"2m rnir-ia 
ny t<3'^p3> ':j'n b"N ob\D )^y'n nn^ n^nn ^'"-i ^nm y^p 'r'-ib 
T^rr^ li^n'n n^ni^b m.V'n mpibn^jn 1^3 y:^i<^ o^'^^-û ï-tdn» \n73 



44 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

maïtes et leur semblait excessivement humiliante. Ils se trouvaient 
simplement mis ainsi hors la loi et ils estimaient qu'en réalité, 
une soumission aisément acceptée leur vaudrait d'être considérés 
comme des lâches. Elle leur imprimerait le caractère d'anciens 
dissidents, en même temps qu'elle fbrait rejaillir du déshonneur 
sur leurs vénérés maîtres et prédécesseurs. C'est pourquoi la 
conduite d'Akabia provoqua tant de l)ruit. C'est pourquoi aussi 
il aima mieux accepter l'excommunication, en restant fidèle à ses 
traditions et aux opinions conséquentes à celles-ci, que de recevoir 
le poste de vice-président du Sanhédrin comme récompense de 
son désistement. Car, à vrai dire, Akabia n'avait pas avancé sim- 
plement des opinions individuelles ou des opinions d'une minorité, 
il avait rapporté des décisions traditionnelles. Dans le cas pré- 
sent, «c renonce à ton opinion » signifie, non pas simplement « re- 
nonce à une opinion », mais « renie tes traditions », et cela, sa 
conscience ne le lui permettait pas. Dans la suite, cette loi néfaste 
fut modifiée en ce sens que, tandis qu'on accordait la validité ex- 
clusivement aux opinions de Bet-Hillel , on laissait encore au 
choix individuel de suivre la doctrine de Bet-Hillel ou celle de Bet- 
Schammaï*. Cette modification satisfaisait les Schammaïtes; les 
deux écoles ayant accepté la convention que, dans la pratique, les 
doctrines de chacune pouvaient être préférées, Akabia pouvait, en 
toute conscience, s'incliner devant la loi de la majorité. Durant 
ces débats Akabia était devenu probablement trop âgé pour chan- 
ger d'opinion ; quoi qu'il en soit, la Mischna rapporte l'incident, 
en observant qu'il prononça ces paroles à ses derniers, moments. 
Il n'en est pas de même de son fils. Celui-ci était encore un jeune 
homme. En ce qui concerne les quatre questions qui avaient pro- 
voqué l'excommunication d'Akabia, il avait jusqu'alors adhéré 
aux opinions de son père et sans doute il aurait aimé continuer à y 
être fidèle, même après la mort de son père. En mourant, celui-ci 
lui donne le conseil de se ranger à Topinion de la majorité. 

S. Mendelsohn. 

Wilminglon. 

* rr:^^y "N^ûuj n-'n ■^-imb mcyb ninn^i ïi"3 -^-inirD nsbri tzibiyb 

'IDT 1l'::^y bbn rr^a ■'-imS [Erub., 6/>; cf. Tos. ïeham.^ i, lla ; Tos. Edouyot, 
II, 3). Graeiz reconnaît dans cette modilicaliou un compromis consenti par les llillé- 
lisles pour apaiser la vive résistance des SchaœmaUes. 



TANIIOUM YEROUSCIIALMI 



ET 



SON COMMENTAIRE SUR LE LIVRE DE JONAS 



(suite et fin *) 



APPENDICE 



TANHOUM YEROUSGHALMI ET MOÏSE IBN CHIQUITILLA. 

J'ai déjà parlé, dans mon travail sur Ibn Chiquitilla, des rap- 
ports entre cet auteur et Tanhoum = ; je me propose d'apporter ici 
quelques renseignements complémentaires et quelques corrections 
à mon étude d'après divers manuscrits. Tout d'abord il est à re- 
marquer que Tanhoum cite Ibn Chiquitilla, non à propos de Koh., 
viir, l, et X, 17, mais sur ix^ 12, et x, 17. Dans le second passage, 
il s'agit bien, comme je le supposais, des formes comme imoi^ 
(Prov., XXIX, 19), etc. ; dans le premier il est question des formes 
bsN, n^b^ etc. Je donne ici les deux passages in exlensO) d'après 
le ms. d'Oxford ; le premier est ainsi conçu : 

■)35< bNpi ^nsi: -^m \i:np"« ns?: SrÎTo i-iiD-io?:^ l-^piniT: tov:jpvT 
rT3>3-iwS IN l'^bbN rjTin dnpd ani<i: i;Tn3 rimy^^bN c^"«n"' f^nriT 

r73Dm h^yti [C>i]nN33??3T b5?^D rÏDT "^by nj^i^ £*<-ip72bwN ""D -JwNDbx 

mpb n-»-)"^ "i^ni^iz npib \m&< n^nn t3t<T Sidn in^ H:din i:rN 
pN '^Nn tD-«':5ip"« m^x^y-û n^;apT« tariD mi3>?3 t»"!"» ni:?i7j Ss-n 
ïHDN bs^p nbrn -i3>Db n^DJ's nt) "^m !rTD7:Nb riT^b^ r>:n^br nwN3â 

» Voir Revue, t. XL, p. 129. 

* Mose b. Samuel Hakkohen ibn Chifuitilla (Leipzig, 1895), p. 62. 



46 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ÙDb'2 "^iNT: bjs'D VHD Sni?2U5 w^nprîrj rrbbirjï-; n^rn Sn» t«:în 
17J1 ri:>3-iN t<n:wH bi^p rirjpA p ri'':;7a 'n t>j?2Ni Snpp3?3 
1t<3 ^b-i •^b:?' iinnwXi n'7:>i» t^n:?3 àniwS î>i7::NT ^bvn ^<-nb7DÀ 
Sn^dî^ ^bvi npibi ^dint û-^'CîpT» t<72«i \"^vxn ^yz mri^a 
Sïi^D dbin ï-rpn 1n::t nbnn S^3 ï-i'-»:'i73 "^d pncbN i^i ri^.'rrn): 

(c D'^iapi"' signifie : « être enserré dans des liens », comme '«uip"» 
(Ps., xci, 3) ; c'est un adjectif Suivant 'Aboû Zakarya Yab^^a, 
connu sous le nom de Hayyoïidj, auleuv ûu. K il ai? ho uroîîf al- lîn, il 
y a dans la Bible quatre mois qui sont construits sur le paradigme 
foulai, mais qui out le sens de fa'oill, ce sont : bSN (Ex., rir, 2), qui 
a le sens de bi!DN, npb (II Rois, ir, 10), qui a le sens de n^P^, 
n^i^nTO (Prov., XXV, 10), qui a le sens de irv\yi2^ et ûiÇjîn"' (Koh., ix, 
12), qui a le sens de D"^wip\ A ces quatre mois, Ibn Djanâli en a 
ajouté un cinquième : '^b^'n (Juges, xiii, 8), qui a le sens de 
^"b^^n. R. Samuel ha-Naguîd soutient que le rî, dans ce mot, est à la 
place de ^UJK, comme dans ïnbbnn (Ez., xxvi, 17) et 0"«nprîn (I Ghr,, 
XXVI, 28), qu'il a la forme du parfait, mais le sens de l'imparfait. 
Enfin, R. Moïse ibn Gliiquililla pense qu'il n'y a, en réalité, que 
quatre mots de cette nature et que TbT'rr en fait partie, mais que 
m3>ia en doit être exclu. Il prétend que m:>n7: est intransitif, tan- 
dis que û-^^apT^, biDN, npb et "ibr sont transitifs. Dans ni:>i73, le 
schoureq est à la place du holem, et il faudrait un holem. Le mot se- 
rait donc analogue à nnoi^ (Jos., ii, 15) '. » 

Voici le deuxième passage : 

» 
£]Db3 n3ND î^DNi:N '^"'53 n:ND ^nTo ïnâDbb.s ïi^n .y-iwS* "^nu^x 
Sn73 iN"iDNbwN3i bNT:;"' "^n'wN T^nOwS "^"-«n rrjim Sn;j n^nDnbNi 

* Dereubourg [Opuscules et traités d^Abouîwalîd, p. xl, noie 1^ a publié les mois 

t<">n::T nntî b^^PI jusqu'à bnpnOTO 'aoba. La glose signalée de Schemtob 
ibn Mayor sur Ex., m, 2 (voir mon livre, p. 07) est ainsi conçue (je cite d'après 
le ms. d^Oxlbrd, cat. Neub. 228) : 'SlI'D 172D "iNinn £20 b^X J-lb::l 

iwNi:?:^ ^'D (nnrr rn^iiD =] n"D .^pntd npb \mwS r-..N-in un im?3:3T 
ts^bii^D nm fbyiD bp':j73 b:' t:z--J [^*inp7:^;] brn tz:"^nw\n rT«r?2n 
nbi^rr ny^b tzsm û^^i?jp ïz:b3 "^2 ibj^iD D"J t^np: s^bo 1^:373 
S:*-n 'ny^'^ V^ "^nN^û npib ^mx r-iN-in ûwX S^iwS i:rN ï-f;Dm 
c^- "^D b"T i^:;:n ^i<V2'0 'n 'TjwXt tzin^N- ^zn sz^\:jpi^ ans rmri73 
ûnp7:a mr bïD r^im (i. ï-ibbir;r;i ^^bb^^ t*<-3 nujN !z:^,p723 nbi^n 
^"t ""nnscn î^^b"'::N*p'>:i p ini^n rro-j 'n tz:3nm ',1. n\-ir) ^7213^ 

Pi3n7û"i û-^N^wi^n cz"^br::-7j Yi'T'm npibn bsiNT a^'wp^^ mrrt mnrs 
^pïJ7: by rm^nb "^in-i n^m tzîbin tzip73D pmcn "^d s^*772-i:'rT'^ 
ï^^HNin tz:\N-ip: ibwN bp"::?^ by t3"'wS3m nDCv t^^Ti n::nnm 
r-î-i'i: ^^n Tn-^i 'd3 '^^^^\-|^ 'nCwND ibriD Dw ^<-^p: t*<bw 1^3372. 

Pour là loud, voir mou travail, p. 1 91. 



TANHOLM YEROUSCIIALMI 47 

SkSpD rTb:::pi\ l^ ïhuîtû 'n r<?3NT inn'JwX mm n?:rj rn7:T t*<-in 
lïT^-nn:» in-^T» nbn73 in b^pi £^i:\s r?:^ innuîN nmn -iTanCT 1« 
•^ibn W'N "^Dni "«"^ ^r:' n::: (i. ^3] r;:n pbN bipn birsNT "in"»:"»^ 
■^sy iny"i iJ'n ibbcnnn 'ip2 "{bi -i^si tnbriz 'irrz^y^ r::à in 
Y^n t^mN-iD t-i-T^ii ^^-lTJ' p Dna.x t<?ii<i r-in.NnriwN n.s::?» *;« 
inyn ^yni viK^"^ Sn *^""' v^ «""î^" ^ri?: iht^' i« ^t^tlbip-^T 

'n:;fi<bi< iNpnij^N n-b t2n:73 ^hnt br) nNpn^\s i«b nmn -^by 
t^îrs '^p nis-iD iriT^UwS i^ b-^bnbNi nmn ^b:' î-i:>t<s-j iit<nn^D 

« "^"lUîtî (Koh., X, 17). Dès que le mot n'est pas à Tétat construit, 
il peut s'employer aussi bien au pluriel, comme par exemple, ^^"l'5î< 
(Prov., XVI, 20), ^"«nuîi^ (Deut., xxxiii, 29), qu'au singulier, comme 
dans notre verset et dans "inT:Jî< (Prov., xxix, 18). Suivant R. Moïse 
ibn Gliiquitilla, cette dernière forme est, elle aussi, un pluriel, et de 
même nrj^n^ (Hab., m, 10), "in^-nn:; (Nah., ir, 4), nn-^^^y (Job, xxiv, 23). 
En preuve, il cite Prov., v, 21 , où ^3"'3' [exprime la même pensée et] est 
au pluriel; autre preuve, Miy^ (Job, xlii, 10), qui signitie « compa- 
gnons ». Abraham ibn Ezra et d'autres rejettent cette opinion et 
disent qu'il faut comparer irT'3"^:' à V^ (P^., xxxiii, 10), et "^r^yi a la 
même forme dans Gen., xxxvjii, 20 [et est donc au singulier]. On veut 
dire [dans Job] qu'il a prié pour chacun de ses amis en particulier, 
car chacun avait une croyance différente; il fallait donc prier pour 
chacun à part. Une autre preuve que in"i'*2ii< est au singulier, c'est 
noire verset même, où il y a yn^ '^'t^UN, « salut à toi, ô terre ! ' » 

Tels sont les seuls passages connus jusqu'ici où Ibn Chiquitilla 
est cité par Tanhoum ; mais ces citations ne lèvent pas le doute 
émis par moi si Tanhoum a eu ou non sous les yeux les é^.rits 
d'ibn Chiquitilla. Le premier passage, Tanhoum pouvait l'em- 
prunter à Ibn Ezra, et l'autre n'est que la traduction des paroles 
d'Ibn Ezra dans le commentaire de ce mot. Sans doute les 
écrits d'Ibn Chiquitilla existaient encore en Orient au xiii" siècle -, 

> Cf. mon ouvra^^e, p. 187, et les passages qui y sont cités. 

2 WoÏT ib., p, 197. L^écrit d'ibn Chiquitilla sur le masculin et le féiniuin (3Nn3 

Sn'^iNnbNI ^''^inbj^) semble avoir été encore sous les yeux de Schemtob ibn Mayor. 
Dans ses {ijloses au commentaire d'ibn Ezra sur Gen., xlii, 25, où celui-ci cite une 
opinion d'Ibn Chiquitilla de récrit susnommé ^voir mon travail, p. 185-186), il est dit : 

'DD^ .bî-im (i. n"::n3"i) Sz!:d':ji ^m^ cidd itjd Tnnrn"^ wsb p"nb3 nv:\:3 'J"» 
Nb ^ni< "i3"i wNin 1^733 nnwX biD rni^nT^no ^invn r"D ir,zr, î-îctj 'n 
^D^N 17DD û"''^"'5<b )V2T: pbnn^ pi<n ts^'vUw ]V2n ^nn v^'^ Ti^"' 
nnwS ^m:, ûbb^"* >ibo Dnb tD^Tanm ^id ^:2w\ mpN ^:2.n rzr;">rn 
V72n mnn yy pi tzi^in^: s":^ rzirr^c^NDi nnb pN sa f<b55 
bTn2 miDn/û ■^3''?D bD îzîdtdn ht mj'd ï-tt yj' 'î\s n^n-i tz^a^N 
r<b inis -)3i t<in ^T'D2 nnN bD ann qos r-n^iin b^na n':;n: 



48 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

et l'on pourrait admettre a priori que Tanhoum a préféré puiser 
à la première source ; toutefois cette supposition manque de tout 
fondement positif. Or M. Harkavy a édité plusieurs passages d'un 
commentaire arabe sur les Haftarot dont il tient Tanhoum pour 
auteur ^ Dans le nombre, il y en a deux (sur Isaïe, xi, 1, et 
Lxvi, G) qui ont des explications d'ibn Ghiquitilla littéralement 
reproduites, ce qui résulte de la comparaison avec le commen- 
taire dlbn Ezra, où ces deux explications se retrouvent égale- 
ment, mais sous une forme abrégée et modifiée. Mais il est plus 
que douteux que Tanhoum soit l'auteur de ce commentaire, pour 
la raison que les trois passages sur Jonas, publiés par M. Harkavy, 
ne concordent pas avec le commentaire que nous avons analysé '. 
A Oxford aussi (Gat. Neub., n° 178), il y a une traduction attribuée 
à Tanhoum (avec commentaire?) sur les Haftarot, qui diffère éga- 
lement de la traduction habituelle de Tanhoum sur les chapitres 
des prophètes en question ^ Par conséquent, ces deux citations 
ne sauraient être des preuves. Néanmoins on peut répondre affir- 
mativement à la question que j'ai soulevée. M. Israelsohn a, en 

^■^uî D":yNT inN b-^^n bsi nnx nriT b^i ^rM< qs^ bi ^:: "rnû"' 

1703 mhyi2ii nmNb r-imN i-iNn-i r-n3-«\::nb ninuî"» -t':î&<di n^'ûn 
^nN "li: b^ ON ^^ tzi-^Nu: -«DbT mio nnr ^r::y bna bbp tncns 
C]03 û^'::7:n i)05 ^^n"" li^bn t^b^ û-inDin?: t^ipTon ûi2Ni:73 ^<b 
by bi^?3 î*<irfU5 "^sb ']"ib"i"in bD m-i^ont n73iî<uj ï-t72T nra ï-nu::' 

J^"ip7:3 Di:Ni:72 t^b p br m-nn"^b iNn tirr^^sD nb^^n m-nni:n 

b:3^ t=i"'72yD m:^'na)3ïi niDT 135<l:7d o^pn pu^b r-is-ir^nTo b:' nn-nuî 

>^ir! 'nDT pDri ï-i"0?3 'n ">-im d";:> ^n^n •'b uj*^ t\o:D 'D"i tiD3 
i-in-iCuN"! pioD b:' ï-T^r'::-« ncob r^Jin^Dn (r"3i<-in b"n) b"T Dbu;n 
ï-i^73 'n ^)2ii^^ "i^b^na bD n-i-iCNn t»:^d m^D ciiniTwXi "j^b:^ 
fnn jiMîb by t^np723 in::?:"' t>ib miDnTo '^:v2 ï-ryT:;n "^r) in^n 
^"jr ^^b'^-in b^ r-n^DNi nsn tzirr^soD m-nii: nx hdd î-i:m 

Celte lou^ue dissertation d'Ibn Ghiquitilla, qui oe manque pas d'intérêt par ailleurs 
et qu'Ibn Mayor a peut-être traduit directement de l'arabe, diffère essentiellement 
des passages seuls connus jusqu'ici de celle monographie, dont une petite partie 
nous a élé conservée (cf. Revue, XXXI, 2S8). 

1 t=i-«3D-' Uj tz5^u:^n, X, 25-29. 

* Voir mes objections, ib., p. 50 (oîi au lieu de ÛO "^"d^ tT^J'O^ '"331, il faut : 
D12i "^"IDS 1^D*1^^D31, car le commentaire de Tanhoum sur Isaie ne m"d pas été 
accessible à Oxi'ord), qui ont également ébranlé Pulée de raulhonlicité dans l'esprit 
de M. Harkavy ("nnnb b^lN "1^^* 13* pSCD "imn n^:N rtîT bD2). Par 
Buile, je n'ai lenu aucun compte de ce commentaire des Hal'tarot dans mon élude. 

' Voir l'observation de Neubauer,/. c. Il faudrait rechercher si les mss. de Pé- 
tersbourg et d'Oxiord ne sont pas identiques à celui du Brit. Mu?., or. 2;iS3-2r)S4 
(Cal. Margolioulh, n»^ 247-'.:48). Ce dernier a été rédigé en Egypte ("1^723 r<ji;:?) ; 
il pourrait alors nous iixer sur la question de savoir si Tanhoum en est l'auteur ou non. 



TANIIOUM YEROUSCHAL.MI 49 

effet, trouvé dans le ms. de Saint-Pétersbourg du commentaire de 
Tanhoum sur les Psaumes cinq citations d'Ibn Cliiquitilla, dont 
quatre renferment des opinions jusqu'ici inconnues de cet exëgète ; 
la cinquième est signalée aussi par Ibn Ezra. Cependant une com- 
paraison même rapide montre que celui-ci n'a pas servi, dans 
l'espèce, de source à Tanhoum. M. Israelsohn a eu l'extn^me obli- 
geance de me communiquer les cinq passages ; je lui en exprime 
ici mes vifs remerciements. Voici ces passages * : 

1. Sur VII, 14 : 

■^nnN r-iDTn -«d mndj^to t^^îm tD^n'^îbo ""nn^^ pbiTD nnx mpbn -«d 
bNp"^ r<bn ïiD'i'inbî^n C]::in j^b toNnobwSi tz^nobo ^im^ C]n-i72 
anbnbis i>îbN t<n372 iiï<-i"^ D">b 4n \iàD t^-n rinb^D "î^bo tzuriO 
•m t^ibi SiirnbkS >ir-;V2 ûTb- t>ib J-TDin-ibiXT ^.sbnbNT rT'i<D3b5<T 

« Suivant Ibn Ghiquitilla, il faut comprendre û'<pbT7 comme npbT 
(Gen.jXxxi, 36) et pb"7^ (I Sam., xvii, 53), qui ont le même sens que 
nsi^ et Cl'inTa (c'est-à-dire poursuivre, pourchasser). Mais les flèches 
n'ont pas pour caractère de poursuivre et l'on ne dit pas : les flèches 
de X poursuivent Y\ [On fait partir les flèches] en vue d'atteindre, 
de blesser et de tuer [l'ennemi] ; mais on peut poursuivre, sans que 
pour cela on atteigne nécessairement ^ » 

2. Sur Lxxiv, 14 ; 

Snpd ïnbap p ïnuî?3 'n f<1ùi<^ [...ta-^^irb d:>b Ssnt^ "i53nn] 
î-ibb5< 1^^ rtispbws Sj'iiD is^n:?"' >îb ^-"^tî (H^iri y'iï:^ tzi^^i: V"* 
■^bfi^ ^5^730wsbi< TDpnD J-ib rr^^ibN >^^nn^ nr^bx IT^ ^5<7:D&îb5< :>n5-> 
bip i^tt^^b SNtnm ar)i<-i7:bN ^bn "^d "^nb^ ONDb» t^nb^^ns 2DN■^::b^< 

.i^nà tpy'-£ T>D"i 

« Suivant R. Moïse ibn Ghiquitilla, il faut regarder û'^''^: comme le 
pluriel de ''il: (Is., xxxiii, 21), [donc bateaux]. Il faut expliquer le ver- 
set comme suit : Dieu fera monter les poissons [des profondeurs] de 
la mer, en mettant les vagues en mouvement par le vent. Les pois- 
sons sauteront dans les bateaux, et les hommes qui y sont les 
mangeront. Mais, par ma vie ! c'est là une opinion qui n'a pas de 
sens et qui est très faible *. » 

* M. Israelsohn a ajouté aux citations les indications des sources que nous utili- 
sons plus loin. 

• Sur riabîO, dans le sens où il est pris ici, cf. Ousoâl, 668, note 86. 

» Cette explication est citée d'uue façon anonyme par Ibn Ezra : D'^T'aiN "CT 

la'innb [ijnnjî tz5^pbT^b "i-iriN nsm ■'■inwN rnpb-r -i-:d a-'pb'nb. 

Cf. aussi Raschi et Kimhi in loc.^ et le Dictionnaire de ce dernier, 5, p. p:?^. 
'* Cette explicttion est mentionnée aussi par Ibn Ezra in loc, et par Kimhi dans 
T. XLI, N» 81. * 



bO REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

3. Sur Lxxxviii, 19 : 

nnNn::Nn rj^TûmN v^ ^:n7:7a ïn:^ "^i^ '^in? "|":în D'^tttd tsa bn?^ 

« Suivant R. Moïse ibn Ghiquitilla, ^ïîn73 a ici le sens de « éviter, 
empêcher», de même que dans ^lan (Ps., xix, 14), lui [le psalmiste] 
est empêché de se rencontrer avec ses amis et compagnons. Le schifiy 
dit-il, esta la place du sln. Il y a deux mots dont l'un a un schin... * » 

4. Sur cvi, 25 : 

n^':yi2 IN nbapà pN Sxpn .(1. tDî-î-'bi-iNn) t=!^"'b!iN3 i^rin-^T 
J^jtnsbN bND-i i^) ^^'bwNT ï-^^Nb3bN -inh-jnt Sn^inb^T rnnN^nbN 
D-^7anbn7a:D pn3 MnnT Y^''^'» CN^bjs ^2:^ rr-iTûN ■^d5-«t riiN-iSwS ^d 
s^b^b nuîbNn mb riD-ij^To s^b in Ma i-j-> ^-^^ xnnNbn^ n^N "^n 
mu) '^bÎD-i 'jiîD'^ ^sï72 :ibaî<b ï-7n\sD3 b^rnD !-inb2w\p72b irnD"> 
><i73b3>n ab ta^^ND \-in ti:n-«92N5>m DnnnNsn toD^briwSn issnm 
K'7:'Nbix 1?: DD-i:i3 ^<7a^ a-^Nà^bN \)2 û5^72 nbbN yz:i t<i2 3J^7:à3 

.n-^si r-iiD tsnbp ba 

« 1351^1. Selon Ibn Ghiquitilla, [ce verbe] signifie avoir l'intention 
d'agir avec malice et ruse, et en même temps feindre l'indifférence 
et l'inintelligence, pour qu'ainsi il s'offre au méchant une occasion 
à l'exécution de son [mauvais] dessein et que ses intentions de- 
meurent cachées aux hommes. C'est dans le même gens qu'il faut 
entendre p"iD (Prov., xviii, 8), c'est-à-dire « il dissimule », pour qu'on 
croie qu'il est ignorant de toute malice. [Mais il agit ainsi] alla qu'on 
ne soit pas préparé à lui opposer de la résistance et afin qu'il puisse 
faire le plus de mal possible. Le sens est le même pour i::>"im (Deut., 
I, 27) : u Vous avez affecté d'être aveugles et de ne rien voir de tous 
les miracles que l'Éternel vous a prodigués, et comme il vous a sau- 
vés des ennemis, mais vous dites ceci et cela '. » 

5. Sur cxxxix, 3 : 

p rn-ûn 'n bNpT f^rr'b:' nyb::wST t^rrn^ûbr .nn^Don -^Dm bDi 

son Diclionnaire, s. v. "^^Z, au nom d'ibn Ghiquitilla, mais sous une forme très brève 
(voir mou travail, p. m, 170), en sorte quici également Tanhoum a puisé à la pre- 
mière source. 

* La fin manque malheureusement dans le ms. Probablement Ton y disait que, 
d'autre part, il arrive dans la Bible qu'un sin est employé à la place d'un schin, 
comme par exemple dans Ez., xxx. 18, où ^bn = yCU; voir Louiua\2%, 27 
'cf., par contre, Kimhi, Diclionu., s. v. ^UJn). Voir Haschi in, loc. 

» Cf. Kimhi, Dict., 5.r. p-j. 



TANHOUM YEROUSCHALMI 31 

« ^^n^DOï^ signifie : tu as reconnu [mes voies] et tu les a percées. 
Suivant R. Moïse ibn Ghiquitilla ce mot est apparenté à Tarabe, et un 
si7i (c'est-à-dire un ^awec^j a remplacé un zaïn. Les Arabes disent : 
•'UjbN DDDT dans le sens de : je connais la chose. Gomme exemple il 
cite ce vers d'un de leurs poètes : Je sais (n3D7) de leur affaire au- 
tant qu'ils en savent (nididt) eux-mêmes. En hébreu, sin et zaï/i per- 
mutent quelquefois, par exemple dans ^073 (Prov., ix, 2) et aT73 
(Gant, VII, 3)». » 

Ces citations, qui, pour le dire en passant, sont des spécimens 
nouveaux et intéressants de l'exégèse d'Ibn Ghiquitilla, dé- 
montrent que Tanhoum a beaucoup utilisé ses commentaires et 
qu'il a puisé à la première source. Maintenant, s'il ne le nomme 
pas plus souvent, cela n'a rien d'étonnant après ce que nous 
avons dit plus haut. Mais s'il est établi que Tanhoum avait les 
écrits dlbn Ghiquitilla sous les yeux, il est plus que probable 
qu'il lui a emprunté une bonne partie de ses explications. Par 
malheur, l'original des commentaires d'Ibn Ghiquitilla est perdu, 
sauf une petite portion que M. Harkavy a eu la bonne fortune de 
découvrir (après la publication de mon ouvrage)* ; ceux de Tan- 
houm, pour autant qu'ils nous sont parvenus, dorment encore pour 
la plupart dans les bibliothèques, si bien que pour le moment il 
est impossible de préciser les rapports qui existaient entre ces 
deux auteurs. 

Mais je veux saisir l'occasion de publier plusieurs passages des 

* Cette explication se retrouve mot pour mot chez Ibn Baroùn *'. r. (éd. Kokowzow, 
p. 72), mais sans indication de source : bxp tl'nhy "^N DSDT nSDDÏl "^DIT b^l 

t^?3 dn2?3 n-izhy "^n t^"i3DT -"ibN bnT: tzsïinTûwN V^ »"^-^t n:'Ncb« 

■^373 t^l^abs^ {la source de la poésie, ib. partie russe, p. 149j. Dans le Dict. àa 
Kimhi s. v. "j^O (cf. aussi son commentaire ad /oc), cette explication est citée d'une 
manière anonyme; cf. Monatsschvlfty XLI, 277, [Dans le comm. d'Ibn Ezra in loe. 
peut-être les mots *^12^ ^ll'D'n Ï1U373 "^nil se rapportent-ils à la suite, savoir : nr'72T 

'i^T nb:;^n itûd tzij'-jm -^naDon ponn r-inu73 c^^irvbj^D npon:. 

Sur la permutation du zaïn et du samech et les exemples cités ici, voir Louma\ 91 , 9. 

* Par une carte du 27 mai 1897, mon savant ami m'apprenait qu'il avait découvert 
plus de quatre-vingts feuillets du commentaire d'Ibn Cliiquitilla sur Isaïe, ol qu'il en 
ressort que les commentaires d'Ibn Bal'àm et d'Ibn Ezra sur ce livre ne sont presque 
entièrement qu'un extrait de ce commentaire. Le 12 déc. de la même année, il me 
faisait connaître la découverte de la plus grande partie du commentaire d'ibu Ghi- 
quitilla sur les Psaumes, où celai-ci cite, entre autres, sa monographie grammaticale. 



52 REVUE DES ETUDES JUIVES 

commentaires de Tanhoum que j'ai pu consulter à Oxford, et qui 
peut-être sont empruntés directement à Ibn GUiquitilla, ou, en 
tous cas, ont une affinité avec ses explications. 

1. II Sam., XXII, 5 : 

t^r^bN^r^N1 t^n:?5<bN T^n ï-ins^tj r-iNDitbNi v.ssibN ï-iin y^'ni 
^nyD ^NbrrbNT na:>bN p nb Dnni:Np73 tiirii tsnsnnu dndnptot 
np-inabN •^b:' i-iN-iN3yNbN "^D ïH-iwX^^nONi ïn::^::^ jisbn ^bi p 
npD lontî IN ïn3?: Dâ^'i^ nn r*»J733 "'^b b\nwnbN "^d rT-':?n"i5bN 
■'T' ï-ran ï-rbipD [? r^^irr bnwn] KirixbN nb^ s^int: "^d s^n^bN bn73 
/nan -lîiirr ^w dn (i. taîi-'b:') ûD^b:' ï-Tby?3 (i. "^anN) 

«... •'bna, d'après certains, signifie « être malade » et serait dé- 
rivé de ïlbn72ïi biD (Ex., xv, 26). Cette opinion est erronée; il résulte 
du contexte et des épithètes qu'il s'agit ici de la ruine des ennemis, 
de leur terreur, de la mesure de leurs tromperies et de leurs efforts 
pour l'anéantir (David). C'est ce qu'il donne à entendre en se ser- 
vant d'une expression hyperbolique, ainsi que la Bible a accoutumé 
de comparer une chose avec une plus grande ou une plus belle. C'est 
ainsi que l'Écriture, en un autre endroit, se sert pour les ennemis 
[d'une métaphore analogue?], voir Is., viii, 7. » 

L'interprétation de "^bro appartient à Ibn Chiquitilla ; Tanhoum 
la lui a donc probablement empruntée. Cependant il est possible 
qu'il l'ait connue parle commentaire d'Ibn BaPâm inloc; voir 
mon livre, p. 134-135*. 

2. II Rois, XIV, 14 : 

Snp ^bibi r<?àNbNn £]î<-ii2:NbN "^an .msTnynn '«33 i-iNi 

bip t^i"^» "^sytibN t^nn pi t^ïin:?D-n t^m'rp riwJ^'T Nïnnb^bi^b 
r*i73S rTN-in::T 3>i:i73bN ^bH t^^bàN '^bsbsb ^^\^^:£. D^a-n^n n^^^ IJ^ 

(( mmnynïT^33 signifie les fils des grands et des nobles; c'est ainsi 
que le Targoum traduit. De là vient que le ciel, eu égard à sa ma- 
jesté, à son étendue et à son altitude immense, s'appelle man?. Il 
faut entendre de môme û">3-n3' (I Rois, xvii, 4) : les grands et les 
notables de la localité ; voir notre explication sur ce passage. » 

L'explication de maiy par « ciel » est d'Ibn Chiquitilla, voir i&., 

' Cf. aussi le commentaire d'isaac b. Samuel in loc. (publié par Margolioulh, 
/. Q. R., X, 399). 



TANIIOUM YEFiOUSCIIALMI 53 

p. 110, 167; toutefois ici Tanhoum paraît avoir consulté Aboulwa- 
lid (Ousoûl.bM, 9-19). 

3. Jér., XLix, 20 : 

taujn «b !i72"iNr5i "^D "jwsb ■«'ibj^ b:>DbN t<D ?t^d û:n:?2bi<i fax 
V3 ti'^?:^'' ï-rpm i-^briTo li iiD-" ';î< Ti< (i. t:^:;^^^) a^*::^ r^b npm 

« ûiuî*^ signifie : « ruine et désolation ». Par sa forme le verbe est à 
l'imparfait du hipliil. La racine est ou bien û^^^, et alors la première 
radicale serait tombée comme dans d'iJn (Gen., xlvii, 19) où elle est 
imperceptible, et la forme pleine serait û'^UîN"' ; mais ce mot peut 
appartenir aussi aux verbes à sons redoublés, en sorte que la forme 
régulière serait t'^To^"' et qu'il faudrait le comparer à !i7i?3'»a (Is., i, 7) 
et à l!?3;i:n (Jér., x, 25). » 

Ibn Chiquitilla prétend lui aussi que d'^uS'^ dérive de û«5<; il 
ajoute que la première radicale qui est tombée est compensée par 
le daguesch du scJim (voir mon ouvrage, p. 102; cf., ibid., p. 97, 
sur Nombres, xxi, 30, puis p. 119 et 188), et il n'est pas impossible 
que tout le passage soit tiré de son commentaire in loc. 

4. Ezécb., VII, 7 : 

■;« yik'i T^bib^ 13N l&<nDt<bN Sî<p .dnïi 'lïi ^<b^ ïi73iï^93 
yb tni2 ri5T •'by ï^bNbi;bN-i t^^^bt^ im mdb72 ^Mi )i2 d^*^r^ nn 
torîicbin t^b dïiiN •'« î^n?:-';:::^"! bnijbN b^b^ ï-tnd:'): •jni t>i?2ïnn;i 
h<'iri bwnrr^ c*^b bnpbi^T Nirî?Dà:'*i ^rribj^T r^nnbxbàn drrbNaà 
t^bi bn73 dNbibN rrn Dn-« t*<72 ^i"i5<^n -iip"^ 15< ><bN ""i-^DsnbwX 
ï-rb nbi\D bi tzybn p ï-t^i!!"' 'n s^toî^i ^bi insT b^i-^ i.x b'»:'T' 
s'^iD'^ "«ibN rmirbN "^^^ t<^ii:bb to05< nsN im f<"ii; r^son "^rr» 
tDbdrri t^^ ^'^y to^^o i<b r<n^bN t»^irtbN âi?:n :>^p i?3 bnàbt^ l-^s 
1?a I5<d tzibrDnTDbN i^):^ "^nn ^^y^^ mirbN «ny^p'^D ^iï-i^-^a lîorxbN 
s-i^bNT i-rb rip^pn t^b m^r im J-Tdi&<ii-» iî^ riTo^b^a rT«rNrT« 
baJbN if2 niir^abN "^b^ o^y^"^ mir n3fc< t-Tnp-^pm bsàbwS r^n ï-r^ron 
i-ipnuî5<"i rrsNs^bwS nbpirbwN toNOâ^bN ^d ri-n^rb.x o^rrn r<': bîîTa 
î-TSNb ii-iï<i::>bN na iiaiNi^n"' tniir r<i:"^5< irr •'ibwN 'rvn ^T^n i^a 
•^si ir-T'5>0"' nsD "^D s^^-in t<7ûd rib rip-^pn r<b "^dj": "^b:^ bT^ 
D-ibn rip-^pn rsn tdn'i:ï< "^"ib^ T^ribN t^ir: iî* bNps ï^i^« ï-r^T:-!"» 

.rib np^pn t^b "«ibK r<^i:bwXd 

« Le maître Aboul^alîd ( Dieu l'ait en sa pitié ! ) compare 



54 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

l?i à Tiïi qui signifie : a éclat et sublimité » ; [il soutient que 
ce mot] est constitué d'après la forme n^, yb^ etc., et qu'il faut ex- 
pliquer [U^'m ^ïi] comme signifiant la plus haute et la plus puissante 
montagne, c'est-à-dire que leurs montagnes ne se sauveront pas [de 
l'ennemi], malgré leur grandeur, leur altitude et leur résistance. 
Mais les paroles [du prophète] ne souffrent pas une pareille expli- 
cation, à moins que l'on ajoute quelque chose de déterminé pour 
mieux définir l'expression, comme par exemple : et « il ne servira 
de rien » ou « ne sera d'aucun secours » 'l'altitude des montagnes] 
ou mots semblables. Par contre, R. Juda ibn Bal'âm a une explica- 
tion excellente ; selon lui, ^ri désigne l'écho, c'est-à-dire le son qu'on 
perçoit entre les montagnes par suite des ondulations de l'air. Prin- 
cipalement, quand des individus parlent dans la montagne, la voix 
s'y répercute et revient, et la personne qui parle l'entend, comme si 
quelqu'un lui parlait avec ses propres paroles ou lui répondait ; en 
réalité, ce n'est pas une voix, et les Arabes l'appellent « fille de la 
montagne ». En fait, ce sont les sons qui retentissent par suite de 
la montagne, tout comme une image se reproduit à la surface de 
corps polis et transparents. Ce mot doit être rapproché de ^^^Tt (Jér., 
xLViii, 33), qui indique également les accents par lesquels les vendan- 
geurs se répondent et qui également indique une chose qui n'a rien 
de réel, ainsi que nous l'avons montré dans notre commentaire sur 
Isaïe et Jérémie. Le prophète dit donc que la menace que je vous 
annonce a un fondement réel et qu'elle n'est pas comme 1 écho, le- 
quel n'a pas d'existence véritable. » 

L'explication d'Aboulwalîd se trouve dans son Dictionnaire 
[OusouU l'^l, 27) ; quant à celle d'Ibn Baràra, un contemporain 
plus jeune de Tanhoum, Joseph b. David de Grèce, la cite comme 
étant due à Ibn Chiqaitilla (voir mon ouvrage, p. 102). Mais comme 
ici il y a certains détails qui manquent chez Joseph b. David (par 
exemple le rapprochement de "iw), ce dernier ou bien n'a pas 
reproduit exactement les paroles de son modèle, ou bien, ce qui 
est plus vraisemblable, Ibn Bal'âm, ainsi qu'il lui arrive souvent, 
s'est approprié et a élargi l'opinion de son contemporain plus 
ancien qu'il a si violemment combattu. Dans ce cas, Tanhoum 
aurait puisé dans Ibn BaPâm et n'aurait pas tenu compte dlbn 
Chiquitilla '. . • 

5. Ames, I, 13 : 

t*^733N i-i3>72Ji niisN 1K1 n"«3fc<nb«2 nîi y^DJ ît^nîm ."j^^biîi t^^'^n 
^:'bi!^ r-nnrin ^n"» nsN Vp-i t2^mn:irT û^nrin Sn^ n-^D'inbNa "^nx 

* P«r suite, l'explication de Kirahi ad loe. (voir mon livre, p. 151) serait emprun- 
tée à Ibn Baràm plutôt qu'à Ibn Chiquitilla, car chez lui aussi il y a le rapproche- 
aient avec HT^Îl. CI. encore le Dicl. de Kimhi, 5. v. Tl!l. 



TAMIOUM VEROUSrjfALMI SS 

« ninn signifiée, les montagaes » (du Guilead), c'est le pluriel de"rî, 
montagne, avec la terminaison féminine, quoique ce mot ait le plus sou- 
ventau pluriel une terminaison masculine, par exemple Gen., vu, 49. 
Suivant certains, ninïi désignerait des femmes enceintes, comme nous 
l'avons dit [pour l'expression analogue] : et ses femmes grosses seront 
déchirées (Os., xiv, i ). Mais ici le contexte ne comporte pas cette explica- 
tion. Ainsi il est dit [tout de suite après] : pour élargir ses frontières. » 

De même, Ibn Chiquitilla regarde m^ïi comme un pluriel de 
d"^^!! (à côté de beaucoup d'autres exégètes; voir mon ouvrage, 
p. 152-153), et lui s'en rapporte également au contexte. L'obser- 
vation sur la forme pluriel de 'iri laisse supposer que Tanhoura 
a tiré cette observation d'ibn Chiquitilla, non du commentaire ad 
loc, mais de l'ouvrage sur le masculin et le féminin (n^s^rbN 3wSpd 
ifT^3J<nbNi.) Rien que pour cette raison l'on ne saurait admettre que 
Tanhoum ait utilisé une autre source '. 

6. Nah., II, 4; 

i II est possible que Joseph b. David lui aussi n'ait pas puisé au commentaire 
dUbn Chiquitilla ad loc., mais plutôt à la monographie susnommée. Car il a connu 
cette monographie, comme je l'ai admis dans mon livre, p. 65, et comme j'ai pu 
m'en assurer depuis. En revenant sur le lexique inlilu'é "nî^TOJl mij73, je trouvai 
encore, s. v. )m, ce qui suit : ':^5Ti5 b:' ^b n^r>r\ IH^'i ("inX 1^':^ =) C^''^ 

i-rb^::p:\ p iriDn i-riDTo 'n ny'n qns 'rj-)'^^ 'n"y iTij i3::?2 n-isrr: 
MTOTiT nDO-15 ^DTi< tnb^n qbNïf m-'nb pn^i "-idt licb t^in-j 

^3"»: l^n 3D n7:NUJ Di:i"inï-r n72N)2b. Et, de même, il y a dans l'original d'Ibn 
Chiquitilla, d'après une communication de M. Harkavy, que je reproduis entièrement 

ci-après : Ti'2yi2^D ^^5Ti<"i .ïiNn"! Y^^ n:>7:TJ "jTwX .n3i?: "ji.xbN itIx 

bnp ^•'itN by ^b ï-^-^rtn nn-^T nbî^ •^3.^73 àsbbx r<in "«di .-m 
•^À"» tob ^<7: rîT^lD^n î-rà-ibNi v\^\::^ ^n"; b»n?3 [? )j^] rrcN'iwNbwN 

"^hy ï-Tn"^3nm f^3TN73 b^^bx t^iin 173 "ji^i ...S5N t^j"i nr^^wSn 
^niw^bwS ';i"i f*i7:i-i'7nN3 [i. v^^rT^bi*] ';T...bwS tip"» t^b 1J<2'""=' 5^?:n:î< 

fa^nS^UT Û^npb73 blpb^ "^biS-l inS"' t*»ibD. Remarquons, en passant, qu'Ibn 
Chiquitilla est cité par Joseph b. David, en dehors des passages signalés dans mon 
travail, dans l'introduction grammaticale, I, 4 ^('oI.13«: "jn-TT Tt'C^ "^3"! "".":J<"^T 
'lil n"bT mon nbb mn nb?D p -^r: b"T; voir mon ouvrage, p. 98, 133) 

et s. V. ^nt? : ^y^ >i^'r^ û:;i ^i:in nnrj h::*D d":^ ht "ip^'s uî-^-i 
^DN K57D3 V''^'^i ï^"2!^ I""^'^ p''"" pvcn in rbnnnb Sy^rr 

bp;^ ';"'j3Î17J C^^iiri'O ; puis s. v. nn:; et n":n (ce sont les mêmes explications 
quUbn Ezra donne sur Ps., cxiii, 5 et i.xxvi, 11, au nom d'Ibn Chiquitilla ■. Obser- 
vons encore que dans l'unique ms, d'Oxford du HINT^rt rm373» qu» s'arrête au mi- 
lieu, s.v. n'vUn. le feuillet 216 contient une partie de la lettre yod (de c:^^ à OT^^ 
Donc le ms. à l'origine était plus complet et peut-être môme tout à fait complet. 



56 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

*iN"iD ïn:N ■^'T' ï-TT^r^n m-'N "^d lïis'n "rm ibbcnnn ^bisT l'imam 
n^D bi^p"' t>.*7::D HnnNibxa ^^^^"lbN n">jii:b rr^D iNibNi r<rîbÈ< *;î<"i 
5>n Ss 1:' î-;n55?73 *|wXd irf:>-i ^72 >i72Ni in^nxi vns irr^si (i. rs) 

pNb-jî< -^2 ';^'^3i<n3:?bN rnwNs*s rns^nàbw^ qirc inn ^wS-i:2bt<D •ji:bbN 

c Le suffixe de lïm'iD:» se rapporte à y"^57a (v. 2), qui précède. Un 
grammairien prétend que irr^mni est au pluriel et répond à V"n::a, 
comme Miy^ dans Job, xlii, 4 0. Un autre, au contraire, estime que ce 
mot est au singulier et que les suffixes hé et waw sont attachés à un 
singulier et désignent un être singulier. C'est ainsi qu'on lit VD et 
i^s'^D, T^riN et lïT^nx. D'après cela, 1!^:^^ signifie [que Job a prié] pour 
chacun de ses amis ; et dès lors "i!i">^"i3a, quoique au singulier, dé- 
signe toute la classe des « héros ». Il est d'usage chez les Hébreux 
d'employer des mots singuliers pour des classes et des espèces. 
Ainsi p?3 « bouclier » est ici au singulier, mais il désigne l'espèce 
« bouclier ». 

Par le premier grammairien cité ici il faut entendre Ibn Chi- 
quitilla, qui professe cette opinion (voir mon travail, p. 104; cf. 
aussi p. 118 et 187) *. Il se peut aussi que Tanhoum l'ait connue 
par Ibn Ezra ad loc. (qui probablement est désigné ici par ni"':;). 

7. Sophonie, ii, 1. '^ 

l'i'nn \^ Tnnnn n^D nos .SlOisi >«4b ^15:1 i^ûnpi T«:5'»ripnïi 
y^-iy ::^p S"t 'ip ins -^b^^ û::'!'»:^ Sn:>dn rrxi^ ûh tz^b^rr^x 

^'^uipb 172 nN:'no73 ::^N73nàNbwX ï-in5:>?3 1n S^pn t^nrix ::"<rp 5"nw^T 
'ip3 t^nn "^bN isrri ':nnbN indi yp^y^ ipiàn "^n inyizb^ in ^nb^ 
'ip \iz ^3 n'^bibwS i^N r;^D ^^^ ipi in-ipnNi ipni icr^nx ï-t^d 
n^n^DT s-pop ^nnoi '^nDpT ':inm t^':;'^':;p 'i*">::bb b"T ^\x\sbN 
*^ï5 c>ib3 "irrD "iTw^7: r::ipi l» ■^b:' ^»^^m iT^riDm ibp3>n ^zy12^^^ 
'^bÎDi ^^':î73 rn:N b"T c^-^^idt inx n^s bxp ^bSsi Y':i^:2 it 
*-iDi y^n 1^1-173 ^^bibN 12N pbn ï^it»:)?: r<k\s in: n^Nni^i 
•j-^briT: ■«'i ii^-" *;« rr^s '^b'ib ni::^ tn^d t-^Ds573 mai t^^rwX nsN 

3:?73 ITD c^in 2Dnn iiD^T t^^:'N'i:n73 s^ir-^N n:?: i^a'Cipnm ^^'^^ 

* Cf. le passage cité par moi, p, 154, du commentaire de Tanhoum sur Ilab., ii, 
15 (éd. Munk, p. 37), où est mentionnée Texplication de notre passage r D'TpP *lp1 

t=i^i<7i "in^^iaa p?2 'ip "^D tain: -ido "^d t^^'irj bn?: nDÎ t^iab. 



TANIIOUM YEROUSCFIALMl »n 

'jiD-'T mààNn^T toipbwN n^br iini^'j:^ n^Nir?: ïzzNbr.x 7ry7zbi< lab rx 
1N-'2::'btî ^D i:ib -"î^ in:>:iNT ii:>::n t^i-irr -"b^' T::',pT icjjippn ■'.'•ccn 

>ib ûnt:n ':;i pn t-^lb nnun ï-:-;:?3 'ipb vs37:b^< ><-7r:D p^sb —"3 
bj'D"' r<7a ^by ::n r-rsi^ bT« t^in ind •'T' qî< ii-.n CD^^br r^z-^ 
J-T353 TSTD-» db >ip3î<L:72 •^2:>7:b^t j^^sin in -ibi nniD brip rip^pn 
ujujp im hJiNi] b::î< lïîipi T^î'onpnm ii3-« ipr ^i-nzTz rj-pi 113 
^NDn« ^pD >^i^î< rs'jjp ^2^73 "^dt oip tnb:^i< "'Vît* iT::ip'< ^::-: ■'d 

♦ïnn^nr) nbnT^N ^bi p nN'>b3bi< -•: 

« 1U5lpT lU^Uîipnïi, suivant une explication, signifie « corriger », 
c'est-à-dire corrigez d'abord vos actes, puis ceux des autres, confor- 
mément à la parole de nos sages : « D'abord orne-toi, puis orne les 
autres [Sanh., 18^). » Suivant d'autres, ce mot signifie » réunion » 
et doit être regardé comme étant le sens figuré de "J'«::ipb (Ex., v, 12 , 
qui désigne l'action de rassembler [de la paille] ; donc « rassemblez- 
vous et rassemblez les autres ^. Cette explication est celle du Tar- 
goum, car il traduit : rassemblez-vous et venez et approchez-vous. 
Aboulwalid rapproche notre mot du talmudique NUî'^p « âgé » ; de 
même, le Targoum traduit les mots : « Je suis devenu vieux et gri- 
sonnant (I Sam., XII, 2) » par nin-^OT n"«Op. Il faudrait donc expliquer 
notre verset comme suit : « Soyez sages et intelligents. » Gomme 
"lUJipT a un daguesch, il appartient sans doute aux verbes redoublés ; 
d'après AbouZakarya [Ilayyoûdj] ce mot a un daguescfi, nous l'avons 
de même trouvé daguesché; mais Aboulwalid Merwân [ibu Djanùh 
dit qu'il n'a pas d^daguesch. Néanmoins, le mot peut appartenir aux 
verbes redoublés; en ce cas, le daguesch est omis pour la facilité [de 
la prononciation], comme dans ']w::^72^<^ (Gen., xxvir, 21), quoiqu'il 
appartienne à la même racine que "^riiTs"^ [ib., v. 1 2) [c'est-à-dire à U3'<a73]. 
Mais le mot riJip peut être aussi un verbe avec icaw médial et de 
même i'iî':;ipnn, et alors [la dernière radicale] serait redoublée. Dans 
ce cas, il faudrait rapprocher notre verset d'Isaïe, xxix, 21 ; là li-ip"^ 
est également un verbe avec iraw médial, mais d'après le sens, il 
faudrait le comparer à riU5pi< (Ex., vu, 3), qui est un verbe à der- 
nière radicale faible, et expliquer : les gens lui prépareront [au pré- 
dicateur] des difficultés et disputeront avec lui. Notre verset devrait 
être expliqué ainsi : « Endurcissez-vous et préparez-vous des diffi- 
cultés, c'est-à-dire, méprisez l'obéissance [envers Dieu] et rendez- 
vous difficile le retour [à lui]! » Il faudrait considérer ces mots comme 
une menace. Mais cette explication ne va pas ici, à mon avis. Car les 
paroles [du prophète] qui suivent immédiatement : « Avant ([ue la 
résolution soit née, etc., avant que la colère de Dieu vienne sur 
vous », ces paroles montrent qu'ici on indique (?) ce qu'il faut faire, 
avant qu'il ne soit trop tard. Si les deux mots exigent un même sens, 
il est fort admissible que i^Uipl doit avoir un daguesch et que les 



58 REVUE DES ETUDES JUIVES 

deux mots viennent d'une même racine, savoir t5Uîp. D'après le sens, 
ce mot peut être apparenté aussi bien à iv^lîip"^, qui vient de Uî"ip, 
qu'à !i^p. Dans notre introduction générale nous avons cité plu- 
sieurs de ces exemples. » 

La deuxième explication est celle d'Ibn Chiquitilla, qui se 
trouve déjà chez Aboulwalîd (voir mon ouvrage, p. 156). Probable- 
ment, Tanhoum l'a empruntée à ce grammairien, qu'il cite ici au 
long et qu'il répète. Insister sur toutes les explications de détail 
qui sont données ici nous conduirait trop loin ; je renvoie aux au- 
teurs cités par moi, /. c, et p. 144. 

8. Ibid.,ui, 19 : 

T^n-^n D'nnbNT "^y^bi^ t^3!-î 1l^^y ■^5^*73 ,'^^':yn b^ nN H'C^y ^2:r; 

tomos^T 3Np:>b&< ^"^^12 "^d b^p t*»i?3D p-^binn ^ii '\'Qy du5i "^^yj^ 173 
ï-T':5"iy rn'^npn i^ b^pi ï-istj snp irss *n5N biSN i^^ ■jni û-'J'-c-) 

."T^ipri 1'^^ 173 '^3:>73bN2 ûipN b^N5^^^ ï-rb:) 

« !i\25lb a ici le sens de « frotter », et cela signifie métaphoriquement 
« punir ». Il vient de muJ^'n (Ez., xxiii, 21), qui est un Kal de r^^ 
[ib., V. 3) et qui a le même sens. On se sert encore dans le sens de 
punir d'une expression analogue, quoique dérivée d'une racine diflé- 
rente, à savoir ûmDyi (MaL, m, 21). Suivant certains, ^i':^'\y équivau- 
drait ici à ïibD 'r^^^y « anéantir». Mais la première explication est 

évidemment plus juste. » 

« 

Cette première explication est celle d'Ibn Chiquitilla, qui fait 
aussi le rapprochement avec Ez., xxiii, 3 (voir mon ouvrage, 
p. 104). Toutefois observons qu'elle se trouve aussi dans Menahem, 
Ilayyoûdj, Abouhvalîd, Moïse ibn Ezra et Kimhi (voir ib., p. 157). 
Donc ces derniers ont pu également être la source de Tanhoum. 
La deuxième explication est celle du Targoum et se retrouve chez 
Ibn Ezra. 

9. ma., m, 20 : 

n:s>3 bn73 ûrDPN yapN t**4">nrj nrai •^5:>73bwN .ûrnï< "^imp nym 
y'^y^ "^itinbN "^d hixj^y biwSbN r<''nn \^'2^ GrirN t^-^ax t^^^rin 

hy^b^ y±M2 ->ni:?:bNa 

« û^nN "^itnp n:»3i doit se traduire : et en ce temps-là, je vous ras- 
semblerai, semblable |à la première moitié du verset] : en ce temps-là 
je vous réunirai, en sorte que le ï^^nn se rapporte aussi à cette moi- 
tié. Par conséquent, l'infinitif remplace ici un temps fini. » 



TANHOUM YEROUSCHALMI 59 

Cette opinion se trouve déjà dans le Targoum ; cependant c'est 
Ibn Chiquitilla le premier qui dit expressément que iiTin doit <^tre 
sous-entendu dans la deuxième moitié du verset (voir mon ou- 
vrage, p. 105), mais il estime en môme temps que -«linp est à la 
place de "^rinpn (et non de y^pi^). 

10. Hagg.,ii, 9: 

!im?3 brjb '^b'i it< t^'irr "^d b^p /^t ^m rr^ir: ^^2D îT«r:i b-ns 

™i<abNa t^ai"^.;zJX3 i^n5>-i ]i^^ si3« b-^pn riio 'I^T:î^*^ r7^t<73::'3-iN 
.'an Ii:'»u5n 3>i73U) d5< i-r^rii riy ï-t^^dt b«p c^tûd 

« L'honneur de cette maison sera plus grand, etc. » Certains rap- 
portent ces mots « plus grand » au nombre des années ; le premier 
temple dura 410 ans, le second 420. Suivant d'autres, l'accomplisse- 
ment de cette promesse était subordonné à l'obéissance [d'Israël], 
comme Zacharie a dit : a Si vous êtes obéissants, etc. (Zach., vi, 45) ». 

La première explication est celle du Talmud {Baba Batra, 3 a, 
voir mon travail, p. 161) ; l'autre correspond mot pour mot à celle 
d'Ibn Chiquitilla (voir î&., p. 105), en sorte qu'il est peut-être la 
source de Tanhoum, bien qu'il ne soit pas impossible que celui-ci 
l'ait prise dans Ibn Ezra. 

11. Zach., I, 8 : 

53 ï-Tbiir»bi< "^D D^D^Sibî* IN ■^53>"« ûb Ï-I3N b^pi ...i-ib^i:733 'TsTN 
1» l'D'n^ t<b Ti'ii^ "^by -^^w^b^ i^nb^n t<mn3T ï-tiDna -^rn t^nbin 

« Suivant une opinion, le prophète ne veut pas dire que les myrtes 
étaient dans la vallée, mais autour de lui, aux bords d'un étang ou 
d'une autre pièce d'eau, où il pousse généralement des arbres, car, 
dans le premier cas, il n'aurait pu les apercevoir. >> 

L'opinion citée ici est celle d'Ibn Chiquitilla ; c'est de lui que 
parle probablement notre auteur. Sans doute Ibn Ezra la cite éga- 
lement, mais d'une façon très brève (voir mon ouvrage, p. 105); 
c'est pourquoi Tanhoum a sûrement puisé ici directement. 

12. /&., VIII, 10 : 

nniNàTsb 1572)2 bNpB rT27373 y-in nn t^-t» "^^bw^ na n.s p 137273 ib ';\^ 



60 REVUE DES ETUDES JUIVES 

ff !i55''N est ici à la place de ^J2■'^^, puisqu'il se rapporte à "50 ; ce 
changement s'est produit par suite de la juxtaposition du [féminin] 
n^oM^rr. Il est dit de même [pour Jephté' : « Il n'avait en dehors 
d'elle ["Ij^Ts] ni fils ni fille (Juges, xi, 34) » ; ici c'est en dehors 
c d'elle », et il y a 157373 à cause de ib qui précède. Un exégète prétend 
rapporter tijj'ii* à ïTnnn et l'expliquer dans le sens de îi2:"'M ''D, c'est- 
à-dire le bétail s'en est allé par suite des pillages de l'ennemi; c'est 
ainsi qu'il est dit peu après : « Celui qui sort et celui qui entre n'a 
pas de repos devant l'ennemi. » La première explication est plus 
vraisemblable et plus admissible. » 

La première opinion est d'Aboulwalîd {Loiima\ 306, 9), qui fait 
aussi le rapprochement de Juges, xi, 34* ; la seconde est d'Ibn 
Chiquitilla, qui est cité ici d'une façon anonyme. Ibn Ezra n'a 
pas été utilisé, attendu qu'il ne rapporte pas le mot à la suite du 
verset (voir mon travail, p. 105). 

13. 76., IX, 9 : 

în^b&< nN^J:î73bt< ^b!nbN 1J< fibN rtibti -^by biNrr^ 173 ^b"ibi ... 
'ip Ï-I5:? -n73n hy n^m "^sy 'ip ^iy^ int ^>in\:î-ln!^ ïi^73n3 in 
'VU 'ips D1D *^'D'i^ db na niDin "^^^ [nuJN] n?3nnrs DwX ^^ ïiods )y nn 
^b73 N-i73&< 173 n^73î< ba '^b73 p"" ûb ïi^Tsni iî« Nn:73 mi;ib ;:"^pna73 
^^y n^pi'&î n^niD !i2Nb did rrb D"^b N-r^pD p-" nb îi:5< Nk-^NT onsbi^ 

iny i^^VJ -IDD "^D 1^3n f<7:D îlb '^SbwN (?'^pNDbN lim) "^pNObNI n73Tl573 

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.^'bwS r:73N\s "^D p"^ Db p-» 

«... Un autre se rallie à l'opinion que par c< roi » il faut entendre 
ici Néliémie. Cette opinion est corroborée (?) par les mots suivants : 
a pauvre et monté sur un âne », car [Néhémie] dit de lui-même « [il 
n'y avait pas de bètes avec moi] en dehors de celle sur laquelle j'étais 
monté (Néh., ir, 12) ». Il ne mentionne donc pas de cheval [car il élait 
trop pauvre pour en avoir]. Mais cette opinion est inadmissible pour 
plusieurs raisons. Premièrement, Néhémie n'était pas roi, mais gou-A 
verneurduroi de Perse: deuxièmement, il n'était pas pauvre au point 
de ne pas pouvoir posséder de cheval, car il jouissait d'une grande 
considération auprès de celui qu'il servait et était son échanson (?\ 
ainsi qu'il ressort du livre d'Ezra. Il tenait aussi une table à laquelle 

' Tanhoum reproduit littéralement cette explication, sans indiquer non plus de 
source, dans le comm. sur Jup;es, xi, 34 (éd. Schnurrer, p. .'i4) et dans l'introduc- 
tion à sou Mourschid (chez Goldziher, p. 55j. 



TANIIOUM YEROUSCHALMI 61 

sa suite mangeait chaque jour. Enfin un roi de Grèce [mentionné ici] 

n'existait pas de son temps, etc. » 

~> 

C'est Ibn Ghiquitilla qui rapporte ^br^ à Néiiémie (voir mon 
ouvrage, p. 105, 157). Sans doute, les remarques de Tanhoum 
offrent beaucoup de ressemblance avec celles d'ibn Ezra in lac. ; 
mais il y a chez le premier beaucoup de détails qui manquent 
chez le second, en sorte qu'il faut admettre que là aussi Tan- 
houm a utilisé directement son modèle*. 

Nous avons donc suffisamment établi que Tanhoum s*est servi 
à différentes reprises du commentaire d'Ibn Ezra pour les exégètes 
anciens, mais que dans sa bibliothèque ceux-ci avaient personnel- 
lement place, et parmi eux les écrits d'Ibn Ghiquitilla, qui après lui 
tombèrent presque totalement dans l'oubli. Rien que pour cette 
raison, il serait à désirer que tout ce qui nous est resté du com- 
mentaire biblique de Tanhoum fût bientôt publié, surtout pour 
nous donner les commentaires de V « Ibn Ezra de l'Orient » de 
ceux des livres bibliques sur lesquels il n'existe pas d'Ibn Ezra 
de l'Occident. 

Samuel Poznanski. 



i Le commentaire d'Ibn Ezra est tronqué en cet endroit ; on peut le corriger ainsi 
à l'aide de Tanhoum : ^73N^ M2^] '^VùTl by n^m "^37 n73w\ p h^ — 

tvï-lïl "^D^ ^^ nbr)"». Cf. Eevue, XXXI, 314. 



DOCUMENTS 



RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 



Les documents que Ton trouvera publiés ici ont été réunis pour 
la plupart vers 1876 par M. Isidore Loeb et nous en devons la 
communication à la bienveillance de M. Israël Lévi. Nous avons 
d'ailleurs pu les collationner presque tous d'après le ms. 225 de 

la bibliothèque d'Arles, com- 
pilation d'actes divers et sur- 
tout d'extraits de registres de 
notaires rassemblés au xviii® 
siècle par un érudit local, 
l'abbé Bonemant ^ C'est le 
texte de ce ms. que nous don- 
nons ici. Le « Cartularium 
Provincie ^ » nous a, en outre, 
fourni quelques pièces , en 
particulier l'acte de vente pu- 
blié sous le n° I, et le ms. la- 
tin 4768 A de la Bibliothèque 
nationale, la figure de Juif 
portant la rouelle que nous 
reproduisons ici. Ce ms. du 
XIV® siècle est une assez mau- 
vaise copie des statuts mu- 
nicipaux d'Arles, rédigés à la 
fin du XII' siècle et au début 
du XIII* siècle, qu'a publiés 
Ch. Giraud dans son Essai sur l'histoire du droit français au 

» Voir sur ce . savant ecclésiastique .,P. Meyer, Les manuscrits de Bertran Boyi- 
tet, dans Romania, 1892, p. 558 et suiv. 

' Bibl. Nationale ,nouvelles acquisit. latin., 1367-1369. 





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DOCUMENTS UELATIFS AUX JUIFS D»ARLES 63 

moyen âge^. Dans la marge du ms., en face de certains articles 
et comme pour en signaler l'objet, se trouvent quelques dessins 
à la plume, d'une main plutôt inhabile. C'est ainsi que cette ca- 
ricature illustre le dernier paragraphe comprenant le terrible 
serment qu'étaient tenus de prêter les Juifs plaidant contre un 
Chrétien. 

Ces documents apportent, croyons-nous, quelques renseigne- 
ments nouveaux sur l'organisation intérieure de cette commu- 
nauté, dont l'histoire et l'activité littéraire ont fourni à M. Gross 
l'objet de si intéressantes recherches*. Mais ils sont malheureu- 
sement en nombre insuffisant pour permettre d'en reconstituer en 
toute sûreté le fonctionnement administratif, et l'on doit se borner 
à noter les indications fragmentaires qu'ils peuvent fournir. 

La communauté est, suivant la coutume générale, administrée 
par des bayions. La pièce n° Il n'en nomme que deux, mais les 
autres pièces en indiquent généralement quatre, et encore se 
peut-il que tous ne figurent pas à l'acte. Un même baylon peut 
voir son mandat plusieurs fois renouvelé'. En 1435, ils prennent 
possession de leur charge au mois de juillet ; mais cette époque est 
peut-être exceptionnelle. Le jour de leur entrée en fonctions, ils 
prêtent serment sur la tora de bien remplir leur mission et de 
respecter les statuts de la communauté*. Comme moyen de sanc- 
tion, ils ont le herem \ Ils doivent tenir registre des affaires qu'ils 
traitent. Ils restent soumis au contrôle de la communauté^ et ne 
peuvent prendre certaines décisions graves sans son assentiment. 
Dans une requête adressée au viguier le 13 novembre 1349, les 
bayions s'engagent à ne faire un nouveau règlement que si la 
majorité des membres y consent, et nous voyons en 1407 les chefs 
de famille, hommes et femmes, se réunir pour accepter une dona- 
tion \ Cette requête des bayions de 1349 permet de se rendre 



» T. II, p. 244-245. 

* Zur Greschichte der Juden in Arles, dans Monatsschrift fûr Gesckichte und Wis~ 
senschaft des Judenthums^ années 1878, 1880 et 1882. 

3 Par ex., Vital Calhi, Nos H, III, IV. 

'*■ Fonds Véran, mélanges de titres, armoire 34. Procès-verbal d'entrée en fonc- 
tions des bayions (17 juillet 1435) : « Et ibidem inconliiienti bayloni supradicli. . . 
scilicet Nathan de Borriano et Vilalis... juraverunt, amplexando rolulum, vocalum 
hebrayce cefer^ de bene et legalit-jr se habere in dicto ofticio et ipsum legaliter 
exercere, servareque capitula ad que servanda juramento sunt adstricti per capitula 
eorum. > 

* N» IV. — Sur le hercm, cf. M. A.Ton, Histoire de V excommunication juite, p. 65 
etsuiv, et p. 107 etsuiv. 

^ Cf. I. Loeb, Règlement des Juifs de la Castillt en liSi, dans £evue, XIII, 
p. 213. 
' N» V. 



64 REVUE DES ETUDES JUIVES 

compte de quelques-unes de leurs attributions * : ils demandent, 
en effet, au viguier l'autorisation d'établir un règlement somp- 
tuaire contre le luxe et le jeu 2, d'augmenter la taxe qui se per- 
cevait sur chaque béte tuée au marché juif et qui servait notam- 
ment à l'entretien de V « aumône », de séparer de la communauté les 
Juifs de Trinquetailies, qui refusent de prendre leur part des 
charges communes, et surtout d'imposer les tailles nécessaires à 
l'entretien du budget. 

C'est, en effet, cette administration financière qui les préoccupe. 
Il leur faut subvenir aux impositions royales, aux charges de la 
ville, aux redevances épiscopales. Une déclaration faite par les 
bayions de 1427^, à l'exemple de leurs prédécesseurs de 1380, 
donne le détail des cens payés à l'archevêque : quatre lamproies, 
vingt livres et un demi « ferrât » de poivre, vingt livres de chan- 
delles de cire; enfin une somme d'un florin, en rachat de la perte 
qu'éprouve l'archevêque du fait que le terrain occupé par le cime- 
tière de Crau n'est pas exploité comme vignoble. Les autres 
redevances sont perçues à raison du droit de garde de l'archevêque 
sur la synagogue*. Les bayions devaient porter eux-mêmes ces 
redevances au palais archiépiscopal, la veille des Rameaux ^ Ils 
préféraient d'ordinaire s'acquitter en argent : en 1442, le demi- 
ferrat de poivre était remplacé par un cens de deux deniers co- 
ronats sur un banc de boucher ^5, et la communauté payait cinq 

* En 1435-143G, nous trouvons un « Bonjues Carcassoni, haylonus scolejujeorum ». 
Bibl. Nation. ; nouv. acquis, lat., 1369, p. 493. 

* On connaît ces promesses par lesquelles on s'engageait devant notaire à ne plus 
jouer, et. Gross, Monatssckrift, 1880, p. 414. Ajoutons une promesse de ce genre 
faite à Arles le 17 juia 1426 par Abraham de Nîmes {Bibliothèque d'Arles, ms. 
225, p. 276). Comparez L. Blaucard, Inventaire-sommaire des archives des Bouches- 
du-Ehône, série B, t. II, 145 : défense publique de jouer aux caries à Arles (vers 
1466). 

ï N» VI. 

* Une partie de ces redevances se trouve à certains moments aux mains de tiers, 
ainsi l'une de ces lamproies était perçue au xiii" siècle par la famille de Porcellet 
[Archiv. de l'archevêché, livre d'or, fol. 333; livre vert, fol. 55 et 276) et en 1399 ce 
droit appartenait à l'évêque de Marseille : le procureur fiscal ayant réclamé deux 
lamproies, l'évoque reconnaît qu'il n'a droit qu'à une seule [Gallia christiana novis- 
sima, par feu le chanoine J.-II. Albanès, complété par le chanoine U. Chevalier. 
[Valence, 1899, in-4«], p. 391, n» 639). 

5 Bibl. Nationale, nouv. acquis, lat. 13G9, p. 493. Quittance par le vicaire desdites 
redevances (8 avril 1435-1430). Les bayions ayant apporté ces redevances le ven- 
dredi, sans doute pour respecter la solennité du sabbat, le vicaire ne les accepte à ce 
jour que sous réserve. 

* Bibl. d'Arles, ms. 225, p. 203-20i. Extraits du registre des droits de l'arche- 
vêque : « I>em dicta synagoga... débet pariler diclo domino archiepiscopo médium 
ferratum piperis ultra premissa : tamen non curavi rccipere, quia luerat campsum 
cum duobus deuariis coronalarum censualibus super quadam domo et banca macelli, 
et plus valebat dictus census. » 



DOCUMENTS RELATJFS AUX JUIFS D'AULKS 65 

S. par lamproie : le clavaire Moret Boyssard exigea le paiement 
en nature '. 

D'autre part, les Juifs sont tenus de contribuer aux charges de 
la ville. Un mandement du lieutenant du sénéchal de Provence 
adressé à la municipalité d'Arles- lui rappelle qu'ils sont exempts 
de « cappage » ; mais s'ils sont dispensés d'impôt personnel, ils 
doivent une contribution sur leurs immeubles ; et de plus on 
volt à plusieurs reprises la communauté faire aux syndics de 
la ville, durant ia campagne des Baux, des prêts plus ou moins 
forcés'. On sait, en outre, qu'aux iii° siècle elle acquittait certains 
droits pour part contributive à la construction ou à l'entretien du 
pont de Crau *. 

Mais ce sont les tailles royales qui pesaient le plus lourdement 
sur les Juifs. Le roi percevait, en effet, outre les tailles ordinaires ^ 
des impôts extraordinaires, et les communautés de Provence étaient 
parfois obligées de voter à leur prince un don gratuite Dans ce 
cas, les impôts étaient dus solidairement par l'ensemble des « jui- 
veries » du comté, et on sait qu'elles nommaient des commissaires 
généraux pour l'administration de ce budget commun -. C'est ainsi 
que le 19 mars 1419-1420, dix -neuf délégués, dont sept de Mar- 
seille, quatre d'Arles, trois d'Aix, deux d'Apt, un de Salon, un de 
Tarascon et un de Draguignan, se réunissaient à Arles chez Isac 
Nathan pour y procéder à la répartition d'une nouvelle charge ^. 

* Ibid. : «... Et nota quod ej^o dictus Moretus Boyssardi, qui jam fui undecim 
annis clavarius, ... vidi plura debata et iiabui cum baylonis... in soiulione dicla- 
rum lampredarum, quia volebant dare quinque solidos pro una lampreda, ego pe- 
tebam lampredas vivas et bonas, et finaliter solvebant, lia quod qualibel costabat eis 
ultra unum florenum ; etiam ceram et piper semper bene... » 

' Archives d'Arles, correspondance 1310-1730. AA, 20, armoire 1 (25 no- 
vembre 1464). 

' J. D. Véran, Annales de la ville d'Arles, dans Musée, revue arUsienne, 1S73- 
1874, pp. 142 (18 juin 1393), 150 (21 décembre 1396), 158 (19 octobre 1397), 163 
(6 juin 13981. 

* Ibid., p. 102. — L. Blancard, Documents inédits sur le commerce de Marseille au 
moyen âge, I, 2^0. — Cf. Schwab, Inscriptions hébraïques d'Arles, Bévue, XL, p. 60. 

^ La communauté d'Arles payait au comte, en dehors des impôts généraux, une re- 
devance annuelle de 60 L de poivre pour garde de la synagogue [Deux conventions 
entre Charles I et Lcvys II, anciens contes de Provence et les citoyens de la ville d'Arles 
[Lyon, 1017, in-4''] 1° 44. — Blancard, Inventaire-sommaire des anhives des Bouches- 
du-Bhâne, série B, t. II, p. 139-140). En 1323-1324, cet impôt est payé en trois 
termes (Blancard, ibid., p. 10). En 1469-1470, ce droit était concédé par le roi à An- 
toine de Pontevès (Blancard, ibid., p. 145). 

^ Blancard, iôi(^., p. 310. Don gratuit de 18 fl. par feu (1474) continué par la suite. 

' Arnaud, Essai sur la condition des Juifs de Provence au moyen âge^ p. 22. 

^ Arch. d'Arles, fonds Véran, armoire 34, mélanges. Répartition d'une contribu- 
tion imposée à la communauté générale des Juifs de Provence (19 mars 1419-1420), 
d'ap. le registre d'Ant. Olivari, 1419, f'^ 45 : 

« Noverint universi quod, in mei publici nolarii et teslium inferius nominatorum 
ad hec specialiter vocatorum et rcgatorum presenlia, existentes et personaliterconsli- 

T. XLI, NO 81. 5 



66 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

La communauté des Juifs de Provence ne pouvait subvenir à ces 
impôts extraordinaires que par des empruuts : le remboursement 
devait s'en faire à partir de 1421, au moyen de versements annuels 
fournis par une taxe prélevée dans chaque communauté, et les 
délégués avaient précisément pour mission d'établir la part de 
chaque ville : c'est ainsi qu'Arles se trouva taxée pour 600 florins, 
alors que Marseille ne l'était que pour 400, Aix pour 275, Salon 
pour 50 et les autres communautés ensemble pour 415 florins *. 

La répartition se faisait entre les membres de chaque commu- 
nauté suivant la fortune de chacun, et l'on sait de quelle façon 

luli, magisler Bendig de Borriano, Abram de Carcassona, phisici, Bonsenhor de 
Monliliis et Astruc Dieulosal, bayloni universitatis judayce arelatensis, Ysac Na- 
than, Crescas Orgerii, magister Durantus Avicdor, phisicus, Bonetus Avicdor, Ma- 
cipus de Pertusii, habitaiores civitatis Arelalis praedicte ; item Léo Vidas de La- 
tis, Gardelus Abram de Biturriia, receptores computorura, habitatores civitatis 
massiliensis, sicut dicebant, item magister Mardocheus de Carcassona, Ysac Orgerii, 
Crescas de Monliliis, combailonus, habitatores civitatis aqueusis,. . . item Ferrarius 
Vidas, combailonus habitatorque loci Tharasconis,. . . item Jacob Josef, habiiator 
Salonis, mandatas per consilium universitatis Judeorum loci de Salone, arelatensis 
diocesis,. . . item magister Gardus Bonafos, Mosse Crescas, habitatores civitatis 
aplensis, et magister Léo Mardochei, sirurgius ville Draguiniani,. . . cum omnes 
ipsi prenominati, tam eorum nominibus propriis quam universitatum judaicarum om- 
niumque universorum et singulorum Judeorum et Judearum habilatorum civitatum 
arelatensis, massiliensis et aliarum civitatum, locorum, villarum, castrorum et opi- 
dorum in comitatibus Provincie et Forcalquerii coiislitutorum,. . . haberent providere 
necessariis, in habenda quadam maxima pecuniarum summa, pro quibusdam arduis 
negotiis occurenlibus et tangentibus dictas universilates, occasione et respeetu ali- 
quorum onerum noviler impositorum ad utililatem et comodum sacrarum Majesta- 
tunm..,cura deseipsis tantas et taies pecuaias dicte universitates non habereut sui- 
ficientes ad bujus modi onera suportanda, quamobrem hujus modi pecunias aliumde 
et ubicuruque possent reperiri, muluc habere oportebat... concluseruul... quod, durante 
tempore solutionum statuendarum de recipiendo a creditoribus accomodantibus pecu- 
nialem hujus modi summam, de qua supra hahetur, soUitiones quelibel et pro anno 
quolibet summam duorum milium cenlum et quadraginta llor. auri non excédant, 
taudiu sic solvantur, donec summa pecuuialis muluo habenda integraliter resliluta et 
soluta fuerit ipsis creditoribus, a quibus mutuo habita fuerit, ut prefertur, et prima 
solutio incif)iat in f'eslo nalivilatis Sancti Johannis Baptiste, anni proxime luturi, 
M°CCCC°XXI°. . . Slatuerunt enim et declaraveruut, vo'ueruut et ordinaverunt quod 
singulares solutiones et annuales fiende de summa dictorum milium cenlum et quadra- 
ginta llorenorum pro anno quolibet particulariler sic solvantur : solvet autem uni- 
versitas judayca dicte civitatis arelatensis pro quolta sua sive parlicula de dicla summa 
pecunie annuali et pro anno quolibet videlicet sexcenlos iloreuos ; item universilas 
judaica civitatis massiliensis pro quolta sua sive parlicula de dicla summa solvet 
similiter, pro anno quolibet, videlicet CCCC Iloreuos; item universilas judavca 
civitatis aquensis pro quotta sua sive parlicula solvet simiiiler pro quolibet anno 
videlicet CCLXXV llorenos ; item universilas judaica loci Salloiiis. arelatensis dio- 
cesis, pro quotta sive parlicula solvet similiter pro quolibet anno videlicet L ilorenos: 
item universilas generalis judayca celerorura et ceterarura aliarum civitatum, castrb- 
rum, locorum, villarum et oppidorum lot comilatuum Provincial et Forcalquerii pre- 
diclorura pro quotta sua sive parlicula solvet simiiiler pro anno quolibet videlicet 
quadringenlos et quindecim ilorenos auri.. . » 

* On remarquera que le total de ces chidVes ne donne ni 2140 II. ni 1140 et que ces 
deux derniers chiiïres sont successivement indiqués, par une erreur de notre copie, 
comme montant total des versements à eti'ectuer chaque année. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 67 

— par les manifestes — il était procédé à l'évaluation de cette 
fortune. On retrouve à Arles le système généralement usité', 
système d'ailleurs officiellement reconnu en Provence ^: la décla- 
ration publique sous la foi du serment. Le 23 novembre 1415 •\ 
l'official donne pour un an aux bayions, M<^^ Bonsenhor Asday, 
médecin, Bellant Bellanti, chirurgien *, Salomon Avigdor et Bon- 
dias de Saint-Paul, l'autorisation * de prononcer le here'iu à l'oc- 
casion des « manifestes ». Vers 1435 cependant il semble que l'es- 
timation des bardes et outils ait été confiée à quatre prudhorames 
spécialement désignés '^ 

Il est intéressant de noter comment, dans le dernier quart du 
xiv° siècle, les Juifs d'Arles cessèrent un moment de faire partie 
de ce « syndicat » des communautés provençales. On sait qu'en 
1382 la mort de la reine Jeanne laissait en présence deux compé- 

^ I. Loeb, Règlement des Juifs de Castille en 1432, Bévue, XIII, 207. 

* Ordonnance du roi René (Marseille, 28 janvier 1437-1438) prescrivarit aux Juifs 
du comté de l'aire remettre au trésorier royal une déclaration de leurs biens, qui ser- 
vira de base soit à la taille annuelle du vingt-quatre juin, soit aux impôts extra- 
ordinaires, déclaration qui devra être faite « sub pena anather^ialis et malediclionis 
Judeorum quam kerem appellant » (Bibl. d'Arles, ms. 225, p. 97, d'après V^tcndu de 
G. Rairaundi, notaire, 1438, l»"" cahier). 

3 No IV. 

* On remarquera en parcourant ces quelques textes combien, malgré les etforts de 
l'autoriié ecclésiastique {Gallia christiana novissima, par le chanoine H. Albanès et 
le chan. U. Chevalier. — Arles, col. 862), les médecins juifs ont été nombreux à 
Arles. Le ms, 225 renferme deux actes intéressants sur ces médecins : l» la « li- 
cenlia practicandi • obtenue, le 15 mai 1402, par un étudiant juif, Salomonet Aviczor. 
Cette licence est accordée par un représentant du viguier royal, après soutenance 
publique d'une thèse par le candidat, en présence de quatre médecins, dont un Chré- 
tien, maître du jeune Aviczor, et trois Juii's : Heliot d'Arles, Salves de Bourrian et 
Crescas Salamias. Aviczor présente sa thèse : «...palam et alta et intelligibili voce... 
existons pedes, cum omni reverentia... proposito suc exordio sive proemio et ornate, 
unicam posuit questionem ad modum dispute, proponeus tilulum sub forma in simili 
usitata, paralus illam sustiuere et deliendere cuicumque arguenli, quantum ejus 
sensus, scientia et discrelio poterit subvenire, dicens raliones quam plures et allegans 
textus et glosas... librorum, institulionum, canonum perilissimorum doctorum... » 
Les médecins, sous la foi du serment, prêté pour Tun « ad sancla Dei evangelia », 
pour les autres « ad legeuQ Moysi, scripturis hebraycis manibus suis tactis •, déclarent 
le candidat digne dêire reçu. Colui-ci prête à son tour serment • de praclioando et 
exercendo dictam artem médecine, bene et lefzaliter sine exceptione sive dilFerentia 
personnarum. . . » et il est alors déclaré reçu (ms. 225, p. 278). — 2° un certificat 
de visite d'un lépreux (18 mars 1427-1428) signé de deux médecins Chrétiens et 
de Bendich de Bourrian (ms. 225, p. 68). 

'• Elle est, d'ailleurs, donnée sous une double réserve : l» l'olScial doit être préa- 
lablement prévenu; — 2" pour la levée de l'excommunication il faut en référer à lui. 

* Procès-verbal d'entrée en fonction des bayions (17 juillet 1435 ; fonds Véran, 
mélanges de titres, armoire 34) : « ... Dicti Durantonus Dieulosal et Aron de Ne- 
mauso, nomine ipsorum et adhereniium iu hac parte, requisiveruui quod ariiculus 
ultimus et noviter factus, continens quod quilibel Judeus vel Judea deheal vestes 
suas et alia ulensilia domus ac alla in dicto articulo comprehensa extimare, quod 
eligantur per cousilium quatuor, qui, eorum mediis juramentis more solilo preslanàis 
super rotulum, habeant illa extimare juxta eorum conscientias. .. » 



68 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

titeurs : Louis d'Anjou, frère de Charles V, roi de France, qu'elle 
avait adopté en juin 1380 S et Charles de Duras, neveu du vieux 
roi de Hongrie. Deux partis se forment alors en Provence, et 
Louis doit venir faire une campagne de menace autour d'Arles et 
de Tarascon -, avant de partir pour l'Italie, où il va trouver la 
mort (1384). Son fils et successeur, Louis II, n'était encore qu'un 
enfant. Très habilement, pour lui ramener les sympathies, la ré- 
gente Marie entreprend un voyage diplomatique en Provence. 
C'est ainsi qu'à la fin de 1385 la reine et le jeune roi se trouvent 
à Arles et que le 10 décembre, après avoir solennellement juré de 
respecter les privilèges de la ville, ils reçoivent le serment de fidé- 
lité des syndics. Les Juifs n'avaient pas été oubliés dans la « con- 
vention ». Louis II leur confirme la possession de leur synagogue, 
de leurs rues et de leur cimetière, et maintient les privilèges qui 
leur avaient été accordés par ses prédécesseurs. Mais une clause 
est particulièrement intéressante : le roi établit sur les Juifs 
d'Arles une taille de 200 florins, et par là la « commune » se 
trouve formellement exemptée des charges imposées aux autres 
Juifs du comté, « cum ipsa urbs arelatensis et ejus cives propriis 
» moribus, pactis, conventionibus. . . vivant et utantur, prorsus 
)) separati ab aliis tribus statibus et singularibus personis dlcto- 
» rum comitatuum ^ . . . » 

La communauté d'Arles se trouvait donc brusquement séparée 
des autres communautés ; cette séparation entraînait une liqui- 
dation financière : il fallait déterminer la part qui lui revenait dans 
le passif de 1' « union » des communautés. C'est la fia de cette li- 
quidation que nous montre une pièce datée de 1402, publiée ici 
sous le no III. D'un acte dressé le 14 tamouz 5541 = 6 juillet 1381, 
il résultait que l'union devait environ 800 florins d'or, montant 
d'avances faites par des coreligionnaires riches *, sans le secours 
desquels les tailles n'auraient sans doute pas pu être payées à 
temps. On y pourvut par une nouvelle taxe. Deux trésoriers 
furent nommés pour faire rentrer cette contribution et rembourser 
les créanciers. En même temps, les communautés déléguaient, 

* Lecoydela Marche, La Soi René, t. 1, p. 14. 

* J. F. de Gaufridi, Histoire de Provence (Parie, 1723), t. I, p. 24o. 

3 Deux conventions entre Charles /" et Lovys 11 cl les citoyens de la ville d'Arles, 
fo 42 V». 

* Il fallait même parfois s'adresser on dehors du comlé. Voir Bibliol. nationale, 
nouv. acquis, lat. 1368, p. 218-219 (extrait du protocole de Pons Kodelli, notaire) : 
reçu donné parle représentant de Bondinelli Kossilhoni de Lucques, baylon, à Cres- 
con Aron Cassin, d'Arles, Salomou de Marseille, de Tarascon et Bonel Crj^icr, 
d'Arles, représentants des communautés de Provence, d'une somme de 650 11. d'or de 
Florence en solde d'une oblii^-aliou de 2,000 11. a lui souscrite le 23 décembre 1355 par 
les . syudici majores . de l'union (Arles, 23 février 1356-1357). 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JL'IFS D'ARLES 69 

avec l'autorisation du sénéchal de Provence, cinq commissaires : 
M«* Salomon Orgier, Salomon Cohen, Boniac Vital, Crescas Na- 
than et Astruc Rossel, chargés de répartir entre elles cette dette 
de 800 florins. La contribution d'Arles fut fixée à 142 florins d'or, 
6 s. et 3 d. Les bayions d'Arles versèrent directement cette somme 
à deux créanciers ou plutôt à leurs ayants droit. Le reste de la 
pièce comprend précisément la double quittance donnée aux bay- 
ions et par Tan des trésoriers généraux et par les créanciers ^ 

Cet isolement de la communauté arlésienne ne dut d'ailleurs 
pas durer : la mère de Louis II, dont l'habileté fut, du reste, mer- 
veilleusement servie par l'assassinat de Charles de Duras, sut pa- 
cifier le pays, et le 1" novembre 1389 ^ elle faisait couronner le 
jeune prince à Avignon ^. 

On le voit, les textes publiés ici peuvent surtout servir à l'étude 
de l'organisation administrative et financière de la communauté. 
Cependant, deux de ces pièces apportent quelque lumière sur 
deux institutions particulièrement intéressantes : une œuvre cha- 
ritable et une fondation scolaire. 

Le 22 avril 1401 \ les deux bayions, maître Crescas Salamias et 
Vital Calhi, se présentaient, accompagnés de trois autres notables, 
devant le juge d'Arles et lui exposaient leur intention de recons- 
tituer une confrérie charitable d'après les principes de Vholim * 
qui avait existé autrefois : ils demandaient donc l'autorisation de 
se réunir pour établir un règlement et organiser le fonctionne- 
ment de cette œuvre. L'autorisation fut accordée le jour même 
pour une période de vingt ans. Cinq membres de la communauté 



* Cette partie de l'acte est intéressante en ce qu'elle nous renseigne sur une fa- 
mille connue de cette époque. L'un des créanciers semble avoir été le célèbre Ben- 
dig Aym qui fut médecin de la reine Jeanne [Blancard, Inventaire sommaire des ar- 
chives des Bouches-du-Rhône, série B, t. 1, p, 3. — Gross, Gallia judaica, p. 85% 
Marié à Estes, il avait eu quatre filles : 1° Creguda, mariée en Savoie à Léon Jacar ; 
2» Englesia, femme de maître Tauros Bondias et mère de Dulcieta et d'Astrugela; 
3° Reine, veuve d'Abraham Avigor, médecin comme son beau-père, que la pièce 
no V nomme plus complètement Abraham Bonet Avicdor et que par suite on pour- 
rait, malgré le scrupule de M. Gross {Gallia jndaica, p. 334\ identifier avec le méde- 
cin de Montpellier du môme nom ; d'autre part, il semble bien que c'est le fils de 
Reine et d'Abraham Bonet qui fut solennellement baptisé, à Arles le 5 mai 1-109, 
sous le nom de Louis Ramon et eut pour parrain le roi Louis (voir la Chronique de 
Bertrand Boysset, dans Archiv fiir Litteratur iind Kircheti(jes''hïchte des Mittel- 
aîlers, t. VU (ISQS"), p. 385); 4° Bonafilia, femme de Bonsenhor Bruuel, égalomenl 
médecin. 

' Lecoy de la Marche, Le Roi René, p. 23. 

' On a vu qu'en 1419, Arles faisait certainement partie de l'union des commu- 
nautés. Voir ci-dessus, p. 65, n.8. 

* N» n. 

^ Sans doute èihkcur holint « visite des malades », ou simplement leholim * pour 
les malades * . 



70 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

furent désignés par leurs coreligionnaires avec commission de 
préparer un règlement, et, dès le 2 mai, la confrérie soumettait 
ses statuts à l'homologation du juge, en même temps qu'elle lui 
demandait de l'autoriser à se défaire d'un certain matériel ayant 
appartenu à l'ancienne aumône et devenu inutile et encombrant. 

Cette confrérie était à la fois une association de secours mu- 
tuels et un groupement charitable étendant ses bienfaits en dehors 
même de ses membres. Elle avait pour but, disaient les organisa- 
teurs , l'aumône, la visite des malades, l'ensevelissement des 
morts. L'œuvre, qui au moment de sa constitution comprenait 
dix-huit adhérents, est dirigée par deux administrateurs nommés 
chaque année et rendant leurs comptes devant deux membres de 
la confrérie. Elle est entretenue par une cotisation annuelle de 
3 gros, payée par chaque sociétaire. Ces cotisations sont utilisées 
en secours : chaque pauvre doit recevoir, qu'il appartienne ou non 
à la confrérie, 2 gros d'argent par semaine ; à l'issue de Pâque, 
les administrateurs distribuent du pain à toutes les familles beso- 
gneuses. Les confrères s'engagent, en outre, à veiller tout membre 
de la communauté, faisant ou non partie de Vholim, qui tombe- 
rait gravement malade. Les administrateurs doivent désigner, sans 
doute à tour de rôle, ceux des membres chargés de ce soin pieux ; 
les membres désignés peuvent cependant se faire remplacer à 
leurs frais par un autre veilleur. Enfin, les confrères doivent 
accompagner jusqu'au cimetière tous les enterrements et entourer 
de leurs consolations les amis du défunt ^ 

D'autre part, un acte du 28 décembre 1407 - nous renseigne sur 
l'organisation ou plutôt la réorganisation d'une école publique. 
Vers la fin du xiv» siècle, deux maîtres étaient chargés d'instruire 
gratuitement les enfants pauvres de la communauté. Mais en 1407, 
cette école était fermée, sans doute faute d'argent. Un médecin, 
Arlésien d'origine, mais établi à Valence, maître Hélias, entreprit 
de donner à ses compatriotes les moyens de la rouvrir. Le 23 dé- 
cembre, Abraham de Villeneuve et Vital Calhi convoquent la com- 
munauté à la synagogue, où deux représentants de maître Hélias, 
Grescas Salamias et Durand Avicdor, présentent, rédigées en un 
double texte hébreu et provençal, les règles et conditions suivant 

* D'après la première requête adressée au juge par les organisateurs, il sem- 
blerait que la confrérie annonce l'inlenlion de veiller, en outre, à la sépulture des 
morts, mais cette indicaliou ne se retrouve pas dans les statuts et rien ne dit que 
les conirères soient ciiargés des soins qui reviennent ailleurs aux t neleiadors 
des mors » (cf. R. de Mauide, Les Juifs dans Us États français du Saint-Sièçe 
au ntoi/e?i âge, p. 142; P. Vidal, Les Juifs de Rousiillon et de Cerdagne, Revue, 
XV, p. 41). 

> N* V. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 71 

lesquelles devra être organisée cette fondation. Le donateur s'en- 
gage à faire à la communauté une donation de 1,000 florins, dont 
le revenu sera employé à l'entretien de deux maîtres. Cet ensei- 
gnement est public, mais particulièrement réservé aux enfants 
pauvres. L'un des maîtres est chargé de l'étude du Pentateuque 
et des livres des Prophètes, l'autre du Talmud. Il y a ainsi deux 
degrés d'enseignement et cette difTérence se manifeste par une 
différence de traitement : le professeur de Talmud est payé 30 flo- 
rins par an, le professeur de Pentateuque 20 florins seulement. 
Par exception, et pendant quatre ans à partir de 1407, la somme 
de 60 florins sera également partagée entre les deux maîtres. L'ad- 
ministration de l'école est confiée à des gouverneurs choisis par 
le fondateur dans sa famille et parmi ses amis, et dont les fonc- 
tions devront se transmettre de père en fils *. Le donateur indique 
quelques-unes de leurs obligations : ils devront maintenir cette 
fondation sans y rien changer, résider à moins de 50 lieues 
d'Arles, et, en revanche, ne pourront pas être dépossédés de leur 
charge par la communauté. — En reconnaissance de cette libé- 
ralité, maître Hélias demande qu'une prière soit dite à perpétuité 
pour lui et ses enfants, par l'ofi^ciant, le jour de Simhat Tora. 

Cette donation n'est cependant pas tout à fait irrévocable. Une 
clause réserve, pendant quatre ans, à maître Hélias la possibilité 
de demander la restitution de 500 florins, à raison de 125 florins 
par an, pour le cas où la nécessité l'obligerait à faire cette récla- 
mation. Dans ce cas, la « commune » pourrait diminuer le traite- 
ment des deux maîtres proportionnellement aux sommes restituées 
et même supprimer le cours de Talmud ; cependant si, après cette 
suppression, la somme disponible chaque année se trouvait supé- 
rieure au traitement du professeur de Pentateuque, on laisserait 
ces excédents s'accumuler jusqu'au moment où ils constitueraient 
un fonds suffisant à l'entretien du deuxième maître. Ces réserves 
assez compliquées devaient d'ailleurs tomber au bout de quatre ans. 
Remarquons, enfin, que la donation de maître Hélias consiste 
— comme beaucoup d'actes de libéralité au moyen âge — à la fois 
en un versement effectif et en une remise de dette. D'une part, il 
donne quittance à la communauté d'une somme de 850 florins, 
reste d'une obligation de 2,400 florins et, d'autre part, il s'engage 
à verser 150 florins dans un délai de deux mois. 

La communauté d'Arles, réunie le 23 décembre, accepta cette 
« aumône » ; cependant elle crut devoir compléter sur quelques 
points les règles posées par le fondateur. Ainsi, elle décida, par 

* Les premiers gouverneurs désignés sont, outre les petits-fils du donateur, maître 
BoQsenhor Asday, Crescas Salamias et Reine, veuve d'Abraham Bonet Avigdor. 



72 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

une mesure des plus curieuses, que, si pour une raison quelconque 
cet enseignement venait à être interrompu, les bayions de la com- 
munauté à'Avignon pourraient être désignés par les héritiers du 
donateur pour intervenir, obliger les Arlésiens à fournir l'argent 
nécessaire et rétablir l'école, sans pouvoir naturellement la trans- 
porter ailleurs qu'à Arles même '. D'autre part, en vertu de la do- 
nation, la nomination des deux maîtres appartenait exclusivement 
aux gouverneurs de l'école. Dès le 23 décembre, ceux-ci consen- 
tirent à partager cette prérogative avec la communauté, sous la 
double réserve que les maîtres choisis seraient Arlésiens et n'ap- 
partiendraient pas à la famille des gouverneurs *. 

Il est regrettable que nous ne puissions pas suivre l'histoire de 
cette fondation, qui a dû survivre. Le premier maître de Talmud, 
nommé par l'acte de fondation même, avait été Rabbi Joseph, fils 
de Rabbi Matassiès. On connaît, d'autre part ^, l'engagement de 
Tonian, fils de Durand Dieulosal, de Beaucaire, comme maître d'é- 
cole aux appointements de 20 florins pour dix mois (30 décembre 
1447), et le 10 novembre 1451 un certain Guillaume Pernelli, qui 
porte le titre de recteur des écoles juives, délivre quittance à la 
communauté d'Arles des 4 florins qu'elle donne chaque année les 
jours de sainte Catherine et saint Nicolas *. 

Il nous reste à dire quelques mots de la fin de cette communauté. 
On sait quels troubles en marquent l'histoire dans le dernier quart 
du xv° siècle. En droit, les Juifs étaient considérés comme ci- 
toyens'^. En fait, on ne leur ménageait pas les vexations. La pé- 
riode de Pâques ramenait fréquemment ces excès. En 1433^, le jour 
du mardi-gras, 1' « abbé de la jeunesse " » et ses compagnons con- 

* Registres de Me Antoine Olivari, notaire, extensum de 1 'i07, f» 54. 
» Ibid.^ fol. 55. 

' Musée, revue arlésienne, 1878-1879, p. 40. 

'*■ Nous trouvons dans le ms. de Bonemant copie de deux ventes de livresque nous 
pouvons noter ici : 1° 18 novembre 1420 : Vente par Salomou Bendich, de Tarascon, 
à Meyr Vital, d'Arles, d'une Bible en hébreu, au prix de 30 tlorins d'or ^ms. 225, 
p. 179). — 2° 13 mars 1430-31 : Vente par Samuelde Largentière, d'Arles, à son beau- 
père, isac Parât, au prix de 25 11., d'un livre ainsi décrit : « librum sive bibliam in 
pergameno, descriptam ebrayce, nominalain in ebrayco Magdcssia, et cum tribus 
columbellis m quolibet l'olio sive carta, quic incipit in secundo quaterno Et setno et 
finit in penultimo quaterno Ilanania, qure quidem biblia scripla est in liilera ebrayca 
quadrata » (ms. 225, p. 356). Cf. P. Vidal, Les Juifs de Roussillon et de Cer- 
dagne, Bévue, XVI, p. 178, le legs d'un livre appelé Macdassia « in quo est Iota 
Biblia >. 

» Deux conventions cjiirc Charles I et Lovys II et les citoyens d'Arles, f" 42 v» 
«... Cum Judaei habitantes in predicla urbe... et qui pro lempore habitabunl sint 
et esse intelligantur cives ipsius urbis. . . > 

* Voir pour celte date, pièce n» VII, noie 1. 

' Bibl. d'Arles, ms. 225, p. 08 : « Eodem anno Judei gajati fuerant per Petrum 
de Ponte, obbatem sociorum gajantium, nec non per nobiles Johannonum Porcelletli. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 73 

traignirent les Juifs à leur payer la « pelotte ' ». Déjà, l'année 
prf^cédente, les Juifs avaient dû donner des gages; celte fois en- 
core ils s'exécutèrent. Mais ils s'adressèrent aussitôt au gouver- 
neur de Provence et, trois jours a[)rès (28 février), son lieutenant, 
Bertrand de Beauvau, leur faisait faire restitution de ces gages et 
prescrivait au viguier d'Arles d'empêcher le renouvellement de ces 
griefs '. 

Mais ce n'était là qu'une mauvaise plaisanterie de jeunes gens. 
Les mouvements populaires qui éclataient contre les Juifs étaient 
autrement graves. En 1430^, en 1480*, on peut deviner des vio- 
lences contre eux. En 1484, le 8^ ou 10^ mai, une bande de mois- 
sonneurs étrangers, probablement sans travail, envahissent la jui- 
verie \ massacrent deux femmes, obligent les hommes à se con- 
vertir ** et mettent tout au pillage ^. La carrière était devenue 
inhabitable : il fallait aviser à en loger les habitants ; le 18 mai, le 
Conseil de ville nomme quatre commissaires pour étudier la ques- 
tion avec le sénéchal *°. Nous ne savons quelle solution fut adoptée. 
— Après l'attentat, les moissonneurs avaient pu se retirer et s'é- 

filium AIziasissii, Stephanum Romeum, ûlium Johannis, el Berlrandum de Montero- 
lundo. . . »j elc. 

* Ce sont en priiicipe des «élrennes» données aux « abbés de la jeunesse » ou 
« princes d'amour » par les jeunes mariés. Ce droit l'ut disputé en 1489 eutre les jeunes 
nobles et les bourj^eois. Cf. Musée, Revue historique et litte'raire, 1" année, n» 1 
(janvier 1868), p. 22. — Voir pour les rapports des Juifs d^Avignon, de Bédarrides, 
de Carpentras avec le « capitaine • ou 1' « abbé de la jeunesse », Achard et Duhamel, 
Inventaire -sommaire des archives départementales antérieures à il 90. Vaurluse. 
Archives civiles, série B, t. I, pp. 367-3G8, et P. Charpenne, Histoire des réunions 
temporaires d'Avignon et dît Comtat Venaissm à la France, t. il, 457. 

' Au xii-xiii« siècle, les Juifs du bourp^ d'Arles étaient soumis à une redevance 
vexatoire que font connaître deux actes de 1162 et 1234. Les pêcbeurs d'Arles étaient 
tenus de porter aux religieux de Montmajour le premier estui'geon œuvé pêciié 
chaque année. En échange les pêcheurs qui avaient apporté le poisson pouvaient 
exiger 20 (ou 2o) deniers du premier Juif qu'ils rencontraient en rentrant {Mu^é^, 
1874-1875, p. 65). 

' Gross, Monatsschrift, 1878, p. 96. 

'* De ^oh\e-L&\auz\hTe, Abrégé chronologique de l'histoire d'Arles, p. 301. 

' Steinschneider, Cat. mss. hébr. de Hambourg, dans I. Loeb, Les Juifs de Car- 
pentras, Revue, XII, p. 180. 

* Mémoires d'Honoré Valbelle, dans P. Louvet, Additions et illustrations sur 
les deux tomes de l'Histoire des troubles de Provence (Aix, I680j, t. I, p. 59. 

^ Voir sur l'emplacement de la juiverie, une requôle des Dominicains d'Arles au 
Saint-Siège (26 jui.i 1376'», publiée par le P. Deuille, Arnaud de Cervole, dans jUé- 
langes de littérature et d^histoire religieuse publiés à l'occasion du Jubilé épiscopal de 
Monseigneur de Cabrières, t. 1, p. 47G. 

« Gross, Monatsschrift, 1878, p. 200. 

' Il s'est gardé aux archives de la ville un fragment de Pentateuque, débris re- 
trouvé par un des consuls, Johan Bastou, après le sac de la carrière. 11 y a ajouté 
une note qui montre l'état de la juiverie à ce moment : « ... fuit destructa... » dit- 
il (l/wi^tf, 1868, p. 21). 

*" BB, 5. Livre des conseils, 29 septembre 1484. 



74 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

taient dirigés vers Tarascon ' ; mais il semble qu'un assez grand 
nombre d'Arlësiens avaient profité du sac de la juiverie pour faire 
main basse sur certains objets : ils furent arrêtés et punis. Il est 
vrai que quelques mois plus tard (29 septembre), le Conseil, crai- 
gnant que les condamnés ne quittassent la ville pour échapper à 
l'amende*, intervint auprès du sénéchal pour lui demander de 
réduire cette peine. Le sénéchal refusa sans doute, car, le 21 no- 
vembre, le conseil renouvela sa démarche en demandant une sus- 
pension de la peine 3. — La ville s'inquiétait moins, semble-t-il, 
de conserver ses Juifs. Quelques familles avaient quitté Arles pour 
se réfugier à Avignon^ ou à Tarascon^. Cependant le plus grand 
nombre avait dû rester. 

Au printemps, le conseil prit quelques précautions : deux loges 
furent élevées, à la carrière et près la porte de la Cavalerie, pour 
mettre les provisions à l'abri^. Ces mesures étaient justifiées : 
au mois de juin, les Juifs furent de nouveau attaqués et des vio- 
lences furent même dirigées contre la police municipale qui, sans 
doute, voulait intervenir'; quelques Chrétiens furent peut-être 
tués dans la bagarre^. Les malfaiteurs purent encore s'échapper 
et se réfugièrent dans la direction de Montmajour : le 12 juin, le 
Conseil envoyait six hommes à leur poursuite». L'année suivante, 
l'approche de la moisson fut marquée par les mêmes précautions : 
le 4 juin, les Juifs sont autorisés à s'entendre avec le capitaine 
pour se faire garder à leurs frais *^; ils font renouveler ** la sauve- 
garde qui leur avait été donnée à la fin de 1487 •-, et il semble 
que cette fois les mesures furent suffisantes. 

Mais à Arles on commençait à trouver gênants ces « citoyens » 
dont la présence entraînait chaque année des désordres dans la 
ville ; les émeutiers lancés contre les Juifs pouvaient se tourner 
vers les maisons chrétiennes. Aux mouvements populaires suc- 
cèdent des prohibitions légales. En 1488, reprenant les ordon- 

' S. Kahn, Les Juifs de Tarascon aie moyen ûf/e. Revue, XXXIX. p. 110. 

* BB, 5. Livre des conseils, 29 septembre 1484. Celte crainte même iadi(jue que 
les coupables devaient être assez nombreux. 

2 Ibid., 21 novembre 148i. 

* Bardinet, Les Juifs du Comtat Venaissin, dans Rev. historique, t. XIV, p. 2. 
5 S. Kabn, loc. cit.. Revue, XXXIX, p. 110. 

^ BB, 5. Livre des conseils, 19 avril 148o. 

' S. Kahn, loc. cit., Revue, XXXIX, p. 111. 

« N" IX, p. 97. 

' BB, 5. Livre des conseils, 12 juin 1485. 
»» Ibid., 4 juin 14S6. 

*^ Lettres royaux datées de Troyes, 7 mai 1486, citées dans la délibération du Con- 
seil du 11 juin 14SG (litrf., 11 juin). 
** Ibid.^ 16 décembre 1481. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 7o 

nances qui interdisaient certaines fonctions aux Juifs ', le Conseil 
décide qu'ils ne peuvent plus être courtiers, mesureurs, ni rem- 
plir aucun office public *. En 1493, ils sont entièrement expulsés 
de la ville. Déjà en 1484, suivant un mémoire rédigé à Marseille 
en 1682^, la Provence avait. envoyé des députés demander à 
Charles VIII l'expulsion des Juifs. En 1493, le Conseil d'Arles 
chargea Gaucher de Quiqueran, baron de Beaujeu, de négocier 
cette affaire auprès de la Cour. Il serait intéressant de savoir 
comment les conseillers de Charles VIII admirent les griefs des 
Arlésiens*. Toujours est-il que Gaucher de Quiqueran obtenait 
en juillet des lettres d'expulsion \ L'annaliste de Noble-Lalau- 
zière se contente de raconter^, suivant une tradition générale, 
que farchevéque Nicolas Cibo fit chasser les Juifs, sur l'ordre 
du roi, pour raison d'usure \ Les lettres de Charles VIII jus- 
tifient cette mesure par des raisons d'ordre : le roi veut rétablir 
l'ordre, que trouble la population juive, et par les émeutes — 
dont elle est victime, et par les multiples tentatives de conversion 
qu'elle essaie auprès de la population chrétienne (au xv^ siècle), 
et par le spectacle affligeant des erreurs qu'elle entretient. Le 
roi laisse trois mois aux Juifs pour quitter la ville ou recevoir 
le baptême; mais l'ordonnance ne fut pas appliquée avec toute 
cette rigueur. La synagogue, déjà atteinte sans doute en 1484, 

* Par exemple l'ordonnance de Charles II en 1308 : cette ordonnance a dû s'appli- 
quer à tout !e comté. M. Kahn en publie une expédition {Bévue, XXXIX, p. 274). 
Il s'en trouve une autre aux archives d'Arles, registre de police, t. I, n" 6, da.ée 
du 8 mars 1308-1309. 

* De Noble-Lalauzière, Abrogé chronologique de l'histoire d'Arles^ p. 309 (11 mai 
1488). 

' Publié par J. Weyl, lievue, XVII, 102. 

*• Cf. les lettres d'expulsion des Juifs de Tarascon (1496) : «... en toutes les 
villes... de nostre Royaume... fors oudit conté de Provence, n y a aucuns intideles 
ne mescreans... » [Revue, XXXIX, p. 294). 

î N» IX. 

« Loc. cit., p. 312. 

^ Voir P. Ehrle, Die Chronik des Gnro<cus de Ulmoisca vcteri und Bertrand Boys- 
set, ànns Archiv fur Litteratur und Kirchençesckichte des Mittelalters, t. VU (1893), 
p. 416, n. 8: Laurent André menace Boysset de le réduire à la misère et de lobliger 
à avoir affaire à Gardet, usurier juif. — Il est intéressant de noter en face de celte 
assertion cette opinion de Bouemant sur les Juifs. « En horreur au peuple, exposé 
sans cesse à des avanies, jouet de lavarice des comtes de Provence, qui ne les lolé- 
roient que moïennant de grosses sommes, accablé d'impôts à Arles lorsque les arche- 
vêques y avoient la principale autorité, tel a été le sort de ce peuple infortuné en 
Provence jusqu'en ce qu'ils en furent absolument et entièrement bannis » (ms. 225, 
p. 97). — D'ailleurs, remarquez qu'en 1456-1457 le Conseil de ville intervient auprès 
de la reine atin d'obtenir — vu la pauvreté des Juifs — un délai pour le paiement 
de leurs deUes (Arch. d'Arles, BB, 4. Livre des conseils, 12 janvier 14Ô6, v. st.) — 
et qu'en 1461 les dettes de la communauté s'élevaient à 24472 llorins ^Blancard, 
Inventaire -sommaire des archives des Bouches-du-Rhône, série B, t. I, p. 439). — Voir 
la thèse d'I. Loeb, sur la fortune des Juifs au moyen âge. Revue, XIV. p. 6o. 



76 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

fut, suivant les chroniqueurs locaux', démolie dès 1493. Ce- 
pendant, au commencement de 1494 il y avait encore des Juifs 
à Arles. Ils s'étaient même adressés au sénéclial de Provence et 
celui-ci était intervenu par deux fois * auprès du Conseil pour faire 
suspendre l'exécution. Ce n'est qu en septembre 1494 que le vi- 
guier de Stainville, à la tête de quelques soldats, « mit hors » les 
derniers membres de la communauté ^ Les comptes du clavaire 
constatent qu'il n'y avait plus de Juifs à l'intérieur d'Arles en 
1495*, et en mars 1496, quelques-uns des exilés ayant essayé de 
rentrer dans la ville, pour régler quelques dernières affaires, 
furent aussitôt expulsés ^. 

Quelques-uns avaient préféré la conversion à l'exil. Déjà au 
cours du xv'^ siècle, sous l'appât de certains avantages, des défec- 
tions s'étaient produites ^ Cette persécution en augmenta le 
nombre, et l'état dressé en 1512 pour la répartition de l'impôt levé 
par Louis XII sur les néophytes, comprend 17 Arlésiens', qui 
avaient ainsi suivi — sans le savoir — les conseils qu'auraient pu 
leur donner les Juifs de Constantinople ^ 

Mais le plus grand nombre refusèrent le baptême, fuyant à 
Tarascon ", à Avignon, en Italie, dans un exil où M. Gross a su 

* Cf. Schwab. Revue, XL, p. 76. — De Noble-Lalauzière, lûc. cit., p. 312. 

* BB. 6. Livre des conseils, o janvier 1493-1494 el 18 lévrier 14U3-14S4 : • ... lo 
présent conseil a entendut cornent les Jusious que liabitavon en la présent cieul&l 
ont oblengut alcunas leltras de Mon?enhor lo grani seneschal conlenansque sien réin- 
tégras... en la présent cieulat contra la ténor del privilège a la dicha cieulat consentit 
pcr lo Rey, nostre soveran senhor... » 

' De Noble-Lalauzière, l. c, p. 314. 

* L. Blancard, Inventaire-sommaire des archives des Bouches-du-Ehone, série B, 
t. II, p. 146. 

' De Noble-Lalauzière, l. c, p. 314. 

« N" VIII : Jacques Melhellin, Juif converti, qui avait déjà demandé celle exemption 
en 1463 (BB, 4. Livre des conseils, 4 mai 1463) est dispensé, ainsi que son frère, de 
contribuer aux tailles des Juifs. —Cf. le baptême de Louis Ramon, voir ci-des- 
sus, p. G9, n. 1. 

■^ Il est vrai que, parmi ces nouveaux Chrétiens, quelques-uns avaient pu venir 
s'établir à Arles après 1493. 

** Aux éditions connues de cette lettre fameuse [Revue, I, p. 119 et 301; XV, 
p. 263) ou peut joindre celle de Barcilon de Mauvans, daus sa (Jriti'jue du nobilaire 
de Provence (extrait publié dans Annales des Alpes^ ann. 1897-98. p. 223). — Voir 
aussi II. Graelz, But r(^el de la correspondance échangée vers la fin du XF*' siècle entre 
les Juifs espagnols et provençaux et les Juifs de Constantinople, dans Revue, XIX, 
106-114. A la rectification faite par M. Schwab {Revue, XX, 1()0) on peut ajouter que 
Bouis ne s'est pas trompé en datant de 1493 ^expul^iou des Juifs d'Arles; lallé- 
gation que les Chrétiens de la ville menacèrent de jeter les Juifs dans le Rlxine con- 
corderait avec le récit de V^éran (d'après quelle source?) où il s'agil de Juifs déjà 
expulsés et qui tentent de rentrer en ville. Ainsi 1' «adaptation » faite par Bouis çsl 
peut-Plre moins maladroite que ne semble le dire M. G. et concorderait mieux avec 
les événements qu'il ne l'indique. 

9 S. Kahn, dans Revue, XXXIX, p. 294. 



DOCUMENTS UKLATIFS AUX JUIFS D'ARLES 77 

en suivre et en retrouver quelques-uns *. Ils devaient d'ailleurs 
quitter Tarascon en 1496 et, le 31 juillet 1501 ^ Louis XII les 
proscrivait de toute la Provence -^ Cette expulsion générale fut 
renouvelée en 1660'*, elle 11 septembre 1775^ un arrêt du Parle- 
ment de Provence enjoignit aux Juifs qui s'étaient rétablis à Arles, 
Tarascon, Saint-Rémy, d'en sortir dans un délai de huit jours. 

P. HiLDENFINGER. 



PIÈCES 



I. 

Arles, 23 décembre 1355. — Venue par Gardeta, Abramet et Bonnizas 
de Marseille, veuve, fils et geidre de nviitre Vital de Bourrian, à 
Cresse Ferrier de Zu)iel, Juif de Saint-R^ni/, habitant d^ Arles, de 
deux places sises à la synagogue, l'une à VEst, près de /'Aron et Vautre 
près du mur Nord, 

(Bibl. nationale, Nouv. acquisit. lalin. 1368, p. 221,] 

Anne Domini MGGGLV et die xxiij decembris, Gardeta, uxor 
magistri Vitalis [de] Borriano ", quoadam Judei, et Abrametus filius 
dictl quondara magistri Vitalis, et Bounizas de Massilia, gêner dicli 
quondam magistri Vitalis, omnes très sinml vendideruut Cresse Fer- 
rarii de Luiiello, Judeo, de Sancto Remigio, civi et habitatori arela- 
tensi, presenti et recipienti, duas sedes scitas in scola seu synagoga 
Judeorum Arelatis, francas,, quarum una confrontatur cum sede 
Cresce de lufantibus et cum sede Taurossii de Borriano, Judei, et 
cum pariete in quo slant rotuli, qui locus dicti parietis vocatur 
laron^ et dictus paries vocatur miczeral^'^ item quamdam aliam 

» Monatsschrift, 1880, p. 525. 

' H. Bouche, Histoire ehronologigite de Provence, t. I (Aix, 1654, f»), p. 508. 

' Voir cependant les lettres adressées par Josepli Haccoben et les Juifs de Salo- 
nique, en 1546 et 1550, aux communautés provençales J. Loeb, La correspondance des 
Juifs d'Espagne avec ceux de Constantinople, p. 17). 

* Véran, Annales, dans Musée, 1876-1877, p. 40. 

^ Reboul, La Provence historique, dans Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, 
1890, p. 505. 

* Ces noms répondant pour la plupart à des formes connues, nous renvoyons d'une 
façon générale aux listes pub iées par 1. Loeb [Revue^ XII, 190 ; XIV, 66 ; XVI, 74), 
S. Kalin [ibid., XXXIX, 265), A. Blanc [Le livre de comptes de Jacme Olivier, t. II, 
!'• partie, p. 545) et lexcellenle table de G. Saige [Les Juifs de Lang uedoc] , sans 
oublier la Gallia de Gross. 

"' Aron, ITIN. 

* Mizerah, Est. 



78 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sedem, que est medietas unius calhedre, scitam ibidem,, illam vide- 
liceL que est in capile et versus parietem dicium de sa/fon ' et con- 
frontatur ab alla parte cum sede Salomonis Nasti et cum alia medie- 
tate dicte calhedre que est Gresse Orgerii a parte inferiori, pretio et 
Domine pretii vigiûti florenorurn auri de Florentia, quos confitentur 
habuisse, etc. Actum in hoperatorio mei notarii, testibus preseu- 
tibus, etc. 



II. 

Arles, 22 avril-2 mai 1401 . — Za Cour royale d' Arles autorise la réor- 
ganisation d'une confrérie charitable et ed ratifie les statuts. 

