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REVUE GÉNÉRALE 



D'OPHTALMOLOGIE 



' AUG 6 lyi'^ ^ 



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REVUE GÉNÉRALE 

D'OPHTALMOLOGIE 

RECUEIL MENSUEL 

BIBLIOGRAPHIQUE. ANALYTIQUE, CRITIQUE 

Fondé en 1882 par, H. DOR ic E. MEYER 

* DIRIGÉ PAR LES DOCTEURS 

H. DOR Et. ROLLET H. TRUC 

LYON LYON MONTPBLLIBR 



AVEC LA COLLABORATION DE MM. LRS DOCTEURS 

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(New-York).— H. COWBB (Brnxelles). — l«. BOB (Lyon). - MBllàBliBBBCl (Halle a. 
d. Saaiej. - MAHIiAHOmr (Moscou).— réCHIM (Paris).— BBB«I.OB(Stra8boarg). — 
•AHVB» rCBIIAlIBBm (La HavaDe). — «IHIOli (Magdebourg). — •TBrHKllJtttM 
(Londres). — Prof. sniiIilHCl (Strasbourg). — MTOCH (Krilmrg-«n-Bri8gaa). — Prof. 
; (Craoovie). 



«• DUBftBUIL (Lyon), Secrétaire de la Rédaction. 



TOME XXVI - 1907 



La Revoe j^^n^rale d*OphULlmologie parait mensuellement dans le grand format în-8 
par fascicule d'au moins 48 pages. 

Prix de Pabonnement annuel : 
Paris : 9# francs. — Départements: %% francs. — Union postale : tt fr. &#• 



PARIS 

MASSON & G". ÉDITEURS 

L1BRAIRB8 DB l'aCADRMIB DB MÂDECINB 

110, boulevard Saint-Germain, lao 

1907 



N"" 1 31 JANVIER 1907 



MÉMOIRES ORIGINAUX 




erculose aspergillaire 
de la Choroïde. 



Par MM. 

ROLLET AURAND 

. rrvflKKir de eliii^ie opkUlMlo(ifu Clef in tr&faii it eliiiqie ofhUlMiMiqM 

à rUuiversité de Lyon. 



Pendant le cours de nos recherches sur les kératites asper- 
gillaires expérimentales \ nous avions été frappés à plusieurs 
reprises de la forme nodulaire que revêtait parfois Tasper- 
gillose sur la cornée et même sur Tiris, si bien qu'on aurait 
pu croire à de véritables granulations grises ou à de petits tuber- 
cules de la cornée ou de l'iris. 

Si Ton veut bien se souyei^ir dlautre . part qu'il existe chez 
rhomme une aspergillpsepu1inbilarréoaùsée.âussi par Tu Âsper- 
gillusfumigatus», ressemblant tout à fait, au point de vue cli- 
nique et anatomo- pathologique, à la tuberculose pulmonaire, 
puisque on l'a appelée la pseudo-tuberculose aspergillaire^, on 
comprendra qu'il était intéressant de se demander si cette ana- 
logie se poursuivait dans les lésions intra-oculaires et parti- 
culièrement dans les lésions des membranes profondes. 

C'est donc pour vérifier une fois de plus cette analogie que 

1 Rollel et Aurand. Recherches sur les kératites aspergillaires expérimen- 
tales (Bull, de la Soc, franc, d*ophtaLy igoS, et Nouvelles recherches sur les 
kératites aspergillaires expérimentales (Revue gén. d'ophtalm., déc. igoS). 

2 Renon. Etudes sur Taspergillose chez les animaux et chez Thomme, Paris 
•897. 

1 



2 IfÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET ET AURAND 

nous avons institué des expériences comparativesd'inoculation 
de tuberculose et d'aspergillose chez le lapin. 

Dans ces deux séries d'expériences, nous avons fait des 
inoculations directes de la choroïde, en arrière de la région 
équatoriale et dans la partie supérieure du globe. Nous procé- 
dions toujours de \a. façon suivante : après les soins d'asepsie 
habituelle, nous faisions àTaide du couteau de de Graefe, une 
petite boutonnière scléroUcale, à travers fâquelle nous glissions 
une petite spatule dé platine chargée soit de bacilles provenant 
de cultures de tuberculose humaine de moyenne virulence, 
soit de spores d'Aspergillus fumigatus ou fl&vus provenant de 
cultures de virulence éprouvée, enfin nous faisons suivre chaque 
inoculation d'une suture des paupières pendant huit jours. 
Nous avons fait ainsi deux inoculations tuberculeuses et deux 
inoculations aspergillaires (l'une avec r« Aspergillus fumiga- 
tus », l'autre avec l'cc Aspergillus flavus »). 

A côté de ces inoculations choroïdiennes directes, nous avons 
institué d'autres expériences d'inoculation indirecte, en faisant 
l'inoculation dans le vitré. Nous injections alors dans le vitré, 
tout à fait à la partie postérieure du globe, cinq gouttes d'une 
dilution de cultures de tuberculose ou d'aspérgillose dans un 
demi-centimètre cube d'eau stérilisée. Dès que Taiguille avait 
perforé la sclérotique, nous avions soin d'incliner très forte- 
ment Taiguille, de façon à ne pas piquer le cristallin et à bles- 
ser le moins possible le vitré, en faisant filer le liquide le long 
de la face interne de la choroïde et vers le pôle postérieur du 
globe. Nous avons fait ainsi deux inoculations vitréennes de 
tuberculose et trois d'aspérgillose (deux avec Y « Aspergillus 
fumigatus » et une avec 1' « Aspergillus flavus » ). 

Nous donnons ici le résumé de ces deux séries d'expériences 
comparatives en les faisant suivre de quelques remarques : 

I. Expériences sur la tuberculose de la choroïde 

Première expérience, — 5 avril igoS : Inoculation directe de la 
choroïde de Toeil droit d'un lapin bien portant avec une culture de 
tuberculose humaine de moyenne virulence âgée de quatre mois. — 
i8 octobre : Le fond d'œil paraissant toujours normal et son aspect 
extérieur n'étant nullement modifié, nous considérons Texpérience 
comme négative et nous faisons une inoculation de la choroïde de 



MÉMOIRES ORIGIITAUX. — ROLLET ET AURAND 3 

Tœil gauche dans les mêmes conditions. — ii janvier 1906 : Pen- 
dant quatre mois, l'œil droit n'a rien présenté d'anormal, mais 
depuis peu le. lapin a maigri et c'est seulement aujourd'hui que 
l'examen du fond d'oeil montre des altérations très nettes dans la 
partie inférieure (fig. i). A l'image droite, on constate trois foyers 
principaux de taches blanches disposées de bas en haut et de dehors 
en dedans, suivant une ligne un peu curviligne à concavité anté- 
rieure. Le premier foyer, situé à la portion la plus périphérique du 
globe, est constitué par cinq taches un peu saillantes, d'un blanc 
de neige, agglomérées les unes contre les autres. Elles ont toutes 
une forme un peu ovalaire et allongée verticalement. Une de ces 
taches apparaît nettement sous forme d'une nodosité en saillie sur 
les autres. A une petite distance en arrière de ce premier foyer s'en 
trouve un deuxième formé de deux taches blanchâtres, moins sail- 
lantes, contiguës l'une à l'autre sous forme d'une haltère, à bords 
flous et non pigmentés. En se reportant plus haut^ on trouve un 
troisième foyer formé de deux nodosités blanches voisines, l'une 
piriforme, l'autre ovalaire, avec des bords un peu pigmentés. 
Toutes ces nodosités sont probablement de gros tubercules en voie 
d'évolution. Mais, outre ces trois foyers principaux, il y a un semis 
de petites lésions chorio-rétiniennes, disposées entre le foyer moyen 
et le foyer inférieur, au nombre de neuf. Un de ces foyers est 
constitué par une petite plaque quadrangulaire, un peu dépig- 
mentée, sans saillie, et entouré d'un cadre pigmentaire. Tous les 
autres foyers ont une forme plus ou moins allongée ou polygonale, 
avec un petit cadre pigmentaire. Dans cette région, le fond d'œil 
est devenu grisâtre avec une pigmentation irrégulière. Au-dessus 
des tubercules supérieurs, on constate également une série de petits 
foyers de chorio-rétinite, de forme plus ou moins polygonale, au 
nombre de sept, et disposés, d'une façon générale, suivantjun cercle 
à concavité postérieure. Si on se reporte du côté antérieur, on 
constate trois autres petits foyers de chorio-rétinite assez espacés, 
situés sur une même ligne oblique en haut et en avant, partant des 
tubercules supérieurs. 

L'examen de l'œil gauche du même lapin inoculé de la même 
façon trois mois après l'œil droit, ne nous a jamais montré, malgré 
de multiples examens, de tubercules choroïdiens, mais nous avons 
pu néanmoins y constater, trois mois après, trois petits foyers de 
chorio-rétinite, entourés d'un cadre pigmentaire et situés aussi dans 
la partie inférieure du fond de l'œil. 

Enfin, notre lapin, déjà amaigri, est mort une quinzaine de jours 
après la constatation des tubercules choroïdiens et six mois après 



4 MÉMOIRES ORIGINAUX. ~ ROLLET ET AURAND 

rinoculation, de tuberculose généralisée aux poumons et au foie, 
ainsi que l'a montré l'autopsie. 

Examen des yeux, — La coupe de l'œil droit nous a montré 
quelques petites granulations grises soulevant la rétine. La coupe 
de lu il gauche ne nous a révélé que deux petites plaques arrondies, 
punciiformes d'atrophie choroïdienne, Tune en bas près de Vota 
serrata, l'autre près de l'extrémité antérieure de la papille. 

On se trouve donc, en résumé, en face de deux ordres de 
lésions choroïdiennes : des tubercules agglomérés en voie 
d'évolution et peut-être caséeux, à cadre pigmentaire à peine 
ébauché, puis de petits foyers plus ou moins punctiformes de 
chorio-rétinite à cadre pigmentaire très net (fîg. i). S'agit-il 
dans ce dernier cas de tubercules déjà guéris ? Nous ne le pen- 
sons pas, car nous ne les avons pas vu évoluer : nous croyons 
au contraire qu'il s'agit là de foyers de chorio-rétinite inflam- 
matoire simple ou toxinique de voisinage ainsi que cela a été 
noté déjà dans plusieurs cas de tuberculose conglomérée de la 
choroïde chez Thomme. L'examen de Tœil gauche après l'œil 
droit viendrait corroborer cette idée, puisque nous n'avons 
jamais pu y découvrir de tubercules choroïdiens, mais simple- 
ment, trois mois après, trois petits foyers de chorio rétinite 
entourés de cadre pigmentaire et situés aussi dans la partie 
inférieure du fond de l'œil. Ce fait semble donc bien démontrer 
que rinfection tuberculeuse peut évoluer sous deux formes 
différentes, lune essentiellement bacillaire, c'est la tuberculose 
milinirc de la choroïde, l'autre simplement toxique ou toxini- 
que, c'est la choroïdite ou chorio-rétinite tuberculeuse dissé- 
minée, d'emblée chronique, forme qui pourrait être rappro- 
chée de la tuberculose inflammatoire décrite par le professeur 
Poncet. 

Nous ferons remarquer en outre que l'infection bacillaire 
semble plus longue à se propager que l'infection toxinique, 
puisque dans notre première expérience les lésions de chorio- 
rétinite sont apparues au bout de trois mois, tandis que les 
tubercules ne se sont montrés qu'au bout de cinq mois. Quant 
à la mort du lapin par généralisation, elle n'est pas faite pour 
nous étonner étant donné la facilité relative avec laquelle 
cet animal se tuberculise. Mais on ne peut rien en conclure au 



MEMOIRES ORIGINAUX. -- ROLLET ET AURAND 5 

point de vue humain, étant donné que la tuberculose intra- 
oculaire primitive n'est pas admise et même est considérée 
comme anatomiquement impossible (Vcnneman^). 

Enfin, il faut noter que les lésions tuberculeuses ne se sont 
pas produites au point d'inoculation à la partie équatoriale 
supérieure, mais dans la partie inférieure du globe. Les bacilles 
ont sans doute été entraînés par le courant sanguin ou les 
courants lymphatiques de Toeil, ou plus simplement, comme 
le prétend Venneman, par les hasards de Tosmose extra-vas- 
culaire. Quoi qu*il en soit, nous avons pu réaliser, par inocu- 
lation directe, une tuberculose expérimentale primitive et bien 
localisée de la choroïde, car toutes les autres parties de Tœil 
sont demeurées intactes. 

Un an après, nous avons refait une nouvelle expérience dans 
les mêmes conditions. 

Deuxième expérience. — Le 2 avril 1906, nous faisons une inocu- 
lation directe de la choroïde dans la partie supérieure de Tœil droit 
d'un lapin bien portant. — i5 mai, œil droit : Nous constatons 
pour la première fois, à la périphérie du champ visuel inférieur, à 
rextrémité du diamètre vertical, une tache blanc grisâtre à bords 
flous siégeant à un demi-diamètre papillaire de Tora serrata. — 
26 mai : œil droit : Nous trouvons en bas, un peu en arrière et dis- 
posées en ligne courbe à concavité postérieure, quatre nodosités 
blanches à bords flous, comme de petits bourdonnels de coton. Les 
deux inférieures sont punctiformes, les deux supérieures ovalaires 
(fig. 3, a). — 3o juin : œil droit : La plus grosse des nodosités devient 
un peu plus saillante dans le vitré. — 12 juillet : L'état est station- 
naire. On voit toujours les points blancs qui paraissent situés en 
avant de la rétine, dans la couche postérieure du vitré. — 28 juillet : 
La masse des nodosités blanches signalées en bas a un peu augmenté 
de volume. — 17 septembre : On ne trouve plus aucune nodosité 
blanche. — 1 1 octobre : œil droit : On ne trouve plus que deux 
petites taches rétiniennes grises à la place des anciennes nodosités, 
puis un foyer d'atrophie choroïdienne. — 3i octobre : œil droit : 
On trouve encore deux petits points blanc gris siégeant dans le 
vitré en avant du point nodal. Dans la région inférieure, de nom- 
breux petits points de chorio-rétinite donnant un aspect pigmenté 



1 Venneman, Encyclopédie franc, d'ophtalmolog^ie, .t. VI, Paris, 1906. 



6 MÉMOIRES ORIGINAUX. — AURAND ET ROLLBT 

et tigré au fond de rœîl. — Le 3o novembre (fig. 4* A), nous con- 
statons en plein vitré un petit corps grisâtre en forme de clou à 
pointe inférieure; au-dessous, on aperçoit quatre foyers assez larges 
de chorio-rétinite disposés en demi-cercle à concavité supérieure* 
Ils apparaissent sous forme de plaques polyfçonales dépigmentées, 
de couleur rouge pâle, sans cadre pigmentaire, mais entourés d'une 
auréole plus ou moins abondante de points pigmentés. Dans la 
partie supérieure du fond de Toeil, on aperçoit également une série 
de foyers de chorio-rétinite beaucoup plus petits disposés également 
en demi-cercle et plongés au milieu d'une zone criblée de points 
très pigmentés. En aucun point^ il n'y a de plaque d'atrophie cho- 
roïdienne complète. 

Cette expérience est intéressante à plus d'un titre; tout 
d'abord par l'apparition relativement rapide des tubercules 
choroïdiens (fig. 3, a), un mois et demi après Tinoculation, 
ensuite par la régression très nette des tubercules qui, com- 
mencée au bout de six mois, aboutit actuellement^ après huit 
mois, à une guérison presque complète sous forme de plaques 
de chorio-rétinite cicatricielle (fig. 4» b). C'est bien là la preuve 
indéniable que la tuberculose de la choroïde peut guérir, en 
ne laissant comme signe de son passage que de légères plaques 
de chorio-rétinite régressive sans signature bien spécifique. 

Et nous ne saurions assez faire remarquer combien le dessin 
du fond d'oeil de notre lapin se rapproche des beaux dessins 
que Garpenter et Stephenson* ont publiés dans leur travail 
si documenté sur la tuberculose de la choroïde montrant de la 
façon la plus nette la guérison des tubercules choroïdiens par 
leur dégénérescence fibreuse et Tatrophie de la choroïde. Mais 
le diagnostic étiologique de ces vestiges cicatriciels restera 
bien souvent incertain; tout au plus pourrait-on avoir une 
présomption en se souvenant que ces foyers de chorio-rétinite 
n'ont pas le plus souvent de cadre pigmentaire, mais seule- 
ment un vague pointillé noir environnant comme chez notre 
lapin : le fait est d'ailleurs bien en rapport avec Tabsence fré- 
quente de cercle pigmenté autour du tubercule choroïdien en 
évolution chez l'homme et chez le lapin comme nous Tavons vu. 

i Garpbntbr et Stephbnson. Taberculose de la choroïde (Société françMe 
d^ophl&lmologie^ Paris 1906). 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLËT ET AURAND 7 

Trouième expérience, — a5 octobre 1905 : Injection dans le 
vitré et aux deux yeux de cinq gouttes d*une dilution de culture de 
tuberculose humaine dans Teau distillée. — i3 janvier 1906 : On 
aperçoit dans Toeil gauche de tout petits points blancs écartés les 
on» des autre» et disposés en demi-cercle. Œil gauche rien. — 
5 février : GBii droit. En dedans et en arrière, on aperçoit une 
lésion en forme de petit cerclé noirâtre entouré d'une petite zone 
circulaire dépigmentée. Œil gauche. Rien. — i5 mars : Lapin tou- 
jours gros. — 7 mai : Le lapin est trouvé mort. Rien aux pou- 
mons. Nombreuses adhérences du péricarde. Endocardite. Trois 
grosses végétations au niveau de l'orifice mitral. Foie cardiaque 
muscade. Yeux fixés au formol à a pour 100. — 5 juillet : Coupe 
de Tœil gauche, rien. Coupe de Tceil droit, section verticale. On 
trouve» au-dessous de la papille, deux petites taches très blanches à 
bords un peu irrëguliers^ ressemblant à des lésions d'atrophie 
choroïdienne. 

Dans cette expérience le résultat est moins net au point de 
vue de l'évolution des tubercules, car nous n'avons pu décou- 
vrir qu'une fois des petits points blancs qui n'ont jamais 
augmenté de volume et qui étaient, sans doute, des granula- 
tions élémentaires. L^œil gauche est resté indemne. Cepen- 
dant Texpérience semble bien positive, puisque nous avons vu 
sur l'un des yeux des lésions de chorio-rétinite qui ont abouti 
à des plaques d'atrophie choroïdienne, ainsi que nous Ta mon- 
tré Tautopsie. Les lésions locales étaient donc bénignes puis- 
qu'elles ont abouti à la guérison et cependant le lapin est 
mort, mais avec cette particularité cependant qu'il n'y a pas 
eu de généralisation pulmonaire, mais seulement une endo- 
cardite végétante probablement tuberculeuse. 

Quatrième expérience, — Nouvelle inoculation de culture tuber- 
culeuse dans le vitré faite le 12 avril 1906. — 27 avril : Nous 
constatons en plein vitré dans sa région postérieure un long fuseau 
blanc volumineux à bords un peu flous^ à concavité postérieure. Ce 
fuseau présente un corps volumineux à bords postérieurs un peu 
festonnés se continuant en haut et en bas en un long filament gri- 
sâtre qui se perd en haut au niveau de Tincision en passant devant 
la papille et en bas jusqu'à Toraserrata. — i5 mai : Le corps fusi- 
forme est devenu plus mamelonné et se recouvre de vaisseaux ser- 
pentiformes. La partie inférieure s'effiloche en une série de tractus 



& MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET ET AURÂIID 

filameoteux disposés en éventail. L'extrémité supérieure du fuseau 
se dirige vers la papille en s'évasant en entonnoir (fig. a). L'examen 
du fond d'œil montre une grande quantité de taches blanches sié- 
geant en bas et au-dessous du corps fusiforme du vitré et en avant 
vers Tora serra ta. Quelques-unes de ces taches sont plus volumi- 
neuses que les autres : elles sont d'une blancheur de neige, à bords 
déchiquetés, et un peu saillantes au-dessus de la choroïde. D'autres 
taches nombreuses sont punctiformes et grisâtres, elles siègent en 
arrière du fuseau du vitré. Malgré cette volumineuse lésion, celui-ci 
est resté très transparent. Quant à la généralisation de l'affection à 
la choroïde, elle s'est probablement faite par Tintermédiaire de ces 
légers tractus filamenteux déjà vus qui viennent de la lésion 
vitréenne. — 27 juin : Le semis de nodosités a augmenté et chaque 
granulation est devenue plus blanche, plus volumineuse. — i3 juil- 
let : La partie supérieure du corps fusiforme s'est arrondie davan- 
tage et a pris la forme d'une poire allongée. Il y a toujours* en bas, 
un nombreux semis de granulations blanches en avant et en arrière. 
Çà et là quelques plaques d'atrophie choroïdienne arrondies, de 
couleur jaunâtre, en voie d'évolution. — 14 septembre : Derrière la 
partie supérieure du fuseau vitréen qui s'est aminci se voit une 
plaque de chorio-rétinite, cicatrice probable de la plaie d'inocula- 
tion, — 1 1 octobre : Le vitré commence à se troubler La papille 
est déformée par des adhérences et par la présence de trois petites 
granulations grises franchement enflammées L'iris est rouge vineux 
et apparaît parsemé de petits tubercules miliaires disposés en rayons 
de roue au nombre d'une vingtaine vers la portion moyenne de 
l'iris. Deux de ces tubercules sont plus jaunâtres et entourés de 
petites hémorragies. — 28 octobre : Les tubercules deviennent de 
plus en plus nombreux et volumineux. — i5 novembre : La vascu- 
larisation périkératique s'accentue et les vaisseaux envahissent la 
cornée presque jusqu'au centre en forme de rayons. Le cristallin 
s'opacifie, la pupille se ferme, la cornée se trouble. 

22 novembre : Les tubercules occupent la marge inférieure de 
l'iris, deviennent coalescents et forment une masse jaunâtre rem- 
plissant l'angle irido-cornéen comme un pseudo-hypopyon. La 
cornée est agrandie et la zone ciliaire inférieure est nettement ecta- 
siée ; les tubercules ont certainement envahi le corps ciliaire. — 
3o novembre : La chambre antérieure est aux trois quarts remplie 
de sang. Le globe énucléé est coupé; il montre l'iris et le corps 
ciliaire farcis de tubercules. La rétine est décollée en convovulus et 
épaissie. Le vitré est très diminué de volume. 



MÉMOIRES ORIGIIVAUX. — ROLLET ET AURANO 9 

En résumé, cette inoculation dans le vitré nous a permis de 
surprendre sur le vif, de la façon la plus nette, la propagation 
de Tinfection. D'abord cantonnés dans une sorte de loge fusi- 
forme (fig. a), les bacilles ont franchi la membrane exsuda- 
tive qui commençait à s'organiser et, par l'intermédiaire de 
fins tractus, se sont déposés sur la choroïde où iis ont pullulé 
à Taise. Cette propagation à la choroïde s'est faite au bout 
d'un mois et c'est seulement au bout de six mois que le corps 
ciliaire et l'iris ont été envahis. Quant à la façon dont s'est 
effectuée cette propagation, il est bien probable que Tosmose 
et peut-être Faction de la pesanteur en ont été les principaux 
facteurs. 

Si maintenant nous jetons un coup d'œil d'ensemble sur 
les résultats de nos quatre expériences, nous pouvons dégager 
les faits suivants : 

i^ Même après des inoculations directes, la marche de la 
tuberculose dans la choroïde, tout au moins chez le lapin, est 
relativement lente, puisque, dans les cas où révolution est la 
plus rapide, un délai minimum d'im mois est nécessaire. 

2® Cette propagation se fait toujours de préférence dans les 
parties déclives du globe. 

3® La propagation à la partie antérieure du tractus uvéal 
n'est pas fatale, et si elle a lieu, elle peut ne se produire que 
tardivement au bout de six mois. Nous n'avons pas constaté 
de propagation du côté du nerf optique, ce qui semble con- 
forme aux faits cliniques observés chez l'homme. 

4* La tuberculose expérimentale de la choroïde peut revêtir 
deux formes : i**la tuberculose miliaire ou tuberculose bacil- 
laire proprement dite ; 2» la choroïdite ou chorio-rétinite tuber- 
culeuse disséminée d'emblée, chronique, ou choroïdite toxinique 
inflammatoire. 

5** La tuberculose expérimentale de la choroïde peut, chez 
le lapin, entraîner la mort par généralisation aux viscères au 
bout de six mois sans infection ganglionnaire. C'est donc bien 
là une véritable tuberculose hématogène, 

6"* Elle peut aussi aboutir à la guérison dans le même laps 
de temps et on constate à l'ophtalmoscope des plaques de cho- 
rio-rétinite cicatricielle. 



10 MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET ET AURARD 

II. EXPBBIBNCES SUR l'aSPBRGILLOSB DB LA GHOROtDB. 

Il nous faut maintenant relater nos expériences sur Tasper- 
gillose choroïdienne ; nous parlerons d*abord de nos inocula- 
tions directes de. la choroïde, puis de nos inoculations du vitré : 

Première expérience. -— 2 avril 1906 : Inoculation d'une petite 
masse despores d'aspergillus fumigatus âgé de deux mois, à la région 
équatoriala supérieure de Toeil droit d'un lapin. — 27 avril : Au 
bout de vingt-cinq jours ce lapin, dont Tétat général esttoujour^ 
excellent, nous a montré les lésions suivantes : d'abord il y a quel- 
ques synéchies postérieures de Tiris, déformant et immobilisant la 
pupille, traces d'une iritis qui a dû être torpide et légère car la 
sclérotique a sa teinte normale et la chambre intérieure est tout à 
fait claire. Mais, fait plus intéressant, lorsque nous examinons le 
fond d'oeil (6g. 3), nous constatons dans la partie inférieure du 
champ ophtalmoscopique, à peu près dans la direction du diamètre 
vertical, une série de taches d'un blanc laiteux, plus ou moins 
larges, à bords un peu flous et festonnés, sans aucun cadre pigmen- 
taire. Il y a trois larges plaques placées les unes au-dessous des 
autres. I.a moyenne est réunie par une traînée verticale blanche à 
la plus inférieure qui est également la plus étendue surtout dans le 
sens horizontal. C'est spécialement en examinant cette dernière 
tache que Ton se rend compte qu'elle est comme constituée par 
Tagglomération de petites taches ou plutôt de petites nodosités 
arrondies et saillantes dans le vitré qui lui donnent un aspect mame- 
lonné. Les mouvements parallactiques de la lentille, le déplacement 
de Tombre qui estompe les bords, suffiraient à le démontrer si 
nous ne trouvions encore disséminées çà et là, autour de ces gros 
amas blancs, de petites taches arrondies et blanchâtres^ les unes de 
la largeurd'une lentille, les autres punctiformes. Malgré ces lésions, 
le vitré est resté transparent et la rétine normale; mais la papille 
est floue et comme enveloppée d'un brouillard, signe évident d'un 
retentissement de la plaie d'inoculation sur la région papillaire. — 
i3 mai : Les gros placards blancs ont diminué d'étendue, mais on 
aperçoit en bas et en avant quelques nodosités blanches dissémi- 
nées sur la choroïde. — 26 mai : On ne trouve plus que deux pla- 
cards blancs; un placard en bas et en avant à concavité postérieure, 
un deuxième placard à bords rectilignes situé en bas et un peu en 
arrière du plan vertical. Au-dessous et en haut sont disséminées 
quelques ponctuations blanches. — 2 juin : Les nodosités blan- 



TUBERCULOSE ET ASPERGILLOSE EXPERIMENTALES 

DE LA CHOROÏDE 
par MM. liOLLET Je AUIiAND 




I-IG. 




FiG. 




FiG. 




FiG. 




FiG. 




FiG. 


6. 



Tuberculose de la Choroïde. 

Tuberculose du Vitré et de la Choroïde. 

(a) Tuberculose de la Choroïde (Période, de début). 

(/') Tuberculose de la Choroïde [Période cicatricielle). 

Aspergillose de la Choroïde (A. fumigatus). 

Aspergillose de la Choroïde (J. flavus). 



> 



MÉMOIRES 0RI6I!fAUX. — ROLLET ET AURAUD 11. 

châtres ont encore diminué de nombre. Gros croissant blanc en 
avant et en bas. — ao juin : Il persiste dans la région moyenne, le 
long du diamètre vertical, des nodosités blanches. La supérieure est 
plus volumineuse. En avant et en bas grosse nodosité blanche à 
bords un peu déchiquetés ayant la forme d'un croissant à forme 
ovalaire. — la juillet : On trouve, en bas et en avant, une masse 
blanche ovalaire entourée d'un halo grisâtre se prolongeant sous 
forme de plusieurs traînées en bas et en avant, saillantes sous la 
rétine et de couleur gris bleu. — 28 juillet : CEil droit. Il y a trois 
taches blanches brillantes disséminées dans la moitié postérieure. 
En avant, gros amas blanc jaunâtre, du volume d'un grain de blé, 
entouré d'un halo grisâtre allongé, oblique, qui semble dû à la 
rétine soulevée. — 14 septembre : Il ne reste plus qu'une petite 
masse blanche du volume d'un grain de millet allongé en bas et en 
arrière. Cette masse est un peu saillante au-dessus de la rétine. — 
II octobre : La petite masse a diminué de volume et a pris une 
forme ronde. — 3i octobre : Encore une masse bleuâtre piriforme 
en bas et un peu avant. — i5 novembre : Autour de la masse blan- 
châtre on voit deux petits points blancs. En bas et à peu près dans 
le diamètre vertical, petites masses dans le vitré. Tout en avant, 
tache avec pigmentations rétiniennes donnant un aspect un peu 
marbré au fond d'œil. Ce sont des lésions de dépigmentation plutôt 
que des néoformations aspergillaires. Au bord inférieur de la 
papille, petits filaments blanchâtres. 

Les lésions si intéressantes (fig. 5) que nous venons de 
décrire ne peuvent être évidemment que le résultat de la pro- 
lifération des spores d' « aspergillus ». Mais ce qui est tout à 
fait remarquable , c'est la forme nodulaire que revêt la 
lésion choroïdienne, forme absolument analogue à celle que 
l'on trouve dans la tuberculose expérimentale de la choroïde 
chez le lapin. En examinant comparativement les photo- 
chromogravures des fonds d'yeux, il est aisé de se convaincre 
que, sauf le nombre et l'étendue des lésions, celles-ci sont tout 
à fait comparables comme couleur, surtout dans les lésions 
élémentaires. Il faut noter cependant que, dans notre cas de 
tuberculose choroïdienne, il existe quelques petites plaques de 
chorio-rétinite. Toutefois, fait singulier, dans les deux cas, 
les lésions ne se sont pas produites au point d'inoculation, 
vers la région équatoriale supérieure, mais dans la région 



12 MÉMOIRES OKICINAUX, — ROLLET ET AURAND 

inférieure du globe. Ainsi on pourrait donc parfaitement con- 
fondre les végétations aspergillaires de la choroïde avec la 
véritable tuberculose, puisque dans les deux cas ce sont les 
mêmes nodosili^s arrondies d'un blanc laiteux et sans aucun 
cadre pigmentaire. 

Si Ton veut bien considérer qu'il existe chez Thomme une 
aspergiilose pulmunaire causée aussi parT « Aspergillus fumi- 
gatus » qui ressemble tout à fait, au point de vue clinique et 
anatomo-piiLhologique, k la tuberculose, puisqu'on Ta appelée 
la pseuda- tuberculose a>spergillaire, il nous sera permis de 
dire eo face des résultats de nos expériences qu'il existe 
aussi une pseudo-tuberculose aspergillaire de la choroïde dont 
nous avons pu poursuivre sur le vivant et à Tophtalmoscope 
r intéressant développement. 

Cependant il fâut bien dire que si, au début, les tubercules 
aspergillaires sont tout à fait comparables aux tubercules 
vrais, ils ne tardent pas à s'en diCFérencier par leur dévelop- 
pement plus rapide et la coalescence des foyers voisins for- 
mant d'énormes placards blancs. D'autre part, Taspergillose se 
développe un peu plus rapidement que la tuberculose, puis- 
qu'il nous a sufli de vingt-cinq jours pour arriver à un résultat 
positif au lieu d'un mois pour la tuberculose. Puis le tubercule 
aspergillaire évolue lui-même plus rapidement vers laguérison. 
Au bout de deux mois environ, nous avons vu en effet de, gros 
placards diminuer delt^ndue, mais malgré cela, contrairement 
à ce que Ton note dans la tuberculose, le processus ne s'arrête 
pas, d'autres nodules aspergillaires peuvent apparaître puis 
guérir, si bien qu'actuellement la guérison de notre lapin n'est 
pas complète. Il semble aussi que le tubercule aspergillaire, 
une fois guéri, laisse moins de trace de son passage sur la 
rétine, Ici^ en etîet, pas de larges plaques cicatricielles de 
chorio-rétinite, mais de simples petits îlots de dépigmenta- 
tion rétinienne. 

Deuxième eTpérience, — aS juillet 1906: Inoculation directe de 
la choroïde de ïœ'\\ droit d'au lapin avec des spores d'aspergillus 
iïavus de douze jours. — 14 septembre : On constate trois petites 
masâca bîanchâtrcâ allongées et un peu saillantes à Textrême péri- 
phérie du champ ophtaimoscopique inférieur et un peu en avant 



\ 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET ET AURAND 13 

(image droite)^ Vitré transparent. — • 1 1 octobre : Les nodosités se 
sont réunies et forment une sorte de long fuseau blanc grisâtre, un 
peu saillant au-dessus du plan rétinien. — 3i octobre: La partie 
inférieure du fond d'oeil est criblée de petites taches blanches arron- 
dies, d'autant plus volumineuses et larges qu'on s'approche de la 
périphérie. Tout à fait à Textrême périphérie inférieure on aper- 
çoit de gros et longs placards neigeux, à bords festonnés, entourés 
d'un semis de granulations blanches. En outre quelques petits points 
extrêmement brillants, comme des verrucosités de la choroïde. — 
lo novembre : Il y a toujours de nombreux placards blancs multi- 
ples. ~ i5 novembre : On constate, dans le vitré, une sorte de cône 
grisâtre (fig. 6) dont la base est implantée sur la partie inférieure 
de la papille et dont le sommet se dirige en s'étirant vers la partie 
supérieure et en avant. C'est probablement la trace de Tinjec- 
tion. I^ portion inférieure voisine de la papille esttrès hyperémiée. 

On voit que nous avons obtenu, dans cette expérience, avec 
r« Aspergillus flavus », des tubercules aspergillaires absolu- 
ment analogues à ceux produits par r« Asper. fumigatus ». A 
noter, cependant, que le vitré et la papille ont été un peu 
intéressés par Tinjection (fîg. 6). 

Troisième expérience. — lo janvier 1906: Inoculation du vitré 
de l'œil droit d'un lapin avec des spores d'aspergillus fumigatus de 
deux mois et demi. — 1 1 janvier : le vitré se trouble et la papille 
se déforme. — 19 janvier : Nombreuses synéchies postérieures en 
couronne. — 12 février : Le vitré un peu éclairci laisse voir dans 
la partie inférieure du fond d'œil deux masses rosées. — 21 février : 
Cataracte au début — 4 mars: Cataracte complète. — 4 avril : L'œil 
énuclé montre à la coupe l'absence complète de suppuration, un 
cristallin cataracte très volumineux, un vitré transparent et une 
rétine blanche très épaissie, tomenteuse. Une culture sur pomme 
de terre est faite avec un fragment delà rétine, mais la culture est 
restée stérile. 

L'examen microscopique de cet œil nous a révélé vers le pôle 
postérieur de nombreux foyers arrondis de petites cellules rondes 
bien colorées infiltrant et bouleversant la choroïde et la rétine. 
Mais en aucun point nons n'avons pu retrouver de spores ou des 
vestiges de mycélium ni de cellules géantes. 

Cette expérience, comme on le voit, est fort intéressante 



14 MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET ET AURAND 

par les résultats nouveaux et inattendus que nous avons 
obtenus. Tout d'abord, c'est le développement très rapide 
d^une iritis au deuxième jour, puis le développement d'une 
cataracte au bout de quarante jours. A quoi faut-il attribuer 
cette cataracte? S'agit-il d'une faute de technique, d'une cata- 
racte trauniatique? Nous croyons plutôt, en raison de son 
apparition tardive, qu'il s'agit d'une cataracte secondaire aux 
lésions de la choroïde et de la rétine, que nous avons constatées 
au microscope, une cataracte par trouble trophique, analogue 
à celle produite par la naphtaline. 

Un point intéressant à noter, c'est la disparition complète 
des spores et des filaments mycéliens, prouvée et par le 
microscope et par le résultat négatif des cultures. Ce point né 
doit pas nous étonner, car Ribbert a constaté que, déjà après 
six jours^ le mycélium et les spores peuvent disparaître sous 
rinfluence de la phagocytose. 

Qu?ttrième expérience, — 7 avril 1906 : Œil droit. Inoculation 
par injection dans le vitré d'une culture d'aspergillus fumigatus du 
10 février 1906. — 11 avril: Le vitré est grisâtre. Pas d'iritis, ni de 
phénoinènea inflammatoires. — 27 avril: La pupille est déformée 
par de nombreuses adhérences en couronne. Le cristallin est intact, 
mais le vilré est tout entier blanchâtre et trouble. Tension un peu 
diminuée, — i5 mai: Le cristallin lui-même parait trouble à Téclai- 
rage oblique. — 25 mai: Cataracte complète, chambre antérieure 
diniîïiuée. — 27 juin : Ënucléation de cet œil, fixation au formol à 
4pûuriOD — 7 juillet: section méridienne verticale, le cristallin cata- 
raclé est énorme ; il remplit certainement les 4/5 du vitré. La portion 
du vitré restant est remplie en haut au voisinage de la papille par 
une petite masse blanc jaunâtre. La choroïde est très épaissie et 
paraît mémo un peu décollée. — i4 septembre: Lapin bien portant. 

L'exîinien microscopique que nous avons également pratiqué, 
nous a montré au pôle postérieur une rétine singulièrement épaissie 
par des inliUrations de cellules embryonnaires en foyers arrondis. 
La choroïde est également le siège de nombreux foyers inflamma- 
toires. Quant au vitré, sa partie postérieure est occupée par un 
exsudât déjà en voie de vascularisation et d'organisation conjonc- 
tive, Enlin^ malgré nos recherches réitérées, comme dans les cas 
précédents, nous n'avons pu déceler aucune spore, aucun fragment 
mycélien. 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET ET AURÂHD 15 

On voit que les résultats de cette expérience sont presque 
identiques à la précédente : iritis et même iridocyclite, puis 
cataracte. L'iritis, il est vrai, a été plus torpide et a fait son 
apparition seulement au bout de trois semaines, mais la cata- 
racte s'est développée presque dans le même laps de temps, 
-trente-huit jours au lieu de quarante; puis, enGn, des lésions 
intenses de choro'îdite et de rétinite. N'est-ce pas là ime rai- 
son de penser qu'il s'agit bien d'une cataracte par troubles 
trophiques. Enfin, ici encore, plus de spores, ni de mycélium. 

Cinquième expérience. — 25 juillet: Œil droit. Inoculation 
dans le vitré d'un lapin de culture daspergillus flavus âgée de quinze 
jours. — 1 4 septembre : Œil droit, œil mou, iris vascularisé en 
tomate avec séclusion pupillaire. Exsudât remplissant la pupille et 
se prolongeant en filament dans la chambre antérieure : milieux in- 
éclairables. — ii octobre: œil très mou, envoie d'atrophie. Lapin 
très amaigri. — 7 octobre : Enucléation ; globe diminué de volume 
de moitié. — i*' novembre : A la coupe on constate Tiris un peu 
épaissi, la chambre postérieure très agrandie. Le cristallin devenu 
arrondi est cataracte, il est fortement déplacé en arrière où il se 
trouve maintenu en contact avec le fond de l'œil par un exsudât 
gris, vestige de ce qui reste du vitré enflammé. — 10 novembre: 
Le lapin est amaigri. Examen de la coupe : iris fortement bosselé et 
cloisonné par des synéchies, présentant à sa base des adhérences de 
Knies. La pupille et le plan normalement occupé par le cristallin sont 
remplis d'un tissu inflammatoire en voie d'organisation, au milieu 
duquel on aperçoit la capsule pelotonnée sur elle-même et le cris- 
tallin profondément déchiqueté sur ses bords ; dans chaque incisure 
pénètrent les cellules embryonnaires. Tout l'espace occupé antérieu- 
rement par le vitré est rempli d'un tissu conjonctif déjà organisé 
sous forme d'une sorte de coque conjonctive encerclant le cristallin 
et l'unissant étroitement aux membranes postérieures. La rétine est 
méconnaissable et la choroïde est en partie décollée par les tiraille- 
ments du tissu conjonctif de nouvelle «formation qui a succédé à 
l'hyalite. Ni spores, ni mycélium. 

En somme, ici, dans cette dernière expérience, nous voyons 
encore les mêmes résultats et même plus marqués. Irido- 
cyclite ^ave aboutissant à l'atrophie en deux mois et demi, 
puis cataracte dystrophique par inflammation du vitré et de la 
rétine et disparition des spores et du mycélium. 



16 MÉMOIRES ORIGWAUX. — ROLLET ET AURAND 

Devant les résultats concordants et presque identiques de 
nos trois dernières expériences d'inoculations aspergillairès 
du vitré, nous ne pouvons considérer l'apparition constante 
de la cataracte comme une erreur de technique, mais bien 
comme la conséquence nécessaire des lésions du vitré et des 
membranes profondes par les aspergillus. Un point, cepen- 
dant, reste à élucider. Pourquoi, dans les mêmes conditions 
techniques, n'avons-nous pas obtenu de cataracte avec Tino- 
culation tuberculeuse du vitré? Tandis que, dans Tinoculation 
directe de la choroïde, tuberculose et aspergillose évoluaient 
l'une et l'autre silencieusement et lentement, sans troubler la 
nutrition du globe pendant de longs mois, n'est-il pas étrange 
de constater, dans Tinoculation du vitré, cette action rapide, 
grave et profonde de Taspergillose sur les membranes pro- 
fondes et la nutrition du globe. S'agit-il d'une action toxique? 
Mais Henon a montré, par des expériences, qu'il n'existe pas 
plus de toxines intra-cellulaires que de toxines extra-cellu- 
lairea dans Taspergillose. Il est donc plus conforme à la réa- 
lité d admettre simplement l'action directe de la multiplication 
des spores et du mycélium. Les résultats de nos inoculations 
directes de la choroïde et de nos inoculations du vitré sem- 
blent évidemment, au premier abord, contradictoires. Mais 
cette apparente contradiction ne pourrait-elle être expliquée 
par une aetïon favorisante d'un milieu de culture, tel que le 
vitré et par la résistance plus grande du lapin à la tuber- 
culose? Quoiqu'il en soit, il nous semble résulter de nos expé- 
riences sur Taspergillose de la choroïde que si, au début, ses 
lésions élémentaires initiales sont tout à fait analogues et 
comparables aux tubercules choroïdiens, comme forme et 
comme aspect, son évolution, au contraire, est plus rapide, 
son développement plus considérable, avec une tendance mar- 
quée à former de gros placards irréguliers, polygonaux. 
Cependant, les lésions évoluent l'une et l'autre, sans fracas, 
d'une façon chronique. 

Les vrais tubercules choroïdiens, au contraire, demeurent 
plus facilement isolés et gardent plus ordinairement une forme 
arrondie. Néanmoins, les tubercules aspergillaires, malgré un 
volumineux développement, peuvent parfois régresser rapide- 
ment (au bout d'un mois et demi, dans un de nos cas), donc, 



MÉMOIRES ORIGllIAUX. — ROLLET ET AUBAND 17 

beaucoup plus rapidement même que les vrais tubercules, qui 
ne commencent à régpresser qu'au bout de six mois. Mais, 
d'autres fois, ils n'entrent en régression qu'au bout de plus 
de quatre mois. 

Les tubercules aspergilluires, fait intéressant à noter, peu- 
vent même guérir sans laisser des traces trop violentes de leur 
passage. Us ne laissent^ parfois, que de petits points de dépig- 
mentation rétinienne beaucoup plus petits que ceux laissés par 
les tubercules vrais de la choroïde. On peut donc dire que la 
pseudo-tuberculose aspergillaire de la choroïde est relative- 
ment bénigne et évolue naturellement vers la guérison ; mais 
cette évolution est plus ou moins rapide, suivant la résis- 
tance de l'animal. Elle ne semble pas se propager facilement 
vers la partie antérieure du tractus uvéal. 

La pseudo-tuberculose aspergillaire du vitré, au contraire, 
a toujours une marche rapide et grave, contrairement à ce 
que nous avons vu dans la tuberculose vraie ; elle provoque 
toujours une irido-choroïdite et une rétinite qui entraînent 
toujours la production d'une cataracte dystrophiqué secon- 
daire avec, parfois, l'atrophie du globe. 

CONCLCSIONS : 

1® La tuberculose expérimentale de la choroïde peut se pré- 
senter sous deux formes différentes : a) Tune, plus fréquente, 
la tuberculose miliaire ou bacillaire proprement dite, dans 
laquelle chaque granulation élémentaire apparaît comme une 
petite nodosité neigeuse, arrondie ou ovalaire, généralement 
isolée et sans cadre pigmen taire; h) Tautre, plus rare, la 
choroïdite ou chorio- rétinite tuberculeuse disséminée, d*em- 
blée chronique ; c'est vraisemblablement une choroïdite toxi- 
que ou toxinique naturellement bénigne. 

2"* La pseudo-tuberculose expérimentale de la choroïde 
chez le lapin présente uniquement la forme miliaire; les 
tubercules aspergillaires ont, au début tout au moins, la 
même forme, la même couleur que les vrais tubercules, 

3* La marche de la tuberculose dans la choroïde, même 
après des inoculations directes, est relativement lente, tout au 
moins chez le lapin, puisque dans les cas où la marche de 
rinfection est la plus rapide, un délai minimum d'un mois est 
nécessaire après l'inoculation, (^ette propagation se fait ton* 

2 



18 MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET ET AURÂlfD 

jours de préférence dans les parties déclives du globe et d'une 
façon insidieuse et latente sans réaction locale. Les tubercules 
demeurent généralement isolés et gardent ordinairement 
leur forme arrondie. 

4^ Dans la pseudo-tuberculose, au contraire, la marche de 
l'infection est plus rapide et chaque élément prend un déve- 
loppement plus considérable avec une tendance marquée à 
former de gros placards polygonaux irréguliers. La marche 
est également silencieuse et chronique et se fait aussi de pré- 
férence dans les parties déclives du globe. 

5*» La tuberculose de la choroïde peut se propager d'arrière 
en avant à la partie antérieure du tractus uvéal, mais cette 
éventualité n'est pas fatale et, si elle a lieu, elle peut ne se 
produire que tardivement au bout de six mois. Nous n'avons 
pas constaté de propagation du côté du nerf optique, ce qui 
est conforme aux faits cliniques observés chez l'homme. 

6** L'aspergillose de la choroïde ne paraît pas se propager 
à la partie antérieure du tractus uvéal, ni au nerf optique, au 
moins d'après nos expériences. 

7* La tuberculose expérimentale de la choroïde peut, chez 
le lapin, entraîner la mort par généralisation aux viscères au 
bout de six mois par tuberculose hématogène. Nous n'avons 
encore rien observé de semblable en ce qui concerne la 
pseudo-tuberculose . 

8^ La tuberculose expérimentale de la choroïde peut aussi, 
par le fait delà résistance de l'animal, aboutir à la guérison 
dans le même laps de temps de six mpis, sous forme de pla- 
ques de chorio-rétinite cicatricielle. 

9® Les tubercules aspergillaires de la choroïde, malgré leur 
volumineux développement, peuvent régresser plus ou moins 
rapidement au bout de i mois et demi à 4 mois, suivant la résis- 
tance de l'animal ; ils peuvent même guérir sans provoquer 
des cicatrices aussi larges que les tubercules vrais, ne laissant 
parfois que de petits points de dépigmentation rétinienne. On 
peut donc dire que la tuberculose aspergillaire de la choroïde 
par inoculation directe est relativement bénigne et évolue 
naturellement vers la guérison. 

lo** La tuberculose de la choroïde par inoculation du vitré 
ne semble pas plus grave que par inoculation directe de la 



MÉMOnVES ORIGItfAUX. — ROLLET ET AURAND 19 

choroïde. Au contraire, la pseudo-tuberculose aspergillaire 
de la choroïde par inoculation du vitré est toujours grave, 
avec une marche relativement rapide. Elle provoque toujours 
une irido-choroïdite et une rétinite avec cataracte dystrophi- 
que secondaire et parfois atrophie du globe. 



REVUE GÉNÉRALE 



(1) 



ANATOIWIE ET EMBRYOLOGIE 

i) 8ohapringer. — L^épitarse méconnu (Der verkannte Epitarsus) (Cen- 
tralbUtt fur prakt. Augenheilk,^ mai 190Ô). 

1) 8ohapringer. — Contribution à la casuistiaue de Tépitarse (Ein weiterer 
Beitrag zur Casuistik des Epitarsus) (Ceniralhlàti fur prakt, Augerûieilk,^ 
octobre igoS). 

i) Dans des publications récentes, Robertson a surnommé 
Tépitarse : la troisième paupière, un autre, Oeller : la paupière 
supplémentaire. Schapringer rappelle à ce sujet ses propres 
travaux dans lesquels il explique la formation de Tépitarse 
par la traction de fibres amniotiques. b. rbdslob. 

2) Travail formant la suite d*im article déjà paru dans cette 
publication. b. rbdslob. 



PHYSIOLOGIE 

i) Ramos (Josb). — Le sens lumineux (El sentido luminoso) (Anales de Oftal- 
mologia, n» i, juillet 1906). 

2) 8ohipmer (O.). — Addition à ma théorie de Técoulement des larmes 
(Nachtrag zu meiner Théorie der Trœnenabfuhr) Arch, f, Ophlh., LXIII, 
p. 2oo-2o3, 1906). 

3) Biroh-Hirsohfeld (A ). — Les modifications de structure des cellules 
nerveuses de la rétine chez le pigeon sous Tinfluence de la lumière (Der 
Einfluss derHelladaptationauf die Struktur der Nervenzellen der Netzhaut 
nach Untersuchung an der Taube) (Arch f,Ophth., LXUI, 85-iia, 1906). 

^ Les articles dont nous indiquons seulement lès titres, sans analyse, 
ne contiennent rien de nouveau. 



^M 



tO REVUE GÉNÉRALE 

4) Borsohke (Alprkd) — Une muthode simple pour examiaer le sens biao- 
culaire de la profondeur (Eine einfache Methoae zur Prûfung der binocu- 
laren Tiefenwahrnehmung) (CentràlbUtt fûr prëkt. Angenheilk., mai 
1906). 

i) Ramos nous donne un article et un appareil intéressants 
pour la connaissance et la détermination du sens lumineux. 
L'auteur rappelle les notions élémentaires des photomètres et 
la loi de Fechner. Rapportons une fois pour toutes ces notions 
en les résumant. Le photomètre est connu de tous. Suppo- 
sons un plan PP' éclairé par les deux sources lumineuses de 
valeur L et V qui sont à une distance d et d' du plan et pro- 
jettent sur celui-ci les ombres S et S' d'un objet X situé entre 
les lumières et le plan PP'. Le plan PP' recevra une quantité 

L . U 

de lumière i = -î^ de la source L et i' = -p^^ soit pour Téclâi- 

. . I L L' 
rage total j5 4- jTg 

L'ombre S recevra un éclairage représenté par 

/L I/\_L_1/ 

\d2"^d'7 d^""d'2 

L'ombre S' recevra de la même façon un éclairage ^ 

En faisant varier la distance des sources lumineuses, on 

L' L 

arrivera à avoir S = S'et par conséquent -p^ =-15, d'où l'on 

tire V = -T^ et, en faisant L égal à l'unité, L' = -j^; enfin, si 

d est pris aussi comme égal à i , on arrivera à L' = d'^. 

L*intensité comparative est donc égale, en fin de compte, au 
carré de la distance focale. 

Or, en éloignant la source lumineuse L',on affaiblit l'ombre 
portée S' qui arrive à ne plus être perceptible ; à ce moment 
d'=: 10' d'environ, la distance est donc 10 fois plus grande, 
La différence d'éclairage entre l'ombre S' et le plan à ce 
moment -là est, en remplaçant d' par sa valeur (to d) : 

La relation entre cette différence et Téclairage total est : 



k 



PHYSIOLOGIE 21 



(iod)« 



1 



ou ce qui revient au même : 

I I 

lod^ 

en définitive : soit environ un centième. 

loo -H I 

Ceci dit, si nous voulons appliquer au cas particulier la loi 
de Fechner, nous pouvons dire que « la plus petite différence 
appréciable dans Tillumination est une fraction constante de 
réclairagpe total (environ un centième) ». Appliquée à la 
mesure de Tacuité visuelle, la loi se formule ainsi : L'acuité 
visuelle physiologique est proportionnelle non à la quantité 
de TexcitatioUi mais au logarithme de cette quantité. Soit 
V Tangle visuel limite et VS Tacuité visuelle physiologique ; 
on obtient Téquation : 

VS = 1 — o,9 log. V. 

Ces principes posés, supposons que nous ayons un disque 

blanc avec un secteur noir de 5 degrés. Ce disque tournant assez 

vite, si Ton perçoit une différence d'illumination entre les 

différentes portions du cercle, on aura perçu une différence de 

5 , . 

__ ou — . Si Ton ne distingue que Tanneau gris formé par un 

secteur de lo degrés, le rapport deviendra tt^, La valeur du sens 

lumineux sera représentée par l'inverse de cette fraction : soit 
73 dans le premier cas, 36 dans le second. Ramos a donc fait 
construire un appareil composé: 1® de disques ; 2® d'un instru- 
ment qui permet d'imprimer un mouvement rapide de rota- 
tion à ces disques. Les disques sont blancs, avec des secteurs 
noirs calculés pour donner, en se reportant à une table, la 
valeur du sens lumineux. Il y a six disques et chaque disque 
porte trois secteurs : un interne, un moyen et un externe et la 
table suivante donne les valeurs du sens lumineux suivant 



!te REVUE GélfÉRALE 

que le patient a trouvé une différence entre tel anneau de tel 
disque et le blanc pur. 

Secteur interae Secteur moyeu Secteur externe 



Disque n** i 


2 


4 


6 


2 


9 


12 


18 


— 3 


20 


24 


3o 


- 4 


36 


45 


60 


— 5 


7=» 


90 


120 


— 6 


i8o 


» 


36o 



Bien entendu, cet appareil n'est pas d'une précision mathé- 
matique, mais il permet une approximation très suffisante en 
clinique et son auteur étudie les différentes causes d'erreur : 
défaut d'accommodation rétinienne, difficulté d'avoir le noir 
absolu ou le blanc pur, etc. Mais, tel qu'il est, c'est un appa- 
reil facile à manier et automatique, à l'usage donc des ophtal- 
mologistes peu versés dans les mathématiques même les plus 
élémentaires. o. dubrbuil. 

a) Schirmer a construit un petit appareil dont il donne 
le schéma et qui a pour but de démontrer que le mucus 
contenu dans le sac lacrymal joue le rôle de soupape au 
ni\eau des orifices des canalicules, se laissant très facilement 
soulever par le liquide aspiré dans le sac, mais empêchant 
celui-ci de refluer. l. dor. 

3) Birch-Hirschfeld établit, au moyen d'expériences faites 
sur des pigeons, que les cellules nerveuses de la rétine subis- 
sent sous l'influence de la lumière une diminution de leur 
chroma tine. 

En outre, sous la même influence, il se produit une con- 
traction des granulations correspondant aux cônes et une 
accumulation d'une substance basophile dans le segment 
interne des cônes. Les grains internes ne sont pas influencés. 

Une planche en couleur accompagne ce travail et donne une 
idée très exacte de l'état de la rétine à l'obscurité et après 
l'adaptation à la lumière. l. dor. 

4) Borschke fait rapprocher par ses malades les pointes 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 23 

fines d'aiguilles à chapeau jusqu'à i millimètre de distance, 
mais sans qu'elles se touchent. b. rbdslob. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 

i) Oasparrifii (E). — Des altérations consécutives à rextirpation du g^anglion 
cervical supérieur du sympathique, deuxième contribution (Délie altéra-» 
cioni successive alla estirpazione del ganglio cervicale simpatico superiore. 
Seconda nota) (Annali ai OtUlmologia^ vol. XXXV, fasc. 7 à 9, p. 686 
à 713, 1906). 

a) Von Hlpp^l (£•)• — Nouvelles contributions à Tétude de certaines mal- 
formations rares (Weitere Beitrœge zur Kcnntniss seltener Missbildungen) 
(Arch. f, Ophth., LXIII, 1-46, t^). 

3) Ballaban (Th.)> — Sarcome intraoculaire (Intraokulares Sarcom) (Arch, 
f, Ophih., LXIII, 69-85, 1906). 

i) De ses expériences^ dépassant la centaine, sur des 
lapins, des chats, des chiens et des singes, Gasparrini déduit 
que Textirpation du ganglion cervical supérieur sympathique 
d'un côté est suivie par des phénomènes dégénératifs du nerf 
optique, du ganglion ciliaire, de la rétine et des nerfs ciliaires 
des deux côtés. Du côté non opéré, ces altérations sont moins 
prononcées, car elles apparaissent seulement à la suite des 
lésions pour ainsi dire sympathiques, qui s'établissent dans 
le ganglion cervical supérieur conservé. Dans le même espace 
de temps se manifestent des altérations graves des éléments 
sanguins et des dystrophies qui se terminent par la mort de 
l'animal, au plus tard au bout de neuf mois. Chez les chiens 
surtout, la sympathectomie unilatérale finit par représenter 
une sympathectomie bilatérale, à laquelle nous savons que 
ces animaux ne survivent jamais. L'augmentation de la réfrac- 
tion oculaire du côté opéré (Angelucci) et Taugmentation de 
densité de l'humeur aqueuse par des albumines (Lodato) ne 
se trouvent pas du tout confirmées par Gasparrini, qui a fait 
des recherches rigoureuses à ce sujet. Les altérations san- 
guines s'établissent presque en même temps que les lésions 
du ganglion cervical conservé; elles commencent dès le 
quinzième jour, en moyenne, après la sympathectomie et 
progressent plus ou moins rapidement suivant la survie de 
l'animal. L'anémie des muqueuses est déjà manifeste au bout 



24 REVUE Gi^ÊRALE 

d'un mois, très marquée au bout de trois mois, extrême à la 
dernière période de la cachexie (globules rouges réduits à 
2 millions au lieu de 8 à 9 chez le chien ; absence complète 
de granulations basophiles, etc.). Cette anémie est manifeste 
aussi à Texamen ophtalmoscopique (papille très pâle, vais- 
seaux centraux réduits de calibre, etc.). 

L'aridité des muqueuses, la maigreur, la mollesse des 
muscles, la dystrophie cutanée (alopécie, plaies de décubitus), 
la faiblesse générale malgré conservation de Tappétit, termi- 
nent la cachexie. 

Les causes d'erreur — surtout influence d'infection post- 
opératoire, mauvaise hygiène de Tanimal, lésion du ganglion 
de la dixième paire pendant l'opération — ont été soigneu- 
sement écartées par Gasparrini. Ses recherches histologiques 
sur les altérations des ganglions sympathiques, des ganglions 
ciliaires, des tissus du globe môme de l'œil, méritent d'être 
lues dans Toriginal. La raison des lésions du ganglion con- 
servé et la voie que ces lésions suivent le long du côté opéré 
et vers Tautre côté, demandent des recherches complémen- 
taires. A . ANTONBLLI . 

2) Von Hippel étudie successivement dans ce travail une 
observation de tératome de Torbite, ime d'anophtalmie congé- 
nitale bilatérale avec encéphalocèle orbitaire, une de cryp- 
tophtalmie congénitale et un cas de microphtalmie accom- 
pagnée de colobome palpébral et de dermoïde épibulbaire. 

Ce travail est accompagné de 1 1 figures et de 3 planches 
hors texte. l. dor. 



3) D'après Ballaban^ certaines considérations cliniques et 
anatomo-pathologiques établissent dans certains cas que le 
premier développement des sarcomes intra-oculaires a été 
in tra scierai. l. dor. 



OUVRAGES G&lfÉRAUX. — STATISTIQUES 25 

PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 



OUYRAOBS OÉNéRAm. <— STATISTIQUES 

i) Berger (E.] et Loewy (R.). ^ Troubles oculaires d'origine génitale chez 
la femme. (Ueber Augenerkrankungen sexuellen Urspninges bel Frauen.) 
(Wiesbaden, J. F. Bergmann, p. 171, 1906). 

a) Thorington (J.). — De Tophtalmoscope et de son emploi (The ophthal- 
moscope and how to use it) (yS illustrations et la planches en couleurs) 
(Blakiston Son et 0«, Philadelphia-Pa. igo6). 

3) True et Pansier. — Histoire de Tophlalmologie à TEcole de Montpellier 
(1 vol. 404 p., Paris, Maloine édit., 1907^ 

4) Rohmer. — Eléments d'ophtalmologie (i vol. in- 16 de 684 pages avec 
67 figures, Paris 1907). 

5) Morex ^ Précis d*oj 
ges avec T 



— Précis d*ophUlmologie (i vol., petit in-8, Masson et 0«, 640 pa> 
339 figures, Paris 1907). 



i) L'édition allemande du livre de Berger et Loewy (élève 
du professeur Pozzi) paru en français, en -igoS (voir Revue 
générale d! ophtalmologie ^ juin igoS), contient de nouvelles 
recherches sur les troubles oculaires d'origine génitale chez la 
femme. B. et L. donnent de nouvelles observations prouvant 
Torigine toxique de certains troubles oculaires menstruels. Ils 
rattachent à Tauto-intoxication gravidique maints troubles 
oculaires survenant pendant les couches ou au début de la 
lactation : névrite optique, parésie ou paralysie de l'accom- 
modation. Les auteurs attribuent à la même cause le déve- 
loppement de cataracte pendant la gravidité, qui a été à tort 
expliqué par l'affaiblissement général. Les auteurs étudient le 
retentissement des troubles fonctionnels de l'ovaire dans les 
anomalies de la menstruation et la gravidité sur les autres 
glandes endocrines (corps thyroïde, capsules surrénales, etc.), 
leur rôle dans la pathogénie de certains troubles oculaires et 
ils établissent les avantage» de l'organothérapie dans le traite- 
ment de maintes affections oculaires d'origine génitale chez la 
femme. h. dor. 

2) Le livre de Thorington est un livre portatif fait pour les 
étudiants, contenant de nombreux dessins des lésions du fond 
d'œil. Nous signalons tout particulièrement le chapitre con- 



*.- 'f 



26 



MVUE jG£NÉRALE 



sacré à ranatomie, à Temploi de l'ophialmoscope et aux ano- 
malies de la vision. coburr. 



3) Beau volume de Truc et Pansier sur l'histoire de l'ophtal- 
mologie à l'Ecole de Montpellier du xu« au xx« siècle. On y 
trouvera les origines de TÉcole au xii® siècle avec la recon- 
naissance officielle par Tautorité pontificale, une succession 
de décadence et de renaissance des études médicales du xv^ au 
xvui®. Dans un autre chapitre, ce sont des biographies avec 
photogravures des oculistes célèbres qui se succèdent, consti- 
tuant ainsi des documents historiques pleins d'intérêt ; citons 
entre tant d'autres les Guy de Chauliac, Lamorier, Daviel, 
Janin, Méjan, Pamard, Pellier, Serre d*Uzès... 

L'ouvrage comprend aussi la description de la nouvelle 
Clinique ophtalmologique du professeur Truc. La description 
et les plans des bâtiments montrent l'importance de ce centre 
oculiste créé par le maître actuel et on lira avec un vif intérêt 
le chapitre consacré à l'organisation, le fonctionnement et les 
résultats obtenus dans ce service modèle. 

Chapitre terminal sur l'évolution et le résumé général de 
l'ophtalmologie à Montpellier. En 1887, l'ophtalmologie est 
libérée de la chirurgie générale et rentre uniquement dans le 
mouvement oculis tique. Ce livre fait honneur à ses auteurs 
et constitue une très remarquable contribution à l'histoire de 
l'ophtalmologie française. b. r. 

4) Ce livre, du professeur Rohmer^ n'est pas un traité 
complet, mais un simple recueil des éléments les plus indis- 
pensables à connaître en ophtalmologie pratique. Il aura son 
utilité, aussi bien pour l'étudiant que pour le praticien : car il 
remplit une véritable lacune. Les traités d'ophtalmologie 
existent bien, mais trop nombreux ou trop volumineux, car 
l'étudiant s'y perd et ne sait, au juste, ni auquel il doit recou- 
rir, ni ce qu'il doit prendre dans chacun d'eux. Ici, au con- 
traire, il ne trouvera que des notions d'une utilité immédiate 
et journalière, notions résumées en quelques chapitres et 
écrites en un style simple et clair. 

De nombreuses figures jointes au texte facilitent la lecture 



i 



OUVRAGES GtNÊRAUX. — STATISTIQUES fH 

de cet ouvrage dont le succès auprès des étudiants et des pra- 
ticien se st certain. 

Nous sonime9 toutefois étonné de ne trouver aucune indi- 
cation sur les kératites non ulcéreuses, sur la cataracte et le 
strabisme que les étudiants et les médecins doivent connaître. 
Ce sera, nous Tespérons, pour une seconde édition. 



5) La collection des Précis médicaux de Masson vient de 
s'enrichir d'un Précis d'ophtalmologie qui est dû à F. Morax. 
L'auteur dit dans sa préface qu'il a supprimé intentionnellement 
Texposé des formules compliquées qui faisaient croire aux étu- 
diants qu'une forte connaissance des mathématiques était 
indispensable pour affronter l'étude de l'ophtalmologie. La 
description des affections de l'appareil visuel est dor^née selon 
la marche visuelle de l'investigation clinique qui procède de 
dehors en dedans et n'examine les membranes profondes de 
l'œil qu'après avoir examiné les téguments externes, la cornée, 
la conjonctive, etc. 

Les citations de noms d'auteur ont été réduites au minimum 
car ce n'est point le but d'un précis d'exposer l'évolution des 
connaissances ophtalmologiques. 

Le Précis de Morax est extrêmement complet. Sans sortir 
des limites imposées à un précis, Tauteur a su décrire som- 
mairement toutes les maladies si nombreuses et si variées de 
l'appareil visuel, sans oublier celles que créent les rayons X 
et le radium; il a fait connaître toutes les méthodes d'examen 
de Tœil, même les plus récentes, et tous les appareils nou- 
veaux, tels que les cartons stéréoscopiques de Haitz et le 
sidéroscope d'Asmus. Bref, le précis mérite d'être recom- 
mandé à tous les étudiants et aux médecins praticiens qui 
veulent savoir tout ce qu'il est possible de savoir en ophtal- 
mologie, en 1907, lorsqu'on ne veut pas s'adonner spéciale- 
ment à cette science, et même les oculistes consulteront avec 
profit l'ouvrage de Morax pour se remettre en mémoire des 
notions oubliées. l. dor. 



j 



m 



28 REVUE GËlfERALE 

MALADIES DB LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE ET DR LA SCLEROTIQUE 

i) Meyer. — Communications sur remploi de là méthode de Crédë dans les 
affections de Tœil (Weitere Mitteilungen ûber die Credé^sche Silbertherapie 
bei Augenkrankeiten) (CentralbUit fur pr&kt. Angenheilk., février 1906). 

2) Beige! . — Contribution i Tétiologie des kératites phlycténulaires (en 
polonais) (Postemp OkulUtyczny^ 1905, n« 6). . 

3) NolMOWski. — Quelques remarques sur la pathogénie du trachome (en 
polonais) (Postetïip Okulislyczny^ igoS, n« q). 

4) Shumway (E.-A.). — Ulcère marginal de la cornée (Marginal ulcer of 
the cornea) (Section on ophlkalm. Collège of Phyticians^ l^hiladelphia, 
avril 1906). 

5) Hallett (G.-D.-W.). — Médication sous-conjonctivale (Subconjonctival 
médication) (Homoeopathic Eye^ E&r and Throat jonm., avril 1900). 

6) Heckele (B.). — Un cas d*ophtalmie électrique (Report of a case of elec- 
trie ophthalmia) (Americ. Jour, of Ophikat., janvier 1906). 

7) Tpontas. — Le trachome en Turquie (Comptes rendas du Club médical de 
Constantinople^ p. 9, septembre 1 9o!i5 et /ou rn. de méd, de Bruxelles, a8 nov. 
1906, p. 764). 

1) Meyèry qui est médecin militaire dans la colonie alle- 
mande de Tsing-tau raconte que, habitué aux excellents effets 
de Titrol en Allemagne, il éprouva de fortes déceptions en 
remployant en Chine. C'est que Titrol se décompose très faci- 
lement à rhumidité, qui est excessive dans ces climats. Il 
conseille de se servir du collargol de S pour 100 à 1 pour 100, 
qui lui a donné d^excellents résultats dans les conjonctivites 
purulentes, si fréquentes chez les Chinois. Dans les derniers 
temps, Tauteur a prescrit le collargol pour Tusage interne (une 
cuillerée à café toutes les deux heures d'une solution de 
1-2 pour 100), à côté de l'instillation locale, b. rbdslod. 

2) Jusqu'à ces derniers temps, on envisageait la scrofule 
comme cause unique de kératites et conjonctivites phlycténu- 
laires (Arlt, Fuchs). Chaque praticien rencontre pourtant 
très souvent des cas de phlyctènes typiques chez les enfants 
qui ne présentent pas les moindres signes de scrofulose et sont 
exempts de toute autre tare acquise ou héréditaire. Aujour- 
d'hui, les auteurs tombent d'accord sur ce point qu'il faut ici 
admettre plusieurs agents étiologiques. Généralement, on 
cite : 

I® Les états morbides généraux, comme tuberculose, syphilis 
et d'autres dyscrasies constitutionnelles, de même les affec- 
tions étendues de la peau. 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 99 

2^ Lies malaclies infectieuses aiguës, comme scarlatine, rou- 
geole, petite vérole^ etc. 

3° Eczéma aigu et chronique de la face. 

4^ Blépharo-adénite ulcéreuse. 

5® Mauvaise nourriture, logements souterrains, humides, 
mal aérés et sans lumière du jour. 

Il est vrai qu'on a pas démontré jusqu'à présent, d'une 
manière irréfutable, Torigine microbienne de Tophtalmie phlyc- 
ténulaire, mais, d'après les recherches déjà nombreuses, le rôle 
étiologique de certains microbes dans la production des phlyc- 
tènes est plus que probable. 

Beigel^ encouragé par le professeur Wicherkiewicz, a voulu 
contribuer à la solution du problème en apportant les chiffres 
de cas de kérato-^conjonctivites phlycténulaires, rangés selon 
les mois et les saisons. A cet effet, il a compulsé les journaux 
de la clinique ophtalmologique de TUniversité de Cracovie, de 
1900 à 1904, et a dressé des tableaux, statistiques dont il 
résulte que la fréquence maxima de phlyctènes s'observe au 
printemps (au mois de mars, avril et mai). Au mois de juin, 
elle commence à décroître rapidement. On ne saurait pas 
autrement expliquer cette augmentation passagère de la fré- 
quence des phlyctènes, qu'en admettant une influence fâcheuse 
de la saison des pluies entraînant l'humidité dans les humbles 
logements des classes pauvres et créant plusieurs autres 
circonstances nuisibles dont souffrent en première ligne les 
frêles organismes des enfants. La justesse de cette opinion 
ressort, en outre, de ce fait que le plus grand nombre des 
ophtalmies phlycténulaires fut observé exceptionnellement au 
mois d*août 1903, en coïncidence avec les grandes inondations 
causées à cette époque à Cracovie et dans ses environs par la 
crue de la Vistule et de ses affluents. k. w. majbwski. 

3) S'appuyant sur les nombreuses recherches bactériolo- 
giques déjà publiées, Lawson conclut que les diverses modi- 
fications morbides que subissent la conjonctivite et la cornée au 
cours du trachome, sont le résultat d'une infection mixte. 
Noiszewski^ tout en approuvant cette opinion, rappelle qu'il a 
décrit, il y a déjà plusieurs années, une variété de « Lepto- 
thrix » qui^ d'après son avis, non seulement joue un rôle 



30 REVUE GÉNÉRALE 

important dans la pathogénie du trachome, mais aussi con- 
stitue le composant principal de granulations trachomateuses. 
Il a surnomnié cette variété microsporon trachomatosum. 
D'après ses recherches, les granulations trachomateuses sont 
formées en totalité par des filaments et des spores de ce 
microsporon. On trouve habituellement dans les produits tra- 
chonriideux au milieu du tissu réticulaire de petites boules que 
la plupart des auteurs prennent pour les foyers de la dégéné- 
rescence hyaline. Pour Fauteur, ces boules ne sont que les 
organes de sporulation du leptothrix. Le Microsporon tracho- 
matosum n'est pas pourtant Tunique agent provocateur de 
rijiftaramation trachomateuse. L'auteur admet plutôt une sym- 
biose avec un autre microbe ou même le concours simultané 
d'un a^ent anorganique. A Tappui de cette dernière supposi- 
tion, il rappelle le fait bien connu que l'emploi prolongé de 
solutions d'atropine ou dHpéca peut déterminer Téclosion sur 
la conjonctive palpébrale de granulations très prononcées. 

K. W. MAJBWSKI. 

^) Shumway présente un malade atteint d'ulcère marginal 
de la cornée survenu au cours d'une conjonctivite diplobacil- 
laire. Ni iritis, ni hypopyon. L'ulcère diminua par l'emploi 
d'un collyre de zinc. cobuiin. 

5) Ifallett emploie la médication sousr-conjonctivale dans le 
traitement des affections oculaires. 11 a employé précédem- 
ment le cyanure de mercure, la solution salée^ la dionine, le 
saccharinate de soude et autres solutions. Mais il préfère le 
cyanure et n'a jamais constaté que la souffrance fût très vive, 
car il fait précéder son application de l'emploi de la cocaïne. 
On fait des injections tous les quatre ou sept jours. 



6) Le malade de Heckele avait été exposé à une lampe à arc 
de 4*^" ampères pendant quatre heures. Quoique protégés par 
des verres de cobalt, les yeux devinrent rouges et douloureux 
et la figure desquamée. Un scotome central parut pendant 
quelque temps puis disparut. Heckel pense que le scotome est 
dû b Tépuisement de l'action des éléments rétiniens et peut- 



I 



MALADIES DE L'IRIS, DE LA CHOROÏDE, ETC. 31 

être à quelques modifications survenues dans les couches pro- 
fondes de la rétine, manifestations qui amenèrent l'opacifîcation 
de la rétine et furent cause que la lumière ne pouvait plus 
parvenir jusqu'aux cônes et bâtonnets. coburw. 

7) Le trachome est très fréquent et très ancien en Turquie 
où il existait depuis longtemps lorsque, au commencement 
du siècle dernier, il fut importé en Europe par les armées fran- 
çaises et anglaises revenant de la campagne d'Egypte. 

Sur 16.61 1 malades observés à l'hôpital et en ville par Tran- 
tas, il y avait 2.o56 trachomateux, soit 1 7,36 pour 100. En ville, 
dans la population plus aisée, la proportion est de 8,i4 pour 
100, à rhôpital, de i5 pour 100. Il ne faut le confondre ni avec 
le catarrhe printanier, ni avec la conjonctivite folliculaire. Il 
se sert surtout de Texpression avec la pince de Knapp et dans 
les vieux pannus du jéquiritol. Il a observé un cas guéri par 
une petite vérole intercurrente et il eut Tidée d'essayer de 
vacciner l'extérieur des paupières supérieures; il le fît dans 
vingt cas ; malheureusement le vaccin ne prit que chez un seul 
malade, mais celui-ci guérit. Le trichiasis se rencontre dans 
23 pour 100 des cas pour les hommes et 3o pour 100 pour les 
femmes. Il signale aussi une dilatation assez fréquente du 
point lacrymal qui lui permit d'introduire une sonde de Bow- 
man n^ 6 sans inciser le canalicule. h. dor. 



MALADIBS DE l'iRIS, DE LA CHOROÏDE BT OU CORPS CILIAIRB 
OLAUCOMB, AFFECTIONS SYMPATHIQUES. 

i) Moretti (E.). — L'ophlalmie sympathique chez les jeunes gens mineurs 
au point de vue des lois sanitaires (L'ophtalmia simpatica nei minorenni, 
in rapporto aile leggi sanitarie) (Annali ai Oiialmologùi^ vol. XXXV, fasc. 7 
à9. p. 718 a 744, i9ofi). 

a) Rumssewioz. — Tuberculomes de la choroïde (en polonais) (Posiemp 
OkalUiyczny^ 1905, n» 3). 

3) Hirsohberg et Fehr. — Images ophtalmoscopiques (Augenspiegel-Bilder) 
(CentrAlbl. fur prakl. Augenheilkande, juillet 1906). 

4) Hirsohberg. ^ Augmentation congénitale de la tension intraoculaire, 
guérie par une iridectomie précoce (Angeborene Druckstreigening mit 
Homhautrubung, frûhzeitig .und mit dauemdem Erfolg idectomiert) 
CentralbL fur prakt. Augenheilk.^ juillet 1906) 

5) Baudry. — Sarcome mélanique de la choroïde (Gazette des cliniques^ 
nov. 1900). 



n REVUE GÉNÉRALE 

6) Du bar. ~~ L'enclavement de Tirifl (Province mëd., i5 sept. 1906). 

7) May (Bntmo). — Kératite ponctuée et glaucome (Keratitis punctata und 
Glaukom.) (Zeitseh. f. AugenheUk.^ XII, p. 309). 

1) La communication de Moretti^ qui contient d'intéres- 
santes considérations sur la question de Tophtalmie sympa- 
thique en général, aboutit à la proposition — devant l'Asso- 
ciation sanitaire de Milan — d'ajouter à la législation sanitaire 
les deux articles suivants: « i* Toutes les fois qu'un médecin, 
appelé auprès d'un jeune mineur, aura constaté des troubles 
d'un œil pouvant sûrement ou vraisemblablement se rattacher 
à une lésion récente ou ancienne, traumatique ou idiopa- 
thique, en activité ou bien éteinte, de l'œil congénère, il sera 
tenu à la déclaration immédiate et régulière; a® l'autorité 
compétente aura à nommer, pour chaque chef-lieu de province, 
un collège d'experts permanents, composé de trois médecins 
compétents en ophtalmologie, qui examineront le jeune 
malade et formuleront leur avis et conseil thérapeutique, aux- 
quels le père de l'intéressé ou le tuteur devront toujours se 
conformer. » Ces propositions sont bien inspirées, à Moretti, 
par deux cas vraiment navrants de sa pratique : une fillette de 
douze ans et un enfant de deux ans, atteints d'ophtalmie sym- 
pathique classique grave et devenus complètement et irrépa- 
rablement aveugles à cause du refus des parents de laisser opé- 
rer l'énucléation du moignon sympathisant ! a. antonblli. 

2) Rumszewicz donne la description histologique d'un œil 
énucléé chez une fillette de dix ans à cause d'un tuberculome 
de la choroïde. La tumeur a eu son point de départ aux envi- 
rons du pôle postérieur et se propagea dans toutes les direc- 
tions en englobant la papille du nerf optique et les couches 
adjacentes de la sclérotique. La partie proéminente vers le 
corps vitré mesurait dans son plus fort diamètre 8 millimètres. 
L'examen microscopique fit constater du tissu conjonctif avec 
nombreuses cellules lymphoïdes, épithélioïdes et géantes. 

L'auteur relate, à côté de son observation personnelle, vingt- 
quatre cas analogues épars dans la littérature et conclut que 
la tuberculose de la choroïde a une tendance très marquée à 
infiltrer les membranes voisines et que à cet égard elle surpasse 
même le sarcome de la choroïde. 



MALADIES DE L'IRIS, DE LA CHOROÏDE, ETC. 3d 

Quant à la thérapeutique, l'auteur est partisan de rénucléa- 
tion précoce. k. w. majbwski. 

3) Description d'un cas de choroïdite centrale et d'un cas 
d^arrachement de l'iris avec visibilité des fibres zonulaires et 
du corps ciliaire. b. rbdslob. 

7) Dans son travail^ May expose trois formes assez rares de 
glaucome reliées entre elles par un certain degré de parenté et 
représentant un type de cette maladie tout à fait différent du 
glaucome connu. Le diagnostic de ces formes de glaucome 
est d'une grande importance pratique, car dans les cas de 
cyclite ou d'iritis, où Tatropine est un moyen souverain, 
remploi de ce remède peut devenir une grosse faute, si Ton 
néglige d'examiner attentivement la tension de Tœil. Ces cas 
de glaucome se rencontrent : i* dans Tiritis séreuse sans ponc- 
tuation de la cornée : Tinflammation de Tœil débute avec une 
certaine violence et produit un glaucome nettement caracté- 
risé ; 2® dans la kérato-iritis, affection où la cornée est le plus 
fortement atteinte, tandis que Tuvéite ne se manifeste que 
dans un léger gonflement de l'iris. La cornée est parsemée 
d'opacités profondes sous forme de points (Keratitis punciata 
profunda); 3«dans la cyclite accompagnée de précipités sur la 
face postérieure de la cornée. Dans ce dernier cas, l'hyper- 
tension peut devenir considérable et pernicieuse. Cette forme 
de glaucome, commime à ces trois affections, se distingue du 
glaucome ordinaire par les caractères suivants : l'affection 
atteint de préférence les jeunes femmes, le champ visuel ne 
s'altère point, la guérison se fait grâce aux miotiques, sans 
qu'une opération devienne nécessaire. Le glaucome est sans 
doute provoqué par des altérations de tout l'organisme, 
influençant le système vasculaire. May pense avec Ohishausen 
que les troubles de menstruation peuvent jouer un certain 
rôle. Le travail est illustré par les observations de neuf 
malades traités par Hirschberg. b. rbdslob. 



34 REVUE GÉNÉRALE 

MALADIES DE LA RéTINB, DU NERF OPTIQUE ET DBS CENTRES NERVEUX 
(aMBLYOPIE ET AMAUROSB, DYSGHROMATOPSIE} 

i) Wolff (Hugo). — Sur la diminution du cenlre à la périphérie de la sensi- 
bilité de la rétine pour les réflexes pupillaires (Ueber die Abnahme der 
Pupillarreflexempfindlichkeit der Netzhaut vom Centrum nach der Peri- 
pherie) (Zeitsch. f, Augenheilk.y XII, p. 644). 

2) Parîsotti (0.). — Amblyopie traumatique. Simulation CAmbliopia trau- 
matica. Gaso importante di simulazione] (Rivista itali. di Otialmologia, n^a 
et 3, février-mars 1906), 

3) Carlinl (Vittorio). — Amaurose consécutive à une. anémie aiguë par 
hémorragie (Amaurosi consecutiva ad anémia acuta per emorragia) CC/i'mra 
Oculistica^ février 190G). 

4) De La personne. — Rétinite exsudative (Soc. d'ophi, de Paris, 6 mars 
1906). 

5) De Spévllle. — Gliome de la rétine de Tœil gauche. Enucléation, gué- 
rison (Soc. d'oph. de Paris^ 6 mars 1906). 

6] Roohon-Duvigneaud. — Lésions syphilitiques des membranes profondes 
(Soc. d'oph, de Faris^ 6 février 1906). 

7) Hireohberg et Qinsberg. — Un cas d*hémorragie de la rétine provo- 
quant une phtisie du bulbe (Ein Fall von Netzhautblutung die zur Scbrump- 
fung des Augapfels fuhrte) (Centralbl. fur Auffenheilk,, juillet 1906). 

8) Hireohberg. — Traumatisme de la région visuelle corticale (Verletzung 
der Seh-SphJàire) (Cenlralblatt fur prakL Augenheilkunde, iuillet 1906). 

i) Wolff démontre que c'est à lui que revient le mérite 
d'avoir le premier démontré que la sensibilité pour les réflexes 
pupillaires diminue sur la rétine de la macula vers la péri- 
phérie, et non à Aubert comme le prétendent Abelsdorff et 
Feilchenfeld. Aubert a, il est vrai, également trouvé que la 
pupille ne réagissait pas aussi promptement si la périphérie 
de la rétine était éclairée ou la macula, mais il croyait devoir 
attribuer ce phénomène au fait que les rayons lumineux ne 
parviennent pas aussi aisément et en aussi grande quantité à 
la périphérie qu'au centre de la rétine. b. rbdslob. 

2) Parisotli rapporte un cas curieux, on pourrait dire pres- 
que invraisemblable de simulation. Nous n'en donnons que 
Fessence. Traumatisme, simulation d'amblyopie, rétrécisse- 
ment du champ visuel. L'accidenté réclamait une indemnité. Le 
champ visuel était toujours semblable à lui-même ; le malade, . 
convaincu de simulation, affirma qu'il mesurait les degrés d'arc 
par le nombre de pulsations de sa radiale qu'il tenait à ce 
moment. 11 avait préparé, connaissant l'instrument, douze 
positions de Tare et dans chacune de ces positions connaissait 
le nombre de pulsations auquel il devait s'arrêter et dire : 



MALADIES DE LA RÉTINE, DU NERF OPTIQUE, ETC. 35 

« je vois » ou « je ne vois pas ». Le truc est ingénieux, très 
ingénieux, trop ingénieux même pour un accidenté du travail. 
Et puis, de quelle utilité peut lui être son pouls? Réfléchissons 
et examinons soigneusement les façons de prendre un champ 
visuel ; un simulateur très adroit, ne pourra jamais être con- 
vaincu par ce moyen; un simulateur maladroit, en dépit de son 
pouls radial, sera toujours pincé. o, dubbbuil. 

3) Le malade de Carlini est un jeune homme qui eut un 
traumatisme dans la région de la tabatière anatomique ; le 
malade perdit une grande quantité de sang, il eut des synco- 
pes, des vomissements et fut en iihminence de mort par perte 
de sang. Après ligature de la radiale on lui fît des injections 
répétées de sérum. 

Le lendemain de l'accident, examen de la vision : hypermé- 
tropie 1,25. Acuité visuelle = o. Le fond d'œil est normal, 
on ordonne la trinitrine; le lendemain, l'acuité visuelle aug- 
mente légèrement, puis de jour en jour, en même temps que le 
champ visuel, qui, très rétréci au début, s'élargit peu à peu. Au 
bout du troisième jour, V = i/io environ. 

A la suite de Tobservation se trouvent les considérations de 
l'auteur et Texposé des théories pathogéniques de Tamaurose 
par perte de sang, et la bibliographie partielle de la question. 

o. DUBRBUIU 

4) De Lapersonne présente un jeune homme atteint d'une 
lésion rétinienne ou rétino-choroïdienne de l'œil droit sur 
la nature de laquelle il n'est pas fixé. La papille est hyperé- 
miée avec un peu d'augmentation du volume des vaisseaux. Le 
bord supérieur de la papille est occupé par un petit dépôt 
exsudatif, de coloration grisâtre. Masse blanchâtre sur un 
vaisseau supéro-interne et allongée dans la direction de ce 
vaisseau. Trouble fonctionnel peu marqué. L'auteur pense à 
une lésion de nature tuberculeuse. péghin. 

5) L'énucléation d'un œil atteint de gliome de la rétine 
chez une enfant de trois ans, par de Spéville, fut suivie de guéri- 
son. Sept ans plus tard il n'y avait pas encore eu de récidive. 



36 REVUE GÉIVÉRALE 

L'examen histologique démontra que la tumeur n'avait franchi 
ni la choroïde ni la lame criblée. pàchiit. 

6) Chez un homme devenu syphilitique à cinquante-six ans 
et qui ne tarda pas à succomber à un état cachectique, la cécité 
survint au bout de quatre mois par des lésions différentes à 
chaque œil, ainsi que le démontra Texamen histologique fait 
pdiT Rochon-Duvigneaud, Adroite, chorio-rétinite atrophique ; 
à gauche, papillo-rétino-hyalite et décollement rétinien péri- 
papillaire. péchin. 



MALADIES DU CRISTALLIN ET DU CORPS VITRÉ. 

i) Knapp (H.). — La capsule du cristallin dans Topera tion de la cataracte 
(The lens capsule in the opération of ca tara et) C.4 mer. Jonrn, of Ophthalm,^ 
1906). 

a) Abadie. — Considérations sur l'opération de la cataracte (U clinique 
ophi,, p. 359, igoS). 

3) QalezowskI. — Traitement chirurgical de la cataracte et soins hygié- 
niques, aseptiques, préparatoires (U clinique opht,^ p. 348, igoS). 

4) Landolt. — Méthode d'extraction de la cataracte (U clinique oph.^ p. 346, 
1905). 

5) Sohneideman (T. -S.), — Hémorragie spontanée du vitré (Spontaneous 
hemorrhage into the vi treou s) M mertc. Journal of Ophthalmology^ janvier 
1906). 

i) Knapp dit que la capsule du cristallin est la cause d^une 
série d'accidents, par Tirritation de la plaie, pouvant donner 
lieu à une kérato-irido-cyclite, laquelle peut devenir une uvéite 
séro-plastique ; ceci, non seulement amène la cécité dans Tœil 
opéré, mais aussi des accidents sympathiques de Tautre œil. La 
capsule peut aussi s'opacifier. La première condition pour 
ouvrir la capsule dans les cas ordinaires est de faire une inci- 
sion tout près de la périphérie du cristallin, suivant la plaie 
cornéenne. Ceci permet la sortie rapide et aisée du cristallin, 
il ne reste pas de débris, comme cela arrive lorsqu*on fait une 
lacération de la capsule. L'incision verticale de la capsule ne 
permet pas au cristallin de sortir aussi facilement, et laisse une 
cicatrice plus ou moins grande, qui diminue la vision, et qui 
peut occasionner une autre intervention. L'incision en forme 
de T, ou en croix, est souvent trop petite; dans les cas où la 



MALADIES DE LA REFRACTION, DE L*ACCO.VIMODATIOlf, ETC. 37 
capsule est ouverte en son centre — incision de forme régulière 
ou non — il peut arriver que ces débris de la capsule adhèrent 
à riris, étant entraînés par le cristallin. On peut aussi extraire 
une partie de la portion antérieure de la capsule, mais cela 
nécessite une iridectomie ; après quoi, souvent on luxera le 
cristallin. cobubn. 

a) Les mesures antiseptiques priment tout dans l'opération 
de la cataracte^ car c'est dans Tinfection exogène qu'est le grand 
danger. Abadie insiste sur ce point. Il conseille Tiridectomie 
dans les cas de cataracte incomplète. Dans les autres cas, 
bien réduire Tiris et instiller de la pilocarpine. pécHiir. 

3) Galesowski préconise son lambeau semi-elliptique dans 
le segment supérieur. - pécHw. 

4) Dans la cataracte sénile, Landolt procède de la façon 
suivante: après précautions antiseptiques pour Topérateur, 
Topéré et les instruments, large incision embrassant un peu 
moins de la moitié supérieure de la cornée, iridectomie systé- 
matique, kystitomie et, selon les cas, arrachement de la capsule 
avec pince de Smith; extraction du cristallin sans blépharostat. 
Pansement binoculaire renouvelé deux fois, chaque fois à 
quarante-huit heures d'intervalle, trois autres pansements 
quotidiens. pécHiN. 

5) Schneideman discute Tétiologie des hémorragies du vitré 
et rapporte trois cas survenus sans cause apparente. 



MALADIES D8 LA RÉPRAGTION, DB l'aGCOMUODATION BT DBS MUSCLES DE L^GBIL 

i) Délogé. — Anisométropie et vision binoculaire fTAé«e de Paris ^ i2JuiUel 
«906). 

2)- Delbappe. -^ Elude clinique sur le traitement opératoire du strabisme 
concomitant interne (Thèse de Paris^ 28 juin 1906). 

3) Ralliep. — De Torifone périphérique de certaines paralysies oculaires 
(Thèse de Paris, 17 mai 1906). 



38 REVUE GÉNÉRALE 

4) De Sohweinitz (G.-E.). — Ophtalmoplégie traumaiique (Traumatic 
ophthalmopleçia) (Section on ophthsLlmology , Collège of Phyêicians, Phi- 
ladelphia, avril 1906). 

5) Bernsteln (E.-J.). — Substilution de ravanccment à la ténotoniie dans le 
traitement chirurgical de» déviations des muscles droits (Substitution of 
advancement for tenotomy in the surgical treatment of déviations of thc 
recti) (Americ. Journal of Ophthalmology, mars 1906). 

6) Speldei — Les yeux des étudiants en théologie à Tubinsue (Die Augen 
der TheoIogiestudiercnJen in Tvibingen) (In&ng. Diss., Tiibingen igoS). 

7) Sohreibep. — Résultats de Texamen des yeux dans les écoles primaires 
de Magdebourg (Ueber die Resultate der Augenuntersuchungen in den 
Magdeburger Volksschulen) fSoc. de méd.de Magdebourg ^séance du 19 avril 
1906 et Mûnch, med. Wochens,^ n® 3o, p. 1496, 1906). 

8) Barany. — Nystagmus rolatoire (Soc. d'otologie autrichienne^ 99 janvier 
1906). 



i) Délogé divise cliniqiiement l'anisométropie en deux grou- 
pes : ranisométropie de faible degré qui s'accompagne surtout 
de troubles subjectifs et Tanisométropie supérieure à i d. 5o 
qui entraîne presque fatalement un défaut de vision binocu- 
laire et un strabisme quelquefois peu apparent mais réel. A ren- 
contre de Topinion généralement admise, l'auteur tente la cor- 
rection deTanisométropie, le degré de Tanisométropie ne saurait 
être un empêchement sérieux. L'auteur fait cette correction 
avec le diploscope de Rémy et si Tanisométropie est élevée, on 
ne donnera la correction que progressivement. Il résulte des 
observations publiées que le strabisme et Imégalité de gran- 
deur des images doivent être les raisons qui, jusqu'à ce jour» 
ont empêché la correction intégrale de Tanisométropie. 



2) Delbarre étudie les différentes phases du traitement du 
strabisme. Le traitement préopératoire consiste dans la com- 
pensation de lamétropie par les verres et dans le relèvement 
de Tacuité visuelle de l'œil amblyope par une éducation métho- 
dique et prolongée; jusqu'à six ans, ce traitement doit être 
employé seul. L'action chirurgicale porte sur la ténotomie, 
l'avancement capsulaire, l'avancement musculaire, ces moyens 
étant diversement combinés suivant les cas. Enfin le traite- 
ment post-opératoire orthoptique a pour but d'achever le 
relèvement de l'acuité visuelle de Tœil amblyope et de faire 
retrouver la vision binoculaire à Taide des divers stéréoscopes 
et du diploscope. obubt. 



MALADIES DE LA RÉPRACTIOlf, DE L'ACCOMMODATION, ETC. 39 

3) Rallier montre dans sa thèse que les paralysies de Tœil 
par névrite périphérique sont dues aux mêmes causes que 
celles qui produisent habituellement de la névrite sur les nerfs 
périphériques en général, les nerfs de Tœil n'ayant aucune 
raison d'être soustraits aux agents toxi-infectieux qui frappent 
les autres nerfs. 

Ces lésions sont celles de la névrite interstitielle ou de la 
névrite parenchymateuse et sont parfois semblables à celles 
de la dégénérescence wallérienne. Les causes habituelles de 
ces lésions sont les infections, les intoxications et parfois les 
traumatismes. obicbt. 

4) Le malade de de Schweiniiz avait reçu un coup qui lui 
avait fait perdre connaissance pendant près de trois heures. 
On ne trouva pas trace de fracture. Un peu plus tard, à Texa- 
men, on constata une ophtalmoplégie externe complète à 
gauche, sans paralysie de l'accommodation et, de l'autre côté, 
il y avait une paralysie complète de l'abducteur, ainsi qu'une 
parésie marquée de l'accommodation. Il existait une névrite 
optique bilatérale légère. De Schweinitz rapporte encore un 
second cas où un coup sur l'œil droit amena une paralysie des 
deux muscles droits externe et interne. gobukn. 

5) Bernsiein passe en revue tout ce qui concerne l'avance- 
ment et la ténotomie et souligne les avantages de l'ancienne 
méthode de traitement du strabisme. coburn . 

7) Schreiber eut à examiner les enfants des écoles primaires 
atteints de diverses affections oculaires, qu'on avait choisis 
pour les lui adresser. 

Sur les 1000 premiers enfants, 46a garçons et 5^8 filles, il 
trouva : 

Affections de la cornée 108 cas. 

— de la conjonctive ... 43 — 

— des muscles de l'œil . . i43 — 

— du cristallin i a — 

»(>ï_ de la rétine, de la cho- 
roïde et du nerf optique ... 8 — 



40 REVUE GENERALE 

AfFections des organes lacrymaux . 4 cas 

Anomalies de la réfraction ... 780 — 
dont myopie > 6 dioptries, 39 cas ; myopies faibles, i54 
(garçons 108, filles 76); myopie avec astigmatisme, 87. Il 
applique d'une manière conséquente la correction complète et 
constate un arrêt de la myopie, sauf chez les jeunes filles qui 
portaient moins constamment des lunettes et chez lesquelles 
il y eut une augmentation de la myopie dans 35 pour 100 des 
cas; hypermétropie 190, compliquée d'astigmatisme 60 (gar- 
çons lou, filles i4S)* Mais, ce que Schreiber fait surtout 
remarquer, c*est le nombre considérable d'astigmates, a6o, 
proportion qui, jusqu*ici, n'a été indiquée dans aucune statis- 
tique ; mais l'auteur devrait bien nous dire à quel degré com- 
mence, pour lui, Tastigmatisme pathologique ; s'il compte 
pour tels tous les cas d'astigmatisme de o d. 2 5 avec V = i, 
il en trouverait tout autant partout ailleurs qu'à Magdebourg. 



maladies du globe de l oeil 
(blessures, corps Étrangers, parasites) 

i) Delanglade et Pons. — Exophlalmie pulsatile d'origine Iraumalique 
(Comité méd. de* Bouches ^du-Rhône^ i^' décembre fQoS). 

2) Krauss. — Sur la désinfection intraoculaire en considérant spécialement 
riodoforme (Zur intraocularen Desinfection mit besonderer Berûcksich- 
tigung des lodoforfns) (Zeitsch, f. Augenkeilk.y XII, p. 97). 

3) Perlmann. — Contribution à la Sidéroscopie (Zur Sideroskopie} (Zeitsch. 
f Augenheilk.i XII, p. 65i). 

4) Ballaban. — Sur le sarcome intraoculaire (en polonais) (Postemp 
Okulistyczny^ n* i, 1906). 

1) Delanglade et Pons présentent une malade qui, à la suite 
d'une tentative de suicide — coup de revolver dans Toreille 
droite — présenta des phénomènes d*exophtalmie pulsatile de 
Toeil droit, avec thrill et souffle propagé le long de la caro- 
tide. On extirpa le projectile, qui se trouvait au niveau du 
col du condyle du maxillaire, aplati sur la face inférieure du 
crâne, et on pratiqua la ligature de la carotide interne. A la 
suite de l'opération, le thrill et les battements disparurent 
dans le globe oculaire, mais il resta un soufHe systolique per- 
ceptible au niveau de la paroi externe de Tœil. Malgré les pré- 



MALADIES DU GLOBE DE L*«IL 4i 

cautions prises au cours de ropération, pour isoler et récliner 
le nerf facial, il j eut consécutivement de la paralysie faciale, 
mais incomplète et transitoire. b. r. 

2) Plusieurs auteurs ont cru trouver dans Tiodcforme un 
excellent agent pour la désinfection intra-oculaire et ont con- 
seillé vivement d'introduire cette substance à l'intérieur de 
Toeil. Dans un travail très approfondi, dont nous ne pouvons 
que faire une courte analyse, Krauss nous donne un aperçu 
des résultats de ses recherches ; oui ou non, l'iodoforme 
peut-il rendre des services signalés? 

Si Ton étudie les résultats de toutes les expériences qui 
devraient nous autoriser à employer Tiodoforme dans l'œil 
humain, nous arrivons aux conclusions suivantes : L'iodo- 
forme doit être introduit immédiatement après Tinfection, 
pour empêcher la panophtalmie. Si la rétine est lésée, ce 
remède reste sans effet. 

Les dernières publications cliniques sur ce sujet nous prou- 
vent que les auteurs ont perdu en grande partie leur foi en ce 
qui concerne la propriété désinfectante de Tiodoforme à Tin- 
térieur de Fœil humain. On a, entre autres, déjà publié trois 
cas d'ophtalmie sympathique, survenue malgré l'introduction 
d*iodoforme. Krauss compare les résultats de guérison obte- 
nus par Schirmer, sans iodoforme, avec les siens, dans des 
cas traités par l'introduction de différentes préparations d'io- 
doforme dans les yeux infectés. La statistique prouve que le 
nombre des guérisons sans iodoforme est bien supérieur au 
nombre de guérisons d'yeux traités à Tiodoforme. L'emploi 
de ce remède est donc loin d^être un progrès, d'autant plus 
que le danger de l'infection sympathique semble s'accentuer 
par cette méthode. 

Pour contrôler ces résultats par des expériences, Krauss a 
mtroduit de Tiodcforme dans les yeux de différents animaux. 
Les yeux étaient normaux dans la première série et infectés 
dans la seconde série. Voici ses conclusions : « L'iodoforme, 
par sa seule introduction, peut provoquer, dans Tœil normal, 
des altérations notables et durables que l'on pourrait encore 
accepter si vraiment le remède avait une propriété désinfec- 
tante favorable. Mais c'est ce qui n'est pas. Dans chaque cas 



42 REVUE GÉNÉRALE 

d'infection, même bénigne, Tiocloforme reste sans effet. Dans 
l'œil normal, la résorption dure plusieurs mois. L'examen cli- 
nique démontre que, dans le vitré normal et infecté, il se 
produit très lentement une désagrégation de Tiodoforme en 
iodures. Quant aux altérations histologiques produites par 
cette substance, nous voyons se former des troubles cornéens 
par lésion de Tendothélium ; de plus, une désorganisation plus 
ou moins intense des tissus pouvant même entraîner la paré- 
sie du bulbe. 

Toutes ces recherches prouvent que la désinfection intra- 
oculaire par l'iodoforme ne mérite point ce nom ; qu'il faut, à 
l'avenir, s'abstenir d'user de ce remède qui, tout en étant sans 
utilité thérapeutique, peut plutôt nuire. s. redslob. 

4) Ballaban rappelle les trois stades (décrits par Fuchs), 
dans l'évolution de tumeurs intra-bulbaires, savoir : i® la 
période de début de la tumeur; n^ la période du glaucome 
consécutif et de la sclérite secondaire; 3* la période de la 
perforation. L'auteur a observé pourtant un cas où la marche 
de raffection était toute différente : la deuxième période 
faisait complètement défaut. Une tiimeur sarcomateuse, 
intra-bulbaire, relativement petite, a donné naissance à une 
tumeur épibulbaire beaucoup plus grande. On a constaté, 
avant l'énucléation, une névrite optique sous l'aspect de 
papille étranglée. 

Se basant sur les recherches concernant ce cas, l'auteur 
formule les conclusions suivantes : 

I** L'absence du décollement secondaire de la rétine au 
cours de la tumeur intra-oculaire doit être attribuée à une 
synéchie étendue, soudant l'épithélium pigmenté de la rétine 
avec la masse du néoplasme. 

a^ Dans les cas de tumeur intra-bulbaire, où le glaucome 
consécutif ne s'est pas encore manifesté, on trouve généra- 
lement une névrite optique. 

3^ L'apparition précoce delà tumeur épi-bulbaire, sans glau- 
come précurseur, est expliquée par une localisation singulière 
du foyer primitif du sarcome. L'auteur présume que, dans des 
cas pareils, ce foyer se trouve dans l'épaisseur de la scléro- 
tique. De ce point, le néoplasme se propage dans deux direc- 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L'APPAREIL LACRTMAL, ETC. 43 

tîons opposées : vers l'intérieur du globe et en dehors. La 
croissance plus faible de la partie intra-bulbaire, en compa- 
raison avec le développement de la tumeur extrabulbaire, a 
pour cause les conditions moins avantageuses dans Tintérieur 
du globe (vascularisation plus faible, la nutrition difficile, la 
résistance de la coque oculaire). Au contraire, la tumeur épi- 
bulbaire se trouve dans une situation beaucoup plus favo- 
rable, car rien ne s*oppose à la prolifération rapide et abon- 
dante de ses éléments. k.-w. «ajbwbki. 



MALADIES DBS PAUPlàftlS, DB L*APPARBIL LACRYMAL ET DB L*URBITB 

i) Grunert (Karl). — La chirurgie des sinus supérieurs suivie de remar- 
ques pur les troubles post-opératoires des muscles du globe oculaire (Ërfah- 
rungen aus dem Gebiele der Chirurgie der obern Nebenhôhlcn der Nase 
mit besonderer Beriîcksichligunfi^ der pos topera tiven Augenmuskelstfirun- 
gen) (Zéitsch, f, Augenheilk., XI 1, p. 709). 

2) Knapp. — Opération de Tentropion (Entropium-Operation) (Correspon- 
dentbl, fur Schwêiter Aerzle, p. 52 i, 1906). 

3) WurdeiniiRffi (H.-V.). — Sarcome mélanique primitifde la paupière infé- 
rieure et de Torbite (Primary melanotic sarcoma of the lower eyelid and or- 
bit) (OphthAlmology, octobre iqoS). 

4) Johnston (R.-H.)* — Sarcome mélanique primitif de la paupière (Primary 
melanotic sarcoma of the eyelid) (Ophthalmology, octobre igoS), 

5) Van Vesel. — Les nouvelles méthodes de blépharoplastie (Die neuercn 
Methoden der Blepharoplastik) (In&ag. 2>is$,y Freiburg, 1906). 

6) Kuhnt. — Sur Thémostase après des opérations palpébralcs chez des 
hémophiles (Zur Blutstillung nach Liaoperationen bei Haemophilen) 
ZeiUch. f. Augênheilk.^ XII, p. 390). 

7) Piok. — La suture après Texcision du trachome (Zur Naht der Trachom- 
Excision) {Zeitsch. f, AngenheiUt.^ XII, p. $92). 

8) Thompson (G.-W.) et Chatterton (ëdoar). ^ Kyste des glandes 
de Krause(Cyst of Krause's glands) (Trans, Ophth. Society , p. i, 1905 j. 

1) Grunert décrit sa façon d'opérer la sinusite frontale : 
c'est la méthode de Killian avec cette modification qu'il enlève 
la paroi antérieure du sinus en entier et même encore la moi- 
tié antérieure de la paroi orbitaire médiane. S'il le faut, il 
n'épargne point l'os nasal ni l'apophyse nasale du maxillaire 
supérieur. 

Les symptômes oculaires de la sinusite frontale sont con- 
nus : gonflement des paupières, formation de fistules, disloca- 
tion et troubles des mouvements du globe, vision diplopique 
et même cécité à la suite de la pression de l'exsudat sur le 
nerf optique. Ce qui est moins connu, ce sont les troubles 



44 REVUE GÉIIÉRÂLE 

oculaires occasionnés par Topérâtion de la sinusite. Gninert 
cite quatre cas d*opération : il s'en suivit une diplopie passa- 
gère due à une parésie de Toblique supérieur et à l'insuffi- 
sance du droit interne. Ce furent les seuls troubles postopé- 
ratoires. 

La lésion de ces muscles est facile à comprendre, car ils se 
trouvent directement dans le champ opératoire ; ce qui s'ex- 
plique plus difficilement, c'est la courte durée de la diplopie : 
ou bien la poulie disloquée se fixe à un autre endroit, ou bien 
— ce qui a été également observé — la diplopie disparait 
alors même que la parésie musculaire subsiste. 

L'opération décrite par Tauteur ne défigure pas pins que 
les autres méthodes. b. rbdslob. 

a) Knapp observa une petite fille atteinte d'entropion, 
occasionné probablement par un de ces cas rares de pemphi- 
gus de la conjonctive : en effet, on avait constaté jadis une 
grosse bulle sur la conjonctive bulbaire. L'entropion fut guéri 
par l'opération d'après Jaesche-Arlt, qui consiste en tine 
séparation du bord ciliaire, avec implantation d'un lambeau 
de muqueuse labiale. b. rbdslob. 

3) Wùrdemann rapporte l'observation dune femme âgée 
de soixante ans qui avait une tumeur de la paupière inférieure 
à surface ulcérée de la grosseur d'un œuf. Ablation de la 
tumeur du globe et exentération de l'orbite. Pas de récidive 
au bout d'un an. L'examen microscopique de la tumeur est 
fait en détail (sarcome mélanique). coburn. 

4) Johnston rapporte un cas de sarcome mélanique primitif 
des paupières observé chez im malade âgé de vingt ans. Le 
diagnostic fut confirmé par Texamen microscopique. La 
tumeur fut excisée. coburn. 

5) Van Vesel donne la relation des méthodes plastiques 
employées pour les paupières, à lambeau pédicule ou non, de 
l'année 1793 à 1901. stock. 

8) Kuhnt recommande l'emploi de pinces spéciales qui 



RAPPORTS DE L'OPHTALMOLOGIE, ETC. 45 

lui ont rendu de grands services dans un cas grave d'hémo* 
philie, où le malade allait succomber d'anémie à la suite d'hé- 
morragie après une opération de trachome. b. ubdslob. 



RAPPORTS Dl l'oPHTALMOLOOIB AVBC LA PATHOLOOIB OÂNéRALB 

i) Frank (M ). — Cas d*idiotie amaurotique familiale (A case of amaurolic 
family idiocy with a summary of reporied cases) (Jonrn, of ihe àmeric. 
med. Association, 20 janvier 1906). 

a) Posey (W. -C). — Méningite cérébro-spinale avee photorra|fhie8 (Photo- 
graphs of case of cerebro-spinal meningitisj (Report of the section on 
Opnthalmoloffy. Collège of Physicians of PhiUdelphia, février 1906). 

3) Rosenmeyep (Luowio). — Neurome plexiforme et hydrophtalmus (Ran- 
ken-neurom undHydrophtalmui)(Ceniralblatt fûrprakt. Augenheilk,^man 
1906). 

4) Ullmann. — Le clignement vibratoire des paupières et les affections 
rénales (Acad, des sciences, ii septembre 1905). 

i) La malade de Frank est une fille âgée d'un an dont les 
parents sont Israélites. Elle a un aspect robuste, mais ne peut 
rester debout, ne comprend rien. Les réflexes sont exagérés, 
Tenfant est particulièrement impressionnée par le moindre 
bruit. Pupilles égales, d'environ i5 millimètres de diamètre, 
réagissant lentement à la lumière. Atrophie du nerf optique, 
macula entourée de petites taches rougeâtres, circonscrites 
par une rétine grisâtre. Jusqu'en juillet iqoS, 3^ auteurs 
ont étudié 54 cas d'amaurose accompagnant Tidiotie. Les 
malades se divisent en 22 cas chez des enfants du sexe mas- 
cidin et en a5 du sexe féminin. Sur ces cas, 27 sont survenus 
chez des juifs, 6 chez des catholiques et chez les autres aucune 
indication spéciale. Le nystagmus fut noté dans i5 cas. L'âge 
des malades varie entre quatre mois et trois ans. coburn. 

^)Po8€y présente les photographies d'un malade qui mourut 
de méningite cérébro-spinale. On remarque un écartement 
anormal des paupières des deux côtés avec large dilatation 
des pupilles. Posey attribue ce symptôme à une excitation du 
sympathique cervical. coburk. 

3) Il n'y a que cinq cas de ce genre décrits dans la littéra- 
ture. Rosenmeyer en ajoute un sixième. La même affection 
dont sont atteints les nerfs cutanés s'étend également au nerf 
ciliaire, à savoir : une prolifération de tissu conjonctif, une 



I 



46 REVUE GÉNÉRALE 

altération des voies lymphatiques, la destruction des fibres 
nerveuses. Tous ces troubles ont une influence sur rechange de 
l'humeur aqueuse, un état glaucomateux y succède produisant 
ainsi Thydrophtalmus. b. rbdslob. 

4) Le clignement vibratoire des paupières est, à ce que 
Ullmann a eu Toccasion de constater à maintes reprises, l'in- 
dice d'une affection des reins, n'importe qu'elle en soit la 
cause. Ce signe pathognomonique se manifeste surtout lorsque 
l'affection est à son début, c'est-à-dire lorsqu'elle est encore 
bénigne, même lorsqu'elle n'est qu'une simple irritation. Le 
clignement vibratoire se manifeste de préférence aux paupières 
supérieures, la plupart du temps à une seule paupière, rare- 
ment aux paupières inférie,ures ainsi qu'à la commissure 
externe. Lorsque cette dernière est le siège du clignement, elle 
entraine tout l'œil dans son mouvement vibratoire. La durée 
des accès de clignement est de quelques minutes à trente 
minutes et quelquefois davantage. L'accès se répète souvent 
pendant plusieurs jours et puis cesse. La manière de procéder 
n'est pas la même chez tous les individus. Chez certains, les 
accès de clignement se répètent souvent avec plus ou moins 
d'insistance et de persistance, tandis que chez d'autres c'est le 
contraire qui a lieu. Le signe de clignement ne se montre pas 
infailliblement chez tous ceux atteints ou menacés d'une affec- 
tion rénale. Il y a en cela, comme en toute chose, exception 
à la règle ; mais là où ce signe se montre, il est l'indice d'une 
affection rénale déjà développée ou prête à se développer. 
Lanalyse des urines aidera beaucpup à vérifier le diagnostic 
et à prescrire la médication appropriée qui, bientôt, fera dis- 
paraître ce clignement ennuyeux. r. 



VARIA 



i) Uribe y Tronooso et Ramirez (Manubl). — Ruban métrique pour 
déterminer les acuités visuelles inférieures sans calculs (Centra metrica 
para determinar las agudezas visuales inferiores sin calcules) (Anales de 
Ofalmologia, juin 1906). 

2) Armaignac. — Autosynoptoraëlre à curseur et à miroirs (Recueil 
d'ophtalmologie, p. 65-74, février 1906). 

3) Landolt. — Quelques remarques sur les instruments courants en chirurgie 
oculaire f A rc/i(ve« d'ophtalmologie^ p. 257, mai 1906). 



VARIA 



47 



i) Uribe y Troncoso et Manuel Ramirez ont pensé que les 
acuités visuelles inférieures étaient difficiles à déterminer; ils 
ont donc fait construire un ruban métrique que Ton peut fixer 
à côté de Téchelle et qui porte, en même temps que la distance , 
Facuité visuelle. On rapproche le malade de Téchelle jusqu'à 
ce qu'il puisse distinguer les plus gros caractères ; en tirant le 
ruban, on lit sur celui-ci la distance du malade à Téchelle et en 
même temps la valeur de Tacuité visuelle réduite en décimales. 
Ib donnent ensuite les équivalences décimales des différentes 
échelles pour les acuités inférieures, rapportées en décimales. 

Echelle de Montano : 



Grosses lettres vues à 


4 mètres G = 5o (gonioptries), 
3 — G = 66,6 — 


— — 


a 


— 


G = 100 — 


— — 


I 


— 


G = 200 — 


Echelle de Sulzer : 
Grosses lettres vues à 


o,5o — G = 4oo — 

4 mètres S = o,8 (grades). 
3 - S = o,6 — 


— — 


2 


— 


S = 0,4 - 


— — 


I 


— 


S = 0,2 — 


Echelle de Wecker : 
Grandes lettres vues 


o,4o 

à 


— S = o,i — 

4 mètres V = o,o8 
3 — V = o,o6 


— — 




2 


- V = 0,04 


— — 




I 


— V = 0,02 


Echelle de Snellen : 
Grandes lettres vues 


o 

à 


,5o — V == o,oi 

6 mètres V = o,io 
5 — V = o,o83 
4 — V = 0,067 
3 — V = o,o5o 
2 — V = o,o33 


— — 




I 


-^ V == 0,017 


— — 


o 


,5o 


— V = 0,009 

0. DUBRBUIL. 



2) Armaiffnàc fait la description de ses deux appareils 



48 REVUE GÉNÉRALE 

destinés à contrôler la vision binoculaire et à mesurer, à 
rinsu du sujet, Tacuité visuelle de chaque œil. Il les appelle 
des autosynoptomètres (avtoç = par soi-même ; by\j = idée de 
simultanéité; c'| = vue; uizpov = mesure). 

Le premier — Tautosynoptomètre à curseur — est basé 
sur le principe de la méthode de la règle. Il se compose d'une 
tige dans laquelle glisse un curseur qui peut être fixé dans 
trois positions déterminées. A lune des extrémités de la tige 
est fixée une échelle typographique se composant de mots 
courts. Le sujet se place à l'autre extrémité de la tige. 

Le second appareil — Tautosynoptomètre à miroirs — est 
\me modification de l'appareil de Fiées, dit miroir trompeur. 
Les miroirs peuvent tourner de telle façon qu'on obtient un 
grand nombre de combinaisons qui déjouent la simulation. 

Cette description est accompagnée de deux figures et deux 
tableaux. p. c. 

3) Landolt consacre un long article à Tétude du maniement 
et de la forme des instruments courants en chirurgie oculaire. 
Les couteaux, kysti tomes, curettes doivent être maintenus 
par la pulpe de nos trois premiers doigts. La pulpe est en efifet 
la partie la plus sensible et nous permet d'apprécier avec pré- 
cision la résistance et la nature des tissus. Il passe ensuite en 
revue les principaux instruments en indiquant certaines modi- 
fications. Entre autres, les pinces doivent avoir un res.sort 
souple, des branches fermes et rigides. On se servira avec 
avantage de porte-aiguille à fermeture, modifié par Tauteur de 
façon à pouvoir saisir et serrer graduellement n'importe quelle 
grosseur d'aiguille. Les instruments à manche d'ivoire ne 
méritent pas d^étre délaissés, car leurs nombreux avantages 
compensent largement de légers inconvénients. Le couteau de 
de Grtrfe doit définitivement remplacer le couteau triangulaire 
dans la plupart des cas. Les modèles de nos bistouris doivent 
être plus petits qu'en chirurgie générale. En terminant, l'au- 
teur recommande au chirurgien d'avoir toujours le souci des 
instruments et de leur perfectionnement, et de ne pas s'en rap- 
porter au fabricant qu'il doit diriger et corriger. 

BBNizBCH. 

Le Gérant : P. Masson. 
Lyon. — Imp. A. Rbt et 0«, 4i rue Gentil. -- 44130 



N"" 2 28 FÉVRIER 1907 



MÉMOIRES ORIGINAUX 



La Phlébite rétinienne 

Par le Professeur ROLLET 



Il est curieux de constater que, dans les ouvrages actuels 
sur les maladies du fond de Toeil, il n'existe pas de chapitre 
consacré à la description de la phlébite rétinienne. C'est ainsi 
que, récemment, Dufour et Gonin * étudient les obstructions 
vasculaires, mais Tinflammation des veines rétiniennes est 
passée sous silence. Je m'empresse d'ajouter que pareille 
lacune est à signaler dans moh Traité d'ophtalmoscopie^. Sans 
doute, dirait on, il manque des observations à ce sujet. Je 
répondrai aujourd'hui que, souvent, il s'agit de cas mal inter- 
prétés au point de vue pathogénique ou étiologique. On rap- 
porte à la thrombose ou à la violente inflammation papillo- 
rétinienne ce qui doit revenir à la phlébite primitive simple. 

Voici, à ce sujet, l'observation d'un de mes malades qui 
m'était présenté avec le diagnostic de thrombose de la veine 
centrale de la rétine et chez lequel j'admets une double phlé- 
bite rétinienne, probablement d'origine dentaire : 

Célestin M..., âgé de trente-six ans, entré à la Clinique de M. le 
professeur Rollet le 3o novembre 1906^. 

Père mort à cinquante-deux ans d'affection deTestomacde nature 
indéterminée (le malade avait neuf ans); mère morte à cinquante- 
deux ans de pleurésie. Six enfants : deux sont morts, Tun à trois 
ans, Tautre à quatre ans. Les quatre autres sont vivants. Marié 
Une première fois à vingt-cinq ans, sa femme est morte trois ans 
après de suites de couches (l'enfant était mort) ; c'était sa première 



1 DvFoun et GoNtrr, Encyclopédie franc, d'ophtalmologie, VI, Paris 1906» 

* Rollet, Traité d'ophtalmoscopic, Paris, Masson, édil., 1898, 

' Observation recueillie par M. Grandclémeni, Interne de la Clinique. 



5Ô MÉMOIRES ORIGINAUX. -• ROLLET 

grossesse. Remarié à (rente ans ; femme vivante et bien portante. 
Trois enfants bien portants ; sa femme est actuellement enceinte et 
presque à terme. Pas de fausses couches. Depuis Tàge de neuf ans, 
le malade fait un métier pénible, il fut voîturier jusqu'il y a trois 
ans. Depuis ce moment, il est cantonnier. Il n'a jamais eu de 
maladies sérieuses, il nie la syphilis et Talcoolisme. Il n'a pas fait 
de service militaire comme soutien de famille. Depuis plusieurs 
années il souffre des dents et a fréquemment des abcès. 

Le 1 1 août dernier, le malade était sur la route au gros du soleil, 
lorsque brusquement, à ii heures du matin, il tomba sans cause et 
resta, dit-il, au moins un quart d'heure sans connaissance ; il met 
cet accident sur le compte d'une insolation ; il se releva seul et put 
continuer son travail. Ce n'est qu'un mois après environ qu'il 
s'aperçut que la vue baissait de l'œil droit d'une façon progressive, 
sans obnubilations passagères, sans douleur d'abord et sans phéno- 
mènes inflammatoires. 

Il y a un mois seulement apparurent des douleurs de tête assez 
violentes occupant principalement la moitié. droite; en même temps 
la vue commença à se troubler s ur l'œi l gauche, mais depuis quinze 
jours l'état est stationnaireJHtfSam|5>«^ vomissements et n'a 
pas refait de chute analo^Aa cell e du mlmM^ût. 

Actuellement : Le nmrae vienl'*8''i HôtePf^imi, il n'y voit plus 
du tout de l'œil droitfqui nAUGhs^vel^igin^àion quantitative ; 
œil gauche, V = 1/3. \ ^^ ^^ / 

L'aspect extérieur de^i^ux. est normal. RieiyÉfux paupières ni à la 
conjonctive. Cornée, chambwC^^fiiA^e^iîÎBnormaux, Les pupilles 
sont égales et réagissent bien aux deux modes. Les milieux sont 
normaux. 

Examen ophtalmoscopîque. — Œil droit : Les milieux sont très 
transparents. A l'examen du fond de l'œil, on voit la papille dont 
les bords sont indistincts, mais on s'aperçoit que cette papille n'est 
pas saillante au-dessus du plan rétinien, la rétine est un peu infil- 
trée. Veines énormes, au moins triplées de volume, très tor- 
tueuses^ avec un reflet lumineux central ; elles décrivent des sinuo- 
sités suivant le plan antéro-postérieur et disparaissent par. endroit 
en partie dans le tissu gonflé de la rétine ; pas de variations de 
calibre. Leur volume est augmenté jusqu'à l'extrême périphérique. 
Artères pâles, difficilement visibles, leur calibre n'est pas modifié. 
Le tissu rétinien est parsemé dans toute son étendue de petites 
hémorragies en flammèches assez superficielles. Il n'existe pas de 
grandes plaques hémorragiques, ni de plaques blanches; ces petites 
hémorragies existent aussi à la macula qui n'offre pas d'autre lésion. 



MEMOIRES OR[&INAl)X. — ROLLËt Si 

Œil gauche : Rien d anormal aux membranes antérieures; ni 
aux milieux. A Texamen ophialmoscopique, la papille a conservé 
ses contours mais ils sont un peu flous ; la rétine est normale, sans 
hémorragies. Les veines seules sont volumineuses et légèrement 
sinueuses. 

Le malade est pâle, abattu ; il se plaint de douleurs de tête, sur- 
tout localisées à droite ; la pression sur les os du crâne n^est cepen- 
dant pas douloureuse. Les phénomènes douloureux sont plus 
marqués encore au niveau de la moitié droite de la face et du cou. 
On remarque alors un gonflement léger de la région sous-orbitaire 
droite et la pression à ce niveau est très douloureuse. On détermine 
également de la douleur à la pression tout le long de la carotide, 
mais suKoutà Tangle du maxillaire inférieur où se trouve un gan« 
glion volumineux et très douloureux. 

L'oreille droite n'a jamais coulé, il n'y a rien d'anormal du côté 
de lamastoïde; cependant le malade accuse une diminution notable 
de Tacuité auditive de ce côté. A Texamen de la bouche, on s'aper- 
çoit que toutes les dents du côté droit sont mauvaises, surtout les 
molaires supérieures. 

Examen du sinus et du nez par le D*" Moreau. Les sinus frontaux 
s'éclairent bien. Le sinus maxillaire moins bien, mais également 
des deux côtés. Le cornet inférieur est hypertrophié, il n'y a rien 
d'anormal à la rhinoscopie postérieure. 

3 décembre. — On arrache les mauvaises dents du maxillaire 
supérieur; après ablation de la prémolaire, un stylet introduit 
dans l'alvéole pénètre profondément dans le sinus maxillaire qui 
est lésé, mais ne contient pas de pus; il semble cependant qu'avec 
le stylet on sente des fongosités. 

Examen du sang par le D^ Tolot. 5 millions de globules rouges 
très normaux de forme. La valeur globulaire = 0,6, donc un peu 
faible. Les globules blancs peuvent être évalués à un peu plus de 
10.000 par millimètre cube. En résumé, valeur globulaire faible, 
leucocytose légère, cela peut cadrer avec un néoplasme ou un foyer 
inflammatoire chronique, sans que l'examen du sang puisse diffé- 
rencier l'un de l'autre. 

Le soir de son entrée, le malade avait 38,2. La température du 
soir oscille les jours suivants entre 37,8 et 38,2. Rien dans les 
urines, ni sucre, ni albumine. 

6 décembre. — Exeat. 

Ainsi, voici un sujet de trente-neuf ans qui présente une 
légère leucocytose et de l'ostéite dentaire, 0. D. V=Q; à 






52 MÉ\fOIRES ORIGINAUX. — ROLLET 

rO. G. V=r i/3. A Texamen ophtalmoscopique, à droite, 
papillo-rétinite sans plaques exsudatives, artères à calibre 
normal, veines triplées de volume, sans interruption, jusqu'à 
Textrême périphérie, nombreuses hémorragies en flammèches. 
ATœil gauche, légère papillite et veines un peu augmentées 
de volume. 

S'agit-il de Timage ophtalmoscopique de la thrombose vei- 
neuse? Nous voyons, en effet, dans ce cas, des veines extraor- 
dinairement tortueuses et dilatées, des extravasats hémorra- 
giques, mais, à Fencontre des descriptions classiques de la 
thrombose, les artères ne sont pas rétrécies, le calibre des 
veines est régulièrement agrandi, la colonne sanguine .n'y est 
nulle part interrompue et les phénomènes ophtalmoscopiques 
tendent à devenir bilatéraux. 

Dans l'œdème papillaire d'origine mécanique, par néo- 
plasme et hypertension intra-crânienne, jamais on ne note 
pareille augmentation du volume des veines avec hémorragies 
jusqu'à Téquateur. 

Dans Tétat que j'ai jadis dénommé papillite œdémateuse^ 
(terme proposé tour à tour, depuis, par Baas^, Geraso^, 
Parazols*), il y a stase veineuse par double action mécanique 
et inflammatoire, à la suite des tumeurs inflammatoires du 
crâne ou de Torbite. G'est, à un degré plus marqué, la papillo- 
rétinite œdémateuse répondant à la violente inflammation du 
nerf optique et de la rétine, figurée par Haab^. Il est pro- 
bable que, dans plusieurs de ces cas, la phlébite peut entrer 
en scène dès le début, constituant ainsi une rétinite phlé- 
bitique. 

Sans doute^ le terme de phlébite réveille les vieilles dis- 
cussions sur la thrombo-phlébite ; mais, chez mon malade, 
c'est la phlébite qui domine ; elle aura été antérieure aux 



< noLLBT, Traité cité, p. 192. et : Papillite et œdème de la papille, Pro- 
bince médicale^ 28 janv. 1899. 

* Baas, Zeil. f. Angenh,, août 1899. 

3 CsRASO, Le malattie oculari.., II, p. 45f , Torino 1901 (traduction du cha- 
pitre de mon Traité). 

* Parazols, De quelques aspects ophtalmoscopiques des névrites optiques. 
Thèse de Paris, i5 mai 1906. 

5 Haab, Atlas d'ophtalmosdopict trad. par Terson et Cuénod, p. iô5 et 106, 
Paris 1896. 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET 53 

coagulations veineuses obstructives, si tant est qu^elles se 
produisent dans la suite. 

En définitive, on peut reconnaître quatre principales images 
opbtalmoscopiques différentes, selon les altérations des veines 
rétiniennes : 

1® La stase veineuse accompagnant Tcedème papillaire de 
cause mécanique ; les phénomènes sont papillaires ou péri- 
papillaires. 

a* La thrombose veineuse des vieillards et des cardiaques ; 
c^est Tobstruction du vaisseau avec se/s interruptions, des 
hémorragies, de la minceur des artères. 

3^ La thrombo-phlébite rétinienne suppurative compliquant 
la thrombo-phlébite ophtalmique, d'observation exception- 
nelle, car le sujet meurt rapidement ; dans un cas tout récent \ 
on voyait un œdème blanc rétinien et de grosses veines. 

4® La phlébite simple^ c^est le cas de mon malade et de 
quelques autres que j ai observés antérieurement. Il s*agit 
d'une inflammation veineuse relevant d'une infection micro- 
bienne générale ou de voisinage. Les veines sont énormes 
suivant leur parcours tout entier, les artères sont normales, 
l'inflammation papillo-rétinienne est légère et secondaire. 

Cette notion de la phlébite rétinienne de cause périphérique 
et quelquefois insidieuse est importante à connaître, ne 
serait-ce qu'au point de vue thérapeutique. Ces lésions n'ont 
pas lieu "de nous étonner, en raison des origines si multiples 
et variées des ophtalmiques. 

Ainsi, les veines de la portion cérébrale de la rétine subis- 
sent les mêmes altérations obstructives que les veines de Ten- 
céphale, mais ce même système veineux rétinien participe aux 
processus phlébitiques d'origine périphérique. 



1 Observation rapportée par mon ancien interne, M. Moreau (Manifes- 
tations orbito-oculaires des sinusites sphénoïdales, Thèse de Lyon^ p. 8i, 

i9o5). 



54 MÉMOIRES ORIGINAUX. - GOURFEIN 

La Conjonctivite infectieuse de Parinaud 

(Recherches bactériologiques et expérimentales) 

Par le D» GOURFEIN 

Médecin A la Fondation Rothschild (Genève.) 



La conjonctivite infectieuse, décrite, pour la première fois, 
par Parinaud, en 1889, est une affection très rare. Le nom- 
bre des cas publiés jusqu'à ce jour est de 47. Le lec- 
teur les trouvera tous (excepté le cas de Bernheimer), énu- 
mérés, ainsi que l'historique de la question, dans les travaux 
de Chaillous* et de K. Hoor^. Le nombre de cas étudiés au 
point de vue bactériologique (11 cas) et expérimental (6 cas) 
est encore plus restreint ; aussi, ayant eu Toccasion d'étudier, 
à ce double point de vue, un cas de conjonctivite de Pari- 
naud, il nous a paru intéressant de le publier. 

