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Full text of "Revue générale des mati`eres colorantes et des industries qui s'y rattachent"

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REVUE GÉiXÉII AEE 

IIKS 

MATIÈRES COLORANTES 

ET DES 

INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 



7" ANNEE 
TOME SEPT 



CoRBEiL. — Imprimerie Éd. Crété 




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Beilaye 1 zu Xo. 1 cler „Textil- und Fârbereizeituiicj". 1903. 



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NCSU Libraries 



http://www.archive.org/details/revuegnrale07pari 



REVUE GÉNÉRAEE 

DES 

MATIÈRES COLORANTES 

ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 

PRODUITS CHIMIQUES MATIERES PREMIÈRES 
BLANCHIMENT TEINTURE, IMPRESSION et APPRÊT DES FIBRES TEXTILES ET DU PAPIER, etc 

FONDKE par: Léon LEKftvUE ET HORACE KŒ Cil LIN 



Directeur: LEON LEFEVRE 



Principaux Collaborateurs : 



FRANCE : Blondel (Eœilel. Chimiste raanufaclurier.Vice-président de la Sociilê industridlc de Rouen. — Haller i A.). Membre de llnslilut. 
professeur 'a la Sorbonnc. — Lauth ICh.), Directeur de XÈcoU de chimie industridU de la ville de Paris. — D^ M. Nicolle, Directeur 

honoraire de Vliistitiit impérial de Bactériologie de Constantinople. — Persoz, Directeur de la Condition des laines et des soies, à Paris. 

Piequet(0.). Chimiste coloriste, Vice-président du coraité de chimie de la Société industrielle de Rouen. — Seyewetz, Sous-directeur 
<\&\ Ecole de chimie industrielle ii Lyon. — Sisley, Chimiste coloriste à Lyon. — Vignon (L.), Professeur à V Université ti Directeur de 
VÉcole de chimie industrielle deLyon. — ALLEMAGNE : Witt (OttO.N.) Professeur à la Konigl. techni^chen Hochschule, à Berlin. 
— ALSACE-LORRAINE : Binder, Chimiste à Mulhouse. — Dosne, Chimiste coloriste à Mulhouse. — G. Forel, Chimiste coloriste à 
Strasbourg. — Noelting, Directeur de \ École de chimie de Mulhouse. — Scheurer (Albert), Secrétaire du comité de chimie de \^ Société 
industrielle de Mulhouse. — Schmid (Henri), Chimiste à -Mulhouse. — Stamm, chimiste de la maison Gros-Roman, à Wesserling. — 
AVehrlin, à Mulhouse. — ANGLETERRE ; Cross et Bevan. Chimistes à Londres. — Green. Professeur au Yorkshire Collège, à 
Leed^. — Knecht, Professeur de chimie à la Technual School. à Manchester. — R.-G. Lèvy, Chimiste à Manchester. — MeldoJa. 
Membre de la Royal Society, Professeur de chimie à Londres. — .AUTRICHE: Brandt (Ch.), Chimiste de la maison Leitenberger 
à Cosroanos-Josefslhal. — Friedlaender (P.), Professeur au Technolcgischcn gciverhc Muséums. Vienne. — BELGIQUE : Gillet, 
Pr. fesseur de chimie à VÉcole supérieure des fibres textiles à Verviers. — ÉTATS-UNIS : Schaeffer, Chimiste des Manchester Mills] 
,'i Manchester N. H. — IT.\LIE : Caberti, Chimiste coloriste, à Messine. — Sansone, Chimiste coloriste .à Turin. — MEXIQUE ' 
Pick, Chimiste à l'Établissement d'impression de Rio Blanco (Orizaba). — RUSSIE : Schaposchnikoff, Professeur à Vlustitut 
polytechnique de l'Empereur Alexandre II, a Kiew. — Triapkine. Chimistecolorisie à Ivanovo Périelasv. — SUISSE : Gnehm, 
Piofesseur de chimie à VÉcole polytechnique de Zurich, — Nietzki, Professeur de chimie ^ VUniversité de Bàle. — Lunge, Professeur 
de chimie à VEcole polytechnique de Zurich. — Reverdin, Chimiste à Genève. 



TOME SEPTIÈME 



L'ANNÉE I 903 




PARIS 

AUX Bureaux de la Revue : 64, Chaussée-d'Antin (ix' ) 



1903 



REVUE GÉNÉRALE 

DES 

MATIÈRES COLORANTES 

ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 



7° Année 



N" 73. — Tome VII 



1" janvier 1903 



MÉTHODE POUR CARACTERISER LES COLORANTS DE LA SERIE DU 
TRIPHÉNYLMÉTHANE. — NATURE DU VERT PHTALIQUE 

Par M. Maurice PRUD'HOMME. 



Le rert p/ila/ique, obtenu par M. 0. Fischer, 
en très petite quantité, en faisant agir du 
dichlorure de phtalyle sur la dimélhylaniline, 
en présence de chlorure de zinc, a été préparé, 
avec de bons rendements, par MM. Haller et 
Guyot, en condensant le tétrachlorure de 
phtalyle non symétrique avec la dimélhylani- 
line, en présence de chlorure d'aluminium (1). 

Ces savants ont établi, que le dichlorure de 
phtalyle, dont s'était servi M. 0. Fischer, devait 
renfermer de petites quantités de tétrachlorure, 
dont le point d'ébullition est voisin de celui du 
dichlorure, et que la formation du colorant était 
due à la présence de ce tétrachlorure. 

Suivant M. 0. Fischer, le vert phtalique 
ne serait autre chose, que le chlorhydrate 
de tétraméthyldiaminophényloxantranol. Mais 
MM. Haller et Guyot ont préparé ce corps, en 
partant de l'anlhranol correspondant, et reconnu 
qu'il ditïère complètement du vert phtalique 
décrit par M. 0. Fischer. 

DifTérentes considérations les amenèrent, 
étant données les analogies évidentes que ce 
colorant présente avec le vert malachite, à 
adopter pour lui une formule, que M. Kosens- 
tiehl leur avait proposée : 



Cl— C=[C8H*.N.(CH3;2j2 

1 

C'iH».CO.C6H*.N(CH3,2 
Vert ijlit;ilif[ue. 



Cl — C = [C6Hi.N(CII3|2 

C«115 

Verl malachile. 



et à. le considérer comme un dérivé du triphé- 
nylméthane. 

Or, nous avons établi, il y a quelques 
années [2], une méthode qui permet de carac- 
tériser les colorants dérivés du triphénylméthane. 

Elle est basée sur l'e.xistence de deux leuco- 
dérivés bien diflerents, dont nous avons décou- 
vertle second : 

(1) R. G. .V. C, 1898, p. I. 

(2) Bull. Soc. ind. Mulhouse, I89T, p. 2Î5, et Bull. Soc. 
Chim., 1897, 17, p. 376. 



1° Le leucodérivé ordinaire, provenant d'une 
réduction profonde, qui ne se recolore pas à 
l'air, mais redonne la matière colorante sous 
l'action de PbO% en présence d'un acide. 

2° Un nouveau leucodérivé, instable, qu'on 
obtient en traitant à froid et très rapidement le 
colorant par la poudre de zinc et l'acide acétique 
étendu et lillrant. La liqueur filtrée se recolore 
lentement à l'air et très rapidement par l'action 
de la chaleur. Ce dernier fait porte à penser, 
que le leucodérivé doit provenir de la fixation 
de H^ sur les groupes animogènes, et doit être 
analogue aux sels acides incolores de .M. Rosens- 
tiehl. 

Au cas de la ^j-fuchsine, le colorant et les 
deux leucodérivés seront ainsi représentés: 



Cl-C=(C«Hi.NH2)3 
p. -fuchsine. 



II-C=tC8H».NH2)3 
LeucodtTÏvc ordinaire. 



CI — C = (C6Ili..Nll2.H2;3 
Leucodérivé instable. 

Il nous a semblé intéressant d'appliquer 
notre méthode à un corps dont la constitution 
prêtait encore à la controverse, et nous avons 
pu le faire grâce à l'obligeance de M. le Profes- 
seur Haller, qui a bien voulu nous remettre un 
superbe échantillon de vert phtalique cristallisé. 

Ce colorant donne très nettement les deux 
leucodérivés. Il peut donc être considéré 
comme un dérivé du triphénylméthane, et la 
formule proposée par .M. Hosenstiehl se trou- 
verait confirmée. 

Tel était l'état de la question, lorsque récem- 
ment M.M. Haller et Guyot observèrent la for- 
mation de vert phtalique (1), avec un rendement 
presque théorique, par condensation de molé- 
cules égales de diméthylaniline et de tétramé- 
thyldiaminophényloxantranol, en présence de 
trichlorure ou d'oxychlorure de phosphore. Ce 

{l) Bull. Soc. ind. Mulhouse, 1902, p. 271, et «. '7..!/. C, 
1003, p. 3. 

1 



2 A. HALLER et A. GUYOT. — CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DU VERT PHTALIQUE. 



mode de formation les amena à abandonner la 
l'ormule proposée parM. Rosensliehl el à considé- 
rer le vert phtalique, soit comme le chlorhydrate 
de l'hexaméthyltriaminodiphénylanlhrone : 

(CHa)-'.\'.C6H' C6H».N(CH3,,2 



C«H' C6I13.N(CH3,2.IIC1 
\/ 
CO 

soit comme un dérivé du dihydrure de diphényl- 
anthracène avec la formule de constitulion 
suivante : 

Cl — C-CeH'.X;CH3)2 

/\ 
\/ 

c 

/\ 

OH C«H'..\\CH')2 

C'est cette dernière qu'ils adoptèrent, comme 
la plus conforme avec les faits observés. 

De plus, comme l'ontfait remarquerMM.Haller 
et Guyot, cette formule correspond aussi à celle 
d'un vert malachite, dont 2 noyaux benzéniques 
seraient reliés en ort/io par le radical bivalent, 
HO-C— C«H'N(CH^)-. 

11 s'agissait donc de savoir, si un colorant 
dérivé du triphénylméthane, de constitution 
bien établie, continue encore, quand deux de 



ses noyaux benzéniques se trouvent unis par 
une liaison en ortho, à présenter les deux 
caractères distinctifs des corps de cette classe. 
Nous avons pu tenter cette vérification sur un 
colorant, préparé par MM. Haller et Guyot (1), 
le bleu Ihtorénique. Il a été obtenu, en partant 
du diazo de la leucobase du violet cristallisé, 
orthoaminé, fait en milieu sulfurique, eta pour 
formule : 

/— ^l'/<CI>-W^ 
^< >-x(cii',-^ 

La liaison eno/'/Ziose fait sans intermédiaire, 
par échange direct d'une valence entre les 
deux carbones en oriho des deux noyaux benzé- 
niques. Le bleu fluorénique, réduit à fond, 
donne un leucodérivé stable, ne se recolorant 
pas à l'air, mais bien sous l'aclion de PbO^ en 
présence d'un acide, et un leucodérivé instable, 
qui se recolore à l'air ou mieux par la chaleur. 
Le vert phtalique et le bleu de fluorène, nette- 
ment rattachés par les recherches de MM. Haller 
et Guyot à des carbures anthracéuique et 
fluorénique, appartiennent donc encore, suivant 
leurs prévisions, à la série du triphénylméthane, 
dont le domaine se trouve ainsi sinfjulièrement 
élargi et enrichi. 

(I) R. G. il. r., 1901, p. lUli, et Bull. Soc. Chim., 1901, 
25, p. liO. 



CONTRIBUTION A L'ETUDE DU VERT PHTALIQUE (i) 

Par MM. Albin HALLER et Alfred GUYOT. 



Sous le nom de « vert phtalique », M. 0. 
Fischer (2) a décrit un colorant dont il avait 
observé la formation avec de très mauvais 
rendements dans l'action du dichlorure de 
phtalyle sur la diméthyl-aniline, le produit 
principal de cette réaction étant la diméthyl- 
anilinephtaléine. 

M. 0. Fischer assigne à la base libre du 
colorant la formule C"H"N^O- et à sa leucobase 
la formule C^'H-'.N-O ; il les considère comme 
élant les phényloxanthranol et oxanthranol 
correspondant à la diméthylanilinephtaléine : 
011 C6H-'-N{CHs^ 

v 

c 

A- 

C«H* C6H3-N(CH3)2 

\/ 
CO 
Base du vert phtalique. 



COH'-.NiCH' - 
/ 
C 

/|\ 
C«1H C6H3— N CH3)2 

COH 

Leucoljase du vert phlalique. 



Cependant, l'interprétation de M. Fischer 
semble, a priori, bien peu vraisemblable; en 
efl'et, la leucobase du vert phtalique est blanche 
alors que tous les phénylanlhranols connus sont 
jaunes ; en outre, les solutions du colorant dans 

(Ij Bull. Soc. iml. Mulhouse, 1902, p. 271. 
(2) Liebig's Aimaten, t. CCVI, 112. 



l'acide sulfurique concentré ne possèdent en rien 
la superbe coloration rouge violacé caractéris- 
tique des phényloxanthranols (1). Et, de fait, 
dans une note publiée aux Comptes rendus (2), 
nous avons décrit la préparation el les propriétés 
du tétraméthyldiamidophénylanlhranol et oxan- 
thranol et reconnu que ces propriétés ne 
concordent en rien avec celles attribuées par 
0. Fischer au vert phtalique et à sa leucobase. 

D'autre part, puisque le vert phtalique ne se 
forme qu'en très petite quantité dans la conden- 
sation du tétrachlorure de phtalyle avec la dimé- 
thylaniline, nous avons pensé que la formation 
de ce colorant devait être imputée à la présence 
d'une petite quantité d'une impureté souillant 
le dichlorure de phtalyle employé danscette con- 
densation. Nous reconnaissions, en effet, bientùt 
après, que, quel que soit le soin apporté à la pré- 
paration du dichlorure de phtalyle, ce composé 

(1) Il est vrai que la céruléine se dissout aussi dans 
l'acide sulfurique concentré avec une coloration brun 
foncé qui ne rappelle en rien celle des o.xauthranols ; 
mais il est très probable que la céruléine n'est pas un 
dérivé oxauthranolique. 

1,2) Coniples rendus de l'Académie des sciences, t. CXXV, 
p. 287. 



A. HALLER et A. GUYOT. 



CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DU VERT PHTALIQUE. 3 



C'Ils ( 


Ml 


CO 
llipliéiijla 


Itll 



renferme toujours une pelile quanlité de tétra- 
chlorure non symétrique : 

C«H'< 

^COCl 

qu'il est facile de mettre en évidence par la 
formation de diphénylantlirone : 



.CCP 
C6H'< 4 3C«ll« 

^C.OUCI 



à côté de diptiénylphlalidp dans la condensation 
du dichlorure de phtalyle avec la benzine. 

De là à conclure que le vert plitalique avait 
une même origine, il n'y avait qu'un pas. Nous 
avons, en effet, obtenu ce colorant avec un 
rendement de GO à 95 "/o du poids de ctilorure 
mis en œuvre par condensation du tétrachlorure 
de phtalyle non symétrique avec la diméthyl- 
aniline en présence de chlorure d'aluminium (l). 

Ce nouveau procédé, qui mettait à notre 
disposition des quantités relativement consi- 
dérables de colorant, nous a permis d'en faire 
une étude approfondie. Nous en avons préparé 
de nombreux sels, et reconnu qu'ils répondent 
tous à la formule brute C^-H^'-N'OR (H étant 
égal à Cl, Br, NO^, etc.) Nous avons également 
préparé la leucobase dont l'analyse répond de 
la façon la plus nette à la formule C^4P-'N'0. 

Par analogie avec la formation de diphényl- 
antlirone dans la condensation du tétrachlorure 
de phtalyle avec la benzine, nous avons envi- 
sagé un instant la possibilité de considérer le 
vert phtalique comme étant le chlorhydrate 
de rhexamélhyltriamidodiphénylanthrone sui- 
vante : 

(CIP)=.\z- CMl' CHl'— .\z;CIP)i 

C IICI 

/\ 

C6H' CHP— Az(Cll;') 

\/ 

Mais cette formule de constitution, qui prévoit 
bien l'existence de sels de la forme C'-IP'N'Olt 
justifiés par les analyses, et d'une leucobase en 
C"1P^\'0, ne rendait pas compte des analogies 
évidentes que ce colorant présente avec le vert 
malachite. 

-M. Rosenstiehl, qui a bien voulu faire des 
essais de teinture avec notre colorant, fut frappé 
de cette analogie et nous a proposé la formule 
de constitution suivante : 

Cl C6H*— N;CH3)2 



C6Hi^ \co|14— N(CH^)2 
CO— C«H»— N(CH3j2 

{l)ltei)ue générale des matières coloraïUes, 1898, p. 1. 



On remarquera que cette formule, qui conduit 
également à des sels en C^-H'-N^OR et à une 
leucobase en C"H'"N-'0, présente, en outre, 
l'avantage d'établir une étroite parenté entre le 
vert phtalique et le vert malachite ; elle se 
justifie si l'on considère que le tétrachlorure 
de phtalyle dissymétrique peut être envisagé 
comme du phénylchloroforme substitué en ortho 
par le radical COCl, et si l'on se rappelle que le 
phénylchloroforme se condense avec la dimé- 
Ihylaniline en donnant du vert malachite. 

Nous nous étions donc entièrement ralliés à 
la formule proposée par M. Rosenstiehl, et 
c'est dans ce sens que nous avions publié nos 
premières recherches en 1898, lorsque, récem- 
ment, nous avons observé, non sans surprise, 
la formation de vert phtalique avec un rende- 
ment presque théorique, par condensation de 
molécules égales de dimélhylaniline et île tétra- 
mélhyldiamidophényloxanthranol en présence 
de trichlorure ou d'oxychlorure de phosphore : 
UO C6H'-N(CIP)2 



C6Hi C«H3-N(CHJ,2-l-C'iH5-N{Cir'')2 + HCl=H20 
\ / Tétraméthyldiamidophénjlosanthranol. 

CO 4- C32H"N^0C1 

Vert pliUlique. 

Ce nouveau mode de formation nous oblige ù, 
abandonner la formule de constitution proposée 
par M. Rosenstiehl ; pour la conserver, il fau- 
draitadmettre qu'il se produise, sous l'influence 
du chlorure de phosphore, une rupture du noyau 
oxanlhranolique dans le sens de l'équation : 
HO C"H'— N(CH3)2 HO C6H'.N(GH^)2 

\/ \/ 

C C 

/\ /\ 

C6HI CMl-l— N\CIP,2-|-HC1 = C6H3 C6H4l\(CH3j2 

\/ \ 

CO COCl 

On conçoit aisément que ce chlorure d'acide, 
réagissant à son tour sur la dimélhylaniline en 
présence, donne naissance au vert phtalique. 

Cette hypothèse de la rupture du noyau 
anthranolique n'a rien d'invraisemblable a 
priori, car M. Ad. Ba-yer a observé des faits 
analogues; mais elle n'est pas conforme à la 
réalité, ainsi que nous nous en sommes assurés 
par quelques essais. 

Si l'on considère que le phényloxanthranol et 
ses homologues se condensent facilement avec 
un certain nombre de carbures et d'aminés 
aromatiques pour donner des diphénylan- 
Ihrones substituées, ainsi que nous l'avons 
montré dans une série de communications anté- 
rieures : 

HO Ci'll' CH3-C6H* Cnis 

\/ \/ 

C C 

/\ /\ 

QOH* C6H* + C«I15— C113=H-'0+C«H* C^H' 

\/ \/ 

CO CO 

PhéoyloianlliraHol. Pli.'-nyUolylanUirone. 



4 A. HALLER et A. GUYOT. — CONTRIBUTION A LÉTUDE DU VERT PHTALIQUE. 



on sera tenté d'allribuer, par analogie, une 
formule de conslilution semblable au vert phta- 
lique et de le considérer comme le chlorhydrale 
■de IhexamélhyUriamidodiphénylanthrone : 
(CH3;2N-C6H' C'-.H'-N,C1I^ 2 

\/ 

C 
/\ 

C6ii* c6!.3-.\\cH^;-'iici 
\/ 
co 

Celle manière de formuler conduit bien, en 
■effet, à attribuer aux sels du vert phtalique la 
composilion C"H"NH)CI el à sa leucobase la 
composition C^'H^hN'O, compositions confir- 
mées par toutes nos analyses; elle fait prévoir 
l'existence de produits de condensation avec 
l'hydroxylamine el la phényihydrazine en C^- 
H^'N'O et C"H'\N% produits de condensation 
que nous avons, en effet, obtenus, el que nous 
décrirons plus loin; enfin, elle élablil un paral- 
lélisme complet entre les modes de formation 
du vert pli Uiliqueel ceux desdiphénylanthrones. 

Cependant, on ne peut connaître les analogies 
évidentes qui existent entre le vert phtalique 
•et le vert malachite, analogies qui n'appa- 
raissent pas avec cette manière de formuler; 
■d'autre part, alors que toutes les amidodiphé- 
nylanthrones connues (on en connaît o, dont 3 
seulement ont été publiées) sont jaunes à l'état 
de bases libres et tonnent des sels incolores, 
la base libre du vert phtalique est blanche et 
forme, avec les acides, des sels verts ou orangés ; 
enfin, celle base que nous sommes parvenus 
récemment à isoler à l'élat cristallisé, répond à 
la formule C'-H"N'0- et non à la formule 
C^-H^'N^O qui correspond à l'héxamélhyllria- 
midodiphénylanlhrone; il nous faut donc encore 
abandonner celle manière de formuler. 

Une seule formule reste possible el nous 
l'adopterons, car elle n'est en contradiction 
avec aucun des faits signalés ; celle formule 
■consiste i'i assigner à notre colorant la consli- 
lution suivante : 

Cl 
/ 
Cl C'H'— NiClH/-; C6a'=N,Cll3',2 

\/ ^ 

c c 

/\ ou bien /\ 

C«a' Ceiia- N CIP,-' C6H1 C6I13-N CH3)^ 
\/ \/ 

C G 

/\ /\ 

110 CHl'— N(CH>,2 HO C6H*-N(CH3;2 

c'est-à-dire à le rattacher au dihydrure de 

diphénylanthracène : 

H C«U5 

\/ 
C 

C«Hi C6H1 

\/ 

C 

/\ 

H C6U5 

décrit par Linebarger (1). 

^1) Linebarger, Americ. cfiemk: Jown., t. 13, p. ô56. 



11 est facile de s'assurer que celle formule 
conduit encore à des sels en C^-H^'N^OR à 
une leucobase en C"H^\N''0 el à une base en 
C^-H'\N^O-, comme l'exigent les analyses effec- 
tuées sur ces différents produits. Celle manière 
de formuler fait ressortir la parenté évidente qui 
existe entre le vert phtalique el le vert mala- 
chite, puisqu'elle présente notre colorant comme 
un vert malachite dont deux noyaux benzé- 
niques sont reliés en orlho par le radical 
bivalent : 

110 

\/' 
C 

/\ 

C6Hi-.\;CH3/i 







Cl C6Hi— N(CH3 






\/ 


Cl cqi» 


-.N(CIP,^ 


C 


\/ 




/\ 


C 




C6Hi L6|l-'-.S\Cll-i; 


/\ 




\/ 


C6I1S cil' 

Vcll m; 


-.N^cn3,2 

ladiile. 


C 

/\ 

110 L«M'-N\C1P 

Vert pLI-.l^qii.:. 



La propriété dont jouit le vert phtalique de 
former des produits de condensaticm avec la 
phényihydrazine el l'hydroxylamine n'est pas 
contraire à celle nouvelle manière de formuler; 
en effet, ces produits de condensation se 
forment, à partir de la base libre, avec départ 
de deux molécules d'eau (et à partir des sels 
avec départ d'une molécule d'eau et d'une mo- 
lécule d'acide) : 

0^21130^302 +C«113— NU- Ml- = -2H^0 4- C-^sH^^NS 
Basedu coloranl. ProJuit de condeusalior 

Ces produits ne possèdent donc pas la cons- 
titution d'une oxime ou d'une hydrazone el par 
conséquent leur existence n'implique pas la 
présence de groupe — CO — dans la molécule 
du colorant. Ces produits de condensation 
pourront être représentés par les formules 
suivantes : 

C6H'— N.CU3)2 

/ 

110-N"C6Ui C61I3— N\CH3;2 

\ 

C«ll»— N(CH3)2 
et 

C6H'— N(CH3j2 
/ 

//\ 
C6H5- NH-NCeUv L6H3-.VlCH3,2 

C 

C6H^ — lN(CH3;2 

Enfin, en adoptant la nouvelle formule de cons- 
titution par laquelle nous proposons de repré- 
senter le vert phtalique, il est facile de se rendre 
compte delaformalion dececoloranlparconden- 



A. HALLER et A. GUYOT. - CONTRIBUTION A L'ËTLDIi: DU VEUT PIITALIQUE. 5 



s.itiondi^ ladimélliykmiline avec lalélramélhyl- 
diaiiiidopliénvliixantliraiiol en présence d'oxy- 
clilorure de pliospliore : 

(III C'iir>-N(Cin)i 
\/ 

c 
/\ 

cm» r.«iri— N(ciii)2+ cmi»— NiCif,- 

\/ 
co 

110 C8|14-N(CH3) 

\/ 

r. 
/\ 

\/ 
C 

/\ 

110 CSll' — N(Cll-ly2 

Celle réaction est comparable en tous points 
à celle qui donne naissance au violet cristallisé 
par condensalion de la dimélliylaniline avec la 
iétraniélhyldiamidobenzopliénonc en présence 
d'oxyclilorure de phosphore. 

QuanI à la formation de noire colorant à 
partirdii tétrachlorure deplitalyle,elles"explique 
encore très facilement ; il siiflit de remarquer 
que, dans les condensations du tétrachlorure de 
]ilitalyle en présence de chlorure d'aluminium, 
il se forme, dans une certaine phase de la réaction, 
le phényloxanthranol correspondant, c'est-à-dire 
dans le cas où l'on opère avec la dimétliyla- 
niline,letétraméthyldiamidophényloxanlhranol; 
nous nous trouvons donc ramenés au cas précé- 
dent. 



Partie expérimentale. 

Prr/inrfilio?} du l'crt p/ita/ique- 

a. Par le tétrachlorure de phtalyle dissymé- 
trique. — Ce mode de préparation a été donné 
dans nos précédentes publications, en particulier 
dans Va Ri'viio f/i'urralo des MatlèresColorantat, 
année 1H:)8, paj^e I . 

h. Par le tétraméthyldiamidophényloxanthra- 
nol. — On dissout àchaud une partie de létramé- 
lliyldiamidnphényloxanthrannldans trois parties 
de diméthylaniline pure, on refroidit en agitant 
vivement, de façon à obtenir une poudre cristal- 
line très divisée d'oxanthranol en suspension 
dans la diméthylaniline, puis on ajoute, en une 
seule loi-, une partie d'oxyclilorurede phosphore 
étendu d'une partie de diméthylaniline. La 
ma<se s'échaufle, devient opaque, et prend un 
rellet bronzé. Après une heure de digestion, 
on reprend le produit de la réaction par 8 à 
10 parties de sulfure de carbone, qui enlève 
les pro luils qui n'ont pas réagi et laisse le 
colorant sous forme d'une masse visqueuse se 
résolvant en petits cristaux au contact de l'eau. 
Le rendement est pr(>sque théorique elle produit 
est très pur du premier jet. 

Ses autres sels, nitrale, sulfate, oxalale, 



iodhydrate, olc, cristallisent aussi 1res facile- 
ment; ils s'obtiennent soit par double décom- 
position du chlorhydi'ate avec le sel d'argent 
correspondant, soit par dissolution de la base- 
libre dans un acide. Ils sont géniTalcnent très 
peu soluhles dans l'eau froide et se dissolvent 
facilement dans l'eau bouillante et dans l'alcool 
froid; ils renferment tous une ou plusieurs- 
molécules d'eau de cristallisation qu'ils perdent 
vers 120" et répondent, à l'étal anhydre, à la 
formule générale (',^'H''''N^OR confirmée par de 
nombreuses analyses. 

lUisr libre, C'-H'''N'0^ — Sa base libre se 
précipite sous forme de flocons blancs, amor- 
phes, lorsqu'on décompose par la carbonate de 
soude une solution aqueuse du chlorhydrate. 
Elle est très soluble dans le chloroforme d'où 
l'alcool bouillant la précipite en fines aiguilles 
blanches fondant à 152° et se colorant rapide- 
ment au contact de l'air. 

Calcul.'^ ponr la foniuile: 

C;iJH33Nao ca-'ll3>.N30i ^ Trouva: 

Il »,u G,!)4 7,10 •,m et 7,S4. 

C — 80,84 7", Si) ■7,02 et 7",fi!> 

N - 8,8 i 8,.V2 8,.S7 et 8.72 

La base du vert phtalique répond donc bien à» 
la formule C^-H'''N'0^ et non à la formule 
C'-H'°N-'0 d'une hexamélhyllriamidodiphény- 
lanthrone. 

Il est important de remarquer que les deux 
hydroxyles carboniques de la base phtaliq.ue ne- 
sont pas équivalents : 




- N|CH:')2 



L'hydroxyle (1) est en para vis-à-vis de deux, 
groupes amidogènes, tandis que l'hydroxyle (2) 
est en para vis-à-vis d'un groupe amidogène et 
en mêla vi.s-à-vis du second groupe amidogène. 
Il n'y a donc pas équivalence entre lesdeux car- 
binols, et c'est en considération de celte dissy- 
métrie que nous attribuons aux sels du vert 
phialique la formule de constitution suivante : 



C 

/\ 



c 



^<^~\- N CH3,2^ 



C.-L. BARILLET. — ÉTUDE SUR LES COLORANTS SULFURÉS. 



// 
c 



(; 



^3 = N 



CH3,2 



I- N(CH3)2 



■ N(CH3)î 



et non la formule isomère : 




^/\<^3-N(CH 



,< >-N(CH^ 



C 



I— N(CH3)2 



C 

Cl 

car on sait que les colorants amidés du triphé- 
nylméthane renferment au moins deux groupes 
amidés en para vis-à-vis de l'atome de carbone 
mélhanique. 

Leucobasc C'^H'^^N'O. — La leucobase du 
vert phtalique s'obtient très facilement en trai- 
tant, jusqu'à décoloration complète, une solu- 
tion aqueuse du chlorhydrate par le zinc et 
l'acide chlorhydi-ique. iille a déjà été obtenue, 
analysée et décrite par M. Fischer, dont nous 
ne pouvons que corroborer les observations et 
les analyses. Ainsi que nous l'avons déjà fait 
observer dans nos précécenlescommunications, 
les chifl'res trouvés par ce savant concordent 
parfaitement avec la formule C^^H'^N'O à la- 
quelle nous sommes amenés par les considéra- 
tions précédentes et par nos propres analyses. 

En vertu de la non équivalence des deux 
hydroxyles de la base du vert phtalique la leu- 



cobase sera représentée par la formule de cons- 
titution suivante : 

H C6H»— N(CH3,2 
■ \/ 
C 



c 

/\ 
HO C«H'-NCII3 

et non par la formule isomère : 
HO C6H'-N(CH3)^ 
\/ 
C 

,^/J-n((;h:.,^ 
c 

/\ 

H C»H'— N(CH3)2 

Produits de condensation avec In phénylhy- 
dnnineet riiijdroxylatnine. — Ces composés se 
forment avec la plus grande facilité lorsqu'on 
chaufl'e au bain-marie, pendant quelques 
minutes, une solution alcoolique du colorant ou 
de sa base libre avec un excès de chlorhydrate 
d'hydroxyl-amine ou de chlorhydrate phénylhy- 
drazine et une quantité équivalente d'acétate de 
soude. Ces produits de condensation se déposent 
de suite en petits cristaux qu'on purifie par de 
nouvelles cristallisations dans l'alcool. 

Le produit de condensation avec l'hydroxyl- 
amine cristallise en aiguilles blanches, fondant 
à 239-240°, très peu solubles dans l'alcool et 
l'éther, très solubles dans le chloroforme et 
répondant à la formule C^-H"N*0 : 

Calcul.'' pour la formule 

C32H3'.N'.0. Trouvé. 

n »/° C,93 6,32 et IM 

C — 78,37 78,, SI et 78, U 

N — 11,4.1 11,31 

Le produit de condensation avec la phényl- 
hydrazine cristallise en prismes d'un jaune pâle, 
fondant à 288", très peu solubles dans tous les 
véhicules organiques, excepté dans le chloro- 
forme, s'altérant peu à peu au contact de l'air 
en se colorant en vert : 

Calcul- pour la l'ormule 

C;iaH3»Ni.. Trouvé. 

Il o/o C,90 7,20 

C — 80,71 80,43 

N — 12,3!) 12,45 



ETUDE SUR LES COLORANTS SULFURES 

Par M. C.-L. BARILLET. 



Les colorants sulfurés forment à l'heure 
actuelle une classe très importante de composés, 
dont les matières premières empruntent la plu- 
part des fonctions de la ciiimie organique. El 
cependant, malgré le nombre toujours croissant 
de ces corps, la. gamme des colorants obtenus 
n est pas très étendue, et l'on ne possède guère 



que des noirs, des bruns, des jaunes, des verts 
et des bleus, à l'exclusion des rouges qui sont 
à peu près inconnus actuellement. 

Quelques brevets signalent cependant des co- 
lorants sulfurés tirant sur le rouge. Nous les 
avons réunis dans le tableau suivant : 



C.-L. BARILLET. — ÉTUDE SUR LES COLORANTS SULFURÉS. 



MATIÈRES PREMIÈRES SERVANT DAN'S LA ClITE. 



a-naphlylamine-azo-x-oxy- 
naphtoïque. 



Oxyazobeiizène. 



OiPi-dijulfonitroso-aia-. 
dioxynaphlalt'ne. 



Tnnitro-/i.-aiiiinodiph';'nyln 
mine. 



Trinitrosulfo-/).-oxydiphé 
nvlaaiine. 



Dinitrocarboxy-/).-oxycré- 
syl;iliéuylaujine. 



Amidooxyphénazin^^ 



Naphtazine. 



OH 
COOH 

(■.'"•II.N — NC«H5 



Il SO^'II 

ffcr 



NH 



NO-'L AN02 k A>H 

>J02 

cil' NH 



N0\ A\02 l, JOH 



/i\ 



Éthosafranol. 



^afraninonl■ 



0=' 



.N 

N 

,/ 

\ 

N 

^\ 

\/ 
N 

odis 

N 



X 



N 



COULEUR OIITE.ME. 



lîrun roux . 



Violet. 



linin rouge. 



Bordeaux violacé. 



Violet rouge. 



Violet rouge. 



DinLiooiiAniiE. 



B. F. 293721, lluch. 

{It. <:. M. C, 4, 142.) 



B. F. 306989, Geigy. 
(fi. G. M. C, 5, 185.) 



II. F. 58768i, liayer. 
(H. (;. M. C, 3, 401.) 



F. 28854.Ï, Ci= Parisienne 
(B. O.M. C, 3, 402.) 



B. F. îg.Sgio, Badische. 
[R. G.M.C., 4, lil.) 



B. F. 2Sfi8i3,KalIe. 
(fi. G. M. C, 3, 340.) 



B. F. 30.3107, Manuf. Lyon. 
[R. G. M. C, 5, 95.) 



F. a9'!757, CM Parisienne, 
(fi. G. M. C. 4, 105.) 



B. F. 3o3io7, Manuf. Lyon, 
(fi. G. M. C, 5, 95.) 



CL. BARILLET. — ÉTUDE SUR LES COLORANTS SULFURÉS. 



Il est difficile d'après l'énuméralion précé- 
dente de voir quelle est la fonction chimique, 
ou la série de fonctions chimiques qui tend à 
donner un colorant rouge. Il n'en est pas de 
même pour les noirs et les bruns; on sait en 
effet que les corps possédant des OH, ou des 
NH^ ou les deux ensemble, en position para, 
sont susceptibles de donner par la fusion avec 
le soufre et le sulfure de sodium des colorants 
noirs, alors que ces mêmes groupes OH et NH^ 
placés en niéta font virer la nuance vers le 
brun. 

On sait également que les dérivés possédant 



des groupes CH', ou des groupes amidés bloqués 
par un acélyle. donnent des bruns. 

Nous reproduisons ci-dessous quelques expé- 
riences que nous avons faites, dans le but de 
tâcher de remonter l'échelle du spectre vers le 
rouge. 

La présence d'un acétyle-COCH' dans la p-- 
nilraniline donnant un jaune, alors que la nilra- 
niline elle-même donne un noir, nous a conduit 
à essayer l'influence des divers groupements 
bloquant l'amido-NH^ dans les nilranilines. 

Nous classons sous forme de tableau les 
résultats auxquels nous sommes arrivé. 



COUnS FONDf AVEC S+ NQï 



p.-nitraniline. 



Formyl-p.-nitranilide. 



Acéto-/>.-nitranilide. 



Benzoy-p.-nitranilide. 



Benzoyldiphénylaïuine 
nitrée.' 



Formvl »! -nitranilide. 



Acétvl »! -nitranilide. 



Benzovl. )n.-nitranilide. 



Acélyl o.-nilranilide. 



'C0C«H5 
K02/\NHC0H 



NHY ^NHCOCHs 



rBEr.\RAT10N. 



Nitraniline -h IICOOH. 
[Beilslein, 3, 359.) 



Action de CHaCOOH sur la 
nitraniline. 



C6H5COC1-I- nitraniline. 
{Beilslein. 2, 1163.) 



C6H5COCI -1- diphénvlamine. 
{Beric/ile, 1882, 835.) 



HCOOH + nitraniline. 
{Beilslein, Z. 359.) 



CIPCOOH + nitraniline. 



C6H5COC1 + nitraniline. 
{Beilslein, 2, 1163.) 



CIPCOOIH- nitraniline. 



TEINTE OBTENCE 

SUR COTON, .\PRÉS FIXAGE 

Al' BICHROMATE. 



Noir. 



Jaune cachou. 



Vert jaune. 



Jaune cachou. 



Faisons remarquerde suite la grande influence 
que possède le groupement -NH CO CH', qui 
donneun brun que la fonction -NO^ soiten orlho, 
en mêla ou en para. 



Nous avons essayé ensuite d'accumuler ces 
groupes NH CO CH» dans le noyau benzène et 
nous avons obtenu les résultats suivants. 



ESSAIS Dli CONSOMMATION Dl- VAPEUR FAITS AVEC LAPPAREH. SYSTÈME RIGAMONTI. 9 



COItt'S FUNIlfS AVEU S + N03i. 


TKINTi; OlirENl'E 

Sun coroN, aciiks fixage 

AU BICHBOMATE. 


NOM. 


FORMII.E. 


l'Ilfl'AnATION. 


1. 4-diiirOtylplit-iiylène- 
diiiuinc. 

1.4-iliactUyl Snitropliény- 
li-nediamine. 

1. 2. 4-tri:icétylphéi)ylène 
triaiuiue. 


/NnHC0CI13 
ClIiCONMll J 

/Nmicocii' 

CIlîCONIll^NO^ 

/Nnik'.ocip 
r.nc^oNiilJNiicociP 


Ac. a(-étif|ue + par niliéiiy- 

lèuc diainine. 

(Deilsleln, 4, 68).) 

{Ih-iln/cin, 4, 5sn.) 

liédiiction, puis ai^rlylalion 
du corps précédent. 


liiun. 
lirim. 
Brun. 



Ainsi donc, rinlroduction de plusieurs grou- 
pemonls -NH CO CH^ ne semble modifier ni la 
nuance, ni linlensilé de la leiiile. 

Nous avons été conduit ensuite à employer 
des noyaux plus complexes. 

C'est ainsi que le safranine nous a donné un 
noir, alors que le safranine acétylée (action d'un 
mélange d'acide et d'anhydride acétique sur la 
safranine) nous a donné un violet. 

La thionine il) nous a donné du noir, alors que 
son dérivé acétylé nous a donné du brun. Enfin 
l'eurhodine et l'eurhodine acétylée nous ont 
donné du brun. 

Il résulte de ces quelques essais que nous 
n'avons pas atteint le but que nous nous pro- 
posions, celui d'obtenir un colorant substantif 
rouge : nous restons toujours dans les teintes 
connues actuellement. 



Cependant la safranine acétylée 



N 



NH = 



nous a fourni du violet, et nous supposons qu'il 
a dû se faire une condensation entre l'acétyle 
et une position voisine libre par l'intermédiaire 
d'un atome de soufre. 

La partie quinone imide de la molécule n'a pu 
intervenir que pour faire tendre la nuance vers 
le noir. 11 serait donc intéressant de voir ce que 
donnerait à la cuite avec le sulfure de sodium 
cl le soufre, une acétyl-amido-diphénylamine. 

Nous poursuivons nos expériences dans ce but. 

(École de Physique et de Chimie industrielle 
de la Ville de Paris.) 



ESSAIS DE CONSOMMATION DE VAPEUR FAITS AVEC LE NOUVEL APPAREIL A BLANCHIR 
AU LARGE ET A LA CONTINUE, SYSTÈME RIGAMONTI ET TAGLIANI 



La description de cet appareil ayant déjà paru 
dans cette Uevue (2), nous croyons inutile d'en 
exposer les détails. Nous nous bornerons donc 
à rappeler que le liquide est inlroduitcontinuel- 
lemeiit dans la caisse de la machine par une 
petite pompe à piston qui l'aspire d'un réser- 
voir (dans lequel l'on prépare la solution de 
soude), et circule au moyen d'une pompe cen- 
trifuge, qui de son côté l'aspire du fond de la 
caisse et l'envoie sur le tissu par des tuyaux 
gicleurs. Pendant le passage à travers la pompe 
centrifuge, le liquide se joint à un jet de vapeur, 
qui le récbaufl'e, et maintient dans la machine la 
pression voulue. Un tuyau de trop-plein sert à 
décharger la lessive qui a été employée et à la 
recueillir dans un réservoir spécial, d'où elle est 
renvoyée dans le réservoir général de la lessive, 

(1) Laulh, Bull. Soc. Clih»., 2'> série, t. XXVI. p. 422. 

(2) \'oy. R. G. M. C, t. 6 (1903), p. 210. 



pour élre en partie régénérée et utilisée à nou- 
veau. Sur le moyen et la convenance de régé- 
nérer la lessive et sur l'économie qui en résulte, 
nous comptons entretenir le lecteur dans une 
occasion prochaine. Aujourd'hui nous nous bor- 
nerons à rendre compte d'une expérience faite 
dans le but de rechercher la consommation de 
la vapeur. 

Pour déterminer directement la consomma- 
lion de la vapeur (ou du charbon' il faudrait 
pouvoir disposer d'une chaudière exclusivement 
destinée au fonctionnement de la machine à 
blanchir, et encore il faudrait que la dilTérence 
entre la consommation de vapeur de la machine 
et la production normale de la chaudière ne fût 
pas trop grande, car le rendement de la chau- 
dière pendant l'expérience ne sérail plus celui 
du fonctionnement normal. Il faut aussi tenir 
compte que la consommation de charbon ià 



10 



A PROPOS IJES INCONVÉNIENTS DE LA TEINTURE AU CHROMATE DE PLOMB. 



égalité de vapeur ulilisée) dépend de plusieurs 
circooslances, qui varient d'un établissement à 
l'autre, et qui n'ont rien à voir avec la machine 
qui utilise la vapeur, comme, par exemple, le 
coefficient de rendement do la chaudière, la 
qualité du charbon, la dispersion de la chaleur, 
le long de la conduite, etc. Pour toutes ces rai- 
sons, et dans l'impossibilité où nous étions d'avoir 
une chaudière spéciale à la disposition de notre 
machine, nous avons cru préférable de déter- 
miner directement la consommation de vapeur 
de la façon suivante : 

Nous avons mesuré la quantité du liquide 
introduit dans le réservoir de la machine avant 
de commencer l'opération, et nous avons tenu 
compte du liquide ajouté pondant l'opération 
même. Ensuite nous avons pesé les pièces (mouil- 
lées) avant et après le passage dans la machine : 
la difl'érence nous a ainsi donné la quantité du 
liquide tiré des pièces. Nous avons enfin mesuré 
le liquide resté dans la machine ou bien passé 
dans le réservoirdu trop-plein, l'opération finie. 
Il est évident que la quantité de ce liquide, 
ajoutée à celle tirée des pièces, doit être égale à 
la quantité d'eau venant de la condensation de 
la vapeur employée pour le chaufïage. Tous les 
éléments étant connus, il nous a été facile, par 
différence, de déterminer celte dernière quan- 
tité. Il est oiseux d'ajouter que la mesure des 
volumes du liquide, avant et après l'opération, 
a été faite à la même température pour empê- 
cher les difTérences venant de la dilatation, et 
que dans le calcul du poids des liquides on a 
tenu compte de leur densité avant et après l'opé- 
ration. Ajoutons aussi que dans le but d'empê- 
cher que l'évaporalion au faite de la colonne 
ouverte puisse causer une erreur, nous avons 
superposé à celte dernière une surface réfrigé- 
rante qui condensait la très petite quantité de 
vapeur d'eau soi tant de la colonne et la recon- 
duisait dans la machine. 

L'essai a été fait avec du tissu domestique 
12/12, 22/18, largeur m. 80, du poids de 
100 gr. environ par mètre. 

La quantité que nous avons employée était 
de '.30 pièces de 120 m. environ, soit 3000 m. 
ajant un poids effectif (à sec) de 333 k. 

Le poids de la lessive de soude 
introduit dans la machine avant de 
commencer l'opération était de. . . 2900 k. 

Celui de la lessive ajoutée pendant 
l'opération, de 123 — 

Total 3023 k. 

L'expérience achevée, l'on trou- 
va que le liquide resté dans la 
machine avait le poids de 3200 k. 

et celui resté dans le réservoir du 
trop-plein, de 100 

Total 3i20 k. 



Enfin, le poids du lissu mouillé 

était, avant la cuisson, de 824 k. 

et après la cuisson, de 869 — 

La quantité du liquide tirée du 

lissu est donc de 43 k. 

Il en résulte une augmentation de liquide, soit 
de vapeur condensée, du commencement de l'o- 
pération à la fin, de: 3420 — 3023 -f 43 ^442 k. 

Et, par conséquence, une consommation de 
100 353/442 = 124 k. de vapeur par 100 k. de 
tissu blanchi. 

Tel est le résultai de notre expérience qui, 
comme on le voit, va au delà de toute attente, 
même des plus optimistes. 

Nous nous demandons à présent : Comment 
explique-l-on une aussi petite consommation de 
vapeur? Et dans quel rapport cette consomma- 
tion se trouve- t-elle avec celle des autres appa- 
reils du même genre et avec celle des autoclaves 
de blanchimenlhabituels? 

La question est assez complexe, mais nous 
pensons pouvoir répondre d'une façon satis- 
faisante à chacune de ces demandes. 
Cnisinallo, 20 novembre 1902. 



A PROPOS DES INCONVENIENTS DE LA 
TEINTURE AU CHROMATE DE PLOMB (i) 

C'est pendant les opérations du dèvidage et 
repassage en écheveaux, que les risques d'intoxi- 
cation par les poussières elle fin duvet, chargés 
de jaune de chrome, sont les plus grands. Toutes 
les dispositions, qui permettront d'éviter ces 
manu tentions, constitueront un véritable progrès, 
puisqu'elles laisseront au fabricant la faculté 
d'employer, sans danger pour l'ouvrier, un genre 
de teinture qu'on n'est pas arrivé à remplacer. 

A ce point de vue, le jaune de chrome sur 
canettes de la maison Clément Marot de Troyes 
est fort intéressant [ëch. n" 7). Il s'obtient dans 
les appareils L'Huillier, où l'on opère pour 
imbiber la fibre soil par le vide, soit par circu- 
lation des liquides. 

Au cas particulier, on emploie le vide pour atti- 
rer le sel de plomb, la circulation pour le fixer, 
le vide pour chromer et la circulation pour laver. 

Nous signalerons aussi le noir d'aniline d'oxy- 
dation {érh. n" 8) obtenu dans les mêmes 
appareils. Il possède des qualités de douceur 
au loucher, de soyeux et de brillant, que le noir 
sur écheveaux ne peut atteindre. Ce noir d'oxy- 
dation repose sur l'emploi des alcools, qui 
assurent l'imbibition des matières à teindre, 
sans mouillage préalable, et jouent aussi un rôle 
chimique dans sa production. 

De l'air chaud el comprimé est insufflé au 
cœur même des bobines, détermine l'oxydation 
el débarrasse la fibre des oxydants en excès. 

Le chromalage el le finissage du noir ne pré- 
sentent pas de parlicularilé spéciale. n. 

(I) R. G. M. C, 190-.!, p. .300. 



REVUE GÉNÉRALE DES MATIÈRES COLORANTES 



N» 73 



ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 

Tome VII. 

CARTE D'ÉCHANTILLONS N> 1. 



l" Janvier J903. 




N" 5. — Eriooarmin R (2 0/0) {Geigy). 



N» U. — Bleu naphtogène 2 R (2,4 0/0) et Bleu pur 

Zambéze 4 B (1,1 0/0) développé au p-naphtol. 

{Ad. <jesel). 




N» 7. — Jaune de chrême, teint sur canettes. N» 8. — Noir d'aniline d'oxydation teint sur canettes. 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLKS. — SÉANGlilS DES COMITÉS DE CHIMIE. 



NOUVELLES COULEURS 



ÉHlOliUBINE G ET 2 It, ÉrIOCABMIN R {Gl'if/!/). 

[lu- h. 71°' 7, .'f, r>.) 

Ces Irois nouveaux rouges égalisent parl'ailc- 
menl bien, etse recommandent tout spécialeme 11 1 
pour la teinture delà laine en pièces. La solidité 
à la lumière, au frottement et à la transpiration 
est bonne, ainsi que la résistance aux alcalis et 
à la boue. 

On teint avec addition de : 

10 "/o sulfate de soude. 
3 a 5 '>!„ acide sulfurique. 

Ces rouges s'emploient avanlageusemenlavec 
d'autres colorants qui égalisent bien, tels que 
l'érioglaucine, l'ériocyanine A, la chrysoline, 
le jaune naphtol, etc. 

Noir au soufre T {Art. rjesel.). 
[Érh. n" -J.) 

Pour 50 k. de fil de coton débouilli on 
emploie : 5 k. de soude calcinée dans 1 000 lit. 
deau bouillante. On dissout 9 k. de Noir au 
soufre T dans 3 lit. de soude caustique à iO" B. 
et 30 lil. d'eau bouillante. On ajoute 20 k. de 
sulfure de sodium cristallisé et fait bouillir 
jusqu'à dissolution complète du colorant. Enfin, 
on ajoute 50 k. de sulfate de soude calciné, 
ou 13 k. de sel marin. 

La teinture se fait dans une cuve en fer ou en 
bois, et dure de 1 heure à 1 h. I/-2, à l'ébuUition 
modérée. En sortant du bain, hi marchandise 
doit être e.\primée aux rouleaux, et rincée 3 ou 
-'< fois. 

Le noir au soufre T n'exige aucun traitement 
subséquent aux sels métalliques. La nuance 
devient au bout d'un certain temps un i)eu plus 
bleuâtre, mais ne varie plus après. 

La solidité au lavage et au savon est excellente. 
La lumière, après une exposition de plusieurs 
mois, modifie à peine la nuance. 

La sijlidité aux acides est très bonne : celle au 
frottement est bonne, si la teinture s'est laite 
normalement. 

Bleu naputogène 2R, diazoté et développé au 
p-.NAPHTOL {Ad. (jeselL). 

(Érh. If -/.) 

Ce colorant s'applique sur coton par teinture 
directe, suivie d'un diazolage et d'un dévelop- 
pement. 

La teinture se fait avec4" „ décolorant et 30",'^ 
de sulfate de soude calcinée et dure 1 h. au 
bouillon. On rince légèrement et porte dans le 



bain froid de diazotage, qui contient pour 10 k. 
de coton : 

300 gr. iiiti'ite de soude. 

7jO — acide sulfurique à GO» B. 

Manipuler 1/4 d'heure, essorer, rincer et porter 
dans le bain froid de développement, renfermant 
pour 10 k. de coton : 

100 gr. p-uaplitol dissous dans 
100 — lessive de soude à 40° B. 

Manipuler 1/4 d'heure à 1/2 heure, rincer, 
savonner chaud, laver et sécher. 

Les enlevages blancs se font avec la couleur 
suivante : 

"50 gr. épai5si>sant auiidoii. 
200 — sel d'étain. 
50 — sulfocyanui'e d'amuioniuin. 
2."i0 — amidon. 
500 — eau. 
500 — acide acétique à lîO»/,,. 

Après impression, sécher, passer 1 ou 2 fois 
par le petit Mathcr et l'Iatl, laver, savonner à 
30° 1/4 à 1/2 heure, laver et sécher. 

Bleu naputogène 2R et bleu pur Za.mbèze 'iB, 

DIAZOTÉS ET DÉVELOPPÉS AU fi-.NAPUT0L(^l '7. f/r.selL). 

(Krii. n" 0.) 

Cet e'chantiUon a élè teint avec 2,4 "/„ bleu 
naphlogène 211 et 1,1 % ^''su pur Zambèze 4B. 
Le Irailement est identique à celui du bleu 
naphtogène 2R employé seul. 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



Séances des Comités de chimie. 
MULHOUSE. - Scawc du 12 novembre 1902. 

M. N'cL'ltiiif,' pro>icle, en l'nliseiice lic M. Albeit 
Scheurer. 

La séance est ouverte à 5 heures '.iji. 

Piésenls: MM. Uosne.dc Niederha-usern, Zubelen, 
(',. Srliœn, Woiss, Kcllcr, N. Schniid. ILvfTely, 
Wehrlin, Thiorry-Mieg, \Yelier,Trautinami, Stricker, 
(11- la Harpe, Vaurher, G. Forci, Wilil, Nielting; 
total : 18 membres. 

Le pn)cès-vcrl)al de la dernière séance est lu et 
adopté. 

UappoH de M. Henri Fichmid sur le pli cacheté 
A'° 663, de M. Eug. Ja<iuet, du 8 aoiU /S9/ (Enle- 
i-agex). — M. Henri Schmid présente son rapport 
sur le pli cacheté déposé par .M. Eugène .laquet 
concernant des procédés pour obtenir sur laine des 
rongeants blancs et colorés sur fond noir, bleu ma- 
rine, bordeaux, etc. 

I,e comité demande l'impression du pli de M. Ja- 
quet ainsi que du rapport île M. Schmid. 



12 



[lEVLE DES JOURNAUX. 



Traité di la teinture {Oissella). — La maison 
L. Cassella el C" a envoyé deux exemplaires de son 
Trait-' de la teinture du coton, l'un en français, l'autre 
en allemand. Le comité lui adresse ses remercie- 
ments. 

Décomposiiion ,<u)- tissu dm Ituiles pnur rouge turr. 
— M. de Niederluvusern lit une note sur la décom- 
position sur tissu d'huiles solubles pour rouge turc 
et sur quelques propriétés du mordant gras qui en 
résulte. 

Dans son remarquable travail sur le mordançage 
pour rouge turc, ancien procédé, M. Driessen 
avait prévu que le mordant gras produit sur laObre 
de colon, par la décomposition des sulfoléates. pos- 
séderait aussi la propriété d'attirer l'alumine d'une 
simple solution d'alun non neutralisée. L'auteur a 
confirmé cette hypothèse et il a précisé les condi- 
tions dans lesquelles se produit cette décomposition. 
Il résulte d'une série d'expériences entreprises dans 
des conditions diverses et avec le sulforicinate d'am- 
moniaque, aussi bien qu'avec celui de soude, que la 



fixation se produit uniquement par suite de 1 1 dessic- 
cation de la solution du mordant sur le tissu. La 
chaleur, le vaporisage, l'oxygène, l'acide carboni- 
que n'ont aucune inOuence : le séchage seul est 
suffisant. On peut, d'après cela, produire un rouge 
turc avec les simples opérations suivantes : 

1" Huilage: 

2° Séchage à la température ordinaire ou à une 
température plus élevée; 

3° l.avage : 

i" Passage dans un simple bain d'alun à la tem- 
pérature ordinaire ; 

5° Lavage ; 

6» Teinture dans un simple bain d'alizarine ; 

~° Lavage. 

La petite quantité de chaux nécessaire est fournie 
par l'eau. 

Le comité demande l'impression de cette intéres- 
sante communication. 

La séance e^t levée à 6 heures 1 2. 



REVUE DES JOURNAUX 



CHIMIE GEN'ER.\LE 

ACTIOX DU BEXZÈXE sur la cellulose, par 
M. A. XASTOIKOFF Zeits. Farben u. Textil-Chemie, 
1902, p. 633). 

Quand on dissout à froid de la cellulose (papier 
à filtre suédois dans de l'acide suifiirique concentré. 
et qu'on ajoute à cette dissolution une certaine 
quantité de benzène, on remarque bientôt qu'en 
agitant le mélange, il se passe comme une réaction 
entre le benzène et la cellulose. La température 
s'élève et la couleur du mélange passe du brun 
jaune au noir, en passant par le vert olive. La 
températui-e baisse peu à peu, et il ne se produit 
plu> de dégagement de chaleur, si l'on continue à 
remuer le mélange. 

On emploiera par exemple : pour 1 gr. de papier, 
10 ce. d'acide sulfurique et 5 ce. de benzène. La 
réaction terminée, on ajoute de la glace à la liqueur 
acide, débarrassée de l'excès de benzène. Au bout de 
vingt-quatre heures, on liltre le précipité formé, 
lave à l'eau froide et sèche à la température ordi- 
naire. 

Le corps préparé de cette manière est bnni foncé, 
non fusible, insoluble dans les dissolvants usuels, 
eau, alcool, éther, acétone, benzène, chloroforme, 
sulfure de carbone, acide acétique glacial, alcalis 
caustiques, etc. Aussi l'auteur a-t-il préparé des 
dérivés nitrés solubles, de la façon suivante : 

La substance est malaxée à froid avec de l'acide 
nitrique de densiié 1,4. On filtre, et précipite par 
l'eau. La partie insoluble dans l'acide nitrique est 
dissoute dans l'alcool et l'acétone. Os dernières 
dissolutions sont précipitées de leur côté par l'a- 
cide chlorhydrique. Tous ces précipités sont amor- 
phes, non fusibles, brun-orange, solubles dans 
l'alcool, l'acétone, l'acide nitrique, l'ammoniaque, 
les alcalis caustiques ou carbonates, mais insolubles 
dans l'eau, l'élher, le benzène, le toluène, le chlo- 
roforme, le sulfure de carbone, etc. 

L'analyse des produits provenant des dissolutions 
dans l'alcool et l'acétone montre que l'on a affaire 
a des dérivés sulfoniirés d'une tetraphènyhellulose. 



Celle delà substance primitive, non nitrée, donne des 
chiffres correspondants à la formule C.'H'O' C'H* ,' 
d'une tétraphénylcellulose, renfermant 2 groupes 
SO- pour 6 molécules, et perdant 9 ou 12 H-0, sui- 
vant le mode de dessiccation du produit. D'où les 
formules C'»''H'»'0- S-, el C""H'^»O^S'. 

Si l'on représente la cellulose par 

"/\ ^ \ 

( — C _C r. C C .0^ \ 

V i" /\ A /^ /^ 1 / 

^ H HOH HOH HOH UOH H / 
la tétraphénylcellulose aura pour formule : 

\ Il X\ 

u u H ' 

Les radicaux phényliques sjnt liés directement 
aux atomes de carbone de la cellulose, el non par 
l'intermédiaire de l'oxygène. Ce qui milite en faveur 
de cette hypothèse, c'est que la distillation sèche de 
la tétraphénylcellulose donne du toluène, comme 
produit principal, et son oxydation de l'acide ben- 
zoïque. tous les deux corps à "; atomes de carbone. 
La distillation sèche donne un résidu charbon- 
neux, une huile, de l'eau, des gaz combustibles 
et un peu de soufre libre. Les gaz renferment 
S0-,O l-.H-S el des carbures d'hydrogène. Un a re- 
tiré de l'eau distillée une petite quantité de ben- 
zaldéhyde. Le rendement en huile était de 13 àâ3 ";,, 
en charbon de 40 à 60 * „. 

L'huile traitée par la soude caustique, laTée à 
l'eau el desséchée sur le chlorui-e de calcium, fut 
soumise à la distillation fractionnée. On obtint : 

1° — Jusqu'à 100», 4 gr. Cette fraction distille pour 
la plus grande partie de Sd^^O" el .«e compose de 
benzène, caractérisé par sa transformation en ani- 
line. 

20 — De 100° à 120», 20 gr. Après purificatinn 
à la soude et à l'acide sulfurique, le prodjit dis- 
tillé passe presque entièrement entre 103° et 113°. 



REVUK DES JOURNAUX. 



13 



(rc>t (lu toluène caraclérifé par sa Iranslorii^liou 
eu diiiilroli)luène, fondant à O'J". 

3" — De 120'' à 2U(W, 4- gr. Non rludio. 

40 _ De 200° à 2 10", 4 gr. Non i-lu<lir. 

0° — Au delàde300°, ") gr. — Huile jaune, douuiiul 
par le repos des cristaux vert-jaune (jui, ciislallist'-s 
dans l'alcool bouillant, fondent à 200". Avec l'acide 
picriquo, combinaison rouge. Les cristaux doivent 
èlre de lantbracène. 

L'oxydation de la tétrapliénylcellulose a été faite 
à froid, en quebiues jours, en traitant CO gr. de 
matière par 210 gr. de permanganate de potasse, en 
solution neutre à G "'i,, et a donné 15 gr. d'aciile 
benzoïiiue, ou un rendement de 2:; " „. 

L'acide, ciislallisé dans l'eau bouillante, fondait 
à 121". Il l'ut de plus caractérisi' [)ar l'analyse du sel 
de cui\re. 



XOTES pour l'Iiisloii't- de l'emploi de l'huile 
pour rout;c Cure, par M. ilEARt SCII.^III) 

{Pùiicf Zcitumj, iy02, p. 302). 

Nous signalons au lecteur ce très intéressant ar- 
ticle, où l'auteur, après un histori(iue fort complet 
des travaux et des essais qui ])récédèrcnl la décou- 
verte d Horace Kiecblin. expose en détails les diverses 
phases par les(]uelles passa le nou\eau procédé et 
rend un hommage ému à la mémoire de notre 
regretté collaborateur. 



M.^TIÈRES COLORANTES 

FORM.\TI0i\ DE DIPHÉXYLA.MI.VES (Sur 
un procédé de}, par M. RAY.MOXO VIDAL 

[Mvnit. icicntifi'iue, 1902, p. 8 70). 

La formation de diphénylamine simple par chauf- 
fage de l'aniline avec son chlorhydrate en vase clos 
s'ell'ectueà une température relativementélevéeavec 
des rendements limités. 

Il n'en est pas de même dans la formation des 
diphénylamines plus complexes, c'est-à-dire de celles 
qui comportent diverses fonctions. Il est en elfet très 
aisé de réaliser, soit la formation de la dioxydiphé- 
nylamine en chaulfant le chlorhydrate de jj.-amido- 
phénul avec le /(.-amidophénol, soit celle de l'amido- 
xydiphéuylamine en chaulTanl le chlorhydrate de p.- 
amidophénol avec la /).-phénylènediamine, soit en- 
core celle de la diamidodiphénylamine en chaulfant 
le chlorhydrate de p.-[)hénylènediamine avec cette 
base. 

Dans ledeuxième cas le chlorhydrate de p.-amido- 
phénul peut être remplacé par le chlorhydrate de /).- 
phénylènediamine et la p.-phénylènediamine par le 
p.-amidophénol. 

Il est bon d'elTecluer ces réactions en vase clos au 
bain d'huile à une température de 200" environ pen- 
dant quatre heures. 

La léaction est surtout nelte en présence d'une 
certaine quantité d'eau environ trois à quatre fois 
le poids des composés mis in réaction, qui doivent 
être employés en projiortion moléculaire. 

Les rendements sont lhéori(|ues. A l'ouvciture de 
l'autoclave on trouve une masse blanche cristalline 
noircissant rapidement à l'air, accompagnée d'un peu 
de liquide, que l'on sépare par es; orage. II esldifli- 
cile, même par séchage dans le vide, d'obtenir des 
diphénylamines blanchâtres. 

Le chlorhydrate de diamidophénol chaulTé dans 
les conditions jci-dessus indiquées avec le p.-amido- 



[iliénol ou la p.-phénylènediamine engendre des 
diphénylamines trisubstituées, mais celles ci, plus 
altérables encore que les précédentes, sont, à l'ouver- 
ture de l'autoclave, à l'état de masse noirâtre. 

Les diphénylamines monosubstituées sont égale- 
ment oblennes par le môme pi-océdé, en chaulfant 
les chlorhydrates d'aminés, oxyaniines ou diamines 
aromati(iues avec des oxyamines, diamines ou aminés 
aromatiques. 

Lu résumé, la réaclion découverte par Girard, 
limitée jus(|u'à pi-ésent à la formation de la diphé- 
nylamine la plus simple, s'effectue plus ais.-ment avec 
les aminés aromatiques polysubstituù's et les chlor- 
iiydrales d'aminés polysubstituécs. 

dette réaclidu, ([ui à sec et eu vase ouvert donne 
des rendements mi'diocres, se produit beaucoup 
mieux en vase clos et en présence de l'eau. 

Klle peut élri! généralisée, (luclles que soient la 
nature ou la position des fonctions dans les compo- 
sés mis en (euvre, et elle est aussi facilement réali- 
sable que le procédé qui consiste à chaull'er le dini- 
li'ochlorobenzol 1. 2. 4. avec des aminés aroma- 
ti(|ues polysubstiluées. 

iMORDA.NTS 

LACTOLIAE, LIGXOHOSIXE ET VÉGÉTA- 
LIXE, par M. KAl'FF (Pârber-y.ciluny. 1002, p. 313, 
330) et par M. ALT (Id., p. 330) 1 1 . 

La polémique qui, depuis des années, met au.v 
prises les champions respectifs de la lactoline et de 
la lignorosine, semble devoir toucher à sa lin, car 
la rédaction de la Fdrber-ZeUiinij, dans son numéro 
du la novembre 1002, déclare qu'elle considère la 
question comme vidée. Nous ne saurions qu'ap- 
prouver celte décision. Les ttinturieis sont sulli- 
samment édifiés par cette longue discussion, et c'est 
d'eux qu'il faut attendre désormais un verdict déli- 
nitif. .Nous nous bornerons donc à résumer les con- 
clusions des derniers travaux païus dans la Fdrber- 
'/.eilmrj sur la question. 

Pour .M. [1. Alt, la lignorosine serait supérieure à 
l'acide lacti(|ue au point de vue de légalisation du 
mordant, et à la lactoline pour la meilleure utili- 
sation du bichiomale. 

Selon M. S. Kajiff, les nouveaux corps, mordants 
uiu-i'ioires (tliill'sbeizen], lacloline, lignorosine et 
végétaline, sont sans contredit tous sui)érieurs au 
bilarlrate de potasse. 

Pour la laine en poils et la laine peignée, le 
mordant d'acide lactique, avec addition d'acide 
sull'ui ique, détermine l'utilisation totale du bichro- 
mate t'I sa réduction comjdète comporte une durée 
de bouillon plus courte, évite l'atlaciue do la laine, 
et revient au meilleur compte. Malheureusement, 
ce mordant donne trop facilement sur les lils et les 
pièces des teintures inégales, de manière qu'il n'est 
pas à recommander dans ce cas. 

Si l'on n'emploie pas d'acide avec le mordant de 
lacloline, il n'y a que 80 " „ du chrome utilisés, et 
la réduction se fait aussi moins bien. In mordant 
de lactoline, sans addition d'acide, contient aussi 
peu fjue le mordant d'acide lactique ou ([ue la ligno- 
rosine sans acide. 

Le mordant de lignorosine, avec 1 ,23 " '0 de bichro- 
mate, 3 "0 de lignorosine, et 1 "/(, d'acide sulfurique 

il) Voy. n. 0. M. C, 1898, p. .'iGO et 303; 1890 p. 179; 
1900, p. 22i. 



14 



REVUE DES JOURNAUX. 



fixe, environ 00 »/„ du chrome sur la laine, c'esl-à- 
dire 10 "/„ de moins (lue la lactoline avec l,o "/„ de 
biohromale et de l'acide. De plus, les teintures ne 
sont, de loin, pas aussi nourries qu'avec la lacto- 
line. 

Ce mordant de lignorosine équivîfudrait à peu 
près à celui qu'on composerait avec 1 "/„ de bichro- 
mate, 2 "/o de lactoline et 0,75 "/o d'acide sulfu- 
rique. De plus, la laine, (lui a été traitée avec la 
lignorosinp, renferme toujours plus d'acide cliro 
mique que celle (|ui l'a été avec la lactoline. Si l'on 
compare les deux niordanls pour une même quan- 
tilé de chrome fixée, ce qui est la première con- 
dition iiour obtenir des nuances égales en teinture, 
les prix de revient ressortent à peu près égaux, mais 
la quantité d'acide chromique restant sur la libre 
est plus grande dans le cas de la lignorosine, 'et 
celle-ci n'est donc pas avantageuse. 

Si l'on compare le mordant de lignorosine à 
1,25 "/„ de bichromale avec celui de lactoline à 
1,0 "/o de bichromate, sans addition d'acide, les 
deux mordants s'équivalent à peu de chose près, 
sous le rapport du chrome total et de l'acide chro- 
mique, et la lignorosine devient alors avantageuse 
sous le rapport du prix. 

En supposant ([ue le pouvoir égaliseur soit bon 
(M. S. KapIT exprime le regret de ne pas avoir de 
renseignements sur l'emploi en grand de la ligno- 
rosine), ce mordant serait à employer dans les cas 
où l'on ne veut ou ne peut travailler, ni avec l'acide 
lactique, ni avec la lactoline additionnée d'acides 
acétique ou suH'urique. 

Enlin, le mordant de végélatine épuise le bain de 
bichromate à un haut degré, 90 o/,,, mais réduit 
beaucoup moins bien l'acide chromique que la 
lignorosine et la lactoline, et ne possède donc pas 
d'avantages sur eux. Mais il reste supérieur, comme 
on l'a déjà fait remarquer, au bitartrate de potasse. 

R. 

IMPRESSION 

RÉSERVES sous colorants azoïques [Zeits. 
Farben, u. Tfxtil-Chcm., I'J02, p. 5«8). 

Le nouveau procédé pour obtenir des réserves 
sous colorants azoïques développés sur la libre, de 
MM. C. Schoen et E. Schweitzer (I), a donné lieu à 
une demande de brevet allemand, sous la rubrique : 
« Procédé pour l'obtention d'elTets colorés sur tissus, 
par la fixation dej vapeurs de naphtol et l'action 
subséquente de diazoïques. )> 

Nous croyons devoir relater les observations que 
suggère à la Zcilsrhrift l'iir Farben und 'fexUl-Cliemic 
cette demande de brevet, tout en faisant nos 
réserves sur leur bien-fondé. 

Le but de ce brevet serait d'arriver à fabriquer, 
d'une manière indépendante, l'article enluminé sous 
rouge de p.-nitraniline du brevet Rollfs, exploité 
dans la fabrique d'impressions Siegl'eld. La méthode 
indiquée est compliquée et d'application plus coû- 
teuse, sans compter que le rouge est à peine aussi 
beau que celui de l'article Siegfeld, obtenu par un 
court vaporisage. Le procédé (',. Schœn et E. Sche- 
weitzer demande, pour le transport dune quantité 
suffisante de nafihtol, un plus long vaporisage, et 
l'on sait que la préparation de naphtolate de sodium 
s'altère dans ces conditions, de manière à ne plus 
donner qu'un rouge lerne. 

(1) fl. G. M. G., 1902, p. 324. 



[H nous semble y avoir là une ronfnfiion, enli'i: le 
vaporisage du procMé Rollfs, dont le but est de fixer les 
réserves, et celui de la nouvelle méthode, qui a pour 
objet d'entraîner le naphtol, au moyen de la vapeur 
d'eau, et de transporter sur le tissu. Déplus, l'objection 
tirée de l'altération du naphtolate de soude, sous l'action 
de la vapeur, est sans valeur, au point de vue de la 
formation du rouge, pitisque l'on a affaire à du naphtol 
libre et non en combinaison.] 

L'emploi du sulfoléate, qui semble nécessaire 
pour mieux fixer le naphtol, renchérit aussi le pro- 
cédé. Les couleurs d'enluminage sont probablement 
de même composition que celles de la maison Sieg- 
l'eld, c'est-à-dire renferment des couleurs d'aniline, 
du tannin et des acides organiques. 

[La maison Siegfeld ne saurait pourtant avoir la 
prétention de monopoliser l'emploi des couleurs d'aniline 
au tannin, dont la composition, qui n'a guère varié, 
est du domaine public] 

Suivant un autre critique, en suivant les indi- 
cations de MM. Schœn et Schweitzer, il sérail 
impossible d'obtenir un rouge seulement compa- 
rable au plus mauvais rouge de p-nitraniline. La 
couleur serait inégale, el les lisières beaucoup plus 
pâles que le milieu de la pièce. Ce résultat tiendrait 
à ce que les pièces sont enroulées sur elles-mêmes 
el, qu'aux lisières, l'action de la vapeur qui déter- 
mine la volalilisation du naphtol est bien plus forte 
qu'à l'intérieur des pièces. 

La facilité de sublimation du naphtol est bien 
connue. Une préparation de naphtol, convenable 
pour un bon rouge de p.-nitrauiline donne, ajirès un 
court vaporisage de cinq à di.\ minutes dans la 
vapeur sans air, un rouge pauvre et maigre. U ne 
faut chercher la raison de ce fait que dans le phéno- 
mène de sublimation du naphtol. Si l'on vaporise 
dans la vapeur privée d'air, la préparation reste 
blanche, tandis qu'exposée longuement à l'air ou 
vaporisée dans de la vapeur renfermant beaucoup 
d'air, elle s'altère et brunit. 

[Nous croyons devoir encore rappeler que la prépara- 
tion des tissus, dans le procède C. Schœn et E. Schweitzir, 
est du naphtol libre provenant des doubliers plaques en 
naphtolate de sodium, dans lesquels ils se trouvent 
enroulés. Celte préparation est inaltérable à l'air et à lu 
vapeur. ] 

Parmi les difficultés hypothétiques de la nouvelle 
méthode se trouve signalée celle de la prépaiation, 
bien égale et de force suffisante pour les tissus 
lourds et grattés, où il est malaisé d'obtenir, pour le 
poil, la même intensité que pour la surface du tissu. 
Il serait aussi à craindre que dans la prépaiation 
en naphtol suivant l'impression des réserves, les 
contours de celles-ci n'aient une auréole jaune 
ou orange. 

[Ce ne sont là que tles probabilités.] 

R. 

COTOX PRÉPARÉ EX ,2-XAPIITOL (Action 
de la chaleur, de riiiinildité et de la vapeur 
sur le), par MM. A. ULRICH et C. BEiNADE 

{Zeits. f. Farben., u. Texfd-Chem. , 1902, p. 601). 

Ces essais institués pour déterminer les conditions 
les plus favorables à l'obtention d'un beau rouge se 
rattachent également à la nouvelle méthode de 
MM. C. Schœn et E. Schweitzer. 

1. — Du tissu préparé en naphtolate de sodium 
fut abandonné un certain temps à la tempéiature 
ordinaire, à l'action de la lumière ou maintenu dans 
l'obscurité. Le blanc tourna au brun, et au lieu d'un 



BREVETS ANGLAIS. 



15 



rouge ayant du feu, on n'obtint, iiar le passage en 
(liazo Je /i-nitraniline, qu'un rouge brun. Un échan- 
lillon témoin qui, pendant ce leni|)s avait été con- 
servé sur l'acide suiruri(|ue, ne présenta pas cet 
aspect: le rouge qu'il l'ournit était même supérieur 
à celui provenant d'une préparation toute fraîche. 

M. — Des échantillons furent exposés à la lenipé- 
raturc ordinaire, dans une atmosphère huniidc, un 
temps phis ou moins long et teints en diazo de 
p-nilranilinc. La tcncui' en eau était de 6,8 "/,„ 
10,1 "/u> 20,8 "/o el le rouge devint d'autant plus 
jaune que l'échantillon était plus humide. 

III. — Des échantillons furent soumis à l'étuve, 
dans dos lécipients fermés pendant une heure, à 
des températures de IS», 00° et 80». Ils brunirent, et 
le rougi! devint d'autant plus brun que la tempéra- 
ture employée avait été plus élevée. 

IV. — Le môme essai, en présence de petites 
«luaniités d'eau, oH'rit cette particulaiité fra|>pante, 
(jne le tissu, chaullé à 80", donna après cette tein- 
ture un jaune biun. 

Des ces essais on peut conclure que l'humidité et 
hi chaleur ont une action nuisible à l'obtention d'un 



beau rouge, et que la marchandise, prépaiée en 
naphlol-sodium, ne su[iporte [)as sans dommage 
l'action de la vapeur. 

Pour élucider complètement la question, on 
institua les elTets suivants : 

V. — La vapeur produite dans un ballon tra- 
versait un tube en verre, où se trouvait un échan- 
tillon de tissu préparé en naphlol : l'appaieil se 
terminait par un réfrigéiant. L'échantillon ne se 
teignait plus et restait blanc, à l'exception de quel- 
ques petits endroits où la présence de plis dans 
l'étolTe avait empêché l'action de la vapeur. Le 
naphtol se retiouvait dans l'eau condensée. 

VI. — L'n ballon renfermant du naphtol était 
intercalé entre le ballon producteur de va[ieur et le 
tube de verre renfermant l'échantillon. Après pas- 
sage en diazo, on obtenait un beau rouge. 

VIL — Du tissu blanc, mis dans l'appareil au lieu 
de tissu pri'paré en naphtol, ne donna qu'un rouge 
de faible intensité. 

VIII. — Du tissu préparé en huile et traité coinme 
eu \'l, donne naissance à un rouge bien plus foit. 



REVUE DES BREVETS 



BREVETS ANGLAIS 

PROOl'lTS cili.MiyiKS. — Matières premières. 

Subslnuoes tie (-«lutnc-t pour la rabrioatioii 
catalylîque de l'aoide suiriirique [Actim Je- 
selt fiir ziiili-lnchislrie lorm. Grilla et Schrœder] (e. p. 
1041/, 20 mai \'.>0\\ 

Fabrication de i'aeide siiiriiri<|iic anhydre 

Hrif'ijkh] (K. F. I i7ij'.«, 8 juin IUOI;. 

Préparation du bioxyde de plonil) par l'élec- 
trolyse [Chein. Fuhiili Grieslicim-ElelUruii] (k.p. 
I2i8(i, 14 juin 1901 1. 

Fabrication de l'ac. clilorliydrique [General 
Chcinkal t'o] K. p. 9875, 2'.l uv.-it juill. 1902). 

Prodiietion du suITatc d'alumine en gros 
cristaux [Dock] (e. p. 9")45, 2t av.-2.ï juin 1902). 
On éva|)ore dans le vide les sol. de sulfate d'alu- 
mine en ajoutant systématiquement de nouvelles 
(juantilés de solution. 

Procédé pour obtenir des acides organiques 
des liy<lrales de c.irbone et des substan- 
ces albuiniuoïiles au moyen «le l'ammo- 
niaque \\'((////(7 i:.p. iijôoi , .'io sept. 1901-ojuin 
[W-l . 

Procédé de préparation de l'd-ionouc [Cliitil, 

]<iaefelCo]{K. p. i8333, 13 sept. 1901-13 sept."l902i. 

Action sur le pseudoionone de l'ae. phosphorique 
conc. (03° B.) au dessous de 0°. On obtient 80 " „ 
d'un produit contenant 80 "0 d'ii-ionone. 

Fabrication d'arséniate d'eucalyptol 'Wat- 
fon Smilli] (e. p. i7y.îî, ~ juill.-7 août 1902). 

Production du lacfate de titane Cari Drclier' 

{k. p. i.jgîi, ijuilI.-28 août 1902). 

(In prépare des combinaisons de I mol. d'ac. lita- 
nique avec t mol. d'ac. lactique en dissolvant l'ac. 



litanique par évaiioration avec de l'ac. sulfurique 
dilué et ajoutant un laclate alcalin ou alcalino- 
terreux ; et on convertit en lactate neutre par neu- 
tralisation avec un alcali ou une terie alcaline libie 
ou carbonalée. 

Ex. : On mélange 23 p. d'^ine pâte d'ac. titanique 
à 14,3 "/o TiO- avec 9,74 p. d'ac. sulfuiique à 
90 "/„ et chauffe jusqu'à dissolution et verse dans 
une solution de 20,9 p. d'ac. lactique à 77 "/„ neu- 
tralisé avec de la soude caustique ; après ébullition 
on neutralise comme dans I'e. p. îiG^g de 1901. 

Production de couleurs minérales et réduc- 
tion simultanée de dérivés nitrogénés [Vi- 
dal] (e. p. 12680, 7 nov. 1901-7 août 1902). 

On emploie un mélange de fer et de sulfate fer- 
reux pour la réduction de dérivés nitrés, nitrosés, 
azoïques; et mi obtient à coté des produits de réduc- 
tion un sulfate |)olybasi(|ue de fer seul ou mêlé à de 
l'oxyde de fer. En chaufïant ces sulfates polybasiques 
à 180-250" on obtient une poudre fine d'oxyde de fer 
dont la nuance varie du brun rouge au brun foncé. 

Ex: 123 kil. nitrosophénol, 200 kil. Fe, 200 kil. sul- 
fate de fer crist., 1000 lit. d'eau, donne du paraami- 
nopliénol et du sulfate polybasiquedc fer. 

Purification <lu cyanure de potassium [Stas- 
s/'arler Chem. Pnbrili vonn. Vorster et Gruneberg] 
(e. p. 8^57, 22 av. 1901 . 

Cellulo'id non indammabie [ WillUiim et Parkln] 
[e. p.83ot, 23 av. 1901). 

On ajoute à 23 p. celluloïd en sol., p. de MgCl- 
dissous dans de l'alcool et 3 p. asbeste pulvérisée. 

Fabrication d'éthers d'acides organiques et 

d'alcaloïdes 'Zi»î»icc e( Co] [e. p. 11783, 8 juin 
1901). 

Production de campliidine et de caniphi- 
done par réduction électrolytique de 
l'imidccamphorique r. P. Bœhrinijer tt Sœhne] 
(e. p. 12323, 17 juin 1901). 



16 



REVUE DES BREVETS. 



Fabiicatioii d acides alplijlnaphlylamines 

sulfouiques ;K«/'i; e« COj (e. p. laSiG, 17 juin 

1901). 

On chauffe 15-20 h. à llO-loC sous pression Va- 
naphlylamine (i-sulfo avec une anilne aroinalique 
el de lac. chlorhydrique. 

Fabrication du celluloïd [Deutsche celluloïd 

Fabi-ik] (K. p. I28G3, 24 juin 1901). 

On remplace le camphre en tout ou en partie par 
les dérivés acidylés d"amines aromatiques secon- 
daires iforinyl ou acétykiiphénylamine, acélylphé- 
nylnaptylamine, elc). 

Préparation de dérives indoxjlés au.moyen 
de glycines aroiiiatie|ues et d'aniidure 
de sodium '/loss-Zerj (k. p. iSoâg, 20 juin 1001). 
Voy. B. F. 312763, II. a "■ C, 6, p. 22. 

Fal)rication de lindos.vle en partant de 
l'acide méthylanlhranitique [Meislcr] (e. p. 
2Go58, 20déc. 1901-10 cet. 1902). Voy. b.f. 817082, 
«.iY..U.C.,6, p. 19. 

Préparation de dérivés acétylés de la cel- 
lulose [Bayer] (e. p. 21628, 28 ocl. 1901-4 sept. 
1902). Voy. R. G. M. C, 6, n2, b. f. 817007. 

Fabrication de la pbénylglycine et de ses 
homologues [ileistcr] (e. p. 22-33, 11 nov. 1901- 
2 cet. 1902). 

On mélange dans un récipient muni d'un agita- 
teur et d'un réfrigérant ascendant "S p. d'aldéhyde 
formique à 40"/,, avec 'une sol. aq. de 50 p. de cya- 
nure de sodium (98 "/l) puis ajoute 93 p. d'aniline 
et une quantité suflisante d'alcool éthylique ou mé- 
Ihylique pour former un liquide homogène et on 
chaulie au bain-marie pour coumiencer la réaction. 

Voy. B. F. 3i594o, ll.L'.M.C, 6, 170. 

Production de campboratc de quinine [Lo- 
rimer et Co, Joyce] (e. p. 8O40, 14 av. -.3 juill. 1902;. 

2;(;20Ilii.N2O2) f C'OHisO' -1- -11120 

Procédé de réduction des composera aroma- 
tiques nitrés renrermaut dcu.v groupes 

XO- [£. Wirlh] (e. p. 11750, 23 mai-7 août 1902). 

On réduit au-dessus de 1 10° C. à l'aide du sulfure 
de sodium cristallisé Na-S 9H-0 sans addition d'eau, 
de préférence 150-170" C. et en vase clos pour évi- 
ter l'évaporation de l'eau. 

R.NO^ -t- .Na^S -1- II-'O = U. MV- + Na^SO^ 

La dini trodiphénylamine est complètement réduite 
en vase ouvert à ISO-*, le dinitrocarbazol à 160-170". 

Préparation d'une substance sucrée [Soc. 

anon. Trust Chimique] (e. p. 4453, 21 fév.-3l juill. 
1902). 

On fait passer de l'ammoniaque chimiquement 
pure dans un mélange de 1 p. de saccharine dans 
2 p. d'eau ; on chasse l'excès d'ammoniaque de la 
solution par évaporation dans le vide et par con- 
centration il Lasse température dans le vide on ob- 
tient des cristau.x : 



C-0.\Hk 
SO 



Î.N 



On peut aussi décomposer le sel de plomb de la 
saccharine formé par oxydation de l'o-tolnènesul- 
famide avec PbO-, par une quantité équivalente de 
sulfate d'ammoniac|ue. 

Traitement des extraits tannants [Dufaii] 
(e. p. ii5o2, 20 mai-24 juill. 1902). 

On décolore les extraits et les rend plus solubles 
dans l'eau froide en les soumettant à une réduc- 
tion au moyende métaux finement divisés (Sn,Zn,AI) 
à 60-100". 

Fabrication de sels de l'acide acétylsalicj- 
lique [Heydcn] (k. p. i55i7, 1 1 juill. -4 xpt. 1902;. 
On dissout l'ae. acétylsalicylique chlorure dacé- 
tyle ou ac. acétique sur l'ac. salicylique) dans de 
l'alcool, éther, etc., puisajoute laquantité correspon- 
dante d'alcali caustique ou carbonal'-. 
Le sel alcalin se précipite de lasol. alcimlique. 

Production d'élliers de i'ac. carbonique et 
d'alcalo'idcs Ztmmer et Co] e. p. 2iG35, 28 cet. 
1901-5 juin 1902). 

On chauffe 04.8 p. de quinine anhydre et 21,4 p. 
de carbonate de phénol à 170-180° sous pression ré- 
duite. 

OC81|5 .C^o^iJSHr- 

2C20H2V.\2(J2 + Cl)</ = co< 



^OC«Hi 



C20|1:3.NJO-! 

2C«IPUH 



M.VTIIiHIiS COLOn,\.\TES. 

ANTllRAOLNE. — Production de nouveaux 
dérivés de l'antliraquinonc [fiayer] (e. p. 
22583, 8 nov. 1901-2 cet. 1902). Voyl u. F. 3i5575, 
H. G. M. C, 6, 170. 

Préparation de nouveauxdérivés de l'anthra- 
quinone [Diiyer e. p. 22128, 2 nov. 1901-2 cet. 
1902, et e. p. 22838, 12 nov. 1901-16 oct. 1902). 
Voy. u. F. 3i54iG, et add. «. G. M. C, 6, 170. 

Productions de nouveaux colorants de lu 
série «les acridiues CasseiUt] ik. p. 1948G, 
30 sept. iOul-7 août 1902,,. Voy. u. F. 3142GG, H. G. 
M. C, 6, 173. 

TRIPHÉNVLMÉTIIANE. — Xouveaux colorants 
rouges de la série du triphénylmétbane 

[Ville] (e.p. 19721, 14 mars IOOI-24juill. l'joi). Voy. 
B. F. 308968, fl. G. M. c, 5, 271. 

AZOIQL'ES. — Production de laques orangées 
au moyen d'un nouveau colorant monoa- 
zoïque et produit intermédiaire liadiicliv 

(e. p. 2o553, 14oct. 1901-11 sept. 1902). Voy. 11. F. 
315573, «. G. U.C., 6, 172. 

Production de laques au moyen d'un nou- 
veau colorant monoazo'ique [Badische] (e. p. 
23y44, 25 nov. 1901-18 sept. 1902). \'oy. u. f. 
3i6587,/(. G. .1/. C, 6, 172. 

Colorant insoluble au moyen de la4.-chloro- 
2-anisidine et du b-naphtol lialische e. p. 
20200, 5 oct. 190l-2t juill. 1902,1. Voy. u. F. 3i4i35, 
fl. G. .1/. C.,6, 173. 

Colorant bleu pour coton [Cassella] (e. p. 223()G, 
5 nov. 1901-2 oct. 1902). Voy. il. G. M. C, 6, 173, 
add. du 28 ocL 1901 au b. v'. 3i2388. 



BREVETS ANGLAIS. 



IT 



Procédé pour la fabrioatiou de colorants 
bleus pour laine [(';s.s(;//a] (u. p. lày^sj, T-aoùl 
1901-7 aoiU 1902). Voy. a. r. 

Production de nouveaux acides nilroalpliy- 
lacldylaniinonaplitolsulfoniques, nitroal- 
plijlainînoaciilylaniinouaplitolsulfos, aini- 
noalpliylacidylaininonaplitolsulfos et ma- 
tières colorantes azoïques dérivées ISoc. 
lii'l Clùiiiiq. Bdle] (K. P. liyyS, 17 juin-'t sept. 1902). 

Ces nouveaux composés se préparent par l'aclion 
des chlorures acides des nitroaiphyls, des nitroal- 
pliylisocyanaLes et des nilroalpIiylisosuHoeyanales 
sur les ac. aminonaphlolsulfoniques, puis rédudion 
subséquente. (Jes composés sont caractérisés [lar la 
présence d'un groupe aminé diazolable dans le reste 
alphylacidyl nou liydroxylé et forment une matière 
|iremiére pour les couleurs azoiques développables 
sur la lihre. 

E\. I : On dissout 36 parts 2:5:7 aminonaphtol- 
suU'o dans 300-iOO p. d'eau et la (juantité nécessaire 
Na-C.O^, on ajoute 20 |i. acétate desodiuiTi et en agi- 
tant à la Icnip 'rature ordinaire 30-35 p. de chlorure de 
métanitrubenzoyle. Le 2 : 5:7 métanitrobenzaini- 
donaphlolsulfo cristallise en partie et est |)récipité 
complètement pai- addition de sel. 

L'acide aminobenzamidonaphtolsull'o s'obtient en 
réduisant le nitro au moyen de fer et d'ac. acétique. 

E\. \\ : Le niirophénylisocyanate obtenu en 
cliauirant sous pression des quantités équivalentes de 
nitrauiline et d'oxychlorure de carbone est ajouté à 
une solution aq. de 2 : 5 : 7 aminonaphlolsulfo 
jusiju'à disparition du groupe amino. Puis on 
i-é<iLiit l'ac. nilrophénylcarbamidonaplitolsulfoni(iue 
obtenu. 

K\. A : Le diazobenzène se combine au 2 : 5 : 7 
m. aininobeuzamidonaphtoNuIfo pour donner une 
couleui' rouge orangée ([ui teint le colon non mor- 
(lancè sur bain neutre ou alcalin. Diazoté ou déve- 
bq)pé sur la libre, il fournit avec le |i-naplitol un 
rouge orangé plus brillant et avec une diamine un 
orangé brunâtre très solide au lavage. 

Le diazo de la déhydrothiotoluidinesulfonée et le 
2:8:6 métaminobenzaniidonaphtolsulfo donnent 
un rouge bleuâtre teignant le colon non mordancé. 

Production de nouveaux colorant.s axoïques 

[L'.T()is^ei(i Mensckiny] (e. p. i3I)I<j,i- juill. 1901-:; 
juin 1902). 

(In combine le diazo de la nllrotoluidinc suifo 
CIL : MP : NO^ : S()^II = 1 : 2 : 6 : 4 avec une mol. 
d'aminé ou de phénol. 

Ex. 1 : On dissout 23,2 k. nitrololuidinesulfonée 
dans bOO lit. d'eau et 4 k. soude causti(]ue, on refroi- 
dit avec de la glace à environ 10^ et ajoute iO k. 
HCl IH' P>. puis 7,2 k. nitritc de sodium. Le com- 
posé diazoique jaune est presque insoluble dans 
l'eau, on le verse dans une sol. froide de 13, 8 k. 
d'ac. salicylique dans 30 k. de soude et après quel- 
ques heures on sale, tiltre, presse. Le colorant teint 
la laine en nuances jaunes, solides à la lumière et 
au foulon après chroniatage. 

Le colorant formé parconibinaison avec l'a-naphly- 
lamine, rediazotalion et copulation avec le sel \\ teint 
|a laine en violet-noir et devient plus bleu et plus 
foncé par chromatage. 



INDIGO. — ral>rieatiou de lindoxjie et de 
l'indij^o [llcydeii]{E. v. 14049, 20juin-7 août 1902). 

On obtient la phényiglycine en bons rendements 
en o|)érant la léaction de lac. monochloracétiquesur 
l'aniline en présence d'un excès d'aniline suffisant 
pour se combiner à la phényiglycine et à l'ac. chlor- 
hydriciue formé, suivant la réaction : 

cir-;ci.(;(ioii + -.'(;'-ii:',NH2= c«ii5..\ii.(;ii-c()on.c«H5Nti-' 

-(-C6I15.NH2 IICI 

Ex : On cliaulFe 2 h. dans un récipient muni d'ui> 
agitateur et d'un réfrigérant ascendant, 100 p. ac. 
monochloracéli(iue, 30D p. aniline, 200 p. d'alcool 
aqueux. On rend alcalin, distille l'alcool et l'anilin& 
avec de la vapeur d'eau. La solution refroidie est aci- 
dilii'e avec 120 p. IICI 30 "/„, la phényiglycine se 
précipite. 

On transforme la phényiglycine en indoxyle el 
indigo par fusion de son sel de K avec un alcali et 
un métal alcalin. 

Ex. 1 : On mélange liOO p. sel de K de la phényi- 
glycine (Joû p. chaux et l'alcoolate de sodium préparé- 
avec 200 p. de Na, et chaull'e à 2'30" C. On dissout dans 
l'eau, passe courant d'air et liltre l'indigo séparé. 

Ex. 11 : 47,8 [). sel de Kde la phényiglycine, 60 p. 
de potasse pulvérisée et 10 p. de Na sont chauffées 
2 h. à 220-230°. La masse donne une sol. aq. jaune 
d'or d'où on précipite l'indigo par insufflation d'air. 

Dans d'autres exemples on emploie des alliages de 
sodium et d'étain, de sodium et de plomb. 

COULEURS SOUFRÉES. — Fabrication de colo- 
rants noirs soufrés pour le coton [Landoi'. 
(e. p. ■2G4()3, 27 déc. 1901-2! oct. 1902). 
On dissout 92 k. de diniirophénol dans 800 lit. 
d'eau et 01 k. de lessive de soude à 33 "/o NaOll et 
ajoute à la sol. chaude 400 k. d'hyposullîte de soude 
crist. La pâte jaunâtre ainsi obtenue est ensuite 
chauirée 6-10 heures dans un autoclave muni d'un 
agitateur, à lOO-IOli", sous une pression d'environ 
10 atm. On sépare la poudre cristalline noire du 
colorant de la liqueur mère incolore et lave à l'eau 
froide. Il se forme dans la réaction une mol. d'am- 
moniaque pour 2 mol. de diniirophénol, et que l'on 
ti'ouvedansla solution sous forme de sulfate d'ammo- 
niaque. 

Le colorant leint le colon en nuances noir intense 
solides au lavage, au\ alcalis, aux acides et à la lu- 
mière. 

Le nilroamino[ihér)ol et le diaminophénol donne 
dans les mêmes condi lions <lcs colorants noirs ana- 
logues, d'un ton plus rou;-;eàlre. 

Production de matières colorantes soufrées 
et de produits intermédiaires [Itead Hotlidcn/ 
Ttirner, Deon et Turner] \_y.. p. i.ûii.o, 28 déc. 1901- 
23ocL1902). 

On obtient des colorants noirs par fusion avec du 
sulfure de sodium el du soufre des produits de con- 
densation du diniirochlorobenzène avec l'ac. amino- 
nai)htol-sulfo G et l'ac. aminonaphtoldisulfo IL 

Ex. : 240 p. aminona|)htolsulfo (j, 203 p. dinitro- 
chlorobenzétie, 82 p. acétate de soude à l'ébullitiork 
en sol. aq. On sépare le jjroduit de condensation, 
sous la forme d'une poudre orangée, par addition de 
sel. On ajoute 100 p. de ce pro<luil dans une sol. de 
7a p. de S dans 300 p. sulfure de sodium crist. et 
maintient à 100-250° C. La couleur teint les libres 
végétales en noir. 

2 



18 



REVUE DES BREVETS. 



I>i-éi)ai-a(ion «le colorants substantifs noirs 
pour ooton [Badhche] e. p. 2505o, 10 déc. 1001- 
■r.i sept. 1902). Voy. R. G. M. C, 6, 293, aJd. ilu 
Gjanv. 1902 au b. f. agSiSS. 

Production «le nouveaux colorants sulfurés 

[Àcl. Gcselt.] E. p. 2-273.1, Il nov. )9ol-7aoùt 1902 . 

On chauffe 24 h. à l'ébuliilion les sol. alcooliques 
d'indophénols iparaaininophénol+ a-naphty lamine; 
paraaniinophénol -+- élhylorlhololuidine ; parami- 
nopbénol 4- élhyl-a-naphlylaniine) avec du soufre el 
du sulfure de sodium (= add. du 14 nov. au b. f. 
3 1 5069, /!. G. M. C, 6, 191). 

Fabrication «le matières col«>rautes sou- 
frées pour le coton [ Weiterter-Meer] (e. p. 11 733, 
8 juin 1901-7 juin 1902). Voy. R. G. iU. C, 5, 277, 

B. F. 3107 1 3. 

Préparation de matières colorantes noires 
contenant «lu soufre [Kalle] (e. p. 21879, 
30 ocl. 1901-2 ocl. 19021. Voy. b. f. 3i5^58. R. G. 
il. C, 6, 191. 

Colorants soufrés de nuance brun-jaune 

[Badische] (e. p. aôBog, 17 déc. 1901-2 oct. 1902;. 
Voy. R. G. il. C, 6, 191, b. f. 871063. 

Production de colorants sulfurés [.4 c<. Gesell.] 
(E. P. ■ii'iSi, 6 nov. 1901-7 août 1902). Voy. e. f. 
3 13669, fi. G. M. C, 6, 192. 

Préparation de matières colorantes sulfu- 
rées brunes [Kiitle] (e. p. 22222, 4 nov. 1901- 
2 oct. 1902). Voy. b. f. 3i5648. fl. 6. .W. C.,6, 192. 

Fabrication d'un colorant soufré vert [Gcigij] 
:e. p. 26.(48, 27 déc IVOI-Ui oct. 1902). 
On ajoute la sol. de 40 k. de diniélliylparaamino- 
paraoxydiphénylamine sulfonique obtenu d'après 
l'Ex. 1 de Te. p. 12.578»'!, de H k. de iNa-(;0\ dans 
60 1. d'eau et une sol. conc. de 8 k. de sulfale de 
cuivre dans de Teau chaude à une sol. de 40 k. de S. 
dans 100k. de sulfure de sodium crist. et on chauffe 
dans un appareil à reflux à 12;i-130° C. On peut 
sécher la masse ou la dissoudre dans 1000 lit. d'eau 
et précipiter par un couiant d'air. Le colorant teint 
le colon non niordancé en nuances vertes. 
Voy. B. F. 310809, R. G. M. C, 6, 192. 

Production de matières colorantes soufrées 
noires pour le coton [Levinstein et Metiscliing] 
(e.p. 18339, 14 sept.l9ûl-7 août 1902). 

Tandis que le dinilrophénol donnerait avec le 
soufre el le sulfure de sodium des noirs ternes el de 
nuance rougeàtre, on obtiendrait des bleu-noirs par 
l'emploi de mélange de dinilrophénol avec l'oxyazo- 
benzéne el ses homologues, avec le dinilrochloroben- 
zène ou avec le diphénylélrazophénol et ses homo- 
logues. Les nuances sont d'autant plus bleues ou 
plus verles qu'on augmente la proportion du second 
composant dans le mélange employé. 



liLA.I\'CUIllIE.\T, TEI.>TURE, IMPRESSION 
ET APPRÊTS. 

Appareil pour la teinture des matières 
fibreuses par circulation [;//i')i(/MOc(/!, ilazeyet 
^aylol■ {z. v. 9720, 10 mai 19U1). 



Perfectionnements apportés aux laveurs 
mécaniques «l'éclieveaux EtA- et Becker (e. p. 
7148, 24 mars-23 juin 1902 . N'oy. b. f. 314712, 
R.G..1/. C, 6, 199. 

Producti«»n «le «lessins blancs et colorés sur 
tissus de coton teints aux colorants «lits 

soufrés [Cin,ê/j (e. p. 16170, 12 août 1901-ijjuin 
1902). Voy. B. F. 3i34i3, fl. G. M. C, 6, .ïl. 

Xouveaii procé«lé pour réduire l'osycelln- 
lose sur les tissus textiles pour supprimer 
les taches causées par l'oxycellulose [C/i'rt- 

chcrs .issociation, Benjamin el Hùbnei] (k. p. 176J3, 

12aoùt-2o sept. 1902). 

On traite la marchandise par une sol. bouillanle 
de chlorure lilaneux TiCl- contenant par ex. 0,3 " „ 
TiCI- ; après lavage, on passe en acide chlorbydrique_ 
dilué (1 2 à 1° Twaddie et lave de nouveau. 



BREVETS FRAJ^ÇAIS 

PIIODL'IIS CIII)IIQl.'ES. 

>1INÉR.\1'X. — Procédé pour réactiver les 
contacts «le platine 'C" Parisienne (b. f. 
318861, 19 févr.-28 oct. 1902). 
Pour détruire la combinaison d'arsenic qui, malgré 

toutes les pn^cautions prises, rend parfois inactif le 

platine, on mêle de la vapeur d'eau aux gaz purifiés 

résultant du grillage. 

Fabrication d'acide sulfurique et d'anhydride 
sulfurique en utilisant les résidus «le 
pyrites grillées contenant «le l'oxyde fer- 
reux et avec combustion sîniultauée et 
complète «lu soufre encore renfermé dans 
les pyi-ites sous forme de sulfure C" Pari- 
sienne'] B. F. 318932, 21 févr.-30 oct. 1902^ 

ORGANIQUES. — Préparation électrolytique 
de l'hydroxylamine ÏBa'hringer et Solme] (b. f. 
318978*, 24 févr.-31 oct. 1902). 

Xouveaii procédé de préparation du camphre 

'Socit!té The Ampère cl- clro-chemical Company] {b. f. 
3o38i2, 7 févr.-20 ocl. 1902 . 

Perfectionnements dans le procédé de fabri- 
cation des paroxydes organiques [Page] 
B. F. 3i8883, 20 févr.-29 oct. 1902 . 
On mélange un aldéhyde aromatique avec 

l'anhydride d'un acide gras et soumet le tout à 

l'oxydation de l'air. 

.\ou\eauprocé«lé de fabrication «le l'aniline, 
des toluidines et autres alcalis analogues 

Scudereus] (add. du 5 inars-19 nov. 1902 au b. f. 
3i26i5). 

Procédé pour acétyler la cellulose ^Ledcrer] 

[B. F. 319848, 22 mars-23 nov. 1902). 

On arrose 1 p. de colon avec 4 à 5 p. de vinaigre 
radical contenant 0,o ° acide sulfurique el on 
chauffe, en remuant à 40-43° C. La masse volumi- 
neuse au début se resserre el linil par former une 
pâte épaisse. Après refroidissement on ajoute 4 à 
5 fois son poids d'anhydride acétique. La matière 
terminée, on lave pour éliminer l'acide. 



BREVETS FRANÇAIS. 



19 



Prôparatiou d'une composition siniilnirc au 
oeiluioïtl [y.iihl] (atlil. du 22 févr.-i iiiiv. \<.Mi au 
II. K. 3099G2). 

Emploi comme mêlai divisé de l'amiante cuiviéc 
inéparée en introduisant I p. d'amiante effilochée 
dans 2 p. nitrate de cuivre dissoute dans 10 p. 
d'eau. (In évapore en remuant fré(piemmcnl cl on 
active en portant au rouge. L'amianle ainsi impré- 
gnée d'oxyde de cuivre est réduite par le gaz à l'eau 
en amiante cuivrée. 



m.\tie:res coLon.\KTi'.s. 

COULEURS .NATURELLES. — Fabrîcati.Mi indus- 
trielle (le riK^nialcine parox,vda(iondii'e<-(o 
de riiéniatoxyline [Jiiciiuci/iiii\ [11. r. îujyiJ, 
2") mars-27 nov. 1902). 

L'exlr.iit de camp^rhe, préparé par les procédés 
habituels, au sortii' des dilTuseurs, est additionné 
d'oxyde (le manganèse l'raichenienl précipiti' ou de 
boues Wehlon et on l'ait passer, dans la linueur 
laiblement alcalinisée et chaullée à 00-80° C, un 
courant d'air ou d'oxygène. 

.\Z(linUES. — Préparation de matières colo- 
raules subslantives [hul. CUim.'i (u. F. 3ig453, 
lOmars-13 nov. 1902). 

En traitant par roxychlorurc de carbone 1 mol. 
aminona[ihtol sulfo 1.5.7. et t mol. ji.-aminoacéa- 
iiilide en solution aqueuse, on a le corps : 



IIO^S, 



MI.CD.NlIL^ir'Ml.COCil^ 



qui, combiné aux diazoïques, donne des colorants 
résistant aux acides e t à la lumière; leur nuance 
varie de l'orangé au rouge bleu. Saponifiés pai- la 
soude, ils se scindent en colorants monoazoïques de 
l'aminonaphtol sulfo 1.5.7. et p.-aminoacétanilide. 
.\vec le diazohenzène ; orangé; o.-diazotoluène; 
rouge orangé; ;j.-diazoacétanilide, rouge bleuâtre. 

Production de colorants monoazo'iqncs 
pour laine susceptibles d'être cbroniés 
ou cuivrés sur fibre [Badische] (u. F. 3198O8, 
22 mars-2;i nov. 1902). 

Les diazoïques de la ,5-naphlylamine possédant un 
atome dechlore,de brome, iN'U- ou SO^H, traités par 
les carbonates, bicarbonates, chaux, etc., échangent 
leur halogène ou leur groupe nitrique ou sulloné, 
contre Oll. 

Les nouveaux colorants teignent directement la 
laine en nuances rouge brun, brun, \iolet brun ou 
bleu; par l'action des sels de cuivre, elles passent 
au violet rouge, violet ou bleu ; par les sels de 
chrome, elles virent au violet noir bleu, noir bleu 
ou vert noir. 

Produrtion de laques rou$;es à reflet 
jaune [Balische] (b. f. 3 19989, 28 mars-27 nov. 

1902). 

L'azoïque : ^i-naphtylamine 1 sulfo + J;-naphtol 
est vendu sous le nom de liotKje litliul H pour produire 
des laques (voy. b. f. 297330). En partant de la 
P naphtylamine 1.5. disulfo, on a un colorant plus 
jaune, mais aussi plus vif et aussi insoluble que le 
précédent, et de plus il ne bronze pas, ce qui permet 
de l'employer pour les colorants en pâte. 



Production de Ia<|iics orangées au moyen 
d'un nouveau colorant monoa/:o'i(|uc 

[Badischf] (add. du 27 févr.-O nov. 1902 au b. f. 
3i5573) 

Au lieu de l'aniline 4-chloro 6-sulfo on part des 
4.5 et 4.6 chlor sulfo-aniline. 

Les colorants foiniés avec le li-naphlol sont très 
pcusolubles et ils résistent suffisamment aux divers 
agents chimiciues pour se |)rèter à la production de 
la(iues. 

Production d'aci<los sulfoconjugués des 
dérivés aleo.vlés des p.-amino p.-oxydial- 
phylamine et de matières colorantes 
bleues contenant du soufre [Gciijij] (add. du 
20 févr.-'t nov. 1902 au b. f. 310809). 

100 k. d'une lu'ite a 20 "/„ du bleu Je \'e\. Il du 
brevet principal seront délayés avec 100 k. bisulfite 
de soude et agités quelques heures. On chauffe au 
bain-marie à 80-90" C, ajoute 30 k. ammoniaque à 
2.'i " „, chauffe à l'ébullition et acidulé avec 70 k. 
acide acétique 10 "1 „, on filtre la solution jaune ver- 
dàtre et on l'évaporé à l'élat de pâle épaisse ou 
jusqu'à siccité. 

Le Composé bisulliiiciue se dissout dans l'eau en 
vert jaune clair, il se fixe en bain acide sur laine en 
une couleur gris verdàtre; par un chromalage, la 
nuance devient bleu verdàtre. 

COLORANTS SULEURÉS. — Production directe 
sur la libre de colorants sulTurés [Act. gesell.\ 
(B. F. 319876, 22 mars-2G nov. 1902). 

On foularde le colon dans une solution renfermanl, 
pour 1000 c. c, 180 gr. télrasulfure de soude et 
00 gr.p.-aminophénol. On vaporise, 1 h., à la pres- 
sion ordinaire, on lave et fait sécher. 

On obtient des noirs bleuâtres solides. 

En remplaçant l'aminophénol parle dinitrophénol, 
dinitroxydiphénylamine, etc., etc., on obtient des 
noirs différemment nuancés. 

En partant de la;).-dimi'lliylamino-^).-oxydiphény- 
lamine on a un bleu. 

Production de colorants substantifs ' Badiscite] 
(B. F. 3199G5, 26 mars-27 nov. 19n2). 

Au lieu de traiter le violet mélhylène et analo- 
gue par les polysulfures et le soufre, on le traite 
par les thiocarbonates ; en place d'un bleu on a un 
vert substantif. 

1. Dissoudre 210 k. létrasull'ure de soude, 700 k. 
alcool, ajouter 120 k. sulfure de carbone, agiter et 
additionner le tout de 80 k. violet mélhylène. Le leuco 
se forme; on chauffe quelques heures au bain-marie, 
distille l'excès de sulfure et chauffe jusqu'à dispari- 
tion du violet; filtre chaud, distille l'alcool, reprend 
par l'eau chaude et pri'ci|iile le colorant par un 
courant dair. Le |>roduit, mélange de couleur et de 
soufre, peut servir tel quel en leintuie ; il teint 
directement le colon en vert. 

Production de colorants substantifs noirs 

[Badiscke] (b. f. 319790), 20 niars-22 nov. 1902). 

On chauffe, avec du soufre cl des sulfures, un 
mélange de 1. S.binilro-naphtalène el de binitro-di- 
p.-oxydiphényl Hi.-phéiiylène de cuivre (voy. b. f. 
293i38). 

On obtient des colorants noirs très intenses alors 
que le dinilronaphtalène seule fournit des colorants 
faibles. 



20 



HE VUE DES BREVETS. 



INDIGO. — Production rtindoxyle et de ses 

dérivés 'Badifche] (b. f. 319670, 17 mars-19 nov. 
1902). 

Emploi des oxydes de baryum, de potassium ou 
de leur mélange. 

I. On mi-iange intimement et chauffe, t li., à 200- 
3O0''(;.,10 k. ().-lolyigIyclne,30 k. oxyde de baryum. 
En versant dans l'eau, l'indigo se sépare. 

II. Moudre, puis chaulTer, 1 h., à l'abri de l'air, à 
250° C. : 

14 k. oxyde de sodium, el 10 k. diphénylglycine 
de potassium. Laisser refroidir, dissoudre dans l'eau 
el extraire l'indigo. 

III. Mélanger 10 k. phénylglycine potassium. 13 k. 
soude caustique bien sèche, et 20 k. oxvde de barvum ; 
chauffer I h. à 280-290» C. 

Procédé pour la réductiou de l'indigo [C'" Pa- 

risieiinej ;B. F. jigSgo, 7 marsU nov. 1902 . 

Emploi de l'électrolvse à chaud, en présence de 
sulfites. 

I. 100 gr. d'indigo sont délayés en pâte avec de 
l'eau et additionnés de 200 c. c. d'une solution de 
bisulfite à 40 " .,. 

On éleclrolyse, à 70» C, avec 2 amp. par décim. 
carré, et une tension de 3 volts, dans un diaphragme 
avec calhoJe en plomb. 

La chambre de l'anode avec électrode de plomb 
contient une solution de sulfate de potasse au 10'. 
Après 2(1-30 ampère-heures la réduction est terminée 
et la cuve est prête. 

En remplaçant le sulfate de potasse par de l'acide 
sulfurique à30''o on n'obtient pas une solution d'in- 
digo blanc, mais celui-ci se sépare sous forme stable. 

II. lOOgr. d'indigo en pâte, -iSOc. c. sulfite de soude 
à 10»'(|, 100 ce. bisulfite à 40» „ sont éleclrolysés à 
80° C, avec électrode en plomb sans diaphragme. A 
la fin on peut ajouter de la soude pour neutraliser 
l'acide. 11 faut 40 ampère-heures. 

AC.niDINE. — Production de colorants jaune- 
orangé basiques Ind. chim. jadd. 229 du lo 
mars-24 nov. 1902 au b. f. 241916). 

Alcoylation des colorants de la série de l'acridine 
en vise ûuvirt avec les proportions et température 
indiquées au § iv du b. f. 241916. On peut ainsi 
contrôlera chaque instant le degré d'alcoylation et 
interrompre au moment voulu. 

Addition du IS imirs-l'-' déc. f902 ;2o2 . 

Emploi de l'acélaldéhyde au lieu de la formaldéhyde 
dans la préjiaration des colorants de l'acridine. 

Avec la i/i.-toluylènediamine, on a un colo- 
rant teignant lecuiret le colon lànné en jaune tirant 
sur le vert. Avec la m. aminodi|ihénylamine on a 
un orangé pur. 

Les nouveaux colorants peuvent être, comme 
les anciens, alcoylés en vase clos ou ouvert. 

Fabrication des colorants jaunes à jaune 
orangéde la série de l acridine r" Parisienne 
(add. ,203; du 7 niars-21 nov. 1902 au b. f. 316721 '. 
Au lieu du tétra-aminoditolylmélhane, on emploie 

le leuco du jaune d'acridine et on remplace le chlo- 

racétique par ses étliers, méthylique ou éthylique. 
I. .'tO k. leuco du jaune -|- 20 k. chloracétique + 

300 k. d'eau sont chauffés, 3 h., à lbO°C. en vase clos. 

On a un produit soluble en faible quantité dans 

l'ammoniaque diluée. 



11. Le leuco du jaune est chauffé, 1 h., en vase clos 
avec le chloracétate d'élhyle. .Après oxydation, le 
colorant est précipité par le sel marin el le chlorure 
de zinc. La poudre obtenue se dissout dans l'eau 
chaude et elle teint en jaune vif le coton mor- 
dancé. 

ANTHR-^CÈNE. — Production de colorants de 
la série de l'antliracène Badiiclie] b. f. SmjoiS, 
24 févr.- 31 oct. 1902 . 

L'indanthrène, traité jiar des halogènes, fournit 
des dérivés halogènes très voisins de la couleur 
mère comme propriétés, mais qui résistent beaucoup 
mieux au chlore. 

Ex : 10 k. du colorant du b. f. Bogâoo, 200 k. sulfu- 
rique à 66° B. sont chauffés à 60-SO» (>, on incor- 
porée k. brome enagitanl et maintient lô-20heures 
à la température indiquée. 

Colorants bruns tirant sur mordant [Badi^che] 

(B. F. 318919, 21 févr.-2y oct. 1902'. 

Colorant azoïque du genre : m.-phénylènedia- 

/N' = N' ac. salicvlique . . , , , 

raine <(^., _ n-y • ^ teignant en brun la 

laine chromée et résistant au foulon. 



BL V>CII1ME.\T, TEI.VTLfti:, IMPUESSIOX 
ET .\rPllÈTS. 

LAVAGE, SÉCHAGE, etc. — Machine perlec- 
tionnée pour l'essorage au large des 
étoOTes [Dcinerliac] [b. f. 819818, 21 mars- 
24 nov. 1902 . 

Le tissu «passe, tendu au large sur un organe aspi- 




Machiue pour essorer au large les ctolle^. 
Fig. 1, profil de la macbine. 

rateur d, relié à un cylindre d'aspiration 6 commu- 
niquant avec une pompe. Le vide produit aspire les 



BREVETS FRANÇAIS. 



21 



liquides dont le tissu est imprégné. I^a ligure 2 I 
représente, à une plus grande échelle, la coupe de 
1 'as|)iralt'ur. 



> I,fJ 




Fig. 2, coupe de l'aspirateur. 

Perrectionneiiient dans les inacliincs à pas- 
ser à la vapeur, «xyder, sécher <ui li-aiter 
de toute autre niaiiièi-e les (ils ou matières 

textiles [f)(M] (u. F. 3i9725,18mars-29juill 1902). 

A est un compartiment fermé, muni, par devant 
d'une partie A' articulée en U' et maintenue serrée 



sur les bords de la chambre A par des vis 0. Der- 
rière la chambre se trouvent deux cylindres DB' 
reliés entre eux par une chaîne et des roues den- 
tées 6 (lig. 2). Knlre ces deux cylindres, est disposé 
un serpentin de vapeur C. 

Derrière A et parallèlement, sont disposés une série 
de cylindres sècheurs E, en quinconce et reliés 
par des engrenages e. Le fil, à sa sortie de la cham- 
bre d'oxydation, jiassc autour du cylindre sécheur 
inférieur et avance en entourant successivement 
chacun des autres cylindres et zigzaguant jusqu'au 
sommet. Il passe alorssur les rouleaux guides I et II, 
pour s'enrouler à nouveau autour des cylindres sè- 
cheurs et ainsi de suite jusqu'à com()let séchage. 

Des goupilles directrices d et h guident le lil pen- 
dant son passage sur les cylindres BB' et E. 

Les supports creux K des cylindres séchcurs E ont 
une section on forme de W, les parois extérieures 
étant parallèles et les deux parois intérieures /" étant 
inclinées et réunies en un tube vertical C (lig. 3 et 4). 
La vapeur arrive au tube 6, passe à travers les 
supports K et entre dans les cylindres sècheurs E. 
Le tube G communique en bas par un tube G' avec 
le fond de la chambre A (fig. 4). La vapeur, arrivant 
lies cylindres sècheurs, est ainsi distribuée à la 
chambre de vaporisage et est évacuée à travers le 
tuyau K par l'aspiration M, dont le but est de retirer 
l'uir et tout excès d'humidité de la chambre A. 
L'atmosphère de la partie supérieure de la chambre 
A, oii passe le lil, est maintenue humide par la vapo- 
lisation de Ihumidité, contenue dans le lil sous 
l'action des serpentins E; si elle n'est pas suffisante, 
on peut envoyer une certaine quantit>' de vapeur par 
le bec et la soupape e. Lorsqu'on emploie, avec celte 
machine, deux liqueurs, il y a deux bassines jip, 
munies chacune d'une paire de rouleaux presseurs PP 
et de rouleaux guides Hli. 

Le fil reçoit la matière colorante dans un des bas- 




Fig. I, élévation Uilérale; lig. 



.Machine pour passer à la vapeur, oxyder et sécher. 

coupe selon 11 ; fig. 3, coupe en plan selon 3 3; fig. 4, coupe élévatoire 
suivant 4 4 ; fig. S, coupe d'uu support. 



sins ; il est exprimé et entre dans le second bassin 
qui précipite la couleur sur la fibre. Sortant ensuite 
delà machineà teindre, le fil \'est distribué, à travers 



l'ouverlure directrice D, aux cylindres dans la 
chambre -V et par D' dans la chambre A et au cylin- 
dre sécheur inférieur E. 



REVUE DES BREVETS. 



MERCERISAGE. — Procédé de décoration 
des tissus écrus légers de soie pure ou 
mélangée et de cotou pur et mélangé 

[Cadoène] (b. f. 319342, 10 mars-lO nov. 1902). 

Au lieu de merceiiser le tissu en imprimant de la 
soude épaissie, ce qui ne produit qu un demi-brillant. 



l'auteur donne, à la partie imprimée, laspect mat, el 
rend brillantes les parties non imprimées, en immer- 
geant l'élofTe dans un bain de soude. 

Le dessin est imprimé avec • le mastic spécial 
connu employé comme réserve dans les imprime- 
ries sur élolTes 1; on sèche douze ou vingl-quatre 
heures, selon la quantité appliquée. Les pièces sèches 
placées en E (lig. I ) passent dans une bâche A en 
tôle remplie de soude caustique, guidées par des 
rouleaux BB. Elles sont ensuite appelées par deux 
rouleaux C D en fer creux, caoutchouté, un rouleau 
intermédiaire H maintient le tissu incliné afin que 
le liquide mercerisant retombe dans le bac A. Un 
tuyau perforé F projette de l'eau sur le tissu; celui-ci 
est exprimé en C et D el entre dans la bâche G con- 
tenant de l'eau froide acidulée. 




-appareil pour merneriser les tissus imprimés. 



TEINTURE : MACHINES. — Disposition nouvelle 
dans les machines à teindre, laver, mor- 
dancer, savonner, etc., d'un mouvement 
alternatif de lisse et de glaçage Corron] 

(b. F. 319049, 3 mare-S nov. 1902». 



Fia-1 



Au lieu de produire le va-et-vient par un mouve- 
ment rolalif en un certain nombre de rotations 
partielles pour prendre le lisse, et un nombre sembla- 
ble de mouvements de va-et-vient, sans rotation 
pour produire le glaçage, on procède aulremenl. 




<-i.<-<^j;,'4?-4 ?^<c"?'?5;^'r*'ï-="r-t<!'?L:'?^<.?^<'i.ir'.?^<r-^j^'^^-'f"j^'5'^^?? 



/^>j^^ 




Machine à teindre, mordancer, etc., à mouvement altet 
Fig. I, élévation de côlé ; fig. 2, plan. 



BREVETS FRANÇAIS. 



23 



La roue A à chemin ondulé B, montée en tôle de 
la machine, commande par un guide V, se mouvant 

Fia3 




1 ' ! 



"^T^-_4 



^lUr 




FlG-5 




Kig. 3, vue des porte-uiatteaux; Dg. 4, positions extérieures du mouvement 
des porte-matteaux ; lig. 5, développement de la roue ondulée. 



dans la cannelure, le levier I, articulé en K. Ce levier 
porte à son extrémité arrière, de chaque côté, une 
griffe d'un broyage FF' et, par les mouvements qui 
lui sont imprimés, il esl allernaliveinent pris en 
prise par l'une des griffes FF' avec l'un ou l'autre 
des eni-'renages d'angle J ou .!', ce qui l'ait tourner la 
roue 11 dans un sens ou dans l'autre. Celte roue 
commandant l'ensemble des autres parties de la 
machine, y compris les porte-matteaux c, il s'ensuit 
que ces derniers, qui tournent dans le même sens 
ensemble, sont actionnés dans des sens alternative- 
ment différents à droite ou à gauche. 

La rotation n'est pas toutefois complète. .\rin de 
reproiluire un meilleur lisse, l'amplitude du mouve- 
ment des porte-matteaux n'est pour le glaçage que 
de 8/10'= ilig. 4). 



La poulie de commande Z possède un mouvement 
circulaire continu dans le même sens, transmis par 
l'intermédiaire des roues II, S, 
T, L', à la roue ondulée A. 

La ligure li représente le dé- 
veloppement d'une roue ondulée 
pouvant élre employée à pro- 
iluire successivement deux mou- 
vements composés de 4 lisses 
et de 4 mouvements de glaçage. 
Chacun de ces mouvements 
alternent entre eux. Les phases 
de rotation de cette roue, impri- 
mant aux porte-matteaux un dé- 
placement à droite, sont indi- 
quées par la lettre I), et celles 
du dé|)lacement à gauche, la 
lettre (".. Aux deux mouvements 
distincts ci-dessus, il pourra en 
être combiné un troisième con- 
sistant à produire la rotation 
partielle du lisse d'une façon 
iriégulière afin de produire le 
• cou|) de l'oupt " en intercalant 
pour cela, dans l'engrenage H 
de commande et les roues de 
la machine proprement dites, 
une paire de roues elliptiques 
ou excentrées telle que .\, V, 
ou toute autre dis|)Osition équi- 
valente de roues à mouvement 
différentiel. 



Procédé (l'iiiipré^ïDation 

[SociiSlè Hulfhery et C] (b. f. 
319758, 10 mars-22 nov. t902). 

On soumet la matière à im- 
piéi,'ner dansun récipient fermé, 
pendant une demi-heure et plus 
à une pression d'air de îi atmo- 
s|)hères ou d'un autre gaz, et, 
tout en maintenant la pression 
d'air, on fait pénétrer le liquide 
sous une pression plus élevée 
en laissant échapfier l'air selon 
la pression à laquelle on veut 
monter. Quand la matière est 
complètement couverte, la pres- 
sion atteint |iar exemple ia at- 
mosphères, le liquide pénètre 
plus rapidement les cellules. 
Ceci demande une ou plusieurs 
heures suivant la matière et la 
pression. On laisse ensuite 
et quand la pression a disparu, 



écouler le liquide, 
on peut l'aire le vid 

Appareil de teinJiire [Wolf (b. v. SigiSô, 28 
fév.-6 nov. 1902). 

Pour éviter l'emploi d'une trop grande quantité de 
bain de teinture, on dispose dans la cuve [Plusieurs 
supports amovibles et superposés. Pour cela, une 
des parois latérales a est disposée de façon à pouvoir 
être relevée ou rétrécie. Ou introduit trois plaques 
ajourées c, </, e, servant de support aux bobines, et 
après avoir fermé la paroi latérale a, on obtient un 
cloisonnement étanche en les relevant au moyen 
d'excentriques /■ ou d'autres organes analogues pour 
les appliquer contre les longs écrousy formant joint 
étanche. Dans chacun des compartiments /i,t', k, dé- 



24 



REVUE DES BREVETS. 



bouche un luyau d'entrée /, m, ou n, qui peut être 
fermé par un robinet o. Ces tuyaux sont brandies sur 
un autre p, dans lequel une pompe q refoule ou as- 
pire le bain de teinture, qui est ramené à la pompe 



perforée dans la moitié de sa partie inférieure et la 
partie(;dans Jamoitié de sa partie supérieure. Trois 
orificesf/, 9', 7^ se trouvent dans le fond inférieur. 7' 
communique avec p, par une entaille )■ du tuyau c 
7' communique avec a par la perforation supé- 
rieure du compartiment C et q- par la perforation 
inférieure du comparlimenl I) Les orifices p, q. q' q- 
et les conduites/' et q ont le même diamètre, et ils 




Appareil pour teindre. 

iFig. I, appareil avec les trois cloisons; fig. 2, appareil 

avec une seule cloison. 

par le luyau r. Dans la figure I, l'appareil fonctionne 
avec Les trois plaques, le robinet est seul ouvert; 
la cuve entière est remplie. La figure 2 indique une 
-disposition dans laquelle le bain n'occupe que le tiers 
■de la cuve, le robinet de n étant seul ouvert. 

rrocédé et appareil pour la teinture en (ils 

[Bock-i] (b. F. 319000, 24 févr.-3l oct. 1002). 

Laparoil consiste en un récipient « ayant une 
nervure saillante (.. Le couvercle c et le fond d 
possèdent un rebord e. Dans le fond d débouchent 
les conduites fcig de la pompe, et à ce même fond 
est fixé un cylindre perforé h dans lequel iS'ajoute 
un tube distribuant le liquide, tournant autour 
de son axe 0, et muni de cercles h. La matière à 
traiter est placée entre deux plaques perforées /, /', 
formant avec le fond el le couvercle, des espaces 
vides I» 7)ii en haut et en bas. Au milieu du récipient 
on place une ]ilaque perforée /-. 

Le tube dislributeur est divisé en deux parties C, 
D, par une cloison n (lig. 3 à 0); la partie D est 



sont placés de telle façon que deux orifices-appuis du 
luyau f se trouvent en communication avec f el g 
pendant que les deux autres restent obstrués. 

Quand l'orilice q' du tuyau distributeur est sur 
la conduite de refoulement f ilig. 3 le tube p 
communique avec la conduite aspirante y. Le bain 
estpressé pary', el rdansle compartiment inférieur m 
et il est chassé à travers la matière : il monte donc 
de bas en haut et est aspiré par le tube p commu- 
niquant avec lesconduilesaspirantes. Si au contraire 
on met le tube p en communication avec la conduite 
refoulante f (i\g. 4> l'orifice opposé 9' communique 
avec la conduite aspirante g. Le bain, pressé dans le 
compartiment supérieur, s'écoule dans la malière de 
bas en haut et arrive dans le compartiment inférieur, 



BREVETS FRANÇAIS. 



d'où il est aspiré parret'/' comiminiquanl avec la 
•conduile aspirante ;/. 

En nietlanl l'orilice i; en conuminicatiDn avec la 
conduite refoulanle/ifif,'.S),cebain deleinture monte 
par (/ dans le compartiment c et il est pressé latéra- 
lement ou circulaii'ement de haut en bas à traveis la 
iiialiére en sortant pai' les perl'oralions du haut du 
■compartiment C pour revenir par les perforai ions de la 
partie inférieure- du compartiment D, d'où il est 
aspiré par «y-. 

Enfin, en niellant l'orifice '/- en communicalion 
avecla conduile refoulante /'(fig. 0) on faitcotnmuni- 
<]uer l'orifice q avec la conduile y. Le bain est chassé 
latéralement cl circulairenient à travers la nialière 
en sortant par 7- et des perforations inféricuies du 
compartiment I), et rentreen haut parla perfoiatiou 
<lu compartiment C d'où il est aspiré par 7. 

Le bain traverse donc la nialière dans quatre 
directions dill'ércntes; la nervure /* a en outre pour 
•elTet de donner au bain de teinture un mouvement 
circulaire envers la matière. 

Selon le liciuide que l'on fait as|iirer à la |iompc, 
on mordance, teint, lave la matière textile; il n'y a 
pas besoin, pour cela, ni de renver.ser la marche de 
la pompe ni de soupape. 

Pour teindre les pelotes de fil on se sert de l'appa- 
reil perfectionné représenté par la fitrure 7. Le tuyau 



/^./' 




Appareil pour la teinture des lits. — .\ulre disposition. 

•distributeur cesl toujours rotatif, mais il ne possède 
plus le tube p ni les orifices 7, 7', 7-, mais une cloison 
C le sépare en deux compartiments C I). Sur ce tuyau 
sontdestrous danslesquelssonl fixéslesfuscauxcreux 
comme supportanl les pelotes. 

A l'aidedes orifices 11, h', on fait arriver le liquide 
successivement d'un côté et de l'autre, l'aspiration se 
faisant en sens inverse. 

IMPRESSION : PROCÉDÉS. — Coiircction de 

teintures iin|>rim<r>es et teintes [.Sc/imt'/:J 

(II. F. 319G31, i;i niars-l8 nov. 1002). 

On imprime sur tissu ou papier, des couleurs à 

l'iiniie ou au vernis : après st^chage, on peint avec 

une couleur transparente qui ne fait pas disparaifre 

les dessins primitifs et donne ainsi [dusieurs 

teintes. 



I>err<-<-li<Hiiieiiu-ii(s daiii^ les proci'dés pour 
einpèeher l:i production et elTeetiier l'en- 
Icva^c de coiilcnrs dans les produits 
textiles /v/R''/i(| (11. F. 319543, ):t mars-ti nov. 

1002). 

Emploi d'un sel litaneux comme réducteur. 

Ex. 1 : Destruction totale des couleurs azo'iqiies 
sur le lissu : 

On plonge le tissu dans une solution chaude à 
:>"/„ de chlorure litaneux. 

Ex. Il : Enlevajïe blanc sur benzopurpurine LR. 

Le tissu teint est imprimé avec une pâle d'cnlevage 
préparée en mt'dangeant : 

100 gr. épaississant à la dextiine. 

1 à !i - chlorure litaneux. 

2 à 10 — sulfocyanure d'ammonium. 
On vaporise 2 minutes. 

Sur le rouge povi on arrive à un l)lanc avec fOgr. 
chlorure litaneux, au lieu d'employer comme 
jusqu'ici des soluli(ms de chlorure stanieux à 
500 gr. par litre. 

ÎJOgr. épaississant. 
10 — bicarbonate. 

5 — thiosulfate de soude. 
2» — eau. 
Ex. 111 :3() gr. noir pyrol [L.]. 
liO — épaississant. 

5 — eau . 

'.) — sulfite de soude neutre. 
10 — bicarbonate de soude. 

Procède d'impression desecilorants snlfnrés 

[ Fiihr. iJc Thiiiin et MiiUioii^c] (11. F. 319104, 1 1 mars- 

14 nov. I'.i02). 

On précipite le colorant de sa solution dans le 
sulfure par un aciile, on lave jusqu'à neulralitité ; 
la couleur renferme plus ou moins de soufre libre. 
Le produit tel (|uel, ou oxydé à l'air, est épaissi et 
addilionné de bicarbonate ou de carbonate alcalin 
cl prêt ]iiiur l'impression; il n'attai]ue plus les 
rouleaux. (In peut ajouterun réducteur: hyposulfite, 
sulfite, formidle, glucose, elc, qui entie en action 
au vaporisage, et permet de conserver la couleur 
d'impression. En général, le soufre retenu dans la 
couleur est suffisant ; si par hasard il ne l'était pas, 
on ajouleraitun peu de fleur de soufre. 

lix. 1 : Kl gr. indigo katigucne B [liij]; préparer 
comme ci-dessus . 
KO gr. épaississant . 
10 — bicarbonate. 
2") — eau. 

\i\. II : 10 gi-. bleu pur immédiat [C. . 

Lfs coiileiirf^ prcpavéfs t/'rt;)irs ce bvocl oui élc lan- 
ece< dans le commerce sous le nom de : .\oir lmversei , 

lll.FIJ UMVKRSEL. 

l'errcetioiincnicnls à la teinture sur étofTes 

[Suciôle EiKjlischii irollcn-ii mn cn-mainifartur \V. 01- 

droyd cl blakehij] (11. F. jhjjI)/, \'.'t mars-ld nov. 

1902). 

Pour fixer solidement en impression les poudres 
métalliques sur tissu, le brevet proi)ose plusieurs 
moyens : !" Dans une résine fondue, on introduit du 
caoutchouc ou de le gutla-percha et on chaulTe 
jus(|u'à ce que la masse fondue soit bien homogène; 
après refroidissement, on la dissout dans un 
volume appropiié de : benzène, chloroforme, sulfure 
de carbone, essence de térébenthine, acéline. Après 



26 



REVUE DES BREVETS. 



flllration, on m lange à la nialièie colorante. 
2" L'huile de lin ordinniieou épaissie, ou renfermant 
une résine, es! traitée par l'acide azotique étendu, à 
chaud, jusqu'à obtention d'un produit visqueux 
semblahle au caoutchouc. 

Le produit lavé ou non, est dissous dans le 
benzène, l'huile de térébenthine, etc., et mélangé à la 
couleurpourfornier une dissolution assezconsistante. 

Pour obtenir une bonne résistance à la tem[)é- 
rature du ter à repasser ou de la calendre, on emploie 
une gomme provenant du sucre de la lihus ViiJ'iiis- 
cifera et afipelé rhusal . Ce produit, mélangé à un 
dissolvant, comme l'essence de térébenthine, l'huile 
de lin, seule ou renfermant de la résine, etc., est 
additionné à la couleur et est imprimé sur l'étolTe. 

IMPRESSION : MACHINES. — Machine à impri- 
mer sur élolTes [Kien] (b. f. 3'2oo8(5, 22 mars- 
d"'déc. lï)02). 

Cette machine emploie des planches plates en une 
ou plusieurs couleurs. 

Deux tambours horizontaux a, a', placés aux extré- 
mités de la machine, conduisent une toile cirée sans 
lin fc sur laquelle se plaque le tissu avec une certaine 
adhérence. Le tambour a reçoit par un cliquet c 
un mouvement intermittent qui se transmet à la 



toile et au tissu t. Entre les tambours, se trouve la 
partie relative a l'imprei-sion, elle est portée par 
deux bâtis /' placés symétriquement de cliaque côté 
du tissu ; ce dernier repose, ainsi que la toile 6, sur 
un plateau horizontal e porté par quatre vis verti- 
cales g, manœuvrées par autant d'écrous h accouplés 
entre eux par des engrenages ;', t, ce qui |iermet de 
régler avec précision la hauteur du plateau e et par 
suite du tissu. 

La plarche gravée m est fixée à un chariot o coulis- 
sant verticalement dans les bâtis au-dessus du 
tissu ; elle est commandée, de chaque côté, par un 
dispositif semblable : bielle ,/, balancier /;, dont 
l'extrémité j?î est engagée dans la came /, montée 
sur l'arbre a. Les contre-poids p, en équilibrant le 
chariol, rendent le mouvement doux. La hauteur 
des plateaux a est réglée pour qu'en lin de course il 
viemie s'appliquer sur le tissu avec la pression voulue. 

La planche est encrée, par un encrier mobile f/, 
agissant horizontalement dans les coulisses )• des 
bâtis; il est commandé par la came /, les sec- 
teurs «,.•>', l'aibre t, le levier ii et la bielle v. L'en- 
crier reçoit ainsi, pendant que la planche est en 
haut de sa course, un mouvement de va-et-vient 
au dessous de celle planche; il reçoit la couleur 
du rouleau y et la dépose sur la planche. Les rou- 




Miichine à imprimer sur étoile. 



leaux xcly reçoivent un mouvement de rotation par 
l'encrier : et la crémaillère z'. 

La planche encrée descend sur le lissu, l'im- 
prime et remonte au.-sitôt, le tissu avance alors 
d'une quantité égale à la largeur de la idanclu- ou 
en rapport du dessin, à l'aide d'une manivelle 2, 
dont le tourillon .3 peut se rentrer plus ou moins, 
et qui commande une bielle 4, un levier îi tournant 
peu sur l'axe des tambours a et portant un cliqueté 
actionnant un rocliet à dents très fines. 

Lorsqu'on veut imprimer plusieurs couleurs, on 
dispose, entre les tambours écartés suffisamment, 
autant d'appareils à impression qu'il y a de couleurs. 
L'appareil proche du tambour a sera fixe et com- 
mandera ce tambour, les autres pourront se dé- 
placer sur des rails d pour le repérage. 





EliRATUM 








Tome \ I, M" 11 du 


\-- iU 


cembre, 


page :i05, 


l's colonne 


au lieu lie . 








lire 




H, 11» 90, 








11, li» 


91. 


111, n"9I, 








m. II" 


1)3. 


IV, n» 02, 


■r 


colonne 




IV, n» 


911. 


OH lieu (le : 








lire 




Ech.intillon 11, n" 


tin. 






II, n- 


!)!. 


— m, u" 


'ji. 
Page 


300, fig. 


1. 


111, n" 


9V. 


au lieu de . 
1 








lire 
11 




II 








111 




lit 








I 





HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE 
ET DE SES ENVIRONS (i) 

I]S/IPRESSI03Sr DES TISSUS 

(:!" .•u-ticle.) 



L'une (les luatii'i-cs rdluiantes losplus impoilaiiU's 
par les divers emplois auxquels elle se prèla, esl le 
cachou. Le cachou a été employé, pour la première 
fois en Europe, en 180G, par Schœppler el Hart- 
mann, comme brun |ioiir accompagner les f;arancés. 
Le procédé publié jiar Dingler (2) ne fut ailoplé el 
ce n'est i]ue vers 1X2'.1 que l'usage <le ce colorant 
commence à pientlre de l'importance. M Harbet, de 
Jouy, l'avait t'ait entrer dans la fabrication de l'in- 
dienne, mais en la dissimulant si bien que pendant 
trois ans il exploita seul des articb's cachou qui 
avaient un immense succès. 

.. En INiCt, les fabricants d'.Vlsace abordèrent à 
■■ leur tour cette fabrication. M. (Camille Kœchlin 
1' l'introduisit avec le bleu et le vert solides dans 
» l'enluminage des fonds blancs garances. M. 1). 
1' Eck, de C.ernay, en faisait, au rouleau, des im- 
« pressions fond blanc, d'une délicatesse extrême... 
« M. Jean Schlumberger jeune, de Thann, créait le 
i< le genre lapis fond cachou (3). ■> Enlin, plus taid, 
le cachou fut associé avec un succès prodigieux aux 
couleurs teintes en garancine et constitua l'élément 
fondamental de celle fabrication. Mais avant de 
parler de l'article garancine, il se place ici, par 
ordre de date, un genre qui eut un moment une 
grande importance, c'est celui appelé en « couleurs 
vapeurs » . 

(jes couleurs étaient fixées par vaporisage, comme 
l'indique leur nom, elles étaient à base de mordant 
d'alumine ou d'étain, et on y adjoignait comme 
colorants les extraits du bois, la cochenille et le 
cachou; les bleus qu'on y employait étaient des 
bleus de France au prussiate d'étain d'une grande 
fixité à l'air, mais supportant mal le savonnage. 