(Bibl. d'Arles, ms. 225, pp. 335-336 et 337-338.) 

In nomine Domiul amen. Anno incarnationis ejusdem millesimo 
cccc*' primo, die xxij mensis aprilis, domino noslro domino Ludovico, 
Dei gratia etc. Noverint univers! quod, existentes et personnaliter 
constituti in regia curia arelatensi et coram viro nobili domino Ray- 
mondo Garnerii, jurisperito, judice ipsius curie, majorum more 
ibidem in eadem curia pro tribunali suo sedente, magister Grescas 
Salamias et Vitalis Calhi, Judei, bayloni universitalis judaice arela- 
tensis, nec non Greyssenlus Garacause, Vitalis Habram de Borriano, 
et Salomonelus Roberii (?), Judei de Arelate, verbo exposuerunt ei- 
dem domino judici quod ipsi et diversi alii Judei, moti devolionne, 
conceperunt in se, ex caritate sincera et pro operibus pieiatis adim- 
piendis, quamdam e'.emosinam sive confratriam, ebrayce diclam 
holim, ad saturancium egenos, sanos et infirmos, induendum nudos 
et sepeliendum defunctos pauperes Judeos, amore Dei altissimi, ad 
salutem suarum auimarum ; que alias ad certum tempus et diu est 
finitum ordinata iuerat, et vaccavil, sicuti vaccat de presenti; sed 
non potestipse conceptus tractatus effectum sortiri,nisi dicti domini 
judicis obtinealur licentia quod impune omnes Judei, qui in ipsa 
eiemosina intéresse voluerint et mauus suas porrigere adjutrices, 
possint alterutrum monere et sese precari et requirere, ac tractare 
etiam, et se congregare et conveoire in unum, eamdemque elemo- 
sinam ordinare et (irmare ad tempus et pro tempore duntaxat viginti 
aunorum continuorum et completorum, quoties boc facere voluerint 
confratres; ac priores seu redore eligere et creare annuatim duos 
vel plures elemosine prefate, sicut conl'ratribus Judeis videbitur ex- 
pcdire ; et, ut manu teneant ipsam elemosinam premisso tempore et 
servelur, ordinaiioues quaslibet, licilas tamen, facere, staluere et 
redigere ad memoriam in scriptis; ac indicere lalliam vel questam 
inler eosdem confratres, non alios, et inde exigere et levare, ac lar- 
giri egeuis et nudis verecundisque et infinr.is, ac converlcre in se- 

* Nord. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 79 

pulturam defunctorum ; et a prioribus computum reddi facere, ûaito 
tempore eorum regimiais, et audire, ac compalorarn audiiores eli- 
gere pariter et creare cum poteslaiis pleniludme uudieadi computa 
singulorum priorum, recipiendi arreyragia quomodolibet speciaQtia 
dicte elemosine, et quitandi in forma, et alia demum facere, dicere, 
gerere, traclare et ordinare que circa manuteûtionem dicte elerno- 
siae et observantiam Degociorumejus et bonorum ordinalionem fiea- 
dam, adeo quod ipsa elemosiua firraa sit ac teaeat dictorum viginti 
annorum tempore, necessaria faerint et pariter oportuna. 

Et dictus dominus judex sedens, ut supra, more majorum, pro 
tribunali suo in eadem curia. auditis expositioae et requisitione 
verbalibus supra factis, ipsam requisitionem admittens, raiione sui 
processus et devotionis coucepte, atleudens quod opus pium et salu- 

tiferum continet ad o!nnia,coucessit * liceutiam postulatam 

ad spatium vigioti annorum continuorum et compietorum, initia- 
torum hoc die presenli, sicut et prout fuerint per antedictos bay- 

lonos et Judeos requisita De quibus omnibus supra dictis 

predicti bayloni et Judei, nominibus eorum et aliorum quorum in- 
teresse poterit, sibi petierunt, et concessit dictus dominus judex 
fieri et plura publica instrumenta per me notarium infra seriptuin. 
Actum fuit hoc Arelate, in dicta regia curia, testibus presentibus 
circumspecto viro domino Bernardo Teysserii, jurisperito, magistris 
Ilugone de Auxonis, Trophimo Grasseti, notariis, et pluribus aliis 
de Arelate vocatis ad premissa, et me Anthonio Olivarii publico et 
dicte curie notario Infra scripto, etc. 

Postque anno quo supra et die secundo mensis maii, noverint uni- 
versi quod, existentes et personaliter constituti in regia curia supra 
dicta et coram domino judice predicto, more majorum, in eadem 
curia, pro tribunali suo sedente, Benediohetus de Caneto ', syrur- 
gicus, et Salomonetus de Mayranieis *, Judei de Arelate, electi seu 
ordinati priores sive rectores elemosine nove ordinale predicte et con- 
cesse, ebraice dicte holim, ut cavelur superius, exposuerunt eidem 
domino judici quod, virtute concesse dicte licentie, bayloni et certi 
alii Judei ab eis deputati se coogregarunt et diversas ordinatiounes 
fecerunt ut incipiatur dicta elemosina et incepta teueatur, guber- 
netur et servetur pro tempore superius ordinato ; quas et nomina 
confratrum ac priorum et auditorun computorum primorum des- 
cripserunt :u quadam cedula, quam dicto domino judici realiter exi- 
buerunt, obedientes ordinationi supra facte per dominum judicem 
predictum ; ulterius, quia, ut superius expositum fuit prefato do- 
mino judici, dudum ordinata et incepta dicta elemosina per alios 
Judeos fuerat ordinata, quamvis vaccasset per maximum tempus, et, 
eo tempore quo fruebatur et fiebat ipsa elemosina, confralres et 

* Ainsi dans le ms. de Bonemant. Voir le dernier aliéna de cette pièce. 
' Plusieurs localités portent ce nom dans ia réf^ion, dont deux dans le déparlemcut 
des Bouches-du-Rhône. 

^ Meyrargues, Bouches-du-Rhône, cant. de Peyrolles, arr, d'Aix. 



80 REVUE DES ÉTUDES JUlVliS 

priores qui tune erant ejusdem elemosine certas res acquisiverunt, 
tune necessarias dicte elemosine, nunc vero inutiles et sine fructu, 
requisiverunt igitur dicti novi priores seu rectores ejusdem elemo- 
sine prenominatum dominum judicem eum omni reverentia et 
honore quatinus dignetur, pro evidenti comodo ipsius elemosine, eis 
concedere et licenliam dare vendeudi omnes et singulas res dicte 
veteris elemosine minime necessarias nove elemosine predicte, et 
earum pretium habendi et recipiendi ac expendendi et convertendi 
exinde in utilitatem et comodum elemosine nove predicte, et, in hoc 
quod expedieril, erogandi pauperibus et egenis personis judaicis 
verecundis, sanis et infirmis, ac nudis cooperiendis et in aliis piis 
causis, ad quas ordinata est, ut premititur, elemosina prelibata. 

Et dictus domiaus judex, sedens, ut supra, pro tribunali suo, re- 
ceptaetvisa dicta exhibita cedula ac perlecta, admissis omnibus et 
singulis ordinationibus descriptis in eadem, lanquam procedentibus 
ex ratione, pro futura memoria ordinavit et voluit eamdem cedulam 
de verbo ad verbum inseri, regestrari et describi per me supra et 
infra scriptum notarium in hoc présent! et publico instrumento ; 
nichilominus voluit et licenliam tribuit dictis novis prioribus seu 
rectoribus, pariler et concessit vendendi omnes et singulas res dicte 
veteris elemosine, nunc inutiles et sine fructu nove elemosine pre- 
fate, ad in quantum vel sive in quanta, prout melius fieri poterit, ad 
utilitatem elemosine prémisse, ordinans illarum pretium dicti prio- 
res habeant et recipiaut, ac convertant et expendant in piis causis 
et aliis beneficiis tangentibus elemosinam predictam. Ténor dicte 
exhibite cedule sequitur in baec verba^ : 

« Isti sunt electi pro universitate Judeorum arelatensium et 
maxime per confratres helemosine nominate holi77i ad eligendum et 
ordinandum quid agendum fuerit super facto dicte helemosine : 

> Et primo Creycheat Garacausa, Gardonet de Gavalbon', Maistre 
Bendich Bon Senhor, Samuel del Barri, Salamonet de Mayrarguas. 

» Et isti ordinaverunt quod anno quolibet eligantur duo homines 
Judei rectores et duo alii ad audiendum computum. 

» Et primo fuerunt electi rectores presentis anni : Magister Ben- 
dich Bon Senhor et Salomonetus de Mayranieis. Item et auditores 
compoiorum Garson de la Voula ' et Isac Josse Ravan (?). 

» Item ordiuaverunt supradicti quiuque Judei prius electi quod 
quisque Judeus de dicta confratria solvat anno quolibet très grosses, 
lempore ordinato per dictos redores. 

» Item ordinaverunt quod, si quisque Judeus pauper, qui non sit 

* Nous publions ces statuts d'après un exemplaire orif^iual heureusement conservé 
par les soins de 13oueraaut. Il semble mtMne que cet exemplaire soit celui qui a servi 
à la rédaction primitive : il comporte du moins une série de renvois et ratures inté- 
ressantes. Ainsi il avait été un moment queslion de fjirc veiller les malades par les 
conlVères le jour comme la nuit ; puis on avait supprimé : dieipie. 

* Cavaillon, Vaucluse, arr. d'Avignon. 

* La Voulte, Ardèche, arr. de Privas. 



DOCUMENTS IIELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 81 

de confratria, aut quicumque de dicla confralria iafirmetur, incoD- 
tinenti, transhactis tribus diebus, dicli redores leneantur eligere 
duos homines de confratria ad visitandum Jadeos predictos, qui 
teneanlur visitare dictum infirmum seu dictos infirmos de nocte 
lantum ; et, si dicti duo elecii per dictos rectores se excusare vellent 
et nollent ire ad visitandum et vigilandum prediclum infirmum, 
quod dicti duo rectores possiut et debeant habere alios duo Judeos 
qui vigilent dictum infirmum sumptibus diclorum electorum per 
predictos rectores. 

» Item ordinaverunt dicti primo electi quod dicti duo rectores te- 
neantur et debeant dare cuilibet Judeo infirmo indigenti, an sit de 
confratria predicta an ne, de pecuniis pênes eos de dicta confratria 
existentibus qualibet septimana duos grossos argenti. 

» Item ordinaverunt quod dicti duo rectores teneantur anno quo- 
libet et in exitu festi Pasce Judeorum dare, tradere et deliberare 
cuilibet Judeo indigenti, an sit de dicla confralria an ne, et cuilibet 
de domo sua duos panes precio cujuslibet panis duorum denariorum 
monele arelatensis de emolumentis dicte confratrie. 

» Item ordinaverunt quod, si quis de dicta confratria, cujus- 
cumque conditionis sive status sit, decedat, quisque de dicta con- 
fratria teneatur funus illius deffuncti associare usque ad sepulturam 
et de sepultura amicos dicti deffuncti associare usque ad domum. 

» Sequuntur nomina confratrum predictorum de dicta helemo- 
sina sive confratria : Et primo Creychent Caracausa, maistre Ben- 
dich Bon Senhor, Baron Crescas, Gart de Gavalhon, Fosseri de la 
Voula, Salomon Boniat, Guerson Bonafos de la Voûta, Samuel del 
Barri, Vidal Habram de Borriano, Salamon de Mayrarguas, Ysac 
Salvat, Astruc de Clarmont, Astruc Porfatb, Ysac Jossef, Massip 
Crescas, Habram Bonafos, Bon Juas Galli, Crescas Avicdor. » 

De quibus omnibus supra dictis, predicli priores sive rectores pe- 
lierunt, et dictus dominus judex concessit sibi fîeri unum et plura 
publica instrumenta per me notarium infra scriptum. Actum fuit 
hoc Arelate, in dicta regia curia, ad tribunale ipsius domini judicis, 
testibus presentibus circunspecto domino Bernardo Teisserii, juris- 
perito, nobili Alsiacio de Monleolivo, magistro Johanne de Lericio, 
notario de Arelate, et pluribus aliis ad premissa vocalis, et me supra 
dicto Anthonio Olivario, publico et dicte curie noiario. 

Coppié liront jacet^ mais en quelques endroits ici marqués par 
des points, en abrégé sur l'original et l'étendu dud. notaire de lad. 
année 1401, fol. 2 v». 



T. XLI, N» 81. 



82 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



III. 

• 

Arles, 12 avril 1402. — Quittance de U2 florins d'or^ 6 s. o d. donnée 
aux bayions d'Arles : i** 'par les héritiers de maître Bendig Aym, mé- 
decin d'Arles^ et d' Estes Dulcina d'Aix^ créanciers de la communauté 
générait des Juifs de Provence ; 2^ yar Boniac Vitale receveur de la 
communauté générale. 

(Bibl. d'Arles, ms. 225, p. 140.) 

Auno ab incarnatione Domini millesimo quadringentesimo secundo, 
die xij aprilis. Gum dudum, et scilicet antequam esset divisio in 
patria Provincie super domino ligio eligendo, post mortem scilicet 
felicis recordationis illustrissime domine noslre domine Johanne S 
regine Jherusalem et Sicilie, [Provincie et Forchalqulerii comitisse, 
communitates Judeorum] comitatuum predictorum Provincie et For- 
chalqulerii essent unité, ut dicilur, et simul onera pro taliis ac aliis 
pentionibus exsolvendis subirent, in quarum numéro erat univer- 
sitas judayca arelalensis, et propter dictas res, sive occasione divi- 
sionis et guerre subsequte et assumptionis domini ligii, scilicet 
illustrissimi domini nostri Ludovici', régis et comitis dictorum re- 
gnorum et comitatuum, jam dicta universitas judayca arelalensis 
desierit nec ultra fuerit in unione predicta, quia imo manente 
eademunione starent aliqua crédita coram omnibus universitalibus 
judaycis predictis, de quibus apparebat unum pendent judaycum, ut 
dicitur, scriptum litteris bebraycis per manus Leonis Gresque, Pas- 
saqui Aym et Gresque Bondie Cohen de Lunello, Judeorum, sub 
millesimo judayco currenle tune, ut dicitur, quinque milia centum 
quadraginta uno a creatione mundi compulato, et die quarta décima 
mensis tamuts, que quidem crédita in universo assendebant circa 
octingenlos florenos auri, inclusis omnibus interesse et expensis 
usque diclam diem, de quibus seu solutione eorumdem certa pars 
sive râla tangebat universitas judayca arelalensis supra dicta (sic), et 
cum manente dicta unione, syndici sive bayloni générales fuerint 
omnium universitutum judaycarum diclorum comitatuum, ut dici- 
tur, Grescas Bondias, Gohen de Urgoue, magister Salves de Borriano 
de Arelate', magister Salomon Gohen de Regio * et Boniacus Vitalis 
de Aquis", quique, ut asseritur, tempore ol'ficii syndicatus, hujus- 
modi diversas pecuniarum summas a nonuuUis persouis, pro sup- 
porlandis et solvendis necessilalibus et oneribus incumbentibus in 
communi universitalibus supra dictorum comitatuum pro taliis 

» Jeanne P. (13i>7-1382). 
^ Louis 1 (1382-1 38/|). 

* iVul-êlrc le médecin cilû par Gross, Q allia judaica^-^.^l, 

* Hiez, Basses-Alpes, arr. de Digne. 
' Aix, Bouches-du-Uhône. 



DOCUiMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 83 

regiis et aliis de causis, mulua habuerint et receperint, pro quibus 
pênes creditores tam nomine syndicario quam propriis nomiuibus 
se obligaverunt, ul extare dicuntur instrumenta publica lalina, et 
aliis scriptis hebraycis; 

Ciimque , ut asseritur, nuper ad levandum dictas pecunias, et 
contentos faciendos creditores, dictus Boniacus Vitalis, et Ferrus- 
solus Jacob de Narbona, Judei, depulati fuerint et super hoc obtente 
fuerint littere a magniffico bone memorie domino Georgio de Marlio, 
senescallo Provincie, tune in humanis agente, quod deputarentur 
quidam Judei ad dividendum et taxandum omnes universilates ju- 
daycas pro dictis creditis exsolvendis, et hujus rei taxatores, in exe- 
cutionem dictarum litterarum, extiterint constiiuti per eundem 
dominum senescallum magistri Salomon OrgierS Salomon Cohen, 
Boniacus Vitalis, Crescas Nathan et Astrugus Rosselli, Judei, habi- 
tatores comitatuum predictorum; et prosequente diclum negocium 
prefato Boniaco Vitalis, scilicet cum dicto Ferrussolo Jacob deputato 
ab uuiversitate judayca aquensi, coram prenominatis magistris Sala- 
mone Orgerii,habitatore Massilie, et Salamone Cohen de Regio, taxa- 
toribus deputatis, ut premittitur, in civitate Massilie tune existen- 
tibus, ipsi taxatores diviserunt dicta crédita ad octingentos florenos 
vel circa assendentia, et de illis pro rata tangente universitatem 
judaicam arelatensem staluerint et ordinaverint ipsam universi- 
tatem solvere debere centum quadraginta duos tlorenos auri, sex 
solidos et très denarios, et concesserint illas expediri, tradi et delli- 
berari dictis olim syndicis generalibus universitatum judaycarum 
dictorum comitatuum Provincie et Forcalqueri, qui, nomine syndi- 
cario et etiam propriis nominibus, erant pro dictis creditis obligati, 
aut alias creditoribus, prout magis sibi videretur expedire, prout 
premissa habentur laciùs et dicuntur esse expressa in quodam ins- 
trumento publico scripto in notam per magistrum Franciscum Bor- 
rilhi, publicum notarium, sub anno domini M» ccc lxxxx octavo, die 
xxj mensis augusti ; 

Et quia, ut exprimitur in eodem instrumento, debiti erant de 
dictis creditis centum floreni auri magistro Bendig Aym, phisicOj 
Judeo quondam de Arelate, et certa alia summa pecunie declarata 
in predicto instrumento débita esset Estes Dulcine, quondam Judée 
de Aquis, elegerintque, de consensu dicti Boniaci Vitalis, Judei, 
ibidem presentis, deputati collectons dictorum creditorum, ut asse- 
rint constare litteris dicti quondam domini senescalli, Samuel Calhi, 
magister Crescas Salamias, phisicus, Bendig de Boriano et Vitalis 
Calhi, Judei, bayloni universitatis judayce arelatensis exsolvere 
ratam eis statutam et ordinatam, ut premittitur, assendentem ad 
cxlij florenos, vj solidos et iij denarios, per hune modum, scilicet 
heredibus dicti quondam magistri Bendig, concreditoris, centum 
tlorenos in solutumetsatisfactiouem sui crediti antedicti, etMossone 

* Sans doute le médecin de Marseille cité par Gross, Gallia fudaica, p. 29. 



84 REVUE DES ETUDES JUIVES 

alias Rosse de Aquis, ïieredi universali, ut asseritur, dicte quondam 
Estes Dulcine, seu magistro Mardokais Salomonis, Judeo,ejus filio et 
nomine ipsius, in diminutionem creditorum debitorum dicte quon- 
dam Estes, videlicet restantes de dicta rata quadraginta duos ilore- 
Dos, sex solidos et iij denarios; 

Ilinc igitur fuit et est quod, in presentia et de concensu dicii 
Boniaci, collecloris, présentis, ac mei notarii, et testium subscripto- 
rum, Estes, relicta dicli magistri Bendig, procuralrix et procura- 
torio nomine Cregude, uxoris Leonis Jacar, Judei, in Sabaudia habi- 
tantis, filie sibi et dicto quondam magistro Bendig communis, et 
heredis pro quarta parte ejusdem magistri Bendig patris sui, habens 
potestatem subscripta faciendi, ut dixit constare instrumento pu- 
blico in notam sumpto per magistrum Guillelmum Agrene notarium, 
pro una quarta parte; nec non ipsa Estes, avia et tutrix Dulciete, 
filie Estes, alias Englesie, quondam uxoris magistri Taurossii Bondie 
quondam, Judei, filie et heredis pro alia quarta parle dicti quondam 
magistri Bendig, et nomine Astrugete etiam filie dicte quondam 
Estes, alias Englesie, heredum universalium ejusdem quondam 
Estes, alias Englesie, per quam Astruguetam promisit infra scripta 
rattificari facere, pro alia quarla parte; etiam Regiua, filia et hères 
pro alia quarta parte dicti quondam magistri Bendig, relicta magistri 
Abrae Avigor*, phisici, Judei quondam de Arelate, nomine proprio 
pro alia quarta parte; et Bonafilia,uxor magistri Bonsenhor Brunelli, 
phisici, Judei, habitatoris Arelatis, filia et hères pro alia quarta 
parte dicti quondam magistri Bendig, cum auctoritate tamen dicti 
magistri Bonsenhor, ejusmarili, sibi prestita ad hec peragenda (ut 
ita asseruit esse verum) pro alia quarta parte, omnes simul, sponte 
et scienter, per se et suas etc., in presencia mei notarii et testium 
subscriptorum, confesse fuerunt dictis baylonis arelatensibus pre- 
sentibus se ab eis habuisse de bonis universilatis judaice arelatensis 
solventibus et récépissé in satisfactionem dicti crediti paterni, de- 
biti, ut prefertur, per generalem universitatem judaycam comita- 
tuum predictorum, videlicet dictos centum florenos auri. 

Item supra nominatus magister Mardokais, nomine et vice dicte 
Mossone alias Rosse, matris sue, heredis, ut asseruit, universalis 
dicte quondam Estes Dulcine, per quam infra scripta promisit facere 
raitificare, etc. sua bona fide, per se et suos coufessus fuit et reco- 
gnovit, in presencia et de consensu dicti Boniaci Vitalis receptoris, 
ut premiltitur, in diminutionem creditorum debitorum per dictam 
generalem universitatem communitatum predictarum jam dicte 
quondam Estes, habuisse et récépissé a dictis baylonis solventibus, 
de dicta rata slatula, videlicet residuos quadragiuta duo florenos, 
sex solidos, et très denarios. 

De quibus quidem centum florenis predicte Estes mal[er], Regina 
elBonafilia, filie, nominibus quibus supra, ac de xlii florenis, vi soli- 

* Voir ci-dessus, p. 69, n<» 1. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 85 

dis, m denariis supra nominatis mapjisler Mardokais, nomine pre- 
misso et ex causis premissis, a diclis baylouis arelatec-ibus se 
reputaverunt coiiteatos, etc. orani exceptioiii non habitorum reuua- 
ciando, elc. Quitaverunt dictis nominibus predictos bailonos et uui- 
versitatem etc., nec non dictos principales obligalos, générales sin- 
dicos omnium universitatum judaycarum comitatuum Provincie et 
Forcalqueri, et universilates easdem et ceteros quorum inlerest et 
tangere potest causa presens, cassantes instrumenta, si exlarent, et 
appodixas judaycas ac alias scriplas usque quantitalem, pro here- 
dibus magistri Bendig, centum florenorum, et pro herede Estes 
Dulcine xlii florenorum vi solidorum m denariorum, promiUenles 
illa et illas restituere, et conscesserunt illas scidi, quod firmitatem 
non obtineant de cetero pacla, etc., obliganles, dicta Estes procura- 
ratrix Gregiide, bona ejusdem Gregude, et tulrix Dulciete ac nomine 
dicte Astruguete, bona earumdem, et etiam sua propria ; et dicte 
Regina et Bouafilia bona sua propria pro earum partibus, et dictus 
Mardokais bona sua propria, etc. renuntiantes, etc. Et juraverunt 
omnes super legem Moysi, etc. 

Dictus vero Boniacus Vitalis, collector deputatus, ut asseruit et 
supramittitur, eliam habens dictas solutiones gratas et firmas, quit- 
tavit diclos baylonos présentes et per eos universitatem judaycam 
arelalensem depredictis cxlii florenis, vi solidis, m denariis statutis 
et taxatis, ut prefertur, pro rata diclorum creditorum spectante ad 
universitatem supra diclam, et de omni eo quod quavis de causa 
posset peli ab eadem universitate virlute generalis communilatis 
universitatum judaycarum comitatuum Provincie et Forcalquerii, de 
loto preterito tempore usque in diem declaratam in pendenti ju- 
dayco superius designato, per communilatem generalem predictam, 
pacla, etc. Sub obligatione bonorum suorum propriorum, etc. re- 
nuntiavit etc. et juravit super legem Moysi. De quibus etc. 

Actum Arelate, in bospitio dicti magistri Bonsenbor Bruuelli, tes- 
tibus presentibus Bermundo Boxi, Guillelmo Perachoni, serviente 
curie régie arelatensis, ad bec vocatis, et me Antbonio Olivarii, 
notario, etc 

(Suit la ratification de cette quittance par les intéressés.) 

Coppié prout jaceù sur l'original dans le protocole dud. notaire 
de lad. année 1402, fol. x v» et seqq. 



IV. 

Arles, 23 novembre 1405. — Le vicaire de Varchevêque d'Arles donne 
pour un an pouvoir aux bayions de la communauté juive de pronon- 
cer les excommunications. 

(Bibl. d'Arles, ms. 225, p. 97.) 
Raymundus de Ayraco, in decretis baccalarius, in spiritualibus et 



86 REVUE DES ETUDES JUIVES 

temporalibus vicarius generalis et oiïicialis arelatensis pro reveren- 
dissimo in Ghristo pâtre et domino Domino A., miseratione divina 
sancte arelatensis ecclesie archiepiscopo' et principe, universis et 
singulis présentes litteras inspecturis salutem in Domino sempiter- 
nam. Nuper pro parte magistrorum Bonsenhor Asday, phisici, Bel- 
lant Belianti syrurgici, Salamonis Avigdor, Bondia de Sancto Paulo, 
Judeorum et baylonorum universitatis Ebreorum civilatis arelaten- 
sis, nobis fuit humiliter supplicatum ut, universitate predicta semel 
vel pluries in solidum vel in parte congregata in scola Judeorum 
predictorum, excommunicationes quascumque semel vel pluries 
secundum ritum, morem et consuetudinem Ebreorum inter eos fieri 
solitas, super vera et légitima manifestatione per quemlibet Judeum 
et quamlibet Judeam dictis baylonis facienda de peeuniis et bonis 
suis quibuscumque que habent et de valoribus eorumdem, proferre 
et promulgare possent, licentiam bénigne concederedignaremur : Nos 
igitur, vicarius et ofiicialis prefatus, ipsorum baylonorum Judeorum 
supplicationibus inclinati, volumus et licentiam eis concedimus per 
présentes quatenus, in dicta scola dictorum Judeorum, universitate 
ipsorum in solidum vel in parte congregata, semel vel pluries ex- 
communicationes et maledictiones quascumque secundum ritum, 
stilum et consuetudinem Ebreorum dudum proferri et promulgari 
consuetas, super vera et légitima manifestatione per quemlibet Ju- 
deum et quamlibet Judeam de peccuniis et bonis suis mobilibus et 
immobilibus quibuscumque que habent et possident et de valoribus 
eorumdem fienda, dicti bayloni proferre et promulgare valeant ; 
plenam tenore presentium concedimus licentiam et liberam potes- 
tatem, concedentes nichilominus virtute potestatis nostre, de spe- 
ciali gracia, baylonis ipsis ut quemcumque Judeum vel Judeam 
dicte universitatis, qui vel que contra legem Moysi aut alias dicto- 
rum Judeorum ordinationes vel serimonias in eorum lege factas 
contravenerit, dicti bayloni aut eorum alter taies possint in dicta 
synagoga excommunicatos juxla ritum legis Moysi denuntiare, dicta 
excommunicatione prius nobis aut curie nostre intimata et denun- 
tiata, quorum absolutiones nobis aut per nos deputando tantum 
modo referramus, presenlibus post annum unum a die date presen- 
tium in anthea computandum nunc valituris. In quorum premis- 
sorum fidem et testimonium, présentes nostras litteras eisdem 
Judeis fieri fecimus sigillo autentico nostre curie roboratas. Datum 
Arelate, die xxiij mensis uovembris, anno Domini millesimo qua- 
dringentesimo quinto. 

Goppié prout jacet sur l'original dans les écritures de Pierre Ber- 
trandi, notaire aud. Arles, à rétendu des années 1403-1406, fol. 62. 

i Artaud de Mehclle (+ 1410). 



DOCUMENTS HKLATIFS AUX JUIFS D'ARLES 87 



V. 

Arles, 8 novembre-23 décembre 1407. — Dotation de 4^000 florins 
d'or faite par maître Hé lias , médecin, à la communauté juive d'Arles 
pour la réorganisation d'une école gratuite. 

(Bibl. d'Arles, ms. 225, pp. 338-341.) 

Anno Domini millesimo eccco septimo, die xxiij mensis decembris, 
congregatis Judeis Arelatis infra scriptis, more solito, de licentia do- 
mini nostri régis, in sinagoga sive scola judaica, in qua quidem 
congregatione présentes fuerunt scilicet Abram de Villanova et Vi- 
talis Galhi, Judei, bayloni universitatis prelibate, nec non magistri 
Bonsenhor, Asday Salomon, Abram Avicdor, physici, Bondias de 
Sancto Paulo, magister Bendic de Borriano, physicus, Macipus de 
Pertusio, Asser Gardi, magister Grescas Salamias, physicus, Crescas 
Orgerii, Boretus Avicdor, Astrugus de Bellicadro, magister Durantus 
Avicdor, physicus, Boninas de Lunello , Bonafossius de Scola*, 
Grescas Avicdor, Jacob Salomonis alias Lo Ros, Macipelus Abram, 
Gardetus de Gavallione^ Samuel de Barrio, Samuel Mosse , Meir 
Profag, Jossef de Nemauso, Izaquetus de Maruejolis, Ysac Parali, 
Aronetus Gohen, magister Bendig de Ganeto, syrurgicus * Aronetus 
de Nemauso, Astruguetus Béton, Macipus de Garcassonna, Astrugus 
Dieulosal, Crescas Bonfilh, Bonus filius Bondia, Jossef Samuelis, 
Salonus Profag, Baronus Grescas, Davidenetus de Rodesio, Mosse de 
Villenova, Estes de Gailario, et Regina, relicta magistri Abram Boneti 
Avicdor, quondam physici, Judei de Arelate prenominati^ magistri 
Grescas Salamias et Durantus Avicdor dictis congregatis Judeis expo- 
suerunt qualiter olim dicta universitas judaica civitatis arelatensis 
ordinavit erigere quasdam scolas pro erudiendis pauperibus Judeis 
civitatis anledicte, pro quibus scolis regendis duo haberentur ma- 
gistri, qui haberent annuatim quinquagenta florenos auri causa sti- 
pendiorum suorum ; qua quidem elemosina deducta ad aures magistri 
HelicTO de Arelate, Judei, phisici civitatis valentinensis, ipse magister 
Helias concessit, pro manutentione dicte elemosine, dare universitati 
judaice ante dicte mille florenos auri semel tantum, secundum for- 
mam descriptam in quadam carta ebraica, quam dicti Grescas Sala- 
mias et Durantus Avicdor, vice prefati magistri Helie, exhibuerunt 
dictis Judeis congregatis, cum quadam alia carta continente eadem, 
in ydiomate sive vulgari liDgu[a] occitan[a], que leguntur in carta 
ebrayca; cujus quidem carte in liogua occilaua ténor de verbo ad 
verbum per omnia sequitur perhunc modum : 

« Aysso son los pâli, losquals vol et demanda lo discret maislre 

* Peut-être Scala. 

' Un des trois médecins juifs qui soignèrent Louis II (Blancard, Inventaire som- 
maire des archives des Bouches-du-Rhone^ série B, I, p. 87). 



88 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Helias a la universitat dels Jusieus d'Arles, per alcune almoroa de 
mil floriDS, laquai vol far et donar en honor et reverencia de Dieu. 
Permeriamens vol et perten lo sobredig maistre Helias que davant 
que el fessa aquesta almorna que per tôt lo mes dpelal tevetk propda- 
nament venent, si dejan congregar tôt cap d'ostal de la universitat 
dels Jusieus d'Arle, o la major partida de nombre et de poder, homes 
et donas, cascum vers la graza, al luoc ou es degut ni acostumat de 
congregar, et tots si dejon obligar an instrumen fag per man de no- 
tari public, en lot la fort maniera laquai si pot far ni es acostumat, 
ni sabrien et poyrien devisar sanis doctors crestians, et segon lur 
dechat...* obligan cors et bens, mouables et non mouables,presens et 
esdevenidors, per sy et per lurs heretiers, per tostemps mais, a 
affermer et attenir et mantenir et adesser rat et ferm tots los patis 
losquals declararay si segon sus lo fag d'aquesta almorna : 

Permieramens que sien tengus los Jusieus de la dicha universitat 
de donar cascun an L. florins bons et de bon pes, de la moneda de 
XVI solis lo florin que corre al jcurduey en Arle, losquals L. florins 
si dejan donar a dos maistres, losquals ensenhon tola persona laquai 
veulha apenre, et especialamens per los enfans et per los parens de 
diverses paures Jusieus losquals non aurien poder de logar maistre. 

Et lo un dels dos maistres sie désignât per ensenhar los V libres 
de Moyses et de los prophètes, loqual meistre gezanhe cascun 
en XX florins, o de près; et l'eutre meistre sie designet perensenher 
la maniera et la scientia del Thalmut eppellet en hebreyc; et equest 
maistre gezanhe cascun en XXX florins. 

Empero vole que quatre ans continuans epres esser fecha la dicha 
almorne, si dejen doner dels L. florins sobredigs XXV florins el 
sany et discret maistre Rabbi Jossef, filh de Rabbi Matessies, ad el o 
ad equel que demander o poyrrie per el razoneblement; et equestos 
XXV florins dejen esser pagets cescun en, per l'espesi de quetre ens, 
al sobredig Rabbi Jossef al <:ap de l'an, comensant a conter l'en del 
jorn que sere fâcha la dicha almorne; et los XXV florins eutres re- 
menents si dejen pagar et doner el meistre, lequel es designet a 
ensenhar los V libros de Moyses. 

Item vol que passet los premiers quatre ens, los L florins de i'al- 
morne sobrediche si dejen donar al dos maistres sus manière et 
sus le forma quepermieremens era dessus escrig et desinhet. 

Item vol que prometen et seu obligon lo dich comun de non acam- 
biar equeste elmorne en élire elmorne, et de non evendre la, ni 
engajar, ni mudar d'aquesta cieutat en autre, ni far cause per lequel 
diminuis o si elteres le verlut o le forma en lot o en partida de l'al- 
morna sobrediche. 

Item promete et obhgue si la diche universilet que, coras que 
maistre Helias dedins l'espazi de quetre ans, e commence d'aras, 
demandes V*^ florins dels mil losquals done e l'elmorne, que le dicha 

^ Mot passé. 



DOCUMENTS HELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 80 

universitat li déjà restituir V= florins, pagados GXXV florins per an, 
entro lo compliment de V'= florins; et an aquest pati principalament 
fa maislre Helias l'almorna sobrediclia, que al cas que el agues 
grant nécessitât et degues et pogues demandar et recohrar enlro la 
somma de V*" florins, per las pagas desus declayradas. 

Item al cas que maistre Helias recobres de Talmorna la somme 
sobredicha, o partida d'aquella, non sie adonos lengut lo dig comun 
de douar L florins als dos maisires; an vol ben que dais L florins 
que pagarian cascun an, si dejan rebatre V florins per cascun cen- 
tenal, que recobrarie deldig comun, et so que remanrie dais L flo- 
rins, s'en déjà logar un mestre loqual es desinhat ad ensenhar los 
V libres de Moyses, et si non suflisie a pagar lot los dos maistres ; et 
si de la dicha almorna sobrava argent otra la paga de un maitre, vol 
que las sobras si conservon et si congregon en la man de un pro- 
dome, entro tant que ny aja prou per logar l'autre segon maistre. 

Item al cas que maistre Helias non agues demanda aquestos V'^ flo- 
rins dedin l'espazi de quatre ans, es de pati que el non lis déjà pueys 
demandar; et al cas que el los demandes, la universitat non sie len- 
guda de pagar. 

Vers es que en nostra presencia a proumes et jurât lo discret 
maistre Helias am bona et matura délibération, sen fraut ne dol, per 
lo fort jurament que si pot far entre Jusieus, que pueis que aquesta 
almorna sera fâcha et encartada, de non ademandar, ni diminuir la 
somma dels mil florins, losquals dona per far Talmorna, si non al cas 
(dalqual Dieu lo deffenda) que el agues o vengues en grand nécessitât 
manifesta et publica; et d'autrament non entent ni vol que o pogues 
demandar. 

Item en la presencia de nos sots escrits, maistre Helias a elegil 
gouvernadors delà dicha almorna, so es assaber sos felenos, losquals 
son filhs de ses filhs et lurs enfants, per succession a totstemps 
mays; item a elegit maistre Bonsenhor Asday et sos enfants per suc- 
cession a totstemps mays; item a elegit maislre Grescas Salamias; 
item Regina et sos filhs et los enfans d'aquellos per succession, a 
totstemps mays; et vol que els ajan poder en gouvernacion et en 
administration de la dicha almorna, en qualque luoc en que sien, 
mas que sie près d'Arle L legas et vol que lo poder dels digs elegits 
sie a far manlenir, sostenir, fortitîcar ladicha almorna et que per els 
per lurs enfans si déjà totjorn sostenir; et que dejan triar et elegir 
los dos maistres sobredigs, con a lur bon avisament apparra. .. 

Item vol que de lo offici et la administration dels sobre nominats 
per el elegits, lo comun si obligue a tenir o rat et ferm en la maniera 
dessus dicha. 

Item vol que lo jorn de la solemnitat appellat en hebrayc Simha- 
tora, aquel que dira Tufice per lo comun eu nostra scola déjà dire 
per el certa oration el preguera per elet per sos enfans, tostenips per 
succession, et aysso cascun an, et lo jorn sobredig. 

Item vol maistre Helias que lo dig comun fassa escreure en he- 



90 REVUE DES ETUDES JUIVES 

brayc tots los patis de ralmorna, et sien enfixat en los statuts de la 
universitat, et que lo jorn que lo comun aus la malédiction, adoncs 
et... de mantenir perpetuablamen aquesta amorna an los patis dé- 
claras. 

Item vol maistre Helias que lo comun fassa far un vidimus del 
iDStrumen obligatori, en loqual sien claramen tots los patis; et 
aquels vidimus gardon per memoria los governado[r]s de l'almorna 
habitans en Arle; et Testruraent principal mandon a maistre Helias 
d'ayssi al mes appellat en hebrayc Adar propdanament venent. 

Item demanda maistre Helias que bon et fassa far una quitansa 
per man de notari public, et devisada per man de sani ad el et a tôt 
autre que per el agues culhit argent del deute de XXIIP florins, 
per calque cas ni per calque manière que on lur pogues alcuna causa 
demandar; et aquesta quitansa déjà mandar a maistre Helias an 
Testrument obligatori per tôt lo mes apellat Adar propdanament 
venent. 

Et en la presencia de nos sots escritgsvent maistre Helias et nos 
preguet que nos testificassen et senhassen de noslra man aquesta 
opodixa et fos mandada als administrados de Palmorna losquals son 
habitans en Arle; et dis eneyssius : 

(( Jeu Helias veulh et concorde en vestra presencia que vistos las 
presens, (que) lo comun de Arle sus los patis et la maniera dessus 
declayrada, (et) si concordaran et obligaran de mantenir et sosteuir 
tots los patis dessus declarats universalamen, et un cascun dels 
patis particularameut. 

» Jeu dons aras vode ni done, en honor el reverencia de Dieu, a 
fondar l'almorna sobredicha, permieramens los viii'l florins, losquals 
mi deu lo comun dels Jusieus d'Arle del reste del deute de xx!!!!*^ 
florins. 

» Item done et vode los c florins que mi deu may lo dig comun, los- 
quals c. florins son lenguts de mi pagar, quar los ac nostre senhor lo 
rey, alqual don Dieu bona vida, per razon d'aquest deute sobredig. 

» Et per so quar vuelh que mon vot et ma donation sie entro lo 
soma de mil florins, otra los vuVu florins que jeu ai vodat et dessus 
declairat, jeu d'autre part mi obligue cors et bens et promete de 
pagar al comun dels Jusieus d'Arle, so es assaber CL florins d'aur, 
et aysso a pagar enfra dos meses, contant après lo jorn que jeu aurai 
receuput l'estrument, en loqual si conteuga que lo dig comun aja 
authresa et confirmât tots los patis per mi demandats et declayrats; 
et de pagar aquestos CL florins, veulh que sie obligat mon cors et 
mes bens mouables et non mouables, présents et esdevenidors, a 
pagar al terme sobredig. Et yeu non agues sinon la rauba que porte 
al dors, et aysso pagaray, perso que mon vot sie complit et que l'al- 
morna aja la somma complida de mil florins; et aquestos mil florins 
sobredigs obligats que sie lo dig comun et per els' venrre et consentir 

* Mots passés. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 01 

ea los patis subredigs, jeu los vode a Talmorna en la maniera so- 
bredig, vot fort et irrévocable; et dons aras los lur done et los en- 
veste. 

» Empero si lo dig comun non si obligava de tenir rat et ferm tots 
los patis dessus declayrats, et aysso per tôt lo mes de leceth, die et 
veulh que mas paraulas sien nuUos et vanas et que non aian valor, 
ni mon vot non sie vol; ne vuelli que so que ay dig prejudique in 
nenguna maniera a la forsa ni a la vertut de mon instrument, en 
loqal mi son obligats lo dig comun; ni vuelb et entende que sie exis- 
tent et permanent en sa vertut. » 

Eofins comera davansC?) en nostra presencia a jura maistre Helias 
per mais de fermeza et de cautela deldig comun, que el non a tractât 
ni dig ni fag, ni fara per los devenent nenguna causa per laquai el 
pogues venir en contra a las causas per el promessas et dessus de- 
claradas. 

« Aquest acte es stat tractât et complit en nostra presencia dimars, 
lo vij jorn del mes de quisselev l'an V°» C. LVIII, contant a la créa- 
tion del moud. Helia, filh de Ysac, Josep filh de Samson, los sols 
escrigts de leur man propria. » 

Lectis dictis capitulis, memorali Judei Arelatis congregali, ut dic- 
tum est, omnes unanimiter et concordiler laudaverunt et accepla- 
verunt sponte donalionem factam de dictis mille florenis auri semel 
tautum solvendis, pro dotatione elemosine ante dicte, per se et suos 
heredes; post que, anno et die quibus supra, Johannes Palhade, in 
legibus licenciatus, locum tenens domini Anthonii Arnaudi, juris 
periti, judicis curie régie arelatensis, ereclionem dicte elemosine, et 
pacta indesecula, auctoritate dicti judicis, cujus vices gerit, appro- 
bavit, notario Anthonio Olivarii. 

Goppié dans Véte^idu dud. M« Antoine Olivari de lad. année 1401. 
J'ai coppié en entier et exactement, ce qui est en langage vulgaire, 
mais j'ai abrégé le reste de l'acte qui est fort long en latin et ne dit 
rien d'essentiel. 



VI. 

Arles, 5 mars 1426-1427. — Déclaratioii imr les haijlons d'Arles des 
redevances dues à V archevêque par la commvMauté . 

(Bibl. d'Arles, ms. 235, p. 296.) 

In nomine Domini amen. Anno nativilatis ejusdem m° cccc" xx° 
sexto, quarte indictionis, die vero Martis intitulata quinta mensis 
Martis, pontificatus sanctissimi in Ghristo patris et domini Mar- 
tini * divina providentia pape quinti anno nono, noverint uni- 
versi quod, in mei publici notarii et testium inferius nominatorum 

» Martin V, pape (1417-1431). 



92 REVUE DES ETUDES JUIVES 

presentia existeates et personaliter constituti, Bondias de Sanclo 
Paulo, BoDsenhor de Montiliis ', Vitalis Galhi et Samiel Mosse, Judei, 
baylooi universitatis Judeorum civilalis arelatensis , requisiti a 
dominis Falcone de Chova, in decretis licenciato, canonico carpento- 
ratensi, officiale arelatensi, et Petro Baconis, sacrista vasionensi, 
clavario domus archiepiscopalis arelatensis, pro reverendissimo in 
Christo paire et domino Ludovico*, miseratione divina sancte arela- 
tensis ecclesie archiepiscopo, ut recognoscerent pensiones piperis, 
candelarum cere et lampredarum, ad quas annuatim prestandas, 
terminis consuetis, pro et ex causa gardie scole judaice dicte civila- 
lis, ipsa universitas Judeorum ejusdem civitatis tenetur et obligata 
existit ante dicto domino archiepiscopo et sue ecclesie, et hoc in op- 
portuna, débita et consueta forma, sicut alias, de anno tune currente 
M<^ ccco Lxxx" et die xvi^ mensis novembris, tempore quo presidebat 
in ecclesia arelatensi ut archiepiscopus reverendissimus in Christo 
pater dominusPetrus de Croso ^ bone memorie, per magislrum Ben- 
dig Ayn, phisicum, et Samielem Calhi, Judeos de Arelate, bayloDOS 
tune dicte universitatis judaice, eorum nominibus propriis et ejusdem 
universitatis factum et recognitum exlitit, constante nota sumpta per 
magistrum Guilhelmum Inerii, notarium publicum, de qua quidem 
nota factafides occulata extitit baylonis Judeis modernis ante dictis 
ad informationem eorumdem), ipsi, inquam, Bondias de Sancto Paulo, 
Bonsenbor de Montiliis, Vitalis Calhi el Samiel Mosse, bayloni mo- 
derni universitatis Judeorum dicte universitatis arelatensis, tam 
nominibus eorum propriis quam dicte judaice universitatis, reco- 
gnoverunt supra nominatis dominis offlciali et clavario, ibidem 
presentibus, et mihi notario infra scriplo, ut commun! persone, sti- 
pulantibus solempniter et recipientibus pro supra nominalo do- 
mino archiepiscopo et sua pretacta ecclesia arelatensi, se nomine 
dicte universitatis judaice et per eos dictam universitatem Judeo- 
rum teneri prestare eidem domino archiepiscopo et suis successo- 
ribus futuris, annis siugulis et perpetuo in festo Ramis palmarum, 
pro et ex causa gardie dicte synagoge sive scole judaice, vingint[i] 
libras piperis et viginti libras candelarum cere, et très lampredas, 
appreciatas pro qualibet lampreda quinque solidos. 

Item recognoverunt ipsam Judeorum universitatem teneri pres- 
tare et solvere jam dicto domino archiepiscopo et suis successori- 
bus, annis singulis, et perpetuo, in festo Sancli Michaelis, pro cimi- 
terio olim accaptato in Gravo per Judeos, pro jure quod spectasset 
eidem domino archiepiscopo si fuissent plantale vinee in dicto 
cimiterio, videlicet unum florenum. 

Item confessi fuerunt eamdem universitatem pro excambio facto 
cum Petro de Pennis, tune vivente, anno quolibet ot perpetuo in 

* Monleux (cf. Gross, Gallia judaica, p. 320). 

« Louis d'Alleman, archevêque d'Arles (1423-1450). 

» Pierre do Gros (1374-1388). 



I 



I 



DOCUMENTS lŒLATIFS AUX JUIFS D'ARLES 03 

festo Natalis Domini, teneri solvere ipsi domino archiepiscopo, pro 
gardia dicte syaagoge, scilicel médium ferratum piperis quod perci- 
pere solebat Berlrandus Cayssii coudam. 

Item confessi fuerunt ipsam universitatem teneri preslare anle 
dicto domino archiepiscopo annuatim, perpeluo, in festo Ramis pal- 
marum, pro et ex causa gardie dicte scole sive synagoge, unam 
lampredam apprecialam quinque solidos, quam lampredam perci- 
pere solebat Raynaudus Porcelleti condam. . . 

Quas quidem pensiones supra recognitas dicti bayloni judei pro- 
miserunt solvere annis singulis jam dicto domino archiepiscopo et 
suis successoribus. Acta fuerunt omnia premissa Arelale, in palatio 
archiepiscopoli et in magno piano ante cameram sive domum C'a- 
varie, presentibus Guillelmo de Maislra, clerico lemovicensis dio- 
cecis, magistro Johanne Androse, notario et scriba in curia archie- 
piscopali arelatensi, Michaele Grimaudi, clerico arelatensi, Johanne 
Rogerii, agriculture de Arelate, et pluribus aliis testibus, et me 
Anthonio Olivarii, notario. 

Goppié en abrégé mais sans changer les termes sur l'original dans 
retendu dud. maître Antoine Olivari, notaire d'Arles des années 
1423 et 4 426, fol. 27 v«. 



VII. 

Arles, 9 mars 1432-U33. — Vidimus d'un mandement de Bertrand de 
Beauvau, lieutenant du sénéchal de Provence, en date du 28 février 
h4oo * faisant défense à V « abbé de la jeunesse » et à ses compagnons 
de demander le droit de « pelote » aux Juifs d'Arles. 

(Fonds Véran, Armoire 34, Mélanges de titres.) 

In nomine Domini, amen. Anno incarnationis ejusdem m"^ cccc<* 
xxxo 11°, die lune intitulata nona Marcii, hora terciarum , domino 
Ludovico tertio régnante etc. Noverint univers! quod, exisientes in 
curia regia Arelatis, Vitalis Asturgi, Judeus, combailonus univer- 

* La date de ce mandement est donnée pour le quantième par le texte même : 28 ou 
29 février, mais la date d'année doit être restituée. On y parviendra en remarquant 
que celte lettre est transcrite ici d'après un registre du notaire Olivari allant de 1430 
à 1432 (v. st.) et qu'elle doit être datée de celle de ces années où le mardi gras 
(= carême prenant), jour ou s'est produite la vexation en question, tombe avant le 
dernier jour de février. Or le mardi-gras est, en 1430, le 28 février; en 1431, le 
13 février; en 1432, le 4 mars. L'abbé Bonemant avait donc cru pouvoir dater le 
mandement de 1431 (ms. 22o, p. 98), mais il faut remarquer que les Juifs auraient 
ainsi attendu jusqu'en mars li33 (n. st.), c'esl-à-dire deux ans, pour présenter ce 
mandement au viguier et en faire usage. C'est que Bonemant semble n'avoir pas 
tenu comote de ce que l'année 1432 du registre d'Olivari correspond à une partie de 
1433 (n. st.). Or en 1433 également le mardi-gras tombe avant la fin de février, soit 
le 24. Il faudrait donc dater ce mandement de 1433. Ainsi la vexation se produit 
le 24; et dès le dimanche, la communauté obtient le mandement qu'elle fait vidimer la 
semaine suivante. 



94 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sitatis judaice dicte civitatis, et Ysaacus Nathani, etiam Judeus, 
consocius suus, presentaverunt nobili viro Hermenterio, vicario 
curie régie predicte, quasdam patentes litteras ex parte maguifici et 
egregii domini Bertrandi de Bellavalle, locumlenentis spectabilis, 
magnifici et potentis domini Pétri de Bellavalie S militis, guberna- 
toris et vice gerentis regii in comitatibus Provinciie et Forcalquerii 
et terris adjacentibas, cujus ténor est talis in parte exteriori : 

« A mon cher et grant amy le Viguier d'Arles ou son lieutenant 
royal en Provence Bertrand de Beauveau, etc. » 

Et in parte interiori - : 

« Très chier et grand amy, nous avons entendu que aucuns de la 
dicte ville, sobs colour de caresme entrant, ont a cest caresme pren- 
nant fait beaucoup de griefs aux Juifs de celte vile et les vuelent 
constraindre a payer la pelote et autres droits qu'ils prétendent 
leur estre deuz au dict jour pour les dicts Juifs, et, a cause de ce, 
les ont gagiés, et firent semblablement l'année passée ; de laquele 
chose sommes fort merveilliez, car c'est une novilé, qui jamais ne lut 
veue, et est de très maie conséquence, et fort desplaisant à nous, ne 
est point notre intencion de le sufrir ; car nous sommes certains que 
la volonté du Roy n'est pas que les dicts Juifs soient ainsi traictiés. 
Et pour ce voulons et vous demandons et commandons expressément 
que incontinent ces lettres veues, vous deffendés à grosses paynes 
que nul ne soit si hardit d'icy en avant rians demander auxdicls Juifs, 
a cause de la ditte pelotte, ne des autres droits qu'ils prétendent 
estre deuz par les dicts Juifs au dict jour de caresme entrant, car 
ce ne sont pas droits, mais novitez et abusions ; et neantmoins que 
faciès rendre et restituer aux dicts Juifs les gages que leur ont été 
prins à cause de ce, tant a cest dict carême entrant derrenier 
comme a l'autre de l'année passée ; et les deffeuces que par vous sur 
ce seront faittes, faicles les mettre par escripts en la cort, afin qu'il 
en apparoisse ou temps avenir et gardés qu'il n'y ait point de faute. 
Dieu soit garde de vous. Escript à Aix, le derrenier jour de février. 
Le vostre B. de Beauveau. » 

De quibus omnibus premissis dicti Judei petierunt mihi nolario, 
ut eis concederem actum factum in regia curia, testibus presenlibus 
etc. et me Anthonio Olivary, publico notario iufra scriplo etc. 

Copié sur le registre dudit notaire de l'année 1432 f*^ GO. 

* Pierre de Beauvau, grand sénéchal. Révoqué en 1427. il reprit ses fonclious vers 
1429, jusqu'en 1443. Presque toujours en Italie auprès du roi de 1430-1438, il élail 
reuiplacé par un lieutenant (]ui lut (PaJjoid Louis de Bouliers, puis son propre Irère 
Bertrand de Beauvau. 

* Le texte de celle lettre se trouve également dans : Bibl. nationale, uouv. acqui- 
sit. latine, 1369, p. 295, et Bibl. d'Arles, uis. 2211, p. 98. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES Oo 



VIII. 

Arles, 8 avril 1466. — Délibération du Conseil d'Arles demandant au 
sénéchal de Provence de faire exempter deuxJtùfs conzertis des contri- 
butions payées imr les Juifs. 

(Arch. d'Arles, BB, 4. Livre des coaseils, 8 avril 146G.) 

Die viir aprilis. Item audita querela facta in presenti consilio per 
Jacobum Melhellini, olim Judeum et reductum ad fidem catholicam 
sanctam, querelando se de Benedicto de Pesio, mercatore, babitalore 
de Arelate, exactore pecuniarum commuultatis Judeorum de Arelate, 
qui ipsum Jacobum Methelini conatus fuit et conatur exbiguere ab 
eodem Jacobo Methelini, vigore cujusdam appodixe que est in 
manibus magistri Anthonii Vilasse quam petiit arrestari, et sibi pro- 
videri de remedio, cum eminens regium consilium * deliberaverit 
ipsum necalios Judeos redductos ad fidem catholicam debere contri- 
buere in debitis dicte communitatis Judeorum, quia egregius et 
nobilis vir Anthonius dePonteves, dominus locide Cabaunis-, presens 
in hoc concilio, ibidem dixit quod de ista materia fuit locutum in 
eminenti regio consilio et quod per dictum totum consilium fuit de- 
liberatum Judeos reductos ad sanctam fidem catholicam non debere 
contribuere in debitis ejusdem communitatis Judeorum, cum fuerint 
facti novi homines et causante redductione per eos facta ; audita 
expositione facta per dictum dominum de Cabannis, fuit ordinatum 
quod ex parte presentis consilii scribatur domino comiti Troye ^, 
régis locumtenenti, quatinus dignetur eidem Jacobo Methelini et suo 
fratri, etiam redducto ad christianitatem sanctam, de remedio oppor- 
luno providere et providendo mandare.. . dicto Benedicto de Pesio 
et aliis coUectoribus ceterisque creditoribus, ne cosdem nec ipsorum 
quemlibet vexare habeat, occasionne alicujus debili sive exactiouis 
communitatis Judeorum tangentis, seu debili, attento quod ipsi sunt 
contenti contribuere juxla debilam taxam per dictum dominum de 
Cabannis in contributione redductionis debilorum Judeorum fiendam, 
cum esse non debeant pejoris conditionis quam ipsi Judei, quibus 
immunitas talisconceditur. 

' Le conseil éminent est à la (ois un tribunal et un conseil d'administration établi 
en 142 i par Louis Ili, il siégea dabord à Aix. Mais après une révolte de la ville a la 
suite d'un jugement qu'elle trouvait insuttisant contre un Jull', il avait été transporté 
à Marseille. (Cf. F.-L. de Villeneuve-Bargemont, Histoire de René' iV Anjou, pp. 2o0 
et436). 

* Cabannes, Bouches-du-Rhône, arr. d'Arles, cant. d'Orgon. 

^ Jean Cossa, comte de Troya, grand sénéchal de Provence (-{- 1476). 



96 ' REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

IX. 

Saint-Germain-des-Près, juillet 1493. — Lettres patentes de Charles VIII 
portant expulsion des Juifs de la tille d'Arles. 

(Arch. d'Arles, litres de police, t. I.] 

Charles, par la grâce de Dieu, roy de France, conte de Provence, de 
Forcalquier et terres adjacentes, savoir faisons a tous présents et 
advenir, Nous avons reçeue humble supplication de nos chers et bien 
amez les gens d'église, nobles, bourgeois, manants et habitants de 
notre ville et cité d'Arles audit pays de Provence contenant que la 
dicte ville est principallement fondée et entretenue en labouraiges et 
nourriture de bestail plus que en autres choses, tellement que pour 
labourer et cultiver les vignes et champs, recueillir, ramasser et 
mettre en seureté leurs blez, vins, four[aijge et autres biens et gou- 
verner leur bétail, il leur est chose nécessaire avoir a leur aide grand 
nombre de gens de bras de plusieurs pais et nations estranges, et 
se treuvent mesmement au temps de moissons souventeffois 
jusques au nombre de sept à huit ou neuf mil personnes d'estrange 
pais pour illec gaigner leurs vies, et à ceste cause est besoing aux 
dits suppliants tenir et faire mettre en armes certain nombre de gens 
durant ledit temps des moissons pour garder que lesdits estrangers 
ne courent sus a certain nombre de Juifs qui sont demourans et 
résidants en notre dicte ville et cité d'Arles^ ainsi que nagueres ont 
fait les dicts estrangers qui les ont pillés et destenus pour la hayne 
et malveillance conceue contre eulx par le peuple chrétien, a roccasion 
des sedicions et maux innumerables qui s'efforcent de jour en jour 
faire aux Chrétiens tendant les tromper, descevoir, desvoyer de la foi 
catholique, ainsi qu'il est apparu et appert évidemment de jour en 
jour, pour la fréquentation et communication qu'ils ont les uns avec 
les autres; et doublent les dits suppliants que quant les dicts 
estrangiers se trouveront en si graut nombre a la dicte ville, sous 
couleur de faire commotion contre les dits Juifs, se pourront faci- 
lement par convoitise de biens semblablement eulx esmouvoir contre 
les dicts habitants et piller la dicte ville, eulx et leurs biens, qui 
serait leur totale destruction et en notre grand préjudice et dimi- 
nuî.ion de notre domaine; a ceste cause iceulx supplions nous ont 
humblement fait remonstrer par notre amé et féal conseiller et cham- 
bellan, Gaucher de Quiqueran, seigneur et baron de Beaujeu en 
notre dict pays de Provence, les clioses dessus dites, en nous hum- 
blement requérant que, attendu ce que dit est et que la dicte ville et 
cité d'Arles est hune des principalles villes de notre dit pays de Pro- 
vence et que si les dits Juifs y font encore leurs demeures pourraient 
etro cause de semer plusieurs erreurs et hérésies contre notre dicte 
foy, ainsi qu'ils ont fait en plusieurs lieux, dont ils ont pour ceste 
cause été degectez et dechassez; et aussi que pour les garder et que 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 'J7 

l'on ne leur courut sus, plusieurs Chrétiens ont été tuez et occis et 
plusieurs autres inconvénients ensuiz, il nous plaise ordonner que 
les dits Juifs ne facent doresenavant aucune demeure en la dicte 
ville et cité d'Arles ne au territoire d'icelle et de ce eu exempter par 
privilège exprès les dits suppliants et leur impartir sur ce nos grâce 
et libéralité. Pource est-il que nous, ces choses considérées, voulant 
nos bons et loyaulx subgects estre préférez en leurs besongnes et 
afTaires et les garder et préserver en noire pouvoir pour l'advenir 
d'oppressions et inconvénients, pour ces causes et en faveur de la 
bonne et vraye subjection et obéissance en quoi les dicts suppliants 
se sont maintenus envers nous, et par advis et délibération des 
princes et seigneurs de notre sang et lignaige, et autres considérations 
a ce nous mouvant, aux dits suppliants avons par privilège exprès 
donné et octroyé et par la teneur de ces présentes de notre certaine 
science, grâce especial, plaine puissance et auctorité royal, donnons 
et octroyons que dedans troys mois après la publication de ces pré- 
sentes aucuns de la nation des dicts Juifs, qui ne seront régénérez 
sur les saints fons de baptesme et ne tiendront la foy chrétienne , 
ne feront leur demeure et habitation dedans notre ville et cité d'Arles 
ne en tout le district et territoire d'icelle, sinon seullement pour 
passer leur chemin, en allant et venant à leurs affaires, et il leur est 
par nous permis, sans autrement y habiter ne demeurer en manière 
que soit; et de ce en avons exempté et exemptons a tousjours 
mais perpétuellement les dicts ville, cité et territoire et les manans et 
habitants en icelle. Si donnons en mandement par ces mesmes pré- 
sentes a nos amez et féaux le grant seneschal de notre dict pais et 
conté de Provence ou son lieutenant et gens de notre conseil résidant 
a Aix et a tous nos autres justiciers et officiers au dict pais et a leurs 
lieutenants, et a chascun d'eulx, si comme a luy appartiendra, que 
en faisant a nous a appliquer ' et se mestier est a son de trompe et cry 
public, par tous les lieux ou il appartiendra, a tous les dicts Juifs 
que, dedans le dict temps de troys mois après la dicte publication, 
lisaient a eulx désister et deppartir eulx, leurs biens et famille de 
la dicte ville et territoire d'Arles, sans plus, après les dits trois mois 
passés, y faire aucune habitacion et demeurence en quelque manière 
que ce soit, en les contraignant a ce faire et soufrir reaument et de 
fait, par toutes voyes et manières deues et raisonnables, car ainsi 
nous plaise et voulons estre fait. Et afin que ce soit chose seure et 
stable a tousjours, nous avons fait mectre notre scel a ces dictes 
présentes, sauf en autres choses notre droit et l'aultruy en toutes. 
Donné à Saint Germain des Prez lez Paris, au moys de juillet l'an de 
grâce mil quatre cent quatre-vings et treize et de notre règne le 
dixiesme '• 



* Mots passés dans la copie. 

' Copie de M. Raybaud, ancien archiviste. 

T. XLI, N» 81. 



LA COMMUNAUTE JUIVE DE SALONIQUE 

AU XVr SIÈCLE 

(suite *) 



Voici quelques notices biographiques sur les rabbins qui ont 
signé les pièces hébraïques que nous publions plus loin. 

Adribi (Isaac), fils de Samuel. Signataire des pièces 1, 3, 5,8, 
13, 16 et 20. Auteur des Consultations mn">n ^nm et des Sermons 
ûibuj ns'T, prononcés au temple ûib^. Elève de Joseph Taytasak 
et collègue de Samuel de Médina, il est mentionné à deux reprises 
dans les Consultations de ce dernier (û"iU5'i, I, fin n» 182, et sur pj^ 
nt^'n, n<> 34). Dans ce dernier passage, il est cité comme signataire 
d'un témoignage daté du lundi 15 Hesvan 5327. Il est aussi cité 
dans bi!rù2^ ""rûDUîTo (Venise, 1599, n° 35) par Samuel, fils de Moïse 
Kala'ï. 11 fleurit entre 1554 (pièce n» 13) et 1568 (n* 16). Cependant 
on le trouve discutant avec Samuel di Médina vers l'an 1580 (•»nai 
man, n» 329). 

Albuher (Samuel), qui signe la pièce 23, est contemporain de 
Joseph Taytasak (Conforte, 34&). 

Alias (Moïse), dont la signature se trouve, pour la première fois, 
dans le n» 15, signe aussi un acte daté du mardi 25 Ab 5318 (1558) 
dans mnn "»nni, n** 82. On connaît de la même famille : P Joseph 
Alias, tué (û"iu5^ sur ^lyn pj^, Salonique, 1594, n° 165); 2*^ Benja- 
min Alias, rabbin (Consultations de Salomon Cohen, III, n° 71 ; ""îa 
bi^ittU) par Samuel Hayon, Salonique, 1613, n° 34) ; 3o Méïr Alias, 
collègue de Conforte (f^ 50 &). 

Alhanati (Semtob), qui a revisé la pièce 12 et signé le n» 19, a 
aussi signé (avant 1534) une consultation (n^* 169 de un*::"' n^snn, par 
Tam b. David ibn Yahia). 

» Voir Itevue, t. XL, p. 206. 



LA CUMMUiNAUTE JUIVE DE SALONIQUE AU XVC SIECLE W 

Almosmno (Baruch), signataire de la pièce 12, qui doit être anté- 
rieure à 1545, puisque Joseph b. Leb, qui la signe aussi, n'était 
plus cette année-là à Salonique, ayant déjà émigré à Constanti- 
nople à la suite de l'incendie ci-dessus mentionné (Confort^, 31 b). 
Est-il identique avec un certain Baruch promoteur des luttes in- 
testines dans la même communauté et vers la même époque, 
comme il ressort des lettres de Moïse Amon, éditées pour la pre- 
mière fois dans n:?n t|DV (n° 11, p. 162)? 

Almosnino (Moïse) a signé les pièces 1, 3,4, 5, 8, 13, 14 et 15, 
ainsi qu'une consultation datée du mercredi 18 Sivan 1559 (tnai 
ninn, n" 106), et copié nos no*4, 12 et 16. Prédicateur et érudit, 
versé dans les connaissances profanes comme dans les études sa- 
crées, auteur de plusieurs ouvrages connus (n;D?2 "«T ,n;a5ab nbsn 
riD y53fi<?3, Eœtremos y grandezas de Conslayitlnopoli, etc.), ce 
collègue de Samuel de Médina est cité par ce dernier (D"iu:n, I, 
n° 94, sur nT^n pN, n'^ 34, et sur iûdotd lu:n, n^ 401) ainsi que par 
h^My^ "«aDu:» (n"' 35 et 60). Il fleurit entre 1552 (d'après notre n° 15) 
et 1566 (n« 1). Voir pourtant Steinschneider, Catalogue de la Bod- 
léienne, col. 1770, et Mos^ [Antologia Israelitica), Gorfou, 1878, 
n* JO, p. 378, note 1. — Ajoutons que la ressemblance frappante 
que Ton constate entre les exordes des sermons (riD yTOi^To) de cet 
auteur et le style de certaines de nos pièces (n°' 6, 7, 15, etc.) nous 
autorise à lui en attribuer la paternité. 

Almosnino (Samuel), qui a signé le n*" 12, sans doute avant 
1545 (voir plus haut, s. v. Almosnino Baruch), est sûrement le 
môme que i3b"'U5'it)b5< bj^Tnu: mentionné par Conforte, 34 a, et h^ytyQ 
nrb'Oî'Do^i^ qui a signé avant 1534 (û'^nuî'^ n^in, n" 169). Il est aussi 
cité dans û"'7U5"i (sur nT3>n p&î, n« 127), b^iTau: ■^"jduî» (n"* 79 et 100) 
et DNT 'j?3'^3a (n°3 7 et 8) de Benjamin b. Matatia. 

Altoun (Isaac), signataire du n® 12, sûrement avant 1545 (voir 
l'article précédent), s'occupe, en 1512, des affaires du temple 
Lisbonne (d'^l^"' n^in, n"205). On connaît de la même famille, Salo- 
mon Altoun, membre du conseil rabbinique (û"i;25'i sur nr^'n px, 
n° 85). 

Barki (Samuel), signataire du n« 12, sans doute avant 1545 (voir 
l'article précédent). Nous connaissons de la même famille : P Jo- 
seph Barki, quia signé avec ses deux collègues, Samuel de Mé- 
dina et Moïse Almosnino, le 23 Nissan 1570 (i:3"n;an sur nn*n p5^, 
n*» 38) ; 2° Isaac, fils du rabbin Elle Barki (vers le commencement 
du xviie siècle), mentionné par Aron Lapapa dans innn:^ ^33 
(Smyrne, 1674, n^» 44 et 45) et signataire d'une consultation de 
Hayyim Sabbataï (û-'T! nnnn, III, n° 29). 



100 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Caro (Joseph), signataire de la pièce 19, et dont la célébrité 
nous dispense de faire la biographie. 

Cavallero (in'^b'^^ni^p, dans Conforte, 33a, et TT^b'i'^nwNp, ibid., 
34: a) Salomon, signataire du n° 23 et naentionné dans les con- 
sultations d'Elie Mizrahi (n» 2) et dans celles de Tam ibn Yahia 
(no 1). 

Cohen (Daniel), fils du rabbin et médecin Perahia et frère (pro- 
bablement aîné) de Samuel et Joseph Cohen. Auteur d'un supplé- 
ment à l'ouvrage tpv rr^it^u:, qui traite du calendrier, il a signé 
non seulement les n°' 1, 3, 5, 8, 13, 14 et 16, mais aussi un acte de 
témoignage daté du mercredi 18 Sivan 1559 (man "inni, n° 106). 
ri fleurit entre 1554 (n« 13) et 1563 (n» 16). 

Cohen (Joseph), fils du rabbin Perahia et probablement frère 
du précédent, est signataire du n° 18. 

Cohen (Salomon) b. Abraham. Originaire de Sérès et élève de 
Jospph Firmon (Y'^^ï^, HI, n" 4(^), il a signé à Salonique notre 
n° 18; à cette époque il était souffrant et malheureux (n:î<3T n?2), 
probablement à cause de sa vieillesse, puisque deux ans après (en 
1586), dans la préface de ses consultations, il se dit très âgé et à 
la veille de mourir. Auteur lui-même de consultations en (rois 
volumes, il est non seulement mentionné (après 1569?) par û"TJn 
(sur ntm pi^, n° 84), mais aussi par l'élève de ce dernier (comme 
il ressort de n^ûnb, n<> "71), Abraham b. Moïse de Boton, auteur du 
n'j^'D ûnb (n-i nnb, n»' 3, 67, 70 et 135), ainsi que dans b^i^u: "«^n 
(n" 7) et r-i72N nnin (n° G) d'Aron Schoschan. 

Cohen (Samuel), fils de Perahia et signataire de notre n" 21. 
Voir, sur son âge, plus haut Cohen Daniel. 

Don- Don (c'est la leçon qui me paraît la meilleure, comme on 
va voir bientôt, à la place de celle de 'j'^s )M ou 1^3 liT que je crois 
lire dans mon ms. et qui me semble décidément erronée) Moïse, 
signataire du n» 12. Il est probablement le père d'isaac, fils de 
Moïse Don-Don, plusieurs fois mentionné dans ûnuî"^ inn^n (n«' 146, 
208, 210,211 et 212). 

Firmon (Jacob), (ils de Samuel. Signataire de notre n^ 1 et 
d'une consultation (bi<n720 "^liD":)?:, n« 23) dans laquelle, contrai- 
rement à Samuel de Modina et à Mardochée Matalon, il déclare 
les Juifs originaires de Patras et nouvellement établis à Lépante 
exempts de la participation aux impôts de leur communauté adop- 
tive. Le \si?30 p 3p:>-« qui a signé le n" 12 avant 1545 (voir plus 
haut s. t). Baruch Almosnino) me semble identique avec notre 
rabuin plutôt qu'avec Jacob fils de Samuel Taytasak, qui parait 



LA COMMINAUTÊ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI' SIÈCLE loi 

plus jeune que le nôtre (voir plus loin s. v.]. — Voir plus de dé- 
tails 5. V. Samout Jacob. 

Garson (Moïse), fils de Juda, signataire de notre n'' 10. Juda 
Garson (*{iD"ii<:») qui a signé un acte de témoignage, daté du 
lundi 8 Eloul 1558 [in^n^^ -^^3^, n° 82), semble être le père de 
notre rabbin et le fils d'un autre Moïse iT^n.Si qui a signé une 
pièce en 1531 (d"'nu5'^ h73in, n°l), et est contemporain de Tarn ibn 
Yahia (Conforte, 34a, qui écrit liuj^:^). Si notre hypothèse est 
vraie, nous avons donc trois générations de Garson : Moïse 1, 
Juda et Moïse IL 

Haber (Isaac), signataire de notre n" 4, était, d'après Abraham 
de Boton (a'n dnb, n° 71), un greffier excessivement scrupuleux 
dans l'accomplissement de son métier (n72'»D m nnD Dn^'ji nsiDï-î rjT 
■in:>i?3 d''''"iD'^ ïi)2:d nms îwï-îu: ^^yi 3>n5 -iu5i< Vi:*^ nnn pn^:*^ n"n:D). 
On connaît de la même famille un contemporain à Safed (1569), 
Hayyira Haber (Consultations de Moïse Alscheik, Venise, 1605, 
11° 27). Voir s. v. Içhaki Abraham. 

Hazan (Abraham), signataire des n*>' 19, 22 et 23, et d'une con- 
sultation (avant 1534) dans û-^nui"^ t-i72in \^n° 169j. Mentionné par 
afi^T 1>2'^5n (n° 425) et dans les Consultations de Salomon Lévi (n^ 4), 
il est en correspondance avec Baruch, fils de Salomon Kala'ï, de 
Smyrne, où il a fait sa connaissance lorsqu'il y est venu marier 
sDn frère (']"i12 mp)3, Smyrne, 1659, n° 26, p. 38). Voir aussi ûU3 
û"'bnan d'Azoulaï (Varsovie, Goldmann, 1876), p. 8, Y'73. 

Hazan (Salomon), probablement fils du précédent, est signa- 
taire des n°* 1, 8, 12, 13, 15 et 16, et d'une consultation, en compa- 
gnie de Samuel de Médina et de Moïse Almosnino et à la date du 
lundi 17 Schebat 1570 (D"nu:n sur "iT3>ïi I^î^, n° 38). Il est aussi men- 
tionné à la date du 12 Nissan 1542 (ou 1547? n"p3rT) dans les Con- 
sultations de Moïse b. Joseph Mitrani [d'^n'n, I, Venise, 1629, n" 65) 
et par Isaac Adribi (m^-^n "^^^T, n" 14) le dimanche 13 Tébet 1562. 
Il fleurit donc vers 1542-1570. 

Ibn-Billa (Salomon), fils de Jacob, signataire de notre n» 4, est 
connu pour la part qu'il prit dans la lutte commerciale entre- 
prise par Doua Gracia Mendezia et Joseph Nassi contre le pape 
Paul IV (Graetz, IX, 364). 

Içhaki (Abraham), mentionné avec les titres pompeux de noDïi 
t=ib\an ûsnn T^onm bM^^n, dans notre n» 17, et de bD ^lî.xn wsn?3 idid 
bM^ -^pa û^DiDn par Conforte [iOb], exerça à Salonique ses fonc- 
tions de greffier communal vers le milieu du xvi« siècle; Isaac 
Haber, ci-Jessus mentionné, n'était probablement pas un notaire 



102 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

attitré. Mentionné dans ni2i^ rrrin (n° 1) et par Salomon Lévi (n''21) 
et Salomon Cohen (III, n° 1), il a un frère (Azoulaï, p. 72, t"^o) et 
un fils (ci-après) portant le même nom (Isaac). 

IçHAKi (Isaac), mentionné dans notre n» 17, fut aussi greffier 
communal, comme son père Abraham. 

Iahiaou Ibn-Iahia (Tam), fils de David et petit-fils de Salomon 
et signataire de notre n° 4, cumulait à Constantinople, d'après 
Conforte (34 a), les fonctions de rabbin et de médecin du sultan 
Soliman II, et avait de si vastes connaissances dans la jurispru- 
dence musulmane que les Gadis ottomans avaient recours à ses 
lumières pour les cas difficiles à résoudre. Des nombreux ou- 
vrages dont il est l'auteur et qu'un incendie a dévorés, il ne 
nous reste que tsn •'brit^, annexé à la collection qui porte 
le nom de û'^^Cî'' rn^in. On le trouve aussi mentionné dans les 
Consultations d'-Elie Mizrahi (n°' 1, 15 et 64) et dans dnt 1t:'^;n 
in» 305). 

Iaisch (Moïse), signataire de nos pièces 13, 15 et 19. Nous lui con- 
naissons un homonyme, au xvii" siècle (Conforte, 51 a), qui est 
peut-être son descendant. Peut-on supposer qu'il est le fils d'Abra- 
ham laïsch, mentionné (vers 1520) par Elle Mizrahi (Consultations, 
n*> 15) et dans ûnu)"» tn^oin (n^ 39) et qui, avec son petit-fils du 
môme nom, mort peu après lui, a été l'objet d'un sermon fu- 
nèbre de Joseph b. Leb, qui leur applique ce verset : ^MXnTi n.x 
)rûpn "i*iN73n fns^T ...bn^T^ïi (Conforte, 33 a)*? Je n'ai pas de preuves 
à l'appui. 

JÉRusALMi (Abraham), qui a signé le n°4, est mentionné dans 
û-^no"» r-iTsin (n« 116), n^T p^3i (n^ 406), ^''-^dt^ I (n'^ 180), d"Tûn sur 
^Tm pi< (n°53) et sur as\D72 ion (n" 224) ainsi que par Azoulaï 
(p. 50l, s. V. ViT^iiT ^tuînrr^). Serait-il le même que celui dont j'ai 
trouvé la signature dans une lettre inédite, datée de 1591 ot 
adressée par le rabbinat de Jérusalem à celui de Monastir ? 

KÉFASSi (Joseph), signataire de la pièce 12, qui est antérieure à 
1545 (voy. plus haut, s. v. Almosnino Baruch). Est-il de la même 
famille que Ilayyim Kéfussi (partout orthographié ''DIDS), mentionné 
par Conforte (41), par Azoulaï (pp. 41, M"b, 82, '::, s. v. ^v^'n 
liraws:^, et II, 70, i"o, s. v. û-iTi "^nDO) et par Joseph Sambari {Anec- 
dota OxonUnsia^ I, partie iv, pp. 160-161), qui fixe sa mort à l'an 
1631 et qui lui attribue des commentaires sur le nidd et le ■'"iDD 
ainsi que l'épitaphe de Joseph ^Nb^:iï<3 ? 

Lkb (Joseph ben^, dont la signature ne se trouve que dans le 
n* 12 (voir s. v, Almosnino Baruch), auteur de nombreuses cor.sul- 



LA COMMUNAUTÉ JUIVK DE SALONIQUE AU XVI« SIKCLE lo:^ 

tations et célèbre par ses luttes à Salonique et son émigration à 
Constantinople (Conforte 37&), est souvent mentionné par ses 
contemporains, Joseph Caro (t)SV n-'n sur Tour Tiyi nnv, n"* 10, et 
rj3U573 C|D:3sur npTnîi t, Règles de I^idtt^:;, ch. xiii), Samuel de Mé- 
dina (sur 'nyn pî<, n"" 31, 138 et 178, et sur -^D'iD^a V-n, n° 224), 
Isaac Adribi (mnn ■^'ini, n» 196) et Samuel Kala'ï (bi^iTao •^::e':î73, 
n*> 31). Azoulaï (p. 56, n")3p) dit qu'il est mort après 1575. 

LÉvi (Benjamin), fils de Méïr Askenazi, signataire des n°' 3, 5, 
12, 13 et 15, est cité par *]";î5nn (III, n^ 46), bs-n npa«, n"* 77 (après 
1550), û"^^'-i I, n** 75, et sur ^T^'n pw^, n°' 43, 138 et 187, et -"-jocTa 
bi<V2^ (n° 100). Il a édité un Rituel askenazi {Ocar de Jacob b. Ja- 
cob, n° 916) et a joué un rôle prépondérant à Salonique, car non 
seulement Moïse Amon correspond de préférence avec lui {tpv 
T)yi, n° 10, p. 147), mais aussi il est chargé de pleins pouvoirs de 
sa communauté, dont il va arranger les affaires à Constantinople 
(d"itt3"i sur n5>"i ïTiv, n« 55, cf. plus haut le ch. Attributions). Pro- 
bablement il s'éteignit vers 1570 (voir ci-après), date à laquelle 
(d'après notre n® 24) son fils Menahem fut nommé rabbin à sa 
place. Ce dernier signa à Constantinople , en 1586 , une lettre 
inédite du corps rabbinique de la capitale concernant le ghetto de 
Safed. Je ne sais pas s'il faut lui rattacher, comme fils ou parent, 
le rabbin Elle Lévi, signataire d'une consultation (b^^n npat^, 
n'' 109), mais il est certain que, en dehors de Menahem, il a eu un 
autre fils qui, sous le nom de 

LÉVI (David), fils de Benjamin Askenazi, a signé notre n* 8, où 
il a accompagné le nom de son père du mot n"nbT, d'où il faut dé- 
duire que ce dernier était déjà décédé en 1562, date de notre 
pièce. 

LÉVI (Salomon I), fils d'Isaac I, signataire de notre n*» 21 et 
auteur de plusieurs ouvrages (n^b^ p\an sur Isaïe, ma« ab, com- 
mentaire du traité Abot, nttbuî "^in^, sermons, consultations et 
novelles talmudiques) édités et inédits (Conforte, 38 b ; cf. Anec- 
dota Oxoniensiay l. c, p. 155); il est mentionné dans les con- 
sultations de ses plus célèbres contemporains, tels que Sa- 
muel de Médina (d"nu5"i sur nT3>n p&î, n° 238, où il l'appelle nan ; 
sur u^'^12 l^n, n» 244), Isaac Adribi {ma->-i ■>-ia'7, n" 320, vers 1580), 
Aron Schoschan [inn^ niin, n° 1), Salomon Cohen (^"onn, III, 
n° 1, vers 1594) et enfin Baruch Kala'ï [yro. mp73, n^ 10, p. 12) ; il 
ressort de ce passage que ce dernier est plus jeune que Salomon 
Lévi I, qui semble avoir fleuri vers 1550-1590. 

LÉVI (Salomon II), fils d'Isaac II, petit-fils du préc(^dent, auteur 
lui-môme de nombreuses consultations, nous a conservé la copie 



lOi REVUE DES ÉTUDES JUIVES J 

(n° 20) d'une décision inédite d'Isaac Adribi et de Samuel de Médina. 1 

il est cité après 1625 dans les consultations de son professeur " 

Hayyim Sabbataï (Salonique HIS, I, n*' 34, et III, n^ 70), mort plus 
que nonagénaire en 1637 (Conforte, f° 44 &) après son élève dont 
il est question et qui s'est éteint en 1635, âgé de 52 ans {ib., 46 &, 
où sont relatées les recommandations qu'il fit avant de mou- 
rir et qui s'expliquent par sa modestie et par ses idées cabba- 
listiques). 

Matalon (Mardochée), signataire des n*** I, 8 et 12, fut élève de 
Joseph Taytasak (û"nu5"i sur nT3>rî 1ds<, n" 127). 11 semble avoir été 
plus jeune que son condisciple (Conforte, 38a) Isaac Adribi, qui 
lui adresse, ainsi qu'à Samuel de Médina, des paroles sévères (ibD-»') 
tD-iDirsit» b^pb ûiT>5Ti< nvjrjb id^^12^ bnna, dans mnn -""im, n" 218). 
Il est mentionné encore deux fois dans ce dernier ouvrage (n°' 217 
et 326, vers 1580), ainsi que par û"t::-i (I, n° 158 ; sur ^TS'n pN, 
n**" 50 et 85, après 1579; sur :ûdu373 V^"» ^'^ 40), par '^onn (I, n^» 1 
et 22) et dans bi^nTou) "^aDUîTa (n« 23). Il a donc fleuri vers 1545 
— 1580 (d'après n« 12). 

MÉDINA (Samuel del Campo), dont la signature est plus fréquente 
que toutes les autres dans nos pièces, puisque nous le trouvons 
sous les n^' 1, 3, 8, 13, 15, 16, 18, 20 et 21, et qui est l'auteur de 
nombreuses consultations et de trente sermons sous le nom de p 
bNi)2^, était l'élève de Joseph Taytasak et de Lévi b. Habib, 
d'après Conforte (38 a), qui nous tait connaître, en dehors d'un 
vers de son épitaphe (sans doute), une particularité intéressante 
de sa verte vieillesse. Cité par ses contemporains, tels que Yuî'iri 
(I, n°« 1 et 156; II, n° 12), bi^"i73U5 "'■jdoto (n°« 23, 60 et 100), r-nin 
n^&î (no 142), 3"i ûnb (n^^ 67 et 135) et, enfin, Beçalel Askenazi (n°-^ 8 
et 25), il est l'objet de réprimandes (voir 5. v. Mardochée Matalon), 
non seulement d'Isaac Adribi, qui était (vers 1580) en lutte avec 
lui (m2"'n nm, no329), mais aussi de Joseph Mitrani (a''"'n?3, I, 
n'^ 292), qui le traite de bavard (vnnD"i vmD:>:3 b-'nnm). On peut 
donc fixer le temps de son activité entre 1552 (d'après n** 15) et 
1581 (n« 21). 

Mgh-Hayyim (famille dont il existe des membres a Constanti- 
nople) (Isaac), signataire du n" 15, ne paraît pas avoir joué un 
grand rôle, puisque je n'en ai pas trouvé de trace ailleurs. 

Nahmias (ibn David), signataire des n°* 18 et 21, a été (d'après la 
pièce 10) exempté d'une partie des impôts communaux en 1571 
(cf. le clia[)itre : Impôts). Mentionné par t2"T:jn (sur ■l:duj?2 iu;n, 
n° 161, où son nom est orthographié \:Ji^'^7:n3, et n° 244, où il est 
écrit ^a^'^'Dy^), T'onn (I, n*» 51 ; III, n° 18), n73« nnin (n" 147), ^^•p^ 



LA COMMUNAUTE JUIVE DE SALONiQUE AU XVI' SIECLE 105 

^n^n (n** 10, p. 13) et Azoulaï (p. 3:^, Yb), malgré la cécité dont 
il fut frappé, il continua à exercer ses fonctions rabbiniquf^s (nnin 
û'^'^n, III, n" 93) jusqu'à sa mort, qui n'arriva qu'après 1585 (sui- 
vant n° 21). 

Nahmias (ibn Jacob), mort ou probablement tué avant 1571 
(n° 10; cf. le paragraphe : Attributions), était frère du précédent et 
est mentionné dans les Consultations de Joseph Garo (sur l^iDiTp 'n, 
no 8, vers 1557) et de b^i^u) ■^UDir^ (n» 60). Il faut le distinguer de 
son homonyme, que Conforte (47 a) nomme ^T^Ti by:l^ ipT, et dont 
il fait un contemporain de Salomon Lévi II (1583-1635). 

Obadia (Hayyim), fils de Jacob, qui a signé le n» 12, avant 1545 
(voir 5. V. Almosnino Baruch) et auquel on attribue les ouvrages 
û''^n û^^ ^Nn et w^^n û'^73 ^ip^ et des consultations inédites [Con- 
forte, 39a), eut maille à partir avec les membres du temple Ca- 
talogne (voir au ch. Organisation et Administration). Moïse Mi- 
trani, qui le cite (^"■«aîo, 1, n'^218), lui prodigue des éloges en 
approuvant ses décisions, à l'inverse de Samuel de Médina (voir 
s. v.)y qui s'est attiré ses reproches. Il est également cité dans 
ûn^'' n5o^n (n^* 55, 56, 161 et 169), Sz)"nu5n (sur -iT3>n pwS, n°» 2 et 
127, et sur ud^iz l^an, n^' 226), r-na-^-i -•-im (n^ 130) et hix^TZ'O -^cc^Ta 
(n«> 100). 

Obadia (Elie), fils de Hayyim (probablement le précédent), qui a 
signé notre n« 16,. n'est mentionné que par Azoulaï (p. 17, ^''^'p). 

Poria(?) (Jacob ibn), signataire du n« 12, résiste à toutes mes 
tentatives d'identification. Je ne connais pas même sa famille. 
Faut-il lire nmo p, famille dont un membre (Salomon) est l'au- 
teur d'une série de lettres inédites en ma possession et qui est 
contemporain de notre Jacob ? 

Saba' (Jacob), fils d'Abraham, signataire du n^ 19, dont le père 
pourrait être identique avec le rabbin Abraham Saba' d'Andri- 
nople qui est mentionné par Elie Mizrahi (consultation n° 52). 
Nous connaissons de la même famille Samuel Saba de Constanti- 
nople, cité dans ûnu:"^ n?3in (n"» 132 et 134), fils d'Isaac Saba' et 
beau-père de Joseph Caro [Tpv rr^n sur Tour Orah Hayyim, 
ch. 425). Dans mon ms. dont il a été question ci-haut, un ano- 
nyme rapporte ce qui suit : Ynm^ "^«p 5<3:>bp5< ^n iAJ2V nm^n n?3« 
n\n-'Tm n^3î< -«^nn nrjp tioin^T i<'^'^2 -p-^oy mm yno SwS^?2U5 
r^suj-'bn '^i-'Ni rsT>T ^d^dt t^Dcbn nn "^'û^:^ nn nnD72b "^n^iwSi 

Samout (Jacob), fils de Samuel, signataire des n<** 3, 5 et 13, est 
cité par ti3"n^i (I, n** 75) et dans les Consultations de Joseph Garo 



106 REVUE DES ETUDES JUIVES 

(sur n"b73 tii'Dy ■^5'«T, n» 2, vers 1551), et, comme Hayyim Obadia, 
il eut des démêlés avec ses ouailles du temple Kiana. Conforte 
(36 &) veut l'identifier avec Firmon Jacob (voir s. v.) qui aurait 
signé ::n»D, abréviation de la maxime « arj nu53>T 3>"i» niD », hypo- 
thèse qui semble être confirmée par les deux points dont ce mot 
est surmonté au bas de notre n^ 3. Si cette assertion est vraie, on 
doit dire que c'est par inadvertance que ce prénom est mal ortho- 
graphié (::"i^U3, au lieu de ::^73D) dans les Consultations de Joseph 
Caro (sur riit-'bm ûin*^ '^5■«^, n' 6). 

Sanche (Israël ibn), dont il est question dans le no 9, serait-il 
le frère de Méi> ibn Sanche, rabbin à Constantinople, si connu au 
XVI® siècle ? Peut-être est-il parent d'Eliézer ibn Sanche dont parle 
Azoulaï (p. 103, Y'^ s. v, v^b'^n'n d"^D3). 

Sarfati (Jacob), qui a signé les n"' 19 et 23, serait-il le fils 
d'Abraham Sarfati mentionné dans les Consultations d'Elie Miz- 
rahi (no' 45, 59 et 74) ? On est plus certain qu'il est le père de Juda 
b. Jacob Sarfati, signataire d'une décision (û"T»a'n sur "iT:>n pï<, 
n** 39) et auquel Samuel de Médina (sur udc72 )^'n, n*^ 13) écrit, 
sur un ton de familiarité : t^'^m ^^bmsn nbss nonn Ti^iXKi ""anrriri 
*]''5"':>n ^"1125"^. Nous connaissons deux contemporains de la même 
famille : l^Matatia Sarfati (t3"n«in, I, n° 148) ; 2° Salomon Sarfati 
{ibid., sur ^lyn l^i^, n° 15) et, enfin, 3** (du commencement du 
XVII* siècle) Joseph Sarfati, élève de Salomon Lévi II (Con- 
forte, 46&). 

SiMÉONi (Eliézer), mort en 1530, d'après Conforte, 32 a, a signé 
les n'>^ 22 et 23. Il prodigue des éloges (n»Dn n:])^ pn w^fz^ b^y) à 
Lévi b. Habib (n"3b-in, n° 1) et est cité par to"»-) (n«2)et ITo^aa 
SNT {n°^ 7 et 8). On sait que l'assertion de Conforte {l. c), qui fait 
de notre héros un descendant de Siméon, l'auteur du Yalhout, 
est contestée par Azoulaï (p. 125, D"p, s. v. "^TiD^DN 1i:>72^). 

SiRALVo (Abraham), signataire des n°* 1, 3, 5, 8, 13 et 15, et 
d'une décision datée du mercredi 18 Sivan 1559 (mnn "«na'i, n° 106), 
est souvent cité par Samuel de Médina, qui écrit son nom de 
difi"érentes manières, "nb^si-ii^D (D"n;m, 1, n" 44), mbi^nD (iMd.), 
•nbÊ^'T^U) [ibid. sur nT:>n pLS, n'' 187), et enfin mbi^n'^D {ibid. sur ym 
::d'::7d, n*^ 226). Le même auteur (ibid., I, n° 170) rapporte un acte 
de Joseph Piiito, daté du vendredi 2 Yyyar 1536, par lequel cet 
homme généreux lègue la somme de 10,000 asprès qu'il avait 
déposée entre Ips mains des administrateurs du temple Evora 
et dont les intérêts devaient servir à l'entretien des élèves fré- 
quentant l'école du rabbin dont nous parlons : ,m1:û3''D C|3'T' 'in 
npDDïib vni ûn72 n"i"',"'DrT»r ^^'z a^:3b ts-^DbwX rT","J:> i-idd:?: «■^'ipîi 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALOMQUE AU XVl* SIÈCLE 107 

i5t n""« ï-i-nn-'N 'p"'p ^i^nzi^^ ''onD ^^2. Son activité s'exerça donc 
vers 1536-1566 (date du n« 1). 

Tamar (Matatia), de Constantinople, a signé le n° 4, ainsi 
qu'une décision dans û"»^^"^ ^\J2^n (n° 148i. On connaît de la m4me 
famille, au xv« siècle (vers 1446-1500), Menahera Tamar, com- 
mentateur et poète (Graetz, VIII, 275). Est-il permis d'y rattacher 
aussi Joseph '^^Tjnn, mentionné dans man '^'im (n» 191) ? 

Taytasak (Jacob) (voir Graetz, VIII, 432), fils de Samuel, si- 
gnataire des n°^ 1, 8, 14, 16 et 18, est mentionné, vers 1580, dans 
mi'>n ""^nn (n° 326). Il a ajouté à son nom, en 1502 (n° 8), les mots 
n3&<3i ^!D (que nous rencontrons aussi au n° 18, à côté de la signa- 
ture de Salomon Cohen), qui font croire qu'il fut éprouvé alors 
d'un malheur, tel que la mort de son fils ou de son père Samuel 
(cf. ci-bas, s. v.). Il fleurit entre 1562 (suivant le n'' 8) et 1584 
(n" 18). Pour Jacob, fils de Samuel, qui a signé le n° 12, voir plus 
haut, s. V. Firmon Jacob. 

Taytasak (Joseph)^ fils de Salomon, dont Conforte (32 a) a vu 
la signature à côté de celles de Jacob b. Habib et d'Eliézer Siméoni 
(voir s. V.) dans une convention (n^^isDïi) datée de 1514, et qui est 
citée par Elie Mizrahi (Consultations, n" 52). Quant au fils (Joseph), 
signataire des n»^ 19, 22 et 23, on connaît ses relations avec l'illu- 
miné Salomon Molcho. Auteur de nombreuses consultations et 
du commentaire t)DV nniD sur l'Ecclésiaste, Esther, etc., il est cité 
par Joseph Garo (Tpv d'^2 sur Tour Yorè Déa, n°' 65 et 201, ainsi 
que sur Tour Eben ha-Ezer, n° 17, et dans ses consultations sur ce 
dernier Tour, n-^ 17, et bDin npafiî, n» 50) et par plusieurs de ses 
contemporains, tels que Tam ibn Yahia (D"'nO"' n?2^n, n° 1, en 1531, 
n°' 37, 115 et 162, enfin n^ 169, avant 1534), Moïse Mitrani (::''-«a73, 
I, n° 180, et II, n» 117), Benjamin b. Matatia (nwST ITO-^sa, W^ 3 et 4), 
Samuel de Médina (sur ::dï373 luîn, n°224), David b. Hayyim Cohen 
(Y'^i'n, Salonique, 1803, n-»a. n° 21) et enfin Azoulaï (p. 55, Y'bp). 
Contrairement à Graetz (Vlïl, note 7, p. 432), qui veut reconnaître 
trois homonymes (avec concordance des noms de leurs pères) por- 
tant ce nom, je crois devoir en éliminer au moins un, en m'appuyant 
sur une consultation supplémentaire de Salomon Cohen (II, n" 9) 
où il est dit que Joseph Taytasak de Salonique alla s'établir à 
Constantinople (N3'^n3N::oipb )ii^7D ^bn n'w5< nn^N tdtj bn:»rî ::-irî). 

Taytasak (Samuel), auteur de ïrnn"' rr^ii^o et signataire des 
n*" 3, 5, 12 et 15, ainsi que de deux témoignages rapportés par 
Isaac Adribi, l'un du mardi 25 Ab 1558 (man •''nai, n» 82) et l'autre 
du mercredi 18 Sivan 1559 {ibid., n*^ 106), paraît identique avec 



108 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

celui qui s'est expatrié de Salonique pour aller occuper le siège rab- 
binique de Magnésie (^"onïi, I, n°29;z&îrf., n*» 12). D'après Samuel 
de Médina (sur :2D'>a72 )':in, n°203j, qui, à la date du lundi 12 Tischri 
1562, l'appelle déjà un vieillard caduc (U5"«ui-' uî"nnr: n« "npab lï^bri 
pKira'«"'a bi^iToia "^''^m^D û^3s î<"iujjn), celui-ci avait deux fils, dont 
l'un Jacob (ci-dessus mentionné) avait pour gendre un Samuel, fils 
de Salomon Taytasak, et le second, nommé Joseph, dont le fils 
aussi s'appelle Samuel Taytasak. Nous constatons donc trois 
homonymes portant ce dernier nom. 

UziEL (Joseph), signataire du n° 15, est mentionné par Salomon 
Cohen (II, n" 144) et semble être le fils de Samuel Uziel, dont il va 
être bientôt question. 

Uziel (Juda), fils de Joseph (ci-devant mentionné?), signataire 
du n° 21 et d'un témoignage daté de 1595 (Y'^îJ"!^, III, n*» 103; ib., 
Il, n° 195, il est appelé priniToïi KSinn), est l'auteur de l'ouvrage n-ia 
•'bfi^'^TVn (1604; voir Azoulaï, II, p. 13, i^"jf, s. v.). 

Uziel (Samuel), qui signe les n°' 12, 19 et 22, et les décisions rap- 
portées dans ût'iu)'^ n^in (n°l, en 1531; n° 169, avant 1534) et qui est 
aussi mentionné dans ^''iDiri (II, n° 135], est sans doute identique 
avec Samuel, fils de Joseph Uziel, que Samuel de Médina (sur pi< 
^lyHj n° 1G5) nomme (comme son petit- fils ci-devant mentionné) 
pïiai72rj î^Dinn. Il est probablement le père de Joseph Uziel ci-des- 
sus mentionné (voir s. v.). 

Abr. Danon. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 



N«> 1 

nwX V2^'Doiiv ini2^on bD'j tz^Tob'on cri^nn î^,72Dsr{ pnrn 
.r-ib-ja N-^n t^"-" u^w::r, f 73Dnn n72Dcm t-ircn \-ib3 ir-iDn 
tzi^sonb D^o"'"'2n)2T tzi^LiDpnTj ymn ^'nyij tzi^nn i:\s-i ï-TwS-i )y> 

t*^b n\awS û-nnnbT n-n:b i=;OwX-i û^0"027ût d"JD3 niwN Sro v'-'^P'^"» 
nnD mnob nan ^^ r^a-nn n-^r?: p^d3t Naia Nnb73 t^cirm mD 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI* SIECLE 10.) 

bD Dip tzii-1723 y^'n'Or^'^^ V''^^^[':) n:37:b t:'^7:"iPnr: n:n:N •i:î<3 n:rr 
H^Dn nDTir riDbnn r-n2">^iL:?3 msvb:' mm^s nb^ -rmm.s -^N-n 
ïHTQinm nmn^ ï-tt^ddh bDO miD^'n b:'i n-inn b:' n",i72*::T 
mbnpa r^Tv n^N !-r-nn •'Lr-^a-i?: m-i73 riToinn n^nn r^b — ,'rî< 
■•nrt tDnTDDom ûmu5"iD !-imî< inri"^ r^bn -mi nm bzn r-noip 
nnnnn r-iniN it^id-";:: i^^n u5?d?3 12 ';\Na nmDi nnu::n c-ins s^-ir: 
tab-i3>3 nnN dip73 b^m ?-nmniai D'^picn r-imN irns^ "j^z r-i"n 
tnTDDona tz^i2iy ■'jon bnpi ^r-^-^ bsa nTvD:':r! n7:3S-r; mbiT 
mi nT^iJ< bD bj» nibbisn m7:":or;r; ^5< .v^si ï^"!^ bnpn "^ma 
•>nb3 13") ûî^i nr^îi^prt imbnpr^ •^i^n"' "^T» b:? t-ncrrr: T^rr^u: 
r-nn73in S^n ûmws ip-iîd'^ dn s^n n'^3'2^ n-nn ■'ir-'n-iTD n?:5or; 
pn .nnujjrj uJinD r-nn-rcm pit^To rrnbzûn ûnT^r? nnbTa Dbnrn'j 
û'^'T^nTD l'^u^j'TOT T^r\y'û "ijn:N ï-r^n ,n73Nr: bri i-^nn S:' ,n3 t^bn 
l^in s-i-nu;72 "n?::; bi-jn &b-i:> i^t ï-rnr?3 imN l->b::n?aT (!) rimx 
ton^D bj' mniToî^n mnTDinn h'zx: isnj'T fb:^?: isnt .m73«D niTair! 
ïnnj^Tû mm "nn bsn vït' tOwN ts-^Tobuin a^TDDnn J^iT^Don "^nba 
.iDiTDO^iD J-173 b:? tznb i-^nt tzi^ynn::>n r5'::^'73 ï-tt:^} bn- ûbij' n3>i 
to">"inbi nrD'^3> nn\s73 mn rrnn S;a r!n73Nb r\i2^ i^i ï-ith V"'"'' 
•^«3 bD i3>TiT nn^rj"» ."^"170 ^3ab m^b n^r "ir;:;^ 1:735' mp73 bT»a372 

•'ii:"'n"i73 to^j^nn "^maN '^'7^72 m?oinn tn72N nnsn m73Tva-i m72DDnn 
j^ni ,nmn ujn3 i^d;::^ ûp-t^i tzin72^on3 -inDin T^a.N m:>3u: nmn 
toibu: riT in^m ij'b rn?ûir tanpniiT dm^ 'mm^rt i:;3 nn^:"» C]n 
nsuj rbo:: m^b ût» lâ 'n tziv tT^n ■irm573nwN3 ï-nbu: i2-'2'«3 
Ssr!T "^p^snbu: ns snp^^: nb ^''^^n-^i ^•^37:-'oi rrr'ii-'b iD^n 

.tai^pn mn^ 

I rsr'T?: ^^ bwNiTou: l ^n-nws bN"i72u: nSn pn^r"^ | nrsoiTabw^* rT;î:73 

m3>2tn I i"i7:mD yb Sni7o^ -i53 npr"^ ppn | ith n-«3b ï-i73bu) 

I r7"nbT pNi:N"j^N-j Snitou: m"-in73Dn l'^y-^ \ iibN-jN73 •ir)^n73 

' NO 21 

rTiD"i2n "^^n )^y ^^Nn S]Dwsnrjn mbn:^ r-n^jnn ■'n\sn "n^^... 
..♦tDn-T'nn biTr^bi r^V:»-p73a mboD7a d^^ab mbpn nx t-nspn ipnb 
r-n^D: nii^b tomT^Dor; 1173:^1 13733 &nr::D32 d\s:3nn r-ibx 
to-^DTn ts^b m3n3 npTnbi rj73^^pb nNLjnn n-iin pinti »t=n'^73nn2 

* Dans les noies suivantes j'enregistre les leçons erronées du ms. et indique les 
sources de quelques passages. 

* Ms. dn73an3. 



110 REVUE DES ETUDES JUIVES 

•^7:io-iDb tD"'n^':J3i nnT:;^^ » npinn uîin S^n î-iN-ipb n^^'^nt 
(^Nmt] ûm2N) SDorr nn ...f^iiDïi nna^D nDnuîn abi *t>«D"«3 
^ iTOT^ PN bbp-^T mapnn t<i-pb t^d nnD"«T 0^*03 û:?dd r;2"^nb nby> 
Tibii -^nni DN t2::'73C3 mbr^n i^Tonm * t^'n biD m?::' innsm 
ri73 intDN-» T^ni< bwx o-'n ûh^^dt *— nnnn iCDb-" pTm '^birt bipm 
rTj;::72 ï-rb^ br) -^d ij^n-» Nbi nnn^srt n'n:?m ï-ibwNrs û"'p^nn 

ûr5^52"i72b T72-1 DHi ti'^pn'siiTû bin723 û-^noi^Tan fpinn 021:2 nti 
^3 *" riniir qn^r ^ Ni^b ts^r^ m:?: t*<b '.i^w « n^n inin^N '-inbi^'i 
fTnDD nn'J3> ï-7b-«nn ."T^n Nbi nn nsian Nbi Dbr)n lyr» t^b 
t**ib us-^NT Dn-in): ^'rprt in:>3T n72"^-in"' 'n *=* n^wNb?^ bDU5 ** iTs^Don 
bnpn ^T?2?3 r^inbi *=*073-i72 N3i:i '^anp rnn its^odh my its"»^*^ 
i*^ D?2n ^y mp"^ ^dt ^-^ oTonnn n^T ï-i72nnn pwS '^ y-iu:n nx Tnnbi 
tsm npnn nn^^n ï::x> n^-12 ^^n ?->inD^ "«di oTan 173 -n:2D ri^nu: 
T731DT b''^3> UN "^D "^^j^ ïiiyn '« Nb -iND ns-» ïtcjs S:dt *" o»3t ;257:u:r{ 
t-iN Ti'û^^ l"^^! bm b-^D"" nn û-^sb^ b"^5-i "^bin bDW nw-^Don iiy^ 
npnn ''^'i"'^72 impo-^n '^N2:»b ^^-^i in^'^D np-» -^ps by ^nr»yi i-^in 
iim"iû3:j>"' ^^ n-irûj'n Dnn rnD3i:?jn ^lon in r-i"o "^mcn nsisn bDT 
V"ip^ b:DU5 ■iTû'^Don Ti:5> .ï-i-indd m-»Di:b t3^r:ji03T nm7:n -^isipa 
i:>3 f-ib-ibn 03Dro 22:* bDi "i^2^y 1^3 mm inp ^^"::■' ** onsTî 
tzimp;:: 172^30^ i^y t^sd by t-noT: ito-^O"»! tido in:-» nToT^n as'CNn 
rrb l"'N tzNi "b;'3"i îiniN 'mn^D pTnn *;pTrj;D b:'3b nbsn i^nnï) 

» Ms. rrpnna. 

« Schabbat, 23 3. 
' Job, III, 1. 

* Nébémie, viii, îi. 

• Ezécbiel, xxvi, Xi. 
<* Ms. iri'^T. 

' Ms. !-5b:2^. 

» 5a Ja £?«//•«, 8 3. 

» Ms. «jnujb. 

^^ Jérémie, vi, 29. Cf. jér. Me(/uilla, tii, 2. 

'* Ms. n^D-iDiun. 
'••' Ms. n:Db72. 

^^ Daniel, viii, 13. 

*'* Sanhédrin^ Ma. 

"* Deutér., xiv, 15 et 17 

^^ Ib., XIX, 16. 

1^ Exode, XVI, 21. 

'« Ms. -|b. 

»« Ms. p. 

*" Ezécbiel, xxi, 31. 

«' Ps., Lxiv, 32. 

" Daniel, viii, 5. 

»> Cf. Kttùxibot, f Zb. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUH AU XVI* SIECLE 111 

nba^n nnn nawn iduîm t:y ini< ^^t< Nisjj-'© ■•73 bso ■i73"'rDn 

ï-ib:>7a nb:?-» t*^im *u;''?3"' c*<b I7:np7j7: n:::^ inmp b^n iibb mnnn 
::3>7:">^ "^îd b::u: iTo-^rDon ^^:^ '^ï-i::73 r:u73 in'^ aib^'n bynr^^ nbyn 
toi-iam ""nb-» mannb rr^nm rri-isa pi03^-> s^bi • r-n7:nn nx 
•"• tD'^nnN tnu:N3 Y'p ■n'?2N inui^n Gn"iw\73n t:"^72rT v^ imp'::"«;3 
b3>3rt riN l'^Dis ï-T-j-^r^ bN'i:m «nn^n n^r:' 'r;:nro î-icn bDi 
osDn t<b^ ■i7j'^sDn ^^y ^^nion nnn t=i-'-n:''ij "nmb-'DN-'T ''ï-Tij-iab 
nb^ 02:Dn t*<bu3"i ^^'^hd n-n"'^ mnn *'t=:3^ un ^d ymwb n-rt^ 
irr»^ 'i73'i:DDr5 n"i::> ^'^Ti^p^ nni:\n nnm ^"^n^iDT p^^^ws ^y ^d ï-iDinb 
ton^ii 'i73"ip"' to^innn •'lisbi to-'SiDT "^32 un 's o-'ra'iJT^a ribDb 
imi û^i3NT " in^m u:nn dn -«i innrr miron ib::»-' nV:;"! '• L]'^572m 
f^DT:^ tz:y '»5U)i r773p"n ^125 *» topTjnu: n7:^Don m:^ ^n^nn mr^n 
t-inm p73 r-inm û-^^p bu: tnbirn733 nsNisnu: D-'ii^brim r-ni:bn72m 
Tiy CjNr: *^ -"inb nisb"^ r]Nn "^t^td"! r-n^^niûm p^ i-nisn?: b-'^To 
n^N-i b:' 3>mr) f^iU)-^! ujn-i "«ib:\3 r-nmnna ^^""0 "^73 bD-û ^73^DD^ 
ny ^Nn ■'iDni b^N ^b-^n ^«-n riD^b nymp nn'::-«a •::n"i t-i-'3i 
ab^b imN iD-ibus^o " nb"iy i^nt nb3>D 3b -irsa uj^n bsu? i73^Don 
"-i:i:d nujm M^rr»;!: nuj"^ Nb tzi-^irb nujiTDm ^<^uJb ^^no-^ t<b'j -^73 b^n 
ï-t3-i:^ïn ïiD"' niy^ bDu: n^Q-iDon 11:' ncnn-» t<b Q■«^:^3^ 2"::nn 
qoD2 n-iDD^i riDN b:' tziT2 ï-n33>i r-i03 r-iu:i3bn r-iambn 
bnn t^bn ^^uj:;i3 bv r73>73^ «bi '-^'^nDm m:>-i3^m (?) »» r-n:'"i3i:n 
ï-nNnrt m'nnp nn3>nm ^n rj2 nn^a r^bn ^«ann mn my^yDb 

* I Sam., XXI, 9. 

* Isaie, LViii, 6, 
' 76., xLi, 7. 

♦ Deut., xxvm, 43. 
» Yebamot, 63 J. 

• Abot, I, 5. 

' Ms. inaïa. 

• Nédarim, 90 b. 

9 Cf. CoDsult. pni£ ■<-l3'^, in, n» 140. 

»» Ms. inb^N'in. 

1^ Sanhédrin, 81 *. 
^■^ Ms. Tomet. 
*^ Yebamoty 65 c. 
I* Isaïe, XIX, 15. 
i» /ô., III, 24. 
*^ ii., XXVII, 9. 
1' Esther, ii, 21. 
*8 Ms. d"lp3U5. 
19 Ms. "^-inNb. 
«0 Schabbat,SSb. 

" Ms. mj'msrn. 

^2 Ps., LXVIII, 14. 

23 Job, III, 18. 



112 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

muîab n"'rin î-r^Dm nb-^Dn to^bbn D'^a-n ;aD3n n&< ï-n:>3: •jy^'i 

!-7DbT *|Ni:n rion? ïncpn n^ tsNi * nsin "nsD b:> uîn mbi^wSTab 
M::i^i ^ ï-iDD DN ii:i:pi « r-iD-n:' bi7373 ï-.cîni mx ipbTST ^ !-js-n:>i 
napn ^\:;n û^:i"^^om tz:"^pinrî nb^n û^rb m ^ ï-isnnb vm 
tDCD3 nrnbT '"^''^ann mb-«b:? bbirnnb ^ ti-^a 1-573:11 a^DircirT^rt 
iDip ^i<np» no2:3ï-î n^an timN iN-ip"» lUiinna dn ^n?2T ^* to-^i-iob 

."'»ann tzïT^pbn nx Sdn"^ pb 

N<» 3 

lrIr::D^^::ï:^p iTûb^a i?2^n b:D itd^doîti ^^y^aj'a main^ f<bi 

(!) tijy'^Diï-î D'^misr: 3"uît nauî naa ^'inb t^?:-" ny^an 'n tzm 
n'^i'a n;::î< m^inpn mbnpa rrnn ^i:"»3-i7o û"^?2b':;rj tzi"«72Dnn lirnpn: 
mo^sn hin3 i"::-" mbnpr:?^ nbisD ^Tin^ tonTsyn •^p-'Dibo r-^Nin 
û-ii:-! t:j5< û^Tirr^ ta-^ujiN ^-^ ^d tsnb iii-in ncN ^y i'^z-^ '^5ibN::Np 
ujpnb tDrr^SD n^D û^':^ n^":"' •^bn?^ niT^n^n ûni:"'n7273 rnNLtb cop^ 
mnin^r: -'^'^"jy-i p"i •Sî^T^a'^i nu:73 miD î^b na.x mbron nrûi-r^ 
n32 -iTo-iDon pb .ni->-nD?3m nnm^aïi n^n mN^2n:m r-noDinm 
tovpb m^pn ipnbi f^mri nn^b tonb r7Din::r: ïroipr: n-nm 
t;n^ by Nb ï-iu:wS in uî-^n ^wS-iC"» -13 tsvj "^tî'^n îi^n"" 5<b'û mn 
t^bOT niD J^b nrîN nbns ><bT rr^uin^ n-^onb tsnnN t^ Sj Nbi 
&i-in.x T» S:> Nbi ûT^ b:' Nb Sntij'^ "^327: nn^x ûr:: rr^î-iT' 
ï-mnn ""d b^^ Nb&< n-^dti: «bi nsDin f>ib nmnD lît î-iCTn"» Jianb 
y-iD y-ns"^ nu^N Sdt .nn D-^ninDn t:\s:nr; -«ddt rT^n73ib -^d by^ 
r^in ■'nrî nriin^ in ï-ibns in r!;::-n-' i-nr> xb -iuîn tz^nann ujpnb 
Sy i"!-':»"^ n;aN t:">n3>n pi .nv-inb-i t=!^73u:b mn:73T cnmtj 
tanna û^b^iDD Drs tis:^ n"'i7:ib ^:Db rnD Nb "-r^aN Tsn to-'-iann 

» Ms. n^Ton. 

• Il Sam., XXI, 11. 
' Isaïe, VI, 6. 

• 7*., IV, 5. 
5 Rulh, I, 4. 

• Lévit., I, 15. 

^ Deulér., xxv, 12. 
« II Rois, IV, 27. 
' Isaïe, VIII, 19. 
»• Ps., CXLI, 4. 

" Isaïe, I, 22. 
*'' Osée, V, 7. 