Observation. — Le i5 octobre 1904 s'est présenté à la clinique 
ophtalmique Rothschild un jeûne garçon nommé S. S..., âgé de 
dix-sept ans, cordonnier de sa profession, se plaignant de son œil 
droit. L'affection oculaire et l'état général paraissant graves, le 
jeune homme fut admis séance tenante à l'hôpital. Le j^ur même 
nous avons procédé à l'examen détaillé du malade ainsi qu'à 
l'examen bactériologique de la sécrétion conjonctivalc. Le jeune 
S. S. étant un enfant naturel élevé dans un orphelinat en Italie, 
nous n'avons pu obtenir de lui aucun renseignement sur ses anté- 
cédents héréditaires; quant aux antécédents personnels, il nous 
déclare n'avoir jamais été malade. 

Elat actuel. — S. S, était bien portant jusqu'à il y a huit jours; 
c'est depuis cette époque qu'il se sent faible, a de la fièvre et des 
frissons le soir. Il ne tousse pas, ne crache pas, la respiration est 
normale, aucun symptôme morbide du côté du thorax. Rien 
d'anormal aux autres systèmes. 



1 Chaillous, La conjonctivite infectieuse de Parinaud, Annales d^ocnlis- 
tique^ janvier igoi. 

« K. Hoon, Die Parinaud'sche Konjunktivitis, Klinisch. Monalbl. fur Au- 
genheilhunde, 1906. 



U£MOiRES ORIGINAUX. — GOUAFËIN 55 

Elai de l'appareil visuel, — La paupière supérieure de l'œil 
droit est fortement gonflée, rouge, œdématiée en demi-ptosis et 
peu mobile ; la paupière inférieure est également gonflée, mais à 
un degré moindre. En renversant les paupières, on constate un 
fort boursouflement des conjonctives palpébrales et des culs-de-sac 
qui sont farcis de granulations grisâtres de forme ovalaire et de 
dimensions variables. La conjonctive bulbaire est hyperémiée. La 
sécrétion est peu abondante et légèrement purulente. La cornée 
est transparente et ne présente rien d'anormal, ainsi que les voies 
lacrymales. I^a vision est égale à 5/5. Toute la chaîne des ganglions 
de la face du côté droit (les préauriculaire, rétro- et sous -maxillaire, 
le parotidien) est fortement engorgée, dure, douloureuse au 
toucher, la peau est rouge et luisante. Cette adénopathie, d'après 
le dire du malade, aurait précédé de cinq jours la maladie ocu- 
laire. Disons de suite que Tengorgement ganglionnaire a disparu 
sans suppuration six semaines après la guérison de la conjonctivite. 
Les paupières, la conjonctive, les voies lacrymales et les ganglions 
du côté gauche sont sains. Comme symptômes subjectifs, le malade 
éprouvait des picotements, le collage des paupières et une difficulté 
dans la mastication. 

Le traitement topique consista en cautérisation de la conjonctive 
malade avec une solution de nitrate d'argent à a pour loo, des 
compresses chaudes sur les paupières, des cataplasmes chauds sur 
les ganglions; à l'intérieur, huile de foie de morue. 

Le malade a quitté l'hôpital le i*' novembre 1904^ guéri de sa 
conjonctivite. L'adénite persistait encore pendant six semaines. 

L'aspect clinique des lésions conjonctivales, les adéno- 
pathies, la pâleur, la faiblesse, Tétat fiévreux du malade 
(38,5 le soir) me firent penser qu'il pouvait s'agir de la tuber- 
culose aiguë de la conjonctive. C'est donc dans le but de 
prouver la nature tuberculeuse de Taffection que nous avons 
entrepris des recherches bactériologiques et expérimentales 
que nous allons exposer brièvement. 

Recherches bactériologiques et expérimentales. — Comme nous 
l'avons dit plus haut, lorsque le malade fut admis à la clinique, 
notre premier soin fut d'examiner au microscope la sécrétion con- 
jonctivale. Le jour même et les jours suivants nous avons examiné 
un grand nombre de verrelets faits avec la sécrétion conjonctivale 
et colorés soit par la méthode de Ziebl, à chaud, soit par la 



5d MÉMOIRES ORIGINAUX. — GOURFEIN 

méthode de Gram et sur aucun d'eux nous n'avons pu constater le 
bacille de Koch. Même les microorganismes saprophytes qu*on 
trouve ordinairement sur la conjonctive saîne étaient peu nom- 
breux sur ces verrelets. 

Cultures. — Huit tubes de pommes de terre, deux d'agar glycé- 
rinée et quatre de sérum de Loeffler ont été ensemencés avec la 
sécrétion conjonctivale et portés à Tétuve à 87 degrés. 

I^es tubes de sérum de Loeftler et d'agar glycérinée, examinés 
après trente-six, quarante-huit et soixante-douze heures de séjour 
à Tétuve, présentaient de rares colonies arrondies, blanc grisâtre, 
plus opaques au centre qu*à la périphérie, et d'autres blanchâtres 
et plus nombreuses. Les premières étaient composées de xéro- 
bacilles de différentes dimensions qui, injectés dans la chambre 
antérieure d'un lapin, ont provoqué un léger trouble de l'humeur 
aqueuse et une hyperémie de l'iris, symptômes qui se sont dissipés 
au bout de trois ou quatre jours sans aucun traitement. Les colonies 
blanchâtres étaient composées uniquement de staphylocoques 
blancs qui, injectés dans la chambre antérieure d'un lapin, ont 
provoqué les mêmes symptômes que le xéro-bacille. Sur la pomme 
de terre, les mêmes microorganismes, mais nulle part le bacille de 
Koch. Bien que l'absence du bacille de. Koch dans la sécrétion 
conjonctivale et dans les cultures nous ait déjà montré qu'il ne 
s'agissait pas de la tuberculose, nous avons voulu être absolument 
sûr à ce sujet; dans ce but, nous avons fait des inoculations aux 
lapins et aux cobayes dans la chambre antérieure, sous la conjonc- 
tive et dans le péritoine. Disons de suite qu'aucun des animaux 
inoculés ne présentait de symptôme de la tuberculose. 
- Expérience n^ i . — Lapin, poids 1.840 grammes. i5 octobre 
1904 : Injection dans la chambre antérieure de la sécrétion conjonc- 
tivale diluée dans l'eau stérilisée. — 16 octobre : Léger trouble de 
l'humeur aqueuse et hyperémie de l'iris. — 17 octobre : Trouble de 
l'humeur aqueuse plus prononcé, synéchies postérieures assez 
fortes, réaction du globe oculaire. Tous ces symptômes se sont 
dissipés au bout de neuf jours sous l'influence de Tatropine. Le 
lapin meurt. A l'autopsie, aucune trace de tuberculose dans aucun 
des organes. 

Expérience n® 2, — Lapin, poids 1.700 grammes. 16 octobre 
1904 : Injection dans le corps vitré de l'œil gauche de la sécrétion 
conjonctivale diluée dans de l'eau stérilisée. — 17 octobre : Aucun 
symptôme morbide. — 18 octobre : Léger trouble, du corps vitré, 
globe oculaire très injecté. — 19 octobre : Trouble du corps vitré 
plus prononcé, iritis avec quelques synéchies postérieures. Instil- 



MÉMOIRES ORIGINAUX. ^ GOURFEIN 57 

lations d*atropine. A partir de ce jour, ces symptômes vont en 
s'améliorant jusqu'à guérison complète. Le lapin vit encore à Theure 
qu*il est. 

Expérience n^ 3, — Cobaye n® i , poids 480 grammes ; cobaye n®a, 
poids 395 grammes. 16 octobre 1904 : Injection de la sécrétion 
conjonctivale diluée dans dç Teau stérilisée dans le cul-de-sac infé- 
rieur de Tœil droit du cobaye n^ i. Le boursouflement provoqué 
par Tinjection persiste pendant cinq heures, disparaît ensuite sans 
laisser aucune trace. Les conjonctives du cobaye n® 2 sont frottées 
pendant quelques minutes avec la sécrétion conjonctivale du 
malade. Ce frottement provoque une irritation mécanique, mais ne 
produit aucune infection. 

Expérience n^ 4» — Cobaye, 52 1 grammes. 20 octobre 1904 : 
Injection de la sécrétion conjonctivale diluée dans de l'eau stérilisée 
(une seringue de Pravaz) dans le péritoine. Le soir, la température 
est de 39 degrés; le lendemain matin, de 37,5. A part ce mouve- 
ment fébrile, Tanimal ne présente rien d'anormal. Quatorze mois 
après l'inoculation, nous sacrifions l'animal. A l'autopsie, aucune 
trace de tuberculose. 



Il ressort de Texamen microscopique de nombreux verrelets 
faits avec la sécrétion conjonctivale, des cultures obtenues 
avec ladite sécrétion, de Tautopsie des animaux inoculés, de 
la marche et de l'évolution clinique que la conjonctivite de 
notre malade n'est pas de nature tuberculeuse. 

Nous examinerons maintenant si la symptomatologie que 
présentait notre malade cadre avec celle de la conjonctivite 
de Parinaud. 

Etiologie, — La conjonctivite infectieuse est produite par 
un agent microbien inconnu encore. L'examen bactériologique 
de la sécrétion conjonctivale fait dans douze cas, y compris le 
nôtre, a montré la présence des saprophytes ordinaires de la 
conjonctive. Dans le cas de Jocqs, Hallion a constaté en 
outre des streptocoques pyogènes et Ella Wylie, dans le sien, 
des staphylocoques et des pneumocoques. 

Mais ni les uns ni les autres ne doivent être considérés 
comme la cause de la conjonctivite infectieuse. D'après Pari- 
naud, Tagent inconnu de cette aiTection serait d'origine ani- 
male et serait transmis à l'homme par les bovidés. Cette 
hypothèse, qui peut être admise pour quelques cas, n'est mal- 



58 MÉMOIRES ORIGINAUX. — GOURFEIN 

heureusement pas applicable au plus grand nombre d'obser- 
vations publiées. 

En effet, d'après la statistique de M. Ghaillous, c'est seule- 
ment dans 9 cas sur 20 que le malade a pu être exposé par 
ses occupations ou par un certain voisinage à un contage 
animal, sans qu'il fût prouvé qu'il T-était réellement ; dans les 
autres 1 1 cas la possibilité de ce contage n'existait pas même. 
D'après la statistique d'Hoor, cette possibilité existait dans 
65 pour 100 et devait être écartée dans 35 pour 100. Dans notre 
cas, le malade vivait dans des conditions telles que le contage 
animal pouvait être exclu, à moins que Ton admette la pos- 
sibilité de la contamination par les peaux tannées que les 
cordonniers sont appelés à manier : hypothèse inadmissible. 

Par conséquent, pour le moment, l'origine animale de la 
conjonctivite infectieuse ne peut être soutenue. 

La conjonctivite de Parinaud n'est pas une maladie conta- 
gieuse, on n'a jamais pu constater la transmission de cette 
affection de l'homme à l'homme. L'enquête minutieuse faite à 
ce sujet par M. Ghaillous est négative. Nous-même avons fait 
une enquête dans Tatelier où travaillait notre malade ; aucun 
de ses camarades n'a été malade ni avant ni après lui. La 
conjonctivite de Parinaud n'est pas davantage transmissible 
aux animaux. Nous avons frotté la conjonctive de lapins et 
de cobayes avec la sécrétion conjonctivale de notre malade 
sans jamais provoquer chez eux une conjonctivite; même 
l'injection sous-conjonctivale de la sécrétion restait sans 
résultat (voir Expérience n* 3). 

Diagnostic, — La conjonctivite infectieuse de Parinaud 
peut être confondue, au point de vue clinique, avec la con- 
jonctivite tuberculeuse et, d'après quelques auteurs, avec la 
conjonctivite granuleuse. Je n'insisterai pas ici sur le dia- 
gnostic différentiel entre la conjonctivite infectieuse et cette 
dernière forme de conjonctivite, car les lésions anatomiques 
de la muqueuse conjonctivale, les symptômes objectifs et 
subjectifs, leur marche et leur évolution, les complications 
diffèrent tellement dans les deux formes de conjonctivite que 
la confusion, bien que possible à certaines périodes d'évolu- 
tion, me parait très difficile. Mais si la conjonctivite infectieuse 
peut être difficilement confondue avec le trachome, elle peut 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — GOUKF£IN 59 

Têtre facilement avec les diiFérentes formes de la tuberculose 
conjonctivale, vu le grand nombre de symptômes communs 
aux deux affections. Nous examinerons donc en détail la 
symptonïatologie et les caractères principaux de chacune de 
ces maladies. 

Les lésions anatomiques de la muqueuse conjonctivale 
dans la conjonctivite infectieuse ont une très grande ressem- 
blance avec celles de la tuberculose conjonctivale : les végé- 
tations, de dimensions variables, rouge-jaunâtre, demi- 
transparentes au début, opaques à un degré plus avancé, 
décrites par Parinaud ne peuvent pas être considérées comme 
caractéristiques de la conjonctivite infectieuse parce qu^on né 
les rencontre pas dans tous les cas et surtout parce qu'on les 
retrouve dans les autres formes de conjonctivite et tout parti- 
culièrement dans la tuberculose conjonctivale, forme végé- 
tante. Il en est de même avec les symptômes cliniques et 
Tétat général du malade. Le gonflement plus ou moins fort 
des paupières, l'abaissement de la paupière supérieure, la 
sécrétion muqueuse ou muco-purulente, modérée ou abon- 
dante, Tadénopathie suppurée ou non, la fièvre avec frissons 
irréguliers, le malaise, l'indolence se rencontrent dans les 
deux afTections. Mais, parmi ces symptômes, il en est un 
certain nombre qui ne présentent pas le même caractère ou 
n'atteignent pas le même degré de développement dans les 
deux affections. 

La conjonctivite infectieuse est toujours accompagnée 
d'adénite suppurée ou non des ganglions de la face. 

Parinaud a voulu faire de la suppuration des ganglions un 
caractère essentiel de la conjonctivite infectieuse, car dans ses 
premières observations la suppuration des ganglions était 
constante, mais plus tard il a eu Toccasion d'étudier un cas 
de conjonctivite infectieuse qui était accompagné d'une adé- 
nite non suppurée. Les travaux de Despagnet, de Chaillous et 
d'autres auteurs ont, en effet, montré ensuite que la suppu- 
ration des ganglions ne peut pas être considérée comme un 
symptôme pathognomonique de la conjonctivite de Parinaud, 
car dans le plus grand nombre de cas publiés depuis, l'adéno- 
pathie évoluait vers la résorption; ainsi, d'après Chaillous, 
sur 20 cas réunis dans son travail, 7 seulement s'accompa- 



60 MÉMOIRES ORIGNAUX. — GOURFEIN 

gnèrent d'adénite suppurée et, d'après Hoor, 12 cas sur 29, 

L'adénopathie existe également, même très souvent, dans 
d'autres formes de conjonctivite et particulièrement dans la 
tuberculose conjonctivale, mais elle n'y est pas constante, est 
indolore et n'atteint pas le même degré de développement. 

Dans la tuberculose conjonctivale, Tadénopathie, d'après la 
statistique de Villard, existerait dans 85 pour 100 des cas 
seulement, la préauriculaire dans 62 pour 100, la rétro- et 
sous -maxillaire dans 20 pour 100, la cervicale dans 12 pour 
100 et la parotidienne dans 4 pour 100 ; Tengorgement simul- 
tané de tous les ganglions de la face (du côté de la lésion con- 
jonctivale) dans la tuberculose conjonctivale est excessivement 
pare, L'adénopathie dans la tuberculose conjonctivale est un 
symptôme secondaire, l'engorgement ganglionnaire y est quel- 
quefois si minime qu'il faut le rechercher avec beaucoup de 
soin pour le constater; il domine, au contraire, le tableau cli- 
nique dans la conjonctivite de Parinaud. 

Un autre symptôme, qui peut aider à discerner clinique- 
ment les deux formes de conjonctivite, c'est l'état de la cornée. 
Dans la tuberculose conjonctivale, surtout à un degré avancé, 
la coinée présente des lésions qui peuvent varier d'un léger 
trouble jusqu'à de véritables granulations, tandis que dans la 
conjonctivite de Parinaud, l'intégrité de cette membrane est 
la règle. Sur 4? cas de conjonctivite infectieuse, il n'y en a que 
trois où il soit question de complications cornéennes. Un de 
ces trois cas, celui de Rohmer*, où il s'agit d'un double 
pannus, doit être accepté avec beaucoup de réserves, car la 
symptomatologie, l'évolution et la marche clinique, et surtout 
rineflîcacité d'un traitement prolongé et aussi énergique que 
varié parlent contre la conjonctivite infectieuse. 

Dans les deux autres cas, qui appartiennent à Sans^ et à 
Bernheimer^, il s'agissait, dans le premier, d une petite infil- 
tra tiou marginale de la cornée, qui n'a laissé aucune trace, et, 
dans le second, de petites excoriations marginales qui ont 



i D'après l'analyse du D^ Sulzbr, Annales d'ocuUsUquey 1894. Le travail 
de fiohmer ne figure pas dans les comptes rendus du onzième Congrès inter- 
nniioiml des sciences médicales de Rome, 1904. 

2 Sans, Thèse de Paris, 1890. 

3 Bernhbimbr, Klinische Monaisblàtier fur Augenheilkiinde, April 1906. 



MÉHOIAES ORIGINAUX. — GOURFEIN 6i 

laissé des taies. L'intégrité de la cornée dans la conjonctivite 
de Parinaud doit donc, jusqu'à nouvel ordre, être considérée 
comme un symptôme pathognomonique. 

Quant à Tunilatéralité de TafFection, elle ne peut pas servir 
comme symptôme distinctif entre les deux formes de conjonc- 
tivite, parce qu'elle n'est pas constante dans la conjonctivite 
de Parinaud, et, par contre, très fréquente dans la tuberculose 
conjonctivale. La marche et l'évolution des deux formes de 
conjonctivite sont très différentes. 

La tuberculose conjonctivale a une marche lente, insidieuse, 
le malade est peu incommodé les premiers temps, la période 
d'état est lente à s'établir; dans un cas de tuberculose conjonc- 
tivale que j'ai publié Tannée dernière*, entre le début de Taf- 
fection et la période d*état il s'est écoulé huit mois. L'évo- 
lution de la tuberculose conjonctivale est, dans la grande 
majorité des cas, progressive, elle n'a aucune tendance à évo- 
luer vers la guérison, non seulement quand elle n'est pas soi- 
gnée, mais, quelquefois, même quand on la traite énergique- 
ment : les cas de Gayet, de Sattler, de Walb en font preuve. 
La durée de cette affection est longue, elle peut durer des 
années. La marche de la conjonctivite de Parinaud est rapide 
et quelquefois tapageuse, souvent accompagnée de troubles 
généraux, la période d*état s'établit rapidement, son évolution 
est très favorable, même sans aucun traitement, sa durée ne 
dépasse guère trois ou quatre mois, le plus souvent les sym- 
ptômes disparaissent après deux ou trois semaines et il est très 
rare d'observer des rechutes. 

Il ressort de cette rapide analyse des symptômes des deux 
affections que les caractères essentiels de la conjonctivite de 
Parinaud sont : Tadénopathie très développée, douloureuse du 
ganglion pré- auriculaire, et très souvent de tous les ganglions 
de la face, du côté de la lésion oculaire, l'intégrité de la cornée, 
la marche rapide et l'évolution favorable. Or, nous trouvons 
tous ces caractères dans notre cas ; en nous appuyant, en outre, 
sur nos recherches bactériologiques et expérimentales, nous 
croyons pouvoir affirmer que la conjonctivite de notre malade 
était bien la conjonctivite de Parinaud. 

* Bulletins et Mémoires de la Sociélé française d'Ophtalmologie^ 1906. 



62 KEVUÈ GÉNÉRALE 

REVUE GÉNÉRALE'^ 



ANATOMIE ET EMBRYOLOGIE 

i) Moneti (L.). — Observations d'embryologie et d'anatomie comparée sur 
les voies lacrymales, surtout chez le lapin (Osservazioni di embriologia c 
di anatomia comparata suUe vie lacrimali, con spéciale ri^uardo aile vie 
lacrimali del coniglio) (Annali di Oiialmologia, vol. XXXV, fasc. lo-ii. 
p. 868 à 879, avec une planche). 

2) MUnoh Karl. — Contribution à Tanatomie du dilatateur de la pupille 
(Zur Anatomic des Dilatator Pupillœ) (Zeiisch, fur Aucfenheilk.^Xlll^ p. i) 



i) La théorie généralement admise quant au développe- 
ment embryonnaire des canalioules lacrymaux, est celle de 
Born : un des canalicules aurait son origine par bourgeonne- 
ment secondaire de la lamelle lacrymale, tandis que l'extrémité 
supérieure de la même lamelle donnerait naissance à l'autre 
canalicule. Suivant les recherches de Monesi^ chez le lapin, à 
une certaine période de la vie embryonnaire, le cordon épithé- 
lial représentant la lamelle naso-lacrymale se partage posté- 
rieurement en deux cordons, qui se trouvent en rapport avec 
Tectoderme. Successivement, les deux cordons épithéliaux se 
transforment en deux canalicules, mais, tandis que Tinférieur 
conserve ses rapports avec Tectoderme externe, le supérieur 
s'en sépare, venant ainsi à constituer un petit canal borgne, 
dont le siège est homologue à celui qu'occupe, chez d'autres 
mammifères, la portion du canalicule supérieur la plus rap- 
prochée du canal lacrymal. a. awtonblli. 

2) La question s'il existe ou non un dilatateur de la pupille 
a donné lieu à mainte controverse. Or, les dernières rechercheô 
ont prouvé la présence d'un dilatateur composé de cellules 
épithélio-musculaires ; il est pourtant excessivement difficile 
de les reconnaître sous le microscope. D'un autre côté, il y a 
deux raisons qui nous obligent d'admettre un muscle dilata- 



* Les articles dont nous indiquons seulement les titres, sans analyse, 
ne contiennent rien de nouveau. 



PHYSIOLOGIE Ô3 

teur : d'abord, ce sont les observations physiologiques de 
Heese sur Tinflence du sympathique sur l'œil, et ensuite c'est 
la découverte faite au moyen de teinture à Télastine qui 
démontre Tabsence totale d'éléments élastiques dans l'iris. 
La dilatation de la pupille ne peut se faire par contraction 
des vaisseaux de l'iris, car la couche musculaire de la paroi 
de ces vaisseaux est trop mince. Mûnch a démontré par de 
récents travaux (^/îev. d^Ophtal., 1906, p, 489) que le stroma 
de l'uvée contient des éléments musculaires; ses recherches 
histologiques sur le stroma de Tiris lui ont démontré que ce 
réseau est également un réseau musculaire dont la plupart des 
fibres ont une direction radiale. Si ces fibres se contractent, il 
en résulte une action musculaire contraire à celle du sphincter. 
D'après les assertions de Tauteur, ce stroma musculaire forme 
le dilatateur ^de la pupille recherché depuis cinquante ans. 



B. REDSLOB. 



PHYSIOLOGIE 

i) Leber. •— Humeur aqueuse et immunité (ImmunstâtsverhUltnisse dcr 
vordercii Augcn-Kammcr) Mrc/i. /*. Ophth.^ LXIV, 4i3-443, 1906). 

a) Pflugep (E.>. — La sécrétion de Thumeur aqueuse et la quantité de sa 
production (Zur Lehrc von der Bildung des Kammerwassers und seiner 
quantitativen Verhâltnisscn) (Arch, /". Ophlh., LXIV, 445-477, 1906). 

3) Polaok. — Rôle physiologique du pigment jaune de la macula (Acad. des 
sciences, a6 novembre 1906). 



i) Les expériences de Nuttal, Buchner, Matter, Bach et 
Rymovicz sont toutes concordantes et établissent que Thumeur 
aqueuse possède un pouvoir bactéricide non douteux, mais ce 
pouvoir bactéricide est peu intense d'après ces auteurs. Il faut 
dire qu'ils ont tous procédé avec de Thuméur aqueuse extraite 
de l'œil et qui ne se renouvelait pas. C'est pourquoi Leber a 
procédé autrement. Il a injecté des cultures de moisissures 
dans la chambre antérieure de lapins. Il a été suivi dans cette 
voie par Péris, Lobanow, Koske, Roemer, etc. De ces recher- 
ches il résulte que certains corps immunisants qui circulent 
dans le sang peuvent, dans certaines conditions, passer dans 
la chambre antérieure, et Wessly a établi que nombre d'exci- 
tations de Tœil, telles que les excitations mécaniques, chi« 



&k REVUE GÉNÉRALE 

miques, thermiques, électriques, et, en particulier, les injec- 
tions sous-conjonctivales avaient le pouvoir de faire augmenter 
notablement la pénétration des corps immunisants dans la 
chambre antérieure. Mais toutes ces différentes recherches 
avaient besoin d'être contrôlées et surtout complétées sur plu- 
sieurs points. G*est ce que Leber a fait dans le présent traTail 
entrepris avec la collaboration de RoUe. Ces auteurs ont sur- 
tout expérimenté avec le bacille typhique et le vibrion cholé- 
rique. Ils arrivent aux mêmes conclusions que leurs prédéces- 
seurs. L. Don. 

2) Pflûger a fait de nouvelles recherches sur la filtration 
de l'humeur aqueuse desquelles il conclut : 

i^ Chez le chien, la sécrétion de l'humeur aqueuse se pro- 
duit avec une rapidité de 6 èi 8 millimètres cubes, par minute \ 

2® La filtration augmente dans l'œil vivant lorsque cet œil a 
été momentanément anémié complètement ; 

3° La raison de cette augmentation se trouve dans de petites 
altérations anatomiques des parois capillaires que provoque 
Tanémie ; 

4* En raison de Tinconstance de la perméabilité des parois 
capillaires, même dans les recherches entreprises sur le vivant, 
on doit, a fortiori^ douter des résultats que Ton obtient de 
Tœil énucléé ; 

5* La ligature bilatérale de la carotide primitive n'est suivie 
chez le chien que d'une diminution légère de la quantité 
d'humeur aqueuse sécrétée. l. dor. 

3) Polack, On considère avec Helmholtz que si, malgré 
son chromatisme, Tœil donne des images nettes et achro- 
matiques, c'est grâce à ce qu'il accommode sur le cercle de 
diffusion commun aux radiations extrêmes de la lumière 
employée. (En effet, lorsqu'on couvre la moitié de la pupille 
avec un écran opaque, on voit apparaître des lisérés colorés 
sur les bords des plages claires.) 

Cette théorie ne répond pas à la totalité des faits et ne parait 
pas suffisante pour comprendre la formation des images nettes, 
car le cercle de diffusion commun aux radiations extrêmes de 
la lumière blanche dépasse de beaucoup celui compatible avee 



PHYSIOLOGIE ^ 66 

la vision distincte. II y a donc lieu d'admettre Tintervention 
d'un autre facteur. 

II existe heureusement dans notre rétine un pigment jaune 
localisé, comme on sait, au pôle postérieur de Toeil et doué à 
regard de radiations très réfrangibles d'un pouvoir absorbant 
nettement démontré. 

Grâce à l'absorption dans le pigment maculaire, les efFets 
de la dispersion chromatique de Tœil se trouvent sensiblement 
réduits et la vision distincte peut être obtenue dans ces con- 
ditions par une accommodation sur le cercle de diffusion com- 
mun des radiations restantes; ce cercle étant plus petit que 
celui de Helmholtz. Si cette hypothèse est exacte, Taccommo- 
dation moyenne de l'œil devra se faire pour des radiations 
plus voisines de l'extrémité rouge du spectre que ne Tadmet 
la théorie classique et, en réalité, de nombreuses expériences 
permettent de vérifier ce fait : 

1® Lorsqu'un emmétrope regarde a travers un prisme un 
point lumineux distant de 5 mètres, il en voit le spectre en 
forme d'une flèche dont la pointe est dans le rouge et nulle- 
ment dans le vert moyen, comme le voudrait la théorie de 
Helmholtz. (Expérience de WoUaston.) 

, 2® Si Temmétrope regarde à la même distance le même 
point lumineux à travers un verre bleu de cobalt, il le voit 
rouge entouré d'un cercle de diffusion bleu. II ne peut le voir 
en disque uniformément violet qu'en s'approchant suffisam- 
ment ou en mettant devant l'œil une lentille divergente. Et 
encore faut-il , s'il est jeune, qu'il s'efforce de désaccommoder; 
autrement, malgré la faible distance, il continuera à voir un 
point rouge entouré de bleu ; 

3® Lorsqu'on détermine exactement la réfraction statique 
d'un œil atropinisé ou non à Taide de l'optomètre de Badal 
éclairé par la lumière rouge et que l'on remplace ensuite 
celle-ci par la lumière blanche, l'œil examiné continue à voir 
les optotypes avec la même netteté sans qu'on ait besoin de 
déplacer le tube mobile de l'appareil. 

Ces faits paraissent suffisants pour montrer que Tœil accom* 
mode pour des radiations voisines de Textréniité rouge du 
spectre; aussi : 

L'achromatisme de l'œil peut être obtenu par un mécanisme 

6 



m KEVUE G^ttÉhALË 

analogue h celui indiqué par Helmholtz, mais Texistence du 
pigment jaune, absorbant les radiations très réfrangibles dans 
la zone où l'acuité visuelle est grande, réduit Tétendue du 
spectre utilisable et ramène ainsi le cercle de Helmholtz à des 
dimensions convenables. Le pigment jaune de la macula aurait 
dans ces idées un rôle essentiel pour Tacuité visuelle. 

L^AUTBUn. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 

8pe«fal«-Cirlnolone. — Recherches speclroscopiques et microchimiques 
sur \ù cftUracLe noire (Ricerche spcttroscopiche e microchimiche sulla 
calaratta nigra) (Clinica Oculiêtica^ septembre-octobre 1906). 

a) CaVderafMï. — Sur la tuberculose de la sclérotique (SuIIa tubercules! délia 
sctcra) (Clinira Oculislica^ juin, juillet, août 1906). 

^ KovkQ (F.)* — Des lésions consécutives à Tinoculation; dans la chambre 
jinU-deure de Toeil, de bactéries, levures, moisissures, produits bactériens 
(Welchc Vcrlinderunfrenentslehennach Einspritzun^ von Bakterien, Hefen, 
SchimmcLpilituitund Bakterien^ ften in die vordere Augenkammer) (Arb. 
a, d. Kais. Ges^nndh., t. XXII, f. 2, p. 411, igo5). 



1) Cirincione apporte une observation de cataracte noire 
dans laquelle il a cherché par les moyens en son pouvoir à 
déterminer quelle théorie était la véritable pour l'explication 
de la couleur noire du cristallin (pigment sanguin, pigment 
mélanique, pigment uvéal ou autres substances). A un exa- 
men superOciel le cristallin semble avoir deux zones, une 
centrale, sombre et une périphérique plus claire ; Texamen 
microscopique montra les fibres cristalliniennes assez peu 
homogènes^ granuleuses, coriimencement de dégénérescence 
graisseuse vraisemblablement. L'examen chimique après 
macération dans la soude à 3o pour 100, ou Tacide sulfurique 
à 10 pour 100, et Texamen microchimique sur coupes ne 
purent déceler la présence de traces de fer ; donc absence 
totale de pigment sanguin, la recherche des cristaux d'hémine 
fut négative et enfin la réaction différentielle de Unna au bleu 
polychrome pour Thémosidérine et la mélanine ne mirent en 
évidence ni l'un ni l'autre de ces pigments dérivés du sang. 
Au spectroscope il ne fut pas plus possible d'obtenir les bandes 
d'absorption caractéristiques du sang. La recherche chimique 
delà mélanine resta négative. Les procédés de dépigmentation 



ANATOMIE frAtlIOLÔGtQOE 6t 

dont impuissants à faire disparaître la couleur brune, il ne 
s*agit donc pas de pigment irien. La graisse et ses dérivés ne 
purent être mis en évidence nettement. En somme, surtout des 
résultats négatifs. C'est une observation de plus à ajouter à 
celles que Fauteur rapporte succinctement en analysant les 
différents faits publiés sur le sujet (i5 observations publiées, 
dont quelques-unes concernent plusieurs cas). 



G. DUBRBUIL. 



a) Calderaro fait observer que la sclérotique, de par sa 
constitution anatomique, semblait devoir être indemne au point 
de vue de localisations tuberculeuses, ou tout au moins p^u 
favorable au développement de la tuberculose endogène. Il 
existe cependant des cas de localisation tuberculeuse non dou- 
teux, scléraux ou épiscléraux. L'auteur en apporte trois nou- 
veaux. Observation I : enfant de sept ans, nodule sur le 
limbe scléro-cornéen, rose et grisâtre au centre, nombreux 
vaisseaux tout autour. Ablation chirurgicale, récidive, nouvelle 
ablation. L'examen microscopique fait croire à la tuberculose, 
la recherche des bacilles est négative, mais Tinoculation dans 
la chambre antérieure d'un lapin provoque la mort de celui-ci 
au soixante-deuxième jour par tuberculose miliaire de Tiris, 
de la choroïde, du globe oculaire et des méninges. — Obser- 
vation II : jeune fille dix-sept ans. Père mort de tuberculose 
pulmonaire. La malade porte à Tœil gauche, à une certaine 
distance de la cornée, une tumeur, grossQ comme un pois, de 
couleur rose pâle, avec ulcération grisâtre au sommet et fon- 
gosités. Un lapin inoculé présente au bout d'un mois de Tiritis 
tuberculeuse. Traitée au sublimé, au xéroforme et avec des 
cautérisations, la guérison se produit, lente, et se maintient, 
— Observation III : assez semblable à la précédente, mais la 
tumeur ne guérit pas, Ténucléation s'impose. Examen micro- 
scopique minutieux de la pièce, recherche des bacilles positive. 

Au point de vue clinique, l'auteur distingue trois périodes 
dans révolution delà tuberculose sclérale : i^'^ période ou épi- 
sclérale; petite tumeur arrondie au voisinage du limbe, colo- 
ration rose à la périphérie, grise vers le sommet, elle simule 
les kystes parasitaires sous-conjonctivaux; 2*^ période ou ulcé- 
rative, la tumeur s'accroît, adhère à la conjonctive bulbaire, et 



6a REVUE GÉNÉRALE 

Tulcère, fongosités roses, grisâtres ou caséeuses. Pas de 
nodules miliaires, en môme temps la néoplasie s'infiltre dans 
la sclérotique et glisse vers le corps ciliaire ; 3® période ou de 
régression, la tumeur s'aplatit et le fond de Tulcère se déterge, 
la gutuûson semble la règle dans la tuberculose épisclérale qui 
aiïecte la forme solitaire et circonscrite. Le pronostic est donc 
reliitivement bénin et Ténucléation n'est en général pas indi- 
quée, O. DUBREUIL. 

3) Koske montre que des bactéries telles que B. subtilis, pro- 
di[/iosus^ Staphyloc. pyoff, aureus, B.suipesiifer, des levures 
telles que Rosahefe, introduites dans la chambre antérieure de 
Tœii, y produisent des lésions inflammatoires aboutissant à la 
fontt! purulente. D'autres bactéries limitent leur action inflam- 
matoire à la chambre antérieure en produisant finalement une 
synëchie; de ce nombre sont ; V. Metchnikovi et B. tubercu- 
loïde Habinowitsch. Les recherches faites avec les extraits 
éUiérés de cultures montrent que les produits bactériens ne 
jouent qu'un rôle secondaire irritatif, les troubles principaux 
sont provoqués par la multiplication microbienne. h. 



PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 



OUVRAGES GÉNÉRAUX. -> STATISTIQUES 

1} Otraud (F.). — L*œil dialhésiquc (i vol. in-i8, Maloinc, édit. Pans, 
ï&"7 ■ 

2) Bossa lino. — Le glaucome i^rimaire et ses suites après l'iridectomic (II 
^rlaueimia priniario cd il suo esito doporiridectomia). Grand in-8,a20 pages, 
A. Valcnti, édit., Pisa 1906). 

3) Jackson. — De la skiascopie et de ses applications pratiques pour l'étude 
de in re fraction fSkiascopy and its praticaT application to the Study of 
rcfrnction) (4* édit., 28 dessins. Herrick Book and Stationery C» Denver, 

i) Sous ce litre, Giraiid vient de publier un ouvrage de 
naluro à attirer Tattention des ophtalmologistes et aussi de 
tous les médecins qui, dans leur pratique journalière, sont 
appelés à traiter des affections oculaires bénignes ou à donner 



OUVRAGES GÉNÉRAUX. — STATISTIQUES 69 

les premiers soins au début des maladies plus graves de l'œil 
et qui réclament ultérieurement Tintervention d'un spécialiste. 

Après avoir exposé la séméiologie de la diathèse en général^ 
l'avoir distinguée et séparée de Tinfection (syphilis, tubercu- 
lose, etc.), Tauteurpasseenrevue sommairement les différentes 
théories de Tarthritisme et Tétude des terrains tuberculeux, 
scrofuleux» cancéreux et il s'étend principalement sur le cha< 
pitre de la diathèse arthritique. 

L'auteur admet de préférence aux autres la théorie humo- 
rale de Gautrelet et se range à celle de la diathèse par hyper- 
acidité et par hypoacidité générales. 

Après quoi, faisant œuvre de clinicien original, il passe à 
Tétude des retentissements de la diathèse sur la pathologie 
locale du globe oculaire et de ses annexes et s'attache à nous 
montrer l'intérêt qu'il y a pour le médecin et l'avantage pour 
son malade à savoir dépister cette diathèse dans ses effets sur 
les affections de l'œil qu elle crée de toutes pièces ou com- 
plique très fréquemment, et cela souvent à notre insu jus- 
qu'alors. 

L'auteur attire l'attention des oculistes principalement sur 
les rapports de l'arthritisme avec les maladies des yeux et 
cherche à montrer que, à côté des affections de nature rhuma- 
tismale fraîche et avérée qui sont bien connues et traitées de 
même depuis longtemps, il y a quantité d autres états subai- 
gus ou chroniques de l'œil dont la source est la diathèse larvée 
et le traitement par excellence la médication générale et le 
régime associés au traitement local. h. non. 

2) L'étude clinique et statistique de Bossalino porte sur 
275 cas (149 hommes et 126 femmes), résumés dans des tables 
où se trouvent notés Tâge des malades, les détails, ophtalmo- 
scopiques et autres, ayant servi au diagnostic, le traitement et 
l'intervention, les suites immédiates, les opérations consécu- 
tives, dans quelques cas, et les suites plus ou moins éloignées 
et définitives. Cette partie, originale, du travail, est précédée 
de considérations générales sur la classification, l'étiologie, 
les théories pathogéniques du glaucome primaire, son traite- 
ment médical et chirurgical (iridectomie, son mécanisme d'ac- 
tion, opérations proposées pour la remplacer). Parmi les 



70 REVUK GENERALE 

conclusions que Tauteur formule d'après sa statistique, rete- 
nons que Taction élective de Tiridectomie antiglaucomateuse 
se manifeste par l'abaissement durable de Thypertonie ; mais 
l'opération est favorable aussi pour la conservation de Tacuité 
visuelle centrale, surtout dans le glaucome aigu, et donne de 
bons résultats assez souvent aussi dans des cas de glaucome 

simple. A. ANTONBLLt. 

- MALADIES DB LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE ET DE LA SCLÉROTIQUE 

i) Kraemep, — Les pigmentations congénitales de la cornée (Die ange- 

borenen Pigmentierungen des Hornhaiul) (CentralbL fUr prakt, Augenheilk,, 

février 1906). 
a) Kraemer. — Contribution A Tétudc de la pigmentation congénitale de la 

cornée (Ein neuer Beitrag zur angeborenen Hornliautpigmentierung (Cen- 

iraiblait fur prakl. Augenheilkundet mai 1906). 

3) KIpp (C.-J.V — Conjonctivite due à l'euphthalmine (Euphthalmine con* 
junctivitis) (Ophlkâlmology, janvier 1906). 

4) Randall (B -A.). — Kératite dentritique (Dendritic keratitis) (Report O/ 
Section on ophth&lmology^ Collège of Phygiciam of PhiladelphUt février 

5) Painblan. — Kérato-conjonctivite phlycténulaire (Echo méd, du Nord, 
23 avril 1906). 

6).Roure. — Conjonctivite de Parinaud (Bulletin de la Soc, méd, chirurgie, 

de la DrômCy p. 122, 1906). 
7) Isola. — Conjonctivite de Parinaud (Conjunlivitis de Parinaud) (Arch, de 

Oflalm. hiip.-americ, mars 190Ô). 
8] Von Lint. — Un cas de catarrhe printanier (Soc, méd. chirurg. du Bra- 

bant, 29 mai 1906^. 

9) De Barardinis (Naples). — L'ulcus rodens de la cornée, traité par 
rhétéroplastie de tissu cornéen du lapin (L'ulcéra rodente délia comea 
curata mcdiantc la eteroplastia di tessuto corneale di coniglio) (Annali di 
Ottalmologia, vol. XXXV, fasc. 10-11, p. 835 à 842, 1906}. 

10) Tooke (F.-T.). — Conjonctivite de Morax-Axenfeld (Morax-Axenfeld 
Conjunctivitis (Ophlh, Record.^ mai 1906). 

11) Duana (A.) et Hastings (T.-W.)* — Bactériologie des conjonctivites 
aigucs (BactenologiCal types of acute conjonctivitis) (New-York med.journ.^ 
21 mai 1906). 

12) Vandergpift (Gbo.-W.). — Agpects cliniques du trachome (Clinical 
aspects of trachoma) (Merck's archives^ juin 1906). 

i3) Wioharkiewioz. — Remarques sur le kératocone primaire (Einiges uber 

den primœren Ilornhautkcgel) {Zeitsch. f, Augenheilk.^ XIII, p. 93). 
14) Koll. — Un cas de coloration de la cornée par Tacide chromique (Ein Fall 

von Braunfosrbung der Hornhaut durch Chrom) (Zeitsch. f, Augenheilk,. 

XIII, p. 220). 
i5) Painblan. Corps étranger métallique logé dans le cul-de-sac conjonctival 

inférieur après avoir traversé la paupière (Soc, centr. du Nord^ 23 mars 

1906). 

i) Kraemer a observé chez un Allemand blond une pigmen- 
tation de la cornée et passe en revue la littérature parue sur 
la pigmentation congénitale de la cornée. Il rappelle Tobser- 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 71 

vation de Krukenbei^, qui admet que, à Tépoque où la mem- 
brane pupillaire est contiguë à la cornée, du pigment fuse 
dans la cornée. On ne peut jamais dire avec certitude si ces 
pigmentations, soi-disant congénitales, ne sont jpas acquises 
plus tard, par une migration de pigment, par une raison quel- 
conque. Les cellules de Tendothélium ont, diaprés V. Hippel, 
des propriétés phagocytaires ; c'est-à-dire peuvent s'incor* 
porer du pigment dissous de Tiris ou du corps ciliaire. 

B. RBDSLOB. 

a) Kraemer a observé chez une vieille dame âgée, une 
mélanose des couches profondes des deux cornées. C'est le 
type décrit par Krukenberg, qu'il explique par le fait que 
pendant une certaine époque de la vie intra-utérine la mem- 
brane pupillaire s'adresse directement à la face postérieure de 
la cornée. Le pigment de la membrane papillaire a. donc 
l'occasion de pénétrer dans la cornée si les rapports sont plus 
intimes que normalement ou que la membrane pupillaire tarde 
à disparaître. ■. rbdslob. 

3) Kipp a observé une conjonctivite chez un homme, âgé 
de trente-sept ans, après instillations d'euphthalmine. La solu- 
tion employée était de 4 pour loo; le malade avait fait deux 
instillations par jour, une le matin, l'autre le soir, durant cinq 
semaines. A ce moment, conjonctive rouge et œdématiée, 
couverte de larges pellicules. Œdème des paupières, les cils 
sont recouverts par la sécrétion. Ces mêmes phénomènes se 
sont reproduits chez le malade, avec la même solution. Cette 
solution était pourtant aseptique. Le malade guérit après 
instillations de sulfate de zinc, et après avoir abandonné 
Teuphthalmine . coburn. 

4) Ràndall rapporte un cas typique grave de kératite den- 
dritique accompagnée d'épisclérite et de rhumatisme. Le 
malade fut guéri par l'emploi combiné de la dionine et de la 
qumme . coburk . 

9) Dans un cas d'ulcus rodens typique, consécutif à un 
traxmiatisme (escarbille de charbon danç le limbe et bord 



TZ REVUE GÉNÉRALE 

cornéen) chez une femme de vingt-six ans^ autrement saine. 
De BerardiniSy ayant en vain essayé les topiques, les cautéri- 
sations, les injections sous conjonctivales, etc., se décida à 
exciser à plat, avec un couteau linéaire très mince, une cer- 
taine épaisseur de la cornée sur la zone périphérique inté- 
ressée, et à y greffer un lambeau de cornée de lapin, tenu en 
place par glissement au-dessous de la conjonctive du limbe, 
décollée au préalable. Pansement binoculaire. Au bout de 
quatre jours le lambeau se montrait adhérent, mais un peu 
tuméfié. Après quelques semaines (pansement renouvelé tous 
les trois jours) le lambeau présentait une surface normale, 
lisse, polie et de teinte grisâtre, Tinjection conjonctivale était 
presque nulle, Tacuité normale. L'examen bactériologique 
(ensemencement dans l'agar et le bouillon, au début du pro- 
cessus ulcéreux) avait montré un bacille disposé en tétragone, 
capable de provoquer dans Tœil du lapin une infiltration cor- 
néenne nette, mais à allure torpide. a. antoxelli. 



lo) Tooke fait une étude complète de la conjonctivite à 
diplobacille. La conjonctive palpébrale est plus fréquemment 
atteinte, la peau est érythémateuse, les angles sont surtout 
légèrement ulcérés. Les cas aigus sont généralement communs. 
L'ulcère de la cornée complique rarement cette conjonctivite, 
on peut Tobserver cependant et en môme temps que de Tiritis 
et de rhypopyon; d'aspect arrondi, il n'a pas tendance à 
s'accroître et ne guérit pas facilement. Bactériologiquement le 
germe est un diplobacille deux fois plus long que large, et à 
extrémités arrondies. 11 est douteux qu'il ait une capsule. Le 
bacille ne vit que sur du sérum, ou du sérum-agar. Il est 
décoloré par la méthode de Gram, on peut le confondre faci- 
lement avec le pneumo-bacille de Friedlânder, le bacille de 
Tozène, le bacille liquéfiant de Petit ; toutefois les deux pre- 
miers vivent sur les autres milieux et présentent une capsulé 
très nette. On peut se demander si le bacille de Petit et celui 
de Morax-Axenfeld ne sont point identiques. Les collyres à 
base de zinc sont spécifiques pour ce bacille. On Ta trouvé 
dans toutes les formes de conjonctivites, quatorze fois, non 
compris le trachome. coburn. 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 73 

11) Duane et Haêlings ont élndié i3a cas de conjonctivites 
aiguës, spécialement au point de vue de la relation qui peut 
exister entre l'agent spécifique et les symptômes oculaires. 
Voici leurs conclusions : il n'y a pas une conjonctivite spéciale 
d'après chaque germe pathogène. L'aspect clinique d'une con- 
jonctivite ne peut donc faire penser à tel ou tel microorga- 
nisme. Il est certain cependant que le gonocoque, le bacille 
de Lôffler, le streptocoque, produisent une grande réaction, 
que les autres bactéries agissent moins intensivement. Les 
conjonctivites à pseudo-membranes peuvent être produites par 
un grand nombre de microorganismes. Les pseudo-membranes 
ne sont point nécessairement accompagnées de conjonctivites 
graves. Dans le trachome, spécialement à la période d'exacer- 
bation, une quantité de microorganismes existent, ces microor- 
ganismes ne sont pas la cause du trachome, mais produisent 
une conjonctivite aiguë intercurrente avec sécrétion. Ces 
microorganismes non seulement servent à la contagion et à la 
transmission de la conjonctivite aiguë, mais aussi du trachome 
lui-même. Le staphylocoque blanc, et surtout le doré, sont les 
moins pathogènes, mais prédisposent aux lésions cornéennes. 
Les associations microbiennes sont généralement moins dan- 
gereuses au point de vue de la réaction conjonctivale, qu'un 
agent infectieux seul. coburn. 

12) Rien de nouveau dans le travail de Vandergrift^ sinon 
que l'auteur emploie le bichlorure de mercure à i/5oo, appliqué 
au moyen d'un tampon, comme traitement. coburn. 

i3) Les causes provoquant le kératocône primaire sont 
doubles d'après Wicherkieivicz : d'abord il s'agit générale- 
ment d'une hypertension de l'œil et en second lieu d'un amin- 
cissement du centre de la cornée à la suite de troubles 
trophiques. 

Un traumatisme peut jouer un rôle dans la genèse du kéra- 
tocône : il ne faut pourtant pas lui attribuer trop d'impor- 
tance. L'opacité de la pointe du cône doit être provoquée par 
un trouble trophique, par l'augmentation de la pression intrao- 
culaire combinée avec un déplacement des tissus. Quelquefois 
ou peut remarquer une sorte de mouvement pulsatoire de la 



74 REVUE GÉNÉRALE 

pointe du cône. Ce phénomène s*explique d'après Wagenmann 
par le fait qu'il se produit une pulsation là où une ouverture 
mtne dans une cavité formée par des parois rigides contenant 
des tissus richement vascularisés ou bien des liquides. L'ouver- 
ture représente la chambre antérieure qui se prolonge jusque 
dans le cône, la cavité est la cavité oculaire. 

Le kératocône primaire peut être unilatéral, mais c'est une 
rareté. 

Comme thérapeutique Fauteur préconise l'emploi du cautère 
sans perforation du cône. 8. rbdslob 

■ 4) Un ouvrier qui travaillait dans une fabrique de velours 
teint h Tacide chromique vint consulter Koll pour un ulcère 
de la cornée gauche. Les bords de l'ulcère étaient brunâtres, 
une ïone de la couche superficielle de la cornée des deux 
yeux correspondant à la fente palpébrale était également 
colorée, mais d'un brun plus intense. La conjonctive était 
normale. L'examen chimique révéla la présence d'acide chro- 
mique dans les opacités cornéennes. b. rbdslob. 



MALADIES DE l'iRIS, DE LA CHOROYdE ET DU CORPS CILIAIRE 
GLAUCOME, AFFECTIONS SYMPATHIQUES. 



i) Sherer (G. W.). — Ruptures multiples de la choroïde (Multiple rupture 
iif the clîoroïd) {American Medicine, juin 1906). 

aj Posey (W.-C). — Amélioration par Tiridotomie des yeux aveugles, par 
irido-CYçJjte et cataracte secondaire (Unusual success from iridotomv in 
eycs jîracticully blind from irido-cyclitis and complicated cataract) (Sect. 
of Uphth. Collège of Physicians, Philadelphie, avril 1906). 

3] Gilbert (W.)* — Deux cas d'anomalies conj^énitales rares de l'iris 'ZweiFflUe 
^eLtcrii-F ^ongenitaler Irisanomalien) [Zeitsch. f. Augenheilk,^ Xlll, p. i44)* 

4) ZIegler (5.-L.). — Iridotomie en forme de V. (V shaped iridotomy) (Seet» 
of Ophlh,^ Collège of Physicians, Philadelphie, avril 1906) 



]) Le malade de Sherer, à la suite d'un traumatisme et 
après la disparition de rœdème, présentait à l'examen ophtal- 
moscopique quatre ruptures concentriques de la choroïde dans 
le plan horizontal et dont la concavité correspondait à celle 

de la papille. coburn. 



MALADIES DE L*1R[S, DE LA CHOROÏDE, ETC. 75 

2) Posey a opéré une femme, qui avait une occlusion des 
pupilles et des cataractes secondaires à la suite d'une irido- 
cyclite grave. Après l'extraction des deux cristallins, il divisa 
riris au moyen des ciseaux de de Wecker, au niveau de Taxe 
où se faisait la plus grande traction. L'incision doit être large, 
on combattra les réactions inflammatoires par des applica- 
tions de glace, par Tacide borique et Tatropine ; en même 
temps qu'on donnera le salicylate de soude à l'intérieur. 

CODURN. 

3) Il s'agit dans le travail de Gilbert d'un cas d'iridérémie 
partielle unilatérale et d*un cas d'échancrures multiples du 
bord pupillaire de Tiris. b. rbdslob. 

4) Zicgler fait l'historique et montre combien les opinions 
diffèrent en ce qui concerne l'iridotomie en forme de V; les uns 
employant et préférant les ciseaux, les autres les couteaux. 
Les couteaux ont des avantages, mais ne peuvent être employés 
dans tous les cas, à cause de Tépaisseur des membranes. L'au- 
teur préfère au modèle courant une modification du couteau 
de Hay et fait une incision en forme de V. La ponction et la 
contre-ponction de la cornée doivent être faites le plus en 
dehors possible. Cette opération réussit dans 90 pour 100 des 

cas. COBURN. 



MALADIES DE LA RÉTINE, DU NERF OPTIQUE ET DES CENTRES NERVEUX 

(amblyopie et AMAUROSE, dyschrômatopsib) 

1) Best. — Sur une affection héréditaire de la macula (Uber cine hereditflre 
(Macula-afTectioD. Beitrag zur Vererbungslchrc) ('Zet^jc/i. /". Augenheilk.^ 
XHI, p. 144). 

2) 8h06makep (W.-E.). — Chopio-rétinite scléreuse et luxation spontanée 
du cristallin (Chorio-retinal sclerosis, with spontancous dislocation of thc 
Icnses) (Section of Ophih., Collège of Physicians, Philadelphie, avril 1906;. 

3) Anglade et Aubaret. — Gliomc de la rétine. Exentération sous-conjonc- 
tivale de Torbite. Guérison après deux ans et demi (Soc. de méd, et chir. 
de Bordeaux, 19 octobre 1906). 

4) 86ltz (F.-B.). — Amaurosc fonctionnelle, hystérique, psychique ou uré- 
mique (Functional, hystérie, psychic or urémie Amaurosis) ff^om. Eye, 
Ear, and Throat Journ.^ mai 1906). . 

5) Hotz (I.-C). — Un cas d'amaurose par l'antipyrine (A case of antipynne 
Amaurosis) (Arch, of Ophlhàl,^ mars et mai 1906). 



76 REVUE GÉNÉRALE 

6) Cramer Ehrenfried. — Décollement tardif de la rétine après trauma- 
tisme (Traumat. Sp&tablôsunflr der Netzhaut) (Zeitsch, f. ^Augenheiik.^ 
XIII, p. 3i). 

7) 8ismon (E.-O.). — Gliomede la rétine (Glioma of the reiinsî) (Ophthalmic 
Record, avril 1906). 



1) Best a observé depuis huit ans huit cas d'anomalies de 
la macula dans la même famille, famille nombreuse dont la 
plupart des membres étaient atteints d'autres malformations 
de rœil. 

Cette anomalie de la macula formait un foyer rougeâtre, 
aux contours nets, dans d'autres cas un foyer ressemblant h 
un foyer de choroïdite centrale simple, entouré parfois de stries 
blanches de fibres médullaires de la rétine. 

Le foyer siégeait chaque fois exactement à la même placé, 
en dessous du point de fixation, témoignage frappant de la 
ténacité dans la question de Thérédité. Il n'y avait pas un 
seul cas de mariage consanguin dans la famille, la syphilis 
était exclue. Toutes ces anomalies étaient congénitales. 

Gomment faut-il s'expliquer l'origine de cette anomalie? Il 
y a trois possibilités : i ) H y a corrélation avec la fissure 
embryonale de Tœil; mais sa localisation ne correspond pas 
avec celle de la macula pendant le développement de l'œil. 
2) Il s'agirait d'une inflammation intra-utérine : mais elle ne 
.se localiserait pas chaque fois à la même place. 3) C'est un 
arrêt dans le développement ; c'est là le seul mode admissible. 

B. RBDSLOB. 

2) Le malade de Shoemaker présentait de la sclérose de la 
rétine de la choroïde, du nerf optique et du cristallin avec son 
ligament suspenseur. Les vaisseaux étaient filiformes. Le 
terme de dégénérescence pigmentaire ou d'atrophie de la 
X'étine est préférable à celui de rétinite pigmentaire; il est. 
fort probable que la choroïde joue ici le premier rôle dans la 
production des lésions. coburn. 

3) Anglade et Aubaret présentent une malade opérée il y a 
plus de deux ans et demi pour un gliome de la rétine. L'inter- 
vention consista en une exentération sous-conjonctivale de 
l'orbite. La guérison, qui se fit sans incident, a permis une 



MALADIES DE LA RÉTINE, DU NERF OPTIQUE, ETC. 17 

prothèse très satisfaisante. Ils montrent aussi des préparations 
histologiques obtenues par la méthode qu'Anglade a recom- 
mandée pour la coloration des tissus névrogliques. Ces pièces 
démontrent que le cas présenté réalise un type de neurogliome, 
dont la forme rappelle celle d'une tumeur papillaire bourgeon- 
nante. Les fibrilles névrogliques n'existent que dans les par- 
ties les plus anciennes du néoplasme ; les plus jeunes sont 
constituées par des amas nucléaires. Les fibrilles n^y sont pas 
encore développées. r. 

4) La malade de Seitz, une femme âgée de vingt ans, devint 
subitement aveugle. Rien au fond d'oeil. Pupilles réagissant 
faiblement à la lumière. Rien ailleurs. Injections hypodermi- 
ques de strychnine ; au bout de cinq jours, retour de la vision 
normale, guérison au bout d'une semaine. coBun?f. 

5) Le malade de HotZy atteint de névralgie de la face et des 
yeux, prit, dans l'espace de quarante huit heures, 26 cachets 
de 32 centigrammes d'antipyrine chaque, soit 8 grammes 
32 centigrammes. A ce moment, baisse de la vision, au bout 
de quarante-huit heures, le malade ne distingue que les doigts, 
dans la périphérie du champ visuel. Amélioration et guérison 
complète. Gomme le malade est un grand fumeur, qu'il prenait 
aussi de la quinine et du salicylate, on ne peut mettre Tamau- 
rose sur le compte de Tantipyrine seule. Hotz fait remarquer 
qu'on ne connaît que trois cas semblables au sien. 

COBURN. 

6) Cinq semaines après un coup de fléau contre le rebord 
inférieur de l'orbite gauche le malade de Cramer remarquait 
une baisse sensible de la vision de l'œil gauche, il s'en suivit 
bientôt une cécité complète. Cramer découvrit un décollement 
étendu de la partie temporale de la rétine. Malgré l'intervalle 
de tant de semaines écoulées entre le coup et l'apparition du 
décollement, l'auteur croit qu'il faut pourtant rendre respon- 
sable l'accident décrit plus haut. Le coup aura provoqué une 
légère déchirure de la rétine par laquelle une humeur séreuse 
provenant du corps vitré se sera lentement échappée pour s'in* 
filtrer sous la membrane nerveuse 1 b. hhdsloo. 



78 REVUE GÉNÉRALE 

7) SUson rapporte un cas de gliome observé chez un gârçôn 
âgé de six ans et fait une revue générale des cas publiés. 
Enucléation. Aucune récidive au bout d'un an. Il rapporte 
aussi neuf autres cas de gliomes observés par d'autres auteurs 
dont trois en détail. coburn. 



MALADIES DU CRISTALLIN ET DU CORPS VITRÉ. 

i) Kuhni fil.). — Sur l'extraction de la cataracte dans des cas de rétrécisse- 
menls tiotableB du sac conjonctival (Ueber Star-Extraction bei wesentlich 
mn^ceng^Lenn Bindehautsacke)^Ze(7$c/i. f, Augenheilk.^ XIII, p. io3). 

2) Knapp <:1[.). — De Tétioloçie de la cataracte lamellaire (On the etiology 
of iHnicllrii' caloract) (Arcfu of Ophth., mars et mai 1906). 

Z) Shoemaker (T**\V.). — Persistance de l'artère hyaloïdc dans les deux 
yeo^ (iVt^istanl hyaloid artery in both eycsj (Section ofophthalm., Collège 
of PkifsiiianSi Philadelphia, avril 1906). 

4) Seaman (11. E.). — Cristaux de cholestérine dans le vitre et atrophie 
optîqut; ;Cholasterine crystals in the vitreous, with optic atrophy) (Ophth. 
lieconi, avril rijf>6). 

5) Lundberg. — L^s opérations de cataractes exécutées de 1898 à 1903 à 
i'Hiïpitul des ScrHj)hins à Stockholm (Om Starroperationer, i anslutning: tili 
undâr aren iBt^8-i9o3 opercrade fall vid Seraiim lasarettets Oegonklinik 
(Hyijiétté^ p. n33'ii66, nov. 1906). 



1) Le riîlrécissement du sac conjonctival se trouve dans le 
trachome- Le rétrécissement augmente singulièrement les 
diflicuUéH rlc Topération en empêchant d'écarter suffisamment 
les paupières. Or Kuhnt a trouvé un moyen d'opérer qu'il 
vante beaucoup dans ces cas- là : il fait la section de haut en 
bas avec lambeau conjonctival à la base inférieure de la plaie. 
L'iridectomie est généralement pratiquée en bas et le cristallin 
extrait en bas et en dehors de la bride. 

Malgré ses avantages cette section sous-conjonctivale pré- 
sente quelques inconvénients : elle est plus difficile que Tautre, 
et souvent il se produit de fortes hémorragies, très gênantes. 
Kuhnt pourtant recommande cette section dans tous les cas 
d'exophtalmies. d'énophtalmies, de nystagmus, de catarrhes 
chroniques, enfin là où les malades sont incapables de diriger 
leurs yeux en bas. Pour éviter le prolapsus de Tiris Kuhnt 
aime à pratiqpier la dialyse périphérique de l'iris. 



Maladies du âRistALLtif Et Du Corps Vitré . 7d 

a) Knstpp rapporte un cas de cataracte lamellaire, et pense 
expliquer au moins en partie Tétiologie de cette affection. Un 
enfant à l'âge de sept mois, eut des convulsions, dues proba- 
blement à une inflammation de Tépendyme des ventricules. 
A ce moment le cristallin est transparent^ mais on note une 
neuro-rétinite et une uvéite séreuse. A la suite, décoloration du 
nerf optique du côté temporal^ trouble du cristallin, opacités 
à la périphérie, puis cataracte lamellaire. Il est clair que là, 
la cataracte zonulaire est produite par des troubles de la nutri- 
tion. CODUBIC. 



3) Shœmaker a observé chez un de ses malades la persistance 
de Tartère hyaloïde dans les deux yeux. Dans Tun, Taspect 
était celui qu'on observe ordinairement, un filament inséré à 
la papille, TautreJibre dans le vitré. Dans l'autre œil, l'extré- 
mité neurale de l'artère ainsi que ses ramifications ont 
entièrement disparu, de telle façon qu'on ne voyait que de 
très fins filaments à la face postérieure du cristallin, adhérents 
aux procès ciliaires d'une part, et d'autre part, à un filament 
de l'artère hyaloïde, libre dans le vitré. Pas d'opacification de 
la capsule postérieure du cristallin. coburn. 

4) Seaman a trouvé des cristaux de cholestérine dans le 
vitré d'un homme âgé de cinquante-cinq ans et qui avait aussi 
des deux côtés une atrophie du nerf optique. Les cristaux de 
cholestérine n'existaient que d'un côté seulement. Le malade 
a perdu la vision graduellement, mais ne s'est point aperçu 
des opacités du vitré. coburn. 

5) Lundberff publie les résultats de 4oo extractions, 33y ex- 
tractions simples, 63 compliquées, opérées en cinq ans, par 
le professeur Widmark, à la clinique ophtalmologique de 
Stockholm. Il sépare les cataractes mûres et les non mûres. 
Voici les résultats pour la vision : 



80 REVUE GÉNÉRALE 

Cataractes non compliquées Extractions simples Extractions combinées 
Vision Cat. mûres Non mûres Cat. mûres Non mûres Cat. mûres Non mûres 



I 

0,8 

0,6 
0,5 

0,4 
0,3 
0,2 
o.i 
< 0,1 
Quanti ta live 

Total 



8 

I 

8 

5 

1 1 

i5 

22 

27 

'7 

9 



t27 



5 

5 

2 

i3 

16 

26 

53 

38 

34 

8 

5 

5 



8 
I 
4 
4 
6 

14 
14 

7- 
5 

» 

I 



4 

3 

» 

7 
7 

^7 

3i 

'22 

la 

5 

4 

3 



» 

4 

I 

5 

4 

8 

i3 

10 

4 
2 

I 



I 

2 

2 

6 

9 

9 
22 

16 

22 

3 



i5 (190) 52 95 (147) 



Il résulte de ces chiffres que Tacuité visuelle a été un peu 
meilleure après l'extraction simple et également un peu meil- 
leure pour les cataractes mûres que pour les non mûres. 

Les résultats dans les cataractes compliquées sont les sui- 
vants ; 

Vision Cai. mûres Non mûres 



Oi7 


» 


a 


0,3 


3 


6 


0,2 


5 


14 


0,1 


5 


8 


< 0,1 


5 


i3 (5 


Quantitative 


2 


» 



20 



43 



+ 13=18 = 28,6 <^/o mauvais résultats). 
= 3,2 <*/o perte de la vue.) 



Résultats totaux et complications : 

Extractions simples Extractions combinée^ 



Bons résultats. . 
Perle de la vue • , 


974>pour 100 
2,1 — 


98,66] 
1,34 


pour 100 


Issue du vitré. . 


i,o5 


— 


1,34 


— 


Adhérence de l'iris 


.4,2 


— 


7,06 


— 


Prolapsus de Tiris , 

Iritis 

Glaucome second. 


3,6 
7,8 
2,6 


— 


0,7» 

9.09 
» 


= 


Infection de la plaie 


2,6 


— 


0,71 


— 



MALADIES DE LA RÉFRACTION, DE L'ACCOMMODATIONi ETC. 81 

Nous ferons toutefois observer que les cas où la vision fut 
= o, I sont comptés par Lundberg dans les bons résultats. 
C'est nous qui les avons relevés comme mauvais, h. dor. 



UALADIBS D8 LA RéFRACTIGN, DB L*ACCOMMODATION BT DBS MU8GLB8 DB L*0B1L 

i) Loeser. — Paralysie des mudcles de TœU après Tanesthésie lombaire 
(Soc. d'ophtalmologie de Berlin^ i5 février 1906). 

2) Qleiohen. — Encore une fois ma théorie de la skiaskopie (Noch einmal 
meine Skiaskopie-Theorie) (ZeiUch, f. Augenheilk.^ XII, p. 653). 

3) Oliver (A.). — • Court exposé du rapport entre les champs binoculaires 
de I9 vision des couleurs et les champs combines de l'astigmie (A brief 
smnmation of the intcrrelationship of binocular iields of vision and corn- 
bined arens of as tigmiej fi4nna/» of Opklhalmology^ janvier 1906). 

4) Landow. — Un cas de paralysie des deux droits externes, accompagnée 
de donleui*s violentes et prolongées de la tète et de la nuque après ânes- 

„thësie rachidienne (Ein Fall van doppelseitigcr Abduzensl&hmung, etc.. 
nach Rûckenmarksanftsthcsie) (Mûnch, med. Woch.f n. 3o, p. 1464, 1906). 

5) Apert et.Duboto. — Nystagmus familial (Soc, de pédiatrie^ 16 octobre 
1906). 

I ) Loeser. Un homme de quarante-cinq ans, à qui on a fait une 
injection de 25 milligrammes de cocaïne dans le canal rachi- 
dien, se plaint dé voir double la première fois qu'il quitte le lit 
après Tanesthésie, au bout de cinq jours. 11 s'agissait d'une 
paralysie du grand oblique. Chez Un autre sujet, âgé aussi de 
quarante-cinq ans, il se produisit, après une injection de 
5 centigrammes de stovaïne, une paralysie du moteur oculaire 
externe gauche. g. d. 

4) Depuis quelque temps, on a publié quelques cas de 
paralysie des muscles oculaires après Tanesthésie rachidienne. 
Dans la première observation d'Adam (Mùnch. med. Woch,^ 
n^ 8, 1906), il S'agissait de paralysie du droit externe de Toeil 
gauche ; dans les trois autres cas (Loeser, Med. Klinik, n^ 10, 
1906, et Boeder, Afii/ic/i. med, Woch.^ n® 28, 1906), il s'agis- 
sait deux fois du droit externe et une fois du grand oblique. 
Dans trois cas on s'était servi de stovaïne, dans le quatrième 
de novocaïne. Landotv a fait usage préventivement d'injection 
sous-cutanée de scopolamine et morphine et, pour Tanesthésie 
lombaire, de la solution à 5 pour 100 de novocaïne et supra- 
rénine de la fabrique de Hôchst ; une seconde injection de 
I centimètre cube fut nécessaire, et, comme l'anesthésie n'était 
pas encore assez complète, il dut employer du chloroforme. 

6 



82 REVUE GÉNÉRALE 

La narcose fut appliquée pour une opération de fistule rectale 
avec hémorroïdes. La diplopie apparut le septième jour et 
était due à une paralysie des deux droits externes ; elle 
apparut non seulement pour la distance, mais jusqu'à quelques 
centimètres des yeux, de telle sorte que même la lecture était 
impossible. En même temps, le malade ressentit de vives 
douleurs qui, partant de l'émergence des nerfs sus-orbitaires, 
passaient sur les tempes et la nuque jusqu'aux épaules; ces 
douleurs très violentes durèrent pendant quatre semaines et 
le malade ne trouvait un peu de repos que lorsqu'il était 
couché à plat sur le dos et la tête renversée sans oreiller. De 
tous les calmants employés, le pyramidon fut celui qui eut le 
plus d'effet. Après la quatrième semaine, les douleurs et la 
diplopie diminuèrent graduellement et Ton pouvait espérer 
une guérison complète. h. dor. 

5) Apert et Dubosc présentent une mère et cinq de ses 
enfants, quatre filles et un garçon, atteints de nystagmus 
familial. Cinq autres enfants (garçons) sont restés indemnes, 
mais trois de ces derniers sont morts dans les premiers mois. 
Ce nystagmus se rattache au type décrit par Lenoble et 
Aubineau comme une myoclonie des muscles de Tœil, et 
désigné par eux, pour cette raison, sous le nom de « nys- 
tagmus myoclonie ». L'affection ne s'est montrée chez les 
enfants atteints que dans le courant des deux premières années^ 
et à l'occasion d'une maladie aiguë : c'est ainsi que, chez le 
plus jeune, on en a constaté l'apparition quelques jours après 
le début d'une bronchopneumonie. Quelques-uns de ces 
enfants présentent, en même temps que leur nystagmus, de 
l'exagération des réflexes rotuliens, surtout à droite ; chez 
aucun d'eux les présentateurs n'ont noté les tremblements de 
la tête et des membres, ni les trémulations fibrillaires, ni les 
secousses électriques mentionnées dans les observations de 
Lenoble et Aubineau. Ceux-ci considèrent l'affection comme 
particulière à la race bretonne, car c'est en Bretagne qu'ils 
ont recueilli toutes leurs observations. L'observation de Apert 
et Dubosc confirme cette opinion, car la mère des cinq enfants 
dont il est ici question est d'origine bretonne également. 



MALADIES DU GLOBE DE L'CElL 8â 

MALADIES DU GLOBE DE l'cBIL 
(blessures, corps éTRANGERS| PARASITES) 

i) Bakop (A.-R.)- - Emploi de rélectro-aimant et des rayons X pour 
enlever les corps étrangers de l'œil (Use ofthe eleclromagnet and X ravs 
in removing foreign bodies from the cye) (Ophthalmic Record^ juin igoo). 

s) Kpeusberg. — Quelques observations de blessures de l'oeil par des éclats 
de fer (Einigc Beobachtungen bei Eisensplittcrverletzungen des Auges) (Cen- 
intlbUtt fur prakt, Augenheilk,, juin 1906). 

3) Ranly (J.). — Extractions suivies do succès, de corps étrangers, par un 
aimant, axe des pôles flexibles et libres (Successful extraction of loreign 
body in the eye by means of the giant niagnet with flexible and adjustable 
pôles) (Lancei clinic.^ mars 1906). 

4) Quende — Sur un cas de panophtalmie de cause endogène (Marseille 
médicRlf i«r août 1906). 

5) Joseph. — Corps étrangers superficiels de rœil (Presse méd.f octobre 
1906). 

1) Baker rapporte vingt- trois cas de blessures de rœiLoû 
rélectro-aimant et les rayons X furent employés. Il n^est pas 
utile d'employer Taimant avant que la présence et la locali- 
sation du corps étranger soient bien déterminées par l'examen 
aux rayons X. Les grands et les petits aimants ont tous leur 
utilité. Le sidéroscope n^a pas de valeur pratique. Baker pense 
que souvent la statistique donne des conclusions e.rronées ; 
il admet que 5o pour loo'des malades auront une vision 
utilisable et 25 pour 100 un œil esthétique. coBunn. 

3) Ranly a fait construire un aimant sur le modèle de celui 
de Haab, avec quelques modifications. Les pôles peuvent varier 
de direction. La pointe peut être enlevée et remplacée par une 
tige flexible qu'on peut mouvoir, à l'aide d*une poignée, dans 
toutes les directions ; on peut aussi ajuster à Taimant des 
pointes diverses. Une petite lampe, qu'on attache au front, 
sert à montrer l'intensité du courant. L'aimant est construit 
en quatre sections. Chacune d'elles est réglée par un commu- 
tateur; cela permet l'emploi d'une ou de plusieurs des parties 
de l'aimant, suivant la nécessité du cas. L*aimant construit de 
la sorte n'atteint guère plus de 4^ degrés Fahrenheit de cha- 
leur, en plus de la température ambiante. La polarité de l'ai- 
mant peut être changée par un système d'aiguille ; deux 
rhéostats indiquent et règlent le courant. On fit trois extrac- 
tions heureuses avec cet aimant, dont une d'un morceau d'acier 
de 64 milligrammes. coburn. 



8i REVUE GÉNÉRALE 

4) Guendc lapporte Thistoire d'une femme de cinquante ans 
qui, au cours trune bronchopneumonie, présenta un phlegmon 
de Ta^il avec phénomènes de début dans le vitré et cornée 
intacte, 11 s'agit d'une ophtalmie métastatique ; les éléments 
pyogènes rencontrés dans l'œil (pneumocoques et surtout sta- 
phylocoques et streptocoques) se sont développés dans le 
poumon^ se sont diffusés dans le courant circulatoire et sont 
venus se déposer dans la rétine ou la choroïde en premier lieu. 
Cause de gravité du pronostic. «. r. 



MALADIES HKS PAUPIERES, DE L APPAREIL LACRYMAL ET DE L URBITK 

j) BednarBki. — Sur les kystes de la paupière inférieure et de l'orbite 
provi'iiflnl du fjlobe oculaire embryonnaire (en polonais) (Postemp Oku- 
tislycznif^ n® lO, iQoS). 

a) Bo;yl6 (C, f:.i, — Périthéliome de Porbite (Perithclioma of thc orbil) 
(llofuiieapaihir Eye, Ear and Throat Jour,, mai 1906). 

3) Le RouN. — (luérison de Tépithëlioma cutané des paupières par le ther- 
jïiocautLTL' {Année méd, de Caen, n« 4, 1906). 

4) Hïnsilberg. — Un cas rare de traumatisme de l'orbite (Eine seltene 
OuhiluUyi^rleUuii^) (CenlralbL fur prakl. Augenheilk., avril 1906). 

5) Qoidzleher (Max). — Description d'un cas de sarcome de la glande 
lacrymale accompagnée de quelques observations sur Tautophagisme (Ein 
FfiU von Trac Eicndrusensarkonif nebst einigcn Bemerkungen iibcr Autopha- 
gismus I (CêniniUA, fur prakl. Augenheilk.^ mars 1906). 

G) Wagner. — Hémorragies récidivantes dans Torbite -À la suite de manque 
lU:; ciMi]<LilaLKjii du sang (Uezidivirende Dlutung in die Orbita in Folge von 
(imiigÊÏhaftc (ierinnunçsfUhigkeit des Blutes) (Cenlralhlall fur prakl. Au- 
gAinht'iik,, fcvricr 1906). 

7) SeeHgsûhn. — Un cas de tumeurs pseudoleucémiques de Torbite (Ein 
l'nll vu 11 j)^euiLoleukaemischen Orbitaltumorcn) (Cenlralhlall fur prakl. 
Aiitjetiheilk., juin 1906). 

S; George (E. J J. — Dacryocj^stite (Blenorrhoea of the lachrymal sac) 
(IIifmcop,tihic htje, Ear and fhroal journ.y avril 1906). 

\}) Catllaud. — Fistule congénitale du sac lacrymal (Archives d'ophlalmo- 
li'ffic, [1, i(J7, mars 1906). 

ïo) Gendron. — L'ablation du sac lacrymal. Technique. Résultats (Ophtal- 
moinifiv proiinriale, p. 174, février 1906). 

11} Laoau««ade. — Contribution à l'étude de Tépithélioma des paupières 
(Oi)hi.^hnoinf}ir provinciale, p. 196, mars 1906). 

12) Trousseau (A.). — Les épithéliomas des paupières. Opération ou radio- 
iiicropic' (Anmtles d'oculislique, p. 60, janvier 1906). 

j3) Caboche. — Deux cas de tuberculose naso-lacrymale (Soc. franc, d'olo- 
inifit'. de hnpiij. et de rhin., 17 mai 1906). 

14 Uafon, — Kjùthélioma développé sur un lambeau de paupière cicatrisé 
en poï^ilion vicieuse (Soc. d'Anal, el de Phys. de Bordeaux, a8 janvier 
190OJ. 

lïï) Doi^l. — Tumeur de l'orbite (Soc. méd, de Genève^ a5 octobre 1906). 

16) Neumayer^ — Sondage du canal lacrymo-nasal, avec démonstration 
iMon.iU. fiir Ohrenheilkunde^ n» 11, 1905). 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L'APPAREIL LACRYMAL, ETC. 85 

i) La question des kystes orbitaires d'origine embryonnaire 
n'est pas encore définitivement résolue. Les auteurs ne sont 
pas d'accord sur le point de départ de ces kystes. Les uns 
supposent qu'ils sont un produit de la vésicule, embryonnaire 
primitive de Tœil et invoquent pour soutenir cette hypothèse 
la disposition inverse des couches rétiniennes. Les autres 
cherchent l'origine des kystes orbitaires congénitaux dans la 
vésicule embryonnaire secondaire, en affirmant que Tinver- 
sion de couches rétiniennes n'est pas suffisamment prouvée. 
En outre, nous sommes loin de savoir à quelle époque de la 
vie fœtale les kystes orbitaires prennent naissance. La plu- 
part des auteurs voient une relation directe entre la formation 
de ces kystes et la persistance de la fente embryonnaire du 
globe oculaire. On sait que dans l'évolution normale cette fis- 
sure se soude entre la sixième et septième semaine de la vie 
embryonnaire. 

Bednarski a opéré, à l'hôpital des enfants malades de Léo- 
pol, un kyste orbitaire gros comme une noisette. Le kyste 
était pédicule et communiquait directement avec le bulbe 
rudimentaire qui fut enlevé en même temps. La tumeur 
kystique se composait de deux parties distinctes de gran- 
deur inégale, séparées Tune de l'autre par une paroi membra- 
neuse. 

L'auteur examina le kyste et le globe de l'œil au micro- 
scope et constata que le kyste était le produit de la couche 
épithéliale rétinienne de la vésicule oculaire secondaire. Il ne 
trouva aucune trace d'inversion de couches rétiniennes. S'ap- 
puyant sur l'état de l'évolution de diverses parties de l'œil et 
principalement de la rétine engagée dans le pédicule du kyste, 
l'auteur conclut que la tumeur a dû se former entre le troi- 
sième et quatrième mois de la vie fœtale, c'est-à-dire bien 
après la fermeture de la fente embryonnaire du globe de Tœil. 
C'est pourquoi il se range à l'avis de ceux qui considèrent 
chaque kyste congénital de l'orbite comme un produit de la 
vésicule secondaire de l'œil fœtal. En même temps, il croit 
avoir démontré qu'un kyste orbitaire peut se former indépen- 
damment de la fente embryonnaire de l'œil et dans une période 
où celle-ci est déjà depuis longtemps fermée. 

K. Wi MAJBW8K „ * 



86 KEVUE GENERALE 

2) Le malade de Boyle, un homme de quarante^cinq ans, 
s'adressa à lui après avoir été opéré d une tumeur du nez. La 
tumeur avait cette fois envahi Torbite et Tœil était en exoph- 
talmie et immobile. On constatait de Tatrophie optique et un 
rétrécissement marqué des artères rétiniennes. L'exenté- 
ration de l'orbite fut pratiquée et Tantre de Highmore et le 
sinus frontal furent curettes. Le malade ne se remit pas après 
l'opération, il eut du délire et mourut après être tombé dans 
le coma. La mort fut causée sans doute par une méningite. La 
tumeur était un périthélioma ou un angio-sarcome. 

COBURIf. 

3) 11 s'agit dans ce cas de Le Roux d^une femme de soixante- 
dix ans, présentant à la commissure interne des paupières, 
du côté droit, une large ulcération s*étendant sur la partie 
latérale du nez et la région du sac lacrymaj. Cette ulcération 
atteignait les dimensions d'une pièce de i franc. Il n'y avait 
pas d'engorgement ganglionnaire. Il existait un ectropion très 
accusé de la paupière inférieure. La malade ayant énergique- 
ment refusé l'ablation ^chirurgicale, on entreprit la cautérisa- 
tion au thermocautère. Au bout de dix séances, la guérison 
était complète ; la cicatrice avait un bel aspect, et l'ectropion 
de la paupière inférieure, autrefois très accusé, avait presque 
entièrement disparu. Depuis sept mois, la guérison s'est main- 
tenue, n. 

4) Un éclat de fer a pénétré dans l'orbite, en bas et en 
dedans du bulbe, a comprimé, à son passage, la rétine et la 
choroïde et produit, par une hémorragie intra-orbitaire, une 
paralysie de différents muscles. 

Le corps étranger fut extrait par Hinsilberg au moyen de 
l'aimant de Hirschberg. b. hbdslob. 

5) Goldzieher relate l'observation d'un cas de sarcome de la 
glande lacrymale chez une femme de quarante-deux ans. Ce 
qui est intéressant, c'est le rapport sur l'examen histologique 
de la tumeur. L'auteur y découvrit, au milieu de la masse de 
cellules sarcomateuses, d'immenses cellules, avec un proto- 
plasme pâle contenant diverses particules de cellules de colo- 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L* APPAREIL LACRYMAL, ETC. 87 

rations différentes. Ces cellules géantes sont des phagocytes 
d'origine sarcomateuse, dévorant les cellules voisines. Tandis 
que^ dans les tumeurs épithéliales, ce sont les leucocytes qui 
jouent le rôle de phagocytes, ce sont dans les néoplasmes du 
mésoderme les cellules mêmes du néoplasme qui s'acquittent 
de cette tâche. b. rbdslob. 

6) Cinq jours après l'extirpation d'un kyste de la paupière 
inférieure gauche, Wagner observa, chez un enfant de cinq 
ans, une forte hémorragie à Tintérieur des paupières. Celles-ci 
ressemblaient à deux sacs remplis de sang. 

Le sang fut vidé au moyen d'incisions, mais à trois reprises 
les hémorragies reparurent. Elles ne cessèrent qu'après des 
injections sous-cutanées de gélatine Merck, pour ne plus 
jamais reparaître. b. rbdslob. 

7) Une jeune iSUe de vingt et im ans était atteinte d'angine 
suivie de grande faiblesse, de douleurs rhumatismales dans 
les muscles, de gonflement des articulations et de néphrite 
aiguë. Quelque temps plus tard, une stase papillaire se décla- 
rait, accompagnée de violentes céphalalgies, de cyclite et 
d'exophtalmos. L^exophtalmos augmentait, les paupières 
retombaient mollement, formant un ptosis, quand, après la 
septième semaine, on put par la palpation sentir en arrière 
du bulbe, des deux côtés, une tumeur dure, tandis que, en 
même temps, on pouvait distinguer sur la rétine quelques 
taches jaunes-rosées, que Ton reconnut comme étant des 
nodules lymphatiques enflés. L examen du sang révéla une 
l^ère leucocyte avec augmentation relative des lymphocytes. 
Tandis que la cyclite et les autres symptômes d'infection dis- 
paraissent, Texophtalmos et le ptosis subsistaient ainsi que la 
stase papillaire. Ces derniers symptômes étaient provoqués par 
des tumeurs pseudo-leucémiques bilatérales rétrobulbaires, ^ 

B. aBD$LOB. 

8) Qeorge décrit les symptômes habituels des affections du 
sac lacrymal et leur traitement. Il croit que Tinsuccès du trai- 
tement est dû souvent à une dilatation insuffisante. George 
emploie les sondes de Bowman avec courant électrply tique. 



I 

I 



sa REVUE GÉNÉRALE 

D ordinaire, 2 ou 3 milliampères pour les petites sondes, ou 
4 ou 5 avec des grosses sondes sont suffisants. coBunN. 

9) La malade de Caillaud^ âgée de onze ans, présentait deux 
fistulettes symétriques à environ 3 millimètres en bas et en 
dedans du grand angle de Toeil, dont on ne peut préciser le 
moment d'apparition. Le côté gauche a guéri par des cathété- 
riamea et des lavages répétés, le côté droit complètement obli- 
téré ne vit disparaître le larmoiement qu'après ablation de la 
glande lacrymale accessoire. L'auteur attribue cette lésion à 
une dacryocystite intra-utérine plutôt qu'à un arrêt de 
développement. Il existe peu d'observations de cette diffor- 
mité. BBlfSZBCH. 

10) Gendron décrit son procédé d^ablation du sac lacrymal : 
traiter le sac lacrymal comme un kyste sous-cutané et l'ex- 
traire comme tel. L'anesthésie locale à la coca-rénaline est en 
général suffisante et l'hémorragie légère si on évite les vais- 
seaux angulaires. Cautériser, en terminant, Torifice supérieur 
du canal nasal pour éviter une nouvelle inflammation ascen- 
dante. Excellents résultats. La suppuration cessa immédiate- 
ment dans la plupart des cas, et le larmoiement disparut ou 
devint insignifiant. dbnbzkch. 

11) Le cas d'épithélioma rapporté par Lacaussade est inté- 
ressant par le volume et l'évolution particulièrement lente de 
la tumeur. Cette tumeur a débuté, il y a vingt-cinq ans, à la 
suite d'un traumatisme léger de la paupière inférieure gauche 
par un petit bouchon et a marché d'abord lentement à la façon 
d'un cancroide. Dans ces dernières années, les glandes et la 
conjonctive ont été envahies et l'évolution s'est faite plus 
rapide, La tumeur occupe actuellement toute la région orbi- 
taire gauche qu'elle déborde dans tous les sens et mesure 
8 centimètres de largeur sur 6 centimètres de hauteur. La 
tumeur est trop avancée et le malade trop âgé pour attendre 
un résultat d'un traitement radiographique ou chirurgical. 



BBfCBZBr.H. 



la] Trosuseaa rappelle que les éphitéliomas des paupières 



RAPPORTS D£ L'OPHTALMOLOGIE, ETC. 89 

sont généralement d*un pronostic bénin. Quelques-uns même 
guérissent par n'importe quel moyen. Il compare ensuite les 
résultats thérapeutiques de l'intervention opératoire et de la 
radiothérapie. Sans se prononcer d^une façon absolue, il relève 
cependant à la charge des rayons X, dans certains cas, une 
aggravation notable des lésions, et toujours leur insuffisance à 
combattre les récidives. p. chavbrnac. 

i3) Caboche décrit la tuberculose végétante du méat infé- 
rieur se caractérisant fonctionnellement par de l'obstruction 
nasale et de l'épiphora et objectivement par une petite fon- 
gosité saignante sous le stylet, fongosité en saillie sous la 
partie antérieure du bord inférieur du cornet. Dans les deux 
cas observés par l'auteur, il y a eu fistule lacrymale, ^uis 
ulcération tuberculeuse ou lupus de la joue. Il ne s'agit pas 
d'une infection du méat par les larmes, mais d'une infection 
primitivement nasale ayant secondairement infecté les voies 
lacrymo-nasales. A une période, méat et voies lacrymales 
sont simultanément atteints, c^est donc une tuberculose 
lacrymo -nasale. b. r. 

i4) Lafon présente une femme de soixante-seize ans qui, un 
an auparavant, s'est déchiré, en tombant sur un fil de fer, la 
portion interne de la marge palpébrale. On voit aujourd'hui 
que, sous l'influence des irritations extérieures, du larmoie- 
ment, ce lambeau déchiré, cicatrisé en position vicieuse, est 
devenu le siège d'une inflammation chronique et le revêtement 
s'est atrophié ; l'extrémité inférieure, plus exposée et plus mal 
nourrie a subi la dégénérescence épithéliomateuse. n. 



RAPPORTS DB l'oPHTALMOLOOIB AVEC LA PATHOLOGIE GUNÉRALB 



i) DIde et Assioot. — Signes oculaires dans la démence précoce (Congr, 
des méd. stliénisttt^ Rennes, août igo6). 

2) Brallloti — Des réflexes pupillaires dans les cardiopathies mitrales 
(Gazette des hôpitaux^ n» 70, 21 juin 1906). 

S) QifFord (H.). — Nouveau symptôme oculaire de la maladie de Graves (A 
new eye symptom in Graves disease) (Ophthalmic Record, juin 1Q06). 



:>-vN^ 



90 KEVUfi GÉNÉRALE 

4) Howe (L.). — Quelles sont les maladies qui pourraient être causées par 
un réflexe dû à la fatigue oculaire (What are tne so-called réflexes whîch 
can properly be referred to eyeatrain) (Ophthalmology, janvier 1906). 

5) Pilos et Winterstoiner. — Les résultats d'examens ophtalmoscopiques 
chez les aliénés en considérant les anomalies congénitales (UeberËrçcbnisse 
von Augenspiegeluntersuchungen von Geisteskranken mil besonderer Be- 
rtîcksichtig^ng der congenitalen Anomalien) (Zeiischr, fûr AugenheUk.^ 
XII. p. 729). 

6) Onodl (A.). — Les troubles visuels et la cécité d'origine nasale, provoqués 
par des affections des sinus postérieurs (Die Sehstôrungen u. Erblindung 

- nasalen Ursprungs, bedingtdurch Erkrankungen der hintern Nebenhôhlen) 
(Zeittchr,'f, Augenheilh., XII, p. 23 et Arch, f. LaryngoL, XVII). 



i) Dide et Assicoé distinguent trois catégories de troubles 
pupillaires : 

i^' Dans un premier groupe de malades, peu nombreux, on 
note un affaiblissement et même une absence totale des deux 
réflexes, à la lumière et à l'accommodation. 

a* Plus souvent une dissociation contraire au signe d'Ar- 
gyll Robertson^ c'est-à-dire diminution ou abolition du réflexe 
d'accommodation avec conservation du réflexe lumineux. 

3® Rarement on rencontre le signe d'Argyll Robertson vrai, 
c'est-à-dire l'abolition complète du réflexe à la lumière et con- 
servation du réflexe d'accommodation, abolition permanente 
et fixe, s*accompagnant de myosis et de Taspect de l'œil tabé- 
tique. — Mais très souvent, on observe im trouble intéressant 
de la réflectivité pupillaire consistant en une diminution ou 
une abolition passagère du réflexe lumineux. Plusieurs examens 
successifs ont montré chez un même malade des variations 
très nettes dans les réactions de la pupille à la lumière. De 
plus, chez ces malades, il a été exceptionnel de noter l'inéga- 
lité pupillaire, les déformations pupillaires, le myosis, l'aspect 
spécial de l'œil tabétique qui sont classiques dans le tabès. — 
Il s'agit donc là d'une modalité pathologique du réflexe lumi- 
neux bien distincte du signe d'Argyll Robertson, qui est un 
symptôme fixe et permanent. 

Les formes des lésions du fond de Tœil peuvent être rangées 
sous trois chefs : 

i^ Hyperhémie papillaire, consistant en une congestion 
veineuse plus ou moins notable, les veines sont dilatées et 
tortueuses. Les artères sont sans modification appréciable^ 

2^ Moins fréquemment, se présentant soit d'emblée, soit 
succédant à l'aspect ophtalmoscopique précédent, une décolo- 



RAPPORT DE L'OPUTALIIOLOGIE, ETC. ^1 

ration papillaire avec rétrécissement des vaisseaux, décolora- 
tion souvent limitée au côté temporal de la papille à l'image 
droite. — Dans un ou deux cas, cette décoloration peut aller 
jusqu'à donner l'aspect de la papille grise tabétique. 

3® Enfin, exceptionnellement, on note une véritable névrite 
optique avec hyperhémie de la papille qui se confond avec 
le reste du fond de Tœil et traînées exsudatives le long des 
artères. r. 

2) Braillon rapporte succinctement Tobservation de deux 
malades atteints cliniquement de lésions mitrales qui présen- 
taient des pupilles en myosis extrême avec abolition du réflexe 
lumineux et faible réaction à Taccommodation ou à la conver- 
gence. Les deux patients étaient syphilitiques. L*auteur con- 
clut : « Les observations que nous rapportons nous font 
croire que les connaissances acquises en séméiologie.du sys- 
tème nerveux sur la fréquence du tabès fruste et la valeur du 
signe d'Argyll Robertson comme stigmate symptomatique de 
la syphilis nerveuse, permettront, par Texamen des réactions 
pupillaires de tous les cardiaques, de rattacher à la grande 
maladie spécifique bien des cardiopathies se traduisant par 
le syndrome mitral, qui ne sont expliquées ni par un rhuma- 
tisme antérieur, ni par une autre infection, et rattachées jus- 
qu'à présent à un processus d'athérome vulgaire. » o. d. 

3) Gifford montre que, dans certains cas de la maladie de 
Graves, la paupière supérieure ne peut être retournée qu'avec 
beaucoup de peine, et il se produit un si grand effort sur la 
conjonctive tarsienne que celle-ci blanchit au centre par la 
pression. Gifford rapporte trois cas où ce signe était évident. 
Le symptôme apparaît de bonne heure et disparait quand la 
maladie fait des progrès. L'auteur croit que le muscle atteint 
est le muscle non strié de Muller qui est innervé par le sym- 
pathique. Il attire aussi l'attention sur un signe précoce de la 
maladie de Graves, une certaine hypertrophie ou œdème des 
tissus entre le sourcil et la peau proprement dite. Parfois, on 
constate un peu de rougeur de la peau. 

4) L, Howe a adressé plus de deux cents lettres à des 



92 REVUE GÉNÉRALE 

médecins, la plupart oculistes, leur demandant combien de 
cas de kératite, iritis, glaucome, cataracte, choroïdite, rétinite 
pigmentaire ou d'autres maladies générales observées par 
eux, pouvaient été attribuées à la fatigue oculaire. Bien qu'il 
ait reçu de nombreuses réponses, 24 seulement étaient suffi- 
samment explicites pour qu'il vaille la peine d'en tenir 
compte. Ces 24 observateurs avaient soigné 1.245.685 ma- 
lades et, sur ce nombre, il y en avait 25 pour 100, soit 
35o.ooo présentant des anomalies de réfraction dans lesquelles 
la fatigue oculaire entre comme un facteur; 20 observateurs 
n'avaient pas noté de cas ; 4 indiquèrent les maladies sui- 
vantes, dépendant apparemment de la feitigue oculaire : affec- 
tions choroïdiennes 3, de la macula i, laryngite hysté- 
rique I, chorée i, épilepsie 5, insomnie 12. Howe donne 
ensuite une liste complète, trop longue pour l'analyser, de 
toutes les maladies mentionnées par 71 observateurs. 

GOBURN. 

5) Pilez et W intersieincr ont examiné les yeux de 
sept cent sept aliénés, pour en noter les anomalies congéni- 
tales, en particulier les signes de dégénérescence. Parmi ces 
derniers, il ne faut pas compter le cône temporal, ni les artères 
cilio-rétiniennes, tandis que la myopie excessive, Talbinisme, 
sont, entre autres, des signes de dégénérescence indubitables, 
aussi bien que le cône en bas. En partant de ces points de 
vue, les auteurs ont trouvé que, dans les yeux des malades 
atteints de psychose se basant sur la dégénérescence, c'est-à- 
dire chez des individus à tare héréditaire, les anomalies con- 
génitales reconnues comme signes de dégénérescence sont 
relativement plus fréquentes que dans les autres psychoses, 
où rhérédité ne joue pas de rôle. Comme type des psychoses 
de la première catégorie, on peut prendre la paranoia ; comme 
type de la seconde, la paralysie générale. Mais la plupart des 
psychoses offrant des transitions entre les deux catégories, les 
auteurs ont trouvé dans chaque psychose plus ou moins de 
signes oculaires de dégénérescence. Le travail nous donne des 
tableaux très détaillés sur les résultats de leurs recherches. 
J'en conseille la lecture à tous les collègues qui s'intéressent 
à la question* s. rbdslob. 



VARIA 93 

6) L'étude des troubles visuels d'origine nasale est encore 
bien peu avancée. Diaprés Onodiy les cellules ethmoïdales 
postérieures peuvent également jouer un rôle dans les affec- 
tions du nerf optique. A l'endroit où la cellule ethmoïdale pos- 
térieure forme la paroi du canal optique, une inflammation 
peut facilement se propager sur le nerf, car cette paroi ne 
possède pas l'épaisseur d'un papier. De Lapersonne et Mendel 
ont prétendu que les troubles visuels unilatéraux sont typi- 
ques pour les affections de la cavité ethmoïdale. Si l'on admet 
cette hypothèse, il faut, d'après l'auteur, également l'admettre 
pour la cellule ethmoïdale postérieure. D'un autre côté, les 
troubles visuels bilatéraux peuvent être également provoqués 
par une affection semblable, car il peut exister une relation 
étroite entre cette cavité et les nerfs optiques. L'auteur insiste 
sur ce point que l'étude des troubles visuels d'origine nasale 
ne devrait point être négligée. b. rbdslob. 



VARIA 



i) Ferry. — Des pommades à Toxyde jaune de mercuie usitées en ophtal- 
mologie C^a Proomce médicale^ no 3a, ii août 1906). 

2) Motals. — Les verres jaunes en ophtalmolog-ie (Acad. de méd., 27 mars 
1906). 

3) Reis. — Quelques détails observés dans l'art italien concernant Toeil et 
l'oculistique (en polonais) (Tyffodnik lekarski, n« 7 et 8, 1906). 

4) Poulain. — Dia^cnostic rétrospectif de la réfraction de Jean-Baptiste 
Porta. Son hypermétropie lui fait découvrir la lunette d'approche (Recueil 
d'ophtalmologie^ p. i, janvier 1906). 

5) Qinestous (Etibnnb) et Couliaud (Hbnri). — La vision des tireurs 
(Archivet d'ophtalmologie y p. 283, mai 1906). 

6) Do MIoao. — De l'importance de l'examen oculaire complet du blessé dès 
le moment de Taccident du travail et de l'avantage pour les compagnies 
d'avoir des médecins inspecteurs d'accidents (Recueil d* ophtalmologie, 
p. 129. mars 1906). 

7) Hummelsheim. -— Recherches sur les efTets de Talypine, un nouvel 
anesthésic^ue, sur Toeil (Ueber die Wirkung des Alypm, eines neuen 
Anaeslheticums auf das Auf;e) (Arch. f. Augenheilk., t. -LUI, p. 18, 1905). 

i) Ferry a cherché à quoi étaient dues les douleurs causées 
par l'emploi des pommades à Toxyde jaune de mercure. 
L'oxyde préparé par voie sèche a un état cristallin qui blesse 
évidemment l'épithélium délicat de la cornée. L'oxyde préparé 
par voie humide (Codex) est mieux supporté en raison de son 
état moléculaire. Malheureusement, il contient, du fait de sa 



9i REVUE GÉNÉRALE 

préparation, une certaine quantité de sel générateur : soude, 
sublimé, ainsi que roxychlorure mercurique; il est impur. 
L'oxyde orangé décrit récemment serait chimiquement pur, 
mais sa préparation est inconnue. Enfin, l'observation micro- 
scopique a montré que les oxydes obtenus couramment sont 
très inférieurs, au point de vue de l'homogénéité et de la 
finesse des grains, à certaines spécialités; il y reste toujours 
des grains d'oxyde qui échappent à la trituration. Enfin, Vex- 
cipent a son importance : la vaseline dite neutre est trop sou- 
vent acide ou contient des produits sulfurés ; la lanoline, outre 
qu'elle est chère lorsqu'elle est anhydre, est souvent falsifiée 
et décompose l'oxyde jaune. o. d. 



2) Motais^ pour protéger de la lumière les yeux sensibles, 
emploie, depuis quinze ans, des verres jaunes légèrement 
orangés, dits verres jaunes hygiéniques. Ces verres donnent 
un éclairement remarquable. Le ciel et les objets sont illu- 
minés de tons chauds, très agréables à l'œil. En outre et mal- 
gré cette luminosité, ils produisent un effet calmant, en sorte 
qu'avec des teintes proportionnées à l'intensité de la lumière 
ou à rhyperesthésie rétinienne, on peut préserver les yeux les 
plus sensibles. Ils sont d'autant plus agréables que la lumière 
est plus intense (soleil d'Algérie, d'Egypte ; reflet aveuglant 
de la neige, le sable des plages). Dans les montagnes, en 
automobile, leur éclairement permet de découvrir sans fatigue 
les plus vastes horizons. 

Les yeux irritables, même doués d'une acuité visuelle nor- 
male auront donc avantage à substituer l'impression agréable 
des verres jaunes à la teinte triste des verres bleus ou fumés. 
Mais cette substitution s'impose lorsque l'acuité visuelle des 
malades est notablement affaiblie (rétinites, choroïdites, myo- 
pie progressive, atrophie des nerfs optiques, kératites, etc.). 
Avec les verres jaunes, au moins aussi calmants, l'éclaire- 
ment est à peine diminué, même dans les teintes foncées. 

D'après les expériences de Javal, reprises par Tscherning et 
Sarazin, la double action éclairante et calmante, contradic- 
toire en apparence, des verres jaunes, s'explique par la sup- 
pression des rayons chimiques du spectre solaire. o. d. 



VARIA 95 

3) Pendant son séjour en Italie, Tannée dernière, en par- 
courant les musées et les galeries, Reis notait scrupuleuse- 
ment tous les détails des tableaux et des sculptures ayant 
quelque rapport, même lointain, avec la science ophtalmo* 
logique des temps passés. Parmi les nombreux faits relatés, 
il faut retenir une contribution à Thistoire des lunettes du 
XV* siècle. Sur un tableau de Niccolo Alunno da Foligno 
(i465), représentant le couronnement de la Vierge, on voit 
trois personnages, des saints, munis de lunettes. Sans doute, 
le peintre a commis cet anachronisme, volontairement, pour 
rehausser l'effet réaliste de son œuvre ; mais, pour nous, ce 
fait constitue une preuve que Tusage des lunettes était, au 
XV* siècle, déjà assez répandu, du moins en Italie. L'auteur 
décrit ensuite diverses façons dont les maîtres sculpteurs de 
Tantiquité et du moyen âge représentaient Tœil humain et ses 
annexes, comment ils imitaient son éclat et son expression.. 
Nul ne savait le faire aussi magistralement que Michel-Ange, 
qui, pourtant, se servait de moyens techniques extrêmement 
simples : rien qu'un tracé circulaire presque imperceptible 
délimitant la cornée et une encoche semi-lunaire centrale imi- 
tant la pupille en même temps que Téclat de la cornée, suffi- 
saient pour donner à l'œil ainsi modelé l'expression de la vie 
et de la réalité. 

A la fin de son travail, lauteur mentionne un fait peu 
connu, qui démontre Tétonnante universalité de Michel- 
Ange. 11 a trouvé, dans la bibliothèque du Vatican, un ma- 
nuscrit de ce grand peintre, sculpteur et poète, comportant, 
sous le titre Sécréta varia ad oculos^ une série de recettes et 
prescriptions médicales contre les diverses affections ocu- 
laires et contre l'affaiblissement de la vue dans la vieillesse. 
L'on sait qu'à la fin de ses jours,- l'immortel maître de la 
Renaissance est devenu complètement aveugle. 

K.-W MAJBWSKI. 



4) Poulain, après une longue discussion et de nombreuses 
citations, attribue à Porta la découverte de la lunette d'approche 
dite de Galilée. Hypermétrope et astigmate, c'est en parlant de 
ces deux vices de réfraction qu'il arrive à ce résultat. Kepler, 



96 REVUE GÉNÉRALE 

vingt ans plus tard, devait arriver au même but en partant de 
sa myopie. bbiibibch. 

5) Ginestous et Coullaud ont examiné les 25 meilleurs et 
les 25 plus mauvais tireurs du régiment de sapeurs-pompiers 
de Paris; également les lo meilleurs tireurs à la carabine de 
cavalerie appartenant au i" régiment de cuirassiers. De cet 
examen découle : i** Texercice du tir est un acte de vision 
monoculaire; 2** la précision du tir est compatible avec la 
diminution ou même l'abolition complète de l'acuité visuelle 
d'un œil; 3*^ le tireur choisit généralement Toeil le meilleur et 
ferme Tautre, ou le laisse ouvert s'il est amblyope; 4** Tacuité 
visuelle doit être au moins égale à demi ; 5° il est nécessaire 
que la réfraction dynamique soit indemne car le tireur doit 
voir surtout nettement le cran de guide et le guidon. Il aura, 
donc avantage à corriger Tasthénopie et la presbytie, de même 
toute myopie supérieure à une dioptrie ; 6* on doit autoriser 
les hommes à tirer comme il leur plaît; enfin exiger des con- 
scrits une acuité monoculaire minimum de demi, la vision de 
Tautre œil pouvant être infime. bbnbzbch. 

6) De Micas dans un long article démontre quelle serait 
l'utilité pour les compagnies d'avoir des médecins-inspecteurs 
d'accidents, chargés d'examiner le blessé, en détail, dès le 
moment de l'accident et de le surveiller pas à pas jusqu'au 
délai de pourvoi en revision. Elles seraient ainsi mises au cou- 
rant de la vie médicale de leur client pendant sa maladie et 
auraient moins à redouter les simulateurs dont la tâche est 
rendue facile par le manque de renseignements. Les résultats 
de l'enquête seraient versés au dossier et sans engager Texpert 
pourraient l'instruire et Téclairer. bênbzbgh. 

7) L'alypine à 2 pour 100 agit comme la cocaïne dont elle 
possède les propriétés anesthésiantes ; elle produit une dila- 
tation des vaisseaux; n'agit presque pas sur la pupille ni sur 
l'accommodation et se laisse facilement et souvent stériliser. 



Le Gérant : P. Masson. 



Lyon. — Imp. A. Rby et C*«, 4^ rue Gentil. — 44800 



N"" 3 31 MARS 1907 



MÉMOIRES ORIGINAUX 



Trois cas de fractures du orane 
suivies de fractures probables du canal optique. 

Par MM. 
LAROYENNE et MOREAU 

Ancien prosecteur Chef de Clinique ophtalmologique 

à rUniversilé de Lyon. 



Successivement, nous avons eu la Ix^nne fortune de pouvoir 
examiner, dans la clinique de M. le professeur RoUet, trois ma- 
lades atteints de fractures de Torbite produites par des méca- 
nismes différents. 

Observation I. — G... J., vingt ans, tuUiste entre à rHôtel-Dîeu 
à la salle Président-Carnot, le 23 septembre 1906, dans un coma 
complet. Quelques heures auparavant, ce jeune malade en glissant 
d^une escarpolette avait fait une chute violente sur la tête. A son 
entrée, on constate une plaie contuse de 4 centimètres de lon- 
gueur aa niveau de la zone pariéto-temporale droite, sans enfon- 
cement osseux. Il existe aussi une ecchymose de la région tempo- 
rale et palpébrale. 

Il n'y a pas d'otorragie, mais il persiste encore une épistaxis 
droite. 

Le coma dure trois jours et fait place à des phénomènes d'exci- 
tation, à un délire de paroles et d'action qui oblige à l'attacher 
dans sou lit. 

Après cinq jours de délire violent, le malade revient peu à peu à 
Tétat normal. Il ne présente ni troubles sensitifs et moteurs. 
L'ecchymose palpébrale précoce a disparu, faisant place à une 
ecchymose conjonctivale tardive. 

C'est seulement au bout de vingt jours après l'accident^ que le 
malade se plaint d'une diminution de l'acuité visuelle. 

7 



98 MÉ^tOIRI-S OHIGINAUX. — LAROYENNE ET MOREAU 

Examiné à cette épotjue par l'un de nous, on constata une inté- 
grité parfaite des mouvements du globe et des paupières. Les 
pupilles réagissent de façon inégale, la droite est paresseuse. 

1/examen oph Lai moscopî{|ue montre l'intégrité des milieux trans- 
parents, mais la papille a[ï parait rouge-saie et légèrement tumé- 
iiée» Les vaisseaux ont cons^ervé leur calibre normal et ne présen- 
tent pas de torluosités. Pas d'hémorragies. 

Au moyen du doigt on décèle un rétrécissement très marqué du 
champ visuel. Le pourtour orbitaire est lisse et régulier sans tumé- 
faction osseuse localisîée. 

Vœ'û gauche parait normal et par Texamen ophtalmoscopique et 
par la rechei ebc rapide de Tclat du champ visuel. 

Vingt jours après le malade présente à droite une papille gris 
sale avec une décoloration n^arquée du croissant temporal. Les vais- 




seaux ne sont pas modifiés, V. = i/io. Le champ visuel reproduit 
ci* dessous présente un rétrécissement très marqué, accentué sur- 
tout ïi la parlie supéro-externe. Le vert et le rouge encore per- 
çus ofTrent un rétrécissement très serré, mais conservent leur ordre 

normal. 

A gauche, la papille présente une teinte rougeâtre très accusée 

avec bords lions. Les artères et veines sont de calibre régulier. 

V= i;8. 

Le champ visuel est rétréci d'une façon régulière, mais à ce 
moment on note que le rouge dépasse les limites du blanc et que le 
vert a sensiblement ta même étendue que ce dernier. 11 y a donc 
une inversion des couleurs. 

Sur Tapparition de ce symptôme oculaire, on interroge le jeune 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — LAROYENNË tT MOREAU 



99 



malade sur sod passé pathologique et on apprend qu'une de ses 
deux sœurs fut traitée pour des phénomènes oculaires hystériques. 
Quant au sujet, il ne présente aucun stigmate d'hystérie. 11 n'est ni 
alcoolique ni syphilitique et a toujours joui d'une bonne santé. Les 
urines ne contiennent ni sucre ni albumine. 

Le malade fut à nouveau examiné le 25 janvier 1907 et on con- 
state à droite une papille blanche, en état d'atrophie post-névritique 
sans altération du côté des vaisseaux. V. = i/i5. 

A gauche la papille est toujours rougeâtre, sans saillie à contours 
flous et irréguliers. W =1/6. 

Les deux champs visuels ci-dessous montrent un rétrécissement 
net à gauche et extrêmement marqué à droite. Les couleurs rouge et 
verle mal perçues occupaient la même position que dans l'examen 
précédent. 




La pupille droite est plus dilatée que la gauche et réagit bien 
moins. Le consensuel n'est pas complètement aboli. Réfraction: 
Œil droite — 2 dioptries ; œil gauche = — 2 d. 5o. 



Observation IL — B..., âgé de soixante deux ans, manœuvre, 
tombe il y a un an, en portant un fardeau, sur une pierre qu'il 
heurte violemment de la tête. Le malade ne perd pas connaissance 
et n'a présenté aucun trouble sensitif et moteur. Il est amené à 
rhôpital présentant une plaie très étendue du cuir chevelu à gauche, 
dont on voit aujourd'hui (5 mars 1907) la cicatrice. Il a présente 
une épis taxis au moment de l'accident. Pas d'otorragie. Aucune 
ecchymose palpébrale ou conjonctivale. L'acuité visuelle du malade 



100 MÉMOIRES ORIGINAUX. — LÂROYENNE ET MOREAU 

demeura normale pendant neuf mois. Depuis trois mois il se plaint 
d'une baisse de la vision. Le 5 mars 1907, on constate une abolition 
du réflexe lumineux à gauche avec dilatation pupillaire. Le réflexe 
consensuel est aboli. Pas de paralysies oculaires. 

La papille est blanche, cotonneuse. Les bords sont flous. Les 
artères sont entièrement oblitérées et les veines tortueuses présen- 
tent un fin liséré de périvasculite. Pas de traces d'hémorragies réti- 
niennes ou papillaires.La cécité est absolue. On ne sent sur le pour- 
tour orbi taire aucun épaississement. A droite, le fond d'oeil est 
normal. V. = 1/2. . 

Observation III. — J..., âgé de dix-huit ans, reçoit le 5 février 
1907, une balle de revolver à Tangle supéro-interne de Torbite 
gauche. Le coup avait été tiré presque à bout portant et de bas en 
haut. Le blessé perd connaissance et tombe dans le coma. Il pré- 
senta immédiatement une hémiplégie et une hémianesthésie totale 
droite. Revenu de son coma, le malade se plaint de ne plus voir de 
Tœil gauche. Examiné au point de vue oculaire, huit jours après son 
accident, par notre ami Grandclément, le blessé présentait un œdème 
papillaire, marqué avec veines tortueuses. Les artères n'étaient pas 
oblitérées. L'amaurose était absolue. Le réflexe consensuel était 
aboli. 11 existait une ecchymose conjonctivale tardive. Le globe, 
malgré une exophtalmie traumatique, avait des inouvements nor- 
maux sauf en haut où il ne dépassait pas la ligne horizontale. 

Grâce à Tobligeance de notre ami M. le D"" Molin, le malade fut 
envoyé à la Clinique de M. le professeur Rollet, afin d'être suivi 
au point de vue oculaire. 

Le 5 mars 1907, la papille est déjà blanche et cotonneuse, V. = o. 
Le droit supérieur est encore parésié légèrement. Pas de réflexe 
consensuel. L'hémiplégie a presque disparu, Thémianesthésie est 
très atténuée surtout au membre supérieur et au tronc. Au pied 
elle est encore absolue. Le malade présente encore de Tobnubila- 
tion. Son œil droit ne présente aucune lésion et son acuité est nor- 
male. 

L'audition est normale des deux côtés. 

Rien dans les urines. Pas de température. 

Notre premier malade est surtout intéressant par la bilaté* 
ralité de sa névrite optique stationnaire ou même rétrocédant 
à gauche, et devenue atrophie blanche à droite. Doit-on en 
conclure à Texistence d'un trait de fracture passé d un côté 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — LÂROTENNE ET MOREAU 101 

de l'étage antérieur à lautre côté et intéressant les deux ca- 
naux optiques ? Ce trait fissuraire est signalé comme classiqua. 

S'agit-il d'un épanchement intracrânien qui, dans ces cas, 
pour Mardellis (Thèse de Lyon^ ^900) pourrait produire une 
lésion des bandelettes ou du chiasma ? Cette hypothèse, pour 
notre malade, paraît peu applicable. Ayant eu une épistaxis 
unilatérale, une fracture de la lame criblée est très probable 
et donc celle du canal optique. 

La loi de Saucerotte n'aurait ici qu une valeur secondaire^ 

Notre second malade, malgré Tamaurose tardive qu'il accuse 
(9 mois après le trauma) a présenté certainement à Tépoque 
de sa fracture un étranglement de la papille. Nous n'en vou- 
lons pour preuves que l'oblitération totale des artères, le fin 
liséré de périvasculite autour des veines tortueuses et sa pa- 
pille blanche et cotonneuse. L'état de stase n'étant pas inévi* 
tablement accompagné de troubles visuels, l'œdème papillaire 
a dû persister plusieurs mois sans occasionner de troubles am- 
blyopiques. Quelle lésion incriminer dans ce cas? L'hématome 
des gaines a rarement une image ophtalmoscopique caracté- 
ristique. Nicod, dans sa thèse (Lyon, 1906) inspirée par M. le 
professeur RoUet, relève un grand nombre de cas où Texamen 
duiond d'œil fut négatif. Trois malades de M. le professeur 
HoUet présentaient cependant des papilles suffisamment pa* 
thognomoniques. Pour notre malade, nous émettons l'opinion 
d'une fracture du canal optique avec forte compression sur le 
nerf. Il se peut qu'il y ait eu une déchirure de la gaine avec 
hématome, mais nous ne voudrions l'affirmer. Dans ces cas, 
les hémorragies de la gaine doivent, en somme, être considé- 
rées comme des complications des fractures. D'ailleurs Hôlder, 
sur 54 cas de fractures du canal optique, ne relève-t-il pas 
42 fois un épanchement sanguin dans la gaine du nerf? Mar« 
dellis, dans sa thèse (Lyon, 1900) insiste à juste titre sur ce 
point. Une fracture du canal optique peut léser la gaine du 
nerf en produisant une hémorragie au même titre qu'une frac- 
ture des os des membres peut s'accompagner d'hématome 
dans le voisinage du foyer de fracture. 

Notre troisième malade offre, par l'évolution assez typique 
de ses accidents, ime explication relativement facile de ses 
désordres orbitaires. Du point de pénétration de la balle, s'irra- 



102 MÉMOIRES ORIGINAUX. — LAROYENNE ET MOREAU 

dient probablement plusieurs traits de fracture dont Tun inté- 
resse le canal optique. Trois radiographies ont été faites de ce 
malade : une de face, et une autre de profil. Sur la première, 
la balle apparaît logée profondément, séparée du bord orbi taire 
de deux travers de doigt. Dans la seconde, le plafond de 
Torbite parait dans sa partie postérieure soulevé, déplacé dans 
le sens vertical ; la balle apparaît très estompée et, d'après 
M. leD' Destot, chef du laboratoire de radiographie elle serait 
logée dans la couronne rayonnante. Une troisième radiogra- 
phie faite, la tête du malade renversée en arrière, afin d'obte- 
nir le maximum de renseignements radiographiques sur Tétat 
du plafond orbitaire ne fournit pas de notions plus précises. 

Il y a eu chez ce malade, tant en raison de Tagent trauma- 
tique que des phénomènes oculaires observés, des délabre- 
ments osseux beaucoup plus étendus que chez les deux autres 
sujets. L'étranglement net de la papille, son exophtalmie pas- 
sagère nous confirment Tidée de fracture esquilleuse avec 
hématome de l'orbite. Nous n'insistons par sur la possibilité 
d'une hémorragie de la gaine, rendue d'autant plus vraisem- 
blable que l'amaurosea été subite. 

La participation à ce complexus symptomatique de la 
paralysie du muscle droit supérieur . nous autoriserait, si elle 
était accompagnée d'autres phénomènes paralytiques oculaires, 
à penser qu'un trait de fracture irradiant du canal optique 
aurait pu atteindre le bord supérieur de la fente sphénoïdale 
et léser par conséquent le tronc ou l'une des deux branches 
du moteur oculaire commun. 

Gomme il s'agit d'une paralysie isolée, parcellaire, on ne peut 
également incriminer une lésion du nerf dans son parcours 
intracrânien provoquée, par exemple, par une hémorragie 
méningée. Nous ne pensons pas qu'un caillot dans l'orbite 
puisse localiser ses phénomènes de compression à telle branche 
nerveuse plutôtqu'à telle autre immédiatement voisine. Ferron, 
dans sa thèse, n'envisage pas les cas de paralysie parcellaire, 
siégeant dans le domaine du moteur oculaire commun. Il 
insiste sur la disparition fréquente des paralysies dont il voit 
l'explication dans l'existence d'un caillot comprimant le nerf 
et se résorbant. 

Nous croyons qu'une autre hypothèse plus conforme au dis- 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — LAROYENNE ET MOREAU 103 

positif anatomique permettrait mieux de comprendre ces para- 
lysies isolées dans la sphère d'action du moteur oculaire com- 
mun. C'est à une lésion du muscle et non du nerf quHl faut 
penser. Rappelons, au sujet de notre malade, que le muscle 
droit supérieur s'insère sur la face supérieure de la gaine du 
nerf optique, tout près du trou optique et sur le rebord supé- 
rieur de cet orifice. Quoi de plus simple maintenant d'admettre 
avec notre fracture du canal optique une déchirure tendineuse 
ou musculaire, ou même en cas de mobilisation d'un fragment 
osseux du canal optique le déplacement de Tinsertion muscu- 
laire. De la sorte on s'expliquerait mieux la guérison rapide 
de cette paralysie. 

De qes faits, il en découle une conclusion pratique dont 
l'importance en médecine légale, et surtout en matière d'acci- 
dents de travail n'échappera à personne. Il faut, à tout indi- 
vidu suspect d'une lésion crânienne, examiner le plus tôt 
possible après son traumatisme l'état de son fond d'œil. On 
ne doit pas attendre que le malade accuse des troubles visuels, 
car nous savons que ces derniers ne sont pas toujours fonc* 
tion des lésions papillaires. 



REVUE GÉNÉRALE 



(0 



ANATOMIE ET EMBRYOLOGIE 

i) Aupel von Szily. — Les couches postérieures do riri8(Ucber die hintere 
Greozchichtcn der Iris) fArch. f. Ophth.. LXIV, i4a-i56, 1906). 

2) Coate (Gborob). — Anomalie des veines rétiniennes (Peculiar appearence 
of a relinal vein) (Trans. ophi. Soc,^ vol. XXV, p. 309, igo5). 

3) Daléffi. — Mensurations ophtalmométriques de cristallins humains pott 
morlem (Miith. aus des Augenkl, d, Càrolinischen med, chir. Insiit,, 
Stockholm, Fischer, édit. lena, 1906). 

4) Boughton (Harris). — L'accroissement en nombre ci en volume des 
fibres myéliniques du nerf oculo-moteur commun du rat blanc et du chat 
à difTércnta ftge» (J, of compar, Neurol, and Psychol., vol. XVI, n» 2, 
1906). 

^ Les articles dont nous indiquons seulement les titres, sans analyse, 
ne contiennent rien de nouveau. 



104 REVUE GÉNÉRALE 

i) Aurel von Szily résume ainsi ses recherclies. 

Les fibres du muscle dilatateur de la pupille chez Thomme 
sont au point de vue embryogénique une différenciation intra- 
cellulaire issue des parties basales du feuillet épithélial anté- 
rieur. 

Le revêtement postérieur de l'iris adulte consiste en alla'nt 
de dedans en dehors : i^ en une couche de cellules épithé- 
liales bien formées et 2^ en une couche de noyaux allongés 
entourés de protoplasma, couche surmontée elle-même de 
fibrilles. 

Ce sont ces deux dernières fonctions (noyaux allongés et 
fibrilles) qui constituent les muscles dilatateurs. l. dor. 

2) Chez une jeune fille de treize ans, Coats a vu, une divi- 
sion anormale et une anastomose d'une veine rétinienne. Il ne 
sait si cette anomalie est congénitale ou bien si elle est due à 
un processus pathologique. stbphenson. 

3) Il résulte des mensurations faites avec lophtalmomètre 
de Javal-Schiôtz, que chez les adultes le rayon de courbure 
du pôle antérieur varie entre 9,87 et 18,90 millimètres et celui 
du pôle postérieur entre 4.9 et 6,53. A la périphérie, la sur- 
face antérieure présentait un aplatissement plus ou moins 
marquée. . h. dor. 

4) Cette très intéressante étude, importante surtout par les 
déductions qu'elle permet de tirer, montre que, pendant la 
vie, chez le rat et le chat, le nerf oculo-moteur subit d'inces- 
santes modifications. Le nombre de fibres à myéline s'accroît 
progressivement chez le rat (jusqu'à 76 0/0) et chez le chat 
(jusqu'à 167 0/0). De même les fibres nerveuses à myéline 
augmentent en dimension, aussi bien les grosses que les fibres 
fines ; mais jamais celles-ci n'égalent en volume les fibres 
grosses, développées au moment où le développement pré- 
sente son maximum de rapidité. r. 



PHYSIOLOGIE 105 



PHYSIOLOGIE 

i) Pergena (E.J. — Recherches sur l'acuité visuelle. Les optotypes après 
KûchTer jusqu à la détermination de Tan^lc de cinq minutes par Donders 
(Annules d"ocnli»iiqne, p. agi-SiS, avril 1906). 

2) Per||eiia fE.). — Recherches sur l'acuité visuelle. Les optotypes de Dyer, 
de Giraud-Teulon et de Snellen (Annales d'oculittiqne^ p. 402-409, mai 
'906). 

3) Pergena (E.). — Recherches sur l'acuité visuelle (Annales d'oculistiquej 
p. 46MB c, juin 1906). 

4) Shute (D.-K.)- — Un nouvel ophtalmotrope (A new Ophtbalmotrope) 
( Washington medic. AnnalSj mars 1906). 

5) TiiPk. — Recherches sur un courant dans la chambre antérieure (Unter- 
suchungen iiber eine Strœmung in der vorderen Augenkammer) (Arch. f, 
Ophth., A'^i-^iOf i9?6). 

6) Chamberlain (A.>F. et J.-C). — Images mentales et vision double dans 
la première enfance (Hypnagogie images and bivision in early childhood 
(Americ, journ. of Psychology^ avril 1906). 

7) Barany. — Expériences sur le nystagmus provoqué par l'oreille (Monat, 
f. Ohrenh.y n® 3, 1906). 

1) Pergens continue ses recherches sur l'âcuité visuelle. 

Après Kûchler, dont les tables furent peu employées, les 
oculistes 'semblent avoir utilisé des collections d'imprimés de 
différentes dimensions. 

En 1854, Ed. Jaeger fait faire un grand pas à la question 
en publiant ses tables composées de vingt numéros d'impres- 
sion ou d'une série de lignes noires dont l'ensemble par 
les dimensions de chaque ligne forme une progression loga- 
rithmique. 

Ces échelles eurent neuf éditions jusqu'en 1896. Chaque 
édition complétait la précédente. On y remarquait des 
numéros d'allemand, de français, d'anglais, d'hébreu, de 
musique, etc, 

Dans la même année de i854, Smee édita dans son livre une 
c5chelle optométrique, que Snellen et Landolt considèrent 
comme ayant précédé celles de Jaeger. Wecker et Masselon - 
ont prouvé le contraire. 

En i855, StelKvagvon Carion édita de nouveaux optotypes, 
puis en 1 860, Striedinger en confectionne un à disques noirs, 
qui, modifié par Snellen, est encore employé dans l'armée 
anglaise. 

Puis, de Graefe et Donders notent l'acuité visuelle en 



106 REVU£ GÉNÉRALE 

fractions 1/2, 1/4 etc., et Leport et De val publient leurs opto- 
types. 

Enfin, en 1862, Donders communique ce fait qu^unœil nor* 
mal doit reconnaître les caractères d'impression sous un angle 
de cinq minutes, et annonce que Snellen préparait des tables 
optométriques basées sur ce principe. Les idées de Donders 
inspirèrent les optotypes de Ezra Dyer, de Giraud-Teulon et 
de Snellen. ^ p. chaybruag. 

2) Dans ce nouveau chapitre de recherches historiques sur 
Tacuité visuelle, Pergens étudie les optotypes de Dyer, de 
Giraud-Teulon et de Snellen. 

Les caractères de Dyer avaient une minute de trait et cinq 
minutes de haut. 

Pour Giraud-Teulon, c'est le blanc et le noir des traits ver- 
ticaux qui déterminent le degré d'acuité visuelle. 

La progression a pour unité l'intervalle o mm. 10 qui, à un 
pied (33 centimètres), sous-tend un arc rétinien d'une minute 
ou o mm. oo5. Tous les caractères visés à la distance indiquée 
en chiffres romains sous-tendent un arc d'une minute. 

Enfin, pour la détermination de Tastigmatisme, Giraud- 
Teulon avait construit deux planches comprenant deux séries 
de barres parallèles de 2 et de 4 millimètres de diamètre, 
séparées par des intervalles égaux. p. chavbrkac. 

3) Pergens rappelle que les échelles de Snellen publiées en 
1862 avaient des traits égaux vus sous un angle d'une minute 
aux distances indiquées. Cet auteur, dès 1862, prend l'angle 
de cinq minutes non comme maximum de la vision mais 
comme normale moyenne ; il signale l'influence de l'état de 
la pupille, de l'éclairage, de l'adaptation et note la différence 
de lisibilité des caractères blancs sur fond noir, ou des traits 
noirs sur fond blanc. Il reconnaît aussi la différence qui 
existe entre la lecture des caractères isolés et celle des textes 
courants. p. cuavernac. 

4) L'instrument inventé par Shute démontre la conformité 
de l'hypothèse de l'inclinaison desaxes.de l'œil avec les obser- 



PHYSIOLOGIE 107 

vations cliniques des paralysies des muscles de Toeil. L'appa- 
reil se compose d'une balle de caoutchouc de 8 centimètres de 
diamètre fixée au moyen d'une grande aiguille en acier, qui la 
traverse et qui repose sur les deux côtés d'une boîte rectan- 
gulaire ouverte sur trois côtés. La partie antérieure de la balle 
est peinte pour représenter la cornée sur laquelle sont dessinés 
deux arcs, l'un pour le diamètre horizontal, l'autre pour le 
vertical. Deux arcs pareils sont dessinés au pôle postérieur ; 
un verre de montre sur lequel on a tracé le méridien horizon- 
tal et le vertical est placé sur un support en face de la cornée 
et sur ce verre on peut noter les points correspondants des 
axes de la balle lorsqu'on élève ou abaisse la cornée. Une 
seconde balle représente un œil en position de strabisme et 
permet d'étudier les directions des divers méridiens dans des 
positions inclinées correspondant à toutes celles que l'on 
observe dans les paralysies et l'on voit qu'elles correspondent 
exactement à celles des doubles images provoquées dans la 
paralysie des muscles extrinsèques de l'œil. cobuhn. 

5) Tûrk a étudié expérimentalement le courant que l'on 
observe dans la chambre antérieure après les injections sous- 
cutanées de fluorescéine et qui produit les traînées décrites par 
Bhrlich et Nicati. Il a pris un verre de montre rempli d'une 
solution colorée et Ta fermé par un verre plan de façon à 
imiter la chambre antérieure. Lorsqu'il chauffait le verre plan 
il voyait le liquide se mettre en mouvement et dessiner pré - 
cisément les traînées d'Ehrlich. Il conclut que ce courant dont 
la direction est ascendante au contact de la paroi convexe 
est produit par réchauffement du liquide au niveau de la paroi 
plane et son refroidissement au niveau de la paroi convexe. 
Or^ c'est précisément ce qui se passe dans l'œil, l'iris étant 
une paroi chaude et la cornée une surface de refroidisse- 
ment. L. DOR. 

6) Chamberlain rapporte Tobservation d'un enfant âgé de 
quatre aiis, qui avait nettement la perception de la double 
image et de l'image mentale. coburn. 

7) Barany insiste sur le nystagmus provoqué par l'oreille, 



lOS REVUE GÉNÉRALE 

sur les troubles de l'équilibre et leur relation avec le nystag- 
ipus.De même, il étudie le nystagmus provoqué par le courant 
galvanique; il existe un nystagmus galvanique comme il existe 
un vertige galvanique. b. r. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 

i) Ammann. — L'action des rayons de Roentgen sur l'œil humain (Zur 
Wirkungr dcr Rônt^en-Strahlen auf das menschliche Auge.) (Correspon- 
denzblatt f. Schweizer Aerzte, p. 487, août 1906). 

2) Moneai (L.) — Recherches expérimentales sur les voies lacrymales (Ricer- 
chc sperimentali sulle vie \Acrima\i) (Annali di Ottalmologia^ vol. aXXV, 
fasc. 10-11, p. 843 à 867, 1906). 

3) Contino (A.). — Gros kyste des glandes de Krausc avec examen histo- 
logiquc (Grossa cisti délia ghiandola di Krausc con particolare repc;rto 
istologico) (Clinica Ocnlisiica^ juillet-août 1906). 

4) Mao Kee (S.-H.). — Bactériologie des conjonctivites (Bacteriology of 
conjunctivitis (Americ, journ, of med. Science^ juin 1906). 

5) Daién (A.). — Anatomie pathologique de l'amblyopie alcoolo-nicotinique 
(Mittheil. aus d. Aiigenkl, des Carolinischen med. chir, Insiii.^ Stockhotm, 
Fischer, édit., lena 1906). 