Celle fabrication prit surtout de l'extension lors- 
qu'on eut découvert (en Angleterre) le mordançage 
préalable des tissus à l'oxyde d'étain, préparation 
qui coniinuni(iue aux couleurs, qui y sont iin|.ri- 
mées, une grande vivacité et une fixité supérieures 
à l'action de l'air et du lavage. On ajoutait aux 
couleurs vapeur, contenant des matières colorantes 
exigeant une oxydation, des sels de cuivre el du sel 
ammoniac, et on favorisait l'aclion de cet oxydant 
par une suspension des tissus impiimés dans des 
étendages d'oxydation avant ou apiès le vaporisage. 
Mais plus lard, lorsqu'il s'agit d'imprimer ces mêmes 
couleurs au rouleau, le sel de cuivre qu'elles conte- 
naient attaciuait les racles et même les rouleaux de 
cuivre jaune, et l'on dut remplacer le sel de cuivre 
par le chlorate de potasse ou le prussiate rouge. f)n 
ne sait à qui attribuer l'emploi du chlorate de po- 
tasse dans l'impression. Ce sel. découvert en I78ii,[)ar 
Berthollet, ne fut bien connu qu'après l'éluile qu'en 
fit day-Lussac en 1814, mais son emploi dans l'im- 
pression ne date guère que des années IS;U) el sui- 

(1) Extrait du volume puljlié par la Société industrielle 
de Mulhouse Voir à la Bibliographie, 19Uî, p. 301). 
(2 Diiir/lei's l'nli/leclinixclies Journal, 11, n" I, 1015. 
{:JJ Pebsoz, tome III. p. 90, et tome IV, p. .300. 



vantes. Quant au prussiate rouge, son emploi avait 
été recommandé aux fabricants par Oirardin, en 
1828 (1). Ce sel n'entra guère dans la grande prati- 
(|ue que vers 18:!'.i-tH'iO. 

Malgré la perleclion atteinte dans celte fabrication 
par des maisons comme Hlech, Steinbach et Mantz 
et d'autres, on reconnut qu'elle ne répondait |)as, 
comme conditioirs de solidité, aux exigences de la 
vente couranic, et elle se restreignit peu à peu à la 
production des genres riches, sur tissus légei-s, 
s'adressant à une consommation plus élégante; elle 
persista dans cette vente jusqu'à l'arrivée sur le 
marché des couleurs d'aniline, qui vinrent détrôner 
les précédentes ])ar leur vivacité et leur fraîcheur. 

Un genre, qui se fit principalement en couleurs 
vapeur sur différents tissus, et qui eut un gr'and 
succès vers IS45, prit naissance dans la maison 
Dollfus-Mieg et C'', nous voulons parler des fondus 
ou ombrés, tant err bairdes qu'en objets; il se fil 
d'abord à la main, puis aussi à la perrotine et enfin 
au r'ouleau. 

La dc'l'aveur, qui vint frapper les articles imprimés 
en couleurs vapeirr-, détermina un retour vers la 
fabi'ication bon teint, et cette ère nouvelle s'ouvrit 
par- l'entrée en lice de la gar'ancine. Inventée, en 
1828, par MM. Kobiquet, Lagier et Colin, ce n'est 
guère que dix ans plus lard qu'elle entra dans le 
domaine de l'enridoi industriel (2), encore cetcmploi 
était il restreint à certains genr-es spéciaux, couverts 
et foncés où la mauvaise qualité du blanc ne se 
r-emarquait pas trop; et ce n'est réellement qu'à 
partir du moment où l'on sut obtenir un beau blanc 
dans les articles teints en garancine que ce genre 
de fabrication prit un développement considér'able 
et peut-être unique dans les annales de l'impr-ession ; 
c'est que l'obtention du blanc dans le cas dont nous 
parlons, dépend du concours de plusieurs facteurs. 
Elle exige, tout d'abord, un parfait blanchiment du 
tissu avant toute opér-ation, puis une teinture qui le 
charge le moins possible, ce qui s'obtient en ajou- 
tant à la garancine des astringents comme le quer- 
citron, le sumac. (La teinture des foulards de soie 
en garance et en garancine se faisait aussi avec ces 
additions, seulement on y employait de l'agaric, 
champignon tr'ès tannifèr'e et du son.) (tn ajoutait 
aussi du buis de Lima à la gar'ancine en même 
tem|>s (|ue le quer'citron et le sumac; le puce et le 
cachou y prenaient des nuances spéciales et dorées 
qui étaient très goûtées à la vente. On finissait le 
blanc en étalant la mar-chandise sur j)ré pendant 
deux ou tr'ois jours et même plus, opération coû- 
teuse, irrégulière et soirvent rendue impossible par 
les fumerons des cheminées (]ui venaient tacher les 
pièces d'une marriére indélébile, les souillures dues 
aux flcur's des ar-br-os, aux fientes d'oiseaux, etc. Tel 
était l'état de la question, lorsqu'on t8'i7 M. lîoyet, 

(i; Journal de pliarnmcir tome XtV, p. 295. 
(2) Perso/., tome III, p. :J1G. 



28 HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



de la maison Blech, SteinbacU et Mantz, imagina 
de plaquer les pièces teintes au rouleau avec du 
chlorure de chaux dilué et de les sécher aussi 
promptement que possible. Ou prétend que ce pro- 
cédé tut trouvé dans trois maisons en même temps : 
Blech, Steinbach et Mantz, à Mulhouse, Daniel Eck 
à Cernay et Schiumberger jeune à Thann. L'un pla- 
quait au rouleau et sécliait en mansarde ou 
chambre chaude, l'autre plaquait au foulard et sé- 
chait de même, et le troisième plaquait au rouleau 
et séchait au tambour à vapeur, introduit depuis 
cinq ou six ans en Alsace (I). Ce procédé ingénieux 
venait complélei- de la manière la plus heureuse la 
fabrication teinte en garancine et lui permettre le 
développement qu'elle ne tarda pas à prendre dès 
ce moment-là. On ajouta ensuite du bleu, puis plus 
tard du violet outremer au chlorure de chaux, alin 
d'obtenir un blanc plus flatteur, et celle manière 
d'opérer présenta l'avantage de pouvoir livrer aux 
opérations d'apprèl des [lièces qui n'exigeaient plus 
que le passage dans de l'apprêt incolore et uni- 
forme pour foules. L'industrie fut ainsi dotée 
d'un des procédés fondamentaux de la fabrication 
moderne. 

La maison Steinbach, Kœchlin et C" arriva la 
première, croyons-nous, à obtenir des teintes assez 
foncées de cacliou pour ])ermetlre des effets à deux 
nuances. Le secret de cette fabrication résidait, en 
grande partie, dans l'oxydation parfaite du cachou 
dans des élendages bien réglés. Au nombre des mai- 
sons qui se distinguèrent spécialement par la per- 
fection de cette fabrication, par la variété et la 
richesse des genres et des dessins, nous citerons 
MM. frères Kœchlin, Steinbach, Kœchlin et ('-''', 
Josué Hofer, J. ï^chlumberger jeune, de Thann, 
Daniel Eck, de Cernay. Plus tard, nous signalerons 
encore les genres imprimés à la perrotine, en 
réserve sous fond cachou, de la maison A. Scheurer- 
Rott, de Thann. L'article garancine prit une impor- 
tance telle qu'il lit, pendant nombre d'années, le 
fond de la production de l'impression en France. 

C'est à peu près vers celte môme époque que l'on 
se servit du silicate de soude jiour le dégommage. 

Avant de quitter la fabricalion par teinture, il est 
nécessaire de dire quelques mots de la flfur de 
garance, colorant inventé par MM. Julian cl Roquer, 
de Sorgues (N'aucluse:, et pour la découverte duquel 
la Société industrielle de Mulhouse décernait à cette 
maison une médaille d'or, en i8.H2. 

La fleur de garance n'est, au fond, que de la 
poudre de garance lavée à l'eau aiguisée d'un peu 
d'acide sulfurique et débarrassée ainsi des matières 
étrangères colorées fauves et autres, qui venaient 
contrarier les opérations de teinture en chargeant 
beaucoup le blanc el en ternissaient les couleurs en 
y ajoutant leur propre nuance. 

L'emploi de la fleur de garance permit la création 
de nuances plus fraîches et plus nourries, surtout 
pour les lilas; elle permettait aussi des bains de 
einture plus concentrés que la garance ordinaire, 
et économisait ainsi les frais de teintures obtenues 
en plusieurs fois. 

En ls5o s'Introduisit en France l'emploi de l'ali- 
zarine commerciale, inventée par M. Pincoff el 
portant son nom. Ci'élait de la garancine obtenue 
au moyen de la vapeur à haute pression et qui 
donnait de très beaux violets solides, en ne char- 
geant que fort peu le blanc. On pouvait y associer 

(1) Communication de M Martiu ZicyUr. 



du noir, ou du violet foncé au campèrhe avec une 
grande économie de matière colorante. 11 suffisait 
d'un passage en eau bouillante el d'un chlorage 
au rouleau ou au tambour pour finir la marchan- 
dise. Celte facilité de fabrication, jointe au bon 
marché de la teinture, amena un certain dévelop- 
pement dans l'emploi de l'alizarine commerciale. 
Mais les articles, pour lesquels on l'employa, res- 
tèrent dans le domaine de la fabricalion de second 
ordre. 

Mentionnons, cependant, qu'en raison du peu 
d'aflinité de l'alizarine commerciale pour les mor- 
dants autres que ceux de fer, il fut possible d'asso- 
cier au violet du chromale de plomb qui se purifiait 
facilement par des passages en savon et reprenait 
après releinture en bichromate et virage en chaux, 
sa vivacité naturelle. 

M. Camille Kœchlin arrivait, en 1869/71, à asso- 
cier ce même chromale de plomb à du rouge et du 
noir teint en fleurs de garance ou accompagnés de 
noir d'aniline. Cet article très brillant eut un grand 
succès. Le plomb était fixé, en même temps que 
les mordants, par addition de sulfate de soude dans 
le bain de dégommage. La particularité chimique 
intéressante de ce procédé est qu'il fallait teindre 
l'orange au chrome avant la teinture en fleur. Les 
oranges non chromés avant teinture ne valaient 
rien. Ce genre aurifère fut traité d'un grand nombre 
de façons : en imprimant des sels de plomb en 
même temps que du rouge vapeur à l'alizarine ou 
à l'extrait de garance — les virages se faisaient après 
vaporisage — ou bien encore en imprimant direc- 
tement de l'orange de chrome à l'albumine, le rouge 
étant à l'alizarine et vapeur, et le noir à base 
d'aniline par oxydation. C'est de cette époque que 
date aussi l'emploi de l'émétique dans les couleurs 
à base de plomb destinées à être vaporisées (l'émé- 
tique empêchant la sulfuralion qui se produisait 
surtout dans les genres ayant beaucoup de noir 
d'aniline, noirs faits encore en sulfure de cuivre et 
par oxydation, puis vaporisage en doubliers passés 
en craie ou cristaux de soude). 

Signalons aussi les beaux fonds accompagnant du 
puce el du rouge, produits par la maison Steinbach, 
Kœchlin et ('."' par fixation d'extraits de bois jaune 
ou de graine de Perse au moyen d'un mordant de 
nitrate de chrome el par Icinlure subséquente en 
garancine. Le blanc était obtenu par un rongeant 
sur ces mêmes fonds. 

l'our en finir avec les ailicles teinls, nous par- 
lerons encore d'un |)erfeclionnement apporté à celle 
fabrication dès 1830, croyons-nous, par l'esprit 
inventif de M. Henri Schlumbergei' ; cet habile 
chimiste eut l'idée de faire accompagner les pièces 
en teinture d'un échantillon imprimé en couleur 
foncée, par exemple des bandes puce ou rouge, très 
difficiles à saturer et de la nuance desquelles il dé- 
duisait l'étal de saturation des pièces el jugeait si 
une releinture était nécessaire. On comprendra 
l'importance de celle manière d'opérer, lorsqu'on 
saura que les pièces une fois savonnées ne peuvent 
plus subir de releinture, qui chargerait le blanc 
d'une façon indélébile, el que l'on n'avail avant 
cela d'autre moyen de reconnaître si' des pièces 
étaient suffisamment saturées de maliére colorante 
ou sursaturées qu'en en finissant des échantillons, 
opération longue et coûteuse. 

Nous abordons maintenant une nouvelle fabri- 
calion qui se développa promptement et rendit de 
grands services à l'industiie de l'impression : c'est 



HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 29 



celle de la fixai ion des malières minérales colorées ( i), 
insolubles au moyen de l'albumine. Des rensei- 
gnemenls particuliers, dus à M. Louis Gonin et à 
M. Droquelte, ancien imprimeur de tissus à Billan- 
court, permettenl d'aflirnier (pie li>s picmières 
applications industrielles du idanc dd'uf otit été 
faites en teinture unie au l'oulard à Itillancourt par 
M. J.-F. Gonin père, de Rouen. Il lixail des gris 
charbon au noir de t'uniée par un ou plus-ieurs pas- 
sages au large sur une cuvée d'eau bouillante. Ces 
articles, coutils ilil pour pantalons) étaient vendus 
comme gris indélébile; ils ont ligure à rKxposilion 
des produits de l'industrie française en 182), où 
•L-F. Gonin obtint une médaille d'argent. Ce n'est 
(lu'après cette application de l'albumine à la tein- 
ture que le Tnènie produit servit à lixcr les couleurs 
d'impression chez M. r!ro([uelte, qui communiiiua 
ensuite le ]>rocédé à M. Blondin, à la Glacière près 
Paris (2). On se ligure diflicilement aujourd'hui le 
succès de ces impressions en bleu outremer qui en- 
levaient l'acheteur par une vivacité et une résistance 
à la lumièie inconnues jusque-là; on y adjoignit 
bientôt d'autres couleurs, comme la terre de Sienne, 
l'ocre, le noir de fumée, le jaune de chrome et 
jusqu'à des laques, parmi lesquelles liguraient la 
laque puce de l.ima et celle de cochenille à l'étain. 
Le carmin ne lit son apparition ipie bien plus tard, 
vers 1800. On eut ainsi à sa disposition loule une 
gamme de nuances permettant limitation des genres 
garances enluminés, auxquelles on associa aussi 
des fonds au cachou ou aux extraits de bois fixés 
après vaporisage par un i)assage en bichromate de 
potasse. 

La maison frères Kœchlin obtenait, vers ls:i:i, 
de très belles imitations de carreaux soierie en 
imprimant sur des bandes, en puce et dllfèrents 
tons de cachou, ou bien encore sur des lilas, préala- 
blement teints en garance ou garancine, des ti'avers 
en blanc de zinc lixé à l'albumine et dont la gravui'e, 
imitant un grain du tissu, dégradait en clair les 
nuances primitivement fournies par la teinture. 

En 1833, le comité de chimie, par l'organe de 
M. Daniel Dollfus fils, enregistrait en ces termes la 
première application de la murexide : « L'apparition 
i< d'une nouvelle matière colorante est un fait rare 
« et important dans l'histoire de la teintuie et de 
i< l'impression des étoll'es, aussi appellerai-je louti; 
« votre attention sur la découverte dont M. Albert 
« Schlumberger vous a entretenus. C'est à M. le 
" D'' Sace ([uc 1 industrie est redevable de ce nou- 
" veau procédé, c'est à lui que revient l'honneur 
1. d'avoir, le premier, produit sur tissu de laine, une 
" magnifique couleur amaranlhe au moyen de la 
" transformation de l'alloxane pai' la chaleur... (3) » 

(1) Ihillelin de la SucU'lé iniluslrielle, 18o3, p. 121, note. 

(2) Bullelin de la Hociélé industrielle de Rouen, 1875, 
p. 188. 

(3) Il y a un deuii-fièclc que l'on saluait avec joie 
l'apparition d'uue nouvelle couleur ; aujourd'fiui, la 
science a fait de tels progrès et sou esprit s'est si bien 
emparé de l'industrie que, tout d'ahord, le nombre do 
chiiuistes industriels a considérablement augmenté et, 
par suite, le nombre de découvertes. Nous voyons dons 
la Kevue dt-s ma/ièrex cjluranles ^IS'JO, p. 120) que ilaus 
l'usine de l^udwigshafcu, p&r exemple, il est découvert, 
par chaque chimiste et par jour, une moyenne de quatre 
matières colorautcs nouvelles. Ajoutons, de suite, que 
sur mille de ces nouveaux corps, on en compte un ayant 
quelque valeur industrielle, et il faut compter deux mille 
cinq cents à trois mille des nouveaux composés pour 
avoir une matière d'une importance réelle. 



Nous ignorons si la teinture de la laine a exploité 
grandement la nnirexide. Mais peu d'années après, 
en 1830, iM. Charles Lauth arrivait à la fixer sur 
coton, par teinture, sur un mordant de plomb; un 
nouveau perfectionnement fut introduit à cette 
fabrication par M. Isaac Schlumberger, pendant son 
séjour dans la maison Dollfus-Mieg et (.'" ; il con- 
sistait à imprimer une solution de murexide, en 
même temps (|u'un sel de plomb, à fixer dans une 
atmosphère d'ammoniaque et à transformer le pur- 
purale de plomb, formé sur le tissu, en purpurale 
de mercure par un passage en sublimé coiiosif. La 
nuance s'avivait beaucoup par celle transformation, 
mais outre que ce passage en sublimé corrosif était 
dangereux pour les ouvriers chargés de le faire, le 
pourpre de murexide n'avait que fort peu de résis- 
tance à la lumière et son succès, assez vif un instant, 
fut éphémère. 

En 1!>38, nous voyons paraître sur le marché le 
vert à l'oxyde de chrome, ajipelé vert Guignet. du 
nom de s(mi inventeur, et dont la nuance délicate 
et pure n'a été égalée depuis lois que par l'éclat det 
verts dils d'aniline (ou a]tpelés telsi. (]e vert lit 
sensation, sa solidité à la lumière et au savon éga- 
laient la valeur de sa nuance. Son emploi rendit un 
nouvel élan à l'emploi des couleurs fixées au blanc 
d'ieuf, qui ne tarda pas à atleindre des |)rix exor- 
bitants. Ou tenta de le remplacer par la caséine et 
le gluten. 

La caséine se fixait de diver'ses manières : par 
dissolution à l'ammoniaque, ou par le borate de 
soude, ou encore par un sel de chaux ou un lait de 
chaux. 

Le glulen, qui s'est trouve dans le commerce à 
l'élat Irais et aussi en plaques (celte qualité portait 
le nom do lucine et était labiii[uée par M. André, 
d'après M. Liès-Bodard, de Strasbourg), se fixait 
également de diverses façons ; l'un des procédés 
consisiait à mélanger le gluten avec du saccharate 
de chaux ; ce procédé convenait spécialement aux 
couleurs insolubles et sensibles aux acides, comme 
l'outremer, etc. Par contre, les couleurs d'aniline 
solubles à l'alcool ou à l'acide acétique étaient mé- 
langées à du gluten, rendu soluble dans l'eau par 
l'addition d'un centième d'acide chlorhydrique. Ce 
procédé est dû à >L Oscar Scheurer, de la maison 
Schcurer-Bott, de Thann. 

iMais c'est l'albumine du sang qui, essayée pour la 
[iremière fois en 1836, en fin de compte, est restée 
seule dans la consommation courante, comme suc- 
cédané de l'albumine d'œnfs. 

.Mentionnons, en passant et par ordre de date, 
l'emploi que fit M. .Mathias Paraf- .lavai, en 1S37, de 
la diastase pour enlever la fécule ou l'amidon aux 
I issus apprêtés avec ces matières, procédé pratique 
et fort utile, dont l'application est restée courante 
depuis lors. M. G. Schœfl'er, dans son rapport du 
comité de chimie, sur la communication de M. Paraf, 
mentionne que la maison Sclilieper et Baum, d'El- 
berfeld, ajoutait de la diastase au bain de dégom- 
mage, afin d'enlever l'épaississant qui accompagnait 
les mordants et dont une partie persistait sur les 
tissus ai)rès un dégommage ordinaire, mais que 
l'action de la diastase était nuisible à la richesse des 
nuances. 

En 1830, la maison Guinon, de Lyon, offrait à la 
vente, sous le nom de pourpre française, une laque 
d'orcéine à la chaux et donnant, par un traitement 
à l'acide oxalirpie, une dissolution de matière colo- 
rante, dans laquelle M. Camille Kœchlin eut l'idée 



30 HISTOIRI' DOCLMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



de teindre des tissus imprimés en albumine et qui 
avait préalablement été coagulée par le vaporisage. 
Cette teinture fournissait des violets d"une très 
belle nuance se rapprochant de celle du violet 
Perkin qui, du reste, vint peu de temps après dé- 
trôner la pourpre française et ouvrircetle ère féconde 
des matières colorantes arlilicielles, au développe- 
ment de laquelle nous assistons depuis lors. 

Mais bientôt, l'emploi de ces couleurs qu'on fixait 
primitivement à l'albumine, fit découvrir un nou- 
veau fixateur, présentant sur celte dernière l'avan- 
tage de ne communiquer, après lavage, aucune 
raideur aux tissus sur lesquels elles étaient im- 
primées : nous voulons parler du tannin. 

Étant en Angleterre, au printemps de 18(>t, nous 
eûmes l'occasion de rendre visite à .M. Crai-e Calverl, 
alors professeur de chimie à l'Inslilut Royal de 
Manchester. Ce chimiste distingué nous montra que 
les dissolutions des nouvelles matières colorantes 
étaient précipitées par une dissolution de tannin. 
Ce[lc réaction venait d'être découverte dans son 
laboratoire et n'en était point encore sortie. Elle ne 
larda pas à se répandre, mais l'emploi du tannin 
ne devint général qu'au moment où l'on sut com- 
muniquer à la laque ainsi formée une insolubilité 
suffisante par un passage en émélique. Ce perfec- 
tionnement qui est d'une importance capitale pour 
la fabrication à base de tannin, est dii à .M. Thomas 
Brooks, de la maison Bulterworth et Brooks, à 
Manchester. C'est en ISOI qu'il l'appliqua, et ce 
procédé permet de rendre les tissus propres à rece- 
voir à la fois, par les opérations subséquentes de 
fixation et de teinture, les couleurs d'aniline ou 
d'alizarine. 

Dans sa séance du 'M) novembre 18(iî, la Société 
industrielle, par la voix de son rapporteur .M. le 
U'Penol, décernait une médaille d'honneur en or 
" à M. Runge qui le premier a appelé l'attention du 
1. monde sur les produits colorés de l'aniline, et 
• quatre médailles doi- à MM. Béchamp, Perkin, 
" Hoffmann et \'erguin, dont les travaux ont 
•i permisde donner à ces matières colorantes l'usage 
" si étendu qu'elles ont trouvé dans ces derniers 
" temps (I) ». 

Ainsi, dans l'espace de peu d'années, la production 
de nouvelles matières coloranles avait pris déjà un 
essor considérable, puisqu'en 1865, il existait, à côté 
du violet Perkin, le rouge de rosaniline, appelé 
fuchsine, et le violet Hoffmann ; la préparation de 
ces deux dernières malièies colorantes ouvrait cette 
voie si féconde suivie depuis, en fournissant des 
méthodes nouvelles pour leur production. 

En IKOO, M. Durand eni|)loie le zinc métallique en 
poudre dans la fabrication de réserves blanches sous 
fonds unis teints en rouges magenta et solférino. Ce 
même zinc sera plus tard employé en très grandes 
quantités pour les cuves à indigo. 

Jusqu'ici nous n'avons parlé que de l'impression 
sur coton. Nous allons consacrer quelques lignes à 
l'impression des tissus de laine, de soie, de chaîne 
colon, qui, relativement aux quantités, n'ont joué 
qu'un rôle secondaire, mais dont la fabrication était 
néanmoins des plus inléressautes. Nous continuerons 
notre exposé jmr l'examen d'une des plus étonnantes 
conquêtes de la chimie moderne, des noirs d'aniline. 

L'impression des tissus de laine date de loin, 
puisque -Macquer, dans son Diclionnaire de chimie 

(\) Bulletin de la Sociélé industrielle de Mulliouse, 
18G4, p. 498. 



dit, qu'en 1878 déjà, on imprimait des matières colo- 
rantes sur les différents tissus (1;. En 1810, la maison 
Dollfus-Mieg et C'% sous la direction de M. Georges 
Dollfus, imprimait des mérinos imitant les châles 
cachemires (2i et, en 1810, la maison Haussemann, 
du Logelbach, avait cent tables imprimant de la soie 
et exposa en 1810, à Paris, des châles cachemires. 
Cette fabrication présentait de grandes difficultés, 
tant à cause du nombre restreint de matières colo- 
rantes dont on rtisposail, que du peu de connais- 
sances qu'on avait des conditions d'un bon vaporisage 
et de l'état hygrométrique le plus favorable à la 
fixation des couleurs. C'est grâce aux recherches de 
MM. Georges Dollfus, Haussmann et d'un nommé 
Loffet, de Colmar, que l'on arriva à perfectionner 
cette opération, si délicate en elle-même, et qui prit 
dans les fabriques une importance de plus en plus 
grande, à mesure qu'elle acquit plus de r.gularité. 

En parcourant les collections d'échantillons réunis 
au Musée industriel de .Mulhouse, on y trouve des 
laines et des soies imprimées de 1830 à 1837 par 
M. Harlmann-Liebach, de Thann, qui, avec le con- 
cours de M. Félix Lefèvre, airiva le premier à fixer 
les couleurs vapeur sur des tissus légers de laine que 
lui fournissait la maison Beraoville, de Saint- 
Quentin 3 . 

Nous y trouvons aussi, à la date de I.S33, des 
échantillons provenant des maisons Schlumberger, 
K.œchlin et C'' , Josué Hofer, Dollfus-Mieg et C''; en 
1833, des impressionsàla main et àlapctrntine notons 
le dernier lait;. Enfin, en 1841, celles produites au 
moyen de la même machine par la maison Nicolas 
Rolt et C/\ 

A partir de ce moment, l'impression des tissus de 
laine ne fait (jne se développer. L'arrivée sur le 
marché du carmin d'indigo et l'emploi des laques 
il847), eu lieu et place des extraits de cochenille, 
d'orseille, de bois jaune, etc., invention due à 
M. Broiiuelte, de Paris (18k>!, porta l'impression de 
la laine, à la main, à un haut degré de perfection. 

Nous citerons les beaux dessins de robe sur divers 
tissus de laine de la maison Blech, Steinbach et 
Mantz, plus lard Steinbach, Ka'chlinel ('.'', les châles 
et meubles laine de MM. Thieriy-!Mieg et (;"=, etc. 

Vers 1848 ou peut-être avant déjà apparaît la 
chaîne coton, tissu qui, par la double nalure de ses 
éléments, présenta de grandes dillicultés de fabri 
cation : il s'agissait de trouver des couleurs se fixant 
également bien sur coton et sur laine. (»n tourna la 
difliculté par des préparations animales, comme la 
caséine qui communiquait au colon ceitaines des 
affinités spéciales de la laine pour les matières colo- 
rantes, et par des mordançages préalables des tissus 
à l'albumine, mais plus spécialement au staniiatc de 
soude sec, préconisé par Mercer en IsiO, ou au sul- 
fate d'étain. 

On évita certains accidents, comme le cuivrage- 
par l'emploi de doubliers chaigês de matières absor- 
bantes, saturantes et désulfurantes. Cet emploi s'éten- 
dait à tous les articles, soit de la laine pure, soit à 
ceux contenant celle fibre associée à d'autres textiles. 

(1) Persoz, loiue II, p. 130. Si l'ou remonte plus loiu- 
nous trouvons, entre autres, dans uu inventaire du 
raobllier de la mère de Molière en 163:i ^.\^cbives de la 
Coniédie-l''rançaise à Paris', la mention d'un rideau de 
serge jaune imprimée, ce qui prouve qu'à cette époque- 
là on imprimait déjà de la laine. -V. T. 

(2) Idem, tome IV, p, 215. 

(3) Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, 
\ST,, p. 2li. 



HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRON'S. 31 



l.a chaîne colon eut un grand succès, mais il fui 
éphémère parce que le teinl des couleurs élail insul- 
(isanl au savonnage, (^c qui en avait aidé l'essor, 
c'était précisément l'emploi de la peiroline <|ui avait 
permis d'en obtenir l'impression à un prix lelalive- 
menl bas; la réussite était à peu près semhlaMu a 
celle de l'impression à la main, grâce à la faculté 
quoiïre cette machine de cliaiger le tissu d'une grande 
quantité decouleui- par un réappliiiuage successif sur 
la même pai'lie de tissu. La laine au rouleau ne 
réussit bien, en fonds foncés, i|u'à partir du jour où 
l'on eut à sa disposition les couleurs d'aniline. 

La fabrication de la mousseline de laine remit en 
usage le chlorage de la laine qui. d'après M. ('•onin, 
avait été déjà employé, en 18 lO, à Primrose, par 
Thomson (I). Lighlfool indiqua plus tard une méthode 
indiquée en détail dans Uepikhuk, Traité de l'impres- 
sion, tome m, page 20. Enlin, de nos jours, Pokorny 
appliqua le chlorage pour fabriquer l'article chaîne 
colon 2) et l'éussit à donnera cet article l'apparence 
de la mousseline de laine. 

Mentionnons encore, parmi les articles spéciaux 
imprimés sur tissus de laine pure, une iniïénieuse 
fabrication des tissus pour le .lapon, qui fut imaginée 
vers IHIJ" dans la maison Krères Ueilmann, d(! 
Mulhouse. Les dessins riches, à la main, portaient 
tous celle particularité, que les objets principaux 
étaient contourés de blanc et que cet effet ne pouvait 
être obtenu que par l'impression piéalable d'une 
réserve, dans laquelle venait s'encadrer toutes les 
autres couleurs et qui devaient, par conséquent, les 
réserver toutes. De plus, ces objets étaient eux- 
mêmes formés par des ombies, suivant la direction 
exigée par l'objet qu'ils devaient former, allant, par 
conséquent, dans tous les sens, avac une variété 
inlinie de nuances. Celte réserve, Irouvée par 
M. Retting, était à base de poudre de zinc (3) : on 
imprimait aussi des dessins au rouleau à une couleur 
à fond chargé, en violel parme ou en ponceau. 

Eu ISOO, la maison A. Sclieurer Rott et Mis, de 
Thann, imprimait ces mêmes articles riches au rou- 
leau, avec des contours réservés par la gravure ; mais 
les effets obtenus portaient moins de douceur d'aspect 
que ceu.x obtenus par l'impresâion à la main. 

(1) Dulteliii de la Suciéte industrielle de Ruuen, 188-2 
p. 4G1. 

(2) Bullelin de ta Société industrielte de Mu liousc, 
1900, p. 112. 

i:)l Relativement à l'applicaliou du zinc en poudre, 
qu'il nous soit permis d'ajouter quelques reuseignenients 
historiques inédits : 

.\l. Uuraud, chiuiiste de la maison Clavel, de Bàle, 
savait que le gris d'ardoise, employé pour la pciuture du 
fer, provenait des mines de zinc du la Vieille-Montagne. 
11 eut ridée de l'analyser et vit bientôt que celte poudre 
décomposait l'oau à l'ébullition. L'analyse montra que 
celte poussière était formée de mélange d'oxyde de zinc 
et de zinc métallique qui, vus au microscope, ressem- 
blaient à de la grenaille de plomb. Il se rendit alors aux 
usines de la Vieille-Montagne, trouva que les poudres des 
traînasses de cheminées étaient composées de zinc pres- 
que pur. Il appliqua alors la poudre de zinc à lenlevage 
en impression et à la préparation des cuves d'indigo. 
M. Durand soumit, en 18Gi, pour la première fois, à 
-M. HofuKinu. alors professeur à Londres, de la poudre 
de zinc et Gt devant lui une transformation de rosaniline 
en leucauiline. Il l'appliqua plus lard à la préparation de 
la safraninc. EnOn, l'introduction de la poudre de zinc 
dans les méthodes chimiques devait avoir la plus haute 
portée, car A. B:eyer eu fit une mélhode de réduction 
bien connue, qui amena Graphe et Liebermann à réaliser 
la synlhésc de l'aliz3.riue. J. D. 



IJiqmis celte épo(iue. la fabrication de la laine se 
lit liiez presque tous les fabrii'anls et fut surtout 
favoiisée pai' la multitude de couleurs nouvelles que 
la chimie fournil à la palidle du coloi-isle. 

(lomme nous rindii|uions précédemment, nous 
abordonsmainlcnant l'élude d'une des matières colo- 
rantes (jui a occasionné le plus de recherches, tant 
dans le domaine de la science pure (|ue dans celui de 
l'industrie. 

Cette couleur, l'une des plus remaaiuables et des 
plus importantes entre celles dérivées de l'aniline, 
tant à cause de sa résistance à la lumière et aux 
agents chimi(|ues qu'à la facilité de sa formation, et 
à son prix de revient modicine, e>l le noir d'aniline. 
Il s'obtient par l'oxydation directe des sels de cette 
base, préalablement imprimés sur tissus en présence 
de chlorate de potasse et de sels métalliques (cuivre, 
vanadium, cerium, etc.). 

« Il résulte des renseignements recueillis par la 
<< Société industrielle que c'est à « M. ,lohn Light- 
<' foot, d'Accringlon, qu'en est due la découverte. Le 
Il procédé de ce chimiste fut brevelé en « France, en 

< janvier 1803 .Mais celle couleur, adoptée dès 

«' l'abord en Anglelerre, en Suisse et en France, ne 
■' larda pas à être aI)andonnée en Alsace d'une 

< manière pres(|ue complète à cause des inconvé- 
" nienls très giaves que présentait son application. 
" Knelfet, lacouleuratlaquait la racle elles rouleaux. 
« ulfaiblissait considérablement la libre du tissu et ne 
" conservait pas très longtemps à la température 
f ordinaire... En rempla(;anl dans la couleur le 
" sel de cuivre par le ferricyanure d'ammonium, 
" .M. Cordillol diminuait notablement l'aU'aiblis- 
" sèment du tissu et évitait l'attaque de la racle et des 
« rouleaux. .Mais malheureusement, la couleur de 
« .M. Cordillot était plus chère, ne se conservait que 
" peu lie temps et s'oxydait à une température qu'il 
<' est généialemenl diliicile d'obtenir dans les élen- 
" dages ordinaires des bandages d'indiennes. 

" Tel élail l'élal de la question au moment de l'ap- 
" parition du procédé Lauth considéré comme le plus 
" pratique, le plus iiulustriel de tous ceux qui ont 
" été pioposésjus(|u'à cejour.... Cette mélhode repose 
" sur l'idée heureuse d'imprimer avec le sel d'aniline 
" et le chlorate de potassimn, un composé de cuivre 
" insoluble et, par conséquent, sans action sur les 
" racles et les louleaux. >: 

L'emploi du sulfure de cuivre est resté depuis lors 
danslai)rati(iue générale. Cependant, il est des indus- 
triels qui lui substituent des composés de vanadium, 
dont les doses « homéopahiiiues » ne présentent pas 
les inconvénients des sels de cuivre. (l'csl encore à 
.M. Lightfoot qu'on doit l'idée de l'emploi des sels de 
vanadium ; mais c'est aux intéressants travaux de 
('■eorgesWilzque l'ondoil la vulgarisation de l'emploi 
de ce métal. 

l'ourlanl. au milieu de cette éclosion de nouvelles 
matières colorantes, dont le peu de résistance à la 
lumière était l'une des caractéristi(jues, la garance, 
avec ses teintes solides, ne restait pas oubliée. Des 
chercheurs infatigables tâchaient d'en isoler la 
matière colorante alin d'arriver à la lixer sur coton, 
par vaporissage, simultanément à d'autres couleurs. 

Les premières tentatives dataient de loin; en 1837. 
M. Gastard, chimiste de la maison Stackler, de 
Rouen, avait pris un brevet pour l'aïqdicalion, sur 
tissu moidancé en alumine, d'un extrait de garance 
à l'alcool qu'il a|)pelait « culorine ». Cette fabrication, 
malgré les résultats satisfaisants qu'on en obtint, dut 
être abandonnée à cause du prix élevé de la colorine, 



32 HISTOIIIE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



En 1841 , M. Camille Kœchliii proposait de préparer 
lalizarine par subliiiialion en présence de la vapeur 
d'eau surchauffée. Mais la majeure partie de la 
matière colorante restait dans la poudre de garance 
soumise à l'expérience, et celte perte rendait trop 
cher le prix de i'alizarine obtenue. 

MM.Gerber-KelleretCh. Dollfus-Galline mettaien 
sur le marché, en 1833, un extrait de garance à l'al- 
cool mélhylique, qui partagea le sort des extraits 
alcooliques obtenus précédemment. 

MM. Verdeil et Michel, de Paris, brevetaient, en 
1837, un nouvel extiait à l'alcool formé par l'action 
de ce véhicule sur un extrait produit par un premier 
traitement de la garance par les alcalis et précipi- 
tation parun acide. Celte manière d'opérer présentait, 
sur l'extraclion directe, l'avantage d'une grande éco- 
nomie d'alcool. Malgré cela, l'extrait de M.M. \ erdei! 
et Michel, qui élail du reste fort impur, revenait 
encore à un prix inabordable à l'industrie courante. 

Sur ces entrefailes, .\1. Albert Hartmann, de Mul- 
house, arrivait (183Ui à employer pour l'impression 
l'extrait ordinaire de garance a l'alcool en dissolu- 
tion dans de l'eau de savon concentrée, et qu'il 
imprimait sur tissu niordancé en alumine pour le 
rouge et le rose. Il prenait un brevet pour l'obten- 
tion de violet garance sur tissu non niordancé: 
il était le premier qui fût arrivé à produire celle 
nuance. Mais la maison Schwartz et Huguenin, où 
celte fabrication avait pris naissance, l'aliandonna 
bientôt, probablement toujours pour la même rai- 
son : le prix trop élevé de l'exliait. 

Ce n'est qu'à partir de l'apparition des beaux 
extraits de garance, préparés par MM. Schaaf et 
Laulh, de Strasbourg, d'après le brevet de M. Emile 
Kopp (I86âi, que l'application [lar vaporisage de la 
matière colorante de la garance, entia dans le 
domaine de la grande fabrication. 

L'alizarine jaune, de M. Kopp, permeltrail, en 
effet, par sa pureté et son prix relativement bas, la 
|)roduction de rouges, de roses et de violets sui' 
tissus non mordancés, et la maison Scheurer Rolt, 
Thann, put exposer à Paris, en 1807, des pièces de 
diverses fabrications, piélevées sur sa production 
courante, où les couleurs aux extraits de .M. Kopp 
étaient, ou non, accompagnées de couleurs vapori- 
sées et chromatées, imprimées simultanément au 
rouleau 1. 

La même année parut un autre extrait se rajipro- 
chant de l'alizarine jaune, préparé par .M. Pernoil, 
d'Avignon, et qui trouva bientôt sa place dans la 
consommation. Outre ces deux extraits, nous devons 
aussi mentionner l'extrait de Brosche qui donnait 
de beaux résultats, mais était trop cher, et l'ex- 
trait de Duncan, de Manchester, qui servait s|ié- 
calement à la teinture. Entîn, l'extrait à l'alcool 
étendu d'eau et à haute pression de M. P. Schiitzen- 
berger, fabrique par la maison Meissonier, de Paris, 
dont il conserva le nom, vint remplir les desiderata 
des fabricants, en leur mettant entre les mains un 



I) KjiPPEUN {Annales du génie civil, 18G8, Blancb:- 
lueut, etc., p. 121) rappelle que les travaux antérieurs 
des chimistes français eut préparé, par la fabricaliou de 
divers extraits, la voie qui a conduit le fabricaut d'io- 
dicnue à ce risultat, dû à M. Oscar Sctieurer, de Thann. 
C'est là le progrés le plus grand et le plus saillaut qui se 
soit réalisé jusqu'à ce jour (180" dans l'industrie des 
toiles peintes, et la révolution que cette belle découverte, 
dont l'origine est essentiellement frauç.-iise, occasionnera 
dans les procédés de teinture et d'impression sera tout 
à l'aTantage de celle belle industrie. J. D. 



produit spécialement favorable à la production du 
rouge. 

Ces deux extraits, dont l'un servait pour le rouge, 
tandis que l'aulre se prêtait plus particulièrement à 
l'obtention du rose et du violet, furent employés 
concuiremment jusqu'à l'apparition de l'alizarine 
artilicielle en 1SG9-70. 

Le développement successif de la série des ma- 
tières colorantes arlilicielles se fixant par vapori- 
sage, apporta une grande simplicalion des procédés 
usités jusque-là dans les fabriques d'indiennes pour 
les articles de coton et, dès lors, aussi une diminu- 
tion dans les prix de revient. La facilité relative de 
la fabrication enleva, en partie, le cachet personnel 
si marqué auparavant et spécial à la marchandise 
de chaque maison qui constiluait son style et son 
éliquelle luette originalité se réfugia, des lors, dans 
la recherche du dessin et l'assemblage des coloris. 
11 suffit de rappeler les beau.x dessins meubles dos 
maisons Sleinbach, Kœchlin et Thierry-Mieg, de 
Mulhouse, et de .M.M. Gros, Roman, .Marozeau, de 
Wesserling. La maison Thierry-.Mieg, ressuscita avec 
un goùl spécial et un succès mérilé les anciens arti- 
cles de Jouy ; d'autres maisons suivirent celte im- 
pulsion el en 1S70, M.^I. Scheurer-RoU et C'" expo- 
saient à .Mulhouse des imitations de velours de 
Gènes d'un elfet de relief saisissant. Notons encore 
les imitations de gobelins des mêmes fabricants, 
ainsi que MM, Kd'chlin Baumgartner, Wihelm Frey. 
et les fleurs fantaisie sur un tissu très heureux genre 
momie de la maison de Weiss-Tries. 

La fabrication subit, de ce moment, de grandes 
modifications, dues non seulement aux récentes 
décomerles, mais aussi au profond chaniiement 
qu'amena la nouvelle situation économique de 
l'Alsace. 0. S. 



CHAPITRE 111 
Historique de lindienne de 1870 à 1900. 

Mulhouse, berceau de l'impression des tissus en 
Alsace, puis métropole incontestée de l'industrie 
cotonnière dans cette province, a plus que n'im- 
porte quelle cité, subi l'influence des événements 
politiques : tantôt ville libre, t;intôt centre du com- 
merce français pendant le système continental, 
puis limite extrême du même commerce depuis la 
Iteslauration jusqu'à la fin du second Empire, Mul- 
house a dû traverser, à la suite des terribles événe- 
ments de 1870, une crise des plus dangereuses. 
Depuis celle époque néfaste, le marché Irançais lui 
est fermé presque complètement, des relations séiu- 
laires lui font brusquement défaut. Sa situation 
économique lui impose de chercher de nouveaux 
débouchés, d'apprendre a connaître les besoins 
d'une consommation qui jusqu'à ce moment trou- 
vait pleinement à se satisfaire, enfin de se conqué- 
rir une position sur un terrain où la place lui est 
disputée avec acharnement ; à tous ces aléas, vinrent 
s'ajouter l'augmentation de la main-d'œuvre due à 
l'émigration, le renchérissement du combustible, 
les modifications nombreuses à faire dans le maté- 
riel pour produire plus et à meilleur riiarchè. 

.1 suivre.) 

Le Dircdeur-Gérant : L. Lefêvre. 



Imprimé i Corbeil pjir Éd. Chefs, sur papier alfa fibriqué 
spécialement pour la Revue. 



REVUE GÉNÉRALE 

DES 

MATIÈIIES COLORANTES 

ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 



7° Année 



N" 74. — Tome VII 



1" février 1903 



ETUDE SUR LA PARA- ET LA iMETA-RHODAMINE 

Par MM. E. NŒLTING et Ad. PAIRA. 



Vu la grande importance de la rhodaniine et 
ses propriétés tinctoriales, il nous a semblé 
intéressant de préparer ses isomères. La rhoda- 
niine obtenue lors de la fusion de l'acide phta- 
lique anhydre avec le dimétlij'le-w(-aminophénol 
peut être considérée comme phénylpyronine- 
ortho-carbo.xylée ; 



=N(CI|3)SC1 



// 



^<^3n(CHJ)2 



Pyroniiic. 



<( ^=:N(CH3;^C1 
l*hL^uyljn rouille. 



'— COt)H 



\ p.-N(CH3)2 

Rliodaralne = pliényl|iyronilie-arlbo-carboxyl{e. 

Pour arriver aux deux isomères : 
COOH 




=N(CH3)2C1 et 
.N(CH3)2 



,^<C3=N(CH3,.>C1 



à la para et à la méia-rhodamine, nous avons 
condensé les nitrobenzaldéhydcs avec le dymé- 
thyl-méta-aminophénol et obtenu les nitrophé- 
nylpyronines. Les groupes nitro réduits en 
amino sont diazotés et transformés en CN. 
Ces dérivés donnent par saponification les phé- 
nylpyronines carboxylées, qui ne sont autre 
chose que les isomères de la rhodamine ordi- 
naire. 



l'rrjxivdiinn du (Irriré Irl rdiiu-lhi/lilliiiiiiniiili- 
o.r ;/-[>.- Il i /r(i/riji/ir II I////U'/ /ni III'. 




Nous basant sur les indications du brevet 
allemand Cn'i']', Tréd. Bayer et C", Elberfeld) 
qui décrit les condensations des aldéhydes avec 
les méta-aminophénols, nous avons fait réagir 

7,5 gr. de para-nitrobenzalfléhyde (I molécule) sur 
13,7 — de diméthylujt.-ta-aiiiiuopheDol (2 molécules). 

PU solution alcoolique en présence de S^'' de 
chlorure de zinc anhydre, en chaulTant pendant 
3 à 4 heures à l'ébullition. La solution prend 
une coloration rouge et en la versant dans de 
l'eau, on obtient un précipité rouge, soluble 
dans les acides et les alcalis. 

Pour transformer ce dérivé dioxy eu pyro- 
ninc, c'est-à-dire pour en enlever une molécule 
d'eau, nous avons opéré d'après les données du 
brevet de Léonhardl^t C'' (d. h. i>. ir6,".). Le 
produit est introduit à basse température par 
petites portions dans.') parties d'acide sulfurique 
concentré, puis on chaull'e pendant quelques 
heures à UO-'Jo°, verse le mélange sur de la glace 
et précipite la base nilrée : 
Nui 




)arrammoniaque. En opérant de cette façon, on 
jblient une leuco-base déjà en partie oxydée; 

3 



3 4 E NŒLTING et Ad. PAIRA. — ÉTUDE SUR L.\ PARA- ET LA MÉTA-RHODAMINE 



elle est violelle, facilement soluble dans les 
acides, insoluble dans les alcalis. 

Les dérivés éUnliques ont été préparés en 
substituant au diniéthyl-méta-aminophénol le 
diélhyl-méta-aminophénol. 

O.ri/i/d/ion (h- la Icucohnse. 

On dissout la leuconitrophénjlpyronine dans 
1 molécule d"acide chlorhydrique et 40 "/(, d'acide 
acélique, puis on y ajoute, touten refroidissanl 
par de la glace, exaclenient 1 molécule de 
bioxyde de plomb finement empâté avec de 
l'eau. Après avoir agité pendant quelque temps, 
on précipite le sel de plomb par la quantité 
théorique de sulfate de soude. La solution du 
colorant est séparée par fillralion du précipité 
de sulfate de plomb et traitée par le chlorure 
de 7.inc et le sel marin, qui précipitent la 
matière colorante. Elle teint la soie et le coton, 
préparé en tannin et émétique, en violet, tandis 
que le dérivé non nilré, la rosamine de 
Heumann, teint en ronge, comme la pyronine. 

Préparation delaleuco-dininophênijipijronine. 



On ajoute à la dissolution de la leucobase 
nitrée dans l'acide acétique dilué de la poudre 
de zinc en excès, et l'on chauft'e pendant quelque 
temps au bain-marie pour terminer la réduction. 
La solution est filtrée puis sursaturée par 
l'ammoniaque qui précipite la leucobase aminée, 
tandis que l'oxyde de zinc reste en solution sous 
forme de Zn{OMr')-. Pour purifier le produit on 
le reprend par l'acide acétique et le roprécipite 
par l'ammoniaque. 

La leucobase obtenue est oxydée par le bioxyde 
de plomb et donne un colorant qui n'est plus 
violet, comme le dérivé nitré, mais rouije. Il 
tire sur soie et coton mprdancé en tannin et 
émétique. Quant au dérivé éthylique, il donne à 
peu près la même nuance. 

Nous avons aussi préparé cette aminophényl- 
pyronine par condensation de la para-amino- 
benzaldéhyde avec le diméthyl-méta-amino- 
phénol : 

12 gr. 1 de para-aminobenzaldéhyde (non polymûrisée)- 
27 — 4 de diméthylméta-aïuinoptiénol, et 
12 — de ctilorure de zinc anhydre. 

sont chauffés pendant plusieurs heures en solu- 
tion alcoolique. En versant dans de l'eau, on 
obtient nn précipité, (jui est purifié par disso- 
lution dans l'acide étendu et reprécipitalion de 
la liqueur filtrée par l'ammoniaque. 



Pour transformer ce dérivé létramélhyl-dia- 
minodioxypara-aminolriphénylméthane en py- 
ronine, nousavons opéré d'après les indications 
du brevet Léonhardt relaté plus haut. En versant 
dans de l'eau glacée, on obtient l'amino- pyro- 
nine identique à celle préparée par réduction 
du dérivé nitré. 

Pour arriver du coup à la Icuco-aminophényle 
pyronine, on opère de la façon suivante : 
i molécule de para-aminobenzaldéhyde et 
i molécules de diméthyl-méta-aminophénol sont 
bien mélangées, puis on introduit la masse par 
petites portions dans îl parties d'acide sulfurique 
concentré maintenu à basse température; on 
chauffe ensuite pendant 4 heures à 125-130°, 
verse après refroidissement dans l'eau glacée 
et précipite la base par l'ammoniaque. 

L'aminophénylpyronine traitée par le nitrite 
de sodium en milieu acide donne un diazo qui 
se combine facilement aux phénols. Le colorant 
azoïque obtenu avec la résorcine est rose-violet, 
mais peu soluble. Ce corps a aussi été préparé 
en copulant la para-aminobenzaldéhyde diazotée 
avec la résorcine où l'on obtient une dioxy (l'3') 
azo (4') para-benzaldéhydc : 



.//" 
'\ll 



qui, chaulTée avec 2 molécules de diméthyl- 
méta-aminophénol condensée en pyronine et 
oxydée, donne la phénylpyronine-para-azo- 
résorcine. 

N = N-/ Non 



f <(~*)>N(CH^)^Ct 



Préparation du i/éricé para-ryanophénylpy- 
ronine. 
CN 




N(CH^)2C1 

18 gr. d'aminophényipyronine sont diazotés 
àO° en présence de 3 mol. de HCI avec Imol. de 
nitrite de sodium. On ne peut employer la leuco- 
base à la diazotation, car l'acide nitreux l'oxyde 
avant que de réagir sur le groupe aminé. La 



Jules GARÇON. — QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LA TEINTURE EN INDIGO. 



35 



solution de diazo, qui est violette, est ajoutée 
leiiteuient à : 

12 gr. 5 de sulfate de cuivre et 
14 — de cyanure de potassium 

dissous dans de l'eau (I). Immédiatpment il y a 
un fort dégagement d'azote; pour terminer la 
réaction on cliaufTe encore pendant environ une 
heure et demie au hain-marie. Le liquide devient 
incolore, le précipité brun est séparé par fillra- 
tion et lavé avec une solution de cyanure de 
potassium pour en éliminer le Cu- (CN,^ Le 
produit ainsi obtenu est diflicilement soluhle 
dans l'eau, assez facilement dans les acides, 
teint la soie et le colon mordancé en tannin 
en !-osf j)/iix violet que le dérivé aminé. 

Préparation i/e lu para-rliodamine. 

CDOll 



A >=N(CH»)^C1 
<_^ P>.\ CH3)2 

La cyano-phényl-pyronine estsaponitiée en la 
traitant par 23 parties d'acide chlorhydrique 
concentré bouillant pendant 6-8 heures. On y 
ajoute ensuite un peu d'eau, puis du chlorure 
de zinc et du sel marin, qui précipitent la 
matière colorante sous forme de petits cristaux 
verts. La para-rhodamine teint la soie, etc., en 
rt>se plus bleuâtre que le dérivé cyano et que la 
rhodamine commerciale. 



Préparation de la para-onisolini 
C00CM15 



L'anisoline, c'est-à-dire l'éther éthylique de 
la para-rhodamine, a été préparée d'après la 
méthode générale d'éthéritication de Fischer, 
en introduisant 4 ° „ d'acide chlorhydrique 
gazeux dansdel'alcool absolu, ajoutantle dérivé 
carboxyié et faisant iiouillir cette solution pen- 
dant plusieurs heures. Un dilue avec de l'eau, 
distille la majeure partie de l'alcool et précipite 
le colorant par le sel marin. L'anisoline teint 
la soie etc., en ciolel-rose. 

De la même façon dont nous avons i)rcparé 
les phényl-pyronines substituées en para, nous 
sommes arrivés aux dérivés substitués en 
meta, dont les nuances ne diffèrent guère de 
celles de leurs produits isomères. 

Tout ensuivant la même voie, nous comptions 
aussi arrivera la rhodamine commerciale, mais 
en essayant de diazoter le dérivé ortho-aminé 
de la phényl-pyronine, il y a un fort dégage- 
ment d'azote et nous ne pouvions donc 
transformer le groupe NIP en cyano, puis en 
carboxyle. 

(.Mulhouse. École de chimie.) 



QUELQUES REFLEXIONS SUR LA TEINTURE EN INDIGO 

Par M. Jules GARÇON. 



On a écrit des volumes sur l'indigo, ses pro- 
priétés, sa fabrication synthétique réalisée 
aujourd'hui dans plusieurs grandes (irmes, son 
application à la coloration des fibres. Pour se 
borner à la dernière question, l'application des 
indigos à la teinture des différentes fibres est 
restée, jusqu'en ces derniers temps, assez diffi- 
cile. En effet, l'indigo est une substance inso- 
luble dans l'eau, et il faut, pour s'en servir en 
teinture, tourner la difficulté. 

Sans doute, l'indigo est soluhle dans divers 
autres véhicules. Dans l'acide sulfurique, tout 
d'abord; mais les dérivés sulfoniijues de l'in- 
digo ont le grave inconvénient de fournir en 
teinture des couleurs dont les qualités de résis- 
tance sont très amoindries, et de ne pouvoir 
s'appliquer d'ailleurs, à cause de leur caractère 
acide, qu'aux fibres animales. L'indigo bleu est 
soluble dans l'acide acélique glacial, dans les 
sels d'aniline, mais ces faits n'ont donné lieu, 
jusqu'ici, à aucune application industrielle. 

(I) Sandmeyer, But. Ber., 17, 2653. 



La difficulté causée par cette insolubilité 
dans l'eau a été tournée en transformant l'in- 
digo bleu insoluble C"^H'"N-0- en indiyo blanc 
CH'-'N-O-; celui-ci se dissout dans les bases 
alcalines ou alcalino-terreuses avec une colora- 
tion jaunâtre. Une simple oxydation à l'air régé- 
nère l'indigo bleu. 

Toutes les méthodes d'application de l'indigo 
reposent sur cette transformation; elle est très 
sini|)le en principe, mais dans la pratique elle 
est fort compliquée. D(!S divers moyens et agents 
qui ont été proposés et suivis pour opérer la 
transformation de l'indigo bleu en indigo blanc, 
la coupcM'ose donne lieu à des dépôts énormes 
et à une forte déperdition d'indigo ; la poudre 
de zinc a les mêmes inconvénients et le dégage- 
ment d'il, qui se produit continuellement, rend 
la cuve difficile à pratiquer ; les cuves à fer- 
mentation, bien que très bon marché, sont dif- 
ficiles à conduire et exposent à de nombreux 
accidents ou maladies; l'hydrosullile est délicat 
à préparer sous sa forme originelle et ne se 
laisse pas conserver. 



36 



Jules GARÇON. — QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LA TEINTURE EN INDIGO. 



La cuve à l'hydrosalfile possède, cependant, 
des avantages théoriques très réels : un travail 
rapide, un dépôt minime lui ont attiré de 
grandes sympathies ; et des travaux acharnés 
ont été efl'ectués pour la rendre tout à fait pra- 
tique, en vue de la substituer aux cuves à fer- 
mentation des laines et aux cuves à la coupe- 
rose des lins et des cotons. L'hydrosultite a 
contre lui son prix beaucoup trop élevé, Mes 
nuances un peu ternes et une instabilité déses- 
pérante. Voilà les défauts contre lesquels se 
sont portés les efforts des chercheurs. 

C'est en 1871 que P. Schiitzenberger décou- 
vrait les hydrosulHtes et brevetait leur emploi 
pour la teinture des indigos, en communauté 
avec F. de Lalande. Le brevet français est du 
23 octobre 1871 (avec un certilicat d'addition 
du 2:2 octobre 1872). Le 13 décembre, le brevet 
fut déposé à Londres. Il ne le fut pas à Berlin, à 
ma connaissance. 

" Nous appelons acide liydrosulfureux, disait 
eu substance le brevet français, le liquide 
obtenu par l'action de l'acide sulfureux en 
solution aqueuse sur un métal, tel que le fer ou 
le zinc... et nous entendons nous réserver... 
l'emploi des hydrosullites pour la réduction et 
la dissolution de l'indigo Nous obtenons les 
hydrosulfites en faisant agir les métaux sur des 
solutions de bisulfites. » 

P. Schutzenberger et F. de Lalande exposèrent 
leur découverte dans une communication à la 
Société chimique de Paris [Bulletin, 2= série, 
tome XX, p. 7 à 10). Elle lit sensation et donna 
lieu à un rapport favorable de Albert Scheurer 
dans le Bulletin de Mulhouse, 187i, p. 25 à 29. 

La méthode de teinture à l'indigo par l'inter- 
médiaire des hydrosulfites a été ensuite l'objet 
d'un grand nombre d'essais de perfectionnement. 
Thomas Dentith en 1873, Victor Kallab en 1878, 
Arthur Ashwortli en 1889, Read Holliday en 

1893, s'efforcèrent d'obtenir des cuves plus 
pures et d'utiliser les sous-produits. Isaac 
Braithwaite, en 1890, propose un mélange sec 
de l'indigo et des substances génératrices de 
l'acide hydrosulfureux; il suffirait de le mêler à 
l'eau pour obtenir une dissolution de l'indigo. 
Rolten, en 1890, réoxyde l'indigo par de l'eau 
aérée et ajoute de temps à autre de l'acide au 
bain d'hydrosulfite. Paul Cavaillès, en 1890, 
recherchait une cuve plus rapide. Paul Hulin, 

1894, Andreoli, 1895, visèrent la préparation des 
hydrosullites par voie éleclrolytique. Jacob 
Grossmann, en 1894, faisait remarquer que dans 
le procédé ordinairement suivi pour préparer les 
hydrosullites, on n'agit que sur une partie de 
l'acide sulfureux, et il propose de faire agir de 
l'acide sulfurique en même temps, de façon à 
libérer une plus grande proportion d'acide 
sulfureux. Bernlhsen avait déjà proposé pour le 
même but, dans des recherches de laboratoire, 
l'addition d'acide acétique ou d'acide clilorhy- 
drique. Le même Jacob Grossmann, en 1898 
(brevet anglais, brevet allemand, pas de brevet 



français) insiste sur l'emploi, non pas seulement 
des hydrosulfites solubles, mais encore d'hydro- 
sulfites peu solubles ou insolubles, comme le 
senties sels neutres et basiques de calcium, de 
plomb, de zinc, isolés, mélangés ou composés, 
parce que ces hydrosulfites peu solubles sont 
relativement stables. 

Les travaux de Jacob Grossmann sont à 
signaler parmi ceux qui ont eu pour objectif la 
généralisation de l'emploi de l'hydrosulfile 
réducteur sous forme solide et plus stable, mais 
le savant chimiste anglais ne semble pas être 
arrivé industriellement à des produits suffisam- 
ment purs ; c'est au moins le reproche que 
Bernlhsen, le savant chimiste de la Badische 
Anilin Fabrik lui a fait. 

Les travaux de A. Bernthsen se sont portés 
dans la même voie ' ils ont été l'objet de 
plusieurs communications à la Deutsche Che- 
mische Gesellschaft, et ils ont fait la base de 
brevets pris par la Badische Anilin Fabrik, en 
1899, pour préparer les hydrosulfites à l'étal 
solide, en saturant les dissolutions aqueuses 
par du sel de cuisine; pour préparer des solu- 
tions d'hydrosulfiles plus pures et plus concen- 
trées en ajoutant à la solution du bisulfite 
générateur moitié de SO- de ce qui était ren- 
fermé par ailleurs dans le bisulfite, et pour 
produire des hydrosulfites à l'étal solide en 
évaporant dans le vide ces solutions concen- 
trées ; en 1900, pour préparer des hydrosulfites 
à l'état solide et sec par lavage avec de l'acétone 
des alcools, etc.; pour préparer des hydrosulfites 
doubles solides, comme le sont ceux d'un alcali 
et de zinc ou de magnésie ; pour préparer des 
hydrosulfites stables en les mouillant avec un 
liquide qui ne dissolve pas les produits de leur 
décomposition, tels les tliiosulfates. 

Les Farbwerke de Hœchst, de leur ciHé, pré- 
paraient en 1901 un hydrosulfite de zinc peu 
soluble ; ils proposaient la réduction en milieu 
acide au débul. Plus récemment, MM. Louis 
et Joseph Harding ont breveté également des 
produits qu'ils prétendent plus purs et plus 
stables que leurs précédents. 

Il serait intéressant de comparer les produits 
types de Jacob Grossman, de A. Bernthsen, des 
Fabriques de Hœchst, enfin de L, Descamps et 
J. Harding, et de faire cette comparaison pour 
une même application donnée, afin de bien se 
rendre compte jusqu'à quel point le problème 
poursuivi est aujourd'hui résolu industrielle- 
ment. Les chimistes cités en dernier lieu 
offrent aux teinturiers leurs produits réducteurs 
sous le nom de redos. Nous les avons vus expé- 
rimenter en plusieurs occasions, et de telle 
sorte que la teinture à l'indigo, par leur emploi, 
semble débarrassée de tous les ennuisinhérents 
aux vieilles cuves. Si leur application reste 
constante et se maintient escortée des mêmes 
qualités, la teinture à l'indigo, dorénavant serait 
aussi facile que la teinture la plus facile à l'aide 
d'un colorant direct. Et, comme j'ai déjà eu 



MÉTHODE SPECTROSCOPIQUE D'ANAI.YSK DES MATIÈRES COLUHANTES. 



37 



l'occasion de l'exprimer, ce serait merveille f|iio 
de constater combien il a fallu de petits pas dans 
la voie du progrès pour amener peu à peu, en 
un intervalle d'une trentaine d'années, la belle 
découverte de Scbutzenberfçer jus(|u'à son déve- 
loppement. 

Le redo est un produit en pâte blancbe et 
molle qui se mélanf;e frès bien à la pâte du 
bleu d'indigo. Il se conserve sans difficulté. Il 
dissout les 2/3 de son poids d'indigotine pure 
en quelques secondes, en présence d'un lait de 
chaux. On préparera une solution renfermant 
par chaque k. 100 pr. d'indigotine pure, en 
mélangeant ensemble 700 gr. Bengale (ou 2 k. 
B. A. S. F. à20"/„). i k. redo en pâte et 1 k. lait 
de chaux à 20 "/o. Si l'on verse cette solution 
dans de l'eau, on peut teindre aussili'it sans 
aucun dépôt, sans aucun des ennuis des an- 
cienne cuves. 

Voici les résultats comparatifs obtenus dans 
une grande teinturerie de coton sur des séries 
de cuves montées les unes avec la couperose et 
les autres avec le redo. Nous copions textuel- 
lement la communication du chef-teinturier : 

« l'our obtenir la même hauteur do bleu sur 
le même poids de coton, nous avons employé 
en tout : 



.< 1" Avec la couperose : 

lîO k. indigo Rengnie à 8 fr OfiO fr. » 

'lOd — couperose ."i fr. CS ÎO fr. » 

4Î0 — ch.iiix vive il fr. 0.1 12 fr. 60 

'J'.n fr. GO 
<■ 2° Avec le redo : 

'.)! k. miMiie indigo à 8 fr 728 fr. » 

1 1(1 — redo pàlo à fr. 80 112 fr. " 

;t3 — chaux vive à fr. 03 I fr. » 

»'t\ fr. .. 

'< Entre les passes sur cuve, on ne fit aucun 
aciilage pour le redo, mais simplement un très 
léger acidage pour terminer. 

« Pour l'uni et la beauté do nuance, on jugea 
redo et couperose de même valeur. Pour la 
solidité au savonnage, aux acides, au frotte- 
ment ; pour la facilité, la rapidité du travail, il 
ne resta aucun doute que le redo était infiniment 
supérieur. Dans cette expérience, les cuves 
furent épuisées ; les cuves au redo ne donnèrent 
pas do boue. » 

Il est à remarquer que la proportion de chaux 
estréduile de 10 à 1, d'où la nécessité de dimi- 
nuer la dose d'acide pour l'avivage. 



CONTRIBUTION A L'HISTORIQUE DE LA MÉTHODE SPECTROSCOPIQUE 
D'ANALYSE DES MATIÈRES COLORANTES (i) 



Le Traite de hi teinture (/es tissus, par Crace- 
Calvert (édition française, 1877-1878) s'exprime 
ainsi, à la page 60 : 

Il Le professeur Slokes, de f-aiu bridge, a ima- 
giné une méthode fort élégante pour découvrir 
et distinguer les traces les plus miniines de ces 
principes colorants (alizarine et purpurine). Elle 
repose sur l'observation du spectre d'absorption 
des diverses solutions de ces substances. Voici 
une description concise de ce procédé si pra- 
tique, insérée comme appendice n la sui(e du 
niénioire de Schunck sur la garance, dans le 
Jourtuil lie tu Soriélé Cliiinique de Londres 
(vol. \ll, p. 21',)). .. 

L'année conespondant au volume XII n'est 
pas indiquée. Des recherches liibliograplii(|iies 
nous permirent d'assigner la date de 18.")',). Mais 
pourcn être ])luscertain, nrius nous adressâmes 
directemeni au D'' Ed. Schunck F. R. S. 

Le vénérable doyen des chimistes anglais 
voulut bien nous écrire une lettre, dont nous 
extrayons les passages suivants : 

« En ce qui concerne la date du volume"XlI 
à\\ Journal (if tlie Cliciniral Society, dans lequel 
parut mon mémoire sur les matières colorantes 
de la garance, c'est bien 1839, comme vous 

(1) n. G. M. C. I90Î. p. 27'. 



l'avie/. justement soupçonné. Ce travail est suivi 
d'un appendice rédigé par le professeur Stokes, 
mais je ne saurais dire s'il est dû il sa propre 
initiative, ou s'il a été fait à, ma requête. 

« L'auteur y décrit les propriétés optiques des 
matières colorantes de la garance et les moyens 
de déceler des traces de ces corps, plus spécia- 
lement de l'ali/.arine et de la purpurine, par 
leur action sur la lumière. 

« Non seulement le sujet de cet appendice 
appartientau professeur Stokes, mais la rédac- 
tion est aussi de lui, et je n'ai pas idée d'avoir 
jamais revendiqué une part quelconque dans le 
mérite de la découverte du professeur Stokes, 
tout en ayant fait un fréquent usage de celte 
méthode précieuse pour les recherche*. 

c .le me reportai ensuite à l'ouvrage de Crace- 
r.alvert. Sur la teinture et riuipressinn du 
ralirot ("2" édition, par Stenhouse et Groves. 
187(!) el trouvai qu'il a décrit la découverte en 
(|ueslion dans les termes mêmes employés dans 
l'appendice â mon mémoire. tVest évidemment 
une simple transcription. Aussi est-il certain 
(|ue le D'' Oace-Calvert ne donna pas crédit X 
ridé(! que je pouvai'^ être l'auteur des essais 
spectroscopiques qui y sont décrits. 

<( Enfin je consultai, dans les J'/iilo.top/iical 
Transactions, mes mémoires sur le rubian et 
ses produits de décomposition, mais ne trouvai 
point que la méthode pour distinguer les 



38 G. V. GEORGIEVICS. — TEINTURE SUR MORDANTS DES OWANTHRAQUINONES. 



matières colorantes de la garance, au moyen du 
spectroscope, soit relatée dans ce travail. Néan- 
moins, je pense toujours que le fait qu'un 
mélange d'alizarine et de vérantine, donnant 
avec une solution d'alun bouillant une fluores- 
cence rouge, tandis qu'aucun de ces corps isolé- 
ment ne possède cette propriété, reste encore 
inexpliqué. 

« Quant à la question de savoir qui le premier 
a employé la méthode spéciale d'absorption des 
rayons lumineu.\ émis par diverses substances, 
je serais embarrassé de répondre, mais j'incli- 
nerais à attribuer l'honneur de cette découverte 



à D. Brewster, qui l'aurait appliquée le premier 
à l'examen de la chlorophylle. » 

En résumé, les premiers essais d'analyse 
speclroscopique de matières colorantes remon- 
tent au moins à l'année 1839, et, dans l'ordre 
chronologique, on doit citer les noms de 
Brewster, Stokes, Schunck, Ch. Kopp, 
Hermann W. Vogel, avant d'arriver à celui de 
M. Formànek, dont la méthode si complète ne 
semble plus laisser, dans cet ordre d'idées, de 
place pour de nouvelles recherches. 



TEINTURE SUR MORDANTS DES OXYANTHRAQUI.XONES (i) 

Par M. G. v. GEORGIEVICS. 



L'attention des chimisles a été récemment 
appelée sur la règle de Liebermann et Kos- 
tanecki, relative à la teinture sur mordants, 
par les publications de Bunlrock [2] et de Nœl- 
ling, qui ont montré qu'il existe des matières 
colorantes dérivées de l'anthraquinone teignant 
les mordants, bien qu'elles ne renferment qu'un 
seulhydroxyle,oudeuxhydroxylesnoneno77/;o. 

Le but de l'auteur est de montrer que la règle 
de Liebermann et Kostanecki, même élargie par 
Liebermann, est inacceptable. Tout d'abord il 
fait remarquer que le nombre des métaux em- 
ployés en grand pour la teinture sur mordants 
est restreint ■: ce sont l'aluminium, le fer, le 
chrome, le cuivre et l'étain. On peut y ajouter 
le zinc, employé dans l'impression du coton 
pour la fixation du bleu d'alizarine et de la 
coruléine. On ignore généralement que le zinc 
donne sur laine dans bien des cas de meilleurs 
résultats que le chrome, avec l'alizarine S et la 
cyanine d'alizarine 2 G, par exemple. Les cinq 
métaux mentionnés plus haut seront considérés 
comme donnant les tnordonts usuels. Ils per- 
mettent de résoudre la question de savoir si un 
corps est une couleur à mordant. Mais il ne faut 
pas perdre de vue qu'une couleur à mordant, 
bien caractérisée comme telle, ne donne pas 
toujours etdans toutes les conditions des laques. 
L'exemple le plus connu et le plus frappant est 
celui de l'alizarine, qui, comme Rosenstiehl l'a 
montré, ne teint pas le coton mordancé en alu- 
mine en l'absence de chaux. 

L'auleur a constaté qu'il en est de même pour 
la laine, qui, mordancée à l'alun et l'acide tar- 
trique, ne donne avec l'alizarine, en l'absence 
de chaux, que la teinte jaune de la pâte d'aliza- 
rine : celle-ci est enlevée par les lavages. Mais 
la laque se forme même sans chaux, si l'on 
ajoute au bain de teinture un peu d'un corps 
se comporlanl comme un alcali faible, l'acétate 

(1) Zeils. Farben h. Tealil-Chemie. 1902, p. 023. 

(2) R. 0. M. C, 1901, p. 99. 



de soude, par exemple ; on obtient ainsi une 
belle laque rouge d'alumine et d'alizarine. 

Quel est le rôle de la substance alcaline? Ce 
ne saurait être simplement celui de dissolvant, 
car en employant des dissolvants neutres, on 
n'arrive pas à combiner l'alizarine à l'alumine. 
11 pourrait se faire que l'alizarine ne possède 
laproprièlé de former des laques, que quand elle 





est sous la forme quinoïde : 



.C(0H)=:/N0H 
1- CO -{) ' 

et l'alcali servirait à opérer la transformation. 

La teinture obtenue sur laine mordancée à 
l'alumine, grâce à l'addition d'acétate de soude, 
ressemble à celle qu'on obtient en faisant in- 
tervenir la chaux. Mais la grande différence 
qui existe entre les deux, c'est que la première 
ne résiste nullement aux acides. 

La chaux ne serait donc pas absolument né- 
cessaire pour la formation sur la fibre d'un 
alizarate d'alumine : elle n'agirait d'abord que 
comme corps alcalin. Mais sa présence dans la 
laque est nécessaire pour obtenir une véritable 
laque colorée, solide aux acides. La chaux doit 
donc faire partie intégrante de la laque rouge 
d'alizarine, sur laine comme sur coton. 

Par contre, les autres laques d'alizarine, étain, 
chrome, fer, s'obtiennent facilement sans chaux 
sur laine mordancée. Les marques S d'aliza- 
rine donnent aussi sur laine mordancée en alu- 
mine des nuancespleines, sans avoir recours à la 
chaux, mais celle-ci favorise la formation de la 
laque. 

Avec les autres dioxyanthraquinones, on n'ob- 
tient pas généralement sans chaux de nuances 
pleines sur laine mordancée. 

La chaux augmente la résistance aux acides 
des laques de chrome obtenues sur laine mor- 
dancée avec l'alizarine sulfonée, qui se pro- 
duisent du reste facilement sans chaux : elle 
favorise aussi la teinture en campêche. 



G. V. GEORGIEVICS. 



TEINTURE sua MORDANTS DES OXYANTHRAQUINONES. ;iO 



L'auteur expose ensuite les résultats des essais 
qu'il a faitsavec les autres dioxyanthraquinones 
à l'exclusion des trois où les h ydroxyles occupent 
les positions (1,6), (1,7), (2,7), qu'il n'a pu se 
procurer. 

Quini^firine (1,4). — Laiainenon mordancée 
ne prend qu'une teinte l'aihlement rougeàlre. 
Mordancée à l'alumine, elle ne se teint sans 
chaux que diflicilement, en donnant un rouj^e 
inégal. En ajoutant de l'acétate de chaux (1 ), on 
obtient facilement un beau rouge à ton bleuâtre, 
tel qu'il n'en existait pas de connu dans le 
groupe des couleurs d'alizarino. La nuance et 
la vivacité se rapprochent de celles de l'a/n- 
fuchsine B do Er. Rayer. La couleur n'est pas 
solide au foulon. 

Mordancée au chrome la laine, même avec 
addition de chaux, se teint diflicilement et 
inégalement. Une longue ébullition du bain de 
teinture linit par donner un violet faible, mais 
presque complètement solide au foulon et à 
l'acide. 

Avec l'élain, on obtient seulement une nuance 
saumon claire, qui s'en va au lavage. 

Laquinizarine, en résumé, n'est pas un colorant 
ayant une valeur technique, mais on ne saurait 
lui dénier la qualité de couleur à mordants. 

//ij.ilacariitc {2,3). — Ce colorant, 'employé àla 
dose de 2 "/„ du poids de la laine, donne des 
nuances pleines non seulement avec le chrome 
et l'alumine, mais avec l'étain. Avec le chrome, 
c'est un bordeaux comparable à cplui que don- 
nent 2 °/p d'alizarine S, sur laine mordancée en 
chrome ; il est presque complètement solide 
au foulon. Avec l'étain, c'est un orange ana- 
logue à celui que donne l'orange d'alizarine avec 
le mordant d'alumine ; il est aussi solide au 
foulon. Avec l'alumine, la laque se forme moins 
facilement, qu'avec le chrome et l'étain; ellcî 
est d'un rouge briijue correspondant àla nuance 
que donne U,7o "/^ du 'l'uchrot 3 R de Fr. Bayer 
sur laine mordancée au chrome. 

L'hystazarine est une couleur à mordants 
bien plus énergique que la quinizarine. 

A'a/il/iopiirjtiirini' (4, 3). — D'après la règle de 
Liebermanii et Kostanecki, la xanlliopurpu- 
rine (l,3i ne devrait avoir aucune aptitude à 
teindre les mordants. 11 n'en est rien. La laine 
mordanci'e au chrome et teinte avec 2 "/, de 
colorant donne une nuance bien pleine, brun 
jaune, rappelant celle que donnent o "/„ de 
Tuchorange de Er. Bayer, sur laine mordancée 
au chrome. \u foulon le blanc se teinte, il est 
vrai, mais sans que la couleur se modilie d'une 
manière appréciable. 

Avec l'alumine, on obtient sur laine un 
orange plein pareil à celui que donne l'orange 
G (M. L. R . Avec l'étain, pas de laque. 

Sur laine la xantliopurpurine est un colorant 
à mordants au même degré que la quinizarine. 
Sur les bandes mordancées (coton) de Schcurer 

(I) Toutes les teintures ont été faites avec addition 
d'acétate de chau.x. 



et Brxlinski, celle-ci donne des nuances biiMi 
plus foncées que la xantliopurpurine, qui teint 
Cr, Cu, V, Zr, Th, Ce, Gl, Ee et Al en nuances 
brun jaune. 

Aiil/irar/iri/soiic. —Cette tétraoxyanlhraqui- 
none teint plus fortement que la xanlhnpui- 
purine ; pour le reste, elle lui ressemble (!\l a- 
ordinairement et se confond avec elle. 

(;///-y.svn-//i^'( t ,8l.— Cettedioxyantlira([uinoiie 
esta la limite qui sépare les matières colorantes, 
des corps qui ne teignent plus. Employée sur 
laine mordancée au chrome à la dose de 2 "/'„ 
elle donne un rouge brique pauvre ressemblant 
à celui (|ue donne sur chrome un mélange 
de 10 Vo de santal et 10 "/o ^^ garance. La la<iue 
éprouve de grandes difficultés à se former. Les 
autres mordants ne donnent rien sur laine. Sur 
coton, Cu, Y, Zr.Th, Ce donnent un rouge l)rl(iue, 
Cr un violet faible. 

A ni lira ni /i no (1, 5j. — Les propriétés tincto- 
riales de ce corps sont mises en évidence sur 
laine par le mordant de chrome, sur coton par 
quelques mordants. 

Acicfenn//ir(i/ï(iriijii('{'2, 6). — Les propriétés 
tinctoriales de cette couleur sur laine mordan- 
cée sont manifestes. Par contre, sur coton, 
presque tous les mordants ne se teignent que 
faiblement. 

ErijIhrd-d.rijdutliviKiuinnne. — Sur laine, on 
obtient les mêmes résultais (ju'avec l'anlhraru- 
iine. Sur colon, les propriétés tinctoriales de ce 
colorant sont plus accentuées (|ue celles de 
l'anthrarufine. Il faut noter spécialement la 
belle nuance rouge sur cuivre, et celles que 
donnent Y et Ce, quoique moins vigoureuses. 

3Iéla-().ryiinlhr(iquinone. — Pas de teinture 
avec la laine. Sur coton, seuls Zr et Th sont 
faiblement teints en brun jaunâtre. 11 y a enlie 
ce corps, au point de vue des teintures et 
l'acide anihrallavique, les mêmes rapporls 
qu'entre la xantliopurpurine etl'anlhrachrysone; 
ils répondent parfaitement k la constitution 
chimique respective de ces corps. 

Comme conclusion de ces essais, on pinit 
dire qu'il n'existe pas d'oxyantliraquinones ijui 
ne teignent pas. Pour l'auteur, la nécessité se 
fait sentir de donner une nouvelle définition des 
« couleurs à mordants » et il s'arrête à celle-ci : 

« Toute substance capablededonner sur laine, 
même avec un seul des mordants usuels, une 
nuance pleine, employable dans la pratique, est 
une couleur à mordants. » 

Les bandes mordancées surcolon de Sclieurer 
et Rrylinski sont certainement excellentes 
pour mettre en évidence les propriétés tincto- 
riales d'uni; substance déterminée, et peuvent 
rendre le plus grand service dans les cas où 
celles-ci sont peu accentuées, ainsi que pour 
l'indentilication de nouvellescombinaisons. Mais 
elles ne sont pas à la portée de tout le monde, 
et ne ])araisserit pas à l'aulcur d'iiui; sensibilité 
aussi grande ijue la laine mordancée, qui, d'après 



iO Maurice PRUD'HOMME. — SUR LA TEINTURE AVEC ACÉTATE DE SODIUM. 



lui, permet d'élahlir nellemenl une séparation 
entre les matières colorantes et les matières 
non colorantes, etc. 

Quant aux rapports qui existent entre la cons- 
tilulion chimique et les propriétés tinctoriales, 
on peut les formuler ainsi. L'ali/.arine est de 
toutes les dioxyanlhraquinônes la première, 
comme couleur à mordant. La position (l, 2) 
des hydroxyles est celle à laquelle correspondent 
les propi-iélés tinctoriales les meilleures. Après 
l'ali/.arine vient l'hystazarine. Jusque-là les 
fails sont d'accord avec la règle de Liehermann 
et KoslanecUi, mais celte rèf;le est trop limilée 
dans sa simplicité, puisque la quinizarine (1,4) 
et la xantliopurpurine (1.3) sont sans conteste 
des couleurs à mordants et que la double 
position (1,3) des hydroxyles dans l'anthra- 
chrysone augmente encore dans ce colorant la 
l'acuité de teindre les mordants. 

L'auteur énonce alors le principe suivant : 
<i Toutes les dioxyanlhraquinônes, où deux 
hydroxyles se trouvent dans un même noyau, 
sont de véritables couleurs à mordants. Ce 
n'est pas la position en ortho des hydroxyles 
qui joue le rôle le plus important, mais bien 
leur moindre éloignement réciproque. » 



C'est ainsi que la chrysazine (1,8) a des 
propriétés tinctoriales bien plus accentuées 
que les dioxyanlhraquinônes (1,5) el 2,6). Il 
est probable que les propriétés tinctoriales des 
troisdioxyanthraquinones non examinées (1 ,6i, 
(1,7), (2, 7) ne sont pas en contradiction avec 
cette règle. Elles doivent teindre faiblement, 
peu ditTérer entre elles et ressembler à l'acide 
anthraflavique. 

On voit aussi que l'hydroxyle possède des 
qualités auxochromes non seulement dans la 
position a, mais encore dans la position S. La 
première pousse les nuances au rouge, la 
seconde au jaune. 

Enfin le rôle du groupe sulfodans les colorants 
oxyanthraquinoniques e<l digne de remarque. 
.Jusqu'à présent on avait cru que la propriété 
(le teindre les mordants était pluliM diminuée 
iju'auguientée par la présence de groupes sulfo. 
I, auteur conclut de ses essais qu'il n'en est 
point ainsi. Par exemple, l'alizarine S teint plus 
racilemenl l'alumine que l'alizarine non sul- 
fonée. .\vec la laine mordancée en cadmium, 
l'alizarine ne donne rien, tandis qu'avec l'ali- 
zarine S oD obtient un rouge à ton bleuâtre. 



SUR LA TEINTURE AVEC ACÉTATE DE SODIUM 

Par M. Maurice PRUD'HOMME. 



M. G. V. Georgievics a obtenu un beau rouge 
sur laine mordancée à l'alun et à l'acide tar- 
trique, en teignant avec l'alizarine en présence 
d'acétate de soude. Mais il existe une difi'érence 
essentielle entre ce rouge et celui qui se forme 
quand la teinture se fait avec acétate de chaux, 
c'est qu'il ne résiste absolument pas aux 
acides (1). 

Il y a longtemps que M. Rosenstiehl a étudié 
l'action de l'acétate de sodium dans la leinlure 
avec l'alizarine el ses congénères {BiilL Snr. 
Ind. Mulhouse, 1876, p. H5). 

<i Une solution aqueuse, chaude, d'acétate de 
sodium, dissout ces matières colorantes el se 
colore à peu pi'ès comme le ferait une solution 
alcaline ; du tissu mordancé (coton), plongé dans 
cette liqueur, s'y teint fort mal, même en pré- 
sence d'un sel de calcium, ce qui indique (]ue la 
matière colorante y est retenue chimiquement. 

« Si on prolonge l'ébullilion du liquide, on peut 
constater la présence d'acide acétique libre d;ins 
la vapeur d'eau qui se dégage; ce fait, ainsi que 
la couleur spéciale de la dissolution, permet de 
penser que la matière colorante a déplacé à 
chaud l'acide acétique, pour s'unir à l'oxyde de 
sodium. A froiil, il se produit une action inverse, 
toute la matière colorante se sépare de nouveau, 
à moins que l'on n'ait fait bouillir le liquide 
trop longtemps, et qu'on n'ait éliminé trop 
d'acide acétique; dans ce cas une quantité cor- 

(1) H. G. M. C, lUOS, p. 38. 



respondante d'alizarate de sodium reste en 
dissolution et colore le liquide en violet; en 
saturant avec l'acide acétique, cette petite quan- 
tité de matière colorante est précipitée à son 
tour, et le liquide redevient incolore. » 

J'ai répété l'essai de teinture sur coton de 
M. Rosenstiehl. En foulardant avec une solu- 
liiin daUin ;\ \'2'':„, partiellement basifiée, et 
passant en ammoniaque, j'ai mordancé le tissu 
en alumine. Il se teint facilement dans une 
dissolution aqueuse d'acétate de sodium et 
d'alizarine assez concentrée et chaufTée dans 
les environs de 100". 

L'insuccès de M. Rosenstiehl doit tenir à 
quelque cause inconnue. La laine non mordancée 
ne se teignant pas avec l'alizarine, ne doit jouer 
vis-à-vis du mordant que le rôle de support, et 
puisque, mordancée à l'alumine, elle se teint 
bien dans un bain d'alizarine et d'acétate de 
sodium, on peut en inférer a priori qu'il doit 
en être de même du colon mordancé en alumine 
teint dans les mêmes conditions. 

Sur coton, comme sur laine, le rouge obtenu 
n'est p;is solide aux acides. Mais si l'on mainlient 
une demi-heure environ, dans un bain bouillant 
à'nri'idtc de rluiux étendu, les échantillons de 
laine el de colon teints en alizarine el acétate 
de sodium, on leur communique la solidité aux 
acides qui leur faisait défaut. La nuance du 
rouge fonce sensiblement. Ces résultats pro- 
viennent du remplacement du sodium par le 
calcium dans la laque d'alumine et d'alizarine. 



NOUVELLES COULEURS. 



41 



On ne saurait donner de preuve plus directe 
el plus relatante du rôle imiiorlanl que joue 
la chaux dans la composition des laques d'alu- 
mine el d'alizarine, solides aux acides et au 
savon bouillant. Ce rôle était bien connu pour 
le coton etse trouve intimement liéaux fonctions 
acides très prononcées du mordant d'alumine, 
lesquelles ont liesoin d'être atténuées par 
radjonclion d'une base foiie, bivalente, servant 
de lien enti'e l'hydruto d'alumine et la maliére 
colorante à fonctions phénoliques. 

L'analyse des cendres d'un tissu de colon loint 
en rouge garance et avivé a montré que l'alu- 
mine el la chaux s'y trouvent dans le rapport 
de 2A1=0' à 3CaO (Scbiit/.enberger, TrniK' (/es 
matières rolovantcs. t. Il, p. 250). 

D'autre part, M. IlospnsliohI a établi, qu'en 
teignant en présence d'acétate de chaux, il se 
tixe une molécule d'alizarine pour une de chaux. 
La laque renlerme donc 2 molécules d'alumine, 
;i de chaux et 'À dalizarine. 

On peut admettre qu'une molécule d'hydrate 
d'aluminium AI(OH)\ une molécule d'hydrate 
de calcium Ca(OH)- et une molécule d'alizarine 
réagissent simultanément par leurs OH, et l'on 
peut concevoir le phénomène comme donnant 
lieu au passage par trois phases successives. 

1" phase. — Elle pourra se représenter ainsi : 
O.Ca(OH) 
^|/\0.A1(0H)2 

c„,0 

2' phase. — La chaux et l'alumine réagissent 
à leur tour : 

CaO 



•™Y^„ ' 



.'U 



Al(OH) 



3°/jhase. — La quatrième molécule d'Al(OH)-' 
restante réagira sur trois molécules semblables 
à celle de la 2'' pbase pour donner : 

O.CaO -i3 



.CO, 



lO-AlO 



Al» 



Cette formule ne renferme plus d'OH libre el 
correspond bien à celle d'un rouge avivé, qui 
n'est plus susceptible de transformations ulté- 
rieures, comme l'a montré M. Alb. Scheurer 
dans son travail bien connu sur l'avivage par 
l'eau à 120°. Elle afl'ecte de plus la forme 
cyclique, à laquelle répond généralement une 
solidité plus grande de la iii(il(>cule. 

La laine ne semblant remplir que le rôle de 
support vis-à-vis de l'alumine, il est probable 
que sur cette fibre, la laque triple d'alizarine, 
d'alumine et de chaux possède une composition 
analogue à celle qu'elle a sur coton. 

Avec un métal monoatomique comme le 
sodium, on voit de suite l'iinpossibiliti' d'arriver 
îi une formule ne renfermant plus d'UH libres 
ou de forme cyclique, (l'est le cas de la teinture 
en présence d'acétate de sodium, et ces consi- 
dérations permettent de prévoir que la laque 
ainsi formée ne peut pas présenter de solidité 
vis-à-vis des acides. 

Nous ferons remarquer qu'en tenant compte 
des permutations possibles entre les positions 
(1) et (2) des hydroxyles de l'alizarine, entre 
AI(OH)^ et Ca(dH)-, et du fait que celles-ci 
peuvent commencer par s'unir directement, on 
arrivepour la 1"' phase à six formes différentes, 
se réduisant pour la 2" et la ','•' phase à deux, qui 
ne difTèrenl que par la permutation de Ca en Al 
et de AI en Ca. 



NOUVELLES COULEURS 



PiiospHiNE DipnÉWLE G coNC. [Oeh/ij). 
{Éch. n" 9.) 

Ce colorant direct s'applique sur coton ou sur 
mi-soie, el donne une nuance jaune corst'e. 
Avec la mi-soie le colon devient plus foncé qui' 
la soie. La solidité à la lumière est bonne. 

Sur colon on teint avec addition de 20 "/„ de 
sulfate de soude, et sur mi-soie, en ajoutanl du 
sulfate de soude, du savon et du sel de soude. 

L'échantillon a été teint avec 2 "/„ de colorant. 

Vert Ecupse {f>eigij). 
[Érii. ,r 10.) 

Ce colorant au soufre se dissout facilement 
par l'addition de sulfure de sodium. 

Pour 50 k. d'écheveaux de coton, le mode 
d'emploi est le suivant : 



2 Iv. ô vert éctipse G. 
I — 25 sulfure de sodium cristallisa. 
1 — 50 sel de soude Sotvay- 
.32à4uk. sulfate de soude pour Siii) à 10(10 lit. d'eau. 

Pour continuer à teindre dans l'ancien bain, 
on renforce ainsi pour la même quantité de coton: 

1 k. h vert écli|ise a. 

— 75 sulfure de sodium. 

1 — 5 sel de soudi'. 

5 — U sulfate de soude. 

Teindre une heure au bouillon, essorer ou 
tordre, étendre 1 /2 heure à l'air, el rincer vigou- 
reusement. 

La nuance obtenue avec cette leintureà 5 " „ 
est une bonne nuance moyenne. Ce colorant est 
solide au frottement et au savon bouillant et 
résiste convenablement à la lumière, aux acides 
etau.v alcalis. Un traitement au bichromate rend 
la nuance plus terne : un passage en bichromate 
et sulfate de cuivrehieuit ta nuance, sans ajouter 
à sa solidité à la lumière. 



42 



NOUVELLES COULEURS. 



Violet d'anturaquinone [Dadische). 

{Érh. 71" IL] 

Ce nouveau colorant pour laine tire sur bain 
acide sans mordant. On peut l'appliquer sur 
laine chromée, ou chromer après teinture. Mais 
les nuances sont plus ternes : par contre, la 
solidité au foulon devient alors bien meilleure, 
qu'en teignant simplement en bain acide. Le 
violet d'anthraquinone résiste très bien au car- 
bonisage, au décatissage, au soufrage et à la 
lumière. 

Son emploi est indiqué plutôt pour la laine 
en bourre ou en rubans de carde, car l'unisson 
est insuffisant sur fil ou sur pièce. 11 s'associe 
bien au bleu d'alizarine A S R et au cyananlhrol 
pour donner des tons perlés clairs, ainsi que des 
bleus rougeâtres ou verdàtres, des gris ou des 
bleus clairs extrêmement solides à, la lumière. 
11 peut se combiner aussi aux rouges d'ali- 
zarine, bleus d'alizarine, marques N, au noir 
d'alizarine; mais il faut éviter les jaunes tirant 
sur mordant, pour l'obtention de tons modes, 
car il unit mal avec eux. 

L'échantillon n° 11 a été teint dans la maison 
Hannart frères, de Iloubaix, avec 2 "/o violet 
d'anthraquinone, 10 "/o sulfate de soude, 3 "/o 
acide suliurique à OG" B. 

Or.\nge pour papier 00 IJIeisler, Lucius, 
Driining). 

[Éch. n" 12.) 

Ce colorant est tout particulièrement indiqué 
pour la teinture du papier, car l'eau du bain 
est à peine colorée, même après teinture en 
nuances très corsées. Sa nuance est plus rou- 
geâtre et sa solidité à la lumière meilleure que 
celle de l'orangé n" 2 de la même maison. 

L'échantillon n° 12 a été fabriqué avec 3 " j ^ 
de colorant. Cette quantité de colorant se rap- 
porte à lÛU kil. de pâte sèche, composée de : 
30 "/o pâte mécanique blanche, et 50 "/o cellulose 
suKitique non blanchie. 

RoucES d'alizarine a l'acide g et B 
(Meister Lucius Briining). 

(Éch. n" 13.) 

On teint avec 4 "/o de ces colorants pour 
laine, en bain monté avec 10 k. bisulfate de 
soude, ou 10 k. sulfate de soude et 3 ou A k. 
acide sulfurique. On entre dans le bain chaud, 
monte au bouillon, fait bouillir 1 heure et 
ajoute 3 k. de bichromate de potasse ou de 
soude. La nuance se développe par un bouillon 
d'une heure. On peut teindre aussi sur laine 
mordancce au préalable en chrome : les nuances 
sont un peu plus vives, mais la solidité au 
foulon est inférieure. 

Ces colorants unissent et tianclienl parfaite- 



ment ; ils peuvent s'employer sur laine en 
bourre, laine peignée, filés peignés, et pour 
pièces, soit seuls, soit en mélange avec les autres 
colorants, qui supportent le bain de bichromate 
acide. 

La solidité au frottement des deux marques 
est parfaite, ainsi que celle aux alcalis, ammo- 
niaque, sel de soude, chaux vive, ou boue. Au 
foulon, la marque G est supérieure à la marque B; 
il en est de même pour la solidité aux acides et 
à la lumière. Les deux rouges ne virent que 
très peu par la chaleur, le séchage, la presse et 
le calandrage. Ils supportent bien le décatissage 
sec, ainsi que le « potting » (apprêt indestruc- 
tible). 

Bleu tzarine G extra [Actien-GexeU. Berlin). 
{Éch. n" 14.) 

Le bleu tzarine G extra possède les mêmes 
propriétés et la même solidité que les bleus 
tzarine R, 2B et oB, mais donne des tons plus 
verdàtres que ces anciennes marques. 11 teint 
la laine en bain neutre bouillant, additionné de 
sulfate de soude, de 10 à 20 "/o- Avec les tissus 
mi-laine, il laisse le coton indemne, et donne à 
la laine des tons bleu verdàtre très vifs : il con- 
vient donc parfaitement en combinaison avec 
des colorants substantifs appropriés pour la 
teinture de ce genre de tissus. 

L'échantillon n" 14 de cheviote mi-laine a été 
teint avec 0,75 % bleu tzarine G extra, et 
0,50 "/o bleu colum'iia G, dont ler(Me est de cou- 
vrir le coton. 

Parapuospuine GG {CruseUa et Man. lijon.). 
(Éc/i. n'" 15 et 10.) 

Ce colorant basique s'emploie pour la colo- 
ration du papier de la façon habituelle, c'est-à- 
dire qu'on n'ajoute la solution dans la pile, 
qu'après y avoir versé le savon résineux. On 
mélange bien et ajoute la solution de sulfate 
d'alumine. Pour 100 k. de papier, on emploiera 
de 1 à 2 k. de couleur. Les teintes obtenues ré- 
sistent bien aux acides et ne rougissent pas au 
séchage sur les cylindres. 

La paraphosphine G G s'emploie aussi pour 
la teinture des cuirs, et permet d'obtenirnon seu- 
lement des jaunes vifs et purs, mais aussi, 
par l'adjonction de colorants bruns, des nuances 
jaune cuir rabattues, actuellement à la mode. 
Elle unit très bien et est avantageuse comme 
rendement : elle est de plus bien soluble et 
très solide à la lumière. Elle s'applique comme 
lesphosphinesGetR(/Î.G.J/. C, 1902, p. 105j. 

Les échantillons n"" 13 et 16 ont été teints 
avec 6 gr. et 20 gr. pour 2 peaux et 6 lit. de 
bain, avec addition de 10 c. c. d'acide acé- 
tique 30 7o- 



REVUE GÉNÉRALE DES MATIÈRES COLORANTES 

ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 

Tome VII. 1" Février 1903. 

CARTE D'ÉCHANTILLONS N' 2. 




N° 11. — Violet d'anthraquinone i 0, 

illailische]. 



N" 1-2. — Orange pour papior 00 (;j 0/0). 
(Mi'isler, Lucius, Bruniiig). 




N" 13. — Rouge d'alizarine ii l'aciilo (4 0/0). 
{Meisler, Liicius, Bruning). 



N» 14. — Bleu tzarine G, f.Ytra (0,75 0/0) 

t bleu Columbia (0,50 O/Ol, sur mi-laine 

(Aclien Oesell. lierlin). 




N" 15. — Paraphosphine G G. sur cuir. 
{Cassella et Manuf. Lyon.) 



N" 113. — Paraphosphine G G, sur cuir. 
{Cassella et iîanuf. Lyon.) 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES. — SÉANCES DES COMITÉS DE CHIMIE. 



/<.3 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 

Séances des Comités de chimie. 
MULlKlliSK. — St'mce dit 10 dérembrc 490-2. 

lienouvellcii.ent (lubmcau : >ni. .Ml)crt Schcurcr, 
secTÔtaire, Nn'lling etOswald, secuMaiies adJDinls, 
soiil ivnomniûs à l'unaniinitô. 

La séance esl ouverlc à 11 lieures 3 '►. 

Présents : MM. Albert Schcurcr, secrclaiie, 
(;ii. Ui-aiidl, I*aul Dosiic, .Ins. Dépierre, ('■. Foiel, 
IL Gioslicintz, Km. Nu-ltiii;,', P. Richard, Aug. lio- 
maiin. II. Schinid, Ed. Steiiicr, Aug. Tliieriy-.Mieg, 
Ch. Vauclier, Eél. Weber, Alph. Wehriin, Ch. Wciss, 
Eiig. Wild, (".. Wyss, Ford. Osw ald; total : l'.l membres. 

Le procès-verbal de la dernière séance esl lu et 
adopté, après rectification d'un titre. 

lirarwcs en hachures de 27 cl iO au milliiiirtre pour 
rouleau.i: de cakvulres. — A propos de celte (piestion, 
dont le comité s'est occupé dans sa séance du 
H octobrtî, M. Dé|iierre présente, dans une lettre 
datée du il novembre, ([uelques observations qui, 
d'accord avec l'auteur, seront consignées dans le 
procès-verbal de l'une des prochaines séances. 

Jaune de chrome. Action des rayons solaires et affai- 
Idissement consécutif du tissu en certains cas. — 
.M. Dépierre adresse au comité la réclamation sui- 
vante : 

Lettre de M. Bépierrc, du 29 novemtirc 1902. 

« Dans la traduction libre de Latoile peinte à l'Expo- 
sition, M. Hartmann, je crois, a mis une note décla- 
lant erreur ce (|ue je disais, savoir (pie les jaunes 
s'amélioraient à l'exposilion solaire. Il prétend, au 
conlrairc, qu'ils brunissent. Peut-être a-t-il confondu 
avec les oranges séchés au tambour qui, momenta- 
némeal, augmentent de couleur pour revenir à leur 
leinte primitive étant froids. 

•I .l'en ai écrit à M. Ch. Sleiner, et comme vous 
le voyez |iar sa lettre, il désiie ([ue je pi'oteste. 

" Je l'ai fait directeiiieni chez M. liuntrock, mais 
comme il esl question du Hallctin de la Socidtc in<lus- 
hielie et que la lettre de .M. Stciner contient une 
ob,-;ervalion intéressante, ne serait-il pas le cas de 
l'aire une rectilication ilans nos procès-verbaux en la 
publiant. » 

Extrait de la lettre de M. Charles Sleiner. 

« comme c'est moi, bien j)lus que vous, qui 

suis prisa partie dans la liaduction de votre ouvrage 
parM. Ilarimann, je tiiMis parliculièrenienl à ce que 
\ous protestiez contre ses allégations. 

Il Je maintiens et affirme tout ce que vous dites: 
« Bulletin de ta Société industrielle, )'.)()!, |)age .'tO'i-, 
<i ligne 2S. l'ouï le monde, chez moi. peut vous 
i< dire que j'expose mes meubles enluminés avec 
Il couleurs, enlevage, sur le pré, généralement 
i< pendant 20 heures ensoleillées au moins 2 jour- 
II nées), et que jamais le jaune n'a bruni. » 

« A lilre d'observation intéressante j'ajouterai 
ceci : lorsque le soleil vient à donner sur le jaune 
de chrome (enlevage) //ioi/i//c, et le sèche, le tissu se 
Il cuve corrodé. — Aussi, quand ces articles se 
Iriijvenl sur le pré, et (pi'il survient un [leu de pluie, 



on les ramasse immédialemenl et on les rentre au 
séciioir. Par la même raison, je ne les étends sui' le 
|iré qu'après que la rosée est séchée, le matin, et 
c'est i)our cela que je n'ai jamais de journées d'expo- 
sition de plus de 1(1 heures. Avant que j'eusse eu 
découvert cette particularité — il y a 2!) ans — j'ai 
eu des marchandises fortement corrodées, et nous 
n'osions plus exposer les couleurs d'enlevage sur le 
pré ; mais, c'était pour celle raison el pas parce que 
le jaune brunissait. » 

lli^liiirc documentaire du XIX' siècle. — .M. Henri 
Silimid appelle l'attention du comité sur deux 
inexactitudes relevées par lui dans l'Histoire docu- 
mentaire du XIX' siècle. 

La jiremière concerne l'huile pour rouge el l'ori- 
gine de son ai)parition sur le marché. 

(xttc question esl renvoNée à l'examen d'une 
commission composée de MM. C.ii. P>randl, Dépierrre, 
Alb. Scheurer, Henri Sciimid, Stannn, F. Weber 
el Alph. Wehriin. 

La seconde concerne la fabrication noir d'aniline, 
orange de plomb el l'ouge teinture en tleur de ga- 
rance. 

Voici la proposition de M. Sclimid, ipie le comité 
approuve : Histoire documentaire du XIX' siècle, 
page '-ii'.) : 

Il Monsieur Camille Ka'chlin ari'ivait, eu /,S'6'.9- 
« 7/, à associer le chromalc de plomb à du rouge 
•i el du noir teints en fieur de garance ou accom- 
11 pagné de noir d'aniline » 

esl à rectifier ainsi : 

Il L'association du chromale de plomb au rouge 
Il el au noir teints en tleur de garance date déià 
« de l'année ISd.'i, tandis que l'article chromale 
" de plomb accompagné de rouge-garance el de 
II noir d'aniline tombe dans les années 1S69- 
II IS~0. » 

EnlerU(je bleu d'indanthrènc sur tannin. — Héserve 
blanche sous bleu d'indanthrènc. — .M. .\ug. Uomann 
donne lecluie de son rapport sur les plis cachetés 
n"' 1297 el i;i02 de M. Tigerstedt concernant ces 
deux questions. 

Le comité vole l'impression au Rulletin des plis 
de M. Tigerstedt et du rapportde M. Aui;. l'.oinann. 

.Mun d'oriyine i-i'c/èlale. — M. Félix Driessen adresse 
à la Société la lettre suivante : 

Il Leidon, le 2 décembre 1902. 
Il A la Société industrielle de Mulhouse, 

MULHOUSE {Alsace). 
Il Messieurs, 
I. J'ai l'honneur de vous envoyer un petit flacon 
contenant quelques cristaux d'alun, que je dois à 
l'amabilité du professeui' \Yysnian de notre l'uivei'- 
sité, et qu'il a retirés du Djirak de lialavia. 

« En mémo lemps je vous envoie quelques échan- 
tillons de diiïérenles plantes, que j'ai i-ec;ues du 
D'' Treub, directeur du Jardin botanique de lîui- 
tenzorg, ile de Java. Toutes ces plantes contiennent 
de l'alumine el, ci-inclus, vous trouverez une liste 
indiquant leurs noms botaniques. 

« Agréez, Messieurs, mes salutations bien distin- 
guées. 

Il Ftux DiuEssicx. " 



44 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES. — SÉANCES DES COMITÉS DE CHIMIE. 



Symplocos fasciculata (Djirak). 

— spicata (Djirak badak). 

— elhiopliyla. 

— polyslaohya. 

— odoratissima. 
Leiocarpiis fruticosa (Sasah). 

— arborescens. 
Hydeihiiiin caulilloruni. 
Memecylon floribundum. 

Le comité remercie AI. Driessen de son envoi qui 
sera déposé dans la coUeclion de l'École de chimie, 
et de son intéressante communication. 

Réserves de couleurs azoiques sous Heu d'indigo 
vapeur, par M. Ed. Colli. — Le secrétaire donne 
lecture du rapport de M. .Iules Brandt sur ce travail. 

Le comité vote l'impression au liuiletin de la note 
de M. Colli, suivie du rapport de M. ,lules lirandt. 

Sulfoléate d'ammoniaque. — M. Weber mentionne 
une application qu'il a faite du sulfoléate d'ammo- 
niaque, dès l'année 1874, dans la maison H.elTely, 
à Pfastatt, à l'avivage des mordants d'alumine par 
vaporisage après leur teinture. 

Cette note est renvoyée à la commission nommée 
au cours de la présente séance pour l'examen de la 
question des huiles pour rouge. 

La séance est levée à 15 heures 3/4. 

IlOUEN. — Séance du 8 aoiil 1902. 
Sont présents : MM. <). Piequet, vice-président; 
Monet, Balanche, Kien, liuguet, E. Blondel, 
HotTmann, Lailler père, .lustin-.Mueller, A. Uubosc, 
Kohn, CalligO, (Charles Keber, Le Hoy, Kopp, 
li. KcL'chlin. 

M. Piequet donne lecture du pli cacheté n» 354, 
ouvert en assemblée générale. Le comité prie 
.MlM. E. Blondel et .lustiii-Mueller d'e.\aminer ce pli 
et d'en référer à une prochaine séance. 

Le comité procède ensuite au choix de quatre confé- 
rences de l'Ecole libre des Sciences politiques pour 
l'hiver 1902-1903 et s'arrête aux suivantes, tout en 
leur doinianl la préférence suivant l'ordre indiqué : 
1" M. D. Zolla : Le caoutchouc et la laque dans 
l'Indo-Cjhine française (Projections). 

2" M. Ch. Picot : Voyage en Tunisie et au Caire 
(Projections). 

3" iM. (). Festy : Une enquête ouvrière. Comment 
on la fait et ce qu'elle vous apprend. 

4" M. I!. Henry : Le développement et la coopéra- 
tion des grandes associations écononiiiiuesen Erance. 
— Mouvement syndical, mutualiste et cooi)éralif. 

M. André Dubosc attire l'attention <lu comité sur 
une vente de livres qui aura lieu au Havre, parmi 
lesijuels se trouve une série de livres de chimie 1res 
intéressants, et M. Uubosc suppose qu'on pourra les 
avoir à des prix exceptionnels. Le comité est d'avis 
do prollter de cette occasion, il remercie M. Dubosc 
et le charge de prier notre collègue, M. Serracin, (lui 
habile le Havre, d'acheter ces livres en ne dépassant 
toutefois pas la somme de 50 francs. 

M. .Iiislin-Mueller enlrctient le comité d'un savon 
fjélalineux qui doit avoir la particularité de ne |ias 
liiécipiler avec les eaux calcaires et qui est labiiqué, 
d'après le brevet allemand n" 113, 433 de M. Stack- 
hausen, en traitant des corps gras d'abord par de 
l'acide sulfurique et en saponiliant ensuite par de la 
soude caustique. Il s'élève une discussion très 
animée sur cette questiim et l'opinion est émise 
qu'il existe déjà depuis quelques années des produits 
dans le commerce qui doivent être analogues, ou à 



peu près, au produit décrit par le dit brevet, duquel 
est extraite la formule suivante : On additionne, par 
exemple, à 100 parties d'huile de ricin 30 parties 
d'acide sulfurique à 60" B. On laisse reposer ce 
mélange pendant I à 2 jours dans un endroit frais 
en remuant de temps en temps, puis on ajoute en 
une seule fois à 100 parties d'huile sulfonée 60 parties 
de soude caustique à 36-37° B. en remuant énergi- 
quement. La masse devient alors claire et jaunâtre 
en s'échaulTant, on la laisse alors reposer pendant 
plusieurs jours pour laisser cristalliser le sulfate de 
soude, puis on décante et on fait mire le savon 
jusqu'à ce qu'il ne mousse plus et qu'un échantillon 
prélevé devienne gélatineux par refroidissement. 
Cette préparation a évidemment une grande analogie 
avec celle du sulforicinate et ne s'en distingue que 
parl'emploi d'une graïide quantité de soude caustique 
et par la cuisson finale. La particularité de ce savon 
de ne pas précipiter dans les eaux calcaires estniéan- 
moins intéressante, de même que le l'ait signalé par 
l'addition du brevet n" 128,691, qu'un précipité 
calcaire d'un savon ordinaire peut être dissous par 
une addition suffisante du savon gélatineux décrit 
ci-dessous. 

M. André Dubosc communique encore au comité, 
avec de beaux échantillons à l'appui, les résultais de 
cristallisations différentes de sels ammoniacaux qu'il 
a obtenus sous l'influence d'amides différents. 
M. Dubosc continue l'étude de cette question et en fera 
ultérieurement une communication plus complète 

La séance est levée à 6 heures 4a. 

Séance du 42 septembre 1902. 

La séance est ouverte à 5 heures 1 /4. 

Sont présents : MM. 0. Piequet, vice-président; 
Kien, Lailler père, Balanche, Marie, Justin-Mueller, 
Courtonne, B. Kœcblin.C.h.Seber, A. Dubosc, Buguet. 

M. le vice-président donne lecture d'une lettre de 
l'un de nos collègues, M. Sigismond Rzyszcewski, 
de Varsovie, demandant si, par l'intermédiaire de 
notre Société, il ne pourrait pas trouver un chef de 
fabrication pour l'importante manufacture dont il 
est le directeur-gérant. 

Le comité juge qu'il serait intéressant que ceux de 
nos collègues qui se trouvent dans les conditions 
exigées puissent avoir connaissance des propositions 
de ce genre ; comme la publication dans le Bulletin 
relarderait souvent de plusieurs mois cette commu- 
nication, il propose de créer au siège de la Société un 
tableau sur lequel on afficherait, dès leur arrivée, 
les oITres diverses qui pourraient se présenter. 

M. le vice-président communique ensuite une 
Icttie de l'Association française pour la protection 
de la propriété industrielle, concernant un projet 
de modification de la loi de brevets. Le comité 
nomme, pour l'étude de cette intéressante question, 
une commission composée de MM. André Dubosc, 
(). Piequet, Balanche, et décide qu'elle se réunira 
vendredi prochain 19 courant. 

M. Piequet entretient le comité du K" congrès de 
chimie appliquée, qui se tiendra l'année prochaine à 
Berlin ; le comité est d'avis d'y envoyer une déléga- 
tion et propose à la Société d'y déléguer le bureau 
du comité de chimie. 

M. .lustin-Mueller donne connaissance d'un rapport 
sur l'examen fait par M. E. Blondel et lui du pli 
cacheté n" 35.ï. Sur la demande des rapporteurs, le 
comité en vote l'impression au Bulletin suivie du 
rapport le concernant. 

La séance est levée à heures 20. 



REVUE DES JOURNAUX. 



45 



REVUE DES JOURNAUX 



PRODUITS CHIMIQUES 

IIYUHOCELLULOSE (Prépai-atioii d une) 
reiireriiiaut du soiil'rc :Vhemiker-'/.eit., I'.i02, 
p. 1207). 

D'après le brevet allemand ]■J.^ ii-j., on peul. au 
moyen de l'acide clilorliydri(iue ordinaire et de 
faibles ipiaiitités de chlorate de potassium, trans- 
i'onner de fjiandes quantités de cellulose en une 
hydrocelluluse, douée de propriétés spéciales. La 
présente invention consiste dans la préparation 
simple, au moyen du chlorure de soufre, en pailant 
de cette hydrocellulose, d'une liydrorellulose sou- 
frée, qui se ferait remaiiiuei- iinlaiiiinenl pai' sa 
résistance aux acides minéraux les plus forts. 

Pour la préparer on introduit 200 k. dhydrocellu- 
lose finement moulue dans un poids égal d'acide 
chlorhydrique à 24" D., jus(|u'à oblenir une bouillie 
facilement rcmuable et la disscdution totale de 
l'hydrocellulose : à ce moment on \ ajoute lentement, 
en remuant bien, 70 k. de chlorure de soufre. Au 
bout d'un certain temps, on introduit la masse dans 
de l'eau pas trop froide, où la sulfohydrocellulose 
se sépare sous la forme d'une masse complètement 
insoluble dans l'eau, puis on jette sur filtre et ))Uiifie 
le produit. 

La propriété la plus [irécieuse du nouveau corps 
consiste ence(|ue, cliaulVéavec du caoutchouc, il cède 
lentement tout son soufre pour opérer la vulcanisa- 
tion, tandis que la cellulose entre dans la niasse de 
la gomme, comme partie constituante chimique- 
ment combinée, ce qui présente un grand avantage 
vis-à-vis des substances minérales qu'on emploie 
ordinairement comme charge (d. k. p., 9 nov. 1901). 



TEINTURE 

COILEURS TEINTES (Action chimique de 
la lumière sur les), par M. U. BI50WMJE [J. of 

Soc. of Dyers ami Col., 288, 1902). 

i'" Partie. — Uelations entre la solidité et la ronstitu- 
tion des couleurs. 

L'étude de l'auteur a trait au groupe spécial des 
couleurs de beuzidine, teignant directement le 
coton. 

On peut dire que tous ces colorants dérivent de la 
combinaison du tétrazoïque de la benzidine et de ses 
homologues, avec les aminés, phénols, aminophé- 
nols des séries du benzène et du naphtalène, leurs 
dérivés sulfonés, carboxylès et alkylés. 

Cette classe de couleurs est généralement fugace 
à la lumière. L'ouvrage sur la teinture de Knecht, 
Rawson et Lowenthal mentionne environ 60 cou- 
leurs de beuzidine, qui, sous le rapport de la solidité 
à la lumière, peuvent se classer ainsi : 

51 ", u pas solides. 
23 "Id passablement solides. 
Il 'lo convenablement solides. 
15 o/o solides. 

L'auteur a étudié la question de l'inûuence de la 
constitution sur la solidité de ces couleurs à la 
umiére. 



Dans ce but, ■i>* couleurs simi>les de beuzidine 
furent préparées. Lescoloratits solubles furent teints 
sur coton à la manière ordinaire, à raison de 
I 1/2 "/il (couleur i)urei, tandis que les colorants 
insolubles furent pioduils dii-ecleriicnt sur la libre, 
en se rapprochant aulaiil que jiossible du rapport 
I t/2 "/„. Dans le cas des deux dérivés sulfonés du 
phénol, il se forme des produits intermédiaires, de 

la forme B(/ 'v_p, _.,, . l''ormés directement sur la 

fibre, ils furent décomposés par l'ébullition, et rame- 

Iles a des colorants ilu type lî , ... 

Les lis échantillons teints lurent exposés à la 
lumière, en été. (lendaut sept jouis. L'exposition était 
l'aile derrière une vitre, et non directement à l'air. 
Dans ces essais, un échantillon de coton teint avec 
le bleu de ciel diamine (I 1/2 "/„ de matière colo- 
rante pure; fut exposé à la lumière, en été, se|)t 
jouis, ce qui équivaut à peu près à quatre jours et 
demi d'exposition au soleil. Cette durée d'exposition, 
qui détruisit complètement le bleu, fut adoptée 
comme type, et un échantillon de bleu ciel diamine 
fut exposé, comme témoin, avec chaque série d'échan- 
tillons à essayer. 

L'auteur appelle : solides, les couleurs non modi- 
fiées, ou modifiées d'une façon [leu visible; 

Passablement solides, celles qui sont modifiées, mais 
non d'une façon considérable; 

Non solides, les couleurs très modifiées, mais non 
détruites; 

Fugaces, les couleurs comiilètement détruites. 

Sur les 38 couleurs, 2'l furent totalement détruites 
par une semaine d'exposition eu été ; G seulement 
ne furent pas modifiées. La difféience de solidité de 
ces couleurs n'est due qu'aux groupes combinés avec 
la base, puisqu'elles dérivent toutes de la beuzidine. 
L'influence de la base fut éludiée, eu préparant avec 
les tétrazos de la benzidine, de la lolidine et de la 
dianisidine et dix-neuf aminés et phénols, etc., les 
ii" colorants correspondants. Dans la plupart des cas, 
la dilFérence de solidité fut si faible, ([u'on ne saurait 
la faire entrer en ligne de compte, et qu"on peut 
conclure que pratiquement il n'y a pas de dilférence 
entre les résultats dus aux différentes bases diphé- 
nyle. 

Les 9o couleurs de ces deux séries d'essais peuvent 
se classer ainsi : 

?0 «/„ solides. 

10,5 o/o passablement solides. 

li,S "/o nuu solides. 

53,7 '/o fugaces. 

c'est-à-dire qu'environ 70 "/,, des couleurs de benzi- 
dine furent détruites ou presque détruites par une 
exposition d'une semaine en été. 

Les règles qui régissent l'inlluence île la conslilu- 
lion sur la solidité de ces couleurs peuvent être for- 
mulées de la manière suivante : 

I. — Les bases diphényle son' sans action, ou 
presque sans action. 

II. — Les couleurs dérivées du phénol et de ses 
homologues, de leurs dérivés sulfonés et carboxylès, 
sont solides à la lumière. 



46 



REVUE DES JOURNAUX. 



m. _ Les couleurs dérivées des hvdroxybenzènes 
et de leurs homologuer, renfermant plus dun groupe 
hydroxyle, sont fugaces à la lumière. 

IV. — Les couleui-s provenant d'amines de la série 
benzénique, de leurs dérivés sulfonés et carboxyli- 
ques, sont fugaces à la lumière. 

V. — Les couleurs obtenues avec les a et i-naphly- 
lamine et leurs dérivés sulfonés sont fugaces à la 
lumière. 

VI. — Les couleurs dérivées des x et ?-naphtol 
et de leurs dérivés sulfonés sont fugaces à la lumière. 

VIL — Les couleurs provenant des aniidonapbtols 
et de leurs dérivés sulfonés donnent des résultats 
variables. Avec l'acide monosulfoné 2, 6, 8) et les 
acides disulfoniques 2,3.6,8 on obtient des cou- 
leurs solides, tandis que les acides disulfoniques 
1,8,3,6; et (1.8,2,4) sont fugaces. 

VIII. — Les couleurs dérivées des dioxynaphtalènes 
et de leurs dérivés sulfonés semblent avoir les 
rapports les plus étroits avec celles qui proviennent 
des amidonaphtols correspondants. 

IX. — Le remplacement d'un groupe amido par 
un groupe hydroxyle donne en règle générale, s'il y 
a quelque différence, un accroissement de la solidité 
à la lumière. 

X. — Les groupes SO'H et CO'-H ne changent pas 
la résistance à la lumière, tandis que les auxo- 
chromes NH- et < IH jouent un rôle important. 

Les couleurs mixtes suivent les lois suivantes. 
Celles qui dérivent de deux constituants respecti- 
vement solides, sont elles-mêmes solides : par 
exemple, le rouge diamine solide F, 
, ... /acide salicvliquo 
ijenziune \a,„ido„aplitol sulfonique. 

tandis que celles qui dérivent de deux constituants 
fugaces sont elles-mêmes fugaces : par exemple, la 
deltapurpurine o B, 

, ... /^-naphtvlamine sulfonique (2, 6i. 

''^°^"^'"'' \^-naphlylamine sulfon-'que (2,7. 

Ilans le cas de couleurs mixtes contenant un cons- 
tituant solide et un constituant fugace, elles suivent 
généralement les règles précédentes. 

L'orange de toluylène G, 

.... /acide crésolinique 

\ni.- toluylène diamine sulfonée 
est plus solide que l'orange toluylène K. 

tùlidine /'"-"'oluy'^'ifi diamine sulfonée. 
\hi. -toluylène diamine sulfonée. 

Le noir diamine KO, 

■ ... /amidonaphtol suifoné 2, 8, 6 

benziQine ( ., ,. , ,- . „ „ „ 

\amidonaphlol sulfiine 2, 8, 6) 

est plus solide que le noir diamine BH, 

benzidine /^"idonaphlol suifoné ;2, 8, 6;. 

\amidonaphtol sulfone (1,8,3,6:. 
El il existe la même différence entre les couleurs 
très voisines, noir diamine BO, et noir bleu dia- 
mine E. 
Le bran diamine V, 

benzidine /*'ni<»onaphtol suifoné ,2,8.6. 
\m.-phenylene diamine 
est plus solide que la couleur : 

benridiiie^'"'"Pl'^°îl!"^^'*"^'"^- 
\m.-phenylene diamine. 



La règle subit une exception avec l'écarlate 

diamine B, dont la constitution est indiquée comme 

u.„,;j: /S-naphtol suifoné G . • . /• 

benzidine <_ '^, . *;, , et qui est fusace a 

\phenetol ^ 

la lumière. 
La couleur correspondante, le congo P, 

benzidine /^n^phtol suifoné G 
\ phénol 

est, comme on pouvait s'y attendre, convenablement 
solide à la lumière, en sorte que la diminution de 
solidité dans l'écarlate diamine B est due à l'élhyla- 
tion du groupe hydrox\le. (^e n'est pas là une loi 
générale, et il n'y a pas grande différence entre les 
deux couleurs solides: 

jaune brillant, diamidosUlbène <f PÎ*^"^^' 
\phenol 

et la chrvsophénine. diamidoslilbène C^P. f"^,** 
• ' \ phénol 

et de même entre les deux couleurs : 



et 



benzidine /\°*Pl;'«' ^^^^^^ ^ 
\phenol 



benzidine 



/?• 



naphtol suifoné R. 
Xphénétol 

L'auteur a examiné une autre série de couleurs, 
pour trancher la question de savoir si les règles 
précédentes s'appliquent aux couleurs mixtes. Qua- 
rante couleurs mixtes furent préparées, en combi- 
nant le tétrazodiphénol d'abord avec les constituants 
<i solides ■ . phénol, phénol-p. -sulfonique. acide saii- 
cylique, aminonapiitol sulfonique ,3.8,6 et on 
combinant les produits intermédiaires avec dix cons- 
tituants, dont neuf étaient extrêmement •< fugaces •. 
La solidité à la lumière des couleurs résultantes 
devait être intermédiaire entre la solidité et la fuga- 
cité des deux constituants. 

Dans nombre de cas, la couleur renfermant un 
constituant solide et un fugace possède une solidité 
intermédiaire, mais il y a une différence dans la 
solidité, provenant de l'espèce de constituant solide 
employé : par exemple, l'amidonaphtol sulfonique 
(2, 8, 6') donne des couleurs plus solides que le 
phénol ou ses dérivés sulfonés et carboxylés, bien 
que ce soit le contraire quand chacun de ces corps 
est employé comme constituant d'une couleur simp'c. 
Il y a néauimoins de nombreuses exceptions, de sorte 
qu'il est réellement difficile de prédire à l'avance, 
avec quelque certitude, la solidité de certaines 
couleurs mixtes. 

Par exemple les couleurs ayant la formule 

générale : 

„ .,. /phénol p.-sulfoné 
Benzidine s '^ l- i- j- • 

NX — jji.-phenylene diamine 

où .c représente des aminés sulfonées, sont fugaces 

à la lumière, tandis qu'on devait s'attendre à ce 

qu'elles fussent simplement pas solides. 

11 en est de même des couleurs de la formule 

générale : 

r, ... /phénol p.-sulfoné 
Benzidine ^ "^ i • i- j- 

\iîi.-phenylenediamine — x 

où X représente des couleurs d'amines sulfonées -îu 

type : 

n ... /acide salicvlique 
Benzidine \ • ' 

où j correspond à des aminés et j/ à des ami : es, 
phénol, etc. EUIes sont solides à la lumière (e. p. 2 , 
âZZ, 1895). 



REVUE DES JOURNAUX 



47 



Benzidiiie ' 



Lïcnzidine \ 



C'est ainsi que le brun: 

/acide salicylique 

\aniline — ainidonaplitol sull'oiiique 
(2,8,6) 
est solide, comme on s'y serait attendu. Il en est de 
même des couleurs : 

'aride salicylique 
\a-naphlylamine — x 
où X rcpi-ésente des aminés, phénol S, etc. -- Elles 
sont convenablement solides. 

Il est donc possible, d'après cela, de déduire avec- 
quelque certitude la solidité de certaines couleuis 
de bcn/.idine de leur constitution. Seules sont solides 
à la lumière lescouleursde benzidinequi proviennent 
du phénol, de ses honiolofjues, de ses dérivés 
.sulfonés et carboxylés, ainsi que des déi ivés suH'onés 
de quelques amidonaphtols et des dioxynaphtalèncs. 



2° P.VRTIK. 



Essai sur les causes ullimcs de la 
décohiration. 



Les théories relatives à l'action de la lumière sur 
les tissus teints sont les suivantes: 

Théorie deVoxygénc. — Les couleurs, sousl'inlluence 
de la lumière solaire, réagissent avec l'oxygène de 
l'atmosphère et sont converties en corps incolores. 
C'est là la plus ancienne conception : elle se trouve 
déjà dans les Eléments de l'art de la Teinture, 17'J-', 
de Berthollet. 

Théorie de l'ozone. — Les couleurs seraient détruites 
par l'ozone ou le peroxyde d'hydrogène, ([ui se 
forment en faibles quantités par l'évaporation de 
l'eau à la surface de la libre. 

Théorie de la réduction. — Sous l'actinn de la 
lumière solaire la couleur est réduite par la fibre 
même du coton, ou bien la lumière seule réduit les 
couleurs. 

Il faut s'attendre à ce que les :20 "!„ de couleurs 
bcnzidine solides à la lumière le sont justement ù 
cause de leur plus grande résistance aux agents 
oxydants ou réducteurs. L'auteur a comparé cette 
résistance pour 60 couleurs. Comme oxydant, il 
employait une solution neutre, froide, de perman- 
ganate dépotasse au 1 '.ïO''. Les couleurs étaient 
teintes à la même intensité sur colon, essorées et 
plongées dans cette solution environ trois niinules, 
puis letirées, lavées et séchées. 

Comme agent réducteui-, on se servait d'une 
solution neutre étendue d'Iiydrosullite desorllum. de 
force telle que les couleurs fugaces fussent détruites 
en trois minutes environ. 

Les résultats ne sont que comparatifs el dans 
chaque cas approximativement équivalenis à uni' 
exposition à la lumière d'une semaine, en èlé. 

Les résultats sont peu nets et peuvent se dasseï' 
ainsi: 

1. — Les couleurs dérivées du phénol, de ses 
homologues et de leurs dérivés sulfonés etcarbo\y!és 
sont solides à la lumière, aux agents oxydants, bien 
qu'elles se ternissent d'une manière insignilianlc, 
ainsi qu'aux agents réducteurs. 

U. — Les couleurs dérivées des phénols, i[ui 
renferment plus d'un groupe hydroxyle, sont fugaces 
à la lumière, et, vis-a-vis des agents oxydants ol 
réducteurs, varient du fugace au convenablfinen! 
solide. 

m. — Les couleurs provenant de l'a et de la 
[^-naphtylamine el de leurs dérivés sulfoniques sont 



fugaces à la lumière, d'ordinaire couvenablenient 
solides aux agents oxydants, et varient, pour les 
agents réducteurs, du fugace au convenablement 
solide. 

IV. — Les couleurs dérivées de l'a et du ,';-naphlol 
sont fugaces à la lumière, ciinveiiableinent solides 
aux agents oxydants et fugaces mux agents réduc- 
teurs. 

V. — Les couleurs dérivées des amidonaphtols 
sulfoniques (2 8, 6) et (2, 8, 3, 6) sont solides à la 
lumière et fugaces sous l'action des agents oxydants 
el réductiMirs: celles qui proviennent des dérivés 

1, 8, 3, 6) el I, 8, 2, 1) sont fugaces à la lumière, 
pas solides aux agents oxydants, et fugaces aux 
agents réducteurs. 

Si, par exemple, une couleur donnée est solide à 
la lumière et aux agents oxydants, mais fugace sous 
l'action des réducteurs, on peut supposer que l'acticm 
de la lumière est oxydante, mais ou n'en est point 
sur, car il est probable que dans les deux cas l'oxy- 
dation revêt un caractère bien difTérent. 

Les résultats précédents sont trop pleins d'irrégu- 
larités, |)our qu'il soit permis d'en déduire 
l'exactitude de l'une des théories proposées. C'est 
ainsi que li^s couleurs dérivés du phénol sont solides 
à la lumière, aux agents oxydants et réducteurs, 
tandis que les couleurs jirovenant de certains 
amidonaphlids sulfonés sont solides à la lumière, 
mais fugaces aux agents oxydants el réducteurs. 

Ces difiérences dans la résistance aux agents 
réducteurs sont réellement remarquables, puisque 
toutes ces couleurs renferment le groupe aisément 
réductible, N = N. 

Comme on le sait, les tissus teints ne sont pas 
sensibles à la lumière solaire dans le vide. L'action 
de la lumière, dans la décoloration des couleurs, est 
une action chimique, el beaucoup de réactions 
chimiques ne se passent pas en l'absence de l'eau. 

L'auteur a ré|)été celte ex|)érience de la manière 
suivante : Un échantillon d'étoll'e de coton, leinlavec 
une couleurdirecle sensible à la lumière, par exemple 
le bleu ciel diamine, fut mis dans un long tube en 
verre fermé à un bout. L'autre extrémité, étirée, 
était reliée à une trompe à eau ordinaiie de 
laboratoire, pouvant faire un vide de 10 mm., 
dont 9 dus à la vapeui' d'eau. Le tube fermé à la 
lampe était exposé à la lunnère, en même temps 
(ju'un autre tube scellé renfermant de l'air, 
et contenant un échantillon semblable, .^u bout 
d'une iiuinzaine, en été, ce dernier était complèle- 
ment décoloré, tandis que le premier échantillon 
restait d'un bleu brillant, sans avoir subi de 
changement appréciable. On peut donc dire (|ue 
dans le vide parfait, en présence de vapeur d'eau, 
les tissus teints ne sont pas sensibles à la lumière du 
soleil. 

Dans l'oxygène, l'action de la lumière est beaucoup 
plus active. L'auteur a ex[)osé des échantillons teints 
dans l'azote, Ihydrogèue, l'acide carbonique, l'acide 
sulfureux, el le gaz d'éclairage dépouillé d'oxygène ; 
dans la plupart des cas, la couleur n'était nullement 
altérée. Dans le protoxyde d'azote l'action était bien 
plus accentuée, ce gaz se comportant évidemment 
d'une manière analogue à l'oxygène. On sait que ce 
gaz entrelient la combustion bien plus aisément que 
l'oxygène lui-même. Tous les gaz étaient employés 
humides. 

Les tissus teints no sont pas altérés, (juand on les 
expose à la lumière dans l'air absolument sec, qu'on 



48 



KEVUi: niiS JOURNAUX. 



obtient au moyen de l'acide phosphorique, de 
l'acide snlfniique concentré ou du chlorure de 
calcium. Ce pliénoinène ne prouve du reste rien, 
car, comme on l'a déjà fait remarquer, beaucoup de 
réactions chimiques ne se passent pas en l'absence 
de l'euu. 

La pié.'^encc de vajieur d'eau dans l'atmosphère 
indue aussi sur l'action de la lumière. Dans des 
fioles de verre, d'environ 300c. c. de capacité, fermées 
avec de bons bouchons en caoutchouc, des 
échantillons étaient suspendus aux bouchons, jiuis 
on recouvrail ceux-ci de collodion. Une des fioles 
renfermait du chlorure de calcium ou de l'acide 
sulfurique concentié, une autre de l'air ordinaire, 
et la troisième 10 ce. d'eau. 

Après une exposition de dix jours à la lumière, on 
constata que dans l'air sec les échantillons n'étaient 
pas altérés, et qu'ils l'étaient beaucoup plus dans 
l'air humide que dans l'air ordinaire. L'action de la 
lumière est d'autant plus active, que l'air contient 
plus d'humidité. 

Il y a une grande différence dans les résultats, 
suivant que l'exposition se fait dans une atmosphère 
acide, neutre ou alcaline. Dans cette dernière l'action 
de la lumière est très exallée. L'addition de deux 
gouttes d'ammoniaque à 20 " „ dans une liole de 
300 ce. fermée donne lieu à une remarquable 
différence d'action. Certhollel l'avait déjà l'ail 
remarquer dans son ouvrage sur la teinture lT92j. 
Au contraire, la présence d'un acide dans l'almu- 
sphère diminue l'action de la lumière. C'est ainsi 
qu'un échantillon de coton, teint en rouge Congo, 
et exposé dans l'atmosphère acide, au point qu'il 
vire complètement au bleu, puis passé à la soude et 
séché, est moins altéré qu'un échantillon semblable 
exposé à l'air ordinaire. Avec quelques couleurs, la 
différence est remarquable. Cela ne dépend pas du 
fait que lu couleur est sensible à l'acide ou ne l'est pas. 
Ces résultats montrent que les éléments de 
l'atmosphère, qui favorisent l'action de la lumière 
sur les tissus teints sont l'oxygène et la vapeur 
d'eau. En l'absence de l'un ou de l'autre, la lumière 
solaire n'a pas d'action. 

Si la théorie de la réduction était juste, la présence 
d'oxygène ne serait pas nécessaire. Ciamician et 
Silber ont montré que l'action de la lumière solaire 
sur diverses matières organiques amène des 
changements intramoléculaires, comme la transfor- 
mation de l'o-nitrobenzaldéhyde en acide o-nitroso- 
benzoique, ou celle d'un mélange d'alcool et de 
quinone en aldéhyde et hydroquinone. Il pourrait 
se faire que l'action de la lumière sur les tissus teints 
présente un caractère analogue ; la cellulose, 
hydrate de carbone, se transformerait, par oxy- 
dation, en corps analogues à l'oxycellulose. tandis 
que la matière colorante subirait une réduction cor- 
respondante. 

S'il se passait une réduction de ce genre, la 
présence d'oxygène ne serait pas nécessaire, et il 
semble donc que celle explication n'est pas correcte. 
Il n'y a donc pas de doute que la matière colorante 
est détruite par suite d'une oxydation, et il reste à 
décider si elle est due à l'action directe de l'oxygène 
de l'air, ou bien à la formation d'ozone ou de 
peroxyde d'hydrogène provenant de l'évaporalion de 
l'eau à la surface de la libre. Celte dernière théorie, 
autant ((u'on peut en juger par ces essais, semble 
empreinte d'exagération. 

Il n'y a de doute que l'action esl proportionnelle 
à l'humidité en présence, mais il ne s'ensuit pas 



nécessairement qu'il se forme de l'ozone ou du 
peroxyde d'hydrogène. 

L'auteur a exposé des échantillons teints dans des 
fioles contenant une couche d'eau dans le fond, 
l'une fermée, l'autre ouverte, de manière a |)ermeltre 
à l'eau de s'évaporer. Il n'y eut pas de différence 
dans l'action de la lumière. Si cette action était due 
entièrement à la formation d'ozone, on aurait pu 
s'attendre à ce (jue l'échantillon teint, suspendu 
dans une atmosphère où environ i'6 ce. d'eau 
s'étaient évaporés, fût plus altéré ijue celui en 
présence duquel il n'y avait pas eu d'évaporation. Un 
échantillon fut exposé, plongeant dans l'eau, de 
manière qu'il y avait à sa surface circulation et 
évaporation continue d'eau ; du papier réactif à 
liodure d'amidon et de cadmium y était attaché, 
au-dessus du niveau de l'eau. Après dix jours 
d'exposition, le papier ne présentait pas traces de 
coloration. 

11 n'est pas possible de dire si celle év poralion 
continue à la surface de la fibre accroLl l'iulensilé 
du phénomène, comparativement à ce qui se passe 
dans une atmosphère humide ordinaire, car la 
circulation de l'eau vers la partie supérieure de 
l'échantillon y amène aussi plus de couleur. 
Scluenbein a été le piemier qui ail signalé la 
formation d'ozone par suite de l'évaporalion de 
grandes quantités d'eau, mais les quantités formées, 
comme on le sait, sont fort petites. 

L'évaporalion et l'absoriition de l'eau par la fibre 
du coton déjiendenl de la température et de l'humi- 
dité de l'almo-phère. Dans une semaine de bel été, 
ces conditions ne varient pas beaucoup, de sorte que 
l'évaporalion et l'absorption de l'eau seiont réelle- 
ment insignifiantes: si, d'autre part, on se souvient 
que l'évajioration spontanée de quantités relative- 
ment considérables d'eau ne produit pas. en dix 
jours, assez d'ozone pour donner la moindre réac- 
tion avec le papier amidon et iodure de cadmium, on 
sera en droit de se demander comment une nuance 
à2";'(,d'une couleur directe sur colon peut être nota- 
blement altérée en quelques heures. 

On sait que les couleurs sont beaucouji plus sen- 
sibles à l'air de la mer qu'à celui des villes. Cela 
doit tenir à ce que l'air de la mer esl plus pur, plus 
humide, non acide, et aussi à la présence de pero- 
xyde d'hydrogène ou d'ozone, qui doivent tout spé- 
cialement se produire sur les côtes par suite de la 
rapide évaporation de grandes quantités d'eau, 
dues à de vastes surfaces de sable humide, etc. 

L'action de la lumière sur les tissus teints esl due 
principalement à une combinaison directe de la cou- 
leur avec l'oxygène de l'air et une certaine propor- 
tion d'ozone et de peroxyde d'hydrogène. Il se forme 
des corps incolores de composition inconnue et l'ac- 
tion est proportionnelle à la quantité de vapeur 
d'eau en présence. L'évaporalion prolongée de l'eau 
à la surface de la libre doit très probablement 
donner lieu à la formation de traces d'ozone et de 
peroxyde d'hydrogène qui favorisent l'action de la 
lumière; mais le rôle de ces corps ne doit pourtant 
élre considi-ré que comme secondaire. 

Les conditions les plus favorables pour la décolo- 
ration des couleurs soni que l'atmosphère soit chaude, 
humide et alcaline. 

Un fait intéressant consiste en ce que des traces 
de vapeurs de corps en apparence inertes peuvent 
produire des effets remarquables. Ainsi les vapeurs 
d'alcool et de pyridine augmentent l'action de la 
lumière dans des proportions énormes, celles de 



KKVUfc; DES JOURNAUX. 



49 



rhloroforme et de pélrolo la diniiiiufiil Iriièrcnipiit, 
l;iiiiii>(|iR' le iiaplitalène, le iiilinlicii/èiie, le |ihéii(ii, 
la foiiiialdohyde, riiuilc d'euralyplus, l'élliui- el le 
benzène ne la modident pas. 

Dans les E.cperinifntal lescarckcs conccrniuij the 
liiilosuphy of the pcniutnenl coknirs, de liancrofl (1813 1, 
on lit les remarques suivantes: 

.< Sejinebier a montré que lessolulions alcooli(|ues 
de matières eolorantes végélales sont facilement 
altérées. .. l'alcool participe à l'action des rayons 
solaires pour décomposer diiïéienles matières colo- 
rantes, probablement par suile d'une combinaison 
avec leur oxygène... les solutions acpieuses ne sont 
pas altérées. » 

On sait que beaucoup de coloranls directs sont 
rendus beaucoup plus solides à la lumière en leur 
taisant subir l'action de solutions bouillantes de 
sels de cuivre (t. v. Jij'Ji, ISS'.I). La raison de ce 
|)hénomène n'est pas connue avec certitude. 

Suivant Scheurer, le sel de cuivre, déposé sur la 
(ibre, protège la couleur contre les rayons du soleil. 
D'après une autre théorie, les couleurs se trouvent 
oxydées el les nouveaux produits, devenus capables 
de résister à une oxydation ultérieure, sont par cela 
même plus solides à la lumière. 

L'auteur a comparé la résistance d'un grand nom- 
bre de couleurs à la lumière, aux agents oxydants 
et aux agents réducteurs, avant et après passage en 
sels de cuivre. 