" D"^ta b^ mNiD^y. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE l)K SALONIQUE AU XVI* SIKCLE 113 

mviih ^1^1 .ûrjnm^'T bt^n'O^ ^loitz Sb^a û"^r3irm tzm fzn 
173D ^p"^5ib'::3 iu:n nvo3D "^nn Sdd iiisn ■>n"' nn':: bD3 rnnrî 

-i"ri3 np:'-' 1 ir^^i^obN ïtD73 | rrr^i?: ■'-i b^iTO':: l ^t52'::wN rr'nbî 
^"nn^sn b^^n | -«n-rTN bNi?30 n"D3 pm:^ I •j"n730 r"3 bt<i72'j 

.n"nbT p^n r-r^n-iD 

No 4 

.«"j^"^ rîî'^nstû^ipîo ïimb^an ï-T73So^r: ocia nos rsTT 

asus?: "^nm^ is^itn "«nst:: t-i?3N ■'u:3n i7:u: '^a^inbi 'rr ■'nV? 
tD-'iiiio û-«^i:>i n^:i -«-m:» ynsa iiTo^b û^mn:; .pia bD ^'p'^m'n .piiTT 
^■•^lîDîibi n^iU'^nb ,ï-T-)NDn bp72 ûnb .n-na:; d:' 3^inT t=r;b .nmnb 
tD"^irîb-i nb'^oTDin bpob ,ï-i-n::ar: cjc^îto ûnb .r-n^r^ arn r^N 
t=3b"i:>73 nu5&< to-^ma:*!! û"'"i'^3:;n rtT^n b^n^D"^ -^33 ']in73 nbcDTjn 
tz5"«"nN2rj û->nDno b^T ts-^^oiDn buj n"»^* rTjy72 "^orNi tzcn •'•:::wx 
ton'i:i'^rîD73n nn^Tosm un n":s>'^ '^p^2^b;D3 ncN u^^pn mbnp cnpa 

tijsnbin:^ nnbi&ïi înn?3nrî ^2^:1 'nbu5n in^T^ 'ibuîn n'^apa -inx 
r-iirp DU5 nvn t2"«n"i nni 12^72;^ "^"«n tsiD^ar^b r-'-nrib i:wX3 
û-'-isi '^1b^2^ '•{bxDTi by\ uD^rr^rî bjn "jinn by tzs^pbin -icx a^u::wx 
mND"iy '3sb tzin-iD^ss^ ri^isrib np-^5'2 nnsnOT bb^rt )12 w^i^-^v^ np^so"» 
rrbmm n^ai-i-'n bN y:inr:: riTan tzi-rnsyjT Dr;\-Ti^":jnDrT ^-imn anb-a 
t^b n2:;u3D 127272 fn5>^ iiwsbss nsm .ïTsiîiipr: n:n-nn aD"«::72D Nbu: 
m72buî nmu:rî ^-^y i72'^ujn t**jb nr n» b^n ï-jt n72 nynb b^i: 
b^ tin-i72U572b rn-i72^72T nTS '^xDyb-\ rtrr; nn-n ms-ib D::nby72 
ri725Dnr: rnvrt nniTo^rj r-ij^^'i^rî nn^x .Q::nbn^:i i-ibr;2 5n:72D n-nn 
l-'Ds'rn nnîTi "iidn V^^^ boar; ^nbnb bNT.r-' niiiiDn bD3 ï-T72np 
rT:'^n72m 'no-i omit ismitD «b -«id tars^b^bD "^sob mbnDm ï-ir::'n"'n 
:2Du:72rf ûip72i n:D-ib72rj nod-i bxn^a^a ûwSt i^y t^-irr T»aN nNTn 
pi ■i^m72'ii:yn ri-^ianbi bo^-^b bNT::^ nn ût^u rT:;Ti"« t^b'c 12^:; 3? iu:Dri 
ti723'"i':j Nb dN n;::^ Nbi m:\^< j^b dn-^mN^ny "^icb rm^ibn u:"^:inb xbo 
n^DN pn t-nbnpr; ^"2 -inm -noN in ';\s\:: nmn '-^cnt nmn 1^3 
■n^^irt iD-^nx nnyï .dm?2Dia-i ibis sz^2"^3rn "i^:> ï-nu:y5 ii:im ^i\"i 
ribnnnd aî)u:72n pia pmb tn-iuî^D r;72 r-n^ r;i::^ ii:iin noim 
t:\-i72u:72i d"«72nn?3 '13wN p^^rrr diD^^T rr^n n72Sor53T nb-:: t-<-202Nb 
tnbu: r-,iND"i:s>3 n^un^T t-ibns ^'nn-^uj nujwsn ^^x bs nwS t3n372i 
to-''T'y72r: ci:'!! 'tsîi ;z:"n3r: Sb^aT 'nuj^-i rTC72 md t^b n-rx 

T. XLI, N» 81. 6 



114 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

tri» nm incN IN ^^» j^^mnn i^n tD^p-^înT^n ''^rt rsy^nm Sy 
nujp-> nuJN ;2j->Nm .m:: r::"i3 ton in-nm 'n ^nmN ^y^ «rrin^^ 
innis "I3TN n-j"" 2>ib T^nTobTabT vniTû Snpb yi?3':5 ïidwN"^ r^bn id-i:^ 
ï]-n-ib t=3"»uinn ybns i:n5Nn «nn npNT riT t^nn "^tî fc^ua irbM 
riD iN"^3nb Tiui:"« dni. an;:5!i nnn Ti"3rnbi n»-in ^:> T'inN 
^•^N "^SD» "i-n^n Nb fcnNi .bna buî r-nbuîb'::^ iN-'snb nrb:^ 

'i5"'i:3>T^T ï-i3n^ji-i33 is-'aDtuj n-^^D"» i33-«i niNb N^iTi"» rn72N i"'"'n 
iwnbuî r-iDio nrb:^ uji-id-^t nbcn^rr mi r-isio û-ip-^T i-rbnnsD 
t^nnn Nn-ip tis-iTiNu^np ï-td d-^wninr? to^^nî^ "^im î-td ^y .p» 

l^pn t2:Dn-iT:>b piTa I ïn"rtbT t>i'^">m "; m^ n"n7353 en d3:>i:-i3 

."nizD ïT^nn» ^^y^n tDdnn'i b^^ Tim mn n^a j «^■«b-'n "; 

in^niTû^nn t:y na"^nn n3\n m^n mt^ ipn^'irj ibbri r-n73Dorîn 
ii»:»"^ pTsb n^Nn n"»jsnbT -^"it^-id nT»::iN72"i n73"'->ip73 n^HN J-rDDan?3 
r-i5W 'N n'TN ^a^n "^nbui '5 toi^n ns nsTsnm tDi^nnD û-ia"! û"'»"' 

.toinpi ipi5ibo3 J-in-^it-^b rifcrr 

N" 5 

.tD•'p^"la!^ nm b:' û"'?jb\i:n f^^^nn i7a'^5Drîu: rt73r)Dn 
S"Tn ^n^:^•l ^"l^73^^ m-i73im to'iri'^'iDT Dm:* î-i72:d irisn m-'ïib 

t3">72:i"nn bu: i-^bip^in ^nncb Q-'^bim it nirnsn û^irnDnTûT ^=^^b^n 
* Swsm 

l-'nb lî-in tDbi3>n njjTii )V2 ùr:? ::in\Db Sn-ic-' iz T^n"« toio 
'iDN û^73 "n::72^':j t^bi iTosi^^b Nnnn nonn ï-7^rî-« ûwN nbiT 1731::^ 
fnsbb bisnu:"^ -in ût:: ï-rDiT» ^<b'0 n72"ib ni:n:u5 n7:i ri::inD 
^i3»b in3i30 pi"i D-inirisi D"^73-i:iin bu; tD^-^nni^Tj rn-^nn aincb 
D'^OiN 1112^ li^ 'y IN '3 lirnpn-iuï n^rr^ on S^n pbn nr^s tsc» 
tonn û-^uî^Nb y^ tn f^-^nn nTonnn tzirr^^'^a pibnbi Liinob m^bb 
nbirri bbiD ,nNT i^nT^^orr nnby ^<b riT Sr -^rs D'w\si N::n tzrj 
yin :û")nu:b n^bb Sntj'^ nn dio Sdt> «bu: riNT i2n72Don73 
Sdt" t^b p 173DT '.nsnbwNob ynn nr^m i;bo D^^n3-j7:n J-1^37: 
nbiT ï-iDnbNon ^in pnnbi ain'jb '-,'û"^ nn ano nanT" c^bT 
tonbiTT ■^p'«5-ibuî3 nujN ^''^-^ '^''-pTi -^TûDn dti nN:3 am2:n Q-'pman 

* Lacune dans le ms. d'environ sept lignes ou quatre-viDgts mots. 
' — Boucherie en turc. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALUNIQUE AU XVI« SIÈCLE ilo 

tzn'i33 Tiuiy J-fsrtbNon ^in '^Lt< ainu;b 't::^ ",3 zto bsv c^b 
cbnD rr^rr^ Vir-» p"pn\:: "jt^t bs pv r:T bsn tzîbi:rTJ i^int hj: 
bnp nT''Nu: v^^i ^^ '^^ ^^^^ 'f^^ ï^inbt^on i-'rrs r-,nN miiN3 
yin nu:3 "n3?3bT r-nnn ws^iiinb tz:^3D-> "^p^ribcD -;:;wN i"j:-' p"pn?: 
lûinus-^uj pTi2n TN n"ir"' p"pn r-m:ifi<7D u;-id">t ^td-^i ninbwxcn?: 

Nb dN 'T3n nsnbNorî '^in ïû-in'»::"''»^ n^T^ ']i<^ n"-> p"p3 n-nn ■'2:"'n-i?3 
^-iDiTî rr^ri"' •iu:D3>7aT nnj^Ta 'Tsn b^Ta nm Dr*:: br n^irm .ûn^s in-:"> 

■>-!Do m^oT ^03 V"^ '^-'^^'' '^^■'^ ^° ^^^i '"'^^ ^"'^ bnp73 Snm73T 
n^5<-ibT rtuîTTpnuî ^m ûiu5b n^'sUj^ pT^b r]n;jL:^ Snt ';-«?:oip 
a20 uj^inb 'c^'^u^ 'n 'n ût" Drn ns irm?^^: i:72nn 'T2n Sd r-n^Tbi 

.tD"^"^pi ■'p'^sibiD rjD r!"i"^s:"^b ■i":jon n:;:? 

I la-^^uJiTQbN rT;2:73 1 t-T5"^^?3 ■'^ Sniw^ I ^T2su:is ï-i"nbT "«ibn 
bN'^sT I "^an^N bNn7ûU5 n"D3 pnif | i:"i72D 3'"3 b^iTiu: n"33 np:'-' 

N° 6 

m5>^m ûib^u ninriNi rtsriN n"«-in n-nsb mbï-ip ^no "i^n i-iTason 

bN û'^uj:;Dn d'^u:35< nnan nnp^ nsc '^n"'DO "^nn bj' "n^: ' r-i?: 
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&nD0733 dnTo:^ -innnrT^T isbrtp '^inTa IwN^*' riTn dvn Gi::* i:' 
N-'-'b^auJNpi bN:;rjmD73 dbiy ^ri nn:j>73 nn^'^nwS d^sdn b^i .a^'JTj^ 

^ Sur le siyle ea mosaïque des écrits analopi;ues à celui-ci, voir plus haut Intro- 
duction s. V. Moïse Almosuiao et Bevue^ t. XXXVlI, p. HO. 



116 REVUE DES ETUDES JUIVES 

mbuî n5-'3-'2 tibuî m n^m tobir i^t ï-iny?^ nbnsn pbn tonn 

No 7 

ûi-i-^oss^ -inn"^T25 p"p!n7a ^irin t-i'inirr noia 

to^miir id:>73;25 'ibo 'p"'pi-i nbrtn nbnp npsN np^^ir npN5 bip 
nT::Tiprj mbnprj bD3 û-^D-irsn ta-^s-ij'!! v^^ V^^^ ^^ ^t^'^DmD:^ 
£3^:'*:;i G^p "^t^^td tsn^br mitpn "]n:j'rT n^':: ';-ibD-i'^ ^<b t^n 
rjr72n:T icûaiTansuj m^Dii: Dn^r:»! (!)m-'im D-n:^ -^^ r-iv:i73ip 
ïiDP'^urrn ûnsibn isrTQ'^D nujtiDT n^^nn ûT^b q-^d'^id ■^b:?n!m û-^o^^rr 
"Ti:72 in ï-i:i?DNm n?:N3 nai^D ûn3:>a rî:?DN: rtman irt<"i p ^^^"lj: 
172T3 tL^5Db T^rî"^ ïn727j Dn^oD373 TTT'^a ns^T^ -iu:n D-'T'n'i ï-i7::3 
'-laD;^ D^nTon?: p r<"i p"prr opisn n-n7ûï:"i b^n riDi'-i:' ri::"^nyr: 
3TJ "^D 131733 "1:173^ .131 "^i) ï-fT- Dvn Tj^^ ^1^ ïic^s TwS73 in*: 
'^"i ï'^" p"pn ^lyn -iinf^ t^^tb^a ûint ûTibN -^sd "^r^^n nuMs*^ ne-»! 
ri^N-ibi mu:T7prs mbnprs biDn ^^n ^nr Ti-oy^ ^y nmzh "^d ^o 
.ûV"! !^"i''i^"'b b"u5rT n3U5 'nbo tiv ûrn Dnn:n nn^D an^a 

N» 8 

Van::'3 ï-i-nn '^ifin-173 ba d:* T'ïT'^ m^i^pn mbnpir! iTo^aono 
ri-iinn birbr j-itto ^uj733^ û-iTanai n73N3 irT» p"pn -"T^n"^ ^n->D 
in'^::D-' nn-" ay -1^:^x1 ria.snnn p"pn ^Dipn ■>d^33>3 "^a n an a 'va-» 'n bibm 
ca-^r-na '^^"'pn'û ï-r>3b -lana ca-^j^rii: n:n2N':: -i72Nb ;a.\n n3>"^r riaca 
i:ba i37:aar: p bs^ r<^n nan -^a j^a-nn ri^^vi p-'Dri mra a^DT^n 
nn.s ba î-iani: nib^ n-i73kN r-n7jin3 irmbnp a*aaT n^'ai inm in'' 
•^i:'^an73n T^n^ a^ l^an:' "i'»ai'vj -j^: qiod a^Das j><r»a isba n^ib 
bnnujnb liV::^^ i:bDpi abij'a idin aiuja l'haïr: 'p"'pn^ niin 
ba n;3 nNT (!) irn7:aan T'73:^*rjb i3\-nbnp nnnn ï-nirn T3' baa 
1D1N1 ni: arra n-nn ■^ir'^an73n lan:?-» r<buj iDiwSa rr-imab a'^Tjpn 
.a-^pi nn-'it'^b a"a'»arî na^n nnu:r n^srn 'n ai-" aiTi nr m^m 

'^/'aa pni:^ i irn rr^ab ï-T73bo I is^roiT^bM ne:: | nb^-i^a amax 
pî<i:wN;a^N:: bNi73;a T'nToaa ap:^^ hdnst n?: | "^a-n^s bwNi7:u) 
bwN-^an I nTDD^aN n"nbT •^ibn v^"^^ ^"n:ûaa nn | r-i"nbT 
■*ann73 I nrn7D -^t buxi73^ I n"nbT pan n^n-ia ^"-inT^aa - 

♦llbNUTD 
^ Kiddouschin^ 44. 



LA COMMUNAUTK JUIVE DK SALOiNIQUE AU XV1« SIÈCLE 117 



N° 9 

'lyjzb ibn-p "^lyn t-<b^ mbnpn ^nra ozd"" c*<b':: '^^r^ 'i 
.N"^*"» ibnp "^uîri* riniN i^:>u: i"-i3 i^n^x ûb'^arr DDnn 

^UJN bN-iO"» ïmbnn mbnp ^^iyi2 ^^"^o^ nn^ ûr ^cni rion^rra 
ûiDDT^n ^3■^3pT3"l •i5'«"i:'33 i2bnp ^n^'nb v.znfz n-ipn e*<":>'^ ^p^:V::î<cd 
bN-iu:-» 'nnD nbyan i:"""!-» -i^nrirs r\'D^iy tnrro -nn 7^;n3 iûs':;?:^ 
ts^^HN ûnnn nnN rssuj d"«^70i:2 n^m cbs 13:^ Y':^^ '^i:-:; "j 
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"T^n^u: qN m^si^iNn b^To i"'-nn p n^m Mb^bn iniws ^D^^.y^ wsb 
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&"'i33>"iu:72 "irsm 1DN )^'^iy û'^Tars û-iju: qbwS -i2"''«n nb^i<T ir::T 
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^D»^p?^d^ i3^y mn"'\i: "j^st bduî r-T72inm nmnd n73don3 nsTcsorr 
tabira stD V'^ ût:: 137:: rîn:;^ ><b 'Tin '■'sra "; b.ST^r-' 'nn n^z^n 
ntDn-" imn pi Y^ly^ ^ly tz;^3?aTn» v^t ûi;:J3 t<nbi:ibi:; rpD cjwXt 
n"nD i^nN l'^^^^y "«dir mp*^ nmn bi^ j-ii&^bi nDi73b nwXT ir^ciN^ 
i3^Ni by tib^y nntD^d d''n7au: i3"^^n 15733' b->n:;n n'»dN iDb m-iay 
"l'iNb 't '1 di-«d ddb dmdi nn73;2:3 dnnsi nnda n^Nibi .n^n 1:^2:1 

♦tzs-^pi ^p''DibNu:d p"5b mm d"'">i2'ûb Nipb nro 

(i4 suivre,) 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 



(suite et fin *) 



2^ Rabbins alsaciens. 

Abiezri Selig b. R. Cevi Hirsch (Boux.) Aaerbach, rabbin à 
Bouxwiller; son père était rabbin à Worms (v. plus haut). 
Selig Llirsch Auerbach fut un des rabbins qui adressèrent une 
pétition au Conseil souverain d'Alsace concernant l'exécution 
des sentences des rabbins, et à laquelle il fut fait droit le 
8 mars 1*765 (Boug, l. c, II, 694). Sa femme était la sœur de 
David Sinzheim (Lôwenstein, Kurpfalz, p. 310). Sa fille 
Keilah était mariée à Leiser Oppenheim de Worms [Memor- 
buch, p. 56). Son fils Abraham, qui a écrit la seconde intro- 
duction au^rn 'T' de David Sinzheim, demeurait à Strasbourg 
en 1794, rue de la Loi, où il était l'associé de Séligmann 
Alexandre (Rod. Reuss., Séligmami Alexandrie, Strasbourg, 
1880, p. 33). Plus tard, il occupa le siège du rabbinat de Bonn 
(Lôwenstein, L c). En 1784, il demeurait à Bischheim. 

Abraham Wittersheim, rabbin à Marmoutier (Balbr.), ou Abra- 
ham Dreyfus, rabbin à Rixheim (Rix.), né à Sierentz et 
mort à Marmoutier, le 8 juin 1819, (Communication de M. le 
rabbin I. Lévy de Marmoutier). Le Memorbuch de Rixheim 
dit de lui qu'il fut l'auteur de nombreux règlements et que 
c'est lui qui fit acquérir un terrain pour le cimetière. Un 
Abraham Dreyfus, fils de Salomon, est mentionné dans le 
Dénombr. de 1784, s. v. Sierentz, n*^ 19. 

Ahron b. Moïse (Rib.) de Lebub (Boux., Is., Rix.), rabbin dans le 
comté de Hanau (Is.), appelé aussi Yehezkel Moïse Ahron b. 
Moïse (Westh.). C'est l'ancien livre de la communauté de 
Metz qui nous fournit des détails sur la vie de ce rabbin^. 

* Voir Revue, t. XL, p. 231. 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 119 

hii riiiîti ^mn73 p b^pm-» ri^?3 ii^ïin n-iîrt?3 b^^ar^ ann *2N'^* 

n-nn2 pnnm bm^rr ^inTa uîtû Nb r-n:>372U3 mn:^^ mnb?: rin 

rjmnb timriD nn^n in^ai ïinnn ^^i^-ûbn n^-nyn^ nb^bn z7:t« 'n 

nom ^p^L: û-nonTa "^t ûnb in^T n-nn "^nT^ib t^^D-'b nm^m 

mT»25-' ni-zy Dnb irr^b nmcab un^by ûU5 inbi n-'r:?T nnona 

n*^"!:: ppa iniDan i^nsm t^sd nnuîTa bob n-«:373"i ana n^m 

t3-in\23yb m-ip t3-'Di?3Dm mriTarn v^^i^^^^i'^ VV^"^ ï-m72m 

dnbiD ti^m ûibuj nmx tny bsa ud'^utsi ï-ipn:r n^y^ nr:) 

î-T<!m d^c^pnbT tz:''-i^;D3>b d^5D t<^3 t^bi ".n-^T^Nb n73N l^n pi 

tî-^ams V32 to:»"! i"»nn T^bs^ p-^^ism ï-inn^a tbnp-i 

.tfi 'ni3:>3 npni: 

-lassi ^^"ipn 'îi^rrtîa nTnwSi d-^snnnnn ini:3 te-'svb:^ 

âiri iiuîn^^ u^iina ib:^s ^^"«t it p^ S-«b ûûî3 

: OiTbj» ns'^nTjn I3"irjat):''in3 nnn^b n^pai psb 

Que Dieu se souvienne de l'âme de l'éminent rabbin, R. Ahron 
Moïse Yehezkel, fils de R. Moïse, originaire de Lebub. Dès sa jeu- 
nesse, il ne quitta pas la tente (de la Tora), se consacrant à la loi 
divine jour et nuit et formant beaucoup d'élèves. Sa maison était lar- 
gement ouverte, surtout aux pauvres étudiants, auxquels il donnait 
tout ce qui leur manquait; il se montrait pour eux bon et charitable 
en secret. Il leur donnait de bons conseils. Il fut bienveillant et 
généreux envers tous ceux qui le recherchaient. Il exerça les 
fonctions rabbiniques à Trêves et dans le pays environnant, à 
Westhofen et dans les environs près de vingt ans. Il fut juste et 
équitable en tout temps, aimant la paix, la recherchant; il jugeait 
selon la vérité, n'ayant d'égards ni pour les riches ni pour les puis- 
sants. Il fut tourmenté et accablé par des douleurs atroces pendant 
neuf mois; il les accueilli avec amour, acceptant comme juste la sen- 
tence divine. Ses enfants distribuèrent des aumônes en sa faveur. 
En récompense de ceci, etc. 

Les supérieurs vainquirent les inférieurs et s'emparèrent du saint 
Ahron, et il décéda avec une bonne renommée le samedi soir 27 
du mois de marheschwan 473 (1712). Il fut enterré le lendemain à 
Westhofen, en Alsace. 

Je suppose qu'il faut lire dans le Memorbuch de Bischheim, 
fol. 4&, ïi;ï552 '-i^nn^d inn&^ 'n nin li-^^i», et qu'il s'agit éga- 
lement de notre rabbin. 
Ahron Worms (Boux., Is., Rix.), rabbin de la Haute et de la 
Basse-Alsace. Les lettres patentes de sa nomination sont du 
21 mai 1681 et ont été publiées par M. de Boug dans Ordon- 
nances d'Alsace, Golmar, 1T75, I, 102. Il ressort de ces 



120 RKVUK DES ETUDES JUIVES 

lettres qu'Ahron Worms était originaire de Metz. Son lieu 
de résidence devait être la ville neuve Saint-Louis-les-Brisac 
(Neuf-Brisac), où il avait « à faire les exercices de la Religion 
des Juifs » dans une maison désignée par deux membres du 
Conseil souverain, en présence du Procureur général. Cette 
maison se trouvait naturellementdans le quartier juif. A. Worms 
occupa ce siège jusqu'en 1684 [Revue, VIII, 267). C'est pour 
cette raison que Bacharach l'appelle aussi ^ms^ ^nni^ n'inwD 
(Kaufmann, Jaïr Chajim Bacharach, p. 128). Plus tard, il 
fut rabbin à Alaniilieim, à Metz et à Bingen, où il mourut le 
12 Ab 1722. (Voir aussi Revue, XIX, 117 ss.). D'après Lowen- 
stein (Kurpfalz, p. 99), son père s'appelait Joseph Israël b. 
Abraham de Worms, et était parent de R.-J.-Ch. Bacharach. 
Voici, en outre, ce que dit de notre rabbin l'ancien livre de 
la communauté de Metz : 

rsT^ hy nur^^r^ t^o^ bv -inn^an ,c^uj"< ip"«nm d^ujnp "iNi: 
bii bN-iuj"' ciOT» -n'ri-ii: 'i^Dnr: nnrr p innî< pn^:*' 

,t>ïu:3D -^an Ninom r^u-'^pn in-ini^ j^st-^T ir»aN"i 0223 

^^p^ir tzibi^^b -in5T-« n^Ni^b ln3 t]-ia tz^Tosnb ny-n 

1"nnN b:' '-«m t=;"^N"Ti2r! '^7:"«3"i ,r:->uy73i ïiujiy ï-T-<rr:5 

mbon -nTDiib ujTipn bN iNinn ibip ylycz^ nT:îb 

S3> 'i-iT^ri i?û^:: ,rt^"npi rînr;::3 i-^ddi?: 

,c^^^-l S^ d:^' "lonnTs ^on vrmTo fj' imriwS ipi 

'■«10 ■'nN iu:n-i n-i^n Nb ,t*<o^'::pT î<-i"^3>Tb C"^ri?:b"j 

,£^'::^72n «t::'::^ im^Tn "^Drib rinb ^?:di "iro '"«nb 

û^nbwN nana bwsc-^ n;:;^^ i»-^2:-yb tL^3",D vbr bdnuj Sn 

ï-Tj-in ri-^ns?:! ons ,5<uj-«-id'i J>i\::m3 in?:» n-^c"" t^in ti^T 

û'^-ii:i n^:i"i m^pn ipn ,t^u:rT ûbrir d"»?3 ^jid:: S^^id *;7:n3 

'^d^ n "ni2:> rrp^L: n:n3 T^în tzs 
■i-inriN ^y'^^ innriTsb -i3p:i 3wN n*^ yàiz ûài -iaD2 

: 'b ii^h pbb û^nb^ Sn 

Que Dieu se souvienne de l'âme du vieillard de grande valeur et de 
haute autorité, qui fit paître les saintes brebis et les porta dans son 
sein comme un pasteur porte son troupeau, lorsqu'il occupa le siège 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 121 

rabbioique et qui porta sur ses épaules le pectoral du jugement, du 
rabbin, du gaon, du pieux, de l'homme de Dieu, H. Isaac Ahron, (ils 
de R. Joseph Israël (la mémoire du juste est bénie) Worms. Il pro- 
pagea la Tora dans plusieurs communautés et provinces pendant 
plus de cinquante ans, il étudia et enseigna en pureté et en sainteté ; 
il veilla aux portes de la Tora; chaque jour on lui soumettait toute 
chose difficile. Il était le premier et le dernier, été comme hiver, à la 
synagogue; par des jeûnes et des purifications il purifia son âme. 
Dans la maison d'Ahron, on loua l'Eiernel; ce fut une maison de 
réunion pour les savants; de la nourriture il donna à ceux qui crai- 
gnaient (Dieu). Le Seigneur se souviendra éternellement de sa cha- 
rité, car il la pratiqua et la fit pratiquer. Les jours de pénitence, c'est 
à Ahron qu'il incombait d'officier, et sa voix était entendue lorsqu'il 
se présentait au sanctuaire pour terminer la prière de Moussaf en 
pureté et en sainteté. Gomme l'huile précieuse qui découle sur la 
barbe d'Aron et sur le bord de ses vêtements, il se montrait bienveil- 
lant envers ceux qui cherchaient la paix, jeunes et vieux ; il ne posa 
pas sa tête sur l'oreiller, afin d'offrir soutien et appui au savant, pour 
faire ressortir son mérite dans la forme et le fond; il était comme une 
colline vers laquelle tous se tournent pour son conseil. Lorsqu'on le 
consultait pour une chose religieuse, il donnait sa réponse avec 
interprétation et explication. Gomme président et administrateur, 
comme pasteur fidèle, il les conduisait et les portait comme vers des 
sources d'eau; il fit des règlements, érigea des haies et courut à leur 
aide, il désigna aussi une certaine somme de sa succession pour la 
Terre sainte, et ses enfants aussi donnèrent l'aumône pour lui. En 
récompense de ceci, etc. 

Il mourut avec une bonne renommée le samedi soir 12 Ab et fut 
enterré le lendemain. Et Aron monta vers Dieu, i82 (1722). 

Il ressort, en outre, de ce même livre que sa fille Zerlin est 
morte le premier jour de Schabouot 1723. Son fils Isaïe 
mourut le 9 Heschwan 1750, et son fils Abraham Aberlé le 
8 Nisan 1755. Sa fille Merle était mariée à Josias Heschel de 
Schwabacli (voir plus haut), et mourut le 4 octobre 1772 
(Lowenstein, Kiirpfalz, p. 100). Son père mourut en 1684 et 
fat enterré à Bingen (Nécrol. de Metz.). 
Anschel Schoplich ha-Lévi « fut pieux, modeste, sagace et sa- 
vant dans tous les lieux de la Tora et forma beaucoup 
d'élèves dans la ville de Rosheim » (Nid.). D'après Ghirondi 
et iNepi, Tholedot guedolc Israël, Trieste, 1853, p. 9, il 
exerça ses fonctions vers le commencement du xix« siècle ; il 
possédait beaucoup de manuscrits. D'après le dénombrement 
des Juifs de l'Alsace en 1784, un Baracli Schoplich se trouva 
alors chez Hirsch David à Rosheim. La femme du rabbin de 
cet endroit, Marx Cahn, s'appelait Reichélé Schoplich, et son 



122 REVUE DES ETUDES JUIVES 

beau-frère, Scholem Schoplich ; Madel Schoplich était la 
femme de l'instituteur Samuel Moyse, et enfin nous trouvons 
une veuve Zirlé Schoplich. 

Azriel hen Joseph Moïse (Rib.) oxiAzriel Séligmayin Bloch, rabbin 
au pays du «Ritterstand » (Directoire de la Noblesse) (Ni.,Is., 
Bisch., Rix.). Prédécesseur de Samuel SanvilWeil et nommé 
en 1698 (Bibl. comm. de Colmar, X, 4834.). 

Benjamin b. Joseph Isaac (Rib.) appelé aussi Benjamin Wolfh. 
Joseph Isaac (Is., Bischh., Rix.), rabbin de la Landvogtei. 
Il s'agit de Wolf Hohenfelden ou Hochfelden, successeur de 
R. Meïr Trêves et prédécesseur d'Elie Schwab ; il exerça ses 
fonctions jusqu'en 1720 (v. Scheid , Juifs de Haguenau, 
p. 80, et Boug, II, 196-7). Sa fille Sorla mourut à Metz le 
11 Ab 1712, d'après le registre des décès de cette commu- 
nauté. Il était le disciple de R. Gerson Aschkenazi de Metz 
(1670-1693) (Kaufraann, Letzie Vertreibiing, 225, note 1). 

Benjamin, fils du savant R. Joseph, rabbin à Nidernai (Boux.). 
Benjamin Scherwiller, rabbin à Nidernai et dans le Directoire 
de la noblesse (Ni. et Rix.), fut longtemps gardé en prison à 
Strasbourg (Balbr.). Il était originaire de Biesheim et corres- 
pondit avec Issachar Behr, rabbin de Soultz (Haute-Alsace), 
grand-père de Garmoly et auteur du 'n^'^uuj'^ d"» (Metz, 1769), 
qui l'appelle (i&., 37^) : Hnin?: rr-iina :ibDi»n V^pï^i tli^Nn ûà 
'•ns^D i'^?3'^sn. D'après Garmoly (Revive orientale j p. 345), il fut 
un élève de l'école rabbinique de Ribeauvillé. Selon le dé- 
nombrement des Juifs d'Alsace, s. v. Niderenheim, il s'appelait 
Benjamin Hemmendinger, sa femme, Bluemelé, et ses deux 
filles Sara et Fromete. C'est ce rabbin qui fut chargé, en 1783, 
de lire dans la synagogue de Bischheim l'arrêt du tribunal 
rabbinique de Francfort contre Gerfbeer et Sinzheim, sur les 
instances de R. Isaac Lehmann, rabbin de Bischheim (Voir 
Blaeiter fur jud. Gesch. n. Lilieratuy^ année 1900, p. 12.). 
G'est probablement pendant la terreur qu'il fut mis en prison 
à Strasbourg. Selon Nepi [l. c), son fils Uri Schraga fut éga- 
lement rabbin. Cet auteur prétend avoir vu un û"'Oin^ nsD du 
père et du fils, mais il ne peut pas dire quelles sont les pièces 
qui proviennent du père ou du fils. Ge dernier quitta plus 
tard Nidernai pour aller à Paris, où il mourut. Des descen- 
dants de cette famille vivent encore maintenant à Fribourg- 
en-Brisgau. 

David (Rix.) avec Samuel llalberstadt, etc. Est-ce David Sin- 
zheim? 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 123 

Eisih Liintschûtz, rabbin en Alsace et plus tard à Endlngen en 
Suisse (Balbr.), disciple de R. Wolf Reichshoffen de Boux- 
willer, auteur du "^dt m^biD ^do et d'autres livres manuscrits 
('73'a 'D)3 bsf priiT'' b^ b\^ n2D ; n-iD-na r^dbn b:^ pn^:-» nDna -iso). 
Il demeura à Westhofen, où il dirigea une t^cole talmudique, 
et mourut en Suisse, à Lengnau, en 1819 (Westh.). (Voir sur 
lui Monalsschrift, XVIT, 150, et Graetz, XI, 611, note 3.) 

Eisik Werdy rabbin de la Haute et de la Basse-Alsace (Nid., Hag. 
a.). Je crois que ce rabbin est identique avec R. Isaac b. Jacob 
Juda auquel le scribe des nécrologes de la communauté de 
Metz a consacré les lignes suivantes : 

noai^rf n-^nb nn:'m tsiD'^iî!! n-nnDî rmTa Mnnrji 

,in5i3r:2T ■in7a5n3 bii:i ,t='^3"'"5:> b:D3T J-i7û::n bD2 

,Di-i3>uî3 3>Ti3 173^ ,in2::'b t:^:'73T»D vrr bsm 

ta:» ^û-^niuiN^j t3^^^?2bn iro^'m î-rmn y«3nr!T 

T2 np^iirb îr-n:>?2 i^nns? i:n5 vsm met? 

ïT^nn imsTi ir^n uid i ût« .û-^-ins b:' 

.pDb i:?i 

Que Dieu se souvienne de l'âme de notre maître, du rabbin R. Isaac 
b. Jacob Juda (sa mémoire soit bénie), avec Tâme d'Abraham, d'Isaac 
et de Jacob, qui fut président du tribunal et de l'école talmudique 
en Alsace. Il exerça aussi les fonctions de rabbin ici, à Metz, et 
fut un Mohel adroit et (posséda) des qualités éminentes; il allait 
matin et soir au temple continuellemeQi, faisant pénitence avec une 
âme contrite. Il fut également membre de la confrérie des fossoyeurs 
et fut habile en toute science et en toutes choses, grand par son 
savoir et son intelligence. Tous suivaient ses conseils ; son nom avait 
de la notoriété; il enseigna la Tora et forma des élèves capables. Sa 
femme et ses enfants donnèrent pour lui des aumônes. En récom- 
pense, etc. 

II fut admis au séjour du Créateur des montagnes avec une bonne 
renommée, qui vaut plus que toutes les couronnes, le second jour 
(lundi) 29 Heschv^ran, 436 (1675). 

J'ai trouvé, en outre, dans ce même manuscrit, les nécrologes 
suivants se rapportant à des enfants de notre rabbin : 



124 REVUE DES ETUDES JUIVES 

t-T2vbyii nn^uî-in ;:;pnn: *d onDiïi n"«2b tvï"«nrîb ';?:Tn 

psb fi7:n iT^D ;aTinb c^-^ ma û'>rn n^Ds 

Que Dieu se souvienne de l'âme du savant R. Jacob b. Isaac Werl 
(la mémoire du jui«te est bénie) avec l'âme d'Abraham, elc, parce 
qu'il s'occupa de la loi de l'Eternel ;our et nuit et particulièrement 
des six traités de la Mischna. Il y ajouta de son propre fonds beau- 
coup de novelles, remarquables par la sagesse, rinlelligence et la 
profondeur. Mais il n'eut pas le temps de les faire imprimer, ayant été 
appelé dans les régions supérieures. Que son âme soit liée, etc. 

Il mourut avec une bonne renommée le M du mois de Siwan, 4i8 
(1688). 

nsb^ï^ ï-t^?3"« b'D^ "nnm ti-,^ vn '3 d^ in^m pr-i^ pnx*' 
ï-ip^i:b ]Dj 1-ibyn D:ii nbi^^ ï-i:-nD3 rnn^.: rinb-^sn 

^m ni T^-inî<b;D ï*< &T'2 nnnp:-) p6 b^b rn-iias: 
'b 33^ n l^iTN-i 

Que Dieu se souvienne de l'âme de la noble dame Sprinz, fille 
du défunt R. Isaac Eisik Werd, parce qu'elle marcha louie sa vie 
dans la voie de la droiture et de l'honnêteté; elle parlait doucement 
avec tout le monde et priait avec beaucoup de ferveur. Son mari 
donna des aumônes pour elle; en récompense, etc. 

Elle mourut le samedi soir et fut enterrée le lendemain, à la néo- 
méuie d'Adar P^ 472 (1712). 

nnn -1^1173 nn THib m^o rinr^mn ncî<rî :n"' 3» 

nn-^n^a ^in:>2 innu: tn iy St m^n pt-'\n pn^:"^ '-1 

rm^b">n d'^'^j^' t^y ion t-ib73i:i tir^^n T>?2m rr^sn r\^'py 

nuînv D:i r-iD-nD:: nnbsn nn-irr T^>:n ûi uiipna 

rrnnnb 0:^1 c^prib r-ninj^a np^^: nsro 

.n tz-^bin -np^ia 
n:: 'n ûv rrm:: na-^^un n::p:-i '^ b-«b '— i::d2 
psb KDP bibN 

Que Dieu se souvienne de l'âme de la femme considérée Léa, fille 
de notre maître, du rabbin R. Isaac Eisik Werd (sa mémoire soit 
bénie). Elle n'eut pas d'enfants et toujours fut charitable avec les 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 125 

pauvres et les accouchées à l'Hôpital ; elle priait toujours avec 
ferveur. Son héritière donna des aumônes pour elle à l'Hospice et a 
la société Biqour Holim. En récompense, etc. 

Morte le soir de mardi et enterrée dans un âge avancé mercredi 
15 Elloul 481 (1721). 



Eiiézer Upmann b. Zekel Meyer, rabbin à Ribeauvillé. Il fut le 
successeur de Samuel b. Aron B!um et exerça ses fonctions 
de 1820 à 1849. Le Memorbuch de Rib. contient sur lai le 
nécrologe suivant : 

ITiD-^b '-1 rr3iS73n ^i:f^hii ^•i\rii2 nnn ir-n?^ iN^' 

^3^-lb!-!p -^zn r-iN r;3i?2N3 ï-7:>i-n p^ira m'i?3-i ï-innr: û"^^^73bn 

><b:i^^ Nnn'^jn n73i ns^D û^Dn7:uJi rî3>3-iN "^n^i n^u: D^'::b'J 

psb ann m i; n ûv bii:i ii^di nnpsT p-^3 rin p'ii 

: !-ibo nir3 m7a''r53 

Que Dieu se souvienne de l'âme de notre maître, R. Eiiézer, dit 
Lipmann, b. R. Zekel Meyer (que la mémoire du juste soit bénie), 
parce qu'il fut un homme juste et droit, craignant Dieu, pieux et 
modeste, étudiant la Loi, faisant le bien, pratiquant la charité; il 
forma beaucoup d'élèves, enseigna selon la justice et fut un pasteur 
consciencieux de notre communauté pendant trente ans. 

Il vécut 84 ans et mourut le samedi de la néoménie de Nisan; il fut 
enterré avec de grands honneurs le lundi 3 du mois, 609 (1849). En 
récompense, que son âme se délecte avec tous les pieux et les justes 
dans le Paradis en une douceur éternelle. 

Zekel ou Isaac Meyer est mentionné dans le « Dénom- 
brement des Juifs d'Alsace en 1784 », s. v. Ribeauvillé. 
Sa femme Hanna Weyl était la fille de l'ancien rabbin de 
la Haute-Alsace, Samuel Sanvil Weyl. 
Rirsch Katzenellenbogen, rabbin à Wintzenheim et président du 
consistoire du Haut-Rhin (Balbr., Westh., Rix.). Voir sur lui 
Rev. or.^ II, 339 ss. ; Scheid, Juifs de Haguenau, p. 82; 
Lôwenstein, Kurpfalz, p. 203, note 3, et Ghirondi et Nepi, 
Toledoth giiedolè Israël, p. 275, qui cite aussi des ouvrages 
inédits de lui. Un volume manuscrit contenant des sermons 
et des décisions rituelles de notre rabbin se trouve mainte- 
nant à la Bibliothèque de Strasbourg, après avoir appartenu 
à M. M. H. Gunzburger de Hegenheim, qui l'avait reçu de la 



126 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

famille de Pinehas Katzenellenbogen, ancien rabbin de cette 
communauté (1821-1828). 
Isaac lizig Smzheim, rabbin dans le pays du Directoire de la 
Noblesse (Nid.)- H fut un des rabbins qui signèrent la péti- 
tion au Conseil Souverain d'Alsace concernant l'exécution 
des sentences des rabbins (Boug, II, 694). Il occupa éga- 
lement le siège rabbinique de Trêves, car une approbation 
qu'il a écrite pour le livre ti'^'i'pf ns-^Cî^ (Metz, 1*764) est signée : 

Son père Abraham était originaire de Vienne. Sa fille était 
mariée à Selig Auerbacb, rabbin de Bouxwiller (Lowenstein, 
Kiirpfalz, 214, 216, et addition, n« 13 a.). 

Son fils, David, directeur de l'école talmudique de Bisch- 
heim, rabbin de Strasbourg, président du Grand Sanhédrin 
et Grand-Rabbin de France, épousa Esther, sœur de Cerfbeer 
(voir sur lui Rev, or., II, 146 et 345; Dénombrement des 
Juifs d'Alsace, s. v. Strasbourg; mn T, Offenbach l'794 ; 
Kirchheim, Catal. Garmoly, 63/188 ; Ghirondi et Nepi, Tôle- 
doth giiedolè Israël, p. 137). 

Israël, rabbin et Mohel à Moutzig (Balbr.) I. Tergheim (û'^'^ïii^a), 
demeurant à Moutzig, gendre de R. Simon (Westh.). Ce R. 
Simon est Simon Horcheim mort en 1805-6. 

Issachar Baer &. Yehiel Wiener, rabbin dans le comté de Hanau 
(Is., Boux., Rix.). Il était aussi rabbin de FÉvêché de Stras- 
bourg et résidait à Westhofen. A la suite des protestations de 
Meyer Lévi, de Saverne, et de Hirtz Reinau, de Soultz (Haut- 
Rhin), contre les empiétements d Élie Schwab de Haguenau, 
c'est lui qui avait été nommé rabbin de l'Évéché, le 12 sep- 
tembre 1722. (Weiss, Geschichle und rechillche StelUing der 
Juden im Bisihuyn Slrassburg, p. 48.) 

Issachar Baermann ha-Cohen (Rib.), b. David (Balbr.), était 
d'après ce dernier Memorbuch, professeur à l'école talmu- 
dique de Moutzig. Le Memorbuch de Rib. le fait mourir le jeudi 
soir; il fut enterré le lendemain vendredi 20 Nisan 507 
(1747). Le même Memorbuch mentionne également sa femme 
Breinle, fille du rabbin Samuel Sanvil Weil. 

Itziq, rabbin à Uflfholtz (Balbr.) ou Itziq Pfalzhurg (Rix.)- Le 
ms. 56 de la Bibliothèque de Strasbourg contient une oraison 
funèbre sur lui. D'après une note de ce ms., il est mort la 



LES MEMORIAUX ALSACIENS 127 

môme année que Tiah Weil, de Carlsruhe, et Simon Hor- 
cheira, de Moutzig (Landauer, Catalog der hebr. Iland- 
schrifien^ exemi)laire de la Bibliotlièque, note manuscrite). 
Voici l'inscription de sa pierre tombale, que j'ai copiée au 
cimetière de Jungholtz : 

tas 

pÊb lopr jJi ïi ûi-in i^i 3>Vm yb^nm^x 'p'ii'2 "bii ^dn 3^73 

Gi-gÎL 
le rabbin éminent et renommé R. Isaac b. Méir (que la mémoire du 
juste soit bénie), de Plialsbourg, juge et rabbin dans la sainte com- 
munauté d'Uffholtz et dans le Haut-Rhin. Mort et enterré le jeudi, 
jeûne de Guedalia, 566 (1805). 

Jacob b. Benjamin n^est mentionné que dans le Memorbuch de 
Nidernai (ancienne partie), où il est dit : 

bsT v:y^ ^•'Dn n^rtuî ^i^y 173^53 -«an nn npy"< 'n n-in is-^^itû :n-^' 
T'tts'm n^'^i^yb nnins rjrr^n in->m û-'ion mb^»:>T îimna "poy ^•^f2'^ 

Que Dieu se souvienne de l'âme de notre maitre, R. Jacob b. 
R. Benjamin, parce qu'il fut pieux et modeste et qu'il s'occupa toute 
sa vie de la Tora et de la charité. Sa maison était ouverte aux 
pauvres et il forma beaucoup d'élèves. En récompense, etc. 

Il est sans doute le même que R. Jacob b. R. Abraham Ben- 
jamin (Hag. a., Mu., Bischh., Rib.), et a probablement vécu 
vers 1700. 
Jacob Jeqil Guggenheim, rabbin à Nidernai et à Haguenau 
(Nid.), fils du savant Benjamin Wolf. G. rabbin à Haguenau 
(Boux.) et à Rixheirn (Rix.). Le Memorbuch de Nidernai dit 
de lui ïi5^ d">3>n'-)&^72 ^nr û:'n nî^ uDiû'»n w'nn p-«^i: n-riu: ^< qu'il 
fut juste et intègre et qu'il jugea le peuple pendant plus de 
quarante ans ». Jacob Guggenheim était le gendre du rabbin 
Samuel Sanvil Weyl de Ribeauvillé, dont il avait épousé la 
fille Sara. Après la mort de son beau-père en 1753, il brigua 
sa place, mais échoua ; il devint alors rabbin de Rixheim, où 
il resta jusqu'en 1771. A cette époque, le rabbinat de Hague- 
nau devint vacant par suite de la mort de Lazare Moïse Kat- 
zenellenbog<^n, et c'est lui qui fut élu comme son successeur. 
Dans le « Dénombrement des Juifs d'Alsace en 1784 », la fa- 
mille de G. figure en premier lieu. Il avait alors avec lui un 



128 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

fils et deux filles célibataires et une fille veuve avec un fils et 
deux filles. En 1786, son fils Abraham adressa une pétition 
au Conseil municipal pour être reçu comme citoyen. Dans 
cette pétition, il dit que son père avait élevé neuf enfants, 
dont sept étaient établis. G. vivait encore en 1800. (Scheid, 
Juifs de Haguenau, 76 ss., XXXIX et LVIII; Historique de 
la socîélé Guemilas Hasodim à Haguenau, Mulhouse, 1882 ; 
Rev. or., II, 345, et III, 307.) 

Jacob ha-Cohen, rabbin à Ribeauvillé (Is., Boux.), ou R. Jacob b. 
R. Isaac ha-Cohe7i {K\h.) {\. aussi Rix.). Je suppose qu'il a 
vécu vers la fin du xvip siècle. 

Jacob ha-Lévî, rabbin à Bouxwiller et à Metz, {'p'p'2 'ink ïT^rr:; 
y-^TD pp2 inn-iïi f^^Tjbn t^^s^ïii -ib-'-^-nois (Boux.). Il fut 
membre du grand Sanhédrin (Rev. cr., II, 145). 

Jacob b. Moïse (insiTT n^ii^o nnnhw uîn^pin p npy 'n ann irm?: 
PN -iD^ci n",i:7:m n^inn pD^o ^iny' ^ibn sisv ni'iïi:: na 'nnr:':: 
(D-^n-^Dynai û^di:»"^03 û73s:y (Rib. et Bischh.) p ap:>-' '-i nnn 
'pDy^ û^^"«:r^3 vz'^^y n5< c^ij-^di n^cn rr^n n":;^ "i"^- n\a72 -inni^fi '^rnpn 
rinnï! û'^^'^^bn T?2:?m d'^-'syrî d:? d-'^sn mb^^sn (Nid. et Ha?, a.). 
Le Memorbuch de Ribeauvillé le nomme comme premier 
rabbin alsacien. Après lui vient R. Jacob b. Abraham Benja- 
min, ensuite Jacob b. Isaac ha-Cohen, Azriel b. Joseph Moïse, 
Benjamin ben Joseph Isaac, et Aron ben Moïse fruort en 
1713). 

Jeqel Meyer, rabbin à Rixheim (Rix.). D'après S. Landauer, Ca- 
tal. der hebr. Handschrlflen, pag. 2, il y a à l'intérieur du ma- 
nuscrit n^' 4, intitulé û\nyrT "^^^ir (abrégé du calendrier juif), une 
note disant que l'auteur était l"^"»^ (rabbin adjoint) à Rixheim. 
Lui-même signe à la fin de l'introduction : bp:>"> rf:"iD7:rT dp^^"» 
.br;wx::^^Nr;n"i^3 riD \-i-i^'7 y y-:) "T'i'^UDn^: p^liit: bp^'T pn:^^ nSn p 
Il a composé ce livre vers 1762, car à la 2** feuille, il choisit 
cette année comme exemple. Nous pouvons donc en conclure 
qu'à celte époque il demeurait à Niederhagenthal, près de 
Bâle. Son père, Isaac Zeqel Moutziq, avait épousé Guelché, 
fille du rabbin Samuel Sanvil Weyl (Rib.). Jeqel M. proposa 
au gouvernement de confirmer la nomination d'un préposé 
élu par la communauté Israélite de Gucb\viller en 1773 ; ce 
qui fut fait (Arch. du Haut-Rhin, no 15691). Pendant la pé- 
riode révolutionnaire de 1790 à 1794, il fut obligé, comme 
les ministres des autres cultes, de prêter le serment civique 
(Gustave Gide, Notice historique sur ta command''rie de 
L'ordre TeutOfiiqtteà Rixheim, 1897, p. 75). Après la Terreur, 



LES MEMORIAUX ALSACIENS 129 

il devint rabbin de Nidernai et plus tard grand-rabbin de 
Strasbourg (A. Glaser, GescJàchie der J. in Strasburg, 
p. 58). 

Juda ha-Cohen, raibhm dans le comté de Hanau(Nid., Is., Ilag. a., 
Mu., Boux.) pendant de longues années (Mu. et Hag. a.). 
Comme la commémoration de son nom est suivie, dans le 
Memorbuch de Nid., Hag. a., et Mu., de celle de R. Méïr 
Trêves (Dreyfus) qui, d'après Scheid [Juifs de Haguenau, 
p. "78), avait été le premier rabbin de Haguenau en 1G60/G1, 
je suppose qu'il fut son prédécesseur. 

On trouve le nom d'un Juda b. Aron ha-Gohen à b^^^iiDiD 
(Bouxwiller) à l'intérieur de la couverture et sur le 288® 
feuillet du ms. np 3 de la Bibliothèque de Strasbourg (Lan- 
dauer, L c, p. 1). 

Le Memorbuch de Ribeauvillé contient une prière pour un 
nommé ^i^'D'n bi^^J2^ in tm-» nnin^a s^n dont il est dit : pD:na 
TDs^n Tcn rr^ni ïimna. Mais, comme cette prière se trouve après 
celle pour Jacob, fils du rabbin Samuel Sanvil Weil, il s'agit 
sans doute d'un contemporain qui n'était que rabbin titulaire 
et qui demeurait à Ribeauvillé. 

Jirmiya h. Juda n'est mentionné que par le Memorbuch de Ni- 
dernai, qui dit de lui : rT«m \\-hy b">?:\i ^Tnn ppn Sd^ n^rrj 
ïi^-inn Tîonni r5:>n tdh : « Il fut rabbin à Brisac et dans le 
Haut-Rhin, il fut pieux, modeste et s'occupa toujours de la 
Tora. » Cette prière se trouve entre celle pour Eisiq Wert 
(mort en 1676) et celle pour Jacob;, fils du martyr R. Moïse ; 
il fut donc probablement leur contemporain. 

Joseph &. Juda de Romansweiler, rabbin à Marmoutier (Boux.). 
Son nom de famille est Kuppenheim. J'ai trouvé le document 
de sa nomination dans les Arch. dép. à Colmar, à l'Enregis- 
trement du Conseil Souverain (1^^ série, XIX'' vol., fol, 22). 
En voici le texte : 

Provisions de Rabin des juifs de la seigneurie de Marmoutier en 
faveur de Joseph Kuppenheim. 

Nous, abbé prieur religieux de l'abbaye de Marmoutier, seigneur 
de la Marck dudit Marmoutier, Saint-Quirin, Schnersheim et Al- 
tenheim, savoir faisons que l'office de rabin des jui*'s domiciliés dans 
les terres de DOlre ditte seigueurie de Marmoutier étant devenu 
vacant par le décès du nommé Samuel Halberstadt qui en étoit 
cydevant pourveu et Sa Majesté nous ayant maintenu dans le droit 
d'y nommer ainsi qu'il appert par les lettres patentes du 22 juin 1734 
en sus la requête à nous présentée par le nommé Joseph Kuppenheim, 
juif demeurant à Romansvilier, substitué rabin des juifs du direc- 
T. XLI, N° 81. 9 



130 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

toire de la noblesse d'Alsace à ce qu'il nous plût luy accorder des 
provisions pour faire les fonctions de rabin dans l'étendue de noire 
jurisdiction de la Marck de Marmoutier, nous avons permis audit 
Joseph Kuppenheim de faire les fonctions de rabin des juifs dans les 
terres de notre seigneurie de Marmoutier ainsy et de même que 
Samuel Halberstadt les a exercé cydevant, ordonnons aux juifs domi- 
ciliés dans notre ditte seigneurie de le reconnaître pour leur rabin à 
peine de nullité des présentes que nous nous réservons de révoquer 
toutes fois et quantes il nous plaira; en foy de quoy nous avons signé 
les présentes et y avons fait mettre nos sceaux abbatial et conven- 
tuel. Donné en notre abbaye de Marmoutier ce 10^ novembre 1755. 
Signé Placide abbé avec son cachet empreint sur cire d'Espagne 
rouge. P. Blasius Vogelweid prior et conventuel avec un cachet 
empreint sur cire d'Espagne rouge. 
Registre suivant l'arrêt du 18 février 1756. 

Joseph ReichshofeUj rabbin à Westhofen (Balbr.). D'après le 
Memorbuch de Westh., il avait été d'abord professeur à 
l'école talmudique d'Ettendorf. (V. Dag. Fischer, Coup (Tœil 
historique sur Vancienne école rabMnique d'Ettendorf, 
Strasbourg, 1868, p. 4.). Joseph R. était sans doute le petit- 
fils de Wolf Jacob Reichshoffer, rabbin à Bouxwiller (Dé- 
nombrement, s. V.). 

Joseph Steinhart, rabbin à Furth (Boux.), auteur du livre "ji^^t 
tpT (Balbr.), rabbin à Rixheim (Rix.). Après la mort de 
Samuel Weyl en 1753, il fut nommé rabbin de TÉvêché de 
Strasbourg et résida à Nidernai (Weiss , Geschichte und 
rechtliche Stellung, etc., p. 53, et les Lettres patentes de sa 
nomination, id., XXIÏI ; elles datent du 24 juillet 1753.) Il 
occupa le rabbinat de Furth de 1762 à 1770 (Henle S., Ge- 
schichte der Juden Im ehemaligen Furstenthum Anshach, 
1867, 170.). 

Méir Trêves {^r^'rS), rabbin de Haguenau et du Bas-Rhin (Ilag. a. 
et Nid.) ivir\ !iTn 'ùb^y "•rus^nTo My^y n« ^-nsi T«Dn rr^n nu5î< 
na^n û-'T'TDbn ^■'Taj^m linnnirî b'h^^ N^iD^:iNr;3 nfiN « qui fut 
pieux et se tint à l'écart des jouissances de ce monde, fut 
rabbin à Haguenau et dans le Bas-Rhin et forma beaucoup 
de disciples « (Nid.). C'est lui qui, d'après Scheid, Juifs de 
Haguenau, p. 78, fut le premier rabbin à Haguenau, en 
1660-61. Pendant son ministère, la synagogue, brûlée en 1676, 
fut reconstruite, en 1083 (Scheid, i&.,80). 

La consultation n» 43, dans •^ii^'i^rj "^uîirn, 8&, de Gerson 
Aschkenasi, rabbin de Metz (1670-1693), est adressée à R. 
Méïr, rabbin de Haguenau. (Kauimann Letzte Vertreibung 






LES MEMORIAUX ALSACIENS I.îl 

der Jitden ans Wlen^ 225, n.; voir aussi Brïill, Jahrbucher , 
I, 107-19). 

Menahem Mendié Bloch, rabbin à Nidernai (Nid.) ^n^ inx ïT'rrs 
naiiû nn-iuîn nn^ ^^':v^ ^^on.'n^m yi, « qui fut rabbin ici, à 
Nidernai, était pieux et modeste et mourut à un âge avancé ». 
D'après une communication de M. le rabbin A. Bloch, d'Ober- 
nai, il était le beau-frère de feu R. Yohanan, rabbin d'Ober- 
nai. Le même Memorbuch contient aussi une prière pour 
son fils : ySri ^Nbn •^b^'^y'n HniïiTa p "^ni: bt^sni nann "iinnn 
« le jeune et savant Nethanel Gevi, fils de R. Mendié Bloch 
de Nidernai ». Il est dit de lui : pDD ^b in3"i?:t< nrr^r! "in^nn 
l^oTn n72T N-iTa^n-) ïi5Uî733 'p^oyb mb-'bD û^in*' û-^uj^ Ti73bb7a ïi^tûid 
û-iiuî nnnnn p^m n-^Tabns ins&^b?:^ n^i n)3 Nim d-^r^u "îSb ni:p 
a Sa Tora fut son métier, il ne cessa d'étudier; jour et nuit 
il s'occupa de la Mischna et de la Guemara. Il mourut âgé 
d'un peu plus de vingt-quatre ans, intègre dans sa conduite 
comme un parfait savant âgé de beaucoup d'années. » 

Meschoiillam Siissel h. R. Moïse Adraham Enoschy rabbin de 
la Haute- Alsace résidant à Ribeauvillé (Rib. et Balbr.). 
D'après Rib., il exerça ses fonctions à peu près trente-quatre 
ans T^Ti^ m33>ai nsiTS&^a « consciencieusement et avec une 
grande modestie ». Garmoly dit [Rev. or., II, 345 ss.) que le 
banquier Isaac Meyer de Ribeauvillé le fit venir de Francfort- 
sur-Mein pour enseigner le Talmud à l'école rabbinique de 
Ribeauvillé et lui donna plus tard sa fille, ce qui est faux 
comme on verra plus loin. D'après Weiss, GeschicMe iind 
rechtliche Stellung, p. 47, il était originaire de Greuznach et 
vint briguer la succession de Samuel Sanvil Weyl avec Jacob 
Wolf Guggenheim ; c'est lui qui fut élu. Sa nomination se 
trouve à l'Enregistrement du Conseil souverain d'Alsace 
(1^* série, vol, XVIII, fol. 270), mais ce volume n'existe plus 
dans les archives de Golmar. Sur sa requête, le Gonseil rendit, 
le 12 juillet 1754, un arrêt conçu dans les mêmes termes que 
celui du 15 mars 1749, disant que « tous les serments devaient 
être prêtés entre les mains du suppléant (Enosch), et, en cas 
d'infirmités ou autres empêchements légitimes de sa part, 
entre celles des Rabins des lieux qui seront par lui ap- 
prouvés ». (Boug, II, 329.) M. S. Enosch fut également un 
des rabbins qui signèrent la pétition au Gonseil souverain 
d'Alsace concernant l'exécution des sentences des rabbins. 
(Boug, II, 694.) 

Mordechaï ha-Cohen^ rabbin à Rosheim (Balbr.). Dans le dénom* 



132 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

brement de 1784, s. v. Rosheim, n^ 28, il est nommé Marx 
Cahn ; sa femme s'appelle Reichelé Schoplich, son fils 
Alexandre, ses filles Relia et Sara, et son beau-frère Scho- 
lem Schoplich. 

Mordechaï ha-Cohen, rabbin à Westhofen. Le Memorbuch de 
Westhofen le mentionne en ces termes : 

plDÎ! ■'DTI» -lî^n^n ■'3''31*7N *3«*> 

nmna pDi5> ït^îi i^iïti nnoim nbiîn nmhn binsn ta^nn 
nn^ î-Ttï-f Nim rsinn û-^i^^bn T^TQ^^rîi ï-ib^bi ûwt^ ï-i?Dob 

mnp2 i:'DDNrmT:''n ppn 1^52 tjdst nt3Nrj ^-iT b> 
înn573 r-)3>;iî3 «jTip r-in;2J ûra in^a^a (!)nb3>i rrs^a (!)mj<»b 

.psb abnn ns^ mx td 

Que Dieu se souvienne de l'âme de notre maître et rabbin Morde- 
chaï ha-Gohen, très familiarisé avec la Tora et la Kabbale. Il s'occupa 
de la Tora pour elle-même jour et nuit et forma beaucoup d'élèves; 
il fut un des grands de son pays et occupa le siège du rabbinat à 
Westhoffen plus de 50 ans, dirigeant ses contemporains dans le 
chemin de la vérité. Il mourut ici à Westhoffen âgé de près de cent 
ans, et son âme monta le samedi après-midi 27 Adar 632 (1872) (V. 
aussi Kiefer, l. c, page 308) . 

Moïse ha-Lévi, de Galhausen (?) (Boux., Is., Rix.). C'est sans 
doute lui qui présida le tribunal institué pour juger le procès 
intervenu entre David Reuss et Élie Schwab, rabbin de Ha- 
guenau en 1729, procès mentionné par Weiss, Geschichie, 
p. 47, d'après les archives Israélites de Moutzig. Weiss le 
nomme « Alt-Rabbiner Moyse Lévi Thalhàuser » . Le texte 
des mémoriaux prouve également qu'il n'exerça pas les fonc- 
tions de rabbin. Il demeura probablement à Moutzig et mourut 
après 1753, puisque la prière qui le concerne figure après celle 
de R. Samuel Weyl dans le Memorbuch de Bouxwiller. 

Nephtalib. R. Yischaï, rabbin à Ribeauvillé (Rib.) : 

t2"«ci:i'<D3 ')72'2y nN (sic) -iDSDi î-ib-^bi tDV mi:»m ï-Ti"in3 por« 
tfi nmsj» rip^ir ^sna vid-it» û:^ i^33>t T^om pns: rr'm fstc) on-^syrim 

•psb 'Tipn 10^3 ù "i ûV2 bia napsn n::D3 
11 s'occupa de la Tora et des commandements jour et nuit et s'ia- 



LES MÉMOFUAUX ALSACIENS 133 

fligea des macérations et des jeûnes; il fut juste, pieux et modeste, 
et ses héritiers donnèrent des aumônes pour lui. En récompense, 
etc. Il mourut et fut enterré avec une bonne renommée le mercredi 
9 Nisan 577 (1817). 

Nethanel h. Isaac, rabbin dans le comté de Hanau (Boux. et Is.). 
Il avait succédé à Issachar Baer Wiener et mourut, selon Is., 
après Samuel Halberstadt, c'est-à-dire après 1753. Carmoly et 
Tsarphati l'ont confondu avec Samuel Wittersheim, grand- 
rabbin de Metz. 

Raphaël Endingen, rabbin en Suisse (Balbr.), appelé aussi Ra- 
phaël Ris, élève de l'école talmudique de Ribeauvillé, (Rev. 
or., II, 345). Il demeura à Hagenthal probablement jusqu'en 
1*793 et fut nommé plus tard rabbin d'Endingen-Lengnau. Il 
est mentionné dans le Dénombrement, s, v. Niederhagenthal, 
n" 44, comme maître d'école. Des commentaires inédits de 
lui sur le Talmud se trouvent dans la Bibl. de Strasbourg 
(Catal. 5 a). M. H. Katzenellenbogen, grand-rabbin du Haut- 
Rhin, prononça une oraison funèbre en son honneur le di- 
manche avant dtod 'd 1813, où il loue sa grande science et dit 
qu'il avait, à sa mort, plus de quatre-vingt-cinq ans (Ms. 
Giinzburger à Strasbourg). D'après une communication de 
M. Giinzburger, de Hegenheim, des descendants de lui vivent 
encore à Zurich. 

Salomon Wolf Kleiyi^ grand-rabbin du Haut-Rhin (Rib.), mort à 
Colmar. 

Samuel &. Aron Blum^ rabbin à Ribeauvillé (Rib.), mort le ven- 
dredi 23 Sivan 580 = 1820. 

Samuel Halberstadt, rabbin à Haguenau (Is., Rix.). Expulsé de 
Prague, il vint à Haguenau en 1745. L'administration muni- 
cipale l'autorisa à rester à Haguenau pendant une année sans 
payer le droit de protection ; elle lui renouvela cette per- 
mission pour l'année suivante. Après la mort d'Élie Schwab, 
il fut élu rabbin. 

Il est mentionné dans un arrêt du Conseil souverain du 
4 août 1749 concernant la iLanière de prêter serment (Boug, 
II, 210), et le 8 juin 1753 il fut autorisé par le même Conseil 
souverain, attendu ses infirmités et son grand âge, à se faire 
suppléer par le nommé Moyse ^ , pour faire prêter les serments 
judiciaires imposés aux Juifs de son district en la manière 
accoutumée et exercer les fonctions de rabbin en ses lieu 

* C'est Moyse Wormser (Scheid, Juifs de Hag.^ p, 69) 



134 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

et place en cas d'absence, maladie ou légitime empêchement. 
(Boug, II, 329.) Il mourut la même année. 

Il avait un fils, Beçalel, et trois filles (Voir Sclieid, Juifs de 
Hagiienau, 67, 68, 75, 82, XXXV, LVII). 

Samuel Sanvil Weyl, rabbin à Ribeauvillé(Rib., Nid., Is., Boux., 
Rix.) dé 1711 à 1753. 
Je publierai ultérieurement la biographie de ce rabbin. 

Simon Blum, rabbin à Brisach et dans le Haut-Rhin (Nid. avant 
Eisik Wert ; Hag. a. après lui). Michaël [Or hah.^ n° 706) 
cite un David Blum b. R. Moïse, de Soulzburg en Brisgau, 
auteur de r\TOx:> lipn (ms. à Hambourg) et contemporain de 
Salomon Louria. Des û'^DIiasnp de lui sont cités dans le 
16« volume des manuscrits de R. J. Ch. Bacharach (Kauf- 
mann, /. Ch. Bacharach, p. 99, note 1). 

Simon {Horcheim), rabbin à Moutzig(Balbr.); il est mort en 1805 
ou 1806 (v. plus haut s. v. Itziq Phalzburg). Le Memorbuch de 
Balbronn contient une prière en mémoire de R. Simon Mou- 
tzig, dont il est dit « qu'il fut un homme pieux, modeste, émi- 
nent, patient dans l'exil, constant dans sa piété jusqu'au jour 
de sa mort, et ayant formé beaucoup d'élèves ». Je sup- 
pose qu'il s'agit également de Simon Horcheim, cette prière 
étant placée après celle qui a été composée en mémoire de 
Cerfbeer. 

Totros RoihenWrg, rabbin à Bouxwiller et dans le comté de 
Hanau (Boux.). D'après ce Memorbuch, il fut le premier rab- 
bin de Bouxwiller. C'est sans doute lui aussi dont le nom se 
trouve mentionné dans le manuscrit du pp ^Dn^^ de Samuel 
Schlettstadt (cat. Neub., n^ 673) et où il est dit que Todros, 
fils de Mordechaï Rothenburg, était le douzième descendant 
de R. Méïr Rothenburg. Son fils David vivait vers 1654, et le 
fils de celui-ci, Nephtali, ajouta à son nom, en 1681, celui de 
nb'i^'nDiD (Bouxwiller) ', de sorte que nous pouvons dire que 
notre rabbin vivait au commencement du xvii'' siècle. Plus 
tard nous trouvons de nouveau un Todros R., dont le fils, 
Mordechaï, signe un document le 9 Nisan 1740. Un de ses pa- 
rents Abraham b. R. David R., se trouve à Eguisheim en 
1716 (476). Encore en 1780 il y avait une famille juive à Egui- 
sheim (Weiss, Gesch. und rechtl. Stellung, p. 28). 

Wolf Buhl, docteur de la loi (m irrù2) à Obernai (Balbr.). Ce 
Memorbuch dit de lui que, par suite de sa grande piété et de 

» D'après le calalofçue de M. Neubauer, c'est en 1716 que Nephtali b. David fut 
à Bouxwiller, 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 135 

sa modestie, il ne voulut pas accepter la dignité de rabbin 
(mî<'«^3). Il fut Tami et le correspondant de R. Issachar Behr, 
rabbin à Soultz, Haute-Alsace (1769-1781; voir Yam Issa^ 
char^ p. 50&). Garmoly prétend avoir vu une oraison funèbre 
composée en son honneur par Tiali Weil chez les parents de 
ce dernier à Garlsruhe [Rev. or., III, 307). Il fut élève de 
l'école talmudique de Ribeauvillé [Rev. or., II, 345). 
Wolf b. Jacob Reichshofen, rabbin à Bouxwiller (Balbr., Rix.), 
disciple de R. Jonathan Eybeschiitz (Westh.). Il est l'auteur 
de commentaires sur le Talmud copiés par Lamlein Loeb Win- 
zenheim et Raphaël (Ris.) de Niederhagenthal et conservés 
dans la Bibliothèque de l'Université de Strasbourg (Landauer, 
Cat. 5a,no 55).I1 a institué une école talmudique à Bouxwiller 
(Fischer, Coup d'œil, p. 4.) Il est mort en 1813, car c'est dans 
cette année, le dimanche avant Dn:D 'd, que N. Hirsch Katze- 
nellenbogen prononça une oraison funèbre en son honneur à 
Winzenheim. ^Ms. Gùntz.) 

Un Jacques Reichshoffer, juif de Bouxwiller, eut un procès 
en 1752 contre Hoffmann, pour arrérages de rentes en cé- 
réales, etc. (Spach, Catal. des archives du Bas-Rhin, E. 3028.) 
C'est sans doute le père de notre rabbin. 

Il faut remarquer ici que l'ordre dans lequel se suivent les 
prières composées à la mémoire de divers rabbins diffère sensi- 
blement dans les documents que nous avons consultés, et comme 
il n'y a ordinairement pas de date, il est très difficile déclasser ces 
rabbins par ordre chronologique. Je vais pourtant l'essayer en 
commençant par la Haute-Alsace. C'est Aron Worms qui, le pre- 
mier, fut nommé par le gouvernement, en 1681, rabbin de la 
Haute et Basse-Alsace, avec résidence à Brisac. Il ne faut pas 
s'étonner de l'étendue de ce rabbinat, car en 1689 il y avait dans 
toute l'Alsace 522 familles {Revue (V Alsace, 1885, 564). Pourtant 
il est certain que déjà avant Aron Worms il y eut un ou plu- 
sieurs rabbins, qui, il est vrai, n'avaient pas été nommés par le 
gouvernement. Après Aron Worms, vient, dans nos mémoriaux, 
Samuel Sanvil Weyl, de Ribeauvillé, nommé en 1711. Mais, en 
réalité, en 1695 le rabbinat de Brisac était occupé par Arié Juda 
Loeb Theomim, fils d'Aron Theomim, auteur de Inini^ ïtj^ et de 
l^ïii^ •^'TSn et rabbin de Prague (1659-1670), de Worms (1670-1689) 
et de Gracovie (1689-1690). Car, à cette époque il rendit compte 
à Ilegenheim de la gestion des affaires du cimetière (Communi- 
cation de M. Gïmzburger). Nous trouvons aussi sa signature 
(Jans un ms. d'Oxford (Cat. Neub., 1858), d'où il ressort éga- 



136 REVUE DES ETUDES JUIVES 

lement qu'il demeura à Brisac (Voir encore Kaufmann, /. Ch, 
Bacharach, 62 ; Samson Wertheimer, 60, note 2 ; Horovitz, 
Franhfurter Rabdiner, II, 73; Lowenstein, Kurpfalz, 140, note, 
et Magazin, XIII, 61). Son successeur fut Samuel Lévy, nommé 
par l'assemblée des délégués juifs tenue à Colmar le 16 novembre 
1700 (Archives du Haut-Rhin, E. 1627). Il résida à Ribeauvillé 
[ib.). Nous avons donc comme rabbins de la Haute-Alsace : 

1° Simon Blum (avant E. W. ?) ; 2° Eisik Werd (mort en 1675); 
S** Jirmiya b. Juda ; 4° Aron Worms (1681-1684) ; 5o (Lob Theo- 
mim) S tous à Brisac ; 6° (Samuel Lévy) ; 7° Samuel Sanvil Weyl 
(1711-1753); 8° Sùssel Moyse Enos (1753-1787); 9° Nephtali b. 
Ischaï (1787-1817); 10° Samuel Blum (1817-1820); 11« Eliézer 
Lipmann Meyer (1820-1849). Tous ces rabbins eurent leur rési- 
dence à Ribeauvillé. 

Avec l'augmentation de la population Israélite en Alsace, on 
augmenta le nombre des rabbins. C'est ainsi qu'on nomma un 
substitut ou vice-rabbin à Rixheim, probablement déjà sous le 
rabbinat de Samuel Weyl. Je suppose que c'est Joseph Steinhart 
qui en fut le premier titulaire. Ses successeurs furent Yeqel Gug- 
genheim (1753-1771) ; Yeqel Meyer (1771-1794), Abraham Dreyfus 
(1794-?). A Ufïholtz il y avajt déjà en 1739 un rabbin (Boug, II, 
208) et peut-être même avant (Weiss, L c. 56 ss.). 

En 1784/5, il y avait, en outre, un rabbin à Blotzheim (Marc 
Hemmendinger), à Bollwiller (Élie Blum), à Niederhagenthal 
(Hirsch Lôw), à Oberhagenthal (Seeligmam Ris), à Sierentz (Jo- 
seph Meyer *), où se trouvait aussi une école rabbinique sous la 
direction de Meyer Breger et de Simon Bickart, à Turkheim 
(Hirsch Lévy), à Uffholtz (Moïse Wurmser) et à Wintzenheim 
(Auscher Moïse Bloch) (V. Dénombrement). 

A Hegenheim, qui avait été donné en fief aux seigneurs de Ba- 
renfels par l'Évoque de Bâle (Tschamber, Geschichte der Stadt 
und ehemal. Fesiimg Hûniagen, 1894, p. 34), nous trouvons le 
rabbin David Giinzburger (1772-1824), membre de l'Assemblée des 
Notables et du Sanhédrin {Rev. or., I, 333), Pinehas Hirsch Kat- 
zenellenbogen (1821-1828), A. Aron (1830-1834), Moïse Nordmann 
(1834-1884) (Communication de M. Giinzburger, de Hegenheim, 
ancien instituteur et petit-fils du rabbin David Giinzburger). 

En 1806/7, lors de l'Assemblée des Notables et du Grand-San- 
bédrin, il y avait encore un rabbin à Biesheim, J. Calmann {Rev. 
or., I, 332), peut-être le même que Caïman Rachmiel, maître 

* Les noms mis entre parenthèses ne sont pas mentionnés dans les mémoriaux. 
« Rev, or., III, 213. 



LES MKMORIAUX ALSACIENS 137 

d'école en 1784 (Dén., 48) ; à Durraenach, nous trouvons Selig- 
mann Lévy [Rev., II, 140); à Hattstatt, Judas Bloch {Rev. or., I, 
332); à AluUiouse, Aaron Moïse (ib.). 

Après la mort de Meschoullam Sùssel Enos, rabbin à Ribeauvillé, 
en 1787, ce n'est pas son successeur, mais le rabbin d'Ufïholtz, 
Itziq Pfalzbourg, qui porta le titre de rabbin de la Haute-Alsace, 
et après lui N. Plirsch Katzenellenbogen, qui fut en même temps 
président du consistoire de la Haute-Alsace. 

Dans l'Évêché de Strasbourg, c'était d'abord Séiigmann Bloch, 
rabbin des terres du directoire de la Noblesse, et ensuite Samuel 
Sanvil Weyl et Siissel Enos qui exercèrent les fonctions de rabbin. 
Ils eurent des substituts à Soultz (Haute-Alsace) pour l'Obermun- 
dat (Hirtz Reinau), son fils Jessel (?) et Issachar Behr (1769-1781) 
(Weiss, Gesch. ii. recMl. Stellimg., p. 185); à Saverne, où exer- 
cèrent successivement R. Jacob ha-Gohen et son fils Samuel 
(Dén., n° 11); ces derniers étaient parents de l'auteur du nn372 ^dd 
1!i:d (Fùrth 1731). Le 28 octobre 1760, un Juif de Moutzig eut éga- 
lement la permission d'admettre dans sa maison un rabbin avec 
quatre à six élèves (Weiss, l. c, p. 53); ce fut probablement 
Isaac Mayer (Dén., n» 13). Après lui vinrent Simon Horcheim et 
son gendre, Israël Tergheim. A Roslieim, on trouve à la fin du 
xviii^ siècle ; Marx Cahn et Anschel Schoplich, qui n'étaient sans 
doute que rabbins titulaires. 

La Seigneurie de Marmoutier fit primitivement partie du rab- 
binat de Haguenau, mais après la mort de Samuel Halbersdadt, le 
Prieur fit usage de son droit de nommer un rabbin ; il conféra 
cette dignité, en 1756, à Joseph Kuppenheim, de Rosenweiller. En 
1784, la place était occupée par Mennlé Wormbser (Dén., n* 15) et 
plus tard nous y trouvons Abraham Dreyfus (Wittersheim), de 
Sierentz. 

Haguenau était le siège d'un rabbin probablement déjà au com- 
mencement du xvii^ siècle. Garmoly {Rev. or., II, 236) parle 
d'un nommé Eliakim Phœbus, rabbin de Haguenau, qui vivait 
encore en 1633, mais comme il n'indique pas la source de ce ren- 
seignement, il n'y a pas moyen de le contrôler. 

M.Scheid [Juifs de Haguenau, p. 23, 31,34) mentionne Hayyim, 
médecin et rabbin, originaire de Landau, qui vint se fixer défini- 
tivement à Haguenau en 1633; c'est sans doute lui que Garmoly 
nomme Ghajim Rheinveld {Rev. or., l. c.). Les autres rabbins 
qui ont exercé leurs fonctions à Haguenau jusqu'à la fin du 
XVIII® siècle sont : Meïr Trêves, Wolf Hohenfelden, Elle Schwab, 
qui n'est pas nommé dans les mémoriaux mais dont je pu- 
blierai également la biographie, Samuel Halberstadt, Lazarus 



138 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Moïse Katzenellenbogen (non plus dans les mémoriaux) de 1755 
à 1771 (voir Scheid, Juifs de Haguenaii, QS, 82, XXXI, etc.; 
Lowenstein, Kurpfalz, 201, 240, etc. ; Gâtai. Neub., 1537). Ce 
dernier signe ainsi son approbation à d-«3pT ns^Di^ (Metz, 1764) : 
'^•^'^ '^nn pinsb-'Nisrp J^hSt i-r^jrj nnïiiâ li.sin p t^n'^^'T -n:?^bwX 
'^'2^ ^t3^"i)31 &^''i3iNïi. 11 fut également de ceux qui signèrent la péti- 
tion au Conseil Souverain en 1765 (Boug, II, 694). Enfin il est 
cité dans un arrêt du 9 septembre 1757 (Boug, II, 766), oii il porte 
le titre de Rabbin des Juifs de la Basse-Alsace. Son successeur fut 
Yeqel Guggenheim. Lowenstein [Kurpfalz, p. 138) mentionne un 
R. Nathan Neta b. Juda Loeb Hactienburg, rabbin de Haguenau, 
qui semble avoir vécu dans la première moitié du xviii° siècle. 
Briill [JahrUïcher, 1, 228) le nomme Nathan b. Juda Loeb Mann- 
heim. Je suppose qu'il fut originaire de Haguenau, mais qu'il n'a 
pas été rabbin dans cette ville. 

Le comté de Hanau-Lichtenberg, avec Bouxwiller, comme capi- 
tale, eut un rabbin probablement tout de suite après la guerre de 
Trente ans. C'est Totros Rothenburg, descendant du fameux Méir 
de Rothenburg qui fut le premier rabbin de ce comté. Les autres se 
sont succédé probablement dans l'ordre indiqué par le Memorbuch 
de Bouxwiller : P Juda ha-Gohen ; 2<* Aron de Lebub; 3° Issachar 
Ber b. Yehiel Wiener ; 4^ Nethanel b. Isaac ; o*» Abiezri Selig b. 
Cevi Hirsch Auerbach; 6° Aron Benjamin (Wolf b. Jacob Reichs- 
hofer) ; 7" Jacob ha-Lévi. 

A Westhofen, qui faisait également partie du comté de Hanau- 
Lichtenberg, il y eut trois rabbins depuis la fin du xviii^ siècle 
jusqu'en 1872 : Eisiq Luntschiitz, Joseph Reichshofer et Morde- 
chaï ha-Gohen. 

Pour les terres du Directoire de la Noblesse, c'est Nidernai qui 
fut le siège du rabbinat. Nous y trouvons Azriel Seligmann Bloch, 
Isaac Sintzheim, Joseph Steinhart, Benjamin Scherwiller, Yeqel 
Meyer. 

En 1784, on trouve encore des rabbins à Balbronn (Zachiel 
Lévy),à Bischheim (David Zinnsheimer, Mathieu Gahen, Abraham 
Auerbach, Raphaël Samuel), à Fegersheim (Samuel Ilemmen- 
dinger), à Scharrachbergheim (Moïse Meyer), à Wintzenheim (Jo- 
seph Abraham). 

3° Particuliers alsaciens. 



Ahraham b. Méir Moïse, président de la communauté (Rib.), 
mort le 18 ileschwan 514 (1753) et euterré à Westhofen, 



LES MEMORIAUX ALSACIENS 139 

Abraham b. Moïse Sofer (Rib.), mort à l'âge de soixante-sept ans, 
le 3 Tébet 572 (1811). 

Aron b. Isaac ha-Lévi, de Balbronn (Balbr.), commerçant pieux 

et charitable. 
Aron Juda LoeU b. Salomon, de Balbronn (Balbr.), idem. 
Ascher b. Samuel, de Balbronn (Balbr.), idem (Dén., n" 15j. 

Baruch b. Yirmiya Eiiézer oflfrit un lustre à la synagogue 
(Rib.); mort avant 1753. 

Baruch b. Samuel ha-Lévi, de Balbronn (Balbr.; (Dén., n« 4j. 

Eisiq, ministre-officiant à Odratzheim (Balbr.). Peut-être le môme 
que Isaac Lévy du Dén., n* 39. 

Eiiézer b. Eliakim, de Balbronn, homme modeste et pieux (Bal- 
br.) ; cf. Dén., n'» 28. 

Eiiézer Laza b. R. Meir, « qui étudia la Tora et jeûna un jour 
par semaine pendant vingt ans ». 11 atteignit l'âge de quatre- 
vingt-huit ans. C'est un ancêtre de Garmoly (Voir Dénom- 
brement, n'^ 18J. 

Eiiézer Ephraïm b. Moïse, de Bergheim, syndic fjb^n^a) du pays. 
Mort le 18 Adarll 516 (1756). 

Eiiézer Leizer b, R. Moïse Trebitsch, ministre-officiant à Bal- 
bronn (Balbr.). 

Eiiézer Leizer b. Sanvil Lévi, de Balbronn, commerçant pieux 
et charitable (Balbr.). 

Hayyim b. Méir, président de la communauté pendant vingt-cinq 
ans, mort le Rosch Hodésch Siwan 574 (1814) (Rib.). 

Hénoch (y"5) Schiff. Le Memorbuch de Balbronn, qui a été écrit 
par son fils Abraham (et non par lui-même comme le prétend 
Kiefer, Geschichie der Gemeinde Balbronn, 1894, p. 331), lui 
a consacré la notice suivante : 

Que l'Éternel se souvienne de notre maître R. Ilénoch y5 Schiff, 
chef religieux de la communauté de Balbronn pendant plusieurs 
années. Depuis le jour où son intelligence s'éveilla, il ne cessa plus 
d'étudier; toute sa vie, il s'occupa du culte et de la charité. Pendant 
plusieurs années, il remplit gratuitement les fonctions d'officiant, il 
s'occupa de la Tora nuit et jour. Très modeste, il forma de grands 
savants qui sont des docteurs de la loi, et il supporta avec résigna- 
tion le joug de l'exil et le poids de la pauvreté, ce que le public ne 
savait pas par suite de sa modestie. Il connaissait riuterprétation 
ordinaire et mystérieuse (de la Tora). Il s'affaiblit par les pri- 
vations qu'il s'imposa pour la sanctification du nom divin. Ku ré^ 
compense, etc, 



140 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Isaac b. Méïr, président de la communauté et syndic (Rib.), mort 
avant 1787. Il était le gendre de R. Samuel Sanvil Weyl 
(Dén., 2; voir aussi Scheid, Juifs d'Alsace, 264). 

Isaac lizig b. Josiia ha-Lévi, de Balbronn, commerçant pieux 
et charitable (Balbr.). 

Issachar Haer^ de Balbronn (Balbr.). C'est Bâhr Seligmann du 
Dén., n°21. 

Jacoh b, Menahem ha-Lévi^ de Balbronn, commerçant scrujiu- 
leux (Balbr.). 

Jachet, fille de Josua Moïse Ruhen ha-Lévi^ d'Odratzheim, dé- 
cédée à Bischheim et enterrée à Romansweiler le 10 lyyar 
1745 (Bisch.). 

Jacob b. Samuel Weil et sa femme Sara, fille de Moïse. Il fut pré- 
sident de la communauté et syndic. Ils sont morts avant 1753. 
Le Memorbuch de Ribeauvillé mentionne encore plusieurs 
autres membres de cette famille, entre autres Moïse Eliézer, 
fils de Jacob Weil, également président de la communauté ; 
Nephtali b. Samuel Weil (sans doute le frère de Jacob), Moïse 
Méïr b. Jacob Weil (alias Méïr) qui a fait construire la syna- 
gogue. 

Joseph b. Elhanan (y-i), de Ribeauvillé, homme intègre qui s'oc- 
cupa d'études religieuses et de charité, mort le 8 Kislev 549 
(1788). 

Joseph b. Isaac ha-Lévi y de Balbronn, commerçant intègre et 
charitable (Balbr.). 

Joseph Trebach [Triynbach?], de Strasbourg, aumônier (Balbr.). 
Je suppose qu'il s'agit du rabbin Joseph qui était chez Cerf 
Béer et qui est mentionné dans le Dénombrement, s. v. Stras 
bourg, n° 1. R. Joël b. Joseph b'ib de Strasbourg, enterré à 
Hegenheim le SElloul 587 (1827), était peut-être son fils (Voir 
aussi Rev. or., I, 333). 

Juda Lob de Pologne, à Balbronn, pauvre (Balbr.; cf. Dén., n» 20). 

Koschel Moïse b. R. Michaël ha-Lévi, de Balbronn, commerçant 
intègre et charitable (Balbr.); il fut forcé le 15 brumaire an IV 
d'accepter le mandat de percepteur (Kiefer, Gcschichte der 
Gemeinde Balbronn, p. 128). 

Lob Burgbrepach, commerçant intègre et charitable, fondateur 
d'une société de charité à Balbronn (Balbr.). 

Lob b. Yohanan, de Balbronn, pauvre (Balbr. ; cf. Dén., n^ 11). 

Méïr b. Isaac ha-Lévi, de Balbronn, 'commerçant intègre et cha- 
ritable (Balbr.). 



LES MÉiMORIAUX ALSACIENS 141 

Méïr b. Jacob, ministre-officiant et Sofer à Ribeauvillé. C'est lui 
qui a écrit le Memorbuch. Mort le 9 Ab 505 = 1145 (Rib.). 
(V. Scheid, Juifs d'Alsace, 2Q0 ss., et Catal. de Strasbourg, 
no 37). 

Menahem Mendié b . Baruch ha-Lévi, de Balbronn, homme cha- 
ritable (Balbr. ; cf. Dén., n^ 7.). 

Menahem Mendié b. Raphaël, de Balbronn, commerçant intègre 
et charitable (Balbr.). 

Michaêl b. Samuel Sanvil ha-Lévi, de Balbronn, homme chari- 
table et vertueux (Balbr. et Westh.). 11 donna au commen- 
cement du XIX® siècle à la communauté une salle pour l'ensei- 
gnement de la jeunesse, et sa bibliothèque existe encore à 
Balbronn (Kiefer, l. c, p. 219; cf. Dén., n° 2). 

Mordechaï Sussmann b. Nephiali, de Ribeauvillé, mort le 25 Adar I 
521 (1761) (Rib.). 11 avait un fils nommé Samuel, qui est sans 
doute identique avec Samuel Hirtz (Dén., n^ 31). 

Moïse Bloch, homme intègre et juste; il fréquenta les savants 
et mourut dans un âge avancé (Nid.), probablement au 
commencement du xix® siècle. 

Moïse, fils du inartyr Abraham, président de la communauté de 
Bergheim et membre de l'administration du cimetière de 
Schlettstadt. Mort le 25 Nisan 513 (1753) (Rib.). 

Moïse b. Aron Juda, de Balbronn, commerçant pieux et chari- 
table (Balbr.). 

Moïse b. Méïr, de Balbronn (Balbr. ; cf. Dén., n* 8). 

Moïse &. Salomon, de Balbronn, maître d'école et commerçant 
(Balbr.); cf. Kiefer, p. 184, a. 1722). 

Mundel, ûlle de Salomon ha~Gohen, épouse du président R. Méïr 
(Rib.). Dans le Memorbuch de Bischh., on lit : R. Méïr Weil, 
ce qui me paraît une erreur, puisqu'il s'agit probablement de 
Mayer, père d'isaac Mayer, banquier de Ribeauvillé. 

Nahoum b. Joseph, de Balbronn, commerçant intègre (Balbr.). 

Rachel Brentel, fille de Neta de Scherioiller, épouse de Baruch 
55b de Ribeauvillé, décédée le 16 Sivan 560 (1800). 

Raphaël b. Joseph ha-Lévi, qui s'occupa des intérêts des commu- 
nautés, fit lever des bans et distribuer des aumônes aux 
pauvres (Balbr.). Il vécut probablement au moyen âge et 
n'était peut-être pas Alsacien. 

Raphaël b. Menahem ha-Lévi, dQ Balbronn, commerçant intègre 
et charitable (Balbr. ; cf. Dén., n° 7). 



142 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Raphaël b. Moïse, maître d'école à Balbronn (Balbr.); cf. Kiefer, 
L c, p. 92 et 331, no 11.) 

Reiz Hawaii, fille de Méïr Bensheim, de Mannheim, dëcédée à 
Bischheim et enterrée à Ettendorf le 21 Ab 1741 (Bisch.). 

R. Salman, docteur de la loi à Bischheim (Balbr.; cf. Dén., no46 : 
Salomon Isaac). 

Salomon, fils du martyr Fliézer, de Romansweiler, homme très 

modeste et adonné à l'étude de la Tora (Balbr.; cf. Dén., 

n° 26 : Schlumen Lippmann}. 
Samuel Sa nvil b. Raphaël ha-Lévi, de Balbronn, fit construire la 

synagogue à ses frais (Balbr.) 
Sanel [Nethanel) Hirsch, d'Ufïholtz, homme charitable et modeste 

(Balbr.). 
Sara, fille de Juda (Rib. et Bischh.). 
Seelig, ministre-officiant de Balbronn (Balbr. ; cf. Dén., n° 31). 

Todros h. Moïse, de Balbronn, commerçant intègre et charitable 
(Balbr.). 

Todros Breisich (Brisac) et son fils, le jeune Nephtali Hirz, qui 
furent pieux et bienveillants pour les pauvres et les riches 
et sauvèrent beaucoup d'âmes en Israël (Nid. et Mu.). Hirtz 
Bischheim, « homme droit et consciencieux et grand Schta^ 
dlan en France >•> (Balbr.); c'est Gerfbeer et son père. Un des 
fils de Gerfbeer portait également le nom de Todros (oiniDia ; 
voir Dén., s. v. Strasbourg : Théodore). Il demeura plus tard 
à Paris et donna une subvention pour la publication du mi T 
de David Sinzheim (v. l'introduction). Gerfbeer ou Nephtali 
Hirtz Medelsheim fonda une école talmudique à Bischheim en 
ITIS {Yad David, introduction). 

R. Yeqil &. Hirtz Reinau et sa femme Schottel, fille de R. 
Ephraïm Moïse Spira et son frère Elhanan, présidents et syn» 
dics (Nid., Ilag. a. et Mu.). G'est sûrement Hirtz Reinau de 
Soultz (Haute-Alsace; voir sur lui Weiss, /. c, p. 54 et 58; 
Boug, I, 555). Au cimetière de Yungholtz se trouve encore la 
pierre tombale d'Abraham Juda, fils d'Elhanan, mort en 1715, 
qui est sans doute un membre de cette famille. 

Yischai b. Yohanan de Balbronn (Balbr.). G'est l'aubergiste 
juif qui payait en 1719 20 fi. (Riefer, Sieuern, etc., 1891, 
p. 27). 

Yohanan b. Joseph, de Balbronn, commerçant (Balbr.). 



LES MEMORIAUX ALSACIENS 143 

Yonah. Moïse, de Balbronn (Balbr.) peut-être le père de Moïse 
Jonas. (Dén., n° 10). 

Zecb Wolf, fils de R. Samuel de Danzig, auteur de ■jvis mrnî, mi- 
nistre-officiant à Balbronn (Balbr.). 

J3 ne me dissimule pas que cet essai historique a besoin d'être 
complété sous bien des rapports, surtout pour ce qui concerne 
l'histoire des rabbins alsaciens. Mais comme rien n'a encore été 
publié sur ce sujet, j'ai pensé devoir faire connaître le résultat 
de mes recherches, laissant le soin à de plus érudits de traiter 
cette matière si intéressante d'une manière plus approfondie. 

Soultz (Haute-Alsace), mai 1900. 

M. GiNSBURGER. 



NOTES ET MÉLANGES 



LES INTERDICTIONS ALIMENTAIRES 

ET LA LOI MOSAÏQUE 



Un animal pur, dans la Bible, est un animal que l'on tue et que 
Ton mange; un animal impur est un animal qu'on ne mange pas. 
Par analogie avec ce qu'on constate chez nombre de peuples mo- 
dernes, on pourrait ajouter que l'animal impur n'est pas plus tué 
qu'il n'est mangé (sauf, bien entendu, dans le cas de légitime dé- 
fense). Il est vrai que la Bible n'interdit pas de tuer les animaux 
impurs ; mais l'un des interlocuteurs des Questmis Conviviales 
de Plutarque constate que les Juifs ne tuent pas les porcs et « con- 
sidèrent comme aussi défendu de les tuer que de les manger ' ». 
De pareils témoignages ne sont pas sans valeur. Si la Bible nous 
fait connaître la législation écrite des Juifs, il est parfois légitime 
de recourir aux auteurs classiques pour être informés de leurs 
usages; c'est une source que l'on aurait tort de dédaigner. 

Ce simple rappel de faits suffit pour prouver, à la réflexion, 
que les idées àe pureté et à'impureté n'ont rien de commun avec 
celles de bonté, de chasteté, d'utilité, d'une part, ni, de l'autre, 
avec celles de méchanceté, de lubricité, d'insalubrité. Ce que 
l'on ne tue pas et ce que l'on ne mange pas est précisément ce qui 
provoque le respect, l'abstention, le liands off : c'est donc, à pro- 
prement parler, ce qui est sacré : 

« Sacrés ils sont, car personne n'y louche. » 

Il est superflu d'accumuler ici de l'érudition, de parler de Ka- 
dosch et de Néfesch, ou même de Tabou et de Noâ comme les 
Polynésiens. Un animal pur est un animal iiioffensif (au point de 

^ Plutarque, Quaest. Conviv. ^ IV, 5-6 (= Th. Ueiiiach, Textes relatifs au ju- 
daïsme, 139.) 



NOTES ET MELANGES l'.o 

vue de la superstition); un animal impur est le contraire. Le pre- 
mier est tangible^ le second intangible. Placer, à l'origine de ces 
distinctions, des considérations d'hygiène, c'est commettre un ana- 
chronisme palpable' ; et attribuer ces considérations à Moïse, c'est 
aller à rencontre du texte biblique lui-même. Il ne s'agit pas, en 
effet, de savoir si la rédaction que nous possédons des lois dites 
mosaïques est antérieure ou postérieure à la rédaction que nous 
possédons de la Genèse; l'essentiel est que les Hébreux ont cru que 
les faits relatés par la Genèse étaient plus anciens que leur légis- 
lation — et l'orthodoxie judéo-chrétienne le croit encore. Donc, 
en nous plaçant au point de vue môme de cette orthodoxie, nous 
pouvons affirmer que la distinction des animaux purs et impurs 
ne date pas plus de Moïse que l'habitude de célébrer le sabbat : 
dans l'opinion des rédacteurs mêmes de nos livres, tout cela était 
antérieur à Moïse. Car lorsque Noé s'embarque dans l'arche, Dieu 
lui prescrit de prendre avec lui deux couples de chaque espèce ani- 
male impure et sept couples de chaque espèce pure' ; or, il ne lui 
explique pas comment il doit les distinguer, ni ce que signifient ces 
épithètes. Donc cette distinction, dans l'opinion même du rédac- 
teur biblique, existait de temps immémorial. 

Que fait donc la loi mosaïque? Elle fait deux choses. D'une part, 
elle codifie des interdictions déjà anciennes en créant des catégories 
d'animaux défendus ; c'est un procédé analogue à celui des premiers 
grammairiens, qui ont formulé les règles du langage avec les excep- 
tions qu'elles comportent, mais n'ont créé ni les règles ni les excep- 
tions, qui sont l'œuvre de l'usage. D'autre part, la loi mosaïque 
paraît ajouter certaines interdictions par crainte de la contagion du 
paganisme ambiant ^. Ceci ne veut pas dire, comme on le répète, 
que le législateur a voulu isoler les Hébreux des peuples voisins en 
leur défendant de manger ce que leurs voisins mangeaient; il est, 
au contraire, certain — du moins dans le cas du porc — que tous les 
peuples de la Syrie s*en abstenaient. Seulement — et c'est là qu'in- 
tervient l'admirable découverte de Robertson Smith — les ani- 
maux sacrés, dont les païens s'abstenaient d'ordinaire, étaient, 
de loin en loin, mangés rituellement, c'est-à-dire qu'ils faisaient 

* Tout ce qu^oa peut concéder, c'est que, parmi les interdictions alimentaires, celles 
qui ont paru, bien plus lard, conformes à l'hygiène ont eu plus de chances de se 
maintenir que les autres. 

* Genèse, vu, 2. 

* Ainsi, l'interdiction de cuire le chevreau dans le lait de sa mère ne dérive cer- 
tainement ni d'un préjugé d'hygiène, ni d'une idée sentimentale ; il semble plutôt 
que ce soit la condamnation d'un ancien rite superstitieux fort répandu, dont je crois 
trouver une trace dans le mot de passe des initiés de l'orphisme : « Chevreau, je suis 
tombé dans le lait. » (épiço; è; yaX' eTretov, Corp. inscr. ItaL, n° G41). 

T. XLI, no 81. 10 



446 REVUE DES ETUDES JUIVES 

les frais d'un repas de communion, conception très générale, 
presque universelle, qui est une conséquence du totémisme et que le 
christianisme romain a perpétuée jusqu'à nos jours. Ce sont ces 
repas exceptionnels, d'un caractère païen très marqué, que le lé- 
gislateur condamne et que condamnera non moins sévèrement le 
Prophète'. Pour en détourner les Hébreux, il faut que la défense 
de manger Vinterdit soit absolue, sans réserves, accompagnée 
de menaces terribles. Ainsi s'explique une des particularités de 
la législation mosaïque concernant les interdictions alimentaires. 
Depuis que l'étude du totémisme, en divers pays arriérés, a 
prouvé qu'il a pour résultat l'interdiction de manger le totem, 
quelques savants ont conclu imprudemment que les divers clans 
hébreux, avant leur réunion politique et religieuse, respectaient 
des totems différents, puis qu^ils ont fait un faisceau de leurs 
totems et des interdictions corrélatives le jour où ils se sont agré- 
gés. Cette manière de voir est certainement fausse, parce que 
l'état totémistique est bien plus ancien que la plus ancienne civili- 
sation hébraïque dont nous ayons connaissance. Dès l'époque où 
la tradition place Abraham, la religion en était aux teraphim, 
c'est-à-dire aux fétiches individuels, qui, historiquement et logi- 
quement, marquent une phase de beaucoup postérieure à la fin 
du totémisme strict. Dans les plus anciens groupes dont la réunion 
a formé le peuple juif, il ne pouvait y avoir, à l'aurore de l'histoire, 
que des sîirvivances du totémisme. Les survivances de cette es- 
pèce sont les plus tenaces de toutes, puisqu'elles dominent encore 
les sociétés d'aujourd'hui. D'autre part, comme l'a montré Je- 
vons, la domestication des animaux, qui est un effet du toté- 
misme, tue le totémisme; et si loin que remontent les traditions, 
les Hébreux sont des pasteurs, non des chasseurs. Ils n'avaient 
même pas l'idée la plus obscure d'une période où l'agriculture 
était inconnue, témoin le récit de la Genèse où Adam, à peine 
expulsé du Paradis, devient, sans transition aucune, cultivateur, 
où Caïn cultive la terre en môme temps qu'Abel élève des mou- 
tons-. Donc, il est faux de dire que les clans hébreux, du 
temps de l'Exode ou du temps des Juges, ont mis en commun 
leurs totems; il y avait déjà des siècles que ces divers clans 
s'abstenaient, par tradition, de tels animaux et se nourris- 
saient de tels autres. Bien entendu, le totémisme est au fond de 
ces usages, mais ni plus ni moins que de notre répugnance ac- 
tuelle à manger du chien. La distance de la civilisation, de la 
quasi-civilisation même, au totémisme, est tellement énorme que 

* Isaïe, Livr, 17. 

' Genèse, m, 17 ; iv, 2. 



NOTES ET MELANGES !47 

les trente siècles qui nous séparent des débuts de la Royauté jui?e 
sont, en comparaison, une durée presque insignifiante. 

Mais alors, dira-t-on, que faites-vous des peuples totémistes 
modernes? Je réponds que, par le fait même de leur totémisme, 
ces peuples sont pour nous ce que sont pour les géoloj^ues cer- 
tains affleurements des roches les plus anciennes qui ont cons- 
titué la croûte terrestre. On peut encore, à leur sujet, rappeler 
les marsupiaux australiens, seuls survivants de la faune mam- 
malogique tertiaire. Quelque ancien que soit le totémisme des 
peuples élus pour la civilisalion, il ne remonte pas à l'époque 
tertiaire, qui est séparée de la nôtre par des centaines de mille, 
peut-ôtre.par des millions d'années; donc, le phénomène de retard 
ou d'évolution lente, présenté par des tribus asiatiques, afri- 
caines, australiennes, n'est pas plus surprenant que celui de la 
faune de l'Australie. 

Je me suis abstenu à dessein, dans cette note, de tout appareil 
érudit. Il me semble que les idées que j'y expose sont trop simples 
et trop évidentes, bien qu'obstinément méconnues, pour qu'on 
les obscurcisse par des discussions de textes et des citations 
d'autorités. 

Salomon Reinach. 



UNE VERSION ARABE DU RÉCIT DE LA DESTRUCTION 

DE JÉRUSALEM 

M. Israël Lévi m'a envoyé deux feuilles provenant de la gue- 
niza du Caire, qui se suivent et paraissent avoir fait partie toutes 
deux d'un ensemble plus considérable. Écrites dans une cursive 
très nette, ces feuilles (21 X 16 cent.) portent chacune à la pre- 
mière page, en tête, les mots nt^n '::. Elles contiennent le récit de 
la destruction de Jérusalem (pnnrr rtuîs'») en arabe. Le récit, tel 
quil est rapporté dans ce fragment, est fait d'après la narration 
du Talmud de Babylone [Guillin, 56^) complétée d'après celle 
d'Echa rabbati sur i, 5. La première feuille commence par l'épi- 
sode où Yohanan b. Zakkaï applique les deux versets de Pro- 
verbes, XV, 30, et XVII, 22. Viennent ensuite les requêtes qu'il 
adressée Vespasien, d'après Guittin, 50^. Puis suit le récit du 
transport de R. Çadok dans le camp romain, d'après Echo, rab- 



148 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

l)ati et dans la forme du texte que ce Midrasch présente dans la 
nouvelle édition de M. Buber. Car, à la fin de cet épisode on lit : 

■JN nwnsn n«nN (b^pT =) 'pi nnbi -iT^^bt^ 'n s^b^n ï-^sin 1y'2^ 
t<^ bnTo riTooi y'y^ Db N^n yT^b-^i:: -i?3y Y^i ijn w^y piii: 'n "^V^nt 
tomy ^Dit "^D^bN 'ip îtid nnn ><bN "^^3 r<bT 'jwSd. « Ensuite son 
fils R. Eléazar jura et dit : Aussi vrai que je tiens à assister à la 
consolation (de Tépoque messianique), mon père R. Gadok vécut 
encore longtemps, mais son corps ne redevint pas ce qu'il avait 
été et il ne se remit pas. En lui s'accomplit la parole du prophète 
dans les Lamentations, iv, 8. » C'est là une paraphrase du pas- 
sage qu'on ne trouve que dans l'édition Buber (p. 69) : nr^?» ^"^ 
2-inu:73 tD-iaujïi im^ br) r^nx n^n*:: '^"y^ riTonsa r-iNn&< pin^: n"3 
^Dit n73N3U5 Ï-T73 tz^^pb ïT^n'»:? m^:D T^bj^. idi3 nm i^b 'cjnptjn n-^n 
...tom:'. Je remarque pourtant que dans l'épisode de R. Çadok, 
notre récit a également emprunté quelques traits à Guiiiin, 56 &. 
— On trouve ensuite dans notre fragment le récit de Giiiitin, 57 b, 
concernant les quatre cents garçons et jeunes filles qui se sont 
précipités dans la mer pour échapper à une situation avilissante. 
Notre fragment se termine par le récit de la conduite scandaleuse 
de Titus dans le sanctuaire et de sa traversée. C'est la paraphrase 
exacte de Guitiin, 566 (. . .Dirû'^rûb rmiuî bîi^); elle s'arrête au dé- 
barquement de Titus. Je ne reproduirai ici que la paraphrase des 
mots ...bip ra rinsf^; elle est ainsi conçue : "«i^^r im mi: inis 
nDT^ii nD"i'>'^T n-iDST ir\^yû na^x y-O'^T, y:^y b^ id3 p y^'-\ n^ bip"»! 
nnnbN Xû t]^ yh'û^ t^SNs nnnb^ ^d t*^bK ^*n^)2 "^b o-^b ifi< r-ibp*i 
'^cn^'N'i Ti':\nbN 172 ts'rj^m nn '^nir^s ^ni<pT b57D C]:>i:wN '^^bj' ::boNn 
■^inc^T 1^'^yû « Une voix sortit qui s'écria : impie !. . . tu as péché 
et nié, tii as outragé et blasphémé, tu disais que je n'étais puissant 
que sur mer. Je veux donc te faire débarquer de la mer et te 
mettre au pouvoir de la plus faible de mes créatures pour qu'elle 
te châtie et que tu cesses d'exister; je te ferai ainsi reconnaître 
ton impiété et tes négations. » 

En ce qui concerne la façon dont l'arabe est transcrit, je ferai 
remarquer que les points diacritiques s'y trouvent le plus souvent; 
à = ^, :» ou ^i = ^. Je citerai aussi l'abréviation suivante qui 
est assez remarquable et qui sert à introduire un verset de la 
Bible : ':^n 'nbi< 'p. Le n doit se lire probablement y^m\ on aurait 
donc 'b^yr\ iTon^bi^ bi^p. Ou le n serait-il la première lettre de 
d"':Dnbi<, l'Omniscient? Saadia désigne d'habitude Dieu par û'^snbi^. 
Dans un autre passage encore de notre fragment, on lit : in"int 
n^î^'^iry '^b:' n^nm '5*n 'nbwS, « Dieu voulut le laisser dans son 
impiété. » 

En général, la paraphrase prouve une connaissance exacte des 



NOTES ET MÉLANGES \\0 

textes utilisés. Mais l'auteur ne semble pas avoir poss^'dé des no- 
tions exactes sur les Tannaïm et les Amoraïra, comme le montre 
la façon dont il a rendu ces mots de Guitlin, 50 h : cicr nn Tvhy np 
...niuîT: ^'y^'py 'n N):'^n"«K'i. Voici l'arabe : ï-rirr rn:b3 c^?: -;:rE 
'yn '^b^< ins^» 'p ■''ibt< in r-inn ib^p t^^^^p:' 'm qov '-ib rTbî<07:bî< 
^"^imn^ D'^TûiDn n-^uîTa : '<■ Lorsque cette question fut portée à la con- 
naissance de H. Joseph et R. Akiba, ils dirent : C'est ce que Dieu 
a affirmé à son sujet »... (les mots d'isaïe, xliv, 25). 

W. Bâcher. 

Budapest, mai 1900. 



NOTES HÉBRAÏQUES DE COMPTABILITÉ DU Xlir SIÈCLE 

Dans un exemplaire ms. de VHisioria scolastica de Pierre Co- 
mestor, splendide in-folio sur vélin aux initiales enluminées-, se 
trouvent trois notes en hébreu d'une lecture difficile, fort sem- 
blables par la forme et le fond aux deux notes analogues tirées des 
mss. latins de Chartres et publiées ici ^ : l'une est écrite au bas 
d'une page blanche (f. 162 ô), les autres sont mises à la suite de la 
table des matières de V Historia [L 163 a). Pour faciliter le dé- 
chiffrement de l'hébreu nous copions d'abord la mention sui- 
vante inscrite sur cette dernière page, après ladite table : 

« Ego Rad [ulfus] debeo Uiuanti Judeo VIII libras IIIP'" solidis 
» minus in obptabis * rexurrectionis Domini s. (cilicet) pro catallo 
» et pro usura. n Et plus bas, d'une écriture semblable, mais plus 
menue : « Anno ab Incarnatione Domini M^ CC^ XIIP. » 

Passons aux textes hébreux : 

1* Celle des trois notes qui est peut-être la dernière en date est 
la plus facile à lire, ce qui nous dispense de la donner en fac- 
similé. Elle est ainsi conçue : ibs^ û^nit!) '3 bioD b:^ 'm '^ « dix 
deniers'* [prêtéjs] sur ce livre ^ ecclésiastique, le lundi de la section 
NiçaMm. . . » Nous ne traduisons pas encore le dernier groupe de 

> Abrévialion de b^iD"^ d^3>^^. 

' Ms, du fonds latin à la Bibliothèque nationale, n<» 5097. 

> Hevue, XXX, 289. 

• Un des nombreux barbarismes du temps, pour Octava. 

• C'est non le petit deaier, mais le 50m, ou 20* partie de la livre. Voir, ibid.^ 
IX, 294. 

• Littéralement : • impropre, non saint ». Jbid.^ XXX, 290, note 2. 



150 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



quatre lettres. C'est peut-être l'année qui est indiquée : cette fin de 

phrase contiendrait, non un chronogramme, 
mais un m,ode singulier de datation, dont le 
sens nous échappe. Il faudrait supposer une 
interversion bizarre de lettres, et lire : 'sb 'd '^ 
« l'an 20 du (petit) comput » (= 1260). Mais 
outre qu'une telle inversion serait extraordi- 
naire, l'hypothèse ne tiendrait pas devant la 
mention latine citée plus haut qui porte en 
toutes lettres 1213 et non 1260. 

Il ne faut pas s'étonner de voir des ecclé- 
siastiques mettre de tels livres en gage, puis- 
qu'une ordonnance du roi Adolphe, en date 
du 7 août 1295, prescrit aux Dominicains de 
Berne de restituer à qui de droit les livres mis 
en gage chez des Juifs *. 

2° Un texte en deux longues lignes, dont 
les caractères, qui ne sont plus franchement 
carrés, ne sont ni cursifs, ni même rabbi- 
niques, peut à la rigueur se lire ainsi : 

« Raoul d'Evreus * ou lehan, son serviteur, 
[doit] 20 deniers... » 

La lecture de la première ligne est à peu 
près aisée, et le nom propre français Raoul 
correspond bien à la mention latine; mais 
c'est le seul point commun entre les deux 
textes. Le montant du prêt n'est pas le même 
dans les deux. 

Une seule chose est certaine, c'est que deux 
dates sont ici placées côte à côte, la semaine 
de la parascha Nasso et celle de ffouhhat ; le 
fc< qui précède peut signifier le premier jour 
de ces deux semaines, mais c'est peu vraisem- 
blable. Nous croirons plus volontiers que cette 
lettre indiquerait un chiffre, une fraction de 

» V. Solothurner Woch«nblalt, 1827, p. 444. 

* Ce nom de ville, écrit en "vieux français Evreues, est 
transcrit en hébreu d'une dizaine de façons citées par 
Gross, Gallia judaica, 38 ; la forme la plus voisine de la 
nôtre est '\2JT^:3'^fc<, et se trouve dans un ms. d'ilalberstam. 



r 



«^ 







iNOÏES ET MELANGES 151 

la somme due. Dans ce cas, le ^ qui précède serait l'abr^^viation 
de :?'nD'»^ « qui paiera ». Quant à la fin de la ligne, nous renonçons 
à vouloir le déchiffrer. 

3° Le troisième texte est double : il se compose, d'une part, de 
deux lignes horizontales, plus un 
mot; d'autre part, de deux petites 
lignes verticales. Appelons A la 

partie horizontale, et B, la partie ^W^\ ^'^ '>n?'*iy ' T^t 
verticale, en notant tout de suite ^ /^i^^^y* 

que B paraît une répétition d'A, ^, 

sauf qu'au commencement de B il rt >- 

y a une lacune par suite d'un trou ^ |^ 

de ver dans le ms. : la lacune va .^^^^ 

du s à la première ligne, et à la . *Ld^' 

deuxième ligne il manque le mot ^>Jf\ 

b:s>i, deuxième mot de la deuxième J^ .^ 

ligne dans A. Il nous semble pou- Wr^i 

voir lire ainsi ces mots : h:> '2">'7 b ^ 

npin 'n . . .ion b:f^ !it « 20 deniers 

sur ce livre et pour intérêts (?j de retard. . . » Après le mot dou- 
teux "^n^, il y a peut-être DT^bit, transcription fautive de solidos ', 
puis, « vendredi de la section Hoiihhat ». 

C'est M. Léopold Delisle qui a découvert ces lignes et, le pre- 
mier, les a signalées-. Il nous apprend qu'un certain Raoul avait 
possédé une Historia scolastica, mise en gage chez un juif. Ce 
ms. entra au xiii« siècle, dans la bibliothèque de l'abbaye de Bon- 
port (Normandie), ainsi qu'il appert du Catalogue de ce couvent, 
d'où il passa à la Bibliothèque Nationale. Les rehgieux de l'abbaye 
avaient peut-être racheté ce volume du juif Vivant, à qui cette 
Histoire était engagée pour une somme de 7 livres et 16 sous, 
selon une note latine dudit ms. (f. 163). Quoique le nom de Vivant 
(= Hayyimjait été porté souvent, il est assez probable, dit M. De- 
lisle, que, dans cette note, il s'agit de Vivant, juif de Guillaume le 
Maréchal établi àChambois, en faveur duquel Jean-sans-Terre 
adressa des lettres patentes, les 6 et 10 décembre 1201, à Durand 
du Pin et à tous les baillis royaux de Normandie^. C'est sans doute 
le juif Vivant, ou Tun de ses associés, qui a tracé les notes hé- 
braïques qu'on lit dans ce ms. 

En présence du seul prénom latin Radulphus, il n'était pas pos- 

* Dans une note analogue publiée par la Revue (XXX, 293), tirée du ms. latin 
1444 de la bibliothèque Mazarine, ce mot est écrit OTnbT- 
> Cabinet des Mss., I, 537-8. 
' Selon les £otuliUtterarum patentium, p. 3, col. 2; Deiisle, tbid. 



152 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sible de savoir de quel Raoul, à cette époque, il s'agissait ; mais 
maintenant, grâce au texte hébreu, on le sait. Ce Raoul, d'abord 
doyen, puis évêque d'Evreux, nous est connu par deux actes 
de Philippe - Auguste *. Le premier ou no 687 du Catalogue des 
Actes àQ ce roi, publié par M. Léop. Delisle (p. 160), spécifie 
que Raoul, doyen, et le chapitre d'Evreux reconnaissent à quelles 
conditions le roi leur a concédé un emplacement de moulin, daté 
de Vernon, le P' novembre 1201. Le second acte, n^ 2033 du dit 
Catalogue (p. 451) est daté du mois de février 1221 ; le chapitre 
d'Evreux, ayant choisi Raoul, son doyen, pour évêque, prie le roi 
de lui délivrer la Régale de l'évêché. C'est donc entre ces deux 
dates que se place le prêt en question ici. 

Nous avons demandé à M. le rabbin N. Porgès son avis sur les 
précédents fac-similés, sans lui dire nos conjectures pour ne pas 
influer sur sa façon de lire. De la réponse qu'il a bien voulu nous 
adresser, nous extrayons les points sur lesquels nous différons 
d'avis, en motivant au fur et à mesure chacune des diveçgences. 
M. Porgès s'exprime ainsi : « ...Je lis : 't^ ...'"Vd'd . . .bis^^ 
» 'Vn'n npn. Le premier mot est peut-être Raoul, sans que j'ose 
» l'affirmer, car on ne rencontre guère ce nom (écrit ainsi) à une 
» époque aussi reculée. » Rassurons notre correspondant : cette 
forme existait dès le xiii* siècle-. 

Puis, « je voudrais compléter ce qui est barré, le joindre au \a 
» de la deuxième ligne, de façon à donner le montant de l'intérêt, 
» quelque chose comme [ms'in];!) 'ib (pour quatre semaines). Peut- 
» être cependant, les deux lettres barrées 'd'd, que l'on trouve 
» souvent dans le Livre de comynerce édité par Isidore Loeb 
» {Revue, IX, 195), font-elles allusion à une sorte de monnaie dé- 
» préciée, altérée [mmn]D [û'^::i\d]d, à mettre sans doute en corré- 
» lation avec les Wli^^ Solidis minus de la note latine. » Mais la 
barre à notre avis, qui a donné au n l'aspect d'un D, et les deux 
lettres barrées ne sauraient se lire 'd'd, car on n'aurait pas dit 
80 deniers, mais quatre fois la valeur de 20 deniers, soit 4 sols 
(pas plus qu'aujourd'hui on n'inscrirait 80 sous, au lieu de 4 
francs). C'est si vrai que le prêt spécifié en latin dit » VIII libras 
IIII*^^ solidis minus », 8 livres moins 4 sous, alors qu'on dit en 
français : « VII livres et 16 sous ». Il faut ajouter que le latin 
emploie le mot m^inus (moins), et non minorihus (moind''^'»). 

Quant à la fin du premier fac-similé, « les trois dernières lettres 

• Les originaux sout au Trésor des Chartes, section Eaux et Forêts, n* 10, J 731, 
Keg. 31, f. 42 h^ n» 121, et I, 116, J 347; ils ont été publies par M, Delisle, dans 
sou Cartulaire normand^ p. 12, n' 61, et p. 42, n" 180. 

• Voir enlre autres, le Livre de la taille de Paris, p. 7, 22, 28, 35, etc. 



J 



NOTES ET MELAiNGES 153 

» donnent l'année et peuvent être lues 'b'a 'n ». On a vu quel est 
notre sentiment à ce sujet. 

Sur le deuxième fac-similé (petit texte), M. Porgès dit : « La 
partie A se lit : 

uv ^ by it^'i 'n'D « Partie B : ûv hy 
ûT^b 'd'-« ^n?3 by^ nr npn 'n ûvb 'd 'b mû 

npn 'T 

« Dans la partie A, — si je lis bien, — "tn^ =: Rad du latin. En 
» tous cas, ces lettres donnent le nom du débiteur. Du reste, A et 
» B se confondent bien. » C'est en raison de cet accord parfait que 
nous ne partageons pas l'avis de notre savant collaborateur, et 
voici pourquoi : après le ^ initial qui est complet en A, nul doute 
en B n'est possible sur le mot 'li^i « denier », et il est logique de 
trouver la désignation d'une monnaie 4près le chiffre 20. La tache 
d'encre, ou rature, qui suitb:^ en A, fait hésiter sur la succession 
des lignes ; mais, la comparaison avec B montre qu'il faut con- 
tinuer la lecture en A au mot ïiT, premier de la ligne 2, ou dernier 
de la ligne 1 en B. — Le premier mot de la ligne 2 en B, ou troi- 
sième mot de cette ligne 2 en A, nous paraît être, non ^53 (qui 
n'aurait guère de sens ici), mais ^tia^ « arrérages d'intérêt ». On 
expliquerait ainsi la grande différence des sommes entre la note 
latine et la note hébraïque. S'il s'agissait du « lendemain », 
comment justifier un accroissement de dette, fût-il seulement de 
'd '■• « 10 sols » ou petits deniers? 

Malgré tous ces doutes, ces textes ont une valeur paléogra- 
phique, car l'écriture est d'un type assez rare. 

Moïse Schwab. 



VERSION Hébraïque d'un ouvrage médical perdu 

Parmi les savants juifs du Midi au xiv* siècle, on remarque un 
certain Benjamin b. Isaac, de Carcassonne, connu seulement pour 
avoir traduit du latin en hébreu un ouvrage « sur la corruption de 
l'air et de la peste », du médecin Jean de Bourgogne. On est bien 
aise d'avoir cette version •, car il n'existe que des traces de l'ori- 

* Ms. de la Bibliothèque natioQale de Paris, fonds hébreu, n» 1191, fol. 141 è 
à 194 fl. 