6) De Vriea — L'occlusion de Tangle de la chambre antérieure dans le glau- 
come (Sluiting van dcn oogkamerhoek bij glaukoom) (27« Réunion a« Ut 
Soc. néerlandaise d'ophlalmologie^ 47 ste. Jaarverslag van hei nederlandsch 
gasthais voor Ooglijders, p. 445, Utrecht 1906). 

7) Thomaon (Edo.). — Coloration et examen des bactéries oculaires par les 
méthodes pratiques (Coloracion y examen de las bactcrias de los ojos por 
metodos practicos y sencillos) (Anales de Oftalmologia^ n» 2, août 1906) 

ï) On admettait jusqu'ici que les rayons X n'avaient pas 
d'action sur la rétine. Fuchs et Kreidl n*ont constaté aucune 
altération du pourpre rétinien, aucune migration du pigment, 
ni aucune rétraction des cônes et des bâtonnets. L'observa- 
tion d* Ammann nous montre que les rayons X peuvent cepen- 
dant avoir de graves inconvénients. Il s'agit d'un homme de 
trente ans, chez lequel se développait depuis six mois un petit 
sarcome au côté temporal de la choroïde immédiatement en 
arrière du corps ciliaire, V. o,5. Application des rayons trois 
jours de suite pendant sept minutes, l'ampoule appuyée sur la 
sclérotique au niveau de la tumeur et dirigée du côté du nez. 
Au lieu de guérir, la tumeur présenta un accroissement rapide, 
puis en même temps, il se forma un décollement de la rétine 
au point d'insertion de la tumeur et au point du côté nasal 
de la rétine correspondant à la direction des rayons ; ce décol- 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE lÔÔ 

lement s^étendit ensuite dans tout le bas de l'œil, en même 
tempsapparut une névrite optique, V. o,o5. Enucléation. Exa- 
men microscopique. Sarcome très vascularisé, mais aucun signe 
de régression dans la tumeur (qui accusait 9 mm. sur 7 et 
demi) ; aucune altération des vaisseaux de la choroïde, rien 
que le décollement de la rétine dont la couche pigmentaire 
était restée adhérente à la choroïde ; névrite aiguë du nerf 
optique. Ammann considère les lésions du nerf optique et de 
la rétine comme de nature inflammatoire, et les compare à 
Taction des rayons chimiques sur la peau que Ton observe par 
la réverbération du soleil sur des champs de glace ou à la 
dermite radiographique. 11 faut donc prendre des précautions 
(application des plaques de plomb sur Tceil) lorsqu'on voudra 
employer les rayons X sur les paupières. h. dor. 

a) Les expériences de Monesi (plaies, sondages, raclage et 
introduction de petites tiges de*verre, dans les voies lacry- 
males des lapins), bien que laborieuses, ont un intérêt très 
relatif; car de quel droit en appliquer les résultats à ce qui 
se passe chez l'homme, à la suite de différents procédés de 
traitement des affections lacrymales, elles-mêmes si variables 
et multiples, au point de vue étiologîque, clinique et ana- 
tomo-pathologique ? L'auteur le reconnaît, du reste, le pre- 
mier. A. A. 

3) Contino a observé un gros kyste des glandes de Krause 
(22 millimètres sur 10 millimètres) dont il fait en détail l'exa- 
men histologique : un épithélium cubique à une ou deux 
couches, une couche conjonctive très dense, une couche adven- 
tice, lâche et vasculaire. Rien de très original, si ce n'est les 
dimensions de la tumeur. L'auteur rappelle des cas similaires 
avec examen et en rapporte, à côté des siennes, les micropho- 
tographies. O. DUBRBUIL. 

4) M, Kee donne la technique de Texamen bactériologique 
des culs-de-sac conjonctivaux; il décrit les différents germes 
qu'on peut observer, leur caractèrCj leur mode de dévelop- 
pement et de coloration. L'auteur rapporte, à propos de 
chaque microorganisme, un cas clinique. Par Texamen bac té- 



110 REVUE GÉNÉRALE 

riologique, on peut, en reconnaissant Tagent pathogène, classer 
ralFection et la traiter convenablement. goburn. 

5) Examen anatomique d'une névrite rétrobulbaire chez un 
alcoolique âgé de quarante-sept ans. Bien que nous possé- 
dions déjà de nombreuses descriptions de cas pareils, celui de 
Dalén est très important, parce qu'il porte sur un cas étudié 
au début de la maladie. Mort par suicide neuf semaines après 
l'apparition des premiers symptômes. La rétine était normale, 
sauf dans une zone située au côté temporal de la papille qui 
présentait, comme le nerf optique, le chiasma et la bandelette 
optique une dégénérescence des fibres nerveuses et une aug- 
mentation de la névroglie sur tout le trajet du faisceau 
papillo-maculaire. 11 semble donc bien que la destruction 
des fibres nerveuses soit le fait primordial, tandis que la 
prolifération de la névroglie est secondaire ; le tissu conjonctif 
interstitiel n'était pas altéré. h. dor- 

6) De Vries eut Toccasion d'examiner microscopiquement 
vingt-quatre yeux atteints de glaucome. Dans tous ces yeux il 
trouva l'occlusion plus ou moins complète de l'angle de la 
chambre antérieure; dans quelques-uns il trouva des signes 
positifs d'inflammation. Il conclut : i^ dans l'occlusion glauco- 
mateuse de l'angle de chambre antérieure on rencontre quelque- 
fois des altérations inflammatoires ; 2^ Tocclusion glaucomateuse 
de l'angle irido-cornéen peut exister sans qu'on puisse trouver 
la cause de la propulsion de l'iris en avant. h. dor. 



PATHOLOÛIE ET THÉRAPEUTIQUE 



OUVRAGES GÉNÉRAUX. ^ STATISTIQUBS 

1) Widmark. — Publications de la clinique -oculistiquc du Carolinum^de 
Stockholm (Mittheilungen aus dop Augcnklinik d. Carolinischen medico- 
chinirgischen Instituts zu Stockholm), 8« fascicule. Fischer, lena 1906). 

a) Widmark. — Statistique de la cécité dans les pays Scandinaves et la 
Finlande au commencement du xx^ siècle (Om fôrekomsten of blindhct i de 
Skandinaviska l&nderne och Finland vid 1900-ialets bôrjan (Hygieà, n<» i, 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 111 

p. 12-^6, Stockholm, janvier 1907 eiMittheil, àatd.AngenkL des Carolinia- 
chen med, chir. Institut t Stockholm. Fischer édit., lêna i£k>6). 
3} Théobald (S.). — Précis des maladies des yeux (Prévalent diseases of the 
Eye), Saundcrs C», édit., 1906. 

2) Widmark constate que la statistique de la cécité s'est 
sensiblement améliorée dans les quatre pays Scandinaves de 
1890 à 1900. Voici les chiffres : 

IfOHDRB DBS AVBUOLBS AVEUOLB8 SUR lO.OOO H AD. 

1890 1900 1890 1900 



Suède . . . 


3.948 


3.411 


8,3 


6,7 


Norvège . . 


3,565 


1.879 


12,8 


8,7 


Danemark. . 


1,190 


1.047 


5,3 


4,4 


Finlande . . 


3.70a 


3.229 


i5,5 


",9 



Cette diminution du nombre des aveuglés est due d'abord à 
un meilleur traitement de l'ophtalmie des nouveau-nés, puis 
à l'augmentation du nombre des opérations de cataractes et 
de glaucomes, enfin aux meilleurs résultats de l'opération 
de la cataracte, grâce aux progrès de l'asepsie. La Finlande est 
moins favorisée à cause de la fréquence du trachome. 



3) Ce précis des maladies des yeux, illustré par des dessins 
originaux, est un excellent manuel bien édité. Joint à l'ou- 
vrage, en appendice un formulaire pratique, contient ce 
qu'il faut savoir pour traiter les différentes affections de 

l'œil. GOBURir. 



BIALAOIES DB LA CONJONCTIVE, DB LA CORNÉE ET DB LA SCLÉROTIQUE 

i) 8eefeldep. — Des altérations de la cornée dans l'œil de l'enfant p&r Taug- 
mentatio» de la pression intraoculaire (Ueber Homhantveranderungen im 
kindlichen Auge in Folge von Drucksteigening) (KL Monattbl., XLIII, 2, 
p. 3st3). 

2) Tepson père etTerson (J.). — Le jéquirity et son principe actif, l'Abrine 
et le jéquiritol, dans le traitement de la conjonctivite granuleuse (Arch, 
méd, de Toalouse^ i5 novembre 1906). 

3) Flandeps (L.-W.). - Arçyrose de la conjonctive due à remploi de Targyrol 
(Staining of conjunctiva by Argyrol (Journ, ofAmeric. med, Asaoc, mars 
1906). 

4) Po^ayfW.-C). — Opacité triangulaire superficielle de la cornée ches les 



112 REVUE GÉNÉRALE 

syphilitiques (Triangular opacity in thc superfîcial laycrs of the comea, 
occurin^ in syphilitic subjects) (Ophlhalmic Record^ février 1906). 

5) Pratt ^J.-A.). — Traitement du trachome (A treatnient of irachoma 
(Ophthalniic Record, janvier igod). 

6) Kardo (K.). — Le radium dans quelques formes du trachome (Medizinskoie 
0/)05 renie, n» 20, 1906; Miinch. med. Woch., n*» 3;, p. 1827, 11 septembre 
1904). 

7) De Faloo. — Traitement rationnel de la conjonctivite blennoiTaçique (Cura 
razionale délia congiuntivite blenorragica) (Clinica, Oculistica^ juillet-aoùt 
1906). 

8) Perry et Castellani. — Une épidémie de conjonctivite contagieuse aiguë 
à Geylan (An outbreak of acute contagious conjunctivitis in Ceylan) (Jour- 
nal of Trop, med., LX, i**" février 1906). 

9) Murrell (W.). — Un cas de conjonctivite rhumatismale chez un adulte 
(A case of conjonctivul arthritis in a adult (^La ncef, janvier igoS). 

10) Todd (F. -G.). — Disparition complète d'un pannus trachomateux à la 
suite d'une fièvre typhoïde (Complète absorption of pannus trachomateous 
brought about by typhoïd fever) (Ophth. iîecord., janvier 1906). 

11) Tournadoup. — De la conjonctivite printanière ou catarrhe printanier 
(Archives méd.-chir, du Poitou^ novembre 1906). 

12) Gérard. — Les afTections oculaires contagieuses dans les crèches et les 
écoles publiques (Echo méd, du Nord, mars 1906). 

i3) Stoewer. — De l'ulcère cornéen à diplobacilles (Ueber das Diplobacillen- 
Geschwiir der Hornhaut (Kl. Monatsb.^ XLIII, 2, p. i43). 

14) Stewart (T. -II.) — Ulcère cornéen et thermo-cautère (Gorneal ulcer and 
the cautery) (Homœop. Eye^ Ear and Throat Journ.^ mars 1906;. 

i5) Valk (F.). — Infection gonococcienne de l'œil (Gonococcial infection in 
relation to the cyc; (The Postgraduale^ juin 1906). 

16) Baker (A.-H.)- — Corps étrangers de la cornée et de la conjonctive 
(Foreign bodies in the Gornea and Gonjunctiva) (Cleveland med. jonrn., 
mai 1906) 

17) Langeneoker (D.-F.). — Les conjonctivites (Conjunctivitis) (Journ, of 
Ihe Kansas med. «oc, juin 1906). 

1) Les altérations de Toeil de Tenfant par augmentation de la 
pression intra-oculaire ont d'abord été décrites par Winter- 
steiner ; il s*agit en premier lieu de déchirures partielles, puis 
d'altération de la courbure et de distension de la cornée. Les 
déchirures n'existent, comme Wintersteiner l'avait déjà indi- 
qué, que dans les membranes de Descemet et de Bowman. 
Mais tandis que Wintersteiner considérait ces déchirures de 
la membrane de Descemet comme exceptionnelles, Seefelder 
les trouve dans tous les cas d'hydrophtalmos. Il arrive en 
conséquence à une conclusion différente de celle de Winter- 
steiner, à savoir que la membrane de Descemet de Tœil mfantile 
est beaucoup moins résistante que celle de Bowman et 
qu'une augmentation de la tension, de peu de durée, suffit 
pour la faire éclater. En effet, il observa les déchirures de la 
membrane de Descemet non seulement dans l'hydrophtalmos 
ancien, mais même dans les premiers jours de la vie, où il ne 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 113 

pouvait être question d un glaucome de longue durée. A une 
période plus avancée, on pouvait toujours observer une néo- 
formation d'une membrane vitreuse, et à un degré tel que, non 
seulement les fentes étaient comblées, mais que les extré- 
mités de ces déchirures étaient complètement englobées dans 
cette exsudation vitreuse. Gliniquement, on pouvait presque 
toujours reconnaître ces ruptures de la membrane de Descemet 
sous la forme de fines stries linéaires soit à l'éclairage 
oblique, soit à Tophtalmoscope. Leur existence est un symp- 
tôme important du diagnostic, bien que ce ne soit pas un 
signe absolument pathognomonique de Thydrophtalmos ; moins 
importantes au point de vue pratique, parce que difficiles à 
reconnaître sont les ruptures de la membrane de Bowman, 
dont Wintersteiner a donné une description histologique 
complète que Seefelder confirma en ajoutant quelques détails 
sans grande importance. 

Les mensurations des rayons de courbure de l'œil infantile 
glaucomateux démontrent que ceux-ci sont beaucoup aug- 
mentés dans tous les sens. La cornée de l'œil hydrophtalme 
n^est donc pas plus convexe, comme on pourrait le croire^ 
mais au contraire aplatie, et cela explique le rapport anormal 
qui existe entre la longueur de Taxe de l'œil et la réfrac- 
tion. ' KRUKENBBRG. 

2) Terson père et J, Ter son ^ en se conformant aux indi- 
cations et contre-indications formulées par de Wecker pour 
remploi du jéquirity dans le trachome, insistent sur l'emploi 
de la substance en poudre et non en macérations comme le 
recommandait de Wecker. Ils préfèrent la poudre de jéqui- 
rity au principe actif, le jéquiritol, qui souvent dépasse le 

but. MOBBAÛ. 

3) Flandera a observé un cas où, après l'usage pendant un 
an d'une solution d*argyrol à 10 pour 100, en instillation 
dans le sac conjonctival, la conjonctive bulbaire, la caron- 
cule et la conjonctive palpébrale étaient teintes d'une façon 
intensive, comme après l'emploi prolongé du nitrate d'ar- 
gent, COBURM. 

8 



114 REVOE GÉNÉRALE 

4) Posey rapporte deux cas d'opacité triangulaire de la 
cornée chez des syphilitiques. Dans le premier cas, il s'agit 
d'un jeune homme de dix-sept ans, hérédo-syphilitique, ayant 
souffert d'une kératite interstitielle. Le second est une femme 
(négresse) âgée de trente-deux ans présentant des lésions 
secondaires ou plutôt secondo-tertiaires. Elle souffrait, en 
outre, d'uvéite et de glaucome. L'opacité, de forme trian- 
gulaire, avait son sommet au centre de la cornée, la base vers 
le bord marginal cornéo-scléral. Ces opacités semblent siéger 
dans Tépithélium et les premières assises sous-épithéliales de 
la cornée; elles sont entourées d'une limite blanchâtre et 
sont recouvertes par des vaisseaux. coBimif . 

5) Pratt fait un massage des paupières avec l'acide borique 
tous les trois jours au mojen d'une pince recouverte de coton, 
ce qui occasionne les premières fois ime légère hémorragie. 
Vingt cas ont été traités delà sorte et guéris après trois ou 
plusieurs mois de massage. Le pannus disparaît sans laisser 
traces. coburfi. 

6) D'après des expériences sur des animaux et sur ses 
propres yeux, Zelenkowsky conclut que l'application du 
radium, ne dépassant pas lo milligrammes, sur la paupière 
renversée, n'a aucune action nuisible sur Tœil lui-même si on 
l'applique pendant dix minutes tous les deux ou trois jours, et 
il obtient de très bons résultats dans les formes granuleuses 
du trachome. Kàrdo-Ssyssojew étendit les essais de Zelen- 
kowsky aux autres formes du trachome avec sécrétion abon- 
dante, avec cicatrices, infiltrations du cartilage, avec pannus, 
etc. Il l'essaya sur 38 malades, une fois par semaine, pendant 
cinq à huit minutes. 11 n'obtint aucun résultat sur les cica- 
trices mais, par contre, de très bons sur les granulations, les 
excroissances papillaires et l'infiltration diffuse. Plus évidentes 
furent encore les améliorations dès le premier jour dans les 
pannus. h. uor. 

7) De FalcOy après avoir donné les raisons qui lui ont dicté 
le traitement de l'ophtalmie blennorragique qu'il préconise 
expose celui-ci ainsi qu'il suit : Bannir du traitement le 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. liS 

nitrate d'argent k forte dose, parce qu^il attaque et nécrose 
l*épithélium coméen. Limiter le traitement de la conjonctivite 
gonococcique sans chémosis conjonctival aux lavages très 
fréquents (toutes les cinq minutes) et aux bains continus avec 
une solution d acide salicylique à 3 pour i.ooo. En même 
temps, instillations répétées toutes les trois heures de nitrate 
d*ai^ent à i pour 600. En cas de chémosis, surveiller l'inté- 
grité de la cornée, pour cela : injections sous-conjonctivales 
de sublimé à 1 pour 2.000, à intervalles plus ou moins éloi- 
gnés. Dans tous les cas, Tauteur a joint aux traitements pré- 
cédents les instillations fréquentes du collyre suivant : 

Antipyrine o,3o 

Acide borique pur o>75 

Cyanure de mercure 0,01 

Eau distillée 20 » 

O. DtmiUiUlL. 

8) Perry et Castellani ont observé à Ceylan une épidémie 
de conjonctivite aiguë très contagieuse frappant les enfants de 
deux à quatre ans au moment de chaleurs élevées et humides, 
L'exsudat conjonctival est composé surtout de polynucléaires, 
on y trouve de petits bacilles se colorant bien par la fuchsine 
phéniquée diluée, mais se décolorant par le Gram. Sur de la 
gélose au sang apparaissent au bout de quarante-huit heures 
de petites colonies arrondies en gouttes de rosée composées de 
petits bacilles ne prenant pas le Gram. Les auteurs identifient 
leur bacille avec le bacille de Koch-Weeks. h, 

9) Murrell a observé chez un homme âgé de vingt-cinq ans 
une conjonctivite ayant débuté dans Tespace de quelques 
heures, concomitamment avec ime arthrite; par de compli- 
cations cardiaques. Pas de blennorragie. Rhumatisme aigu à 
l'âge de vingt-deux ans. Le liquide extrait par une ponction 
du genou ne contenait point de microorganismes. Pas de 
gonocoques dans la sécrétion bonjonctivale deTœil enflammé. 
Le malade, traité durant deux mois à Thôpital, a présenté 
plusieurs attaques de rhumatisme et de conjonctivite. Murrell 
pense qu'il • s^agit là d^une infection gonococcienne. Cette 



iiô REVUE GËlf£RALE 

affirmation est gratuite, n'étant basée sur aucune /certitude. 
On pourrait dire que, dans ce cas, Tarthrite et la conjonc- 
tivite sont deux manifestations de lagent du rhumatisme 

aigu. STBPHBN80N. 

10) La malade de Todd, une jeune fille de dix-huit ans, 
avait un pannus trachomateux, ne lui permettant de voir que 
la lumière. Le traitement médical et chirurgical ne lui fit que 
des légères améliorations, lorsqu'une fièvre typhoïde grave 
vint améliorer considérablement sa vision, à tel point que 
deux semaines après sa guérison, son pannus et les granu- 
lations disparurent complètement. L'auteur croit que la gué- 
rison de ces lésions est due indirectement à la fièvre typhoïde, 
mais directement par la prolifération endothéliale générale 
qu'elle détermine. coburm. 

1 1) Tournadour, à Toccasion de cet article qui n'est qu'un 
exposé symptomatique du catarrhe printanier classique, rap- 
porte le cas d'un jeune malade chez qui une des efflorescences 
printanières fut suivie d'ulcération. morbav. 

12) Gérard y en raison du milieu social dans lequel se fait 
le recrutement des crèches, des asiles, des écoles primaires 
montre que dans les premières les affections conjonctivales 
existent à l'état endémique, surtout la conjonctivite aiguë 
contagieuse qui, de temps à autre, éclate en épidémie. 

L'interdiction à l'enfant de l'entrée de Técole dans ces cas 
d'affections contagieuses des membranes externes de l'œil ne 
suffit pas, car, appartenant à un milieu pauvre, Tenfant n'al- 
lant plus à l'école vagabonde dans la rue où il devient un 
agent dangereux de contagion. Aussi, l'auteur présente un 
projet de création d'infirmeries scolaires où seraient soignées 
facilement les affections locales contagieuses des élèves ren- 
voyés temporairement. morbau. 

i3) Les observations de Stoesser complètent celles que 
nous avons déjà analysées de Paul, au sujet de la marche 
clinique et du pronostic de l'ulcère cornéen à diplobacilles. 
Elles semblent, en outre, démontrer que cette maladie, 



MALADIES DE L'IRIS, DE LA CHOROÏDE, ETC. 117 

inconnue autrefois, est devenue plus fréquente dans ces der- 
nières années. krukbhbero. 



1/ 



i4) Stewart fait remarquer que la cautérisation a une grande 
valeur dans le traitement de lulcère indolore et à marche pro- 
gressive de la cornée. ooburm. 



MALADIES DE l'iRIS, DE LA CHOROÏDE ET DU CORPS GILIAIRB 
GLAUCOME, AFFECTIONS SYMPATHIQUES. 

i) Lloyd-Owen (D.-C.). — Un cas de suppression de la sécrétion de 
rhumeur aqueuse (A case of suppression of aqueous sécrétion) (T^ic Ophlkal- 
mosccpe^ août ipoiS). 

a) Qrossmann (Carl). -~ Absence congénitale du muscle dilatateur de la 
pupille (Congénital absence of the dilatator of thc pupil) (Brit. med. 
Jottrn., août igoS). 

3) Manxutto (G.). — Quelques cas de néoformations pigmentées sur la face 
antérieure de Tiris (Einige FflUe von Pigmentneubildung auf derVorderflUche 
der Iris) (Zeitach. f. Augenheilk,, XIII, p. 17). 

4) Sauvineau. — La mydriase hystérique n'existe pas (Soc, de neurologie, 
S novembre 1906). 

5) Wray (Gharlbsj. — Du traitement de Tiritis, de Tiritis séreuse et de la 
kératite interstitielle par Tacétozone (The traitement of iritis, serons îritis 
and int^rstitial keratitis by Acet ozone) (The General Practitioner^ may 
i90«). 

S) Bpewerton (E -W.). -- Tumeur du corps ciliaire ^Tumour of the ciliary) 
body) (Trans, Opht. Society, vol. XXIV, p. 226). 

7) Monthus (A.). — Hémorrhagios du corps ciliaire chez le nouveau-né (Soc. 
d^ophtal, de Paris, 6 mars 1906). 

8) Carvep (W.-T.). — Tumeur kystique de Tiris (Cystic tumor of the iris 
(Journ. ofthe Minnesota state med» Atsoc, mars 1906). 

9) Lafon et Villemonte.— ^Ossification de la choroïde (Société d'anatomie et 
de phys, normales et pkthol. de Bordeaux et Journal de méd. de Bordeaux^ 
28 octobre 1906). 

10) Bla«oh«k (Albert). — Un cas de kyste séreux de Tiris d'origine trau- 
matique à croissance rapide (£in Fall von serôser traumatischer Iriscysto 
mit raschem Wachstum (Zeitsch, f. Angentheilh.y XIII, p. 804). 

1) Lloyd-Owen a pu observer, chez un homme âgé de qua- 
rante ans, la suppression et le rétablissement successivement 
prodiut plusieurs fois, de la sécrétion de l'humeur aqueuse. 

Début par une douleur vers la partie supérieure du globe, 
et du trouble de la vue. A Texamen, veines conjonctivales 
dilatées, chambre antérieure très réduite, la pupille est nor- 
male, la cornée est terne ; pression considérablement dimi- 
nuée. Certains mouvements du globe donnent des sensations 



118 REVUE GÉNÉRALE 

lumineuses. T. = — a. R. = — 2,5 D. Le traitement par 
la pilocarpine, l'atropine et la dionine ne produit aucim effet. 
Un mois après et brusquement, le malade a recouvré entiè- 
rement sa vision normale, mais pendant quelques heures seu- 
lement. De nouveau, la sécrétion cesse, puis réapparaît. A ce 
moment, lorsqu'on examine le malade, on trouve, chambre 
antérieure normale, la tension et la réfraction de même. Ces 
phénomènes se sont reproduits k des intervalles irréguliers 
plusieurs fois dans l'espace de quelques mois. j. mawas. 

a) Grossmann décrit brièvement un cas d'absence congéni- 
tale de muscle dilatateur de l'iris chez une enfant âgée de 
cinq ans. Pupilles ovales,- situées excentriquement, réagissant 
peu à l'action de l'atropine. Rien du côté des parents. 

STBPHBNSOIt. 

3) Les quatre cas décrits par Manzutio concernent tous 
des yeux amaurotirjues, dont la tension était diminuée. Ces 
anomalies n'étaient pas congénitales, mais se trouvaient, pour 
la plupart, dans des yeux qui avaient subi un traumatisme ou 
une opération. s. rbdslod. 

4) Sauvineau présente une étude d'ensemble sur ce sujet; 
il a eu l'occasion d'observer plusieurs cas où on avait dia- 
gnostiqué une mydriase hystérique et dans lesquels Tévo- 
lutioix du cas démontra nettement que ce diagnostic était une 
erreur. Il conclut que Thystérie ne peut provoquer ni la my- 
driase paralytique, ni même la mydriase pseudo-paralytique, 
produite par une amaurose monolatérale. Bâbinsri fait remar- 
quer que ces constatations confirment les siennes, il pense 
que l'hystérie n'est pas capable de modifier les réflexes pupil- 
laires et il croit que les observations des auteurs qui ont pré- 
tendu avoir observé ces faits ont été mal recueillies. Pierre 
Marie a observé deux malades chez lesquelles on avait dia- 
gnostiqué une amaurose hystérique; toutes deux sont deve- 
nues des aveugles organiques. r. 

5) Wray affirme que l'iritis, l'iritis séreuse et la kératite 
interstitielle sont des manifestations des toxines bactériennes 



MALADIES DE LA RfiTIirE, DU NBRP OPTIQUE, ETC. 119 

ou non existant dans le sang. Us traitent ces affections par 
l'administration d acétozone à la dose de 20 centigrammes 
pris quatre ou cinq fois par jour. BTBPHBNfoit. 

6) La malade de Brewerton est une femme âgée de cin* 
quante-six ans et présentant immédiatement derrière le cris* 
tallin une tumeur de la grosseur d un pois à surface granu* 
leuse. La rétine était décollée tout près de cette tumeur. 
Vision des doigts à i mètre. Enucléation. La tumeur était uq 
sarcome du corps ciliaire. h. 9tsphbnbon. 

7) Monthus a fait l'examen histologique de l'œil gauche 
d*un enfant expulsé en état de mort apparente (grosse gémeU 
laire, procidence du cordon), et qui succomba le septième jour 
après avoir eu des convulsions. Dès le troisième jour, on eon<* 
statait une petite hémorragie dans la chambre antérieure. Il 
s'agissait d'une hémorragie du tractus uvéal presque exclusive* 
ment localisée & la région ciliaire, récHiw. 

8) Carver a enlevé un kyste de l'iris chez un enfant âgé 
de onze ans. Celui-ci se plaignait d'une baisse de la vision et 
de symptômes d'irritation accompagnés d'une élévation de 
la tension. Ce kyste fut enlevé au moyen d'une large iridec^ 
tomie, il y avait une légère opacification du cristallin due, pro- 
bablement, li l'hypertension, Ge kyste est d'origine tràuma- 
tique, coBURff. 

9) Lafon et Villemonte ont présenté trois cas d'ossification 
de la choroïde dans des moignons atrophiés avec menaces 
d'ophtalmie sympathique. Un de leurs malades, âgé de qua- 
torze ans, avait en plus une ossification du cristallin. Cette 
dernière lésion chez un sujet de cet âge est un fait rare. 

MORBAU. 



MALADIES DE LA BÊTINB, DU NERF OPTIQUE ET DES CENTRES NERVEUX 

(amblyopib ÈT AMAUROSB, dyschromatopsie) 
1) i^mrmwin (J.-H:). — Du décollement précoce de la rétine dans les cas de 



J 



120 REVUE GÉIVÉRALE 

sarcome de la choroïde (Frûbablôsung des Netzhaut bei Sarcom der Gho- 
roïdea) (KL Monatsb., XUII, a, p. i35). 

a) Koster (W.). — Les tubes de Gratama pour la recherche de la simulation 
de la cécité ou de Tamblopie monoculaire. Une amélioration à cet appa- 
reil (Die Rochren von Gratama sur Entdeckung der Simulation von Blind- 
heit oder Schwachsichtigkeit eines Auges nebst einer Verbesserung dièses 
Apparates) (Arch. f, Ophth.y LXIV, 5o2-5io, 1906). 

3) Von Arlt (T.-R.). — L'application de la dionine pendant plusieurs mois 
dans les hémorragies de la rétine et les taches de la cornée. Die mehrmo- 
natliiche Auwendung von Dionin bei Netzhautblutungen und bei Kor- 
nealnarben fmaculœ corneœ) (Wochens, f. Ther. u. Hygiène des Aug.y 
X, i3 décemore 1906). 

4) Polaok. — Fonctions rétiniennes dans un cas d'amblyopie congénitale 
i^Soc. (VOpht. de Paris^ 12 juin 1906). 

5) Haltenhoff. — Hérédosyphilis à la troisième génération (Revue méd, de 
l» Suisse romande^ n» 6, 20 juin 1906). 

6) Espensohied. — Rapport entre la névrite optique et la carie du rocKor 
(Arch. f. Ohrenh., LXïfï, 12). 

7) Snowball (Thomas). — Rétinite albuminurique chez une jeune fille (Ca«e 
of albuminurie retinitis in a young girl) (Trans, Ophth, Society ^ vol. XXV, 
p. 108, 1905). 

8) Owen (S.). — Gliome de la rétine (Glloma retime) (Roy, Lond, Opkt 
Hosp, Reports^ vol. XVI, part. III, octobre 1905). 

9) Hopsiey. — La technique des opérations sur le système nerveux central 
(On the technique of opérations on the central nervous System) (Brit, 
med, Journalf n» 2882, 25 août 1906). 

10) Paasetx (Rigobbrt). — Altération sénile de la macula dans Tartério- 
sclérose (Ueber senile Maculaver&nderung bei Arteriosklerose (Zeitseh, fur 
Augenheilk.y XIII, p. 771). 

I ) Pansons conclut de rexamen de cinquante yeux atteints 
de sarcome de la choroïde qu'un des premiers symptômes de 
cette dangereuse maladie est un décollement de la rétine. U 
ne veut pas parler du soulèvement mécanique provoqué par la 
tumeur qui est bien connu et qui est un symptôme tardif, 
maiS) au contraire, d'un décollement peu proéminent situé 
dans Thémisphère inférieur, quels que soient le siège et la 
grandeur de la tumeur. Si, par exemple, la tumeur se trouve 
dans l'hémisphère supérieur, elle est séparée du décollement 
par une zone dans laquelle la rétine est normale, mais si le 
siège de la tumeur est dans l'hémisphère inférieur, le décolle- 
ment se continue directement vers celui dû à la tumeur; ce 
qui est important, c'est que Parsons a observé le décollement 
à une époque où la tumeur était encore très petite et où, sur- 
tout lorsqu'elle est très périphérique, elle pourrait facilement 
échapper à Texamen. 

La cause du décollement est évidemment une sécrétion 
anormalement exagérée de la choroïde, provoquée par Tirri- 
tation due à la tumeur. L'exsudat fortement albumineux 



MALADIES DE LA RÉTINE, DE LA CORNÉE, ETC. 121 

gagne la partie inférieure de l'œil d'après les lois de la pesan- 
teur, et cela explique le siège du décollement. Parsons insiste 
donc sur la nécessité, dans tous les cas de décollement, en 
apparence non compliqués, de rechercher avec le plus grand 
soin la tumeur possible par Tétude systématique du champ 
visuel et Texamen ôpbtalmoscopique, aussi périphérique que 
possible avec mjdriase au maximum. krukbnbbho, 

a) Koster a apporté certaines modifications à l'appareil de 
Gratama, afin de supprimer quelques causes d'erreurs pos- 
sibles. Le principe de l'appareil nouveau reste le même, il 
s'agit de deux tubes parallèles au travers desquels le malade 
regarde deux tableaux d'optotypes placés côte à côte, mais 
alors même que les tubes sont parallèles, le malade ne peut 
pas voir droit devant lui l'optotype de droite avec l'œil droit et 
celui de gauche avec l'œil gauche, parce que ces tubes sont 
fermés à chaque extrémité par une réglette mobile percée 
d une fenie, et on place préalablement lune des fentes près 
du bord externe des tubes et l'autre fente près des bords 
internes. Il en résulte que le malade voit de l'œil gauche le 
carton de droite, et de l'œil droit le carton de gauche. L'il- 
lusion est si grande, au dire de Koster, que même les personnes 
prévenues la subissent. Si le malade ferme l'un de ses yeux, 
il s'aperçoit alors de l'erreur, mais on peut, sans qu'il le 
voie, modifier la disposition des fentes et rendre la vision 
directe. Koster estime que cet appareil est supérieur à ceux 
qui ont des prismes. l. dor. 

3) V. Arli trouve que l'application de la dionine en poudre 
à la dose de o gr. oo5 une fois par semaine peut faire dispa- 
raître les taches de la cornée même très anciennes, par contre, 
elle n'a pas d'effet sur les hémorragies de la rétine. 



4) Avec son périmètre-photoptomètre Polack a fait les 
constatations suivantes sur l'œil gauche amblyope congénita- 
lement d'une jeune fille de vingt-six ans : l'acuité visuelle de 
l'œil gauche est quarante fois plus faible que celle de l'œil 
droit. Â partir du io degrés environ en allant du centre à la 



•'i-'îlfîlS !i'' 



122 . KEVUE GÉNÉRALE 

périphérie Tacuité visuelle est la même dans Tœil amblyope 
que dans Tœil sain. Les minima lumineuK et chromatiques et 
les intervalles photochromatiques montrent une sensibilité 
normale et semblable pour les deux yeux. La persistance de 
Timage rétinienne est la même pour les deux yeux. Il n'y a 
pas de scotome central. pbchin. 

5) Haltenhoff a observé des traces de rétinite spécifique 
chez une fillette de onze ans, dont il avait soigné la mère et 
la tante pour une kératite parenchymateuse. Avec un traite- 
ment par des frictions d'onguent gris, suivies de l'emploi de 
l'iodure de fer et de l'arsenic, la vision qui était de i/3 à i/4 
remonta à presque 5/6. h. dor. 

6) Espenchied étudie la névrite optique au cours de la carie 
du rocher. Il admet que le lien entre l'affection de l'oreille et la 
lésion optique est le liquide céphalo-rachidien. Il y a de la 
leptoméningite, mais elle n'est bactérienne que dans les cas 
mortels ; dans les autres il y a seulement irritation causée 
par les toxines sécrétées par les microbes du pus de l'apophyse 
mastoïde et c'est ce qui explique que, après la trépanation de 
la mastoïde, on note la disparition de la névrite optique. 

n. 

7) Snowball a examiné une jeune fille âgée de dix ans, qui 
ne présentait aucun signe de syphilis héréditaire, et qui avait 
les altérations caractéristiques de la rétinite albuminurique. 
Cette malade mourut d'ailleurs environ trois mois et demi 
après avoir été examinée par l'auteur. btcpubr^on. 

8) Le travail de Owen, est une revue générale des cas de 
gliome observés à l'hôpital Moorfields; non seulemement il 
rapporte les cas déjà observés et qui ont fait l'objet des rapports 
de Lawford, et et de Devereux-Marshall, mais tous les nou- 
veaux cas observés depuis 1897. II est impossible de résumer 
ce travail qui est essentiellement un travail de statistique ; 
pourtant plusieurs points intéressants au point de vue pra- 
tique y sont longuement traités. Notamment un cas curieux 
où on a observé cette affection dans plusieurs générations. 



MALADIES DU CRISTALUN ET DU CORPS VITRÉ 123 

Il s'agit d'un enfant âgé de cinq mois, et qui fut opéré pour 
ungliome en iSSg. Son fils fut opéré par Ridley, en 1898. 
Ce dernier a une sœur^ qui a eu deux enfants, dont Tun a 
été opéré pour un gliome, et l'autre mourut de la même affec- 
tionna Tftge de six mois. C'est le seul cas observé où on a vu 
le gliome survenir dans plusieurs générations. 

8. STBPHBIfSON. 

9) Dans un ihiportant travail accompagné de superbes 
planches, Horsley arrive à la conclusion que dans tous les cas 
de stase papillaire, de névrite optique qui n'a pas cédé à un 
traitement médical de six à huit semaines, il faut procéder 
à la décompression du cerveau au moyen de la trépanation et 
deTouverture delà dure-mère. Il cite plusieurs observations de 
gnérison durable ou du moins de grande améloration, au point 
de vue de la vision, même dans des cas de tumeur du cerveau 
ou du cervelet. h. dor. 



MALADIES DU CRISTALLIN BT DU CORPS VITRA. 

1} Muntendam. — Un cas de microphakie (Ein geval van mikrophakie 
(28* Réunion de U Soc. néerlandMe d" ophtalmologie, 47 sie J&arversUg 
van het nederlandsch Gasihuis voor Ooglijders, p. 5oi, Ulrecht igo6). 

2) Valude (E.). — Sur la pathogénie des cataractes polaires antérieures 
(Annales d^ocalisliqne, p. 447-4*'>i. juin 1906). 

3) Sneli (Simbon). — Enquête sur la prétendue fréquence de la cataracte chez 
les verriers (An inquiry into the alleged frequency of cataract in bottle 
makers) (Brit, med. joarn., p. S, 5 janvier igo6). 

4) Morton (J'-PJ- — Cataracte et atrophie optique (Cataract and optic nerve 
atrophy (The Canad. Practi. et Review, février 1906). 

5) Ellatt (E.-G.). — Cataracte électrique (Cataract caused by a discharge of 
industrial electricity (Ophthalm, Record, 1906). 

6) Chaillous et Polaok. — Opacité annulaire du cristallin, consécutive  
une contusion du globe. Régression spontanée (Soc. d*oph(aL de Paris, 
6 mars 1906). 

7) Boyie (C.-C). — Extraction d'une cataracte à travers l'iris (Cataract ope- 
ration through fused iris (Homéopathie Eye, Ear and Throat journ., juin 
1906). 

8) Lundbepg. — Des opérations de la cataracte, d'après les opérations pra- 
tiquéesâ la clinique ophtalmologique de Thùpital des Séraphins, à Stockholm, 
de 1898 à looS) (Mitiheil. ans d. A ugenkl. des Carolinischen uni chir. Instit.f 
Fischer, édil., lena 1906). 

9) FIsohep (J.-Hbrdbrt). — Cataracte coralliforme (Trans. Ophth. Society^ 
vol. XXV, p. 90). 

10) Chenay (F.-E,). — Opération de cataracte (Opération for cataract) 
(Boston meaic. and Sùrgical Journal^ avril 1906). 



m REVUE GEifÉRALE 

1 1) Blaaohek ( Albbrt). — Rapport sur cinq cents extractions de cataracte 
(Bericht ûber 5oo Cataract Operationen (Zeitschr, fur Angenheilk,y XIII, 
p. 780). 

I ) Le 1 7 décembre 1 906 Muntendam présenta à la Société 
néerlandaise d^ophtalmologie une observation de microphakie. 
Il s^agissait d'un homme de trente-cinq ans, chez lequel trois 
ans auparavant on avait constaté une myopie de treize 
dioptries avec vision i/3 après correction. Depuis un jour il 
se plaignait de vives douleurs à Tœil droit : la cornée était 
un peu trouble dans la moitié inférieure, injection périkéra- 
tique, pupille très dilatée, chambre antérieure profonde, 
couleur de l'iris et tension normales. Le bord inférieur de 
riris, sur lequel reposait le cristallin était un peu repoussé en 
arrière et dans la pupille dilatée on apercevait le contour 
entier du cristallin dont le diamètre mesurait environ 8 mil- 
limètres. Il y* avait donc une subluxation du cristallin avec 
légère inclinaison en arrière de la partie inférieure. L'œil 
gauche présentait également un tremblotement de Tiris, la 
partie supérieure de la chambre antérieure était un peu plus 
profonde que la partie inférieure, ce qui permet de supposer 
qu'il existait un léger déplacement de cristallin en bas avec 
relâchement de la zonule ; après dilatation de la pupille on 
voit que de ce côté aussi le cristallin est plus petit. L'œil droit 
fut opéré par extraction avec narcose. Muntendam entreprit 
alors de faire Texamen consciencieux de Tœil gauche. 

Voici les résultats : 

Angle a 5<»43'56" 

Rayon de la cornée, horizontal. . . 7"*™ 386 
— — vertical . . . 7'""42»6 

Profondeur de la chambre antérieure. S^^ôaSa 
Rayon de la cristalloïde ant. . . . 4™"4'î'4 

— — post. . . . 4"™4 
Epaisseur du cristallin 5°"*3446 

Les deux chiffres les plus remarquables sont le fort rayon 
de courbure de la cristalloïde antérieure qui normalement 
est d'environ 10 millimètres et l'épaisseur du cristallin qui 
est d'environ 4 millimètres à l'état normal. 

Le malade avait une myopie de 1 3 dioptries et après l'ex- 
traction une hypermétropie de 1 1 dioptries ; il s'agit donc d'une 



MALADIES DU CRISTALLIN ET DU CORPS VITRÉ 125 

myopie cristallinienne et pas d'une myopie axile. La courbure 
de la surface antérieure du cristallin était très forte, rayon = 
4"""85i 4 (normal lo^^g) la courbure poster. 5,4 (normal 6 mil- 
limètres), Tépaisseur du cristallin 5,34 (normal 6 millimètres). 
Il rapproche son cas des deux observations de myopie lenticu- 
laire de Keeling (Opht, Review^ 1902) et Cordiale (Ann, 
d'Oc, 1901). 

Dans la discussion qui suivit la présentation de Muntendam, 
KosTER s'étonne du faible degré de myopie dans le cas exposé ; 
lui-même a, chez une jeune fille de huit ans, observé ime 
microphakie (diamètre du cristallin^ 6 millimètres), avec une 
différence de réfraction de 5o dioptries entre la partie centrale 
de la pupille et la partie périphérique aphaque que l'on voyait 
après dilatation de la pupille. Dans le cas de Koster, le cris- 
tallin était peut-être un peu déplacé en bas, mais il n*était pas 
mobile et était fermement maintenu par la zonule. h. dor. 

a) Les cataractes polaires antérieures ont, d'après les 
auteurs, une double origine très différente : elles proviennent 
d une affection intra-utérine ou d'une ophtalmie à la naissance. 

Valude publie deux cas qui sont de bons exemples de la 
double origine de cette maladie. 

1*' cas. — Cataracte polaire antérieure, dépôts rougeâtres 
sur le bord pupillaire, colobome. Il s'agit évidemment d'une 
irido-choroïdite intra-utérine et d'un arrêt de développement. 

a* cas. — Ophtalmie double, cornées désagrégées en surface 
sans ulcération ; puis réparation. Après la disparition du 
trouble cornéen, l'auteur constata une double cataracte 
polaire antérieure, onze ans après l'ophtalmie initiale. 

Ce dernier cas rappelle ceux présentés par Nuel en 1898 a 
la Société belge d'ophtalmologie. p. chavbrwac. 

3) Simeon Snell a visité 2 grandes verreries près de Shef- 
fîeld et a obtenu des renseignements sur 9 autres, soit en 
tout II établissements avec 2,202 employés. Il n'a pas pu 
constater la fréquence de la cataracte; sur 1.042 opérations, 
dont 688 du sexe masculin, il ne trouve que 3 verriers. Ses 
résitMats sont donc tout à fait opposés à ceux de Gayet, 
Hirschberg, Prôbsting, Meyhôfer, etc. u. Don« 



126 BÉVUE GÉNÉRALE 

4) Morton rapporte le cas d'une jeune femme ayant perdu 
un œil à la suite d'un traumatisme et atteinte de cataracte de 
l'autre côté, sans perception de la lumière. L'auteur lopère 
cependant ; après l'opération, pas de vision possible au début; 
au bout d'un certain temps et avec la correction, elle a une 
vision de 6/36. Morton explique ce fait en faisant remarquer 
que, deux ans après le traumatisme, il y eut probablement, du 
côté de l'œil cataracte, une névrite optique et un iritis plas- 
tique sympathique aboutissant à la formation d'une cataracte. 
Il y eut alors ua arrêt de l'activité rétinienne et optique durant 
une trentaine d'années, ce qui a demandé un temps considé* 
rable pour que l'œil ait pu de nouveau s'habituer à apercevoir 
la lumière. coburn. 

5) Le malade d'Ellett reçut une décharge électrique de 
5oo volts directement. A la suite, conjonctivite, congestion de 
l'iris ; trois mois après une opaciiication du cristallin, ayant 
tous les caractères d'une cataracte, trois mois après son début. 
Rien ne put expliquer la formation de cette cataracte, sinon la 
décharge électrique reçue quelques mois auparavant. 



6) Chaillous et Polack présentent un jeune homme de 
dix-sept ans, a présent guéri, mais qui, examiné trente-six 
heures après une contusion oculaire (morceau de blanc de 
billard sur l'œil), avait une acuité visuelle réduite à 6 opts. 
Il y avait de l'hypohèma et un trouble du cristallin en forme 
d'anneau, de coloration grisâtre. Seize jours plus tard, le cris- 
tallin avait repris sa complète transparence, péchix. 

7) Boyle opéra une cataracte chez un homme ayant souffert 
d'irido-choroïdite des deux yeux suivie d*une double séclusion 
pupillaire. En faisant l'incision de la cornée, il fit passer le 
couteau à travers l'iris et la capsule, le cristallin sortit ainsi 
facilement. coburn. 



ATALADlES DE LA RÉFRACTION, DE L*AdCOMMODATlON, ETC. lit 



XALADIBS D8 LA RéPRACTION, DB L*AGCOMIIODATION ST DBS MUSCLB$ DB L^GBIL 



i) Spratt (G.-N.)* — ^^ la détermination des troubles de la réfraction 
au moyen d'échelles pour astig^matisme (The accurate détermination of 
errors of refraction, without cyclopegia b^ means of astigmatic charts 
(Jonrn. of ihe MinneMoia $i&le mea. Associât»^ mars igo6). 

a) Fopiii. — Cas d'ophtalmoplégie asthénique (Archivio di Psichiatra et 
Annales midico-psychologiqueSy décembre 1906]. 

3) Cantonnât. — La « Région de Mariette » et le pronostic de la myopie 
(Archive» d'Ophtalmologie^ p. 362, juin 1906^. 

4) Piekema. — Asthénopie et céphalaleie (Asthenopie en hoofdpiinfi/* Réu- 
nion de La Soc, néerLindaUe d ophtalmologie, 47 $t, Jaarsverslag van het 
nederlandsch Gasthuis voor OoglijderSj p. 45i, Utrecht igo6). 

5) Alt. — Paralysie de l'abducteur de cause otogène (Monat. f. Ohrenheilk*- 
no 3, 1906). 

6) Lannola et Perratière. — Paralysie du moteur oculaire externe d'ori, 
gioe otique (Lyon, méd., 4 mars 1906). 

7) Bouohaud. — Un cas d*ophlalmoplégie unilatérale, totale et complète 
avec cécité du même côté (Journal de neurologie, 5 novembre 1906). 

8) Gertz (H.]. — Détermination de la réfraction au moyen des reflets de la 
lentille de lophtalmoscope (Mitih, aus d, Carolinischen med» chir. Inslit,^ 
Stockholm, Fischer édit , lena 1906). 

9) Boraohka(ALFRBD). «- La théorie de la rotation de Tombre skiascopique 
dans l'astigmatisme (Ueber die Théorie der skiaskopischen Schattendrehung 
béS Astigmatismus) (Arch. f. OphthaL, LXIII, p. 388-39r, 1906). 

Il) Lewia (P.). — Pathologie de la myopie progressive (Pathology of pro 
gressive myopia) (Homeo, Eye^ Ear and Throat Jour,^ mai 1906). 

i) Spratt donne le résumé de la façon dont il examine la 
réfraction, au moyen d'échelles. Il conclut que la myopie et 
l'astigmatisme peuvent être déterminés exactement et prati- 
quement, de même que certaines hypermétropies, sans avoir 
besoin d'employer de cyclopégiques. coeunir. 

2) Porni rapporte le cas d'un homme de vingt-huit ans, qui 
est atteint d une diplopie disparaissant le matin, avec parésie 
de la paupière supérieure gauche s atténuant dans la journée. 
Le mouvement des deux muscles droits supérieurs était impos- 
sible. Strabisme externe à droite. Plus tard, ptosis bilatéral 
(faciès de Hutchinson) et parésie du muscle externe droit, 
rire nasal de Gowers. C'est une ophtalmoplégie asthénique, 
peut -être d'origine stomacale, une véritable myasthénie car- 
diaque. R. 

3) Cantonntt a examiné trente-quatre myopes avec staphy- 



128 AEVUE GÉNÉRALE 

lomes postérieurs et a mis en évidence, autour du seotome dû 
à la tache aveugle de Mariotte agrandie, une zone scoioma- 
teuse relative pour le blanc et les couleurs à laquelle il a 
donné le nom de « région de Mariotte d. La transition est 
insensible entre le staphylome postérieur ou conus et la zone 
rétinienne environnante presque normale en apparence, dans 
laquelle plongent cependant, dans bien des cas, des fusées 
dépigmentées parties du conus. L'examen de cette zone serait 
un élément précieux de pronostic. En effet, onze malades 
purent être réexaminés à trois ans d'intervalle et Fauteur put 
conclure : i* 11 n'y a pas corrélation absolue entre Tétendue de 
la tache aveugle et Taggravation de la myopie, au contraire, 
les fusées dépigmentées de la région de Mariotte traduisent 
l'extension du processus atrophique. dbkbzbch. 

4) Piekema insiste sur le rapport fréquent qui existe entre 
les douleurs de tête, la céphalalgie persistante et l'asthé* 
nopie oculaire, surtout celle qui est due à une forte hyper- 
métropie ou à Tastigmatisme. Les symptômes principaux 
sont : I® une pression derrière les yeux, « comme s'ils étaient 
poussés en bas » ; 2® une grande sensibilité à une forte lumière ; 
3^ une agoraphobie, enfin 4^ du vertige, des nausées et même 
des vomissements. 11 cite des observations dans lesquelles 
tous ces symptômes, rebelles à tout traitement, avaient duré 
pendant plusieurs années et qui cédèrent comme par enchan- 
tement, « comme la neige fond au soleil », par la prescription 
de verres exactement calculés. h. doh. 

5) Alt rapporte l'observation d'un enfant atteint d'otite 
moyenne suppurée avec mastoïdite. Sept semaines après une 
antrectomie, paralysie du droit externe. Au bout de deux 
semaines, la paralysie devient parésie. L'auteur croit à une 
paralysie non de cause centrale, mais réflexe par la voie du 
nerf vestibulaire, dont les relations avec le noyau des nerfs 
moteurs de l'œil sont très étroites. r. 

6) Lànnois et Perretière relatent l'observation d'ime ma- 
lade atteinte de mastoïdite aiguë, chez laquelle est apparue 
trois jours après le début des accidents mastoïdiens Une para- 



MALADIES DE LA RÉPRACTI01f> DE L'ACCOMMODATIOlf, ETC. i^ 

lysie du moteur oculaire externe. Un évidement pétro-mastoî- 
dien fut pratiqué. La g^érison de la paraljsie était presque 
réalisée deux mois après Tintervention. A loccasion de cette 
malade, les auteurs présentent un historique très documenté 
de la question, surtout au point de vue pathogénique. Ils cri- 
tiquent, à juste titre, la théorie sphénoïdale de Vrillion et 
celle de Negro de lésions bulbaires de la sixième paire. L'hypo- 
thèse d'une altération directe de Toculo-moteur externe dans 
son trajet intra-crânien semble plus admissible ; la théorie de 
Gradenigo ne s^applique qu'à un nombre de cas restreint. 

Le mécanisme de la paralysie n'est pas univoque. Il s'agira 
parfois de lésions osseuses de la pointe de la pyramide, 
d'autres fois d'abcès extra-duraux, de foyers méningitiques. 
Mais il est des faits où la paralysie est la conséquence de 
phénomènes névri tiques d^ordre inflammatoire ou toxique. 
Dans quelques cas il peut s'agir d'un réflexe partant de 
l'oreille et agissant sur les noyaux des nerfs oculaires par 
rintermédiaire du noyau de Deiters. 

Aussi, en face d'une paralysie de la sixième paire d'origine 
otique, ne faut-il pas immédiatement conclure à l'indication 
d'une intervention? Ces troubles moteurs oculaires peuvent 
disparaître sans laisser de traces. Seuls l'extension mastoï- 
dienne, une labyrinthite suppurée ou des accidents intra- 
crâniens commanderont Tintervention. morbau. 

7) Bouchaud rapporte le cas d'un malade qui présenta d'un 
seul côté de la paralysie du droit externe à laquelle lentement 
s'associa une ophtalmoplégie totale. Dans le cours de l'évo- 
lution apparurent ^plusieurs ictus non suivis de paralysies* 
Une cécité absolue siégeait du même côté, sans qu'au début 
existât de lésions ophtalmoscopiques. 

Quoique le malade n'eût présenté dans son passé aucun 
accident syphilitique, on lui institua le traitement mixte et, 
dans l'espace de deux mois, les symptômes d'ophtalmoplégie 
externe ont disparu, mais la cécité est restée absolue. La 
papille est devenue complètement blanche. 

Il s'agit très probablement d'une méningite syphilitique de 
la base. morbau. 

8) Lorsqu'on examine à l'ophtalmoscope ime opacité locale 

9 



IdO REVUE GÉNÉRALE 

du cristallin, on apprécie la profondeur de son siège dans la 
lentille par les déplacements parallactiques de cette opacité 
dans les divers mouvements de Tœil; en examinant de la 
même manière le déplacement des images du miroir réfléchies 
par la lentille pour l'image renversée par rapport au fond de 
l'œil, on voit que ces déplacements varient suivant la réfrac- 
tion de Toeil. On peut, par ce moyen, arriver à calculer cette 
réfraction; toutefois, ces résultats ne sont qu'approximatifs. 
C'est cette méthode qu a étudiée Gertz, et son travail est inté- 
ressant pour tous ceux qui aiment les calculs mathématiques. 



maladies du globe de l obil 
(blessures, corps Étrangers, parasites) 

i) Cohn (Paul). — Sur les échecs subis par Tusage de riodGforme pour la 
désinfeclion intraoculaire (Uber Misserfolge der intraocularen loaoform- 
desinfection) (Zeitschr. f, Augenheilh., XIII, p. 24}. 

a) ValK (F.) —'Formation d'uQ cul-de-sac pour l'œil artificiel (Formation of 
a cul-de-sac for an artifîcial eye^ (Med, Record, mars 1906). 

3) Coleman (J.-M.). — Les yeux des nouveau-nés (The eyes of the new- 
horn) (Virginia med, se. Monthly^ 8 juin 1906). 

4) Hubbell (A.-A ). — Le traitement précoce et immédiat des accidents 
oculaires (Immédiate and early trcatment of ocular injuries (New-York 
slate journ. ofmedic.^ avril :9o6). 

5) Gasparrini. — Un cas d*exophtalmie pulsatile guérie par des instillations 
d^adrénaiine (Un caso di csoftalmo pulsatile garito con instilazioni di adrc- 
nalina (Clinica ociilistica, juin igo6). 

6) Sulzer. — Microphtalmie unilatérale droite avec colobome de Tiris et de 
la choroïde ; ectopie du cristallin, mobile sous Tinfluence des elTorts d*ac« 
commodation de l'œil çauchc. Cornée transparente de 2 millimètres de dia- 
mètre (Soc. d'ophtaL de Paris, juin 1906). 

7) Lafon et Villemonte. — Ruptures symétriques des deux globes oculaires 
(Journal de médecine de Bordeaux^ n» 5i, 2a décembre 1906). 

8) Lagrange. — Exentération sous-conjonctivale de Torbite (Soc. de méd. 
et chirurgie de Bordeaux^ 12 octobre 1906). 

i) Cohn a vu employer l'iodoforme dans quatre cas d'infec- 
tion oculaire sans aucun résultat. Chaque fois Torgane dut 
être énuclééy trois fois par suite d'une inflammation sympa- 
thique de l'autre œil. Du reste, Krauss (voir Revue (TOphialm. 
XXVI, p. 40 avait déjà énergiquement condamné cette 
méthode, qu'il traitait même de nuisible. b. rbdslob. 



MALADIES DU GLOBE DE L*CfelL 131 

2) Valky à un malade qui perdit l'œil et les paupières par un 
traumatisme, refit un cul-^de^sac formé d'une part par le rebord 
inférieur de l'orbite et, d*autre part, par une greffe épider- 
mique. oosunit. 

3) Coleman^ en étudiant les maladies des yeux des jeunes 
enfants, insiste sur la nécessité de soustraire la vue des 
nouveau-nés à la lumière intense, ce qui cause d après lui dans 
la suite un grand nombre de troubles oculaires. coburn. 

4) Hubbell montre que les corps étrangers de la cornée 
doivent être rapidement extraits avec des pansements con- 
sécutifs pour prévenir Tinfection. Les plaies pénétrantes doi- 
vent toujours faire penser à la possibilité d'un corps étranger 
et à des accidents sympathiques. 

L'infection doit être combattue par la désinfection intra- 
oculaire et les compresses froides. Un œil perdu doit être 
enlevé de suite. Quand un œil est atteint d'uvéite traumatique, 
il doit être énucléé dans les deux semaines qui suivent Tacci- 
dent, à moins qu^il ait un peu de vision ; dans ce dernier cas^ 
intervenir chirurgicalement dans le but d'améliorer la 
vision. G09URif. 



5) Gasparrini a observé un cas assez curieux qu41 relate 
simplement en deux pages. Un malade se présente à lui por- 
teur d'une exophtalmie réductible à la pression, pulsatile^ 
avec souffle à l'auscultation, pouls et souffle synchrones aux 
battements de .l'artère radiale, la compression de la carotide 
au cou faisait disparaître ces symptômes. Pour prendre 
temps, l'auteur ordonne 2 grammes d'iodure de potassium par 
jour et un collyre à l'adrénaline (XL gouttes dans ao grammes 
d'eau) quatre fois par jour. Dix jours après, le malade revient 
amélioré. Devant un semblable résultat, l'auteur ne change 
rien au traiteméïit et, au bout de deux mois environ, guérison 
complète. Gasparrini croit qu'il faut attribuer aux heureux 
effets de l'adrénaline ces modifications dans ce cas d'exoph- 
talmie pulsatile. o. dubiusvil. 



132 REVUE GÉNÉRALE 

6) Sulzer souligne dans son cas Tabsence de troubles cor- 
héens qui permettait Texamen ophtalmoscopique. pbcbir. 

7) Le malade de Lafon et Villemunte exerçait la profession 
d^écarteur dans les courses landaises. Voulant écarter une 
vache, il fut renversé et piétiné par Tanimal qui lui posa un 
pied sur la figure ; le nez se logea entre les deux ongles qui 
pénétrèrent chacun dans une orbite, produisant la rupture 
des doux globes oculaires; les lésions des deux yeux sont 
symétriques, soit du côté interne de chaque œil une déchirure 
verticale de 10 à la millimètres. On proposa une double 
énucléation qui fut refusée par la famille ; il fallut toutefois 
énucléer Tœil gauche qui commençait à suppurer; à droite, 
atrophie du globe. h. dor. 

8) Lagrange présente un enfant atteint d une tumeuc 
maligne chez lequel il a pratiqué Texentération du globe de 
Tœil, malgré le petit volume de la tumeur. L'auteur pense, 
avec Richer, que dans les tumeurs malignes de l'œil Ténu- 
cléçtion est insuffisante. Grâce à Texentération sous-conjonc- 
tivale, on peut faire suivre l'opération de la pose d'un appareil 
prothétique. h. 



MALADIBS DBS PAUPIERES, DE L APPAREIL LACRYMAL ET DE L ORBITE 



1) De Berardinis. — Réflultats de quelques opérations de blépharoplaslie 
(Risullati di alcuiie operazioni di plastica) (Annali di Ollalmologiai vol. 
XXXV, fasc. lo-ii, p. 8i3 à 834, 1906). 

2) Zentmayer et Weisenburg (T.-H.). ^iThrombose primitive du sinus 
caverneux (Primary cavernous sinus thrombosis (Americ. Journ, of med. 
Science y février 1906). 

3) 8hiba. — De Tétiologie de la dacrvocyslitc dans la tuberculose du voisi- 
nage et de la dacryocystite tuberculeuse (Ueber die Aetiologic dcr Trftnen- 
sackentziJndungcn bel Tuberculose der Unigcbung und ûber Dacryocystitis 
tuberculosa) (Ki. MonsLtsbl., XLUI, supplément, p. 63). 

4) Plltt. — Tuberculose de la glande lacrymale (Ueber Tuberculose der 
Thrftnendrûsen (Kl. Monalsbl., XLIII, supplément, p. 440). 

5) Ardouln. — Opération de Krœnlein pour le traitement des tumeurs de 
l'orbite (Archives prou, de chirurgie, décembre igo6). 

6) Pfeiffer (G.). Cas typique de chlorome de lorbite (Mûnch, med. Woch.^ 
n« 39, 25 septembre 1906). 

Rooher et Lafon. — Angiome caverneux développé dans la partie interne 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L'APPAREIL LACRYMAL, ETC. 133 
du muscle orbiculaire (Journal de mid. de Bordeaux, p. 42, ao janvier 

8) Jooqs. — Ectropion total de la paupière inférieure guéri par les cautéri- 
sations verticales de la coigonctive palpébrale (Soc, d'ophi. de Paru, 
6 mars 1906). 

9) Faure-Laoausaade. — Contribution A l'étude de l'épithélioma des pau« 
pières (Soc. d'opht. de ParU^ 6 février 1906). 

10) De Lapersonne et Mettey. — Gylindrome de Torbite (Soc. d'ophl. de 
PariSyô mars 1906). 

11) 9tewart (W.-R.-H.). — Infection et suppuration des paupières et de la 
région sourcilière A la suite d'une cautérisation de la fosse nasale (A case 
of suppuration of the eyelid and supra-orbital région following cautéri- 
sation of the nasal région) (Lancet^ mai 1905). 

12) Smydaokep. — Opération plastique des paupières au moyen d'un lam- 
beau de peau enlevé au cou (A plastic opération on the eyelida by means 
of skin flaps taken from the neck) (Archives of Ophihalmology, janvier 

1906). 

i3) Santoa Fernandéz (J.)- ~ La stovaïne facilite l'opération de Tentropion 
de la paupière inférieure (La estovaina facilita la operacton del entropion 
del parpado inferior) (Analee de oftalmologia^ n» a, août 1906). 

rO Calllaud — Fistules congénitales de la région lacrymale (Soc, d'opht. de 
Pariât 6 février 1906). 

i5) Jurnitaohek (Fblix). — Un cas de tarsito syphilitique (Ein Fall von 
Tarsitis syphilitica, (Zeitsch. f, Angenheilk.^ XII, p. 376). 

16) Phil (ALBm). — Un petit changement donné à la section de la peau dans 
ropération de Kroénlein : résection temporaire de la paroi orbitale exté- 
rieure (Ein Kleine Ab&nderung des Haulschnittes bei der tempor&ren 
Resection dèr ftusseren Orbitalwand nach Kroenlein) (CentralbL fûrprakl. 
- Augenheilk.t juin 1906). » 

i) Le mémoire de De Berardinis est intéressant, surtout 
par les figures. Dans treize interventions de blépharoplastie, 
trois fois seulement il a eu recours à des lambeaux pédon* 
culés du voisinage, les autres fois à des greffes dermo-hypo- 
dermiques empruntées aux téguments du bras. Ce dernier 
procédé peut donner des résultats excellents, malgré tout ce 
qui a été dit, mais aux conditions suivantes : débridement 
large de la cicatrice palpébrale, décollement de ses bords, 
excision du tissu cicatriciel; tarsoraphie permanente, pendant 
quatre ou cinq mois ou plus, ce qui est indispensable, non 
seulement pour assurer la greffe sur vaste surface, mais aussi 
pour éviter la rétraction si regrettable ; lambeaux très larges 
(au moins le double ou plus, de la perte de substance à com- 
bler), parfaitement débarrassés du tissu cellulo-adipeux sous- ' 
cutané et rendus ainsi très minces; sutures nombreuses, tout 
le long du bord décollé de la plaie, pour bien fixer le lambeau, 
en faciliter l'adhésion et en rendre plus' riche et plus sûre là 
nutrition; pansement légèrement compressif, par un petit 
rouleau ou tampon de gaze ne dépassant pas le bord du lam- 



134 R£VUC GÉNÉRALE 

beau ; occlusion des deux yeux pendant cinq jours et alimen- 
tation liquide ; précautions extrêmes en renouvelant le panse- 
ment, car une traction un peu brusque pourrait arracher tota- 
lement ou partiellement le lambeau; compression douce et 
uniforme par le pansement, même plusieurs jours après 
Tadhésion parfaite de la greffe. En opérant ainsi, on ne crain- 
dra ni la nécrose du lambeau, ni son insuffisance, ni son 
recroque villement. Les résultats éloignés sont excellents, le 
lambeau se conservant large, souple, avec parfois des plis 
comme une paupière normale, reconnaissable seulement à sa 
couleur légèrement plus pâle que la peau environnante. 

A. ANTONBLLI. 

2) Zentmayer et Weisenburg ont observé une thrombose 
ayant probablement son origine dans le sinus caverneux et 
qui, au début, n^affectait que ce sinus. A part les symptômes 
habituels de la thrombose du sinus caverneux, on observait 
des signes d'envahissement du côté des nerfs crâniens plus ou 
moins lésés. Ceci était en rapport avec des troubles de la 
menstruation. Il s'agissait d'une femme de trente-quatre ans, 
nerveuse, n'ayant fait aucune maladie antérieure particulière, 
et qui présentait de l'etophtalmie et du ptosis du côté droit 
avant Tâge de huit ans ; à la première apparition des mens- 
trues, les phénomènes s'accrurent et s'accompagnèrent de 
douleur. A la suite, Texophtalmie et le ptosis devinrent plus 
marqués, surtout à l'approche de la menstruation. Cinq ans 
après son mariage, la malade se plaignait de l'intensité des 
symptômes et de leur persistance. Deux mois après, on put 
affirmer qu'elle était enceinte. Après Taccoùchement, elle 
avait du ptosis des deux côtés, mais son exophtalmie et son 
ptosis de l'œil droit avaient notablement diminué. Le ptosis 
de l'œil gauche disparut rapidement. L'examen des paupières 
montrait une congestion veineuse intense. Le nerf optique du 
* côté droit était atrophié, celui du côté gauche un peu pâle. En 
plus, il y avait une ophtalmoplégie complète, interne et 
externe, du côté droit, avec une paralysie de la V* paire, 
parésie de la VII*, IX«, XI* et XII* paires. Du côté gauche, 
paralysie partielle de la III^ paire. Les auteurs admettent 
rhypothèse d'une thrombose du sinus caverneux, qui se serait 



MAUDIES DES PAUPIËftES, DE L'APPAREIL LACRYMAL/ ETC. 135 

propagée à l'autre côté, puis, enfin, extension au sinus pétreux 
supérieur et inférieur, ce qui expliquerait, vu la pression exer- 
cée, les symptômes qu'on observait du côté des nerfs. 



3) D'après Texamen des cas cliniques assez nombreux, Shiba 
conclut que les dacryocystites qui accompagnent souvent le 
lupus de la face et des paupières, ne sont pas toujours de 
nature tuberculeuse, et qu'au contraire, dans la plupart des 
cas, il s'agit d'une affection purement inflammatoire. D un 
autre côté, la dacryocystite tuberculeuse n'est point si rare 
qu'on le croit généralement, seulement on la méconnaît sou- 
vent, parce qu'elle se présente comme une simple dacryocys- 
tite suppurée en un phlegmon du sac. Dans quelques cas 
rares, sa marche clinique est si caractéristique que Terreur 
n'est pas possible. Un symptôme qui doit la faire suspecter 
est un épaississement de la paroi du sac qui ne disparait pas 
sous la pression du doigt et qui ne fait sortir que peu ou point 
de liquide par les points lacrymaux, tandis que le liquide 
injecté sort facilement par le nez. Le développement de gra- 
nulations dans les voies lacrymales qui produit la résistance 
spéciale à la pression du doigt n'est pas assez complet pour 
empêcher l'écoulement pas le nez. Les observations de l'auteur 
engagent donc, dans tous les cas de dacryocystite grave, à 
pratiquer l'extirpation du sac, seule méthode radicale. 

KRUKENBBRG. 

4) Plitt donne d'abord un aperçu critique des quelques tra- 
vaux parus, puis il décrit un cas de tuberculose des deux 
glandes lacrymales. En présence de la grande mobilité des 
glandes et de l'absence de tout symptôme d'irritation, on 
diagnostiqua tout d'abord une simple luxation, mais l'examen 
ultérieur démontra qu'il s'agissait d'une tuberculose qui s'ac- 
compagna bientôt de tuberculose du sac lacrymal. Le diag- 
nostic est donc difficile au début et Plitt croit qu'il faut s'en- 
tourer de tous les renseignements utiles et recommande dans 
les cas douteux de faire une excision exploratrice pour l'exa- 
men histolc^que, bactériologique et l'inoculation à un animal 
et même une injection de tuberculine. krukbnbbro. 



136 REVUE GÉNÉRALE 

5) Ardouin rapporte Tobservation d*un homme de cin- 
quante*neuf ans, chez lequel, àTaide de Topération Krônlein, 
il a enlevé un sarcome orbitaire formant une masse aplatie 
entre le globe et le périoste de la paroi orbitaire inférieure. 

L^auteur étudie en détails Tanatomie de la paroi orbitaire 
externe, les divers temps de l'opération et les modifications 
apportées au procédé de Krônlein. Il montre également les 
indications de l^opération, c'est-à-dire son but diagnostic et 
thérapeutique. Comme résultats, il cite la statistique de Hel- 
bron, cent quarante cas, deux énucléations seulement et, 
comme conclusion, il admet que l'opération est sans danger 
pour la vie et que si elle est bien exécutée elle ne peut par 
elle-môme provoquer aucun accident. b n. 



6) Pfeiffer rapporte une observation typique de chlorome. 

Il s'agit d'un enfant qui présenta une suppuration de Foreille 
moyenne droite, puis une exophtalmie bilatérale avec chémo- 
sis et troubles graves de la vue. Rapidement apparut une 
anémie intense puis des hémorragies conjonctivales et un 
affaiblissement considérable. Ensuite on vit apparaître des 
adénopathies sous-maxillaires et une tuméfaction de la région 
temporale de chaque côté. Quatre mois après le début de la 
maladie la mort survint dans le marasme. 

L'autopsie montra des tumeurs gris verdâtre dans le tissu 
orbitaire, des tumeurs semblables étaient disposées en nappes 
dans la dure-mère, le long des grands sinus veineux; elles 
existaient également dans la fosse temporale, le long de la 
colonne dorsale, dans les ganglions du cou, le foie et les deux 
reins. L'examen histologique montra que le tissu néoplasique 
était constitué par des cellules rondes avec un gros noyau rond 
et un étroit protoplasma, la plupart du temps serrées sans 
ordre les unes contre les autres, parfois ordonnées en traînées 
allongées ; un tissu conjonctif très ténu existait entre ces cel- 
lules ; il y avait peu de vaisseaux. 

Pfeiffer rappelle les particularités caractéristiques du chlo - 
rome : i® exophtalmie avec atrophie optique ; 2® otite 
moyenne avec tuméfaction de la région temporale ; 3® anémie 
ou plus exactement tableau de la leucémie aiguë (mononu 



MALADIES DES PAUPIÈRES. DE L*APPAREIL LACRYMAL, ETC. 137 

cléose, adénopathies, hémorragies) ; 4* rapide évolution de 
raiFection et jeune âge du malade. r. 

7) Hocher et Lafon opérèrent une tumeur de la tête du 
sourcil qu'ils prirent d'abord pour un kyste dermoïde. Le 
malade avait reçu, en 1874» au-dessus de Tœil gauche, un 
violent coup de tète de cheval. Le résultat immédiat fut une 
énorme bosse sanguine qui laissa plus tard une petite tumeur 
de la grosseur d'un pois, laquelle insensiblement augmenta 
pour atteindre le volume d'une noisette. Ce n'est que pendant 
l'opération qu'ils constatèrent que la tumeur était bleuâtre et 
en l'ouvrant il s'écoula du sang. L'examen microscopique 
démontra qu'il s'agissait d'un angiome. h. dor. 

8) Jocq» présente un homme, de soixante-trois ans, guéri 
d'un ectropion sénile prononcé et du larmoiement consécutif 
par les cautérisations verticales associées à la blépharorraphie 
médiane. pbchin. 

g) Faure-Lacaussade a observé un épithélioma des pau- 
pières de l'œil gauche chez un homme de soixante-quinze ans 
et dont le début remonte à vingt-cinq ans. Les deux pau- 
pières sont détruites par le néoplasme, ainsi que le globe ocu- 
laire. La tumeur est restée localisée. Il n'y a pas d'engorge- 
ment ganglionnaire. Pas de douleur. pbchin. 

10) De Lapersonne et Mettey montrent les préparations 
histologiques d'un cylindrome de la glande lacrymale orbi- 
taire. Il s'agissait d'une tumeur récidivée de l'orbite et prise 
pour un sarcome de l'orbite chez un homme de vingt-huit ans. 
Exentération de Torbite. pbchin. 

1 1) Trois jours après une cautérisation du cornet inférieur 
droit, Stewart a vu se développer, chez une jeune fille de seize 
ans, un phlegmon de la paupière et de la région supra-orbi- 
taire du. même côté. stbphbnson. 

la) Le malade de Smydacker a été gravement brûlé, pen^ 
dant une attaque d'épilepsie. Comme conséquence, il eut des 



138 BEVUE GÉNÉRALE 

cicatrices, qui ont formé un ectropion très marqué. Uauteur 
enlève un large lambeau de peau au cou, vers l'angle formé 
par la clavicule, il le divise en, deux parties, sans toutefois les 
séparer Tune de Tautre et l'applique respectivement à la place 
des deux paupières. Il fait ainsi une espèce de pont, pendant 
six jours, jusqu'à ce que les extrémités aient été complètement 
cicatrisées. Le résultat a été très satisfaisant. coburn. 

i3) Santos Fernandez nous a déjà signalé les avantages de 
la stovaïne comme anesthésique local, il y revient au sujet de 
Tentropion et montre les facilités que procure cet agent qui 
aurait quelque supériorité sur la cocaïne. Trois observations 
complètent l'article. o. d. 



RAPPORTS DB l'oPHTALMOLOGIE AVEC LA PATHOLOGIE GéNÉRALE 



i) Nadal. — Troubles pupîllaires chez les paralytiques généraux. Leur valeur 
diagnostique (Thèse de Montpellier, 25 juillet 1906). 

2) CtMiulfaPcl et Rendu. >- Méningite tardive dans un cas de zona ophtal* 
mique (Soc, méd, des hôp, de Pans, 8 février 1907). 

3) Tenzep. — L'état du fond de Toeildans les affections de Voreiiïe (A reh. f, 
Ohrenh,, LXIII, 1-2). 

4) Germann (Ph.). — Sommes-nous autorisé, lorsque la vue est menacée par 
une grossesse, à ordonner Taccouchement prématuré ou Tavortement? (Ist 
es berechtigt, bei Gefahrdung der Schkraft durch Schwangerschaft, die 
Ëinleitung der Kûnstlichen Frîihgebui't oder einen Abortus zu verlangen?) 
(St-Petersbarger med. Wochens, n» 36, 1906). 

5) Koater. — Quelques mots sur le traitement de la tuberculose oculaire 
par la tuberculine (lets over behandeling van tuberculose van het ooe* mit 
tuberculine) (97* Réanion de U Sociéli néerlandaise d'opMàlmoïoffie, 
47 sle. Jaarverslag van het nederlandsch Gasthuis voor Oogùjders^ p. 445, 
Utrecht 1906). 

6) Wupdemann (H.-V.). — Goitre exophtalmiaue atvpique, endothéliome 
de la pituitaire et du corps thyroïde (At^pical exophthalmic goiter, with 
endothelioma of the piluitary and thyroid bodics) (Ophthalmology, avril 
1906). 

7) Spaar (E.-D.)* -- La photophobie est un réflexe d'origine nasale (Photo- 
phobia a nasal reflex (Boston med, and Surg, Journ,, mars 1906). 

8) Harman N. Biahop. — La pseudo-fièvre des foina (False hay fever) (Brit, 
med. Journal, août 1905). 

9) Porter (E.-IL). — Un cas d'acromégalie avec symptômes oculaires inté- 
ressants (A case of acromegalia with interesting eyes symptoms) (Ophthal-' 
mie Record j juin 1906). 

10) Monod, Raulin, Aubaret. — Troubles oculaires d'origine obstétricale 
(Société de méd, et de chirurg, de Bordeaux et Journal de médecine de 
Bordeaux^ 28 octobre 1906;. 



RAPPORTS DE L'OPHTALMOLOGIE, ETC. 139 

II) QMTopcl (H.), — Un cas rare d'empoisonnement par Talcool méthylique 
(Au unusual case of methyl alcohol poisoning) (Ophth, Aecorcf,, juin iQoS) 

I») Chappentier. — Myasthénie* bulbo-spinale chez un tabëtique (Soc, de 
neurologie^ 8 novembre 1906), 

i3) Remlitiger. ^ Ooitre exophtalmique consécutif à une morsure de chien 
enragé (Soc, méd, des hdp. de Paris , 3o décembre igo6). 

14] Possefc Rigobert. — Un cas d'hémianopsie corticale après un trauma- 
tisme (£in Fall von corticaler Hemianopsie nach einem Trauma (Zeitsch, 
f, Augenheilk., X!II, p. 794). 

1) Nadal étudie les troubles pupillaires aux trois périodes 
de la paralysie générale. Dans la première période on observe 
de rinégalité pupillaire (une pupille en mydriase, l'autre en 
myosis ; les deux pupilles inégalement dilatées ou rétrécies ; 
une pupille normale, Tautre en mydriase ou myosis) de la 
mydriase, du myosis, de la déformation, de l'irrégularité et 
excentricité pupillaires, la perte du réflexe à la lumière, le 
signe d*Argyll-Robertson. L'auteur passe alors en revue les 
symptômes pupillaires dans les affections dont le diagnostic 
doit être fait avec la paralysie générale (états maniaques « 
mélancoliques, . folie périodique, confusion mentale, neu- 
rasthénie, hystérie, etc.). Dans la deuxième et la troisième 
période on retrouve les mêmes symptômes, mais tandis que 
dans la première période ils soiit passagers, intermittents, 
variables, ils sont dans les deux autres définitifs. Suivent 
trente-cinq observations. bbnbzbch. 

2) Chauffard et Rendu rapportent l'observation d'une 
femme, trente-huit ans, entrée à l'hôpital le cinquième jour 
d'une maladie caractérisée par une céphalée intense, des névral- 
gies très douloureuses de la moitié gauche de la face et une 
éruption vésiculeuse de Taile gauche du nez et de la tempe 
gauche : zona ophtalmique. 

La ponction lombaire donne un liquide normal. Le lende- 
main, on trouve de la raideur douloureuse dans les muscles 
cervicaux. Les mouvements de flexion sont impossibles, le 
pouls est à 56, la céphalée toujours très intense, pas de 
Kernig. Deuxième ponction lombaire : liquide peualbumineux, 
beaucoup de lymphocytes. Guérison au bout de douze jours. 
Ces faits permettent de suivre l'évolution du processus patho- 
génique : lésion initiale du ganglion, infection ascendante de 
la racine postérieure et de la méninge. 



i40 REVUE GÉNÉRALE 

La lymphocytose n*est donc pas un symptôme du zona, 
mais de la complication méningitique secondaire. La ménin- 
gite semble ne plus avoir été uniquement cervicale. Il est 
intéressant de noter la corrélation topographique du zona et 
de la raideur musculaire (signe de Kernig). Dans le cas actuel : 
zona ophtalmique et raideur du cou. Dans un cas rapporté 
par Chauffard et Rivet : zona thoraco-abdominal, signe de 
Kernig k localisation spinale inférieure. r. 

3) Tenzer sur un nombre considérable de malades atteints 
d'affections de Toreille non compliquées n'a noté que 5 fois des 
lésions du fond de Tœil. D'autre part il a réparti en 2 groupes 
76 cas daiFeclions d'oreilles compliquées de troubles intra- 
craniens, suivant que la lésion intra-crânienne était simple 
ou multiple : Dans le premier groupe, 7 abcès extra duraux 
donnaient a fois une altération du fond d'œil; 8 méningites 
avec 4 altérations du fond d'œil; 12 thromboses de^ sinus, 
2 altérations du fond ; 8 abcès cérébraux, 4 lésions du fond; 
5 abcès cérébelleux, 4 altérations du fond ; soit 24 cas sur 4o 
où le fond d'œil était resté normal. Dans le deuxième groupe 
lésions multiples du cerveau ou des méninges, 20 fois le fond 
de Tœil est normal sur 36 cas. D'une façon générale Tappa- 
rition des altérations du fond d'œil est de très haute impor- 
tance, car elle permet d'affirmer presqu'à coup sûr la com- 
plication intra-cranienne. n. 

4) Germann démontre par l'observation de 4 cas de kérato- 
malacie, de i de névrite optique terminée par atrophie et de 
1 cas de rétinite ^Ibuminurique, qu'il est urgent de réclamer 
soit Tavortement, soit l'accouchement prématuré. 

H. DOR. 

Tï) Pour le traitement de la tuberculose oculaire Koster comr 
mence par le repos, l'atropine et un régime reconstituant, 
puis si cela ne donne aucun résultat il passe au traitement 
mercuriel (frictions d^onguent gris) ; ensuite il a recours aux 
insufflations dair dans la chambre antérieure; ce dernier 
moyen qu'il a recommandé il y a quelques années lui a donné 
dans quelques cas d*iritis ou de kératite tuberculeuse de très 



RAPPORTS DE L'OPHTALMOLOGIE, ETO. 141 

bons résultats. Enfin, si rien ne réussit, il a recours à l'emploi 
de la tuberculine T. R. selon la méthode de Hippel (voir 
Rev. ffénér,; XXIV, igoS, p. 8a). Il cite une observation dans 
< laquelle le traitement dura trois mois et où la vision monta 
de 3/60 à 8/ 10. Dans un second cas, le résultat fut moins 
évident. h. dor. 

6) Wûrdemann décrit un cas de goitre atypique : exophtal* 
mie, chémosis et sécrétion purulente. Ulcération de la cornée, 
vision considérablement diminuée. Ecoulement purulent par 
les narines, rien d anormal pourtant dans les sinus. Un œil 
est énucléé, on ne trouve rien dans Torbite. La cornée de 
l'autre œil finit par éclater, issue du cristallin. Le malade 
meurt rapidement de méningite. A Tautopsie on constate : 
méningite, dilatation des vaisseaux de l'orbite, névritô optique 
et petit abcès dans le nerf optique probablement secondaire à 
la méningite, endocardite, glande thyroïde et pi tuitaire hyper- 
trophiées avec dégénérescence endothéliale. La méningite et 
la mort sont considérées comme ayant été causées par la 
propagation à travers l'éthmoïde et les vaisseaux de l'infec- 
tion nasale ou bien par septicémie générale, due d^ailleursà 
l'infection nasale. Nombreuses micro-photographies accompa- 
gnent ce travail. coburn. 

7) Spear prétend que la photophobie est un réflexe nasal. 
C'est une constatation banale que celle d'apercevoir une 
lumière brillante lorsqu^on éternue. Il peut en être de même 
lorsqu'on est atteint d'une hypersensibilité de la muqueuse 
nasale. L'occlusion des paupières est plutôt le fait d'une action 
nasale, que d'une action oculaire. Ce qu'on désigne sous le 
nom de fièvre des foins n'est qu'un réflexe physiologique 
exagéré. La photophobie est un symptôme nasal aussi bien 
que Tétemuement, le larmoiement, le vertige, les nausées, etc. 
L^auteur a observé un garçon qui souffrait beaucoup, étant 
constamment exposé à regarder une lumière électrique. Il 
n^'avait pourtant rien du côté de l'œil, mais était atteint d'une 
hypertrophie des cornets. Le traitement de cette hypertrophie 
fit cesser la photophobie. goburn. 



142 KEVUE GÉNÉRALE 

8) Harmàn rapporte en détail le cas d une fièvre des foins 
dans laquelle la correction de Famétropie mit fin aux réci* 
diyes. Incidemment, il parle d'une « demi*douzaine » de cas 
pareils. sTBpHsiffloiv. 

9) Le malade de Porter avait une hypertrophie du corps 
thyroïde, de Texophtalmie, ses pupilles réagissaient peu. Stra- 
bisme divergent unilatéral. Mouvements limités du globe de 
Tautre côté. A l'ophtalmoscope, un œil est atteint de neuro- 
rétinite aiguë, Tautre* d'atrophie optique et cécité com- 
plète. COBVRlf. 

10) Monodj Raulin et Aubaret rapportent l'observation d'un 
enfant nouveau-né venu après uu très long travail et une 
application de forceps. Il présentait un œdème de la paupière 
supérieure droite et sa cornée avait l'aspect de la kératite 
interstitielle. Cette opacité cornéenne disparut quinze jours 
après. Il se pourrait qu'il s'agisse d'une lésion indirecte pro- 
voquée par la compression des troncs nerveux pendant 
l'application du forceps et ayant altéré la nutrition de la 
cornée. morbav. 

1 1) Le malade de Gifford s'était occupé à peindre dans une 
chambre fermée et pendant quatre heures avec des matières 
colorantes dissoutes dans Talcool de bois. Deux heures après 
il devint absolument aveugle et ce n'est qu^une semaine après 
qu'il put distinguer la lumière ; il put même commencer à lire 
au bout de trois semaines. Mais de nouveau il perd la vision 
et, durant six mois, il est aveugle. De nouveau on note une 
légère amélioration qui, au bout d'un an, est assez considé- 
rable. Il est curieux de remarquer que le réflexe patellaire 
disparaissait lorsque la cécité existait, puis reparaissait. Un 
autre cas est rapporté où Ton employa l'alcool pour chauffer 
de l'eau. La vision fut réduite à 20/200. Comme la chambre 
était petite, l'auteur admet que dans ce cas il y eut un déga- 
gement par l'alcool qui brûlait de gaz aldéhido-formique. 

fîOBunir. 

1 2) Charpentier présente un sujet de trente-six ans, syphi- 



VARIA 143 

litique depuis dix ans, atteint de tabès avec Argyll-RobertsoQ, 
myosis; mais il y eut de plus myasthénie, ptosis bilatéral, 
paralysie faciale, déviation de la langue, troubles de la parole. 
A un moment donné, les phénomènes bulbaires s'accentuèrent 
rapidement, puis rétrocédèrent progressivement. Aujourd'hui 
la myasthénie a disparu; le malade reste simplement tabé- 
tique. R. 

i3) Remlinger a observé chez un soldat turc, mordu par un 
chien enragé, cinq jours après cette émotion, une hyper- 
trophie du corps thyroïde et tous les autres symptômes base- 
dowiens. Le sujet n^avait aucune tare héréditaire névropa- 
thique et n'était pas lui-même névropathe, au contraire très 
calme. Une émotion violente semble donc pouvoir amener la 
maladie de Basedow. h. dor. 



VARIA 



i) Baylac. — £tude comparée de la iozicitë de la slovaTne et de la 
cocaïoe (Société de médecine de Touloase, a2 janvier 1906, Arch. méd, de 
Tonloute, 10 février 1906), 
a) Mliitx. — Cécité suile d'une injection de paraffine pour prothèse nasale 
(CenirailbUti f. Chirurgie, 2, igoS). 

3) Santos Femandes. — Un avantage cl un inconvénient évi table de la 
stovaîne en ophtalmologie (Una venlaja y un inconveniente remediables 
de la estovaTna en oftalmologia (Soc. Oftalm, hiap,'&merie.^ mai 1906 et 
jirch, f, OfUim. fcwp.-amcrjc, juin 1906). 

4) Baudry. — L'hygiène oculaire à l'école (Le Nord médical, i«' octobre 
1906). 

5) Rollet (Professeur). — Le professeur Gayct (Lyon médical, ao janvier 

6) Péohin. — Rapport sur l'exercice illégal de l'ophtalmologie et discussion 
de ce rapport (Soc. d'opM. de Paris, 6 février et 6 avril igo^). 

1) Baylac, à la suite de recherches expérimentales, décrit 
l'intoxication stovaïnique absolument semblable à celle de la 
cocaïne. 

L'action de la stovaîne est de durée plus courte que celle de 
la cocaïne; elle ne produit pas de vaso-constriction; sur le 
cœur elle agit d'une façon tonique. 

Son prix de revient est inférieur à celui de la cocaïne. 

B. MORBAU. 



144 REVUE GÉNÉRALE 

a) Mintz injectant pour la deuxième fois de la paraffine pour 
correction nasale, paraffine à 43 degrés, note trois minutes après 
des douleurs dans un œil, une cécité. L'auteur pense à une 
thrombose des veines nasale externe, ophtalmique et centrale 
de la rétine. r. 

3) Santon Pernandez croit la stovaïne inférieure à la cocaïne 
en instillations, supéneure en injections sous-^conjonctivales. 
Le rayon d action de la stovaïne en injections sous-cutanées 
est plus étendu que celui de la cocaïne. Comme inconvénients 
l'auteur rapporte deux cas de délire avec fièvre après Temploi 
de la stovaïne, mais les doses étaient un peu fortes, et on 
peut éviter ce danger en employant des solutions diluées. 

O. DUDRBUIL. 

6) La Société d^ophtalmologie de Paris approuve les con- 
clusions du rapport de Péchin qui sont les suivantes : 

1** Toute personne qui, non munie du diplôme de docteur en 
médecine, fera le choix de verres convexes, concaves ou 
cylindriques ou sphéro-cylindriques par l'une quelconque des 
méthodes employées pour Texamen 'de la réfraction, sera con- 
sidérée comme exerçant illégalement la médecine ; 

2^^ Il est interdit d*exercer Tophtalmologie sous le couvert 
de l'anonymat ou sous une appellation impersonnelle, telle 
que oculiste américain. Cette interdiction est à ajouter à Tar- 
ticle 9 de la loi du 3o novembre 1892. 

La Société approuve en outre toutes les mesures propres à 
la répression de Texercice illégal de la médecine en général^ 
mesures qui s'appliqueront également à l'exercice illégal de 
l'ophtalmologie. 

Elle est aussi d'avis d^appeler lattention sur Timportance 
qu'il y a à appliquer les articles 2 (titre II) et 5 (titre IV) de 
la loi précitée et visant l'exercice de la médecine en France par 
des médecins étrangers. 

La Société se prononce contre la création d'un ordre des 
médecins. pbchin* 

Le Gérant : P. Masson. 
Lyon. ^ Imp. A. Rst et C\ 4i rue Gentil; -- 450^0 



N"» 4 30 AVRIL 1907 



MÉMOIRES ORIGINAUX 



Une période intéressante de l'historique 
de la cataracte* 



Par H. DOR 



L'ouvrage de Bariisch est le premier qui fut écrit en langue 
allemande. Il n'est pas plus avancé que ses prédécesseurs au 
sujet de la nature et du siège de la cataracte, bien qu'il donne 
un assez grand nombre de gravures sur bois dont quelques- 
unes sont très bonnes. Pour la cataracte il indique d'abord 
des causes générales (p. 44)* La cause la plus importante de 
la cécité et de toutes les maladies est le péché... D'autres fois 
la cécité arrive pour être un exemple aux autres hommes, 
comme on le voit dans le deuxième livre de Tobie où on lit: 
« Dieu laissa arriver ce malheur pour que la postérité ait un 
exemple de patjence. » 

Quant aux causes corporelles, il indique les suivantes: 

1® Cette aiFection provient d'une nature spéciale du cerveau 
dont le liquide « albugineus » est corrompu et dans lequel se 
coagule une matière muqueuse et trouble qui s'épaissit et se 
dépose devant l'uvée et la pupille. 

2® Elle peut provenir du sang 

3^ Elle peut provenir de l'estomac, du foie, de la rate dont 



4 Nous publions ici, avec rautorisation des directeurs et de l'éditeur, 
quelques pages extraites d'un travail que nous avons fait pour V Encylopédie 
françaUe d'ophtalmologie et qui paraîtra dans quelques jours dans le vol. VII 
de cet ouvrage. Nous étudions d'abord Thistoriquc des maladies du cristallin 
chez les Egyptiens, les Hébreux, les Grecs, TEcole d'Alexandrie, les Latins 
et les Arabes, puis nous arrivons à une période plus moderne qui commence 
avec Bartisch* 

10 



146 MÉMOIRES ORIGINAUX. —H. DOR 

les mauvaises vapeurs montent à la tête et troublent la vue. 

4® Elle peut provenir de mauvaise nourriture, oignons, ail, 
raifort, gruau, écrevisses, morue, etc. 

5® d'avoir trop pleuré 

6^ .... d'une trop longue abstinence des fonctions sexuel- 
les 

7<* de causes extérieures: coups, blessures, chutes, 

piqûres, etc.. 

lien connaît 5 espèces d'après leur couleur: blanche, grise, 
bleue, verte et jaunâtre. Quant à sa thérapeutique, en dehors 
de l'opération, c'est une polypharmacie, que Ton peut compa- 
rer à l'exemple que nous avons cité plus haut d'Ambroise Paré, 
mais en outre il indique dès amulettes à porter sur la peau nue, 
dans de charmants médaillons dont il donne les dessins, c'est 
par exemple une langue de renard desséchée, mais il a soin 
d'ajouter que, si c'est pour un homme, la langue doit prove- 
nir d'un renard mâle, pour la femme, d'un renard femelle. 
Dans une planche très bien exécutée, il indique encore l'in- 
fluence des diverses constellations des étoiles sur les diverses 
parties du corps. Enfin, pour donner une idée de la concep- 
tion générale de Bartisch sur l'éducation des oculistes, je 
citerai quelques-uns des douze commandements que, sembla- 
bles ii la Thorah des anciens Hébreux, il promulgue comme 
un nouveau Décalogue. 

I® Tout oculiste ou chirurgien doit avoir été conçu, mis au 
monde et élevé par des parents craignant Dieu, pieux, ver- 
tueux et honnêtes. 

a<* 11 ne suffit pas qu'un oculiste ait des parents pieux, mais 
il doit lui-même être chrétien, avoir une foi véritable et con- 
stante, commencer toutes choses au nom de Dieu et les accom- 
plir de même, aimer la prière, aller à l'église, entendre avec 
assiduité la parole divine, la lire lui-même, aimer Dieu de 
tout son cœur et son prochain comme soi-même. 

3® Il doit avoir étudié, connaître la langue latine, l'anato- 
mie du corps humain, surtout de la tête, des yeux et des orga- 
nes génitaux ^ 

4® Tout oculiste doit dès sa jeunesse avoir étudié et pratiqué 

le métier de barbier ou tout au moins de baigneur c'est 

pourquoi ceux-là ne valent rien qui viennent de quitter la 



yËMOIRES ORIGINAUX. — II. DOR 147 

charrue ou le char de fumier, comme le font la plupart des 
oculistes actuels... .Etc. 

Nous allons enfin sortir des ténèbres du moyen âge ; lorsque 
Kepler, en 1611, eut démontré la valeur physiologique et 
optique du cristallin, il renversa pour toujours la doctrine 
antique de la cataracte. Il fallut, il est vrai, encore cent ans, 
jusqu'à ce que ses principes fussent admis par tout le monde, 
mais c'est Kepler qui permit à Brisseau et Maitre-Jean, au 
commencement du xvin« siècle, de substituer, dans le court 
espace d'une quinzaine d'années, aux anciennes théories égypto- 
grecques, qui avaient duré plus de vingt siècles, les connais- 
sances positives de l'ophtalmologie moderne. Le \\n^ siècle 
doit donc être considéré comme le berceau de nos connaissan- 
ces actuelles et il vaut la peine que nous nous y arrêtions 
quelques instants. 

Déjà quelques années avant Kepler, Plater avait essayé de 
démontrer l'impossibilité du développement de la cataracte 
par la pénétration dans Tœil d'un liquide au travers du nerf 
optique. « Si ab aquœ vel humoris in oculi globum fieret affluxu : 
non hœc exigua tantum et vix lentis instar ampla nasceretur 
materia, sed oculi globus totus distentus et velut hydropicus 
tumescet » et il ajouta que cette explication de la formation de 
la cataracte est « ignorantiae asylum ». 

Au milieu de ce siècle on trouve quelques auteurs qui 
indiquent plus ou moins clairement que le siège de la cataracte 
était dans le cristallin, ainsi Rolfinck qui raconte que son 
collègue Schellhammer, ayant eu l'occasion de disséquer les 
yeux de deux personnes opérées de cataracte, trouva le cris* 
tallin à la place de la membrane qu'il s'attendait à rencontrer. 
Mais il ajoute qu'il ne sait pas si cela se passe toujours ainsi. 
(( Hoc tamen perpetuo ita avenire, pronunciare non ausim. » 
Mais ce sont surtout Franz Quarré et Lasnier qui défendi* 
rent cette théorie ; malheureusement ils n'ont laissé aucun 
écrit, et nous ne connaissons leurs idées que par des citations. 
C'est ainsi que Palfin raconte que Lasnier s'était aperçu dans 
plusieurs de ses opérations qu'il n'avait pas enlevé une peau 
située devant le cristallin, mais qu'il avait enlevé le cristallin 
lui-même; il appelait cela « renverser le cristallin de son 
trône 9. Il parait que c^est en i65i qu'il fit une communica* 



148 MÉMOIRES ORIGINAUX. — H. DOR 

tion à la Société de chirurgie de Paris. Quoi qu'il en soit, le 
célèbre chirurgien Mauriceau, et le philosophe Gassendi se 
déclarèrent partisans de Topinion de Lasnier. En effet, déjà 
en i658 Gassendi écrit qu'un célèbre chirurgien de Paris a 
démontré « que la cataracte siège dans le cristallin et qu'on 
peut voir sans cristallin ». Les physiciens adoptèrent égale- 
ment cette manière de voir et Borel affirma en lôSy que « la 
cataracte n'est pas une pellicule mais le cristallin opacifié ». 

Mariotte et Kohault se déclarèrent en faveur de la nouvelle 
doctrine. Boerhaave l'enseignait également à Leyden en 1707 
avant de connaître les travaux de Brisseau et de Maitre-Jean. 
Mais ces quelques voix isolées ne réussirent pas à se faire enten- 
dre du public et ce furent Brisseau et Maitre-Jean qui fini- 
rent par vaincre les résistances de l'Académie des science!^ de 
Paris. Les mémoires de cette Académie de 1705 i\ 1708 sont 
encore aujourd'hui intéressants à consulter. C'est en 1706, en 
effet, que Brisseau présente un mémoire dans lequel, se basant 
sur des recherches anatomiques et cliniques, il démontra que 
la cataracte était une opacification exclusivement limitée au 
cristallin. Quelques académiciens restèrent indifférents, d'au- 
tres attaquèrent la proposition de Brisseau ; TAcadémie passa 
à Tordre du jour. Brisseau raconte que dans une société où il 
venait d'exposer sa théorie, Duvernoy, professeur à l'Univer- 
sité de Paris, protesta énergiquement. Voici du reste les pro- 
pres paroles de Brisseau : « Je proposai mon opinion sur la 
cataracte que M. Duvernoy rebuta fort et dit devant ces 
messieurs, qu'il me conseillait, en ami, de ne la point mettre 
au jour, si je ne voulais pas perdre ma réputation, parce que 
je trouverais en mon chemin des gens qui me culbuteraient. » 
A cela Brisseau répondit:» Go n'est point ceux qui défendent 
la nouvelle théorie qui risquent leur réputation, mais ceux qui 
l'attaquent et la combattent. » Mais la découverte de Brisseau 
aurait pu avoir le sort de celles de tant d'inventeurs méconnus, 
si déjà dix-huit mois plus tard, il n'eût trouvé un ardent 
défenseur dans la personne d'Antoine Maitre-Jean ce chirur- 
gien du Roy ». Celui-ci raconte comment il était peu à peu 
arrivé à comprendre que la cataracte n'était autre chose que 
le cristallin opacifié. Ce fut d'abord une opération de cataracte 
qu'il fit en 1682 (je cite d'après la a^ édition, Paris, 1722, 



MÉMOIRES OAEGINAUX. — H. DOR 149 

p. 119). « Après que j'eus introduit Taiguille dans Tœil, et 
que j'eus détaché la cataracte, je maperçeus qu'elle s^avançait 
fort en devant, lorsque j'appuyais Téguille pour l'abaisser et 
qu'il sortait par la pupille quelque chose de blanc et fort 

flexible cela me fît changer la situation de monéguille 

Mais je fus fort surpris de voir un corps gros, blanc et rond, 
qui n'avait point la forme d*une membrane, rouler sous mon 
éguille. Je reportai plusieurs fois la pointe de mon éguille sur 
ce corps et je Tabaissay : après quoi je vis Tœil fort clair, et le 

malade alors distingua les objets communs. » « Quelques 

jours après, la cataracte remonta un peu et j aperçus quelque 
chose de blanc par de là la pupille, qui haussait et baissait au 

moindre mouvement » Six mois plus tard il fit une nouvelle . 

opération « pour reprendre ce que j'avais abbaissé par le bas 

et lui faire faire la culebute, comme l'enseigne Guillemeau 

et je m'aperçeus aussitôt que je faisais remonter ce corps blanc 
et rond que j'avais remarqué la première fois, mais qui ne me 
parut pas si gros » . L'opération réussit et le malade vit pen- 
dant dix-neuf ans, n'étant mort qu'en l'année 1701. 

C'est ensuite une opération analogue en i685, puis l'exa- 
men d'un œil cataracte « d'un pauvre passant qui mourut dans 
notre hôpital », et enfîn la dissection de deux yeux d'une 
femme qu'il avait opérée six mois auparavant. 

Si Brisseau et Maitre-Jean avaient réussi à démontrer par 
des observations positives la vraie nature de la cataracte, ils 
n'avaient pas encore remporté là victoire, car tous les physi- 
ciens et les oculistes les plus connus, Méry, de la Hire, père 
et fils, Geoffroy, Duvernoy, Saint- Yves et Woolhouse se liguè- 
rent contre ces réformateurs et les attaquèrent violemment. 
Cependant les uns après les autres reconnurent leur erreur. 

En 1732 (et non pas en 1786 comme l'indique Magnus), 
Saint- Yves publie dans son traité les lignes suivantes : « Des 
expériences sans nombre ont fait reconnaître Terreur des 
anciens. En outre M, Barthélémy, âgé d'environ soixante-dix 
ans, dont la cataracte tomba toute seule et se logea dans la 
place où on la met ordinairement avec Taiguille de sorte qu'il 
vit avec la même facilité que l'on voit après cette opération 
lorsqu'elle a bien réussi » (p. 247). En cela, il ne faisait du 
reste que suivre l'Académie elle-même^ car voici ce qu'on lit 



150 MÉMOIRES ORIGINAUX. — H. DOH 

dan&Y Histoire de V Académie royale des sciences ^ année 1708, 
p. 39 : tf La vérité commence à se découvrir sur la question delà 

cataracte M. Brisseau, médecin de Tournay et M. Antoine 

Maitre-Jean tous deux inventeurs en même temps ou plutôt 
restaurateurs, sans le scavoir, du nouveau sistème de feu 
M. Rohault qui confondit le glaucoma et la cataracte, soute- 
naient et par une suite de ce sistème et par des expériences 
dont ils étaient convaincus, que Ton peut voir sans cristallin, 
c'est-à-dire sans ce qui a toujours passé pour le principal 
instrument de la vision. Quelque étrange que soit ce para- 
doxe, r Académie en avait, dès Tannée précédente apperçu la 
possibilité ; mais enfin il est devenu un fait constant. L'Aca- 
-démie a vu un cristallin que Ton avait tiré à un prêtre en 
présence de M. Méry et elle a vu ce même prêtre lire du même 
œil avec une forte loupe ces gros caractères, que les impri- 
meurs appellent Parangon. » La Hire et Méry suivirent 
l'exemple de Saint»- Yves, mais Woolhouse persista dans la 
lutte et sa longue et violente querelle avec Heister est encore 
aujourd'hui- intéressante à lire. Dans son Apologie, Heister 
écrit, en 1717 : « Inter honesfos vero huius sententiœ oppugna- 
tores, merito habeo, laudoque, D.D. de la Hire, Meryum^ 
aliosque viros egregios, qui veritatis inveniendfrgratia expéri- 
menta instituerunt Iter inhonestos auteni adversarios^ non 

possum non referre Wolhusium (sive Woolhouse) ocularium 

natione Britannum, sed Parisiis degentem Cui accesserunt 

Scriptores Diarii Eruditorum Gallici, quod Journal des Savans 
appellatar. » 

A une critique acerbe et virulente de Woolhouse, Heister 
répond que ses objections (quœ tamen non expérimenta sed 
tantum ratiocinia continent) ne sont pas suffisantes. « lUud 
non sufficiunt tam aegre tulit, ac si crimen laesae Majestatis 
commisissem. » Les deux adversaires échangent alors une 
longue correspondance en latin, mais^ un jour, Heister, 
poussé à bout, reproche à Woolhouse de n'apporter que de 
« futilia Academicorum argumenta » et il ajoute entre paren- 
thèses « (en bon français, fout., arguments) ». A cela Wool- 
house ne tarde pas à répondre : 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — H. DOR 151 

De Paris ce 3o d'octobre 171 5. 

« Monsieur, 

« Je ne vous écris plus en latin puisque vous entendez si 
bien la langue française. M. Ménager lui-même n'aurait jamais 
mieux réussi. Quoi ? futilia argumenta, dites-vous, veut dire 
fout., argumens. L'étymologie est parfaitement trouvée, mais 
Texpression latine n a jamais voulu dire ce que les polissons 
français entendent par leur phrase vulgaire. J'écris au moins 
plus clairement en latin et nous éviterons à Tavenir des 
méprises si choquantes. Venons à Taffaire. Vous savez qu'il 
n'y avait que votre serviteur qui depuis le commencement de 
cette affaire a tenu bon contre ses amis Brisseau et Antoine. 
C'est par mes deux lettres que TAcadémie a appris que 
Gassendi avait dit Verbatim, que Rauhault et Mariotte avaient 
écrit la même chose que Brisseau et ils étaient surpris de son 
hardiesse, de vouloir passer pour l'inventeur d'une nouvelle 
découverte à cet égard. Brisseau luy-même dans les lettres 
qu'il m'escrivit, jure qu'il n'avait jamais lu Gassendi, ni 
Rauhault, ni Mariotte... 

« Quant à M. de la Hire vous vous trompez fort si vous 
croyez qu'il a esté mon disciple... J'avais garde de dire ce que 
j'en savais à un Académicien. Leur axiome est de parler tou- 
jours aux dépens d'autruy. Ils veulent tout scavoir ; et ils les 
veulent scavoir les premiers... 

c< L'Académie, donc et le public m'a toute l'obligation d'être 
détrompé touchant la dispute intérieure de cette affaire parmi 
les scavants. Et c'était un de leurs confrères Mariotte, 
l'Académie était honteuse, qu'aucun parmi eux ne se ressou- 
vînt d'avoir lu cette affaire. Hinc fons et origo mali, » 

Nous arriverions maintenant au moment le plus important 
dans l'histoire de la cataracte, nous voulons parler des travaux 
de Daviel et de l'extraction, mais comme l'opération sera 
traitée dans un chapitre à part, nous en dirons plus loin quel- 
ques mots au point de vue historique. 

Il ne me reste plus à examiner que quelques questions. J'ai 
déjà indiqué plusieurs fois que le traitement médical de la 
cataracte était habituel. Mais la réaction ne devait pas tarder. 
Maitre-Jean écrit tout un chapitre sur ce sujet et s'exprime 



152 MÉMOIRES ORIGINAUX. — H. DOR 

enfin comme suit : « De tout ce que dessus, je conclus qu'on 
ne peut guérir par les remèdes les cataractes, quand môme 
elles ne seraient encore que naissantes et pas confirmées, et 
qu'il est très difficile de les prévenir. Qu'ainsi, lorsqu'on a 
reconnu par les signes diagnostics ci-dessus expliqués, qu'une 
cataracte se forme, on doit laisser les malades en repos sans 
leur faire aucun remède » (p. 169). 

Maitre-Jean et Saint- Yves décrivent la cataracte trauma- 
tique, avec ou sans luxation, et même la cataracte tremblante 
« branlante » ; Saint- Yves, Janin et Richter la cataracte 
congénitale et héréditaire, Saint-Yves, la cataracte nucléaire 
centrale, la cataracte corticale postérieure (qu'il appela hyaloï- 
dienne) et la capsulaire antérieure ; Deidier et surtout Janin la 
cataracte secondaire. Enfin Pallucci, ayant eu Toccasion 
d'examiner des cataractes après l'extraction, nous donne une 
description très exacte du « noyau » et des « couches corti- 
cales ». C'est à lui que Ton doit ces dénominations qui sont 
aujourd'hui généralement acceptées. Mais si le diagnostic des 
différentes formes de cataractes et l'étude anatomopatholo- 
gique ont fait de vrais progrès, il n'en est pas de même des 
causes qui provoquent la cataracte. 

Comme maître-Jean avait produit l'opacification du cristallin 
en le plongeant dans un mélange de trois parties d/eau pour 
une partie d'eau-forte, il en conclut « que la cause des 
cataractes est une sérosité acide et mordicante qui se jetant 
quelquefois par voye de fluxion, et d'autres fois, s'amassant 
par congestion entre le cristallin et la membrane qui le 
recouvre, commence à donner naissance à la cataracte ». 
Morgagni l'attribue également à des troubles de la sécré- 
tion du liquide intracapsulaire. — Heister parle cepen- 
dant d'altérations des vaisseaux bulbaires, théorie que nous 
voyons reprise par Mooren plus d'un siècle plus tard (1874). — 
Richter, Béer, plus tard Himly attribuèrent la cataracte h 
diverses diathèses, la syphilis, la goutte, le rhumatisme, la 
scrofule, etc. 11 est curieux de noter que, à propos delà seule 
maladie générale à laquelle nous attribuons encore aujour- 
d'hui une influence sur la production de la cataracte, le 
diabète, Himly écrit ce qui suit : « La cataracte est rare dans 
le diabète ». — Puis nous voyons apparaître Walther avec la 



MEMOIRES ORIGINAUX. — H. DOR 153 

théorie de rinflammation. « La cataracte, dit-il, n^est pas une 
maladie unique et spéciale, mais le produit et la terminaison 
de nombreuses affections du cristallin et de sa capsule : congé- 
nitale, elle dépend d'un arrêt de développement dans la 
formation de Tœil ; chez les vieillards, elle est Texpression de 
la mort lente, d'un sphacèle du cristallin, enfin très souvent 
elle est la conséquence d'une inflammation du cristallin et de 
la capsule. En France, Delpech et Demours adoptèrent la 
théorie de la nécrose. Demours la précise en disant : « La 
cause immédiate de la cataracte est une lésion de cette petite 
portion du système lymphatique qui fournit au cristallin sa 
nourriture en entretenant sa transparence. C'est la nécrose de 
cette lentille, comme l'a dit Delpech. « 

Quelques recherches expérimentales furent alors faites en 
Allemagne par Dieterich, et surtout Pauli qui considère toutes 
les cataractes comme des maladies de la capsule. Sous la 
dénomination de « cataracte » on a confondu trois maladies 
tout à fait différentes de la capsule du cristallin : le phacosclé- 
rome, la phacomalacie et la phacohydropsie. Mais ce qui 
attira surtout l'attention de tous les oculistes, ce fut une polé- 
mique entre Malgaigne et Sichel. Dans une lettre adressée à 
FAcadémie, Malgaigne affirmait « qu'il n'avait jamais vu la 
cataracte débuter par le noyau central du cristallin et que 
jamais il n'avait rencontré la capsule opaque » ; puis se basant 
sur vingt-cinq examens anatomiques, il conclut « que la 
cataracte consiste dans une sécrétion opaque de la capsule 
crystalline, celle-ci gardant elle-même sa transparence et que 
dans certains cas, il y a comme une nécrose du noyau central 
du cristallin, qui se mortifie au milieu de la sécrétion mor- 
bide ». Sichel répliqua que Terreur de Malgaigne tenait du fait 
qu'il n'avait examiné que des cataractes séniles dans laquelle 
il n'existe en effet que très rarement des opacités de la capsule, 
mais que la cataracte capsulaire, bien que beaucoup plus rare 
que la cataracte cristallinienne, existait sûrement comme 
l'avaient démontré des observations cliniques et anatomiques 
et qu'elle était due à des processus inflammatoires. 

Pour mettre un terme à cette discussion, la rédaction des 
Annales d'Ocitlistiqae mit au concours la question du « siège 
et de la nature de la cataracte ». Trois mémoires furent pré- 



154 REVUE GÉNÉRALE 

sentes par Hœring, Duval et Stricker. Ce fut iloering qui 
obtint le prix. Il démontra, contre Malgaigne, Texistence de 
la cataracte capsulaire, dont il avait observé 35 cas sur a 1 1 cas 
de cataractes ; il montre que la cataracte capsulaire anté- 
rieure est ou congénitale ou due à Tinflammation ainsi qu*au 
traumatisme. Quant a la cataracte elle-même, il admet comme 
Pauli une sclérose et un ramollissement (dont la phacohy- 
dropsie ne serait qu'un développement exagéré). 



REVUE GÉNÉRALE 



(«) 



ANATOIMIE ET EIMBRYOLOQIE 

i) Matys (V.). — Une anomalie de l'œil provoquée par une bride amnio* 
tique chez un embryon humain de quatre mois (Eine Missbildun^ des 
Auges bedingt durchein amniotischesBand bei cincm mcnschlichenËmbryo 
aus deni 4 ten Monate) (Zeilsch. f. Aiigenheilk,, XIII, p. i5o). 

2) Robertson (William). — Note sur la troisième paupière chez Thommc 
(Mémorandum on the third eyeiid in humau subject). Transvaral Medic. 
Journ., 1905 (Lancett novembre igoS et Bril, med. Journ,, janvier 1906), 

3) Wood (G.). — De l'œil des mammifères et spécialement de son aspect 
ophtalmoscopique (The mammalian eye, with spécial référence to tho 
fundus appearance) (Amer. Journ. ofOphth.j octobre 1906). 

i) Chez un fœtus humain y Mai y s découvrit la malformation 
oculaire suivante : Une bride amniotique prenant naissance 
dans la région nasale droite y fait adhérer la paupière infé- 
rieure et relie en même temps la paupière inférieure à la sclé- 
rotique et à la cornée. Elle entrave toute la paupière supé- 
rieure, s'élève vers le front en emportant au passage une 
partie des sourcils pour se libérer ensuite et se relier à lamnios. 
Par la traction, le sac conjonctival supérieur est agrandi, de 
même le cul-de-sac inférieur. Le globe oculaire par contre a 
été arrêté dans sa croissance. r. nBosLon. 

2) Robertson décrit chez un Indien adulte, n'ayant aucune 

^ Les articles dont nous indiquons seulement les titres, sans analyse, 
ne contiennent rien de nouveau. 



PHYSIOLOGIE 155 

autre malformation, une troisième paupière, de la grosseur 
d'une pièce de 5o centimes, située sous la paupière supérieure 
droite et la dépassant de 2 millimètres. La partie non recou- 
verte de cette paupière est plus, colorée que le reste. 

Schapringer (Centr, f, Praki, Augenkd.^ mai 1906) croit 
cependant que ce que Robertson décrit comme une troisième 
paupière, n'est autre chose qu'une anomalie congénitale due à 
une adhérence amniotique; pour lui, il s'agirait plutôt, dans ce 
cas, d'un épitarse. stbphbnson. 

3) Le mémoire de Wood est un résumé du travail de John* 
son et de Head, sur le fond d'œil chez les animaux, accom- 
pagné de plusieurs dessins les plus typiques. En voici les 
conclusions : i* L'aspect ophtalmoscopique des yeux des mam- 
mifères est pratiquement identique chez toutes les espèces 
sauvages de la même espèce; a® dans le même genre, et même 
dans la même famille, on peut observer des dififérences indi- 
viduelles; 3® l'examen ophtalmoscopique du fond d'œil est 
donc nécessaire dans la classification des animaux et doit être 
employé par les naturalistes; 4* les maladies à part, ce qui 
produit les variations dans l'aspect du fond d'œil, c'est la 
domestication. Il n'est pas douteux que les habitudes et les 
milieux agissent de façon certaine sur la coloration; 5* l'étude 
du fond d'œil des animaux supérieurs jette une grande lumière 
sur Tanatomie et la physiologie de l'œil humain. En effet, cer- 
taines conditions observées chez les animaux ont leurs ana- 
logues chez l'homme, soit comme maladies, soit comme lésions 
congénitales, soit enfin comme reliquats ancestraux. 



PHYSIOLOGIE 

1) Ovio (j ). — Notes sur les phosphènes (Note sui fosfeni) (Annali di 

Oltûlmologia, vol. XXXV. 1906, fasc. 12, p. 835 à 932). 
a) Baoh et Meyer. — Sur les relations entre le trijumeau, la pupille et le 

ganglion ciliaire (Ucberdie Beziehungen dcsTriçeminus zur Pupille uncl zum 

Ganglion ciliare (Zeitschr. f, Angenheilk.^ Xlli, p. 197). 
3) Wessely (Kahl). — Sur l'efTet de l'adrénaline sur la pupille et la tension 

intraoculaire (Zur Wirkung des Adrenalins auf Pupille und Augcndnick) 

(Zeitsch, f. Augenheilk.y XIII, p. 3io). 



156 REVUE GÉNÉRALE 

4) Wlotzka. — La réfraction de Tœil chanp-t-elle pendant le séjour à Tob* 
scuritc (Acndert sich die Refraktion des Auprès beim Aufenthalt iin 
Dunkeln?) (Pfiûgers Archiv. f. Physiol, vol. CXII, p. 194 Munich, med, 
Woc/iens., p. 5o, 11 décembre 1906). 

5) Miinch (K.). — Le mécanisme des mouvements de Tiris (Ueber die 
Mechanik der Irisbewegung) (Arch.J. Ophlh., LXIV, 339-880, 1906). 

I ) Voici les conclusions de Tétude systématique publiée par 
Ovio sur les phosphènes : 

Dans la production des phosphènes il y a les plus grandes 
différences individuelles. Au point de vue étiologique, il faut 
considérer les phosphènes par compression, par mouvements 
oculaires, par mouvements respiratoires forcés, par causes 
internes, par accommodation, par amblyopie transitoire (sco- 
tome scintillant). Au point de vue de leur aspect, il faut consi- 
dérer les phosphènes dans l'obscurité, ceux dans la lumière 
les yeux étant fermés, ceux dans la lumière les yeux étant 
ouverts. Les limites antérieures de production des phosphènes 
par compression correspondent aux limites de la sensibilité 
rétinienne, ces limites présentent un léger déplacement en 
avant pendant tout effort d'accommodation, la forme des 
phosphènes par compression varie suivant la forme du corps 
qui exerce la pression. La couleur des phosphènes est variable, 
et surtout en rapport avec la clarté du champ visuel. Les 
phosphènes, de même que les images objectives, persistent 
quelque temps après la cessation de l'excitation ; ils sont pro- 
jetés, extérieurement, non pas à la distance du point fixé, 
mais à une distance qui semble courte et non variable. Il est 
très vraisemblable que les phosphènes par mouvements respi- 
ratoires forcés soient dus à l'action mécanique exercée sur la 
rétine dans la région des veines vortiqueuses. Le phosphène 
d'accommodation, qui est très rare, a lieu' plus facilement 
chez les myopes et paraît en rapport plutôt avec l'accommo- 
dation elle-même qu'avec la convergence. Sous le nom de . 
scotome scintillant, Ton comprend probablement des maladies 
différentes. (Ovio ne consacre que quelques lignes au scotome 
scintillant dont Tétude, du reste, ne saurait pas, suivant 
nous, rentrer tout à fait dans celle des scotomes. Dans l'index 
bibliographique, Tauteur néglige tout à fait la littérature sur 
le syndrome en question. Ce dernier est dominé, au point de 
vue ophtalmologique, comme nous l'avons fait ressortir dès 



PHYSIOLOGIE 157 

1902, surtout par une amblyopie transitoire, dont la forme, la 
durée, etc., varient selon les cas. Le scintillement, les zigzags 
lumineux ou colorés, etc., ne sont qu'un épiphénomène, qui 
fait souvent défaut et qui peut être remplacé par l'état nau- 
séeux, la migraine, etc.) a. antonblli. 

2) A la suite d'expériences faites sur le lapin, Bach et Meyer 
concluent que chez cet animal le trijumeau ne rétrécit pas la 
pupille en intluençant les cellules sympathiques du ganglion 
ciliaire : il n'est même pas probable qu'il influence des cel- 
lules quelconques du ganglion ciliaire. Ils sont d'avis que les 
fibres du trijumeau, qui chez le lapin rétrécissent la pupille, 
n'entrent même pas en contact avec ce ganglion, mais en- 
voient directement des fibres motrices vers le sphincter de la 

pupille. B. RBDSLOB. 

3) Pour se rendre compte de Teffet des différentes prépara- 
tions d'adrénaline, Wessely a recherché la quantité nécessaire 
pour obtenir l'effet maximum sur la pupille et la tension intra- 
oculaire. On peut admettre un effet maximum, quand la vaso- 
constriction par l'adrénaline résiste a l'irritation la plus intense 
que puisse subir lé corps ciliaire : c*est-à-dire à la diminution 
subite de la tension provoquée par la ponction de là chambre 
antérieure. Dans ce cas, la chambre antérieure ne se remplirait 
pas rapidement d'une humeur riche en albumines s'écoulant 
de la pupille. C'est ainsi que Wessely a trouvé que la sub- 
stance la plus efficace, c'est-k-dire contenant le plus d'adré- 
naline, était la suprarénine fabriquée à Hôchst. Des expé- 
riences faites sur le singe (Macacus Rhésus) ont démontré 
qu'en solution de 1 pour 100 l'adrénaline produit une mydriase 
et une constriction des vaisseaux du corps ciliaire. 11 ne s'agit 
ici que d'instillation dans le sac conjonctival. Ces expériences 
ne sauraient être faites sur l'homme, car des concentrations 
aussi fortes pourraient provoquer des nécroses, tandis que la 
solution usitée au millième n'est pas à même d'influencer la 
pupille ou la tension intra-oculaire. 

Si les auteurs ont obtenu dans leurs expériences des résul- 
tats différents, c'est parce qu'ils se servaient de préparations 



158 REVUE GÉNÉRALE 

d adrénaline différentes. Dans toutes les préparations des 
glandes surrénales, c'est toujours le même principe qui est en 
jeu, quant à leur influence sur l'œil. Les variabilités observées 
ne reposent que sur un dosage différent. b. hboalob. 

4) Charpentier a observé que, pendant le séjour dans 
l'obscurité, la défraction de son propre œil, même après para- 
lysie de l'accommodation par Tatropine, augmentait de 2 à 
3 D. Il explique ce fait en admettant que dans l'obscurité 
la choroïde contient moins de sang et que par conséquent la 
choroïde et la rétine se rétractent. Mais pour obtenir une 
m)'opie relative de 2 à 3 D, il faudrait que l'épaisseur de 
la choroïde diminuât de i millimètre. W/o^zAa n'a pas pu con- 
firmer le fait indiqué par Charpentier. h. doh. 

5) Le travail de Mùnch mérite d'être signalé tout spéciale- 
ment à l'attention de ceux qui s'occupent de la physiologie 
de l'iris. 

Mùnch s'élève contre la conception du muscle dilatateur de 
l'iris en montrant que le muscle que l'on décrit sous ce nom 
est beaucoup trop grêle pour pouvoir accomplir l'action qu'on 
lui prête. 

Au moment de la mort, pendant la contraction cadavérique, 
la pupille est dilatée^ il faut donc quele dilatateur l'emporte sur 
le sphincter. L'auteur émet l'hypothèse que toutes les cellules 
du stroma de l'iris seraient contractiles et il montre par des 
figures schématiques comment la contraction de ces cellules 
produirait la dilatation de la pupille. Cette théorie nouvelle 
est fort séduisante et les arguments multiples qu'invoque son 
auteur sont très frappants. l. dor. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 

i) Sohrelber. — Dégénërcsccnce de la rétine et du nerf optique (Ueber 
Degcneralion dcr Nelzhaut und des Sehnerven) (Arch. f. Ophlh,^ LXIV, 
237-339,1906). / /- » 

2) Baquia (Eus). — Les malformations glandulaires congénitales d'apparence 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 159 

néoplasique dans le segment aiilcrieur de l'œil (Arch. /*. Ophih,^ LXIV, 
187-224, 1906). 

3) Marx (II.)- — Analomic pathologique des altérations oculaires dans la 
maladie de WerlhofT (Zur pathol. Anatomic des Au^rcnveraenderungen bei 
Morbus maculosus Werlhofii) (Arch. f. Op/i</i., LXIV, 171-187, 1906). 

4) Fortunati (Romb). — Përithéliome endotliëlial de la conjonctive palpé- 
brale et des culs-de-sac (Peritelioma endolcliale dcUa congiuntiva. e dei 
fomici palpebrali) (AnnAli di Oilslmologia, vol. XXXV, fasc. 12, p. 941 à 
902, 1906). 

5) Michel (V.j. — Examen anatomique dans les cas de fibres à myéline 
visibles à l'ophtalmoscope (Anatomischer Befund bei ophthalmoskopisch 
sichtbaren raarkhaltif^en Nervenfasen) (Zeiischr, fur Augenheilk,^ aIII, 
p. 3o5). 

i) Schreiber fait une étude histologique des principales 
variétés de dégénérescence de la rétine et du nerf optique. Il 
étudie expérimentalement et cliniquement la dégénérescence 
consécutive à la section du nerf, celle qui survient dans le 
glaucome et celle de la phtisie du globe. 

Il a observé, notamment, une dégénérescence complète des 
cellules ganglionnaires de la rétine à la suite d'un éclat d^acier 
infecté dans le corps vitré. 

Il a vu, d'autre part, que dans la dégénérescence descen- 
dante ce sont les fibrilles nerveuses de petit calibre qui dispa- 
raissent d'abord et que la dégénérescence ne dépasse pas la 
couche ganglionnaire de la rétine. Ce travail est accompagné 
d'un exposé des diverses techniques nécessaires pour étudier 
les lésions nerveuses de Toeil. l. non. 



2) Elle Baquis a eu l'occasion d'observer un enfant atteint 
d^une lésion congénitale de la conjonctive et de la moitié 
externe de la cornée qui consistait en une hypertrophie diffuse 
parsemée de nodules arrondis. 

L'examen histologique montre qu'il s'agissait d une tumeur 
mixte dan« laquelle prédominaient des adénomes du type 
des glandes de Krause et où existaient quelques poils ainsi 
que des bandes de tissu cartilagineux. l. non. 

3) Marx a eu l'occasion d'examiner les rétines d'un malade 
qui succomba à des hémorragies multiples. Il a observé des 
lésions identiques à celles qui ont été signalées par Roth et il 
discute la nature de ces lésions qui consistaient essentielle- 
ment en œdème de la rétine, petits foyers de fibres nerveuses 



16Ô REVUE GÉNÉRALE 

variqueuses, nombreuses hémorragies et inOltration cellulaire 
abondante ; les foyers de varicosités nerveuses sont appelés : 
Taches de Roth. l. dob. 

4) L'intérêt de l'observation de Fortunaii se trouve surtout 
dans la description histologique, que l'on ne saurait pas résu- 
mer, et dans les iigures relatives. La néoplasie dont il parle 
aurait, à la différence du sarcome endothélial, un certain carac- 
tère de bénignité, à cause de la tendance des éléments 
néoformés à la dégénération amyloïdée. En général, Tendo- 
thélium de la conjonctive paraît très rare. a. a. 



PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 



OUVRAGES GENIiUAUX. — STATISTIQUES 

i) Jackson (E.) cl8chwelnitz (G.>K.).— L'année ophtalmologique (Ophthal- 
mic Year Uook), publié par Herrick,Uook and slalioncry Company (Denver, 
Colorado, 1906). 

2) Posey (W.-C.l et Splller (W.-G.). — L'œil et le système nerveux (The 
Eye and the Nervous System, Published by Lippincott» Philadelphie, 
1906). 

3} Gabriélldès. — Ophtalmologie microbienne. Un vol. 5oo pages. (Christidis 
éd., Constantinople, 1907.) 

i) C'est un livre de 286 pages, qui contient le résumé des 
travaux parus en lyoS. Un appendice donne le nom des 
livres, monographies et articles de journaux parus. 



2) L'ouvrage de Posey et de Spiller est un magnifique 
volume de 988 pages traitant des rapports des maladies des 
yeux et du système nerveux. Il est bien illustré, et contient 
des planches coloriées. Il rendra certainement les plus grands 
services aux neurologistes et aux ophtalmologistes. 



3) La dernière partie du Traité d'ophtalmologie microbio- 
logie de Gabriélidès vient de paraître ; l'ouvrage forme ainsi un. 



MALADIES DE LA COlfJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 161 

volume de 5oo pages, renfermant toutes les indications indis- 
pensables pour le diagnostic bactériologique des différentes 
affections oculaires, ainsi que les procédés de recherches ou 
les descriptions morphologiques des divers microorganismes. 
On trouvera dans ce dernier fascicule Tétude des kératites 
microbiennes, ce sont ensuite des chapitres sur les blépharites, 
les dacryocystites, les dacryoadéniles, les iritis, les rétinites. 
Je signale les paragraphes consacrés aux maladies micro- 
biennes et toxiniques du cristallin, de la sclérotique, de la 
papille, du vitré. A noter spécialement : l'importante descrip- 
tion de l'ophtalmie sympathique; la technique de la recherche 
des microbes dans les coupes histologiques, Texamen du 
liquide céphalorachidien . la flore microbienne de la conjonc-» 
tive oculaire h Tétat sain et un index bibliographique très 
complet qui assurent à ce si utile et si intéressant volume sa 
place dans la bibliothèque de tout ophtalmologiste. 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE ET DE LA SCLEROTIQUE 



i) Zirm. — Kératoplastie totale avec succès définitif [Eine erfolgreiche 
totale Keratoplaslik) (Arch. f. Ophthalm,, LXIV, 58o-593, 1906). 

a) Hurwiy (W.-R.^. — Pseudo-ptérygion et symblépharon, guéris par la 
grefTe de Thierscti (Case of pseudo-ptervgion and symblepharon relievcd 
by the use of Thiersch grafts (Journ. of the Minnesota stale med. Afsoc.^ 
mars 1906). 

3) Lewis (F.- P.). — Une méthode pratique pour prévenir une des causes de 
cécité en Amérique (A practical niethod of abolishing the cause of one 
quarter of the unnecessar^' blindness in the United slatcs) (Journ. of the 
Americ, med. Assoc.^ avril 1906). 

4) Bepnhelmer. — Contribution â Tétude de la conjonctivite de Parinaud 
(Ëin Beitrag zur Parinaud's Conjunctivitis) (Kl. MonaishU^ XLIV, p. 323, 
avril-mai 1906). 