Dans tous les cas, après ce passage, les couleurs 
étaient beaucoup plus solides à la lumière; mais, rela- 
tivement aux agents oxydants et réducteurs, il n'y 
avait pas de dilTèrence comme s(didité, et dans 
quelques cas même, il y eut diminution dans la soli- 
dité. Ces faits tiendraient à prouver (pie l'action pro- 
tectrice du cuivre n'est pas due à une oxydation de 
la couleur et à sa transformation en produit com- 
plètement oxydé et résistant à la lumière. Néanmoins, 
cela ne prouve pas complètement que dans les deux 
cas les oxydations doivent être de nature dillérente. 

C'est un fait bien connu, que l'action de la lumière 
sur des coloranls donnés change souvent avec la 
(ibre sur laquelle ils sont teints. Par exem|ile, le 
bleu méthylène teint sur coton mordancé est plus 
solide que teint sur laine. 

L'indigo n'est pas aussi solide sur colon t\\ie sur 
laine. Chevreul a montré que diverses couleurs sont 
moins fugaces sur coton que sur laine. Sur laine les 
colorants basiques forment une classe de matières 
colorantes fugaces, tandis que sur cuir elles sont 
moins fugaces. Il semble acquis d'une manière géné- 
rale que les coloranls directs sont plus solides sur 
laine et soie que sur colon. 

L'influence de la nature de la fibre sur l'action de 
la lumière sur les couleurs de benzidinc l'ut aussi 
examinée. Vingt des couleurs déjà meut iounées, con- 
tenant un groupe acide, furent teintes à égalité de 
nuance sur coton, oxycellulose, triniirocellulose, jute 
et soie, tandisque pourlalaineon employa quarante 
huit couleurs. La laine et la soie se teigniient faci- 
lement, grâce au groupe acide contenu dans les cou- 
leurs. Les échantillons furent exposés à la lumière 
le temps normal. Les résultats obtenus montrèrent 
qu'il n'y a pas de différence dans la solidité, quand 
on teint sur coton, oxycellulose, tiinilrocellulose et 
jute. Kn ce ijui concerne la soie, «l "/o des couleurs 
ne montrèienl pas de différence, tandis que 16 "/p se 
montrèrent légèrement [dus solides. 

L'auteur n'a eu que le temps d'examiner vingt 
couleurs, mais néanmoins on peut considérer. 



comme une règle générale, que les couleurs benzi- 
dine sont [dus solides siu' soie (|ue sur coton. Dans 
le cas de la laine, des 48 échantillons : 

.'(t "/o étaient plus solides que sur colon, 
'.i'i "/„ légèrement plus solides, 
1^0 "/„ sans différence, 

de manière qu'en règle générale les couleurs benzi- 
diiie sont plus solides sur la laine que sur cidon. 

Il est très difficile de dire si la libre du coton prend 
une part dans l'aclion de la lumière sur les couleuis 
avec lesquelles elle est teinte. Le fait ((u'urie couleur 
doimée est solide sur laine el fugace sur coton len- 
diail à faire croii('i]ue la couleur est en combinaison 
ciiimiquc avec la laine, et, pour celle raison, plus ré- 
sistante que dans le cas du coton, où la couleur, 
comme on le sait, n'est pas combinée chimiquement. 

On a souvent fait remarquer que les solutions de 
couleurs teignant directement le colon ne sont pres- 
(pie pas altérées par la lumière, tandis que ces cou- 
leurs sont fugaces sur coton, et on en a conclu que 
la fibre du coton joue un rôle important dans le 
phénomène. Celle conclusion n'est pas légitime. Les 
solutions de beaucoup décolorants directs sont très 
fortement allérèes par la lumière du soleil. 

Une solution de benzopurpurine 10 li à 1/2 "/o, 
exposée un mois dans un tube à essais bouché, fut 
presque complètement délruile. Par contre, le bleu 
ciel diamine ne fut que légèremiMit atteint. 

Dans le Dyeinij amî Calico printiny, de Crookes 
(I8'74), il est dit : « L'action de la lumière n'est pas 
limitée aux tissus teints ou im|irimés. Les couleurs 
elles-mêmes, à l'état de leinlures ou de pigments, 
sont aussi altérées [lar l'exposition à la lumière. 
L'extrait d'indigo perd peu à peu sa couleur bleue et 
est ramené à un faible vert jaunâtre. Les vieux ma- 
nufacturiers, spécialement ceux de Ibdiande et 
d'Alsace, ont de temps immémorial |iréleiidu que la 
garance, même moulue el einpaciuelée, devait èlre 
gardée complètement à l'abri de la lumière ». 

Même si les solutions des couleurs n'étaient pas 
altérées parla lumière, il ne s'ensuivrait pas qu'elles 
doivent être fugaces sur coton, parce que la libre 
réagit sur elles, car la couleur sur la fibre du coton 
doit être eu contact bien plus intime avec l'oxygène 
qu'en solution. 

La fibre elle-même du coton est attaquée par Id 
lumière solaire, et il est 1res probable que les 
composés formés réagissent avec la couleur; mais 
celte action est difficile à invo(iuer dans le cas des 
couleurs benzidine, qui sont détruites dans un trop 
court espace de temps. 

Les résultats obtenus avec les couleurs benzidine 
peuvent être récapitulés en peu de mots, comme suit : 
l'action de la lumière solaire détiuil les couleurs par 
oxydation, par suite de l'intervention de l'oxygène 
del'air. En l'absence d'oxygène ou d'agentsoxydanls, 
il n'y a pas de changement. L'action est pro|ioition- 
nelle à 1 humidité de l'air el doit être accrue par la 
formation de très petites quantités d'ozone ou de 
peroxyde d'hydrogène sur la fibre. I, 'alcalinité de 
l'atmosphère favorise l'aclion grandement, tandis 
que son acidité l'amoindrit. La présence de traces 
de vapeurs d'alcool ou de [lyridine, sans raison con- 
nue, est favorable à l'intensité de l'action. Enfin, il 
est possible de juger de la solidité d'une couleur 
d'après sa constitulion. Peulêlre que les résultats 
obtenus a\ec les couleurs de benzidine sont appli- 
cables à d'autres matières colorantes organifiues. 



50 



REVUE DES JOURNAUX. 



MATIÈRES COLORANTES 

XAPIITYI. DII'IIKXYL, DIXAI'in VL-PIIK- 
XYI. ET TRI.VAIMITYLMÉTIIAXE (Sur les 
«•oloranls «lérivés du , par M. E. XOELIIXG 

{Bull. Suc. iml. Mulhouse, 1902, p. 219j. 

Les colorants ayant pour base le triphénylmé- 
thane sont très nomhreux et ont été étudiés en 
grand détail. Depuis 1884, date de la découverte 
du bleu Victoria, par Caro et Kern, on a 
préparé aussi un certain nombre de dérivés du 
naplityl diphényl-métane, mais aucune matière 
colorante contenant deux ou trois groupes 
naphtyliques, c'est-à-dire dérivant du dinaphtyl- 
phénylméthane et du trinaphtylméthane, n'était 
connue jusqu'ici. 

Il m'a semblé intéressant de combler cette 
lacune et, de concert avec quelques élèves, je 
me suis attaché à ce problème. 

Il semblaitparticulièrement intéressant d'exa- 
miner l'influence qu'exercerait sur la nuance le 
remiilacement des groupes phényliques par des 
groupes naphtyliques dans des composés ayant 
du reste une constitution analogue. 

Les dérivés du naphtyl-diphényl-méthane 
avaient été préparés d'après deux méthodes 
générales : 

1° Condensation de la tétiaméthylJiamido- 
benzophénone avec les naphtylamines secon- 
daires et tertiaires, phényl, tolylnaphtylamine, 
méthyl, diméthyl-naphtylamine, etc. 

Ainsi le bleu Victoria se forme d'après 
l'équation suivante : 



co 
I 
C6H 



C«HkNiCH')2 
X«H-. I Ml 



+ Ci»II'.\/ = c/ .O'ti' 

^H 1 ^r.ioH^\< 



Comme agent de condensation on se sert de 
l'oxychlorure de phosphore, et l'on obtient alors 
naturellement non le carbinol libre, mais le 
chlorhydrate. 

2° Action du tétraméthyldiamidobenzhydrol 
sur la naphtylamine, ses dérivés alcoyliques et 
alphyliques et oxydation des leucobases obte- 
nues, par exemple : 

Cqi'XiCIlJj^ C6H*X(CH»12 C^H5 

l/OH Xm-^ I ,Cio||6?j/ -H 11^0 

c<r + c'oip.Nr = c/ ^H 

1 ^H \ll |\(i 

C«H»N;CH3)2 C6H'.N,CH3,2 

Pour préparer les dérivés du dinaphtyl- 
phénylmétliane et du trinaphtylméthane, mi 
devait pouvoir employer des réactions analogues 
en prenant comme point de départ les cétones 
mixtes naphtylphényliques et dinaphtyliques. 
Malheureusement, aucun représentant de cette 
classe de cétones n'était connu. Il fallait donc 
essayer de les préparer, et c'est à la résolution 
de ce problème que je mnsuisattaché en premier 



En condensant l'anilide de Hœchst (d. r. p. 
^' î i"77 FriPfl/xnrlprU^^) avec les naphtyla- 
iiiinesalcoyliqueset alphyliques et décomposant 
les dérivés auramonium ainsi obtenus, j'ai 
préparé les cétones suivantes : 



C6HiN(CH^)2 

1 

1» CI) 



C"ilis.\<^ 



CIP Point de fusiou ; ail-îri" 



II 
C6.N>N{C1P 2 

C^H* Point de fusion : 162°. 



2» CO 

Ci»H6NV 



MI 



C«H'N\CH:i)» 
1 
3° CO 

I ,C«Ili Point de fusion : 201-202°. 



C^HiN CH3,2 

C"H' Poiut de fusion : 221°. 



4° CO 

I / 

C">H«.N<^ 



ainsi que les dérivés correspondants contenant 
deux groupes C-H' dans l'amide du noyau 
benzolique. 

Au moyen de ces cétones il était facile de 
préparer des dérivés dinaphtyl-phényliques et, 
aussi, d'obtenir des dérivés naphtyl-diphény- 
liques, déjà connus, d'une autre manière. 

Des dérivés dinaphtyl-phényliques ont encore 
pu être obtenus par condensation de l'aldéhyde 
dimélhylparamidobenzoïque 

C«Hi.\iCH3)2 

'cf 

avec les naphtylamines alcoylées et oxydation 
subséquente. 

Les dinaphtylcétones nécessaires pour la 
synthèse des dérivés trinaphtyliques n'étant 
pas facilement accessibles, je me suis servi d'une 
autre méthode qui a donné de très bons résultats, 
savoir l'action du tétrachlorure de carbone en 
présence de chlorure d'aluminium sur les 
naphtylamines alcoylées. 

cm-' 

C'<'H6 = N- H 

,/ -CI 

-C'<>U«.N<^ +3HC1 



C-Il* 
CCI'-t-SC'H'X/ = c 



\ 



^C"iH6N<^ 



II 

cni^ 



.le n'ai pas l'intention de décrire ici, en détail, 
le mode opératoire pour l'obtention de tous ces 
nombreux dérivés, je me contenterai de donner, 
sous forme de tableaux, les composés obtenus 
en mentionnant leurs principales propriétés 



REVUE DES JOURNAUX. 



51 



Dans ce travail de lon^^ue haleine, j'ai 616 
assisté par un certain nombre de mes 6lcves ; 
les noms de ces collaborateurs se trouvent 
mentionnés dans les tahioaux, à côté des 
composés à l'étude desquels ils ont pris part. 

De l'étude cliimique et tinctoriale des dérivés 
du naphtyl-diphényl, dinaphtyl-pliényl et Iri- 
naphtyl-méthane on peut tirer les conclusions 
suivantes : 

Ces colorants montrent dans leurs propriétés 
et réactions la plus grande analogie avec les 
dérivés du triplionylmétlianc, mais leur teinte 
est bleue au lieu d'être violette. 

Les rosanilines penta et hexaméthylées sont 
violettes, les naphla-rosanilinos alcoylées sont 
toutes bleues. Cola tient, évidemment, à la 
présence du noyau naplilylique que l'on peut 
considérer comme un benzène substitué en ortho 
et meta et qui contient, par conséquent, une 
position ortho vis-à-vis du carbone fonda- 
mental : 



< 



C«II'N(CIP)2 

Or, j'ai montré, il y a longtemps, que si dans 
le violet hexaméthylé une seule position ortho 
vis-à-vis de ce carbone se trouve remplacée, la 
teinte passe au bleu, par exemple dans : 



/ 



N(CIP)^ 



^<Ç3n(C[P)2 

\c'-'ir-N(CIPr.= ^< >N(CH:'):i 

La solubilité des colorants naphlyliques e?t 
moindre que celle des ben/.oliques ; ainsi les 
bleus Victoria sont assez, peu solul)les, les 
dérivés alcoylés de la dinaphtorosaniline lèsent 
très peu et les dérivés aryliques ne le sont plus 
du tout. Il en est do même des dérivés alcoy- 
liques de la trinaphtorosaniline. 



l'(U;PARATION 



PROPRIÉTÉS ET ANALYSES. 



UECOL VEP>T PAR 



Dérivés du diphényl-naphtylméthane. 



N(cn-')--! .\(Cii3)2 


TctraméthyMiauiidobenzliydrol 


P F 221-'222° 


B. A. S. F. 


A /\ 


+ a-iiaplitylamine en solution 


Paillettes brillantes très peu 


I). R. P. 27032 


1 1 


.ilcooliqiie en présence d acide 


solubles dans l'alcool, faciliMiirnt 


Etudié en commun 


uu 


cldorhydric[ue. 


dius la benzine et chloroforme. 
L'oxydation le transforme en 


avec G. treyss. 


\/ 




un colorant bleu. 




CH 

(X) 




C27 H29 N3 
Calcule^ Tiouvé 
C 82,03 «/o 8'i,07 Vo 
H 7,34 7,61 
N 10,63 10,'.l() 




NH2 








00 


Acétylation du corps précédent 


P F 228-229° 
Petits cristaui incolores [ire- 
nant une coloration verdàtre à la 
lumière, peu solubles dans l'al- 
cool, assez facilement dans l'cther 


(i. Frcyss. 


V 




acétique. 






Par oxydation il résulte un co- 




CH 

1 

/yx 




lorant bleu-vert. 

en H31 N' 
Calcula Trouvé 
C 79,63 o/o 79,67 »/o 
H 7,10 7,48 




Nil C0CH3 




3,66 

N 9,61 9,88 





N(CH3)! N(CH')ii 



Cil 

I 



Réduction du colorant corres- 
pondant en solution acétique avec 
de la poudre de zinc. 



P F 201 -202* 
Paillettes brillantes stables à 
l'air. 

Par oxydation cette base est 
transformée en colorant bleu, 
cas H3' N' 
Calcul* Trouva 

C 82,15 »/o 81,93 «/o 

Il 7,58 7,72 



11. Bourry. 



52 



REVUE DES JOURNAUX 



I.EUCOBASE. 


('RÉPARATION. 


PKUPUIIiïKS ET ANALYSES. 


DÉCOUVERT PAR 


N(GH3j2 ^^GH3J^ 


Réduction du colorant corres- 


1' K [-ri" 


II. Bourry. 


1 1 


poudaut en solution chlorhy- 






■ 00 


drique avec le sel d'étain. 


pas a la lumière. 

Les oxydants transforment cette 
base en un colorant bleu assez 
intense. 




\/ 








CH 

rVi 








N(CH3|2 









N(CHJ)2 N(CH3)2 



CH 
I 



1) Tétrauiéthyldiamidobcnzhy- 
drol -(- a-élbylnaphtylamine. 

2) lléduction du colorant. 



P e 172-170» 

Prismes incolores, la solution 
montre une fluorescence très pro- 
noncée. 

Par oxydation il résulte un co- 
lorant bleu. 

C-29 HJ3 N3 

Calculé Trouvé 

C 82,2C»/o 81,94 »/„ 
H 7,80 7,97 

N 9,94 10,11 



N(CH3)2 N(CH3)2 
1 1 

A /\ 


Acétylatiou de la base précé- 
dente. 


Araorplie, incolore, donne par 
oxydation un colorant vert. 


J. Dreyfus. 


1 








\A/ 

1 -COCH'i 
N< 








N(CH3)2 N(CHa)2 
1 1 

00 


1) Uéduction du bleu Victoria. 

2) Cétone mixte + diméthyla- 
uiliue et réduction. 


P F 
Par oxydation l'on obtient un 
colorant bleu. 

CJ3 H" N3 
Calcul.; Trouvé 


F. Serra. iNa- 
thauson et Millier, 
Ber. XXII 1820, l'a- 
vaient obtenu à 
l'état impur.) 


1 




C 84,07 o/o 83,08 
H 7,01 7,41 




\A/ 

1 

NHC6H6 








N(Ct|3)2 N(CH3)2 
1 1 

C]0 


Acètylalion de la précédente. 


Donne par oxydation un colo- 
raut vert. 




\/ 

CH 

1 








1 ,C0CH3 
N< 









REVUE DES JOURNAUX. 



53 



PREPARATION. 



PROPRIETKS ET ANALYSES. 



IiEcnoVKRT PAR 



I I 



C» 



I /CH3 
N< 



Réduction du colorant. 



I' !•• 87° 
Aiuùrphe, incolore ou bleuàlrp, 
assez facilement solulile dans l'al- 
cool et l'ëther, peu soluble dans 
la benzine. 

Cette base ne s'oxyde que très 
mal. 

C« II" N3 
Calculé Ti-ouv»^ 

C 84,12 % 83,C8 «/o 

H 7,22 7,34 



.Nathanson et .Mill- 
ier, loc. cit. 



S Cfl5,2 .N(CH3 
I I 



CH 



1 Réduction du colorant obtenu 
par condensation de la cétone 
mixte avec la diméthylaniline 

2) Titraméthyldiamidobenzhy- 
drol -h p.-tùlyl-a-naphtylamine. 

3) Réduction du colorant, résul- 
tant de la condensntion de l.i cé- 
tone Michler avec la p.-tolyla- 
naphtylamine. 



P F 193-194° 

Prismes incolores peu solubles 

dans l'alcool, facilement dans 

l'éther acétique avec une lluorcf- 

cence bleue. 

Cette base s'oxyde facilement 
et donne un colorant bleu. 
C" H35 .VJ 



C 84,12 o/o 
H 7,22 
N 8,60 



Trouva 
84,22 »/, 

7,39 

8,GU 



N(CH3;2 N(CH3)2 

1 I 



Cil 



Tétramélhyldiamidobenzhydro- 
f- o.-naptitylendiauiine. 





P F 233-234» 




Petits cristaux 
une coloration vt 


blancs 
rdàtre 


prenant 
a la lu- 


miire. 

Par oxydation 
lorant bleu vert. 


il résulte un co- 




C" H 


30 i\; 




Calculé 






Trouté 


C 79,02 »/ 
H 7,32 
N 13,66 







79,11 »/o 
7,50 
I3,3'> 



Freyss. 



NlCH3)2 N(CH3)2 
I I 



CH 



>- 



Acétylation du corps précé- 
dent. 



P F 258-259» 

Petits cristaux blancs ; à la lu- 
mière ils s'oxydent superOcielle- 
meut en prenant une coloration 
verdàtre. Très peu solubles dans 
l'élher acétique. 

Par oxydation l'on obtient iin 
colorant "vert. 





C31 


II" 


()2 


N* 






Calculé 








Trouvé 


C 
H 

N 




75,30 0/0 
6,89 
11,34 

ti,47 








75,21 o/o 

7,45 
11,37 



Freyss. 



54 



REVUE DES JOURNAUX. 



]iiKPAIUTklN. 



PKUI'RIÉTÉS ET ANALYSES. 



DECOUVERT PAR 



I I 



GH 

I 



Condensation de la leiicobase 
avec la phenanthreuqiiinoue, en 
solution acétique alcoolique. 



P F au-dessus de 33C" 
Aiguilles microscopiques de 
couleur jaune clair presque iuso 
lubies dans l'alcool, difficilement 
dans la benzine. Soluble dans 
l'acide sulfurique concentré avec 
une coloratiou bleu foncé. 

Par o.xydation on obtient un 
colorant vert. 

C'.i ipi N» 

Calculé 



M o/d 



5,74 
9,e2 



Trouvé 
84,44 o/( 

6,09 

9,98 



Freyss. 



N(C2H6)2 N;C«H5)' 
I I 



Réduction du colorant. 



Poudre incolore amorphe. 



Bourry. 



Dérivés du dinaphtyl-phènylméthane. 



N(CH3)2 
I 



CH 



.NHCH3 NliCH^ 



1) Condensation de la dimétliyl 
p.-amidobenzaldéhyde avec de la 
uiéthyl-a-naphtylainine. 

2) Réduction du colorant. 



Poudre amorphe jaunâtre. 

Le point de fusion n'est pas 
net, facilement soluble dans les 
dissolvants organiques avec une 
fluorescence bleue. 

Par oxydation il résulte un co 
lorant bleu. 



C31 H31 N3 



Calcult'- 
C 8.3,58 »/o 
U 6,97 
N 9,44 



83,34 »/„ 
7,1-2 
9,67 



Demant. 
Bourry. 



N(CH3)2 



i I 

NHCnn NHC2H5 



1) Condensation de la diuiélliyl 
p.-auiidobenzaluéhyile avec de 
l'éthyl-a-naphty lamine. 

2) Réduction du colorant. 



P F 220° 
Prismes incolores, peu solubles 
dans les dissolvants ordinaires, 
facilement dans la pyridine. Les 
solutions chautfées prennent une 
coloration bleuâtre. 

Par oxydation on obtient un 
colorant bleu. 

C33 H35 N3 
Calculé 



C 83,72 »/o 
H 7,40 

N 8,S8 



Trouvé 
83,48 »/( 

7,46 

8,92 



REVUE DES JOURNAUX. 



53 



liU'I'AlUTION. 



l'ROI'KlETES HT ANAI.YSKS. 



i)i-;couvi:iiT par 



N(CI1^ - 



en 



1) (:oiiil('nsali"M lie la dimethyl- 
p.-ainiilcilHii/ulilfhyile avec de la 

;-plu'-iiyl-iiaplilykmiine. 

2) Héiluctiuii du colorant. 



l'uuilie incolore aiinii'iilii' 
n'ayant pas de point de fn^iuii 
pet. I''noileiueiit sululile dims les 
dis.'iolv.nnl.'i avei- une lUiorosi cnci' 
blene. 

Par oxydaliiin on oblient un 
colorant bleu. 

C'.i 1135 N3 
V.a\vM- Tn.uvé 

N 7,:!8 o/„ 7,4(1 »/. 



N C1P)2 
I 



I I 

NH NH 

I I 



I I 

CH3 CH3 



1) Condensatiou de la diiuéthyl- 
p.-amidobenzaldéhyde avec de la 
toi y 1-cx-naplity lamine. 

2) Hoduclion du coluranl. 



Poudie amorphe incolore. Le 
point de fusion n'est pas net. Ex- 
posé à la lumière la base prend 
une coloratiou bleuâtre, lacile- 
ment soluble dans les dissolvants 
organiques. 

Par o.xydation l'on obtient un 
colorant bleu. 

eu jlag .\: 



Calculé 


Trouve'. 


C 8G,H 'I/o 
H fi,.'i:! 

N 7,01 


8G,20 »/o 
0,62 
7 , 1 .> 



N(CH3)2 

S-NO^ 



CH 



NHCtP NHCIP 



Condensation de o.-nitrodiuié- 
thyl-p.-amidobenzaldéhyde avec 
de la méthyl-a-naplitylamine. 



Poudre amorphe jaune orange. 
Le point de fusion n'est pas net, 
facilenieut soluble dans les dis- 
solvants ordinaires. 

(Jette base ne s'oxyde ipie dif- 
ficilement et donne un colorant 
bleu violacé. 



C31 1130 Jjt 02 



(,4C "/, 



1 

s— N(V- 



CH 



.NHC^Hs .NHC2|I^ 



(JondensatiouWe o.-nitrodimé 
thyl-p.-amidoheuzaldéhyde ave 
la a-éthylnaphthylaminc. 



p F mi" 

Prismes rouges peu ?oluldes 
dans les dissolvants organiques 
ordinaires, assez facilement so- 
lubles dans l'acide acétique gla- 
cial et la pyridine. 

Par oxydation il résulte un co- 
lorant bleu violacé 



C3:i 1131 Kl 0'- 



Calculé 
C 76,41 0/ 

n 6,.sc 

X 10,86 
(i, 1 8 



76,10»,o 
6,aâ 

10, (ij 



56 



REVUE DES JOURNAUX. 



PREPARATION'. 



PROPRIKTES ET ANALYSES. 



DECOUVERT PAR 



N(CH3)2 
I 
''\_X02 



1 

CH 



Nnc«H5 NHCH» 



Condensatiou de o.-nitrodimé- 
thyl-p.-aïuidobenzaldéhyde avec 
In phéiiyl-a-uaphty lamine. 



Poudre amorphe orange san 
point de fusion net. Kacilenieut 
soluhle dans la benzine et l'acide 
acétique glacial, moins facilement 
dans l'alcool et la ligroine, les 
oxydants n'agissent que lentement 
en donnant un colorant bleu vio- 
lacé. 

Cil H3t 02 N» 

Calculé Trouvé 

3 »/o "9,80 0/» 



80 
5,54 
9,12 
5,21 



5,70 
9,24 



NiCH')2 

I 



I I 

NH Nil 



I I 

cm cm 



Condensation de o.-nitrodimé- 
thyl-p -amidohenzaldéhyde avec 
la tolyl-oi-na|ihtylaminè. 



Poudre amorphe orange sans 
point de fusion net. Cette leuco- 
base possède les mêmes proprié- 
tés que la précédente. 

r>3 H38 02 N* 

Calculé Trouvé 

C 80,.37 »/o 80,14 »/o 
H 5,92 6,20 

N 8,72 8,65 - 



/ 



I 

NlC»3j2 N(CH3)2 



Condensatiiin de la benzaldé- 
liyde avec la diuiéthyl-a-naph- 
tylamiue. 



P F 188-189- 

Prismes incolores peu solubles 
dans l'alcool, éther, facilement 
dans l'acide acétique glacial, ben- 
zine, sulfure de carbone. 

Cette leucobase ne s'û.tyde pas. 

031 H3I) N2 
Calculé Trouvé 

C 87,01 o/o ' 86,51 o/o 

H 6,80 6,99 

N 6,67 



Ce corps, qu'on 
peut considérer 
comme la sub- 
stance-mère d e plu- 
sieurs des précé- 
deuts, avait été 
obtenu par MM. 
Friedlœnder et 
Welmans. 

Ber. XXII 3129. 



N(CH3)> 



I 
.CH 



Condensation de la diméthyl- 
p. -amidohenzaldéhyde avec la 
aiméthyl-a-napbty lamine. 



N(CU«)» N(CH3)s 



P F 178-179"' 
Aiguilles blanches, ne s'oxydent 
que très mal. 

C33 H35 iN3 

Calculé Trouvé 

C 83,60 Vo 83,72 Vo 



H 

N 9,0'J 



1,i 



REVUI- DES JOURNAUX. 



57 



LELCOBASfc". 



l'RKI'AKATIDN. 



l'ROI'RIETES ET ANALYSES. 



niXOL'VERT l'AR 



NHC2H5 



\„ 



NHC2H5 NHC^H» 



1) Réduction du colorant en so- 
lution acétique avec de la poudre 
de zinc. 

2) Condensation de l'i tlier ortlio- 
foi'Hiique avec de l'élhyl-a-nanh- 
tylaniine en présence de chlo- 
rure de ziuc. 



P F au-dessus de .300» 
Prismes brillants incolores 
la lumière ils se colorent en vert. 
Assez facilement solubles dans 
l'alcool, acide acétique, glacial, la 
base portée à une haute tempé- 
rature sublime. 

Elle ne s'oxyde que mal et 
donne un colorant bleu. 

C" II" i\3 

Calcul* Trouva' 

C 84,89 o/o 84,99 o/» 

H 7.08 7,23 

N 8,08 7,76 



COLORANTS 



Dérivés du diphényl-naphtylmëthane. 



Cl 

N(CH3)2 N(CH3,2 
Il 1 

ri C] 


Condensation de la cétone Mi- 
chler avec la méthyl-a-naphtyl- 
aminé. 


Poudre cristalline d'un rellet 
vert-bleu ; teint sur laine et cotou 
mordancé au tannin. 

C28 H30 N3 CI 
Calculé Trouvé 


Bûurry. 


U U 

(X) 




c 75,76 % 74,76 «/» 
H 6,76 6,89 
N 9,47 9,31 




1 

NHCH, 








Cl 

N(CH3)2 N(CH^)2 

Il 1 
A A 


1) Condensation de la cétone 
Michler avec l'éthyl-a-naphtyla- 
mine. 

2) Oxydation de la leucobase, 
obtenue par condensation du té- 
traméthyldi amidobenzhydrol 
avec l'éthyl-i-naphtylamine. 


Colorant bleu connu sous le 
nom de '< Neu-Victoriablau >■. 


Préparé en pre- 
mier lieu par les 
F a r be n fabriken 
F. Bayer et C". 


\/ \/ 

X / 

c 

1 








NHC!H5 









/ 

N(CH')2 N(CH')2 



C 



NHC0CH2 



Acétylation du corps précé- 
dent. 



Colorant vert. 



Dreyfus. 



REVUE DES JOURNAUX. 



PREHARATIOX. 



r'ROf'KIKTKS KT ANALYSES. 



DECOIVERT PAR 



N(CH3)2 N:CH3j2 
Il I 



\'' 



1) Cétone .Michler + phL-nyl- 
3t-uaphtj'lamine. 

2) Cétone mixte + diuiéthyla- 
niline. 

3) Oxydation Je la leucoba^e. 



Paillettes hronzt'es d'un leflet 
uiétallii|ue facilement foluLles 
dans l'eau chaude et Talcool, peu 
solubles dans la benzine et l'étlier. 

Ce produit est dans le com- 
merce sous le nom de •■ Bleu 
Victoria B ». 

C33 H32 X3 Cl 

Calculé Trouvé 

C 78,34 o/o ''7,90 o/o 



H 6,33 
Cl 7,62 



7,27 



r Découvert par 
le B. A. S. K. D. 
R. F. 27789. Etudié 
et analysé par Na- 
ttianson et Muller. 
Ber. XXII, 1875. 

2) Serra. 

3) Serra. 



Cl 



N(CH3)2 N(CH3)2 

n I 



\, 



I /CH3 



Condensation de la cétone Mi- 
chler avec la méthylphényl-a- 
naphlylamine. 



Colorant bleu connu sous le 
nom de « Bleu Victoria » IV R. 
Paillettes d'un reflet métallique. 

C3» H" m Cl 

Calculé Trouvé 

C 78,54 «;„ 7 8,44 »/o 

H 6,65 6,84 

Cl 6,83 6,40 



B. A. S. F. Na- 
thanson et Muller, 
loc. cit. 



l\(CH3)2 N(CH3)2 

- Il - I 



X 



1) Condensation de la cétone 
Michler avec la p.-tolyl-o-naph- 
tylamiue. 

2) Condensation de la cétone 
mixte avec la diméthylaniline. 

3) Oxydation de la leucobase. 



Petits cristaux d'un reflet d'or, 
assez facilement «olubles dans l'a- 
cide acétique, eau chaude, peu 
solubles dans l'eau froide- Colo- 
rant bleu. 



C3i 


H3V 


N3 Cl 




Calcul.^ 






Trouvé 


C 78,61 Vo 
H 6,55 
N 8,0!) 
Cl 6,75 






78,11 0/ 
6,98 
8,06 
6,82 



1) B. A. 

Icc, cit. 

2) Serra. 

3) Serra. 



Cl 



NtC^H^js N(C2H5)2 



C 



Condensation de la tétraéthyl- 
diamidobenzophénone avec " la 
méthyl-ot-naphty lamine. 



'JPoudre amorphe bleue. Ce colo- 
rant teint le coton mordancè au 
tannin en bleu violet. 



REVUE DES JOURNAUX. 



59 



i;n LOUANT. 


ini:['Ar,.vri(iN. 


riiOl'IilKTI'S HT ANALYSES. 


DÉCOUVERT TAU 


Cl 

N;C2IIS)2 NtCMISj-' 
Il 1 

A A 


Condensation <le la tétraétliyl- 
(liamiilobenzophOnone avec l'i- 
thyl-a-naphlylnniiMe. 


Coinnip le piécédent. 


Uouriy. 


\/ \/ 
1 

\A/' 








1 

NHC2H5 









Dérivés du dipbényl naphtylméthane. 



Cl 
/ 

n(c;h3)2 
II 







I I 

NHCH3 NHCH3 



1) Condensation de la cétone 
mixte avec la méthyl-a-naphtyl- 
amine. 

2) Oxydation de la leucobase. 



Poudre amorphe facilement so- 
luble dans l'eau. 

Le colorant teint en bleu 
violacé. 



1 1 Bourry. 
2) Demant. 



Cl 
/ 

N(C2HS)2 



I I 

NHCH3 NIICIH 



Condensation de lacétone mixte 
avec la méthyl-a-naphtylamine. 



Poudre bleue amorphe facile- 
ment soluble dans l'eau. 
Le colorant teint en bleu violet. 



Bourry. 



Cl 

/ 
N(CH')2 
II 
A 


1) Condensation de la cétone 
mixte avec l'éthyl- a-naphtyl- 
amine. 

2) Oxydation de la leucobase. 


Aiguilles bleu verdàtre d'un 
rellet métallique. Très peu soluble 
dans l'eau, facilement dans l'a- 
cide acrtique, clcool. 

Le colorant teint eu bleu. 

Calculé Trouvé 


Demant. 


l 




N 8,27 o/o 8,U3 o/„ 
Cl G,'J9 6,82 










\A/ \}\} 

NHC3H5 NI1C2H6 









60 



REVUE DES JOURNAUX. 



COLOriA.M. 


HRÉrARATlON. 


PROPRIÉTÉS ET ANALYSES. 


tlÈCOL'VERT PAR 


Cl 

NfCH3)2 

II 




1) Condensation de la cétone 
mixte avec la phényl-a-naphtyl- 
amine. 

2) Oxydation de la leucobase. 


Aiguilles bleu vert d'un bril- 
lant métallique. Très peu soluble 
ilans l'eau, soluble dans l'acide 
acétique et l'alcool. Colorant bleu. 

Calculs Trouvé 
N 6,96 »/o 6,93 a/o 
Cl 5,88 5,98 


Demnnt. 


II 
c 

/\ 








KAJ \A/ 

NHC8H5 NHCiiHs 









Cl 

/ 

N(CH3;2 

II 
/\ 

\/ 
II 


1) Condensation de la cétone 
mixte avec la p.-lolyl-«-naphtyl- 
amine. 

2) Oxydation de la leucobase. 


Aiguilles bleu foncé d'un re- 
flet métallique. Presque inso- 
luble dans l'eau, soluble dans l'a- 
cide acétique glacial, difficilement 
dans l'alcool. Colorant bleu. 

Calculé Trouvé 
N 6,65 «/o 6,65 «/o 
Cl 5,62 5,80 


Demant. 


C 








1 1 

NH NH 

1 1 








UU 

1 1 

CH3 CH3 









ei 

NHC-2H5 






I I 

NHC2H5 NHCnP 



Dérivés du trinaphtylméthane. 



Condensalion du tétrachlorure 
de carbone avec de l'éthyl-a- 
naphtylamiiie en présence de 
chlorure d'aluminium. 



Aiguilles hleu vert d'un re- 
flet métallique. Insoluble dans 
l'eau, djflicilement soluble dans 
l'alcool et l'acétique glacial. Colo- 
rant bleu. 

Calculé Trouvé 

N 7,53 o/o 7,77 «/o 

Cl 0,37 6,03 



SOLIDITÉ DES MATIÈRES COLORANTES 
(Les essais de), par M. G. v. GEORGIEVICS 

{Zei<s. Farben u. Texlil-Chemie, 1902, p. 6a6). 

Pourdélerminerla solidité des matières colorantes, 
on recommande de faire en petit des essais qui 
rappellent les trailenicnts qu'ont subis les teintures 
en grand. Malheureusement, on n'est pas d'accord 
sur la nature de ces essais et la manière de les 
conduire. 



Instituer de semblables essais en petit constitue 
donc une question d'un haut intérêt pratique, 
car, d'une part, la connaissance des qualités de 
solidité des matières colorantes est d'une grande 
importance pour les intéressés, et, d'autre part, il 
est peu de personnes en situation de pouvoir se 
rendre compte immédiatement pour chaque couleur 
de la manière dont se comportent ses teintures. 
11 serait donc à désirer qu'une entente s'établit sur 
I la manière de conduire les essais relatifs à la 



REVUE DES JOURNAUX. 



61 



solidilé, comme cela s'est déjà fait pour les produits 
des industries agricoles, ]iour les produits ali- 
mentaires, etc. 

Avant d'aborder 1 e\piisi> sp. cial de chaque essai, 
l'auteur croit utile di' prrsi'iitci' ipiclipies remarques 
générales, plusspécialem('ntde>ti nées aux personnnes 
qui ne sont pas ou ne sont i|ui" peu familières avec 
le sujet en (juestiou. 

Les essais en jx'lil des teiiitiues ont |)our l)ul 
tout d'abord d'établir une idée aussi juste que 
possible de la manière dont se comportera une 
teinture donnée dans les diverses opérations par 
lesquelles elle doit passer en grand. Eu second lieu, 
les essais doivent renseigner sur la façon dont une 
couleur se comimrteia à l'usage courant des tdijets 
qu'on aura teints avec elle, au poiler des vêtements, 
au lavage, etc Ces essais doivent ainsi être une 
reproduction aussi lidèletiue possible des traitements 
qu'une teinture donnétî aura vraisemblablement à 
subir. 

Il ne s'agit donc pas seulement de la manière de 
conduire un essai de solidilé, mais il faut encore 
tenir compte du mode de (ixalion de la cduleur 
en question, de rinleM>ilé de la tcintuie, et de la 
nature de la libre, .abstraction faile de la dillérence 
de solidité que présentent les diverses laques d'une 
couleur, on ne doit pas perdre de vue qu'une 
couleur so'ide ne doniieia des teintures réellement 
solides que si elle est bien teinte à fond et bien 
lavée après la teinture. Il ne faudra pas oublier non 
plus qu'une nuance foncée a une autre résistance 
qu'une nuance claire de la même couleur, et se 
comj)ortera autremeni vis-à-\is des mêmes agents. 

Tous les liomiiii's du mi'licr reconnaitronl 
volontiers qu'il faut tenir compte de ces conditions 
dans la conduite des essais de solidité. Mais il est 
peut-être moins connu que la solidité au lavage et 
au foulon des teintures est intimement liée à la 
nature de la libre employée. Les teintures sur laine 
se comportent autrement que sur soie ou sur coton, 
c'est évident ; mais ce qui ne l'est plus, c'est qu'une 
même couleur peut donner sur ditrérentos sortes 
de laines des teintures (|ui ue présentent pas 
toujours le même degié de solidilé au lavage. 

Les essais de solidité devront être conduits d'une 
manière comparative. Souvent, pour l'essai de 
solidité à la lumière, par exemple, cela est in- 
dispensable. En même temps que l'essai de la 
couleur étudiée, on fera comparativement celui d'une 
ou de plusieurs matières colorantes qui lui sont 
comparables et équivalentes dans la (iratique. 
Pour se borner à un exemple, un colorant rouge 
égalisant bien sur laine devra être comparé avec 
l'azofuchsine ou l'azocarmin et non avec l'alizarine. 



I. — Essais des couleurs pour laine. 

Il faut considérer les propriétés suivantes des 
teintures : 

1" Solidité au foulon ; 

2° — aux alcalis ; 

3° — à l'eau ; 

i" — au décati ssage ; 

îjo — au carbonisage c'est-à-dire aux acides' ; 

6» — à la sueur ; 

7° — à la lumière; 

8° — au fer à repasser ; 

10° — au frottement. 



SolidiW au foulon. — Comme pour la plus grande 
I)artie des essais ciui suivront, il faut tenir compte 
ici de deux éventualités: le changement de nuance 
de la teinture et le dégorgeage sur la laine blanche 
ou le coton tressés avec. 

Pour ces essais, on n'emploiera que des teintures 
sur fils. L'essai de la solidité au foulon d'une teinture 
est de ceux (juil est le plus difficile de conduire en 
petit. La difliculti' provient de ce que, d'une part, 
dans un tissu fabri(iué avec de la laine blanche et 
de la laine teinte, le contact est bien plus intime 
entre les deux matières que lorsqu'on les tresse 
ensemble, etque, d'autre pai't,on n'obtient pas par 
'c foulage! à la main la même intensité d'action que 
parle foulage en grand. Aussi, convient-il d'employer 
de |)etites machines à fouler, comme il y en a dans 
les laboratoires des fabricants de couleurs. 

Néanmoins le foulage à la main fournit toujours 
une indication précieuse pour l'évaluation de la 
solidité au foulon, particulièrement quand l'essai 
donne un résultat di'favorable Dans ce cas, on peut 
admettre avec certituile que la couleur en question 
est encore moins solide au foulon en grand, et, par 
consé(iuent, inutilisable pourde la marchandise à 
fouler. 

On emploiera une dissolution de 10 gr. de 
savon et de 1 à 2 gr. de soude par litre, qu'on 
cliautTera légèrement au moment de s'en servir, 
pour la rendre bien fluide. L'éclievette d'essai, lavée 
à fond après la teinture, est tressée, pour une part, 
avec de la laine blanche, pour l'autre part, avec 
du coton blanc, de manière aussi serrée que pos- 
sible. On imprègne avec la solution précédente et 
foule énergiquement à la main, pendant environ 
ta minutes, sans employer ni solution de savon, ni < 
eau en plus. L'essai est divisé en deux parties : l'une 
d'elles est bien lavée à l'eau et laissée à l'état 
humide, une nuit entière, dans une teirine; l'autre 
partie est imprc'gnée de la solution de savon, et sans 
être lavée, abandonnée pendant I heure environ. 
Les deux parties sont alors bien lavées, et l'on juge 
du changement de nuance ou du dégorgeage sur les 
écheveltes blanches (pii ont été foulées en même 
temps. Les teintur(!s ()arfaitemenl solides au foulon 
doivent aussi supporter la seconde épreuve, qui est 
bien plus dure, sans changer de nuance et sans 
dégorger sur le blanc. 

Soliilili- aux (ihvlis. — Il est bon de l'apprécier de 
diverses manières: I" eu laissant l'essai teint tressé 
avec de la laine et du coton blancs en contact avec une 
solution froide de soude à i^-S" B. , quelques heures; 
2" en touchant la teinture séchée avec une baguette 
trempée dans une solution plus forte de soude et en 
laissant sécher; :i" par une touche à l'ammoniaque; 
4° par une touche au lait de chaux. 

Le premier essai fait en quelque sorte double 
emploi avec le foulage à la soude 

Les essais avec la soude, l'ammoniaque et la chaux 
ont pour but d'éprouver la résistance des teintures 
à la boue des rues. C'est la chaux qui semble le 
plus appropriée àce but. On imprègne par places la 
fibre teinte avec un lait de chaux fraîchement éteinte, 
et on brosse après séchage complet. Le changement 
de nuance qui se produit permet de juger de la 
solidité relative de la nuance. 

Dans un cas spécial, celui de l'entreprise des draps 
bleus militaires en Italie, qin doivent être teints à 
l'indigo, on exige la lésislauce à une solution 
bouillante de soude, d'ammoniaque et de savon. 



Cri 



REVUE DES JOURNAUX. 



Soliditc à l'eau. — On entend souvent par là la 
manière île se romporter des teintures dans le 
décatissagc mouillé. L'auleur désigne par là la tenue 
des couleurs dans les lavages tels qu'on les donne 
après la teinture. Il fait remarquer qu'on ne tient 
pas compte, bien que ce soit chose très importante 
dans la pratique, de ce qu'un faible dégorgeage 
d'une couleur peut produire sur des couleurs mode 
de 1res fâcheux changements de nuance. Les 
couleurs acides supportent bien les lavages tant 
qu'il reste dansle tissu de l'acidedu bain de teinture; 
mais quand cet acide a été presque totalement 
éliminé, ce qui arrive naturellement plus vite avec 
les eaux calcaires-, beaucoup de ces couleurs entrent 
partiellement en dissolution et la nuance parait 
plus ou moins lorlement modifiée. Par exemple, les 
couleurs mode, obtenues avec du bleu, du rouge et 
du jaune, deviennent souvent un peu plus violettes 
au lavage. 

Pour l'essai de la solidité à l'eau d'une couleui', il 
sera donc bon d'employer une couleur mode. Un 
colorant jaune, par exemple, sera associé à un rouge 
et à un bleu, et l'essai lavé dans une eau calcaire 
courante, une demi-heure. 

Solidité au décatissage. — Pour juger de la solidité 
d'une teinture au décatissage mouillé, l'essai tressé 
avec des cchevettes de laine et de coton blancs est 
traité 1/2 heure à l'eau bouillante. C'est peut-être 
là, pour les couleurs sur laine, l'essai de solidité le 
plus sévère. Certaines couleurs ne supportent bien 
cette épreuve que si l'on acidulé l'eau avec de 
l'acide acétique ; il y a donc lieu de faire aussi l'essai 
sous cette forme. Pour essayer la tenue de la 
couleur au décatissage à sec, on enroule un 
échantillon sur un cylindre à décatir, et on le 
soumet pendant i/2 heure à l'action de la 
vapeur sèche. Les nuances pâles, en particulier le 
bleu, peuvent, par ce traitement, subir indirectement 
un changement, car un déca tissage un peu fort donne à 
la laine une nuance jaunâtre. Comme contrôle, on 
soumettra en même temps au décatissage un 
échantillon d'étolîe non teint. 

Soliditc au carbonisage. — Une échevette teinte est 
tressée avec de la laine blanche, bien imprégnée 
d'acide sulfurique 4° B., bien tordue et enfin séchée 
à 80° dans une étuve. De là, on la passe dans une 
solution de soude de 2 à 4° B. et lave à fond. On 
observe le changement de nuance, ainsi que le 
dégorgeage sur le blanc. Souvent on fait aussi un 
essai de solidité à l'aride en faisant sur l'étoffe 
teinte une touche avec un acide minéral étendu, 
l'acide chlorhydrique à 10 ou la °/„ par e.xemple, et 
séchant complètement. Le résultat n'est pas très net. 

Pour les draps militaiies teints en bleu d'indigo, 
on pratique une épreuve spéciale de la solidité à 
l'acide, variable du reste avec les pays. En France et 
en Roumanie, on fait bouillir l'échantillon une 
minute dans l'acide sulfurique à 10 "/„. La couleur 
ne doit pas changer et la liqueur ne doit pas se 
colorer. 

Solidité à la sueur. — 11 n'existe pas de méthode 
sûre à cet effet. On recommande de laisser plongé 
quelques heure» l'échantillon tressé avec de la laine 
et du coton blancs dans l'acide acétique de 2 à 3° B., 
de sécher, et de recommencer plusieurs fois ce trai- 
tement. On juge alors du changement de couleur et 
du dégorgeage sur le blanc. La pratique a démontré 
que cet essai est insuffisant. 



Solidité au soufre. — L'échantillon teint, tressé 
avec de la laine et du coton blancs, est d'abord 
savonné, tordM, et, sans être lavé, soumis pendant 
environ 10 heures à l'action de l'acide sulfureux. 

Solidité à la lumière. — Ces essais, pleins de diffi- 
cultés, ne peuvent être faits que d'une manière com- 
parative. Comme terme de comparaison on prend 
une couleur de nuance aussi voisine que possible et 
de solidité connue à la lumière. La première 
difficulté consiste à obtenir sur le même tissu deux 
tons de même intensité avec les deux matières colo- 
rantes. Le mieux est d'employer un tissu de laine 
léger. Les deux teintures sont fixées l'une à côté de 
l'autre sur du papier épais : la moilié de chacune 
d'elles est recouverte à l'aide d'un carlon, et les 
échanflllons sont exposés à la lumière dans un 
endroit sans poussière, où il ne se dégage pas de gaz 
nuisible, comme l'acide sulfureux, l'ammoniaque, etc.. 
l'ar comparaison des parties exposées à la lumière 
avec celles qui sont couvertes, ou avec des échan- 
tillons conservés à l'obscurité, on évalue de temps à 
autre les changements produits, et l'action totale de 
la lumière après la décoloration complète. Il arrive, 
pour certaines couleurs, qu'il se produit un change- 
ment rapide dans le commencement, et qu'ensuite 
il n'y a plusde modification après un assez long laps 
de temps. 

D'après la manière dont s'altère une couleur on 
peut juger de sa solidité à la lumière, mais il est 
prudent de ne pas s'en tenir là. Ilfaut, en particulier, 
ne pas oublier qu'un changement de nuance produit 
par la lumière sur une couleur est bien plus désa- 
vantageux que si elle devient simplement plus claire. 
Bien des couleurs, après une courte exposition à la 
lumière, paraissent plus foncées (jaune azo, acide 
picrique, etc.), et il faut un certain coup d'œil pour 
se rendre compte qu'elles sont réellement devenues 
plus claires. 

Solidité au fer à repasser. — On repasse l'étofTe 
teinte avec un fer chaud. Il faut remarquer que 
certaines couleurs, qui ont changé au fer, reprennent 
complètement leur nuance primitive par le refroi- 
dissement. 

Solidité au frottement. — L'échantillon teint est 
frotté vigoureusement sur de la toile de lin blanche; 
les teintures absolument solides au frottement ne 
doivent pas la salir. 



II. 



Essai des couleurs sur coton. 



Les essais de solidité à la lumière, à la sueur et au 
frottement se font comme pour la laine. Il faut, en 
plus, faire les essais suivants de : 

Solidité au lavage et au savon; 

— à l'eau ; 

— à la lessive; 

— à l'acide; 

— au chlore ; 

— au fer à repasser. 

Solidité au lavage et au savon. — Les teintures sur 
coton les plus solides doivent sui)porter un traite- 
ment d'une heure dans un bain bouillant de 2 à 
3 gr. de savon et d'environ 2 gr. de soude par litre 
sans éprouver de changement appréciable et sans 
dégorgeage sur du coton blanc. Cette dernière 
condition ne peut être exigée que des couleurs sur 
coton lesplus solides. Les couleursmoins solides sont 
essayées, en les passant 1/4 à 1/2 heure dans un 
bain de savon (2 à 3 gr. par litre) à 40°. 



BREVETS FRANÇAIS. 



63 



Solidité â l'eau. — f/éclianlillon teint, tressé avec 
(le la laine et du rnlnn blancs, est bouilli i;'2 à 
I beure dans de l'eau ilisliliée. Cet essai sert à se 
iLMulie compte de l'eniiiloi possible <rune couleur sur 
coton dans l'article mi-laine, dont les pièces seront 
soumises au ■< pottinj; ■>. 

Solidité à la kssirc. — Cet essai sert à délerininer 
si une couleur est employablc dans les tissus, où l'on 
lisse des tils écrus et. des lils teints et que l'on blan- 
cbit en pièces. On peut faire bouillir environ 1 beure 
dans de la lessive à :i" lî. le lil teint, tressé avec du 
fil blanc. 

Soti'litc itiix acides. — Le lil de coton teint, tressé 
avec de la laine blanche, est bouilli 1 beure dans un 
bain renfermant I ;,'r. d'acide suifuriiiue à 66° B. et 
■2 gr. i/2 de sulfate de soude pai- litre, (jet essai 
sert à vérifier si l'on peut employer la teinture 
en question dans des tissus mi-laine, pour lesquels 
la laine est teinte aprèstissageavecuncolorant acide. 
Le bain précédent correspond au bain acide employé 
pour celte teinture. 

Solidité au chlore. — Les écliaiitillnns teints restent 
plongés I heure dans une solution de chlorure de 
chau.x à i" B. environ. Si les couleurs doivent être 



essayées pour leur résistance au chlore, dans le ca 
où on les emploierait en impression, on peut faire 
l'essai sur des échantillons impiimi's. La solution de 
chlorure de chaux agit moins fortement sur les cou- 
leurs d'impression ([ne sur les couleurs teintes, à 
cause de l'épaississant qu'elles renfcirncnt et qui agit 
partiellement comme réserve mécanique. 

Solidité au fer à ccpii.s.sn'. — On la juge par un 
repassage sec et un repassage sur étoffe mouillée. 

III. — Essai des couleurs sur soie. 

Les essais de solidité ne jouent ici ([u'un rôle 
secondaire et ne sont (pie rarement employés. Il 
faut s'attacher surtout à la solidité à la lumière, au 
frottement, à l'eau et quelquefois au soufre. 

Pour la solidité à l'eau on laisse l'échantillon teint 
quelques jours dans l'eau distillée. 

La solidité au lavage s'évalue en traitant l'échan- 
tillon teint, à côté de laine et de coton blancs, dans 
un bain faible de savon tiède, environ 40°. 

Pour la solidité à la lumière, au frollernent et au 
soufre, on opère comme iiour la laine. 



REVUE DES BREVETS 



BREVETS FRANÇAIS 

BLAIVCHI.MEI\T, 'l'EI.\TUItË, IMI>KI':SSIO.\ 
ET APPKÊÏS. 

TEINTURE : MACHINES. — Maoliine à rayer les 

tissus [/uen] (b. f. 3i(j5S7, IS mars-l'ri nov. l'J(J2). 



Pour imprimer sur tous les tissus des rayures 
parallèles dioites ou ondulées, on dispose un distri- 
buteur payeur (fig. 1 et 2) couiposé d'une règle ré- 
serve a portant à sa partie inférieure des ouver- 
tures e, e de longueur correspondant à la largeur 
des rayures à imprimer. Des cloisons séparent les 



FIG.I 



FIG. 2 



FIG. 4 




Machine à rayer les tissus. 

Fig. I, vui' de la règle; fig. 2, disposition île la ri'gic pour plusieurs couleurs; fig. 3, vue d'euserable de la 
mactiine ; fig. 4, autre disposition de distribution des couleurs; fig. à et 6, autres genres de collecteurs. 



84 



BIBLlOGRAPHIi:. — NÉCROLOGIE. 



ouveiiurcs c, qui coirespondenl à des rayures de 
couleurs différentes, et sur chaque chambre c ainsi 
formée est branchée une pelile tubulure b, à laquelle 
vient s'adapter un tube flexible d venant de l'un 
des réservoirs de couleurs f, placé en élévation 
en !/. 

Eu ouvrant les robinets h, les différentes cou- 
leurs des réservoirs /' viendront remplir les cham- 
bres c, c et s'écouleront avec une précision régu- 
lière parles ouvertures f c delà règle rt. Pour obtenir 
les rayures, le tissu t venant du rouleau r passe 
dans un embarrage i qui lui donne la tension 
voulue, et vient reposer sur un doublier muni 
d'un mouvement régulier de progression. Le tissu 
reroit l'action de la règle à rayer, et il passe sur 
un tambour chauffé /, qui lixe ces rayures, puis 
sur un appareil sécheur m où il complète son sé- 
chage. 

Si la règle a est maintenue fixe, les rayures sont 
rectilignes, si on lui donne un mouvement de va- 
et-vient les rayures seront ondulées. On obtiendra 
des rayures transversales en plaçant la règle dans 
le sens de la longueur du tissu et eu lui donnant 
un mouvement transversal d'un bord à l'autre du 
tissu, celui-ci restant immobile. Entre deux mouve- 
ments, le tissu avancera d'une longueur égale a 
celle de la partie travaillante de la règle. Il sera 
facile en combinant les deux mouvements d'obtenu- 
des carreaux. 

Avec des compartiments très rapprochés et de 
couleur diirérente (tîg. 2), on obtiendra des rayures 
tondues l'une dans l'autre sur leurs boids ; on ac- 
centue le fondu en enveloppant la règle à cet en- 
droit d'un feutre dans lequel se fondiont les cou- 
leurs avant de se déposer sur le tissu. 

La règle peut être formée (lig. 4) de collecteurs 
lubulaires s, s de différentes couleurs recevant celles- 
ci par des tubes ffexibles d, d et reliés au rayeur a 
par de petits conduits o, o. 

Les collecteurs pourraient aussi être adhérents au 
rayeur a et communiquer directement avec lui par 
des oiilices intérieurs (lig. 0). 



APPUÈTS. — Procédé il'eusimage el d'apprêt 
applicable aux matières textiles [JeMi] 
(u. F. 3i8o5G, 22 févr.-.30 oct. 1002). 

D'après l'auteur, les apprêts à base de fécule, 
d'amidon ou de dextrine lixenl imparfaitement les 
charges; d'un autre côté, on n'a pas encore réalisé 
l'ensimage et l'apprêt chargé en une seule opé- 
ration. 

La présente invention réalise l'ensimage, l'apprêt 
et la charge par l'emploi d'un seul bain. Ce bain 
est formé de : 

IG p. caséine. 
8 p. savuu. 

2 p. carbonate de soude. 
GO p. tiuile minérale. 
300 p. eau. 
200 p. matières pesantes. 

Pour le préparer, on mélange la caséine en poudre 
avec le carbonate également en poudre et on laisse 
le tout tremper une heure dans la solution savon- 
neuse froide, puis on incorpore l'huile et on chauffe 
au bain marie en agitant. Un délaie les matières 
inertes et passe au tamis. 



Cette solution, maintenue à "iO", est appliquée sur 
les textiles au moyen de l'ensimeuse, le textile subit 
ensuite les opérations normales du lilage et du 
tissage. 

Pour l'apprét-charge du fil de chaino ou du tissu, 
on opère au moment de l'encollage ou par trempage 
en éche veaux. 

Le bain d'apprêt-charge est alors formé de : 

12 p. caséine. 
■-' p. tiuile minérale, 
i p. savon. 
70 p, liaolin. 
200 p. eau. 

1 p. ô carbonate île soude. 

On o|ière, avec ce bain, comme pour l'encollage 
(irdinaire. 



BIBLIOORAPHIE 

LKS COlILElUtS l'OL'K MOUDA^'TS DES 
FARBEN FABRIKE.X (Pu. Baylr kt C", Elberfeld, 
et leur applicatiou eu inipressiou et eu 
teinture, 1902. 

Ce volume complète la série des trois ouvrages 
traitant de l'application des couleurs benzidine, 
couleurs pour laine el couleurs basiques de la maison 
Er. Cayer. 

Il renlerme une étude complète des procédés de 
teinture et d'impression des couleurs à mordants. 

Ue fort beaux échantillons, teints et imprimés, 
des couleurs spéciales à la maison illustrent ce bel 
ouvrage. 



LA TEINTURE DU COTON ET DES FIBRES 
SIMILAIRES avec les colorants de la Manu- 

KACTUHK LVOJiNAISE DK MATIHRES C0L0RA^T1£S. LyOn 

(L. Cassella et G''', Francfort s/ M), l'J02. 

Cet ouvrage traite de l'emploi en teinture sur 
coton des couleurs diamine, couleurs immédiates, 
couleurs basiques, rouge de paranitraniline, couleurs 
acides, etc. 

C'est une nouvelle édition, mise à jour, du traité 
antérieurement publié par la maison L. Cassella. 



NECROLOGIE 

Au moment de mettre sous presse, nous recevons 
la nouvelle de la mort du chimiste II. Ed. Scnu^cK. 

Cette mort nous surprend, car, il y a quelques 
jours à peine, nous recevions de lui une lettre 
documentée, qui parait dans ce numéro et qui 
montrait que malgré son grand âge il ne se désin- 
téressait pas des questions scientifiques. Nous 
reviendrons avec détails sur sa longue carrière si 
bien remplie. 



Le Directeur-Gérant : L. Lefèvre. 



Imprimé Ti Corbeil par Éd. Crété, sur papier alfa fabriqui' 
spécialement pour la Bévue, 



REVUE CxËNÉRALE 

DES 

MATIÈRES COLORANTES 

ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 



7' Année 



N° 75. — Tome VII 



1" mars 1903 



OXYDATION DE L'INDIGO PAR L'ACIDE CHROMIQUE EN PRÉSENCE 

D'AUTRES ACIDES 



Par M. Maurice PRUD'HOMME. 



Le procéilé d'enlcvages sur hleu cuvé, qui de 
nos jours vaudrait probaMeincnt une fortune à 
son inventeur, lomlia dans le domaine puhlic. 
grAce à la générosité de Camille Kœchlin et au 
beau dédain de l'argent qu'il professa toute sa 
vie, pour se répandre rapidement dans toutes 
les fabriques d'impressions des deux Mondes. 

La caractéristique de ce procédé réside dans 
la composition du bain acide où passent les 
pièces, imprimées avec une couleur renfermant 
un chromate alcalin. Ce bain, dont la teneur 
n'a pas varie, renferme oO gr. d'acide oxalique 
et 50 à 100 gr. d'acide sulfurique par litre d'eau. 

Ce serait bien mal connaître le génie prime- 
sautier de C. Kœchlin, que de croire qu'il a pu 
s'inspirerde la méthode imaginée par Thompson 
en 1S;J1, pour ronger en blanc les l)leus cuvés. 
Elle consistait à foiilarder les pièces en bichro- 
mate de potasse et à les imprimer, après les 
avoir séchées à l'abri de la lumière, avec une 
couleur à l'acide oxalique. Le choix de Thomp- 
son se porta forcément sur l'acide oxalique, le 
seul des acides industriels connus à cette épo- 
que que l'on pût introduire dans une couleur 
d'impression, destinée à être séchée, sans atta- 
quer le tissu. 

Ce serait également une erreur do penser que 
C. Ko'chlin pouvait avoir en vue de détruire par 
l'acide oxalique l'excès d'acide chromiqiie mis 
en liberté et de s'opposer ainsi à l'afl'aiblissc- 
ment du tissu. Les premières observations de 
M. F. Jeanmaire sur la formation du corps, 
qu'on appela plus tard l'oxycellulose, datent de 
lS7;i, tandis (jue le procédé pour ronger en blanc 
l'indigo de C. Kœclilin remoule à l'année l.Stii). 

Les essais de passage en acide sulfurique seul, 
mèmeasse/. concentré et chaud, n'avaient certai- 
nement donné à C. Kœchlin que de médiocres 
résultats. Sans se laisser décourager, avec cette 
fertilité d'imagination et cette science de l'expé- 
rimentation qui furent sou apanage, il dut alors 
passer en revue tous les acides que leur prix 



rendait suffisamment industriels, les essaver 
seuls ou en mélanges, et finalement arrivera la 
composition du bain mixte, dont le temps et 
une longue pratique ont consacré l'usage. 

En 1892 déjà, MM. G. v. Géorgie vies et Springer 
étudièient l'action du bichromate de potasse 
sur une solution do carmin d'indigo acidulée à 
l'acide chlorhydrique. Ils observèrent que la 
présence d'acide oxalique accélère la destruction 
du bleu, et conclurent que l'action de cet acide, 
qui ne leur parut pas subir d'dxydalion, est 
purement catalylique. 

Tout récemment, MM. W. G. SchaposchnikofT 
et W. Michirefr(l) ont repris la question, et les 
conclusions de leur travail, déjà émises par l'un 
d'eux en 1892, sont que l'acide oxalique active 
la réaction oxydante de l'acide chrumique sur 
l'indigo, et que pourchai|ue molécule d'indigo 
il faut employer 1 molécule de bichromate et 
I molécule d'acide oxalique. 

Il est hors de doute que l'accélération de 
vitesse de la réaction est bien due à la présence 
de l'acide oxalique, mais aucune explication 
chimique du phénomène ne semble avoir été 
donnée, ni mémo tentée. Le but de ce travail est 
de combler cette lacune. 

I^n réalité, lescorps en présence sont l'indigo, 
l'acide chromique, l'acide oxalique et l'acide 
sulfurique. Pour simplifier le problème, j'ai étu- 
dié d'abord, au point de vue de la vitesse de 
l'oxydation, l'action d'un mélange d'acide chro- 
mique et d'acide oxalique sur l'indigo. 

Acide chromique et acide oxalique. — 
On prépare (> solulions à l'eau distillée, renfer- 
mant chacune sous un volume de 100 c. C, 2 gr. 
d'acide chromique cristallisé (CrO'=:100) et 
respectivement : 

0.315 — 0,(i:i— 1 ,2G — 2,.';2 — 3,78— :i,o.i 

gr. d'acide oxalique (C^O'H- -f 2 aq. = 120). Une 

(n Zeils. l'iuben u. TcjcIil-C/icmie, 1802, p. ■(50, ',H 
et 522. 

5 



Cf. Maurice PRUD'HOMME. — OXYDATION DE L'INDIGO PAR L'ACIDE CHROMIQUE 



deuxième série renferme sous le même volume 
la moitié de ces quantités d'acide chromique et 
d'acide oxalique, une troisième le quart. Dans 
les trois cas, uue molécule d'acide chromique 
se trouve en présence de : 

1/8— 1/4 — 1/2 — 1 — U/2 — 2 

molécules d'acide oxalique. 

Le bleu cuvé employé renfermait en uni à peu 
près gr. 5 d'indigo au mètre carré. Le tissu 
était découpé en bandes de 1 centimètre de 
large et 5 de long, qu'on mouillait dans l'eau 
distillée, et exprimait fortement, avant de les 
plonger dans les diflerents mélanges acides, 
versés dans des soucoupes en porcelaine. Au 
lieu de bleu uni, il est bon d'employer un bleu 
rongé, donnantalternativpmenl une petitebande 
bleue et une petite bande blanche, pour mieux 
saisir le point final de la décoloration. Les pas- 
sages ont été faits intentionnellement ;\ la tem- 
pérature ordinaire, 15° environ. 

Je désignerai par A le poids en grammes de 
l'acide chromique, par a celui de l'acide oxa- 
b'que, et par / les temps exprimés en secondes. 



/ = GO ;!() 



II (A = r,. 



«=0,1. -,7 0,3 li 0,C:i l,'3C 
/= 2'i0 l'20 00 ;iO 



1,89 

;i0 



5,0 i 



50 



III (A = 0.5.) 
«=0.078 ^.\:,1 0,315 0,03 0,94,-. 1,ÎG 
/= 975 'i!)0 250 120 120 75 

11 est de toute nécessité de préparer chaque 
solution séparément, et au moment de faire 
l'essai de décoloration. Les liqueurs sont faci- 
lement altérables, et d'autant plus qu'elles ren- 
ferment plus d'acide oxalique ; les temps néces- 
saires à la décoloration se trouvent majorés de 
ce fait. Par exemple, dans la série II, les n°" 5 
et 6 qui, tout frais, donnent 30 et 20 secondes, 
en donnent 50 et 35 au bout d'un quart d'heure. 

Une solution de 1 gr. d'acide chromique dans 
100 gr. d'eau, sans acide oxalique, met 
1 heure 1/4 environ, soit 4 500 secondes, à déco- 
lorer le même bleu cuvé. On voit donc que la 
présence d'acide oxalique peut diminuer le 
temps nécessaire à la décoloration dans le r;ip- 
port de 1 : 200, pour le moins. 

En étudiant les chiffres du tableau précédent, 
on voit que, jus(iu'au n" 5 dans chaque série, 
li's temps décroissent en restant soumis à la 
relall(m r^/ = K, K étant une constante. A partir 
du n" a, c'est-à-dire quand le rapport de l'acide 
oxalique à l'acide chromique dépasse 1:1, il 
n'en est plus de même, soit que la loi change, 
soit que les valeurs de l deviennent trop faibles, 
par suite de la décomposition partielle des 
solutions. 

D'une série d'essais à l'aulre, oii l'acide chro- 
mique et l'acide oxalique deviennent moitié 



moindres, les temps varient du simple au qua- 
druple. 

Ces résultats peuvent s'écrire : 



«/ = K 


« = C 


"< = 2K 


«=7 


»/ = 4K 


G 



On en déduit la relation r/^/ = CK, qui est 

vraie dans chaque colonne verticale du tableau. 

a a'' 

Enfin comme on a - = T, ou — = T, on en lire 
A Ka 

la relation générale Ant^= CKT. 

C et T sont des constantes. 

1° L'acide chromique restant constant, la vi- 
tesse d'oxydation varie proportionnellement au 
poids de l'acide oxalique (séries horizontales). 

2° Quand les poids de l'acide chromique et de 
l'acide oxalique varient, mais en restant ensem- 
ble dans le même rapport, la vitesse est pro- 
portionnelle au carré du poids de l'acide oxalique 
(séries verticales). 

3° La vitesse d'oxydation est proportionnelle 
au produit des masses des acides chromique et 
oxalique en présence. 

Cette dernière relation est une relation géné- 
rale, et comme les précédentes, dont elle est la 
conséquence, se vérifie numériquement avecune 
exactitude très suffisante. 

.l'ai observé un fait que je considère comme 
très important, au point de vue de l'explication 
qu'on peut donner du rôle de lacide oxalique. 

Dans des tubes à essai, on verse un volume 
égal des six solutions d'une même série hori- 
zontale (1 à 2 c. c), puis un même volume 
d'éther, et enfin une même quantité d'eau 
oxygénée étendue. Par l'agitation, l'éther se 
colore en bleu, mais avec une intensité qui 
diminue graduellement du n° 1, dont la colora- 
tion est bleu noir, jusqu'au n° (1 où elle est 
presque nulle. L'acide chromique ne se Irnure 
donc plus à l'état libre, d'une manière partielle 
ou totale, puisque la lormali(m d'acide perchro- 
mique vaen diminuant jusqu'à zéro. Il se trouve 
engagé dans une combinaison avec l'acide 
oxalique. 

Provisoirement, nous admettrons qu'elle se 
forme d'après l'équation : 

0. MO- oc . .o-oc 

I >Cr = 0-|- I — 1120-1- I >Cr< I 

C^ IIO-OC 0^ ^0-OC 

par l'action d'une molécule d'acide chromique 
sur une molécule d'acide oxalique. Le n° -4, qui 
correspond àces proportions, donne encore, il est 
vrai, dans une certaine mesure la réaction de 
l'acide perchromique, mais les n°' 5 et 6 renfer- 
ment certainement un ex ces d'acide oxalique, car, 
presque immédiatement après leur préparation, 
ils brunissent et donnent un dégagement d'acide 
carbonique. 11 est probable que la combinaison 
totale de l'acide chromique avec l'acide oxalique 
ne se fait qu'en présence d'un excésde ce dernier. 



EN PRÉSENCE D'AUTRES ACIDES. 



67 



Acide chromique et acide sulfurique. — 

L'acide sulfurique conduit ;\ des résullals ana- 
logues. Le l'ailosldesplus reinarqualilcs, puisque 
l'acide sulfurique n'est pas un réducteur comme 
l'acide oxalique à qui l'on attriliuo, en vertu de 
ses propriétés réductrices, une sorte de facuiti'^ 
de mise en train dans l'oxydation par l'acide 
chromique ; mais il paraîtra moins étrange, 
quand j'aurai montré que tous les acides 
s'unissent l'i l'acide cliromique pour di)nner des 
combinaisons plus ou moins stables. 

I (A = 



On a préparé une première série de dix solu- 
tions renfermant, sous un volume de 100c. c, cha- 
cune 2 gr. d'acide chromique et respectivement : 

i — 8— 12— IG — 'JO-30 — 40 — GO-70 — 80 

gr. d'acide sulfurique ;\ 60°. Une deuxième et 
une troisième série furent préparées, renfermant 
la moitié et le quart des quantités des deux 
acides, renfermées dans la première. Les essais 
de décoloration du bleu cuvé furent faits dans 
les mêmes conditions que pour l'acide oxalique. 



n — 


i 


8 


' = 


■VJll 


21» 


n — 


.3 


4 


1 = 


1680 


840 


n = 


I 


2 


1 = 


» 


» 



10 


20 


-.'. 


3.-. 




11 (A= V. 


S 


10 


390 


240 




III (A = 0,5). 


4 


i 


1800 


1380 



20 


.10 


GO 


30 


10 


T. 5 


480 


2'.0 



Dans la première série jusqu'au n" 4, dans la 
deuxième jusqu'au n" o, dans la troisième jus- 
qu'au n° 7, c'est-à-dire pour des teneurs en acide 
sulfurique de 12, lUet 7.5 "/(,, les relations r// = K, 
«/=2K, rt<=4K se vérifient très convenable- 



ment, et comme on a a-- 



p C C 



la 



relation a-l = (LK existe pour l'acide sulfurique 
comme pour l'acide oxalique. De même la rela- 
tion Ar// = CKT est également vraie. 

Au delà, la relation entre (i et t, calculée 
directement, devient a'/ = K pour les séries 
horizontales, «^<^CK pour les colonnes 
verticales. On en déduit la relation générale 
Aff-/=CKT. 

Si l'on traite dans un tube à essai une petite 
quantité de chacune des solutions par l'eau 
oxygénée en présence d'élher, on constate que 
la coloration bleu foncé de l'éther va en dimi- 
nuant du n° 1 au n° 10, pour lequel elle est 
presque nulle. .l'en conclus que l'acide chromique 
ne s'y trouve plus à l'état lil)re, et dans ce cas il 
doit y avoir, comme pour l'acide oxalique, forma- 
tion d'une combinaison d'après l'équation : 

Ov .0— Ox 



I \cr = Û-f-S0'II2 = 



/ \o-o. 



)S-|-H-0 



Cette manière de voir est solidement appuyée 
par l'existence d'une combinaison provenant de 
la dissolution à froid de l'acide chromique dans 
l'acide sulfurique concentré, combinaison à 
laquelle Cay-Lussac, et après lui Bolley, assi- 
gnèrent la formule GrU% S0% 11^0," soit : 
U\ /O — 0- 



'\Cr/ 



>s+iro. 



0/ \o-o/' 

On peut facilement calculer Vonorgio relative 
de l'acide oxalique et de l'acide sulfurique avec 
la relation ^// = K. Pour l'acide oxalique (série Ij, 



ff/ = 19; pour l'acide sulfurique (série 1), 
(7^ = 1680. Le rapport 1080 : 19 représente, pour 
une même valeur de/, celui des poids équivalents 
d'acide sulfurique et d'acide oxalique. Il faudra 
du premier 8H parties contre i partie du second 
en poids, ou 1 10 molécules contre 1 molécule. 

Esaah par iz/iprcisio/i à l'o.rfifn/c de jintnKsc 
— J'ai complété ces recherches sur le r('ile des 
acides oxalique et sulfurique au moyen d'essais 
par impression, destinés à montrer directement 
l'influence de l'acide oxalique et à en fixer les 
proportions les plus convenables. 

On a imprimé un blanc rongeant au chromate 
neutre et Iroiscouleurs équivalentes en chromate 
et renfermant en plus, pour 1 molécule d'acide 
chromique, l/ri, 1 et 2 molécules d'oxalale de 
potasse. La coupure du blanc rongeant avait été 
choisie de manière à ronger convenablement le 
bleu cuvé employé, en le passant dans un bain 
d'acides oxalique et sulfurique. Des échantillons 
imprimés avec ces quatre couleurs (n" 1, 2, 3, 4) 
ont été passés.'5'4 de minute à .^0" et 1 minute 1/2 
à froid, dans les bains acides suivants : 



N"2. 


N»3. 


N» l. 


N'»;;. 


N-6. 


1000 


1000 


1000 


lOOJ 


1000 


100 


200 


4.Î0 


GGG 


1000 



Eiiu 1000 

Ac. sulluriqiie. 50 

Ac. oxalique... 50 " » •> " » 

Les blancs passés à chaud sont tous meilleurs 
que passés à froid. 

Tnus les blancs sont bons par le passage dans 
le bain n° 1. 

Le blanc n" 2 à 2 molécules d'acide chromique 
pour 1 molécule d'oxalate est de beaucoup 
inférieur aux blancs n" 3 et n" 4. Ce dernier est 
un peu plus rongé et plus pur que le n» 3; les 
deux couleurs n" 3 et n" 4 sont bonnes, quel 
que soit le bain de passage. 

I>es bains n" 2 et n° .'i ne donnent pas de 



G8 



Maurice PRUD'HOMME. — OXYDATION DE LINDIGO PAR LACIDE CHROMIQUE 



blanc avec la couleur sans oxalate. Le i)lanc ne 
commence à être bien rongé qu'avec le bain n° t. 
Avec les bains n° 5 et n° G, à froid ou à 50^ les 
blancs sont bons. Ces essais montrent claire- 
ment l'impuissance de l'acide sult'nrique à 
ronger convenablement l'indigo avec un blanc 
au chromate seul, si l'acide n'est pas d'une 
concentration assez élevée, 31 "/o au moins, et 
l'influence de l'acide oxalique, dont il faut 
mettre de 1 à 2 molécules en présence d'une 
molécule d'aciJe cbromique. Ils enseignentaussi 
qu'on pourrait, dans la pratique, supprimer 
l'acide oxalique du bain de passage en intro- 
duisant de l'oxalate de potasse dans la couleur 
rongeant et en adoptant un bain de passage, qui 
renfermerait 100 gr.- d'acide sulfurique pour 
1000 d'eau et se trouverait dans de bonnes 
conditions pratiques et économiques. 

La propriété de l'acide chromique de se 
combiner aux acides, que j'ai constatée avec les 
acides oxalique et sulfurique, semble générale 
et indépendante de leur degré de basicité. 

Les acides oxalique, tartrique et citrique, 
employés avec l'acide chromique, molécule pour 
molécule, donnent pour les temps nécessaires à 
la décoloration de l'indigo des nombres propor- 
tionnels à 1, 30 et 23. 

Acide claromique et acide azotique. — 
Gomme l'acide azotique, de concentration 
convenable, détruit l'indigo, on a fait deux 
essais comparatifs : 



S' 1 . 


N"». 


I CrO^ 


2 NOM! 


2 N03H 


Kki Il-o 


inn H^O 





A froid le n° 1 décolore le bleu en lOminutes. 
Le n° 2 est sans action, même après AH beures 
de contact. .le rappellerai que l'acide chromique 
seul, dans les mêmes conditions de concentra- 
tion, met ! heure 1/4 à décolorer le même hleu. 

Acide chromique et acide chlorique. — 
L'acide chlorique a été produit avec le chlorate 
de baryte et l'acide sulfurique. 



I CrO' 

3,22 (C103,2Ba 

100 H20 

1 S0''H2 



N" 4. 

3.?2(C103)2Ba 
10 V.H) 

1 som^ 



Le n° 1 décolore le bleu en 13 minutes. Le 
n« 2 ne manifeste pas d'action sensible après un 
contact de trois jours. La réunion de l'acide 
chromique et de l'acide chlorique, oxydants 
paresseux quand ils sont isolés, exalte donc la 
vitesse de l'oxydation. 

Acide chromique et acide iodique. — 
Ce cas est particulièrement intéressant : 

N. ). Vi. 



I Cr03 
1,7G I03II 
100 H30 



.•!,.S2I0'11 

100 H->() 



n» 2, qui renferme une dose double d'acide 
iodique, est totalement sans action. 

Ce qui constitue l'intérêt de cet essai, c'est 
qu'on connaît à l'état cristallisé l'acide chromo- 
iodiquo (Dict. Wii)'/:, 2'' Suppl., p. 11^3), 
qu'on obtient en dissolvant dans l'eau un 
mélange d'acide chromique et d'acide iodique. 
et en concentrant la liqueur. Sa formule 

GrO^^Q'''-'^ -f2H-0, en tenant compte de la 

basicité de lO'H, est de tous points comparable 
à celles que j'ai assignées aux combinaisons de 
l'acide ctiromique avec les acides oxalique et 
sull'urique. 

Acide cliromique et acides ferri-etferro- 
cyanliydrique. — J'ai choisi à dessein ces 
acides, non oxygénésetde constitution complexe, 
dont la présence accélère très notablement la 
vitesse d'oxydation de l'acide chromique. Un 
mélange de cet acide et de prussiate rouge ou 
jaune jouit déjà de la même propriété, quoique 
à un moindre degré. 





.\° 1 . 






N" i. 


No 3. 




1 Cru 






1 ClO' 


1 CrOS 




2,2 KeCyS 


K3 




S,^ FeC\« 


K3 C.iS FeCy«K3 




100 H20 






100 H^O 


100 H^O 


I> 


-colore en 7 n 


lin. 


Di 


colore en 5 


iiin. Ilécolore eu 3 mir 






N' 


4. 




N» 5. 






1 r 


rO' 




I CrO' 




2,1 


Ke 


CyfiK' 


4,22 FeCySICi 




100 


112(1 




100 H 20 




Décolo 


ree 


n 15 


niin. P; 


rtiellement d(!-color(5 
.iprùs 24 h. 



Le n" 1 décolore l'indigo en 13 minutes : le 



Une partie de l'acide chromique met proba- 
blement en liberté une certaine proportion 
d'acides ferri- et ferrocyanhydrique, auxquels 
l'excès d'acide chromique se combine. Mais on 
peut faire intervenir aussi une réaction oxy- 
ilaiile que j'ai indiquée autrefois (i?M//. Soc. Ind. 
Miilliouttc, 1890, p. 30'J), entre le chromate 
neutre et Je ferricyanure de potassium : 

2FeCy»K3 -f- 2CrO>K2 = 2FeCy«Ki + Cr^O^Ki -1- 

L'addition de 1, 2 et 3 gr. d'acide sulfurique 
aux n"' 1, 2 et 3 et de 1 et 2 gr. d'acide sulfu- 
rique aux n"' 4 et 3, donne pour les temps 
nécessaires à ladécolorationde l'indigo, 180, 120, 
40, 120 et GO secondes. 

Essais par impi'ession au prassiale rouge. — 
Ces résultais m'ont engagé à faire des essais 
par impression, en ajoutant du prussiate rouge 
à la couleur rongeant au chromate. La couleur 
au chromate est imprimée telle quelle et addi- 
liiinnée de trois proportions de prussiate rouge, 
telles qu'on ait en présence, pour 1 molécule 
d'acide chromique, 1/3, 2/3 et 1 molécule de 
prussiate (couleurs n"' 1, 2, 3, 4). 

Les bains de passage étaient les suivants : 



Eau 

Ac. sulfurique. . . 
Ac. oxalique 



1000 
50 
iO 



1000 
100 



1000 
300 



Passage à 50° de 1/2 minute et à froid de 
1 minute 1/2. 



EN PRÉSENCE D'AUTRES ACIUES. 



G9 



Dans le bain a° l les quatre blancs sont bons. 
Le blanc n" 1 est mauvais à froid et passable à 
chaud dans les bains n"' 1 et 3. Les blancs 
n°* l2, 3 et 4 au prussiale sont tous bons, à 
froid ou k chaud, comme rongeage, car ils ont 
tous un (on crème, qui n'est pas dil à d(i l'oxyde 
de fer, et qui est très solide au savon, à l'acide 
sulfureux, etc.. Le n" 4 est de tous le mieux 
rongé. 

La ri/esse de l'oxydation par l'acide chro- 
mique est notablement accrue par la présence 
d'autres acides. En est-il de même del'i/i/cnsitr 
de la réaction'.' Autrement dit, une quantité 
donnée d'acide cliromique pourra-l-elle, en se 
réduisant totalement, ronger plus ou moins de 
bleu cuvé, oxyder plus ou moins d'un corps 
réducteur, c'esl-à-direlui livrer une fraction plus 
on moins grande de son oxygène, suivant que 
l'action se passe en liqueur faiblement acide ou 
en présence d'un acide suriisammenl concentré, 
pour contracter avec l'acide cliromique une 
combinaison instable, l'acide sulfuriquc par 
exemple. 

Gomme il est diflicile de saisir la lin de 
l'oxydation des dérivés sull'onés de l'indigo par 
l'acide cliromique, j'ai eu recours à l'acide 
arsénieux, dont une molécule lixe 20, comme 
une molécule d'indigotine. 

On a préparé une solution acide d'acide arsé- 
nieux à 1 gr. 98 sous un volume de 100 c. c. et 
deux solutions de 1 gr. d'acide chromique sous 
un volume de 100 c. c. renfermant l'une 4 " „ cl 
l'autre o7 °/„ d'acide sulfurique. La première 
met3à5 mi nu tes, la deuxième quelques secondes 
à décolorer le bleu d'indigo moyen. On verse 
goutte à goutte, dans un volume déterminé de 
la solution arsunieuse, la solution chromique. La 
liqueur incolore devient verle, et la fin de la 
réaction est nettement indiquée par le passage 
du vert bleu au vert jaune, que donnent 
quelques gouttes en excès de la solution chro- 
mique. Comme contrôle, on fait un deuxième 
essai, en opérant en sens inverse, c'est-à-dire 
en versant goul le ?i goutle la solution arsénieuse 
dansunequanlité donnée desolution chromique, 
lar|uolle de jaune devient graduellement vert 
jaune et finalement vert bleu. 

Les nombres obtenus avec les deux solulions 
chromiques montrent qu'elles sont absolument 
équivalenles, que:2 CrO^ cèdent 30 à As-O'', c'est- 
à-dire qu'il faudrait 4/3 CrO' pour transformer 
As-0' en As-0'. La réaction s'écrira : 

3As203 -I- iCrO^ -t- GS0U12 = .3.\s20s + 2Ci- SO-^+GH^U 

Une réaction oxydante de CrO^ en présence 
deSOMl-, se formulera : 

r 0. /<)-0\ I 
2 I )Cr( )S -fSO'l|2 = :îO-t-CriiSO-y^-t-llti 

[ ()/ \0— 0/ J 

et en présence d'un acide étendu : 

•n I "^^=0 -|-3SO'll'-=30 + Cr^^SOi)' + ;illH) 



Ilest probable que dans le premier cas les 20, 
unis entre eux et à Cr, sont plus mobiles que 
dans le second, et qu'il faut clierclier dans cette 
mobilité ])lus grande l'accroissement de vitesse 
de la réaction. On voit du reste, par la formule 
même, que le sel de chrome, terme ultime de 
la réaction, y est déjà en voie de formation, s'y 
trouve en puissance, et l'on conçoit que le grou- 
pement — soit lié d'une façon moins intime 

<;l moins stable à Cr<^ „ , >S qu'à Cr = 0. 

On peut enfin remarquer que le plus mobile 
(.les trois atomes d'oxygène est celui (|uiî deux 
valences unissent à Cr, car il est le pr(!iiiier à 
entrer eu réaction. 

L'oxydation de l'indigo en présence d'acide 
sulfurique se représentera ainsi : 

;iCi"Ili''0-\\-' + ■iCi-0^ -f-GSu''H2 =GC81I5(>-!.N + 2Ci-2(SOS)3 
-f- UllH) 

Oxydation de l'acide oxalique par l'acide 
chromique. — L'oxydation de l'acide oxalique 
par l'acide chromique, en présence d'acide sul- 
furique, se formulera de même : 

3. 0*0 ■•II- -|-2(:r03-f3SO''lI2 = 6GO-i-l-Cr2{SO*)3 + Gl|20 

S'il n'y a pas d'acide sulfurique en présence, 
mais une quantilé suffisante d'acide oxalique : 

G.C^(V'IP -f 2Ci-0-i = GCO-' -f- Cr-(C^U')J + GIPO 

l.a moitié de l'acide oxalique est oxydée et 
détruite; l'autre moitié sert à former le sel de 
chrome. 

La méthode suivante m'a permis de vérifier 
l'exactitude de ces formules, ainsi que de suivre 
à chaque instant, parle dosage de l'acide chro- 
mique reslant, les progrès do l'oxydation. 

On a préparé les solutions : 

N" I. N" i. N-3. N"4. 

Ac. chroiiiii|iie 1 gr. 1 ni". I f,M'. I gr. 

Ac. oxaliiiue 0,G3 l,2G 2. .'ri 3,7S 

Eau lUO 1(10 100 100 

f|ui,pourl molécule d'acide clirnriiique, renfer- 
ment 1/2 — 1 — 2—3 molécules d'acide oxa- 
lique. 

Une ébullilion de 10 minutes suffit à transfor- 
mer tout l'acide oxalique. On ajoute alors un 
petit excès de soude (3 à 6 gr. à 38° B.), on fait 
bouillir encore quelques minutes pour précipi- 
ter l'oxyde de chrome, et jette sur filtre. 

Le cliromale neutre qui passe et les eaux de 
lavage doivent faire un volume d'environ 150 à 
n.'jc. c. .\près refroidissement, on ajoute de 
l'acide sulfurique en léger excès, pour mettre 
PII liberté l'acide chromique. 

Cette liqueur est versée, au moyen d'une bu- 
rette, dans un volume déterminé de la solution 
arsénieuse à 1,98 "/„, dont on prendra de 2 à 
5 c. c. La fin de la réaction est indiquée par la 
nuance rose jaune persistante (|ue prend à un 
moment donné la liqueur. 



:0 Maurice PRUD'HOMME. — OXYDATION DE L'INDIGO PAR L ACIDE CHROMIQUE. 



Ce dosage a redonné, avec une exactitude 
très sufOsanle, les quantités d'acide chromique 
qui doivent rester, si la réaction se passe bien, 
entre 1 molécule d'acide chromique et 3 molé- 
cules d'acide oxalique. Pour le n° 4, en particu- 
lier, la quantité chromique reslanle est nulle. 

L'équation qui a été proposée par MM. Scha- 
posclinikoll'el Micliirefl', pour représenter l'ac- 
tion de lacide chromique sur l'acide oxalique, 

2Cr03-t-2ll20 + DOiH- = 2.Cr(0H)5-l-2CO2 + 0- 

n'est donc pas admissible. 

La méthode que je viens d'exposer permet 
de connaître, à un moment quelconque, l'étal et 
la composition d'une solution renfermant de 
l'acide chromique et de l'acide oxalique (avec 
ou sans acide sulfurique). Il suffira, pour arrêter 
la réaction, d'ajouter une quantité convenable 
de soude caustique. Pour le dosage de l'acide 
chromique restant, ou fera bouillir et continuera 
comme il a été indiqué plus haut. 

Vitesse d'oxydation de l'acide oxalique 
par l'acide chromique. — On pourra donc 
étudier de cette façon la vitesse de la réaction. 

J'ai opéré sur des solutions de concentration 
telle, que la transformation de l'acide oxalique 
se lit complètement à froid et dans un laps de 
temps assez court : 



Ac. chroiuique 1 gr. 

Ac. oxalique â.Ot 

Eau 100 



correspondant, pour 1 molécule d'acide chro- 
mique, à 4 — 6 — 8 molécules d'acide oxa- 
lii|ue. 

Les temps observés pour la transformation 
complète de l'acide chromique ont été : 

37 15 1/2 9 minutes. 

37x4 = 148 15,5x9 = 1.39,5 9x16 = 144 

La vitesse de rédaction de l'acide chromique 
est proportionnelle au carré du poids de l'acide 
oxalique. 

On voit donc que la destruction de l'acide 
chromique croit très rapidement avec la quan- 
tité d'acide oxalique en présence, et qu'un 
excès de celui-ci nuirait à la décoloration de 
l'indigo, dans le cas des enlevages sur bleu cuvé. 
D'autre part, les essais de décoloration de l'in- 
digo par des mélanges d'acide chromique et 
d'acide oxalique, ainsi que les essais d'impres- 
sion (avec oxalate dans la couleur au chromate 
et passage en acide sulfurique), ont montré que 
celle décoloration va en augmentant jusqu'à ce 
que les proportions relatives des deux corps 
soient de 1 molécule d'acide chromique pour 
1 à 2 molécules d'acide oxalique. 

La proportion de 2 molécules d'acide oxa- 
lique donnerait pour la combinaison un corps 
de la forme : 



N-i. 


iN" 3. 


Igr. 
7,56 
100 


I gr. 
10.08 
100 



0— OC 

/l J 

/ o— oc 
= Cr( I 

\ O— OC 

\l i 

0— oc 

qui ne disposerait plus de la quantité d'oxygène 
quia élé déterminée par l'oxydation de l'acide 
arsénieux. Il est probable que la question de 
concenlralion entre ici en jeu, et que la combi- 
naison totale de 1 molécule d'acide chromique 
avec 1 molécule d'acide oxalique ne se fait 
qu'en présence d'un excès de celui-ci. Pour 
toutes ces raisons, nous adopterons pour celte 
combinaison la formule : 



0. 

I ^Cr. 

0/ \0 — OC 



'\, 



Conclusions. — La vitesse d'oxydation de 
rindi|j;opar l'acide chromique est accrue par la 
présence d'autres acides, en particulier des 
acides oxalique, sulfurique, ferro- et ferricya- 
nhydrique. 

Ce phénomène tient à la formation de com- 
posés instables, provenant de l'union, avec éli- 
mination d'eau, qui se fait entre 1 molécule 
d'acide chromique et l molécule d'acide biba- 
sique ou monobasique. On connaît les compo- 
sés formés par l'acide sulfurique et l'acide 
iodique. 

Quand on fait agir l'eau oxygénée sur les 
composés de l'acide chromique avec les acides 
oxalique et sulfurique, l'élher ne se colore plus 
en bleu. L'acide chromique n'esl donc plus à 
l'élat libre. 

L'acide sulfurique, non réducteur, agit de la 
même manière que l'acide oxalique. Le rùle de 
celui-ci n'est donc pas d'aider à l'oxydation 
ou à la décoloration du bleu, en se détruisant 
lui-même. Celle destruction, quand elle a lieu, 
n'esl qu'un phénomène accessoire. 

A ce propos, je rappellerai que divers auteurs 
(lul tenlé d'établir un parallèle entre l'action 
de l'acide chlorique el de l'acide chromique. On 
sait que le premier ne décolore que très lente- 
ment le carmin d'indigo à la température ordi- 
naire, mais que la décoloration se fait rapide- 
ment, si onajoute une pelitequantité de limaille 
de fer ou quelques goulles de sulfate ferreux, 
c'est-à-dire d'un réducteur. De là à conclure que 
l'acide chromique, pour produire tout son elTet, 
devait èlre accompagné d'un réducteur, comme 
l'acide oxalique, il n'y avait qu'un pas. 

Malheureusement pour cette hypothèse, les 
deux cas ne sont pas comparables. Un métal, 
comme le fer ou l'oxyde ferreux, agissant sur 
l'acide chlorique, donne un chlorate instable 
qui se décompose, avec formation de composés 
oxygénés inlérieiirs du chlore (acides hypo- 
chloreux, chloreux), qui sont des oxydants ou 
des décolorants énergiques. La théorie de la 
formation du noir d'aniline est basée sur ce fait. 



DIFFÉRENCIATION DE LA. PHOSl'HINE BRILLANTE 5G ET DE LAUROPHOStHINE G. ?1 



etM. Rosenstiehl en a prouvé l'exactilude jusqu'à 
l'évidence. 

Avec l'acide chromique, rien de semblable. 
Tout d'abord, ce ne sont pas de petites quan- 
tités d'acide o.\alii|ue qu'il convient de mettre 
en œuvre, mais bien 1 à "i molécules pour 
1 molécule d'acide cliromique. Comme composé 
oxygéné du chrome, inlérieur à l'acide chro- 
mique et capable de fournir une oxydation, ou 
no connaît que CrO'. Ce corps a été en ell'el pro- 
posé pour résoudre le problème qui nous occupe 
el sa formation répondrait k l'équatioa : 

CrO-i-|-C-'0*112 = CiO- + 2CO^ 4- H-'O 

Mais les travaux les plus récents ont montré 
que CrO- se comporte comme un simple chro- 
mate de chrome. Ue plus, l'eau oxygénée mise 
en présence de ce corps et d'un acide étendu 
communique à l'étlier la coloration bleue de 



l'acide perchromique, qui ne se produit plus, 
comme je l'ai montré, avec des proportions con- 
venables d'acide chromique et d'acide oxalique. 
Néanmoins, de toutes les hypothèses qui ont 
été proposées pour expli(|uer le rôle de l'acide 
oxalique, c'est, à tous les points de vue, celle-là 
qui se rapproche lejilus de la solution véritable. 
J'ai évité de donner une formule de la 
décomposition de l'indigo par l'acide chromiijue 
en présence d'acides oxalique et sulfurique. En 
admettant que les concentrations soient sufti- 
santes, le temps nécessaire à la décoloration 
sera très court et la destruction de l'acide oxa- 
lique très faible. Pour un temps infiniment 
petit, on pourra écrire : 



3.Ci6|l"iO=.N-' + 4 



f " 



\r,./ 1 _|_-..S()i|li 



^O — UCj 



SUR LA DIFFÉRENCIATION PAR LA VOIE CHIMIQUE DE LA PMOSPHINE BRILLANTE 5G 
ET DE L'AUROPHOSPHINE G 

Par M. Ed. JUSTIN-MUELLER. 



On se rappelle les différentes communications 
qui ont été faites sur l'identification speclro- 
scopique des matières colorantes et principale- 
ment la note parue dans la Revue générale des 
Matières Colorantes, dans la(|uelle M. Léon 
Lefèvre dit (page 3UC, année 1902) qu'il a 
constaté pour l'aurophosphine employée dans 
une teinte la même bande spectroscopiquc, aussi 
bien en solution acétique qu'en solution alcoo- 
lique, que pour la phosphine brillante oG, que 
par couséciuenl l'aurophosphine fournie était de 
la phosphine brillante oG. Les teintes en ques- 
tion avaient été fui tes par notre collègue M. Victor 
Michel avec lequel l'ai examiné, par des réac- 
tions chimiques, les deux produits employés 
pour lesdiles teintes afin de nous rendre compte 
s'ils étaient ell'ectivemeiit identiques. 

Par les réactifs ordinaires les deux produits, 
tout en donnant des réactions légèrement dillë- 



rentes, n'en donnent pas qui le soient d'une 
façon assez caractéristique pour pouvoir se 
prononcer, mais en faisant réagir de l'acide 
nitreux (NaNO'-f HGl) sur les solutions aqueuses 
desdits colorants, et en ayant soin de mettre les 
deux solutions à la même intensité de nuance, 
il se forme des réactions nettement définies, 
qui démontrent d'une façon indiscutable que 
les deux produits employés pour lesditcs teintes 
sont d'un caractère chimique dillérent, et par 
conséquent ne sont pas identiques. Cette réac- 
tion est très frappante el démontre nettement 
la non identité des deux produits. 

Celte communication n'a pas pour but 
d'amoindrir la valeur de l'analyse spectrale 
des matières colorantes, mais au contraire de 
provoquer le perfectionnement de cette mé- 
thode. Les réactions comparatives entre les 
deux produits essayés sont les suivantes : 



ir-SO'. 
.\cIdilioiini5 d'eau. 

Solution aqueuse additiouDc 
d'IlCl. 



Solution a(|ucu«e .-idditiounée 
de iVaOll. 



Solution aqueuse additionnée de 
pouilre de zinc et d'ammo- 
niaque. 

Solution aqueuse additionnée 
de Na.NU^ -|- llCl. 

Additionné de naplilolale de Na. 



AurophosiiliiDcG. 

Jaune verdàtre. 

Orangé Irunàtre vif. 

Oranyé rouge, solution très claire, rtslu 

linHiide. 

l-'.claircit. reste limpide, puis léger trou- 
ille, fiiiit par fnriiier un précipité orangé, 
mais moins volumineux que li. 

Se décolore et ne se réoxyde pas, c'est-à- 
dire ne se recolore pour ainsi dire pas à 
l'air, se recolore partiellement par H^O-'. 

Légère coloration orangé brunâtre noi- 
sette), s'oclaircit au bout de quelques 
minutes en restant dans te même ton. 
Très léger précipité brun orangé. 



Plios|iliinc lirillaiilc 5 G. 

.laune verdàtre. 

Brun orangé, plus brun jaunâtre que A. 

Orangé, un peu moins rouge que A, la 
solution est d'abord trouble, puis pré- 
cipité floconneux orangé. 

Éelaircit, se trouble, puis précipité flo- 
conneux orangé qui finit par se sépa- 
rer du liquide qui s'éclaircit d'avantage 
que celui de A. 

Se décolore et se recolore un peu, et très 
rapidement à 1 air, se recolore d'avan- 
tage que A par II-O2. 

Coloration intense rouge bordeaux, au 
bout de quelques minutes brun rou- 
geàtre. 

l'récipité volumineux bordeaux-corinthe. 



1-2 LE CONTRASTE DES COULEURS ET LE CERCLE CHROMATIQUE DE CHEVREUL. 



DISSOLUTION DU PRÉCIPITÉ DE SOUFRE 

DANS LES BAINS DÉ TEINTURE 

DÉS COLORANTS SOUFRÉS 

Par M. Ed. JUSTIN-MUELLER (1). 

Certains colorants soufrés, nous pouvons dire 
presque tous, ont rinconvénient de former à la 
surface du bain de leinlure un précipité plus ou 
moins prononcé de soufre, lait de soulre. Ce 
précipité, surtout lorsqu'il est abondant, s'atta- 
che à la matière à teindre et ne peut être enlevé 
de cette dernière que par un lavage énergique 
et prolongé. 



L'inconvénient cité se fait principalement 
sentir lorsqu'on teint des tissus aujigger. 

Je suis arrivé à dissoudre ce précipité en ajou- 
tant au bain de teinture du sulfite de soude 
légèrement alcalin ou neuire, mais de préfé- 
rence un peu alcalin, la quantité dépend du 
colorantemployé,soildu précipité qui se forme. 

Par kilog. de noir immédiat NG, il faut, par 
exemple, d'abord 750 gr. sulfure de sodium 
cristallisé pour la dissolution, puis la quantité 
de sulfite léfjèrcineni alcaliu correspondant 
à 730 gr. de li(sul/ite de soude à 38/40° B. 

Celte addition empêche en même temps la 
formation nouvelle de lait de soufre (précipité 
de soufre), ou le dissout « mesure de sa for- 
malinn. 



LE CONTRASTE DES COULEURS ET LE CERCLE CHROMATIQUE DE CHEVREUL (2) 



Parmi les ouvrages d'ensemble de Chevreul 
on doit insister sur ses travaux relatifs aux 
couleurs, aux conditions de leur vision, de leur 
contraste simultané et à leur délinitiou. 

C'est un fait d'observation connu de tout 
temps que la juxtaposition de deux couleurs 
sur une surface, étoile ou tableau, intlue sur la 
sensation qu'elles produisent. Chacune modilie 
sa voisine et cela de deux façons, comme inten- 
sité et comme nuance. Comme intensité d'abord, 
la plus claire paraît plus claire, et la plus 
foncée, plus foncée : c'est un efïet de contraste. 
Comme nuance, un cercle rouge placé sur un 
fond blanc fait paraître celui-ci vert à son 
pourtour ; un cercle blanc sur im fond vert 
paraît au contraire rouge; par suite un cercle 
rouge et fond vert agissent naturellement pour 
aviver leurs teintes, et il en est de même de 
deux couleurs complémentaires juxtaposées. 
Au contraire, deux objets dont la couleur est la 
même à des nuances près, tendent à jeter l'un 
sur l'autre des ombres complémentaires : un 
vert éclatant tend à ternir un vert pâle. Cer- 
taines couleurs se nuisent ainsi, tandis que d'au- 
tres sont exaltées par leur rapprochement. 

En posant ces principes, Chevreul s'instituait 
en quelque sorte en arbitre de la mode. Citons 
comme exemple un passage de ses écrits relatif 
aux chapeaux de femmes : « Un chapeau noir 
à plumes ou à tleurs blanches, roses ou rouges, 
convient aux blondes; il ne messied pas aux 
brunes, mais sans être d'un aussi bon ell'et. 
Celles-ci peuvent ajouter des fleurs ou des plu- 
mes orangées ou jaunes, etc. Le chapeau blanc 
mat ne convient qu'aux carnations blanches ou 
rosées ; la brune qui risque le chapeau bleu 
ne peut se passer d'accessoires orangés ou 

(1) Pli cacheté 644, dc'posé le 23 mai 1902 à la Société 
industrielle de Rouen, ouvert en séance du mois de 
noveuibre 11)02. 
.(2) Extrait du discours prononcé par M. Berthelot à 
la séance annuelle de 1002 de finslitut de France. 



jaunes. Le chapeau vert fait valoir les carna- 
lions blanches ou doucement roses. Le cha- 
peau rose ne doit pas avoisiner la peau ; il doit 
en être séparé par les cheveux, ou par une 
garniture blanche, ou mieux verte. Entre les 
chapeaux jaunes ou orangés, un chapeau violet 
est défavorable aux carnations brunes, à moins 
qu'il n'en soit séparé non seulement par les 
cheveux, mais par les accessoires jaunes. » 
Mme Horace Vernet, à qui Chevreul exposait 
ainsi ses idées, lui répondit, non sans une 
aimable ironie : « Monsieur Chevreul, combien 
je vous aurais eu d'obligation, si j'étais plus 
jeune ! » On comprend pourquoi Mme Chevreul 
déclarait en badinant qu'elle avait renoncé à 
porter autre chose que des toilettes grises. 

Les notions qu'il exposait avec celle préci- 
sion appartiennent à un ordre essentiellement 
subjectif et physiologique, plutôt que physique; 
car il s'agit de l'harmonie entre les sensa- 
tions colorées, harmonie essentielle pour la 
teinture et d'une façon générale pour tous les 
arts décoratifs. Ces notions, pressenties plutôt 
que déljnies par les artistes, avaient été aper- 
çues ensuite d'une façon plus précise par les 
physiciens du xvui' siècle. On vient de voir com- 
ment Chevreul en a fait l'objet d'une analyse 
développée, approfondie et fort méritoire. 

Les cercles chromatiques dé Chevreul repré- 
sentent une tentative curieuse pour résoudre 
le problême si important de la délînition des 
couleurs, mais celle tentative reposait sur 
des principes inexacts. Chevreul suppose que 
toutes les couleurs peuvent être ramenées à 
sept couleurs fondamentales, celles auxquelles 
on a coutume, dans les traités élémentaires, de 
rapporter le spectre solaire. En les combinant 
deux à deux, de façon à les parcourir circu- 
lairement, avec retour, il obtient 72 couleurs, 
tant simples que binaires. Chacune, étant mo- 
difiée graduellement dans son intensité, fournit 
20 tons, soit une gamme de 720 tons. Cela 



C. DREHER. — EMPLOI DES COMPOSÉS DU TITANE DANS LA TEINTURE DU CUIR. 73 



fait, chaque ton est rabattu par un dixième, 
doux dixièmes et jusqu'à neuf dixièmes de noir 
ou de blanc. D'où résultent l't'iOO tmis dilfé- 
rents, complétés pur 20 tons j^ris, dits normaux; 
ce qui donne en tout 1 i iiû tons, distribues sur 
dix cercles cliromati(|uus. 

Chevreul croyait ainsi avoir résolu par une 
méthode incontestable le problème de la repré- 
sentation des couleurs. Ses cercles ont en etfel 
rendu service aux industriels, comme terme de 
comparaison des couleurs usitées autrefois, 
jusqu'au jour où la découverte des couleurs 
artificielles, préparées au moyen du f^oudron 
de houille, et tout d'abord de l'aniline, lit 
apparuitr(! dos nuances brillantes, d'un éclat 
incomparable, et cpii échappaient aux cercles 
chromatiques. (Chevreul essaya de sauver son 
système, en déclarant qu'il fallait ajouter à ses 
couleurs uue nouvelle variable, le nilfus, ré- 



pondant à la diversité de l'éclat. Mais ce faux- 
fuyant mal délini ne sauva pas le système. 

Eu réalité, les couleurs des objets naturels 
sont des résultantes complexes, où peut con- 
courir chacune des radiations susceptibles 
d'être émises non seulement par le soleil, mais 
par une source lumineuse (|uelconque, cha- 
cune de ces radiations étant prise d'ailleurs 
avec son intensité propre. Dès lors, ladélinition 
de la couleur d'un objet ne peut être donnée 
rigoureusement que par une analyse physique 
détaillée, délinissant chacune des radiations 
émises par l'objet et son intensité. L'échec 
d'une tentative de l'ordre de celle de Chevreul 
était inévitable, parce qu'elle ne répondait pas 
aux véritables principes physiques. Cependant, 
dans la pratique, elle a pu rendre des services 
momentanés, tant qu'on est demeuré dans un 
certain ordre de colorations d'un éclat modéré. 



EMPLOI DES COMPOSÉS DU TITANE DANS LA TELNTURE DU CUIR (i) 
Par M. C. DREHER. 



D'après la K. v.iyri, 1890, de Barnes, les solutions 
d'oxyde de titane TiU- peuvent être enqjloyées 
comme mordants pour lixer les couleurs à mordants, 
extraits de bois et couleurs d'alizarine, sur les libres 
animales, telles que la laine et lasoie. Liaines ajoute 
même que toutes les formes de l'oxyde, qu'elles 
soient plus ou moins hydratées, TiO- aussi bien que 
'ri(Oli'), conviennent également ; il montre aussi 
|)ar des exemples que les nouveaux mordants s'em- 
ploient de la uu'me manière que les mordants de fer, 
de chrome et d'alumine. 

La E. 1'. de Barnes, ■■tyiyj., <80G, mentionne que 
l'oxyde de titane donne des combinaisons avec les 
matières tannantes, analogues au taiinate d'anti- 
moine, eliju'on peut les produire sur leslibies végé- 
tales pour les teindre avec des couleurs basiques, tel 
qu'on le fait avec le tannin et l'émélique. 

D'après l'auteur, ces données de Barnes sont en 
partie inexactes, et en tout cas incomplètes. Cela 
peut être attribué à ce ((u'il n'a pas eu pour ses re- 
cherches de sels de titane purs et de caractères bien 
définis. 

Il fut un tenqis où Ton ignorait les combinaisons, 
où le titane tétravalent joue vis-à-vis des acides le 
rôle de buse ; nos connaissances se bornaient à 
«luclques combinaisons de l'acide litani()ue avec les 
hydracides, ilCl et lll'l, de la formule TiCl', ïiC.I' 
(iNH')'-Cl- et TiR>, ïil'"l''K-ClS puis aux corps de 
composition incertaine que donne l'acide titanique 
avec les acides sullurique et oxalique, et enlin à 
quelques courtes notes relatives à une combinaison 
de l'acide lilani(|ue avec l'acide lartrique. 

Les condiinaisons du titane avec l'acide cldoibv- 
driquesont très instables on solution aqueuse; celle- 
ci se décompose déjà si on l'ètend avec beaucoup 
d'eau, si on l'abandonne à elle-même ou si on la 
chaulVe et il se sépare de l'acide métatitanique 
TiO^OH;-. Ces combinaisons, d'après des essais de 

(1) Yoy. Ffirber Zeilunrj. l'.)02. p. 29.3 et E. p. çjî.Sr.. 
R. G. M. C, ViUi, p. 291, 1903, p. 93. 



teinture sur toutes sortes d'étoffes, ne sont pas 
propres à la teinture. 

Les fluorures doubles de titane sont beaucoup plus 
stables en solution acjueuseque les chlorures corres- 
pondants. Les sels TiK^FI" etTi(NH*)-I''l«s'obtiennent 
facilement à l'état solide, mais ils ne sont pas d'un 
usage avantageux pour la teinture sur les libres ani- 
males, car l'acide lluorhydrique mis en liberté les 
attaque fortement, en les rendant dures et sans 
brillant. 

Les composés du titane et de l'acide sulfurique ne 
sont suffisamment solubles dans l'eau qu'en présence 
d'un grand excès d'acide snlluri(iiie ; ils se décom- 
posent trop facilement par l'addition d'eau, on si on 
les chauffe avec proibiction d'acide mètalilanique. 
Les résultais en teinture ne sont pas bons. 

Il n'y a pas à s'occu[)er des composés du titane et 
de l'acide niliique, à cause de l'action que celui-ci 
exerce sur les libieset les couleurs. 

Avec les acides minéraux faibles, comme l'acide 
sulfureux, le titane ne donne pas de combinaison. 

Les seuls conq)Osés du litane applicables à la tein- 
ture sont donc les fluorures doubles, avec tous leurs 
défauts, et les combinaisons avec les acides orga- 
niques. Le nombre de celles-ci est assez limité, car 
le titane ne contracte de combinaisons qu'avec un 
nombre très restreint des acides organiques que leur 
prix permet d'employer jiourla teinture ; la majorité 
des acides organiques, tels (pie les acides acéli(iue et 
formique, les acides gi-as et les acides ai-omatiques 
ne forment généralement avec le titane que des 
composés très peu stables, ou pas de composés du 
tout. L'insolubilité du litaiu; dans l'acide acétique 
permet même de le séparer de l'alumine. 

Parmi les acides organiques d'un enq)loi indus- 
triel se fi-ouve l'acide oxalique; il dissout l'oxyde de 
litane et l'acide titanique TiiOHj'. Ses combinaisons 
avec l'acide titanique aui-aient, d'apiès Pécliard, la 
compositron TiO- tC-OMIM)^ + ll-0, M étant un mé- 
tal alcalin. 

Dansées composés, une molécule d'acide titanique 



C. DREHER. — EMPLOI DES COMPOSÉS DU TITANE DANS LA TEINTURE DU CUlll. 



est unie à deux molécules d'acide oxalique. La pré- 
sence d'un métal alcalin n'est pas nécessaire; on 
peut obicnii' des composés d'acide litanique et 
d'acide oxali(|ue qui n'en renferment pas, mais elles 
sont plus dilliciles à préparer à l'élat de pureté. 

I. 'acide lilanique donne avec l'acide tartrique des 
sels de mémo conslihition : mais jusqu'à présent 
on n'a pas pu les obtenir cristallisés. 

Tous les o.xydes de titane ne sont pas aptes à don- 
ner des laques colorées avec les couleurs à mordants. 
Cette propiiélé est intimement liée à leur teneur en 
hydroxyles. Seul l'acide titanique, répondant à la 
formule Ti(()II)', la possède. Les composés TiU(OH)', 
TiO-, Ti(()llr et Ti(Oll)^ ne jouissent plus de la fa- 
culté del'ournir des laques colorées avec les couleurs 
à mordants. 

Les solutions qui renferment l'acide titanique sous 
la forme Ti(()Il)* se distinguent des autres sels de 
titane parla coloration jaune orange intense qu'elles 
donnent avec le tannin, tandis que les autres combi- 
naisons du titane avec le tannin ne donnent qu'un 
jaune pâle ou un blanc sale. 

Barnes décrit les combinaisons de l'oxyde de titane 
avec les matières tannantes (ë. p. '27742) comme 
semblables pur leurs propriétés à celles de l'oxyde' 
d'antimoine, elles recommande pour mordancer les 
fibres végi/tales destinéesàla teinture en couleurs ba- 
siques ; il ajoute même que la libre inordancée au 
tannate de titane possède déjà une teinte jaune 
solide. 

M. C. Ureher a constaté au contraire que ce jaune 
est très peu solide, disparaît presiiue complètement 
à l'eau, surtout si elle est acidulée ; de plus les alca- 
lis et le savon le détruisent et il n'est pas solide à la 
lumière. Les composés jaunes de titane et de tannin, 
qui se précipitent (piand on mélange des solutions 
concentrées d'oxalate de titane et de tannin, sont 
solubles dans l'eau, l'alcool et l'acétone, ce ijui n'a 
pas lieu pour le tannate d'antimoine. 

Comme mordants sur la laine et la soie, les com- 
posés du titane ne présentent pas grand intérêt à 
cause de la ressemblance trop grande qu'ont les 
laques de titane avec celles de chiome, sans compter 
leur prix plus élevé. La solidité des laques de titane 
et de clirome est à peu près la même. 

L'aut( ur aconstaté que riiydrateTi{OH)'de l'acide 
litanique perd, plus facilement ([ue les autres oxydes, 
de l'eau de constitution, ou s'hydrolyse, simplement 
par dessiccation à la tempéraluie ordinaire. Le plié- 
noinène est très ra|iide en présence de déshydra- 
tants comme l'acide sulfuri(iue.Ilse lorme de l'oxule 
Ti()(011j-, diflicileinent soluble dans les acides orga- 
niques. 

L'acide litani(iue serait une base extraordinuirc- 
nient faible et dont les combinaisons avec les acides 
sont très instables. Il s'im sépare par l'addition de 
corjis (pii ne donnent pas de précipité dans les solu- 
tions d'autres bases dans les mômes acides, par 
exemple par l'addition d'acétate ou de formiale 
alcalins. 

La formation d'une laque colorée doit satisfaire à 
deux conditions : l'oxyde doit donner un précipité 
insoluble avec la matière colorante à inonlaiits et sa 
combinaison avec le colorant doit se faire avec éli- 
mination d'eau. On sait, en ell'cl, que l'alizarine et 
les bois de teinture sont précipités à froid par cer- 
tains sels de chrome et d'alumine, les acétates par 
exemple; mais ces précipités n'ont pas la nuance de 
la laque véritable, et sont de couleur terne. 

Les laques de couleur intense ne se forment ([u'à 



une température plus élevée, ou quand le mordant 
et la matière colorante sont bouillis longtemps en- 
semble. Il s'ensuit que lacide titaniciue, qui se 
sépare des acides plus facilement que tous les oxydes 
connus, et se déshydrate aussi plus aisément, 
donnera des laques avec plus de facilité qu'eux. 

L'auteur est arrivé à produire sur certaines ma- 
tières avec les composés de l'acide lilani(iue à froid 
ou à basse température des laques solides, dans des 
conditions oii l'on ne pouvait jusqu'à présent utiliser 
que des couleurs d'aniline peu solides, dans la tein- 
ture ducuir, par exemple. Les tissus mi-soiepeuvent 
aussi, avec un procédé spécial, être teints en un seul 
bain, grâce à l'acide titanique. 

En dehors de la nécessité de teindre le cuir à basse 
tempéi'ature, il faut ne pas oublier que ce corjis est 
très sensible aux acides et aux alcalis. L'auteur a 
essayé l'action des acides en maintenant des mor- 
ceaux de cuir une demi-heure dans des solutions 
tièdes étendues et équimoléculaires de ces acides, 
et a trouvé que les acides chlorhydrique, sulfurique, 
fluorhydrique et oxalique attaquent le cuir à peu 
près de la même manière, tandis que l'acide tar- 
trique et l'acide lactique, surtout ce dernier, l'at- 
taquent beaucoup moins. 

Les composés de l'acide titanique et des acides 
chlorhydrique et sulfurique ne donnent qu'un mau- 
vais cuir et de mauvaises teintures. Les fluorures 
et les oxalales donnent des teintures utilisablesdans 
une certaine mesure, mais à la condition que l'excès 
d'acide soit éliminé par cristallisation. De plus, ces 
deux sels ne donnent de teintures pleines qu'avec 
certains colorants en bain concentré ; le cuir perd 
toujours en souplesse et en élasticité, comme lors- 
qu'on le traite avec des solutions d'acides iluorhy- 
dri(iue ou oxalique. Avec les colorants sensibles aux 
acides, comme le campèche, pour obtenir des tein- 
tures bien pleines, il faut en employer un grand 
excès et opérer en solution concentrée. L'alizarine 
ne donne pas de teinture convenable. L'utilisation 
du titane est aussi très défectueuse ; il en reste en- 
viron 30"/,, dans le bain. 

Enlin les oxalates et les fluorures ont le désavan- 
tage de donner avec la chaux du bain de teinture un 
précipité blanc insoluble, en même temps qu'il se 
dépose de lacide titanique, lui aussi, sous forme de 
précipité blanc. Le cuir, très poreux, semparedeces 
précipités, qui ternissent la nuance des couleurs. 

La neutralisation directe des lluorures, non plus 
que celle des chlorures, sulfates et oxalates ne réu- 
sit pas, car l'addition de composés alcalins préci- 
pite l'acide titanique et décompose le bain. Mais si, 
avant d'introduire l'alcali, on ajoute au bain une 
quantité suflisante d'un acide de la série grasse, tel 
(jue l'acide tartriciue, citrique et lactique, ou de la 
glycérine, de la dextrine, du sucre de riiisin ou du 
sucre de lait, on peut arriver à neutraliser les solu- 
tions de titane, mais les seules stables sont celles 
qui renferment un des acides précités. 

Il y a donc là déjà un progrès. Mais, pour pou- 
voir livrer au teinturier des [)rodiiils directement 
utilisables, il fallait arriver à faire des solutions d'a- 
cide titanique dans un acide faible, peu nuisible au 
cuir. Il ne restait à essayer que les acides tartricpic 
et lactique, car l'acide litanique ne se dissout ni 
dans l'acide acétique, ni dans l'acide formique. 

L'acide tartrique dissout l'acide titanique plus 
diflicilement que l'acide oxalique, et il n'est pas 
possible lie retirer de ces solutions des produits secs, 
bien solubles dans l'eau et de teneur connue eu 



C. DREHER. — EMPLOI DES COMPOSÉS DU TITANE DANS LA TEINTURE DU CUIR. 75 



titane. Les combinaisons de l'acide titanique et de 
l'acide taitrique ne cristallisent pas et ne s'ol)tien- 
neiit pas à Télal de iiuieté. De plus, au point do vue 
de la U'intui'o, elles ne sont pas sup('i'ieui'es aux sels 
de l'acide oxalique cl donnent aussi avec la cliau.x 
un précipité insoluble. 

Il ne i'(!slail plus à essayer ipie l'ini'/c luctiquc, (|ui 
forme avec la cliaux des sels très solubles dans 
l'eau, no donne pas de précipité de chaux dans les 
eaux très dnrcs, aUa(]ue encore moiiis iecnii'ipie 
l'acide larlriquc, eta sur cedeiiiier l'avaiilage d'élrc 
moins ilier. 

L'acide lactique, uu'rno 1res conccniré, ne dissout 
que dil'licilement, et en cliaulîaut loui,'(onips, l'aciilc 
titanique, l'raicliement précipité et nullement dé>.liy- 
dralé. Kncore laut-ii employer lo double de la quan- 
tilf d'acide lactique, qui correspondrait à la (pian- 
lilé d'acide oxalique snllisanle pour la dissolution. 
Le seul procédé ([ui pourrait s'employer pour relirer 
l'acide lactique en excès consisterait à se servir 
d'étlier, <|ui permet d'isoler les laclales de titane à 
l'état de puieté ; mais cette mélliode trop dis|)on- 
dieuso est impraticable. 

I.'anlem- a trouvé ([u'on pouvait d'abord dissoudre 
raci<le titaïu'que dans un acide tort, clilorhydri(iue, 
sull'uri(iue, lluorhydri(iue ou oxalique, et verser la 
solution à chaud dans une liqueur renfermant un 
lactatc alcalin ou alcalino-terreux. C'est l'acide 
chlorliydri([ue (|ui est le i)lus avantageux i)Our cette 
opération. Un mélange d'acide lactique et de laclate 
alcalin ou alcalino-terreux <lissout bien aussi l'acide 
litani(iue fraichemenl précipité. Ces solutions se 
laissent évaporer sans altération jusqu'à consistance 
sirupeuse, et même solide; les produits ainsi obte- 
nus sonl'facilement solubles en donnant des liqueurs 
faiblement acides. Ces lactates faiblement acides 
montrent déjii eu teinture des qualités supéi'ieures 
à celles des sels de titane ordinaires. 

On peut saturer ces solutions légèrement acides 
avec des alcalis ou des terres alcalines, ou des car- 
bonates, sans précipiter d'acide titanique, et obtenir 
par évaporation des produits sirupeux ou même so- 
lides, blancs ou blanc sale. Ces produits neutres 
sont supérieurs en teinture aux précédents. 

Les produits purs répondent à la formule TiO- 
4;C'I1°((-'). Les trois quarts de l'hydrogène carboxy- 
liquedc l'acide lactique peuvent être remplacés par 
un métal alcalin ou alcalino tei'reux. 

Avec le tannin les solutions de ce laclate de titane 
donnent des précipités jaune intense, et renferment 
l'acide titanique sons la forme où il donne à froid 
et en li<iuenr étendue le maximum de laque colorée 
avec la plupart des colorants, même avec ceux qui 
sont sensibles aux acides. Il n'en reste dans le bain 
de teinture que H à 'J "/„ de titane, tandis qu'avec 
l'oxalate et le Quorure la proportion di'passe 30 "/,,. 

Les lactates de titane, très solubles dans l'eau, 
peuvent être employés en solutions concentrées 
(2 a '■') "/g) sans nuire au cuir, et donner même à 
froid les larjues colorées. Aussi sont-ils indi(iués 
pour la teinture du cuir ;'i la brosse ; ce procédé 
s'iip(dique aux cuirs qui ne doivent être teints que 
d'un côté, ou qui ont, avant la teinture, subi une 
pri'paiation, (luo diHruirait l'eau, le bain de teinture 
ou lo mordant. La teinture d'un seul côté se fait 
souvent aussi en appli(|uant deux peaux l'une sur 
l'autre, chair contre chair. 

Pour la teinture en plein bain, les peaux, qui ont 
subi les traitements nécessaiies, sont manœuvrées 
quinze à vingt minutes dans une solution froide ou 



tiède, neutre ou faiblement acide du colorant ; pour 
le jaune, 10 gr. extrait sec de bois jaune; pour brun- 
rouge, .") gr. de sel de soude d'alizarino sulfonc'e 
(alizarines \V ou S) ; pour un brun moins jaune, 
10 gr. d'extrait sec de bois rouge; pour noir, 7 gr. 
d'extrait sel de campèche et 1 à 3 gr. d'extrait sec 
de bois jaune. Puis on introduit les peaux et on les 
maud'uvrc quinze à vingt minutes, vers 30», dans un 
bain roiilciMiaut I /"- "/„ de laclate de titane; enfin 
"on |)eut domier une seconde teinture avec un cin- 
quième de la quantité de colorant déjà employé, s'il 
y a lieu de renforcer la première ou si le premier 
bain n'a pas été épuisé. Celte opération se fait à 
tiède et duio dix miiniles. Après teinture, on lave 
bien à l'eau. 

Pour teindre en noir à la brosse, on applique deux 
ou trois fois avec une brosse, sur le cùlé du grain de 
la peau, une solution do 20 gr. d'extrait derampéche 
et de '■) gr. d'extrait de bois jaune, puis uni' solution 
à 2 ou 3 °/„ de lactate de titane ; pour du noir bien 
plein, on i)eut brosser une fois encore avec la matière 
colorante. Puis on plonge la peau dans l'eau et ou 
la lave. 

Après la teinture avec des lactates neutres de 
titane, la qualité des cuirs n'est nullement altérée. 
Les nuances sont très régulières et bien plus régu- 
lières sur toutes les parties de la peau qu'avec les 
couleurs d'aniline. Elles sont absolument solides 
à l'eau, au savon et à la lumière ; les boues alcalines 
et la sueur sont presque sans action sur elles. Le 
noir au lactate de titane est plus intense que le 
noir obtenu avec les sels de fer.et, par suite, plus so- 
lide au frottement. 

Avec le bois jaune on obtient, par la même mé- 
thode, un jaune orangé bien plein, de même viva- 
cité qu'avec la phosphine. Pour le rouge, on emploie 
les alizarines \V ou S, et pour le noir, un mélange de 
campèche et do bois jaune. Par dos mélanges con- 
venables de couleurs on obliendia tous les tons 
allant du jaune au brun foncé. Les couleurs au ti- 
tane sur cuir supportent sans dommage un net- 
toyage à l'eau ou au savon, qui attaque fortement 
la plupart des teintures aux couleurs d'aniline. 

Les cuirs n'ont pas besoin, après la teinture, 
d'être sèches immédiatement, comme il le faut avec 
les couleurs d'aniline ; on peut parlaitement les 
laver, puis les traiter au savon, ou avec un mélange 
de savon et d'huile, ou avec les huiles pour rouge, 
sans nuire aux couleurs : ce traitement est recom- 
mandé pour obtenir des cuirs bien souples. 

Le nouveau procédé de teinture est plus simple 
que celui où l'on emploie pour le cuir au chrome 
des couleur's d'aniline. Ce cuir n'a pour elles aucune 
afiiniti' : aussi faut-il le mordan(<'i- d'abord au tan- 
nin, ou au tannin et à l'émétique. On a aussi cons- 
taté que l'emploi de solutions faibles di; bois de tein- 
ture, spécialement le bois jaune, donne au cuir au 
chrome un toucher très souple et très agréable, 
beaucoup plus souple (|ue celui ((ui provient d'un 
léger tannage au tannin et au sumac, de sorte que, 
même en employant peu de corps gras, les cuirs au 
chrome teints jiar le nouveau ])rocédé restent plus 
longtemps souples et élastiques. 



iXouscomplèteions cette élude par l'indication des 
brevets pris par M. C. Dreher et connus à ce jour. 
La K. I'. 9550, déposée le 8 mai 1901, a été accordée 



76 



NOUVELLES COULEURS. 



le l" mai 1902 (fi. G. il/. C, 1002, p. 294). Le b. f. 
3i6i8i, demandé le 22 novembre 1901 et accordé le 
29 mais 1902, revendique les points suivants : 

1" Préparation de solutions d'acide litanique dans 
l'acide lactique, caractérisées par l'action de l'acide 
lactique très concentré et des lactates alcalins ou 
alcalino-lerreux sur l'acide titanique hydraté, fraî- 
chement précipité. 

2" Préparation de solutions d'acide titanique dans 
l'acide lactique, sans excès de celui-ci, par double 
décomposition entre les solutions d'acide titanique 
dans les acides forts (chlorhydrique, sulfurique, oxa- 
lique) et les lactates dont les bases donnent des pré- 
cipités insolubles avec ces acides. 

3° Préparation de solutions d'acide titanique dans 
l'acide lactique, sans excès de celui-ci, par double 
décomposition entre les solutions d'acide titanique 
dans les acides forts et les laclalus dont les bases ne 



donnent pas de précipités insolubles avec ces acides- 
4° Piéparation de solutions neutres, pour ol)tenir 
les sels neutres de l'acide litani([uc avec l'acide lac- 
tique, en neutralisant, par les alcalis ou les carbo- 
nates alcalins, les terres alcalines ou leurs carbonates, 
les solutions dans l'acide lactique obtenues précé- 
demment. 

S" Préparation de solutions neutres, pour obtenir 
les sels neutres de l'acide titanique avec l'acide lac- 
ti(iue, en neutralisant par les alcalis, les carbonates 
alcalins, les terres alcalines ou leurs carbonates, les 
solutions d'acide titanique dans un excès d'acide lac- 
tique, obtenues avec ou sans addition de sels solubles 
de l'acide lactique. 

L'échantillon de cuir n° 22 a été teint par le pro- 
cédé de M. ()- Dreher, à qui nous adressons tous nos 
remerciements, pour nous avoir mis à même de 
donnerànos lecteursun spécimen de cette fabi'ication. 



NOUVELLES COULEURS 



Bleu étdyle nouveau RS kt Bleu étiiyll 
NOUVEAU BS {Meis/er, Lucius & BriiniiKj). 

[Éch. ?i°' 17 et 18.) 

Ces deux couleurs basiques très solubles, 
s'emploient sur coton, soit pour l'impression, 
soit pour la teinture des lilés et des tissus. 

Couleur d'impression. 

20 gr. colorant. 
5 ce. acide acétique 8" B. 
20 gr. acétiiie. 
20 — glycérine. 

2 — acide tartriqiie. 
208 ce. eau. 

A délayer daas : 
(JOO gr. épaississant. 

Ajouter il froid : 
80 gr. solution acétique de tuiiiiiii 1:1. 

Êpaissi.^saiit. 

1200 gr. amidon de bté. 
G 400 c.c- eau. 

18U0 gr. adragante (60 : 1000). 
800 ce. acide acétique S" B. 
Cuire un quart d'heure. 

Vaporiser, passer en éniétique, laver et 
savonner {uch. n" 17 et 18). 

Pour la teinture, la marchandise débouillie 
est mordancée, selon la nuance demandée, avec 
2 fi 5 k. de tannin, ou avec la quantité corres- 
pondante de sumac, extrait de galles, qu'on fixe 
avec 1 à 2 1/2 k. d'émétique. On rince bien et 
teint en 3/4 d heure, en commençant à tiède et 
montant à l'élmllition dans ce laps de temps. 
Le colorant dissous s'ajoute en plusieurs l'ois au 
bain de teinture. Après teinture, on rince et 
sèche. 

Ces colorants s'appliquent à l'article teint sur 
tissu mordancé au tannin et à l'émétique et 
ronj^é à la soude. 

On obtient de beaux bleu marine avecS"/, de 
colorant. 



La solidité au lavage est très bonne, ainsi 
qu'au savon bouillant et aux acides; elle est 
bonne au bouillon acide et à la lumière. 

AuRACiNE G {F. Bayer). 
[Éch. n" 19.) 

L'auracine G est un nouveau colorant basique, 
destiné aux mêmes applications que l'auramine, 
dont il se dislingue par quelques qualités spé- 
ciales. 

Sur colon mordancé au tannin et à l'émétique, 
il donne un jaune verdàtre très pur. Il résiste à 
une température élevée, celle des bains bouil- 
lants, du vaporisage, etc., ce qui est un grand 
avantage pour les applications à l'impression. 
Enlin la couleur rongeant, pour articles enle- 
vage multicolore, se conserve bien. La soli- 
dité à la lumière est faible. 

L'auracine G se prête très bien à la teinture 
du papier. En la tixant à l'alun de la façon 
usuelle, on constate que les bains de teinture 
s'épuisent complètement et les eaux qui s'écou- 
lent de la pile sont incolores. Pour la teinture 
du cuir ce colorant est recommandable, car il 
lire d'une façon égale, seul ou mélangé avec la 
chrysoïdine, la coriphosphine, etc. 

lloiGK POUR L.MNiî G [BaïUschu). 

(Éch. H" 20.) 

Le rouge pour laine G donne en bain aride des 
rouges écarlales d'une grande vivacité. La teinture 
se fait avec 3 "]„ du poids de la laine en colorant. 
Pour 50 k. de marchandise on monte le bain avec 
21) k. sulfate de soude cristallisé, et on entre a froid 
ou à tiède. On pousse jusqu'à l'ébuUition que l'on 
maintient pendant 1/4 d'heure ou 1/2 heure, puis 
on ajoute en une ou deux fois b lit. acide acétique 
0" B-, et enlin à 8 k- bisulfate de soude en une ou 
deux fois aussi et à 1/4 d'heure d'intervalle. On linil 
la teinture en 1/4 ou 1/2 heuie. 



REVUE GÉNÉRALE DES MATIÈRES COLORANTES 



ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 



N" 7o 



ToMR VII. 
CARTE D'ÉCHANTILLONS N" 3. 



!'"• Mars 1903. 




N» n. — Bleu étbyle nouveau R S 
\Meislei; Lucius et Br(riiiir/\. 



N" 18. — Blou éthyle nouveau B S 

[Meisler, Lucius et liiilninrj). 




.N» 21. — Tissu de laine avec effet de soie artificielle. N» 2î. — Cuirteintsur mordant de titane /J'ocet/i; Dreher) 





N" 23. — Noir au chrome 4 B « 0/0) 
{Actien-Oesell, Berlin]. 



.No 2i. — Noir au chrome 6 B (G 0/0) 
[Actien-Gesell, Berlin). 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES. — SÉ/IrNCES DES COMITÉS DE CHIMIE. 



77 



Co colorant s"applii|iio aussi siii- laine niordancée 
an cliiome, sans ([ne la nuance soil sensiblement 
niodiliée; la solidité an lavage est im peu accrne. 
Le chi'omatage en liain acide, après teinture, produit 
le même elTet. Le rouge pour laine G pourra donc 
être associé aux colorants qui nécessitent ce traite- 
ment. 

Il se dislingue des rouges azoïques ordinaires par 
sa solidité an foulon bien plus grande et sa solidité 
au lavage. Par immersion de -JV benres dans leau 
froide, la nuance s'alTaiblit un peu ; la laine, la soie 
ou le coton blancs restent tels. Par ébullilion d'une 
1/2 heure dans l'eau de rivière, la nuance s'alfaiblil 
et dégorge imperceptiblement sur la laine, la soie 
ou le rolon blancs ; c'est la mesuie de la solidité du 
colorant à l'apprêt indcstiuctible (pottingi. 

La solidité au soufre et à la boue serait suffisante. 
La résistance à la lumière, au décalissage, au rejias- 
sage, au frottement serait bonne. Relativement à 
l'action des acides, une louche à l'acide acétique, 
même concentré, n'all'ecte pas la nuance: les acides 
minéraux étendus la modifient à peine. Entin la 
résistance à la sueur est relativement bonne. 

Un traitement au sulfate do cuivre ternit un peu 
la nuance, mais donne de la solidité au lavage. 

Le rouge pour laini' ('. peut s'employer sur mi- 
laine. Sur bain tiède le coton tire plus foit que la 
laine; l'inverse se produit en bain bouillant. Pour 
la soie on teint sur bain de savon cou|)é jusqu'à 
réaction acide. 

L'échantillon n" 20 a ét(' teint chez ;\|.M. Ilannart 
frères à Koubaix. 



Noirs au crrome OB, iB, T {Artifln-Grsc//. 

Berlin). 

{Éch. ?r' 23 et 24.) 

Ces colorants pour laine, teints en bain acide 
et lixés au bichromate de potasse et au sulfate 
de cuivre, fournissent des teintures très solides 
il la lumière et d'une remarquable résistance au 
foulon. Us égalisent bien et pénètrent parfaite- 
nienl les tissus épais et serres. La résistance au 
décalissage, à l'eau froide, à l'eau bouillante, 
au.\ acides el aux alcalis est bonne. Le soufrage 
rougit légèrement la nuance, le carbonisage 
aussi, mais le ton primitif revient presque com- 
plètement, quand on neutralise. Pour la tein- 
ture, on monte le bain avec 10 '/„ (du poids de 
la laine) de sulfate de soude, 5 »/„ d'acide acéti- 
que à (j» B. et (le 4 à G »/„ de colorant dissous 
dans l'eau bouillante. On entre la laine vers 
I1O--70", et monte en 1/2 heure à l'ebullilion el 
laisse bouillir 1/2 heure ; puis on itjoute peu à 
peu 3 à 4 »/„ de bisulfate de soude, ou 1,23 à 
l,)0»/od'acidesulfurii[ue en liqueur Irôsétendue. 
.Après avoir bouilli de 3 4 à une heure, le bain 
est généralement à peu près épuisé. 

Après la teinture, on traite la laine sur bain 
de sulfate de cuivre el d'acide acétique ou sulfu- 
rique. l'uur tissus, on emploiera : 

l.-J °/o bichromate de potasse. 
Ii'2ô — sulfate de cuivre. 
0,2ô — ucide acétique. 



On entre à 70°, monte à l'ébuUition qu on 
maintient 3/4 d'heure et lave. Kn diniinuanl la 
proportion rie bichromate on diminue la solidité 
au foulon. Trop de ce sel ou trop de sulfate do 
cuivre fait rougir la nuance : il en est de même 
de l'acide sulfurique, qui donne un noir plus 
solide au foulon que l'acide acétique. 

Les échantillons n"' 23 et 24 sur drap ont été 
teints avec (J "/o 'le coloraïU. 

Tissus ke laine avec effets de soie artificielle. 

La soie artificielle qui entre dans la composition 
du tissu laine doit être de préférence <le la soie cel- 
lulosique et non de la soie nilro-cellulosique, qui 
risquerait de se leindic in. f. 3oi2Gi, /,'. 0. M. C, 
P.iOl, p. 12:!). 

L'échantillon n" 21 provient de la Manufacture 
lyonnaise île matièrea colorantes, à qui la propriété du 
procédé est garantie par ce brevet. Les violets sont 
teints avec un mélange de violets formyl SiR, OR, 
lOB et de violet acide 6BC. 

La teinture se fait en bain bouillant, avec addition 
de 4 % d'acide sulfurique et "/,, de sulfate de soude. 
Pour les nuances foncées, on ajoute encore, pour 
linir la teinture, 2 à .3 "/„ d'acide sulfuricpie. 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



Séances des Comités de chimie. 

MULHOUSE. — Si'ance du ii janvier 1903. 

La séance est ouverte à '.i heures .'5/4. — Présents : 
MM. Albert Scheurer, .secrétaire, Fél. Binder, 
Ch. Brandi, Paul Dosne, .los. Dépierre, Geo. Forel, 
Henri (irosheintz, Eug. .laquet. Bob. Ha-ffcly, 
Alb. Keller-Doi'ian, Ern. Keller, Em. Nudting, 
Cam. Scliœn, Théo. Slricker. .Vug. Tliieri y-Mieg, 
Gam. Trautmann, Ch. Vaucher, l'el. NVeber, .\lph. 
Webrlin, Gh. Weiss, Eug. Wild, .los. Znbelen, l'enl. 
Oswald; total, 23 membres. 

M. Kallab, chimiste à la maison K. Oeliler, ,à 
( llfenbach, assiste à la séance. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté après les deux reclilications suivantes : 

1" Reriification demandée pur M. Félix Weher. — 
!>ulfoléate d'ammoniaque. — M. Kélix Weber men- 
tionne l'application qu'il a faite du sulfoléate dam- 
moniaque, dès l'année 1874, dans la maison Ihelfely, 
à Pfastatt, en vaporisant les mordants d'alumine 
après leur teinture en alizarine, avec celle prépa- 
ration. 

2° Heetificatiim demandée par M. Keller-Dnrian. 

M. Keller- Dorian demande que les paragraphes 
concernant la communication faite par lui à la 
séance d'octobre 1902, relative à la gravure des 
cylindres de calandres portant 2.') hachures au milli- 
mètre, soit modifiée comme suit : 

Gravure de 2o liachures au millimètre pour effet dit 
« sili-eri/lanz ». — M. Reller-Dorian annonce au 
comité (ju'il est arrivé à proiluirc une gravure com- 
prenant 25 hachures au millimètre. Il lui soumet 
une molette portant cette gravure dont, à sa con- 
naissance, le degré de finesse n'a jamais été réalisé 



REVUE DES JOURNAUX. 



pour lobtenlion du " silverglanz ». Il présente eu 
mènie temps, au comité, des échantillnns de satin 
apprêté avec un rouleau de ce genre, et dont l"aspect 
soyeux est au moins égal à i'elM obtenu par 
Monimer, dont le brevet, limité entre o et 20 hachures 
au millimètre, adonné lieu, récemment, à un procès 
retentissant. 