154 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



ginal, écrit peut-être en français. Ce traité « de respidimie, en 
prose, en un cayer », formait le n« 852 de la Librairie du Louvre 
ou bibliothèque personnelle du roi de France Charles V. C'est sans 
doute, dit M. Léopold Delisle \ l'opuscule dont il y a une copie à 
la fin du ins. français 13323, sous le titre suivant : c^ Le traité que 
» les maistres de medicine et les astronamiens de Paris firent de 
» la pestilence, que fisique appelle epydimie en l'an de l'incarna- 
D tion de N. S. MCCGXLVIII », ou peut-être encore Topuscule 
composé en 1365 par maître Jean de Bourgogne, surnommé à la 
Barbe, professeur de médecine et citoyen de Liège-. 

Grâce à cette note, on pourra mieux déterminer qu'autrefois 
la date au moins approximative de l'œuvre hébraïque : le second 
opuscule de Jean étant de 1365, Benjamin a pu le traduire 
quelques années plus tard, vers 1370, année très heureusement 
supposée par Steinschneider, dans ses Hebràische Ueberselzun- 
gen (p. 804). Le médecin Jean avait dit dans la Préface que déjà 
en l'an 22 (= ?), lors d'une première épidémie, il avait composé 
un traité analogue. Ce chiffre p"Db d":d, dit Steinschneider ^ ne peut 
correspondre à 5022 (— 126^), la peste noire étant de 1348. Tou- 
tefois, le texte du ms. hébreu n'est pas douteux, et Renan (ou plu- 
tôt son collaborateur) dit à tort * : o Par erreur, l'auteur du Catal. 
des mss. hébr. de Paris a lu d"5, au lieu de 'n'ri'p= 1362 ». Non, 
la lecture est exacte ; c'est l'interprétaiton qui ne l'est pas. 

M. Schwab. 



ENCORE L'INSCRIPTION D'ARLES' 



Le n° 417 des mss. de la Bibliothèque de Nîmes'' contient une 
traduction française anonyme des lettres intéressant la région 
sud-est de la France, de A year's journey through France and 
any part of Spain^ by Philip Thickenesse, esq. ; London, 1778. 
Cette traduction a été faite, non pas sur le texfe anglais, mais sur 



« Cabinet des Mss. de la B. N., t. lli (189i), p. 153, noie 1. 

' Observaliojis sur plusieurs mss.de la collection Barrais^ par M. L Delisle, p. 55. 

* Zeitschrift d. dent, morgenl. Geselhchaft, XXIX, 165 (non 175, qu'a, par erreur, 
VHistoire litt(fraire). 

* Histoire littéraire de la France, XX VII, 628 et 752 ; XXXI, 723. 

' Le second des huit textes de celle ville déjà analysés, Revue, XL, 74-80. 

* Catal. de ces mss., t. II. 



NOTES ET MÉLANGES lo5 

la traduction allemande : PfiUipp Tnickenesse's Reisen nach 
Franhreich u. einen Theil von Catalonien, Leipzig, 1778. Le 
texte anglais (lettre 36), ainsi que la traduction allemande 
(lettre 35), mentionnent l'inscription d'Arles : Chodesch Elul 
chamescheih lamed vav nischlamou hedihoUi Schadaï, exacte- 
ment dans les mêmes termes que Seguin. Le texte anglais traduit : 
« L e. the say : in the month of August, five tliousand and thirty- 
six, the Visitation of God ceased », et il ajoute : « Perhaps the 
plague had visited them. »La traduction allemande est littérale ; 
mais, chose singulière, la traduction française ms. que j'ai sous les 
yeux, au lieu de transcrire Tinscription en caractères latins, la 
transcrit en caractères hébreux et donne le texte que voici : 

[sic) "^^^Uî -(avec D) nip^Iî: 1735^:3 ibo [sic] blbj CTH 

et traduit : « Au mois d'août de 5000, c'est-à-dire 36, ont cessé les 
châtiments du Tout-Puissant. » L'auteur de la traduction fran- 
çaise, ou celui de la traduction de l'inscription hébraïque, paraît 
donc avoir lu nTipD, au lieu de mpi3, puisqu'il traduit par « châ- 
timents ». En adoptant sa version, il faudrait rétablir ainsi l'ins- 
cription : 

-•luî m"ipD ^73bu53 'Vb'o b-ib^ uJinn 

a Au mois d'Eloul [50] 96 (== 4336), ont cessé les châtiments de 
Dieu. » 

De quelle calamité s^agit-il? Peut-être cette nouvelle piste con- 
duira-t-elle à la découvrir. 

Joseph Simon. 



BIBLIOGRAPHIE 



IIkrmann Strack. Das Blut iin Glaubcn iind Aberglaubeii der Mensch- 
Iieît. Mit besonderer Beriicksichtigung der t Volksmedizin » und des c jû- 
discheu Blutritus ». Fûnlte bis siebente Aullage. Munich, Beck, 1900; in-8* 
de xii-208 p. 



En rendant compte ici-même, en 1892 {Revue^ p. 161-180), de la 
4« édition de ce livre, qui était intitulée Der Blutaherglaube, je 
n'avais pas ménagé les témoignages d'estime à la vaste érudition 
de l'auteur, à l'exactitude toute philologique de ses citations, à l'es- 
prit d'équité et de bonne foi dont on trouve la preuve à chaque page. 
Mais j'avais exprimé le regret qu'un aussi riche magasin de maté- 
riaux fût présenté au public sous une forme aussi rébarbative, que 
la composition en fût défectueuse et le style dépourvu de tout at- 
trait. Éloges et réserves sont encore de mise aujourd'hui et peuvent 
se formuler dans les mêmes termes. M. Strack appartient décidément 
à une génération de savants aux yeux desquels l'élégance de la 
forme est chose méprisable, qui ne savent pas distinguer entre le 
nécessaire et l'accessoire et pour qui, semblerait-il, le rôle du texte 
et celui des notes n'a jamais été clairement défini. Il suffit, cepen- 
dent, de lire les chefs-d'œuvre récents de la philologie allemande, 
par exemple la Psyché d'Erwin Rohde, pour s'apercevoir que l'Alle- 
magne elle-même commence à sentir le prix des qualités de clarté et 
de bonne ordonnance dont elle a trop longtemps laissé le privilège 
aux livres français. Au moment où paraîtra cette courte notice, notre 
public sera en possession d'une traduction du livre de M. Strack, 
où, soit dit en passant, toutes les additions de l'édition nouvelle 
n'ont pu être introduites à temps. En revisant cette traduction, 
j'ai senti plus vivement encore qu'à la lecture de l'original combien des 
livres ainsi disposés et composés sont contraire à toutes les traditions 
littéraires, fondées, non sur le désir de plaire, mais sur la raison. Il 
a fallu ramener une masse de matériaux dans les notes, pratiquer des 
coupes sombres dans le texte, introduire des douzaines d'alinéas, 
enfin se livrer à toute une cuisine dont le résultat est encore loin 



BIBLIOGRAPHIE lo7 

d'être satisfaisant, la traduction que j'étais amené à relire ayant mal- 
heureusement été faite mot pour mot, c'est-à-dire sans intelligence 
réelle du sujet. Qu'on ne vienne pas parler do la diversité de génie 
des deux langues : la clarté est chose internationale et ce n'est pas 
seulement à gauche du Rhin qu'il convient de mettre chaque chose 
à sa place. Si j'insiste ainsi sur le défaut capital et persistant de 
l'ouvrage de M. Strack', c'est en raison môme de la haute estime 
qu'il m'inspire. Un pareil monument de patience et de conscience 
devrait trouver des milliers de lecteurs ; sera-t-il lu, ou seulement 
consulté ? 

La nouvelle édition contient beaucoup de faits nouveaux, ce qui 
explique qu'elle compte 208 p. au lieu de 155. Au point de vue de 
l'ordonnance, il n'y a qu'une modification, d'ailleurs heureuse : le 
chapitre sur les sacrifices humains, qui était le treizième dans l'édi- 
tion précédente, est devenu ici le second. En vérité, cette question 
n'est pas traitée par M. Strack, mais seulement esquissée, avec une 
grande richesse de bibliographie. Je mé demande seulement à qui 
cette masse de références peut servir. Ainsi la thèse de J. Beckers, De 
hostiis humanis aimd Grœcos, est misérable ; pourquoi la citer ? A quoi 
bon citer les manuels d'Hermann et de Slengel qui, par cela seul 
que ce sont des manuels, ne font guère eux-mêmes que renvoyer à 
d'autres livres? Il est étrange que le sujet des sacrifices humains 
chez les Grecs et les Romains n'ait jamais encore fait l'objet d'une 
monographie satisfaisante ; c'est encore dans les Ssahier de Chwol- 
sohn (ouvrage non cité par M. Strack) qu'on trouve, à.ce sujet, le plus 
d'indications utiles. Mais il y en a beaucoup aussi, et d'une grande 
valeur — puisqu'elles sont éclairées par des rapprochements ethno- 
graphiques — dans les ouvrages de l'école anglaise que M. Strack 
paraît ignorer, en particulier dans le Golden Bough de Frazer et le 
Myth of Perseus de Hartland. Et ceci m'amène à exprimer encore un 
regret. M. Strack, qui a fini cependant par se procurer le Blood-Co- 
venant de TrumbuU (il aurait eu intérêt à connaître aussi le Thres- 
hold'Covenaat du même auteur), traite de questions qui ressortissent 
du folklore dans une disposition d'esprit qui n'est pas celle des folk- 
loristes, mais des philologues classiques de la vieille école. Ainsi, 
l'on se persuade aujourd'hui de plus en plus que la civilisation hu- 
maine est fondée, en grande partie, sur le fait essentiel du tabou 
du sang. Le sang du clan étant tabou, il ne faut pas le verser, fût-ce 
en déflorant une vierge (d'où les coutumes exogomiques et l'hor- 
reur de l'inceste) ; mais précisément parce qu'il est tabou, c'est-à-dire 
« sacré » à \in point que nos langues sont impuissantes à exprimer, 
il peut servir, exceptionnellement, à des rites magiques, ayant pour 
objet d'infuser une dose de sainteté nouvelle à ceux qui craignent de 
n'en être point assez pourvus. Cette conception n'explique sans doute 
pas tous les rites sanguinaires, mais elle rend compte — comme 
l'ont montré Robertson Smith, Frazer et bien d'autres — des plus 
invétérés et des plus répandus de ces usages. Il n'y a pas un mot 



158 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

de tout cela chez M. Sirack, pas un mot non plus de l'origine du sa- 
crifice de communion^ si brillament mise en lumière par Robertson 
Smith. Puisque j'ai l'occasion d'écrire ici de nouveau ce nom vénéré, 
je veux encore exprimer ma surprise qu'un homme de génie comme 
celui-là, digne de prendre rang parmi les plus grands savants de 
tous les âges, continue à être presque ignoré en Allemagne*, alors 
que Français et Belges lui ont déjà plusieurs fois rendu hommage. 
Si ce compte rendu a pour résultat de faire lire à M. Strack et à 
quelques autres théologiens allemands la Religion of the Sémites^ je 
n'aurai certes pas perdu ma peine en le rédigeant. 

Dans la seconde partie du livre, consacré à l'infâme accusation du 
meurtre rituel, M. Strack s'est donné une peine extrême pour com- 
pléter, jusqu'à nos jours, la liste des prétendus (( cas >> dont aucun n'a 
pu encore être juridiquement établi. Mais là encore, quelle singulière 
méthode ! Si jamais un « cas 3> a provoqué de l'émotion dans le monde 
et mis les savants (M. Strack tout le premier) en campagne, c'est 
celui de Tisza-Eszlar en 1882. Or, que lisons-nous dans le livre qui 
nous occupe (p. 151) : 

1882. Esther Solymosi. Comparez d'une part, Onody Desportes, 212-243; 
d'autre part, P. Nathan, Le procès de Tisza-Eszlar. Berlin, 1892 (416 p.). 

Et c'est tout ! La plus célèbre des causes célèbres est ainsi expédiée 
au moyen de références bibliographiques. M. Strack a pensé sans 
doute que, le livre de M. Nathan étant très bon, il suffisait d'y ren- 
voyer sans le résumer; mais ce qui est tolérable dans une leçon d'U- 
niversité, où l'on s'adresse à de jeunes rats de bibliothèques, ne l'est 
pas dans un ouvrage d'ensemble qui doit être lu et consulté ailleurs 
que dans des villes bien pourvues de livres. Les quelques lignes con- 
sacrées à l'affaire de l'enfant de la Guardia comportent une observa- 
tion analogue : citer Loeb, Lea (dont le travail à élé réimprimé, 
Religions Mstory of SpatUy^. 437) et Fidel Fita n'équivaut vraiment 
pas, pour le lecteur non spécialiste, à un récit bref de ce qui s'est 
passé, suivi de la conclusion, désormais hors de doute, que l'enfant 
de la Guardia n'a jamais existé. 

Si, comme je l'espère, M. Strack est amené à donner une nouvelle 
édition de son livre — indispensable, malgré ses défauts, à toute bi- 
bUothèque sérieuse — je voudrais qu'il recherchât dans la revue an- 
glaise Tke Monta {\^91 à 1899) les traces d'une polémique curieuse, 
au sujet du meurtre rituel^ entre jésuites anglais et jésuites français. 
A rencontre de ces derniers, les Anglais ont récemment nié que 
l'accusation du meurtre rituel eût un fondement quelconque et se 
sont autorisés, à cet efîet, de témoignages explicites de quelques 
théologiens en renom de l'Angleterre catholique. Je me souviens 
d'avoir lu dans cette Revue un article du R.-P. Smith, jésuite, qui, 
tout en tressant quelques couronnes à M. Drumont, reprochait viye- 

* Je note pourtant avec plaisir qu'une traduction allemande de Religion of the 
Sémites a paru l'an dernier avec une préface de M. Kautsch. 



BIBLIOGRAPHIE 159 

ment à ce personnage d'avoir contribué à répandre la légende ab- 
surde du meurtre rituel. 

La persistance de cette légende au xix* siècle, encore attestée ro- 
cemmenL par l'horrible afTaire de Polna, prête sans doute à de mé- 
lancoliques réflexions; mais, à y regarder de près, il n'y a là que 
l'effet particulier d'un caractère beaucoup trop méconnu du siècle 
qui finit, et que Vfich'îlet, presque seul parmi les grands écrivains, 
a apprécié à son importance: C'est la réaction des idées de moyeu âge 
contre celles du xviii" siècle. Et cette réaction s'explique par les évé- 
nements politiques de la fin du xviii» siècle et du commencement 
du XIX» : des couches sociales qui, auparavant, comptaient peu ou 
ne comptaient pas sont arrivées à exercer une influence presque 
prépondérante et ont apporté, dans l'atmosphère intellectuelle, des 
préjugés, des crédulités, des ignorances que l'on croyait déjà fos- 
siles, mais qui, en vérité, vivaient et se propageaient dans ces 
basses couches. La révolution du xviii« siècle n'a éclairé qu'une aris- 
tocratie intellectuelle ; il appartiendra au xx*' siècle de reprendre 
son œuvre et d'en faire bénéficier cette fois petits et grands. 

Salomon Reinach. 



ADDITIONS ET RECTIFICATIONS 



Tome XL, p. 75-76. — Dans la 7*^ des « anciennes inscriptions hébraïques 
d'Arles », analysées par M. Schwab, figure « un nom propre mal lu » par 
le copiste du xvii^ siècle. Après le premier nom Maître Salomon, il faut 
lire, à notre avis, û'^'^H '3, ben Hayyim. — Uiài,. Gottheil. 

T. XL, p. 95 et suiv. — Johann Telemaco Estella, comme le nomme 
M. Schwab, ou, pour l'appeler de son nom ve'ritable, Jean Tileman Stella 
de Téry et Morimont, n'est pas un inconnu. Il était petit-fils du ce'lèbre 
mathématicien de ce nom et agent d'aflfaires du cardinal Richelieu. Le 
cardinal l'employait pour « des afifaires d'Etat très importantes », comme 
il le dit lui-même, et aussi pour acheter des livres he'breux. Dans ce 
but, il se mit en rapport avec Jean Buxtorf, de Bâle, et avec David 
Cohen de Lara, qu'il chargea tous les deux de lui procurer un exem- 
plaire du Talmud. Buxtorf n'en trouva pas, mais de Lara re'ussit à lui 
fournir plusieurs traités de l'édition de Lublin 1618-1628, à ce que je sup- 
pose, ou de celle de Cracovie 1602-1605. De Lara envoya à Stella de Téry 
et Morimont 20 exemplaires de son Ir David, dont il fait mention dans sa 
lettre du 6 mai 1641. Le 12 octobre 1641, pendant son séjour momentané à 
Bâle, Stella écrivait à Buxtorf : « En attendant, j'envoie à mon honoré 
maître les deux exemplaires du Lexicou hebraeo-barbaro de R. David 
Cohen. Je n'ai pas encore appris si les autres vingt exemplaires sont arrivés 
de Hambourg à Paris. » — Le Nomenclator ou lexique du Talmud que 
de Lara mentionne dans une de ses lettres et dont il envoya un spc'cimen 
à Buxlorf resta ine'dit, ainsi que le recueil de proverbes rabbiniques qu'il 
appelle TT7 ND^ dans une lettre à Buxtorf, alors que dans une lettre à 
Stella de Te'ry il intitule ce même ouvrage '^b'Ql2 '0. L'ouvrage De Fragi- 
litate mentionné dans la lettre du 6 mai est l'opuscule De Fragilitate 
humana de Menasse ben Israël. Les mots « huit voyages de Benjamin de 
Tudèle » de la troisième lettre sont incompre'hensibles. Il n'est pas vraisem- 
blable que de Lara ait envoyé huit exemplaires des m^DÎ^ ; peut-être le 
traducteur aura-t-il lu m3>D73 'n, au lieu de m3>D^ 'D — Le livre de 
Méir Gabbaï a pour titre Abodat ha-Kodesch, et non pas A. ha-Hodesch. — 
Sur David Cohen de Lara, qui naquit à Hambourg, voir mon article dans 
l'Encyclopédie d'Ersch et Gruber, 2" section, t. XLII, p. 119. Sur Jean 
Tileman Stella, voir Revue, Vill, 84 s. et XIII, 269 s. — M. KayserUng. 

T. XL, p. 199. Le texte de la deuxième controverse a été édité par 
M. Jaré, d'après deux mss., sous le titre rîlTn^l mTIlS3 by mDI (Li- 
vourne, 1876). — A. Marx. 

T. XL, p. 262, note 4. — ÎD"''nïl h'212 signifie « de toutes les rangées ». 
On sait que devant le chef de l'Académie en Babylonie il y avait sept 
rangées de docteurs. Il en était probablement de même en Palestine, û"*")! 
est le pluriel de N"n ; cf. !13"1 NIT dans la Lettre de Scherira, Neubauer, 
Anecdota Oxon., I, 41. — A, Epstein. 



Le gérant : 

Israël Lévi. 



VERSAILLKS, IMPRIMERIES CERF, 59, RUE DUPLESSIS. 



DE 

L'ORIGINE DES PUIÈUES TOUR LES MORTS' 



Fustel de Goulanges, au début de la Cilé antique, a montré par 
des citations probantes qu'aux yeux des Grecs, des Romains et 
des Indous les morts étaient des dieux à qui leurs descendants 
rendaient des devoirs et dont ils imploraient l'assistance dans 
leurs prières. Il suffit de rappeler ici l'invocation qu'Electre, dans 
les Choéphores d'Eschyle, adresse à son père Agamemnon, 
couché dans la tombe ^ : 

« Je t'implore, ô mon père! Prends pitié de moi, de mon Oreste 
chéri, fais-le revenir en cette contrée. Aujourd'hui nous sommes 
errants, trahis par celle qui nous a mis au monde et qui pour 
époux a pris à ta place Égisthe, le complice de ta mort. Moi, je 
compte ici comme une esclave; Oreste a été chassé de ses biens, 
il vit dans Fexil ; mais eux, au sein des plaisirs, ils jouissent inso- 
lemment du fruit de tes travaux. Fais, je t'en supplie, qu'Oreste 
revienne triomphant en ces lieux. É30ute aussi, ô mon père I mes 
vœux pour moi : donne-moi un cœur plus chaste que celui de ma 
mère, des mains plus pures ! » 

Cet exemple prouve suffisamment que les anciens priaient les 
morts, parce que les morts, dans leur opinion, étaient des dieux 
familiers. 

Le culte rendu par les païens à leurs morts, qu'ils aient été gens 
de bien ou non, leur est vivement reproché par saint Augustin, 
qui fait ressortir, par contraste, les honneurs discrets dont les 
chrétiens entourent leurs martyrs : 

a Nous n'avons, en l'honneur des martyrs, ni temples , ni 
prêtres, ni cérémonies, ni sacrifices, parce qu'ils ne sont pas des 
dieux pour nous et que nous n'avons pas d'autre Dieu que leur 

* Une courte esquisse de ce mémoire a paru dans la Strena Helbigiana^ Leipzig, 
1900, p. 245-247. 

* Eschyle, QhoépK., v. 122-1 iS (irad. Pierron, p. 243). 

T. XLI, NO 82. Il 



162 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Dieu. 11 est vrai que nous honorons leurs tombeaux comme ceux 
de fidèles serviteurs de Dieu. . . Mais qui d'entre les fidèles a ja- 
mais entendu un prêtre, debout devant l'autel consacré à Dieu 
sur les saintes reliques des martyrs, dire dans ses prières : 
« Pierre, Paul, ou Cyprien, je vous offre ce sacrifice? » — car ce 
sacrifice, offert sur le tombeau des martyrs, ne l'est qu'à Dieu 
seul, à ce Dieu qui les a faits hommes et martyrs et les a associés 
à la gloire céleste de ses anges * . » 

Saint Augustin a raison de nier que les chrétiens offrent des sa- 
crifices aux martyrs; la messe célébrée sur leurs tombes, de- 
puis la fin du ii« siècle, avait un tout autre caractère. Mais, dans 
ce passage, il ne parle pas des prières, car il sait que les chré- 
tiens adressent aux saints, considérés comme intercesseurs et mé- 
diateurs, les mêmes prières que les païens à leurs morts. Le culte 
des saints présente, à cet égard, d'étroites analogies avec le culte 
gréco-romain des morts ; seulement, dans les religions modernes, 
les seuls morts auxquels on adresse des prières sont les saints. 

L'idée de l'intercession des morts héroïsés est étrangère au pa- 
ganisme ; mais l'opinion que des hommes particulièrement 
agréables à Dieu peuvent intercéder efficacement auprès de lui en 
faveur de leurs semblables se rencontre déjà dans l'Ancien Testa- 
ment^ Ainsi, dans la Genèse (xviii, 23), Abraham, instruit par les 
anges de la destruction prochaine de Sodome, prie l'Éternel de 
pardonner aux justes, de ne pas les faire périr avec les méchants. 
Dans Jérémie (xv, 1), l'Éternel lui-même dit au prophète qu'il 
ne se laisserait fléchir , dans sa juste colère, ni par Moïse, 
ni par Samuel : « Quand Moïse et Samuel se tiendraient de- 
vant moi, je n'aurais pourtant point d'affection pour ce peuple ; 
chasse-le de devant ma face. » Ce passage est très important, 
car, ici, il s'agit évidemment de Moïse et de Samuel conçus comme 
des morts héroïsés, comme des saints ayant accès au trône de 
l'Éternel. 

Ainsi l'Ancien Testament connaît l'intercession, il en admet la 
possibilité et l'efficacité : ce qu'on n'y rencontre point et ce qui est, 
au contraire, très fréquent dans le christianisme dès les premiers 
siècles, c'est qu'un vivant s'adresse à un mort illustre pour le prier 
d'intercéder pour lui auprès de Dieu. La prière des Hébreux monte 
directement vers l'Éternel ; celle des chrétiens réclame souvent un 
ambassadeur. 

Dans son traité De Corona, datant de l'an 200 environ, Tertul- 

* Saint Augustin, La Cité de Dieu, VI, 27. 

* Des exemples, qui sont loin détre tous explicites, sont cités au chap. vu du 
4° Esdras. 



DE L'ORIGINE DES PRIERES POLi; LES MORTS 163 

lien énuraère difl'érentes pratiques chrétiennes qui ne peuvent 
s'appuyer sur aucun texte des Écritures ^ L'une d'elles consiste 
dans les offrandes pour les morts, oblationes pro defunctis. 
a Certes, dit-il, cela n'est point prescrit par la loi écrite; mais la 
» tradition l'autorise, l'usage le confirme et la foi l'observe. La 
» raison vient à l'appui de la tradition, de l'usage et de la foi ; si 
» vous ne vous en assurez pas de vous-même, un autre, qui s'en 
» sera assuré, vous l'apprendra. » Cette phrase nous révèle plu- 
sieurs choses en peu de mots. La première, c'est que la pieuse cou- 
tume des offrandes pour les morts — Tertullien ne dit malheu- 
reusement pas en quoi elles consistent — était en vigueur dans les 
communautés chrétiennes, au ii» siècle après J.-C. ^ ; la seconde, 
c'est qu'elle avait déjà suscité des objections de la part de ceux 
qui s'en tenaient volontiers à la lettre de la Loi et réclamaient 
des textes pour justifier les pratiques ; la troisième, c'est que Ter- 
tullien n'a pas de textes à citer, mais invoque, contre la tradition, 
la raison, ratio, dont les pasteurs des fidèles sont les interprètes 
autorisés. 

Le même auteur, en son traité de Monogamia ^ parle d'une 
veuve qui prie pour l'âme de son mari, qui demande pour lui la 
béatitude, qui exprime l'espoir d'être réunie à lui dans la première 
résurrection et fait des oblations aux anniversaires de sa mort. 
Ces pratiques fournissent à Tertullien un argument contre les 
secondes noces. Car si un veuf s'est remarié, dit-il, il aura deux 
femmes, l'une en chair, l'autre en esprit ; ne priera-t-il pas pour 
l'âme de la première, ne fera-t-il pas des oblations pour son salut * ? 
Donc, au jugement de Dieu, il aura commis le crime de bigamie. 
— On sait que l'Église, sur ce point comme sur d'autres, n'a pas 
admis la doctrine rigoureuse de Tertullien. 

L'évêque Aerius, vers 355, et le prêtre Vigilantius, vers 400, 
combattirent l'usage des prières pour les morts et l'appel à l'inter- 
cession des saints. Je ne m'occuperai pas ici de ces controverses, 
qui se sont perpétuées jusqu'à nos jours ^ Les Réformateurs du 
XVI® siècle, après les hérétiques du xii% reprirent la thèse de 

^ Tertullien, De Corona, IV. 

* Il y a sans doute une allusion à la prière pour les morts dans l'épilaphe 
d'Abercius, découverte en Phrygie, qui est antérieure à l'an 216 (cf. H. Marucchi, 
iHements d' archéol, chrétienne, t. I, p. 296). Je continue à ne pas bien comprendre 
ce texte, mais je n'admets plus la théorie trop ingénieuse qu'a mise en avant 
M. Dieterich pour en démontrer le caractère païen (cf. Revue Crit., 14 dé- 
cembre 1896). 

" Tertullien, De Monogamia, X. 

* Tertullien, De exhort. Castit., XI. 

* Pour le IT« et le v» siècle, on trouve des citations nombreuses dans l'article de 
M. Isr. Lévisur la commémoration des âmes {EevuCy 1894, t. XXIX, p. 5o-o6). 



164 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Vigilantius et la firent triompher dans les pays protestants; en 
revanche, les prières pour les morts sont restées en honneur dans 
les pays catholiques, ainsi que dans l'Église grecque orthodoxe et 
chez les Juifs'. » 

Donc, les païens priaient les morts, tandis que les Chrétiens 
prient pour les morts. Aux yeux des premiers, les morts 
étaient des dieux, tout au moins des demi-dieux ou des héros; 
aux yeux des seconds, les morts se trouvent dans une situation 
précaire, dangereuse; ils ont besoin des prières que les survi- 
vants adressent à Dieu pour leur salut, des bonnes œuvres par 
lesquelles on espère leur concilier la miséricorde divine. L'on ne 
doit pas négliger de prier même pour les personnes qu'on a ju- 
gées les plus vertueuses; ainsi, plus de quinze ans après la mort 
de sa sainte mère Monique, saint Augustin nous apprend qu'il 
priait encore pour elle ^ 

Un contraste si frappant entre deux conceptions religieuses est 
bien digne de préoccuper les historiens. Il ne faut pas réserver 
l'étude de pareils problèmes aux théologiens, car notre tâche est 
toute différente de la leur. Ils se proposent de combattre ou de dé- 
fendre une opinion ; nous devons chercher seulement à en démêler 
Torigine, sans préoccupation dogmatique, mais avec la conviction 
que la genèse des idées, comme celle des corps, obéit à la loi de 
l'évolution et que le monde intellectuel, comme le monde phy- 
sique, est dominé par la loi de continuité. 

Il y a, d'abord, un fait incontestable, reconnu, dès l'an 200, par 
Tertullien : ni l'Ancienne Loi ni la Nouvelle, ni la Bible, ni les 
Évangiles, ne prescrivent ni ne mentionnent les prières pour les 
morts. Les récits de la mort de Lazare, non plus que ceux de la 
mort de Jésus lui-même, n'y font aucune allusion. Si les saintes 
femmes vont au sépulcre, c'est pour y apporter des parfums^, 
non pour prier ; selon Matthieu*, elles viennent simplement « pour 
voir le sépulcre ». D'ailleurs, tous les controversistes sont 
d'accord sur ce point ; les opinions ne diffèrent qu'au sujet de 
l'origine et de Tautorité de la tradition invoquée par Tertullien. 

Bossuet, qui, dans ses discussions avec les docteurs protestants, 
a plusieurs fois abordé la question de la prière pour les morts, 

* La preuve que cette pratique est indépendante de la croyance au Purgatoire, c'est 
que les Grecs orthodoxes, qui n'adtnetlçnt pas le Purgatoire, prient cependant pour 
les morts. Cf. Revue anglo- romaine, 189i), p. loO. En ce qui touche ia « commémo- 
ration des âmes » chez les Juifs du moyen ùge, voir l'étude déjà citée de M. Isr. Lévi, 
Revue, 1894, t. XX.1X, p. 44 et suiv. 

' Saint Augustin, Confess.^ IX, 13. 

^ Lue, XXIV, 1 ; Marc, xvi, 1. 

^ Maith,, xxviii, 10. 



DE l/ORIGINI<: DES PRIKHES POUR LES MORTS 163 

va nous fournir le type de l'argumentation catholique. Malgré le 
silence de la Bible — à un passage près — et des Évangiles, il 
cherche dans le plus ancien fonds de la religion juive l'origine de 
cette coutume si vite et si généralement acceptée '. 

Deux protestants, MM. de la Roque et Blondel, avaient affirmé 
que la prière pour les morts était restée inconnue des Juifs jus- 
qu'au temps de leur docteur Akiba, qui vivait sous Hadrien, et 
que les chrétiens l'avaient empruntée non aux Juifs, mais aux 
Livres Sibyllins, forgés par un imposteur sous le règne d'Antonin 
le Pieux. A quoi Bossuet répond : 1° Que rien, dans le discours 
d'Akiba, ne marque que la prière pour les morts fût chose nou- 
velle ; 2° Qn'on la trouve, avant l'Évangile, dans le second livre 
des Macchabées. 

Il faut nous arrêter un instant sur ces deux témoignages, en pré- 
ciser la signification et la date. 

Voici la tradition relative à Akiba, telle que Bossuet l'a expo- 
sée d'après une traduction latine- : 

« Un jour, Rabbi Akiba se promenant rencontra un homme 
» chargé de bois ; et le fardeau était si pesant qu'il excédait la 
» charge d'un âne ou d'un cheval. Rabbi Akiba lui demanda s'il 
» était un homme ou un spectre ; l'autre répondit qu'il était un 
» homme mort depuis quelque temps et qu'il était obligé de porter 
» tous les jours une pareille charge de bois en Purgatoire ^ où il 
» était brûlé à cause des péchés qu'il avait commis en ce monde. 
» Rabbi Akiba lui demanda s'il n'avait point laissé d'enfants, le 
» nom de sa femme, de ses enfants et le lieu de leur demeure. 
» Après que le spectre eut répondu à toutes ces questions, Rabbi 
» Akiba alla chercher le fils du défunt, lui apprit la prière qui. 
» commence par le mot Kadisch, c'est-à-dire saint, et qui se 
» trouve dans les rituels des Juifs, lui promettant que son père 
» serait délivré du Purgatoire s'il la récitait tous les jours. Au 
» bout de quelque temps, le défunt apparut en songe à Rabbi 
/) Akiba, le remercia et lui dit que par ce moyen il avait été dé- 
» livré du. Purgatoire et qu'il était dans le jardin d'Éden, c'est-à- 
» dire (ajoute Bossuet) dans le Paradis terrestre, où les Juifs sup- 
» posent que vont les âmes de leurs bienheureux *. » 

* Bossuet, Défense de la tradition, éd. de 1846, t. VIII, p. 301. 

* Bossuet cite « la Gémara du Talmud, au traité ('alla «.Cette indication est exacte; 
cf. Ilambuff^er, Real, Kncyklop. fur Talmud; art. Kaddisch, p. 607. Mais ce traité 
ne fait pas partie du Talmud. — Pour les passages des talmudisles qui impliquent 
l'idée de l'intercession des vivants en faveurs des morts, je renvoie à l'article de 
M. Isr. Lévi dans celte Jîevue, 1894, t. XXIX, p. 51. 

* M. I;r, Lévi veut bien m'apprcndre que cette expression n'est pas dans l'hébreu. 

* Ibid., t. XII, p. 221-222. 



166 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Bossuet a raison de dire que cette histoire n'attribue pas à 
Akiba l'institution de la prière pour les morts, mais seulement 
l'emploi d'une certaine prière efficace pour la délivrance des 
âmes. Mais Bossuet a tort de ne pas avertir que la légende citée 
par lui date du moyen âge seulement et qu'il n'en est pas fait 
mention dans les témoignages anciens et autorisés que nous pos- 
sédons sur Akiba. Il a tort également de prétendre que la prière 
pour les morts « est constamment en usage, de temps immémo- 
rial, dans toutes les synagogues » ; c'est là une assertion gratuite 
et que le silence des livres bibliques suffit à réfuter. 

Arrivons à l'autre argument fondé sur un passage du second 
livre des Macchabées. Ce livre a été rejeté du canon biblique par 
les Juifs et n'a pas été admis sans difficulté par l'Église chrétienne. 
Vers 350, le concile de Laodicée l'écarta, tandis que le troisième 
concile de Garthage l'accepta en 397. En 494, le concile de Rome, 
sous le pape Gélase, reçut les deux premiers livres dea Macchabées 
dans le canon ; mais les Bibles protestantes les en ont exclus jusqu'à 
ce jour. « Il ne sert de rien de dire, observe Bossuet, que ce livre 
» n'est pas canonique, car il suffit qu'il soit non seulement plus 
» ancien qu'Akiba, mais encore que l'Évangile*. » Assurément; 
encore convient-il d'en peser l'autorité et de savoir si les doctrines 
qu'on y rencontre peuvent passer, comme Bossuet semble le 
croire, pour celles de toute la Synagogue pré-chrétienne. 

M. B. Niese paraît avoir établi, cette année même, à rencontre 
de certains hypercritiques, que le second livre des Macchabées, 
dont l'autorité historique n'est pas méprisable, date de l'an 124 av. 
J.-G. ; il a dû être rédigé en Egypte par un Juif appartenant à la 
secte des Pharisiens 2. L'auteur lui-même dit qu'il résume l'ouvrage 
en cinq livres d'un autre Juif hellénisé d'Afrique, Jason de Cyrène 3. 
Ce dernier a dû écrire vingt ans au moins après les événements 
qu'il raconte, non sans y mêler déjà des fables, et qui se placent 
entre 175 et 160 av. J.-G.** Mais si l'ouvrage que nous possédons 
est assez ancien, il n'a commencé que fort tard à exercer quelque 
influence sur la pensée juive. Le premier écrivain qui paraisse 
l'avoir connu est le juif égyptien Philon, lequel était âgé de trente 
ans environ lors de la naissance de Jésus. Josèphe, né l'an 37 de 
l'ère chrétienne, ne le connaît pas (du moins directement) et il 
ne s'en trouve aucune citation ni dans les Évangiles, ni dans les 

* Bossuet, Œuvres, éd. de 1846, t. VIII, p. 301. 

* B. Niese, Kritik der beidcn Makkahâerhûchcr, Berlin, 1900 (extr. de VEermes, 
t. XXXV, p. 268, 453). 

3 II Macch., 2, 23 ; cf. 2, 26, 28. 

* Schiirer, Gesch. des jûdischen Volkes, t. II, p. 740, 



DE LORIGINE DES PRIÈRES POUR LES MORTS 167 

Actes, ni dans les Épitres authentiques. La première allusion à 
ce livre, dans la littérature chrétienne, se lit dans TÉpitre aux 
Hébreux, où l'on s'accorde à reconnaître l'œuvre d'un Paulinien 
d'Alexandrie, qui vivait vers l'an 80 de l'ère chrétienne'. Tous 
ces témoignages, remarquons-le, nous ramènent à l'Egypte et, 
en particulier, à Alexandrie. On ne se trompe donc guère en ad- 
mettant que l'opuscule en question-reflète, dans sa partie dogma- 
tique, non pas l'opinion générale du judaïsme, mais celle d'un 
petit cercle judéo-alexandrin. 

Le second livre des Macchabées raconte* que les soldats de 
Judas avaient dépouillé les cadavres de quelques-uns de leurs 
compagnons, tombés dans un combat contre Gorgias, gouverneur 
de ridumée. Sous leurs tuniques, ils découvrirent des amulettes, 
choses interdites aux Juifs par la Loi. Alors Judas « pria pour 
que cette transgression fût effacée » et envoya à Jérusalem 
2,000 drachmes pour les employer à un sacrifice expiatoire. 
L'auteur du récit ajoute : « C'était une belle et louable action, en 
ce qu'il songeait à la résurrection ; car s'il n'avait pas espéré que 
ceux qui avaient été tués ressusciteraient, il aurait été superflu et 
ridicule de prier pour les morts ^. » 

Ce commentaire est évidemment tendancieux : c'est l'œuvre 
d'un homme qui croit'à la résurrection, à l'efficacité des prières 
pour les morts et qui veut prouver que Judas Macchabée profes- 
sait la même opinion. Mais l'argument qu'il allègue ne vaut rien^. 
Chez tous les peuples, la violation d'une loi religieuse par quelques- 
uns a été considérée comme dangereuse pour la communauté tout 
entière, comme exigeant une expiation ou une purification. Judas 
prie l'Éternel de pardonner à quelques soldats juifs un acte d'idolâ- 
trie et fait offrir un sacrifice afin de détourner de son armée la co- 
lère divine. Le sort de ses soldats dans l'autre monde ne l'occupe 
pas. Donc, cette histoire ne prouve point ce que l'auteur du résumé 
a cru y voir et prouve même exactement le contraire — à savoir 
que vers 170 av. J.-C, époque de Judas Macchabée, on ne croyait 
en Palestine ni à la résurrection, ni à l'efficacité des prières pour 
les morts. Car si ces croyances avaient existé alors, notre ano- 
nyme n'en eût pas été réduit à une induction absurde pour en 
établir l'antiquité et les placer sous un illustre patronage. 

* G. Kriiger, Gesch. der altchristl. Literatur^ 1895, p. 11 ; A. Harnack, Die Chro- 
nologie^ 1897, p. 479. 

> Macchab., II, 12, 43. 
' Trad. Reuss, p. 192. 

* Cette opinion est partagée par M. -Israël hés'x^ Revue des Etudes juives, lS9i, 
t. XXIX, p. 49. 



168 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Bossuet n'a pas compris cela. « L'action de Ju'Jas, dit-il, fait 
» voir qu'il était dès lors établi, parmi les Juifs, qu'il restait une 
» expiation et des sacrifices pour les morts K » Beaucoup de com- 
mentateurs ont commis la même erreur, depuis Origène qui, le 
premier, a insisté sur ce passage au point de vue de la doctrine 
de l'intercession. La seule conclusion qu'il soit permis d'en tirer 
est que les Juifs du temps de Judas Macchabée 7îe croyaient pas 
encore à l'efficacité des prières pour les morts, mais que, du 
temps du rédacteur de notre livre, vers l'an 120 av. J.-C, il y 
avait parmi eux une secte religieuse qui y croyait, non sans se 
heurter à l'opposition des autres. Cette secte devait être phari- 
sienne, puisque les Pharisiens, au témoignage de Josèphe, admet- 
taient la résurrection, alors que les Sadducéens la niaient-. Or, 
le plus ancien texte biblique où Tidée de la résurrection soit clai- 
rement exprimée se trouve dans le livre de Daniel 3, qu'on est 
maintenant d'accord pour placer à l'époque macchabéenne, vers 
Tan 165 av. J.-C. Il est évident que l'idée de la résurrection a dû 
d'abord gagner du terrain et se préciser avant que l'on songeât 
aux devoirs qu'imposait aux vivants la comparution plus ou 
moins lointaine des morts devant la justice divine. En somme, 
tout concorde à prouver que la coutume de prier pour les morts 
s'est introduite au premier siècle avant notre ère, dans certaines 
communautés juives, en particulier dans celles de l'Egypte, aux- 
quelles appartenait le rédacteur du second livre des Macchabées. 
Elle n'avait pas encore trouvé d'accueil en Palestine à l'époque de 
l'enseignement de Jésus, qui n'en parle jamais, bien qu'il soit très 
affirmatif sur la vie future et le jugement des âmes suivant leurs 
mérites. En Egypte même, où l'on en suit la trace, les résistances 
et les hésitations durent être nombreuses*. Rien ne prouve qu'à 
l'époque d'Akiba, vers 130 ap. J.-C, cette doctrine eût pénétré 
dans le rituel des synagogues ; mais rien non plus ne nous 
défend de l'admettre. C'est alors aussi, sans doute, qu'elle fut 
adoptée par les communautés chrétiennes naissantes, de sorte que 
TertuUien, en l'an 200, put en parler comme d'un usage établi. 

» Bossuet, éd. de 1846, t. VIII, p. 301. 

* Cï. Schurer, op. laud., t. II, p. 460. 

^ Daniel, xii, 2; cf. Schùrer, ibid. 

*■ Dans le IV' Esdras, qui date probableraenl de 97 ap. J.-C. et qui est l'œuvre 
d'un juif alexandrin, la doctrine de l'inlercessiou est mentionnée comme unenouveaulé 
Ihéologique mal défiaie, « Seifi:neur, dit Esdras à l'ange, au jour du jutrement, les 
justes pourronl-ils intercéder pour les pécheurs aux yeux du Très-Haut ? » Et 
Pauge répond : • Il n'y aura personne qui rejette son fardeau sur son semblalîle, 
car chacun subira ce qu'il mérite et sera responsable de ses actions. » (Trad. Basset, 
p. 64.) 



DE L'ORIGINE DES PRIÈRES POUR LES MORTS 169 

Ainsi Bossuet a eu raison de dire que la coutume de prier pour 
les morts a été transmise par la Synagogue à l'Église, bien qu'il 
se soit étrangement abusé sur l'ancienneté de cet usage et sur 
son universalité parmi les Juifs. Mais nous ne pouvons nous en te- 
nir à ce résultat. Nous devons nous demander comment l'idée de 
l'intercession des vivants pour les morts a pénétré dans la pensée 
juive au premier siècle avant notre ère, pour se répandre de là 
dans toutes les églises chrétiennes jusqu'à la Réforme. 

Comme le livre II des Macchabées est l'œuvre d'un Juif d'Alexan- 
drie, que les deux premiers auteurs qui le citent sont des Juifs 
alexandrins, il est naturel que nos regards se tournent d'abord 
vers l'Egypte — non pas vers la vieiUe Egypte des Pharaons con- 
temporains d'Abraham, mais vers l'Egypte hellénisée où les Juifs 
alexandrins ont vécu et dont ils ont subi l'influence. 

Or, nous possédons, àce^ujet, un texte très important de Dio- 
dore de Sicile, qui visita l'Egypte vers l'an 50 av. J.-G. * « Au mo- 
ment, dit-il, où la caisse qui contient le mort est placée sur la 
barque, les survivants invoquent les dieux infernaux et les sup- 
plient de Vadnieltre dans la demeure réservée aux hommes pieux. 
La foule y joint ses acclamations accompagnées de vœux pour que 
le défunt jouisse dans VHadès de la vie éternelle, dans la société 
des bons. » Ce texte peut être rapproché de certaines prières 
qui font partie des rituels égyptiens et qui avaient pour but 
d'aider le mort dans son voyage vers le séjour des bienheu- 
reux 2. « C'est le moment solennel, écrit M. Maspero, celui où le 
mort, quittant la ville où il a vécu, commence le voyage d'outre- 
tombe. La multitude assemblée sur les berges le salue de ses sou- 
haits : « Puisses-tu aborder en paix à l'Occident de Thèbes ! — 
En paix, en paix vers Abydos ! — Descends en paix vers Abydos, 
vers la mer de l'Ouest ^ ! » Si les textes égyptiens, du moins à ma 
connaissance, n'ofifrent pas l'équivalent exact de la prière rap- 
portée par Diodore, le dire de cet historien, témoin oculaire, n'en 
est pas moins très digne de foi. Il est d'ailleurs confirmé par toute 
une série d'épitaphes grecques d'Egypte, de l'époque impériale, 
mais païennes, où l'on trouve des formules comme celles-ci : <■<■ Sé- 
rapis 1 donne-lui la victoire sur ses ennemis ! » (il s'agit des enne- 
mis que le mort pouvait rencontrer dans son voyage vers le pays 
de félicité). — « Fais-lui bon accueil, seigneur Sérapis^ ! » M. Re- 
villout, qui s'est occupé de ces textes, a fort justement remarqué 

» Diodore, I, 91 (trad. Hœfer, p. 107). 

^ Ké\'ï\\ou[, JRecue (^gyptolotji^ue, 1885, p. 42. 

3 Maspero, Lectures historiques, p. 149. 

* Corpus inscr. grœc, 4710, 4712 ô. 



470 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

que, dans les épitaphes chrétiennes de l'Egypte, les prières des sur- 
vivants pour les morts sont beaucoup plus fréquentes que dans les 
épitaphes contemporaines des autres pays, comme si les chrétiens 
de la vallée du Nil avaient subi, à l'exemple des Juifs, ou par leur 
entremise, l'influence des traditions religieuses indigènes. Là où 
M. Révillout paraît faire erreur, c'est lorsqu'il écrit à ce propos * : 
a Les prières pour les morts. . . n'apparaissent chez les Juifs que 
lors de leurs grandes luttes avec les rois de Syrie sous les Mac- 
chabées et peut-être par une influence égyptienne. Il ne faut pas 
oublier, en effet, qu'à cette époque, les Ptolémées étaient certaine- 
ment les appuis secrets des Juifs contre les Séleucides, comme les 
Pharaons l'avaient été autrefois contre les gouverneurs assyriens. » 
J'estime,pour ma part, que les prières en questionne paraissent, 
chez les Juifs, qu'un demi-siècle environ après les Macchabées et 
que l'inflaence exercée à cet égard par l'Egypte est simplement 
due à l'existence d'une nombreuse colonie juive dans ce pays. La 
politique des Lagides n'y fut pour rien. A l'époque de la prédi- 
cation de Jésus, Philon estimait qu'il y avait un million de Juifs en 
Egypte (contre 180,000 en Asie Mineure et 8,000 à Rome) et il nous 
apprend qu'ils peuplaient, à Alexandrie, deux quartiers sur cinq *. 
Rien de surprenant à ce qu'une agglomération juive aussi consi- 
dérable ait rayonné au dehors et que ses idées, influencées par 
les spéculations gréco-égyptiennes, se soient répandues non seu- 
lement en Syrie, mais dans d'autres parties du monde hellénique. 

Je crois trouver une trace de cette propagande à Corinthe, ville 
dont les relations commerciales avec Alexandrie étaient conti- 
nuelles et qui possédait une colonie juive importante. Saint Paul 
y constate l'usage de se faire baptiser pour les morts, c'est-à-dire 
afin d'assurer aux morts non baptisés le salut éternel ^ — pratique 
d'intercession qui rentre dans l'ordre de celles indiquées au se- 
cond livre des Macchabées. Ce baptême n'était d'ailleurs pas le 
baptême chrétien, mais celui que subissaient les Prosélytes*, 
Grecs qui se convertissaient au judaïsme et qui préparaient ainsi 
le terrain à la formation des communautés chrétiennes ■'. 

Comme conclusion de ce qui précède, nous pouvons admettre 
l'origine égyptienne de la prière pour les morts. Mais le christia- 

' Revue dgyptol.^ 1885, p, 45. 

* Phil., in Flacc, 6 et 8. Cf. Th. Reinach, arf. Judœi^ dans le Dict. des antiç. 
de Saglio, p. G22. 

3 Paul, Spist. 1. Cor., 15, 29. 

* Schûrer, op. laud., II, p. 569. 

** Discuter en détail le baptême pour les morts m'entraînerait trop loin. Je ferai re- 
marquer seulement qu'Epiphane attribue cette pratique (que saint Paul ne blâme 
pas) aux Cérinthiens ; or, Cérinthe paraît avoir été un Juii d'Egypte. 



DE L'ORIGINE DES PRIERES POUR LES MORTS 171 

nisme s'est développé dans le monde hellénique plutôt qu'en 
Egypte et l'on a le droit de se demander si, dans ce monde même, 
il ne trouva pas certaines idées analogues qui purent favoriser 
l'éclosion de sa doctrine sur l'efficacité des prières pour les 
morts. 

Nous avons dit, en commençant, que l'antiquité classique igno- 
rait ces prières, parce que le mort, aux yeux des Grecs et des Ro- 
mains, était un dieu. Toutefois, à côté de cette conception primi- 
tive, on en constate une autre, qui se rapproche bien davantage de 
celle des modernes. Les morts sont soumis à un jugement, en rai- 
son delà conduite qu'ils ont tenue pendant leur vie ; les uns sont en- 
voyés ensuite aux Champs Élysées, séjour des bienheureux ; les 
autres sont précipités dans le Tartare. Il est même question, dans le 
VJe livre de YÉnéide, du Purgatoire et des Limbes, conceptions 
qui ont passé dans l'eschatologie chrétienne et y tiennent encore 
une grande place. Evidemment, entre cette manière de voir et 
celle que Fustel a retrouvée au fond des religions de la Grèce et de 
Rome, il y a incompatibilité absolue. Au lieu d'être un dieu ou un 
demi-dieu, le mort est un prévemiy menacé de peines plus ou 
moins longues, qui doit se justifier ou se purifier par la souffrance 
avant d'être admis dans le cercle des élus ; là même, il ne sera 
qu'un mort privilégié, non un dieu, bien dififérent de cet Aga- 
memnon d'Eschyle, auquel Electre demande, dans une prière, non 
seulement la réussite de ses projets, mais la vertu. 

Il est remarquable que la même dualité d'opinions se constate 
en Egypte, en Italie et en Gaule ; dans ces trois pays, comme en 
Grèce, le mort est censé tantôt habiter sa tombe, où il reçoit des 
hommages et rend môme des oracles, tantôt émigrer vers une ré- 
gion lointaine, au prix d'un voyage semé de fatigues et de dan- 
gers. De ces deux conceptions, en Grèce du moins, la première 
paraît être celle de la religion officielle — la seconde, celle de la 
religion populaire. Avec le temps, la religion officielle dépérit, 
sous les atteintes de la science et de la conscience ; en revanche 
la religion populaire — qui n'est pas nécessairement la plus ré- 
cente, mais celle des classes inférieures — se développe, s'ha- 
bille de formules «philosophiques ou morales et tend à régner 
exclusivement sur les âmes qui ne sont pas encore détachées de 
toute religion. 

En Grèce et dans l'Italie méridionale, la religion populaire s'ap- 
pelle l'orphisme. Au vi^ siècle, elle trouve un législateur en Py- 
thagore ; au v^, elle marque d'une empreinte profonde la pensée 
de Platon; à l'époque de Jésus, elle inspire Virgile, qui, dans 
sa IV* Églogue, dans le VI« livre de VÉnéide, se fait l'inter- 



bk. 



172 



REVUE DES ETUDES JUIVES 



prête du messianisme et de l'eschatologie orphique. Un siècle 
plus tard, elle commence à exercer son inlluence sur la pen- 
sée chrétienne et cela, sans que les premiers chrétiens en 
fassent mystère. Le poète Orphée figure, comme un précurseur 
de Jésus, sur les sarcophages chrétiens et sur les peintures des 
catacombes*. Tout le mysticisme du christianisme primitif, qu'on 
appelle la gnose, est pénétré d'éléments orphiques-. Le paga- 
nisme mourant ne cesse de s'en imprégner. Au m® siècle encore, 
Tempereur Alexandre Sévère, dévot éclectique, réunit, dans son 
oratoire impérial, les images d'Orphée, d'Apollonius de Tyane et 
de Jésus. 

Or, il y a toute apparence que l'orphisme populaire, sur lequel 
nous sommes malheureusement peu renseignés, connaissait les 
prières et les sacrifices pour les morts. Nous possédons, à ce sujet, 
deux textes, l'un de Platon, l'autre d'un poète orphique anonyme où 
il est question de cérémonies par lesquelles les hommes croyaient 
racheter les fautes ou les crimes de leurs aïeux. Ces textes prê'ent 
l'un et l'autre à contestation ^ etje crois inutile d'y insister ici. Ce 
qui, à mes yeux, est plus concluant, au point de vue du problème 
qui nous occupe, c'est le fait qu'Hérodote et Diodore ont signalé 
l'analogie entre les doctrines orphiques, pythagoriciennes et égyp- 
tiennes et que Diodore appuie particulièrement sur les emprunts 
faits par Orphée aux croyances des Égyptiens touchant la vie fu- 
ture ^ « Au dire des Égyptiens, écrit-il % Orphée a rapporté de son 
voyage les cérémonies et la plupart des rites mystiques célébrés 
en mémoire des courses de Cérès, ai7isi que les mythes de Vén- 
fer. » Lorsque les anciens expliquent les analogies entre l'or- 
phisme et la théologie égyptienne par l'hypothèse d'un voyage 
d'Orphée en Egypte, nous pouvons n'attacher à cette explication 
aucune importance ; mais il n'en est pas de même des analogies 
elles-mêmes, constatées par des gens qui connaissaient beaucoup 
mieux que nous les rites et les doctrines qu'ils comparaient. Nous 
admettrons donc, non pas une influence égyptienne sur l'orphisme 
primitif — qui est possible, mais indémontrée — mais une res- 
semblance étroite entre les rites orphiques et les rites égyptiens. 
Sur un point, d'ailleurs, qui présente une importance considérable, 



* Cf. A. Heussner, Die altchristlicken Orpheusdarslellungen, Cassel, 1893. 

2 Dietericli, Neki/ia, Leipz'g, 1893, p. 172 etpassim. 

3 Platon, p. 364 E-36o A ; Orphica, éd. Abe\ p. 237. J'ai discuté ces passages 
dans la Revue de Philologie^ 1899, p. 228, répondact aux doutes exprimés par 
M. Tannery, ihid.^ p. 126. 

* Hérod., II, 81 ; Diod., I, 92. 
5 Diod., I, 96. 



DE L'ORIGLNE DES PRIÈRES POUR LKS MORTS 173 

nous sommes à même, depuis quelques années, de contrôler et de 
vérifier cette ressemblance. Dans plusieurs tombes du iir et du 
11° siècle av. J. -G., découvertes dans l'Italie méridionale et en Crète, 
on a trouvé les fragments d'un petit poème orphique, gravé sur 
des tablettes d'or, qui est comme un guide pour le défunt dans 
son voyage d'outre-tombe, destiné à le mettre en garde contre 
les périls surnaturels qui le menacent'. Or, ce guide est l'équiva- 
lent exact — avec la sobriété de la pensée grecque en plus — 
du Livre des Morts dont on plaçait des extraits dans les tombes 
égyptiennes et qui avait aussi pour but de soustraire le mort 
aux dangers qui l'entouraient dans son voyage vers le pays des 
bienheureux 2. 

Nous croyons donc pouvoir conclure que l'idée des prières et 
des sacrifices pour les morts était à la fois égyptienne et orphique. 
Par 1 Egypte, elle a pénétré chez les Juifs alexandrins et dans le 
vaste domaine que sillonnait le commerce d'Alexandrie; par Tor- 
phisme, elle s'est répandue en Grèce, en Asie Mineure, en Italie. 
Le terrain était bien préparé, comme par un double labour, à 
cette révolution des croyances qui substitua au mort divinisé le 
mort tremblant de paraître devant son juge et à la prière que l'on 
adressait au mort celle qu'on adresse encore à Dieu pour qu'il 
accorde au mort la béatitude. 

Salomon Reinach. 



^ Inscriptiones graca Italiœ^ n°» 638, 641, 642; Bull, de Corresp. EelUn., ISQD, 
p. 121. 

* Ce rapprochement, indiqué d'abord par M. Dieterich {De hijmnis orphicis, Mar- 
bourg, 1891, p. 41], a été ingénieusement développé par M. Foucart dans son mé- 
moire sur les mystères d'Eleusis (Paris, 1895). 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPIGRAPHIE 



I. Cachet d'Ouzziahou, fils de Hareph. 

Acquis en 1900 à Hébron, par M. Farb, administrateur de la 
colonie juive dePétah-Tikvah. Ellipsoïde percé longitudinalement, 
bombé assez fortement à la face inférieure ; chalcédoine. Lon- 
gueur : 18 mm. Le champ gravé est encadré d'an double trait. 
Les deux lignes de la légende sont séparées par un ornement sem- 
blable à celui d'un monument analogue publié par M. Glermont- 
Ganneau S qui diffère du nôtre en ce que le petit cercle central 
est flanqué à droite et à gauche d'un seul trait vertical. Les mots 
sont séparés par des points. 




L'inscription se lit : 

(Cachet appartenant) à *Ouzziahou, fils de Hareph. 

Le premier nom est assez fréquemment mentionné dans la 
Bible ; le second ne se trouve qu'une fois (I Chroniques, 11, 51). 

La forme des signes rapproche singulièrement le sceau d'Ouz- 
ziahou de l'inscription de Siloé. Les points placés derrière chacun 
des trois mots assignent également à ce sceau une date assez 
haute. C'est, en effet, là un trait caractéristique des grandes ins- 
criptions de Méscha, de Zindjirli et de Siloé, et il disparaît, en Sy- 

* Clermont-Ganneau, Sceaux et cachets, n» 42, ap. Journal asiatique, 1883,'t. I, 
p. 156. Cf. la planche, J. A., 1883, t. li, p. 304. M. Clermout-Gauneau incline a 
voir dans ce motif décoratif un « symbole, disque ailé conventionnel ou foudre (?) ». 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPIGHAPHIE 175 

rie, avec le vu® siècle; on ne le retrouve, à ma connaissance, que 
sur un seul cachet publié *. 



IL ynn et bbpD. 

M. Philippe Berger, en publiant* l'intaille qu'il lisait ujmnb 
bbpD p, écrivait « qu'il est possible, malgré l'étrangeté des noms 
qui n'ont rien de juif, que nous soyons en présence d'une pierre 
gravée hébraïque ». En effet, la forme du heth (à deux barres) est 
étranger à la Phénicie, et le double trait qui sépare les deux lignes 
de la légende^ semble plus particulièrement propre aux monu- 
ments d'origine palestinienne. 

Le savant éditeur suspecte ou nie non seulement le caractère 
spécialement hébraïque des noms propres en question, mais en- 
core, d'une façon générale, leur sémitisme ; mais, quand même 
ces doutes seraient fondés — et nous allons voir que sans doute il 
n'en est rien — ils ne prouveraient rien contre l'origine juive 
du texte ; il faudrait penser seulement qu'une épigraphe hé- 
braïque nous a transmis des noms étrangers (dans l'espèce 
égyptiens). 

Pour le dernier mot, M. Berger, après avoir hésité entre une 
étymologie égyptienne et un rapprochement avec le N'^nn 
du livre d'Esdras, incline vers la dernière explication. Le dernier 
signe était douteux : M. Lidzbarski, en y reconnaissant un çadé^, 
a aidé à écarter définitivement l'idée d'un nom théophore com- 
posé avec Horus. yr\T\ n'en est pas moins difficile à expli- 
quer : c^est, le plus vraisemblablement un nom composé com- 
mençant par (n)î^, mais dont le second élément reste obscur *. 
Quant à bbpD ^ M. Berger y voit une transcription de Paq- 

* Glermont-Ganneau, loc. cit., t. I, p. 132 {Sceauce, n° 4). 

* Ph. Berger, Une nouvelle intaille à légende sémitique, dans Revue d'asc-yvioloqiet 
t. IV, p. 57. 

' Ce double irait a été signalé, depuis la publication de M. Berger, sur de nou- 
veaux cachets incontestablement hébraïques : Clermont-Ganneau, Recueil d'archéo- 
logie orientale^ t. II, p. 252, et t. Ili, p. 15o ; Lidzbarski, Uphemeris Epigraph., 
I, p. 11, n« 4, et sans doute n» 2. 

* Lidzbarski, Handbuch dernordsemit. Epigraphik, p. 504, s. v. Vmn. 

5 Kerber, après avoir dressé la liste des noms de ce type [Religionsgeschicht. Bedeut. 
der hebr. Eigennameii, p. 61), déclare que » vieie dieser Namen spotten bis jetzt noch 
jeder vernûnt'tigen Erklarung. » 

^ Lidzbarski {Handbuch, p, 504, s. v.) croit la lecture t nicht ganz sicher » ; il hé- 
site sans doute à croire le nom possible, car il ne me semble pas que, bien que 
l'avant-dernier signe soit légèrement détérioré, on puisse songer à un déchili'rement 
différent de celui de M. Berger, 



176 REVUE DES ETUDES JUIVES 

rour^. « Ce nom, dit-il, n'a pas une allure sémitique; les qua- 
drilitères y sont à peu près inconnus, et je ne lui trouve aucune 
analogie en hébreu ni en phénicien. « Les quadrilitères sont assu- 
rément relativement rares dans les langues sémitiques ; on en 
connaît cependant assez pour que la présence d'an mot nouveau 
de cette forme ne puisse paraître singulier. De plus, Paqloul n'est 
pas un quadrilitère : c'est un trilitère à dernière radicale redou- 
blée : le 'i^'^izn d'une inscription araméenne du Corpus ^ est dans le 
même cas, et la transcription HamatuUi de ce mot montre que 
noas sommes en présence d'un mot de la forme fa'loul, compa- 
rable, pour ne citer que des noms propres, aux noms du roi hit- 
tite Sapaloiil, du lexicographe syriaque [Bar] Baliloid. 

La YdiQj\ne paqal, il est vrai, est inconnue en hébreu ; mais l'as- 
syrien la connaît. Paqloul en est un développement normal ^ et 
signifie « le robuste, le vigoureux ». C'est un fait habituel que 
des racines abandonnées par l'usage et des formations archaïques 
se perpétuent dans les noms propres. 

Le sceau de ymn appartient évidemment, par la langue, à 
l'épigraphie hébréo-phénicienne. Est-il hébraïque? Les indices 
extrinsèques relevés par M. Berger peuvent le faire croire ; mais 
le classement de cette intaille parmi les pièces hébraïques ou 
plutôt palestiniennes reste, dans l'état de notre information pa- 
léographique, simplement possible. 



in. — A'.[X£V£ç ET rirp/a''. 

Vers la fin du règne de Hyrcan I, Antiochus IX le Cyzicène 
enleva au petit État juif les frontières maritimes péniblement 
acquises une vingtaine d'années auparavant : il coupait ainsi les 
communications de la Judée avec le monde méditerranéen, et 
notamment avec ses puissants protecteurs, les Romains. Ceux-ci 
intervinrent en faveur de leurs clients, et Josèphe nous a con- 
servé deux documents qui témoignent d'un bon vouloir d'ailleurs 
resté platonique, et dont le sens et la portée ont été déterminés 

* M. Berger se fonde sur l'ambiguïté du r-l ég\'plien ; mais il faut faire observer 
qu'eu ce qui concerne Paqrour, la transcription assyrienne prouve que les Sémites 
entendaient un r et non un /, ce qui a d'autant moins lieu de surprendre que si, 
suivant la suggestion de M. Maspero ^ Berger, loc. cit.^ p. Î)S), Paqrour signifie réel- 
lement grenouille, nous sommes en présence du mot sémitique ni^p^ ou NmilpN 
(qui signifie d'ailleurs plutôt crapaud que grenouille ; Noeldeke, Zeitschr. fur Assyr,^ 
IV, p. 267, et Halévy, Revue sémitique^ III, p. 87). 

"'■ Corp. inscr. Sem.^ A.r. 38. 

^ Cf. sur cette formation Barlh, Nominalbildung, v, '2u0 et suiv. 



NOTKS D'HISTOIRE ET D'ÉI'JGHAI'Illi: 177 

ici môme, d'une façon qui semble définitive, par M. Théodore 
Reinach *. 

L'une de ces pièces « (qui date de l'an 105 ou 106; nous informe 
du contenu d'une note adressée ensuite par décision du Sénat 
romain au Séleucide vainqueur, et qui l'invitait, entre autres, à 
évacuer les districts maritimes envahis, et à rendre aux. Juifs 
Joppé, les Ports (A'.;x£V£;), Gazara et les Sources ^riY.vy..:]. 

Joppé et Gazara sont des villes bien connues ; mais les deux 
autres noms sont 
tout à fait insolites. >■ ■ ...... . 1 

M. Reinach ne pro- 
pose aucune identi- 
fication pourll-^ya-:; 
quant aux Ports, il 
suppose que ce sont 
« sans doute ceux 
de Joppé et de Jam- 
nia ^ ». Nous ver- 
rons que Jamnia est 
une des localités vi- 
sées; mais, à Joppé- 
Jaffa, le port est si 
immédiatement at- 
tenant à la ville 
qu'il est impossible 
d'admettre qu'après 
avoir fait de celle- 
ci une mention spé- 
ciale, on ait rangé 
celui-là sous une 
rubrique différente 
et générale. 

Par Ai[X£V£ç, il 
faut, à mon avis, 
entendre les ports 
de l'ancienne côte philistine, de Jamnia à Gaza. Les villes mari- 
times de cette région présentent, en effet, un caractère particu- 
lier ; toutes ou presque toutes se composaient de deux parties : la 




* Th. Reinach, Antiochus Cyzicvne et les Juifs, dans Revue des Éludes juives, 
t. XXXVllI, p. 161. 

* Josèphe, Antiquités, xui, 2, 9 (§ 259-266). La date indiquée est celle qu'a sup- 
posée M. Reinach [loc. cit., p. 170). 

* Th. Reinach, loc, cit., p. 167, noie 3. 



T. XLI, N» 82. 



12 



178 REVUE DES ETUDES JUIVES 

ville proprement dite, située à l'intérieur (à une distance de 4 à 
1 kilomètres du rivage), et une marine, le port proprement dit ; 
on distinguait ainsi deux Jarania, « Jamnise duse, dit Pline, altéra 
intus * », la ville propre et le Port (X'.|j.y,v) des Jamniles, comme 
Ptolémée * nomme le faubourg ; deux Asdod , "A^ojto; TraoàXoç 
et ''A^wToç fAscôystoç ou "Itt-'.voç ^ ; deux Gaza, la ville et sa 
Maiouma*. Rien n'a changé depuis vingt siècles, et les cartes 
actuelles de la Palestine signalent, près d'Esdoûd , Minât-el 
Qala (l'ancienne Azotos paralos) , près de Yebna , Minât- 
Roûbîn (la Jamnia maritime), et près de Ghazzê, l'embarca- 
dère El-Mina fixe l'emplacement de la Maiouma. Ces quartiers 
maritimes des centres urbains de la Pliilistée ont une fonction si 
fortement et si naturellement caractérisée que dans l'onomas- 
tique moderne ils ont uniformément reçu les noms d'El-Mina, 
c'est-à-dire de Port : Él-Mina n'est autre chose que la transcrip- 
tion arabe de A[[xr|V *. Si l'on remarque que les Arabes ont reçu le 
mot des Araméens, qui les ont précédés en Sj^ie, que le Talmud 
déjà connaît le mot Tù'^i^h ^, évidemment emprunté à la population 
si fortement hellénisée de la côte, que, d'ailleurs, le mot limên 
est déjà appliqué, par Ptolémée, à l'une de ces escales, et que 
paralos et Maiouma expriment exactement la même idée, on 
est amené à penser que, dès l'époque à laquelle nous sommes 
ramenés, le langage populaire désignait couramment les diffé- 
rentes échelles philistines sous le nom qu'elles portent aujour- 
d'hui; de toute façon on était naturellement porté à les réunir 
sous le terme générique de A'.fxsvsç. On peut supposer, d'ailleurs, 
que ce nom s'est étendu aux ports situés au nord de Joppé (la 
Tour de Straton et Apollonia) et au sud de Gaza (Raphia et Rhi- 
nocoloura), qui, ainsi que les précédents, furent reconquis par 
les Juifs avant la fin du règne du Cjzicène ' . 
Il nous reste à déterminer les llyjai. Dans la région maritime de 

» Pline, Hist. Nal., V, 13. 

2 Piolémée, Geogr., V, 16. 

3 (jeorges de Cypre, 1020-21 (pp. 52 et 191 de Téd. de Geizer) ; Hieroclès, 718, 
î), 6. 

^ Clermont'Ganneau, Sur quelques localités de Palestine, dans études d'archéologie 
orientale, t, II, p, 4. M. Clermont-Ganneau cherche à élabUr qu'une relation aaa- 
loguc a existé entre El-Medjdel, où il l'audrait placer rancienne Ascalon, et l'*AsqaIan 
actuel, qui ne correspondrait qu'à Paucienue Maiouma. 

•* Mina (Minât à l'état construit) est le même mot ; l'arabe a décomposé El-Mina en 
un substantif précédé de l'article, de même que d"A)i$avùpoç il a t'ait Iskander. 

* Voir les réléreuces dans le Worterbuch de hevy, sub voce, et le Olossarium graeco- 
hehraeum de Furst, sub 'J'^T^'^b- 

■^ Jûsèphe, Ant., xiii, 324. Césarée est mentionnée dans le Talmud de .lérusalem 
[Gittin, 1, 5) sous le nom de 'i"lO">'7 VlU ï^j'^^ib- 



NOTES D'IlISTOiUE ET D'ÉPKJUAl'HIE 17'J 

la Paleytine méridionale et centrale les sources n'abondent pas 
au point que le choix puisse donner grand embarras; or, ici il 
s'agit de sources assez nombreuses sur un territoire restreint 
pour justifier le nom de Wf^^fxi (au pluriel) donné à la localité, et 
en môme temps assez importantes pour caractériser un site. Notre 
choix se restreint d'autant plus que la mention du lieu dans le 
décret romain ne peut s'expliquer que si HY,Yat était soit une ville 
considérable (et ce n'est certainement pas le cas), soit un point stra- 
tégique remarquable. Les diverses conditions exigibles pour l'iden- 
tification ne sont, me semble-t-il, réunies que sur un point : les 
sources de T'Odjeh ^ Cette rivière, qui est, après le Jourdain, la 
plus riche en eau de toute la Palestine-, naît près de Qaçr- 
Râs-el-'Ain, dans un marécage alimenté par plusieurs sources ^ 
dont le débit est assez abondant pour que T'Odjeh puisse, presque 
à sa naissance, faire marcher un grand moulin. Au Râs-el-'Ain se 
coupent la route de Jaffa à Naplouse et celle de Jérusalem à 
Césarée *. Toutes les fois qu'un gouvernement a eu le souci 
d'assurer les communications entre l'intérieur et la côte, c'est là 
qu'il a établi la forteresse qui doit commander la brèche ouverte 
entre la source de l'Odjeh et la montagne. C'est au Ràs-el-'Ain 
qu'a dû s'élever l'Antipatris d'Hérode ^; là, la domination musul- 
mane éleva la citadelle dont les ruines pittoresques dominent 
encore la plaine. Et, de même que le nom de AiiL-f^v s'est attaché 
aux hameaux maritimes de la côte méridionale, de même le fort 
qui garde la naissance de l'^Odjeh s'appelle Qaçr-Râs-el-'Ain, le 
château de la source. 

On peut même se demander si le nom de nr,Yai n'a pas survécu : 
peut-être est-ce lui que nous retrouvons dans Fedjé, village arabe 
distant de 3 à 4 kilomètres de la source. On peut rappeler que le 
nom d'el-Fidjé, belle source de l'Antiliban dont les eaux viennent 
grossir le Barada, dérive vraisemblablement de Ur^yri ^. Quoi qu'il 
en soit de ce rapprochement, il reste évidemment indépendant de 
l'assimilation, que j'estime certaine, de Ur^^fxl avec la région du 
Râs-el-'Ain. 

Cette localisation permet de déterminer avec précision l'étendue 

* Les caries donnent la forme *Aoudjeh. 

2 Baedeker [Socin], Palestine et Syrie, 2« éJ. française, p. 12. 

^ Robinson, Neue hihlische Forschnngen, p. 179; Guérin, Samarie, t. Il, p. 369. 

* C'est la route bien connue que suivit saint Paul prisonnier. 

"^ Buhl (Greo graphie d. alten Paîaest., p. 199), résumant une abondante bibliographie, 
hésite, pour Antipalris, entre Râs-el-'Ain et Medjdel-Yaba : Antipatris ayant été 
bâlie dans la plaine et au voisinage immédiat d'eaux abondantes, il ne me semble pas 
qu'on puisse songer à Medjdel. 

^ Baedeker [Socin], loc. cit., n. 33S 



180 REVUE DES ETUDES JUIVES 

de l'invasion séleucide : maître de Gazara (Tell-Djezer) et de 
Pêgai (Râs-el-'Ain), le Cyzicène s'était emparé de toute la plaine 
palestinienne, habitée en partie par des populations helléniques 
et polythéistes, et avait été arrêté par les montagnes défendues 
par les masses compactes du peuple juif. En lui prescrivant de 
restituer à leurs propriétaires antérieurs d'une part les ports et 
de l'autre les forteresses qui surveillaient, Tune, la route de Jé- 
rusalem à la Tour de Straton (Césarée), l'autre, celles qui mènent 
à Jaflfa età Gésarée, ca sont bien, si les identifications proposées 
sont exactes, les centres principaux du territoire en lilige que les 
Romains onténumérés. 



IV. — La mort de Yezdegerd. 

Tabari et Firdousi racontent, au sujet de la mort de Yi zdegerd (I) 
le Méchant, une légende que Ton peut résumer en quelques mots* : 
le roi cruel est tué par une ruade d'un cheval fantastique, qui 
disparaît l'exécution accomplie. Tabari rapporte qu'on dit : « C'est 
un ange que Dieu a envoyé pour nous délivrer. » Et le caractère 
fantastique et démoniaque de la bête apparaît encore mieux dans 
les contradictions de Firdousi, qui en parle successivement comme 
d'un cheval aux sabots de pierre, d'un crocodile et d'un dragon. 

Rappoport et M. Israël Lévi ont vu qu'à ce récit se rattache 
étroitement la tradition, rapportée par Scherira, de la mort de 
Yezdegerd IL Ce persécuteur des Juifs a, dans la légende juive, 
une fin funeste : sur la prière des docteurs Rab Sama, fils de Rabba, 
et Mar bar R. Aschi, un dragon vint le dévorer dans sa chambre à 
coucher. La seule différence notable entre les deux versions 
consiste en ce que, dans l'épître historique du gaon Scherira, le 
monstre dévore le roi. 

M. Israël Lévi a expliqué pour quelle raison c'est un roi dif- 
férent qui apparaît dans la légende juive et dans les récits mu- 
sulmans qui nous ont transmis la tradition persane : Yezdegerd II 
fut hostile aux Juifs, alors que le principal crime de Yezdegerd I 
semble être d'avoir résisté aux conseils des Mages ; et, suivant que 
la version est persane ou juive, c'est le premier ou le second des 
rois homonymes qui apparaît frappé de la vengeance divine. Mais 

* Tabari, Cnrontr/iie, Irad. Zolenber/:^, t, II, p. 103-4 ; Firdousi, Schah-Nameh, v, 
519. — Leslexlcs sont traduits ou analysés en détail dans l'article de M. Israël Lévi 
auquel nous faisons allusion plus loin : La mort de Yezdegerd d'après la tradition Juive, 
dans Jicvue des Eludes Juives, t. XXXVi, p. 294. 



NOTKS D'/IISTOmn: et D'EIMCHAPIIIE 181 

M. Lévi va plus loin, et, écartant les hypolliôses inconsistantes et 
aventureuses de Rappoport, il suppose qu'il y a eu transposition 
de la légende de Yezdegerd I sur Yezdegerd II. 

En réalité, la tradition est antérieure aux deux rois ; et la 
légende qui met en scène les deux SassaniJes n'est qu'un reflet 
d'un mythe plus ancien. Dans un cas comme dans l'autre, nous 
sommes en présence d'une adaptation d'un récit mythologique 
iranien, celui de la mort de Tahmurath. Je l'emprunte à Dar- 
mesteter K 

« Le puissant Tahmuralli, dit la légende persane, avait enchaîné 
Ahriman ; trente ans durant, il resta dans les liens, vil et méprisé; 
le glorieux souverain mettait sur lui la selle et en guise de cheval 
le montait... Chaque jour, par trois fois, couraient autour du 
monde le cheval et le héros. » 

Mais Tahmurath périt par l'indiscrétion de sa femme, à laquelle 
il a révélé que jamais il n'a peur de sa puissante et rapide mon- 
ture, si ce n'est au moment où il s'élance sur l'Alborz. Un matin, 
le roi selle sa béte, la monte, fait sa course, arrive à la haute 
montagne; alors le démon précipite le roi de sa selle, ouvre la 
gueule, l'avale, l'engloutit et s'enfuit rapide comme le vent. 

Il est inutile de démontrer l'identité fondamentale de cette lé- 
gende avec celles qui ont été signalées plus haut : elle explique les 
divergences des variantes dérivées. Le monstre avale le roi, 
comme dans le texte de Scherira, qui a fidèlement conservé ce 
trait primitif. Mais la brève narration juive n'attire pas l'attention 
sur la forme équestre de la lête, simplement qualifiée de dragon. 
Dans Firdousi, la désignation de dragon alterne avec celle de 
« cheval aux sabots de pierre », alors que Tabari ne connaît plus 
que le cheval. C'est au rivaïet parsi que remonte cette conception 
ambiguë : bien qu'Ahriman y soit, expressément et à plusieurs 
reprises, désigné sous le nom de cheval, il ne semble pas qu'il en 
ait pris la forme animale, et le dieu malfaisant transparait sous la 
monstrueuse monture. 

Scherira déclare avoir appris des anciens et lu dans les chro- 
niques de ses devanciers ce qu'il sait de la mort du second Yezde- 
gerd; ces anciens sont vraisemblablement, comme La supposé 
M. Lévi, des gaonim qui ont dû ne le précéder que de peu de 
générations. Le récit juif remonte probablement plus haut que 
l'époque de Firdousi (né en 911), sans doute à celle de Tabari (né 
en 839) : en mcme temps qu'il survivait chez les Persans passés à 

' Darmesieler, Ormazd et Ahriman, pp. lûS-170. 11 cite Spiegel, Die traditionelU 
Litteratur der Parscn^ r. 317. 



182 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

l'Islam, arabisés ou non, le vieux thème mythologique iranien, dé- 
gradé en motif de folklore, s'était glissé dans la littérature des 
Juifs de Babylonie. 



Le mot cp'.XGT'.[jt.'!a a éprouvé, dans la grécité de l'Asie impériale, 
une déviation tout à fait caractéristique des mœurs publiques. 
Devenu à peu près synonyme de X'.Toupy'a il s'applique aux libé- 
ralités faites aux villes par les riches particuliers en échange et 
en rémunération des honneurs et des titres municipaux. Dans la 
décadence de la cité grecque, c'est l'aristocratie de fortune qui, 
par vanité ou par représentation, fait les frais des principaux 
chapitres du budget des dépenses. L'épigraphie de l'Asie Mineure 
nous a conservé les noms de bon nombre de bienfaiteurs publics 
loués pour s'être acquittés avec magnificence des pliiloiimies et 
liturgies *, pour avoir, par des ambassades, des chorégies, des 
constructions d'édifices et des philotimies -, donné la preuve de 
leur dévouement à l'intérêt général. Dans une lettre de Garacalla, 
le mot désigne une fonction particulière créée à l'occasion de l'at- 
tribution de la néocorie à la ville de Philadelphie, sans doute 
l'agonothésie^ ou la grande prêtrise*, qui certainement était en 
relation avec des jeux publics, naturellement donnés aux frais du 
titulaire de la charge. 

De là à appliquer le nom aux cérémonies agonistiques payées 
par un particulier, il n'y avait qu'un pas. Un texte hébreu de 
l'époque talmudique nous apprend qu'il a été franchi. 

Une parabole de YExode rabba ^ met en scène un homme qui 
arrive dans une ville où il apprend qu'une philotimia [^^izw^^'d) 
va être donnée. Il va s'informer auprès du londar (Àouoâp-.o:, 
ludarius), auquel il demande quand la philotimia aura lieu. Le 
loudar répond que la date en est éloignée; sur quoi l'homme se 
rend chez celui qui fait la philotimia (t^^'n'jiyD noiri imi^b), qui 
lui apprend que la cérémonie aura lieu immédiatement, et s'é- 
tonne de ce qu'il ait été chercher des renseignements chez le 
gladiateur à qui elle doit coûter la vie. 

1 Ber. Akad. Berlin^ 1888, p. 868. 
« Bull. Corr. HclL, X, p. 404. 

* Biichner, Wochensckr. fUr cîass. Philol., 1892, col. 22. 

* Buresch, Aus Lydien, p. 19. Buresch donne la liste des diirérenles menlionsr de 
la 9i).oTi[i.i'a, Cf. aussi Revue Et. gr., 1899, p. 265, n° 3. 

» Jixode Eabba, 30. Le texte est reproduit dans le Wôrterbuch de Levy, s. v. 1115. 



NOTES D'iUSTOllŒ ET D'ÉIMCHAl'HIK 183 

Ni les hommes ni les choses, dans ce petit récit, n'ont rien de 
juif: la fiction n'a, comme tliéàtre possible, que quelque ville hel- 
lénisée de Syrie. La signification spéciale donnée au mot ne 
saurait être le résultat d'une évolution accomplie par le mot après 
son introduction dans la langue talmudique S mais il est difficile 
de déterminer jusqu'en quelle mesure cp'.XoT'.ixr/ doit être entendu, 
dans les textes épigraphiques grecs, dans le sens restreint de 
a libéralités agonistiqiœs ». 



VI. — Les Juifs d'Asie Mineure et la prédication 
DE saint Paul. 

M. Neubauer a cru découvrir la mention de la Phrygie dans un 
passage du Talmud ^ qu'il traduit ainsi ^ : « Le vin phrygien et 
les bains (de ce pays) ont séparé les dix tribus de leurs frères. » 
Rapprochant de ce texte l'histoire de Rabbi Méir (celui-ci s'étant 
rendu en Asie'*, ne trouva chez les Juifs aucun exemplaire en 
langue hébraïque du livre d'Esther et le leur écrivit de mémoire 
afin qu'on pût en faire la lecture à la synagogue le jour de 
Pourim) % il croit que les dix tribus représentent les communautés 
établies en Phrygie par les deux mille Juifs transportés dans le 
pays par Antiochus le Grand, et dont les membres, ayant désappris 
la langue hébraïque °, se sont, plus facilement que leurs frères de 
Palestine ou d'Egypte, convertis au christianisme. L'interpré- 
tation proposée par M. Neubauer, pour le premier des textes cités, 
a été ruinée par M. Halévy ", à la critique décisive duquel nous 
n'aurons à ajouter que peu d'arguments nouveaux, et il n'y aurait 
pas lieu de revenir sur la question, si M. Ramsay, l'historien avisé ~ 
et informé du christianisme en Asie Mineure, n'avait récemment 
puisé dans la traduction et le commentaire de M. Neubauer une 

* Krauss, Gnechische u. Lateinische Lehnwôrter im Talmud, t. I, p. 215. 

* Talmud de Babylone, Sahbat, 147 h. 

3 Neubauer, Géographie dic Tahmtd, p. 315. 

* Probablement la province d'Asie, bien que N^D5< désigne aussi une ville. Neu- 
bauer, loc.cit., p. 310, croit qu'il s'ajïit de Sardes. 

5 TosiCta Megilla, oh. ii. Ct". Neubauer, loc. cit., p. 290. 

^ Il semble certain que les Juifs d'Asie Mineure n'avaient qu'une faible connais- 
sance de l'hébreu ; mais l*épisode de R. Méir ne prouve rien à cet égard : si les Juifs 
d'Asie n'avaient pas su Ihébreu, ce serait en pure perte que le docteur aurait mis à 
leur disposition un exemplaire du livre d'Esther. La Tosifta dit simplement que ce 
livre leur était inconnu. 

7 J. Halévy, bN-lD"" y-|î< n:> m730 bv 1J2i<'n, dans les tomes 111 et IV de 
l'Annuaire D"^bOTT^ ; pp. 40-43 du tirage à part publié sous le titre de Mémoire sur 
quelques noms géographiques de la Palestine. 



184 REVUE DES ETUDES JUIVES 

conception nouvelle et, pensons-nous, erronée des résultats de 
l'apostolat de saint Paul en Asie Mineure K 

Si un fait, dans l'histoire de Paul, pouvait sembler établi, c'est 
l'écliec à peu près complet de sa prédication auprès des commu- 
nautés juives organisées de l'intérieur de la péninsule : le récit des 
AcleSy sur le séjour de l'apôtre à Antioche de Pisidie et à Iconium, 
ne prête à aucun doute. M. Ramsay croit que l'auteur des Actes 
(et après lui tous les exégètes modernes) a été victime d'une 
illusion d'optique, et a accordé une importance excessive aux 
menus épisodes de la lutte contrôles judaïsants. Transportant arbi- 
trairement au milieu du premier siècle la conversion des Juifs 
phrygiens (M. Neubauer n'avait aucunement indiqué pareille date, 
le texte cité étant du début du quatrième siècle), M. Ramsay 
incline à corriger au moyen du Talmud l'impression qui se dégage 
naturellement des Acles. Dès lors, les faits les plus précis et les 
plus incontestables lui semblent perdre de leur valeur. Dans le pas- 
sage des Actes (xiv, 1] où il est dit que Paul amena à croire 'Ig-j- 
oauov T£ xai 'EXXv-vcovTroAÙTrXriOoç (bon nombre de gens, juifs et grecs), 
il met en évidence la « multitude «des convertis. A Antioche, où 
l'accueil fut si hostile et eut un caractère si tranché d'animosité, il 
fait remarquer qu'il n'y eut en somme, entre les Juifs et Paul, 
qu'une dissidence portant, non sur les doctrines apportées par 
l'apôtre, mais sur l'égalité qu'il prétendait instituer entre Juifs et 
païens. Passant à la Macédoine, il attribue les succès de Paul à 
Philippes et àBersea à ce fait que les petites communautés de ces 
villes étaient d'origine phrygienne. Si les Juifs deCorinthese mon- 
trèrent opposés à Paul, c'est qu'ils étaient, eux, en dehors de la 
sphère d'influence de la Phrygie, et qu'ils avaient des relations 
directes et étroites avec la Palestine et la Syrie. Thessalonique (si 
voisine des petites villes macédoniennes) ayant été hostile, M. Ra- 
msay conjecture que la situation y était la même qu'à Gorin'h^. 

M. Ramsay, on le voit, met à haut prix l'autorité du Talmud-. 
Avant d'entrer dans le fond du débat, il est bon de faire observer 
que cette autorité, en ce qui concerne un pays aussi éloigné des 
centres talmudiques, est nulle. Pour les docteurs de Tibériade et 
de la Babylonie, la grande péninsule anatolienne est déjà une 
terra ignota. On peut contester l'interprétation de presque toutes 
les notices >' où M. Neubauer a trouvé la mention de ces différentes 

• W.-M. Ramsay, Saint Paul, thc Travclcr and the Roman citizen, traduit sur la 
3'" éd. par Groschke, Paulus in der Apostehjeschichte, p. 118 et suiv. 

* His weighty anthoritij (Ramsay, Cities and Bixhoprics, t. I, 2, p. 07 1, n. ^].- 

' A l'exception de celles qui concernent les régions cilicionne et cappadocienDCj 
immédiatement attenantes à la Syrie. 



NOTES D'IIISTOIHK KT D'ÉPKWIAIMIIK 185 

provinces : La Galia (N^bs) n'est certainement pas la Galatie^ 
c'est un pays de langue sémitique-. Les Lowlim'^ (D'^iiby n'ont, 
comme Jastrow Ta montré dans cette Revue'', rien de commun 
avec la Lydie. Les notions sur VAsia (t^-'Oi^j •' sont si confuses que 
le nom désigne tantôt un pays, tantôt une ville que M. Neubauer 
se donne la peine bien inutile de chercher à identifier. Nous allons 
voir ce qu'il faut penser de Perovgilha {^rr^^^^r^z) qu'il a rendu 
par « Phrygie ». 

Nous avons donné plus haut sa traduction du passage unique qui 
donne ce nom. Reproduisons le texte avec une version littérale : 

« Rabbi Helbo dit : le vin de Peroiigitha et l'eau de DemousU ^ 
(le Min; transcription du grec oY,ij,o'7ia) ont séparé les dix tribus 
d'Israël. » 

Perougiiha serait une transcription insolite de Phrygia : en 
effet, Asia est rendu par N-»Di<, Kilihia par ^'î>'h'Py Kappadohia par 
i<^p"j"iDp, et nulle part le nom n'est défiguré par l'adjonction du 
suffixe féminin. D'un autre côté, si DemousU devait s'entendre des 
bains de Perougifha, le mot devrait nécessairement recevoir le pro- 
nom possessif; il est donc clair que DemousU est une localité parti- 
culière en connexité avec la première. Enfin, les colons militaires 
qu'Antiochus le Grand a pu envoyer de Babylonie en Phrygie ne 
peuvent, en aucune façon, représenter les « dix tribus », môme si 
l'on donne à ce terme l'acception la plus restreinte : ce n'est pas 
un docteur du Talmud comme Rabbi Helbo, tout entier dominé 
par la tradition biblique, qui a pu oublier que le second Liv?^; des 
Rois assigne comme lieu d'exil aux déportés de Samar ie les rives 
des affluents septentrionaux de l'Euphrate, la Mésopotamie et la 
Médie, et que les Juifs babyloniens d'Antiochus ne pouvaient être 
que des Judéens, de vrais fils d' « Israël ». 

Pour ces seules raisons, nous devrions repousser l'identifica- 
tion de Perougitha avec la Phrygie. Mais cette conclusion s'im- 
pose plus fortement encore, si nous replaçons le texte litigieux 
dans l'ensemble auquel il appartient. 

Il fait, en effet, partie du commentaire d'une règle de la Mis- 

* Neubauer, loc. at., p. 317. 

* Men&tnia s'y disait Galmouda (Talmud de Babylone, Rosch Haschana, 26 a). 
M. Halévy croit [Revue sémitique, ISOi, p. 186) que Galia est l'équivalent araméen 
du nom de la ville syrienne d^Epiphanie, « la brillante, l'illustre ». 

^ Neubauer, loc. cit., p. 315. 

* Justrow, Les Ludim, dans Revue Rt. juives, t. XVII, p. 3ÛS. 
'^ Neubauer, loc. cit., pp. 303-11. 

fi A corriger en n'^OITû'^Tl ou plutôt nVOIÎ^"^*"»"!. Voir les exemples du mot cités 
par Fiirst, Glossarium graeco-hebraeum, s. i\ 



1S6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

cfma relative à l'usage des eaux de Tibériade : les thermes situés 
dans le voisinage de la ville, fréquentés dans l'antiquité, comme 
ils le sont encore aujourd'hui, par de nombreux, malades, portent 
précisément dans le Talmud le nom de Demousion, équivalent 
de l'ancien nom Hammata, qui signifie « bain chaud ». A la 
phrase citée, la Guemara ajoute : R. Eliézer ben Arakh s'y ren- 
dit (à Demousit), se laissa séduire par eux [par le vin et les bains, 
explique Raschi) et y perdit sa science talmu<iique ^ Ce récit se 
retrouve, avec de faibles variantes, dans le Midrasch Koheleih * 
et dans les Aholh de RabM Xathan ^, qui rapportent qu'après la 
mort de R. Yohanan ben Zakkaï, son disciple Eliézer, au lieu d'aller 
avec les autres docteurs à Yabné, alla s'établir à Demousit, « lieu 
bon et dont les eaux sont bonnes » et qu'il y oublia ce qu'il avait 
appris près de son maître. Le lieu de la retraite de Rabbi Eliézer 
doit si évidemment être cherché en Palestine, que les Ahoth 
substituent à Demousit le mot Emmaus *. 

En rapprochant l'erreur d'Eliézer, coupable de s'être séparé 
des autres docteurs et de s'être laissé séduire par les délices de 
Perougitha et de Demousit, de la faute analogue des dix tribus, 
la Guemara circonscrit nettement la région où nous devons cher- 
cher les deux localités : il ne peut s'agir que de la Palestine du 
nord, du territoire des dix tribus qui se détachèrent du royaume 
de Juda et de la ville sainte, comme Eliézer s'écarta de l'étude 
de la Loi. Demousit représente les thermes de Tibériade, qui 
participaient de la défaveur qui frappait la ville voisine, fon- 
dation impure d'Hérode : la tradition en fit le théâtre de sus- 
pectes histoires de magie ^ Perougitha ne peut être qu'une loca- 
lité galiléenne voisine de la précédente ^ 

* Son ignorance devint telle qu'ayant à réciter un verset biblique, il lut, estropiant 
les mots de manière à produire un conlre-sens grotesque. 227, n'^rt C"inrî au lieu 
de ^db ï~TTrr "«^Tm. Voir Tesplicalion du passage, Ilaieyv, loc. tnV., p. 41. 

' Midrasch Koheleih, XII, 7, 

' Aboth de Rabhi Nathan, ch. xiv. 

* C'est à tort que Graeiz, Geschichte der Jwlen, t. IV, p. 28, et Neubauer, loc. cit., 
p. 100, note, prennent Emmaus pour le mot primitif, et Demousit pour une faute de 
copiste. 

5 Talmud Jér., Sanhédrin, 26 d. 

* L'idenliûcatioa de cette localité est étrangère à notre sujet. Nous devons cepen- 
dant signaler l'hypothèse ingénieuse de M. Halévy [loe. cit., p. 43). Pemarquant que 
Perougitha rappelle de très près le mot m^5";2. • oiseau », il suppose que le nom 
désigne, par une sorte de jeu étymologique, la ville de Çippori dont le Talraud fait, 
en etl'et, dériver ie nom de "iTî^, oiseau, parce qu'elle se trouvait sur le sommet de 
la montagne tel quun nid d'oiseau sur la cime de l'arbre [Talm. de Babyl., If^giila, 
6a; cf. Neubauer, loc. cit., p. 192). Cette conjecture se rattache à une théorie, 
soutenue à diverses reprises par l'éminent savant, sur l'équivalence de certains 
noms géographiques synonymes, théorie à laquelle il a cherché d'autres applica- 
tions dans sou mémoire sur l' enterrement de Jacob d'après la Genèse {Scmitie Studies 



-NOTES D'HISTOIRE ET D tPlGK-VPHIE îg7 

Nous pensons qu'il est superflu d'insister : car, eut-il le sens 
qu'on lui a attribué par suite d'une erreur manifeste, il est impos- 
sible d'oppos'^T au témoignage formel et presque contemporain des 
Actes un texte tardif, né dans un coin de cette Babjlonie juive 
si lointaine et d'horizon si resserré. 

Pour en revenir aux Juifs d'Asie Mineure, rien n'indique que 
la prédication de saint Paul, ou même, plus généralement, la pre- 
mière propagande chrétienne, aient notablement influé sur les 
destinées de leurs communautés : si le judaïsme anatolien s^est 
dissous, c'est sous l'action du paganisme ambiant, hellénique et 
indigène, et dont les textes épigraphiques nous permettent de 
suivre les progrès. Sur une vingtaine d'inscriptions incontesta- 
blement juives, c*est à peine si cinq on six renferment des noms 
hébraïques * ; les formules des pierres tombales sont celles de 
l'épi graphie courante : mesures prises pour assurer Fintégrité du 
tombeau, stipulation d'amendes en cas de transgression, assigna- 
tion d'une partie de l'emplacement à la sépoltore des esclaTes ^. 
L'inscription de Tlos * montre à quel point les mœurs municipales 
de l'Asie avaient pénétré, dès le déclin da premier siècle, Tadmi- 
nistration intérieure des petites colonies JuiTes : c'est Vhonora- 

in memory of J^ol»t^ p. 210 et JSenw témiUpu, t. V, p. 11f); îl propose fldca- 
tiâcatioQ du Goren-Ilaatad de la Genèse {i., 9J arec k Saoûr da Ime de JoBaé 
(xv, 4ï^ : *T::îcr: yj, ^nifie l'aîxe aux épines, '^rZ'Z ^incs ; ci adaet féiiiaî- 
Taience de rrC"*? (Isaîe, i, 30 axec rn^LD 'de ftL l l ' ilJ il»», x, 31} avec rrzy 
ces deux groupes de donMete ajant lespecfavpMrat le sens de « ilionne • et de € pons- 
Eière ». A i^ppoi de ertte Ihéorie, an pfeaûn* abord aventorense, sor i'éqmvalenee de 
■ans propres sjnonjaMS, on ponnait caler eeitaûs £ûts auxquels ItL Halérf n"^ pas 
songé : ainsi on texte ^jplien (ctlé par llax lliiiler, Asêcm mmd Bmnfm, pu llij 
appelle Beii-Sgfker (k maison dn livre), mne vilie qnî semble idcnliifne an Qfrittk^ 
S tf à w liibliqne (la cité dn lirr^. Une oasis anbe, caiactéRsée, sûvant un pnwédé 
hahjfwd â FonasMstiffQe séaûtiqne, est appelée alteraalÎTeaMnl IMiat-^-Hadb et DhM- 
el-Talb, dn ncnn de deax v^étanx sjnonjrmes {Lisâm-d "^Armè^ XIX, p. 149; 
Taxafi, II, 13]. Ualgié ces analogÎK, les éqoivaleaees proposées par \L Halétj ponr 
rantiqaitB btblîqne semUeat si^ettes â confirmalînn C en est ■nlffinl ponr 
répoqne talmndiqne où des jenx eonune oelni qne snppose féfnation Gppon-Peron- 
gitba sont fréqfnenis : ^'on se rappelle, par exempâe, ie nom dn Pbanon Xdcao 
[interprété par la racine bébrafqne TlSS] remplacé, dans de Tmrgtmm^ par ceâni de 
Hegira. Q. aasd Hildcshcûner, .S^cfni^ car Ge»frmpiie PmlêaimMS^ p. 43, et tmprm, 
p. 185, notes. 

> llonseios [lloîse% lEls de Jair, à Ej^èse [Ajaciemt §r. ituer. i» iàe Brii. Mm*.^ 
III, n* 676j; loodas, fik de José, à Tarse, et Jacob le Cappadoôea ^^sa^fiéer! 
Berlin^ 1883, p. 6â6, n* 87, et Pmlat. SjjOor. Fmmd, 1893, p. 290 : ces épitaphrr 
trouvées â Jafl^ scmt sans doute eeUes de JuîCb pieax, irremmm» éaûgns, et rereans 
dans la Terre sainte ponr j mourir) ; Jacob et Bsiber, â Gcnm [Bnmr ÂL/nnes, X, 
77) ; SanbatÎQs en Biûijnîe [B'pvmt^ XX YI, p. 167^ et Eosambatios a Konrkos de Ljcîe 
[Revue, X, p. 761. 

- Voir les textes dtés {nr Scbûrer, G«$eàieUe ies jê-i. VvUes. 3* éd., L IIL p. 11 

et suiv. 

* Hula, dans ErmmM Vtmd«Uu*usis, p. 99. 



m REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

riiim dtXiirionains que nous retrouvons dans la libéralité faite à 
ses coreligionnaires par Ptolémée, fils de Lucius, reconnaissant 
de l'honneur qu'ils ont fait à sa famille en nommant son fils leur 
« archonte » ; l'inscription bien connue de Tation de Phocée • 
nous indique des habitudes d'esprit et des mœurs analogues. Une 
assimilation aussi complète sur le terrain de la langue, de l'orga- 
nisation intérieure des communautés, des formes extérieures de 
la vie devait nécessairement avoir sa répercussion sur le domaine 
religieux. Je considère comme Juifs, avec Schùrer^ contre Ram- 
say ^ ce Publias Aelius Glykon d'Hiérapolis qui légua à deux 
corporations de la ville une somme dont les revenus devaient ser- 
vir à orner sa tombe, à la fête des azymes et à la Pentecôte ; et, 
avec Ramsay* contre Schiirer ^ Julia Severa, prêtresse du culte 
impérial et son groupe de bienfaiteurs de la synagogue d'Akmonia. 
L'idée d'entrer dans un cimetière, un jour de fête solennelle, pour 
y orner une tombe aurait certainement paru aussi sacrilège à un 
talmudiste orthodoxe que la pensée d'exercer le sacerdoce impé- 
ria'. A Lystra, le mariage d'une juive avec un païen ^ indiquerait, 
pour une époque voisine du début de l'ère chrétienne, une décom- 
position religieuse déjà avancée. 

L'aventure de Rabbi Méir, trouvant les Juifs ù'Asia assez déta- 
chés de la tradition pour ne pas posséder le livre d'Esther, n"a 
donc rien en elle-même d'invraisemblable. Le christianisme nais- 
sant a certainement pu recruter un certain nombre d'adhérents 
dans ce petit monde largement ouvert aux influences extérieures; 
mais la propagande des premiers chrétiens n'a certainement pas 
dépassé les limites restreintes que lui assignent les Actes des 
Apôlres, 



VIL ApioiN était-il Alexandrin? 

Suivant Josèphe, Apion était un Égyptien, né dans l'oasis 
d'Egypte', et qui n'acquit le droit de cité alexandrin que par na- 
turalisation ^ Ces affirmations n'ont été suspectées par personne, 

» Revue, i. XII, p. 236. 

* Schûrer, loc. cit., p. 14. 

> Harasay, Cities and Bishoprics, I, 2. p. 545, ad 411 el 412. 

* Ramsay, loc. cit., pp. 037, 647, 673 el suiv. 
' Schùrer, loc. cit., p. IG. 

^ Actes des Apôtres, xvi, 1. 

' Josèphe, Contre Apion, II, 3 (^29). 

8 Josèphe, /oc. cit., H, 3 (32); 4 (41). 



iNOTES D'inSTOIRE ET D'ÉPIGRAPIIIE 189 

jusqu'au jour où Willrich a essayé de prouver que le fameux 
rhéteur étaiÉ Grec, et Alexandrin de naissance*. Nous verrons 
que, si iiié^gale que soit la valeur de ses arguments, il faudra adop- 
ter une bonne partie de ses conclusions. Un examen nouveau de ce 
petit problème peut se justifier, non par son importance propr*, 
qui est minime, mais parce qu'il intéresse aussi bien quelques 
côtés de l'histoire intérieure d'Alexandrie que la question de la 
véracité de Josèphe : disons tout de suite que celui-ci, que l'on en 
reste aux conclusions de Willrich ou qu'on adopte celle que je pro- 
poserai, sortira assez diminué du débat. Menée avec la fougue ha- 
bituelle à l'auteur, la discussion de Willrich a une allure agressive 
qui rappelle quelque peu les procédés de Josèphe vis-à-vis de son 
adversaire. Il n'y a pas lieu d'être surpris de ce que les résultats 
en aient été écartés parla critique sagace, mais conservatrice, de 
Schûrer^ ; mais, malgré l'autorité du livre magistral qui, suivant 
un mot heureux de Willrich ^ est souvent « geradezu aïs Quelle 
behandelt », il sera impossible de revenir à l'opinion ancienne. 

Examinons les arguments élevés par Willrich contre le récit de 
Josèphe. 

Les mots ev 'Oiazi, dit-il, ne désignent aucune localité particu- 
lière ; c'est là un simple équivalent des« contrées les plus reculées 
de l'Egypte », où Thistorien place un peu plus loin^ la patrie 
d'Apion, que Josèphe a voulu faire naître au sein de la plus profonde 
barbarie, « wie wir von Jemand sagen, er sei aus der Hundetùrkei 
oder Schoppenstedt oder Schilda ». — Il est évident que 1' « Oasis 
d'Egypte )) ne correspond à aucune réalité géographique particu- 
lière, et c'est bien à tort qu'on a voulu l'identifier à la Grande Oasis. 
Mais cela prouve simplement que Josèphe était piètre géographe. 

Si Apion avait réellement pris, sans y avoir droit, la qualifi- 
cation de citoyen alexandrin, ses ennemis, et particulièrement 
Philon, n'auraient pas manqué de signaler son usurpation et de 
dévoiler son mensonge. — Mais nulle part ni Josèphe ni Philon ne 
mettent en doute la légitimité du titre de citoyen dont se pare 
Apion. Josèphe dit simplement que ce titre lui avait été 
concédé par les Alexandrins, qu'il remercia en mçnant cam- 
pagne contre leurs voisins juifs ^ Apion est, pour lui, un na- 
turalisé, non un intrus; un hoUtt^ç or^iLor.orrjo;^ comme on eût 

* Willrich, War Apion Âeçypler? appendice à Jitden und Griechen vor der makka^ 
hdischen Hrhehung (1895), pp. 172-176. 

* Schurer, Creschichte des jûiiscken Volkes^ 3' éd., I, III, p. 40. 

* Willrich, loc. cit., p. v. 

* Josèphe, loc. cit., H, 4 (41) : ysvvTjOît; yàp, toç, izçtoilnov, èv tw êaO'jraTW ir,; 
AiyOutou. 

» Josèphe, loc. cit., II, 3 (32). 



190 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

dit dans une ville grecque de type norraaP, non un TrapÉYypaooç. 

L'envoi d'Apion à Rome, comme ambassadeur, auprès de Caïus, 
aurait constitué une grossière inconvenance, si le rhéteur avait 
appartenu par sa naissance à la race méprisée des indigènes. — 
Au moment où il fut mis à la tête de la délégation alexandrine, 
c'était un orateur célèbre, une des illustrations de la rhétorique 
grecque ; il avait professé avec éclat à Rome même ; c'était un 
porte-parole fort présentable. 

Aulu-Gelle^ qualifie Apion de grœcus homo \ Athénée ^ , 
d"AX£EavBG£uç. — Ces termes s'expliqueraient simplement par le fait 
seul qu'Alexandrie fut la résidence habituelle d'Apion, qu'il y vint 
de toute façon tort jeune, qu'il y fut le chef de l'école de rhétorique 
dont il fut au dehors le représentant hi plus brillant ; à plus forte 
raison se justifient -ils si Apion avait acquis le droit de cité 
et avait représenté la ville auprès de l'Empereur. Aulu-Gelle ni 
Athénée n'ont vraisemblablement songé à caractériser Apion par 
le lieu de sa naissance. A le croire, on commettrait une erreur 
égale à celle qui consisterait à presser le sens de l'épithète d'Al- 
yuTTTtoç dont Suidas fait suivre le nom du personnage. 

Pour épuiser la liste des raisonnements discutables, signalons 
enfin l'analogie que Willrich a cru entrevoir entre le procédé et 
les mobiles de Josèphe et ceux de Philon : l'appellation d'Égyptien 
serait, sous la plume des écrivains juifs, une injure banale à l'a- 
dresse de leurs adversaires grecs. Je résume ici une page d'un 
ouvrage récent, où Willrich est revenu sur la question. Philon, 
parlant de la jalousie qui se fit jour chez les chefs de l'antisémi- 
tisme alexandrin à la nouvelle de l'arrivée du roi juif Agrippa, 
l'attribue à un trait de race : l'envie, dit-il, est un vice égyptien *. 

* A Alexandrie, le peuple, qui n'avail aucun droit de réunion ou de vole, ne pou- 
vait conférer le droit de cité; la collation de la TioXitsia devait appartenir à l'un des 
quatre grands l'oDClionuaires nommés par PEmpereur, sans aucun doute 1 hypomné- 
matographe ; Pline, désirant faire accorder à un protégé la naturalisation alexan- 
drine, s'adresse à l'Empereur, et Trajan ordonne à son préfet d'Egypte de faire don- 
ner suite à la demande : le préfet, en elfet, ordonne à son subordonné l'hypomné- 
malographe de jjrocéder à linscription demandée (Pline, Lettres à Trajan, v-vii, éd. 
Keil). On pourrait tirer un nouveau grief contre Josèphe de la façon dont il pré- 
sente ici les choses. Les Alexandrins, suivant lui, ont donné à Apion en salaire de 
ses libelles le droit de cité; or ils n'en disposaient pas. Mais l'hypomnématogYaphc, 
tout comme ses collègues les gymnasiarqucs, qui se mirent à did'érentes reprises à la 
tête de l'antisémitisme alexandrin, a pu partaj^er les passions de la bourgeoisie 
grecque ou céder à son influence. Daillours, la raison alléguée par Josèphe à la con- 
cession du droit de cité à Apion pourrait être inexacte sans que le fait lui-môme fût 
controuvé. 

' Aulu-Gelle, Nuits Attiques^ VI, 8. 

^ Athénée, I, 16. 

^ Philon, In Flacc, Éd. Mangey, II, 521. 



NOTES DIIISTOIHE ET D'EPIGHAIMILE l'Jl 

Ailleurs, il reproche aux Alexandrins de diviniser les ibis et les 
serpents venimeux *. Faisant allusion à l'entourage impérial, il 
traite les familiers de Caligula de bande de scélérats, dont l'âme 
est pénétrée du venin des serpents et des crocodiles de leurs pays -. 
Et Willrich ajoute : « Nous sommes donc en face d'un dilemme : Ou 
bien les Alexandrins ont choisi de préférence, pour leur confier les 
plus hautes fonctions dont ils disposaient, les Ég3'ptiens de nais- 
sance ; l'orgueilleux Caligula avait, lui aussi, pour cette race mé- 
prisée, une affection assez particulière pour qu'il y choisît son en- 
tourage ; enfin, en ce qui concerne Lampon (le gymnasiarque), 
l'administration romaine s'écarte de son principe, mentionné par 
Josèphe lui-même, d'exclure des fonctions publiques tout Egyptien, 
Ou bienPhilon, comme l'a fait de son côté Josèphe pour Apion, n'a 
qualifié les antisémites d'Egyptiens que dans le but de les ou- 
trager ^ » Il est à peine besoin de faire remarquer à quel point le 
rapprochement est illégitime. Philon, entraîné par des haines à 
la fois religieuses '* et politiques, assimile en bloc la plèbe grecque 
d'Alexandrie et ses chefs à la population méprisée de l'Egypte ; 
pour les déconsidérer, il leur attribue les vices et les basses su- 
perstitions des indigènes ; il ne conteste naturellement en aucune 
manière leur statut politique. Il exprime, avec plus d'animosité, 
une idée que Tite-Live avait exprimée aussi fortement ^ : « Mace- 
dones qui Alexandriam in iîi^gypto habent... in iKgyptios dege- 
nerarunt ». Josèphe, au contraire, sépare ce que Philon avait 
voulu confondre, et met à si haut prix le titre de citoyen alexan- 
drin natif qu'il veut rejeter Apion dans la classe inférieure des ha- 
bitants des nomes. 

Je passe à l'argument que Willrich semble considérer comme 
décisif, le seul que Schùr^r ait cru devoir réfuter". Il croit trouver 
dans Josèphe même l'aveu de la pureté de l'origine alexandrine 
à Apion. Je cite, d'après l'édition du Naber, le passage visé : This- 
torien reproche à Apion de n'avoir pas tenu compte des marques 
de bienveillance données aux Juifs par tous les Ptolémées ('A~icova 

0£ ayeùov ecpsçfjç Tuàvxsç sXaOov oc xcov Trpoyôvcov aùxoC [Maxîoôvcov] fjxn'.Av.ç 

oixeiÔTaxa Tipb; Tj^xaç BtaxsOévxsç) '. WiUricli entend qu'il s'agit des 

^ Philou, Legatio, II, 570. 

* Philon, Legatio, ib. 

3 Willrich, Judaica, pp. 128-9. 

'^ Il i'aut remarquer l'opposilion entre le mépris dont il couvre les cultes thério- 
morpiies de l'Kgypte et leurs sectateurs, et le ton respectueux avec let^uel il parle, 
plus haut, des nobles figures de TOlympegrec. 

» Tite-Live, XKXVIil, 17. 

^ Schurer, loe. cit., p. 407, n» 07. 

' Josèphe, Contre Apion, 11, l\ (48). 



192 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

rois des ancêtres macédoniens du rhéteur, et conclut : « Joseph 
hat hier wieder einmal geschlafeii und rein eus Versehen die 
Wahrheit gesagt ». 

Il est bien difficile d'admettre qu'à quehjues' lignes de distance 
Josèphe se soit contredit aussi formellement, étant donnée surtout 
l'importance qu'il attache à l'origine égyptienne de l'antisémite 
alexandrin : pour le croire, il faudrait que le sens du membre de 
phrase où Josèphe « aurait dit, par mégarde, la vérité » fût établi 
avec certitude. Il n'en est rien. Paret (approuvé avec une légère 
hésitation par Schiirer) voit dans les twv Trpoyovtov aÙTo-j Ma/.£oovtov 
l^ao-'.XeTç les « rois macédoniens des ancêtres d'Apion », en rat- 
tachant Maxsoovcov à [iaff'.Xsï; et non à TTçoYÔvojv. Willrich riposte* : 
« Voilà une traduction qui assurément s'accorde à merveille avec 
l'opinion de Schiirer, mais impliquerait que Josèphe était hors 
d'état d'exprimer en grec une idée très simple : c'est ce que nous 
ne pouvons croire de l'imitateur de Thucydide - » ; mais il ne s'a- 
perçoit pas que la phrase de Josèphe reste presque aussi boiteuse 
et aussi gauche dans sa traduction qu'elle l'est dans celle de Paret. 
Que vient faire ici la nationalité des aïeux d'Apion? Je ne puis 
voir (avec Naber) dans Maxsoovwv qu'une glose introduite par un 
lecteur qui, jugeant la périphrase obscure, a voulu que personne 
ne pût méconnaître les Ptolémées ^. 

Si Willrich n'avait mis en avant que les arguments que j'ai eu à 
combattre jusqu'à présent, rien sans doute ne devrait rester de sa 
thèse. Mais il faut tenir le plus grand compte d'observations justes 
ou fines, qui n'ont pas cependant toute la portée que leur attribue 
l'ingénieux critique. 

Voici les considérations qui me semblent infirmer l'opinion com- 
munément admise de l'origine égyptienne d'Apion. 

Josèphe, qui est notre source unique, est ici un témoin suspect : 
il a en effet un intérêt direct à refuser à Apion la qualité de Grec 
et d'Alexandrin. Willrich a montré quel lien unit au moins un des 
griefs de Josèphe aux accusations dirigées par Apion contre les 

• Willrich, Judaica, p. 129, noie 1. 

* Willrich fait trop d'honneur à Josèphe écrivain, dont M. Th. Rcinach a juste- 
ment caractérisé le slvle pénible. Il « apprit le grec lard et inoparlailemenl ; sa 
phrase lonf^ue et lourde, chargée d'incises, de redites, d'ornements vulgaires, sou- 
vent peu claire et mal couslruile, n'est pus toujours aisée à comprendre... > (Trad., 
(le Jotèphe, 1. 1, p. vu). 

' Si Ton ne ne voulait pas admettre cPllc correction, qui rnc semble nécessaire, il 
ne resterait guère qu'à supposer que Josèphe s'est embrouillé dans uue périphrase : 
ce ne serait pas le seul tour que celte figure de rhétorique aurait joué aux ennemis 
du mol propre. Encore faudrail-il lui tenir compte de ce que le grec lui oll'rait ma- 
laisément l'équivalent d'expressions modernes, toiles que • dynastie des Ptolémées » 
ou <c rois Lagidcs, » 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPIGRAPHIE 193 

Juifs. Apion avait expliqué l'origine du sabbat par le mal d'aine 
(sabbatôsis) dont auraient souffert les compagnons de Moïse, et il 
avait raillé la circoncision : Josèphe nous le montre mourant d'un 
mal honteux, et obligé de se soumettre à la circoncision qui ne 
devait pas le sauver *. Le récit de la mort du rhéteur, qui est vrai- 
semblablement une fable de circonstance, doit mettre en garde 
contre les renseignements fournis sur son origine. 

Apion avait été le publiciste et le porte-parole de cette bour- 
geoisie grecque qui, sous les règnes de Galigula et de Claude, 
s'efforça d'enlever aux Juifs d'Alexandrie la situation privilégiée 
qu'ils occupaient à côté des Grecs. Il prend ombrage, nous dit 
Josèphe, de ce que, alors qu'ils sont Juifs, ils aient pris le nom 
d'Alexandrins. En le faisant naître parmi les indigènes de l'Oasis, 
en le traitant d'Archi-Égyptien, naturalisé sur le tard, Josèphe 
retourne l'accusation contre l'adversaire. S'il conteste que la con- 
cession du droit de cité donne droit à la qualité d'Alexandrin, 
comment, ne possédant que la xaxà oociv TroXtTsta, peut-il se qua- 
lifier encore d"AX£^av8p£u;? 

Nous n'avons donc pas devant nous un renseignement indiffé- 
rent, mais une allégation articulée à l'appui d'un argument ad ho- 
minem. Le soupçon éveillé par le caractère tendancieux de l'infor- 
mation se fortifie si l'on considère d'une part qu'Apion et son père 
Pleistonikès portent des noms ou purement helléniquesou de forme 
hellénique-, alors que l'onomastique indigène garde sous l'Empire, 
à de rares exceptions près, une physionomie nationale; de l'autre, 
que, si Apion avait été de souche égyptienne, sa brillante carrière de 

* Willrich semble moins heureux dans ses autres rapprochements. Apion, dit- il, 
avait reproché aux Juifs de n'avoir fait faire aucun progrès aux sciences et aux arts ; 
Josèphe essaie de le faire passer pour un ignorant. Il avait fait de Moïse le chef d'un 
ramassis de vagabonds, Josèphe le traite d'ox^aycoyô;. Il avait reproché aux Juifs 
d'être des Égyptiens schismatiques; Josèphe en fait un renégat. — Il est certain qu'en 
traitant Apion d'Égyptien, Josèphe veut rendre injure pour injure à l'adver- 
saire qui ou; [xioet xal poûXerai Xoiôopeïv, toutou; AlyuTïTiou; xa).£t [loc. cit.^ II, 3 
(29). Mais l'accusation d'àTraiOEuaia vise l'ignorance de textes ou de faits détermi- 
nés, et il ny a aucune corrélation à établir entre Vochlagogie de Moïse et celle 
d'Apion. Th. Reiuach a justement rendu l'épilhète d ôx^aycoYo; appliquée à ce der- 
nier par € ameuteur de badauds » [Textes d'auteurs grecs, p. 124). 