5) Urata (Fada). — Recherches expérimentales sur la valeur de la goutte 
dite de Crédé (Experimen telle Untersuchunçen uber den Wert des sogen. 
Crëdé*schen Tropiens) (Zeitsch, f. Augenheilk.y XIII, p, a42)« 

6) Sppatt (G.-N.). — Un cas de conjonctivite de Parinaud, avec érythème 
noueux et amygdalide (A case of Parinaud's conjonctivitis accompagnied 
wilh erythema nodosun and tonsilitis (Arch, of Ophth.t mars et mai 
1906). 

7) Capolongo (C). — Tuberculose de la conjonctive ; contribution clinique, 
anatomiquc et expérimentale \^Tuberculosi délia congiuntiva ; conlribulo 
clin co, anatomico e sperimenlale) (Annali di Ottalmologia^ vol. XXXV, 
fasc. la, p. 933 à 9^0, 1906). 

8) Chanoe (B.). — Kératite vésiculeuse et formations filamenteuses de Tépi- 

11 



16^ REVUE GÉNÉRALE 

thélium exfolié (Vesicular Keratilis with filamcnlous formation of ihe dela- 
ched epilhelium) (Section of Ophthalmologyj ColUge of Physicians, Phila- 
delphia, avril 1906). 

9) Pfalz. — Sur le Irailemcnl de la blennorrhée des nouveau-nés. Réhabili- 
tation du protargol (ZurBehandlung der Blennorrhoea neonatorum. Ein Paar 
Worte zur Ehrenrettung des Protargols (Zeitsch, fur Angenheilk., XIII, 
p. 212). 

10) Penaud et Livon. — Sur un cas de Filaria Loa (Marseille méd., p. 753, 
i5 décembre 1906). 

xi) Deamons. — Contribution à Tétude de la conjonctivite rhumatismale 
(Thèse de Lille, 1906). 

12) Alt (A.). — Pinguecula et pterygion(Pinguecula and Pterygium) (^^ meric. 
joarn, of Ophlhalm., septembre 1906). 

1) Zirm a pratiqué une kératoplastie dans un cas de leu- 
come total produit par de la chaux vive. 

Le malade comptait les doigts à droite à 5o centimètres et 
à gauche à 1 mètre. 

Zirm fait une cornée d'un œil énucléé pour un accident et se 
prépare à faire la greffe. 

Il fit d'abord sur Tœil droit, un pont conjonctival en bas, 
puis avec le trépan d'Hippel il prélève une couronne de 
5 millimètres de la partie périphérique de la cornée de l'œil 
énucléé et conservé dans de Teau salée. Ensuite, avec le même 
trépan il fit un trou dans la cornée leucomateuse du malade. 
Il introduisit le lambeau cornéen et le recouvrit du pont con- 
jonctival qui fut fixé par suture. 

Puis il pratique la même opération à Tœil gauche en préle- 
vant cette fois une couronne au milieu de la cornée de Fœil 
énucléé. 

De ce côté la couronne fut maintenue non plus avec un pont 
conjonctival mais bien avec deux fils se croisant devant le 
centre de la cornée et fixés à la conjonctive. 

Le lambeau cornéen implanté à droite fut mal toléré et il 
fut nécessaire de Tenlever le huitième jour en raison des dou- 
leurs violentes qui n'avaient pas cédé à la sclérotomie, mais à 
gauche le lambeau avait pris. Déjà le huitième jour le malade 
comptait les doigts à 4 mètres. Au bout de six mois, il sort 
seul et avec -f- 7 dioptries lit Jœger n® i3 (environ i 6). 



2) Le malade de Murray qui avait un symblépharon com- 
plet de la paupière inférieure, à la suite d'une brûlure par un 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 163 

métal en fusion, et à qui on a essayé de mobiliser la conjonctive 
fut complètement guéri par une greffe de Thiersch. coburk. 

3) Lewis discute les statistiques et la prophylaxie de Toph- 
talmie des nouveau-nés, il pense que cette affection peut être 
prévenue par le Crédé et recommande le nitrate d'argent; il 
demande que le gouvernement distribue aux médecins et aux 
accoucheurs, des tubes scellés contenant une solution de 
nitrate d argent. coburn. 

4) Le type clinique de la conjonctivite de Parinaud est si 
bien établi par les travaux fondamentaux de cet auteur et par 
les nombreuses observations de ces dernières années, que la 
description des nouveaux cas n'est justifiée que si elle ouvre 
de nouveaux aperçus sur la nature de la maladie. Bernheimer 
eut récemment l'occasion de traiter un cas important, non 
seulement au point de vue d'une marche clinique atypique, 
mais surtout par Texamen histologique, qui porta sur toute 
retendue de la conjonctive palpébrale et en même temps sur 
le tarse. 

Tandis qu'en général, dans la conjonctivite de Parinaud, il 
n'y a pas de sécrétion conjonctivale appréciable, celle-ci était 
assez abondante dans le cas de Bernheimer et, en outre, pro- 
bablement à cause de Tétendue et de la surface irrégulière des 
excroissances, il se développa secondairement des ulcères de 
la cornée. En opposition à la marche ordinairement bénigne 
de Taffection, tous les traitements restèrent sans effet et, 
comme il fallait craindre une altération définitive de la cornée, 
Bernheimer se décida à enlever foute la conjonctive avec le 
tarse et ce n^est qu'ainsi qu'il obtint une guérison ; il s'agissait 
donc d'im cas exceptionnellement grave et comme on n'en a 
pas encore décrit. L'examen histologique démontra que, 
malgré la gravité et la longue durée de ce cas, les altérations 
ne portaient absolument que sur le tissu adénoïde de la 
conjonctive. Le tarse était absolument sain, ce qui démontre 
que cette maladie est absolument différente du trachome. 

KRUKBNBERO. 

. 5) Urata passe en revue les différents remèdes que Ton a 



164 REVUE GÉNÉRALE 

essayé de substituer aux gouttes d'une solution de 2 pour 100 
de nitrate d'argent. L auteur ne parle que des remèdes d'une 
efficacité égale ou supérieure au nitrate. Parmi le sublimé, 
Targyrol, le protargol, Tacétate d'argent, le nitrate d'argent 
(1 ^lo et 2 7o)) 1^ pratique a prouvé que le nitrate d'argent 
à I pour 100, l'acétate d'argent à i pour 100 et le protargol, 
ont apparemment un effet supérieur au nitrate d'argent à 
2 pour 100. Après avoir cautérisé les points lacrymaux, l'au- 
teur a recherché quelle était l'influence des différents collyres 
désinfectants et astringents sur les germes du sac conjonc- 
tival. Il en ressort que la solution de nitrate d'argent de 
2 pour 100 agit le plus énergiquement sur ces microbes, sur- 
tout sur les staphylocoques, son effet est moindre sur les 
autres bacilles (streptocoques, pneumocoques, gonocoques). 
Le sulfate de zinc (i/4 Vo) est bien moins efficace, mais irrite 
aussi beaucoup moins ! 

Pour éviter l'ophtalmie purulente infantile, l'auteur préco- 
nise la méthode suivante : 

I** Laver la peau des paupières et du voisinage de l'œil à 
grande eau ou avec un désinfectant qui irrite peu. 2** Instilla- 
tion d'une ou deux gouttes d'une solution de nitrate d'argent 
à I pour 100 en écartant soigneusement les paupières pour 
bien répartir le liquide dans le sac conjonctival. 

B. ItSDSLOD. 

6) Spratt rapporte un cas, diagnostiqué « conjonctivite de 
Parinaud » : il y avait de l'œdème des paupières, une légère 
sécrétion et des nodules sous la conjonctive. La mastication est 
douloureuse, ganglion préauriculaire douloureux et hypertro- 
phié. Amygdales rouges, tuméfiées, ganglions sous-maxil- 
laires. Légère élévation de la température avec malaise. Sur 
les bras et les jambes, nombreuses taches rouges saillantes. 
Un fragment de la conjonctive est extirpé pour l'examen. Le 
tissu sous-conjonctival est infiltré par des cellules rondes, 
larges espaces colorés par l'éosine, fragmentation des noyaux. 
Pas d'infiltration leucocytaire. Le pus du ganglion pré-auri- 
culaire contient des staphylocoques. Suit un résumé de 
trente-quatre cas publiés. La maladie est généralement uni- 
latérale ; dans deux cas seulement on Ta observée bi-latérale. 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA COANF.E, ETC. 165 

L'œil droit est atteint 'i\ fois, l'œil gauche 1 1 fois. La maladie 
existe dans les deux sexes. Le plus jeune malade avait deux 
mois, le plus âgé six mois. L'affection s'observe dans les 
zones tempérées : France, 17 cas; Amérique, i4; M ^^^ ont 
ont été observés en automne et en hiver. Durée : deux semaines 
à dix mois ; en moyenne de cinq à six semaines. La suppura- 
tion des ganglions fut observée dans la cas. Etiologie 
inconnue. On peut confondre cette affection avec le trachome,' 
la tuberculose, la conjonctivite folliculaire et l'hypertrophie 
lymphoïde. L'extirpation des nodules avec suture de la 
conjonctive semble donner de bons résultats. 



7) Les deux observations de Capolongo illustrent fort bien 
la tuberculose de la conjonctive, au point de vue de la forme 
clinique, du diagnostic différentiel et du contrôle expérimental. 
Notamment le premier cas, concernant une fillette sûrement 
hérédo-syphilitique, aurait pu faire croire à une ulcération 
gommeuse, sans les mauvais effets du traitement mercuriel 
d'épreuve et le résultat positif des inoculations aux animaux. 
Dans le second cas, la forme était plutôt papillomateuse, ou 
granulomateuse, au lieu d'être ulcéreuse. Dans les deux, 
l'adénite pré-auriculaire, parotidienne et sous-maxillaire était 
très prononcée. L'excision et la cautérisation généreuse du 
fond amenèrent la guérisori. a. AWTONKLLr. 

8) Le malade de Chance^ à la suite d'un léger traumatisme 
sur la cornée, vit apparaître une vésicule sur celle-ci. La 
vésicule creva et laissa ainsi la cornée à nu, de même que 
Tépithélium ; on vit alors un œdème diffus avec lignes d'infil- 
tration irrégulières. Puis une trentaine de petites vésicules 
apparurent sur la cornée et, une à une, éclatèrent, laissant un 
toit épithélial. L'éruption de ces vésicules fut observée 
plusieurs fois, durant une période de quelques semaines. La 
guérison complète n'eut lieu qu'après le raclage de l'épithélium 
et les applications d'iode. La vision fut légèrement réduite 
par la suite. L'épithélium exfolié était composé de cellules 
épithéliales dégénérées. 



166 REVUE GÉNÉRALE 

9) Ce travail de Pfalz doit être un plaidoyer en faveur du 
protargol, discrédité dans les derniers temps par des auteurs 
de renom. Si Ton a obtenu de mauvais résultats avec ce médi- 
cament, c'est que sa solution est souvent mal préparée. Celle- 
ci doit être préparée à froid et ne pas dater de plus de huit 
jours. Son effet bactéricide est au moins égal à celui du nitrate, 
son emploi est bien plus commode et sans danger, de sorte 
que Ton peut le confier aux mains des parents. Ses facultés 
astringentes sont, par contre, bien inférieures à celle du 
nitrate. Quand la sécrétion aura disparu, il faudra donc revenir 
au nitrate. b. rbdslod. 



10) Un homme de trente-trois ans, qui a fait deux séjours 
prolongés au Congo, se présente à l'hôpital militaire de 
Marseille pour se faire extraire une filaire située sous la 
conjonctive de l'œil gauche. Penaud et Livon en profitent pour 
faire une étude approfondie de cet animal. Le malade, dont 
Tétat général est satisfaisant, sent ses forces augmenter chaque 
jour; malgré cela, Penaud et Livon trouvent dans le sang, 
ao microfilaires en moyenne dans chaque préparation, dans 
les urines et dans la salive. Gomme la filaire avait le tube 
utérin rempli d'œufs, les auteurs purent étudier sous le micro- 
scope le développement des microfilaires. h. dor. 

11) La conjonctivite rhumatismale vraie, dit Desmons, est 
caractérisée par un œdème énorme dû à l'infiltration séreuse 
du tissu sous-cpnjonctival amenant une congestion vive de la 
conjonctive. 

Cette conjonctivite se distingue de la conjonctivite catar- 
rhale simple par une douleur souvent intense, par une plus 
grande durée ; enfin par sa guérison au moyen des médica- 
tions générales employées dans toutes les manifestations 
rhumatismales. Localement on ne peut grand' chose, car les 
astringents habituellement employés contre la conjonctivite 
simple ne donnent qu'une augmentation des phénomènes au 
lieu de leur sédation. Il suffit généralement de traiter le rhuma- 
tisme lui-même pour amener l'amélioration et bientôt la 
guérison de cette manifestation oculaire. Le plus important 



MALADIES DE L*IRIS, DE LA CHOAOJDE, ETC. 167 

est d appliquer au malade le traitement interne par le sali- 
cylate de soude à haute dose pour diminuer ensuite progressi- 
vement. 

A ce traitement général on adjoindra un traitement local, 
où l'on aura surtout soin de ne pas employer d^irritant. 

Le mieux est de se servir d'eau bouillie et d*eau bori- 
quée. On fait appliquer sur les yeux du malade des com- 
presses imbibées de lun de ces liquides que l'on aura fait 
tiédir. 

On peut encore instiller quelques gouttes d'une solution 
borico-cocaïnée, instillation que l'on répétera matin et soir. 



12) AU fait la critique des idées de Fuchs et de Huebner 
en ce qui concerne les relations du pingueculum et du ptéry- 
gion, de même que celles de Sgrosso, Goldziéher et Horner. 
Il a observé la transformation graduelle et lente du pinguecu- 
lum en ptérygion, il a observé aussi exceptionnellement que 
le ptérygion, comme Ta montré Arlt, peut avoir son origine 
dans un ulcère cornéen. La dégénérescence hyaline de la 
conjonctive existe dans tous les cas et peut être confondue 
avec la membrane de Bowman. L'épithélium de la conjonc- 
tive est ou hyperplasié ou bien aplati; très souvent, il est 
normal, en apparence et en structure. Au début de laffection 
on trouve toujours des îlots plus ou moins grands de substance 
hyaline. Sous cette dernière, on peut observer du tissu granu- 
leux, qui se colore par Torcéine et par la méthode de Weigert, 
ce sont des fibres élastiques. Plus tard, on y trouve, en abon- 
dance du tissu conjonctif, et des cellules qui font ressembler 
le ptérygion à un tissu d'inflammation. L'auteur pense que les 
produits de la dégénérescence de la conjonctive agissent comme 
corps étrangers et produisent de Tinflammation. La confirma- 
tion de cette hypothèse se trouve dans la disparition de la 
membrane de Bowman, lorsque le ptérygion s'étend. 

Comme celui-ci s'ayance dans la cornée, sa structure caracté- 
ristique disparaH, la conjonctive se trouvant de plus en plus 
attirée vers la cornée. Pas de bactéries. Traitement : le meilleur 
consiste à exciser la partie cornéenne et ensuite, à extirper 
une portion rhomboïdale de la conjonctive. La plaie est cauté- 



168 REVUE GÉNÉRALE 

risée par de Tacide phénique pur, pas de suture. Pansement. 
L'auteur n'a eu que quelques récidives sur plusieurs centaines 
de cas. Dans le cas où le malade l'accepte, Alt excise la 
pinguecula. cobuiw. 



MALADIES DE l'jRIS, DE LA CHOROÏDE ET DU CORPS GILIAIRB 
GLAUCOME, AFFECTIONS SYMPATHIQUES. 



i) Teraon. — De Tétai 'de l'angle irido-<:ornéen dans les luxations du cris- 
tallin accompagnées d'hyperionie (Archives d'Ophtalmologie^ p. 349, juin 
«906). 

2) Brav (Aaron) (Philadelphie^. — Glaucome aigu à la suite de Tinstillalion 
de quelques gouttes d*adrénalinc dans un œil cataracte (Acute glaucoma 
foUowing the instillation of several drops of adrenalin in a cataractous 
eye) (Americ. Medicine^ p. 214, juillet 190G). 

Z) Qreen (J.). — Glaucome juvénile simple et myasthénie gastrique et intes- 
tinale (Juvenil glaucoma simplex associaled with myasthcnia gastrica et 
intestinalis) (Amer, Jovrn. of Ophih,^ octobre igoS). 

4) Lagpange. — Traitement des tumeurs malignes intraoculaires (Asaoc, 
franc, de chirurgie^ Paris, i6octobie 1906). 

5) Stevenson (Edgar). — Glaucome congénital (Congénital glaucoma) (Liver- 
pool med, et chir, Journ.^ janvier 1904). 

6)* Bail (J.-M.^. — Un cas d'hémorragie sous-hyaloïdienne (Case of subhya- 
loid hemorrhage) (Journ. of the Missouri state med. Assoc, mai 1906). 

•j) Bail (J.-M.). — Un cas exceptionnel de glaucome (An unusual case of 
glaucoma) (St-Louis med, Revieu\ 11 août 1906). 

i) Terson étudie les luxations du cristallin accompagnées 
d'hypertonie et démontre que l'adhérence iridocornéenne n'est 
pas le seul facteur capable d'augmenter la tension. Si dans 
certains cas il a observé une soudure totale ou partielle, dans 
un autre elle faisait complètement défaut. Les autres facteurs 
à invoquer sont : 1* L'irritation mécanique des plexus ciliaires; 
a« l'obstruction momentanée de la pupille ou de la chambre 
antérieure ; 3* Tencombrement du grillage de filtration et du 
canal de Schlemm par des cellules dégénérées, etc. . 



2) Un malade âgé de cinquante ans vient consulter Brav 
pour une cataracte incomplètement mûre, il le renvoie à 
six mois pour l'opération. Dans Tintervalle le malade va con- 



MALADIES DE L'IRIS, DE LA CHOROÏDE. ETC. 169 

sulter un autre docteur qui lui mit quelques gouttes d'adré- 
naline. Trois heures après il revient avec de violentes douleurs 
et un glaucome aigu. Esérine, injections de morphine sans 
résultat et trois heures plus tard il fallut faire Tiridectomie 
puis l'extraction. Le cristallin fut projeté hors de Tœil après la 
section cornéenne, malgré cela bon résultat définitif. 



3) Green rapporte le cas d'un glaucome ayant débuté dans 
la première jeunesse et progressant jusqu'à l'âge de trente ans 
où il a eu l'occasion de Tobserver. Pas d'hérédité oculaire. Le 
malade souffre de constipation chronique datant de Tenfance. 
A la puberté, attaque de glaucome simple. Dans un œil, baisse 
progressive de la vision, allant jusqu'à la cécité. Tout travail 
est impossible à cause de la douleur et de la fatigue. La vision 
de l'autre œil commençait à baisser. Le traitement par les 
myotiques pendant plusieurs mois ne produit aucune amélio- 
ration sensible ; ce n'est que lorsque le traitement général fut 
institué et particulièrement contre la constipation, que la vision 
s'améliora, que le champ visuel s'élargit, permettant au ma- 
lade de se servir de son œil. conuRN. 



4) Laff range. Les tumeurs malignes intra-oculaires (sar- 
comes blancs et mélaniques, gliomes) envahissent l'orbite 
beaucoup plus rapidement que ne l'indiquent les symptômes 
cliniques; alors que la tumeur paraît encore bien enfermée 
dans l'œil, les éléments anatomiques sont déjà sortis par les 
espaces lymphatiques, le long des vasa-vorticosa, etc. Il en 
résulte que l'énucléation est insuffisante et que pour se mettre 
le plus possible à l'abri des récidives locales, il faut pratiquer 
en même temps que l'ablation de l'œil celle des tissus orbi- 
taires. L'opération de choix est Texentération sous-conjonctî- 
vale de l'orbite. r. 



5) Stevenson rapporte le cas d'un enfant âgé de cinq ans et 
atteint de buphtalmos. Tension exagérée, papilles atrophiées 
et excavéeS; nystagmus. stbphbnson. 



170 REVUE GÉNÉRALE 

6) Bail a observé un cas d'hémorragie sous-hyaloïdienne au 
niveau de la macula chez un malade âgé de quarante ans. 
Description complète de Taffection et résumé de la littéra- 
ture. COBURlf. 



MALADIBS DE LA HÉTINE, DU NEUF OPTIQUE ET DES CENTRES NERVEUX 

(amblyopie et AMAunosK, dyschromatopsib) 

i) Hippel (E.-V.). — Note sur la formalion spontanée de trous dans la 
fovea centralis (Notiz uchcr spontané Lochbildung in der Fovea cenlralis) 
(Arch. /•. Ophth., LX\\\ 172-175, 1906}. 

2) Wood (C.-A.). — La mort cl la ceci le, résultant de rempoisonnemeni 
' par Talcool méthyliquc et ses difrérenles préparations (Death and blindness 

as a resuit of poisoning i)y melhyl alcohol or wood alcohol and its various 
préparations (Intern, clinics.f 16» série, 1906). 

3) Sourdille. — Accidents oculaires d'origine électrique (Gaz, méd. de 
Nantes^ août 1906). 

4) Dé 8pévllle. — Pseudogliome de la rétine chez une enfant de six mois 
(Soc, a'opht. de Paris^ mars 1906). 

5) Péchin. — Thrombophlébite de la veine centrale de la rétine chez un 
tuberculeux (Soc, d'Opht. de Paris^ 6 avril 1906). 

6) Zentmayer (W.). — Rétinite proliférante fRetinitis Proliferans) (Seclion 
of ophthalmology^ Collège of Physicians, Philadelphie, mars 1906). 

7) Jackson (E.). — Alexie (Developmental alexia) (Americ. journ, of med, 
science^ mai 1906). 

8) Campbell (J.-A ). — Les scotomes (Scotoma) (Homeo, J?t/c, Ear and 
Throat Jonrn ,mars 1906). 

9) Morax (V.). — Rétinite albuminuriquc gravidique f/îcv. pra(. d'obstétrique 
et de pédiatrie f 1906). 

1) jE'.-F. Hippel apporte un fait personnel à l'appui de la 
thèse récemment soutenue par Reis que la formation sponta- 
née de trous dans la macula est consécutive à un œdème très 
prononcé. l. uor. 

2) Wood fait une étude complète du sujet. Il recommande 
beaucoup qu'on étiquette du mot Poison tous les produits 
alcooliques. coburn. 

3) Sourdille passant rapidement sur les accidents oculaires 
classiques dus à la foudre, insiste particulièrement sur les 
accidents causés par les courants industriels. Terrien a pu, pen- 
dant les travaux du Métropolitain, en observer ^5 cas. Il 



MALADIES DE LA RÉTINE, DU NERF OPTIQUE, ETC. 171 

s^agit alors de lésions oculaires déterminées sous l'influence 
de Tare voltaïque ou d'étincelles provenant de courts- circuits, 
sans qu'il y ait, comme pour la foudre, passage du courant 
électrique h travers le corps. La marche des accidents d'ori- 
gine électrique est presque toujours bénigne quoique souvent 
impressionnante en raison de la cécité temporaire qui se mani- 
feste parfois. 

11 s'agit surtout de troubles congestifs si marqués qu'on a pu 
les désigner du nom d'ophtalmie électrique. La conjonctive est 
plus ou moins hjperémiée avec ou sans sécrétions; l'iris est 
congestionné, la pupille rétrécie; il existe un cercle périkéra- 
tique, du larmoiement et une photophobie intense. Le cristal- 
lin, à l'inverse des accidents produits par la foudre, n'est 
jamais atteint. 

L'acuité visuelle est diminuée parfois, et à l'ophtal- 
moscope on peut déceler soit un œdème rétinien localisé 
au pôle postérieur de l'œil, soit une hyperémie cerise de la 
macula. 

Au bout de quelques jours les blessés peuvent reprendre 
leur travail. Cependant, une sensibilité anormale à la lumière 
subsiste encore longtemps. Terrien indique que 7 pour 100 des 
blessés restent avec vision inférieure à i/io, i4 pour 100 
auraient une diminution définitive de la vision. La persistance 
de névralgies sus- et sous-prbitaires serait, selon Terrien, d'un 
mauvais présage pour ce pronostic. morbau. 

4) De Spéville fit l'énucléation parce que les signes cliniques 
étaient ceux du gliome. L'examen histologique a démontré 
qu'il s'agissait d'un pseudo-gliome ; vitre décollé, refoulé en 
avant. Chambre vitréenne occupée par un liquide contenant en 
suspension de la fibrine altérée. Rétine atrophiée par places 
et soudée à la choroïde. Oblitération de l'angle irien. Persis- 
tance de l'artère hyaloïde. Il s'agit probablement d'une 
infection ancienne. péchin. 

5) Péchin présente un homme atteint de tuberculose pulmo- 
naire et qui perdit la vision de l'œil gauche, il y a un mois, à 
la suite d'une trombophlébite delà veine centrale de la rétine. 



172 REVUE GÉNÉRALE 

Un an auparavant, ce malade dont le début des accidents 
pulmonaires remonte à quatre ans, avait présenté des phéno- 
mènes panHiques du côté droit et de la face du même côté, 
phénomènes parétiques dus vraisemblablement à un même 
processus phk^bitique évoluant dans la région de la frontale et 
de la pariétale ascendantes. péchin. 

6) Zenimayer rapporte un cas de rétinite proliférante chez 
un homme âgé de vingt-sept ans. Celui-ci n'eut aucun trouble 
dans sa vision. Dans un autre cas, l'auteur a observé une 
hémorragie comme début de la lésion. Il croit que la rétinite 
proliférante ost une affection locale, due probablement à une 
irritation du vitré, agissant principalement sur l'adventice des 
vaisseaux de la papille. coburn. 

7) Avec les deux cas rapportés par Jackson, il y a seule- 
ment dix-neuf cas de cécité verbale congénitale connus. La 
plupart sont dus à des troubles du côté de Toeil. Les deux cas 
observés par Tauteur chez des enfants hyperopes se sont amé- 
liorés par IVxercice et la lecture. Lavmeilleure méthode de 
traitement est celle qui consiste h apprendre aux tout jeunes 
enfants a lire de bonne heure et à distinguer les lettres. Les 
dix-neuf cas connus dans la littérature sont ici résumés briè- 
vement. La plupart sont atteints d'hyperopie ; l'affection est 
aussi fréquente chez les garçons que chez les filles. 



8) Campbell fait une revue générale des différentes formes 
de SCO tome, codcrn. 



MAtADIES DU CRISTALLIN ET DU CORPS VITRÉ. 



t) Morettl {E»)» ^Aiguille-crochet à discissionou svnéchotomc lancéolaire. 
Uuckiuea cm) ïij dération s sur Tcxtraction capsulo-lenticulaire de la cata- 
racte^ stiivanL Ih méthode de Oradenigo (Ago da discissionc uncinato o 
sinocotoma Uncoolare. Qualchc considerazione suirestrazione capsulo-leD- 
Ucolnre delhi cnlaralta col nielodo Gradenigo) ("urinait di Ottalmologia, 
v<>L XXX^^ fasc, lo-ii, p. 7{>9 à 812, 1906).] 



MALADIES OU CRISTALLIN ET DU CORPS VITRÉ 173 

2) Kugel (E.). — Une nouvelle méthode opératoire dans les cataractes secon- 
daires et les occlusions pupillaircs couséculives à l'extraction de la cata- 
racte(Ueber einc neuc Opération^ méthode bel Nachstaren und Pupillens- 
perre infolge von Staroperalion) (Arch. /'. Ophih.^ LX!!!, 557-872^ 190G). 

3) Jackson (£.). — Discision dans les cataractes secondaires capsulaires 
(Knife-needle opération for secondary capsular cataracl) (Arch, of Ophlh., 
mars et mai 1906;. 

4]' Norton (A.B.). — Technique de l'opération de la cataracte (Technique 
of Cataract opération) (Hom. Eye, Ear^ and Throat journ.^ juin igoS). 

5; Smith (H.). — Traitement des suites de Topéralion de la cataracte 
(Treatmcht of afler-cataract) (Arch, of Ophth.^ mars et mai 1906). 

6] Wood fC.-A ). — Quelques formes de la cataracte héréditaire (Sonie 
fornis of heredilary cataract) (Ophth. Becord, avril 1906). 

7) William» (C). — La meilleure incision pour Textraction de la catarncle 
,The best form of incision in the extraction of cataracte (Journ. of Minne- 
sota med, Assoc, mai 1906}. 

8) Wright (S.-E.). — Causes et traitement de la cataracte (Causation and 
treatment of cataract] (Chicago med. Recorder^ i5 septembre 1906), 



1) La partie la plus intéressante de Tarticle de Moreiii se 
trouve dans les considérations sur l'opération de Gradenigo 
(zonulotomie, extraction totale du cristallin). Cette opération, 
mise à Tépreuve dans le service de Denti, à Thôpital de Milan, 
a montré que V audaces forluna juvat n'est pas un axiome... 
surtout en chirurgie oculaire. Devant la nécessité de devoir 
donc opérer parfois des cataractes secondaires, Moretti a 
imaginé un nouvel instrument, aiguille lancéolaire avec dis- 
continuité latérale formant crochet, ce qui lui permet de servir 
aussi de synéchotome. Le dessin de la petite lame ressemble 
assez à la pointe de Taiguille de Reverdin, ouverte au moment 
de recevoir le fil. On pourrait se demander si la discontinuité 
ne risque pas d'accrocher les lèvres de la petite plaie cor- 
néenne, malgré toute précaution de manœuvres, au moment 
de la sortie. L'aiguille de Taylor (pour la discission de l'angle 
irien) nous a toujours donné pleine satisfaction jjour certaines 
discisions et synéchotomies, sa tige empêchant aussi l'évide- 
ment de la chambre antérieure. a. antonblli. 

2) Kugel recommande de faire la discision (cataractes 
secondaires) au moyen d'un couteau de Graefe ou tout au moins 
d'un instrument tranchant et non d'un instrument dilacérant. 

11 recommande d'éviter tout spécialement les hémorragies 
et, pour cela, il conseille de ne couper que des membranes non 
vascularisées« l. dor. 



174 REVUE GÉNÉRALE 

3) Jackson rapporte un cas de discision de cataracte cap- 
sulaire secondaire par Taiguille, il discute le sujet de la 
cataracte secondaire et les méthodes employées pour lextraire 
et Topérer. Cette opération n'est pas aussi facile que le croit 
Marshall dans Roy. Lond, Hosp, Rep, et qui, sur 5 1 2 opérations 
de cataracte secondaire, a eu 1,02 pour 100 de suppuration et 
de perte successive de Tœil; 5,58 pour 100 d'inflammation 
ayant entraîné une diminution ou une abolition de la vision. 

Pour l'opération, on doit avoir un éclairage oblique intense. 
L'opérateur devra se munir de verres convexes faibles ou 
bien avoir un pouyoiraccommodateur considérable. Le couteau 
doit être construit de telle façon que Thumeur aqueuse ne 
puisse pas s'échapper autour, et qu'on puisse s'en servir pour 
faire les incisions dans n'importe quelle position. On doit 
introduire la pointe du couteau à travers le limbe cornéen, 
l'auteur n'a jamais vu de suppuration à la suite de la ponction 
faite de cette façon. L'incision de la capsule en V ou en T se 
fait facilement. cobuhn. 

4) Norton pense que, dans l'intérêt du malade, on doit faire 
une iridectomie avant l'opération de la cataracte ; cela diminue 
les chances d'insuccès. Le pansement n'est enlevé que le 
quatrième jour après Topération. coburn. 

5) Smith extrait la cataracte dans sa capsule et ainsi évite 
de soigner les complications qui peuvent arriver après l'opé- 
ration. Il fait une incision du limbe avec un kératome, fait 
une iridectomie et, avec la pince à capsule, extrait le cristallin. 



6) Wood rapporte trois observations de cataracte hérédi- 
taire familiale. Quelques-uns de ces cas sont décrits complè- 
tement, y compris Topération et ses suites. Dans la première 
opération, sur 3i individus, formant quatre générations, 12 
ont eu la cataracte présénilc. Dans une autre série, d'un 
groupe de 48 individus, i4 ont une cataracte juvénile. Enfin, 
dans la troisième observation, sur 33 personnes, 6 ont eu la 
cataracte de bonne heure. Un cristallin étudié microscopique- 
ment contenait un dépôt de cristaux de chaux. gobuan. 



MALADIES DE LA RÉFRACTION, DE L'ACCOMMODATION, ETC. 175 



MALADIES DE LA IléPRACTION, DE l'aCCOMMODATION BT DES MUSCLES DE l'qEIL 



i) Landolt. — Réforme de la détermination de Tacuité visuelle (Die Reform 
der Bestimmunjç der Sehschaerfe) (Arch. f. Opht/i,^ LXIV, 598-610, 1906}. 

a) Koster. — > La détermination de raciiité visuelle d'après les méthodes de 
Landolt et Guillery ^Uebcr die Bcstimmunf^ der Sehschaerfe nach den 
Methoden von Landolt und von Guillery) f/lrc/i. f. Ophih.^ LXIV, 128-141, 
1906). 

3) Sohappingep. — Contribution  l'étude de la pathojçéncse du « Spasmus 
nutans a iZur Pathogenese des Spasmus nutans. (Zeùsch. f. Augenfieilk.^ 
XIII). 

4) Sohweiniiz (G.-Ë.). — A propos de la fatigue maculaire et du scotome 
central dans certaines psychoses (Concerning macular fatigue and central 
scotoma in certain psychoses) (Secl. of Ophl., Collège of Physiciana^ Phila- 
delphia, mars 1906). 

5) ColbMrn (J.-E.). — Un cas d'hyperphorie (Report of a case of hyper- 
phoria) (Ophth. Record^ juin 1906). 

6) Hansell (H.). — Relation entre la converj^cncc et Taccommodation (Rela- 
tion of convergence to accomodalion) (Ophthalmology, avril 1906). 

7) Bronnep (Adolphb). — Note sur un cas d'emmétropie, dans lequel des 
symptômes locaux et généraux inquiétants, ont été supprimés par Tusagc 
des verres de Sph. — I D et cyl. — 1 D (Notes on a case of emmetropia, 
in which distressing local and gênerai symptoms had heen rclieved by the 
use of — I D spherical with — I D cylindrical glasses) (Brit. mecL 
Jonrn,, août 1906). 

8) 8harp (W.-N.). — Diagnostic simple des paralysies des muscles de Tœil 
(Diagnosis of paralysisof the indiviclual ocular muscles simplified) (Indiana 
med. Journal, juin igo6). 

9) Rodiet. — Les paralysies des muscles externes de l'œil au cours de la 
paralysie générale, de la syphilis, du tabès, de la sclérose en plaques, des 
méningites et de l'hystérie) (Province médictile, ao octobre 1906 et Soc. de 
méd, de Vancluse), 

1) Landolt expose rintérêt qu'il y aurait k déterminer 
Tacuité visuelle au moyen de ses anneaux ouverts dont les 
bords sont un peu renflés et que les oculistes français con- 
naissent. L. Don. 



2) Kosler étudie la méthode de détermination de l'acuité 
visuelle au moyen des cercles ouverts et incomplets de 
Landolt et il montre que le résultat serait encore plus exact 
si on modifiait la forme du cercle en élargissant un peu les 
lignes qui bordent Touverture. 

Une planche hors texte fait bien comprendre la pensée de 
Tauteur. La figure 12 représente les signes de Landolt tels 
qu^ils sont et la figure i4 ces mêmes signes tels qu'ils devraient 
être, d'après Koster. l. dor. 



176 REVUE GÉNÉRALE 

3) Raudnitz a prétendu que le spasnius nutans se développe 
chez les enfants tenus dans une chambre obscure, éclairée 
uniquement par un point lumineux. Les enfants sont poussés 
à fixer constamment ce point, il en résulte une fatigue mus- 
culaire, la cause du spasme ; Schapringer admet que c'est la 
tendance de fixer ce point lumineux qui joue un rôle principal, 
mais n'admet point la fatigue comme cause immédiate : la 
perception de la lumière est plus intense, si celle-ci se pro- 
jette sur les parties périphériques de la rétine que si elle 
tombe sur la tache jaune. Pour que l'intensité de la perception 
lumineuse ne diminue pas, il faut que l'enfant remplace aussi 
vile que possible la partie de k rétine éclairée par une autre. 
De là se développe un mouvement continuel du globe et de 
toute la tête : il se forme pour ainsi dire dans le cerveau un 
centre de fixation, excentrique, labile. b. rbdslod. 

4) Schiveinitz étudie la fatigue rétinienne et le scotome 
central dans certaines psychoses (troubles nerveux, du type 
fonctionnel). 

5) Colburn rapporte un cas qui montrait une hypertrophie 
considérable. Plusieurs avancements du muscle droit supé- 
rieur furent faits sans succès. Le droit inférieur examiné 
était bridé par un tractus, cela expliquait l'insuccès. On y 
remédia et le malade fut guéri. coburn. 

6) Hansell fait un résumé des relations de la convergence 
et de l'accommodation, avec citations nombreuses. Quelques 
cas sont aussi rapportés brièvement. couih>. 



MALADIES DU GLOBE DE l'oBIL 

, (blessures, corps Étrangers, parasites) 

t) Connor (R.). — Kyste congénilal de l'orbite et microphtalmie (Congé- 
nital orbital cyst associated wilh microphthalmus) (Arch. of Ophihalmo- 
logy, janvier 1906). 

(a Qrottsmann (Carl). — Kyste congénital et microphtalmos (Congénital 



MALADIES DU GLOBE DE L'CBIL 177 

Cyst with microphthalmos) (Liverpool med, and chir, journal^ janvier 
Ï904). 

3) WUrdemann (H.-V.). — Transillumination de rœil^ dans le diafi^iostic 
des tumeurs in Ira-oculaires et description d'un transilluminateur ('Transillu- 
mination of Ihe eye in ihe difTerential diagnosis uf the cye, wiin descrip- 
tion of an ocular transi lluminator) (Ophth, Record, mai 1906). 

4; Todd (F.-C). — Instruments nouveaux pour Textraction des corps 
étrangers (Some new foreign body instruments) (Ophthal, Record y mai 
1906). 

5) Ray (J.-M.) — Blessure du j;lobc, suivie de mort sept semaines après 
(Injury of the eye followcd by death, seven wecks later) (Lewisville Mon- 
thly Journ, of med, and Surgery, avril igo6). 

6) Ovio (G.). — Un cas d'anophtalmie bilatérale (A case of bilatéral anoph- 
thalmos) (Annuls of Opht?ialmology, janvier 1Q06). 

7) Cowgill (W.-M.). -^ Corps étrangers intraoculaires (Intraocular foreign 
bodies) (Western med» Review^ juillet 1906}. 

1) Connor a observé chez un enfant âgé de dix mois, 
associé à de la microphtalmio, un kyste de Torbite. A la nais- 
sance, on ne pouvait apercevoir le globe oculaire ; quatre mois 
après le kyste commençait à grossir. L'orbite fut envahi alors 
par une masse fluctuante, non pulsatile et irréductible. 
Lorsqu'on écartait les paupières, on apercevait un œil rudi- 
men taire. On extirpa et l'œil et le kyste. Il n'y avait point 
d'adhérence à Tos, le muscle externe paraissait hypertrophié. 
La tumeur mesurait 4/12 de centimètres sur 3 cm. 5o et 
3 cm. 5o d'épaisseur. L'œil était assez bien développé. Le 
tissu scierai était continué par la paroi externe du kyste, 
laquelle était doublée par une lame pigmentée, représentant 
une rétine modifiée. L'auteur a trouvé 67 cas semblables à 
celui qu'il décrit, dans la littérature. Il en fait un résumé et 
discute les théories des auteurs sur l'origine de ces kystes. Il 
est probable que dans le cas décrit, le kyste a son origine dans 
le tissu embryonnaire qui forme le globe oculaire. 

On peut confondre ce kyste avec une méningocèle, l'exa- 
men du liquide retiré permet de faire le diagnostic. Ce travail 
est accompagné de la photographie de l'enfant avant l'opé- 
ration, d'une microphotographie du kyste et d'un tableau, 
donnant les diagnostics différentiels, des kystes par l'examen 
chimique de Thumeur aqueuse, du liquide cérébro-spinal, 
du kyste hydatique et dermoide. coburn. 

n) La malade de Grossmann est une jeune fille de seize ans, 
atteinte d'anophtalmie et de kyste congénital. On découvrit 

13 



178 REVUE GÉNÉRALE 

un œil rudimentaire — lorsqu'on enleva le kyste — situé dans 
la profondeur de l'orbite. couurn. 

3) Wùrdemann a fait construire un instrument ressemblant 
à un crayon et consistant en une source lumineuse d'un pou- 
voir de cinq bougies, recouverte par une lentille très convexe 
d'un côté, et de l'autre par une tige de verre qu'on applique 
sur l'œil, et qui dirige la lumière. coburn. 

4) Todd a fait construire deux instruments en forme de V 
et de U, terminés soit en pointe, soit en forme d'aiguille, et 
les trouve très commodes pour l'extraction des corps étrangers 
de la cornée. coburiv. 

5) Le malade de Rdy^ un enfant, était atteint d'ime blessure 
de la cornée à forme triangulaire, à bords déchiquetés. Issue 
du cristallin. Enucléation. Peu de temps après, l'état mental 
se modifie et se trouble graduellement. En cherchant la cause, 
on trouve une perforation du plancher de l'orbite. On enlève 
alors la portion latérale et la portion externe de la cavité 
orbitaire. Malgré cette intervention, l'enfant meurt avec les 
symptômes d'un abcès cérébral, au bout de sept semaines. 



MALADIES DBS PAUPIÈRES, DE l'aPPAREIL LACRYMAL ET DE L*ORBITtf 

i) Frugiuele (C). — Elépkanliasis, clals ëlépliantiasiques cl pseudo-élé- 
phaniiasis des paupières (Elefaaiiasi, slati elefanliasici e pseudo elefantiasi 
dclie palpebrc) (Giornale Inlernaz, dette Scienze Medicney Anno XX Vil, 
Napoli, i9o5). 

2) Frugiuele (C). — Sur rcudothéliomc des paupières (SuU'endolelioma 
palpebrale) (Il Progressa Oftilinologico, vol. II, fasc. i-a, Palermo 1906). 



3) Maggi (F.). — Conlribution à Tclude des tumeurj primitives du sac 
lacrymal (Coiilribulo allô studio dei tumori primitivi dcl sacco lacrimale 
(Annati ai Ollalmologia^ vol. XXXV, fasc 10-11, p. 789 A 797, i9oli). 

) Santa Maria (Alberto). — Sur le blepharoptosis spastique (Sulla blefa- 
roptosi spasiica (Clinica oculisticaj mai 1906). 

5) Calderaro. — Un cas de kvste à échinocoques do Torbitc, opértion, gué- 
risoii (Un caso dicisla da echinococco deirorbita. Operazione, guarigionc, 
(Clinica oculislica, mai*s-avril 1906). 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L*APPARE[L LACRYMAL, ETC. 179 

6) Massey (G.-B.). — Scircome congénital de lorbitc (Congénital aarcoma 
of the orbit) f/oiir/i. Amer. med. Assoc.^ 28 avril it^oo), 

7) Péohin. — Ostéopérioslile liércdo-syphili tique orbitairc (Soc, d*opht, de 
Paris, 6 avril 1906). 

8) Terson (A.). — MoUuscum contagiosum palpcbral f 5oc. d'opht. de Paris, 
6 avril igo6). 

9) Suizep et Duolos. — Lymphome double du sac lacrymal, suivi de lym- 
phadénie généralisée sans leucémie (Soc. d'ophl, de Paris, 12 juin 1906). 

10) De Spéville. — Deux cas -de blépharospasme guéris par deux procédés 
dilTérents (Soc, d'ophl, de Paris, 6 avril 1906). 

11) Berger (Paul). — La méthode italienne appliquée aux restaurations de 
la face (f8^ Congr. de chirurgie, Paris iqoS). 

12) Beard (C.-H.) et Brown (E.-V.-L.). — Ncvrome plexiforme de l'orbite 
(Plcxiformc Neuroma of the orbit) (Arch. of Ophih., mara et mai 1906). 

i3) Beit (Ë.-O.^. — Un cas d'adéno-carcînome de la glande lacrymale (Case 
of adeno-carcinoma of the lacrymal gland) {Washington med, Annals, 
mai 1906). 

14) Lemaire — CEdcme aigu angioneurotique des paupières (Echo méd, du 
Xord^ 27 mai 1906). 

i5) Boumeville. — Purpura palpébral consécutif à un cauchemar (Progrès 
médicaly 22 septembre 1906). 

16} Minet et GaehIInger. — Plaie du sourcil suivie de tétanos céphalique 
(Soc. de méd. du Nord^ 9 février 1906). 

17) Rialey (S -D.). — Angiome caverneux des paupières (Gavernous Angionia 
of the eyelid) (Ophih. Record^ mars 1906). 

18) Coppez (H.). — Deux cas de cécité par sinusite sphénoïdale (Clinique 
des Uopiianx de Bruxelles, 24 mars 1906;. 

19) Snyder (G.-H.). — Traitement des affections des voies lacrymales sans 
opération (My expérience in treating diseases of the duct without opéra- 
tion) (Ophihalmotogy^ octobre 1906 et Ohio Staie med. Journ., i5 aoiH 
1906. 

i) Dans un travail d'ensemble, de plus de soixante pages, 
avec plusieurs figures intercalées, Frugiuele étudie Téléphan- 
tiasis vraie des paupières et les formes cliniques analogues. 
Il apporte, à cette étude, la contribution personnelle d obser- 
vations cliniques et de recherches histologiques. Il propose 
d'appliquer aux paupières la même classification adoptée 
aujourd'hui en dermatologie pour l'éléphantiasis en général; 
retrancher dans ses justes limites l'éléphantiasis palpébrale 
et compléter Texamen des états éléphantiasiques , éliminer 
tous les cas d'éléphantiasis acquise primaire, qui sont à consi- 
dérer comme pseudo-éléphantiasis ; classer les pseudo-éléphan- 
tiasis en acquises et congénitales, montrer que les unes et les 
autres n'ont de commun, avec la vraie éléphan tiasis, que 
l'aspect extérieur, et qu'il faut désormais nettement les diffé- 
rencier et les dénommer. a. a>-tonblli. 

2) L'endothéliome des paupières n'a pas été particulièrement 



ill_lllli.,lll lli 



180 REVUR GÉNÉRALE 

éludié jusqu'à présent, et même le traité de Lagrange n'en 
parle pas. Frugiuele a donc bien mérité des ophtalmologistes 
en réunissant, dans une brochure de trente-trois pages avec 
cinq figures intercalées, deux cas personnels et les quelques 
cas d'angiosarcomes, sarcomes endothéliaux, cylindromes 
pouvant sûrement être rangés parmi les endothéliomes. 

Après quelques considérations générales sur la définition et 
Thistogénèse des endothéliomes, sur leur structure, sur la 
classification de leurs formes et leur place dans la classifica- 
tion des néoplasies en général, Tauteur rappelle la fréquence 
relative des endothéliomes du nerf optique, du tractus uvéal, 
de Torbite, de la glande lacrymale, de la conjonctive et de la 
caroncule. Quant à la paupière, ce genre de néoplasme paraît 
bien rare (7 cas y compris les 2 de lauteur qui sont décrits 
avec tous les détails histologiques) ; il aurait plutôt tendance 
aux formes enkystées ou pédonculées, d'où un caractère de 
malignité atténuée, intervention radicale aisée et récidive 
moins facile. a. antonblli. 

3) Les tumeurs primitives de la paroi même du sac lacry- 
mal sont rares, et leur diagnostic précoce n'est pas facile. Les 
quelques observations publiées sont presque toutes dues à 
Técole napolitaine, par de Vincentiiset ses élèves. Maggi, delà 
Clinique de Pise, en ajoute une, de tumeur connectivale 
(angiosarcome périthélial) développée, chez une femme de la 
cinquante-six ans, dans le chorion de la muqueuse du sac. Au 
point de vue étiologique, en tenant compte de l'histoire cli- 
nique du cas, la néoplasie avait eu probablement son origine 
d'un ou de plusieurs petits polypes de la paroi du sac, consé- 
cutifs au processus chronique d'une dacryocystite. 

A. ANTONBLLI. 

4) Sanla Maria rapporte trois observations de blépharo- 
ptosis spastique qui sont dans l'espèce la seule manifestation 
de rhystérie (hystérie monosymptomatique) et ce spasme 
peut facilement échapper aux moyens d'investigation habi- 
tuels. L'examen du champ de regard révèle toujours cette 
forme de ptosis, il peut être utilisé comme un excellent et 
très délicat moyen de diagnostic. L'examen du champ de 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L*APPARE[L LACRYMAL, ETC. 181 

regard doit toujours être suivi de Texamen des muscles 
oculaires, si ceux-ci sont reconnus intacts, dans le cas où le 
champ de regard est légèrement limité en haut, il faut admet- 
tre une forme légère de ptosis spastique. . L'auteur fait de ce 
symptôme une manifestation de Thystérie dans beaucoup de 

cas. O. PHBRBUIL. 



5) Calderaro rapporte une observation de kyste orbitaire à 
échinocoque évolué sans altération du nerf optique, la fluctua- 
tion n'est pas sentie, diagnostic par ponction. Opération de 
Krônlein et ablation du kyste. o. d, 



6) Dans le cas décrit par Massey, la tumeur fut constatée à 
la naissance. Deux jours après, extirpation mais suivie de 
récidive. Six semaines plus tard, on essaye de réduire la 
tumeur par le mercure, introduit au moyen de la cataphorèse. 
Le pôle négatif est au milieu de la tumeur ; six autres petites 
pointes perforant la tumeur en plusieurs endroits. Application 
de 35o milliampères pendant soixante-cinq minutes. Deux 
semaines après cette application Tceil est projeté en avant; 
une tumeur métastatique se développe dans la joue. On essaye 
de nouveau une cataphorèse qui fut suivie, cette fois, par une 
métastase dans l'os maxillaire et dans le cerveau. Il s'agissait 
d'une tumeur composée de cellules rondes sarcomateuses. 



7) Péchin présente un enfant âgé de trois ans qui fut atteint 
dès Tâge d\in an d'ostéopériostite hérédosyphilitique des 
deux rebords orbitaires inférieurs et d'ostéopériostite de même 
nature du maxillaire inférieur gauche. A gauche la paupière 
inférieure était complètement ectropionnée. Cette paupière fut 
libérée de se^ adhérences osseuses et maintenue dans sa posi- 
tion normale par uiie blépharorrhaphie médiane. 11 y a près 
d'un an que l'opération a été pratiquée ; actuellement la pau- 
pière est bien mobile et tout fait prévoir que lorsqu'on section- 
nera la bride qui unit les paupières la guérison sera com- 
plète. l'éCHIX, 



182 REVUE GÉNÉRALE 

8) A. Terson présente des coupes histolog-iques de mol- 
luscum contagiosum pris sur une jeune fille de quatre ans qui 
en avait aux paupières, sur les bords ciliaires, le cou, le tho- 
rax et les jambes. C'est un cas favorable à la contagiosité de 
TafTection car la mère et la tante préalablement atteintes ont, 
suivant Terson, contagionné Tenfant. p^chin. 

9) SuUer présente une femme de cinquante et un ans qu'il 
eut à soigner pour un phlegmon double des sacs lacrymaux 
par des incisions et des cautérisations au galvanocautère. Le 
résultat négatif des inoculations au cobaye au point de vue 
de la tuberculose d'une part et, d'autre part, le développe- 
ment ultérieur de ganglions pré-auriculaires sous-maxillaires, 
des ganglions des aines, des aisselles et des coudes firent 
admettre le diagnostic de lymphome. Morax reconnaît cette 
malade qu'il a soignée dix mois avant pour une tuberculose 
conjonctiv aie qu'on avait prise tout d'abord pour une conjonc- 
tivite infectieuse de Parinaud. pbchin. 

10) Chez une femme de soixante-deux ans, atteinte de blé- 
pharospasme droit depuis quatorze ans, de Spévilte fait une 
injection d alcool dans la région d'émergence du facial droit. 
L'injection a été faite le 21 mai 1897. La guérison s'est main- 
tenue jusqu'à aujourd'hui; de Spéville présente sa malade sur 
laquelle on constate encore la paralysie de l'orbiculaire. 

Sur une femme de cinquante-huit ans dont le début de Thé- 
mispasme facial remontait à cinq ans, de Spéville fit pratiquer 
Tanastomose spinofaciale par Cunéo. L'opération date du 
23 octobre igoS. Actuellement Torbiculaire est encore para- 
lysé. PBCHI?f. 

1 1) Le professeur Paul Berger décrit ainsi la blépharoplastie 
à ritalienne : 

On se trouve par exemple en face d'ectropions totaux consé- 
cutifs à des brûlures de la conjonctive éversée, ou en face 
d'excisions larges pour épithélioma, avant nécessité celles-ci, 
la suppression de la muqueuse. Dans le cas de muqueuse 
conservée, on circonscrit d'abord par une incision courbe le 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L'APPAREIL LACRYMAL, ETC. 183 

bord libre de cette muqueuse retournée ; puis on la dissèque 
en conservant avec grand soin tout ce qui reste de bord ciliaire, 
en relevant cette conjonctive avec tout ce qui reste de carti- 
lage tarse, et tout ce qui persiste des faisceaux deTorbiculaire, 
en rehaussant même la partie la plus inférieure, circulaire de 
ce muscle. Car c'est de la conservation de Torbiculaire <pie 
dépendront les mouvements de la paupière. Puis on procède à 
rocclusion palpébrale. Celle-ci doit être maintenue pendant un 
temps fort long, six mois environ. Sur la face cruentée, après 
reconstitution de la cavité conjonctivale, on applique le trans- 
plant. Dans la blépharoplastie double, le même lambeau peut 
recouvrir les deux paupières ; mais sa pointe doit être fendue 
longitudinalement sur une étendue de i centimètre au niveau 
de Tangle interne de la fente palpébrale, zone où Ton ne réunit 
pas les paupières, pour ne pas blesser les points et les canaux 
lacrymaux, et laisser libre passage à l'écoulement des larmes. 
Le pédicule du lambeau correspond h la région temporale. 
Chez une femme ainsi opérée, les yeux étaient très menacés 
avant Tintervention. Or, cette malade a pu recouvrer la trans- 
parence complète de ses milieux oculaires, et la totalité de la 
vision. En général, le clignement a pu être obtenu en partie ; 
toutefois il persiste un certain degré de larmoiement. Si la 
conjonctive a été complètement supprimée, on peut employer 
la surface cicatricielle qui s'est substituée à elle, pour rempla- 
cer cette muqueuse. r. 

12) Beard et Brown font remarquer qu'il n'existe dans la 
littérature que quarante cas connus de névrome plexiforme. 
Leur malade, un homme âgé de vingt-sept ans a, depuis 
cinq ou six ans, une tumeur orbitaire. A Texamen, la pau- 
pière est soulevée et Tœil est déplacé en bas. La tumeur peut 
être sentie sous le rebord de l'orbite. Petits nodules sensibles 
à la partie antérieure de Toreille. Cinq mois après, exophtal- 
mie considérable^ ptosis, vision diminuée par trouble de la 
circulation rétinienne. Deux ans plus tard, opération. La 
tumeur adhère au nerf sus-orbitaire, Texamen microscopique 
montre qu'il s'agit d'un névrome plexiforme. cobuhn. 

i3) Belt a observé chez un mulâtre de vingt-nuit ans, de 



■ "'■•^^- ' 



184 RRVUE GÉITÉRALE 

r«xophtalmie, par hypertrophie de la glande lacrymale. Cette 
exophtalmie augmentait graduellement depuis une quinzaine 
d'années. Extirpations de la tumeur qui est adhérente à l'os et 
pousse des prolohgements vers le sommet de l'orbite. La vision 
s'améliora à la suite de l'opération, pas de ptosis. L'examen 
microscopique de la tumeur montra qu'il s^agissait d'un 
adéno«carcinome . coburn. 



1 4) Lemaire cite le cas d'un homme de vingt-neuf ans qui 
éprouve brusquement une douleur aiguë dans le bras et 
l'épaule, puis, deux heures après, tout est terminé. Quelques 
jours après, mêmes phénomènes au genou et paupières à 
gauche très œdématiées empêchant complètement l'ouverture 
de l'œil, cet œdème est mou et indolore. Aspirine et guérison 
le lendemain, mais les paupières à droite se prennent à leur 
tour. L'auteur discute les diagnostics et s'arrête à la maladie 
de Quincke. Il rappelle qu'elle peut être d'ordre rhumatismal 
ou toxique. On a signalé, en effet, des œdèmes partiels dans 
nombre d'infections générales comme la grippe ou la fièvre 
typhoïde et, d'autre part, les troubles digestifs et les différentes 
intoxications, notamment l'alcoolisme, se retrouvent dans des 
observations de maladie de Quincke. n. 

i5) Bourneville cite l'observation d'une jeune fille âgée de 
vingt ans atteinte d'aliénation mentale avec délire mélanco- 
lique, idées de culpabilité, d'indignité, refus d'aliments, etc. 
Elle se lève une nuit la figure pâle, exprimant la terreur, et le 
lendemain : pointillé rouge foncé et très serré sur les paupières 
des deux yeux ; tout a disparu le troisième jour. L'auteur rap- 
pelle qu'il a signalé le purpura palpébral à la suite d'accès 
d'épilepsie ou de violentes colères ; ces faits, dit-il, font penser 
aux phénomènes qui se produisent chez les stigmatisés, leur 
esprit est concentré sur le siège des plaies du Christ (front, 
mains), elles voudraient les voir saigner, d'où friction sur ces 
régions et écoulement sanguin désiré au cours de l'attaque 
extatique. k. r. 

i3) Minet et Gaehlinger présentent l'observation d'un 



RAPPORTS DE L'OPHTALMOLOGIE, ETC. 185 

malade qui^ vin^ jours après une blessure du sourcil droit, 
a été pris de trismus. Puis paralysie faciale droite supérieure 
et inférieure, paralysie du releveur de la paupière. Dans le pus 
de la plaie on trouve des bacilles tétaniques. Guérison pro- 
gressive. Les auteurs, dans ce cas de tétanos céphalique, 
expliquent la paralysie des nerfs éloignés du point d'inocula- 
tion par le voisinage des noyaux bulbaires auxquels le poison 
tétanique parvient par Tintermédiaire des voies nerveuses. 



17) Risley a examiné un enfant âgé de onze semaines et 
présentant une tumeur rouge foncé de la paupière inférieure. 
Elle mesurait 2 cm. 5o sur 2 centimètres, avec (me épaisseur de 
i cm. 5o. Elle était fluctuante et molle, et avait considérable- 
ment et rapidement augmenté. On essaya Télectrolyse sans 
succès et, finalement, on fît les sutures de Trieson, ce qui fît 
disparaître la tumeur, sans hémorragie. coburn. 

18) Coppez rapporte deux cas de cécité par sinusite sphé- 
noïdale. Dans le premier cas, c'est une femme de cinquante- 
huit ans qui, à la suite d'une grippe, est prise de vomisse- 
ments, d'exophtalmie et la vue s'est perdue en quinze jours. 
A l'examen, exophtalmie, cécité par atrophie post-névritique, 
paralysie de la 6® paire. Ethmoïdite et sphénoïdite purulentes 
traité par l'opération de Krônlein (Bugs). Le deuxième cas est 
moins probant : vision abolie à gauche atrophie optique et à 
droite 1/6, anesthésie des deux premières branches du triju- 
meau, douleurs à la nuque. Le sinus sphénoïde ouvert ne 
contient pas de pus et tous les symptômes persistent. 



RAPPORTS DE l'OPHTALMOLOGIB AVEC LA PATHOLOGIE GÉNÉRALE 

i) Lopez (E.). ^ La migTeiine (Becneil d'Ophtalmologie, p. 347, juin 1906). 

2^ Lodato (G.). — A propos d'une deuxième note du D' Gasparrini, sur les 
allérations consécutives à Textirpation du ganprlion cervical supérieur du 
sympathique (A proposito di una seconda nota del D' Gasparrini, del titolo 
n délie alteraztoni successive alla estirpazione del j^anglio cervicale simpa- 
tico su|)eriore»)(il/ina/i di Ottalmologiàt vol. XXXv,fasc. to-ii.p.88i â 884, 
1906). 



^iw 



186 HEVUE GÉNÉRALE 

3) Tyson (J.}. — Le traitement médical du goitre exophtalmique (Médical 
treatment of exophthalmic goiter) (Intern, Clinics, vol. I, i6« série, igo6). 

4) Thompson (W.-G.). — Goitre exophtalmique (Exophthalmic goitre) CA'eio" 
York state med. journ.y avril :go6). 

5) Rhein (J.-H.-W.). — Goitre exophtalmique (Kxophtalmic goitre; ^American 
medicine, juin 1906). 

6) Sainton (Dr Paul). — Les traitements actuels du goitre exophtalmique 
(Rev. de thér. méd, chir,, avril 1906, et Presse méd, belge, 23 septembre 
1906). ' 

7) Joyes (C). — Le rhumalismc comme Tactcur étiologique dans les maladies 
des yeux et de la gor^e (Kheumati.<im as a factor entering into eye and 
Ihroat diseases) (Anieric. Pract, nntl Xews, juin 1906). 

8) Sohweinitz. — Symplômcs oculaires des lumeurs du cerveau (Ocular 
symptoms or tu mou r of Ihe cercbruni) (Universily of Pensylvania med. 
Bail., avril-mai 1906^. 

9) Stahlman (F.-G.)* — Manifestations oculaires (Ocular manifestation) CPen- 
sylvania med. journ»^ mai 1906}. 

10) Zentmayer (W.)- — Migraine ophtalmique (Ocular headaches) (Pensyl- 
vania mea, journ., mai i9«>G). 

II Linneil (E.-II.). - Diagnostic des maladies générales, aidé par les sym- 
ptômes oculaires (General diagnosis, assissted by examination of the eyes) 
(Homéopathie Eye, Ear and Throat. joiir/i., juin 1906). 

i) D'après Lopez, la migraine se rencontre dans i4 pour 100 
des maladies des yeux. Elle est liée soit à Tasthénopie accom- 
modative paratonie du muscle ciliaire (imparfait développement 
de ce muscle, réfraction anormal^ , résistance du cristallin à 
permettre la vision soutenue de près), soit à l'asthénopie des 
muscles moteurs, habituellement le droit interne (insuffisance 
de convergence). La douleur serait frontale dans le premier 
cas, occipitale dans le second. Le traitement de ce désordre 
est purement optique. nimàzEcu. 



2) Article de polémique confirmant que, d'après les expé- 
riences de LodatOj les chiens opérés d'extirpation du ganglion 
cervical supérieur du sympathique d'un côté peuvent survivre 
longtemps, sans aucune altération de leur état de nutrition 
générale. L'augmentation d'albumine dans l'humeur aqueuse 
de l'œil du côté opéré est un fait certain, pour Lodato, sans 
toutefois que cette augmentation suffise à faire varier la réfrac- 
tion d'après la skiascopie. a. a. 

3) Tyson écrit que l'amélioration du goitre exophtalmique 
est plus fréquente que sa guérison, par le traitement médical 
et que 4opour 100 des malades ont une véritable amélioration. 



VARrA 187 

L'extrait des glandes surrénales, du thymus, la noix vomique, 
la codéine, le fer et l'arsenic, la galvanisation du sympa- 
thique, sont les plus employés dans le traitement du goitre. 
Les bains de Brive et de Nauheim, le massage modéré, peuvent 
être employés. Les bains froids, les compresses glacées sur la 
région précordiale relèvent la tachycardie. On ne doit pas 
arrêter brusquement la diarrhée qui sert à éliminer les 
toxines. Le traitement chirurgical doit être fait avec beaucoup 
de prudence, i4 pour loodes malades meurent à la suite des 
interventions. coburn. 

4) Thompson rapporte le résultat d'une étude de quarante- 
sept cas degoitres exophtalmiques. Aux quatre symptômes car- 
dinaux, à savoir la tachycardie, la tumeur, Thypertrophie de 
la glande et Texophtalmie, cette affection est reconnaissable à 
des accidents toxiques, accompagnés de fièvre et de dilatation 
cardiaque aiguë ; des bruits de souffle et une variété d autres 
symptômes constituant un syndrome clinique défini. Particu- 
lièrement à signaler sont les résultats obtenus par le sérum 
de Rogers, obtenu par les produits des glandes thyroïdiennes 
d'hommes malades. Très souvent, on observe en même temps 
des réactions ganglionnaires, des amygdalites, des pharyn- 
gites, des bronchites, de l'influenza et autres affections sem- 
blables. conrRN. 

.5) Rhein discute les différents modes de traitement du 
goitre exophtalmique : organothérapie, sérum, opération, 
rayons X, radium. Le traitement par un sérum d'un animal 
thyroïdectomisé est à essayer, si on n obtient aucun résultat 
par les autres modes de traitement. coburn. 



VARIA 



i] Baudouin. -» Un cachet d'oculiste (Arch, provinc, de chirurgie^ p. 489, 
1906). 

a) Calderaro. — L'aneslhésic en cliirurgie oculaire (L'anestesia in chirurgia 
oculare) (ClinicH oruUstKayiu'm 1906}. 



188 REVUE GÉNÉRALE 

3) Marri' — Recherches comparatives sur la visibilité de différents opto< 
types (^Ricerchc comparative intorno alla visibilité di optotipi diversi) 
(Annali di OtialmologU^ vol. XXXV, fasc. lo-ii, p. 749 à 788, 1906). 

4) Heimann. — Quelques nouveaux appareils pour déterminer Téclairage 
des places où travaillent les ouvriers ^IJeber eini^e neue Apparatc zur Be- 
stimmunfT der Helligkeit auf Arbeitspltttzen) (Inaug. Diss., Kiel igoS). 

5) Ohm (Jah.). — Un pupillomètre binoculaire (I^in binocularcs Pupillo- 
meter) (Centralhlatt fur prakt. Augenheilk.^ mai 1906). 

ù) Albrand. — Douche oculaire chaufTable (Erwârmbare Augendouche) 
(Centralbl. fur prakl. Augenheilk.^ mai 1906}. 

7) Eionen (R.-J.). — Diagnostic ophtalmologique que le praticien est appelé 
à poser (Eye problems which Ihe gênerai practitionner is called on to solve) 
(New-York med, journ., mars igo6), 

8) Banister (W.-B.). — Troubles de la vision simulés et décelés (Détection 
of simulated defects of vision (Journ. of ihe Assoc, of Military Surgeont 
of ihe Uniied Siaies^ avril 1906}. 

9) Blitz (A.). — Les yeux des écoliers (Ëyes of school children (}£ed, 
Seniinel, mars 1906 . 

10 Koster (W.) — Nouveaux optotypes (Neue Sehproben) M rc/i./*, Ophth.. 
LXIV, 543-580, 1906). 

11) Colin. — L'œil artistique fTAé^e de MonipelUer^ i9o5). 

12) Hlnshelwood (Jaubs). — La dionine dans la pratique ophtalmologique 
(Dionine in ophtbalmic pratice) (Brii, med. journ. ^ mars 1906). 

i3) UhthofF. — Lésions de Tœil consécutives à Tinjection prothétiquc de 
paraffine (Beriin, Min. Wochen., n^ 47f i9o5). 

14) DavI» (F.-A.). — Conquêtes récentes concernant la périmétrie (Récent 
improvcments in pcrimetry) (Ophth. Record., mai 1906}. 

i5) Hotz (F.-C.)* — Intoxication par Thomatropine, après instillation dans 
les veux (Almost fatal poisoning by homatropine inslilled into Ihe eyes) 
(Ophih. Record^ décembre 1905}. 

16^ Brav (A.). — Sujets ophtalmologiques dans la littérature talmudique 
(Ophthalhiic subjecls in Talmudic literature) COp/ii/»a/moto^j/f juillet 1906.) 

17) Fox (L, W.). — Du massage envisagé comme occupation pour les 
aveugles. (Massage, an occupation for thc blind) (Ophihalmology, octo- 
bre 1906.) 

i) Baudouin dit qu'on a trouvé à Bouguenais, dans la Loire- 
Inférieure, un cachet d'oculiste romain, en schiste compact, 
qui a été déposé au Musée archéologique de Nantes. On lit : 
PROCLIANI. — PROGLIANI. DI ASMYR. POST. M. — 
PROCLIANI. DIAGESAM. A. D. L. (barré) P. — PRO- 
CLIANI DIARHOD. A. D. L. Ces quatre légendes sont en 
côté. Au centre, on lit PRO. i. b. r. 

2) Calderaro : Revue générale sur Tanesthésie locale à la 
cocaïne, ses indications et ses dangers, instillation et injection. 
Quelques formules. 
Formule habituelle : 
Solution de sublimé dans eau distillée à i pour 7.000. 10 gr. 
Chlorhydrate de cocaïne o,4o 



VARIA 189 

En cas d'attaque de glaucome et pour contrebalancer l'ac- 
tion mydratique de la cocaïne : 

Chlorhydrate de pilocarpine 0,10 

— de cocaïne 0,40 

Eau distillée 10 

Pour les injections de cocaïne 
Solution de sublimé dans Teau distillée à 1 pour 7.000. 10 gr. 

Chlorhydrate de cocaïne 0,10 

s'en tenir à 5 centimètres cubes d'injection par séance au 
maximum. 

L'auteur use au minimum de Tanesthésie générale, soit au 
chloroforme, soit à Téther, soit au kélène; il n'y a presque 
jamais recours. o. dubhbuil. 

3) Au point de vue pratique, les recherches de Marri mon- 
trent que, par ordre de facilité à être compris et interprétés, 
les optotypes de Pflûger, Kern, Parinaud, Snellen (distance 
de 5 mètres), Landolt, Burchardt, Roth (distance 4 mètres) 
et Nicati (3 m. 5o), donnent d'assez bons résultats, a. a. 

10) Koster a établi de nouvelles échelles visuelles basées 
sur le système métrique. 11 montre que seules les lettres 
E,B, P, E, C, et U peuvent servir dans les échelles. Enfin, 
il crée l'unité d'acuité visuelle qu'il appelle Topt. L'opt est 
la valeur de l'acuité visuelle d'une personne qui reconnaît à 
1 mètre une lettre qui doit être vue à 5o mètres ; autrement 
dit, ce que nous appelons acuité i devient acuité de 5o opts. 

L'acuité de i/5o est celle de i opt et l'acuité 2 est celle de 
100 opts. 

Dans les échelles visuelles de Koster les lettres sont en 
ligne horizontale au lieu d'être disposées verticalement et il 
n'y a qu'une lettre pour chaque acuité visuelle, attendu qu'on 
a choisi des lettres typiques. 

Les acuités visuelles sont inscrites à la fois en chiffres 
habituels et en opts. 

Les échelles ont été établies pour une distance de 6 mètres. 

L. DOR. 

Il) L'œil artistique, c'est l'œil de l'artiste, dessinateur, 
peintre ou sculpteur qui, grâce à des qualités naturelles et à 



190 REVUE GÉNÉRALE 

une longue éducation, est arrivé à percevoir la forme, la cou- 
leur et le mouvement des objets, d'une façon expressive. Il 
s'agit d'ailleurs, en l'espèce, de la perception visuelle et du 
cerveau optique, autant et plus encore que de l'organe visuel. 

Pour arriver à un résultat fécond, l'artiste doit donc éduquer 
sa vision et développer en lui la perception exacte de la forme 
comme celle de la couleur ou du mouvement. 

La réfraction statique et dynamique, qui modifie l'image 
rétinienne des objets extérieurs, a une certaine influence sur 
la vision de l'artiste. L'œil emmétrope ou hyperope donne des 
images visuelles trop nettes. 11 est favorable au dessin et 
moins à la perspective, car les divers plans sont vus trop 
nettement. L'œil myope semble présenter le maximum de 
qualités nécessaires à l'artiste pour le dessin et la couleur. 

L'œil astigmate jouit des moindres avantages, car il perçoit 
inégalement les lignes dans les divers méridiens. La vision 
des couleurs est, elle aussi, soumise à Tinfluence de la 
réfraction. 

L^emmétrope et l'hypermétrope ont un coloris moins bril- 
lant, moins chaud, moins riche que le myope ; celui-ci verrait 
un peu plus rose. L'astigmate augmente ou diminue le coloris 
perpendiculairement ou parallèlement à son axe, suivant que 
son astigmatisme est conforme ou contraire à la règle. 

Si l'on admet que les cônes seuls perçoivent les couleurs et 
que les valeurs chromatiques ne sont données que par les 
bâtonnets, le peintre deviendra coloriste ou valoriste, suivant 
que sa rétine sera plus ou moins riche en cônes ou en 
bâtonnets. 

Halles conclut j à la suite de ses expériences, que les violet- 
tistes exagèrent leurs sensations et obéissent à des notions 
d'école, de goût ou d'intérêt professionnel, plutôt qu'à des 
conditions physiologiques correspondantes. 

Au point de vue de l'enseignement, il serait utile que les 
maîtres aussi bien que leurs élèves connussent l'état de leur 
propre réfraction. On éviterait ainsi des contradictions erron- 
nées ou des appréciations didactiques fâcheuses. 

L'œil esthétique est l'œil envisagé au point de vue de la 
physionomie et de l'expression. L'esthétique d'un œil nous 
est donnée par deux sprtes de caractères, les uns provenant 



VARIA 191 

de l'œil lui-même, les autres de particularités des parties avoi- 
sinantes de l'œil. 

Les caractères de l'œil esthétique varient selon les temps, 
les mœurs, la race, les goûts individuels. Ils varient aussi 
suivant les expressions diverses de l'œil. L'œil du peintre 
lui-même ne présente pas de caractère vraiment particulier, 
lien est ainsi d'ailleurs à d'autres points de vue. C'est ainsi 
que nos propres recherches faites avec Gaudibert, Delord et 
Chavernac, sur Tœil du criminel, n'ont permis de relever, à 
rencontre de Lombroso, aucun stigmate particulier. 

La thèse du D*" Colin a le défaut d'étudier parallèlement 
le côté esthétique et le côté artistique de la vision et ce sont 
là des sujets lin peu différents ; elle manque aussi un peu 
d'expérimentation bien que ce soit, en l'état, particulièrement 
difficile ; mais elle contient un bon résumé de la question, des 
idées personnelles et enfin quelques recherches originales au 
musée de Montpellier qui en rehaussent encore la réelle 
valeur. h. thuc. 



12) Hinshehvood a employé Idi dionine en solution aqueuse 
de 5 pour 100, ou en pommade ; il a constaté que ce nouvel 
agent anesthésique a donné d'excellents résultats dans les 
irido-cy dites, le glaucome, la kératite accompagnée ou non 
d'ulcère. Le pouvoir anesthésique de la dionine est supérieur 
à celui de Tholocaïne, voire même de la cocaïne. La dionine 
n'a aucune action sur la tension intra-oculaire et n'influence 
pas la pupille. En instillation ou en pommade, on peut Tor- 
donner toutes les deux, trois, quatre et huit heures, suivant 
^intensité de la douleur ou l'effet produit. Hinshehvood a 
trouvé que la solution faible de dionine (i ou 2 °/o) agit beau- 
coup chez certains malades se plaignant de fatigue oculaire 
ou de troubles, sans cause apparente. L'auteur a remarqué, 
en outre, que la dionine contribue à éclaircir la cornée, spécia- 
lement si les opacités sont de date récente. Il est préférable 
d'employer la dionine en pommade, en application deux ou 
trois fois par jour, pour avoir les meilleurs résultats. En 
résumé, d'après la savante communication de Hinshelwood, 
la dionine diminue la douleur profonde du globe oculaire et 



1Ô2 REVUE GÉNÉRALE 

est Tagentle plus efficace que nous ayons pour faire disparaître 
les taies de la cornée. • sTBpHBrtsoif. 

i3) Deux cas rapportés par Uhtho/f. Dans le premier, à la 
suite d'une injection de paraffine fusible a 43 degrés et injectée 
à la température de 4^ à 47 degrés, le malade a remarqué 
brusquement pendant Tinjection une cécité de Toeil gauche. 
Le lendemain, à l'examen ophtalmoscopique, on note une 
embolie de Tartère centrale de la rétine. Dans le deuxième, 
après une troisième injection, tuméfaction des paupières. On 
trouve que la paraffine a fusé dans les paupières que Ton ne 
peut entr'ouvrir. Par Texcision, on trouve que des gouttelettes 
de paraffine sont entourées d'un tissu inflammatoire. 



i4) Davis décrit la méthode de Hesse, celle de Schloesser, 
et celle de Haitz pour la détermination du scotome central, 
celle de Sinclair modifiant la méthode de Bjerrum pour Tétude 
de rétendue du champ visuel. coburn. 

i5} Après avoir instillé deux gouttes d'homatropine dans 
un œil, et trois dans l'autre, Hotz remarqua que sa malade 
qui était une jeune femme de vingt-deux ans, commença à se 
cyanoser, douleur de tête violente, excitation, vomissements. 
La respiration devint difficile — cinq respirations environ par 
minute — . On fit la respiration artificielle pendant deux 
heures. Le pouls était à i5o, très faible. La malade resta dans 
le coma durant dix-neuf heures. Rétention d'urine deux jours. 
La glande thyroïde devint momentanément grosse. Guérison. 

COBURN. 

i6) Travail intéressant de Brav, sur différentes questions 
d'ophthalmologie, traitées dans le Talmud. coburn. 



Le Gérant ; P. Masson. 



Ljon. » Imp. A. Rbt et C*«, 4, rue Gentil. -- 45410 



N^" 5 31 MAI 1907 



MÉMOIRES ORIGINAUX 



La Muoooèle fronto-orbitaire. 

Par le Professeur ROLLET 



Il me semble d'autant plus intéressant de donner à nos 
lecteurs ce chapitre extrait de VEncyclopédie française 
d'ophtalmologie^, qu'après sa rédaction, je viens d'opérer un 
nouveau cas de mucocèle du sinus frontal à évolution 
orbitaire^ corroborant la description suivante : 

Définition. Historique, — On appelle mucocèle du sinus 
frontal, la rétention, dans cette cavité à parois osseuses, des 
produits de sécrétion de la membrane muqueuse ; comme le 
plancher du sinus est la paroi la plus mince, c'est en ce point 
surtout que peu à peu la distension pourra se produire et s'ap- 
précier du doigt et de Tœil sous forme d'une tumeur située à 
Tangle supéro-interne de Torbite. La mucocèle vient donc 
faire saillie vers l'orbite, elle devient fronto-orbitaire et ses 
symptômes intéressent ainsi au premier chef l'ophtalmolo- 
giste. 

Depuis longtemps on a rapporté quelques observations de 
cette affection, toutefois, j'ai le premier en France signalé ce 
terme de mucocèle en publiant un cas (1896), en m'efforçant 
de décrire cette entité clinique et d'élucider sa pathogénie 
exacte dans la thèse de mon élève Boël. 

Déjà Mackensie, dans son chapitre sur la compression des 
parois de l'orbite ayant sa cause dans le sinus frontal, décrit 
les tumeurs enkystées ou hydatides du sinus frontal en s'ap- 

* Extrait du tome VIII. $ons presse, Paris.. Doin, éditeur, 1907. 

• Soc. de chirurgie de Lyon. 18 niars, et v. I\ev. (/en., plus loin, p. a34 
(Hollet et Moreau). 

13 



194 MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET 

puyant sur deux observations de Langenbeck (1820). « Cet 
kuteur, dit Mackensie, en parle comme de cas d'hydatides, 
Runge y aurait probablement vu des tumeurs enkystées, mais 
peut-être ne s'agirait-il que d'une simple collection de 
mucus. » On reconnaît là le sens clinique de cet éminent 
observateur car les deux observations se rapportent certaine- 
ment à des mucocèles du sinus frontal à évolution orbitaire. 

Demarquay, dans sa thèse d'agrégation, parle des tumeurs 
enkystées du sinus frontal qui peuvent être ou de véritables 
hydropisies ou une simple accumulation de mucus ou des hyda- 
tides. Il cite les deux cas précédents en ajoutant celui de 
Tatlas d'Ammon qui a trait à un malade du service de 
De Jaeger, mais, dit-il, « je n'ai rien trouvé dans les auteurs, 
qui en ont rapporté des exemples, qui me permette de me 
prononcer sur leur nature » . 

Les cas de BuUer, de Kipp en 1884, les deux cas de Meï, 
en 1887, nous indiquent une affection spéciale; ce sont les 
observations de Spencer Watson, de Bark, de De Vincentiis, 
puis la nôtre, celle de Howard Lothrop, de Batut; les mé- 
moires de Valude, de Demaldent et de De Lapersonne ont 
contribué à la connaissance de cette intéressante et curieuse 
maladie. 

Symptômes, — Cette affection se rencontre surtout chez les 
sujets jeunes de seize à vingt-cinq ans; elle s'observe égale^ 
ment plus tard à quarante, quarante-neuf ans. La mucocèle du 
sinus frontal débute ordinairement d'une façon lente et insi- 
dieuse, parfois certains troubles peuvent se produire avant 
l'évolution orbitaire. Le sujet se plaint de céphalées tenaces, 
surtout dans la région du sinus frontal ce sont des névralgies 
du sus-orbi taire, c'est principalement une sensation de pesan- 
teur et d'engourdissement comparable à celle qu'on éprouve 
dans le coryza. Dans certains cas, c'est un écoulement continu 
du mucus nasal ou une issue brusque de sécrétions onuqueuses 
qui attirent l'attention. 

D'autres malades sans avoir jamais ressenti aucune douleur 
ni la moindre gêne reconnaissent un jour par hasard l'exis- 
tence d'une tuméfaction siégeant à l'angle supéro-interne de 
Torbite; chez d'autres encore c'est le larmoiement par défor- 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLëT 195 

mation du canal nasal qui fera pratiquer un examen attentif 
et déterminer sa véritable cause. 

A la période d'état on recherchera trois signes cardinaux : 
la tumeur orbitaire, l'exophtalmie et Thyperostose naso-orbi- 
taire. 

La tumeur orbitaire peut être symétrique (RoUet, Valude), 
alors on est frappé par Taspect étrange du sujet, Técartement 
des yeux est singulier. 

Plus souvent la mucocèle est unilatérale, alors comblant 
Tangle supéro-inteme de Torbite, on voit une tuméfaction sur 
laquelle la peau a son aspect normal sans aucune rougeur ou 
trace d'inflammation. La tumeur a le volume d'une olive, 
d'une petite noix, elle peut remplir le plafond orbitaire s 'éten- 
dant à la tempe (Langenbeck). Si Ton vient à palper cette 
masse anormale, on sent une poche molle, fluctuante, libre 
d*adhérence avec la peau et les tissus sous-jacents, si ce n'est 
à sa base. Si l'on cherche à délimiter ses contours, ce qui est 
difficile à cause de sa mollesse, on peut arriver à la trouver 
comme appendue à la voûte supéro-interne de l'orbite et la 
pulpe du doigt peut arriver parfois, en refoulant les tissus un 
peu dépressibles, .à sentir une perforation, un orifice d'entrée 
arrondi, profond ou donnant accès dans le sinus. En somme, 
on peut déprimer un peu la tumeur qui d'une façon générale 
est irréductible. Si Ton comprime la poche on ne sent pas de 
battements et on ne provoque aucun écoulement, ni de larmes, 
ni de sang, ni de mucus, ni de pus, soit par les canalicules 
lacrymaux, soit par la narine correspondante. La pression de 
cette poche ne détermine ni douleur céphalique, ni tendance 
syncopale. En faisant pencher la tête du malade en avant et en 
bas, en priant le sujet de faire un effort, de se moucher, on ne 
provoque pas de modifications dans le volume de la tumeur. 
La ponction exploratrice, qui n'est pas du tout recommandable, 
permet de retirer un liquide transparent, filant, légèrement 
jaunâtre, comparable à celui qui s'écoule par les narines dans 
le coryza simple, c'est donc bien une mucocèle et non ime 
hydropisie du sinus. 

Ce liquide est surtout facile à examiner après une large 
ouverture. Déjà dans les anciens cas de Langenbeck on note 
Técoulement « d'un liquide lymphatique clair et visqueux » 



i% MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET . 

et « d'une substance visqueuse d'un blanc grisâtre ». Ce 
liquide n'est pas purulent, il contient une grande quantité 
d'hématies et offre une consistance muqueuse ou colloïde. 
Dans quelques cas il renfermerait aussi de nombreux cristaux 
de cholestérine (de Lapersonne) et des gouttelettes de graisse. 
Dans l'observation de Valude, il est clair jaune-rose et géla- 
tineux; dans celles de Bark, Meï, Spencer Watson, Luc, il 
est opalin et filant ; il peut être couleur gelée de groseille 
(Demaldent) ou encore hématique et noirâtre (Garreau, Stei- 
ner). Alors il s'agit d'hémorragie intra-kystique due à la pres- 
sion de la tumeur ou d'hémorragie spontanée à la suite d'un 
épaisissement et d^une vascularisation de la poche comme 
dans le pachy vaginalite hémorragique ; on est en présence 
d'une hématocèle sinusienne. 

Chez mon premier malade (l'observation a été publiée par 
Boël, dans sa thèse) le liquide est clair, visqueux, tremblo- 
tant, filant, presque gélatineux, il ressemble à la sécrétion 
nasale du coryza : il mesure a5 centimètres cubes et pèse 
19 grammes. L'analyse chimique permet de reconnaître que 
ce liquide était constitué en partie par du mucus : il contient 
aussi des globules du pus qui ont subi la dégénérescence 
graisseuse et des cristaux d'acide gras. 

\^' exophtalmie est légère, parfois nulle. Si l'œil est dévié, 
il l'est en bas et en dehors et il y a diplopie. C'est dans les 
cas anciens que l'exophtalmie ou plutôt le refoulen^ent de l'œil 
est d'un degré marqué : l'œil est au niveau de la pointe du 
ntz (Langenbeck) ; la voûte de Torbite a presque totalement 
disparu et Fœil est fortement refoulé en bas (Hallauer). 

J'ai donné le nom d'hyperostose naso-orbUaire à une défor- 
mation très curieuse de la racine du nez qui, chez mon premier 
malade, au lieu d'être concave de haut en bas et convexe trans- 
versalement, présentait une face plus large de 5 centimètres. 
En dehors et en arrière des bords rugueux et tranchants de 
cette hyperostose, je trouvais la poche fluctuante; de sorte 
que la palpation révélait une masse osseuse et en dehors et au- 
dessous d'elle la masse fluctuante. On trouve ces mêmes signes 
dans les observations similaires. Chez le malade de Langen- 
beck u au côté interne de la tumeur et vers le nez, elle est 
bornée par un rebord tranchant que l'on sent dans l'endroit 



MEMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET 197 

où l'apophyse nasale du maxillaire supérieur s'élève au 
côté interne de Torbite ». Meï voit une masse proéminente, 
d'une dureté osseuse occupant le sixième antérieur de la paroi 
interne de l'orbite, s'étendant de l'insertion de Torbiculaire 
jusqu'à l'arcade sourcilière. Chez le malade de Valude la base 
du nez s'est élargie considérablement, on note que les os de 
l'apophyse montante des deux maxillaires supérieurs semblent 
s'écarter et ont augmenté de volume. Chez le jeune soldat de 
Batut, que j'ai examiné, même hyperostose naso-orbitaire. 
-Tilley, Gaudier notent cette saillie en forme d'exostose. 

Cette lésion osseuse, jointe à la tumeur fluctuante, donne 
une défîguration spéciale, déplissant la paupière supérieure et 
rétrécissant d'autant Touverture palpébrale. Aux signes de la 
collection orbitaire de mucus, issue du sinus frontal, il con- 
vient donc d'ajouter ceux de la masse éburnée naso-orbi taire. 
Cette production osseuse a son centre au niveau du plancher 
du sinus frontal^ dans les points où le frontal s'unit aux os 
nasaux, à l'apophyse montante, à l'unguis, à l'ethmoïde. Elle 
est pathognomonique, j'ai essayé de le démontrer jadis, d'une 
distension du sinus frontal par du mucus, par du pus, par un 
néoplasme bénin, mais alors l'ectasie se sera produite avec 
une extrême lenteur. 

En terminant, comme Ta bien indiqué Demaldenf, l'examen 
rhinoscopique apprend peu de choses. Parfois la pituitaire du 
côté malade est un peu rouge, plus vascularisée que du côté 
sain. Le plus souvent elle ne présente rien de particulier. 
L'éclairage des sinus frontaux à la lampe montrera une trans- 
parence égale des deux côtés s'il s'agit de mucosités, mais si 
elles sont très teintées par les hématies il peut en résulter une 
véritable opacité. 

Pathogénie, Anatomie pathologique. — Garreau, puis Ber- 
theux, qui ont écrit les premiers travaux d'ensemble sur la 
question, ^ont soutenu que cette affection est assimilable aux 
kystes muqueux du sinus maxillaire décrits par Giraldès et 
qu'elle a pour point de départ un kyste par rétention du con- 
duit excréteur d'une glande de la muqueuse du sinus : c'est 
une tumeur enkystée de la cavité orbitaire (Valette). 

Cette opinion n'est aujourd'hui pas soutenable, il s'agit bien 
d'une rétention du mucus dans le sinus frontal. 



108 MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET 

Pour expliquer cette rétention avec distension consécutive, 
Yalude s^appuie sur le principe pathogénique de Tobstruction 
primitive du canal fronto-nasal. Il cite le cas de Luc qui a 
constaté une ostéite éburnée hypertrophiante ayant totalement 
fermé la lumière du canal excréteur du sinus frontal et rappelle 
l'opinion de Kuhnt qui fait résider la cause directe des affec- 
tions sinusiennes dans une déformation osseuse originelle et 
canaliculaire. Sans doute, en songeant que dans la généralité 
des cas lafFection remonte à Tadolescenoe, époque à laquelle 
se développe le sinus frontal, on peut penser à une malfor- 
mation primordiale. Cette hypothèse n'explique pas la muco- 
oèle d une des malades âgée de quarante-neuf ans, aussi je la 
considère comme peu soutenable, de même que celle d'un 
rétrécissement infranchissable du canal, d'origine osseuse, que 
je n'ai noté chez aucun de trois de mes opérés présentant une 
hyperostose naso-orbitaire. 

Je pense pour ma part, comme je l'ai soutenu jadis, que 
dans les cas de mucocèle^ l'inflammation de la muqueuse du 
sinus ou de son canal (on sait qu'il a une longueur de i5 mil- 
limètres) est primitive et que les altérations osseuses sont 
secondaires. Il y a d abord canaliculi te et hypersécrétion sinu- 
sienne inflammatoire comme dans le coryza ; ces productions 
se vident mal par le canal excréteur, plus ou moins rétréci, 
elles s'accumulent dans le sinus et le dilatent peu à peu, spé- 
cialement chez l'adolescent^ où il est envoie de formation. La 
rétention peut ne pas être complète, puisque j'ai vu une 
tumeur orbitaire fronto-ethmoïdale se vidant peu à peu à la 
pression, par la fosse nasale. La muqueuse du sinus présente 
à sa face profonde une couche flbreuse qui jouit du singulier 
privilège, disent les auteurs, de s'ossifier; aussi, sous l'in- 
fluence de poussées inflammatoires, légères et mécaniques, le 
plancher du sinus, formo d'une mince lamelle osseuse, dou- 
blée de la muqueuse, s'hypertrophie. Malgré ce propessus de 
défense, la paroi inférieure cède, est déjetée en avant du kyste 
à contenu visqueux qui apparaît dans l'orbite. En bas et en 
arrière, la distension est extrême, les cellules ethmoïdales 
sont refoulées et envahies. 

Ainsi la mucocèle est une sinusite chronique d'emblée, la 
niasse éburnée qui s'avance en auvent à la racine du nez, au 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET 199 

devant de la poche de mucus est une périostose symptôma- 
tique de l'inflamniation de la muqueuse sinusienne, elle est 
d'ordre inflammatoire. Cette opinion que j'ai développée anté* 
rieurement a été acceptée par Demaldent et de Lapersonne 
qui attribuent une part prépondérante à Tinfection atténuée 
du sinus ; j'en ai aujourd'hui la certitude par la constatation du 
pneumocoque (Aurand), faite dans les mucosités de ma der- 
nière opérée *. 

Marche, — ' L'affection est essentiellement chroni^e et à 
marche lente. Elle remonte à deux ans, nous dit Valude, à huit 
ans (Meï), à neuf ans chez les deux malades de Langenbeck, à 
douze ans (Valette), à dix-sept ans (Hallauer). Une de mes 
malades atteinte d'empjème enkysté fronto-ethmoïdale faisait 
remonter l'apparition de la tumeur orbitaire à dix-huit ans, 
il s'agissait donc d'une mucocèle secondairement enflammée. 

La mucocèle, abandonnée à elle-même, doit être considérée 
pour le malade comme un danger constant d'empyème, la 
masse de mucus en rétention peut devenir un excellent milieu 
de culture. Toutefois la mucocèle frontale n'évolue pas tou- 
jours ainsi. La guérison spontanée par débflcle peut survenir, 
non seulement, dans les mucocèles sans distension sinusienne 
et même quand il existe une poche orbitaire, tels les cas 
de Spencer Watson et de Bonnaric. Il y a alors évacuation 
du mucus dans la fosse nasale et guérison spontanée. Comme 
complication du côté de l'œil, Valude a observé un léger 
œdème papillaire, les deux malades de Langenbeck étaient 
amauro tiques. 

Diagnostic. — Des céphalées dans le domaine du sus-orbi- 
taire ou dans la région du sinus frontal avec sensation d'en- 
gourdissement ; des variations dans la sécrétion du mucus par 
une narine; une douleur et une tuméfaction sous Tangle 
supéro-ioterne de l'orbite, sont autant de signes qui feront 
songer à la mucocèle frontale au début, sans ectasie orbitaire. 
Quand il y a évolution orbitaire, et c'est à ce stade que l'affec- 
tion nous intéresse, nombreuses sont les affections qui peu- 
vent faire hésiter le clinicien. 

Il faut tout d'abord éliminer l'idée de mucocèle lacrymale. 

^ V. observation p. 235, de la Revue. 



200 MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET 

Pareille erreur a été faite au début chez les malades de Lan- 
genbeck, Spencer Watsori, Valudeet chez un de mes malades. 
La tumeur lacrymale, uniquement sus-tendineuse est rare ; 
elle est divisée en deux parties inégales par le tendon de Tor- 
biculaire et beaucoup plus souvent elle est" intra-tendineuse. 
Elle correspond en définitive à la loge lacrymale, c'est-à-dire 
à l'angle inféro-interne et non supéro-interne de rorbite. Il 
y a, ou il y a eu, des signes du côté de Fœil : conjonctivite 
lacrymale, sécrétion muco-purulente, larmoiement. La tumeur 
s'est vidée parfois ou se vide en haut par les points lacry- 
maux, en bas par le canal nasal. 

Le liquide de la mucocèle lacrymale n'a pas la consistance 
colloïde comme celui de la mucocèle frontale; il est plus 
liquide et moins gélatineux que lors d'une sécrétion banale 
d'un coryza simple ou d'une mucocèle frontale. 

Un diagnostic difficile sera celui d'empyème chronique du 
sinus frontal; la poche orbitaire renferme-t-elle du mucus ou 
du pus? J'estime, comme je l'ai dit, que les deux maladies sont 
presque les mêmes, causées souvent par une inflammation de 
même origine, elles ne diffèrent que par l'intensité plus ou 
moins grande des phénomènes d'inflammation. L'écoulement 
nasal, s'il en existe, est dans la mucocèle, muqueux et sans 
odeur ; dans l'empyème, purulent et fétide. La douleur peut 
exister dans les deux cas, elle sera toujours plus vive, toute- 
fois, dans l'empyème. C'est dans ces cas qu'il faut rechercher 
une élévation de température que j'ai notée chez une malade 
primitivement atteinte de mucocèle fronto-ethmoïdale qui 
présenta de la suppuration dix- huit ans plus tard. 

Dans les cas d'empyème subaigu ou aigu le diagnostic 
est simple puisqu'il y a localement douleur, chaleur, rougeur ; 
il s'agit alors d'un abcès chaud circonscrit. 

Le diagnostic se fera avec les tumeurs du sinus frontal qui 
elles aussi, après une période de latence où la tumeur remplit 
d'abord cette cavité, présentent ensuite une période de disten- 
sion, puis d'effondrement sinusique avec poussée d'un prolon- 
gement néoplasique orbitaire. 

Cette évolution orbitaire peut se produire même dans les 
tumeurs bénignes. Chez une femme de quarante ans atteinte 
de tumeur mollasse de l'angle supéro-interne avec hyperostose 



MÉMOIRES OAIGlIfAlIX. -- ROLLET 201 

nasale, papillite, j*avais songé à une mucoeèle. La trépana- 
tion m*a montré des masses gélatiniformes remplissant tous 
les sinus de la face; cette observation rapportée par mon 
interne Moreau avait trait à un fibro-myxome avec transillu- 
mination des sinus. Dans certains cas très délicats comme ce 
dernier, l'opération seule permet d'assurer le diagnostic. Les 
cancers du sinus frontal (sarcome^ épithéliome, maladie kyâ- 
tique) sont vite envahissants et comme l'indiquent mes élèves 
Brisson et Berge, il y a tuméfaction palpébrale par envahis- 
sement, précocité de troubles moteurs oculaires par destruc- 
tion des muscles, ulcère cornéen, névralgies, œdème papil- 
laire... La tumeur est dure, adhérente à la peau et aux parties 
voisines. Les tumeurs myxomateuses d'origine nasale avec 
envahissement orbitaire étudiées par Dupont, d'après deux de 
mes malades sont aussi mollasses, tremblotantes, puis on 
trouve de gros polypes nasaux. 

Les kystes hydaticjues de Torbite ne s'accompagnent pas 
d'écoulement nasal, de céphalées, ils ne sont pas appendus 
sous l'angle orbitaire. Les kystes dermoïdes sont congénitaux 
et se voient chez Tenfant, ce qui n'est pas le cas pour les 
affections des sinus : leur siège est surtout intersourcillier. 
Quant à la méningo-encéphalocèle siégant à Tangle supéro- 
interne, c'est encore une affection congénitale : la réductibilité 
avec phénomènes convulsifs ou assoupissement, l'expansion 
sous l'influence des mouvements respiratoires sont des signes 
qui laissent préciser le diagnostic. Enfin l'hyperostose signalée 
peut faire songer à un ostéome. Tel le cas dû au duc Charles 
de Bavière. 



202 REVUE GÉNÉRALE 



REVUE GÉNÉRALE 



m 



ANATOMIE ET EMBRYOLOGIE 

i) Bepnheimep (S.). » L'anophtalmie congénitale et la voie optique (Ano- 
phtalmus congenitus und die Sehbahn) (Arch, f. Ophth.^ LXV, 99-106). 

2) Payne (F.). — Les yeux des vertébrés aveugles de T Amérique du Nord 
(The eyes of the blind vcrtebrates of North America.) (BioL BuUelin of 
the Marin Biologie Laborat., juillet 1906). 

\) bernheimer expose les altérations des voies optiques qu'il 
a observées dans le cerveau de quatre rats atteints d'anophtal- 
mie congénitale. Il conclut de cet examen accompagné de 
belles planches, macro- et micro-photographiques que les rats 
dont la position des yeux ne comportent pas un champ visuel 
binoculaire étendu ont cependant un faisceau direct assez 
important. Ces nouvelles recherches apportent en outre une 
nouvelle confirmation de Topinion exprimée par Bernheimer 
au Congrès de Paris, à savoir que toutes les fibres du nerf 
optique, directes ou croisées, maculaires ou périphériques, 
pénètrent en rayonnant et entrecroisées dans le corps granulé 
externe et que par conséquent il est impossible qu'il existe, 
comme le veut Henschen, une projection partielle et localisée 
de la macula dans Técorce du lobe occipital. 



2) PayneîdM une étude très intéressante des yeux de certains 
vertébrés aveugles et plus particulièrement des yeux de 
TAmphisbœna punctata, très connu à Cuba. Les muscles de 
l'œil ont disparu, l'iris seul persiste et le tractus uvéal. Le 
cristallin est normal d'aspect, mais sa structure est modifiée, 
sa capsule a disparu. La glande de Harder est bien dévelop- 
pée La cuticule passe sans aucune modification sur l'œil. 
Tous les éléments de la rétine existent, elle est seulement 
réduite de moitié. Ce travail est accompagné de planches. 

COBURIf. 

^ Les articles dont nous indiquons seulement les titres, sans analyse, 
ne contiennent rien de nouveau. 



PHYSIOLOGIE 203 



PHYSIOLOGIE 

i) Fuerst (ErnstJ. — L*accommodation des jeunes aphaques par la pression 
musculaire (Ueoer eine durch Muskeldruck hervoreerufene Accommo- 
dation bei jugendlichen Aphakischen) (Arch. f. Ophin., LXV, 1-46). 

2) Lindqvist (S.). — Une unité pour déterminer le minimum perceptible du 
sens lumineux (En enhet fôr bestfimningen af Ljussinnets minimum per- 
ceptiblle) (UdsmU làkare forfiandlinff., 1906, p. 323, et Nordiskt med, Arkiv., 
1906, I, n» 6). 

I ) Puerst a établi que sur 20 cas d'aphakie observés chez 
des enfants opérés de cataracte congénitale, huit fois il exis- 
tait une accommodation. 

Cette accommodation est produite par une contraction de 
l'orbiculaire et de la musculature externe, laquelle produit 
un allongement de Taxe de l'œil, une augmentation de cour- 
bure de la cornée et une convexité de la surface antérieure du 
corps vitré. 

Cette accommodation dans Taphakie a son analogie dans 
certaines observations d'augmentation anormale de la réfrac- 
tion dans des yeux sains. l. d. 

2) Pour déterminer le sens lumineux de la rétine Lindqvist 
s'est servi du photoptomètre de Gullstrand. C'est un tube de 
fer blanc noirci à l'intérieur, muni à une extrémité d^une 
lampe électrique et à Vautre d'ime plaque de verre dépoli 
recouverte d'un disque percé iie 900 trous que l'on peut cacher 
ou découvrir au moyen d'un obturateur. 

La lumière qui passe au travers d'un seul trou correspond 
à i/6iaoo d'une bougie de Hefner. 

L'instrument est placé dans une chambre obscure et on 
dirige la lumière sur une feuille de papier blanc fixée sur la 
paroi noire, à i m. 28 de l'appareil; l'examiné est assis à 
I mètre du papier. Une personne à sens visuel normal recon- 
naît au bout de 20 minutes la feuille de papier éclairée par un 
seul trou ; s'il faut 100 trous pour arriver au même résultat, 
le sens lumineux est 100 fois plus faible ou le minimum per- 
ceptible 100 fois plus grand. 

L'avantage du photoptomètre de Gullstrand est d'avoir une 
lumière constante. h. dor. 



^4 REVUE GENERALE 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 

i) Heuss (R.). - HupLurc sponlanée de la capsule postërieupe du cristallin 
après une blessure perforanle double par un éclat de fer fSpoutanruptur 
der hinteren Linseukopsel nach doppelt perforicrender Eisensplillerver- 
letzung) (Arch. f. Ophlh., LXV, i, 46-69). 

a) Fuss. — La pinguécula et son contenu hyalin (Der Lidspaltenfleck und 
sein Hyalin.) (Thèse de HallCj igoS). 

3) Vogel. — Recherches expérimentales sur l'état des bacilles du xërosis 
dans le corps vitré de lapin immunisé par sérum diphtérique (Experimen- 
telle Untersuchungen ûber das Verhaltenvon Xerosebacillen im Glaskôrper 
von Kaninchen bei Diphtherie immunisiten Tieren) (Thèse de Fribourg 
en fl., 1906). 

i) A la suite d'observation clinique Heuss a été amené à 
faire des recherches expérimentales et il a établi que Ton pou- 
vait même, après la suppuration aseptique de Tœil produite 
par des injections de mercure, voir survenir une perforation de 
la capsule postérieure et une infiltration purulente de la corti- 
cale postérieure. 1.. d. 

2) Fuss a fait des recherches anatomiques sur la piuguécula 
et trouvé qu'il s'agit surtout de la prolifération du tissu con- 
jonctif réticulé et fibrillaire accompagnée de tuméfaction œdé- 
mateuse et d'une légère infiltration cellulaire. Puis il s'y 
ajoute une tuméfaction hyaline du tissu conjonctif produite 
par un dépôt d'une substance homogène. A la fin de la dégé- 
nérescence il se produit une substance qui a la plus grande 
analogie avec le tissu élastique et que pour cela l'auteur 
appelle élastoïde. w. stock. 



PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 



OUVRAGES GKNEUAUX. — STATISTIQUES 

1} Axenfeld. — Hactériologie ophtalmologique (Die Haktcriplo{i:ie in der 
Aupenheilkunde), i vol. 36a pa^es avec 87 figures dans le texte et 3 planches 
hors texte. Edit. chez Fischer, à [éna, 1907). 

i) Axenfeld a déjk écrit, en 1908, un chapitre consacré à 
la bactériologie de Tœil dans le traité de bactériologie de 



PATHOLOGIE ET THERAPEUTfOUF. 2i)b 

KoUe et Wassermann, mais cet article étiiit écrit surtout pour 
les bactériologistes auxquels il faisait connaître les microbes 
pathogènes pour Tœil. Cette fois, Tauteur nous présente un 
volume qui est écrit pour les oculistes et auquel il a donné 
une beaucoup plus grande extension, parce qu'il a eu non seu- 
lement à décrire les microbes spécialement pathogènes pour 
l'œil, mais encore les bacilles de Koch, de Ilansen, de 
Loeffler, Tactinomyces, le spirochaete, etc., etc.; en outre, il 
a eu à parler de Tinfection des plaies, de Tasepsie, de Tanti- 
sepsie, de sorte que l'ouvrage a été considérablement aug- 
menté. Il constitue un traité magistral extrêmement bien fait 
où le lecteur trouvera tous les renseignements qu'il pourra 
désirer concernant la bactériologie de lappareil visuel. Il nous 
est impossible d'analyser un traité et nous ne chercherons pas 
à le faire ; nous dirons seulement quel a été Tordre suivi par 
Tauteur dans son étude. 

Après vingt pages consacrées à la technique générale, 
Âxenfeld étudie d'abord la conjonctive normale, puis les 
affections des paupières et les infections des plaies de Tceil ; 
il aborde ensuite Tétude des conjonctivites et décrit successi- 
vement la conjonctivite Koch-Weeks, la conjonctivite Morax- 
Axenfeld, la conjonctivite Petit, la conjonctivite pneumococ- 
cienne, pseudomembraneuse, streptococcienne, staphylococ- 
cienne, gonococcienne, rubéolique, phh'cténulaire, trachoma- 
teuse et quelques formes rares; ensuite vient l'étude des voies 
lacrymales, puis des affections cornéennes, kératite à hypopyon, 
kératomycose, kératite de Zur Nedden, kératite ponctuée, her- 
pétique, neuroparalytique, variolique et vaccinale. Axenfeld 
expose ensuite les notions générales qu'un oculiste doit avoir 
concernant la lèpre, la tuberculose et la syphilis, puis il passe 
à l'étude des infections endogènes de l'œil, à l'ophtalmie 
métasta tique et à l'ophtalmie sympathique. Nous avons sim- 
plement cité les titres des chapitres, ne pouvant pas analyser 
un traité ainsi que nous l'avons dit. 

Signalons spécialement le tableau qui termine Touvrage et 
dans lequel sont donnés les caractères différentiels des cul- 
tures des microbes de l'œil d'une façon pratique. 

Nous attirons également l'attention sur les trois planches 
hors texte qui renferment chacune six figures en couleur 



206 REVUE GÉNÉRALE 

reproduisant les principaux microbes qu'un oculiste peut avoir 
à connaître. 

Nous cro;t'ons que le traité d'Axenfeld représente aussi par- 
faitement que possible la science bactériologique de l'œil en 
1907, et nous pensons que ce traité fera partie de toutes les 
bibliothèques, car ainsi que le dit Tauteur dans la phrase ter- 
minale de sa préface : 

« De nos jours, celui qui ne complète pas la clinique par la 
bactériologie ne donne pas à ses malades tout ce qu'il peut 
leur donner. » l. dor. 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE ET DE LA SCLÉROTIQUE 

i) Qpos (H ). — Le jéquirilol dans le Iraitement du pannus (Soc. de méd. 
<f *il i^cr, 9 janvier 1907 et Bulletin médical de l'Algérie^ 28 février 1907). 

a) Sauvineau. — Chancre syphilitique de la conjonctive bulbaire (Soc, 
d'ophtstlm. de Paris, 6 février 1906). 

3) Spehr. — Un cas d'ulcère perfore de la cornée dans un œil glaucoma- 
teux (Ùeber einenFall von perforiertem Ulcus corneae an einem glaucoma- 
tôsen Auçe) (Thèse d'Iéna^ 1906). 

4) Terson père. — Sur Tétiologie et le traitement de la kératite à filaments 
(Soc. franc, d'ophlalm., mai 1907). 

5) Cuénod. — Note sur le traitement du trachome (Soc. franc, d'ophlalnt»., 
mai 1907). 

6) Eperon. — Un traitement efficace de Tulcère infectieux de la cornée f'Soc. 
franc, d'ophtalm., mai 1907). 

7) Langworthy (H. -G.). — Ophtalmies d'origine obscure (External eye 
inflammations of doubtful origin) (Boston med. and snrgieal Journal, 
25 octobre 1906). 

8) May (G.-H.). — Ophtalmie blcnnoragique chez les enfants (Gonorrhoeal 
Ophthalmia in children) (Americ, Journ, of Surgery^ novembre 1906). 

9) Fitzgerald (F.-J.-G.). — Ophtalmie des nouveau-nés (Ophthalmia nco* 
natorum' (Annals of Gynecology and Pediatry, octobre 1906). 

10) Axenfeld (Professeur). — Le catarrhe printanier (Rapport à la Soc. 
franc, d'ophlalm.^ mai. »907). 

i) Gros relate cinq cas de pannus trachomateux qu'il a 
soumis à l'action du jéquiritol. Il obtint une amélioration dans 
un seul cas. Il croit le jéquiritol bien préférable au jéquirity. 

L. ORANDCLBNBKT. 



2) Sauvineau présente un homme de quarante-quatre ans 
atteint à Tœil gauche d'un chancre syphilitique de la conjonc- 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 207 

tive bulbaire (angle interne). Les caractères cliniques suffisent 
à porter le diagnostic très vraisemblable de chancre syphili- 
tique qui a été confirmé par l'apparition de la roséole quel- 
ques jours après la présentation du malade. Il est toutefois à 
noter que Tulcération de teinte violacée avait assez gagné en 
profondeur, était devenue assez anfractueuse pour ressembler 
aune gomme ulcérée. La recherche des spirilles fut négative. 

3) Spehr put examiner anatomiquement Tœil d'un homme 
âgé de soixante et onze ans, chez lequel, à côté d'un glaucome 
absolu, on avait constaté chimiquement un ulcère serpigineux, 
lequel était perforé. Détails typiques de Vulcus serpens. 



4) Les caractères tout spéciaux de la kératite à filaments 
sont aujourd'hui assez connus au double point de vue macro- 
scopique et histologique pour que la maladie soit difficile à 
méconnaître, malgré sa rareté relative. Sa ténacité et la fré- 
quence de ses récidives ne sont aussi que trop connues des 
ophtalmologistes. La thérapeutique, malgré le nombre consi- 
dérable des moyens préconisés d'une façon presque empirique, 
reste incertaine, ou tout au moins inconstante. Les antisep- 
tiques les plus doux, comme les plus énergiques, la cautéri- 
sation ignée, la suppression d'un collyre imparfaitement 
neutre et présumé provocateur, ne donnent pas toujours un 
résultat immédiat. Doit-on, dans les cas rebelles et sur des 
cornées déjà altérées, assurer la guérison en jetant par auto- 
plastie au-devant de la lésion un large lambeau conjonctival 
retenu par des sutures, comme cela a été une fois tenté avec 
suôcès? 

Terson pense que l'inconstance du traitement dépend peut- 
être de l'obscurité et de la multiplicité de Tétiôlogie et cherche 
à provoquer une discussion fructueuse.- Il cite les cas de deux 
malades, l'un très jeune, l'autre très âgé et diabétique invétéré. 
Le premier fut amélioré par les instillations de sublimé à 
1/2000. Le second, à début plus récent, fut guéri en trois 
semaines par le même moyen. On devra aussi essayer l'action 
révulsive et régénératrice des injections sous-conjonctivales 



208 REVUE GÉNÉRALE 

d*air stérilisé, si utiles dans divers cas d'ulcères de la cor- 
née. L'AUTEin. 

5) Cuénody établi à Tunis depuis plus de dix ans, a eu Toc- 
casion de donner ses soins à plus de lo.ooo granuleux. Il a 
donc été à même de se faire une opinion sur les diverses 
méthodes préconisées pour la cure des granulations. De toutes 

apoqui S9]es, celle des scarifications profondes et des cure- 
JSs^es méticuleux lui a paru la meilleure, quoique non parfaite 
encore. Depuis cinq ans, il estime avoir réalisé une notable 
amélioration de cette méthode en y adjoignant les injec- 
tions sous-conjonctivales de cyanure de mercure. Plus de 
lo.ooo malades ont été soumis au traitement double et simul- 
tané de curetage et des injections sous-conjonctivales. Les 
rechutes ne sont pas complètement évitées, mais sont plus 
rares, les lésions cornéennes retirent en particulier le plus 
grand avantage de ce traitement. Le gonflement et le chémosis 
qui succèdent à l'intervention et qui peuvent être très considé- 
rables se dissipent au bout de cinq jours et le malade peut 
reprendre ses occupations au bout de quinze jours, trois 
semaines, en continuant à se surveiller. Diaprés Tauteur, les 
injections agissent peut-être comme antiseptique, mais surtout 
comme sclérogène hâtant l'évolution naturelle du trachome 
vers la cicatrisation. i/autri». 

6) Eperon' ivowvQ insuffisants les moyens préconisés jus- 
qu'ici contre les ulcères infectieux de la cornée, depuis la 
section de Saemisch, souvent nuisible, jusqu'à la sérothérapie, 
dont les effets sont encore très peu certains. 11 a obtenu, par 
contre, d'excellents résultats, dans vingt-cinq cas, de la oau- 
térisation de l'ulcère à l'aide d'une solution forte de sulfate de 
zinc (30 pour 100). Le même traitement est applicable, avec 
succès, à d'autres processus destructifs de la cornée, tels que 
la kératite neuro-paralytique, Vulcus rodens, les infections 
traumatiques ou post-opératoires, ainsi qu'à la kératalgie 
trauma tique à répétition. i/auteuh. 

10) Le catarrhe printanier, dit Axenfeld, est une maladie 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA COhNÉE, ETC. 209 

iaflammatoire. Toutes les dénomiaations qui ne reposent que 
sur la prolifération ( « Papilloine » a Verrucositas », etc. ) ne 
suffisent pas et. sont k rejeter. 

Les altérations palpébrales représentent une inflammation 
de la conjonctive et non, comme on a prétendu récemment, 
une maladie du tarse ou du tissu épitarsien . Ce dernier est 
intéressé, mais ne constitue pas le plus important et le seul 
point de départ du processus. 

Cette inflammation de la conjonctive se développe en pre- 
mier lieu dans le tissu conjonctif. La prolifération épithéliale 
n'est que secondaire. Pour les excroissances bulbaires, on doit 
l'admettre aussi d'après toutes les recherches récentes et celles 
de Tauteur ; mais comme il y a des travaux antérieurs qui 
relatent une prolifération épithéliale pour le limbe dans le 
premier stade, avant que le stroma se soit montré altéré, il 
est indiqué d'étudier dans d autres cas au début, si Torigine 
conjonctivale est une règle sans exception. 

Dans la conjonctive tarsienne se trouve le siège principal 
de Taltération dans le tissu adénoïde de la muqueuse. A ren- 
contre du trachome et d'autres inflammations conjonctivales, 
Tinfiltration lymphocytaire passe après l'accumulation des 
« Plasmazellen » et l'augmentation du stroma, qui se trans- 
forme en tissu sclérotique et hyalin. Le tissu sous-conjoncti- 
val épitarsien est intéressé. Mais il n'est pas justifié de donner 
plus de poids à une irritation et augmentation des fibres 
élastiques épitarsiennes, qui en vérité ne contribuent que peu 
à la formation des proliférations, dont la masse principale 
consiste au contraire en tissu coUagène avec ses réactions 
caractéristiques, même dans des proliférations toutes ré* 
centes. 

Surtout, le fait que des fibres élastiques ne se laissent pas 
poursuivre profondément dans la plupart des proliférations 
palpébrales^prouve que la matrice du processus ne se trouve 
pas dans le tissu épitarsien. 

Dans le stade régressif se produit une dégénérescence éten- 
due des Plasmazellen, tandis que les Mastzellen se multiplient 
et la dégénérescence hyaline augmente. Cependant on peut 
apercevoir aussi dans le même cas, en même temps à des 
endroits différents, les stades divers ; la dégénérescence hya- 

11 



210 aEVUE GÉNÉRALE 

Une peut se développer déjà de très bonne heure et n'est pas 
exclusivement un signe du stade avancé. 

La coloration ou opacité lactescente diffuse dépend surtout 
d*un épaississemcnt hyalin de la couche sous-épithéliale du 
tissu conjonctif. On peut déjà le distinguer cHniquement dans 
beaucoup de cas par l'observation au grossissement avec la loupe 
binoculaire de Zeiss. Une prolifération de Tépithélium peut 
prendre part à la production de ce phénomène. 

L^image microscopique, correspondant à une inflammation 
chronique, ressemble aux altérations produites par le rhino- 
sclérome ; de môme en divers points à celles de la mycosis 
fongoïde.' Il n'est pas exact de dire qu'il n'y a pas d'analogie 
entre des processus infectieux et le catarrhe printanier; d'a- 
près les préparations microscopiques il serait bien possible 
que le catarrhe printanier fût parasitaire, ce qui ne veut pas 
dire qu'il doive l'être absolument, car des influences pure- 
ment lumineuses ou d'une autre espèce pourraient peut-être 
aussi produire des altérations semblables (dermatoses par les 
rayons X, etc.). 

A l'intérieur des proliférations se trouvent souvent, mais 
pas constamment, des cellules éosinophilcs abondantes. Une 
éosinophilie générale du sang est beaucoup plus rare et pour 
cette raison pas nécessaire pour le développement de l'éosino- 
philie locale. La sécrétion conjonctivale, là où elle apparaît, 
est à un degré surprenant riche en cellules éosinophiles, même 
dans des cas où leur nombre n'était pas grand dans l'image 
microscopique. Comme les autres sécrétions de la conjonctive 
(excepté le pemphigus, les inflammations parasitaires par des 
piqûres de guêpe, etc., les sécrétions dans des cancroïdes 
conjonctivaux), d'après les observations de Herbert, Mayouet 
celles de l'auteur ne montrent pas cette éosinophilie, il y a là 
peut-être un signe différentiel important. Il faudra rechercher 
si la chose se comporte toujours de même façon. 

L'examen bactériologique n'a pas donné de résultat; de 
même les expériences sur le rôle étiologique des levures patho- 
gènes ne résistent pas à la critique. 

Plus souvent qu'on ne l'a admis jusqu'ici, il se trouve dans 
le catarrhe printanier des altérations du sang. On doit observer 
ici non seulement l'augmentation absolue des globules blancs 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA COftltÊE, ETC. 211 

qai n'est pas toujours prononcée, mais encore la proportion 
relative des différentes formes de leucocytes entre elles ; parti- 
culièrement fréquente est une lymphocy tose. 11 reste à recher- 
cher si c'est un fait constant. 

Il n'est pas possible d'attribuer une signification étiologique 
à cette constatation, la lymphocy tose pouvait être symptôme 
de différentes altérations. Mais comme if est de grande impor- 
tance de chercher en quoi consiste )a disposition individuelle, 
on devra s'appliquer dorénavant à cette question, et en tous 
cas le traitement devra viser ces altérations. 

Sous rinfluence du bandage occlusif, quelquefois aussi d'une 
autre exclusion de la lumière, d*après les expériences d.e 
Kreibich, Dimmer, Schieck et de celles que l'auteur a réunies 
dans son enquête, il se produit une diminution ou même une 
disparition rapide des proliférations dans plusieurs cas. Néan- 
moins il reste douteux que Ton doive considérer le catarrhe 
printanier dans sa totalité comme une « Lichtkrankheit », 
comme l'effet de la lumière, surtout des rayons ultra-violets, 
car il y a des cas qui commencent et récidivent sans relation 
nette avec l'insolation, de l'autre côté Tirradiation énorme 
dans les Alpes de la neige en hiver ne provoque pas en géné- 
ral de rechute. 

Peut-être la lumière dans les cas où l'occlusion guérit ne 
fait-elle que déchaîner la maladie dont la cause réelle pourrait 
être toute autre. Sur toutes ces questions il conviendra de faire 
des recherches ultérieures. 

Un parallélisme complet entre le catarrhe printanier et les 
dermatoses estivales n'est pas encore prouvé exactement; il 
est très rare que les deux» se trouvent ensemble, et dans les 
cas rares où cela arrive, ce n'est peut-être qu'une coïncidence 
fortuite. 

Une analogie étiologique avec la fièvre des foins n'est pas 
vraisemblable. 

II est indiqué d'entrer dans un examen approfondi du trai- 
tement occlusif ou antilumineux. En tous les cas on peut com^ 
mencer par une telle expérience, pour continuer avec des 
lunettes protectrices et un autre traitement. Si possible, un 
séjour dans le climat alpin sera k recommander, quoique 
l'effet n'en soit pas certain. Un traitement interne est toujours 



212 REVUE GÉNÉRALE 

indiqué, de même que Texploralion du ne/, suivi du traite- 
ment individuel. 

Le traitement chirurgical des proliférations palpébrales 
n'empêchant pas en général les rechutes annuelles, on n'en 
fera qu*une application restreinte et seulement pour les cas 
graves. Dans ces cas une extirpation partielle du tarse est 
justifiée. L'ablation suivie de cautérisation ou de Télectrolyse 
est relativement plus efficace que Tablation simple et empêche 
assez souvent le recrudescence dans la même année. 

L'excision des proliférations de limbe n'est indiquée qu'ex- 
ceptionnellement. 

Le traitement médicamenteux n*a qu^un eiîet symptoma- 
tique et doit être choisi et combiné avec les autres moyens 
d'après les circonstances individuelles. 

Discussion. — Fromaget. — L'expression de catarrhe prin- 
tanier me semble devoir être avantageusement remplacée 
par celle de Conjonctivite végétante printanière qui indique 
en même temps que la membrane malade les principaux 
caractères de la maladie. J'ai recueilli dans ces six dernières 
années, quarante-trois cas de conjonctivite végétante. Us con- 
cernent trente-deux garçons et onze filles. Elle est fréquente 
dans l'enfance puisque vingt -quatre cas s'appliquent à des 
enfants de trois à dix ans; notre malade le plus âgé avait 
trente ans. La recrudescence a lieu à la fin de février ou au 
commencement de mars, à la fin de Thiver. 

La forme tarsienne représente 1/7 des cas, la forme mixte 
1/6 et les trois quarts des malades sont atteints de la forme 
bulbaire pure. J'ai observé un cas atypique ou les nodules sié- 
geaient k 6 millimètres du limbe. Le facteur étiologique le 
plus important me semble être la température. Gomme traite* 
ment médical, je recommande surtout les compresses froides 
et la cure dans les montagnes lorsque la chose est possible ; 
mes malades s'en sont tous très bien trouvés. Je n'ai jamais 
eu à employer le traitement chirurgical que je considère 
comme inutile et parfois comme dangereux. Les examens his- 
tologiques pratiqués avec M. le D*" Brandeis nous ont montré 
que ces néoplasies ne sont pas des néoplasies lymphatiques, 
elles ne ressemblent en rien au papillome. Ce sont des granu- 
lomes. Actuellement, il est impossible de dire si cette prolifé- 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 213 

ration d'origine irritative est ou non ;d*origine microbienne. 
— Antonelli montré la reproduction en cire et les prépara- 
tions histologiques du cas de catarrhe printanier à forme lim- 
baire exceptionnellement exubérante, présenté par lui k la 
Société d'Ophtalmologie de Paris en juin 1905. L'œil gauche, 
surtout portait des végétations limbaires géantes, qui furent 
excisées au ras de la sclérotique. L'examen microscopique 
laisse reconnaître un épaississement du stroma de la muqueuse 
recouverte d'épithélium à peine épaissi ou bourgeonnant, 
avec de nombreux vaisseaux et de vastes cavités kystiques 
bien isolées et bien constituées, que Tauteur croit produites 
par la dégénérescence kystique des glandes de Manz. Le catar- 
rhe printanier mérite bien le nom de Conjonctivite végétante^ 
car le processus n'est pas de néo-formation, à proprement par- 
ler, mais d'inflammation périodique aboutissant, pour des 
causes qui nous sont inconnues, aux végétations tarsiennes 
ou limbaires. 

Terson. — Il est nécessaire que, dans la dénomination du 
mal, soient compris l'élément inflammatoire et la prolifération. 
Aussi le nom de conjonctivite végétante printanière, concis et 
juste, semble le meilleur. 

Le rapport est très précis au point de vue clinique : la fré- 
quence du mal chez les garçons, la guérison intégrale même 
des cas les plus graves, Tapparilion très précoce ou assez tar- 
dive, les variations de grosseur des végétations tarsiennes 
et limbaires sont des caractères importants. 

Histologiquement l'épithélium est épaissi, surtout au 
niveau des productions limbaires, mais la masse de la végé- 
tation est absolument sous-épithéliale. Il serait indiqué d'étu- 
dier la teneur en glycogène, déjà signalée par Schiele, et qui 
témoigne d'une grande activité dans les néoplasies en général. 

On ne doit confondre la maladie ni avec la conjonctivite 
phlycténulaire ni avec le trachome, ce qui est trop souvent 
le cas, malgré tant de travaux sur la conjonctivite printa- 
nière. De même, la fièvre des foins ne présente pas les végé- 
tations typiques. 

La végétatioa oculaire diffère aussi beaucoup comme struc- 
ture de la végétation adénoïde nasale, d'une structure très 
lymphatique. 



214 REVUE GtffÉRALE 

Il est très intéressant de rechercher les rapports dermato- 
logiques de la conjonctivite printanière/car certains cas gué- 
rissent par le traitement général en même temps que d'autres 
dermatoses. 

Le traitement par les collyres, cocadrénaline, protargol, 
parfois pommade jaune, divers autres topiques, injections et 
agents physiques, soulage et améliore beaucoup. L^excision, 
bien préférable à la cautérisation ignée^ sera réservée aux 
énormes végétations. Le traitement général est indispensable: 
les remèdes usités contre les verrues (magnésie, eau de chaux) 
et contre certaines dermatoses (arsenic) sont recommandables, 
combinés à une cure à la montagne ou aux eaux arsenicales. 

LB8 AUrBURS. 



MALADIBS DE L*1R18^ DB LA CHOROÏDB ET DU CORPS CILIAIRB 
GLAUCOME, AFFECTIONS SYMPATHIQUES. 

i) Van Duyse. — Aniridio incomplète. Iris nidimen taire (Soe, Belge iToph' 
talmologiCy a6 novembre igo6}. 

a) Medow. — Résection du sympathique dans le glaucome (Sympathicus- 
resektion bei Glaucom) (Thèse de Fribourg in B.j igo5). 

3) Terrien et Cantonnet. — Les éléments tigrurés du sang et le diagnostic 
étiologique des Iritis (Soc. fr&nç, d'ophtàlm,, mai 1907). 

4) Qallemaerts^Professeur). — Kyste séreux congénital de Tiris (Soe, fr»nç: 
d'ophtalm.^ mai 1907). 

5) Tereon (A ). — Remarques sur les hémorragies sous-choroïdienncs trau- 
matiques et sur les hémorragies expulsivos (Soc, frànç. (Tophtalm., mai 
1907)- 

6) Martin et Augiéras. — Mélano-sarcome] primitif de Tiris (Soc. franc, 
d'ophtalm., mai 1907}. 

i) Van Duyse rend compte de Texainen anatomique d'un 
œil aniridique — c'est celui d^un garçon de neuf mois dont 
la mère, le père et la sœur sont aniridiques « complets >» 
(cliniquement, car anatomiquement il y a toujours un moignon 
irido-ciliaire ). Les points à relever sont les suivants : 

i^ Aspect fœtal du domaine de Tangle irido-cornéen ; 
2^ vaisseaux vitreux de Tuvée ; 3* absence de dilatateur et de 
sphincter de Tiris ; pas d'autres anomalies oculaires. 

L. ORANEMZLÂIIEMT. 

2) Medow a recueilli dans la bibliographie 102 cas de 



MALADIES DE L*Ill(S, DE LA CHOROÏDE, ETC. 215 

sjunpathectomie pour glaucome auxquels il ajouta quatre 
observations nouvelles de la clinique de Fribourg. Les con- 
clusions sont les suivantes : dans le glaucome inflammatoire 
aigu ou subaigu, la sympathectomie n'est indiquée que lors- 
que le malade refuse Tiridectomie ou que celle-ci a été nuisi- 
ble sur le premier œil ou enfin que, malgré Tiridectomie, le 
glaucome persiste ou récidive. Dans le' glaucome hémorragi- 
que et rhydrophtalmie, la résection après la sclérotomie est 
une tentative justifiée qui, dans le glaucome infantile, présente 
au moins les chances d'un succès esthétique. Dans le glau- 
come inflammatoire chronique, et surtout dans le glaucome sim- 
ple, on doit avoir recours k la sympathectomie, après Tiridec- 
tomie, dans les cas progressifs. Dans le glaucome absolu, le 
résultat est négatif. La résection sans iridectomie ou scléro* 
tomie n^est justifiée que lorsque ces opérations sont refusées ou 
ont donné un mauvais résultat sur le premier œil. Dans tous 
les cas, un traitement par les myotiques doit être employé 
après l'opération. w. stock. 

3) Terrien et Cantonnet partant de cette idée que Tiritis est 
toujours la manifestation d'une infection générale, ont prati- 
qué l'examen du sang chez un certain nombre d'iritis dont le 
diagnostic était certain. 

Ils concluent de leurs recherches que, dans les iritis syphi- 
litiques, il y a surtout anémie, diminution des globules rouges. 
Au contraire, dans les iritis de tout autre cause, il y a augmen- 
tation du nombre des globules blancs et surtout polynucléaires. 

L. ORANDCLéMBNT, 

4) L^ pathogénie des kystes congénitaux de Tiris est encore 
fort obscure. Gallemaerts communique une analyse microsco- 
pique détaillée d'un kyste séreux de l'iris développé chez un 
enfant de dix-huit mois. 

La paroi du kyste dépourvue de glandes et de productions 
épidermiques présente un revêtement épithélial à plusieurs 
couches de cellules; il n'existe pas de membrane basale; 
l'épithélium est revêtu d'une couche de cellules étoilées pig- 
mentées ou non et parsemées de petits capillaires. La cavité 
du kyste est en communication avec une cavité anfractueuse 



216 KEVUK GÉNÉRALE 

limitée par Tépithélium pigmentaire rétinien; le canal de com- 
munication est revêtu jd'un épithélium à plusieurs couches qui 
se continue avec Tépithélium pigmentaire dont il se distingue 
par Tabsence de pigment. L'hypothèse d'un kyste par inclu- 
sion fœtale doit être écartée à cause de l'absence de produc- 
tion épidermique. L'oblitération d'une crypte de l'iris n'ex- 
plique pas la présence d'un épithélium à plusieurs couches, et 
l'hypothèse d'un kyste par rétention doit être également reje- 
tée. L'auteur pense que les kystes séreux de l'iris proviennent 
d'une persistance ou d'un développement anormal du sinus 
annulaire de Szili, qui se trouve au bord de la vésicule oculaire 
secondaire et qui est limité par les deux feuillets de cette vési- 
cule. A l'état normal, le sinus s'oblitère complètement vers 
l'âge de six mois de la vie fœtale ; dans certains cas, il peut 
persister partiellement et se dilater pour donner naissance aux 
kystes séreux de l'iris. lVutbur. 