/((•sirres de coiiAwrs azo'iri>ie:< anus indigo vapeur. — 
M. Colli cherchant à remplacer le p.-crésylol, dont 
les inconvénients sont signalés dans la note de 
JI. Jules Drandt, cite une série de corps sur lesquels 
ont porté ses essais et au nombre desquels se trou- 
vent le phénanthrol et la méthylpliényipyrazolone; 
ces deux produits olTrent, au point de vue de leur 
solidité à la lumière, un intérêt particulier. — Cette 
note est accompagnée de recettes. — Le comité 
renvoie l'examen de ce travail à M. Bruckmann. 

Sur le vert pktalique. — M. Prud'homme a adressé 
à la Société industrielle une note relative à la cons- 
titution de ce corps. Parlant d'une de ses études 
antérieures (Soc. indust., IS'.t", p. 27.j), qui établit 
la possibilité de caract-^riser les colorants dérivés du 
triphényl méthane au moyen de deux leucodérivés, 
l'auteur a reconnu que le vert phtalique donne nette- 
ment les deux dérivés. C'est une conlirmation de la 
formule proposée par "SI. Rosenstiehl. Le même 
caractère se retrouve dans le bleu fluorénique dérivé 
du violet cristallisé orihoaminé, préparé par 
MM. Haller et Guyot. Il s'ensuit que le vert phta- 
lique et le bleu de lluorèno, nettement rattachés 
par les recherches de M.M. Ilaller et Guyot à des 
carbures anlhracéniques et fluoréniques, appartien- 
nent encore, suivant leurs prévisions, à la série du 



triphénylméthane. — Le comité vote l'impression 
au Bulletin de la note de M. Pi'ud'homme. 

Huile pour rouç/e. — M. Schmid communique une 
note sur un produit lancé en IS^Ti ou 18~,6 par la 
maison de l'rzibram et créé par M. l llrich, associé 
de la maison à cette époque. Ce composé, vendu 
sous le nom d'alizarine huilée, résultait de la préci- 
pitation d'une solution sodique d'alizarine addi- 
tionnée de savon de ricin par un acide. Ce produit 
donnait, en teinture, un blanc irréprochal)le. — 
Cette communication est renvoyée à la commission 
de " l'huile pour rouge ». 

fiéserves blanche.t et de couleurs sous cure d'indigo 
(lu moijen de saron insoluble (Pli cacheté de M. Feer 
n» 670, du 11 octobre ISIM). — .M. lîruckmann a 
répété les essais de .M. Feer et a reconnu que le 
procédé donnait, avec les dessins massifs, d'assez 
bons résultats en petit. — Le comité vole l'impres- 
sion au Bulletin du pli cacheté de M. Teer suivi du 
rapport de .M. lî. Bruckmann. 

Sur la proposition du secrétaire, M. Bruckmann 
est nommé membre du comité. 

Traité de gravure de M. Bcrihoud. — Ce travail, 
qui concourt au prix n" S3 du programme, est 
renvové à l'examen de .M.M. .\lbert Keller et Ch. 
Weiss. 

Le secrétaire annonce au comité que .M. Albin 
Haller, membre de l'Institut, professeur à la Sor- 
bonne, fera, le 2") lévrier, une conférence sur l'état 
des industries chiinit|ues au commencement du 
XX' siècle. 

L'ordi-e du jour étant épuisé, la séance esl levée à 
h. 21). 



REVUE DES JOURNAUX 



FlBRh'S TEXTILES 

COLOR.VTIOX X.VTURELLE DES SOIES DE 
LÉPIDOPTÈHES (Sur loi-igine de la', par 
MM. D. LEVH.VT et .V. CO.XTE (Acal. des Sciences, 
iy02. p. 700). 

Chez la plupart des chenilles de Lépidoptères, le 
produit de la sécrétion des glandes séiiiigènes esl 
incolore; lorsciu'il est coloré, il l'est en jaune ou en 
veit. .Nous nous sommes demandé quelle pouvait 
être l'origine de ces pigments jaunes et verts. Sont- 
ils fabriipiés de toutes pièces par l'animal ou sont-ils 
simplement puisés dans la feuille dont il se nourrit'.' 
Lu piemière de ces hypothèses est généralement 
admise depuis que les travaux d'Alessandrini, Joly, 
li. Dubois et L. Blanc ont montré qu'il était impos- 
sible à une matière colorante contenue dans l'intestin 
d'arriver jusqu'à la soie. Les résultats contraires 
signalés par Bonafous, E. Blanchard, Boulin et \'il- 
lon ont été niés d'une façon absolue et seraient la 
conséquence d'une souillure du lil de soie à sa sor- 
tie de la lilière. 

Si les matières colorantes employées jusqu'ici ne 
traversent pas les parois du réservoir soyeux, en 
est il de même pour tous les principes colorés et pour 
tous les vers à soie? C'est pour répondre à cette 
question que nous avons entrepris de nouvelles expé- 
riences. 

Nos essais ont porté sur une espèce sauvage, VAI- 
tacus Oriz'tba (Weslwood) et une domestique, le 
Bombyx ilori (race française à soie jaune et race 



polyvolline de Chine à soie blanche'. Les matières 
colorantes utilisées étaient le rouge neutre rouge de 
toluyléne s le bleu de méthylène B\ et l'acide 
picrique. 

f. Attacus Oriz'iba. — Trente chenilles, nées le 
16 juin 1902, ont été divisées en plusieurs lots et 
élevées sur des branches de troène dont on avait 
badigeonné les feuilles avec une solution aqueuse de 
la matière colorante. 

Dans un lot, neuf chenilles ont reçu dès leur nais- 
sance des feuilles imprégnées de rouge neutre; elles 
les ont mangées sans manifester aucune répugnance 
et se sont développées normalement La teinte géné- 
rale du corps rouge foncé indiquait la iirésence de 
la matière colorante dans le sang. 

Dans le but d'éviter à la soie toute cause de souil- 
lure, les larves, au moment du coconnage, ont été 
soigneusement lavées sous un lilet d'eau et transpor- 
tées sur des branches fraîchement cueillies. 

La sote, au sortir de la lilière, est teinte en rose 
et le cocon tout entier présente une belle coloration 
rouge. 

Deux chenilles du lot ci-dessus ont été isolées à 
la quatrième mue et nourries ])endant tout le der- 
nier âge avec des feuilles dépourvues de rouge 
neutre. Ces chenilles se sont peu à peu décolorées, 
et la soie qu'elles ont filée était à peine teintée en 
rose. 

Quatre autres chenilles ayant mangé des feuilles 
naturelles jusqu'à la quatrième mue reçoivent une 
nourriture colorée pendant le cinquième âge seule- 



REVUE DES JOURNAUX. 



79 



ment et fournissent des cocons aussi rouges que 
c-oux ilu iireniier lot, dont les rhoiiilles avaient absorbé 
(lu roii,!,'c pendant toulc la duiée de la vie larvalir. 
Des ehenilles élevées sur du bleu de méthylène 
semblent manger les leuilles avec moins d'avidité, 
leur dévelo|)]ienient se trouve ralenti et elles sécrè- 
tent une soie moinsabondanle et légèrement bleutée. 
Kntin un dernier lot A'MIncii^i (}rizaba.nouvr\ avec 
des leuilles de troène trempées dans une solution 
d'acide iiiciiciue, donne des cocons dont la soie est 
blanche. 

Ainsi, nous voyons que le rouge neutre passe faci- 
lement par osmose à travers les tissus, tandis que le 
bleu de méthylène ne les traverse qu'avec difliculté 
et que l'acide picricpie est complètement arrêté. 

Pour répondre d'une façon rigoureuse aux critiques 
inspirées par l'hypothèse d'une coloration superlicielle 
du lil de soie à la suite de souillures possibles de la 
filière, nous avons lait à deux chenilles prêtes à liler 
des injections de rouge neutie dans ravant-<lernière 
fausse patte gauche; ces chenillt-s se sont instanta- 
nément colorées en rouge, et, sans paraitre le moins 
du monde incommodées, se sont mises à liler une 
soie légèrement rosée. 

2. liombyx ilori. —Les mêmes expériences ont été 
faites sur deux races de Bom'.i/.c Moii, l'une à soie 
jaune, l'autre à soie blanche. Dans les deux cas, les 
chenilles se colorent en rouge violacé aussitôt après 
le iireinicr repas et donnent une soie jaune orangé 
vif pour les premières et d'un beau rose pur pour les 
vers à soie blanche. La coloration s'accentue avec la 
durée de l'alimentation colorée. 

Ce fait montre (pic le passage de la matière colo- 
rante à travers la glande séricigène se fait moins 
facilement que chez l'A. Urhaba. Le résultat sera-t-il 
le même après plusieurs générations soumises à ce 
régime artiliciel"? C'est ce dont nous nous assurerons. 

De ces recherches il résulte la possibilité de faire 
pa>ser une substance, matière colorante par exemple, 
du tube digestif sur la soie par l'intermédiaire du 
sang. 

Celte conclusion permet de chercher l'origine de 
la coloration naturelle des soies dans la matière 
colorante verte des feuilles. 

Une soie est blanche parce quaucuiii' matière 
colorante n'a pu franchii' les parois du réservoir. 
Dans les soies vertes c'est la chlorophylle des feuilles 
(pii intervient; nous avons, en elfet, constaté que, 
dans une espèce à soie verte, VAnIherwa Ymiia Mai 
^Ciuérin-.VIénevillei, le sang fournit le spectre do la 
chlorophylle. Le pigment jaune contenu dans le 
sang (les espèces à soie jaune est identique, comme 
l'ont déjà montré K. Dnbois et L. Rlanc, à celui des 
feuilles do mûrier et provient directement de ces 
ftuilles. 

Il n'y a pas lieu de supposer que la matière colo- 
rante des soies puisse être fabriquée par l'animal lui- 
même, comme les résultats négalils des essais de 
coloration artilicielle avaient conduit à l'adnu'ttie. 



M.VTIERES COLOR.\N'li:S 

TITH.VTIO.X DE L'IXDIGO par I li.vdiosiil- 
rUo, par .\. WAI"GK1JI.\ et D. VOHLWDKH 

['/a'U. f. /■'. H. T. Chcmie, 19ii2, p. 281). 

La méthode recommandée par la " Radiscbe Anilin 
\ind Sodafabri.-k ■■ dans sa petite brochure oITrc les 
avantaiies suivants : 



1° Elle donne pour la teneur en bleu d'indigo les 
chiffres les plus justes possibles, car les impuretés 
de l'indigo restent sans action sur l'hydrosullite. 

2" Elle ne demande que .'i à heuies de travail, 
etune quantité minime desubstance (fl gr. 1 àOgr. 2). 

:!'■ Enlin, grâce à la netteté du virage de la nuance, 
elle exclut toute erreur d'observation. 

Les auteurs ont, en .la pratiquant, constaté une 
cause sérieuse d'erreur : la méthode, en effet, ne 
tient aucun compte de l'oxygène dissous dans l'eau, 
et dont la quantité est loin d'èlrç; négligeable, d'au- 
tant plus (]ue l'erreur s'accentue à mesure que la 
concentration de la solution d'indigo diminue, comme 
le niontie du reste le petit tableau suivant : 



100 ce. d'eau. 
;i(i() — 

500 — 
700 — 
1100 — 



on titrant par riiydrosullll.' 

O.inon gr. d'indigo. 
0,1 lf> - 

0,1274 — 

0,1414 — 

O.IGO.'J — 



Chasser l'oxygène de l'eau en portant celle-ci à 
l'ébullition n'est pas un remè<le, l'eau se saturant à 
nouveau par refroidissement, ou même on la trans- 
vasant. Aussi les auteurs déterminent-ils d'abord la 
quantité d'oxygène dissoute dans l'eau à l'aide d'hy- 
drosuinte, et corrigent-ils ensuite deschiffres trouvés 
la quantité obtenue. Us opèrent comme suit : 

I. — Prppayalion d'iniliçjn pur. 

Les auteurs ne le préparent pas par recrislallisa- 
lion dans. l'anhydride phtalique; ils trouvent préfé- 
rable de dissoudre une partie d'indigo (mar(iue : 
indigo pur en poudre, à 0:i "/„ de la l>. A. S. V.) dans 
12 parties de soude caustique du poids spéciliquo 1,21; 
30 parties d'hydrosulllte concentré et 10 parties 
d'eau. Après digestion à l'abri do l'air, on filtre 
rapidement la solution et sépare, par insufllalion 
d'air, l'indigo qu'on essore et lave successivement 
avec de l'acide chlorhydrique étendu (.'iO ce. IICl 
fumant et 1 lit. d'eau), de l'eau, de l'alcool et un peu 
d'éther, puis sèche à lO'ri-HO" jusqu'à poids constant. 
L'indigo ainsi préparé sert de type; il est considéré 
comme contenant 100 "/„ de produit pur. Ce rafli- 
nage se fait avec un rendement de 80 à DO "/j. 

II. — Sutfonalion. 

Il résulte d'essais entrepris par l'auteur, et exposés 
dans un tableau, que la sullonation se laisse prati- 
quer avantageusement avec de l'acide sulfurique à 
94 »/o, à une température de ',»."> à lt)0» ; qu'une durée \ 
de sullonation de M heures à la température de SO" l 
n'est que superflue, puisque à 100" on obtient en une I 
heure les mêmes résultats; que l'emploi dll-'SO' à 
100 °/o n'offre aucun avantage, mais plutùt des 
incoTivénients, enlin que l'emploi d'acide finnant à 
S •>'„ à 05-100" occasionne des pertes allant même à 

IK. — Préparation de la solution d'injdrosulftte. 

La solution diluée, et à réaclion alcaline qu'on 
emploiera dans la tilration, se prépare de préférence 
eu saturant d'anhydride sulfureux un demi-Jiti'e de 
solution commerciale de bisullite du poids spérili(iue 
l.:!7 à I, :!'.!. en ililuant avec trois quarts de litre 
d'eau, et en introduisant une bouillie de :i"> gr. de 
poudre de zinc avec un quart de litre d'eau. Il faut 



80 



REVUE DES JOURNAUX. 



avoirsoin de refroidir le tout extérieurement, d'opérer 
dans un courant de gaz et d'agiter quelque peu la 
niasse. Laisser ensuite reposer de une à deux heures, 
di'canler la partie claire dans une bouteille de 2 lit. 
dans laquelle se trouvent 200 ce. de lait de chaux à 
2S »/„, bien agiter, et laisser reposer pendant la nuil 
dans une atmosphère de gaz d'éclairage. Décanter, 
el à l'aide de quelques centimètres cubes de soude 
caustique, rendre la solution nettement alcaline. Les 
auteurs recommandent de diluer celte solution de 
fatjon à ce que 100 ce. d'une solution d'indigo à 
0,1 '/o nécessite .'50 à 40 ce de solution d'hydrosul- 
iile : le facteur est alors de 0,02 à 0,03. Une solution 
alcaline, conservée sous une couche de benzène et 
dans une atmosphère de gaz, conserve intégralement 
son titre pendant une demi-journée, tandis que celui 
d'une solution neutre baisse facilement de 3 "ji, en 
une heure de temps. 

IV. — Tilration. 
Dans ces conditions, les divergences à la lecture 



sont minimes et n'atteignent guère 1 "/o- Elles s'ac- 
centuent cependant à mesure que la dilution de la 
solulim volumétrique augmente. La litration est en 
outre indépendante du volume des liquides mis en 
expérience, et en quelque sorte indépendante de la 
température. La teneur en acide de la solution indi- 
goiique nelinlluence pas non plus d'une façon apjiré- 
ciable. La titiation peut en outre se faire sans incon- 
vénient en solution acétique. Cependant, comme les 
résultats ne sont sûrs que lorsque le rapport de l'in- 
digo à l'eau reste le même, les auteurs eurent l'idée 
d'examiner si, a- l'addition de l'eau, ne correspond 
pas une correction déllnie ; ils purent établir, d'une 
part, que la quantité dliydrosnllite employée sera 
daulant plus grande que l'on aura augmenté la 
dilution, et, d'antre part, queces corrections sont pré- 
cisément proportionnellesà laquantité d'eau ajoutée, 
autrement dit. à la quantité d'oxygène atmosphérique 
incorporé par l'addition d'eau. 

L,loquent est à ce point de vue le tableau ci-dessous, 
où il fut chaque fois employé à la titralion 'JOc.c. de 
la solution d'indigo type à 1 ";,,. 



Non dilué 

Dilué avec lUO ce. d'eau. 

— 200 — 

— :iO0 — 

— 500 — 



Ouanlil. 


.1- 


iviirosuIQtc 


'' 


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oyt-e. 


1 




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_ 




10,00 


— 




12 50 



DifTiVenco 
nlre I el II. 



:!.I0 
5,i'0 





Correction 


Correction 


nioveuiic ce 


cnlculêe 

pour 

lOOi-.c. deaii. 


i-cspon<ian 

:'i l'a.lditlon 

I'l»u, 


IV 


V 


(».05 


I.OO 


I M-i 


î.tio 


1 ,0:j 


3.00 


1,110 


5.00 



l)ilT.'renr( 

enir.' 
I cl VI. 



— 0,05 
-f 0,05 
-1-0,10 
±0,00 



La correction était dans le cas ci-dessus de I ce 
de sidulion d'hydrosullite par 100 ce. d'eau. 

Une correction du facteur de la solution d'hydrn- 
sullite s'impose aussi, due à l'oxygène atmosphérique 
contenu dans l'eau qui a servi à la dissolution de 
l'uidigo (la présence d'acide sulfurique dilué ne 
jouant aucun rôle). Elle sera déterminée d'une façon 
analogue, et lors de chaque analyse, puisqu'elle dif- 
fère énormément suivant les variations de la teni- 
jiéralure ambiante. 

Les auteurs exposent ensuite des conclusions dé- 
montrant que l'on ne jieut en aucune façon, par 
modification du procédé expérimental, arriver sans 
ces corrections à des résultats aussi exacts. En outre, 
l'emploi d'un courant d'hydrogène n'offre aucun 
avantage sur celui du gaz, procédé qui reste alors 
préférable en raison de sa simplicité. 

La méthode à Ihydrosullite ainsi niodiliée a fouini 
les résultats d'analyse suivants : 

Indigo du I3eng:ile G5.5 »/„ 

Indigo pur iB. A. S. F.) en ^ 98,1 "o pour un envoi. 

poudre ( 9S,5% pour un autre. 

Indigo-carmin syuthét. tcih- > 3i),'.) o „ pour un envoi. 

nique en poudre \ 40,'.)"/^ pour un autre. 

Les différences entre les résultats de deux analyses 
d'un même échantillon n'ont jamais excédé ij> "/„. 

M.-.V. D. 

SELS DE L'I.\rHGOTL\E (Les\ par MM. A. 
ItIXTZ et A. KUFKERATH {Lieb. Ann. (1er Chemie, 

2:'>,p. looj. 

L'indigotine peut donner, dans certaines condi- 
tions, avec les acides, des produits d'addition, qu'on 



peut considérer comme des sels. L'indigo tenu en 
suspension dans l'acide acétiiiue glacial, le benzène 
ou le chloroforme, se dissout déjà facilement à 
froid, sous l'action d'un courant de gazchlorhydrique. 
Les auteurs emploient 1 gr. d'indigo pour ii'O c c 
d'acide acétique : la durée du passage de l'acide 
chlorhydrique est d* 2 heures, à la température 
ordinaire. Il se dépose des cristaux à faces de 
clilorhydrale d'indigo C" H'° N- O-.HCd. La liqueur 
bleu foncé, qui les a fournis, trailée par l'élher sec, 
(Il donne une nouvelle quantité. Le sel est facile- 
ment décomposable par l'eau en ses éléments : aussi 
pour la préparation, comme pour celle des autres 
sels d'indigo, faul-il éviter les moindres traces 
d'eau. 

Le bromhydrate se prépare de la même manière 
que le chlorhydrate, mais il ne fut pas possible 
d'obtenii' d'iodhydiate. 

Le chloroplalinale d'indigo (C^ H'» N'O'. HCl)^ Pt 
t;i*, précipité noir bleu, se prépare en ajoutant 200 c. c. 
d'une solution de chlorhydrate d'indigo dans l'acide 
acétique glacial à 200 c. c d'acide acétique saturé à 
fioid, d'acide chlorhydrique et de chlorure de platine 
sec. 

Le sulfate d'indigo C'« W^- 0^ SO' 11-, s'oblb nt 
en lines aiguilles cristallisées, en introduisant 
dans de l'acide acétique, qui renferme l'indigo en 
supension, de l'acide sulfurique avec précaution. 
Cette combinaison est décomposée à froid par l'alcool, 
à chaud par l'acide acétique, niais se conserve inal- 
téréeà l'ai r ou dans un mélange de "> parties en volume 
d'acide acéli(|ue pour t ]iartie d'acide sullurique. 



REVUE DES JOURNAUX. 



81 



MATIÈRES COLORANTES URINES, par 
coiidcitsatioii du clilorororiuc avec les 
luéta-dlainiiics aromatiques, par M. A. 

\VEI\SCIIE.\K [Chem. Zeitunij, l'.)0:t, p. l.i). 

L'action du clilororm-me sur les aminés aroma- 
tiques a déjà l'ait l'objet de recherches scientifiques. 
Hofmann obtint en l.Sd8 la diphénylformamidine 
par l'action du chloroforme sur l'aniline à i.sO°-l'.iO". 
La m.-phénylène diamine n'a pas jusqu'aujourd'hui 
été soumise à cette réaction. On sait que les corps à 
fonction aldéhydique, par exemple la l'ormaldéhyde 
elle-même, réagissent facilement dans certaines 
conditions sur les méladianiines aromatiques, si la 
position para par rapport à un groupe NH'^ est 
occupée. 

L'auteur espérait, au moyen du chloroforme, 
obtenir par une seule opération le jaune d'acridine, 
qu'on prépare en condensant la formaldéliyde avec 
2 molécules d'une métadianiine aromatique, ce qui 
donne un tétraaminodiphényiniéthane ; ce dernier, 
pai- départ d'ammoniaque et oxydation subséquente 
de la base hydroacridine, fournit la matière colo- 
rante. Ces prévisions ne se réalisèrent pas. 11 se 
forme probablement une ou plusieurs bases de la 
série de l'acridine, comme l'indique le départ d'am- 
monia(]ue pend;intla condensation et la fluorescence 
verte caractéristique de la solution aqueuse du corps 
obtenu. Le produit principal de l'action du chloro- 
forme sur la m.-phénylène diamine, sous pression et 
à haute température, n'est pas un jaune, mais un 
brun. 

La diamine est chaufTée plusieurs heures dans un 
autoclave à I90°-2Û0''. La masse fondue, de couleur 
foncée, refroidie est traitée, après élimination du 
chloroforme eu excès, par de l'eau chaude renfer- 
mant UCI, et on sépare par fillration un corps 
amorphe insoluble. La couleur par addition de sel 
marin se précipite. Le rendement est d'environ 40 à 
!>0 "/(i du poids de la base employée. 

A l'état sec, la matière colorante se présente sous 
forme de masse foncée, à relief métallique vert, elle 
est facilement soluble dans l'eau ne renfermant pas 
de sels des métaux alcalins. Le carbonate de sodium 
précipite une base colorée, brun foncé. Le coton se 
teint directement, sans mordant, en une belle 
nuance brune. Les teintures se font remarquer par 
leur solidité à la lumière, aux acides et aux alcalis. 
Avec la mtoluyléne diamine on obtient un colo- 
rant analogue. 



TEINTURE 

THÉORIE DE LA TEINTURE, par .MM. A. BINZ 
et G. SClIROfITER {Berl. Ber., 1902, p. 4225). 

Les auteurs admettent que la lixalion des matières 
colorantes surles libres est un phénomène complexe, 
où prennent part l'attraction de surface, la formation 
de dissolutions solides, et l'action chimique qui 
donne naissance à des laques ou à des sels. Pour 
eux, ces derniers correspondent aux teintures peu 
solides, tandis que les teintures solides provien- 
draient généralement de la forme quinoïde des 
colorants, renfermant les groupes auxochromes, 
Nin et OH, dans les positions ortho ou para vis-à- 
vis du chromophore. 

Les essais suivants ont été institués pour confirmer 
ces vues. 

1° On teint la laine avec le p.-aminoa/.obenzène 



ou le p.- diméthylaminoazobenzène, en présence de 
quantités d'acide chlorhydrique variant pour le 
premier de I à îiW) molécules, pour le second de 
1 à 120 molécules. La laine se teint dans tous les 
cas en jaune intense. 

2° 11 en est tout atilremcnt en teignant avec le 
w-m'-diaminoazobenzène ou le tétramélhyle, rn-m- 
dianiinoazobenzène. La laine se teint bien pour les 
deux avec 2 molécules d'acide chlorhydrique. De 6 à 
10 molécules la laine est faiblement teinte avec le 
premier corps; à 20 molécules elle ne l'est plus du 
tout ; avec le deuxième corps, à molécules d'acide, 
la laine est presque sans coloralion; à 10 molécules, 
elle est tout à fait incolore. 

L'acide chlorhydrique en excès décomposerait la 
combinaison saline formée par ces deux colorants 
avec la libre, tandis que pour les colorants à forme 
quinoïde un excès d'acide ne doit pas déterminer la 
destruction de la combinaison entre le colorant et la 
libre. 

3° Lep.-oxyazobenzène donne un résultat analogue. 
En solution alcoolique acide ou neutre, de même 
qu'en solution aqueuse alcaline, on obtient des 
teintures jaunes intense. 

4" Le p.-azobenzène disulfonique et le w.-in'-azo- 
benzène disulfonique teignent parfaitement la laine 
en bain acide, le premier en jaune d'or, le second 
en jaune brunâtre. Les teintures résistent à l'eau 
courante, mais la laine devient absolument blanche, 
quand on la traite 1/2 minute à 25° avec une solu- 
tion de soude caustique à 1 •"/„ ou qu'on la laisse 
digérer quelque temps à chaud dans une solution de 
savon à 0,2 °/o et qu'on lave ensuite. Il s'ensuit que 
dans les cas où les colorants sulfonés donnent des 
teintures solides au savon, la fixation ne doit être 
attribuée que pour une part intime aux groupes 
sulfo. 

En fait, la molécule des couleurs solides renferme 
toujours des groupes amino ou hydroxyle qui 
doivent rendre plus étroite l'union entre la couleur 
et la fibre. 



TEINTURE DE L.V SOIE avec les couleurs 
diamine, par M. ED. II.VUTER (Pdiber-Zeilun'j, 
1903, p. 24). 

D'après l'auteur, on peut réaliser sur soie, au 
mo.yen des couleurs diamine, toute la gamme des 
couleurs. 

Pour le rouge, les écarlatcs diamine B et 3B per- 
mettent d'obtenir les ponceaux les plus délicats, 
aussi bien que les nuances les plus pleines et les 
plus ardentes. Mais il faut éviter de sursaturer la 
libre de couleur qui dégorgerait dans le blanc. 

Les boideaux s'obtiendront au moyen du rouge 
solide diamine T, en combinaison au besoin avec le 
bordeaux diamine S; ces mar([ues, outre la solidité 
à l'eau, possèdent une excellente solidité à la lumière. 
La solidité au lavage s'accroit d'une manière très 
appréciable par un traitement avec 2 à 3 "/o d'alun 
de chrome ou de fluorure de chrome. 

Pour les roses, le leiuturiei' aura recours au rose 
diamine; pour les violets, à de nombreuses marques 
de cette nuance et pour la foule des tons jaunes à 
toute une série de couleurs diamine jaunes et rouge 
orangé parfaites. 

De beaux verts vifs s'obtiennent en mélangeant la 
thioflavine S ou le jaune solide diamine FF avec le 
vert diamine, tandis que pour des nuances rabattues 
celte dernière couleur seule suffit. Pour le vert 

6 



REVUE DES JOURNAUX. 



diamine C, comme pour le rouge diamine solide F, 
la solidité au lavage est accrue par un passage en 
alun de rlirome ou en fluorure de chrome. 

Pour les bleus, on a le clioix entre dillérents types 
de bleus diamine Les nouvelles marques de bleu 
solide diamine C et CG laissent loin derrière elles, 
comme solidité à la lumière, tous les bleus diamine 
connus. Les bleus foncés s'obtiennent facilement en 
partant du bleu diamine ou du bleu solide diamine 
qu'on fonce avec le diaminogène (>, le noir diamine 
BA, ou le noir diamine 00. 

S'agit-il d'obtenir des nuances solides, surtout au 
lavage, on aura recours aux couleurs obtenues par 
diazolation. Le bleu diaminogène BC, |]ar exemple, 
diazoté cl combiné avec le f;-nai)htol, donne de 
beaux tons indigo, de bonne solidité au lavage et à 
la lumière. Pour avoir des bleus plus rougeàlres, on 
combinera le bleu diaminogène avec le bleu azodia- 
mine. Si l'on désire des bleus foncés, on emploiera 
le noir diamine BH ou RO, qu'on diazotera et com- 
binera avec l'élher de la naphtylamine A, le déve- 
lopeur pour bleu AA, el le |3-naplitol pour noirs 
bleu. 

Les nuances mode, qui dans le principe présentent 
passablement de difficultés, s'obtiennent facilement 
quand on s'est familiarisé avec les propriétés des 
couleurs diamine, et l'on a alors à sa disposition 
une quantité de couleurs solides. Les mélanges de 
diaminogène X ou de bleu solide diamine CG avec 
le jaune solide diamine B, le jaune diamine CP et 
le rouge solide diamine V, donnent de 1res bons 
résultats. 

La manière de teindre est des plus simples et se 
rapproche beaucoup de celle qu'on emploie pour le 
coton. Pour les nuances claires et délicates, on 
teindra soit avec addition de phosphate de soude, 
soit en pré-ence de bon savon de Marseille pur. Le 
bain n'a pas absolument besoin d'être bouillant. 
Les nuances foncées se teignent avec sulfate de 
soude et acide acétique ; pour éviter les inégalités, il 
faudra se garder d'élever trop rapidement la tempé- 
rature. 

Pour être plus sûr de la solidité, il est bon de 
tenir les nuances un peu plus foncées qu'elles ne 
sont demandées, de bien laver la soie après teinture, 
et de donner un savon chaud, pour éliminer la 
couleur en excès; on lave encore et avive à l'acide 
acétique. 

La primuline, en combinaison avec les couleurs 
diamine, permet d'obtenir des couleurs qui 
supportent la comparaison avec les couleurs d'aliza- 
rine. Parmi les innombrables nuances que l'on peut 
obtenir avec la primuline et les couleurs diamine, 
l'auteur examine spécialement, comme exemple, les 
Ions olives. Les teinturiers sur soie savent combien 
ils sont difliciles à obtenir avec un beau reflet jaune. 
On peut obtenir un beau vert avec la céruléine, mais 
non en nuances jaunâtres, car le savon bouillant 
enlève tous lesjaunes. Seules les teintures à l'extrait 
de gaude résistent au savon, mais elles ont l'incon- 
vénient de résister très peu aux acides, même l'aibles. 
Au contraire, les olives préparés, en teignant en vert 
diamine et primuline, diazotant et combinant avec 
du phénol sodium, sont exempts de ces défauts. 

La primuline, diazotée et passée dans un bain- 
tiède de carbonate de soude, donne des jaunes d'or, 
dont la solidité à la lumière, à l'air, au savon bouil- 
lant et aux acides dépa>se celle de toutes les autres 
couleurs. Il ne faut pas non plus oublier le rouge de 
primuline, qu'on obtient par l'-mion de la primu^ 



line diazotée au p-naphtol, et dont la solidité au 
lavage et aux acides est parfaite. 

Les couleurs à l'alizarine sur soie sont complète- 
ment solides au lavage, il est vrai, mais présentent 
des inconvénients, par exemple d'exiger rem|)loi de 
plusieurs mordants, chrome, alumine, et de faire 
perdre à la soie son toucher particulier, son craquant 
en un mot. Ce n'est (|ue jiar des avivages en acide 
assez fort que la soie le reprend, et encore seulement 
pour un temps assez court, car les laques de chrome 
et d'alumine donnent toujours à la soie un mauvais 
toucher, sans compter que, malgré les plus grandes 
précautions pendant la teinture, il arrive l'réquem- 
ment, avec les couleurs d'alizarine, que la soie perd 
complètement tout brillant. 

Tous ces inconvénients disparaissent avec la tein- 
ture en couleurs diamine; la soie conserve son bril- 
lant, acquiert un excellent et durable toucher, el, 
avec un peu d'expérience, on arrive à produire 
toutes les nuances avec plus de sûreté qu'en 
employant les couleurs d'alizarine. 



HUILE POrn ROI'GE turc (Historique de 
l'emploi (le r), par M. HEMtl SCHiMID {Farbcr 
Zeitung, 1902, n° 23). 

L'auteur a conslalé avec surprise que la 
récente édilion du Manuel de Vimpression, de 
Lauher, ne soufflait mol dans le chapitre réservé 
à l'huile pour rouge turc — bien que dû à la 
plume compétente de Fritz Slorck — d'Horace 
Kœchlin, le promoteur de l'emploi des huiles 
sulfonées dans la teinture du rouge turc et de 
l'alizarine. C'est celle omission vraiment incom- 
préhensible (|ui l'a amené à écrire ces notes. 

Bien que Uunge ail déjà signalé en 1834 l'im- 
portancede l'acide sulfoné, qu'il avait découvert, 
pour la fabrication du rouge turc, ce n'est que 
30 ans plus lard que celte idée élail réellement 
mise en pratique. 

Jusqu'en 1874 l'emploi de l'acide sulfoné se 
limilail aux couleurs capeur (1) el consistait 
dans la préparation de la matière à imprimer 
avec du sull'oléale en solution alcaline, où les 
laques qui se formaient au vaporisage, notam- 
ment en rouges et roses vapeur d'alizarine, pre- 
naient de l'acide gras, en produisant des teintes 
beaucoup plus belles el solides. Ce fut en 1874 
qu'Horace Kœchlin (à celte époque à Wesserling) 
mit à exécution l'idée d'uliliser la même réac- 
tion pour l'article à mordant imprimé, destiné à 
être teint enalizarine, en créant un procédé dont 
la pratique s'empara avidement. Ce procédé, 
bien connu aujourd'hui de tout coloriste, consis- 
tait dans l'impression (plaquage pour l'uni) de 
mordant d'alumine fixé de la façon habituelle 
el dégommé, dans la teinture en alizarine, avec 
addition de la chaux indispensable pour l'obten- 
tion de la laque colorante, sous forme d'acétate 
de chaux, dans le piétage de la marchandise 

(1) Cette application fut faite en 187.3 par Martin Ziegler, 
coloriste à rétablissement de Wcssei-ling, dont les étoiles 
pour meubles eurent une grande renonniiée. Leniaîtrc, 
Lavotlc et C'«, à Bolbec, excellaient aussi dans ce genre 
en 1874. 



REVUE DES JOURNAUX. 



83 



teinle el séchée en sulfoléale, cl dans le vapori- 
sage de la marchandise leinlo, huilée el séchée, 
finalement dans le savonnage. Il esl à remar- 
quer qu'ici l'acide suH'oléique, conlrairemenl 
aux mélhodos antérieures, n'est appliqué qu'en 
dernier lieu sur le tissu etn'agil que sur la laque 
déjà tormée et fixée. C'est là une innovation 
parliculièremenlprécieuse, car l'ali/.ari ne n'avait 
donné jusqu'alors, avec le procédé <le teinture 
ordinaire, qu'un rouge terne qui ne semblait pas 
pouvoir concurrencer la garance. La solution 
du problème par Horace Ku'clilin était la seule 
exacte. 

Une grande fabrique écossaise, WallerCrum, 
il Glasgow, acheta en IS'o le procédé de Wesser- 
ling qui avait élé gardé comme un secret de 
i'abrication. L'année suivante apparut le nouvel 
article teinture sur impression, comme genre 
<i rouge-mouchoir » sous étiquette anglaise, 
d'abord en Sicile, puis dans le reste de l'Italie, 
jetant, bas d'un coup l'ancien article mouchoir- 
garance. 

Les Suisses (les imprimeurs de (ilaris) s'em- 
parèrent bientôt du nouvel article et le mirent 
sur le marché en concurrence avec les Anglais. 

Depuis, l'Angleterre el l'Ecosse ont lait avec 
leprocédé Kcechlin, dans le genre mouchoir, des 
ail'aires colossales en Europe et davantage 
encore dans les pays d'oulre-mer; l'industrie 
glarissoire y a aussi largement participé. 

L'article meuble de Normandie, connu sous 
le nom de « rouennerie », prit également, giàce 
àlanouvelle méthode, un grand développement. 

Par contre, dans l'impression de l'indienne, 
l'article teint en alizarine adû faire placedepuis 
longtemps à l'article d'aliz.arine vapeur imprimé 
sur fond d'huile, et actuellement c'est le grand 
rival de l'alizarine, le rouffe de paranitrani- 
line, qui domine depuis plusieurs années déjà. 

Lorsque le procédé d'Horace Kœchlin fut 
exploité, une modification peu importante, en 
principe, y fut apportée, consistant dans la 
substitution du sull'oricinate au sulfoléale. Les 
Anglais trouvèrent dans leur « castor oil » — 
l'huile de ricin — une matière première plus 
économique que l'huile d'olive pour la prépa- 
ration de dérivés solubles (Ij. 

Enoulre, le sulloricinale, facilement soluble, 
lut employé aussi, depuis 1877-78, comme addi- 
tion à l'alizarine dans le bain de teinture même, 
ce (|ui permit la lixalion du colorant, comme 
laque d'acide gras, en une seule opération. En 
introduisant une dose suffisante d'huile pour 
rouge turc dans le bain, on peut négliger la 
préparation spéciale en huile qui suit d'ordi- 
naire, el il n'y a qu'à vaporiser. Si, à la fin, on 
maintient le bain de teinture pendant quelque 
temps àrébuUition, l'huile agit comme pour le 
vaporisage, de sorte qu'on peut aussi laisser de 
côté cette opération ; toutefois le résultat final 

(I) Kn même temps (|ue te siilforicinate de souile 
anglais, aiipiiaissait sur le mardi-, en I8"7, le sulforii'i- 
uate d'ammoniaque découvert par Storck. 



n'est pas, dans ce cas, tout à fait aussi parfait. 

D'ailleurs, l'addition de sulforicinate au bain 
de teinture n'est pas indispensable (d'après 
A. Jenny) pour la vivacité des rouges ultérieu- 
rement huilés el vaporisés, mais on obtient, 
avec la même (luantilé d'ali/.arine, lorsqu'il y a 
addition d'huile, un rouge plus nourri, plus 
plein, et autrement un rouge un peu plus clair 
el transparent. 

On a cherché à remplacer, dans l'article tein- 
ture à mordant imprimé d'aliz.arine, les sulfo- 
léatesel sulforicinales par d'autres dérivés sulfo 
de substances grasses; certains ont été adoptés 
dans la pratique, notamment l'huile de graines 
de palme ou la graisse de noix de coco, traitées 
avec SO'H^ Elles donnent des laques rouges 
d'excellente qualité et offrent l'avantage de 
laisser intact le blanc du fond. 

Procédé (lu roiir/e/itrc. — Le premier procédé 
du rouge turc simplifié, de Horace lûechlin, 
consistait donc à plaquer en acétate d'alumine, 
à fixer et à nettoyer, teindre en acétate de chaux 
et alizarine, huiler à sec en sulfoléale el vapo- 
risera sec, puis à savonneret à aviver avec savon 
et sel d'élain. Déjà, en 1875, Kœchlin chercha à 
simplifier encore celle méthode, ce qui ressort 
d'un pli cacheté, datant de cette époque, dont 
louverfure posthume a eu lieu il y a trois ans. 

Voici la teneur de ce pli, n° 213, déposé à la 
Société Industrielle de Mulhouse le 9 juin 1875, 
ouvert le 27 septembre 1879. 

« Les pièces sont mordancées dans le bain 
suivant : 

1 I. acétate d'alumine 10°. 

2 — eau. 

3/8 — acétate de chaux. 
1/ 10 — acétate de magnésie. 

« La marchandise, séchée, est passée dans : 

1 1. silicate de soude. 
III — eau. 
1, i — ammoniaque. 

(c On lave bien, sèche et plaque avec : 

1 t. alizarine. 

■S — eau de pouime légère. 
5/100 — souile caustique 'W. 
1/1 — oleiuc X (Voir ci-après). 
100 gr. phosphate de soude. 

« Suivant la concentration de l'alizarine, on 
emploie ce bain de plaquage coupé, en ajoutant 
20 gr. de phosphate de'soudepar litre de cou- 
page. 

« On vaporise pendant 2 h. -2 h. 1/2, savonne, 
avive, etc. Les rouges ainsi obtenus peuvent 
rivaliser avec ceux obtenus par teinture et 
reviennent meilleur marché. 

(iléine X. 

10 1. huile d'olive. 

2 — acide sulfurique. 

(. On ajoute SO'H- graduellement par petites 
portions, on étend avec 300 lit. d'eau, sale avec 



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REVUE DES JOURNAUX. 



sel de cuisine et filtre. On obtient ainsi une pâle 
blanche qui se combine facilement dans les 
couleurs et qui doit représenter de l'acide 
oléique hydraté ou oxydé, car à la dilution 
avec de l'eau, elle développe beaucoup de 
SO' ... 

Ce procédé permet de faire du rouge turc 
en un jour, au lieu d'une semaine que deman- 
dait l'ancienne méthode, mais, peut-être, au 
point de vue de la résistance, ne vaut-il pas 
tout à fait le vieux rouge. 

Si l'alizarine était un colorant soluhle, le 
rouge indiqué ci-dessus serait certainement le 
plus simple et le plus pratique, mais cette 
insolubilité est la source de quelques difficultés 
dont KœchI in s'est bien rendu compte; après 4 ans 
de recherches il est arrivé à résoudre le problème 
d'une façon plus satisfaisante. Son procédé 
rapide du rouge turc, qu'il a trouvé en 1879, a 
été adopté comme type par la pratique et rien 
de mieux n'a pu le remplacer pendant ces 
20 dernières années. C'est dans un pli cacheté, 
n" 281, du II février i.S79, qu'Horace Koechlin 
avait mentionné sa découverte ; ce pli fut ouvert 
après sa mort par la Société Industrielle de 
Mulhouse dans sa séance du 27 septembre 1899. 

En voici le contenu : ♦ 

« Pour obtenir un rouge turc vif, il faut 
savonner après teinture pendant quelques 
heures. Or, j'obtiens, d'après le procédé suivant, 
sans savonnage, un rouge aussi vif que les 
rouges savonnés. 

I' On passe l'écheveau ou le tissu dans du 
sulfoiéate d'ammoniaque, étendu de i fois son 
volume d'eau, on vaporise et mordance en 
sulfate d'alumine basique. Puis on lave sans 
sécher et on teint. 

« Pour lUO m. de tissu on emploie : 

2 k. alizarine. 

2 — acétate de chaux 18» B. 
1/2 — acide sulfoléique. 
♦ — bioxyde d'étaiu en pâte. 

<( C'est à cette addition d'oxyde d'étain, obtenu 
par précipitation de nitrate d'étain étendu d'eau 
(nilroinuriale d'étain) au moyen de carbonate 
de soude, que le rouge doit sa vivacité. 

« On augmente l'éclat de la nuance en passant 
le rouge teint en suU'oléale d'ammoniaque et en 
vaporisant. .. 

Tel est ce procédé, typique par sa simplicité 
et sa rapidité, employé partout avec de légères 
modifications, notamment en Russie. 

Horace Kœchlin indique, pour mordancer le 
tissu huilé, du sulfate d'alumine neutralisé afin 
d'obtenir un mordant plus facilement disso- 
ciable, se précipitant plus complètement sur la 
fibre huilée, sans nécessiter ultérieurement des 
bains réducteurs alcalins. En présence de 
certains sels neutres, tels que sulfate de soude, 
sulfate de magnésie, etc., la neutralisation du 



sulfate d'alumine peut être poussée fort loin, 
même jusqu'à AP(SO')(OH)'', sans qu'il y ail 
précipité. On emploie fréquemment aussi, au 
lieu du sulfate d'alumine, de l'alun qui, conte- 
nant déjà K-SO\ nécessite pour la neutralisa- 
tion une quantité moindre de ce troisième sel 
indifférent qui est Na'SO^ 

L'auteur termine par un exemple de teinture 
en rouge turc pris dans la pratique, d'après le 
procédé H. Kœchlin. 

On emploie de la marchandise à moitié 
blanchie ou débouillie et on la soumet d'abord 
au huilage dans un bain de 200 gr. d'huile pour 
rouge turc, 50 p. 100 par litre, de préférence au 
foulard à trois rouleaux. Puis on sèche à la 
hot-flue ou sur tambours étamés et vaporise 
pendant 1 heure à 1 atm. 'Vient ensuite le mor- 
dançage : 180 k. d'alun (correspondant à 120 k. 
sulfate d'alumine) sont neutralisés à chaud avec 
37 k. soude Solvay, 2.5 k. sulfate de soude et 
570 1. d'eau. Il en résulte, avec cette addition 
d'alcali, un sel un peu plus acide que AF (SO'*) 
(0H)\ On plaque de nouveau au foulard à trois 
rouleaux ou bien on passe deux fois au foulard 
ordinaire. On laisse la marchandise enroulée 
pendant quelques heures, puis, sans bouse ni 
craie, on lave simplement à fond au clapot 
jusqu'à ce que l'eau qui s'écoule soit incolore. 
Les parties non fixées d'huile et d'alumine 
disparaissent facilement au lavage ; il reste de 
l'oléale ou ricinoléate d'alumine parfaitement et 
uniformément fixé, le mordant par excellence 
du rouge turc. On le soumet à la teinture en 
employant, par exemple, pour 600 m. : 

2 k. alizarine 20 "/o- 

2 1. huile pour rouge turc 50 f/o. 

5 k. hydroxyde d'étain en pâle. 

2 — acétate de chaux 12". 

On teint en 1 h. 1/2 à 2 h. jusqu'à 60° R. Après 
teinture on sèche sans laver et on vaporise de 
nouveau pendant i heure avec pression. 

On n'a donc pas besoin d'huiler à nouveau, 
la laque s'étant assimilé suffisamment d'huile 
dans le bain de teinture. Beaucoup de tein- 
turiers vaporisent aussi la marchandise huilée 
directement sans la sécher préalablement. 
Après le vaporisage la marchandise est terminée. 
Un savonnage ou avivage sont sans utilité, car le 
rouge est très vif et dégorge peu. Le rouge est 
peu propre à êlre rongé à la cuve de chlorure 
de chaux parce qu'il est trop fort en mordant et 
trop riche en acide gras. 

ÉP.\1SSISSANTS 

GOMME ARABIQUE (Laj dans les Indes 

auglaises '[Che»iikci--Zeit., 1903, p. 03). 

Le commerce indien de la gomme arabique com- 
prend trois sortes différentes : 1" la vraie gomme 
du commerce européen; 2° la gomme arabique de 
l'Inde occidenlale; 3° la gomme arabique de l'Inde, 
appelée souvent yomme gliati. 



BREVETS FRANÇAIS. 



I. — La vraie gomme arabique comprend la 
gomme Sénégal, qui est récoltée dans la colonie 
française du Sénégal, après la saison des i)luies, de 
novembre à juillet. La sécrétion de la gomme est 
particulièrement abondante quand dominent les 
vents secs du désert et se produit surtout aux 
fourches des branches. Cette quantité est amenée 
par mer, j)rincipali>ment à Hordeaux. 

Puis vient la gomme Kordol'an ou ^;omme turque, 
qui est connue sous le nom de lumlial dans l'ouest 
de l'Afrique centrale. Elle provient des districts 
montagneux du Kordofan sur le Nil supérieur, pres- 
que à la tiième latitude que le Sénégal. La variété 
la plus chère vient de Dijara. 

Celte gomme est Iranspoitéc en Egypte par la voie 
du Nil. Elle est employée en première ligne pour les 
usages médicinaux et peut être considérée cumme 
la vraie gomme arabique otïicinaledes pharmacopées 
européennes, américaines et indiennes. 

La troisième sorte est la gomme Souakiu. Sous 
ce nom on comprend un certain nombre dégommes 
inférieures, telles que la gomme de Sennaar et du 
Nil Bleu celle ilernière provient de la région entre 
Khartoum et Berher) qui sont exportées par Souakin. 
Enfm on peut rattacher à ces gommes celles qui 



proviennent du Maroc, connues sous le nom de 
gommes de Baibarie, de .Maroc ou Mogador. 

11. — La gounne dite de l'Inde occidentale est 
imiiorlée en totalité d'.Vden et des ports de la mer 
Rouge par Bombay, dans l'Inde, qui n'entre pour 
rien dans la production. Elle parait sur le marché en 
deux qualités, qui sont toutes les deux de bonnes 
gommes, bien solubles, et ne le cèdent que de peu 
à la vraie gomme arabi((ue. On les trie à lîombay, 
les assortit et les exporte sous le nom de ijomiiie de. 
l'Inde occi-lentale. 

[11. — La gomme ghati tire son nom des points de 
chargement sur les fleuves, ([u'on appelle i/lKits. On 
comprend sous cette dénomination les gommes 
indigènes par opposition avec les gommes importées. 
Il n'y a ])as dans l'Inde d'exploitation systématique 
de la gomme. Le plus souvent la récolte en est faite 
accidentellement par des femmes, des enfanis et des 
bergers cl vendue au plus proche débitant, qui à son 
lour la cède aux commerçants importants du voisi- 
nage. Dans ces conditions, une exploitation ration- 
nelle n'est pas possible, car il n'yapas dans l'Indede 
lorèts renfermant suffisamment d'arbres à gomme, 
|)our la rendre productive. 



REVUE DES BREVETS 



BREVETS FRANÇAIS 

rnODLITS CIII.MIQLES. 

MINERAUX. — Préparation d'un nouveau 
produit réducteur [Dtfscajiips] (u. F. 320Î27, 
:; avr.-ii déc. 1902). 

Un attaiiue du zinc en poudre par une solution 
aqueuse d'acide sulfureux combiné ou libre. Après 
dépôt, on décante et ajoute la quantité voulue de 
lait de chaux pour rendre alcalin, on filtre avant 
que cette alcalinité se soit manifestée; ceci est très 
important, car si on attend que le liquide soit 
alcalin, le rendement est dimiiuié. 

k la li(pieur liltrèc, on ajoute un peu ilo lait de 
chaux qui détermine la précipitation du réducteur. 
On traite cette précipitation par un courant d'acide 
carboni(iue ou on additionne de chlorure de cal- 
cium. 

Le produit ainsi déposé est un corps solide, légè- 
rement solublf, ayant un grand pouvoir réducteur 
el une grande stabilité. Un peu de lait de chaux est 
favorable à la conservation du produit. 

(Ce réducteur est vendu sous le nom de Hcdo. \'oir 
l'article de M. Carçon, /i. (i. M. C. 1903, p. 3o.) 

Appareil pour la rabrication de l'anhydride 
sull'urique [Pab. pi-nd. cliiin. Tcnlelcwa] [U. r. 
321275, 20 mai 1902-6 juin l'JO;ij. 

Perrectionnciueiils à l'élecfrol.vse des chlo- 
rures .-ilcalius 'Cw'iiod cl Fournier] (u. f. 
321422, 20 mai 10U2-yjanv. 1003 . 

ORGANIQUES. — Production de dérivés du 
;;roupe, naphtcnc et produits internic- 
«liuires bayer] (u. r. 320327, '0 avr.-S déc. 1002 . 

L'i-naphtol et l'anhydride phtalique traités par 



l'ac. sulfurique concentré ou fumant s'unissent avec 
élimination d'eau : 






+ 



CO^H 



H20 + 



On opère à 2o0" C, en présence de borique. Selon 
'acide employé on suH'oue ou non. On peut aussi 
hautl'er à 300", avec un alcali, les produits de con- 
densation de l'anhydride plilalique avec le naphtol. 
Un noyau naphtaléniiiue se scinde el on obtient 
des dérivés du naphtoyibenzoïque. 

Falirication de eétones l Wein/ho/ftr] {«. v. 
32o5i9, 21 avr.-12 déc. f902). 

Au lieu de chauffer une granile quantité du sel 
organique, on l'introduit graduellement dans les 
appareils de décoin[iosition, le rendement est aug- 
menté. 

Procédé de préparation de l'acide niono- 
i'orniyl a'-a--uaplitjlcnc dinniine li-* ou f*- 

inonosiiiro [fidcss] iii.r. 32ii2G3,7 avr.-ydéc. 1002.) 

Un pulvérise ensemble liO p. a', a^-naphtalène 
diamine |ï'' ou |:'-sulfo, 100 p. formique à 20 "/„, 
puis la pâle est chaulTêe, Il h., à 100-103° C , on traite 
par l'eau et enlève l'acide formique par distil- 
lation. 

Préparation des aldéhydes aron)ati(|ucs 
sullonées [Saiirfoi] (11. F. 320G21, 23 avr.-lU déc. 

1002'. 

10 k. toluène sont disulfonés, le disulfo, 1. 2.4, 
produit principal de la réaction, est introduit dans 



su 



REVUE DES BREVETS. 



50k. peroxyde manganèse naliiifl finement pulv.'risé 
dans 5110 k". siilfurique fumani à Ho"!,, S(>', puis en 
remuant on coule le sull'otoluène et remue +!< li. à 
.30-40" C. On verse sur la glace additionnée de 
bisullile qui détruit le peroxyde en excès, élimine 
l'acide par la chaux ; la solution concentrée de 
l'aldéhyde peut servir directement ou être précipitée 
par le sel. 

Modifientioit des cxtfaits taniiiques par 
l'aolioii rcduftrice de certains métaux 

[Pratelli Diif-.U'] u. F. 32i335, ii mai 1002- 

8 janv. 1903}. 

1" iOÙO k. extrait quebracho à 25° B. sont seule- 
ment mélangés à 4 k. zinc en poudre et chaufTés 
10 11. à 100° G. Les extraits sont décolorés et amé- 
liorés. 

Proccclé «l'acétylatioii superlicielle de la 
cellulose [Ledcrer] (n. F. 3-2oSS5, 5 mai -2:! déc, 
1902 . 
(In plonge le tissu de cellulose dans l'anhydride 

auquel on ajoute 0,5 "/o d'acide suU'urique, on laisse 

en contact 10 minutes ou plus, on presse cl lave. 

Le tissu est superliciellemenl acétylé. 

Traîteinent «les graines véjïétales et tour- 
teaux en vue lie l'obtention des caséines et 
de l'acide lactique '}ean et liougard] (b. r. 
32i3;4, it mai 1902-8 janv. 1903). 

.MATlkRKS COLOUAMTES. 

AZOIQUES. — Matières colorantes azo'iqucs 

[C" l'arisicnne] (b. f. 320879, 3 mai-23 déc. 1902;. 

47 p. 2 matière colorante azo'ique 'ac. naphtio 
nique -\- 1.8 naphtylène di.imine 4 sulfo sont 
chaulFées 18 h. à 90° C. , en remuant avec 2000 
p. d'eau et 200 p. IICI. Le produit qui prend nais- 
sance parait dériver de l'acide 1.8 amino-naphtol 
sulfo. Il teint la laine en violet. 

Xouvelles matières colorantes et produits 
inlerniédiaires pour la préparation de ces 
colorants [Bayer] (b. f. 3i\bii, 20 mai 1902- 
12 janv. 1903). 

,/\ CH 



10 k. a-méthvlindol 



\U 



sont dissous 



dans 20 k. sulfurique monohydralé, on agite et, 
en ne dépassant pas 60" C., on ajoute lentement 
80 k. sulfurique à 20 "/„ S0\ l'acide sulfoné est 
isolé. On prépare ainsi les sulfo des diméthylindol, 
éthyl-méthylindol, etc. Ces dérivés s'unissent aux 
diazoïques. 

Ex. :p.-sulfanilique -i-sulfo-diméthylindol^jaune 
verdàtre sur laine. 

Avec les autres diazoïques de l'aniline et ses ana- 
logues et même les sulfo-naphtylamines, les nuances 
sont toujours jaune ou jaune orangé. 

Produits intermédiaires rorm,vlés et mat. 
col. qui en dérivent [Gei'jy] (b. f. 32i35i, 
22 mai 1902-S janv. I903j. 

Par réduction, à chaud, avec la. limaille de fer et 
l'acide acétique de la p.-nitroformanilide (C k. 6) et 
purilication on a la p. aminoformanilide cristallisée 
en aiguilles. Le dérivé éthylique se prépare de la 
même façon. 



Le métanilique formylé s'ohiient en chaulTant, à 
l'ébullilion, le sel de soude 19 k. 5; du métanilique 
avec 20 k. formique à 100 " j, jusqu'à disparition 
complète du groujie Ml-. 

Les dérivés ainsi ohlenus servent à préparer des 
azoïques : 

1° p.-aniino-élhyllormanilide -j- chromotropique 
(dioxy-naplitalène disiill'o 1.8.3.6) = bleu pur 
unissant bien, (la élimine le groupe l'ormyle par 
ébullition avec la soude caustique. 

2" p.-amino-lormaiiilide -(- a-naphtylamine 6 ou 
7 sullonique + a-naphtylamine 6 ou 7 sulfo -)- 
|5-naphtol 6 sulfo, on saponifie ensuite. 

.\(JRI|IINE. — Jlaticres colorantes jaunes et 
Jaune orange à rouge orange de la 
série de l'acridinium C" juirisienne] (b. f. 
Saojyo, 21 avr.-15déc. 1902). 

La combinaison leucodu jaune d'acridine obtenue 
en chaufîanl le tétramino-ditolylméthane avec IlCl 
dilué, peut être alcoylée directement en la chauffant 
avec relativement peu d'alcool. (In employait jus- 
qu'ici les afides et l'alcool. 

Ex. : 400 gr m -toluylènediamine, 1000 ce. d'eau 
et 400 ce. de HCl concentré, 120 gr. formaldéhyde 
à 40 "/o- Après 10-12 h. de contact, on ajoute 2.")0 c. c. 
IKjl et chauffe à 140° (;. La solution du leuco obtenu 
est refroidie et additionnée de 250 gr. alcool niéthy- 
lique et chauffée de nouveau, à 1(10-170" C 1 h 
à 2 h. La solution est ensuite o.xydée par 200 gr. 
solution de chlorure ferrique. On lillre et précipite 
parle sel elle chlorure de zinc. La couleur puriliée 
teint le coton en jaune. 

Production de nouveaux colorants de la 
série de l'acridine [Baijcr] (u. F. 32127a, 20 mai 
1002-6 janv. 1903). 

Les acides gras forment, avec le jaune d'acridine, 
la benzollavine, etc., des composés plus solubles que 
les acides minéraux. 

Ex. : 2i k. base libre du jaune d'acridine, 100 k. 
acide fonniqueàS " '„ sont évaporés à siccité au bain- 
marie. Le colorant, facilement soluble dans l'eau 
chaude, teint en jaune ver.làtre la soie et le colon 
mordancé. 

Colorants de la série de l'acridine [Badinche] 

(d. F. 321393 24 mai-1902-9 janv. 1903). 

L'anhydride phtalique, condensé avec une m.-dia- 
mîne, foime des produits qui, chauffés avec HCl con- 
centré, se scinilent en diamine et diaminodiphényl- 
acridine carboxylée. (In part des phtalylamido déjà 
formés. 

Ex. : 25 k. monoiihtalvlloluylène diamine (p. f. 
192" C). 

18 k. in-toluylène diamine. 

10 k. IIGl m-toluylène diamine. 

14 k. chlorure de zinc. 

4 à 6 h. à 200-210° C. 

La cuite refroidie est juilvérisée et épuisée, à 50- 
00° (;., par 400 k. de chlorliydrique très dilué. 

Le chlorure de zinc éliminé, on extrait le colorant 
avec 1 000 lit. d'eau et 30 k. HCl à 20° B. 

Le colorant se dissout en jaune dans l'eau. 

INDIGO. — Dérivés bromes de lindigo blanc 
et de l'indigo [C' paris.' B. f. 321002, 7 mai- 
2'j déc. 1902). 
50 k. d'une pâle d'indigo blanc correspondant à 

20 k. indigo sec sont additionnés d'environ 24-30 k. 



nUKVKTS KKANÇAIS. 



8 7 



(le broine. Quaml ce dernier a (lisparu. nn délave 
dans l'eau. L'iiidii,'o lilaiio bi'oriié se Iranslnrme déjà 
en indigo bronié, on lillre et lave juscjn'à reaclion 
neutre. 

ANTlIliAdlNK. — l'iodiietioii ilc colorants 
«le la série de l'aiitliraeèiie, soiiihles dans 
li-aii [Hadischi'] (add. n° 287 du 20 niars-i dér. 
1 '.1(12 au 11. F. .'ioSGGi I 

iîeniplacenienl de-; anlhraiiuinuiics iiilrés par 
les anllu'aciuinones liyiliovylés. 

On chaulle, ti h., à l'J.j-200'' C. en autoclave iO k. 
purpurine, pâte à 20 "/o, l'i k. sull'anilale du sodium 
conlonanl 12 k. 2o d'acide suU'anilique et 20 litres 
d'eau. 

Après refroidissement, le produitl'orme un m.igma 
cristallin mordoré que l'on liltre et lave à l'eau 
froide, le résidu est séché. Il se dissout en ronge 
dans l'eau chaude. 

Nouveaux dcrivt's de raDthraqninone [Uaijcr] 

(b. F. 320.i8i, 18 avr.-12 déc. I!t02). 

La réduction des nilroaminoanlliiaipiinones donne 
les diamino-anlinaquinones et celle des dinilro- 
diamino : 



/\C0/\ 


et 


(TCi 


s/co\/ 




VcoV 

NO- Nui 



conthiit .lux lélraniines correspondantes, l.e i-éduc- 
teur employé est le sulfure de sodium en solution 
alcaline. 

Les nouveaux dérivés servent à la préparation 
de colorants précieux. 

Xouvcaux profluUs de la série de l'antlira- 
cène [Biifjci-] (b. f. SzoSii, 19 avnl-20 déc. 1902). 

L'anthraquinone p-sulfo, chauffée à 100-190" C. 
avec l'aniline, les toluiilines, etc., forme des produits 
de condensation intermédiaire, précieux pour pro- 
duire d'autres colorants. 

Culurauts de lasérîede l'anlhracèiie'LBcidisc/ic] 
(add. 3-24 du 7 avr.-lt déc. 1902 au ii. k. 807104). 

Au lieu des amino-anthraquinones halogénées 
on emploie les oxy-anthraquinones halogénées. 
Ex. : On chaulle à 200" C, en autoclave: 
2,1 k. bromopurpurine (bromée en solution acé- 
tique , iO k. sulfanilate de sodium à K.'i "/j, 100 litres 
d'eau. Le colorant teint en violet foncé la laine 
chromée. 

Colorant bleu de la série de l'antliracène 

[Badisdie] (add. 391 du 2G avr.-22 déc. 1902 au 
B. F. BogôoS). 

C)n remplace le chloruie d'aluminium par le 
pentachlorure d'antimoine. 
Dissoudre, entre OO-SU» C. : 

M) k. pentachlorure d'antimoine, 
loi) k. nitrobenzéne. 
10 k. ,3-amino-antliiaquinone 

et faire bouillir 1 h. 
Le colorant jaune se dépose en aiguilles. 



COLORANTS SOIU'IIÉS. — \ouveIlcs matières 
colorantes tcijïnant lec<»tonsans mordant 

[Cltem. urilie r. IL Uijk, (u. v. 3v..o3(iy, 12 avr.-9 

déc. 19021. 

On chaull'e.à IIO" ('.., 20 p. sulfure de sodium, 4- p. 
de soulre avec î p. dinilrn|.liéiiylamiue p.-amino- 
phénol 1.3.4 diiiilrorhl(irolirii/.lne et 1 p.<;."> snll'atc 
de fer. On monte graihielleincnl à 100" C, en agitant 
et évaporant àsiccité. La cuite ti'int le coton en noir 
qui serait différent de la couleur du 11. v. •271909. 

Matières colorantes soufrées vertes [KaUe] 

(B. F. 320701, 20 avr.-13 déc. 1902). 

La p.-oxypbénylthio-urée, ou la yi.-oxv lliincarba- 
nilide.chaulTée avec du soufre et du sulfure, fournil 
un vert bleu plus jjur que celui dérivé de la diamine. 

Par chronialage, les nuances deviennent [dus 
bleues. 

Production <l nn nouve.Hii dérivé soufre «le la 
tolnylcne et «!«■ c«»Iorants soufrés tei;;naiit 
directement le «oton en jaune, «|ui en iléri- 

vent [Manitf. lyonn.] (h. p. iiwii, 1 i-niai :iO déc. 

1902). 

En chaulTanl, au-dessous de 220° C, du soufre et 
de la m.-toluylène diamine, on a d> s composés soufrés 
dilférents de ceux brevetés jusqu'ici. Ex. : )>0 k. 
toluylène, 100 k. soufre sont fondus ensemble et 
on monte, en 2 h., à 190" C. Le corp.s obtenu est 
amorphe et insoluble dans tous les colorants orga- 
niques. Pour le transformer en colorant soluble, on 
le chauffe à ir,l)" C. avec une solution concentrée 
(le sulfure de sodium. Le colorant teint (lircilcniont 
le coton en jaune. 

Colorants soufrés, brun orangé [Manuf.lijon.] 

(u. F. 32 1183, 15 mai-31 d(^c. 1002). 

Dans 12:1 k. soufre fondu, on introduit liO k. 
Hi. -toluylène diamine et quand ll'-S a cessé de se 
dégager, on porte la masse dans uneéUive.à 2:)0°'C., 
jusqu'à dessiccation complète. On pulvérise el on 
ajoute KiO k. sulfure de sodium cristallisé en fusion. 
A MO" C, il se produit une vive réaction; on 
ferme et continue à cbaulfer. à 120" C, jusqu'à solu- 
bilisation dans l'eau. 

Le colorant obtenu teint le coton en brun orangé, 
ne changeant pas par les cliromates, mais devenant 
plus vif par l'eau oxygénée. 

Matières colorantes soufrées brunes [Kalle] 

(B. F. 321329, 21 mai 1902-8 janv. 1903). 

Fusion des dinitrotoluènes 1.2. 4 ou 1.2. 6. seuls 
ou en mélange, avec du soufre el du sulfure à 100- 
llo; 200-220" C. 

Colorants brun rouge qui seraient dilTérents 
de ceux dérivés directement de la //i-toluylène 
diamine. 

Transformation «les in«lopliénols en dérivés 
soufrés teignant le colon non niordancé, 
en bleu noir et noir [/»(/. C/iim.l (a^d. jio du 
29 avril 1902-7 janvier 19(l3 au it. F. aS i 38; . 
( )n opère en vase clos ou au réfrigérant à rellux. 

Production «le dérivés soufrés des indopbé- 
uols à l'état pur 'IiuL Cliim.] iadd. 1117 du 
29 avril-29 déc. I'.i02 au 11. F. •29807J;. 
Pour éviter une sulfuration plus avancée lors de 

l'évaporation à siccilé, après avoir éliminé l'alcool 



88 



REVUE DES BREVETS. 



par distillation on mélange le résidu à des sels 
métalliques (sel, carbonate, etc.) qui séparent les 
indophénols soufrés. 

On peui aussi redissoudre dans l'eau, filtrer et 
séparer l'indopliénol par oxydation à l'air ou par 
un agent o.wdant. 



BL.\.\CIII.MEXT. TEI.XTURE, 
ET APPRÊTS. 



IMPRESSIO 



TEINTURE : PROCÉDÉS. — Production de cuves 

à l'Ii.vdrosulfite [Dadische] ie. F. Saoâog, 

19avri'l-12 déc. 1902). 

La présence d'ammoniaque ou de ses sels dans 
une cuve alcaline (potasse, soude, chaux) amène la 
précipitation partielle de l'indigo blanc, imparfaite- 
ment soluble dans l'ammoniaque, d'où impossibilité 
de l'emploi de ce corps qui attaque moins la fibre que 
les autres alcalis. 

Mais la présence d'une substance protéique (colle, 
gonmie, dextrine) empêche cette précipitation. 

Ex.I: Dissoudre lOk. hydrosuHite solide D. A. S. F. 
dans ;>0 k. d'eau froide additionnée de 3/4 1. soude 
caustique à 40° B., on conserve en vase fermant 
bien. 

Ex. 11. — Laine en bomte, hydrosul/ile et soude 
caustique comme d'ordinaire. — Volume de la cuve : 
1 000 litres. 

Ajouter 400 centimètres cubes d'hydrosullite con- 
centrée B. A. S. F. 

Cuve-mére. — Chauffer à 50° C. : 

ô k. d'indigo B. A. S. F. en pâte, à 20 "/o équiva- 
laût à 1 k. d'indigo pur à 100 %. 
2 250 lit. de soude caustique à 26° B. et 
l.i lit. d'hydrosulfite concentré B. A. S. F. 

puis laisser reposer une demi-heure. 

Après avoir ajouté la cuve-mère au bain de tein- 
ture, on additionne de 2 lit. d'une solution de colle 
au dixième, ce qui équivaut à 200 gr. de colle 
solide ; on entre la laine, manipule pendant 5 mi- 
nutes, puis introduit dans l'espace d'environ 10 mi- 
nutes et en agitant bien, GdOO gr. de chlorure 
d'ammonium, dissous dans 4 lit. d'eau, on laisse 
encore o minutes dans le bain, exprime entre des 
rouleaux comme d'habitude, et déverdit. L'opération 
dure 20 minutes, la température du bain doit se 
trouver entre aO et o2". 

Ex. m. — Laine en pi. — (Composition ordinaire 
à l'indigo blanc. 

Volume de la cuve : 2 000 lit. 

Additionner de 800 centimètres cubes d'hydro- 
sulfite concentré B. A. S. F. 

Cuve-mère. — Dissoudre : 

6CG7 k. de pâte d'indigo blanc B. A. S. F. à 15 «/o 
équivalant à 1 k. d'indiço à 100 «j^ dans 
1 lit. 1 de soude caustique à ib" B., puis ajouter 
4 lit. d'hydrosulDte concentré B. A. S. F. et 
6 lit. d'eau bouillante. 

Après dissolution complète de l'indigo blanc, 
verser la cuve-mère dans le bain de teinture que 
l'on additionne de 2,:-) lit. d'une solution de colle au 
dixième = 250 gr. de colle, puis introduire graduel- 
lement 230 gr. de chlorure d'ammonium, dissous 
dans 3 lit. d'eau, en opérant comme dans l'ex. IL 

Manœuvier 5 à 10 minutes, tordre le fil, puis 
déverdir. 



Ex. I\'. — Laine peiç/née. — On se sert de l'appa- 
reil Obermaier et de la cuve ordinaire à l'hydro- 
sullile el à la soude caustique. 

Volume 1 iJOO lit. 

Le réservoir contient 25 à 30 k. de laine peignée. 
Ajouter 500 c. c. d'hydrosullite. 

Cuvc-7nère. — Chauffer, à 30°, un mélange de : 

7 k. 5 d'indigo 20 »/„ R. A. S. F. équivalant à 
1 k. 5 d'indigo à 100 »/(,. 

3 lit. 37 de soude caustique A 25° B. et 
20 lit. d'hydrosulfite concentré U. A. S. F. 

et laisser reposer une demi-heure environ. 

La réduction est terminée, introduire la cuve-mère 
dans le bain de teinture et additionner de 2 lit. d'une 
solution de colle, au dixième ^ 200 gr. de colle. 
Ajouter une solution de 1 k. de chlorure d'ammonium 
dans 5 lit. d'eau, en opérant comme à l'ex. il. 

L'alimentation des cuves se fait au moyen des 
cuves-mères correspondantes, en ajoutant d'abord 
la moitié, puis le tiers de la quantité de colle, ainsi 
que la totalité du chlorure d'ammonium correspon- 
dant à l'alcali de la cuve-mère ajoutée. 

Le chlorure d'ammonium peut être remplacé par 
des quantités équivalentes d'autres sels ammonia- 
caux. 

Si, par un travail prolongé, la cuve se colore en 
vert, il suffit d'un demi à 2 lit. d'hydrosulfite par 
1000 lit. pour la rétablir. 

Procédé servant à augmenter la résistance 
des teintures d indigo sur fibre végétale 

[Badische] (b. f. 32o888, 3 mai-23 déc. 1902. 

L'emploi d'huile pour rouge turc rend les tein- 
tures à l'indigo plus résistantes au chlore et au 
lavage. 

Le fil teint à l'indigo est trempé dans un bain 
renfermant : 

10 p. sulforicinate et Î'O p. d'eau. 

Après imprégnation complète, on lord, s'che 
12 h. à 50-70° C, passe en acétate d'alumine à 60° C., 
tord et sèche. 

Production de solutions acides de leuco- 
indigo [Badische] (b. f. Sio-iâg, 7 avr.-5 déc. 
1902). 

L'acide borique ne précipite pas les solutions 
alcalines d'indigo blanc, et la solution obtenue 
dépose plus facilement el plus rapidement l'indigo 
blanc sur les libres textiles que ne le font les eaux 
ordinaires faiblement alcalines, ou les acides 
tenant en suspension l'indigo blanc. En outre, 
l'indigo |)énélrerait mieux la fibre cl par suite 
deviendrait plus résistant au frottement. 

Ex. 1. Cuve pour laine, a) cuve-mère. 

10 k. indigo pur à 20 "/j. 

4 1. 5 soude caustique à 25" B. 

30 1. solution concentrée d'hydrosulfite. 

Porter à 70 I. avec de l'eau à 50° C, laisser 
reposer le mélange jusqu'à dissolution complète. 
fc) Bain de teinture. 

20 1. cuve-mère. 
1 200 1. d'eau à 50° C. 

3 k. 3 borique en pâte fine. 

L'indigo blanc n'est pas précipité. La solution est 
très fluorescente et rougit directement le tournesol 
bleu. On teinl à la façon usuelle. 



BREVETS FKANÇAIS. 



89 



Ex. 11. Cuve pour coton. 

La cuve-mère so prépare en iiartani de fi k. d'in- 
digo pur à 20 » '„, I k. 2 poudre de zinc, i k. :iÛO 
chaux vive el 20 I. d'eau à 00" (',. 

Pour teindre, on dissout ; 

3 k. acide borique. 
1000 1. d'eau froide et ajoute la cuve-mère 
débarrassée de sa boue calcaire. Un teint comme de 
coutume. 

MACllilNES. — Machine à (cindi-e [liotlanJ] 

(add. du 13 aoùl-8 déc. t902 au h. f. 3i(j5i2). 

Revendication de la teinture jjar aspiration et 
refoulement à tous genres de rubans, étoffes el 
tissus de toute largeur ou soies cliautléos, laines ou 
colons purs ou mélangés. 



Perrcctionnemcnis aux machines à moirer 
les étolTes [Sinitli] (ii. i-. 3ai.i3-2, 27 mai 1902- 
iO janv. I'.t03). 

Les rouleaux lî, (',, portés par les bâtis A, ont 
une surface polie, ils tournent à la même vitesse 
circonférenciellc par la poulie I), les pignons E E. 
L'axe de R est creux el chauffé à la vapeur ou au gaz. 
La pression entre B el G s'exerce par los leviers F, 
les tiges E, et les vis el cercles (1 G. 

Les pièces à moirer s'enroulent sur les ensouples H 
.1 les faces à côté étant réunies, elles passent ensem- 
ble face à face entre les rouleaux R el G. Les ensou- 
ples H el J ont un niouvcnienl de va el-vient 
horizontal axial contrôlé par le contour de la came 
S. 11 en résulte (jue les deux pièces d'étolîes ne sont 
pas toujours en ligne droite [lar ra|)port aux cylin- 




Mactiine à moirer les étoiles. 

Fii;. I, profil d'une ealaiidre orfliiinirc à deux cylindres ; fig. 2, élévation de face avec coupe partielle; 

llg. 3, autre profil ; lig. 4, élévation po^lérieure. 



lires R, C, l'angle d'arrivée varie au contraire avec 
les contours de la came S. Les côtés des deux pièces 
d'étoffe se croiseront par places et [jassanl ainsi sous 
les cylindres seront écrasés. En d'autres endroits 
les côtés rt'>ter()nt parallèles et ne seronl pas 
aplatis par la pression des rouleaux. 

La variation de vitesse et l'amplitude des mouve- 
ment de va-el-vienl-imprimés aux ensouples II et J 
produit des effets do moirage variés. 



Système perrectioniié de séclioir continu 
pour le papier, les tissus, etc. [Crowell] \n.v. 
320523, 21 avr.-l2 déc. 11)02). 

La matière en Irailement 2 venant de la machine 
préparatoire / se déplace dans une boite il le long 
d'une série de rouleaux i et 'i, elle sort de la boite 
entre les rouleaux .ï et 6 pour aller de là au méca- 
nisme ronvidnur 10. 



90 



REVL'E DES BREVETS. 



Les rouleaux i i sont placés suivant une déve- 1 mouvement de la matière en séchage. L'avanta^ 
loppante de cercle, ils tournent dans la direction du I de celte disposition réside dans ce fait que la matière 




Séchoir contiuu pour papiers, tissus, etc. 
FIg. 1, élévation latérale; Dg. ?, coupe verticale longitudinale. 



se trouve appliquée contre chaque rouleau et est en 
leur contact frotlant avec lui ; de plus, pour asurer 
un séchage complet, on évite une grande longueur 
de machine incommode. 

Pci-reetiouncmeuts au.t uiachines à fouler, 
désiaisser et lissi-i- les tissus textiles 

[Tinker el .\rran][\i. r. 320741, 28 avr.-18 déc. 1902). 
La machine comprend une grande cuve n, une 



boite de retenue 6, une paire de rouleaux en bois 
ou en fer ce, nus ou garnis. En outre, deux fouloirs 
réglables rf et c lisses ou cannelés, à demeure, ou 
animés d'un mouvement d'oscillation, servent à 
obtenir un foulage naturel, c'est-à-dire sans l'aide 
de couvercle de poids ou dépression d'aucune sorte, 
sauf celle des rouleaux. Ceux-ci sont montés sur 
une paire de montants fb fixés sui' des jdaques 
d'assise ijg disposées le long de chaque cùté de la 



BREVETS FRANÇAIS. 



91 



cuve a ; un levier li leur ilonne la |ires>ion Cdiive- 
nabie quand il est maud'uvré. 

La commande de la inacliiue a lieu par un 
arbre /, le^ poulies c el j, les roues )/i ei n el les 



pignons (■ et ;i. Le manchon il glissant sur la cla- 
vette )T permet d'obtenir 2 vitesses. Les leviers s el 
l'engrenage a crémaillère et pignon (, actionnés par «, 
servent à faire monter ou descendre les rouleaux. 



r^ 




à lisser r. Des rouleaux d'enrayage à l'arrière et 
l'étirage x à l'avant servent pour les tissus qui 
n'ont pas besoin d'être foulés. 

Les étoffes sont placées sur la machine à la 



manière ordinaire; elles passent entre les rouleaux 
principaux ce, sur le fouloir réglable d, t-ous la 
planche à fouler e, sur le rouleau d'enrayage et 
font retour aux rouleaux ee. Pour le dégraissage 



92 



REVUE DES BREVETS. 



ordinaire des tissus, on les fait passer entre les 
rouleaux principaux ee, ensuite sur le rouleau de 
tirage x à travers la cuve a, sur le rouleau d'en- 
rayage sur les rouleaux ee. 

Ces opérations terminées et quand le tissu est 
déployé; on dispose un rouleau à lisser v sur le 
levier s et on applique la pression sur le rouleau 
inférieur e, au moyen de la roue h. Si les tissus ont 
besoin de subir l'action de la vapeur, on ouvre le 
tuyau perforé n\ Ceci terminé, le rouleau plein v 
est abaissé jusqu'au sommet de la cuve a au moyen 
de la roue u de la crémaillère et du pignon tt et du 
levier s, et il est disposé dans les bras de prolon- 
gement f, prêt à amener, à la machine de ramage, 
les marchandises foulées, dégraissées, lissées et 
vaporisées dans la même machine. 

Système perfectionné de tambour ou 
cylindre séclieur [Hunting] (b. f. 32i436, 27 mai 
1902, 10 janv. 1903). 




Cylindre-sécheur avec dispositif pour l'écoulement rapide 

de l'eau de condensation. 

Fig- 1, élévation de face ; fig. 2, élévation de profil; 

fig. 3, coupe 3, 3. 



Pour faciliter l'évacuation de l'eau de condensation 
on imprime à cette eau un mouvement de refou- 
lement à l'aide d'une nervure ou ailette en hélice. 
De plus, pour faciliter la décharge du grand volume 
d'eau de condensation dans les grands cylindres 
on dispose une gouttière ouverte disposée en hélice 
sur la circonférence interne du cylindre. 

Le cylindre a est en fonte et pourvu, à ses extré- 
mités opposées, de grandes ouvertures fermées par 
des têtes de fonte t. c. fixées au corps a par des 
boulons d. A la circonférence interne, une gouttière 
ouverte c disposée en hélice s'étend depuis l'entrée 
jusqu'à la sortie. Dans les cylindres de grandes 
dimensions la quantité d'eau recueillie par la gout- 
tière e et amenée à un réservoir f est si grande qu'il 
est nécessaire de ralentir la vitesse de la machine pour 
faire sortir celle eau. Aussi pour éviter cet incon- 
vénient le tuyau de décharge g porte une nervure i 
disposée en hélice ifig. 4 et 5) qui empêche le retour 
en arrière de l'eau. De plus, les parois antérieures 
et postérieures 4 3 du réservoir sont courbes. 

D1\'ERS. — Procédé de fixation de la viscose 
sulTo-carbonate cellulose sur les tissus 
textiles et autres [Fieldiny] (b. f. 820478, 
18 avr.-aoùt 1902). 

La fixation de la viscose par une solution saline 
est incomplète, et la solution saline peut avoir 
une action nuisible sur beaucoup de couleurs 
dont elle diminue le brillant. L'auteur propose 
de remplacer ce bain de sel par un vaporisage. 

Les tissus sont plaqués dans une solution de viscose 
renfermant de 1 à 10 "/(, de cellulose sèche, selon 
l'effet à obtenir. L'alcali contenu dans la viscose 
est neutralisé totalement et partiellement par un 
bisulfite. On sèche dans une chambre chaude à l'ex- 
trémité de laquelle est un espace clos renfermant 
de la vapeur à une pression de 75 à 200 gr. par 
centim. carré. 

On peut aussi employer un cylindre chauffé à 
la vapeur au lieu de la chambre chaude ou encore 
se servir d'une machine à vapeur. 

La viscose ainsi fixée sert de mordant pour les 
couleurs d'aniline et d'agent de fixage des mordants 
métalliques. 

Obtention d'efTets mélangés, genre Vigou- 
reux, et sur fibres animales [Gieslei-] (b. f. 
3213-0, 23 mai-28 janv. 1903). 
La laine écrue ou blanchie ne se teint presque pas 
à tiède ; si au contraire elle a été traitée au préalable 
par la soude ou la potasse, elle se teint à fond, de là 
un moyen d'obtenir les effets Vigoureux. 

Les fibres animales sont traitées, par imprégnation 
ou par impression selon leur état, par la soude 
caustique ; on lave et teint. La laine ainsi préparée, 
mélangée avant teinture à de la laine non traitée, 
permet d'obtenir, par la teinture du mélange, des 
effets très variés. 

Procédé pour revivifier les couleurs des 
tapis, tentures, etc. [Losson] (b. f. 821444, 
27 mai-scpl. 1902). 

On pulvérise à la surface du lapis ou de la ten- 
ture une solution électrolytique appropriée à la 
nature de la matière colorante à revivifier et on 
promène à la surface une électrode qui décompose 
la solution et ramène la couleur à son état primitif 
soit par oxydation, soit par réduction (!?). 



BREVETS ANGLAIS. 



93 



Procédé pour lenlevast' (les réserves 
grasses sur (issus et appareil employé îi 
cet effet [Litlftringer] (b. f. 32 1471.), ii mai-sopt. 
1902). 

Emploi du sulfure de carbone. Les tissus impri- 
mas portant leurs réserves grasses sont amenés 
mouillés après essorage suivant la teinture, dans 




un compartiment A où les n'-serves se dissolvent 
dans la masse du liquide. De là, ils passent dans un 
presseur F. et entrent dans le 2" compartiment B où 
ils continuent à se débarrasser du suUure. Un 2" pres- 
seur G exprime les dernières traces de sulfure. Après 
un passage final dans le 3" compartiment le tissu 
entre dans un endroit fermé 1 où se trouve disposé 
un ventilateur V et un courant d'acide carbonique 
débouche, au-dessous de ce ventilateur, d'un réci- 
pient J, ce courant est réglé d'après le tissu à traiter. 
Son but est d'enlever dans la hotte les vapeurs de 
sulfure en évitant tout danger d'incendie. 

Le tissu termine son séchage sur un tambour à 
vapeur L. et s'enroule en R. 

Fabrication de blancliets en Teutre, sans (in, 
sans joint, pour les machines à imprimer 
et autres [Mitcliell] (b. f. 820857, 3 niai-22 déc. 
1902). 

Les blanchets en feutre tissés s'usent rapidement ; 
lachaine el la trame apparaissent, d'où des marques 
sur la matière passant sur le blanchet ; aussi ne 
peut-on guère utiliser plus d'un tiers de l'épaisseur 
de l'étoffe. 

Pour former un blanchet pouvant s'user sous une 
plus grande épaisseur, on forme une bande ou 
nappe sans lin de plusieurs couches de laine cardée 
que l'on feutre et foule à la manière ordinaire. On 
a soin de donner une largeur plus grande que 
celle nécessaire et on foule pour réduire la longueur. 
Le blanchet sans joint ainsi formé est soumis 
encore humide à un étirage qui augmente sa lon- 
gueur et diminue sa largeur. La dimension voulue 
étant obtenue, on sèche. Le blanchet en feutre, 
sans lin, sans joint, ne s'allonge, ni se rétrécit; on 
peut l'user plus que les feutres ordinaires. 



BREVETS ANGLAIS 
PRODUITS CHIMIQUES. — Matières premières. 

MINÉRAUX. — Fabrication de lac. sulfurique 
anhydre [Danb et Dcnther] (e. p. g53G, 24 avr.- 
24 juin. 1902). 

Production des chlorates 
et des perclilorates par 
électrolyse [Covbiit] (ic. p. 
17320, 29 août 1091-12 juin 
1902). = B. F. du 25 mars 1901. 



Mélange stable Tournissant 
de l'hydrosul(i(e par l'ac- 
(ion de l'eau [Soc. A. Lu- 
mière] {e. p. iiiO, 1!) janv.- 
20 nov. 1902). 

On mélange : 50 gr. de sulfite 
de soude anhydie avec 100 gr. 
d'ac. tartrique sec et Ib gr. de 
zinc en poudre. Pour obtenir 
une solution d'ac. hydrosulfu- 
reux, on agite ce mélange pul- 
vérisé avec de l'eau. 



Préparation de composés 
du calcium pour réduire 
et décolorer [Louis Des- 
camps] (e. p. 83o4, 9 avr.-6 nov. 1902). Voy. s. F. 
320227, R. G. M. C, 1903, p. 80. 

ORGANIQUES. — Procédé de fabrication du 

lactate de titane [Dreher] e. p. 2262g, 9 nov. 

1901-29 mai 1902). 

Pour faciliter la dissolution de l'ac. titanique fraî- 
chement précipité Ti(Oll) ', dans l'ac. lactique, on 
ajoute des lactates alcalins ou alcalino-terreux dans 
certaines proportions. 

Par exemple pour dissoudre 232 p. d'ac. titanique 
Ti{OH)', sous forme de pùte on emploie "HO p- 
d'ac. lactique 50 "/„ et 750 p. d'ac. lactique 50 "/(, 
neutralisé par un alcali, ou encoie on dissoudra la 
même quantité d'ac. titanique dans 750 p. d'ac. 
lactique 50 "/„ et OoO p. de lactate de chaux crist. 
Ces proportions correspondent à 2 mol. d'ac. lac- 
tique et 2 mol. de lactate pour 1 mol. d'ac. téta- 
nique. 

On (d)tient encore du lactate de titane avec l'ac. 
titanique hydraté même sec, en le dissohant dans 
un ac. minéral ou l'ac. oxalique et en additionnant 
de lactate d'un métal qui précipite l'ac. employé pour 
la dissolution (lactate de Ca ou Lia jiour lac. 
sulfurique ou oxalique; lactate de plomb pour l'ac. 
chlorhydrique) ou d'un lactate alcalin. 

Les solutions de lactate de titane ainsi préparées 
présentent une réaction acide, on peut les neutraliser 
avec des alcalis ou des carbonates alcalins et évaporer 
les sol. neutralisées jusqu'à consistance sirupeuse. 

Procédé de Tabricatlon de sels mixtes des 
acides (Kaniques, oxaliques, (artriques et 
des acides titaniqucs, oxaliques et lacti- 
ques [Urelier' (e. p. 23i88, 1G nov. i9i)l-29 mai 
1902). 

On connaît des sels doubles de la formule : 
2 (",-0'(IM)ïiO--fir-0 où M représente un métal 
alcalin. L'auteur du brevet trouve qu'on obtient des 
nouveaux sels d'acide titanique susceptibles d'être 



94 



ÉCHOS ET NOUVELLES. 



neutralisés en subsliluanl dans la formule précédente 
1 mol. d'ac. tarlrique ou 2 moL d"ac. lactique à 
1 mol. d'acide oxalique. 

On dissout I mol. d'acide litanique fraîchement 
précipité dans I mol. d'oxalate alcalin et 1 mol. de 
lartrate alcalin ou bien dans 1 mol. doxalate alcalin 
et 2 mol. de laclale alcalin. 

On peut aussi dissoudre lac. tilanique séché ou en 
pâte (l mol.) dans 4 mol. d'ac. chlorhydrique, puis 
ajouter les mélanges doxalate et de tartrate ou 
d'oxalate et de laclate et neutraliser par addition 
d'alcali ou de carbonate alcalin. 

Les solutions de tarlro-oxalates peuvent être 
additionnées d'alcalis à froid: à chaud, seules les 
solutions alcalines ammoniacales sont stables, les 
autres précipitent de l'ac. tilanique. 

Les solutions de sels doubles de lacto-oxalates 
peuvent être traitées par les alcalis à froid; en 
chaulfant, lac. titanique se précipite même avec 
l'ammoniaque. 

Les nouveaux sels sont supérieurs en teinture aux 
osalates ordinaires et ils altèrent moins le cuir. 

Production «l'aniînes par réduction des 
composés nitrés [Bœltringer et Sohne] (e. p. 
lâgjty, 7 août 1901-29 mai 1902). Voy. b. f. 'iiSâgg 
et BiGnjS, R. G. M. C, 1902. p. 49 et 170. 
Emploi du cuivre pour la réduction ; le métal peut 
être régénéré par l'éieclrolyse. 

Ex. : On place dans un récipient pourvu d'un 
réfrigèrent 3 k. 8 de cuivre, 6 k. d'ac. IlCl 38 "U et 
12 k. 3 de nilrubenzène. La température s"élève 
spontanément. Rendement presque quanttatif. 

En aJmeltant que le cuivre s'oxyde pour ilonner CuO 
{CuCl- avec HCl il serait nécessaire d'cmphyrr une 
quanlitc de cuivre environ 6 fois plus grande que celle 
qui est donnée dans cet extmple afin d'obtenir wte réduc- 
tion quantilativc du niirobenzene employé. 

Fabrication de produits amylacés solublcs 

[,4. Ashnorlh] (e. p. i07^o, 3 oct. 1091-11 sept. 

1902). 

On chauffe à 30-40° les matières amylacées avec 
des chlorates et des acides ou bien avec des chlorates 
et des agents catalytiques comme le chlorure de 
vanadium, le chlorure ou le sulfate de cuivre. 

Préparation d'ichtyolsulfonate d'ammonia- 
que ;.l. c. Me Lawjîdin] (e. p. 2i838, 30 oct. 1901- 

30 oct. 1902). 

Procédé de traitement du gaz de Itouille 
pour la fabrication des sulTocyanures 

'Smilh. Gidden, Sulamon et Albright] (e. p. i3653, 
4 juin. 1901-3 juill. 1902). = B. F. 3i8553, il. G. 
M. C, 6, 295. 



ÉCHOS ET NOUVELLES 

L'année financière de la ttriiisli Dijeujod nnd Che- 
i;iic(i/ Co, terminée le 30 juin 1902, adonné un profit 
de 29 loO livres sterling. Ceci a permis de distribuer 
un dividende de 2 "/osurlesaclions ordinaires comme 
en 1898-1899; en 1899-19oO le dividende était de 

Les profits des Teinturiers du rouge turc F. Steimr et 
Co qui avaient permisde distribuer3"/o de dividende 
l'année précédente (au lieu de 8 "/j pour les deux 



années aulérieures'i, ont encore baissé dans l'année 
qui se terminait le 31 juillet dernier : les action- 
naires ordinaires n'ont rien reçu. .\près avoir dis- 
posé de 27 803 livres sterling pour réparation, amor- 
tissement, etc., les bénéfices s'élevaient à 7404 livres. 
Les résultats peu satisfaisants de l'année passée sont 
attribués au mauvais état des affaires à l'étranger, 
à la dépréciation, et à l'interruption du travail à la 
suite de la sécheresse de l'été dernier. 



L'Association des Biilisli Collon and WoùI Dyers a 
fait pendant les six mois finissant fin septembre un 
bénéfice de 4:i78i livres sterling, déduction faite de 
12500 livres pour la dépréciation et de 10901 livres 
pour réparation et entrelien du matériel, et après 
défalcation des frais d'administration il reste 20 914 
livres qui, avec la balance au 31 mars 1902, 
donnent un total disponible de 44133 livres sterling. 



Association des Blanchisseurs. — Les pro- 
fits de la BleachcrsWssocialion pour les six mois finis- 
sant le 30 septembre 1902 se sont élevés à 133 464 li- 
vres sterling, après déduction de 78 600 livres pour 
les dépenses et l'amortissement. Sur la balance 
l'i 000 livres ont été placées aux fonds de réserve ; le 
reste a permis de donner 'à 1/2 "/„ de dividende sur 
les actions et de reporter 63999 livres dont il sera 
disposé à la fin de l'année financière de l'Association. 



Indigo. — Le premier bulletin du bureau de 
statistique du gouvernement de l'Inde, publié en 
octobre dernier, accuse une diminution de la surface 
cultivée en indigo pour la saison 1902, comma le 
montrent les chiffres suivants: 

1901 1902 

Acres. Acres. 

Beugal et Behar 311-200 2ÔS3U0 

Provinces Unies IGS990 93 154 

Penjab 71G0O 42306 

iladras liii.'OO 9J100 

71 «91)0 4UISi4 

Le rendement en indigo serait estimé pour le 
Bengal et le Behar à 30 "/^ de la moyenne, et pour 
les Provinces Unies à 68 °/o au-dessous de la moyenne. 
Dans le Penjab la récolte serait bonne bur les ter- 
rains irrigués et assez bonne sur lesautres. La récolte 
de Madras serait satisfaisante. 



Dissolution du Syndicat du » Benzol » en 
Alleniaarue. — L'.-l. G. fur liohlen listill ttion, à 
lîumlke, aurait annoncé son intention de quitter le 
syndical du Benzol, et le départ de cette société 
entraînera probablement la dissolution de ce trust. 



JL"RISPRL"DE.\CE. — CO.XCLIÏREACE DE- 
LOYALE. — Il est intéressant de rapprocher de l'ar- 
ticle paru dans le numéro de décembre dernier de 
la Revue les deux lelti'es suivantes aJressées aux édi- 
teurs du journal de la Society of Dyers and Culourisls : 

<• Dans le numéro de juin de votre journal de l'an- 
née dernière, se trouve reproduite une conférence 
faite par le U'' Herbert Levinslein sur La fabrication de 



H.-E. SCHUNCK |l8-2()-l'.Ui;i). 



95 



l'indigoaumoyen rfwnap/i^n/ènc.Commcdirecteurdela 
BadischeAnilin und SodaKabrik, et comme membre 
de la Sociélé, je vous envoie ces lignes car je pense 
qu'il n'est que juste que certaines conséquences de 
cette publication soie ni connues de vos lecteurs, et 
je vous prierais de publier cette lettre. 

« Aussitôt que mon attention et celle de mes col- 
lègues eut été ajipelée sur cette conférence, nous nous 
aperçûmes ([ue, bien que la description donnée des 
procédés en usage à la Radisrlie Anilin und Soda 
ï'abrik pour la fabi-ication de l'indigo ne lût ni com- 
plète, ni exacte, elle contenait cependant des infor- 
mations (jui avaient du étreobtenues par la trahison 
d'ouvriers ou d'autres employés. Aussi nous nous 
sommes occupés i m ni édi a Icment de trou ver par quel le 
source les renseignements du D' Levinstein avaient 
été obtenus, de faire punir les criminels et d'em- 
pêcher toute trahison future. Nous venons de réus- 
sir et cette semaine, un nommé Kumpf, de Tranck- 
fort-sur-le-.Mein, et deux ouvriers, ses complices, 
ont été convaincus d'avoir es])ionné le procédé en 
question et de l'avoir vendu à difTéientes personnes. 

<c Us viemient d'être condamnés, respectivement, 
Kumpf à un an et les deux ouvriers à trois mois de 
prison. 

" Je ne veux pas affirmer que le D'" Levinstein a 
été en communication directe avec ces personnes ; 
sur ce point je ne dis rien ni dans un sens ni dans 
l'autre, mais je désire exprimer mon opinion qu'une 
certaine responsabilité pour ces prati(iues illégales 
et traîtres s'attache à quiconque failusage des résul- 
tats qui n'ont évidemment pu être obtenus que par 
ces pratiques. 

(c ComplanI que vous pourrez donner à celte lellre 
la même publicité qu'à la conférence qui a enlevé la 
liberté à ces trois hommes, je suis, etc. » 



D' H. Brunck. 



17 octobre 1002. 



" Je vous remercie pour votre courtoisie me 
permettant une prompte réponse à la lettre précé- 
dente. Permettez-moi d'aflirnier (|ue je n'ai jamais 
obtenud'iiiformation du nommé Kumpf ou de per- 
sonnes quelcon(iues employées par la Badische Ani- 
lin und Soda Fabrik. Je ne connais pas Kumpf et je 
n'avais jamais entendu son nom avant qu'il ail él« 
publié dans la presse à la suite des poursuites de la 
Badische. De plus, je n'ai aucune relation, je crois, 
avec aucune personne employée par la Badische. Le 
D'' Brunck dit (jne Kumpf a vendu les informations 
sur leurprocédéde fabricationàplusieurs personnes. 
Ainsi, il est évident que ce qu'il a pu divulguer a pu 
être connu par un certain nombre, probablement 
un nombre considérable de personnes. 

CI J'entends que le procédé en ([uestion est breveté. 
Et de faire circuler une description d'un procédé 
breveté ne peut causer de tort à un bmia ftde |iatenté, 
puisque le brevet môme est publié et qu'il doit 
décrire complètement, exactement et dans tous 
leurs détails les méthodes employées pour mettre 
en œuvre le procédé. 

« On prétend que certains points importants n'ont 
pas été divulgués dans les brevets de la Badische, 
mais conservés comme « secrets d'usine»? S'il y 
avait des secrets dans le procédé, les brevets ne 
serait pas valides, et s'il n'y en avait pas, comment 
pouirail-il y avoir quelque chose à révéler? Il y a 
quelque chose d'inconsistant dans la position prise 
par la Badische dans celte affaire. 

« Le vieux proverbe que ■« les gens qui vivent 
dans des maisons en verre ne devraient pas jeter de 
pierres » peut très bien s'appliquer au langage du 
directeur de la Badische. Sûrement l'incident qui 
eut lieu dansles vieilles usines de couleurs de Perkin 
n'est pas encore oublié. Je suis, elc. » 



llKRBr.RT Levinstein. 



Manchester, 27 octobre 1002. 



H.-E. SCHUNCK (1820-1903) 



Ilenry-Ldward Scliuiick naepiit à Manchester 
en 1820. Son père, Martin Schunck, était un des 
premiers négociants de cette ville. Son grand-père, 
officier dans l'armée de l'Electeur de Hesse, com- 
battit du ci'ité des Anglais, pendant la guerre de 
l'indépendance. 

Ses classes terminées. Ed. Schunck fut envoyé 
en Allemagne pour y étudier la chimie, car il devait 
prendre la direction de la fabrique d'impressions 
sur coton de son père, pré-; de liochdale. Il étudia 
d'abord à Berlin, sous la direction de llose et de 
Magnus, puis à Giessen, où il fut élève de Liebig et 
conquit le grade de docteur en philosophie. 

Après quelques années passées dans l'industrie, 
Schunck prit la détermination de se consacrer tout 
entier aux recherches scientiliques. Il est certain 
que la nature de celles-ci fut grandement iniluencée 
par ses débuts dans la carrière industrielle, car 
elles portèrent principalement sur les matières 
tinctoriales et colorantes. 

Les premières recherclics de Schunck eurent pour 
objet l'action de l'acide nilri(|ue sur l'aloès, qui 
l'amena à la découverte des acides aloétiquc et 



chrysammique (lélranilrochrysazine). Par réduc- 
tion de ce dernier, il obtint un corps ressemblant 
à l'indigo bleu, l'hydrochrysammide (tétraamino- 
chrvsazine). Membre de la Chemical Society dès son 
origine (1841), Schunck y présenta son mémoire sur 
ce sujet à cette époque. 

Ce fut dans le laboratoire de Liebig qu'il fit ses 
recherches sur les matières colorantes contenues 
dans les lichens, avec lesquelles on jirépare l'orseille 
et le cudbear. Elles jetèrent une éclatante lumière 
sur la constitution (le l'èrythrine, dont la décom- 
position par l'eau de baryte donne naissance à 
l'orcine de Uobiquel et à un nouveau corps, la 
picroérythrine. En épuisant par l'étlier les lichens 
des genres Locanwa et Vnriolurid, Schunck obtint 
une substance blanche cristallisée, à lacjuelle il 
donna lu nom de Iccunoi-ine (acide lécanoriciue ou 
orsellique). 

C'est en 1816 que parut son premier travail sur 
les matières colorantes de la garance, sujet auquel 
il travailla pendant de longues années. En 1848, il 
démontra que la matière colorante n'existe pas 
dans la racine fraîche, mais nu'elle provient de 



96 



H.-E. SCHUNCK (1S20-I903) 



modifications chimiques qui s'opèrent dans la 
garance, pendant sa conservation en tonneaux, et 
qui en augmentent notablement la valeur commer- 
ciale. Schunck parvint à isoler de la garance un fer- 
ment spécial, l'érythrozyme, et un corps, le rubian, 
qui, sous l'action du ferment, se dédouble graduelle- 
ment en sucre et en alizarine, purpurine, etc. 

On ne saurait trop faire valoir l'extrême impor- 
tance de celte découverte, qui nous a révélé que 
les matières colorantes existent dans les plantes à 
l'étal de glucosides, et qui a introduit dans la 
science une notion 
nouvelle. 

En 1834, dans 
un mémoire rela- 
tif à l'action de 
l'érythrozyme sur 
le sucre, Schunck 
montrait qu'il se 
forme de l'acide 
succinique dans 
cette réaction. 

En 1867, en 
collaboration par- 
tielle avec Rœmer, 
il isolait de l'ali- 
zarine artificielle 
commerciale trois 
nouveaux corps 
isomères, les aci- 
des anthraflavi- 
que, isoanlhralla- 
vique et l'anthra- 
ruline, dont aucun 
ne possède de pro- 
priétés tinctoria- 
les. Enfin, eu 1874, 
paraissait son mé- 
moire sur la mé- 
thyl et l'éthylali- 
zarine. 

Toutes ces re- 
cherches furent 
conduites avec une 
persévérance et 
une habileté d'ex- 
périmentateur qui 
mirent leur auteur 
hors de pair. Son 
talent d'analyste 
n'était pas moins 
remaniuable et 
l'on ne saurait 

passer sous silence la formule qu'il avait assignée à 
î'alizarine, CH'"!)', à une époque où Fritzsche 
n'avait pas encore fixé la composition et la formule 
de l'anthrarène. 

Les travaux de Schunck sur l'indigo présentent 
autant d'intérêt et d'importance que ses recherches 
sur la garance. Jusqu'en 18ao, on ignorait la véri- 
table nature des réactions chimiques qui ont lieu 
dans la préparation de l'indigo. Dans un mémoire 
publié à cette époque, et dans deux autres qui 
suivirent, en t8!i7 et t86:i, il montre que l'indigo- 
fera, de même que la garance et les bois de tein- 
ture, conlient son principe colorant, l'indigotine, 
sous la forme d'un glucoside, auquel il donne le 
nom A'indkan. 
Dans ses recherches sur ce corps, Schunck opé- 




H.-E. SCHUNCK. (1820-1903) 



rail sur Viftatis tincloria ou pastel, qui contient les 
mêmes principes colorants que les différentes 
espèces d'indigofera, et qui est la seule plante à 
indigo croissant naturellement en Angleterre. 
L'indican, sous l'influence des acides ou d'un fer- 
ment qui se trouve dans la plante, est susceptible 
de se scinder en indigo bleu et en glucose. Si l'action 
des acides est prolongée, îi se forme du pourpre 
d'indigo ou indirubine. 

Dans son travail sur la chlorophylle, Schunck a 
exposé une ingénieuse théorie pour expliquer l'assi- 
milation du car- 
bone par la plante. 
La chlorophylle 
jouerait vis-à-vis 
de l'acide carbo- 
nique le même 
rôle de transmet- 
teur que rem- 
plit l'hémoglobine 
pour l'oxygène 
dans l'économie 
animale. Schunck 
s'intéressait vive- 
ment à tout ce qui 
concernait l'his- 
toire de la chimie, 
et ses recherches 
Sur ta pourpre des 
Anciens méritent à 
tous égards d'être 
signalées. 

Membre de la 
Royal Society en 
18;iO, il recevait la 
médaille Dallon en 
I8'.is et la médaille 
dor Davy en 4899. 
Nous n'énumére- 
rons pas tous les 
litres dont il fut 
justement comblé. 
Sa remarquable 
modestie devait 
plutôt en souffrir. 
La gravité natu- 
relle de son carac- 
tère n'excluait pas 
chez lui les plus 
aimables qualités. 
Les jeunes chimis- 
tes furent toujours 
sûrsdetrouverprès 
de lui le plus courtois accueil et les meilleurs conseils. 
Quoique avant tout homme de science, Ed. Schunck 
était un esprit trop élevé pour ne pas s'intéresser 
aussi aux arts et à la littérature; il aimait passion- 
nément les livres. 

C'est une belle carrière de savant désintéressé 
dont la noble devise fut sans cesse : « La Science 
pour la Science », qui vient de se terminer : elle 
laisse après elle un souvenir et un exemple. 

M. Prud'homme. 



Le Directeur-Gérant : L. Lefévre. 



[mpri 



Corhi>il par Éd. CnÉTâ, sur papii 
spécialement pour la Bévue. 



■ alfa fabriqué 



REVUE GÉNÉRALE 

DES 

MATIÈRES COLORANTES 

ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 



1' Année 



N° 76. — Tome VII 



1" avril 1903 



ETUDES SUR LES TACHES SPONTANEES QUI SE FORMENT SUR LES 1 ISSUS 
DE SOIERIE ET FUSENT LES ÉTOFFES (i) 

Par M. Ch. MARNAS. 



Sous ce mémo tili'c, et dans ce même journal, 
M. Sisley a publié, le l" octobre 1902, une élude 
([ui a jeté, dans le monde de la soierie en France 
et i\ l'étranger, la lumière sur les causes d'un 
occident connu sous le nom de taches rouges. 
Ces taches avaient entraîné d'assez gros dom- 
mages depuis quelques années. En démontrant, 
par d'habiles expériences, (|ue la cause du mal, 
jusqu'alors inconnue, était le chlorure de sodium 
sous toutes les l'ormes, M. Sisley a rendu un 
immense service aux fabricants de soieries et 
aux manipulateurs de soie. En efTet, tous les 
industriels soucieux de leur bonne production 
ont pu prendre, depuis ces révélations, des 
mesures pour arrêter, ou tout au moins dimi- 
nuer en très grande partie, les risques procurés 
par les accidents en question. 

Depuis cette époque, la discussion est ouverte 
tant au point de vue sciciitilique (ju'au point de 
vue expérimental et pratique et aucune voix ne 
s'est encore élevée pour soulever une opposition 
quelconque. Au contraire, un docteur es sciences 
de lierlin a déjà i)ubli([uement confirmé les 
conclusions de M. Sisley par des observations 
expérimentales prouvunl sa théorie. Je tiens, 
moi aussi, à publier mes éludes et mes obser- 
vations dont 1ns résultats, comme on va le voir, 
viennent entièrement à l'appui des al'lirmalions 
de l'article du 1" octobre 1902. 

Au mois de mars de celle même année, j'ai 
l'ortuitement constaté, sur un morceau de tissu 
de soie, des taches produites par de l'écriture 
à l'encre. Celle observation était faite dans le 
livre d'échantillonnage d'un client. Ces lâches 
étaient en tout conformes à celles spontanées 
bien connues; la décoloration de la matière 
colorante et la fusure de la soie étaient nette- 
ment accentuées. Elles afFeclaient exactement 
la forme de l'écriture contre laquelle elles se 
trouvaient en contact dans le livre. Il n'y avait 

^1) Voir /t. ';. SI. C, 1002, t. 6. p. -J:',:! tt -W,. 



donc aucun doute qu'elles n'aient été produites 
par l'encre elle-même- 

Celle constatation m'a naturellement mis 
dans l'idée d'expérimenter toute une série de 
lissus de soie chargée on contact avec plusieurs 
variétés d'encres. 

Le but de cette expérience mise en route de 
suiteétaitd'altondrela formation des tacheselde 
voir les encres qui en produiraient. Suivantles ré- 
sultats, mon intention était d'analyser les encres 
et de voir, d'après leurs éléments de constitution, 
si je pourrais retrouver l'agent chimique de pro- 
duction de la tache et d'opérer ensuite expéri- 
monlalement par synliiése les taches en question. 

Les encres employées pour établir ces expé- 
riences ont été les suivantes : 

1° Encre de notre client (provenance incer- 
taine). 

2" Encre violelto-noiro comuiunicative de 
N. xVntoine et fils. 

3° Stephens' Uluo black wiiting fiuid. 

i" Encre noiro fixe, qualité supérieure, de 
A. V. Faber. 

h" Encre moderne noire fixe inaltérable, de 
M. Antoine et lils. 

G° Nouvelle encre noire en écrivant, de 
J. Gardot. 

7" Encre de l'Élat-civil noire fixe indélébile, de 
N. .\nloine et (ils. 

L'expérience commença le 18 mars 1902 ; le 
18 avril suivant, les premières taches apparurent, 
produites par les numéros 2 et o. Au mois de juin 
suivant, hs constatations commençaient à être 
plus nombreuses, et en septembre. J'avais acquis 
la conviction que le genre de lâches était bien 
celui qui me préoccupait et que toutes les encres 
essayées étaient coupables k l'exception d'une 
seule, le numéro 3, la Stephens' Blue black 
wriling lluid. 

Poursuivant mon programme, j'étais en train 
de faire les analyses il'eneres lorsque parut 



98 Maurice PRUD'HOMME. 



OXYDATION DE L'INDIGO PAR L'ACIDE CHROMIQUE 



l'article du i"' octobre. Je soumettais alors à 
M. Sisley mon travail ainsi que les encres 
d'expérience. 

Il voulut bien les analyser et m'en donner les 
résultats qui ont servi de contrôle aux miens. 

Sans entrer dans le détail des compositions 
de ces différents produits, ce qui pourrait être 
désafjréable à ceux qui les fabriquent, je me 
bornerai à donner ci-dessous, pour chacune des 
encres, le dosage des chlorures exprimé en 
acide chlorhydrique total, libre ou combiné. 

Le n» I contient 0,45 "/o 

— 2 — 1,80 - 

— ;i — Néant. 

— 4 — 0,83 »/o 

— 5 — 1,65 — 

— C — 0,',t8 — 

— 7 — 0,41 — 

Comme on peut le voir, le numéro li seul ne 
contient pas de chlorure, et seul il ne produit 
pas de taches. 

Étant donné que l'apparition des taches s'est 
faite dans l'ordre de concentration des chlo- 
rures, c'est-à-dire que les premières apparues 



ont été déterminées par les numéros 2 et 5, 
ensuite par les numéros -4 et 6 et après par les 
numéros 1 et 7, je puis dire que ces constatations 
sont une nouvelle preuve des conclusions de 
M. Sisley. Du reste, comme lui, j'ai pu constater 
que les tissus les plus rapidement tachés étaient 
teints avec les matières colorantes qu'il a signa- 
lées virant sous l'intluence des oxydants. 

J'ai aussi pu remarquer que les taches se 
développaient plus rapidement sur les étofl'es 
les plus chargées, sans que les moins chargées 
en soient exemptes à la longue. Je dois dire que 
je n'ai pas poussé mes expériences jusqu'aux 
étofl'es non chargées. 

Il n'y avait aucun besoin de venir sanctionner, 
par mes expériences, le travail si complet de 
M. Sisley, mais je suis néanmoins très heureux 
d'apporter, par mon modeste concours, une 
preuve de plus à la solution d'une question qui 
a passionné, pendant si longtemps, toutes les 
industries s'occupant de soierie. 

Cq. Marnas, 

Directeur technique de la Société générale de teinture 
et produits chimiques de Lyon-Charpennes. 



OXYDATION DE L'INDIGO PAR L'ACIDE CHROMIQUE EN PRESENCE 

D'AUTRES ACIDES (i) 

Par M. Maurice PRUD'HOMME. 



L'acide oxalique et l'acide sulfurique forment 
avec l'acide chromique des combinaisons ins- 
tables, où l'oxygène est doué d'une mobilité plus 
grande que dans ce dernier. Ce fait, à lui seul, 
suffirait à expliquer l'accroissement de vitesse 
de l'oxydation de l'indigo par l'acide chromique, 
quand celui-ci agit en présence de ces acides. 
Mais j'ai découvert un autre phénomène, plus 
important peut-être, qui se passe dans ces mêmes 
conditions, c'est la formation d'osone (2). 

Formation d'ozone dans les mélanges de 
l'acide chromique et des acides oxalique 
et sulfurique. — Un mélange de 1 molécule 
d'acide chromique et de 1 molécule d'acide oxa- 
lique brunit et se décompose peu à peu sponta- 
nément; la décomposition est bien plus rapide, 
si la proportion d'acide oxalique augmente. La 
liqueur dégage en abondance un gaz àodeur par- 
ticulière, qui met en liberté l'iode du papier à 
l'iodure d'amidon et bleuit le papier imprégné de 
teinture de gaiac. Ces caractères suftisenl à 
déterminer l'ozone, qui se trouve entraîné par 
l'acide carbonique, produit par l'oxydation de 
l'acide oxalique. 

Une goutte de la solution d'acide chromique 
et d'acide oxalique en voie de décomposition, 
déposée sur du papier imprégné de teinture de 
gaïac, le bleuit, tant que tout l'oxygène dispo- 

(1) Voy. y{. G. M. c, 1903, p. 65. 

(2) ComoHinicatioii faite a la Société industrielle de 
Mulhouse, séance du 25 février 1903. 



nible de l'acide chromi(iue n'a pas été utilisé 
par l'acide oxalique. Si celui-ci est en quantité 
suffisante (au moins 3 molécules pour 1 de CrO'), 
tout l'acide chromique sera réduit et la fin de la 
réaction nettement indiquée par la disparition 
de la coloration bleue sur le papier trempé dans 
la teinture de gaïac. 

Celte production d'ozone concorde avec les 
formules que j'ai données (li.G.M.C, 1903, 
p. G9) des réactions oxydantes de l'acide chro- 
mique. Pour l'acide oxalique, l'équation théori- 
que serait : 



\r{ 



M) -OC 



+ C20''H2==Oa -I- (:i-2(C-'0»,3-|- H-'O 



Comme CrO^ entre toujours en réaction par 

0^ /G — OC 

couples, au lieu de la formule | ,Cr,; |, 

. 0/ \0 — OC 

qui renferme les 20 disponibles, liés entre eux 

et à Cr de la même manière que dans l'acide 

0\ 
chromique | .Cr = 0,il vaudraitmieuxadopter 

0/ 
la suivante : 

CO-0 0-0 0-OC 

I ::;crc; >.tc: I 

co-o 0-0 0-UC 

De cette manière, on conçoit plus facilement 
que si un réducteur s'attaque à un des quatre 0, 



KM PllÉSENCK D'AUTRES ACIDES. 



99 



reliés aux deux Cr, les trois autres se condensent 
en ozone. 

Avec l'acide sulfurique les choses ne se passent 
pas de même. Une solution renfermant, par 
exemple, I i^r. acide chromi(|ue, 40 gr. eau cl 
()l) gr. acide sulfurique à (Ui", n'agit pas sensi- 
blement, ni à froid, ni ù chaud, sur le papier 
imprégné de teinture de gaïac. Le résultat est 
également négatif, si l'on étend la solution d'eau. 
La combinaison de l'acide cbro mi que et de l'acide 
sulfurique parait donc fort stable. Mais, vient-on 
H faire intervenir un réducteur lel que l'indigo 
ou simplement la cellulose (colon leint ou non 
en indigo), une réduction et une décrimposition 
partielle se produisent, et le mélange chromi- 
que, qui vient d'agir, donne, quand on l'a étendu 
d'eau, la coloration bleue caractéristique de 
l'ozone avec le papier imprégné de teinture de 
gaïac. 

On peut aussi décomposer la combinaison, en 
ajoutant au mélange indiqué plus haut de la 
soude à ;{8", mais de façon à laisser la liqueur 
acide. Il se dégage en abondance un gaz à odeur 
d'ozone, lileuissant le papier au gaïac Laliciueur 
acide elle-même, étendue, le bleuit fortement. 
Si l'on ajoute un excès de soude, la solution de- 
vient jaune verdàlre el laisse déposer de l'oxyde 
de chrome vert, qu'on sépare par liltration. Le 
liquide liltré renferme du chromate neutre el du 
sulfate de soude. Cette curieuse réaction se for- 
mulera ainsi: 



rO 0-0 I 

LO 0-0 J 



= 0^ +2Cr(0lip 

-|-2CrO*Na2-f-4SOiNa2H-;iH-0 

Nous fer(ms remarquer qu'il serait plus ra- 
tionnel de représenter la combinaison de l'acide 
cliromique cl de l'acide sulfurique par la for- 
mule : 

(t— 0-0 0-0 

-o o— o 0-0 

analogue à celle que nous avons donnée pour la 
combinaison de l'acide chromique et de l'acide 
oxalique. 

De l'ensen)ble des faits exposés, on peut tirer 
les conclusions suivantes : Le plivnomène d'Iiy- 
periixyddlinn provient non scnle>nenl d'une 
ufcélérntinn de vitesse, due à t'inslabiliti' des 
romposés formés par l'aride c/womit/ue, mais 
encore d'un accroissement d'énerf/ie, dû à ce 
que /'o.vi/i/ène se dc'i/arje de In combinaison, sous 
forme d'ocone. 

■Vitesse de réduction de l'acide chromi- 
que par un excès d'acide oxalique. — J'ai 
repris les essais de réduction de l'acide chro- 
mique, par un excès d'acide oxalique, c'est-à- 
dire par une quantité supérieure à 3 molécules 
pour 1 molécule d'acide chromique, en me ser- 
vant de la coloration bleue que prend le papier 
imprégné de teinture de gaïac avec une goutte 
du liquide, pour suivre la marche et la tin de la 
réaction : celle-ci est indiquée par la disparition 



de la couleur bleue. Celte méthode est plus sen- 
sible et plus rapide que celle qui a été indiquée 
précédemment (II. (I. M. C, 1903, p. 70). 

Il est important d'opérer avec des concentra- 
tions telles, que les réactions ne se fassent ni 
trop lentement, ni trop vile. Cette question de 
temps et la solubilité de l'acide oxalicjue impo- 
sent des limites à l'extension des séries d'essais. 
J'indiquerai chaque l'ois, comme exemple, un 
des nombreux essais qui ont été faits. 

Pour étudier l'influence de la concentration, 
le volume de la solution variant, mais les quan- 
tité d'acide chromique et d'acide oxalique res- 
tant constantes, on a préparé les solutions sui- 
vantes : 

N» 1. .N"2. N" i. 

Al-. cliiciini(|ue I 1 ] 

Ac-. oxalhjue 7,50 7,:,0 T.jG 

Eau 150 100 50 

Elles renferment le même poids d'acide oxa- 
lique et d'acide chromique (U molécules de l'an 
pour 1 molécule de l'autre) sous des volumes 
3 — 2— i. 

Les temps observés pour la durée de la réac- 
tion ont été 21 — lo — 7 minutes. 

V La vitesse de réduction de l'acide chromique 
par l'acide oxalique est en raison inverse du 
volume de la solution, ou de la dilution. 

Pour étudier l'influence de quantités variables 
d'acide chromique en présence de quantités 
constantes d'acide oxalique et de dissolvant, on 
a préparé les solutions suivantes : 

N- I. N» i. ,N" 3. 

«'•• %'■ gr. 

Ac. cliromique 1,5 1 0,5 

Ac. oxatique 7,5G 7,5(1 7,5G 

Eau .. 100 10(1 100 

Elles renferment 4 — B — 12 molécules d'acide 
oxalique pour 1 molécule d'acide chromique. 
Les temps observés ont été de 30 — 13 — 10 mi- 
nutes. Les poids de l'acide oxalique, excédant 
3 molécules, sont proportionnels aux nombres 
1 — 2 — 3. Les nombres de molécules d'acide 
oxalique en excès sur 3 molécules sont propor- 
tionnels à 1 — 3 — 9. Les points d'acide chro- 
mique sont proportionnels à 3 — 2 — 1. 

En représentant ces diverses quantités par /, 
p, m et r, on aura simultanément: 

pt = K cm/ ^= K' 

K et K' étant des constantes. Ces relations s'énon- 
cent : 

2" La vitesse de réduction de quantités varia- 
bles d'acide chromique par une quantité cons- 
tante d'acide oxalique (à volume constant) es 
proportionnelle au poids de l'acide oxalique qui 
excède celui des .'! molécules nécessaires à la ré- 
duction, ou bien proportionnelle au poids de 
l'acide chromique et au nombre de molécules 
d'acide oxalique ([ui excède celui des 3 molé- 
cules nécessaires à la réduction. 



100 G. ROSSEL. — PROPRIÉTÉS OXYDANTES DES MÉLANGES D'ACIDE CHROMIQUE 



Celte relation m'a amené à mettre en doute 
l'exactitude de celle que j'avais énoncée anlé- 
rieurement(/? G. M. C, 1903, p. 70), sur la pro- 
portionnalité de la vitesse de réduction de l'acide 
chromique au carré du poids de l'acide oxalique- 
Far une curieuse coïncidence, les deux séries de 
nombres se trouvaient être proportionnelles, 
comme je l'ai constaté après coup, et satisfaire 
à la fois aux deux relations. Parmi les essais 
que j'ai faits à nouveau, je citerai le suivant: 

N" 1 . N» 2. > 3. 

g'-- gr- g"-- 

Ac. chromique 1 1 l 

Ac. oxalique ;>,0i 7,50 10,08 

Eau 100 100 100 

Les solutions renferment 4 — — 8 molécules 
d'acide oxalique pour 1 molécule d'acide chro- 
mique. Les temps observés ont été de 45 — lo 
— !t minutes. Les excédents en poids d'acide 
oxalique sur 3 molécules sont proportionnels à 
1 —3 — 5. 

3° La vitesse de réduction d'une même quan- 
tité d'acide chromique par des quantités varia- 
bles d'acide oxalique (à volume constant) est 
proportionnelle au poids de l'acide oxalique qui 
excède celui des 3 molécules nécessaires à la 
réduction. 

L'ancienne relation, incompatible avec cette 
dernière, doit être considérée comme nulle et 
non avenue. 

Enfin, on déduira de ces diverses relations la 
relation générale : 

La vitesse de réduction de l'acide chromi(jue 
par l'acide oxalif/ue est proportionnelle au 
poids de racidechroniique et au nombre de mo- 
lécules d'acide oxalique qui excède 3, et in- 
versement ])roportionnelle ù la dilution. 

N. B. — 11 s'est glissé deux erreurs dans mon der- 
nier article. Au lieu de /, page 69, ligne 3, lire 2, 
et au lieu de faihlei, page 60, ligne !! en remontant, 
lire fortes. 



EnLEVAGES sur bleu cuvé au CIlROiMATE, 

AVEC AODITIO.N d'oXALATE OU DE FERRICYANUHE 

DE POTASSIUM. 

(Éch. n"' 25 et 26.) 

Parmi les couleurs que nous avons indiquées 
[li. G. M. C, p. 07 et 081, où l'addition au chro- 



malc doxalale de polasse ou bien de prussiate 
rouge permet de ronger le bleu d'indigo, par 
un simple passage en acide sulfurique peu con- 
centré, nous avons choisi et fait imprimer, pour 
les lecteurs de la Reçue, celles dont voici les 
recettes : 

lilanc o.ralale. 

100 gr. blanc n. 

37 — oxalate neutre de polasse. 
SCS — eau de britishgum. 

Cette couleur renferme 1 molécule d'acide, 
chromique pour 1 molécule 1/2 d'acide oxa- 
lique. 

Bliinc priissiale. 

100 gr. blanc R. 
58 — prussiate rouge. 
8i2 — eau de britishguni. 

Cette couleur renferme 1 molécule d'acide 
chromique pour 2/3 de molécule d'acide ferri- 
cyanhydrique. 

ISkinc H. 

500 gr. bichromate de soude. 
370 — eau chaude. 
130 — ammoniaque à SI". 
300 — britishgum. 

I 000 

Ces couleurs ont été imprimées sur un bleu 
cuvé renfermant environ gr. o d'indigo par 
mètre carré. 

Passage à oO" dans : 

1000 eau. 
100 S0M12 a ce». 

Une couleur renfermant 100 blanc R et 000 
eau de britishgum, dans les mêmes conditions, 
ronge très mal. 

Comme nous l'avons indiqué, le blanc de la 
couleur avec prussiate a un ton crème. 

Nous nous réservons d'appliquer cette même 
méthode aux enlevages colorés sur bleu cuvé. 



Les échantilkins qui accompagnent cet article ont 
été exécutés dans l'établissement d'impression de 
.M. L. Besselièvre, à Maromme (Seine-Inférieure) par 
les soins de son chimiste, M. Michel. Nous lui adres- 
sons nos sincères remerciements. 



PROPRIÉTÉS OXYDANTES DES MÉLANGES D'ACIDE CHROMIQUE 
AVEC DIVERS ACIDES 



Par M. G. ROSSEL. 



Pour oxyder rapidement et complètement 
l'indigo par le mélange acide chromique et 
acide sulfurique, il est indispensable d'ajouter 
à ce bain de l'acide oxalique. 



Pour voir si cette réaction était particulière à 
l'indigo, j'ai étudié l'action de ces mélanges 
oxydants sur deux autres corps, la cellulose et 
l'indanthrène. 



AVEC DIVERS ACIDES. 



101 



Par les oxydants, la' (•clliilose donne de 
l'oxycellulose, (|ue Ion peut caractériser par 
teinture à IVoid en hleu méthylène : roxyceliu- 
lose se teint, la cellulose non. 

L'indanllirène verdit par les oxyd;ints, et 

(I) (•■!) 

Ac. >iilfMi'ii|iio « M 

Ac. oxiilii|iie KHI .M) 

Hicliroiiiate lie scinde ;i(l .Ml 

Ferroryaiiure do K >. » 

Les quantili'S indiquées ci-dessus s'entendent 
en grammes par litre de bain. 

Jai teint ensuite les échantillons de coton en 



d'autant plus que l'action oxydante est plus 
énerf^ique. 

I^our les premiers essais, j'ai passé du tissu 
de coton, une niiiiulo à l'roiil, dans les hains 
suivants : 



(1) 

Klll 



('1 

Il m 



iiiii 



6» 



l)l(;u méthylène, en môme temps qu'un échan- 
tillon non traité. 
Voici les résultats : 



Tissu mm li-ailé Presiiiie .•ibsoltiineiil lilaiic. 

— passé dans les liaiiis (3), (l), (.S) Coloration à peine plus forte que celle du coton 

non Iraité. 

— — (")i (S) Coloration un peu plus forte que précêdeuiineiit, 

mais encore trrs faillie. 

— — (C) Forle coloration. 

— — (I), (2) Forte coloration, un peu plus intense que celle 

de ifi). 



L'acide oxalique, aussi dans ce cas, auiçmente 
les propriétés oxydantes du mélange chro- 
mique. l'our obtenir une oxydation à peu 
près aussi forte avec SO'H-, il en faut un grand 
excès par rapport à CrO'. — Les acides ferro et 
ferricyanhydrique accélèrent un peu l'oxydation. 

Ces résultats concordent avec ceux de 
M. Prud'homme {R. <!. M. C, 1903, p. 05). D'a- 
près lui, avec les acides oxalique et suU'urique, 
en présence d'acide chromique, il se formerait 
0. ,0-OC 0. /O-O. 

I )Cr/ 1 et I )Cr( /S qui per- 

draient leur oxygène beaucoup plus facilement 

que Crû''. De plus, | ^ Cr<; ^S ne se 

0-- \o-o/ 

formerait qu'en présence d'un grand excès di; 
SO'IP, ce qui explique la grande quantité de 
SO'H^ nécessaire pour obtenir une oxydation 
énergique. 

Ces faits sont en contradiction avec l'idée 
éniise par plusieurs auteurs, que, dans le ron- 
geage de l'indigo, l'acide oxaliiiue servait à pro- 
téger le tissu. M. Dépierre, notamment {Trai/r 
de 1(1 lein/ure cl de l'impression des matières 
colorantes artificielles, t. 3, p. 114), s'exprimi' 
ainsi : 

" Dans la fabi'iiation des bleus ronirés, le 



tissu qui est donc soumis à des actions assez 
énergiques (nous voulons parler du passage en 
acide suU'urique et oxalique), peut quelquefois 
être altéré. Si l'on n'emploie que l'acide suU'u- 
rique, le procédé est économique, mais le tissu 
est toujours alfecté. Si l'on ne se sert que 
d'acide oxalique, la fibre peut être à peine atta- 
quée, le blanc n'est pas toujours suflisant et le 
passage coi'ite beaucoup trop cher. 

Or, l'acide sulfurique seul ronge tout à lait 
incomplètement, à moins d'être excessivement 
Concentré, .^iO "/„. L'acide sulfurique seul n'at- 
taque que très peu le tissu (toujours aux concen- 
trations ordinaires). 

Avec l'acide oxalique, le tissu est attaqué 
beaucoup plus qu'avec l'acide sulfurique seul. 
De plus, j'ai constaté qu'on obtient un aussi bon 
blanc avec l'acide oxalique seul qu'avec le mé- 
lange des deux acides. 

L'indanllirène est très sensible aux oxydants. 
Avec tous les bains précédents, un tissu teint en 
indanlhrène est à peu près complètement jauni. 
Pour obtenir des oxydations ménagées, j'ai 
employé les bains précédents étendus à dix fois 
leur volume primitif. Le passage a toujours été 
de une minute à froid. J'ai pris un tissu sur 
lequel avait été imprimé un fond indanthrène 
assez clair. 

Voici les résultats : 



Tissu non traité Bleu. 

— passé dans (.3), i-i) Vert bleuâtre. 

— — (ô) Vert un peu moins bleu que (5). 

— — {") Vert moins bleu que (5). 

— — (Cl Verl. 

— — (1), "-) Vert très jaunâtre. 

Ces résultats sont d'accord avec ceux obtenus dans l'oxydation de la cellulose. 

(Travail exécuté dans le laboratoire de la maison Gros Roman et C", de Wesscrlinj,'.) 



102 



NOUVELLES COULEURS. 



NOLVELLE CUVE DE BLANCHIMENT SYSTÈME ROBERT WEISS 



L'appareil, construit par M. F. Dehaitre, 
comprend une cuve verticale autoclave, avec 
circulation par pompe et récliauffeur tubulaire, 
dispositifs communs aux appareils de blan- 
chiment en cuve. Mais il est caractérisé par un 
récipii'iU compensateur, situé à un niveau plus 
élevé que la cuve, contenant assez de liquide 
pour maintenir celle-ci complètement pleine, et 
se trouvant en communication h la fois avec la 
partie supérieure et la partie inférieure de la 
cuve. 

Le mode de chargement par paniers élas- 
tiques, composés de lames flexibles en métal 
inoxydable, est aussi spécial. Ces paniers se 
distendent à volonté en diamètre quand on les 
charge de tissus oude matière texlileetépousenl 
parfaitement la forme de la cuve. 

Les principaux avantages de cette cuve sont 
les suivants : 

1° La cuve peut être remplie jusqu'au cou- 
vercle, sans que le tissu puisse jamais sortir du 
liquide. 



2° L'air est évacué automatiquement par 
immersion totale de la cuve et circulation avant 
ébullilion, par suite il n'y a aucun risque d'atta- 
i)uer le tissu. 

3° La circulation est beaucoup plus rapide 
que dans les autres appareils, ce qui permet de 
diminuer la concentration des lessives et le 
temps de cuisson. Celle-ci est bien uniforme et 
l'on peut employer des pressions, des tempéra- 
tures et des concentrations de lessives inusitées 
avec les autres cuves. 

4" Le chargement et le déchargement par 
paniers mobiles est très rapide. Il n'y a pas de 
tassement du tissu pendant l'opération ; les 
plis de cuisson ne sont pas à craindre. 

3" Les lavages peuvent se faire entièrement 
dans la cuve. Une disposition spéciale du 
réchaulTeur tubulaire, qui peut servir de refroi- 
disseur, permet de produire économiquement 
de l'eau chaude pour ces lavages. 



NOUVELLES COULEURS 



Jaunes éclipse G et 3G (Geigij). 

{Éch. n" 21 et 28.) 

Ces colorants jaunes soufrés se teignent 
comme les colorants de cette classe. Pour 50 k. 
de coton en écheveaux, on montera la cuve de 
teinture ainsi : 

1 à 3 k. jaune éclipse G ou 3G. 

2 6 — sulfure de sodium crislallisé. 
2 5 — soude Solvay. 

10 30 — sulfate de soude. 

pour 800 à i 000 litres d'eau. 

Pour continuer les teintures sur le bain pri- 
mitif, on le renforce avec : 

0,6 à 1,8 k. jaune. 

1,2 2,6 — sulfure de sodium. 

1 5 — soude Solvay. 

1 3 — sulfate de soude. 

On teint 1 heure au bouillon, lord et lave 
convenablement. 

Un traitement au bichromate et au sulfate de 
cuivre fonce la nuance. 

Il se donne à 90", et dure 1/2 heure. Le bain 
se compose de: 

1/2 à 1 1/2 o/o bichromate. 

1/2 1 1/2 — sulfate de cuivre. 

2 3 — acide acétique. 

Ce traitement augmente la solidité au lavage 
et à la lumière. 
Les teintures, sans traitement aux sels, sont 



très solides aux alcalis, au fer chaud et au 
frottement. La solidité au lavage et à l'acide 
bouillant est bonne aussi. 

Olive imméiuat B (Cassella et Man. lyon.). 
{Éch. n" 29.) 

Cet olive se teint comme le jaune immédiat D 
et l'orangé immédiate, auxquels on peut l'asso- 
cier en mélange. 

Le traitement au bichromate de potasse et au 
sulfate de cuivre ne modifie pas la nuance des 
teintes, mais, par contre, augmente encore la 
solidité à la lumière déjà très bonne. Celle aux 
acides peut être comptée aussi comme très 
bonne. 

Brun immédi.\t HR iCassella et .Man. Iijon.). 
{Éch. n" 30.) 

Ce brun, colorant soufré pour coton, a une 
nuance rougeàtre el pourra servir à introduire 
un élément rouge dans les nuances mélangées. 
Sa solidité au lavage est très bonne : celle à la 
lumière est augmentée par un traitement au 
bichromate de potasse et au sulfate de cuivre, 
qui ne modifie que légèrement la nuance. Il 
convient très bien pour la teinture du colon en 
flottes, en bourre, en chaînes, en pièces, ainsi 
que pour la teinture en appareils. Enfin, il 
supporte très bien la teinture de la laine en 
bain acide. 



N" 76 



REVUE GÉNÉRALE DES MATIÈRES COLORANTES 

ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 

Tome VU. |" Avril 1903. 

CARTE D'ÉCHANTILLONS N» i. 




N' i'i. — Indigo iuni;é au ihroiuate et à l'usalati.'. N" iO. — Indigo rong.- au chroniate et au prussiate 

en SÛ'fl- à 10 0. rouae. en Sû'H- à 10 0. 




N' M. — Grenat dianile B 3 0/0 . N° 3:. — Grenat dianile G 3 0. 

{Meisler. Lttcius el [Brùning.) 



REVUK DES JOURNAUX. 



103 



La teinture se fait avec 8 à 10 "/o Ju poids du 
colon en colorant et on emploie par litre : 

S gr. C(J»N.ii. 
3 à 5 gr. NasS. 
20 à 40 gr. NaCI. 

On peut donner un traitement au iiicliromate 
et à l'acide acétique, ou au hiciiroinale, au sul- 
fate de cuivre et à l'acide acétique, mais il n'est 
pas indispensalde. 

CiRKN.ATs DiAMLE G et ]i(.)/cis/cr Liifiiis Uni II iii;/). 

lÉc/i. n" 31 et :il'.) 

Ces deux nouveaux colorants directs s'em- 
ploient sur le colon di'houilli, à raison de 1 à 
3 k., 2 k. de sel de soude et 'M k. de sel marin 
ou de sulfate de soude, pour 100 k. de colon, à 



une température voisine de l'ébuUition pendant 
environ 1 heure, il est bon de teindre dans des 
cuves en bois ou en fer, le cuivre rendant la 
nuance plus jaune. 

Comme ces colorants se dissolvent bien dans 
l'eau, ils s'emploient très bien pour la teinture 
sur canettes et l.i leinture en appareils uiéca- 
nuiues. Ils unissent très bien et sont aptes à 
donner des nuances modes par mélange avec 
d'autres colorants. 

On peut les employer pour la teinture sur 
mi-soie et sur mi-laine. 

Les deux marqu(!s, ronj^ées au sel d'étain, 
donnent un bon blanc. 

La solidité au lavage est celle de la plupart 
des couleurs rouges directes; aux acides et à la 
lumière, la solidité serait supérieure à celle des 
couleurs de même nuance. 



REVUE DES JOURNAUX 



PRODUITS CHIMIQUES 

ACIDE GLYCOLIQUE (L') dans le luordan- 
çage de la laine, par M. M. J.XMESON {Tcxlile 

Colorist). 

L'acide glycolique ou acide oxyacélique C11-. 
Utl.CG'H se prépare par divers procédés trop coû- 
teux et d'un intérêt purement scicntilique. Le seul 
qui donne un bon rendement et sans grands frais 
consiste à réduire l'acide oxalique en solution jiar 
l'hydrogène naissant, au mo\en du zinc et de l'acide 
sulfurique. Après purilication, l'acide glycolique 
ainsi obtenu est incolore, il ne renferme pas de 
matières goudronneuses et n'a pas la désagréable 
odeur de l'acide lactique du commerce. 

On pourrait aussi préparer l'acide glycolique par 
réduction éleclrolylique de l'acide oxalique. 

Pour le mordançage de la laine au moyen du 
bichromate de potasse, l'acide glycoli(iue laisse loin 
derrière lui l'acide tarlrique. I^c mordan(;age se fail 
même plus rapidement qu'avec l'acide lacticpie; le 
pourcentage de chrome lixé est élevé, l'acide chro- 
mique est bien réduit, car la libre a ime couleur vert 
pâle, et lu bain s'épuise bien, car il ne donne pas de 
précipité avec l'acétate de plomh. line partie d'acide 
glycolique cristallisé réduirait i fond trois parties 
de bichromate. La laine resterait douce au toucher, 
le mordanrage se faisant rapidement et pas à trop 
haule température; la libre ne se feutrerait pas. 

R. 

ACIUEFORMIQlEl'abric-alioii industrielle 

de r , par M. M. (;OLUï«4:ilMII>T Cliemikcr '/.eit., 
IWI, p. .i'.i). 

L'acide formique se prépare en distillant un 
mélange d'acide oxalique et de glycérine. En I8S0, 
Merz et Weith brevetèrent un nouveau ^)rocédé de 
préparation de l'acide formique, (pii consistait à 
faire passer de l'oxyde de carbone sur de la chaux 
sodée. M. (loldscbmidl croit avoir résolu les difli- 
cultés que présentait l'application île ce procédé en 
faisant agir l'oxyde de carbone ^ous pression sur de 
la soude caustique en [loudie. 

On pourrait obtenir ainsi le formiate ou l'acide 



formi(iue libre à des prix qui permettraient de con- 
currencer l'acide acétique. 

Tout récemment (h. G. M. C, 1002, p. 319) 
.M. 0. Piequet exposait les nombreux usages que 
l'acide formique et ses sels (Al, U.r, Sn) pourraient 
avoir pour l'impression el la leinture du coton, de 
la laine el de la soie. 

La préparatien de l'oxyde de carbone pur, qui se 
fait dans les laboratoires par l'action de l'acide sulfu- 
rique concentré sur le fiirmiate de soude, devient 
ainsi possible et facile. Les procédés par l'acide 
oxalique, le prussiate ou le passage de l'acide carbo- 
nique sur du charbon chauffé au rouge, seront 
avantageusement remplacés. 