^ 'ÀTiiwv est sans doute formé avec le nom du dieu indigène Apis, mais n'est pas 
de type égyptien : ou le trouve porté par des grecs authentiques : 'Airiwv 'I^iOsou, 
'Atiicov 'AXe^àvopou, 'Auicav Aiovuciou, 'Axâ[xa? 'Afficùvo;. (Bulletin Corr. Hell., 
XX, 184, 1. 03 ; 1.59, 66, 70). Quand les Egyptiens veulent donner à leurs noms 
une forme hellénique, ils substituent en général à leurs dieux nationaux les dieux 
grecs correspondants : on a ainsi les doubles noms AshU'pias et Senimouthis, Dio- 
ni/sios et Petosorapis, Paniskos et Petemmis, etc. Le nom donné par Pleistonikès à 
sou li!s n'unplique pas nécessairoraent une dévotion particulière au dieu Apis. 
Josèphe a pu en juger autrement, et c'est peuc-être une interprétation erronée de 
la valeur du mot qui l'a conduit à refuser au rhéteur la qualité d'Hellène. 
T. XLI, N° 82. i:} 



194 REVUE DES ETUDES JUIVES 

sophiste et de grammairien constituerait, dans l'histoire de l'Egypte 
ptolémaïque et romaine, une exception unique. Dans le monde 
ancien, aucune population ne se montra aussi impénétrable, aussi 
obstinément réfractaireà toute influence étrangère*, aussi exclu- 
sivement enfermée dans ses tradUions et ses habitudes que la race 
morose, superstitieuse et bornée des riverains du Nil. Si Apion, 
avec sa basse rhétorique, sa recherche niaise, son amour du clin- 
quant, son mauvais goût, ne représente qu'une forme inférieure 
de la sophistique d'une Grèce en décadence, il n'en est pas moins 
aussi éloigné d'un Égyptien « qu'un créole a pu l'être d'un mu- 
lâtre*. » C'est un Levantin, non un Oriental. 

Mais — et c'est ici que nous nous séparons de Willrich — 
de ce qu'Apion ait été d'origine hellénique, il ne suit pas avec 
nécessité qu'il ait été de naissance Alexandrin et à plus forte 
raison citoyen alexandrin. Il y avait, en Egypte, non seulement 
d'autres villes helléniques qu'Alexandrie, mais une diaspore hel- 
lénique considérable, composée notamment de ces iTttxexpiixsvot 
assimilés aux Alexandrins par leur privilège essentiel, l'exemption 
de la Xaoypa^pta^; à Alexandrie même il y avait certainement une 
population de même race et de même langue que les citoyens, 
mais non admise au droit de cité. Apion a pu appartenir à l'une 
de ces catégories. 

Il se donnait — et Josèphe le lui reproche comme une impos- 
ture — la qualification d'Alexandrin. Il pouvait l'employer légiti- 
mement du moment qu'il avait acquis la TroXtxeca. Mais Josèphe 
entend que le rhéteur essayait de profiter d'une équivoque, en se 
donnant pour Alexandrin d'origine. 

Doit-on admettre que Josèphe ait menti impudemment en ac- 
cusant Apion de ce mensonge? Si grand que l'on suppose le cynisme 
du peu scrupuleux polémiste, il est permis d'en douter. Il revient 
à plusieurs reprises sur cette idée que le droit de cité d' Apion ré- 
sulte d'une naturalisation formelle. Ce n'est pas ici, comme dans 
l'histoire de la mort du rhéteur, un racontar invérifiable, un tra- 
vestissement d'un fait tombé dans l'oubli et qui n'a jamais pu être 
connu que d'un petit nombre de gens. Josèphe invoque implici- 
tement le témoignage de ces actes publics, si soigneusement tenus 
et conservés dans la paperassière Egypte, et dont le témoignage* 
pouvait être accablant pour sa thèse. N'est-ce point d'ailleurs le 

* L'hellénisalion superficielle des métropoles, des centres urbains des nomes ne 
doit uaturellement pas faire illusion. 

' "Willrich, Juden und Griechen, p. 174. 

' Cf. la seconde partie de l'excellent livre de Paul M. Meyer, Heerio^sen der Pto- 
letnàer und Rùmer in Aegypten. 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPIGHAPIIIE yjlj 

caractère de la polémique passionnée de s'emparer de faits véri- 
tables pour les dénaturer? 

Je pense qu'Apion est réellement né en dehors de la grande 
ville, dans quelque coin de la diaspore hellénique. Un indice, à la 
vérité léger, me semble venir à l'appui de cette opinion. Suidas 
rapporte qu'Apion, Égyptien, fut l'élève des rhéteurs Euphranor 
et Apollonios, fils d'Archibios * et le threptos du grammairien 
Didyme. Le mot Oostttôç a différentes acceptions^, mais il ne 
signifie certainement pas, comme l'a voulu Gutschmid ^ qu'Apion 
ait été acheté par Didyme, ni qu'il ait été son fils adoptif, car 
l'adoption entraîne des effets dont il n'y a chez Apion aucune trace. 
Une seule explication reste possible : Apion a été élevé dans la 
maison du rhéteur. A moins d'admettre des circonstances parti- 
culières que nous ignorons, il est invraisemblable que le jeune 
homme ait quitté la maison paternelle pour aller vivre sous le toit 
de Didyme. Le plus plausible est d'admettre que, venu à Alexandrie 
pour y faire ses études, le disciple est allé habiter la maison du 
professeur. — Il est évident que ces raisons n'ont pas une force 
décisive, et que les inexactitudes, volontaires ou non, dont Josèphe 
s'est rendu coupable, peuvent sembler autoriser la suspicion la 
plus radicale. 

Ce qui a été dit plus haut du sens de threptos permet d'écarter 
l'hypothèse que Gutschmid, avec son ingéniosité coutumière, a 
échafaudée sur ce mot. Estimant établie l'origine égyptienne 
d'Apion, et attribuant au terme l'acception d' « esclave domes- 
tique », il imagine qu'Apion enfant a été capturé à la suite de la 
révolte qui éclata dans la Thébaïde au début du principat d'Auguste 
et vendu à Didyme, qui, dans la suite, l'aurait affranchi. 11 est inu- 
tile de s'arrêter à ce petit roman. 

Isidore Lévy. 



• Cette indication doit reposer sur une erreur ou une confusion, car Apollonios, 
fils d'Archibios, semble postérieure Apion. Cf. Pauly-Wissowa, Realencyklop.^i. II, 
p. 80. 

* Voir sur les différentes acceptions du mot, Ramsay, Cities and Bishopries, p, 545 
et suiv. 

^ Gutschmid, Kleine Schriften, t. IV, p. 357. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HÉBREU' 



Le nifal est la forme verbale qui présente les significations les 
plus diverses. Tantôt il a conservé son acception primitive de ré- 
fléchi, et tantôt il est devenu un passif. Ensuite, il n'est pas seu- 
lement le réfléchi du qal, mais correspond aussi aux autres con- 
jugaisons actives, pièl et hîfil, et leur sert tantôt de réfléchi, 
tantôt de passif. Enfin, on le rencontre quelquefois avec une si- 
gnification presque semblable à celle du qal, plus rarement à celle 
du pièl et du hifil. En outre, le nifal existe parfois dans des racines 
qui ne présentent aucune forme verbale active. Il nous a paru in- 
téressant de répartir les exemples de nifal d'après les difiérents 
emplois que nous venons d'indiquer, et, par la même occasion, 
d'examiner quelques questions grammaticales qui se rattachent à 
celle du nifal, notamment le passif du qal. 



I. Le nifal réfléchi du qal. 

Bien qu'il ne soit pas toujours facile de distinguer le sens ré- 
fléchi du passif, on peut ranger dans la catégorie du réfléchi du 
qal les verbes suivants exprimant une action accomplie par le 

* Le préseat article était terminé quand nous avons pu prendre connaissance d'un 
travail analogue de M. Halfmanu [Beitrdge zur Syntax (fer hehràischen Spmche, Wit- 
lenberg, 1888-1892). Outre des divergences de détail assez nombreuses, notre clas- 
sification n'est pas la même que celle de M. H., parce que nous avons rattaché au- 
tant que possible le nifal aux diverses formes actives, tandis que M. H. a considéré 
uniquement les significations du nifal pris en lui-même. Notre classement est peul- 
êire plus empirique que celui de M. H., mais il prête aussi moins à larbitraire. 
D'autre part, M. il, s'est elForcé de ranger les passages où se rencontre chaque nifal 
d'après l'ancienneté qu'il accorde aux divers écrits bibliques. Nous avons trouvé 
préférable de ne pas faire intervenir dans notre étude les données de la critiqua mo- 
derne, encore hésitante en ce qui concerne la date des livres de la Bible. Toutelois 
ou pourrait arriver à des résultats intéressants en examinant l'emploi du nifal comme 
rélléchi et comme passif dans les divers écrits bibliques. 



I/EMPLOI DU NIFAL EN IIÉBRKU 197 

sujet sur lui-raôme ou ind(^pen(lante d'un agent extérieur ou 
encore une action réciproque : 

aïii^ (II Sam., i, 23), s'aimer récipr. * ; — ti^.s, se joindre (Gen., 
XXV, 8, etc.); — bsti^, se détacher (Ez., xlii, 6);— n52, s'édifier, 
c'est-à-dire se former une famille^ (Gen., xvi, 2; xxx, 3; ; —:>p3 
se fendre, éclater (Ex., xiv, 21, etc.); — ba^^, se racheter (Lév., 
XXV, 49) ; bb;, se rouler (Is., xxxiv, 4; Amos, v, 24); — -jna, 
s'agiter (Is., lvii, 20 ; Amos, viii, 8) ; — C]m, se presser CEsther, 
VI, 12; Il Ghr., xxvi, 20); — '(■«'t, se disputer récipr. (II Sam., 
XIX, 10); — d7:n, se troubler (I Sam., xiv, 5, etc.); — ^2ïi, se 
changer (Ex., vu, 15, etc.) ; — D"in, se démolir (Jér., xxxvi, 39 ; 
L, 15; Ez., XXX, 4, etc ) ; — ban, s'engager (Prov., xiii, 13]; — 
ybn, s'équiper (Nombr., xxxi, 3; xxxii, 17, 20) ; — n:in, se par- 
tager (II Rois, ir, 8, 14 ; Ez., xxxvii, 22 ; Dan., xi, 4) ; — p-j, se 
cacher (Is., ii, 10); — tp^, s'ajouter (Ex., i, 10 ; Prov., xi, 24); — 
^3>">, se donner rendez-vous récipr. (Ex., xxv, 22, etc.); — yy*^ se 
conseiller, se consulter récipr. (I R., xii, 6, etc.); — t]DD, se 
courber (Michée, vi, 6) ; — ynb, se serrer (Nombres, xxii, 25) ; — 
n:D^, se vendre (Ex., xxii, 2 ; Lév., xxv, 34, 39, 42, 47, 48, 50 ; 
Jér., XXIV, 14; Néh., v, 8); — Jf^l^, se refuser (Nombr., xxii, 16, 
et<î.); — ^Dt3, se présenter (Nombr., xxxi, 8); — a"i'?3, s'épiler 
(Lév., XIII, 40, 41) ; — ^t3?3, se prolonger (Is., xiii, 22; Ez., xii, 
25, 28); — ntJS, s'étendre (Nombr., xxiv, 6; Jér., vi, 4)^ ; — -ôrû^, 
se répandre (Juges, xv, 9; II Sam., v, 18, 22; Is., xvi, 8), se 
laisser aller (Is., xxxiir, 23; Amos, v, 2) ; — 'tj^s, se secouer 
(Juges, xvi, 20, etc.); — dpD, se venger (Juges, xv, 7, etc.)*; 

— î<b3, s'élever (Is., ii, 2, etc.); — pni, se détacher (Jos., iv, 8, 
etc.) ; — "^TOD, s'appuyer (Juges, xvi, 29, etc.) ; — hdd, s'attacher 
(Is., XIV, 1); — a^:>, s'affliger (Gen., xlv, 5; I Sam., xx, 3, 
etc.); — ^iS3», s'arrêter (Nombr., xvii, 15; I Sam., xxi, 8, etc.); 

— "âiiD, se rencontrer récipr. (Ps., lxxxv, 11 ; Pr., xxii, 2; 
XXIX, 13); — n^D, se racheter (Lév., xix, 20) ; — npb, s'ouvrir 
(Gen., m, 5,7 ; Is., xxxv, 8); — yi^, se livrer au désordre (Prov , 
xxïx, 18); —b'iD, se répandre (Ez., xvii, 21); — \5nD, se disperser 
(Ez., XXXIV, 12) ; — nns, s'ouvrir (Gen., vu, 11 ; Is., v, 27, etc.); 

* Ce sens paraît plus conforme au parallélisme que le passif. Il est possible que 
d'^^'^3'2 ait été ajouté par un copiste. Le rythme du verset est meilleur, quand on 
retranche ce mot. 

* Le verbe n'est pas un dénominalif de "ja, mais l'équivalent de l'expression ?T03> 

rr^n (Ex., i, 2i). 

3 Dans Zach., i, 16, *ni2'j'^ peut être un passif. 

* dpj^, dans Ex., xxi, 20, paraît signifier : il sera vengé; mais il est possible que 
ce soit une l'aule pour ûp^ qu'on trouve au verset 21 ; v. ci-dessous p. 204, note G. 



198 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

— yyp, se rassembler (Gen., xlv, 2; I Sam., vu, 6, etc.); — ^np, 
se convoquer récipr. (Is., xxxi, 4); — 3>^p, se déchirer (Ex., 
XXXVIII, 32, etc.) ; — bi^é, se demander, c'est-à-dire demander son 
congé (I Sam., xx, 6, 28; Néh., xiii, 6); — ^53^5, se garder (Gen., 
XXIV, 6, etc.) ; — ns^, se répéter (Gen., xu, 32) ; -— ']D^, s'épan- 
cher (I Rois, XIII, 3, 5 ; Ez., xvi, 36 ; Ps., xxii, 15 ; Lam., ii, 11). 



II. Le nifal réfléchi du pièl. 

1° Verbes dont le qal existe : 

:>pn, éclore (Is., lix, 5; cf. ^yjpa, iMd.]; — ^ia, se bénir ré- 
cipr. (Gen., XII, 3; xviii, 18; xxviii, 29); — n-û, se purifier 
(II Sam., XXII, 27; Ps., xviii, 2*7 ; Is., lu, 11) ; — nbn, se mani- 
fester (Gen., XXXV, 7, etc.) ;— ybn, se délivrer (Ps., lx, 7; cviii, 7; 
Prov., XI, 9) * ; — iXn'û, se souiller (Lév., xviii, 24, etc.) ; — ■ 'inD*, 
se glorifier, s'honorer (II Sam., vi, 20, 22; II Rois, xiv, 10 ; Is., 
XXVI, 15; Ez., xxviii,22;xxxix, 13; Hag., i, 8);— nns, se dérober 
(II Sam.jXviii, 13; Ps., lxvi, 9); — Nbtt^ se remplir (Gen., vi,ll ; 
Ex., i, 7; vil, 25; II Sam., xxiii, 7, etc.)*; — H^y, se pervertir 
(I Sam., XX, 30; Is.,xxi, 3; Ps., xxxviii, 7 ; Prov., xii,8) ; — nns, 
se débarrasser de ses chaînes (Is., li, 14) ; — "élp^, se sanctifier 
(Lév., XXII, 32; Nombr., xx, 13; Is., v, 10; Ez., xx, 41, etc.); 

— pn** se régler (I Sam., ii, 3; Ez., xviii, 25, etc.). 
2° Verbes dont le qal ne se rencontre pas : 

bïin, s'épouvanter, se précipiter (Juges, xx, 41; Ez., vu, 27, 
etc.); — 'nai, se parler les uns aux autres (Ez., xxxiii, 30.; Mal., 
III, 16; Ps., cxix, 23) ; — bbn, se profaner (Lév., xxi, 4, 9) ; ^ss^"^, 
se désister (I Sam., xxvii, 1; Is., lvii, 10, etc.); — "jiid^ se pré- 
parer (Ex., XIX, 11 ; I Rois, ii, 46; Ez., xvi, 7, etc.); — ub^o, 
se sauver (Gen., xix, 7, etc.); — dni, se rétracter, se consoler 
(Gen., VI, 6, etc.); — "ûip^^, se montrer fourbe (Prov., xxviii, 18); 

— nnu3 ^ se corrompre (Gen., vi, 11, 12 ; Jér., xiii, 7; xviii, 4 ; 
Ez., XX, 44). 

' Le qal de ce verbe signifie plutôt tirer. Dans les passages cités le sens nous pa- 
raît être plutôt réfléchi que passif. 

' Le nifal de ^DÎD peut aussi être le réfléchi du hifil « s'appesantir ». 

' Le qal transitif est bien plus rare que le pièl. 

'' Nb^a^T (Nombr., xiv, 21) est difticile à expliquer. 

^ Le nifal peut aussi être le réfléchi du hiûl. 

•^ Le qal ne se rencontre qu'au participe (Prov., xvi, 2 ; xxi, 2 ; xxiv, 12). 

' Le nifal peut aussi être le réfléchi du hifil. 

' Même remarque. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HÉBREU 109 



III. Le NIFAL RÉFLÉCHI DU HIFIL. 

]«> Verbes dont le qal existe : 

©Nn, se mettre en mauvaise odeur, se brouiller (I Sam., xrii, 4; 
II Sam., X, 6; xvi, 21); — ^idt', se purifier (Is., i, 6); — n^T, se 
rappeler au souvenir de quelqu'un (Nombres, x, 9; Ez., xxi, 9); 

— ps^t, se convoquer récipr. (Jos., viii, 16 ; Juges, vi, 34,35; 
XVIII, 22, 23 ; I Sam., xiv, 20); — 9^^, se faire connaître (Ex., vi, 
3; Is., XIX, 21; LVi, 16; Jér., xxxi, 18; Ez., xx, 5; xxi, 9; xxxv, 
11 ; XXXVI, 32- ; xxxviii, 23; Ps., ix, 1*7 ; xlviit, 4; Lxxiv, 5 (?) ; 
Lxxvi, 2; Lxxxiv, 10 ; Ruth, m, 3)^; — NitlQ, se faire trouver (Is., 
Lv, 6 ; Lxv, 1; Jér., xix, 14; I Chr., xxviii, 9); — y^'n, se mon- 
trer violent (I Rois, ii, 8; Michée, ii, 10 ; Job, xvi, 25) ; — m3, 
s'écarter (Deut., iv, 19, etc.); — ^30, se retourner, se transporter 
(Gen.,xLii, 24; Nombr., xxxiv, 4, 5, etc.); — ^:>D, s'enfermer 
(Nombr., xii, 14, 15^ ; I Sam., xxiii, 7; Ez., m, 24); — "in:?, se lais- 
ser supplier (Gen., xxv, 1, etc.); se multiplier (Prov., xxvii, 6); 

— p3>ii:, se convoquer récipr. (Juges, vu, 23, 24; x, 17; xii, 1 ; 
I Sam., xiii, 4 ; II Rois, m, 21); — bbp, s'avilir (II Sam., vi, 22) ; 

— îXip et rinp, se laisser rencontrer (Ex., v, 3, etc.; i&., m, 18, 
etc.) ; — nî^'n, se montrer, apparaître (Gen., i, etc.)'' ; — yi>^, se 
reposer (Jér.,XLVii, 6). 

2** Verbes dont le qal ne se rencontre pas : 

niN, se montrer splendide (Ex., xv, 6, 11) ; — b'in, se séparer 
(Nombr., XVI, 21; Esd., vi, 21 ; ix, 1 ; Néh., ix,2; x, 29; I Chr., 
XII, 8); — «nn. se cacher (Gen., m, 10, etc.); — niD"^, se dispu- 
ter récipr. (Is., i, 18; Job, xxiii, 7); — aif^, se placer Gen., xviii, 
2, etc.); — 3^513, s'humilier (Lév., xxvi, 41 ; Juges, m, 30, etc.) ; 
m?:, se changer (Jér., xlviii, 11) ; — dd)3, se fondre (Ex., xvi, 21, 
etc.); — lîi, s'abstenir (Lév., xxii,2; Ez., xiv, 7; Zach., vu, 3), 
se vouer (Os., ix, 10) ; — b2£3 ^ se sauver (Gen., xxxii, 11, etc.) ; 

— pb5, s'allumer (Ps., lxxviii,21); — ino', se cacher (Gen., iv, 
14, etc.) ; — dl?3>, se dérober (Lév., iv, 13, etc.) ; — i^bo, être mer- 

* îlS-Ttl est plutôt le nifal de "Tî^T que le hitpael de Ï15T. 

* Il faut lire sans doute 5>TlN. 

' Dans d'autres passages on peut hésiter entre le sens réfléchi et le sens passif. 

* Nous aimons mieux voir dans ces passages le réfléchi que le passif. 

5 II est souvent difficile de distinguer entre « se montrer » et « être vu ». 
« Le hifil est beaucoup plus usité dans ce verbe que le pièl. 
' Même remarque. 



200 REVUE DES ETUDES JUIVES 

veilleux (Gen.^ xviii, 14, etc.); — 1^2* s'attacher (Nombr., xxv, 
3, 5; Ps., Gvi, 28) — bnp, s'assembler (Ex., xxxii, 1, etc.); — yyà, 
s'engager par serment, jurer (Gen., xxi, 23, etc.). 



IV. Le NIFAL RÉFLÉCHI d'uN FACTITIF INUSITÉ. 

L'acception réfléchie du nifal correspond parfois à un factitif 
qui ne se rencontre pas dans la Bible. Les verbes de cette caté- 
gorie sont : 

•éil, se laisser consulter (Is., lxv, 1 ; Ez., xiv, 3, etc.); — 'b"l?3^ 
se faire circoncire (Gen., xvii, 10, etc.); — 3^:^3 3, se laisser frap- 
per (Jos., VIII, 15) ; — UDUJ, se faire juger, plaider (I Sam., xii, 7; 
Is., XLiii,26, etc.). 

Le nifal se rencontre dans quelques verbes comme réfléchi du 
factitif du piel : 'iD"^, se laisser châtier (Lév., xxvi, 2 et peut-être 
aussi Jér., vi, 8 ; xxxi, 8; Ps., ii, 10; Prov., xxix, 19); — "iss, se 
faire méconnaître (Prov., xxvi, 24). Il pourrait en être de même 
dans quelques exemples du nifal de ^nD et wnp, tels que Lév., x, 3. 
— Le nifal est réfléchi du factitif du hifil dans "^riT, se laisser avertir 
(Ez.,iii,21, etc.). 



V. Le nifal gomme passif et le passif du qal. 

La transformation du réfléchi en passif s'est produite de 
deux façons principales. Nous avons vu que le nifal est 
souvent le réfléchi d'un factitif; or, cette acception du nifal 
amène naturellement le sens passif, par exemple de l'idée de 
« se faire connaître » (3>nnpj on passe facilement à celle de « être 
connu ». D'autre part, une action accomplie en réalité par un 
agent extérieur à l'objet est souvent attribuée à l'objet lui-même. 
Ainsi, dans innsi d'')2Uîrt mn'iN on peut entendre à volonté « les 
écluses du ciel s'ouvrirent d'elles-mêmes » ou « furent ouvertes 
(par Dieu) ». Dans un grand nombre de verbes nifal il est permis 
d'hésiter sur le sens à adopter; et par là même on comprend que 
le nifal, de réfléchi, soit souvent devenu passif. 

^ Le hiûl de T?3i£ se rencontre Ps-, l, 19, et le poual II Sam., xx, 8. 

* Le hifil de b"l?D (Ps.> Gxviir, 10, II, 12) a un autre sens. Dans Gen., xvii, 12, 
et Lév., XII, 3, ou est porté à traduire « sera circoncis •, mais d'autres passages et 
notamment Gen., xviii, 24 et 25 {lbl73n3 avec suffixe suivi de ri5<) montrent que 
le vrai sens est « se faire circoncire ». Il se peut toutefois que le verbe ait (lotie entre 
les deux sens. 

' Le hifil signifie faire toucher ou atteindre. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HÉBREU 201 

Mais, avant de classer les nifal qui ont le sens du passif, il est 
utile d'étudier la forme que le nifal a supplantée, à savoir le pas- 
sif du qal, parce que cette forme elle-même parait avoir été fré- 
quemment méconnue par la tradition massorétique et remplacée 
par le nifal ou le qal actif. 

L'arabe classique, comme on sait, possède un passif du qal. 
L'araméen l'a eu certainement ainsi que le prouvent les quelques 
formes qui en ont subsisté dans Daniel et Esdras. Pour l'hébreu 
Ibn Djanah [Louma, p. 161) a montré que certains passés poual 
sont, en réalité, des passif du qal, et Ibn Nagdela a considéré cer- 
tains futurs hofal également comme des passifs du qal •. Dans les 
temps modernes cette théorie a été remise en lumière par Bott- 
cher^ et M. Barth». 

Les exemples du passif du qal sont très nombreux. Voici 
d'abord les verbes où le poual apparent est un passif du qal : 

V53^^ (Nah., i,10; Néh.,ii,3, 13)*; — C]3ï<n (Is., xxxiii,4; Zach., 
XIV, 4); nsoNT (Ts.,xxiv,22; Os., x, lOj; — n-i^wS et nowN (Is.,xxii,3); 

— ^Tr3^(Jér., L, 37)5; —-«1^355 (Gen., xl,15j« ; ns^n (Ex., xxii, 6^); 

— ^m (Ps., XXXVI, 13; — îiSj^T (Ps., Lxviii, 2)^; — ïian (II Sam., 
XX, 13, avec ûbn, au lieu dep-ro et uîi^n) ; — yyn (Is., xxvii, 7) ; n::nri 
(Ps., XLiv,23)'J; — nj^T (Ez., XVI, 34) 10; — ny (Is., xxx, 24) pour 
nnr " ; — sfi^ (Is., xl, 24) ; — pnT (Nombr., xix, 13, 20) ; — risn 

* Voir Bâcher, Abraham ibn JEsra als Grammatiker^ p. 183. 
' Ausfûhrliches Lehrbuch der hebrâischen Grammatik, § 904 et 906. 
> Festschrift £um Jub'dànm Hildcsheimers, p. 14oet suiv. 

'' VDfiNn 3"in (Is., I, 20) est douteux. On attendrait Û^brîè^in. D'ailleurs, le 
passif du qal aurait été ^bSND, 

' ^nb (Is., XXVIII, 16, et Ez., xxi, 11) est considéré par quelques exégètes comme 

un verbe ; en ce cas, ce serait un passif du qal. Mais le mot est milleêl dans Isaïe, 
c'est donc un nom ; dans Ezéchiel le sens est très obscur. 

^ L'infinitif 3-35 devrait se lire 25î? , car il n'y a pas de véritable infinitif passif. 

Tous les infinitifs passifs sont une altération des infinitifs actifs ou de l'infinitif nifal, 
voir ci-dessous p. 204, note 6. 

' Le pièl de ce verbe se rencontre, mais dans un sens diiïérent (Il Sam., xv, 6), 
tandis que les exemples que nous citons se rattachent au qal. 

^ Le même verbe se rencontre ponctué comme un qal dans I^^T (Is., 

XLIII, 17). 

■' ;i"iri (Job, 111,3) est vraisemblablement une faute de copiste pour nSH. Le paral- 

T 

lélisme exige un mot indiquant la naissance, et non la conception. Ensuite, mn est 
un verbe qualificalil comme on le voit par le participe mn. H est peu probable que 
ce verbe ait eu un passif. Dans i^n (Is., lix, i3) la ponctuation indique un hifil 
de ÏTT^ (ra'c. '^Il'i, ou bien il faut lire nin, 

"• Le vav de !131T peut être une ditlographie de ÎIjTT qui est au-dessous. Toutefois 
les exemples de vav devant le ^^il sont assez nombreux dans Ezéchiel. 

*' ï|"i'T, dans Is., i, 6, est peul-dre un vrai poual ou vient de 11T. 



202 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

(Ts., I, 6), îi^an (Ez., xxx, 21)^; — ûnn^n (Is., li, 1); - qnb 
(Gen., XXXVII,* 33; xliv, 28); — if^ (Gen., iv, 26; x, 21, 25; 
XXXV, 26; XLVi, 22, 27; Il Sam., xxi, 20; Is., ix, 5; Jér., xx, 15; 
Ps., Lxxxvii, 4, 5, 6; Ruth, iv, IT; I Ghr., i, 19); ib^ (Gen., xli, 

50); ^br (Juges , xviii, 29) ; nb^p (Job, v, "T) ; îrib;; (Gen., xxiv, 
15); "in^b; (Jér., xx, 14); ïit^;; (Gen., vi , 1; xxxvi, 5; l, 23; 
II Sam., III, 5; xxi, 22); ?.^b^ (Ps., xc, 2); ûn^K (•^^^•' ^^^'^ 26)'; 
— rr^s (Ez., xvi, 4) ; ïinnb (Juges, vi, 28); — npb (Gen., m, 23; 
Juges, xxvii, 2; Is., lu, 5); npb (Is., lui, 8); n^bi (Jér., xxix, 
22); nnpb (Gen., ii, 23); nnpb (Ibid., m, 19j; ^ni^b (Jér., xlviii, 
46); — ^i_3>b (Ez., xxiii, 3) 3; _ p-i^jîi (Lév., vi, 21); — -sias (Is., 
xxxii, 14);— ns5 (Job, xx, 26); — Vn5 (Juges, vi, 2S)^; — -i50 
(Is., xxiv, 10) ; ^n^D (Jér., xiii, 19); ^"lâon (Is., xxiv, 22; Eccl., 
XII, 4)s; — b^D (I Rois, xxi, 14, 15)«; — ^33; (Deut., xxi, 3; Is., 
XIV, 3); — :i-^y (Is., xxxii, 14); ii3-ry (Jér., xlix, 25); — '^n-'^ay 
(Ps., cxxxix, 15); — iiij (Ex., xxxviii, 21)^ ; ^nn)52 (Is., xxxviii, 
10);— ^ns (Nombr., xv, 34)«; — nap (Gen., xxv, 10)»;— rj^p 
(Job, XXII, 16); — Nnp (Is., xlviii, 8 ; lxvi, 1); N"iip (Ez., x, 13; 
N*ipi (Is., Lvni, 12; lxi, 3; lxii, 2); — ''r\'i'rp (Job, xxxiii, 6); — 
5iNn {IMd., V. 21) ; — tj'inn (Is., xvii, 13) '»; — ynn (Prov., xxx, 12 
nitrTi (Ez., xvi, 4); — Sj^nb (Lév., x, 16); — T^'^D (Is., xv, 1 
xxiii, 1,14; Jér., XLVIII, 15, 20; xlix,10; Joël, i, 10; Zach.,xi,13) 
^•HTD (Jér., X, 20); nrrà (Jér., iv, 20; xlix, 3; Zach., xi, 3) 
îTi'i^D (Jér., xlviii, 1); ^^'n'à {ib., iv, 20); Mrâ (Zach., xi, 2) 

* Le qal de ce verbe est plus usité que le pièl. "^riblUÏ! (Jugeç, ix, 9, 11, 
13) ressemble à un passif du qal, mais le verbe b'in est qualificatif. 11 n'a de complé- 
ment direct que dans ce seul passage. — ïlï^Dn (Lév,, xix,20), cité par Bôttcher, 
est douteux, car on ne trouve de ce verbe ni le qal, ni le pièl. 

* ^lit"* (Ps., cxxxix, 16) est douteux, car on attendrait plutôt le futur. 

' ïm'nb (Ez., XXI, 15, 16) pourrait être un vrai poual. puisqu'on rencontre Ïi"l72?3 

T T T î 

(I Rois, VII, 45), à côté de ï^^^*^p (Ez., xxi, 14). 

* Cf. yrr^ (Lév., xi,35).Leqalde VnS est beaucoup plus employé que le pièl, qui, 
en dehors des Chroniques, ne se rencontre que dans Deut., xii, 3, et Ez., xvi, 39. 
Dans ces deux passages, d'ailleurs, on pourrait lire le qal. 

5 Malgré le participe poual (Jos., vi, 2), les exemples que nous citons répondent 
au qal, carie pièl signifie « livrer » et non « fermer ». 

^ Le pièl de ce verbe ne se rencontre avec le sens de « lapider » que dans II Sam., 
XVI, 6 et 13, où l'on pourrait lire bpp'^T, 

' Le pièl (Is., xiii, 4) signifie « passer en revue ». 

8 Le mot a le sens de ^nsb (Lév., xxiv, 12], et non de 'C^blZ (Néh., viii, 8). 

5 Le pièl de ce verbe veut dire « enterrer en masse ». 

1" Ce verbe est plutôt le passif du qal que le poual, car Isa'ie emploie le qal, et le 
pièl exprime une nuance d'idée un peu dillérente. 



L'EMPLOI DU xMFAL EN HEBREU 203 

3;t'iiç (Jér., iv, 13; ix , 18) • ; — qa-^i (Lév., vi, 21) ; — r^ri 
(Jér., III, 2)2;— ijs^ (Norabr., xxxv, 33); ^e^ct (Soph., i, ï"]); 

îlDE^â (Ps., LXXIII, 2). 

A ces verbes nous croyons devoir ajouter : ny5"i(Is., xxxiii, 9), 
bvb (Hab., i, 5) et 'ppp (Is., xxxiii, 4), où le sens exige un passé 
passif. On peut supposer que le •'lit a été substitué au nro pour 
une raison phonétique ou qu'il y a une erreur dans la tradition 
massorétique. 

On remarque que, à part 'j^np^ aucun verbe en 7ioun ne fournit 
d'exemple du passé passif du qal. Gela tient sans doute à 
ce que ce temps pouvait, dans les verbes 5"d, être transformé 
en nifal, par le simple changement de plU5 en p^n. Il est donc 
probable que dans les verbes 3"d où le nifal ne se rencontre pas 
en dehors du passé, le passé nifal, s'il a le sens du passif, doit être 
considéré comme un ancien passif du qal. Ces verbes sont : 

bip (I Sam., XIII, 6; xiv,24; Is., lui, 7); toi (Is., m, 5); — riruîp 
(Is., XL, 24; cf. ^SJ'iT); — dnnopi (Deut.,xxviii,63); — ^np35(Prov., 
VIII, 23); — :?3p (Is., xxxviii, 12; Job, iv, 21);—- napp (Nombr., 
I, 17; Esd., VIII, 20 ; I Chr., xii, 31, etc.) ; — tîisp (II Sam., xiv, 
43); t^bpi (Ex., XXV, 28; II Rois, xx, 17; Is., xxxix, 6; Amos, iv, 
2) ; — nirnp (Jér., iv, 26 ; Nah., i, 6; cf. ynp et Yr}^ ^), 

En dehors des verbes 5"d, lepn^D paraît avoir été remplacé par le 
pin dans quelques verbes, de sorte que le passif du qal est devenu 
un piel, à savoir dans rin^n (Jonas, i, 4)'*; — nns (Job, xxx, 11, 
s'il ne faut pas lire inns) ; ïinnç (Is., xlvii, 8; cf. l, 5); wnpn 
(îb.j LX, 11; cf. ^1^3^). 

Dans un certain nombre de passages, il semble que le qal actif 
ait été substitué au passif du qal. Il est probable, en effet, que là 
où le verbe actif n'a pas de sujet, l'écrivain biblique avait employé 
le passif. Ces passages sont : "nn (Hab., m, 17); — nsn (Gen., 
XXVI, 18) ; — npbi (Lév., xiv, 14); — nu5)2 (Nombr , xxxv, 25) ; — 
ïiïiDi (Mich., II, 4) ; — bu;:"! (Deut., xix, 5); — ina (Lév., x, 17 ; 
I Rois, XYiii, 26) ; — nu3:^ (Gen., xxxiv, 7; I Rois, xviii, 26); — 
Nip (Gen., XI, 9; xvi, 14; xxi, 31; xxv, 30^; xxxi, 48; xxxiii, 

* Le pièl ne se rencontre que dans Prov., xix, 26, et xxiv, 15. 

* C'est ce verbe qu'il faut citer d'après le geré^, et non b^'C, car le ketib ne prouve 
pas que ce verbe ait été usité an qal. 

' Il est probable que parfois *jnp a été mis pour "jn^ ; cf. *\V}'^, Mais comme le 
nifal de ce verbe se rencontre souvent, il est difûcile de distinguer les exemples de 
vrai nifal de ceux où le nifal a été substitué au passif. 

* Voir Eevue, t. XXXVII, p. 269. 

■ Dans XXIX, 34, il faut plutôt lire HN'Ip. 



204 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

17; Ex., XV, 23 ; Nombr., xiii, 24; Deut., xv, 2) ; — ancii (Lév., 

XIV, 5) '. 

Le futur du passif du qal se rencontre dans plusieurs verbes 
irréguliers, à savoir : 

nNi^ (Nombr., xxii, 6); — xd'iv (Is., xxviii, 27); — bni-^r^ (i&., 
Lxvi, 8) ; — ';n;; (Prov., xxi, 10) ^ ; — ;ipri;;i (Job, xix, 23); — p^^-^ 
(Lév., XXI, 10; Job, xxir, 16) »; — •nrr' (Is., liv, 17)*; ns^ (Is., 
XXIV, 12; ins;' (Mich., i, 7; Job., iv, 20) ^; — np-;' (Gen., xviii, 
4); np^ (Is., XLix, 25; Job, xxviii, 2); np"^^. (Is., xlix, 22; Ez., 

XV, 3) ; nipnn (Gen,, xii, 15); — ûp;^ (Gen., iv, 24 ; Ex., xxi, 21) ; 
dp^ (Gen., iv, 24); — "jn;) (Lév., xi, 38; Nombr., xxvi, 54; xxxii, 
5; II Sam., xxi, 6, qeré; I Rois, ii, 21; II Rois, v, 17; Job, 
XXVIII, 15); )r\^^ (II Sam., xviii , 9); — yn;; (Lév., xi, 35); — 
cnni (Ez., xix, 12); — 1\d^';> — Ty^^-^ (Ex., xxx, 32); — ^y^^ (Lam., 
IV, 1); — ûçn'i (Gen., xxrv, 33) ; t:b'^";i= tDÇ^'l (i'^-. l, 26); — 
^m*^ (Os., X, 14); T.^^n (Is., xxiii, 1); — n'iv (Is., xxvi, 1); — 
n^?."» (Ex., XXI, 30). 

Il est probable qu'il faut ajouter M'n^^'j (Ex., xix, 13), qui doit se 
lire nrr^'^^ = ï^l^"* car la racine de ce verbe est "^m; il aurait fallu 
au nifal ïti^I, et Tinfinitif HT? qui le précède montre que le verbe 
est au qal ^. 

* A ce propos, nous noterons quelques passés pièl et hifil qui ont été subs- 
titués au poual et auholal: 'nS'n (I Rois, xiii, 22; "i31 ib., v. 17, est aussi à chan- 
fçer en l^'l) ; — ^innn (Jér., li, 56) ; — ^33? (Lam., v, 11) ; — rév (Ez., xïiii, 
3] ; cf. ^S^*73; — ïlli (1 Rois, xiii, 9); — \-l">12; (Lév., viii, 31, d'après la Sep- 
tante); — na^ (Is.,\xi, 6); -^nim (Amos, m, 11) ; — î^ûH (Eslh., m, 7); 
nwsnn (Ex., xxvn, 8), 

T : V 

"^ Dans Is., xxvi, 10, le même mot est douteux ; on serait porli à lire TH"^^ 

* Le hol'ul p^TH ne se trouve que dans Ps., xi,v, 3, et est peut-être une forme 
analogique. Le hifil tlpUi'l et le participe p^73 ont une autre iorme et un autre 

sens. 

* *1'7>V^ a été laissé de côté, parce qu'il appartient peut-être au qal actif (Barth, 
Z.D.M.O., 1894, p. 14). 

5 Le lîiûl de riD'D (Nombr., xiv, 45 ; Deut., i, 44), si toutefois inSCI est un hiGI, 

a un autre sens, auquel on peut rattacber le hofal ïiriS"^ dans Jér., xlvi, 5. 

^ L'inCnilifabsolu se met rarement devant un autre verbe d'une conjugaison ; la plupart 
des exemples donnés par les grammairiens (Ges.-Kautzscb, î^ 113 tr] sont peu probants: 
biNU3 (Il Sam,, XX, 18) peut aussi bien être un pièl que ^bNC"^ ; — C|~l^ [Gen., 

1 ^ -: T : I T 

XXVII, 33) précède C]lb qui est un passif du qal. — Dans Gen., xlvi, 4, au lieu de 
"ib^N, il y avait ptut-êlre '^'J^y nVi-'M d'après le parallélisme de "iT^y 'T^lN. — 
Dans Ex., xxi, 20, il y avait peut-être primitivement tDp"^ comme an vefset 21. 
C'efct peut-être ïDp3 même qui a entraîné l'alléralion de Sp"^ en Cp-^. — Dans Is., 
XL, 30, au lieu de ibOS"^ il faut peut-être lire ^T'is^ car le qal de ce verbe est 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HÉUREU 205 

Il est probable que les auteurs bibliques avaient employé le pas- 
sif du qal au futur aussi bi^n dans les verbes réguliers que dans 
les verbes irréguliers, car il n'y a pas de raison pour qu'on ait 
fait une différence entre ceux-ci et ceux-là, et que dans les verbes 
réguliers mêmes on ait employé le passé et non le futur. Le fait 
que devant le futur nifal on trouve l'infinitif qal, est un indice que 
le nifal a été substitué au passif du qal, par exemple bps^ bpo 
(Ex., XIX, 3), b'pj:^'^ bipu3 (Job., vi, 3). Nous pouvons donc croire 
que le futur nifal, employé comme passif, dans les verbes dont on 
trouve le passé passif est souvent une altération du passif du qal. 
Tels sont les verbes : £]Di< S "iDwX, :i5:\, 3>-iT, ^b\ ^a:?, ^t:', nnp, i^^'p, 
Tpb, asu:, ^Du3. Toutefois il est à remarquer que quelques-uns de 
ces verbes ont aussi un nifal certain dans le sens passif, à sa- 
voir : 3>nT, "rb^, ^^y, nr^, t^^yp. Il est donc difficile d'affirmer que 
tel ou tel futur du nifal a remplacé à tort le passif du qal, et 
cela même dans les verbes dont on ne trouve pas le nifal 
à un autre temps qu'au futur, comme Tpi^, ^Dî<^, ni:;, "i2p, 
Cj^b, niD^, ^D*:: ^ La même incertitude existe, à plus forte raison, 
pour les verbes qui ne présentent pas de passif du qal : )i2i^ (être 
élevé), ïiD«, ^i£i^, inn, ni£2, bi<:* (Lév., xxv, 20 ; xxvii, 20, 21), "ipi, 
n)3T, aan, pbn (Nombr., xxvi, 53, 56), ûin (être labour^), «bD, 
H'i'D, ^1)2, 11^12 (être compté), n:>3 (Job, xxviii, 13), n:D (être 
fermé), IDS, "^35, Hi^y (être exaucé), nsb (être saisi), ipD être rap- 
pelé) % C|-jp, Y^p, nip, ïin, 0121, N3b, -ûrr^â, rp^à, ud-:; (Ps., ix, 
20),iinu:, ^tin, ypn\ 

Par contre, dans les verbes 3"d qui présentent le futur actif là 
où le sens exigerait un passif, il paraît certain que le passif du qal 



aussi usilft. — Dans Lév., xix, 20, il iaut lire sans aucun doute ÏT7î:il ; ÏTltïl 
ne se comprend pas et il ne peut pas y avoir, en réalité, d'infinitif passsif. — Il en 
est de même de 3"ir!ïl (Il Rois, m, 23), qui doit se lire n*in!^ — Dans I Sam., ii, 
16, on peut lire 'J^"iL3p"^, — Dans nbFin bnnï^ (Ez., xvi, 4] il est probable que 
le ïi est en trop dans 3nnn ou a été omis dans nbnn devant le n. — Dans Jé- 
rémie, x, 5, on pourrait peut-être lire Ni'JUlD et dans xlix, 12 : npD. Toutefois il n'est 
pas impossible qu'on ait fini par mettre l'infinitif qal devant le nital, considéré 
comme passif du qal. Les seuls exemples surs d'intinitif devant un verbe d'une 
coujugaison différente se rencontrent dans Is., xxiv, 19, et dans la locution fré- 
quente n^^i niTo. 

1 En dehors de Jér.. viii, 2 ; Ez., xxix, 5, le nifal de C]D5î est un réfléchi. 

* Dans Gen.jXLii, 16, 1"iONn nous paraît une faule pour "ilOi^n Lïmpéralif eit 
peu admissible dans ce passage. 

^ Le passé '7£'vI3d est employé comme rélléchi. 

* y^p ne se rencontre au sens passif que dans Ez., xxxix, 5, où il faut lire sans 

doute n^pn. 

5 ypj^'^ dins Job, XVII, 3, devrait plutôt se lire SfpJ^'], 



206 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

avait été employé par les écrivains bibliques et que le pnn a été 
mis indûment à la place du pi^. Les exemples de ce genre sont : 
^ns-j (Prov., II, 22) ; — ^^o-; (Is., xxxiii, 20); — s^'ç"^, (Is., viii, 4; 
Mich., II, 4); — b^-j (Deut., xxviii, 40); — 'pé') (Gen., xli, 40 ; 
Prov., XXIV, 26);— ]r\i (Prov., xiii, 10; Job, m, 20); — in^n 
(Is.,uii, 9)». 

Dans les autres verbes qui sont au futur qal alors qu'on atten- 
drait le passif, on se heurte aux mômes doutes que pour les 
verbes nifal cités plus haut, car le qal a pu être substitué au pas- 
sif du qal ou au nifal. Les exemples sont : n^N^i (Gen., xlviii, 1); 

— n?:''T (^&., vu, 23) ; — n'»i35p-; (Lév., xvi, 32) ; nb3>: (Is., xv, 5) * ; 

— ^'"çy^ {^év., m, 16); — 'rpE'i (Is., xxvii, 3) ; — Cjiitp-', (Lév., x, 
6); — Nnp^n (Gen., xxxv, 8; Ex., xvii, 7; Lév., i, 1^; II Rois, 
xviii, 4; Jér., xxxiii, 16) ; — n^-i", (Nombr., xxxv, 30) ; — ïj^^T 
(Jér., xxxviii, 23); — nbipi (id., xix, 11); — 'ûiipl (Lév., iv, 33; 
XIV, 13); — C]bw (I Rois, xxii, 38). — ^inn;! (Amos, vi, 12), 
malgré le vav, qui peut être une faute de copiste. — Dans Esther, 
m, 2, Tn^'T est sûrement pour T3;«n *. 



VI. Le nifal comme passif du qal. 

Si le nifal a pu être parfois substitué à tort par la Massora au 
passif du qal, il est néanmoins tout à fait certain que de bonne 

^ A cette occasion nous signalerons quelques verbes où le qal a été substitué au 
vrai hofal : ni"^ (II Sam., xiv, 14). Le qal ne se rencontre que dans Tlljb (Deut., 
XX, 19) avec un autre sens. — n^riT (Is., ix, 17) ; ïinîit'] (Is., xxxiii, 12; Jér., li, 
58) ; rSDn^n (Jér., xlix, 2); — "r^i^i^ (Deut., xiiii, 20; cf. Tj'^'uin). 

* Même les verbes intransitifs ont pu avoir un passif impersonnel. 
' Voir Wogue, Le Pentateuçue, ad l. 

* On trouve le pièl futur substitué au poual dans "13^3^ (I Rois, xiv, 10) ; — 
^"!^?1 (Ex., x, 11. Le samaritain a T^ani"^!) ; — nCpIT] (Lév.," viii, 33 ; xvi, 32); — 
'HSID'^ (Is., xxxviii, 13). Le hitil est mis à la place du hofal dans ^bi"^ (J^r., xxxii, 
5) ; peut-être dans yi£p*> (Lév., xiv, 41) et ip^^ (Gen., xxix, 2). — Notons à cette 
occasion d'autres substitutions d'une conjugaison à une autre : Le nifal est mis pour 
le hifil dans 073'^. (Deut., xx, 8). bn'*T (Gen., vu, 12) doit se lire au piel bn*^"^"! ou 
est pour le biûl bni^T (cf. I, Sara., xiii, 8); ïlbniD (Ez., xix, 5) est douteux. — 
Le hifil est mis pour le nifal dans pTOH (Zach., xiv, 12). Le hofal est mis pour le 
nifal dans ÏTlDlTl (Lév., xix, 20) et nnnn (Il Rois, m, 23). Le mot îlpDD^I (Juges, 
XX, 31) doit sans aucun doute se lire npnS^} ; ^p^^T (Esd., m, 11) est évidem- 
ment pour 'TD^n. Sur les exemples de verbes où le nifal a été substitué au qal, tels 
que niiSnb V. Ges.-Kautzsch, § 51 /. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HÉBREU 207 

heure le nifal a été employé avec le sens du passif, et on re- 
marque que ce sont les verbes les plus usuels qui paraissent 
avoir été les premiers employés de cette façon. Tels sont : nb^, 
■jnD, npb, bien que ces deux derniers aient continué à être em- 
ployés au passif du qal. On notera également que plusieurs nifal 
passifs ne sont usités qu'au participe : 

b'Di^, être mangé (Ex., xxii,5; Lév., vu, 18, xi, 47; xix, 7) ; — 
^"iN, maudit (participe, Mal., m, 9); — rjTa, méprisable (Is., lui, 
3, etc.); — Tn, être pillé (Is., xxiv, 3; Am., m, 11); — nnn, être 
préférable (passé : Jér., viii, 3 ; participe : Prov., viii, 10, etc.); 

— !ija, être bâti(Nombr., xiii, 22, etc.); — ïiJ^n, être cherché 
(Ob., 6)*; — ^^"2, être dévasté (Is., xix, 3; xxiv, 3); — «nn, être 
créé (Gen., ii, 4; v, 2; Ex., xxxtv, 10; Is., xlviii, 7, etc.); — y^a, 
être coupé (Is.. xiv, 12, etc.)*; — m (?), être tranché (Nah., i, 
12); — bw, être enlevé (Prov., iv, 16); — ^u, être retranché (Is., 
LUI, 8, etc.) ; — b)2^, être sevré (Gen., xxi, 8; I Sam., i, 22); — 
b3>:i, être souillé (II Sam., i, 21); --3>na,être diminué (Ex., v, 11; 
Lév., XXVII, 18; Nombr., xxxvi, 3); — ■ci'i, être foulé (Is., xxv, 
10) ; — «5ni, être recherché (Gen., xlii, 22; I Ghr., xxvi, 31); — 
^"lïn, être respecté (Lam., v, 12) ; — ^arr, bouleversé (participe : Jo- 
nas,iii, 4); — IDT, rappelé (participe : Esth., ix, 28) *; — û3>t, être 
réprouvé (Prov., xxv, 23); — 3>% être semé (Nombr., v, 28; Ps., 
XXXVI, 9); — I53n, désirable (participe : Gen., ii, 9, etc.) ; — D72n, 
être violenté (Jér., xiii, 22); — ïisn, couvert (part. : Ps., lxviii, 
14); — ussn, être fouillé (Ob., 6); — ipn, être examiné (I Rois, vu, 
47: Jér., xxxi, 37; xlvi, 23); — ynn, décidé (part. : Is., x, 23 ; 
xxviii, 22; Dan., ix, 26, 27; xi, 36); — n^an, être compté (Gen., 
XXXI, 15, etc.); — dnn, être scellé (Esth., m, 12; viii, 8) — m::, 
être enduit (Lév., xiv, 43, 48); — 3>T, être connu (Gen., xli, 21 ; 
Ex., Il, 14, etc.); — ^b"*, être enfanté (Gen., xxi, 3, 5; xlviii, 5 ; 
IRois, XLiii, 2; Osée, ii, 5, etc.); — "iD"^, être fondé (Ex., ix, 18; 
Is., XLTV, 2S); — t]D^, être ajouté (Nombr., xxxvi, 3, 4; Is., xv, 9; 
Jér., xxxvi, 32); — lif, être formé (Is., xliii, 10) ; — I25p"« être pris 
au piège (Is., viii, 15, etc.) ; — n"i"», redoutable (part. : Gen., xxviii, 

17, etc.)*; — nu)"^, être habité (Jér., xi, 8, etc. ; part.: Ex., xvi,35); 

— u:nD, être conquis (Nombr.,xxxii,22,29; Jos.,xviii,l; Néh.,v,5; 
IChr., XXII, 18); — nsb, être pris (Josué, vu, 15, I Rois, xvi, 

18, etc.) ; — rypb, être pris (I Sam., iv, 11, etc. ; xxi, 7 ; II Rois, ii, 

* Le sens de Ï13>35 dans Is., xxx, 13, est douteux. 

* Dans Juges, xxi, 6, il vaudrait mieux lire S^'lili. 

* Les autres exemples (en dehors de Nombr., xx, 9, et Ez., xxi, 9, qui sont des 
réfléchis du hifil) peuvent être des passifs du qal. 

* Le futur nit'al JS^lin, dans Ps., cxxx, 4, est obscur. 



208 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

9 ; Ez., xxxiii, 6; Esth., ii, 8. 16); — D5<», être rejeté (Is., liv, 16 ; 
Jér., VI, 30; Ps., xv, 4*7; — bi», être circoncis (Gen., xvii, 22; 
Lév., XII, 3) * ; — Mn?3, être effacé (Ez., vi, 6) ; — ^'Df2, être vendu 
(Lév., XXVII, 27;Is.,L, 1; lu, 3;Ps., cv, 17; Esth , vu, 4); — 
n5)2, être compté (Is., lui, 12)-; — NiTTo, être trouvé (Gen., xix, 
15; XLi, 38, etc.) ; — ïii£72, être exprimé (Lév., i, 15) ; — n;a73, être 
oint (Lév., vi, 13; Nombr., vu, 10, 84, 88; I Chr., xiv, 8); ~ Cjia, 
être frappé (Nombr., xiv,42;Deut., i, 42;xxviii,7, 25; Juges, xx, 
32, etc.); — t]l2, poussé (part. Lév., xxvi, 36 ; Is., xix, 7; xli, 2; 
Pr., XXI, 6; Job, xiii, 25) 3 ; — ïi::3, être incliné (Zach., i, 16)*; 

— NÛ5, être porté (Is., xlix, 22; lxvi, 12; Jér., x, 5); — ins, 
être donné (Ex., v, 16, 18, etc.) ; — ;::n2, être arraché (Jér., xviii, 
14; XXXI, 40; Dan., xi, 4); — nbD, être pardonné (Lév., iv,20, 
etc.; Nombr., xv, 25, 26, 28) ; — inoD, être anéanti (I Sam., xxvi, 
10;ls., XIII, 15; Prov., xiii, 23; I Chr., xxi, 12) ; — ^2:^, être 
cultivé (Ez , XXXVI, 9, 34) ; — :iiy, abandonné (part. : Is., xxvii, 
10; Ez., XXXVI, 4; Ps., xxxvii, 25) 2; — nT3>, être aidé (Ps., 
xxvii, 7; II, Chr., xxvi, 15); —■0353^, être puni (Prov., xxii, 3; 
xxvii, 12); — ïi;253>, être fait (Lév.. vu, 9; xviii, 30 ; Nombr., xv, 
24; Deut., XIII, 15; xvii,4; Juges, xvi, 11, etc.); — "iDi:, être ca- 
ché (Jér., XVI, 17; Job, XV, 20; xxiv, 1);— N'ip, être invoqué 
(Deut., XXV, 10, etc.] S — ^^"1, être brisé (Prov., XI, 15;xiii,20); 

— ND^, être guéri (Lév., xiii, 18, etc.; Deut.,xxviii, 27,25; Is., lui, 
5; Jér., xv, 18, etc.; Ez., xlvii, 15); — uîd"i, troublé (part. : 
Prov., XXV, 26) ; — rrit"), être agréé (Lév., i, 4), être payé (Is., 
XL, 2) ; — n^tn, tué (part. : Juges, xx, 4) ; — y:£.n, être broyé (Ez., 
XXIX, 7; Eccl., xii, 6) ; — tinu:, être fait captif (Gen., xiv, 4 ; Ex., 
XXII, 9, etc.); — "i^ô, être brisé (Ex., xxii, 9, 13; I Rois, xxii, 49 ; 
Is., VIII, 15, etc.); — ^^u3, être ravagé (Mich., ii, 4); — niDï:, 
être oublié (Gen., xli, 30; Deut., xxxi, 21 ; Is., xxiii, 15, etc.); 

— rtV:3, être envoyé (Esth., m, 13); — y)2'â, être entendu 
(Gen., XLV, 16; Ex., xxiii, 13, etc.) ; — "iT:*:;, être gardé (Os., 
XII, 14; Ps., XXXVII, 28); — SD'C, être pillé (Zach., xiv, 2); — 
^p'ô, être pesé (Esd., viii, 33); — nbn, être pendu (Lam., v, 
12); — bDP, être attrapé (Nombr., v, 16; Jér., l, 24, etc. ; Ez., 
XII, 13, etc.). 

* Voir ci-dessus. 

^ Dans Eccl., i, 15, nous serions porté à lire Dlb^J^lb de Nb}3, ce ^ verbe étant 
l'opposé de non. Graetz corrijije de même m^l^b (Ps., xc. 12) en mbTsb. 
3 Oïl trouve l'infiniur seulement dans Ps., Lxviii, 33. 

* Pour Dp3, voir ci-dessus p. 204, note 6. 

* n^TJ'S, Is., Lxii, 12, est peut-être aussi un participe, mal-^ré le ton millet. 

* Le nil'al de n^n daus Lam., v, 5, et Eccl., m, 5, a peut-èire le sens passif; 
mais la siguitication de ce verbe daus les deux passages est obscure. 



L'KMl'I.OI nu NIFAL EN IIKURKU 209 



VII. Le NIFAL COMME PASSIF DU PIKL. 

!«> Verbes dont le qal existe : 

yba, être troublé (Is., xxviii, 1; Os., viii, 8); — rinr, être dis- 
persé (Ez., VI, 8); — inD, honoré (part. : Gen., xxxiv, 19, elcj ; 

— 'cnp, être glorifié (Ex., xxix, 43). 
2° Verbes dont le qal est inusité. 

!nit<, être désiré (Is., lu, 7 ; Jér., vi, 2; Ps., xxxii, 1, etc.) ; — 
n^^a, être épouvanté (Esth., vu, 6 ; Dan., viii, 17; I Ghr., xxi, 
30); — "i5"ia, être chassé (Jonas, ii, 5) ; — a^^i et Ti'Di, être écrasé 
(Is., Lvii, 15; Ps., XXXVIII, 9; li, 19)*; — bbn, être profané (Ez., 

VII, 24; XX, 9, etc.); — liri, préparé (part. : Gen., xli,32; Ex.. 

VIII, 22, etc.)2; — nor», être couvert (Jér., li, 42; Ez., xxiv, 8); 

— np5, être acquitté (Gen., xxiv, 8, 41 ; Nombr., v, 28, etc.); — 
ïips, être attiré dans un piège (Deut., xiii, 30)^; — riTs', être 
vidé (Is., XXXII, 15); — U^d, être frappé (Gen., xli, 8; Ps., 
Lxxvii, 5); — nns, être séduit (Jér., xx, 7; Job, xxxi, 9 ; — nnâ, 
être ruiné (Ex., viii, 20); — a:>n, être abhorré (Is., xiv, 19 ; Job, 
XV, 16; I Ghr., xxi, 6). 



VIII. Le NIFAL GOMME PASSIF DU HIFIL. 

1° Verbes dont le qal existe : 

ypTi, être pris d'assaut* (II Rois, xxv, 4 ; Jér., lu, 7; Ez., xxx, 
16) ; — 3»^^, être châtié (Jér., xxxi, 18; Prov., x, 9) ; — n^D, être 
retranché (Gen., xvii, 14, etc.); — V::i2, être comparé (Is., xiv, 
10; Ps., xxviii, 1; xlix, 13, 21; cxliii, 7); — y'\':, être secoué 
(Araos, IX, 9; Nah., m, 12); — piit, être justifié (Dan., viii, 14) 
— n)3i£, être anéanti (Job. vi, 17; xxxiii, 17) ». 

2^ Verbes dont le qal est inusité : 

l^ss^, être cru, être sûr (part. : Nombr., xii, 7; Deut., vu, 
9, etc. Verbe: Gen., xlii, 20; II Sam., vu, 16, etc.); — bna, 

* Le qal ne se trouve que dans le passage douteux, Ps., ï, 10. 

* Le passé se rencontre une fois dans Prov., xix, 29. 

^ U5pi3 (Ps., IX, 7) est le nifai de "^P"*, et non le participe de lipS- 
. * Le qal, dans le sens de prendre d'assaut, se rencontre seulement dans I Chro- 
niques, XXI, 17, et XXXII, 1, tandis que le hiGl se trouve dans Is., vu, 6, et le hoftl 
dans Jérémie, xxxix, 2. 

** Le qal se rencontre seulement dans Lam., m, 5.^, et le pièl dans Ps., cxix, 139. 
T. XLI, nO 82. U 



210 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

être séparé (Esd., x, 8, 16 ;I Qhr., xxiii, 13;* ; — y^'^^èire chagriné 
(Lam., I, 4: Soph., m, 8)^; — 3>*c'>, être secouru (Nombr., x, 9; 
Is., XLV, 17, 22; Jér., iv, 14; viii, 20; Ps., xxxiii, 16); —-in-', 
être laissé, rester (Ex., x, 15, etc.); — ï^i^^, être affligé (Ps., cix, 
16; Dan., xi, 30); — an, être convaincu de mensonge (Prov., 
XXX, 6; Job, XL, 1) ; — ^nr>, être exterminé (Ex., ix, 15; Zach., 
XI, 9; Job, IV, 7; xv, 28; xxii, 20); — ûbD, être couvert de honte 
(Nombr., xii, 14 ; II Sam., x, 5 ; xix, 4; Is., xi.i, 11, etc.) ; — n33, 
être frappé (II Sam., xi, 15) ; — N"»r5, être séduit (Is., xix, 13) ; 
— ns^d, être laissé, rester (Gen., vu, 23, etc.) ; — ^I2'ô, être exter- 
miné (Gen., XXXIV, 30 ; Deut., iv,26, etc.). 



IX. Le nifal au même sens que d'autres formes. 

Le nifal présente parfois une signification identique ou analogue 
à celle du qal. En effet, le nifal étant souvent le réfléchi d'une 
forme factitive peut indiquer gue l'on s'oblige soi-même à faire 
un acte, et se rapproche ainsi du qal qui signifie simplement faire 
un acte. L'action exprimée parle qal est spontanée et celle qui est 
exprimée par le qal est plutôt due à un eff'ort de volonté. La dis- 
tinction entre ces deux formes finit quelquefois par s'effacer dans 
l'usage au point même que, dans certains verbes, comme ^i3, le 
qal est réservé à certains temps et le nifal à d'autres. Le plus 
souvent entre le qal et le nifal il y a des différences de nuances, 
par exemple nb^, monter, n^byn^ se retirer. Les verbes où le nifal 
est synonyme du qal sont : 

p5&^, gémir (Ez., ix, 4 ; xxiv, 17) ^ ; — û«« (= Dtto, être désolé 
(Job, I, 18)*; — "i3>a, être sot (Is.,xix, 11 ; Jér., x, f4, 21; li, 17); 
— ïibi, disparaître (Is., xxxviii, 12) ; — "na, attirer (la nourriture), 
ruminer (Lév., xr, 7); —^y^, se tarir (Job, vi, 17), — mn, se 
réaliser, devenir (Ex., xi, 6; Deut., iv, 32; xxvii, 9; Juges, xix, 
30, etc.) ; — ^brr, partir (Ps., cix, 23) ; — "jit, reculer (Is., i, 4; 
Ez., IX, 5) ; — nbn, s'affaiblir (Is., xxii, 11 ; Jér., x, 19, etc ; Ez., 
xxxiv, 4, 21 ; Amos, vi, 6 ; Nah., m, 19 ; Daniel, viii, 29); — tafin, 
s'échauffer (Is., lvii, 5); — tdh, se précipiter (T Sam., xxiii, 6 ; 

* On pourrait lire le hofal à la place du nifal. De môme dans certains autres 
verbes. 

' Le pièl se trouve seulement dans Lam., m, 33. 

* Sur nifcïî, Ps., Lxxvi,5, voir ci-dossous. 

* Ou remarque que beaucoup de ces verbes ne se rcncontroJDt qu'une fois dans la 
Bible au nifal, ce qui permet de supposer des fautes de texte. Quelques-uns ne se 
rencontrent aussi qu^au participe. 



L'EMPLOI DU NIFAL HN IIKBHKU 211 

Ps., XLViii, 6 ; Liv, 7) ; — ^nn, s'enflammer (Jfir., vi, 29; Ez., xv, 
4; Ps., Lix, 4; en, 4) *; — nnn(?), être effrayé (Mal., ii, 5); — biDD, 
trébucher (I Sam., ii, 4; Is., xl, 30, etc.); — nb, pervers (part. : 
IS., XXX, 12; Prov., ii, 15; m, 32; xiv, 2) * ; — 5i^, défaillir (Ex., 

XV, 15, etc.); — ai73, chanceler (Is., xl, 20; xli, 7; Ps.,x, 6, 
etc.) ; — nu:5, tarir (Is., xix, 5); — n3>D, être agité (II Rois, vi, 11); 

— ^"Dy, troublant (part. : Ps., xxxix, 3; Prov., xv, 6); — Tiby, 
se retirer (Ex., xl, 36, 37 ; Nombr., m, 22, etc. ; II Sam., ii, 27 ; 
Jér., XXXVII, 11 ; Ez., ix, 3; Esd., i, 11) ; être élevé (Ps., xlvii, 
10; xcvii, 9); — dby, s'agiter (Job, xxxix, 13) ; — ïid:?, répondre 
(Ez., XIV, 7); — ^nr, pressant (part. : Prov., vu, 6); — bb:i, tin- 
ter (II Rois, xx(, 12 ; Jér., xix, 3) ; — bbp, être léger, peu impor- 
tant (I Sam., xviii, 23; I Rois, xvi, 31, etc.; Is., xxx, 16) ; — n*ip, 
(Ex., XXII, 7; Jos., vu, 14); — nm, vaste (part. : Is., xxx, 23); 

— Û73-), être élevé (Nombr., xvii, 10; Ez., x, 15, 17, 19) ^ ; _ -^y^, 
être ébranlé (Jér., l, 46). — ns'n, relâché, paresseux (part. : Ex., 
v, 8, 17); — n:\b, être élevé (Is., ii, 11, 17, etc.); — n^'b, être 
orageux (Ps., l, 3) ; — na^, cesser, chômer (Is., xvii, 3 ; Ez., vi, 
6; xxx, 18; xxxiii, 28); — Uiz'â, être désolé (Lév., xxvi, 22 ; Is., 
xxxiii, 8, etc.); être étonné (Jér., iv, 9; Job, xviii, 20) ; — y^aœ, 
obéir (II Sam., xxii, 45 = Ps., xviii, 45); — ti^^n, s'égarer (Is., 
XIX, 14; Job, XV, 31). 

Le nifal est employé dans un sens analogue à celui du pièl dans 
le verbe ©riD, flatter (Deut., xxxiii, 29). Le nifal est synonyme 
du hifll dans les verbes suivants : l'^n, être intelligent (Is., x, 13) ; 
le participe liai est fréquent; — '}'»b*, murmurer; le nifal se 
trouve dans Ex., xv, 24; xvi, 2 (qeré), 7 (ketib) ; Nombr., xiv, 
2, 36 (ketib) ; xvi, Il (ketib) ; xvii, 6 ; Josué ix, 18, et le hifil dans 
Ex., XVI, 2 (ketib), 7 (qeré), 8; xvii, 3 ; Nombr., xiv, 27 ; 36 (qeré), 

XVI, 11 (qeré) ; xvii, 20 ; — ïiira, se disputer (nifal : Ex., ii, 13 ; xxi, 
22; Lév., xxiv, 10 ; Deut.,xxv, 11; II Sam., xiv, 6 ; hifil: Nombr., 
XXVI, 9 et Ps., Lx, 2*) ; — bsD, agir sottement (nifal : 1 Sam., 
XIII, 13=il Chr., XXI, 8; II Sara., xxiv, 10 — II Chr., xvi, 9. 
Hifil : Gen., xxxi, 28; I Sam., xxvi, 21); — ripu5, regarder (nifal 



* in^l (Ez., XV, 5, et lin*^, XXIV, 10) pourraient être du qal. 
' Le qal ne se rencontre que Prov., m, 21. 

> Le qal se rencontre .Job, xxii, 12, et xxiv, 24. 

* Nous rattachons le verbe 'libn et "ib!! « murmurer » à l'arabe l'^b « être doux ». 
Le mot hébreu a dû signifier à l'origine « parler à voix basse ». Le lU^T du lamed, 
qui est dû à une assimilation régressive du i ou b, se comprend mieux avec une 
racine "j-^b qu'avec "Jlb. De même nSïl nous paraît venir de tT^i, tandis que m3 
est régulier comme les verLes ^"y. 

* Ce dernier passage est douteux. 



212 REVUE DES ETUDES JUIVES 

dans Nombr., xxi, 20; xxiii, 28; Juges^ v, 28, etc. ; liifil dans 
Gen., XVIII, 16; XIX, 28; XXVI, 8; Ez., XIV, 24; Deut., xxvi, 15; 
II Sam., XXIV, 20, etc.). 



X. NlFAL EMPLOYÉ PARTIELLEMENT. 

Dans plusieurs verbes on rencontre le nifal seulement à certains 
temps, tandis que pour les autres temps on emploie le qal. Dans les 
verbes qui sont rares on peut croire que le hasard a fait qu'on 
trouve le nifal à tel temps et le qal à tel autre. Mais d'autres sont 
trop usités pour que cette explication soit admissible. Il est vrai- 
semblable qu'à l'origine le nifal et le qal avaient chacun leur 
acception spéciale, mais la différence de sens s'est effacée et l'ana- 
logie de son a fait préférer les temps qui se ressemblent dans 
l'une et l'autre formes, comme 'jas et "ia-'. C'est pourquoi la 
plupart de ces verbes sont employés au passé nifal et au futur 
qal. Dans quelques-uns on n'aperçoit pas la raison qui a fait pré- 
férer le qal ou le nifal pour les différents temps : 

bbi', être pauvre : Qal passé (Is., xix, 16; xxxviii, 14(?); Ps., 
Lxxix,8; cxvi, 6;cxLii,7 ; Job, xxviii,9); le participe est très usité 
comme adjectif. Nifal futur (Juges, VI, 6,et Is.,xvii,4). — n?3T, être 
anéanti : Qal futur (Jér., xiv, 17 ; Lam., m, 49 -). Nifal passé (Is., 

VI, 5; XV, 1 ; Jér., xlvii, 5; Osée, iv, 6; x, 15; Ob., 5; Soph., 
I, 11) ; participe (Osée, x, 7) ; infinitif {ibii., 15). — ûTû'n, se taire : 
Qal passé (Ps., xxxv, 15; Job, xxx, 27) ; impératif (Josué, x, 12, 
etc.). Nifal futur avec voyelle o (Lév., x, 3; Jos., x, 13, etc.).— 
ni:"', être brûlé, dévasté : Qal futur (Is., ix, 17; xxxii, 12; Jér., 
XLix,2; Li, 58). Nifal passé (II Rois, xxii, 13, 17; Jér., ii, 15; ix, 9, 
11 ; XLvi, 19; Néh.,î, 3 ; ii, 17). — n^b, s'épuiser : Qal futur (Gen., 
XIX, 11 ; Job, IV, 2, 5). Nifal passé (Ex., vu, 18 ; Is., i, 14, etc.). — 
^:;5 s'approcher : Qal futur (Gen., xviii,23, etc.); impératif, ib., 
XIX, 9, etc.); infinitif (Gen., xxxiii, 3, etc.). Nifal passé {ib., xxxiii, 
6, etc.); participe (Ex., xix, 12, etc.). — ^na, se répandre : Qal futur 
(Jér., XLii, 18, etc.). Nifal passé (Ex., ix, 33, etc.); participe (Jér., 

VII, 20). — ^"i:>, s'éveiller : Qal impératif (Juges, v, 12; Is., li, 9, 
etc.; participe (Mal., ii, 12; Gant., v, 2^j. Nifal passé (Zach., ii, 
17); futur (Jér., vi, 22, etc.). — :^1D, languir: Qal futur (Gen., 

^ Dans b'DI. Û73T, tD?3n plusieurs grammairiens considèrent les formes du futur 
avec daguesch comme appartenaul au qal et étant des aramaïsmes. Il nous paraît plus 
naturel d'y voir des nifal. 

' Le passé du qal "^rT^Tû^, Osée, iy, 5, est plus que douteux. 

* Le futur du qal se rencontre avec le sens actif dans Job, XLi, 2. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HKIiUKU 213 

XLV, 26; Ilab., i, 4; P?., lxxvii, 3). Nifal passé (Fs., xxxviii, 
9). — pD, se disperser : Qal futur (Gen., xi, 4, etc.) impératif 
([ Sam., XIV, 34). Nifal passé (Gen., x, 18, etc.) ; participe ^11 Sam., 
XVIII, 8; I Rois, xxii, 17 = II Chr., xviii, 16;. — ::np, se dégoûter : 
Qal futur (Ps., xcv, 10). Nifal pa.ssé (Kz., vi, 9; xx, 43; 
XXXVI, 31 ; Job, x, 1). — ïiw^u), être désert : Qal passé (Is., vi, llj. 
Nifal futur {ib., et xvii, 12, 13). — ûT^ri, finir : Qal passé (Gen., 
XLVii, 18, etc.); infinitif (Lév., xxv, 29, etc.) ; le participe est usité 
comme adjectif. Nifal futur en o (Gen., xlyii, 15, etc.) et en a 
(Nombr., xiv, 35, etc.). 

Le verbe u:n, qui se rencontre au passé du qal dans Ps., xxxiv, 
11, et souvent comme participe (I Sam., xviii, 23, etc.), a pour fu- 
tur le nifal du verbe wn"» (Gen., xlv, 11 ; Prov., xxx, 9). 

Le nifal de 32:'> n'est employé qu'au passé (Gen., xxxvii, Tetc), 
et au participe (Gen., xxiv, 13, etc). Aux autres temps, on se sert 
du hitpael, qui ne se trouve au passé que dans Nombr., xi, 16, et 
II Chr.. XI, 13, et jamais au participe. — Le nifal de Nt::: n'est 
usité qu'au passé (Lév.. xviii, 24, etc.) et au participe (Ez., xx, 
30, 31). Pour le futur on se sert du hitpael (Lév., xviii, 24). On 
rencontre toutefois au passé la forme anormale ni*j3ç]n (Deut., 
xxiv, 4). 



XI. Nifal isolé. 

Un grand nombre de verbes ne présentent que le nifal. Il se 
peut que dans quelques-uns l'absence d'une autre forme soit for- 
tuite, et il est aussi possible que quelques nifal soient dus à une 
altération du texte. Nous ne les avons pas répartis d'après leur 
signification probable, en réfléchis et en passifs, parce que les 
autres conjugaisons manquent pour servir de points de repère. 

Les verbes avec nifal seul sont : 

pnt^, lutter (Gen., xxxii, 25,26); — mi^, consentir (Gen., 
XXXIV, 15, 22, 34 ; II Rois, xii, 9) ; — nbwS, être gâté (Ps., xiv, 3 ; 
LUI, 4 ; Job, XV, 16) ; — ûbi«, être muet (Is., lui, 7, etc.) ; — n2i<, 
gémir (Ex., ii, 23;Is., xxiv, 7, etc.); — iiJSJî, tomber malade 
(II Sam., XII, 15); — n^, être retranché (Ps., xxxi, 23) ; — Dm, 
être troublé (Jér., xiv, 9); -— ?i^rî, être frappé (Dan., ii, 1; viii, 
2^); — ^3>T, s'éteindre (Job, xvii, 1); — IDn, être emmagasiné (Is., 
xxiii, 18); — bu:n, se traîner (Deut., xxv, 18); — b.S"» {— biN), 
être insensé (Nombr., xii, 11 ; Is., xix, 13 ; Jér., v, 4 ; l, 36) ; — 
ID*» (— mo), se concerter (Ps., ii, 2; xxxi, 14) ; — \o^, être vieux 



âi4 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

(Lév., XIII, 11; XXVI, 10; Deut., iv, 25) ; — mD, se brûler (Is., 
XLiii, 2; Prov., vi, 28); — ni^^, être brûlé, s'enflammer fGen., 
XLiii, 30 ; I Rois, m, 26 ; Osée, xi, 8 ; Lam., v, 10) ; — r|;D, se ca- 
èher (Is., xxx, 20) ; — dn:D, être marqué (Jér., ii, 22) ; — nnb, de- 
venir intelligent (Job, xi, 12)*; — 'û^b, trébucher (Osée, iv, 14; 
Prov., X, 8, 11); — mb, s'attacher (Gen., xxix, 34; Nombr., 
xviii, 2, 4; Is., XIV, 1, etc. ^) ; — dnb, combattre (Ez., i, 10, etc.) ^; 

— yyb [= ^by), balbutier (Is., xxxiii, 19); — nb73, être usé (Is., li, 
6); — yb?3, être doux (Ps., cxix, 103) ; — 'p'pl2, se dissoudre, pour- 
rir (Lév., XXVII, 39 ; ïs., xxxiv, 4, etc.) *; — yn73, être violent (Job, 
XVI, 3) ; — N23, prophétiser (I Sam., x, 11, etc.) ; — CDD, respirer 
(Ex., XXIII, 12; XXXI, 17; II Sam., xvi, 14); — pD, être en danger 
(Eccl., X, 9) ; — ^SD (= n:;D), être fermé (Gen., viii, 2 ; Ps., lxiii, 
12) ; — \i20y être marqué (Is., xxviii,25); — niD, se corrompre 
(Jér., XLix, 7); — ^^y, manquer (I Sam., xxx, 19; II Sam.,xvii, 
22; Is., xxxiv, 16, etc.) ^ ; être sarclé (Is., v, 6 ; vu, 25 «) ; — biu?, 
être paresseux (Juges, xviii, 9) ; — Uiy, s'amonceler (Ex., xv, 8) ; 

— ûn3>, être obscurci (?) (Is., ix, 18) ; — briD, s'enlacer, être tor- 
tueux (Gen., xxx, 8; Prov., vu, 8; Job, v, 13) ; — ïinit, être ra- 
vagé (Soph., m, 6) ; — n'ns, être ,brùlé (Ez., xxi, 3) ; — 'l'rp, s'in- 
cliner (Gen., xxiv, 26, etc.); — mp, s'amasser (Gen., i, 9;Jér., 
m, 17); — û^^i, dormir (Juges, iv, 21 ; Jonas, i, 5, 6; Ps., lxxvi, 
7; Prov., x, 5; Dan., viii, 18; x, 9); — \yiD, s'appuyer (Gen., 
xviii, 4, etc.). 

Mayer Lambert. 



* Le pièl de ce verbe siguifie « charmer » ou • pétrir » . 

' Le qal se rencontre seulement Eccl., viii, 15, avec le sens de « s^attacher ». Au- 
trement il signifie « emprunter ». 
' Le qal se trouve à lïmpératif dans Ps., xxxv, 1, au participe, ibid., et lvi, 2, 3, 

* Le hifil dans Ez., xiv, 12, paraît être une faute pour le nifal. 

* Le pièl avec le sens de « laisser manquer », se trouve dans I Rois, v, 7. 

" Il se peut que ce verbe se rattache au qal *^iy « arranger » (I Ghr., xii, 33, 38). 



NOUVELLES IIEMAUOUES 



SUR 



LES MOTS n^iD ET US, ^jmn ET ^:t:? 



Les observations que M. Bïichler a publiées sur ces mots (XL, 
154 et s.) peuvent être complétées et rectifiées. Pour nbis il 
conclut des trois passages contenant ce terme {Yelamdènoii sur 
Lévit., V, 21; sur Deutér., vu, 17-26, et xii, 29) qu'il signifie 
« un fonctionnaire du palais » ou « un soldat romain », et il ter- 
mine ainsi : « Mais tout cela ne donne pas l'étymologie de nb"iD, 
et j'attends des philologues de profession qu'ils établissent l'ori- 
gine du mot de racine araméenne que je ne m'explique pas bien. » 

Sans avoir la prétention d'être un « philologue de profession w, 
je crois pouvoir donner l'explication désirée et confirmer en 
même temps l'opinion de M. Biichler. C'est le syriaque d'Edesse 
qui aide à faire comprendre le sens de « soldat ». Brockelmann 
prouve par des exemples que ^rhD signifie miles et l'»5nbD militaris. 
Mais la lexicographie néo-hébraïque, celle du Midrasch, du Tar- 
goum et du Talmud palestinien ne doit pas recourir en première 
ligne, pour faire ses comparaisons, au syriaque, bien moins 
encore à l'arabe ou au persan, mais à un dialecte dont elle ne 
s'est guère préoccupée jusqu'à présent et qui est apparenté 
et presque identique avec le judéo-palestinien, je veux dire l'ara- 
méen christiano- palestinien. On possède de ce dialecte des 
textes très importants, entre autres la plupart des Evangiles, 
en trois manuscrits, et de nombreux extraits de l'Ancien Tes- 
tament. Ce sont des morceaux traduits d'après le grec, et, par 
conséquent, il est possible d'établir avec certitude la significa- 
tion de presque tous les mots. Ces textes aident à comprendre 



216 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

des centaines de termes néo-hébraïques ou judéo-palestiniens 
qui en syriaque ne se rencontrent jamais ou se rencontrent ra- 
rement, ou s'y présentent avpc des formes ou des sens diffé- 
rents. C'est ainsi qu'on rencontre fréquemment, dans ce dialecte, 
le mot n^D dans le sens de « servir comme soldat », par exemple : 

II Timothée.II, 3, cl» oùv xxyv07ix6Y,(7ûv ôjç xaÀôç cTsaT'.ojTY,; ^picrou "I'r,(7ou. 
oùBstç (7TpaT£udjx£voç £!i.7rX£X£Tat TaTç Tou P''o'j 7:paY;-«.y-T£''a'; iva t(o cTpaTO- 

AoYTJaavT'. koi(j-r^. De ce texte du Nouveau Testament nous possédons 
deux traductions christiano-palestiniennes : 1° dans G. H. Gwil- 
liam, The Palestinian Version of the Holy Scriptures, p. 19; 
(dans Anecdota Oxoniensia, Semitic Séries, l, 5. 1893) : by ysin 
nbc nb?i iDDi^ n-'b .ï<n^;D?û did"""! (1. nhi^d) nm^D ^^n t^n'::-«3 
* 'nsuî'^ nnn^î^i )^bi îxnby^ nnT23>n ^-iDn7Di (i.nnbD); 2° dans 
A. Smith Lewis, A Palestinian Syriac Lectionary {Studla Sinai- 
iica, Londres, 1897), p. 21 :_[L «ribs ou fi^mbs) nnbD yr^ * bsï ni< 
fi<?3-^b:>"i 3 nnTDp^n >i ^n::n^i n^bs Nin Nb ;d3&< ;Nnv,a73 oid'^t N2-j 
ïib ribôî l^'inb n^D;D '^ïT'I b"^"inb. De même, dans Mathieu, xxii, 
7 : xaî TTÉjx'Jyaç xà TTpaxEufjLara aùrou, verset qui est rendu dans 
A. Smith Lewis, The Palestinian Syriac Lectionary of the Gos- 
pels (Londres, 1899), p. 90 : '^inbD n-^b"::"! A, inbo G, inbD. Enfin, 

Luc, II, 13, xat £^aicpv7|ç lyÉvETO aùv xto àyyiXco 7:Xy,6o; (JTpaxtaç cj- 

paviou; ibid., p. 254 : i-^^onujn nnbsT "«i^^is .NDw^b-n û:? î^nn N-ibo 1121. 
On a donc : nbs « servir à l'armée », Nnibs ou t^nba, « soldat », 
et inbs « armée »*. Par conséquent, il est inutile de chercher 
une étymologie spéciale. C'est tout simplement l'araméen nbD, en 
hébreu ^23>, faire, travailler (et plus particulièrement, chez un 
peuple agricole comme les Hébreux et les Araméens, travailler la 
terre), servir, et surtout servir comme soldat. Ce dernier sens est 
devenu prépondérant sous la domination romaine, où nbD a été 
employé pour rendre militare, terme qui ne signifie pas seule- 
ment « être soldat », mais aussi « remplir une fonction quel- 

* Je transcris ici le christiano-palestiuien en caractères hébreux, mais il esl écrit 
en cursive eslranguélo, pour se distinguer mieux, à oe que croit M. Noeldeke 
[Z.D.M.G.^ XXII, 447j, de l'écriture employée par les Juifs pour cette langue. 

' Je ne comprends pas mieux ce mot que Neslle. Peut-être esl-ce un un ethpeél 
et faut-il lire PN avec le mot suivant. 

* Nîn73p7û signifie très souvent • chose » : (213) Mathieu, xviii, 9 ; (218) li., xvi, 
18; (284) Land, 144 ; Lewis, Zcc^, 14, 118, Ilebr., ii, 17 ; Land, 173, 23 ; 182,6; 
199, 19 ; 200, 6 et 10. Le mot dlp?2 a-t-il quelque part ce sens? Ou l'hébreu 

'* La forme eihpeél de cette racine a parfois un sens que je n'ai jamais rencontré 
daus le judéo-palestinien : se servir dune chose, avoir des rapports avec quelqu un. 
Ainsi, dans Land, 194 : N"'"^,3"'J<3 P^w^U^'in "j'^nb^n?:! ^br, \ 200, 21: t<b-| 
nbcnTO Npn V^^'^n (?) in^P^- ^ev^-is, I, 34 (Jean, iv, 9) : 1-»nb2n?3 n> wND 

•>i2y nbcnt^. 



NOUVELLES HEMAHQUES SUR CERTALNS MOTS HEHKEUX 217 

conque ». Le verbe nbo est donc l'équivalent de milUare, avec 
cette différence que le mot araméen a perdu peu à peu son sens 
primitif pour désigner ensuite le fait d'être soldat, tandis que, 
dans la langue latine militaire, le verbe milUare signifiait dès 
l'origine « servir comme soldat ». Dans l'Allemagne militaire, le 
mot dienen, « servir », a absolument le même sens; « il sert » 
veut dire : il est soldat ^ 

Mais, en réalité, le verbe latin mililare ne signifie pas seule- 
ment « être soldat», mais aussi, et particulièrement à l'époque 
impériale, occuper un emploi (surtout militaire) dans le palais de 
l'empereur. Ainsi, on lit dans Forcellini, s. v. miles : « Milites 
etiam dicti sunt qui in sacro Palatio in aliquo officio domus Au- 
gustae inserviebant. » Et cet auteur cite des preuves du code Théo- 
dose. Donc les mots de miles, miliiia, militare (nbD, fi^m^D, mnbD) 
peuvent désigner toute fonction remplie à la cour. Il s'ensuit que 
le rédacteur de l'aggada sur Lévitique, v, 21, citée dans le 7'an- 
hou7na^ éd. Buber, a pu remplacer parfaitement le mot nbis par 
l-^-jbD p. 

2° C'est que l^ù^bD li n'est pas, en eflfet, comme le croit M. Biich- 
1er, la traduction littérale de domesticiis, mais le terme technique 
palatinus, M. Levy traduit ce mot : « dignitaire de la cour »; cela 
n'est pas tout à fait exact. Depuis les réformes militaires opérées 
par Constantin le Grand et même depuis Hadrien, les palatini 
sont les soldats de première classe, la garde impériale comman- 
dée par les praetoriani ; ils faisaient le service auprès de la per- 
sonne et dans le palais de l'empereur. On comprend ainsi très 
bien le passage du Tanhowna où le roi punit le Y'^hzi p, parce 
que ce dernier aurait dû connaître les miDbtîïi "'D1!Q''3 *, et c'est avec 
juste raison que dans Nombres r.. i, 12, les Lévites, et particu- 

* Dans le chrisliano-paleslinien, le mot qui désigne ordinairement le soldat est 
■^IQI"!. C'est ainsi que (TxpaTiwTTjÇ est traduit dans Mathieu, viii, 9 (p. 72); xxvii, 27 
(201); XXVIII, 12 (p. 216); Luc, vu, 8 (p. lOo); xxiii, 36 (p. 205); Jean, xix, 2 
(p. 197), V. 32 et 34 (206, 20S), aTpaxsuôjxsvoi dans Luc, m, 14 (264) ; ailleurs c'est 
nbc Si Ton examine bien les divers passages, l'on verra que ce n'est pas n^D, 
mais "^731"; qui est employé pour désigner les vrais soldais du temps de Jésus. Déjà 
M. Noeldeke a remarqué que "^T^l"), comme traduction de cfTpaxicoxY,;, est très carac- 
téristique pour indiquer l'époque et la régiou du dialecte : • Cet usage de traduire 
de cette façon, dit-il, a existé, en général, dans le pays araméeu soumis à la domi- 
nation romaine, et se rencontre aussi dans les ouvrages syriaques origiuaires de ce 
pays, mais non dans ceux d'autres contrées. » Dans les écrits juifs non plus, "'îûT^ 
ne signifie pas toujours • Romain », mais parfois « soldat », par exemple dans j. 
Berachot, 13 a, 1. 73, "^iXTOTl ^13 "JiyjlD, et ailleurs. Dans le néo-syriaque, les gen- 
darmes s'appellent aujourd'hui Keiuoyé, Kimoyé [Noeldeke, dans ^.Z). il/. (/., XXX.V , 
234 ; cf. Schwally, Idioticon, 88). 

' Cette forme aussi ne se rencontre que dans le chrisliano-palestinien ; en syriaque, 
c'est p"i73D. 



218 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

lièrement les Korahides, qui étaient chargés de porter l'arche 
d'alliance, sont appelés l-ir^bs *. Le mot 'j-^'n^bs p n'est pas tout 
à fait identique avec l-^rûbc p. 

3° En effet, l-i-nrûbD (l'^nabD ,n^'iLûbD) n'est pas, comme le croit 
M. Levy (avec Kohut), le terme ^db^ auquel on a ajouté un i. 
Déjà Fleischer a fait la remarque que « ce n'est pas 'j'^abD avec 
l'intercalation de 'n, c'est-à-dire ^a^a^mm, mais ^^y'^^^onwm, avec 
un l au lieu du r ; eh syriaque '{■>'m::nD ». Mais pour ce mot aussi, 
il vaut mieux établir une comparaison avec le terme christiano- 
palestinien, qui a également un b. Les Évangiles présentent pour 
le mot xpatTcoptov, dans les trois mss., les formes suivantes : 

Mathieu, xxvii, 2*7, p. 201 : A l'^ni-j'^bcN, B in'i^''-^> G i-^-na^bD » ; 

Ibid., p. 210 : A i-^-na^bsiS, B ^-^-n^bD, G "i-^-ncs-^bÊ ; 

Marc, XV, 16, p. 201 : A = B ; B in^^'^'^s, G •jnrjbô ; 

Jean, xviii,28, p. 194 : l'^-nzû-'bDn ; ' 

Ibid,, p. 196 : A=:B ; B i^-n-j^bên, G 'j-'-ivj'^bDbn {sic); 

Ibid., xviir, 33, p. 197 : A l^nrj-'bD, B "i^ma^bD, G V"it^'''^°5 

Ibid., XIX, p. 198 : A = B ; B V'Ti'j'^bD, G V'irj'^bD. 

Comme prœtorium désigne tout édifice de l'État, même dans 
les villes de province (car Tipatrooptov, dans les passages cités, in- 
dique la demeure officielle du gouverneur Ponce Pilate à Jéru- 
salem), 'j'^nabD ne doit pas être confondu avec "{"^rûbD, le palais 
impérial, bien qu'en réalité, on rencontre constamment cette 
confusion, par la faute des copistes, dans les écrits juifs. 

4" a'^niDSi. Dans une des deux traductions de II Timothée, ii, 4, 
les mots TCO (rTpaToXoY7](ravTi sont rendus par îinniDN'T, au lieu de 
îib nhi^l. Ge radical de nns a probablement le môme sens dans 
un texte christiano-palestinien cité par Land, Anecdota syriaca^ 
IV, p. 182, bien qu'on n'ait pas encore établi avec certitude l'ori- 
ginal grec ^D"^pb liïi^'HN innsî^. On trouve aussi ce terme dans le 
judéo-araméen : pbt::' biî5 N'^anuDî^a inn"^ rr^ïi nn^n'^ (lire N'^anaONb 

^ Dans Laclance, De morte persec, ch. xi (Migne, II, 212), je trouve l'un à côté 
de l'autre milites et palatini : « Satis esse si palatines laulum ac milites ab ea re- 
ligione probiberet. » P. Baude, à la fin de la note qu'il y a ajoutée, et qui, du 
reste, est incomplète, dit : « Per palatines denolari pulamus et omnes Diocletiani do- 
mesticos tanquam tolidem palatii incolas, et quotquot insuper dignitate aliqua ad 
palatium pertinente ornati erant. » 

' Par D j^indique le p inversum^ qui représente d'bnbilude le p et le iz du latin et 
du fçrec, mais souvent aussi le D non aspiré et même le 3. Des trois mss. cités ci- 
dessus, A contient le texte le plus récent, avec une vocalisation très complète et em- 
ployant constamment le même système de points ; il a été revu et écrit avec le plus 
grand soin. B a certainement le plus ancien texte, mais contient une masse de 
fautes de copie ; C a le plus souvent le texte de A, mais sans ses points-voyelles. 



NOUVELLES UEMAHQUHS SUR CERTALXS MOTS HÉBREUX 219 

et non pas, comme le propose M. Buber, '73). On lit dans Tosefla 
Baba Bûtra, iv, 7 (= Talmud babli, 92 &, et passim) : si l'on vend 
à quelqu'un un domestique et que l'on d^^couvre ensuite qu'il est 
m^bTDb nnrDi»... » Raschi ex[)lique ces derniers mots ainsi: 
yirv^h^ « inscrit par le gouvernement comme condamn(3 à mort », 
et Levy adopte cette explication. Eu réalité, cela veut dire : « dé- 
signé comme soldat ». Dans Genèse r., lxxxix, 7, les mots "in:? 
l'^T^pon ^rSTù 1(y^ ne sont pas clairs ; je suis d'avis avec Levy 
qu'il faut corriger en l'^il'^b::. Dans Exode r., xv, 22, on lit : n©n 

î-7^13^ 'ND^n i^N^^ la-'ND ibo 1 ';^;iû-»::n::D n^nsn n"3prii i^^t ^bDT 
mm^ rSNb^. On voit par ces divers textes que le mot 3nD6< ou 
aTisn est le latin ascribere, conscribere, et que nnsi?: est cons- 
cripiuSy conscrit, désigné comme soldat. Dans le grec, et notam- 
ment chez Polybe, ce mot latin est rendu par xaTaypàcpetv (qui a 
encore différentes autres significations), et l'araméen nn^K ou 
Tran est la traduction du mot grec ou du latin-. 

5" p5 est naturellement le latin paganiis. Ce mot a souvent la 
signification de a civil », par opposition à « militaire », principa- 
lement en vue de la position du civil vis-à-vis de la loi. Ainsi dans 
Pline, lettre 18 : « Apud me milites et pagani certatim ei testimo- 
nium retribuerunt. » Juvénal, XVI, 38, dit : « Tu trouveras plus 
facilement un faux témoin contre un paganus qu'un témoin véri- 
dique contre un soldat {armatus). » Dans le chapitre 21 de son re- 
marquable ouvrage, Gibbon a exposé dans une note (173) ^ avec 
son érudition si sûre, un court historique des changements singu- 
liers qu'a éprouvés le sens de ce mot. Voici, selon lui, la troisième 
phase : « Le développement extraordinaire de la classe militaire 
nécessita une expression désignant une classe opposée (cf. Hume, 
Essays, I, p. 555), et tous ceux qui n'étaient pas attachés au 
service du prince furent désignés par le terme pagani (voir 
aussi Tacite , Historia , livre III , 24 , 43^, 77 ; Juvénal , Sa- 
tire XVI; TertuUien, De Pallio^ ch. iv). » Ce qui était arrivé 
pour miles s'est répété pour paganus : peu à peu , le sens 
s'en est étendu. Le premier terme avait fini par être appliqué à 
tout emploi et à toute fonction, le second finit par désigner toute 
occupation d'amateur, par exemple le savant sans fonctions offi- 

* Je ne sais pas pourquoi Levy traduit 'I'^[JV!1J"IlJ0 par • général », car crpâ- 
TtÛTai désigne, en réalité, les simples soldats. 

* Le mot !n3iri5, contrat de mariage, est également une traduction. C'est lo grec 
Ypaçrj. L'institution comme le mot ont été empruntés au droit égypto-grec, où Simon 
b. Schétah les a pris pour les introduire en Palestine. Il y aurait bien des observa- 
tions à faire à sujet. 

' Dans la traduction allemande de Schreiter (Leipzig, 1805), V, p. 216. 



220 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

cielles, l'artiste dilettante. Paganus ne signifie donc pas « un 
homme grossier, rustique », mais, par opposition au fonctionnaire, 
militaire ou autre, qui est soumis à une règle, un homme qui vit 
en dilettante. 

G'* ■'Sn'ip et ■in^^'sont identiques; seulement l'un est un terme hé- 
breu et l'autre est araméen. Ce sont les traductions des mots latins 
urbamis et miinicipalis, avec les diverses significations de ces 
deux mots. A l'origine, iirhayius désignait l'habitant de VUrbs, 
c'est-à-dire de Rome, etmunicipaUs l'habitant d'un municipe ou 
ville de province. Quand on veut opposer la capitale à la pro- 
vince, '^sn'^jr répond à mimicipalis, et iirJjanus est rendu par p 
ïis'»'!^, ou, comme dans Mischna Daymnaî^ ii, 4, on oppose ""rnnp 
à "^wbuJTT^. Comparé à iirhanus, le mot miinicipalis désigne ce 
qui est de moindre importance, ce qui est médiocre, subalterne. 
Ainsi, dans Sidoine, iv, ép. 3 : « Municipales et cathedarii ora- 
tores », et ib., carm. ix, 310, « municipales poet?e ». Le latin ré- 
pond ici très exactement au texte de Va Pesihta, 11*7??, où l'on 
oppose le langage de Jérémie, comme étant celui d'un ^T{^y, au 
style d'Isaïe considéré comme un rij-^Tn p. 

Quand on ne veut pas les opposer l'un à l'autre, •^Dn'^3' et ^^mp 
sont tous les deux la traduction d\irbaniis, et peut-être n'a-t-on 
donné à ces qualificatifs la terminaison ani (au lieu de dire^y p, 
ïTi^p p, comme nns p) que pour les faire mieux ressembler par 
l'assonance finale à iirbanus. Quintilien définit ainsi Vnrhanus : 
« Urbanus homo erit cujus muUa bene dicta responsaque erunt, 
et qui in sermonibus, circulis, conviviis item in concionibus omni 
denique loco ridicule commodeque dicet », c'est-à-dire un orateur 
disert, un convive agréable, un charmant causeur. C'est ce qu'ex- 
prime aussi le grec tzoXitixô;, sauf que ce dernier terme indique 
plutôt le rôle public que le rôle mondain du personnage. Dionys., 
De arte rhetorica, ch. i, distingue trois genres de discours : xb 
àa>£>wç^ To ffsavcoç^ to r.okm-KLû:,. A notre iirhaniis (ou -oX'.T'.xô;) res- 
semble le'':nnpdu Tanhotima (éd. Buber, 2) qui se met en avant 
pour aller parler au roi ; c'est un personnage à la parole facile, 
qui est reçu par le souverain, tel le prophète Isaïe. 

Plus tard , urbanus eut un sens singulier : il désigna une 
sorte de jocrisse appelé à amuser les gens, le fou que les hauts 
personnages entretenaient pour distraire leurs hôtes. C'est ce 
sens qu'a '^l'^'^y dans Genèse r., xix, 6, cet homme qui brise les 
vases précieux d'un marchand de verreries, sans que celui-ci 
puisse songer à s'en faire dédommager, soit parce que celui qui 
lui a causé ce dommage est irresponsable ou parce qu'il a des 
maîtres puissants. 



NOUVELLKS llKMARUUlilS SUR CERTAINS MOTS HKURiax 221 

Les mots que nous venons d'étudier ici montrent clairement 
rinïluence du latin sur le néo-hébreu, qui, pour les conceptions et 
les mots, est une des parties philologiques les plus compliquées. On 
appréciera encore mieux la grande influence du latin sur le néo- 
hébreu quand le Thésaurus sera terminé. 

B. Jacob. 

Goeltingue, 15 août 1900. 



II. 



Uétymologie de l'expression rare nbiD^ dont M. Biichler a parlé 
[Revue, XL, 156), s'explique sans difficulté par le syriaque. 
En cette langue, le mot Nnbs désigne celui qui est en service de 
guerre, qui fait du service militaire. Le sens général du mot 
« servir », qui est le sens du mot nbD eh araméen, se réduit ici au 
sens plus étroit de « servir dans Tarmée », comme cela a lieu 
d'ailleurs aussi pour le mot en allemand et en français. En syriaque, 
ce sens particulier de nbo est très fréquent. Payne-Smith, coi. 
3148 et s., cite une foule d'exemples de ce mot comme verbe ou 
comme substantif verbal. Je ne citerai ici que quelques-uns de ces 
exemples. La Peschito traduit hoc. cTooczeur^ azoxzdxv (I Timoth., i, 
18) par i^mnbD mbDn"i; cTpaTtc6TT,ç (Actes des Apôtres, x, 7 ; II 
Timoth., II, 3) par Nnbs. Np\-iy Nnbs sont des soldats vétérans; 
N^T^ s^nbD (f des soldats armés ». La juxtaposition du mot avec le 
mot grec correspondant est intéressante à noter : N::"i::Di< "«nbo 
sont des soldats qui se livrent à des exercices militaires. nbiD n'est 
donc autre chose que la forme hébraïque du mot syriaque avec 
le sens spécial de « guerrier, soldat ». Ainsi le sens tiré par 
M. Biichler du contenu des passages en question se trouve aussi 
justifié étymologiquement. On comprend aussi mieux maintenant 
comment les lir^rrû^tûDi^ ""SUJ dans la phrase de Josué b. Lévi {Tan- 
hou?na, Tnpra, au commencement) ont comme correspondants, 
dans le passage parallèle du Yelamdènou (cité par l'Arouch) 
•jTi^iD ^y^. nbiD est l'équivalent sémitique du grec arpaTtcÔTiri;. 

L'opposition entre pD, ipaganus (dans le sens de non-militaire), 
et nbiD se trouve aussi confirmée par le syriaque. Payne-Smith 
(col. 3031) cite, d'après un manuscrit de l'ouvrage des PaU um 
Vitœ, l'expression 5<"«:û"i::Di^ ■'nb^n •^3:;d « des non-militaires et des 
militaires ». 

Gomme nbiD est l'équivalent sémitique de (TToaTtcoTr,;, le mot 
\y^, provenant du latin paganus , correspond au mot ''annp, par 



222 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

lequel il est rendu dans Tanhouma, î<"ip"*i, 6 (éd. Buber, 11). Ce 
mot est la forme hébraïque de Taraméen ïT>*p, en syriaque «'«■^-np, 
qui désigne le villageois, le « paganus », par opposition au « ci- 
tadin » et aussi l'habitant de petite ville, le provincial par oppo- 
sition à l'habitant de la capitale, l'habitant de la grande ville. Si, 
dans le passage cité de Tanhouma, ■':n-ip (tr^np) a le sens spécial de 
paganus, on ne peut pas également lui donner ce sens spécial dans 
les passages où la signification primitive de ce mot fournit un sens 
convenable. M. Bùchler a donc raison en donnant dans Tanhouma, 
isns^rt, 2, où "^in^p est opposé aux ';'^OT:û"i::D'^i^, le sens spécial du 
mot, mais dans la sentence de R. Abin sur Gen., ii, 22 [Gen. rahda, 
ch. xviii), il n'y a aucune raison de s'écarter du sens général du 
mot rr^np, d'autant plus que dans le passage parallèle {Tanhouma, 
éd. Buber, H'iiD ■'Ti, 3) ce mot est rendu par ■'21"t«3'. En effet, "^ain-^y, 
ou '^n''3>, est en opposition avec îij''n!n p, comme dans la compa- 
raison de R. Lévi l'agadiste citée par M. Bùchler (p. 159) d'après 
la Pesikta, lllb. Je rappellerai le principe établi par le même 
agadiste (voir Die Agada der paldstinensiscJieii Amorder, II, 331), 
d'après lequel, dans la langue post-biblique, ^"^y signifie la ville 
de province, la petite ville, et ïiS'iTO la capitale ou la grande ville 
{Esiher rabba, sur i, 1 ; Ruth rabba, sur i, 1). Dans la compa- 
raison de R. Lévi, l'origine du prophète Jérémie de la petite ville 
d'Anathoth fournit un prétexte pour le comparer à un habitant de 
petite ville ('^n^:^), qui, dans sa timidité, n'ose pas parler avec 
rudesse à la matrone et la traite avec douceur et ménagement. 
Par contre, Isaïe, qui était originaire de Jérusalem, a la hardiesse 
et le courage de l'habitant de la grande ville (nnTD p). Dans Pautre 
comparaison de R. Lévi {Gen. rabba, ch. l fin), •^rvy et nr^Ton p 
n'expriment pas l'opposition entre le « civil » et l' « officier », 
comme M. Bùchler le veut, mais "^rv:? désigne le palronus ne 
demeurant pas dans la capitale, qui, par conséquent, n'est pas 
présent quand le roi exerce la justice, tandis que le nr^53!i p, 
habitant la capitale, peut assister aux séances du tribunal. De 
cette manière seulement on parvient à comprendre la comparaison 
de R. Lévi. — Dans la troisième comparaison de R. Lévi, citée 
par M. Bùchler (tirée de Lév. rabba, ch. iv ; de même dans Koh. 
rabba, sur vi, "7), "^Tn^y signifie aussi l'habitant de la petite ville, 
qui épouse une princesse et qui ne peut satisfaire ses goûts, sym- 
bole de l'homme mortel chez qui l'àme, venue du ciel, ne trouve 
pas une satisfaction entière. Ici il suffit de songer à la situation 
étroite de l'habitant de la petite ville, du provincial, chez lequel la 
noble fille de roi ne peut se plaire, môme si on lui offre « toutes 
les jouissances mondaines ». Dans la sentence de Pêsihia rabbaii, 



NOUVRLLKS HRMAHUURS SUK CERTAINS MOTS IIKHREUX 223 

ch. XX (p. 95 a), les d^r)ir) "^sn ot les û^d^ "^aa ne sont autre chose 
que les rxy^^'n "^^a et les ]y^rvy (ou û"'3mp), exprimant ainsi le con- 
traste entre les êtres divins et les êtres terrestres (les anges et les 
hommes). Au singulier, la même antithèse existe entre "ied p et 
*]"iD p, par lesquels on exprime la différence entre Isaïe et Ezé- 
chiel [Hagiàga, 13&), comme plus haut on exprime par iDn"^:? et 
ns'^nttn in la différence entre Isaïe et Jérémie (cf. d^inDiD et "«sa 
ns'^n'nïi, Mischna Teroumot, ii, 5, pour désigner deux espèces 
d'oignons). — Enfin, la comparaison de Gen. rabba, ch. xix (sur 
Gen., III, 7), qu'un agadiste attribue à Yohanan b. Zakkaï et un 
autre agadiste à Akiba, s'explique aussi très bien si on prend 
■'STT^s' dans son sens ordinaire. L'habitant de la petite ville ou du 
village ne connaît pas le prix des vases en verre précieux exposés 
dans une vitrine à la porte du magasin du marchand de verreries 
et, sans se douter du dommage considérable qu'il va causer, il 
frappe dessus avec son bâton et les brise. Un habitant d'une grande 
ville n'aurait pas agi de la sorte. Une tradition particulièrement 
caractéristique pour établir le sens de "^dit^ est celle qui est con- 
servée dans Echa rahhati, sur iv, 1, tradition sûrement ancienne, 
remontant à l'époque antérieure à la destruction de Jérusalem : 
n-'snn'^:' fi<\î53^ ■'ttbu:^"' rr^Tobujn'T^ &<U53U5 '^'^yv^. Cf. l'exemple tiré de 
Bar Hebraeus, cité par Payne Smith, 844 et 3719 : N^r^72 ^)ax3 
«"••^mpb « le citadin dit au villageois », 

W. Bâcher. 

Budapest, septembre 1900. 



NOUVEAUX FRAGMENTS 
RELATIFS A BEN MÉIR 



Le fragment dont nous donnons plus loin le texte et la traduc- 
tion forme la contre-partie du fragment du Sèfey^ Moadim pu- 
blié par M. Harkavy, il y a quelques années, dans le Ziharon 
Larischonim, et que M. Israël Lévi vient d'enrichir dans l'avant- 
dernier numéro de la Revue (voir Revue, XL, 261). La pièce de 
M. Harkavy, complétée par celle de M. Israël Lévi, nous a fait 
connaître les assertions de Ben Méïr, la nôtre nous fournit la ré- 
ponse faite à celui-ci par le collège de Sora. 

Certes, ce nouveau document n'ajoute pas grand chose à ce 
que nous savons du fond même de cette lutte ; nous sommes tou- 
jours dans l'ignorance la plus complète sur cette intrigue, qui, 
à en juger par la frayeur qu'elle inspira à l'exilarque, David ben 
Zaccaï, dut être d'une grande gravité ; nous ne savons même pas 
le nom de celui qu'on désigne simplement sous la dénomina- 
tion de « Ben Méïr », à cause de son excommunication. Nous 
voyons que Ben Méïr attaqua les règles du calendrier tradition- 
nel, avec une telle force qu'il fallut appeler Saadia en aide pour 
récraser. C'est ce qui donne à ce document, à notre avis, une 
grande valeur. Il nous explique, en effet, le mystère qui planait 
sur l'histoire de la nomination de Saadia au Gaonat de Sora. 

En effet, on ne peut s'expliquer comment l'exilarque, David 
ben Zaccaï, que l'histoire nous représente comme un homme altier 
et peu scrupuleux*, se décida à appeler Saadia de l'Egypte au 
Gaonat de Sora, contrairement à Tusage établi d'attribuer ce haut 
poste à un Babylonien, et malgré l'avis de Nissi Naharwani, qui, 

* Voir NUnT ûb^J ^THO, Neubauer, Anecdota Oxonientia, II, 79, 80. 



NOUVEAUX FRAGMENTS UELATIFS A BEN .MÉIU 225 

connaissant la droiture et Tincorruptibilité de Saadia, le lui avait 
déconseillé ; en outre, le Gaon de Pumbedita de cette époque, 
Cohen Gédek, qui cherchait par tous les moyens à faire éclipser 
l'éclat de TAcadémie de Sora au profit de la sienne, ne dut pas 
ménager ses efforts pour écarter ce concurrent redoutable. L'af- 
faire de Ben Méïr nous donne la clef de ce mystère. 

Il est évident, et M. Harkavy l'a déjà fait remarquer, que le but 
de Ben Méïr était de soustraire la Palestine à l'autorité de l'exi- 
larque de Babylonie et, à cet effet, il recourut, pour ainsi dire, au 
moyen classique. Sept cents ans auparavant, Ilanania, le neveu de 
Josué, voulant diminuer le prestige du patriarche, Siméon ben 
Gamliel, commença à fixer lui-même, en Babylonie, l'époque des 
fêtes*. Ben Méïr, cherchant à battre en brèche l'autorité de l'exi- 
larque souleva, en Palestine, la question du calendrier. David ben 
Zaccaï, très jaloux de ses prérogatives, n'étant pas en état lui-môme 
de démontrer l'inexactitude du calcul de Ben Méïr et ne trouvant 
personne autour de lui qui fut capable de le faire, s'adressa à Saa- 
dia, dont l'autorité était déjà bien établie, et celui-ci composa un 
ouvrage spécial pour réfuter les arguments de Ben Méïr. L'exi- 
larque, soit par gratitude envers Saadia pour le service rendu, 
soit par peur qu'une pareille aventure ne se reproduisît sur un 
autre terrain que celui du calendrier, qui était déjà une affaire 
jugée, voulut avoir à son service un homme comme Saadia et le 
nomma, malgré tout, Gaon de Sora. 

n-^-iab mx v'n^n^ "i"'N"^n3 T2 [uî-ijid?: "i72Nb [nw^nlpr; nvn bip "lar^T 

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yi2'::) -!*:în:d ^ït^t : mi2 is-^^n i^-imaî^ iDr^iî-'mn TwN 'iy t=3!i\-n5i5nb 
*T^7:bn uy l^n^ S^"i ûmn::!! S:dt û^Dib^rti mn^^ii^n -^cJwN-n i:wN^;a3 
in^T nbn:; mnn Ti^n^i ^^y nuîiS n^sTrî rtr-in n^^ ^^2:13 a-^n^vn 
yn5<72 b«T>a-« "^33 tn^by UV12 nn^ns ^bi p ï-rp^rr Nb -^d tznb 

^ Voir j. iVtf^,, VI, j. Sank., 1, et Ptf^., 63. 

T. XLI, N» 82. 18 



226 REVUE DES ETUDES JUIVES 

T ~ 

TT7 t-iN i^^-^Tinb Nbrr rb^ û-^nso nbïi:i r-n-ir^N sn^b cs-^TaDnrj 

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to-^-iiu: ûn&D T^bN ^nb\25•^"l t3r:i:''»T : t^in ti^rîT: -^bii^ ti??î< ■'Id 

. n«T bsm :?i)2^b rinx t*^bi n-'^'^bu: ûincD inb^a-^-i ^^3' id-'oi^t rTs'ûb 

insb by Dt^'ûn nbiT ^D inN in^73irn p bj^ : m2:-i733 û2"»o-> non 

inbu) ûj^n nn*' b^ ^n : 3iM3b '}?j«?2''t irr^Tanna p-^mrr n^a nm«7a aav^a 

isnuîb nN >^-i"^r: n'^î^Taiin ■^nmn i^^rr' r<b i:?ttb û-i-^rîTnb mnas 

îrrni Nb 
inbu) *n\ï5N nniDri pu:nD ?-ttt : n"'biS'>i i^-^t ibno b:? i-'b:' i^N T^iiNT 

babi T^nKbi T'iabi nmnnïi ^a^nb tsibtj bna n û'is^in c:^p5D^ vbx 

tvtb : ^ibi 

tD'^n-'T^bnn 173 t^in NbD3 t*^bn mxa li33 ^nim : t^irr r,yJ^':i•2 nmn 

n3^n nni^nb û:\"i : tD\nN?3i û-'^b^i SD-'pbn ns^aoa binsn nx n^rr 
n^\zî'^b\::rj rib-^bn n^-i"'u:^!rt p ïi^^niNT û-nN7373 "ly^on iMi "^^y^ p 

T'ri' N^ '^"'32 niuj '^?2^^n -^d 5]i<i \-T^5'a n7:Nb ^-^z'^yn y^-^ bx 
: bN-iuj-' b^ nn 1^73 î-imp T^n^ bnb ^^d ...i3"«b:' oim ^r»a^p bx mn^b 

l"^»"» '«■^n'TTa "iiobi "^D nN m"i73n û^b ï^b ■^nn^n msi tin r-i":Nn 

n3'û3 biaan "^d n73Nb imj^:: b:' monb mb-^by •odh-'i : bN?:'Ji 

:>a-i« nî^LiT^n rinnsT d"i">3 n'^3'''nDn p ^hnt Dva-^.xi mN73 O'^ n:» 

Verso. 

''nai i3"«by i^i nuî^ UDio "isb rr-ina5 ■^•r'^buîn asi ■'3'jrt "ido2 T^b:> ^3n^•'"l 

n-'irn?: by pn Sd q^DT» f^b d-'-i:>o ...is-^rn 173":: -i'c:n D^iiTanpn 

n73^72n nrip niwN bn mwsb7:b riD ...n pdip^ mnî< •>:;72n : nvn 

f^it^n bj' :>i3b ^bn bx : ùspm ...n Nîtm nrii'in S2"do73 rrTa 

St^t ^nuîn TnN mb:>n ^1^73 bN-r:;'' n^ab hd-i Vr^^v tstb t»:;» 

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NOUVEAUX FRAGMENTS HELATIFS A HEN MKIK 227 

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n-^n £]Ni : mn'^u:-^n ■';DKnb û-^w^rr "^"in^ ido b:> to^mnD 

Traduction. 

Et il (BeQ Méïr) envoj'a son fils, le quatrième mois de Tannée 
4233 [de l'ère des Contrats]. Celui-ci arriva à Jérusalem et publia, 
un jour de lecture de la Loi, ce qui suit : « Dieu a expressément 
déclaré par ses prophètes et ses sages, comme un signe d'alliance, 
les mois de Heschwan et Kislew déficients. . . et il proféra des blas- 
phèmes contre notre Dieu. Cependant le peuple ne le suivit point ; 
mais, à la longue, il y eut des Juifs d'autres pays qui se trompèrent, 
parce que lui et ses ancêtres passaient pour des chefs pieux. Aussi 
les Juifs de l'Orient, de l'Occident, du Nord et des Iles établirent- 
ils, comme loi et comme règle, que jusqu'aux 695 parties de la der- 
nière heure de la nuit de mercredi les mois seraient défectueux, 
et qu'à partir de là ils seraient complets. Or, en cette année-là, qui 
était l'année 932 S le règlement des ordres des fêtes fut fixé selon la 
tradition transmise par nos ancêtres à leurs descendants. 

Lorsque le prince d'Israël, les chefs des académies, les docteurs, 
les savants et tous les membres du corps enseignant de Babj^lone 
eurent appris le mal que Ben Méïr avait fait, ils en furent efi'rayés et 
indignés, car rien de pareil ne s'était passé ni vu depuis que les Juifs 

' Il faut probablement lire : 232 — 921 de l'ère chrétienne. 