5) A. Terson met en regard les types cliniques et anatomo- 
pathologiques de vaste hémorragie décollant la choroïde de la 
sclérotique et se produisant, l'un après les grands traumatis- 
mes, l'autre après les opérations de cataracte, de glaucome ou 
même spontanément dans diverses désorganisations du globe 
et dans le glaucome absolu. 

Il présente, pour le premier type, les coupes d'un œil qui, 
frappé par une queue de billard, subit une rupture de la cor- 
née au limbe avec expulsion du cristallin, décollement de la 
choroïde et de la rétine avec énorme hémorragie et enclave- 
ment précornéen des membranes internes de l'œil. Si l'on ne 
connaissait pas l'étiologie, on croirait avoir affaire à un œil 
ayant subi l'hémorragie expulsive post-opératoire. Toutefois, 
la choroïde et le globe même sont beaucoup moins tendus 
que par l'hémorragie expulsive et le reste des détails histolo- 
giques montre bien qu'il s'agit d'une expulsion traumatique 
du contenu de l'œil avec vaste hémorragie sous-choroïdienne 
et non d'une expulsion du contenu oculaire par hémorragie 

Dans le type postopératoire dont Terson montre les des. 
sins, la choroïde est au contraire tendue au maximum par une 
série de foyers hémorragiques qui la gonflent. C'est bien l'hé- 
morragie h laquelle il adonné le nom adopté partout, d'expul- 



MALADIES DE L*I1US, DE LA CHOROÏDE. ETC. 2l7 

sive, qui est la cause de Tévacuation. 11 rappelle qu'à la section 
la sclérose des vaisseaux choroïdiens, veines ou artères, par- 
fois trouvés sains, mais parfois aussi malades en tout ou en 
partie. (A. T.Golovine,FrizacetGayet,Scholz,etc.),ilfautajou- 
ter chez les prédisposés, Taction de Thypertension artérielle qui 
accompagne si souvent l'artériosclérose et doit jouer un grand 
rôle dans rhémorragie. Toutefois, cette hypertension n'est pas 
fréquente chez les cataractes^ comme Frenkel Ta établi. Aussi, 
est-il bon de prendre la tension artérielle avant Topér^tion et, 
en cas .de surélévation, d*appliquer une médication hypoten- 
sive . l'autbur. 



6) Martin et Augiéras communiquent une observation de 
mélano-sarcome primitif de Tiris terminé par généralisation 
et cachexie cancéreuse cinq ans après Ténucléation et neuf ans 
après l'apparition de la tumeur irienne. 

Sujet âgé de trente-trois ans, d'tme bonne santé générale, 
indemne de syphilis. C'est peu après un coup qu'il aperçoit une 
petite saillie sur l'iris à l'extrémité interne du diamètre hori- 
zontal de l'œil gauche. Quatre ans après (28 décembre 1889) la 
baisse de la vision et les crises douloureuses le décidaient à con- 
sulter. La petite tumeur irienne avait acquis la dimension 
d'une lentille et était marron amadou. 

Deux autres petites tumeurs de l'iris de la dimension d*une 
tête d'épingle et de même couleur étaient au-dessous de la 
première au niveau du limbe scléro-cornéen. OD et OG : T=0, 
après usage de la pilocarpine. L'iris des deux côtés est sen- 
sible à la lumière, mais la partie de l'iris occupée par la tumeur 
est peu mobile et après atropine la pupille de ce côté se 
dilate irrégulièrement comme si elle était retenue par une 
synéchie. OD emmétropie. OG myopie. Au-dessus de la pa- 
pille gauche (I. R.) deux tâches noires pigmentées de la cho- 
roïde sans saillie appréciable ; en dehors semis de petite taches 
pigmentées. On diagnostique un sarcome pigmentaire de l'iris 
étendu à la choroïde et on conseille l'énucléation immédiate 
du globe. 

Le malade ne se résigne pas à la perte de cet œil qui voyait 
encore un peu et va à Paris où le Professeur Panas consent à 
enlever la tumeur irienne, par iridectomie. Une hémorragie 



218 REVUE GÉNÉRALE 

nécessite rénucléation qui est pratiquée trois jours après et 
le malade revient guéri localement. L'examen histologique 
confirme le diagnostic clinique. 

En mai 94 aggravatioq, on constate une petite tumeur du 
volume d une noisette, mobile, sans rougeur de la peau à la 
partie latérale du thorax. En septembre affaiblissement consi- 
dérable , pâleur, amaigrissement, haleine fétide. On trouve 
une autre tumeur mobile sous la peau de Tabdomen à un 
centimètre à droite du nombril, une troisième à la région in- 
guinale gauche, d'autres plus petites à la région deltoïdienne 
et occipitale. Le foie est augmenté de volume, nodosités au 
niveau du lobe droit, là rate hypertrophiée présente des bosse- 
lures. Etat général mauvais. Extirpation de la tumeur tho- 
racique à fin d'examen. Guérison rapide de la plaie opératoire 
suivie d'une légère amélioration de Tétat général. L'examen 
histologique montra que le néoplasme était constitué unique- 
ment de tissu embryonnaire sillonné de vaisseaux également 
embryonnaires. La cachexie fit des progrès auxquels le malade 
ne tarda pas à succcomber. 

Il n y a pas eu de récidive locale mais généralisation dans 
les conditions cliniques où se produisent les métastases. La 
tumeur thoracique enlevée et examinée, était un sarcome blanc 
bien que provenant d un sarcome mélanique. La présence de 
taches pigmentées choroïdiennes, dans un œil atteint de mé- 
lano-sarcome de l'iris, même sans saillie appréciable de ces 
taches, sans aucun caractère qui les différencie de pigmenta- 
tions résultant d'un processus tout à fait étranger au cancer^ 
constitue un signe clinique important, une contre -indication 
de Tablation par iridectomie et une indication formelle de 
rénucléation. La réciproque n'est pas vraie et l'absence de 
pigmentation n'indique pas l'iridectomie de préférence à Ténu- 
cléation. Cette dernière opération est indiquée dès que le 
diagnostic de sarcome mélanique de l'iris ri'esl plus douteux. 
L'iridectomie n'est admissible que quand le malade refuse 
formellement l'énucléation. 

La durée de l'évolution mérite aussi d'attirer l'attention. Ce 
n'est que la cinquième année après Ténucléation^ neuf ans 
après que le malade eut remarqué sur son iris le début de la 
tumeur que les symptômes de généralisation cancéreuse l'ont 



MALADIES DE LA RÉTINE, DU NERF OPTIQUE, ETC. ^19 

amené à consulter. Le ternie de trois ans après Tintervention 
au-delk duquel la guérison peut être considérée, dit-on, comme 
presque certaine avait été notablement dépassé. 



LB9 AUT8URS. 



MALADIES DE LA RÉTINE, DU NERF OPTIQUE ET DBS CENTRES NERVEUX 

(amblyopib et AMAUROSB, dyschromatopsib) 



mlegelow. — Deux cas de névrite optique rétrobulbaire consécutive 
sinusite sphénoïdale (Soc. danoise aot. laryn.f février et mai 1906 et 
des mal. de Voreille, septembre 1006). 



i) Sohmlegelow. 

à une sinusite se 

Ann. des mal. de Voreille, septembre 1906). 

a) Foulard et Boidln. — Cécité et hémianopsie dans un cas de syphilis 
cérébrale (Soc, d'^ophtalm, de Paris, 6 février 1906). 

3) CUilezowski (J.)< — Hémorrag^ies prérétiniennes (Soc, franc, d^ophtalm., 
mai 1907). 

4) Qolesooano. -* Névrite toxique due au sulfure de carbone (diagnostic 
rétrospectif) et rappel thérapeutique des injections salines dans les am- 
biyopies toxiques (alcool, tabac) (Soc, franc, d'ophtalm,, mai 1907). 

5) Morax. — La névrite œdémateuse au cours des infections auriculaires 
(Soc. franc, d'ophtalm., mai 1907). 

6) Dop (H.). — Mes résultats éloignés du traitement du décollement de la 
rétine (Soc. franc, d'ophtalm.f mai 1907). 

7) Dor (Louis). — Résultats éloignés du traitement de vingt-cinq décolle- 
ments de la rétine (Soc. franc, aophtalm., mai 1907). 

1) Première observation d'un enfant de onze ans rapportée 
par Schmiegelow. Trois semaines auparavant, fièvre, céphalée, 
vomissements, douleurs à Tœil gauche. On constate une 
névrite optique rétrobulbaire. Amélioration à la suite de 
l'ouverture du sinus sphénoïdal. Deuxième cas ayant trait à une 
jeune fille de dix-huit ans quiseplaintdepuis deux mois et demi 
de maux de tête et d'une diminution de la vue à droite. 
Amélioration de la névrite optique rétrobulbaire à la suite 
d'une intervention sur le sinus sphénoïdal. r. 

a) Foulard rapporte l'observation d'un homme de cinquante- 
deux ans, syphilitique depuis Tâge de vingt-deux ans, et 
éthyliquequi éprouva des phénomènes cérébraux (somnolence, 
torpeur, confusion mentale) et des troubles visuels caractérisés 
par un hémi-rétrécissement homolatéral droit (presquune 
hémianopsie droite) et un léger rétrécissement des champs 
visuels gauches. Les troubles visuels, comme d'ailleurs les 
troubles cérébraux^ ne restèrent pas constamment représentés 



•Z'^ REVUE GÉNÉRALE 

parla même formule symptoma tique, il y eut de notables varia- 
tions. L'hëmianopsie droite fut à un moment donné remplacée par 
une cécité complète qui céda à son tour et fit place à une hémia- 
nopsie gauche. Il n y eut jamais d'altération du fond de Tœil. 
Le siège précis de la lésion est difficile à déterminer. La nature 
syphilitique est démontrée par la ponction lombaire qui donna 
issue à un liquide céphalo-rachidien puriforme avec intégrité 
des polynucléaires. vicms. 

3) Les hémorragies prérétiniennes ont été peu étudiées en 
France, tandis que les auteurs anglais et allemands en ont 
publié un assez grand nombre de cas : Galezowski rapporte 
ici deux observations cliniques et le résultat d*un examen 
anatomique. 

Dans la première observation, il s'agissait d'une hémorrc^ie 
très étendue occupant tout le pôle postérieur de l'œil. L'hémor- 
ragie, peir épaisse, permettait d'entrevoir la papille. Elle est 
limitée par un liseré rouge sang ii la partie inférieure où le sang 
a franchi la membrane hyaloïde et envahi le vitré. Le sang 
provenait d'une artériole transformée en un mince cordon 
blanc. L'hémorragie s'est résorbée très rapidement. Au bout 
de trois semaines, Tacuité visuelle était redevenue normale et 
après cinq semaines la circulation s'était rétablie dans l'artère 
oblitérée. Il s'agissait dans ce cas d'une hémorragie essentielle 
chez un adolescent (le malade était âgé de vingt-cinq ans). 

Dans la deuxième observation, l'hémorragie occupait la 
partie inférieure de la rétine ; elle était aussi très nettement 
limitée par un liseré rouge. Dans ce cas, la malade, âgée de 
60 ans, était atteinte de rétinite glycosurique binoculaire. 

L'examen histologique des hémorragies prérétiniennes a été 
pratiqué sur un œil atteint de glaucome hémorragique. La 
rétine était décollée et en avant d'elle on pouvait voir de 
petites hémorragies mesurant 1 millimètre i/a de diamètre; 
les hémorragies déjà anciennes, très nettement limitées par la 
membrane hyaloïde étaient formées de globules rouges dégé* 
nérés et de pigment hématique qui prenait la disposition de 
filaments allongés et anastomosés entre eux. l'auteur. 

4) Dans le premier chapitre, Golesccano présente trois 



MALADIES DE LA RÉTINE, DU NEBF OPTIQUE, ETC. 221 

observations de névrite rétrobulbaire et insiste particulière- 
ment sur le diagnostic rétrospectif simulant, à s'y méprendre, 
Taspect opbtalmoscopique des lésions qu^on retrouve dans 
Tamblyopie toxique. 

Il s'agit d'ouvriers travaillant à la vulcanisation du caout- 
chouc dix heures par jour. 

Les manifestations oculaires, et c'est là le point intéressant, 
aboutirent, faisant suite aux troubles toxi-infectieux de la 
névrite périphérique, après le quinzième, seizième et dix-hui- 
tième mois de travail dans le milieu où se dégageaient les 
vapeurs de sulfure de carbone. 

Dans les trois observations, les symptômes oculaires sont 
identiques : Troubles statiques avec strabisme divergent 
bilatéral et sans vice de réfraction. Pupilles inégalement 
dilatées, réagissant faiblement à la lumière et nullement à 
l'accommodation . 

Dyschromatopsie centrale pour toutes les couleurs dans deux 
et uniquement pour le rouge dans le troisième cas. Altération 
du fond de l'œil, type de la névrite rétrobulbaire et sans 
lésion maculaire. Conservation du champ visuel. L'acuité 
visuelle très compromise. 

Dans un (V= 1/3 dans un( V = i/5o dans un OD ( ^ .^ 

cas JOD— OG, 2« \ OD— OG, 3« OG ^ ^ " '^'^"^ 

Dans le second chapitre « Rappel thérapeutique des injec- 
tions salines dans lejs amblyopies toxiques » Golescéano 
discerne les troubles visuels qui incombent aux vices de la 
réfraction, hypermétropie ou astigmat. hypermétropique, et 
envisage trois cas près de ceux qu'il a publiés en 1903 où la 
thérapeutique consistait en des injections de sérum artificiel 
formule Chéron, 20 centimètres cubes trois fois par semaine 
dans la région trochantérienne. 

Il insiste à dessein que ces trois cas n'avaient nullement les 
caractères d'une simple hyperémie papillàire ou d'une déco- 
loration segmentaire de la papille guérissant à la rigueur, 
lorsqu'ils sont de date récente, par les traitements classiques ; 
mais ces cas, types de névrite rétro-bulbaire avec décoloration 
complète des papilles, ayant déjà subi les divers traitements, 
ont obtenu line amélioration frappante dans l'espace de trois 
mois. 



222 REVUE GÉNÉRALE 

Ces iDJections ne sont nullement dangereuses et les béné- 
fices que peuvent tirer les malades sont considérables à 
condition, ce qui est rare, de suivre régulièrement le traitement. 



5) Morstx.On sait que les tumeurs endocrâniennes, la ménin- 
gite tuberculeuse et les différentes affections cérébrales entraî- 
nant l'hydrocéphalie se révèlent souvent par la constatation 
de cette altération particulière des papilles du nerf optique, 
décrites sous le nom de névrite œdémateuse (Stauungs-papille). 

Pareille lésion a été également constatée chez un certain 
nombre de malades atteints d'otorrhée chronique qui présen- 
tèrent des complications endocrâniennes, en particulier la 
thrombose du sinus latéral, des abcès extraduraux, etc. En 
raison du petit nombre de faits étudiés d^une manière complète, 
on a émis quelques doutes sur la signification de cette névrite 
œdémateuse. J'ai eu Toccasion d'observer une fillette de dix 
ans qui fut présentée pour des troubles visuels très accusés, 
accompagnant des symptômes méningitiques. 

L'examen ophtalmoscopique révéla Texistence d'une stase 
papillaire bilatérale des plus accusées. L'acuité visuelle ne 
dépasse pas 1/7. L'enfant était atteinte depuis un an d'otorrbée 
qui, il y a quelques mois était devenue fétide. Au moment de 
Texamen, il y avait un peu de douleur à la percussion dans la 
région mastoïdienne, mais comme il n'existait, ni empâtement, 
ni œdème, un confrère spécialiste ne crut pas devoir rattacher 
les symptômes cérébraux à l'affection auriculaire. Une ponc- 
tion lombaire montra le liquide céphalo-rachidien sous forte 
pression ; le liquide est limpide, non altéré et ne contient pas 
dé microorganismes. Le lendemain, amélioration dans l'état 
général et dans la vision. Cette amélioration ne se maintient 
pas et la mort survient quinze jours après le début des troubles 
cérébraux. L'autopsie démontra l'existence d'une affection au- 
riculaire ayant détruit une partie du labyrinthe et qui s'était 
propagée à l'origine de la jugulaire interne, de là, laffection 
avait gagné le sinus latéral, provoquant la thrombose dans 
toute son étendue et sa suppuration avec ulcération au voi- 
sinage du rocher donnant lieu à un abcès extradural. Le liquide- 
céphalo-rachidien est en quantité beaucoup plus abondante qu'à 



MALADIES DE LA RÉTINE, DE LA CORNÉE, ETC. 223 

l'état normal. Il est limpide. On ne constate, d'ailleurs nulle 
part de réaction méningée. L'examen histologique d un des nerfs 
optiques et de ses gaines, ne révèle nulle part, l'existence de 
lésions infectieuses mais montre par contre la réalité de Toedème 
papillaire* L'examen bactériologique démontra la stérilité du 
liquide céphalo-rachidien et Texistence d une affection poly- 
microbienne au niveau de Toreille interne, de labçès extradural 
et de la thrombose du sinus latéral. Il fut possible d*isoler le 
streptocoque et le bacillus perfringens, mais il existait en outre 
plusieurs autres espèces anaérobies. La mort avait été produite 
par des abcès gangreneux du poumon, par propagation de l'affec- 
tion veineuse. Cette observation vient à Tappui des faits obser- 
vés cliniquement et prouve l'existence de cette névrite œdéma- 
teuse. Elle démontre son indépendance de toute propagation 
méningée et de l'infection auriculaire et à ce titre présente un 
pronostic moinsgrave qu'on ne serait tenté de luiaccorder. Dans 
un assez grand nombre d'observations, en effet, les malades 
atteints de cette complication guérissent d'une manière par- 
faite. Ils avaient^ il est vrai, subi Tintervention auriculaire 
nécessitée par leur état (trépanation de Toreille interne, ouver- 
ture de Tabcès extradural et du sinus thrombose, ligature de 
la jugulaire interne). Au point de vue de la pathogénie de la 
névrite œdémateuse, ce fait vient étayer la théorie qui invoque 
l'excès de production du liquide céphalo-rachidien. 



L'AUTBUR. 



6) H, Dor. Le traitement du décollement de la rétine, 
malgré les nombreux travaux publiés dans ces dernières 
années, parmi lesquels je mentionnerai seulement le rapport si 
complet de Uhthoff (Congrès de Lisbonne) et celui tout 
récent de Deutschmann (Beitrâffe zur Au ffenheilkunde ^îdisc, 67, 
1907) est encore une question sur laquelle les oculistes sont 
loin d'être d'accord. 

Ce traitement, d'après l'expression assez pittoresque de 
Deutschmann, peut se diviser en deux catégories, le traite- 
ment />aci/îgrue et le traitement opératoire, La première com- 
prend le bandeau compressif, le repos au lit, la diaphorèse, 
l'usage interne de médicaments résolutifs (mercure, iodures), 
les injections intraténoniennes, les purgatifs, les émissions san- 



^24 REVUE GÉNÉRALE 

guines d'Heurteloup, les collvres (dionine, iodure de potas- 
sium) et j'ajouterai les pointes de feu que Deutschmann 
classe déjà dans le traitement opératoire. 

Quant au traitement opératoire, nous avons employé suc- 
cessivement la ponctioTi et la section de la rétine d'après de 
Graefe, la ponction scléroticale avec issue de liquide sous-réti- 
nien, le drainage de de Wecker, Vaspiration avec la seringue 
de Pravaz, Vélectrolyse, Viridectomicy les in/ec^wns d'iode. 
Les résultats de toutes ces méthodes furent tels qu'on peut les 
considérer comme abandonnées ; la ponction sclérale a donné 
quelques succès, mais comme le dit avec raison UhthofT, après 
guérison ou recollement passager la récidive est la règle, 
seule Télectrolyse semble avoir encore un ou deux cas de 
guérisons définitives. 

Quand au traitement que j'ai employé, comme je Tai déjà 
indiqué dans mon premier travail de 1896, il consiste toujours 
en applications de ventouses Heurteloup, pointes de feu avec 
l'aiguille de Guersant que je préfère au galvano-cautère de 
Paquelin parce qu'on ne risque pas de perforer la sclérotique 
et, depuis i8g5, d'après la recommandation de Dianoux en 
injections sous-conjonctivales au chlorure de sodium à 
10 pour 100; enfin, dans le décubitus dorsal prolongé mais 
pas absolu et quelques sudations avec la tisane des quatre 
bois sudorifiques^. Pour la sudation, il y a plusieurs années 
que j'ai renoncé à la pilocarpine et aux préparations salicylées 
à cause de leur effet nuisible sur la santé générale du malade 
et je vois que, dans son dernier travail, Deutschmann se pro- 
nonce dans le même sens. 

Ma méthode n'est donc pas comme on l'a indiqué, les injec- 
tions sous-conjonctivales, mais Vensenible des procédés men- 
tionnés ci-dessus, lesquels nous avaient anciennement donné 
isolément quelques rares résultats définitifs. . 

De 1896 à fin 1904» j*ai vu 93 cas de décollement ; 4^ n*ont 
voulu subir aucun traitement et n'entrent donc pas en ligne 
de compte. Il en est de même de 1 1 cas dans lesquels la vision 

^ Quant aux injeclionà salëcs, nous savons d'après les récentes expériences 
de BestfXrc/i./". AugenKund MÛnch, med. Wochens, aS avril 1907), qu'elles 
produisent dans la rétine la formation de ^lycogène qui manque dans Tœil 
témoin. 



MALADIES DE LA RÉTtNE, DE LA CORNÉE, ETC. 225 

était tout h fait abolie, avec occlusion pupillaire et cataracte 
et où je me suis contenté de faire une iridectomie pour tâcher 
de conserver Tceil ; j'ai atteint ce but 7 fois, mais dans 4 cas il 
m'a fallu faire Ténucléation. Restent donc pour le traitement 
du décollement proprement dit 4o cas. Je laisse de côté tous 
les cas traités en igoS et depuis, car la durée de la guérison 
nest pas assez ancienne pour parler de résultat éloigné. 

Or, sur 4o cas, j'ai obtenu : 

I a résultats très bons, mais sur ceux-ci 5 furent perdus de 
vue Restent. 7* 

i3 résultats bons, sur lesquels il y eut 
a récidives l'une au bout de 4 ans et 6 perdus 
de vue — 5 

5 améliorations, dont 2 perdus de vue. . . — 3 

10 résultats nuls. 

Les succès immédiats sont donc de 75 pour 100^ mais je ne 
veux tenir compte que des cas dont je connais le résultat 
encore aujourd'hui; il reste donc 7 résultats très bons, soit 
17,5 pour 100, 5 bons, soit i2,5 pour 100 et 3 améliora- 
tions, soit 7,o5 pour 100, et en tout 37,06 pour 100 de résultats 
satisfaisants. Je mentionnerai ici que, à côté des cas où Toph- 
talmoscope ne permet plus de constater aucune lésion, je 
compte comme très bon 1 cas de myopie, 12 dioptries avec 
vision = I, mais dans lequel Ton voit une lésion choroïdienne 
périphérique assez étendue ; il n'existe aucune limitation 
du champ visuel en plein jour, mais le soir il y a une tache 
héméralopique dans le champ supérieur externe. Le malade 
guéri depuis onze ans et qui s'étudie très exactement me 
racontait dernièrement que lorsqu'il regardait directement le 
soleil avec la partie de son œil où existe le scotome, « il voyait 
d'abord, pendant quelques secondes, un vacillement, puis le 
soleil apparaissait rouge carmin, puis blanc. » Les bons résul- 
tats sont ceux dans lesquels le malade a pu reprendre son 
travail, comme par le passé, lire son journal, etc., mais avec 
une acuité visuelle encore un peu défectueuse, enfin les 
améliorations sont les cas dans lesquels les malades qui ne 
voyaient que les mouvements de la main sont arrivés à 
compter les doigts à i m. 5o, 2 mètres ou 3 m. 5o, ce qui 
constitue évidemment une vision utile. . 

15 



226 REVUE GÉNÉRALE 

Lorsque, en i8i)3, je vous ai présenté une observation de 
guérison spontanée du décollement rétinien, j'ai pu en 
trouver dans la littérature ophtalmologique 1 5 autres obser- 
vations, mais depuis lors ces cas ont été de plus en plus 
fréquents et aujourd'hui nous savons qu'ils sont très nom- 
breux. Or Deutschmann se demande si le traitement pacifique 
n'a pas des résultats qui doivent être attribués à la guérison 
spontanée. Il cite à ce sujet la statistique de Wernicke 
(Klin, MonatsbL, 1906), qui porte sur 35 1 guérisons, dont 
45 pour 100 par le traitement pacifique, 3i pour 100 sans 
aucun traitement. Il n'y aurait donc qu'une différence de 
i4 pour 100 en faveur du traitement, différence que Deutsch- 
mann réduit même à 9,3 pour 100 après révision de la statis- 
tique de Wernicke et il ajoute : « On a donc le droit de se 
demander si le traitement pacifique a contribué d'une manière 
appréciable à la guérison? » Je ferai cependant observer que, 
même si tous nos cas avaient dû guérir spontanément à une 
époque plus ou moins éloignée, il n'est pas possible de nier 
l'heureuse influence d'une guérison rapide et précoce; car la 
rétine reprendra d'autant mieux ses fonctions que le décolle- 
ment sera guéri plus tôt après l'accident. 

Il me reste à dire deux mots de l'opération de Deutschmann 
ou plutôt de ses opérations, car l'on sait qu'il a deux mé- 
thodes, la première qui consiste à sectionner les brides du 
corps vitré et cela pas seulement une fois, mais quatre, cinq, 
dix et même douze fois, comme il l'avoue lui-même, la 
seconde à faire une injection de corps vitré. Je n'ai pas essayé 
ces méthodes, mais d'après les résultats favorables publiés 
dans le dernier travail de Deutschmann je n'hésiterais pas à 
appliquer sa méthode dans des cas semblables aux 10 dans 
lesquels je n'ai obtenu aucun résultat. Si l'on pouvait guérir 
seulement 2 ou 3 de ces derniers ce serait sûrement un avan- 
tage inappréciable pour nos malades. 

En résumé, je dois conclure qu'un traitement qui nous 
donne 37, o5, pour 100 de résultats satisfaisants nous force à 
admettre que nous devons nous efforcer d'imposer ce traite- 
ment à tous les malades affectés de décollement rétinien. 



MALADIES DU CRISTALLIN ET DU CORPS VITRÉ 227 

7) L. Dor a soigné, de 1894 à 1905, aS décollements de lu 
rétine par des injections, dans la capsule de Tenon, de diverses 
solutions salines : Chlorure de sodium à 20 pour 100, 25 pour 
100, 3o pour 100, sel de Poehl à 10 pour 100, 16 pour 100, 
mélanges de carbonate de potasse, sulfate de soude et chlorure 
de sodium, etc. Il a obtenu, après trois mois de traitement, 
douze guérisons complètes avec réapplication et retour inté- 
gral des fonctions visuelles, quatre améliorations, neuf insuc- 
cès. Mais, du troisième au dixième mois, dix sur douze 
des malades guéris eurent une rechute ; cinq fois cette rechute 
fut légère et les malades conservèrent un bénéfice appréciable 
du traitement, et cinq fois la rechute fut grave et les malades 
eurent un bénéfice à peine appréciable. De telle sorte que la 
statistique éloignée comprend : 

1* Deux guérisons définitives; 

2° Neuf améliorations, lesquelles se divisent en cinq mala- 
des ayant guéri et ayant eu une rechute légère, et quatre 
malades qui, sans avoir été complètement guéris, s'étaient 
améliorés et n'avaient pas eu de rechutes ; 

3® Quatorze insuccès, sur lesquels cinq malades furent gué- 
ris pendant deux à trois mois. 

Il en résulte, d'après Louis Dor, que le traitement du décol- 
lement de la rétine doit être continué, non pendant deux 
mois, mais au moins pendant cinq à six mois. l'autbur. 



MALADIES DU CRISTALLIN ET DU CORPS VITRÉ. 

1) Hansell (H.-F.)- — Corps étrangler du crislaUin extrait au moyeo de 
Taimant (Foreiçn bod^ in cristalline Icns extractcd by the clectric ma- 
gnet) (AmtrictLJk médecine, juin 1906). 

a) Valude. — L^opération des cataractes incomplètes fiSoc. franc. d*ophlalm.<t 
mai 1907). 

3) Milliken (B*-L.). — Hémorragie du vitré (Hemorrhage into the vitrcous) 
(Ohio State med. jçvtrn.^ i5 novembre 1906.) 

4) Qrenz. -» De Textraction dans sa capsule du cristallin cataracte dans 
riridochoroïdite (Ueber Ëztraktion der kataraktôsen Linse in geschlossenei' 
Kapsel bci Iridochoroïditis) [Thèse de Fribourg en B., 1906). 

1) Le malade de Hansell reçut un éclat d'acier dans l'œil. 
Celui-ci traversa la cornée et vint se loger dans le cristallin. 
Au moyen de Taimant le corps étranger fut attiré dans la 



228 KEVUE G^.NÉRALE 

chambre antérieure. On incisa alors la cornée au niveau du 
point d'entrée de Féclat d'acier et on extrait celui-ci de 
même qu une partie du cristallin cataracte. Le diagnostic du 
siège du corps étranger par les rayons X, rapporté aux dimen- 
sions de Tœil normal, ne donne pas toujours des renseigne- 
ments exacts, lorsque l'œil est hypermétrope ou myope. Dans 
le cas de Hansell, les images fournies par les rayons X pla- 
çaient le corps étranger dans le vitré ou peut-être dans un 
gros cristallin. coburn. 

2) Valude. — Les cataractes incomplètes peuvent se divi- 
ser cliniquement en deux catégories : 

1^ Les cataractes lenticulaires ordinaires qui arrivent tou- 
jours à maturité plus ou moins rapidement ; 

2® Les cataractes partielles si lentement progressives qu'elles 
peuvent être appelées stationnaires; celles-là mettent parfois 
vingt ans et plus à évoluer. 

Quand, en pareil cas, l'intervention chirurgicale est néces- 
sitée par certaines considérations, la méthode de choix sera 
certainement la maturation artificielle ; mes préférences vont 
à la discision franche avec iridectomie. 

Mais quand la maturation artificielle n'est pas acceptée par 
le patient, je conseille de tenter l'extraction d'emblée avec 
iridectomie, surtout s'il s'agit de cataracte partielle station- 
naire. 

Puis, si des masses molles secondaires apparaissent dans 
les jours qui suivent l'extraction, on les enlèvera de suite 
par succion, du sixième au. huitième jour au plus tard. 

Cette opération se fait facilement à la cocaïne sans danger 
d'infection de la plaie, et celle-ci n'est retardée que de deux 
jours dans sa cicatrisation. La succion des masses molles 
s'accompagne en même temps d'une déchirure de la cristal- 
loïde postérieure, qui assure un excellent résultat optique. 



ATALADIËS DE LA RÉFRACTION, DE L'ACCOMMODATION, ETC. 229 



MALADISS DE LA RÉFRACTION, DB l'aCCOMMODATION ST DBS MUSCLBS DB l'oBIL 

i) Bottremieux. — Traitemcnl chirurgical du slrabisinô chez Icb enfants 
(Soc. Belge d'ophiûlmologiey a6 novembre 1906). 

a) Str«0t (L.). —Paralysie du moteur oculaire commun, s^mptoma tique d'une 
attaque de rhumatisme aigu (Motor oculor paralysis as a symptom of 
acute articular rhumatism) (New-York med. journ.^ avril 1906). 

3) Armstpong (Hubert). — Un cas d'hypermétropie avec lésions mentales 
(A case of hypermetropia with mentalsymptoms] (Médical Pfe$$*nd Cir- 
cula r, octobre i^oS). 

4) Dransart. — De la suppléance du muscle grand oblique par le muscle 
droit interne (Soc, frunç. d'ophUlm,, mai '907). 

5) Delord et Revel. — Paralysie de Taccommodation dans le diabète (Soc. 
franc, d^opMalm.^ mai 1907). 

0) NoIHs (S.-C). — Une cause extraordinaire de la fatigue oculaire (Unusual 
cause of eye strain) (Central States med, Monitor, octobre 1906). 

7) Alger (E.-M.). — Insuffisances des muscles oculaires et leurs conséquences 
(Ocular insufficiency and someof its results) (New-York med, journ,^ i5 sep- 
tembre 1906). 

8) Wesenbei^. — Contribution à Tétude des troubles des muscles de Tœil 
(Bcitrag sur Kenntniss der Augeamuskelstôrungen) (Thèse de Rostock^ 
1906). 

1) Beitremieux a recours à une méthode opératoire nouvelle 
qui consiste à faire porter l'action chirurgicale (ténotomie) 
uniquement sur Tœil fixant ; ce qui lui permet d*opérer de très 
jeunes enfants sans crainte d'hypercorrection. Il a appliqué 
cette méthode dans neuf cas de strabisme convergent ; le plus 
jeune de ses sujets avait trois ans et demi, le plus Agé seize 
ans. Dans ce dernier cas seul le résultat a été insuffisant, et 
une seconde opération fut nécessaire. l. oranuclAmbnt. 

2) La malade de Street est une femme âgée de vingt-trois 
ans qui au cours d une attaque de rhumatisme aigu, présenta 
de la mydriase, avec pupille ne réagissant ni à la lumière ni à 
Faccommodation, avec du ptosis et du strabisme externe. Le 
traitement n'améliora que partiellement ces symptômes au 
bout de six mois. codur.>. 

3) Artnstrong a guéri les tendances homicides d*un enfant 
de quatre ans par un verre de trois dioptries ! sTBPHBrtsorf . 

4) Dransart présente un cas de blessure de Torbite avec 
arrachement du muscle grand oblique et section du releveur. 
Chez ce malade, D... a réalisé la suppléance du muscle grand 



230 REVUE GÉWÊRALE 

oblique en greiTant le tendon réséqué du grand oblique sur la 
partie supérieure du muscle droit externe, ensuite il a guéri 
le ptosis par la suppléance du muscle frontal. Les deux sup- 
pléances ont donné de bons résultats. 

D. estime que l'on peut obtenir également la suppléance du 
muscle grand oblique par le muscle droit inférieur. Il propose 
deux procédés opératoires qui n'ont pas encore été réalisés sur 
le vivant, l'un pour le droit inférieur, l'autre pour le droit 
externe. 

L'auteur rappelle qu'il a réalisé le premier, en 1879, la 
suppléance du muscle releveur par le muscle frontal au 
moyen de la suture en anse qui porte son nom et celui de 
Pagenstecher, l. orandclbmbnt. 

5) Delord et Bevel apportent l'observation d'une malade 
diabétique, qui fait, étant hypermétrope, une paralysie de 
l'accommodation. Cet accident a débuté brusquement; il était 
bilatéral, ne s'accompagnait d'aucune modification de Tiris, 
et il a duré un mois au bout duquel il a disparu aussi brus- 
quement qu'il s'était installé, laissant la malade dans un 
parfait état de santé. A l'occasion de cette observation, les 
auteurs cherchent à fixer les caractères de cet accident et à 
expliquer sa pathogénie. lbs auteurs. 



maladies du globe de l obil 
(blessures, corps Étrangers, parasites) 

1) Ralzis(GBonGEs). — Lésions oculaires de la lèpre (Thèse de Pàrit^ décem« 
bre 1906}. 

2) Herpinann.— Les blessures de l'œil par contusion (Die Kontusionsverlet- 
zungen dcr Auges) (Thèse de Leipzig, 1906). 

3) Abadie. — Considérations cliniques et thérapeutiques sur la buphthalmie 
congénitale (Soc» franc, d'ophtalm., mai 1907). 

4) Laitib (R.-S.). — Des injections sous-conjonctivales dans les aflTections 
oculaires (Subconjonctival ii^ections in diseascs of the eye) ( Washington 
med, Annals^ septembre 1906). 

1) Les lésions de Tœil consécutives à la lèpre, dit Raizis, 
sont connues certainement depuis la plus haute antiquité; 
mais les relations des anciens auteurs sont sujettes à caution, 



MALADIES DU GLOBE DE L'OEIL 231 

car, dans nombre de cas, ils n^ont pu faire le diagnostic, sou- 
vent difficile, d'avec les lésions oculaires syphilitiques ou 
autres. Ces lésions sont très fréquentes et Toeil doit être con- 
sidéré comme un des organes auxquels la lèpre s'attaque de 
préférence. L'âge du malade ne paraît avoir aucune importance, 
pas plus que l'âge de la maladie: Les lésions de la région ocu- 
laire antérieure sont plus fréquentes et, en tout cas, plus 
aisées à diagnostiquer, Texamen ophtalmoscopique étant sou- 
vent rendu impossible par les opacités antérieures. La cécité 
est l'aboutissant possible de ces lésions ; elle n'est cependant 
par d'une grande fréquence. 

Les ophtalmies lépreuses ont une évolution très capricieuse 
et d'une durée les plus variables. Elles peuvent demeurer sta- 
tionnaires et même guérir spontanément. Le traitement qui 
convient à ces lésions est variable suivant les régions atteintes : 
il comprend les diverses opérations usitées dans les affections 
oculaires communes et les instillations de médicaments 
appropriés. Le traitement général de la maladie comprenant 
surtout les prescriptions d'huile de Chaumoogra doit toujours 
être utilisé. Il peut à lui seul permettre laguérison des lésions, 
mais Ton est fondé à douter de son efficacité. Les affections 
oculaires sont dues au bacille de Hansen qu'on retrouve sou- 
vent dans les milieux oculaires. La marche de Tinfection 
semble se faire par l'intermédiaire de la voie sanguine et 
lymphatique. lVuteur. 

a) Sur 90.517 malades de la clinique ophtalmologique de 
l'Université de Leipzig Herrmann compte 677 cas de contusion 
de l'œil. 

a) Contusions de la cornée ; une fois il y eut des érosions 
récidivantes ;• sans cela aucun cas spécialement intéressant. 

b) Blessures de l'iris : iridody alise dans 18 cas. 

c) Blessures du cristallin : luxations 1 5 fois, subluxations 44* 

d) Contusion du corps vitré : 28 fois hémorragies dans le 
vitré. 

e) Blessures de la rétine : 17 fois l'opacification de Berlin, 
1 3 fois décollement. w. stock. 

3) Abadie, La buphtalmie congénitale est une des maladies 



23:i REVUE GÉNÉRALE 

les plus cruelles qui affligent Thuinaniié. Non seulement elle 
entraine fatalement la cécité, mais les yeux: devenant mons- 
trueux et difformes donnent à la physionomie un aspect des 
plus pénibles à voir. 

Jusqu'ici cette affection était restée incurable. On avait 
espéré un instant que Tiridectomie qui guérit le glaucome 
donnerait des résultats favorables. Il n'en est rien et cette 
opération compte à son actif bien plus de désastres que de 
succès. A quoi tiennent ces mécomptes ? A ce qu'on a considéré 
jusqu'ici la buphthalmie comme un simple glaucome infantile 
et qu'on ne lui a opposé que des moyens chirurgicaux. 

Or, il n'en est rien. Dans la buphthalmie, l'augmentation de 
la tension intra-oculaire, le développement considérable du 
globe oculaire, sont des phénomènes pathologiques secon- 
daires. Le point de départ de la maladie se trouve être une 
chorio-rétinite qui occupe le plus souvent les régions extrêmes 
de l'équateur de l'œil. La présence de cette chorio-rétinite a 
passé inaperçue jusqu'ici parce que les troubles des milieux 
de l'œil, cornée, corps vitré, rendent l'exploration difficile, et 
aussi parce que la situation tout à fait équatoriale de ces 
foyers de chorio-rétinite les dérobe à l'examen. C'est cette 
chorio-rétinite, point de départ fondamental de tous les autres 
phénomènes morbides qu'il faut combattre. 

Même dans la première enfance, il ne faut pas hésiter à 
pratiquer des injections mercurielles intra-musculaires à doses 
proportionnées à Tâge des sujets, et à les continuer très long- 
temps. Si, malgré ce traitement la tension reste surélevée, on 
pourra pratiquer des paracentèses, et même l'iridectomie ; 
mais ces interventions chirurgicales ne doivent être que le 
complément du traitement général. Abadie montre à la suite 
de cette communication plusieurs malades qui, traités de cette 
façon, sont tous guéris ou en voie de guérison. l'autbur. 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE l'aPPARBIL LACRYMAL ET DE l'oRBITB 

i) Thomson 8aint«Ciair. — Trois cas de sinusite fronto-ethmoïdale avec 
évacuation siîontanëe à travers la région fronto-orbitaire(^XreCoiiflrrc« inter, 
de méd.^ Lisbonne, 20 avril 1906). 



MALADIES DES FAUPIËKI-S, D£ L'APPAKEIL LACKYMAL, ETC. 233 

a) Dtibberft. — Contribution k l'extraction du sac lacrymal (Beitrag sur 
ThrfinensackextirpatioB) (ThèMt de Fribonrg en B., igoS). 

3) Beauvois, — Traitement de Texophtalmie pulsatile par la méthode da 
Lancereaux-Paulesco (Socfrnnç. d'opfUalm,^ mai 1907). 

4) Rollet et MorMiu. — Mucoccle fronto-orbitaire (Soc. de chir, de Lyon, 
18 mars 1907). 

5) Notais (ProfcBseur). — Pneumocèle double du »ac lacrymal (Soc. franc, 
d'ophialm., mai 1907). 

6) Rotlet (Professeur). — Extirpation de tumeurs orbitaires avec conserva- 
tion de Toeil, par les incisions cutanées curvilif^nes (Soc. franc, d'ophtalm.^ 
mai 1907). 

71 Chevalleau et Béai. — Kyste dermoïde de lorbite et du crAne (Soc. 
franc. d*ophialm.. mai 1907).' 

8) Fiah (H.-M.). — Fréquence de la cécité due aux sinusites (Fre(]^uency of 
blindness due to an afrection of the acccssory sinuses) (Americ. journ. of 
snrgery, septembre 1906). 

9' Qrean (J.)- — Complications oculaires des sinusites (Ocular signs and 
complications of accessory sinus disease) (Journal Missouri State med» 
AsMoc' septembre 1906). 

i) Thomson rapporte trois cas de sinusite fronto-etbmoïdale 
avec évacuation spontanée à travers la région fronto-orbitaire. 
Il admet que ces suppurations fronto-ethmoïdales sont compa* 
râbles aux abcès mastoïdiens rétro-auriculaires. L*infection a 
été produite dans un cas par le Micrococcus catarrhalis. 



2) Dùbbers donne d'abord un bon résumé bibliographique, 
puis il détermine les indications de l'extirpation comme suit : 

i** Dacryocystite avec rétrécissement du canal naso-lacry- 
mal dans la classe ouvrière ; 

a® Dacryocystite avec occlusion du canal; 

3^ Dacryocystite avec affection de la cornée ou blessures ; 

4*^ Dacryocystite avec maladie chronique de la conjonctive 
ou des paupières ; 

5** Dacryocystite avant de faire une opération sur Tœil ; 

6^ Dacryocystite purulente avec issue du pus ou fistule 
lacrymale ; 

7^ Ectasie et atonie du sac, même lorsque le canal est per- 
méable. 

Pour l'extirpation, on fait usage de Tanesthésie locale 
(cocaïne i p. 100 et III à Y gouttes d'adrénaline à i/iooo par 
centimètre cube). w. stock. 

3) Le traitement de Texophtalmie pulsatile est un des plus 



l'y.- ^ --.w.-t.T 



[i ' 234 REVUE GÉNÉRALE 



^, difficiles qu'offre la pratique de rophtalmologie. Les anciens 

f-' procédés de compression manuelle ou instrumentale, galvano- 

i ■ puncture, injections modificatrices, etc., sont remplacés à 

1^ peu près exclusivement aujourd'hui par la ligature de la caro- 

I,, tide primitive. Mais cette opération est délicate; elle relève 

\. , de la chirurgie générale ; elle expose à des accidents cérébraux 

\ et, malgré le pourcentage assez favorable que les statistiques 

ont établi (60 pour 100 de succès d'après Lefort), elle ne 
t laisse pas d'être une intervention difficilement acceptée parle 

[^ malade. 

l Les ophtalmologistes ne peuvent donc qu'accepter avec 

' ; faveur et tenter dans les cas d'exophtalmie pulsatile le trai- 

j tement des injections de sérum gélatine présenté en 1897 à 

^ - l'Académie de médecine par Lancereaux et Paulesco. Ces 

X injections ont donné h de nombreux médecins et chirurgiens 

\. et aux auteurs de la méthode d'excellents résultats dans des 

y, cas d'anévrismes de la crosse de l'aorte, des sous-clavières, de 

V- l'aorte thoracique ou abdominale. Les guérisons constatées, 

^^ les améliorations obtenues permettent de bien augurer de la 

r méthode dans les cas d'exophtalmie pulsatile. Les essais thé- 

\ rapeutiques sont encore peu nombreux. Beauvois rapporte 

;, deux cas de guérison. Une des observations est relatée dans 

'; la thèse de Lebon (Paris, 1902). La seconde fut présentée à 

! l'Académie en 1906 par Lancereaux. Elle appartient à la 

clientèle de l'auteur. Dans les deux cas, la guérison fut com- 
plète ; elle fut obtenue par une série de plus de trente injec- 
tions de sérum gélatine dans chaque cas et un séjour de plu- 
sieurs mois au lit. La dernière malade, revue par Beauvois un 
an après la cessation du traitement, est dans le même état. 
Par guérison de l'exophtalmie pulsatile, il faut entendre avec 
Lancereaux et Paulesco, la coagulation du sang dans la 
poche anévrismatique, d'où cessation du souffle, des bruits, 
des battements et de l'exophtalmie. 11 est bien évident qu'une 
fois la guérison obtenue, les malades doivent suivre une 
hygiène spéciale. L'anévrisme reste avec des chances de 
rupture. l auteur. 

4) Rollet et Moreau présentent une jeune fille de vingt-cinq 
ans atteinte de mucocèle du sinus frontal droit avec tumeur 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L'APPAREIL LACRYMAL, ETC. ^>35 

orbiiaire. Dix ans auparavant, coup de corne de vache à 
l'angle supéro-interne de Torbite, épistaxis à la suite et appa- 
rition d'une tumeur qui a progressivement augmenté de 
volume. Aujourd'hui, tumeur du volume d'une petite noix 
plaquée à Tangle orbitaire ; tumeur indolore, fluctuante, irré- 
ductible, sans battements. Hyperostose naso-frontale, pas 
d'exophtalmie, vision normale. Sinus frontal droit obscur, 
polypes à droite. 

La malade a été opérée par RoUet, ce qui a confirmé le dia- 
gnostic posé. Résection de la poche orbitaire, contenant des 
mucosités ; trépanation frontale du sinus, cathétérisme rétro- 
grade. Les cultures ont montré des pneumocoques (Aurand), 
ce qui démontre que la mucocèle, malgré son ancienneté, 
relève d'une inflammation atténuée et non d'une altération 
kystique ou d'une malformation osseuse primitive, o. d. 

5) Matais. — A droite, dilatation permanente et considé- 
rable du sac lacrymal, s*exagérant encore par l'expiration 
forcée, le nez et la bouche étant fermés. A gauche, le sac est 
soulevé brusquement par l'expiration forcée, mais dans des 
proportions beaucoup plus faibles. L'incision du sac droit 
donne lieu simplement h une issue d'air ; la muqueuse de la 
cavité, très dilatée^ était saine. 

L% production de ces singulières tumeurs ne peut être 
attribuée que, d'une part, à la forme arrondie, sans repli 
, muqueux, de l'orifice inférieur du canal nasal, permettant la 
chasse facile de l'air du nez dans le canal et, d'autre part, à 
la situation externe de l'orifice supérieur du canal et au déve- 
loppement anormal des replis muqueux des orifices des 
conduits lacrymaux et du canal nasal, mettant obstacle à 
Fissue de l'air introduit dans le sac à chaque effort d'expi* 
ration. l'autbur. 

6) Rollet rapporte trois cas de tumeurs orbitaires circon- 
scrites qu'il a enlevées en totalité avec conservation de l'œil, 
à l'aide de la méthode simple, l'incision cutanée curviligne. 
Il estime que la méthode composée ou résection de Krônlein 
a des indications exceptionnelles dictées par les gros néo- 
plasmes. 



236 REVUE GÉNÉRALE 

Dans le premier cas, on sent la tumeur qui est placée sous 
Toeil ; incision large sur le rebord inférieur et extirpation d'un 
kyste mucilagineux et purulent adhérent au droit inférieur. 
Dans les deux autres cas, on ne perçoit aucune tumeur, il y a 
exophtalmie et papillite. Large incision curviligne qui permet 
d'enlever dans un cas un kyste sanguin traumatique du 
sommet de Torbite et, dans Tautre, un sarcome du nerf 
optique. Dans les trois cas, réunion rapide, pas d'ulcère cor- 
néen, pas de paralysie musculaire. Dans les deux premiers 
cas, vision normale. Dans le troisième cas, sarcome du nerf 
optique; on a pu suivre pendant un mois l'état du fond 
d*œil avec vaisseaux rétiniens bien visibles ; fond de coloration 
blanchâtre au début, puis rose jaunâtre ; rien du côté de la 
tension, mouvements normaux. C'est spécialement la large 
incision interne curviligne qui permet d'explorer du doigt le 
sommet de Torbite, incision recommandée aussi pour aborder 
les sinus. l^autectr. 

7) Chevallereau et BéaL — Un homme de quarante-huit 
ans de très bonne santé générale, se présente avec une 
exophtalmie tellement considérable de Tœil droit que cet œil 
pend littéralement sur la joue et que son pôle postérieur ré- 
pond au bord inférieur de Torbite. Cependant chose bizarre, 
cet œil a conservé tous ses mouvements. Toute la cavité 
orbitaire est remplie par une tumeur molle, rénitente, non 
pulsatile, ne laissant entendre aucun bruit à Tauscultation. 

L'œil complètement aveugle par leucome total, est énucléé ; 
la tumeur disséquée sur tout son pourtour jusque vers le som- 
met de l'orbite, est extraite. Il s'écoule une énorme quan- 
tité, plus de 100 centimètres cubes d'un liquide huileux con- 
tenant en abondance des paillettes de cholestérine. L'index 
s'enfonce dans la cavité de toute sa longueur et trouve à 
8 centimètres et demi environ du rebord supérieur de l'orbite 
le fond du kyste appliqué contre la dure-mère refoulée. De 
même l'index recourbé dans tous les sens joint à peine la paroi ; 
partout les os ont disparu et la cavité orbitaire osseuse est 
réduite à sa base. 

Les suites de l'opération ont été des plus simples, un mois 
après le m:ilade quittait l'hôpital. Revu ces jours derniers il 



MALADIES DES PAUPIÊBES, DE L*APPAKëIL LACRYMAL, ETC. 237 

était dans le même état que si Ton avait pratiqué chez lui une 
simple énucléation et il pourrait porter un œil artificiel, les 
mouvements étant conservés. 

Les auteurs n'ont pu relever que quatre observations ana- 
logies à celles-ci et dues à Adolphe Richard^ (i855), Gosselin 
( 1 85 1 ), Rohmer ( 1 889) et de Lapersonne ( 1 89 1 ). 



LB8 AVTBURS. 



RAPPORTS DB L 'OPHTALMOLOGIE AVBC LA PATHOLOGIE G^NÂRALB 



i) Rodiet et Dans TN.-S.). — Diagnostic différentiel des troubles cérébraux 
dus A Talcool et ae la paralysie générale d'après les symptômes oculaires 
(AnnAleê médico^psychologiqutSy p. 408, 1900). 

a) BroaokJiert. — Pseudo-leucémie simulant la prétendue maladie de M iku- 
Wcz (Soc, belge d*oioU, de rhin. et de Uryng.f 9 juin 1906). 

3) Carra. — Hémi-section de la moelle cervicale par coup de couteau. Syn- 
drome de Brown-Séquard (Soc. franc, d'ophtalm.y mai 1907). 

4) Jaoqueau (A.). ~ Cécités momentanées récidivantes (Soc. franc, d'oph- 
talm,, mai 1907). 

5) Bouohart. — Dysménorhée et iridokératite. La théorie de Tceil-rein de 
Gayet (Soc, franc, d*ophtalm., mai 1907). 

6) Rsynolda (J.-O.-Mc). — Complications oculaires des néphrites (Ocular 
manifestations of nephritis) (Texae State Journal of medieiney août 1906). 

7) Sneve (H.V— Goitre exophtalmique (Ëxophthalniic goilcr) iSt Paul med. 
joiirn., 8 décembre 1906). 

B) Luaxkowski. — La syphilis du système nerveux central au point de vue 
des troubles oculaires (Beitrâge zur Syphilis des Zcntralncrvensystems mit 
BerCîcksichtigung der Augenstorungen) [Thèse de Breslau^ 1906). 

1) Rodiet et Cans étudient les signes oculaires de Talcoo- 
lisme chronique qu'il faut distinguer des mêmes symptômes 
de la paralysie générale. Après avoir passé en revue i* les 
troubles pupillaires ; 2^ les troubles de la sensibilité oculaire ; 
3^ les aberrations, illusions et hallucinations de la vue qui 
dépendent plutôt de l'état du cerveau que des lésions oculai- 
res ; 4* les altérations du fond d'oeil ; 5* les troubles visuels, 
les auteurs concluent que Ton peut se demander parfois si 
Ton se trouve en présence d'une pseudo-paralysie générale 
alcoolique. Mais l'étude des troubles oculaires montre qu^il y 
a deux séries d'accidents et que ce sont les deux phases évoluti- 
ves d'un même processus : il n'y a pas de pseudo-paralysie géné- 
rale. B. n. 



233 REVUE GÉNÉRALE 

2) Broeckaert vdippelle que Ton donne le nom de maladie de 
Mikulicz à une hyperplasie des glandes salivaires et lacry- 
males. Dans l'observation rapportée, l'examen du sang a fait 
exclure la leucémie mais l'existence d'une splénomégalie et 
d'une grosse masse ganglionnaire médiastinale visible à l'écran 
radiographique ont conduit à penser que ce syndrome de 
Mikulicz appartenait à la pseudo-leucémie. Au point de vue 
histologique il y avait hyperplasie de noyaux lymphoïdes 
préexistants avec puUulation des cellules lymphoïdes dissociant 
les acini glandulaires. n. 

3) Carra. — Intéressante et complète observation clinique 
d'un malade atteint d'une affection traumatique de la moelle 
cervicale, à localisation anatomique typique. La lésion siège 
entre les sixième et septième vertèbres cervicales, un peu à 
gauche de la ligne médiane. Il s'agit de M. S. B., vingt-qua- 
tre ans, qui, au cours d'une rixe, le 17 octobre 1906, reçoit 
un coup de couteau dans la région cervicale. L'observation 
générale est donnée par le D*" Ferrand. 

Le coup reçu le malade s'affaisse, rétention totale d'urine dès 
le second jour, hémiplégie gauche incomplète, parésie du mem- 
bre inférieur gauche, pas de trouble de sensibilité; à droite, 
pas de trouble moteur, .mais anesthésie complète très étendue. 

Appareil visuel ; syndrome de Horner au complet, fente 
palpébrale petite, léger ptosis (parésie du muscle de MuUer), 
retrait du globe, myosis total, pas de dilatation pupillaire en 
chambre noire, parésie de Taccommodation, fond d'œil normal. 
Donc le centre cilio-spinal a été intéressé. Le malade sera 
suivi. Il deviendrait tout à fait intéressant si, plus tard^ 
par le fait du hasard, il faisait une complication d'ordre glau- 
comateux sur son œil gauche. i/autbur. 

4) Jacqueau relate plusieurs observations personnelles de 
cette curieuse affection. Il s'agissait de sujets n'ayant pas de 
stigmates hystériques mais qui pourtant étaient des nerveux. 
Ils présentaient de véritables attaques de cécité absolument 
totale ; chez Tun d'eux ces attaques se reproduisaient jusqu'à 
dix fois dans la journée. Le fond de l'œil examiné pendant la 
crise ne présentait aucune modification, le réflexe pupillaire 



VARIA 239 

était intact. L'auteur rattache ces phénomènes à ceux de la 
migraine ophtalmique et termine ainsi : » A étudier de près 
toutes ces manifestations, on est fort tenté de dire : épilepsie, 
migraine ophtalrpique, cécité momentanée sont tous les en- 
fants d'une même famille neuro-pathologique incomplètement 
étudiée. Et pour me borner aux constatations que j'ai pu faire 
par moi-même je conclus simplement que Ton peut voir à 
Tétat isolé, chez des personnes de tout âge et sans aucune tare 
apparente, des phénomènes de cécité momentanée récidivante, 
phénomènes qui doivent être de même nature que ceux de la 
migraine ophtalmique et qui ne sont sûrement pas commandés 
par un trouble circulatoire périphérique . » l'autbur. 

5) Bouchart. Les phénomènes oculaires qui accompagnent 
l'insuffisance de la menstruation chez les jeunes filles de vingt 
à vingt-cinq ans, n'ont pas assez attiré l'attention. Quatre 
observations de sujets de cet âge présentent des caractères 
semblables : embonpoint, hérédité arthritique, manque d'exer- 
cice, insuffisance ovarienne, iridokératite sans lésion du vitré, 
variations longues de l'état général et de l'état local, œdème 
cornéen, avec ou sans taies anciennes; traitement général 
(fer, mercure, arsenic, salicylate...), opothérapie ovarienne, 
dionine forte, guérison par retour normal des règles, durée 
trois à quinze mois. La théorie deTœil rein du professeur Gayet 
(de Lyon) recherchant dans une filtratïon et élimination par 
l'œil des toxines humorales la cause des participations de l'œil 
à de nombreuses affections générales, dont plusieurs s'accom- 
pagnent de lésions rénales, larvées ou manifestes est peut-être 
applicable à nos cas. La chimie des liquides normaux ou patho- 
logiques à rentrée et à la sortie de Tœil reste peu connue r la 
clinique seule fournit quelques éléments à ce sujet. 

l'autbur. 



VARIA 



i) Sohanz (Fmitz). — L'éducation visuelle d'aveugles-nés opérés plus tard 
avec succès (Ueber das Sehenlernen blindgeborener und spftter mit Erfolg 
opepierter Menschen) (Zeittchr, fur Augenfieilk., XII, p. 753). 

2) Kooh (L.). — Du traitement de quelques maladies des yeux par l'éclairage 
au moyen d'une lampe électrique à incandescence (Behandlun^ von Au- 

Senkrankheiten durch Bestrahlung mit der elektrischen Gliihlampe) (Thèse 
e Munich, 1906, MÛnch, med. Woehensch.^ p. 1894, 18 septembre igo6.) 



240 REVUE GÉNÉRALE 

i) Schanz nous raconte l'histoire d'un enfant aveugle-né 
à la suite de cataracte congénitale des deux yeux et qui fut 
admis à sa clinique à Tâge de six ans. L'enfant, dont l'éduca- 
tion avait été complètement négligée, fut .reconnu comme 
idiot ; il ne prononçait que quelques mots et ne pouvait même 
pas mâcher sa nourriture. Il fut opéré des deux yeux avec 
succès. Il est intéressant de suivre les changements qui se 
firent dès ce moment chez l'enfant : peu à peu, il apprit à 
reconnaître^ avec ses yeux, les jouets qu'il ne connaissait aupa- 
ravant que par la palpation, il se trompait sur sa propre 
image reflétée par une glace, et ne comprit que peu à peu le 
phénomène du miroir; le sens des couleurs se développa, il 
apprit à manger et son intelligence s'éveilla. b.rbdslob. 

a) Koch publie les résultats d'essais de traitement par 
l'éclairage électrique, faits à la clinique du professeur Evers- 
busch. L'exposition de l'œil à la lumière a lieu deux fois par 
jour, matin et soir, avec une lampe d'environ vingt bougies, 
et cela pendant cinq secondes environ, puis on laisse l'œil se 
reposer jusqu'à ce que la pupille soit revenue à sa dimension 
normale. On répète cet éclairage vingt à vingt-cinq fois de 
suite en ayant soin que les rayons ne puissent pas arriver 
directement à la macula. 

Les meilleurs résultats furent obtenus dans les cas de 
kératite glaucomateuse et de kératite profonde. Dans les 
autres formes de kératites, ulcéreuse, pannus trachomateux, 
l'éclairage accélère la guérison une fois la période aiguë 
passée ; il a même une légère action sur les taies de la cornée. 
Koch n'a pas obtenu de résultat dans la kératite parenchyma- 
teuse héréditaire spécifique. Dans un cas de descémétite (iritis 
séreuse), il y avait augmentation de la vision à chaque exposi* 
tion, mais elle revenait à l'état primitif dès que l'éclairage 
cessait (ne s'agit-il point ici d'action sténopéique de la pupille ? 
H. D.). L'auteur attribue les résultats obtenus à l'accéléra- 
tion de la circulation des liquides dans les chambres anté- 
rieures provoquée par les contractions fréquentes de la 

pupille. s H. DOB. 

Le Gérant : P. Massox. 



Lyon. — Imp. A. Rbt et O», 4, rue Gentil. -- 457 



N"" 6 30 JUIN 1907 



MÉMOIRES ORIGINAUX 



Pathogénie et Cure radicale de l'entropion 
granuleux de la paupière supérieure^ 

Par le Docteur A. GANGE 

ProfMMur de clinique ophUlmologi<iue à TEcole de pleia exercice 
de médecine et de pharmacie d^Âlger. 



Je désire vous entretenir d'une affection fréquente dans nos 
salies et presque aussi répandue que ne Test elle-même Taffec- 
tion qui Tengendre : je veux parler de Teniropion. De fait, 
98 fois sur 100, vous le verrez succéder à la conjonctivite 
granuleuse, dont il constitue moins une complication qu'une 
étape ultime de son processus. Par quel mécanisme se pro- 
duit-il? Tel est le problème que nous devons résoudre tout 
d'abord si nous voulons établir sur des bases précises un trai- 
tement rationnel. Or, les lésions sont plus profondes et plus 
complexes que vous ne seriez tentés de le supposer. Donc, 
procédons par ordre et commençons par la conjonctive siège 
initial, sinon prédominant, des altérations trachomateuses : 

I** La muqueuse tarsienne, — je ne veux m'occuper que de 
celle-là, — est profondément remaniée, et ses modifications 
portent à la fois sur Tépithélium et sur le chorion muqueux. 
L'épithélium devient pavimenteux, stratifié. Normalement, 
vous le savez, il est constitué par une rangée de cellules 
cylindriques reposant sur une seule assise de cellules arron- 
dies. A la suite de la conjonctivite granuleuse, il se montre 

i Leçon du 7 mars 1907. 

16 



242 BlÊMOIRES OAIGINAIJX. — A. GANGE 

constitué par trois couches superposées de cellules différentes 
qui sont, en allant de la profondeur vers la surface : i® Une 
couche basale formée de cellules allongées verticalement^ avec 
parfois des noyaux . en voie de karyokinèse ; 2® une couche 
intermédiaire de plusieurs rangées de cellules polygonales 
pourvues de filaments unitifs comme les cellules du corps 
n^uqueux de Malpighi ; 3* une couche superficielle constituée 
par des cellules aplaties, dépourvues de noyaux et de grains 
d'éléidine, ce dernier caractère signifiant qu'elles ne subissent 
pas la transformation cornée. 

Jusqu'à présent, vous n'apercevez pas le « tissu d'inodule », 
car il n'y a pas plus de raison d'attribuer de Timportance à 
cet épithélium de remplacement] dans la genèse de Tentropion, 
qu'il n'y en a, par exemple, pour soutenir l'influence de Tépi- 
thélium pavimenteux stratifié de l'urètre rétréci dans la 
genèse de la sténose blennorragique. Mais il y a plus : dans 
les premières phases de la maladie et lors des poussées érup- 
tives, l'épi thélium cylindrique, du fait sans doute, de son 
élongation et de son étalement mécaniques, prend sur le 
sommet du nodule trachomateux une disposition lamellaire ; 
à ce niveau aussi, il se montre infiltré de nombreux globules 
blancs. Aminci et fragile, « envahi et rongé par les leucocytes 
migrateurs », comme dit Villard, il tombe sous l'influence 
du plus léger trauma ou sous la poussée excentrique d'une 
suiTusion hémorragique : une perte de substance est créée, qui 
après élimination du tissu morbide, se comblera par un tissu 
de cicatrice. Nul plus que Raehlmann n'a insisté sur ces « ulcères 
folliculaires ». Sans mettre en doute l'induration conjonctive 
du nodule trachomateux, il la croit moins fréquente cepen- 
dant, que le processus ulcéreux et, pour lui, le trachome est 
« une inflammation folliculaire pure, avec caractère ulcératif 
prédominant, qui détruit le tissu adénoïde de la conjonctive. » 

Je passe au derme sous-épithélial, au chorion muqueux de 
la conjonctive. Deux couches le constituent, qui différent et 
dans leur texture anatomique et dans leur aptitude patholo- 
gique : la couche superficielle est formée par une trame déliée 
de délicates fibrilles conjonctives au sein de laquelle s'infil- 
trent d'abondants éléments migrateurs; c'est, histologique- 
ment parlant^ la couche adénoïde : c'est aussi la zone d'élec- 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — A. GANGE 243 

lion du processus pathologique. Au-dessous d'elle se dessine 
la couche profonde ou fibreuse composée de faisceaux con- 
jonctifs puissants^ étroitement imbriqués et « comparables 
aux faisceaux tendineux )>. On n'y trouve point cette infiltra- 
tion ou cette accumulation leucocytaire qui caractérise la 
couche superficielle. Au niveau du segment rétrotarsien, cette 
couche profonde est peu développée; je reviendrai tout à 
rheure sur cette particularité. 

Ainsi que je viens de vous le dire, c est dans la couche adé- 
noïde que se localisent les nodules trachomateux. Les éléments 
qui entrent dans la constitution de chacun d'eux sont évidem- 
ment complexes et le temps n'est plus où la granulation était 
considérée comme une accumulation d'éléments identiques, 
du type lymphoïde. En réalité trois sortes d'éléments la con- 
stituent : 1** Des cellules fort variables (lymphocytes, phago- 
cytes, leucocytes mononucléés, grandes cellules de charpente 
etc.); 2^ des vaisseaux; 3^ du tissu conjonctif. 

C'est de ce dernier seulement que je veux parler. Emané 
du tissu connectif circumvoisin, ou entraîné par les vaisseaux, 
il est plutôt peu abondant dans la granulation jeune. Il devient 
prédominant dans les granulations anciennes : Texamen histo- 
logique nous le montre alors sous l'aspect de grosses travées 
qui, parties de la profondeur, s'insinuent dans l'épaisseur du 
nodule,lepénètrenten tous sens, le dissocient et étouffent, pour 
ainsi dire, les éléments cellulaires. Sur une préparation de 
conjonctive trachomateuse guérie^ Villard constate que la 
couche adénoïde « est maintenant formée en dehors des leuco- 
cytes qui l'occupent encore, non plus par des faisceaux con- 
nectifs délicats, mais par de véritables faisceaux tendineux 
puissants doués d'une grande résistance et dont la présence va 
transformer cette couche en une sorte de tissu cicatriel. C'est 
ainsi que l'on voit au-dessous de la membrane basale de Tëpi- 
thélium une grosse travée conjonctive que l'on peut suivre 
dans toute l'étendue de la préparation ; au-dessous de celle-ci 
d'autres faisceaux fibreux coupés entravers montrent par leurs 
grandes dimensions l'importance des changements opérés». 

En résumé : placards cicatriciels circonscrits, à la surface, 
traînées diffuses de cirrhose sous-épithéliale dans la profon- 
deur, tels sont les deux éléments du coefficient muqueuxy de 



â44 MÉ^tOIRES OKIGINAUX. — A. GANGE 

Fentropion granuleux. Et en présence de ces désordres déjà si 
graves, que crée le trachome abandonné k lui-même, on a le 
droit de se demander ce qu'il advient de cette malheureuse 
conjonctive traitée par les méthodes de force telles que les 
grattages et les cautérisations réitérées, Texpression, le bros- 
sage etc. etc. 

J arrive aux lésions du tarse, de cette partie des voiles pal- 
pébraux, qui en constitue, pour ainsi dire, le squelette et 
qu'on a qualifiée, en raison même de sa consistance et de son 
aapect, du terme, fort impropre d'ailleurs, de ** cartilage". Or 
nous savons bien, et l'histologie le démontre, que cet organe 
n'a du cartilage que l'apparence et qu'il s'agit d'un tissu con- 
jonctif condensé. Gegenbaur enseignait que phylogénétique- 
ment le tissu des tarses était du tissu dermique distendu par 
le globe oculaire résistant et moulé sur lui. Se basant sur ses 
recherches histologiques, Villard affirme que le tarse se confond 
intimement avec la couche profonde ou fibreuse de la con- 
jonctive, que toute distinction entre ces deux parties est arbi- 
traire ou plutôt « que Ton pourrait considérer cette couche 
comme faisant défaut au niveau des tarses ». Or une des ca- 
ractéristiques de cette couche profonde est d'opposer une 
résistance incomparable à Tensemencement et à la diffusion 
du processus trachomateux. Nul doute qu'il y ait dans cette 
disposition anatomique un facteur susceptible d'influencer les 
modifications du tarse. Quelles sont ces modifications? Com- 
[nent se produisent-elles ? Sont-elles ou non spécifiques ? Voilà 
ce que nous allons envisager maintenant. 

a) Quelles sont-elles? Ce que je vais vous dire, pour n'être 
pas classique, n'en est pas moins d'une rigoureuse exactitude. 
Dans une première série de faits, les lésions prédominent sur 
la conjonctive, et le tarse semble avoir conservé ses caractères 
et ses dimensions. Sous l'influence de la rétraction inodulaire 
de la muqueuse et des couches immédiatement cbntiguës du 
cartilage, le tarse s'est incurvé, enroulé, excavé en gouttière 
à concavité postérieure : il y a exagération pathologique de la 
courbure normale ; pour nous servir d'une comparaison banale 
le tarse « a fait gros dos ». Dans d'autres cas, les lésions sont 
plus diffuses et plus profondes. Le tarse est pris en totalité ; 
il est à la fois incurvé et déformé ; notablement épaissi, il se 



MÉMOIRES ORrGINAUX. — A. GANGE 245 

montre comme doublé d une exostose : les modifications de 
forme priment les altérations de courbure. Cette seconde va- 
riété est à la première ce que le tibia de Thérédo-syphilis par 
exemple est au tibia rachi tique. Une troisième éventualité est 
possible : le tarse a disparu dans sa presque totalité et le 
squelette palpébral n'est plus représenté que par une nappe 
fibreuse dépourvue de résistance ; seuls, quelques « noyaux 
cartilag^ineux » persistent le long du bord libre : c'est le type 
atrophique. 

b) Par quel mécanisme se produisent ces modifications ? 

D'abord par continuité de tissu. Au contact de la conjonc- 
tive granuleuse, le tarse réagit et s'infiltre. Ainsi se comporte 
le tissu conjonctif, au voisinage immédiat des articulations et 
des synoviales tuberculeuses, où, à la périphérie des nappes 
fongueuses, se constitue une couche épaisse de tissu lardacé 
que crée dans la zone ambiante l'inflammation chronique. 
« L'entropion tarsien, écrit Charvot dans le Dictionnaire 
<\ DechambrCj est presque l'apanage exclusif de la conjonc- 
« tivite granuleuse. Dans ce cas, la désorganisation est plus 
« lente, mais plus profonde. Elle ne se borne pas à la 
« muqueuse, mais envahit le tarse. Sous Tinfluence de Tirri- 
« tation prolongée qu'entretiennent les granulations conjonc- 
« tivales et peut-être les interventions opératoires, le fibro- 
« cartilage s'atrophie, se déforme, se recroqueville et s'en- 
« roule sur lui-même. » Deux points sont à relever dans ce 
passage : la propagation de l'inflammation de proche en 
proche et l'influence des interventions, sur l'atrophie du tarse. 
Cette propagation de proche en proche ne se fait cependant 
pas en tous points avec une égale intensité, ou du moins avec 
la même facilité. Comme le fait observer Fuchs, c'est au 
niveau du sillon subtarsal qu'elle s^efTectue le plus aisément, 
c'est-à-dire dans les points où les vaisseaux émanés de l'arc 
vasculaire inférieur traversent le cartilage pour s'épanouir 
dans la muqueuse. Ceci n'a rien de surprenant, ni de bien 
.spécial à notre région et la pathologie nous montre, en bien 
d'autres endroits, les processus pathologiques se diffusant par 
les traînées conjonctives périvasculaires et empruntant les voies 
lymphatiques des « espaces perforés » . 

Je passe à un autre mode d'envahissement du tarse : l'in- 



-^46 MÉMOIRES ORICrNAUX. — A. GANGE 

fectioQ meibomienue ascendante. Il n*esti peut-être pas, au 
sein de la conjonctive granuleuse, un seul organe sécrétoire 
qui soit absolument sain, depuis la très volumineuse glande 
lacrymale dont les lésions ont été décrites par Baquis, jus- 
qu'aux minuscules acinis de Krause et de Henle. Les glandes 
de Meibomius n'échappent pas à cette règle générale. Pour 
nombre d'auteurs, leurs lésions sont secondaires et consécu- 
tives aux altérations du tarse, dans l'épaisseur duquel elles 
sont enfouies. Mais, l'hypothèse d'ime altération primitive de 
ces glandes est tout aussi soutenable et force est de recon- 
naître que la situation de leurs pores excréteurs, alignés sur la 
marge postérieure du sol ciliaire, constitue un facteur prédis- 
posant de tout premier ordre. Les poussées répétées de 
blépharite et de conjonctivite catarrhale ou purulente, les 
altérations de la sécrétion lacrymale ou l'hypersécrétion 
réflexe, le fonctionnement défectueux des voiles palpé- 
braux, etc., etc., constituent autant d'éléments de nature à 
entraver l'excrétion glandulaire et à favoriser l'infection 
ascendante. Strzeminski adopte une opinion mixte : les 
lésions meibomiennes sont d'abord consécutives aux altérations 
de la muqueuse et du périchondrium (?) ce qui, entre paren- 
thèses, détermine par modification qualitative des sécréta, 
l'irritation et l'usure du ressaut ciliaire postérieur, puis, dans 
im second temps, elles réagissent sur les portions restantes du 
cartilage : « des glandes meiboimennes, écrit-il, Taffection 
« se transmet aux autres parties du tarse, l'assaillant particu- 
« lièrement dans les couches postérieures et contiguës du 

« bord ciliaire la rétraction plus forte de la partie inféro- 

(( postérieure que de la supéro-antérieure produit une cour- 
« bure du tarse avec la concavité tournée en avant. » 

cj Une dernière question se présente. Ces lésions tarsiennes 
sont-elles purement et simplement inflammatoires et ne s y 
ajoute-t-il pas, au moins pour une certaine part, un élément 
spécifique ? Nous connaissons la tarsite spécifique décrite par 
Fuchs, la tarsite ulcéreuse tertiaire étudiée par Morax et 
Druais et dont j'ai rapporté un exemple typique dans les 
Archives générales de médecine de igoS. Rollet nous a fait 
connaître la tarsite tuberculeuse secondaire à la bacillose 
conjonctivale, et nous a montré le tissu pathologique s'infil- 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — A. CANGE 247 

trant par une large brèche dans le parenchyme tarsien, 
s'épanouissant en ombelle dans son épaisseur et venant 
affleurer sa couche superficielle. A priori^ il n'est pas impos* 
sible d'admettre une tarsite trachomateuse, mais il faut bien 
reconnaître que Tanatomie pathologique ne confirme pas, 
jusqu'à présent du moins, une semblable opinion. De fait, 
dans ses recherches anatomo-pathologiques récentes, puis- 
qu'elles datent de 190a, Junius a trouvé dans Tépaisseur du 
cartilage, des « mastzellen » comme dans tous les processus 
inflammatoires/ des cellules graisseuses sans importance spé- 
ciale, et des cellules infiltrées ou agglomérées en petits amas 
qui n'ont rien de commun avec les granulomes. Enfin, l'agent 
pathogène du trachome est encore, à l'heure actuelle^ totale- 
ment inconnu, et il faut bien admettre que sa découverte con- 
tribuerait à nous donner la solution d'un si intéressant 
problème. 

J'aborde enfin, le rôle de la contracture musculaire. Dans 
plusieurs traités, vous trouverez encore de longues disserta- 
tions sur l'action respective des fibres centrales et périphé- 
riques de l'orbiculaire. Ces exposés me rappellent les inter- 
minables chapitres de pathologie externe, où se trouve déve- 
loppée l'étiologie des déviations ostéo-articulaires des adoles- 
cents. Est-ce le tendon interne qui est relâché ou l'externe 
qui est rétracté ? Est-ce le muscle adducteur qui est contrac- 
ture ou l'antagoniste qui est paralysé? Ce sont là aujour- 
d'hui des questions... byzantines! Eh bien, de même nous 
savons que toutes ces déviations sont d'ordre squelettique, 
de même nous devons nous pénétrer de cette notion capitale 
que l'entropion granuleux, — je ne parle que de celui-là — 
est surtout d'origine tarsienne. Le « spasme » n'intervient 
qu'à titre accessoire pour 'confirmer ou aggraver les lésions 
préexistantes. 

Je me résume : des trois éléments, conjonctival, tarsien, 
musculaire, le prépondérant est l'élément tarsien; l'entro- 
pion granuleux est pour nous chirurgiens, d'ordre squeletti- 
que. C'est donc sur ce squelette que doit porter l'action chi- 
rurgicale et l'opération qu'on doit pratiquer est l'opération 
de Panas. Car cette intervention que je vais maintenant 
décrire, il l'a faite sienne, et par la parfaite conception de la 



248 MÉMOIRES ORIGINAUX. — A. CâNGE 

nature des lésions à combattre, par la netteté de l'indication à 
remplir et par la précision de la technique. Je cite textuelle- 
ment : 

« Toute opération destinée à remédier à cette lésion devra 
« donc avant tout s'adresser au tarse recourbé sur lui-même ; 
« véritable squelette de la paupière, au même titre que pour 
« le traitement du rachitisme des membres, les chirurgiens 
« s^adressent de prime abord au squelette. Dès lors, tout pro- 
« cédé opératoire véritablement efficace devra comprendre 
« la section ou l'excision cunéiforme du substratum fîbro- 
« chondroïde de la paupière. » 

Tous, vous avez vu pratiquer des ostéotomies et des résec- 
tions osseuses orthopédiques et vous avez pu constater qu'el- 
les comportent, dans leurs grandes lignes, trois temps princi- 
paux : la découverte de Tos par une incision appropriée des 
parties molles, la section pure et simple de Tos ou Texcision 
d^une tranche osseuse de dimensions suffisantes, la correction 
de la difformité, c'est-à-dire, le replacement en position nor- 
male des fragments avivés. Eh bien, l'opération de Panas 
constitue une véritable intervention orthopédique et comprend 
tout comme elle : i** la découverte du tarse, 2* sa section, 
3® son redressement. 

1. — Pour découvrir le tarse, pour le mettre à nu, on a 
recours à une incision rectiligne, courant à 3 ou 4 i^il- 
limètres au-dessus du bord libre et parallèlement à lui, depuis 
le point lacrymal supérieur jusqu'au canthus externe. Notez 
tout de suite que cette incision est irréprochable au point de 
vue anatomique, puisque, parallèle à la direction générale des 
vaisseaux et des fibres musculaires, elle permet d'aborder les 
parties profondes sans endommager les plans 'superficiels; 
qu'elle est satisfaisante au point de vue opératoire, puisqu'elle 
crée une voie d'accès large et facile ; qu'elle est parfaite enfin, 
au point de vue esthétique, puisque la cicatrice ultérieure se 
dissimulera aisément dans les plis de la paupière. Deux plans 
anatomiques sont traversés : la peau doublée de son tissu 
connectif, tantôt mince et souple, tantôt infiltré et œdématié, 
et le muscle orbiculaire dont les fibres sont rouges et char- 
nues ou jaunâtres et comme dégénérées. Excisez-en au besoin 



"WT' 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — A. CANGE 249 

une longue et large lanière, cela allège et soulage d'autant la 
paupière et affaiblit ou annihile la puissance spasmodique des 
fibres centrales. 

L'hémorragie est le plus souvent insignifiante et Thémo- 
stase opératoire est réalisée par la plaque protectrice mainte- 
nue en bonne position. Parfois cependant, notamment au 
niveau des angles, les branches des palpébrales donnent assez 
pour faire craindre l'hématome et nécessiter la torsion ou la 
ligature. J*ai vu, dans un cas, un épancheraent sanguin assez 
imposant; laguérison fut seulement retardée et plus lente- 
ment que d'ordinaire, la paupière reprit son jeu et sa sou- 
plesse. Mais il faut craindre que Thématome s'infecte et sup- 
pure, et cette complication est d'autant plus à redouter que 
le foyer hémorragique communique largement avec des culs- 
de-sac en puissance d'infection. 

Voici le tarse à découvert. En grattant de la pointe, ou en 
disséquant de la lame, axeras du tarse que le tranchant n'a- 
bandonne pas, vous descendrez vers le bord libre, comme pour 
le dédoubler jusqu'à ce qu'apparaisse enfin le sablé noirâtre 
des bulbes ciliaires. En remontant, vous procédez de même 
jusqu'à bien découvrir le bord supérieur du tarse et le liga- 
ment suspenseùr qui s'j insère. Panas avait pensé que cette 
dissection minutieuse et étendue avait pour effet de créer un 
plastron cicatriciel, une plaque de blindage qui, accolée à la 
face antérieure du tarse, s'opposait à son inflexion secondaire et 
prévenait la récidive. Terrien va même plus loin et prétend 
que ce plastron cicatriciel, en comprimant sans cesse la vous- 
sure du cartilage^ assure le résultat définitif. Ce n'est pas 
mon avis. La réunion per primam qui est aujourd'hui la règle 
dans la chirurgie oculaire comme dans la chirurgie générale, 
réduit au minimum la quantité de tissu de cicatrice. Et même, 
celui-ci fût-il des plus étendus que je n'hésiterais pas à vous 
affirmer que la cicatrice opératoire la plus inodulaire ne sau- 
rait être mise en parallèle avec la cicatrice pathologique la 
moins rétractile. Cette dissection n'a d'autre but, en décou- 
vrant largement le squelette palpébral que de permettre de 
bien voir ce que l'on fait, d'apprécier le degré des lésions et 
de faire en bonne place la section tarsienne. 

II. — De fait, les altérations du tarse ne sont pas toujours 



250 MÉMOIRES ORIGINAUX. — A. GANGE 

les mêmes. J'en ai décrit trois variétés et le mode opératoire 
varie avec chacune d'elles. 

Première éventualité, — Le tarse . est de coloration blan- 
châtre, il est lisse et uni ; de sa surface se détachent aisément 
les fibres de Torbiculaire ; enfin et surtout ses dimensions sont 
sensiblement conservées : ce qui domine en somme, c^est l'al- 
tération de courbure. Vous pratiquerez, dans ce cas, la tarso- 
tomie pure et simple; à Tunion du quart inférieur avec les 
trois quarts supérieurs, vous fendez à fond et sur toute leur 
étendue tarse et muqueuse, comme si vous vouliez émousser le 
tranchant de votre bistouri sur la plaque protectrice. Cette 
opération est suffisante, car le cartilage est mince et peut bas- 
culer; elle est heureuse, car le tarse, et partant la paupière, 
conserve en grande partie sa hauteur ; elle est efficace enfin, 
car la partie mobilisée trouvera sur la partie supérieure 
demeurée en place un point d'appui résistant. 

Deuxième éventualité» — Le tarse est plutôt gris sale ou 
jaunâtre, il est rugueux, épaissi, fortement bombé, et sa libé- 
ration d'avee les plans superficiels plutôt laborieuse. 

Quelle technique faut-il adopter? Les avis sont partagés. 

a) Certains chirurgiens amincissent le cartilage par abra- 
sion successive de copeaux tangentiels et terminent par la tar- 
sotomie simple, comme dans le cas précédent. 

b) D*autres excavent en gouttière plus ou moins profonde 
sa face antérieure, la gougent pour ainsi dire, en excisent un 
prisme triangulaire à base superficielle. C'est Texcision cunéi- 
forme partielle du tarse. Cette taille « à la Snellen » a été 
préconisée à nouveau il y a quelques années par Chevallereau. 
Personnellement, je n'en suis pas partisan. Je concède volon- 
tiers à cette intervention un double avantage. Elle réduit au 
minimum les frais d'exérèse ; elle n'ouvre pas la cavité con- 
jonctivale et pare aux accidents éventuels, toujours atténués 
du reste, d'infection post-opératoire. Je lui reproche d'être 
toujours délicate et souvent incomplète. Quel est donc l'o- 
pérateur qui voulant exciser seulement une tranche du tarse 
n'a pas involontairement incisé la muqueuse. Il faut, en effet, 
toujours compter avec la qualité du tranchant, la résistance 
variable du cartilage, son inégale épaisseur^ sa convexité trans- 
versale. En outre et surtout, ce procédé laisse subsister dans 



MÉMOIRES ORIGINAUX. •- A. CANGE 251 

la profondeur une nappe plus ou moins épaisse de tissu cica- 
triciel propice aux déviations itératives. Le résultat immédiat 
est lui-même moins satisfaisant, car il s'agit non point d'un 
mouvement de bascule mais d'une simple déflexion. 

c) En réalité, le procédé de choix, c'est la tarsectomie cunéi- 
forme totale^ que l'on doit pratiquer avec le couteau de Von 
Graefe dont la lame étroite et mince permet de bien voir ce 
que Ion fait. On en oriente le tranchant d'abord vers le haut 
puis vers le bas, et, par de lents et longs mouvements d'ar- 
chet, on excise un prisme triangulaire dont l'arête ouvre liné- 
airement la cavité conjonctivale et dont la base, superficielle, 
est d'autant plus large que le cartilage est lui-même plus 
déformé. Vous pouvez encore recourir avec avantage à l'arti- 
fice suivant : commencez par inciser le tarse sur toute sa Ion*, 
gueur comme si vous vouliez pratiquer une tarsotomie simple; 
ensuite, abattez successivement au bistouri les deux berges 
de l'incision. Au lieu d'exciser en bloc un prisme isocèle, vous 
avez procédé par morcellement, pour ainsi dire, et excisé succes- 
sivement deux prismes rectangles : le résultat est identique. 

Troisième éventualité. — Le tarse a disparu dans sa totalité 
ou dans sa presque totalité^ et il n'est plus alors représenté 
que par une étroite bande de cartilage ourlant le bord ciliaire. 
L'opération de Panas est ici contre-indiquée ; la pratiquer est 
courir au-devant d'un échec thérapeutique ; la récidive sur- 
viendra plus ou moins rapide, mais elle est certaine. 

En effet, dans ces conditions, le fragment inférieur tarso- 
ciliaire ne trouve plus sur les tissus sous-jacents un point 
d'appui résistant ; or, comme le déclare Panas que je cite 
encore : « On ne saurait donner aux fils redresseurs un point 
d'appui solide qu'en les passant en haut à travers le ligament 
suspenseur, ou le bord supérieur du tarse... ». C'est dans ces 
cas que les marginoplasties et les tarso-marginoplasties 
reprennent tous leurs droits. Les opérations de Gayet, Truc, 
Junge, Dianoux, etc., trouvent alors leurs indications for- 
melles, mais elles doivent être des interventions de nécessité, 
imposées par la nature même des lésions, i^e fait je vous ai 
montré un opéré de Gayet (homme de cinquante ans), 
une opérée du professeur Truc (femme de trente et un an), 
une autre de Gaudibert, son élève. J*ai moi-même pratiqué des 



252 MÉMOIRES ORIGCNAUX. — A. CANCE 

marginoplasties ; vous avez donc pu vous convaincre que, 
quel que soit Topërateur ou le procédé, les cas même les plus 
heureux, sont certainement inférieurs aux résultats fournis par 
l'opération de Panas, qui reste décidément pour nous, dans les 
deux premières variétés c'est bien entendu, l'opération dechoix. 
Et ce sont encore les mêmes raisons, à savoir la réduction de 
la hauteur du tarse et Tinsuffisance du point d'appui, repré- 
senté alors par les téguments de la joue, qui rendent si labo- 
rieux et si aléatoires « les Panas » de la paupière inférieure. 

m. — • Qu'il s'agisse de tarsotomie simple, d'excision 
cunéiforme partielle, de tarsectomie cunéiforme totale, les fils 
doivent être passés et placés de manière à déterminer la 
bascule du tarse, à orienter en avant la direction générale des 
cils, et à assurer jusqu'à parfaite consolidation, la coaptation 
parfaite des surfaces avivées. Le procédé préconisé par Che- 
vallereau dans Texcision partielle, et qui consiste dans la réu- 
nion directe et la suture perdue des deux lèvres de la brèche 
tarsienne, nous apparaît au premier abord comme une méthode 
idéale. De fait, la suture et la ligature immédiates sont, en 
tous points, supérieures à la suture et à la ligature médiates : 
c'est une loi générale de technique opératoire. Il semble pour- 
tant, et j'en parle par expérience, qu'il y ait ici une diffi- 
culté toute particulière à concilier ces deux éléments de par- 
faite guérison, la réduction et la coaptation, et qu'il ne soit 
possible de réaliser Tune des deux qu'au détriment de l'autre. 

Eh bien, ici encore, la réduction prime la coaptation : les fils 
doivent être avant tout, comme l'avait dit Panas, des fils 
redresseurs^ et nous devons imiter la conduite du chirurgien, 
qui, après avoir pratiqué une ostéotomie, ne s'attarde pas aux 
difficultés de la suture métallique et immobilise d'emblée, en 
bonne position, dans un appareil exactement contentif. Donc, 
appliquez-vous surtout à bien réduire la difformité et ne vous 
inquiétez pas si les fragments chevauchent quelque peu en 
avant ou « baillent » un peu trop en arrière. Tout cela se 
réparera, s'arrangera par la suite ; le travail de cicatrisation 
nivellera toutes les saillies, comblera toutes les dépressions et 
le résultat définitif sera des plus satisfaisants. C'est vous dire, 
par conséquent, que je rejette, comme inutile et compliquée, 
la modification conseillée par Thilliez, qui, dans le but de 



MÉMOIRES ORIGmAOX. — A. CANGE 253 

prévenir tout déplacement, respecte dans la section du tarse 
un pont médian destiné à remplir le rôle de charnière. Je 
passe maintenant à la technique proprement dite. Quatre à 
cinq fils de soie de moyenne grosseur ont été armés chacun 
d'une aiguille demi-courbe et, chaque aiguille et, partant, le 
fil qu'elle entraîne, doit suivre le trajet suivant : Pénétrant 
immédiatement en arrière de la rangée ciliaire, elle chemine 
obliquement de bas en haut et d'arrière en avant, pour ressor- 
tir au niveau de la face antérieure du tarse, au niveau de 
l'angle dièdre à sinus supérieur, creusé par la dissection entre 
le plan profond tarso-muqueux et le plan superficiel cutanéo- 
musculaire. Franchissant la brèche tarsienne, elle pénètre en 
haut dans Tépaisseur du tarse pour ressortir aussitôt, après 
en avoir chargé une portion plus ou moins épaisse. Quatre à 
cinq fils équidistants sont ainsi alignés dans le sens vertical, 
sur toute Tétendue de la paupière et noués ensuite. Ne croyez 
pas cependant qu'il suffise de pratiquer d'une façon quel- 
conque un nœud plus ou moins serré pour obtenir une cor- 
rection équivalente. Il faut procéder d'une certaine façon et 
c'est ce que ne disent pas les traités didactiques : nouez en 
haut, au ras du tarse, et que le nœud de la ligature réponde 
au point d'émergence tarsienne du chef supérieur ; autrement 
dit : nouez au plafond. Le résultat que vous allez obtenir est 
facile à deviner: le fragment inférieur tarso-ciliaire constitue, 
en effet, une sorte de pont-levis dont les chaînés sont repré- 
sentées par les ligatures puissamment posées puisqu'elles 
agissent sur l'extrémité distale de ce fragment. Les lèvres de 
la plaie cutanée s'affrontent en général d'elles-mêmes ; par- 
fois cependant, quelques fibres musculaires tendent à faire 
hernie, et il devient alors nécessaire de réunir la brèche 
cutanée par quelques points de suture isolés. 

L'opération est terminée ; vous procédez au pansement. 
Mais d'abord, commencez par badigeonner toute la région 
palpébrale et notamment le bord ciliaire avec le mélange sui- 
vant : Airol et Xéroforme ââ i gramme, huile de vaseline, 
ao grammes. Appliquez ensuite et successivement une ron- 
delle isolante de gaze blanche et aseptique, une nappe de 
coton hydrophile destinée à absorber les sécrétions, une couche 
de coton ordinaire enfin, dont l'élasticité régularisera et uni- 



2h\ MÉMOIRES ORIGINAUX. — A. CANGR 

formisera le bandage qui doit être contentif mais non compres- 
sif. Le pansement doit être renouvelé du deuxième au cin- 
quième jour suivant les cas. Si la muqueuse est fortement 
hyperémiée, s'il y a du « jetage conjonctival», si des com- 
plications cornéennes existent ou sont à redouter, si en un 
mot vous avez opéré à chaud^ ne laissez pas la région macé- 
rer au contact des sécrétions morbides, levez le pansement 
dès le deuxième jour ^t procédez sans tarder à la toilette du 
foyer opératoire ; un bandeau flottant permettra par la suite 
les soins quotidiens de propreté et Tinstillation des pommades 
et collyres médicamenteux ; les fils seront néanmoins enlevés 
plus tard, en temps opportun. Si, par contre, vous avez 
opéré à froid^ s'il n'y a ni rougeur, ni sécrétion conjoncti- 
vale, s'il n'y a aucun retentissement sur la membrane 
transparente, alors attendez au quatrième jour et vous trou^ 
verez la réunion complètement réalisée et la cicatrisation 
parfaite. Mais, même dans ce cas, rappelez-vous qu'une stric- 
tion trop énergique d'une ou plusieurs ligatures peut vous 
obliger à leur ablation hâtive. 

Les suites opératoires sont en général fort simples ; la 
guérison rapide est la règle. Quelques incidents sont toutefois 
possibles ; deux sont d'ordre inflammatoire : le bourgeon 
charnu conjonctival et l'œdème du bord libre ; le troisième 
est d'ordre mécanique, l'hypercorrection ou antéflexion con- 
jonctivale. 

Dans le Traité de chirurgie de Le Dentu et Delbet, Terson 
déclare n'avoir jamais observé d'autres accidents consécutifs 
que « très rarement de petits chalazions polypoïdes développés 
au niveau des glandes de Meibomius et très facilement 
curables ». Je ne sais pas bien ce que sont au juste ces « cha- 
lazions polypoïdes » dont parle Terson, mais ce que j'ai 
maintes fois constaté, c'est la production, au niveau des lèvres 
de la plaie conjonctivale, de bourgeons charnus qui se mon- 
trent vers la (in du premier septénaire. Ils ne laissent pas que 
de préoccuper fortement les malades, bien qu'ils n'aient par 
eux-mêmes rien de bien inquiétant et qu'ils puissent, en 
raison sans doute de leur extrême mollesse, frotter impuné- 
ment sur la conjonctive et sur la cornée. L'ablation à l'aide de 
fins ciseaux, l'abrasion avec la curette tranchante, combinées 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — A. CAITGE 255 

OU non à une légère cautérisation avec la pointe d*un crayon 
de nitrate d^argent en triomphent aisément. Je les ai vu se 
flétrir spontanément ou nécessiter parfois des excisions et des 
cautérisations répétées. 

L'épaississement œdémateux du bord libre constitue égale- 
ment un incident tout passager. 11 est dû soit à un travail 
inflammatoire profond, soit à une gêne ciculatoire, pouvant 
même aller jusqu^au sphacèle superficiel. J'ai en effet constaté 
parfois Texistence d une exulcération ovalaire à grand axe hori- 
zontal et siégeant exactement au centre du lambeau inférieur. 

L'antéversion conjonctivale se traduit par Texistence d'une 
bande rouge surplombant l'ouverture palpébrale et par la 
direction disgracieuse des cils qui s'orientent tout à fait en 
haut. La rétraction secondaire et la descente consécutive du 
sol ciliaire l'atténuent pourtant à la longue, sans toutefois la 
faire disparaître d une manière complète. Deux facteurs la 
déterminent ; une striction trop énergique des fils, ime hau- 
teur trop grande du lambeau tarso-ciliaire. Alors le tarse se 
replie, ses deux lambeaux s'appliquent Tun à l'autre par leur 
face antérieure, tandis qu'une portion plus ou moins étendue 
de conjonctive regarde directement en avant ; ainsi en serait- 
il d'un livre dont vous forceriez Tarticulation au point d'ados- 
ser Tune à l'autre les deux couvertures. Pour obvier au pre- 
mier inconvénient, je procède de la façon suivante : Je serre 
chacun des fils, provisoirement d'abord, par un nœud d'attente 
et je ne m'arrête par un second — nœud de soutien — qu'après 
m'être assuré que la correction est satisfaisante dans son 
ensemble et après avoir rectifié au besoin chaque ligature en 
particulier. De fait, la correction totale est une résultante ; 
c'est la somme de plusieurs ligatures dans laquelle chacun des 
termes intervient pour une part déterminée. Rien n'est plus 
facile que de parer au second ^inconvénient, si l'on veut bien 
se rappeler ainsi que je le disais précédemment, que la dis- 
section attentive de deux feuillets cutanéo-musculaires, n'a 
d'autre but, en découvrant largement le cartilage, que d'ap- 
précier le degré des lésions, de choisir la nature de l'interven- 
tion,, et de faire en bonne place Tincision tarsienne. Or, à la 
placer trop haut, on s'expose à l'antéflexion conjonctivale ; à 
la placer trop bas, on s'expose par contre au chevauchement du 



256 MÉMOIRES ORIGmAUX. — A. CANOË 

lambeau tarso-ciliaire. Au lieu de basculer autour d'un axe 
transversal, ce fragment inférieur glisse dans le sens frontal, 
et l'opération se réduit en somme à un mauvais Arlt-Jaesche. 

Je me résume : Trois éléments interviennent dans la genèse 
de Tentropion granuleux, qui sont, par ordre d'importance 
croissante : le muscle^ la muqueuse, le tarse. 

Le muscle n'intervient que d'une façon accessoire ou passa- 
gère par le mécanisme « du spasme », pour aggraver des 
lésions préexistantes. 

La muqueuse est altérée dans son épitbélium et dans son 
chorion muqueux. L'épithélium, normalement cylindrique, 
devient pavimenteux stratifié et se montre semé par place 
d'ilôts rétractiles résultant de la cicatrisation d'ulcères follicu- 
laires. Le chorion muqueux est le siège d'une véritable .cir- 
rhose sous-épithéliale, engendrée par l'induration conjonctive 
du nodule trachomateux et par la sclérose internodulaire. 

Le tarse, altéré à son tour, est envahi par propagation 
directe ou par infection meibomienne ascendante. Ses alté- 
rations ne sont pas toujours les mêmes : il en existe trois 
grandes variétés qui se traduisent par des modifications de 
courbure, de forme ou de consistance. 

A la première variété convient la tarsotomie pure et simple. 
A la seconde, il faut opposer l'excision cunéiforme partielle, 
ou mieux, la tarsectomie cunéiforme totale. A la troisième 
variété, on doit réserver les marginoplasties. 

La tarsotomie et la tarsectomie cunéiforme totale constituent 
les méthodes de choix. Elles se montreront d'autant plus 
radicales qu'elles auront été pratiquées à une époque plus 
rapprochée du début du mal et qu'elles n auront été précédées 
d'aucune intervention d'une autre nature. Même, il y a lieu d'é- 
tendre le champ des indications opératoires aux cas dans les- 
quels l'enroulement commence à se dessiner (Panas préventif). 

Il faut, avant tout, s'attacher à bien réduire la difformité. 
La réduction prime la co&ptation ; les fils seront placés comme 
l'a indiqué Panas, ils seront « des fils redresseurs ». Les 
suites opératoires sont des plus simples : le bourgeon charnu, 
l'œdème du bord libre, l'antéfiexion conjonctivale constituent 
de simples incidents post-opératoires passagers et sans 
gravité. 



ÀlfATOMtË ET EMBRTOLO&IË 25t 



REVUE GÉNÉRALE 



w 



- ANATOMIE ET EMBRYOLOGIE 

i) MSinoh. — Sur Tinnervation des cellules du stroma de Tiris (Ueber die 
Innervation der Stromazellen der Iris) (Zeitichr, f. Augenheilk,^ XIV, 

p. i3o). 

a) Toufe«oo(M"* S.). -- Sur le cristallin normal (Annales d*oculi$tiqtiej août 
1906, p. loi-iaS). 

3) V. 8sily (Aurai). — Critique des observations de Levinsohn relatives à 
mon travail sur les couches postérieures de Tiris (Rritik der Georg 
Levinsohnschen Bemerkungen £u meiner Arbeit : Ueber die hintcren 
Grenzschxchten der Iris) (Arch, f. Ophih., LXV, 172-176). 

i) Les méthodes actuelles d'imprégnation ne peuvent 
servir pour examiner le tissu nerveux de Tiris, car les cellules 
du stroma s^imprègnent en niême temps que les cellules et 
les fibres nerveuses. Mùnch a fait ses recherches avec de 
Tacide phosphomolybdique en modifiant la méthode de Bethe. 
Bien que cette coloration ne soit pas spécifique, elle donne 
d'excellents résultats. Grâce à elle on est à même de recon- 
naître la structure morphologique du nerf, ce qui est infini- 
niment préférable aux procédés usuels qui se rattachent à la 
propriété chimique de ces fibres. On est surpris de recon- 
naître avec cette méthode combien le stroma de l'iris est riche 
en fibres nerveuses. 

On distingue dans l'iris deux sortes d'éléments cellulaires 
nettement caractérisés. Les premiers sont les cellules du 
stroma : elles sont pigmentées et émettent des prolongements 
de calibre grossier, les secondes sont de petites cellules rondes 
ou polyédriques. Elles sont en nombre égal aux premières, 
possèdent un noyau très grand, se colorant facilement, mais 
très peu de protoplasma et celui-ci n'est jamais pigmenté. 
De ce protoplasma partent des ramifications excessivement 
fines. 



^ Les articles dont nous indiquons seulement les titres, sans analyse, 
ne contiennent rien de nouveau. 

17 



2&S REVUE GÉNÉRALE' . / ^ 

Grâce à la coloration indiquée plus haut on reconnaît que les 
cellules de ce dernier type ne sont que des cellules nerveuses; 
de plus on remarque un réticule très On parcourant tout le 
stroma. Ce réticule fin se combine avec le réticule grossier des 
cellules du stroma. On observe en de nombreux endroits des 
communications étroites entre elles : elles se font sous les 
formes suivantes :. .. 

i' 11 y a simple contact, sans que l'on puisse certifier si les 
fibres ne se ramifient point à l'intérieur de la cellule ; 

2® La fibre se termine par un petit cône, rappelant les 
taches motrices de Ranvier et s'adapte ainsi aux cellules du 
stroma ; 

3** La cellule nerveuse forme elle-même la tache motrice en 
s'accollant directement à la cellule du stroma, comme la 
coquille à Tescargot. . b. rbdslob. • 

2) De longues et patientes recherches histologiques M"* Tou- 
fesco conclut que : 

Le ligament suspenseur du cristallin semble être d'origine 
mésodermique. Cela est prouvé par Tétude du ligament dans 
la série animale. 

Son développement correspondrait à celui du système vas- 
culaire de Tceil. 

Au niveau du cristallin les fibres du ligament suspenseur 
s'attachent à la paroi des vaisseaux capillaires de la tunique 
vasculaire du cristallin embryonnaire. 

On rencontre sur la cristalloïde antérieure trois variétés de 
cellules épithéliales : grandes cellules claires centrales, petites 
cellules périphériques actives, cellules équatoriales. Ces trois 
variétés de cellules ne représentent que les trois étapes de 
l'évolution de la cellule cristallinienne. f. c. 

3) V. Szily (Aurel) n'accepte pas les critiques que lui a 
faites Levinsohn relativement à son travail sur les couches 
postérieures de l'iris. l; d. 



PUrSIOLOGlE 259 



PHYSIOLOGIE 

i) Blasohek (Albbrt). — Essai d'interprétation des mouvements paradoxaux 
entre la paupière et Tœil (Ein Erkl&rungsversuch der paradoxen Mitbe>ve. 
gungen zwischen Lid und Auge) (ZeitMchr, fûr Augenheilk., XIII, p. 75o)- 

2) Leber (Th.). — Nouvelles recherches sur la pression et la filtra tion de 
Tœil A propos des questions soulevées par M. ifribe y Troncoso (Annales 
d*octtlisUquê, avril 1906, p. 370-271). 

3) Leber (Th.) et Pilzeoker.— Nouvelles recherches sur la circulation des 
liquides dans Tœil (Neue Untersuchungen ijber den Flûssigkçitswechçel 
des Auges) (Arch, f. Ophth,, LXIV, 1-127, 1906). 

4) Lewis (F.-P.)* — Une nouvelle explication physiologique d'un phéno- 
mène psychologique (A new and physiological explanation of a common 
psychologie phenomenon) (Journ. Am, med. Assoc, mars 1906). 

5) Hoefer. — Contribution à Tétude de Tappréciation des distances dans la 
vision monoculaire et binoculaire fBeitrag zur Lehre vom Augenmaass 
beim einSugigen und zweiàugigcn Scnen) (Thèse de Halle., 1906). 

i) Voici l'observation que fit Blaschek sur deux femmes, 
dont Tune était sûrement syphilitique, Tautre avec grande 
probabilité. Après avoir été atteintes toutes deux de ptosis 
paralytique, ce symptôme s'améliora ; à ce moment on remarque 
une augmentation frappante de la fente palpébrale accompa- 
gnant Tadduction de Tœil malade, tandis que Fabduction était 
suivie d'un rétrécissement de la fente. L'élévation du regard 
ne provoque qu'une légère augmentation, tandis que lors de 
l'abaissement du regard la fente parait très grande. L'auteur 
cherche à expliquer ces phénomènes de différentes façons : Il 
existe des voies physiologiques permettant ces mouvements 
paradoxaux entre les paupières et les muscles contracteurs de 
la mâchoire inférieure et du pharynx, de même aussi entre les 
paupières et le globe oculaire. Ces voies nerveuses se déve- 
loppent d'une façon exagérée dans certaines circonstances 
pathologiques. Ces mêmes circonstances peuvent créer égale- 
ment de nouvelles voies nerveuses. Chez d'autres sujets ces 
voies sont utilisées de prime abord, les mouvements para- 
doxaux sont alors congénitaux. La transmission de l'irritation 
nerveuse, supposée par Drooglever Fortuyn, ne peut avoir lieu 
que s'il existe véritablement des voies pouvant transmettre 
l'irritation. Jusqu'ici on n'a pas pu trouver l'explication des 
mouvements paradoxaux dans les noyaux ou les centres 
corticaux. b. rbdslob. 



^ hëvOe générale 

2) Leber rappelle le résultat des dernières recherches entre- 
prises avec le D^ Pilzecker, montrant que, dans les essais de 
filtration avec des yeux morts, la quantité de liquide filtrant 
au dehors sous une pression constante n'est pas toujours égale 
il celle qui pénètre dans Toeil. L'auteur attribue ce fait à Télas- 
ticité de la paroi oculaire moins considérable quW ne le croit, 
au contraire de Uribe y Troncoso qui pense que* par injection 
dans la chambre antérieure, la pression ne se transmet au 
vitré qu'imparfaitement. Il réfute ensuite les objections de 
Troncoso sur Temploi du manomètre et discute les méthodes 
qu'il a employées pour déterminer la quantité de liquide fil • 
trant dans Toeil. p. c 

3) Th. Leber et Pihecker ont repris avec une grande 
minutie toutes les recherches qui ont déjà été faites pour 
étudier la circulation des liquides intra-oculairès. Ils se sont 
mis à Tabri de toutes les critiques et ont fait un très grand 
nombre de mensurations dans des conditions très variées. 

Ils arrivent à plusieurs conclusions intéressantes dont la plus 
nettement exprimée est que la filtration de l'humeur aqueuse 
n'est pas de 7 millimètres cubes à la minute comme le disait 
Niesnamoff, mais bien plutôt de 5,6 mmc. l. dor. 

4) Lewis montre que certaines personnes en regardant 
un objet pour la première fois, pensent et disent qu'ils l'ont 
déjà vu. Ces personnes sont généralement des hyperopes ou 
des astigmates qui ont besoin d'un temps appréciable, pour 
que l'impression visuelle soit nette, en attendant la première 
impression reçue et transmise aux facultés subconscientes, les- 
quelles ne tenant pas compte du temps font que l'objet observé 
semble être déjà vu. L'explication est toute physiologique, il 
ne s'agit ici que de la durée du phénomène de l'accommoda- 
tion. Ce phénomène est plus prononcé chez les personnes ayant 
les réfractions des deux yeux très différentes. coburm. 

5) Hœfer constate que la distance entre deux objets vus 
binoculairement est sensiblement plus petite que lorsque 
chacun des objets est vu séparément par chaque œil. 

W, STOCK. 



ARATOHIE PATHOLOGIQUE 261- 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 



i) Sohnabel. — Le développement de Texcavation glaucomateuse (Die Ent- 
wicklun^sgeschichte der glauckoroatôsen Excavation) (Zeitschr, f. Augen- 
heilk., XIV). 



'a) Sohridde (Hbrm). — Recherches histologiqucs dans la conjonctive bien- 
norragique des nouveau-nés (Histologische Untersuchungen derConjunctivis 
gonorrhoica neonatorum) (Zêiischr, f, Angenheilk., XIV. p. 525). 

3) Ruge (Sophus). — Remarques critiaues sur le diagnostic histologique do 
rinflammation sympathique de Tceil d'après Fuchs (Krilische Bemerkungen 
ueber die histologische Diagnosc der sympatischen Augenenlziîndung nach 
Fuchs) (Arch. f, Ophihalm. LXV, i, i35-i5o). 

4) Bepgineister( Rudolf). — Une théromorphie dans Tœil d*un ronfant(Eino 
Theromorphie im Auge eines Kindes) (Arch. f. Ophtttalm., LXV, i, 1 55- 17a.) 

1) Schnabelj dsLTïs un travail illustré de superbes micrO' 
photographies, cherche à démontrer que la théorie de la genèse 
de l'excavation glaucomateuse admise jusqu'ici est erronée et 
sans fondement. Voici le résultat de ses recherches anatomi-^ 
ques et son opinion sur le développement de l'excavation basée 
sur ces recherches : Dans beaucoup de cas, on rencontre une 
excavation, sans qu'il y ait eu la moindre exagération de la 
pression intraoculaire ; d'un autre côté, on découvre beaucoup 
d'excavations glaucomateuses sans incurvation ou déplacement 
de la lame criblée. L'excavation n'est pas non plus la cause 
de l'atrophie des fibres nerveuses. Cette dernière est primaire 
et l'excavation secondaire. Cette atrophie est une atrophie 
propre à l'afFection glaucomateuse et différente du processus 
de l'atrophie simple. Voici les signes typiques de cette atrophie 
glaucomateuse étudiée sur plusieurs cas. Au début, il se forme 
devant la lame des vacuoles contenant les résidus grumeleux 
de tissus détruits. Ces vacuoles occupent exactement la place 
qu'occupaient les faisceaux de fibres nerveuses entre les 
faisceaux de tissu conjonctif. C'est donc le parenchyme ner- 
veux qui disparaît. Sa destruction s*étend toujours plus en 
avant à travers toute la papille jusque dans la rétine. Mais on 
la rencontre également en arrière de la lame criblée. Le tissu 
conjonctif ne s'altère pas du tout, sa charpente ne ressort que 
mieux à la suite de la disparition de l'élément nerveux, Toute 
la papille se transforme ainsi en un tissu spongieux et s'af- 
faisse sans former encore d'excavation. 



262 REVUE GÉNÉRALE 

Cette formation de vacuoles dans les faisceaux de fibres 
nerveuses est une partie essentielle du processus glaucoma- 
teux. Elle se trouve dès les premiers débuts de la maladie et 
forme pendant longtemps la seule altération du nerf optique. 
Même quand la destruction des fibres nerveuses est totale, on 
remarque souvent Tabsence complète d'une excavation ou 
même d'une dislocation de la lame criblée. Ni Tatrophie, ni 
Texcavation et la dislocation de la lame ne sont produits par 
Texagération de la tension intraoculaire. Nous avons vu qu'au 
lieu du nerf optique et de la papille, on ne trouvait plus qu'un 
système de vacuoles ainsi que le squelette du tissu conjonctif. 
Quand les cloisons des vacuoles se ratatinent, il se forme 
devant la lame intersclérale un espace libre dans lequel on 
retrouve la rétine atrophiée, derrière la lame un autre espace 
dans lequel entre la lame elle-même. C'est ainsi que se forme 
Texcavation glaucomateuse : par un ratatinement du tissu 
conjonctif, il se produit une déhiscence de la rétine et une 
dislocation de la lame intersclérale. L'exagération intra-ocu- 
laire ne joue qu'un rôle tout à fait secondaire, b. rbdslob. 

a) Les recherches bactériologiques dans la blennorragie sont 
excessivement nombreuses, tandis que les recherches histo- 
logiques sont assez rares : Horner, Saemisch et Bumm sont 
les seuls qui ont des descriptions détaillées : Voici le résultat 
des recherches faites par Schridde sur les yeux d'un enfant 
atteint de blennorragie et qui mourut de bronchopneumonie. 
La muqueuse de la conjonctive est parsemée de leucocytes. 
Les premières altérations de l'épithélium se manifestent par 
une solution de continuité entre les différentes cellules. C'est 
là que les leucocytes et les gonocoques se trouvent en plus 
grand nombre. Ces derniers s'infiltrent en longues théories 
entre les cellules et se répandent jusque dans le tissu con- 
jonctif sous-épithélial. A cet endroit, ils sont complètement 
libres, tandis que dans les couches superficielles ils sont en- 
fermés dans des leucocytes. Dans les endroits où l'inflamma- 
tion est plus avancée, on remarque une destruction totale de 
l'épithélium, il se forme des ulcérations dont le fond est cou- 
vert de fibrine enveloppant des paquets de leucocytes et d'épi- 



PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 263 

théliun^ détruit, ou bien on y voit surgir des granulations 
pour combler les lacunes par cicatrisation. e. rboslob. 

3) On sait que Fuchs a fait connaître les caractères histo* 
logiques qui permettraient d'après lui de différencier les inflam- 
mations sympathisantes des inflammations banales. Sophas 
Ruge s'élève contre une différenciation aussi nette'. Il pense 
que le caractère sympathique d'une affection est essentielle-^ 
ment un caractère clinique et que Ton ne doit pas, dans l'état 
actuel de la science, refuser de considérer comme sympathiques 
certaines altérations qui ne possèdent pas les caractères 
assignés par Fuchs à ces lésions, lorsque, d*après la clinique, il 
s'agit de manifestation sympathique. l. dor. 

4) Bergmeister décrit une malformation congénitale trouvée 
dans l'œil d'un enfant âgé de sept mois, laquelle consistait' en 
une hypoplasie et une formation de plissements multiples de 
la rétine comme on n*en a pas encore décrit dans Tœil 
humain. l. dor. 



PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 

OUVRAGES oéNÉRAUX. -» STATISTIQUE 



i) Qros. — Maladies des yeux traitées A rinfirmerie indigène de Rébeval 
(Bull, méd, de V Algérie, 3o oct. 1906}. 

a) Flaeoher. — Compte rendu de la clinique ophtalmoscopique de T Univer- 
sité de Tubingue (Bericht ûber die Wirksamkeit der Universitâts-Augen- 
klinik in Tûbingcn) {Thèse de Tubingue, 1906). 

3) BonhofF. — Statistique de la clinique ophtalmologique de Giessen, 1903- 
1904 (Statistischcs aus der Augenklinik Gicsscn, 190S à 1904) (Thèse de 
Giessefif 1906). 

4) Kurflnski. — Statistique des maladies oculaires (Bcitrage zur Statistik 
der Augenkrankheiten) (Thèse de Leipzig, 1906). 

i) Gros montre lutilité des Infirmeries indigènes destinées 
an traitement des maladies des yeux et passe en revue les 
diverses affections observées au nombre de i382, en 1904. U 



264 REVUE GÉNÉRALE 

indique le matériel et les instruments indispensables. La con- 
jonctivite granuleuse est la cause des affections graves de 
l'œil chez les indigènes, la variole et la blennorragie ont un 
rôle insignifiant. Les lésions syphilitiques de Tœil n*ont pas 
une fréquence grande et on ne voit guère de rapport entre le 
paludisme et une affection oculaire quelconque. Les conjonc- 
tivites subaiguës diplobacillaires sont très fréquentes. Beau- 
coup de cataractes et de glaucomes surtout secondaires. 



MALADIES DB LA GONJONGTIVB, DB LA CORNÉE ET DB LA SGLitROTlQUB 



i) Armaignao. •— La régénération de la comé« à la suite des ulcères infec- 
tieux étendus de cette membrane (Soc. fr&nç, d'ophiAlm.t mai 1907). 

a) Dehenne et Bailliart — Cinq nouveaux cas de conjonctivite infectieuse 
de Parinaud (Soc. frànç. iTophialni.f mai 1907). 

3) Aoworth Menzies et Jameson (W.-E.). — Vaccination de la cornée 
(Vaccination of the comea {Brit, med, Journalt aô janvier 1907, p. 108). 

4) Bailliart. — Un cas d*ophtaImie blennorragiquc considéré comme acci- 
dent du travail (Recueil a' ophtalmolog ie ^ iuiWei 1906, p. 4ii-i3). 

5) Qpimsdale (IIarolu). — De Tadrénaline dans le traitement du catarrhe 
printannier (The use of adrenalin in spring catarrhe) fT/ie Ophth&lmotcope, 
juillet 1906). 

6) Dôhler — L'infection vaccinale de l'œil ; un nouveau cas d*infection pri- 
maire de la cornée par le vaccin (Ueber Vaccineinfection des Auges und 
einen neuen Fall von prim&rer Gornealinfection mit Vaccine) (Thè$e de 
Breslau, 1906}. 

7) Van Lint. — De Tinutilité et des dangers de la recherche du réflexe 
cornéen au cours de la chloroformisation (I^ Policlinique, f5 janvier 
1907). 

8) Thielemann (Rudolf). — L'effet du radium sur la comonctive traeho- 
mateuse (Zur Wirkungsweise der Radiumbeslrahlung auf die trachomatose 
Bindehaut) (Zeiischr, fûr Augenheilk.^ XIV, 559). 

9) Oplandlni. — De la kératite neuroparalytique (Sulle cheratite neuropara- 
litiche) (Riv, venela di seienze medtche^ Luglio 1906). 

10) Stephenson (Sidnby). — Note clinique sur les déchirures de la mem- 
brane de Descemet (A clinical note upon clefts in Descemet membrane) 
(Ophthalmoscope, juin 1906). 

11) Wehpil. — > Les troubles nodulaires de la cornée ( G rœnouw)^ une affec- 
tion tuberculeuse, primaire, isolée et chronique des couches antérieures de 

' la cornée (Lupus de la cornée) (Die Knotenfôrmige HornhauttrCîbung 
(Grœnouw) eine primfire, isolierte, chronische tuberkulose Erkrankung 
der vordem Schictiten der Cornea — Lupus corneae) (Zeiisch, f. Au- 
genkeilk,, XIII, p. 3fta). 

la) Bipoh-Hiraohfeld. — Recherches cliniques et anatomiques sur Faction 
du radium sur la conjonctive trachomateuse (Klinische und anatomische 
Untersuchungen uber die Wirkung des Radiums auf die trachomatose 
Bindehaut) (Kl. Monàlibl., LXIII, 2, p. 437). 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 2^5 

i3) Bepnheimep. — Le traitement de Pophtalmie gonococcicnne (Zur 
Behandlung der Gonoblennorrhoe) (Kl. Monatsbl., p. 253). 

14) Behrman (M.j. — Conjonctivite phlyctënulaire (Phlyctenular conjuiic- 
tivitis) (Lancet Clinie,^ 24 novembre 1906). 

i5) Cropt (B.-P.) — Trachome (Trachoma) (Boston med. sinti siirtfica 
Journal, 6 octobre 1906). f 

16) Bergmann. — Opération de rectropion, suite de bléphuiiLe chrimigue 
(Die operative Behandlunç des durch cnronische Blephantia enUlaiideni^ii 
Ectropiums) (Thèse de Fribourcf in B., 1906). 

i) Armaignac a remarqué que Tintégrité de la membrane de 
Descemet était un facteur important dans la guérison des 
ulcères cornéens et leur réparation ; il a observé des cas d ul- 
cères étendus qui se sont réparés par la formation d'une nou- 
velle cornée transparente. Dans tous ces cas la membrant; de 
Descemet n'avait pas été détruite et l'auteur s'efforce dans le 
cours du traitement de la laisser toujours intacte. 

L. QRANDCLâlTEnT, 

2) Dehenne et Bailliart ont eu l'occasion d'observer cinq cas 
de conjonctivite de Parinaud. Trois fois chez des enfants, 
deux fois chez des adultes. Deux des malades habitaient des 
fermes, un autre était palefrenier. L'adénopaibie siégeait 
constamment dans la région parotidienne, mais n'aboutit 
qu'une fois à la suppuration. Les recherches baciérioUïgiques 
ont été négatives. l. GRANiicï.ÊKE?fT. 

3) On a publié quelques cas d'inoculation accidentelles de la 
conjonctive par le vaccin, mais ceux de l'inoculation ii la 
cornée sont très rares. Le 27 février igoS^Jameson en brisant 
un tube de vaccin Chaumier fut frappé à la cornée de son oçil 
droit par un éclat du tube. L'œil fut immédiatement lavé à 
grande eau et resta indemne jusqu'au 4 niars lorsqn'appa pu- 
rent de légers troubles de la vue dus à une diplopie momen- 
tanée ; V= 6/6. Le lendemain, il y eut dans le segment inféro- 
externe de la cornée une desquamation de l'épithL'liiim de la 
grandeur d'une tête d'épingle ordinaire, qui s^accrut pendant 
trois jours occupant alors un quart de la surface cornéenne ; pas 
d'infiltration du tissu cornéen mais injection considi^rable de la 
conjonctive, puis chémosis et œdème des paupiores qui fut 
considérable jusqu'au i5 mars, mais diminua graduellement 
après cette date. Ce n'est que le aS mars que répiUuMium 



266 REVUE GÉNÉRALE 

commença à se régénérer lentement pour Gnir par recouvrir 
toute la surface le 3o mars; la surface était mate. Malheureu- 
sement, la guérison fut compromise par une ulcération secon- 
daire qui se développa vers le 20 avril et ne guérit .que le 

10 mai; le malade put reprendre ses occupations le i3 juin. 
Pendant toute la période aiguë, il y eut des douleurs d'iritis, 
la pupille ne se dilatant jamais complètement par Tatropine 
mais, il n'y eut ni exsudation, ni synéchiés; la vision en sep- 
tembre était égale à 6/36 et en décembre à 6/ 18, soit un tiers. 

11 s'agit, en somme, dun cas assez bénin, car dans d'autres 
cas (Aron, The Ophthalmoscope) le résultat fut un leuconie 
permanent. h. dor. 

4) Bailliart rapporte l'observation d un malade imprimeur, 
qui, recevant dans Toeil droit quelques gouttes d'essence et 
d^encre d'imprimerie, présente trois jours après une ophtalmie 
gonococcique de cet œil. Le sujet ne présente aucune trace 
d^écoulement urétral. 

Malgré Topinion contraire de Baudry, l'auteur pense avec 
Schmeichler qu'on peut considérer ces accidents comme des 
accidents du travail, à condition : 

i^ Que le traumatisme ait été nettement constaté; 

a^ Que la victime ne soit pas atteinte d'un écoulement 
blennorragique ; 

3® Que Ton puisse remonter l'origine de la maladie à 
l'accident. h. pbrbtz. 

5) Grimsd&le attire l'attention sur l'action de l'adrénaline 
sur les végétations du catarrhe printanier. Il rapporte plu- 
sieurs cas où l'adrénaline a amélioré considérablement et 
même guéri complètement le catarrhe printanier. Chez une 
fille de sept ans ayant habité l'Australie et qui avait été traitée 
pour des granulations du tarse, puis comme tuberculose, et 
qui n'avait qu'un catarrhe printanier à localisation tarsienne, 
l'adrénaline a guéri complètement ces lésions au bout de 
quelques mois. Six mois après la guérison, aucune récidive. 

J. MAWA8. 

6) Dôhler donne une liste détaillée de tous les travaux sur 



MALADIES Dl LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 267 

rinfection expérimentale de la cornée par le vaccin et de tous 
les cas accidentels connus chez Thomme, auxquels il ajoute 
une nouvelle observation : un médecin, en cassant un tube de 
vaccin, reçut quelques éclats de verre dans Toeil; cinq jours 
plus tard, inflammation, ulcère de la cornée et perforation de 
l'ulcère ; Toeil dut être énucléé. 

L'auteur donne la description suivante : i® Les premières 
altérations de la cornée, à en juger par les expériences sur les 
animaux, sont cliniquement invisibles ; lorsque celles-ci appa- 
raissent^ il s'agit d'un processus déjà assez avancé ; 2® la kéra- 
tite discoïde (disciformis) d'origine vaccinale présente un type 
particulier; 3® la rapidité de l'apparition de la première réac- 
tion visible et la violence des symptômes dépendent de la 
grandeur de la blessure, de la quantité et de la qualité de 
l'agent infectieux. w. stock. 

7) Van Lint a observé une malade qui, après avoir subi, 
deux jours auparavant, une intervention chirurgicale, sous le 
chloroforme, se plaignit d'une photophobie intense et de 
fortes douleurs à l'œil droit. Cet œil présentait une ulcération 
cornéenne s'étendant aux deux tiers de la surface dé la 
cornée. Cette ulcération n'était pas due à une goutte de chlo- 
roforme tombée dans Tœil, mais elle résultait de ce que le 
chloroformisateur avait recherché le réflexe oculo-palpébral 
avec trop d^insistance et au point d'endommager l'épithélium 
de la cornée. 

A propos de cette observation, Tauteur met en garde contre 
la recherche du réflexe cornéen en général, qu'il croit non 
seulement dangereuse, mais inutile. 

Inutile, parce que le réflexe oculo-palpébral est loin de 
constituer un critérium absolu d anesthésie générale : il peut 
persister avec une insensibilité et une résolution musculaire 
complètes, de même que sa disparition n'empêche pas parfois 
le malade de réagir sous le premier coup de bistouri. 

Dangereuse, parce que les attouchements répétés de la 
cornée peuvent écorcher Tépithélium, ouvrir une large porte 
d'entrée aux infections multiples, déterminer des ulcères cor- 
néens et amener des sphacèles de la cornée entière (Coppez). 

L'épithélium de la cornée, dit l'auteur, cède d'autant plus 



268 REVUE GÉNÉIVALE 

facilement aux pressions qu'on lui fait subir, et Tinfection, 
qu'elle vienne des culs-de-sac conjonctivaux ou des doigts 
du chloroformisateur, s*installe d'autant plus vite que les 
opérés sont affaiblis par une maladie de long^ie durée, une 
anesthésie prolongée ou une hémorragie abondante. On peut 
donc dire qu'il importe à celui qui donne le chloroforme de 
surveiller ses mains et de ne pas oublier que si elles sont très 
utiles, indispensables même, elles peuvent aussi être nui« 
sibles. G. D. 

8) Thielemann a essayé le radium sur six cas certains de 
granulose. Il se servait de 2 milligrammes du sel de bromure 
enfermé dans un tube de verre. L'œil lui-même était protégé 
par une coque de verre contenant beaucoup de plomb. La 
durée de la séance était de cinq à dix minutes pour chaque 
paupière. Parmi les malades, on choisit ceux dont les folli- 
cules trachomateux étaient solides et bien circonscrits, car 
c'est sur les jeunes follicules que le radium a le plus d'in- 
fluence. Après huit jours, on remarqua dans 4 cas une dispa- 
rition de follicules sur une zone restreinte de la paupière infé- 
rieure, puis, après quinze jours, les follicules de la paupière 
supérieure diminuèrent de grosseur. Après trente et un jours, 
on ne distinguait plus une seule granulation. A leur place, on 
ne trouvait plus que quelques plis durs et infiltrés. Au 
microscope, on reconnut une métamorphose régressive com- 
plète des grains, et de plus, une irré^larité surprenante dans 
la grosseur et la position des couches épithéliales. 

B. RBDSLOB. 

9) Pour Orlandini^ les cas cliniques décrits peuvent être 
classés et résumés dans les formes principales suivantes : 

1° Les altérations de la sensibilité de la cornée sont cau- 
sées par une lésion locale (traumatisme; agissant probable- 
ment par lésion des terminaisons des nerfs ciliaires) ; 

2^ Les altérations de la sensibilité et de la nutrition de la 
cornée dépendent de la lésion d'une branche du trijumeau 
dans l'orbite (tumeur ou processus inflammatoire) ; 

i^ Cas d'altération de la sensibilité de la conjonctive et de 
la cornée liés à aucune altération de nutrition de cette mem- 



Maladies de la coNioNCfivE, de la cornée, Etc. 269 

brane ; il est difficile dans ces cas de localiser la lésion ; dans 
un cas, il s'agissaiVprobablement d un néoplasme comprimant 
directement le ganglion de Gasser ; 

4** Altération de la sensibilité de la cornée liée à un zona 
ophtalmique. L^auteur insiste sur ce fait que Ton peut avoir 
soit des lésions superficielles (vésicules), soit une kératite 
parenchynlateuse. l. oRANDCLÂMsirr. 

lo) Stephenson a observé deux cas de fissures multiples de 
la membrane de Descemet. Décrites par Haab, Reis, Axenfeld 
et Seefelder dans le buphtalmos, par Axenfeld, dans le kéra- 
tocône, par de Gama Pinto, Wintersteiner dans certaines 
tumeurs intra*oculaires, ces fissures se produisent lorsque le 
globe oculaire est soumis à une forte distension. Stephenson 
a observé ces fentes chez une jeûne fille atteinte d^astigma- 
tisme myopique considérable, et chez une enfant âgée de six 
mois, atteinte de buphtalmos. 

La première malade avait une douzaine de ces déhiscences 
de couleur grisâtre, à contour plus ou moins obliques, ayaiit 
tous à peu près la même direction . Réfraction sous Tatropine 
— io,5o D sph, avec — i2,5o D, cyl. axe io5 degrés. 

Ces altérations n'existaient que du côté droit. L'œil gauche 
qui avait V = 6/^4 avec 1,26 D sph et 1,75, cyl. 1 15 degrés, 
n^avait aucune fissure. 

La seconde malade, un enfant âgée de six mois, est atteinte 
de buphtalmos et de syphilis héréditaire, elle avait aux deux 
yeux, sur la membrane de Descemet, quelques fissures res- 
semblant à des segments de cercle. j. mawas, 

1 1) Cest l'exposition de deux cas d'affections de la cornée, 
observées chez deux frères, que nous donné le travail de 
Wehrli. Il s'agit là d'un processus s'attaquant spécialement 
aux parties centrales et superficielles de la cornée. Les couches 
atteintes ne sont pas vascularisées. L'affection même se 
manifeste par des soulèvements isolés de l'épithélium au- 
dessus de taies assez grandes. Autour deis grandes taies en 
sont groupées d'autres, plus petites. La maladie évolue très 
lentement, sans poussées aiguës, elle se rencontre plusieurs 
fois dans la même famille et débute aux environs de quinze 



270 REVUE GÉNÉRALE 

ans. Ces troubles cornéens, décrits déjà par Groènouw et Fuchs 
accusent une certaine ressemblance arec ceux des kératites à 
grillage. L'examen anatomique démpntre une augmentation 
de cellules et la métamorphose régressive des tissus formés 
par cette prolifération. On y trouve également des cellules 
géantes ainsi que des bacilles acido-résistants. La tuber- 
culose ou la syphilis peuvent seules produire de semblables 
altérations. 