FIBRES TEXTILES 

SOIE AKTIFICIELLE DE VISCOSE (Sur la), 
par .MM. K. SUVEKN el F. MACH {Fàrber-Zeitung, 
1903, p. iii). 

Dans ces essais, la soie de viscose non blanchie 
perditdansl'éluveàeau, à 98",t<,44 "/„ de son poids ; 
la soie blanchie, 1 1 "/„. Mais, au contact de l'air, elles 
reprirent an bout d'un à deux jours 87 à 88 °/|, de 
l'eau quelles renfermaient avant séchage. 

La teneur en cendres de la soie non blanchie 
étant de 0,40 "/(,, celle de la soie blanchie se trouva 
un peu plus élevée, 0,o8''/o. La solution des cendres 
dans l'eau présentait une réaction alcaline. Pour la 
soie non blanchie on y trouva un peu de chlore, d'acide 
sulfurique, des traces de fer et d'aluminium, de la 
chaux en quantité un peu plus notable. Les cendres 
de la soie blanchie renfermaient plus de chlorure 
que celles de la soie non blanchie, mais pas d'acide 
sulfurique, el de très faibles quantités de 1er, d'alu- 
minium el de chaux. 

La présence du soufre, assez probable d'après le 
mode de préparation de cette soie, ne fut pourtant 
pas constatée. 

Dans les réactions qui vont suivre, les deux sortes 
de soie se comportèrent presque identiquement. 
La soude caustique concentrée, à part un certain 
gonllemenl, ne produisit pis delfet même à l'ébul 



«04 



REVUE DES JOURNAUX. 



lition. l'ne lessive de potasse à 40 "/„, même à 100°, 
ne mollira pas d'action appréciable. 

Le chlorure de zinc à 38 °, <, n'agit pas à froid. 
.\ chaud, la liqueur commença à bouillir à 112° ; la 
soie blanchie se trouva dissoute à liti", la soie non 
blanchie à iH". 

La solution concentrée d'oxyde de cuivre dans 
rammoniai|ue dissout les deux soies à froid sans 
résidu. Dilué, le réactif gonfla fortement la libre, 
mais ne l'attaqua que superlicicllcmcnt. Une solu- 
tion concentrée d'oxyde de nickel dans l'ammo- 
niaque agit (le même. 

La solution alcaline de cuivre dans la glycérine, 
à part un certain gonflement, n'eut pas d'cfl'et, 
même à chaud. La liqueur de Kchling n'attaqua 
pas non plus la soie de viscose. 

L'acide nitrique concentré dissout les deux soies 
un peu avant la température d'ébullition. L'acide 
chromique à 20" „ donna à l'ébullition une solution 
de couleur fonci'e. Une solution à 40",,, n'opéra pas 
la dissolution, même après une ébullilion prolongée, 
mais attaqua fortement la soie. 

Leréactifde .Millon ne produisit pasdcchangement 
appréciable, même à l'ébullition. 

L'iodure de potassium ioduré donna à la soie 
une nuance violet brunâtre que l'eau enleva. Une 
solution de dipbénylamine dans l'acide sulfurique 
concentré ne donna à la soie qu'une faible nuance 
jaune. 

Ces caractères chimiques n'établissent pas de 
distinction bien nette entre la soie de viscose et les 
autres soies artificielles, surtout celle qui provient 
de la dissolution de la cellulose dans la solution 
ammoniacale d'oxyde de cuivre. .Mais l'examen au 
microscope permet de distinguer nettement la soie 
à la viscose des autres soies. Ses tils, en coupe trans- 
versale, préservent en effet des formes à angles vifs 
tout à fait caractéristiques, surtout si l'on n'opère 
pas avec des fils simples. 

H. 

F01{.MATI0X DE TACHES (Sur une) sur 
(Issus de soie, par JhM. G. v. GEORGIE VICS et 

A. MULLER [Zeits. Ptirbcn ii. Tcxlil-Clianie, 1003, 
p. 78). 

Dans un travail très remaniué, |>aru dans la 
H.G.M.C. (1002, p. 230), M. Sisley attribuait au 
sel marin la formation des taches spontanées qui 
se forment sur les tissus de soierie et fusent les 
étoffes. Les auteurs croient pouvoir, dans certains 
cas, leur assigner une autre origine. 

Us ont trouvé que toutes les parties des tissus 
tachés renferment du fer en petite quantité. Au\ 
. endroits tachés, le fer est principalement à l'état de 
sesquioxyde ; aux endroits sains, presque e.xclusive- 
ment à l'état de protoxyde. Des étolTes de soie qui 
ne présentaient pas de taches rougeàtres. mais 
avaient été teintes ou avaient été chargées comme 
les étoffes attaquées, renfermaient toutes du fer, 
surtout à l'état de protoxyde. Les quantités de Ter 
trouvées par un grand nombre d'analyses colori- 
métriqucs furent les suivantes : 

-Nuance cardinal, sans taches (i,0010â "/„ 

.Nuance violet rouge, taches et dé- 
chirures 0,0117 — 

Nuance bleu ciel, sans taches O,0oril — 

— très tachée 0,i'l02 — 

L'augmentation de la quantité de fer correspon- 
drait à la présence des taches. 



On a constate iiue les tissus de suie avariés ont 
presque toujours été teints en colorants basiques. 
Les auteurs font remarquer que la teinture se fuit 
en bain faiblement acide, incapable de dissoudre 
et d'éliminer le fer préexistant dans la soie. 

Pratiquement, il faudrait arrivera éviter le contact 
des tissus de soie avec le fer sous toutes ses formes, 
ce qui semble bien difficile. Mais on pourra obvier à 
la présence du fer dans les bains de perchlorure 
d'étain, en le transformant par le sel d'étain en sel 
de protoxyde, que la soie ne fixe qu'à l'état de traces. 
Quant aux bains de silicate, on y ajoutera de l'eau 
oxygénée pour transformer tout le protoxyde de fer 
en peroxyde. Enfin, il est préférable d'aviver les 
nuances à l'acide sulfurique f[u'avec l'acide acétique 
ou l'acide tartrique. 

R. 

BLANCHIMENT 

CIII.ORUKE DE CHAUX Action du) et de 
i'aoide liypocliloreux sur les métaux, par 

M. D. wilITE [Soc. of Clicmicnl Imhtslvn, 1003, 
p. 132). 

(Juand, dans le blanchiment des toiles, des par- 
celles de fer non oxydé se trouvent dans le bain de 
chlorure de chaux en contact avec la libre végétale, 
il se produit une vive réaction, dont le résultat est 
d'affaiblir la fibre, avec formation detrous aux points 
où elle touchait le for. 

Des essais avec le fer portèrent soit sur la toile 
blanchie, soit sur du papier-filtre de cellulose pure, 
qu'on plongeait dans une solution de chlorure de 
chaux {d = 1 ,04). Le gaz qui se dégageait de l'appa- 
reil (1) était recueilli et mesuré. C'était de l'oxygène 
ne renfermant que des traces d'azote, provenant de 
l'air dissous dans la solution de chlorure de chaux et 
entraîné par l'oxygène. La cellulose, bien lavée, fut 
traitée par le bisulfite de sodium et lavée, puis 
teinte à froid dans une solution de bleu méthylène 
à 1/2000. Les trous présentaient à leurs contours 
la coloration caractéristique de l'oxycellulose. 

Action du clilorure de chaux sur les métaux. 

Fer. — La réaction commence immédiatement, 
avec formation d'un abondant précipité d'oxyde de 
fer hydraté. La li(|ueur ne renfermait pas de sel de 
fer, ni de chlore. Le volume d'oxygène recueilli en 
'è8 heures était d'environ 'jOO c. c. 

Étnin. — Les seuls produits de la réaction sont 
l'acide stannique erioxygène. Le volume de gaz 
dégagé en 00 heures était de 40 c. c. 

Cuivre. — L'action se produit lentement ; un 
oxychlorure vert de cuivre et l'oxygène sont les 
produits de la réaction. Le volume du gaz était 
dans les 12 premières heures de 60 c. c. ; dans les 
12 heures suivantes de 70 ce, et enfin, dans une 
troisième période de 12 heures, de '\'\ c. c. 

Arsenic. — 11 se produit de l'arséniate de calcium 
et de l'oxygène, et pas de chlore. Dans les premières 
72 heuresil s'est dégagé od c. c. de gaz, et dans les 
72 heures suivantes, 60 c. c. 

Mckcl. — Le nickel est rapidement attaqué, avec 
formation d'oxyde de nickel hydraté et un rapide 
dégagement de gaz. On en recueillit en 12 heures 
100 c. c. renfermant 97,0 "/o d'oxygène. Ce gaz 
évacué, et l'appareil rempli à nouveau de solution 

(1) L'appareil, qui servait à tous les essais, se trouvait 
dans une chambre obscure à lî-Iô". 



REVUK DES JOURNAUX. 



103 



d'hyporhlorite, le dégagemont de i;;i/. dt^vinl lieau- 
coup plus rapide. On en lecueillil idOc. c. dans les 
12 heures suivantes. Ce résullat est dû cerlaine- 
menl àl'aclion de l'oxydc-de nickel sur le chlorure 
de chaux. 

Cobiill. — La réaction inaiciie |)lus viteiiu'avcc le 
nickel, il se forme de l'iiydrate (ro.xydede colialt et 
de l'oxygèue. Kn 2 heures on recueillit 11(1 c. c. de 
gaz, et dans les 12 iireniières heures ;iOO c. c; dans 
les V heures suivantes, il s'en dét,'ugea 130 c. c. 

Aliiminiuin. — L'aluminium est rapidement 
attaqué, avec un vif dégagement (VhydroQi'ne, 
quand il est en lils. S'il est sous formes de ruhans, 
l'allaque est lente. Il faut ciiui à six jours pour 
recueillir W à :iO c. c. de gaz. Il se forme de l'alu- 
niinate de calcium. L'hydroj^ène renferme de faibles 
quantités d'oxygène et d'azote provenant de l'air 
dissous dans la liqueur. 

Maijm'fium. — Sous forme de rubans ou de petits 
morceaux, le métal est atla([ué très rapidement, avec 
un vif dégagement d'hydrogène et un précipiti' de 
magnésie hydratée. Kn 12 heures il s'est dégagé 
:>00 c. c. de gaz. 

Aniimoinc, plcmli, zini' il ctiilminm. — L'antimoine 
cl le cailmium ne sont pas attaqués; le plomb est 
un peu attaqué au bout de quelques jours, par suite 
du fer qu'il renferme comme impureté. Il en est de 
même «lu zinc, par suite de la présence de l'arsenic. 

Action de la lumière sur les solutions de 
chlorure de chaux. 

Tous ces essais ont été faits à l'abri do la Iniiiière, 
qui, comme l'avaient montié des essais préliminaiies, 
produit un dégagement de bulles de gaz. Les résul- 
tats d'un essai de longue diin'e fait sur .'iOU r, c. do 
solution de chlorure de chaux de densité 1,06, au 
mois de février, furent les suivants : Pendant la 
première semaine d'exposition à la lumière, par un 
ciel nuageux et un temps couvert, pas de dégage- 
ment de gaz. Le huitième jour, ensoleillé, il se dé- 
gagea V c. c. de gaz. Le neuvième jour, temps 
couvert, extrêmement peu de gaz. Le dixième jour, 
temps pluvieux, dégagement de gaz arrêté com])lète- 
ment. Les onzième et douzième jours, temps clair 
et dégagement de gaz rapide. Le treizième jour, 
temps couvert. Les ;i() c. c. de gaz recueillis dans ce 
laps de temps renfermaient : oxygène 91,4 "/o, 
azote S,0 »/„. 

L'appareil fut rempli à nouveau delà même solu- 
tion de chlorure de chaux et exposé à la lumière. 
Durant la semaine entière, claire et ensoleillée, le 
dégagement total de gaz fut de 80 c. c. renfermant : 
o.\ygène 90,3 "/„, azote 3,7 "/„. 

Action de l'acide hypochloreux sur les 
métaux. 

L'acide hypochloreux était préparé pour chaciue 
essai, exempt de chlore el d'acide chlorhydrique. 
A cet elfet, de l'eau contenant en suspension de 
l'oxyde de mercure fraîchement préciiiité était satu- 
rée de chlore. Le liquide lillré était distillé jusqu'à 
ce que le quart de son volume eût passé : cette 
partie était redistillée en présence de carbonate de 
chaux précipité. 

Tous les essais furent faits dans une pièce obscure, 
vers 12 à iï". 

Fer. — D'après Balard, il se formerait du sesqui- 
oxyde de fer, du chlorure ferri{|ue, et il se dégagerait 



du chlore. L'auteur a Irouvé en plus de l'hydi'ogène. 
Le fer commencerait par être oxydé, av(!c formalioii 
de beaucoup d'oxyde hydiaté ; jinis, l'acide clilor- 
hydri(|ue, produit de r(>duction de l'acide hypochlo- 
reux, réagit sur l'oxyde de fer, le fer et l'acide hypo- 
chloreux, en donnant naissance à du chloiurc 
ferrique, de l'hydrogène et du chlore. 

Èlain. — {'"raichement préparé, l'acide agit inimi'- 
diatenienl, mais avec lenteur, sur l'étain ; on le 
constate, à suivre la formation d'un précipité blanc 
d'acide stannique; on m; constate pas de dégagement 
de gaz, mais le li(pn(le rcidernie du chlore. La réac- 
tion semble être une simple oxydalion de l'étain 
donnant de lai-ide stannique, avec r('duction de 
l'acide hypochloreux en acide chlorhydrique et 
dégagement du chlore. 

Cuivre et arsenic. — Avec le cuivre, il se forme du 
chlorure cuivrique, un oxychlorure et il se dégage du 
chlore, mélangé d'un peu d'oxygène. Dans le cas de 
l'arsenic, il y a formation d'acide arsénique, d'un 
peu de chlorure d'arsenic et de chlore. 

Xirlicl cl cobalt. — La réaction se fait vivement 
avec formation d'hydroxyde du métal et d'acide 
chlorhydrique. Celui-ci réagit àson lour,donne avec 
l'o.xyde un chlorure el avec racid(; h\ pochloreux du 
chlore. L'oxyde el l'acide hypochloreux donnent de 
leur côté de l'oxygène. 

Atuminiarii. — L'aluminium ne s'attaque que très 
lentement. Les produits sont de l'hydrate d'alumine, 
de l'hydrogène el duchlore. Si on emploie un excès 
de métal et qu'on liltrequand le dégagement de gaz 
a cessé, et qu'on expose le lii|iiide liltré à l'action de 
l'air, ou mieux, qu'on y fasse passer un courant 
d'acide carbonique, il se dépose de l'alumine, ce qui 
indique la présence dans la liqueur d'h\ pochlorilc 
d'aluminium. 

ilaniir'siniii. — Ce métal se dissout très rapide- 
ment avec un vif dégagement d'hydrogène et forma- 
tion d'hypochlorite de magnésium. 

Action des solutions d'hypochlorite sur le lia 
en présence des métaux. 

Les essais précédcids ont montré que le fer, l'étain, 
le cuivre, le nickel el le cobalt donnent lieu à un 
dégagement d'oxygène. Il s'agissait de vérilier si ces 
dilTérenls métaux, remplaçant le fer dans les condi- 
tions ordinaires du blanchiment, jjroduisenl sur la 
fibre des efl'ets analogues. 

Dans le cas du nickel el du cobalt, l'oxydation de 
la cellulose, ralla(iue de la libre se fit très rapide- 
ment : le cuivre donna, mais à un moindre degré, 
des résultats analogues. Avec l'étain, la formation 
d'oxycellulose ne put pas être démontrée avec certi- 
tude, bien que la libre fût attaquée. Les essais avec 
l'aluminium et le magnésium montrèrent que leur 
contact avec le lin dans une solution d'hypochlorite 
n'a pas d'action nuisible sur la libre. 



DK<;R.VISS.VGE de la laine par les dis- 
solvanlK DyerCalico Printcr, 1903. p. 23). 

Pour dégraisser la laine au moyen des dissolvants, 
on la traite en autoclave par la benzine légère, 
l'essence de pétrole, le sulfure ou le tétrachlorure de 
carbone. Un nouveau procédé met en œuvre les gaz 
comprimés pour faire circuler les dissolvants à tra- 
vers la laine. L'opération se fait tout entière en 
vase clos : les pertes de vapeurs du dissolvant el les 
chances d'incendie sont ainsi écartées. Le gaz em- 



106 



REVUE DES JOURNAUX. 



ployé est un gaz inerle, comme l'acide carbonique, 
qui ne forme de mélange explosif ni avec l'air, 
ni avec les vapeurs des dissolvants employés. 

Ce procédé de nettoyage et de préparation de la 
laine pour la teinture et la filature présente une 
grande imporiance, et est bien supérieure à l'an- 
cienne méthode, qui a recours au savon et aux 
solutions alcalines. 

En 189o, une installation de ce genre aélé montée 
à l'usine d'Arlington de Lawrence (Mass. . Elle pou- 
vait traiter oOOOO livres de laine brute en 10 heures. 
.\près six années d'expérimentation du procédé, la 
fabrique d'Arlington construisit une nouvelle ins- 
tallation, capable de dégraisser 200 ;i 230 000 livres 
de laine en 10 heures. L'économie réalisée par l'em- 
ploi du nouveau procédé peut être évaluée à 1 penny 
par livre de laine brute. Ses avantages consistent 
dans la suppression du savon ; dans le plus grand 
rendement en laine, puisqu'il n'y en a pas de dissoute 
par le savon ou les alcalis ;dans la meilleure qualité 
de la laine, qui se laisse mieux carder et peigner; 
dans le plus grand rendement aux cardes, peigneuses, 
métiers à liler: dans l'apparence et la douceur 
acquises par la fibre; enfin dans l'élimination des 
corps gras et la récupération de la potasse. Les frais 
de l'opération du dégraissage, main-d'œuvre, dissol- 
vant, force motrice, amortissement, seraient plus 
que couverts par l'économie de savon. 



IMPRESSION 

COULEURS D'I.MPRESSIOX sur soie Dyer 
Calico l'rintei-, 1903, p. SI. 

Jaune d'or. — On obtient une belle nuance jaune 
d'or en imprimant une couleur composée de So gr. 
Jaune diamine CP, .Stî"i gr. eau, .'iiio gr. dextrine, 
li;)r) gr. eau de gomme, et 22o gr. acide acétique. 
Vaporisage de quelques minutes après l'impression. 

Orange ronge vif. — On imprime une couleur ren- 
fermant 92 gr. Orange diamine F, 710 gr. eau, 
453 gr. dextrine, 1135 gr. eau de gomme, et 225 gr. 
acide acétique. 

Èoulale. — La couleur est faite avec 83 gr. Écar- 
late diamine 3B, 565 gr. eau, 565 gr. dextrine, 
1135 gr. eau de gomme et 225 gr. acide acétique. 

Vert olive foncé. — Imprimer une couleurfaite avec 
85 gr. Vert diamine B, "00 gr. d'eau, 565 gr. dex- 
trine, 1135 gr. eau de gomme et 223 gr. acide acé- 
tique. 

Rouge ceiise. — Couleur composée de 85 gr. Rouge 
solide diamine F, 710 gr. eau, 565 gr. dextrine, 
1135 gr. eau de gomme et 225 gr. acide acétique. 

Jaune citron foncé. - Imprimer une couleur ren- 
fermant 113 gr. Jaune d'anthracène GG, 1135gr. eau, 
915 gr. brilishgum, 56 gr. Quorure de chrome, et 
565 gr. eau. Vaporisage d'une demi-heure après 
l'impression. En se servant du Jaune d'anthracène Bi\ 
dans les mêmes conditions, on obtient une nuance 
plus jaune d'or. Les deux couleurs s'associent bien, 
et peuvent donner une grande variété de tons jaunes 
par leurs mélanges. 

lirun doré. — Couleur renfermant 170 gr. de Brun 
d'anthracène acide G. 1135 gr. eau, 680 gr. british- 
gum, 100 gr. fluorure de chrome, 40 gr. oxalate d'am- 
moniaque et 565 gr. eau. Vaporiser 1 heure 1 /2. En 
se servant du Brun d'anthracène acide N de la même 
manière, on obtient une nuance jaune brun, tandis 
que le Brun d'anthracène acide B donne une belle 
nuance brune. Ces bruns peuvent être mélangés 



avec les jaunes d'anthracène et le noir d'anthracène 
au chrome 5B, pour donner toute une série de 
bruns, olives, marrons, etc 

Jaune canari fonci'. — La couleur contient 283 gr. 
Jaune d'anthracène C, 425 gr. eau; 113:. gr. eau de 
gomme, 565 gr. dextrine et 70 gr. oxalate d'ammo- 
niaque. Vaporiser 1/2 heure. 

Xoir. — Le noir se compose de : 200 gr. Noir 
anthracite EG, 85 gr. \'ert \igoureux B, 7 gr. Brun 
d'anthracène acide SW. 1700 gr. eau, 800 gr. british- 
gum, 55 gr. fluorure de chrome et 65 gr. oxalate 
d'ammoniaque. Vaporisage d'une heure 1/2. 

Gris foncé. — Imprimer une couleur renfermant 
115 gr. Noir d'anthracène au chrome 5B, 1135 gr. 
eau, 900 gr. britishgum, 55 gr. fluorure de chrome 
et 565 gr. eau. N'aporisage de 1 2 heure. 

Crème foncé. — Prendre 85 gr. \ert Vigoureux B, 
13 gr. Vert brillant foulon B, 170n gr. eau, 800 gr. 
britishgum, 30 gr. fluorure de chrome. Vaporiser 
1/2 heure. 

Violet vif. — On prend 85 gr. Violet formyl S4B. 
700 gr. eau, 565 gr. dextrine, 1 135 gr. eau de gomme, 
223 gr. acide acétique. 

Vert vif. — Imprimer une couleur renfermant 
83 gr. Vert brillant foulon B, 700 gr. eau, 565 gr. 
dextrine, 1135 gr. eau de gomme et 223 gr. acide 
acétique. 

Bleu vif. — Dissoudre 85 gr. Bleu alcalin R dans 
700 gr. eau : ajouter 565 gr. dextrine, 1135 gr. eau 
de gomme et 225 gr. acide acétique. 

Bleu pâle. — Prendre 85 gr. Bleu formyle B, 
700 gr. d'eau, 565 gr. dextrine, 1135 gr. eau de 
gomme et 225 gr. acide acétique. 

Toutes les couleurs ci-dessus doivent être vapori- 
sées de 12 heure à 1 heure, sans pression, après 
quoi on peut les laver à fond, savonner si nécessaire 
et aviver dans un bain d'acide acétique faible. 

Enlevaijes blanci uu culoréi sur soie teinlc. 

Blanc rangeant. — On empâte 000 gr. poudre de 
zinc avec 1360 gr. d'eau de gomme et 170 gr. glycé- 
rine, puis on ajoute 140 gr. ammoniaque et 340 gr. 
de bisulfite de soude à 38° B. On imprime cette cou- 
leur sur la soie teinte au préalable, on vaporise de 
12 à 3/4 d'heure, savonne et lave. 

Bleu pâle. — La teinture en bleu pâle se fait avec 
0.75 " de Bleu alcalin 6B dans un bain de sulfate de 
soude et d'acide acétique. 

Écarlale. — On teint avec 2,75 »/„ d'Écarlate de 
cochenille 4B à l'êbullition. 

Bleu de ciel. — Teindre avec l,b » » de Cyanol 
extra sur bain de sulfate de soude et d'acide acé- 
tique. 

Écarlate brillant. — Teindre avec 3 " „ d'Écarlate 
diamine B, à l'êbullition, avec un peu d'acide acé- 
tique. 

Brun. — Teindre avec 2,5 " „ de Brun diamine R, 
sur bain de sulfate de soude et d'acide acétique. 

Jaune. — Teindre avec 2,5 '\„ de Jaune d'or dia- 
mine, sur bain de sulfate de soude et d'acide acé- 
tique. 

Vert. — Teindre avec 3 "/,, Vert diamine B, sur 
bain de sulfate de soude et d'acide acétique. 

Les enlevages colorés sur fonds, sont les suivants : 

Rouge sur noir. — Le noir est obtenu en teignant 
avec 8 o/o de Noir naphtylamine 4B, 0,4 °/„ de Jaune 
indien, avec sulfate de soude et acide acétique. L'en- 
levage se compose de 110 gr. Éiythrosine B, 15 gr. 
Thioflavine S, 565 gr. eau. 1135 gr. eau de gomme 
et 1125 gr. d'enlevage TA. Celui-ci est fait avec 
335 gr. amidon, 750 gr. acétate d'étain à 18" B., 



REVUE DES JOURNAUX. 



107 



8')() gr. eau, 4:iO gr. caii de g(iii me cl 4iiO gr. se 
d'élain. 

On vaporise 1/2 heuic, lave el avive. I.e même 
enlevage peut être enniloyé sur vert teint avec .) "/„ 
de Vert dianiine I!. 

Jaune, roitt/e et brun aur verl. — Teindre la soie 
aver i "/„ Bleu diamiiie lîX et 1 ,o Vu Thiotlavine S. 
Pour le blanc, on imprime l'cnlevage au zinr ; pour 
le rouge, comme plus haut ; pour le hrun, on se sert 
du IWiui au tannin 1". et du lileu méthylène nou- 
veau N, de la même manière ([ue pour Tenlevage 
rouge . 

Jaune, verl cl roui/r ^nr bmn. — La soie est teinte 
avec 4 "/o de Brun diamine li, 0,:i "/o Écarlale dia- 
inine H et t,:i "/„ 'l'iiiollavine S. On imprime le blanc 
rongeant, un bleu rongeant au Bleu mélliylène 
nouveau N, et un rouge rongeant à la Salranine. 
Comme la Thiollavine S n'est pas attaquée, on 
obtient un jaune, un vert et un rouge jaunâtre. 

B. 

I.MIMtES8IOK n.VXS LK ItOY.M MK l.M 
(lli!«(oire rfe l'),par M. .1. STIKI,Ii\<; (./. ofSoe. of 
Ihjeis aiid Col.. iWY.i, p. M). 

L'introduction de l'impression des couleurs sur 
calicot en Angleterre remonte à 212 ans. Un Suisse, 
Jacques Deluze, s'établissait en lOOO, comme impri- 
meur, à Richmond-on-Thames. En 1714, il existait 
déjà douze fabriques d'impressions dans les comtés 
de Surrey, Essex et Kent. Les manufacturiers en 
laine et en soie réussirent en 1720 à faire prohiber, 
sous peine d'une amende de 2iiu livres, l'emploi du 
calicot imprimé. De 1720 à 17:!0, les Hollandais fon- 
dèrent un établissement d'impression i .\berdeen ; en 
1732, il y en avait trois dans les environs de cette 
ville. 

La première fabrique d'impression de Olasgow 
date de 1732. Les premicis impiimeurs s'établirent 
dans le Lancashire en 1704, attirés sans doute par le 
bas prix du combustible, la pureté de l'eau, et la 
facilité de se procurer les tissus qui se fabriquaient 
dans le pays: ce furent MM. Claylon. Un manufac- 
turier des environs, Robert l'eel,leur donnaà impri- 
mer pour mouchoirs des pièces manquées au tissage. 
Le facile écoulement de celte marchandise décida 
l'eel à commencer rim|)ression pour son compte. En 
1780, les Peel avaient d'importants établissements à 
Brookside et Cliurch, et peu après en créaient 
d'autres dans tout le pays. En 1783, la fabri(iue de 
Thomas Iloyle s'élevait à Mayfield, et peu d'années 
après celle de Strines et .\shton à Newton, près de 
llyde. 

L'auteur donne ensuite d'intéressants détails sur 
le blanchiment, qui demandait trois mois de temps, 
sur les mordants noir et rouge de 1737. 11 indique 
qu'en 1750 on commença à rentrer au pinceau des 
bleus, verts et jaunes sur la marchandise déjà teinte. 
Jusqu'en I70O on n'imprimait qu'à la main ; à cette 
éiioque fut introduite l'impression à la presse avec 
des planches de cuivre gravées. L'année 1780 voit 
l'introduction de la teinture en rouge turc, apportée 
par un l'rançais à Darralield, près Olasgow. En 1774 
les imprimeurs an^;lais arrivent à faire rapporter 
r.\cle de 1720, et, dès celleé[io(iue, purent imprimer 
des tissus en pur coton. 

En 178n, un Écossais nommé Bell invente l'im- 
pression au rouleau, dans la Monsey Works, |)rès de 
Preston. MM. Livsey, Ilargreaves et t','*', propriétaires 
de celle fabrique, exploitent l'invention sur une vaste 
échelle et leur maison est bienli')l la plus célèbre du 



rovaumc. Cette époque est tnie des plus brillantes 
dc"rimpression et la plus fertile en perfectioime- 
ments aux vieilles mèllioiles et en nouveaux genres. 

En 1810, MM. Henry MonteiUi, de C.lasgow, intro- 
duisent lesenlevages sur rouge turc à la presse, au 
moyen du chlorure dechaux. Thompson dePrimrose 
perfectionne le procédé, en imprimant une solution 
d'acide tartrique épaissie à la gomme el faisant 
passer les pièces en chlorure de chaux. 

L'influence de la chimie commence à se manifes- 
ter dans celte industrie. La formation d'acétate 
d'alumine par double décomposition donne un 
mordant exempt d(! fer, et les rouges garances 
deviennent d'un brillant remai'(iuable. Les décou- 
vertes de J. Mercer, associé de Thompson, sont 
surtout d'ordre chimique : orange d'antimoine, pré- 
paration en slannale, action de la soude sur les ' 
tissus, vaporisageen cuves. La machine à laver fait 
son apparition à la Steiner Prinling Cy. En 1817, 
.M. Steiner est l'inventeur ou le délenteur d'un 
procédé secret pour imprimer les couleurs de coche- 
nille. En 1824, les ombrés sont importés de 
France, etc. 

L'hifitoire de l'Impression à partir ik cette époque est 
bien coyinue, el se trouve relratce m détail dans le 
Traité de l'impression des tissus de J. Persoz. C'est 
avec quelque .sur/wise que nous voyons M. J. Slirling 
attribuer à Tliornpson le procédé d'en'erages sur rouge 
turc, à la cuve décolorante. Le vcritahle inventeur est 
Daniel Kœc'Uin, père de Camille, et grand-père d'Horace 
Kœchlin. Nous renvarons le lecteur à l'ouvrage de Per- 
soz (t. 3, p. 234), ainsi qu'à ('Histoire documentaire 
de l'Industrie de Mulhouse. H y trouvera (R. G. M. 
C, 1902, p. 320) une note de Camille Kœchlin expli- 
quant que " la maison Nicolas Ko'chlin et Frères ne 
voulut pas profiter du privilège dont elle aurait pu 
s'assurer en prenant un brevet d'invention, mais qu'il 
n'en fut pas de même des .Anglais. M. James Thompson 
prit un brcret d'importation, accordant toutefois à Ni- 
colas Kœchlin et Frères, comme inventeurs, le droit de 
vendre leurs rouges turcs dans le Royaume britan- 
nique, n 

K. 

TEINTURE 

COL'LEUItS ACIDES solides an foulou, par 
M. F.-.W. WALKEK {DyerCalico /VùWcr, 1903, p. 5). 

11 existe un certain nombre de couleurs acides, 
qui sont solides au foulon, bien qu'elles soient lixi^es 
sans l'intermédiaire d'un mordant de chrome. Cette 
condition n'est pas absolument nécessaire pour la 
solidité au foulon. 

Le nombre des rouges et des jaunes acides qui 
peuvent supporter la com()araison, à ce point de vue, 
avec les couleurs à mordants, n'est pas considérable. 

Les plus solides au foulon sont les Rouges foulon 
de Cassella, qui donnent des nuances allant de 
l'écarlate au rouge bleuâtre. On les teint en bain 
d'acide sulfurique et do sulfate de soude. Ils sont 
complètement solides à la lumière et résistent bien 
aux arides, au fer chaud et au foulon. 

Ce dernier fait dégorger un peu de couleur, qui 
du reste ne salit pas les blancs. L'Écarlatc pour fou- 
lon (Brooke, Simpson and Spiller) est une couleur 
du même type, solide au fer à repasser, aux acides, 
à la lumière. 

Une singulière exception aux pro[iriétès ordinaires 
des rouges azo est donnée par le Pnnceau luRP. 
(Berl. AcI. Gesell.) i\m sur laine donne en bain acide 
un cramoisi, solide à la lumière et au foulon. 



108 



REVUE DES JOURNAUX. 



Les Jaunes foulon et 00 (Cassella) possèdent la 
solidité au foulon, que présentent peu de jaunes 
acides. Ils se teignent sur bain de bisulfate de sodium, 
qu'on ajoute de temps eu temps par petites quantités. 
Pour les pièces, il est bon de teindre en présence 
d'acétate d'ammoniaque, qui assure la complète pé- 
nétration de la niarcbandise. Ces jaunes foulon don- 
nent des nuances très solides à la lumière et au fou- 
lon. Ils s'appliquent aussi sur mordants de chrome 
et s'emploient aussi bien avec les couleurs à mor- 
dants, que comme colorants acides. 

Il y a peu de verts acides, capables de donner des 
nuances résistant au foulon. Le Vert solide CR 
F. Cayer^ donne en bain acide des teintures solides 
au foulon, et teint aussi la laine en bain neutre. Le 
Vert foulon S Léonhardt s'emploie sur bain d'acé- 
tate d'ammoniaque. Le Vert foulon Dabi résiste à 
un foulon modéré, sans salir les blancs et est solide 
à la lumière, aux acides et aux alcalis. Le Vert pour 
laine B. A. S. V.) résiste à un foulon léger. 11 donne 
un vert bleuâtre, égalise et tranche bien, ("/est une 
couleur toute indiquée pour les nuances mode. Elle 
est solide à la lumière, aux alcalis, au fer chaud. Au 
foulon elle décharge, mais les blancs ne se salissent 
pas. Comme il résiste au chromalage. ce vert peut 
être employé avec l'alizarine ou autres couleurs à 
moi-dants. 

Parmi les bleus solides au foulon, l'auteur cite les 
Bleus acides solides R et R conc. M. L. B. ;, qui don- 
nent des nuances bleues à ton rougeàlre en bain 
acide, très solides à la lumière, au foulon, au lavage, 
au fer chaud et aux acides. La presse à chaud pâlit 
la couleur, qui revient du reste à l'air. 

L'inconvénient de ces couleurs esl de rougir à la 
lumière du gaz. On y a obvié en les mélangeant 
avec un bleu verdàtre. le Bleu patenté A M. L. B). 

Le bleu acide solide R teint sur bain de bisulfate 
ou d'acide sulfurique et de sulfate de soude. La cou- 
leur est détruite par le bichromate et ne peut être 
employée avec les couleurs acides à mordants, bien 
qu'elle tire très bien sur laine chromée. 

Le Bleu patenté A M. L. B.) et les Bleus patentés 
nouveaux B. 4B et GA F. Bayer sont des bleus ver- 
dâtres, qu'on emploie pour des teintures destinées à 
un foulon modéré. Us résistent à la lumière, aux 
acides, aux alcalis et au fer chaud. Suflkammenl 
sohdes au foulon par eux-mêmes, ils le deviennent 
plus par un traitement au bichromate, qui ternit un 
peu la nuance. Le Bleu intensif F. Bayer est un 
bleu acide solide aux alcalis, au foulon, au soufre et 
à la lumière. 

D autres bleus acides, solides au foulon, sont : le 
Bleu lazuline F. Bayer , le Bleu Tolède V (Léo- 
nhardt . le Bleu naphlazine (Dahl ,les Bleus célones 
(M. L. B. , le Bleu foulon Cassellai et le Bleu foulon 
patenté F. Bayer , que l'on teint à la manière ordi- 
naire en bain d'acide sulfurique et de sulfate de 
soude. 

Il n y a que peu de noirs acides qui résistent bien 
au foulon. Le .Noir naphtylaraine S (Cassella' et 
autres marques de la même couleur sont bien solides 
au foulon. De fait, en exceptant la lourde marchan- 
dise foulée, comme les draps militaires, la solidité 
au foulon de ces couleurs est suffisante, bien qu'on 
ne puisse comparer au noir campèche le Noir dia- 
mant, le Noir d'anthracène au chrome F, etc. .. sous 
ce rapport. Le Noir naphlylamine est solide aux 
acides, au frottement et à "la lumière, et laisse en 
temture le colon blanc intact. Les Nérols B, iV, et 4B 
(Berl. Act. Gesell , le Noir bleu naphtrl N (Cassella) 



et le Noir anthracite (Cassella) donnent en bain acide 
des nuances solides à un foulon modéré. 

Les \ iolets acides comprennent un assez grand 
nombre de couleurs solides au foulon, mais peu de 
solides à la lumière. Le Violet acide solide A2R 
.M. L. B. fait seul exception. 11 donne un violet 
rouge, d'une bonne solidité à la lumière, au foulon, 
aux alcalis et très commode pour les nuances mode. 

De la maison F. Bayer, on a toute une série de 
violets. Violets acide 4B extra. SB extra et R extra, 
solides au foulon. Le Violet acide SBF M. L. B.) 
donne un violet bleuâtre, résistant à un foulon léger 
et très solide à la lumière. En tête des violets solides, 
il faut citer le Violet acide 4R B. .\. S. F.' qui, bien 
que déchargeant au foulon, est tout à fait solide à la 
lumière. 

Toutes les couleurs mentionnées précédemment, 
grâce à leur solubilité, sont indiquées pour la tein- 
ture en appareils du type Obermaier, ce qui leur 
donne un avantage sur beaucoup de colorants chro- 
més après teinture, qui sont trop enclins à se préci- 
piter de leurs solutions sur la laine. 

En teignant en bain acide, on peut les associer 
avec les couleurs directes utilisables pour la teinture 
de la laine. Bordeaux diamine S, Benzopurpu- 
rine. etc Les couleurs acides sont souvent préfé- 
rables aux colorants directs, car quoique déchargeant 
au foulon, elles ne salissent pas le coton, pour lequel 
elles n'ont pas d'afQnilé. 

R. 

SOUFRE Le dans la teinture eu inilisro 
Leipz. Fnrber-Zeiluny, 19<i3, p. (>i . 

Une observation très intéressante a été faite à la 
Badische .\nilin Sodafabrik sur le rôle que peut 
jouer le soufre dans la teinture en indigo. Le soufre 
serait capable de faire passer l'indigo blanc à l'étal 
d'indigo bleu, en enlevant au premier de l'hydro- 
gène et en se transformant en acide sulfhydrique : 
il agirait dans ce cas comme l'oxygène de l'air. La 
marchandise préparée en soufre pourrait donc se 
teindre en bleu djreclement dans la cuve, sans en 
être retirée pour être exposée à l'air et subir le 
déverdisiage. 

Par exemple pour la laine, on la mordance en 
soufre par le procédé indiqué autrefois parCh. Lauth 
pour la teinture en vert d'aniline et qui consiste à 
manœuvrer les pièces dans une solution d'hyj>o- 
sullite de soude, acidulée à l'acide chlorhydrique. 
Après essorage et lavage on les porte à la cuve 
d'indigo, où elles restent plongées une demi-heure, 
et dont elles ressortent teintes en bleu foncé, sans 
intervention de l'oxygène de l'air- 

II y a longtemps que la maison Schlieper et Baura 
employait comme réserve, dans son fameux procédé 
d'impression de l'indigo, le soufre précipité. 11 y a 
évidemment quelque analogie, bien que la réaction 
ne soit pas, à l'heure actuelle, clairement élucidée 
entre la manière d'agir du soufre dans les deux 
cas. 



TRICHLORl RE DE TIT.WE Le) roiuiue ré- 
ducteur, par M. E. KXECIIT Berlin Ber., 1W2. 

p. t6<; . 

Depuis quelques années, les sels de tita;ie ont paru 
sur le marché à des prix qui ont permis leur emploi 
comme mordants dans la teinture de la laine et du 
coton, ainsi que jniur la teinture du cuir tanné au 
tannin. Les analogies du titane et de létain indi- 



REVUE DES JOURNAUX. 



109 



quaient d'essayer le chlorure de titane coiiime 
réducteur. f']n solution aqueuse, même par léleclro- 
lyse, l'auteur n'a \m obtenir Ti(;i- : la réduction ne 
dépasse pas le toinie TiC.l-'. 

Pour préparer celui-ci, on dissout de l'étain jiur, 
granulé, dans une dissolution aqueuse, riche en 
acide chiorhydrique de tétrachlorure de titane. 
Quand la couleur de la solution violette ne varie 
plus, on décante, étend d'eau et ptéciiiite l'étain par 
l'hydrogène sulfuré. On peut aussi employer' la 
solution concentrée, qui se trouve dans le commerce 
depuis peu et est préparée |)ar l'électrolyse. Par 
évaporation dans le vide, elle donne une masse de 
beaux cristaux vi(dets qui produisent des fumées à 
l'air humide et linissenl |iar foinlre. 

(In sait depuis longtemps ([ue le Irichlorure de 
titane est un réducteui' énergicjue. D'après Kbelrnen, 
sa solution aqueuse réduit les sels des métaux nobles, 
tandis que les sels de cuivre et de fer passent à l'état 
d'oxydation inféiieure. 

Le trichlorurc de titaneest, comme réducteur, bien 
supérieur au sel d'étain. Veisé dans une solution 
d'acide sulfureux ou de bisullite de soude, il y pro- 
duit, dit-on, un dépôt de soufre. D'après l'auteur, il 
se forme, roninie produit intermédiaire, de l'acide 
hydrosulfureux qui se décompose avec dépôt de 
soufre. En neutralisant avec soin la li(iueur avec de 
la soude, on obtient de l'hydrosullite de sodium en 
solution et un précipité d'oxyde de titane hydraté. 
Une solution de sel d'étain concentrée seniblr réduire 
aussi, mais à un moindre degié, l'acide sulfureux 

Le sulfate de cuivre est transformé par le Irichlo- 
rure de titane en sel cuivreux; un excès de léactif 
précipite du cuivre métallique. La réaction réussit 
plus facilement en rem|)lai;anl le chlorure par le 
sulfate de titane, qui, obtenu par voie élecIroK lii|ne, 
se trouve dans le commerce sous forme de sulfate 
double de lilane et de sodium. 

La réduction des sels ferriques en sels ferreux est 
quantitative, comme avec le sel d'étain, mais elle se 
produit déjà à froid. 

Le trichlorure de titane présente aussi de l'intérêt 
pour la réduction des composés organiques. Les 
corps nitrés sont tran-formés en aminés. S'il existe 
plus d'un groupe nitro dans la molécule, on peut 
limiter la réaction en limitant la ([uantité du réactif; 
le diniirobenzènc donne en solution alcoolique, dans 
ces conditions, la w.-nitraniline. 

L'action sur les composés a/.oi(|ues est très remar- 
quable. Une solution chaude d'un colorant de celte 
classe est décolorée en (|uel(iues secondes par ipiel- 
ques gouttes de la solution de ti-ichlorure de titane 
(e. p. ij8.i7, /l. G. M. C, 1002, p. 294). 

Les composés non saturés de la série grasse sem- 
blent aussi se transformer facilement en corps 
saturés. En chaulfant longuement avec le réactif, 
l'acide fumarique se change en acide succini([ue, et 
l'acide citraconique en acide [lyrotartrique. 

Les colorants basiques |)assent à l'état de leuco- 
dérivés. L'indigo en pondre line est réduit presque 
instantanément en indigo blanc. Un excès de réactif 
détermine une surrédiiclion, et on obtient, surtout 
à l'ébullition, un corps jaune cristallin. Le bleu de 
Prusse teint sur coton est décoloré presque instanta- 
nément par les solutions étendues de trichlorure de 
lilane ; la couleur revient à l'air ou par lavage à l'eau 
courante. 

La télranitrocellulose se comporte d'une manière 
curieuse vis-à-vis du réducteur énergique qu'est le 
chlorure de titane Tandis ipie l'acide nitrique et ses 



sels sont réduits en ammoniaque, la nitrocellulose 
ne semble pas être atta([uée, même par un contact 
prolongé. 

rt. 
KKIUCTIOX DIO L'l.\ni<;o (Sur la) par la 
poiidi'o dv y.iiu- et rninmuiiiaqiic, par 
.M. A. KUI-I'EUATII {7,ci(s. Farhen u. Tcxtit-Chcmie, 
l'J02, p. 481). 

Ce mode de réduction a fait l'objet de deux 
brevets français, des K mai et II septembre l'.itll, 
pris par la Chem. Kabrik Opiaden vorm. Gebr. Flick 
(11. G. }[. C, 1901, p. ISO et 270). Le procédé consiste 
à réduire l'indigo par des métaux finement divisés 
izinc, étain, fer) en présence d'ammoniaque con- 
centrée ; la température ne doit pas dépassera". 

Pour se rendre com])te de la valeur de ce procédé, 
l'auteur a monté deux cuves identiques avec : 

■.'() gr. indigo en poudre B. A. S. F. 

10 gr. zinc eu poudre. 

:i() c c. auiuioniaquc à 26 "/o- 

l'une refroidie à la glace, l'autre maintenue à une 
température constante de oO". 

La réaction se passait dans des vases, recouverts 
par une membrane en caoutchouc, que tiaversait 
un tube de verre. Celui-ci, fermé à son extrémité 
inférieure, était percé d'un trou latéral pour le 
passage de l'hydrogène et servait à brasser la cuve. 

Cette opération était répétée fréquemment, et au 
bout de deux heures on ajoutait 300 ce. d'eau 
distillée à 0" pour la première cuve, à 50" pour la 
seconde. 100 ce. de chacune des deux cuves-mères 
ainsi constituées furent étendus, avec de l'eau dis- 
tillée à oOO c c.,et servirent à teindre de lasatinette. 
Dans les deux cas on obtint un beau bleu foncé. 

Dans les deux cuves-mères l'indigo réduit formait 
au fond un dépôt vert clair. On dosa l'indigo dans 
10 ce. de la liqueur jaune brun surnageante. Puis 
on préleva 100 ce des deux cuves-mères, on en 
précipita l'indigo par oxydation. Après lavage, 
séchage et sulfonation, il fut titré à l'hydrosulfite. 
Les chiffres obtenus donnèrent pour la cuve à froid 
une teneur de :;0 "/(, et pour la cuve à chaud de 
7K,37 »/„. 

On ne saurait en déduire avec certitude qu'à 
froid il se détruit plus d'indigo blanc qu'à chaud. 
Dans ce dernier cas, il peut se faire que le dépôt ren- 
ferme une plus grande quantité de produits de 
d''composition, corps faiblement acides, (jui i)euvent 
être moins solubles dans lammoniaque à chaud 
qu'à froid. 

Une troisième cuve, montée avec les mêmes 
quantités des dill'érenls cor[)s, à la tempi'fature ordi- 
naire, servit à diHerminer la quantité d'indigo blanc 
que pouvait dissoudre l'ammoniaque mise en 
œuvre. On trouva qu'elle n'était i|ue la dix-septième 
partie de ce que théoriquement pouvait en dissoudre 
l'ammoniaque. 

l'^nlin un essai sur une cuve au zinc et à la chaux, 
vieille de dix jours, donna une teneur en indigo pur 
de 99 Vo- 

H. 

TÉTKAO.WI LAVO\E liiaiit sur mordants, 

par .MM. S. v. KOSTA.VECKI et E. I»LATTi\EU 

{Berlin. Bec, 1902, p. 2;.44). 

Les oxyflavones doivent très vraisemblablement 
renfermer le reste de l'acide gallique, c'est-à-dire 
des hydroxyles en ortho, et par conséquent bien 
tirer sur mordants, [.es auteurs ont préparé la 



nu 



REVUE DES BREVETS. 



3. 3". 4'. 5'-tûtrao.\yflavone. Le corps se compose 
de Unes aiguilles blanches qui se dissolvent dans la 
soude étendue avec une coloration rouge orangé. 
L'acide sulfurique les dissout avec une couleur 
jaune pâle, qu"aecompagne une faible fluorescence 
jaune vert. 

Cette tétraoxyflavone lire très bien sur mordants. 
En particulier, avecl'alumine, elledonne une nuance 
jaune analogue à celle que fournit la luléoline sur 
le même mordant. "• 

COULEURS POUR MORDAXTS de la série 
(lu vert malachlle et de la rosamlne, par 
M. C. LIKBERMAIVIV IBcrlin. Ber., I'J02, p. 2301). 

L'aldéhyde protocatéchique renferme deux hydro- 



xyles, en orlho vis-à-vis l'un de l'autre. Si on la 
substitue à l'aldéhyde benzoïque dans la préparation 
du vert malachite, c'est-à-dire si on la condense avec 
la diméthylaniline, on obtiendra un colorant qui, 
d'après la règle de Liebermann et Kostanecki, devra 
teindre les mordants métalliques. La leucobase 
oxydée donne en elTet un vert inatucldte dihydro- 
xijlé qui teint la soie en bleu violet, et les 
mordants d'alumine et de fer sur coton en violet 
bleu et en violet noir. 

La dioxyrosaiiiine obtenue par la condensation de 
l'aldéhyde protocatéchique avec lediméthyl-);i.-ami- 
nophénol teint l'alumine en rouge violacé et le fer 



REVUE DES BREVETS 



BREVETS ANGLAIS 
PltODiiITS «:himiqi"ES. — Matières premières. 

Fabrication des étiiers de la inorpliine 

[E. Merck] (e. p. i43G6, i.'i juill. 1901-22 mai 1902). 

On obtient facilement la codéine et l'élhylmor- 
phine par éthérilicalion de la morphine au moyen 
des éthers des ac. benzènesulfoniquos ou naphtalène- 
sulfoniques. 

Production du phciijianiinoacétonitrile et 
de ses homologues \Mehler] (k. p. 21077, 
21 oct. 1901-i sept. 1902). Voy. u. F. 3i48C>o, /(. G. 
M. C, 1902, p. 173. 

Fabrication du celluloïd [Gotdsmilli, Brithh 
Xylunite Co Ld] (e. p. ■r^m-i, 9 nov. 1901-11 sept. 

1902). 

Préparation d'une liuilc susceptible d être 
sulfoiiée extraite des graines de coton 

[American By Products Co] (e. p. kjOSC, i" oct. 
1901-10 avr. 1902). Voy. b. f. 

l'abricatiou des éthers salicyliques d'alca- 

lo'ides ' B lytT] (e. p. 1G9G8), 23 août 1901-24 juill. 



Production de salicjiide on anhydride sali- 
cyliquc [Hoffmann La Roche et C"] (e p. 20188, 
9 oct. 1901-7 août 1902j. 

On chauffe l'acide acétylsalicyli(iue à 200 210° C. 
I^e liquide épais, solidifié par refroidissement, est pul- 
vérisé, lavé avec de l'eau ou de l'alcool dilué pour 
enlever les impuretés, puis dissous dans l'acétone et 
précipité en versant la solution dans l'eau froide. 
Poudre blanche, insipide C''H*0- insoluble daiisl'eau, 
peu soluble dans l'alcool chaud. 

Fabrication de l'o.-tioluène cbloro-sulfoné 

[Fabrique de Thann et Mulhouae] (e. p. 14Î90, 
m juill. 1901-19 juin 1902). Voy. 11. F. 312797, 
n. G. M. C, 6, 20. 

Préparation des éthers salicyliques des 
al«-alo'ides [Bayer] (k. p. iGgCS, 23 août 1901- 
21 juill. 1902). 

On obtient les élhers de la formule C"H' (OH) 
COOK où R représente un radical de quinine, 



cinchonine, etc. , parl'action des alcaloïdes ou de leurs 
sels sur la salicyhde, ses polymères ou ses produits 
d'addition. 

Procédé et appareil perrectionné servant à 
la perfection des benzols et de leurs 
homologues Sikiforoff] (e. p. 21874, 30oct. 19 1- 
30 oct. 1902). Voy. R. G. M. C, 6, 171, u. F. 
315428. 

Fabrication d'Iiéthcr composé deparacrésol 
et d'acide oxalique et séparation du para- 
crésol et du métacrésol [Rud Riitycrs] (e. p. 
28C, 4 janv.-30 oct. 1902j. Voy. b. f. 3i7.'ii8, 
R. G. M. C, 6, 292. 

Fabrication de l'acide anthraniliquc [Mcislcr] 

(e. p. 1982 24 janv.-2.T nov. 1902). Voy. b. f., 
3i8o5o, /{. G. M. C, 6, 295. 

Fabrication de l'indoxyle en partant (!e 
l'acide méthylanthranilique [Meister] (e. p. 
2(;oGo, 20 déc. 1901-30 oct. 1902). Voy. /I. G. M. C, 
6, 190, B. F. 317081. 

Production de l'acide rorniylméthylandira- 
nilique [Meister] (e. P.2G059, 20 déc. 1901-20 nov. 
1902). Voy. B. F. 317122, fi. G. .1/. C, G, 192. 

Fabrivation des aldéydes [Soc. Chim des Ils. 

du Hkône] (e. p. 2G625, 30 déc. 1901-20 déc. 1902). 

Oxydation des carbures aromatiques contenant 
un groupe alcoyl non saturé : — (iH=CH- ou 
— CH'^ : CH : CH^, avec l'acide sulfurique et le 
bioxyde de manganèse. 

Ex. : On met en suspension dans 800 p. d'acide 
sulfurique à 4 "/oi 1-0 P- «léther p. -toluène sulfo- 
niquede l'eugénol et on ajoute à 100" C. en agitant 
60 p. de l'oxyde de manganèse régénéré. L'aldélyde 
est isfdéeau moyen de bisullite, puison peutl'hydro- 
lyser en vanilline et p.-toluènesullonique jiar l'action 
des acides minéraux. 

Production de dérivés aromatiques [Badische] 
(e. p. 4434, 21 févr.-27 nov. 1902). 

On prépare ces produits par l'action de composés 
aromatiques aminés sur les composés i-amino-nitri les 
de lasériegrasse, comme l'aminoacétonitrile, l'a-ami 

/NfP 
noprcpionitrile NH^ GH^. CN ; CH-. CH \^jj et l'a- 



BREVETS ANGLAIS. 



111 



/Nll- 
aiiiiiioiihéiiylacéloiiitiile C'IlM'.ll ^^ . Lesaniincs 

aroinaliques employées sont : l'aniline, la paralohii- 
diiie, l'cUiylaniline, l'ac. anthranilique, elc. 

Ex. I : On dissout I p. de rliiorliydrale d'aiiiino- 
acétonitrile (lIC. NU- Cil- CN) dans -2 [i. d'eau et 
ajoute environ t p. d'aniline et I p. d'alcool pour 
obtenir une solution riaire, on chautTe le mélangée 
quelques heures à environ tOO".'()n distille l'alcool 
et lave l'huile qui se sépare avec de l'acide chlorhy- 
drique dilué ; par lel'roidissemenl, l'anilido acéto- 
nitrile{C''ll\MI-t;N) se solidilie. 

MATIÈRES COL<»U,VIVTES. 

SOUFRÉES. — Production de matières «-olo- 

rantcs isoufrées noires | Levinstem, Mensching] 

(e. p. i8<)I'2, Zi sept. i'JOl-2'f juin. I'.H)2). 

On remplace dans l'i:. i>. i8389 de 1901 le dinitro- 

phénol par l'acide picriqueou l'acide picramiciue. Les 

noirs olilenus sont d'une nuance plus violette. 

Ex. : (In lait bouillir !s:i k. de sulfure de sodium 
crist. avec IS k. i de soufre et ")0 lit. d'eau et 
ajoute graduellement un mélange de 22 k. 9 d'ac. 
picrique (ou 1".) k. 9 d'ac.picranii(]uei, 9 k. 2 d'oxya- 
zobenzène et i k. "i de zinc en poudre. 

On chauH'e au réfrigérant ascendant, et préci|)ile 
la couleur avec un acide minéral ou ('.(>-. 

Fnbrioalion de matières colorantes souTrées 
pour eoton [Weiler-(er-Me(r] (e. i>. igv.O; , 27 
.sept. 1901-17 août 1902). Voy. R.G. M. C, ;"iO et 192, 
u. F. iio7i:i, add. des 19 juill. et 20 déc. 1901. 

Préparation de p.-aminotyl, p.-oxypliénjl- 
aniine et de colorants soufrés hleus <|ui 
en dérivent [Cnssellu] (e. p. 58, t"'janv.-i iléc. 
1902). Voy. /!. G. M. C.,6, 191, ii. k. 317-219. 

Fabrication d'un colorant noir et nouveau 

produit intermédiaire [Read Hotliday et Sons, 

Turnei- et Demi] (k. p. 357, 6 janv.-13 nov. 1902|. 

On condense l'acide aminosulfosalicylique de I'e. p. 

•/4G89» (011 : COOII : NH- : SOHl = : 1 : 2 : 4 : 5) 

avec le dinilrorhlorobenzéne et fond le produit 

de coiidensalioii avec du soufre et du sulfure 

de sodimn à rf()-200". Le produit leint les fibres 

végétales en noir intense. 

Production de colorants souTrés liruns an 
moyen de la niirosotoluyièiic diamine 

[Cassella] If., p. 21^9, 27 j;mv.-lH déc. 1902). Voy. 

11. F. 3i793(;, n. a. m. c. 6, p. 29t;. 

Production et purification (l'iiu colorant 
bleu soufré et nouveau.v produits intcrnic- 
diaires Cusselhi] (e. p. ■21)711, ir, oct. 190l-'t sejit. 
1902). Voy. B. F. 3o35z4,add. du 3 oct. 1901, li. G. 
iU. C.,6, 192. 

Nouvelles matières colorantes substanlivos 
contenant du soufre et produits inter- 
médiaires [Badische] ^E. P. 25097, 10 déc. I90|- 
9 ocl. 1902). Voy. n. F. 3i7G'24, II. li. M. C, 1902, 
p. 29(3. 

DIVERS — Fabrication de matières «-olo- 
rantcs à mordants de nuan<-es jaune 
oran;jé et rouge [Meislei'l (e. p. 17094, 20 aoùl- 
19111-20 juill. 1902). Voy. add. 22 août au u. r. 
3o549t, /(. a. M. C, 6,49. 



AZOlQUES. — Production de colorants pour 
laine solide après clironiatage variant du 
vert au noir vert [Cassella] (e. p. 2G147, 21 déc. 
1901-30 oct. 1902). Voy. fl. G. M. C, 6, 172, u. F. 
3iG8GG. 

Production de laques orangées nu moyeu 
d'un nouveau colorant inonoazoique[/iM(/(.s- 

c/tt-; (e. p. 4280, I9févr.-ll déc. 1902). Voy. add. 
au u. 1-. 315573, li. G. iV. C, 7, 19. 

Production de colorants bleus pour laine 

[Cassella] {k. p. 25781, 17 déc. 1901-30 oct. 1902). 
Voy. B. K. 316720, fl. G. M. (.:., 6, 172. 

Fabrication de colorants bleus solides pour 
coton [Cassella] (k. p. 25780, n déc. 1901-30 oct. 
1902). Voy. R. G. M. C.,6, 172, ii. F. 3167G2. 

Production de colorants azoïques suscep- 
tibles d'être cbromés sur la fibre [Badische] 
[V.. p. i5Gi, 20 janv.-27 nov. 1902). Voy. add. b. f. 
3i3G75, /{. G. ■(/. C, 6, 29:i. 

Fabrication de colorants rouges [Badische] 
(e. p. 3375, 10 fév.-27 nov. 1902). Voy. u. v. 
■ii8567, R.G. M. C, 6, 293. 

I>roduction dematières colorantes azoïques 

[Badische] (e. p. 4o34, 17 fév.-27 nov. 1902). 

On prépare des matières colorantes disazoïques 
pour la laine niordancée d(! la formule générale : 

/Ac. siilicylique. 
Mélaplir'nyli'iiediuinine^^ 

où Y représente les ac. naphtolsulfonique 1 : 4, 
naphloldisulfo 1 : 3 : 6 et aminonaphtolsulfo 2 : 8 : 
6, en partant du inonoazoïque métanilrobenzène 
azo ac. salicylique (jue l'on réduit, diazole et copule. 
On peut aussi désacétyler le métaacélamidoben- 
zène azo ac. salicyli(iue pour obtenir le produit 
intermédiaire. 

Fabrication de matières colorantes :\ mor- 
dants de nuances jaune orangé et- rouges 

[Mcister] [v.. p. 17094, 20 août I901-21- juill. 1902). 
Voy. add. 22 août au b. f. 305491 H. G. M. C, 
6, 49. 

.\NTRACENE. — Production de colorants de 
la série de l'aMtlira<-ène [Bailischc] (e. p. 

■227G2, 11 nov. 1901-9 oct. 1902). Voy. add. du 
et du 19 déc. au b. f. 3o95o3, /(. G. M. C.,6, 193. 

Fabrication de flavopurpurine pure seule ou 
mélangée avec de l'isopurpurine et «lel'ali- 
zarine ave<- obtention simultanée d acide 
anthraflaviquc pur ou de s<»ii mélange avec 
de l'acide isoaiitlii'aflaviiiue et du uiono- 
oxyantliraqninone [i/jius/ri f( Wedeliiiig] (e. p. 
20201, oct. 1901-9 oct. 1902). Voy. H. G. M. C, 
6, 191. 

IVouvelles matières colorantes bleues \.\leis 
ter] (e. p. 771, 10 janv.-27 nov. 1902). Voy. 
R. G.iW. C.,6, 290, B. F. 317734. 

Production de colorants de la série de l'an- 

fhracène |B(((/(sç/ic] (e. p. 4o3'i 17 l'évr.-27 nov. 
1902J. Voy. B. F. 319018, R. G. M. ''., 7, 20. 



112 



REVUE DES BREVETS. 



ACIUOINE. — Production «le colorants jaune 
à orangé «le la st-rie «le l'aciUline [Ind. 

Chim.];K. P. i5G59, 14 juill.-l I déc. 1902). Voy. 
add. B. F. 24"0''', B. G. M. C, 7, 20. 

Fabrication «le colorants «le lasérie «le l'acri- 

«line [Cassella] {e. i>. ai 773, 29 ocl. 1901-2S sept. 

1902). 

On condense les monaniines aromatiques (ani- 
line, mono et dialcoyianiline et leui's homologues), 
avec le jaune d'acridine et ses analogues au moyen 
de fornialdéhyde. 

Ex. I : On rhaulfe dans un autoclave 21) kilo- 
grammes 6 do lélramidoditolylméthane, avec 90 k. 
HCl 21° B. et 270 lit. d'eau pendant 7 heures à 
1415-150°. Après refroidissement on ouvre, ajoute 
9 k. l) aniline et 8 k. 2 de fornialdéhyde 38 "/o et 
chaufTe de nouveau sous pression à )0o-110° pen- 
dant 2 h. Le colorant que l'on précipite jiar le sel 
teint le coton mordancé au tannin et le cuir en 
nuances jaune rougeàtre très solides. 

Fabrication «le nouvelles combinaisons 
d'acri«Iinlum[il/cJsicrj (e. p. ■24-ioo, :i0 nov. 1901- 
23 sept. 1902). Voy. ». k. 3iG.iC7, It.G.M. C, 6, 17:j. 

ALiliAMlNES. — Fabrication «iauraniines 

alcoylécs [.l/fi>(t'/] (e. p. ■a'm>S(j, 9déc. 19UI-G nov. 
1902). Voy. u. K. 310915, /i. G. M. C, 6, 173. 

JNDIGO. — l'rt'paration <rin«li^o nionobronié 
et «libromt- et «le nionnhroiiiinili^^o sniroué 

[RakI i en] {e. V. 210^0 27 -sept. -U déc. I902j. Voy. 
u. F. 31092G et add. li. G. M. C. 1902, p. 191. 

Fabrication de l'intloxylc et «le ses «lérivcs 

[J7s. Chim. Bdk] (k. p. 181-27, ^^ aoùt-18 déc. 
1902). 

On chauffe les sels alcalins de la pliényiglycine ou 
de son dérivé carboxylé avec de l'oxyde de sodium 
anhydre et un diluant comme la soude ou la potasse 
caiisli(|ue. L'action déshydratante de l'oxyde de 
sodium anhydre est plus puissante que celle des 
alcalis et la condensation peut s'opérer à plus basse 
température et donne de meilleurs rendements. 

Fabrication de dérives de llndigo et produits 
intermédiaires [lindUche] (i:. p. 'ioi5i, 14 oct. 
1901-14 août 1902). Voy. u. v. 3i5i8o, h. G. M. C, 
1902, p. 174. 

Le dibromindigo teint en nuances plus rouges et 
plus claires que l'indigo ordinaire. 

Le dichlorindigo donne aussi sur le coton des tein- 
tures plus rouges et plus claires que l'indigo ordinaire. 

Le tétrachlorindigo est un corps bleu brillant, il 
est très résistant aux agents oxydants, l'acide nitri- 
que ne le décolore pas. Il se réduit très facilement et 
convient surtout à la teinture des tissus non 
préparés. 

IlLA.NCIIIMIÎINr, TEliMUUE, IMI>ni':ssl«>\ 
ICT APPIIÈTS. 

Production de dessins sur les tissus textiles 

[H. While] {]■:. p. ^GOo, l'^-- févr.-21 août 1902). 

On prépare une réserve avec 40 k. china clay, 
7 k. vert de gris, (0 k. gomme Sénégal, dissous (?) 
séparément dans 20 lit. d'eau chacun et on ajoute 
ce mélange à une solution de 7 k. de sulfate de 
cuivre dans 10 lit. d'eau chaude, additionnée de 4 k. 



d'acétate de plomb et de 7 k. de salpèlrc. On 
imprime le tissu avec ce mélange, puis teint en bleu 
avec de l'indigo ou d'autres couleurs qui laissent 
en blanc les portions imprimées. 

Méthode pour le blaucliîmeut des fils ou 
files «le lin [.4. Voijclsaïuj] [e. p. i3i2i, 9 juin- 
23 sept. 1902). 

Les filés sont "débouillis et entassés dans des 
cuves où l'on fait passer les liqueurs pour le blan- 
chiment. On fait d'abord arriver à la partie infé- 
rieure sous pression une solution d'acide sulfureux, 
contenant 1-3 »/„ SO- du poids des lilés. L'action de 
ce bain est prolongée 4-8 heures. On soumet ensuite 
à l'action d'une sol. de chlorure de chaux (1-2° B.) 
pendant G heures, on lave à l'eau 2 heures, puis 
avec une solution acide diluée (IPSO' ou HCl) 
marquant 1/2 à 1° B., pour enlever les traces de 
chlore ('.'), on lave de nouveau avec de l'eau 
3-3 heures et expose à l'air. 

Appareil propre à blanchir, tein«lre, la- 
ver, etc., les fibres textiles, fils et tissus de 
tous genres avec une liqueur tinctoriale 

eu circulation f^i^^sc/iet Coj [e. p. 13370, l"'juili. 
1901-0 mars 1902). Voy. /(. G. M. C, 6, 33, u. F. 
3i24'.«4- 
Calandres pour pro«luire des gravures mul- 
tiples sur les tissus [Kloincwefers Sohnc] (e. p. 
1397e, 9juill. 1901-13 mai 1902). Voy. li. G. M.C., 
6, 3i, B. V. 31.257J. 

Moyens employés pour la teinture «les filés 
de laine, soie, etc. [H. Mellor] (1;. p. 1G7G5, 
21 août 1901-3 juill. 1902).. 

Machines pour sécher la laine et autres 
matières fibreuses [J. FicUten] (e. p. iSCgS, 

3 août 1901 -2:; juin 1902). 

Appareil pour la teinture des chaînes pour 
le tissage [li. W. Goddayd] (e. p. i5o38, 24juil. 
1901-24 juil. 1902). 

Appareil pour l'împressiou «les tissus 

[C.Chij^pier] (e. p. i iiSG, 21 mai 1901-29 mai 1902). 
Voy. B. F. 306455, H. G. M. C, 5, 189. 

Machines pour l'impression des textiles 

[0. Lecloiix] (e. p. 20537. li oct. 1901-3 juill. 1902). 

Le tissu à imprimer passe au-dessus de barres qui 
peuvent plonger dans un réservoir de couleur placé 
au-dessous. Des tampons en caoutchouc appuient 
le tissu contre ces barres par un mécanisme assez 
compliqué. 

Procédé «le teinture au mojcn «le couleurs 

contenant «lu soufre [Wcikr-ler-Meer] (e. p. 

23G95, 22 nov. 1901-23 sept. 1902). Voy. u. F. 

315723, R. G. M. C, 197. 

Le brevet anglais indique aussi qu'il est avan- 
tageux de réduire la température du bain à 80-90°(',. 
et d'augmenter en môme temps la quantité d'alcali 
de ■) à 8 °/|, de soude calcinée. L'addition d'agents 
qui facilitent la pénétration du tissu (par ex. 1-2 "/o 
d'huile pour rouge) est aussi avantageuse. 

Pro<-édé d'impression «lu papier pour imiter 
la soie imprimée [A. Welni] (e. p. 1 i444, 4 juin 
1901-4 juin 1902). 

Traitement «les substances fibreuses par 
«les li(]uides ou des gaz «lans le vide 

[J. Ilronn] (e. p. 12319, 17 juin 1901-13 mai 1902). 



BREVETS ANGLAIS. 



113 



Procédt' pour Iiivei' la laine et les autres 

siihstanecs textiles ave»- |>ro(iiicti<tii si- 

iiiiiltaiiccd'iiii savon aninioniaeal [J. lisninij] 

(K. P. i9i4i,-2:i spi>l. I '.10 1-11 août iW)-2\ 

l>a laine impiégnéo d'aciilus f^ras libres csl passée 

dans une solution chaude d'ammoniaque diluée. Il 

so l'orme un savon d'ammoniai|ue. 

PrtM-édé pour iinii' les tissus hiancs, en 

couleurs ou imprimés \E. G. Fcrrcini] i:. v. 

i9r)3j!, 10 oct. lii()l-3l juill. ntOi). 

On prépare des rouleaux pour linir les tissus en 

Ljravanl des lignes iiarallèles à l'axe d'après le 

hrevel Schreiner el on ménage des espaces repn'- 

sonlanl dos dessins, fleurs, etc., de façon (pic l'on 

olilicnl sur les tissus un dessin terne sur un lnnd 

so\l'UX. 

Pro<-é(lé <le raliriealion <lc pl.-iques pour 

l'impre-ssioii nniKicolorc [W. Ficuliv] \i:. p. 

i<)888, .■; oct. 1(101-21 juill. l'.Ml2). 

C'est un procédé de gr'avure dans k'(iuel un 

dessin en plusieurs couleurs est. rc|iroduil sur du 

piipier transparent. Les portions de chaque cunieur 

M ml décalquées sur une plaque à gravei'. 

Proeédé pour dénitrer la nitroeelliilose 

II. hcrhicr] [v.. P. r/Giji, ■>{ juin 1901-21 juin 19;i2!. 
On traite la nitrorellulose par une solution acide 
d'un sel de sous-oxyde métallique (clilorure cuivreux, 
sels ferreux, manganeux, stanneux, mercurenx, etc.) 
additionnée de ]>roduitsqui gonflent la niiroccllulose 
(alcool, éther, glycérine, etc.). 

Appai-eil pour le traitement de la ramie et 

antres sul)s(au<-es livreuses [Woodlicad, Oir] 

(K. p. r2oi'2, 21 mai-'.i ort. 1902'. 
Procédé rapide de tannage [De Caxlro\ (e. p. 

v.jtl7, 28 janv.-2;i juin 1902;. 
Composition pour préserv«'r le «-iiir, les 

tissus, etc. [Poit] (E. p. ïo-aSi, 10 ocl. 1901- 

21 août 1902). 

On imprègne ou enduit d'une solution de palmi- 
tate de zinc el d'alumine dans une huile siccative 
ad<liliannée d'une résine minérale pour donner de 
la consistance. 

t'.'iI)ri4-,'ition du viscose pour son application 

à certains usages [.-t. FiclUinrj] i r . p. •io'.îrjG, 

12 oct. (90I-2S août 1902). 

On obtient des solutions colorées de viscose en 
soumettant du colon teint au procédé de I'e. p. 8700 
de IS92. Ces solutions colorées de viscose peuvent 
s'employer comme teinture ou pour cliaiger et 
apprêter la marchandise déjà teinte. 

On imprègne au foulard avec une solution conte- 
nant I à 10°,„ de cellulose, sèche et lixe, en passant 
sur des rouleaux dans des chambres chaulTées, puis 
vaporisant à l-li livres de pression. 

Procédé pour récupérer les dissolvants 
employés dans le traitement des tissus 
textiles et appareils employés [ Wcber et 
l'riinhcnliiirij] 1;. p. itioig, 2:( août 1901-19 juin 
19021. 

Inijiression en couleurs du papier ou des 
tissus au moyen de blocs [narboulau] 
(k. p. 792'J, I7avr. 190l-2:t janv. 1902). 

Appareil pcrrectionné pour imperméabiliser 
les tissus textiles F. liusliworlh^ i^K. p. igOâG, 
2 ocl. 1901-i sept. (902). 



Appareil centrifuge pour la (cinture, le 
blancliinicnt et autres traitements de 
matières d'origine végétale, animale ou 
minérale [llaincr] (k. p. SiiO, 20 avr. 1901- 
20 mai 1902J. 
Pei'feclionnement aux appareils de I'k. p. 8440 

de 1899. 

Appareils iionr le lavage, blancbiment et 
autres tr.iitcments des matières textiles 

[Gebaucr] (k. p. 8828, 29 avr. 1901-20 mars 1902). 

Dispositif pour extraire les liquides ou 
l'Iiumidité des tissus [J. Miller] (ic. p. 90(14, 
2 mai-17 août 1901). 

Imitations des tissus textiles \J. Mugnicr] 

ir. p. 9482, 7 mai 1901-7 mai 1902). 

On déverse sur un support foinié d'une série 
parallèle de lils, tendus sur un cadre, des jets paral- 
lèles de sol. visqueuse, d'abord dans une direction 
perpendiculaire aux lils du support, puis dans une 
direction parallèle. Le tissu ainsi formé est enlevé. 
La substance visqueuse employée se compose de 
gélose, borax, gluten, gélatine, eau, alcool. 

Traitement du coton pour diminuer son 

innammabilité [ \V. II. l'fiiùn cl Wkipp liras et 

Tvd Ul] (K. p. 969"), 9 mai IUOl-8 mai 1902). 

On imprègne la marchandise de colon, spécialement 

la llanellelle, d'une sol. de tungstate de sodium, 

d'un sel d'alumine et d'un sel organique, puis on 

pas>e sur des cylindres chauffés ou vajtorise. 

Kx. 1 : A 100 p. sol. siilfocyanurc d'al. (den- 
sité IjUJ.'i), 2:; p. ac. acétique (densité 1,0:):;), on 
ajoute par petite quantité 200 p. sol. tungstate de 
sodium (densité 1,2:)0). 

Kx. IV : tOO p. sulfate d'al. (densilé l,i:W), 40 |). 
sol. ac. formique (densité l,o:i:i), et i;jO p. sol. 
tungstate de sodium (densité \,30). 

On imprègne, abandonne 1 h., presse, chauffe sur 
cylindres ou sèche et vaporise. 

Perfectionn. à la fabrication du viscose 

[ //. Fietding] (e. p. aoSgS, 12 oct. 1901-14 oct. 1902). 

La coloration brun pâle du viscose entrave souvent 
son emjiloi. L'auteur prévient celte coloration en 
ajoutant au viscose une solution de bisulfite de 
sodium ou d'un autre bisulfite. Après le traitement 
de la marcliandisi; avec le viscose et le bisulfite on 
sèche et vajiorise pour fixer et décolorer le viscose. 

Xouveau proj-édé pour mordancer et teindre 

les tissus textiles et les (ilés [II. Fielding] 

(e. p. wUjS, 12 oct. 1901 14 sept. 1902). 

La marchandise est imprégnée d'un mélange de 

viscose et de bisulfite et on fixe par vapoiisage comme 

dans I'k. p. •20)97"!. Ce viscose décoloré et fixé sert 

comme nionlant pour certaines couleurs d'aniline et 

aussi comme fixateur pour certains sels métalliques 

employés dans la teinture de l'alizarine et des bois 

de teinture. Pour les nuances claiies, ilest préférable 

de passer la marchandise après lavage el avant la 

teinture dans une solution de bisulfite de sodium 

pour détruire la coloration brun pâle du viscose. 

Métliode pour produire des elTets colorés 
sur les tîlée et les tissus [liodger] (e. p. 
21G88, Il nov. I901-2:j sept. 1902). 
On enroule les filés ou les tissus sur un tambour et 

laisse couler la solution do teinture par des pipettes 

penilanl que le tambour tourne. 

8 



REVUE DES BREVETS. 



Traileiucnt pour I apprêt des filés [J. H. 

AsImcU] (e. r. 19912, ûct. 1901-2 ocl. 1902). 

Les filés, non blanchis, sont mouillés et immergés 
dans une solulion de soude ou de potasse caustique 
(30 à 00" Twaddlei pendant 2 heures. On enlève 
l'e.\cès de liqueur i>t place sur une série de rouleaux 
en verre qui le font voyager dans une chambre 
fermée à 3U-4o"' G. dans une atmosphère de sulfure de 
carbone (30-40 »/„ de CS- du poids des lilés). Après 
2 à .ï heures le lilé de coton est transformé en un fil 
élastique jaunâtre de Ihiocarbonate de cellulose. On 
fait passer de l'air sec sur les échevcaux pour entraî- 
ner CS- et on reconvertit en cellulose par ébullition 
d'une heure environ dans une solution saturée de 
iNaCl ou Na- SO'. 

Après lavage on sèche et adoucit. Les filés obtenus 
sont plus soyeux, plus fins et plus résistants qu'avant 
le trailemenl. 
Procédé pour iiuperniéabiliser les tissus 

[G. Dutillcul][E. p. i.iioG, lOjuilI. 1901-2ojuin 1902). 

Dans une première opération on place le tissu dans 
une solution de l.'i gr. de sulfate d'alumine et 2'6 gr. 
de tannin par litre d'eau. On sèche et lave dans une 
solution alcaline contenant t'o gr. de potasse dans 
liiOO d'eau et on sèche de nouveau. 

Pourla deuxième opération, on prépare un mélange 
de al) gr. de vaseline, u gr. de paraffine, 10 gr. 
d'huile lourde que l'on chauffe au b.-m., puis dissout 
dans ;> lit. d'essence de pétiole rectifiée. On immerge 
le tissu préparé, sec dans cette solution, on essore et 
chauffe légèrement. On peut ajouter des matières 
colorantes aux bains. 
Appareil pour rendre les tissus textiles 

îniperniéablcs et inoombustibles [T. F. Wiley] 

(e.p. MG88, 19 juin. 1901-19 juill. 1902). 

Pour enduire les tissus au moyen de cylindre 
flexible on remplace les cylindres de caoutchouc, 
remplis d'eau, généralement employés, par des 
cylindres en caoutchouc à parois flexibles, mais non 
élastiques, gonflés par de l'air comprimé. Le travail 
de ces cylindres est plus uniforme et on évite les 
accidents. 

Pcriectiounenients pour finir les tissus tex- 
tiles [Woodhcnd cl Smith] (e. p. iSggj, 9 août 1901- 

9 oct. 1902.) 

On remplace les feuilles de papier en usage pour 
presser les tissus par des feuilles d'aluminium. 
Procédé pour communiquer un lustre au cuir, 

au papier et aux tissus textiles [II. Cvhn] 

(K. P. iG4'29, loaoùt 1901-14 août 1902!. 

On enduit lessubstances d'une solution concentrée 
de celluloïd. Celte solulion doit être sirupeuse, elle 
peut se préparer avec: 100 p. d'acétate d'amylepurou 
mélangé à de l'acétone, 7-12p. de celluloïd, 10-18p. 
d'huile de ricin. 
Procédé pour imperméabiliser et préserver 

les tissus textiles [ Williams et Oriental Walcr- 

profinçi Syndicale] (e. p. igioS, 24 sept. 1901-31 

juill. 1902). 

Le tissu esl immergé dans une solution préparée en 
laissant passer un courant d'airou d'oxygène sur un 
mélange de tournure de cuivre et de solution de car- 
bonate d'ammoniaque. Le tissu est ensuite séché. 
Composition à base de ni troccllulo6e[fion)iauci] 
(e. p. 19 avril 19(M-0 mars 1902). 
On ajoute une sol. de gomme copal dans l'huile de 
ricin aux compositions de nitrocellulose pour recou- 
mW et imprégner le papier, le^^ tissus textiles, etc. 



Procédé pour fouler et liuiler les fibres et les 

tissus [E. C. Sella] (e. p. 7491, U avr. lOOl :. 

Pour huiler les fibres on fait un savon par l'action 
de la soude caustique sur de l'huile de ricin; on le 
dissout dans de l'oléine et ajoute de l'eau ou de la 
glycérine diluée. 
Traitement des filés et tissus [A. Hiti] (e. p. 

S07O, 19 avr. 1901-17 mai 1902). 

On donne aux tissus et filés les propriétés de la 
soie et peut ensuite obtenir des effets de crépons en 
meicerisant, puis imprégnant de solutions de soie, de 
cellulose, de ct'lluloïd ou d'albumine; puis on rend 
imperméable si l'on veut. Par ex., on imprègne avec 
une sol. formée de 90,1 p. ZnCl^, densité 1,8; 1,3 
Cat^.l- et 2,0 de cellulose que l'on précipite sur la 
marchandise au moyen d'alcool. On obtient l'effet 
de crépon en passant entre les rouleaux chauffés, 
puis rend imperméable avec une sol. de gomme, ou 
de gélatine et de l'aldéhyde formique. 
Appareil pour le flambasse des tissus C. B. 

Scharrci-^ (e. p. 8)25, 23 avr. 1901-27 févr. 1902). 
Appareil pour Hanibcr les filés et les fils 

IDohwn, B.iilou- d Rushton] , e. p. 8377, 26 avr. 1901- 

27 mars I902\ 
Moyen pour régler l'écoulement des solu- 
tions de cellulose dans la fabiication des 

filaments [Topluim] e. p. 10029, '+ 'n^'"' 1901-8 

mai 1902). 
Appareil pour séclier et imprégner le bois 

7/. ///yjiiis: E. P. loiïj. 1;; mai 190l-t:i mai 1902). 
Macbine pour vaporiser et refroidir ou 

enlever les tissus pour leur donner un 

aspect lustré 7'. litùley] (e. p. i3828, Sjiiill. 1001- 

22 mai 1902). 
Traitement des tissus textiles sur canncf tes, 

bobines, etc. [G. de Kriikelaere] (e. p. iSSgâ, 

!"■ juill. 1901-8 mai 1902i. 
Perfectionn. aux niacliines pour imprimerie 

calicot \Calico Prinlcrs Association, et Wilsoti] 

iE. p. 13755, 6 juill. 1901-10 avr. 1902). 
Macliincs pour l'impression du calicot et 

autres tissus [Pa/!(:oP;'»i(ecs.4,<;sor((((!0)ie? Iliijrjin- 

holham] (E. p. i33i'5, l" juill. 1901-8 mai 1902 . 
Préparation de filés mercerisés [C. Û. Reuhen- 

bach] [E. p. 18728 , 19 sept. 1901-7 août 1902). 

(Jn mercerisé les filés sous une tension supérieure 
à la résistance de ces filés qui se brisent. Les filés 
brisés sont ensuite refilés. 
Calandres perfectionnées pour gaufrer et 

crêper les tissus textiles [G. 11. MclUn] e. p. 

2i3o2, 24 oct. 1901-24 otc. 1902.) 
Fabrication de cuir au cliromer/?. J. À. Kostcr] 

(e. p. 20535, 14 oct. 1901-7 août 1902). 
Préparation de cuir artificiel D' G. Gauthier] 

(e. p. 19249, 26 .sept. 1901-26 sept. 1902). 
Procédé et appareil pour la fabrication du 
linoléum [P. lilaubacli] (e.p. 2oo2(), 7 net. 1901- 
2o sept. 1902.1 
aiétbode i>our imprégner le bois et autres 
matières poreuses [Hulsberg et Co] (e. p. (J844, 
29 mars 2a juin 1902). 

( )n soumet la substance à imprégner à l'action d'air 
ou de gaz sous forte pression, puis ensuite à l'action 
des liqueurs sous pression plus élevée et enfin on 
laisse tomber la pression; l'air ou le gaz comprimé 
dans les cellules fait évacuer l'excès du liiiuide. 



HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 115 



HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE 
ET DE SES ENVIRONS (i) 

invTFR-Essionsr des tissus 

Cr- article.! 



Malgré ces peilurbalions économiciiu's qui ont 
été les suites de la guerre, malgré toutes ces se- 
cousses, que, seule, une industrie douée de vitalité 
comme l'industrie alsacienne pouvait supporter, 
grâce aussi au caractère énergique et persévérant 
(le ses manufacturiers, Mulhouse est sorti victorieux 
de cette dure épreuve, et l'industrie de la toile 
peinte a, quand même, été l'objet d'applications et 
de découvertes plus nombreuses et plus inq)ortantes, 
que dans aucune autre période de son histoire. 

Beaucoup de ces découvertes furent faites un peu 
partout, mais l'initiative des applications en revient 
en grande [lartie au\ industriels de Mulhouse, tou- 
jours à la piste du nouveau, toujouis à la recherche 
des procédés perfectionnés. 

De tous les produits employés en teinture aucun 
ne mérite de fixer autant l'attention que la garance 
qui formait la base de presque toutes nos teintures. 
Aussi de toutes les substances usitées, aucune n'a 
été l'objet de travau.\ ])lus persévérants que le prin- 
cipe colorant de la garance — l'alizarine. — 

11 suffit de rappeler les noms de Daniel Ka'chlin- 
Schouch (2), Schunck , llochleder, liobiquet cl 
Colin (;î), Persoz, Kopp (i), et bien d'autres dont les 
travaux fourmillent dans les Bulletins de la Sociale 
industrielle de Mullioufc. Par une soi te de pressen- 
timent scientilique, tous les chimistes s'accordaient 
à croire que l'on devait arriver, sinon par une 
synthèse complète, du moins par une suite de com- 
binaisons successives, à créer arliliciellement cette 
matière colorante qui occu|)ait aussi l'attention des 
savants. Une série déconsidérations (dans lesquelles 
des formules plus ou moins exactes tenaient, il est 
vrai, une part plus préi)ondérante qu'il n'aurait 
fallu) avaient amené à croire que c'était dans la 
série naphtalique qu'il fallait classer les colorants de 
la garance. Laurent, s'appuyanl sur des transfor- 
mations de l'alizarine en acide [jhtaliipie et en acide 
o.\ali(iuc par les o.xydants, et sur les apparences de 
matiér("s colorantes que montrait son acide chlo- 
roxynaphtalifiue, Laurent avait induit tout le monde 
à croire que l'on résoudiait le problème en arrivant 
à l'acide oxynaphtaliqne <|iii, d'après lui, n'aurait 
été autre que de l'alizarine. Mais toutes les recher- 
ches faites dans l'espoir de pioduire l'alizarine 
avec la naphtaline lestèrent infructueuses. I)e 
nombreuses matières color.intes furent trouvées, 
dont les plus remarquables sont celles de TroosI, 
Schutzcnberger et Willm, Scheurer-Kestner, .\. lîi- 
cliard et ROussin. La naphtazarine de ce der- 
nier a, par ses allures générales, donne lieu de 
penser un moment que le problème touchait à sa 
solution. Enfin, Schutzcnberger et Laulh parvin- 

(1) Extrait du volume puMic par l.i Société inilustriille 
de .Mulhouse Voir â l.-i liibliiif.'rapbic, ia03, p. 301). 

(2) liullelin de la Société iiidiisivielle de Mid/ioiise, 
Icme 1 (1828), p. lîO. 

(3) lilem, 1837, p. 47. 

(4) Idem, I8GI, p. liii 



rent à remplacer le chlore par l'hydroiîène dans 
l'acide chloroxynaphlaliquc et reconnurent que le 
desideratum de Laurent n'était pas fondé, que l'a- 
cide oxynaphtali(|ue ne ressemblait en rien à l'aliza- 
rine. La question en était arrivée à ce point lorsque 
Gnebe et Liebermann, guidés par les belles recher- 
ches de Gr;ebe sur les quinones, lesquelles avaient 
amené celui-ci àreganler l'acide chloroxynaphta- 
li(|ue comme un quinone, eurent l'idée de consi- 
déier aussi l'alizarine comme appartenant ù cet 
ordre de corps, et cherchèrent alors la constitution 
du carbure d'hydrogène, base de l'alizarine. .Vppli- 
quant avec bonheur la méthode de Ba'yer (réduc- 
tion des composés aromatiques par le zinc), ils 
obtinrent, à leur grande surprise, un composé qui 
n'était autre que l'anthracène. Pailanl de ce prin- 
ci|)e, ils appliquèrent à l'alizarine la formule déjà 
indiquée ])ar Schunck et 15obi(|uet, proposée à nou- 
veau par Bolley et Bosa et la considérèrent comme 
une bioxy-anthra(|uinone. De là à reconstituer l'aliza- 
rine avec le radical anlhracène, reconnu véritable 
générateur, il n'y avait qu'un pas. Il fut si rapide- 
ment franchi que, brevetée en ISOS, l'alizarine était 
déjà fabriquée en grand en tSTO. Aujourd'hui, on 
en produit annuellement une quantité éiiuivalente 
à près de trois fois la [iroduction niaxima de la 
garance à l'époque de sa |)lus grande consomma- 
lion. En 1870, il a été livré 1 000 k. 20 "/o au prix 
de 30 fr. 32 le k. ; en 18S0, la fabrication atteignit 
i iiOO 000 k., au prix de 3 fr., et, actuellement (1890), 
il est fabriqué près de lOOOOOOO de k. 2(i »/(, à 
{ fr. Oli. 

L'alizarine ne fut employée d'abord i|ue pour la 
teinture ; comme il arrive avec tout produit 
nouveau, il fallut étudier les circonstances dans 
lesquelles l'application en était le plus facile, 
le [dus pratique, le plus économique. On com- 
mença par teindre en rouge, puis en violet, 
puis en rouge et rose, puis en mordants mélangés; 
vinrent ensuite les combinaisons avec le noir d'ani- 
line par oxydation lente, les couleurs vapeur, enlin 
les innombrables combinaisons avec le noir cam- 
pèche, le noir d'aniline vapeur, le noir réduit et 
tous les autres colorants qui pouvaient se fixer par 
le vaporisage. Les divers traitements ou avivages 
(jue l'on donnait, n'arrivaient ce|iendant pas à 
communiquer aux couleurs la vivacité et l'éclat 
di'sirables; il survint alors les huiles pour rouge ou 
sulforicinales. 

Depuis longtemps, l'usage des corps gras pour la 
teinture en rouge était connu ; mais les huiles 
employées n'étaient traitées que par le rancissagc ou 
par les alcalis. 

(»n pouvait les émulsionner, sans cependant 
arriver à les rendre complètement solubles. De 
nombreux essais avaient été tentés par Frémy, par 
Runge, par bien d'autres et, après eux, par- ('.onlicr 
et Braun. Enlin vers 1872, nous vint d'.XiiglcIerre 
un produit absolument solublc, du au U' Wuth, et 



116 HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



dénommé Castor oil. Celait du sulfoiicinate de 
soude. Peu après, vers 1874, il fut fabriqué en 
France sur les indications de Fr. Slorck, mais ce 
fut Horace Kœchlin qui, le premier, obtint un 
résultat ]iratique en appliquant ce corps à la tein- 
ture de lalizarine i-t aux opérations du vapoiisage. 
Son procédé a été le point de départ de tous ceux 
que l'on emploie aujourd'hui et qui ne diffèrent que 
par des détails de manipulation. L'application de 
l'huile pour rouge permit de faire de toutes pièces 
en genres vapeur des foules de séries, genres qu'il 
eût été impossible précédemment de produire : 
ainsi les rouges et roses vapeur, double lilas et 
violet, noir et rouge, etc., etc., les articles enlu- 
minés fabriqués par teinture, puis rentrés en une. 
quelquefois deux et même trois opérations. Toutes 
les couleurs purent être assemblées et on leur don- 
nait même une solidité et un éclat inconnus jus- 
qu'alors. 

L'emploi de l'huile soluble ne se limita pas aux 
articles vapeur, elle fut aussi introduite dans les 
teintures. Dans ces derniers temps, 1896 (I), Ral- 
densperger facilita encore la teinture en alizarine en 
dissolvant celle-ci dans l'ammoniaque, dans la pro 
portion de 100 eau, t alizarine 100 "/„ et 'l d'ammo- 
niaque. Celte solution est utilisable pour toutes les 
espèces (le teinture d'alizarine, aussi bien les rouges 
que les violets ou grenats. 

Les travaux de Rosenstiehl 1 2), Camille Kœchlin (3), 
(lordillot, lîrandt fi), Witz \\], E. Schlumberger 
et bien d'autres sur le noir d'aniline amenèrent à 
faire des noirs vapeur, des nx)irs inverdissables, 
bref des noirs à base d'aniline, pouvant être appli- 
qués à tous les genres imaginables ou imaginés, 
("est vers 1809 70 que le noird'aniline par oxydation 
fut employé pour le genre aurifère et, peu après, 
J. Reber introduisit, dans ce même genre, le vert 
Guignet. 

En 1871, Ba?yer avait découvert les phtaléines en 
faisant réagir l'anhydride phtalique sur les phénols. 
Cette réaction amena B.xyer et Caro à la décou- 
verte de l'éosine, dérivé tétrabromé de la fluores- 
céine. Cette matière colorante valait 1000 francs au 
début; elle se vend aujourd'hui environ 10 francs le 
kilo. Son emploi qui, i)endant un certain temps, a 
été considérable, commence à diminuer depuis 
l'apparition des couleurs dites azoïques. Ce n'est 
guère que la soie qui en absorbe encore de fortes 
quantités. L'éosine, qui se fixe sur colon par un 
mordant à base de plomb (0), donna lieu à toute 
une série de colorants comme l'érythrosine, la 
phloxine, la méthyléosine, la cyanosine, et, parmi 
les nombreuses découvertes dues à .M. Nœlting, le 
rose bengale. 

Une des rares couleurs pouvant se fixer par oxy- 
lation comme le noir d'aniline et s'associanl à 
diverses autres couleurs solides, la naphtylamine 
(1871 eut aussi un certain succès. Ce corps donne, 
comme l'aniline, des composés très stables et se fixe 
d'une façon analogue, c'est-à-dire en le mélangeant 
à du chlorure de fer, du chlorîûe de potasse et du 
sel ammoniac; après impression, on oxydait pen- 

(1) Bullelin de la Société indu.iliielle rie Mtillinuse 
]89G, p. 332. 

(2) Idem, 1865, p. 43C, cl 1876, p. 238. 

(3) Idem. 1876, p. 4"J4. 

{i) Idem, 1873, p. 3d1; I87i, p. 39i; I87C, p. li! 
(a) Idem, 187C, p. 42a. 

{G] Bullelin de la Société indu.ihielle de Rouen IS'-i 
p. 159. 



dant vingt-quatre heures, puis on donnait un pas- 
sage en bichromate, enfin on savonnait. La couleur 
obtenue était très solide. On pouvait produire avec 
la naphtylamine des puces, grenats, modes, gris, et 
ces couleurs jiouvaient s'associer au noir d'aniline, 
à l'orange de chrome, au chamois, au fer, etc. 
Malheureusement, elles avaient le grave défaut de 
dégager une odeur très désagréable, persistant 
même après toutes les opérations. Cet inconvénient 
fut en grande partie cause de l'abandon de cette 
matière colorante, pourtant des plus solides. 

Schùtzenberger trouva, en 1873, un nouvel acide 
du soufre ayant des propriétés toutes particulières 
de réduction, l'acide hydrosulfureux. Cet acide, en 
combinaison avec la soude, donne un corps qui, 
joint à un alcali, suffit pour réduire l'indigo, même 
à froid, et le transformer en indigo blanc dissous. 
L'application de cette réaction à la teinture et à 
rimjiression donna naissance au procédé de Schùt- 
zenberger et De Lalandc pour la fixation de l'indigo 
par les hydrosulfiles. Cette méthode, sur laquelle 
Alb. Scheurer Ij adonné dans les Bulletins des 
détails intéressants, permet de réaliser certaines 
fabrications que les procédés anciens rendaient 
aussi coûteuses que délicates, telles que noir d'ani- 
line et bleu, orange de chrome et bleu, rouge 
d'alizarine et bleu, etc., sans omettre que le même 
procédé se prête parfaitement aux genres réserve. 

L'outremer, qui jusqu'alors désignait seulement la 
couleur bleue du lapis-lazuli, se trouve subitement 
devenir le type d'une série particulière de colorants 
résultant de l'oxydation successive d'un mélange de 
kaolin, de soufre, de carbonate et de sulfate de 
soude. (;es nouveaux produits sont l'outremer 
violet i2 , qui a rendu de grands services à la toile 
peinte, et l'outremer rose. Ces deux couleurs servent, 
en outre, aujourd'hui, en quantités considérables 
pour les apprêts et la coloration des papiers. L'ou- 
tremer rose a été employé en lieu et place des 
roses, imis à l'alizarine, très difficiles à obtenir sans 
taches et sans inégalités. On reconnaît, du l'este, 
facilement l'outremer rose sur les étoffes en inci- 
nérant celles-ci. La cendre qui en résulte est 
colorée en bleu. Nous pouvons remarquer, en 
passant, que des expériences de substitution ont 
été tentées, et en remplaçant le soufre par d'autres 
éléments, on a obtenu presque toutes les couleurs, 
mais ces produits n'ont pas encore dépassé le seuil 
ilu laboratoire. 

Parmi les nombreux travaux relatifs à la teinture 
et à l'impression que publia le Bulletin, nous cite- 
rons le bleu solide au taitrate de Jeanmaire (3) ; la 
préparation du vermillon par les hyposulfiles (4) ; 
le virage des noirs par le violet d'aniline ; les études 
de Wehrlin (o , de Rosenstiehl (0), de Schlum- 
berger (7), sur le noir d'aniline; le procédé de 
suroxydation du noir d'aniline par .M. Jeanmaire (8), 
procédé qui donna lieu à de nombreuses discus- 
sions avec un soi-disant inventeur qui s'en attri- 
buait la paternité, et qui n'était qu'un vulgaire 
plagiaire 

{t) Bullelin de la Société industrielle de Mulhouse, 
1874, p. 25. 

(2) Idem, 187ii, p. 193. 

(3) Idem, 1874, p. 436. 

(4) Idem, I87i,p. 441: 

(5) Idetn, IS74, p. 386. 

(6) Idem, 1876, p. 238. 

(7) Idem, 1871, p. 390. 

(8) Idem, 1876, p. 49i. 



inSTOIllK DOCUMKNTAIRK ni'] L'INIJUSTHIh: DK MUIJIUUSK ET DE SES ENVIRONS. HT 



En 1870, Slfol)cl trouve l'oiange d'ali/.arintî, 
bientôt répandu sous le nom de nilio-alizarine. On 
l'appliqua pour luiic une inillaliou des tjenres auii- 
l'ères et, dans l)ien des cas, il put leniplaeer l'orange 
de chrome ; on s'en servait aussi pour obtenir des 
nuances miNtes, des mousses, modes, cachous, etc. 
L'action de l'acide nitri(|ue sur le colorant dt^ la 
garance ou sur l'ali/.aiiue n'avait pas passé ina- 
perçue, car C.am. KuM-hliu (1) nous indique (|U(! 
pour jaunir le ronge turc, on le fait tremper pen- 
dant ([uarante-huit heuresdans une solution d'acide 
nitrique au dixième à '60" ('.. La nitroalizarinc avait 
déjà été observée par O'Neiil, eu ISOO, et Steiner, 
de lîibeauvillé, l'avait a|)|iliquée dès I.S72. Les 
conditions d'emploi de cette couleur soûl iiidi(iuécs 
dans une note de M. E. Stanim (2). 

A peine la nili'oaii/.arine a-t-elle l'ait >oii appa- 
rition, que l'ruil'homme la transforme eu bleu 
insoluble (par l'acliou de l'acide sulfurique et de la 
glycérine!, lîrunck rendit celui-ci soluble par l'action 
du bisullile de soude et en lit le bleu d'ali/.ariue 
actuel. Eugène Dollfus l'i'tudia au poiul de vue de 
l'impression et lecoiiunauda comme mordant les 
sels de nickel ((ui sont ilevenus, depuis, d'un emploi 
courant. 

Croissant et lirelonuière iuvrutèreul, vers IN71, 
de nouvelles matières colorantes tirées du règne 
végétal et qu'ils appelèrent sulfures organiciues. Oes 
produits s'obtiennent en trailanl par le sulfure de 
sodium, à une temi)érature élevée, des matières 
organiques, telles que le son, la sciure de bois, 
l'humus et jusqu'aux excréments. Leur application, 
décrite par llosenstieht (3), est des plus faciles; il 
suflit d'épaissir les produits en gomme, puis, après 
impression, de vaporiser pour obtenir des modes, 
feutres, gris, que l'on peut modilier par des pas- 
sages appropriés, (les corps peuvent être associés à 
des couleurs à teindre et ils résistent bien aux 
opérations de la teinture. Malheureusement, ils ne 
supportent pas aussi bien le chlore. Le sulfate de 
cuivre, indiqué par Olanzmann (4) et employé 
depuis pour la tixation des diamines et autres colo- 
rants analogues, leur donne une solidité remar- 
quable. Des colorants du même genre avaient déjà 
été produits en Alsace, en I8.ÎI, par Degermann, à 
Sainte-Maric-aux-Mines, et Braconnot, en 1828 (o), 
signalait des corps similaires. 

A la même époque surgissent la galléine et la 
céruléine (phtaléine du pyrogallol). C'est à Horace 
Kœchlin que l'on doit la solubilisation de la céru- 
léine pour l'impression au moyen du bisullite de 
soude. Le corps qui se forme est la céruléine blsul- 
litée, produit incolore isolé |)ar M. Pruilhonnue. L)e 
la même année datent aussi le vert métliyle et le 
violet HolTinann, préparés par l'action du chlorure 
de métliyle sur les bases du triphénilméthaue, 
éliminant ainsi de cette fabrication l'onéreux iodure 
de méthyle et le nitrate, corps si dangereux à cause 
de ses propriétés explosives. 

lîa'yer et Caro trouvent la niirosation de la dimé- 
thylaniline, et la nitrosodimétliylaniline doit bientôt 

({) Bulletin île la Sociélé industrirllf de Mulhouse, 

I89U, p. i;u. 

(2) Ulem, 1877, p. 22. 

(3) idem, 1874, p. WS. 

(») liulletin de la Sociele iiidusiri.'lle de Houeii, 1,S7(;, 
p. 67. 

(â) Bulletin de la Société' industrielle de Mut/wusr, 
IS'.Kl, p. 7:i : <• Hésiimé d'uû mémoire publié par Br.i- 
coQDol sur uue encre ludélébilc », [ar Oscah Sciiblueh. 



servir à Caro (lour la préparation du bleu méthylène 
dont la réaction initiale découverte par Laulh, en 
1870, trouvt^ l'année suivante sa première appli- 
cation industrielle. Deux ans après, Melilola pre|iare 
le bleu de IMoldolaou Itleu pour coton par coud(Misa- 
tioii de la nitrosodimétliylaniline avec le p-nai)htol. 

Les colorants azoïques s(! bornent au jaune de 
.Manchester et au jaune d'aniline (notre aminoazo- 
beuzène actuel), lequel servait à la préparation des 
iudulinessolublesà l'alcool. On voit alors apparaître 
la chrysoïdine, les orangés de Poirrier, trouvés par 
Uoussin. ('<elui-ci transformait les colorants azoïques 
qui, juscpi'alors, n'avaient été utilisés que comme 
couleurs basi(iues dans la teinlure du coton, en 
colorants teignant la laine en bains acides, et faisant 
ainsi concurrence au bois jaune, à la flavine et 
même à la cochenille, par mélange avec de l'éosine. 

Le nombre des découvertes dans la série azoïque 
augiueuta, peu à peu, d'une façon extraordinaire, et 
bientôt le teinturier eut à sa disposition toute la 
gamme des nuances depuis le jaune citron jusqu'au 
violet noir, en passant par tous les tons de l'orange, 
du rouge, du violet, du bleu, mais jusqu'ici tous ces 
colorants servent iirincipalenient à la laine et ne 
sont pas cncoie préparés directement sur la libie. 

La matière colorante du campèche se prèle à la 
fabricalion d'un nouveau produit: le noir réduit, 
(j'esl une pâte avec laquelle on obtient des noirs, des 
bleus, des olives très résistants. Ces couleurs fixées 
par des sels de chrome sont d'une application très 
facile. Le noir réduit a permis la création d'une 
foule de genres qui, trop difficiles à produire avec le 
noir d'aniline, trop peu solides avec les noirs cam- 
pèche ordinaires, n'eussent pu être fabriqués sans 
lui ; son auteur est inconnu. La préparation consiste 
àtraiter de l'extrait de campèche, mélangé à un chro- 
mate par du bisulfite de soude. 

Après toutes ces découvertes, jetons un coup d'ieil 
sur les procédés industriels nouveaux. 

Dans cette décade de 1870 à 1880, nous remar- 
quons, avant tout, le procédé d'enlevage sur indigo 
et de fixation de colorants par l'albumine, dû à 
Camille K(eclilin (t). Ce chimiste avait trouvé (jue 
non seulement l'eau d'albumine peut dissoudre des 
quantités de chromate alcalin sans perdre aucune <le 
ses pro]iriétés, mais encore la coagulation de ce 
lixateur se faisait pendant le passage en acides oxa- 
lique et sulfurique sous l'influence de l'acide cliro- 
mique, au moment même où cet acide était mis en 
liberté pour détruire l'indigo. La vogue de cette 
fabrication lemaniuable n'a pas tari : c'est par 
millions de pièces que doit se chiffrer sa production. 
Coiiiuie importance, elle marche de pair avec les 
(uilevages à la cuve décolorante sur rouge turc, dus 
à Daniel Kœchlin, l'article noir d'aniline (procédé 
Lauthj et aussi, par dérivé de celui-ci, l'article eiilc- 
vage à l'albumine sur noii- de M. l'rud'homme, sur 
lequel nous reviendrons plus lard. 

D'autres genres fortnombreux, mais moins impor- 
tants, et <iu'il serait diflicile de décrire d'une façon 
bien captante, furent imaginés. Tout en en signalant 
quelques-uns, comme le genre noir or de chrome 
et violet, noir or de chrome et cachou, noir or cl 
chamois, nous croyons devoir renvoyer le lecteur 
au lîulletin spécial relatif à l'Exposition du cinquan- 
tenaire de la Société industrielle de Mulhouse, ipii 
donne très exactement un a|ierçu des genres de 

(I) llutlelin de la Sociéli: industrielle de Mulhouse, 
189'.), p. U)0. 



118 lIlSTOIRt: DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



l'époque (1) et à l'index des principaux articles pro- 
duits pendant ce siècle (voir au chapitre IV de l'Im- 
pression). 

II importe de ne pas passer sous silence un lilas 
de toute Ijeauté, imaginé par Cam. Kreclilin, et qui 
était do l'alizarine associée à un mordant double de 
chrome et de magnésie sur tissu huilé. C'est à lui 
que nous devons également la préparation du pre- 
mier bleu fait par un mélange de vert et de 
violet (2), ce qui à l'époque parut paradoxal, étant 
admis que le bleu est une couleur primitive et que 
le vert et le violet sont des couleurs composées. 

Une oiiginalité, de peu de durée d'ailleurs, fut 
l'imitation des faïences de Délit. On imprimait du 
bleu d'alizarine sur des toiles de coton huilées et 
encore humides, et ce sous forte pression. Outre un 
coulage imitant le caractère du Deift, le bleu don- 
nait assez bien le cachet de ces faïences; de plus, 
l'étoffe était traversée de part en part, consé- 
quemmcnt, l'envers à peu près impossible à dis- 
tinguer de l'endroit. 

Un genre qui eut un énorme succès est le suivant: 
on imprimait, en même temps que du noir d'ani- 
line par oxydation, des mordanis pour puce, rouge; 
on traitait comme d'ordinaire, puis on teignait en 
mélange d'alizarine et de fuchsine avec addition 
d'huile pour rouge. Après teinture, on vaporisait 
humide, puis on chlorait à la vapeur. Les couleurs 
ainsi obtenues, puce, caroubier, étaient d'un velouté 
et il'une saturation de couleur remarquables. 

Le genre noir et fond vert méthyle date aussi de 
cette époque et eut sa vogue; la fabrication, des 
plus simples, consistait à impiimer du noir quel- 
conque à oxyder avec un mordant d'alumine, à 
traiter comme les pièces à teindre en alizarine, puis 
à teindre en vert méthyle, additionné d'un peu de 
querciiron ou de graine de Perse. 

La Cadische Anilin-und Sodafabrik mit dans le 
commerce l'acide propiolique et le xanlhate desoude, 
première étape jiour arriver à la fabrication de l'in- 
digo artiliciel. L'acide propiolique, en réalité orlho- 
nitrophénylpropiolique, est chauffé en solution alca- 
line (acétate de soude), puis additionné d'un réducteur, 
dont le plus approprié est le xanthate de soude. On 
oxyde les pièces pendant quarante-huit heures dans 
un local de 20» I!, on lave bien, puis on passe en 
soudebouillantc à f/o, enfui on savonne légèrement. 
Les pièces, quoi que l'on ait imaginé, gardent 
toujours l'odeur caracléristique de mercaptan qui se 
développe dans la marchandise. Ce procédé, fort 
simple on lui-même, permit de réaliser des genres 
qui ne sauraient se faire avec l'indigo naturel, par 
exemple, des fonds bleu clair très unis, de la teinte 
des bleus lapis. On peut fabriquer des réserves de 
toutes les couleurs sous cette teinte. Ce bleu, d'un 
prix relativement trop élevé pour les genres foncés, 
n'eut qu'un temps; il eut des successeurs aussi 
éphémères jusqu'à ce qu'enlin on arrivât à produire 
l'indigoartiliciel, pouvant lutteravecl'indigo naturel. 
Nous signalerons ces divers pioduits en temps pro- 
pice. Disons ici, que ce fut en 1880, que Ba'yer géné- 
ralisa scientiliquement sa synthèse de l'indigo, qui 
avec celle de l'alizarine, constitue l'une des plus 
grandes victoires de la science sur la nature rebelle 
à livrer ses secrets. De toutes les matières colorantes 
naturelles, il ne reste aujourd'hui que la graine de 
Perse qui a déjà des concurrents très sérieux, et le 

(1) Bulletin (le la SucUUii industrielle île Mulhouse, 
liullttiii spécial. Annexes, 1877, p. 10. 

(2) Idem, 1878, Comité de cliimie, p. 1)7 . 



campèche dont, à vrai dire, la constitution nous est 
encore inconnue. 

En 1881, Horace Kœchlin et 0. Witt trouvent 
l'indophénol, qui prend naissance par l'action de la 
nitrosodiméthylaniline sur l'a-naptol et qui, sous 
l'action de corps réducteurs, se transforme en une 
leucobase, laquelle, par simi)le oxydation à l'air, 
restitue le colorant primitif. Le leuco-indo[)hénoI ou 
indophénol blanc se trouve dans le commerce sous 
le nom de bleu tle .lava. La teinture de l'indophénol 
se fait en réduisant celui-ci par la glucose ou le sel 
d'élain, imprégnant la libre du leucodèrivé, puis 
oxydant et passant dans un bain de bichromate. On 
l'a beaucoup appliqué comme colorant adjuvant de 
l'indigo. Dans l'impression, on a fait de fort beaux 
fonds bleus sur rouge d'alizarine. En faisant réagir 
la nitrosodiméthylaniline sur le tannin, II. Kœchlin 
découvrit la gallocyanine. (Jelle-ci, dissoute dans le 
bisuKite de soude, forme une combinaison spéciale, 
dite violet solide. Cette même réaction, étendue aux 
dérivés de l'acide gallique, a donné naissance : au 
« Prune » do Kern et Sandoz, qui est obtenu (lar 
condensation de la nitrosodiméthylaniline avec le 
gallate de méthyle; au <> bleu gallamine » qui 
s'obtient avec l'acide gallamique, et au violet galla- 
nilique (1880) qui s'obtient avec la gallanilide. En 
remplaçant la nitrosodiméthylaniline par d'autres 
dérivés nitrosés, d'aniines secondaires ou tertiaires, 
on a trouvé d'autres colorants comme la gallo- 
cyanine sulfonéo, la coréine, la cyamine (1887). En 
faisant réagir la nitrosodiméthylaniline sur le dioxy- 
naphtaline, on a obtenu la muscarine; en faisant 
réagir la xylidine commerciale, toujouis sur la nitro- 
sodiméthylaniline, on obtient le girolle. 

La mode si capricieuse remet la laine en faveur 
sous la forme de mousseline de laine. De ce moment, 
on réemploie le chlorage, attribué, suivant les uns, 
à Lighll'oot et, suivant d'autres, à Thomson, de 
Primrose (1821). Quoi qu'il en soit, la fabrication 
devient plus sûre, plus régulière; on obtient avec 
toutes ces nouvelles couleurs d'aniline des effets et 
des coloris inc(mnus jusqu'à ce jour. 

Le nombre des matières colorantes nouvelles 
augmente de jouren jour, et comme nous ne pouvons 
ici parler, même sommairement, de toutes ces cou- 
leurs (depuis 1870, il y en a plus de huit cents dont 
rénumération se trouve plus loin au Catalogue géné- 
ral des matières colorantes artilicielles, employées 
depuis 1802), nous ne nous attacherons donc qu'aux 
colorants représentant des types de séries. 

En première ligne vient le rouge Congo qui se 
produit par l'action du diazo debenzidine sur l'acide 
naphtionique. C'est une des premières couleurs 
subslanlives que nous ayons eues, c'est-à-dire tei- 
gnant le coton directement sans le secours d'aucun 
mordant. Son apiilication est donc des plus faciles. 
Il suflit de dissoudre la matière colorante dans un 
bain composé d'un mélange d'huile pour rouge, de 
soude Solvay ou de sel de soude avec du stannate de 
soude. 

Le rouge obtenu est très brillant; il s'en est fait 
des quantités immenses pour imiter le rouge turc. 
Dans l'impression, tous les modes possibles d'appli- 
cation ont été tentés. Ainsi, pour le genre fond 
rouge avec impression noire, on a d'abord imprimé 
du noir d'aniline sur blanc, |)uis on l'a fixé et ter- 
miné et, finalement, on a teint en rouge. Un autre 
procédé consistait à teindre en rouge sur tissu blanc, 
puis à imprimer du noir d'aniline, voire même du 
noir réduit, ou encore du noir campèche ordinaire 



UISTOIKE DOCUiMENTAIIlK UE I.'INDUSTUIK DE MULHOUSE ET DE SES ENVIKUNS. 119 



Dans roiiaiiis pays, on imprimait sur tissu non 
lilaiichi du noir tfaniliiie un pou acidu, on dôgom- 
mail, puis on loi,L;nait en rouije. On a mônu' teint 
en rouge directeinenl sur écru, juiis imiiiinié des 
noirs d'ap[ilication. Le rouge Congo se pi-èto éga- 
lement bien aux arlielcs enlevage et rongeants. On 
a l'ait des articles imitant à s'y méprendre les anciens 
genres rouge turc enluminé. On l'a aussi imprimé, 
soit seul soit avec il'aulres couleurs du même lypc, 
au moyen du p!i()S[)liate de soude. Outre le congo, 
nous trouvons, comme analogues, la purpurine, la 
liiMizopmpuiine, les hen/.oazurines, etc., etc. 

Depuis l'inlroducllon des couleurs subslanlives, 
ou a t'ait toute une séiie de gemes enlevage, au 
moyen des sels d'étain (Casanovas) (1), mais ces cou- 
leurs, formées de colorants lixés par l'élain, connue 
la graine de Perse, ou sim|»lemeut déposé sur l'étolTe, 
comme le bleu de Prusse, étaient d'iuic solidité rela- 
tive. 11. Schmid employa alois les conleuisl)asii|ues 
li.xées à l'oxyde slanneux (-2) et obtint ainsi, surtout 
sur les fonds moyens et clairs, de beaux résultats. 

.\ cette épo(iue (I.S8:)), MM. Sclilieper et lîaum à 
ElberfeUI publièrent un nouveau procédé de fixation 
de l'indigo par impression cpii bMU- periueltait depuis 
un certain nombre d'aimées, d'obtenir des dessins 
chargés et fonds en bleu indigo foncé sur blanc ou 
sur rouge alizarine uni ou imprimé. Ce procédé 
ciinsislail à imprimer sur tissu préparé en glucose 
une couleur contenant de l'indigo broyé et de la 
soude caustiiiue et à va[)oriserquetiiues secondes. Un 
simple lavage au large suftisait à oxyder et à fixer 
l'indigo. Les mêmes fabricants inaugurèrent l'em- 
ploi du soufre précipité pour faire des réserves sous 
ce genre indigo, liientùt après on imita celui-ci au 
moyen du bleu d'alizarinc (Gh. \Yeiss\ ou du bleu 
mélliylène; ])uis encore on imita ces genres très 
solides en substituant aux fabrications délicates et 
dispendieuses, aux couleurs chères, des procédés 
plus simples et plus économiques, tels que les pro- 
cédés au bleu de Prusse rongeant sur rouge, après 
passage en chlore ; tels les fonds bleu vajieur en bleu 
Victoria additionné d'acide lartri(iuc. 

Un genre intéressant et dont la fabrication ne 
cesse d'être considérable, est le genre fond noir 
d'aniline avec couleurs réserve et couleurs enle- 
vage, créé par Prud'homme (1883). On |ilaque le 
tissu en bain de sel d'aniline, chlorate de soude et 
l)russiate jaune. (In sèche, puis on imprime: pour 
le blanc, un sel alcalin, soit acétate de soude, soit 
hyposulfile; pour les couleurs, le même blanc addi- 
tionné d'albumine en proportions convenables et de 
laques Insolubles, laques de couleurs d'aniline, 
ouli-erner, verl Guignel, orange de plomb, etc., etc. 
On passe au petit appareil à vaporiser- dit de Mather 
et Platl, pendant deux minutes; puis, après oxyda- 
lion suffisante, ou domie un bain de bidu-omate de 
potassium et au besoin un léger savon. Celte 
méthode a été modifiée en ce sens, que l'on peut ou 
bien imprimer les couleurs d'abord, puis foular-der 
en noir; ou bien imprimer les réserves d'abord et 
plaquer ensuite le noir au rouleau ; mais la pre- 
mière ruéthode est la plus sûre, et celle qui dorme 
les plus beaux résultats. Ce genre est un de ceux 
qui ont eu le plus de vogue; il est de plus en plus 
pratiqué. Crafton a tenté de modifier le procédé en 
luor-dançanl le tissu en taïuiale d'antimoine et en 

(r) llullelin (le la Société iniltixlrif/le rie Mii/hdU.se. ISSÎ, 
p. l'.lO. 
("2) Idem, IS'.Ki, séances du Comité de chimie, p. l^i". 



préparation pour noii-. Il imprime ensuite une 
réserve à la soude causti(iue et soubasse en couleurs 
additionnées d'acétate de soude. Ce dernier mode n'a 
pas prévalu, les couleurs élaiiL moins brillantes et 
plus délicates à manier. 

Un autre procédé est dû à l'.Incb-Schwartz (1) : 
on ])laque en noir d'aniline, oir imprime le blanc 
enlevage siu' noir et réserve sous couleurs, puis on 
soubasseavec le même blanc contenairt des solutions 
de coloi'ant, comme la rhodamine, le violet mélhyle, 
le bleu Victoria, le veit malachite, du tannin et de 
l'émétique. La r'éserve primordiale blanche est à base 
d(! rbodanurc slanneux, qui réserve le noir en luême 
temps qire les couleurs d'albunrine soubassées. Pour 
soubassement on prend le blanc additionné de 
couleurs plastiques; les réserves blanches sous noir 
d'aniline à l'acétate ou au citrate de soude réussissent 
également bien. 

Dans celte série de |)rocédés d'enlevage et de 
réserve sous noir d'aniline, signalons encore le 
procé'dé de Pluzanski (2) qui produit des réserves et 
des conversions color-ées sons noir d'aniline par 
impression sur l'éserves d'un noir additionné' de 
colorants immédiats. On imprime une r'éserve alcaline 
blanche ou colorée etonsurimprime un noir d'aniline 
additionné de coloi-ants iirHiu''diats. Là où laréservc 
touche le noir, celui-ci ne se développe pas, mais le 
coloi'ant qu'il renferme teint la réserve et lui commu- 
nique sa couleur si larésorve estblanche, tandis qu'il 
produit une conversion si la réserve est colorée. 

Un autre geiu-e, dû aux Anglais, mais qui fut 
fabriqué avec soin et le fini que l'on reconnaît avec 
raison à la fabrication mulhousienne, fut le genre 
dit « réversible ". L'étoffe teinte en gris uni est 
plaquée en noir uni d'un côté et imprimée de l'autre, 
soit en noir, soit en blanc, soit en plusieurs couleurs. 
Cette fabrication des plus difficiles, exécutée d'abord 
en 1883 dans la maison Scha'ffer, Lalanre, à Pfastatt, 
se généralisa. Les modes de production varièrent : 
ainsi, au lieu d'imprimer il'abord le fond noir eir 
deux fois, chac]ue fois avec un rouleau, on arriva à 
iruprimer le noir en une seule fois, mais avec deux 
l'ouleauxplaquours; puis onimagiiraunemodificaliou 
à la machine à iiuprirner, la(iuelle permettait, par' 
l'adjonction d'un rouleau faisant fonction de deuxième 
presseur', d'iiu primer, en un seul passage à la machine, 
le fond noir par deux rouleaux, et l'impression 
en couleur sur le gris par un auti-e. Puis, on pro- 
duisit le noir jiar l'appar-eil dit à la racle, et ce procédé 
fut encoi'e amélioré en ce que l'on plaquait les pièces 
au luoyen d'un rouleau non gravé et qu'on les 
séchait imruédiatemcnl sur tambour. On est arrivé 
ainsi à faire jusqu'à 90 à 100 ])ièces de 100 mètres par 
journée de dix heures. 

Avant d'aborder les couleurs azorques direclemenf 
produites sur 1 1 fibie, qui représentent toute une 
nouvelle fabrication et qui ont complètement modifié 
nos procédés d'impression et de teinlui'e, rappelons 
sommairement les autres colorants nouveaux. 
D'abord la série des couleurs dites diamines de 
Casella et C'°, qui occupe une large place aussi bien 
dans la teinture que dans l'impi-cssiori. 

Dans cette série, toutes les couleurs sont repr-é- 
tentécs, depuis le jaune thioflavine S jusqu'au 
diaminogèneR ;elle ne comjite pas moins de soixante 
colorants divers qui, tout en portant le même nom 

1) Hulh-lin de la Société industrielle de Mulhouse, 189G, 
p. Wl. 
(2 Ideii>, 1897, p. 98. 



1-J(i 1I1ST0IKI-: DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



mais une autre niaïque, soiil des produits souvent 
très difTérenls. 

Ou applique, en teinture, les couleurs diamines de 
Casi'Ila de trois tarons différentes, soit: topar teinture 
en soude et sulfate de soude ou soude et sel marin ; 
2° par sulfate de soude seul ou sel marin seul ; 3" par 
savon et suKate de soude ou savon sel marin. On 
peut aussi employer le phosphate de soude. 

Beaucoup de ces couleurs peuvent encore être 
diazotées et développées sur la libre. (In peut aussi 
les impiimer directement en ajoutant au cnkiranl 
épaissi du phosphate de soude. Llles se rongent par 
l'oxyde slanneux, lacétate, le ehhirure d'étain, la 
poudre de zinc. On obtient de fort belles laques en 
les précipitant par le chlorure de baryum ou de 
sulfate d'alumine. Celles-ci, bien lavées, rendent de 
grands services pour l'impression des doublures, où 
on les lixe à l'albumine ou à la caséine, au 
gluten, etc. 

Citons encore les autres colorants dérivés de l'ali- 
zarine : le noir d'alizarine, le jaune d'alizaiine, 
le rouge d'anthracène, la cyanine d'alizarine, la 
viridine, etc., et abordons les couleurs azoïques. 

En 1878, P. Griess trouva une réaction des plus 
intéressantes. Il remarqua que toutes les aminés, 
comme l'aniline, la toluidine, etc., traitées par l'acide 
nilreux.se transforment en nouveaux dérivés que Ion 
a appelés combinaisons diazoïques ou aminés aroma- 
tiques diazotées et qui jouissent d'une puissance 
d'aflinité extraordinaire. Par l'action de ces combi- 
naisons diazoïques sur des naphtols, on a obtenu 
les couleurs que l'on aiqielle naphtol-azoiques. 
L'industrie des matières colorantes sut vite proliter 
de ces diverses réactions et produisit rapidement 
toute une série de corps colorés. Mais le mode de 
lixation sur tissu ne se trouva pas aussi facilement. 
Les premières tentatives sont dues à llolliday, de 
Huddersiield, et à Grœssler, de Cannstadt ^IS8D;; 
leurs procédés étaient difficiles à exécuter, lorsque en 
1886, Weber, de Winlerthur, un des premiers, réussit 
pratiquement la fixation des azoïques sur le tissu. 
Cependant, tous les procédés présentaient encore 
des lacunes, et ce ne lut que par l'étude approfondie 
et raisonnée de la marche des opérations et des 
conditions de neutralisation, que l'on arriva, il y a 
une dizaine d'années seulement, à fabriquer couram- 
ment et avec sûreté. Ces couleurs se distinguent par 
une grande vivacité, par une solidité convenable au 
lavage et une grande simplicité dans le mode de 
fabrication. Les procédés de teinture de ces corps 
diffèrenlabsolumentde leur préparation industrielle. 
Le fabricant de matières coloiantes tait couler le 
bain diazoïque dans celui de naphtol ; le teinturier 
passe son étoffe imbibée de leur préiiaiation de 
naphtol dans la solution diazoïque. (3n est arrivé à 
produire toutes les couleurs, sauf le vert. 

Les jaunes s'obtiennent parri-naplitoletlamétani- 
traiiiline, et la nitrot(duidine, les rouges par l'a- et le 
fi-naphlol, et la paranitraniline et lamidoazobenzol. 
les bordeaux, grenat, puce, par le ;j-naphtol, la 
naphtilamine, l'aininoazotoluène, la benzidine et la 
toluidine, les noirs par le ,î-naphlol et la base diazo 
noir, eulin les bleus par le p-naphtol et la dianisidine. 
Ces derniers corps ne donnent sur la fibre qu'un violet 
rougeàtre. C'est F. Storck qui, en 1S'.»3, lit l'obser- 
vation intéressante que, par l'entrée d'un sel de 
cuivre dans la composition du colorant, ce dernier 
est changé en bleu vif, solide au savon, à la lumière, 
mais, malheureusement, très sensible à la sueur. 
Bloch et Schwartz modifièrent le procédé en ce sens 



qu'ils ajoutèrent du [irussiate rouge au bain de 
diazo-rougc et (|uils substituèrent au chlorure, 
l'acétate qui est moins préjudiciable au rouge (I). 

Non seulement on peut teindre en uni, mais toutes 
ces couleurs s'impriment soit seules, soit mélangées 
entr-e elles. On peut les réserver, même les enlever. 
Les réserves sont à base de sel d'étain, de sullile de 
soude on de stannite d'étain et peuvent se inodilier 
de façon à devenir des réserves colorées, soit pai' 
des colorants basiques, avec ou sans tannin, soi! 
par des couleurs à l'albumine. La solidité laisse lui 
peu à désirer, le vaporisage prolongé leur nuisant. 

Les couleurs enlevage se font par le sel d'étain et 
la poudre de zinc. En 18',l(i, Schinid trouva un 
procédé pour ronger très nettement la plupart des 
couleurs azoïques, au moyen de sel stanneux addi- 
tionné de certaines substances ()ui au vaporisage 
exercent une action dissolvante sur le colorant 
azoïque. On peut également colorer ces enlevages. 

Parmi les réserves sous couleursazoïques. plusieurs 
procédés ont été a()pliqués. Celui de Langer 2i repose 
sur le l'ait que le tannin donne des précipités 
insolubles avec les diazoïques. Onimprime au tannin 
sur du tissu préparé en naphtoléate de soude, puis 
on teint en paranitrodiazobenzéne et on traite ensuite 
comme d'ordinaire. Pour les réserves colorées on 
ajoute au tannin des matières colorantes basiques 
et, avant de passer en diazo, on donne un court 
vaporisage au .Mather-Plalt ; une addition d'acide 
citrique est avantageuse. 

Un autre procédé est diï à Juste Kœchlin i3 . Oa 
im|irime, sur colon non préparé, le blanc avec du 
tannin; pour les autres couleurs, par exemple : le 
jaune, de l'auramine ; le bleu, du bleu Victoria ; le 
vert, du vert brillant et, en général, des couleurs 
ba^i(^ues; jiour le noir, un noir campêche. Un vapo 
rise deux heures, puis on plaque avec deux rouleaux 
picots en naphtolale de soude, on sèche et on teint 
ensuite en paranitrodiazobenzéne pour le rouge et en 
diazonaphtalène pour le bordeaux. Après teinture, 
on lave, savonne, lave encore et sèche. 

Les couleurs azoïques, dont il se fait aujourd'hui 
d'immenses quantités, tendent à prendre une place 
prépondérante dans la fabrication. Il pourrait très 
bien arriver, dans le siècle prochain, que nos procédés 
actuels, aux mordants, fussent délaissés |)our ne voir 
appliquer que des préparations dans le genre des 
couleurs azoïques, procédés dont on peut dire qu'ils 
se multijdient en se perfectionnant. 

La teinture des colorants basiques sur fond 
mordancé en tannin a provoqué de nombreux procédés 
d'enlevages colorés, parmi lesquels un de ceux 
généralement employés est celui de liomann ^41. On 
imprime, sur tissu jiréparé en tannin et émétique, 
une couleur à l'aluminate de soude, on vaporise, on 
dégomme en sel ammoniac, on lave et on teint au 
bouillant en couleurs d'aniline telles (pie : bleu 
méthylène, safranine, etc., puis on teint le mordant 
d'alumine en colorant se lixant sur alumine, en 
bain additionné de craie ou d'acétate de chaux ; on 
lave et on savonne ensuite légèrement. 

Les couleurs fixées au chrome par vaporisage ou 
par teinture sont des plus solides. Diverses méthodes 

(I) Bullelin lie la Société iniluslrielle lie Mulhouse, 1891, 
p. 421. 

[■2) Idem, 1899, p. 7e. 

(31 Idem, 1899, p. 74. 

(4) Bulletin de ta Société industrielle de Mulhouse, I89G. 
Séances du Comité de chimie, p. 1G8. (Pli caclieté N°723 
de Frères Kœchlin, 1893.) 



HISTOIRE DOCUMENÏAIRR DE l/INDUSTRIE.DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 121 



ont élé employées pour U's ioiii,'ci-, ainsi : l'acide 
citrl(|ue, les bisulfites ulculiiis, clr. II. Sciiiiiiil (I) a 
proposé l'eniploi du pi'uss.iale roufje en présence 
d'un alcali. En iricoipoiant des couleurs plastiques 
et de raihuiiiiiic, on peul léaliser n'importe (piel 
ellet de iduleuis; il e>t Imn d'ajouter à la couleur 
un peu de cliiorate. 

Avant d'arrivei- à parler de l'indigo artiliciel, nous 
avons signalé le bleu à l'acide propiolicpie. Le sol de 
Kailc man|ue uni- aulie étape saillante dans cette 
reniai ipiahle série Ce sid est une combinaison 
l)isullili(|ue de rorllionilnipliénylelactocétonc. I.'ap- 
|)licalion en est des plus faciles, mais son prix élevé 
n'en a permis l'emploi que pour des genres légers 
et pour certaines fabrications spéciales. On imprime 
le iel (le Kalle avec une solution de sullite de soude, 
on passe ensuite en soude caustique, ou lave, on 
acidulé el on sèche. Le sel d'indigo se prèle à une 
série de combinaisons intéressantes. Pokorny (2) 
obtient des dessins multicolores sous fond de sel 
d'indigo : on imprime, sur fond do sel de Kalle, des 
couleurs basiques avec sel d'itain, tannin et acide 
acétique, par exemple de la safranine pour le rouge, 
de la thiollavinc pour' le jaune, el on suriinprinie 
avec de la soude causliijui'. On peut l'aire des soubas- 
sements ou des fonds bleus, (iette fabrication 
a donné lieu à une ob>ei\a(iou inti'ressaute, c'est 
qu en imprinianl du noir réduit avec la soude 
caustique, on obtient un unir solide sans vajjoriser. 
La Cabiicatiori s'est réduite à préparer le tissu en sel 
d'indigo, à imprimei- les couleurs noir, rouge, 
jaune, etc., puis à surimprimer à la soude caustique, 
passer ensuite en énii'diipie, savonner el laver sans 
vaporiser. 

L'article classique de Daniel Kiechlin, le rouge 
turc enluminé, a subi de iirofoncles modifications. 
Sclimidlen (3), dès ISss, a employé la soude caus- 
tique additionnée de silicate el est parvenu à 
obtenir des couleurs très solides, en même temps 
qu'un blanc très pur. Ce piocédé a surtout été el est 
encore employé en Russie et en Angleterre. 

E. Fourneaux (4i a appliqué une autre méthode de 
rongeant sur rouge : se basant sur le fait que 
l'oxyde de chrome fraîchement précipité est solulde 
dans la soude caustique à froid, mais est précipité 
de celte solution quand on la cliaulle, il a imprimé 
ces solutions d'oxyde de chrome dans de la soude 
caustique contenant un colorant à caractère acide, et 
est arrivé à produire ainsi le bleu, le noir el le violet. 

En dissolvant des colorants tétrazoïques de la 
benzidine, tels que la chrysaniine, le jaune de 
liesse, la benzoazurine, etc., dans une solution de 
soude caustique, il arriva, par la combinaison des 
deux méthodes, à très bien imiter le genre dit <> à la 
cuve décolorante >. 

I''. Hinder "m a établi un autre procédé, basé sur 
la lixation des colorants réduits, sur mordant de zinc, 
en présence de soude rausiique, il dissout le bleu 
d'alizarine, la céruléine, dans de la soude à 3S' ; il 
réduit par le zinc, puis épaissit le liquide, après 
(|uoi il imprime sur fond rouge, vaporise quatre ou 
cinq minules, lave et savonne. 

(1) DKPIBnBK, t. III, p. l'Jî. 

(2) liultelin de la Suciéle indu.slrielli; de Mul/ioif.e, I87C, 
1896. Comité de chimie, p. 30. 

(3) Hulletin de la Socielé indiislrielli' de liouen, ISO'J, 
p. i.30. 

(4) Bulletin de la Socielé iiidusirielle de Mulhouae. 1888, 
p. 342. 

Ci>) Idem, 1895, p. I3G. 



La question des enlevages a toujours préoccupé 
les chimistes, surtout quand il a élé (]uestion d'agir 
sur lies colorants solides, comme l'indigo ou lescou- 
leurs fixées au chrome, ou encore les couleurs à 
base d'alizarine. 

P. .leanmaire (0, dès IHH'o, avait utilisé l'action 
(les chlorates sur les prussiates entre SO et 100 ('.", 
mais le procédé n'a élé n'pandu ipie depuis peu 
d'années. 

Pour oblenir ces enlevages de loiiles nuances, sui' 
indigo aussi bien (pie sur bleu d'alizarine, el ei^ 
général sur couleuis livées au mordanl de chiome, 
l'enlevage se l'ait avec les chlorates de soude, de 
baiyle, etc., additionné de, prussiate rouge dans la 
couleur; le rouge à teindri^ s'obtient avec du chlo- 
rate d'alumine, et les autres couleurs se font en 
incorporani, au blanC; des couleurs plasliipies avec 
de l'albumine. D'autres modes d'enlevage blanc et 
rouge teint surfond indigo se succédèrent rapidement. 

Slorck el Pleifler (2) (LSSi avaient déjà employé 
le bromate d'alumiin'. C. l'.randi (.'li avait indiqué 
un mélange de chlorate d'alumine, de sulfure de 
cuivre et de bromm-e. I''. l'.inder (4) employa le 
brome naissant : il obtenait de fort jolis nankins 
enlevage, en ajoutant à la couleur du citrate de fer. 

Ouand parurent les couleurs azoiques, on chercha 
à créer le genre rouge par enlevage sur indigo, et 
celui-ci ne larda pas à entrer dans la pratique. Il y 
eut d'abord le procédé Elbers (ii), dans lequel on 
plaque le tissu, teint en indigo clair, en p-iiaphto- 
late de soude, pour imprimer ensuite un chromate 
neutre, puis passer en cuve acide. Un procédé ana- 
logue est du à l"'rey (0). Gallois (7) emploie le 
prussiate rouge (ju'il incorpore dans le rouge 
diazo, puis il passe en .soude caustique. Tous ces pro- 
cédés ne vont que sur indigo moyen et ne donnent 
que du rouge. 

C. Kurz (8) obtient un beau blanc et du rouge sur 
indigo foncé, en foulardant en f;-naphtolate de 
soude additionné de chiomate neutre. Il imprime un 
blanc à buse d'acélaledc plomb, et le rougeen solu- 
tion diazoKjue en conlieul aussi. Il passe en ammo- 
niaque d'abord, puis en mélange d'acide oxalique cl 
d'acide chlorhydrique. 

Un nouveau procédé de bistre au manganèse, plus 
facile à exécuter ([ue celui parla méthode à la soude, 
a élé imaginé par Uépierre ('J).On foularde en chlo- 
rure de manganèse bien neutre, i)uis on passe en 
bain de permanganate de potasse el de soude 
Solvay. Les anciennes méthodes enlevage ont été 
remplacées par celle de Iteisz(lO), qui emploie l'acide 
sulfocyanique et obtient des coulems solides à base 
d'alizarine, de céruléine, etc. 

Lu genre brun, imitation du bistre, est dû à 
Cinder ( 1 1 ), qui a réussi à Iransformer la combinaison 

(1) Bulletin delà Société industrielle de Mulhouse, 189.'', 
p. 134. 

(2) Idem, 1892, p. 387. 

(3) Idem. 1892, p. 201. 

(4) Idem, 1892, p. 207. 

(5) Traité de l'impression et de la Irinlure, pni' Dé- 
riEitiiE, t. III. p. 426. 

'fi)BuHelin de la Société industrielle de Mulhouse, 1897, 
p. 3i7. 

(7) Traité de l'impression et de la teinture, par DÉriEunE, 
t. m, p. 429.1 

(8) Bulletin de la Société industrielle de MuUi',use, 181)7, 
p. 356. 

(9) Idem. 1891, p. 38. 
(10, Idem, 1896, p. 378. 
(Il) Idem, 1898, p. 343. 



1-21 HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS 



ammoniacale de la dinitrorésorcine (vert de résor- 
cine) en un roloiaiit brun, par le moyen du vapo- 
risage. Le fond obtenu peut so ronger par les sulfites 
alcalins et, coniine couleur d'enluniinage, on a 
employé les couleurs vapeur qui supportent sans 
altération la présence des sullites. On obtient aussi 
un gros vert fort solide en lixant la n'-sorcine ammo- 
niacale par le prussiate d'ammoniaque. 

Il nous est venu d'Angleterre (1890) une fabrica- 
tion renouvelée : l'impression d'oret d'argent. Cette 
application, d'une imporlance relative du reste, est 
faite au moyen de vernis spéciaux et par des pro- 
cédés tenus secrets. On a appliqué les nouveaux 
bronzes àrelletscolorés et aussi mélangés à des colo- 
rants d'aniline. Cette fabrication exige encore, en 
outre, des appareils s]>éciaux. 

La ijuestion delà rénénération des bains de savon 
a souvent préoccupé leschimistes. Ellea été résolue, 
pour ce qui concerne les bains de savon des passages 
en émétique. M. E. Jaquet a eu I idée d'ajouter au 
bain de savon une certaine quantiti' de lannate 
d'antimoine : les rougos, malgié la quantité très forte 
de bleu méthylène, qui altère le plus cette couleur, 
conservent, à très peu de chose près, leur vivacité ((). 

Une fabrication des plus bi/.arres, et qui repose 
entièrement sur des doimées mécaniques, est éga- 
lement d'origine anglaise. Son principe peut se 
résumer comme suit : Dans l'impression courante, 
avec des rouleaux gravés pressant fortement l'étoffe, 
laquelle passe entre lesdits rouleaux et le presseur, 
on obtient une impression nette et conservant son 
rapport, si le tout a la même vite.sse. Mais si l'on 
mcdifie l'arrangement de la machine à imprimer de 
fa(;on à ce que les rouleaux sciih marchent plus len- 
tement que l'étoffe et que le presseur, le tissu frôlera 
les rouleaux et on obtiendra une impression toule 
différente. Le dessin ijuc l'on imprime pourra même 
être modifié, rien que par la différence donnée entre 
la vitesse des rouleaux et celle de l'étoffe. Celte 
méthode, dite impressionpar traînée, donne surtout 
de beaux résultats sur les tissus brochés, fai.onnés. 
Les parties en relief du tissu peuvent être colorées 
sans que la partie unie soit atteinte. On peut aussi 
appliquer ce système sur tissu uni. C'est un procédé 
qui a l'avantage d'être plus économique que l'im- 
pression ordinaire et qui, de plus, rend très difficile 
ou même impossible la contrefaçon des dessins. 