228 REVUE DES ETUDES JUIVES 

sont sortis de l'Egypte : pendant tout le temps que les Juifs sont 
restés dans la Terre-Sainte et après leur disparition, leur calendrier 
n'a jamais changé. Les savants décidèrent alors d'envoyer des mes- 
sages à Ben Méïr : peut-être, disaient^ils, était-ce une inadvertance 
de sa part. Ils lui envoyèrent deux messages, mais il ne voulut 
rien entendre ; ils lui en envoyèrent encore un troisième, et il y resta 
également insensible ; bien mieux, il leur répondit chaque fois par 
des grossièretés. Aussi ils l'excommunièrent, parce que, en dehors 
du péché qu'il avait commis dans sa folie, il s'obstinait encore et ne 
voulait pas y renoncer. Puis ils adressèrent des lettres au peuple 
pour Tempècher de se laisser égarer par les paroles du « rebelle ^ ». 
Les gens qui craignaient la langue de Ben Méir ne le contredirent 
pas, mais ceux qui ne portaient pas son joug comprirent et s'amen- 
dèrent. Voici le texte du message que les savants lui adressèrent du 
lieu où ils s'étaient réunis, à Babylone : 

« Salul à toi, chef de la communauté, à tes fils, à tes frères et à les 
compagnons! Nous n'avons pas cru à la nouvelle qui nous est par- 
venue que ton fils avait fixé la fête contrairement à la Loi, et nous 
sommes sûrs que, s'il l'a fait, c'est par inadvertance. En effet, il est 
clair, et même les écoliers ne l'ignorent pas, qu'il a dépassé la limite 
du temps de 237 parties ; dans l'année suivante il la dépassera de 
204 de la dixième heure de la nuit de mardi, de même dans la troi- 
sième année il la dépassera. . . 

» Qu'il ne te déplaise pas de dire : « je me suis trompé » et encore 
moins que tes- fils ont commis une erreur. Lève tes yeux en haut, 
vers notre Saint, et aie pitié de tes ouailles pour qu'ils ne soient pas 
séparés de la majorité des Juifs. » Ben Méïr leur répondit : « Je suis 
dans le vrai et ma proclamation a été faite selon la Loi. Ce n'est pas 
à TOUS de me contredire et d'agir autrement que je ne le dis. » Et il 
chercha des prétextes pour masquer son erreur, à savoir que la 
limite pour le jour de samedi est à la 64|e partie de la septième 
heure de la journée. . . 

Dans la seconde lettre et aussi dans la troisième ils lui écrivirent : 
« Choisissons un arbitre qui nous exposera les paroles que les an- 
ciens ont mises dans notre bouche, à savoir. . . 

» Ne cherche pas des raisons qui ne peuvent pas servir. L'exil des 
Israélites est long, la captivité dure, leur gloire est ternie et ils sont 
dépouillés. Qui voudrait, de son autorité, changer une loi? Celui-là 
serait déçu dans son attente, ou qui lutterait contre Dieu, l'objet de 
la crainte d'Israël et celui de la vénération de nos ancêtres, et le vain- 
crait! Pense à ta vie future et non à ta vie terrestre : en subissant 
une houle maintenant, tu n'auras pas à rougir et à être confondu 
dans le monde à venir. » 



' Jeu de mots sur le nom de Mffr ; les points sur le premier mem appellent l'at- 
tenlion sur le calembour. 
' IMulôl : ton. 



NOUVEAUX FH A(; M KNTS liKLATlFS A MN MKII{ 229 

Or, comme uq ^emps assez long se passait ainsi en échange de 
lettres avec le Pécheur, celui-ci continuait à débiter des insanités, à 
voler des arguments aux savants et à se les attribuer. 

Les chefs des académies, s'adressant aux communautés Israélites 
voisines et éloignées, leur recommandèrent les ordonnances et les 
règlements et les fortifièrent dans l'observance des fêtes de Dieu. Et 
parce qu'ils craignaient que ceux-ci, en apprenant l'affaire du rebelle 
ne se laissassent égarer, ils répandirent leurs écrits dans tous les 
coins de la terre. En effet, la confusion et la terreur régnaient dans 
la ville et le pays où son. affaire était connue. Les savants lui ten- 
dirent encore une fois la main pour faire la paix, afin de ne pas le 
repousser et de causer par là une rupture. Mais, malgré cela, le pro- 
pagateur des ténèbres^ n'abandonna pas sa mauvaise voie et se 
remit à composer des théories fausses ; les impertinences de ses 
premières lettres n'étaient rien en comparaison de celles qu'il accu- 
mulait dans ses dernières lettres. Et il établit quatre principes qui 
n'ont jamais existé parmi les Juifs, que Dieu n'a jamais ordonnés et 
auxquels les savants n'ont jamais pensé : il changea le... afin de 
tourner la chose et d'ajouter à chaque limite 641 parties, pour pou- 
voir soutenir que ces trois n'ont pas dépassé leur limite. Il ne crai- 
gnait pas Dieu pour attribuer des mensonges et des faussetés aux 
prophètes, et il n'avait pas pitié des jeunes brebis qui pouvaient être 
induites en erreur par les principes qu'il avait inventés : il n'avait à 
cœur que d'exécuter son projet et son intention de faire commettre 
au peuple des péchés, de faire tomber des multitudes, de démolir les 
enceintes, de briser ses pierres et de fendre les bois. Et il injuria 
encore les savants par ses insanités et les traita d'ignorants, selon 
l'habitude de tout orgueilleux, et appela chacun « sot ». Pour le reste 
/de ce qui concerne ses lettres et de ce qu'il fît en réponse à ce qu'on 
lui dit, tout cela est écrit dans le livre des Chro7iiques des Chefs des 
Académies. Et pareillement dans la main... 

Elkan N. Adler et J. Broydé. 



II 

Voici un autre document relatif à la lutte soulevée par Ben 
Méïr. Nous l'avons trouvé à l'Exposition chez un marchand d'an- 
tiquités du Caire : il provient sans le moindre doute de la gueniza 
de cette ville. Il est malheureusement en mauvais état, il se com- 
pose de deux feuillets tronqués de 19 cent, de largeur, mais dont il 
ne reste plus, d'un côté, qu'une longueur de 9 cent., alors que 

* Autre jeu de mots sur Mé'ii\ qui veut dire «éclairant >•. 



230 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

vraisemblablement la longueur ne devait pas être inférieure à la 
largeur. C'est une lettre rédigée contre Ben Méïr, et adressée à 
une communauté dont nous ignorons le nom. 

Gomme on le voit par le document que publie M. Adler, des mis- 
sives furent envoyées de l'Irak conjurant les Israélites de ne pas 
tenir compte des calculs établis par Ben Méïr pour la fixation des 
fêtes. D'après lui, celles-ci devaient tomber, en l'année 921, deux 
jours avant la date établie par le comput traditionnel. Ben Méïr 
avait déjà lancé des lettres pour défendre ses prétentions et pour 
insulter les savants babyloniens. Nous avons pu en juger par les 
lignes que nous avons publiées Ml prétendait, il est vrai, avoir été 
couvert de « fumier » par ses adversaires. Qu'il n'ait pas honte, 
dit notre lettre, de reconnaître son erreur, lui et ceux dont il est 
l'instrument. Toutes les communautés se sont déclarées contre lui, 
à l'Est comme à l'Ouest, excepté quelques localités voisines de 
celle à laquelle est destinée la présente missive. Que le rabbin qui 
la recevra réponde qu'il garde toujours ses bonnes dispositions et 
ajoute-ainsi plus de considération encore à son nom. 

Ici s'arrête l'épUre. Qu'elle soit relative à la lutte engagée par 
Ben Méïr contre le gaonat, il n'y a pas le moindre doute. Il suffit, 
pour s'en convaincre, de comparer notre morceau avec le texte 
édité par M. Harkavy, p. 217 et suiv. Les années prises comme 
exemples sont les mômes, les principes mis en discussion iden- 
tiques. 

Ajoutons que cette lutte a déjà fait l'objet d'une'étude intéres- 
sante de notre confrère M. S. Poznanski, dans \a.Jeivish Quarterly 
Review, X, p. 152, et que M. Ad. Neubauer a publié, en 1896 (/&., 
IX, 37), un fragment provenant aussi de la gueniza du Caire sur 
cette affaire. L'auteur de la lettre contenue dans ce morceau dit 
que l'été précédent, passant à Alep, il avait appris que Ben Méïr 
se proposait de faire proclamer ses calculs, c'est-à-dire que les 
mois de Heschwan et de Kislew suivants seraient déficients. Il lui 
avait écrit nombre de lettres pour lui démontrer son erreur, et il 
était retourné à Bagdad croyant que Ben Méïr avait renoncé à 
son dessein. Mais à Bagdad, la nouvelle était venue qu'il avait 
passé outre, d'où grand effroi des chefs d'Académie. Ils écrivirent 
à toutes les communautés qu'il y avait accord parfait entre tous 
les savants pour protester contre la prétention de Ben Méir; 
mais celui-ci ne voulut rien entendre et il n'en déclara pas 
moins ces deux mois déficients. Là-dessus l'exilarque et les chefs 
des Académies proclamèrent ces mois pleins, c'est-à-dire de trente 

* Voir Revue, XL, p. 2G2. 



NOUVEAUX FRAGMENTS RELATIFS A BEN MÉIR 231 

jours. Deux mois après, l'auteur de la lettre avait envoyé la mis- 
sive de ces autorités jointe à la sienne aux destinataires, qu'il 
engageait à ne point commettre un pareil péchd, car suivre le 
calendrier de Ben Méir, ce serait se condamner à manger du pain 
à Pâque et à travailler le jour de Kippour. 

Est-il certain que cet écrivain soit précisément Saadia ? Bien des 
indices semblent prouver le contraire. 

Israël Lévi. 



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rmiujD rss© b^ by idioi^t nbt< b^ m'^s-^ tzi^^^-'n^n p iba^p 't:;n 
^tn^^y^jnTi vïT" pT vnn^i nnm:'?^ ri2U5 b^ by^ û-^ts"^ noTan 
nsuj pn v^ '^^^ IT*^ Tria iin rinû: n-no^a 1^2*73 ba^n ri^i 

û'^TO'^bu: n-nn tibam v^^on m^m^'?:^: bri "i.s:i733 rr::':: n-im3'7:3i 
in^DiD n-nn ï-tb^jn d:ii ,';n\mn3:'7aT in'^m:jT::D ts^r^un bD73 
to^-û'TUJ iiziiib -"IN .r-nïjriJDr^ 153 l'^n'^on mim m-iDi:>72rî 173 
'^Dn'ib mx ■'r)m73 bN-iuî-» nwN rr^inb 'cjp-i^ -«d ,û^3pin?: nbîi 

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rib^n (sîc) tz-^nnnn smiDn p b:' .n'^ia biy y^iv t^bn (sic) b^x 
.rr::^ V^ ^^ ri^ibn mb^orDi nbi^i ib r;72'7D !i72t nmv3 nu 
^■T7 V5"»DiNi û'>5D nujin ^<b^ ^^ nNn^ >ibT rr^sn r<bi nmn tvib-? 
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232 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

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':>T i-iDin ^•^N\::3 '^••b3> ■'d h'M^-i t^ii pi .' terf^ïJ-iSTa nx ts-'-ibn 
nn-^n n':3&« inTrr b^son ^"d >irN n:> ^«^b■l '^'iT "^n^b ■'rT>'^r; niT» 

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p by t=înb;2i riD^N biD is^mnn i^b^ innr) "^d '-it:^ ,^ boiD t^irr 
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n^nn li'^rjb^a t-i^ q^s-i .«•^m'îûu) t<b n^ûVr» u:'i3 ï^bi ...rîmn "iran 
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"]7au5 bj' ma û^ ri-^oim ^:^m2-l û^?:-n . .b 

■^:.\ n73 i-^b:? t^npi n^uti V2^ .b.b ^idti 

irnibN ^"^ n^Din ^oxd ^ra*^ x-ijît 

r<-npi 



* ^aJa Mecia, 33 a. 

'• Manque irsib"!"!, Jér., xxxvi, 2o. 
3 llChron., xi, 14. 

* Ps., Lxix, 8-9. 
'^ Isaïe, xxxii, 6. 

•» Kiddouschin, 10 a-b. 
7 Probablement Ps., Gxx, 4. 

s Pt^reA Haschalom et /l^o; <^ô i?. Nathan, tX» version, p. 112 de l'éd. Schechter. 
9 1 Chron., xv, 13. 
^" Erouhin, 16 i. 



ISHAK IBN BAROUN 



ET 



SES COMPARAISONS DE L'HEBREU AVEC L'ARABE 



Yona ibn Djanah porta à son apogée, dans ses œuvres, l'étude 
de la philologie hébraïque. Mais les semences répandues par ce 
maître produisirent encore des fruits abondants après sa mort sur 
le sol de ce pays d'Espagne si propice à ce genre de recherches. 
De l'époque qui va d'Ibn Djanah à Abraham ibn Ezra, qui marque 
déjà le commencement de la décadence, il nous reste un certain 
nombre d'ouvrages de valeur dont la philologie aujourd'hui encore 
peut faire son profita Abraham ibn Ezra nous a transmis les 
noms de quelques-uns de ces auteurs dans la liste des savants qu'il 
appelle U5npn "ji^b "^spT et qui se trouve au commencement de son 
û'«5Tc<?3 ^SD. Les œuvres de ces écrivains qu'on croyait perdues 
nous ont été révélées et rendues accessibles dans ces dernières an- 
nées, grâce au riche fonds de manuscrits de la Bodléienne d'Oxford 
et de la collection Firkowitsch de Saint-Pétersbourg *. Cependant 
un ouvrage très remarquable de cette époque ainsi que l'auteur 

* Cf. l'appréciation de l'importance des philologues hébraïco-arabes, surtout d'Ibn 
Djanah, dans Renan, Nouvelles études d'histoire religieuse. 

' Nous devons à ces découvertes une partie de l'ouvrage Mouschtamil du Karaïle 
Abou'l Farag Haroun, qu'il a achevé à Jérusalem en l'an 1026 et qu'Abraham ibn 
Ezra, dans Moznayim, désigne comme anonyme, 1D5>T^ Mb "^ÎDb'iJTT^ ÛDn 
V2^. Voir à son sujet Bâcher, Bévue, XXX, et Poznanski, tbid.^ XXX, p. 24-39 
et 197-219. Nous leur devons aussi les commentaires de Juda ibn Bal'àra sur la 
Bible. Un fragment de son ouvrage sur les verbes dénominalifs (D'^b^^D 'O 
m?3\UÏ^ "JTQ t3'^1T53ïl) a été trouvé, il y a quelque temps, par Poznanski; cf. son 
article dans Revue, XXXVI, p. 288-301. Il s'en trouve aussi des fragments dans 
les additions au ms. d'Oxford du Dictionnaire d'Ibn Djanah. Cf. mes remarques dans 
Studien ûber Joseph Kimhi, Monatsschrift^ XL, p. 370, note 3, et Poznanski, l. c. 
Harkavy a trouvé dans la collection Firkowitsch un fragment de l'ouvrage si vanté 

de Moïse ibn Ghiquililla, map51 tDniDT 'O = "«Dl T'D-TnbwX "îD 3MnD 
ri'»jMnbM; cf. sa noie dans Revue, XXXI, p. 209. 



W^ 



234 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

lui-môme de cet ouvrage ont eu un destin bien immérité : nous vou- 
lons parler du ri^n^3>bt<i n^3&<n:23'bN rn^Mii v^ ?^:TNi^bN n^Nns 
« Livre de comparaison de la langue hébraïque et de la langue 
arabe », d'Abou Ibrahim Ishâk ibn Baroun, qu'a édité M. P. de Ko- 
kowzoff (Saint-Pétersbourg, 1889-1893), d'après un manuscrit de 
la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg, avec une étude 
très détaillée en langue russe. 

Quoique le regretté M. Derenbourg ait parlé de cette œuvre, 
dans la Revue, XXX, 156, et que M. Bâcher l'ait analysée plus 
longuement dans la Zeiischr. f. alttestam. Wissensch., de Stade, 
XIV, 223 249, nous avons voulu, en raison de l'importance de cet 
ouvrage, lui consacrer la présente étude, où nous traiterons à 
fond de l'auteur et de l'objet de son travail*. 



LA VIE d'iBN baroun ; SON ŒUVRE ET SES SOURCES. 

Nous ne savons presque rien des circonstances de la 
vie d'Abou Ibrahim ibn Baroun. Il était issu, paraît-il, d'une fa- 
mille très estimée dans le sud de l'Espagne-, dont nous con- 
naissons déjà un autre membre portant le même prénom 
et la même kounia : « Abou Ibrahim Ishâk », mentionné dans le 
traité de Poétique et de Rhétorique de Moïse ibn E^ra, qui le pré- 
sente comme un contemporain des maîtres d'Ibn Djanah et habi- 
tant Lucena '. L'époque de sa vie ne peut être déterminée 
qu'approxiraativement : on sait qu'il n'était plus en vie en 1128, 
puisque l'ouvrage de Moïse ben Ezra, qui n'a pu être composé 
qu'après cette époque^, le mentionne comme étant déjà mort^ En 

' J'ai publié une étude sur l'ouvrage dTbn Baroun, avec un aperçu sur la philologie 
comparée hébraïco-aralje, dans le périodique de Fuchs et Gûnzig, 51DwNn, H, 
p. 198 etsuiv., Cracovie, 1899. 

* Au sujet de divers membres de cette famille, voir la partie russe de Kokowzoff, 
p. 17, note 28. D'après une indication de M. David de Gunzbourg, ào^us Hamclitz^ 
année 5655, n" 152. p. 6, note 1, Ibn Baroun est aussi le nom d'une famille arabe 
d'Espagne devenue célèbre par un poète émiuent. 

3 Pour cet auteur plus ancien, voir Bâcher, Lehen und Werke des Abillwalid (Bu- 
dapest, 1885), p. 19, noie 105, et Kokowzoll", l. c, p. 10, note 16. 

* Cf. Graetz, Gesch. d. Juden, Vl, note 1. L'original arabe du passage de la tra- 
duction hébraïque édité par Graetz se trouve dans la copie du ms. d'Oxford (ms. or., 
404), f'^ 31 fl, appartenant à la Bibliothèque royale de Berlin. 

5 Cf. la !■■• partie de l'ouvrage publié par Kokov^-zolV dans les Comptes rendus de 
la Société orientale de Saint-Pétersbourg (Saint-Pétersbourg, 1895), p. 215, 1. 12, et 
dans son étude, en russe, sur Iba Baroun, p. 10. 



ISHAK IBN BAROUN 235 

tout cas, son ouvrage ne peut être antc^rieur à la fin du xi« siècle, 
puisqu'il cite Juda ibn BaTàm comme un auteur déjà décédé *. Or, 
ce dernier écrivait encore entre 1080 et 1090 *. L'activité scien- 
tifique d'Ibn Baroun correspond donc encore aux années de jeu- 
nesse d'Abraham ibn Ezra, qui ne le compte pourtant pas parmi 
les ujnpn )r£ib "«jpT, quoiqu'il range parmi eux Moïse ibn Ezra, qui 
était plus jeune. 

Quelques indications de Moïse ibn Ezra, qui a dédié à son ami 
Ibn Baroun sept poésies \ permettent de croire que notre auteur 
occupait une haute position sociale; il l'appelle, en effet, ^i-^arin 
priit"* *. La suscription d'un poème de Juda Hallévi, auquel il était 
également lié par une étroite amitié et auquel il envoya un jour 
de Malaga un panier de fruits, le désigne sous le titre de fiÇ"^ï:5 ^ 
Nous voyons, en outre, par les poésies de Moïse ibn Ezra, que 
l'ouvrage d'Ibn Baroun, qu'il a aussi chanté dans un poème spé- 
cial^, attira à son auteur beaucoup d'inimitiés^ de la part de gens 
à l'esprit mesquin et, sans doute aussi, intolérants; le poète leur 
adresse des reproches véhéments et exalte en termes hyperbo- 
liques '^ la bienfaisance de cet ami si cher, qu'il représente comme 
étant bien au-dessus de toutes les attaques ^, 

Le maître d'Ibn Baroun fut ce Lévi qui est aussi mentionné par 
Abraham ibn Ezra, ou, pour employer la kounia arabe, Abou'l 
Fahm ibn Al-Tabbân, que notre auteur désigne expressément 
comme tel, dans l'unique endroit où il le mentionne *". 

Le titre de l'ouvrage d'Ibn Baroun « la Balance », ou pour mieux 
dire, « la Pesée », qui a été souvent employé dans la littérature 
juive et arabe pour désigner des dissertations scientifiques**, de- 

* Mouwâzana, p. 21, ligne 3 d'en bas. 

* Cf. Fuchs, Studien ûber Abu Zakarja Jahja, ibn BaVàm^ Berlin, 1893, p. 16-17. 
' Cf. Brody, dans la Festsckrift publiée à Toccasioa du 80»^ anniversaire de 

M. Steinschneider (Leipzig;, 1896), p. 31. M. Brody a publié deux de ces poésies dans 
la Monatsschrift , XL, p. 33-'^6, M. David de Gunzbourg a aussi publié cinq de ces 
poésies dans Bamâlitz, année 5655, n'>M52, 176, 225, 226 ; je n'ai pu nae procurerque 
le l*"" numéro. 

* CI". Bamêlitz, l. <:., vers 14. 

' Cf. Kokowzoïf, l. c, p. 11, et note 19. 

« Voir ce poème qui débute par les mots n'I^'l "y^^ 'JIMjbTi rmiTjn et a été pu- 
blié par Brody, dans Monaisschrift^ l. c, p. 35-36. 
^ Cf. Hamelitt, L c, p. 7, vers 21 et suiv. 

* Dans ce poème publié par Brody, dans le Hammaguid, 1900, n"* 1 et 2, surtout 
n" 2, p. 43, ligne 17, il dit qu'il est plus rapide à accomplir des œuvres charitables 
que les roues d'un char. 

^ Cf. RamPlitz^ l. c, v. 22-23 : t Comment un agneau peut-il chasser un lion...? • 

*•• Cf. Mouioâzana, p. 12, 1. 19, et Kokowzoff, p. 7, note 9. 

** Cf. Bâcher, Abraham ibn Esra als Grammatiker^ p. 3, note 7, et Sleinschneider, 
Catalogue de la Bodléienne, p. 1000, et son travail intitulé « La Balance n dans le 
/McAwre/n, de Kobak, vol. IX, p. 66-67. 



236 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

vait surtout indiquer son système de philologie comparée. Le même 
terme se retrouve chez Juda ibn Koreïsch * et Moïse ibn Ezra % 
qui l'emploient dans le même sens. Le choix de ce mot comme 
titre de l'ouvrage montre que les philologues de cette époque écri- 
vaient et pensaient selon le mode arabe. Ce même nom a été 
choisi comme titre par Técrivain arabe Hassan al-Amîd, au 
x^ siècle, pour son ouvrage de philologie comparée ^ Mentionnons 
encore ici les titres caractéristiques de quelques autres ouvrages 
de philologie hébraïco-arabe : le Dictionnaire de Haï Gaon ou 
'>l&<nbi< ::i<n^, c'est-à-dire « le Collectionneur », dont le tire cor- 
respond au Dictionnaire de Mouhammed ibn Doureïd (x« siècle) 
appelé KUâb al-Gamarra*. Le nom de Kitâb al- Loiima donné à 
la grammaire d'Ibn Djanah rappelle l'ouvrage grammatical d'Ibn 
Ginni : Al-Loumâ fi^l Nahw^. L'ouvrage de Moïse ibn Chiqui- 
tilla sur les masculins et les féminins est déjà comparé par Ibn 
Baroun avec l'ouvrage de même nom du grammairien arabe du 
x° siècle Abou Bekr ibn Al-Anbâri ^ Le livre d'Ishak ibn 
Yaschousch sur les flexions du verbe, t^-^iî^irnbwNt si^niD = '^dd 
D'^Din">2i^:, fait penser à son modèle arabe, également cité par Ibn 
Baroun, l'ouvrage d'Abou ïshak al-Zaggag du x^ siècle sur la P^ et 
la IV« formes du verbe : nb:>Dt<'i rhy^ nt^ns '. Mentionnons encore 
l'ouvrage de Moïse ibn Ezra sur la Poétique et la Rhétorique qui 
doit être considéré tout à fait comme un produit de la littérature 
arabe consacrée à l'Adah ^. 

Gomme véritables prototypes de l'œuvre de philologie compa- 
rée d'Ibn Baroun, il faut citer deux auteurs du x'' siècle : Juda 
ibn Koreïsch, qui, chose remarquable, n'est cité nulle part par Ibn 
Baroun, et Dounasch ben Tamim de Kairouan ^ Le livre de ce 

* Risûle, éd. Barges et Goldberg, Paris, 1857, p. 84 ; cf. KokowzolF, p. 19, noie 32. 
« Cf. le chapitre publié par KokowzoIF, p. 221, l. 21 ; y^'-^y nb»nN?372Vx 

> Cf. Kokowzoff, p. 19, note 32. 

* Il semble que, pour rendre le mot "'l&^n en hébreu, on doit préférer la déno- 
mination debbn^n 'O également usitée par Ilarkavy dans le aiS'TOT:") mT?373, HI, 
p. 94, à la dénomination de SnoNTOH 'O employée par Ibn Ezra. Au sujet de la com- 
position de l'ouvrage de Haï, voir plus loin. 

^ Pour cet ouvrage, qui se trouve en ms. à Berlin, cf. Poznanski, Mose b. Samuel 
Hakhohenibn Chiquitilla, Leipzig, 1895, p. 166-167. 

^ Cf. Mouwâzana, p. 7, et Poznanski, /. c , p. 20-21. 

' Cf. Moufoâzana, p. 83, dernière ligne, et Kokow-zolf. p. 144. 

8 Cf. l'étude de M. Sehreiner daus Revue, XXII. Rappelons aussi l'influence des 
interprèles arabes du Coran sur Texégèse des Juifs hispano-arabes. Cf. Poznanski, 
/. c, p. 196, et Schreiaer, dans Monatsschrift, XXXIX, p. 270-271. 

3 Moïse ibn Ezra (éd. Kokowzoff, p. 215, 1. 17) dit de lui : "^iNinV'*^ 
^r^bDU5btî3 TT3573bN- Le dernier mot semble être une dénomination qu'il emploie 
généralement, et, d'après une hypothèse émise par M. Bâcher dans une lettre qu'il 



ISIIAK IBN BAROUN 237 

dernier, cité par Abraham ibn Ezra comme ^^y p^b?: s-n:^?^ nso 
an:>n, n'est connu de nous que par des citations et ne parait pas 
avoir obtenu, en général, un accueil favorable *. Mais ce sont les 
deux principaux ouvrages d'Ibn Djanah, le Kitab al-Louma et le 
Kitab al-Ousoul, où se trouvent de nombreuses comparaisons 
entre l'arabe et l'hébreu *, qui ont exercé une influence sur Ibn 
Baroun. 

m'a adressée, serait un mot bsrbèra. L'œ ivre de Dounasch b. Tamirn était exclusi- 
vement un ouvrage lexicologique, suivant Tindicalion de Moïse iba Ezra, /. c, I. 16- 
17, ^rr:h^ lll riiSxS ^i:\bbN nniï<pn "^D, d'où il résulte qu'il ne contenait rien 
de grammatical. 

* On connaît aujourd'hui de l'ouvrage de Dounasch b. Tamim une citation faite 
par Juda ibn Balam dans son Commentaire sur Deut., xxviii, 27, pour l'expli- 
cation du Kerê et du Ketib Û'^boS^ =^ Û'^^TinL]' D'après lui, le texte biblique portait 
C^bcy, mot qui aurait la même signification que l'arabe îlbD^*» qui désigne une 
maladie des parties naturelles de la femme ; le Kerê et le Ketib réunis s'appliquent en 
même temps aux hommes et aux femmes (Cf. Fuchs, Studien. p. xx). La même ci- 
tation se trouve aussi chez Tanboum de Jérusalem dans le commentaire sur I Samuel, 
V, 7 ; cf. Haarbrûcker, R. Tank. Hierosol. Comment, arab. ad libr. Sam. et Reg.^ 
Leipzig, 1844, p. 8 du texte arabe, et p. 9 du texte latin. Ibn Baroun cite encore 
deux fois cet auteur: dans Momoâzana, p. 45, à propos de^n, H Rois, xii, 10 (chez 
KokowzofF, il y a faussement v. 6), où il compare ce mot avec un terme arabe « qu'il 
n'est pas convenable de citer» t»<^l*n5'i 'JOTT^ ^b "^'ibN, elibid., p. 67, où D. b. T. 
compare le nbs de Nombres, xui, 6, avec le nom Kelb usité chez des Arabes, qui est 
aussi employé comme nom de personne, ce qu'Ibn Baroun considère comme une re- 
marque superflue : t^;i33> '^3il"'D. Moïse ibn Ezra dit de D. b. T., ibid., 1. 17-18, qu'il 
n'approche pas de beaucoup Ibn Baroun et que chacun peut le constater par l'examen 
de leurs ouvrages respectifs, >sï^ nOïl y^T bâ^b^ r<Sn riDN^N n^"» ûbl 
t**î73?T'D"ibNn rî3>bj<a'?2 t*«î;2) ]12b nni ; il cite une explication de lui sur 
^^y^ d'Isaïe, xi, 14 {ibid.^ p. 212, 1. 28), d'après laquelle ce mot devrait être comparé 
avec l'arabe ÏÏDi^'^y « tirer un présage du vol des oiseaux » et il dit que cette com- 
paraison est pnONT "ly^i^ « étrange et ridicule ». Abraham ibn Ezra le cite aussi 
une fois à propos de Genèse, xxxviii, 9, où il qualiOe son opinion de 'JIS'^iMJ '^D 
« folle • ; dans Kohélet, xii, 8, il réfute sa théorie sur les formes de diminutif. 

' Ces comparaisons sont très bien exposées dans l'ouvrage de Bâcher : Die heh'.- 
arab. Sprachverglcichung des Abulwalid Mervan ibn Ganack, Vienne, 1884. Qu'il me 
soit permis d'ajouter ici quelques comparaisons remarquables qui ont échappé à Bâ- 
cher, sans avoir moi-même la prétention d'être complet. Dans son Dictionnaire, 174, 
1. 13-15, Ibn Djanah compare ibSin de Psaumes, lxxv, 5, à l'arabe bNbnS « élever 
la voix ». D'après R. g., 74, ibid., il faut aussi expliquer ainsi le mol ibblî^D"^ de 
Nah., 11,5, et Jér., xlvi, 9. Cf.au sujet de ces derniers passages l'explication d'Ibn 
Djanah dans l'original arabe, qui manque dans la traduction hébraïque (éd. Bâcher, 
p. 119). Dans le Dictionnaire, 177, 1. 25, Ibn Djanah dit au sujet de ^^iZTt SN 
^■^15 (Genèse, xvir, 4) que 'j'l?3!l doit être comparé à l'arabe ^bblj (Les diciion- 
naires connaissent aussi comme ayant ce sens Niibn et Nribîl\ et qui signifie « assem- 
blées d'hommes qui font retentir leur voix », de sorte que ce mot devrait plut(it être 
rapproché de û"^!^ M2Ti de Psaumes, xlvi, 47. Comme preuve en faveur de cette 
interprétation de ce dernier passage, on pourrait aussi invoquer Isaie, xvii, 12; 
cf. aussi la traduction d'Ibn Tibbon, p. 121. Dans le Dictionnaire, 495, 1.20, il dit que 
"11730 de Cant. , ii, 1 3, signitie la ileur de la vigne : Û"lObN n.SpD IH, et il ajoute qu'en 



238 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

L'ouvrage d'Ibn Baroun n'a laissé dans la littérature hébraïque 
que des traces extrêmement rares. Il n'est cité nominativement que 
par Moïse ibn Ezra, dans son Traité de Poétique et de Rhétorique, 
où il rapporte aussi trois de ses explications *. Parmi ceux qui ont 
utilisé le travail dlbn Baroun, on peut nommer Joseph Kimhi, 
qui cite une de ses comparaisons, en s'en référant au rr^^m 'o 
'^:ny ^ydbb "^iny liusb^. L'auteur du Kitali al-Mouwâzana est 

arabe, c'est le mot 'HNIID ; il fait aussi remarquer que, par analogie avec rexpression 
hébraïque nn 13113 n"l72Dm, les Arabes disent r-in"«-lN rin-^NI nbl t**iV5Np. 

— [La prétendue traduction de Saadia chez Merx : Die Saadtan. Veherstttung des Ho- 
henliedes im Arahischen, Heidelberg, 1882, p. 29, porte l^lîT^ObNI, cf. les remarques 
de Merx, ihid.^ p. 5-8.] — Col. 698, 1. 28, il explique nb^'O (Isaie, xxvir, 12 ; Ps., lxix, 
3 et 16) par « abondance de l'eau », par analogie avec Tarabe bD073 N73 dans le sens 
de HtS • beaucoup »,ou par b55- — Cl. 766, l. 17, à propos de ^^SO D^^nnS 
IN'^pD (Isaïe, XIX, 14), il dit que ce mot doit s'entendre 4ans le sens de mDDnnn, 
mouvement en divers sens, et non dans le sens de « errer comme un voyageur 
égaré », et il remarque à ce sujet que le mot arabe 3N""it3!^N, usité pour rendre ce 
terme, a le sens de « se mouvoir » ; c'est ainsi que les Arabes disent : S^Iûittî 
"blT^ ^nn «nn^nn ■^3:^733 t^Tob^ [C^730bi<] « Dans le ciel l'eau est mue çà 
et là jusqu'à ce qu'elle tombe, » Dans la traduction de Juda ibn Tibbon, éd. Bâcher, 

p. 546, ce passage manque. Saadia le traduit par ^2Ê (i-'f. éd. J. et H. Derenbourg, 
Paris, 1896, p. 28). 

* Cf. à ce sujet Kokowzoff, p. 151, et ibid.^ note 398. 

* Cf. le fragment du Comment, sur Job de Joseph Kimhi, sur tl3iri, xxxix, 
23, dans Eevue, XXXVII, p. 98 et ibid., note 8, où l'on renvoie à l'arabe 
S»<5n, et Mnuwâzana, p. 92, s. v. On trouve encore chez Joseph Kimhi les compa- 
raisons suivantes : l'explication de SirT^, Job, xxvii, 6, par l'arabe Clin3t< « se re- 
tirer » (cf. David Kirahi, Dictioonaire, s. v., et le commentaire de Joseph Kimhi 
dans Schwartz, l^nSN mpn, p. 162, où il est dit : ^^ib "l?215< "^nn:? "jT-bm 
t|"in373 l'^DlDbND t^iri'U), d'après Mouwâzana, p. 53, s. r, La même explication 
se trouve aussi citée dans Maïinonide, More Neboiikhim, I, 39, qui en rapproche 

^"^isb nD-in3 nns':: (Lév., xix, 20), «j^^pb miai'n V3p?j n*ji3 nn c^m 

mUJNn ; cf. Bâcher, Die Bibel'' exégèse Moses Maimilnis^ p. 160, note 5, et 
Chwolson-Ftstschrift, p. 144, et ibid.^ note 1. Cette comparaison est aussi citée par 
Simon b. Céraah Duran dans son Commentaire sur Job, appelé l3D'«2373 DrîTNi 
p. 134a : "^S"!^* 'ITÙib?^ rî'^LÛ3 7û"^, et par Saadia ibn Danâu, dans Tappendice du 
Dict. d'Ibn Djanah, 787, 1. 9-10. Rappelons à ce sujet que, tandis qu'Ibn Baroun, 

ibid.^ rapproche tl"in « hiver • du radical arabe !n~)D, Moïse ibn Ezra, dans son 
traité de Poétique (ms. Berl. or. 464, U 128 fl), où il cite également l'explication de 
ÇiITT^, le fait dériver de ce mot, « parce qu'en hiver le soleil se relire de sa hauteur » 

t<rnn p r-r^D D73'::b>< rjwSnnsNb r]-in "^s^'n aOwXbwS r^Snn ^?:d"' 
tDniiyn ^xn -^br -^nbp C]-in3"' 5*<b \x ^^,2^)2 "«anb qnn^ ^<b^ bhiz. 

— Le rapprochement que fait Joseph Kimhi entre T"n de Job, xxiv, 1, et Tin73 de 
Ps., Gvii, 30 (d'après David Kimhi, Dict., s. v.) avec l'arabe TiSH se trouve déjà dans 
Ibn Baroun, Mouio.^ p. 43-44; cf. mes Sttidien sur Joseph Kimhi, dans Monats- 
schrifi, XL, p. 175, et XLI, p. 156 et 274. Cf. encore l'explication de *7in , 
Job, XL, 12, par l'arabe ■jnn [Revue, l. c, p. 99, et ibid., note 5 =: Mouw.j p. 24, 
1. 1) ; la comparaison entre T^iriDi ibid., v. 17, et l'arabe t5d (Bcvue, l. c, Qiibid., 
note 7, Mouîo., p. 86). Il esta remarquer que tous ces emprunts faits à Ibn Baroun se 
trouvent dans le commentaire sur Job que Joseph Kimhi a composé en Espagne, 



ISHAK IBN MROUN 239 

encore cité par Abraham b. Salomon, du Yémen, qui vivait au 
xv« siècle, dans sa compilation sur les Prophètes, et cela en quatre 
endroits *, et par un commentateur anonyme du More de Maïmo- 
nide, également du xv° siècle, dans un passage unique ^ Nous 
émettons aussi l'hypothèse, mais sous toutes réserves, que l'ou- 
vrage dlbn Baroun a été connu et utilisé par Abraham ibn Ezra, 
qui l'aurait cité sous le nom de "^llDon pHiT"»'"!, dans le commentaire 
sur les Psaumes, cxlvii, 3, à propos du mot dmn^j'b, qu'on veut 
dériver de l'arabe ^. Abraham ibn Ezra donne encore un certain 
nombre d'explications, c'est-à-dire de comparaisons, qu'on ne ren- 
contre en partie que chez Ibn Baroun*. Tanhoum de Jérusalem 
rapporte aussi des comparaisons avec l'arabe que nous ne pou- 
vons considérer que comme des emprunts faits à Ibn Baroun, 
puisqu'elles ne se rencontrent pas, que je sache, chez des au- 
teurs intermédiaires. Ainsi, par exemple, l'explication de ^ns , 
Osée, III, 5, par « affluer » ou « se réfugier w, par analogie 
avec l'arabe 3>td^. Nous trouvons aussi chez Tanhoum une com- 

* Cf. Kokowzofr, introduction hébraïque au Mouwâzana, p. i, et l'élude en russe, 
p. 151, et ihid., note 401. 

« Cf. Kokowzoïr, L c, et note 403. 

' Ibn Ezra cite la même comparaison dans le commentaire sur Job, x, 5, pour "^513^^, 
au nom de D'^^UISTOÏI "^31*^; cf. Bâcher, Abr. Ibn Esra ah Gramtnatiker, p. 169 et 
170. Elle peut tort bien avoir été empruntée au Mouwâzana d'ibn Baroun ; en tout 
cas, cet article manque dans notre édition. La même comparaison se trouve aussi dans 
le commentaire de Simon b. Cémah Duran sur Job, 78 a : û'^t-inn "^D £*<"'''l 

r^^irr^y 1735 iD^pr: ^ydbi û^as::^ i^npi T\^y::r', L3"im m7jn v^ ûwsr; 

y^y bN3'73\23'^ "JTilibs, et dans le coramenlaire de Samuel ibn Masnùlh sur Job, 

. d-^sa x^y-iz (éd. Buber, p. 35) : û^n:;b "j^mpuD bN^^-^ci 'iT«::b "j^r^T: ^^inc n"t 

* Dans le Commentaire sur l'Ecclésiaste, x, 9, Ibn Ezra rapporte au nom de 
Û^U3"1D73Î1 "^^ll la comparaison de 'jîDO'^ avec l'arabe dans le sens de • chauiier », 
explication qu'ils proposent aussi pour n^D'iO de 1 Rois, 1, 2 ; mais il rejette cette 
explication. La comparaison, pour ce dernier passage, se trouve chez Ibn Baroun, 
p. 73; cf. aussi mon étude dans Monatssckrift, XLI, p. 167, note 3, et p. 277. 
(L'hypothèse émise par Kokowzolï', p. 152, eiibtd., note 404, que Tanhoum de Jéru- 
salem daas son commentaire sur i Rois, i, 2, éd. Haarbrûcker, p. 62 du texte arabe, 
fait allusion à Ibn Baroun, s'explique par le fait que les citations de Tanhoum sont 
rapportées ici comme partout ailleurs d'après Ibn Ezra, ce qu'on peut constater sur- 
tout dans son Commentaire encore manuscrit sur l'Ecclésiaste, x, 9 ; cf. à ce sujet 
Monatsschr.^ l. c.,p. 107, note 3). Dans le commentaire sur Osée, 11, 17. pour ïlpj^'n, 
Ibn Ezra cite une explication d'après laquelle ce mot auraii le sens de liyjj « de- 
meure », explication qui ne se trouve que chez ibn Baroun, p. 77. D'après Ibn lizra, 
ce commentateur expliquerait également ainsi ^53'^ d'Isaïe, xiii, 22. Dans le commen- 
taire sur le Cantique, m, 10, Jl^HN Cll^"!, 1- E. dit que des commentateurs ex- 
pliquent ce mot comme signitiant « brûlant d'amour »; c'est l'opinion d'Ibn Barouu, 

U) 

p. 94, qui l'explique par t>J3n Û'^iÎTn ; la même opinion est aussi citée par le Com- 
mentaire anonyme sur le Cantique, éd. Mathews, dans la Fcstschrift de Slein- 
schneider, p. 171 . 

' Cf. Mouwâzana, p, 86, et mon ouvrage : Aus dent Koheleth-Comnt. des Tank, 
Jerus. (Berlin, 1688], p. 15, eiibid., note 6. 



240 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

paraison grammaticale donnée par Ibn Baroun,à savoir que le 
hitpaèl hébreu, comme la V^ forme du verbe arabe, désigne une 
action hypothétique*. Enfin, on rencontre de nombreux emprunts 
faits à Ibn Baroun dans les gloses du ms. de Rouen, qui contient 
le dictionnaire d'Ibn Djanah; ces gloses offrent, en général, beau- 
coup de matériaux pour la comparaison de Thébreu avec l'arabe et 
se composent surtout d'extraits ^ M. Kokowzoffa déjà signalé ces 
emprunts; toutefois il ne les a pas reconnus tous^. Ajoutons-y les 
indications complémentaires suivantes : Dict., col. 17, Rg. 12, sur 
nni^; col. 19, Rg. 64 (1Tn552), sur ^^i^* ; col. 32, Rg. IT, sur hn ; col. 
66, Rg. 14, sur pDt^ ; col. 169, Rg. 3, sur r;ni<, Mouw., p. 29 ; col. 
220, Rg. 26, sur U'ûm; col. 278,Rg. 81, sur ^rr» ; col. 290, Rg. 18, 
sur ns"^ ; ibid., Rg. 19, sur yt)^; col. 313, Rg. 7, sur in:: ; col. 502, 

' Cf. Mou?o., p. 10, avant-dernière ligne, avec les développements de Tanhoum 
dans le commentaire sur Josué, ix, 4, 1"i'^Iû!i"^1 (éd. Haarbrùcker, Berlin, 1862, p. 18), 

« Les Arabes emploient la 5» forme de bO"), envoyer, pour désigner une fausse dé- 
claration d'envoi ». 

* Ces gloses sont empruntée?, en grande partie, à la traduction de la Bible de Saadia 
et à HisâU à^lhn Koreïsch (cf. Bâcher, Die hehr.-aral. Sprachvergleichung. ., p. 29, 
noie 5). — Nous trouvons aussi en cinq endroits des citations de Moïse ibn Ezra tirées de 
son pS^', et une fois, Dict. 565, n. 81,5. «?. mS, on trouve l'explication de Moïse iba 
Ezra, sur Gant,, ii, 17 (cf. aussi Kokowzoff, p. 92-93, et ihid., note 108). Des 
autres rapprochements faits dans ces gloses, mentionnons encore le suivant qui ne 
se retrouve nulle part ailleurs : Dictionnaire, coi. 366, n. 93, sur b!l73, il est dit, a 

propos d'isaïe, i, 22 : yrû^ri "y^r^b bNp^D 3>^p "^bs^ ^T» aÉbbwS yrM2 

ilT?3t3 "^M ï*^73biS3 ; d'après celte explication, bn73, qui signifie « circoncire, 
fendre », a de l'analogie, dans le sens de « mélanger », avec la langue arabe, qui 
désigne le mélaugc d'eau et de vin par ces mots : « le vin est fendu par de leau ». 
Il est vrai i]ue le plus souvent les lexicographes arabes emploient dans ce sens le 
mot DùJp ; cf. Gesenius, Thésaurus^ p. 772 ; voir aussi ce que dit contre cette 
analogie Barth, Beitraege zur Erklaeninq des Bûches Jcsaja, dans le Jahresbe- 
richt des Rahbinev-Seminars zu Berlin, 1884, p. iv, Joseph Kimhi, cité par Da- 
vid Kimhi dans son Commentaire ad L, et dans le Dict. s. v , explique le mot binTî, 
d'après l'arabe bîlTD et l'expression de la Mischna bïllTO « suc du fruit ». Il faut en- 
core mentionner l'explication de Moïse ibn Ezra dans sa Poétique (ms. Berl. or. 464, 
fol. 88 a) à propos de la ûgure de rhétorique Tî<3''5< : "Oy t^à C^TQ^ bin73T 

t«<bi D*^:;Db rr^r; ^dd:d ■^b:' ran^i:?: riDN "^-in r<^î< "{^i^nnb.x S"^2d 
c^bobN r<riDn:ii .'n:\bbN )i2 t<r"j\sn î^?: -^d rSzûsbbN rrinb p^pnuîN 
(••' n"^TbN) n^obN ^D3> b'^pT "niDj'bî^ nnrbwX i3y br!7:bi<"i r^-r^nD 

« biriT^ est employé là dans le sens obscène, comme cela résulte du contexte ; il n'y 
pas moyen de donner l'étymologie du mol; en arabe on l'emploie dans le sens de 
"HD^*, troubler ». Une remarquable explication du mot a été donnée par un lexico- 
graphe anonyme (caraïte?), cité par Pinsker, Likkoute Kadmoniothy p. 228-229, ^'lUpya 
DïlTDNblD \l2i s'il est vrai que ces derniers mois, comme le veut Piusker, ibid. y 
p. 227, soient une allusion au langage de la Mischna. 

* Cf. la partie russe, l. c. En reproduisant les comparaisons d'I. B., M. Kokowzoff 
les place entre parenthèses avec le signe Rg. 

* Cf. Bâcher, Z. A. T., p. 244, note 1. A noter qu'il y a une explication sem- 
blable chez Salomon ibn Parhon dans son ^"i"i3?n m^H'^. s. c, qui l'explique 
comme nijSN, Exode, xxiv, G, avec l'hypolhèse de la iransformalion d'un b en 3. 



ISIIAK IBN BAHOUN 241 

Rg. 80, sur b^:>; col. 548, Rg. 48, sur n^:^ ; col. 564, Rg. 12, sur 
piD; col. 6013, Rg., 24, sur yan ; col. 668, Rg. 87, sur nm ; col. 
678, Rg. 86, sur -V"! ; col 689, Rg. 2, sur Dp-i. 

Lessources auxquelles Tbn Baroun a puisé ont déjà été indiquées 
par MM. Kokowzoff* et Bâcher ^ qui nous ont fourni tous les ren- 
seignements qu'ils ont pu trouver dans son ouvrage, malheureuse- 
ment incomplet. Ajoutons encore ici quelques observations com- 
plémentaires. La traduction et le commentaire de la Bible de Saadia 
ontsans doute fourni à Ibn Baroun les remarques suivantes : l'ana- 
logie deb^^, qui signifie à la fois « être triste et craintif » et « être 
ému joyeusement », avec l'arabe 3^::, qui a aussi les deux sens op- 
posés ^ ; l'explication de ■^:yn'', Job, xvi, 11, par le mot arabe '^"n, 

surtout le substantif îirjm dans le sens de ri-^bn, malheur, ruine* ; 
la traduction de ^"^did^, Isaïe, lix, 5, et Job, viir, 14, par mnss:» - ; 
la traduction de !iu:uî:?, Ps., vi, 8, par nny « se flétrir ^ » ; la tra- 
duction de-^s^Dn-D^"!, Job, xvi, 12, par l'arahe ID'id ^ de î-;'i5D, Lév., 

• Inlioiiuclion hébraïque, p. ii, et partie russe, p. 129 et suiv. 
» Z.A. T., l. c, p. 228. 

' Cf. MouH\, p. 24, 1. 11-12, et le Commentaire de Saadia sur Ps., ii, 11 (éd. 
Margulies, Broslau, 1883, p. 3 de Tarabe ; cf. aussi p. 6, note 3;. La même explica- 
tion, sans qu'il la rattache toutefois directement à l'arabe, est donnée par Ibn Dja- 
nah, 128, 13; la comparaison se trouve aussi chez Tauhoum sur Osée, x, 5; cf. Ans 
dem Koheleth Cumment. des T., p. 15, et ibid.^ note o. 

* Cf. Mouia., p. 63, s. v. U'^^, où il est dit : ï-ï'^bnbN '^H'} tlUIlbb 0:Ni?3 
r^ninD ^7:w^b&< ^D ï-inamwS Ipl I^^D^sbi^ S^-^D J*p^ et Saadia, aî. l, 
(éd.Cohn, p. 48, et dans le Commentaire, îi/c/.) : 5^uD"11 "^D "INba DNjb^ llbip"^ 
îï^^babè^ ;i:5"l "^D I^DN "^i^. De même, Saadia traduit ^aT^ de Nombres, xxir, 32, 

«o 

par [û'iin (éd. Dérenbourg, 1893, p 229}. Ibn Baroun en rapproche la troisième 

forme tûi^'ll « faire secrètement, tromper », et le traduit par y^S, Tijf^lb. Juda 
ibn Balam, sur Nombres, xxn, 32, l'explique, dans le sens de « se jeter aveuglément 

dans une entreprise » ÛNtlpSi^bNl i»t<Àbb.S ^by "^O^D blDl UninbwST \cf.Fuchs, 
Studien ûher Juda ibn Balam, appendice, p. x). Juda ibu Koreisch {Eisalè, 

p. 107, 1. 11) le rend dans les deux passages par bmn et briT^ « tomber dans la 

boue » et aussi « subir un malheur » i^briV "^ÎÙÛ^T^ '^jI31'^ ...5mn Cûlin TN 

?nbmbN ï^t^llb^^ "^7^0:1 :3'^3?bï<^. Mentionnons encore la remarque de Samuel 
ibn Masnùlh, dans le Mai/an Gannim, p. 53 : t>ï"ir! bN^T^O"» *J"l\:jb3 Î^ZJIlbj^l 

^-172:2 i^bN 157D73 nNib biiD"" n:\NT fiwsn by ^<3^':} rrjp *nm 

bl1^. Ibn Djanah , dans son Dictionnaire, col. 237, dit : :û~Tn 5Dr^. 

^ Cf. Momo.^ p. 84, et Saadia, ad l.^ (éd. Dér., p. 88, éd. Cohn, p. 31\ tandis 
qu'lbn Djanah, Dicl., 557, 2, a 3lDj^. Le ms. d'Oxford, d'après la note 90, a 
n"llD!D3i'\ de même note marginale, ibid.^ et Zerahia b. Schaltiel dans le commen- 
taire sur Job, ■'y::"i:5< mpn, p. 213. 

^ Cf. Mouw , p. 83, et Saadia, ad l. (éd. Margulies, p. 6, en arabe). 
^ Cf. Mouw., p. 85, et Saadia, at;? /. (éd. Cohn, p. 46). La même comparaison est 
faite aussi par Zerahia b. Schaltiel {ibid., p. 232) : ^/CI^'J "'anm 1^ nTi3 

r-n3up miD^nnb ^nnP72-i i)3i::>?3 y:iiDn?j\a nmb -isnsnr 
T. XLI, N*» 82. la 



242 



REVUE DES ETUDES JUIVES 



XIII, "7 et 12, par "^SjDn^etde i:^^, Isaïe, xiv, 3, par Tn dans le sens 
de « punition-». Un certain nombre de coniparaisons faites par Ibn 
Baroun sont peut-être empruntées au Risalê de Juda ibn Koreïscli, 
quoiqu'il n'en fasse mention nulle part. Mais de même qu'Abraham 
ibn Ezra^qui lui est postérieur, Ibn Baroun a dû connaître cet 
ouvrage. Nous notons ici les concordances suivantes : la compa- 
raison de n^bN, Juges, xvii, 2, avec l'arabe "^bS (4^ forme) « jurer », 

et n^N (Lév., V, 1) avec mbx ou rnbi « serment ^ » ; le rapproche- 
ment de bnn, \>^W avec l'arabe 5n « s'établir, se fixer », surtout en 
parlant du malheur*; la traduction de ^Dn, Prov., xxii, 6, par 
l'arabe '^an et de v^-'sn, Genèse, xiv, 14, par rr^Din^o « ses gens 
exercés par l'éducation et l'expérience » ^ ; la traduction de 6]nn 
(Prov., xxiii, 28) par l'arabe C]pn,« mort »•; de iDbb;::'', Néhémie, m, 
15, par l'arabe bbi « couvrir, recouvrir d'un toii«' ; denb::, Isaïe, 
Lxv, 25, par l'arabe ià'û « jeune brebis »^ ; le raj)prochement de nnn 
dans Genèse, xxix, 21, avec n^n, et "^nin, dans Ruth., m, 15, avec 
Tii^n d'après le principe du C|ni:72 « l'hypothèse d'un faux changement 
de son ^ » ; de r^if^ avec y:z^ « placer », d'après le même principe '*^ ; 
la comparaison de ^p"> avec l'arabe -ipi dans le sens de a pesant, 



* Cf. Moîiw., l. c, et Saadia, ad l. (éd. Dér., p. 160). 

* Cf. Momo., p. 88, et Saadia, ad l. (éd. Dér., p. 21). Cf. aussi l'indication dans le 
Kamous de Firuzabadi : 35<iybN IH- Cependant, tandis qu'Ibn Baroun explique 
ainsi m de Job, m, 17, Saadia, ad L, le traduit par "^^t^J^^^bM : • rébellion •. 

3 Ci. Mouw., p. 35, tt Risalè, p. 61. 

■M» , , 

* Cf. Momo., p. 44, et Risalè, p. 39, et surlout p. 74 : 5n 3"iy5N 5"ipn 

rr^bj^^nbm m73bN m-hy bn^T ^.sbnbi? rr»'^:? bn*^ ^<b3b^< î-12 

S^N^T^bî^. La même comparaison est faite aussi par Barih, Etytniilo<iisrhe Stu- 
dien, 1693, p. 68. D'après Ibn Baroun, il faut aussi y ratlacber ^^blf! !l~"l, de 

TEcclésiaste, v, 12 = ribiSn. La même explication est eucore donnée par Ibn Ezra et 
Tanhoum, ad L ; cf. Ans dem Koh. Comm.,p. 25. 

' Cf. Mouw., p. 50, et Risalè, p. 74. Chez Ibn Koreisch il y a nbriTwl n^D-rtTî 

tib^ibN ^:n ^ysb *]3n ; chez ibn Baroun : ï-iN pn^i h:?:'! rnzînbwN 173 

*-n725<biS 2-i:i Tp •'io^ "f:nn7:bwSi '7;n?:bN binbNT r;"^D:n?2 i-iD-^sn 

"jO^NI nn'ni^n^iS rinDjin. Ce mot désigne donc l'homme instruit par Texpé- 
rience et le temps. La manière dont il en est parlé dans le Kumous est presque 
identique. 

^ Cf. Mouw., p. 55, et Risalè, p. 75. Ibn Baroun exolique de même pnn^. Jol^i 
IX, 12, par "T^^Ti n!N *N « qui laisse disparaître •. 

^ Cf. Mouw., p. 57 : rîDD "UJ bD b6'\ r;'ibi3"^T, avec RisaU\ p. 23 : nn'^ODm 

r]'^pcm b-^bin- 

^ Cf. Mouw., p. 57-58 : !-T^wmbi< rT",pabi< nbl im. avec Risalè, p. 16, sur 

Genèse, xxx, 1 : ><b:: ribwN^^bN nbT ■«::on n-i^bxT. 

^ Cf. Mouw., p. 60, s. V. 271"^ avec Risalè, p. 16, sur Genèse, xxx, 1 : nT^OSm 
^" Cf. Mouw., p. 62, et Risalè, p. 90-91. 



ISIIAK IBN BAROl'N 243 

puissant » ' ; de nr:» avec Tarabe "iT^, dans le sons de « aider * », de 
^n3> dans Proverbes, xxiv, 27, et dans Isaïe, x, 13, avec l'arabe Tny 
dans le sens de nin « ôtre présent », c'est-à-dire « des trésors 
qu'on conserve pour plus tard ^ »; l'explication de rj^:iD dans Gant., 
II, 13, par l'arabe as, dans le sens de « fruit non mûr* » ; la tra- 
duction de mmn dans Nombres, xxxii, 14, par rr'n-.n « éduca- 
tion » ou « élèves^ »; le rapprochement de un dans Job, xv, 12, 
avec l'arabe 1J21 « cligner des yeux pour désigner quelqu'un », 
grâce à l'admission d'une métathèse, comme cela arrive dans le 
langage de la Mischna^; de d'iDitn de I Rois, xix, G, avec qi"i 
« charbon, pierre brûlante^ ». 

Dans le dictionnaire de Haï Gaon, le Ravi, outre les compa- 
raisons citées directement par Ibn Baroun^, nous trouvons encore 
les rapprochements suivants ^ : 'nrjï^, dans nzûi^n bx de Ps., lxix , 
16, avec l'arabe "itûi^ dans le sens de « comprendre, concevoir une 
chose »*"; m^ ^ban, Ps., xviii, 5, et cxvi, 3, avec l'arabe b\S3n 

^ Cf. Moiiw.^ p. 62-63, et Risalè, p. 23-24. D'après Il)n Koreïsch, le mot signi- 
fie « puissant » t^T'^TJ' S^il'^p'^ ÏTT^OSni, et surtout « lourd • ; c'est ainsi qu'il 
faut expliquer n^p"^ r3D (Isaïe, xxviii, 16) ; Saadia, ad l., éd. Dér., p. 40, tra- 
duit ici par nî'^TJ^- Le mot est donc identique à Tarabe 'J"'T"|. De même pour 'n ^31 
np^ ïl^n, I Sam., III, 1, Ibn Baroun observe que le mot signifie aussi < |-esant », 
ce qui est un sens peu éloigné de celui de « puissance >» : im "iNpl^!? Djî<i(73 

"^^yn )y "lyn*^ «b ^3y?2bwS ?<-im rrnbàn bànbN m-ipn rrrrjobN 

TiS'bN. 

• Cf. Mouîo., p. 80, et Risnlè, p. 78 ; tous deux citent le passage du Coran, 
Soura, VII, v. 156, rTlliTST m-lT^^T. 

• Cf. Mouw., p. 83, et Bisalè, p. 46 et 79. Uid.^ p. 83, au sujet de Prov., xxiv, 
27, il est dit : ïïni:5<n ï^'I'^nr TlSn, et pour Isaie, x, 3 ; '^nbN Dn"l"'i<b'T 
nïinbb >»irTnn5>î< ; chez ibn Baroun, ûrTlH^NI Û^nJ. 

• Mouw., p. 84, et Bisalè, p. 48 et 80 ; tous deux l'expliquent par fruit qui cb 
^siS"^. Cf. aussi Iba Ezra, ad l. ; c'est aussi ce que porte la prétendue traduction de 
Saadia, éd. Merx, p. 29. 

^ Cf. Moîcw., p. 87, et Bisalè, p. 88. Saadia traduit aussi dans ce sens ad L (éd. 
Dér., p. 244) : "l^^rûtîSbN 0^<3bN Û'^b^^n ^by ; cf. ibid., note 5. 
8 Cf. Mouw., p. 90 : ÛNbD r<ba m-'^^T n^^nb^n t^72^iX, et Bisalè, p. 57 et 

83 : ■^aj^^ibîîn rinwSUJwNbt^. 

^ Cf. Mou/0., p. 94 : C^itnbN '•bs'.'^I^Tn SlIiinTi NTI51, et Bisalè, p. 91 : rii"ip 

8 Mouîo., p. 27, s. »., n3N, où l'opinion attribuée à Haï appartient, en réalité, à 
Juda ibn Koreïsch, et p. 78, s. v., y^y. 

® Je dois l'original des passages suivants empruntés au Hâwi à l'obligeauce de 
M. Harkavy, qui a mis à ma disposition ces extraits du ms. de Saint-Pétersbourg. 
Je les indique ici avec quelques corrections de M. llarkavy placées entre parenthèses. 

1" Cf. Mouw., p. 33, v^P'"" f^^"i Sl^^'n î^b "^N n^î^n t^bi nî<:^72 et la 

remarque de Haï : i^J^N n^J^bN i-i:i:)31 Ûi:5wX \n rr^D nN3 "«^3' n::Nn 5N1 

[? ^«:4]nbN p ïnbiSNi nuwN rsiTao"^ [■? -nitlnTobiS vj^.s ■'b^ D^:72b« 
pn;a«. 



24/1 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

mTûbi^, « lacet, c'est-à-dire instrument de mort' »; in'n^nni^ dans 
Job, xvi, 4, avec l'arabe ^"'nnn, dans le sens de T\'^hi^r\ « aligner de 
beaux discours^ » et enfin la comparaison de lilit^n, dans Ps., 
Lxviii, 17, avec l'arabe lis-i, « regarder quelqu'un de travers ^ ». 

Quant aux divers points de ressemblance entre Ibn Baroun et 
David ben Abraham*, en présence de l'incertitude où nous sommes 

* Cf. Mouw., p. 42, s. V. b^n, ef le Dictionnaire de Haï, s. v. bns : tsb^^NI 

ni^b&< 3NnDN '^:y!2 tmTobN b-it^nn tnro "^bDii ^Son^ ^^ybi< f». 

« Sache que les Arabes, par analogie avec notre expression r\V2 ^bnn, ont l'ex- 
pression mT^bî^ b'^NSn • lacets, c'est-à-dire instruments de mort ». (La traduc- 
tion de Kokowzoff, p. 99 : i rêls, pièges de mort » est inexacte.) Hai ajoute encore 

^b isbnn binn M^?:n3 bip^ 'TNDsbi^ )i2 ^bn n*^:; ïmJTi « Un autre sens 

de cette racine c'est « détruire, pécher » comme dans Néhémie, i, 7 : « nous avons 
péché contre toi ». 

' Dans 3fouw., l. c, s. v. nsn. Ibn Baroun fait celte remarque : '\^i^ "l^riN 

ï-tÛNDbN i^r) ^:>NU5bN Si<p r]^bNnbi< niriT ^"^nnnbb o:Nà7j 

*lN**lDi< '^"^Dnn « Un poète arabe dit d'un beau discours que ses paroles 
produisent le même effet que la réunion de diverses couleurs. » Cf. le Dic- 
tionnaire de Haï, 5. r., ^112 : '"12::' p^^'^ i-rb n'^^t'^b DNbDb^^ tjbn t*<Si<"i 
[sic] ûN-J2bNi û'jsbi^ ion i-^bT^n ûs-'bi' rrr^ani^ b^p t^ps "^b^n n:r 
^<n■•2r^n Db^'DN ^nn "^n-is^bN "d bNp-« >^735 [?t=-J3bN:. • ^an 

désigne l'ordonnance d'un discours •, comme Job, xvi, 4, et surtout d'un beau dis- 
cours ; on emploie aussic cite expressionen arabe ». Saadia, ad. l., entenda ussi le mot 

ainsi, puisqu'il traduit (éd. Cohn, p. 46) ^<n■'^!i£ t*»i?2Nb5 ^^^by pbiN PwSb 
« j'aurais tenu devant vous des discours bien tournés (dans un ms. d^Oxford, le der- 
nier mot manque ; cf. l. c, p. 108 sur chap. xvi, n" 4). 

' Mouio., p. 94, s. V., ^il:"1, où la !'• et la 8* formes sont citées. Cf. Haï, qui 
est aussi cité d'ailleurs par David Kimhi dans son Dictionnaire, s. v. : ^^'^ 

nit-ib5< )12 ^DD t*<M nnpN l'i'iyin T^izh Tirn .n^bn ns^ bT^rno^^bx 
ibTOjnOwS t<i2^'ï> ^^ 1^ ?<573ip npn "^^N-ias^bN-i •i2-i:'bwN rTn2wS':;7ab 

)ir\i< t>ii2r^ir\ i^in 112 )-^bj2 V^^'^ s^nobn p ivjtz'O 'm 'n'a 
!-7ib3 nnibtî •'b:' 'jibinD-' tLMiwS t<2"^b:> l-^asb^^ib r^^nn^'l t^nsnb 

1"'n:;bbwS Sntipnn ûntjbj'b nnS^bwX. « Le radical ni:"! donne Heu à trois 
Jorme?, ^ii"! dans Ps,, Lxviii, 17, dont la signiGcalion la plus naturelle est 
« regarder de travers, guetler », sens qui existe à la fois en arabeet en hébreu. Nous 
avons déjà remarqué dans l'introduction que nos docteurs ont utilisé l'arabe et 
nous avons cité le passage de Genèse rabba, Wayischlak qui montre qu'ils 
cherchaient auprès de marchands arabes des preuves concernant des mots 
rares en arabe, la parenté entre les deux langues leur étant bien connue ». Harkavj 
renvoie, au sujet de celte déclaration de Haï, à une assertion semblable de ce 
dernier adressée à R. Maçliah et citée dans le Commentaire de Joseph ibn Aknin 
sur le Cantique ; cf. Journal asiatique, 5* série, vol. XX, p. 214. Du reste, 
cttte citation contredit Thypothèse généralement admise que Haï, selon la manière 
des lexicographes arabes, aurait rangé les mots clans son ^«î?t d'après la lettre (iaaie. 
Il s'ugit ici uniquement de la transposition des racines, telle qu'elle se rencontre 
pour la première fois chez le Caraïte Abou'l Faradj Haroun, l'anonyme de Jéru- 
salem, cité par Abraham ibn Ezra ; cf. l'oznanski, dans Rcvue^ XXXII, p. 26, et 
ibid., note 2. 

^ Ces ressemblances sont signalées par M. Kokowzolf aux endroits où elles se 
rouveut. 



i 



ISIIAK )DN DAKOUN 2« 

au sujet de l'époque où ce dernier a vécu, il faut nous abstenir 
d'émettre une opinion. 

Au sujet des ouvrages de Samuel Hanaguid utilisés par Ibn Ba- 
roun, nous apprenons encore, en outre de ce qui a déjà été rap- 
porté en d'autres endroits, que Samuel a aussi composé un traité 
sur les infinitifs, dont Lévi ibn al-Tabbân parle aussi *. 

Ce sont les ouvrages d'Ibn Djanah qu'Ibn Baroun a le plus ex- 
ploités et qu'il cite le plus 2. Nous citerons ici tous les passages non 
mentionnés par M. Kokowzoff où les deux auteurs se rencontrent. 
Il est vrai que tous ne peuvent être considérés comme des em- 
prunts directs faits à Ibn Djanah, puisque pour une comparaison 
qui se trouve bien chez Ibn Djanah, Ibn Baroun dit explicitement 
qu'il a emprunté l'équivalent arabe du mot au dictionnaire du 
lexicographe arabe Ibn Dureïd ^ Les mots ou plutôt les racines 
où Ibn Baroun a utilisé Ibn Djanah sont les suivants : 

Ti^bn^, (Isaïe, XXXIV, 14) d'^\^, (Jérémie, xiii, 20) ït^î^ jû^'p'^TwS ,'^ii^ 
,ir^^ ,"^\S"' mn ,C|i::n ,t)'^D"iD m-iij^ ,n:'Di^ ,bDw^ ,^5i< ,nrw^, (Isaïe, xix, 
8) ^5J< nnuîn [uj^ujn=] u:cn ,'i^7jn^n ,y):nn-« ,n7jn, (II Sam., xxiii, 
II) n^nb ,3nD ,^ni"iD xr\^ r^^^T* ,r»::23 ,ybD '^by^ ,r!\nî<::Nû ,"CDa 
,ûrî"'-irs:jn ,D"^3:;^ ,r-i^n^)j ,û^;\sdn ,inD-i:'^ .iripj^n .ta-^y^Dn "^d"":?© 

Conformément au but de son ouvrage, Ibn Baroun a utilisé na- 
turellement la littérature arabe dans toutes ses branches pour ses 
comparaisons. Aucun autre auteur ne l'a fait dans ces propor- 
tions^. Non seulement il cite le Coran, comme le firent avant lui 
Ibn Koreisch, Haï Gaon et Juda ibn Balam, mais aussi la littérature 
de la tradition. Il .renvoie même aux différents dialectes arabes ^ 



II 

LES COMPAR.USONS HÉBRAÏGO-ARABES d'iBN BAROUN. 

L'ouvrage de notre auteur, que nous ne possédons malheureuse- 
ment qu'à l'état fragmentaire", se compose de deux parties, une 

» Cf. Mouw., p. 14, 1. 6-7. 

' Cf. rintroduciiou Afou/oâzana, p, ii, et la partie russe, p. 134. 
3 Mouw.^ p. 71-72,5. V. nno ; cf. Iba Djauah, Dict., 476, 5-6. 
'* Ibn-DjaQah rapporte cette comparaisoa au nom de Haï Gaon, Dict., 474, 31-32. 
^ Cf. rintroduciiou au Alou/o., p. n-iii, et la partie russe, p. 143-15U. 
^ C'est ainsi que, p. 64, s. v. ^O'^, il renvoie au dialecte himyarite ; une autre fois, 
il cite le dialecte de llidjâz. 
^ Cf. à ce sujet les remarques de Bâcher, Z.A.W., Le, p. 231-232. 



2/i6 REVUE DES ETUDES JUIVES 

partie grammaticale et une partie lexicographique. Dans la pre- 
mière il traite des similitudes de l'hébreu avec Tarabe en ce qui 
concerne les formes grammaticales et la syntaxe (p. 1-22). La se- 
conde partie, après un aperçu général des principes qui doivent 
régir la comparaison des racines et des mots (p. 23-25), donne un 
certain nombre de termes pour lesquels Ibn Baroun indique sim- 
plement l'équivalent arabe, ou dont il détermine le sens par une 
analogie lexicographique avec Tarabe*; naturellement il s'y trouve 
beaucoup de choses intéressantes pour l'exégèse biblique. C'est sur- 
tout cette seconde partie qui montre la haute valeur scientifique de 
l'auteur. Si étranges que puissent nous sembler certaines com- 
paraisons, celles-ci sont néanmoins conformes aux principes sui- 
vis par la science moderne. Nous jugerons nous-même ces com- 
paraisons lexicographiques d'après Touvrage si important de 
J. Barth : Etymologische Studien zum ^emitischen heson- 
ders zum hebraeischen Lexicon, 1893), dont l'argumenta- 
tion se rapproche souvent de celle d'Ibn Baroun. Ibn Baroun 
emploie souvent les mêmes mots arabes que le lexicographe 
arabe Firûzabâdî, auteur du ^amoi«5 ; il semble que tous deux, 
comme également Ibn Djanah^, aient utilisé le même ouvrage. 

Nous donnerons d'abord les comparaisons grammaticales, puis 
les rapprochements de mots ^. 

A, — L'adjectif, en hébreucomme en arabe, est déterminé par le 
substantif*. Sans doute il y a des exceptions, comme, par exemple, 

b-ii:\ d"^n m (Ps., civ, 25), ou un is^nb riT (Josué, ix, 12). Dans ces 
deux endroits, les adjectifs sont à l'accusatif, dans le sens du hâl 
arabe : cette mer, comme elle est grande = ! Dans le second pas- 
sage, dn est un accusatif -hâl-, dépendant de nD">Tj;:ri ^ Il faut 
aussi voir un accusatif de ce genre — hâl — dans le passage ni'^uî''T 
Û''3in ûmwX (Exode, xiv, 9) et n?3 r'inj' imn^^^"^"! (II Rois, xxiii, 30) ; 
de môme ûiô^hd doit être considéré comme tel". Par contre, pi<m 



* Le système d'Ibn Baroun est traité d'une manière plus approfondie par M. Ko- 
kowzoir, p. 71-93, et M. Bâcher, l. c, p. 237-249. 

* Cf. Bâcher, Die hebr.-arab. Sprachvercjleichung des Ibn Ganah, p. 25, note 4. 

* Je ne rapporterai pas ici les comparaisons dont ont parlé Bâcher et Dérenbourg, 
l.c.j et celles dont j'ai parlé moi-même dans mon étude sur Joseph Kimhi, Monats- 
schrift, XLI, p. 222, et dans les pages ci-dessus. 

'* 3Iouw., p. 4, chapitre nj^Sb^- 

" Pour le premier passade, Ibn Baroun cite comme exemple les mots du Coran, 

ii> II) , 

Soura, H, V. 85 : Cvjpni:)^ pn?i< Ml « celle loi, elle est juste ». 

** Celte explication des deux passages ci-dessus esl aussi rapportée par Moïse ibn 

Ezra, dans sa Poétique (ms. Berlin, 109i-110a; cf. Kokowzotf, p. loi, note 39S). 

' Cf. Moiiw.^ p, 20, qui cite aussi les deux exemples précédents. D'après Ibn 



ISIIAK IBN IMROUN 1\1 

nbini (Genève, xxix, 2) doit être traduit : f( la pierre était 
grande », comme on dit en arabe bpi<:^ bnbi<i, l'homme est sensé, 
\rp^'$ étant ici le nni, l'énonciatif. 

Les particules et autres signes d'invocation et d'exclamation 
(6^'i5bi«) sont communs à l'hébreu et à l'arabe ^ Ainsi "«"in (Isaïe, 
XVIII, 1) est à comparer avec l'arabe N-'i*, \îct\ ^. Des formes voca- 
tives, comme ^iiln (Jér., ii, 31), s'expliquent aussi par analogie 
avec l'arabe, le rj étant ici assimilable au î< arabe* ; de même il 
se rencontre en hébreu des vocatifs sans particule (Genèse, xlvi, 
2; Exode, m, 4 ; Prov., vi,6) comme en arabe *. 

Quelques remarques sur les particules appartiennent au do- 
maine des comparaisons grammaticales, quoiqu'lbn Baroun les 
place dans la partie lexicographique : ifi«, Lév., xxve, 41, et Isaïe, 
xxvii, 5, a le sens de « jusqu'à », en arabe ■•nn^ de même 
qu'en arabe 15^ a le sens de li^ '^bî^; ainsi, par exemple, '^snni^b 
û^pn IN «je te battrai, jusqu'à ce que tu avances ». De même 
Imrou'l Kaïs , poète anté-islamique, dit : ^Dn Nb «nb nbpc 
«-lÎJ^'SD f\My^ ^\^ NDb72 bii^riD nt:':^ ^r:' « je lui dis : ne pleure pas, 
nous chercherons encore à acquérir la propriété jusqu'à ce que 
nous mourions, dussions-nous nous mettre en danger de mort. » 

Djanah, Dict., 323, 26 et s., il y a aussi un accusatif-hâl dans b3!sïi, Exode, viii, 

13, et dans Û^H, Dp'^H. Tauhoum aussi considère "^DID, dans >T^ IDbn, Lament., 
i, 5, comme un accusatif-hâl, par auaiogie avec Farabe. Cf. mon travail Ans dem 
KoheL Comm., p. 14. 

* D'après ce que dit Abraham ibn Ezra sur Nombres, xxviii, 4, au nom de Moïse iba 
Chiqu tilla, il faudrait, dans des cas semblables, compléter le substautif indéterminé. 

* Mouw.^ p. 5, chapitre î^l^bN. Cf. sur ce point mes Studien ûher Joseph Kimchi, 
dans Monatsschr., XLI, p. 164-65, et ibid., note 1, et p. 276-77. 

* Saadia (éd. Dérenbourg, p. 26) : 5<n"^i< N"^- Dans les fragments du commen- 
taire de Saadia publiés par DérenbDurg [l. c, p. 110-11 1\ le Gaon explique que 
■^nn a trois sens : 1^ blâme et réprimande, comme 'î"^! en arabe, dans Isaïe, v, 11 et 
18; Amos, VI, 1 ; 2" cri de lamentation, comme en arabe N"^ et HN'^ïl, dans Jérémie, 
XXII, 8; 3o cri d'appel, comme Zach., ii, 10, où il est employé comme appel d'en- 
couragement dans le sens de rî"N : "'jlbs rîHN Tinnb 'Û'^N nN"^"ip HTI 
"Dlbsi- Au sujet de T^TiH comme cri d'appel — n'^inn '3^723 — cf. aussi Iba 
Koreisch, Risalè,Tp. 61, elMouw., p. 29, s. i\, nrjN, avec référence à II Rois, vi, o. 

* Ibn Baroun a en vue ici les particules d'innovation N ou 5^^ ; il s'en réfère à une 
remarque précédente, où il disait que le ;i hébreu est l'équivalent du N arabe, 
mais cette remarque ne se trouve pas dans le fragment qui nous a été conservé. 

5 Cf. au sujet de l'arabe, E. Trumpp, Die Aj/'iimii/ijah des Muhammad ben Daùd, 
Munich, 1876, p. 109. 

^ Mouiv., p. 29, s. V. li^. La même explication se trouve, pour Lév., xxvi, 41, dans 
le Dict. dlbn Djanah, 19, "^nn ■'33^733, et d'une façon plus détaillée, avec applica- 
tion à Isaïe, XXVII, 5, chez Ali ibn Suleiman, dans l'appendice du Dict. d'Ibn Dja- 
nah, 775, 1-4 (cf. Kok., p. 136, note 342); voir aussi le Mouichtamil d'Abou'l Farag 
Haroun, d'après Poznanski, Hevue, XXXIil, p. 204, note 7. Saadia traduit Lévi- 
tique, XXVI, 41 (éd. Dér., p. 187) par 1î< ibi< ; par contre, dans Isaïe, xxvii, o ;éd. 
Dér,, p. 38), il a simplement 15<. 



248 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ï^!!^ = ''^ 21 aussi le sens d'une exclamation admirative comme 
dans ^b ins ^^yn rî\x (Jér., xiii, 20) '; à C9 sujet, Ibn Baroun cite 
l'expression arabe : N^nri pnn ^i< "^nn >>i7:i< « vois, quel éclat ! » 
Lorsque, pour exprimer un souhait, la phrase commence par ib-, 
comme nnu^pïi "ib (Isaïe, xlviii. 18), il ne faut pas de second 
membre de phrase; même règle pour des phrases qui, en arabe, 
commencent par n-^b ^ ibN dans Eccl., vi, 6, et Esther, vu, 4, ne 
doit pas être interprété comme une particule optative, ainsi que 
le croit Ibn Djanah*; le mot ûi<, qui est entré dans sa composi- 
tion, correspond plutôt au •;« de l'arabe, où l'on emploie aussi ibli< 
dans le sens de « en tant que^wjici ib indique l'impossibilité 
d'exprimer ce qui se trouve dans la première partie de la phrase, 
à cause de l'impossibilité de réaliser ce qui est exprimé dans la 
deuxième partie : n")"^:^ ::>i<5n53i^b "^u) 3>i^5n^i<. 

Ibn Baroun signale aussi certaines différences dans la gram- 
maire des doux langues. Ainsi il remarque que l'hébreu, contrai- 
rement à l'arabe, ne connaît pas la forme du diminutifs 

* Momo.^ p, 31, s, V. "1^. La même explication, toutefois sans comparaison avec 
l'arabe, se trouve aussi dans le Dict. d'ibn Djanah, 37-11-13 (irad. hébr., éd. Bâ- 
cher, p, 23, lin) et Juda ibn Balam dans son écrit sur les particules, nvmx 'O 
Û"'3'^3:i'rj, éd. Fuchs, -;pinn, 1, p. 205. 

* Mouio., p. 35. s. V. bN. 

' D'après Ibn Baroun, les phrases commençant par "ib n'ont besoin d'être complétées 
par un second membre de phrase que quand, comme dans Job, vi, 1, limpossibililé 
de ce qui est exprimé dans le second entraîne en même temps l'impossibilité de ce 
qu'exprime le premier membre. C'est ainsi qifibn Djanah, Dict., 347, 22-23, consi- 
dère la phrase dlsaïe, xlviii, 8. 

* Cf. Ibn Djanah, 45, 12-13. Cependant il faut remarquer que dans l'édition de 
Neubauer d'après le ms. de Rouen, il y a juste le contraire de ce qu'Ibn Baroun 

indique ici, que "ip n^apas ici le sens d'une particule optative, '^jT^D^'^î "l'^^i^ "^nrN. 
Mais d'après une indication de Kokowzoiï, p. 136, note 344, un ms. du Dict. 
d'I. Dj. de la deuxième collection de Firkovitsch à Saint-Pétersbourg a la leçon 

"'^TOnîN Nr;i<j3>)3 ■^nr'i^. Le ms. d'Oxford, suivant l'édition de Neubauer, l. c, n° 69, 
a la leçon 3>2?2nbN, ce qui n'est peut-être qu'une faute de copiste. Dans la traduc- 
tion hébraïque (p, 29), ces mots manquent. Du reste, Ibn Koreïsch, Jtisalè, p. 6, 
interprète lbt< dans ces deux passages comme une particule optative, et invoque à 
ce sujet le Targoum Onkelos sur Nombres, xxii, 29, où "ib est traduit par lbî< ; il 
remarque encore i<"iD"i NiD 'jwSS lb ïl"l'^CDnV 
"^ Iba Baroun invoque ici le Coran, Soura lxxii, v. 16, "«bj* î^l^bD Vd "JNI 

ïip'^TjbN. 

•» Afou?v., p. 4, 1. 12. Abraham ibnEzra, qui, dans le commentaire sur Ecclésiasle, 
XII, 5, réfute Topiniou de Douuasch b. Tamim d'après laquelle ^i;T^ai< serait un 
diminutif, est aussi de l'avis d'Ibn Baroun. D'après son indication dans le com- 
mentaire abrégé sur Exode xvi, 23, Saadia parait considérer le mot "JinD'O comme 
un diminutif (éd. Reggio, Prague, 1840, p. Si) : mriD linnCUJ 17:N ';^,t<:im 
ri3'»D73) ; cette opinion est aussi celle de Joseph Kimhi dans le commentaire sur les 
Prov. (éd. Breslau, 1868, p. 28), au sujet des formes "Jin^w, '|lw''^. Saadia ibn Da- 
nan de Grenade (lin du xV siècle) considère, par comparaisou avec l'arabe, des 
formes comme "^DT^ (Amos, vii, 1), ^jT^n (Jér., xxii, 14] comme des pluriels 

de diminutifs — T»:;^:! yjZ^ — en rappelant les formes arabes nî^T^nà, n^p'^pU 



ISHAK lUN BAROUN 2VJ 

En un endroit, Ibn Baroun réfute l'analogie établie par un de 
ses prédécesseurs entre l'hébreu et l'araba pour le i de ïiTsnnm 
(Genèse, XV, 12) et de nd^^fi [ibid., nj, qui, d'après cet auteur, 
servirait à introduire un iiyn bnj'DTo ' « un complément objectif de 
coexistence », comme, par exemple, le wav en arabe dans la 
phrase : nnu:D7î<i t*<725i< -^inot^ « 1 eau est au niveau du poteau de 
bois* »; il dit que cela n'est pas admissible, parce qu'alors les 
mots ^bD3 et H'^n seraient superflus*. 

S. Eppenstein. 
{A suivre.) 



(cf. Appendice du Dict. d'Ibn Dj., 777, 7). Donc, selon lui, le i, comme en arabe, 
est un élément de la forme du diminutif. D après Barlh, Die Nominalbillung, 
p. 313-4, il faut considérer comme des formes de dimiuulif dans lancien hébreu des 
formes telles que lT\D'^iî<, d'^DTin'iJ, Juges, viii, 21 ; Isaïe, m, 18, et en hébreu 
moderne ^JT^^^3 (Mischna Schebiit, viii, 6]. Donc, pour lui aussi, le "^ est un élé- 
ment de celte forme. 

* Mouw.^ p. 21. L'opinion citée ici est peut-être celle de Samuel Hanaguid, don\ 
notre auteur dit plus loin qu'il a réfuté comme erronée sa théorie du J~7J>73 bl^D/i. 

* Les grammairiens arabes originaux se servent aussi de cet exemple ; cf. Trumpp, 
Le, p. 113-114. 

^ D'après Trumpp, l. c, un « complément objectif » de ce genre avec le rj'^y73r*5< '^ 

ou Î13>73il5i< '") ne se rencontre qu'avec des substantifs. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE 

AU XVr SIÈCLE 

(fin *) 



N« 10. 

.n"nbT vHN dbujri oiDrin ij^^b V'-ns ^N^^nns "i ti't n"-in?3D nbon 

ts-i'bN ^-i "^rD tL-ipimm û^an-ipn V"in!i '^?::' bD p^^t p*7jb 
S-ntDiiTJ'm t:'^ tz^^n iny .û^rt^ r-nbi3>Db mb^7û:l ûbujb bwN-i^^n 
t:"iN n-iNDn np"« n-i2£iN ><^n 'n ntîT«n n^^^T n^sn mTsibyn 
îT'n"' nuJN ûipTcn bN n:3bb DnrtiT nniDS un o'^n '2'py^ n"nri7aD 
.taiN "^Di i:»3 i:n-iN2n m^i:' m7:n rn^iriy Tinyb mnn riTao 
t^in -1UJN3 "17Û-I ^d;d3i -i73ir3' VP^!^ '^7D^"n " •i7Diis:'n3 v^y :^yrc^\h^ 
'\:iiy:i ^3n^pn i^mn t]wN nanb b^ i-in:-i i^^ni p b:> .tD^w^n bD tl^o 
tD-^a-mpri û"«m:jb 3^-jnb ûini tD^'b^ ^dd ^s-'j'^ m:: -«d iSTor nrm 
"«53 "^D-i^ bs b:> 157272 bn:\^ ppn nin nntDD ûb'::n DDnnb ûi rr73T rb^ 
■i'7"im i"n2::3 D^n"«''n n^bDi i-ibi» û->:d73"!0 v23t n"nbT T^nx n-'3 bD -^d .û^wS 
't::'^ isii'n nn-" "iDbD iD72DDm .:]^&< "^aa nnm b:' ib^:; -«dd b^ b:' "irr^ 
im-'rT' Nb\a .ûi^n bD ïit "«d is'ibws msTon n^n nwN:^ p"pn bD ûuj3i 
tDbn3>b '^DNabiD :iwN7D3 p'i 'T3Î1 i"n3 ^M -iHTDD ûbon ûDnrr ^nys 
"jiujNn tzni Dm im27:nm iminns rT\s-ibn .û"7Nn m-nn pwSt 
fc^n ûbD N"-ipb t-i3u: n^tîb lû"-^ hd ^id^i msT b":: iTob bD3 

.D^pi nn":: r^m abij b^ '- 

N« 11. 

r-nninon by 17ûuî^ nb-^nt^sn •^sirno ■^i'^^:' by -^''-pn bio^dh dsi:: 

bsïi '{i^N lisn^iNb nn'vub i2-<-i72w\73 nbnm irnm bD n-'cw-i 
rTonnn n'^iujm 3>^Dirj"0 u^J2b^yn -ni: i3"^nbwX i3:'"«':ji7:"i ns-^SwX ^<^r^ 

i Voir Mevue, t, XL, p. 206 et t. XLI, p. 98. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALOMQUE AU XVI» SIÈCLE 231 

'-!^:>3 'n bf< D->ib3r: in'»3>-i?o \i<:^^ vzy "i3n:wS ^rbr nrnb ï]-«73Tnw73 
^^i2y nnpn ï-idt ro riDa-i ^b^r» Y^" "i*-"^ '^"^ ^"i Q^ (.:,imbr;r. 
to'^DiT::^ pn ^27ûi û^':jn:i3 tz^Di d-^ciizd û^3-:n2 û^07:-i; a^?:-NbT 
tD"'?3n is-^bij^ d^-i3ir i^n m^i sdi^ bDm d-^otot m-'sijnN mtîbrD 
b^3 iniT» n^p br mnTb-i (!) ^'i3:b '^ir-in "ini^ ^'•j^N'^^ ^^'^ Q^-i"'~ 
^-^TDT n-^rr" t^^Jb'r ibm .sz;rnD&< ^nbN &:' ^3^12 ■^7:nb ^121 inD 
D"^p2N3T û-'pT^JS^n Dyizi m:>"«T ^mnb isiin cc'^ "lanpa riTsnnTj 
^inn lin-nam i:my n-^- mrn b^ "^nm û^:r3 û^ni û'^p^'il: 
*-i"'3>n bDT d^Dimi û^-rino n^ip ^3^1 y-iwNn rr^^pT: r^yr, bD irn-'-ip 
•juji Nbi dis-i Nb bw\n':j"« n?2TJ ïna:^ b-Jtz mn:; -i":;n ^:? .r!D"i33 
nbnnb 127o^u:'it nDi-iw\ "i:n:D73b nbi^n t«i"« briDi 1^:2 b:^ ûn"i?3 
!-Tm573T timnn nnT^uJi "jr::":: dv riTn ûT^rid yn^n anpn t^nn 
p"'b7Q'^b^Di73rî în^^î:^: nmarin n^no?: i3p^::'73 b'Di2 ijb 'n n^:no 
•1735> Uy rr'bdm npn ^wNb m^bs 'nriiyb t^-ibsTan t^'w^niT û^mn'' 
is-^br u;'ipn niia^^ nuJî< rrjT^b a^7jn"inn iDn:w^i .^"u:2^^ bwXTO"» 
"iD^n-i^n^n i22£:3pn3 Iii2'^i2n 'n nmn ni73bm E>inp7: isnp c*<u:3 qp33 

n-nu^bi ^133>U3 ^^'nyb ûni'nuJTa b:' niT^^a inp2 ncN nsn-i'iam i:i:-.î< 
nbn ^HN uj\n:d nn^d isbdT p"'b73"'b-'D"i72n ndwsbTa "j-ipn nD^«b7:2 
t^-in 'TUN ï-T-n73u:T bsn nsi-i:? ndNb7:n bd n5< i:\n-i nfi^-i nni< 
ritD^pnb nb n-imn^^ •^nnnn ï-iNirnnriT n-nnn "^Dn b^b nm^n r;?2^^ 
b^ii:; mu:-) 153b ppn?2di i^nriim .t-î)372Tib"i nbobob nbn b:' 
•1570^'^p iD7ûdom 13^73^ t>î"inb m^n^n nnmj^T: n"i27jiT7Dn r-n5iy"iD'n 
n53i: n:n''-ip ^ina n"'7û]:nb pnr ^<b -i;dn yvzi^^ pm TiJpn -iDbapi 
ijnbnn -l'^j'n mnuîT mnm:' m-nnon b^n j'iap iir-iD pim cns 
■♦iD na-^rr nN2 T:j>b )^^b2 rm73b -iwNi^tji 0"nD73 mnDrr -"^d bsn 
iDnj'^ tn^dn n^idn :^7duj^ ::>72i^n bdi i^dto C]id^ j^b û"idto 
i572-'^p 15733011 nb3t7:b mn^n bD ^..ûdh nsm lid3 b:^ n:n?:3om 
^i3>3 û"^mn (!) 13-^nmnm im^s nrbws û-^ibsn bd b^T i^-^bj' i:bnpn 
tobo ridind û'^3u:t û-«-ini:>n bd bs^T t^"ri "^p^sibuTsa n^:' imbnr. 
nDDTOdonn mndn oiTo-^sn ^dd j'hd^t nNT i^dt^ddh ^d bj» inns''» 
"]U5?3 13^ ptm v^TOi^ "lUJpa lipTm IjTo-'-^p rnbyTjb mndn boT .nxT 
m"i73in bon ï-r^bm !-it tDV7û tD-'b^nn73 '"^Dii:-! tzi-irvO ^^3^ 
bo ^opj' ':jnb t>îbo ^w^ ^"n3 mnm r-mnn "ido mbî^T m-inn 
UN^Do d'ion "i5< T'H'i d-^iûNci d^^T^n boi b^^'b -nTjNn bo?3 "«0-1073 
'-i'13'r: bu5 mu5i"iprt mi:npo o^P^n'^ï^ mbi:iO nbbo n:;3 uid^o 
i3)3"'-'p-i nn^îo "12-1-1:; -i\ON -mon n^nanb \s ii^r, yi-iob "^lo rnxTn 
tzirto "IN "10 12:0-11 'n ni:? bnp73 d''b"70i73 i^-"» pnt i:n730ono 
Ï-1-1N730 -iinN iniN .ri-iin s-i3\073 noo mbbpi nibN bo d'i7273ipn7:n 
tn3>i-nn^ -in^b d"'b^03 vn"« d"72b n"^-ioiym £^-113 ii"'b3' bi< ^o^ 
b:3i73m drT«niii3>-iD to'^73b'::?3i d^?3-^^p73ni o^bTJ073ni '3n r-n-i73inn 

*■ BabaKamma^ 62. 

* Lacune dans le texte qui exposait les détails. 



252 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



b:D2"i .yiwS-i d"^7ûO îniip )i'^by ^tiz ^-nn*» mi:p!-f "^ds tin^r:' 
S=\xuj-i v-'' i^b'j ^''n3 o":p2 r.iz^zr^ ':?":n m7:r5r;n'i nnrnnr: 
N^iti-b 'T3r! nb^3wN"r: "^wt n^^z: ';-'::>2 c^pornTa- a^:?:N;m t:"^:"i7372n 
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JS° 12. 



ib^T« «bo n'i^rs^ni "i7:::7i by 7i7:np7î n7:rD7î7i odi:: \ni<i:7: 7!7 rrwsn 

niDb7:b ûnbrûb '^p-'iib'Cîb n^no c^t:"' '; biD:i?3i "^p-^sibo?: 2wS^i:i7;b 

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•^'J^N im:n7:'>:în E>in7:"s:J3i Mn?:b pnn 7;\n7:oi Nr':"w'Di a"^"i3'27i nx 
j^i7:7;b bi<p7n'' nn 75117;"' 'n 7!\n7:':;n f<n7:'C3i 7îbi-i:in r-ic:s 
m7:"^7: r:^yz':: nin7:C7;i ts^"^ii:7n nibbpni ri7:nnn bsai \si3r 
^icn bwX2^7: û"w'3 m.xni: 'n b.NnnON cca .r^Tr in «nrnT: 
,S7^vnii< 27: p ts'sUn .mnb ûn'>:;p ■i'v:;ip7; "p^biro tzcn bn^n 
TT^HN D'yT^ ,2^n n.N 7:07: 3?np":: ccn .nroz 7!r-7:b 7;n-"i:c ïiz':;^ 
niwS3i: 'n ccn .mnibn br nnz:© o-iiD7:n s*:; mon .7n^7iN ",\l\s 
■'ZwNb7:i 'c^ij^Ti nmi û'':dini D"'b:;b:> D^rn .D^ainon ncv n.sni: '-^ibwx 



* Aspre. 

s zrr t^n7! ^1-12 ûip7:n m br, 

• Mocd Katan, 16 fl. 
** Kiddoui.chin,H^ a. 

" = ûibu:n Tbr 1:21 n'»^?:. 



LA COMMUiNAUTÉ JUIVE DE SALOiNKjlE AU XVI* SIÈCLE 253 

m3 iwX 'n^"* "13 ms»"» c*<bo 'izr, n-',nr; bbrm ■n:?3 2^-inx ï*<bi 
iwN ^,?2l: nn^^n "inî< ûtj ï*<bi ^<^^ c*<b nr:; in ^^y sicb '— ^r*» 
t^in n"nî< m::?:"' iwS r<^:ir ïznt .m3b7:b yin n^^binb "-'^:n 
miwN nb-^bn wsn- "n"!w^ tzv2 ^^^ miN ^72^p3 e^Niin "n-.x larrcn 
Q^D-iuî "D?: Nin "n-i5< ^"nD7:n zc ■'c-: c^ir: miwS .ynxsi a^?:;^^ n:- 
nnr^jrm irîbiD'Jn -^cn bDb nm-.n '""nbx bwX .•:;-;:r: rrm ^^i^-nt 
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^■i"i3 I .';ibN"jN72 ■'S'7"i72 1 bï^i^o "13 3p:?'< I ^p-13 bwXi73'r I iTn 
rr*:;?: 1 rr^ms 'i 3pr'' I "^odd t|Dv 1 iiz^bx pni:"» I irriJiwbN 



N<' 13. 



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• ^::ws:nbN 31:: û':j ïhd is^mT:'»^ n:7:nn r;\s"ibn ï-T3^^ ^r;3\n r-',^5<3 
3-1:2 C'^a ^"n73S ûb':;r; £33n- n^ n3^-^3■2 ^-^p^r^î b^rb '7:r; b3 — 
.« ir-'r^JiTabN rr^T: "i^ri^n ^:n bvb '72D ■',^,72^■^^:3 ^::.s:nbN 



254 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

û-«'::573 û-^bDi imnri^sb D-^psr û"«pT:)3T maima nriT "^b^n qirD •^b'D'z 
u:'7pn DN rbns ïDnrjbi mb^b mbiDn m^in irm^ "^^d "^r^^T c-^did 
n:?:: I5^is"i "liNstTo nt«T73 ^i:' n^m T«7:n i3"i52 ûnNSp û5 ûnN^c ûs 
^133-1 mn-^2ob DbpT 33>b lirri'^ub ns^n ir"^n rrDinb nbsr; ro^:D 
■^^"1 ï-rmN^ rîiDUîniD n^Dbn C|id::t ^ibn mi^-irirr; bN-iuj^ m:D "ij^p 
iLû^ni û'^mj'ïi û^nrrr ïisn?: bsn bip ^i^^y^ nb^^ in-ii< r^:N-ipn 
ÛU3 r^i:»2i rtbTi:; ribiTana iibnD nnn ïid bD nrpc nn»^ mt^-ib 
b\i5 *nvi: n-i:>:;7Dm n73'ir;7ûrî ï-!n&<)ût-! nnnN ^'\y^ pnt .Sbnnt: û-^Tiiu 
■)D?3y nn ^3U5 b:s^ i3iTnî< un"»!: nnn Dn"^^n bip û"«j'"i q^3?:d 
f-i^n mN3i: 'n Ci-is d-^ban^o d-^rjp '■'b:>iu: cs^mnr; i^n nruîVwD 
p b:i> ^^N -iDnbnTD by tsrjTD nbin i\si û^bnDi nmsDn bt^T^U"» 
1373P i5"^nbNb *nbrtn 'l'^y n^T i:i:-iwNd -i^^n v^^^ """T^^^i: i^nsN 
nrjp^i: rtnD nbbidn nr^riinn y^^ '\^\^y t-tn tn ^nb Tiirn:-! 
mbp m^TQinn bisn nriN njrib û"^?o::o"i» û^^n^b i3"'-«m i:n?2dorî 
dn:D3 m?2inn m^iu:-i ni^don ^bia ï^pin br) nN û"«V^ m-n73m 
^<b^:: iSTûdon nsiu^Nn .maiitn û^5^ nu:y v^t'^ î^^î i:nb5?3 mz» 
nh^bn nb^^d n-i^b nni^T: nbdïi "^-^binb DbiJ'n IdIwNI "î:^ ûi02 ibdv 
1735 'npn^ nni73^N2 t^ibi rrb^bn nbnr.a t^b ï-;Dinb r^nD^:^ 17:72 
ni23n ',2^^'D'D t^dmn rT'2^73 p-'si ■•s ûvn ^j' D"^:ini; rno 
•ihbd D?2V niNb rts'rdb û^ijsrî nniN iD-^bi^u: nb H'c^y^ m^'iiirn 
ni5:D ^Din b^ ps?: uj-^n ûi^ ps"» î<b^ isTODort rr^so .nipbn rni-i3 
nn72cn t^b tiriTouîn -«73^3 nsn nnir:b Nbi t<-i73T ^zi bdi n^iri 
'ji^-i'i^ii: -^N i^Di-T^N nriTDUjn Nbi nb"»73 n-^nn nnTû'::^ c^bi nbdi ^rn 
mbiriTDni û-^oind m3:\573 û^uîd ï^^anb liti"^ DwX pn yin72i n->n7: 
t^^n'nin (îj^rr^n^ ï^iTon ^it Dion i2;3"> ^<b û'^nn^n ^n ûT^a nicnn 
muîirf TN "^d nn73u:b "ini"'73î-! ]i2in t^bo n^n^uî ^b dn *r<D"«03 
tn-^D^b^a .irr^nn ^nio ^"<n bd nTnb n">3n byn bs n^2 n^inD 
ibdT» ^*ib niNiuj^n bd bbsni ipnsb ir'^:i->\n ^hn û"^':;5r: br:; i:72don 
■^bdi E]D5 "^b^ niainim û"«pi^3 ni:inn in'^^ ^1b'^72 p^bi> c^^-^iirinb 
1'^73 nT\s. b::i r-ivbr^n?: i&< mnvj û'^:3N in niNbob'«ai a-»72T3 nriT 
^ind ï-T'iîNrj r:nbn ^ni">rt nwSi p^^"» b:> nnN n:?^^ nbiT ysn 
123b bN linai iî-ini ïit bd .ns-iwS'J^n rr^nn p^ n^s2 n1^^ bdd nrr^n 
iniN i:T"!Drji 1D733> "^33 m^H nibuj irinnbi T^Ts^nb muîjb iiTauîb 
t-ii:\Nn "^nn-i bd nN i3^by ibnpi i73^^p 'in-* ûbDi irnibnp b::2 
^'n3 05p ^':^by labnp nriN n3>ib D"^72Ddi73 n:37ûb D''73irnn isnsNi .n^tn 
r-iN n-iT:'^ tijn id^hh^ y"^ p"p!-5 bs ibnpo ninToinn Sd inb?: 
di^a-i "7^ TinN qi"n3 T"jn ni7:DDnrj bD7: mnwN br -113^5 i^-^d 
inn73;:3 17:t3 ibnpa t>ibi in-^an 02^5 Nbi inn?2'::a boas t^bi onsi 
i3'»ni372nNn nibuj irs-^n ûibo j-it n-'ni riTob'j rî3T>rn3 21*::^ nj 
pi^b T""« ':; ai"^ nr rr'n .b^TO"» pn ^'■^"Oinb SNi:in ^wNb7:n n^"» t^ai 

* iSû^a, 48 a; cï, Quittin, 7 a, el Schebet Yehouda, ch. viii. 



1 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI* SIÈCLE 255 

"•i Siîi^j^ I ^-«j^"^ "; rT:J73 | ■nb^n-'D ûmnN | PwXj:::\s:û bN^?:-^ 
1 i^-^s^aiTobN niaTo | ï-î"nbT ^ibn -i'^N73 n"-in7ûD3 V-''-^ I n:*^-:?: 
n"nDn pHir-" I ai720 y"D bwNi72C n"r;Da 3py^ | -jin n-'Db nTDbc 

.ïi"nbT "jrj^n n^mo n"-in73D3 b^^n 

N° 14. 

ûr^ ïibiDn n^itim ^ibîi nDU53 u:"în7û rrnuîrr:: iir^-iDn n?:2Drr ssia 
n3n53\i5 173D niNn niN in^^nn dr û"«':;3wN- npnb nb:;^ «b'^un 

.riT-iDim rj72nn:T 

U5^">T "niûNn n"3>n * -inn io-^î rih ^nuîn ^p ;:;ns D:pn i-it5 phn 

u:nb ^1*71:: ûibuîn nr iT^Nb^a -""i nn'»:: "^n nwN-«T b\N ■^t:;-«i 
•^0N2 "^p ■^n^'^'T r:N"^T 'i:;iN ^ib pn .riDin nb ^i CwN^t 'i;in 
ts-^uîn -^p ■i7a'^SDrî p-i .nb-'T^n tDT« b^ '^y "-idt p b^x 
."i'^:;i73 "iip ■>-i373iJ< ^^^b^-i^n m^NiD pr tzicai cbirn -li: 
'ï-i:3Nn ''i:;iD -«t nmn "idd -ido 12 ^^^■'m3 nwsâ^^b 1wN-i\nid -i: ^p pT 
""p-^s-ibwNUJ ^'T rîDin ^'i nnnaiwN p^rD -^p n-in pi .-p'C'^2N7:.N ^p 

r52i:;r3 "«i uîn^p^n ;aib "^n ,1:1 nron nsin nb ^1 "îttj.nd bws "it^^^t 
pT t3iu:3i pii<i 1:1 ur:^2 ^^-^nsp^-i ';Nn\xiD nsic^^:; î-îhzûin 
t<îir; "ii-iN nvn ^«^^^ n-n^ S^j'b Dinsn bD b:' *na- bsi ûbi:?^ 
tzibuîi nynTo nmn "-nson nmnDn mbs^n bD m î-i:i:nm nb-tba 
ï-iD i"D^n tn:v m^b Y'd 't un"» ûvn 'T3n bn isnm tsmeûsn br 

.fpi ■^p-'îibN'j 

^^^■•2^ 1 ri"nbT pNiiNîu^N-j b^i»':: Ynn72D3 spj^"" | n2'^3'Jn7:bN nu5?3 
.n"nbT "jn^n rr^niD n"-i-i72sn 

N° 15. 

j-i2iTb nn-«n n2i-inN3 mn)3 rinî ï-rr^nan :?i-i imi^ ims?... 
"•ban -^ban ^bnnn tihn iujn-i ^n-i mbpi pinirn nsir?: ^21"» 

* = n2"iu:i<n Nan. 

* Lire nû20N (jusque). 

■' Voir page précédente, note 3. , 

* Lire nniJ'ïl. 



256 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

!-i72r: tonsT "int< 'raiwS ^i:.' irr^-inN in-i^rtî-iw in-'bsm .m?2"n^ m^i72n 
5"^D;rn S^DH nj-^bbn û-^an d^-" o^n ûanpn tznbi D7:m bnn -nn^"» 

tzs^TD'sUn nr:*!"^ t-^irj 'rnwN ûVrn arxi ûsin t^wsci !Dri?:r! t::i:?722 
'na:' r-i'«-in i-iDrî rr^it^D ^y:i ^cDb -id-« -^tsi fy^ mN3i: 'n pn'iî"' 
17D':: n^ in^"» "«:d Sbnn): û^?:^: ûo n>:?22i bbir;?3 Tn?:^ pin^:: pin 
i?:-!^-^ û^73':ît yn^n ba^n 'nb ûps tsi^b ûp?::^ nT 3td nmn t^iob 
^Nno^b m'r:' rr^ '^:û3"»a nbnn nb-«b:: "n72w^^u: -ivn n^sT nNT b:^ 
"jii:-) T)^'oyb û">i:n û'i:î< iïtij^ n-^np mrîirnn r^Nitv i-^nt yno l"^» 
^D t5wNnn ï-i5Drj3 rrjbj'n nnrT .t:ii7:rî ^irn "^.t nn^* ï>^b t::ip 

^•^Nnb nsiD-' Dna û"^*ibN nan ns-^iDii ï-ru^Dns bN-i'^a-^i ^-py^ nouîwb 
ûMîm 'irn "linTorDon ï-riûp^a nriD "^^rnn aiisbirin "^sd ^^y bx 
pn^"^ r<b bî<-i"0^ ■c-'n t:iu:u5 rrb-n:; i-ibiTonn nb^T û-inn nrmbMp 
■^p'^sibNO nv r7:in ^inn p^rr:: "^2^73 "^SDit^ " ûr»::^ t^bn t^i^-^aipn 
^-12^-1 'n "^asbi im-n iptduîs ' ....yin »..m73 iy rr^bm rjîrî û"i->n73 
ûnn^i 3n:DD .^la^ ^72"in ib^ ibs"'n7û yiy::^ "ibip •jin-' "^d .nrr'Uî 
'J-T bN D-'UJssr: r-iu:-iD 'i ûv uth 'ï-i nwS-i"'! nyi m-i nya::2 
"1^73"^ a^riin^T rria:» byi2 ma^ û'iïbwX ^:r;b ûbn:' a"c-« n5© r^iî^pn" 
"ip'Ti:^ laT ,bNiirî ^Nb7:rî ^"inN'^ 5<bi ^<a^ t-^ai nnui-» a-izj-i rro-^n"» 
D^ S-ib^r 'Tsr; r;7û5or;ï-;\:j riN^i isa^ ,bNn':j'^ ^nT S:d ibbrin-iT 
.D'^pT 'Tsrj mn^ûinr: n^a ût'-iDSïi72 v^n T'^^b yinT: 

1?:^ t^^^3>T I •nbN'n^D ûn^aN i pt^ir^-j^N^ bwNi73u: ^^y:m ■'în 
';73-«Da -i-^ij-'itrî | ïns^nTD ^t bwSi7jO i uîv ') r!C72 t^^^nan 
ï-t07a ppï-5 ^2yn \ iî5^'::n n"nbT 'l"lb^^ ^\S72 n"n!-i735a 
I h:w\my t]ov I ;aN"^bN tn^?3 1 iTn în-^ab n7Db':; | ■irr»ai72bN 

N<> 16. 

û^wN Û1M5 ^np"^ Nbo û-^^y^iîir; û^7::Driir! i-iTi»:) ïnTûiDoiin ddiu 
: n":DUjri nauîa n^cs'To mnoa 

irr^bj' ybbj'n73T in-^a \-i:Dn^a ï-i-n72ij* m3>i:i:m mnoDr; 't^t*^ 
^\nï;73T û\n^07ûT V'n npcrî^ ^î^nc-^ m:a 1x1:73:1 tzinb ic^p»ir»a 
p b3> .t2^3>nr; Dr5"^;ay73 tzs-^-^pb ûrsa ï^irva t:^N:3ni D^r-i û-iny 
ynNa iujn t:'iu:npî-î i5\maN7D is-^bx yiz'C": naa'»:: n?^ ujnnb ir^n 
rrsiiD"^ Snt:î^ du: a 't::n 's:î\s bab t:nnnbi m^sb ^<1n1 r.'nn 

* Dans le ms. manquent quatre mots. 

> Lacune dans le ms. d'environ sept lignes. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI» SIÈCLE 257 

t=;r»:5 i"n tzNT .imb':: t^ b:' t^bi it^ br t*<b r:^::i< -.^ Sr 
imN ti"^b^^n)2 i5&^ iu::Dr7D'i ï-rrr^o nt fin b:^ -nar-" '"::n--^ "3 
inD 'n^-« "^inpn nnp-^ c^bi T^nai b^b m?:^ "^iri^ b^no m:^ br73 
ni:n-n nb-«b3 t«»n!i mnx tzim c*<iin -n-iN ^S3 ';■>'' ir-^T "^m^ no 
r-n7ûnnn bbiDm T\"y is-^nn ï-to?: n-nnn ï-i2inDn rib&^n Sr) in 
tDi2^y I3^t3ru3 û'^nj'îi b::' nb-irr" 't3!i m-i73inr5T nib^m r-nn72'wm 
riT bD .nn^b û-^bioD !=5m 'nb tin i-^m-it^ riTD nn^ ^r n^rnb 
,V"nn "^33 tii-'bi'i:^ bNnizj-^To J-n':::'^ i^'^a-npn T^rr^ t^b 2n pv 
.tzs-^p"! "^p^sibu: riD ïin-^i^^b n"D;2în r-iio ii\::nb '■: tiîrn nt rn^m 

n"-in?::D3 lin-'bN I \m n^ab r;t:buj | in"r;bT pnl:n-j\s-j bNi?:':; 

'T3r^ to-^^ûboïi tD'^):::n^: bs73 b'^^'b nTjinnni ï-T73n^n^ ï-iTsaor: 

T5>itîi -^SN nmi< "^rprii^n ûinrn noon mns û^nn t:^?:'^ ^i?:^'"' iir^^b 

.i2"'rya-i7ûbN nc?2 

rit i35»T3 "«rT'Nn b"iirT ^nb!-; rr^nb pnif> n"nrj9:53 riTob^ *.72N 
to^T^^ "^wn t]ii:j ti2!in d"^uîi3i tzs^-» nt:?: ^uî&< d'^Tiri'^ n^:: ^^ t::&< 
m^^ob tn-^n^Di?: ûm tzirr^m^ij^nD rinsb faT" b^b i^si ï-iD-^pn 
u:"> to^"i^m t2n\m^i3n in ti;îi\"nyp-ipT t=ln^-^n tzirirt tz-^iab 
r-nsT "^^-in^b -li^^a*^ rp^pii t]^:^ ib niD^û-" un :]«•:: riva "^72 ûî-î3 
bN"i^"^ NiCTo"^ Nb nnN "i^ïi^b ï-ipTnrt ^id^ob ^i:*!-: nirn"' ûwNi ï-ipTrî-t 
m-i-n"i3 m n^N û-^bTirin tzi-^sn-ir: mTosDn "^ds i^tû?: ï-7:np-«'j 
nnpb "«i^rî ï-iitin i5-^n ïit "^dst nin -1202 û-^mnD £=3ïi i-in:»':: 
!-i)2Dn imi< uîr^iii '«'nn'^b n^anD^ niïi ntm nmn ii^nsb yp-ip!i 
y^'^'p imt^ r<bî< ib *;"^&< bwsnui-'m mnn ib :'nD"»o û-'prn'n nrvT^^î 
tzi-^nn nnws -^Tirr^b 3>pnpn miDTo^ ^mn^n^ "iTon^n n^a^-^ -n?:N tzNi 
T\i2 û-^-ip"^ t2"^?2i3 inb:»"^ :2inr: "ji^^-isn "•lib insn-" DwS\:î ï=n?2iwX 
ts-^nn uî-^i '^i:ib inrn^n ^ms ^^Db-i nn^H ^Tin^ ib \r.^ j^bu: 
■^ij^rr mnrj iij^iDn j^p-iprt ^b im2 ■^nirr^rri D"«TirT«a û^-ci^n û-^i^rr»:: 
ib ■iu::?'iU5 ir^ n&< -10173 t^iri i^b^^u: ib -itoint ^^wN ûiinb r^3 
îT^m û'^STîTïi b:D3-i tL-^îs-iwsrr bon ib b-«:5>iv:5 rp-ipr:^ rT-1^27: nnD 
tionn ti'J -in^n \nn3T ^-^Nors:î' i:' p2nc72'i » ûonTo "^nba nn'irt 
t=^bi^:i uj73u:t -i^s^n^iJ v^!^ -ision Y'n3 "^pn^^ pn^^ n"r:D rfby:n 

* Ketouhot, 20 b. 

T. XLI, N<> 82. 17 



258 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

nsion vn« n-^nn tny1^ n)3Dn t-r^nr; ii^n "inb-:: ::nDm 
S"T ■'pnir'^ tin-inN '-n"n5:^ "i^ni< dbuîti tosnn T^onm Snan 

"-iNUi"» ^<bu5 ûn-^a-^n ^isinn ï-iim ^lib :>p-ip niDi?: rr^ïi ^^in^no 
•^nnrr^b rîpînn -n:D)2b "iiin -^ix':;-! n-'n-'^rT j^pnpn bb^ -^Tirr^b niDT 
înn D^n-i ta-^piT-^m û''N:n m^D/2n na^un nmiDT m•o^y rprt nn» 
^l:u53 nm:: nuJ5< pnir"» n"r;D toiDnn "^b ^n: ^uj^x -«Nsnrî nona 
'T2n &n:D"i73n ins^':5 nnnn:i b"Ti "^isib -«mn^n ^di?:^ rrr^i^TDïi 

'nrt tz:^-^nï^ ^iSTob ins \Nm '-:n i-r^iprs b^T^u: 'jsiwsn ■^Tirj-'b 
tn-'in inb ^"^ "nriN idin ï-tt\N3 tzii^D:?nb i^s* t=-,"^2'«:înb "iwS 
■'i^n r^bi 'TLn tza-^iiDiTori ibiD^^c "^bnTû innn p irN"::b ^3 
n3ipn -iiart md» 'Tsrr tD^-l3^ d::d;ïi ■^'inn^ri T^n i-nn73b ^hd 
riD rm:;ir!3n mpTnïi mTODor; m2:'::2 iriD -^Nn n^?^ ^N 'T:n 
■jTaTT n:? uwn r\in^ nrpm ï-t73Doïi iris r-isj'an in ■•p^3nbî<« 
Tin^^^DT n'D bD 'T:r7 nsipii "^i^b 'T:n u-^^^iijT: -nDTso "^sb cbiya 
m:iinDr5 mpinn nr^SDn ^2:73 'T:n t:^-l^3 '7:n ûn^iT^b t:nb co 
"ipbo r:^\y12^ nnnî< riDpm ï-rTD^on iT-^is ^i:?3 ^wx ■^p■^:^b":J ï-id 
bs byi2 tans -^i^a nsi ^^i un^^ û^-^t STOi::' 'T:n û"'-:si72rj 
tirtb î-j^nu: ^layu:"! niD bD^ on^b^N mbsn bs by^ai 'T:n t=:\n3n 
nnn5< nspm rr^ûson n^:?: in mpTnn m73DDr: 1:112 'nn 2^n23 
ntm nmrDu: priif» ^"nn "^b n?2N p ^j:' V'rJT 'in72:b niT^a pib-«o 
('•)imD m^om y-pipn hy Jm^Ti nri ■^nrr'b -inuî: r<b :mo \s:nn 
îibr^TD irN Nnnuj 172"^ ^^ inpTn '^nin^n 't^d-^ ■ î^bo T«rT mTaDC-rs'J 
n^Dsnb n^n-i Nin tzN b3i< -137372 pbnonbi Tr^oanb rtir-no inj'T 
n3:'"ji mDT ib 'iNUJ"' r<buj niSTr:: w^iy ""ZEn "«22 ^Dyl nb:?3i 
bi:D-«T ûn^b -iiD^T b"T c^TDSn"»:: ;a-« d-^-û^ r:?3D"i b-^yv r^b n7:b npTn 
■"mTD "^2)2 '^n:^72^T "^rT^Nn b2N riT msTm 1T riDpnn ■'Uîdw \n n^sib 
mn^-^i "^lib -^272^^: ^"sj'j^u) ib n?2iN labu) * •i"-id û-^^n ")"-ir572D ann 
152T 'nnN np-nn mn nb nN'iJS r!"E5< ïi-i^S72rj "1:2^3 *]in3 m \s:n 
'^:r73 3'pnp imN nprn np*^ c-<b ^-iri"^ ûiia-j 3n372b TT'n mon uî-^t 
t2~?2-« nnwN — .^y"b2r naim mpinn nvr^onn nD72 iniDT c^ino 
-{in3 ï^l:?2'v:3 b":n Y'-2 pn^:*^ 'n"nD ûsnn ^b n?:» nr \n3nD'j 
£*<:^72 i-^snD ^inm n"-bT Dn^n^ n"-D T^cnrt ûb'::n csnn T'n.x ^t::j 
'-i"nm?: bbisn nnn "^posn \n\N**i ^b"Ti b"ibT "^rpT nnn Q'i*a nnDUî 
im3 '^D V"î""*^ t2"^:p7n pli^i 17:3'723 i^TOD^rr b"Ti b"T ""ibn ïi-'ab n72b'j 
rîT^ronn -^id nptn *|n ''^^' T^"»^ ûibs ^t i^n -^iJib np-n nDW^a b^snc^'J 
ûwX ïd:72N bN-i'j:"^b 'j^^ij' n-us-:?: npTnn pbi b^-iuî-^b Nb« rT?2aoin Nb 
b''^::' m:72S ;a"< nT3 nniDTT •ippTn72 pbnor:: pnb"«o ir::b 3nD3 -!::u:2 

* Sans doule Ilaj-yiai Sabbalaï. Voir plus haut p. l03, s.t\, Salomon Lé.vi II. 