Après nous avoir donné un aperçu général, presque trop 
détaillé, de Tanatomie pathologique du tubercule, l'auteur 
nous rend attentif sur la singulière analogie qui existe entre 
le lupus facial et l'affection corhéenne observée. L'origine 
tuberculeuse en est assez probable si Ton se rappelle que les 
deux jeunes gens ont souffert d'affections .tuberculeuses 
d'autres organes et que la tuberculose a déjà fait des ravages 
dans leur famille. 

Si l'affection évolue lentement, c'est d'après Wehrli, parce 
que les bacilles sont exposés, grâce à leur siège dans la 
cornée, à une lumière intense qui diminue leur virulence. 
Comme thérapeutique, l'auteur conseille le traitement général 
antituberculeux, un séjour à la montagne dans des endroits 
bien ensoleillés; de plus, la créosote et la tuberculine. Comme 
traitement local, on emploiera des pommades àTiodoSormé et 
l'on grattera les opacités. b. rbdslob. 



1 2) Le radium est, d'après les recherches de Bitch-Hirsch- 
feld qui portent sur dix cas de trachome typique, capable de 
provoquer assez rapidement uiie régression des follicules. 
Toutefois, l'effet n'est que passager car déjà, au bout de 
quelques semaines, on voit apparaître de nouveaux follicules 
sur les places exposées à l'action du radium. On ne peut donc 
pas parler de guérison, et cette nouvelle méthode ne présente 
aucun avantage sur les anciens traitements connus. 

Les modifications histologiques que le follicule subit sous 
l'influence du radium correspondent exactement aux méta- 
morphoses régressives que Heinecke a observées dans la rate, 
le foie, les plaques de Peyer et les ganglions lymphatiques de 
ses animaux d'expériences. krukbnbbro. 



MALADIES DE L'IRCS, DE LA CBOROIDE, ETC. 271 

i3) Bernheimer recommande pour l'ophtalmie purulente 
des nouveau-nés et des adultes le traitement à Tairol au lieu 
de nitrate d'argent. Lorsque Ton met trois à quatre fois par 
jour une quantité assez considérable de la poudre dans le sac 
conjonctival, elle forme avec le liquide des larmes une masse 
pâteuse, homogène laquelle arrivant en contact direct avec 
tous les points de la conjonctive agit comme désinfectant, 
grâce à riode mis en liberté. Les résultats obtenus par 
Bernheimer dans soixante-trois cas sont très satisfaisants 
tant au point de vue de la guérison définitive que de la durée 
de la maladie. Il faut naturellement, comme dans toutes les 
autres méthodes de traitement, provoquer Técoulement com- 
plet du pus par des lavages non irritants. irukbnbbro. 



MALADIES DE L*IR1B, DB LA CHOROÏDE ET DU CORPS GILIAIRE 
GLAUCOME, AFFECTIONS SYMPATHIQUES. 



i) Lagrange. — Traitement du glaucome chronique par Tiridectomie et la 
sclérectomie combinées (Soc. franc, d'opthalmologie, mai 1907). 

a) Michel. — Tumeur mëtastalique de la choroïde dans un cas supposé 
suspect de maladie de Hodçkins (Mctastatiche Aderhautgeschwulst bei 
vermutlicherHodgkinscher Krankheit) (Zeitsch.f.Augenheihk,^ XIV, p, 4ao) . 

3} Axenfeld. — Iridotomie précornéale (Praecomcale Iridotomia) (KL Mo- 
naitsbl., XLIV, p. 56, 1906). 

4) L.e Roux. — Corps étrangers intra-oculaires et ophtalmie sympathique 
(Année médicale de Caen^ janvier 1907). 

1) Laff range. Quelle que soit la pathogénie du glaucome, il 
est certain que cette affection consiste dans une hypertension 
du globe oculaire et il est incontestable qu'en ouvrant large- 
ment les voies d'excrétion on peut remédier à cette hyper- 
tension et par conséquent guérir lé glaucome dans toute la 
mesure où il peut être guéri par une intervention chirurgicale. 
La seule manière d'obtenir, sans aucun danger une véritable 
cicatrice filtrante, consiste à pratiquer, selon notre procédé, 
une iridectomie et ime sclérotomie combinées. Cette opération 
crée une fistulette sous-conjonctivale qui permet aux liquides 



Zlt iVËVUË GÉNÉRALE 

intra-oculaires de passer sous la conjonctive et de s'y résorber. 
Les résultats que nous avons obtenus par ce traitement nou- 
veau du glaucome chronique sont incomparablement supé-< 
rieurs à tous ceux que donnent les autres médications, quelles 
qu'elles soient. 

Nous avons fait connaître maintenant le résultat de vingt-» 
sept opérations? 

Ils se résument ainsi : 4 f^^its non suivis; sur les 
3 autres, 2 cas sans autre résultat; dans ceà cas nous 
n^avons pas obtenu la cicatrice filtrante, parce que nous avons 
agi trop timidement ; ces nialades n'ont pas tiré bénéfice de 
Tinter vention, et cependant nous avions fait Tiridectomie; 
n'est-ce pas la preuve que Tiridectomie ne suffit pas. 

Restent ao faits heureux ; douze fois Tacuité visuelle a 
notablement augmenté ; 8 fois elle s'est maintenue ; ce 
n'est là sans doute qu'un commencement de statistique; 
mais de pareils résultats, quand il s'agit de glaucome chro- 
nique, sont de nature à nous encourager et à nous confirmer 
dans la pensée que nous obtenons bien, sans enclavement 
irien, sans aucun inconvénient la cicatrice filtrante depuis si 
longtemps désirée. l'autbur. 

a) Michel, dans son travail, nous rapporte une observation 
qui est bien intéressante au point de vue du diagnostic clini- 
que. Il s'agit d'un homme de quarante-deux ans qui souffrait 
de crises gastriques et de bronchites à crachats sanglants. 
Comme quelques mois plus tard on vit se développer des 
tumeurs des ganglions lymphatiques supra-claviculaires, spé- 
cialement du côté droit, on diagnostiqua à maintes reprises 
une pseudo-leucémie ou maladie de Hodgkin. Aux rayons X, 
on distingua nettement un néoplasme dans la région du 
médias tin, tumeur qui ne manqua pas de produire dans la 
suite des attaques d'asthme très gênantes. Un an et demi 
après l'apparition des tumeurs, le malade fut subitement 
atteint de troubles de la vision de Tœil droit, accompagnés de 
fortes douleurs et d'exophtalmie. L'ophtalmoscope dévoila la 
présence d'une tumeur de la choroïde, et l'œil droit fut énu- 
cléé. L'examen microscopique démontra qu'il s'agissait d'un 
cancer à lobules de structure glandulaire. Dès lors, le diagnos'» 



llALADIES DE LA RtTllfE, DU KERl' OPtlQtiE, ETC. 2?3 

tic de pseudoleucémie ou de sarcome du médiastin avec 
métastase dans les ganglions lymphatiques supraclavicu- 
laires ne pouvait subsister. k. rbdslob. 

3) Axenfeld recommandera après l'exemple deSchôler, Tiri- 
dotomie précornéare au lieu de Tiridectomie optique. La 
technique est très simple : après la section de la cornée qui 
doit être périphérique pour éviter l'astigmatisme irrégulier, on 
provoque un prolapsus de Tiris en pressant sur Tœil avec la 
pincette à fixation tandis que, en même temps, on comprime 
avec un stylet le côté périphérique de Tincision. On sectionne 
alors l'iris avec les ciseaux de Wecker, puis on refoule à Tinté- 
rieur les deux angles de lïris ; la fente de Tincision est d'abord 
à peine visible, mais elle s'écarte dès que la chambre anté- 
rieure est reformée. L*effet optique, que Von peut dans quelques 
cas augmenter par l'usage de myotique, est meilleur qu'après 
l'iridectomie qui est souvent difficile à doser exactement. La 
seule contre-indication est le ramollissement du corps vitré ou 
une luxation du cristallin. krukbiyubro. 



maladibs de la retins, du nbbf optique et dbs centres nerveux 
(akblyopie et ahaurose, dyschromatopsib) 



i) ParisottL (O.)— Gonsidéralioni sur Tamblyopie toxique (Soc* franç.d'oph- 
lalmologie, mai 1907). 

a) Ohevalier. -- Névrite opliaue post-rubéolique bilatérale. Atrophie papil- 
laire f5oc. franc, d* ophtalmologie, mai 1907). 

3) Suiser. — Hémorragie conjonctivale spontanée grave. Diathèse hémor- 
ragique héréditaire dinérentc de Thémophilie (Soc. franc, d'ophtalmologie^ 
mai 1907). 

4) Babitlski et Ohalilous (I). — Résultats thérapeutiques de la ponction 
lombaire dans les névrites optiques d'origine iatra-crânicnne ^Soc. franc, 
d'ophtalmologie, mai 1907). 

5) Qalezowsfci (Jean). — Atrophie optique consécutive à une phlegmasic 
du sac lacrymal (Soc. d*opht. de Paris, 9 janvier 1906). 

0) Valude. — Choriorétinito maculaire double congénitale (Société d'opht. 
de Paris y 6 février 1906). 

7; Stephenaon (Sydney). — Sur une forme d'amblyopie chcx le? jeunes en- 
fants, d*origine syphilitique (On a form of amblyopia in young childrcn 
conséquent upon inherited syphilis) (The Ophthalmoicope, septembre 1906). 

8) Doyne (R.-W.). — Un cas de rétinite circinée (A case of retinitis circi- 
nai^ (The Ophthalmoscope, }ui\let 1906). 

18 



274 I^EVUe GÉNÉRALE 

g) Porot. * Cécité occipitale. Hémianopsie hippocampique directe. Ataxic 
cérébelleuse (Lyon médical^ aS décembre igo5}. 

10) Qompertz (Richard). ~ Note sur un cas de rétinite albuminurique res- 
semblant ù une névrite optique (Note upon a case of albuminurie retinilis 
simulating optic ncuritis) (Tne Ophthalmoscope, juillet 1906). 

11) Vogt. — L^état actuel de nos connaissances sur Tamblyopie alcoolique 
■et nicotinique (Der gegenwSrtige S(and dcr Lchre von der Alkohol-und 
Tabakamblyopie) (Thèse de Giessen, 1906). 

12) Mu lier. — L'amblyopic congénitale (Ueber congénitale Amblyopie) 
(Thèse de Halle, 1^). *,■.., 

i3) Valois. — Ingections intraorbitaircs dans un cas d'ophtalmie sympathiquç 
(Le Centre médical^ l'^mai 1907). 

i) En 1898, Parisotti fait à cette même Société une commu- 
nication ayant le même titre, il avait en ce moment-là porté 
son attention sur 200 malades atteints d'amblyopie toxique 
et avait été frappé par le fait que presque tous ces malades 
étaient hypermétropes. 

Le fait serait aisément expliqué si on pouvait démontrer les 
relations nerveuses entre Tappareil de 1* accommodation et les 
fibres maculaires du nerf optique, ou la partie centrale de la 
rétine, relations qui pourraient être neuroniques ou autres. 
« Ayant fait une longue étude sur des neuro-et psychopathes, 
je fus frappé de la prédominance de l'hypermétropie chez ces 
espèces d'infirmes. Il me sembla qu'on pourrait dire que 
rhypermétropie est la réfraction des neuropathes et des 
psychopathes. » L'hypothèse que les personnes atteintes 
d'amblyopie toxique fussent des neuropathes et des psycho- 
pathes et, par le fait même, des hypermétropes était posée. Il 
n'était dès lors pas étonnant que des poisons, qui atteignent 
de préférence le système nerveux et qui doivent le frapper 
d'autant plus facilement que ce système est plus faible, eussent 
avant tout et même exclusivement une action sur des parties 
qui doivent être des plus délicates. 

Il constatait donc un fait clinique et avançait une hypothèse 
pour l'expliquer. 

Depuis lors il n'a pas manqué de porter son attention sur 
la réfraction de tous les malades atteints d'amblyopie toxique. 
La constatation clinique a confirmé ce qu'il avait constaté 
chez les 200 premiers malades, il n'a trouvé la myopie que 
comme exception tout à fait rare, toujours d'un faible degré, 
et ces myopes, qui ont présenté le scotome central par intoxi- 
cation alcoolique ou tabagique, avaient toujours pris des 



MALADIES DE LA RÉTINE, DU HERF OPTIQUE ETC. 275 

quantités énormes de ces poisons, et quelques-uns étaient 
aussi syphilitiques. Il y avait donc association de causes. Cette 
exception rare de myopes oblige à penser que l'hypermétropie 
n'est pas la condition essentielle pour la production du sco- 
tome central par empoisonnement, mais qu'elle établit une 
condition favorable, qu'elle rend plus vulnérables les fibres 
maculaires du nerf optique ou la portion maculaire de la rétine. 

C'est un petit pas en avant dans la constatation clinique. 
Un pas encore plus considérable est le fait qu'Albert Terson, 
à pu se convaincre lui aussi de la fréquence de l'hypermétropie 
chez les personnes, qui se présentent atteintes d'àmplyopie 
toxique. 

A-t-on fait un pas en avant aussi danjs l'explication du fait? 
Aucun. 

Parisotti tient à dire, que quand il a parlé d'hypermétropie 
chez ces malades, il n'a fait mention que de l'hypermétropie 
objectivement constatée, et non de l'hypermétropie seulement 
apparente, qu'on pourrait diagnostiquer, si on s'en tenait au 
fait du quelque peu d'amélioration, que ces malades peuvent 
ressentir du port d'un verre convexe léger. 

A-t-on affaire à deux effets de la même cause, qui serait la 
neuropathie? Est-ce que les hypermétropes, parle fait qu'ils 
seraient des neuropathes, se laisseraient plus facilement aller 
à l'abus de l'alcool et du tabac ? 

On a parlé de la fréquence non de la paralysie, mais de la 
parésie de l'accommodation chez les diabétiques. Ceux, qui 
ont affirmé ce fait n'auraient-ils pas par hasard pris pour 
parésie de l'accommodation une légère hypermétropie, faute 
d'examen objectif scrupuleux? C'est possible. On aurait là 
encore une foule de faits à prouver que les personnes, chez 
lesquelles plus facilement à lieu le scotome central par intoxi- 
cation, et les diabétiques sont bien du nombre, sont le plus 
souvent des hypermétropes. l'autbur. 

2) Chevalier rapporte l'observation d'une fillette qui 
éprouva, à la suite d'une rougeole, une baisse progressive de 
l'acuité visuelle. Cinq ans après, la vision n'est plus que de 
2/50 et les deux pupilles sont blanches. Il croit à l'auto- 
intoxication. l. orandglbmbnt. 



^Ô REVUE GÈIfÉRALfe 

3) Sulzer rapporte Thistoire d'une malade de soixante ans qui 
eut à plusieurs reprises des hémorragies sous-conjonctivales 
abondantes. Elle avait eu antérieurement des hémorragies 
sous-cutanées fréquentes. La mère et la sœur de la malade 
sont mortes après avoir eu pendant plusieurs années des 
hémorragies abondantes de toutes les muqueuses. L'auteur 
croit à une diathèse hémorragique héréditaire différente de 

rhémophilie. l. onAfrDCLéxBirr'. 



4) Babinski et Chaillous rapportent les observations de huit 
malades atteints de névrites optiques d'origine intra-crànienne^ 
chez lesquels ils ont pratiqué la ponction lombaire. Dans un 
cas, la névrite optique était consécutive à un traumatisme 
crânien. Cinq autres observations se rapportent à des ménin- 
gites, dont une seule avait eu la syphilis pour cause. Chez 
deux malades dont Tacuité visuelle était fort réduitç, la ponc- 
tion lombaire fut immédiatement suivie d'une diminution très 
marquée des troubles visuels. Quant à Tœdème des papilles, 
il diminue ou disparaît dans les jours qui suivent l'évacuation 
du liquide céphalo-rachidien. Chez un enfant atteint d'hydro- 
céphalie, il fut pratiqué quatre ponctions lombaires; chez un 
adulte, atteint de lésion cérébrale, il en fut pratiqué sept ou 
huit. Dans ces deux cas, l'état des 'papilles resta stationnaire. 
La ponction lombaire doit donc être considérée comme une 
méthode de traitement curatif des névrites optiques quand 
elles ne sont pas consécutives à une tumeur intra-crânienne. 
Dans ce dernier cas, la ponction lombaire ne peut être que 
palliative. L'évacuation du liquide céphalo-rachidien devra 
être pratiquée avec prudence, surtout quand les symptômes de 
compression seront très marqués. 

ÂUBLNEAU rapporte deux cas dans lesquels on a pratiqué 
la crâniectomie avec une amélioration sensible. 

Don (L.) rapporte le cas d'une fillette de quatorze, ans chez 
laquelle un double œdème papillaire fut guéri par une seule 
ponction lombaire. Mais dans de nombreux autres cas la ponc- 
tion lombaire fut insuffisante et on fut obligé de faire la crâ- 
niectomie qui fut beaucoup plus efficace. 

A.XENPELD croit la ponction lombaire dangereuse dans le 



MALADIES DE LA RÉTIHE, DU NERF OPTIQUE, ETC. 277 

cas de tumeur et conseille de s*en abstenir lorsqu'on est en 
droit de supposer un néoplasme. 

Terson (A) rapporte un cas de mort après ponction lombaire 
dans un cas de tumeur cérébrale. 

Dupdy-Ddtemps :tous les cas ne sont pas semblables; dans 
les méningites il faut faire la décompression par ponction 
lombaire, mais dans les tumeurs cérébrales, où il s'agit d'une 
compression permanente, il faut une décompression permanente 
que peut seule donner la crâniectomie. l. oAAifDCLBxiufT. 

5) Galezowski rapporte l'observation d'une femme de trente- 
six ans qui, à la suite d'accidents inflammatoires au niveau 
principalement du sac lacrymal droit et qui s'étendirent aux 
paupières droites et un peu aux paupières gauches, eut un 
phlegmon de l'orbite et consécutivement une atrophie optique 
à droite. Galezowski pense qu'il s'est agi d'une dacryocystite. 
L'atrophie optique serait elle-même consécutive à une névrite 
infectieuse. pàcbin. 

6) Valude a observé chez un homme de trente-cinq ans une 
chorio-rétinite maculaire qui a débuté vers l'âge de seize ans 
pour progresser jusqu'à trente ans. La lésion apparaît sous 
l'aspect d'une tache arrondie grisâtre, à bord effacés, avec 
amas pigmentaires irréguliers dont certains rappellent la réti- 
nite pigmentaire. Scotome absolu. Pas d*héméralopie, ni de 
dyschromatopsie. Cette affection se rapproche par certains 
points de la rétinite pigmentaire, si elle s'en éloigne par 
d'autres. pécHm. 

7) Stephenson, en rapportant six cas d'amblyopie observés 
chez des jeunes enfants, âgés de deux mois à deux ans et demi, 
insiste sur le rôle de la syphilis héréditaire, dans la produc- 
tion de ces amblyopies, et de leur amélioration, voire même de 
leur guérison par le traitement spécifique. Les amblyopies 
des jeunes enfants sont généralement causées par des troubles 
soit du cMé du cerveau, soit des autres parties du système 
nerveux. Stephenson démontre que la syphilis joue un rôle 
important dans la production de ces amblyopies. Chez les six 
petits malades soignés par lui, l'auteur a constaté toujours du 



278 REVUe GÉNÉRALE 

trouble du vitré surtout dans sa partie antérieure; dans 
certains cas de la choroïdite, de la rétinite, une fois, une papille 
décolorée, blanc-grisâtre. Lorsqu'on observe chez un petit 
enfant une hyalite ou du trouble du vitré, on doit penser à la 
syphilis héréditaire. j. mawas. 

8) Doyne a observé, chez un homme âgé de soixante ans, 
une rétinite circinée. Début par un trouble léger de la vue, 
brusquement survenu, et suivi quatre jours après par un 
abaissement considérable de la vision. A ce moment, l'examen 
ophtalmoscopique permet de constater des hémorragies dans 
la région maculaire gauche. V=i/io. L'œil droit est nor- 
mal. Pas de maladie des organes. Deux mois après, en sep- 
tembre 1904, on constate que les hémorragies augmentent, 
quelques-unes présentent des signes de dégénérescence. En 
avril 1905, la macula est œdématiée, avec quelques petites 
nouvelles hémorragies, deux petits points. Deux mois après, 
rétinite circinée typique, qui commence à disparaître au mois 
de juillet et qui disparait, en laissant seulement quelques pla- 
cards blancs, en janvier 1906. La vision centrale est complète- 
ment abolie. Doyne, pense, avec Gunn et d'autres auteurs, 
que la rétinite circinée n'est pas directement causée par 
des hémorragies, mais bien par des modifications profondes, 
survenues à la suite de ces hémorragies, dans les membranes 
internes du globe. j. mawas. 

9) Porot rapporte l'observation d'un malade avec vériûca- 
tion anatomique et chez lequel on put étudier : 

I ® Une cécité en rapport avec un double ramollissement 
occipital ; 2® Une hémianosmie directe par destruction de 
l'hippocampe; 3* Un état ataxique en rapport avec des 
ramollissements symétriques du cervelet. 

Ce malade avait présenté une hémianopsie nasale gauche 
suivie de cécité et accompagnée de plusieurs ictus. Il entre à 
l'hôpital un an après le début de tous ces accidents en pré- 
sentant le faciès d'un pseudo-bulbaire. Il a de la dysenterie 
et une ataxie considérable pour tous les membres. Les pupilles 
sont dilatées, à peu près égales, et réagissant faiblement à la 
lumière. V = q. 



MALADIES DU CRISTALLIN ET DU CORPS VITRÉ 279 

L'autopsie montre un foyer de ramollissement sur chaque 
lobe occipital et des ramollissements symétriques de la face 
supérieure du cervelet. 

Cette observation extrêmement intéressante s'ajoute aux 
cas publiés par Bouveret, Chauffard, Violet. Comme dans la 
majorité des cas, la cécité s*est faite en deux temps. Les pièces 
anatomiques dont la description est maintenant faite mon- 
trent que le malade a dû réaliser sa cécité par une hémianop- 
sie sous-corticale d'abord et une corticale ensuite. 

L'hémianosmie siégeant du même côté que la lésion hyppo 
campique vient à l'appui de l'opinion de Collet qui soutint, au 
Congrès de Laryngologie en 1898, le rapport direct de lésion 
à symptôme pour l'olfaction. 

Quant à la coexistence des ramollissements cérébraux avec 
les ramollissements occipitaux, le fait est aisé à expliquer si 
Ton se souvient du voisinage d'émergence au niveau du tronc 
basilaire des artères cérébelleuses supérieures et cérébrales 
postérieures. morbau. 

10) Gompertz a observé, chez une fille âgée de neuf ans, 
albuminurique, un œdème des deux papilles qui, à un mo- 
ment donné et sous l'influence du traitement général, s'amé- 
liora pour rjsapparaître d'ailleurs peu de temps après. 

J. MAWAS. 

i3) Il s'agit d'un enfant avec traumatisme de Tœil gauche, 
(coup de couteau). Onze jours après, énucléation, mais iritis 
séreuse à droite. Injection profonde dans l'orbite de II gouttes 
de cyanure de mercure à i/ioo. Deux jours plus tard, deuxième 
injection, trente heures plus tard VI gouttes. Guérison. 



MALADIES DU CRISTALLIN ET DU CORPS VITRÉ. 



1) Voat. — La dislocation spontanée de la lentille, afTection héréditaire 

(Di^ocatio lentis spontanea als erbliche Rrankheit) (Zeitschr. f. Augenh., 

XIV, p. x53). 
a) Quérin. — Contribution à l'étude des hémorragies intra-oculaires^expul- 

sires survenant après l'opération de la cataracte) (Thèse dé Bordeaux, 

1906-07). 



280 REVUE GÉNÉRALE 

i) Grâce à un arbre généalogique très complet et des 
recherches personnelles de la famille, Vofft a pu établir que 
depuis un siècle à peu près, de nombreux membres d'une 
famille étaient atteints de luxation de la lentille. Cette luxa- 
tion était spontanée, nullement congénitale mais se produisait 
entre la vingtième et la soixante-cinquième année. Les descen- 
dants mâles étaient plus fréquemment atteints de cette affec- 
tion que les descendants féminins. De plus, on n*a observé 
aucun cas d'hérédité propagée par des descendants féminins. 
Le pronostic n'était pas mauvais, des affections glaucoma- 
teuses ne se produisaient pas dans la suite. b. rbdslob. 

a) Dans son excellente thèse, Guérin reprend Tétude des 
hémorragies expulsives après la cataracte. C'est l'observation 
d'un nouveau cas d'hémorragie foudroyante observée [dans 
le service de Lagrange. 

Après avoir, dans un historique très documenté, rapporté 
les travaux relatifs aux hémorragies, l'auteur rapporte cin- 
quante-six observations, dont un certain nombre inédites ou 
personnelles, entre autres deux dues au professeur Truc, et 
une due à Cabannes. 

Dans le chapitre de Tanatomie pathologique, il rapporte 
tous les examens histologiques d'yeux énucléés à la suite 
d'hémorragies. Il y ajoute un examen complet et très con- 
sciencieux de Tœil énucléé par Lagrange. Malgré tout, 
comme ses devanciers, il n'a pu trouver dans les veines cho- 
roïdiennes des lésions des parois vasculaires qui pourraient à 
elles seules, expliquer la pathogénie de l'hémorragie. Il n'a pu 
constater que des dilatations variqueuses énormes des veines 
choroïdiennes, les autres vaisseaux étant normaux à tous égards. 
Mais, il a remarqué que c'était presque toirjours dans le cas 
où la pression artérielle était très augmentée, sans que pour 
cela le tonus oculaire fût au-dessus de la normale, que se 
produisaient les hémorragies. L'augmentation de la pression 
sanguine existant surtout chez les artério-scléreux, on devra se 
méûer et être très prudent chez ces derniers et n'opérer la 
cataracte qu'après un traitement approprié prolongé. 

Ainsi donc, le manque d'équilibre dans l'œil, joint à 
l'augmentation de la pression sanguine, à la stase veineuse 



MALADIES DE LA RÉFRACTION, DE L'ACCOMMODATION, ETC. 281 

se produisant dans Tœil à la suite d*efForts involontaires du 
malade» peut-être à des lésions dégénératives ou athéroma- 
teuses des vaisseaux de Tœil, non décelables au microscope, 
seraient la cause de l'hémorragie intra-oculaire expulsive. 
Dans le cas d^hémorragie expulsive vraie, c'est-à-dire surve- 
nant rapidement après l'opération, s'accompagnant d'issue 
totale du vitré et des membranes entraînant fatalement la 
perte de la vision, hémorragie qu'il ne faut pas confondre 
avec le^ hémorragies tardives, souvent rétiniennes et non 
choroïdiennes, et n'entraînant pas toujours la perte de la 
vision, le meilleur traitement sera l'énucléation pratiquée d'em- 
blée ou peu de temps après l'accident. Elle donne une guéri- 
son rapide, sans douleurs et tm bien meilleur résultat au point 
de vue de la prothèse, qu'un petit moignon atrophié et dou- 
loureux. H. TRUC. 



MALADIES DSLA RéPRAGTlON, DB l' ACCOMMODATION BT DBS MUSCLBS DB l'oUL 



i) Bettremleux. — Quelques poiotn du traitement du strabisme (Soc, franc. 

(Tophtalm., mai 1907). 
a) Polaok. — A propos du décentrage des verres correcteurs. Pi'ésentation 

d'une lunette à double décentrage (Soc. franc, d'ophtalm., mai 1907). 

3) Rouvillois. — Paralysie du moteur oculaire externe, symptomatique 
d'une fracture du rocher, consécutive à un traumatisme du crâne (Recueil 
d'ophtalmologie^ juillet 1906, p. 404-1 1). 

4) Ibepshoff (A.-Ë.)* — Anomalies de la vision (Optical defecls of the nor- 
mal cye) fCleveland med, and surg. Reporter, octobre 1906). 

5) Eaton (F.-B.), — Troubles d'accommodation d'origine hystérique (Sub- 
normal accommodation as a manifestation of hysteria.) (California State 
Journ, of med.f octobre 1906). 

I ) Bettremieux conseille d'opérer tous les enfants chez les- 
quels le traitement médical n*a pas donné de résultat au bout 
de six mois ou un an. Il intervient sur Tœil fixant. 

L. ORAnDCLélfBlfT. 

2) On peut arriver à un bon centrage des verres correcteurs 
ou à leur décentrage par lexamen de la vision binoculaire. 

Les instruments nécessaires sont le diploscope de Rémy 
et la lunette d'essai à décentrage horizontal et vertical présen- 
tée par Polack. Muni de cette lunette dans laquelle on a 



282 REVUE GÉNÉRALE 

placés les verres correcteurs le malade se met en observation 
devant le diploscope. S'il accuse une vision binoculaire cor- 
recte et stable, c*est que les verres sont bien centrés; on n'a 
qu^à lire sur la monture et à noter Técartement de leurs 
centres. Si au contraire la vision binoculaire se montre impar- 
faite on cherche à la rectifier par des déplacements métho- 
diques des verres ; on note ensuite Técartement qui donne le 
meilleur résultat. 

On obtient ainsi un centrage rationnel des verres lorsque 
les muscles moteurs de Tœil sont en parfait équilibre et un 
décentrage lorsque cet équilibre est troublé. Il va sans dire 
que le décentrage ne peut corriger complètement que des 
troubles légers, Teffet prismatique des verres étant relative- 
ment faible. 

Cette méthode essentiellement subjective appliquée au cen- 
trage et décentrage des verres de lunettes peut s'employer 
seule ou combinée avec les méthodes mathématiques connues, 
dont elles servira à vérifier et à perfectionner les résultats 
rapides mais seulement approximatifs. h. dor. 

3) Rouvillois publie l'observation d*un malade qui après un 
traumatisme crânien très violent, présente une paralysie du 
nerf moteur oculaire externe gauche. En dehors d'une cépha- 
lée intense, aucun autre symptôme inquiétant au point de vue 
général. L'œil est dans un très fort strabisme interne. L'acuité 
visuelle est normale, de même pour le champ visuel. Pas de 
lésion superficielle ou profonde des membranes oculaires. 

Quelle est la cause de cette paralysie? Panas a étudié, 
autrefois, la paralysie du nerf moteur oculaire externe, consé- 
cutive à la fracture du rocher. Il est donc important pour le 
médecin et surtout pour le médecin-légiste de savoir qu une 
fracture du rocher peut se révéler seulement par la paralysie 
dont il a été question, sans aucun autre symptôme local ou 
général. h. pbrbti. 



MALADIES DU GLOBE DE L'OBIL 233 



maladies du globb de l oeil 
(blessures, corps Étrangers, parasites) 

i) Antonelll (A.). —Indications de thérapie conservatrice ou dMntervcntions 
radicales, dans les traumatismes graves de Tceil (Soc. franc, d'ophUlm,^ 
mai 1907). 

2) Rohmer. — Grippe et accidents du travail (Soc. franc, d'ophialm.f mai 
1907). 

3) Dufoup, ~ Les hypertonies passagères (Soc. frânç. d^ophtalm,, mai 
«907)- 

4) De Met». — Pronostic des affections profondes de Tœil (Soc. franc, 
d'ophtalm., mai 1907). 

i) Antonelli. La traumatologie oculaire, en ce qui concerne 
les accidents graves du globe, ne peut bénéficier autant que 
la traumatologie générale, des séduL^tants principes de chirurgie 
conservatrice. Gela, jusqu'au jour où la découverte de Tétio- 
log^e et de la pathogénèse de Tophtalmie sympathique nous 
permettra de la prévenir ou de la guérir autrement que par la 
démolition de Torgane capable de la provoquer. En attendant^ 
Ténucléation s'impose : pour toute présence de corps étranger, 
surtout métallique et oxydable, que Ton ne parvient pas à 
extraire de Tintérieur du globe; pour toute plaie lacéro-contuse 
plus ou moins vaste de la coque oculaire, avec issue de 
vitré, etc. ; pour toute brûlure vaste et profonde, ayant détruit 
une large surface de Tenveloppe externe ou fibreuse ; pour tout 
accident grave d'armes à feu; pour toute plaie proprement 
dite, laissant une longue cicatrice plus ou moins enfoncée, 
déformée, avec liseré uvéen à fleur de conjonctive. Nous som- 
mes, par contre, autorisés à la thérapie conservatrice, ou tout 
au moins temporisatrice : dans les déchirure simples de la 
cornée ou de la sclérotique ; dans les brûlures limitées, et sur- 
tout peu profondes de ces membranes ; dans les accidents de 
chasse, sous certaines réserves; et dans les plaies, même 
vastes et compliquées de la cornée, à condition qu'elles n'at- 
teignent pas, ou à peine, le limbe, et que leur cicatrice soit 
linéaire, régulière, sans enclavement apparent de l'iris. 



2) Rohmer rapporte l'histoire d'une malade qui ressentit 
brusquement une vive douleur oculaire pendant le travail. On 



284 REVUE GÉNÉRALE 

dut faire quatre jours après Ténucléation pour un phlegmon de 
l'œil et la malade mourut le lendemain de l'intervention. 
A Tautopsie on trouva une méningite suppurée généralisée 
avec thrombose des sinus — rien dans Torbite — pas de corps 
étranger dans l'œil énucléé. L*auteur pense à une infection 
grippale et élimine l'accident du travail. l. orandclbnbnt. 

3) Du four insiste sur Tinfluence néfaste de Tobscurité sur 
les phénomènes prodromiques du glauconve — après avoir 
rapporté plusieurs exemples, il conseille de faire dormir les 
malades dans une chambre éclairée après instillation de pilo- 
carpine, le soir — il croit que les accès de glaucome, que Ton 
voit éclater sur un œil quelques heures après une intervention 
antiglaucomateuse sur l'autre, est due au pansement bino- 
culaire. L. QRAXDGLéMBNT. 

4) De Mets. — Dans beaucoup de circonstances, le dia- 
gnostic des affections profondes de l'œil demeure incertain, le 
rôle du médecin est alors assez aisé dans le pronostic qu'il doit 
émettre ; lorsque, au contraire, le diagnostic est clair, que le 
pronostic s'annonce comme « fatal » et dépasse les ressources 
de la thérapeutique, le rôle du médecin devient assez délicat, 
et Ton sait si nous avons le droit de porter condamnation de 
celui qui se confie à notre loyauté. 

Il faut, dans tous les cas, de la circonspection, d autant plus 
que Ton peut se tromper et que Ton se trompe souvent. 

Trois cas, choisis au hasard, nous en sont une preuve : 

1° Jeune fille chloro-anémique depuis des mois, frappée 
d'accidents de méningisme avec céphalalgie et subitement 
cécité absolue. Diagnostic porté par plusieurs confrères: 
méningite sur chaque nerf optique : « terminaison fatale ». 

Je confirme le diagnostic: constate une constipation 
opiniâtre depuis deux ans — une médication purgative 
énergique pendant dix jours fait cesser tous les symptômes ; 
perception lumineuse revient, gagne rapidement, au bout de 
deux mois. V = i . Symptômes « objectifs » de l'atrophie du 
nerf optique mettant des mois à disparaître. 

2** Homme de trente-trois ans — spécificité douteuse ; frappé 



itÀLADtES DES PAUPIÈRES, DE L^APPAREIL LACRtMAL, ETC. 285 

de cécité subite avec troubles cérébraux encéphalo*méningite 
avec œdèmes pupillaires, des injections mercurielles le ramè- 
nent au bout de trois mois j l'état cérébral redevient normal et 
la vision reconstituée — au bout de six mois, guérison 
rétablie. 

3* Dame de soixante-neuf ans — Embolie de lartère centrale 
de la rétine — - avec cécité absolue consécutive. Un an et demi 
plus tard, même accident à l'œil gauche — des injections de 
cyanure de mercure font remonter la cécité visuelle à Tœil. 
droit à 4/ic», à gauche à 1/4. — Ce résultat se maintient 
depuis un an. Champ visuel rétréci. l'autbuh. 



MALADIBS DBB PAUPXàRBS, DE L*APPARBIL LACRYMAL ET DB l'oRBITB 



i) Teillais. — Phlegmon de Torbite avec alrophie optique consécutive à une 
sinusite maxillaire et provoquant une ophtalmie sympathique (Soc. franc, 
d^ophisilm.f mai 1907). 

2) Lagpange. — Tumeur mélanique de Torbite. Opération de Kronlcin 
(Soc, de méd, et de chirurg, de Bordeaux, i»»" mars 1907). 

3) CaMili (A.). — Deux cas de dacryoadënite aigiie (Due casi di dacrioa- 
denite acuta) (Annali di Ottalmologia, vol. XXXV, 1906, fasc. 3-4, p. 181 
àaoC). 

4) Bourgeois. ~~ Ankyloblëpharon membraneux de Tangle externe de l'/geil 
(Union midic. et scientif,[du Nord-Est , i5 février 1906). 

5) Van Lint. — De Textirpation du sac lacrymal dans les dacryocyslitcs 
chroniques (Soc, méd, ehirurg, de Brabant, 29 mai 1906). 

6] Cabannea. -* Dacryocystiie et sinusite maxillaire à gonocoques chez 
un nouveau-né (Soc, de méd, et de chir, de Bordeaux, 16 février 1906). 

7) Nuel (J.-P.)' — t>u traitement chirurgical de Tectropion cicatriciel de la 
paupière inférieure (Soc. Belge d* ophtalmologie ^ 26 novembre 1906). 

8) Jooqa. — * Quelques mots sur Textirpation du sac lacrymal (Soc. d'opht, 
de Paris, 9 janvier 1906). 

1) Si, aux nombreux travaux qui ont été publiés depuis ces 
dernières années sur les complications oculaires provenant 
des sinusites, Teillais ajoute une nouvelle observation, 
c'est qu'elle lui a paru réunir, à elle seule, quelques-\mes des 
manifestations les plus rares aussi bien que les plus graves, 
puisqu'elles ont abouti à la cécité d un œil et compromis la 
vision de l'autre, dans un très court espace de temps. 

Leur développement, qui s'est effectué en moins de trois 
mois, a parcouru les étapes suivantes chez une jeune lîUe 



2^6 f^EVUE GÉNÉRALE 

robuste âgée de vingt-cinq ans. A gauche, sinusite maxillaire 
aiguë consécutive à Tavulsion de la deuxième molaire supé- 
rieure, se transformant en poly sinusite^ le sinus frontal 
excepté, phlegmon de l'orbite, destruction presque totale du 
plancher de Torbite, cécité soudaine. — Atrophie papillaire. 

A droite, malgré Tintégrité absolue des cavités sinusiennes, 
troubles oculaires éclatant d^une façon inattendue et se 
traduisant par une diminution graduelle de Tacuité visuelle 
descendant à i/io. — Neuro-rétinite. 

C'est trois semaines après Tapparition du phlegmon de 
l'orbite que Fœil gauche perdit la vision, et c'est un mois 
plus tard que les accidents oculaires se montrèrent dans 
l'œil droit. 

On ne peut pas invoquer ici d'infection locale, les cavités 
droites étant intactes, ni d'infection générale. La transmission 
de la maladie du premier œil atteint à son congénère n'est pas 
niable et, bien qu'on ne puisse se réclamer ni du plus léger trau- 
matisme ni de l'inflammation du tractus uvéal, il semble 
bien que nous ayons affaire à l'ophtalmie sympathique. 

Un critérium : l'énucléation pratiquée avant toute inter- 
vention sur la face, à gauche, met fin à tous les troubles 
oculaires du côté droit. 

Quant à la neuro-rétinite, elle n'est autre qu'un de ces 
exemples rares d'une manifestation sympathique, puisqu'on 
n'en connaît que douze observations, qui n'est jamais 
précédée, accompagnée ou réunie d'aucune inflammation du 
tractus uvéal. Dans le cas présent, les altérations osseuses 
doivent être attribuées à Tostéo-myélite aiguë. La malade qui 
a subi, quinze jours après, l'énucléation, est aujourd'hui guérie. 

l'auteur. 

2) Lagrange présente un malade de cinquante-quatre ans 
qui, l'an dernier, à la suite de douleurs vagues dans l'orbite, 
vit, quelques mois après, se produire une exophtalmie assez 
accusée. A l'examen, champ visuel normal, un peu de stase 
papillaire, légère difficulté d'incursion de l'œil du côté droit. 
Après éclairage négatif des sinus, on pensa qu'il s'agissait 
d'une tumeur orbitaire, kyste hydatique ou tumeur maligne 
siégeant entre le nerf optique et le muscle droit externe. Le 



MALADIES DES PAUPIÈAES, DE L'APPAREIL LACRYMAL, ETC. 287 

malade ayant réclamé la conservation de son œil, Lagrange 
a pratiqué l'opération de Krôniein, qui a permis d'extraire 
une petite tumeur molle, enkystée, qui était un sarcome 
mélanique. 

Lagrange insiste sur la bénignité des tumeurs mélahi- 
ques primitives de Torbite. Il est possible que les malignes 
soient celles dont le pigment provient du pigment cutané ou 
uvéal; les bénignes contiendraient du pigment hématique. 



3) Des deux cas décrits par Casali, le premier représente 
une dacryoadénite gonococcique métastatique (blennorragie 
urétrale chronique redevenue aiguë; pas d'affection conjoncti- 
vale, pas de gonoccoques dans les culs de sac) tandis que le 
second est analogue à Tobservation de Lagrange semblant 
prouver, comme elle, une dacryoadénite liée à l'aménorrhée 
(femme de vingt-trois ans, aucun antécédent, aucune affection 
caractérisée, mais débilité générale et suppression des règles 
depuis trois mois). a. antonbllu 

4) Bourgeois présente le cas d'un jeune homme qui présen- 
tait à Fangle externe une membrane cicatricielle consécutive 
à un impétigo et qui avait Tapparence de la clignotante des 
oiseaax (qui est située à Tangle interne). L'excision en a été 
très simple. morbau. 

5) Voici, d'après Van Lint, la meilleure façon d'agir en 
présence d'une dacryocystite chronique : 

Quand l'injection dans les voies lacrymales passe par le 
canal nasal, on obtient la guérison de la suppuration par des 
injections antiseptiques, si toutefois le sac n'est pas dilaté. 
Dans ce cas il est nécessaire de recourir à l'extirpation, le sac 
ne reprenant plus son volume primitif et ne pouvant plus 
ramener le cours normal des larmes. 

Quand l'injection ne passe pas, deux cas peuvent se présen- 
ter : ou bien la sonde passe ou elle ne passe pas. Dans le pre- 
mier cas il faut qu'après deux ou trois sondages les voies soient 
libres pour permettre aux liquides antiseptiques de les tra- 



2A8 REVUE GÉlTÉkAU 

verser et amener ainsi la guérison; si, après ces quelques 
sondages, le canal nasal reste encore imperméable aux injec- 
tions, on pratique Textirpation. Dans le second cas on fait 
d'emblée l'extirpation. L'auteur présente im malade à qui il a 
extirpé le sac ; avant il a été traité à Rouen par les sondages 
et des injections antiseptiques pendant près de quatre ans ; il 
est radicalement guéri en deux jours, à la suite de l'opération. 

B. n. . 

6) Cabannes cite le cas d'un enfant chez lequel, malgré des 
instillations de nitrate d argent au moment de la naissance, 
il se produit vers le neuvième jour une stomatite purulente 
avec rougeur de la langue, puis une rhinite purulente, un 
gonflement de la joue gauche terminé par un abcès qui s'ouvre 
dans le repli gingivo-labial. De plus, du côté de l'œil gauche, 
œdème des paupières avec chémosis. En ce dernier point^ pas 
de pus, mais il y avait une dacryocystite consécutive à une 
sinusite maxillaire gonococcique. L'enfant est mort à dix-sept 
jours. L'autopsie permet de voir que le sinus tout petit était 
rempli de pus. n. 

7) Nuel recommande comme procédé de choix la trans- 
plantation d'un grand lambeau de peau non pédicule qui doit 
être débarrassé le plus possible de tout tissu graisseux jouant 
le rôle de corps étranger — et ne pas non plus reposer sur de 
la graisse. Il ne fait pas la blépharorraphiei 

L. ORATfDGLBliBirr. 

8) Jocqs fait Textirpation du sac lorsque ce dernier est 
régulièrement dilaté, renferme du pus ou de la sérojsité. Il 
assimile cette tumeur lacrymale à un kyste et Tenlève. 

Pour faciliter l'opération Jocqs ouvre le sac verticalement, 
le vide, l'aseptise puis le bourre avec une boulette de coton 
hydrophile mouillé et exprimé. Cathétérisme et surtout pas de 
curetage. Pansement compressif afin de combler la cavité. Et 
s'il se produit un larmoiement gênant on fera quelques jours 
après l'ablation de la glande lacrymale. p^cHm. 

Le Gérant : P. Masson. 
Lyon. — Imp. A. Rbt et C'«, 4, rue Gentil. — 4<K)30 



té^ f 31 JUILLET 1907 



MÉMOIRES ORIGINAUX 



Le drainage au crin de la chambre antérieure 
contre Thypertonie et la douleur. 



Par le Profatseur ROLLET 



Mon butn*est plus d'insister sur le drainage capillaire de 
la chambre antérieure dans Thypopyon, méthode appliquée à 
l'ouverture d'un empyème ; c'est ainsi que dans Tulcère, avec 
hypopyon jugé justiciable d'évacuation, la collection puru- 
lente, non seulement est ponctionnée, mais encore contre- 
ponctionnée et drainée au crin. Il existe d'autres cas où il y a 
lieu de dériver au dehors l'humeur aqueuse chargée de pro- 
duits infectieux comme dans certaines iritis séro-plastiques. 

C'est dans un tout autre ordre d'idées, contre Thypertonie 
et la douleur, que j'ai tenté de diriger cette même opération et, 
à ce sujet, il me paraît intéressant d'indiquer les résultats que 
j'ai obtenus récemment chez deux de mes malades. 
. Voici une observation des plus encourageantes : 

0BS. I. — AnloineLte V.'... vingt ans, entre à la clinique de M. lé 
professeur RoUet, le 20 juin 1907. 

Il y a quinze jours, en coupant du bois, la malade en reçut un frag- 
ment dans l'œil droit. Peu de douleurs au début, pas d'écoulement 
sanguin, larmoiement consécutif. Douze jours après l'accident, la 
malade commença à souffrir, violemment, de la tête d'abord, puis de 
rœil. Perte de la vision aussitôt après l'accident. 

A son entrée, injection conjonctivale intense, cercle pèrikera*- 
tique très net. Mouvements du globe bien conservés; œil dur^ 
T = + 2 ; vives douleurs à la pression. A la cornée, petite 
plaie paracentrale et centrale. Chambre antérieure considérable- 
ment diminuée et en partie remplie par des masses cristalliniennes. 

19 



290 MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET 

Iris dilaté, ne réagissant pas. Cataracte traumatique et masses tom- 
bant dans la chambre antérieure, V = o. On ordonne des myoli- 
ques. ai juin : toujours très vives douleurs. Après anesthésie locale 
à la cocaïne, M. Rollet ponctionne et contreponctionne au limbe 
de la cornée ; on met un crin à demeure à la partie déclive de la 
chambre antérieure. 22 juin: la malade dit ne plus ressentir de 
douleurs. 25 juin : ablation du crin, hypotension très manifeste 
comme la veille. 26 juin : la malade ne soufTre plus, la chambre 
antérieure est reformée. 28 juin : T = — 2, plus de douleurs, 
jamais, aucun signe d'iridocyclite. i^^ juillet : tension normale. 
Belle chambre antérieure. Aucune douleur. Cataracte traumatique 
simple. 6 juillet: même état. Exeat. 

Il s'agissait donc d'une jeune femme qui, vingt jours aupa- 
ravant, a eu une cataracte traumatique à la suite d'une plaie 
perforante de la cornée, par éclat de bois. Elle se présente 
avec tous les signes d'un glaucome symptomatique : V = o, . 
T = -+- a, chambre antérieure diminuée, masses cristalliniennes 

intumescentes Les vives souffrances ont résisté aux myo- 

tiques et commandent une intervention urgente. Je pratique 
une ponction et une contreponction de la chambre antérieure, 
puis crin à demeure. Le lendemain les douleurs sont tout à 
fait calmées. Le drainage est effectué pendant quatre jours et 
Ton constate T = — 2. Dix jours après, la tension est nor- 
male, la chambre antérieure est reformée, les masses ont 
disparu. Dorénavant, on est en présence d'une cataracte trau- 
matique simple sans aucun phénomène irritatif. 

La deuxième observation a trait à un glaucome subaigu pri- 
mitif : 

Obs. II. — Césarine B..., cinquante-six ans^ entre à la clinique 
de M. le professeur RoIIet, le 10 juin 1907. 

Prodromes de glaucome en avril dernier par mouches volantes, 
cercles colorés autour des lumières, douleur de Tœil gauche. Pen- 
dant vingt jours la malade voit trouble, puis perte de la vision. Les 
douleurs continuant^ la vision ne revenant pas, la malade vient 
consulter. 

A son entrée, injection conjonctivale assez intense, cercle périké- 
ratique. Œil dur, T = -|- i. Mouvements conservés, pas de dou- 
leur à la pression. Cornée anesthésiée. Chambre antérieure dimi- 



MÉMOIRES ORIGIIYAUX. — ROLLET 291 

nuée de profondeur, iris ne réagissant pas^ iris flou, légère mydriase, 
V = o fond d'œil inéclairable. i5 juin : M. Rollet ponctionne et 
contreponctionne la cornée, crin à demeure. 17 juin: œil encore 
dur. Petit exsudât à cheval sur le crin, contre la face postérieure de 
la cornée, on enlève le crin. 18 juin: œil devenu mou et un peu dou- 
loureux h la pression, ai juin : Texsudat a totalement disparu. La 
chambre antérieure [se reforme, T = — 2. œil toujours mou, pas 
de douleurs, ni spontanées ni provoquées, i*'' juillet: tension 
normale. 



Ainsi il s'agit dune femme de cinquante-six ans, V = o, 
T = -|-i, fond d'œil inéclairable, douleurs. Drainage de la 
chambre antérieure pendant quarante-huit heures. Petit exsudât 
sur le crin. Deux jours après, la tension est de — 2, pour re- 
devenir normale. Trois semaines après, tonus encore normal, 
chambre antérieure reformée, aucune douleur ni spontanée, ni 
provoquée. 

Quelles conclusions tirer de ces deux faits qui ont, me sem- 
ble-t-il, la valeur d'une expérience? 

Tout d'abord, la technique opératoire est très simple. Après 
antisepsie soigneuse des culs-de-sac et anesthésie locale, 
faire une ponction de la cornée au niveau du limbe scléro- 
cornéen, au couteau de de Graefe, sans achever la taille du lam- 
beau cornéen ; le crin passe assez facilement sans être gêné 
par l'iris malgré l'efFacement de la chambre antérieure. Ses 
deux extrémités sont fixées sur la joue avec du collodion. 
L'opération n'est pas douloureuse. Le drainage, comme pour 
l'hypopyon, peut être continué pendant plusieurs jours, niais 
pour l'œil non infecté, et seulement dur et douloureux, on 
doit surveiller dès la vingt-quatrième heure et généralement 
l'enlever à la quarante-huitième. 

Comme conséquence de sa mise en place, nous notons chez 
nos deux malades la suppression des douleurs, la transforma- 
tion rapide de l'hypertension en hypotension avec retour ulté- 
rieur au tonus normal. 

Quelles sont maintenant les indications de ce drainage ca- 
pillaire de la chambre antérieure? Ce drainage me parait 
devoir remplacer dans la plupart des cas la simple paracen- 
tèse. Il sera indiqué principalement dans l'état présenté par 



29^ AEVUE GÉNÉRALE 

notre première malade. Ily a alors intérêt pour lesujet àattendre 
que, peu à peu, la cataracte se résorbe ou puisse être opérée à 
froid, mais toutefois, comme il y a des phénomènes douloureux 
glaucomateux intenses qui ont résisté aux myo tiques, il faut 
opérer. Intervenir à chaud sur l'iris ou sur les masses intu- 
mescentes cristalliniennes peut présenter de graves inconvé- 
nients, ce sont des hémorragies, Une issue de vitré... La 
paracentèse iie donnera qu'un calme passager et le drainage 
peut amener la cessation durable des souffrances. 

Un drainage capillaire dans le glaucome inflammatoire trou- 
vera ses indications, par exemple comme méthode prépara- 
toire à riridectomie ; ailleurs, il remplacera, parfois, cette der- 
nière opération; ailleurs encore, il la complétera et plus ou 
moins tardivement. 

Quand on aura à redouter des hémorragies profuses, Tex- 
pulsion du cristallin ou, lors d'un nouvel état glaucomateux 
après iridectomie, l'établissement temporaire d un crin dans la 
chambre antérieure pourra rendre des services. 

En tout cas, ce drainage peut faire cesser toute douleur. Il 
permet l'évacuation et la résorption des produits de la cham- 
bre antérieure pendant plusieurs jours. La mise en place d'un 
crin, lors d'hypertension, peut être suivie d'hypotension, avec 
retour progressif au tonus normal. 



REVUE GÉNÉRALE 



(!) 



ANATOMIE ET EMBRYOLOGIE 

i) Matys (V.). — Le développement des voies lacrymales déférentes (die 
Entwickclung der Traeuenableituiigswe^e) ^Zet7«c/i/*. f, Augenheilk,, XIV, 
p. 226). 

2) Harman (N.-Bishop). — Sur une pigmentation anormale et congénitale 
d'un œil (A.bnormal congénital pigmentation of the eye) (Trans. ophth. 
Society^ vol. XXV, p. 319, igo5). 

3) Stricklep (D.-A.). — La pupille (the Pupil) (Homeo. Eye^ Ear àtid 
Throat journ.j mai 1906). 

*■ Les articles dont nous indiquons seulcmenlles titres, sans analyse, 
ne contiennent rien de nouveau. 



PHYSIOLOGIE ^3 

I ) Matys a étudié la question chez le Spermophilus citilus 
(Ziesel). Le résumé de son travail, qu'accompagnent des des- 
sins nombreux et instructifs, est le suivant. Chez Taninial en 
question on retrouve la première ébauche des voies lacrymales 
à Fqpoque où la vésicule cristallinienne se sépare de Tépi- 
blaste superficiel. La gouttière lacrymale est alors presque 
comblée dans sa partie antérieure et uniquement esquissée 
dans sa partie oculaire. Cette disposition en forme de proli- 
fération épithéliale se trouve sur TépiMaste du bord supéro- 
interne du bourgeon maxillaire supérieur. Cette prolifération 
se propage jusqu'à la base de la partie oculaire de la gouttière 
lacrymale et forme une crête assez importante, qui peu à peu, 
se détache de Tépithélium superficiel et s'avance en forme de 
cordon vers le nez. Cette crête reste pendant longtemps encore 
en communication avec le bourgeon maxillaire supérieur. 
A cette place un cordon d'épithélium commence à pousser 
vers la paupière inférieure (canalicule inférieur). Un autre 
cordon sort un peu plus tard de la prolifération dirigée vers le 
nez et se propage vers la paupière supérieure (canalicule 
supérieur). L'épithélium proliférant forme à l'intersection des 
deux cordons le sac lacrymal. Le cordon dirigé vers le nez 
sera plus tard le conduit naso-lacrymal. Après la formation 
des différentes parties des voies déférentes, toute communi- 
cation avec Tépiblaste superficiel est interrompue. Parla crois- 
sance du bourgeon maxillaire, tout cet appareil est repoussé en 
dedans et en haut jusqu'à ce qu'il ait trouvé son emplacement 
définitif dans l'angle interne de l'œil. «. nsosLoe. 



PHYSIOLOGIE 



i) Hertol. — Contribution expérimentale à l'étude de la contraction pupil- 
laire par l'excitation lumineuse (Experimenteller Beitrag zur Kenntniss dcr 
Pupillenverengerung auf Lichtreize) (Arch. f, Ophth.^ LXV, p. io6-i36). 

2) Weinhold. — Théorie de la rotation de l'image skiascopique dans l'astig- 
matisme (Zur Théorie der skiaskopischcn Schaltendrehung bei Astignia- 
tismus) (Arch, f. Ophth,, LXV, p. i5o-i55). 

3) LebdP. — Nutrition du cristallin (Zum Stoffwechsel der Kristallinse) 
(Thèse de Heidelberg, 1906). 

4) 8chafep. — Physiologie des mouvements de Tiris (Zur Physiologie der 
Irisbewegung) (Thèse de Marburff^ 1906). 



^4 KEVUE GÉNÉRALE 

5) Mappes. — Physioloçie des mouvements de l'iris (Zur Physiologie der 
Irisbewegung) (Thèse de Marburg, 1906). 

1) Hertelj conclut de recherches expérimentales que la 
contraction de la pupille qui survient chez les animaux exposés 
à la lumière, malgré la section préalable des nerfs optiques, 
est attribuable à une action directe de la lumière sur la muscu- 
lature de Tins. i*. i>or. 

2) Weinhold discute la manière de voir de Borschke rela- 
tive à la théorie de la rotation de Timage skiascopique dans 
l'astigmatisme. <- »or. 

3) Publié dans Graefes Archiv et analysé. »• 

4) Étude purement bibliographique. h. u. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 



i) Von Hippel (E.). ~ Ck>nstatation8 anatomo-pathologiques dans des affec- 
tions rares de la rétine (Pathologisch-anatomische Berunde bei seltencn 
Netzhauterkrankungen) (Arch. f, Ophthalm,^ LXV, 157-172, 1906). 

a) Seefeldep. — Contribution à Tétude des inflammations oculaires fœtales 
(BciLrâge zur Lehre vondcn fœtalen Augenentzîindungen) fi4 rch f. Ophth.^ 
LXIV, a24-a36). 

3} Kpudenop (H.). — Anatomie pathologique de la stase papillaire et de 
ses modifications par la trépanation (Zur Pathologie der Stauungspapillc 
und ihrer Verftnderung nach der Trépanation) (Arch, f, Ophlh,^ LaVI, 



4) 8achsalbep. — Altérations de la cornée dans les ulcérations (Hornhaut- 
veranderungen bei Geschwursprocessen) (Zeitschr. f, Angenheîlk.y XIII, 
p. 640). 

5) Sachsaibep. — Un cas d'encéphaloccle occipitale avec examen anatomique 
du nerf optique (Ein Fall von Enkephalokele occipitalis mit anatomischcr 
Untersuchung des Schncrven) (Zeitschr. f, Aagenheilk»^ XIII, p. 711). 

6) Shiba. — Recherches expérimentales sur l'embolie de la rétine et de la 
choroïde (Experimentelle Untersuchungen ûber Embolie der Netzhaut und 
Aderhaut) (Thèse de Leipzig^ 1906). 

7) Hoffmann et Bpunnig (W.). — Transmission de la syphilis aux chiens 
par inoculation cornéenne (Deuis, med. Wochens ^ n« 14, p. 553, 4 avril 

I ) E, von Hippel décrit les lésions histologiques rétiniennes 
rencontrées dans deux afFeclions de la rétine qu^il ne sait 
comment dénommer. Dans un cas, il s'ag^issait d'une affection 



ANÂTOMIE PATHOLOGIQUE 295 

nodulaire survenue dans une rétine décollée; dans un autre 
cas, on observait une dégénérescence par suite d'endarté- 
rite oblitérante et la formation de tissu conjonctif vascularisé 
devant la rétine. l. dor. 

u) Dans le travail de Seefelder^ il s'agit de l'examen d'un 
cas d'irido-kératite chez un fœtus de huit mois et d'un cas de 
kératite chez un fœtus de sept mois. l. dor. 

3) Knûdener a examiné histologiquement plusieurs cas de 
stase papiliaire consécutifs à des causes diverses. Il discute 
l'action qu'aurait eue dans ces cas la trépanation. Il rappelle 
que, d'après UhthofF, les cas dans lesquels la trépanation est 
parvenue à conserver la vision sont très rares. i-. i>oh. 

4) L^examen des yeux d'un enfant atrophié, qui avait 
soufFert d'ulcérations cornéennes blennorragiques, n'ayant 
démontré que la présence d'une agglomération surprenante 
de corpuscules cornéens fixes, Sachsalber tenta de provoquer 
dans la cornée de lapins une ulcération de différente façon et 
de laisser évoluer la guérison pendant un état d'inanition de 
l'animal. Son idée était d'étudier le phénomène de la cicatri- 
sation se produisant dans des conditions générales très défa- 
vorables. Cette étude a donné quelques résultats intéressants : 
notamment celui que les conditions de tension dans lesquelles 
se trouve la cornée ont une influence essentielle sur la forme 
des éléments de cicatrisation. De plus, elle prouve une fois de 
plus que les éléments fixes de la cornée jouent le plus grand 
rôle dans la régénération du parenchyme de la cornée, contrai* 
rement à ce qui était admis jusqu'à ces derniers temps. Dans 
certains cas, où la vascularisation fait défaut, ce sont eux 
uniquement qui forment toute la cicatrice. De plus, l'auteur 
croit avoir définitivement prouvé que la kératomalacie n'est 
pas simplement la suite d'un trouble de nutrition de l'orga- 
nisme entier; l'inanition ne peut qu'influencer défavorablement 
la marche et la guérison de l'ulcération sans pouvoir arrêter la 
tendance à la génération que possède l'organisme. 

B. REDSLOIl. 



296 REVUE GÉNÉRALE 

5) L'examen anatomique d'un cas d'encéphalocèle démontra 
à Sachsalber Tabsence complète de fibres nerveuses dans le 
nerf optique. Cette aplasie ne se trouve que dans certains cas, 
lorsque les parties du mésencéphale ayant rapport à l'organe 
de la vision ne se développent pas. Gomme les fibres du nerf 
optique se forment chez Tembryon humain à l'âge de cinq 
semaines, Tépoque à laquelle le système nerveux doit avoir 
été lésé sera placée avant la cinquième semaine, date impor- 
tante pour des recherches expérimentales. Dans le cas exa- 
miné, les ganglions optiques primaires manquaient ou bien 
étaient complètement déformés. C'est là la raison de l'aplasie 
des fibres optiques. L'artère rétinienne centrale était excessi- 
vement mince, tandis que le cordon fibreux du nerf optique 
était richement vascularisé par des vaisseaux du système 
ciliaire. b. rkdslob. 

6) Shiba démontre qu'il est très rare de conserver en vie 
des animaux chez lesquels on a provoqué une embolie des 
artères rétiniennes par une injection dans la carotide; ils 
meurent presque tous immédiatement par embolies cérébrales. 
Sur douze animaux trois seulement survécurent plus d'un 
jour. Il injecte dans la carotide primitive de la paraffine filtrée 
à laquelle il ajoute quelquefois .de ,1a suie. 

Lorsque l'embolie était réussie on observait un trouble de 
la rétine qui augmentait dans les heures suivantes et qui, 
quelquefois (chien), disparaissait de nouveau au bout de seize 
heures. 

A l'examen microscopique, les cellules ganglionnaires pré- 
sentent de la chromatolyse, de la vacuolisation, de l'hyper- 
chromatose, le ratatinement du noyau, la destruction des 
noyaux et des cellules. 

La couche granuleuse interne est également altérée ; en outre, 
il existe un œdème des couches internes. w. stock. 

7) Bertarelli a montré que Tinoculation de produits syphi- 
litiques dans la cornée ou dans la chambre antérieure de l'œil 
des lapins détermine chez eux une kératite où l'on constate la 
présence de spirochètes de Schaudinn, que cette kératite est 



MÂLADILS DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. ^7 

inoculable de cornée à cornée et que Tinoculation au singe de 
la dernière kératite de la série est suivie chez cet animal de 
l'apparition de lésions syphilitiques typiques. 

Hoffmann et Brûnnig ont cherché à reproduire le même 
phénomène chez des carnivores. Ils ont inoculé dansla chambre 
antérieure de Tœil de deux chiens des fragments dé chancre 
syphilitique. Après une période d'incubation de seize jours 
dans un cas, de vingt et un jours dans l'autre, ils ont vu se 
développer une kératite intense, plus intense que chez les 
lapins. I/examen histologique des cornées a montré Texistence 
de Spirochœte pallida. Les auteurs se contentent de publier 
ces premiers résultats et annoncent que leurs recherches ne 
sont pas terminées. b. 



PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE ET DE LA SCLÉROTIQUE 

t) Chovaliep. — Une observation de sarcome alvéolaire de la conjonctive 
(Soc, franc, d'ophLilm., mai 1907). 

2) Steiner (L.). — Les taches pigmcntaires de la conjonctive (Annales d'ocn- 
listique, p. 458-466, juin 1906). 

3) Carra. — La kératite phlycténulaire (Gaz. mal, inf, et obst., 5 mai igo6).* 

4) Carllni (V.). — L'adénopathie polygan^lionnairc de la conjonctivite infec- 
tieuse de Parinaud dans un cas de trachome (l'Adenopathiu poligangliare 
della congiunctivite infettiva di Parinaud in un caso^di tracoma) (la Cli- 
nica oculisiica^ février 1907). 

5) Zirm. — Transplantation de la cornée (Société impériale-royale des méde- 
cins de Vienne^ 14 décembre 1906). 

6) Isohreyt. — Sur les cancers épibulbaires (Ueber epibulbâre Carcinome) 
(Zeilschr. f, Augenheilk., XI II, p. 409). 

7) Dimmer (F.). — Une forme spéciale d'altération persistante de la cornée 
après la kératite parcnchymateuse (plissement) (Eine besondere Art per- 
sistierender Hornhautverânderunç (Faltenbildung) nach Keratitis paren- 
chymatosa) (Zeitschr. f, Augenheilk.t XIII, p. 635). 

8) Dimmer (F.)- — Etude d'une kératite se rapprochant de la kératite num- 
mulaire (Ueber eine der Keratitis nummularis nahestehende Ilornhautent- 
r,und\ing) (Zeitschr, f. Augenheilk., XIII, p. 621). 

9) Van Lint. — Péritomie électroly tique (Soc, belge d'ophtalmologie^ 
26 novembre 1906). 

10) Auge (RA.YMONn). — Recherches statistiques sur la proportion des afTec- 
tions contagieuses observées dans une consultation opntalmologiqucfr/téjre 
de P«rw, 1906). 



298 REVUE GÉNÉRALE 

II) Liégard (Gborobs). — Emploi du collyre huileux â Téserine dans le 
traitement adjuvant des ulcères infectieux à hypopyon (Thèse de Paris, 
février 190Ô). 

ia) Wagenmann. — La sclérite postérieure (Weitore Mitteilungen ûber 
Skleritig posterior) f^lrcA. of OpMh., LXIV, 381-391, 1906). 

i3) Boldt. — L'extirpation du cartilage d*après Kuhnt dans le traitement du 
trachome (Kuhnt's Knorpelaussch&lung in aer Trachombehandlung) (Zeitsch. 
f. Augenheilk., XIV, S. 41). 

14) Junius. — La question du trachome (Zur Trachomfrage) (Zeitsch. f. An- 
genheilk., XIV, p. 45a). 

i5) Vandergpift (G.-W.). — Les aspects cliniques du trachome (Clinical 
aspect of trachoma) (Brooklyn med. journ., avril 1906). 

16) Hopnikep et Romanin. — Un appareil facilitant le traitement du tra- 
chome avec les rayons Rœntgen (Ueber einen Hûlfsapparat zur Behandlune 
des Trachoms mit Rœntgen stralen) (Zeitsch, fur Angenheilk.y XIV, 
p. 569). 

17) Allpopt (F.). — De l'extraction de petits corps étrangers de la cornée et 
de la conjonctive (Removal of small foreign bodies from the cornea, con- 
jonctiva) (OkUihoma med. News Journ,^ mai 1906). 

18) Bail (J.-H.). — Les aspects des traumatismes de la cornée au point de 
vue médico-légal (Medico-legal aspects of traumatic ulccrs of the cornea) 
(Texas State med. journ.t avril 1906). 

19) Bobone. — Diphtérie des conjonctives, du larynx, du pharynx (Revue 
hebdom. de laryng., d*ot, et rhinol.y 7 avril 1906). 

20) Dop (H.). — Kératite interstitielle (Soc. d'ophtalm. de LyoUy i«' mai 
«907). 

i) Le sarcome de la conjonctive est très rare comparative- 
ment à Tëpithéliome, aussi y a-t-il intérêt à rapporter les 
observations de ce genre de tumeurs, surtout appuyées par un 
examen histologique. 

Dans Tobservation rapportée par Chevalier^ la malade était 
âgée de quarante-six ans et avait toujours joui d^une bonne 
santé antérieure ; la tumeur s'est développée lentement sur le 
limbe scléro-cornéen, au bord externe de la cornée droite; 
elle a envahi surtout la conjonctive avoisinante et s'est déve- 
loppée aussi vers la cornée, mais recouvrant plutôt Tépithé* 
lium cornéen; en un mot, sans envahissement du tissu 
cornéen. 

L'ablation de la tumeur fut suivie de récidive et l'énucléation 
dut être pratiquée un an environ après Tapparition de ce 
néoplasme. 

L'examen macroscopique a révélé l'intégrité de toutes les 
membranes constituantes de Toeil, sauf la conjonctive; la 
cornée était intacte dans les trois cinquièmes de sa surface, et 
dans la partie recouverte par le néoplasme il y a plutôt des- 
quamation épithéliale, ulcération très superficielle sans al té- 



MALADIES DE LA COlfJOIYCTfVE, DE LA CORNÉE, ETC. 299 

ration de la membrane de Bowman ni du tissu propre de la 
cornée. 

L'examen microscopique, avec figures, pratiqué par 
Muratet, au Laboratoire du professeur agrégé Lagrange de 
Bordeaux, a montré qu'il s'agissait d'un sarcome alvéolaire, 
d'un angio-sarcome de la conjonctive. 

Quelques particularités ressortent de cette observation : 
a) l'intégrité presque normale de la cornée; ce qui, d'ailleurs, 
a été généralement constaté dans le cas de tumeurs épibul- 
baires sarcomateuses, même à une période avancée; b) l'évo- 
lution, en apparence bénigne, de l'aiFection, car à aucun 
moment la malade n'a présenté ni engorgement ganglion- 
naire, ni sous-maxillaire, ni parotidien. Il n'y a jamais eu de 
douleurs vives ni d'hémorragies. 

Comme traitement, l'intervention hâtive doit être con- 
seillée. Suivant les indications, Texcision suivie d'une cauté-- 
risation^ d'un grattage des parties avoisinantes, pourra suf- 
fire. Dans dautres cas, l'énucléation s'impose, ainsi que 
l'ablation des ganglions préauriculaires et sous-maxillaires. 

L'examen histologique seul permet de préciser la nature de 
la tumeur et affirme qu'il s'agit du sarcome ou de Tépithé- 
lionie. Vauteuh. 

2) Steiner distingue trois sortes de taches pigmentaircs. 
Les premières et les plus fréquentes sont les taches noires 
situées de chaque côté de la cornée, dans l'espace triangulaire 
qui est exposé à la lumière du jour. 

Les deuxièmes sont des taches très foncées, nettement cir- 
conscrites, de la grosseur d'une tète d'épingle à celle d'un 
pois. Ce sont des nœvi pigmentés. 

Les troisièmes sont très fréquentes chez les trachomateux 
et, d'après l'auteur, seraient produites par les granulations. 
On les trouve sur la conjonctive palpébrale. 

L'expectation doit être de règle. p. c. 

3) Carra passe en revue le traitement de la kératite phlyc- 
ténulaire et de ses complications, sans données originales. 



300 REVUE GÉNÉRALE 

4) Carlini rappelle l'éyolution ordinaire de la conjonctivite 
de Parinaud dans laquelle la suppuration des ganglions 
enflammés n'est pas obligatoire. La variété dans les localisa- 
tions et dans la participation du système lymphatique doit 
faire supposer que la dénomination s'applique à des infections 
de causes diverses, et qu'il ne s'agit pas d'une entité patholo- 
gique, mais d'un syndrome. 

Il rapporte l'observation d'un cas de trachome aigu avec 
engorgement ganglionnaire douloureux considérable (paroti- 
dien, sous-maxillaire) entraînant une gêne des mouvements 
de mastication et état général. L'amélioration ne survint qu^au 
bout de quatre mois. 

L'examen d'un lambeau de conjonctive enlevée niontra des 
lésions trachomateuses typiques. L'examen bactériologique 
de la réaction a mis en évidence des staphylocoques et des 
streptocoques. C'est ST ces derniers que l'auteur attribue les 
manifestations ganglionnaires et il rappelle les observations 
semblables de Kalt et de Rohmer (Th. de Villeneuve, Paris 
1896) dans lesquelles les symptômes de la conjonctivite de 
Parinaud étaient dus aux streptocoques. 

Il conclut que la conjonctivite de Parinaud ne représente 
pas une entité morbide distincte, mais un syndrome clinique 
qui ne peut être encore classé d'une façon précise dans les 
maladies de la conjonctive. l. grandclbmbnt. 



5) Zirm rapporte l'observation d'un malade présentant une 
opacité des deux cornées consécutive à une brûlure, chez 
lequel la cécité était presque complète. A l'aide d'un petit 
trépan, il enleva au centre de chaque cornée une portion cir- 
culaire qu'il remplaça par une portion de cornée saine pré- 
levée sur Tœil d'un petit garçon fraîchement énucléé pour 
traumatisme grave du globe. 

D un côté, il se développe un staphylome qui dut être 
enlevé en raison des douleurs. De Tautre, le lambeau est 
resté transparent (l'opération remonte actuellement à plus 
d'un an) et le malade peut lire. Ce lambeau présente même 
une sensibilité assez accusée. 

Zirm rappelle que la transplantation de la cornée avait été 



L 



Maladies de la conjonctive, de là cornée, etc. 3oi 

tentée au siècle dernier par Reisinger. Depuis, de nombreuses 
tentatives furent faites. Les conditions indispensables pour 
réussir cette opération sont les suivantes : la transplantation 
ne doit être faite qu'avec des cornées humaines ; le lambeau 
transplanté ne doit pas laisser filtrer par ses bords Thumeur 
aqueuse, la coaptation doit donc être parfaite ; il ne faut pas 
tenter l'opération en période inflammatoire; les plus grandes 
précautions doivent être prises pour ne pas traumatiser le 
lambeau transplanté. morbau. 

6) Ischreyt a observé deux cas de cancers épibulbaires. 
Le premier est un canôer à épithélium plat avec kératose, 
l'autre une forme à petites cellules, sans kératose. La tumeur 
prend son origine à la paupière, empiète sur la sclérotique et 
sur la cornée. Ces dernières membranes forment une partie 
du stroma de la tumeur. La prolifération de cellules épithé- 
liales est toujours accompagnée d'une prolifération de cellules 
rondes : la première provoquant la seconde, peut-être par 
chimiotaxie. Quant à la fréquence de la perforation de ces 
tumeurs à l'intérieur du bulbe : sur 47 cas relatés dans la 
littérature, Tàuteur la trouve mentionnée 1 1 fois. Ce sont 
probablement les voies lymphatiques périvasculaires qui 
frayent un passage à la tumeur. Quant au traitement, l'au- 
teur conseille Ténucléation si la tumeur part du limbe et 
empiète sur les tissus environnants, surtout si les ganglions 
sont pris. Le cancer de la paupière peut se propager sur le 
bulbe par continuité, ou bien l'ensemencement se fait par 
contact. Les expériences faites à ce sujet ne sont pas con- 
cluantes. R. RBD8LOB. 

7) Dans des cas de vieilles kératites parenchymateuses, 
Dimmer a observé dans les couches profondes de la cornée 
des stries grises concentriques en forme de demi-cercle 
accompagnées de lignes ondulées. Les vaisseaux profonds de 
la cornée passaient devant ces stries. Un examen attentif a 
prouvé que ces altérations sont dues à un plissement des 
couches les plus profondes de la cornée. Ces plissements pro- 
viennent soit d'ectasies passagères de la cornée à la suite de 



302 REVUE GÉNÉRALE 

l'inflammation parenchymateuse, soit d'un épaississement 

temporaire des couches postérieures. 



B. RBDSLOB. 



8) Dimmer a observé quatre cas de kératites dont voici les 
symptômes caractéristiques. A la suite de douleurs, de photo- 
phobie et larmoiement, mais sans sécrétion conjonctivale, on 
voit se développer de singulières infiltrations rondes dans les 
couches superficielles ou moyennes de la cornée. Elles ont 
I, 1,5 millimètre de diamètre. Leurs contours sont assez 
nets, leur bord est parfois plus saturé que le centre. Elles 
siègent de préférence dans les parties centrales de la cornée, 
mais peuvent aussi être plus rapprochées du bord. Comme 
ces foyers ont tendance à confluer, il peut se former des 
opacités de plusieurs millimètres de diamètre. Les intervalles 
entre les foyers d'infiltration sont parsemés de points gris. 
Les foyers peuvent être résorbés ou évoluer vers l'ulcération. 

Les parties profondes de l'œil restent indemnes, Tacuité 
visuelle peut se maintenir bonne. La marche de la maladie est 
très lente. Aucune étiologie certaine ne peut être constatée ; 
dans un cas l'afl'ection était bilatérale. Si l'on compare cette 
kératite avec d'autres formes du même genre, il faut penser 
avant tout à la kératite ponctuée superficielle de Fuchs; à 
la kératite tachetée de Reuss ; et à la kératite nummulàire de 
Stellwag. Pourtant le siège des taches, leur nombre, leurs 
dimensions, leur tendance à l'ulcération la font ressembler 
surtout à la kératite de Stellwag. Il n'y a que la durée qui 
diffère sensiblement : celle-ci est bien plus longue dans le cas 
de Dimmer. b. neosLOB. 

9) Van Linl obtient d'excellents résultats par la péritomie 
dans le pannus. Il fait la péritomie électroly tique avec un 
instrument dont il donne un dessin ; c*est une petite sphère 
de 2 millimètres de diamètre au bout d'une tige courbée. La 
petite sphère est négative, on la promène autour de la cornée; 
l'électrode positive est placée sur la joue correspondante — 
courant de 2 milliampères. L'opération exige 10 à i5 minutes. 
Il a fait faire une petite sphère de i millimètre de diamètre 
avec laquelle il électrolyse les ulcères lymphatiques de la 
cornée. l. oRAivDCLéiiBirr. 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CO!^NÉE, ETC. 303 

lo) Augé montre que les consultations d^ophtalmologie 
reçoivent une très forte proportion de maladies conta- 
gieuses par les exsudats ; celle de l'hôpital Lariboisière, à 
Paris, a vu passer i4 pour loo d^afTections probablement 
transmissibles. Ainsi les conjonctivites bactériennes forment 
les la pour loo du total des consultants, les manifestations 
oculaires de la syphilis oscillent entre 4 à 7 pour lOo. Au point 
de vue de la prophylaxie, puisque la transmission des conjonc- 
tivites contagieuses parait se faire par contagion directe, il y 
aurait lieu de pratiquer Tisolement préventif dans les salles 
d'attente des consultations. Un classement sommaire pré- 
ventif permettrait de retenir des affections qui, comme les 
lièvres éruptives, présentent un indiscutable danger. 



1 1) Liégard dit que les ulcères infectieux h hypopyon sont 
fréquents dans la région bretonne, chez les ouvriers qui 
travaillent la pierre ; ils constituent la plupart des inca- 
pacités permanentes dans les accidents oculaires du travail ; 
leur pronostic est grave et on ne saurait s'entourer de trop de 
moyens pour arrêter leur progression. Le traitement le plus 
énergique consiste dans la cautérisation ignée de la plaie 
coméenne. Il est indispensable de s*assurer de Tintégrité des 
voies lacrymales et le traitement de la dacryocystite, qui est 
le plus souvent la cause effective de Taffection, s'impose avant 
tout autre essai thérapeutique. 

Les paracentèses, les myotiques, les mydria tiques et Tiri- 
dectomie constituent un traitement adjuvant. Quand F ulcère 
s'accompagne d'un hypopyon abondant, ce qui indique une 
obstruction complète de la pupille et ime hypertension quel- 
quefois manifeste, Tatropine doit céder la place à Téserine. 
L^éserine amène une disparition rapide de l'hypopyon et 
améliore Tétat général de l'œil. Elle favorise la filtration de 
l'humeur aqueuse en dégageant l'angle irien et en contractant 
les vaisseaux de l'iris et des procès ciliaires, ce qui diminue 
la dialbuminose ; sa solution huileuse permet toujours de la 
supporter et semble augmenter considérablement son action. 

l'autbur. 



304 ftEVlJE GÉNÉRALE 

1 2) Wagenmann publie une observation clinique de sclérite 
postérieure dans laquelle il s'est produit une néoplasie qui 
aboutit à un décollement rétinien. Puis, sous Tinfluence d'un 
traitement approprié, tout rentra dans Tordre, ce qui établit 
qu'il ne s'agissait pas d'une tumeur, mais bien d'une affection 
inflammatoire. l. dor. 

20) H, Dor présente un homme atteint depuis plusieurs 
mois d'une kératite interstitielle ponctuée des deux yeux qui 
a commencé par un dépôt sur la membrane de Descemet, 
comme dans l'iritis séreuse, et qui a successivement envahi 
toutes les couches de la cornée, mais seulement dans la partie 
centrale, sur une étendue un peu plus grande que le diamètre 
pupillaire. L'épithélium cornéen est conservé ; mais à l'exa- 
men à la loupe de Berger, combiné à l'éclairage oblique, 
on voit que la surface antérieure de la cornée présente de 
nombreuses petites bosselures. L'iris est indemne et la pupille 
réagit bien à la lumière et à l'accommodation. Cette maladie a 
jusqu'ici résisté à tous les traitements. morbau. 



MALADIES DB L*IRIS, DB LA GHOROÏOB ET DU CORPS CILIAIRB 
GLAUCOME, AFFECTIONS SYMPATHIQUES. 



i) Sohuitz-Zehden. — La chorio-rélinite tuberculeuse chronique en foyers 
(Die chronisehe herdfôrmige Chorio-Retinitis tuberculosa (ZeiUch. f. Ati- 
genheilk,, XIV, p. ai3). 

2) Bossallno. — Le résultat de Tiridectomie dans le glaucome primitif (H 
^laucoma primario ed il suo esito dopo riridectomia) [Tip. A. Valenlif 
Pisa, p. 1-220, 1906). 

3) Kostep. — Suites éloignées du traitement opératoire du glaucome (Bcitrag 
zur Kenntniss der Dauererfolge bei der operativcn Behandlung des Glau- 
koms) (Arch. f. Ophihalm,, LXIV, 391-411, 1906). 

4) Beggs (W.-F.). — Sarcome de^ la choroïde (Sarcoma of the choroid) 
(Hom. Eye, Ear^ and Throai jovfnal^ mai 1906). 

fi) BraUtigam. — La rigidité pupillaire réflexe après contusion de l'œil et 
- blessures de la tète (Ueber reflectôrische Pupillenstarrenach Contusio bulbî 
und Kopfvcrlet7.ungen)f'r/iè«c de Fribourg in B,^ 1906). 

i) SchultZ'Zehden se pose la question si le diagnostic de 
la choroïdite tuberculeuse chronique peut être fait rien 
qu'avec Tophtalmoscope... V. Michel en donne la description 



MALADIES DE L*lrtiS, DE LA CHOROÏDE, ETC. 305 

suivante : les foyers sont au début jaunâtres ou rosés, à 
peine ou pas proéminents, leurs contours sont eiTacés. Los 
nodules plus saillants sont entourés d'un anneau plus pigmenté, 
A ditTérents endroits du milieu du nodule le pigment est 
ramassé en petits tas. Plus tard la choroïde semble décolorée 
sur de grandes distances : au milieu de ces parties se trou- 
vent quelques foyers ronds et jaunâtres avec des amas de 
pigments. Schultz-Zehden a examiné plusieurs de ces cas, il 
a trouvé que les nodules tuberculeux contenant des cellules 
lymphoïdes se reconnaissent bien plus facilement à TophUd- 
moscope que ceux qui consistent en éléments épithëlioïdes 
et en cellules géantes. Malgré cela, Schultz ne croit pas que 
Ton puisse diagnostiquer une choroïdite tuberculeuse rien 
qu'avec Tophtalmoscope, car les altérations des vaisseaux 
peuvent produire des images semblables : il faut donc entre- 
prendre un examen général. Pourtant la chorio*-rétinite tuber- 
culeuse chronique peut être une affection absolument primaire 
et indépendante. Si Tétat général est bon, Taffection peut 
rester bénigne et guérir. k. hbuslou. 

a) Sur 10.072 malades de la clinique de Pise, Bossalino a vu 
375 glaucomateux donnant un total de 4^7 yeux atteints de 
glaucome. Il donne des statistiques suivant le sexe, Vâge, les 
différentes, formes qui concordent avec celles de Schmidt- 
Rîmpler, Laqueur, de Wecker, 

Il étudie ensuite Taction de Tiridectomie au point de vue de 
la tension et de l'acuité visuelle centrale. L'action principale 
est de diminuer la tension. Son action sur Tacuité visuelle est 
moins marquée. C'est dans les cas de glaucome aigu que les 
résultats sont les meilleurs. 

L'auteur a pu examiner i3o yeux longtemps après Topé- 
ration; c'est encore au point de vue de la tension que les 
résultats sont les meilleurs, surtout dans le glaucome aigu. 

Il coE^clut que Tiridectomie est, malgré les insuccès, la 
meilleure opération dans toutes les formes de glaucome, 

MOHBAU. 

3) Kostcr publie le résultat d'une étude statistique entre- 
prise par Hilst Karewij, à l'hôpital de Leyde, au sujet des 
suites éloignées du traitement opératoire du glaucome. 

20 



306 REVUE GENERALE 

Cette statistique est très favorable à riridectomie . La 
buphtalmie est la seule forme de glaucome qui semble mieux 
améliorée par une série de petites sclérotomies. l. dor. 

4) Beggs fait Ténucléation d'un œil atteint d'une tumeur, 
dont on fit le diagnostic avant l'opération. A l'ouverture du 
globe, celui-ci est rempli d'une masse énorme de sang, ce qui 
fit penser à un glaucome hémorragique tout d'abord, mais 
on ne tarda point à découvrir un sarcome (a mm./3 mm.) au 
pôle postérieur. coburn. 



MALADIES DE LA RÉTINE, DU NERF OPTIQUE ET DES CENTRES NERVEUX 

(amblyopie et AMAUROSB, dyschromatopsib) 



i) Cabannes. — Etude sur les lësions du nerf optique dans rhérédo-syphilis 
(Congrès internai, de Lisbonne^ 20 avril et Journal de méd, de Bordeaux, 
20 et 27 mai 1906). 

2) Moissonnier. — Un cas de névrite optique toxique post-scarlatineuse 
chez une fillette (Soc. méd. d'Indre-et-Loire^ 3 mars 1907 et le Petit Indé- 
pendant médical, mars 1907). 

3] Eliasberg. — Un cas d'idiotie amaurotique familiale de Tay-Sachs (Ein 
FaH von fay-Sachs'scher amaurotischer famill&rer Idiotie) (Zeiischr, /. 
Augenheilk., XIII, p. 553). 

4) Cosmetatos (Gbny). — Le colobome de la macula (Zur Kennlnis des 
Coloboms der Macula lulea) fZei/sc/i. /*. Augenheilk.^ XIV, p. 575). 

5) Onken. — Le diagnostic tardif du décollement traumatique de la rétine 
(Zur Sp&tdiagnosc traumatischer Netzhautablosung) (Zeitschr. fur Augen- 
heilk., XIV, p. i65). 

6) Woodruff (T. -A). — Les modifications de la rétine et des vaisseaux 
rétiniens, comme symptômes des modifications et altérations du cœur et 
du système vasculaire ^Changes in the retina and retinal vessels as an 
indication of lésions in tne heart and blood vessels) /'A/edtcine, mars 1906). 

7) Samperi. — La névrite optique dans les affections endocraniennes (La 
névrite ottica nelle afTezioni endocraniene) (Giornale medico del R^Esereito, 
3i mars 1907, Rome 1907). 

8) Baader. — Contribution à Tétude de la névrite rétrobulbairc (Beitragzur 
Kasuistik der Neuritis retrobulbaris) (Thèse de Tubingne, 1906). 

9) Stutzin. — Rétinite pigrmentaire typique (Ueber typische Pigmentdege- 
neration der Netzhaut) (Thèse de Giessen, 1906). 

10) Villard (H.). — Troubles oculaires consécutifs à l'observation directe des 
éclipses de soleil (Annales d'oculistique^ p. Si-ioi, août 1906). 

11) Langworthy (H. -G.). — De la névrite optique dans la thrombose des 
sinus intracraniens et de la veine jugulaire interne (Optic neuritis in throm- 
bosis of cranial sinuses and internai jugular vein) (the Laryngoscope^ 
janvier 1907). 

12) Dflhs. — Un gliome de la rétine avec énormes métastases (Ueber ein 
Glioma retinae mit massenhaften Meiaslasen) (Thèse de (}reifswald^ 
1906). 



MALADIES DE LA RÉTIlfE, DU NERF OPTIQUE, ETC. 307 

i) Cabannes étudie Tatrophie optique hérédo-syphilitique. 
Comme caractères importants : elle survient à Tâge de sept à 
onze ans, Tenfant ayant présenté ou non après la naissance des 
manifestations cutanées syphilitiques ou de l'hydrocéphalie. 
Ainsi cette atrophie, comme dans la syphilis acquise, se mani- 
feste tardivement. C'est un accident parasyphilitique de la 
syphilis acquise. Comme dans la syphilis acquise où Tatro- 
phie optique apparaît 8 à 12 ans après le chancre, révolution 
est progressive et fatale très souvent. Autant le traitement 
mixte peut améliorer et guérir la névrite optique syphilitique, 
autant il reste impuissant dans l'atrophie tardive parasyphi- 
litique. B. R. 

3) Moissonnier relate le cas d*une enfant de douze ans qui 
fut atteinte de névrite optique pendant la convalescence d'une 
scarlatine. Il conseilla la ponction lombaire dans im but thé- 
rapeutique et le traitement général. l. oRANDCLéMBirr. 

3) L'affection qu'a observée Eliasberg a été décrite pour 
la première fois par Sachs en 1896. Elle se rencontre chez des 
enfants en bas âge appartenant de préférence à la race juive 
et se manifeste de la façon suivante : à la naissance, les 
enfants paraissent absolument normaux ; pourtant après 
quelques mois,les parents remarquent que leurs bébés devien- 
nent apathiques, roulent les yeux, ne peuvent tenir la tête 
droite et n'exécutent que peu de mouvements. Ce n'est que 
plus tard qu'on se rend compte qu'ils ont perdu la vue ; 
c'est alors que Ton remarque l'altération typique du fond de 
l'œil : une tache blanche à l'endroit de la macula latea^ un 
point rougeâtre au centre de la tache: la papille, normale au 
début, s'atrophie après quelques mois.. 

La faiblesse des enfants s'accentue toujours plus, une di- 
plégie, spasmodique le plus souvent, se développe, l'idiotie 
devient toujours plus manifeste et, avant la fin de la seconde 
année, les enfants meurent dans le marasme. Ces cas se 
répètent souvent plusieurs fois dans la même famille. Ana^ 
tomiquement, on trouve une dégénérescence prononcée du 
système nerveux central. C'est un cas de ce genre qu'a 
observé Eliasberg. b. rbdslob. 



3Û8 • REVUE GÉNÉtlAtE 

4) Çosn^etatos décrit up cas de colobome de la macula chez 
i|n enfant. 

Ce colobome ayant Taspect d un foyer de choroïdite avec 
atrophie, ^t la choroïde étant altérée à différents endroits, 
Tauteur pen«e qu'il faut admettre une inflammation intra-uté- 
rine de C0S membranes, qni a provoqué TanomaUe congé- 
nitale. B. RBD8L0P. 

5) Onken cite le cas d'un cultivateur, myope de i5 dioptries, 
qui fut atteint à Tœil gauche par le manche d'une bêche. Pen- 
dant quelques jours il ne remarqua rien d'anormal, ce n'est que 
cinq semaines plus tard que l'œil devint aveugle. On constata 
un décollement de la rétine, large et flottant ^ la partie infé- 
rieure. L'auteur pense qu'il faut imputer cç décollement tardif 
à l'accident survenu cinq semaines auparavant. Celui-ci peut 
avoir été suivi par un très léger décollement que le malade 
n'a pas remarqué et qui s'est soudainement agrandi considé- 
rablement. B. RBOSLOB. 

6) Woodruff fait remarquer qu'au moyen de Tophtalmo- 
scope une altération du système vasculaire peut être dépistée 
dès son début. Des personnes ayant une excellente santé ei\ 
apparence, se plaignant de quelques troubles de la vision, peu- 
vent être en réalité atteintes de troubles grayes du côté des 
vaisseaux. Des modifications dans la structure des vaisseaux 
rétiniens, correspondent nettement à des modifications au^~ 
logues dant tout Tarhre circulatoire, surtout lorsqu'il s'agit de 
sclérose. Les vaisseaux rétiniens n'ont pas d'anastomoses; cç 
détail fait comprendre pourquoi xme altération d'une partie du 
territoire rétinien est reliée directement à une altération de la 
circulation et par conséquent du vaisseau lui-méme.Ce travail 
est accompagné dé dessins. cobvrn. 

7) A propos de trois cas de tumeurs cérébrales dont deu3( 
étaient accompagnées de stase papillaire,^Sâm/>erî fait une étude 
intéressante des diverses théories proposées pour expliquer le 
symptôme de cette stase. Il conclut que ce n'est point Texagé- 
ration de la pression endocrànienne qui provoque la stase, mais 



MALADIES DE LA KÉTINÉ, DU HERF OPTIQUE, ETC. 309 

bien une action toxique produite par les éléments de la tumeur. 
La dénomination de stase papillaire doit être abandonnée et 
remplacée par celle de névrite optique. h.dor. 

8) Baader rapporte i4 cas de troubles visuels subits, qu'il 
attribue à une névrite rétrobulbaire. Sur ces i4cas ii s'obser- 
vaient dans le sexe féminin ; dans tous les cas TafFection était 
monoculaire ; le pronostic est assez favorable. L'auteur ne 
trouve aucune cause étiologique et pense surtout à un « refroi- 
dissement ». Les affections des sinus périorbitaires né sont- 
elles pas, plus souvent qu'on ne l'admet jusqu'ici, la cause de 
l'inflammation du nerf optique ? 



W. STOCE. 



9) Stutzin publie une statistique de 4^ cas de rétinite pig- 
mentaire typique, 10 fois il existait une consanguinité et 8 fois 
l'hérédité. w. stock. 

10) C'est une étude complète des troubles oculaires dus à 
Tobservation des éclipses solaires que nous présente Villard. 
Après quelques mots d'historique, il passe en revue les diffé- 
rents symptômes de cette affection : Tamblyopie légère en 
général et passagère ; le scotome presque toujours central et 
positif d'intensité variable, de forme ovalaire ou plus souvent 
circulaire, et qui disparaît complètement au bout de quelques 
jours du de quelques mois. Les cas de persistance indéfinie du 
scotome sont exceptionnels ; le rétrécissement du champ 
visuel coloré (rare); les scotomes périphériques (dus alors à de 
graves lésions profondes, thrombose, hémorragie, etc.); Thé- 
mianopsie signalée une fois par Duane ; la mégalopsie, et la 
métamorphopsie plus fréquentes ; les lésions du fond de l'œil, 
coloration intense de la tache jaune, sa pigmentation ou la 
présence en ce point d'une hémorragie. 

Le pronostic de ces accidents est d'ordinaire assez bénin, 
mais dans quelques cas peut être des plus graves. 

En dehors du traitement prophylactique, on conseillera les 
décongestifs (saignées locales, purgatifs, bains.de pieds sina- 
pisés). Plus tard, les courants continus, le sulfate de strych- 
nine, riodure à faible dose seront utiles. 



3Î0 REVUE GÉNÉRALE 

Cinq observations personnelles et une bibliographie com^ 
plètent l'article. p. chavbrnac. 



MALADIES DU CRISTALLIN ET DU CORPS VITRÉ. 



i) Weingartner. — L'opération de rabaissement de la cataracte (Ein Bei- 
tragrzur operativen Reklination der Katarakt] fT/ièse de Fribourg in B., 
1906). 

2) Dpake-Brockmann (iS.-F.). — De Topération de la cataracte, dans cer- 
taines maladies constitutionnelles (Extraction of cataract, under various 
constitutional conditions) (Ophthalmoscopef juin 1906). 

I ) Weingartner pose les indications suivantes pour l'abaisse- 
ment de la cataracte : 

I* Etat du cristallin. Les cataractes dures peuvent seules 
être opérées par rabaissement. 

7,^ Maladie de Toeil et de ses annexes; amollissement du corps 
vitré, danger d'infection, par exemple dans les conjonctivites 
incurables, le trachome. 

3*^ Perte d'un œil par hémorragie expulsive. 

4° Age et maladies générales : idiotie, malades vieux et 
décrépits. 

Contre-indications : cataractes liquides, molles ou demi- 
molles ; cataractes infantiles ; mauvais résultat de l'abaisse- 
ment sur un œil ; augmentation de la tension sur un œil. 

W. STOCK. 

2) Drake-Brockmann donne les résultats de quelques cata- 
ractes opérées par lui, chez des malades atteints de différentes 
affections ou maladies générales : 

I** Syphilis : 19 extractions avec 18 bons résultats. Chez 
plusieurs, les os du nez ou du palais étaient perforés ou 
détruits, ce qui fait 94i73 pour 100 de succès. ^ 

2** Anémie: 33 extractions avec 3i bons résultats : 93,93 pour 
100. Chez trois des malades, il existait de l'hypertrophie de la 
rate et, dans un cas, de l'hypertrophie du foie. 

3** Affections cardiaques : 3i extractions, 29 guérisons. La 
plupart des opérés souffraient d'affections des orifices aorti- 
que et mitrale. 



MALADIES DE LA RÉPRACTIOlf, DE L'ACCOMMODATIOlf, ETC. 311 

4^ Albuminurie : i5 extractions, i4 guérisons. Quelques 
malades ont été traités et ont suivi un régime avant d*étre 
opéré. 

5^ Eléphantiasis : 3o extractions, 38 guérisons. 

6* Diabète : 38 extractions, 33 guérisons. Certains malades 
ont été traités avant d'être opérés. 

7° Varices : 6 extractions. Toutes suivies de succès. 

8° Lèpre : 4 extractions, suivies de guérisons. 

9* Fumeurs d'opium : 3 extractions, suivies de guérisons. 

lo* Maladies de Tovaire : i extraction. Bon résultat. (La 
malade avait une énorme tumeur.) 

1 1® Grossesse : 2 extractions, chez deux femmes enceintes 
d'environ sept mois, âgées respectivement de dix-huit et 
vingt ans. Jj. mawas. 



MALADIES DB LA RÉPRACTION, DE L^ACCOMMODATION ET DBS MUSCLES DK l'gBIL 



i) Heypaud (S.). — De la paralysie du moteur oculaire externe d'origine 
otitique (Thèse de Lyon^ décembre 1906). 

a) Lombard (E.). — Quatre observations de paralysie de la sixième paire 
dans le cours d'otites movcnnes suppurées aiguës. Contribution à Tétude 
du syndrome de Gradenïgo (Annales des maL de Voreille^ du larynx, 
octobre igo6). 

3) Stilling (J.). — Etude sur Tanatomie de l'œil myope (Zur Anatomie des 
myopischen Auges) (Zeilschr. f. Aiigenheilk.^ XI V, p. 23). 

i) Claiborn (J.-H.). — Déviation conjuguée latérale à gauche (Case ofcon- 
jugate latéral déviation to the left) (New-York med. journ.^ mars 1906). 

5) Qould (G.-M.). — Exagération de la fréquence de la fatigue oculaire 
(The Exagération and hobbyrinding of the cyestrain, théories) (Annals 
of Ophthalmology^ janvier 1906). 

6) Wever (J.-S.). — L'adaptation des verres (Glass fitting) (Journ. of Ihe 
Kansas med, Society, mars 1906). 

7) Qould (G.-M.). — Fatigue oculaire déterminant des vomissements, des 
céphalées... (A case in which sinking spells, thousands of thcm, sick head- 
achc, vomiting, etc., wcrc due to eyestrain) ( Saint- J^uis med, Review, 
23 décembre 1906). 

8) Emerson (L.). — De la fatigue oculaire comme cause de la migraine 
(Eyestrain as a factor in hcadache) (SeW'York med. Journal, décembre 
1906). 

9) Engau. — Observations cliniques et statistiques sur les cas de strabisme 
divergeât (Klinische und statistiche Mittheilungen iibcr die FiUle von Stra- 
bismus divergens) (Thèse de Giessen, 1906). 

i) La paral}?sie du moteur oculaire externe, dit Heyraud^ 



312 REVUE GÉÏTÉRALE 

peut compliquer les otites, en dehors, • bien entendu, des 
méningites purulentes otogènes. Le syndt*ome le plus simple 
est constitué par la triade suivante : otite, douleurs hémicé- 
phaliques du même côté que Totite, presque constantes ; para- 
lysie du moteur oculaire externe du même côté. Mais, souvent, 
Totite moyenne est compliquée par la labyrinthite, la mastoï- 
dite, les abcès extra-duraux, la périsinusite et Ton peut trou- 
ver, comme symptômes concomitants, les névrites optiques, 
la paralysie faciale ou d'autres paralysies oculaires. Ces 
complications sont relativement fréquentes, mais la paralysie 
de la sixième paire ne dépend que de Totite. Le pronostic de 
la paralysie de Tabducens d'origine otitique est bon. Les 
complicatiçns précédemment citées n'aggravent pas cette 
paralysie. 

La pathogénie est variée. Elle est, du reste, encore mal élu- 
cidée à l'heure actuelle, en sorte qu'on ne saurait étayer de 
traitement applicable à la généralité des cas ; les lésions du 
sinus latéral, celles du rocher, les névrites de la sixième paire, 
enfin, un simple réflexe, ont pu être invoqués à juste titre 
dans des cas particuliers. L'existence de la paralysie ne suffit 
pas, à elle seule, pour autoriser les actes opératoires graves. 
Il faut, pour intervenir, d'autres symptômes de complications 
des otites, soit du côté de l'apophyse, soit du côté des 
méninges et du cerveau. l'autbur. 

là) Lombard publie, à la suite de ses quatre observations 
dont deux furent suivies d'autopsie, un aperçu pathogénique 
sur les faits de cet ordre. Dans un premier groupe il classe 
les paralysies de Tabducteur survenant dans les otites suppu- 
rées compliquées d'accidents intra-crâniens. Le tronc nerveux 
est compromis dans son trajet périphérique extra -bulbaire : 
abcès extra-dural, cérébelleux, méningite basilaire. Le 
deuxième groupe comprend les cas rares, d'origine réflexe, 
où la guérison est la règle. Dans une troisième catégorie, la 
plus importante, sont classés les faits de paralysie de Tabduc- 
teur précédée de douleurs temporo-pariétales, dans le cours 
d'une otite moyenne aiguë ; telle est la triade du syndrome de 
Gradenigo. 

La discussion des théories pathogénîques et expérimentales 



MALADIES DU GLOBE DE L CEIL 813 

ne peut être présentée dans une brève analyse et à la suite de 
cet exposé pathogénique, l'auteur a publié plusieurs tableaux 
où figurent des observations de paralysie de Tabducteut au 
eours des otites. morbau» 

3) Le travail de Stillinff nous donne le résultat de mensu- 
rations faites sur la sclérotique d*un œil myope pour en con- 
naître son épaisseur. Ces résultats sont comparés avec ceux 
obtenus par la mensuration de la sclérotique d yeux emmé- 
tropes et hypermétropes. Stilling en conclut que Tépaisseur 
de cette membrane n'a rien à voir avec le développement de 
la myopie provoquée par le travail rapproché. L'épaisseur de 
la sclérotique de Toeil myope est, ou bien tout à fait normale, 
ou bien étonnamment forte tout en restant dans les limites de 
la normale. Ceci répond absolument à la théorie de Stilling 
sur l'œil myope, qui est un œil sain d'une structure normale. 
Il n^ a que sa forme qui se modifie grâce à une croissance 
influencée par la pression de muscles^ Le diamètre de Tœil 
emmétrope ne diffère au maximum que d'un centimètre du 
diamètre de l'œil myope. e. hedblob. 

4) Claiborn a observé une paralysie conjuguée avec dévia- 
tion à gauche. A noter une hémianesthésie et une hémiplégie 
fugaces. Siège delà lésion — par exclusion — au noyau de la 
sixième pai-re droite, absence d'hémianopsie, prédominance 
de la paralysie du droit externe. conun.x. 



maladies du globe de l ceil 
(blessures, corps Étrangers, parasites) 

i) Baoh. — Névrose traumatiquc et accidents du travail (Traumat. Neurosc 
und Anfallbegutachtun^) (Zeitschrift fur Angenheilk., XIV, p. a;6). 

2) Nuel (J.-P,). — De râjre avancé comme facteur dans l'évaluation de l'in- 
capacité du travail résultant de la perle d'un cril (Snc. belge d'ophtalmo- 
logie, a6 décembre 1906). 

3) B^ândé•. — Deux cas de dormoïde de Tœil chez le chien (Soc, Belge 
d* ophtalmologie, 26 novembre «906). 

4) âinder. — Les opérations A l'aimant A la clinique de îéna, de 1901 à 1905 
(Ueber die in der Aufçenklinik zu lena, iQOi-iQof», vorgenommenen Magnet- 
opéra tionen) (Thèse ûf'/ena, 1905). 



314 . REVUE GÉNÉRALE 

5} Flandara (L*-W.). — Un morceau d'acier ayant séjourné sept ans dans 
un œil (A pièce of steel retained in thc eye for seven years) (Journ. Am, 
Med, Assoc, mars 1906). 

6) Rave. — Désinfection intraoculaire par riodoforme (Ueber intraoculsre 
lodoformdesinfection) cr/iè<e de Wûrzburg^ '907). 

7) Jaoobi. — L*exophtaImo8 intermittent (UcbcrExophthalmusintermi liens) 
(Thèse de Kônigsberg, 1906). 

8) Pepoival (A.-S.). — L'extraction du fer des milieux de l'œil, par relcctro- 
aimant (Removal of iron from interior of the eye by clectro-magnet) (Brit. 
Med. Journ., nov. igo5). 

9) Eiwood (C.-R.). — Des indications de Ténucléation de l'œil (Indications 
for enuclcation of the eye) (Journal of the Michigan State mêd. Soc, 
janvier 1907). 

10) Du bar. — Lcucosarcome intraoculaire (Echo med, du Nordy p. 246, 
«907). 

i) Parmi les symptômes oculaires de la névrose trauma- 
tique, Bach a rencontré plusieurs fois des crampes musculaires 
du globe oculaire ou des paupières : plusieurs fois les cils ou 
les sourcils avaient blanchi, signe d'une altération trophique ; 
la peau des paupières était cyanotique, le phénomène de la der- 
mographie apparaissait. Les hyperesthésies et les anesthésies 
de la cornée étaient assez fréquentes, de même que Taniso- 
corie. Les troubles de la vision rappellent ceux des hysté- 
riques ; le champ visuel est rétréci ; les malades se plaignent 
d'éblouissements, de scintillements, de diminutions subites 
de la vue, et de fatigue des yeux. Suivent les symptômes 
généraux de la névrose traumatique, dont le pronostic est 
assez mauvais d'après Bach. Il faut se dépêcher de fixer la 
rente, celle-ci doit dépasser de peu la moyenne. Elle ne doit 
pas être totale, car un peu d'occupation fait plutôt du bien aux 
malades. Il est faux, par contre, de la diminuer avec le temps. 

B. nSDSLOB. 

2) On observe souvent des borgnes exécutant aussi bien 
des travaux délicats que des individus ayant leur vision bino- 
culaire. Pour Nuel^ cela provient d'une éducation nouvelle 
portant surtout sur le sens du relief que les borgnes arrivent à 
acquérir par des déplacements latéraux de la tête (mouvements 
parallactiques), suppléant ainsi à la vision binoculaire. Ce 
n'est donc pas l'œil qui se perfectionne, c'est le cerveau en 
vertu de sa plasticité fonctionnelle. Mais cette nouvelle éduca- 
tion, facile chez l'adulte, devient impossible à un âge avancé. 
Il semble donc juste de tenir compte de cette situation, dans 



MALADIES OU GLOBE DS L*(EIL SiS 

Tévaluation des dommages causés par la perte d'un œil et ne 
pas évaluer systématiquement à un tiers l'incapacité de 

travail. L. ORANDCLéMSKT. 

3) Brandès rapporte deux cas de tumeurs dermoïdes de 
l'œil chez deux chiens. L'une était implantée au centre de la 
cornée, l'autre dans le cadran supéro-externe de cette mem- 
brane — il n'y avait pas de colobome de la paupière — . Les 
deux tumeurs furent disséquées au couteau de de Grasfe ; la 
guérison fut rapide, mais il subsista des leucomes. A l'examen 
histologique les glandes sudoripares manquent, comme il fallait 
s'y attendre, chez le chien. L'auteur adopte la théorie patho-' 
génique de van Puyse pour lequel les dermoïdes répondent au 
point d'implantation épibulbaire des brides amniotiques 

(2 planches). L. ORANDCLélUNT, 

4) Binder décrit vingt-quatre cas de blessures intraoculaires 
par éclat de fer, toutes chez des hommes. Tous les corps 
étrangers furent extraits. Quatre fois l'éclat siégeait dans la 
portion antérieure de Tœil, vingt fois dans la postérieure. 

Sur les 20 cas de corps étrangers dans la partie posté- 
rieure de l'œil, 10 furent extraits immédiatement au travers 
de la plaie avec l'aimant géant ; dans les 10 autres, le corps 
étranger fut amené dans la chambre antérieure puis extrait, 
I fois avec la pincette et, dans les autres cas, avec le petit 
aimant. 

8 yeux durent être énucléés, i a conservèrent une vision pas- 
sable et 4 furent aveugles, mais avec conservation de la forme 
de l'œil. w. stock. 

5) Flanders rapporte le cas d'un malade ayant gardé pen- 
dant sept ans un morceau d acier, qu'il a bien toléré jusqu'au 
jour où il fut atteint brusquement d'irido-cyclite. L'œil fut 
énucléé et on y trouva un morceau d'acier enchâssé dans le 
corps ciliaire; sa surface externe est oxydée, ce qui fait ses 
deux tiers. Le vitré est dégénéré. Cataracte. coduhk. 

6) Rave donne d'abord une revue bibliographique, puis il 
étudie les résultats de la désinfection intraoculaire par l'iodo- 



316 ÎIEVUË GÉWÉRALE 

forme par l'anaWse de 17 cas. 8 fois il fallut faire Texenté- 
ratioh; 1 fois après infection k la suite d'extraction de cata- 
racte on conserva une vision quantitative avec bonne projection 
(amélioration possible par nouvelle opération); i fois on 
guérit Tirritalion après infection cornéenne, mais dans aucun 
cas on n'obtint une bonne acuité visuelle. w. stock. 

7) Etude bibliographique complète stir Vexophtalmos inter- 
mittent. ^, âTOCk. 



MALADIES DBS PAUPIÈRES, DB l'aPPARBIL LACRYMAL ET DE l'oRBITB 



i) Vlgnard et Qrubep. — Qucrison d*un cctropion cicatriciel complet des 
paupières (Soe. des se. méd. de Lyon, 28 décembre 1906). 

a) Green (J.), — Les symptômes oculaires et les complications des maladies 
des sinus accessoires (Ôcular sijrns and complications of accessory sinus 
disease) fOp/ii/l. i?ccord, juin 1906). 

3) Baker (C.-H.). ~ Corps étranger de l'orbite (Foreign body in the orbit) 
XOphih. Record y mai 1906). 

4) Baker (C.-H.). — Deux cas d'auloplastîe des paupières (Two cases of 
plastic lid building) (Ophth. Record, avril 1906;. 

5) Chavannaz. — Résection du maxillaire supérieur et exentération de 
l'orbite (Soc de méd, et de chir. de Bordeaux, i± octobre 1906). 

6) Medeiros (R.). — Trichiasis (en portugais) (Bahia medica, H» i, octobre 
1906). 

7) Valude et Ducloe. — Lcntigo malin des paupières (étude histologique) 
(Soc. d'opht. de Paris, 6 février 1906). 

8) Ladureau. — Traitement du chalazion (Assoc. pour Vavancement des 
sciences, 35« Congrès, p. 234, 1906)* 

9) Posey (W.-C). — Nœvus de la paupière (Nevoid growth of the lid.) 
(Report of the section on Ophthalm. Collège of Physicians of Philadelphia, 
février 1906]. 

10) Rollet et Mbreau. — Mucocèle lacrymo-ethmoïdale (Soc d'ophialm. de 
Lyon et Lyon médical ^ p. 842, 1907). 

11) Charles (J.-\V.)> — Angiome de la paupière supérieure (Angioma of the 
iipper lid) (Interl. med.journ,, septembre 1906). 

12) Lafon. -- Une fornie rare d'épithélioma développé dans la région sour- 
cilière (Recueil d'ophtalmologie, avril 1906, page 204). 

i5) Bret (Thomas). — L'ablation du sol c\\ïq\vc (Archives d* ophtalmologie, 
mai 1906, page 3i6). 

14) Butler (Hakuison-T.). — Deux nouvelles opérations pour le trichiasis 
(Two new opérations for trichiasis) (the Ophlhalmoscope, juillet 1906). 

i5) Holmes (C.-R.). —Céphalée et symptômes oculaires, dûs à l'inflamma- 
tion des sinus accessoires du nez (Head pains and eye symptoms caused by 
inflammation of the accessory sinuses of the nose) (Ohio State Med. Journ.t, 
février 1906). 

i6^ Pierron (M.). — De TElectrolyse des voies lacrymales (Thèse de Bor* 
deaux, 1907. In-8* de 61 p.). 



MALADtËS DES PAUPlk((ËS, DE l^APPAf^EfL LACRYMAL, ETC. 3lt 

17) Jandot (F^rnaiyd). — La tuberculose npdulaire soua-culanée des paupière» 
(Thèse de Lyon, i5 décembre 1906). 

1) Vignard et Gruber présentent une fillette de douze ans 
guérie d'un eotropion cicatriciel complet consécutif à une brû- 
lure étendue de la face; on a utilisé le procédé de Wharton 
Jones. n. 

2) Green résume les symptômes oculaires occasionnés par 
les affections des sinus accessoires. Il montre que toute partie 
de l'appendice oculaire peut être envahie ou lésée par Tinflam- 
mation des sinus ou des annexes. coburn. 

3) Le malade de Baker fut blessé par une décharge de cara- 
bine ; Tœil devenant phtisique et à cause de la douleur, il fut 
énucléé. On trouve alors un corps étranger qu'on ne soup- 
çonnait pas et qui fut extrait avec difficulté. C'était un 
morceau de ressort de 3 millimètres. cobuhn. 



4) Baker rapporte deux cas d'autoplastie des paupières, 
l'un à la suite d'une ulcération syphilitique, Tautre à la suite 
de Textirpation d une tumeur maligne. Dans le premier cas, 
greffe de Thiersch; dans le second, lambeau pédicule. 



5) Chàvannaz présente une femme opérée d-une tumeur 
maligne (épithélioma) qui avait envahi Torbite et le maxil- 
laire supérieur. On a pratiqué une exentératioi^ complète de 
Torbite précédée d'une résection du maxillaire supérieur. L'or- 
bite a été fermée à l'aide d un lambeau frontal. u. 

6) Medeiros. Revue générale sur le trichiasis, élémentaire 
et en quatre colonnes. o. d. 

7) Valude et Duclos montrent les préparations histologiques 
d'un lentigo malin observé chez une femme qui a été pré- 
sentée h la Société d'opht^ilmologie de Paris (séance de 
février igo5). pucuin. 

8) Ladureau décrit un procédé simple à appliquer soi-même 



318 REVUE GÉNÉRALE 

pour la guérison du chalazion, qui consiste à le masser matin 
et soir avec le doigt trempé dans de Talcool concentré ou dans 
de Feau de Cologne de bonne qualité. Au bout d'un temps 
plus ou moins long, selon l'importance du chalazion, celui-ci 
disparait sans laisser de traces. r. 

9) Posey rappo^'te un cas de naevus de la paupière qui fut 
guéri par la méthode de Wyeth en injectant de Teau bouillie 
chaude dans la tumeur. coBunn. 

10) Rollet et Moreaa présentent une femme de cinquante 
et un ans qui était atteinte d'une petite tumeur située dans la 
région lacrymale au-dessous du tendon direct de Torbiculaire. 
Aucun traumatisme antérieur, rienà larhinoscopie. On Topère 
avec ridée d'extirper le sac lacrymal ectasié, mais après inci- 
sion du sac, il s'écoule une grande quantité de liquide muci- 
lagineux de teinte chocolat, de consistance compacte. Pertuis 
osseux au niveau de la suture unguéo-ethmoïdale, la curette 
s'enfonce dans le labyrinthe ethmoïdal et bute contre la face 
antérieure du sphénoïde. Pas de suture cutanée, pansement à 
plat après décortication de la poche à la rugine, cicatrisation 
au septième jour. o. d. 

1 2) Lafon a opéré une femme de vingt-huit ans d'une tumeur 
de la région sourcilière présentant les caractères d'un kyste 
sébacé ; adhérences à la peau, mobilité sur les plans profonds, 
etc. L'examen histologique montra qu'il s'agissait d^un épi- 
thélioma malpighien pavimenteux lobule en voie de nécrose 
et qu'envahissait le tissu conjonctif. L'auteur, s'appuyant sur 
l'existence d'une plaie opératoire antérieure au même niveau, 
pense qu'un petit lambeau épidermique fut inclus dans la cica- 
trice et se développa peu à peu, aidé par les traumatismes 
répétés de la malade. bbhszbch. 

i3) Bret tente de réhabiliter l'ablation du terrain ciliaire 
dans la cure de certains entropions quand les procédés habi- 
tuels échouent. Il rapporte deux cas où cette intervention, 
après tentative infructueuse par le procédé de Panas, lui a 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L'APPAREIL LACRYMAL, ETC. 319 

donné d'excellents résultats. L'opération et la cicatrisation 
sont rapides, la difformité minime, le tissu cicatriciel moins 
dangereux pour la cornée que les cils en trichiasis. Dans ces 
deux cas, les malades se sont montrés très satisfaits. 



i4) Harrison Butler décrit deux nouvelles opérations pour 
certains entropions localisés; lorsqu'il existe un entropion 
partiel, notamment si celui-ci occupe le centre de la paupière, 
Tauteur, après avoir coupé ras les cils, saisit la paupière au 
moyen d'une pince de Grady et la retourne. Il excise alors la 
masse charnue formant Tentropion par deux coups de ciseaux, 
en ayant soin d'aller profondément dans le tarse, puis greffe à la 
place un morceau de conjonctive enlevé à la paupière infé- 
rieure. Pansement vaseline pour empêcher l'adhérence de la 
greffe. Cette opération n'exige pas l'anesthésie générale; 
l'injection de cocaïne ne semble point diminuer la douleur que 
cause l'excision d'un morceau du tarse. Si l'entropion siège à 
l'un ou à l'autre canthus, Tauteur modifie l'opération décrite 
par Spencer- Watson. La modification consiste essentiellement 
à greffer un morceau de muqueuse enlevé à la lèvre, au lieu 
de greffer un morceau de peau qui, en s'hypertrophiant, peut 
occasionner de l'irritation. j. mawas. 

i5) Holmes attire l'attention sur la relation qui existe entre 
certains symptômes oculaires et les maladies du nez. 11 en 
donne, en des tableaux, les différents diagnostics de maladies 
chroniques ou aiguës des tissus périorbitaires et les symptômes 
qu'on peut observée du côté des yeux. Il rapporte notamment 
le cas d'une jeune fille atteinte d'un empyème des cellules 
ethmoïdales avec une forte douleur oculaire : le traitement 
nasal améliora considérablement la douleur. Un autre malade, 
âgé de 4oans, et souffrant d'un empyème des cellules ethmoï- 
dales gauches, présentait de la photophobie et une iritis, il 
souffrait aussi à Tocciput. Un jeune homme ayant eu plusieurs 
épistaxis et de Tinfection, à la suite d'une opération sur les 
cornets, avait une papille couverte d'un exsudât blanchâtre et 
les veines dilatées, il s'agissait d'une névrite optique très 
étendue, compliquée par une thrombose de la veine in- 



3:aO AEVue GÉNEKALE 

férieure, et uoe hémorragie à la macula. On observa par la 
suite d'autres petites hémorragies dans la rétine et une grande 
étoile blanchâtre au niveau de la macula, Il y eut là proba- 
blement thrombose des petites veines du nez se communiquant 
à Torbite. Chez un autre jeune homme, des polypes du nez 
opérés furent suivis d'hémorragies rétiniennes ; thrombose 
probable dans ce cas de la veine ophtalmique. Dans un cas 
d'empyème du sinus maxillaire, il y avait paralysie de tous 
les muscles d'un œil avec exophtalmie et ptosis. Dans un autre 
cas, où il existait certains troubles oculaires, on trouva plus 
tard un empyème et une nécrose du tissu sphénoïdal. Le 
malade mourut subitement à la suite dune hémorragie céré- 
brale. Le plafond du sphénoïde est entièrement détruit, la 
selle turcique est érodée ainsi qu^une grande partie des ailes. 
Il n'a pas eu, dans ce cas, d'évacuation du pus par le 
pharynx. Dans un autre cas d'empyème d'un sinus sphénoïdal 
gauche, il existait un céphalée intense, avec perte totale de la 
vision; La papille était blanche, les vaisseaux fins et petits. 
A Touverture du sinus, écoulement de pus, suivi d'un réta- 
blissement de la vision. D'autres cas encore sont décrits, avec 
leurs symptômes et leurs diagnostics. cobuhn. 

i6) Très bonne thèse inaugurale, selon la pratique et les 
idées de Lagrange, avec bibliographie complète. D'abord 
résumé historique depuis Ciniselli, de Bologne, qui eut Tidée 
première d'employer Télectrolyse dans le traitement lacrymal, 
jusqu'à notre époque. Puis étude des modes d'action de 
l'électrolyse : dilatabilité des voies lacrymales par ramollis- 
sement de la muqueuse dans les sténoses, destruction ou 
atténuation niicrobienne correspondante. Viennent enfin la 
technique de l'électrolyse, ses avantages, ses inconvénients. 
C'est la partie clinique personnelle de l'étude dePierron. 

La technique préconisée est celle de Lagrange et comporte 
la sonde volante, le galvanomètre, le rhéostat. Le maipuel 
opératoire est soigneusement indiqué : dilatation des points 
et conduits lacrymaux, irrigation boriquée tiède, introduction 
de la sonde et adaptation de son ajutage au pôle négatif (le 
pôle positif appliqué avec ouate mouillée dans la narine voi- 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L'APPAREIL LACRYMAL, ETC. 321 

sine), courant gradué de 5 milliampères durant 5 minutes 
environ, irrigation lacrymale boriquée terminale. Les indica- 
tions sont fournies surtout par les rétrécissements lacrymaux 
surtout inflammatoires et les dacryocystites. Nombreuses 
observations à Tappui, dont sept inédites. Les avantages de 
Télectrolyse sont la bénignité, Tefficacité et la rapidité théra- 
peutiques. Quant à ses inconvénients, ils résultent seulement 
d'un excès de courant ou d'une mauvaise instrumentation. 
Sans en faire un traitement exclusif, Tauteur considère 
Télectrolyse dans les rétrécissements lacrymaux et les da- 
cryocystites comme particulièrement favorable et supérieure 
aux usages habituels. h. truc. 

17) 11 existe une forme très rare de tuberculose hypoder- 
mique dont Tunique observation signalée jusqu'à ce jour par 




Figui-c I. 

Krauss, en 1904, concerne une fillette chez qui la lésion 
occupait les membres et la région sourcilière. Jandot apporte 
le premier exemple, recueilli à la clinique'du professeur RoUet, 
de la localisation palpébrale de cette singulière affection. Elle 
se caractérise : 1® cliniquement, par Texistence de nodules 
multiples, arrondis, indépendants des plans sus- et sous- 

n 



322 REVUE GÉNÉRALE 

jacents, sans aucune tendance au ramollissement, accompagnés 
d'adénopathie ; 2® histologiquement, par une structure tuber- 
culeuse typique (îlots entourés de travées conjonctives avec 
cellules épithélioïdes et géantes (fig. /, préparation d'Aurand); 
3** au point de vue bactériologique, par la présence de bacilles 
de Koch ; 4® par le sérodiagnostic tuberculeux d'Arloing et 
Courmont, dans le cas de l'auteur ; 5® par la réaction positive 
de la tuberculine (cherchée par Krauss). 

C'est donc une tuberculose typique et en cela très voisine de 
la gomme, mais radicalement différente d'elle au point de vue 
clinique, par son évolution principalement. Très semblable 
au contraire cliniquement à la forme typique de tuberculose 
récemment décrite par J. Darier sous le nom de Sarcoïde 
hypodermique, elle s^en distingue par le caractère positif de 
Tensemble des épreuves de laboratoire ci-dessus mentionnées. 
La même considération la sépare des autres manifestations 
voisines (telles que : érythème de Bazin, sarcoïde de Bœck et 
lymphosarcoïde de Gougerot), si tant est que cette dernière 
ressortisse à la tuberculose. Elle occupe donc dans le cadre 
nosologique une place de transition entre les formes atypiques 
et typiques de la tuberculose hypodermique nodulaire. Au 
point de vue du diagnostic, elle est à différencier des autres 
manifestations de la tuberculose nodulaire cutanée, des pro- 
ductions inflammatoires d'autre nature (gomme syphilitique^ 
et néoplasiques (sarcomatose, fibromatose, etc.) à localisation 
palpébrale. Le traitement est médical et chirurgical (dissec- 
tion minutieuse et extirpation de la tumeur). i/autbur. 



RAPPORTS DK L^OPHTALMOLOGIE AVEC LA PATHOLOGIE GBNÉRALB 



t) Barany (Robert). — Sur le mouvement de roulement des yeux pix)voqué 
par le labyrinthe, à Tëtat normal, dans les maladies de 1 oreille et chez 
les sourds-muets (Arch. f, Ohrenh., vol. LXVIII, p. 1^ 1906). 

2] Lévy et de Rothachlld. — Le signe du sourcil. Fonction trichogène du 
corps thyroïde (Soc. de Biologie, 11 mai 1907, Semaine méd., i5 mai 1907). 

3) Morax. — Mani Testa tiq^is oculaires au cours des Irypanosomiases (^^nnales 
de VInstitut Pasteur, janvier 1907). 

4) Roger8(J.)- — Traitement du goitre exophtalmique par un sérum spécial 
(Trcatment of exophthalmic goiter by a spécifie sérum) ("Jo h rn. ofAmeric. 
med. Assoc.^ février 1906). 

5) Bruaa. — Paludisme larvé à manifestations oculaires (Margeille médicHl^ 
i5 janvier 1907). 



RAPPORTS DE L'OPHTALMOLOGIE, ETC. 323 

6) Narich. — L'inégalit4^ pupillaire, signe précoce de la tuberculose (Rev^ 
méd. de U Suisse romande^ décembre 1900). 

7) Dook (G.). — Goitre exophtalmique : observations cliniques (Clinical 
observaUon in exophthalmic goiter) (Americ. medicine, 1906). 

8) Baker (A.-R.)* — Stase papillaire et tumeur du cerveau (Choked dise 
and Brain tumor) (Ophth. Recordy mai 1906). 

9) Sarvonat. — L*idiotie amaurotique familiale (maladie de Sachs-Tay) 
(Revue mensuelle des maladies de V enfance, février 1906). 

10) Bapok (C.). — Manifestations oculaires de la syphilis (Ocular manifes- 
tation of syphilis) (Journ. Missouri state med. Assoc.^ avnl 1906). 

11) Stevena (E.-W.). — Les symptômes oculaires dans les maladies géné- 
rales (Ocular symptoms in gênerai discase) (Denver med. Times, mai 1906). 

12) Franohere (F.-E.). — Les symptômes oculaires dans les- diagnostics 
médicaux (Eye symptoms in medic. diagnosis) f Jf ec/. Exam.and Practiiion., 
mai 1906). 

i3) Heine. — Lipémie de la rétine et hypotonie du globe oculaire dans le 
coma diabétique (Ueber Lipœmia retinalis und Hypotonia bulbi im Coma 
diabeticum) (Klin, MonatsbU f.Augenh,, XLIV,p. 45 x, novembre-décembre 
1906). 

14) Fontanel. — Asthénie motrice bulbospinale. Syndrome d'Ërb-Goldflam 
(Thèse de Lyon, 1905-06). 

i5) Venneman. ~ L'œil sénile et l'œil artério-scléreux (Annales d'oculis- 
tique, p. 454-457» juin 190^). 

16) Elachnig. — Des maladies oculaires par auto-intoxication (Ueber Augen- 
erkrankungen durch Autointoxication] (Kl. MonaisbL, XLIII, 2, p. 417)* 

i) Sous le nom de roulement des yeux on désigne un 
mouvement du globe appréciable par la pupille qui se produit 
au moment de Tinclinaison de la tête sûr Tépaule Dans ce 
mouvement, les pupilles conservent leur position dans Torbite 
mais exécutent une rotation de sens opposé à celui de l'incli- 
naison de la tête. Hunter, en 1786, observa le premier le 
roulement des yeux ; d'autres auteurs ont, les uns, nié, les autres 
confirmé le phénomène (Nagel, Sachs et Weller, Delage et 
Augier). Barany a construit un appareil permettant de mesu- 
rer avec Tangle d'inclinaison de la tête celui du roulement des 
yeux et arrive chez les malades atteints de lésions otitiques 
aux conclusions suivantes : 

i^ Quand il existe une destruction unilatérale de lappareil 
vestibulaire, la recherche ~ du roulement ne fournit rien de 
caractéristique; 2® le roulement dans le cas de destruction 
bilatérale du vestibule confirme les résultats fournis par d au- 
tres méthodes ; 3*» le roulement acquiert une grande impor- 
tance clinique chez les malades atteints de vertiges ou chez les 
simulateurs. morbau. 

2) Le corps thyroïde exerce \me influence manifeste sur 



à24 RÈVtiE GÉNÉRALE 

lappareil pileux dans le myxoedème spontané, ainsi que le 
myxoedème opératoire et chez les animaux thyroïdectomisés. 
Parmi les troubles de l'appareil pileux d'origine hypothy- 
roïdienne, il faut faire ime place à part à la raréfaction de la 
partie externe du sourcil ; cette raréfaction (signe du sourcil) 
est parfois héréditaire, souvent familiale et proportionnelle 
au degré d'hypothyroïdie. Indice d'insuffisance thyroïdienne, 
elle acquiert d'autant plus d'intérêt qu'elle est associée sou- 
vent à de l'œdème palpébral permanent ou transitoire. 



3) Les complications oculaires des trypanosomiases se 
manifestent par l'apparition d'une kératite interstitielle pro- 
voquée par la prolifération des trypanosomes dans les espaces 
interlamellaires de la cornée. Morax étudie Thistologie patho- 
logique. Il se produit une infiltration leucocytaire, puis un 
développement de vaisseaux, qui peuvent amener une désor- 
ganisation complète de la cornée. Suivant le degré de résis- 
tance des animaux k l'infection à trypanosomes, les lésions 
régressent plus ou moins. i. orandclbmbnt. 