Une série de fabrications intéressantes, à laquelle 
il est diflicile d'attribuer une date bien précise, mais 
dont la vogue ne fait que s'accentuer depuis lSOO,est 
le mercerisage et son dérivé, le crèponnage. Mcrcer, 
en 18t3-18i'f, avait remarqué qu'en traitant lecoton 
par de la sovide caustique concentrée, il subissait 
une transformation particulière, les libres devenaient 
plus courtes, plus épaisses, plus solides. En outre, 
il possédait une affinité bien plus grande pour les 
matières colorantes et surtout il prenait un aspect 
soyeux remarquable. Mercer n'avait remarqué que le 
rélrécissement,et nous ignorons quel est l'observa- 
teur qui, le premier, constata l'affinité spéciale que 
donne cette opération ; toujours est-il, qu'en ISG8 
déjà, des Anglais offiaienl en Allemagne le merce- 
risage comme procédé particulier pour augmenter 
le rendement en teinture indigo; mais comme le 
tissu rétrécissait et qu'on ne savait pas ramener 
l'étoffe à sa largeur primitive, le procédé échoua. Le 
crèponnage par impression de bandes en soude 

(1) Bullelin (le la Société imluslrielle de Mulhouse, 
1890, p. 552. 



caustique a été inventé par Mercer, qui en avait 
exposé des échantillons à l'Exposition universelle de 
Londres, en 1851 (1). 

Le grand mérite de Depoully est d'avoir trouvé à 
crêper des tissus mélangés de coton et de soie ou de 
laine, en abaissant la température du bain alcalin 
au-dessous de O'.vers environ — 8" C; à cette tem- 
pérature la laine et la soie ne sont i)as attaquées, el 
le coton, en se rétrécissant, forme le crèponnage. 
Depoully lit exploiter son procédé pai' Garnier et 
N'oland. Des spécimens figurèrent ."t l'Exposition de 
1880; depuis lors est survenue une masse de pro- 
cédés, avec tension, sans tension, etc., dont nous ne 
pouvons donner l'énumération ici, mais dont le bul 
en général est de donner à l'étoffe le lustre, le bril- 
lant de la soie, ceci pour les unis de coton. Quant à 
l'impression de la soude, on lui donna le nom de 
gaufrage ou plutôt ciéponnage. Le procédé est des 
plus simples : on imprime de la soude caustique très 
concentrée sur des places déterminées; les endroits 
en contact avec la soude sont rétrécis, tandis quefes 
autres sont forcément mis en relief; on peut aussi 
imprimer des réserves et passer en soude caustique. 
Il se produit alors l'effet inverse, la partie imprimée 
devient bouillonnée et la partie non imprimée se 
rétrécit. Enfin, on peut à vidonté imprimer, en cou- 
leurs substantives, l'une ou l'autre des parties et 
aussi obtenir des crê[ions,soitsur uni, soit enimpres- 
sion, en combinant les effets de la soude avec les 
divers procédés de fabrication. 

Un genre dérivé de cette fabrication et dont il s'est 
fait, depuis 1890, des quantités considérables, sur- 
tout en Italie, est dû à M. P. Dosne. Il imprime une 
bande ou un filet coloré (quelle que soit la couleur, 
pourvu qu'elle ne vire pas à la soude caustique) et 
donne les opérations que comporte celte couleur; il 
la termine, puis imprime par-dessus un filet sem- 
blable, mais de gravure profonde, avec de la gomme 
très épaisse (2) ; l'impression doit se faire de façon à 
ce que les bandes moirent, ou bien encore on donne 
un jeu de va-et-vient au moment de l'impression. 
Ainsi prête, la jiièce est passée en soude caustique à 
40°, puis lavée el terminée avec quelques précautions 
On peut ainsi mettre du blanc sur du noir, des colo- 
rants sur du blanc ou du blanc sur des colorants. 

Il y a fort longtemps que l'on imprimait du blanc 
sur les étoffes pour obtenir des effets imitant le bro- 
ché. Cam. Kœchlin, déjà en I8.f7, à Cernay, avait 
imprimé ainsi du sulfate de plomb. Vers isaii, on 
imprima du blanc de zinc (]ui. aujourd'hui encore, 
sert énormément pourles genres doublure. En 1895, 
les beaux travaux de Cross et Bevan sur la cellulose 
amenèrent la découverte d'un corps tout particulier, 
auquel ils donnèrent le nom de viscose On obtient 
ce produit en dissolvant la cellulose alcaline dans du 
sulfure de carbone, puis on précipite par le sel 
marin. Ce produit est soluble dans l'eau. On l'im- 
prime à épaisseur convenable sur l'étoffe, on sèche, 
puis on vaporise, on obtient une pellicule très 
flexible et aussi élastique que l'étoffe elle-même, et 
adhérant absolument au tissu, au point que ce der- 
nier peut subir les opérations du blanchiment sans 
que la viscose s'élimine. On peut aussi mélanger la 
viscose avec des matières pesantes, blanches ou 
légèrement colorées. On imprime, puis on passe 
à la calandre chaude qui fixe la viscose. Celle-ci 

(1) Voir CL'HitEii et E.xgel: Furberei uiul Dntckerei, 
p. 16. 

(2) Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, 1899, 
p. 213. 



HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 123 



emprisonne le kaolin, ol il en résulte, quand 
on a plaqué toute l'otolTe, un apprêt tout spécial 
ou, (|uanJona imprimé ci'ttc pdtc, une imitation de 
broché que l'on peut impunément laver, blanchir, 
teindre et même savonner, sans inodilier l'aspect de 
l'étofTe. Le reirait est de un cin(pii(''me à un siNléiiie. 

l'n genre analogue, mais qui, (puiique [dus beau, 
offre moins de résistance, est le genre créé par la 
maison Scheurer Laulli,en i89.'«(l). M. Alb. Scheurer 
imprime ou phupie du lungstale de soude puis 
dégomme on chioiuie de liarxuin. Lesellels i)cu\enl 
èlre teintés de couleurs iminédlales, qui colorentitîs 
parties imprimées. Dans ce cas, il faut vaporiser ou 
bien mélanger des sels métalliques. Cet article porte 
le nom d'Opaline. 

L'application delà soude caustiiiuc pour produire 
le cré|i(ui, a donné naissance à un autre genre. 
Knoop (2) imprime sur velours do coton de la soude 
caustique, puis sèche fortement; après le séchage 
on bi-osse à fond, finalement on lave et redresse le 
poil. Des parties traitées par la souile tombent et 
donnent un aspect particulici- à l'étolfe. En appli- 
quant ce gaufrage à des fabrications difTérentes, 
telles que couleurs diamincs, rouge d'alizarine, tan- 
nin et noir d'aniline, on arrive à des combinaisons 
très variées. 

En même temps ipie l'on soumettait le coton à de 
nombi'eux essais pour produire les crêpés, la laine 
aussi était l'objet de recherches (|ui aboutirent à jdu- 
sieurs nouveaux procédés (.'i . ('■randniouginappli(|ua 
les ilissolutions do sel d'êlain, puis vaporisant et 
lavant, obtint un crépon sur laine, analogue à celui 
sur coton. Ajoutons, que sur coton le chlorure de 
zinc (4) permet d'obtein'r les mêmes elfets que par 
la soude caustique, sans modilier ou altérer aucune 
nuance; on peut donc opérer à volonté sur du tissu 
blanc ou sur des tissus déjà teints ou imprimés. 

Une autre méthode pour le crêpage de la laine est 
celle de Siefert (;J) ; il recommande les rhodanures 
de calcium et de baryum. Ici aussi on peu ajouter à 
la couleur des matièies colorantes, de même que du 
sel d'êlain. et imprimer ainsi un tissu teint en une 
autre nuance se laissant ronger au sel d'êlain. 

Un nouveau mode de fixation qui, bien qu'il en 
ait été fait déjà des quantités de pièces, parait cepen- 
dant encore perfeptible, est le mode de fixation de 
la gélatine ou de la caséine par la formaldéhyde. 
Divers chimistes s'en sont occupés, entre antres 
M.M. Kopp, ('.. Schœn, W.-E. Kay (6). 

Nous avons vu, dans les lignes qui précèdent, la 
])art considérable qui incombe à la science dans la 
recherche de nouveaux procédés de fabrication; 
mais il importe de constater, avant tout, les progrès 
étonnants de la chimie dans le domaine des matières 
colorantes. Vn fait capital et qui a peut-être une 
l>lus liante portée que l'invention de l'ali/arine 
artificielle, est celui de la découverte et de la pro- 
duction en grand de l'indigo artificiel. Ce succès 
remaniuable, fruit de travaux et de recherches (pii 
n'ont pas duré moins de trente années, peut être 
considéré comme le triomphe du xix" siècle. Il carac- 
térise d'une manière frappante les résultais (jue 

(1) Bulletin de la Sociélé iiKlwilrielle île Mul/(ouxf, 
1890, p. 210. 

(2) lilem, 1896, p. 3S7. 

(3) Idem, 1898, p. 3i9 : Pli Frères Koechin, n» 993, 1897. 
(i) Idem, p. 348: Pli Krèrcs Kocclilin, n» 1006, IS9S 

(5) Idem, 1899, p. 80. 

[6) Idem, 1899 : Séances du Comité de chimie, p. io, 
ôô. S" et 73. 



peut produire l'union de la science et de l'industrie. 

Dès 1 SOI), lîa'yerconuiienea ses recherches sur l'indi- 
goline. En 1870, il réalisa, avec Emmerling, la prc- 
liiière synthèse. En chaufranl l'isaline avec le chlo- 
rure de phosphore, il obtint de pelites ([uantités de 
celle matière coloiante. La synthèse n'élaitpas com- 
plète, car l'i>atine n'avait été obtenue que par oxy- 
dation de rin<ligoline elle-même, et le procédé 
donnait un faible rendenienl. Pluslard lîa'yer obtint 
roxind(d au moyen de l'acide, pliénacélique et réussit 
à le Iransforjuei- en isatine. Scientifiquement, la 
syntlu''se alors était conqifèle. l-^n inêmelemps le pro- 
cédé de Iransforination d'isatine en indigo fut perfec- 
tionné. Par un traitement au perchlornre de phos- 
phore, l'isaline donna le cliloiurc d'isatine, et celui- 
ci, par réduction, se transformait assez nettement 
en indigo. Mais ce procéilé ne pouvait devenir indus- 
triel. Ra'yer trouva alors que l'acide orthophényl- 
propiolique, traité par des réducteurs alcalins, 
fournit l'indigotine avec un rendement satisfaisant. 
Ce procédé trop dispendieux ne |iul encore devenir 
pratiquement rémunérateur. Mais si l'indigo ne 
pouvait s'obtenir directement, on pouvait le pro- 
duire sur tissu, et des quantités de pièces furent 
iin|irimées par le procédé dont nous avons parlé 
précéderninent. l'i.eyer transforma ensuite l'acide 
orljionitrophénil|iropiolique en acide indoxylique et 
indoxyle, lesquels, par oxydation, fournissent aussi 
de l'indigo. Il trouva encore (avec M. Drewsen) une 
synthèse toute différente au moyen de l'orthonitro- 
benzaldéhyde. (lette dernière, dont nous avons éga- 
lement déjà parlé, a été a[ipli(iuée à la jiroduction de 
l'indigo sur tissu, par la maison Kalle, d'où le nom 
du sel de^valle, qui est encore dans nos fabriques. 

La fabrication de l'indigo en substance n'élait pas 
encore atteinte. Dès 1882, Ikeyer avait bien trouvé 
l'acide indoxylique et sa transformation en indigo, 
mais le [)roduit était encore trop cher, lorsque, en 
lîs'.io, llernnann, de Zurich, réalisa une nouvelle 
synthèse de l'acide indoxylique, en parlant de l'acide 
anthraniliqne : le produit put alors se préparer 
économiquement et, après sept années d'études, il 
est enfin entré dans le domaine de la pratique. 

L'indigo artificiel que fabrique aujouid'hui en 
grand la Badische Anilin-und Sodafabrik a déjà 
conquis sa place. Malgré la sainte routine et le pré- 
jugé qu'un produit artificiel nepeut valoirun iiroduit 
naturel, il s'en consomme, à l'heure qu'il est, de 
fort notables quantités. Les résultats obtenus en 
teintuie sont si concluants qu'il est à peine néces- 
saire de les signaler. D'abord ce corps est absolument 
régulier: on peut teindre en nuances excessivement 
claires et d'une limpidité inconnue jusqu'à ce jour. 
Dans les genres rongés, on obtient un blanc plus 
brillant, et non seulement on peut produire toutes 
les combinaisons i|ue permettait l'emploi de l'indigo 
naturel, mais l'entretien des cuves, leur marche, la 
récupération de l'indigo se font bien plus parfai- 
tement et plus sûrement. 

D'autres brevets pour la préparation de l'indigo ou 
de dérivés transformables en indigo sont annoncés, 
entre autres par les usines du llhùne, I\Ieistei' Lucius 
et l'.runing et (',•' ii llœchst, (leigy à Cale, etc. Uien 
ne [lermel de ]iréjuger, jusqu'à présent, si l'un ou 
l'autre deviendra jiratique et détrônera l'indigo plus 
facilement que ne l'a été la garance par l'alizarinc 
artificielle. La marche de la science provoque, à de 
certaines é|io(iues, des perturbations économiques 
qui finissent toujours \mr tourner à l'avantage 
général. J. D. 



124 HISTUIUK DOCUMliiNTAlHE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



CHAPITRE IV 



Blanchiment. 



Dans le siècle dernier, vers 1700, les pièces des- 
linées à riin|iresslon étaient simplement dèbouiliies 
ou désapprèlées. (belles venant des Indes étaient 
blanchies — nous ignorons comment on les traitait 
à celte époque, — en tous cas, elles étaient en outre 
apprêtées avec une forte colle de riz très nuisible et, 
dont il était dilliciie de débarrasser lëtufTe. Le dé- 
gommage seul demandait près de trois semaines et 
encore y avait-il de nombreuses irrégularités. 

Les pièces qui ne provenaient pas de l'Inde, étaient 
fabriquées à Orange ou en Suisse, d'où elles arri- 
vaient blanchies, mais elles subissaient encore l'opé- 
ration dite du vitriolage; on les passait pendant 
(juelques heures dans une eau faiblement aiguisée 
d'acide sulfurique, puis on les lavait elon les dégor- 
geait à l'eau courante. \'ers 1780, on commença à 
blanchir avec des cendres gravelèes, de la potasse, 
puis on donna des passages en acide. Le fabricant 
avait déjà remarqué que la condition essentielle 
d'un bon blanchiment est non pas le beau blanc, 
mais le dégraissage à fond et parfaitement régu- 
lier. 

Les drogues (1) appliquées, primiiivemenl, au 
blanchiment des libres végétales sont peu nnm- 
breuses. (l'étaient : 

La chaux, les cendres de huis, l'acide sulfuiique, 
le lait ou l'eau de riz aigiis, la résine iblauchissage 
du linge de corps). ^ 

.\ ces réactifs, la science a ajouté, à la fin 
du xvni« siècle : 

Le sel de soude (qui a remplacé les cendres de 
boisl et l'hypochlorile de chaux. Le rôle de ce der- 
nier corps — à part quelques cas particuliers assez 
rares — n'est que celui d'un adjuvant. Dans les 
industries du blanchiment et de la toile peinte, on 
ne blanchit pas au chlore : on blanchit aux lessives 
alcalines. L'Iiypochloiite n'est employé que pour 
amener, en dernière analyse, le blanc-blanc. 

Nous devons encore à la science la méthode rai- 
sonnée de 1837 ; méthode appliquée universellement 
pendant un demi-siècle et iiuon n'a pas encore rem- 
placée, à l'heure qu'il est, comme perfection. Elle 
consiste uniquement dans l'oidre logique, établi dans 
la succession de trois opérations, dont les Anciens 
possédaient déjà tous les éléments et qui, seul, 
garantit un bon dégraissage : chaulage, acidage, 
lessivages en carbonate alcalin. 

Il semblerait que l'empirisme le plus élémentaire 
eût dû ariiver rapidement à établir cette succession 
des trois opérations, et cependant il a fallu l'inter- 
vention de la science pour réaliser ce progrès qui a 
révolutionné le blanchiment dans tous les pays civi- 
lisés ; ce n'est qu'en 1837 que cette question si 
simple a trouvé sa solution. 

Il faut chercher l'explication de celle étrangeté 
dans le fait qu'avant Chevreul 1827) on ne connais- 
sait pas la nature des corps gras, et qu'avant le 
commencement du xix« siècle, c'est à peine si les 
méthodes scientifiques commençaienl à pénétrer 
dans nos industries. 



(I) Nous ne coiupUins pas parmi les drogues la mise 
sur pré qui lirait parti de l'ozone de l'eau oxygém-e 
atuiospliérique et de l'insolation. 



Travaux scientifiques à la suite desquels le blan- 
chiment a atteint sa forme définitive. 

Blanchiment en soude caustique. 

Pexot, 1829 (Société industrielle de Mulhouse). Le 
colon résiste à l'action de l'eau pure, chauffée à la 
pression de 10 atmosphères; il résiste également 
à l'action d'une lessive de soude à 2" .\B, chauffée 
à la même pression laucune indication de temps). 

Orkau aink, 1834 iBulletin de la Société de l'Aube). 
11 alterne les lessives de soude caustique et les 
acidages. — Choix de l'acide chlorhydrique qui 
dissout mieux les oxydes et affaiblit moins les 
tissus. 

Ed. Sciiwartz, 183a (Société industrielle de Mulhouse). 
La chaux affaiblit les tissus qui émergent à la sur- 
face de la lessive. L'acidage linal affaiblit quand il 
n'est pas suivi d'un lavage à fond. (Fait constaté 
par CiiiKAC, cause du choix de l'acide chlorhy- 
dri{|ue.) 
La chaux combinée aux acides gras joue le rôle 

du mordant. 
.Ne pas clilorer avant dégraissage complet. 
Essai de la qualité du dégraissage en passant les 
pièces à l'eau ; les taches de graisse ne se mouil- 
lent pas. 

Aie. SciiEiRER-RoTT, ISSo ( Sociélé industrielle de 
Mulhouse). Itap]iort sur le précédent travail : 
Il vaut mieux ne pas donner de lessive de chaux 

comme première opération, à moins de la faire 

suivre d'un acidage. 
La première lessive de soude ne débarrasse pas le 

tissu de toute la graisse. 
.Maintenir sévèrement les passages en acide entre 

les lessives (Gréau i. 
La lessive de chaux fixe la graisse qu'une lessive 

de soude aurait enlevée. 
L'action de la chaux suivie d'un acidage semble 

prédisposer les corps gras à leur dissolution 

ultérieure dans la soude en mettant le corps 

gras en liberté. 

Blanckimcnl au sel de soude. 

Le vrai blanchiment au sel de soude est celui de 
Dana. Il consiste dans une lessive de chaux suivie 
immédiatement d'une lessive de carbonate de po- 
tasse. 

Daxa, 1836. — La lessive de chaux est l'agent le plus 
sûr contre les taches de graisse. L'auteur conteste 
les résultats obtenus par Ed. Schwartz et .\ug. 
Scheurer-liott. 

Méthode dt' IS37. — Blanchiment au set de sou le 
perfectionné. 

AiG. SciiECRER-RoTT, 1837. — Rapport sur la lettre 

Dana : 

Le fait nouveau n'a pas élé observé par Dana, il 
consiste dans la siibslilulion du carbonate de 
potasse à la soude caustique. Les savons de 
chaux forment, en présence du carbonate de 
potasse, un savon de potasse et du carbonate 
de chaux que le moindre acidage enlève du tissu. 

Marche normale à adopter pour le blanchiment : 
chauluijc, acidage, lessives du sel de soude. 

L'acidage doit être fait en acide chlorhydrique qui 
donne un sel de chaux soluble. 



HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 125 



Emploi de la culoiilianc. 

La rolopliaiie i-st un adjuvant puissant qui a ]ici- 
riiis (le irduire le nombre des lessives de sel de 
soude. Son emploi ne s'est f^énéialisé qu'après 184U, 
l)ien que son application ait élé brevetée vers 1828 
parM°"' veuve lîruckbœck. — Le procédé fut importé 
en Ecosse pai- Ileinzelmann et intioduit plus tard en 
Alsace. Il se f^rcU'a sur le luocédé au sel de soude 
(|ui lui permit de donner tout son cU'el . 

.\u point de vue cliiinifpu', nous trouvons fdusieurs 
inéthodesde blanchiment. Ainsi, Ilor. Kœchlin (1883) 
propose l'emploi de la soude caustique et du bisul- 
lite de soude. Dans ce procédé, l'étoile est d'abord 
acidée, comme dans l'ancien vitriola,L;e, puis passée, 
api'ès lavage, dans un bain mélangé de soude caus- 
li(|ue, de sel Solvay et de colophane, pour être enlin, 
apiès les opérations intermédiaires du lavage, passée 
(Ml chlore et acide, (".e qui constitue surtout la nou- 
\eaulé du système d'Horace Kiechlin, c'est la sup- 
pression du lessivage en cuve. 1,'étoll'e, après avoir 
élé dégorgée, est imbibée de soude caustique, addi- 
lionnée d'un peu de bisuKite de soude, et passée 
dans un appareil à vaporiser, (^e procédé, qui a re(.u 
déjà de nombreuses applications, est surtout inté- 
ressant pour les tissus très lourds et très serrés qui 
sont difliciles à blanchir en cuve à lessiver. 

Mather et Thompson (ISS.ï) ont modifié le chlo- 
ra^'e en faisant réagir de l'aride carboniciue. Grelher 
il llentz ont employé un système continu, où la 
pièce imprégnée de soude caustique, est alter- 
nativement baignée et vaporisée dans une atmo- 
sphère de vapeur, sous une légère pression. 

Tliies Hertzig emploient également la soude caus- 
tique. La particularité du traitement réside dans 
l'emploi de soude caustique, à une concentration 
plus forle que celle qui avait été eni|)loyée jusqu'à 
ce jour, et à une température plus élevée. Oamille 
Ka'chlin avait signalé la nécessité d'une forte con- 
ceiilralion (20 gr. ])ar litre), lorsqu'on veut blanchir 
à la soude caustique seule. Le procédé Thies-Hertzig 
olfre une i)arlicularité très ingénieuse: avant le 
chauirage, on expulse l'air, en établissant une cir- 
cLilation du li(iuide sous forle pression ; l'air se 
dissout à la faveur de la pression dans le liquide. 
C.f dtîrnier, amené dans une petite cuve ouverte à 
l'air libre, se débarrasse de son gaz, et retourne, 
sous pression, dans la cuve qui renferme la mar- 
chanilise. Au bout d'un certain temps, tout l'air se 
I louve expulsé par cette circulation à pression alter- 
née. Les résultats ont, dans bien des cas, ]iaru bons; 
mais le maniement des appareils est délicat et l'ins- 
lallalion assez coûteuse. Un autre procédé que nous 
ne signalons qu'au point de vue scientifique (car il 
est d'un prix trop élevé en ce moment pour la pra- 
tiipie) est le blanchiment à l'eau oxygénée de. 
II. Kceclilin. Les pièces, acidées et lavées, sont 
jiassées dansun bain de soude caustique, savon, eau 
oxygénée et magnésie calcinée. Dans ce système, le 
chlorage devient superflu. 

Outre les modes ci-dessus indiqués, il importe de 
mentionner les essais faits avec l'électricité, autre- 
ment dit, le blancliiment électri(|ue. Dans tous les 
cas, le dégraissages doit avoir lieu; mais le blanchi- 
ment de la libre effectué par un hypochloiite de 
soude i>roduit électrolyticiuement. a un immense 
avantage. La lii|ueur décolorante pénètre mieux 
dans le tissu, il n'y a pas possibilité de formation de 
sels calcaires ipii iieuveiit obsiriier une action ulté- 



rieure, l'élidl'c ne peut pas élre surchlorée et, par 
conséquent, jaunir; enlin, pour l'acidage, il faut 
employer des liqueurs beaucoup plus étendues. La 
question du prix de revient pnrait élre résolue, sur- 
tiuil dejuiis que l'on a reconnu qu'il était inutile 
d'employer des dynamos spéciales el que les dyna- 
mos à lumière pouvaient aussi consenir. 

Les premières tentatives de blanchimeni élec- 
trolylique dalenlde 1886 el sont dues à Hermilte, de 
Paris. Le sel employé fut le chlorures dts sodium. 
Comme dans toute idée nouvelle, l'aiiplicalion de- 
manda du temps pour arriver à un résultat satis- 
faisant. Ces tentatives furent nombreuses et nous ne 
faisons qu'en signaler les [irincipanx ailleurs. (Hitre 
Hermine, Siépanow à Salnl-Pélersbourg, Andrioli à 
Londres, Siemens el llalske, puis Knolller, el, enlin, 
Haas et Oltel qui obtinrent dos lésiillals très encou- 
rageants. 

Jusqu'ici nous avons examiné la part revenant 
aux aris chimiques. La mécanique a aussi joué un 
grand rôle dans le blainhimenl, et c'est à elle que 
nous devons de |)ouvoir |iroduire les niasses. 
Aujourd'hui, certaines usines blanchissent journel- 
lement 4000 pièces de tOO nièlres, soit de quoi 
pavoiser à iieul, tous les deux jours, la dislance de 
.Mulhouse à Paris. Le prix de revient a également 
diminué d'une façon inodigieuse : en 1840, les 
fOO mètres de tissu coulaient environ 10 francs. 
En 1899,1e prix de revient d'une pièce de 100 mètres, 
pesant 10 kilos, en drogues, rhaiilfage el force mo- 
trice ne revient pas à plus di; fr. l'.O pour blanc. 

Au commencement du siècle, on chaulfait au bois 
et à feu nu; vinrent ensuite les cuves à déversement. 
(' La première (I) a été construite par un nommé 
" Bouvier, dans la blancherie {>ic) de Dollfus-Mieg 
« et C'"', à (lernay, avant IHi;;. On aval! rejeté l'ap- 
" pareil puis il fut repris par .Mathieu lîisler el aban- 
« donné de nouveau par suite d'un accident lerrible. 
<i Ce système de cuve était dû à l)escroizilles. 
<■ \'ers 1819, on en monta une autre dans la blaii- 
« chérie de .M. Ilcilmann, ci-de\ant blancherie de 
n M. Paul Blech (pii appartint plus lard à llofer 
• frères et Grosjean,à Morsclnviller^ Dollfus-.Xusset 
.' en installa une vers 1820 chez DolIfus-.Mieg en 
" remplacement des chaudières ordinaires et sur le 
" même principe. On donnait pour la première opé- 
(■ ration un savon calcaire, [luis un passage en 
" acide, un lessivage en carlionate de soude, puis 
" un pa.ssage en chlorure de chaux 1res faible et un 
■■ acidage. » C'est aussi vers cette épo(|ui' que l'on 
introduisit l'emploi du chaulfage à la vapeur, que 
Dollfus-Ausset avait rapporté d'Anglelerre. 

Vint ensuite le système continu également ima- 
giné en Angleterre el qui fut inlroduil en Alsace 
vers ISIIO, par .1. l'Vies. Ce modis |iermil de rédiiiiis 
les opérations d'une façon extraordinaire. 

Vers 1840, M. Waddinglon, dis Itouen, introduisit 
en France un système de lessivages à haute pression, 
avec une chaudière et un réchaufTeur. Ce nu'-me 
système fut employé en Alsace, vers fSCI, par 
Dollfus-Mieg et C". C'est aux Américains (2) Wright 
et [•■reemaun {]u'est dû l'emploi de la haute pression. 
Vint ensuite l'appareil Pendelburry, com|)osé d'une 
grande chaudière à cuisson et d'une petile chaudière 
servant à chaufTer el à réchauffer le lirpiide. 
Uuehiues années après, vint le syslème Harlow, se 

(I) iNotes inédites de DoLi.FCS-Arssp.T il!il)liothèf|iic de 
la Société industrielle de Mulhouse). 

(•J) Annales du Génie civil. K kppki.i.v, ISIIT, Milicle 
Hlnnchiuient, p. H. 



126 HISTOIRR DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



composant de deux grandes chaudières; la circu- 
laliun se faisant de l'une à l'autre de ces chaudières. 
On combina ensuite les deux inventions, en faisant 
un appareil composé de deux chaudières à lessive 
et d'un rècliaulfeur (système Barlow-Pendelburry). 
En IS08, Cerjol, de Caen, imagina un appareil 
basé sur l'emploi du vide permettant de faire bouillir 
plus rapidement la solution de soude. 

Scheurer-Hott (1861) établit une cuve de blan- 
chiment où la circulation du liquide est obtenue au 
moyen d'une pompe (système (iwynei. Vers 1882, 
il y ajouta un réchaulTeur tubulaire que le liquide 
traverse et où il se réchauffe constamment. 

Citons encore comme innovation mécanique 
l'appareil de Mather et Platt, qui emploient des 
wagonnets sur lesquels la marchandise est placée 
au large. Ce wagonnet est inlroduit dans une cuve 
analogue à celle des cuves à vaporiser. On l'ail 
pénétrerleliquidedégraissantqui circule sur l'étoffe. 
L'opération terminée, on sort le wagon et l'on peut 
à volonté donner les opérations suivantes, soit au 
large, soit en boyaux. 

De nombreuses formes de cuves ont encore été 
imaginées; ainsi, les cuves rotatives de Gebauer, se 
composant de i à (> chaudières que l'on peut remplir 
à volonté, sans interrompre la marche des opéra- 
tions. Ces cuves rotatives sont en communication 
avecune pompecentrifuge, faisantcirculer la lessive, 
mais seulement dans les cuves rhar;.'ées. 

Pour terminer cette revue des aiipareils de blan- 
chiment, nous rappellerons encore l'appareil à 
blanchir au large les tissus lourds, qu'avaient exposé, 
en 1889, MM. Schiumberger fils et C"', de Mulhouse, 
puis le système du \y Theis, où les pièces enroulées 
sont introduites dans un cylindre et soumises telles 
quelles à l'action de la soude, sous pression. 

Le petit matériel employé de nos jours au blan- 
chiment a été singulièrement amélioré: en première 
ligne est venue la machine à coudre pour remplacer 
la couture à la main; on a même imaginé une 
machine très ingénieuse, la machine à coudre Dirch, 
qui peut faire 1200 coutures, par 10 heures de travail. 
Outre la couture, elle exécute le timbrage des pièces 
et coupe les extrémités inégales. 

Les tambours à sécher, squeezer, essoreuses, 
élargisseuses, watermangle sont signalés dans le 
chapitre consacré au matériel de l'impression, ainsi 
que les machines à laver. Ua|>pelons seulement une 
innovation qui parait de minime importance, mais 
qui a cependant une grande valeur pratique : c'est 
l'invention de la lunette en verre et en porcelaine 
due à Marly Ap|ierly en 18:-iO (I). Le D'' Heffter, à 
Cernay, en 1804, modifia le montage de fa(;on à ce 
que l'on put diriger la lunette suivant n'importe 
quelle direction du brin de l'étoffe. 

Enfin, une des machines lesjdus importantes dans 
le blanchiment est la grilleuse. La tlambeuse ou gril- 
leuse date d'environ 1774 (2). On sait que cette 
machine est destinée à enlever le duvet des pièces, 
autrement dit, à les flamber. Le premier système 
inventé consistait en une barre métallique que l'on 
chauffait au rouge et que l'on introduisait dans un 
appareil sur lequel on faisait passer l'étoffe. On 
imagina ensuite de faire frôler la pièce par une 
plaque métallique courbe (fonte ou cuivre) placée 
sur un foyer. On employa aussi un cylindre creux, 

(I) Dépierrr, Traite iles machineu à /«i'er. .3' ùdilion. 
p. 79. 
yl) ilandvierke uiul Kunsl. Berlin, IITi, p. UO. 



tournant et ayant dans son intérieur un foyer et 
divers autres systèmes basés sur le même principe. 
Vers 1808, Molard, directeur du Conservatoire des 
Arts et Métiers de Paris, préconisa le grillage au gaz. 
Uescroizilles, en 1820, inventa le grillage à l'alcool. 
L'anglaisllall breveta, en 1817, une grilleuse au gaz, 
formée d'une série de becs de gaza pointes, qui donna 
lieu plus tard à la machine de Tulpin; puis vint la 
machine de Scheurer, garnie de becs, genre Piunsen. 
Vinrent, dans le même ordre d'idées, la machine 
Blanche et la machine Gebauer. Le système le plus 
récent, également à gaz, qui promet un rendement 
considérable et avec lequel, par conséquent, le prix 
de revient du tlambage serait très minime, est celui 
indiqué dans nos bulletins et imaginé par F. lîin- 
der (t8'J8). 

Mather et Platt, outre une grilleuse à plaque avec 
guides mobiles, très pratique, ont construit une 
grilleuse électrique. Un courant passe dans des fils 
de platine et les rend incandescents. La pièce en les 
elfieurant se grille. Mais ce grillage n'a pas de res- 
semblance comme résultat avec celui^ du gaz et a, 
de plus, actuellement, l'inconvénient d'absorber 
trop de force électrique. 

Outre ces appareils, il en a été imaginé bien 
d'autres pour nettoyer le tissu, le modifier avant ou 
après le blanchiment, telles les machines à épeutir, 
les laineuses, les gratteuses, elc, etc. 

.1. D. 

CHAPITRE V 
Impression, teinture et apprêts. 

Matériel et Machines. 

Lorsque .lean Ryhiner, on 1760 (1), nous décrit le 
matériel d'une fabrique d'indiennes, il a soin de 
nous énumérer tout ce qui est nécessaire et il 
indique, jusque dans les plus petits détails, ce dont 
l'imprimeur de cette époque avait besoin. Dans 
cette description méticuleuse, dont nous allons 
reproduire les caractères saillants, nous verrons 
avec combien peu de matériel on arrivait déjà à 
produire des étoffes remarquables. Quel est le colo- 
riste d'aujourd'hui qui se hasarderait à travailler 
avec des moyens aussi primitifs et dans quelle pro- 
fonde stupéfaction serait plongé notre auteur s'il lui 
était donné de voir les progrès merveilleux et les 
innombrables inventions qui, dans cette branche et 
au point de vue mécanique, ont été faits depuis les 
vingt et quelques lustres qu'a paru son ouvrage? 

En 1760, d'après Ryhiner, une fabrique d'in- 
diennes Comportait une cuve jiour le désapprétage, 
un moulin à foulon, une calandre, les outils du gra- 
veur, la table àimprimer elses accessoires, quelques 
cuves, un satinage, une presse et, enfin, quelques 
prés. 

Passons maiiileiiant en revue sommaire les 
maL-hines inventées depuis cette é])oque et, sans 
nous arrêter aux appareils de blanchiment décrits 
au chapitre spécial qui lui est consacré, commen(;ons 
par la machine qui a le plus profondément modifié 
la fabrication de la toile peinte, c'est-à-dire la 
machine à imprimer au rouleau. 

(I) Triiilé sur la fabrication et te commerce des toiles 
]teinles, par Jean Ryhiner, à liàle, 1760. (Bibliothùque de 
\:\ Société industrielle de Mulhouse). Voir aussi: Intro- 
duction, p. 3. 



HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 127 



L'impression sur ùlofTes se faisait par pinceautage 
et avec des planches en bois gravées en relief. L'in- 
venteur lie la planche est inconnu ; cependant, 
depuis des siècles, l'on s'en servait pour l'impression 
sur papier et nionie sur soie. On possède encore 
aujourd'hui des spécimens d'un saint f'iu'islophe 
gravé sur bois en 142:!, paraissant venir d'Alle- 
magne (1) et dont les détails de gravure sont d'une 
exécution fort convenable. Mais la production étant 
limitée, plusieurs tentatives avaient été faites pour 
créer une machine produisant plus et fonctionnant 
sans inlermiltcnres. Ces tentatives aboutirent à la 
découverte de la machine à imprimer dite rouleau, 
par l'Ecossais Thomas Bell. Son brevet date du 
17 juillet ns.'î; au lieu d'employer les plaques de 
cuivre gravées, puis adaptées après coup sur des 
cylindres en fer soudées, il imagina le vrai rouleau, 
qu'on grave après sa construction linale et il trouva, 
on même temps, l'organe essentiel indispensable 
du rouleau : la racle. 

La machine de Cell était à si.\ couleurs et com- 
mença à fonctionner à Livesy, près Preston, chez 
llargreavcs et ('.''=, en I78">. Les (liflicultés insépara- 
rablcs d'un début se liront surtout sentir dans le 
mode de fabrication et (l'axage des rouleaux. Dès le 
principe, comme nous venons de le dire, les rouleaux 
élaicnt faits de mandrins eu fer recouverts de pla- 
ques de cuivio déjà gravées, puis soudées; le rap- 
port (concordance des formes du dessin), nécessaire- 
ment, en souffrait. Dell imagina alors de fondre des 
lingots longs et carrés, les alésa, puis, après intro- 
duction du mandrin, les tourna et les lit graver 
ensuite; mais ceux-ci, ])ar suite d'un axage insul'li- 
sant, tournaient sur l'axe et, ilc plus, le métal des 
rouleaux était trop inégal, lors(]ue on 1788, Henri 
.Mather, de Manchester, arriva à faire des rouleaux 
gravés en taille-douce, l'ouremiiécher le rouleau de 
glisser, il (it l'axe carré. Le fonctionnement étant 
encore défectueux, ou levint au mandrin rond, mais 
on fondit les rouleaux ronds, debout avec de foiles 
masselottes et on les refroidit lentement. La masse 
alors fut plus homogène, (tu adapta les mandrins 
ronds fixes, puis, plus tard, on lixa au rouleau deux 
extrémités do mandrins que Ion appelle encore, en 
Normandie, des pioches, lesquelles laissent l'inté- 
rieur du rouleau creux et par conséquent flexible, 
l'uis vinrent les axes à raiinirc entière, qui ont le 
défaut de laisser souvent du jeu entre l'axe et le 
rouleau. \'int l'axe à clavette, encore usité en Angle- 
terre, et, enlin,le mandrin coni(iue en acier, lequel 
est forcé par la macldne à axer ou mandriner, et 
qui est celui généralement adopté aujourd'hui. 

La machine à imprimer, si l'on en croit Dollfus- 
.\usscl, ne fut introduite en Krance qu'en 1S02. 
O'est un constructeur nommé Lefèvie qui lit la pre- 
mière pour Oberkampf, alors à .louy. Peu après, en 
180.'}, il en fut installé une dans la maison Cros. 
Davillier, Roman et ()'", à Wesserling (2). Le bàli 

(1) l'riiiciples of Calico Priiilinr,. by ONeill, 1878, p. 8C. 

(2) Matériaux pour la coloration (les étoffes, par Doli.- 
H's-ArssF.T, t. I, p. 242. J. D. 

Les questions de dates étant toujours délicates à éta- 
blir, nous donnons ci-après un extrait d'une lettre 
écrite entre ISiO et 1815 piir M. Dollfus-Gontard à .M. IIu- 
f,'iipnin-(;i>rnetz n .Mulhouse (voir I'ehso/, t. I. préf.ice, 
l>. XVlll). .\l. J.-J. Dollfus-Gontard petit-fils de Jean- 
Henri Dollfus, fondateur de l'industrie de .Mulliouse), 
él.ibli à Bièvrc vers I8(i:!, avait eu des rel.ntions amicales 
avec Oberkniiipf, dont il élailvoisin. .Ses renseignements 
ditl'ércnt un peu de ceux de .M, Dollfus-Ausset : A. T. 

" C'est M. Oberkampf, de .louy qui a exploité le pre- 



ètait alors en bois ; les machines, tout en fer, ne 
parurent que vers I82t). 

La machine à imprimer, outre les perfectionne- 
ments de ses accessoires, que nous verrons plus loin, 
a subi de nombreuses et importantes améliorations 
et modilications. Dans le commencement du siècle, 
on chercha à augnuMiter le nombre des couleurs et 
on construisit des machines ayant jusqu'à douze 
couleurs; mais la première machino de ce genre ne 
fonctionna en Alsace (|ue vers 1800. Peu après, on 
construisit des machines à douze et seize couleurs (1), 
on en fit même ayant vingt-deux couleurs: seize 
rouleaux étaient gravés en creux et six en relief (2). 

Vers 181o, on avait déjà construit des machines 
spéciales destinées principalement à la fabrication 
lies battiks. L'on pouvait imprimer au ra[iporl et si- 
multanément à l'endroit et à l'envers, mais on ne 
dépassait pas deux couleurs. 

Vers 1870, les Anglais, (ladd d'aboi'd, imaginè- 
rent les machines à double face où Ion pouvait im- 
primer simultanément huit couhMU's de chaque cilté 
et les couleurs cadrant. Mac-.Nab en lisy:;, Wilson en 
1880 et .Mather et Plall en 1889 les modifièrent, ainsi 
que la Société alsacienne de constructions mécani- 
([ues de Mulhouse qui arriva même ù en fournir en 
Angleterre. (Jette dernière machine a nécessairement 
deux presseurs, deux jeux de rouleaux; elle est 
encore agencée de façon à pouvoir, par le simple 
déplacement d'une roue, être transformée en une 
machine à seize couleurs directes. 

o mier, en l''rance. riui[iressioii au rouleau dont il dnit 
« toutes les raachiues à un uiécanicicn anglais (M. llnn- 
>■ drès), qui resta quinze ou dix-huit années attaché à 
" son établissement. Je crois être certain que c'est 
" en 1800 que parurent les premiers produits de cette 
« impression.... L'immense succès qui accompagna celle 
•I nouvelle fabrication devait naturellement réveiller 
'. [attention de toutes les autres fabriques, mais parti- 
i< culièrement de celles du voisinage. Un sieur Ebingrc, 
« fabricant d'indiennes, établi à Saint-Uenis, ancien 
I. employé de la manufacture de iM. Oberkampf, se mit 
« en rapport avec un serrurier-mécanicien nommé 
« Lcfèvrc et ne tarda pas à susciter une concurrence à 
et Jouy. Ce Lefèvre, aidé des renseignements qu'Ebingrn 
'< lui procura par les anciens amis et les rapports qu'il 
ce avait conservés dans l'établissement dont il était sorti. 
Il et stimulé d'ailleurs par son génie, seconda avec une 
« ardeur peu commune les vues de son associé, qu'il mit 
" de 1802 à 1803 d même d'imprimer au rouleau.... Dés 
1. la Qn de 1803, Lefèvre avait monté le rouleau de Wes- 
< serling et toute l'industrie sait le parti (pi'en a tiré la 
'I maison Gros, Davillier et C''\ C'est aussi Lefèvre, <iui 
.< en 180i, quinze ou dix-huit mois après l'établissement 
<• lie ma fabrique, a monté mon rouleau à Hièvre.... S^i je 
1. ne me tronqie. la maison Dollfus et Ci' fut la cinquième 
I. à laquelle il fournil une machine à imprimer au rouleau 
i< avec les cylindres gravés 

lÎ0L.\îiu DB LA Platière (Art de préparer et d'imprimer 
les étoffes en laine, 1780; et Art du fabricant de velours 
de coton, suivi d'uu Traité de la teinture et de l'im- 
pression des étoffes de ces mêmes matières, 1785) donne 
la description et les dessins d'une machine à imprimer 
au cylindre, inventée et employée avant 1775 par Bon- 
valet, d'Amiens FonaEn, Die KunsI des Zeuf}drucl;s, p. 75), 
.ivec de la gravure en taille-douce sur cuivre. A. T. 

(1) Voir plus loin: Industrie textile. Nomenclature des 
élablissemonls industriels, lilabtissemcnts Thierry-.Mieg. 

[i] Une machine tout en relief et n'.ayant qu'une cou- 
leur travaillait, en 1852, dans les maisons Schiumberger 
Jeune et C'", de Thann, et Lamorinière, à Paris. C'était 
une machine à gravure en relief formée par des cachets 
en frutta-pcrcha cloués sur un rouleau de bois. Elle 
servait prinripalement à l'Impression de lalnine et de la 
llauelle. On l'appelait Emétine ou Plomliine. 



128 HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



D'autres inventeurs avaient construit de ces ma- 
chines dans lesquelles l'un des rouleaux imprimait 
sur l'endroit de la pièce, laquelle faisait ensuite un 
détour pour rentrer dans la même machine où elle 
était alors imprimée à l'envers. Signalons aussi la 
"modification adaptée par .M. Keller, de llard : dans 
sa machine, il ajoute un petit rouleau supplémen- 
taire faisant fonctions de presseur : la pièce prend à 
l'endroit, sur ce petit presseur supplémentaire, 
l'impression du noir gravé pour réversible par 
exemple, puis revient dans la machine où elle reçoit 
à l'envers l'impression en uni de deux rouleaux pla- 
queurs. 

Enfin, pour arriver à imprimer à la perfection l'ar- 
ticle le plus difficile qu'il soit donné de faire, 
l'article mille-raies, on a construit une machine 
ayant deux presseurs, l'un très petit, agissant direc- 
tement sur le rouleau imprimeur, mais flexible, eu 
égard à son petit diamètre. Au-dessus de celui-ci est 
placé un second presseur, hien plus fort et agissant 
sur le petit de "façon à empêcher celui-ci de plier. 
Il en résulte que, par ce moyen, l'impression atteint 
le maximum de finesse et de netteté. 

La racle elle-même a suhi, par suite des diverses 
couleurs qu'on a inventées, de nombreux change- 
ments : en principe, elle a été faite en acier, puis, 
pour les couleurs acides ou à base de cuivre, on a 
trouvé la racle dite de composition, mélange de 
cuivre, zinc et étain. Ajoutons, en passant, que .Macin- 
tosch en fit en caoutchouc (18413), Heinemann en 
plaqué d'or ou de platine (1837). 

Wappenstein (IS:)";) essaya même la corne. 
Scheurer-Rott, en ISSb, en firent en platine iridié. 
Dépierre en fit exécuter par Montofiore, de Liège, en 
187G, en bronze phosphore. Enfin, on en fabriqua 
en verre qui n'eurent pas de succès dans l'impres- 
sion, mais dont l'emploi est devenu général pour 
les apprêts. 

Depuis 1892, M. Gaus a imaginé la racle en bronze 
d'aluminium, établie par .L Vogt, de Mederbruck, 
cl qui sert principalement pour les couleurs daliza- 
rine. 

Pour le bon fonctionnement de la machine à im- 
primer, le drap de laine est indispensable. Eu 18li0, 
les Anglais parvinrent à le remplacer par des draps 
de coton caoutchoutés. Le caoutchouc servit encore 
en maintes occasions, dans l'impression : on l'appli- 
qua, vers 186b, pour recouvrir les fournisseurs des 
châssis, et, en 1876, l.etellier et Verstraet, de Paris, 
firent des presseurs garnis de caoutchouc qui fonc- 
tionnèrent pendant un certain temps chez Dollfus- 
Mieg el('.'° et d'autres fabricants. 

On a aussi employé, pour l'impression des châles 
et des foulards, une machine qui donnait d'excel- 
lents résultats, mais qui produisait peu. C'était la 
planche plate. Cette machine très utilisée, à Lyon, 
pour la soie, aujourd'hui à peu près abandonnée, 
avait beaucoup d'analogie avec les presses lithogra- 
phiques. 

Une machine à imprimer, excessivement ingé- 
nieuse et que Camille Kœclilin a appelée « l'éphé- 
mère du génie », est la perrotine, du nom de son 
inventeur, Perrot, de liouen (1832). Elle fut inau- 
gurée, en Alsace, par la maison Isaac Schlumberger. 
Cette machine n'atteint ni la perfection, ni la rapi- 
dité du rouleau, mais elle a certaines qualités spé- 
ciales (jui font (pi'on l'emploie encore aujourd'hui 
pour certains genres et surtout les genres réserve 
sous indigo. Elle a donné lieu à des articles très in- 
téressants : par application de compartiments, on 



est arrivé, dans certaines maisons d'Alsace (Scheu- 
rer-Rott, de Thann, et Daniel Erk, de Cernay), à 
imprimer jusqu'à dix-huit couleurs avec une ma- 
chine n'ayant que six planches. 

Une machine toute nouvelle, qui a pour but de 
remplacer l'impression à la main, est la machine 
Samuel; elle fonctionne complètement à l'électri- 
cité. Elle se compose d'une immense table en 
maçonnerie allant jusqu'à cent mètres. Sur celle-ci, 
on fait adhérer rélolle à imprimer qui, séchée, 
reçoit alors l'empreinte d'un rouleau en relief, garni 
de tous ses accessoires, et roulant sur deux rails 
placés sur les lisières de la pièce. Le nombre de 
couleurs n'est pas limité. Les rouleaux doivent né- 
cessairement partir d'un même repère pour obtenir 
le rapport; l'impression réussit aussi bien qu'à la 
planche et beaucoup mieux pour les fonds qui ne 
présentent aucune discontinuité, et sont supérieurs 
à tout ce qui peut se faire par d'autres moyens. 

Toutes ces machines d'impression, telles quelles, 
seraient encore incomplètes, car il faut de toute 
nécessité pouvoir sécher les quantités imprimées, 
au furet à mesure de la production. On créa d'abord 
des chambres chauffées avec des tuyaux en fer dans 
lesquels circulait la chaleur produite par un foyer. 
C-es chambres, appelées mansardes (1) ou coursiers, 
furent remplacées par des chambres chauffées au 
moyen de tubes, dans lesquels circulait de la vapeur, 
et aérées par de puissants ventilateurs, telles les 
mansardes de llallaise. Vers 18'dl, on imagina les 
plaques à vapeur qui subirent plusieurs transfor- 
mations pour arriver aux plaques actuelles, égale- 
ment chauirées mais sous une pression considérable; 
aussi sont-elles essayées jusqu'àdouze atmosphères. 
Le mode de passage de la pièce a été modifié de 
telle façon que tant que la pièce n'est pas sèche elle 
roule sur son envers ; une fois sèche, l'endroit seul 
vient en contact avec les roulettes. Un bon séchoir, 
pour une marchandise ordinaire et pour une pro- 
duction de 100 pièces de 100 mètres de 0,90 de large, 
en dix heures de travail, exige une surface de 
chauffe d'environ 88 mètres carrés, représentés par 
22 plaques à vapeur de 2 mètres de long sur 1 mètre 
de large. Les plaques sont alors chauffées, sous une 
pression de 2 à 3 atmosphères et même plus. 11 est 
bon d'ajouter quelques plaques en surplus, pour le 
séchage des doubliers et des draps. 

(1) Parce qu'elles ctident à l'étage au-dessus de la ma- 
chine. 

(A suivre.) 



CH.MRE DE TEINTURE AU YORK.SHIRE COLLEGE 

C'est avec grand plaisir que nous avons appris la 
nomiualion de notre ami et collaborateur M. Grecn à la 
chaire de teinture du Yorkshire Collège, devenue vacante 
parla mort du regretté J.-J. Ilummel. 

M. Green est bieu contm par la découverte qu'il a faite 
des couleurs de primnline dont on conuait les curieuses 
propriétés. Il a publié d'autres travaux intéressants, et 
ses vues sur la constitution des couleurs, encore que 
contestées, n'en dénotent pas moins uu esprit original. 
Le Vorkshire Collège ne pouvait faire un meilleur choix. 

L. !.. 



Le Direct cur-Gémnt : L. Lkfkvre. 



Im|irimi5 ;i Corlipil par En. CnÊrf, sur pai.ic-r alf.. fal.ti.in 
spécialement pour la Revue. 



REVUE GÉNÉRALE 

DES 

MATIÈRES COLORANTES 

ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 



7° Année 



N° 77. — Tome VII 



1" mai 1903 



SUR LA CONSOMMATION DE VAPEUR DANS LES CHAUDIÈRES DE BLANCHIMENT EN GÉNÉRAL 

ET SPÉCIALEMENT DANS L'APPAREIL A BLANCHIR 

AU LARGE ET A LA CONTINUE, SYSTÈME RIGAMONTI ET TAGLIANI 



Dans un article précédent (/?. G. M. 6'., 
1903, p. 9), nous avons donné les résultats d'un 
essai de consommation de vapeur fait sur notre 
appareil à blanchir au large. Nous nous deman- 
dions comment l'on peut expliquer une consom- 
mation aussi petite et dans quel rapport se 
trouve cette consommation comparée à celle 
des appareils de même genre et des chaudières 
de hianchiment usuelles. Une comparaison 
directe entre les difTérents systèmes ne serait 
vraiment possible qu'en installant tous les 
appareils dans une même usine et en les 
soumettant à l'examen d'une personne impar- 
tiale; mais cela n'étant pas praticable, nous 
développerons ici, faute de mieux, des considé- 
rations qui permettent d'établir une comparai- 
son entre les différents appareils et de répondre, 
d'une façon indirecte, aux questions que nous 
nous sommes posées. 

Voyons d'abord de quels éléments dépend la 
consommation de la vapeur dans un appareil à 
blancliir quelconque. 

La première fonction de la vapeur, quel que 
soit le système de la chaudière à blanchir, est 
de réchauffer la chaudière même, le liquide et 
le tissu qu'elle contient; ensuite de maintenir 
la température (ou pression) de travail, c'est-à- 
dire que la vapeur doit, pendant la cuisson, 
réparer les pertes de chaleur supportées par 
l'appareil à cause de l'irradiation ou du contact 
avec des corps, y compris l'air du local. Si l'on 
pouvait isoler complètement, dans le sons 
thermique, une chaudière de blanchiment 
intermittente, il est évident qu'après la mise en 
pression on n'aurait plus besoin de consommer 
de la vapeur, parce que les réactions de la 
cuisson n'absorbent pas de chaleur par elles- 
mêmes ou bien en absorbent dans une propor- 
tion négligeable : la consommation que l'on a 
dans la pratique après la mise en pression 
équivaut, ni plus ni moins, à la quantité de 
chaleur perdue par les causes ci-dessus. 



Nous allons analyser à part les deux phases 
de consommation, que nous appellerons consom- 
mation initiale et consommation pendant la 
cuisson. 

Consommation initiale. — Elle dépend du 
poids de la chaudière, du tissu et du liquide 
que ce dernier a absorbé ou bien que l'on a 
ajouté dans la chaudière. Disons tout de suite 
que la vapeur consommée par le chauflage du 
tissu et du liquide qu'il contient est la même 
dans tous les appareils, soit continus, soit inter- 
mittents, tandis que la vapeur nécessaire pour 
chauffer l'appareil même et le liquide qu'on y 
introduit avant ou après le tissu, varient suivant 
le poids de l'appareil (ou chaudière) et celui de 
ce liquide. 11 en résulte donc que, à égalité 
de production, la consommation initiale de la 
vapeur sera d'autant plus réduite que l'appa- 
reil sera plus petit et la quantité de liquide 
ajouté moindre. 

De ce qui précède, nous pouvons tirer immé- 
diatement une conclusion. L'appareil Rigamonti 
et Tagliani, qui contient une quantité de tissu 
presque égale à celle dos autoclaves ordinaires 
et, en proportion de sa production, une quantité 
de liquide inférieure à celle de n'importe quel 
autoclave et une quantité de tissu de beaucoup 
supérieure à celle des autres appareils de même 
genre (Edmeston, Welter, etc.) consommera 
donc déjà dans la période initiale, et à égalité 
de production, une quantité de vapeur inférieure 
à celle consommée par toute autre chaudière ou 
appareil à blanchir. 

Consommation pendant la cuisson. — Il est 
connu que, si la consommation initiale est 
sensible, celle pendant la cuisson l'est davan- 
tage : nous allons donc nous occuper tout, par- 
ticulièrement de cette dernière. 

La consommation do la vapeur pendant la 
cuisson déiiend, comme nous l'avons déjà, vu, 
des (li'perditions de chaleur qui varient suivant 
la différence de température entre la chaudière 

9 



130 



Maurice PRUD'HOMME. 



PROPRIÉTÉS DES ACIDES FERRO- 



et la pièce où elle se trouve, de la surface de la 
chaudière même et de la durée de la cuisson. 
En supposant égaux les deux premiers éléments 
(température de la chaudière et de la pièce) 
dans toutes les installations, nous pourrons 
ajouter que la consommation de la vapeur, dans 
la pratique, dépend exclusivement de la sur- 
face de la chaudière et de la durée de la 
cuisson. On peut exprimer ces conditions par 
la formule suivante, dans laquelle Q est la 
consommation de vapeur pendant une cuisson, 
S la surface de la chaudière de l'appareil, t la 
durée de la cuisson, et a une constante qui 
dépend de toutes les autres conditions que nous 
avons supposées égales dans toutes les installa- 
tions. 

Q = ff S ^ 

Dans l'espace de temps / l'on aura traité un 
poids de coton P qui est précisément le poids du 
tissu contenu dans l'appareil : en nommant 
donc q la consommation de vapeur par 100 k. de 
coton nous aurons : 

S/ S 

r/=:100^=100rt— = A-/. 



Cette formule nous montre, ce qu'il était 
d'ailleurs facile de voir, même sans la très 
simple démonstration que nous avons donnée, 
c'est-à-dire que la consommation de vapeur 
pendant la cuisson est d'autant plus grande que 
l'est la durée de la cuisson t\ et que, à égalité 
de temps de cuisson, elle est d'autant plus 
petite que la surface de la chaudière S est 
moindre par rapport à la quantité de tissu V 
qu'elle contient. 

Nous pensons que ces conclusions, impor- 
tantes bien que simples, ont une valeur supé- 
rieure aux résultats des déterminations prati- 
ques de consommation, lesquelles dépendent 
d'une foule de causes qui n'ont rien à voir avec 
les qualités intrinsèques des machines à blan- 
chir et qui se ressentent, en tout cas, des ten- 
dances de la personne qui fait l'expérience. 



Ce sont ces mêmes conclusions qui, jointes à 
celle que nous avons énoncée à propos de la 
consomma/ion initiale, nous permettent de 
répondre aux questions posées par nous : 

1° La consommation de vapeur dans l'appareil 
Rigamonti et Tagliani est très petite parce que, 
soit dans la période initiale, soit dans celle de 
la cuisson, il se trouve dans les conditions les 
plus favorables, ayant une grande capacité de 
tissu par rapport à la quantité de liquide intro- 
duite au début, et surtout par rapport à la 
surface de l'appareil même, qui est garanti 
contre la déperdition de chaleur par un revête- 
ment en bois avec des couches d'air intérieures, 
ce qui a été facile à faire, étant données les 
dimensions relativement petites de la machine. 

2" En comparaison des appareils de même 
genre (Edmeston et Wel ter), l'appareil Rigamonti 
et Tagliani se trouve dans des conditions de 
supériorité immenses. En effet, il contient, à 
égalité de surface ou de volume, une quantité 
de tissu vingt fois plus grande que l'Edmeston 
et, par conséquent, il demande pendant la 
cuisson une consommation de vapeur vingt fois 
moindre, tout en donnant une produclion vingt 
fois plus grande. On peut en dire autant, bien 
que dans des proportions différentes, pour 
l'appareil Welter qui a, comme l'Edmeston, 
l'inconvénient d'une très petite capacité de 
tissu par rapport à sa surface (ou volume) qui 
est très grande. 

3° En comparaison des chaudières intermit- 
tentes, l'appareil Rigamonti et Tagliani a une 
capacité de tissu un peu moindre que les auto- 
claves ordinaires; mais il permet, par contre, 
une durée de cuisson / beaucoup plus courte. 

Donc, même comparé aux chaudières inter- 
mittentes, l'appareil Rigamonti et Tagliani se 
trouve dans des conditions de supériorité 
absolue. 

C. Rigamonti. 

Cnisinallo, le 30 janvier 1903. 



PROPRIÉTÉS DES ACIDES FERRO- ET FERRICYANHYDRIQUE. — DOSAGE 
DU PRUSSIATE JAUNE 

Par M. Maurice PRUD'HOMME. 



En étudiant l'action de l'acide chromique sur 
l'acide ferrocyanhydriquef/^.r/.J/.C, 1903, p. 08), 
j'ai observé un certain nombre de faits nouveaux, 
qui ne sont pas sans présenter quelque intérêt. 

A une solution de 2 gr. 11 de prussiate jaune 
dans 100 gr. d'eau et o gr. d'acide sulfurique, 
on ajoute, au moyen d'une burette graduée, une 
solution de gr. od'acide chromique dans 100 gr. 
d'eau. Vers le 30« centimètre cube, une goutte 
du mélange des liqueurs commence à bleuir le 



papier imprégné de teinture de gaïac. Il sem- 
blerait donc que l'oxydation de l'acide ferro- 
cyanhydrique et sa transformation en acide 
ferricyanhydrique soit déterminée, et l'on pour- 
rait attriluier la coloration bleue du papier 
gaïac à l'action combinée d'un excès d'acide 
chromique et de l'acide ferricyanhydrique formé. 
En réalité, il n'en est rien, et la transformation 
de l'acide ferrocyanhydrique n'est pas intégra- 
lement achevée. J'ai constaté en effet que : 



ET FERRICYANHYDRIQUE. — DOSAGE DU PRUSSIATE JAUNE. 



131 



1" L'acide ferricyanhydrique seul (1,65 prus- 
siate roufje, 100 eau, 5 SOMI-) colore en bleu le 
papier imprégné de leiiUure de gaïac. 

2° L'acide ferrocyanhydrique (:2,ll prussialc 
jaune, 100 eau, 5 SO'll^) ne le colore pas. 

3° La présence de petites quantités d'acide 
ferrocyanhydrique empêche l'acide ferricyan- 
hydrique de colorer en ijleu le papier au gaïac. 

Comme cette coloration provient d'une oxy- 
dation, il faut admettre que l'acide ferricyan- 
hydrique s'hydrolyse en donnant de l'acide 
ferrocyanliydrique et de l'oxygène. Mais la 
réaction inverse se produit, et l'équilibre chi- 
mique sera représenté par les deux systèmes, 
qui se transforment l'un dans l'autre : 

Fe-Cyi-lls-fll-'O ^ 2.FeCymi-t-0 

Le rapport des vitesses des deux réactions 
serait connu, si l'on pouvait déterminer le 
rapport des quantités des deux acides qui se 
font équilibre par rapport h la réaction du 
papier gaïac. Pour cela, il fallait trouver un 
réactif capable de déceler la fin de l'oxydation 
de l'acide ferrocyanhydrique. Le papier à filtre 
ordinaire remplit très bien ce but. 

1° Le papier à filtre (papier non collé) se colore 
en bleu presque instantanément quand on dépose 
«ur lui une goutte d'une solution d'acide ferro- 
cyanhydrique, préparée avec 2,11 prussiate 
jaune (FeCy''K* -f 3aq. = 422), 100 gr. eau et 
5 gr. SO''lF. Cette propriété, que les papiers à 
filtre, traités par les acides chlorhydrique et 
fluorhydrique, ne possèdent que peu ou pas 
du tout, doit tenir à un lavage défectueux de la 
pâle après le chlorage. L'acide ferrocyanhy- 
drifiue qui, en s'oxydant, donne du bleu de 
Prusse, se trouve oxydé par le papier lui-même. 

2" L'acide ferricyanhydrique, préparc avec 
l,Co prussiate rouge (Fe-Cy'-K''=o68), 100 gr. 
eau et ,"> gr. SO'll^ donne sur ce papier une 
tache jaune qui verdit faiblement après un 
temps assez long. 

.3° Un mélange d'acides ferro-et ferricyanhy- 
drique donne sur le papier à filtrer une tache 
jaune qui verdit très rapidement, et d'autant 
plus que le mélange renferme plus du premier 
acide. 

Si nous reprenons l'exemple donné plus haut, 
où le papier de gaïac bleuit au 30'' centimètre 
cube de la solution d'acide chromique, on con- 
state que le papier à filtre touché avec une goutte 
du liquide verdit rapidement, et que l'addition 
de 2,73 à 3 centimètres cubes de la solution chro- 
mique suffit à parachever l'oxydation de l'acide 



ferrocyanhydrique, car au 33° centimètre cube 
le papier à filtre jauni par une goutte de la 
liqueur ne verdit pas dans l'intervalle de 
1 à 2 minutes. 

On voit donc que les vitesses des deux réactions 
inverses sont approximativementdans le rapport 
de 1 : 10. 

Cette expérience constitue une inc/hodc de 
doxaf/e du prussiate Jatiitc au moyen de l'acide 
chromique (ou d'un mélange de bichromate et 
d'acide sulfurique). L'acide chromique peut être 
remplacé, comme je l'ai vérifié, par le perman- 
ganate de potasse (3 gr. 10 pour 1000 eau): 
l'emploi simultané des deux papiers réactifs 
réussit bien. 

Les équations correspondant à ces deux 
modes de dosage sont : 

CFeC}<-'K'> + 2Cr03-f ISSOMI^ =3Fe2Cv'2(ie + Cr2(S0')3 

+ 12SO*K2+OI120 

IOFeC}-6Ki-hMn208K2-|-23SO>H2 = 5Fe2Cy'-H« 

-l-îMnSO* -(- 2ISO'K2 -t- 8H-'0 

On sait que la solution de prussiate rouge, en 
présence de soude ou de potasse caustique, 
décolore l'indigo avec formation de prussiate 
jaune. Il est probable que si l'on ne fait pas 
intervenir l'action réductrice de l'indigo, il 
s'établit un équilibre chimique entre les deux 
systèmes en présence : 

re-Cy'iK0 4- K'^ir^U-' Z^ 2FeCy6Iv»-t- II^O^ 

En fait, l'addition de prussiate jaune à la 
solution de prussiate rouge retarde la décolo- 
ration d'un échantillon de bleu cuvé foncé d'une 
manière remarquable, .le citerai par exemple 
l'essai suivant : 

12 3 

Solution R lOc.c. 10c. c. KIc.c. 

Soude 1/1 h h b 

Eau 20 10 

Solution J " 10 20 

^'jlutwn /{. Sulu/lon J. 

:î gr. 29 prussiate rouge. 20 gr. prussiate jauue. 
200' — eau. I(i0 — e;ui. 

Un échantillon de bleu cuvé foncé est déco- 
loré en Ao minutes dans le numéro 1. Au bout 
d'une semaine les échantillons plongés dans les 
numéros 2 et 3 ne sont pas encore complètement 
décolorés, bien que le mélange décolorant soit 
encore actif. Le phénomène se complique d'une 
réaction secondaire que j'exposerai en détail 
dans une prochaine note, me réservant, du reste, 
l'étude des deux exemples d'é(iuilibre chimique 
indiqués dans ce travail. 



BLANCHIMENT DE L'IVOIRE ET DE L'OS [i] 



Dans ces dernières années, la fabrication de 
l'eau oxygénée a pris un très grand dévelop- 

(I) Rapport de .M. Livache sur le procédé de .M. Coinon 
(BuUet. Soc. d'encourag., 1903, p. 14). 



pement; c'est ainsi quedansune communication 
faite à la Société, M. Bloche montrait qu'il 
existait, en 1880, deux usines fabriquant 
600000 k. par an, tandis qu'en 1000, il en 



13: 



BLANCHIMENT DE L'IVOIRE ET DE L"OS. 



existait dix, fabriquant 6500 000 k.; en même 
temps, le prix du kilogramme, qui variait de 
1 fr. 50 à 3 francs, s'abaissait entre fr. 50 
et fr. 25. 

Au nombre des emplois de l'eau oxygénée, 
un des plus importants concerne le blanchiment 
des matières organiques : la soie, la laine, le 
coton, les plumes, les crins, l'os et l'ivoire, etc. 
Mais si ronsaitqu'ilsuffitde mettre encontactces 
substances avec de l'eau oxygénée pour obtenir 
un blanchiment rapide, par contre on manque 
de renseignements sur les conditions dans 
lesquelles il faut se placer pour obtenir des ré- 
sultats tout à fait satisfaisants; lorsque, en effet, 
on ne prend pas certaines précautions, l'action 
est tellement énergique qu'il en résulteune alté- 
ration profonde de la matière organique. C'est 
donc avec grand intérêt que nous avons étudié 
le procédé de blanchiment de l'ivoire et de l'os 
que soumet à l'examen de la Société M. Coinon, 
un des industriels français qui pratique le 
blanchiment avec une incontestable supériorité- 

M. Coinon blanchit l'ivoire et l'os en vue de 
leur emploi dans les claviers des pianos et des 
orgues; d'après les renseignements qu'il nous 
a fournis, sa fabrication annuelle atteint 13 et 
14000 jeux, chaque jeu constituant un clavier 
complet, dont deux tiers en ivoire et un tiers 
en os ; il fournil plus de la moitié de la consom - 
mation française, et satisfait, en outre, à de 
nombreuses commandes venant de l'étranger. 

L'ivoire employé fut acheté sur les marchés 
de Londres et d'Anvers. Sur le premier de ces 
marchés, on trouve les défenses d'éléphant 
provenant d'Égyple, de Mozambique, de 
Zanzibar et des Indes, constituant les ivoires (^/ciM.r 
qui donnent les plaquettes d'un ton plus mat 
que les défenses achetées sur le marché d'Anvers, 
provenant du Gabon, du Congo, du Sénégal et 
constituant des ivoires durs dont les plaquettes 
sont plus transparentes, ce qui est une cause 
d'infériorité parce qu'elles laissent voir les 
taches ou les défauts du bois sur lequel on les 
applique. 

On n'achète que les défenses de grandeur 
moyenne, pesant au maximum 40 k. et se 
vendant environ 30 à 35 francs le kilogramme 
pour les ivoires doux, et 25 francs pour les 
ivoires durs. Au-dessus de 40 k. le prix des 
défenses s'élève beaucoup et l'on n'aurait aucun 
avantage à les employer dans une fabrication 
où il suffit d'avoir des plaquettes de petites 
dimensions. 

Les défenses d'éléphant ne sont pas recouvertes 
d'émail, maisseulement d'une couche décernent 
nommée croûte ou écorce; le milieu ou cœur 
est occupé par un canal médullaire. C'est la 
partie intermédiaire, constituée par une variété 
spéciale de dentine, formant des couches 
concentriques, qui est seule employée pour la 
fabrication des touches de clavier ; la croûte 
est laissée pour la coutellerie et la partie du 
cœur est inutilisable. 



L'os employé provient uniquement du fémur 
de bœuf, préalablement bien dégraissé. 

Le travail commence par le passage à la scie 
circulaire des os ou des défenses découpées en 
tronçons de 20 centimètres environ, afin d'en 
obtenir des plaquettes très minces que l'on 
recoupe suivant les dimensions voulues. La scie 
circulaire, animée d'un mouvement très rapide, 
a une épaisseur qui ne dépasse pas mm. 2 ; un 
jet d'eau arrive d'une manière continue sur la 
pièce à découper et, dans ces conditions, on 
obtient des plaquettes dont la surface, parfai- 
tement lisse, n'a besoin d'aucun polissage 
ultérieur. 

Ce sont ces plaquettes d'ivoire ou d'os qu'il 
s'agit de blanchir, car elles présentent une 
teinte jaunâtre qui se fonce avec le temps, sauf 
pour l'ivoire le plus estimé, celui de Guinée, 
qui, au contraire, devient blanc et opaque. 

Autrefois, d'après les indications de Spengler 
de Copenhague, on se contentait, après avoir 
brossé les plaquettes avec lapierre ponce calcinée 
et délayée dans un peu d'eau, de les exposer 
à l'action de la lumière solaire, sous une cloche 
de verre ; mais le procédé était très lent etnéces- 
silait un stock énorme de marchandises. 

Plus tard, Cloez avait indiqué un mode de 
blanchiment plus complet et plus rapide; après 
une immersion suffisante dans l'essence de 
térébenthine ou de citron, on exposait les 
plaquettes à la lumière solaire, en évitant tout 
conlact d'un excès d'essence, sinon la matière 
é lait promptement attaquée par l'essence oxydée. 
C'est le procédé qui fut d'aliord employé, vers 
18(37, par M. Ch. Grandon, prédécesseur de 
M. Coinon ; il donnait un blanchiment rapide, 
mais l'ivoire ou l'os ainsi blanchis reprenaient 
assez vite la couleur jaune primitive. 

C'est en 1882 que notre collègue, M. Lyon, 
obtint des résultats, déjà très satisfaisants, à 
l'usine Pleyel-Wolff, en remplaçant l'essence de 
térébenthine par l'eau oxygénée dont l'emploi 
comme agent de blanchiment s'était introduit 
dans l'industrie vers 1879. 

Enlin, M. Coinon songea à combiner l'expo- 
sition à la lumière solaire et l'action de l'eau 
oxygénée. 

Les plaquettes d'ivoire ou d'os, encore 
humide au sortir du découpage, sont placées 
sur des canevas occupant la partie médiane de 
boites en bois; ces boites, dont le couvercle 
supérieur est formé par une plaque de verre, 
sont disposées en plein air, de manière à bien 
recevoir la lumière solaire. Après un séjour 
variant de 30 jours en hiver à 20 jours en été, 
les plaquettes, que l'on a eu soin de retourner 
plusieurs fois, sont sèches et déjà sensiblement 
décolorées. 

C'est seulement alors qu'elles sont introduites 
dans de grands bocaux en verre, placés dans 
un atelier à toiture vitrée pour profiter encore 
de la lumière solaire, et recouvertes d'eau 
oxygénée faible, à 6 volumes; la température 



NOUVELLES COULEURS. 



133 



est maintenue à 30-35° C. L'os cl l'ivoire 
conlinuentà blanchir, en même temps ce dernier 
prend de la transparence. La durée de ce trai- 
tement est de (j jours environ. 

On reporte les plaquettes à la lumière solaire, 
dans les boîtes vitrées, où on les laisse sécher 
pendant G à, 7 jours, et on leur l'ail subir un 
second traitement dans de l'eau oxyi^énée plus 
énergique, à 12 ou l't volumes, ;i33" C, pendant 
un temps très variable, un à trois jours au plus, 
pour éviter l'action corrosive d'une eau aussi 
concentrée; elles se décolorent alors dans toute 
leur masse. 

Enfin, on les reporte dans les boites vitrées et 
on les laisse se séclier complètemenl à la 
lumière solaire pendant 3 ou i jours. 

En somme, toutes ces opérations ont demandé 
près de deux mois, mais on oiiticnt ainsi des 
plaquettes d'os ou d'ivoire parfaitement déco- 
lorées dans toute leur masse et qui ont le grand 
avantage de ne pas reprendre, avec le temps, 
une teinte jaune. Les plaquettes d'os d'une 
épaisseur ne dépassant pas 2 millimètres, sont 
opaques el d'un blanc légèrement crémeux; 
celles en ivoire, moins épaisses par raison 
d'économie, ont plus de transparence, ce qui 
donne un blanc un peu bleuté. 

Un jeu de plaquettes en os se vend 10 francs : 
au contraire, un jeu de plaquettes en ivoire varie 
de 10 à 44 francs suivant que l'ivoire est plus 
graincux ou plus rapproché de la croûte, aussi 
n'en cumple-t-on pas moins de trente qualités 
difTérentes. 

M. Coinon nous a donné les renseignements 
les plus completssurce procédé de blanchimenl; 
il a seulement gardé le silence sur la nature de 
l'eau oxygénée qu'il emploie et à laquelle sont 



dues, en particulier, la perfection et la stabilité 
du blanchiment. Certes, la fabrication de l'eau 
oxygénée eslsimple; elle consiste à décomposer 
le bioxyde de baryum par un acide que l'on 
neutralise ensuite. Mais si beaucoup d'acides, 
chlorhydrique, tluorhydrique, oxaliciue, phos- 
phorique el môme carbonique, peuvent être 
employés dans la pi-éparation de l'eau oxygénée, 
le choix de cet acide a une grande importance 
suivant les diverses matières sur lescjnelles 
on la fera agir; c'est ainsi, dit-on, que pour 
l'ivoire il est essentiel d'éviter la présence de 
l'acide chlorhydrique. De même l'agent employé 
pour neutraliser l'excès d'acide n'a pas moins 
d'importance ; avec le silicate de soude, par 
exemple, on obtient des blancs beaucoup plus bril- 
lants qu'avec l'ammoniaque ou la soude. Enfin 
le degré de neutralisation a une inlluence tant 
sur l'attaque de la matière organique que sur la 
rapidité d'action de l'eau oxygénée. Il y a là. un 
problème complexe, variable suivant les 
matières que l'on se propose de décolorer, 
dont la solution constitue précisément la supé- 
riorité du travail d'un industriel el qui est, à 
juste titre, son secret. 

Mais ce qui nous a semblé particulièrement 
intéressant, c'est la combinaison judicieuse de 
deux procédés très diflférents : action de la 
lumière solaire et action d'un agent chimique. 
Cemodede travail pourra peut-être suggérer des 
applications dans d'autres industries de blan- 
chiment, et c'est a ce titre que votre Comité des 
Arts chimiques a l'honneur de vous proposer de 
remercier M. Coinon de toutes les explications 
qu'il a bien voulu fournir à la Société d'Encou- 
ragement et de décider l'insertion du présent 
rapport dans le Bulletin de la Société. 



NOUVELLES COULEURS 



Noir dlel' d'.\lizari.ne WB extra [Dadisclu-]. 

Ce nouveau Noir d'alizariue donne sur laine 
un noir ii refiel bleuté, comparalivement 
aux anciennes marques [R. G. M. 6'., 1901, 
p. 227). Il peut s'employer pour la teinture des 
laines en bourre, laine peignée, en lils ou en 
pièces. On peut l'associer dans le même bain 
avec le Noir d'alizarine \VE extra. Rouge d'ali- 
zarine S, Jaunes sur mordants, el l'on obtient 
ainsi des noirs allanl du noir bleuté au noir 
noir. Ce colorant se teint avec le mordant en 
un seul bain : 20 % produit en pâle, 8 % 
acide acétique à G" B. el 1 1/2 "/o bichromate 
potasse. 

NoiRS COLD.MBIA E.\ ET WA [Actieii Gcsell. 
Berlin). 

Le Noir columbia E.V donne un noir à reflet 
verdàlre, et la marque WA un voir violacé. 



Leurs propriétés el leur mode d'emploi ne pré- 
sentent pas de diiïérence avec les marques déjà 
connues [B. (1 . M. C, 1001, p. 2()j . La teinture 
se fait avec G " „ de colorant, 20 °/o de sulfate de 
soude cristallisé et 1 " /,, de soude. Ces colorants 
s'appliquent non seulement sur colon, mais sur 
lin et jule. Leur grande solubilité les recom- 
mande pour la teinture en appareils ou sur 
jiggers. 

NoiRTUiOGÈNE N,\ {.]Jcisler Luciit.'i Brilniny). 

Ce colorant au soufre se teint de la manière 
suivante : on le dissout avec le sulfure de sodium 
el le sel de soude, et on verse la solution en 
deux fois dans la cuve où l'on a mis le sel marin. 
On donne un bouillon de peu de durée, arrête 
la vapeur, entre la marchandise, et teint en 
1 heure à 80-00°. Au sortir du bain, on exprime 
el rince à fond. Un traitement après teinture, 
avec 2 1/2 "/o bichromate de potasse, 2 1/2 "/(, 
sulfate de cuivre el 2 "/„ acide acétique, empêche 



134 



NOUVELLES COULEURS. 



le virage au bleu du noir en magasin. Pour les 
bains frais on prend 20 "/o de colorant, et pour 
les vieu.K bains 12 à 14 °/o- 

La solidité au lavage, au foulon, à la lumière, 
aux bouillons alcalin et acide serait excellente. 
Aussi ce colorant est-il indiqué pour la teinture 
des chaînes solides au bouillon acide; il se prête 
bien aussi à la teinture des cannelles, bobines, 
rubans cardés çt bourre en appareils méca- 
niques. 

Noirs e.\ un seul bain sur piÈciiS de laine 
[Meister Lucîiis Briininij). 

Ce procédé est basé sur l'obtention simultanée 
de laques de chrome de l'hématéine et du Noir 
d'alizarine à l'acide R. La teinture se fait sur 
bain acidulé à l'acide oxalique. Pour 100 k. de 
marchandise, on prend 5 k. acide oxalique, 
2 1/2 à 3 k. Noir d'alizarine à l'acide R, 25 à 
30 k. bois de campêche. On entre la marchan- 
dise et monte au bouillon, où l'on reste 1 heure. 
Puis on ajoute 7 k. 1/2 alun de chrome et déve- 
loppe la nuance par un bouillon d'une heure. 
On peut modifier la nuance du noir par des 
additions de Tartrazine 0, Bleu carmin breveté 
V ou A, Vert de naphtaline V, etc. : par 
exemple, pour 100 k. de tissu de laine, on em- 
ploiera 100 gr. de Tartrazine 0. 

La pénétration et l'unisson des noirs ainsi 
obtenus seraient excellents. 

La solidité au frottement serait encore supé- 
rieure à celle du noir au campêche et chrome 
obtenu en trois bains ; elle surpasserait de beau- 
coup celle des noirs au campêche et au fer. 

La solidité à la lumière et au porter serait 
plus grande que celle des noirs au campêche et 
chrome ou au campêche et fer. 

La solidité aux acides serait sensiblement 
meilleure que celle des noirs au fer ou que les 
combinaisons de celui-ci avec des colorants 
noirs pour laine artificiels. 

Le nouveau noir supporte bien la presse et 
le décatissage ; la solidité aux alcalis et au lavage 
répond aux exigences habituelles pour les noirs 
sur pièces. 

Les lisières en coton ne se teignent pas ; par 
contre, les pailles et époulillessont mieux mas- 
quées que par les colorants noirs teignant en 
bain acide. 

Noirs katiguène SW, ÏG, 2B et noirs bleu 
KATiGUÈNE B, 4B ET R [F. Bayer). 

Ces colorants, à la dose de 13 à 25 "/„ du 
poids du coton, donnent des noirs; avec 1 7;,, 
on obtient des gris très frais, allant du gris 
bleu au gris normal. 

La solidité à la lumière, aux alcalis, aux 
acides, au lavage froid et à l'eau bouillante 
serait très bonne. 



Le bain de teinture se monte avec les propor- 
tions suivantes : 



Colorant là2ô«/o 

Sulfure de sodium crist. . 1 25 

Soude calcinée 2 8 

Sulfate de soude crist. .. 10 00 



à 15 0/» 



La quantité de soude varie avec la dureté de 
l'eau. La première opération Consiste à faire 
bouillir l'eau du bain de teinture avec la soude ; 
puis on ajoute la solution du colorant dans le 
sulfure de sodium, le sulfate de soude, et on 
fait bouillir quelques minutes. Entrer la mar- 
chandise, teindre environ 1 heure et bien 
rincer. 

Si c'est nécessaire, on donne un passage en 
sels métalliques : 

1,5 à 3 "/o bichromate de potasse. 
1,5 3 — sulfate de cuivre. 
3 5 — acide acétique. 

Les noirs SW, TG, et le noir bleu B, peuvent 
se passer de ce traitement, qui est indispen- 
sable pour le noir 2B et les noirs bleu 4B et R. 

Les colorants katiguène en général peuvent 
s'appliquer à l'impression. 

La B. G. M. G. a déjà indiqué cet emploi 
pour le noir bleu katiguène 4B 1^1002, p. 65). 

Bleu-Azo pour laine b [Cassella et Alan. bjon.). 
(Éch. n" 33.) 

Ce colorant pour laine donne directement de 
belles nuances bleu foncé et bleu marine, qui 
se distinguent par leur reflet vif rappelant 
celui de l'indigo, sur tissus de confection et sur 
laine filée. 11 se teint avec addition de bisulfate 
de soude, ou d'un mélange de sulfate de soude 
et d'acide sulfurique. 

La solidité au frottement, au décatissage, au 
fer chaud et au soufre est très bonne. La résis- 
tance à la lumière et au lavage est moins bonne, 
tout en étant très convenable. Les nuances sont 
aussi solides à la boue alcaline et aux touches 
d'eau douce et salée. La lumière artificielle ne 
modifie pour ainsi dire pas la nuance du bleu-azo 
pour laine B. Enfin, les fils d'eiïet et les lisières 
en coton, ainsi que les fils d'elTet en soie artifi- 
cielle ou en ramie, renfermés dans les pièces de 
laine, ne sont pas colorés par lui. 

NoiRS-Azo MÉRINOS B ET G B (Gassella et Man. 
hjon.). 

{Éch. n" 39.) 

Ces deux noirs pour laine ont la propriété 
d'unir parfaitement et de bien trancher, même 
quand on les emploie en bain fortement acide. 
Ils donnent des noirs nourris, ayant de la fleur, 
semblables aux noirs au campêche, et ne chan- 
geant pas de nuance à la lumière artificielle. 



REVUE GÉNÉRALE DES MATIÈRES COLORANTES 

ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 



N" -7 



TosiE VII. 
CARTE D'ÉCHANTILLONS N= 5 



1" Mai 1903. 




N^ ;;;i. — Bleu-azo pour laine B {i ci/o). 
\Ca.'<sellu el Mmi. l;/v/i:. 



N" oi. — Indigo Katiguène R extra S !■ 
{F. Baijei'. 




Brun Kaiiguéne au i:hrome 5 G (in 0, ii). 
[F. Bai/er}. 



'S" :iii. — Brun jaune Katiguène 2 G lin 

[F. liii'/er.) 





N» o". — Noir azophore DP et Rouge azophore PiN 

[Meisler. Liiciu.<! Biinuiiyi. 



S' :!>. - Olive Katiguène GN |lo 0/0 1. 

(F. Ud'/i-r). 




K» M. — Noir-azo mérinos B (o 0,0) 
[Cassetla et Man. Lijun]. 



>o ;ii. _ jjoir à l'acide 4 BL (H 
(F. iiuye, ). 



NOUVELLES COULEURS. 



135 



Us se teignent au bouillon avec addition de 
10 il 15 7o de bisulfate de soude ou du mélange 
équivalent d'acide sulfurique et de sulfate de 
soude, dans des cuves en bois ou des bassines 
en cuivre. 

La solidité à la lumière, aux alcalis, au déca- 
tissage, au soufre, au fer chaud et au frottement 
serait irréprochable. 

Ces colorants sont indiqués dans tous les cas 
où l'on exigera pour tissus ou pour filés un noir 
qui donne facilement en bain fortement acide 
des teintes bien unies et bien tranchées : ils 
conviennent aussi pour les tissus de laine ren- 
fermant des (ils d'elïet blanc coton ou soie 
artiliciclle). 

Bruns katiglène au cuROMii: oG, brun jaune kati- 

GUÈNE2G, BHUN NOIR KATIGUÈNE N (/•'. BdlJCr). 

[lirh. n" 35 et 3<>.) 

Ces colorants, soufrés pour colon, donnent des 
nuances allant du jaune au brun rouge, en pas- 
sant par tous les tons, de l'orange au gris rou- 
geàtre, et complétant la série dont fait partie le 
brun katiguène V extra [II. G. M. C, 1902, 
p. 78). 

Le bain de teinture se monte avec : 

T' bain. Baiussuiv,inls. 

Colorant I à 30 o o 0,(iil8»;o 

Sulfure de sodium crist. 19 0,5 C 

Carbonate de soude crist. :î S 12 

Sulfate de soude crist. . . 10 80 1 8 

On teint en 1 heure sur bain légèrement 
bouillant, et rince à fond. 

Le brun katiguène au chrome oG seul 
demande un traitement subséquent pour déve- 
lopper la nuance ; il s'effectue avec : 

l,.Sà .'5 "/o bichromate de potasse. 
1,6 3 — sulfate de cuivre. 
3 S — acide acétique. 

Pour obtenir une solidité à la lumière tout à 
fait remarquable, ce traitement est également 
avantageux avec les autres bruns katiguène ; 
on peut supprimer le bichromate et ne se servir 
que de sulfate de cuivre. 

La solidité à la lumière, aux alcalis, aux 
acides, au lavage, à l'eau bouillante, au remon- 
tage est bonne. Le brun noir katiguène N, 
dont la résistance au chlore est bonne, se dis- 
tinguerait en particulier par sa solidité aux 
divers agents. 



Indigo katiguène R extra [F. Bayer). 
(Éc/i. n' 31.) 

Ce colorant se distingue des marques B et B 
extra, dont il a clé parlé ici {R. G. M . C, 1001, 
p. 300 , par la teinte un peu rougeàtre qui le 
destine plutùt aux nuances moyennes et fon- 



cées. Il jouit des mômes qualités de solidité que 
l'ancienne marque B extra et fournit sur colon, 
lin et mi-lin, un bleu pur très rougeàtre qu'on 
peut foncer au moyen du noir katiguène ou du 
noir bleu katiguène. 

La nuance se développe complètement à la 
suite d'une courte exposition à l'air; aussi est-il 
inutile de donner, après teinture, un traitement 
aux sels métalliques, (]ui n'ajoute du reste que 
peu à la solidité de la nuance. 

La bonne solubilité du produit, et l'unisson 
relativement bon, permettent d'obtenir des tein- 
tures en écheveaux suflisantcs pour qu'il soit 
possible d'employer les filés à la fabrication de 
pièces unies. Le nouveau colorant réussit bien 
aussi pour la teinture des pièces au jiggcr et 
celle des chaînes sur les machines ordinaires. 

Pour filés, les proportions à employer sont 
les suivantes : 

T' bain. -2' bain et suivants. 

Indigo katigut'ne U extra. .. 10 ",'„ G "/ o 
Sulfure de sodium crist. (ou 

la moitié cale. 10 G 

Soude calcinée S 2 

Sel maria (ou le double de 

sulfate de soude crist.). . . 15 

La température ne doit pas dépasser GO" 

On teint au moyen de lissoirs droits pendant 
3/4 d'heure ; la marchandise n'est pas com- 
plètement immergée dans le bain. On tord et 
égalise à la cheville, étend 1 heure à l heure 1/2, 
rince à fond, savonne légèrement et sèche. 



Olive katiguène GN {F. Bayer). 
{Éeh. n" 38.) 

L'olive katiguène GiN est de la même famille 
que l'olive katiguène S (R. G. M. C, 1900, 
p. 290) et se teint de la même manière : 

l-^^ bain. Bains suivants. 

Colorant là2.i»/o 0,6àI5»/« 

Sulfate de sodium crisl. . I 8 0,.^ 5 

Carbonate de soude cale. 3 8 12 

Sulfate de soude crist 10 00 1 G 

La marchandise mouillée est entrée dans le 
bain de teinture bouillant et y reste 1 heure 
environ ; exprimer et rincer à fond. 

Cet olive se nuance avec le vert katiguène 2B, 
l'indigo katiguène B, le noir katiguène SW, 
les bruns katiguène et les couleurs benzidine. 
On remonte aussi avec des colorants basiques 
sur bain frais acidulé à l'acide acétique. 

On peut donner un passage en bichromate 
de potasse, sulfate de cuivre et acide acétique. 

La solidité à la lumière, aux alcalis, au 
lavage et à l'eau bouillante, au remontage, est 
très bonne; aux acides elle est bonne, au 
chlore elle est faible, comme pour tous les 
colorants sulfurés. 



13'j 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES. — SÉANCES DES COMITÉS DE CHIMIE. 



Nom AzopnoRE DP {Meis/er Lucius Brâniiiff). 

[Ec/Lii" 37). 

Le noir azophore DP, comme le noir azophore 
S (n. G. M. C, 1900, p. 344), permet de pro- 
duire du noir sur tissu préparé en naphlol. Il est 
plus soluble que ce dernier, et les noirs qu'il 
fournil sont plus égaux et aussi plus solides à 
la lumière. Ce noir peut s'employer, à côté 
d'uQ blanc réserve au suKîle de potasse, pour 
l'article rouge paranilraline. Un puce au diazo 
d'a-naphtylaminepeut aussi être associé au noir 
et au blanc. Enfin le noir azophore DP peut 
s'imprimer en même temps que le rouge azo- 
phore PN, pour dessin à couleurs. 

Couleur d'impression au noir azophore. 

100 gr. noir azopliore DP. 
400 ce. eau. 

Dissoudre et lipaissir avec : 
440 gr. épaississant farine et adragante. 

Ajouter avant l'emploi : 
60 gr. acétate de soude cristallisé. 

Couleur d'impression au rouge azophore. 

90 gr. rouge azoptiore PN. 
300 ce. eau froide. 

Dissoudre, filtrer et mettre à 400 ce, et ajou- 
ter en remuant bien : 
40 ce soude caustique à 22" B. 
60 — eau. 

Épaissir avec : 
500 gr. adragante GO : 1000. 

8 — acétate de soude cristallisé. 

La préparation en p-naphtol, la réserve 
blanche et l'épaississant farine et adragante 
sont les mêmes que ceux qui ont été indiqués 
pour le noir azophore S. 

L'échantillon n° 37 montre l'association du 
noir azophore DP et du rouge azophore PN, 
imprimés ensemble sur préparé en p-naphtol U. 



Noir a l'acide 4BL [F. Bayer). 
[Éch. W 10.) 

Ce colorant pour laine se teint avec addition 
de 10 7o de sulfate de soude, 3"/^ d'acide sulfuri- 
que, du poids de la laine. On entre à (jO'\ monte 
au bouillon et y reste 1 heure ; pour épuiser 
complètement le bain, on rajoute encore 2 "/„ 
d'acide sulfurique. La quantité de colorant à 
employer varie de 6 à 8 "/g. On obtient ainsi 
un noir bleu nourri, bien égal, bien tranché, et 
très solide à la lumière. Aussi s'applique-t-il 
bien à la teinture des chapeaux. Les elTets de 
colon blanc ou les lisières en coton dans les 
tissus de laine restent absolument intacts. 

Le noir à l'acide 4LB sert également pour 
l'impression sur tissu de laine. Il se ronge en 
nuance crème par le sel d'étain, et en nuance 
verdàtre par la poudre de zinc. 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



Séances des Comités de chimie. 



MULHOUSE. 



Séance du H mars 1903. 



La séance est ouverte à b heures 3/4. — Présents : 
IMM. Albert Sclieurer, secrétaire; Félix Cinder, 
Ch. Brandt, Bruckmann, Cam. Fabre, Georges Forel, 
Georges Freyss, Hubert Hœfîely, Albert Iveller-Dorian, 
Ernest Keller, Henri Schmid, Aug. Thierry-Mieg, 
Ch. Vaucher, Félix \Veber, Alphonse Wehrlin, 
Gli. Welss, Ferd. Oswald ; total : 17 membres. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

Fabrication de Pacide sulfurique au moyen de l'ozone. 
Pli cacheté n" 694, du 30 juin 1892, par M. Terrisse. 
— M. Georges Wyss fait observer que, dès 1870, 
P. -A. Langlois et L.-S. Thomassin prirent, en An- 
gleterre, un brevet pour remplacer dans celte fabri- 
cation l'acide nitrique par l'ozone {Jahresberichie der 
Chem. Tcchn., \V1, 1871, page 166). 

11 existe sur le même objet un brevet de B. Hunt, 
à Londres, du 23 juin 1874. 

Si l'on admet qu'un cheval-heure produit environ 
23 grammes d'ozone, et si l'on compte à tOO fr. par 
an la valeur du cheval-heure, lepri.v d'un kilo d'ozone 
ressort à '16 centimes ; la dépense par 100 kilos d'a- 
cide de H- SO' monterait à 9 fr. 14. Elle représente 
au moins 20 fois celle que nécessite l'emploi de 
l'acide nitrique, et si le tiers seulement de la molé- 
cule réagit, elle sera triplée. 

L'avenir est bien plutôt dans le procédé de contact 
qui utilise simplement l'oxygène de l'air. 

Le pli de M. Terrisse n'offrant pas de nouveauté, 
le comité décide, conformément à la demande de 
son rapporteur, le dépôt de ce travail aux archives. 
Mécani-ime de l'oxydation de Pindigo }Mr l'acide chro- 
mi(jue en présence d'autres acides. — Cette étude de 
M. Maurice Prud'homme élucide un point obscur de 
la fabrication enlevagesur indigo par impression de 
couleurs chargées de chromâtes solubles et passage 
en acide oxalique et sulfurique. Le rôle joué par 
l'action du mélange de ces deuxacides était inconnu. 
On savait que l'acide sulfurique seul se montrait 
ineflicace sans se rendre compte pour quelle cause. 
L'auteur en s'appuyant sur une série d'expériences 
ingénieuses en déduit les conclusions suivantes : 

La vitesse d'oxydation de l'indigo par l'acide chro- 
mique est accrue par la présence d'autres acides. Ce 
phénomène tient à la formation de composés ins- 
tables provenant de l'union, avec élimination d'eau, 
qui se fait entre une molécule d'acide chromique et 
une molécule d'acide bibasiqueou monobasique. 

Quand on fait agir l'eau oxygénée sur les compo- 
sés de l'acide cliromique avec les acides oxalique el 
sulfurique, l'élher ne se colore plus en bleu. L'acide 
chromique n'est donc plus à l'état libre. 

Ces combinaisons offrent, en présence des réduc- 
teurs, une instabilité beaucoup plus grande que 
lacide chromique, pris isolément, el l'oxygène 
qu'elles renferment y jouit d'une mobilité extraor- 
dinaire. 

Lorsqu'on mélange de l'acide chromique avec de 
l'acide oxalique, il se dégage de l'ozone. Le papier 
ioduré mouillé en fait foi. On est donc en présence 
d'une hypcroxydation d'une énergie telle que l'oxy- 
gène oxyde l'oxygène. 



revul: des journaux. 



131 



L'odeur piquante des cuves oxaliques pendant le 
|)assage des pièces cliaigées de couleurs aux 
chromâtes csl due ;i do l'acide roiiniquc pro- 
duit par l'aclioii de l'acide sulturitiue sur l'acide 
oxalique. 

Le comité vote rimpres>i()ii de la noie de 
M. l'rud'liomnje au llnllclai. 

M. Freyss, à propos de la conslalalion, faite par 
M. l'rud'iioinme, de la production de l'ozone dans 
le mélange d'acide clnoini(iue et oxali(iue, rappelle 
les travaux de .M. Manchot et d'autres savants sur la 
formation de peroxyde d'hydrogène, comme un des 
termes inlermédiaires, observé dans un grand 
nombre de iihénomènes d'oxydation. Le pouvoir 
oxydant, relalivemenl l'aible. du peroxyde d'hydro- 
gène est considérablement activé par la présence de 
corps oxydants. M. 'Iraube considère, en premier 
lieu, le peroxyde d'hydrogène comme un réilucteur 
très prononcé; jusqu'à présent il n'a jamais pu être 
obtenu par oxydation de l'eau; par cunire, donne 
lieu à de l'eau suivant la réaction 

+ 11-0^ = H'O -h 0' ; 

l'oxygène formé par l'action d'oxydantssur Il-(l- est 
donc un produit de décomposition total de ll-U- et 
non un produit de décomposition partiel. L'accélé- 
ration du pouvoir oxydant de CrU^ en présence 
d'acide oxalique s'expliquerait dans cette théorie 
par l'action de C.rO' sur 11-0- naissant qui est pro- 
duit, en premier lieu, par oxydation de l'aci le 
oxalique; c'est aussi et surtout à la formation du 
peroxyde d'hydrogène naissant que l'on peut attri- 
buer l'ozone observé par .M. Prud'homme, attendu 
qu'une solution d'acide chromique additionnée de 
BaO-, puis de quelques gouttes d'acide sulfurique 
dilué, donne une forte réaction d'ozone. 

Cuve de blanchiment de M. liobcit U'ci'ss. — L'au- 
leur adresse au comité une brochure qui rend 
compte du nouveau système de cuve inauguré et 



breveté par lui. Les princi|)es de ce nouvul appareil 
sont : 

Circulation de bas en haut au moyen d'une 
pompe. 

Adjonction à la cuve de blanchiment proprement 
dite d'un réservoir supérieur destiné à recevidr 
tout l'air de l'appareil et une réserve de liquide, ('.cl 
ustensile est destiné à garantir l'élal constant de 
plénitude de la cuve. 

La marchandise à blanchir est placée dans des 
paniers mélalliipies cimqiosés de lames tlexildes, 
inattaquables aux lessives, et qui s'emboitent dans 
la cuve les uns au-dessus des autres. Cette dispo- 
sition a été adoptée dans le but de faciliter la ciicu- 
lation en obviant aux entassements. 

Le con)ité remercie M. Kob. Weiss de l'envoi de 
sa brochure. 

Encre pour marquer les pièces destinées à la tein- 
ture en nuanixs func^cs. — L'examen de cette encre 
est contié à MM. Jaquet et Trautmann . Elle se com- 
pose des éléments suivants : 

Alcool, eau, chlorhydrate d'aniline, campéche, 
fuchsine, vert brillant, formant une première solu- 
tion à laquelle on ajoute: du chlorure cuivi-eux, une 
solution alcoolique de nitrobenzine et d'asphalte, 
et une nouvelle dose de chlorhydrate d'aniline. 

L'Association de la Presse technique, de Uruxelles, 
projette la publication mensuelle d'un Index, signa- 
lant les articles princiiiaux publiés par les journaux 
les plus importants de la presse technique du monde, 
et demande l'échange de cet Index avec le liuUrtin 
de la Société industrielle. Le comité ne voit pas d'in- 
convénient à faire cet échange pendant un an, à 
tire d'essai, et renvoie la question au conseil d'ad- 
ministration. 

M. Wild fera, le 23 mars, à la séance mensuelle 
de la Société, une série d'expériences surl'alumino- 
thermie. 

La séance est levée à 7 heures 1 /2. 



REVUE DES JOURNAUX 



FIBRES TEXTILES 

SOIE KCIU'K (l'alsinoalioii de la) an moyen 
<lc corps fï'"!*'*! par M. K. <j.\KII.M [l'drber-V.ei- 
tung, l'.io:), p. O'J). 

Dans ces derniers temps, l'auteur a eu plusieurs 
fois l'occasion d'examiner des soles écrues renfer- 
mant une quantité de corps gras inusitée. Celaient 
surtout des trames du Japon. Sur vingt échantillons 
on trouva de 2 à H,!J » '„ de corps gras, tandis ((ue la 
teneur normale varie entre 0,036 et 0,00 "/„. Le but 
bien évident de cette condamnable falsification est 
d'augmenter le poids de la marchandise. 

Pour évaluer la quantité de corps gras renfermés 
dans une soie donnée, on en met .'i gr. environ dans 
une liole bien bouchée, et on les traite à trois ou 
quatre reprises diflérentes avec 00 à SO c. c. de ben- 
zine, exemple de corps gras. On laisse au contact, à 
la lenqiéralure ordinaire, de deux à «jualre heures, 
en agitant la liole de temps à aulre, et on évapore 
le produit des diverses opérations réunies dans une 
capsule d'' platine tarée. Le résidu desséché est pesé. 

On peut aussi faire l'extraction à chaud avec de 
l'élher. On met o à 10 gr. de la soie écrue dans un 
appareil S ixhiet, avec200c. c. d'éther, et l'on chauffe 
aubain-marle environdixlieures;on évapore l'éther, 
et pèse le résidu. n. 



TACUKS SrU LKS étoffes de soie (Ori- 
gine des), par M. 1«. G.XEII.M {Zcils. Farben u. 
Textil-Chemie, r.)0:i, \>. '.)2). 

L'auteur rappelle qu'en collaboration avec 
MM. 0. IJoth et 0. Thomann, il a fait paraître, au 
commencement de 1002, dans \a. Fdrber-Zeitung, un 
travail sur la formation des taches qui alfcctent les 
étoiles de soie et sur leurs causes |)iobables. Les 
résultats constatés peuvent se résumer ainsi : 

i" Les taches se montrent presque toujours sur 
des talletas teints en nuances claires (ciel, vert, 
héliotrope, violet, brun-jaune, rose). 

2° Les taches brunes sont de formes et de grosseur 
variables. Les unes sont arrondies, de la grosseur 
d'un pois, les autres sont allongées (2 à 8 cm., ou 
même plus, de long) et portent sur plusieurs (ils de 
chaîne voisins. Souvent les taches se montrent aux 
lisières; d'autres fois, elles sont transversales, dans 
le sens de la largeur de la pièce. On peut, dans bien 
des cas, reconnaître l'empreinte des doigts. 

3° Les parties tachées, chaîne ou trame, sont 
affaiblies, souvent totalement détruites. 

Dans un cas, les lils de chaîne ont taché et désa- 
grégé les (ils de trame au contact, bien qu'eux- 
mêmes ne fussent pis attaqués. 

i" Les altérations de la couleur ou du tissu ne 



138 



REVUE DES JOURNAUX. 



s'obst. onglemps après la teinture, après 

des mois ae . d. 

o" Les étoffes les plus abîmées provenaient de 
pavs méridionaux; elles avaient été fabriquées dans 
des pays chauds ou y étaient restées longtemps en 
magasin. 

6° Dans bien des cas, les conditions de fabrication 
des tissus n'offraient pas les garanties désirables de 
propreté. 

Les causes probables des altérations peuvent 
être : 

l" Une charge trop forte ; 

■2" L'action de la lumière ; 

3" Des manipulations défectueuses ou l'emploi de 
substances nuisibles dans la teinture (sel d'étain, par 
exemple) ; 

4» L'acide employé pour l'avivage (acide sulfu- 
riquei ; 

5° L'emploi de colorants non appropriés; 

6" L'emploi de certains produits; 

7" L'huile est employée pour l'avivage ; 

S» L'action de la sueur ; 

il" L'action des jus de fruits; 

10° L'action des bactéries. 

Les principaux résultats des recherches instituées 
peuvent s'énoncer ainsi : 

Les taches et l'affaibhssement de la soie ne sau- 
raient être (du moins pour les tissus examinés) 
attribués à des microorganismes. 

Les corps employés pour la charge, la teinture et 
l'avivage, comme les composés d'étain, l'acide sul- 
furique, l'huile ne peuvent être les causes directes, 
non plus que les causes uniqaes des altérations de la 
couleur et du tissu. 

Les jus de fruits ne produisent pas d'altérations. 

Avec la sueur on est arrivé à provoquer des taches, 
dont l'aspect et la nature se confondaient avec 
celles qui proviennent d'un long magasinage. 

L'auteur avait essayé, avec ses collaborateurs, 
l'action du sel marin, sans avoir obtenu, même 
après deux ou trois mois, de résultats positifs. Le 
travail de M. Sisley (K. G. .W. C, 1902, p. 239' l'a 
engagé à reprendre ces essais. Pour cela, il a 
employé des échantillons provenant d'étoffes qui 
avaient figuré dans la première série d'essais, et de 
nouveaux tissus tachés. Ceux-ci venaient de fabri- 
cants, d'endroits et de teinturiers différents. Les 
couleurs employées pour la teinture furent les sui- 
vantes : 

Bleu tjris. — Violamine, vert malachite, ponceau 
acide, jaune azo et sétocyanine. 

Lilas. — Violet à l'alcool. 

Ciel. — Cleu méthyle alcalin. 

Vert jaune. — Vert brillant et jaune de quinoléine. 

Rose. — Rhodamine D. 

Bleu paon. — Sétocyanine et sétoglaucine. 

Violet gris. — Violamine et violet méthyle B. 

Ces tissus furent touchés avec quelques gouttes de 

solutions de sel de cuisine, à 2 et 13 "/(, et d'acide 

butyrique à 10 " \,. Après quinze semaines, il n'y 

avait ni tache, ni altération aux endroits imprégnés. 

D'autres essais furent faits avec les mêmes tissus 

et des solutions de chlorure de sodium à 13 " o. de 

chlorure de magnésium à 10 » „ et de sulfate de 

magnésium à 10 " „■ Au bout de neuf semaines, on 

ne constata aucun changement. Bien mieux, un 

échantillon dû à l'obligeance de M. Sisley. touché 

avec du chlorure de sodium à lo * „, du chlorure 

de magnésium à 10 "/o. et du sulfate de magnésium 

à 10 "/„ n'a rien donné, après un intervalle de 



temps de dix semaines. Cet échantillon, chargé au 
silicophosphate d'étain et teint en sélopaline, pré- 
sentait des taches brun rouge, obtenues par 
-M. Sisley, avec du sel marin à l."i " („ après un laps 
de temps de quatre semaines. 

Ces curieu.T résultats n'infirment en rien les obseria- 
tiofis de M. Sisley. Us montrent simplement qu'il reste 
quelque chose d'inexpliqué dans le mécanisme de la 
réaction. C'est bien à la sueur, au sel marin et à la 
charge que sont principalement dus les taches et le 
fusement des étoffes de soie; mais il faut tenir compte 
des condition.^ ctimatériques et d'autres influences 
encore obscures. M. H. Gnehm cite lui-même le cas 
d'une fabrique de Corne et d'un laboratoire de teinture 
de Suisse, oii le sel marin a produit des tacites, tan lis 
que dans d'autres laboratoires de Suisse les résultats 
ont été négatifs. La noie ite M. Marnas, parue dans la 
R. G. M. C. (1903, p. 9T'i, confirme aussi, sinon l'in- 
fluence du chlorure de sodium, du moins celle de l'acide 
chlorhydrique. 



PRODUCTIO.X ET COKSOMMATIOX MOX- 
DI.\LE DE L.V SOIE. 

Les publications de la Chambre de commerce de 
Lyon et différentes statistiques, parues de 1900 à 
1902, ont permis d'établir le tableau suivant : 

ProJuclion Consommation 
en kil. en til. 

Europe. 

France 700000 4000000 

Italie 4 412000 . lOOOOOO 

Suisse 50000 1550000 

Espagne 82000 500000 

Autriche 204000 ■25000 

Hongrie 115000 

Russie et Caucase 400000 140000J 

Bulgarie, Serbie. Rou- 
manie 88000 

Grèce et Crète 60000 15000 

SHlonique.AndrJnoiple. 2000tK) 

AUemasne • 2 800000 

Angleterre » 800000 

.imérique. 

États-Unis • 4900000 

.4s te. 

Brousse ■ 400000 50000 

Svrie - - 459000 KKIOOO 

p'eise 330000 165000 

Turkeslau 8Î0000 700000 

Chine 11280000 64-35000 

Canton 4000000 2000000 

Japon 7 3000UO 3000000 

Inde 120J000 1400000 

Tonkin et Aunauj .... 1 000000 900000 
.4 frique. 

Egypte » «80000 

Tripolitaine. Maroc. . » 100000 

Algérie, Tunisie » 75000 

Divers et balance » 596000 

33091000 33091000 

B. 

PIQURES SUR LES PIÈCES DE LAIXE (Ori- 
gine des\ parM. W. KALMAXX [Pârber-Zeitung, 
1002, p. 245 et 377). 

Les altérations que subissent les pièces de laine 
piquées sous l'inlluence de l'humidité se manifestent 
par des taches claires après la teinture. D'après la 



REVUE DES JOURNAUX. 



139 



desr.iiplion qu'en ont donnOe G. v. Georgievics et 
Schimke, elles dilTèrenl de celles que produisent sur 
laine les acides et les alcalis. On est d'accord pour 
attribuer l'origine de ces taches à l'action de micro- 
organismes. 

L'auteur s'est attaché à isoler ceux-ci et à étu<lier 
leurs propriL-tés, dans le hut de permettre aux fabri- 
canls de lutter avec succès contre cettesource d'acci- 
dents. 

Il est arrivé à reproduire les taches en question, 
en enroulant un morceau de bois pourri dans un 
drap de laine blanc sans lare aucune, et en exposant 
le tout à 40" dans un endroit humide. Au bout de 
trois jours, le microscope décelait la présence des 
piqûres. On prit avec une pince des poils de la laine 
aux endroits attaqués et les introduisit dans un bouil- 
lon de culture d'agaragar. Deux jours après on obte- 
nait toute une série de cultures, où prédominaient 
des organismes blancs grisâtres. Ceux-ci furent 
ensemencés à nouveau et cultivés. C'est avec ces 
cultures pures que l'auleura exécuté ses expériences. 

Un échantillon de drap blanc, bouilli au préalable 
une heure dans l'eau, fut ensemencé avec une de 
ces cultures, et mis dans une étuve humide à 40". 
Au bout de (rois jours, la libre montrait aux endroits 
touchés les taches caractérisli(Hies. L'échantillon fut 
teint en vert acide, et les taches claires se montrè- 
rent nettement. 

Deux échantillons teints en vert acide, l'un en 
présence d'acide sulfurique, l'autre en présence 
d'acide acéli(iuo, et un échantillon blanc bouilli dans 
l'eau, furent ensemencés etexposésà l'étuve humide. 
Au bout de quatre jours, léchantilloii non teint était 
alléré, tandis que les deux autres étaient intacts. 
l'our déterminer l'action de la matière colorante et 
celles des acides, deux échantillons turent bouillis 
avec de l'acide sulfurique et de l'acide acétique, au 
degré qu'ils avaient dans la teinture précédente, 
lavés, ensemencés et portés à l'étuve. Au bout de 
quatre jours, un échantillon témoin non passé en 
acide était contaminé, les autres étaient restés sains. 
Les acides entravent donc l'aclion des bactéries. 

Deux échantillons de drap de laine teint en bleu 
de cuve, après passage d'une heure en eau bouillante, 
furent ensemencés avec lesditcs bactéries et mis à 
l'éluve avec un échantillon identiiiue, mais non ense- 
mencé. Au bout de 21 heures, il était facile de con- 
stater la formation de taches claires aux endroits tou- 
chés, et de reconnaître que le poil de la laine était 
fortement attaqué à ces endroits. Les tissus de laine 
leinls en indigo secomportent donc commeles tissus 
non teints. Ce fait, bien connu des praticiens, peut 
s'expliquer par la réaction légèrement alcaline du 
tissu et la nature même du coloiant, favorables tous 
deux au développi'iiient des bactéries. 

Les teinturiers croient qu'aux endroits piqués l'in- 
digo est détruit. .M. v. Georgievics pense que les 
lâches sont dues à ce que les poils de la laine atta- 
qués tombent. Les deux interprétations sont justes. 

Un échantillon du drap teint en bleu cuvé, qui 
s'était piqué si rapidement, fut bouilli en acide sul- 
furi(|ue à a "'„ et ensemencé. .Vu bout de huit jours, 
on constatait l'existence de taches plus claires, mais 
il n'était pas possible de constater au microscope 
l'attaque des poils de la laine. Le traitement acide 
prévient donc la formation des piiiùrcs. Un habile 
teinturier, .M. Schwarz de^ lïiala, indiqua à l'auteur 
qu'en été les pièces de bleu cuvé, qui ne peuvent êlie 
complètement terrninéesdans la journée, sont passées 
en acide, pour empêcher justement les piqûres. 



L'auteur a ensuite fait des essais comparatifs avec 
la cuve à l'hydrosullite et une cuve de fermentation. 
Pour la première cuve, on l'a prise alcaline et faible- 
ment acide. L'échantillon teint en cuve alcaline, 
ensemencé, était piqué après 30 heures : l'échantillon 
teint en cuve d'hydrosullite alcaline se pique plus 
que le même tissu blanc, mais moins rapidement 
qu'un tissu teint en cuve de fermentation. 

Commel'indigosemble favoriser le développement 
des bactéries, il était indiqué d'essayer d'autres colo- 
rants. Les résultats de ces essais sont renfermés dans 
le tableau suivant : 



Matiùrc coloranlc 



K.-aaioii 



ÉUil ipiès 8 jours 
de cuUui-c. 
Alizarine sur alu- t'aiblemeiit aciile. » 

mine. 
Alizar. sur èlain. — " 

Jaune naphtol, Aci>le. " 

Auramine. — " 

Violet uiélliyle. Alcaliue. Au boutdeCjours, 

on constate les 
piqûres. Couleur 
sans luodiQcat. 
Bleu solide, Faiblemeot acide, » 

lileu méthylène. Alcaline. " 

Bleu d'alizarine. P'aiblemeut aciile. » 

On pouvait prévoirque les échantillons faiblement 
acides ne seraient pas altérés; mais le fait que le 
tissu bouilli en eau faiblement alcaline et teint en 
bleu méthylène se trouve dans le même cas, montre 
que certains colorant agissent comme antiseptiques 
et empêchent le dévoloppement des bactéries. 

M. Schwarz de Biala n'a jamais observé la forma- 
tion de piqûres sur des pièces teintes en bain acide, 
quand elles ne préexistaint pas avant la leinlure. Le 
cas s'est pourtant présenté avec une teinture en 
cochenille et longtemps après la teinlure. L'au- 
teur a ensemencé un échanlillon de cette teinture 
avec une culture toute fraîche de bactéries : après 
seize joursà l'étuve, pas traces de bactéries au 
microscope. Au contraire, du tissu blanc bouilli 
une heure dans l'eau, puis ensemencé, était fortement 
piqué au bout de quatre jours : il fut teint en coche- 
nille. C'est seulement au bout de plusieurs jours 
que des frottements répétés sur l'étoffe lirent appa- 
raître les pi(iûres. Les moyens mécaniques et la 
séchage font tomber les libres attaquées et mettent 
en évidence les taches plus claires. 

Des teintures analogues furent faites sur un tissu 
de laine, qui avait été ensemencé et cultivé comme 
lirécédemmenl, avec du Noir au chrome et du 
Cordeaux d'alizarine sur mordant de chrome; les 
taches claires ne se voyaient pas après la teinture et 
n'apparurent qu'après le séchage. 

Les conclusions de l'auteur sont les suivantes : 

1° Les piqûres proviennent d'une sorte de bactérie ; 

2° Cesbactéries sont très scnsibicsaux acides miné- 
raux ou organiques étendus; 

3" Les pièces teintes en bain acide, après lavage à 
fond, ne se piquent pas ; 

i" Quand des tai'hes se montrent sur des pièces 
teinte^ en bain acide, c'est qu'elles préexistaient 
avant la teinture. Avec les couleurs à mordants, les 
taches peuvent se manifester longtemps après la 
teinture; 

a" Les piqûres se montrent le plus tùtsur les pièces 
de bleu cuvé faiblement alcalines ; 

0" L'indigo est détruit par les bacléries. Pour beau- 
coup d'autres couleurs, les taches tiennent à la des- 
truction du poil de la laine; 



liO 



REVUE DES JOURNAUX. 



7° Beaucoup de colorants, comme le bleu méthy- 
lène, parexemple, agissent comme antiseptiques vis- 
à-vis des bactéries, de sorte que des pièces teintes 
avec ces couleurs peuvent avoir une réaction alca- 
caline et résister quand même à l'action des bacté- 
ries. 

D'autres colorants ont été essayés à ce point de 
vue, violet mélhyle, fuchsine, safranine, vert mala- 
chite et auramine. Pour faire les essais dans des 
conditions favorables au développement des bacté- 
ries, les échantillons teints et stérilisés furent passés 
quelques minutesen soude au 1/100'', refroidis, ense- 
mencés avec une culture pure et laissés une semaine 
à 40°. Le bleu méthylène, le vert malachite et la 
safranine empêchèrent le développement des bacté- 
ries et celles-ci ne se montrèrent pas sur les tissus 
teints avec ces couleurs. L'échantillon teint avec le 
violet méthyle était extrêmement peu attaqué. Les 
échantillons teints en fuchsine et en auramine étaient 
fortement piqués et on pouvait le constater à l'œil nu. 
Mais, tandis que la fuchsine est décolorée aux points 
attaqués, l'auramine ne l'est pas. 

Enfin, l'auteur cite un essai qui établirait une 
différence complète entre le phénomène de chancis- 
sure qu'il aétudiédans ce travail elles moisissures. 
Un morceau de drap humide teint en safranine et 
ensemencé avec les bactéries du piquage se trouva 
moisir par hasard. Le microscope montra une forte 
attaque de la fibre, mais d'une tout autre nature 
que celle qui s'était produite dans tous les essais 
précédemment relatés. 



1MORD.A.NTS 

HUILES POUR ROUGE (Sur les), par M. JUIL- 

LAUU ibullet. Soc. chiin., i002, p. 21). 

M. Juillard a montré, il y a quelques années, que 
le produit brut de l'action de l'acide sulfurique sur 
l'huile de ricin est un mélange de plusieurs corps, 
les uns insolubles dans l'eau (tels que l'acide ricinique 
C'*H-'*0^ acides polyriciniques, etc.), les autres 
solubles dans l'eau (acides ricinosulfuriques et 
polyricinusulfuriquesl. 11 était intéressant de voir 
si, au point de vue de la beauté d'un louge turc, la 
constitution du corps gras est indifférente, comme 
l'ont prétendu quelques chimistes. Les essais faits 
par M. Saget, chimiste à la Blanchisserie et Teintu- 
rerie de Thaon, avec des huiles préparées par 
M. Juillard et amenées au même état de richesse en 
corps gras proprement dit, ont porté sur les corps 
suivants : 

1° Huile pour rouge .\, constituée par l'huile de 
ricin après traitement à l'acide sulfurique, lavage 
et neutralisation à l'ammoniaque; 

2» Polyricinatesd'ammuniaijue. — Ce sont les acides 
gras (mélange d'acide ricinique et d'acides polyrici- 
niques, poids moléculaire du mélange 440) insolubles 
dans l'eau, contenus dans l'huile A et qui en ont 
été isolés; 

3° Sulforicinates d'ammonuique. — C'est la portion 
soluble dans l'eau de l'acide sulforicinique brut. Elle 
a été séparée des acides polyriciniques qui ont servi 
à l'expérience 2, et est, par conséquent, riche en 
dérivés sulfuriques des acides ricinique et poiyri- 
cinique; 

4" Uiciuate d'ammoniaque proprement dit, obtenu 
en saponifiant l'huile de ricin par la lessive de soude 
caustique, puis traitant par l'acide sulfurique dilué 
pour décomposer le savon obtenu, lavant à l'eau et 



transformant finalement l'acide ricinique poids 
mol. = 298) en savon ammoniacal. 

Le mordançage fait avec l'huile A donne un rouge 
plus vif et plus nourri que les trois autres types. 
Parmi ceux-ci, c'est l'huile employée pour l'expé- 
rience 2 qui donne le rouge le moins beau, d'un ton 
bleuâtre (en concordance sur ce dernier point avec 
les données de Scheurer-Kestner). 

L'acide sulforicinique industriel fournit donc en 
teinture des résultats meilleurs que les substances 
qu'il renferme, employées isolément. 



M.\T1ERES COLORANTES 

CACHOU (Production du) dans les Indes 

anglaises (Le/p;. Farbcr-Zcit., l'.>03, p. 123,. 

La récolte du cachou est concédée par l'État pour 
quatre mois au plus offrant, par voie d'adjudication. 
Le premier pays de production est la Dirmanie, où, 
chaque année, elle s'élève à 130000-150000 quintaux; 
le sud de l'Inde donne environ 1000 quintaux; Bom- 
bay, dOO; le Bengale et les provinces du nord-ouest, 
ensemble, à peu près 20 000 quintaux. L'exportation 
totale de l'Inde monta à 01669 quintaux en 1898-99, 
12781b quintaux en 1899-1900 et 101 99j quintaux en 
1900-1901. La])lus grande partie de l'exportation pro- 
vient naturellement de la Birmanie ; les principaux 
acheteurs sont la Grande-Bretagne, où débarquent 
70 à 80 »;„ de la totalité, les Étals-Unis et l'Egypte. 
Tandis que le cachou est employé à l'étranger dans 
la fabrication du cuir, dans l'industrie des couleurs 
pour la fabrication de colorants bruns, et comme 
produit pharmaceutique, les Ûrienta\ix le mâchent 
comme le bétel, pour raffermir les gencives et donner 
une haleine agréable. D'après l'essence d'arbres d'où 
il provient, le cachou est dit de palmier, d'acacia ou 
de gambier [uncavia gambir). La sorte la plus ré- 
pandue en Allemagne est celle dite de Pégu ou de 
Bombay. 



CATÉCHI.NE Sui- la), par M. R. CLAUSER Bcr- 
liner Ber., 1903, p. 101). 

Pour .préparer la catéchine, l'auteur s'est servi 
d'un cachou renfermant 13,8 "/j d'eau. Le cachou 
broyé et mélangé à son poids de sable calciné était 
soumis à l'extraction par î'éther dans un appareil de 
Soxhlet : l'opération durait de 15 à 18 heures. La 
solution éthérée fui évaporée et le résidu sirupeux 
additionné d'une petite quantité d'eau, quand il 
commença à cristalliser. On obtint, avec 100 gr. de 
cachou, 33 gr. de catéchine brute. 

Pour la purifier, on en prit 5U gr. qui furent 
dissous dans 200 ce. d'eau bouillante; par le 
refroidissement, lacatéchinecristallise. La substance 
vert jaune qui reste sur lillre, et qui est insoluble 
dans l'eau, mais soluble dans I'éther acétique, se 
compose principalement, d'après Etli. de quercétine. 
On fait cristalliser à nouveau, et finalement on 
dissout dans 350 c. c. d'eau, ajoute du noir animal 
et filtre. On obtient ainsi de 19 à 20 gr. de catéchine 
incolore, chimiquement pure. 

Séchée à l'air, la catéchine fond à 96° et a pour 
composition C'=II"0' -|- 4II-0. Séchée à l'étuve, 
elle perd trois molécules d'eau, et il reste le composé 
C"'H"0'' + li-0 fondant à 176°. Quand on dessèche 
à 100°, toute l'eau de cristallisation s'en va, et le 
corps fond à 210°. 

L'auteur confirme la formation d'un dérivé penta- 



REVUE DES JOURNAUX. 



141 



acélylé, indii[ué par Roslanei-ki et Tanilior, (l'^I'l^ 
(Cqi'O)^. 

Pour vérilier si les alcalis conrenlrôs donniMU en 
outre des corps fortement colorés, coniuis sous le 
nom génénquG d'acide japoniriue, de la phloroglucinc 
et do la pyrocatéchine, l'auteur essaya l'action de la 
potasse caustique à 10 "/„ sur la calécliine, dans 
une atmospiière d'iiydrogène. L'extrait éthéré de la 
liiiuour rendue acide ne renfermait, en dehors d'une 
petite quantité d'une huile brunâtre, que de la 
phoroglucine. 

L'ammoniaque donne avec la catéchine un 
com|)osé déliquescent et très oxydable. Les apenis 
hydrolisantsledéconqiosent facilement. En chaulfanl 
au bain-marie 20 i,'r. de catéchine, avec 200 ce. 
d'eau, I c. c. d'acide chlorhydrique à. H "/„ et .'iO c. c. 
de formaldéhydc à 20",'„, on obtient un précipité 
blanc i]ui ne cristallise pas. Il se dissout dans 
l'alcool, l'acétone et les alcalis ; la solution alcaline 
ne semble ^as s'oxyder aussi vile que celle delà 
catéchine. 



NITII()1':TIIYI,BE.\ZI:.\1:S (Sm- les) et les 
colorants têt rny.o'i'qucs qui en dérivent, par 
M.M. G. SClIfTZ et J. FLACIiSLAADEU iJourn. 
f.prakt. Cliem., 1902, p. lo3). 

La propriété des colorants ti'trazoï(iues, dérivés de 
la benzidino, de teindre directement le coton, tient 
évidemment à la présence du groupement dipara- 
diamidodiphényle, car l'orthoparadiamidodiphé- 
nyle ne donne pas de colorants directs. Mais la pré- 
sence du groupe (liparadiamidé est insuflisante pour 
donner à un coloiant la faculté de teindre directe- 
ment le coton, car les l)inzidines diorthodiclilorée 
et diorthodisulfonée ne donnent pas de colorants 
directs. 

Les auteurs ont préparé le dimélailiélhyldipara- 
diamidodiphényle en nitrant l'étbylbenzène, au 
moyen d'un mélange d'acide nitrique et sulfuiiquc. 
Il se forme environ 2/3 du dérivé ortho, pour 1/3 du 
dérivé para ; on les sépare par île nombreux fraction- 
nements. En traitant le premier par le zinc en pou- 
dre et la soude alcoolique, on le transforme en 
hydrazo, qui est isomérisé par l'action de l'acide 
chlorlndrique. 

La diamine ainsi obtenue, diazotée, donne avec 
l'acide naphtioni(iue un colorant qui teinl le coton 
plus faiblement que la Denzopur|iurine 4 ^, dérivée 
de la tolidine. f'.elle-ci teint il'aillcui-s moins forte- 
lement que le Congo. La solidité à la lumière et aux 
acides est supérieure à celle de la Bciizopurpurine, 
qui possède ces qualités à un plus haut degré que le 
Congo. 



l\r)I(;o t;()I.LOIDAL, par MM. K. .MOilLAlI et 

R. ZI.MXIKK.MAXX Zei/s. Farben. u Textil-Chemic, 
1003, p. 23). 

On sait que la présence de certains corps en dis- 
solution, surtout les substances colloïdales, comme la 
gomme, la dextrine, l'albumine d'ieufs, la gélatine, 
le sucre, empêche la préci|)ilation des cor|is inso- 
lubles, en les faisant passer à l'étal colloïdal. Les 
auteurs, pour faire passer l'indigo à sa forme col- 
loïdale, ont eu recours aux corps qui, d'après l*aal, se 
forment dans l'iiyilrolyse alcaline do l'albumine 
d'œufs, les acides lysalbini(|ue et prolalbiniiiue. 

Une cuve à l'hydrosnllite, additionnée à froid du 
sel de soude d'un de ces acides ou de leur mélange, 



ne donne pas avec l'eau oxygénée du commerce un 
précipité d'indigo, mais se lillre sans résidu en don- 
nant une solution bleue limpide. La solution 
d'indigo colloïdal ainsi obtenue se conserve indélini- 
ment, et peut être évaporée à siccité, sans que 
l'indigo reprenne son étal "primitif. 

L'indigo coUgïdal, à l'état sec, consiste en une 
masse amorpho», qu'on peut réduire en poudre, et 
facilement soluble dans l'eau. Dans les solutions 
aqueuses, les acides organiques, acétique, oxalique, 
lartrique, citrique, d'après la concentration, produi- 
sent immédiatement, ou après un certain intervalle 
de temps, un dépôt de flocons bleus qui se redissol- 
vcnt en partie, quand on alcalinise la solution. 
L'ammoniaque, les alcalis fixes et leurs sels ne pro- 
duisent pas de précipité ; mais l'alcool, l'acétone el la 
pyridine sé(iarenl de l'indigo. 

Une solution d'indigo colloïdal, soumise à la dia- 
lyse, perd une partie de sa faculté de se conserver, 
du fait qu'une partie des produits de décomposition 
de l'albumine s'est éliminée. 

Si l'on remplace, dans la préparation de l'indigo 
colloïdal, les acides provenant de l'albumine par 
d'autres corps colloïdaux, ou des corps qui favorisent 
l'étal colloïdal, gomme, dextrine, gélatine, sucre, on 
n'obtient que l'indigo ordinaiie. 

Il semble donc que l'indigo colloïdal est une com- 
binaison de celui-ci avec les acides lysalbinique et 
protalbinique. 

On peut teindre les fibres textiles avec l'indigo col- 
loïdal. Pour les libres végétales, on les imprègne à la 
température ordinaire de la solution d'indigo, on tord 
et passe en acide sulfurique étendu. Les fibres ani- 
males doivent être mordancées à l'alumine ou au 
soufre, et teintes à chaud, (^es teintures n'ont évi- 
demment pas la solidité à la lumière et au frottement 
des teintures en cuve ordinaires, car l'indigo est pré- 
cipité à la surface de la libre ; elles ne possèdent pas 
non plus la môme résistance au savon et au foulon. 

L'indigo colloïdal permet de préparer une encre 
qui n'attaque pas les plumes d'acier, et qui se dis- 
tingue des encres aux couleurs d'aniline par la 
solidité à la lumière et à l'eau. 



a-XAIIPTOL (Itéaction de 1), par M. II. ARZ- 

BKHGEU irhann. Joimu, 1903, p. S9). 

Pour déceler l'a-naphtol dans le fi-naphtol, on 
dissout 0,3 gr. du produit à essayer dans 2 à 3 c. c. 
d'eau. On agite ii à 10 minutes et filtre. A la solu- 
tion filtrée, on ajoute 10 à 12 gouttes d'une solution 
dépotasse à lO^/o cl 1 à 4 gouttes de solution d'iodure 
de potassium ioduré 1 iode, 2 iodure, 60 eau). On 
agite doucement, el il se produit une coloration 
violette s'il y a de l'a-naphtol : le |î-naphtol pur ne 
donne qu'une teinte jaunàlre. Ce réactif est plus 
sensible que le perchlorure de fer. 

n. 

ESSAIS DE SOLIDITÉ DES MATIÈRES 
COLORAXTES (Les), par M. E. GROSSMAiXX 

(Zcits. Farben u. Texlil-Cheinic, 1902, p. 100). 

L'auteur propose quelques modifications aux pro- 
cédés indiqués par M. G. v. Ceorgievics dans un 
travail sur ce sujet [H. G. M. C, 10O3, p. 60). 

Il trouve, par exemple, que l'essai au moyen de 
chaux fraichement éteinte, pour juger de la solidité 
d'une leinlurc sur laine à la boue des rues, est 
trop violent. Il existe toute une série de colorants, 
\evl pour laine S, Violets acides oB et GCN, Violel 



142 



REVUE DES JOURNAUX. 



Victoria 4BS, Erio violet B, etc., qui sont attaqués 
par la chaux, et pourtant trouvent un large emploi 
dans la teinture des draps, justement parce qu'ils 
résistent à la boue des rues. Pour faire l'essai, il 
sera préférable d'empâter avec de l'eau de la pous- 
sière des rues, et d'appliqTier cette pâte sur la laine 
teinte à essayer. Après séchage et brossage, on con- 
statera s'il y a modilicalion de la nuance. 

L'essai de la solidité à la sueur au moyen de 
l'acide acétique étendu ne donne que des résultats 
irréguliers. Toutes les sueurs ne sont pas acides; 
ily en a qui bleuissent le papier de tournesol rouge. 
Le mieux serait de porter un certain temps dans le 
dos, sur la poitrine ou sous l'aisselle, un morceau de 
l'étoffe à essayer, directement en contact avec la 
peau. L'essai fait sous la chabraque d'un cheval ne 
donnerait pas de résultats concluants. 

Pour juger de la solidité au frottement, il ne faut 
pas frotter l'étoffe teinte sur une toile de lin, mais 
bien frotter celle-ci sur la première. 

L'essai de solidité au lavage et au savon des tein- 
tures sur coton, en employant 25 gr. de savon 
de Marseille par litre d'eau, quoique bien violent, 
a sa raison d'èlre, en particulier pour établir la 
comparaison de certaines teintures avec des cou- 
leurs de solidité connue. L'auteur emploie l>0 gr. 
de savon gras dans i litre d'eau; la solution 
est chauffée à 50» et même 70°. Les échantillons 
tressés avec de la laine et du coton blanc y séjour- 
nent dix minutes, en remuant de temps à autre. 
Puis on les lave, exprime et sèche. Il faut toujours, 
aux échantillons à essayer, en joindre de solidité 
connue au lavage, pour opérer par comparaison. Les 
couleurs qui supportent cet essai sans décharger et 
sans se modilier, seront naturellement soumises à 
l'action d'un bain bouillant de savon et de soude. 

Comme te souhaitait M. G. v. Georgicvics, il serait à 
désirer que les essais de solidité des couleurs fussent 
codifiés, et le Congrès international de chimie appliquée, 
qui va bientôt se tenir à Berlin, devrait bien mettre 
cette question à son ordre du jour. 



IMPRESSION 

COULEURS AU SOUFRE (Les) en impres- 
sion, par M. LOUIS J. MATOS (J. of the Soc. 
ofChem. Ind., I'J03, p. 195). 

La seule difficulté sérieuse que présente l'impres- 
sion des couleurs au soufre provient de l'action 
qu'elles exercent sur le cuivre des rouleaux. Dans 
presque tous les cas, le sulfure de sodium entre dans 
la composition de la couleur. Il ]>eut être ajouté 
directement à la couleur, ou se forme sur le tissu 
par un passage en vapeur. Dans les deux cas, l'action 
est la même : il se forme un leucodérivé, qu'on 
oxvde après coup, et la couleur se fixe à l'état inso- 
luble. 

Un procédé employant la soude caustique est le 
suivant : 

Noir au soufre "00 gr. 

Eau 450 

Amidon 45 

Soude a ,Vi,5 »;'(, 75 

La couleur est ajoutée lentement à la pâte d'ami- 
don, puis on y verse peu à peu la solution alcaline. 
Quand la couleur est terminée, elle est trop mince, 
mais elle s'épaissit par le refroidissement, et, quand 



elle est froide, elle est prête pour l'impression, qui 
se fait sans pression. Différents observateurs ont 
constaté qu'en préparant le tissu en glucose avant 
l'impression, on pouvait abréger le passage en 
vapeur. D'autres corps organiques réducteurs agissent 
d'une manière analogue. 

L'introduction de dextrine dans le bain de tein- 
ture a été évidemment recommandé dans le but 
d'aider à la réduction. L'acide lactique et le sucre de 
lait ont été indiqués, concurremment avec la soude 
caustique, pour s'opposer à l'action du sulfure sur 
les rouleaux de cuivre. 

D'après un procédé breveté de la Clayton Aniline 
Cy, l'impression des noirs où le soufre a été introduit 
au moyen d'hyposulfite, se fait en dissolvant la cou- 
leur insoluble dans une solution bouillante de 
sulfite de soude, quand l'épaississant de la couleur 
d'impression est à l'amidon, et à froid, si on y a 
incorporé de la soude caustique et du glucose. Si le 
tissu a été préparé en glucose, on peut simultané- 
ment imprimer une couleur au soufre el à l'indigo. 
Le procédé de Sansone s'applique particulièrement 
aux couleurs au soufre, exemptes de soufre ou de 
sulfure, ou à celles qu'on peut purifier, ('.es couleurs, 
qui peuvent ôtie insolubles ou être dissoutes au 
moyen d'une solution concentrée de sulfile de so- 
dium, sont incorporées dans de la soude caustique 
ou du silicate de soude en excès, convenablement 
épaissies, imprimées, séchées, vaporisées et lavées. 
Ce procédé donnerait un noir aussi solide que le 
noir d'aniline. 

Un autre procédé breveté indique de purifier les 
couleurs au soufre, en les précipitant par un acide 
ou le sel marin, et de réduire le précipité par un 
réducteur alcalin ou au moyen de la poudre de zinc 
et d'un alcali : les rouleaux de cuivre n'auraient plus 
rien à craindre. 

Une méthode consiste à réduire la couleur préci- 
pitée au moyen de glucose et de soude, et à éliminer 
l'hydrogène sulfuré au moyen de sels convenables 
de fer, de cuivre, etc. 

La couleur d'impression réduite au zinc pourra 
être ainsi composée : 30 à 45 gr. noir au soufre, 
40 gr. eau, 22 gr. zinc en poudre, 35 gr. soude caus- 
tique à 22 "/„. On chauffe, en remuant constamment, 
jusqu'à ce que la réduction soit complète, el on 
épaissit avec 60 à SO gr. d'adraganthe à 6 "/„ et 
gr. de glucose. On refroidit, liltre h travers une 
toile, imprime, sèche, vaporise sans pression, lave. 
Un procédé pour imprimer les couleurs au soufie, 
exemptes de sulfure alcalin, breveté par Vœtter, 
revendique l'incorporation à tiède de carbonate 
alcalin, d'épaississant et de soufre précipité dans la 
couleur. 11 faut vaporiser 1/2 heure à 3 ou 4 livres 
de pression. Pendant le vaporisage, le soufre libre 
se combine à l'alcali pour former un sulfure, qui 
■réagit à son tour sur la couleur pour la lixer. 

L'auteur donne ensuite des recettes d'impression 
pour le r.achou de Laval S, la Thiocalécbine S et 
le Noir Vidal S, qui sont des composés solubles pro- 
venant de l'action des sulfites sur des colorants 
insolubles. 

C.acliou de Luoal S et Ihiocalécliine S. 

Nuance claire. Nuance moyenne. 

Épaississant 4 530gr. 4 530gr. 

Colorant 140 3-35 

Eau froide 570 -i^o 

Acétate de chrome 

{d = l,lG2) 85 no 



REVUE DES JOURNAUX. 



d43 



Noir Vidal S. 

Nuance claire. Nuiincc moyenne. 

Épai?si.-sant 4.i30gr. 4 6:!0 gr. 

Colorant MO ilOU 

Acétate de chrome. 43 170 

On imprime, sèche, vaporise sans pression, lave 
et savonne. 

Un peut produire des enlevages sur les couleurs 
au soufre et en particulier sur les noirs, au moyen 
du chlorate et du ferricyanure de potassium. 

Chlorate d'aluminium {il = 1,2). . . i lit. 1/2 

Chlorate de sodium 13(!0gr. 

Pnissiale rouge 225 

Dextrine I, 1 2000 

On vaporise cinq minutes, lave et savonne. Pour 
obtenir des cnlevagcs colorés, on remplacera le 
chlorate d'aluminium parceu.x de chrome ou de fer, 
et on teindra en couleurs à mordants, alizarine, 
gallocyanine, etc. 

Le problème de l'impression des colorants en 
soufre peut aussi être résolu par l'emploi de rouleaux 
nickelés. Mais la couche de nickel s'use facilement 
et des particules de métal en se détachant donnent 
lieu à des traits de racle. 

D'après M. H. Schweitzer, les couleurs katiguène, 
appartenant à la classe des colorants au soufre, 
peuvent s'employer non seulement sur coton, mais 
encore sur soie, lin, jute, bois, paille et papier, l'our 
l'impression on se sert de rouleaux nickelés. 



ACIDE 0.\.VLH>UE (Rôle de V) dans les 
enlevag^es sur l'Indigo, par MM. W. G. SC.II.V- 
POSCHXIKOFF et W. .MICIIIItEFF [Zcils. Farbeii 
u. Textil-Chcinie, 1002, p. liiO, W2, ;i22). 

En 1894, M. Scliaposclinikolï formulait ainsi les 
réactions qui se passent quand l'indigo se trouve 
en présence d'acide chiomique, d'acide oxaliiiue et 
d'acide sulfurique à la fois : 

1" 2Cr03 + SI120 + C^Om^ = 2C()'^ + Cr;OH) i + O^ 
2» O2 + C'6II'0N2O2 = 2C8|15NO2 

Indigo. Isatioe. 

3» 2Cr{OH)3 + 3SO'IP = Cr2(SOM3 + 611^1) 

L'acide oxalique activerait l'action de l'oxygène 
sur l'indigo. Il faudrait employer pour chaque 
molécul(! d'indigo 2 molécules de chromale neutre 
et I molécule d'acide oxalique. 