* liriîb nn. 



LA COMiMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVP SIÈCLE TJè 



N» 18. 

t2"^b:j'Dn73 ûmn^zûT Dnn^n L:r:\nn m:pb an^r^' 2^:m:- :zb-z; 
rmpm- ^b^^nb û^^^ns tDn-i^nn r-ibir ib^D ^<b -"d tznbn sz^3-:::m 
mT^nprr niTosonn ;a-nD73:D D'^N730 ^du5 ^d b:' npinn ivr:: -^t^t 
tD^-im:' "^ri ■^b-'bD ';n3' c>iin ^"2 tzmnb b^Dw'riTj tin^rr mxnTQ n-ji 
to-^ri^OToi t2n^3>n -"na tz:-«n73in ûnvnn rr-nnn':: i-^iNb m-aD 
t=i3»N ï-ib^bn nn^rf ^mn ><b niTDinprj m^^^onn qw\i ti:b^3:> 
t3^73in û:; ^1731 nnpm •^731 p-'Tn?:r! n^oD-» r<b'w "^n^ !-i:pn i:pn 
tz;\nn msu:b Sn73'j:t 'i'^t:"' snrjnb '^ni ^^ ''^ ^^n i::Tm nbwsn 
3>3 -^m Sn ">m73 m2T ribi:i ^bin nnpTn *iin73 '»a-i;:r;T m-i::m 
riir-iDîn mi^b 133b bN iinsT i3\x-i r:T nx .rjOJ^» "j-^nt ynwsn -;:t 
t^bn t<t73'^-«p-i t^nn^ r-rrm'j^ ï-rT^isrin i27:DDn r\T\yyy\ t\'^'t\ 
t^bi br)T^ î^b rjNbm tDT«ri)3tJ r;373 r-iwNicnb t^bm nn -nn7:b 
niDpb pp n5>T b"n573b î-t"::&< h^'t ':j"^j<7ab SNT^a*^ na ûvj rr::-',!'' 
^riin ^&^ ■'^5 mu5?2 ^^^j^r^p^ in *^^pbi73 msn ^5< "ii:n ^N n^3 ûvj 
ï-TiT-iniuî '-"SNT tDbn:>3 idiî^i -^^ 'ir^ua ûïin p^Tn73 nnx ""inr!-! t^tn 
r-nspb nu:-iT« t^bi b^v t^b nnpTn ■'^n ï-ipTn- brnb :n-",Db 
SiDT .ûbi:j>2 "jDiNT 'Ti: ûr^s msn iî< ni:n iî< n^n nmx t2^b:'nn73 
rnwNT •i5n»:DDrî Sy ^in5>b "j-nTn ï-i'»^:^*-^ t^w^ !-;"::« iws •w\sn 
ï-T-nnïi ^Don f-i3insn nbbpm ï-rb^n S:d in ï-iirn-n C'n: i32'«r-« 
bN"i'::i m::>73 u:mD73i SiniTo nT^inb-i û'^Tû'^Jb ï-mD73T ûnniTo ri^rr^i 
ï-innn NUî"^ riNT ns^nTo^on û-^-ipTom t^^''^**^ ^^rpi-î mbnpn t-idt«i 
is'-'i .û-ipi v^i^N^^ û"^'iin SibNb r:"-" 'n ûrn riT ïr^m 'n n«73 
t]''72'in3'73 to^NTûin inn 173^ i^n ^21u: lîTnDim i3\sn nij ^3 
m73SD!in Sr û'^-a^i'i ï-t-iito:; !-;^Dp tz^-^Ni mD->-«iT73 m-isp û''u:'i:^t 
i->mnN nbnj?3 p-^Tn^Dn t^-^iririb û'^-air !-T73n noN ynïi nain nnb?: 
b"3ïi !-i735Dnïi d-inn bo^i t^iriu: '7nb73- ï-f:"iprT:j i:723Dr; p bj^ 
?<b"i bST^ Nb d:;i J-nsn in ^^rn in rr^n imi<73 m^n-^b b^v Nb 
D^iD-^b "li^ '-niDUJb pp IN bi^:\ ïn^a^N \x uj-^n ■l'Tin"" ûtj ï-iuînr 
'lit tD^©n ri3ip!i rrmN t-rsp'^':: msn it< ^i:n ^^^ r-i->n -im^n 
b"Dïi tDV3 Ï-7T rr^m S"DrT ïiznnrj n^n b^n Dbn:'^ pT cirr^T 

.n"^3U5 û^pi 

•-iM I ïi"nbT pirN^-^Na bNi73U5 "i"n?3S3 sp:^'^ I n^-^^T: n bî<-i73'»» 
>-T^nnD n"nr{?3:D2 tjDT^ | u^N-^îons p ii"! l in^n rjT^bu: n!N:"i 

.b"T pDn 

^ Patrimoine, en turc. 
* Acquis par adjudication. 



260 REVUE DES ETUDES JUIVES 



No 19. 



TN?3 !-i"nbT ï-Tb5>^m 17^^3 1^*^ '^^iipri '-Tnbon '"•^oi^nn ir^iT^^p 

■'b53>72D ûmn^bi rinrj ^-i^n -n^irr: n^uj-^nbi ^^■^'irib t-impD nr^ 
biDia is-'T^b mn^'^T marj r-nToiDor! 172^50^^1 bbirb b'^j'inb p^i: 
aiDni i3>bn ts-^-^n Miyi nx ^cî^n *jrT>*7yb2 ncN rjr\m yni^n nrnb 
^m Ti<?3 rr^n n'^UN m^isni-iT^T '^nan73'i mpTnn-û mpTnn niTODor: 
'n^'o: V2'D UJ-^ 1l^\y^ .'n^by iToiy ^mirr: b^n 17:n: cnpTon nj'ipn 
t^iïi "TiDN 'tî ni:n ^in nnx rr^n nptn nsp !-;l:n73 '^7:nn 'n*:: ■'::n"i 
rn72Nn2"i isb ^iir: "nuîN "«sd û"«rî73 ""PJ'ïi -i:5>ujb ^17:0 r::s73Npn hdd 
^■iTai''^;:::^;:: "inuîm 'Tsn ïnpTnn 03S'^b7û Ti"'n in''72 û-^^s"::?!":: i2bi:i< 
m'isn s^bi rT«b3>3b rtpînrr n^n^ û-ir^a 'a itjT •^mn-' "^ba tn^nn 
"^1"«733>73T mnob nuî3>72 ^^v ï-it2i 'T3Ï1 '"^Tonn 'n n^x ï-t2 DSis^'b 
l-^^s cvïbu^T ïnpTnn ^n■lNn i:>73b '""S^ 'ir? i-i3>-^ i:> "•-)::: nn 
n5n3>n i3^bi pb ."^b-^bD iiy inn ï-istût: •'ps ï-imN Mr.pn r^i:'' 
ins ■^Nnb"! '"^Tonn 'nb n"»3n npTn ïr^nn^»:: ■i^":îd:>72t nn:j>7a "i272^Dm 
•>-iD5 Nbi bNnuî-" Nb nn ^'Qv ■^bn72 '"^siit-i '■':^ '5 1-12:'^ ^y 
bs nn nsT^ tn 'tds û^suî ':i "^nTanb ipi-i iciNn mn m73:>m 
ni< •^Tiri"' in û^in ûiï: m-«n3 n-n-" "h'^tn '■^To'^n bri bnx .tompri 
ins "««nb-i nTa-^-^p rr^b^^nb rtpTnn rr^ïin^a inTri m73iNr5 ^ru:?: 
isnniD t=ibi3>b nnD "^Nm ï-r^N-ibi niDTb '-«Tûnn 'n T«n r-n-'rîbT 
ï-T-i-«i:^b ^"2nn ::a^ "^i^nb '^7:*^ n ûi^ ï-it n-'n ï-td i3^m7:o lîTonm 

.û'^pT "-i-'t:: b^m 

n^nb ûïrnnN n^isîi I pt^ir-j-^N-j ï-T7ûb':î '-i"n7252 tioi*^ "n-^Tii!! 
np^'^ 'n^y:m I in^p tiDv ^^3>i:ï^ I •^•jNînbN -j''^ 'n^i^irr! i iTn 
t3rn35< "i"n72:D2 np3>"« 'T'yirrs l bi^'^Tii» bN"i7:':: -i^3'i:n | \nDni: 

N« 20. 

Y'it"^ isiiDD^i 'ITT n"nn ^"^3 "«nNi:73 ï-it pDD 
,*Niit7: nyb Ni:7:n ]y^ im&< ^^pnym 

^riwN-i û-^i^i:-! d'^73'1 Î-I2 nuî-^-i 'fi< ï-,i:na p-^mrs pi^n .ï-ib^c 
t^n rn73np7û ib^ ï-rrr^n 'T2n r-ipTnn msnuj lyji iij't^uj ï^*2 ';7jt 
nnT^T tD-^r:: may naiD S"3ïi r-n:na \no::D:oD piwsn a-^cm 

' Noie marginale : 113 npTnn73 p-'TnTari 8^i:"^n p^D*7 mm^b pDD 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUK AU XVI» SIÈCLE 2C1 

^nv nn:';:: j-tth nmn n^n r-iTCNO v^^'-"»^ n^*«rm Sbz ■^■nn-' 
rnNirb ^nn-iDin ^;no t^btî ■^'nn^ ï-in c:z: i<bc o^r»:: t:;rT:-:::^73 
t-ninx n-ûD lyai !-i:t353 'n:^inn -"suj-i;'»:: b^D':;n b";rT r",::nr;?: 
S-»:'"!-' DwN nmn "lanT^b"^ t^-^n -^rpTri Sn^ !-id -«n-sTn t>ib ^z^cbn 
i-in3>u3 ^n^ 11)212 ^"-ji-i npînn nnî^"» ^<b':Jb b":rT nnorr 'îir72':;b 
.û-^inujn 173 inD'siii û"!N 3'::^ t^bu: û-»:-*:; (:j rr-r^a:??: ^m-» 
ispn ri7:n y-iw^n -TsDn tzi^'^np D^T^i^n'^i^oo n7:wN p .n3r:;n 
ï^b û^iu: ':i n-«n3D nTn:>nu: inptn p^TtiT^rt i^os*"j -'^D ^^-ir:: 
tz:\ : en marge] imiD b:>n t^^it'^'^ 113 i:ii:n:: fnn^rî t*v»^vj;; Y2 ipbn 

Sn-iuî-^ "CJ^iî Si bi:D"^ G^r:: ':♦ rr^iro IwN m^:pn r-n:nn iwX 
msn (!) I72^*t5 Y'pn \d"d msnn ■^^^ rr^aa ii< ^irna p^Tnnb 
•{^NT piN-i m^na insTiD nuî^nr; fr^pn^: -^did û^3;a (!) ïnT::::^ (!) î-it 
SN173UJ ^•^y^^n ^12'Q ^-1t]nm "nan^ ,np"^i-i V^d n25>a ûio ';i:>7:-::b 

^"D !i3 p^Tnnb bNTyi:'' ^u^n Sd biD"« t=^5Uî ':; ^mn^ rrn -n r<b":5 
^12t:: ';i^?3t3 nmrro nb^'^în ï^d'IJ 1112 "^dd p^n "j-nm ï-rn:? 
'ûi^'D ^n^in pb to^DUJ (!) i-TnuJ5>73 ^nv ^Tir-p "•bntj t-n:nn 
nv^ib"! bb:D i-i5:>[: n:;Di 'ii3>7ûujb ib i^ni ir^pTnn S":n piNi ï-t^t-j 
.J-T"nbT -^n-iiN bî<i?:tJ -^''^n pniri 'T«i>i:n "^^^ ^n7:nn tn?ûwNn 
ûNi ûïi^mtDTn "^n^i^m n"'nbi n^snnn ^V2 ^npni'ii û"^-imn ib^ 

.Y'ni "^ibn n-inb pni:"' n"nn72:D3 ï-i?2b\a iap^"i 'T'^'^ï^ 

N° 21. 

pNiri^!::'^^!:: :2py^ û-^iD c^^iuîsi ûb^n tD^nïiu) n^i< na^ J-ivnb 
nNTri .n-«3>3 '11 tp^ ^u:n i-Tbi"i:;ïi rianuin -^nn^xo i^-^^sb i:>a ï'-i3 
u:^3TiNDrt n2^n Swsn^^a ta^^sb >inp3ï-j ^irnn t^irr p-^mr: 
inn::^ T3 ip-'mn^ ^"n'^-iNa^Nprf -li^nb ^i)3on ^:inri r^irra 
TwN53 i-i-n72:i nptn S"3!-[ nitnn p-^Tnn c>i"im □"«mn-» cnnTû 
ï-t5:d by t^^n^i û"^1n^< tD-^mr^-^b 'T^n -isrnn ^^a i^'« b5> n^scm 
Si5<':5 pm .rrbwX T^nnn biDn tnn^j.ss ï-nii> i^^rriT D-'aTai^: û"^n:> 
'^"nn"» Û1U5 Sii"> tJN LûD^?3rt nn'i 't^h t=:b':;rf D^nn lin^sy^ b^o 
•nnsu: û3"j)3 13 055'^bT b"3r! "^^inn ':5in^ rin^' p-^Tnrib ^nx 
•^73 'tj^! n^inn ^in^a 't3!-; ûbrjrt ûi^nn ^^:i■« TwXt: a-^ro t-i7:D -nD:> 
?-773r) -iDin3 û'^^nn-' t-ii-^T ^bn?: -«nsD 'T3n -lirnn n^û^o ivD im7:5< 
•^bn?: n^^r^b "^1:2 'T^rt nitm ^)35> «b^^ ivd &<7:b"''7 in .inpm 'rawxnni a^:o 
lî^'^n iT^i^r; nbnnn nTo.s nsm .inpTn 12wN «b mwiwsn ni<\a-i d'^'nr;"' n-.n 

^ Cette feuille 41 manque dans mon ms. 



262 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

•>-iDD ni:nrî ï-t'^ïiuj nnpTn 'p^mizn ^n^-^iab i^^y:i -^n nma to-^psio^ 

£]DT^ n"-im^ b"n:irî 2nn?2 l-^T pDs ir^^b j-i2wN 'm .^nb tz^mn*^ 
p"^Tn72n n3î<^ob iD^rai 'j^'in pDs in ncN J-j"nbT pî<i:N-j^5<a 
D-'3D ;2:b^ m)2iNn nNUîîan d->-nn"73 '^"i7:^b "1:0 n^mn ï-î^n-«a inpm 
l'^'in S:' i2^n73SDr: n::p'j: inro '«r: i-^n poDïi ""d Sr pan 
V'na p5i2£L\::^i^t3 npy^ ^"nn)3D tzb'iîn tsrnnu: miznii ^y^ 
S"3!i ^linrs':: •n:' Sd S":n ^irnn rnpm i^csn r«<b 'T:n 
I^^T m73ii<rj -iNUîn tz^'iin"' nn^T -^b^T: -i-iToi^b •^n:!: ^it^y t<b 
^ab-os i73Trt s-ny^np r-i^nu) i^ot^ i^nn n^nu) n935T t:^:^ "Cîb'^a 
1737 ijs^npu: V2T3 V^^ î^'ii^ 1=» r-iT^iiprr ï-iTaDonn -"dd to-iri) 
ï-T^ïiv^ iri^n'i ï-iDTini<ir: J-i735Dn2 n-^j^ri ^?25n i^^np n^N d-ouj Tcy 
tzs-^r^D t:::' ^':j73 bD m72nî<n -iku:?31 û'i'nn^Tû nTsab •^n:© nstnn 
i-inb3>\D SN"ia"«3 Ï-1S72N5 isi'^nrî pbT .inpm p'^m^n i2î<^cb 
j-i7o::Dnn itdtd "i7û5> 'T2n niinno t<i£7û^ i^bp i^y Sd'^ i:n7:DDïi 
Sd r-i3-nnNn ï-i7:ionn v^^^t û^rj \2îbt5 t:J72 biD ""i^d ?-r:v»SN-in 
^^DDn t<b m72"iNn n^^U55^^ d^"nn^73 ^i73:ib "^isd û^r:: n^:? ^w^o 
^^2^y niïi nnprnn Ninrj nisnn ^in^ nnpm '7:n tsb'^n csnn 
tzLDnrrb di^d"" nuJN ^r idina Sidb '^^^ï^^ ^^■^aA ûr^ub nr^un i\^<i 
"ly ir)-inn osdb mîT» uw n^mt t>ib nmu^n "^bnTDi 'T2n ûb-^rn 
DDDb ■'TirT» ûnuî ï-T\ï5n"' Nb imuj"i "^bm 'iDn ûb-:5rr ûsnnb o-^^d"» nwî< 
n72i< "13^ n^ï^-ibn mziiH by^ "j-i^ri by ûbni^a piw^T 'i:: Dr>23 idinn 

•û-^pT r!p^3"ib':J3 m-^LLib 

qoT' I :2:î<"^t:n3 p ni'i | ^ibn n-^nb ï-T73bu: | !-i5^n73 "«t Sni72"»d 
ï-T^n-iD n"*ir!72d2 biiV2^ | ri"nbT insn i-j-^ms 'n"nrî7:D3 
.n"nbT (!) bN-T^' r\ov Y-ir573D3 rmrp 1 ïT'nbT p^n 

J-i72:DDnr773 nmippi^rr:: Y'hd d"'72b^n uv^'Dnn ntjdon osna im 
tD^"" riTo-^nna y^n û"'7:buj û"'7ûdn nccn nn o^T^nnn n"'rî'»a • n?:!::? 



No 22. 



î-r^^-^-Tin "^bTûa d^73innM i''^:*^ t-i-iiiiT^ rr^sib^^ ï-rmn^ ■^53'i 
Mn^n?3T J-Tiû^p n-^onb -^hd .it^wX ^yb N:i\:j^a n"dy7a ^rsb d^D:n»n:3 
biodTa 193'^nrt 3ind û^"^pbi ûn^2"'n "^Tin^j ûib^a m-ribi i"!:*^ 'ï-t ^yiz 
npTn in û^nnrt npTn p rT:"ipr: ïzn mpmï^ V-- -^ i:i"nn 'nan 
IN n->3n "{inn i^jnrn nmob in N-ii:7a naT nî-it mn uj*' m-^n^n 
ïnpTnb ^1730 ï-TpTH ib "lî"^ T03w^ pcb p m'T'^uja 'T^n m:nn 
tiidS'^T n-'373 m:Db73 nsT r^i:*' t:VD'::m nTSwsn nan^x pT^bi nndT:r^ 
t3Db ï-T^n"^ in5< ::dP7:t nn5< ï-imn î-j-nnn "^çd ud^i^jot Yi p*7i:n 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQl'E AU XVI» SIÈCLE 203 

^v dnin'sa-'T r-T>::-iD û-'wnin bN-iO"" S^bi •i:b n^rs"» rr?:ib'w3 

mpTnrr rr^^ap^ '•^n'nnn -^birNa t<^bn Nnb?3 ^i<n t^nn-iN .nn-cr 
*n;inn)3 in -«nsn?: ■nr)Ujb p"^Tn?3b ^^o niDTn n-»-»:;? «bx -irt^ 
ain n^b ï-iTi N-iiS)3 nm £*<rT in iwi *D"n?:nîi spd r-n'^."'2'::i 

"|\\;25 d^iD"! N":no-im û"373n7; mi:î-i"^D N-ii:?3 -im ^r^ nn n-'b «:i3C72 
^y 313/5 bis"^ ï-nb72n i-'N ^3) !-nb?:n b:^ nsj^b biD"^ nir7:n bra 
îi^i i'^ûus?^ ^n^b IN nir»!i pb in^i^ -iid^ab n^:-) ûî< mcjn bya 
^72n« «5n:i bd3 Nnit73 nm n^'^t ï-i3 n^b npsd'wT^ 'to:;^ i-i?:n'J 
t-i-^bn û"3?2^rf nni ■'STiii bsa Nnasuj'nTj ^TsbD m-i^3':;a i^d d"î<i 

p pTm73 npibrri in\N-irf ^^hv innnTo N^^^ntjn ^^'iiz -im i^ri ï-rn 
iirt3 pbi U5"î<nn:D Nn^Dbn^i ï-i\s"i t^-'nnb ^iizn b:^3 b:'T ï-r-iinn 
^m N^"^! iTib NbiD ï-itDr: yn^n ^ctt û^uin^ip nrm^Ni irmn-i 
^^ii r^by n^^ny^j un i-^a npibrr ^^^2 y'^'^'î>ii û^ip^mT^ ^b^ t>i-ii:?3 
n^33 p"'m72rs i^duîn i^bj' -lyn::'!^ dn i"'n mn">D;::3 nr)72:rî m:n3 in rr^aa 
tD"^rT "^ra bsn ^^im t^bi (!) nndiTDSïi n-'nb in manb ^^iTao msna in 
^nî< T'D ûN '^:d N'n}:?: nn^ t^^n l^i^rt titn •ji^-'W -^73 d^th n^^^a -iuîn 
irTt^73U3 "^^^^pD"! pn-1 û^mn?:n mnp:^!: ndbb 12:^^53731 i^nyT ^^ i5N û:» 

li^D ln^2 T'^^ P"i "i^T^^ N"»^'^ "^^^ ^^""^ r^-^ ï^T3 TDi i:n l^sn 
.-i2dndu: i73d ï-i^N-in rhy mnnt: N^itiT^rr t>im-i2m Nn:\ibD ND-^tîT 
V'iTi ts-^bNiuîn ûn^nrin lmi:73b ï-nsann ïi-iirpr: i3n:'T dnt 
tD\Nbi073îi û'^N''^3^ nb3^72 ^2^ .'nb "wip DniH "^niriDi ts^nnisT^r: 
r-T7abu: ■i"-in73sn r]ov ^^3>i:ri i''^:-' û^bî<iDn rrb-nrim nbnnn td3 

.pNiSwsa\Na 
in3>^ j-i^r!':3 dbuîïi ûdnïi t23> l'^-'n TT^-inu: Nnm3> i-nn "^Ti^a 
tebiDi î-iT ';'^35>3 n^i^n '^TDdn bd "^niinpi ï-it l'^a:'^ u:"Nnn ini'^d 
b"T û"a72^n n3>nr> rîU33>93b ï-rdbr; ^d i^in i^poD tnt \n:?'7b n72'^dD?i 

,■^31^7:^2: -iT3''^bN "^72^3 dmm ''jN ^''^12 ïht b:^n 
tD^cn^iprt is-^mn"! i^ti^u: "^^noTo c<p ^minm ^m73 ^d-inn "^b'^rî^ 
ï^-iiTTo -in'T N3^^ n3 rrvb^ m-i^dUî i^^ya d"37:"ind ï-77:r7 y-iNn lOtt 
iDuX t2^^ :>w n-i!i ^"^^Triu: n^i*:: b^i-ci "^nj^T riT VJprr ^:^^ di 
lapn tidnb3'7j ^n:^ dN: ']73N nmn u;vjn b^T drJ73 tonnTva 

.bwN"«T13' bwN1720 

^'^yi inbi^:; npibriTa ï-ibrs ni^Tn nb^on bi*o «""n p J^,7:Nri 
td^pdiD rn 3"m3'n ^^r\i d">'^nn d^T^b'jn t='^72dnm ^"y^ rw^rn 
pdiD ï-T"«rT b"T TM^^^^y ^^ixn YnnTDd dbcn ddnm b"T d"n72-inD 

* ^apa, 27 a. 

> Yad-ha-Haialia, (d'^Sd^ '^f), ch. xii (8). 

' = ï-iD'::72 i^:>72. 

* J'oMr Hoschén-Mischpat^ ch. ';xvi(2), et Schoulhan Aroueh, ib,, ch. clxxv (53), 



264 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

•'-inNT "nN 'jiiD'::'^ inn nriN ^n^i û^^onb i5:ip n::*^73 û:7:Nn m^pbn?3 
iT ï-T73:dd^i m^nbT D"nt:'-ir;:D :ir;2b -iT^^^Dn tz^?:irnrî ^niT: TwN 

•im n-«nb ors-inN 
t^nii?3 'nn'7 r^S'i'i ïna n^b ï-rpTni b-'i'b mn::n bsiD poc ::":: 'o:: 

N° 23. 

r<bu5 "i^-^iori .o-^D^nb û^^i^n T>n «b^ û"^nni rrr^ no'^Din'^u N"y 
inba t=ibi^2 ï-7n\-i:: uw O'^s'irib bt^Tw"" ■'j^tj nnx ûr^a rrom"^ 
i-TT b:5' nniJ^m ,Y'it"> mbnpn ï-rmn ^it^nn^à?: n"n ï-t::o m^-i 

\-ibn tzj-'b^nb ^UJ'^v t>ïb D-'D'jnb nb^nnn un dr^i .tniwS nsp"^ 

"n uv mi in^m •^i^i'^sia ^rr^ j-it b:' nm3>m .toinm mndi ^invu 

rû"^^'n 'uî bib^b j-tt^t:' 

fcziii'-isN I pNi£N"j^N"j n7ib\i5 n"-ini7:d3 t\^v l ^2i3>72'»an nr^^-ibN 
.■^DD-iis np5>"» I nmnbN Sni73\2J | -i"«^bN5Np Tii^b^ \ ]in n-^nb 

N° 24. 



•'Wd^N "^ibii v^'^s^ n"-iïiii ûns^ "-lii^d DiDnî-îb isando ï-!)2dD!i noiD 
.T^mm dip?:3 iniN idtod^o dDn p bdb riaro N^m rr'nbï 

ï-rn^n * J-ibu5 N^DDdN b5> n^tin n-nnïi n-iNcn nn-j:^ np"» biD irt 
n^m ,^Mi ^indn Sd r-iw^ rtb inm -irsTwS ï-T3>?ao ir3^3> 
•^31^:^ "^sn-i ?i?2n d^^riit^n d^-^nn yn^d -iuîwN t:^b^1^ tzi'^b-'irNrî 
Sy "imi"^ t^i"^'^ ^p-^sibuso rtD t^TSduiN p"p2 vrt t:în tsbiy 
Sx n7ûbi*3i ln7an ïi^odnrt m?3-nn t-n7:nbN nrmon n:m .dmdd;:î?3 
nain r^it^i n-iNdnbn Tiddb ^irr: nb^n t^d nnoî n'sdN dip7:r! 
ïnw Misri-i y»i: yit-^T 'rr bwx d"'0:>3n d-^'^iiinp yniz m?3b\25n mToT^i-i 
nmnn mnbn Sy 'Tip":îb d-^'iriNb vm d'^'rp'sd bvz^^i t=i"»b">din"'d 
nn^DH n"j">73b n^i-^pod d">bwS "^^d V3d m -i^i»"^ *,'w*n nr r<br! dn*^ di"^ 
tunsTo '-i"n)2d 'n nwSi-'n rr-ii nu^n niToibrn m73n::rm n^^n mri 
,i3-i3u:3 ^n dT^ïi nDmj* d3?3N dwsi n"nbT ^ibn 17:^53 n"-im?2d2 

* Baba Mecia^ 85 o. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI» SIÈCLE 26ii 

p"i]i:m n725<n nc^'i ncnpno -idt rsD nn'wbn 'n7:^'b "j-r;-! r,\-, 
riDTiy rîDbnn m5''ix?:n m^iDa nvb:' i^injz^ u^'Mzr^ >i2'27: rrxD 
r<"np '»"'« tj:5< û^"i^nu;n nnp"> rmn nn^Ej:b rT-n?:'wi ^-3 

tnmn ^.in mN73 '^-l'^irp nbc nbi:-« ii^n 'n ysm fc-^c-npn 
ny^^ n?û5n "^bnD "«-in^ SwNt vnbwS n^nn nb?: c^ i:^ 
■^b:^ *fi<nrTn t^nbiri on^sb i2-i^:"i 1^:7:2 i:n7:î< p br .-prip:-!'» 
mmn:: mn7:t< CJî'n nfi< m-nnbn i-^anb 'na b^:n iu;e:i rc^-i 
n?ûNn bi'T v^ï^ ^^ T'T' V^ ï'»">i"' ï^"'''"' i"''^^ i~Tm::ri mb^ n-is 
tou:m ^^-T^T^a nh?:-» «b uî^nt npnm rimn npnxb t:^-n?:r; nrwN^ 
-113^ ' nV3^b n"n373 ?<ir5 "^"ir: ib ïniT^^^m -inp"" ^^17:3 rnp"« m^'n 
^y t^^irr^m t*<'mo"'N'i *l^u5i^^pT i''a:%3 po:' nb ï-i^m ^^"«^■'"P 
i2n^-^?DD "i27ûnm iDnnD ri^î^nbi d'^rr ni^i<i2 ïinn n-nm "^d 
p"Db rr^bi:^ t^3 ']"u:'' n3\D ujab-» u:np 'la n^inD n^un^a n^T 

.■^p-iDibN'»:: riD 

* ^aôa Mecia, 85 a. 
« Daniel, iv, 32. 

' J/oéfi Katan, \6a. 

* Daniel, iv, 10. 

* Kiddouschin, G a. 



NOTES ET MÉLANGES 



QUELQUES NOTES SUR LA MEGHILLAT TAANIT 

M. A. Marx de Konigsberg, après avoir lu notre notice sur la 
Meghillat Taanit parue dans les Mémoires du XI^ Congrès des 
Orientalistes *, a eu l'obligeance de nous transmettre les re- 
marques qu'il a faites à ce sujet. Qu'il nous soit permis de publier 
ici les plus importantes des observations de M. Marx. 

P. 3, note 4. Le ms. hébreu d'Oxford, n° 2421, 10 &, ne contient 
pas seulement les « jours de jeûne », dont l'énumération complète 
forme notre § IV ou Appendice *, mais aussi une partie du chap. xii, 
ou le mois d'Adar, qui dans notre tableau d'ensemble (p. 12) con- 
stitue les journées 28 à 35. Et puisqu'il a été question des mss. qui 
contiennent cette curieuse série d'anniversaires historiques, il est 
bon d'ajouter qu'on la retrouve également dans le ms. de Parme, 
n° 117, partie 4, et dans celui de M.Epstein (jadis Goronel-Halber- 
stam), dont Joël Millier a fait connaître un certain nombre de va- 
riantes, en 1875, dans la MonaisscIuHft. — De même, selon le ca- 
talogue d'Assemani, les mss. hébreux n°» 285 et 299 du Vatican 
contiennent notre Meghilla. Enfin, grâce à une communication 
de M. Freimann, nous savons qu'il y a aussi un fragment de cette 
chronique à la bibliothèque municipale de Francfort-sur-Mein, 
provenant de la gueniza du Caire. 

Môme page, note 5. Après avoir cité l'édition princeps : Man- 

* Tirage à part, Paris, 1898, gr. in-8°. C'est la pagination de cet ouvrage qui a 
été indiquée ici. 

' La ijibliographie de cette petite section finale est aussi à compléter : on trouve 
cette série de jours réimprimée dans le Kolho, n» 63; dans ^mb m^, V, i, 8» 
dans le Siddour de Rab Amram, édit. Varsovie, p. 79 a, édit. Hildesheimer, 
p. 1U3 ; dans les Ilalakhot Guedolot^ f" 34, et dans le Mahsor Vitry, f« 229. On 
verra par la suite pourquoi il importe de mentionner ces diverses éditions : elles 
ont de l'intérêt pour les variantes dont il sera question plus loin. 



NOTES ET MÉLANGES 267 

toue, 1514, in-4°, il faut mentionner la 2'^ édition : Venise, 1545, 
et ajouter que le texte seul, accompagné de la collection des va- 
riantes connues, a été donné par G. Dalraann dans ses Ara- 
màische Dialectprohen (p. 1-3), et qu'il a ét^ expliqué (p. 32-34) 
par le même auteur. 

P. 9 à 12. Nous avons publié le texte et la traduction de la Me- 
ghilla d'après Graetz et J. Derenbourg. Mais il ne faut pas 
omettre les divergences notables, qui sont plus que de simples 
variantes, qu'offre l'édition du yri:> rm: (V, i, 8). Ce sont, non seu- 
lement des différences dans les dates, mais encore dans les com- 
mentaires ou gloses expliquant les solennités, sans compter l'omis- 
sion de deux dates, celle du 27 lyar et celle du 12 Adar. Voici les 
différences remarquables qu'offre cette édition : 

Au lieu du 7 lyar, c'est le 17 (le ms. de Parme a : 5) ; 

Au lieu du 17 Siwan, c'est le 14 (de même mss. de Parme, 
Oxford, Epstein); 

Au lieu du 25 Siwan : 21 ; 

Au lieu du 14 Tamouz : 7 (Parme et Epstein : 4 ; Oxford : 10) ; 

Au lieu du 7 Eloul : 4 (de même Parme, Oxford, Epstein) ; 

Au lieu du 23 Heschwan : 22. 

A la date du 23 lyar, au lieu des « fils de l'Acra », le copiste fait 
intervenir les ^y^^ "^in « les Sicaires ». — Pour la journée du 15 Ab, 
le glossateur dit qu'en ce jour l'épidémie qui sévissait sur Israël 
dans le désert cessa ses ravages, et que, plus tard, on cessa en ce 
jour de couper du bois pour alimenter la combustion des sacri- 
fices sur les autels du Temple : t-nnsb^ û'^pDiD mi n:2'i?2 ^r\i2 ibD 
ro^yizh xs^iiy. C'est d'ailleurs le texte du Talmud. 

Enfin, ce texte offre la mention supplémentaire qui suit : « Le 
» 22 Adar, après une période de sécheresse de trois ans, Dieu eut 
» pitié de la terre ; il exauça les prières et fit pleuvoir. » 

Aucune de ces divergences ne nous révèle un seul fait nouveau, 
pas plus qu'elle n'aide à rendre compte de l'origine, soit du texte, 
soit des gloses ; ce sont toutes de simples variantes provenant de 
la négligence ou de l'ignorance de certains copistes, qui n'ont pas 
traité ces textes avec un scrupule religieux. 

P. 15. Selon M. Brann, le scoliaste de la Meghilla a surtout 
utilisé le Midrasch Bereschit Rabha et, par conséquent, la scolie 
ne serait pas antérieure au vii^ siècle de l'ère vulgaire. En face 
de cette théorie, il faut rappeler, pour être impartial, que selon 
I. H. Weiss, dans son TUD^im ^n "rti (II, 2« éd., f' 226), les gloses 
seraient d'origine tannaïque, donc bien antérieures à la période 
supposée par M. Brann. 

p. 22. En expliquant la « journée de Nicanor », ou du 13 Adar, 



m 



268 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

le commentateur, comme on sait, méconnaissait le sens du mot 
'l'^Di^np [char de guerre) dans le récit du Talmud de Jérusalem, il a 
pensé qu'il s'agit des parents du général syrien et a écrit ^^''"'P- 
M. A. Marx est d'ayis de mettre cette confusion sur le compte 
d'un copiste postérieur à la rédaction de la glose, car cette faute 
se trouve seulement dans l'édition princeps et dans le ms. Ep- 
stein, dont les textes paraissent très apparentés, tandis qu'elle ne 
se trouve ni dans le ms. de Parme, ni dans ceux d'Oxford, qui pa- 
raissent indépendants les uns des autres. 

P. 26 : « le 22 Eloul est le jour de l'extermination des impies ». 
A l'appui du mot î<"«n5ou:^ que Cassel traduit « les apostats » àvoao'., 
au lieu d' « hellénisants », il faut noter que les mss. de Parme et 
de M. Epstein lisent ainsi ce mot, et non 5^^^:>"^':i^. 

P. 28, note. Au sujet de la journée du 21 Kislew, qui célèbre la 
destruction du temple samaritain, on a observé que le Talmud 
{Yoma, 69 a) rapporte le fait au 25 Tébet, mais Dalmann remarque 
que le ms. du Talmud de Munich a bien im^^ û^^'^Ds^n (21), sans 
mois, tandis que le mot r\'i'û'2 est une addition faite postérieure- 
ment dans les éditions. 

P. 50. La journée du 12 Adar commence le 1"i*>Tl: dr. Au lieu de 
voir dans ce nom celui de Trajan, M. Dalmann a proposé* d'y 
voir la transcription de ôïjpiwv ou Or|p'.o[jt.a/îa (combat contre les 
bêtes fauves), dont parle tout le chap. vi du livre III des Mac- 
chabées. 

Malheureusement tout le monde sait, et M. Dalmann mieux 
qu'un autre, que le IIP livre des Macchabées est un roman. 

Moïse Schwab. 



FRAGMENT DU LEXIQUE DE SAADIA IBN DANAN 

Un feuilet (14 4- 10 centim.) de la gueniza du Caire que mon 
ami M. IsraOl Lévi a mis à ma disposition contient quelques 
articles (bon fin jusqu'à "idh) d'un dictionnaire hébraïco-arabe au- 
quel appartenait ce fragment. J'ai pu reconnaître par le premier 
et le dernier de ces articles qu'il s'agit du dictionnaire de Saadia 
ibn Danan, car les deux articles dsn et ncn contiennent des parti- 

» Monatsschnft, 189G, p. 32G. 



I 



NOTES ET MÉLANGES 269 

cularités qui se retrouvent dans les extraits de ce dictionnaire 
cités par M. Neubauer à la fin de son édition du Kilab al-Ousoul 
d'Aboul-Walid. Gomme rien n'a encore été publié de l'ouvrage 
de Saadia ibn Danan, en dehors des extraits donnés par M. Neu- 
bauer d'après le ras. d'Oxford, il me paraît intéressant de faire 
connaître le contenu du fragment de la gueaiza^ même après la 
notice que M. Neubauer a publiée sur ce dictionnaire dans le 
Journal asiatique, 1862, II, p. 256. On verra par ces articles que, 
malgré son désir d'être bref et concis, désir qu'il indique dans le 
titre même de l'ouvrage (n-^^^nni'bws riribbwS "^d "^-nnibt^, le néces- 
saire sur la langue hébraïque; cf. Neubauer, Catalogue of hebr, 
mss. in ihe Bodleian Library, n^ 1492), Saadia ibn Danan s'efforce 
de condenser d'abondants matériaux dans l'étroit cadre de ses 
articles et qu'en ce qui concerne particulièrement l'énumération 
successive des sens, il visait à se montrer original. Dans l'article 
non, il cite David Kimhi, que M. Neubauer a omis de nommer 
parmi les autorités mentionnées par S. i. D. Dans le même article, 
il cite la préface à son lexique (Mouqaddama), qui est consacrée 
à la grammaire et se trouve, le commencement excepté, dans le 
ms. d'Oxford. Le chapitre sur la métrique hébraïque contenu dans 
cette préface a été publié par M. Neubauer *. 

L'écriture du ms. est de la cursive, avec quelques particula- 
rités. Ainsi t] est toujours écrit d. Les mots arabes ont peu de 
points diacritiques ; ^ est transcrit par ^ et ^ par 5 ou à. Souvent 
les voyelles brèves de l'arabe sont transcrites en hébreu par des 
voyelles longues (i^, i, ■^). Le alèf k la fin de la troisième personne 
du pluriel du parfait est toujours indiqué, ce qui est rare dans les 
mss. judéo-arabes. Les fins de phrase, dans les articles, ainsi 
que la fin de l'article sont marqués par deux traits ( ||); je les 
remplace par deux points (:). Les mots expliqués sont écrits en 
tête de chaque article en grands caractères carrés. 

Voici le texte : 

♦d&^'nn "«by 1Ï1 {sic) n^iib-^s ^uî^d nbon n'iobN iwN n^ns 
tiiD "^3 bw t*-i3>-i irr t]:;nbwNi dsnn ^r:? d-isnn &<b DOPI 

ims"» l-^-iLûNSbN IN S-^pT «"^n^j^bN "^D donbwS ^'^yn 173 TJdibwX ]t 
: biNbN "^DS^TD Sn7j t*<ri5n3 1^7:u5n■« «bb triDi^wSi d-wXiDw^ 

^ "T^UÎÏl niDb?^, Francfort. — Dernièrement a paru une dissertation très bien faite, 
en hongrois, sur la vie et les œuvres de S. ibn Danân par Naftali lîluragrund, 
Szâ'dja ibn Danân, élete es miivei, Pozsouy, 1900. 

' Ce passage se trouve aussi dans Neubauer, Kital ai-Oitsoul, col. "86, ligne 12. 



270 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

î-T^-i^D"^ brn y-iDît) ^-"^bN "jNnrîbN n^i^ib ';ior!r7 ï-t-^^ît IDn 
: "^ip ïT» l-^on "^nTû^ "«73 'm : («te) nn^ipi nnnbi:b t]in5 "^720:11 ';on 
NnaNîrDNT «nb^Ts ^^yt^ ion bs dn '^^ : itd^ isn^ ^<b■| -iiirwN^ r<b 'sn 

: ïnpbN '^sj'Tû 172 t^i^bsi 
IN tii3>T b"T "^n^pbN im "ni 'T^P^'' ^^ '^'^^ "">^" ^'^ "iDn 
rn3:> lis-^s ^'inn "^n nir^p nn S^NbwX Nirs 172 et«d:d b:>D bD 
NTons^n pnsbN t^s-iiD'i "ipi nui-^T "itd:? bnTa n^T nnon t^b br) iDion 
: £33N"inbNn ^^^^^7)12 bN^Dî^ (Sic) Nir; ini {sic) n72"îNp7:bN -^d 
■•m rTDi5> insnT: t^it-i"^ 'm : nnNOi {sh) )-^^i2 vhy tisn nDH 
''OnTobN f^To^ qinb '^i : D->î<n3fbN rr^s nno:^ "^nbN pbb (sk) n^:ND 
bnt<D b^pi riN'inbî^ ir n^s nnom in (sjc; iissbN n^c iiDn "^nb^ 
ncDin nuJN ^t qbobN b-^p 172 [sic] iisob^ ïr^b:? n;i:n "^^bN nnnbN 
: mîibN i^D ::iu;7272i "«ps "^iSN t|n 'ti •• «riDNi cû'iîTon "^n û^^3 
nn^in -^bn isn I72rf -^^d-i 'ni : ■•:ûî;72 """iDn ib '»UN-n n^îl 
'l^ : nws::à nrit n-^nr? nN tin-^i ':i"i : .'-iîijit (sic) riaâ b-^pi yn^bb 

(sic) njs^DNîDbNi n72b::>T rrbbN ïï^3^5:5> •'by ntj:;-! nit::^ bN-i^"" "«an indh-^i 

: nuîmb::^-! rî3>-iDbN nm TsnbN iiTsnn or.h nT^na Î^H 
t^ibip-^T bj'D !iD72 Nib:*n-i^ ?t t]bDbNT n^2Dn Tzzn ^<b72 "îDll 

:rT^DDn t]nà \s isn 
bt<5:^noNn (s^'c) NiD'^ri"" 133T yDn-« 'm : 'tn-is^ np3>-> nna yen ■•d |*Cn 

: VT3 T^n^ bnî: 
yiNrt biD nN "icnb 'm : indh y^^a nsin \-i'n£n -^r) *lDn 
"icnb 'TT : -«TS^n n22b!i nnsm ':»"! : nNDnb^o '«rnNDbNT «rr^rncb 
: ' m-i^D ncnb b-^pn n^^iD npn-i ïi^^n-j ito n^:: don (sic) n-n^s 

Traduction *. 

[bon, dans Deutér., xxviir, 38. On emploie ce verbe pour désigner 
la fin de la] Parascha ou du Sèder : 'd ïTi^nD nbcn « le chapitre tel et 
tel est terminé' ». 

ûon, dans Deutér., xxix, 4. ûonn, en arabe C^nn *. Dans l'arabe, 
ûan' est un appareil qu'on met à la bouche du bœuf pour la fermer 
et empêcher l'animal de manger. — 2. Ezéchiel, xxxix, 11, nrcim 
(la vallée) les coupe de l'entrée, de la même racine arabe ûon, 
couper, retrancher ^ On explique aussi de cette façon : ceux qui 

* Voir la suite de l'article dans le Kitab-al-Ousoul, col. 786, 1. 14. 

* Dans les notes, je cite, pour comparer, les lexiques d'Aboul-Walid et de David 
Kimhi. 

' De môme dans D. Kimhi, d'après Aboul-Walid. 

^ C'est ainsi que traduit Aboul-Walid, qui s'écarte de Saadia. 

' Aboul-Walid dit plus exactement : ÛNSfl, muselière. 

* C'est là la première explication de D. Kimhi (nbST^ Nbo D'^l^l^n rWO^H 
n^IÎJ!?), mais av«c une nouvelle étymologie, tirée de l'arabe. 



NOTES ET MÉLANGES 271 

entrent (dans la vallée) ferment leur bouche et leur nez pour ne pas 
en sentir la puanteur. Ce serait alors comme le premier sens '. 

pn, dans Isaïe, i, 31, "jTDnrt, le lin non affiné, que nos docteurs 
(Mischna Schabhat, ii, i) appellent pn '. On le désigne aussi sous le 
nom arabe de SlinlD, à cause de sa dureté et de sa fermeté. — 2. VyO, 
dans Ps., lxxxix, 9, « fort ». — 3. lon;*.^ dans Isaïe, xxiii, 18, eu 
arabe lîbs"^, a il sera conservé, mis dans un trésor*». — k.l^^'n^ 
dans Jérémie, xx, 5, les biens, les trésors de la ville. Tous ces sens 
répondent à la signification de a force ». 

non. n"iDn Nb, dans Deut., ir, 7, « il ne te manquaitpas o, en arabe 
^^pi"^ ûb*. R. David Kimhi prétend que chaque forme verbale légère 
(kal) de cette racine est intransilive ^. Donc, d'après lui, ij^ion (Jéré- 
mie, XLiv, 18) et n^sn (Deut., l. c.) seraient des verbes comme t::"' 
et "^I2y . Mais nous avons établi la différence entre ces verbes dans 
l'introduction*. 

ïjDn. £|Dn dans Deut., xxxiii, 12, « protégeant et cachant' ». — 
2. inon?:, dans Ps., xix, 6, en arabe ^îon:'. Ce mot désigne la chambre' 
où se cachent les nouveaux mariés. — 3. C]in, dans Genèse, xlix, 13, 
le port où se trouvent les navires ou dans lequel ils se mettent à 
l'abri contre les tempêtes*. On traduit aussi : bord de la mer contre 
lequel se frottent les navires'®, de la racine de nos anciens [Nidda, 
68a), nsDin n^N, « elle se peigne "». — 4. Cjn^ dans Job, xxxiii, 9, 
pur et « peigné » des péchés ". 

risn, dans Samuel, xv, 30, ■'"isn, « couvert ». — 2. icn, dans Esther, 

* C'est la seconde explication de D. Kimhi, conforme à celle d'Aboul-Walid. 
Notre lexicographe rapporte en partie littéralement Texplication d'Aboul-Walid. 

^ C'est ainsi qu'explique Maïmonide dans son commentaire de la Mischna (d'après 

mon ms. de l'original : VIDDT: T'ibx "jNnDbiS), d'après Schabbat, 20 b : 5<;n^D 
y^^^ 5<bl p'^'^IT- L'identité du mot biblique avec le mot de la Mischna est ac- 
ceptée comme naturelle par le Talmud. Les lexicographes et les commentateurs ne 
prennent pas en considération cette opinion du Talmud quand ils expliquent Isaïe, 
I, 31. 

^ Saadia traduit 1^N'>, à ce même endroit, par '{Tbn. Notre lexicographe emploie 
incorrectement la septième forme du verbe arabe pour mieux rendre le niphal 
hébreu. 

* Saadia traduit autrement. 

« Voici le texte de D. Kimhi : ^nN l'^NT Û"«'mn û^l bpn ';"'2nrî72 DÏTsT ûbl3 
IDT^' D!1?J- Le terme arabe "l2iî<p pour rendre l'hébreu ^ÎT3 ne m'est pas connu; 
le sens propre de ce terme serait • défectueux », c'est-à-dire limité à lui-même. 

^ Je ne comprends pas bien l'observation qui suit : n^TJ^PTa bN3?DN ï^^!^ "{t^l 
U3tî1"lbN!3, parce que dans la syntaxe arabe t33N"1 est un terme qui ne peut pas 
être usité ici. 

' inNDT pà. Dans Aboul-'Walid : ïl"inD"'T tT^D"'. 

' Au lieu de "J^bb, le ms. a '{'Tbb, qui ne donne aucun sens. Aboul-Walid dit : 

nsn Nsmb -^s ^z^'^y pbN do«"i. 

' D'après Aboui-Walid. 

" D. Kimhi dit : m^DD?! ÛU5 in^ir^^î tcb. 

*i Celte explication, qui vient également d'Aboul-Walid, est donnée ici avec la 
modification qu'y a apportée D. Kimhi. 
lî D. Kimhi : m2^3'» npIDTaT -IIM. 



272 REVUE DES ETUDES JUIVES 

VII, 8, son visage était baissé vers la terre. Ou bien : On voila son 
visage *. — 3. T\'n'^^, dans II Ghron., m, 7, il couvrit (la maison;. — 
4. lion^'i, n Rois, XVII, 9, ils voilèrent et couvrirent la prévoyance de 
Dieu et sa connaissance des événements ^ La racine de ce dernier 
verbe est Nsn. 

Tsn, dans II Samuel, iv, 4, MTcnn, et dans Deut., xvi, 3, 'j^iTsnn ; 
en arabe ton', « hâte, empressement ». 

iDn, dans Lévit., xvi, 12, T'^sn; en arabe. ïT'-^ri ^ Les anciens ont 
formé ^ avec ce nom un verbe ion {Mischna Yoma, v, 1), c il en a pris 
les deux mains pleines ^ ». 

ysn, dans Genèse, xxxiv, 19, ytn « 11 voulut' ». — 2. y^n*» dans 
Job, XL, 17, il remue (la queue) rapidement, comme Tstr» avec T*. 

nsn, dans Genèse, xxi, 30, "^nnsn ; dans Ecclésiasle, x, 8, nsin ; en 
arabe nsn, creuser. — 2. nenb, dans Josué, ii, 2, pour explorer (le 
pays); celui qui explore est comme celui qui creuse'. — 3. ïTiem, 
dans Isaïe, xxiv, 24, « elle a honte », en arabe "iTbïn. — 4. ncnb 
m"iD, dans Isaïe, ii, 20, nom d'un oiseau qui a pour habitude" de 
percer les fruits ". D'autres expliquent., . ". 

W. Bâcher. 



UN DOCUMENT BOURGUIfiNON AYEC INSCRIPTION HÉBRAÏQUE 

Le document que nous publions ci-après nous a été commu- 
niqué par l'éminent directeur de l'École des Chartes, M. Paul 
Meyer, et nous lui exprimons ici notre reconnaissance. Il est em- 

* Les deux explications sont dans Kimhi. Au lieu de ^jj,, lire N1I23- 

« Au lieu de PN:\NDbti:D, lire nN2\XDbN3. Kimhi dit : ï-fJ'^T'I-I in\nDrr 

' Saadia traduit IITOH dans Deul., xvi, 3, et Isaïe, lu, 12, par la même racine 
arabe TDH. 

* Ainsi traduit Saadia. 

* Le mot t^lViinT^ Fignifie littéralement « improviser ». Le ms. a par erreur j 
au lieu de y. 

* Ni Aboul-Walid ni Kimhi ne mentionnent ce verbe néo-hébreu. 
' Saadia emploie le participe: *T^17J. 

j j ai J 

' D'après Aboul-Walid. Au lieu de t^lDITT^. lire MD-in"^. 

9 Au lieu de INDnbNS, lire IDi^nbND. Kimhi dit : 17:^ nm" ODHITOn "^D 

»<» D'après Aboul-Walid. 

*• Dans Texlrait rapporté par M. Neubauer, on trouve ici l'explicalion donnée par 
D. Kimhi en second lieu. 



NOTKS ET MÉLANGES 273 

prunté à un recueil de pièces relatives à la liourgogne*. Si nous 
le publions ici, c'est uniquement pour solliciter le bienveillant 
concours des lecteurs, qui, plus heureux que nous, sauront peut- 
être déchiffrer le rébus qu'il présente. 

Je Iluguenius de Truney ' fiais savoir a touz que je, lou lundi 
après la Saint Jolian Baptiste, l'an mil deux cenz octanle et six ai 
ahui et recehu par la main Hugonet de Gevrey ', baillif en Bour- 
gogne quarante livres de bons tornois que l'an me davoit pour la 
vandue d'un mien cheval que messires Hudes de Fonvanz avoit 
achater de moi pour mattre au char madame la comtesse de Bour- 
gogne. En tesmoignage j'ai requis et fait mattre en ces lettres lou 
seel de la vicairie de Dole, et je Guis, vicaires de Doule, a la requeste 
dou dit Hugonet ai mis lou seel de la dite vicarie en ces letres. A 
Dole, au dit jor. 

On peut retourner dans tous les sens cette quittance, on n'y 
découvre pas la moindre trace de l'intervention d'an Juif dans 
l'afïaire qui a fait écrire cette reconnaissance. Un chrétien, Huge- 
nius de Truney, déclare avoir reçu d'un autre chrétien, Hugonet 
de Gevrey, baillif en Bourgogne, 40 livres tournois. Cette somme 
lui était due pour un cheval qu'il avait vendu à Hugues de Fon- 
vanz, un chrétien également, à destination de la comtesse de 
Bourgogne. Guis, vicaire de Dôle, un chrétien également sans le 
moindre doute, a mis le sceau sur cette reconnaissance, à la de- 
mande de Hugonet. C'est donc ce dernier qui devait garder cet 
acte, sa décharge. 

Or, au dos de la pièce on lit : 

Truney 

Lettres Hug. de Truney 

de xl. Ib. torn. 



et au-dessous : 



172 i'J a^bw ]i2 ny-'^^.D 



« Reçu (littéralement : paiement) de 40 livres tournois de Hu- 
genis de Tuerney le bachelier *. » 
H va sans dire que ce n'est pas un chrétien qui a écrit ces deux 

* Bibliothèque nationale, nouv. acq. franc., 6499, deuxième pièce du feuillet 18. 
« Trugny (Gôte-d'Or) ? Note de M. P. M. 

^ Gevrey (Côle-d'Or). Même observation. 

* '^^^la est un titre qui revient fréquemnaent dans les Deut livres de Commerce 
de Dijon. Voir Loeb, Jievue, t. IX, p. 45. 

T. XLI, N° 82. 18 



■f 



274 



REVUE DES ETUDES JUIVES 



lignes d'hébreu. Était-ce un intermédiaire entre Hugenius de 
Truney et Hudes de Fonvanz * ? 

Israël Lévi. 



LA COMMUNAUTE JUIVE DE FORCALQUIER 



Il ne sera pas possible de sitôt de dresser la nomenclature com- 
plète des communautés juives en France au moyen âge. Le travail 
magistral de M. Gross, qui est le fruit d'un labeur prodigieux, est 
loin d'avoir épuisé la matière ; mais, pour le reprendre, il faudra 
la collaboration de nombreux savants... et d'heureux hasards. 
Nous avons vu récemment, par le registre d'un marchand dra- 
pier*, qu'il existait à Forcalquier une communauté importante de 
Juifs dans la première moitié du xiv« siècle ; l'existence en était, 
du reste, attestée déjà par divers documents non-juifs. Mais jus- 
qu'ici le nom n'en avait pas encore été rencontré dans aucun texte 
hébreu, et c'est pourquoi M. Gross n'a consacré, dans sa Gallia 
judaica, aucune notice à cette localité. 

Le ms. du British Muséum (n^ Add. 22.089), que M. Neubauer 
a décrit ici {RevuCy XII, p. 81 et suiv.), permet de combler cette 
lacune *. Au feuillet 32 rf il est parlé du procès engagé par un cer- 
tain Tobia, fils du savant R. Juda, au sujet de sa sœur, nommée 
rT>"'3ir, et de la fille de celle-ci ird^i. (Le procès n'offre aucun inté- 
rêt historique.) Une décision avait été rendue par R. Samson fils 
de l'honorable R. Benjamin. La consultation qui nous rapporte ces 
détails est signée par Isaac mb3>n fils -de R. Juda llaccohen *. Puis 
apparaissent les noms de Samson de Forcalquier p"^pbpnD), de R. 
Yedidia de Reillane (i<35^b"'3 est sûrement une faute pour «s^bn ^ 
Relhana), de R. Samson de Digne (^r^^ et N"'3'^l), de Baruch de 



' Un petit-fils de messire Eudes de Fonveat était eu relations d'alTaires avec Hë- 
liot de Vesoul ; voir Loeb, ibid. 

* Revue, XXXVII, p. 259 et suiv. 

* Les didérentes pièces dont la mention suit ont échappé à l'attention de notre 
savant collaborateur. 

* C'est Isaac Cohen de Manosque (voir Gross, Gallia, p. 362). Il sipne de la 
même façon une consultation du ms. de la Bodléienne, n* 2550 du Catalogue Neu- 
bauer), qui est le complément de celui du British Muséum. Voir Revue, XII, p. 89. 

' Ce nom manque aussi dans la Gallia judaiea. 



N0T1<:S Kï MKLANf.KS 275 

Forcalquier, qui est vraisemblablement le môme que Benditz 
(a'^nsi) du journal du drapier K 

La pièce qui contient ces noms est datée : mercredi, 25 Tébet 
86 (= 2 janvier 1326), castel de Forcalquier : ir:D3 n^ri'o mz") 

ansb d'^stî'vai '::'»d PjU: n^L: cinb a-,-^ 2^-1 w^t -w7:n3 r:i'Z2 ^y^z-^n 
"J'''^pbpiD b^:i»n -^tu^an Cibfi^n. Elle est signée par Tobia fils de Mar- 
dochée, Samuel fils de Joseph, Isaac fils de Samuel et AlUmaaç*, 
fils de Méir b>n ^"^î^. 

La remise du document est datée de Forcalquier, 28 Adar 
(4 mars) 1326, et signée : Salomon fils de Benjamin et Isaac M4ir 
d'Allemagne: ^"^y^ iiD r-]\^-ib nb nvnb i^a iD3n:i n2?:nm n^nnDT 
£)bNn :2-iDb M3^i q^3?j^ n:"û -nx ^inb riD^jai a"«-i*::^' r:i\-i -i-'^pbpis 
^^'^'•STQbKT n-'î*^ pn^'» b":ST )J2^i:2 '-a riT^ba "«O'::-. 

La communauté de Forcalquier comptait donc un nombre assez 
important de membres en 1326, ce qui s'accorde fort bien avec les 
renseignements que nous fournit le journal de Maître Ugo Teral. 

Israël Lévi. 

* ie«i>tt«, XXXVII, 261. 

* Ce nom est très rare en France, si même on l'y rencontre, tandis qu'il se voit en 
Italie. On connaît la Chronique d'Ahiraaaç, éditée par M. Neubauer (cl". Revue, 
XXXII, p. 144 elsuiv). 

^ J'ignore si ce terme est employé même par exception pour désigner rAllemagne, 



BIBLIOGRAPHIE 



REYUE BIBLIOGRAPHIQÏÏE 

4<' TRIMESTRE 1899 ET ANNÉE 1900. 

{Les indications en français qui suivent les titres hébreux ne sont pas de Vauteur du livre, 
mais de l'auteur de la bibliographie, à moins qu'elles ne soient entre çuillemets.) 



1. Ouvrages hêhreucô. 

"liS"!"^!:! rr^m ^53N 'O, l''^ partie. Épitaphes des pierres tumulalres du cime- 
tière de Presbourg ; 2^ partie, sous le titre de îT^nn IIDÏD, biographie des 
rabbins célèbres enterrés dans ce cimetière. Pachs, impr. Rosenbaum, 
1900; in-8ode 11+86 fif. 

b"lU3b nTiriN 'O. Epistohe ad Sciadal [Samuel David Luzzatto] a nonnul- 
lis viris clarissimis eiusdem œtatis et temporis missne et scripta de va- 
riis rébus. . . recognovit et edidit Victorius Gastiglioui. Trieste [Cracovie, 
impr. Fischer], 1900 ; in-S^ de 96 p. 

b^^'^1I5'^ tin. Livre de morale et de religion, par Israël Libkin de Salant, 
édit. avec diverses additions par Isaac Blaser. Wilna, impr. Metz, 1900 ; 
in-40 de 184 p. 

miïT^ rr^a '0, Explication de quelques aggadot difficiles du Talmud, par 
J.-H. Gelbard. Munkacs, impr. Kohn et Klein, 1900 ; in-8^ de 55 p. 

bwSnuJ"' ^iz-^ "i-iaT '0. Geschlchte der Juden von D"" II. Graelz in's He- 
braischc ûbertragen vôn P. Kabiuowitz mit Noten von D»" A. iïarkavy. 
6"-8<' parties. Varsovie, impr. Schuldberg et C'«, 1897-1900 ; in-8o de 
496 + 24 (addilioHs d'ilarkavy à la 6" partie) -j- 468 + vi + 674 p. 

Il manque encore les additions de M. Iïarkavy au "«et au 8* volumes 
pour que Touvrage soit complet. M. K. arrête à la Qn du xviii» siècle sa 
traduction, estimant que depuis cette époque l'histoire de Graelz a besoin 
d'être reprise en so os-œuvre, principalement dans les chapitres relatifs aux 
Juifs de Russie. M, P. Rabinowitz se propose de procéder lui-même à ce 
travail, qui, dans sa pensée, comportera trois volumes. — Aujourd'hui qu'il 
nous est possible d© jeter ua coup d'œil d'ensemble sur l'œuvre accomplie 



BIBLIOGRAPHIK 277 

par M.R., nous ne pouvons que le féliciter du plan qu'il a suivi et de l'intel- 
ligence qui a présidé aux remaniements et aux corrections. — Grâce à lui, 
l'histoire juive est entrée, en Russie et dans les pays où se lit l'hébreu, dans 
le cercle des études et des lectures de milliers d'Israélites, et si Graetz a voulu 
faire de son ouvrage un instrument de régénération morale pour ses coreli- 
gionnaires, c'est à son traducteur qu'il devra d'avoir réalisé ses espérances. 

Û'^pTS^ Û'^ID'7. Materialieii ziir Geschichtc der .luden in l'olon, insbcson- 
dore in Krakau, von F. -II. Wctslein. Cracovio, Faust, 1900 ; in-8'' de 
34 p. 

NpNnp!! '^^^i'!! DlD^ïl. Gescliichle der hebr. Typographie in Krakau von 
1530 bis aiif die Gegenwart, von B. Friedberg. Cracovie, impr. Fischer, 
1900; in-S*^ de 48 p. 

Tl*1 rr^ar» m3"niT. Re'cits historiques, par A. -S. Friedberg. 4* partie: 
Sabbatai Cevi. Varsovie, impr. Schuldberg, 1899 ; pet. in^-^ de 176 p. 
(Éditions de la Société Achiasaf.) 

Ub^y "^"^n 'O. Novelles talmudiques par Guedalia Galik, e'd. par Menahem 
Mendel. Er-Mihalyfalva, Adolf Beck, 1899; in-4« de 6 + 99 ïï. 

NIT^Tn N3l3 N735n. Réponse à une brochure dirigée contre Ilertzl, le chef 
du mouvement sioniste, par Josephzon. Paris, impr. Bernas, 1900 ; 
24 p. 

Û'^'^n ^pn. Manuel de morale et de pio'to destiné à la jeunesse et composé 
d'après le Mischné Tora de Maïmonide, par Simon Kahan. Varsovie, 
impr. Schuldberg, 1900 ; in-8° de 132 p. 

pUÎ?3l 31l3 'O. Novelles sur la Mischna, par Eliézer Kroiner. Jérusalem, 
impr. Zuckermann, 1900 ; in-8° de 30 flf. 

*T173bnïl NinWi. Die jûdische Tradition. Reihenfolge der jiidischen Lehrer 
und Weisen vom Urbeginn der jiidischen Lehrc bis 1650 der gew. Zeit- 
rechnung zusammengestellt von Morilz Poppelaucr. Berlin, M. Pop' 
pelauer, 1900; in-S'^ de vi -j- 46 4- vi p. 
Œuvre de jeunesse, dit le litre hébreu. 

P^IT 'jj'nT^b. Dissertations sur l'éducation des Juifs et le Sionisme, par 
N. Sokolow. Varsovie, impr. Sokolowa, 1901 ; gr. in-8'' de 144 p. 

Û'^T^On )wb. Remarques sur le Séfer Hasidim et l'odition de cet ouvrage 
parla Société des Mekizè Nirdamim et biographie de JudaHasid. Jérusa- 
lem, chez l'auteur, 1899 ; in-16 de 50 p. 

Û'^j^l "["^^12 '1)2^12. Ouvrage cabbalistique de Menahem Azaria di Fano, éd. 
par Pinhas Cohen Friedmann. Munkacs, impr. Kohn et Klein, 1900; 
in-40 de 46 ff. 

'»aD3 n"'^ÎJ ûn:72 'D. Novelles talmudiques par Munisch Heilpern. Lemberg, 
impr. Rohalyn, 1900 ; in-f" de 122 If. 

l'^Om"' mb3>73. Généalogie d'Ephraïm Zalmann Margolioulh de Brody jus- 
qu'à Raschi, éd. par A.-B. Krochmal avec diverses additions. Lemberg, 
Krochmal, 1900 ; in-8' de 83 p. 

nyb r\yi2. Revue périodique — dont la périodicité n'est pas indiquée — 
dirigée par Salomon Judisohn et P. -H. Turberg, 1" numéro, Tischri 5661 
(septembre 1900). Paraît à New-Yoïk, chez les éditeurs. 



278 REVUE DES ETUDES JUIVES 

i::VwS« N~p7i. Mikra ki-Pheschutô. Scholien u. kritische Bemerkungen zu 
den heiligen Scbriften der Hebràer. II. Theil : Die prosaischen Schriflen, 
von Arnold B. Ehrlich. Berlin, Poppelauer, 1900; gr. in-8° de xl -}- 
471 p. 

ÏT^Îzn". NI"" "wT;"'^. Ezra und Nehemia, kritisch erlâutert von L. Grùn- 
hut. I. Theil. Einleitung nebst Anmerkungen von S.-J. Halberstam. 
Jérusalem [en commission chez Kauffmann, à Francfort], 1899 ; in-8® 
de 98 p. 

Û'^T^wT! "T'w •wT"î'^D. Commentaire du Cantique des Cantiques, par Abig- 
dor Cohen Ce'dek, éd. pour la P^ fois par Jacob Bamberger. Francfort, 
J. Kaufifmann. 1899 ; in-8" de 39 p. 

0527:. Revue mensuelle dirige'e par E. Rabinowitsch, de Poltawa. l'' nu- 
méro. Berlin, impr. Ilzkowski, 1900; in-8°. 

!l3Tl*ri nnc. Prières composées par Gabriel b. Josué lors des persécutions 
de 164S-1649, édit. d'abord à Amsterdam, re'éd. avec des notes par 
Kaim Pollak. Cracovie, Faust, 1900 ; in-S*» de 56 p. 

T^ hy y^p' Recueil de documents publié par la Société' Mekizé Nirdamim, 
15e année. 1899. Berlin [en commission chez J. KaufiFmann, à Francfort], 

1899 ; in-80 de vi + 29 + 11 + 8 + 55 p. 

Contient : Documents pour servir à l'histoire des Juifs de Prague, 2« par- 
tie. îNITiw P-iTj, éd. par A. Freimann ; — Documents pour servira l'his- 
toire de Sabbataï Cevi. éd. par S. Bernfeld ; — Élégie sur la mort d'Abraham, 
fils de Maïmonide, et d'autres pièces analogues, éd. par S.-J. Halberstam ; 
— Q^'I^T^n mSICP '3, ouvrage de polémique, de Benjamin b. Moïse de 
Rome (réponses aux arguments tirés de la Bible en laveur du Christia- 
nisme). 

Û'H'^UJ Pj^Sp. Recueil de poésies, par Seinwel Roth. Drobobycz, impr. Zup- 
nik, 1900 ; in-S*^ de iv -f 80 -|- 84 p. 

TV^y^ mir^l Ollizip '0. Sur les conversions au Judaïsme, par Salamon 
Kutna. Pachs, impr. Rosenbaum, 1899; in-8° de 20 -f- 49 ff. 

31:3 ûO 55*2 b^Tw"^ "^D"!. Biographie d'Israël Bescht, par Abraham Kahna. 
Zitomir, impr. Kselman et Feinberg, 1900; in-8° de iv -{- 117 p. 

^1!w!^ 'C. Annuaire pour Tannée 1900. l""^ anne'e, dirigé par N. Sokolow. 
Varsovie, impr. N. Sokolowa, 1900; gr. in-8° de 336 -f" 52 p. 

y"1Mrî mN"l2n. « Tebuoth Ha-Arez, par Rabbi Joseph Schvrarz, explo- 
rateur de la Terre-Sainte. Nouvelle édition avec nombreuses notes et 
observations par A. M. Luncz. » Jérusalem, impr. Luncz, 1900; in- S" de 
XXX -j- 542 p. (Collection d'ouvrages sur la Palestine. 11. \ 

naî<p017a rrrirt-» 'n '^n rmbin '0. Biographie des R. Jehuda Moscato, 
Rabbiner in Mantua, von xVbe Apfelbaum. Drohobycz, impr. Zupnik, 

1900 ; in^" de 73 p. 

UÎE!" m?3 "tipp '0. Traité de morale de Salomon ibn Gabirol, nouv. 
éd. faite d'après les mss. par Hayyim Pollak. Budapest, chez l'auteur 
(impr. Alkalaï, à Presbourg), 1900; iu-80 de 56 p. 

Tt'^^2 "{ipp 'o. Homélies savantes pour les fêtes et sabbats, par Moïse 
Pollak, éd. par Abraham Pollak. 5^ partie. Pachs, impr. Rosenbaum, 
1899 ; in-80 de 192 ff. 



I 



BIBLIOGRAPHIE 279 



2. Ouvrages en langues modernes. 

Actes du IP Congrès inlernalional des Orientalistes. Paris, 1897. Paris, 
Ernest Leroux, 1898-1899, in-4«. 

3" section : langues et archéologie musulmanes: Danon, Une secte judéo- 
musulmane en Turquie. — J. Schwarzslein, Zoologie fier Bibel nach der 
arabischen Interprelalioii des Habbi Saadia Ilagaoa u. anderer Interpreten. 

k" section : hébreu-phénicien-araméen-éthiopien-apsyrien : Eb. Neslle, 
Schin-Sin. Ein Beilrag zur spàleren Geschichte des hebr. Alphabets. — 
Moïse Schwab, La Meghillath Taanith ou « Aniversaires historiques •. — 
D. H. Muller, Der Aufbau des Debora-Liedes. 

5», 6" et 1" sections : Egypte et langues africaines — Orient — Grèce, 
Byzance — Ethnographie et folklore de l'Ouest: Danon, Les superstitions 
des Juifs ottomans. — Germer-Durand, L'âge de pierre en Palestine. 

Adams (Herbert-B.). Summer schools and universily extension. (Depart- 
ment of éducation for the United States Commission to the Paris Expo- 
sition of 1900. Monographs on éducation in the United States, 16.) 

Complète les renseignements fournis par M. Ch. S. Bernheimer dans son 
article paru dans V American monthly revie^n of review (avril 1897) sur le 
National Jetoish educational loork, marque la place tenue par la Jeioish 
Chautauqua dans le curieux mouvement qui s'est créé à Chautauqua (État 
de New- York). Chaque été, cette petite station devient un centre intellectuel 
où toute une série d'associations organisent des cours publics et des confé- 
rences populaires et où affluent, pour la saison, des auditeurs de tous ordres. 
La Jemish Chautauqua fait faire ainsi des leçons sur des questions bibliques 
ou juives par d'éminents professeurs, juifs ou non. MM. Gottheil , Jastrow, 
etc., prêtent leur concours à cette œuvre. En 1899, M. Léon-H. Vincent a 
pris pour sujet : Heine, et M. Bamberger, principal de la Jewish training 
school à Chicago, a traité de « l'éducation religieuse au point de vue de la 
pédagogie ». — P. Hildenfinger. 

Adler. Judaism and war. A sermon preached at the North London Syna- 
gogue on Sabbat, November 4th 1899. Londres, A.-J. Isaacs and sons 
[1899] ; 15 p. (Tbe North London Pulpit, n» 12.) 

Aguilar (Grâce). Les femmes d'Israël. Esquisses et caractères d'après la 
Bible et l'histoire post-biblique. Adapté de l'anglais par M"^® A. Mars- 
den. Paris, Léopold Cerf, 1900 ; in-18 de ix + 423 p. 

Amitaï (L.-K.). Assimilation. Bruxelles, impr. Van Dantzig, 1900; in-8o 
de 50 p. 

Apokryphen (Die) tind Pseudepigraphen des Alten Testaments... iibor- 
setzt u. herausgegeben von Kautzsch. Erster Rand : Die Apokryphen des 
Alten Testaments ; Zweiler Band : Die Pseudepigraphen des Alten Tes- 
taments. Tubingue, Fribourg-en-Brisgau et Leipzig, Mohr, 1900 ; gr. 
in-8*^ de xxxii -j- 508 p. -f- vu -j- 540 p. 

Nous avons déjà dit le bien que nous pensons de cette publication ; nous 
n'avons rien à retrancher aux éloges que nous lui avons adressés, main- 
tenant qu'elle est arrivée à son terme. A notre avis, c'est une des œuvres 
les plus remarquables parues dans ces vingt dernières années ; le public 
savant est désormais en possession d'un instrument de travail presque par- 



280 REVUE DES ETUDES JUIVES 

fait. Nous remercions les auteurs d'avoir bien voulu tenir compte des obser- 
vations que nous avions présentées lors de l'apparition de la première livrai- 
son ; leurs réponses ne m'ont pas toujours convaincu. Je ne vois toujours 
pas pourquoi est entré dans ce recueil le Testament de Nephtali hébreu. 
Il faudra dans la seconde édition remplacer ce texte par le fragment ara- 
méen du Testament de Lévi que vient de retrouver M. Pass et qu'il a édité 
dans la Jewish Quarterly Review, numéro de juillet 1900. Cet extrait est 
malheureusement en mauvais état et trop court. Les arguments de M, Fuchs 
ne m'ont pas encore persuadé de l'origine juive de la Vie d'Adam. Encore 
une fois, disons que c'est un enfantillage de citer un « livre d'Adam » qui 
aurait été connu des Juifs. Il ne faut jurer ni par Schurer — qui reproduit 
seulement les attirmations d'autrui — ni par Fiirst, qui ne s'est pas tou- 
jours distingué par son sens critique. Le livre d'Adam connu dans le 
Talmud serait un livre oîi était dit ceci : que U. Nathan et R. Juda le 
saint seraient les derniers Tannaïm, que Samuel ne serait pas appelé 
Rab, et que Rabbina et que Rab Aschi seraient les derniers docteurs (voir 
le compte rendu de Strack, Einleitunij). Or, si c'était vraiment un ouvrage, 
cet ouvrage devait être conçu sur le plan de ce midrasch bien connu : 
A propos de ces mots de la Genèse : t Voici le livre des générations 
d'Adam », le Midrasch dit que Dieu montra à Adam toutes les généra- 
tions qui descendraient de lui, et, comme on le 'devine bien, en particulier 
les docteurs d'Israël. C'est ainsi qu'il vit l'histoire d'Akiba. Suf cette don- 
née, on échafauda peut-être une histoire — sous forme de vision — des 
docteurs jusqu'à R. Aschi. Quel rapport y a-t-il entre ce livre — supposé 
— et la Vie d'Adam ? — Pour la traduction et le commentaire de l'Ecclé- 
siastique, œuvre de M. Ryssel que nous avons étudiée avec le plus grand 
soin, nous déclarons avec empressement que c'est un excellent travail. M. Rys- 
sel, d'ailleurs, complète et rectifie en ce moment ce travail d'après les nou- 
veaux fragments de l'Ecclésiastique récemment découverts. Les notes qu'il 
a publiées sur ce sujet dans les Theolofjische Studien und Kritiken (1900) 
sont généralement très judicieuses. Nous les discutons quand il y a lieu 
dans notre édition de cet Apocryphe, qui est en ce moment sous presse. 
Il serait fastidieux ou tout au moins inoppQrtun de consigner ici les points 
sur lesquels nous sommes en désaccord avec lui. Il y a, d'ailleurs, quelque 
chose d'impertinent et de naïf à vouloir condamner au nom de la science des 
hypothèses qui n'ont pas l'heur de vous plaire, alors qu'on est persuadé du 
caractère conjectural de ses propres opinions. La plupart des critiques que 
font ceux qui se sont attaqués au même problème expriment simplement une 
divergence de sentiment, à moins que ce ne soit leur mauvaise humeur : la 
science, qui est censément le temple de la sérénité, est trop souvent celui 
des plus étroites passions. 

Arditi (R.). Ma'imonide, l'apôtre do la tolérance- Confe'rencc. Tunis, impr. 
internationale, 1900; 16 p. 

Se lit avec plaisir; mais c'est peut-être forcer la note que de faire de 
Maimonide l'apôtre de la tolérance. Qu'il ait montré un libéralisme d'esprit 
remarquable pour son temps, qu'il ait parlé du rôle du christianisme avec 
une hauteur de vues qui étonne à celle époque, nous le concédons; 
mais il ne faut pas, dans l'intérêt de la cause que l'on défend, si juste 
qu'elle soit, lui chercher des ancêtres qui ne s'attendaient pas à pareil 
honneur. 



Aristeae ad Philocratem epislula cum céleris de origine versionis LXX 
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Person und Zeit, seine Aufgabe und Sendung. Trad. tllem. du norwégien 
par W. Wendebourg. Berlin, Warneck, 1899; gr. in-8*' de xv -{- 145 p. 

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Gautier (Lucien). Autour de la mer Morte. Genève, Eggimann, 1991; in-8* 
de 137 p. avec 34 illustrations et une carte. 

Récit de voyage très captivant, descriptions pittoresques et toujours 
instructives. L'auteur a fait le tour de la mer Morte, s'arrêtant à la source 
d'Enguédijà Massada,au Ghor-es-Safi^eh, poussant à l'est à Kérak et jusqu'à 
Ledjoun, puis remontant par Rabba, Diban, Madeba, faisant ici un angle 
droit pour visiter, à l'est, Meschelta (dont les photographies sont excellentes), 
enfin, après un pèlerinage au mont Nebo, reprenant la vallée du Jourdain. 
Ce qui fait le charme de cette relation, c'est qu'au talent de l'écrivain se 
joignent une connaissance profonde de l'Écriture et un sens très judicieux. 
Les illustrations, faites d'après les photographies de l'auteur, sont très 
réussies et permettent de voir vraiment la mer Morte et ses rives. 

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1900; in-S" de iv + 54 + 10 p. 

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Neuen Teslamenle. Tubingue, Mohr, 1900; in-8" de xi -j- 300 p. 

HuMMELAUER (F. de ). Commentarius in Numéros. Paris, Lethielleux, 
1899; in-8ode 393 p. 

Jahresberlcht (VII.) der isiaelitisch-lhcologischen Lehrauslall in Wien fur 
das Schuljahr 1899-1900. Voran geht : Soder Eliahu rabba und Seder 
Eliahu Zuta (Tanna d'be Eliahu) nach eincm valicanischcn Ms- cdierl, 
krilisch bearbeilet u. commeuliert von Leclor M. Friedmaun. .Vienne, 
Israel.-Theol.-Lehranstalt, 1900; in-S», x + 219 p. 

M. Fr., ignorant que M. Chaîna Horowiiz avait déjà réédité ce texte d'après 



JniJMOGHAPHIK 285 

\e ms. du Vatican, ne s'est pas douté qu'il venait un peu tard. L'édition est 

précédée d'une introduction (jui retarda également : c'est de la science d'avant 
Zunz. 

Jahresbericbt dos jùd.-lheologischen Scminars Franckerscher Sli/tung. 
Voran geht : Die Psychologie bei den jiidiscben Rcligionspbilosopben 
des Mitlelaiters von Saadia bis Maimuni. — Ilcft II : Die Psychologie 
der jûdischen Neuplatoniker : A. Die Psychologie Ibn Gabirols, von 
S. Horowitz. Breslau, impr. Schatzky, PJUO ; in-8° de p. 77-146 -\- 12 p. 

Voir Revue, XL, p. 118. 

Jahresbericbt (XXIIl.) der Landes - Rabbinerschule fiir das Schnijahr 
1899-1900. Vorangebt : Ein hebiaisch-persisches Worlerburh aus dem 
vierzebnlen Jahrhundert, von Prof. D*" Wilhelm Bâcher. Budapest, 1900; 
in-8° de 135 + 76 4- 43 p. 

Jeffreys (L. D.)- The unity of the book of Isaiah : linguislic and other 
évidence of the undivided autborsbip. Cambridge, Bell, 1899; in-8°. 

[Josèphe]. Œuvres complètes de Flavius Josèphe traduites en français 
sous la direction de The'odore Reinach. T. P''. Antiquités judaïques, 
livres i-v, traduction de Julien Weill. Paris, Ernest Leroux, 1900; gr. 
in-8o de viii -j- 369 p. -f- une carte de la Palestine et des pays voisins. 

JosEPHUS, jiidische Allertûmer, ùbersetzt u. mit Einîeitung u. Anmer- 
kungen versehen von H. Clemenlz. 2. Bd. Buch xi-xx nebst Namenre- 
gister. Halle, Hendel, 1900; in-S" de 724 p., avec une carte et deux 
tableaux généalogiques. 

Juden (Die) in Russland. Urkunden u. Zeugnisse russischer Behôrden u. 
Autoritàten. Aus dem Russischen iibersetzt von August Scholz. Berlin, 
Concordia deutsche Verlags-Anstalt, 1900; in-8<' de 248 p. 

Kaufmann (David). Studien ûber Salomon ibn Gabirol. Budapest, 1899; 
in-8°de 124 p. 

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mann, 1900; in-8« de 23 p. 

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XX -j- 302 p. (Kurzgefasster Kommentarzu den heilig. Schriften, hrsgg. 
von Strack u. Zoekler.) 

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Vandenhoeck et Ruprecht, 1899; gr. in-8*» de xvi -f- 312 p. (Handkom- 
mentar zum Alten Testament, hrsgg. v. W. Nowack.) 

Knopping-Roubin. Islam und Judaismus. (Popular-wissensch. Koranstu- 
dien.)I. Heft. Leipzig, Kaufmann, 1900; in-8'^ de 54 p. 

KÔBERLE (J.). Die Tempelsànger im Alten Testament. Ein Versuch zur is- 
raelit. u. jvid. Cultusgeschichte. firlangen, Junge, 1899; gr. in-8o devin 
-h 205 p. 



^T 



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Kok, Mohr, 1899, in-8« de x + 345 p. 

KÔNiG (E,)- Die Originalitàt des neulichentdecktenhebràischenSirachtextes. 
Textkritisch, exegetisch u. sprachgeschichtlich untersucht. Fribourg-en- 
Brisgau, 1899; gr. in-S» de vu + 113 p. 

Kraetzsghmar (R.)- Das Buch Ezechiel ûberselzt und erklârt. Gottingue, 
Vandenhoeck et Ruprecht, 1900; gr. in-8o de xv -|- 302 p. (Handkom- 
menlar zum Allen Testamant, hrsgg. von W. Nowack.) 

KuENEN (A.)i J. HoOYKAAs, W.-H. KosTERS en H. OORT. Het oude Testa- 
ment, opnieuw. uit den grondtekst overgezet en van inleidengen en aan- 
teekeningen voorzien. iDeel I (Genesis-Ester). Lejde, Brill, 1900; in-8® 
de XVI + 1102 p. 

Lambert (Mayer). Premiers éléments de grammaire hébraïque. Paris, Durla- 
cher, 1900; in-8« de 116 p. 

Petite grammaire à l'usage des débutants qui rendra des services ; le plan 
en est méthodique, les défluitions sont généralement claires, les exemples 
bien choisis. Nous regrettons seulement que les tableaux des déclinaisons et 
des conjugaisons ne se détachent pas assez nettement du contexte et que 
l'auteur ait cru devoir désigner les termes techniques de ponctuation ou 
d'accentuation par les expressions hébraïques non ponctuées. Quelques-unes, 
il est vrai, sont pourvues d'abord de points-voyelles, mais d'autres ne le 
sont jamais. Comment les étudiants, sans Paide d'un professeur, se tire- 
ront-ils d'aflaire ? 

Latimer (E.-W.). Judea from Gyrus to Titus, 537 B. G- — 70 A. D. Chi- 
cago, Mac. Clurg, 1899 ; in-8o de 382 p. 

Laue. Das Buch Koheleth und die Interpolationshypothese Siegfrieds. Wit- 
temberg, Wunschmann, 1900; in-8° de 33 p. 

Lazarus (M.). Was heisst und zu welchem Ende studirt man jiidische Ge- 
schichte und Literatur? Francfort, Kaufifmann, 1899 ; in-8° de 41 p. 
(Populâr-wissench. Vortrâge ùbor Juden und Judentum, n^ 1.) 

Levin (m.). Lehrbuch der jlidischen Geschichte und Literatur. 3. umgear- 
beite Ausgabe. Berlin, Calvary, 1900 ; in-8« de v -f 390 p. 

LiDZBARSKi (M.). Handbuch der nordsemitischen Epigraphik aebst aus- 
gewàhlten Inschriften. L Text. IL Tafeln. Weimar, Felber, 1898; gr. in-8» 
de XIV 4" 508 -|- VI p. -|- XLVi planches. 
Manuel indispensable. 

Die literarischen Beziehungen der Esramomoiren iusbesondere zur Chronik 
und den hexateuchischeu Quellschriften. Programm. Chemnitz, 1899; 
in-4o de 46 p. 

LiTTMAN (E.). Ueber die Abfassuugszeit des Tritojesaia. Fribourg-cn- 
Brisgau, Mohr, 1899 ; gr. in-8® de vu -f 52 p. 

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L'article principal est intitulé : Aus Hausapotheke und Hexenkuche. Ce 
sont des recettes populaires. Nous sommes étonné que l'auteur n'ait pas 
utilisé, entre autres, le S. Amtahat Binyamin. 

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Cahors, imp. Coueslant, 1899 ; in-S" de 96 p. 

Prige (J. m.)- The monuments and the Old Testament; évidence frora 
ancient records. Chicago, Christ Culture Presse, 1900; in- 12 de m 
+ 321 p. 

Publications of the American jewish historical Society, n° 7. Baltimore, 
impr. Friedenwald, 1899 ; gr. in-8° de viii -j- 134 p. 

Trial of Gabriel de Granada by the Inquisition in Mexico (1642-1645) 
translated from the original by David Fergusson, éd. wiih notes by Cyrus 
Adler. 

Publications of the American jewish historical Society, n° 8. [Baltimore] 
1900 ; in-8^ de xi + 168 p. 

Contient, entre autres : Léon Hùhner, Asser Levy, a noted jewish 
burgher of New Amsterdam; — Albion Morris Dyer, Site of the first 
synagogue of the Congrégation Shearith Israël of New- York; — David 
Philipson, The jewish pioueers of the Ohio Va.lley ; — Henry Cohen, A 
brave fronliersman ; — Max J. Kohler, Some early american Zionist projects ; 
— W. WUlner, Ezra stiles and the Jews ; — Gustavus N. Hart, Notes on 
Myer Hart and other Jews of Easton, Pennsylvania; — Elvira N. Solis, 
Some références to early jewish cemeteries in New-York City; — Jacob 
Ezechiel, Persécutions of the Jews in 1840. 

Rabbiner (Z.). Beitrâge zur hebr. Synonymik in Talmud u. Midrasch. Die 
in den Talmuden u. Midraschim zerstreuten Erklârungen iiber bibl. 
Synonyma zum ersten Maie vollstândig gesammelt u. geordnet. I. Th. : 
Synonyma Nomina. Francfort, Kauffmann, 1899 ; in-8*' de xxviii 
+ 72. 

Sera très utile. ^ 

Ra-MBaud (E.). Le premier Esaïe, étude d'histoire et de the'ologie bibliques 
(thèse). Cahors, impr. Coueslant, 1900; in-8° de 116 p. 

Rapaport (M.-W.). Der Talmud und sein Recht. Stuttgart, impr. de TUnion 
Deutsche Verlagsgesellschaft, 1900; in-8° de 148 p. (Sonderabdruck aus 
« Zeitschrift fiir vergleichende Rechtswissenschaft, » XIV.) 

Rawigz (M.)- Der Tractât Kethuboth, unter steter Beriicksichligung der 
franz. Uebersetzung von Rabbinowicz ins Deutsche iibertragen und kom- 
mentirt. II. Teil. Fol. 54 b bis Ende. Francfort, J. Kaufifmann, 1900 ; in-8o 
de 335 + IV p. 

La première partie a paru en 1898 chez le même éditeur. 

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Donner, 1899; gr. in-8o de xii + 303 p. 

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man periods. New- York, Scribner, 1900 ; in-12 de xxi -|- 320 p. 

Robert (Ulysse). Ileptateuchi partis posterioris vorsio latina antiquissima 
e codice Lugdunensi. Avec un fac-similé, des observations palo'ogra- 
phiques et philologiques sur l'origine et la valeur de ce texte.. Lyon, 
Rey, 1900; in-l^ de xxxvi + 103 p. 

RoDKiNSON (M.-L.). New édition of the Babylonian Talmud, original text 



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prudence. Tracls Aboi h, willi Abot of U. Nathan, Derech Erelz Habba 
and Zuta. Vol. I (IX). New-York, New Talmud publishing Company 
[1900] ; gr. in-8« de xx + 144 -[- 33 p. 

RODKiNSON (M.-L.). New Edition of Ibe Babylonien Talmud ; original lext, 
edited, corrected, formulated and Iranslated into English. Section Ju- 
risprudence. Tracts Baka Kama. Volume II. (X.). New-York, New Tal- 
mud publishing Cy, 1900 ; gr. in-8° de xv + 210 p. 

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liber den Tod Moses verglicben mit der Assumptio Mosis, kritisch 
behandelt, ûbersetzt u. erklart. Berlin (Vienne, C-D. Lippe), 1890 ; gr. 
in-8° de 96 p. 

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geschichlliche Kritik. Ein Vortrag. Halle, MûUer, 1900 ; in-S*^ de vi 
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Bedeutung u. seiner innerpentateuchischen Entwickolung im Zusam- 
menhange mit der Israël. Kulturgescbiclite untersucht. Gùtersloh, Ber- 
telsmann, 1900 ; in-8° de vu -f 348 p. 

ScHEiNHAUS (L0« Die alte Geschicble der russiscben u. polniscben Juden- 
Berlin, 1900; in-8o de 41 p. 

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gr. in-40 de VIII -|- 53 + 25 p. 

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Breslau, 1899 ; in-4o de 29 p. 

ScHNEDERMANN (G-). Das Judcnthum in dem Evangelium. Eiue Ein- 
fùhrung in das gescbiclitl. Verslàndniss der Lebre Jésus. 2. Ausgabe. 
Leipzig, Hinrichs, 1900 ; in-8® de x + 282 p. • 

SCHREINER (Martin). Studien ûber Jescbu'a ben Jebuda. Berlin, impr. Ilz- 
kowski, 1900; in-80 de 90 -f- xxviii (texte hébreu) p. 

Schwab (M.). Salomon Munk. Paris, Ernest Leroux, 1900 ; in-18 de 
236 p. 

Ce n'est pas une biographie de l'illustre savant, ce sont plutôt des ndes 
pouvant servir à l'écrire. Notre excellent confrère, M. Moïse Schwab, avec 
sa modestie habituelle, s'est effacé autant qu'il a pu, laissant la parole aux 
témoignages qu'il invoquait. 11 s'est contenté de relier entre eux les docu- 
ments divers qui nous éclairent sur la vie, le caractère, les travaux de 
celui dont il a eu l'honneur d'être le secrétaire. Les pièces les plus intéres- 
santes sont assurément les lettres de Munk adressées à sa famille, lettres 
publiées en allemand par M. Braun. Elles nous montrent le savant à ses 
débuts, puis accompagnant en Orient Crémieux et Monletiore lors de l'af- 
faire de Damas en 1840. Les remarques qu'd fait en passant sur ses deux 
compagnons ne manquent pas de piquant, ni de fondement sans doute. Ce 
livre, fait ainsi de pièces et de morceaux, laisse uue impression profonde : un 
sentiment d'admiration pour celui qui Ta inspiré et dont le caractère a été 

T. XLI, N» 82. 19 



290 REVUE DES ETUDES JUIVES 

à la hauteur de la science. Avous-nous besoin d'ajouter qu'à ce sentiment 
se joint une vive reconnaissance pour celui qui nous a rendu accessibles tous 
ces traits de l'existence d'un homme dont nous déplorons encore la perte et 
qui n'a pas été remplacé? 

ScHWÀB (Moïse). Répertoire des articles relatifs à l'histoire et à la littéra- 
ture juires parus dans les périodiques de 1783 à 1898. II-III. Tables des 
matières. Paris, Durlacher, 1900 ; in-8° de p. 409-602 (Autographie). 

Simpson (W.). The Jonah legend, a suggestion of interprétation. Londres, 
Richards, 1899; in-8o de 186 p. 

SiNKER (R.). Higher criticism. Londres, Nisbet, 1899; in-8'' de 194 p. 

Smit (Gérard). De profetie van Habakuk. Utrecht, Hussel, 1900; gr. in-8° 
de VI + 114 p. 

SoGiN (A.). Die Siloahinschrift zum Gebrauch bei akadem. Vorlesungen. 
Neu gezeiehnet u. hrsgg. Fribourg-en-Brisgau et Tubingue, Mohr, 1899; 
gr. in-8° de 4 p. -j- 1 planche. (Tirage à part de la Zeitschrift d. Deutsch. 
Palâstina-Vereins.) 

Staerk (W.). Studien zur Religions -und Sprachgeschichte des alten Tes- 
taments. 2. Heft. I. Prolegomena zu einer Geschichte der israelit. Vàter- 
sage. — Die Gestalten der Jacobsage, Kuitusstâtten und Ortsnamen. — 
11. Zur Geschichte der hebr. Volksnamen. Berlin, Reimer, 1899 ; gr. in-8o 
de VI -\- 85 p. 

Stein (Leopold). Untersuchungen iiber Proverbios morales von Santob de 
Carrion mit besonderem Hinweis auf die Quellen und Parallelen. Berlin, 
Mayer et MûUer, 1900; in-8° de 109 p. 
Bon travail. 

Steuernagel (G.). Allgemeine Einleitung in den Hexateuch. Gottingue, 
Vandenhoeck et Ruprecht, 1900; gr. in-8° de iv + 37 p. (Handkom- 
mentar zum Alten Testament, hrsgg. von W. Nowack.) 

Storjohann (J.). Kônig David, sein Leben und seine Psalmen. I. Bd. 
Trad. allemande du norvégien par A. Gleiss. Gùtersloh, Bertelsmann, 
1899; gr. in-80 ^e xl + 260 p. 

Stosch (G.). Altlestamentliche Studien. IV. Theil : Israels Heldenzeit. 
Gùtersloh, Bertelsmann, 1899 ; in-8'' de m -f 206 p. 

Strack (H.-L.). Das Blut im Glauben und Aberglauben der Menschheit. 
Mit besouderer Beriicksichtigung der « Volksmedizin » und des 
«jiidischen Blutritus ». 5. bis 7. Auflage. Munich, Beck, 1900; in-8'' de 
XII -j- 208 p. (Schriflen des Institutum judaicum in Berlin, n" 14.) 
Voir plus haut, p. 156. 

Strack (H.-L.). Le sang et la fausse accusation du meurtre rituel. Paris, 
Société française d'éditions d'art L. -Henry May [1900]; in-18 de lv -\- 
410 p. 

Adaptation de l'ouvrage allemand. . 

Strack (H.-L.). Einleitung in den Thalmud. 3° édition. Leipzig, Hinrichs, 
1900 ; in-8° de vi -f 136 p. 

M. S, a eu raison de rééditer ce petit manuel, qui reste la meilleure intro- 
duction à l'étude du Talmud ; Tempressement du public savent à se servir 
de cet instrument de travail est un garant, d'ailleurs, de son utilité. Les 



BIBLIOGRAPHIE 291 

divisions en sont mélhodiques. I. D'abord définition des termes : Mischna, 
Baraïla, Tosefla, Gueinara (M. S. renonce, avec raison, à lencienne expli- 
cation • achèvement », pour adopter la seule qui soit exacte: » enseij^nement 
traditionnel », le mot n'étant pas hébreu, mais araméen), Taltnud, Mi- 
drasch, Halacha, Hapf^ada. — II. Divisions de la Mischna, leurs liti^ 
anciens et récents, noms des traités, leur succession, leur mode de clas- 
sement. — Ce sujet est étudié avec beaucoup de soin et d'après les meil- 
leures autorités. — Ensuite vient le tahleau des traités dans la Mischna, le 
Talmud et la Tossei'ta selon le Talmud de Bahylone, éd. de IG'J" et suiv., 
la Mischna, 1606 et suiv., Maïmonide, le ms. du Talmud de Munich, la 
Mischna éd. Lowe (celle du Talmud palestinien), le Talmud palestinien, 
la Tossefta, ms. de Vienne et ms. d'Erfurt, enfin la Mischna éd. de 1559. 
— III. Contenu des soixante-trois traitt's de la Mischna, analyse som- 
maire des matières (P. 29, note. Celte noie sur ÛT^n T3 aurait besoin d'être 
mise au point; M. Strack ne paraît pas connaître les travaux qui ont été 
consacrés en ces derniers temps à cette question). — IV. Les traités extra- 
canoniques. L'auteur désip^ne ainsi les petits traités qui sont joints d'ordi- 
naire au Talmud de Bahylone. C'est un des chapitres les moins réussis de 
l'ouvrafre. M. S. se contente de renvoyer aux travaux dont ils ont été l'objet. 
Il n'eût pas été mauvais d'en décrire plus longuement le contenu et d'ex- 
primer une opinion sur leur âge probable. M. S. a fait entrer sous la môme 
rubrique les autres petits traités, représentés principalement par ceux qu'a 
édités Kirchheim. — V. Histoire du Talmud : •; 1. Naissance et premier 
développement de la loi traditionnelle. § 2. La défense de mettre par écrit 
la tradition. L'auteur réunit et discute les textes qui traitent de la ma- 
tière, cite les écrits dont parle le Talmud lui-même, comme la Meguillat 
Taanit, la Meguillat Youhasin, certains Targoumim, la Meguillat Seta- 
rim et les tablettes dont il est quelquefois parlé, des mischnayot que cer- 
tains docteurs ont apportées dans leurs mains. Ce qu'on proscrivait, à 
son sens, c'était la rédaction des halachot devant servir à un usage public, 
usage qui eût entamé l'unité du judaïsme. Il nous semble que les rabbins 
hostiles à cette innovation sentaient aussi que la tradition se cristallisait 
ainsi et perdait de son élasticité. L'auteur examine ensuite les di- 
verses opinions qui ont eu cours touchant la rédaction de la Mischna 
et des deux Talmud, § 3, Les Midraschim halachiques. Ici M. S. se 
montre encore trop discret ; il se borne à s'en référer aux auteurs qui 
ont étudié ces ouvrages. § 4. La Tcsefta. § b. Histoire de la loi orale 
jusqu'à la réduction de la Mischna par Habbi. Ce chapitre est très complet. 
§ 6. Le Talmud palestinien, époque de sa rédaction, son contenu primitif. 
§ 7. Le Talmud babylonien. M. S. répèle ce qui se dit communément et 
ce que, pour notre part, nous contestons. Quand le Sifra de Adam (Baba 
Mecia, 86 a] déclare que Rabbina et Rab Aschi sont ^îNITH C11D, de 
quel droit prétendre que ce Rabbina soit celui qui a vécu à la tin du 
v» siècle ? N'est-il pas plus vraisemblable qu'il parle du docteur dont 
l'activité est toujours associée à celle de R. Aschi, son contemporain ? 
Voilà pourquoi, d'ailleurs, son nom précède celui de son collègue, qui lui 
survécut. Ce qui prouve bien, au reste, que ces mots ne font pas allusion à 
la rédaction du Talmud, c'est qu'on a jugé nécessaire de donner un moyen 
mnémotechnique de retenir les noms de Rabbina et de R. Aschi : ces sima- 
nim sont évidemment antérieurs à la rédaction de l'ouvrage. D'un autre 
côté, dans quelle mesure R. Aschi a-l-il participé, sinon à la rédaction, 
du moins à la coordination des matières qui ont constitué le Talmud ? 
A ce propos on invoque le passage de Baba Baîra, 157 b : « Rabbina 
dit: A sa première revision N73p N^TIH^D, H. Aschi s'est prononcé dans 
tel sens; à la seconde, il a déclaré le contraire. • Que signifie ce mot 
t revision » ? Assurément il ne s'agit pas d'une revision d'un texte écrit, 
mais d'un enseignement oral ; revision veut dire : examen et discussion 
des sujets traités dans la Mischna (le commentaire de Raschi, B. il., 
86 a, est très judicieux sous ce rapport). A ce propos, Raschi cite une Gon- 



292 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sullation de Haï el le commentaire de R. Hananel — il aurait pu renvoyer 
aussi à Scherira, qui dit la même chose — portant que R. Aschi, avant vécu 
(lire : présidé l'école) soixante ans [lire près de soixante ans), a, dans les 
trente premières années, vu tout le contenu du Talmud et dans les trente 
antres repris le même enseignement. On veut évidemment dire que ce 
rabbin, ayant été chef de l'école de Sora pendant cinquante-deux ans (375- 
42"\ a eu l'occasion de voir deux fois les mêmes matières. Mais qui prouve 
qu'il ait eu la pensée de commencer la rédaction de cet enseignement ? 
C'est une hypothèse gratuite, à moins qu'on ne prenne le mot ^"11*7173 
dans le sens moderne d' t édition », ce que personne assurément ne sou- 
tiendra. Ce qu'on a voulu dire, vraisemblablement, parles mots nS";"!?^ Ï]TD, 
c'est que ces deux chefs d "école, Rabbina et R. Aschi, ont été les derniers 
à enseigner ex-professo et qu'après eux on s'est appliqué à mettre en ordre et 
à écrire leur enseignement, et de fait, Rabbina et R. Aschi sont les doc- 
teurs dont les décisions ou les opinions terminent généralement les discus- 
sions. La rédaction du Talmud est une œuvre collective et, par conséquent, 
anon\'me des écoles babyloniennes, qui a pris fin, comme le dit Scherira, 
du temps de R. Yosé. lequel fut chef d'école après R. Sama, après 476 : 
NTi^rn Û'iTCNI Ï^Nmr; qir) rr^^ûV^l. Voilà tout ce que l'on sait. 
Enfin, quant à la date de 499, qui est généralement admise pour celle de 
la rédaction du Talmud, elle provient du dire de Scherira que le Rabbina 
qui fut ï^i^"!")!! Cl"iO est celui qui mourut en 499. Ce renseignement per- 
mettrait tout au plus de conclure que le travail a été terminé avant cette 
date, car pourquoi eùt-il été achevé justement Tannée de la mort de ce 
doctv^ur ? Mais nous doutons que Scherira ait ici raison, car que signifierait 
une déclaration ainsi formulée : X. mort en 427 et Z. mort en 499 ont été 
les derniers...? Un tel renseignement ne peut viser que des contempo- 
rains. Or, précisément, dans cette fameuse chronique révélée à Samuel — 
au iii« siècle! — il est dit, de la même façon, que Rabbi et R. Nathan 
turent « la fin de la Mischna » : ces deux docteurs sont dans la même rela- 
tion que R, Aschi et Rabbina 1. % 8. Histoire du texte talmudique : mss. 
et éditions de la Mischna et des deux Talmud (M. S. ne connaît pas l'éd. 
de Keritout faite par M. Schechter, d'après un ms. daté de 1145 ; la 
censure. — VI. Ordre chronologique des docteurs (nous n'en voulons pas 
à M. S. d'ignorer notre note sur Hillel), les Tannaïm, les Amoraïm. Comme 
on le devine, ce chapitre nest qu'une nomenclature avec l'indication, incom- 
plète, des monographies qui ont été consacrées à certains d'entre eux. — 
VII. Caractéristique du Talmud. § 1. Ses apologistes et ses détracteurs: il 
faut le considérer dans son milieu et dans son temps, ce n'est pas un code, 
mais un compte rendu. § 2. L'herméneutique du Talmud, § 3. Extraits 
divers qui montrent le mode de composition de cette coUeclioB. — VUI. La 
littérature, c'est-à-dire la bib'.iog'raphie. ^ 1. Introduction au Talmud ; «; 2. 
Traductions;,^ 3. Commentaires; § 4. Instruments pour l'intelligence delà 
laugue ; |5 5. Ouvrages sur la Halacha [partie très faible^ ; § 6. sur la Hag- 
gada (même observation) ; § 7. Autres monographies. — L'auteur a ajouté 
à la précédente édition quelques notes et indications de travaux récents sur 
les chapitres dont il est traité dans son ouvrage. Ces additions auraient 
besoin d'être complétées. Somme toute, ce Manuel est encore le meilleur 
qu'on puisse recommander ; il témoigne de patientes études, d'une sérieuse 
connaissance du sujet ; il est composé avec beaucoup d'art et il est appelé 
à rendre de sérieux services, non seulement aux débutants, mais même aux 
spécialistes, en leur fournissant un mémento commode. Ce dont il faut louer 
saus réserve M. S., dans ce travail comme dans tous ceux qu'il a consacrés 
au Judaïsme, c'est la haute impartialité dont il y fait preuve : M. S. est 
avant tout un ami de la vérité. 

Strack (II. -L.). Sind die Juden Verbrocber von Religiouswegen. Leip- 
zig, HiDFichs, 1900; in-S^ de 38 p. (Tirage à part de « Nathanael », 
1900.) 



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SwfiTE (II.-B.). The Psalms of Solomon with the Greek fragments of the 
Book of Enoch. New- York, Macraillan, 1899; in-12 de vu -f- 50 p. 

Talmud (Le) de Babylone. Texte complet conforme à 1 édition de Venise 
(1520), revu par Lorya, Sirques et Wilna avec les variantes tirées dos 

divers mss accompagne des principaux commentaires et synthéti- 

quement traduit par J. de Pavly. Orléans, 1899 ; in-40 d'environ 4200 p. 
Ce que ne dit pas ce long titre, c'est qu'en réalité, cette édition est tout 
bonnement celle de Berdilchef, en un volume. M. de Pavly s'est borné a 
enlever la page du titre et à interfolier au commencement de chaque traité 
un court sommaire des matières. Pourquoi ce déguisement? Nous ne parve- 
nons pas à le deviner. L'édition n'est utile, d'ailleurs, qu'à ceux qui ont 
l'habitude de lire la loupe à la main. 

Taylor (C). An appendix to sayings of the Jewish fathers, containing a 
catalogue of Ms. and notes on the text of Abolh. New-York, Macmillan, 
1900; in-8^de vi + 183 p. 

M. T, pourra compléter son travail quand auront été classés les divers 
fragments qui proviennent de la r/tieniza du Caire : nous avons trouvé dans 
ceux qui sont à Paris, un assez grand nombre de ces mss. du Pirkè Abot. 

ToBAR (Le P. Jérôme). Inscriptions juives de K'ai-Fong-Fou. Chang-IIai, 
impr. de la Mission catholique, 1900; in-S^ de vi -f" 112 p. -|- plusieurs 
planches. (Variétés sinologiques, n» 17.) 

Publication intéressante sur laquelle nous reviendrons. Il est inexact de 
dire que les Juifs de Kai-Fong-Fou aient disparu. 

TOY (G. -H). The book of the Prophet Ezechiel. Crilical édition of the hebrew 
text with notes. Leipzig, Hiurichs, 1899; iu-S» de iv -|- 116 p. (The 
sacred books of the Old Testament. A critical édition of the hebrew text 
printed in colours, with notes . . . éd. by Paul Haupt.) 

TuRNER (M. -M.). The Bible God. Bible teachings and sélections from the 
writings of scientisls. New-York, Eckler, 1899; in-8'^ de 139 pp. 

Twenty-sixth annual report of American hebrew congrégations. Cincin- 
nati, impr. Rosenlhal, 1900; in-8'' de xvii + P- 4039-4150. 

Urquhart (J.). Die neueren Entdeckungen und die Bibel-Uebersetzung. 
Stuttgart, Kielmann, 1900; in-8o de xiv 4- 333 p. 

ViENNEY (A.-B.). Amos de Tekoa, son époque et son livre. Thèse. Mon- 
tauban, impr. Granie', 1899 ; in-S» de 55 p. 

ViGOUROux (M.). La Bible polyglotte. I. Pentateuque. Paris, Roger, 1899; 
in 8« de 1062 p. 

C'est, si nous ne nous trompons, une sorte d'édition française de celle de 
Slierel Theile : elle reproduit l'hébreu, le grec et le latin de celle-ci, mais 
remplace l'allemand par une traduction française. Des notes et même des 
illustrations accompagnent le texte. 

Visser (J.-Th. de). Hebreeuwsche archaeologie. Utrecht, Kemink,^ 1899; 
in-8° de 466 -j" 292 p. 

Walter (F,). Die Propheten in ihrem sozialen Beruf und das Wirtschafls- 



294 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

leben ihrer Zeit. Ein Beitrag zur Geschichte der Sozialethik. Fribourg- 
en-Brisgau, Herder, 1900 ; gr. in-8° de xvi -|- 288 p. 

Weill (Emmanuel). Juda Maccabe'e, suivi de Rabbi Akiba. Paris, 
Durlacber, [1900] ; in-18 de 273 p. 

Livre de lecture et d'édification, écrit dans une langue colorée, qui n'af- 
fiche aucune prétention scientifique. L'auteur a inséré dans son récit des 
scènes de mœurs, des usages religieux dont le Talmud nous a conservé le 
souvenir et qui remontent à une haute antiquité, telle, par exemple, la céré- 
monie du jeûne public. Il ne nous appartient pas de discuter le plan de 
ce joli petit volume ; il nous semble pourtant que, pour l'objet même pour- 
suivi par l'auteur, mieux eût valu résumer et réduire les ditlerents épisodes 
des luttes de Juda Macchabée après le retour à Jérusalem. Le détail en est 
un peu latigant et disperse l'intérêt. 

Weinstein (N.-I.). Zur Genesis der Agada. Beitrag zur Entstehungs-u. 
Entwickelungs-Geschichte des talmudischen Schriftthums. II. Theil. Die 
Alexandrinische Agada. Francfort, Kauflfmann, 1900 ; in-8<^ de 275 p. 

Wessel (S.). Das Targum zum Bûche Ruth. Thèse. Berne, 1899; in-8o de 
48 p. 

WiLLRiGH (H.). Judaica. Forschungen zur hellen.-jùd. Gechichte u. Litera- 
tur. Gottingue, Vandenhoeck et Ruprecht, 1900; in-8** de xii -\- 184 p. 

WiNGKLER (H.). Vôlker und Staaten des alten Orients. 3. Geschichte 
Israels in Einzeldarstellungen. 2. Theil. Die Légende. Leipzig, Pfeiflfer, 
1900 ; in-8» de viii -\- 300 p. 

WiTTMANN (Michael). Die Stellung des hl. Thomas von Aquin zu Avence- 
brol ( Ibn Gebirol). Munster, Aschendorffschen Buchhdlg, 1900 ; in-8* 
de 79 p. (Beitrâge zur Geschichte der Philosophie des Mittelalters, hrsgg. 
von Glemens Baeumker u. G. F. von Hertliug. Bd. III., Heft m.) 
Voir plus loin, p, 311. 

WoBERSiN (F.). Die Echtheit der Bilamsprùche Num. 22-24. Gùtersloh, 
Bertelsmann, 1900; in-8« de 80 p. 

WOLFF (Mathieu). Variéte's homilétiques sur le Pentateuque tirées du Mi- 
drasch. Paris, Durlacher, 1900; in-18 de ix -\- 255 p. 

WOOD (H.), Hebrew monarchy, its history and purpose. 2*^ éd. Londres, 
Eyre, 1900; in-8o de 776p. 

Zettersteen (K.-V.). Verzeichniss der hebr. u. aram. Hds. der Kgl. Uni- 
versitâtsbibliothek zu Upsala. Lund, Môller, 1900; in-8° de 22 p. 

Ziegler (J.). Die Geschichte des Judenlhums von dem babylon. Exile bis 
auf die Gegenwart. Prague et Breslau, Brandus, 1900, iu-8*^ de viii -|- 
224 p. 

ZiMMERMANN (II.). Elohim. Eiuc Studie zur israel. Religions u. Literatur- 
geschichte. Berlin, Mayer et Millier, 1900 ; in-8<* de viii + 83 p. 



3. Périodiques. 

The American journal of semitic lan^i^uages and liferatures (Chicago, 

trimestriel). Vol. XVI, 1899. = = N» 1, octobre. — = Emilie Grâce 
Briggs : ïlbp. — G. Hicker Berry : The interprétation of Gen., vi, 3. — 



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S. N. Deînard : A noie on Isaiah, viir, 6. ===: N* 2, janvier 1900. = = 
C. Levias : A. grammar of the aramaie idiom contained in the babylonien 
Talmud [suite). .~ =: N" 3, avril. :^ =: Stanley A. Cook: Notes on tbe 
composition of 2 Samuel. = zr: N* 4, juillet. — ~ \V. Muss-Amoll : The 
Urim and Thummim, a suggestion as to their original nature and 
significance. — George A. Barton : The slory of Ahikar and the Book of 
Daniel. — C. Levias : Etymological notes. = := Vol. XVZI, 1900. 
= = N° 1, octobre. = = William Rainey Ilarpcr : The structure of 
Hosea 1,2-3,5. — Owen II. Gates : Notes on Isaiah 1,18 6 and 7,14 
b'IQ. — Alois Barta : Syntax of the sentences in Isaiah 40-G6. — Au- 
gustus S. Carrier : Notes on the Psalms. 

The Jewish quarterly Bevicw (Londres). = = Vol. XII, 1899. =. = 
N** 45, octobre. = := G. Margoliouth : The original hebrew of Ecclesias- 
ticus XXXI. 12-31, and xxxvi. 22 — xxxvii. 26- =z =^S. A. Hirsch : Early 
English hebraists, Roger Bacon and his predecessors. — W. Bâcher: An 
hypothesis about the hebrew fragments of Sirach. — A. Cowley : Notes 
on the Cambridge textes of Ben Sira. — S. Schechter : Genizah spécimens. 
— Moritz Stein&chneider: An introduction to the arabic literature of the 
Jews {suite, n^^ 46-49). — T.-K. Cheyne : Naamah the Shunammite. — 
D. Simonsen : Arabic responses of Maimonides. — II. Ilirschfeld : A 
hebrew poôm in vindication of the study of philosophy. — E.-N. Adler : 
Provençal and Catalonian Responsa. — Critical notices. = ==: N" 46, 
jaovier 1900. =: =■ C.-G. Montefiore : Nation or religions community. — 
Ludwig Blan : Dr. Ginsburg's édition of the hebrew Bible. — I. Abrahams : 
Paul of Burgos in London. — The hebrew text of Ben Sira : S. Schechter: 
The British Muséum fragments ; — W. Bâcher : Notes on the Cambridge 
fragments. — M. Berlin: Notes on généalogies of the tribe of Levi in I 
Chron. xxiii-xxvi. — D.-H. Miiller: Strophic forms in Isaiah xlvii. — 
T.-K. Cheyne : Canticles v. 13 and vu. 1. = = N*' 47, avril. = =::: Grey 
Hubert Skipwith: The origins of the religion of Israël. — S. Schechter: 
Some rabbinic parallels to the New Testament. — B. Jacob: A study in 
biblical exegesis pn TlDMj. — Arthur et Nina Davis: Ben Asher's rhymes 
on the hebrew accents. — S. Schechter: A further fragment of Ben Sira. 
— Elkan Nathan Adler : Some missing chapters of Ben Sira. — 
D.-S. Margoliouth: The Sefer Ila-Galuy. — A. Ilarkavy : The fragment 
of the «Sefer Ha-Galuy». — T.-K. Cheyne: Note on Sirach, L. 9. — 
Thomas Tyler: Ecclesiasticus, the retranslation hypothesis. =rr = N'^ 48, 
juillet. -=■ = Julia Richman : The jewish Sunday school movement in the 
United States. — H. Léonard Pass et J. Arendzen : Fragment of an 
aramaie (en caractères hébraïques) text of the Testament of Levi. — 
H.-S.-Q. Ilenriques : Jews and the English law. — ■ E.-N. Adler : 
Karaitica, — M. Gaster: A new fragment of Ben Sira. — W. Bâcher, 
D.-S. Margoliouth et A. Ilarkavy : The Sefer Ha-Galuy. -—M. Kayserling: 
The Jews in Jamaica and Daniel Israël LopezLaguna. — Samuel Krauss ; 
Eine jiidische Légende von der Auffindung des Kreuzes. — M. Berlin : 
Note ou Nbir> and Note on Josippon. — II. -P. Chajes: Bemerkungen zu 
den Proverbien. — Critical notices. = = Vol. XIII, 1900. = = N^ 49. — 
Israël Le'vi : Notes sur les ch. vu. 29 — xii, 1 de Ben Sira édite's par 
M. Elkan N. Adler. — Marcus N. Adler: Chinese Jews. — Morris Jastiow: 
The fourteenth chapter of Genesis and récent research. — E.-N. Adler et 
I. Broydé: An ancient bookseller's catalogue. — H. -P. Chajes: Etwas 
ûber die Pesita zu den Proverbien. — F.-C. Conybeare : The Testament 



296 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



of Job and Ihe Testaments of the XII Patriarchs. — J. Chotzner: Kalo- 
nymos ben Kalonymos, a tbirteenlh-century satirist. — Hope W. Hogg : 
Tbe Epbraim genealogy. ~ D.-S. Margolioutb: Notes on the Sefer Ha- 
Galuy controversy. — I. Abrabams : A version of En Kelobenu. 

Hoiiatissclirirt fiir Gesohichte unci Wissenschaft des Judentliiiuis 

(Berlin). = = 43^ année, 1809. — — "^o 8, août. Moritz Perilz : Zwei 
alte arabiscbe Ueberselzungea des Bucbes Rutb [suiie et fin, n°^ 9-10). — 
"W. Bâcher : Zur Geschichle der Schulen Palastinas im 3. und 4. Jahrhun- 
dert. — Ad. Frankl-Grûn : Das Landesrabbinat in Kremsier {fin, n° 9j. 

— A. Feilcbenfeld : Die atteste Geschichle der deutschen Juden in 
Hamburg {fin], = = N*^ 9, septembre. Hermann Cohen : Das Problem 
der jûdischen Sittenlehre. Eine Kritik von Lazarus' Elhilc des Juden- 
tbums {fin, nolO). — Louis Ginzberg : Die Haggada bei den Kirchenvatern 
und in der apokryphischen Literatur [suite et fin, n°" 10-12). — Moritz 
Steinschneider : Die italienische Literatur der Juden [suite et fin, n°* 10- 
12; 1900, n'^s 2 et 5-6j. — David Kaufmann : D^ med. Vitalis Félix. 
:z:=:= N° 10, octobre. S. Frankel : Miscellen zu Saadia's Bibelûbersetzung. 