4) /?oyer5 a employé le sérum préparé par Beebe, et dont les 
réactions cliniques ont été décrites par ce dernier auteur dans 
le même journal. Rogers l'a employé dans dix cas, dont trois 
guéris, du moins à ce qu'il parait, trois autres sont hors de cri- 
tique et les autres sont plus ou moins améliorés. Les meilleurs 
résultats sont ceux obtenus d'un premier sérum, préparé avec 
les précipités frais des nucléo-protéïdes et des thyréo-globu- 
lines. Le sérum obtenu en partant d'extrait sec, ne donne pas 
de bons résultats. L'auteur pense que ce sérum contient 
deux substances actives, une cytotoxine, ayant pour action 
la suppression de la sécrétion thyroïdienne et une antitoxine 
contrebalançant l'action excessive de la thyréo-globuline. 
L'effet physiologique produit — d'après les observations cli- 
niques — justifie' pleinement que le sérum arrête l'action de 
l'intoxication, et arrête l'activité de la glande, ce qui permet 
aux diverses fonctions de redevenir normales. La difficulté de 
la préparation de ce sérum, de même que les dangers auxquels 
il peut donner lieu, sont exposés minutieusement. Certains 



RAPPOETS DE L'OPHTALMOLOGIE, ETC. 325 

malades, ceux atteints de tumeur kystique, ou d'un adénome 
de la thyroïde, sans exophtalmie, se plaignant surtout de 
troubles digestifs, de douleurs, avec dyspepsie, faiblesse, 
pouls intermittent ou non, sont réfractaires au traitement. 
Dans les cas chroniques, le traitement est naturellement plus 
long à produire de Teffet. coburn. 

5) Bruas, 11 s'agit de deux malades atteints lun, de kératite 
parenchymateuse syphilitique survenue six mois après le 
chancre et récidivant dans le cours d'accès paludéens, Tautre, 
de zona ophtalmique sans poussées fébriles de paludisme. 



6) Narich, Quatre observations de ce symptôme sont 
publiées avec une brièveté qui en diminue considérablement 
la valeur. La syphilis n'a été nullement recherchée ; Tétat du 
système nerveux n'a pas été étudié ; et la tuberculose est 
très douteuse chez deux malades. Pour l'un, il n*est pas fait 
mention de l'auscultation pulmonaire. Pour l'autre, « l'auscul- 
tation ne dénote rien de particulier au niveau des poumons » . 



7) Dock rapporte ses observations de 32 cas de goitre 
exophtalmique, observés 29 chez des femmes, et 3 chez 
l'homme. La cause première de cette aiTection est rarement 
connue. Chez 12 de ces malades, des chocs nerveux ou des 
maladies fébriles furent notés peu de temps avant l'apparition 
des symptômes caractéristiques ; le goitre dans ces cas fut un 
des premiers symptômes. Mais dans douze autres cas, le 
goitre n'est apparu que 3 à 37 ans avant les autres sym- 
ptômes. La glande thyroïde est toujours hypertrophiée. Chez 
26 malades, un bruit systolique existait au niveau des 
thyroïdes. Tachycardie dans tous les cas. La pression du sang 
est très variable. Chez quelques-uns, la pression dépassait 
180 millimètres. Les symptômes oculaires furent absents dans 
trois cas. L*amaigrissement est de règle et est souvent très 
marqué : dans deux cas, les malades avaient perdu la moitié 
de leur poids. La diminution de l'acidité gastrique existait 



32d REVUE GÉIfÉRALE 

chez quelques malades; de même qu'une excitabilité. Deux 
des malades moururent, le premier d'une maladie venant 
compliquer son état; le second, d'une recrudescence des sym- 
ptômes aigus. Quelques-uns des cas observés, ont une marche 
chronique datant d'environ une quinzaine d'années. Quant 
au traitement, le plus important est celui qui s'adresse aux 
symptômes. L'auteur a essayé certaines préparations orga- 
niques et les Rayons X. Le traitement chirurgical est recom- 
mandé sous certaines réserves. coburn. 

8) Baker étudie quelques cas de stase de la papille, 
accompagnant des tumeurs du cerveau. Un cas de kyste du 
cervelet qui a laissé une névrite. Trois cas de tumeur syphili- 
tique du cerveau, dont un accompagné de glj^cosurie, l'autre, 
de diplopie, et qui guérirent par le traitement anti-syphili- 
tique. Un cas de gliome du cerveau est aussi rapporté avec 
œdème de la papille. Le malade est mort. coburx. 

9) L'idiotie amaurotique familiale, décrite par Sachs et par 
Tay, est caractérisée par Tidiotie, la cécité avec lésions spé- 
ciales du fond de l'œil, la cachexie progressive, le début dans 
la première enfance et le caractère familial. Il en existe 
actuellement soixante et onze cas, avec seize autopsies 
d'après Sarvonaê. L'influence familiale est très évidente ; 
c'est, avec la prédominance dans la race juive, la seule donnée 
étiologique que Ton possède. 

Les symptômes apparaissent à l'âge de quelques semaines : 
l'enfant devient apathique ; sa musculature s'affaiblit ou 
même s'atrophie, puis la paralysie devient spasmodique, 
reproduisant le type des diplégies cérébrales. 

L'amaurose est un caractère essentiel de la maladie. Elle 
saccompagne constamment de constatations ophtalmo- 
scopiques de la plus haute importance. Au niveau de la 
macula, on aperçoit une tache ovale, grisâtre, à contour flou, 
au centre de laquelle la fovéa apparaît comme un point rouge 
sombre. En même temps, le nerf optique s'atrophie peu à peu, 
sans présenter en général de névrite. 

Par contre, les malades semblent avoir souvent de Thyper- 
acousie. L'état général s'altère peu à peu et Teiifant meurt 



RAPPORTS DE L'OPHTALMOLOGIE, ETC. 3^ 

dans le marasme, généralement avant d'atteindre sa deuxième 
année. Le diagnostic repose sur la constatation des lésions 
oculaires et sur le caractère familial de Taffection. 11 devra se 
faire avec toutes les affections cérébrales de l'enfance. Les 
lésions occupent d'une façon diffuse 1 ecorce cérébrale et la 
rétine. Les cellules pyramidales sont toujours plus ou moins 
atrophiées ou dégénérées. La rétine, au niveau de la tache 
jaune, est épaissie du fait d'une infiltration œdémateuse que 
Mohr attribue à un trouble vaso-moteur. 

L'affection a été regardée comme une agénésie corticale 
(Sachs, 1897), comme un processus de dégénérescence secon- 
daire (Kingdon et Russell) ; enfin comme Tindice d'une fragi- 
lité spéciale de la substance grise (ShafTer^ Sachs, 1902). Le 
pronostic est fatal et le traitement purement hygiénique. 

l'autbur. 

i3) Heine observa un cas typique de la maladie décrite 
pour la première fois par Heyl sous le nom de lipémie de la 
rétine. Chez un diabétique qui n'avait jusque-là présenté 
aucune maladie de l'œil, on reconnut, par hasard, une colo- 
ration particulière des vaisseaux de la rétine. Il semblait qu'ils 
ne contenaient pas du sang, mais du lait. Pas d'autre alté- 
tération du fond de l'œil. En présence de cet aspect ophtal- 
moscopique extraordinaire, on examina le sang et on trouva 
qu'il contenait plus de 8 pour 100 de graisse. Par la centrifu* 
gation, il se déposa dans le tube de Widal une couche cré- 
meuse, blanche, de i à i cm. 5o d'épaisseur. Huit jours après 
le premier' examen survint du coma diabétique ; le malade 
mourut au bout de quelques jours. A la coloration au Soudan 
de la rétine étalée, on constata que le sang des vaisseaux réti- 
niens contenait beaucoup de graisse, tandis que les parois des 
vaisseaux et les éléments de la rétine ne présentaient aucune 
altération. 

Peu de temps après, Heine observa chez un autre diabétique 
le développement d'une lipémie rétinienne ; le sang contenait 
4 pour 100 de graisse. L'existence de ces deux cas ne permet 
pas de conclure que la lipémie soit fréquente, car ce sont les 
deux seuls cas que UhthofT et Heine ont observés pendant 
toute leur carrière. Il est très facile de reconnaître la lipémie 



328 REVUE GÉNÉRALE 

de la rétine. Au point de vue du diagnostic dififérentiel, on ne 
px)urrait la confondre qu'avec Tanémie, la chlorose ou l'arté- 
riosclérose; cette dernière est toujours caractérisée à Tophtal- 
moscope par leis altérations des parois vasculaires. Dans l'ané- 
mie^ la couleur de tout le fond de l'œil est très pâle, la papille 
est presque toujours blanchâtre; en outre, on constate le plus 
souvent de petites hémorragies et une opalescence de la 
rétine. Bien que la lipémie soit très rare, elle a pourtant une 
importance au point de vue du diagnostic, parce que c'est 
Texamen du fond de l'œil qui attire Tattention sur la compo- 
sition du sang. A la fin de son travail, Heine parle briève- 
ment d'un autre symptôme qui accompagne le coma diabé- 
tique presque dans tous les cas, c'est l'hypotonie de l'œil, déjà 
décrite par Krause et Heine, que Heine a rencontrée 21 fois sur 
22 cas. 11 est difficile d'en donner une explication. Comme 
les recherches anatomiques n'ont point démontré d'altérations 
appréciables, Heine admet qu'il s'agit d'un arrêt de la sécré- 
tion dans les parties de l'uvée qui fournissent le liquide intra- 
oculaire. krukbnbbrg. 

i4) Cette affection, dit Fontancl, se jcaractérise par une 
fatigabilité anormale, variable, rapide, de localisation bulbo- 
protubérantielle, ayant une tendance extensive, surtout des- 
cendante. 11 existe^ en plus, une absence de signes myélopa- 
thiques, tels que l'atrophie, la réaction de dégénérescence, les 
contractions fibrillaires, les troubles des réflexes et de la 
sensibilité. 

La localisation du début peut se faire dans les muscles des 
yeux, de la phonation, de la déglutition ou de la nuque. 

Le ptosis est un des signes les plus constants. Il est uni-ou 
bilatéral d'emblée. 11 est soumis à des oscillations, s'accusant 
h mesure que les heures de la journée s'écoulent. 

La lagophtalmie est beaucoup plus rare. Elle est passagère 
et variable, par fatigue de l'orbiculaire. 

La diplopie est plus fréquente. Le muscle le plus souvent 
atteint est le droit externe. L'ophtalmoplégie externe est la 
règle, l'ophtalmoplégie interne, l'exception. 

Le type Erb-Goldflam est une forme intermédiaire ou de 
transition entre les paralysies vraies et les paralysies hysté- 



RAPPORTS DE L'OPHTALMOLOGIE* ETC. 329 

riques dans lesquelles nous ne pouvons reconnaître au micro- 
scope aucun trouble matériel bien qu'il en existe certainement 
(Lépine). 

Il est probable qu*il s*agit de troubles d'irrigation sanguine 
atteignant les neurones bulbo-protubérantiels. 

MORBAU. 

i5) Venneman indique que l'œil sénile est un organisme 
anatomiquemént et physiologiquement diminué. 

La cause première du rapetissement de Tœil est une anémie 
relative qui rend les tissus moins turgescents. 

L'œil sénile est plus mou; la pupille plus petite et la 
chambre antérieure moins profonde. Il y a de la presbytie, 
la visioh baisse parce que la rétine fonctionne mal et parce 
que les réflexes vaso-moteurs intra-oculaires sont en défaut, 
ainsi que la filtration séreuse à travers Tépithélium. 

L'œil artério-scléreux est ainsi ischémique, mais cette isché- 
mie est d'ordre pathologique ; le rétrécissement des vaisseaux 
est dû à une endartérite oblitérante, laquelle a pour cause une 
infection ou une intoxication chronique du sang. Ici la tension 
s'élève, d'où hypertrophie compensatrice des artères. Il y a 
des hémorragies et de la dégénérescence graisseuse. Il y a 
deux formes d'artério-sclérose : diffuse et circonscrite. La pre- 
mière accompagne de la sclérose des reins^ du cœur ou du 
foie et s^étend sur Tarbre artériel de viscères entiers. La 
deuxième, en plaques, a pour type la rétinite circinée. 

L'artério-sclérose vraie est de l'endartérite. S'il y a plus, 
c'est de la périendartérite. p. chavbrnac. 

16) D'après les observations d'£/«c/inf^, les auto-intoxica- 
tions, surtout intestinales, jouent dans les maladies des yeux un 
rôle beaucoup plus important qu^on ne l'admet généralement. 
Surtout dans les cas d^irido-cyclites aiguës ou chroniques, de 
sclérites qui semblaient s'être développées spontanément, il 
en trouve la cause dans des troubles de Testomac ou des 
intestins, ordinairement accompagnés de constipation; après 
la guérison des symptômes gastro-intestinaux, l'affection ocu- 
laire, qui jusque-là avait résisté à tous les traitements, guérit 
rapidement. L'examen des urines démontra toujours une aug- 



ftSO ^ REVUE GÉNÉRALE 

mentation considérable de l'indican, symptôme le plus évident 
deTauto-intoxication. Le traitement consista en régulation de 
la diète, désinfection de l'intestin par le calomel, le carbonate 
de gaïacol, quelquefois aussi par une cure de Carlsbad. 
Pour les détails, voir le travail original. kruunbbro. 



VARIA 



i) Fukala. — Communications thérapeutiques (Soc. frànç. d* ophtalmologie, 
mai 1907). 

a) Vbgt. — Nouvelles recherches expérimentales et cliniques sur Tinflucnce 
nocive sur Tceil des couleurs artificielles d'aniline (Weitere experimentcUe 
und klinîsche Untersuchungen ûber den schâdlichen Einfluss von kûnsl- 
lichenAnilinfarben, ^Zet7sc/ir. f. Augenheilk.j XIII» p. 117). 

3) Antonelll. — Mesures coei*citives et mesures radicales de thérapeutique 
oculaire, en rapport avec la loi sur les accidents du travail (Soc, d'ophUl, 
de Paris, 9 octobre 1906). 

4) Bourgeois. — De Taction des préparations mercurielles dans les afTec- 
tions non syphilitiques de Tceil (Soc. franc, d'opht., mai 1907). 

5] Darlep. — Des sérums et des métaux ferments en thérapeutique oculaire 
(Soc. franc. d*ophi,y mai 1907). 

6) Poikinhopn ^H.-A). — Revue sur Tophtalmologie (Review of Ophlhal- 
mology) (Wathingionmedic. Annals^ novembre 1906). 

7) Meoomer(C.). — La clinique ophtalmologique de TUniversité de Breslau 
(Eye cliiiic of the University of Breslau) (Milwaukee med. joarn., août 
19Ô6). 

8] Wllkinoon (O.). — Traitement de quelques maladies oculaires par les 
médecins praticiens (Treatment of. sonic eye diseases by the gênerai prac- 
titioner] (Virginia med. semi-monthly, a6 octobre 1906). 

9) Valude et Duoloo. — Effets de Tadrénaline en instillations longtemps 
prolongées. Etude histologique expérimentale (Soc. franc, d^ophtalm,^ mai 
«907)- 

10) Heooe (Robert). — L'hyperémie par stase en ophtalmologie (die 
Stauungshyperœmie im Dienste der Augenheilkunde) (Centralbl. fûrprakt. 
Augenheiik.^ 1906 juin) 

11) Greenwood (A.). — Laveur intra-oculaire (An intraocular irrigator) 
(Ophlhalmic Record, juin 1906). 

12) Hamburger. — L eau boriquée saturée pour le lavage des yeux (Réper- 
toire de pharmacie^ décembre 1906). 

i3) Treaoher-Colllno. — Les écoles de Londres pour les enfants atteints 
de maladies des yeux (Report of the Metropol. Asylam Board, 1906). 

i4) Koellor (Rruno). — Sur Tinfluenee des désinfectants nouveaux spécia- 
lement de Toxycyanure de mercure sur les instruments infectés (Einwir- 
ckung neurer Desindzicnten, besondcrs des Hydrargyrum oxycyanatum 
auf inflzierte Instrumente) (Zeitschr. fùr Augenheilk,^ XIII. S. ^42). 



1) Dans les conjonctivites purulentes à gonocoques, Fukala 



VARIA 331 

emploie une solution de nitrate d*argent à 4 pour loo en 
instillations deux ou trois fois par jour. 

Pour les opérations de cataractes il fait Tanesthésie avec 
une solution de cocaïne à i5 pour loo. 

Antonelli. — Les solutions fortes d atropine, pour la pré- 
vention des synéchies dans les iritis graves, sont avantageu- 
sement remplacées par Talcaloïde en substance, dont on peut 
déposer un tout petit grain dans le cul-de-sac conjonctival, 
après cocaïnisation, car la poudre d'atropine est un peu caus- 
tique. Ce procédé est utile aussi pour les cas où il ne faut 
atropiner qu'une fois toutes les vingt-quatre heures (panse- 
ment occlusif après intervention). 

Il faut pourtant s'en méfier chez les enfants et chez les 
vieillards, qui réagissent parfois d'une façon exagérée à l'ac- 
tion toujours toxique de l'alcaloïde. Quant aux solutions de 
cocaïne, nous ne voyons pas l'utilité des collyres forts. La 
solution à a pour loo est plus que suffisante, et il vaut mieux 
instiller plusieurs fois, pendant les différents temps de l'acte 
opératoire, quelques gouttes de collyre à 2 pour 100, que de 
vouloir obtenir d'emblée l'aneathésie profonde et durable par 
une solution concentrée. l. GRANDCLéiiBNT. 

2) Vogt^ complétant les travaux de Graeflin sur le même 
sujet, a fait 85 expériences employant 70 différentes couleurs. 
En voici les conclusions : i* les couleurs artificielles d'aniline 
ont sur la muqueuse de l'œil une influence différente corres- 
pondant à leur constitution chimique. Les couleurs acides, 
neutres, les couleurs mordantes de même que les couleurs 
insolubles dans l'eau ne provoquent pas d'irritation si on les 
introduit, par quantités de 5 à 10 milligrammes, dans le sac 
conjonctival de l'œil du lapin. Par contre, toutes les couleurs 
basiques provoquent dans les mêmes quantités de graves 
inflammations qui peuvent mener à la panophtalmie. 

2* Les couleurs basiques présentent entre elles différents 
degrés de toxicité. Celle-ci augmente avec les qualités basi- 
ques de la couleur tout en dépendant d'autres propriétés 
chimiques de la base de la couleur, tandis que l'acide minéral 
du sel de la couleur semble être inoffensif. La nocivité diminue 
de plus avec le degré de solubilité de la couleur. 



332 REVUE GÉNÉRALE 

3® Les expériences faites sur Fœil de lapin démontrent 
qu'en irriguant le sac conjonctival avec une solution de 
5 ou lo pour loo d'acide tannique, on supprime ou diminue 
considérablement la toxicité de toutes les couleurs d'aniline, 
tandis que les cas traités à l'eau ou avec des solutions de chlo- 
rure de sodium, d*acide borique, de sublimé ou de bicarbonate 
de soude, ont une évolution plus grave que si Tinflammation 
est livrée à elle-même. rbdslob. 

3) Aucune mesure coercitive ne serait justifiée, suivant 
Antonelli, pour les interventions destinées simplement à dimi- 
nuer le degré d'incapacité partielle permanente due à un 
accident oculaire. L'iridectomie, l'extraction de la cataracte 
traumatique sont des interventions certainement indiquées au 
point de vue médical, mais qui peuvent prêter à discussion 
dans un cas déterminé, qui donnent parfois un résultat moins 
heureux que celui prévu et qui, le plus souvent, augmentent 
seulement d'une quantité négligeable là vision au point de 
vue de l'aptitude professionnelle. 

La seule mesure coercitive conforme aux intérêts mêmes du 
blessé se trouverait dans l'article suivant, à ajouter à la loi : 
« En ce qui concerne les traumatismes graves de l'œil, par 
accidents du travail, rénucléation, lorsqu'elle est jugée néces- 
saire par l'oculiste, est la seule opération à laquelle le blessé 
ne pourra pas se refuser, sans perdre tout droit à faire valoir, 
soit à regard du demi-salaire à partir de la date fixée par 
l'expert, soit à l'égard de l'ophtalmie sympathique, si elle 
venait à se déclarer, même avant les trois années révolues à 
partir de l'accident. » 

Les mesures radicales s'imposent par elles-mêmes, en cas 
de traumatisme grave de l'œil ; car, seule, Ténucléation peut 
sûrement prévenir l'ophtalmie sympathique et soustraire au 
plus tôt le blessé à la moitié du salaire et à la dangereuse 
oisiveté du chômage. On a vraiment trop exagéré, ces temps 
derniers, les inconvénients de Ténucléation et de la prothèse. 
Sous le mirage de chirurgie conservatrice, l'oculiste ne 
conserve souvent, après une longue et pénible période d'essais 
thérapeutiques ou d'opérations partielles, absolument rien 
d'utile, ni de bon, ni de beau, i^'autsuh. 



Varia 333 

4) Bourgeois. Si le traitement mercuriel est formellement 
indiqué dans tous les cas de syphilis vraie ou suspectée, il a 
aussi une action remarquable dans un certain nombre de 
maladies tout à fait étrangères à Tinfection syphilitique : c'est 
un fait de pratique courante en ophtalmologie. 

Les preuves en sont fournies par l'exposé d'un certain nom- 
bre d'observations, dans lesquelles les mercuriaux ont amené 
une guérison complète et déOnitive chez des sujets devenus 
tout à fait aveugles. Il s'agit notamment de cas d'ophtalmie 
sympathique et de névrite optique chez des malades complète* 
ment indemnes de syphilis^ et ne présentant d'ailleurs aucun 
trouble de la santé : on ne peut invoquer dans ces cas qu*une 
localisation, sur l'organe de la vision, de toxines, à la forma- 
tion desquelles il n'est pas possible d'assigner une cause 
certaine. 

Le mercure a été employé sous les formes médicamenteuses 
les plus usuelles, les injections intra-musculaires ayant eu une 
action plus rapide. Dans tous les cas, le traitement a été pro- 
longé plusieurs mois, jusqu'à ce que l'on ait obtenu un retour 
complet de la vision. Il paraît probable que, si Ton doit tenir 
compte des propriétés bactéricides des préparations mercu- 
rielles, il faut aussi admettre qu'elles agissent comme anti- 
dotes, lorsqu'elles ont affaire plutôt à des toxines qu'à des 
germes infectieux, comme cela se présente fréquemment. 

C'est donc à leur action anlitoxinique que les mercuriaux 
semblent devoir leur puissance de neutralisation, si souvent 
efûcace dans les affections non syphilitiques de l'œil. 



5) Darier obtiendrait, par les sérums antidiphtériques ou 
antitétaniques, des effets thérapeutiques identiques à ceux 
obtenus par le sérum antipneumococcique contre les ulcères 
infectieux de la cornée. Dans les infections traumatiques ou 
postopératoires, ces mêmes sérums auraient une action favo- 
rable sur l'évolution du processus infectieux, peut-être même 
une action prophylactique aussi marquée que celle attribuée 
aux sérums antistreptococcique et staphylococcique par Rog- 
man. Lecollargol, en frictions et surtout en injections intravei- 
neuses, aurait une action très favorable sur le cours des infec'- 



334 REVUE GÉffÉRALE 

tions oculaires (traumatisme, iritis blennorragiques^ ulcères 
à hypopyon, etc.). 

Mais tous ces agents de thérapeutique générale ne doivent 
pas faire négliger l'emploi des topiques qui ont fait leurs 
preuves (galvanocautère, iodoforme, eau oxygénée, injections 
sous-conjonctivales, etc.). l'autbub. 

9) Valade et Duclos, Ces recherches reposent sur les tra- 
vaux du D' Josué, qui a montré que les injections intravei- 
neuses d'adrénaline produisaient chez Tanimal des lésions 
vasculaires de dégénérescence, analogues ii celles de Tathérome 
chez l'homme. Leur intérêt est basé sur Tusage assez fréquent 
de l'adrénaline en oculistique et particulièrement sur l'emploi 
presque quotidien que certaines personnes en font par instilla- 
tions, au point de vue cosmétique. Les examens microsco- 
piques ont porté sur la troisième paupière et sur le globe ocu- 
laire d'yeux de lapins, traités pendant trois mois et demi et 
cinq mois par des instillations quotidiennes d'adrénaline. Ils 
ont montré que les capillaires ne sont pas modifiés dans leur 
constitution ; que, seules, les artérioles du tissu connectif sous- 
conjonctival semblent subir une altération, consistant en la 
production d'une couche lamelleuse en dehors de la membrane 
endothéliale. 11 résulte de ces expériences que, cliniquement, 
les instillations d'adrénaline ne présentent guère d'inconvé- 
nients, si ce n'est chez les personnes qui seraient sujettes à 
des sufFusions sanguines sous-conjonctivales. 

LES AVTBUnS. 

10) Se rappelant les bons résultats qu'à obtenus la méthode 
deBier en chirurgie, Hesse^ essayé d'influencer certaines affec- 
tions de l'œil par une hyperémie artificielle. La strangulation 
du cou au moyen d'une bande élastique adoptée par Renner, 
ne lui paraissant pas irréprochable, l'auteur a essayé de pro- 
duire une hyperémie par stase tout à fait localisée. Il construi- 
sit un appareil spécial, consistant en une espèce de ventouse 
de verre, qui s'adaptait facilement sur la région orbitale. Au 
moyen d'un ballon en caoutchouc et d'un manomètre, il pût 
produire un certain vide à l'intérieur de la ventouse : il s'en 
suivait une hyperémie facile à contrôler. 11 ne faut pas dépasser 



VARIA 335 

une diiFérence de pression de plus de 5o millimètres : des 
hémorragies pourraient sans cela se produire. Cette mé- 
thode de provoquer une hyperémie artificielle a donné à l'au- 
teur un résultat superbe dans un cas d'ulcère de la cornée. 

B. RBD6U>B. 

Il) Le laveur intraoculaire de Greenwood est une modifi- 
cation d un modèle qu'il avait construit antérieurement. D'un 
réservoir élevé part un tube de caoutchouc se terminant sous 
la forme d'un crayon, perforé à son extrémité et qui peut être 
comprimé par les doigts. A l'extrémité est adaptée une petite 
canule aplatie et recourbée^ dont l'ouverture est protégée par 
un petit auvent, lequel, lorsque l'appareil est introduit dans 
la plaie cornéenne, soulève le lambeau et permet ainsi aux 
débris du cristallin et au liquide de sortir facilement. 



1 2) On sait que la solution saturée d'acide borique, telle 
qu'on l'emploie couramment à toutes sortes d'usages, est des 
mieux tolérée par les yeux et qu'elle sert précisément au lavage 
de ces organes dans la pratique médicale journalière. Ham- 
burger en donne la raison: c'est que cette solution se trouve, 
par pur hasard du reste, être isotonique aux larmes qui bai- 
gnent les yeux normalement et qu'elle constitue dès lors le 
liquide physiologique idéal. 

Par une méthode qu'il a indiquée à la Société de biologie le 
i3 janvier 1906, Hamburger a évalué la pression osmolique 
des larmes à l'état normal. Cette pression est environ une fois 
et demie celle du plasma sanguin ; elle est isotonique, en eifet, 
à une solution de chlorure de sodium à i4 pour 1000, tandis 
que le plasma est isotonique à une solution du même sel à 
9 pour 1000. 

Ainsi, de même qu'une solution de chlorure de sodium à 
9 pour 1000 ne provoque ni hydratation ni deshydratation du 
globule rouge^ de même une solution du même sel à i4 pour 
1000 serait physiquement indifférente aux cellules superficielles 
de la conjonctive et de la cornée, alors qu'une solution plus 
forte leur soustrairait dç l'eau et qu'une solution plus faible 
les gonflerait d'eau : deux modifications qui les altéreraient en 



336 tlËVUE GÉNÉRALE 

sens opposé. Or, la solution d'acide borique saturée à une 
température normale, c'est-à-dire celle qui contient le maxi- 
mum d'acide borique soluble à cette température, est à 25 
pour looo, ce qui est, pour cette substance, le titre isotonique 
aux larmes. Il est intéressant que cette concentration soit 
précisément celle qu'on emploie depuis longtemps avec succès, 
mais sans savoir pourquoi, pour Teau boriquée destinée au 
lavage des yeux. h. 

i3) Le Metropol Asylum Board a, depuis quelques années, 
fondé k Londres plusieurs écoles pour les enfants atteints d'af- 
fections oculaires contagieuses, trachome, conjonctivites, etc. 
En 1905, 4^4 enfants furent admis dans ces écoles et 4i> 
renvoyés guéris. Treacher-Collins qui a examiné 3oo de ces 
enfants qui, en outre de la conjonctivite, étaient atteints de 
rhinite^ dit que dan« 1 25 cas il a trouvé dans la sécrétion na- 
sale du diplobacille de Morax-Axenfeld presque en culture 
pure. II recommande donc d'examiner toujours la sécrétion 
nasale, d'isoler ces enfants et de leur faire subir un traitement 
approprié. h. doh. 

1 4) Le travail de Koller cherche à résoudre la question, si 
Toxycyanure de mercure est à même de désinfecter les instru- 
ments d une manière sûre et rapide tout en ne les endomma- 
geant point. Pour ses expériences l'auteur s'est servi des 
pastilles bleues à i gramme fabriquées par Pieverling. 11 en 
résulte que les solutions de 1 : 1 000 et de i : 1 5oo préconisées 
par Pieverling n'ont pas une force désinfectante appréciable 
pour la pratique et que le pouvoir bactéricide de ce sel ne 
commence qu'avec des concentrations de 3 à 5 pour 100. Pour- 
tant cette préparation a un avantage : des instruments bien 
polis et sans tache de rouille, ne se rouillent pas, même en 
restant cinq jours, dans une solution à 8 pour 100 et les con- 
centrations de 3 à S pour 100 ne provoquent pas d'irritation 
de la peau des mains. b. rb»slob. 

Le Gérant : P. Masson. 
Lyon. — Imp. A. Rbt et G'«, 4i rue Gentil. — 4d030 



N"" 8 31 AOUT 1807 



MÉMOIRES ORIGINAUX 



Kyste de la glande lacrymale^ 

Par le Docteur II. DOR 



J'ai Thonneur de vous présenter des préparations micros- 
copiques provenant d'un kyste de la glande lacrymale, tumeur 
très rare puisque Desmarres, malgré son immense clientèle, 
prétend n'en avoir jamais vu et qu'il les décrit d'après des 
observations anciennes de Schmidt, Rosas, Béer, etc. 

Il s'agit d'un enfant qui, selon le dire des parents, était né 
sans aucune diiTormité apparente. Ce n'est que vers l'âge de 
deux mois qu'ils virent apparaître une tuméfaction sous le 
sourcil, à l'angle supéro-externe de la paupière de l'œil droit. 
Peu à peu l'œil fut poussé en dedans et en bas et en même 
temps il existait de l'exophtalmie. Lorsque je le vis pour la 
première fois vers l'âge de trois mois et demi, la paupière 
était très distendue, l'exophtalmie eiïcore très marquée, et 
avec le doigt on sentait une tumeur sous le rebord supéro- 
externe de l'arcade orbitaire. 11 n'y avait pas de fluctuation ; 
on pouvait repousser un peu la tumeur dans l'orbite, mais on 
ne pouvait pas la comprimer. La position de cette tumeur 
pouvait bien faire supposer qu'il s'agissait de la glande 
lacrymale, mais l'exophtalmie parlait contre ce diagnostic, 
car en général les tumeurs de la glande repoussent l'œil en 
arrière. Je ne pus pas faire d'autre diagnostic que celui de 
tumeur de l'orbite ; je prescrivis pendant quelques jours des 
prises de i centigramme de calomel, fis extérieurement des 
applications de teinture d'iode, deux à huit jours de distance ; 
l'exophtalmie diminua un peu, la paupière distendue recou- 

*- Présentation i la Société d'Ophtalmologie de Lyon, Séance du 3 juillet 
1907- 

22 



338 MÉMOIRES ORIGINAUX. — B. DOR 

vrait presque tout Tœil qui était toujours sensiblement plus 
bas que Toeil gauche. Enfin, voyant que Ton ne pouvait rien 
attendre d'un traitement médical, je me décidai à procéder à 
Textirpation, prévenant les parents que si la tumeur entourait 
le nerf optique il me faudrait faire en même temps Ténu- 
cléation. 

Afin de ne pas risquer de couper le releveur de la paupière^ 
je fis une incision en croissant partant au-dessous du bord 
externe du sourcil et s'étendant du côté temporal sur une 
longueur de 3 cent. 1/2 à 4 centimètres. (Je n'aurais pas pu la 
faire dans le cul-de-sac conjonctival, d'abord parce que la 
paupière était très tuméfiée et distendue et ensuite parce qu'on 
n'arrivait pas à faire saillir la tumeur à l'angle externe, comme 
cela a lieu pour les vraies tumeurs de la glande.) Lorsque j'eus 
poussé mon incision au travers de toute la paupière, je fus 
très heureux de voir apparaître une peau blanche, nacrée, 
distendue, formant une poche de la grosseur d'une grosse 
noisette ; je la détachai d'abord avec le dos d'une branche de 
ciseaux courbes, mais elle se rompit alors et se vida, et je pus 
alors facilement sortir le sac entier. Le liquide qui s^écoula 
était absolument limpide et incolore. Je fermai par cinq points 
de suture qui restèrent en place pendant huit jours. Il n'y eut 
aucune espèce de réaction, et aujourd'hui- l'œil est dans sa 
position normale ; il reste encore un léger ptosis qui sera facile 
à corriger plus tard si la paupière ne revient pas spontanément 
à sa position normale. 

Vu le jeune âge du malade, il est probable qu'il s'agit d'un 
kyste congénital, bien qu'il n'ait apparu que -vers l'âge de 
deux mois. C'est là évidemment un cas très rare, car je n'en 
ai trouvé aucun exemple dans le travail si complet de Lanne- 
longue (Affections congénitales^ Paris, 1891). 

Dans le bel ouvrage de Lagrange (Traité des tumeurs de 
Vœil^ Paris, 1904), qui résume vingt-trois observations, le cas 
le plus jeune se rapporte à un enfant de six ans. 

Les préparations microscopiques que je vous présente 
prouvent qu'il s'agit ici d'un vrai kyste de la glande orbitaire ; 
les parois sont constituées par un tissu fibreux riche en fibres 
élastiques, et l'intérieur contient de grands fragments de la 
glande elle-même avec quelques amas graisseux et des vais- 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — 0. DUBREUIL 389 

seaux peut-être un peu distendus. Il est probable qu'il s'agit 
d'un simple cas de kyste de rétention d'une distension kys- 
tique de la glande, car nulle part nous n'avons trouvé de 
traces d'inflammation. Nous avons recherché avec soin la pré- 
sence de crochets d'échinocoque, mais il n'en existe abso- 
lument pas. 



La glande lacrymale de rhomme et des mammifères. 



HISTOLOGIE 



Par le Docteur G. DUBREUIL 

Préparateur d'Anatomie générale et d'Histologie 
à la Faculté de médecine de I.yon. 



Nos connaissances sur la glande lacrymale, au point de vue 
microscopique, sont d'acquisition relativement récente. On a 
vécu longtemps sur Tidée que la lacrymale était une glande 
séreuse très analogue et même semblable à la parotide. Cette 
base posée, on a vu éclore un certain nombre de travaux sur 
les modifications de la lacrymale dans tel ou tel état patho- 
logique. Si les prémisses eussent été justes, les conclusions 
de ces travaux auraient. encore la valeur de faits bien observés. 
Malheureusement, on a étudié les variations microscopiques 
de la glande avant d'avoir fait Tétude de celle ci. Il en est 
résulté des erreurs nombreuses avec quelques bribes de vérité, 
qui sont consignées les unes et les autres dans un certain 
nombre de travaux qu'il est peut-être inutile de citer. 

Dans ces dernières années, grâce à des études minutieuses 
dues à des anatomistes, grâce au concours de quelques ophtal- 
mologistes autorisés en matière de microscopie, on est arrivé 
à constituer un ensemble de faits qui sont l'histoire histolo- 
gique de la glande lacrymale. Zimmermann*j Noll-, Puglisi- 

i ZiMMBRMANN, Beîtr&ge zur Kenntniss einigcn DriJscn und Ëpithelien. 
(sArch, f. mikrosk. Anatomie, Bd. LU, p. 552, 1898). 

* NoLL, Morphologische Varan derungen derThranendrûsc bei der Sckrction. 
Zugleich ein Beitrag zur GreLnulsAehre (Habilitaiionsch ri ft Jena 1901 et Arch. 
f. mik, AnaL, Bd. LVII, s. 487, 1901). 



-w--iP!^î-rF* 



340 MÉMOIRES Originaux. — g. dubkeuil 

Allegra^ sont ceux qui ont le plus contribué à cette histoire; 
nous croyons avoir résumé déjà dans notre thèse^ les points 
principaux indiqués par ces auteurs et nous renvoyons à ce 
travail pour les points de détail, ainsi que pour Tanatomie 
comparée et le développement philogénique. 

Ces quelques pages sont destinées à donner le résumé, auissi 
court et aussi condensé que possible, de la structure de la 
glande lacrymale humaine et à signaler les causes d*erreur pour 
ceux qui affronteraient de nouveau Tétude des modiQcations 
pathologiques de la glande. 

La glande lacrymale de l'homme est une glande en grappe 
composée, à acini tubulif ormes. Ce qui revient à dire qu'elle 
est constituée par des acini allongés, fermés en cul-de-sac à 
une extrémité et s'abouchant par leur extrémité ouverte dans 
des conduits excréteurs de divers ordres : intra-lobulaires, 
extra-lobulaires, collecteurs. Les acini sécréteurs sont groupés 
en lobes et lobules, séparés par des septa conjonctifs d'impor- 
tance variable. 

L unité sécrétante est Vacinus^ composé d'une membrane 
vitrée, de cellules en paniers, de cellules épithéliales sécrétantes 
et d'une lumière. Ces difTérentes parties méritent une étude 
spéciale. 

AGXNI. — Allongés en forme de boudins, de longucm* 
variable, ils ne sont pas bifurques à proprement parler, mais 
présentent de petits renflements latéraux qui correspondent à 
rintérieur à des digitations courtes de la lumière. Le mot de 
grain sécréteur est donc impropre ou bien il faut admettre 
que le grain s'est allongé et recourbé suivant différentes direc- 
tions (fig. i). 

Membrane vitrée. -— Elle ne présente qu'un faible intérêt, 
car elle n'a pas de structure particulière dans la lacrymale. 
Continue sur les acini et les tubes sécréteurs, il ne faut y voir 

i ProLisi-ALLBORA, Studio dcUa glandola lagrimale (Arch. iUU sliiaL e( 
embr,^ vol. Til, p. 298-240, 1904). 

< DuBHBuiL (G.), les Glandes lacry mules des mammifères et de V homme 
(chap. m, Histologie) (thèse de Lyon, 1907, p. 58 à 140). 



MÉMOIRES ORIGIlfÂUX. — G. DUBREUIL 



341 



qu'une lame condensée de substance coUagène (substance 
fondamentale du tissu conjonctif) dont elle a les réactions : 
(picro-bleu, picro-ponceau, etc.) et qui s'étale sur les pôles 
basaux des cellules sécrétantes. C'est le premier dyaliseur 




p^G. I. -^ Deux acini de glande lacrymale humaine. 
(Telly-formol, hématoxyline ferrique.) Project, avec cham- 
bre claire de Abbe et système : Ocul. comp. 2 Zeiss, 
Obj. imm. 2 mm., i,3o Zeiss, 

On toit assez distinctement des cellules claires, vacuolaires et 
des cellules sombres, homogènes, on devine les variations de 
chromaticitë nucléaire, la lumière, ses digitalions, quelques 
capillaires de sécrétion. 



interposé entre les substances amenées par les vaisseaux dans 
les espaces conjonctifs et la lumière centrale de Tacinus. 



Gellules en panier de Boll. — On voit très fréquemment 
entre Tépithèlium sécréteur et la vitrée des noyaux assez 
foncés et aplatis (fig. 1). De signification énigmatique, 
Fr. Boll (1868) montra qu'ils appartenaient à des cellules 
rameuses et anastomotiques qui doublaient la face interne de 
la vitrée en y formant un réseau protoplasmique continu. 
J. Renact et Lackoix (1894-1897) ont attribué à ces cellules 
leur véritable signification d'éléments myo-épithéliaux, c'est- 
à-dire cellule épithéliale devenue musculaire, contribuant par 
sa contraction à l'excrétion exo-acineuse et exo-glandulaife. 




3i2 MÉMOIRES ORIGINAUX. — G. DUBREUIL 

La figure a donnera une idée de la forme et des rapports de 

ces cellules à Tintérieur 
de la vitrée, après expul- 
sion des cellules sécré- 
tantes. 



Cellules sécrétantes . 
— Elles constituent l'élé- 
ment essentiel de la glan- 
de. Hautes de 20 k 25 /i 
et larges de 6 à i^ (jl, elles 
affectent en général une 
forme cylindrique plutôt 
que pyramidale. Différen- 
ce essentielle avec les 
glandes salivaires séreu - 
ses par exemple : au lieu 
de trouver dans la coupe 
exactement transversale 
d'un acinus six à huit cel- 
lules pyramidales (paro - 
tide), on peut compter 
jusqu'il douze et même 
dix-huit cellules dans la 
lacrymale. Laissant de 



FiG. 2 — Le réseau des cellules en panier 
de la glande lacrymale (d'après J. 
Renaut, Traité dliistologie pratique, 
t. II, fig. 425). Ocul. I. Obj. 9 de 
Leitz. 

mp. membrane propre, doublée en dedans 
par les cellules en panier. Le sac for- 
mé par la membrane propre étant ou- 
vert en haut, les cellules de Boll qui s'en 
détachent chavirent en dehors en restant 
appliquées à Li surface interne de la 
vitrée par une partie de leur lame pio- 
toplasmique mince ; sg, Tune de ces 
cellules encore en relation avec les 
autres par ses extrémités restées adhé- 
rentes à la face interne de la vitrée ; 
s, une autre cellule semblable, dont le 
corps cellulaire est parcouru par une 
série de bajçuettes parallèles noyées dans 
un protoplasma réfringent. 



coté l'étude à l'état frais, 
vivant pour ainsi dire, qui n'est cependant pas sans 
intérêt, mais qui ne s'applique que difficilement à des pièces 
humaines, nous étudierons la cellule après fixation et à ses dif- 
férents stades sécrétoires. 

Après une bonne fixation (liquide de Bouin; liquide de 
Tellyesniczkv), la première observation que Ton fait sur une 
lacrymale, c'est que les acinissont loin d'être semblables entre 
eux; bien plus, dans un même acinus les cellules sont très 
différentes : les unes sont claires et à protoplasma largement 
vacuolaire, les autres sombres ne montrent qu'un protoplasma 
granuleux (fig. 1). 11 s'agit là de différents stades sécrétoires 
des cellules sécrétantes. Au cours de ces modifications, cer- 
tains éléments naissent, disparaissent, évoluent, en un mot, il 



MEMOIRES OMGIIVAUX. — G. DUBREUIL 348 

faut donc faire l'étude analytique de la cellule : le noyau 
d'abord, puis le protoplasma et ses édifications : exoplasme, 
ergastoplasmCy granules fuchsinophilesj vacuoles et grains de 
ségrégation, vacuoles graisseuses, diplosomes et centrosphères. 

Noyau. — Habituellement vésiculeux et arrondi, il occupe 
le tiers inférieur de la cellule, quelquefois déprimé et rejeté 
contre la base, il n'est jamais entièrement aplati. Ces défor- 
mations sont dues à la pression des vacuoles de ségrégation. 
Il est habituellement clair avec de la poussière de chromatine 
et deux ou trois grosses croû telles chromatiques. A un certain 
moment du cycle sécrétoire, le karyoplasma ou suc nucléaire, 
incolorable en temps ordinaire, prend intensément certaines 
couleurs (hématoxyline ferrique, safranine) aucun détail n'est 
visible. 11 ne faut pas voir là Tindice d'un processus dégéné- 
ratif, mais simplement la manifestation objective de la parti- 
cipation du noyau à la sécrétion : la variation de chromaticité 
nucléaire (fig. i). 

Les cellules à plusieurs noyaux s'observent normalement, les 
karyokinèses sont très rares. 

Protoplasma, — La cellule est limitée sur toute sa surface 
par une couche très mince de protoplasma différencié : Y exo- 
plasme. Le protoplasma proprement dit remplit le corps de la 
cellule et se présente sous des aspects différents suivant le 
moment du cycle sécrétoire considéré. 

Très fréquemment, dans les glandes fonctionnant peu, on 
observe une structure alvéolaire du protoplasma, excepté vers 
la partie tout à fait basale, il y a formation d'une série de 
logettes dont les parois sont protoplasmiques et le contenu 
liquide. Dans d'autres cas les vacuoles sont très réduites tant 
en volume qu'en nombre, et le protoplasma prend un aspect 
dense. Ces deux aspects se retrouvent avec un peu d'atten- 
tion dans la fig. i . Ils sont dûs à la réplétion de la cellule par 
les vacuoles de ségrégation, ou à l'expulsion du produit sécrété. 
La preuve en est faite par la fig. 3 qui montre que l'excitation 
du nerf lacrymal plus ou moins prolongée modifie considéra- 
blement l'aspect du protoplasma. Les cellules à protoplasma 
vacuolaire sont dites cellules claires ; les autres h protoplasma 
grenu, cellules sombres. Entre ces deux termes extrêmes 
existent, bien entendu tous les stades de transition. 



344 MÉMOIRES ORIGINAUX. — G. 0UBAEUIL 

Ergasioplasme. — Dans certaines cellules, assez rares 
d'ailleurs, en raison de la lenteur de Tacte sécrétoire, dans la 
portion basale, se différencient, au sein du protoplasma homo- 
gène, des flammèches, des lames de protoplasma supérieur que 
Ton nomme ergastoplasme. Apparaissant au moment où la 
cellule s'est vidée du produit de sécrétion, Tergastoplasme 





FiG. 3. — Glande lacrymale (Chat, d*après Puglisi-Allegra) 
après excitation électrique du nerf lacrymal. 

A. Excitation légère (Flemming. Bleu polychrome). Coupe pas- 
sant par le fond d'un tube. Cellules à divers stades : volu- 
mineuses et claires, petites et sombres. Vacuoles de ségré- 
gation. Quelques vacuoles lipoïdes (en noir foncé), de tailles 
variables, sont disséminées dans les cellules. 

B. Excitation prolongée jusqu'à épuisement complet de la glande 
(Altmann. Hématoxyline ferrique) Toutes les cellules sont 
obscures et troubles. A la base, légère striation lamellaire 
due au protoplasma (Protoplasma différencié : ergasto- 
plasme). 

forme une délicate striation basale, et sa fonction est Télabo- 
ration des grains de ségrégation (fig. 4, A et B et 3 B). 

L'ergastoplasme est plus difficile à constater dans la lacry- 
male humaine que dans celles de certains Mammifères (chat, 
chien, cheval). 

Grains fuchsinophiles. — Nous ninsistons pas sur 
cette formation protoplasmique de signification encore dou- 
teuse. Ce sont de petits grains, très fins, colorables par la 
méthode d' Altmann et découverts par cet auteur, situés aux 
points nodaux des travées protoplasmiques. 

Vacuoles et grains de ségrégation. — Les vacuoles 
de ségrégation, d'abondance et de taille variables, donnent au 
protoplasma son aspect spumeux, alvéolaire. Elles sont rem- 




:>T^^ 



.-^m 



M>. 



I 




MÉMOIRES ORIGINAUX. — G. DUBREUIL 345 

plies à l'état normal par un liquide qui tient en suspension un 
grain albumiaoïde : le grain de ségrégation. Liquide et grain, 
après une maturation nécessaire formeront, Tun se dissolvant 
dans l'autre, le produit de sécrétion, entièrement liquide qui 
traversera par osmose l'exoplasme cellulaire (Pour les vacuoles, 
voir lîg. I et 3 A). 

Vacuoles lipoïdes. — Enfin la cellule lacrymale ren- 
ferme encore au milieu 
des vacuoles déjà citées 
les vacuoles de sécré - 
tion lipoïde. 

Leur volume peut 
atteindre dans certains 
cas celui du noyau, mais 
habituellement leur 
diamètre varie entre 
le dixième et le quart 
du diamètre nucléaire. 
Elles ne représentent 
pas, comme certains 
auteurs l'ont admis, 
un signe de dégéné- 
rescence granulo-grais- 
seuse de Tépithelium, 
elles sont normales dans la plupart des cellules glandulaires 
de l'organisme. 

Diplosome, centrosphère. — Du diplosome, de la cen- 
trodesmose et de la centrosphère, nous ne dirons rien, ren- 
voyant pour leur étude au travail original de Zimmermann, ou à 
notre thèse, ou au travail plus complet qui sera consacré aux 
glandes lacrymales, dans la Revue Générale d histologie. 

Lumière. — La lumière de Tacinus présente des variations 
nombreuses de volume, en particulier suivant les temps du 
cycle sécrétoire. (fig. 3 A et B). Elle parcourt l'acinus dans 
son axe envoyant çà et là de grosses digitations sur ses cotés ; 
mais elle ne se contente pas de longer le pôle apical des cellules, 
elle envoie continuellement entre les plans côtés de ces der- 
nières de petits canalicules (capillaires de sécrétion) qui 
augmentent d'autant la surface d'excrétion exocellulaire. Quel- 



FiG. 4» — Glande lacrymale (cheval). (Li- 
quide de Tellyesniczky, Hématoxyline 
ferrique.) A Chambre claire Abbe. Ocul. 
comp. 4 Zoiss, Obj. imm. 3 mm. i,3o 
Zeiss. — B fortement grossi. 

A. Ergastoplasme dans presque toutes les 
celhiles d'un acinus vu en coupe transver- 
sale, elles sont presque toutes au même 
stade sécrétoire. Un capillaire de sécré- 
tion. 

B. Détail d'une cellule de la figure A mon- 
trant très nettement Tei^gastoplasme basai. 



' *i« ■JJlWPiPiiii 



346 MÉMOIRES ORIGINAUX. - G. DUBREUIL 

ques-uns sont visibles dans la figure i et la Ggure 4 en montre 
un très net. Nous ne pouvons pas insister sur les Kittleistes ou 
bandelettes obturantes. 

Cycle sécrétoire. — De tout ce qui précède, il résulte que 
la cellule lacrymale n'est jamais semblable à elle-même, elle 
évolue continuellement. Ces variations ont été indiquées 
d*abord par Reichfx (1880) puis étudiées par Noll (1901) et 
Puglïsi-Allegra (1904) au moyen de Télectrisation du nerf 
lacrymal ou d'injections de pilocarpine. Ils sont arrivés ainsi 
à l'épuisement de la glande et, en partant de leurs observa- 
tions, on peut retrouver les processus habituels de sécrétion : 
phase de mise en charge, de repos, d'excrétion exocellulaire. 

L'acte sécrétoire se manifeste dans la cellule lacrymale par 
les phénomènes suivants : 

I® Les variations de chromaticité du noyau ; • 

2® La colorabilité progressivement croissante du proto- 
plasma périnucléaire ; 

3® La formation de l'ergatoplasme ; 

4** L'apparition de grains et de vacuoles ; 

S*" L'accroissement de volume des grains et des vacuoles 
(maturation) ; 

6^ La solubilité plus grande des grains dans les liquides 
fixateurs ; 

Les modifications cellulaires correspondent aux phénomènes 
physiologiques suivants : 

1® Susception élective (la cellule puise dans le plasma des 
espaces conjonctifs les matériaux qu'elle élaborera plus 
tard) ; 

a® Ségrégation (la cellule élabore à l'aide de matériaux 
choisis des vacuoles ii liquide et à grain albuminoïde de ségré- 
gation) ; . 

'i^ Maturation (par apports nouveaux, par modifications 
incessantes, les grains sont mûrs, prêts pour être expulsés); 

4® Excrétion (les grains se dissolvent dans le liquide des va- 
cuoles et la solution transsude dans la lumière). 

11 est à noter que les manifestations de l'acte sécrétoire ne se 
succèdent pas dans le temps successivement, mais que nombre 
d'entre elles sont simultanées, et qu'il y a chevauchement 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — G. DUBREUIL 



347 



f/ii-i^ 



d*un cycle sécrétoire sur le cycle sécrétoire suivant dans une 
même cellule. 

Objectivement, et sur une préparation, les phénomènes cités 
trop rapidement ci-dessus 
donnent les différentes espè- 
ces de cellules, depuis la 
cellule claire (la majorité de 
celles de la (îg. i , quelques- 
unes de la fig. 3, A) en pas- 
sant par la cellule à demi 
sombre (fig. 3, A) jusqu'à la 
cellule entièrement sombre 
(fig. 3, B et 5, A et B). Lors- 
que la cellule est entièrement 
vidée, ce qui ne se produit 
jamais dans la sécrétion phy- 
siologique, on arrive avoir 
de vastes vacuoles dans un 
protoplasma très trouble, ré- 
fringent et fortement gra- 
nuleux (fig. 5, A et B, pilo- 
carpine). 



CANAUX EXCRÉTEURS 

— On les distingue en : 

] ^ Intralobulaire de deu- 
xième ordre, à une seule 
couche de cellules cubiques, 
relativement basses, à pro- 
toplasma homogène, quel- 
ques cellules sécrétantes 
.sont encore égarées au mi- 
lieu des autres, la lumière 
est large (fig. 6, A). 

2^ Intralobulaire de pre 




Fig. 5. — Glande lacrymale après 
injection de pilocarpine (Chien, 
d'après Puglisi-Allegra).(Altmann. 
Ilématoxyline fcrriquc). 

A. Courte durée d'action de la pilo- 
carpine. Premier stade des modifica- 
tions que les cellules subissent pen- 
dant rhyperfonctionnement. Une 
vacuole. 

B. Action prolongée de la pilocarpine. 
Protoplasma 1res condensé. Nom- 
breuses vacuoles dans les cellules 
sécrétantes. 

mier ordre à deux couches 

de cellules cubiques, et à lumière tantôt étroite, tantôt assez 
large (fig. 6, B). 

3« Interlobulaire, à lumière large, les cellules forment deux 



348 



MEMOIRES ORIGINAUX. — G. DUBREUIL 



couches très nettes, l'une externe, cubique, basse, Tautre in- 
terne, haute et cylindrique, une membrane adventice de nature 
conjonctive commence à s'ébaucher (fig. 6, C), 

4® Collecteurs. Leur épithélium ne diffère pas de celui des 





Fi«,6. — Glande lacrymale humaine. (Bouin, Bichr, Héma- 
toxyline ferrique). Chambre claire Abbe. Ocul. comp. 6 
Zeiss Obj. imm. a mm. i,3o Zeiss (réduction de i/5). 

A. Canal intralobulairc de deuxième ordre avec une. seule 
couche de cellules sécrétantes ; en haut et à gauche, on con- 
state l'existence de deux cellules sécrétantes. 

H. Canal interlohulaire de premier ordre. La stratiAcation de 
répiihélium est incomplète, elle le sera toujours ; il s'agit 
d'un épithélium incomplètement stratifié. 

G. Canal interlohulaire. Stratification définitive de répithëlium, 
la couche interne est composée de cellules cylindriques, la 
couche externe de cellules cubiques. En dehors adventice, de 
nature conjonctive. ^ 



canaux interlobulaires, mais leur lumière est immense et Tad- 
ventice forme une couche continue, régulière et épaisse (fig. 6, 
C, pour Tépithélium de revêtement). 



MÉMOIRES ORIGINAUX. ~ G. DU6REUIL 340 

TISSU GONJONGTIF, VAISSEAUX, NERFS. — Le tissu 
conjonctif forme les sepUi interlobulaires, et se glisse ensuite 
entre les acini. Chez rhomme, le tissu conjonctif interacineux 
est très délicat et très peu abondant, il est juste sufûsant 
pour séparer les cavités sécrétantes les unes des autres et per- 
mettre aux vaisseaux sanguins d'y trouver leur voie de marche. 
A la périphérie de la glande, le tissu est cependant plus lâche 
et on y retrouve de place en place quelques cellules grais- 
seuses. Les éléments constituants sont, comme d'habitude, les 
cellules et les fibres conjonctives, les fibres élastiques. Les 
amas lymphoïdes sont très rares chez Thomme ; la glande en 
hyperfonctionnement présente de nombreux leucocytes en dia- 
pédèse, et quelques plasmazellen. Notons que Tabondance du 
tissu conjonctif est excessivement variable, suivant les diffé- 
rents animaux; ces variations ont été des causes d'erreurs. On 
ne doit comparer entre elles que les glandes d'une même 
espèce animale, et même les glandes d'un même animal. 

Les vaisseaux sanguins sous forme de capillaires forment de 
larges mailles périacineuses comme dans les glandes séreuses. 
Les vaiseaux lymphatiques sont très rares et semblent limités 
à la capsule et aux gros septa interlobulaires. 

L'étude des nerfs nous entraînerait trop loin (nous renvoyons 
encore à notre thèse), il importe cependant de savoir qu'il 
existe par rapport à Tacinus : 

1® Un plexus hypolemmale ou périacineux ; 

2® Un plexus supra-épi thélial, entre la base des cellules 
et la vitrée ; 

3® Un plexus interépithélial entre les plans côtés de la 
cellule. 

Nous nous en tiendrons à cet exposé succinct de Thistologie 
de la glande lacrymale, œuvre de vulgarisation et de synthèse 
en même temps, destinée à compléter les données parfois in- 
suffisantes sur ce sujet, et simple résumé ad usum scho- 
larum^ d'un chapitre de notre thèse, k laquelle nous renvoyons 
pour les documents bibliographiques. 



350 REVUE GÉNÉRALE 



REVUE GÉNÉRALE 



(0 



ANATOMIE ET EMBRYOLOGIE 

i) Monesi (L.). — Observations d'anatomie comparée sur les voies lacry- 
males (Osservazioni di analomia comparata suUe vie lagrimali) (Bullelino 
délie Scienze mediche^ janvier igoS). 

2) Dimmep (F.). — La macula de ht rétine humaine et les visions entoptiques 
qui s'y rapportent (Die macula lutea der menschlichen Netzhaut und die 
durch sie bedingten entoptischen Erscheinungen) (Arch. f. Oph.^ LXV, 
486-544, 1907). 

3) Guiistrand. — La question de la macula (Zur Maculafragc) (Arch, f, 
Ophih,, LXVI, 141 -iSg, 1907). • 

I ) Nous reproduisons la courte note de Monesi : 

Cosmettatos a trouvé chez Tembryon de lapin de 16 milli- 
mètres deux canalicules lacrymaux, Tinférieur est donné par 
la portion postérieure de la lame lacrymo-nasale, le supérieur 
est constitué par im bouton épithélial perpendiculaire au cana- 
licule inférieur duquel il se détache par bourgeonnement 
secondaire. Stanculeanu a fait des observations analogues 
chez un embryon d'égale longueur. 

A un stade plus avancé, on note encore la présence de deux 
canaux (Cosmettatos) ; mais arrivé à une certaine période du 
développement, le canalicule supérieur disparaît, et à la nais- 
sance, toujours chez le lapin, le canalicule supérieur est con- 
fondu avec l'inférieur et contribue à son élargissement. 

Ce mode de développement est d'accord avec les données 
anatomiques des auteurs qui décrivent un canalicule unique 
(canalicule inférieur) en forme d'une large fente qui s'ouvre 
par un point lacrymal à la paupière inférieure à 3-4 millimètres 
du bord libre de celle-ci, au voisinage de l'extrémité inférieure 
de la caroncule ; ce canalicule se continue directement avec le 
canal naso-lacrymal, sans qu'il existe un véritable sac. 

Monesi a étudié la conformation des voies lacrymales du 

^ Les articles dont nous indiquons seulement les titres, sans analyse, 
ne contiennent rien de nouveau. 



ANATOMIE ET EMBRYOLOGIE 351 

lapin à différents stades, et il a vu que le cordon épithélial 
qui constitue Tébauche du canal naso-lacrymal se divise posté- 
rieurement en deux cordons qui sont respectivement : Tun 
supéro-interne, l'autre inféro-externe, le premier plus court 
que le second. 

Chez le lapin adulte, Monesi a vu que, dans le canal naso- 
lacrymal confluent constamment deux canaux : Tun inféro- 
externe qui correspond au canalicule inférieur des Auteurs, 
l'autre supéro-interne qui débute par une extrémité borgne au 
milieu du tissu cellulo-adipeux de Torbite. 

L'auteur se réserve de décrire en détail les faits qu'il a 
observés, mais il constate que, si pour le développement il est 
d'accord avec Cosmettatos et Stanculeanu, pour ce qui est de 
Tanatomie des voies lacrymales de l'animal adulte, il est en 
contradiction avec les descriptions classiques. 

Le canal à extrémité borgne décrit par Monesi n'a pas encore 
été signalé jusqu'ici. On peut l'interpréter de différentes 
façons, on peut cependant penser qu'il s'agit là du canalicule 
supérieur, bien développé chez d'autres mammifères, arrêté 
chez le lapin avant son complet développement. Le fait, d'ail- 
leurs, n*est pas nouveau et ne doit pas surprendre, puisque, 
chez le cochon, l'un des canaux, l'inférieur, se termine par une 
extrémité borgne, sur le côté de la paupière correspondante, 
mais dans ce cas, l'arrêt de développement est moins prononcé. 

Monesi estime avec raison que ces faits peuvent avoir quel- 
que intérêt pour l'ophtalmologie, en particulier par Timpor- 
tance que présentent l'embryologie et l'anatomie comparée 
pour l'étude des anomalies congénitales de l'homme. 



G. DUBHBUIL. 



2) Dimmer fait une intéressante étude de la macula expo- 
sant d'abord l'aspect anatomique de cette région puis son 
aspect ophtalmoscopique et, enfin les visions entoptiques qui 
s'y rapportent, la vision directe de la macula en jaune, la tache 
de Maxwell observée au moyen d^un verre bleu et l'observa- 
tion polarisée de Haïdinger. l dor. 

3) D'une discussion serrée de l'article de Dimmer paru dans 
les archives de Graefe il y a quelques mois, Gullsirand conclut 



352 KEVUE GÉNÉRALE 

que la question de la macula n'est pas encore élucidée. Il n'est 
pas établi péremptoirement que la macula soit réellement 
jaune à l'état normal et cette question ne peut pas être consi- 
dérée comme tranchée par les expériences de Dimmer, pas plus 
dans celles où il étudie la vision entoptique de la macula que 
dans celles où il étudie la macula directement après ouver- 
ture de Tceil. GuUstrand cite trois cas dans lesquels la macula 
n'était pas jaune. i,. dok. 



PHYSIOLOGIE 

i) Uribe y Tronooso. — La fillration de l'œil et la palhogénie du çlau> 
corne (La fillracion dei ojo y la patofçenesis del çlaucoroa) (Anstleê de 
oflalm., septembre 1906). 

2) Polliot. — Sléréoscopic. Pseudoscopie. Sensation visuelle du relief 
(Recueil cV ophtalmologie^ p. 44c^-66, août igo6). 

3) Moderow. — Sur les rapports entre les pupilles et la réaction de la con-" 
vergence (Ucberdas VcrlialtenderPupillen bei Convergenzreaktion.)fT/ic«c 
de Ma r bourg, 1906). 

4. Roepke. — Recherches sur laction des mydriatiques sur le cheval (Verg- 
Icichende Untersuchungcn uber die Wirkung der My driatien beim Pferde) 
(Thèse de Giessen, 1906). 

5) Hansell (H. -F,). — Relation entre la convergence et raccommodation 
(Relation of convergence to accommodation) (Ôphthalmology^ avril 1906). 

6) Blanoo. — L*accommodation astigmatique (La acomodacion astigmatica) 
(Sociednd ofial. hispano-americanaj Madrid, mai 1906). 

7) Pfelffer. — La physiologie des mouvements de l'iris (Zur Physiologie der 
Irisbewegung)(^r/ië«e de Marhonrg. 1906). 



i) Encore un article de polémique de Uribey Troncoso en 
réponse à Tarticle de Leber paru en avril 1906 dans les Annales 
cVoculistique^ ce dernier article était déjà une critique des 
assertions de Uribe y Troncoso parues dans ce même journal 
en octobre 1905. La lumière ne jaillit toujours pas de cette 
discussion, et cette fois-ci la discussion sur une question de 
priorité : quel est celui de Pilzecker ou d'Uribe y Troncoso 
qui a vu le premier que la quantité de liquide injectée par le 
manomètre k (iltration dans la chambre antérieure est diffé- 
rente de celle qui sort par le canal de Schlemm ? Enfin dis- 
cussion sur les critiques déjà formulées au sujet du manomètre 
à (iltration de Leber. o. dubrbuil. 

2) Pour Polliot, la théorie de Parinaud sur la production du 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 353 

relief siéréoscopique ne répond pas exactement à la réalité. 
Après une longue démonstration, Tauteur conclut que le relief 
stéréoscopique est dû, non à un fusionnement des images réti- 
niennes qui ne correspondent pas, mais à un jugement porté 
sur de nombreuses données dont les principales sont la diplo- 
pieetles sensations de convergence. Ce jugement met enjeu 
des facultés psychologiques très complexes, que Thabitude et 
l'éducation rendent presque inconscientes. 



H. PBRBTZ. 



3) Moderow étudie la bibliographie sur la réaction des 
pupilles à la convergence et il constate que la convergence a 
une action constante sur la pupille, tandis que l'accommodation 
n'a très probablement aucune influence. w. stock. 

4) Roepke d'après ses expériences recommande au point de 
vue thérapeutique l'atropine et la scopolamine, pour dilater la 
pupille en vue du diagnostic, l'eum^drine. w. stock. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 

i) Romme. -~ Les spirochètcs de Schaudinn dans les manifestations oculaires 
de la syphilis (Presse médicale, n* loi, 19 décembre 1906). 

a) Weeks (J.-E.). ~ Les bactéries pathogrénes du globe oculaire (The patho- 
génie bacteria of the cye bail ) (Jonrn, of Amer, med, Assoc, août 1906). 

3) Onfrày et Opin. — Cataracte polaire antérieure bilatérale. Examen histo- 
logique (Archives d'ophtalmologie^ août 1906). 

4) Toufesoo (M"«*). — Note préliminaire sur la nature des altérations 
dégénératives des flbres cristalliniennes C5oc. d'ophUlm. de Paris, 6 avril 
190Ô). 

5) Toufeftoo (M'»' S.). — Sur le cristallin pathologique (Annales d'oculis- 
iique, p. i>i6, juillet 1906). 

B) Staroardt (R.). — Sur Tinfluence des rayons Roentgen sur les folli- 
cules du trachome (Uber die Virkung der Roentgenstrahlen auf den Tra- 
chomfollikell) (Zeitschr. f, Angenheilk., XIV, p. aSi). 

7) Luerssen (A.). — Les rapports du bacille de Millier avec la genèse du 
trachome (Die Beziehungen des Bazillus MûUer zur Genèse des Trachoms) 
(ZeiUchr. f, Augenheilk,, XIV, p. 443). 

8) Calmette. — Nouveau procédé de diagnostic de la tuberculose chez 
rhomme par l'ophtalmo-réaction à la tubcrculine (Presse méd., 19 juin et 
Echo méa, du Nord, a3 juin 1907). 

9) Orasset et Rimbaud. — L ophtalmo-réaction à la tuberculine (Province 
médicale, i3 juillet 1907). 

ïo) Comby. —Ophtalmo-réaction chez Tcnfant (Soc. méd. des Hôp, deParis^ 
12 juillet 1907). 

S3 



354 REVUE GÉNÉRALE 

II) Chantemesse. — L'ophtalmo-diagnosticde la flévre typhoïde (Académit 
de méd, 23 juillet 1907). 

1) Homme publie une revue générale très courte de diffé- 
rents travaux sur la présence du spirochète de Schaudinn (tre- 
ponema pallidum) dans la cornée syphilitique. 

Bertarelli avait injecté dans la cornée d'un lapin une émul- 
sion de chancre syphilitique, quinze jours après troubles et 
ulcération cornéens ; la méthode de Levaditi montre la présence 
des spirochètes dans la cornée. Ces spirochètes s'y sont-ils 
développés, ou bien s'agit-il encore de ceux qui ont été in- 
jectés? 

Greef et Clausen insèrent des parcelles de chancre syphili- 
tique dans la chambre antérieure d'un lapin dont on lacère 
l'iris et la cornée. Trois semaines après, apparence de kératite 
hérédo-syphilitique, papule syphilitique de l'iris. Pas de 
spirochètes dans l'œil, par contre dans l'œil du côté opposé, 
nombreux spirochètes dans la cornée. L'affection est-elle véri- 
tablemement de nature spécifique? Les auteurs le pensent. 
{^Deutsche med, Wochenschr.y n? 36, p. i454j "906). 

Bab a trouvé des spirochètes dans la cornée, et surtout dans 
l'iris et la choroïde de nouveau-nés syphilitiques (Deuts. med. 
Wochenschr,, n* 48, p. i94î>î '906). 

Le travail antérieur de Schlimpert confirme les faits avan- 
cés par Bab, on y trouve en outre la description de lésions des 
tissus, niées par l'auteur précédent, de plus, il y a des lésions 
de myosite dans les muscles oculaires. N'est-ce pas peut-être 
la cause des strabismes si fréquents chez les hérédo-syphili- 
tiques? (4o pour 100 pour Fournier, i4 à i5 pour 100 d'après 
Kugeiiin) (Deuts. med. Woclienschr., n* 36, p. 1462, 1906). 

O. DUBRBUIL. 

2) Weeks énumère les différentes bactéries pathogènes qu'on 
a trouvé dans différentes parties de l'œil. La cornée peut être 
envahie par le bac. coli commun, le bacille de Kock-Weeks, de 
Kruger, de Klebs^Loeffler, de Petit, de la lèpre, de Morax- 
Axenfeld, par le Bacillus perfringens, le pyocyanique, Vulce- 
ris cornea^ (Zur Nedden), de la tuberculose, le gonocoque, le 
pneumocoque, le staphylocoque, le pénicillium fflaucum, 
VAspergillus fumigatus^ florescens^ glaucus, nigricans et sa- 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 355 

charomyces. Une infection générale du globe oculaire est pos- 
sible avec le staphylocoque, le streptocoque, le pneumocoque, 
le Bacillus subfilis, Aspcrgillus furnigatus, le Bacillus coli co- 
mane, le Bacillus perfringens. La sclérotique est envahie par 
le bacille de la lèpre et celui de la tuberculose. Une métastase 
s'observe avec Tactinomycose, le pneumocoque, le staphylo- 
coque, le streptocoque, le bacille de la tuberculose, de la 
fièvre typhoïde, le microcoque intracellulaire meningitis. 

Les principaux micro-organismes qui affectent Tiris sont les 
bacilles de la lèpre, de la tuberculose^ le gonocoque, le pneu- 
mocoque, le staphylocoque et le streptocoque. Le vitré est 
rarement infecté d'emblée. On n'a pu mettre en évidence les 
staphylocoques, dans un cristallin, à la suite de blessure par 
corps étranger. La rétine est infectée secondairement généra- 
lement. On a observé pourtant, par infection endogène, des 
streptocoques, des staphylocoques, des pneumocoques. Le 
bacille de la tuberculose, celui de la lèpre, Tactynomycose, 
dans des névrites optiques métastatiques. coburn. 

3) René Onfray et Opin publient l'examen histologique d'un 
cas de cataracte polaire antérieure bilatérale. Œil gauche : 
L'opacité de forme ovalaire, saillante est recouverte par la 
cristalloïde antérieure et repose sur Tépithélium antérieur du 
cristallin. Cristalloïde et épithélium ont leur structure nor- 
male. Le tissu de l'opacité a mal pris les colorants et présente 
un aspect vaguement fibrillaire et stratifié. Adhérences irido- 
capsulaires. Œil droit : Même état mais les adhérences man- 
quent, la cataracte ne fait pas de saillie. Ces deux variétés de 
cataracte, la première pyramidale, la seconde polaire vraie 
coexistant chez le même sujet pourraient bien reconnaître une 
étiologie commune. uénbzkch. 

4) M"® Toufesco a appliqué à Tétude des processus dégéné- 
ratifs des fibres cristalliniennes les différentes méthodes 
d'analyse histo-chimîque. Les colorants électifs et Tacide 
osmique mettent en évidence la dégénérescence graisseuse. 

PBCHIN. 

5) M*^* Toufesco cite les grands noms demeurés attachés à 



356 KEVUE GÉNÉRALE 

l'histoire de ranatomie pathologique de la cataracte : Brisseau 
qui reconnut le premier le siège de cette affection, MûUer, 
Robin, Zehender, Béchamp, Gayet, Knies, Gillet de Gram- 
mont, Berger, Morax, etc. 

Dans un second paragraphe elle relate quelques observations 
personnelles sur la nature des processus dégénératifs des 
fibres cristalliniennes. 

Elle conclut que toute cataracte débute à Téquateur, mais 
que la cause première et locale réside dans Taltération de la 
grande cellule cristallinienne centrale. Les processus dégéné- 
ratifs seraient les mêmes dans toutes les espèces de cataracte, 
sauf peut-être dans la cataracte noire. Le processus dégénératif 
principal serait la dégénérescence graisseuse. Planche en 

couleurs. p. chavbrnac. 

6) Les expériences de Heinecke ont démontré que les rayons 
de Rœntgen ont une grande influence sur la rate et les organes 
lymphatiques des lapins et d'autres animaux. Les lymphocytes , 
sont détruits dans les follicules, les restes des noyaux sont 
dévorés par les phagocytes. Après vingt-quatre heures les 
follicules ont plus ou moins disparu. Ce sont ces résultats qui 
ont décidé Stargardt à essayer de détruire de cette façon les 
follicules de la conjonctive trachomateuse par la radiothérapie, 
l'effet fut semblable : il obtint une diminution de deux tiers 
du volume des follicules. Quant aux altérations histologiques, 
les couches épithéliales et adénoïdes n'en nriontraient aucune, 
les follicules par contre étaient remplis de détritus grumeleux, 
restes de noyaux, le nombre des phagocytes est fortement 
augmenté, de même que les cellules géantes de Villars et les 
mitoses. L'action des rayons duraient douze minutes, on 
employait un tube tenu k 5 centimètres de Tœil. Malgré tout, 
Tauteur ne croit pas que la radiothérapie puisse jouer un grand 
rôle dans la thérapeutique du trachome. k. rbdslob. 

7) Millier a décrit en 1 897 un bacille semblable à celui de 
Tinfluenza, qu'il accuse être provocateur du trachome. Cette 
opinion n'avait guère trouvé de partisans ; pourtant un auteur 
américain a constaté la présence d'un bacille identique à celui 
de Millier huit fois sur dix cas de trachome. Pour tirer la chose 



AlfATO&riE PATHOLOGIQUE 357 

au clair, Luerssen a entrepris des recherches bactériologiques 
sur des malades atteints de trachome, de plus il a expérimenté 
sur lui-même avec le bacille de Mùller ainsi que sur deux 
autres sujets, les animaux étant réfractaires à de pareilles 
expériences. Voiti les conclusions de son travail. Il est vrai 
que l'on trouve le bacille de Millier chez les trachomateux, 
bien que rarement. Rien pourtant ne laisse supposer que ce 
microbe soit le provocateur du trachome, car on le retrouve 
également dans d'autres conjonctivites, et les inoculations sont 
restées sans résultat avec des cultures fraîches de bacilles 
entreprises chez trois personnes. ». rbdslob. 

8) Calmette rappelle que Von Pirket a montré que si l'on 
introduit sous hi peau d'un tuberculeux par scarification de 
la tuberculine, on a, quarante-huit heures après, de la rougeur 
œdémateuse, une fausse vaccine, ce qui est exceptionnel chez 
l'individu sain, c'est la cuti-réaction. Wolff a montré la réaction 
des muqueuses chez Ips bovidés et Calmette propose Tophtalmo- 
réaction à la tuberculine qu'il vient d'expérimenter chez 
vingt-cinq sujets, enfants et adultes. Il fait usage d'une solu- 
tion de tuberculine sèche, précipitée par Talcool à gS degrés 
dans l'eau distillée stérilisée. La solution est de i pour loo et 
on en instille une seule goutte dans un seul œil. De trois à 
cinq heures après, chez le tuberculeux, congestion de la 
conjonctive palpébrale, tuméfaction caronculaire, exsudât fibri- 
neux. Au bout de six heures^ sécrétion fibrineuse plus abon- 
dante. Maximum de la réaction entre la sixième et la dixième 
heure, pas de douleur, seulement cuisson. Chez l'individu sain 
pas de sécrétion. Donc aucun des inconvénients ou dangers de 
l'injection hypodermique. b. «. 

9) Grasset et Rimbaud se déclarent partisans de l'ophtalmo- 
réaction qui est appelée, pensent-ils, à rendre les plus grands 
services pour le diagnostic de la tuberculose. b. r. 

1 1) Chantemesse rappelle d'abord les recherches de Wolff- 
Eisner sur l'ophtalmo-réaction par la tuberculine. Ces réac- 
tions, négatives chez les sujets sains sont au contraire positives 
dans les cas de tuberculose évidente ou cachée. Chantemesse 



3Ô8 REVUE GÉNÉRALE 

a fait des recherches analogues chez les typhiques. Il a préci- 
pité par Talcool absolu une solution forte de toxine typhicfue 
3oluble; il a obtenu ainsi une poudre qui, dissoute dans une 
goutte d'eau à la dose de i/5o® de milligramme et instillée 
sous la paupière inférieure donne très nettement Tophtalmo- 
diagnostic de la fièvre typhoïde, soit positif, soit négatif. 

Chez les sujets' sains, ou du moins indemnes de typhoïde, il 
se produit, au bout de deux ou trois heures, un peu de rou- 
geur, de larmoiement, le tout disparait au bout de quatre ou 
cinq heures. Chez les typhiques, la réaction est beaucoup plus 
marquée, elle atteint son maximum au bout de six à douze 
heures et se prolonge jusqu'au lendemain ; on note de la rou- 
geur, du larmoiement et la production d'un exsudât séro- 
fîbrineux. Parfois l'œil sur lequel a porté l'essai demeure 
reconnaissable après deux et même trois jours. Cette recherche 
n'offre d'ailleurs aucun inconvénient : la température ni l'état 
général ne sont modifiés. 

L'ophtalmo-diagnostic est-il un signe très précoce de dothié- 
nentérie? Il est impossible de Taffirmer présentement de façon 
précise, toujours est-il que l'œil du lapin à qui on a inoculé 
sous la peau des bacilles typhiques depuis quarante-huit heures 
présentent nettement une réaction positive. 11 s'agit donc là 
d'un mode de diagnostic inoffensif et rapide. r. 



PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 

OUVRAGES GÉNÉRAUX. — STATISTIQUES 



i) May (C.-H.). — Manuel des alTections oculaires, 4« édition, 400 pages, 
ai dessins en couleurs (Manual of Diseases of the Eye) (Wood et Cîe, New- 
York, i^oS). 

2) Mayou (M.-S.). — Les modifications inflamniatoires de la co^jonciive 
(The Chantées produced by inflammation in the Conjunctiva) (Wood et Gie, 
New- York 1906). 

1) Cette nouvelle édition a été mise au courant des travaux 
actuels et comprend de nombreuses illustrations pour lexpli- 
cation des sujets traités, coburn. 



MALADIES D% LA GOffJOlVCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 359 

a) Le livre de Mayou traite successivement de TeiAbryo- 
logie, de Thistologie et des modifications pathologiques de la 
conjonctive, dans le trachome, la conjonctivite catarrhale, 
phlycténulaire, etc. Il est d'une grande utilité pour lana- 
tomo-pathologiste. coburn. 



MALADIES DB LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE ET DE LA SCLEROTIQUE 



i) Zentmayer (W.). — Conjonctivite printaniëre (Vernal Conjunctivitis) 
(Section of ophih. Collège of Physiciens, Philadelphia, mars ig>o6). 

a) Teraon (A.). — Lymphangiectasie conjonctivale (Soc. d*opht de Paris^ 
6 avril 1906). 

3) Wright (J.-W.). — Conjonctivite infectieuse par la fièvre des foins et par 
fumée de tabac (Inflammation of the eyes, deie to infection from hay fever, 
conveycdby tobacco Smokc) (AnnaU of OphihAlmology, avril 1906). 

4) Zentmayer (W.) elCtoldeberg (H.-G ).~ Un cas de kératite filamenteuse 
(A case of filamenlous MieT^\'\i\s)(Ophihalmology^ avril 1906}. 

5) Posey (W.-C). — Un second cas de kératite disciforme (A second case 
of Keratitis disciformis) (Ophthalmology^ avril 1906). 

6) Jennings (J.-E.). — ËpiLhélioma volumineux de la conjonctive oculaire 
(A case of epithelioma of the ocular conjuncliva of unusual size) (Annals 
of Ophthalmologyj avril 1906). 

7) 8tauffer (F.)<— Succès opératoire de kératocone (A successfull opération 
for conical Cornea) (Opht. Record^ mai 1906). 

8) Brillaud (E.). — De quelques formes de tuberculose oculaire (kératite 
parench^mateuse tuberculeuse et tuberculose de Tiris, et en particulier de 
leur traitement) (Thèse de Paris^ mai 1906). 

9) Wieden Portlllo. — Un mode de traitement appliqué à. un cas grave 
de ptéryfçion (Tratamiento del pterigion à proposito ae un caso grave del 
mismo) ^Soc. OfL hisp.-americ,, Madrid, mai 1906 et Arch, de Oftalm, 
hisp. americ. juillet 1906). 

10) Baker (A.-R.). — Corps étrangers de la cornée et de la conjonctive 
(Foreini bodies of the Cornea and conjunctiva) (Kansas City medic, 
Recora, juillet 1906] 

11) Mellinghof. — Les lésions de Tœil par les couleurs d*aniline (Beitrag zu 
dcn Schfidigungen der Auges durch kunstlicke Anilinfarben) (Kl. Monalsbl. 
f. Angenh., p. 34, juillet-août 1906). 

12) Coemettatoe. - Le trachome en Grèce (Soc. d'ophtalm. de Paris, 12 juin 
1906). 

i3) Santos Fernandez. — Les opacités métalliques de la cornée (Las opa- 
cidades metalicas de la cornea) (Soc. Oft. hishano-americ, Madrid, mai, 
et Arch. de Oftalm. hisp, -amer., octobre 1906). 

14) Menaoho. — Méthode pour déterminer a priori le résultat optique du 
tatouage (Metodo para determinar «t à priori » el resultado optico del 
tatuage) (Soc. Oft. hispano-amer ic.^ Madrid, mai 1906). 

i5) Chevallereau et Polaok. — Du tatouage coloré de la cornée (Annales 
d''ocnlistiquet p. 26-37, juillet 1906). 

16) Chatterton (Edgar). — Argyrose de la conjonctive chez un homme 
manipulant le fulminate d'argent (Argyrosis of the conjunctiva occuring in 
a woman working with fulminate of silver) (Trans. Ophih. Society, 190^, 
p. 46). 



360 REVUE GÉNÉRALE 

17) Rollet (Professeur), — Traitement de rhypopyon par le drainage de la 
chambre antérieure avec un crin (On the cure 01 hypopyon by drainage of 
the anterior chamber with a horse-hair) (The Ophthàlmoscope, mars 1907). 

18) Bourdeaux. -^ Les blépharites (Gaz. méd. de Picardie, avril 1907). 

19) Volden (J.-Ë.). — Plaies pénétrantes de la cornée (Penetraling wounds 
of the cornea) (The Post gradnate, janvier 1907). 



1) Zentmayer a observé deux cas de conjonctivite qui ont 
été guéris rapidement par les rayons X. goburn. 

2) Terson présente des coupes de lymphangiectasie conjonc- 
tivale. La pièce provient d'un malade dont la conjonctive 
bulbaire était le siège d'un développement extraordinaire des 
lymphatiques . pk<:hin. 

3) Le malade de Wright^ atteint de la fièvre des foins, fait, 
à travers les narines, passer la fumée du tabac comme moyen 
thérapeutique, ce qui lui donna à plusieurs reprises et un grand 
nombre de fois, des attaques de conjonctivite. coburn. 

4) Le malade de Zentmayer et Goldeberg avait une quantité 
de petites vésicules sur la cornée et qui paraissaient être pédi- 
culées. Après un ;long traitement par la pommade : iodoforme 
et le chlorure d'ammonium, le malade guérit. Ce cas est 
décrit longuement par les auteurs, Tapparence microscopique 
des filaments est dessinée. cobiîrn. 

5) Le malade de Posey fut blessé par un coup de pierre. 
Sur la cornée, apparition d'un disque, ressemblant à un ulcère^ 
situé dans Tépithélium et laissant intacte la substance propre. 
Ce cas est comparé avec un semblable où, à la suite d'une éro- 
sion cornéenne, on vit apparaître la même lésion, coburn. 

6) Le malade de Jennings avait une vaste tumeur de la 
conjonctive bulbaire. La tumeur a débuté, il y a quatre ans; 
au moment de l'extirpation elle mesurait 10 sur 8 centimètres, 
elle était projetée en avant d'environ 76 millimètres. On 
extirpa la tumeur, le globe oculaire et tout le contenu de 
l'orbite. coburk. 

7) Stauffer opéra un cas de kératocone en enlevant un mor- 



MALADIES DE LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 361 

ceau elliptique du centre cornéen, après avoir passé des fils de 
soie à travers la cornée. Réunion des bords de la plaie. Gué- 
rison rapide avec bon résultat. cobi rn. 

8) Il existe, dit Brillaud, une variété de kératite paren- 
chjmateuse distincte de la kératite d'Hutchinson, et qui est 
manifestement d'origine tuberculeuse. Elle est due au bacille 
de Koch ou à ses toxines arrivant à la cornée, soit par voie 
exogène, soit le plus souvent par voie endogène (voie san- 
guine). 

Gliniquement l'infiltration peut aboutir ou non à des éro- 
sions cornéennes. Le plus souvent, elle reste interstitielle, le 
trouble est diffus ou nodulaire. Elle coexiste le plus souvent 
avec une tuberculose endo-oculaire plus ou moins évidente. 
Le diagnostic avec la kératite hérédo-syphilitique est délicat. 

La kératite interstitielle est justiciable d'un traitement 
général intensif, dans lequel les préparations iodées, la viande 
crue, Thuile de foie de morue tiendront le premier rang. Ce 
seul traitement général nous a donné de bons résultats dans 
des cas de tuberculose de Tiris ; il n'a pas les inconvénients de 
riridectomie, de Vénucléation et de Texentération simple : il 
leur est donc préférable. l*autbur. 

9) Chez un granuleux qui était porteur dans chaque œil 
d'un ptérygion charnu gênant la vision et limitant les mouve- 
ments d'abduction, Portillo appliqua le procédé suivant : 

Il sectionne le ptérygion perpendiculairement à son axe un 
peu en dedans de la circonférence de la cornée, puis il en 
résèque une portion d'environ 4 millimètres ; il comble la 
perte de substance avec un lambeau conjonctival rectangulaire 
pris dans le cul-de-sac. La tête du plérigion privée de nutri- 
tion dégénère et, dix ou quinze jours après, il en pratique 
l'extirpation. Il emploie ensuite le jéquirity pour éclaircir la 
cornée. l, orandclbmbnt. 

Il) Les lésions de l'œil par les couleurs d aniline ne s'ob- 
servent pas seulement dans les fabriques de couleurs, mais 
dans beaucoup d'autres branches de l'industrie qui, aujour- 
d'hui, font usage de ces couleurs. 11 s'agit ordinairement de 



S6e REVUE GÉNÉRALE 

conjonctivites légères qui guérissent rapidement, mais on 
observe aussi des kératites plus ou moins intenses provoquées 
surtout par les couleurs basiques qui, quelquefois, ont pour 
résuUat un trouble sérieux de la vision. Mellinghof a traité 
un de ces cas graves chez un ouvrier d'une fabrique de cou- 
leurs qui avait reçu dans l'œil une faible quantité de violet de 
méthyle en poudre (loopour loo). Il s'agissait dune irido- 
kératite violente qui, malgré le traitement, présenta plusieurs 
récidives et se termina par une cicatrice permanente de la 
cornée. Ce qu'il y avait de particulier dans ce cas était une 
lésion grave de Tépithélium et des couches superficielles de la 
cornée qui se nécrosèrent et s'enlevèrent à la pincette sous 
forme d'une membrane assez résistante. Ce processus se 
répéta plusieurs fois et ce n'est qu'après des mois qu'on con- 
stata la formation d'un nouvel épithélium. 

Au point de vue prophylactique, on recommande un lavage 
immédiat du sac conjonctival avec une solution de tannin de 
5 à u> pour loo, solution qui devrait être prête d'avance dans 
toutes les fabriques. Si l'on n'a pas de tannin sous la main, il 
faut aussi vite que possible enlever à sec toute la poudre. Les 
Livages sont contre-indiqués, car la solution a une action plus 
profonde et plus grave sur la conjonctive. krukbnbbro. 

\'x) Dans ce travail basé sur 543 cas, Cosmettatos montre 
que la forme papillaire chronique est plus fréquente en Grèce 
quD \'A forme granuleuse. Le trachome aigu est rare, il revêt 
Taspect clinique d'une conjonctivite catarrhale' aiguë ou d'une 
conjonctivite purulente. La marche de TafFection permettra de 
faire un diagnostic difficile au début. pécmif. 

1 3) Santos Fernandez ayant constaté l'inefficacité de toutes 
les méthodes proposées a obtenu d'excellents résultats par 
l'excision du dépôt métallique dans les opacités plombiques. 

L. ORANDCLéMENT. 

i4) Menacho conseille le procédé suivant : après anesthésie 
à Talypine, pour éviter la mydriase, placer sur la partie à tatouer 
de l'encre de Chine suffisamment épaisse pour qu'elle adhère à la 
cornée, puis prendre l'acuité visuelle. l. onANDCLéiiBNT. 



MALADIES DE L'IRIS, DE LA CHOROÏDE, ETC. 363 

i5) C'est une étude détaillée sur les différentes modes de 
tatouage cornéen que nous présentent Chevallereau et Polack. 
Il faut retenir de leur étude que les couleurs à adopter sont le 
jaune de Naples au lieu de blanc, Tocre brun et rouge, la terre 
verte, la terre d'ombre naturelle et brûlée, le bleu d'outremer 
et le noir d'ivoire. — Ces couleurs se trouvent facilement 
dans le commerce. — Elles sont parfaitement tolérées à condi- 
tion d'être stérilisées à i5o degrés environ, et conservent leur 
teinte après incorporation dans les tissus. p. cHAVBiufAc. 

17) Rollet décrit sa technique opératoire pour placer un 
crin afin de drainer la chambre antérieure contenant du pus : 
ponction au couteau de de Grœfe et contre-ponction, sans ache- 
ver la taille de la cornée. Cette méthode est indiquée chaque 
fois que l'évacuation du pus est indiquée. ( V. Revue gén. 
d'ophtalm, p. 481, 1906 et p. 289, 1907). stkphbnson. 



MALADIES DE L*IR1S, DE LA CHOROÏDE ET DU CORPS CILIAIRB 
GLAUCOME, AFFECTIONS SYMPATHIQUES. 

1) Péohin. — Contribution clinique à l'étude de l'ophtalmie sympathique 
(Société frATiçaUe d'^ophUlmologie^ mai 1907). 

2) Mazet. — Glaucome subaigu consécutif à la variole (Soc, franc. d'ophUlm.y 
mai 1907). 

3) Vaoher. — Résultats éloignés de l'iridectomie périphérique avec irido- 
dialyse (Soc. frànç» d'ophtalm., mai 1907). 

4) Jooqs. — De Tlridectomie dans le glaucome (Soc. franc, d'ophtalm.^ mai 
«907)- 

5) Delord. — Complication rare à la suite d'une iridectomic (Soc. franc, 
d'ophialm.^ mai 1907). 

6) Buohanan (Lbslib). — La choroïdite : essai d'une explication des lésions 
du fond d'œil (Choroîditis, an attempt to give an anatomical explanation of 
some of the appearence seen, in tne fundus of the cye, and ternud, cho- 
roîditis) (Trans, Ophih. Society^ vol. XXV, 1905). 

7) Pansons (J. Herbert). — Plis de la rélinc dans Texcavation glaucoma- 
teuse (Foldingof retins in glaucoma cup) (Trans. Ophih. Society^ vol. XXV, 
p. 99» »9o5). 

8") Thompson (A. Huoh). — Choroïdite centrale sénilc (Central senil cho- 
roîditis) CTrana. Ophih. Society, vol. XXV, 1905). 

i)* Observation I. — Irido -choroïdite consécutive à l'opéra- 
tion de la cataracte. Ophtalmie sympathique 4 mois après. 
Cécité par irido-choroïdite atrophiante bilatérale. 



364 REVUE GÉNÉRALE 

Une femme de cinquante ans se présente à la consultation 
du D' Péchin quatre mois après avoir subi l'opération de la 
cataracte de Tœil gauche par un confrère. Cet œil était complè- 
tement perdu pour la vision à la suite d'irido-choroïdite atro- 
phiante. 

Depuis quelques jours (5-6), soit quatre mois après l'opération 
de la cataracte de Tœil gauche, des symptômes d'ophtalmie 
sympathique apparaissent sur l'œil droit. Cette ophtalmie évo- 
lue rapidement et amène la cécité presque complète en quel- 
ques jours; elle devint complète en quelques semaines. L'énu- 
cléation de l'œil gauche ne fut pas proposée ; elle risquait trop 
d'être iniitile pour sauver l'autre œil déjà perdu aux trois 
quarts. On se borna à des injections sous-conjonctivales de 
cyanure d'hydrargyre dans les deux yeux. Péchin admet 
qu'une incision trop périphérique a agi à la façon d'une plaie 
dans la région ciliaire ; ce traumatisme a déterminé une irido- 
choroïdite atrophiante. 

A noter Tapparition tardive de l'ophtalmie sympathique de 
l'œil droit (4 mois) et son évolution rapide. 

Observation II. — Eclat de silex dans la région ciliaire de 
l'œil gauche. Ophtalmie sympathique deux mois après l'accident. 
Enucléation au cours de Tophtalmie sympathique. Guérison. 

A la suite d'un éclat de silex qui pénétra par la cornée pour 
aller se loger dans le corps ciliaire de l'œil gauche, cet œil fut 
perdu pour la vision et deux mois plus tard apparut l'ophtal- 
mie sympathique sur l'œil droit. L'énucléation de l'œil gauche 
fut pratiquée, alors que l'ophtalmie sympathique avait com- 
mencé deux mois avant. (L'accident datait du i a novembre 1 904; 
Tophtalmie sympathique apparut vers le 10 janvier suivant et 
Ténucléation fut pratiquée le 2 mars). L'acuité visuelle était 
tombée à 1/8; elle est remontée à a/3 quelques jours après ^ 
elle se maintenait telle en 1907. C'est un succès à l'actif de 
l'énucléation qui s'est montrée ici le traitement vraiment effi- 
cace. 

Le blessé était un accidenté du travail. A propos de cette 
observation, Péchin estime que, si le blessé refuse Ténucléa- 
tion et perd Tœil sympathisé, il ne peut prétendre à Tindera- 
nité qu'entraîne la cécité complète dans d'autres circonstances. 
Le blessé doit accepter l'énucléation, opération possible sans 



MALADIES DE L'IRIS, DE LA CHOROÏDE. ETC. 365 

anesthésie générale et le refus ne saurait engager les patrons 
ou les Compagnies d'assurances. 

L'examen histologique de l'œil énuclée sera fait, mais déjà 
on peut dire qu*à la coupe cet œil apparaissait sain ; le corps 
vitré était transparent, avait sa consistance normale. Et si cet 
œil était perdu pour la vision, c'était à la suite d'adhérences 
iriennes et dépôts pupillaires consécutifs à un fort hyphœma 
provoqué par une iridectomie. Il semble donc bien que 
l'ophtalmie sympathique est due à une irritation du corps 
ciliaire, sans inflammation bactérienne. 

Observation III, — Corps étranger intraoculaire. Exenté- 
ration. Ophtalmie sympathique (papillo-rétinite). Surdité uni- 
latérale. 

A la suite de la pénétration d'un éclat de métal dans Tœil 
droit, un homme de cinquante-sept ans subit Texentération de 
cet œil. Malgré l'exentération, les paupières restaient tuméfiées 
en même temps que le malade souffrait de douleurs périorbi- 
taires. Des lavages quotidiens ne purent faire cesser ces accidents. 
Ce n'est que le 17*^ jour qu'un lavage réussit à entraîner le 
corps étranger. A partir de ce moment, les phénomènes inflam- 
matoires disparurent. Le blessé se plaint d'avoir constaté 
l'abaissement de la vision de l'autre œil peu après le trauma- 
tisme et, en effet, quatre mois après ce dernier on constatait à 
gauche une atrophie optique en même temps qu'une surdité à 
droite, surdité qui n'existait pas avant le traumatisme. Le 
blessé étant un accidenté du travail, Péchin admet en s'ap- 
puyant sur le bon état général du blessé, sur les renseigne- 
ments qui permettent de croire que la vision était bonne des 
deux côtés avant l'accident, et sur la surdité qui s'est déve- 
loppée à droite, quil s'agit d'une ophtalmie sympathique à 
forme rare, la névrite optique ou papillo-rétinite (amblyopie 
sympathique de Nuel). Ce cas se distingue des rares cas 
publiés, par la rapidité de l'évolution, le degré avancé d'am- 
blyopie (presque la cécité) et l'aspect atrophique de la papille 
avec conservation des vaisseaux. 

Cette observation démontre que dans des cas semblables au 
moins Ténucléation est préférable à l'exentération. Celle-ci 
peut laisser subsister le corps étranger et laisser se produire 
des accidents sympathiques. l'altkur. 



366 REVUE GÉNÉRALE 

2) Les cas de glaucome confirmé nettement consécutifs à 
la variole, sans prédisposition antérieure, sont assez rares 
puisqu'on n*en trouve point mentionnés dans les derniers tra- 
vaux parus sur les complications oculaires de la variole. En 
outre, la plupart des traités d'ophtalmologie n'indiquent point 
spécialement cette maladie dans les causes étiologiques du 
glaucome. Dans ces conditions il était intéressant de signaler 
le fait suivant très nettement consécutif à la variole sans qu'on 
puisse trouver d'autre cause à son apparition. Mazet a observé 
un homme jeune, trente-deux ans, n'ayant jamais eu aucun 
trouble visuel, aucune affection oculaire antérieure. Au sixième 
jour de l'éruption variolique il présentée l'œil droit les symp- 
tômes suivants: douleurs péri-oculaires, rougeur péri-kéra- 
tique, diminution de la vision, augmentation de la tension 
intra-oculaire, vision de cercles colorés irisés autour des 
lumières, pupille en demi-mydriase, cornée trouble et insen- 
sible au toucher. Impossibilité de prendre le champ visuel par 
suite de la diminution de la vision, le malade ne pouvant 
compter les doigt dans aucune direction. Sous l'influence du 
traitement ariti-glaucomateux, la plupart de ces symptômes 
ne tardent pas à disparaître en même temps que Tacuité 
visuelle s'améliorait un peu et arrivait à deux dixièmes. Devant 
la persistance d'un peu d'hypertonie et la pupille ne se con- 
tractant pas sous l'influence de la pilocarpine, on propose au 
malade une iridectomie qui n'est pas acceptée. A noter que 
dans le traitement de ce glaucome on n*a pu faire d'instilla- 
tions d'ésérine à cause des douleurs qu'elles provoquaient. 

1/ AUTEUR. 

3) L'iris, dit Vacher, est pincé à son extrême périphérie, 
attiré au dehors et excisé jusqu'au sphincter inclus. Il en résulte 
un arrachement périphérique de la membrane et une brèche 
irienne comme dans l'iridectomie ordinaire. Cette opération a 
4'avantage de dégager complètement Tangle irido-cornéen. On 
obtient ainsi de meilleurs résultats que par l'iridectomie ordi- 
naire, n. 

4) Enregistrons dans la communication de Jocqs un cas de 
plus de l'évolution des idées thérapeutiques. On se souvient 



MALADIES DE LA RÉTINE, DU NERF OPTIQUE, ETC. 367 

combien on recommandait Tiridectomie large dans le glauco- 
me, jadis. Jocqs dit : une iridectomie étroite, toute aussi effi- 
cace contre Thypertonie, n'a pas les mêmes inconvénients au 
point de vue de l'acuité visuelle. Il reproche à la sclérectomie 
de Lagrange de nécessiter une iridectomie large et de ce fait 
la considère comme dangereuse pour les yeux dont la vision 
est déjà fortement allaiblie. L'auteur dit d'ailleurs que Tiridec- 
tomie agit surtout par la brèche de l'iris qui rétablit la commu- 
nication entre la chambre antérieure et la chambre postérieure. 
Dans ce cas l'opération idéale, c'est la boutonnière irienne 
périphérique qui laisse le sphincter irien intact et conserve 
Tacuité visuelle antérieure, théoriquement. 

En somme, chacun, suivant les idées qu'il a ou qu'il n'a 
pas sur le glaucome ou plutôt sur les glaucomes adopte telle 
ou telle opération. La discussion de la question peut y amener 
la lumière, mais elle est encore bien obscure, parce que nous 
ignorons tout ou presque tout des causes, nous constatons des 
effets différemment interprétés et au point de vue traitement 
toutes les opinions sont soutenables et ont été soutenues. La 
communication de Jocqs rappelle que l'opération du glau- 
come doit être, mutilatrice au minimum, et qu'on doit songer 
à Tacuité visuelle ultérieure du malade. Cette question n'est 
pas sans importance et demandait à être remise au jour. 

O. DUORBUIL. 

5) Delord avait fait une iridectomie préparatoire à une ex- 
traction de cataracte ; il vit survenir au bout de huit jours 
environ, une hernie totale de l'iris, sans qu'il se soit produit 
d'accident opératoire ni post-opératoire immédiat. L'extraction 
du cristallin cataracte put d'ailleurs avoir lieu plus tard sans 
incidents. o. d. 



MALADIES DE LA RÉTINE, DU NERF OPTIQUE ET DES CENTRES NERVEUX 
(aMBLYOPIB ET AMAUR06B, DYSCHROMATOPSIE) 

i) Dupuy-DutAinps. — La veine cenlrale de la rétine dans la slase papillairc 

(Soc. franc, d'opht&lm.^ mai 1907). 
a) Roohon-Duvlgneaud. ^ Rétinite leucémique (Soc. franc, d'ophtalm.t mai 

1907). 
3) Kalt. — Décollement rétinien et ponction (Soc. d'ophU de Part*, 6 nov. 

1906). 



368 REVUE GÉNÉRALE 

4) Qalezowski el Benedetti. — Altérations séniles de la macula chez un 
artério-sclércux (Soc. (Tophl. de Parts, 6 juillet 1906). 

5) KaK. — Hcmorrapie en forme de disque de la région polaii*e postérieure 
de la rétine. Considérations sur la structure de la membrane hyaloîde et 
du corps vitré (Soc. (ïopht. de Paris, 6 juillet 1906). 

6) Stocké. — Le décollement rétinien (I^ clinique opht,, 10 octobre 1906). 

7) Offret(ALFRBn). — Essai sur l'amblyopieparle sulfure de carbone (Thèse 
de Paris, juillet 1906). 

8) Stevens (E.-WJ. — Hémorrhagies rétiniennes dans des yeux apparem- 
ment sains nietinal hémorragies in apparently healtly eye) (Colorado 
Mediciney juillet 1906). 

9) Qould (G.-M.). — La fatigue oculaire incurable ^ncurable eye strain) 
(Journ, of ihe American med. Assoc, septembre 1906). 

10) Hawe (L.). — Le champs visuel et les méthodes qui servent à le mesurer 
/Field of fixation and mcthods of measuring it) (Annals of Ophihalmo- 
logy, avril 1906). 

11) Henderson (K.-L.). — Amaurose binoculaire d'origine hystérique (Hys- 
terical binocular amaurosis) (Annals 0/ Ophthalmology^ juillet 1906). 

12) Biokerton (Rbginald). — Aspect particulier de la rétine, de la choroïde 
et du nerf optique (tubercules?) (Peculiar changes in optic dise, retina and 
choroid (tubcrcle?) (Trans, Oph . Soc, y vol. XXV, p. loa, 1905). 

i3) Werner (L.). — Neuro-rétinitc unilatérale, chlorotique(?), développe- 
ment rapide des lésions en forme d*étoile dans la région maculaire (Uni- 
latéral neuro-retinitis?, duc lo chlorosis. rapid development of star^like 
changes at the macula lutea) (Transe. Opht, Socieit/y vol. XXV, p. 93, 
i9Q5). 

14) Thompson (Georgbs W.). — Sur une tumeur intra-oculaire (gliome ou 
néoplasme) (Intraocular swelling (gumma, néoplasme?) flVan». Opht. SO' 
cieiy^ vol. XXV, p. io5, i9o5). 

i) Dupiuj'Dutemps a pratiqué robservation microscopique 
sériée de neuf cas de névrite œdémateuse par stase papillaire 
au cours de la période aiguë de tumeurs cérébrales. La ques- 
tion à résoudre est celle-ci : A quoi est due la névrite œdéma- 
teuse, Tœdème de la papille ? On répond : k la stase papillaire. 
On admet donc qu'il y a compression de la veine centrale 
de la rétine au moment où celle-ci traverse la lamina cribrosa. 

Or, Dupuy-Dutemps montre par ses neuf séries de prépa- 
tions : 

1° Que contrairement aux idées généralement admises, il 
n'existe pas de constrietion des vaisseaux au niveau de Tanneau 
scierai ; 

2® Que la veine reste béante dans toute l'étendue de son 
trajet à travers le tronc nerveux ; 

3* Qu'elle est au contraire très rétrécie, aplatie, non seule- 
ment dans le point où elle traverse la gaine durale, mais aussi 
dans sa traversée de la cavité vaginale dilatée et dans Tépaîs- 
seur de la gaine piale. 



MALADIES DE LA RËT15E, DU IffiRF OPTIQUE, ETC. 369 

Une observation de sarcome orbitaire examinée au même 
point de vue montre les mêmes lésions papill aires que dans 
les cas de tumeur cérébrale. 

Les observations de Dupuy-Dutemps, bien qu'elles ne soient 
pas peut-être exemptes de toute critique, conservent la théorie 
simpliste de la stase par compression du tronc de la veine, 
non pas à son entrée dans Tœil, mais à son passage à travers 
les gaines du nerf optique, c'est là le principal objet de la 
démonstration. Le mécanisme de compression est variable 
suivant qu'il s'agit de tumeur orbitaire ou de tumeur intra-cra- 
nienne. 

Dans le cas de tumeur orbitaire, la stase papillaire n appa- 
raît que lorsque la tumeur comprime la portion du nerf optique 
qui contient la veine. Dans le cas de tumeur intra-cranienne, 
le liquide céphalo-rachidien, sous pression, distend la gaine 
du nerf optique, et de ce fait comprime la veine. 

Quelle est la valeur séméiologique de la stase veineuse 
bilatérale ? C'est un symptôme d'hypertension intra-craniénne 
et rien d'autre. o. duurbuil. 

a) Rochon-Duviffneaud rapporte l'histoire typique d'une réti- 
nite leucémique, il joint à sa communication la démonstration 
de préparations microscopiques. 

L'examen clinique oculaire révéla un fond d'oeil clair avec 
de grosses veines tortueuses et rose clair au lieu de la couleur 
violet foncé habituelle ; vers l'équateur, nombreuses hémorra- 
gie, les unes roses, récentes, les autres déjà entourées d'un 
halo blanc qui indique leur ancienneté. L'examen du sang mit 
en évidence; i° la diminution du nombre des globules rouges 
par millimètre cube; 2^ rexistence dans le sang de formes leu- 
cocytaires anormales : les myélocytes caractéristiques de la 
leucocythémie myélogène. L'hypertrophie de la rate et du 
foie coïncidaient avec ces symptômes de leucémie. 

0. DUBilBUIL. 

3) Kalt a obtenu un bon résultat par la ponction dans un 
cas de décollement rétinien myopique. La ponction fut prati- 
quée quatre jours après le décollement. Il est probable que ce 
bon résultat a été dû aux adhérences qui existaient par le fait 

24 



370 nEVU£ GÉNÉRALE 

de larges plaques d'atrophie choroïdienne. Il n'y a pas eu 
d'hémorragie. 

Dans deux autres cas le résultat fut nul, mais il n'y avait 
pas d'atrophie choroïdienne et la ponction provoqua des 
hémorragies graves et tardives. pbghin. 

4) Chez un homme de soixante-quatre ans Galezowski et 
Benedeiti ont constaté une large lésion au niveau de la région 
maculaire de chaque œil. Les troubles visuels dataient de 
trois ans ; d'abord il s'est agi d'un simple brouillard, puis la 
lecture est devenue impossible. La lésion fait saillie; elle est 
en outre striée ; ces deux caractères permettant d'affirmer que 
la lésion occupe la rétine et non la choroïde. Les auteurs pen- 
sent qu'il s'agit d'une sorte de rétinite proliférante à forme 
spéciale développée chez un sénile artério-scléreux, différente 
de la rétinite circinée et de la chorio-rétinite des vieillards. 

pécBiir. 

5) Kalt présente une malade dont l'œil droit est le siège 
d'une vaste plaque hémorragique à contour circulaire et dont 
le centre correspond à peu près au pôle postérieur du globe et 
d'un diamètre d'environ quatre diamètres papillaires. Pas 
d'autres hémorragies du fond de l'œil. Scotome central absolu. 
Ce scotome est apparu subitement il y a cinq semaines. Il 
s'agit là d'hémorragie prérétinienne, sous-hyaloïdienne. Kalt 
émet l'hypothèse d'une fossette centrale existant à cet endroit 
pour expliquer cette localisation hémorragique et croit à une 
hémorragie choroïdienne chez une femme congestive, sujette à 
des troubles vaso-moteurs de la face. phchin. 

6) Stocké a obtenu dans quatre cas de décollement rétinien 
dit myopique de bons résultats par les injections sous-con** 
jonctivalesde solution de chlorure de sodium à 3^ 4 et lo pour 
loo. Ces injections étaient accompagnées d'injections de pilo- 
carpme. récniN. 

7) L'amblyopie, dit Offre t^ se rencontre fréquemment dans 
l'intoxication par le sulfure de carbone. Cette amblyopie est 
caractérisée par une diminution considérable de l'acuité visuelle , 



MALADIES DE LA RÉTINE, DU NERF OPTIQUE, ETC. 371 

un scolome central pour les couleurs, scotome relativement 
petit, étant donné la baisse très grande de Tacuité visuelle, 
de la dyschromatopsie surtout pour le vert et le rouge. Le 
bleu est souvent bien perçu. Dans Tamblyopie nicotino-alcoo- 
lique, la diminution de Tacuité visuelle est moins marquée, 
et ne survient pas aussi rapidement ; de plus, toute proportion 
gardée, la vision ne réapparaît pas aussi vite que dans le 
sulfo-carbonisme. Les expériences sur les lapins n'ont donné 
que des résultats négatifs ; chez un chien la méthode de Nissl 
n'a pas permis de déceler des lésions rétiniennes ; la méthode 
de Marchi a montré une dégénérescence partielle du nerf 
optique. l'avtbur. 

8) Stevens mentionne dans quelles conditions on peut 
observer une hémorragie primitive de la rétine. Il rapporte 
huit cas d'hémorragie, chez des personnes apparemment bien 
portantes : hémorragies rétiniennes dans trois cas, hémor- 
ragie du vitré, quatre cas; hémorragie sous-hyaloïdienne, un 
cas. Trois cas d'hémorragie du vitré, dont un guéri avec des 
opacités. L'hémorragie sous-hyaloïdienne était associée à une 
hémorragie sous-conjonctivale chez un malade atteint de 
coqueluche. Dans deux cas d'hémorragie rétinienne, la mort 
eut lieu dans la même année par hémorragie cérébrale. L'au- 
teur a examiné aussi les yeux de cinquante-quatre individus 
âgés de soixante à quatre-vingt-dix ans, il n'a trouvé chez 
eux aucun signe d'hémorragie de la rétine, quoiqu'ils étaient 
nettement artério-scléreux. Plusieursjeunes personnes (quinze 
à trente ans), au contraire, sont sujets à ces hémorragies, 
accompagnées de troubles du vitré, formation de tissu connectif 
et décollement delà rétine. coeunx. 



9) Gould énumère les causes qui font que certaines fati- 
gues oculaires sont inguérissables. Elles sont surtout déter- 
minées par les anomalies congénitales , les amétropies fortes, 
le traumatisme, l'hétérophorie, les maladies du système ner- 
veux central ou périphérique, les maladies générales, les 
occupations absorbantes. Il rapporte notamment un cas de 
i5,5 D d'astigmatisme ; trois cas de paralysie de l'accommoda- 



372 REVUE GÉNÉRALE 

tion. Le nystagmus peut aussi occasionner de la fatigue ocu- 
laire rebelle. coburn. . 

lo) Le travail de Howe est un extrait du premier volume 
de l'ouvrage « Les muscles de Tœil », actuellement en prépa- 
ration. On y trouve la description d'un nouvel instrument 
pour la mesure du champ de fixation; c'est im périmètre 
combiné avec un télescope, on y trouve aussi la description 
d'un tropomètre, instrument d'un usage courant dans l'étude 
de rhétéropie. ooeunif. 

1 1 ) Henderson rapporte un cas d'amaurose binoculaire d'ori- 
gine hystérique, chez un homme d'apparence robuste et bien 
portant. L'attaque fut soudaine. Fond d'œil normal, pupille 
réagissant bien à la lumière. On pensa d'abord avoir affaire à 
une simulation, mais cet état dura un mois, puis finit par 
disparaître. coburk. 



MALADIES DU CRISTALLIN ET DU CORPS VITRÉ. 



t) Chavez. ~ Cataracte ponctuée produite par la foudre. Disparition au 
bout de trois ans (Cataracta puntuada producida por et rayo. Hcabsorcion 
al cabo de 3 a&os) (Soc. oft, mexicaine^ nov. 1906). 

2) Chavez (Lor.). — L'arrachement capsulaire dans Topération de la cata- 
taracte (El arracamicnto capsular en la opcracion de la cataracta) (Anales 
de Oflalm,j sept. -octobre 1906). 

3) Terrien et Hubert. — Ectopic bilatérale congénitale du cristallin dans 
trois et peut-être quatre générations (Soc, d*Opht. de Paris, 6 décembre 
1906). 

4) Cantonnet. — Les migrations secondaires du cristallin luxé sous la con- 
jonctive (Soc. d'Opht. de Paris, 6 nov. 1906). 

5) Blanoo. — Phacométrie clinique (Facametro clinico (Soc, ofi. hUpano- 
americj Madrid, mai et Arch. de Oftalm. hisp^-americ, septembre 1906). 

6) Marshall (G.) Devereux. — Lcnticoue postérieure (Traits, Ophih. 
Society, vol. XXV, p. 89, igoS). 

7) Cruise (Richard).— Un cas d'hémorragies^bilatérales sous-hyaloïdiennes, 
avec bémorraçie du nerf optique d'un œil (A case of two subhyaloîd 
hœmorrhages m one eye with hœmorrages on the dise) (Trans, Ophth. 
Society., vol. XXV. p. 107, 1905). 

8) Mayou (M.-S.). — Une forme particulière de cataracte lamellaire (An 
unusual form of lamellar cataract) (Trans. Ophih. Soc, vol. XXV, p. 88, 
1906). 

1) Chavez présente un jeune homme de vingt-trois ans qui, 



MALADIES DU CRISTALLIN* ET DU CORPS VITRÉ 373 

à la suite d*une fulguration ayant entraîné une perte de con- 
naissance, présenta sur les deux yeux des troubles cristalli- 
niens constitués par un pointillé occupant les couches corti^ 
cales postérieures et qui rétrocédèrent complètement en 
l'espace de trois ans. l. orandglâiibnt. 

a) Chavez semble partisan résolu de Tarrachement dapsu- 
laire à la suite de presque toutes les opérations de cataracte. 

Il dit en propres termes : L'arrachement capsulaire des cata- 
ractes mûres et de quelques hypermûres, évite la formation 
de cataractes secondaires. Dans la cataracte non mûre, ce 
complément d'opération évite, dans la majorité des cas, les 
opacités secondaires, et dans l'extraction du cristallin transpa- 
rent, elle réduit, dans une bonne proportion, la nécessité 
d'une intervention ultérieure.. En raison de ces bons effets, 
on doit recommander l'arrachement capsulaire dans toutes les 
opérations de cataracte. o. dubrbuil. 

3) Terrien et Hubert rapportent l'observation d'une fillette 
de treize ans atteinte d'ectopie bilatérale du cristallin, en haut 
et en dedans. Au niveau du cristallin la réfraction est — 19 
et en dehors H- 12 (à la skiascopie). La mère et la grand' 
mère maternelle ont la même anomalie cristallinienne. Pas 
d'autre anomalie. pbchin. 

4) Cantonnet a observé un cas de migration sous-conjoncti- 
vale du cristallin à la suite d'une luxation traumatique. Le 
cristallin, sorti par une blessure siégeant à la partie supé- 
rieure du limbe, a été retrouvé à la partie interne. 

De la statistique des quatre-vingt-cinq cas publiés, Canton- 
net conclut qu'il n'y a pas correspondance absolue entre le 
siège du cristallin luxé et celui de la rupture ; dans certains 
cas, le cristallin émigré sous la conjonctive, avec tendance 
à gagner les parties déclives. La présence de la capsule du 
cristallin, celle d'un épanchement chémotique abondant et 
enfin la pesanteur semblent favoriser la migriaition. pbchin. 



374 REVUE GÉNÉRALE 



MALADIES DBLA RÉFRACTION, DB L*ACGOMMODATION BT DBS MUSCLES DB L^OEII 



i) Wiikinsofi (O.)* — L'accommodation astigmique. Etude de sa fréquence 
dans cinquante cas d'asthénopic (Astigmatic accommodation. A study of 
its relative frequency in 5o cases, with marked asthenopie symptoms) 
(Annals of Ophthalmology , avril 1906). 

2) Emerson (L.). — Quelques observations sur la méthode de Worlb pour 
le traitement du strabisme convergent chez les jeunes enfants (Some obser- 
vations on Wortbs methods of treatment of convergent squint in joung 
childi*en) (Ophlhalmology, juillet 1906). 

3) Claiborne (J.-H.)* — Déviation conjugée latérale (Conjugaite latéral 
déviation) cyourn. med, Americ med,, Assoc^ août 1906). 

4) Tepson et Terson (A.). — La paralysie du moteur oculaire externe au 
cours des otites (Annales d'oculistiquct p. 16-26, juillet 1906). 

5] Bianluet et Caron. — Paralysie de la sixième paire après rachi-stovaî- 
nisation (Soc, d*opht. de Paris, 6 décembre 1906). 

6) Rochon-Duviçneaud. — Tuberculose probable des muscles de Tœil (Soc, 
d'opht, de PariSy juillet 1906}. 

7) Chupoh (B.-F.). — Du strabisme chez les enfants (Strabismus in Chil- 
dren (Southern California Practitioner, décembre igo6). 

8) Norris (S.-C). — Fatigue oculaire (Ëyestrain) (Central States Monitor, 
février 1907). 

i) Wilkinson relève cînq cas de spasme de raceommodation 
d'origine astigmique sur 5o cas de réfraction présentant des 
symptômes d'asthénopie. L'accommodation astigmique simple, 
dit-il, n'est point rare et se présente ordinairement accom- 
pagnée de symptômes déterminés. L'accommodation tonique 
est, au contraire, très rare et toujours accompagnée des 
symptômes d'asthénopie très marqués. L'atropine, en dimi- 
nuant la vision, ferait cesser cet effort et n'agirait probable- 
ment pas directement sur le spasme. codurn. 

2) Emerson discute les causes du strabisme et incline à 
croire que l'absence de la fusion des images en est la cause la 
plus fréquente. Sa méthode consiste : i® à corriger la réfrac- 
tion; 2** à l'occlusion de l'œil; ,> instillation d'atropine; 4*^ édu- 
cation de la fusion des images; 5^ l'opération. Lorsque le stra- 
bisme est alternant, l'usage de l'atropine et des verres correc- 
teurs est indiqué. Le stéréoscope est d'un usage recom- 
mandé dans l'éducation de la fusion des images. L'auteur a 
traité 3oo cas par cette méthode et il pense que 75 à 90 pour loo 
peuvent être guéris sans opération. convii>-. 



MALADIES DE LA RÉFRACTlOIf, DE L'ACCOMMODATION, ETC. 375 

3) Claiborne rapporte deux cas de déviation conjuguée laté* 
raie, Tun par destruction, l'autre probablement par irritation. 
Le premier cas est celui d'im homme âgé de quarante ans 
atteint d'otite moyenne avec symptômes de méningite. Il 
meurt au bout de cinquante- deux heures, après avoir présenté 
des symptômes d'irritation du côté du cortex droit et des 
lésions destructives du côté gauche ; à Tautopsie, on trouve 
une méningite généralisée ; en outre, les cellules mastoïdiennes 
sont infiltrées de pus, avec inondation purulente des méninges 
du côté où existait Totite; on constatait une déviation des 
yeux du même côté. Lorsque les méninges furent envahies du 
côté opposé, la déviation changea de direction. Cela confirme 
rhypothèse qui admet que le lobe pariétal inférieur est le 
centre cortical des mouvements latéraux conjugués. Le second 
cas est celui d^un homme âgé de trente-sept ans, syphili- 
tique. On avait noté une hémiparésie et de la diplopie. Les 
deux yeux étaient tournés du même côté, convergence nor- 
male. Le malade vit son état s'améliorer par Tiodure, mais ne 
guérit pas complètement. coburn. 

4) Terson et Terson il., se basant sur deux observations 
personnelles, affirment que la diplopie survenant au cours 
d'une otite n'est pas toujours un symptôme de méningite ou 
de thrombo-phlébite des sinus veineux et que, même s'accom- 
pagnant de névrite optique, elle est susceptible de guérison. 

La bibliographie contient plusieurs faits analogues. Cette 
diplopie fugace et bénigne s'explique : 

I** Par un trouble réflexe. 

En effet, le nerf auditif est en rapport avec la sixième paire 
et par son intermédiaire avec la quatrième et la troisième 
paire. 

2® Par un trouble infectieux se propageant de l'oreille au 
moteur externe par la carotide et le canal carotidien, les 
canaux carotico-tympaniques et les lymphatiques. 

Les auteurs se rangent à cette dernière hypothèse. 

p. CHAVERNAC. 

5) Un homme de cinquante et un ans fut opéré pour hémor- 
rhoïdes après anesthésie par une injection intra-rachidienne 



376 REVUE GÉNÉRALE 

de 5 centigrammes de slovaïne ( i /a centimètre cube d'une solu- 
tion à I pour lo). Huit à dix jours après, diplopie. Pas de sym- 
ptômes qui puissent indiquer pour la paralysie oculaire une autre 
origine que Tinjection intra-rachidienne. Pourtant, à signaler la 
présence d^une petite quantité d'albumine et un bruit de galop. 
Blanluei et Caron se bornent à constater le fait clinique. Dans 
la discussion qui suivit, Kalt se fonda sur l'albuminurie et le 
bruit de galop pour mettre Thypothèse d une hémorragie 
banale qui s'est produite à l'occasion de l'intoxication du 
liquide céphalo-rachidien par la stovaïne. Péghin admet que 
le liquide en partant de la région lombaire s'est diffusé vers 
les centres supérieurs pour venir se mettre en contact avec la 
sixième paire et croit k un trouble oculo-moteur d'origine 
labyrinthique consécutif à la présence de la stovaïne dans le 
liquide céphalo-rachidien qui baigne l'appareil ampullaire. 

PBCHIN. 

6) En décembre 1906, Rochon-Duvigneaud rapportait l'ob- 
servation d'un malade atteint d'exophtalmie chronique due à 
un épaississement scléreux des muscles de l'orbite. L'étude 
des coupes démontre qu'il s'agit de sclérose tuberculeuse. 



maladies du olobb db l oeil 
(blessures, corps Étrangers, parasites) 

1) Page. — Luxation congénitale du {^lobe oculaire (Soc. franc, d'ophtalm.t 
mai 1907). 

2) Coulomb. — Protection des yeux contre les rayons X (Soc. d'opM. de 
Paris, 12 juin 1906). 

3) Darier. — Panophtalmie gazeuse et bacillus perfriogens (Soc. d'opM. de 
Paris ^ 6 juillet 1906). 

4) Dupuy-Dutemps. — Enophtalmie cicatricielle congénitale avec immobi- 
lisation complète du globe oculaire (Soc, d'ophl. de Paris^ 9 octobre 1906). 

5) Carlotti. — Hydrophtalmie congénitale chez un adulte sans phénomènes 
d'hypertension (Soc. d'oph. de Paris^ 9 octobi'e 1906). 

6) Chaiilous. — Infection traumatique du globe oculaire par un bacille 
sporulé (Soc, d'ophi. de Paris, 6 novembre 1906). 

7) Antonèiii. — Mesures coercitives et mesures radicales de thérapeutique 
oculaire, en rapport avec la loi sur les accidents du travail (Soc, d opht, de 
Paris, 9 octobre 1906). 

8) Doloet. — Un cas de brûlure et de projectiles multiples de la figure et des 
yeux à la suite d'une explosion (Caso clinico de qucmaduras y multiples 
proyectiles en la cura y ambos ojos, consecutivos a una explosion} (Aca- 
demia oftalmologica de Barcelona, mai 1906). 



MALADIES DU GLOBE DE VCEll 377 

9) Bpuner (W.-E.). — Corps étrangers du segment antérieur de Toeil et de 
leur extraction (Foreign bodies in the anterior segment of the eye and 
this removal) (Ophth^tmoloffyf octobre 1906). 

10) Bulson (A.-E.). — Traumatisme de Toeil et de ses annexes (Traumatism 
of the eye and its appendages) (Fort W&yne med. Journ. Magazine ^ 
novembre 1906). 

11) Seaman (G.-E.)- — Diagnostic et traitement des blessures de Toeil 
(Diagnosis and treatmcnt of injuries to the eye) (Wisconsin med. journ., 
janvier 1907). 



1) Fage rapporte un cas assez curieux de luxation du globe 
in utero. A la veille d'accoucher, une femme reçoit un coup 
de brancard sur l'abdomen ; Tenfant naît le lendemain avec 
Toeil droit complètement luxé en dehors des paupières. L'au- 
teur pratique la section de la commissure externe et réintègre 
l'œil à sa place, puis suture les deux paupières. Au bout de 
seize mois, on constate, après ouverture des paupières, que 
Tœil est en parfait état. g. d. 

a) Coulomb a étudié cette question avec Infroy, 11 conclut 
avec Bettremieux que les coques en « Anail de Paris » pro- 
posées .par Van Duyse et celles en cristal à base de plomb 
doivent être rejetées et que les cupules en métal et particuliè- 
rement en plomb, assez épaisses, sont les plus sûrs protecteurs 
de l'œil. Il présente une* paire de lunettes en flint destinée à 
protéger les yeux de Topera teur. phcbin. 

3) Darier a observé une panophtalmie à marche rapide à la 
suite d'un corps étranger (éclat d'acier) dans l'œil. Le lende- 
main de l'accident, l'extraction de l'éclat d'acier fut pratiqué 
avec l'électro-aimant de Hirschberg, mais déjà la panoph- 
talmie avait commencé et Darier dut faire Ténucléation séance 
tenante. A peine Tincision pour l'introduction de l'électro- 
aimant avait-elle été pratiquée qu'un bouillonnement gazeux 
se produisit et une mousse jaunâtre s'échappe de la plaie. De 
simples frottis ont permis de voir des bâtonnets que Darier 
pense être le Bacillus perfringens. pécHm. 

4) Œil légèrement microphtalme, immobile et dirigé èh 
haut. Pendant la tentative .que Dupuy-Duiemps a faite pour 
redresser l'œil et remédier à la difformité par la section du 



378 REVUE GÉNÉRALE 

droit supérieur, il a reconnu que l'œil était ainsi fixé par une 
nappe cicatricielle et que toute intervention était désormais 
inutile. Cette adhérence est due, croit-il, à un processus 
inflammatoire transmis par voie placentaire et de nature 
ignorée. pechin. 

5) Car lot H présente un homme de vingt-six ans atteint 
d'hydrophtalmie congénitale. Cette hydrophtalmie est très bien 
tolérée et s'accompagne d^une acuité visuelle suffisante. Ana- 
tomiquement et fonctionnellement, elle n'a pas retenti sur 
le fond de l'œil ; le processus s'est arrêté dans son évolu- 
tion. PSCHIN. 

6) Un fait nouveau à l'appui de la variabilité des agents 
infectieux dans les traumatismes oculaires. Irido-cyclite avec 
décollement de la rétine chez un homme de trente-huit ans, 
bien portant, jardinier et qui, pendant son travail, reçut dans 
Tœil gauche un corps étranger d'une nature ignorée et qu'on 
ne put retrouver. En quelques jours, l'œil fut perdu pour la 
vision. L^examen bactériologique démontra à Chaillous la 
présence dans l'humeur aqueuse d'un bacille sporulé différent 
du subtilis. pbchin. 

7) Antonelli est d'avis que chez les accidentés du travail, 
la loi devrait obliger le blessé à se soumettre à l'énucléation 
lorsque celle-ci est considérée comme traitement de l'oph- 
talmie sympathique en train de se produire ou comme traite- 
ment préventif. pécHm. 

8) Dolcet présente un jeune homme de vingt- cinq ans qui 
à la suite d'une explosion dans une fabrique de soude caus- 
tique, eut des brûlures multiples de la figure avec corps 
étrangers dans la peau et dans les yeux. Les cornées étaient 
criblées de petits corps étrangers. L'œil droit, fut en outre 
perforé et se perdit par irido-cyclite. Dans l'œil gauche, il 
subsista des opacifications étendues et la vision resta très 
défectueuse, mais Tauteur pense pouvoir l'améliorer par une 
iridectomie. l. Graicdcliîiibnt. 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L'APPAREIL LACRYMAL, ETC. 379 

9) Bruner rapporte quatre cas de corps étrangers de l'hémi- 
sphère antérieur de Toeil. Le corps étranger était logé dans 
l'iris et y était resté dix ans dans un des cas. Dans un autre, 
un éclat métallique réunissait Firis et le cristallin et deux fois 
le corps étranger était logé dans le cristallin lui-même. Dans 
tous les cas on pratiqua l'extraction. coburn. 



MALADIES DBS PAUPIÈRES, DE L*APPARBIL LACRYMAL ET DE L*ORBITE 



i) Moissonnler. — Ostéo-périostite consécutive À une sinusite frontale 
(Archives d'ophtalmologie^ p. 5o6, août 1906). 

a) Valude. — Un cas de cylindrome de Torbite chee un enfant (Soc, d'opht, de 
Paris, 6 juillet igo6). 

3) Gérard. — Sur les obstacles naturels capables de compliquer le cathé- 
térisroe des voies lacrymales (Soc, d'opht, de Ps,ris, 6 novembre 1906). 

4) Morax. — Xanthélasma à localisations faciales et céphaliques multiples 
(Soc.d*opht. de PariSy 9 octobre 1906). 

5) Morax. — Tumeur orbitaire et tumeur de la fosse cérébrale moyenne. 
Hémianopsie et réaction pupillaire hémiopique (Soc, dopht, de Paris, 
9 octobre 1906). 

6) Cantonnet et Cariae. — Anévrisme artério-veineux spontané deTorbite 
(Soc, d'opht. de Paris, 6 décembre 1906). 

7) Boute. — Le nouveau procédé pour la cure du symblépharon (La cliniqae 
opht., 25 septembre 1906). 

8) Rhein (J.-H.-W.) et Rialey (S.-D.). — Blessure grave de la région orbi- 
taire gauche ayant amené de la paralysie de plusieurs nerfs crâniens (Severe 
injury to the left orbital région presenting paralysis of several cranial 
nerves) (American Medicinet octobre 1906). 

9) Johnaton (R.-H.). — Epithéliome de Torbite (Epithelioma of the orbit) 
(Ophthalmic Record, septembre 1906). 