Les auteurs ont institué une série d'expériences 
pour étudier ou vérilier les points suivants : 

1° Dans quelle mesure la solidité de la libre est-elle 
modiiiée par les opérations de la teinture en cuve, 
de l'aciduge et de l'enlevage'? 

2" L'enlevage est-il possible sans acide oxali(iuo? 

.3° L'acide oxalique diminue-t-il l'affaiblissement 
de la fibre '? 

4" Les formules précédentes sont-elles exactes'? 

- 1. — Un tissu de coton, teint dans une cuve en zinc 
et à la chaux, et renfermant environ 1 gr. 96 d'indigo 
au mètie carré, perd 9 "[„ de sa résistance à la 
rupture. Les auteurs ont étudié séparément l'action 
des alcalis et des acides. Une solution de soude 
caustique, équivalente à la chaux de la cuve, soit à 
1,07 de NaOll %, a donné pour un tissu de coton 
blanc un alTaiblissement de 3,4 "/„. La chaux elle- 



même, à 7 gr. "j par litre, après trois passages de 
■2 minutes, donna un affaiblissement de o,7 "/o. 

.Mais c'est surtout le passage acide qui altère la 
libre. De l'acide sulfurique à .T,.') " '„. P»"' contact de 
1 2 à 1 minute avec le tissu blanc, donna un affai- 
blissement de9,iià 12»/o- 

Pour étudier l'affaiblissement dû à l'opération 
de l'enlevage, les auteurs n'ont pas opéré jiar impres- 
sion d'une couleur au chromale, mais en impré- 
gnant des bandes de tissu en indigo d'une solution 
de bichromate h 20 gr. 9 par litre, les exprimant 
entre deux rouleaux de caoutchouc, et les faisant 
passer ensuite, à 00", pendant 15 secondes, dans un 
bain acide qui renfermait llja gr. d'acide sulfurique, 
40 gr. d'acide oxalique par litre, considéré comme 
bain normal. 

Des essais préliminaires ont iuontré(iu'ilest impos- 
sible de prendre moins de 15, .ï "/o d'acide sulfurique 
par litre : avec cette teneur, l'acide oxaliijue doit 
figurer jiar litre au taux minimum de 40 gr. Par 
exemple, un bain renfermant ll),b d'acide sulfurique 
et 30 gr. d'acide oxalique par litre ne donne pas de 
bons résultats. 

II. — Il est impossible de se passer d'acide oxalique 
et de le remplacer par une quantité équivalente 
d'acide sulfurique : la suppression de l'acide sulfu- 
rique semble aussi désavantageuse. Des essais de 
bain acide renfermant 40, o9, 75, 150 et 205 gr. 
d'acide oxalique par litre, ont monlré que le bain à 
59 gr. équivaut au mélange de 40 gr. d'acide oxa- 
liiiue et 15 gr. d'acide sulfurique par litre. Les 
quantités supérieures à ce chiffre de 59 ne semblent 
pas donner de résultats meilleurs. 

.\vec une teneur en acide sulfurique de 1")5 gr. 
par litre, on peut abaisser la quantité d'acide oxalique 
jusqu'à 5 gr., mais on ne saurait diminuer l'acide 
sulfurique. Ainsi un mélange de 5 gr. d'acide oxalique 
et de 130 gr. d'acide sulfurique ronge mal. Une 
série d'essais faits à froid avec l'acide chromique à 
500, 170, 100, 53, 40, 20 gr. par litre a donné une 
décoloration instantanée, des durées de décolora- 
tion de 15 et 50 secondes, de 10 et l'i minutes, et 
pas de changement après 1 heure pour le dernier. 
Le bain à 20,9 de bichromate par litre des essais 
avec acide sulfurii|ue et oxalique renfermait à peu 
près 7 gr. CrO-' par litre. 

.\vec l'acide chromique seul, il se forme du 
chromate de chrome Cr-O^CrO\ qui se dépose 
sur la fibre, et une partie de CrO' reste inutilisée. 
L'addition d'un peu d'IlCl ou de SO'H- détruit le 
chromate de chrome, et, dans le cas où 20 gr. de C.rO^ 
ne donnent pas de décoloration, celle-ci se pro- 
duit en 2 minutes. 

Des essais de décoloration par CiO-' à 60" ont 
donné la décoloration du bleu en 15 secondes, pour 
une teneur en CrO^ de 75 gr. par litre. Les propor- 
tions de 60, 50, 32, 25 et 12 gr. n'ont pas décoloré 
l'indigo. L'addition de 5 c. c. d'une solution d'acide 
oxalique à 10 " „ n'améliore pas le rongeage. Mais 
si l'on foularde d'abord le tissu cuvé en acide oxa- 
lique à 10 », 0, la décoloration se fait bien, excepté 
pour l'essai à 12 gr. 

Un placage préalable en S041- à 10 "/o ne modifie 
pas les résultats dus à l'acide chromique, mais 
l'addition directe de cet acide dans le bain d'acide 
chronn(]ue, améliore beaucoup les résultats. 

Une série d'essais, faits en plaquant d'abord en 
acide chromique à 3 "/(,, puis en passant à 60" dans 
différents mélanges d'acides sulfurique et oxalique, 



I4i 



REVUE DES JOURNAUX 



ont montré que, coniparalivemenl au bicliromale, 
l'acide chromique était plutôt inférieur, ce qu'on 
peu! expliquer par l'étal naissant de CrO\ mis en 
liberté du bichromate. Les meilleurs résultats furent 
obtenus par le mélange des acides sulfurique et 
oxalique, et non par un de ceux-ci pris séparément. 

m. Les essais dynamométriques, pour étudier 

lafTaiblissement de la fibre du à l'opération du 
ron^eage, ont donné pour le tissu teint en bleu un 
affaiblissement de 7,6 "U et pour le même tissu 
blanc 1T,3 "/„■ On admet généralement que l'atten- 
drissement du tissu dans ces conditions est dû à la 
formation d'oxycellulose. L'acide oxalique devrait 
donc jouer un rôle protecteur et l'afTaiblissement 
du tissu devrait diminuer avec l'augmentation de 
la quantité d'acide oxalique. 

Des essais directs ont montré aux auteurs qu'il 
n'en était rien, bien au contraire. Aussi attribuent-ils 
une influence prépondérante à la température du 
bain acide et à sa concentration. En comparant les 
effets obtenus par un bain renfermant par litre 
Ib gr. ac. sulfurique et 40 gr. acide oxalique, ce 
qui constitue une concentration limite, on constate 
que ce bain donne un affaiblissement de 4,'> "/„ 
inférieur à celui qui provient du bain normal 
(13o gr. acide sulfurique et 40 gr. acide oxalique 
par litre). 

L'emploi d'acide sulfurique seul 186 gr. 3 par 
litre donne un affaiblissement moindre que le bain 
normal, tout en ne décolorant pas l'indigo. Toute 
l'oxydation se porte sur la cellulose : donc, sans nier 
la formation d'oxycellulose, on peut aflirnier qu'elle 
n'est pas la cause exclusive de l'affaiblissement de 
la fibre. 

Avec une solution de 230 gr. d'acide oxalique par 
litre, correspondant à l'acidité du bain normal, les 
nombres obtenus pour l'affaiblissement du tissu 
montrent que le bain à l'acide oxalique est moins 
dangereux que le bain normal, et aussi que le bain 
à l'acide sulfurique, bien que l'enlevage ne soit pas 
complet. Mais, loin de proléger la fibre contre l'affai- 
blissemenl, l'acide oxalique y contribue, d'après sa 
concentration, la température et la durée du contact. 
Les auteurs ont étudié l'influence du léiogomme, 
qu'on ajoute au bain acide, dans le but de réduire 
l'acide chromique en excès et de protéger la fibre. 
Ils ont trouvé qu'à ce dernier point de vue l'addition 
de léiogomme est sans utilité. Le rôle qu'il pourrait 
jouer serait de s'opposer au coulage de la couleur 
rongeant l'impression. 

L'acide chromique seul à 75 gr. par litre, agissant 
à 60° pendant la secondes sur le tissu teint en 
indigo et sur du tissu blanc, a donné un affaiblisse- 
ment de 14 "/o pour le premier et de 23 "/o pour le 
second. Un ))lacage préalable en acide oxalique à 
10 "/„, avant le passage en acide chromique, ne 
diminue pas, mais, au contraire, augmente l'atfaiblis- 
semenl. L'acide chromique, non seulement oxyde 
la cellulose en oxycellulose, mais attaque la fibre 
en tant qu'acide, comme les acides sulfuricjue, 
oxalique, etc. 

IV. — Les auteurs ont tenté de vérifier l'exactitude 
de la formule qu'ils ont donnée pour l'oxydation de 
l'indigo par l'acide chromique en présence d'acide 
oxalique, en se servant du dérivé sulfoné de 
l'indigo. La vitesse avec laquelle se passe la réaction 
joue un grand rôle dans les résultats obtenus, qui 
ne sauraient être considérés comme définitifs. 



TEINTURE 

COULEURS AU SOUFRE (Les) en teinture, 

par M. C. M. WIIITTAKER [J. ofSoc. of Dyers and 
Col., 1903, p. 60). 

On obtient un superbe noir, bien solide au foulon, 
en remontant les noirs au soufre dans un bain faible 
de noir d'aniline. Comme celui-ci se forme par suite 
d'une oxydation, le noir au soufre se développe en 
même temps que lui. L'avantage de cette méthode 
consiste en ce que, si le colon est inégalement teint, 
les inégalités disparaissent après le remontage en 
noir d'aniline. Le développement du noir se fait au 
moyen de bichromate et de sels de cuivre; les meil- 
leurs résultats sont obtenus avec un mélange de 
bichromate et d'acide sulfurique. Le noir obtenu avec 
le sulfate de cuivre est beau, mais moins brillant. 
Enfin, l'acide acétique avec le bichromate donne de 
moins beaux noirs que l'acide sulfurique. 

11 est nécessaire de laver à fond pour enlever les 
dernières traces d'acide ; il est même bon de donner 
un passage en eau alcalinisée au sel de soude. Pour 
vérifier si tout l'acide est éliminé, on entortille un 
échantillon avec un morceau de papier teint en 
Congo, et on plonge le tout dans un peu d'eau. Si la 
fibre contient encore de l'acide, le papier bleuit. 

11 arrive i|ue les noirs au soufre, malgré le soin 
que l'on prend d'éviter à la fibre le contact de l'air 
pendant la teinture, prennent un ton bronzé. On 
donne alors au colon un bain de savon, ou bien on le 
traite avec une émulsion d'huile et de savon : ce der- 
nier procédé a l'avantage de donner du poids à la fibre- 
Les noirs au sulfure peuvent être remontés avec 
divers colorants basiques, mais ce traitement n'est 
pas avantageux, car ces colorants, peu solides à la 
lumière, conservent dans ce cas cette fâcheuse pro- 
priété. 

On peut aussi remonter les couleurs au soufre au 
moyen des couleurs d'alizarine. Quand elles sont 
développées au moyen du bichromate et de l'acide 
sulfurique, il se fixe sur la fibre une certaine quan- 
tité d'oxyde de chrome qui agit comme mordant vis- 
à-vis des couleurs d'alizarine. On préparera, par 
exemple, un bain de teinture froid, renfermant 1 "/o 
d'alizarine orange en pâte; on entre le coton teint 
avec tO"/o "iun colorant sulfuré. Cachou d'amidazol 
par exemple, qui a été chromé, et on monte lente- 
ment à l'ébullition, qu'on prolonge jusqu'à épuise- 
ment du bain. A ce moment, pour fixer complètement 
l'alizarine, il est bon d'ajouter 1 "/o de bichromate au 
bain, qu'on maintient au bouillon dix à quinze mi- 
nules. On obtient ainsi une couleur solide, que ne 
donnent sur coton ni les couleurs au soufre, ni les 
couleurs développées. 

Les couleurs au soufre, comme l'indigo, se ré- 
duisent en liqueur alcaline; aussi at-on songé à s'en 
servir pour donner un pied avant la teinture en 
indigo. On a remarqué que le coton brut se teint 
beaucoup mieux en indigo dans ces conditions, la 
couleur au soufre agissant comme une sorte de 
mordant vis-à-vis de l'indigo. 

Sur colon, on produit des noirs teints de six ma- 
nières : 

1» Noir direct pour coton ; 

2° Noir développé sur colon; 

3° Noir campèche ; 

4° Noir au soufre ; 

S" Noir au soufre, remonté en noir d'aniline; 

6" Noir d'aniline. 



REVUE DES JOURNAUX. 



On iTConnail le premier en faisant bouillir avec 
(il' l'eau, qui en enlève la majeure partie. 

Le noir campèche se caracléiiso facilement par 
Irbullitioii avec un acide dilué, qui donne une solu- 
tion rouge. 

I,c noir développé sur coton est décoloré d'une 
manière permanente par l'ébuliition avec de l'hydro- 
sulfite : le noir d'aniline et le noir au sulfure, mo- 
mi'nlanément incolores, se rccolorenl au lavage. 

On distinguera l'un de l'autre les noirs d'aniline, 
rmirs au sulfure simple ou remonté en noir d'aniline 
ainsi : 

On met des échantillons des tiiiis noiis dans une 
solution de chlorure de chaux à I!" lî., à une tempé- 
rature proche de l'ébuliition. Le noir au soufre est 
complètement blanchi, tandis que le noir d'aniline 
tourne au brun, et que le noir au soufre remonté en 
noir d'aniline prend une nuance variant du jaune 
l)àle au brun, d'après la quantité de noir d'aniline 
iixée dans le remontage. Si, d'autre part, on opère 
sur un échantillon de noir au soufre, remonté avec 
une quantité connue de noir d'aniline, on peut se 
rendre compte grossièrement de la quantité d'ani- 
line qui a été employée pour le remontage. 

On fait bouillir les échantillons à essayer dans 
une solution de chlorure d'élain. Le noir au soufre 
vire à l'olive, tandis que le noir d'aniline n'est pas 
modilié. Le noir d'aniline et le noir au soufre sont 
décolorés par l'ébuliition avec de l'iiydrosulfite ds 
sodium, mais le noir d'aniline reprend immédiale- 
tement sa coloration quand on le sort du bain, tandis 
(pie la recoloralion se produit beaucoup jilus lente- 
ment pour le noir au soufre. 

Enfin le bisullite de soude verdit le noir d'alinine 
et ne modifie pas le noir au soufre. Quand une 
partie de coton est trop foncée, on junit baisser le 
ton avec le sulfure de sodium : ce traitement s'ap- 
pliijue aussi dans le cas où la couleur a un ton 
bionzé. 

Les couleurs au soufre ont trouvé de nombreuses 
applications dans la teinture et remplacé en grande 
partie le noir d'aniline, à cause de leur plus grande 
solidité au frottement. Un autre avantage des noirs 
au soufre, c'est qu'ils luoduisent moins de poussière 
au lissage, ce qui est une qualité à considérer, quand 
on tisse en même temps d'autres nuances. 

R. 

TEIiXTUllE DES FIBRES pour brosses 

{Leipz. Fàrber-Zeitunfj, lOOH, p. 63). 

On peut teindre en noir soit au moyen de 
l'hématéine, soit avec un noir direct. Dans le 
premier cas, on opère de la manière suivante : 
on introduit dans une chaudière ou une cuve 
renfermant de l'eau bouillante, i;; "/o d'hématéine 
el 2 "/„ de soude calcinée, on brasse bien, introduit 
la partie à teindre et laisse bouillir I lieure. 

On sort la marchandise, la laisse bien égoutter 
el l'introduit dans une autre chaudière, renfermant 
4 »/„ de bichromate de potasse et 4 °/„ de sulfate 
de cuivre. On la manœuvre environ une heure 
dans le bain froid ou tiède, la sort et la nettoie. 

Si la couleur ne semble pas assez intense, on 
reprend la partie une seconde fois, pendant 
10 minutes, dans le bain d'hématéine. Les bains, 
non épuisés, peuvent être repris à nouveau, en 
n'employant que la moitié des ingrédients mis en 
<i'uvre la première fois. 

La teinture avec le noir direct se fait en un seul 
bain, au lieu de deu.x, et se trouve plus simple. On 



entre dans un bain bouillant, contenant "/„ 
lie Noir-noir direct extra (F. Bayer), 20 "/o de 
sulfate de soude, 2 "/„ de sel de soude, on laisse 
bouillir! heure à I heure 1/2, et nettoie. Los bains 
peuvent servir à d'autres opérations. Il suffira de 
les recharger avec la moitié des mûmes ingrédients. 
On obtient un rouge, de la manière la plus sûre, 
avec la rhodamine : on prend 1 à (> "/„ de colorant, 
qu'on dissout bien au préalable. On entre au 
bouillon, el y reste 1 heure à 1 heure 1/2. Le bain 
n'est pasépuisécl peulservir pour d'autres teintui'cs, 
à condition de le recharger avec les deux tiers du 
colorant employé la première fois. Un rouge 
bleuâtre s'obtiendra avec la fuchsine diamant, 
la teinture se faisant dans les mêmes conditions 
qu'avec la rhodamine. 

n. 

PARAMTUAMLIi\E ^La) et le paranld-o- 
(liazobenzcne sur laine, par M. E. C. KAYSER 

[Zeils. Furbeii u. Textil-Chemie, 1903, p. 80). 

L'auteur a fait des teintures sur laine avec la 
paranitraniline dans des conditions variées. 11 l'a 
employée sous forme de chlorhydrate, avec ou sans 
excès d'acide chlorhydrique ; sous forme de chlo- 
rhydrate avec addition d'acétate de soude, c'est-à- 
dire sous forme d'acétate ou de base; à l'état de 
sulfate; à l'étal de base libre. L'influence du sel 
marin et du sulfate de soude fut aussi étudiée. 

Dans tous les cas, on obtint de belles nuances 
jaune d'or, d'intensité et d'éclat variables, le sulfate 
et la base libre rendant moins bien que le chlorhy- 
drate. 

Les meilleurs résultats furent obtenus par une 
teinture au bouillon de 1 heure 1/2 à 2 heures, en 
employant, pour 5 gr. de laine, de 0,.'j à 1 gr. de 
paranitraniline, de 1 à 2 gr. d'acide chlorhydrique 
concentré el pur et 30 gr. de sel marin dans 1 /2 litre 
d'eau. La quantité de colorant fixée par la laine ne 
dépasse jamais 2,:j »/„ du poids de la libre ; la para- 
nitraniline donnant un beau jaune plein peut être 
considérée comme une matière colorante assez 
intense. Ce jaune résiste à l'eau bouillante et à une 
ébullilion de a minulesavec du savon et de la soude: 
cederniertrailemenlle rougit légèrement, llsupporte 
un foulonnage énergique, sans décharger sur la 
laine ou le coton blancs. Le décatissage, le fer chaud 
et le soufre sont sans action. Une e.xposition de 
deux semaines à la lumière, en été, foncela nuance 
en la poussant vers l'orange. La paranitraniline tire 
lentement et également sur laine, et tranche bien. 
Sur colon on n'obtient qu'une nuance de faible 
intensité, qu'enlève le savon; la soie reste colorée 
ei) crème. 

Le paranilrodiazobenzène teint bien aussi la laine. 
On prépare un bain de teinture de 300 c. c. d'eau, 
avec gr. 2.'j paranitraniline, c. c. .'j acide chlorhy- 
drique, gr. 123 nitrite, gr. b acétate de soude, et, 
quand la diazolation est finie, on ajoute une trace 
de craie. On introduit o gr. de flanelle de laine et 
l'on teint. La teinture se fait lenicment et également, 
el en 2 heures on passe du jaune pâle à un orange 
foncé, légèrement brun, et passablement vif. Le 
bain reste clair et esl complètement épuisé. Il suffit 
de o »/o de matière redorante pour obtenir une 
nuance bien nourrie. Celle-ci résiste bien à un savon 
bouillant de ii minutes ; l'acide sulfurique étendu 
bouillant la rend un peu plus jaune en l'avivant, 
tandis que le bichromate bouillant la fonce fortement. 
Au foulon, la laine et le coton blancs ne se salissent 

10 



146 



REVUE DES BREVETS. 



pas : la nuance n'est pas altérée. Une exposition de 
deux semaines à la lumière, en été, ternit à peine la 
nuance. Il est à noter que cet orange, traité au 
bouillon par le sulfate de cuivre, se transforme en 
un brun foncé et se comporte donc comme le rouge 
de paranitraniline. Ce brun est extraordinairement 
solide au lavage, au savon et au foulon. 

La soie se comporte comme la laine ; le coton n'a 
aucune affinité pour le diazode paranitraniline. 

11 parait essentiel d'éviter, dans ce genre de 
teinture, d'avoir un excès d'acide nitreux ; l'addition 
de craie sert à cet effet. Si le bain sent l'acide 
nitreux, on n'obtient, même avec des proportions 
quadruples de colorant, qu'une nuance claire et 
beaucoup plus jaune. Un court passage de la laine 
dans une solution aqueuse d'acide nitreux, même 
après un bon nettoyage, est nuisible. 

Les diazo de l'a- et de la p-naphtylamine donnent 
des nuances ternes et sans valeur. L'action du 
p-naphtol réussit pourtant mieux sur la dernière 
que sur la paranitraniline. 

L'auteur a essayé enfin d'appliquer à la laine la 
méthode de copulation employée avec les diazo sur 
le coton, en la teignanld'abord en couleurs basiques 



possédant un groupe aminogène libre; safranine, 
fuchsine, etc., et traitant après par le paranitrodiazo- 
benzène. La fuchsine et la safranine donnent un 
brun rouge foncé. Un traitement avec un sel de 
cuivre donne un brun intense. Le savon bouillant 
modifie profondément ces nuances, mais pas dans 
le sens qui correspondrait à la disparition du 
colorant basique. n. 

TEIXTURE DU COTOX avec la rhodamine 

[Textile Colourist). 

Les plus belles nuances qu'on puisse obtenir sur 
fils de coton avec les rhodamines sont obtenues 
avec le mordant gras. On foularde la marchandise 
dans une solution à 10 ',„ d'huile pour rouge, on 
sèche à une température peu élevée, et on répète 
cette opération 2 à 3 fois, suivant la nuance à obte- 
nir. La teinture se fait à froid en bain concentrée 
(750 lit. environ pour 50 k. de coton). Le colorant est 
ajouté en 2 fois, à 15 ou 20 minutes d'intervalle, la 
durée de la teinture étant d'environ 3/4 d'heure. 11 
faut pour des nuances foncées t;2 à 2 °/o de matière 
colorante. 



REVUE DES BREVETS 



BREVETS FRANÇAIS 

PRODIITS CHI.MIQCES. 

Fabrication d'un sulfate d'ichtyol composé 
ou suMo - îcbtyolate d'ammoniaque 

[Me. Langhlin] (b. f. 323o2I, 25 juill. 1902- 
21 févr. 1903). 

Fabrication dhydfoxylamine par la voie 
électrolytique avec production simultanée 
de chlore [O" Parisienne] (b. f. 322g43, 
18 juin 1902-19 févr. 1903). 

On électrolyse, à 1 5-20° C, une solution concentrée 
de nitrate de soude, en présence d'acide chlorhy- 
drique. Le rendement en chlorate et en hydroxyla- 
mine est de 80-90 »/„, avec un courant de 300 à 900 
ampères par mètre carré. 

Production d'oxalate au moyen de formiate 

[Société Eleklrochcmische Werke] (b. f. 322534, 
20 juin 1902-7 févr. 1903). 

On chauffe, à 360-4 10° C, un mélange de formiates 
et d'oxalates. 

Préparation de dioxynaphtylméthane solu- 
ble dans l'eau [Société Septoforma] (b. f. 32323o, 
26 juill. 1002-28 févr. 1903). 

En chauffant à l'ébullition, 2 à 3 h., 3 gr. naphtol 
avec 10 gr. formaldéhyde à 40 "/o, en présence de 
1 p. savon dans 1 p. 5 alcool, on a un dioxynaphtyl- 
méthane soluble dans l'eau. 

Procédé pour obtenir du campliène exempt 
de chlore [v. E. Schering] (b. f. 321746, 
4 juin 1902-10 janv. 1903). 

Même sujet [ScAering] {a. f. 32i85i, 5 juin 1902- 
21 janv. 1903). 

Même sujet [Schering]{B. f. 321864, C juin 1902- 
21 janv. 1903). 



Xouveaux dérivés de la saccharine avec les 
nnintoniaques composées [Givaudan] (b. f. 
322096, 14 juin 1902-27 janv. 1903). 

Fabrîcationd'un composé de gaïacol, d'acide 
cinnamiquc et de tannin "^Nissel] (b. f. 321767, 

6 juin 1902-19 janv. 19031. 

On fait agir ces trois corps, en solution alcoolique 
en présence de pentachlorure ou d'oxychlorure de 
phosphore. 

Fabrication de parfums de fleurs synthé- 
tiques en employant du camphénilide 
d'acétone [Schering] (b. f. 321878, 7 juin 1902- 
22 janv. 1903). 

VISCOSE. — Préparation de dissolution alca- 
line de viscose [Société Vereinigte Kunstseide- 
fahriken ib. f. 323473, 4 août 1902-6 mars 1903). 

Dans l'emploi de la viscose, pour fabriquer des pel- 
licules ou des lils par purification avec le chlorure 
d'ammonium, on est obligé de purifier la dissolution 
de viscose, sans quoi les sous-produits sulfurés 
qu'elle renferme se précipitent en même temps et 
donnent une teinte jaunâtre en masquant le brillant 
des objets fabriqués. 

Or, en dissolvant 100 p. de cellulose transformée 
en viscose dans 1800 p. de potasse [d = 1.22) et 
chauffant à 60-80° C, en remuant, il se produit une 
transformation, et, par précipitation au chlorure 
d'ammonium, on a des pellicules claires et incolores. 

La conservation ultérieure de la solution dépend 
de sa richesse en alcali ; il faut, en général, 3 à 4 p. 
de potasse. 

Procédé de fabrication de pellicules et de Qls 
de cellulose incolores [Société Vereinigte Kunst- 
scidefabriken] (b. f. 823474., 4 août 1902-6 mars 
1903). 

Pour précipiter la viscose au sortir de la filière, on 
emploie des solutions concentrées de chlorure d'am- 
monium ; l'acide sulfurique , moins coûteux, n'avait 



BREVETS FRANÇAIS. 



1/.7 



(Hi jusqu'ici être employé, le lil ou la pellicule 
l'oriiu'e étant jaune par suite du soufre précipité en 
nii'iiio temps que la cellulose. 

Mais on peut lemédier à ce défaut en désulfurant 
la cellulose par un passage, répété au besoin, en siil- 
Curo de sodium, à 8 "/„. chauffé à 00-80" ('.. (ou encore 
suHito cl bisullitc). l.e (il redevient blanc, on le lave 
à l'eau chaude et on le sèche. 

Procédé pour obtenir des solutions daloali- 
cellulose iiydraté, stables et précipi- 
tables pour l'emploi industriel [Socictc 

Vcreinigte Kunstseidefubriken] (b. r. 323475, 4 août 

1902-6 mars 1003). 

Dans 100 ]i. sulfurique (rf=l,5".) on introduit 
10 \i. de coton lavé et séché, on remue le tout cl 
verse dans beaucoup d'eau en remuant. La cellulose 
hydratée est lavée, pressée et dissoute dans 100 p. 
soude caustique (rf^ 1,120). Avec cette solution, on 
peut imprégner les tissus et préiipiter la cellulose 
|iar un acide ; il en résulte sur le tissu un apprêt fort, 
insoluble et pouvu d'éclat. V.n la lilant au travers 
d'étroits orilices on a un lil brillant. 

Ces solutions d'alcali-cellulose hydraté sont très 
stables, elles peuvent être employées presque dans 
tous les cas ou l'on cm|>loyait des solutions de cellu- 
lose dans l'oxyde de cuivre, le chlorure de zinc, ou la 
viscose. 



M.ITIERES COLORANTKS. 

A/OiQUES. — IM-oduetiou d'un colorant inso- 
luble dans l'eau au moyen du m.-dînitro- 
;). - diniétiioxydipliéiiyiniétiiane \Badische] 

(b. F. 322985, 11 juin. 1002-20 févr. 10031. 

Le dinilrodiméthoxydiphénylméthanc : 



H3( 



nsv 



■cir-!- 



par réduction, donne une diamine tétrazotable. 
Avec le ?-naphtol, on a un rouge bleu insoluble qui, 
produit sur la libre, aurait des avantages sur le rouge 
para, surtout en impression. 

Prép:iration des matières colorantes niono- 
azo'ùiucH noires en partant des acides 
naplitolsulTauiido - suKoconju^ués [Geigy] 
(b. F. 322G03. 28 juin 1001-0 févr. 1003). 

Colorants : picramique-1- a-naphtol 8. sulfamide 
3. ou 4 suifo teignant la laine en violet noir ou 
bleu noir. 

Nouveaux acides nitroalpliylacidylamino- 
naplitolsulfoniques , nitroalpliylamino - 
aci<lylan)inoiinplitolsul(oni(|ues , aniino - 
alpliylacidylaminoiiaplitolsuironiques ou 
aniinoaipliylaminoacidylaminonaplitolsul- 
to et «le nouvelles matières colorantes 
azo'iques qui en dérivent IhuL cliiin. lUilc] 
(b. F. 321G40, .il mai 1002-l.ï janv. 1003 . 

Les nilrn s'obtiennent par l'action des chlorures 
acides de nitroalphyles,-alphylisocyanates,-alphyl- 
isosulfocyanates sur les aniino naphtoisulfo. Par 
réduction on a les ainino. 

Les produits obtenus sont diazotatables et four- 
nissent des colorants jaune à rouge bleu au lieu de 
colorants violet à noir que donnent des diazo des 
aminonaphtolsulfo. 



Fabrication de colorants tci^^nant le coton 

directement ( Weilei--tcr-Meer\ (b. f. 3225oo, 

27 juin 1002-0 févr. 1903). 

9 k. 2 benzidine sont, après diazotation, rendus 
alcalins et on ajoute rapidement 17 k. aminonaphtol- 
disulfo IL Au produit intermédiaire, on ajoute le 
tétrazo de k. 2 benzidine. Quand la réaction du 
létrazo est terminée, on combine le nouveau produit 
intermédiaire avec 17 k. aminonaphtoldisulfonale de 
soude H. 

Après 24 h., le colorant est chauffé el précipité, il 
teint le coton en bleu noir. 

Production Oe nouveaux colorants poly- 
azoïqucs [Act. Gesell. tierlin] (u. F. 321O26, 
30 mai 1002-lu janv. 1003). 

Si dans les colorants : 

p /N = N aminonaphtoldisulfo II 
\N = N m.-diamine N = N — K ' 

(n. p. 97437), on combine le produit intermé- 
diaire en présence d'un acide minéral, et qu'en- 
suite on fasse agir la m.-phénylônediamine, pour 
copuler llnalementavec un diazoïque, ce dernier, au 
lieu d'entrer dans le noyau benzénique, entre dans 
le noyau naphlalénique. 
Ex. : Le diazobène surl'azoïque : 

r, . ,. /aminonaphtoldisulfo H 
lienzidme ( 11- i- 

\?7!.-phenylenedianiine 

donne, d'après la n. p. 97437, un violet foncé, tandis 
qu'en opérant, comme dans le présent brevet, on a 
un noir vert intense. 

COLORANTS SOUFRÉS. — Matières colorantes 
soufrées tcig:naut le coton directement 

[Kalle] (b. F. 323490, 4 août 1902-7 mars 1003). 

On chauffe avec du soufre et des sulfures les 
dithio-urée dérivées des ?n.-diamines aromatiques. 

Les colorants obtenus varient du vert olive au 
brun jaune. 

Matières colorantes soufrées tei$;nant le 
coton en vert [Kalle] (b. f. 323489, 4 août 1902- 
7 mars 1003). 

La p.-oxyphénylthio-urée (p.-oxylhio carbanilide), 
fondue avec du soufre et du sulfure, donne un vert 
plus bleuâtre et plus pur que celui du «. f. 295-12. 

Production d'alphyl - amino - oxydi - alphyl- 
amines et de matières colorantes qui eu 
dérivent [Manuf. lijonnaii^f] (a. v. 323-202, 
23juill. 1902-févr. 1903). 

La p. -amino diphénylamine (18 k. a) dissoute dans 
12 k. o chlorhydrique à 20» B. cl 300 k. d'eau, en 
présence de k. 4 phénol el 200 k. d'eau, oxydée 
par 20 k. bichromate de sodium, 200 I. d'eau et 60k. 
acétique à 50 ",,,,86 transforme en phényl-p.-amino- 
p.-oxydiphénylamine par neutralisation avec le car- 
bonate de sodium et ébuUition avec 2a k. sulfure de 
sodium. 

Par fusion avec des polysulfures on obtient des 
bleus solides et vifs. 

Production de colorants substantifs bleus 

[Badische] 'it. f. 322784, 4 juill. 1002-13 févr. 1903). 

Le violet méthylène (100 k.) traité 2 h., à lO'M'.., par 
700 k. sulfurique fumant à 23 "/„ d'anhydride, puis 
par du chlorure de soufre (100 k.) à 30-33° C, se 



148 



REVUE DES BREVETS. 



transforme en un colorant substantif bleu violet (en 
Lain de sulfure). Ce colorant, chauffé à 100-170° C. 
avec du sulfure et du soufre, se transforme en un 
bleu solide. 

INDIGO. — Pr«?paratioii de produits de substi- 
tution des matières colorantes du groupe 
de l'indigo [C^" Parisienjic] (n. F. 322198, 17 juin 
1902-29 janv. 1903). 

On combine, dans un moulin à boules, liO k. fécule 
séchée à 100° ('.. avec 18 k. de brome. Quand l'ami- 
don brome jaune-orange est formé, on ajoute 20 k 
d'indigo, on ferme le moulin et on le fait tourner 
6 à 8 h. Le produit brut est chauffé à l'ébullition 
avec de l'eau renfermant de l'acide sulfureux. L'in- 
digo brome est recueilli et lavé à grande eau. Celle- 
ci renferme l'amidon et la moilié du brome à l'état 
d'acide bromhydrique. 

Préparation de dérivés bromes de l'indigo 

[C'« Parisienne] (b. f. 3223^8, 14 juin 190i- 
2févr. 190.3). 

Obtention de l'indigo brome : 1° par l'action des 
vapeurs de brome sur l'indigo sec ; 2° par l'action 
du brome ou de ses vapeurs, sur l'indigo en présence 
d'eau ou d'acides. 

Production de l'indol. et de ses dérivés [6a- 
dische] (B. F. 322387, 23 juin 1902-4 févr. 1903). 

Broyer inlimement 200 k. phénylglycine o.-car- 
boxylatede potassium avec îiOO k. potasse, et chauffer 
2 h. à 290" C. Dissoudre la cuite dans 200 fois son 
poids d'eau, précipiter l'indigo par un courant d'air, 
épuiser la liqueur filtrée alcaline. On l'évaporé pour 
entraîner l'indol. par la vapeur d'eau et précipite 
ce corps par l'acide picrique à 10 gr. par lilre, addi- 
tionné de 10 fois son poids de sulfurique à 40° B. 

Préparation de dérivés de l'indoxyle et de 
l'indigo [Von Heyden] (b. f. 322536, 20 juin 1902- 
7 févr. 1903). 

100 p. chloracétique sont chauffées, 2 h., avec 
300 p. d'aniline et 200 p. d'alcool, à reflux. On 
décompose parla soude et enlève l'alcool et l'aniline 
par la vapeur d'eau. On précipite le phényiglycorolle 
par 1 20 p. chorhydrique à 30 "Z^. 

Pour 2') p. d'aniline, on aurait 30 à 38 p. de phé- 
nyiglycorolle. 

L'indigo s'obtient par chauffage à 200' G. de 500 p. 
phylylglocollatfî de potassium avec GSO p. chaux vive 
et l'alcool est obtenu au moyen de 20 p. sodium. 

Colorants indigotiques bromes [Badische] 

(b. F. 322864, 7 juin. 1902-17 févr. 1903). 

En bromant l'indigo blanc il y a oxydation et fina- 
lement formation d'indigo brome. 

Ex. : 20 k. blanc d'indigo sont mis en suspension 
dans de l'eau glacée, on y ajoute 24 k. brome et 
1000 lit. d'eau. On essore et lave. 

Production d'indigo sec en morceaux(Lunips) 

[Badische] (add. 566 du 11 juin 1902-4 févr. 1903). 

Emploi de diverses substances et en particulier 
de glycérine, sirop de sucre, mélasse, colle, gélatine 
et surtout do poudre de laminaria. Avec cette poudre, 
l'indigo forme une agglomération se désagrégant et 
se transformant rapidement en une pâte fine au con- 
tact de l'eau. 



Nouveau procédé pour l'obtention de l'in- 
digo par des plantes indigolères [K((r;] (b. f. 

323o36, 27 oct. 1902-21 févr. 1903). 

Emploi du tannin pour précipiter l'indigo blanc 
de ses solutions (1). D'après l'auteur, ce procédé per- 
mettrait de réduire notablement le prix de revient 
de l'indigo naturel. 

Ce n'est d'ailleurs qu'une simple hypothèse, aucun 
prix de revient n'étant indiqué. 

Préparation d'indigo nionobromé et dibromé 
et d'iudigo nionocliloré et dicliloré [Rahtjen] 
(add. 65i du 30 juill.-18 févr. 1903 au b. f. 
310926). 

Au lieu de faire agir directement le brome, on le 
dégage de l'acide bromhydrique par un courant de 
chlore. 

Fabrication de phénylglycine 0. -carbonique 

[C'" Parisienne] (add. 6o5 du 12 juill. 1902-16 
févr. 1903 au b. f. 3o63o2). 

L'o.-chlorbenzoïque ( 195 p.) et le glycocolle (73 p.) 
avec 36 p. de potasse caustique et 70 p. carbonate 
de potasse, chauffés 4 à 6 h. à l'ébullition, donnent 
le phénylglycine 0. -carbonique en quantité jiresque 
théorique. 

AN'TIlRAGÈiNE. — Fabrication des nouvelles 
matières colorantes dérivées de Fanthra- 
quinone [Bayer] (add. 4^6 du 16 mai 1902- 
14 janv. 1003 au b. f. 2433i5]. 

En condensant la sulfopurpurine avec des aminés 
aromatiques (§ Hl, add. du 20 nov. 189!)) on a des 
mono et dialphylpurpurine insolubles par suite de 
l'élimination du groupe sulfo. Ce dernier alphyle, 
parsulfonation, donne des colorants teignant la laine 
en rouge et gris violacé. 

Or, en opérant à 90-1 20° C, la condensation de la 
sulfopurpurine (10 k.), avec la p.-toluidine (100 k.) 
en présence d'ac. borique (10 k.), on oblient des 
dérivés alphylés différents qui teignent la laine en 
bleu pur intense. 



IlLANCHIMENT, TEINTURE, IMPRESSION 
ET APPRÊTS. 

MORDANÇAGE. SÉCHAGE. — Mordançage ra- 
pide de la laine [Jung] (b. f. 3233 16, 30 juill. 

1902-3 mars 1903). 

Le mordançage habituel de la laine par ébullition 
(1 h. 1/2 à 2 h.), avec une solution de bichromate 
en présence d'un agent réducteur, affaiblit la fibre 
et lui fait perdre du poids. 

M. .\mend, pour remédiera cet inconvénient, traite 
la laine à 6a° G. successivement par une solution 
d'acide chromique (1 à 2 p. 100 de la laine) et une 
solution de bisulfite. 

D'après l'auteur, divers sels de chrome agissent 
comme l'acide chronique et permettent de mor- 
danccr à basse température. Ce sont : le sulfo- 
cyanure de chrome, et ses combinaisons doubles 
comme le sulfocyanure double d'ammonium et de 
chrome. 

On introduit, en même temps, dans le bain, un 
nitrite et un sel acide de cuivre pour faciliter le 
développement ultérieur 

(1) Voir R. G. M. C, t. 6, 1902. 



BREVETS FRANÇAIS. 



149 



E\. I : Bain de niordanrage : 

2 à 3 "/j ammonitim (■hromi-sulfocyamiie. 
1/2 "/,) bichroniale de soude. 
2/3 "If, nitrate de soude. 
1/3 "/o sulfate de ruivrc. 
1 i/i "/„ acide sulfuiique. 

On commence à froid à G0°-6'J° C. et monte lente- 
ment, on rince et teint. Le bain n'est pas épuisé et 
peut servir à monter un nouveau bain. 

Ex. Il : Bain de mordaiiçage pour noir au cam- 
[lèclie. 

:i "/o ammonium cliromi-sulfocyanure. 
3/4 "/o de bicliromate de soude. 

1 1/2 à 2 "/g de iiilrite de soude. 

2 1/2 à 3 »;(, d'acide sulfuricjue et 

3 "/o de sulfate de cuivre. 

On intioduit la laine dans le bain froid ou liùdect 
porte ce dorniei- lenlement à environ 63». On mor- 
dance en tout pendant environ 40 à 411 minutes, 
après nuoi, on rince et teint la laine. Le bain, qui 
n'est pas complètement épuisé, est utilisé pour la 
préparation d'un nouveau bain. 

Ex. III : On prépare le bain de mordancage avec 
une solution desulforvanurc de chrome fchromisul- 



focyanure) normal, de manière à avoir une solution 
à 0,3 "/o» et on introduit la laine dans ce bain 
IVoid ou tiède, pousse lentement la température à 
00 à (ii>° C, arrête le mordan(,age au bout de 2S à 
30 minutes, lave et teint. Le bain n'est pas épuisé et 
peut servir à la préparation d'un nouveau bain. 

Ex. IV : On mordance avec une solution de chro- 
misulfocyunurc normal à environ 0,3 "/i,, addi- 
tionnée d'une quantité de bichromate de potasse ou 
de soude représentant de 1 /X à 1/2 "/„ ou davantage 
du poids de la laine à traiter, à la température de 00 
à a'j" C, pendant 2") à 30 minutes. 

Ex. V : On mordance avec une solution de chromi- 
sulfocyanure normal à environ 0,3 "/o addition- 
née d'une (piantité de bichromate de potasse ou de 
soude représentant de 1/8 à 1/2 "/o ou davantage du 
poids de laine à traiter, et de nilrite de sodium, 
d'un sel de cuivre et d'acide libre, rince et teint. 

Machines à sécher [lluc] [u. F. S-iiggS, 20 mai 
l',Hi2-2't janv. VMr.i). 

L'appareil se compose d'une boite — bois ou mé- 
tal — formant enveloppe et dont les faces A, A sont 
courbes et la face .\i plane. Quand on emploie du 
métal, on adjoint un calorifique d. Dans la partie 
inférieure on fixe, par des colliers h, les tuyaux de 




-Machine à sèclier. 

Fig. I, coupe transversale; fig. 2, panier sccheur; fig. :), détail de l'arljrc de rotation; li; 
pour le chaull'af,'e ; lig. 5, vue extérieure de la uiactiiue. 



}, dispositif 



chauffage à ailettes (\. Les robinets l'u et r et un 
purgeur •; mesurent la distribution de la vapeur. Un 
registre b règle à volonté la renln'e de l'air par 
l'ouverture a. 

Le panier métallique B prismatiiiue est composé 
de ceinlures /'dont les arbres, avec les fonds B, sont 
maintenus par des entretoises ^,. Sur cette car- 
casse est agrafé un grillage métallique f.>- Les fonds 
1!, sont en tôle perforée renforcée par des cornières (j. 
On entre les pièces à sécher par J et une porte i 
donne accès au panier B. L'évacuation des buées et 
de l'air chaud se fait en a, des fermetures hermé- 
tiques assurent l'étanchi'ilé de l'appareil. 



Le fonctionnement est des plus simples. Les pièces 
ou le linge mis dans le panier sécheur, on ferme les 
portes j et /, on ouvre la vapeur en purgeant et on 
fait tourner le panier jusqu'à séchage. 

Chambre de séchage [Romey] (b. f. 2.iZtr)2, 
23 juill. l'.iU2-27 févr. l',)03i. 

La buée qui sort du lil ou des tissus est entraînée 
au fur et à mesure qu'elle se l'orme et en tous les 
points, la matière à sécher circulant entre deux 
faisceaux de tubes percés de petits trous par les- 
quels s'échap[ie l'air chaud sous pression venant du 



130 



REVUE DES BREVETS. 



ventilateur h et se chauffant par son contact avec 
les tuyaux de vapeur. 
La matière à sécher a entre dans la chambre 6 et 




Fig. 1, coupe longitudinale de la chambre; fig. 2, plan 



y circule entre deux faisceaux de tubes horizontaux 
c percés de trous et renferment de l'air chaud sous 
pression. La buée, entraînée par l'air chaud, 
s'échappe par la cheminée c. 

TEINTURE : PROCÉDÉS. — Développcmeut des 
teintures obtenues ;\ l'aide de colorants 
sulfurés [Actien. Gesell. Berlin] (b. f. SaiCSa, 
31 mai 1002-10 janv. 1903). 
Le coton, teint avec le bleu immédiat, est rince 

et passé dans un bain contenant, par litre, !> gr. 

sullile neutre, on fait sécher ; on obtient ainsi un 

beau bleu. 

Développement des teintures obtenues à 
l'aide de colorants sulfurés [Act. gesell. 
Berlin] (add. O12 du 22 juill. 1002-10 févr. 1003 au 

B. F. 321652). 

Pour développer le bleu, au lieu de sulfite neutre 
on peut employer un bisulfite et même l'acide 
sulfureux libre ; le mode opératoire reste le môme. 

Production de double teinte sur des tissus 
composés de coton et de soie au moyen 
des colorants sulfurés [Manuf. lyonnaise] 
(b. F. 322740, 2 juin. 1002-12 févr. 1903). 

Pour un bain renfermant : 

10 gr. noir iiumcdial. 
10 — sulfure de sodium. 
3 — carbonate de soude. 
15 — colle forte. 
20 — sulfate de soude. 

on teint 1/2 à 3/4 d'heure à 40''-j0° C. un tissu 



colon-soie mercerisé ou non, puis on rince. La pré- 
sence de la colle empêche la soie de se teindre en 
noir; on peut la remonter à volonté. 

Procédé pour l'impression 
des rubans de laine pei- 
gnée [Mmiuf. lijunn.] (b. f. 
321729, 3 juin 1002-19 janv. 
1003). 

Suppression du Gillbox dans 
l'impression Vigoureux, et im- 
pression sur la laine humide. 

TEINTURE : MACHINES. — 
Appareil pour teindre les 
libres textiles | /io.sste'] 
(b. F. 323oo3, 12 juill. 1002- 
21 févr. 1903). 

La cuve a est munie de deux 
fonds perforés, 6, c, l'un au- 
dessus de l'autre, entre lesquels 
se trouve la marchandise à 
teindre. De chaque coté, à une 
certaine distance de a, se trou- 
vent deux chaudières h reliées 
à a par un canal c et entrant 
par des rigoles ouvertes i. Dans 
le bas de //, débouchent des 
tuyaux de vapeur avec pomme 
d'arrosoir g. 

La matière est disposée à sec 
entre 6 et c et mouillée avec de 
l'eau; le bain est en équilibre 
en a et /*. 

Si par l'introduction de la 
vapeur on rompt cet équlibre, 
l'eau est soulevée et se déverse par i dans le réser- 
voir a, d'où elle s'écoule dans le fond 0. Il y a donc 




Appareil à teindre les fibres textiles. 

une circulation intense que l'on règle par le courant 
plus ou moins foit de vapeur. 

Machine à teindre mécaniquement les tex- 
tiles en écheveaux [Di^mar] (add. O62 du août 
1902-18 févr. 1903 au b. f. 3i5058). 

Le cadre métallique inoxydable est normalement 
composé de trois châssis superposés : 1,2,3; les 1 et 
3 sont fixes et rigides et sont reliés par les montants 
d'angles 4, S, G, 7. Le châssis 2 est relié à 1 par 
quatre vis, 8,0,10,11, permettant de donner l'écarle- 
ment selon la longueur des écheveaux. 

Le cadre est actionné par les bielles 15, 15', 
IG, 10', reliées entre elles par des tiges a, b, a', b'. 



BREVETS FRANÇAIS. 



151 






riqme 1 




Machine i teindre les éciicv.iux. 
Fig. 1, conpe transversale; fig. 2, articulation des bielles; fig. 3, plan; fàg. 4, 5, C, détail des porte-écheveaux. 



Les bielles c actionnent le cadre au moyen des four- 
ches h et galets m. Le mouvement oscillant très doux 
soulève les lils cl empêche le feutrage. 

Les porteurs dëcheveaux, au lieu d'être en bois, 
sont en métal inoxydable, ou en tube à gaz recou- 
vert de caoutchouc ; ils sont posés dans des encoches 
rf pratiquées dans les pièces de bois /2. Avec la glis- 
sière /4, dont les ouvertures f correspondent aux 
«ncoclies d, on cale d'un seul coup tous les porteurs. 

Système «le ciroulation alternante «l'un 
liquide (|iieloonc|iic sous pression .tppli- 
ealtle à l'épuisement de substances miné- 
rales et organiques, à l'extraction des 
matières crasses, à la teinture et autre 
traitement des textiles \bumoni\ (u. k. 
322172, 10 juin 1902-20 janv. lOO.'i). 

Le principe du système consiste en 2 réservoirs 
clos A et B et un troisième C renfermant la substance 
à traiter. Ces trois réservoirs communiquent comme 
l'indique la lii;ure. Les réservoirs A et B sont reliés 
à un distributeur 1), (jui les met en communication 
successivement avec le fluide comprimé et l'air 
libre. 



Par une manœuvre de robinet, le liquide icmplit 
JJ 



M 



A 



^US 



C 



B 



Schéma d'une circulation alternante de liquide. 

successivement A et C, puis C et R et ainsi de suite. 

Perfectionnements aux procédés et aux 
appareils pour teindre les chaînes de 
tissage \i\nddarà] (b. f. SaSigo, 2.3 juill. 1902- 
27 févr. ty():!i. 
L'auteur, |)our maintenir la répartition uniforme 

iU .14 J6 




Coupe longitudinale d'un appareil à teindre les chaînes de coton. 



152 



REVUE DES BREVETS. 



des fils en une nappe mince et régulière, emploie des 
bains peu profonds en soutenant la nappe par des 
rouleaux éloignés au maximum de m. 40, d'axe 
en a\i', et plus rapprochés s'il est possible. 

IMPKESSION : PR(»CÉDÉS. — Procédé d'im- 
pression au moyen de colorants contenant 
du soufre [Weiler-ter-Meer] (b. k. 322 1 4;, 9 juin 
I '.102-28 janv.' I903\ 

Au lieu de sulfure alcalin qui attaque les rouleaux 
on mêle, à la couleur puriliée, du soufre précipité et 
un alcali ou carbonate. Le sulfure se forme seule- 
ment au vaporisage. 
Ex: 

Xoir au soufre purifié 10 

Soufre précipité 3.50 

Carbonate de potasse dissous 1/ 1 . ÎO 

Gomme adragante 1/20 .'■O 

Eau de gomme l/I 10 

Eau î.ôO 

100,00 

On imprime, sèche, vaporise 1/2 heure à 1/4 d'at- 
mosphère, lave et savonne à l'ébullition. 

IMPRESSION : M.VCIIINES. — Machine à chiner 
les lils en écheveaux [Biiibaïf u. k. 323o28, 
22 juill. 1902-21 l'évr. 1903)." 

Les écheveaux à chiner a. a, sont transportés par deux 
courroies métalliques parallèles b, b. passant chacune 
sur II ois poulies à joues c, c. nionlécs sur les axes d, il 



et sur des galets guides e, e, f, f. Les galets e, e, placés 
à l'avant, assurent la descente verticale des écheveaux 
entre les disques imprimeurs s, g. Les galets f, f 
empêchent le llotlement des courroies. 

L'axe d'arrière (/ est monté dans des paliers munis de 
tendeurs It. 

Les écheveaux a sont fixés aux courroies i, b de la 
manière montrée fig. 3, de distance en distance, sont 
mnutés sur chaque courroie de petits axes transversaux 
;. (■ portant des réglettes j, j, munies d'uu certain 
uombre Je crochets A- ; dans ces crochets sont posées 
les bruches /, qui maintiennent les écheveaux. 

De cette façon, les règles j, qui peuvent osciller sur 
les axes /. et glisser longitudinalement sur les mêmes, 
grâce aux coulisses n, n, restent parfaitement droites 
malgré la courbure de la courroie sur ses poulies, et les 
éclieveaux viennent se présenter dans un plan vertical 
aux disques imprimeurs g, g (fig. 1 et 2). 

Suivant la longueur des écheveaux, les courroies i, 
peuvent se rapprocher plus ou moins, les poulies c, c 
i-oul à cet ellet munies de vis ni, permettant de régler 
et de fixer leur position ; ces poulies portent sur leur 
jante des goujons o, o, qui assurent l'entrainement des 
courroies, en pénétrant dans les ouvertures Oj, Oj de 
celles-ci. 

Les disques imprimeurs g, g sont eu nombre variable, 
et montés sur autant de couples d'arbres p, p que l'on 
veut employer de couleurs; le dessin en montre quatre 
superposés sur la ligue verticale parcourue par les éche- 
veaux à l'avant de la machine. 

Les disques g sont répartis sur les arbres p. suivant 
le dessin que l'on veut obtenir. Dans chaque rangée, ils 
reçoivent la couleur, sur leur tranche, d'un cylindre r/ 
tournant dans nue bachulle s contenant la teinture, dont 



FIG. 2 




Fig. I, coupe verticale longitudinale; fig. 2, élévation; fig. 3, Jét;;il du montage des échevaux. 



l'excédeut est enlevé par une lame réglable i: Les éche- 
veaux « passent horizontalement et successivement 
entre les disques g, et reçoivent d'eux l'impression de 
quatre couleurs différentes, dont la disposition dépend 
de celle des disques, de leur largeur et de leur nombre. 
Afin de pouvoir obtenir facilement ces variations, les 
disques sont en deux pièces, se moulent sur leur arbre 
à un endroit quelconque, et peuvent se régler facile- 
ment. Dans chaque rangée horizontale, les deux arbres 
;), p peuvent se rapprocher ou s'éloigner au moyeu des 
vis /, /, agissant sur les paliers à coulisse qui portent ces 
arbres. De plus, ces u.èmes arbres, sauf dans les deux 
rangées extrêmes, pouvcut se déplacer longitudinalement 
et ensemble au moyen des vis it, it, ce qui permet 
d'obtenir les ombrées en faisant superposer plus ou 
moius les couleurs fournies par ces arbres à celles four- 
nies par les arbres extrêmes. 



Le mouvement est donné à la machine par une cour- 
roie passant sur les poulies fixe et folle v, montées sur 
un arbre intermédiaire qui commande t)us les arbres p, 
par une suite d'engrenages a-, .r, et l'arbre d'avant 
inférieur d, au moyen d'une chaîne sans fin y. 

Afin que le mouvement reste continu, il faut garnir 
et dégarnir la machine eu marche; on emploie à cet 
effet divers accessoires. Pour le garnissage, on pos- 
sède deux ou uu plus graud uombre de tables à 
préparer, portant quatre tiges verticales à crans, 
dont deux fixes 1, I, et deux à coulisse 2, 2, rap- 
pelées par un contrepoids 3 ; des broches 1, 1, portant 
les écheveaux écrus n, convenablement élargis, sont 
placées dans les crans des tiges 1,2. Ou a soin de 
placer d'un cùté deux tiges I, dans le but qui sera 
expliqué tout à l'heure, puis la table garnie est portée 
ou roulée à l'arrière de la machine en A (Qg. 1), où un 



BREVETS FRANÇAIS. 



133 



manœuvre prend les écheveaux et les accroche succes- 
sivement parles broches I, aux porte-écheveaux j, de la 
inauière iudiquée fig. 3, et cela pendant que la machine 
marche. Les écheveaux viendront donc d'une manière 
continue s'imprimer entre les disfiues g. Ils seront 
enlevés aussitôt à la position B (fig. I). Pour ce faire, on 
décrochera les broches I, sans toucher aux écheveaux 
avec les mains, puis, en séparant les deux broches placées 
au môme bout de l'écheveau, on ouvrira ce dernier et 
ou pourra le suspendre par l'une des broches sur 
un support composé de deux barres parallrles i, 4 



/ici 



^tytiiv 2 




portées par des pieds 5. Ces supports en nombre 
suffisant seront remplacés une fois remplis et portés au 
séchoir. 

Perfection iieniciiis appointés aux iiiacliiiies 
à c-hiiicr la laine pei;rnôe [Veuve Gnijdet et fils] 
(b. k. 3-21572, -r, avr. l'J02-i:i janv. 1903). 

L'impression Vigoureux s'opère généralement 
en sectionnant par une couleur d'impression la laine 
poignée en nappes passant entre deux rouleaux 



rt/^ure 5 





«s: 



iMachine à chiner la laine peiguée. 

Fijj. I, système orJiuairement employé; fig. 2, impression i deux rouleaux cauuelé 
" fig. 3 et 4, vues du nouvel appareil. 



ipeu usité) 




(lig. I et 2). Les commandes des rouleaux sont géné- 
ralement hélicoïdales et parallèles ; aussi l'impres- 
sion est-elle diagonale par rapport à la nappe de 
peigné. 

Ce système, très om[)loyé, no permet pas d'obleiiir 
direeleinent des tons foncés, car alors les blancs ne 
sont plus nets, et le résultat est mauvais, le tissu 
avant des barres. 



Pour supprimer ces barres et avoir des nuances 
foncées, on emploie l'appareil représenté par les 
ligures 3 et 4. 

-\, B, C sont le gilbosc servant à tendre les ru- 
bans lie laine peignée en nappe; tout autre méca- 
nisme donnant le même résultat est aussi bien 
ap|iroprié. 

D, L, F est une première série de rouleaux impri- 
meurs formant une impression de lignes diagonales 
sur la face postérieure de la laine, ti, il, I est une 
seconde série de rouleaux imprimant sur la face pos- 
térieure d'autres lignes diagonales dans le sens 
opposé. 

Les blancs restent nets, et l'impression à l'endroit 
des croisures pénètre mieux; les nuances sont aussi 
foncées qu'on le désire. 

Le déplacement angulaire des rouleaux mobiles c 
peut être commandé par une vis sans lin engrenant 
avec un secteur denté, calé sur l'une des entretoises d. 

Avec ce nouvel a|ipareil, on peut, si on désire, 
imprimer successivement deux couleurs au lieu 
d'une. On peut aussi cliincr, de celte façon, les 
nuances claires comme les nuances foncées. 

L'inventeur revendique comme sa propiiété tout 
appareil de machine Vigoureux à chiner la laine, 
permettant d'obtenir sur la nappe do peigné des 
chaînes diagonales en sens inverse qui se croisent 
et forment sur la nappe des quadrilatères ou des lo- 
sanges, soit au moyen d'une série de plusieurs jeux 



154 



REVUE DES BREVETS. 



de rouleaux, marchant en sens inverse ou dans le 
même sens, soit au moyen d'un seul rouleau gravé 
en conséquence (lig. '■>). 

L'auteur revendique également le dispositif décrit 
ci-dessus, s'altachant spécialement à l'impression 
des nappes de laine par diagonales croisées formant 
des quadrilatères ou losanges. 

Perfectionnements apportés aux machines 
à chiner la laine peignée ; Veuve Gaydet et fils] 
(add. 63; du 9 juill-1902-18 févr. 1903 au b. f. 

On fait passer la nappe de laine entre un rouleau 
plein garni de drap, et deux rouleaux cannelés mar- 
chant dans le même sens, mais ayant le pas des 
hélices qui servent à ohtenir l'impression faite en 
sens inverse. La nappe est d'abord imprimée par le 
premier puis par le second et on obtient une impres- 
sion en diagonales croisées formant des quadrila- 
tères ou losanges. 

Application nouvelle de brosses en plumes 

[Delaclie] (b. k. 321972, ij mai 1902-23 janv. 1903,'. 

Ces brosses auraient l'avantage, sur celles montées 
en soie, de ne pas se garnir rapidement de déchets 
de coton, d'où une plus grande célérité dans le tra- 
vail et une économie dans la main-d'œuvre, dans les 
apprêts de velours de colon et la teinture, usages 
auxquels ces brosses sont destinées. 

Perfectionnements dans les papiers pour 
tentures [Socit'té des loiles peintes Salubra] (b. f. 
323409, 2 août i902-B mars 1903i. 

Fabrication d'un papier de tenture sans relief à dos 
plat, donnant l'illusion d'un tissu damassé, par un 
double jeu de cannelures croisées recouvrant toute 
la surface à l'exception de certaines réserves consti- 
tuant un dessin. 

En recouvrant à l'avance le papier d'une couche 
de peinture à l'huile, on peut imprimer sur celte 
couche séchée, les rayures ou cannelures avec 
réserve aux endroits du dessin. 

APPRÊTS. — Procédé de préparation d'ami- 
don soluble [Blitmer] (b. f. 322206, 18 juin 1902- 
30 janv. 1903). 

On traite l'amidon dans une chaudière à double 
paroi, en agitant, avec 1 °/o d'acide organique vola- 
til (formique, acétique) dilué à 10 "Iq. La tempéra- 
ture s'élève ; on la maintient pendant 2 heures à 
90-IOO<>C. ; il distille des vapeurs acides que l'on con- 
dense pour les rèuliliscr. La température est ensuite 
portée à 113° C. et maintenue quatre heures. 

Le produit formé donne, avec de l'eau à 60-70° C., 
une solution épaisse mais claire ayant encore la 
réaction bleue avec l'iode ; avec l'amidon de bonne 
qualité et l'acide formique, on a un produit blanc 
pur. 

Laineuse décatisseuse [Société Blin et Blin'' (a. F. 
3225o3, 27 juin 1902-6 févr. 1903). ' 

En vue d'obtenir une étoffe parliculièrement mate 
ou brillante et douce au loucher, les auteurs ont 
combiné, sur une même machine le lainage mouillé 
et le décatissage sous pression (ell'el brillant) ou en 
vapeur libre (mat). 

Pour le décatissage sous pression, les rouleaux 
d'enroulement ordinaire sont remplacés par 2 cylin- 
dres en cuivre 6, c, de décatissage ^fig. 1). 



L'étoffe a est enroulée très serrée sur un des rou- 
leaux b et reçoit la vapeur pendant cet enroulement; 
d'où décatissage. Puis l'étoffe se déroule de 6, et 




Fiq..!. 




T'ic%_2. 



Laineuse décatisseuse. 

s'enroule en c en passant sur le tambour laineur d; 
pendant son enroulement sur le deuxième rouleau C 
on fait encore agir la vapeur. On répète ces opéra- 
tions autant de fois qu'il est nécessaire pour arriver 
à un brillant et au toucher particulièrement soyeux. 
Pour le décatissage à vapeur libre, on injecte 
celle-ci par les rampes e e dans létolTe avant son 
passage sur le tambour laineur. 

Dispositif tendeur pour flls soumis au nier- 

ccrisage'Bcltzeret Tliiébaul]{s. F. 322028, 12 juin 
1902-26janv. 1903). 

Le tendeur se compose de deux rouleaux fixes a 
montés aux extrémités de deux entretoises 6, et de 
deux rouleaux mobiles e montés sur les entretoises d, 
pouvant tourner sur leur axe de milieu qui corres- 




Dispositif tendeur pour fils soumis au uiercerisage. 

FIg. 1, élévation; fig. 2, vue de coté, les rouleaux rap- 
prochés; fig. 3, vue de coté, les rouleaux mobiles étant 
daus uu plan perpendiculaire à celui des rouleaux fixes. 

pond aux enlretoises fixes 6. Celles-ci peuvent être 
calées sur un arbre central, sur lequel pourront se 
déplacer les entreloises mobiles d. 



HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 153 



HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE 
ET DE SES ENVIRONS (i) 

I]M:F>R.ESSI03Sr DES TISSUS 

{:." article.) 



On a imaginé réi-cmnient (1897) des [ilaques laites 
avec des plaques d'acier analogues à celle des navi- 
res cuirassés ; elles sont percées à dislances voulues 
de conduits lulnilaires dans lesquels circule la va- 
peur. Ces conduits sont placés de telle façon qu'ils 
sont en correspomlance et qu'il n'y a qu'une seule 
entrée et une seule sortie. Ces plaques ont le grand 
avantage de ne pouvoir donner de taches d'eau et 
de résister à des pressions énormes. Elles sont 
construites par Cehauer. 

l.'axagc des rouleaux s'est fait d'abord à la main, 
puis au moyen d'une machine, avec une vis pouvant 
être mue soit à la main avec un levier, soit méca- 
niquement ; depuis 1880 on se sert même d'axeuses 
actionnées par une presse hydraulique. 

Relativement à la composition des rouleaux, ils 
furent pendant de longues années faits en cuivre 
rouge et jaune. Cette fabrication était un monopole 
des Anglais. Vers 1840, MM. Heilmann-Ducommun 
et Dubietl les fabriquèrent à Mulhouse; depuis 1886, 
la maison Vogt et ('.'", de Niederhruck, en fait égale- 
ment de jaunes. La fabrication de rouleaux rouges 
dans celte maison ne date que de 1803. 

MM. Louis Huguenin et Théodore Schlumberger, 
de .Mulhouse, imaginèrent, en 1862, d'employer des 
rouleaux en fonte recouverts de cuivre par voie 
élpctrolytique. 

Le mode d'actionnement des machines à impri- 
mera considérablement changé. Le rouleau, dans le 
principe, recevait sa force d'un manège mù par un 
bœuf ou un cheval, puis on se servit des moteurs 
hydrauliques ; en 18IJ3, nous voyons fonctionner la 
première machine à vapeur à un rouleau, celle-ci 
était à un seul cylindre. L'clfet du point mort se 
faisanl trop sentir, on eut recours, vers 18:i7, aux 
machines doubles angulaires; elles supprimaient les 
vitesses intermédiaires tout en donnant la latitude 
de fonctionner à tout instant et à n'importe quelle 
vitesse et quelle (|ue fut la pression. 

Vers 1800, on adapta les moteurs électriques à 
courant continu rt, depuis 1897, ou est arrivé, avec 
des dynamos à courant triphasé, à donner des vi- 
tesses variant de '■> à .ïO mètres à la minute. 

Quand on imprimait peu, et surtout que rini[)res- 
sion n'était faite ([u'à la main, il n'était pas indis- 
pensable d'avoir de la marchandise nettoyée à fond ; 
mais lorsque surgirent les appareils produisant 
beaucoup et avec lesquels, jjar conséquent, il fallait 
tenir compte non seulement de la perte de temps 
mais aussi des inconvénients et défauts que ])ûuvait 
entraîner un manque de nettoyage, on s'appliqua à 
trouver des appareils de nettoyage, parmi les(iuels 
un des plus importants est certainement la ton- 
deuse. Il fallait non seulement enrouler les pièces, 
mais aussi les nettoyer d'une façon telle que les 
duvets provenant soit du blanchiment, soit du frot- 

(1) Extrait du volume publié par la Société industrielle 
de .Mulhouse (Voir â la Bibliographie, 1902, p. 301). 



teinerit des machines fussent éliminés. On imagina 
donc des brosseuses, des enrouloirs avec battoirs, etc. , 
mais la tondeuse devint rai)pareil indis])ensable. 
Celle-ci était connue depuis longtemps, mais non 
sous la forme actuelle; sa disposition nous est in- 
connue. Citée déjà au xiV siècle, par Monteil (1), 
elle était alors spécialement em|)l<)yéepourlesdraps. 
On se rap|>elle aussi que Léonard de Vinci s'occupa 
d'en construiie une, vers 1490, et ses croquis exis- 
tent encore dans le Codex atlanticus de la CoUeclion 
ambroisienne de Milan. La première machine appli- 
c|uée au coton date de 1787 et a été construite par 
Harmer, puis vint celle de Dorr, en 1792. Celui-ci 
eut, le premier, l'idée de donner aux lames la forme 
de spirales, agissant en face d'une autre lame 
droite et fixe, que nous appelons aujourd'hui la lame 
femelle. Tous les brevets pris depuis lel on n'en 
compte pas moins de l'o) dérivent de l'idée pre- 
mière de Dorr. 

Notre machine actuelle, perfectionnée par Gros- 
selin, de Sedan, et Heilmann-Ducommun, de Mul- 
house, est montée avec deux et quaire spirales, 
ayant chacune huit lames. La production est telle 
que l'on peut tondre 1 2i»0 m. à l'heure et des agen- 
cements spéciaux sont installés de façon à enlever 
complètement la lontisse, (jui est expulsée au dehors 
par de puissants ventilateurs. Cette tonlisse, qui 
sert aujourd'hui pour les papiers peints, est re- 
cueillie au dehors dans des tambours tid hoc. L'in- 
térieur des ateliers est, de celle façon, absolument 
libéré de toutes les poussières, et les ouvriers qui 
y travaillent ne se doutent pas qu'une pareille ma- 
chine évacue journellement de 12 à lo k. de colon 
en lontisse, qui précédemment viciait l'atmosphère 
des ateliers. Des constructeurs (Uass de Leimep) ont 
même été jusqu'à faire des machines à huit lames. 
Pour le coton, en général, on n'emploie que les 
tondeuses à deux cylindres, et celte opération se 
donne après le blanchiment et avant l'impression. 
Les tondeuses servent aussi pour les apprêts des draps, 
les articles de laines et pour les cotons grattés et 
tirés à poil. 

Dans bien des cas, la tondeuse est insuffisante et 
on a alors imaginé les batteuses à baguettes (llum- 
mel, 1800, la brosseuse de Keim (1804), les lisseuses, 
pour les pièces presque froides ou trop chaudes 
lE. Welter, 1880 , et certaines machines dans les- 
quelles tous les modes de nettoyage étaient com- 
binés, soit enroulage, brossage, battage, aspiration 
des poussières et duvets, élimination des impure- 
tés, etc. ; un des types de ce genre est l'appareil de 
Scharrer, de lieindenheim (189.i , qui est fabriqué, 
par la Société alsacienne du constructions mécani- 
ques de .Mulhouse. 

Les vitesses que l'on donne à ces appareils sont 
considérables. On arrive facilement à produire, en 
dix heures de travail, environ jÙO pièces de 100 m., 

(I) Histoire des Français, par Mo.nteil, I, Xl\'. 



i3G HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



ce qui correspond, tout arrêt compté, à 1 m. 40 par 
seconde. 

Il est superflu de faire remarquer que la prépara- 
tion des couleurs est d'une importance capitale. 
Aussi s"est-on ingénié à chercher à les cuire plus 
également et à les produire aussi homogènes et 
aussi fines que possible. Dans le principe, on les cui- 
sait à feu nu, puis on les déversait dans une chau- 
dière placée dans une cuve d'eau où on les remuait 
jusqu'à refroidissement complet, puis seulement 
alors on les passait soit dans un linge, soit dans un 
lamis ou dans un sac de feu. D'après les notes de 
DoUfusAusset inéditesi, celui-ci vit, en 1818, en 
Angleterre, des cuves à couleurs à double fond, 
chauffées à la vapeur, mais ce mode ne se généra- 
lisa en Alsace que vers 18.30. Tulpin, de Rouen, 
imagina, en !8iO, la batterie de chaudières et y 
adapta des agitateurs mécaniques pour remuer la 
couleur pendant la cuisson et pendant le refroi- 
dissement. Dans les petites chaudières, il mit un 
agitateur unique, tandis que dans celles dépassant 
40 à 50 1. de capacité, il adapta deux agitateurs 
excentriques se commandant l'un l'autre, l'un ayant 
une vitesse double de l'autre. Ces agitateurs décri- 
vent une épicycloide et il se trouve de ce fait que 
toutes les parties de la couleur, aussi bien celles du 
centre que celles des bords, subissent l'action des 
agitateurs. Ces chaudières soni généralement en 
cuivre rouge ; on en fait aussi en funte éinaillée. 
On y a ajouté ensuite des robinets de purge pour 
l'air, puis des condensateurs automatiques Heintz) 
ne laissant absolument échapper que l'eau de con- 
densation. 

Les perfectionnements ont encore été plus loin 
Par des combinaisons de robinets, on peut au- 
jourd'hui laisser entrer la vapeur, puis quand la 
cuisson est terminée, on ouvre un autre robinet par 
lequel pénètre de l'eau qui refroidit la couleur. 
Cette dernière opération est d'une grande impor- 
tance pour avoir une couleur bien liée, bien homo- 
gène, bien égale, et économise une main-d'œuvre 
considérable. Les chaudières sont à bascule, de façon 
à pouvoir facilement transvaser la masse. 

Une couleur quelconque, quelle que soit son ho- 
mogénéité, doit encore, par prudence, être passée 
au tamis ordinaire. Ce moyen a été remplacé, d'a- 
bord par le sac en drap ou en feutre qui recevait 
la couleur; on exprimait celle-ci en pressant les 
parois du sac avec deux bâtons. Vers )8:iO, Larson- 
nier, de Puteaux, imagina une machine à tamiser, 
composée de séries de pinceaux agissant mécanique- 
ment sur les lamis fixes. Vint ensuite le cylindre à 
tamiser. Dans un cylindre se meut un piston, au 
moyen d'une crémaillère : le bas du cylindre est 
muni d'un tamis s'adaplant par une fermeture 
baïonnette. On lève le piston, on emplit le cylindre 
de couleur, le piston venant à agir de haut en bas 
sur la couleur, force celle-ci à passer par le lamis, 
d'où elle e?t recueillie dans un baquet. 

En 1846, Ridge a applique la presse hydraulique 
au tamisage. Un réservoir cylindrique est muni 
dans le haut d'un couvercle fermant hermétique- 
ment. Dans le bas du réservoir est un tamis mobile, 
contre les bonis duquel vient butter la tige d'une 
presse hydraulique, de bas en haut, à l'opposé du 
piston dans le cylindre. Le lamis monte et la masse 
exprimée tombe sur un plan incliné, d'où elle s'é- 
coule dans la cuve destinée à la recevoir. 

Rosensliehl, en 1868, imagina un appareil à tami- 
ser par le vide, et, en 1883, Dollfus-Mieg et C", de 



.Mulhouse, inventèrent un appareil très ingénieux, 
aujourd'hui universellement employé, dans lequel 
le pinceau fonctionne à l'instar de la main. L'opéra- 
tion est facilitée par un mécanisme qui donne un 
mouvement circulaire au tamis, pendant que le 
pinceau a son action propre et en sens inverse du 
lamis. 

L'emploi de l'albumine, qui date de 1821, mais 
qui, en réalité, ne fut pratiqué en grand que vers 
1840, suscita, par suite de l'application des poudres 
insolubles, de nouvelles machines destinées à ré- 
duire en poudres impalpables les laques, matières 
minérales, terres, ocres, qui forment la base des 
couleurs albumine. On a imaginé d'employer d'a- 
bord la broyeuse à boulets, de lianctin, déjà en 
usage pour la fabrication des outremers ; la broyeuse 
à boulets sur axe incliné, qui sert aussi pour l'indigo 
et qui a remplacé les anciennes bassines mobiles et 
à boulets; la broyeuse à fromage, ainsi nommée 
parce que la pièce métallique intérieure, qui provo- 
que la pulvérisation, a la forme d'une meule de 
fromage et roule dans une enveloppe de forme 
elliptique, aplatie sur les côtés longs; elle sert éga- 
lement pour l'indigo; la broyeuse à cône, composée 
d'un réservoir conique, dans lequel se meut un 
contre cône mobile, qui peut élre ou rapproché ou 
éloigné de la paroi où s'opère la friction; la broyeuse 
à pilons, analogue à la machine employée dans les 
poudreries ; la broyeuse à meules coniques, com- 
posée de deux cônes tronqués, reliés entre eux par 
un axe et tournant, au moyen d'un engrenage, sur 
une plate-forme qui reçoit la matière à broyer: la 
broyeuse de Dehailre (1876 , donnant des poudres 
impalpables, mais d'un faible rendement; enfin, la 
machine de Leclerc (1878J, composée de trois cylin- 
dres marchant à des vitesses différentes, dans le 
genre des calandres à fridion. 

Les couleurs terminées, on les dépose sur l'élo'ffe 
et on donne les opérations ultérieures de la teinture 
ou du vaporisage. C'est aux Anglais que nous som- 
mes redevables de ce procédé qui, aujourd'hui, a 
une importance capitale. 

Des essais de tous genres avaient été faits en 
Angleterre en 1740 (1), mais on n'employa que la 
chaleur sèche. Bonvalet, aux environs d'Amiens, 
réalisait des impressions en relief au moyen d'une 
presse chautTée par la vapeur d'eau. Le tissu com- 
primé se trouvait gaufré et teint par l'adhérence de 
la couleur appliquée. Celle opération était déjà 
comprise puisque, d'après Gonfreville i2), à Rouen, 
en 1792, on o|)érail comme suit : « Après un fort 
« garançage sur mordant convenable, on donnait 
« un simple débouilli à l'eau pure en vase clos, 
« mais en soutenant une longue et vive ébullition. 
Cl et cette eau quoique ne paraissant pas agir el ne 
Il se salissant presque point, la couleur cependant 
■i< s'améliorait de ton, mais surtout de fixité ■. Les 
premiers résultais sérieux datent de I7tti et eurent 
lieu en Angleteire. En tous cas, Bancroft (3), sans 
pouvoir citer l'inventeur, parle d'un imprimeur qui 
iixait directement (i la vapeur des couleurs appliquées 
sur Casimir, et il rapporte, dans son mémoire sur le 
quercitron, comment il est arrivé à fixer cette matière 
colorante. 

(1) Principles of Calico Piinling, Ijy Cil. O'Neill, 1878, 
p. 392. 

(2) Traité de la Teinture, par Gonfheville, 18i8, p. C41. 

(3) Englisches Farbebuch, annoté par D' J-ecer. — 
2 volumes, Leipzig, 1797. 



HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 157 



Le procédé paraît avoir élé ignoré en France, car 
Viarl,en 181 1 , prend un brevet. Persozdonnecomme 
date des premières impressions à la vapeur, 
Tannée 1810, tandisque l)ollfus-Aussel(tj assure que 
c'est seulement en 1814. 

Plus tard, Georges Dollfus, se trouvant à Paris, 
fit, de conçoit avec LolTet, de Colmar, des essais en 
vue de remplacer le ter à repasser par la vapeur 
d'eau. Ils exposaient des châles dans un tonneau 
défoncé, ajusté au-dessus d'une chaudière en ébul- 
lition. Ce piocédé prit le idus grand essor et dés I8i'.l, 
on s'en servait pour imjirimer une grande quantité 
de laine et de soie dans les environs de Paris, à 
Beauvais, au Logelbarh et dans le reste de l'Alsace. 
En 1818, Dollfus-Ausset (2) rapporta d'Angleterre 
le vaporisage à la colonne. Le développement des 
articles vapeur sur coton, mousseline-laine, fut 
remarquable, comme aussi l'article chaîne coton, 
introduit en Alsace en 1837 par Josué llofer. Ces 
genres eurent pendant de longues années une vogue 
extraordinaire. A cette époque, on ne connaissait 
guère que la cuve dite à poches, et le vaporisage à 
la colonne. Celui-ci avait succédé au vaporisage au 
tonneau, qui fut le point de départ (3). 

Depuis, de nombreux systèmes ont été imaginés 
et aujourd'hui on arrive à produire des quantités 
considérables. 

'l'hillaye en 1834, nous décrit le vaporisage à la 
guérite ou la cuve ordinaire. Puis vint le vaporisage 
à la chambre. Des wagonnets étaient chargés de 
pièces accrochées à des cadres. On les introduisait 
dans cette chambre où l'on donnait de la vapeur. La 
cuve fut modifiée en ce sens que le couvercle, au 
lieu d'être en bois, devint une plaque, chaulTée 
à la vapeur pour éviter les goultes d'eau de conden- 
sation. 

L'em])loi de l'indigo amena à vaporiser avec des 
cadres dits champagnes, comme on teint en indiiro. 
Depuis une trentaine d'années, nous avons eu le 
système Pxichard (1876), où les pièces sont enroulées 
sur des bobines creuses; le vaporisage SilTerlen (1878), 
avec une installation de crochets, permettant de 
vider très ra])idement la cuve ; le système 
Thom (t87l:, est le premier appareil continu; vint le 
système Cordillot-Malhcr 187:) , la cuve à haute 
pression ; le vaporisage .Malher-Platt, modifié par 
Remy ; le vaporisage circulaire de Duncan et Stuart. 
Le système aujourd'hui le plus employé dans les 
grandes usines est le grand ap|)areil continu, qui 
peut vaporiser jusqu'à 400 pièces de lOOni. (en 2 lar- 
geurs), en 10 heures de travail. 

Les opérations a'^cessoires du vaporisage ont été 
simplifiées et accélérées. On sait que les couleurs 

(I) Mal ériau.v pour la coloration des éto/fes. par L)oll- 
FLS-AtSSET, t. 1, p. 108. 

(î; Notes inéiiites, déposées aux archives de la Sociétù 
industrielle de Mulhouse. 

(3) D'après une légende i.iponaise, le principe du vapo- 
risage date de l'an o72 de l'ère chrétienoc. L'empereur 
Eitatsu-Tauio, qui régna de 572 à 588 de l'ère chrétienne 
(1232-1345 de l'ère japonaise; transféra sa résidence impé- 
riale à Osada. Lorsque l'État de Koma envoya au Japon son 
tribut annuel, le roi le lit accompagner d'une lettre écrite 
sur des plumes de curheau, avec de l'encre nnire. Comme 
personne ne pouvait lire cette lettre, le savant Osliiuni 
eut l'ingénieuse idée d'envelopper ces plumes dans de la 
soie blanche et de les soumettre A la vapeur d'eau. Les 
caractères apparurent alors distinctement reproduits sur 
la soie et on put prendre connaissance du contenu de la 
lettre. {Le Japon à l'Ejposilion de IS7S, par Matslgata, 
t. I, p. -il). 



contiennent de fortes quantités d'acide acétique et 
qu'un aérage ou une suspension préalable ne l'ont 
que favoriser la fixation descouhîurs. Ces opérations 
nécessitaient une certaine main-d'œuvre, occasion- 
naient une perle de temps, représentant des sommes 
que l'on chercha à économiser. 

C'est alors que, d'après les uns, des Aiuéri- 
cains (I), d'après d'autres, Mather-Platt, de Man- 
chester, imaginèrent le |iotit appareil dit « ageing 
machine ■■ ou à petite oxydation continue (2 . Un seul 
passage de 2 à 3 minutes enlève la plus grande 
partie des princi|)es volatils, donne un commencement 
de décom]iosition des mordants, et même, fixe les 
couleurs albumine. Ce passage, qui supprime tout 
aérage ou suspension préalable, permet de procéder 
immédiatement au vaporisage final qui se l'ail aussi 
rapidement que sûrement et économiquement, tout 
en évitant les frais de main-d'œuvre de la suspension, 
du crochage, de l'enroulage, etc. H supprime les 
frais de doubliers, si onéreux ; et en même temps 
empêche le coulage et le rappliquage. 

Dans la première moitié de ce siècle, les genres 
vapeur constituaient une fabrication accessoire, la 
majorité des genres étaient teints, puis quelquefois 
rentrés à la main. Pour les genres teints on em- 
ployait des mordants qui devaient subir un aérage 
assez long pour fixer les oxydes métalliques sur 
l'étoffe. On suspendait donc les pièces dans des éten- 
dages immenses où elles restaient quelquefois jus- 
qu'à 10 jours (3), et pour arriver souvent àun résultat 
incoiupletel irrégulier. Daniel Kœchlin (4) avait élé 
un des premiers à remar(|uer la nécessité d'employer 
une atmosphère humide pour la fixai ion des mordants. 
C'est alors que l'on construisit les salles dites de 
fixage. Le réglage de la chaleur et de l'humidité se 
se faisait au moyen du psychiomètre d'August, 
appliqué d'abord à ïliann chez .M. Scheurer-Rott, 
par Lefèvre, en 1851 . Ce dernier s'arrêta à la tempé- 
rature de 33° C pour la boule mouillée et 36° C pour 
la boule sèche (o). 

D'après les indications de John Thom, chimiste 
anglais, DoUfus-Ausset construisit, vers 1849, chez 
Dollfus-.Micg et C'% un élendage dans lequel il avait 
réuni les trois mordants. Walter Crum en 1850, per- 
fectionna ce mode en faisant une machine continue 
où les pièces séjournaient 30 à 40 minutes. Cet 
appareil est encore usité dans certaines fabriques. 

Après les opérations d'oxydation venaient néces- 
sairement les manipulations du dégommage, de la 
teinture, de l'avivage, etc. 

Les cuves à teindre (]ui, dans le principe, étaient 
des chaudières rectangulaires en cuivre, munies au- 
dessus d'un tourniquet mû à la main, étaient 
chaulTées à feu nu. Plus tard on les fit mouvoir à 
la transmission. 

tj'est vers 1818, qu'en Alsace, on les chauffa à la 
vapeur et qu'alors on les construisit en bois. Comme 
l'entrée et la sortie des pièces occasionnaient une 
grande perte de temps, on imagina des tournettes 
spéciales permettant d'entrer les pièces ensemble et 
de les sortir simultanément, en les recueillant dans 

(1) Bulletin de la Société industrielle de Rouen, 1876, 
p. 552, ligne 1. 

(2) Employée en Alsace pour la première fois en 1880, 
par Schailler et balance (Biographie de C. Koechlin, 
p. 16 . 

(3) K.F.PPRLIN [Exposition de IS67, p. 38). 

(4) Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, 
t. 1, p. 309 et suivantes. 

(5) Idem, 1899 {Biographie de C. Koechlin], p. 16. 



138 HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



des brouettes à compartimenls d'où, attachées en- 
semble, elles passaient aux machines à laver. D'après 
Dolifus-Ausset (I), Vetter, Thierry et Grossmann, à 
Dornach, avaient déjà, enl8U,des cuves de débouil- 
lissage, de teinture, des cuves à passer en savon et 
en son, chaud'ées à la vapeur. 

Vers 1828, Hall imagina la teinture en boyaux à la 
continue, laquelle fut encore perfectionnée par 
Haliwell et Fearn en 1837, SutclilT en 1844, 
Whiteliead et Diggle en 1831 et Thomson en 18o2, 
pour devenir la cuve à teindre et à savonner, con- 
tinue, en boyaux, que nous employons aujourd'hui 
et qui a encore subi de nombreux perfectionnements 
de détails. 

Ce que nous rappelons des cuves à teindre peut 
également s'appliquer aux cuves à dégommer, et en 
général aux cuves à passages que l'on donne dans 
les opérations si variées de la teinture. Les cuves au 
large à roulette, datent du commencement du siècle. 
Widmer, de Jouy, neveu d'Oberkampf, les indique 
déjà On s'en servait aussi, en 1815, pour la teinture 
au large des bleus, article lapis (2) ; on les appropria 
suivant les besoins, au dégommage, au bousage, aux 
nombreux passages en chrome, sulfate de soude, 
craie, ammoniaque, chaux bouillante, préparation 
de naphtol, etc. 

C'est vers 1880, que l'on introduisit les cuves à 
plusieurs compartiments, permettant de donner 
plusieurs traitements en un seul passage. On les 
modifia au point qu'aujourd'hui on construit des 
machines agencées de façon que la pièce ne subit 
qu'un seul passage, par exemple en craie, lavage, 
savon, double lavage, exprimage et enfin, séchage 
au tambour. Le tout est combiné de telle manière 
que la pièce, imprimée et vaporisée, sort de cette 
machine prête à subir les opérations finales du 
chlorage et du bleutage pour l'apprêt. Telles sont 
les cuves de Farmer et Lalance, de Gebauer, de la 
Société alsacienne de constructions mécaniques de 
Mulhouse, dans lesquelles, avec les grands modèles, 
on peut terminer près de 400 pièces de 100 m. de dix 
heures. 

Le mordançage des unis et les plaquages, en bains 
divers, se faisaient dans des foulards précédant des 
séchoirs spéciaux, appelés mansardes ou courses 
chaudes, ou hot-flue. On modifia ce genre en y 
adaptant des plaques à vapeur, vers 1860, et, plus 
tard, on y adjoignit des picots qui tendaient l'étolTe 
mais, de cette façon, on ne pouvait faire qu'une 
seule largeur. E. Welter, en 1891, imagina la hot- 
flue-rame à télescope, avec laquelle on peut mettre 
la pièce à sa longueur primitive. Par l'emploi des 
télescopes, le fabricant a la facilité de pouvoir traiter 
des genres ayant au minimum m. 70 de large et 
pouvant aller à 1 m. 50. La luoductiun, loin d'en 
souffrir, a été augmentée d'une façon telle qu'avec une 
de ces machineson peut produire 80 pièces de lOOm. 
en dix heures de travail, avec 2.5 plaques de 
dimensions normales, de 2 m. de long sur Im. 60 de 
large, et sous pression de 2 à 3 atmosphères. 

Après les diverses opérations nécessitées pour le 
dégommage, la teinture, le vaporisage, il est de toute 
nécessité de laver les pièces, et la machine à laver 
est l'appareil le plus indispensable, dans la teinture 
comme dans le blanchiment. Aussi s'est-on appliqué 
à chercher la perfection ou du moins à l'approcher. 

(1) UoLi.Fus-Ai'ssET [Malvriaux pour la coloration des 
êlo/fes, t. I, p. 23). 

(■-') UoLLFus-AussET, notes inédites, Ijibtiothèque de la 
Société industrielle de Mulhouse. 



D'après ce que nous savons, le " moulin à foulon », 
après les fléaux du genre de ceux usités pour 
battre en grange, a été une des premières machines 
qu'einployaitl'indienneur. (l'est celle dont se servait 
Ityhiner. On sait aussi que Scha'fTer, à Kegensbourg, 
en Bavière, en possédait une. Quoi qu'il en soit, la 
toute première mention d'une machine à laver est 
celle relative à l'appareil construit par Tyzacke, en 
1691, en Angleterre (1). Ilausmann n'emiiloyait que 
le moulin foulon. Un teinturier de Rouen. Graf de 
la Boulain (2) inventa, en 1794, le clapot ou du 
moins quelque chose d'analogue. Les pièces 
passaient entre deux rouleaux cylindriques placés au- 
dessus d'une cuve; de là vient probablement le nom 
de rouennaise que l'on donnait au clapot. Davis le 
décrit tel que nous le connaissons, mais d'après les 
données anglaises de Baylis (1820). Un Allemand, 
Reulh,atlira l'attention de ses compatriotes sur cette 
machine qui porte encore, en Allemagne, le nom 
de Reulh. Oberkampf (3) se servait des fléaux et du 
moulin à foulon; il remplaça, en 1793, ces appareils 
par une série de battoirs, frappant sur une plate- 
forme tournante et appelée « batterie «. De cette 
époque date la généralisationdes plateaux à battoirs. 

Vers 180'1, les Anglais se servirent de la roue à 
laver (wash whecl), qui fut introduite en Alsace en 
1818, par Dollfus-Ausset. Le lavage continu, dû 
aussi aux Anglais vint quelques années plus tard, 
et fut introduit en France en 1837, par E. Fries. De 
ce moment surgissent une foule de machines lavant 
au large, en boyaux, en paquets, etc., et dont nous 
ne pouvons que signaler les plus saillantes. Ainsi 
le clapot à lanières, le clapot à battoirs, la laveuse 
Holding, la laveuse Parson (18d0), la machine 
Whitacker, les machines à pilons de Tulpin, de 
Robinson, la laveuse an large, la machines de 
Furnwall, la machine Scheurer-Rott, les diverses 
espèces de traquets, soit simples, soit à tournettes, 
soit sans tension ou continu, le clapot à chevilles 
mobiles, le clapot sans tension, le clapol-traquet, la 
machine traquet de Dollfus-Mieg et C'*^, la machine 
de Witz-Brown, la machine Farmer, les machines 
à laver au large, et, enfin la machine Welter. 

Le rendement est tel que, sur une bonne machine 
on peut arriver à laver, en dix heures, de 1000 à 
1200 pièces de 100 m. de calicot ordinaire de Om.90 
de large et pesant en écru, de 9 à 10 kilos. 

Après le lavage et avant le séchage, l'essorage 
s'impose. On le fit de diverses manières : on employa 
d'abord des rouleaux en bois. Dollfus-Ausset en 
avait vu fonctionner en Angleterre et on rapporta les 
plans mais la construction trop légère trop peu étu- 
"diée, fit qu'on y renonça pour employerune sortede 
panier analogue aux paniers à salade de nos cuisi- 
nières. On perfectionna l'appareil qui devint « le 
diable » en Normandie ;on l'appela aussi « la folle » : 
c'était un tambour placé verticalement, la couronne 
percée de trous, et le tambour tournant à une vitesse. 
On modifial'appareilqui devint l'hydro-extracteur in- 
venté par Petzoldl, qui le breveta le 2 août 1836, à Paris; 
il fut introduit en Alsace en 1840. D'abord le panier 
horizontal n'était supporté que par une crapaudine, 
l'axe fut ensuite fixé dans le bas et dans le haut et 
mû par des plateaux à friction; puis on adopta des 

(1) Abriilgemenls of spécifications relatin'j to dressinr/ 
and finishing woven fabriks from II. Reader Lacii, froia 
1620 till IS66. 

(2) Leuchs, Traité des matières colorantes, 1829, p. 30 
et suivantes. 

(3) Oberkampf, par Labouchèbe, 1866, p. 36. 



HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 159 



systèmes de poulies permet tant d'augmenter graduel- 
leinenlles vitesses et d'aller, aven un |)anier de 1 m. '20 
de diamètre, jusqu'à 1200 tours à la minute. Lliydro- 
exlracteur du grand format pouvait contenir de i;; à 
10 pièces de uUm. La dilTérence de poids, avant et 
après l'essorage, était dans la proportion de 100 à 
4;) kilos; le temps nécessaire n'excédait pas.'; minutes. 
L'hydro-exlrarteur a été remplacé, dans beaucou[) 
d'usines, par la .< water mangle ", beaucoup plus 
praliijue et qui n'oblige pas à découdre les pièces, [.a 
water mangle n'est autre qu'une sorte de calandre 
moulée sur des bâtis résistants; les cylindres sont 
en bois, en métal, encolon, ou en papier et expriment 
au maximum le tissu, qui a l'avantage de passer au 
large et à une grande vitesse. 

Les opérations de teinture, lavage, essorage, 
terminées, il faut sécher les étoffes. On s'est 
servi des prés, comme on le fait encore en 
Italie et en Es|)agne, puis des étendages à l'air 
libre, des élendages à air chaud. Vers 1818, un 
Anglais, Jonathan Sheflield, imagina le premier 
séchoir à trois tambours, qui ne fut d'abord appliqué 
qu'aux Cachemires de laine. Il se répandit peu à peu 
en Normandie puis en Alsace. 

DoUfus-Ausset, toujours dans le même voyage 
de 1818, qui a été si fructueux pour l'industrie 
alsacienne, avait rapporté les plans d'un tambour 
à plusieurs cylindres qui fut construit par Uisler 
Frères et Dixon, à Cernay. 

Le tambour à sécher a subi une foule de transfor- 
mations : on a construit les cylindres en tôle de fer 
étamée,puis en tôle de cuivre brasé, puis en cuivre 
élamé, enfin en cuivre déposé galvaniquement sur 
un grand cylindre, de façon à ne pas avoir le danger 
des fuites qu'occasionnent les soudures imparfaites. 
Suivant les exigences du fabricant ou du local, on en 
a fait avecun tambour ayantjusqu'à uni de diamètre, 
ou bien avec 3G tambours de m. 08, et aussi, 
suivant les ras, pour une, deux ou trois largeurs ; 
les points de contact de l'étolTe ont été soigneu- 
sement étudiés. Par des systèmes de roulettes, on 
peut, à volonté, sécher l'endroit seul, l'envers seul 
ou alternativement l'envers pendant un certain 
temps, puis l'envers et l'endroit. .Malgré la consom- 
mation importante de charbon, le tambour est 
devenu un appareil indispensable, car son emploi 
économise beaucoup de main-d'œuvre et donne un 
travail plus rapide et plus propre. 

Le passage au tambour étirant fortement la pièce, 
on fut amené à créer des appareils qui, tout en 
séchant la marchandise, lui laissaient sa largeur 
normale ou la rétablissaient quand elle avait subi 
une trop forte perte. Ces appareils sont les rames. 
C'est vers 184G quese construisirent les premières (I); 
elles furent fixes, puis on les lit mobiles et on arriva, 
petit à petit, aux rames de nos jours, qui servent 
non seulement au séchage des tissus ordinaires, 
mais aussi et surtout pour les apprêts. Les rames 
sont, à notre époque, indispensables ; on les fait à 
pinces, à i]icots de systèmes des plus variés, avec sé- 
choirsà plaques, avec tambours, à air chaud, etc., etc. 
L'usage de la rame et des tambours en général, a 
provoqué l'adjonction d'engins accessoires qui faci- 
litent le travail, tels les élargisscurs, dont les sys- 
tèmes sont tri's nombreux. Les uns s'appli(iuent 
directement sur les tambours ou dans les appareils 

(1) Bulletin <le la faciele ln(/ustrielle ,1e Mulhouse. 1818, 
p. 25 i et suivantes. — Matériaux pour la coloration des 
éloff'es, par Dollfus-Ausset, t. I, p. 258. 



à sécher, comme l'élargisseur à vis, les cônes à com- 
pensation, les coyots, du nom de leur inventeur, un 
contremaitre rouennais nommé Coyot, qui date 
de 182;;, l'élargisseur Jones, de 182'j, l'élargisseur 
à secteur, l'élargisseur llesfort, l'élargisseur Luther, 
l'élargisseuse Birch, etc., etc. 

Les autres machines de ce genre nécessitent une 
opération spéciale, et sont utilisées soit après h; 
séchage, soit aussi pour redresser l'étoffe, soit pour 
biiser les apprêts, ou pour gagner de la largeur 
quand il en manque peu, ou, enfin, pour égaliser. 
Ainsi, l'élargisseuse Palnier, la machine à élargir 
de Hcilmann, l'élargisseuse Poole, la machine 
Gebaucr. 

Parmi les appareils accessoires de la teinture, 
signalons les appareils à chlorer. Le chlorage au 
tambour date de 1840 et est attribué à Rlech, Stein- 
bach de Mulhouse, Scliwartz-Huguenin, de Morsch- 
willer, et Daniel Eck, de Cernay. 

Le chlorage mécanique des garances avait déjà 
été tenté en 1804 par \S'idmer, de Jouy, qui jjassait 
les pièces au large dans une cuve à bouser contenant 
le chlore ; il l'abandonna, parce que les accidents 
occasionnés par l'inadvertance des ouvriers ren- 
daient cette méthode trop incertaine et trop dispen- 
dieuse. En 18o0, les Anglais imaginèrent le chlo- 
rage à la vapeur, qui répond à toutes les exigences, 
et avec lequel on est arrivé à un tel degré de perfec- 
tion que l'on ne peut se dispenser souvent du 
chlorage au tambour. 

Tous les appareils dont nous venons de retracer 
sommairement l'histoire, concernent la teinture et 
l'impression. La branche si importante des apprêts 
a vu aussi son outillage s'augmenter et se [jerfec- 
tionner d'une façon remarquable. 

La première machine employée était la calandre. 
Primitivement elle était composée de deux rou- 
leaux ; son usage date de plusieurs siècles. D'après 
Knight, les Anglais n'eurent connaissance de cette 
machine que par des réfugiés français qui l'impor- 
tèrent. On admet aussi que c'est d'Italie que les 
Français la connurent. Ce qu'il y a de certain 
c'est qu'en 1790 un sieur Bunting(l) avait construit 
une calandre à trois rouleaux, dont deux en bois et 
un en métal, intermédiaire et creux, de façon à 
pouvoir être chauffé. 

Vaucanson (2) se préoccupa de ces appareils et 
inventa une calandre à moirer. Charles Dollfus, de 
la maison Wilz-Blech, à Cernay, fils de Dollfus- 
Ilaussmann, inventa, en 1828, une calandre dans 
laquelle fut mis en pratique un agencement permet- 
tant de passer deux pièces en même temps, l'une 
en dessus, l'autre en dessous du cylindre du milieu. 
C'est aussi à celte machine que, pour la première 
fois, furent adaptées des dispositions destinées à 
protéger l'ouvrier. De cette même année datent les 
rouleaux de coton comprimés dus à Bentley. 

Les nécessités croissantes de l'industrie, la multi- 
plicité des genres d'apprêts, stimulèrent les cons- 
tructeurs qui sont arrivés à faire des calandres jus- 
qu'à 9 et 11 rouleaux. 

Le lustrage ou glaçage des étoffes, introduit en 
.Msace vers I8W, par .M. Fries, était déjà pratiqué à 
l'étranger. En 1810, Dean avait construit une ma- 
chine au moyen de laquelle un morceau de cire 
était frotté rapidement sur l'étofTe et lui donnait un 

(1) Transactions of the Society for Encouraq.. t. XV, 
p. 209. 

(2) Histoire de l'Académie rot/aie des sciences de Paris, 
1172, p 5. 



160 HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



ceilain brillant. Depuis on a construit un premier 
appareil, dit cireuse, qui dépose la cire sur l'étoffe, 
et un deuxième appareil, la lustreuse proprement 
dite, qui se compose d'un galet d'acier poli ou de 
verie, lequel frotte transversalement l'étoffe pen- 
dant que celle-ci avance très lentement. Cette ma- 
chine était très répandue et certaines usines, comme 
Ilœffely et C'' à Pfastatl, en 1870, en avaient jus- 
qu'à 100 placées dans une seule salle. 

La mode ayant délaissé l'apprêt lustré, l'usage de 
ces machines a diminué. On a remplacé ce genre 
de luisant par im brillant analogue à celui de la 
soie et qui est produit par la machine dite c< Beetle ». 
D'origine irlandaise, où elle sert encore pour le 
lin, elle a été appliquée pour le coton vers iS'M. 
C'est, en résumé, un appareil composé d'une série 
de marteaux en bois dur, ou cames, ou pilons, frap- 
pant sur l'étoffe préalablement enroulée. Le tissu 
marche très lentement et de façon que le coup de 
maillet ne tombe jamais deux fois de suite à la 
même place. Outre la beetle, on a encore imaginé 
des appareils pour donner aux étoffes un apprêt 
particulier que l'on peut obtenir avec une autre 
machine. C'est l'apprêt dû à la « Mangle ». Dans cet 
appareil, le tissu est enroulé ; le rouleau, étant 
placé entie deux cylindres métalliques sous très 
forte pression, on donne alors à ces cylindres un 
mouvement de va-et-vient. Il en résulte qu'une fois 
les fils de chaîne s'écrasent l'un l'autre, une autre 
fois s'encastrent l'un dans l'autre, ce qui produit un 
moiré tout pari iculicr, dû à la réflexion delà lumièi'e 
sur le fil rond ou plat. La mangle allemande est très 
ancienne, on l'a remplacée par les mangles rotatives, 
hydrauliques, de Deblon, Dehailre et llauboldt. 

L'aspect donné par mangle a été imité, mais le 
cachet de la marchandise est tout autre ; il s'en est 
suivi qu'on est arrivé à créer des genres spéciaux, 
dit gaufrés. Le gaufrage est une sorte d'impression 
dans laquelle on force un tissu à prendre une em- 
preinte déterminée et suivant les genres de dessins 
on obtient des effets remarquables. Ainsi par l'em- 
ploi de filets très fins, on a imité à s'y méprendre le 
brillant de la soie. Aujourd'hui on gaufre au moyen 
de filets tellement rapprochés, qu'il y en a jusqu'à 
20 par millimètres. 

Pour terminer cette longue revue, signalons, en 
quelques lignes les nouvelles machines employées 
pour les apprêts et la préparation do la marchan- 
dise. Mentionnons d'abord les appareils à cuire les 
apprêts de Simon. Les machines à apprêter si mul- 
tiples, celles avec racles (Hauboldt-llummel), celles 
à friction (Ducommun), celles apprêtant à l'envers 
(Mather et Platt, Société alsacienne de constructions 
mécaniques). 

Les nombreuses modifications faites aux foulards 
plaqueurs, disposés de façon à pouvoir passer en 
plein bain, ou à l'endroit seul ou à l'envers seul, 
avec des pressions diverses et des frictions modi- 
fiables, ont réuni ces avantages dans le foulard 
universel de Dehailre. 

Il faut aussi mentionner spécialement les ma- 
chines à merceiiser. On sait combien le merceri- 
sage ou passage en soude caustique concentrée dû 
à Mercer, rehausse l'éclat du colon, soit en fils, 
soit en pièces. On a imaginé toute une série d'appa- 
reils parmi lesquels nous citerons principalement 
es machines de David, Gebauer, Simon, Mather et 
Platt, llauboldt, etc. Ce mode de préparation du 
coton paraît devoir s'implanter dans lafabrication et 
il est déjà employé aujourd'hui sur une vaste échelle. 



(continuons notre énumération : 

Les machines à plier et pour la vérification des 
pièces. 

Les appareils destinés à rafraîchir et humecter les 
étoffes: L'humecteuse à brosse de Tulpin, l'humec- 
teuse à godets de Fromm, la machine à humecter 
de Weker, par tubes injecteurs, celle de Gebauer, 
de Kron, etc. 

Les ajipareils à dérompre de Garnier, les machines 
à doubler <le Farmer, de Dshaitre, de Crowell, de 
Gebauer, d'Elder. 

Le rectomètre imaginé en 1843, par Maunier, de 
NVesserlin,les machines àmélrer etàplier de Chape- 
lain, Ilummel, Gebauer, à table courbe, à table plate. 

Les [iresses de tous genres, soit pour presser les 
étoffes pliées, soit pour leur donner un apprêt spé- 
cial, comme les laines, les moreens ; les presses 
circulaires avec feutres, employées plus spécialement 
])our les mousselines de laine. Ces appareils se font 
mus à bras ou à moteur direct ou par transmission. 
On les garnit aussi de plaques dans lesquelles peut 
cii'culer de la vapeur ou de l'eau froide (on en a fait 
même avec chauffage électrique); et, enfin, les appa- 
reils à imprimer les chefs, à pointer et à couper les 
échantillons. J. D. 

Impression à la main. 

Nous avons dit quelques mots, en tête de ce cha- 
pitre, sur l'impression à la main ou à la planche. 

Ce mode de fabrication, jadis souverain dans l'im- 
pression des tissus, est encore à peu près indispen- 
sable lorsqu'il s'agit de produire de grandes largeurs 
dépassant un mètre et demi et des genres riches 
dépassant 12 et 16 couleurs. 11 permet aussi d'obtenir 
un éclat beaucoup plus grand qu'avec la machine, 
parce que la quantité de couleur appliquée sur le 
tissu est plus considérable. Il n'y a point non plus 
l'écrasement inévitable des couleurs qu'éprouve la 
pièce imprimée au rouleau, obligée de passer toute 
liumide et successivement, entre les cylindres 
gravés qui la compriment fortement. 

Dans les origines de l'industrie des toiles peintes, 
on était chimiquement limité par le nombre de 
couleurs à juxtaposer dans un même dessin. Mais 
plus tard, après l'introduction de la fabrication des 
couleurs fixées à la vapeur, on augmenta succes- 
sivement la richesse de coloration des dessins, ce 
qui permit d'exécuter soit des châles riches, cache- 
mire, sur laine et colon, des fichus, écharpes, tapis 
de table, dos robes fantaisie « à disposition », soit, 
notamment, les beaux meubles coton, laine, et soie 
qu'on produisit surtout à partir des années 18b0 et 
1860, ayant jusqu'à 40-!i0 tons et couleurs différents 
et 700 planches gravées. Primitivement, on impri- 
mait sur des tables de 60 centimètre de large et 
2 mètres de long. On alla jusqu'à 2 m. 20 de large et 
00 mètres de long (1). 

(A suivre.) 

(1) La « tireuse » avec une brosse, étale la couleur sur 
uu drap ou canevas, tendu dans le cadre ou cliàssis. 
C'est là que l'iuiprimeuse applique sa planche, qui, 
enduite de couleur, est alors portée sur la pièce. Pour 
forcer la couleur à mieux pénétrer le tissu, l'ouvrière 
donne, sur le dos de la planche, un coup sec avec un 
maillet en fer. 

Le Direcleur-Gérant : L. Lefèvre. 

liniirimé à Corbeil par Éd. CnÉrÉ. sur papier alfa fabrique 
spécialement pour la Revue. 



REVUE GÉNÉRALE 

DES 

MATIÈHES COLORANTES 

ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACHENT 



7" Année 



N° 78. — Tome VII 



1" juin 1903 



UTILISATION DES VAPEURS NITREUSES RÉSIDUELLES DE LA PRÉPARATION 
DES PERSELS PAR L'ACIDE NITRIQUE 

Par M. Emile BLONDEL. 



J'ai déjà signalé, dans le Bulletin di' lu So- 
ciété Indiislriclle de. Rouen (août 1902), le prin- 
cipe d'une application destinée à alTranchir les 
ateliers de teinture, ou leurs dépendances, des 
vapeurs d'acide hypoazutique si dangereuses en 
même temps pour la santé puljlii]ue, pour la 
végétation environnante, et pour le matériel 
en général rapidement ruiné par ces gênantes 
émanations. 

Le principe de la réaction, pour n'être pas 
absolument nouveau, n'en offre pas moins, au 
point de vue de l'application pratique, quelques 
difficultés. 

La préparation de certains sels de fer, 
d'étain ou de cuivre utilisables dans l'industrie 
de la teinture ou des toiles peintes, est obte- 
nue par l'action de lucide nitrique sur le sul- 
fate ferreux, sur le proloclilorure d'élain ou 
sur les métaux de ces sels ; elle donne lieu à 
de vifs dégagements de vapeurs nitreuscs qui, 
généralement évacuées dans l'atmosphère par 
différents moyens, n'en sont pas moins nuisibles. 

A un autre point de vue, la [jcrle de ces 
vapeurs résiduelles est loin d'être négligeable. 

Kn principe, les vapeurs d'acide liypoa/.olique 
réagissant sur du sulfate ferreux donnent à 
nouveau du sulfale ferriquc. 

Comme Tutilisalion de ces vapeurs ne peut 
pratiquement se faire qu'en les faisant filtrer 
au travers d'une couche assez épaisse de sulfale 
ferreux, il est nécessaire de prendre des pré- 
cautions pour empêcher la masse de se solidi- 
fier et de devenir imperméable, ce qui arrête- 
rait la réaction. 

On y parvient aisément en disposant dans 
la colonneabsorijantedu sulfate ferreux humide 
et en faisant circuler dans la masse, avec les 
vapeurs nilreuses, un courant d'air chaud et 
humide. 

On a ainsi la satisfaction d'obtenir, avec la 
même quantité d'acide nilri(|ue, sensiblement 
plus du double de sulfate ferriquc, et on évite 



en plus aux ouvriers chargés de ces prépara- 
tions, à l'entourage immédiat ou mômequelque 
peu lointain, les inconvénients graves qui 
résultent du dégagement si dangereux des 
vapeurs d'acide hypoazotique. 

Les dispositions propres à amener un bon 
résultat peuvent évidemment varier, le principe 
reste le même. 

Nous avons bien réussi en utilisant une bon- 
bonne en fonte, munie de quatre tubulures : 
l'une, A, assez large, perpendiculaire à la base, 
sert à supporter la colonne lillrante constituée 
par trois tuyaux en grés verni de m. 'lO inté- 
rieur et de m. 80 de hauteur; les tubulures 
de ces tuyaux sont rendues joinlives à l'aide 
d'un mastic inattaquable, brai ou goudron 
mélangés de matières terreuses. 

Un diaphragme percé de trous, et ménagé à 
la base, sert à retenir le sulfate ferreux ren- 
fermé dans la colonne et permet aux vapeurs 
nitreuses de s'y répandre, en même temps que 
le sulfate ferrique, produit de la réaction, 
s'écoule par la même voie. 

Une tubulure, B, suffisamment large, est 
ménagée vers le haut de l'appareil en fonte pour 
l'introduction du sulfate ferreux. Une autre 
plus petite, C, placée à la même hauteur, 
donne passage à un tube plongeur, soit en verre, 
soit en fer relié ;'i un petit éjecteur d'air ali- 
menté par un jet de vapeur. 

L'appareil étant chargé de sulfale ferreux on 
peut à volonté introduire d'un seul coup l'acide 
iiilri(iue par la tubulure B et refermer de suite 
avant l'apparition des vapcmrs rutilantes, ou 
introduire lentement l'acide à l'aide d'un second 
tube en verre muni d'un robinet et ajusté dans 
la tubulure C. 

On a soin de disposer à la partie supérieure 
de la colonne un petit baquet à fond plat et 
faisant à peu près joint avec elle ; on le remplit 
d'eau, dont un bouchon conique émergeant per- 
met de régler récoulcmonl. 

11 



102 Edouard SIFFERLEN. 



EMPLOI UU BLEL' DE NITROSU SUR TISSUS DE SOIE. 



Les vapeurs, en se dissolvant dans la couche 
humide de sulfate ferreux, l'oxydent; il seforme 




Appareil pour l'utilisiitiou des vapeurs iiilieiisos produitct^ 
dans la pré[K)i'ation des mordiiuts en teinlnre. 

du sulfate ferritjue qui s'écoule dans le vase en 
fonte. Dos que la réaction est un peu avancée, 
on injecte de l'air qui, mélangé de vapeur, 
échauffe la masse liquide de sulfate ferriqueet 
en chasse les dernières traces de vapeurs 
nilreuses. Une tubulure D, ménagée à la hase de 
l'appareil, permet de recueillir le sulfate for- 
rique sans ouvrir l'appareil. 

Dans le cas de vapeurs nitreuses provenant 
d'une autre préparation, il suffît d'en diriger 
le dégagement dans la bonbonne en fonte pour 
obtenir le même profit de ces vapeurs rési- 
duelles. 

Il peut arriver que l'emploi d'un excès d'eau 
amène accidentellement un écoulement de sel 
ferreux en excès, nuisible cncertains cas; la pré- 
sence du sul minimum peut être facilement 
leconnue par un essai au permanganate et 



l'oxydation complétée dans la liqueur étendue, 
par une addition calculée d'acide chromique 
avant son emploi. 

Les vases en grès sont coûteux et difficiles à 
oblenirpour une pièce unique ; il est, par contre, 
lacile de s'en procurer un peu partout en fonte 
dure, peu attaquable, et d'une assez longue 
durée, si l'on a soin de leur donner une épais- 
seur suffisante. 

L'emploi fréquent de ces préparations, les 
inconvénients qu'elles présentent pour la santé 
de ceux qui y sont occupés, l'avantage écono- 
mique qui résulte de l'application du dispositif 
que nous indiquons, après l'avoir appliqué nous- 
même pendant plus d'une année, justifient 
largement et au delà, la faible dépense d'instal- 
lation, beaucoup moins considérable, certes, 
que les frais d'entretien occasionnés par les 
méthodes usuelles, et les avantages s'en peu- 
vent résumer en deux mots : hygiène et éco- 
nomie. 



EMPLOI DU BLEU DE NITROSO 
SUR TISSUS DE SOIE 

Par M. Edouard SIFFERLEN. 

Le bleu de nitroso, pour se développer sur 
soie, exige des bains fortement acides. 

Pour obtenir des réserves blanches, on com- 
mence par imprimer la réserve et l'on plaque le 
l)leu de nitroso au foulard. 

Après séchage, passer au Malher-Platt, en 
ayant soin de faire les coutures au lil de soie; 
rincer au traquet et savonner. 

Pour le foulardage, on doit employer des rou- 
leaux de caoutchouc et un châssis en bois aussi 
petit que possible, afin de permettre un renou- 
vellement constant du bain. 

Les enlevages colorés peuvent s'imprimer 
directement sur tissu foulardé avec la réserve 
additionnée de colorants basiques appropriés. 

Bain de foulardage : 

GOO gr. nitroso sel M (nitroso salzM) ou la quan- 
tité de base correspondante. 

Empâter avec : 

100 gr. glycérine. 
(JOO c. c. alcool. 

:! lil. eau de dextrine. 
7.')0 gr. acide acétique, d'autre part. 
300 gr. oxynapiitol. 
■J.'iO gr. résorcine. 

4 I. 1/2 ac. acétir[ue. 
1 ROO gr. solution acétique de tannin 1/1. 
yOO ce. acide chlorydrique 22". 

1 I. 500 alcool. 

Re'scn'e. 
TM gr. amidon grillé clair sec. 

I lit. bisullile (le soude à 32" B. 
200 lit. gelée d'alumine en pâte. 

On ne foulardé pas le tissu en plein bain, 
mais en le faisant passer entre les deux rou- 
leaux, le côté imprimé en dessous. 



SANDMEYER. — SYNTllÈSR DE L'INUIOO AU MOYEN DE LA TIIIOCAKRAMLIDE. 163 



ENLEVAGES C0LORÉS AU CllROMATE ET A i;0XALATE DE POTASSE 
SI R BLEU CUVÉ EONCÉ 



Nous donnerons, coninic types di' eouli'urs, 
les recelles d'un jaune el d'un riiui,'e i'iile\ai;e. 

JllUIIC. 

\W) t;r. Jaune de chrome en pâle. 

8ô — BulironiHlc de sonde. 

ta — Aiiiuioniaque à 21". 

lôO — Eau de britiîshsuin. 

100 — Oxalate neutre de fiulafse. 

A froid. 

VA) — Alhuniine à I kil par lilre. 

KIIMI 

lt")i;ir. 

iOO ^r. I.aipio ruii^'c ION J'abrlipics ik' Th.- 1 

Ntulhouse). 
85 — liiolironiati! île sciude. 
Kl — Aiiiiuiiniai]uc à ",'1 ". 
I.iil — Eau lie lirilisliguni. 
lUO — (.(.xalale neuUe de potasse. 

A froid, 
2,')0 — Allniniine à I kil. par litre. 
1000 

Ces couleurs renferment 1 molécule d'acide 
chromique pour 1 molécule d'acide oxalique. 

U/,uic. 
Sj gr. liiclironiato de soude. 
15 — Ammouiai|ue à 21". 
800 — Eau de bistisligum. 
100 — O.ialate de potasse. 
lOUU 

Le blanc ne renferme aussi que I molécule 
d'acide cliromiqiie pour I molécule d'acide oxa- 



lique. Les résullals ne sont pas sensihlenienl 
meilleurs avec 1 molécule l/''2 d'acide oxalique. 

L'équalion théorique de la production d'o/.one 
<lemande 1 molécule M'I d'aciile oxali(iu<> ]iour 
I molécule d'acide chromique (//. fi. M C, 
lilOl, p. '.);S). Ce sont liien, en etrel, les priqior- 
ti(m qui, sur hhui clair, donneul le meilleur 
hianc. Dans le cas du bleu cuvé foncé, la quantité 
d'indigoline est assez grande pour jouer le rôle 
de la troisième l/Si molécule d'acide oxalique, et 
pour déterminer la décomposition de la combi- 
naison d'acide chromique et d'.icide oxalique. 

SI le blanc rongeant paraissait un pc'U faible 
pour le bleu foncé employé, on aiit;menterait 
les proportions de bichromate de soude el d'oxa- 
lale dans le rapport oii elles M)nt dans la cou- 
leur, en |iieiiant i)ar ex. 100 gr. de bichromate 
de soude el 1 17.-") gr. d'oxalale de potasse. 

Uaiii de jKissnije. 

IllO a l.'.n pr. .-Veide sulfui-iiiue à CO». 
lliOll — Eau. 

il la température de ."jO" C. ; durée du passage, 
•15 secondes. 

Ces couleurs ont été étudiées et misesau ])oinl 
par M. G. Rossel, chimiste de la maison Gros 
Uoman el C'', de Wesserling. Nous lui expriiiums 
tous nos remerciements. 

M. 1'. 



SYNTHESE DE L'INDIGO AU MOYEN DE LA THIOCARBANILIDE 

Par M. T. SANDMEYER (V.. 



L'auteur expose la iiouèsc complote de cette uou- 
\ellc nn-tlidde de fabrication de l'indigo. Son point 
do départ initial a été le composé isonitrosé, qui 
provient tic l'action de l'hydroxylainine sur la Iri- 
chlorélhylidènedijihénamine, et doit être : 



(C«11"..\I1,2.C1I -c: 



fit 



Ce corps, traité par l'acide sulfuriipie lonreutré 
vers liOo-OO», s'y dissout avec une cntoralion violet 
brun foncé, (pii, vers '.tU"-ll)0", devient subitement 
rouge jaune. Étendue d'eau et traitc'e par l'éther, la 
solution abandonne de l'isatine. Mais il se forme à 
côté un autre |iro(iuit de coiulensation, car quelques 
gouttes de la solution sulfurique, additionnées d'am- 
moniaque et de zinc en poudre, dégagent l'odeur 
caractéristique de la cuve d'indigo, et à l'air il se 
sépare des paillettes bleues, réarlion que ne donne 
pas l'isatine. L'acide sulfuricpie ilcndii exerce donc 
une action décomposante sur le pioduit de la réac- 
tion ;-aussi, pour isolercelui-ci, faul-ilsaturerracide 
sulfurique par de la soude mélangée de glace. On 
obtient ainsi de niagnillques aiguilles violet noir 

^1) Ziils. faibeii u. Te.rtil-Chemie I90:i, p. f.'li. 



fondant à 126" (point de fusion de l'i-isalinaiiilide', 
et que les acides minéraux étendus dédoublent laci- 
leinenl en aniline el isatine. 

Le sulfliydrale d'ammoniaque ajouti' à la solution 
alcoolique orangé de ce corps la fait passer au 
jaune, |uiis au vert, et enfin au lileu, et de l'indigo 
se pri'cipile à l'étal ciislalliii. 

En poussant plus loin l'étude du composé isoni- 
trosé, qui élail censé renfermer du chlore, M. Saiul- 
meyer constata qu'il n'en contenait pas, el devait 
I)()sséder la rcuistilution d'une isonitroso-éthényl- 
diphénylaniidine ; 

(:«Ii'..NH^ H 

(;e corps peut se préparer d'une autre manière, 
par l'action directe sur l'uniline de l'hydiate de 
chtoral cl du chlorhydrate d'iiydroxylainine. Il se 
pri'-sente sons forme de poudre cristalline jaunâtre, 
fond ii t.ll"-t32"et sedissoul facilement dans l'alcool, 
l'éther, le benzène, les acides étendus cl les alcalis 
caustiques. 

Celte méthode, pour donner lieu à un procédé de 
préparation induslrielle de l'indigo, e.vigeait le rem- 
lilaceiTienl du corps isonitrosé par un composé 



lUi T. SANDMEYER. — SYINTHÈSb; DE L'INDIGO AU MOYblN Dt! LA THlUCARUANILIDE. 



moins cher, par exemple le iiilrile correspondant, 
("•'IP'VH y^ — (' = N, ou hydrocyancarbodiphényli- 
mide, déjà obtenu par Laubenheimer, en chaufTanl 
la tlilocarbanilide et le cyanure de mercure, ou en 
faisant réagir l'acide cyanhyilrique sur la carbodi- 
phénylimide. 

L'auteur, en traitant ce nilrile dissous dans 
l'alcool par un peu de sulfhydrate d'ammoniaque et 
en ajoutant de l'acide sulfurii|ue, trouva qu'il se 
transforme en lliiocarbanilide. 

Invei-sement, il restait à trouver une méthode 
convenable pour préparer l'hydrucyancarbodiphény- 
liniide. Le problème fut résolu en faisant réagir le 
cyanuiede potassium en solution alcoolique, rendue 
légèrement alcaline par le carbonate de plomb sur 
la thiocarbanilide. La désulfuralion de celte der- 
nière et la lixation de l'acide cyanhydrique se font 
en un temps. 

Une autre difficulté se présenta alors. La carbo- 
dipht'nylimide ne donnait, comparée àl'isonitroso- 
éthényldiphénylamidine que des traces d'a-isatinani- 
lide. lin la traitant par le sulfhydrate d'ammoniaque 
déjà vieux et coloré fortementen jaune (polysulfure), 
à 2:)°-35'', elle se transforme en un corps soluble 
dans l'acide sulfurique étendu, qui est une thio- 
ainide de la formule : 

p'Il^.NIl — C = NCi511- 

I 

Ce corps se présente sous forme d'une poudre 
cristalline jaune et fond à 161''-1t)2°. On peut le 
considérer comme l'amidine de l'acide tliinoxami- 
nii|ueou Ihioo.xaminediphénylamidine. Chauffé avec 
l'acide sulfurique, il monlre la même facilité que 
risonilrusoéthényldiphénylamidine à se transformer 
ena-isatinanilide. Mais, pourbien réussircelte tiaiis- 
formation, il faut introduire la thioamide dans 
lacide suiruii(|ue préalablement chauffé à 90°, et 
en évitant que la température dépasse 95°. La thio- 
amide se dissout en donnant lieu à un fort dégage- 
ment d'acide sulfureux ; quand elle a été toute 
iiilioduite dans l'acide sulfurique, on chauffe à 
lo:;"-ttO° jusqu'à cessation complète du dégage- 
ment d'acide sulfureux. La solution bien refroidie 
est versée dans de la soude mélangée de glace : il se 
forme un dépôt de flocons bruns d'a-isatinanilide, 
mélangée de soufre. On la l'ait cristalliser dans 
le benzène ou le sulfure de carbone et on obtient 
des aiguilles violet noir fondant à 126°. Quand la 
cristallisntion.se fait dans l'alcool, elle donne nais- 
sance à des feuillets cristallisés louge orange. 

Cette réaction correspond à l'équation : 

CSH'.NH — C=NC6H» 

I + H^SO» 

S = C-NH2 

Nil 
= C6H< ^C= NC«Ils -1- Nlja-l- SO-^ -f ll-^n + S 

co 

Il est à signaler que l'oxaminedipliénylamidino 

C«HBNHC=NC«H6 
I 
= C-NII2 

que l'on obtient sous forme de cristaux jaunes (p. f. 
lS4°-lSo°), quand on traite l'hydrocyancarbodiphé- 
nylimide par le |)eroxyde d'hydrogène, se comporte 
comme le nitrile, et, malgré sa constitution complè- 
tement semblable à celle de la thioamide, ne donne 



naissance, par condensation, qu'à des traces d'a-isa- 
tinanilide. 

L'a-isatinanilide se dissout facilement dans l'alcool 
chaud, l'éther, le benzène, le sulfure de carbone, 
ainsi que dans les acidesorganiquesou minéraux. La 
solution dans les acides minéraux se décompose 
lentement à froid, rapidement à chaud en aniline et 
isatine. La soude change la couleur brun jaune de 
la solution alcoolique en un bleu intense, mais 
passager. L'acide sulfureux décolore la solution al- 
coolique d'a-isatinanilide à chaud ; il se sépare, 
sous forme de cristaux jaune verdàtre, une combi- 
naison de ce corps avec l'acide sulfureux. S'il n'y a 
pas d'eau en présence, dans le benzène par exemple, 
l'acide sulfureux ne décolore pas l'a-isatinanilide. 

La transformation de l'a-isatinanilide en indigo se 
fait d'après l'équation : 



2.C6H< .-;C=.NC6H»-f-2I12S 
CO 

Nil Ntl 

= (;Hi< ;:;C=CC >C6H»-l-2C6H!'NH2-|-2S 

co co 

Dans une solution chaude de 200gi'. a-isatinanilide 
dans 600 gr. d'alcool on lit couler, rapidement et en 
remuant bien, 400 gr. d'une solution fraîchement 
préparée de sulfhydiate d'ammoniaque, renfermant 
10 "/o d'acide sulfhydrique. La solution devint 
verte, puis bleue, et l'indigo se sépara en petits 
cristaux, faiblement mordorés. On lit bouillir, 
liltia, lava à l'alcool, puis à l'eau, l'indigo ainsi 
obtenu. Après séchage, on le traita enfin ()ar le 
bisulfure de carbone, pour éliminer le soufre qu'il 
pouvait encore contenir. 

L'indigo dérivé de l'a-isatinanilide pure ne ren- 
ferme pas d'indigopurpurine (rouge d'indigo). 

Ce procédé a été modilié par l'auteur dans le but 
de diminuer la quantité de soude et de glace à em- 
ployer, et d'obtenir l'indigo sous une forme autre 
que celle de cristaux, peu favorable à la réduction 
en cuves. 

Le chlorhydrate de l'a-isatinanilide s'obtient en 
faisant arriver de l'acide sulfurique concentré dans 
une solution de sel marin, refroidie à la glace, et 
renfermant la base. Il se forme un précipité cristal- 
lin d'un beau rouge, que le sulfhydrate d'ammo- 
niaque, sans alcool, réduit directement en indigo. 

Enlin l'auteur a trouvé un procédé plus simple 
encore pour transformer l'a-isatinanilide en indigo, 
celui-ci se trouvant en même temps sous une forme 
propice à la réduction en cuve. 

Si l'on fait agir l'acide sulfhydrique sur une solu- 
tion acide d'a-isatinanilide, il se sépare, avec départ 
d'aniline, un corps soufré, insoluble dans l'eau, 
sous forme de précipité brun volumineux, qui se 
dissout dans l'alcool et l'éther avec une cok)ralion 
brune. Ce composé, très instable, se décompose déjà 
partiellement au séchage, au lavage ou par dissolution 
en indigo et en soufre. C'est la a-thioisatine, corps nou- 

veau,répondantàla formule: CH* C qq } C — SH, 

ou à la fornuile lautomère, C'U'' <' r,^^ ^ C = S. 

D'une manière analogue à l'isatine, qui donne 
avec les alcalis des sels rouge violet, se transfor- 
mant en présence de l'eau, avec décoloration, en 
sels de l'acide isatique, l'a-thloisatine donne avec 
les alcalis, en solution aqueuse ou alcoolique, des 
colorations violettes intenses, qui disparaissent rapi- 



SOCIÉTKS INDUSTRIELLES. — SÉANCES DES COMITÉS DE CHIMIE. 



10-i 



dément. Il nese forme pas d'aride Ihioisatiiiun, mais 
un mélange de soufre et d'indigo. CliaulTée avec une 
solution alcaline d'oxyde de ploiiili, la tliioisaline 
perd son soufre, et la solution disalate de soude, 
acidulée cl cliaulfée, donne de l'isaline, qui se sé- 
pare en aiguilles rouges. 

L'a-tliioisaliue se décompose aussi laciliMiifiit eu 
soufre et en indigo, sous l'action des alcalis faibles, 
sel de soude, bicaibonate de soude, ammoniaque, 
terres alcalines, déjà à fniid et eu licpieuis tiés 
étendues. 

■ Une solution életldue de >ulfli\ ilialc de sodium. 
préparée en saturant 2 10 gr. de lessive de souile 
à 2;;° IJ. avec de l'acide sulfby<lrique et mise à un 
litre avecde l'eau, est versécM'ii une fo s, en reiiuianl 
bien, dans une solution froide (!(■ 200 gr. a-isatinani- 
lido dans HOO gi-. d'acide sullurique, mise à litres 
avec de l'eau glacée. Aussitôt (]u'iui peu de la solu- 
lion liltrée ne donne plus de préci[iilé avec le 
sulfhydrate de sodium, le précipité d'a-tbioisatine 
est jeté sur lillre, et débai-rassé pai' lavages de 
l'acide qu'elle relient. La niasse volumineuse d'a- 
lliiolsatiue, encore un peu acide, i-st amenée avecde 
l'eau à l'état de pâle mince et adililioniu'-e de soude 
jusqu'à réaction alcaline. I.a prccipitalion de l'in- 
digo est accélérée en cliaulTant légèrement et ler- 
minée, quand une pris" d'essai lillrée ne cède plus 
de tbioisatine à l'alcool cbaud. l.'iuHigo. précipité à 

I l'tal de pondre evcessivemeul liiic, esl lilIré, sécbé, 
soumis à l'action de bisullun' de carbone pour en- 
lever le soufre, et, après élimination du dissolvant, 
séché à nouveau. 11 donne avec l'eau une pâle homo- 
gène et |iropre au montage des cuves. 

Les indigos mélbylés se pn'qiarent de la méiiif 
manière, en prenant |)oin' |)oint de dé[)ail lesln- 
drocyancarbophényltolylimides, les hulmcyancai- 
boditolylimides, e^c. 



SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES 



Séances des Comités de chimie. 
MULHOUSE. — S.'miCP du Siinil I!l0:j. 

La séance esl ouverte à :i h. 3 4. 

Présents : MM. .\lbert Sclieurer, secrétaiie, V'rWs 
Rinder, Cil. riiainil. Paul Uosne, .Joseph Dépieiie, 
Cieorges Korel. Henri Cirosheiutz, Itobert ll.i'll'ely, 
.Mberl Keller,l'aullîichard,(',amill(! Scho-n, Gustave 
Schn'ii, lieuii Sclimid, Auguste Thierry-.Mieg, Félix 
Weber, Alphonse Wehrlin, C.h. \Veiss,('ieorges Wyss, 
Eerd. Oswald; tolal : l'.i membres. 

Le procès-verbal de la dernière séance esl lu et 
adopté. 

/Icseîijc.'; dp cnuli'uvx azonincs sOms lilrii d'iiidiio 
inpriif, |>ai- ^I. Colli. - M. lîiiK-Kmanii a lépélé les 
essais «le M. Colli; bien que l'aiidiliori du siilfale 
d'aluminium dans la réseive lui paraisse d'une el'li- 
cacilé très douteuse, le rapporteur reconnaît à 
M. Colli le mérite d'avoir, le premier, proposé 
l'emploi du 3-phénanlrol et de l'anilide de l'acide 
acétvlacélique pour oblenir des coloraiils insolubles 
sur libre. 11 propose, en conséquence, rimpressiori 
au liulUtin du travail de M. Colli, suivi de sou 
rapport. 

Sur la demande de M. C.h. Nauihci , le raïqioil 
paru sur cette question esl annulé el remplace par 
le suivant. 



li(ip;'Oit s;/c le pli Mi-lii'lr de .1/1/. E. Giimdux cl 
Cliiëz dit !"■ im-il 1902, <itf tu iiitroso-melhyldlpliè- 
ni/luminc et fe:i dériver, par. M. C.h. \'ancher. 

Le travail «pii fait r(d)jet du pli cachelé de 
MM K. Ciiimaux et (Hoi'/. a donné lieu à la prise diiii 
brevet par la soci' té de Saint-Denis ; le brevet alle- 
mand porte le nuinéi'o yâ ivtj. De plus, les procédés 
en question ont été décrits en délail, el sous leur 
(orme délinitive. par la lieruc (jénérale des mulifies 
cotiiraiiles. Il existe, surle même sujet, une commu- 
nication à l'Académie des sciences, qui porle la date 
du 20 avril IH97, el qui émani; de M. CAoëz. En con- 
sé(|iience, je propose le dépôt aux archives du pli de 
MM. I'".. Cifimaux el Cloi'z, (pii est loin d'avoir le 
déveliippeuu'nt donné à la (pu'sliou par les publica- 
tions qui viennent d'être citées. 

Hoiii/e luyc. Théorie el falirienlinn. — M. .\dophe 
Schliepera résumé, en 1S82, ses idées sni- la Ihéorie 
(lu rouge turc el les procédés mis eu «eu\re à crLe 
épi)([ue dans la maison Schlieper et Hanm. 

Ce travail fut remis, à l'époipie, à M. .Iules Peisoz 
qui la traduit, el a consenti, à l'occasion de l'élude 
que fait une commission nommée par le comité de 
chimie sur les antériorités i\f l'emploi des sull'oléales 
el sull'oricinates, à comnnniiqner cette traduction à 
la Société industrielle. 

Faits consirjnésd'ins ce tviicuil. — DèsIXliS. on avait 
introduit dans la maison Sclilieper et Hainn le prn 
cédé écossais poui' la fabrication de l'article i-ose et 
rouge, obtenu en foulardant en solution ammonia- 
cale d'acides gras et de résines, le tissu déjà teint eu 
fleur de garance ou garancine, el que l'on soumet- 
tait ensuite à un vaporisage, suivi de savonnages. 

Kmploi, pniH' plaipiage avant vaporisag.', d'un 
savon acide dans h' but d'obtenir des nuaiii'es plus 
fraîches. 

feiiiture au large (Mi 2 1/2 à :i minutes. Oualités 
pailir-ulièies du ronge dont l'apiiareuce, au sortir 
de la teinture, est brun el d'un mauvais as|>ei t. 
C'est le rouge qui s'avive le plus el esl le jilus apte 
a se combiner avec le corps gras. Le rouge qui sert 
de teinture avec une nuance plus ou moins avivée 
ne possède |ilus au même degré ces projjriétés. 

Théorie. Il l'aul ipialre éléments pour coiislituer 
le rouge tuic : l'alizarine, l'alumine, la chaux, le 
corps gias. I^e rouge n'est pasloujouis apte à l'ornifir 
une combinaison parfaite avec le cor|)s gras. Il peut 
snbii- une modilication qui lui fait perdie cell'' [iro- 
priélé. par exemple, hu'scpi'on le mainlieni pendani 
un certain tem|is dans l'eau bouillanle. D.iiis ce cas. 
la molécule, qui élait incomplète, adopte un grou 
pemenl nouveau el stable, tanilis (pi 'au moment où 
elle sortait de teinture, elle manifeslnil une iillinilé 
manpiée pour les corps gras. 

Ces gioupcmenis sont liguiés dans li> |e\lc 

lîésultals pratiques : teindre, à la température le 
plus basse possible, dans un bain calcaire d'alizarine 

ou bien, teindre en un temps très coiul à haute 
tempérai uie : ^ minutes à S0"/'.'0", ne pas dépasser 00". 
Mainlenircon^lautela teneur en chaux. — llefroidir 
immédialeinenl après teinture. — liviter.dans le bain 
de teinture, la présence de sel de sodium ou de 
potassium — gr. 2 NaCI dans 3 lilres de bain de 
leinture exercent une action très sensible. 

Procédé Schlieper. — Ce procédé a été sommaire- 
ment di-cril {liulletin 1883) dans le travail qui relate 
la fabiicalion de lenlcvage indigo vapeur sur rouge 
turc. 

Le comité remercie viveuienl M. Ad. Schlieper de 
la communication du travail de son pèie. el M. .Iules 



irifi 



SOCIKTÉS INDUSTRIELLE; 



SÉANCES DES COMITÉS DE CHIMIE. 



Persoz de la tiadurlion qiiil en a faile et qu'il vient 
de mettre à la' disposition de la Société industrielle 
de Mulhouse. 

L'impression de celte noie est volée. 

Clituruies décoloranis. Appurcil poui- leur produc- 
tion éleclrohjlique. Concours au prix 3i : devise 
.. Fortschritt ». — M. Georges Ja>glé dépose un 
rapport sur ce procédé qui lui parait assez sini|ie et, 
en même temps rationnel. Toutefois, pour être ren- 
ssiçHi- sur le prix de revient et la régularité du 
travail qu'uneexpérience prolongée seule peut déter- 
miner, il serait bon d'avoir l'avis d'une maison où 
le procédé est employé. Acceptant ces conclusions, 
le comité délire l'ouverture conlideutielle du pli 
l'nrlschrilt en séance générale, afin que l'on puisse 
demandera l'inventeur l'adresse de la maison dont 
j'inslilialion est représentée par une photographie, 
jointe au travail, sous la désignation : Annexe .N" 3. 

Poudre mim/rale d'aspeci mt^Uilli'iue pour l'impression. 
Concours auprij: : devise «Allzeit voran ". — M. Louis 
Zubera examiné les qualités de cette poudre qui est 
un mica. Il résulte des essais d'impression sur papier 
faits par rapporteur, et qu'il soumet au comité, que 
ce produit ii'olTre, au point de vue de l'éclat mélal- 
liipie, aucune supériorité sur les marques courantes 
du commerce. — M. Louis Zuber propose, en consé- 
i|uence. le dépôt du travail aux archives. 

Action de l'acide chromi'^tœ sur l'acide oxalique. — 
M. Maurice Prud'homme adresse au comité, en 
réponse aux observations présentées à la dernière 
séance par M. Freyss, la note suivante : 

« Le procès-verbal de la séance du comité de 
chimie de la société industrielle de Mulhouse du 
Il mars 1Ï>0.'?, où fut présenté mon travail sur « Le 
rôle de l'acide oxalique dans le procédé d'enlevage 
sur bleu cuvé ", renferme quelques observations de 
M. Freyss, auxquelles je crois devoir i-épondre 
immédiatement. 

•< D'après lui, l'accélération du pouvoir oxydant de 
Crû-" en présence d'acide oxalique s'expliquerait par 
l'action de CrCl^sur H-0- naissant, qui serait produit. 
en premier lieu, par l'oxydation de l'acide oxalique : 
ce serait aussi et surtout à la formation de peroxyde 
il hydrogène naissant que l'on pourrait attribuer la 
formation d'ozone, attendu qu'une solution de Crtl-", 
a Jditionnée de BaO-, puis de quelques gouttes d'acide 
s dfurique dihié, donne une forte réaction d'ozone. 

" J'avais envisagé l'hypothèse de la formation de 
11-0-, qui répondrait à la formule: 

,U .0-OC 

= Cr< I +C^OMJ^ = = Ci< I -i- 11^02 

^0 ^0-OC 

et implique aussi, du reste, la formation d'un composé 
aux dépens des deux acides. Mais je l'avais rejelée 
pour les raisons suivantes: 

•' 1° Si à la solution équimoléculaire des deux acides 
on ajoute une petite quantité de CrO', de l'acide 
sulfurii|ue étendu et de léther, on devrait, par 
agitation, obtenir la coloration bleue caractéristique 
quise produit quand CrtV, H-0- et l'étherse trouvent 
en présence. (Jr, le résultat est négatif. Par contre, 
l'addition subséquente de Ii-(l- provoque immédia- 
tement la coloration bleue. L'acide chromique libre 
subsistait donc dans la liqueur et n'avait pas été 
détruit par l'eau oxygénée hypothétique, pour 
donner lieu à la production d'ozone. 