— David Kaufmann : Ist Saul, ein Sohn R. Abraham Broda's, wirklich 
aus dem Judenthum ausgetreten? ==No 11; novembre. Siegmund 
Frankel : Zur Sprache des hebràischen Sirach. — J. Bergmann : Einige 



Bemerkungen zu Eusebius' 
u. Berichtigungen. 



M. Schreiner 



Nachtrâge 



Siegmund 



Onomasticon. 

Frankel: ""j© rr^n t]->73^r: "^nm. — B. 
Badt : Weitere Berichtigungen zur Mandelkern'scben Concordauz. = = 
N° 12, de'cembre. Ludwig Blau : Jochanan ben Zakkai in christlicher 
Beleuchtung. z=z.z=. 44° année, 1900. = = ÎS° 1, janvier. M. Ginsburger : 
Verbotene Thargumim. — S. H. Margulies : Zwei autographische XJrkuu- 
den von Moses und Abraham Maimuni. — M. Braan : Joseph Sambari's 
Nachrichten ûber das Geschlecht der Maimoniden. — L. Bâck : Zur 
Charakteristik des Levi ben Abraham ben Chajjim {suite, n°^ 2, 4, 8). 
— Alb. Wolf : Die Portraits des Jacob Jehuda Leone. =:=:: N° 2, février. 
Zuckermaudel : Eine Worterklârung (V5pi"l37ûw\. 1^bp-|-|nwX). — A. 
Epstein : Likkute Pardes. — W. Bâcher : Einige Bemerkungen zu R. 
Tam's Sepher Ha-jaschar. — B. Friedberg : Das Rabbinals-Diplom des 
Rabbi Isaak ha-Cohen la Pinczow. — Emanuel Baumgarten : Maria 
Theresia's Ernennungsdecret fur den mabrischen Landesrabbiner Gerson 
b. Abraham Chajes. =: ==: N^ 3, mars. P. Asmussen : Das Adlergesicht, 
im vierten Esrabuche. — I. Kracauer : Actenstiicke zur Geschichle der 
Confiscation der hebr. Schriften in Frankfurt a. M. [suite et fin, 4-6). — 
L. Lewin : Materialien zu einer Biographie Wolf lleideuheims. — M. 
Brann : Zur Généalogie der Maimoniden. — Eppenstein : Zu Saadia's 
Uebersetzung von Jes. 44, 16. = = N^ 4, avril. Max Maas : Die Macca- 
baer als christliche lieilige. — J. Krengel : Die euglische luterveulion zu 
Gunslen der bôhmischen Juden im Jahre 1744 {fin, n" 5-6). — I. Lôw : 
';ibp"'m:372^<. = = N*"* 5-6, mai-juin. J. Guttmann : Die philosoph. u. 
ethischen Anschauungen in Abraham h. Chijja's Ilegjou ha-Nefesch. — 
A. Kaminka : Alcharisi's Orientreise, Nathan bajulus und Jonathan ha- 
Cohen. — M. Lewinsky : Die Kinder des Hildesheimer Rabbiner Samuel 
Hameln {fin, n*' 8). — J. Landsberger : Nachtriigliches zum Jubiliium des 
ersten Talmuddruckes in Deutschland. = = N** 7, juillet. A. Epstein : 
Joseph Ibn Plat und der Pardes. — Jakob Simon : Urkundliches Matériel 
zur Geschichle der Egerer Judengemeinde. {fin, n° 8.) — I, Kracauer : 
Verzeichniss der von Pfeflferkorn 1510 in Francfort a. M. konfiszierten 



BIBLIOGRAPHIE 297 

jiid. Biifhcr. — Albert Wolf : Ein Brief Tiedge's an David Friediaender. 

= zi:: N" 8, août. B. Friedberg : Neue auf dem jiidischen Friedhof in 
Kpakau aufgefundone Grabscbriften. 

Bévue biblique interiiationule Paris, trimestrielle) = r=r 8" année, 
1899. = =: N° 4, octobre. Albert Condamin : Etudes sur rEcclôsiaslc 
[suiie, 1900, n^^ 1 et 3). — Emmanuel Cosquin : Encore 1' « histoire du 
sage Ahikar » : vraies et fausses infiltrations d' « Abikar > dans la Bible. 

— Lagrange : Deux chants de guerre : le cantique de Moïse après le 
passage de la mer Rouge et la chanson d'Hésébon. — Parisot : Signifi- 
cation musicale de Sélah-Diapsalma. = ^ - 9^ année, 1900 -- = N° 1, 
janvier. M. Touzard . Nouveaux fragments hébreux de l'Ecclésiastique 
{suite et fin, n° 4. Nous remercions l'auteur du bienveillant inte'rêt qu'il a 
accordé à nos essais.) — Lagrange : L'itinéraire des Israélites du pays de 
Gessen aux bords du Jourdain [suite et fm, n^^ 2 et 3). — M. Levesque : 
Notes sur quelques mots hébreux (^03, lb"<:i, n"l73n). Hypogée judéo-grec 
découvert au Scopus (on y lit : N'unir nn i^mn^, nDTî^O, ou r;o^n*«",D, 

ira'jroç, Tuptorac epwTptou). === N° 2, avril. Lagrange : Débora (Juges : récit 
en prose, ch. iv; cantique, eh, v). =: = N» 3, juillet. Hubert Grimme : 
Mètres et strophes dans les fragments du manuscrit parchemin {sic\ du 
Siracide (tous les fragments proviennent de manuscrits en papier). — 
Lagrange : Projet d'un commentaire complet de TÉcriture sainte. — 
Scheil : Un préfet assyrien de Samarie. = = N° 4, octobre. Nivard 
Schlœgl : Etudes métriques et critiques sur le livre des Proverbes. — 
Hackspill : Etudes sur le milieu religieux et intellectuel contemporain du 
Nouveau Testament. — Ph. Virey : Note sur le Pharaon Ménephlah et 
les temps de l'Exode. — Condamin : Le prétendu fil à plomb de la vision 
d'Amos. — G. Marmier : La campagne de Sisara contre Baracq. — Emile 
Lefranc : Notes exégétiques : deux notes sur les oracles de Balaam. — 
Chronique : El-Ya Qoubiyeh ; — une nécropole gréco-romaine à Jéru- 
salem. 

Zcitsehrift fùt> die alttestamentliche Wissenseliaft [Giessen, semes- 
triel). = = 20« année, 1900. = = N« 1 . W. J. Moulton : Ueber die 
Ueberlieferung und den textkrilischen Werth des drilten Esrabuches. — 
Ign. Goldziher : Zu Scliaatnez (l'explication que Maïmonide donne de la 
défense, d'après un usage attesté par les livrés sabéens, reçoit une con- 
firmation d'un auteur musulman qui décrit un pareil usage : le sorcier 
mélange du colon avec de la laine pour accomplir ses pratiques). — 
Samuel Krauss : Zur Zabi der biblischen Vôlkerschaften. — Friedrich 
Schwally : Eine Bemerkung zum Bûche Iliob. — B. Jacob : Beitrage 
zu einer Einleitung in die Psalmen {suite). — Th. Noldeke : Bemerkungen 
zum hebrâischen Ben Sira. — Julius Ley : Zur Erklarung von Jesaia 7, 25. 

— Ad. Bùchler : Zur Geschichte der Tempelmusik u. der Tempelpsalmen 
{fin). — D. W. Bousset : Das chronologische System der bibl. Geschichts- 
bùcher. — Diettrich : Einige graumiatische Beobachtungen zu drei im 
British Muséum befindlichen jemenitischen Hds. des Onqeloslargum. 

N. Herz : Some difficult passages in Job. — E. Nestlé : Miscellen, 
1. Joël 1, 17; 2. Der Mamzer von Asdod; 3. Das Lied Habakkuks und 
der Psalter. 4. Neue Stoffe zu Doclorarbeiten. 5. Ein noues Wort fiïr 
das hebr. Wôrterbuch i^p"!). — Mandelkern : Facta loquunlur. — Eberhard 
Baumann : Die Verwendbarkeit der Peschita zum Bûche Job fur die 
Textkritik {fin, n" 2), = =z W 2. Charles Torrey : Die Briefe 2 Makk. 



298 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



I, l-II, 18. — Max LÔhr : Alexandrinus und Sinaiticus zum Bûche Tobit. 
— W. Riedel : Miscellen : I. Die Reihenfolge der Sprûche im Segen Mosis 
Deut., 33; II. Ps., 45, 13; III. Ps., 10, 9, 10; IV. Baba Bathia fol. 14 f. 
— correction bien amusante : il est dit, dans cette fameuse page, que jus- 
qu'aux derniers versets du Deute'ronome, qui parlent de la mort de Moïse, 
Dieu dictait et Moïse écrivait, et que pour les derniers versets Moïse écri- 
vait au milieu des larmes 3^7213 ou m3'?ûl3. Gomme certains mss., pour 
la première proposition, portent : et Moïse disait et e'crivait, ce qui est 
probablement une faute, la deuxième proposition doit signifier que Moïse 
écrivait les derniers versets en silence "*73n3 ou ^Î73?2^D. Et voilà de la 
haute critique! — V. HDD — doit être rapproché du copte poseh « re'- 
colte », qui a 'pu donner son nom à une féte^ laquelle a e'té empruntée aux 
Egyptiens par les He'breuxl — VI. n:"wn PN^S ; VII. Amos^, 9. 10. — 
B. Stade : Nachwort des Herausgebers zu Lie. W. RiedeTs 5. Miscelle : 
noD (exécution en règle de la méthode tout au moins naïve dont nous 
venons de voir les produits). — Israël Kahan : Zur Beleuchtung der 
« Facta » Dr. Mandelkerns. 

4. Publications poutant servir à l'histoire des Juifs en France. 

Albanès (J.-H.). Gallia christiana^novissima, par feu le chanoine J.-H. 
Albanès, complétée par le chanoine Ulysse Chevalier. Marseille (Valence, 
1899, in-40). N° 036. Procès-verbal dressé contre un Juif qui ne porte 
pas la rouelle [4 février 1398). — N'^ 1182. Composition entre les Juifs 
de Marseille et le prévôt de l'église Saint- Martin et Saint-Jacques sur 
les taxes payées par eux (4 avril 1240). 

Bardon (A.). Un Registre de M® Eustache de Nîmes, notaire à Nîmes 
(1380-1388). Nîmes, A. Chastanier, 1900 ; in-S^. 

L'analyse de ce registre mentionne : un prêt de 50 fl. d'or fait par les Juifs 
Bonnize Rocel et Sime de Capista à la veuve de Pierre Boufils, 2 août 1386 
(p. 33] ; — un acte rédigé pour Astruque, veuve de Bonnaci Astruc de Mon- 
teils, habitant Montpellier, 13 décembre 1386 (p. 36). 

Blanc (Alphonse). Le livre de comptes de Jacme Olivier, marchand narbon- 
nais au xiv^ siècle. Tome second, l'"* partie. Paris, Picard, 1899; in-8'^. 

Ce volume comprend le texte du livre des comptes et une série de pièces 
justificatives. Le t. I comprendra l'introduction, et la 2^ partie du t. II la 
fia des pièces et les tables. Parmi les soixante-huit pièces — extraites des 
archives de Narboune — un certain nombre intéressent les Juifs de Nar- 
bonne et de Béziers. N° 54, 6 décemlire 1305. Les consuls de Narbonne 
requièrent, en vertu de lettres de Philippe IV du 19 mars 1305, le juge 
royal de Béziers de ne pas comprendre dans le dénombrement des feux de 
la cité les clercs, les pauvres et les Juifs dont ils dressent une liste (environ 
centsoixante-dix Juifs et Juives nommés). — N" 55, 1«' juin 1306. Statuts des 
boulangers de Narboune (promettent de ne pas cuire les viaudes des Juifs). 
— N° 65, 17 janvier 1311. Philippe IV prescrit d'appliquer, suivant la cou- 
tume de Narbonne, la prescription décennale aux créances des Juifs. — 
N» 57, 1306 et 1311. Quittances données par le receveur des dettes des 
Juifs aux consuls du bourg de Narbonne débiteurs de deux Juifs. — N"'* 58, 
1307-1317. Vente des biens des Juifs expulsés. — Ce travail éiant en 
cours de publication dans le Bulletin de la commission archéologique de 
Narbonne^ on peut indiquer tout de suite certains textes qui seront publiés 
dans la 2» partie. — N^' 87, 1318. Vidimus des lettres de Philippe V révo- 



BIBLIOGRAPHIE 299 

quant, sauf deux, les commissaires nommés pour le fait des Juifs et cbar- 
ireanl de leurs affaires les sénéchaux de Toulouse et ae Carc&ssonne. — 
N» 90, 1319-1321. Trois pièces sur le recouvrement des dettes des Juifs — 
N" 92, 20 mars 1326. Le commissaire royal, a la requête d"'un groupe u'tia- 
bitauLs de Beziers, se déclare prêi a cesser le recouvrement des dettes des 
Juifs antérieures à la première conâscation. 

Brutails (J.-A }. L'archéologie du moyen âge et ses méthodes. Paris, Pi- 
card, 1900. 

Il ne semble pas, à première vue, que ce livre se rattache à nos études ; 
mais l'auteur consacre deux chapitres à discuter les théories de Courajod 
[Leçons profesi'ées à V Ecole du Louvre ^ t, 1. Pans, 1899, 8»^, et l'on sait 
quelle pari d'influence le professeur du Louvre attribuait a l'art oriental 
(néo-grec et syrien) dans la formation de l'art mérovingien et caroingien. II 
tirait notamment argument de certains motifs d'ornementation, comme 
Tétoile à six rais (Leçons, I, pp. 322-324 et 336-339] quM retrouvait à la fois 
sur des ossuaires juifs et sur des monuments occidentaux. Tout en recon- 
naissant qu'ail y a lieu de tenir compte de celte influence, M. B. déclare les 
conclusions de Courajod inexactes en ce qui concerne la parue architectu- 
rale et exagérées en ce qui concerne l'ornemenlaiion. 11 n'en reste pas 
moins vrai que certains motifs ont été introduits dans l'ornementation par 
des ivoires ou des coffrets orientaux, et Ton devine quelle part les com- 
merçants juifs de Bordeaux ou de Marseille ont pu avoir dans cette impor- 
ta lion. 

Chartikr (F.-L.). Un document inédit sur Mirabeau ^Requête du sieur 
Moyse, juif Avignonnois. . . contre M, Honoré de Riquet, comte de Mi- 
rabeau), dans Revue des études historiques. T. 11, n^ 2 .mars-av. 1900). 

Dreyfus (Ferdinand). Comment les Juifs sont devenus citoyens franç-ais, 
dans Revue politique et parlementaire, 10 septembre 1900. 

Petit (Joseph), Gavrilovitgh, Maury et Theodoru. Essai de restitution 
des plus anciens mémoriaux de la Chambre des comptes de Paris. (Uni- 
versité de Paris, Bibliothèque de la Faculté des lettres, t. VU.) Paris, 
Alcan, 1899; in-8«. 

Comprend : 1*) l'analyse des textes aj-ant figuré dans ces recueils : une 
quinzaine de n»* relatifs aux Juifs ^21-25, 28, 30, etc.], d'ailleurs presque 
tous connus ; — 2") la publication intégrale de quelques pièces : le 
n° XXXIll, série des décisions prises par Jean Pasté et Hugues de Vis- 
sac, commissaires réformateurs aélegues au début du règne de Charles IV 
en Navarre, règle quelques points intéressant les Juifs : résidence dans les 
anciennes juiveries d'Olite, Vianna, etc. et reconstruction d'une juiverie à 
Pampelune, avec boucherie et four (la clôture en sera payée avec l'amende 
due pour le fait de Samuel Abbadian] ; difficultés pour ie paiement d"'un 
don de joyeux avènement de 15.000 1. t.; taxes spécialement payées par 
£zmel d'Aûbtas, banquier de Tudèle ; obligation de recourir aux moulins 
royaux ; exécution des obligations dues aux Juifs. 

PiLOT DE Thorey. Société de statistique des sciences naturelles et des 
arts industriels du département de l'Isère. Catalogue des actes du dauphin 
Louis II, devenu le roi de France Louis XI, relatifs à l'administration du 
Dauphiné. T. 1 et IL Grenoble, 1899 ; 2 vol. in-S^ 

On sait parle travail de M. Prudhomme l'intérêt que le futur Louis XI atU- 
cha au maintien des communautés juives dans ses Ëtats. Ce Cstaloffue en ap- 
porte quelques preuves de plus. En 1451 ;16 juin\ le dauphin, à la requête 
de Jacolet d'Arles, de Mosse Avisan et d'Azariel de Bàle, contirme et eiend 
les privilèges précédemment accordés aux Juifs du Dauphiné LU" 879). En 



300 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

4453 (21 janvier), il répond aux Trois-Étals de Dauphiné, assemblés à 
Romans, et qui lui demandaient, entre autres choses, Texpulsion des Juifs 
installés depuis peu à Briançon. qu'il entend laisser aux Juifs la liberté de 
s'établir où ils voudraient (n<> 1006 i«V. Le 14 mars 1476, sur la « suppiica^ 
lion du peuple juif des villes de Valence, Vienne, Monlélimar », il leur 
accorde de nouvelles lettres de sauvegarde nécessitées, semble-i-il, par des 
excès et pillages récents (q"* 16461. Mais cet intérêt du dauphin est surtout 
fiscal. Le 2 juillet 1-463, à Valence, quatorze Juifs de Valence, dont une 
femme, et Bonnefov Astruc, de Montélimar, s'engagent à payer à Jean Fa- 
vrot, commissaire royal, une somme de 1500 écus dor « pour avoir commis 
des usures excessives, mal parlé de Sa Majesté pendant qu'elle était en 
Flandre et fréquenté ses ennemis» .n" 1937], 

Stein (h.). Les Juifs de Montereau au moyen 3ge, dans Annales de la 
Société historique et arche'ologique du Gâliuais, t. XVII, pp. 54-61 (^Fon- 
tainebleau, 1899, in-80). 

Publie trois pièces, dont les lettres de rémission accordées par Charles VI 
à Jean d'Ecuelles et Jean Bieirix, habitants de Montereau qui avaient, en 
1381, pillé la demeure de Benion de Salins et Sausset de Baumes. Juifs de 
cette ville. 

Paul Hildenfingtr. 



5. Notes et extraits divers. 



z =1 Doublé (E.}. Noues sur V Islam Ifaghribin [Revue de l'histoire des religions, 
t. XLl, p. 63]. « Il arrive parfois que certains marabouts, d'origine vrai- 
semblablement musulmane mais portant un nom biblique, sont véne'rés 
à la fois par les Juifs et les musulmans. Chez les Israélites de Tlemceu 
on entend couramment des gens du commun qui soutiennent que Sidi 
Yaqoub, santon fameux, enterré aux portes de la Yille. fut un Juif. Et 
de fait, les Juives visitent ce marabout et y font des sacrifices tout 
comme les musulmanes : seulement la plupart du temps elles ont soin de 
s'habiller comme ces dernières. A Tunis aussi un saint est également vi- 
sité par les Juifs et les musulmans (Latapie, Civilisations tunisiennes, 
p. 251 . Chénier raconte qu'à quelque distance de Fez, dans une mon- 
tagne qu'il appelle « Askrou », il y a un saint que les Berbères et les Juifs 
réclament avec la mômedévolion ; l'opinion commune est que c'est un Juif 
qui fut enterré dans celte partie de l'Afrique, longtemps avant le ma- 
hométisme. Les femmes des Berbères et des Juifs qui désirent avoir des 
enfants ont la dévotion d'aller à pied au haut de celte montagne, où 
est l'hospice du saint (Chénier, Recherches historiques sur les Maures et 
Vhistoire de l'empire de Maroc, Paris, 1787, t. III, p. 15-1-155 . C'est exac- 
tement ce qui se passe à Sidi-Yaqoub de Tlemcen. — D'autre part, il 
paraîtrait qu'à Fez a les Marocains rendent une sorte de culte à la mé- 
moire de H Sol Achouel » , juive de Tanger, qui mourut de notre 
temps dans des supplices atroces plutôt que d'abjurer la loi de Moïse, 
ou de renouveler une abjuration qu'elle avait faite en cédant aux séduc- 
tions de l'amour » (Abbé Godard, Description et histoire du Maroc, I, 
83-84). 

Israël Lévi. 



BIBLIOGRAPHIE 301 



Catalogue of HcbreMr and SamariCan ManuscriptH In Ihc Hritisli 
niiiscuni, by G. Margoliouth. Part I. Loodres, 1809 ; in-4» de (8] + 283 pp. 
■+- IX planches. 

Il y a peu d'années, M. Hartwig Derenbourg exprimait, dans celte 
Revue (t. XXIII, p. 99), le regret que les nombreux et importants mss. 
hébreux etjudéo arabes du British Muséum ne fussent point catalo- 
gués et que, par suite, ils ne fussent guère, sinon pas du tout, utili- 
sables. Pour combler la lacune, il donnait une courte nomenclature des 
récentes acquisitions de 4867 à i890. Mais ce sommaire, ainsi que la 
liste provisoire parue depuis \ n'ont fait qu'accroître le désir d'un 
catalogue détaillé. Nous sommes donc heureux d'annoncer que ce 
catalogue est en voie de publication et que M. Margoliouth en est l'au- 
teur aussi consciencieux que compétent. Le premier volume, que 
nous avons sous les yeux, contient la description de textes, traduc- 
tions et commentaires bibliques. Le deuxième volume comprendra 
le Midrasch, le Talmud, la Halakha et la liturgie ; le troisième les 
autres matières ainsi qu'une introduction détaillée et les index. 

Le Br. Mus. possède cent soixante et un numéros de mss. de la 
Bible et de traductions, dont cinquante et un en rouleaux (1-24 Pen- 
tateuque, 25-51 parties des cinq rouleaux), et le reste sous forme de 
livres. Parmi les premiers, le n^ 6 est particulièrement remarquable. 
Il a été écrit pour la communauté juive de Kaï-Fang-Fou, dont il est 
tant question en ce moment, et, comme tous les écrits juifs que cette 
communauté a possédés, il vient de Perse (cf. Jew. Quart. Rev.^ VIII, 
127; X, 624). Des mss. bibliques, la plus grande et la plus im- 
portante partie a été longuement décrite par Gh. D. Ginsburg 
[Introduction to the.., Hebrew Bible, Londres, 1897, p. 469-474, 477- 
728). Il faut signaler spécialement le n^ 64 (ms. or. 4445), qui contient 
le Penlateuque accompagné de ponctuation, d'accentuation et de 
notes massorétiques. Ce ms. ressemble à celui du cod. Petropolitanus 
(cependant la ponctuation est celle du système ordinaire) ; toutefois 
certains indices feraient supposer qu'il est plus ancien. Ginsburg 
place notre ms. au ix® siècle, et Margoliouth est de son avis. Mais 
l'on sait que la paléographie hébraïque en est à ses débuts, de sorte 
qu'un jugement définitif est impossible. En tous cas, cems. est très 
important et M. Ginsburg aussi bien que M. Margoliouth en ont re- 
produit une page en fac-similé. A remarquer que sur le fol. 1 a de ce 
ms. se trouve une liste de livres persans ajoutée plus tard, où nt'O na 
est mentionné. Peut-être s'agit -il du Sirach hébreu (voir Bâcher, 
/. Q. R., XI, 344, Qi Ein hebr.-persisches Wœrterbuch, Budapest, 1900, 
p. 38). — Les n^^ 103-104 présentent une autre particularité. Il y a là 

* Descriptive List of the Hebrew and Samaritan Mss. in the British Muséum, by 
G. Margoliouth, Londres, 1893. Cf. Sîeinschneider-Festschrift, p. 197, noie 1. 



302 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



des fragments du Penlaleuque écrits en lettres arabes, où les voyelles 
&Qni remplacées par des lettres (ce n'est que plus tard qu'on ajouta 
des voyelles et des accents). Hoerning [British Muséum Karaite Mss.y 
Londres, 1889) a reproduit en fac-similé tout le deuxième ms., qui 
embrasse Ex., i, 1 à viii, 5 (une page se trouve aussi dans notre 
Catalogue). Hoerning décrit encore cinq mss. semblables ; mais le 
Br. Mus, en possède encore un plus grand nombre de contenu divers; 
tous paraissent d'origine karaïte (cf. ma notice dans Semitic Studies 
de Kohut, p. 439). Ils sont tous de date assez ancienne et offrent de 
précieux matériaux pour l'histoire de la prononciation de l'hébreu, 
beaucoup plus que les écrivains mahométans, dont M. Scbreiner a 
en partie réuni les indications {Zeitschrift f. alttest. Wissensch., 1886, 
p. 243-255). — Dans cette collection non plus les choses curieuses ne 
manquent pas; ainsi le n» 158 renferme des fragments de Psaumes 
en lettres éthiopiennes. 

Faisons encore sur ce chapitre les remarques suivantes : La forme 
0N"in?3 (n» 52) est une déviation du nom 1N1"1^ (voir Steinschneider, 
/. Q. R., XI, 147). — Le n® 54 contient quatre listes de livres d'Italie, 
du XIII® siècle, sur des œuvres théologiques et profanes, qui devraient 
être publiées. De telles listes ont un intérêt pour l'histoire de la cul- 
ture, comme on en peut juger par celles que Modona a publiées dans 
cette Revue (t. XX, p. 117 etsuiv.). — Le n» 55 renferme une liste de 
chapitres des prophètes et des hagiographes (les Chroniques excep- 
tées) pour les sabbats de toute l'année, avec l'inscription nND5<Tt:bN 
(= culîLA^i ?). Cette liste vient de Syracuse (misribN 3\-i-in lïi "^^Nn 
rsDipns bnp, et non pas de Saragosse, comme le suppose M. Gins- 
burg, p. 614), et, comme elle est écrite en arabe, elle doit être 
assez ancienne. Syracuse est probablement la plus ancienne commu- 
nauté juive de Sicile (cf. Zunz, Zur Geschichte, p. 506) et semble 
avoir eu maintes particularités dans le rite. La liste est imprimée 
complètement dans la Massore de Ginsburg (vol. II, 474-475). — 
Au no 73, il est question d'un pmairûin?: pp:r: V^^T 'n qui n'est 
pas mentionné par Zunz. — Au n° 88, il faut probablement corriger 
■^n"<nDbN en ■^n'^nabî^ (voir Sujuti, De nominibus relativisas, v.]. — Le 
n^ 92 est écrit en 1483 à Kum en Perse. — Sur le n° 99, qui renferme 
le Targoum du Pentateuque dit selon Jonathan, cf. Dalman, Mo- 
natsschr., XLI, 454-456. — Aux n^ 146-147, la traduction des cinq rou- 
leaux n'est guère celle de Saadia. Celle de Ruth est sans doute iden- 
tique à celle qui a été éditée récemment par Perltz (cf. ma recension 
dans Zeitschr. f, hehr. Bibliogr., vol. IV, n" 6, où l'on trouve aussi des 
remarques sur les notes midraschiques annexées à la traduction).— 
Les no 159-160 ont une traduction persane des Psaumes, faite, vers 
1470, par Baba b. Nouriel à Ispahan, sur l'ordre de Nadir Schah, 
qui fit également traduire l'Evangile et le Coran. — Les nos i62-165 
coniieuneut des traductions hébraïques des diverses parties de 
l'Évangile. 

Les commentaires bibliques sont divisés en deux sections : en rab- 



BIBLIOGRAPHIE 303 

biniques (n"" 166-249) el karaïtes (q°» 2o0-339j. Parmi les premiers, il y 
a quelques unica. Citons en première ligne un commentaire arabe 
sur II Samuel d'Isaac b. Samuel ha-Sefardi fn^^ lfi7), qui, à l'origine, 
embrassait tout le livre de Samuel. Ce commentaire est particulière- 
ment important à cause de ses nombreuses citations de la littérature 
ancienne (voir la description détaillée de Margoliouth dans ./. Q. 72., 
X, 385-403) ; il y a des citations d'ouvrages perdus, tels que le com- 
mentaire de Saadia sur le Pentateuque, le rr^jwSrbNi n'^^'inri^ 3Nr3 
d'Ibn Ghiquitilla et l'original arabe d'Ibn Balâm sur les homonymes*. 
Ibn Bal'âm et Nathan b. Yehiel sont les auteurs les plus récents que 
cite cet écrit; par conséquent, il appartient vraisemblablement au 
xii° siècle, et l'auteur est sans doute identique au Dayian qui a 
signé au bas d'un document du Caire de l'an \\\'6, comme l'admet 
M. Margoliouth. Notre auteur connaissait l'Orient, mais il était appa- 
remment venu d'Espagne, comme le démontrent son nom et le com- 
mentaire, qui porte toutes les marques de la florissante période espa- 
gnole ; à ce titre il mériterait d'être publié. Isaac signale encore ses 
commentaires sur Josué et les Juges; d'autre part, Abr. b. Salomon 
du Yémen en cite un de lui sur les Rois (voir Steinschneider, Hehr. 
Bibliogr., XX, 10, 63, qui place Isaac au xiv^ siècle). — Un autre uni- 
cum intéressant est le commentaire sur le Pentateuque de l'inconnu 
Meyouhas b. Ella (n*» 201), qui paraît lui aussi appartenir au 
xii« siècle. L'auteur vivait en Grèce, attendu qu'il emploie des termes 
grecs ; de plus, l'exemplaire présent a été copié en 1469 à Nicopolis 
par un certain Elia b. Elkana. Le commentaire renferme beaucoup 
d'observations grammaticales. L'apocope est appelé yitipTO, l'infini- 
tif "niti^û. Ce mot n'est pas une corruption de l'arabe "ni:72, comme 
le dit M. Margoliouth, mais il en est imité et se retrouve dans un 
petit écrit grammatical anonyme, le 1"^^^ *^^^f sous la forme de 
mir52 (cf. J. Q. R., VIII, 500 : •^innbi niDîb ^i: bsb bsirj ^'li:?^ 
Dnbin Tn3>b^) . Parmi les auteurs cités, il y a, entre autres, un 
Isaac b. Samuel qui peut-être est identique à celui dont nous 
parlions plus haut; Ibn Ezra y est cité indirectement*. Du pre- 
mier il n'est rapporté que des comparaisons avec l'araméen. De 
ses propres écrits, l'auteur nomme un nn^on hdo. — Un autre 
unicumsQmhXQ être le commentaire de Joseph Ilayioûn sur Jérémie 

* 03Ni\7:bNT p3M:272bi< ^D îlb r\'h^T\ "^D rjnïl"' 'n b^^îp, cf. Revue, 
XXXVI, 298. Sur VI, 13, Isaac mentionne encore un autre écrit perdu d'Iba Bal- 
♦âm N"ip73bi< riDD, en ces termes : p-Nfin ^D n^D ^D T\1Mr^ '"1 bxp ^pT 
"ibN *1D0bN, ce qui se retrouve littéralement dans le commentaire d'Ibn Bal'àm 
ad loc. Peut-être le commentaire sur les Prophètes portait-il encore ce litre spécial 
comme le commentaire sur le Pentateuque s'appelait encore n'^àirit'M SXnD ? 

* tvi"«n^3>3 N^r^ n^n '-«d':? k^tj' p ûna» t3'::?3 ^1^?:^) ^.?2nm 

Le mot -|N3 est au-dessus de la ligne et est corrompu. Il s'agit d'Ibn Ezra sur 
Gen., xr, 3, dans les deux receusians; cf. Bâcher, Abr. ibn JSsra als Grammatiker^ 
p. 166. 



304 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



(ao228). Hayioûn paraît avoir commenté toute la Bible (voir Con- 
forte, éd. Gassel, fol. 27^, et Benjacob, Thésaurus^ p. 324, n° 1106; 
cf. aussi Steinschneider, Cat. JBodl., s.v.); seul le commentaire des 
Psaumes est imprimé. — Rares, et en partie unica, sont un cer- 
tain nombre de commentaires des Tossafistes de la France du nord : 
i° un commentaire sur Raschi (n° MZ] , où est cité un V\DV 'n 
'^^"'b"'D)3. D'après Gross (Gallia Judaica, p. 116), il s'agirait de Joseph 
de Baugency;2° une compilation sur le Pentateuque, intitulée p 
û'^nbN (no 190), dans la manière du nTirr» miz de Judab. Eliézer 
(Neubauer l'a décrite en délai! dans la Mi. Zeitschr., de Geiger, IX, 
230) ; 3^ une autre compilation sur le Pentateuque intitulée : "isO 
b"T U^^MZi-ph nT^uînorT b^ '-"pOD ibiD Nim -no -n^a (n» 243). Ici évi- 
demment mU5 n"i53 est le titre du livre et non pas de l'auteur 
(cf. J. Neumann, Der Pentateuch- Comm. des Joseph Bechor Schor, 
Fr. a. M., 1900, p. vi). L'auteur cite son grand-père et l'appelle 
une fois : ^3&<T^73 irrpT i3-«n-i, et une autre fois n"-irï TpT mt: 
)r:^n^ ; c'est donc Gerson de Joigoy (n'est pas cité par Gross, 
p. 251-253). En outre il cite un b'Ji M2i< ^ni< '^ur^bniN?: dïTinx -i"n 
ûiu:-i:\ n"ri "^ipT "«"nya « Abraham d'Orléans, frère de la mère de mon 
aïeul R. Gerson». S'il était identique à Abraham b. Joseph d'Orléans 
(cf. Gross, p. 37), notre auteur aurait vécu dans la première moitié du 
xiiie siècle. — A la France du nord appartient encore un commen- 
taire anonyme sur Esther (q<>175, 2); cf. Gâtai, des Mss. de Cam- 
bridge de Schiller-Szinessy, p. 240, où il est question encore d'autres 
manuscrits de ce comm. — A la Provence appartient entre autres 
un commentaire sur les premiers Prophètes (n° 249), car l'auteur 
anonyme appelle son père "^"i-S'Urj (cf. Gross, p. 360) ; puis le com- 
mentaire sur Jérémie et Ezéchiei de Menahem b, Simon de Pos- 
quières, élève de Joseph Kimhi (n° 2376)'. De ce commentaire (rédigé 
en 1191), qui, sous beaucoup de rapports, mérite l'attention, il n'existe 
un autre ms. qu'à Paris. 

Pour ce qui est des commentaires déjà imprimés, signalons un 
certain nombre de mss. de Raschi (n°» 168-89), parmi lesquels 
un (n» 168) de l'an 1273 et un autre (n» 179), où les Haftarot 
sont ponctuées par un "'■jnawN r^D^D7D^ inoTom pp3!i "^snnîa 
(Amendant est un nom assez commun chez les Juifs de France). 
Puis les mss. des commentaires d'Iba Ezra (no» 191-194 ; les no* 195- 
200 contiennent des supercommentaires) , David Kimhi ( n°s 202- 
205), Nahmamide (n»^ 208-213; aun" 208, fol. 346-357 : n"isD"inn nbN 
^^y'2 nnrnn îiT Uî-n'^DD V't ann !:]■'o^^\:: , cf. Neubauer, Caé. BodL, 
2253, 12), Gersonide (a» 219-223; cf. aussi Zeitschr. f. hehr. Bi- 
Miogr., IV, 153), etc. — Je citerai encore le n^ 166, qui renferme 
une partie des llagiographes avec traduction el commentaire 
arabes (principalement de Saadia) et dont M. Peritz a récemment 



* En général, ce ms. est intéressant sous bien des rapports. M. Margolioulh n'a 
pas indiqué que les collectanées de a"iST ont été éditées pour la plupart; voir 
Letterbode, IV, 1- 43 ; VU, 32-37, 70-75, 133-161. 



HIHLIOGUAPIIIF': 2(i;\ 

édité le fragment sur Rulh (voir plus haut); !e commentaire de 
Tanhoum Yerouschalmi sur Kohélet (u» 207; cf. /ievue, XL, 129, 
note 5, où il faut corri^^er 5004 en 5063) ; le commentaire sur le Pen- 
tateuque, m:: 1"in::T, de Nalhuu b. Samuel (n^ 215; cf. Schiller-Szi- 
uessy, /. c. p. 185 et suiv.); un autographe du ■•*:: nn::: de Norzi 
(qo 231); des fragments d'un commentaire persan sur la Bible 
(no8 245-246; une page est reproduite en fac-similé sur la pi. IV); 
et, enfin, un commentaire arabe sur les Ilaflarot de l'Exode et 
des Nombres (n^^ 247-248). Ce commentaire vient d'Egypte (i<Zizy 
nst?::!) ; il est peut-être identique à d'autres qui se trouvent à Saint- 
Pétersbourg et à Oxford et qu'on attribue à Tanhoum ; voir liecue, 
XLI, p. 48, note 3. 

Plus importants et plus substantiels sont les commentaires ka- 
raïtes qui, pour la plupart, ont été recueillis par le fameux Scha- 
pira. Presque tous les grands exégètes karaïtes sont représentés; 
je les passerai en revue successivement. De Qirqisâni, contempo- 
rain de Saadia, il y a une partie du commentaire sur la Genèse 
(D°«2o0, 1 et 251 ; cf. Zeitschr. f. hebr.Bibliofjr., Il, 99-100). D'un autre 
contemporain plus jeune de Saadia, Salmon b. Yerouham, il y a le 
commentaire sur Echa (n"" 252-253; des fragments au n^ 328, 18-25) 
et Kohélet (n« 254). C'est, comme Ton sait, Munk qui, le premier, a 
apporté ces commentaires de l'Orient à Paris ; mais il les attribuait 
à tort à Yéfet. Pinsker avait reconnu que Salmon en était l'auteur, 
néanmoins Steinschneider émettait encore à ce sujet quelques doutes 
[Hebr. Bibliogr., XIII, 103). On peut les considérer comme définitive- 
ment écartés, puisque le nom de Salmon est mentionné expressément 
dans les mss. du British Muséum. Nous avons encore ici le fragment 
d'un commentaire sur le Cantique (n« 328, 12), sur lequel j'ai le 
premier appelé l'attention '. 

D'Abou-Saïd(?) David b. Boaz, le prince (0"^"»nbN, Tobia l'appelle 
toujours simplement N'^Uî^ri), il y a un fragment sur l'Exode ^n» 304) *. 
Ce ms., comme beaucoup d'autres, est entièrement écrit en lettres 
arabes. Un T'S^O T^K O'^'^nb^^ apparaît aussi comme auteur d'un com- 
mentaire sur la section de orijD (n° 305, 2); M. Margoliouth penche 
à voir en lui également David b. Boaz, attendu que Lévi b. Yéfet, 
qui porte aussi la kounia Abou-Saïd, est généralement désigné 
comme ûbj'TabiS (le maître, en hébreu ^'nhi2li) ; cette supposition est 
très plausible. Or, ce commentaire est identique à un autre sur 

* Cf. /. Q. -R., VIII, 688, uote 4. M. Margoliouth se demande si le passa^^e 'p 

*TbN NÛûbbN n'est pas simplement une citation de Salmon ; cette question n'a pas 
lieu de se poser, vu que tout le fragment, qui traite du calcul de l'aunée de déli- 
vrance, est presque littéralement identique au commentaire de Salmon sur Ps., en, 
14 (cf. Pinsker, p. 81). J'ai eu l'occasion d'analyser à fond ce passage dans la 
Monatsschrift, XLIV, p. 405 et suiv. 

* Son commentaire sur le Lév. et sur la dernière moitié <lu Deul. se trouve à Saint- 
Pétersbourg ; voir Z. A. T. W.. 1, 157. 

T. XLI, N» 82. 20 



306 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Nombres et Deut. (n" 307, il n'en reste que des fragments), et à ce- 
lui-ci ressemble le fragment d'une traduction sur Deut. (no 333, 2) ; 
en sorte qu'ils pourraient être également de David. M. Margoiiouth 
lui attribuerait encore volontiers des fragments d'un commentaire 
sur le Lévitique (n'^^ 305, 1 , et 306) et sur Echa et Kohélet (n^ 299, 2) ; 
mais ici la démonstration n'est pas convaincante. En tous cas, le 
no 306 (sur Lév., xi, 1-xv, 23) est très ancien et très intéressant, 
surtout à cause de la polémique avec Saadia, par où nous appre- 
nons à connaître indirectement les parties du commentaire de Saadia 
sur le Lévitique. En dehors de ce dernier, ce commentaire ne cite 
qu'Anan et très souvent les talmudistes (';"'Dfi<n-ibî<, 'j-'biî^bN). 

C'est Yéfet qui est représenté par le plus d'exemplaires. De ses com- 
mentaires très détaillés il y a ici des parties sur presque tous les 
livres bibliques (à l'exception de Rois, Echa, Kohélet et Esther) : sur 
la Genèse, Josué, les derniers Prophètes, les Proverbes, Job, le Can- 
tique et Ruth totalement ou presque, sur Exode, Nombres et Deut., 
de très importants fragments, et des morceaux des autres livres. Cer- 
taines parties, comme les n»" 279, 301, 303, datent -du commencement 
du xi« siècle et auraient été dédiés par Lévi, le fils de l'auteur (?), 
à la communauté karaïte (mr bî^ y"3 ^ibrt ns"^ p "^ibn '«"ib r<D^nprr 
Nnp73 ■'Dn). Remarquons, en outre, que d'autres pièces offrent des ana- 
logies avec Yéfet, mais en même temps des divergences. J'y verrais 
une deuxième receosion du commentaire biblique de Yéfet. Celui-ci 
en signale lui-même une pareille sur le Pentateuque, sur Ex., xxxiv, 
18 (cf. J. Q. R., X, 249) ; il y en a quelques passages dans n° 326, 6-16 
(probablement aussi dans le n^ 330, 3) K Mais Yéfet a dû rédiger une 
deuxième version aussi sur d'autres écrits bibliques, par exemple 
sur les Psaumes (voir n^» 290, 4; 327, 12). De la sorte peut-être on 
s'expliquerait pourquoi l'on ne retrouve pas dans Yéfet tant de cita- 
tions qu'Ibn Ezra signale en son nom. — Du fils de Yéfet, Lévi, on ne 
connaissait jusqu'ici qu'une partie d'un commentaire sur la Genèse, 
qui se trouve à Saint-Pétersbourg, et encore doutait-on qu'il en fût 
l'auteur (voir Harkavy, Z. A. T. W., I, 138). Ici nous avons des frag- 
ments sur Josué (no 308, 1 ; 330, 11), sur les Juges (no 330, 12) et peut- 
être aussi sur les Psaumes (n» 336). Du premier ms., qui, à l'origine, 
s'étendait sur tous les premiers Prophètes, nous apprenons que le 
commentaire de Lévi était intitulé nr)3 ; il est probable qu'à ce com- 
mentaire est empruntée une citation dans un commentaire anonyme 
sur l'Exode (n« 332, fol. 28^)*. Peut-être faut-il attribuera notre auteur 



* Peut-être la traduction arabe du Pentateuque au n<> 101, qui, d'après M. Margo- 
iiouth, repose sur Yéfet, n'est-elle simplement qu'une deuxième recension. 

* Ce passage intéressant est ainsi conçu : "^D 'j?3 rDj3 mby733 HDD "IpT 

H'^iryTDbN ÎN n^i:y?33 nnt^bn^j nsNi p-ip 2npn ab -^^y-^ byn b^tin 
*ibN (i. "^-^Diar) "^msT mns' nby^^ 'ips ^bna -«Taon np. Cetie explication, 

comme on sait, vient de Ben Zouta (cf. Monatsschr .^ XLI, 211) ; cependant l'auteur 
anonyme a pu la trouver chez Lévi. Sur le titre ri33 pour un commentaire bi- 
blique, voir plus haut et Fuchs, Studien ûber ibn Barâm, p. xxix-xxx. 



tilBLIOGRAFHlK .'XT? 

les citations au nom de ■^^b 'n dans Ibn Kzr.i sur Gen., i, \\ M. Fried- 
laender, p. 28; et sur Ps., vit, 10 et xxxv, W, et non à Lévi ibn at- 
Tabbûn, comme Tadmet M. Bâcher (Abr. Ibn Esra als (irammatiker, 
p. 187). Nous rencontrons encore le fragment de l'original arabe du 
rnit73ri 'o de Lévi (n^ 309, 2j ; c'est le seul que nous connaissions 
jusqu'ici. De cetle manière est tranchée la question relative a la 
langue originale de cet ouvrage, que Steinschueider a soulevée dans 
Hebr. Uebers.y p. 945. Le n*^ 308, 2, renferme un fragment de cet au- 
teur sur des prières, qui peut-être n'est qu'une parlie du livre pré- 
cédent '. Ce fragment serait copié sur Taulographe de l'auteur. — Nous 
avons encore un fragment du ijj^DbNbx nno d'Aboulfaradj Haroùa 
sur Gen., xlix, 28, jusqu'à Juges, viii, 13 fn» 276, I ; d'après cela, il 
faut corriger mes indications dans Revue, XXXIII, 214) et un lam- 
beau peu important du b?:n;r7ab&< 3NnD (n«303, 5; voir ib., p. 2o-26).— 
Il y a beaucoup d'écrits de Yeschoua b. Juda, appelé Aboulfaradj 
Fourkân ibn Asad ; mais son nom n'est cité qu'en partie. Il y a ici des 
parties de sa traduction du Pentateuque (n» 93, 1), de son commen- 
taire abrégé (n" 310-317; 329,1 et 330, 10; et du long commentaire 
(nos 3^8^ 2). Dans une étude particulière^/. Q. i2., XI, 187-215), 
M. Margoliouth a établi que l'auteur de ces mss. était Yeschoua. 
Cependant pour le n» 31 4, 3, fragment d'un r\riiû 'D en arabe, il ne me 
semble pas prouvé qu'il soit dû à cet auteur — D'Ali b. SouleimOn, 
qui, probablement, est du xii® siècle, nous avons ici des fragments 
sur Nombres et Deut. (n^ 309, 1). D'après une épigraphe conser- 
vée, Ali a compilé son commentaire au moyeu de celui du D"'"'nrN 
'T':^D 13N b^bàbN et du compendiumd'Aboulfaradj Haroùn sur le com- 
mentaire de Joseph b. Noé. Dans le premier il faut sans doute 
voir David b. Boaz (il y aurait dès lors à corriger Revue, XXXIII, 
215, note 2). On pourrait supposer que le commentaire de David 
mentionné plus haut sur la section de on^D provient peut-être de 
notre Ali (b"T n?2buj p "«bj» b-':DU:72n imN D-'ipr;). 

Des commentaires anonymes semblent appartenir à une époque 
plus ancienne, un fragment sur Lév., xviii, 6 [n^ 230, 2), un autre 
sur Lév., i, 1-v, 26 (n^ 318, 1), et un commentaire sur les livres des 
Rois (n'' 335 ; peut-être est-il d'origine rabbinique ; ici l'on cite le 
ïi3?3^l rib"ibr)bN afi<n:D). —Je note deux auteurs du xiv siècle : 1° un 
commentaire anonyme surDeut.de l'an 1352 (u° 334), qui contient 
beaucoup de citations précieuses. Il cite, entre autres, le nn"' ns*J 
d'Isaac b. Eléazar Halévi (la seule citation jusqu'ici connue de ce livre, 
voir Monatsschr., XXXIX, 251 et suiv.) et un commentaire sur le Séfer 
Yeçira d'un 'Dn sqDirT» 1^2 qor 'in p^n mirr» 'n ; 2° des fragments 
du commentaire sur le Pentateuque de Samuel Magrebi et une par- 
tie de la nNtJlpTQ y relative (n^s 321-325 ; peut-être aussi 333, 1). Ce 
commentaire a une forme érotématique pNiàbNi nb^oT^bs* p-^na ''b:?); 

» En fait, le livre des Lois de Lévi traite des prières ; c'est ainsi que le ms. d'Ox- 
ford de la traduction hébraïque (Cat. Neub., n* 857) renferme un passage avec U 
suscription : nbcnrf «"^rj îl» b:^ 'TOriTi (f» 74 a). 



303 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



cf. Steinschneider, Cat. Berlin, II, n» 202. Le fragment .326, 11, appar- 
tient au Mourchid du même auteur, et non à un commentaire sur Lév. 
(cf. Revue^ XXXIII, 216). — Enfin, je signalerai encore du xv siècle 
un commentaire sur Esther de Juda Méir Taurisi (n° 254, 2). A re- 
marquer son attitude aimable envers les rabbanites et son observa- 
lion sur leur mauvaise prononciation de l'hébreu ['{■^^Nnnbî^ N::Niii<.M 
âsb bn73 n:ûDb"> int^iri ^ipn iiobn ri^-ipbis nnwSiSD ib::3N ''■ib» 
"ibi^ TîD'^UNbNi "^nnbNT i;:-i2NbN'- — Des commentaires karaïies en 
langue hébraïque il n'y a que ceux, déjà imprimés, des deux Aron, le 
nnn?2n 'o (n» 319) et le nmn nnD (n^ 320). Du dernier, Kosegarten n'a 
imprimé que l'introduction et quelques parties de la Genèse. Le tout 
a paru à Eupatoria de 1866 à 1867. 

Parmi les ouvrages de contenu non exégétique, qui accidentelle- 
ment sont décrits dans ce volume, il y a, outre ceux qui ont été men- 
tionnés plus haut, la Chronique d'Ibn al-Hiti (n» 292, fol. 188a-190â;), 
que M. Margoliouth a publiée naguère (/. Q. R., IX, 429-443 et sépa- 
rément ; cf. ma recensiondans Zeiischr. f. hebr. BibLiogr., II, 78). A la 
fin du ms. se trouve la copie d'une fetwâ mahométane sur la doctrine 
du fatum, adressée à un Juif (nnwST p mp^bN "^d N^nD mÂT Ni-iNi 
t<5Nm l^îabDwbN t>i73by \')2 NnbwNOT nn^bx iwsbn \iz b"T ■'T,î<"« 
'ibN NîiD2:i<"i)- Puis un fragment du m^Tûn 'o eu arabe de Yéfet b. 
Sagîr (n° 326, 12 ; pour la citation du n''NDDbi< 3NnD d'Abr. Maï- 
moùni, cf. Steinsch7ieiQer-Festschrifty p. 213), etc. 

Gomme on le voit, la collection des mss. karaïtes du British Mu- 
séum est des plus riches ; remarquons, en passant, que les écrits 
exégétiques dont il est ici question ne forment qu'une partie de la 
collection. Assurément il se pourrait que quelque écrit rabbinique 
s'y trouvât mêlé; ainsi, outre le n"* 202 signalé plus haut, le n» 327, 6 
et probablement encore quelques autres. 

Le Catalogue renferme un appendice (p. 273-277), où est décrit et 
publié un fragment du Siracide hébreu (une page en est reproduite en 
fac-similé, planche II. M. Margoliouth avait déjà publié ce fragment 
dans/. Q,. ^., XII, 1 et suiv., avec traduction et commentaire^ voir 
Revue, XXXIX, 177 et suiv. ; il l'a publié aussi séparément). A la 
fin, il y a un registre des numéros décrits dans le volume et neuf 
planches reproduisant des fac-similés de différents mss. 

Nous terminons en remerciant l'auteur ainsi que l'administration 
du British Muséum, qui a pris soin de rendre la forme extérieure 
parfaitement attrayante. Mais nous exprimons le vœu que dans les 
volumes suivants, qui, nous l'espérons, paraîtront bientôt, les mss. 
rares et importants soient décrits plus en détail. 



Samuel Poznanski. 



Varsovie. 



BlIiLIOGHAI'IlIE 309 



Kaufmann (D.). Stiidicn iihor Saloinon ibn (^aliirul, dans Jjhresbericht der 
Landesrabbiuerschule iu Budapest lûr das Sclmljahr 189«-1899. Budapest, 1899, 
iu-8» de 123 p. 

La philosophie d'Iba Gabriol semble de nouveau à l'ordre du jour. 
A la suite de l'édition critique du Fom ritœ publiée par Bœumker, 
plusieurs travaux approfondis sont venus com[)léter les études de 
Munk et de Guttmann sur le philosophe juif de Malaga. Rappelons 
l'article consacré par M. Lœwé dans cette Revue a la ph3'si(^ue d'Ibn 
Gabirol et l'étude de Horowilz sur sa psychologie. Voici un dernier 
travail sur Ibn Gabirol, qui est malheureusement aussi le dernier 
écrit du regretté D. Kaufmann. La mort est venue surprendre l'auteur 
pendant qu'il en corrigeait les dernières épreuves. Il restait à donner 
un titre à ces pages et, comme il s'agissait de dissertations à peu près 
indépendantes, les éditeurs ont donné à l'ouvrage le titre général de: 
Sludien uher Salomon Ibn Gabirol. Ces dissertations ou chapitres sont 
au nombre de cinq : 1^ Pseudo-Empédocle, source de Salomon ibn 
Gabirol; 2» l'exégèse allégorique et philosophique de S. ibn G. ; 3» les 
critiques dirigées par Abraham ibn Daùd contre l'fe Mekor Hayyim ; 4° le 
Mekor dans la littérature juive après Ibn Daûd ; oo une poésie philo- 
sophique de S. ibn G. Le plus important de ces chapitres est le pre- 
mier, dans lequel Kaufmann apporte un document nouveau, à savoir 
des fragments de l'ouvrage du Pseudo-Eoapédocle sur les « cinq 
substances », ouvrage cité par Ibn Falaquera comme la seule source 
utilisée par Ibn Gabirol pour son Mekor. Il était intéressant de con- 
naître cette source; Kaufmann en a retrouvé des fragments d'abord 
dans deux mss. indépendants: le cod. 607 de la bibliothèque du baron 
de Gunzburg à Saint-Pétersbourg (les fragments du Ps.-Erapédocle y 
sont annexés, comme citations, ù un ouvrage Ihéosophique, le Yesod 
Olam d'Elhanan ben Abraham, de la première moitié du xiv» siècle 
environ); le cod. 849 de la Bibl. nationale de Paris, lequel, bien que 
décrit dans le catalogue des mss. hébreux et samaritains de la Bibl. 
impériale, n'a pas été compulsé même par S. Munk. Enfin, il y a encore 
un écho du Pseudo-Empédocle dans les œuvres de Johanan Alemanno, 
maître de Pic de la Mirandole (fin du xv° siècle). K. a publié côte à 
côte les deux fragments et des extraits de Johanan Alemanno renfer- 
mant des citations du Pseudo-Empédocle. Ces trois documents, qui, 
en l'absence de l'original arabe, ne sont que des matériaux pour l'éta- 
blissement de la version exacte, sont intéressants en eux-mêmes ; ils 
témoignent du succès des écrits du Ps.-Empédocleiintroduils chez les 
Arabes par Ibn Masarra depuis le xi° siècle), et, en particulier, de ce 
livre des Cinq subséances qui a joué son rôle dans la constitution de la 
Kabbale; mais, de l'aveu même de Kaufmanr, cette publication ne 
permet guère de contrôler l'assertion d'Ibn i^'alaquera, qui rattache à 
Ben Daklis (déformation populaire du nom d'Empédocle) la doctrine 
fondamentale d'Ibn Gabirol sur la malièrq et la forme. U faut croire, 



310 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



d'après K, que les fragments trouvés ne sont qu'une partie acces- 
soire du livre des Cinq siihstances. Quoi qu'il en soit, K. s'attache à 
montrer les ressemblances de détail qu'on peut trouver entre les frag- 
ments publiés et le Mekor. Il note aussi des ressemblances de forme 
qui l'inclinent à croire que l'auteur de la traduction hébraïque de ces 
extraits du Pseudo-Empédocle n'est autre qu'Ibn Falaquera lui-même. 

Les autres chapitres de l'ouvrage apportent moins de nouveau. 
K. s'est demandé, après Munk et Geiger, si Ibn Gabriol a composé 
un commentaire allégorique sur la Bible? Il se montre sur ce point 
plus affirmatif que ses devanciers, sans alléguer de pièces nouvelles 
pour appuyer son assertion. K. a seulement examiné à nouveau les 
fameuses explications allégoriques du paradis et de l'échelle de Jacob 
attribuées par Abraham ibn Ezra, dans son commentaire sur le Pen- 
tateuque, à Ibn Gabirol, mais sans mention d'aucun titre d'ouvrage, et 
il croit pouvoir affirmer que ce sont bien là, non des souvenirs d'ex- 
plications orales, mais de véritables citations d'un ouvrage perdu : 
dans tous ces passages, la conformité d'idées et d^'expressions avec la 
pensée et le style de l'auteur du Mekor lui paraît très concluante. 
Nous pensons cependant qu'en l'absence de toute mention positive de 
cet ouvrage de Gabirol, l'existence continuera d'en paraître un peu 
problématique. 

Dans le chapitre suivant, K. défend Ibn Gabirol des reproches et 
des critiques que lui a prodigués son adversaire le plus acharné, 
Abraham ibn Daûd. On sait que ce dernier, pour combattre l'influence 
du Mekor, qu'il jugeait pernicieuse, porta la lutte sur le terrain phi- 
losophique et entreprit de démontrer surtout que Ibn Gabirol avait 
été un piètre logicien. Dans une discussion où nous ne le suivrons 
pas, K. essaie de prouver que ces critiques sont sans fondement et 
que la dialectique d'Ibn Gabirol, quoi qu'on pense de la thèse fon- 
damentale, est parfaitement correcte. Après avoir ainsi vengé la répu- 
tation philosophique de l'auteur du Mekor, K. recherche les traces 
de l'influence exercée par ses doctrines ; il estime, contrairement a 
Munk et Guttmann, que les attaques d'Abraham ibn Daûd ne les ont 
pas discréditées. Si l'orthodoxie juive a fait plus de cas du Mibhar 
Pemnim que du Mekor, l'influence du Mekor s'est néanmoins fait sentir 
chez les philosophes, d'une part, et de l'autre, chez les théosophes et 
les cabbalistes depuis la seconde moitié du xiii« siècle (auparavant la 
persécution des Almohades avait entravé ces études) jusque long- 
temps après l'expulsion des Juifs d'Espagne. Le Mekor d'Ibn Gabirol 
est encore nommé en 1630 dans l'essai de lexique bibliographique de 
Jacob Roman (c'est l'exemplaire de ce dernier qui est entré à la Biblio- 
thèque nationale). Le livre de K. se termine par le commentaire et 
la traduction d'un petit poème philosophique d'Ibn Gabirol, — publié 
pour la première fois, il y a vingt-cinq ans, par Senior Sachs, où se 
retrouvent, exprimées sous une forme concrète, les idées du Mekor 
sur les rap[)orts entre le monde créé et le Créateur. 

J. Wkill. 



lilHLIOfiRAl'HIK 311 



WiTTMANN (Michael). Dlo St«lliiii^ tien lit. Tlioman von Aquin ru 
Avciicehrol (Ibii <iiahir<>l . Muuslcr, Aschoudorf, 1900 ; in-8" de "9 p. 

Dans cet ouvrage M. Wittmann s'est proposé d'étudier les rapports 
de saint Thomas d'Aquin avec Ibu Gabirol ; la question parait des 
plus intéressantes si Ton considère, d'une p.'irt, l'importance acquise 
et conservée par le thomisme, et, d'autre part, l'inaueuce que les 
idéesalexandriues ont exercée, par le double intermédiaire des Arabes 
et des Juifs, sur la pensée du moyen ûge. Avant tout, il convenait de 
résumer la philosophie d'Ibn Gabirol, en renvoyant aux ouvrages de 
ce philosophe et à la littérature qui le concerne. Puis, M. Wittmann 
montre très justement que son système est en rapports étroits avec 
ceux de Proclus et de Plotin, tout en conservant une originalité dont 
les titres sont les suivants : nombreux arguments tendant à prouver 
l'universalité de la matière ; — théorie de la « substance des neuf 
catégories » ; — importance donnée à la relation universelle de ma- 
tière à forme; — rigueur et persévérance dans le réalisme intellec- 
tualiste; — théorie qui attribue une matière et une forme même aux 
substances spirituelles; — théorie de !a multiplicité des formes dans 
Tindividu. Toutes ces idées, fait observer M. \yittmann, relèvent de 
ce dogme fondamental qu'on peut considérer comme la clef de voûte 
du système : l'identité des rapports réels avec les rapports intelli- 
gibles. Certes, la conception n'est pas nouvelle, puisque c'est la thèse 
qui constitue le réalisme platonicien ; mais Ibn Gabirol en fait un 
usage parfaitement systématique. De même, M. Wittmann pourrait 
rappeler que la substance des neuf catégories n'est autre chose que 
le monde d'Aristote, que les idées de matière et de forme appar- 
tiennent encore à ce dernier ; mais il faudrait ajouter que les catégo- 
ries sont entendues dans un sens nouveau et conforme au platonisme, 
et que les idées de matière et de forme prennent une signification 
substantielle qu'elles n'avaient pas dans le système d'Aristote. En 
somme, Ibn Gabirol interprète en réaliste platonicien les conceptions 
d'Aristote; en cela il poursuit et achève la synthèse alexandrine. 

C'est précisément la raison qui devait rendre suspecte la philoso- 
phie du Foiis Vitœ aux yeux perspicaces de saint Thomas. Sans doute 
entre les théories alexandriues et les dogmes catholiques les rapports 
sont assez visibles : entre les hypostases de Plotin et la Trinité, entre 
l'extase et la révélation un rapprochement peut légitimement s'opé- 
rer. Mais si le réalisme que la philosophie de Platon avait légué au 
néo-platonisme est propice au développement d'une théologie théiste, 
du moins ne peut-on le pousser à l'extrême sans risquer de tomber 
dans le panthéisme. Or, le réalisme rigoureux d'Ibu Gabirol n'avait 
que trop de tendances à fonder Thérésie si souvent séductrice 
du panthéisme, pour n'attirer point les foudres du grand docteur 
catholique. 



512 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Ce n'est donc pas sans raison théorique que saint Thomas com- 
battit la philosophie d'Ibn Gabirol. Ce n'est pas davantage sans motif 
d'opportunité, car les idées d'Ibn Gabirol s'étaient effectivement répan- 
dues dans le monde chrétien. Dominique Gondisalvi admet que toute 
substance est composée de forme et de matière, d'une unité et d'une 
multiplicité. Guillaume d'Auvergne loue Avicembron, qui seul a 
compris le verbe de Dieu; il le prend, d'ailleurs, pour un chrétien; 
mais il n'admet pas le caractère complexe des esprits. Alexandre 
de Halès et Bonaventure paraissent moins répugner à cette théorie. 
Guillaume de Lamarre l'accepte franchement. Enfin, le grand Fran- 
ciscain, Duns Scot, affirme que l'unité pensée prouve l'unité réelle ; 
qu'il existe une matière première universelle, racine unique qui a 
pour branches le corps et l'esprit : ainsi la substance spirituelle se 
trouve faire partie de la Nature au même titre que la corporelle, et, 
dès lors, le concept d'un monde surnaturel ou transcendant se trouve 
compromis par l'excès même du réalisme. D'une manière générale, 
l'école franciscaine subit l'influence d'Ibn Gabirol, quelquefois accrue 
de l'influence platonicienne de saint Augustin. Mais l'école domini- 
caine n'y fut pas tout entière rebelle, puisque Albert le Grand recon- 
naît que la doctrine de la matière universelle eut des partisans dans 
son Ordre. Lui-même il accepte d'Ibn Gabirol la théorie de la Vo- 
lonté, tout en répugnant à la plupart de ses autres points de vue. 

Il était donné à saint Thomas d'opposer au réalisme intempéré 
d'Ibn Gabirol un réalisme plus modéré, mitigé de péripatétisme. 
Du même coup, il frappe les Franciscains, rapprochés de Platon par 
saint Augustin, et Avicembron, dont les ouvrages ont propagé un 
réalisme dangereux. A chacune des thèses de son adversaire, il oppo- 
sera une antithèse appuyée sur la pensée d'Aristote. Sa vie durant, 
cette lutte se poursuivra sous diverses formes; d'abord il attaquera 
Avicembron lui-même, nommé comme ]'auteur de la théorie qui 
attribue une matière aux substances spirituelles; plus tard, il fera 
remonter la théorie incriminée jusqu'à saint Augustin, jusqu'aux 
philosophes grecs, et la poursuivra dans les écrits de Hugues de 
Saint-Victor et de Pierre Lombard. A toutes les époques de sa vie, sa 
polémique sera dirigée, parfois en des écrits spéciaux, contre l'exa- 
gération du réalisme et les conséquences qui en découlent. 

M. Witlmann signale les points principaux sur lesquels porte la 
lutte. Ils sont importants. Au contraire, c'est sur une question secon- 
daire que se fait, par exception, un accord entre les deux adver- 
saires : un semblant d'accord, faudrait-il dire; si, en effet, saint 
Thomas accepte l'opinion d'Avicembrou relative à la u forme de la 
corporelle », c'est après l'avoir travestie. 

Dans le ti'aité intitulé De suhstaiitiis separatis, saint Thomas s'op- 
pose à la théorie qui institue l'universalité de la matière première. 
C'est parce que l'auteur du Fous Vit(r étend le concept de puissance 
a toutes les classes d'êtres, sans distinction aucune, qu'il arrive à 
poser l'existence d'une matière première universelle. 



niBLIOGHAPHIi: 3n 

Uq autre débat s'engage à propos de la multiplicité des formes 
substantielles dans l'individu. Fidèle à la tradition platonicienne, 
Ibn Gabirol admet que l'individu « participe » de plusieurs Idées ou 
substances supra-sensibles ; ou bien, si l'on traduit cette conception 
académique en langage du Lycée, qu'elle peut élre revêtue simulta- 
nément de diverses formes. Or, rien n'est plus contraire à la pensée 
d'Aristole. Pour Platon, chaque sensible manifeste plusieurs Types 
éternels qu'il copie, aiïaiblit et rassemble en lui, de sorte qu'il y a 
une parenté substantielle entre ce sensible et tout sensible qui imite 
également l'un de ces prototypes, et finalement une parenté univer- 
selle entre tous les êtres parce qu'ils participent tous de l'Idée su- 
prême du Bien ; au contraire, pour Aristote, chaque individu réalise, 
en passant de la puissance à l'acte, une forme unique et qui lui est 
propre : chaque individu est un individu absolu, et ce n'est pas une 
parenté consubstantielle, mais une relation purement logique qui 
unit les êtres aux êtres. L'individu reste soi, sans plus, et ne va pas 
se perdre dans l'essence suprême en qui Platon absorbe toute réalité. 
Autant la doctrine de Platon prêle au panthéisme, autant y répugne 
l'irréductible individualisme de son successeur. On conçoit donc que 
saint Thomas, ici encore, se soit rangé au parti d'Aristole et qu'il ait 
combattu le propagateur de l'opinion platonicienne. Cependant, fait 
observer M. Wittmanu, ce n'est pas Ibn Gabirol qui doit être rendu 
seul responsable de la diffusion de cette doctrine : plus d'un écrivain 
chrétien l'a soutenue, qui ne l'avait pas empruntée au philosophe 
juif. Mais c'est bien à lui que la doit le plus éminent des docteurs 
franciscains, Duns Scot. 

C'est encore dans un écrit polémique. De ente et essentia, que saint 
Thomas attaque une autre théorie d'Avicembron dont la vogue fut 
grande dans les écoles : celle qui attribue une matière même aux 
esprits considérés en soi. Non seulement, selon Ibn Gabirol, un corps 
est composé d'une m.atière et d'une forme, mais une âme même n'est 
pas simple et rassemble en elle ces deux éléments. Certes une pro- 
position peut nous surprendre, qui affirme, en dehors de tout maté- 
rialisme, que l'âme est matière, fût-ce pour une part. Mais justement 
c'est à la victoire de saint Thomas sur ce point que nous sommes 
redevables de cet élonnement, puisqu'elle eut pour effet de donner 
au mot « matière » un sens qu'il n'avait pas pleinement jusqu'alors, 
en le faisant, d'abord presque, puis tout à fait, le synonyme de 
« substance corporelle ». Pour la philosophie antique et pour Ibn 
Gabirol, la matière est l'état d'indétermination par où commence 
d'exister un être quelconque. Il fallut que saint Thomas démontrât 
que tout ce qui est âme, substance spirituelle, est toujours détermi- 
nation parfaite, ou pure forme (Aiistote n'appelail-il pas l'âme « la 
forme du corps»?) pour que s'élablîl une séparation entre l'idée de 
la substance spirituelle ei l'idée de la niulière. Celle-ci, reléguée dans 
les régions corporelles, finira par se confondre avec les corps, et la 
limite de cette confusion, l'identitication des corps et de la matière 



314 REVUE DES ETUDES JUIVES 

sera atteinte le jour où Descartes distinguera deux substances abso- 
lument hétérogènes : l'étendue, substance des corps, — la pensée, 
substance des esprits. Sur ce point encore, c'est le recul des tendances 
panthéistiques qu'il faut signaler : comme l'individualisme d'Aristote 
était propre à sauvegarder la persoiine divine en rendant, si l'on peut 
dire, inabsorbables en Dieu les personnes des créatures, de même 
la séparation définitive des corps, composés d'une matière et d'une 
forme, et des esprits, essentiellement simples, aura pour résultat de 
creuser un abîme entre le monde créé et l'Esprit à jamais transcen- 
dant au monde. 

Reste encore une controverse relative à l'activité de l'essence cor- 
porelle. Saint Thomas accorde aux sensibles une activité propre, ce 
qui est encore conforme au péripatétisme. Avicembron refuse toute 
activité aux sensibles : de même que Dieu est purement actif, ils sont 
purement passifs et reçoivent l'action hiérarchique des diverses 
substances spirituelles sans la transmettre à une substance infé- 
rieure. Faut-il déjà penser à l'occasionalisme'de Malebrauche, qui 
remet toute action à Dieu? Sans doute, l'analogie peut séduire; et 
Malebranche s'aventure précisément dans cette voie du panthéisme 
où saint Thomas répugne tant à s'engager. 

En résumé, la lecture de l'ouvrage précis et consciencieux de 
M. "Wittmann nous laisse ce sentiment : que la lutte de saint Thomas 
contre Ibn Gabirol fut effective, importante; qu'elle fut une phase de 
ses combats contre l'ordre des Franciscains, qui avaient adopté un réa- 
lisme inquiétant par ses conséquences ; que saint Thomas l'emporta 
parce qu'il attaquait des tendances panthéistiques qui ont toujours 

fait horreur au catholicisme. 

Maurice Loewé. 



Galle (A. -F.). Daniel avec Commentaires de R. Sandia, Aben-Ezra, 
Rasclii, etc. et variantes des versious arabe et syriaque. Paris, Ernest Leroux, 

1900 ;in-8° de vu + 160 p. 

M. G. dit, à la fin de son introduction : « Nous terminerons en 
nous excusant d'avoir donné ce premier coup de hache dans la forêt 
des commentaires rabbiniques. Cette lâche doit être départie à la 
jeune pléiade d'hébraïsants qui, nous Tespérons, enrichira un jour 
les bibliothèques françaises de ces traductions indispensables à 
l'étude de la Bible. » C'est avec plaisir que nous enregistrons cette 
bonne promesse ; plus confiants même que l'auteur en la jeunesse 
française, nous espérons qu'il se trouvera plus de sept hébraïsants 
pour donner de ces hardis coups de hache. Le mouvement inauguré 
par M. G., élève de l'École du Louvre, mérite d'être encouragé et 
nous félicitons notre confrère de son entreprise. A mesure qu'il 
avancera dans ses travaux, il ne manquera pas d'acquérir l'érudition 
nécessaire à ces sortef^ de travaux, et cette érudition le mettra en 



BIBLIOGRAPHIE 31 K 

garde contre les juj^ementshalifs et les généralisations trop pressées. 

Nous savons les obstacles (jui obstruent la roule des cbercheurs 
qui n'ont pas, dès leur enfance, été nourris de la liltéralure hé- 
braïque : un des dangers ({ui les guettent, c'est de ne pas savoir 
la valeur relative des écrits qu'ils rencontrent. Ainsi, M. G. nous ap- 
prend qu'aujourd'hui encore « les zélateurs disent, résignés : Nous ne 
savons quand viendra le Messie : n^CT: wSi^-^d izyi^ Nb -.. Il est vrai- 
semblable que M. G. a lu quelque part ces lignes; pour nous, nous 
avouons ignorer quels sont ces zélateurs et qui l'on désigne par ces 
mots ; nous ignorons également lequel de ces zélateurs s'exprime dans 
un hébreu aussi incorrect : k\in"'D est un solécisme dont il n'y a pro- 
bablement pas beaucoup d'exemples dans la littérature tant moderne 
qu'ancienne. — M. G. n'a certainement pas été victime de son ima- 
gination en écrivant les mots qui suivent : a Aujourd'hui encore l'iso- 
lement et l'attitude des Juifs rappellent assez la figure symbolique 
décrite dans leur livre rituel : Il est un ange au firmament, et son nom 
est Israël. Sur ses côtés est écrit, sur le premier : grâce, sur le se- 
cond : fidélité, j) Quel est ce livre rituel V Ce n'est évidemment pas 
le rituel ordinaire des prières. C'est vraisemblablement quelque 
livre d'oraisons, à teinte cabbalistique; en tout cas, peu d'Israélites 
le manient. Mais comment s'aviser qu'un ouvrage écrit en hébreu 
ne soit pas lu par l'universalité des Juis? Un Indien qui aurait ap- 
pris le français et à qui tomberait sous les yeux un numéro de La 
Vérité ou de L'Univers croira volontiers que tous les Français se 
nourrissent quotidiennement de la lecture de ces feuilles. 

Que M. G. croie encore que Raschi a parcouru presque toute l'Eu- 
rope, il est excusable : il n'est pas pas forcé d'avoir lu Zunz ; mais 
qu'il traduise, avec l'intention qu'on devine, b'^n'JD y^,Nrr nî<i3: 
bNiU^"» « La terre fut créée au profit d'Israël », cela nous inquiète 
quelque peu, car il ne faut pas une grande érudition pour savoir 
que b"^2\ï)3 ne veut pas dire « au profit de », mais à cause de. Que les 
Israélites aient cru que la Révélation est le complément de la créa- 
tion et que, seuls ayant accepté cette Révélation, ils aient ainsi 
donné un sens à la création, on peut discuter sur la légitimité de 
cette conception — qui est celle de Bossuet — , mais avant de leur 
attribuer des desseins monstrueux, encore faudrait-il comprendre 
les textes qu'on invoque. C'est une obligation qui s'impose en parti- 
culier à qui, en traduisant des commentaires, affirme par là com- 
prendre au moins les termes de la langue qu'il étudie. 

Faute d'érudition, on s'expose à d'autres déconvenues : M. G. ne 
s'est pas douté que le commentaire de Saadiasur Daniel n'est pas, en 
réalité, de Saadia. C'est ce que Rapoport avait déjà démontré ^Bikkouré 
Haittim, 1829) et, s'il pouvait rester le. moindre doute sur ce poiui, 
noire excellent collaborateur, M. S. Poznanski vient de le lever {Hago- 
ren, 1900, p. 92-103). Non seulement certains auteurs du moyen âge 
citent du commentaire de Saadia sur Daniel des opinions ([ui sont 
contraires à celles du commentaire imprimé sous son nom, mais ce 



316 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

dernier commentaire a sûrement été écrit originairement en hébreu, 
tandis que celui de Saadia est en arabe. Ce texte arabe n'est pas 
perdu, d'ailleurs; il se trouve à Oxford et il en a été publié des 
extraits. En revanche, l'arabe s'accorde avec les explications qui sont 
rapportées au nom de Saadia. 

Mais quel est l'auleiir de ce commentaire attribué faussement au 
Gaon ? Pour M. Pozuanski, c'est vraisemblablement un autre 
Saadia, et c'est l'analogie des noms qui a provoqué la confusion. 
Rapoport croyait que c'était un Français, contemporain de Raschi, 
mais il ne donnait cette hypothèse que sous toutes réserves. 
M. Forgés a montré que cette coojecture est insoutenable. L'au- 
teur élait-il Italien, comme l'établit ingénieusement M. Porgès, ou 
de l'Afrique du Nord, comme l'admet M. Pozaanski, il importe peu, 
puisque nous ignorons même la date de la composition du commen- 
taire. En tout cas, ce qui reste démontré, depuis l'élude de M. Ma- 
thews, c'est que ce Saadia inconnu est également l'auteur des com- 
mentaires sur Ezra et Nehémie dont son homonyme le Gaon a encore 
endossé la paternité. M. G. ignorait probablement ces divers travaux. 

Israël Lévi. 



(( Catalo^çiic des livres parémiologiques composant la Bibliothèque 
de I^naee Bernstcin. Varsovie, de l'imprimerie Drugulia à Leipsick, 
MDCCCG .; 2 vol. gr. in-4« de xx + 560 -f 650 p. (En russe.) 

M. Ignace Bernstein n'est pas seulement un collectionneur, c'est un 
savant distingué qui s'est voué à l'étude des proverbes. Il a déjà pu- 
blié un recueil de proverbes et dictons (en jargon) des Juifs de Russie; 
il possède en manuscrit la matière de quatre volumes sur la même 
question qui, nous l'espérons, verront bientôt le jour. Si nous en ju- 
geons par l'ouvrage que nous avons sous les yeux, ce travail ne man- 
quera pas d'être conçu suivant un plan très méthodique et avec une 
richesse d'information peu commune. Le Catalogue dont nous ren- 
dons compte est tout d'abord un chef-d'œuvre typographique; nous ne 
croyons pas que jamais publication analogue l'ait surpassé en beauté. 
Imprimé sur uu magnifique papier velin, avec des marges faites 
pour plaire aux bibliophiles, des caractères admirables provenant de 
la maison Drugulin de Leipzig, il est, en outre, illustré de nom- 
breuses reproductions des titres, frontispices et autres ornements 
des éditions les plus anciennes; beaucoup de ces illustrations sont 
même tirées en couleurs. Tant de soins montrent l'amour de l'auteur 
pour les livres qu'il possède. Mais ce qui frappera davantage, c'est 
le plan adopté après mûres rétlexions par M. B. « Fallait-il classer 
les proverbes par langues, comme l'a fait Duplessis, ou suivant 
l'ordre chronologique, comme Nopitsch, ou, enfin, suivant l'ordre 
alphabétique, comme Stirljng, Pilré et aulres bibliographes mo- 



HlIiLIO(iHAl'lIIK :î17 

dernes? » A cette question l'auteur a répondu en s'arrètant à l'ordre 
alphabétique. Pour les ouvrages anonymes, il les a classés suivant 
le mot principal du litre. Que si le nom de Fauteur est en deux 
mots, chacun de ces mots se trouve à sa j)lace alphabétique. Mais 
comment ranger les titres rédigés en langues étrangères et surtout 
en langues orientales ? Avec raison, Tauleur les a transcrits en 
lettres latines. Pour concilier tous les systèmes, et c'est ici que 
M. B. a été bien inspiré, il a composé un index par langues : cette 
liste permet d'embrasser immédiatement, pour une littérature don- 
née, toutes les publications renfermées dans sa bibliothèque. C'est 
ainsi que le chercheur qui veut, par exemple, étudier les proverbes 
et sentences hébraïques ou juives trouvera sans peine la statistique 
des ouvrages nécessaires à ses travaux. Il y rencontrera quantité 
d'ouvrages dont il ne soupçonnait pas l'existence, parce que ces 
proverbes et sentences figurent dans des recueils généraux et qui 
ne sont pas uniquement hébreux ou juifs. Nous ne parlons pas, bien 
entendu, des nombreux ouvrages dont l'existence nous est révélée 
et que nous ignorions, entre autres ceux qui sont sortis des presses 
de Russie : la plupart de ceux-ci sont inconnus en Occident. 

Ce qui ajoute au prix de ce Catalogue, c'est que l'auteur ne s'est 
pas borné aux recueils traitant spécialement du sujet qui l'inté- 
resse : il a fait entrer dans sa bibliothèque tous les livres qui, ne 
fût-ce qu'incidemment ou accessoirement, renferment quelques pro- 
verbes, de même que « les collections d'apophtegmes et de sentences 
qui, sans avoir été à l'origine des proverbes, le sont devenus à la 
longue chez beaucoup de peuples ». 

Enfin, car nous ne pouvons tout dire, M. B. a fait suivre chaque 
titre, quand il y avait lieu, de notes intéressantes signalant le nombre 
des proverbes contenus dans l'ouvrage, et indiquant s'ils sont écrits 
dans la langue originale ou traduits. 

Pour ce travail considérable, M. B. a fait appel au concours de 
notre excellent collaborateur M. S. Poznanski : c'est dire que nous 
pouvons accepter de confiance tous les renseignements relatifs aux 
textes hébreux et arabes. 

M. B. s'excuse, dans sa préface, rédigée, comme le titre, en fran- 
çais et en russe, des lacunes qui peuvent déparer sa collection, la- 
quelle lui a coûté trente-cinq années de recherches. C'est de la co- 
quetterie : si nous en jugeons d'après le département hébreu, que 
nous avons pu apprécier en connaissance de cause, la bibliothèque 
parémiologique de M. B. est une des plus riches du monde — elle ne 
renferme pas moins de 4761 numéros. Quant au Catalogue, ce n'est pas 
seulement une merveille artistique, c'est un instrument de travail 
précieux qui vaudra à M. B. la reconnaissance de tous les amateurs 
de proverbes, «ces perles de sagesse et de vérité, desprit et d'humour 
qui représentent par surcroit l'image la plus hdèle de la vie, de la façon 
de penser et du caractère de la nation qui leur a donné naissance ». 

Israël Lkvi. 



ADDITIONS ET RECTIFICATIONS 



Tome XL, p. 171, n« 2, lire mïinri nMTi'D. — P. 172, 24 = 179, 
XXIV semble être CIDS ""pi^cn. — Ibid., 31 =180, XXXI paraît être Cin-'D 
nbn-p. — Ibid., ^2 = 180, XLII, je lis, Perus dauotzara, r;-|T min^'l CT^^D. 
— P. 173, 65 = 181, LXV, je lis, Perus diou, aVN-J ^n^D. — P. 174, 103 
(175,124) = 183, cm (185, CXXIVj est peut-être V^m N"I372, l'ouvrage do 
médecine de Honein. —P. 172, 15 et 18= 179, XV et XVIII, Quitep 
elaym et Quitep elagui semblent être le môme ouvrage, "^nN^N DNDD, un 
écrit sur Dieu. — P. 175, 108, 128, 138, Moresch ou Molesch semble être la 
même chose que Tll^D, comme More, ii°* 9 et 123. — Le n^ 149 que 
M. Steinschneider n'identifie pas = GXLIX Etdusim dauoizara, D'^IUITri 
fyX cf. no XLII. — Poruès. 

Ib., p. 253, dernière ligne. — M. Bâcher a partagé mon opinion 
(p. 17) que ^"'?3n dans l'Eccle'siastique, 37, 10, ne peut pas signifier « ton 
beau- père », car ce mot ne s'emploie que pour le beau-pére de la femme : 
<•< il commence seulement dans la Mischna à de'signer aussi le beau-père 
du mari ». Or, justement dans un texte de Ben Sira qui nous a été con- 
serve' uniquement par le Talmud, le même terme est employé avec le sens 
de beau-père du mari. On lit, en effet, dans Baba Batra, 98 6 : ^l'^nDlD 
V12n n">3n 'T^Ti inn „.N-i'«D p nson. — Israël Lém. 

Ib., 254, sur le verset 17. — M Bâcher dit au sujet de la phrase HpJ' 
n-i-lD"^ Û-^Û^^n-iU: 3>n-iN nnb mbinnn « Le premier hémistiche ne peut 
pas être traduit « le tronc des pensées, c'est le cœur v, mais « le tronc des 
pensées du cœur », mbl^nn est à l'état construit. » A quoi j'ai répondu 
que je ne découvrais pas la raison pour laquelle ce mot est nécessairement 
à l'état construit. Aujourd'hui je puis affirmer que ma traduction est la 
seule bonne, car elle est confirmée par l'auteur lui-même. En efifet, au 
ch. I, 18, on lit un verset presque identique qui ne laisse place à aucune 
équivoque ; '^i^'i ao'ffaç ifoôeîaOai tôv xûpiov, xal oi x^iSoi aJTf,? {xocxpoTniépsuaiç 
« La racine de la sagesse, c'est de craindre le Seigneur, et ses branches 
sont une longue vie. » Le traducteur a lu "Ip^^ en quoi il peut avoir eu 
raison; il avait aussi Q"'a'^3n\D, comme en notre texte du ch. xxxvii (S. a 
également ce mot, d'ailleurs, î<n::nn). — Israël Lévi. 

Ib., p. 263, ligne 20. La forme ^'n^n'\ bip est la bonne, car le pluriel 
est toujours V'^^IHI 1"'^"'P et celle de b'^, au lieu de b'p, ne peut pas être 
primitive. La forme primitive de ce nom était nécessairement bp, comme 
"pri, et c'est peut-être pour éviter une confusion avec bip « voix » qu'on a 
pris la forme de V adjectif. — Porgès. 



Le gérant : 

Israël Lévl 



VERSAILLES, IMPRIMERIES CERF, 59, RUE DUPLESSIS. 



TABLE DES MATIERES 



REVUE. 

ARTICLES DE FOND. 

Adler (Elkaa-N.) et Broydé (J.)- Nouveaux fragments relatifs 

à Beu Méïr 224 

Bâcher (W.). Nouvelles remarques sur les mots nbic et pD, 

■^snnp et '^'ji^y 221 

Danon (Abraham). La Communauté juive de Salonique au 

xvi« siècle (suite et fin) 98 et 250 

Eppenstein (S.). Ishak ibn Baroun et ses comparaisons de l'hé- 
breu avec l'arabe 233 

GiNSBURGER (M.)- Les Mémoriaux alsaciens [fin) H 8 

HiLDENFiNGER (P.). Documents relatifs aux Juifs d'Arles 62 

Jacob (B.). Nouvelles remarques sur les mots nbiD et po, 

^3n-ip et ■«Dn^:^... 215 

Krauss (S.). David Kaufmann. 1 

Lambert (Ma3^er). L'emploi du 7iifal en hébreu 196 

LÉvi (Israël). Nouveaux fragments relatifs à Ben Méïr 229 

LÉvY (Isidore). Notes d'histoire et d'épigraphie 174 

Mendelsohn (S.). Akabia et sa génération 31 

PozNANSKi (S.). Tanhoura Yerouschalmi [fin] 45 

Reinagh (Salomon). De l'origine des prières pour les morts — 161 

NOTES ET MÉLANGES. 

Bâcher (W.) I. Une version arabe du récit de la destruction de 

Jérusalem 1 47 

II. Fragment du lexique de Saadia ibn Danan 268 

LÉvi (Israël). I. Un document bourguignon avec inscription 

hébraïque 272 

n. La Communauté juive de Forcalquier 274 

Reinach (Salomon). Les interdictions alimentaires et la loi mo- 
saïque 14i 



320 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Schwab (Moïse). I. Noies hébraïques de comptabilité au 

xiii^ siècle U9 

"II. Version hébraïque d'un ouvrage médical perdu 153 

III. Quelques notes sur la Meghillat Taauit 266 

Simon (Joseph). Encore l'inscription d'Arles i 54 

BIBLIOGRAPHIE. 

LÉvi (Israël). I. Revue bibliographique, 4« trimestre 1899 et an- 
née 1 900 2?6 

II. Daniel avec commentaires de R. Saadia, Aben Ezra, 
Raschi, etc. par A. -F. Galle 31 5 

III. Catalogue des livres parémiologiques composant la 
bibliothèque de Ignace Bernstein 316 

Lœwé (M.). Die Stellung des hl. Thomas von Aquin zu Arence- 

brol (Ibn Gabirol), par Michael Wittman:^ 311 

PozNANSKi (S.). Gatalog of Hebrew and Samaritan Manus- 

cripts in theBritish Muséum, par G. Marqoliouth 301 

Reinach (Salomon). Das Blut im Giauben u. Aberglauben der 

Menscheit, par H.-L. Strack 156 

Weill (J.). Studien ûber Salomon ibn Gabirol, par D. Kauf- 

MANN 309 

Additions et rectifications 4 60 et 31 8 

Table des matières -, 31 9 



ACTES ET CONFERENCES. 

Statuts de la Société i 

Liste des membres de la Société pendant l'année 1 900 v 

Procès-verbaux des séances du Conseil xv 



VERSAILLES, IMPRIMERIES GBRF, 59, RUE DUPLESSIS. 



SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 

RECONNUE D'UTILITÉ PUBLIQUE PAR DÉCRET EN DATE DU G DÉCEMBRE 1896 



STATUTS 



TITRE PREMIER. — But de la Société. 

Article premier. — La Société des Étvdes juives^ fondée en 1880, 
a pour objet de favoriser le développement des études relatives à 
l'histoire et à la littérature juives, et principalement à l'histoire et 
à la littérature des Juifs en France. 

Elle a son siège à Paris. 

Art. 2. — La Société poursuit son but : !« par la publication 
d'une Revue périodique ; 2® par la publication d'ouvrages relatifs 
aux études juives et par des subventions ou des prix accordés aux 
ouvrages de ce genre; 3'' par des conférences et lectures. 

TITRE IL — Composition de la Société. 

Art. 3. — La Société se compose : 1° de membres actifs qui 
doivent être Français et jouir de leurs droits civils et politiques ; 
2° d'associés étrangers. Les uns et les autres peuvent être : A : 
membres fondateurs ; B : membres perpétuels ; C : membres sous- 
cripteurs. 

Art. 4. — Les membres souscripteurs sont ceux qui payent une 
Cotisation annuelle d'au moins 25 francs. Les membres perpétuels 
sont ceux qui versent en une seule fois la somme de 400 francs au 
moins. Les membres fondateurs sont ceux qui versent en une seule 
fois la somme de 1,000 francs au moins. 

Art. 5. — Les membres nouveaux sont nommés par le Conseil 
sur la présentation de deux membres de la Société. 

Art. 6. — La qualité de membre de la Société se perd : 1^ par 
démission ; 2° par la radiation prononcée par le Conseil pour motifs 
graves, le membre intéressé ayant été préalablement appelé à four- 

ACT. ET GONF. A. 



II STATUTS DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 

nir des explications, sauf recours à l'Assemblée générale ; S^ pour 
les menabres titulaires, par défaut de payement de la cotisation 
annuelle. 

TITRE III. — Administration et fonctionnement. 

Art. 7. — La Société est dirigée par un Conseil composé d'au 
moins vingt et un membres. 

Art. 8. — Les membres du Conseil sont élus pour trois ans par 
l'Assemblée générale parmi les membres actifs. Le Conseil est re- 
nouvelé annuellement par tiers. Les membres sortants sont rééli- 
gibles. 

Le vote par correspondance est admis. 

Art. 9. — Le bureau du Conseil, qui est en même temps lé bu- 
reau de la Société, se compose d'un président, de deux vice-pré- 
sidents, de deux secrétaires et d'un trésorier. 

Abt. 10. — Le président est choisi parmi les membres du Con- 
seil et nommé pour un an par l'Assemblée générale. Le président 
n'est pas rééligible immédiatement. 

Le vote par correspondance est admis. 

Art. 11. — Le Conseil élit dans son sein les autres membres du 
bureau. 

Art. 12. — Le Conseil se réunit au moins six fois par an. 

Art. 13. — Le trésorier représente la Société en justice et dans 
tous les actes civils. 

Art. 14. — Toutes les fonctions de membre du Conseil d'admi- 
nistration sont gratuites. 

Art. 15. — L'Assemblée générale se compose des membres actifs 
de la Société; elle se réunit au moins une fois par an. 

Art. 16. — L'ordre du jour de l'Assemblée générale est réglé par 
le Conseil. Toute proposition signée de vingt-cinq membres de la 
Société est inscrite de droit à cet ordre du jour. Elle devra être 
notifiée au Conseil un mois avant la réunion de l'Assemblée gé- 
nérale. 

Art. 17. — L'Assemblée générale entend, une fois par an, un 
compte rendu de la situation financière et morale de la Société, 
approuve les comptes de l'exercice, pourvoit au renouvellement 



STATUTS IJK LA S(JCIETÉ DKS ÉTUDES JUIVES 111 

des membres du Conseil et à la nomination du président; elle vote 
sur la modification des statuts dont il est question au titre VI, et 
sur la dissolution de la Société dont il est question au titre VII. 

Art. 18. — Le compte rendu annuel de la situation financière et 
morale est publié par le Conseil et adressé à tous les membres et 
aux Ministres de l'Instruction publique et de l'Intérieur. 

Art. 19. — Les délibérations du Conseil d'administration rela- 
tives à l'acceptation de dons et legs, les délibérations de l'Assemblée 
générale relatives aux acquisitions et échanges d'immeubles, alié- 
nations de biens dépendant des fonds de réserve et prêts hypothé- 
caires ne sont valables qu'après l'approbation du Gouvernement. 

TITRE IV. — Ressources de la Société. 

Art. 21. — Les ressources annuelles de la Société se composent : 
1° des cotisations annuelles des membres titulaires; des versements 
des membres perpétuels et fondateurs ; 2° des subventions qui 
peuvent lui être accordées ; 3° du produit de la vente de la Revue 
et autres publications de la Société ; 4*^ du revenu de ses biens et 
valeurs de toute nature. 

Art. 23. — Le fonds de réserve est placé en rentes nominatives 
sur rÉtat ou en obligations nominatives de chemins de fer, dont le 
minimum d'intérêt est garanti par l'Etat. Il peut être également 
employé en acquisition d'immeubles, pourvu que ces immeubles 
soient nécessaires au fonctionnement de la Société, ou en prêts hy- 
pothécaires, pourvu que le montant de ces prêts réuni aux sommes 
garanties par les autres inscriptions ou privilèges qui grèvent l'im- 
meuble ne dépasse pas les 2/3 de sa valeur estimative. 

^ TITRE V. — Modification des Statuts. 

Art. 24. — Les présents statuts ne peuvent être modifiés que 
par l'Assemblée générale, sur la proposition du Conseil ou de vingt- 
cinq membres de la Société. 

Art. 25. — L'Assemblée générale re peut modifier les statuts 
qu'à la majorité des deux tiers des votants. 

Le vote par correspondance est admis. 



STATUTS DE LA SOCIETE DES ETUDES JUIVES 



Art. 26. — Les modifications des statuts votées par l'Assemblée 
générale sont soumises à l'approbation du gouvernement. 

TITRE VI. — Dissolution de la Société. 

Art. 27. — La dissolution de la Société peut être prononcée par 
une Assemblée générale convoquée spécialement à cet effet sur l'ini- 
tiative du Conseil ou sur la demande du quart des membres de la 
Société. 

Art. 28. — La dissolution ne pourra être prononcée que si elle 
est votée par au moins les deux tiers des membres de la Société 
présents à l'assemblée ou votants par correspondance. Le vote par 
correspondance est admis. Ce vote sera soumis à l'approbation du 
gouvernement. 

Art. 29. — En cas de dissolution ou en cas de retrait de la re- 
connaissance de l'association comme établissement d'utilité publique, 
l'Assemblée générale désigne un ou plusieurs commissaires chargés 
de la liquidation des biens de l'association. Elle attribue l'actif net 
à un ou plusieurs établissements analogues publrts ou reconnus 
d'utilité publique. Cette délibération est soumise à l'approbation 
du gouvernement. Dans le cas où l'Assemblée générale n'ayant pas 
pris les mesures indiquées, un décret interviendrait pour y pour- 
voir, les détenteurs des fonds, titres, livres et archives apparte- 
nant à l'Association s'en dessaisiront valablement entre les mains du 
commissaire liquidateur désigné par ledit décret. 



TITRE VII. — Règlement intérieur. 

Art. 30. — Un règlement adopté par l'Assemblée générale et 
approuvé par le Ministre de l'Intérieur, après avis du Ministre de 
l'Instruction publique, arrête les conditions de détail propres à 
assurer l'exécution des présents statuts. Il peut toujours être mo- 
difié dans la même forme. 



LISTE DES MEMBRES 



DE LA 



SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 

PENDANT L'ANNÉE 1900. 



Membres fondateurs '. 

Camondo (feu le comte A. de). 

Camondo (feu le comte N. de). 

GuNZBOURQ (le baron David de), l^li^ne, n«4, Saint-Pétersbourg. 

GuNZBOURG (le baron Horace de), P® ligne, n° 4, Saint-Pétersbourg. 

Lévy-Crémikux (feu). 

PoLiACOFF (feu Samuel do). 

Rothschild (feu la baronne douairière de). 

Rothschild (le baron Henri de), faubourg Saint-Honoré, 33. 

Rothschild (feu le baron James de). 

Membres perpétuels '. 

Albert (feu E.-J.). 

Bardac (Noël), rue de Provence, 43 '. 

Bischoffsheim (Raphaël), député, rue Taitbout, 3. 

Cahbn d'Anvers (feu le comte). 

Camondo (le comte Moïse de), avenue do l'.Vlma, G3. 

Dreyfus (feu Nestor). 

* Les Membres fondateurs ont versé un miuimum de 1,000 francs. 
' Les Membres perpétuels ont versé iOO francs une fois pour toutes. 
' Les Sociétaires dont ie nom n'est pas suivi tic la mention d'une ville de- 
meurent à Paris. 



VI LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 

Friedland (feu). 
GoLDSCHMiDT (feu S. -H.). 

*Habkavy (Albert), bibliothécaire, Gr. Pouchkarskaya, 47, Saint- 
Pétersbourg. 
Hecht (feu Etienne). 
HiRSCH (feu le baron Lucien de). 
Kann (feu Jacques-Edmond). 
KoHN (feu Edouard). 
Lazard (A..), boulevard Poissonnière, 1*7. 
LÉvY (feu Calmann) . 

MoNTEFiORE (Claude), Portman Square, 18, Londres. 
Oppenheim (feu Joseph). 
Penha (Immanuel delà), avenue d^Ejlau, 15. 
Penha (feu M. de la). 
Ratisbonne (Fernand), rue Rabelais, 2. 
Reinach (feu Hermann- Joseph). 
Rothschild (feu le baron Adolphe de). 
Troteux (Léon), rue de Mexico, 1, le Havre. 

Membres souscripteurs *. 

*Adler (Rev. Df" Hermann), Chief Rabbi, 6 Craven Hill, Hyde 

Park, Londres. 
Albert- LÉVY, professeur à l'Ecole municipale de chimie et de 

physique, rue de Vaugirard, 16. 
*Allatini (MM.), Salonique. 
Alliance ISRAÉLITE universelle, 35, rue de Trévise (175 fr.). 

* Allianz (Israelitische), I. Weihburggasse , 10, Vienne, Au- 

triche. 

* Arditi, rabbin des Écoles de l'Alliance israélite, Tunis. 

* Bâcher (Wilhelm), professeur au Séminaire israélite, Erzsebet- 

kornt, 26, Budapest. 

' La cotisation des Membres souscripteurs est de 25 francs par an, sauf pour 
ceux dont le nom est suivi d'une indication spéciale. L'astérisque indique les 
associés étrangers. 



PENDANT L'ANNÉE 1900 VU 

*Balitzer (S. -A.), chef d'institution, buul. l'iainpalaii, 4, Genève. 

Basch, rue Rodier, 6'2. 

Bauer (J.), rabbin, Avi^^non. 

Bechmann (E.-G.), place de l'Aima, 1. 

Becker (Henri), docteur es lettres, rue do la Victoire, 47. 

* Bergmann (J.), rabbin, Friedek, Silésie d'Autriche. 
BiCKART-SÉE, rue de Lisbonne, 30. 

* Bibliothèque bodléienne, Oxford. 

* Bibliothèque Esra, Dietelsgasse, Cracovie. 

* Bibliothèque de la communauté de Breslau. 

* Bibliothèque de la communauté de Kœnigsberq. 
*Blau (Ludwig), professeur au Séminaire rabbinique, Budapest. 
Bloch (Abraham), grand rabbin d'Alger. 

Bloch (Armand), grand rabbin de Belgique, Bruxelles. 
Bloch (Camille), archiviste du département, Orléans. 
Bloch (Emmanuel), rue des Petites-Ecuries, 55. 
Bloch (Isaac), grand rabbin, Nancy. 
Bloch (Maurice), boulevard Bourdon, 13. 
Bloch (Moïse), rabbin, Versailles. 

* Bloch (Philippe), rabbin, Posen. 
Blocq (Mathieu), Toul. 

Blum (Victor), le Havre. 

*Blumenstein, rabbin, Luxembourg, Luxembourg. 

Bruhl (David), rue de Châteaudun, 57. 

Bruhl (Paul), rue de Chîlteaudun, 57. 

Brunschwicg (Léon), avocat, 18, rue Lafayette, Nantes. 

Buchler (Ad.), professeur au Séminaire, Rudolfsplatz, 1, Vienne. 

Cahen (Abraham), grand rabbin, rue Vauquelin, 9. 
Cahbn (Albert), rue Condorcet, 53. 
Cahen (Gustave), avoué, rue des Petits-Champs, 6L 
Cahen d'Anvers (Albert), rue de Grenelle, 118. 
Cahen d'Anvebs (Louis), rue Bassano, 2. 
Cattaui (Elle), rue Lafayette, 14. 

* Cattaui-Bey (Joseph-Aslan), ingénieur, le Caire. 
Cerf (Hippolyte), rue Française, 8. 



VIII LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ DES ETUDES JUIVES 

Cerf (Léopold), éditeur, rue Duplessis, 59, Versailles. 
Cerf (Louis), rue Française, 8. 

* Chajes (H. -P.), Vienne. 

* Club Concordia, Corfou. 

* Chwolson (Daniel), professeur de langues orientales, rueWassil. 

Ostrov, 1, ligne 12, Saint-Pétersbourg. 
Consistoire central des Israélites de France, rue de la 
Victoire, 44. 

* Consistoire Israélite de Belgique, r. du Manège, 12, Bruxelles. 
Consistoire Israélite de Bordeaux, rue Honoré-Tessier, 7, Bor- 
deaux. 

* Consistoire Israélite de Lorraine, Metz. 
Consistoire Israélite de Marseille. 

Consistoire Israélite de Paris, rue Saint-Georges, 17 (200 fr.). 

* Covo (Mercado), Séres, Turquie. 

Dalsace (Gobert), rue Rougemont, 6. 

Daltrof, rue de Cléry, 17. 

*Danon (Abraham), directeur du Séminaire Israélite, Constanti- 
nople. 

Debré (Simon), rabbin, avenue Philippe-le-Boucher, 5 ???5, Neuilly- 
sur-Seine. 

Delvaille (D"^ Camille), Bayonne. 

Derenbourg (Hartwig), membre de l'Institut, avenue Henri- 
Martin, 30. 

Dreyfus (Abraham), à Saint-Nom-la-Bretèche. 

Dreyfus (Anatole), rue Grange-Batelière, 10. 

Dreyfus (L.), avenue des Champs-Elysées, 77. 

Dreyfus (René), rue de Monceau, 81. 

Dreyfus (Tony), rue de Berry, 6. 

Dreyfuss (Jacques-H.), grand-rabbin de Paris, rue Taitbout, 95. 

Duval (Rubens), professeur au collège de France, r. deSonlay,ll. 

EiCHTHAL (Eugène d'), boulevard Malesherbes, 144. 
Engelmann, rue de Châteaudun, 9. 
Ephrussi (Jules), place des États-Unis, 2. 



l'KNDANi L'ANNKK VM) |X 



* Epstein, Grillparzerstr., 11, Vienne. 

* Errera (Léo), professeur à l'Université, rue de la Loi, 38, 

Bruxelles. 
EssLiNG (prince d'), rue Jean-Goujon, 8 (100 ïr.]. 

*Fernandez (Isaac), à la Société générale de l'Empire Ottoman, 

Constantinople. 
*FiTA (Rév. P. Fidel), membre de l'Académie royale d'histoire, 

Calle Isabella la Catholica, Madrid. 
■'■'Franco (M.), directeur de l'Ecole de l'Alliance israélite, Choumla, 

Bulgarie. 

* Friedlaender (M.), Schwarzenbergplatz, 4, Vienne. 

Gaster (Rev. D""), Maida Vale, 39, Londres, W. 

* Gautier (Lucien), route de Chêne, 88, Genève. 
Gerson (feu M.-A.). 

Ginsburger, rabbin, Soultz, Plaute-Alsace. 

* Goeje (J. de), professeur à l'Université, Leyde. 
GoLDSCHMiDT (Edouard de), boulevard Haussmann, 157. 
Gommés (Armand), rue Thiers, 9, Bayonne. 

* Gratz Collège, 336 N, 3d str., Philadelphie. 
*Gross (D'" lleinrich), rabbin, Ausbourg. 
Grunebaum (Paul), avenue Malakoff, 83. 

* Grunbaum (H.), I. Franzensring, 18, Vienne. 
GuBBAY, avenue du Bois de Boulogne, 34. 
GuBBAY (M'"^), boulevard Malosherbes, 165. 

* GudExMANN (D""), grand rabbin, Heinrichstr., 3, Vienne. 
*GuNZB0URG (baron Alfred de), Millionaia, 16, Saint-Pétersbourg. 

Hadamard (David), rue de Chàteaudun, 53. 

Haguenau (David), rabbin, rue d'ilauteville, 23. 

Haguenauer (P.), rabbin, Reniiremont. 

Halévy (Ludovic), membre de l'Académie française, r. de Douai, 22. 

* Hammerschlag, h. Ferdinandstr.,23, Vienne. 
Hayem (Julien), avenue de Villiers, 63 (40 fr.). 
*Heller (Bernard), professeur, H, Ker. realiskola, Budapest. 



X LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 

Herrmann (Joseph), rabbin, Reims. 
*Herzog (D.), rabbin, Smichow-Tempel, Prague. 
Herzog (Henri), ingénieur des ponts et chaussées, Dieppe. 
HiLDENFiNGER (Paul), avonue de Villiers, 34. 
HiRSCH (Joseph), ingénieur en chef des ponts et chaussées, rue de 
Castiglione, 1. 

* IsRAELiTiscH-THEOL. Lehranstalt, Vienne. 

* IsTiTUTO suPERiORE, sezione di filologia e filosofia, Florence. 

JouRDA, directeur de l'Orphelinat de Rothschild, rue Lamblardie, 7. 

Kahn (Salomon), boulevard Raile, 172, Marseille. 

Kahn (Zadoc), grand rabbin du Consistoire central des Israélites 
de France, rue Saint-Georges, 17. 

Kann (M™«), avenue du Bois de Boulogne, 58. 

Kaoua (Jules Aron N'), Alger. 

*Katserling (M.), grand rabbin, Budapest. 

KiNSBOURG (Paul), rue de Cléry, 5. 

Klotz (Victor), rue de Tilsitt, 9. 

KoHN (Georges), rue Ampère, 30. 

*KoMiTET Synagogi Da Tlomackiem, Varsovie. 

*KoKOVTSOFF (Paul de), rota 3 Ismailowsky 11, log. 10, Saint- 
Pétersbourg. 

*Krauss (Samuel), Kiraljutcza, 88, Budapest. 

Lambert (Eliézer), avocat, faubourg Poissonnière, 130. 

Lambert (Mayer), professeur au Séminaire israélite,r. Condorcet,53. 

Lassudrie, rue Laffitte, 21. 

Lazard (Lucien), archiviste-paléographe, rue Rochechouart, 49. 

LebhA-R (Samuel), rue de Chartres, 13, Alger. 

Lehmann (Joseph), grand rabbin, directeur du Séminaire Israélite, 

rue Vauquelin, 9. 
Lehmann (Mathias), rue Taitbout, 29. 
Lehmann (Samuel), rue de Provence, 23. 
LÉON (Xavier), rue des Mathurins, 39. 
Léon d'Isaac Jaïs, rue Henri- Martin, 17, Alger. 



PKNDANT L'ANNÉK 1900 XI 

LéoNiNO (Baron Emmanuel), rue de Presbourg, 8. 

Leven (Emile), rue de la Pépinière, IG. 

Lkven (Léon), rue de Trévise, 37. 

Leven (Louis), rue de Phalsbourg, 18. 

Leven (D»" Manuel), avenue des Cliamps-Klysées, 20. 

Leven (Narcisse), avocat, rue d'Aumale, [K 

Leven (Stanislas), rue Miromesnil, 18. 

LÉvi (Israël), rabbin, professeur au Séminaire Israélite et à l'École 

des Hautes-Etudes, rue Condorcet, GO. 
LÉvi (Sylvain), professeur au Collège de France, rue Guy de la 

Brosse, 9. 
*Levias (G.), professeur au Hebrew Union Collège, Cincinnati. 

Lévy (Alfred), grand rabbin, Lyon. 

Lévy (Charles), Colmar. 

LÉVY (Emile), grand rabbin, Bayonne. 

LÉVY (Aron-Emmanuel), rue Vauquelin, 15. 

Lévy (Jacques), grand rabbin, Constantine. 

LÉVY (Léon), rue Logelbach, 2. 

Lévy (Raphaël), rabbin, rue du Pas de la Mule, 6. 

LÉVY (Ruben), instituteur de l'Alliance Israélite, à Damas. 

Lévy-Bruhl (Lucien), professeur à la Sorbonne, rue Monta- 
livet, 8. 

LÉVYLIER, ancien sous-préfet, rue Vignon, 9. 

Lœwenstein (MM.), rue Lepeletier, 24. 

* Lœvy (A.), Acol road, W. E. Lane, Londres. 

* Lœw (D"" Immanuel), rabbin, Szegedin, 

Lyon-Caen (Charles), membre de l'Institut, professeur à la Faculté 
de droit, rue Soufflet, 13. 

Mannheim (Charles-Léon), rue Saint-Georges, 7. 
*Makcus (Saniel), Smyrne. 
Marmier (général), Bizerte. 

*Mattpiews (H.-J.), Upper Rock Gardons, 45, Brighton. 
*May (M'»° Jules), place de l'Industrie, 22, Bruxelles. 
Mayer (Gaston), avocat à la Cour de Cassation, avenue Mon- 
taigne, 3. 



XII LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 

Mayer (Henri), professeur, faubourg Saint-Honoré, 201 . 

Mayer (Michel), rabbin, place des Vosges, 14. 

Mayrargues (M""^), place Malesherbes, 5. 

Meiss, rabbin, Nice. 

Mendelsohn (S.), Wilmington, N. C, États-Unis. 

Meyer (D"" Edouard), boulevard Haussmann, 73. 

* MocATTA (Frédéric-D.), Connaught Place, 9, Londres (50 fr.). 

* MuNK (Majer), professeur, Kopernika, Lemberg. 

* Navon, directeur de l'Ecole de l'Alliance israélite, Galata, Constan- 

tinople. 
Netter (D"" Arnold), professeur agrégé de médecine, boulevard 

Saint-Germain, 129. 
Neyîiarck (Alfred), rue Vignon, 18. 

OcHS (Alphonse), rue Lafayette, 26. 

OppENHEiMER (Joseph-Maurice), rue Lepeletier, "7. 

Oppert (Jules), membre de l'Institut, professeur au Collège de 

France, rue de Sfax, 2. 
OuvERLEAux (Emile), conservateur honoraire de la Bibliothèque 

royale de Bruxelles, rue Cortambert, 13. 

Péreire (Gabriel), rue Maubec, 38, Bayonne. 
PÉREIRE (Gustave), rue de la Victoire, 69. 

* Perles (Félix), rabbin, Kœnigsberg. 

* Philipson (David), rabbin, Lincoln Avenue, 126, Cincinnati. 

* PoLiAKOFF (Lazare de), boulevard Tver, Moscou (100 fr.). 
PoRGÈs (Charles), rue de Berry, 25 (40 fr.). 

* PozNANSKi (Adolphe), rabbin, Pilsen, Bohème. 

* PozNANSKi (S.), rabbin, Tlomackie, 7, Varsovie. 
Propper (S.), rue Pierre Charron, 04. 

Ragosny, à la Compagnie générale, rue Taitbout, 62. 
Reinach (Joseph), avenue Van Dyck., 6. 

Reinach (Salomon), membre de l'Institut, rue de Lisbonne, 38. 
Reinach (Théodore), docteur en droit et es lettres, rueMurillo, 26. 



PENDANT L'ANNEE \'M) XIII 



*RoSENTHAL (le baron de), Ileerengracht, 500, Amâterdam. 
Rothschild (le baron Alpbonso de), membre de l'Institut, rue 

Saint-Florentin, 2 (400 fr.). 
Rothschild (le baron Arthur de), avenue Montaigne, 57 (400 fr.). 
Rothschild (le baron Edmond de), rue du Faubourg- Saint- 

Ilonoré, 41 (400 fr.). 
Rothschild (le baron Gustave de), avenue Marigny, 23 (400 fr.). 
Rothschild (la baronne James de), avenue Friedland, 38 '50 fr.). 
Rothschild (le baron Edouard de), 2, rue Saint - Florentin 

(150 fr.). 

* RozELAAR (Lévie-Abraharaj, Sarfatistraat, 30, Amsterdam. 
214 RuFF, rabbin, Verdun. 

*Sack (Israël), Kaiserstr., 3, ileidelberg. 

Saint-Paul (Georges), maître des requêtes au Conseil d'État, place 
des États-Unis, 8. 

* ScHREiNER (Martin), rabbin, Lindenstr., 48, Berlin. 
ScHUHL (Moïse), grand rabbin, Vesoul. 

ScHUBL (Moïse), rue Mayran, 8. 

Schwab (Moïse), bibliothécaire de la Bibliothèque nationale, rue 
de Provence, 29. 

* ScHWARTZ (D""), Rector der israel.-theol. Lehranstalt, II, Tem- 

pelgasse, 3, Vienne. 
Sèches, rabbin, Saint-Étienne. 

SÉE (Camille), conseiller d'État, avenue des Champs-Elysées, 65. 
Sée, ancien préfet, boulevard Malesherbes, 101. 
Simon (Joseph), instituteur, conservateur de la bibliothèque, Nimes. 
*SiMONSEN, grand rabbin, Copenhague. 
SoNNENFELD (D""), Fue Pusquier, 2. 
Stern (René), rue Paul Baudry, 12. 

Straus (Emile), avocat à la Cour d'appel, rue Miromesnil, 104. 
*SuLZBERGER, Chestnut Street, Philadelphie. 

TaUB, rue Lafayette, 10. 

Ulmann (Emile), rue de la Trémoillo, 6. 
*Uri, grand rabbin, rue des Juifs, Strasbourg. 



XIV LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIETE DES ÉTUDES JUIVES 

* Verrin fiJr Forderung d. jud. Ge^cliichte u. Literatur, Munich. 
Veb,nes (Maurice), directeur -adjoint à l'École des Hautes-Études 

rue Boissonade, 3. 
Vidal-Naquet, président du Consistoire Israélite, Marseille. 
*VoQELTSEiN (D'"), rabbin, Kœnigsberg. 

Weill (D»" Anselme), rue Saint-Lazare, 101. 
Weill (Emmanuel), rue Taitbout, 8. 
Weill (Emmanuel), rabbin, rue Condorcet, 53. 
Weill (Georges), rue des Francs-Bourgeois, 13. 
Weill (Vite), rue de Lancry, 17. 
Weill-Martignan, avenue Montaigne, 43. 
Weiller (Lazare), rue de la Bienfaisance, 36. ' 
Wertheimer, grand rabbin, Genève. 

* WiLMERSDŒRFER(Max), consul général de Saxe, Munich. 
WiNTER (David), avenue Velasquez, 3. 

WoLF (J.), rabbin, La Chaux-de-Fonds, Suisse. 
*WosKHOD (Le), Theaterplatz, 2, Saint-Pétersbouag. 



MEMBRES DU CONSEIL 

PENDANT l'année 1900. 

Président dlionnmr : M. le baron Alphonse de Rothschild; 

Présidents: M. Maurice Bloch; 

Vice-préside7îts : MM. J.-H. Dreyfuss et Sylvain LÉvi; 

Trésorier : M . Moïse Schwab ; 

Secrétaires : MM. Mayer Lambert et Lucien Lazard; 

MM. Albert- LÉvy, Bickart-Sée, Abraham Cahen, Albert 
Cahen, Léopold Cerf, Ilartwig Derenbourg, Rubens Duval, 
Edouard de Goldschmidt, Zadoc Kahn, Mayer Lambert, Joseph 
Lehmann, Israël Lévi, Michel Mayer, Jules Oppert, Salomon 
Reinach, Théodore Reinach, baron Henri de Rothschild, 
Maurice Vernes. 



PROCÈS-VERBAUX DES SEANCES DU CONSEIL 



SEANCE DU 31 MARS 1900. 

Présidence de M. Maurice' Bloch, président. 

11 est procédé à la nomination du bureau. Sont élus : 

MM. J.-H. Dretfuss et Sylvain LÉvi, vire-présidents ; 
Lucien Lazard et Mayer Lambert, secrétaires ; 
Moïse Schwab, trésorier. 

Le Comité de publication est maintenu en fonctions. 

M.Théodore Reinach donne des renseignements sur la réunion 
des inscriptions juives dont il a été parlé dans une précédente 
séance. Sur sa proposition, le crédit de 300 francs destiné à des 
recherches à faire dans ce but en Italie est porté à 400 francs. 



SEANCE DU 26 AVRIL 1900. 

Présidence de M. Albert Cahen. 

La séance est consacrée à l'examen et à la discussion du projet 
de budget pour l'année 1900. Les propositions du trésorier sont 
adoptées , 



SÉANCE DU 28 JUIN 1900. 
Présidence de M. Maurice Bloch^ président, 
M. Théodore Reinach annonce que M. do Ricci, chargé de 



XVI ACTES ET CONFÉRENCES 

recueillir les inscriptions juives d'Italie, a obtenu de l'exécuteur 
testamentaire de M. de Rossi l'autorisation de copier et d'utiliser 
les fiches du regretté savant italien sur les inscriptions juives. Il a 
également pu prendre copie d'inscriptions disséminées dans les 
musées de Rome et de celles de Porto. A Rome il a appris que 
M. MûUer, de Berlin, était sur le point de publier un Corpus des 
inscriptions juives d'Italie jusqu'au xv^ siècle. Il n'y avait donc 
plus lieu d'aller à Venosa, dont les catacombes ont été explorées 
avec le plus grand soin par M. Millier. 

Le Comité de publication a décidé de ne rien changer au plan du 
Corpus inscriptionum judaicarum qu'il avait adopté, attendu que le 
travail de M. Mùller n'embrasse qu'une région; on pourra se dis- 
penser de reproduire les fac-similés des textes publiés par M. Mùller 
en renvoyant à son ouvrage. M. de Ricci est autorisé à faire pa- 
raître dans la Revue dès à présent quelques pièces inédites et un 
compte rendu des papiers de M. de Rossi. 

Le Conseil ratifie ces décisions du Comité de publication. 
M. Th. Reinach présente un projet de carte géographique à 
dresser pour être jointe au premier volume des Antiquités de 
Josèphe. 

M. Schwab communique le fac-similé d'inscriptions hébraïques 
tirées de manuscrits latins et relatives à des prêts d'argent. 



Le gérant, 

Israël Lévi. 



VERSAILLES, IlfPRIMBRIES CERF, 59, RUE DUPLBS818. 



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