" "-" Il peut se faire qu'une solution de CrO», 
addilionnée de quelques gouttes d'acide sulfurique 
d-lné. lionne une forte réaction d'ozone. Invoquer, 



au casparliculier, l'ctat naissant de H-0-, c'est avouer 
qu'on ignore à quel état l'oxygène se dégage de 
Bal y-, sous l'action des acides, avant de donner 
H-0-. 

" L'oxygène, dégagé par les acides de BaO-, peut 
être dans un état spécial, avec des propriétés 
oxydantes toutes différentes de celles qu'il manifeste 
dans H-0-. En tout cas, l'on sait que l'ozone détruit 
H-0-, d'après l'équation H-0- -(- O^ = H-0 -J- 2n^. 
Il semble donc bien peu probable qu'il puisse être 
engendré par elle. 

« 3" L'acide sulfurique concentré se comporte 
avec CrO-', au point de vue de la rapidité des oxyda- 
tions, comme l'acide oxalique. Il se forme une 
combinaison, par élimination d'une molécule d'eau, 
entre une molécule S<l'H- et une molécule CrO^, 
comme l'ont montré Gay-Lussac et Boiley. La com- 
binaison est fort stable, et ne se décompose ni par 
l'eau, ni par la chaleur. Il faut, pour provoquer la 
formation d'ozone, l'intervention d'un réducteur 
ou l'action de la soude concentrée. Enfin, agité avec 
de lélher, le mélange de CrO' et SO'H- ne le colore 
pas en bleu. 

" Ce sont ces divei-ses considérations qui m'ont 
fait adopter la formule 

0. ,0— OC ,0-OC 

I >Cr< I , et non 0=Cr< i 

O^ ^Û-OC ^0-OC 

" Comme Cri I' agit toujours par couples, je crois 
même plus rationnel de l'écrire ainsi: 

CO-u, /O-O. ,0-OC 
I >C.< >Cr< I 

CO-Û^ ^O-C^ ^0-OC 

« Elle présente de la sorte l'avantage que les 
oxygènes ne sont plus reliés entre eux et aux deux 
Cr, comme dans l'acide chromique 

I >Cr=0 

ce qui semble devoir être pour motiver ,leur mobi- 
lité plus grande et expliquer la formation d'ozone. 
.. L'équation tlu'orviue de la formation d'ozone 
(sans destruction d'acide oxalique, équation qu'on 
peut considérer comme exacte pendant un temps 
très court, nécessite la présence d'un réducteur, 
l'acide oxalique par exemple. 



CO-0. /O-O. /0-CO 
I >Cr< >Cr< 



I -J-C50'112=tl^0 



0-0^ ^0— co 

-t-Cr3(C*0S*-l-0». 

<i On voit donc que pour une molécule de CrO^ 
il faut t molécule I 2 d'acide oxalique, afin de déter- 
miner la production d'ozone et l'oxydation de 
l'indigo. 

<• Ce résultat s'accorde avec celui des essais de 
blanc rongeant au chromate et à loxalate de potasse, 
dont le meilleur correspondait sensiblement à ces 
proportions. Ce point, assez délicat à interpréter, se 
trouve donc maintenant élucidé. » 

Histoire documentaire du xix' sicck. Rectifications. — 
.M. Charles Lauth demande la rectification suivante 
concernant la muiexide : 

>. Page 33t. lignes 13 à 10 : II est dit que 
M. Ch. Lauth est arrivé à fixer la murexide sur 
coton, par teinture sur mordant de plomb. 



SOCIÉTÉS INDUSTUllilLLKS. — SÉANCKS DES COMITÉS DE CIMMIR. 



1()7 



.. I.c |ii-iicùd(' (le M. (!li. I.iuitli ciiiisislail, non srii 
lement à tixcr la iinircNidc sur un niorihinl ili' iiloinli 
maisoncdre à transloi-iupr ce pui'inn'alr ili' iilmnli en 
purpuiatc (le mcrcine. par un passa;,'!' en sublini •■, 
qui lui donne une couleur beaucouj) plus belle. 

" L'Ilisloirc docutiif.ii taire altribue relie transfor- 
malion, à tort, à la maison Dollfus-Mieg. delli' 
maison s'est boinée à leniplarer la Iciiiliirc au mur. - 
xide sur mordant de ploml) par une appiiralion, sur 
tissu, do niurexido dissoute dans le iiilrale de plomb. 
u Page 59j. .\ddilion à l'aire sous forme de note : 
Murexide. — L'emploi de celte matière, en 18."i.'t et 
en 1850, a été la première tentative faite dans la 
voie des colorants aililiciels. n 

Cnmmercf rt in^liatric lin canton ilc (îlaris di^ 
M. Jenny-Trùmpy. — MM. Cli. lîrandt et Félix 
Weher ont étudié l'ouvrage et donnent leur appré- 
<iatiiin dans la note suivante : 

La publication de .M. Adoplie .Icniiy-Trimiiiy, 
intitulé Hamlel uwl Industrie ttc.-i Konton (llartis, que le 
comité de chimie nous avait chargé d'examiner, esl 
une teuvre très consciencieuse que nous avons lue 
avec le plus yrand intéièl. 

L'auteur y traite, avec la plus giaudc coinprHi nce 
et une impartialité complète, non seulement de 
l'histoire de l'indu-'lric du canton de (ilaris et de la 
Suisse, mais encore de celle des autres pays. Ce tra- 
vail dépasse de beaucoup le cadre restreint que fait 
supposeï' son litre. 

<Juoi(|ue l'ccuvre de M. Jenny vise plus parlicu- 
lièi'emenl l'industrie textile du canton de Claris, et 
traite, d'mie façon fort intéressante, de l'origine de 
limpression en Suisse, l'auteur a été amené, par les 
relations intimes de l'industrie de tous les piys, à 
faire l'Iiislorique de rimjiression depuis les temps les 
plus reculés et à suivre son développement à travers 
les siècles. 

H y a dans cet ouvrage des notices historiques très 
intéressantes sur les premières origines île l'impres- 
sion des tissus, que Pline l'Ancien mentionne déjà 
au I"' si'''cle de notre ère, et, chose curieuse à noter, 
c'est que les mordants ipie Pline indii|ue pour la 
teinture de la garance sont les mi'nies que l'on 
emploie encore aujouiilhui. 

Nous ne pouvons (pie féliciter M. .lenny Triimpy 
de la manière accomplie dont il s'est ac(|uitlé de la 
lâche (|«'il avait entreprise, et nous recommandons 
la lecture de cet ouvrage à tous ceux ijui s'inlércssent 
à l'histoire de l'industrie textile. 

Le livre sera renvoyé au comité d'histoiie, de sta- 
listi()ui- el de géograpliieiiui désiie en faire l'examen 
au point de vue historique. 
La séance esl levée à 7 heures. 

lUlUK.N. — Séance du 12 dixeml.rc l!ll)2. 

La séance esl ouverte à :i heures I, l. 

Sont présents : .M.M. (). Piequet, vice-présideni ; 
iî. KiL'clilin,\'..^lichel, lïalanclie, Kien,Calligé,Casly, 
lloirmann, Justin-Mueller. Courtonne, l'.londel. 

M. le vice-()résidenl lit lejili cacheté n'.'Kil , ouvert 
à la dernière séance générale, de M. Lhrmann et de 
la Société anonyme de .Matières colorantes et Pro- 
duits chimiques de Saint-Denis, (pii en demandent 
la publication. Le pli traite de la pn'paiation de 
matières colorantes teignant les tnordanis métal- 
liques. Satisfaction est donnée aux auleuis du pli. 

M. .luslin-.Muelier rend compte de l'examen des 
plis n" 3oî>, 3'>6 el A'^', que le comité lui a contié el 
conclut ([u'il serait intéressant de les publier dans 



le HkIIcHii. à la suile de ipioi le coniilè en vole l'im- 
|)ression suivie iriine courle noie du ra|i|ic)rleiu\ 

M. \' Michel parle de I individiialisalion des ma- 
tières coloranles par l'analyse specirale; ce sujet, 
qui est à l'ordre du jour, pinvii.iue inie lonversalion 
générale el inléiessaiile. 

M. Piequet enirelieni le cimiilé de ipiebpies essais 
(pi'il a faits sur des (h'bris de lissiis pi'ovenant des 
fouilles d'.Vnlinoi-, el renionlanl aux premiers siècles 

de noire ère. Ces tissus sont de deux soites : i 

espèce de mousseline en laine pure, ipii ne parai! 
pas avoii' été teinte, cl des tissus mélangés de lin cl 
de laine, tissés au poiid des Cobelins La laine esl 
leinle en couleurs vives : jaune, bleu, vert, rouge, 
jaunâtre el ronge bleuàli'e, ainsi (pi'en nuir. Le lin 
esl leint en brun claii- el moyen. 

Les nuanci s sont remanpiables |iar liiii- èlal de 
conversalion. 

Les bruns sur lin nul l'Ié cdilcnus an iimyen d'un:' 
matière colorante |>résenlanl lonles les léaclion- du 
cachou jaune. 

Les ronges sur laine on élè teints les n[is avec de 
la garance, les autres avec une matière colorante 
voisine de la cochenille, et (]ui devait èlr(! du kermès. 
L'un d'entre eux contient du jaune. 

Le jaune, très vif, présente les caractères de la 
graine de Perse. 

Le bleu est de l'indigo; le vert esl un mélange 
d'indigo et de graine de Perse. 

Le noir est obtenu |)ai- un mélange assez com- 
plexe; il ne parait pas altéré, mais n'est pas d'un ton 
aussi plein que les autres couleurs; il conlienl une 
quantité appiéciable de fer. 

.M. Picipiet a examiné également les poussières el 
autres matières adhérentes aux tissus : leur foite 
teneur en phosphate calcique ne parait laisser aucun 
doute sur leur origine. 

La séance esl levée à 6 heures 1/1. 



Séance du I i jan 



l!)o:i. 



Sont présents : MM. J. liebei-, président; Mlondel, 
llolfmann, Mueller, Casiy, Ch. Keber, Kohn, lîuguet, 
Monet, lîioc, (lalligé, Pie(|uel, Dubosc, Kœchlin, 
Kien, Le lioy. 

Absent et excusé : M. lialanche. 
Le comité de chimie, sur la [iruposilion de M. l'ie- 
ipiel, adresse ses félicitations à noire collègue, 
M. Uosensliehl, (|ui vient d'être récompensé de ses 
beaux Ira vaux chimiques par l'.Vcadémiedes Sciences, 
qui lui a di'ceriié le prix .lecker. M. le.secrélaire esl 
chargé de lui transmettre les l'éhcilations du comité. 
Le comité adresse ses remerciements à la Manu- 
facture lyonnaise de^ .Matières colorantes, pour le 
I' Tiaité (Je leiidure du colon avec ses colorants » 
<pie celle Société nous a adressé. L'ouvrage sera 
classé dans la bibliolhè(|ue. 

M. llolïmann, rappuileui' de l'ouvrage de M. Dujar- 
(|in " Sur l'art de la dislillation », |)rèscnte im 
résumé. Le comité lemeicie notre c(dlégue el 
demande la lecture eu assemblée générale et un 
tirage à part de 2;i exemplaires |>our l'auleur. 

.M. .luslin-Mueller rappelle au comité les diffé- 
rentes communications (pii lui ont déjà été faites sur- 
l'identification spectr'oscopiipio des malièr-es colo- 
rarrles, et cela surtout au srrjel de la note parue dans 
la " lîevire générale des matièr'cs coloranles m, dans 
laquelle M. Léon Lefévr'e dit, page 30(i, année 1902, 
'< qu'il a constaté pour raïu-.'phosphine, employée 
dans une leinle, la niéme bande spectr-oscopique, 



168 



NOUVELLES COULEURS. 



aussi bien en solulioii ncrliciui- (ju'en solution alcoci- 
liciue, que poui' la phiispliiiie ))iillante 5 G, que, par 
conséquent, l'aurophosphine fournie était de la phos- 
phine brillante,"; G. ■> Les teintes in ipiestion avaient 
été faites pai' notre cnllégiie, .M. \iclor Michel, avec 
lequel M..iustin-Mueller aexamin'" par des réactions 
chimiques les deux produits employés pour les dites 
teintes afin de se rendre compte qu'ils étaient efTec- 
livement identi(iues. 

>L Justin-Mueller dit que, par les réactifs ordi- 
naires, les deux produits, tout en donnant des 
réactions légèrement différentes, n'en donnent pas 
qui le soient d'une faron assez caraclérislique pour 
pouvoir se prononcer, mais qu'en faisant réagir de 
l'acide nitreux (nilrite de soude+HGI) sur les solu- 
lioMs aqueuses des dits colorants, en ayant soin de 
mctlie les deux solutions à la même intensité de 
nuance, il se forme des réactions nettement définies, 
qui démontrent d'une façon indiscutable que les 



deux produits employés pour les dites teintes sont 
d'un caractère chimique dilTérenl et que, par consé- 
quent, ils ne sont pas identiques. M. Justin-Mueller 
a l'ait cette réaction au comité, elle est très frappante 
et démontre nettement la non-identité des deux 
produits. 

Le comité adresse ses remerciements à M. Mueller. 

L'ordre du jour appelle l'élection des membres du 
bureau du comité pour 1903. Sont élus : 

Président MM. J. Keber. 

Vice-Président 0. Piequet. 

Secrétaire G. Le Hoy. 

Secrétaire-adjoint .lustin-Mueller 

Dt'légué au règlement. Wallon. 

— à la publicité. Hoffmann. 

— aux prix Buguet. 

La séance est levée à 7 heures. 



NOUVELLES COULEURS 



Bleus, Violets, Vert, Bordeaux et Noir?- 
BEN7YLE {Soc. lud. C/iim. B(Ue). 

[Éc/i. n"' 41 Pl 42.) 

La société pour l'industrie chimique à Bâle a 
lancé une série de colorants acides sur laine, 
dits Colorants-Benzyle. Les Bleus comprennent 
les marques B et S, les Violets les marques B, 
4U,3B,6B, 10B,le Vert la marque B, le Bordeaux 
la marque B, et les Noirs les marques B et 46. 
Avec les bleus et les violets, on teint en bain 
bouillant, avec 10 "/o *ie sulfate de soude et 3 "/o 
d'acide sulfurique ou bien avec 10"/„ bisulfate 
de soude. Us ont de ])lus l'avantage de tirer en 
bain neutre, au sulfate de soude, sur la laine 
seulement. On peut donc les employer sur mi- 
laine en combinaison avec les colorants directs. 
La teinture se fait pour le premier bain avec 
20 gr. sulfate de soude par litre et avec 10 gr. 
pour les bains suivants. 

Sur mi-laine les coloranls-benzyle permettent 
d'obtenir des doubles teintes. On teint d'abord 
la laine en bain neutre au sulfate de soude, 
puis le colon sur l)ain nouveau avec des colo- 
rants directs, tels que le. launo direct T, l'Orange 
chlorantine ou la Safranine directe. 

Le Violet-benzyle .oB se prèle également à 
l'impression sur laine et sur soie. La couleur 
renferme : 

:10 gr. violet benzyle ôtJ. 
520 — eau. 
360 — britisbguui. 

Cl) — ac. acétique 6". 

30 — ac. tartrique l/I. 



lOOU gr. , 

Pour l'impression sur laine, on ajoute encore 
par k. 40 c. c. de glycérine. 

Vaporiser 1/2 à 3/4 d'heure sous pression, 
rincer et sécher. 

Ces colorants olTrenl une bonne solidité aux 
alcalis, aux acides et au lavage. 



La solidité aux alcalis du Verl-benzyle B est 
un peu inférieure àcelle des bleus et des violets. 

Le Bordeaux-benzyle B, dont la nuance est 
celle d'un beau rouge, se teint avec : 

:! ",0 colorant. 
10 — sulf.jte de soude. 
3 — ac. suH'urique. 

On entre à oO°, monte lentement au bouillon 
et y reste 3/4 d'heure. 

Solidité satisfaisante au lavage, aux acides, 
au décatissage, au frottement et à la lumière. 

Les Noirs-benzyle se teignent en employant 
() à 7°/„ de colorant, 10 "/„ sulfate de soude, 
3 à 3 Vo acide acétique, auxquels on peut ajouter 
I à a"/,, d'acide sulfurique : un excès de celui-ci 
tend à rendre la nuance plus rougeàtre et à lui 
enlever de son éclat. 

Ces noirs se mélangent bien aux violets et vert 
benzyle pour obtenir des nuances bleu marine. 
Ils sont solides au lavage, à un léger foulon, au 
décatissage, aux acides, aux alcalis, au frotte- 
ment et à la lumière. 

Ils peuvent s'employer pour l'impression de 
la laine ; outre l'épaississant et le colorant, la 
couleur d'impression ne renferme qu'un peu 
d'acide tartrique et de glycérine. 

On imprime sur laine chlorée, vaporise 1 heure 
sans pression et lave. 

RosANTiiRÈNES ET B [Soc. lîid. chUii. Bâle). 
[Éc/i. n"' 43 et 44.) 

La Société pour l'Industrie chimique à Bâle 
a mis sur le marché une série de cinq nouveaux 
colorant-i rouges, sous le nom de Bosanlhrènes 
0, R, A, B, CB. Ils appartiennent à la classe des 
colorants à diazoter, et donnent des nuances de 
l'orange jusqu'au rouge grenat, en passant par 
la nuance du rouge turc vif. 

On teint de la manière usuelle pour les cou- 
leurs directes en prenant 4 à 5 "/„ colorant, lo à 



REVUE GENERALE DES MATIÈRES COLORANTES 

ET DES INDUSTRIES QUI S'Y RATTACnENT 



N» 78 



T.)MK VII. 

CARTE D'ÉCHANTILLONS N' 6. 



l" Juin 1903. 





iN" il. - Violet Benzyle 6 B (J n 
(.*i.c. liiiJ. Chiin. Ihilc). 



.N» 11'. — Bleu Benzyle B i\S< ii,i)| et Bleu Acétylène 3 B 

(1,2.^)0/(1). 




N» 13. — Rosanthrène 1 4 ii Oi, illazoto ri ilOvcloi)!"! N' 44. — Rosanthréne B |o 0/(i|, diazulr et développi 

p-naiihlol. 3-ii.i|,hlul. 

(.^■.)c. IiuLthini. Bulel {^oc. Ind. llvm. ll,i/,'\ 




N° 47. — Brun solide au cbrôme R (4,23 0). 
[Hue. Iiul. C/iim. ISdU). 



N» 48. — Brun d'alizarine à l'acide T (4 0), 
(Meisler Lucius Briiiiinij}. 



NOUVELLES COULEURS. 



169 



23 "/„ sulTate de soude crisl., 2 à 3 °/„ soude 
ou 3 ",/„ savon. On rince et dia/.ole pondant 
1/4 d'heure avec 0,73 nitrile de soude el '( ce. 
acide clilorliydrique par litre de l)ain. On rince 
dans un hain l'aihieintnt acidiili' el développe 
avec 0,9 "/o 8-naplitol et 0,8 "/,, soude caustique 
à 'lO" B. Laver cl S(''ch(>r. 

Le dia7.otai,'e et le développement modifient 
peu la nuance, mais au^meiilcnl cnnsicL'rahle- 
nienl la solidité au lavage. La solidité au lavage 
et aux acides est très bonne; la solidité à la 
lumière est celle des meilleures couleurs directes. 
Ces couleurs se rongent à la pnudre de zinc el 
au bisulfite de soude. 

En employant 1 "'„ de colorant (marques U 
et B) on obtient de très jolis roses à ton jaun;\tre 
et bleuâtre. 

Jaune immédi.\t D {Casselln el Man. li/on.). 

[h'c/i. n° 40.) 

Ce colorant possède des propriétés de solidité 
convenables, ce qui n'est pas le cas des colo- 
rants soufrés jaunes. Sa solidilé au lavage est 
très bonne. Celle à la lumière est augmentée 
parle traitement au bicbromate de potasse et au 
sulfate de cuivre. La solidité aux acides est celle 
du brun immédiat RR. Four teindre 30 k. de 
coton sur flotte ou bourre, on empbjiera 8 "/„ de 
colorant, et montera le bain ainsi : 

3 k. carbonate de soude cale. 
6 — jaune immédiat D. 
6 — sulfure de sodium cristallisé. 
ÎO — sel marin. 

et on rajoutera au vieux bain : 

2 "o carbonate de soude cale. 
8 — jaune immédiat IJ. 
8 — sulfure de sodium crist. 
— sel marin. 

du poids du coton employé. 

Orangé immédiat C [Cassel/a el Man. li/nn.). 
{Éc/t. n" 46.) 

La nuance orangée de ce colorant est bien 
nette et permet de l'employer directement tel 
quel, ou en mélange avec d'autres colorants 
immédiats pour produire diverses nuances 
mode. 

11 s'emploie identiquement comme le jaune 
immédiat D et possède les mêmes qualités de 
solidité. 

J.\UNES SOUDES AU Cn(t0.ME G ET GCi KT BlîLNS SOUOI'S 

AU CHROME B, G, R (6'fj^. //('/. Cliiin. Ilàle). 
[Éch. n" 17.] 

Ces colorants pour laine se feignent en fiain 
légèrement acidulé el se fixent au bicbromate 
de potasse, qui donne des nuances f)ien nourries 
et d'une remarquable solidité. La teinture se 
fait avec : 

10 «/n sulfate de soude. 
.1 — ne. acétique. 



On entre à .'{(C-U)" et monte peu à peu au 
bouillon; faire bouillir 1 heure el ajouter l,n "/o 
bichromalede potasse. Teindre encore 1 2heure 
au bouillon, rincer et sécher. 

On peut aussi teindre sur laine mordancée au 
chrome et associer ces colorants avec les cou- 
leurs d'alizarine. Ces produits tranchent el 
unissenl t)ipn ; ils sont solides aux acides, aux 
alcalis, MU l'rolleineiil, au lavage, au loulon. 



fini \ s d'aux AiiiNK A i.'.M:iiir, BB kt T riiicv. 
(.Ueisler f.iiriiis /Iriiniiifj). 

i/u'/i. Il" IS.) 

Ces deux colorants se rattachent de très près 
au Brun d'ali/.arine à l'acide B (//. 0'. .1/. <■'., 
I8U9, p. 431), sur lequel ils présentent iiiainls 
avantages. 

La teinture pour 100 k. de marchandise se 
fait avec 10 k. sulfate de soude et 2 k. acide 
sulfurique. On entre dans le bain chaud et 
monle au bouillon, qu'on mainlient pendant 

I heure; puis on ajoute 3 k. bichromate de 
potasse ou de soude, el développe la nuance par 
un bouillon de 1 heure. L'eau calcaire donne 
une nuance un peu plus corsée. 

t^n peut teindre aussi en bain acétique ou 
neutre, puis développer. La nuance devient 
plus foncée qu'avec l'acide sulfurique, mais aux 
dépens de la solidité à la lumière, à l'acide et à 
l'épaillage chimique. 

Les bruns d'alizarine à l'acide peuvent êfre 
mélangés en teinture avec tous les colorants 
par développement au chrome : Jaunes d'aliza- 
rine. Rouge et Grenat d'alizarine à l'acide. 
Noir d'alizarine à l'acide, Céruléine, Chromo- 
tropes, etc. On peut, après l'addifion de bichro- 
mate, faire un remontage avec les couleurs à 
l'acide qui résistent au chrome : Bleu carmin 
brev.. Violets à l'acide, etc. 

Le Brun d'alizarine BB est d'un brun plus 
violet que la marque T. t\n\ est plus jaunâtre. 

II résiste mieux ijue ce diToier à un foulon 
alcalin énergique, à l'opiralion du potting 
(apprétindestructible)elaudécalissage humide. 
Il pénètre les laines en tous genres bien régu- 
lièrement et tranche bien avec les tissus les 

plus épais et les plus lourd*. On peut teindre 
avec ce colorant des laines en liourre, des laines 
peignées, des filés sur bobines el cannelles 
en appareils. .\vee ces derniers il vaut mieux 
travailler séparément avec le bain de teinture 
et le bain de chromatage. 

La solidité aux acides des deux Bruns est 
excellente : il en est do même de celle aux 
lavages et foulons les plus énergiques. La cha- 
leur, le séchage, la presse, le calandrage ne 
font que très peu virer la nuance. 

Le Brun d'alizarine à l'acide BB est solide au 
soufre, et très solide à la lumière, comme l'an- 
cien Brun à l'acide B. 



170 



REVUE DES JOURNAUX. 



REVUE DES JOURNAUX 



PRODIITS CHIMIQUES 

SULFATES D Al.r^IIXU JI, (Sur lesl, par 
M. SCIIMATOLLA ,Zei7s. atnjew. Cliemie, 190:», 
p. 202). 

Celte question des sulfates d'alumine a déjà donné 
lieu à d'intéressants travaux : nous rappellerons 
celui de il. Schumberger, (jui a montré que la partie 
essentielle du " mordant rouge des indienneurs >> 
est consliluée par la combinaison acétique d'un 
hydrate sulfodialuminique [Bull. Soc. Ctiim., 189o, 
p. 46). 

M. Sclinialolla a obtenu toute une série de compo- 
sés renfermant encore de l'acide sulfurique par Tac- 
lion des alcalis ou des carbonates alcalins sur le 
sulfate d'aluminium : 

AI-(('';SO)'. — .\rlion du caibonate de calcium 
à froid. 

Ar-03(S0^;c- — Action des alcalis caustiques à 
froid. 

A1-0^(SO:'),'t. — .\r(ion île l'ammoniaque et des 
sels ammoniacaux à froid. 

AI-O^iSO^ ïT. — Action des alcalis caustiques au 
bouillant. 

APO^iSO'}^:. — Action de l'ammoniaque et des 
sels ammoniacaux très concentrés sur une solution 
très étendue de sulfate d'alumine. 

La présence du sulfate d'ammonia(]ue empêche la 
décomposition totale du sulfale d'alumine jiar l'am- 
moniaque, car les sels précédents lavés sur filtre à 
l'eau pure sont parfaitement stables, tandis que les 
lavages à l'eau ammoniacale les décomposent, avec 
formation de sulfale d'ammoniaque et d'hydrate 
d'alumine pure. 

Si l'on ajoute de l'acétate de plomb à du sulfate 
d'alumine jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de pré- 
cipité, la solution lilliée d'acétate d'alumine ne ren- 
ferme pas de plomb, mais du sulfate qu'on peut pré- 
cipiler par l'acétate de baryum : la proportion du 
sulfate correspond à un sel plus pauvre en acide 
sulfurique que le dernier de la liste donnée plus 
haut. 

Le composé AI-Ô'^SO^ lA se dissout dans une quan- 
tité d'acide acétique si petite que le composé formé 
a encore une conslilulion basique. Si l'on ajimte 
à cette solution de l'acétate de calcium, il n'y a pas 
décomposition du sel, car il ne se produit pas de 
précipité de sulfale de chaux, tandis qu'une goutte 
d'acide sulfurique en donne immédiatement un. 
Si la quantité d'acide acélique employée est supé- 
rieure à celle qu'exige la foimation del'acélale nor- 
mal d'alumine, l'addition d'acétate de calcium donne 
lieu à un précipité de sulfate de chaux, qui se fait 
graduelli-meut. Il est probable que dans ce cas le sel 
AI-()'iSO^);'i reste en solution. 

Une solution d'acélate d'alumine fut préparée 
avec des proportions déliuies de sulfale d alumine, 
de carbonate de chaux et d'aciile acélique. L'analyse 
montra dans la solution la présence d'acide sulfu- 
rique en quantité correspondante, pour la totalité de 
l'alumine présente, à la foirnule AI-OmSO^Itv: l'am- 
moniaque donnait avec la solution un hydrate ren- 
fermant de l'acide suKurique. Ces réactions montrent 
que la décomposition incomplète du sullate d'alu- 
mine ne dépend pas de l'insolubilité du composé 



aluminique qui se forme, mais de la structure mo- 
léculaire du sulfate lui-même. 

L'autour arrive à cette conception originale que 
le sulfate d'alumine doit être réprésenté par 
AI-0'iSO-')(SO^)-, qui donnerait par départ de 
(SO-')^, AI-O^SO^. Ce dernier corps, considéré comme 
APOHS05)3(S03)^, donnerait de même Al-(ViSO^)' : 
celui-ci, écrit sous la forme Al-0'(S0')9iSU^J9, se 
scinderait en donnant naissance à Al-0(SO»)ï" 
D'une manière générale, le sulfate normal pourrait 
être formulé : 



Al-'O^SUSjSn. (S03):S. {SOSja^ 



(S03 30=;,. (SÛ>V- 



[L'auteur, nous semble-t-il, commet une erreur, 
en donnant la formule d'un cas particulier, 

.\U'()!(S03r:.(S03 ^.(SO^:i.(SO')-■ où i^+-g+^n"e*' 

pas égal à 1. 

Les oxychlorures d'alumine ne peuvent pas être 
préparés comme les sulfates, car, quand les sels au)- 
moniacaux sont éliminés par les lavages, le précipité 
se dissout graduellement en donnant une solution 
opalescente, d'où les sels neutres le reprécipiteni, 

(Juand le sulfate d'alumine ordinaire à ISIl-'d 
est traité par l'acide sulfurique concentré, il se 
foime un iirécipilé blanc, qui, lavé à l'acide acé- 
tique glacial et séché à 100", est représenté par 
AI-0' S0-'.)^6H-0. t;e corps est une poudre excessi- 
vement légère, insoluble dans l'eau froide, mais 
soluble dans l'eau bouillante et peidanl ses olln 
à 200". 



FIBRES TEXTILES 

COTOX Production du en .\niéii(iue(Tex(((c 

[ieconler, 1903. p. 363). 

11 s'est produit récemment en Angleterre, en Alle- 
magne et en France, un mouvement en faveur de la 
culture du colon dans les colonies de ces pays, mou- 
vement encouragé par leurs gouvernements respec- 
tifs. .\ ce sujet le Manufacturen Record établit la 
statistique suivante. 

Depuis octobre 1899, le colon middling à.New-York 
ne s'est pas payé moins de 7 cents la livre. Pendant 
les deux années précédentes, du 1'" septembre 1897 
au l" septembre 1899. le colon fut continuellement 
au-dessous de 7 cents, e.xcepté pendant la première 
partie de septembre 1897. Les lilaleurs d'Europe, 
iiabituésàcesbasprix. furent naturellement conduits 
à chercher de nouvelles sources de production, alni 
de réduire les frais, en augmentant la production. 

Du coton consommé par les fabriques de la Grande- 
Bretagne, de l'Europe continentale et des États-Unis, 
environ 80 "/o proviennent de ces derniers. Dans les 
cinq années linissanl au 31 août 1860, la proportion 
moyenne était de 84,3 " ;„. Les prix élevés résultant 
de la guerre civile et de la désorganisalion de l'agri- 
culture dans le Sud, qui se lit sentir plusieurs années, 
poussa d'autres régions à accroître la production du 
coton, de sorte qu'avant 1882 les Etats-Unis fournis- 
saient 7.'i°/„ de la consommation totale des fabriques 
d'Amérique et d'Europe. Pour les cinq années (880- 
1890, le chiffre monta à 77 "/(, : puis, pour 1891-1895, 
à 79 1 2 et enlin, pour 1896-1900, à 82,30 »/o- 



REVUE DES JOURNAUX. 



171 



L'Inde a une grande quantité do lenains dû l'on 
|M'Ut s'atlciulre à voir cultiver le ('(itun, mais une 
iîiande iiuanlité de la prinluction sera absorbée par 
les l'abriques du pays, .\laisle niau |ue de pluie, dans 
licaui-oup de ré^'ions de l'Inde, conslilue (ni u'rave 
olislaile au développeineul de la eullure du coton, 
d'autaul plus (|ue le rcinlenuMil pur acre est iuférieui- 
à ll'i livres d'un colon courle-soir de cinalilé bien 
inlV'i'ieurc an coton d'Arnéiiiine. 

lui ce rpii concerne ri*^i,'yple, b' but principal des 
2;rands lravan\ d'iiriLraliou est ceilainenient de per- 
mettre l'exlension de lacullnif du colon. Maiscelb'- 
ci se fera surtoni dans la llaute-Égyple dont le coton 
est bien iiiféricnr à celui d-; la liasse-KgypIe id se 
vend bien moins clier. lin adnu'tlanl utu' augmen- 
tation de supeilicic'cultivée de I lidimilO acres, dent le 
tiers, ou ;iUO IKitl aci-es, poni' le colon, c(da donneiail 
un cliiirre de iol) OOU balles à ajoulei- à la produc- 
tion actuelle de l'hlgypte. 

Il n'est pas pndiable (pie d'autres pays, Cliine. 
Tuikeslan, l!i'ésil,colouiesalleinandesd'Arri(pie,etc., 
donnent uni^ augmentation sensible de la pro- 
duction du coton, (l'est seulement aux Klals-Unis 
qu'une extention considérable de celte culture est 
possible. D'après le dernier recensement de IS'JVI, il 
y avait dans la Louisiane, le Texas, l'.Vrkansas, le 
territoire Indieu el l'i Iklalionia40 000 Ut:0 d'acres de 
bonnes terres, dont tO 000 000 ilestiiiées à la culture 
du coton. Ces ciiu] Étals ou territoires oui le sol el 
climat le mieux appropriés à la culture du coton, el 
pourraient ai'rivera la production aciuelle des Etats 
Lnis. 



TISSUS leiiits de l'époque îles Iiieas, par 

M. ED. K.XEIIIIT iJ. "/■ Ihc S„c. of Ihjcrs and Cul., 
I'i0:i, p. tut). 

Dans la séance du 20 février de la « Society of 
Dyers and Colourisls », .M. Ed. Knecht a présenté 
une colleclion de lisais teints, provenant des 
sépulliues des Incas au l'érou. Il est certain que ce 
peuple jouissait, avant la conquête de leur pays par 
les Espagnols, d'un degré de civilisation avancée. On 
en trouve une preuve dans la cpmlité des lilés el des 
tissus, dans la valeur aitistique des dessins, ([ui 
rappellent ceux de l'ancienne Egypte. Au point de 
vue de la teinture, l'iidérét que présentent ces tissus 
est tout à l'ait de piemier ordie : la richesse de cer- 
tains Coloris l'ail songer aux élotles de l'Orient el en 
particulier de l'Inde. 

11 n'y avait iju'un tissu uni dans la collection, tissu 
de laine teint en un superbe rouge cramoisi. Tous 
les autres tissus là l'exception de deux impressions 
~ur gaze, qui [louvaienl avoii- été fabriquées d'après 
le procédé des batliks , provenaient de lils teints, et 
présentaient une grande vaiiété de couleurs, rouges 
el roses, orange, jaune, verls, bleus, bruns el nous. 
Contrairement aux teintures de l'Orient, celles des 
Incas étaient presque toujours parfaitement régu- 
lières. 

Le blanc était souvent employé dans les dessins, 
mais il lui impossible, à cause de lilat de vétusté 
des tissus, de déterminei- si le blanc avait été obtenu 
pai' blaiicbiment ou représ('nlail la coub ur naturelle 
de la libre. Les bleus étaient teints avec l'indigo. Ln 
noir sur laine renfermait de 1 indigo, comme prin- 
cipal élément. Les rouges étaient teints sur mordant 
d'alumine, avec un colorant présentant les réactions 
de la cochenille. Les jaiuies n'ont pas été étudiés, à 
cause du grand nombre de jaunes répandus dans la 



nalure, et dont les réactions distinclives sont insuf- 
lisantes. Les tissus étaient surtout de laine idans 
plusieurs cas al|)aca ou vigogne) ; certains ne conle- 
naienl ijuc du colon. Aucun des tissus ne renfermait 
de soie, ce (pii lendiait à inlirmer la théorie d'après 
laquelle les Incas aui'aierd été en rapports a\ec la 
Chine, avanl l'invasion espagnole. 

it. 

CIIAIU^K l)K LA SOIE (l>ro<é(lé pour enle- 
ver la), par M. A. MULLER C/.rils. Fiiihni ii. 
Tcrlil-Cheiiiic, l'jo:), p. lOOi. 

La charge se donne acluellemeid à la soie poui' 
blanc el couleurs, en la Iraitanl successivement 
parle peichlorurc d'élain, le |)hospliate elle silicate 
de soude. On dorme parfois aussi un passage en 
sulfate d'alumine. Ce procédé, employé depuis 1802, 
conserve non seulement le brillant el le loucher di! 
la soie, mais encore les améliore. Il est nialbenren- 
semenlpeu réguliei-, el il sepioduit parfois des dill'é- 
rences de poids de 2li à :iO "/„, bien que toutes les 
opéiatious aient été identiques d'une partie de soie à 
l'autre. On serait tenté d'allribuer ces écarts à la 
iinalilé ou à la provenance de la soie: ce serait une 
erreur, car ou les a conslatés avec des lots bien 
homogènes. 

Le teinluiier en soie peut se trouver ameni' à 
réduire la charge d'une partie de soie. Va bain de 
savon bouillant diminue le poids de Ki à 12 °/„, 
mais aux dépens de la libroïno, et non do la charge. 
Ce procédé est donc aboslument défectueux. 
L'auteur, en collaboration avec M. IL Zoll, est 
arrivé à de bons rr'sullats eu se servant de l'acide 
fluorhydrique el de l'acide oxalique; la cliaige 
totale de la soie peul être môme enlevée, et colle- 
ci acquiert des quantités de solidité, d'élasticité, etc. 
remarquables. De vieilles soies tarées se trouvèrent 
remises par ce traitement dans un état très conve- 
nable. 

L'application du procédé est simple: mouiller la 
soie et la plonger pcndaid peu de temps dans un 
bain froid et étendu d'acide (luorhydrique (0,4 à 
1 ", „), laver el aviver. La quantité de la charge 
enlevée est fonction de la concentration el du 
temps, ce qui permet une élimination partielle ou 
totale. Avec l'acide oxali(iue, on se sort d'une 
solution saturée à fi-oid. h. 

VER A SOIE (Le) eu llalie iTcvlile liecorJer, 
1003, p. 303 j. 

Les vers à soie élevi's en Italie sont exclusive- 
ment de ceux qui se noiwrissent de feuilles du 
mûrier: les yama-mai, eri, iniijn, ne se trouvent 
pas sur le marché. Les races cultivées on Italie 
sont: l" la race jaune pure, la plus ancienne du 
pays. i\on croisi'e elle conslilnt; une pari inqior- 
taiite do la production nationale ; 2'^ la r'ace 
blanche indigène, cultivée dans une mesure res- 
treinte, el 3" la race japonaise croisée provenanl de 
vers de la rare jaune pure el de vers de la race 
japonaise verte. Les vers provenant de ce croise- 
ment sont excessivement lobustes, el les cocons sont 
bien fournis. Ceux-ci sont moins estimés ipie ceux 
de la pure race jaune, mais forment une part 
importante de la production nationale. Il paraîtrait 
(pie la race chinoise croisi'o provient du ver de la 
pure race jaune el du ver chim)is blanc, à cocon 
sphérique. Ce croisenieul doinie un cocon plus petit 
el d'un poids inférieur à celui de la pure race jaune, 
mais d'une valeur coinparative égale. 



^-i 



REVUE DES JOURNAUX. 



Il noxisle pas de service public pour la vérilicalion 
pl le classement des leufs. Le vendeur qui ne 
donne pas satisfaction à sa clientèle la perd. Il n"y 
a pas non plus de rès:le fivc pour la plantation des 
mûriers. Des milliers de milles carrés sont plantés 
en rectangles, la distance moyenne d'un arbre à 
l'autre est de 8 à jîi mètres, ce dernier chiffre 
représentant la largeur des avenues. On peut 
planter les arhres au printemps ou en automne et 
les transplanter. Dans de bonnes conditions, ils 
peuvent atteindre 30 ou 70 ans. Généralement un 
mûrier produit de 16 à 40 kil. de feuilles dans 
l'année. Le prix pour les cocons frais et en bon état 
est (le 3 francs à :î Ir. 110 par kil., suivant la localité 
et suivant la qualité des œufs. Les cocons secs 
valent 10 francs le kil.. avec la garantie que 4 kil. 
de cocons rendront i kil. de soie. 



.MORD.\NTS 

.MORDAXÇ.\GE DE LA SOIE (Étude sur lel, 
par M. P. HEERMAXX (Fiirbei-Zeitwig, 1903, p. 3T, 
117 et 142). 

Les mordants étudiés ont été ceux d'élain. de fer, 
de chrome et d'alumine, dans les conditions que 
l'auteur appelle celles du mordnnçu'ie primaire, où 
n'interviennent pas d'autres fadeurs que l'aflinité 
réciproque de la libre et du mordant. La fibre choisie 
était la soie igrége et cuite', qui se dislingue du 
coton et de la laine par son affinité toute spéciale 
pour les mordants métalliques. 

.\prèsle mordançageles échantillons d'essai étaient 
également tordus, lavés, passés en eau faildement 



ammoniacale pour neutraliser l'acide encoie combiné 
et enfin lavés à fond. 

Les résultats de celte étude portant sur la durée 
du mordançage et la quantité de mordant ii\é, peu- 
vent se résumer ainsi : 

1" L'augmentation de poids de la soie, grège ou 
cuite, due à la fixation du mordant croit avec la durée 
du mordançage pour atteindre un maximum, à parlir 
duquel le poids décioit. Ce maximum est atlcint 
après un intervalle de temps variant de six heur s 
à deux jours. 

•ï" La diminution de poids, succédant au maxi- 
mum, ne provient pas de la séparation d'une partie 
du mordant, mais de l'attaque et de la dissolution de 
la libre par celui-ci. Avec les mordants d'étain et 
d'alumine, la soie cuite en renferme la quanliié 
maxima qu'elle peut prendre : la soie grège, après la 
saturation, continue à fixer du mordant d'une m.-- 
nière très appréciable. Elle présente un tout autre 
aspect : le grès n'est ])lus visible et la fibre e-t 
blanche, sans brillant, d'un toucher désagréable, 
comme incrustée. 

3" Les sels de chrome et de fer se comportent de 
la même manière. Le poids maximum étant atteint 
ne varie plus. La soie grège se différencie peu de la 
soie cuite, mais les poids correspondant à celle-ci 
sont environ la moitié de ceux que donne la première. 
La libre se trouve saturée au bout d'une semaine et 
un plus long mordançage est sans effet. 

Le chromeest<lesquatremordants considérés celui 
qui tire le plus lentement. 

Les résultats de ce travail peuvent être résumés 
dans le tableau suivant : 



, , Grège 

'-'•^"' Jcuile. 

„ 1 Grège 

P"^"^ jCuile. 

r-i i Grège 

'^''™'"« )Cuite 

Alumine 




Grèsc . 
:uiie.. 



POCRCEXTAGE 


AIGMENTATION 


POIRCENT.VGE 




maxima du poids. 


des cendi'e> 




, 


correspondant .i 


■' 








raiisnienlatiun 


lie. 


1 h. 1 i ;. J h. 


Tempsenheure?. 


nuanlilé p. 100. 


de poids m.uima. 


;i 


Tn 7 


.,j 


18.43 


li.iT 


H 


n.i 


6 


19.85 


12,47 





9»,4 


24 


9.95 


0.00 


,1 


9G.D 


6 


5.10 


5.06 




59.2 


48 


14.35 


7.35 


9 


4'J.I 


48 


7.24 


3,91 


9 


'.11.3 


t'> 


1.38 


2.00 


.3 


T7.n 


24 


3,65 


3.91 



L'auteur a étudié aussi l'influence de la tempéra- 
ture sur la quantité de mordant qui se fixe. Les 
morJants se fixent moins bien sur la fibre aux 
basses températures, au point de congélation de 
l'eau, par exemple, qu'à la température normale des 
ateliers, el en hiver il sera bon de les chaUlîer de 
manière qu'ils ne se refroidissent au-dessous de lO". 
Cette règle ne s'applique pas à tous les mordants, 
car il en est (|ui tirent aussi bien sur la libre à 0» 
qu'à 30°. D'autres mordants tirent moins siircertaines 
libres entre 0" et la", mais ne montrent pas entre 
20° el 30° plus d'affinité pour les libres; pour certains 
mordants enfin, sur certaines fibres, l'affinité croit 
régulièrement avec la température. 

Les essais ont été faits de 5° en 5°, de 0" à 30°. La 
durée du contact entre le mordant et la libre était 
de (j heures. Les quatres mordants, étain, fer. chrome 
et alumine furent employés à la concentration de 
30» B. pour le premier et le second, de 20° B. 
pour le troisième, et de 10° B. pour le dernier. 



Les échevettes de soie étaient lavées à l'eau courante 
3 minutes, laissées dans l'eau ordinaire 15 minutes, 
puis dans l'eau faiblement ammoniacale (5 c. c. 
d'ammoniaque à 10 » „ par litrel aussi 15 minutes. 
Après séchage, elles étaient bien trempées dans 
l'eau froide, essorées, et niordancées ('> heures aux 
diverses températures, également essorées, lavées à 
l'eau et à l'eau ammoniacale, essorées, séchées à 
la tempéiature ordinaire et pesées trois jours après. 

L'augmentation de poids de la soie grège avec le 
mordant d'étain va en augmentation de 0»à 30". Les 
quantités démordant fixées sont à 0°,o°, 10°, 15», 20", 
et 25°, 74,5 — «3,5 — 86,5 — 89,4 —93,3—97,3 de 
la quantité fixée à .30». Les observations à 0» et 
5° présentent des dillicuHés, car l'imprégnation de 
la libre se fait très difficilement ; la diffusibilité du 
mordant est entravée par la consistance huileuse, 
que prennent pare.xemple les mordants de fer et de 
chrome. 

En résumé, linllucnce de la température peut être 



|{i:VUK DKS JOURNAUX. 



173 



considérée comme très réelle dans la lixalion du 
mordant d'étain sur la soio grège, mais aussi comme 
[négligeable vis-à-vis de la soie cuite. 

Le mordant de ferse comporte, en |)riiici|ie, comme 
le mordant d'étain. La soie grège prend des propor- 
tions du mordant croissant de 4,'.t2 à 7,s;i " '„, quand 
la température varie deO";i M)". Avec de la soie cuite, 
la quanliti' de mordant lixé est constante et iiidé- 
pendanle de la temp-rature. 

Avec le mordant de chrome, on constate avec 
clonnement que les pro()ortions relatives de mordant 
fixé par la soie grège et la soie cuite sont renversi'cs, 
ciimpaialivement ace (pii se pusse avec les mordants 
d'élaln et de 1er. La tenipc'ialure est sans induence 
pour la soie grège, tandis (jue son action est mani- 
tV'ste pour la soie cuite, qui lixe des quantités de 
mordant ullant de i,o:! " „ à '.\,H:i " 'o, quand la tcm- 
iiérature varie de 0" à 311°. 



.\vec le mordant d'alumine, les deux sortes de soie 
se com|)ortent de même et fixent des quantités 
d'alumine croissantes de (I" à 20' : mais de 20° à 30° 
il n'y a plus de variation dans la quantité de mordant 
lixé. La soie grège prend de 0,'jO à 1,41 »/„ de 0° à 
20», et la soie cuite de 2,bV à .'Î,i2 ','„ dans le môme 
intervalle de température. 

Ces résultats, consignés dans le tableau ci-dessous, 
peuvent s'énoncer ainsi : La température dans le 
mordançage primaire a le plus souvent, mais non 
toujours, une influeiice sur la quantité de mordant 
lixé. Certains mordants iZn, l''e), avec certaines 
libres (soie cuite), sont lixés en égale quantité aux 
températures comprises entre 0" et 30", et en 
quantit' s variables avec d'autres libres, (soie grège). 
U'aulres mordants (Cri >e comportent d'une manière 
inverse; enlin,il en est, comme l'alumine, qui se com- 
portent également vis-à-vis des deux sortes de libres. 



M.WIMCM 

ilaugmenlalio 
.le poids 



P, . \Soie grège... :10» 

'^""" I — cuite ... (I— SO 

J Soie grège. .. 30 

'''^'' } — cuite... 0—30 

,,. ^Soie tiFPge... 0—30 

'•""'""le } _ cuite... 30 

,, S Soie grège.. . 20-30 

•^'""""^ } - cuite ... •.!0-30 

I 



0° 
0-30 



0—30 
0—30 



l;e uc viiiuusT KIXI-; 



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02, G 

100 

100 
00, 1 

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05,3 


100 


luO 


100 


1(10 


100 


100 


8(1, s 


02,0 


97,2 


84,7 


100 


100 


n,'),.i 


100 


100 



100 »/o 

100 

100 

100 

100 

100 

100 



(II) 



SELS DE TITAXE (Les) coiiiiue iiioidaiiU 

sur soie par M. H. Hl'RST (./. of'Soc. uf Dyers and 
Col., 1003, p. 10:;). 

Les premiers essais de mordani;age au titane 
(latent de 1H83 et sont ilus à M. J. lîarnes. Il mor- 
dançait le coton en cliloiure de titane et teignait en 
alizarine, orange d'alizarine, graines de l'erse et 
campèche. lin 1896 il faisait la itième application sur 
laine, et plus récemment encore M. (h. Lainb arri- 
vait à d'excellents résultats pour la teinture du cuir. 

Les dillicultés qu'on a épiouvées jusqu'à présent 
dans l'emploi des sels de titane pour la leinluie, 
tieniientàceque, tout récemmentencore, ils n'étaient 
pas un article commeicial courant et à ce qu'ils se 
ilécomposent facilement par la chaleur, avec dépôt 
d'oxyde de titane, ([uand ils sont préparés avec des 
acides minéraux. 

.M. Barnes a fait voir ([ue les oxalates et tartrates 
ne laissent pas déposer d'oxyde de titane et (leuvent 
être utilisés pour le mordançage de la laine. 

.MM. l'eter Spence and Sons, de .Mancliesler, ont 
récemment porté leur attention sur la |)roduction 
des sels de titane, et ont trouvé que les sels doubles 
de titane et des métaux alcalins peuvent être facile- 
ment fabri(iués et employés avec succès connne 
mordants. Ce sont le.> sels de cette maison que 
l'auteur a employés : 

l'aniuj-oxalate de titane ; 

Sulfate de titane et de sodium : 

< Ixalate de titane et de potassium ; 

Chlorure de titane. 

I. — Le tanno-oxalate est un liquide brun {d=: 1 ,20) 
((ui, mélangé avec l'eau, donne au bout d'un certain 
temps un léger dépôt, (tn l'emploie en solution à 
:; "/„ à la température ordinaire. La soie immergée 
dans ce mordant le lixe rapidement, et prend une 



belle couleur jaune d'or: la saturation est complète 
au bout de (|uatre heures, tandis que l'alumine et le 
chi'ome demandent dix à douze heures. Le jaune 
ainsi obtenu sur soie est solide au lavage et très pro- 
bablement à la lumière. L'augmentation de poids de 
la soie, par suite de la lixation du titane, a varié de 
2,3 à 3,yb et 4,2 '<!„. 

Les nuances obtenues en teinture avec le laïuio- 
oxalate de titane et diverses matières coloiaides, 
sont les suivantes : 

Graine de Perse brun uiange. 

Cauipêclie veit bron/e à noir verdàtre. 

Bois de Brésil rouge terne. 

l-'uslet jaune olive. 

Brua-antliracène 11 brun oraiiye vif. 

Alizarine roujie terne. 

Noir d'alizarine W. li bruu noirâtre. 

(j.dléitie violet brun à violet foncé. 

bleu d'abzarine SU brun violacé. 

Orange d'alizariue li bel écarlate. 

Vert d'aliz.iriiie cyanine.. beau vert foncé. 

Hordeau.x d'aliz.irine H... belle nuance marron. 

Alizarine viridine KF beau vert. 

Jaune azo d'alizarine beau jaune. 

lirun au clirome rouge foncé. 

Uio.vine brunzj (jjivc. 

(jauil)lne ft jaune olive. 

\ert solide olive brunâtre. 

11. — L'oxalatc de titane et de potassium est un 
s(d blanc cristallisé, lentement soluble dans l'eau 
froide, un peu plus rapidement dans l'eau chaude: 
la solution ne donne pas de dépiJt par la chaleur. On 
l'emploie en solution à o " „: la soie se sature de 
mordant en trois à cinq lieures. Il est bon, apiès ce 
mordanc.age, de la passer dans une solution d acétate 
de calcium à :; »/o; la libre renferme du titane et de 
la chaux. iJans ces conditions, l'augmentation de 
jmids de la soie a été trouvée de 7 "/„. 



174 



REVUE DES JOURNAUX. 



III. — Le chlorure de titane est un liquide violet, 
contenant ÏO % Je sel sec, et se mélangeant facile- 
ment à l'eau La soie dans une solution à b "/(, prend 
un ton gris pâle, après une immersion de trois à cinq 
heures. II est avantageu.x de la passer alors dans une 
solution à o "/o d« phosphate de sodium. Le poids 
de la soie augmente de 3 "/o P^r le mordançage 
ainsi pratiqué. 

IV. — Le sull'iUc de titane et de sodium est un sel 
blanc amorplic, dillicilcment soluble dans l'eau. On 
se sert de la solution à 5 "/o, jiuis on passe la soie en 
acétate de calcium. L'augmentation de poids de la 
fibre est faible. 

Enfin on peut teindre la soie on tannin, puis la 
passer en oxalate ou en sulfate double de lilane. 
L'augmentation de poids est de 1 1 à 12 "/o. 

Les trois derniers sels examinés donnent à peu 
près les mêmes résultais avec les colorants suivants : 

Tannin jaune plein. 

Graine de Perse oiange terne. 

Bois de Brésil rouge-brique terne. 

Fustet jaune olive. 

Cauipêclie brun violacé. 

Gaude jaune vil'. 

Jaune au chrome li beau jaune. 

Alizarine beau rouge. 

Brun d'authracène li beau brun. 

Alizarine orange l\ écarlate orange. 

(jalleiue beau violet. 

Bleu d'alizarine acide BB. violet foncé. 

Jaune d'alizarine N jaune d'or foncé. 

Céruleine B vert terne. 

Gambiue B vert mousse. 

Gallocyanine 1<^ violet terne. 

Marron d'alizarine marron foncé. 

Ctiromoeyanine V violet foncé. 

Vert d'alizarine PB vert bronze foncé. 

Bleu d'alizariue A Iileu rougeàtre foncé. 

Brun d'alizarine G beau bruu rouge. 

Vert d'alizariue cyaninc. beau vert. 
Bordeaux d'alizariue B... rouge brunâtre. 
Héliotrope d'alizarine Bl!. violet bruu foucé. 

Jaune d'anthracéne C jaune d'or fonce. 

Brun d'alizariue acide B.. brun foncé. 
Bouge d'authracène au 

chrome A brun violacé. 

Alizarine saphirol B beau bleu. 

.Noir bleu d'alizarine ;iB.. noir bleu rougeàtre. 

Bouge d'alizarine S rouge foncé. 

Jaune pour laine beau jaune d'or. 

Cyananthrol RA beau bleu violet. 

Authrazurol brillant bleu vif. 

Alizarine célestol B bleu niariue foncé. 

^■iolet d'anthraquinoue. . . violet rouge. 
Bleu d'anthraqiiiuoue SU. bleu foncé. 
Cyauanthrol lî bleu rougeàtre. 

Le mordant de titane peut aussi être employé 
avantageusement après teinture pour les couleuis 
dites " à développer au clirome ■■. Dans ce ca^il faut 
employer de préférence l'oxalate ou le sulfate double 
de titane, car le chlorure exerce une action réduc- 
trice sur les coloraiils azoï()ues et le tanno-o.xalate 
modifierait trop la nuance, bien que ce dernier se 
recommande pour jaunes, avec le fustet, le jaune 
pour laine, le jaune d'alizarine et la gaude; pour 
écarlales, avec l'alizarine orange R ; pour verts, avec 
l'alizarine viridine et le verl d'alizarine cyanine ; 
pour rouges, avec le bordeau d'alizarine et le brun 
d'anthracéne ; pour bleus, avec le bleu d'anthra- 
quinone, l'alizarine saphirol et le cjananlhrol. 

D'après M. llurst, les couleurs sur soie au titane 
seraient bien solides au savon, et ne nuiraient pas 
un brillantdelafibre, comme les mordantsdechrome 
et d'alumine. n. 



M.VTIÈRES COLORANTES 

I.XDAKTIIUÈNE (Conslitiition de l\ par 

M. F. KAll'MCn [Berlin. Bei:, 190.3, p. 0.30). 

On sait que l'indanthrène se prépaie en chauflanl 
de 180° à 300" un mélange de p-amidoanthraquiiioni' 
et de soude caustique. Il se forme un leueodérivé, 
dont la solution dans l'eau, traversée jtar courant 
d'air, la'sse déposer le colorant bleu à l'état cristal- 
lisé. (Voir li. G. M. C, 1902, p. 38, 224, 276.) 

Pour purilier l'indanthrène, le meilleur procédé 
est de le dissoudre dans l'acide sulfurique concentré : 
la solution est placée sous une cloclie avec de l'eau 
et à mesure que l'acide se dilue, le colorant se 
dépose sous forme d'aiguilles bleues à reflet métal- 
lique. 

L'analyse a monlrê que l'indanthrène est une 
aziiie dérivée de l'anthraquinone ; la marque C est 
le dérivé bibromé de l'indanthrène proprement dit. 
Si l'on réduit par l'acide iodhydrique à 250''-280», 
pendant 4 heures, on obtient dans les deux cas, 
après sublimation sous pression réduite et extrac- 
tion au nitrobenzène cliaud, les mêmes aiguilles 
r(mges à éclat mélallique. Les solutions concentrées 
sont rouges ; les solutions diluées ont une fluores- 
cence verl jaune. Soluble dans l'acide sulfurique 
concentré, le nouveau corps n'est pas soluble dans 
les solutions étendues d'acides ou d'alcalis. 

D'aprèsl'analyse, (7'H"''0^N-, ildoitètre représenté 
par la fni'mule : 

CO 




L'indanthrène, r.-*ll'-0''N-, sera repiésenté par la 
formule précédente, où les deux groupes C.H- sont 
remplacées par C.O. 

n. 

i»IATIÈRES COLORANTES DIRECTES (Nou- 
velles), par M. PII. BAUUIER (Ihill. .Soc. liid. 
Hoiicn, 1903, p. 52). 

Les matières colorantes directes dont il est ques- 
tion dans celte note sont obtenues par la réaction de 
nouveaux agents de copulation dérivés du biphényle, 
sur les lélrazoï(iues de la benzidine, des paradiami- 
dophényllolyles, de la tolidine, des paradiainido- 
dixylyles, de la dianisidine, et en général de toutes 
les diamines de même nature. 

Ces nouveaux copules sont les suivants : 

1° Orlho et mélamidobiphényle et leurs dérivés 
alkylés. 

2» Acides ortho et niélamidophényle mono et 
disulfoniques. 

3" Dérivés alkylés de ces mêmes acides. 

4" Les oxybiphényles et dioxybiphényles. 

;i" Les acides oxybiphényles mono eldisulfoniqucs. 

G" Les acides dioxybiphényles mono et disulfo- 
niques. 

7" Les amidooxybiphényles et leurs dérivés alliy- 
lés, henzoylés et sulloniques. 

Tous les corps désignés dans la liste qui précède 
fournissent des colorants directs dont les nuancgs 



REVUE DES JOURNAUX. 



ilô 



varion( liu muse au violet, en passant par l'orange, 
le jaune cl le bleu. Ils posst-dent la propriété d'être 
insensibles à l'action des acides. 

Ou peut en outre les associer aux agenis de copu- 
lation en usage, tels que : 

I" Phénols mono el dialomiiiues. 

2" Acide salicylii|ue. 

.3" Acides naplitylaniine sult'oniciues, excepté 
l'acide B naplitylaniine sulfonique (2.8). 

1" .\(ides iiaphtylainino disull'onii]ues et dérivés 
alkyli's, excepté l'acide D-naphtylainine disull'o- 
ni(iue V (2.6 8.)- 

b" Acides naplitol mono et disull'oni(iues. 

()" Aniidonaplitols et leurs dérivés aikylés et sul- 
foni(pies. 

7" l)io\yna|ihlalines et leurs dérivés sulfcniques. 

Lcsc(dorants mixtes qui résultent de cette associa- 
tion présentent li même variété de nuances, et 
possèdent également la double propriété de tirer sur 
coton blanchi ou écru, et d'être insensibles aux 
acides. 

Ce dépôt a pour objet de ni'assurer la propriété : 

1° Iles dérivés du biphényle énuniérés plus haut 
comme agents de copulation. 

i" Des coloi-ants nouveaux, produits au moyen de 
ces dérivés, soit par leur association avec les agents 
de copulation actuellement ern|iloyés. 

i.\ij«s n'avuus pus pu tnvircr iliiiis la lilldrature 
lechnique tics matières colorautcs que les dérivés du 
bipliényl aient l'té emploijils comme cofiidants. Ces déri- 
vés qui sont employés, comme on le sait, sur une grande 
échelle dans la fabrication des matières colorantes 
directes pour coton comme diazos nu mieux tétrazos, 
ont certainement été essayés rummt coinil'inls, mais ces 
essais n'étant pas publies, le contenu du pli mérite 
d'être siijnalé. 

PUOCliUK (le préparaMou de l'Ilydi-ol dia- 
inidé, té(i-ani«''tli,vlé par oxydation du diplic- 
nylinéUiaiie diaitiidé (élraiiiétlijié, par MM. A. 
l'OlltHIICIt cl A. ItOSEASTIEHL [Bull. Soc. Ind. 
Ilijuen, 1903, p. o3). 

N.-B. — Pour abréger, on désignera le diphényl- 
inélhanc diamidé tétraniétiiylé par la lettre D et 
riiydrol correspondant sei'a simplement nommé 
" hydrol •> et il demeure convenu qu'il est diamidé 
et tétramétliylé. 

CAP 

.1^ /C""'-^'<.;il.. 

>C( = I) 

11^ \ cil' 

Cqi.NCcp 

CH3 

)C( =l,J,hol 

Il / \ CH^ 

CdlvNC:^.,,, 

Pri'iiaration : 

D 100 ) 

IICI 3 iiiol. Eau. 1» p.ulic.~. 

.\c. ncclique, 1 .i 2 un il. ' 

l'l)(|2 lOi-llO 

E:lU î — 

I-:aii totale... 17 parties. 

Opérer aussi froid que possible. 
Le PbO- est versé rapidement; on lenuie bien. .\u 
bout de 7 minutes déjà, il se forme des crislau.x verts 



mordorés d'une combinaison de monochlorhydrate 
à l'hydrol est de PbCI-. On ajoute alors du sel, 
nn gr. I.c liipiide se décolore jiresque coni|ilète- 
meiit. 

Tout l'hydrol est sous forme de combinaison inso- 
luble dont la formule est PbCI-, C'"1[-'N-C1. En 
même temps ipio ce composé, il se précipite du D 
non oxydé ainsi cpie des produits secondaires de 
l'oxydation. 

Le précipité est recueilli sur tiltie, lavé à l'eau 
salée, séché et lavé à la ben/.ine qui enlève les l)ases 
non combinées mentionnées plus haut. 

Pour retirer l'hydrol de cette combinaison on peut 
le traiter à l'eau acidulée par l'acide sulfurique, 
lillrcr rapidement, pour séparer du sulfate de plomb 
et précipiter à la sonde. Ces opérations doiveid être 
faites rapidement, les dissolutions salines (l'hydrol 
étant fort instables. 

On peut conserver l'hyilrol sous forme ih^ combi- 
naison plombi(iue et se servir de cette combinaison 
à la place de l'hydrol lui-même. 

Les rendements se rapprochent du rendement 
théorique et varient entre 8i et Di °/i, du D employé. 

La préparation du benzfiyilrul diamidé tétramétliylé, 
en procédant, comme le fait l'auteur du pli, par oxyda- 
tion de (liphenylmélhane diamidé tctramethylé, a en 
(jèni'ral été' remplacée depuis, e)i le préparant par réduc- 
tion du tétraméthyldiamidobenzopliénonc. 



\ C.iP 

Le contenu dit pli n'en yarde pas moins son intérêt. 

HYDROL DIAMIDÉ TÉTRAMÉTHYLÉ (Pro- 
priétés de 1 ), par MM. A. l'OIRRIER et A. RO- 

SENSTIEIIL [Bull. Soc. Ind. Rouen, IS)03, p. 5a). 

1. Le point de fusion indiqué pour l'hydrol par 
les chimistes qui ont publié des travaux sur ce corps 
est de 100° t;. Cependant, quand, après l'avoir fondu, 
on en élève la température de quehiues degréa 
(à tlÛ°C., p. ex.), on le voit se solidilier de nouveau, 
et alors il faut élever la température à 17o 180" C, 
pour qu'il se liquéfie de nouveau. (Cette tempéra- 
turc n'est pas encore bien lixée). En même temps 
que son point de fusion s'élève, sa solubilité dans 
l'alcool et dans l'essence de pétrole diminue. 

Dans cet état, il n'a rien perdu de son pouvoir 
colorant. Avant comme après, il teint le coton nior- 
daucé en taïuiin et émétique; il teint la soie en bleu 
vif et fugace ; il ne teint pas la laine. 

2. Les dissolutions salinesde l'hydrol ne se conser- 
vent pas. Abandonnées à elles-mêmes, elles se 
couvrent bientôt de pellicules incolores, grasses au 
toucher, dont la quantité augmente sans cesse, 
d'autant jilus vite que le liquide est plus chaud et 
moins aciilc. 

Au bout d'un quart d'heure, tO " „ d'hydrol ont 
disparu; deux heures après, il n'y en a plus que 
70 "/o, et au bout de 48 heures il n'en reste plus. On 
peut suivre cette transformation par des essais de 
teinture. 

(Juand le liquide est convenablement acide et 
dilué, la matière incolore qui se sépare est nellement 
cristallisée. 

3. Ce corps est une leucobasc coloiabic en violet 
par oxydation. 



176 



REVUE DES JOURNAUX. 



L'hydrol étant un corps substitué en para, la 
condensation doit se faire selon la réaction décou- 
verte par M. Noelting d. r. p. n" 54ii3 . 

Cette nouvelle leucobase pourrait avoir la consti- 
tution suivante : 



OH 



X 



C = [C6Hv\iCH3,2]2 
C6HnN.,CU5,2 

C6H3N\CH3)2 

= [C6H>N(CH3)2]2 
/ 



Elle résulterait de la condensation de deux molé- 
cules d'hydrol sur une même troisième. Quelle que 
soit dailleurs sa constitution, le fait fondamental 
est qu'elle est transformée par le PbO- en un violet 
possédant la nuance, les propriétés chimiques et les 
propriétés tinctoriales de la pararosaniline hexa- 
mi'thylée. 

4. Je fais remarquer que la leucobase ci-dessus est 
à la fois liydrol et leucobase. Elle doit donc se prêter 
à de nouvelles condensations pour former des com- 
posés dérivés du carbure : 

H-C— CH' — C-CMi- — C-ll 
/^ /\ /\ 

C«H- C6 II C6H5 C.6H6 C«H5 

qui représente le triphénylméthane trois fois soudé 
en chaîne ouverte. 

.ï. L'hydrol se condense sur la cétone correspon- 
dante. La réaction a lieu entre deux molécules 
d'hydrol et une de cétone. Celte condensation se fait 
eu évaporant en bain-marie le mélange des deux 
liilorhydrates. 

La leucobase formée s'oxyde et se transforme aisé- 
ment en une matière colorante bleue, teignant la 
laine sur bain acide, en un bleu résistant au frotte- 
ment au savon et aux alcalis caustiques. 

6. Deux molécules d'hydrol se condensent aisé- 
nu'nt sur une molécule du diphénylmèthane diamidé 
et alcoïlé de diverses manières. Ces condensations 
se font en présence d'eau, d'acide chlorhydrique et 
de chlorure de zinc (lequel n'est pas toujours 
nécessaire). 

Le résultat de ces condensations est encore une 
leucobase colorable par oxyJaîion. 

7. D'autres composés diphényliques, même ceux 
dont la place para est occupée, tels que la benzidine, 
la tolidine, se condensent aAee l'hydrol. La liste des 
corps à essayer est très grande, la faculté de conden- 
sation de l'hydrol étant, comme on vient de le voir, 
1res remarquable. 

8. Chauffé avec l'acide sulfurique concentré, 
l'hydrol se convertit en cétone correspondante par 
suite d'une oxydation. On constate le dégagement 
d'acide sulfureux. Mais la réaction n'est pas nette, il 
se forme des produits accessoires de condensation, 
soit de l'hydrol sur lui-même, soit de l'hydrol sur 
la cétone. 

Les ( Ist'ira/ions personnelles i-ésumées dans ce pli 
sont d'un intérêt général pour toutes /es personnes s'oc- 
cupant de chimie organique. 



AOTE sur les dispositions à prendre daus 
les ateliers de broyage des sels, à base de 
l>lomb. pour protéger les ouvriers contre 
les poussières nuisibles, par M. R. VE.XA- 

lîLES Bullel. .st.c. inJ. Mulhouse, l'.i03, p. 23 . 

Les meules doivent être complètement enfermées 
dans des enveloppes métalliques dont l'intérieur est 
mis en communication avec un ventilateur aspirant, 
au moyen de conduites d'une section suflisante 
pour empêcher qu'aucune poussière ne s'échappe au 
dehors, même quand on ouvre un des regards. 

En agrandissant considérablement une partie 
horizontale de la conduite, on obtiendra à cet 
endroit le dép6l d'une bonne portion des poussières 
entraînées. 

Entin. la sortie du ventilateur peut être dirigée 
sur la surface d'un récipient plein d'eau, de façon 
à noyer les poussières restantes et les empêcher 
ainsi d'être nuisibles. 

Pour prévenir l'intoxication par le plomb, il est 
bon, comme cela se fait dans les fabriques d'accumu- 
lateurs électriques, de faire boire aux ouvriers 
beaucoup de lait, soit t à 1 litre !/•; par jour. 

ACIDE XITRO-.VMIDOSTILBÈ.XE DISUL- 
FOMQUE Sur I' , par M. A. WAIIL Bull. Soc. 
Chim.. 11103, p. 34:1 . 

En traitant l'acide p.-nitrololuène sulfonique par 
les alcalis caustiques. Walter a obtenu en 1887 une 
matière colorante jaune Jaune soleil, Curcumine S, 
Jaune direct', qui est probablement le sel de soude 
d'un acide azoxy ou dinitrostilbène disuifonique, et 
se forme par suite dune oxydation intramoléculaire 
des groupes méthyle aux dépens de l'oxygène des 
groupes nitrés. 

MM. Green et Wahlont montré que si l'on fournit 
directement, au moyen d'un oxydant, l'oxygène 
nécessaire à la soudure des deux méthyle, celle-ci se 
fait encore tout en conservant intacts les deux groupes 
nitrés. Us ont préparé ain>i i'acide dinitrodibenzyl- 
disulfonique et Vai.ide dinitroslilbénedisulfonique. Ces 
deux produits donnent naissance à de nombreuses 
matières colorantes jaune stilbène, jaunes diphé- 
nyle, orangés stilbène, etc. . Elles se préparent en 
chauffant avec les alcalis caustiques l'acide dinilro- 
dibenzyldisulfonique seul ou en présence de com- 
posés amidés, qui se condensent probablement avec 
les groupes nitrés pour donner des azoxy. 

L'acide dinitrostilbène disuifonique ne fournit de 
matières colorantes qu'en présence de réducteur 
alcalins : la nature de ceux-ci influe sur la nuance 
des colorants. 

Le zinc en poudre, le sulfate ferreux, le glucose 
donnent des produits qui présentent beaucoup d'ana- 
logie avec les colorants Mikado. 

Les eau.x-mères, où les produits de réduction se 
déposent, renferment toujours une quantité plus ou 
moins considérable d'un produit extrêmement 
soluble, diazotable et susceptible alors de se combiner 
aux phénols et aux aminés pour donner des colorants 
azoïques. 

Dans le but d'obtenir ce corps, l'auteur a fait réagir 
le sulfure de sodium sur l'acide dinitrostilbène disui- 
fonique. On dissout 100 gr. de dinitrostilbène disul- 
fonate de sodium dans 1 000 c. c. d'eau chaude et on 
refroidit à 3O<'-40''. On ajoute alors lentenient une 
solution de 70 gr. de sulfure de sodium cristallisé 
dans 400 c. c. d'eau. L'addition du sulfure provoque 
un léger érhaiiffement que l'on modère en plaidant 



UEVUE DES JOURNAUX. 



177 



10 vase dans l'eau froide. Au liout d'environ 
1/4 d'heure tout le sel de sodium a disparu : on 
acidilieavec 100c. c. d'aeidechlorliydi-iiiucconccnlré. 

11 se foinie un abondant précipité jaune cristallin. 
Le rendement est de 80 "/„ du |)roduit dinilré. 

L'analyse du produit purilié conduit à le considérer 
Comme le sel acide de sodium de ['iicidc nili-oaniidu- 
stilhène disdif'oni'jiie. Les sels neutres sont très solubles 
et leurs solutions follement colorées. 

Le permanganate est instantanément décoloré par 
le iiitro amidé, avec fornialion (irobatle d'aldéhydes 
o.-sulfoparanitro et paraamidobenzoïque. La pre- 
mière a élé nettement caractérisée, mais non la 
seconde, dont le groufie amidé a pu réagir avec le 
peiiiianganale. 

L'acide nitroamidoslilbène disiilfoa que teint la 
liine et la soie en bain acide, en jaune orangé très 
intense et brillant. Il forme avec le nilrile de sodium 
un dérivé diazoique insoluble dans les acides, solubie 
dans les alcalis. 

Les colorants azoïques dérivés de celle base 
nouxelle ne présentent qu'une affinité très faible 
pour les libres végétales, et leur prix est trop élevé 
pour permettre leur emploi dans la teinture de la 
laine ou de la soie. On ne pouvait pas prévoir que les 
azoïqiies déiivés de l'acide nitroamidoslilbène disul- 
fonique ne seraient pas des colorants directs sur 
colon, car si les azoïques provenant de l'acide diauii- 
dodibenzyldisulfonique ne teignent pas les libres 
végétales, jiar contre ceux qui déiivent de l'acide 
diamidosli bène disulfonique possèdent à un haut 
degré la propriété de les teindre (Violet de liesse, 
lîouge stilbcne, Chrysophénine, etc.). On attribuait 
la facullé de teindre directement à la présence de la 
double liaison stilbéni(]ue dans ces colorants. Dans 
le nouvel acide nilruainiilostilbène disulfonique elle 
subsiste, mais sans exercer la même influence. Il est 
vrai que cet acide nilroainidé ne ])résente pas la 
structure symétrique des paradiamines, mais celte 
symétrie n'est pas une condition nécessaire, comme 
on le sait aujourd'hui. Kniin la propriété de teindre 
directement les libres végétales ne dépend pas exclu- 
sivement de la base initiale, mais des composants 
auxquels on combine le diazoique de celle base. 

On est ainsi amené à se demanderune fois de plus 
si cette ))ropriété que présentent des colorants 
azoïques dérivés d'aminés très variées ne tient pas 
à un ensemble de propriétés physiques qu'ils 
possèdent en commun, et dont la relation, s'il en 
existe une, avec leur constitution chimique, nous est 
encore totalement incoimue. 



XITRODÉRIVÉS des phcnoxaziues, par 

.MM. A. KEHR.MAXN et F. SAAGEU [Berlin 
lier., 1903, p. iT.-) . 

La nitration de l'acétylphénoxazine ne donne 
presque que de racétyl-3,6-dinilroi)hénoxazine, avec 
un peu d'acétyltélianitrophénoxazine. On les sépare 
par cristallisation dans la benzine. Le dérivé tétra- 
nitré cristallise le premier, et les eaux-mères laissent 
déposer apiès concentration, des aiguilles jaune brun 
d'acétyldinilrophénoxazine fondant à 102". 

La dinitrophénoxazine est obtenue en traitant le 
dérivé acélylé par une solution alcoolique de polasse. 
Llle cristallise dans l'acide arétiipie en aiguilles 
rouges sans point de fusion net et se décom[)ose au- 
dessous de 200". 

La réduction de ce corps peut se faire avec le 
chlorure d'étain et l'acide chlorhydrique en solution 



alcoolique. La solulion incolore, suflisammeiit 
concentrée, laisse déposer un composé double de 
chlorure d'élaiu et de diaminophénoxazine. Ce sel 
est décomposé par l'hydrogène sulfuré et la solution 
oxydée jiar un courant d'air, à la température de 70" 
environ. On oblient une solulion de couleur violet- 
rouge vif, avec une lluoiescence rouge. La maiière 
colorante ainsi obtenue est, dans la séiie des oxazines, 
l'analogue de la thionine ou Violet Laulh, et a pour 
formule : 



Le chloihydrate est 1res solubie dans l'eau et donne 
des aiguilles vertes. La soude caustique décompose 
les sels de la matière colorante en précipitant la 
base libre oxazonium, ([ui est solubie dans la benzine 
avec une coloration jaune. 

Celte matière coloiaide leinl le colon mordancé au 
tannin en nuanies bleues, plus rouges que celles que 
(ii)nne le violel Laiitli. 

lui nilraul les dinilrophénoxazine 3,6 et 1,3 on 
obtient la télranitro[ihénoxazine 1,3,6,8, et, comme 
liroduit intermédiaire, la Irinitrophénnxazine 1,3,6. 
La premièie, par réduction et oxydation subséipieide, 
donne un cidorant qui teint le colon comme la 
mauvéïne ; la seconde donne un colorant violet rouge. 



TEINTURE EA UHAKI. — Le premier piwédé 
breveté en Angleterre pour obtenir les nuances kliaki 
remonte à 18S4 el e^t dû à Gally. Il consiste à fou- 
larder le tissu de coton en un mélange d'alun de 
chrome et de sulfale de fer, el à précipiter les oxydes 
au moyen de solulions de soude ou d'ammoniaque. 
A l'heure actuelle, les produits employés sont l'alun 
de chrome, le nitrate el le pyrolignite de fer. Les 
nuances ainsi obtenues sont solides à la lumière, à 
l'air, au lavage, mais non aux acides, et en particulier 
à la sueur. Le vaporisage avec pression augmente 
la solidité aux acides, mais d'une manière insuf- 
lisanle ; il en est de même d'un traitement au 
bouillon par l'acide borique ou le borate d'ammo- 
niaque, ou d'un placage en huile pour rouge, suivi 
d'un vaporisage. In passage en silicate de soude, qui 
peut-être donne naissance à des silicates de fer et 
de chrome, commuui(iue à la teinture khaki une soli- 
dité aux acides lout à fait satisfaisante. 

En résumé, pour obtenir un khaki solide, il faut 
opéier de la manière suivante : 

1" Foularder dans un mélange de sels de chrome 
et de fer f pyrolignite de fen, et séclier à la hole-flue. 
C'est le seul séchage convenable. 

2 " Précipiter les oxydes pour une solulion bouil- 
lante de soude, laver et sécher : l'oxyde I'"e(OH;* 
passe à l'étal de Fe-dll'''. 

:(" Vaporiser I heure à la pression de I kil. 

4" Achever la lixalion par un passage en silicate de 
soude bouillant, laver el sécher. 

Les essais à faire pour vérifier la solidité de la 
nuance ainsi obtenue consistent en : 

1" Passage bouillant de 1 heure dans un bain 
renfermant par litre; 2.ï gr. savon el 10 gr. soude 
Solvay. 

2" Immersion de I heure dans de l'acide chlorhv- 
drique à 100 gr. par litre. 

12 



178 



REVUE DES JOURNAUX. 



3° Immersion de 1/2 heure à 40" dans un bain 
d'acide oxalique à l'i gr. par litre. 

4" Immersion de 1 iieure à 40" ilans de l'acide acé- 
liciue à 3 "/o- 

îi" ïraitemcnl par une sokilion à 1"!!. de chlorure 
de chaux addilionné de 10 ce. acide aciHii|ui' par 
lilre. 

Il est préférable d'employer le pyrolignite de l'er 
plutôt que l'acétate pur. 

Les matières goudronneuses que renferme ce pro- 
duit facilitent la fixation régulière du mordant en 
formant sui- la libre une mince couche, qui s'oppose 
à une oxydation trop rapide. De plus, elles exercent 
une sorte de protection contre la tranformation de la 
cellulose, en s'emparanl de l'oxygène que la trans- 
tormation de l'o.xyde ferreux en oxyde ferrique trans- 
porte sur la libre, à son grand détriment. 

Un grave inconvénient des khakis aux oxydes 
métalliques consiste dans la difficulté que l'on a à 
coudre les étoiles, par suite de la résistance aux 
aiguilles que produit l'accumulation de ces oxydes, 
qui vont jusqu'à représenter 10 "/„ du poids du 
colon. Aussi serait il bon de limiter leui- usage à la 
toile pour tentes et de l'ecourir, jiour les vêtements, 
à des nuances fabriquées au moyen des couleurs 
artificielles, qui se font remaïquer par lein- solidité 
à la lumière et aux agents atmosphériques. Les cou- 
leurs au soufre, du moins certaines marques, sont 
très aptes à remplir ce but. 

L'acide citrique et le rouge de paranitraniline 
donneront des rongeants blanc et rouge sur khaki 
aux oxydes de chrome et de fer. Les rongeants 
chlorate et prussiate s'appliqueront sur les couleurs 
au soufre ou sur les couleurs teintes sur mordant de 
chrome. 

Tous ces détails sont empruntés à l'ouvrage de 
M. F. Cari Theis, intitulé: lihalii aiif [iiin/iiinillr tmd 
andcvn Tcxtilstoff'en. 

Nous renverrons aussi le lecteur aux brevets parus 
dans la il. G. M. C. sur la teinture en khaki, 1898, 
p. 173, et 1890, p. 218 et 264. 



i\01H D'ANILI.XE sur laine, par M. F. REISZ 

{Chemilier ZcU., l'J03, p. 21b). 

M. Henri Schmid, d'accord avec d'autres expéri- 
mentateurs, considère le chlorage préalable de la 
laine comme absolument nécessaire pour la pro- 
duction d'un noir d'aniline sur cette fibre. 
M. F. Reisz croit au contraire qu'on peut employer, 
|)our combattre l'action réductrice de la laine, 
d'autres oxydants tels que l'eau oxygénée, les per- 
sulfates, et surtout le permanganate de potasse en 
solution acide. Ce dernier présente l'avantage, eu 
même temps qu'il agit comme oxydant, de |iréci- 
piter sur la libre de l'hydrate de peroxyde de man- 
ganèse, appelé lui-même à agir comme générateur 
du noir. 

Mais si l'on lente d'appliquer sur la laine la 
méthode au peroxyde de manganèse de Ch. Lauth, 
il faut employer de 14 à 16 "/o de permanganate, ce 
(pii altère la libre, quoique à un moindre degré que 
le chlorage, et le noir obtenu ne pénètre pas pro- 
fondément la libre, dont la section est partiellement 
blanche. 

Il est préférable de combiner l'action du peroxyde 
de manganèse, qui peut être remplacée en partie 
par les oxydes de fer, cuivre, etc., avec celle des 



chlorates ou de l'acide chromique. En employant 
6 à 7,3 l'/i, de permanganate en solution acide, 
quantité qui n'est pas préjudiciable à la libre, on 
arrive, dans ces conditions, à produire un noir 
intense, sans altérer la fibre et sans employer un 
excès d'aniline. 

La laine est traitée ;i froid par l'acide sulfurique à 
3-4"/,,; puis on ajoute en une fois 6 à 7,3 "/„ de per- 
manganate, en maintenant le bain toujours acide. 
Uuand celui-ci est limpide, on sort la marchandi.se, 
la lave et l'essore. Puis on la plonge dans une solu 
tion chaude ou froide d'aniline, d'acide et de sels de 
cuivre ou de fer, et on teint. On obtient presque 
instantanément un beau gris noir : 3 à 4 °/o d'ani- 
line ont été consommés. On sait que pour arriver 
à un beau noir il en faut 8 à 9 "/„. La différence est 
mise au contact de la fibre en présence de chlorate, 
et le noir d'oxydation ainsi produit vient se super- 
poser à celui qui prorient du peroxyde de manga- 
nèse. 

Dans la pratique, on combine les deux opératioi s 
en une seule. La marchandise, préparée en bistre 
de manganèse, est foulardi'e dans un bain renfer- 
mant: 80 à 100 gr. chlorvdr-ate d'aniline, 28 à 34 gr. 
chlorate de soude, 10 à V.j gr. acide tartrique, 20 à 
30 gr. sel amruoniac, 30 à 40 gr. sulfure de cuivre 
en pâte (ou un autre sel de cuivre), la à 20 gr. 
glycérine ]iar litre. 

Lamar-chandise, après séchage, présente une cou- 
leur d'un vert moyen. Elle est suspendue pendant 
14 à 16 heures à l'étendage à oxyder à 36° avec 
4 degrés de dilféience au psychromètre, ou passée 
dans un appareil continu, puis vaporisée de 1 à 
- minutes, dégommée, savonnée au bouillon. Le 
court vaporisage a plus d'effet qu'une aération pro- 
longée, mais, ])our éviter l'attaque de la libre, il faut 
le donner en présence d'ammoniaque. Si les 
conditions indiquées ne sont jias rigoureusement 
observées, il peut arriver que le noir, au lieu d'un 
ton bleuâtre, ait un relief loux. 

Le traitement préalable de la laine par un acide 
est d'une grande importance, comme le montrent 
les essais suivants. Des échantillons d'étoffes de 
laine furent traités au bouillon 1/2 heure avec 
H »/o acide sulfurique, 16 "/„ acide chlorhydrique, 
6 "/o acide oxalique, lavés, sèches et loulardés dans 
un noir d'oxydution un peu plus fort en chlorate et 
en acide que le noir d'oxydation ordinaire, puis 
oxydés et linis comme on l'a indiqué précédemment. 
Un échantillon non traité à l'acide n'est absolu- 
ment pas teint ; ceux aux acide chloi'hydrique et 
oxalique sont d'un vilain gr-is, avec altération de la 
libre, qui devient dure et perd de son élasticité. 
Seul l'échantillon bouilli en acide sulfurique donne 
un gris noiràti'e. 

En remplaçant le noir d'oxydation par un noir 
vapeur au prussiate jaune, chlorate de soude, sel 
d'aniline, qu'on vaporise l'a minutes, on trouve que 
l'étolTe non acidée est grise et que celles qui ont 
été acidées se désagrègent complètement au savon. 
Il en résulte que sur laine acidée on ne peut em- 
ployer ((u'un noir d'oxydation, que seul des acides 
essayés l'acide sulfurique inésenle de l'intérêt, 
et ([u'entin, si un acidage préalable constitue un 
perfectionnement appréciable, cette neutralisation 
des fonctions basiques de la laine est insuflisaiite 
pour donner un bon noir, ce que produit une oxyda- 
lion convenable de la fibre. 



REVUE DES JOURNAUX. 



179 



PROCÉDÉ <lc réserves blanc et couleur 
sous bleu «lindl^ïo, par M. AD. KEElt, (liitllet. 
Soc. ind. Mulhouse, l'.tn:!, |i. 2(')!. 

J'ai essayé Je piéparcr des savons iiisoliihles en 
vaporisant des acétates en présence de l'huile ou 
d une graisse, pour m'en servir après comme réserve 
dans la cuve d'indigo. 

Acetle occasion, j'ai ronianiuc ([ue touslesacétales, 
en pai'ticuiier ceux de l>a,Ca, Mg, Zn, Sn, Pi), épais- 
sis à l'adragante et vaporisés, donnent euv seul, 
une bonne réserve pour la cuve. 

l'ne autre réserve, qui enipédie également les 
parties qu'elle couvre de se teindre en indigo, se 
prépare à la cire. 

Kmuhion de cire. 

1 k. cire blanche. 
3 lit. e»u. 
80 gr. borax. 

CliauUer une heure à 100" en reiiuiaiil cl 
laisser refroidir. 
I lit. adragante 7;. 1000. 
1/i lit. émulsion de cire. 

Cette réserve devient surtout el'licace >i l'un 
ajoute de l'acétate de Pb ou d'étain, ou, encore 
mieux, du sel d'étain. 

I lit. adragante 7i/in00. 
1/4 lit. émulsion de cire. 
ÔO gr. SnCl- + 2aq. 
1 lit. adragante 7:i 1000. 
I/i Ut. émulsion de cire. 
200 gr. acétate de Pb. 

En combinant ces réserves aux conleuis va|ieur à 
l'alizarine, l'extrait de graines de Peise, etc., on 
iirrive à des réserves colorées. 

Los acétates alculino-terreux ne s'y prêtent pas 
bien, parce que l'oxyde ([ui si; l'orme au vapoiisage 
enqièclie en partie le di'veloppement de la laque. 
La réserveà la cire est plus apte à cet usage. 

Les échantillons ci-joints sont fabriqués avec son 
aide il . 

Les couleurs sontimpriméesau rouleau, vaporisées 
une heure. Après, les échantillons sont plongés dans 
ime cuve à la chaux et zinc. Laisser déverdir, laver 
et savonner. 

l)n peut, de cette façon, rentrer toute couleur 
vapeur dans un fond bleu indigo. Si l'on mercerisé 
le tissu, le fond bleu clair est remplacé païun fond 
bleu foncé. 

RAPPORT sur le travail préccdcnf, par 
.M. R. BRICKMAX.\. 

Le travail de M. l'eer, dont vous avez bien voulu 
me cunllei' l'examen, décrit un procédé de réserves 
blanc et couleur sous bleu indigo. 

.l'ai refait les essais que l'auteur a indiqués en 
plongeant les échantillons imprimés et vaporisés 
pendant 6 minutes dans une cuve à la chaux et à la 
poudre de zinc contenant i grammes d'indigoline 
pure par litre ; cette cuve est d'ailleurs, dans ce cas 
spécial, préférable à la cuve à riiydnisullile cl à 
la soude causti(|ue. 

Les résultats obtenus en petit sont assez satisfai- 
sants, mais c'est un procédé qui demande desdessins 
très massifs. 

(1) Ces échantillons sont déposes .lux arcliive? de la 
Société. 



L'auteur a constaté que les acétates de Ba, Ca, Mg, 
Zn, Sn, Pb, etc., épaissis à l'adragante et vaporisés, 
léscrvent le bleu cuvé. 

le fais remarquer que les sels d'aliiminiuni, de 
zinc et di' plomb sont employés dans la fabiication 
de l'arlicle réserve sous bien indigo. Ils peuvent agir 
en formant des indigotales insolubles et en donnant, 
avec la chaux, des i)récipilés gélalineux d'hydro- 
xydes dWl, de Zn et de Pb; ce ileinier se dissout 
dans un excès de chaux. 

Le savon insoluble fornu- p.ir dnnlilc drccmi- 
position des sels de zinc et du savon de Marseille 
est aussi employé comme réserve. 

Les sels de cuivre sont les substances les pins 
ulilisées pour cet aiticle, surtout le nitrate dont 
l'action est très énergique ; ils oxydent l'indigo blanc 
et, en formant une couche d'indigoline, ils préservent 
ces endioils de l'action de l'indigo dissous. 

L'ne autre réserve, dont l'auteur parle dans son 
travail, est une émulsion de cire (pii agit nii'cani- 
t]ucmenl, comme les graisses, le talc, etc. 

L'émulsion est produite à l'aide du borax, qui 
partage cette propriété avec le carbonate de soude 
et les alcalis faibles, tels que le phos[)hate de soude 
le silicate de soude, le savon de Mar>eille, etc. ; la 
cire végétale (cire du .lapon) donne une émulsion 
plus homogène que la cire d'abeilles. 

L'huile d'olives, le suif, la stéarine, etc., s'émul- 
sionnent également et les résultais que j'ai obtenus 
avec ces deux dernières substances ne sont pas 
inférieurs à ceux obtenus avec la cire. Il me semble 
|)référable d'ajouter, outre le borax, ini peu d'adra- 
gaiite pour produire ces différentes émulsions. 

Pour rendre la réserve à la cire (ilus eflicace, 
l'auteur y ajoute de l'acélale de [ilomb, d'étain, ou 
du sel d'élain. 

En combinant la réserve à la cire aux couleurs 
vapeur à l'alizarine et autres contenant des mordants 
métalliques, on obtient des réserves colorées. 

Un piocédé analogue pour imiter le genre lapis 
est mentionné par .M. .1. Dépieire dans son Tiailc de 
l'impression, qui a paru en I80:j; il incorjioie au 
rouge vapeur de la matière grasse et obtient, de 
celte façon, une couleur qui peut résister pour une 
luiance faible. 

En résumé, il y a lieu de remarquer que M. Feer 
a su tirer parti de la propriété réservante de la cire 
dans de très bonnes conditions (1 ). 

LIN (Teinture en noir «lu!, par M. G. ilURST 

[Uyer ami Calico l'rintcr, 1903, p. 39 et 37). 

Noir au campâche. — Les noirs au campèche sur lin 
sont bien pleins, solides au frottement et au lavage, 
et ont de la Heur. Pour 100 k. de lin on monteia le 
bain de ttunture avec 16 k. extrait de campèche à 
'M)" B. et 2 k. extrait de quercitron à 30" P>. On chaull'e 
à i'iO" et entre la marchandise : pour les pièces on 
teint au jigger. On monte à 80° et y reste 1 heure. 

La marchandise est exprimée et passée de 10 à 
l.'i minutes dans un bain renfermant '6 k. sulfale de 
cuivre et 't k. bichromate de potasse. En même 
temps, on ajoute au vieux bain de campèche 4 k. de 
cristaux de souile, et l'on y introduit à nouveau la 
marchanilise pendant 1/2 heure : puis on la repasse 
l.'i minutes dans le bain de bichromate. Enlin on 
revient au bain de campèche et y reste 1 heure à 
"0". (tn lince à fond et savonne dans un bain 

(I; Le comité de chimie a demandé l'inqiression du pli 
de .M. l-"eer, «uivi iln rapport de M. Hrurkniann 



ISO 



REVUE DES JOURNAUX. 



renfermant 4 k. savon, auquel il est bon d'ajouter 
3 k. d'huile pour rouge. 

En réduisant la quantité de quprcitroii. ou en le 
supprimant, on obtient des noirs à nuances plus 
bleuâtres. On peut employer l'extrait de fustet à la 
place du quercitron : la nuance du noir devient un 
peu ]ilus verdàtre. 

Xoir au sumac. — Un introduit la marchandise dans 
un bain monté avec )0 k. e.\lrait de sumac à SO'B., 
chauffé à 60», on monte au bouillon et y reste 
1 heure. Pour la teinture du lil laisser la marchan- 
dise dans le bain : pour les pièces, les sortir et les 
laisser entassées. Le lendemain on passe dans une 
solution de 3 k. sulfate de cuivre, -20 minutes. Lever 
la marchandise et la laisser I heure suspendue. 
P.isser en bain de chau.v (4 k.\ laver et essorer. 
.Monter un bain avec 14 k. extrait de cam|ièche et 
I k. extrait de fustet, y passer la marchandise 
1 heure à 70° et la lever : ajouter 3 k. de sulfate de 
cuivre, rentrer, manœuvrer 1 2 heure, laver et 
sécher. 

Le noir ainsi obtenu est solide au frottement, au 
lavage et à la lumière. 

iSoircichuti et campèche. — On obtient un aoirayant 
ces mêmes (juaiités en employant un mélange de 
cachou, sumac et campèche. (in nionte le bain de 
teinture avec 30 k. cachou et 8 k. extrait de sumac à 
l>ij" B., et chaull'e à 40" : la marchandise est entrée et 
l'on monte à OS", température que l'on maintient 
1 heure. On laisse refroidir le bain : quand il est froid 
on sort la marchandise et l'exprime ou la tord. 
Quelques teinturiers la laissent toute une nuit, avant 
de la passer en pyrolignite de fer à u" B., puis de là 
en eau de chaux (4 k.) : on exprime et suspend à 
l'air 1 heure. 

Puis on ]iasse dans un bain chauffé à 40", contenant 
10 k. extrait de campèche à 30° B et -2 k. extrait de 
fustel à 30" B., pendant 1 2 heure : on monte à lia" 
et y reste encoie 12 heure. On lève la marchandise, 
ajoute 3 k. île sulfate de cuivre au bain de teinture, 
rentre et manœuvre jusqu'à ce que le noir soit bien 
développé. Chi lève, exprime, lave à fond et sèche. 

Ces deux derniers procédés emploient conjointe- 
ment une matière tannante et le campèche. Le sumac 
peut être avantageusement remplacé par l'extrait de 
myrabolam, quand on veut avoir un léger reflet hleu 
du noir. Les extraits de châtaignier et de divi-divi 
sont aussi fréquemment employés. 

11 est bon d'ajouter un |ieu de nitrate de cuivre au 
bain de campèche : les noirs deviennent plus pleins 
et plus noir-noirs. L'alun tend à rougii' la nuance 
des noirs. 

Xvir à l'alizurhw. — Ce noir présente l'avantage 
sur les noirs au campèche d'être plus solide à la 
lumière, quoique la solidité au lavage et au frotte- 
ment laisse à désirer. Le mordant se compose de 
100 k. acétate de chrome à 20° B, 60 k. soude caus- 
tique à 38" B., 3 k. glycérine et 160 lit. eau. On y 
manœuvre la marchandise de 1/2 lieure à I heure, 
la sort et la laisse telle quelle jusqu'au lendemain ; 
on exprime alors et lave avant la teinture, ttn emploie 
30 k. de noir d'alizarine B et 3 k. acide acétique. On 
entreà froid, manœuvre 1/2 heure, monte lentement 
à l'ébullition et y reste i heure environ. La marchan- 
dise est levée, lavée et sèchée. 

Pour avoir un noirnoiron ajoutera 2 k. céruléine S 
ou Vert d'alizarine S. 

.Soir a'iinilinc. — On prépare les trois solutions 
suivantes : 1° 13 k. huile d'aniline, 12 k. 1,2 acide 
clilorhydrique et 50 lit. eau; 2° 7 k. 1 2 chlorate de 



soude, 7 k. i '2 sel ammoniac dans oO lit. eau; 
3" 12 k. 1/2 prussiate jaune de potasse dans 50 lit. 
eau. .\u moment d'opérer, on mélange ces trois solu- 
tions. La marchandise est imprégnée à fond et 
exprimée modérément. Puis on sèche à la chambre 
chaude à 43", avec un bon courant d'air et on vaporise 
de 15 à 20 minutes, de manière que la libre prenne 
une nuance vert foncé. On passe alors dans un bain 
renfermant 3 k. bichromate de potasse et 1 k. d'acide 
sulfurique dans aOO litres d'eau, à 80" 8a", on lave à 
fond et sèche. Ce noir vapeur est préférable aux noirs 
d'oxydation ou aux noirs en un seul bain, renfermant 
de l'aniline, du bichromate de potasse et de l'acide, 
qui ne sont pas solides au frottement. 

Dans bien des cas. on a aujourd'hui recours aux 
noirs direclf, comme les noirs diamine B() et BO, et 
le noir direct de F. Bayer et les noirs Columbia de 
l'Actien-Gesellschaft de Berlin. (In teindra, par 
exemple, en montant le bain avec 3 k. de noir jais 
diamine 00 ou de noir oxydiamine SOOO, 1/4 k. 
jaune diamine solide A, 7 k. sulfate de soude et 
2 k. t/2 sel de soude. On chauffe à .■i0°-5i° et entre 
la marchandise : on monte en une 1 2 heure au 
bouillon et y reste 1 heure. Les bains doivent être 
concentrés : ils ne s'épuisent pas, mais peuvent 
servir pour d'autres parties en y ajoutant les 3 4 de 
la (]uantilé primitive de colorant, et 14 de celles du 
sulfate de soude et du sel de soude. 

Ces noirs sont beaux et solides au lavage et au 
frottement. Si on les désire encore plus solides, on 
aura recours au noir diaminéral de Cassella, qui se 
teint de même, mais à qui l'on donne un traitement 
après teinture avec 1 k. bichromate de potasse, et 
1 k. acide acétique, à 80"-8'i° pendant 1 2 heure. 

Un second type de noirs, sont ceux qu'après 
teinture on diazote et développe : par exemple, les 
noirs diamine BO et BO, le noir diaminogène de 
Cassella. les noirs diazo de F. Bayer, et les noirs 
Zambèze de l'.^ctien Gesellschaft, le noirTitan ingrain 
de Bead Ilolliday and Sons, etc.. (In montera le bain 
de teinture avec 2 k. noir diamine B(.l, 1 k. diami- 
nogène, 8 k. sulfate de soude et 1 k. 1 /2 sel de soude. 
La marchandise est teinte I heure au bouillon. On la 
sort, la lave à l'eau froide et pendant 10 à 1:1 minutes 
la manœuvre dans un bain monté avec 1 k. 12 
nitrite de soude et 4 k. acide chlorhydrique. On lave 
et passe dans un bain froid contenant I k. 1 2 de 
phénylène diamine, comme développeur, pendant 
1/2 heure puis on lave bien et sèclie. 

La paraphénylène diamine tend à donner des 
noirs bleuâtres : le p-naphtol donne un ton bleu et 
la résoreine un ton verdàtre. En les mélangeant, on 
arrivera à la nuance de noir désirée. 

R. 

.xppRtrs 

M.\CHIXES à calandrer SCI1REI>ER- 
BE.MBERG et KIRKIIA.^I [Dyer and Calko Priiitei-, 
l',tU3, p. 49;. 

Un jugement déflnitif vient d'être rendu en Alle- 
magne, relativement au brevet Schreiner-Bemberg 
sur le lustrage des étoffes. Le tribunal de Charlol- 
tenbourg commit des experts pour essayer compara- 
tivement les calandres Schreiner et Kirkham. Onze 
pièces de coton non mercerisé furent fournies par 
la partie plaignante et sept par la partie adverse. 
Les résultats de la machine Kirkham. à hachures 
au nombre de 1,6 à 1,8 par millimètre, furent 
comparés à ceux de la machine Schreiner-Bemberg, 
dont les rouleaux portent ;i, 6, 7 et 12,5 hachures 



BREVETS FRANÇAIS. 



181 



au milliini'tie : ils sonl loul à l'ail ilillVi-, uls. Les 
deux types de inacliines dunneul ifiiairu'iiiciil un 
luslre comparable à celui de la soie, mais avec des 
aspects 1res distincts. .Avec la machine Kirkliam, les 
lit,'nesquiiolli'chissenl la lumière sonl assez dislantes 
pour èlr(> distinguées à la vue ; la surlace brillante 
est coupée par une succession régulière de lignes 
sombres. Avi!' la macliinc Sclnt'inei-I'.einlierg, au 



contraire, la surface hrillante est en quelque sorte 
continue et uniforme, et l'elTet produit est bien plus 
proche de celui d'inie étoile de soie. 

En c(>nsé(iuence, le tribunal a admis le hievel 
Schreiner comme valable, en modiliant légèrement 
le texte original, et en spéciliaut que les rouleaux 
gravés renfermoul de 11 k :io haclimcs nu millimètre. 



REVUE DES BREVETS 



BREVETS FRANÇAIS 

ruoniiT.s iJii.MioiKs. 
('(iliKiitioii «les ncIs <le l'uxvtlo m.-in^;iiii<|iic 
|tu(ir les »xy(lalionM e( iiotaiiiiiieiit pour 
lit rabi'icatiun d'aldéliydes^ de céloiies et 
de (|iiiiioiie Luiif/] (u. k. 3ï.i<jiG, -21 août l'.)Oi- 
Is mars l'.Mi.i). 

Kn électrolyse une scdniion de 17 k. îiOO de sulfate 
animonia(|ue manganenx .MnS(»*l /:;NII',"2S0' dans 
V.'t k. d'eau et 7',t k. d'acide sul'mi([ue à '.IS " „. 
Après (i 000 ,iMi|ières-lienres, la traiisturiMation eu sel 
nianganique est complète. On lemplace l'eau éva 
porée et agite avec 4 k. toluène, à SO» C. Après 
2 k '.i h., on enlève l'aldéhyde par la vapeur d'eau; 
ou récupère k. 7 de toluène, el on a 3 k. 7 d'al- 
déhyde, soit 80 "/„ de rendement. 

Perrectioiiiieiiieii( à In raltrioatioii desélliei-N 

«cellulosiques [Lidic, Walker el Mirrk] i ii. F. 

■i,t48(V>., iiOsept. I',i02-llavr. l',io:i). 

On chanlTe, à «0" (',., 10) p. cellulose (colon), 

3dO p. auliydiiili' acétique, :i p. phénol sulfonique 

(comme agent condensant) et '■> p. phénol sulfonate 

de -sodium, comme garantie de l'absence de tout 

acide sulfuiicpie. 

M.lTli'MlKS COLOII.4M'l;S. 

AZOlQUES. — Préparation «le solutions dîa- 

zoïtiues stables Maniif. hjoiin.] (li. K. 'J'a'îqSi, 

2.") août lOOl-IO mars l'.tOiii. 

Addition aux solutions diazoïques de certains sels 
qui les remlcnt plus stables el abaissent la tempé- 
rature en dissolvant : sulfate cle soude ou de ma- 
gnésium; chlorure de potassium on d'ammonium; 
nitrate de potassium. 

Ex. ; On mêle 14 k. [laranitraniline à 37 lit. d'eau 
bouillante et 33 k. acide chlorhydrique à 20" B., on 
ajoute ISO lit. d'eau à 10" C. et ensuite .'iO k. de sul- 
fate de sodium ; la température de 20" ('..descend à 
H" Ci. On diazoleavecT k. de niliite dans OUit. d'eau 
à 120° C. ; la masse monte à 14" C 

l*ro<lu<-tion «le nouveaux colorants ni«>n«>a- 

/.«Hi|ues [liin/er] (h. f. 3a38o8. IS août l!i()2- 

10 mars 1003). 

Colorants formés avec l'o.-aminophénolsulfo on 
les o.-amino-oxybenziisuifo ou leurs dérivés halo- 
gènes et nitiés et les 1.5, 1.9, 2.6-ilio\yna|ihla|éni' 
ou l'aminouaphtol 1.7. 

Les colorants teignetil la laine en Muamc^ allaiil 
du rouge au bleu. 

ANTIIIIACÈNE. — I abri.ation «les «-tliers de 
rantliraelirysoii«' «lialeoylt's et de Hca 
aei«l<'S niti-o et aininosulfoni(|ucs [C'" puri- 
sieimc] (il. F. 3i|3i(j, lOsept. I1HI2-2H mars l'.103i. 
En remuant et chaulfant au besoin l'anlhrachry- 

sonate de soude avec l'étlier diali'oylsiill'nriqne on 



a un diétlier. l'ar exemple, avec le sulfate de mé- 
thyle, on arrive à la diiiiélliylanthraclirysone, 
lusihle à 280-2N.'i' C. Ces étliers, chaulfés avec do 
l'acide snifuriqne luiiiant jusqu'à dissolution et 
liailés, après refroidissement, par l'acide nitrique, 
se transforment en dérivés dinitrodisulfonés, qui. 
par réduction, donnent des dérivés aminés leignaiit 
en bleu la laine. 

liNDIC.O. Pr«><lii<-tion «le «lérivés lialojçcnes 
de rin«ligo \liiulisrlif] (ii. F. '!j'.3977, 2i) août 1902- 
lit mars l!»03). 

On arrive à lialogéuei- l'indigo en présence d'eau 
en ajoutant des acides minéraux, i'^x. A 202 k. d'in- 
digo mis en pâte avec 2 000 k. acide bromhydrique 
</=:12."i\ on ajoute 320 k. brome dissous dans 
lOOOk. ac. bromliydiique. Le dérivé brome formé, 
on distille l'acide bromhydriipie ou on neutralise. 

!;OLORAM'S SOLIFIîKS. - lal.ri.-atiou de ma- 
tières col«>raiites coiil«'naiit «lu s«>ufre, 
«lériv»'- de la /Aj.-toluyIène«lianiiiie j7. il. 

(jeifii/] (add. 7()3 du 17 jnill.-l3 mai 1003 au 

B. F. 3oGG5j). 

Emploi des dérivés formylés de la («.-toluylène- 
diamine. La nuance des couleurs formées serait plus 
jaune, plus intense et plus pure. 

lir..\X(:ilM!KXT, TEINilKK. I.MIMli:ssll>.\ 
ET APPRfiTS. 

TEINTURE: l'ItOCÉDÉS. - Proet-dt' de tein- 
ture en couleurs genre «lit UtitiUi [Uiiii'int] 
(li. F. 3-24oo'2, 26 août 1002-21 mars r.tO.T). 
Emploi d'un mélange à parties égales de bichro- 
mate de potasse, de chlorure de manganèse et 
d'acétate ou formiate de soude à 15" B. Ce mélange 
est dilué selon le Ion à obtenir et le coton, imprégné 
de la solution, est passé en soude à 14" B. (.sic). 

" Ce degrt' de concentration étant nécessaire pour 
« saisir la libre el par la contraction qui a lieu, les 
« oxydes de chlorure el de manganèse restent 
« engagés dans h^s libres. » 

Procé«l«- pour obtenir sur laine «les niiau«-es 

ii«>ire.s s«>li«lcs [[iiiijcr] m. F. 39.38o(), Is août 

1002-10 mars 1003). 

Les colorants de ro.-aminophénoisulfoou des ami- 
nooxyhenzoïques suifo (o.-amino-crésol-p.-amino 
salicylique avec les 1.5, 1.7, 2.6-dioxynaplalène, le 
1.7 aiiiiiionaplilol ou les acides sull'o ([ui en dérivent 
donnent des colorants i|u un IrailemenI siiliséipient 
au chrome fait passer au noir. 

Ex. : On entre la laine, à 80"(;., dans le colorant. 
(».-aminophénol-;).-sulfo -!- 1.5 dioxynaplitalèiie, avec 
3 à " „ SO'H-, et 10 "/„ sulfate de soude et on lait 
bouillir trois quarts d'heure. 

Le gi-enat obtenu se change en noir vif [)ar une 
ébullition d'une demi-heure avec 3 à 4 " „ bicbro- 
ni.Tte de potasse el 3 à ",'„ acide snlfurique. 



18â 



KKVLt: DES BHKVKTS. 



MA(;mNES. — Appareil pour teindre, impré- 
gner, blanchir, laver et soumettre à d'au- 
tres traileineiit analoirucs. les matières 
textiles [Scliirp] laild. 817 du 26 aoù( 1002-2 avr. 
1903 au u. F. ii^-iy.'i. 

La nouveauté consiste fin ce que le récipient con- 
tenant les articles éteindre est amené, pour la tein- 




Appareil à teindre, système Scliirp. 

Fig. 1, coupe de l'appareil et élévation de l'élévateur hydraulique; 

fig. 2, plan des mêmes appareils. 



Dans la chambre p débouchent des tuyaux fixés aux 
paniers. Le liquide entre par les couvercles perforés s; 
de h il traverse les matières et se rend à la partie 
supérieure f du cylindre a et de là par le tuyau h à 
la pompe. 

On peut à volonté refouler le liquide du milieu a 
par le compartiment à matière vers l'espace circu- 
laire, soil de cet espace circu- 
laire à travers les comparti- 
ments à matières vers 0, soit 
enfin les deux mouvements 
réunis par phases alternatives. 

I.MPIIESSION : PUOCÉDÉS. - 
Produit nouveau consti- 
tué par des tissus con- 
trecollés et imprimés 

[Barboiitan] (b. f. 323643 
(Il août 1902-H mars 1903.) 



On colle les tissus sur du 
papier, et on s'en sert ensuite 
comme du papier de tenture. 
Si on emploie des tissus très 
légers, on peut les coller en- 
semble et les imprimer d'un 
seul coup, la couleur pénétrant 
facilement les deux ou trois 
épaisseurs de tissus superposés. 
L'impression terminée, on dé- 
double les étoiles. Le prix de 
revient est ainsi abaissé, la ma- 
nutention étant réduite. 



ture, dans la cuve contenant le bain et repose sur le 
chariot ou le châssis mobile 48 qui lui est l'elié où 
sur lequel il peut aussi reposer librement. 

Appareil centrifuge pour le traitement de 
matières textiles [Cûlinen] (b. f. 3244 i3, 
4 aoùt-1902-3f mars 1903). 
L'appareil se compose d'un tambour centrifuge 




Appareil ceutrifuge pour le traileuieut des mutieres 
textiles. 

•entormant une chambre ./, des paniers à matières r. 



Procédé d'impression au moyen de colo- 
rants contenant du soufre iSock'té Wciter- 
ter-Mccr] ladd. Soi du 19 août 1902-2 avr. 1903 au 

B. F. 322147). 

Suppression du soufie dans les formules, les 
colorants noirs en renfermant toujours assez. 

Ex. 1: 

.N'oir auronal 10 parties. 

Eau 10 — 

Carbonate de potasse I/I.. îô c. c. 

Gomme adragaute 1/20.... 45 parties. 

Eau de gomme I/I 10 — 

Ex. 11: 

Noir katiguène S\V 10 parties 

Eau 10 — 

Lessive de soude 40° B 30 c. c. 

Gouiine adragaute 1/20.... 43 parties. 

Eau de gomme 3 — 

Glycérme 4 — 

>L\C.H1NES. — Nouvelle machine pour impres- 
sion par pulvérisation des étoOTes, 
papiers, etc. Mme Varlou I] (u. F 324068, 
30 août 1902-23 mars 1903j. 

Un pochoir sans fin A, formé d'une toile métallique 
ou lissu à réseau fin, est monté sur les trois rouleaux 
P. (; D. Sur ce pochoir sont collés des dessins à contours 
variables, en papier, carton, tissu ou métal. Un 
système tendeur E' permet le moulage et le réglage 
de la tension du iiochoir. In dispositif selon V 
maintient le pochoir propre. L'impression est pro- 
duite par une série de pulvérisateurs montés sur 
le tube G et alimentés d'air par la tubulure 2, et de 
liquide par la tubulure 3. .\u-dessousdela rampe une 
came commande des aiguilles ouvrant ou fermant 
les pulvérisateurs selon l'indication du dessin. 
Le lissu à imprimer est maintenu contre le pochoir 



BREVETS FRANÇAIS. 



183 



par une bande sans fin H en caoutchouc montée sur 
les rouleaux J et K, réglables à volonté par K. Le 




Machine pour imprimer par pulvérisation. 

tissu ou papier imprimé s'enroule en H ou est con- 
duit dans une chambre do séchage. 

Porte-rouleaux perfooliouné pour presses à 
iuiprinier les tissus et autres luaehiiics 
analo»:ues [Mancovd] b. f. 32i)333, 12 jniii. lOili- 
l'Jfévr. 1903). 



-ay 




--■'t-v ■-_■ -.- -.- t•.£^4^^■p;'-.-.-,-.-,.^?.•--S'.... 



Porle-rouleaux_pour presses à imprimer les tissus. 



Le support des rouleaux i est monté sur une plate- 
forme roulante n reposant sur des galets 6. Pendant 
la marche, on dispose, de l'autre côlé des supports, 
des rouleaux indiqués en ponctué sur la ligure, et 
(piand on veut opérer le changement, on n'a plus 
(|uà l'aire pivolcr la plaie forme a; les nouveaux 
rouleaux se trouvent de suite en position de travail 
sans aucun arrêt. 

MEnCKIÎIS.VCiK. — Système de machine à 
niei-eeriser Chcvollcau: (b. f. 324848, 20 sept. 
1 "1(12 11 avr. l'J03). 

C-ette machine comprend à la partie inférieure 
deux rouleaux de tension parallèles I, 2, dunl les 
tourillons d'extrémités sont enveloppés de coussinets 
3, 4 et 3, G. Les coussinets 3 et 4 sont placés dans 
l'axe d'un hàti vertical trapézoïdal 7 pourvu d'une 
rainure vcilicale médiane S dont les parties latérales 
internes forment coulisses pour le coussinet 4 du 
rouleau supérieur pendant ses mouvements de 
monte et de baisse. Les coussinets a et ti sont placés 
dans l'axe d'un autie bâli vertical constitué par deux 
llasipies \) pivotant chacune autour d'un axe hori- 
zontal distinct 10, de manière à dégager complè- 
tement les coussinets 3 et G et à permeltre d'accéder 
librement aux rouleaux 1 et 2 pour les charger et 
les décharger d'écheveaux ; ils occupent alors la 
position représentée en traits mixtes lig. 3). Ces 
deux flasques supportent les tourillons des rouleaux 
1 et 2 et la partie verticale 1 1 de la rainure réservée 
entre elles, lorsqu'elles occu|)enl la position repré- 
sentée en trait pleins (lig. 3), sert à guider le coussi- 
net G dans ses mouvements de monte et baisse; un 
crochet 12 tourillonné sur l'une des flasques 9 et 
accroché sur l'autre les réunit; le coussinet inférieur 
3 e t formé de deux parties; chacune d'elles est 
boulonnée sur une des flasques 9. Des chaînes 13 
lixées, d'une part, au cadre in- 
férieur horizontal 14 et, d'autre 

part, aux flasques 0, servent à 

limiter la course des dites flas- 
<|ues et à les supporter en par- 
lie lorsqu'on les laisse pivoter 
autour de leurs axes 10. 

Le cadre inférieur horizon- 
tal 1 1 est |iourvu en dessus de 
tiges cylindriques pleines ou 
creuses 13 qui peuvent glisser 
à IVoltement doux dans des 
manchons tll attachés rigide- 
ment sur le cadre supérieur 
horizontal tixe 17. 

Le cadre supérieur 17 est 
supporté au-dessous d'un cha- 
riot IM au moyen de quatre 
montants 19 disposés entre la 
voie ferrée formée entre les 
deux lails parallèles 20. Les 
roui's 21 du chariot 18 roulent 
sur ces rails qui sont installés 
de manière à porter la machine 
au-dessus des bains et des di- 
vers emplacements où doivent 
s'opérer les manutentions des 
écheveaux de coton. 

Pour écarter les rouleaux de 
tension I et 2 après qu'ils ont 
été chargés d'écheveaux et 
alors que leurs coussinets res- 



1«4 



HIvVUK DES BUEVETS. 



peclifs sont assujellis dans les bàlis 7 et 9, on uti- 
lise un mécanisme de c"ics; à cet elTel, les cous- 
sinets su|jéiieurs 4 et tl |)ré>enlenl chacun une 
hiide 2+ sur lai|uelle est atlaclu'e une crémaillère 
verticale distincte 2o qui traverse une Ijoile 20 ren- 
fermant un Irain d'engrenage en n-laliun avecl'arhre 



21 d'une roue à cliaine 28 que commande une antre 
roue à chaîne 29 calée sur un arbre à manivelle 30. 
En faisant tourner cetle manivelle on entraîne simul- 
tanément les crémaillères 2:> dans le sens vertical 
voulu, soit pour écarter, soit pour rapprocher les 
rouleaux I et 2. Deux paires de roues à rochets lil 




s4\ 



Machine à merceriser. 
Fig. I, élévation loiitiitudinale; fig. ?, élévation latérale gauctie; fig. 3, élévation latérale droite. 



ayant des dents de grosseur différentes calées sur 
l'arbre 30 et dans lesquelles s'engagent dos cliquetis 
distincts 32 permettent de maintenir l'arbre 30 en 
pcpsition lorsque la tension ou écartement entre les 
rouleaux est atteinte. Une corde commune 33 est 
atlacliée sur la queue des cliquetis 32 et, passant sur 
une noi\3'tcaléesurun arbre horizontal Sri, permet de 
relever simultanément les deux paires de cliquets 32 
cl (le laisser le nnileau 2 se rapprocher du rouleau 1 



lorsqu'on le juge utile. Ce dégagement des cliquets 
est obtenu en faisant légèrement tourner l'arbre 35; 
les cordes 33 sont tendues par un contrepoids. Les 
brides 24 des coussinets 4 et 6 sont reliés par une 
broche 23. 

Le rouleau de tension 2 tourne par la roue dentée 
entraîné par le train d'engrenages 37 et la chaîne 
39 mue par la dynamo 11 portée par 14. 

Pour abaisser et élever le jeu des rouleaux de 



BREVETS FUANÇ.MS. 



185 



tension 1 el 2 el amener les écheveaux dans ou 
hors les bains, on se sert des crémaillères 40 manœu- 
vrées par une réduction de vitesse. A cet elîet on 
fait tourner la manivelle 4a qui entraine l'arbre 44 
sur lequel est calé un pignon denté 40 qui engrène 
avec une roue tl calée sur un arbre intermédiair'e 
iiO sur le(|uel est lixé un pignon denté 'M engrenant 
avec une roue dentée 118 montée sur l'arbre Îi4 porteur 
du pignon liH d'enli-ainenrent de la crémaillère 40. 
Sur l'arbre moteur 41 sont li\ées des r'oues à rochel 
4S dans les dents de chacum^ desquelles glisse un 
cliquet 4",) oscillant autour- d'irrr arbre ni) portarri, eir 
regard de chaiiue cliquet, nirr Iringle pendante dI 
qui sert à sonlever la 
permettre au cadre irr- 
i'érieur de redescendre, 
soit sous l'aclion de la 
pesanteur, soit en fai- 
sant tourner en sens in- 
verse la manivelle 4!). 
Un ressort à boudin ou 
autre o2 maintient cha- 
que cliquet 49 en prise 
avec son rochet l'cspeclif. 



Appareil pour le 
traiU'iiiont <lii co- 
ton en éflievcanx, 
notamment pour le 
niereerisajje [lire- 
toindére] (a. v. ^24070, 
27 août 1002-23 mar-s 
1903). 

Le tendeur' se compose 
d'une planche A munie 
de deux barres lîR aux 
extrémilés concaves des- 
quelles se placerrt deux 
rouleaux OC de lon- 
gueur's inégales. Pour 
teindre le coton, on eir- 
gage la planche .V dairs 
l'écheveau, on met ! 



réchaircrure,et,en le maintenant, on introduit l'autre 
rouleau dans son éclrancrure, ce qui tend fortertierrt 
l'écheveau. Le cadre ainsi garni est placé dans une 
cage I) et on en sujierpose ainsi plusieurs. La cage 
étant |dcine est soulevée par les poignées E et 
plongi'e dans l'alcali. La mei'cerisatiori terminée, on 
la relir'c, la laisse égoult(M- et la plonge dans l'eau 
bouillante; on relire ensuite le colon (|ui a molli et 
on le passe en acide. 

\ .Al'OlilSACE. Maehine servant au vapori- 
saa:e «le tissus suspentlus libres [Schitllic] 
iri. r-. 3i3Goi, S août 1902-10 mars 1903). 

Les deux coulisses synrétriiiues a disposées aux 




777777V777' 



ig. I, coupe longitudinale; 
lig. 4, rouleaux de support; 
mécanisme pour rouleaux. 



.Mricliine à vaporiser. 

. ?, coupe AB ; fig. 3, plan d 

; ;>, coupe transversale du rouleau 



cir 



iiliiliou du lissu ; 
; lig. (1, détail du 




Teudeur pour le mercerisage. 

Fig. I, coupe longitudinale; fig. 2, plan; fig. 3, coupe 
verticale d'un cliassis mirui de plusiiîins tendeurs. 



parois longitudinales de l'appareil (lig. 1, 2 et b], 
contiennent les l'ouleaux de snpport b et assurent la 
circrrialion régulière voulue de ces rouleaux, notam- 
ment leur retour à l'avant de l'appareil de vaporisage. 

Les deux tiroirs ou pousse-rouleaux c'-, actionnés 
par une manivelle avec bielle, ]ioussent vers l'arrière 
le rouleau qui se tr'ouve placé devant eux jusqu'à ce 
que ce rouleau rencontre les autres l'ouleaux dans 
les coulisses et pousse ces rouleaux devant lui sous 
l'action des tiroii-s c-. 

U's coulisses n étant entièr-ernent remplies de 
i-ouleaux 6 à part d'un espace libre étant au moins 
égal au diamètre d'un rouleau, le mouvement pro- 
gressif des lir-oii-s c-se tr'ansmet aussi aux rouleaux 4 
supérieurs dont celui qui est arrivé le plus près de 
la partir! en quart de cercle des coulisses y glisse et 
tend à tomber devant les pousse-rouleaux. 

Les tii'oirs c- r-etoiUMient ensuite en arrière assez 
loin pour- i]ue le rouleau qu'ils viennent de supporter 
tombe devant eux; les manivelles cmilinuant à 
toitrncr le jeu précédent recommeirce. 

Puisque les rouleaux '<, avançant lentrment et par 
saccades, n'admettent pas l'entrée du tissu par le 
hairt, il faut que ce dernier entre el sorte latérale- 
ment, ce (lui peut ètreassuré très bien etavec facilité 
par l'ajjplication du principe des courroies de trans- 
mission croisées. 



186 



REVUE DES BREVETS. 



APPRETS. — Procédé et appareil pour donner 
aux tissus un brillant de soie par pres- 
sion "£cA] {b. F. BajaSj. 12 juill. 1902--JC mars 1903 . 

Le bi'illanl obtenu avec ce cylindre serait diffé- 




^-'V^./V^X^ i^ îZ/Ax-W-VA Jf 



Cylindres cauneleurs pour donner du brillant aux tissus. 
Fig. 2 à à, surface du cylindre à une grande échelle. 

reiil de celui auquel on arrive avec les cylindi'es à 
rayures fines actuellement employés [\\ 

Proeédé pour munir les (ils et tissus de 
tous irenres d'une couche métallique ou à 
reflet niétallic|ue [£. et W. Lcuacher^ (b. f. 
32413;, 30 août 1902-24 mars 1903). 

Les lils à bronzer ce revenant des lournelles fcfi 
passent en d dans une émulsion comprise de 500 gr. 
agar-agar, "^O gr. glycomie. 10 000 gr. d'eau et 
.'iOO gr. bronze en poudre. La température du bain 
est de tiO-TO" C. et de temps à autre on le remue. 
La hauteur du fil immergé est d'environ 1 mètre. 



BIBLIOGRAPHIE 

BE.\ZOLTABELLE.\. — DastellungsmelhoJen 
uml Eiyenschaften der einfacheren techitisch nicMigen 
Benzoldeiiiate aus der Literatiir zusammengestelll. 
von D' C»RL SCHWABLE, privatdocenten an der 
lechnischen Hochschule zu Darmstadt. Berlin, chez 
Grbrûder Cormr,\eger, s. W'., 11, Dessauer- 
strasse. 29. 

Dans ce volume de 269 pages, très bien imprimé 
sur papier de luxe, l'auteur a catalogué lous les 
dérivés du benzène, en indiquant leur mode de 
préparation, leurs propriétés principales et la biblio- 
graphie. 11 a divisé les dérivés en seize classes. 



I. D 


érivés 


sulfoniques. 


II. 


— 


halogènes. 


III. 


— 


nitrés. 


IV. 


— 


ammes. 


V. 


— 


sulfo-aminés. 


M. 


— 


chloré? et nitrés des aminés 


VII. 


- 


diauiinés. 


VIII. 


— 


hydroxylés (phénols). 


I\. 


— 


— sulfonés. 


X. 


— 


— homologues. 


XI. 


— 


alcool. 


XII. 


— 


aldéhyde. 


XIII. 


— 


— suUoDês. 


MV. 


— 


carbonique. 


XV. 


— 


— homologues. 


XVI. 


— 


dicarboniqiies. 




.\ppareil p.nir luiiuir le? fil? d'une couche métallique 



.\ sa sortie, il est séché dans la chambre e, puis il 
passe en f dans une solution de formaline à 3ri- 
40 »/(, pour durcir l'agar-agar. On sèche à nouveau 
dans la chambre g. 

Le fil est alors mal: si on le désire brillant, on le 
fait passer en /. el i dans une solution à 1 " j, de 
celluloïd dans l'acétone et l'acélate d'amvie ou dans 
une solution de collodiou renfermant 1» „ d'huile 
de ricin pour assouplir le dernier enduit. On sèche 
de nouveau en A el on enroule en m m. 



Cette classification, comme toute classification, 
hélas, est discutable; l'important est de trouver 
dans le travail de M. Sclnvalbe tous les dérivés. 
Une table alphabétique à la fin du volume permet 
ce résultat. 



MERCEKISATIOX. — A Pralical and hùitorica 
inannul by the édit'ns of >■ The liyer and calico prin- 
t.c". Vol. 1. de 250 pages avec fig. et échantillons. 
London. HEmocn et C'« L*, 150, Holborn, 1903. 

Ce volume est un résumé complet de tout ce qui 
a été publié, bon ou mauvais, sur la 
mercerisation. Les principaux cha- 
pitres sont : 

1. Première période : Les brevets 
de Mercer. — 11. Deuxième pé- 
riode : le crêpage. — 111. Troisième 
période : lustrage. — IV. Liste chro- 
nologique des brevets. — V. Brevets 
concernant les machines pour fils. 

— VL — étoffes. — VIL — fils et 
étolTes. — MIL Procédés brevetés. 

— 1\. Lacliiiniede la mercerisation. 

— X. La physique de la mercerisa- 
tion. — -XL Clanchissement pour la 
mercerisation. — XII. Les spécialistes 
en mercerisation, leurs machines. 

— XIII. Calandre pour augmenter le brillant du 
mercerisage. — XIV. Notes généiales sur la mer- 
cerisation. — XV. Le crépon. — X\'l. La teinture 
sur mercerisé. — XVIL Couleurs convenant le 
mieux aux articles mercerisés. — XVIll. Soude caus- 
tique. — Appendice : Description des échantillons. 

— Index. 



Les échantillons 
volume à part. 



au nombre de 302, forment un 



HISTOIRE DOGUMENTAIRH: de 1,'INDUSTRIE de MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 18' 

HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE 
ET DE SES ENVIRONS (i) 

Ilv/IPR.ESSIOISr DES TISSUS 

, ((;••■ article.) 



Les moyens employés pour cette fabrication ont 
été, comme pour le papier peint, empruntés à la 
typographie. De même qu'on assemble l'une à côté 
lie l'autre les lettres qui doivent seivir à former un 
mot, on imagina de reporter par décalque, sur des 
planches (ou moules) en bois, les fornics des cou- 
leurs du dessin choisi, chaque couleur étant sur une 
autre ]>lanche. On creusi' et évide avec un burin, 
sur le moule, tout ce qui ne doit pas laisser de trace 
de couleur, c"est-à-direqueseule la couleur ou forme 
à imprimer sur le tissu reste en relief. Ces types une 
fois créés, il ne reste plus (ju'à les reporter l'un 
après l'autre à une certaine distance, réglée par des 
l'epères tout le long de la pièce d'étolfe, pour obtenir, 
rapidement et à bon marché, les Tuolils ipii ainsi se 
répètent régulièrement. 

On fut longtemps à acciuérir la |>erl'e(tion où l'on 
est arrivé aujourd'hui : les buis, grossièrement 
taillés, se raccordaient à peine ; on n'arrivait à 
aucune linesse. Puis on inventa de planter en semis, 
dans les planches d'impression, de ])elits picots (par 
des ouvrières appelées picoteuses) ou des lamelles 
de laiton, formant des arêtes vives. On employa 
aussi des bois durs (buis, cormier) de faeon à éviter 
une usure trop prompte. Puis on inventa le système 
du clichage qui fut aussi perfectiormé successivemeid. 
Nous donnons une reproduction de machineà clicher 
au gaz. 

L'ouvrier prend un bloc de bois de tilleul sur 
lequel le dessinateur a reporté la ligure qu'on veut 
obtenir; il firésente les contours du dessin à un 
burin en acier chauffé par une Ihimme de gaz et qui, 
li.\é à une i)0lence en fer, monte et descend dans le 
bois, parle jeu d'une pédale ([ue commainle le gra- 
veur. Le burin carbonise et creuse le bois aux 
endroits voulus ; on comprend i|u'on arrive, |iar ce 
moyen, à faire des formes très lines, dans lesciuelles 
on coule ensuite un alliage fusible. Cette empreinte 
métallique en relief de la matrice est alors clouée 
sur une planche bien plate et c'est avec elle qu'on 
imprime. 

L'impression à la main seit quelquefois à rentier, 
c'est-à-dire à imprimer par intercalation ceitains 
effets sur des tissus qui ont déjà reçu au rouleau ou 
il la main une première impression. Celte fabrication 
était très usitée lorsqu'on faisait encore les genres 
teints en garance, qui nécessitaient un com|ilémenl 
de couleurs lixées à la vapeur. 

Un autre système de rentrage, de l'invention de 
MM. Dollfus-.Mieg et €.'■', sert à appliquer mécani- 
(piement des bandes unies lungiludinales au tissu 
sur une étolfe où l'on a imprimé au préalable des 
rayures bon teint a\ec espace ménagé pour la bande. 
La couleur est fournie par des sortes d'entonnoirs 
dont on peut régler le débit ainsi que la position et 
l'ècartement. 

L'impression à la main, si puissante autrefois, 
au point qu'on a vu à Mulhouse, avant 1S70, jus(]u'à 

(1) Extrait du volume publié par la Société industrielle 
de .Mulhouse (Voir à la Bibliographie, lOOî, p. .301). 



G et 7t)U ouvriers imprimeurs, hommes et femmes, 
employés dans un seul établissement, a beaucoup 
soulTeit de la concurrence di; l'impression au rou- 
leau et de la baisse générale des prix. Elle n'est 
]dus guère [lossible (}ue pour les articles très riches 
et les genres où le bas prix de revient n'est pas une 
condition absolue. Elle est utile aussi quand lesquan- 
tilés à faire son! trop faibles pour supporter les frais 
de gravure et d'impression au rouleau. 

A. T. 

Salaiuks. — Avant d'aller plus loin, nous allons 
donner (juelques aperçus des prix des salaires pa>és 
dans l'industrie des tissus imprimés, ainsi ([ue nous 
l'avons fait jiour la filature et le tissage. 

1" Extrait de la Statistique de 1830, du 
D'' Penot. — Première époque, 1746 à, 1775. 

La main-d'(euvre se payait par semaine, et à peu 
près comme il suit : 

Les graveurs, de 10 à 12 fr. par semaine ; 
Les imprimeurs, de G à 8 fr. — 

Les manœuvres de i a (i fr. — 

Les denrées de première néi'essilé étaient à trèi 
bon compte : 

Le blé valait II fr. l'hectolitre; 

Le pain, î sous et demi la livre ; 

Le vin, 3 sous le litre ; 

La viande, 5 sous la livre; 

Le bois était le seul combustible employé alors : la 
c.ude, pesant environ -Vi à 3i quintaux, valait 8 à 
10 Ir. Ce n'est que vers 1780 que l'on commença à 
faire usage de la houille de Champaguey ou de 
Konchanip. 

Le logement nécessaire i une famille d'ouvriers, 
comprenant chambre, cuisine, etc., se payait 
50 fr. par an. 

On voit facilement, d'après ces données, que l'ou- 
vrier jouissait à cette époque de bien plus d'aisance 
qu'aujourd'hui. 

2' Extrait de la Statistique de 1830, 
du D' Penot. — Troisième époque, 1800 à, 1830. 

Les différents employés dans les manufactures de 
loiles peintes jouissent d'un salaire ((ui a du néces- 
sairement varier avec les circonstances. 

Il est fixé actuellement à peu |)rès comme il suit : 
Imprimeurs à la pièce, de 30 à 40 Ir. par quinzair.t 
llenlreuses, de 18 a Ta fr. — 

.Manoeuvres, teinturiers, etc., de 1. à 18 fr. — 
Garçons manoiuvres, de 8 à 10 fr. — 

Liravecu's sur bois, de 30 à M fr. [l). — 

Contremaîtres, commis, de lîOO a 3 000 fr. par an; 
Dessinateurs, de 3000 a UOilOfr. par au; 
(iraveurs sur rouleaux ou à la molette, de 3 00.i à 
eouo fr. par au. 

(I) Les ouvrières dites picoleuses se piiyaient à la 
tâche, à raison de 1 fr. 'îi, par nulle picots enfoncés dans 
la planche de bois (une femme gagnant de 17 fr. 50 
à 18 fr. .'lO par douze jours . A. T. 



ISS HISTOIRE DOCUMENTAIRE DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 



3» Salaires moyens des ouvriers employés dans la fabrique d'indienne, par douze jours. 

(Eïlrait des docuraenls de la Soriùlë induslrielle.', 





1876 

^ ,, . Par heures 
Par M jours. supplémentaires. 


1900 

r, ., . Par heures 
Paru jours. 5„pp|é„,en,n,r.s 


Blanchiment : 


Fr 

28 
22 
18 
17 
23 

86 
62 
31 

70 à 80 
40 
48 
64 

32 
36 
22 

16 

45 à 52 

25 à 30 
9 à 12 

26 à 36 
24 

16 
17 

30 
23 
19 

27 
23 
14 
18 

30 
30 
16 
26 

26 à 30 
16.50 
14.50 

32 
29 

15 à 50 
19 

36 à 56 
40 à 4S 

26 à 36 

16 à 21 

20 à 40 
33 
28 

27 à 45 
37 


Fr. 

0.28 
0.22 
0.18 
0.17 
0.23 

0.86 
0.62 
0.31 

0.40 
0.48 
0.64 

0.32 
0.26 
0.22 
O.l.S 
0.16 

0.26 à 0.36 
0.24 
0.16 
0.17 

0.30 
0.33 
0.19 

0.27 
23 
0.14 
0.18 

0.30 
0..30 
0.16 
0.26 

0.36 Cl 0.36 
11.15 
0.13 

0.32 

0.29 

0.15 à 0.20 

0.19 

0.26 à 0.36 
0.16 à 0.21 

0.20 à 0.40 

0.33 

0.28 
0.27 à 45 


Fr. 

36 
28 

■n 

24 

65 à 100 

65 à 80 

36 

100 à 150 
55 
65 
80 
SO et plus. 
44 
36 
25 à 28 
19 

34 à 40 
35 
19 
21 

30 

24 à 30 
26 

36 

22 à 28 

18 

23 

25 à 36 

38 
32 
20 

36 à 40 
24 à 32 

26 à -36 

35 à 45 
20 à 30 

36 
55 
40 
35 à 50 
45 

elc. 


Fr. 

0.36 
0.28 

0.65 à 1 

0.65 à 0.80 

0.36 

0..55 
0.65 
0.80 

0.44 

0.36 

0.25 à 0.28 

0.19 

0.34 à 0.40 
0.35 
0.19 

0.36 
0.24 à 30 

0.36 1 
0.22 à 0.28 
0.18 

Z 1 

0.38 
0.22 

0.35 à 0.45 
0.20 à 0.30 

0.36 

0.40 

0.36 à 0.50 

0.45 










Grat'ure sur rouleaux : 






Impression au rouleau : 




— i4 5 — ) 


— (G S — 1 

_ |8 16 _ j 












bnpression à la main : 






Teinture, c/iloruf^e, êtendage, etc. 










Femmes 1 vérification de la marchandise} 

Apprêt des tissus imprime's : 




et filles de 14 à 16 ans 




Rames fixes : 








Rames continues avant impression : 






Pliage : 








Gravure sur bois : 




Cuisine aux couleurs : 














IV. B. — Ne sout pas comptés dans ce tableau le persunoe 


à haute pave, con 


nme chef graveur, 



HISTOIRE DOGUMENTAIRK DE L'INDUSTRIE DE MULHOUSE ET DE SES ENVIRONS. 189 



4" Taux moyen par quinzaine (12 jours) 
du salaire des ouvriers. 

Taux moyeu 

Adiioob. du salaire. 

18G6 V / 2i :i2 

I8(;" ... I 2 4 i:( 

18GS I l îi 18 

I8G9 / \ 27 .. 

1870 f _ . 2c 68 

187 .(guerre) ....\ ^l'^' '"'"''" In n 

,„-., ! 11)0 ouvriers. ] .,^ -r 

187:! l / 28 00 

1874 I [ 28 i.-. 

1875 1 30 8:i 

1876 / \ 31 70 

Avant de passer au cha|iilio de l'index chronolo- 
gique de l'impression pendniU le siècle, nous voulons 
terminer par un nouvel emiirunt au D' l'enot, qui 
disait, enlStlK, avec une enlière vériti' (1) : 

" Cette belle industrie de l'indienne, dans laquelle 
" on voit rivaliser l'art du dessinateur et la science 
" du chimisle, a fait, jusqu'à nos jours, des progrès 
Il considérables, non poiiili|iianl au uonilire îles ('ta- 
II blissements, qui a, au conlrairc, loii iliininué, 
Il mais au point de vue de la produclion cl du chiirre 
Il total de ses alFaires. Tant <iue l'impression à la 
Il main a dominé, les petites fabri(iues, à qui des 
•I capitaux médiocres pouvaient suffire, se sont sou- 
■I tenues avec quelque avantage; mais l'introdiic- 
" tion du travail mécanique, exigeant des fonds 
Il considérables |)our s'organiser, et permettant île 
Il produire à bien meilleur marclié, a eu pour cuii- 
II séquence de ne plus laisser survivre (|iie li^s 
Il fabriques en état de supporter ces dispendieux 
K changements. Telle est, de nos jours, la tendance 
.< forcée de l'indusUie; les gros capitaux lui devien- 
" nent de plus en plus indispensables, et ce n'est 
Il (lue par l'associalionque ceux qui, ne les possédant 
Il pas en suffisance, veulent, cependant, tenter celte 
Il fortune, peuvent se jeter, avec quelque sécurité. 
Il dans la lutte ouverte entre les fabricants, lutte 
Il quelquefois difficile à soutenir pour eux, mais 
1' toujours à l'avantage des consommateuis et du 
■• pays. » 

Trente-deux ans se sont écoulés de|iuis que 
iM. Penot écrivait ces lignes. Sa |ieinture de l'indiis- 
Irie qui nous occupe est encore exacte aujourd'hui. 
On a fait beaucoup d'ellorts et ceux-ci n