10) Collins (E.'Trbachbr). — Petit colobome de la paupière supérieure avec 
un épaississement de la surface interne de la conjonctive (Small coloboma 
of upper evelid, with peculiar thieken ing of the coi^unctiva on its inner 
surface) (Trans. opht. Society, vol. XXV, p. 319, 1905). 

11) Moulton (H.). — De remploi des sondes métalliques dans le traitement 
des rétrécissement des voies lacrymales (Use of Icad styles in treatment 
of stricture of nasal duct) (Med. Herald, février 1907). 



1) Moisêonnier rapporte une observation d'ostéo-périostite 
orbitaire consécutive à une sinusite frontale causée par la 
diphtérie. La tuméfaction palpébrale est surtout évidente à 
Tangle supéro-interne de Torbite. Une intervention faite à 
propos permit d'enlever un séquestre dépendant de la face 
antérieure du sinus et de curetter la muqueuse bourgeonnante. 
L'infection diphtérique a pu se faire, des fosses nasales vers 



380 REVUE GÉIfÉRALE 

le sinus, soit par voie lymphatique et veineuse, soit par pro- 
pagation directe. Deux récidives, puis guérison. 

a. BéNÂZBCH. 



a) Une enfant de deux ans atteinte d'exophtalmie, d'œdème 
j)apillaire et quelques jours après de décollement rétinien fut 
opérée par Valude (éviscération totale de l'orbite). L'examen 
anatomique de la tumeur qui remplissait le fond de Torbite et 
pénétrait le globe oculaire fut reconnue être du cylindrome. 



3) Gérard a fait dans cet important et très utile travail. 
Tanatomie des voies lacrymales et de leurs variations. Cette 
étude est d'autant plus intéressante que nous connaissons peu 
de chose en physiologie des voies lacrymales et que le traite- 
ment du larmoiement et des dacryocystites en général est le 
plus souvent inefficace. 

Les obstacles capables d'entraver le cathétérisme viennent 
de dispositions normales, soit du squelette, soit des parties 
molles ; l'auteur les met bien en vue en insistant sur certaines 
particularités ostéologiques inédites de la gouttière lacrymo- 
nasale et du canal nasal et en étudiant les points et canali- 
cules lacrymaux et le canal nasal membraneux. 

Les variations de Tunguis, de l'apophyse montante du 
maxillaire supérieur de la fossette lacrymo-nasale, du canal 
osseux, des points et tubercules lacrymaux, des canalicules 
lacrymaux, du canal nasal font comprendre la difficulté du 
cathétérisme dans certains cas et l'obstacle apporté à la guéri- 
son des voies lacrymales. 

Ce travail fait de descriptions anatomiques se prête peu à 
Tanalyse. pb^hin. 

4) Morax présente un malade atteint de xanthélasma 
remarquable par l'étendue des lésions et leur distribution 
anormale. Des taches existent au niveau de la paupière supé- 
rieure, sous le nez, sur les joues, dans le cuir chevelu, der- 
rière les oreilles. Des coupes d'une de ces plaques montrent la 
réaction particulière des cellules graisseuses spéciales au xan- 
thélasma . PBCHIN. 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L'APPAREIL LACRYMAL, ETC. 381 

5) Tumeur orbitaire et intracranienne du côté droit se 
reliant à travers la fente sphénoïdale. L'évolution dura 
deux ans et se termina par la mort. Au début, une voussure de 
la région temporale et la céphalée laissèrent en suspens le 
diagnostic qui devint précis au moment où apparut Thémia- 
nopsie gauche avec réaction pupillaire hémiopique. A l'au- 
topsie on trouva une tumeur du lobe temporal qui comprimait 
et déformait la bandelette optique droite. pbchin. 

6) Cantonnet et Cerise rapportent l'observation clinique et 
anatomo-pathologique d'un anévrisme artério-veineux spon- 
tané de l'orbite chez une femme de quatre-vingts ans, artério- 
sclérose. Cette malade succomba presque subitement quelques 
semaines après le début des accidents oculaires, vraisembla- 
blement par lésion des coronaires. pbchin. 

7) Boute retrace l'opération de Thilliez. Les paupières sont 
maintenues isolées du globe oculaire par un morceau de taffetas 
chiffon dont le pli arrive jusqu'au cul-de-sac et auquel il 
adhère au moyen de sutures qui ressortent par la peau. 

PÂCHIN. 

8) Le malade de Rhein et Risley avait reçu un coup sur la 
région orbitaire gauche qui fut suivi de paralysie de la IIP, IV*', 
V", VI* et VIP paires. Il existait aussi une lésion du nerf 
optique ainsi qu'une hémianopsie unilatérale. codurn. 

9) Johnston rapporte l'observation d'un malade chez qui 
un épithélioma de l'antre de Higmore se propagea à l'orbite et 
amena la mort. gobvrn. 



HAPPOHTS DB l'oPHTALMOLOGIE AVEC LA PATHOLOGIE oéNERALB 

1) Lopes (£.)• — La migraine (Hecueil d'ophtalmologie, p. 347-491 juin 

1906). 
s) Galesowskl (J.). — Sur les lésions du chiasma dans la méningite de la 

base (Soc. d'opht. de Paria, la juin 1906). 
3) Chaillou» (J.)* — Sur Tctat des oculo-moteurs dans l'hémiplcgie organique 

deTadulte et de l'enfant (iSoc. d'opht. de Paris, 12 juin 1906). 



382 REVUE GÉNÉRALE 

4) Pal. — Du tabès conjugal et surtout des symptômes oculaires (Ueber 
ehelichcs Tabès mit oesonderer BerûchsichtiguDg der Augensymptoma) 
(Thèse de Fribourg in B., 1906). 

5] Wodrig. — Un cas d*arthrite après une inflammation blennorrhagique de 
l'œil (Ein Fall von Arthritis nach Ophthalmoblennorrhœ) (Thèse de Berlin, 
1906). 

6) Shumway (E.-A.). — Cas se rapportant à des complications oculaires de 
rhystérie (A séries of cases illustrating the ocular complications of hysteria) 
(American Medicine, octobre 1906). 

7) Ha»ting»(H.).— ' Affections oculaires d'origine nasale (Ocular symptoms 
of nasal orièin)( Annals ofotology^ rhinology and Laryngology^ septembre 
1906). 

8)' Webater (J.-C). — Aflections oculaires liées à des maladies pelviennes 
(Affections of the eye in relation to pclvic disorders) (Sargery, Gynecology 
and Obstetric, octobre 1906). 

9) Kimpel. — Les symptômes oculaires dans les affections des os du crâne 
(pie okularen Symptôme bei Erkrankungen des Knôchernen Schfidels) 
(Thèse de Mar bourg, 1906). 

10) Smydaolcep (E.-F.)* — Lésions oculaires dans la syphilis (Involvement 
of the eye in syphilis) (Chicago med. Recorder^ mars 1906}. 

11) Freund. — Le traitement de la maladie de Basedow par les rayons X 
(Die Rôntgenbehandlung der Basedow*schen Krankheit) (Mûnch. med. 
Wochens., p. 83o, 28 avril 1907). 

12) Blanke. — Les affections des yeux et Tacnc rosacea (Ueber Augener- 
krankungen bei Acné rosacea) (Thèse de Giessen^ 1906). 

i3) Ward (W.-WJ. — Maladies générales pouvant devenir la cause d'affec- 
tions oculaires (General discases as a cause of diseases of the eye) (Calir 
fornia State Journal of medicine, juin 1906). 

14) Bryant f A.-G.). — Relations entre les maladies des fosses nasales et 
celles de 1 œil et de Toreille (Clinical observations concerning the nasal 
passages and the relation the bear to the organs of sightand hearing) (Med. 

• Hecord^ i5 septembre 1906), 



i) Lopez conseille l'examen de l'appareil visuel dans tous 
les cas de migraine. Il distingue la migraine qui est due à 
l'asthénopie accomodative ou. du muscle ciliaire, et la migraine 
qui résulte de l'asthénopie des muscles moteurs ou insuffi- 
sance de convergence. 

Les deux formes de migraine présentent des symptômes 
différents et des douleurs bien localisées. La douleur frontale 
appartient à l'asthénopie accomodative et la douleur occipitale 
est signe d'insuffisance de convergence. 

Une bonne correction optique est le seul traitement efficace. 



2) J. Galezoïvski rapporte quatre observations cliniques des 
malades qui ont présenté avec de l'atrophie optique des 
troubles hémiopiques après avoir été atteints de phénomènes 
méningitiques (maux de tête, vomissements, délire, cris). 



RAPPORTS DE L'OPHTALMOLOGIE, ETC. 383 

L'auteur pense qu'il s'agit de lésions de méningite basiliaire 
intéressant le chiasma. pâchin. 

3) /. Chaillous reprend la question de l'état des oculo- 
moteursdans l'hémiplégie déjà étudiée par Miraillée, Deschaux 
et aussi par Wilson et arrive à confirmer les constatations de 
ces derniers. pscHm. 

4) Pal rapporte les cas connus de tabès conjugal et ajoute 
le suivant : 

Homme de trente-cinq ans ; paralysie générale ; avoue avoir 
contracté anciennement la syphilis. Athrophie des deux nerfs 
optiques. Sa femme a eu, il y a sept ans, un ulcère à la lèvre, 
frictions mercurielles. Aujourd'hui absence des réflexes des 
genoux, immobilité réflexe des pupilles, parésie de Taccomo- 
dation. Sa fille a une kératite parenchymateuse des deux yeux 
vers Tâge de six ans. w. stock. 

5) Wodriff observe un monsieur âgé de vingt ans, atteint 
d'ophtalmie blennorragique et qui n'avait pas eu d'uréthrite. 
Six jours après le début de l'ophtalmie, enflure du poignet 
droit. L'arthrite guérit au bout de sept semaines. 



6). Shamway rapporte cinq observations d'hystérie chez 
des femmes présentant des troubles de la vision avec paralysie 
de l'accomodation. Il y avait quatre fois du rétrécissement du 
champ visuel, trois fois de l'inversion des couleurs. 



7) Hastings rapporte des cas d'affections oculaires d'origine 
nasale : ptosis, douleur oculaire, névrite rétrobulbaire. 



8) Webster rapporte l'observation de deux malades qui se 
plaignaient des yeux, l'un présentait une hémorragie oculaire, 
toutes deux furent guéries par l'ablation des organes génitaux 
internes. coburic. 



384 REVUE GÉNÉRALE 

11) Les rayons X remplissent, d'après Freund^ l'indication 
de la causalité en faisant disparaître le goitre qui produit les 
sécrétions pathogènes. Ils ont toujours une influence favo- 
rable sur le poids du corps et les symptômes nerveux, mais 
souvent aussi on voit disparaître les bruits du cœur, le goitre 
et lexophtalmie. Plus le goitre est mou, vasculaire et récent, 
plus le résultat sera bon. h. dor. 

1 2) Blanke rapporte «robservation d'une dame âgée de cin- 
quante-huit ans atteinte d'acné rosacea. Il se formé constam- 
ment dans la cornée des inOltrations jaunâtres qui cèdent par 
Tatropine, des compresses humides et le repos au lit. Il cite 
encore quelques cas, mais le travail ne contient rien de 
nouveau. ' w. stock. 



VARIA 



i) Reiohert (E.-F.). — ŒAl schématique (A schcmatic eye) (AnnaU of 
ophthalmology, janvier 1906). 

a) Po»t (H .-M.). — Expériences avec Tadrénaline (Expériences with adre- 
nalin (American journal of ophihalmology, décembre tgoS). 

i) L'œil schématique de Reichert est une modification à 
l'œil artificiel de Kiihne employé pour les démonstrations 
faites à la lampe des fonctions des différentes parties de l'œil 
normal, ainsi que des vices de réfraction et de l'application 
des verres correcteurs. L'appareil est de telle dimension que 
les verres de la boîte d'essai d'oculiste peuvent être utilisés. 



2) Post a fait usage d'adrénaline et a pu observer quelques 
inconvénients dûs à son emploi. Dans un des cas elle occa- 
sionna une violente douleur faciale unilatérale ; dans un autre 
où il s'agissait d'un glaucome, il constata du vertige, de la 
faiblesse ainsi qu'une dilatation des pupilles, qui ne céda 
pas à l'éserine. Dans un cas de kératite il se produisit une 
dilatation très marquée dç la pupille à chaque instillation 
d'adrénaline. coBURit. 

Le Gérant : P. Massom. 



Lyon. — Imp. A. Rbt et C'«, A, rue Gentil. — 4d510 



W e tO «l^TËMBRË i9oy 

^^x.^^-,...^ >>J^^.. ^ I ■ ' I l l ' If 11 

MÉMOIRES ORIGINAUX 



Technique opératoire de Teitirpation 
du 8M lacrymal ^ la rugine*. 

Par le Professeur EOLLET 



Ypus ni'^ven iftvHé à «tsi^if t^r || votre Réunion çt h PxUrper 
\xxk ftî^ç laqryinal 4ç^vant vous, sur u» df yq? malçtcles, Pe ^uite 
j'^i g YQVS 4ire que m?^ technique qp^ratoirç, adoptée dè^ 
1895, a bifoï peu çtângé depuis çc^tte date, k h suite de devw^ 
cent Qinqufinte opérations pratiq\iées à ip^ Clinique, 

Tont d'abord, je pose en principe que Ton doit endonnir le 
4\yet à Téther pu au Qblorpfornie; le sac doit être niinutiense^ 
jnent diméqué, pnis totalement extirpé, o'est done wne opéra- 
tinn «ouvent m pw laborieuse et nécessitant we anestbéfti§ 
complète. L'opération comprendra cinq temps : 

Premier temps ; fnmiofk 4ç U p^uu, «« I^e malade dort, 
l'^tisepsie de la région est faite, on incise la peau avec la 
pointe d'un petit bistouri, l^'inçision a u millimètre» envirouf 
Sll§ est oblique de b^ut en ba^ et de dedans en dehors» et 
m^m^ légèrement courbe en bas, en contournant le sillon eutané 

orbito-palpébral; elle répond profondément au bord tranchant 

externe de l'apophyse montante du maxillaire supérieur. En 
flomme, elle est menée en dedans de ces lignes cutanée et 
Qsseuse* En haut, elle part du tendon direct de rprbiculaire, 
un peu en dedans de la réunion des extrémités interne de 
chacun des tarsesi Pes de sonde eonductrioe, 

Peu^ième temps ; B^çh^rche (fv ^^c, ffér^ostêse, r-» t»e bis- 

Wufi est déposé et ue servira plus, I^es lèvres de l'incision 

^ CommuDicaiio.n faite au Congrès Ophtalmologique d'Oxford au cours 
dSine opéMiioa fiMliquie à £^e nospUAl le «y JuUiei 1^7. 

25 



386 MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET 

sont réclinées à l'aide de deux écarteurs à manche, compor- 
tant chacun quatre dents recourbées suivant, par exemple, le 
modèle que j'ai fait construire. La peau est ainsi solidement 
écartée et symétriquement. Il importe de ne pas changer les 
rapports anatomiques, et c'est ce qui m'a décidé à abandonner 
mon écarteurà ressort semblable à un blépharostat ; la plaie 
est tiraillée et les manœuvres sont gênées. 

On libère le tissu celluleux prélacrymal, on reconnaît deux 
points de repère : i® En haut, le tei;idon direct et nacré de 
l'orbiculaire qu'il vaut mieux ne pas sectionner, et cela uni- 
quement parce qu'il indique où est le sac ; a** en bas, la crête 
osseuse antérieure du canal nasal. 

On aperçoit le sac avec sa couleur grise ; il est situé entre ces 
deux points de repère. 

On fait l'hémostase avec de petits tampons de ouate. C'est 
à ce moment qu'il y a hémorragie, quelquefois assez gênante. 
L^hémorragie se fait en jet ou en nappe. En jet, c'est seule- 
ment lorsqu'on a coupé les vaisseaux angulaires, ce qui m'ar- 
rive environ une fois sur quatre; cela n'a aucune importance, 
mais il faut alors saisir le vaisseau et quelquefois ses deux 
bouts à l'aide, par exemple, de la fine pince hémostatique 
dont voici un modèle, puis cet instrument remplacera en 
dedans l'écarteur. Jamais de ligature au catgut, la forcipres- 
sure suffit. 

D'après la planche que je vous présente, extraite de mon 
mémoire de 1897, basé sur vingt-cinq dissections, on se rend 
compte de la vascularisation du sac. Quand on sectionne les 
vaisseaux présacculaires venant des vaisseaux angulaires ou 
palpébraux, le tamponnement permet d'arrêter l'hémorragie 
en nappe. • 

Troisième temps : Décortication du sac à la raffine. Extir- 
pation. — On saisit le sac lacrymal avec une pince à dents de 
souris, et on fait en sorte de ne pas le lâcher; on tire sans le 
déchirer. Puis on procède à la décortication de l'organe avec 
une rugine spéciale. On le libère ainsi d'abord en dedans, en 
mettant l'os à nu, puis en haut, en passant ma rugine sous le 
tendon de l'orbiculaire, on fait ainsi basculer le sac. Même 
manœuvre en dehors, en arrière. Le sac, une fois bien isolé 
avec la rugine, on coupera ses attaches en dehors et en bas^ 



MÉMOIRES ORIGINAUX. — ROLLET 387 

soit à la rugine, soit aux ciseaux. Il m'arrive souvent de 
ne pas employer les ciseaux, à aucun moment. La section 
est faite au ras du canal nasal osseux et au ras des canalicules 
lacrymaux. 

L'extirpation idéale, que Ton peut pratiquer souvent si l'on 
veut bien procéder avec méthode, consiste à enlever le sac tout 
entier, en bloc. Alors, si Ton met de suite le sac dans l'eau, 
on reconnaît Torifice arrondi et large du canal nasal, et par- 
fois les deux petits orifices des canalicules lacrymaux. 

Quatrième temps : Inspection de la loge lacrymale. Cure- 
tage nasal, — On examine la loge lacrymale. On voit, d'après 
la pièce extirpée, s^il doit rester des vestiges du sac. On les 
enlève en totalité à la pince, à la rugine, aux ciseaux. 

Puis à la curette ovalaire, de 3 et 4 millimètres, suivant 
Tâge et le sexe, on curette le canal nasal. Faire le curetage en 
tous sens et dans tout le parcours canaliculaire, avec l'instru- 
ment introduit derrière la crête osseuse ; le sang passe alors 
dans la bouche du sujet couché. 

Je n'ai pas parlé d'hémorragie lors de l'extraction du sac, 
parce qu'il n^existe pas de vaisseaux profonds ; les vaisseaux 
du sac viennent des parties latérales, des angulaires et palpé- 
braux, c^est donc au début de l'opération que Thémorragie est 
gênante. 

Cinquième temps : Pansement, — Les lèvres de la plaie 
sont béantes, il n'y a jamais d'écoulement sanguin à ce 
moment. On ne place ni drain, ni sutures; on ne cautérise 
pas, surtout. On rapproche les lèvres de la plaie avec un tor- 
tillon d'ouate qui, comprimera l'angle interne, mais non le 
globe oculaire. Rondelles de gaze, monocle maintenu en place 
quatre jours. Le cinquième jour, pansement, il y a réimion 
immédiate quand le sac a été enlevé en totalité et à froid. Je 
termine en présentant ma petite boite métallique de poche 
construite par Lépine de Lyon et dans laquelle tous les 
instruments nécessaires à cette opération sont réunis. 



REVtis eiRâMU 



REVUE GÉNÉRALE 



(!) 



ANATOMie ET IMBRVOLOaiI 

i) Opin. — Contribution à Thistologie du chiasma chez l'homme (Archives 
d'ophlalu^alogi^, septembre igqfi, page 545|). 

2) Qradoi^ (J.-T.). —Pévelqppement du cristallin (Develqpment of crjrstalliqe 
lens) (The OphthalmoscopB, septembre 1906). 

3) Puphon et Nadejdfi. — Recherches de Toiiigine du faoifil aupéiteur chas 
rhomme (Revista iHiintelor médicale^ février 1906). 

4) Perrier. — Iria chez les criminels (Arch, d'anthrop, criminelle^ i5 juin 
«907)- 

i) Le chiasma hun^ain pomprw4 4eui^ Qr4p^§ 4e fibres ; 
1** les (îbres optiques o^ fibres de sensibilité çipéçiî^le ; a* d'au- 
tres systèmes de fibres sans rapport 4ireQt ^Y§P i^ fonction 
Yisme^p. P^rmi c^s d^rqières Qpin éi^^e l^ coir^Riissure en 
çinse q\{ coixxmissure de Haimover. Il tâche ^urtpx^t dç démon- 
trer (juei Xom cQ^fqnd actuellement sous, çç nom 4eux ordres 
d§ fibrea nf>rv«usea l)ieft distinctes de pçir Vç,robryqlogie et 
l'histologie* o. ben^zbch. 

a) Qr^^9^ a observé que les ^nimçiu^, dqpt le.§ yewx §(mt 
normalement ^pepinmodé;^ pour 1^ vii^ion élpignée, pr^^ei^tÇi^t 
deniç caractères remarquables et cp^^tç^^t^; cars^çtçres qvn 
sont «^t^P^^ts OH nipdifiés chez les ani^ç^W?^ à vision r^pprqçh^. 

Ghpa \^ sourie, le ppulet et la grenpuille ^ anii^nawi^ a4çiptés 
à \^ vision éloignée -r. l'auteur a ph^ervé : i* la. fprn^atipi^ 
4 un pijpace lyn^phatiqne, autpur dp T^qnatpnr 4vi frintallin; 
a* Vf^plati^sen^ent 4e la i^urfapp antérieure 4u çri^alUn, par 
traction due à rallongement 4\i dianiètre équatprial 4p VflPil. 

L'aplatissement 4p \çi surface ^utérieurp 4u cristallin, 
n'existe pas, chez le chien de mer par exemple, normalement 
adapté à la vision de près. Ces intéressantes constatations 



*■ Les articles dont nous indiquons seulement les titres, sans analyse, 
ne contiennent rien de nouveau. 



PBtStObOd» 



d'anàtoihië compai'éë dëmohtfeiit, utle fèis dé plus^ l'etaèti- 
tude de la théorie d'accommodation ae Helmholtz. 



il KâWAS. 



3) Après avoir rappelé les travaux antérieurs de Féré^ 
Miraillé) MarineseO) Van Gehuehten, Parhon et Nadejde rap- 
portent rebsenratien d'un malade ehet lequel une tumeur 
épithéliale de la région zygomatique droite avait détruit les 
rameaux du facial supérieur. 11 ont étudié histblpgiquetnent 
(méthode de Nissl) la région bulbo-prdtubérantielle et ont 
trouvé des lésions qui leut permettaient d'affirmer que les fibtes 
du facial supérieur tirent leur origine ehez l'homme de la 
partie postérieure et interne du nojy^au commun du fadial» 

ti. ORJUfDCbéMBltT; 

4) lia été relevé à la maison centrale de Nîmes, dit Perrier : 

Iris impigmenté 78 

— » pigmenté de jaune 199 

-^ — d'orange SSy 

— — de châtain ...... 164 

— — de marron ....;. 60 

Ainsi) chez 9^09 pour 100 des condamiiéà) les yeux sont bleus, 
4t)6opour 100 oht l'iris pigmenté d'orange^ 23^1 9 pour 100 de 
jaune; Le pigment châtain se montre dans ii)»!! pour 106 des 
eas; 6^99 fois sur 100, Tœil est marron. Suivent des considé- 
rations sur la couleur de Tiris par nationalité et délits (vol, 
escroquerie, attentat- vie) attentat-mœurs^ crimes-propriété). 



PHYtIOLOaiE 



i) Chanoz. ~ Particularité dans la vision des astigmates. Application à la 
détermination subjective des méridiens principaut db rœil. Appareil de 
Tautèur (Lyon médical^ i9 janvier 1907). 

2) Chanoz. — Dissociation de Taccommodalion et de la convergence. Expé 
Hences perSontielles d'accommodation volontaire (Lyon médical^ 17 février 
1907). 

3) Chanoz. -~ Addition à Voptomètre de Young-Tscherning. Quelques 
retriàr(tUëd faites au moyen dé cet appareil (Lytjn mêdicnl, i3 janviel' 1967). 



390 REVUE GÉNÉRALE 

4) Dîrtiiiier. — La lecture dans la position verticale des lignes (Lesen bei 
ver ti caler Stellung der Zeilen) ^Arcn. f. Ophth. LXVI 189-195, 1907). 

i)Chanoz, après avoir énoncé les opinions de Donders et 
Javal sur Tassociation modifiable de la convergence et de 
l'accommodation passe à l'exposé de ses expériences person- 
nelles. Par son accommodation volontaire et progressive, il 
transforme un point lumineux en un disque lumineux gran- 
di^vsant, puis en un anneau lumineux avec une région centrale 
de plus en plus large, sombre, comprenant quelques taches 
lumineuses disséminées. 

La présence de cet anneau caractérise la surcorrection de 
TabeiTation de sphéricité obtenue par l'accommodation. SU 
s'agissait d'un œil rendu myope, par un verre convexe, par 
exemple, il existerait im cercle de diffusion dans lequel la 
lumière serait plus ou moins également répartie. Cette pro- 
duction intense d'accommodation n'est pas accompagnée de 
convergence. 

Le chromatisme de Tœil présente quelques particularités. 
L'anneau lumineux est bordé de bleu violet à l'extérieur et de 
rouge à Tintérieur. Par l'observation des irisations présentées 
par les images des points lumineux, avant, pendant et après 
Taccommodation, il semblent qu'il existe une véritable oscil- 
lation de l'accommodation. Le problème se pose de savoir si 
cette oscillation est le fait d'un défaut d'adaptation du muscle 
ciliaire ou d'une véritable oscillation du cristallin déformé. 
Pour lui-même, l'A. a déterminé la vitesse d'accommodation 
volontaire et la durée maximum possible de cette accommo- 
dation volontaire, soit 20 à aS secondes. morbau. 

-i) Chanoz montre que si un œil astigmate non corrigé ne 
soutTre pas de son amétropie, un œil corrigé souffrira certai- 
nement des perturbations apportées dans la vision des objets, 
s'il quitte ses verres correcteurs utilisés depuis un certain 
temps. 11 croit à la réalité d'une déformation cristallinienne 
capable, avant l'usage des verres, de neutraliser l'amétropie 
cornéenne, déformation qui n'apparaît plus spontanément 
après un certain temps de port des verres correcteurs. 

Ce qui frappe le plus, ce n'est pas tant l'élai^issement des 
objets dans une certaine direction que la modification de la 



PHYSIOLOGIE 391 

distribution de l'intensité lumineuse suivant les diverses 
directions de l'image . Les déformations apparaissent surtout 
au croisement des objets placés dans un même plan. Ainsi, un 
objet linéaire optiquement coupé, morcelle par un écran conve- 
nablement placé n*est vu avec des bords nets par un œil 
astigmate que lorsqu'il est parallèle à un méridien principal 
de cet œil. Si on Técarte légèrement à droite ou à gauche de 
cette situation, les bords au niveau de Fécran présentent des 
escaliers qui, parallèles au méridien principal, paraissent s'incli- 
ner sur l'objet en sens inverse du déplacement relatif de cet ' 
objet. Se basant sur ces données, l'A. a construit un appareil 
très simple pour la détermination de l'astigmatisme; il est 
composé d*une aiguille plate, noire, mobile dans le plan d'an- 
neaux concentriques noirs et blancs et autour d'un axe pas- 
sant normalement en leur centre commun. L^aiguille mobile 
est déplacée jusqu^à ce que les escaliers disparaissent^ l'aiguille 
se montre nettement. On arrive à déterminer ainsi à un degré 
près les méridiens principaux. morbau. 

3} Chanoz trouve que dans l'optomètre de Young-Tscher- 
ning les croisements des droites sont parfois trop rapprochés. 
A l'écran triangulaire qui supprime à volonté les deux fentes 
centrales, il a substitué un petit dispositif qui renferme la 
lame triangulaire et d'autres écrans nouveaux. Expérimen- 
tant sur lui-même astigmate, il est arrivé aux conclusions 
suivantes : i® dans un méridien principal, la réfraction croît 
du centre de la cornée à la périphérie, principalement du côté 
nasal ; 2^ le relâchement de l'accommodation ne se fait pas de 
façon progressive, mais par à-coups à partir d'un certain 
point. De plus, physiologiquement on trouve un remotum 
plus rapproché que dans le cas d'atropinisation ; 3^ l'ampli- 
tude d'accommodation centrale et périphérique est différente, 
elle est plus considérable au centre qu'à la périphérie. Cette 
dernière conclusion est en faveur de la théorie de l'accommo- 
dation de Tscherning, c'est-à-dire l'aplatissement relatif du 
cristallin à sa périphérie. morbau. 

4) Dimmer a eu l'occasion d'observer un enfant de neuf ans 
qui avait pris l'habitude de lire dans la position verticale, 



m Kiilil 6ÉKÉRALE 

c*esl-k-dirë dé tourher Son llvt^e de telle febrte tfuê leS llgfiêS 
hiâsètit pkôéëà de haut ëh bàd et hdh de ^âU&he à droite. Cet 
étifatil avait un hyfetagmtis horiiotitàl et Dimmel* feé t»ëtidit 
cbiUpte pôi* la photographié qiie là lëctiire était facilitëe dâfafe 
la position que Tënfaiit prenait spdntâilémént. Ainsi ayahl 
éctit Une phrase sur ùnë bàndë de càrtbU et ibèttàiit cette 
bande &ur \iû hiéttoiioinë d'aboitl pètpëhdîciilaireniëiit, pùiS 
paMllèléniëtit à Taxe du battant et k t)hdtb^i^âphiàht dàhs des 
dëu^ |)0fellibh&, DitUmei* J)ùt étsiblit* (Jllfe là {)&i*àfefe était llfeiblë 
lorsqu'elle avait été photographiée petidàut qu^elle était placée 
de haut en bas, tandis qu'elle cessait d^étre liëiblë lorsqd^ëllë 
était photographiée dans là |)o^ition ordinaii^ë de |^âu6hê à 
droite. Dans le premier cas, les letti^ës sont indifetlilëtes, itlëls 
dans le âëcohd elleâ dhevàubhent les Unes bUi* les Iktitfék et 
âbnt absbluiiient illisible^. l. dôr. 



ANATOMIE PÂTHOLOaiQUE 



i) bermapii- — ^ur le processus de réparation des plaies aseptiques de là 
cornée (SUl pbbbeséb di reparazione dellë feHie aftettiche âelU cd^llea) 
(Revisla iialiana, di Ottalmologia^ janvier-février 1907). 

aj Santucol (S.). — L^ophialmie sympathique, en rapport avec la théorie 
des cytotoxinës (L'oftalitiia simpatico in relâdone alla teoHa délie bilo- 
lossine) (Ann&li di Ollûlmologia^ vol. XXXVI, fasc. 3-4, p. 244-238, 1907). 

à) De Lteto Vollaro (Â.). — Contribution à l'anatomie pathologique des 
fotmâiiohâ liiembt^aneusisd du cristdlliil (Gontribiito air àndtotnift ]i«iold^ 
Çica délie formazioni membranose nel cristallino) (Annali di Ottalmologia. 
Vbl. XXXVI, fasc. &, pag 333 â 36à, avec 2 planchée, 1967). 

4) Qilbëpt (W.). — Anàtomië riathologit^ùë des colobdtiiêi cdttgéilitaUt du 
globe et en particulier du neri optique (Beitrâge zurKenntniss der patholo- 
gischen Anatomie dei* ancreboretlën Cblobome ae^ Augapfels hiit besoiider<!r 
Beriickàichligung des Setinerven) ^Arc/i. f, Ophth., LXV, i85-2ao, 1907}. 

5) Nioolle et Cuénod. — Reproduction expérimentale de la conjonctivite 
granuleuse chei Ib jJingc (Abadémie des icicrtcei, 6 mai tgaj). 

Ô) JààobiOh. — OpHtdlinô-réttctibn A la tubercUlihe (OphUlmo-rëacllOne en 
tuberculino) (Hevista stiinielor médicale^ mai 1907). 

7) Aubaret et Magne. — L'oculo-réaction : nouveaux essais séméiologiqueg 
(Journal de ihédi dé Bordeaux^ aS doût 1907). 

8) Slatineano. — Le réveil de l'oculo-rcaction de Calmette p4r l'ifajection 
sous-cutancc de tuberculine (Ilevisla stiinielor med.y juiil 1907). 

1) Après de nonlbreUses expériences, Ôet^hiani âhPiVé aux 
cbUclusions SUiVântëS : 



ANATOirtM MTËdLOGIQUE m 

Danfr lëd plaies âdepiiqueS pféibndé^ âe la térni^ti le {^f è-^ 
mier fait que Ton obserre est là fëhiiiatioii â*uh i^ëVêlëitient 
épithëlial qui est complet en vingt^qUâtfe oli qUai^aiitë-hUit 
heures^ et résulte d'un probessus actif de muitipUcatioh dé 
répithéliuin ejti&tatit: 

Quand la plaie ëcéUpe toute Tépais^ëuf de la cdrtlée^ là 
forihatiën du revéteinëni épithëlial est précédée de Faccuttiti- 
lation dand le caâal de la plaie de mas^eà fîbriiiëuâës qui, fài^ 
saut tattlpbti permettëhl à la ëhàmbre antérieuté de se l^efôt^- 
mer qtiànd il s'agit d une plàié piibctiformè eu lihéaire peu 
étendue^ la ferUiëtUfe se fait sans interpositiôh de fibHhe par 
le rapprocheUiènt des bords de là plaie. La fibHne iië rethplit 
pas le catial de la plaie d'Uilë façon uiiifôrme ; dans là inajorîté 
des cas elle le comble complètement jusqu'au niveau dé là 
surface antérieure de la cornée, mais quelquefois elle n'occupe 
que la pàt^tië pbstérieUre ijtiàhd leS lamelles moyeiinefe dou- 
pëës se hiettëilt en bohtâbt. Cette fibrine né pi'end du reëtë 
aueUUepaH à la rëpàfàtion ; la rëgénél^ation dtitiissu ëonilëcti^ 
edi dû à la multiplicàtioii par division indirecte des hoyàiit 
des ëellUlëë cottiieëtiVëë lê§ plUs voisines de la plaie et la 
tratiâfbt-tiiation fibrillairë du pi'dtdplasmà des cellules iléofol*- 
MêéÀ. Le tisliu de nouvelle formâtioU diffère du tissu tibi^màl 
de la eoriiëe par ëa itrUctUre lîbrillaire et sa plus gràhde 
riehësisë ëh cellules ; il edt eu outre revêtu d'UU ëpithéliuUi 
plus épais que normalement. Le tissu cicatHciel subit des 
modificàtibhs avec le tetups, il devient plus régulier, mdinë 
épais et plus résistant. En dix ou quinze jours, il §è fofhie Uil 
revêtement endothélial complet sur la cicatrice. Ce n'est qu'à 
un stade avancé de la cicàtfiëaticUi qUè ^ë refdt^nië la mém- 
bfanë de Deseeinet. Lés élëihents dti sâUg ne preiiilëilt àuéUhë 
patt à la i'ëparatioh. Pendëtit toiit le processus de i^épàràlidii 
d'une plaie aàeptiquë dé là cornée oU n'obiâérve hi ihflàththa- 
tion, ni développement de Vaisseaux. L. anAi^DCLiMBi^T. 

2) Aprèlï Un bon résumé, avee bibliographie de l'historicjue 
de la queStldn, Sâhtuccl apporte Uiie contribution originale à 
rétude de l'ophtâlttiie sympathique. Il applique à rétiolbgiëdë 
cette àffectidh la théorie des dyto-toxines, t'est-à-dire des 
sérums à àctioU toxique élebtive sur tel dU tel àUt^e ot'gàUë de 



394 REVUE GÉNÉRALE 

réconomie. De la même façon qu'il existe des cyto-toxines 
ou autocyto-toxines rénales, ovariques, etc. , il pourraity avoir 
des cyto-toxines oculaires ; et Santucci essaye de le démontrer 
par des expériences d'inoculation sur des lapins, d'émulsion 
de tissus de Tœil sain, sous la peau ou sous la conjonctive, ou 
d'émulsions de tissus d*un œil gravement traumatisé chez 
Fanimal et plus ou moins phtisique. Ces recherches, très lon- 
gues et laborieuses, ne sont pas encore en nombre suffisant, 
de l'aveu même de l'auteur, qui fait une communication pré- 
ventive pour permettre d'établir définitivement la théorie. 
Mais leurs résultats paraissent assez probants pour encourager 
à d'autres études dans la même voie, destinée à affirmer 
Tétiologie de l'ophtalmie sympathique par des autocyto- 
toxines. A. ANTONBLLI. 

3) Une trouvaille anatomo-pathologique à l'examen d'un 
œil phtisique énucléé, permet à De Lieto Vollaro d'étudier 
les détails histologiques de la « Cataracta membranacea ». Il 
s'agit du cristallin même, aplati en galette, et non pas de néo- 
formations membraneuses à sa place, comme le titre du travail 
le ferait supposer. Reste la question controversée, de savoir si 
les éléments spéciaux de ces cataractes régressives, éléments ' 
fusiformes mono- ou polynucléaires, viennent de l'hyperplasie 
de l'épithélium capsulaire antérieur et de son activité néo- 
formatrice de couches corticales (Becker), ou bien sont le 
résultat d'une involution atrophique des fibres lenticulaires 
périphériques. a. a. 

4) W. Gilbert a étudié histologiquement deux yeux énucléés 
dans lesquels il a constaté différentes malformations et en 
particulier un colobome des nerfs optiques. L'étude de ces 
diverses lésions montre qu'il y a lieu de différencier nettement 
l'aplasie du nerf optique et le véritale colobome. l, dor. 

5) Nicolle et Cuénod adressent une note d'après laquelle ils 
ont inoculé avec succès à deux macaques « Macacus sinicus » le 
produit de broyage de granulations recueillies sur des femmes 
atteintes de trachome au deuxième degré. L'examen histolo- 
gique d'une granulation^ prélevée au trente-sixième jour après 



PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 395 

^inoculation, a montré une similitude absolue entre la struc- 
ture du trachome expérimental et celle du trachome spontané 
de l'homme. r. 

7) Aubarei et Magne ont expérimenté sur une vingtaine de 
sujets Toculo-réaction de Calmette. Ils décrivent simultané- 
ment les caractères cliniques de la réaction et admettent 
quatre formes à la conjonctivite tuberculinique : légère, 
moyenne, intense, très intense. Exceptionnellement, en effet 
chez quelques sujets la réaction est extrêmement vive : œdème 
des paupières, sécrétion purulente, larmoiement, douleurs, 
soit conjonctivite d une durée de vingt jours et demandant un 
traitement par des lavages et des collyres astringents. 
Quelques sujets n'ayant pas eu une première fois de 
réaction ont présenté à la deuxième épreuve une réaction très 
nette. n. 

8) Slatineano a pratiqué Toculo-réaction sur 80 malades, 
76 ont réagi et tous étaient tuberculeux et 4 n'ont pas 
réagi, 2 d'entre eux étaient tuberculeux avancés. L'auteur 
après l'oculo-réaction a pratiqué des injections sous-cutanées 
de tuberculine o m. oo5 par centimètre cube; il a constaté 
que l'œil qui a subi l'oculo-réaction (chez les tuberculeux 
comme chez les sujets qui n'ont pas réagi à la tuberculine), 
réagit à l'injection sous-cutanée de tuberculine de la même 
façon que lors de tuberculose locale. En dehors de la réaction 
thermique habituelle, après l'injection de tuberculine, il y a 
donc réaction congestive de l'œil, mais seulement au cours du 
premier mois qui suit roculo-réaction, r. 



PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 

OUVRAGES GÉNÉRAUX. STATISTIQUES 

1) Jakson (£.) et de Sohwelnitz. — (The ophthalmic year bool^. Vol. III. 
Deuvér. 

a) Beppy (G.-A.). — Manuel pratique d'ophtalmologie, aaS illustrations 
(Manual of practical Ophthalmology) (Lippincott et C*«. Philadelphia, 



396 MfiVùÉ eëfflRALk 

i) Cet duVhàgë, contehahl (}Uàraiitê-clh(} gfi^àVui'ëji^ ë&lltiëilt 
le rë^uitié de Id littérature ophtalmologique de Taiitiéé IgdS. 



r»Bt}ftir: 



2) BiLcellent lirre pour lès étudiantS| aeéempagné de nom- 
breux dessins. gobuAn. 



MALADIES DB LA CONJONCTIVE, DE LA CORNéE ET DB LA SClÉrOTIQUE 



1) Petit (P.)< — Epithelioma delà caroncule (Annales d^oculUtiqne, p. 37-41, 
juillet i^]. 

2) Qoltfftoeanb (D;). ^ Dialyse kérato-«oiijoti(stivale (B^eUBil d'^hUlm^- 
logie, août igoiS, p. 47S-83). 

3) Castelain. — Angiome de la conjonclive (Soc. d*opkl, dé Paris^ 6 juillet 
1906). 

4) Duiardin. -^ Kyste séreux de la cornée (La clinique ophL, septembre 

5) ibàHéH (Â.). — Sérothérapie dés dîbéres ïnt^ctiétix dé la cornée (La cli- 
nique ophialmoloffiqne^ 10 octobre 1906). 

6) Morax. — Kératite interstitielle au cours des trypanosomiases (Soc. 
d*opnl. de Paris, 9 octobre 1908). 

i) fiehadetti (A.). — i Contribution â Tétiidé du catarrhe des fbiiis. obterva- 
tion clinique (Recueil d'ophialmologiet septembre 1906, p. 53o-34). 

8) Qourfein. — Tuberculose conjonctivale primitive, formes cliniques, com- 
plicàiiohd, pronostic et traitfemeiit (ÀrehivèÉ d*6pMàlnVol6'ff(ti, séiitembrè 
1906^ p. 558). 

9) Ford (Rosa). — Un nouveau cas de conjohctivite anleparlum (A furlher 
note on ante parlum ophthàlmia) (Thé Opnthalmoscopt, ottobre 1906}. 

10) FI6I10P (Franb). — trâitemeilt de la kératite buUeufte par rirideclomiè 
( WilVs HqspHal ophthalmic Society, octobre 1906). 

11) Ziegler. — Klélano-sarcome du limbe scléro-cornéen (Will^s Bospiial 
Ophthalmic Society i octobre 1906). 

la) Oliver (CHAnLss, A.). — Cas eurieuz de trftumatisme du limbe scléro- 
corncen ( Will's Hospital ophthalmic Society, octobre 1906). 

i3]) Cheatham (W.)' — Cornée conique (Conical cornea) (Louisville Monihly 
journal of medicine and surgery, novembre 1906). 

14) Tournadeur.. — De la conjonctivite printanière ou catarrhe printanier 
(yfrch, méd. chir. du Poitou, novembre 1906). 

i5) Herbert (H.);— Les lavages ati perchlorure, dàtis la bôtyoilctirlte. Etude 
bactériologique (Perchloride irrigation of thc coi\junctiva, a bacteriological 
test) (The Ophthalmoscope, décembre 1906). 

16) Wood. (C.-A.). — Fissure de la membrane de Descemet due probable- 
ment i une myopie élevée (Fissures in the membrane of Descemet proba- 
bly due to high myopia) (Ophtfialmic Reeotd\ décembre 1906). 

17"; Agricole. — Kératite purulente à diplobacillus et son traitement (Uéber 
eitrige Diplobacillen-Keratitis, besonders Thérapie) (KU Monaieblt fé 
Angenh, 1906. Supplément, p. 160). 

18) Qifford (H.). — Angiome de la coqjonctive traité avec succès par des 



MALADIES DE LA OÔlIJOlHSTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 397 

iigteiîona d'aloQÔl abaolu (AnfîfMnH of th^ cQi^jun^UYf 8^ccç9sf^llly irçatcçl 
by ÎDJections of absolutc alcohol) (Ophthalmic Recora^ décembre 1906). 

19) Croft (B.-P.) — Un cas de aclérite (A case of sclcritis) (Ophthàlmio Re- 
cord^ décembre 1906). 

an) Bami*- TT B^ zofia Qphialmiqilp apr^» un fipçi4cat (Uebpr Ilerpos ZQsler 
ophthalmicus nach ynfall) (Thèse ae Fribourg-en'Brisgau, 1906). 

i) L'éplthélioma delà cs^Feacule eatuBe aiFeetioi^ extrême*- 
ment rare. Peéii apporte une observation Bo\iveUe. Il s'agia- 
sait d*une demoiselle de quatre-vingt-deux ans ayant à Tangle 
interne de Toeil gauohe une petite exoroissance eharnue, uleér 
rée. L'ablatlen pratiquée fut suivie de guérison. 

L'examen kistologique démontra qu'il s'agissait d'un épir 
thélioma pavlmenteux, avec formations analogues ^ des globes 
épidermlques. p. eiiAVBBHAi]. 

a) Cet article a été déjà analysé dans la Revue générale 
d'ophialmoloffiçj le 3i mai igoÇ. 

3) C^st^lui^, Etude gépéral^ 4u sujet bçiséçî sur 67 qbser- 
Yf^tion^i doîit 3 inédites ^t 2 per^pnnelles. rÉcmif. 

4) DnfardiH rapporte une observatiow clinique de kyi^te 
fléreui aup^pfioi^l de la eqrnée. Qautérisatiofi Wt tS9\y^W' 
eautère. Taie eonsécutive. r^H^i^, 



5) Darier rappelle les travaux de Roemer sur le traitement 
des ulcères infectieux de la cornée par les injections de sérum 
antipneumoeoecique. pbghin. 

6) Sur les préparations présentées par Morax, on constate 
la présence de trypanosomes à la limite de Tinfiltration cellu- 
laire et des tissus sains. Dans la aone d'inflltràtion, on trouve 
des parasites en voie de dégénération. On peut conclure que 
les lésions Interstitielles de la cornée sont la conséquence 
direete de la prolifération du parasite entre les lames de la 
cornée. pAghik. 

j) B^nedeêti publie une très intéressant^ observatioii d'un 
étudiant qui contracta le catarrhe des foins, forme oeulo^ 



a98 REVUE GÉNÉRALE 

nasale. Les recherches microscopiques ne donnent rien de 
caractéristique. pbrbtz. 

8) Gourfein rapporte deux observations de tuberculose 
conjonctivale primitive, Tune à forme ulcéreuse, Tautre à 
fortne végétante dite crête de coq. Dans le premier cas, le 
malade mourut par tuberculose cérébrale. Dans le second cas, 
après deux récidives, la guérison survint et s'est maintenue 
depuis dix ans. La nature tuberculeuse de cette affection fiit 
prouvée par inoculation au cobaye. La tuberculose conjonc- 
tivale peut donc déterminer des tubercules cérébraux. Elle est 
cependant guérissable, quelquefois après de longues rémissions. 
La forme ulcéreuse est plus grave que la forme végétante. 

9) Ford rapporte un nouveau cas de conjonctivite purulente 
ayant commencé avant la naissance et complète par de nou- 
velles considérations théoriques les idées émises par elle et 
par Stephenson sur les conjonctivites congénitales. Il s'agit 
d'un enfant né huit heures après le commencement du travail 
et quarante minutes après la rupture artificielle des mem- 
branes, il présentait, vingt minutes après son expulsion, une 
conjonctivite bilatérale intense avec œdème des paupières. 
Aucun écoulement antérieur chez la mère ; pendant le travail 
on n'a fait aucun lavage. j. mawas. 

10) Fisher rapporte un cas de kératite huileuse où, après 
avoir essayé différents modes* de traitement, il pense à Tiridec- 
tomie, malgré ce que lui a montré son expérience passée, qui 
n'était point en faveur de ce dernier procédé. 

Discussion. — Oliver estime que l'iridectomie donne 
d'excellents résultats dans des cas semblables à celui rap- 
porté par Fisher. Ziegler : Le meilleur traitement, c'est Tiri- 
dectomie. Goldeberg a obtenu d'excellents résultats avec la 
dionine en solution à 5 pour 100. Oliver dit aussi avoir obtenu 
de bons résultats avec la dionine. ouvbr. 

11) Ziegler rapporte un cas de mélano-sarcome du limbe 
chez un homme adulte ayant évolué rapidement. La première 



MALADIES Dl LA CONJONCTIVE, DE LA CORNÉE, ETC. 399 

fois que le malade se présenta à lui, il avait une petite plaque 
pigmentée à ce niveau. L'intervention refusée, le malade revint 
plus tard avec une grosse tumeur lobulée recouvrant les deux 
tiers du globe ; tout près existe une petite masse charnue non 
pigmentée, qui pousse vers la paupière inférieure. 



12) Le malade d'Oliver a eu une déchirure du limbe scléro- 
cornéen et de l'iris sous-jacent par un gros éclat d'acier, qui 
ne pénétra d'ailleurs point dans l'œil. Les deux bords de la 
plaie étaient éloignés Tim de l'autre, la chambre antérieure 
fermée. Pas de réaction. Cicatrisation de la plaie. La radio- 
graphie ne mit en évidence aucun corps étranger profond. 
Guérison complète au bout d'un certain temps avec cicatrice 
très peu visible. Vision normale, de même que le champ 
visuel. Traitement : Compresses glacées, atropine, repos au 

lit. OUYBR. 

i3) Cheatham rapporte deux cas de cornée conique. Un des 
malades fut opéré puis traité par la dionine, mais un glaucome 
se déclara et il fut nécessaire de pratiquer une énucléation. 
L'état de Tautre malade fut amélioré par une cautérisation. 



i4) Tournadeur^ à l'occasion d'un jeune malade de sept ans 
qui présentait une conjonctivite printanière anormale, présente 
une étude clinique du catarrhe printanier. Son petit malade 
avait des exubérances printanières en dehors du limbe à 4 ou 
5 millimètres en dehors de ce dernier ; outre cette situation 
anormale, une des efflorescences s'était ulcérée. D'après l'au- 
teur, il ne s'agissait nullement de phlycténules. Dans le traite- 
ment. Fauteur recommande l'association du sulfate de zinc à 
l'adrénaline. Il recommande aussi l'application, souvent répétée, 
de compresse^ d'eau bouillie très froide sur les paupières. 



i5) Herbert y dans le but de savoir si on peut opérer sans 
danger les cataractes des jeux atteints de conjonctivite de 
n'importe quelle nature (exception faite des conjonctivites 



4ÛÛ iiBvuE a4Niii4i4t 

tpaohamatM9e«, follioulairM, kyitaa oonjonetivaus) institue 
UDQ perte de pecberehes pour eoanaître la valeur péelle de« 
irrigfitiwa conjonctivalea, faites pendant une à deux minutes, 
avec du peinshlarure k i sur 3,ooo. Sur 5o cas étudiés, l'auteur a 
remarqué qu'an peut faire' les divisions suivantes: i^* Peu dç 
microerganismes avant et après le traitement; 2® nombreux 
microorganismes, diminution considérable après le traitementr, 
diminution suffisante qu^on peut considérer comme guérison 
définitive (?); S"* nombreux mieroorganismes, le traitement 
fut insuffisant. Dans eette dernière série, sur 4 cas, il y avait 
une conjonctivite granuleuse, un xéi*esis, ime rougeur intense 
avec cicatrices eonjonctivales. j. mawas. 

16) La malade de Wood, une fillette de dix ans, présentait 
une myopie de ao dioptries dans un œil et un astigmatisme 
hyperopique composé dans l'autre. En examinant la cornée de 
l'œil myope, on observa de nombreuses lignes obliques ou fis- 
sures dans la couche postérieure de la cornée. Les lignes étaient 
parallèles, de couleur blanc rougeàire à l'éclairage oblique et 
ne prenaient pas la flùorescine. cobvrit. 

1?) Tandis que jusqu'ici on considérait une infection de la 
cornée par des diplobacilles comme extrêmement rare, le nom- 
bre des cas observés a tellement augmenté dans ces derniers 
tempil que cette maladie devient d^un intérêt général. 

La marche clinique est telle d'après AffrieeU, qui se base 
sur as cas observés h la clinique de Fribourg-en-Brisgau que 
Toi) peut souvent faire le diagnostic exact sans l'examen de la 
sécrétion. Toutefois, Tinjection des angles de la eenjenetive 
oaraciériptique pour la conjonctivite diplobacillaire manque 
quelquefois et, quant à la cornée ses lésions peuvent n^étre 
qu'une légère infiltration superficielle, mais aller aussi jus- 
qu^ai^x formes les plus graves de la kératite à hypepyen que 
jusquHei, on ^l'attribuait qu'au pneumocoque. L-examen bacté- 
riologique du fond de Tucère est donc toujours nécessaire, non 
seulement au point de vue du pronostic, mais aussi pour le 
traitement) en effet, tandis que dans IHilcère à pneumocoques, la 
cautérisation eu l'opération de Saemisch sera toujours néees" 
saire, une thérapeutique eenservative au sulfate de sine sera 



MALADIES DE LA GOlIJOlfGTlVE, D£ LA CORNÉE, ETC. 401 

presqu6 toujours suffisante pour la kératite à diplobacilles. Les 
résultats contraires de divers auteurs s'expliquent d'après 
Agricola par le fait que le traitement n'a été ni assez persistant 
ni assez intensif. Voici la technique de la clinique de Fribourg. 
Dans tous les cas de conjonctivite diplobacillaire, on instille 
au moins lo fois par jour une solution de sulfate de ziac à 
I /a pour loo et cela en assez grande quantité pour que la cor- 
née de Tœil, regardant en bas, soit vraiment baignée pendant 
une minute dans la solution. En outre, on applique 5 fois par 
jour pendant vingt minutes des compresses imbibées de la solu- 
tion de zinc à 3 pour loo et, enfin, dans les intervalles, on 
introduit dans le sac conjonctival une pâte d'ichtyol et de sul- 
fate de zinc à i5 pour loo. On n'a jamais vu de mauvais 
effets de ce traitement si énergique que Ton continue longtemps, 
mais en l'atténuant, après la guérison de l'ulcère. On vit au 
contraire les formes les plus graves de kératite à hypopyon 
guérir dans un temps relativement court, en laissant une opa- 
cité relativement faible. A la description des 22 cas sont 
joints des dessins schématiques qui démontrent qu'il s'agissait, 
dans plusieurs d'entre eux, de formes très graves de kératite 
à hypopyon. krvkbnbiiro. 

i8) La malade de Gifford^ une fillette de quatre ans, était 
porteur d'une tumeur de la caroncule gauche depuis l'âge de 
deux mois. La tumeur était rouge sombre, lobulée, et s'éten-* 
dait du fornix jusqu'au centre de la cornée qu'elle dépassait 
même. On pratiqua de nombreuses injections à Tacool absolu 
sous anesthésie légère au chloroforme, la tumeur diminua gra- 
duellement et disparut complètement. Gifford croit que cette 
méthode est préférable à celle qui consiste à injecter de l'eau 
chaude, mais que dans certains cas il peut être nécessaire 
d'isoler la tumeur pour empêcher une diffusion trop rapide de 
Talcool et, parfois aussi, une excision de la tumeur doit complé- 
ter le traitement. coBtrMf. 

19) La malade de Croft^ une femme de trente-deux ans 
fut atteinte de sclérite grave pendant laquelle on nota cinq 
élevures distinctes de la sclérotique, chacune s'accompagnant 
d'une exaeerbatioA des symptômes. Pendant l'attaque, l'iris 



402 KEVUE GÉNÉRALE 

ne fut pas influencé par les mydriatiques. On ne put porter 
le diagnostic d'iritis que la troisième semaine et pendant la 
quatrième exacerbation. La congestion conjonctivale et sclé- 
roticale ne céda que difficilement à Faction de Tadrénaline. 
La vision était réduite à 20/200 pendant la maladie, mais revint 
à 20/20 avec un verre sphérique de — 2 D. Quand Taffection 
fut guérie, la vision revint à 20/ 1 5 sans verre. La photophobie 
et le larmoiement furent extrêmes et les souffrances avaient 
nécessité Temploi des analgésiques. gobcmi. 



MALADIES DE l'iRIS, DE LA CHOROÏDE ET DU CORPS GILIAIRB 
GLAUCOME, AFFECTIONS SYMPATHIQUES. 

i) Valude. — Tubercule de la choroïde f Soc. d'ophl. de Paris, 6 juillet 1906). 

a) Monthut. — Sur un cas de sarcome mélanique du traclus uvéal. Migra- 
tion des éléments néoplasiques dans le nerf optique (Soc. d^ophl, de Paris, 
6 novembre 1906). 

3) Abadie — Glaucome et sympathectomie (Soc, d'ophi. de Paris, 6 décem- 
bre 1906). 

4) Tepson (A.). — Sur le pronostic du sarcome mélanique de la choroïde 
(Soc. d'opht. de Pam, 6 décembre 1906). 

5) Roohon-Duvigneaud. — Sur le pronostic du sarcome mélanique de la 
choroïde (Soc. d'opht. de Paris^ b janvier 1907). 

6) Rooh. — Ilippus (Soc. méd. de Genève, a5 octobre 1906). 

7) Coppez (H.). — Un cas de mydriase se transformant en myosis dans la 
flexion de la tète ^5oc. belye d*ophUlm.^ a5 novembre 1906). 

8) Aibitot. — Mode d'action de riridectomie dans le glaucome. Son méca- 
nisme intime. Confirmations cliniques (Modo de accion de la iridectomia 
en el glaucoma. Su mecanismo intimo ; comprobaciones clinicas) (Soc, 
Oft. hispano-amer ic, mai, et Arch, de Ofialm. hisp.-amer., septembre 
1906). 

9) Sauton (Ubnri). -^ Contribution à l'étude du traitement de Tiritis rhu- 
matismale par les injections in tra- veineuses de salicylate de soude (Thèse 
de Paris, mars 1906}. 

10) Duolos. — Coigonctivite tuberculinique (Arch. méd. de Toulouse, 
1" octobre 1906). 

11) Coomet (M -F.). — Sarcome de la choroïde (Sarcoma of the choroîd) 
(Amer. Pract. ana News, avril 1906). 

12) Howley (B.-M.). — Sarcome de la choroïde (Sarcoma of the choroid) 
(American medicine, septembre 1906). 

i3) Contiglio (A.). — Sur une nouvelle forme d'ectropion de l'uvée (Di una 
nuova forma di ectropion uveae) (Rivista ital, di Oilalmologiat novembre- 
décembre 1906). 

1) Tubercule solitaire de la choroïde de Toeil gauche chez 
un garçon de dix-sept ans — ayant Taspect d'une plaque jau* 



MALADIES DE L'IRIS, DE LA CHOROÏDE. ETC. 403 

nâtre formée de deux zones sans pigment. — Cet aspect cli- 
nique suffit pour que Valude fît le diagnostic du tubercule, 
diagnostic que paraissent confirmer Tétat général du malade, 
sa mort consécutive à des accidents méningitiques et à ses 
antécédents héréditaires. pbchin. 

2) Sarcome mélanique fuso-et globo-cellulaire à grosses cel- 
lules chez une femme de trente-trois ans. — A Texamen his- 
tologique, Monthus constate que le nerf optique est envahi 
par les mêmes éléments que ceux que Ton trouve dans la 
tumeur. — Ce fait vient à Tencontre de Fopinion classique qui 
admet dans le sarcome du tractus uvéal un accroissement seu- 
lement par continuité et vient à l'appui de celle d'Ewetsky 
pour qui il existe, dans certain cas, une dissémination réelle 
et active des éléments sarcomateux. pbchin. 

3) Abadie présente une malade opérée d'une double iridec- 
tomie pour glaucome et de sympa thectomie à droite. La cécité 
survint à gauche ; à droite, la vision reste stationnaire. 



4) Terson A. rapporte l'observation d'une femme de trente 
et un ans atteinte depuis quelques mois d'un sarcome mélanique 
choroïdien. Enucléation. Mort un an et demi plus tard d'une 
sarcomatose mélanique du foie. 11 résulte de la discussion de 
ce cas que le sarcome mélanique de la choroïde atteint rarement 
les personnes jeunes et que, chez elles, la proportion des cas 
mortels est plus forte que chez les sujets âgés. pÉcHm. 

5) A propos de la communication sur ce sujet faite par 
A. Terson à la séance du 6 décembre 1906, Rochon-Duvi- 
gneaud rapporte l'observation d'un homme de trente-cinq ans 
atteint d'un sarcome mélanique né dans les franges ciliaires, 
vers Tangle cilio-irien, qui simula une iridodialyse et qui a 
progressé avec rapidité. Enucléation. Mort deux ans et demi 
après cette opération. Pas de nécropsie. Aucun renseignement 
n'a été fourni sur l'existence ou l'absence d'une récidive orbi- 
taire* pécHm. 



404 REVUE GÉNÉRALE 

6) Roch présente une malade qui montre le phénomène de 
Fhippus. C'est une femme de soixante et onze ans en traitement 
pour dépression nerveuse, ptôse gastrique et sclérose des som- 
mets pulmonaires. Outre les symptômes propres à ces mala- 
dies, on remarque une forte inégalité pupillaîre, la pupille 
droite étant plus petite que la gauche. De plus, à droite, la fente 
palpébrale est moins ouverte qu'à gauche, la pression intra- 
oculaire parait diminuée, la joue est plus aplatie et plus pâle 
du même côté, tandis qu*à gauche, on constate avec la my^ 
driasela rougeur de la pommette; la transpiration est aussi 
plus abondante du côté gauche de la face que du côté droit. 
Les réactions pupiliaires sont parfaitement normales des deux 
côtés soit à la lumière, soit à l'accommodation . Quant à Thippus 
il est très prédominant à gauche (côté en mydriase) et il consiste 
en mouvements iriens rapides (deux secondes), très irréguliers 
n'étant en connexion ni avec le pouls, ni avec la respiration. 

On peut interpréter ce cas de deux façons : ou bien il s'agit 
d^un hippus bilatéral névropatique, moins apparent à droite 
à cause du niyosis provoqué par la paralysie du sympathique 
de ce côté-là ; ou bien au contraire il existe une excitation du 
sympathique du côté gauche, qui est cause à la fois de Thippus 
et de la mydriase. Les réactions à Tésérine et à Tatropine per- 
mettront probablement de trancher la question. On peut affir- 
mer déjà que le sympathique est troublé dans son fonctionne- 
ment et il est très vraisemblable que ce trouble est provoqué par 
les lésions d^un ou des deux sommets pulmonaires. b. 



7) Çoppez présente une jeune fille de dix-neuf ans chez 
laquelle la pupille gauche se resserre brusquement lorsqu'elle 
fléchit la tête en avant. En même temps, elle ressent dans cet 
œil une douleur pareille à un coup de stylet qui traverserait le 
globe. Si la malade relève la tête, le myosis persiste pendant 
dix secondes, et, en trente-cinq secondes, la pupille rede- 
vient normale. Elle est alors un peu plus dilatée que celle du 
côté droit et réagit moins bien à la lumière et à Taccommoda- 
tion ; il y aurait donc un peu de mydriase spasmodique de 
l'œil gauche, qui, dans la flexion de la tête, se transforme- 
rait en myosis paralytique. C'est la contraction brusque du 



IfHADIES DE L*IRIS, 01 LA CHOROÏDE, ETC. 405 

sphincter qui provoquerait la douleur. La malade présente une 
polyadénite ohronique siégeant surtout dans le médiastin pos- 
térieur et refoulant la masse de l'aorte vers la gauche. Cop* 
pez pense que, dans les mouvements de flexion de la tète, la 
contraction des sterno-ma'stoïdiens refoule la masse ganglion- 
naire vers le thorax et provoque, par suite, la compression du 
sympathique cervical. Il en résulte une interruption momen- 
tanée dans Faction du sympathique, d*où myosis. r. 

8) Alhitos formule les conclusions suivantes: 

1° L'action de Tiridectomie est purement mécanique; elle 
supprime en un point l'angle irido-cornéen. 

a» C'est sm* ce principe que se fondent les axiomes cliniques 
soutenus empiriquement par tous les auteurs de la nécessité de 
la section périphérique et d'une large iridectomie. 

3® L'effet bien connu que les myotiques exercent sur l'angle 
atteint son maximum par riridectomie qui le supprime. 

L. ORANDCLBMBNT. 

9) Sauton dit que les lésions rhumatismales de l'œil, dans 
,leur physionomie générale, étiologique et clinique, ont des 

caractères qui les rapprochent beaucoup des lésions syphiliti- 
ques : apparition à une période plus ou moins éloignée de la 
diathèse ou de Tintoxication, récidives fréquentes, longue 
durée, gravité. On peut attribuer au salicylate de soude une 
action dans le rhumatisme semblable à celle du mercure dans 
la syphilis. Le salicylate de soude en injection intra-veineuse 
employé dans le traitement des localisations oculaires du rhu- 
matisme présente les avantages considérables qui suivent : 

Le manuel. opératoire est facile, à la portée de tous les 
médecins praticiens. Il est sans danger si on prend certaines 
précautions usuelles. Il a une action indiscutable sur la mar- 
che de riritis rhumatismale. 11 calme les douleurs, diminue la 
fréquence des récidives, il abrège la durée de l'inflammation 
et, par conséquent, prévient certaines lésions graves qui persis- 
tent habituellement après que le rhumatisme a porté une ou 
plusieurs atteintes sur les membranes oculaires. 

Le traitement par injection intra-veineuse présente sur le 
mode de traitement par ingestion les avantages suivants : La 



400 hevue Générale 

quantité de médicament administrée est moindre. Le salicjlate 
est totalement absorbé, Faction est nette, Feffetest plus rapide 
et semble plus durable. 

Nul doute que ce mode de traitement, qui n'a été jusqu'ici 
appliqué que dans Tiritis, ne donne de nouveaux succès dans 
les autres manifestations oculaires du rhumatisme et dans les 
manifestations générales rhumatismales. l'avtbur. 

I o) Duclos rapporte le cas d'un jeune homme qui, au moment 
d'injecter à un bœuf soupçonné de tuberculose une dose de 
tuberculine, reçut sur Tœil un jet de ce sérum. Aussitôt après, 
douleur, puis œdème des paupières. Le lendemain, écoulement 
muco-purulent, chémosis, pupille paresseuse, adénite préau- 
riculaire. Guérison rapide, sauf la mydriase. b. r. 

I I ) Le malade de Coomes ne voyait pas de Tœil atteint. 
Fond d'œil invisible. On fit une iridectomie qui calma les dou- 
leurs, dues à l'hypertension. Pansement compressif. Peu de 
temps après, hémorrhagie dans la chambre antérieure suivie 
d'une autre intervention. L'œil excisé et coupé a montré un 
mélano-sarcome de la choroïde. codurn. 

12) Howley rapporte un cas de leucosarcome de la 
choroïde. coburx. 

i3) Consiglio a examiné un œil provenant de la clinique du 
professeur Fuchs (Vienne) : Atrophie de l'œil droit à la suite 
d'une irido-cyclite chronique. Il s'est formé un exsudât dans 
la chambre postérieure, qui d produit une occlusion et une 
séclusion pupillaire ; il est probable qu'au moment de l'organi- 
sation cicatricielle avec rétraction de Texsudat, celui-ci, qui 
adhérait k la face postérieure de l'iris, a provoqué réversion du 
bord pupillaire, projetant ainsi le sphincter en avant, d'où 
ectropion de luvée (1 figure). o. dubrbuil. 



MALADIES DE LA R^TIffE, DU ffERF OPTIQUE, ETC. 407 

maladies de la rétine, du nerf optique et des centres nerveux 
(amblyopie et amaurosb, dyschromatopsib) 

i) Cantonnet. — La réfrion papillo*maculaire et la përimétrîe des couleurs 
dans le décollement rétinien (A rc/itves d'ophlalmologie^ août igo6, p. 5i3), 

a) Pook (W.-H.). — Un cas de dégénérescence kystique du corps pituitaire. 
et compression duchiasma (Report of a case of cysticdef^eneration of the 
pitiiitary body with pressure on the optic chiasm,) (Ophihalmology, avril 
1906). 

3) 8tephenton (Sydney). — Sur la fréquence et les variétés cliniques des 
fibres à myéline de la rétine (On the frequcncy and clinical varieties of 
opaque nerve fibres of the retina) (The Ophthalmoscope, décembre igo6). 

4) Napier (F.-H.)- — Une série de 63 cas de névrite optique descendante, 
probablement résultant d'une infection pneumococcique (A serjes of 63 
cases of descending optic neuritis probably the rcsult of pncumococcal 
infection) (Ann» of Ophth,^ avril 1906). 

5) AsounoQ. ^ Congestion papillairc et asthénopie (La congestion papilar y 
astenopia) fSoctec/Ad Oftalm. hisp.'americ, Madrid, mai 1906). 

6) Hoffmann (V.). — Contribution à la casuistique des gliomes des deux 
rétines avec ossification (Ein Beilrag zur Kasuistik der doppelseiligen 
Netzhautgliome mit Knochenbildung) (Thèse de Wûrzbonrg^ 1906). 

7) Alflorl (Alessandro). — A propos de l'opération de Millier pour la cure 
du décollement de la rétine (A proposito dell' operazione di Miiller per la 
cura del distaco di retina) (Revisla liai, di Oltalmologiaj novembre-décem- 
bre 1906). 

8) Moeser. — Hémorragies rétiniennes après compression du thorax (Ueber 
Netzhautblutung nach Thoraxcompression) fT/ièse de Leipzig^ 1906). 

9) Kraft. — De la fréquence de la stase papillaire dans les tumeurs et les 
abcès du cerveau (Uebcr die HUufigkeit der Stauungspapille bei Tumoren 
und Abscpsscn des Gehirns) (Thèse de Marbonrg, 1900). 

10) Lowit. — Atrophie tabétique du nerf optique dans la s^rphilis hérédi- 
taire (Tabische Sennervenatrophie bei heredil&rer Lues) (Thèse de Berlin^ 
1906). 

il) Viterbl (Achille). — Quelques cas d'amblyopie par fixation du soleil 
pendant Téclipse du 3a août ioo5 (Alcuni casi di ambliopia prodotta dall* 
a ver fissato il sole nelle varie lasi deir eclissi 3o agosto 1905) (Giorn. del R. 
Acad, di Medic, di Tori'no, juin-juillet 1906). 

la) Voasey (C.-A.). — Névrite rétro-bulbaire foudroyante (Case of fulminant 
retrobulbar neuritis) (Medicine, 1906 déc). 

I ) Cantonnet cherche à apprécier, par Tétude attentive de 
La perception des couleurs, la valeur fonctionnelle de la partie 
de la rétine non décollée. Les champs visuels pris soigneuse- 
ment dans ses cinq observations lui ont montré le champ des 
couleurs très rétréci par rapport au blanc et, en particulier, le 
champ du bleu plus petit que celui du rouge. 11 y aurait donc 
dans les parties non décollées une zone de souffrance s'accu- 
sant par des scotomes relatifs et dus à des tiraillements réti- 
niens. En revanche, la région papillo-maculaire a conservé 
toute sa valeur fonctionnelle. bbnbzbch 



400 REVUE GÉHtRALE 

a) La malade de Peck est une femme âgée de quarante et un 
ans, ayant présenté un abaissement considérable de la vision, 
de la somnolence et une soif ardente. Du côté des yeux, on no- 
tait : hémianopsie bitemporale, pupilles très dilatées. Rien au 
fond d'oeil. Au bout d'un certain temps, vision abolie dans tout 
le champ visuel, excepté dans la région maculaire ; en même 
temps, perte de la mémoire et céphalées ; enfin, délire et coma, 
suivi de là mort. A l'autopsie tumeur de la glande pituitaire, 
aplatissement de la selle turcique ; le chiasma est aplati et 
déjeté, coBURN. 

3) Stephenson, examinant 4^ 1 2 enfants âgés de moins d*un 
an à quinze ans, a trouvé 29 d'entre eux ayant des fibres 
opaques .à myéline. Ce qui fait un pourcentage de 0,68 pour 
100, chiffre se rapprochant de celui de WoUemberg qui est 
de o,65 pour 100. Les enfants du sexe masculin semblent 
présenter cette anomalie plus souvent que ceux du sexe fémi- 
nin (0,86 pour 100 pour les premiers, 0,47 pour 100 pour les 
seconds ; il faudrait ajouter pour être exact que le nombre des 
enfants mâles examinés était plus élevé que celui des filles). 
Rarement les deux yeux sont atteints. Après avoir donné une 
description de l'apparence et de la position des fibres autour 
de la papille, l'auteur décrit en détail 4 cas de fibres excentri- 
ques, à myéline. 4. xawas. 

4) L'article de Napier est la reproduction d'un travail du 
même auteur paru dans le TransvaalMed. Journ., janvier 1906. 
C*est l'étude des épidémies de pneumonie de 1894 et 1898, 
avec plusieurs morts, soit de pneumonie, soit de pneumonie 
compliquée de dysenterie. Vingt-six autopsies furent faites; on 
trouva dans tous les cas une rhinite purulente et des nécroses. 
Au cerveau, infiltration par le pus de la pie mère et de l'ara- 
chnoïde, sur une assez grande étendue. On y décela le pneu- 
mocoque, qui était sûrement cause de la méningite cérébro- 
spinale. 

Mais dans tous ces cas on n observa aucune lésion oculaire. 
On sait que dans la méningite par méningocoque, il existe 
une névrite descendante, suivie de papillite et d'atrophie post- 
névritique ; il existe aussi de la choro'îdite purulente et de la 



MALADIES DE LA RÉTINE» DU HERF OPTIQUE» ETC. 409 

conjonctivite. Napier, en étudiant Tépidémie de igoS, chez les 
indigènes, a observé 200 cas, avec 35 morts. Les autres guéris 
ont remarqué peu de temps après, une diminution considé- 
rable de la vision, Tauteur en examina à ce point de vue 
65 personnes. Voici ce qu'il a trouvé : 28 ne présentaient au- 
cune lésion oculaire, mais avaient une diminution considérable 
de la vision, qui leur permettait seulement de voir les doigts ; 
II, avec hypérémie de la papille; i3, avec hjperémie de la 
papille et distension des veines ; 1 1 avec papillite ou atrophie. 
Dans aucun cas, on n'observa de rétinite. Le rétrécisse- 
ment du champ visuel et la nyctalopie ont été fréquemment 
observés. Ceux qui ont fait les autopsies pensent que Tinfec* 
tion allait du sinus sphénoïdal, au nerf, à l'arachnoïde et à 
la pie-mère. coBunir. 

5) Pour Ascunce il est impossible de distinguer clinique- 
mentrhyperémiepapiUaire, due à Tasthénopie, des congestions 
rétiniennes dues à d'autres causes. Les changements de réfrac- 
tion statique que l'on observe dans les cas de congestion de 
la rétine ne peuvent s'expliquer par le raccourcissement de 
Taxe antéro*postérieur de Toaildû à cette congestion, mais sont 
très probablement en relation avec des modifications dyna- 
miques dues à la fatigue du muscle ciliaire. L*hyperémie pa* 
pillaire est le signe objectif de la suractivité fonctionnelle de 
l'œil, un symptôme de l'asthénopie, et c'est le traitement de 
celle-ci qui doit être appliqué. l. oranpclbmbnt. 

6) La malade de V. Hoffmann est une fillette de cinq ans 
et demi. A l'âge de neuf mois, énucléation de l'œil droit à cause 
d'un gliome. Dans le quinzième mois l'œil gauche devient 
également aveugle et douloureux. Mais au bout de trois ans 
les douleurs cessent, l'œil diminue de volume, mais les dou- 
leurs reparaissent et il fallait pourtant faire l'énucléation ; 
Tenfant meurt par suite de métastases du cerveau et des os. 
L'œil est complètement rempli par la tumeur, à tel point 
qu'on ne retrouve plus les membranes de Tœil (choroïde, 
rétine, etc.) w. stock. 

7) Alfieri rappelle rapidement les principes de l'opération 



410 REVUE GÉlfÊllALE 

de MùUer pour le traitement du décollement rétinien ; Le 
volume de la coque oculaire est supérieur à celui du vitré, 
donc il faut le réduire : on excise une languette de sclérotique, 
et Ton suture les lèvres de la plaie. Or, avant Millier, M. Keown 
avait publié dans le Dublin Journ. of med. Science un procédé 
en tous points semblables analysé dans NageVs Jahresbericht^ 
1877 en ces termes : M. Keown, dans le point correspondant 
au décollement rétinien (dans le cas particulier entre le droit 
interne et le droit inférieur), excise avec un couteau de de Graefe 
un morceau de sclérotique et de choroïde de une ligne de lar- 
geur et réunit par une suture la brèche conjonctivale. Il obtint 
une notable amélioration. 

La note de Alfieri a son intérêt bibliographique. Millier n a 
certainement par connu le travail de M. Keown , mais c'est 
une preuve de plus que, en thérapeutique : multa renascen- 
tur qux jam csecidere. o. dubrevil. 

8) Après les indications bibliographiques, Môser décrit le 
cas suivant : 

Un homme de cinquante ans fut serré entre les tampons de 
deux wagons de chemins de fer. Hémorragie par la bouche et 
le nez, troubles de la vue. Le premier examen des yeux eut 
lieu six semaines après Taccident ; on trouva des deux côtés 
d'énormes hémorragies dans le fond des yeux. 

Le cas se termina par une atrophie du nerf optique droit. 
V= mouvements de la main, de très près; pâleur de la pa- 
pille gauche. V = S/ao. ' w. stock. 

9) Kraft a relevé dans la littérature 826 cas de tumeurs et 
207 d'abcès du cerveau, et a recherché combien de fois on 
avait observé la stase papillaire. Voici les résultats : Sur 
699 cas, dans lesquels on avait admis une tumeur, la stase pa- 
pillaire existait dans 5oo, soit 82,1 pour 100; sur 79 cas 
d'abcès du cerveau, elle se rencontrait 38 fois, donc 48,0 

pour 100. w. STOCK. 

10) Lewit décrit l'histoire d'un jeune homme de vingt-six 
ans atteint de tabès typique avec atrophie du nerf optique qui 



MALÂItlES DU GRISTÂLUN ET DU CORPS VITBÉ 411 

n*avait pas eu d'infection syphilitique , mais dont la mère était 
morte de paralysie générale. w. stock. 

1 1) Viterbi rappelle brièvement les cas déjà publiés de Du- 
four, Emmert, Reich, Haab, Leber, Deutschmann; il a pu 
observer pour son compte 1 1 cas d'amblyopie qu^il rapporte 
sans détails. ». n. 



MALADIES DU CRISTALLIN ET DU CORPS VITRK. 

i) Lafon. — Cataracte postérieure double f^Soc. d*An&t. et de Phys, de Bor- 
deaux^ 8 avril 1907). 

2) Lafon. — Luxation ancienne du cristallin dans la chambre antérieure 
(Soc, d'Anat. et de Phys, de Bordeaux, i5 avril 1907). 

3) Saiitos Farnandez. — Deux cas de cataracte polaire antérieure d'origine 
différente (Dos casos de catarata polar anterior dediverso oriçcn) (Archi- 
vos de Oflalmologia hispano-amer ic, février 1907) . 

4) Clark (G. -F.). — Arrachement de la capsule antérieure dans rcxtraclion 
de la cataracte (The anterior capsule in the extraction of cataract) (Ohio 
state med. journ.^ i5 septembre 1906). 

5) Gibaon (R.-D.). — De quelques indications de détail parfois oubliées dans 
l'extraction de la cataracte (Some of the minor détails frequcnlly neglec- 
ted in cataract extractions) (Ohio state med. journ,, 16 septembre 1906). 

6) Green (D.-W.). — Des résultats optiques de l'opération de la cataracte 

i Visual results after cataract extraction) (Ohio state med, journ., septcm- 
)re 1906). 

i) Lafon rapporte un cas de cataracte postérieure double 
chez un homme de vingt-cinq ans, opacité centrale avec 
rayons, d'où aspect d'une marguerite. Dans la crainte de la par- 
ticipation de la capsule postérieure et d'une rupture de la zonule, 
on extrait le cristallin dans sa capsule. n. 

2) Chez une femme de soixante-douze ans, dit Lafon, cris- 
tallin luxé dans la chambre antérieure avec phénomènes de cal- 
cification. Le cristallin s'est luxé spontanément et a provoqué 
un glaucome aujourd'hui absolu. La malade ne souffrant pas, 
il n'y a pas lieu d'intervenir. n. 

3) Santos Fernandez rapporte 2 cas de cataracte polaire anté- 
rieure. La première succéda à une ophtalmie purulente avec per- 
foration de la cornée et prolapsus de l'iris. La deuxième fut 



412 REVUE GtirtRÀLE 

observée sur un œil atteint en marne temps de rétinite pig- 
mentaire congénitale. l. orandglbmbnt. 

4) Clark trace une ouverture carrée dans la cristallo'ide 
antérieure, la portion ainsi délimitée est ensuite extraite avant 
l'expulsion du cristallin. Ce procédé remplace la simple kysti- 

tOmie. GOBURH. 

5) Le travail de Gibson a trait à tous les détails de la pré- 
paration du malade pour l'extraction de la cataracte et Fau- 
teur s'occupe des antécédents, du régime, de la salle d'opéra- 
tion, de Tantisepsie du malade, de l'opérateur et des instru- 
ments^ détails souvent négligés. coburw. 

6) Green s'occupe des résultats optiques obtenus par l'extrac- 
tion de la cataracte et rapporte loo opérations avec leurs 
résultats définitifs. gobitrn. 



MALADIES DE LA r6pRACTI0N, OX L*AGCO|f MO DATION BT DSS MU8GLBB DB l'oBIL 



i) Siegrist. — Do la nécessité de faire examiner les yeux des écoliers avant 
leur entrée  Técole. (Ueber die Notwendiçkeit die Augen der schulpflich- 
tigen Kinder vor dem Schuleintritt untersuchen zu lassen) (Klin, MormUbL 
f, Augenh.^ 1906, Supplémenit p. i). 

a) Bouohaud. — Un cas d'ophtalmoplégie unilatérale, totale et complète 
avec cécité du même côté (Journ. de Neurologie, Nov. igo6). 

3) Godelstein. — Un cas de méningite syphilitique de la base avec ophtal* 
moplégie complète (Ueber einen Fall von Meningitis basilaris syphilitica 
mit combinierter Augenmuskell&hmung) (Thèse de Berlin 1906). 

4) Bettremleux. ^ Traitement du strabisme visant Tinnervation de conver- 
gence par une intervention chirurgicale portant exclusivement sur Voeil 
Rxtint (Société d'Ophi, de Paris, 6 nov. 1906). 

5) Knapp (H.). ^ Des rapports de l'accommodation et de la motilité avec 
la réfraction oculaire. (The dépendance of accommodation and motility on 
the refraction of the eye) (Archives, of OphthAlmology^ nov. 1906). 

6) Landolt (E.). — L'unification de la notation de Tacuité visueUe (Die 
Vcreinheitlichung der Bestimmung der SeeschÔrfe) (Zeitschr, fûrAugen' 
heilk,, XIII, p. 519). 

7) WUrdeifififin (H.-W.). — La guérison du strabisme convergent par le 
traitement orthoptique à Tî^ge de vingt ans (Cure of convergent strabismus 
by orthoptie treatment at ao years of âge) (Ophihalmology^ Juillet 1906). 

8) Wolf (Hugo). — I. Sur le tendon du muscle releveur de la paupière 
supérieure, it. Sur mon opération du symblépharon par suture de lam- 



llALADtES DE LA RÉfRACriOll, DE L'ACCOIIMODATlOIf, ETC. 4i3 

baux transplantés aveo l'irradiation tendineuse du droit supérieur. III. Sur 
la transmission de rcfTet du droit supérieur sur la paupière supérieure dans 
le cas de ptosis (I. Uebcr die Sehne des Musculus levator palpebrae supe- 
rioris. II. Uebcr meine Symblepharonoperation mit Ann&hung Iransplan- 
tierterLappenandieSehnenaustrahlungcles Reclus oculi superior. III. Ueber 
die Uebertragunç der Wirksamkeit des Hectus oculi superior auf das Ober- 
lid bei Ptosis) (Zeiischr. f, Augenheilk., XIV, p. 440). 

9) Bryant (D.-C). -^ Névroses réflexes dues à de la fatigue oculaire (Reflex 
neuroses from eye strain) (UUh med» Journ.^ déc. 1906). 

i) SiegrUt à,àla demande du gouvernement de Bâle, examiné 
les yeux de tous les enfants qui entraient à Técole prépara- 
toire. Le résultat de ce long travail est très intéressant. 

Il constate tout d'abord que, déjà à cet âge peu avancé, un 
nombre assez considérable des enfants a une acuité insuffi- 
sante. Sur4'^i garçons, io5, soit 24,3 pour 100 avaient sur 
un œil ou même sur les deux yeux une acuité <! 1 et sur 
43 1 fillettes, il y en avait même 33 pour 100 avec une acuité 
diminuée. Sur le total des élèves, la proportion était de 
29 pour 100. La cause était rarement la myopie, 3,7 pour 100, 
beaucoup plus souvent l'hypermétropie, 22 pour 100 et surtout 
l'astigmatisme, 5o pour 100. 

Ce fait est d'autant plus important que les faibles astigma- 
tismes, selon la règle, de o,25 à i,25 D, ne sont pas compris 
dans ces chiffres (Siegrist les a considérés comme des cas nor- 
maux), il prouve la grande importance d'un examen précoce 
car, outre la diminution de l'acuité, l'astigmatisme provoque 
souvent des troubles asthénopiques de toute espèce. 

Siegrist attribue à cet astigmatisme une grande importance 
pour le développement de la myopie scolaire, car, comme la 
diminution de l'acuité existe aussi bien pour la vision de près 
que pour celle à distance, l'enfant est absolument obligé de se 
rapprocher des objets ou des lettres qu'il regarde, et c'est là un 
facteur important dans le développement de la myopie. 
Siegrist a en effet trouvé, en revisant tous les cas d'anomalies de 
la réfraction qu'il avait observés dans ces dernières douze an- 
nées, un astigmatisme pathologique chez uii grand nombre 
de myopes. Siegrist ne regarde pas cet astigmatisme comme la 
seule cause de la myopie, il croit toutefois qu'on ne combattra 
avec succès cette maladie sociale que par la correction précoce 
par les verres cylindriques. KRuuifBaRo. 

2) Bouchaud rapporte en détail robservation d W homme 



414 REVUE GÉNÉRALE 

de quarante ans, atteint d'ophtalmoplégie unilatérale, totale, 
survenue brusquement. De très violentes douleurs de tête 
ainsi que plusieurs ictus sans paralysie des membres accom- 
pagnent cette ophtalmoplégie. Cette dernière est si complète, 
que Tœil est figé, absolument immobile ; la pupille est immo- 
bile et le malade est aveugle du même côté. L'odorat du même 
côté est aboli. Pendant quelque temps la papille reste nor- 
male ; elle finit enfin par s'atrophier. Pas de scotomes, ni de 
rétrécissement du champ visuel. 

Lentement, sous Tinfluence d'un traitement spécifique, 
Tophtalmoplégie a rétrocédé à peu près complètement. Seule 
la cécité est restée permanente. 

L'auteur pense qu'il s'agit d'une ophtalmoplégie basilaire, 
en admettant une lésion située à la base du crâne, à la partie 
antérieure et interne de la fosse moyenne, dans la région du 
sinus caverneux qui est le lieu de passage de tous les nerfs 
touchés. Il ne peut s'agir d'une tumeur, car on aurait vu appa- 
raître une hémianopsie ou une amblyopie double, et Texamen 
ophtalmoscopique aurait décelé un œdème papillaire. Il s'agit 
donc plutôt d'une méningite de la base d'origine spécifique, 
le traitement mixte par son résultat en est la meilleure preuve. 
Sauvineau, dans sa thèse, mentionne 2 cas de Tacke et 3 cas 
de Ilutchinson, très semblables à celui décrit plus haut. Le 
malade présenté en 1901 par Vigouroux et Laignel à la 
Société de Neurologie, présentait outre une ophtalmoplégie 
unilatérale complète, une amblyopie bilatérale. 

L'auteur termine son étude en citant le cas d'un malade de 
Brissaud, qui présenta, à la suite d'une balle de revolver, 
les mêmes symptômes que dans l'observation ci-des6us. 

MORBAU. 

3) Godelstein publie l'observation d'une malade âgée de 
quarante-trois ans, syphilitique depuis l'âge de dix-neuf ans. 
Actuellement, violentes céphalées nocturnes, vertiges, para- 
lysies de l'oculo-moteur commun, de l'oculo-moteur externe et 
et du trochléaire. Guérison par traitement spécifique éner- 
gique. W. STOCE. 

4) Betlremieux conseille dans le strabisme convergent la 



MALADIES DE LA RÉFRACTION» DE L'ACCOMMODATION, ETC. 415 

ténotomie du droit interne de Toeil fixant. Cette opération a 
pour but de favoriser le réflexe rétinien de convergence. 
5 succès sur 6 opérations. pbcrin. 

5) Knapp est d'avis que souvent l'insuffisance du muscle 
droit externe est due à des vices de réfraction et que souvent 
leurs rapports sont proportionnels. Ceci est plus vrai dans 
l'hypermétropie que dans la myopie. Quand les vices de 
réfraction sont corrigés, l'insuffisance musculaire disparaît. 



6) L'unification de la notation de l'acuité visuelle est deve- 
nue une nécessité absolue. Chez toutes les nations les princi- 
pes suivants ont déjà trouvé leur approbation : un angle de 
une ou dix minutes comme angle visuel général, l'optotype 
noir sur un fond blanc, le diamètre et les intervalles sont égaux; 
la mensuration doit se faire à une grande distance, l'acuité 
visuelle doit être traduite en chiffres ordinaires et en chiffres 
décimaux ; l'éclairage doit être uniforme. 

Comme optotype il faut se servir d'un signe uniforme à l'ins- 
tar de l'angle visuel uniforme. Aucun signe n'est plus appro- 
prié que les anneaux ouverts de Landolt, En se servant de cet 
optotype chacun peut se construire une planche à sa manière. 
Ils peuvent être reconnus par les plus illettrés et n'offrent pas 
les inconvénients des caractères gothiques ou latins qui se lisent 
les uns plus facilement que les autres. Enfin ces anneaux 
permettent d'appliquer le plus correctement le principe du 
minimum separabile. b. rbdslob. 

7) Le malade de Wûrdemann^ un homme âgé de vingt ans 
n'avait pas la vision binoculaire, il n'avait pas non plus de 
diplopie. Avec les exercices orthoptiques la vision binoculaire est 
revenue, avec le parallélisme des axes optiques. coburn. 



416 BftVUE GtMRALt 



maladies ou globb db l oeil 
(blessures, corps Étrangers, parasites) 

i) Chapelle ^Fblix:). — De rinfluence du traumatisme sur la paiho^caic et 
révolution des tumeurs oculaires (Thèse de Paris, mai*s 1906). 

2) Lukens (G). — Enophtalmos traumatiquc (Traumatic cnophtalmos) 
(OphthaXmology, octobre 1906). 

3) Adame (P.-H.). — La coagulation du sang et les hémorragies intra- 
oculaires (The coagulability of thc hlood and ils relation to intra-ocular 
haemorrhage) (The Ophlhalmoscope, octobre 1906). 

4) Sweet (W.-M.). — Traumatismes oculaires, par les éclats de verre et de 
pierre (Ocular injuries from glass and stone) (Ophthàlmology ^ juîl. 1906). 

5) De Mk>as. — L'œil dans la mort. Etude de médecine légale oculaire 
(Recueil d'ophthalmologie, août 1906, pp. 467-78). 

6) Slmonaen. — Du pronostic et du traitement des ruptures de Tocil (Zur 
PrognoBc und Thérapie der Bulbusrupturen) (Thètt de OiesteUf ^906). 

i) Chapelle étudie Tinfluence du traumatisme sur la patho- 
génie et révolution des tumeurs oculaires et conclut que le 
trauma accidentel et le trauma chirurgical sont assimilables. 
S'il est difficile de prouver d'une façon scientifique et expéri- 
mentale que le trauma peut être la cause directe du sarcome, 
il est des cas, rares il est vrai, où la succession des phénomè- 
nes est telle que son action ne saurait être mise en doute. Il 
est permis d'être plus affirmatif encore à propos du carcinome. 
Tel le fait de Dalén. De nombreux exemples établissent le rôle 
aggravateur exercé par le trauma accidentel ou chirurgical, 
sur révolution des tumeurs malignes. En revanche, il est impos- 
sible de savoir si le trauma est la cause première ou simple- 
ment occasionnelle. Pour répondre à cette question, il faudrait 
connaître la véritable nature du cancer. l'autbor. 

a) Lukens publie un cas d'enophtalmos dû à un coup sur 
Torbite avec un canif. Il rapporte 78 cas ainsi que leur biblio- 
graphie* GOBURN. 

3) A dams rappelle les travaux de Wright sur la mesure 
des temps de la coagulation du sang ; ceux de Paton et Para- 
more sur les hémorragies du vitré, Tinfluence de lacide citri- 
que sur la coagulation du sang ; il rapporte deux observations 
d'hémorragie intra-oculaire traités et considérablement amélio- 



llALADtEi DO CLOftI DE L*CtlL M 

réspar Tacide citrique à la dose de 4 ^ S grammes par jour. Le 
retard dans la coagulation du sang, après le traitement, a été 
mesuré par la méthode de Wright. j. mawab. 

4) Sweet fait remarquer que les éclats de verre et de pierre 
sont facilement traversés par les rayons X, et qu'en général 
il est difficile de les voir par les skiagraphes ; d'autant plus 
queoes éclats, se réduisant facilement en miettes, on n'est jamais 
sûr de leur extraction complète. Cependant on peut les voir, 
sur la plaque, si les os deTorbite le permettent. Le crownetle 
ilint sont également traversés par les rayons X, les verres ordi- 
naires, bien moins. Le ciment, les pierres et le charbon (celui- 
ci donne des images très faibles) peuvent être mis en évidence. 
L'auteur conseille, à cause de Tépaississement présenté par la 
jonction du frontal et du malaire, de prendre deux clichés, 
Tun avec le tube tout près de Taxe horizontal du globe, Tautre 
en avant ou en arrière de celui-ci. coBvim. 

5) De Micas appelle œil thanatologique Tœil qui, pendant 
Fagonie et après la mort, a subi certaines modifications. La 
cornée se dessèche, perd son luisant et peut même s'ulcérer. 
La pupille reste dilatée. Tout le globe oculaire est a£Eais6é, 
flaccide. L'œil révélateur est constitué par des caractères par- 
ticuliers à l'état des paupières après la mort. Paupières ouver- 
tes» mi-closes, fermées ou inégalement ouvertes, sont autant 
de signes qui révèlent une mort avec agonie longue, mort 
brusque en pleine santé apparente ou par violence extérieure. 

L'œil thanatologique et Tœil révélateur peuvent fournir, 
dans certaines limites, des déductions utiles au médecin ex- 
pert. H. PBRBT2« 

6) Simonsen fait une étude sur io8 cas de rupture de TœiL 
Pronostic. -^ Enucléation de l'œil 44 fois . 4i»38 p. loo 

Œil conservé avec vision = o.i6 . . i4j4i — 

-*- — < 1/10.23 . . ai,i — 

— — < 1/4. 10 . . 9 — 

— — < 1/2. 4 . . 3,67 - 

— — i/2ài. 9 . . 8,26 — 

W. STOCK. 

27 



418 REVUE GÉNÉRALE 



MALADIES DBS PAUPIÈRES, DE L*APPAREIL LACRYMAL BT DE l'qRBITB 



i) Saubert (Maurice). — Du traitement des blépharites ciliaires par llier- 
mophény 1 C r^ése de Pari», juin 1906). 

a) Barok (C). — Migration insolite d'uiie suppuration orbitaire (A rare 
path of infection of an orbital abscess) f il rc/i. of OphthAlm,^ nov. 1906). 

3) Knapp (A.). — Cécité brusque survenue à la suite d'une suppuration 
périoculaire (Sudden blindness foHowing suppurativc condition about the 
eyeball) (Archives ofOphthal.^ nov. igo6). 

4) Wamsiey (J.-W.). — Traitement des abcès aigus et chroniques des voie» 
lacrymales et de l'épiphora (Treatment for acute and chronic abscess of 
the lacrymal duct and for the relief of epiphora) (Ophthal^ Record, 
déc. 1906). 

5) Mayweg. — Quelques opérations heureuses, dans le symblépharon total, 
de formation d'une cavité pour l'œil artificiel au mo^en de transplantation 
de lambeaux de peau pédicules (Einige erfolgreiche Operationen, bci 
totaleni Symblépharon, zur Bildung einer Hôhie fiir das Glasauge durch 
Ucberpflanzung von gestieltcn Hautlappen) (Thèse de Rostock, 1906). 

6) Fischer. — Contribution à Tétudc des hémorragies rétrobulbaires (Beitrag 
zur Kcnntniss der retrobulbaeren Haemorrhagien) (Thèse de Leipzig, 1906). 

7) Stiereii (E.). — Zona ophtalmique (Herpès Zoster ophtalmicus) (Ophlh. 
Record, février 1906). 

8) Hlrsohberg. — Le lymphangiome congénital des paupières de l'orbite 
et de la face (Ueberdas angeborene Lympnangiom derLider, der Orbita und 
des Gesichtes) (Centralblatt fur prakt. Augenheilk.f janvier 1906). 

9) Doloet. — Un cas clinique d'épithélioma papillaire de la région pré- 
lacrymale (Caso clinico de epitelioma papilar de la région pre-lagrimal) 
(Academia oftalmologica de Barcelona^ mai 1906). 

10) Parker (G.). — Gommes bilatérales de l'orbite chez un enfant Agé de 
huit ans (Bilatéral gumma of the orbits in a child 8 years of âge) (AnnaU 
of Ophlhalmology^ avril 1906). 

11) Ohee. — Un cas de colobome des deux paupières supérieures avec der- 
moïdes du limbe sclérocornéen. Etiologie (Èin Fall von doppelseitigem 
Colobom der Oberlider mit Dermoid der Corneoscleralgrenze, Aetiologie) 
(Thèse de Strasbourg, 1906). 

la) Leieohner(H.).— Blépharoplastie àdoubles lambeaux pédicules (Plastic 
surgery of the eyelids by the use of pedunculated doubled skin flaps) (Sur^ 
gery, (iynecol, and Obstetrics, déc. 1906). 

i) Saubert montre que Thermophényl est un antiseptique 
énergique, ne coagulant pas les albumines, d'une grande 
puissance de pénétration. Il n'est pas irritant pour la conjonc- 
tive. Son emploi est donc logique contre les blépharites ciliai- 
res dont les plus récents travaux démontrent l'origine micro- 
bienne. Il conseille la technique suivante : Frictions quoti- 
diennes énergiques du bord ciliaire, avec un tampon d'ouate 
aseptique imbibé d'une solution d'hermophényl à 1 pour 100. 
Il est utile pour prévenir les récidives, de pratiquer après la 
guérison un ou deux brossages par semaine. 



MALADIES DES PAUPIÈRES, DE L'APPAREIL LACRYMAL, ETC. 419 
Les blépharites ulcéreuses à leur début, les récidives ainsi 
traitées sont arrêtées en très peu de temps. Moins rapide par 
suite de la profondeur des lésions, la guérison des blépharites 
ulcéreuses graves est le plus souvent complète en une quin- 
zaine de jours.. Les formes sèches paraissent améliorées et 
parfois guéries par ce traitement. l*autbur. 

at) Barck a soigné un jeune garçon qui avait été frappé à la 
tempe par une pierre; d'où plaie contuse. Un abcès orbitaire 
survint avec symptômes généraux graves et exophtalmie. 
L'opération pratiquée consista dans l'évacuation du pus orbi- 
taire. L'état du malade s'améliora rapidement, mais quelques 
symptômes. de méningite survinrent dont le malade guérit. 
Par Texamen de différentes pièces anatomiques l'auteur a 
reconnu Texistence d'une veine allant de Torbite à la région 
temporale, et il croit que l'infection a suivi ce trajet. 



3) Knapp rapporte trois cas de cécité soudaine survenue à 
la suite de suppuration dans la région orbitaire. La première 
malade était porteur d'un empyème du sinus frontal avec 
œdème de la paupière supérieure. On pratique l'opération de 
Kuhnt et le second jour la malade s'écria qu'elle était aveugle. 
L'examen ophtalmoscopique montra de l'embolie rétinienne 
et des hémorragies. La vision ne revint pas. La seconde malade 
présentait de la carie dentaire et de la périostite. Les paupières 
étaient tuméfiées et la joue œdématiée, l'abcès s'ouvrit près 
de la dent canine, mais l'enflure ne diminua pas et la malade 
s'aperçut qu'elle était aveugle. Trois semaines plus tard, l'exa- 
men ophtalmoscopique révéla une atrophie du nerf optique^ 
les artères étaient presque invisibles, la pupille dilatée et 
immobile. Le troisième cas avait trait à une plaie pénétrante 
de l'orbite avec abcès orbitaire. L'examen du fond d'oeil révéla 
une papille blanche, des artères diminuées et une vision 
nulle. " coBURN. 

Ji)Wamsley a imaginé une seringue lacrymale consistant 
en une poire de caoutchouc et embout métallique. L'embout 



420 . REVUE GftIfÉRALE 

a la forme d^un cône et sert à nettoyer le sac lacrymal et à 
injecter les solutions médicamenteuses. oostmir. 

5) Dans le symblépharon, Mayweg recommanda l'opération 
avec lambeaux pédicules ; il décrit deux cas dans lesquels on 
a par ce moyen obtenu un bon résultat. -w. sroci. 

6) Ghes un enfant de deux ans on observa après des accès de 
coqueluche une légère exophtalmie de Toeil droit. Six niois 
plus tard Texophtalmie devient subitement si considérable 
qu*il fallut faire l'opération de Kroenlein. On trouva une 
tumeur d'un rouge bleuâtre de laquelle sortirent des caillots 
sanguins ; cette tumeur se remplit de sang encore deux fois, 
puis on obtint une bonne guérison de la blessure ; Texophtal* 
mie a disparu. Fischer recommande dans de pareilles hémor* 
ragies d'essayer d'abord Tapplication d'un bandeau compressif 
et seulement si l'on ne réussit pas par ce moyen, de procéder 
à l'évacuation du sang par l'opération. w. stock. 

7) Stieren a observé six cas de zona ophtalmique, dont deux 
sont rapportés longuement. L'un s*étendait du front jusqu'au 
nez, et consistait en des ulcères profonds ^ ptosis, opacité 
cornéenne, et ayant Gnalement nécessité ime énucléation. Le 
second, consistait en une seule pustule, située au limbe, qui 
disparut sous l'action du traitement, mais laissa une cicatrice 
persistante au bout de plusieurs mois. coburn. 

8) HirBchberg décrit l'histoire de deux malades atteints 
de lymphangiome de la tête. L'un d'eux fut dix fois en traite- 
ment è sa clinique, fut opéré plusieurs fois et finit dans ime 
maison d'aliéné. Les pièces de tissus excisés furent examinées 
au microscope : on découvrit une ectasie considérable des 
espaces lymphatiques, combinée avec de fortes hémorragies 
qui, comme le raconte l'auteur, se produisaient spontanément. 
L'affection pathologique qui débuta dans le tissu sous-cutané 
avait empiété jusque sur l'épiderme. k. rbdslob. 

9) Dolcet rapporte le cas d'une femme de soixante-deux ans 
qui, après une longue période do larmoiement, vit apparaître 



RAPPORTS DE L'OPHTALMOLOGIE, ETC. 421 

dans la région lacrymale une tumeur qui augmenta lentement. 
La pression faisait refluer du pus par les points lacrj^maux. 
Il se forma, il y a quelques mois, une ulcération sans tendance 
à la cicatrisation. On pensa d'abord à une ulcération secon- 
daire à une dacrjrocystite, mais une biopsie montra qu^il s'agis* 
sait d^un néoplasme qui fut extirpé. L'auteur passe en revue 
tous les points de départ possible et conclut à un épithélioma 
cutané ayant envahi secondairement le sac lacrymal. 

L. ORATfDCLélIBNT. 

lo) La malade de Parker^ une petite fille, avait les paupières 
rouges et gonflées avec limitation des mouvements des globes, 
en haut. Gomme on ne pouvait préciser l'histoire et l'évolution 
de cette tumeur, Parker institua le traitement spécifique et 
des applications de rayons X. L état restant stationnaire, on 
fit une opération exploratrice ; un morceau de la tumeur, 
examiné au microscope montra qu'on avait affaire à une gomme. 
C'est alors que le traitement spécifique fut appliqué énergi- 
quement en même temps que les rayons X et, au bout d'un 
temps assez long, la tumeur a disparu. couurn. 



RAPPORTS DE L*OPHTALMOLOGIE AVEC LA PATHOLOGIE GÉNÉRALE 



i) Coate (Gborgbs). — Maladies intra-oculaires d'origine vascuiaire (Inira- 
oculap vascular diftease)fr/ie 0p/if^aZmo5ropc, novembre 1906). 

a) LedroH (Paul). — Les inégalités pupillaires dans les pleurésies avee 
épanchement (Thèse de Paris^ février 1906). 

3) Wiirdemann (H.-V.) Beokép (W.). — Goitre exophtalmique atypique 
avec endolhéliome de la pituitaire et du corps thyroïde. Mort par septicé- 
mie. Autopsie (Atypical exophtalmic goiter with endothelioma of the 
pituitary and thyroid bodiei. Death from gênerai sepsîs. Autopsy) 
(Ophlhalmology, avril 1906). 

4) Bernstein (E.-J.). — Symptômes oculaires du tabès (Ocular symptoms 
in tabès dorsalis) (American medicine, septembre 1906). 

5) 8ulser '(G.^A.). — Zona ophtalmique (Herpès zosler ophthalmicus) 
(Ophthalmology^ octobre 1906). 

6) Vanderhoof (D.-A.). — Deux cas de goitre exophtalmique observés chez 
de» hommes (Report of two cases of exophthalmic goiter in men) (Jonrn. of 
Ihe Americ, med. Associât., 10 novembre 1906).' 

7) Huizinga (J.-G.). — Troubles physiques dans différentes parties du 
corps dus  la fatigue oculaire (Physical disturbances in distant parts of 



422 KEVUE GÉNÉRALE 

the body due io eyestrain) (Journal of the Michiyan sUie med, Society^ 
octobre 1906). 

8) Mansilla. — Manifestations oculaires de Thystérie (Manifeslaciones ocu- 
lares dcl histerismo) (Ac&demia Medico-Quirurgica Eapanola, oct. 1906). 

g) Hern (G.)- — De l'action des formations adénoïdes et autres du naso- 
pharynx sur certaines alTections de l'œil (The eiïect of the présence of 
adenoïd and other abnormalities in tho naso-pharynx on some afTections 
of the eyes) (BrÛ, med, Journ., août 1906). 

10) NoPthwap. — La signification de la réaction pupillaire dans l'anesthésie 
(Significance of the pupillary reaction in anesthesia) (North' West Medi- 
cinCf avril 1906). 

11) Cramer (A.)- — Affections syphilitiques de l'œil (Syphilitic aiTeclions 
of the eye) (Journ. of Med, Soc, ofNew Jersey^ mai 1906). 

12) Weaks (J.-E.). — Des rapports du corps thyroïde et de l^il (The rela- 
tion between the thyroid and the eye) (Pennsylv. med, Journ., déc. 1906). 

i3) Mao Leiaoh (A.-L.). — De l'utilité de l'ophtalmologie pour le dia- 
gnostic de l'artério-sclérose (Contribution of ophthalmology to the diagnosis 
of arterio-sclerosis) (The Post Graduale, janvier 1907). 

i) Coats, dans une remarquable leçon faite à Oxford^ étudie 
les maladies oculaires d'origine vasculaire. Quoique la circu- 
lation rétinienne n'ait pas les mêmes rapports intimes avec le 
cerveau que les fibres nerveuses optiques, elle ij[idique cepen- 
dant Fétat circulatoire de ce dernier. Il ne faudrait point 
oublier pourtant que les lésions vasculaires sont très irrégu- 
lières, on ne les rencontre pas partout ; c'est ainsi qu'on peut 
voir la veine centrale de la rétine enflammée et obstruée vers 
la lame criblée et être apparemment très saine, i ou a mil- 
limètres plus loin. Cela est d'ailleurs confirmé, en ce qui con- 
cerne la rétine, par l'examen ophtalmoscopique. Une altération 
des vaisseaux de l'œil n'indique pas nécessairement une mala- 
die du système vasculaire général : pas plus qu'une altération 
des vaisseaux de l'organisme ne retentit toujours sur ceux 
de l'œil; il y a toutefois beaucoup de présomption à le croire : 
Hertel a trouvé chez des vieillards — où l'examen ophtal- 
moscopique ne révélait rien — des lésions d'angiosclérose, 
de même que l'auteur de cet article. Sans entrer dans les 
détails analysés méthodiquement par Coats, des lésions ana- 
tomopathologiques, disons que les toxines agissent surtout 
sur Tendothélium et la membrane élastique, et que la pression 
sanguine agit au contraire sur le tissu connectif qui s'épaissit 
considérablement. L'hémorragie du vitré, la thrombose de 
l'artère centrale de la rétine, le rapport qui existe souvent 
entre cette affection et une forme grave de glaucome , le glau- 
come lui-même sont ensuite étudiés. Il se produit une circula- 



RAPPORTS DE L'OPHTALMOLOGIE, ETC. 423 

lion Collatérale, compensatrice dans le cas d'une obstruction 
de l'artère centrale. j. mawas. 

2) On observe assez fréquemment, dit Ledroit^ au cours des 
pleurésies avec épanchement de Tas^métrie des pupilles. Lors- 
que cette inégalité pupillaire existe, presque toujours la pu- 
pille dilatée correspond au côté pleurétique. Cette inégalité 
reste toujours modérée. Elle est variable d un jour à l'autre au 
cours de la maladie, et cesse habituellement d^ètre perceptible 
lorsque toute trace d'épanchement a disparu. Elle cède aux 
excitations intenses lumineuses ou d'accommodation. Son exis- 
tence et son degré ne présentent aucun rapport avec la cause, 
la nature, Tabondance ou l'évolution de Tépanchement. La 
thoracenthèse n'a aucune influence sur elle. 

Ce n'est pas à une cause anatomique que doit être rappor- 
tée cette asymétrie. C'est plutôt un phénomène d'ordre réflexe, 
Cette interprétation pathologique permet d'expliquer son in- 
constance et son extrême variabilité. De même, on trouve là 
une solution satisfaisante permettant d'interpréter les cas où, 
contrairement à la règle, les troubles pupillaires siègent du 
côté opposé à la pleurésie. lUutbur. 

3) Le malade de Wûrdem&nn et de Becker est un homme âgé 
de soixante et un ans ayant un énorme proptosis,du chémosis, 
sécrétion purulente conjonctivale, ulcère de la cornée ; l'examen 
bactériologique permit de déceler le streptocoque pyogène. Les 
yeux étaient légèrement divergents, mais mobiles. Rien du 
côté des sinus. Perte d'un œil par fonte purulente, énucléa- 
tion. Le cristallin du côté opposé fut rejeté à travers l'ulcère 
oornéen. Mort par méningite. L'autopsie fit voir un endothé- 
liome de la thyroïde et du corps pituitaire, en outre, il y avait 
des abcès microscopiques dans le nerf optique. coburit. 

4) Bernstein rapporte deux cas d'affection oculaire chez 
des femmes atteintes de tabès. Une de ces malades présenta 
des manifestations oculaires dès Tâge de dix-huit ans et sans 
aucun soupçon de syphilis. L'autre avait une papillite double 
et delà diplopie, mais un traitement mercuriel (car elle avoua 



424 HEVUE GÉlfÉKALE 

être atteinte delà syphilis) fit disparaître la diplopie et la pa- 
pillite. Toutes deux présentaient un rétrécissement marqué des 
champs visuels. coburn. 

5) Sulzer rapporte un cas de zona ophtalmique chez un 
homme de soixante^oinq ans qui présentait de la diplopie, du 
ptosis et de la paralysie du sphincter irien. Toutes ces lésions 
différentes cédèrent, la paralysie de Tiris persista seule et 
le malade mourut plusieurs mois après d^hémorragie céré- 
brale. GOBUKN. 

6) Fa Ai(f er/u>o/* rapporte deux cas de goitre exophtalmique 
observés chez des hommes, tous deux furent améliorés par 
l'administration de la thyroïdine à la dose de 3 a centigrammes 
trois fois par jour. coBuiuf. 

7) Hiihinga rapporte trois observations dans lesquelles la 
fatigue oculaire amena des troubles fonctionnels à distance. 
Aucune méthode de traitement ne doit être négligée, mais 
c*est surtout par le port des verres qu'on obtiendra tme amé- 
lioration. COBUAN. 

8) Af4i/)«i7/s passe en revue toute les manifestations oculaires 
de rhyst A*ie sans ajouter de faits nouveaux, l. oRAKDCLâMBirr. 



VARIA 



Howe (LJ. — ElTets des doses maxima et minima du sulfate d*atropine 
et de rhydpobromate dMiomalropinc (EfTects of full and minimum doses 
of alropin sulfate and homatropine hydrobromate) (Ophthàlmology, 
juillet 1906). 

a) Blanoo (E.-E.). — Les accidents oculaires produits parles médicaments 
usuels (Dangers of common drugs as seen by the ophthalmologist) 
(Ophlhàlmology, avril 1908). 

3) OendtHiii et Serval. — Do ranesthésie combinée par le chlorure 

d'éthyle et le chloroforme appliquée  la chirurgie oculaire (Ophtalmologie 
provinciale, août 1906. p. 65]. 

4) Jurnitsohak. **• L*aimant à pôle interne. Une nouvaU« adaptation de 
rélectro-magnôUsme à l'extraction d'éclats de fer de l'œil (Der Innenpol- 
Magnet. Elnc neue Verwertung des Electromâgnetismus «ur Ëoti^r- 



VARIA 425 

nung von BiêenspUtler ani dem Auge) (ZeihcH. f, Aufftnhêilk. XIV 
p. 426). 

5) RamMiy (A.). — Maitland. Le vieux elle nouveau dans la Ihéraoeutique 
oculaire (The old and thé new in ocular therapeuiics) (Làncêt^ Juill. 1906). 

6} Séntos Férnmnéet — Uii avantage et un inconvénient évitable de la 
stovaïne en ophtalmologie (Una veniaja y un inconvenîente remediable de 
la eslovaïna en oftalmologia) (Soc. Oft. Hisp.-amer^ Madrid, mai 1906, et 
Arck. de Ofiàlm. hisp. americ, juillet 1906). 

7) Santos Femandez. — L*alvpine en ophthalmologie (La alipina en oftal- 
mologia) (AnaUs de Oftalmologia, nov. 1906). 

8) Uribe y Tponooao. — Las nouveaux édifices scolaires de la ville de 
.Mexico (Los nuevos ediflcios escolares de la ciudad de Mexico) (Anales de 

Oftalmologia^ déo. 1906). 

9) UHbe y Tronooao. — Nécessité d'uniformiser les conditions visuelles 
que Ton doit exiger des employés de chemin de fer (Necesidad de uniformar 
los requisitos visuales aue deoer exigirse a los empleados de ferrocarrilesj 
(Anales de oftalm.^ octobre 1906). 

10) Hots. — Intoxication par Thomatropine (The Hahnemanian Monthly, 
dée. 190Ô). 

11) Menaohp. -^ L'alypine en thérapeutie oculaire (La alipina en tera- 
peutica ocular) (Soc, oft, hispano-americana^ Madrid, mai et Arch, de 
Oflalm. hisp, americ.^ septembre 1906). 

la) Menaoho. — Modèle de pince à fixation oculaire pour la radio^^raphie 
stéréoscopique (Modèle de pinza de fnaclon ocular para la radiografla 
estereoscopica) (Soc. Oft. hisp. -amerie, Madrid, mai et Arch, de Oftalm. 
hisp.-americy octobre 1906). 

i3) Castreaana. — Nouvel anesthésique oculaire (Nuevo anestesico ocular) 
(80e. oftalmologica hispano^merieana, Madrid, mai et Arch.de Oftalm.- 
nisp.-americ, septembre 1906). 

14^ Sabine (W.-C ). — Les, avantages optiques du microscope à lumière, 
ultra-violette (The optical a'dvantages of the ultra-violet micro8cope)^/oDrii. 
of med. Research. f avril 1906). 

Allport (I.). — Les yeux et les oreilles des écoliers (Eyes and Ears of 
school children) (Medicine^ avril 1906). 

16} Lamb (R.-S.). — Quelques cas d'ophtalmologie (Some eye cases) 
(Washington med. Annals, mai 1906). 

17) Campbell (D.-M.). — Progrès de l'ophtalmologie (Progress of ophthal- 
mology) (Détroit med, Journ.^ juin 1906). 

18) Alester (A.-M). — De la valeur de certains sels d'argent dans la 
pratique ophtalmique (Value of certain silver salts in ophthalmic practise) 
(Med, Herald, fév. 1907). 

19) Oreen (J.V — Ophtalmologie (Ophthalmology) (Interstate med. Journ., 
Janvier 1907). 

ao) Bruns (H.-D.)- — Des connaissances que chaaue médecin doit possé- 
der en ophtalmologie (What every physicien shouid know about opnthaU 
mo\ogy) (New Orléans med. and surg. Journal^ fév. 1907^ 

ai) Sarker (G.-F.^. — De l'ancsthésie par la scopolamine et la morphine dans 
la chirurgie oculaire (Scopolamln and morphin anaesthesia in ophthalmic 
Burgery) f Anna 2s of ophthalmology ^ janvier 1906). 

aa) Stevenson (M.-D.). — Une nouvelle pince pour extraire les exsudats de 
1 espace rétro-pupillaire dans les traumatismes elles cataractes secondaires, 
et pour faire la pupille artificielle (A new forceps for removing membranes 
from the post pupillary space in traumatic or sccondary cataract and 
for making aj*tificial pupil) (Ophthalmology, janvier 1906). 

ad) Wolffber^. —Quelques expériences avec la lénicet- vaseline dans Tophtal- 
molog}e(Kînige Erfahrungen mit Lenicet- Vaseline in der Augenhcilkunde) 
(Woehensohr, f. Ther, a. Hyg. d. Aug.j n* a4, 16 mart 1906). 



406 REVUE GÉNÉRALE 

24) Laiidolt (H.). — Sur Talypine (Ueber Alypin) (Wocheruchr. f, Thcr, n. 
ITyg. d. Aug,, n» i6, i8 janvier 1906). 

25) Haas.— La sonde armée (Die armierte Sonde) ( Wochenschr. f. Ther. 
H. Hyff. d. Ang», i«' février 1906). 

26) Hoppe. — Deux appareils pour examiner Tacuitc visuelle (Zwei Apparale 
zur Sehschârfeprûfung (Wochenschr. f, Ther, n, Hyg. d, Aug,<, n* 34, 
24 mai igo6). 

i) Howe emploie pour ses expériences des comprimés d'atro- 
pine et d'homatropine qu'il laisse se dissoudre dans le cul-de- 
sac conjonctival; Tatropine à la dose de o gr. 0001 ou 
de o gr. ooo5 agit identiquement en ce qui concerne la 
dilatation pupillaire. Cette dilatation persiste durant neuf jours, 
pour obtenir une dilatation de 7 ou 8 millimètres, il faut 
employer o gr. oooooS ; pour relâcher l'accommodation de 
o gr. oooooS à ogr. 0000 1 Cette dernière action est obtenue 
au bout de dix à vingt minutes, mais elle est complète au 
bout d'une heure et demie, le lendemain Taccommodation 
reprend. 

L'homatropine, à la dose de o gr. 001 3, commence à agir 
au bout de dix minutes, avec effet maximum au bout de 
deux heures, puis on observe une diminution de son action qui 
disparait totalement dix heures après. 

Pour examiner la réfraction aussi exactement que possible, 
il est préférable d'employer Tatropine à la dose de o gr. 0001 
à o gr. 00026. Pour avoir la réfraction sans tenir compte de 
raccommoda tion o gr . 00 1 3 . Comme my driatique, Thomatropine 
est préférable à Tatropine, on doit l'employer à la dose de 

o gr. 000 I . GOBURN . 

a) Blanco fait une étude des accidents que peuvent pro- 
duire certains médicaments usuels, du côté des yeux : le 
chlorure de sodium peut causer la mort, l'iodoforme a donné 
naissance à des névrites rétro-bulbaires. Le naphtol-j3 et la 
naphtaline, des lésions dans la rétine, dans le vitré, des cata- 
ractes. La santonine, une vision jaune et violette, avec de la 
névrite rétro -bulbaire. La fougère mâle, une névrite paren- 
chymateuse rétro-bulbaire, avec lésions des cellules ganglion- 
naires de la rétine. L'écorce de grenadier, de Tatrophie 
optique. 

Parmi les métalloïdes et les métaux : le phosphore produit 
des lésions ganglionnaires; l'arsenic, des névrites optiques. 



VARIA 427 

Seul, le mercure n'a aucun accident à son actif. La quinine 
et Tacide salycilique, de même que leurs dérivés, produisent 
des maladies du nerf optique. L'antipébrine, a produit des déco- 
lorations de la papille ; l'ergot, une double ophtalmoplégie 
interne ; le stramonium, une névrite rétro-bulbaire ; le chloral,' 
une amblyopie. La thyrçïdine a produit de Thypérémie per- 
sistante du fond d'œil. L'expérimentation , a démontré que la 
poudre de la glande thyroïde, altère les cellules ganglion- 
naires. COBURN. 

3) Gendron et Servel ont expérimenté un nouveau mode 
d'anesthésie combinée en chirurgie oculaire. Ils donnent 
d'abord du chlorure d'éthyle jusqu'à ce que le malade ne réa-*, 
gisse plus à la piqûre ou au pincement. On lui substitue alors 
rapidement le chloroforme. Les malades ont peu d'excitation, 
la quantité d'anesthésique est très réduite, les accidents 
exceptionnels et le réveil rapide avec absence complète de suites 
pénibles. Les auteurs recommandent fortement ce procédé. 
25o observations. e. peretz. 

4) Partant de ce point de vue que les électro-aimants employés 
jusqu'ici offraient de graves inconvénients, à savoir la trop 
forte dispersion des lignes de force et qu'ils obstruaient 
trop de ce fait le champ opératoire, la clinique de Bâle a 
essayé de construire un électro-aimant à pôle interne, devant 
éviter ces défauts. Jurnitschek nous donne une description de 
ce nouvel instrument et de son emploi ; il a été fabriqué par 
M. Klengelfuss, sous les auspices du professeur Mellinger et 
démontré déjà à l'exposition du Congrès de Lucerne, 1904. En 
voici le principe : la tête du blessé se place à Tintérieur d'un 
anneau qui ne se compose que de fils de cuivre. Cet anneau 
n*est pas autre chose qu'un solénoïde, à travers lequel on fait 
passer le courant électrique ; Tancre de ce solénoïde est formée 
par une baguette de fer que l'opérateur tient à la main. 
Placé au centre de l'anneau en même temps que l'esquille de 
métal qui se trouve dans l'œil du blessé, les deux métaux se 
trouvent dans la zone de la plus grande densité magnétique et 
s*attireront mutuellement. On peut varier la grosseur de la 
baguette de fer, dont la force magnétique augmentera en raison 
de son volume. La baguette a le grand avantage de pouvoir 



428 REVUI GÉNÉRALE 

être maniée bien plus facilement que la tête du blessé qui ae 
trouve acculée contre le noyau de fer des aimants de Haab ou 
de Yolkmann. b. rbdslob. 



^ 5) Ramsay fait, au cours d'une étude sur la thérapeutique 
oculaire, Tétude particulière de certains médicaments nouvel- 
lement introduits dans la pratique et notamment ce qui touche 
plus spécialement la réfraction, les mydriatiques, les analgé- 
siques et la sérothérapie. A propos de certains composés de 
Targent — protargol, argyrol, coUargol — Fauteur a constaté 
que le protargol est celui de ces composés qui est le plus 
irritant, et celui qui a tendance à produire.de l'argyrose; 
pourtant il est le meilleur remède pour les inflammations 
chroniques de la conjonctive et des paupières h la dose de 
lo à 25 pour loo, en solution ou en pommade. Le collargol a 
été employé dans les plaies récentes du globe, associé à de la 
gélatine à lo pour loo, ou à la dose de 5 à 20 pour 100 en 
solution ou en pommade. Le collargol a en outre, la propriété 
d^éclaircir certaines opacités récentes de la cornée. L'argyrol 
est le moins irritant des nouveaux composés argentiques et 
donne les meilleurs résultats, lorsque s'agit de conjonctivite 
aiguë ; Ramsay l'emploie dans le catarrhe lacrymal, et le trouve 
supérieur à l'iodoforme introduit dans la chambre antérieure. 
Le chinosol (1/4000) est recommandé dans le traitement des 
ulcères infectés delà cornée, de même que letrikresol(i/iooo) 
pour lavage du sac conjonctival enflammé. Quant à la ques- 
tion si controversée des injections sous-conjonctivales, 
Ramsay a remarqué qu'elles ont rendu quelques services dans 
les afl^ections du fond d'oeil, la myopie grave et le décollement 
de la rétine. Il emploie généralement le chlorure de sodium à" 
8 pour 100 dans une solution de i ou 2 pour 1000 de bicya- 
nure de mercure. La cocaïne en solution ne dépassant pas 
a pour 100, est le meilleur anesthésique local. Le chloroforme 
est celui des anesthésiques généraux, qui donne le meilleur 
résultat pour les petites opérations, le chlorure d'éthyle pré- 
cédé de Toxyde d'azote est bien suffisant. La dionine à 5 pour 
100 est l'agent à employer lorsqu'on veut atténuer les douleurs 
profondes, du glaucome, de Tiritis, de la sclérite, etc. Son 
action est aidée par le collargol. 



VAAtA ttO 

' Ramsay emploie les sangsues dans les irido-cyclites et les 
cautérisations des paupières par le nitrate d'argent dans les 
blépharites. stbphbnson. 

6) Pour Sântos Fernandez la stovaïne est très inférieure à la 
cocaïne eu instillations, mais lui est supérieure en injec- 
tions sous-conjonctivales, à cause de sa faible toxicité. Elle est 
également très utile en injections sous-cutanées et Tauteur a 
pu opérer un ectropion sénile en déterminant avec la stovaïne 
un degré d'anesthésie qui aurait exigé une dose triple de 
cocaïne. Cependant dans deux cas dans lesquels il fut obligé 
d*emplojer des doses élevées, il eut une élévation de tempéra- 
ture et des vomissements. Mais on peut >éviter ces inconvé- 
nients en diluant fortement la solution comme le recommande 

Reclus. L. ORARDCtJlIBMT. 

7) Santos Fernandez trouve Talypine bien supérieure à la 
cocaïne pour Tanesthésie oculaire par instillations. Les avan- 
tages de Talypine sont : moindre toxicité, anesthésie plus 
rapide, pas de mydriase ni de paralysie de Taccommodation, 
pas d'élévation de la tension intra-oculaire ; dans les injec-^ 
tiens sous-conjonctivales et sous-cutanées, il emploie la 

stovaïne. L. ORAMOCLésiBlfT. 

8) Uribe y Troncoso décrit les nouvelles écoles et rh6pital 
des enfants. Il fait à quatre des écoles sur cinq le reproche 
d'avoir employé dans les classes Téclairage bilatéral au lieu 
de placer de larges ouvertures sur un seul côté et de pré- 
férence au sud. L. GRANDCLKMBNT. 

9) Uribe y Troncoso demande Tuniformité des conditions 
visuelles d admission dans toutes les Compagnies de chemins de 
fer. Il voudrait aussi que l'on examinât tous les deux ou trois 
ans si ces conditions sont encore remplies par les employés. 
Che% tous la perception des couleurs doit être parfaite. Au 
point de vue de l'acuité visuelle proprement dite, on peut faire 
ceux classes : 

I. Mécaniciens, chauffeurs^ conducteurs, gardes*voie, garde- 



430 REVUE GÉNÉRALE 

aiguille, employés des équipages du train, etc.. : V =: i dans 
les deux yeux, séparément et sans verre. Examen au bout 
de cinq ans : V = 2/3 d'un œil et 1/2 de l'autre, au minimum. 

II. Chef de gare, de station, garde de croisement, porteur, 
télégraphiste, agents de station et employés des équipages 
dans les stations: V = i d'un œil et 1/2 au moina de l'autre 
examinés séparément et sans verre. Au réexamen, tous les 
cinq ans: V = 1/2 et a/S au moins. 

L'auteur termine en montrant la nécessité de confier ces 
examens à des oculistes. ». dubbbuil 

10) Femme de vingt-deux ans, mariée à un médecin, qui 
vint consulter pour une affection des yeux ; il lui fut fait une 
instillation d'une goutte de cocaïne à 2 pour 100, suivie par 
une instillation d'une goutte de bromhydrate d'homatropine à 
la même dose. 

L'opération fut répétée au bout de quinze minutes, la patiente 
ayant tenu ses yeux fermés pendant un instant après chaque 
instillation. Deux instillations furent faites dans l'œil droit et 
trois dans Tœil gauche ; il y eut donc en tout cinq gouttes de 
solution, soit 5 milligrammes d'homatropine utilisés. La 
solution était préparée depuis deux jours. En quittant le cabi- 
net de consultation, la patiente avait la face très congestion- 
née ; elle se trouva bientôt en proie h une vive agitation, avec 
état nauséeux, vomissement de mucosités et présentant une 
violente céphalalgie. L'injection hypodermique de morphine 
(8 milligrammes) amena une certaine détente. Pendant plu- 
sieurs heures, des applications alternativement froides et 
chaudes sur la région cardiaque furent faites pour combattre 
le coUapsus, et il fallut même avoir recours à la respiration 
artificielle. La malade demeura sans connaissance pendant 
douze ou quinze heures. ». 

11) Menacho pose les règles suivantes : 

Quand on a à pratiquer une petite intervention (voies lacry- 
males, corps étrangers de la cornée, kyste conjonctival), 
employer l'alypine pour éviter la mydriase. 

Pour une opération sur le globe, quand on ne doit pas 



VARIA 431 

pénétrer dans la chambre antérieure (ptérygion^ strabisme, 
énucléation), on peut employer indifféremment l'alypine, ou 
la coca me. 

Pour une intervention qui nécessite la section de Tiris, 
employer la cocaïne à cause de son action vaso-constrictrice. 

L. ORANDGLélIBNT. 

12) L'instrument présenté par Menacho consiste en une 
pince à double fixation (modèle Monoyer) avec une pièce en 
forme de croissant qui peut s'appliquer sur la cornée. 

L. ORANDCLéMBMT. 

i3) Castresana expose les avantages de l'alypine. Pas d'al- 
tération de Tépithélium cornéen, pas de mydriase, pas de 
paralysie de Taccommodation, moins toxique que la cocaïne 
qu'elle peut remplacer en chirurgie oculaire. 

L. GRANDCLéUBNT. 

21) L'article de Sarker fut publié dans la Medicine en jan- 
vier 1906. L'auteur conseille défaire d'autres essais de cette 
méthode qui est un adjuvant à Tanesthésie par le chloroforme 
et Téther quoiqu'on ait eu à déplorer six morts sur trois 
mille anesthésies. Sarker conseille l'emploi de la scopolamine 
quand la cocaïne est insuffisante. Il l'employa dans des cas de 
glaucome aigu, chez des malades nerveux et excitables atteints 
de cataracte et pour des kératectomies unies à des greffes de 
Schoeller-Kuhnt et des énucléation^. coburn. 

22) Stevenson a fait construire une pince, modification de 
celle de Knigen-Krukow. L'instrument qui se tient comme 
une plume à écrire, détermine une petite ouverture de la cap- 
sule. Il peut couper les membranes lorsque celles-ci sont 
épaisses. goburn. 

23) Wolffberg recommande l'application delà lenicet- vase- 
line pure dans les cas de brûlure des paupières, de blépharite 
ulcéreuse, comme médicament protecteur dans le pansement 
complet de Wolffberg, dans les graves cas de conjonctivite 



iSi REVUE GtoiRALE 

foUiculkire, bl6nnorrhagique^ en outré comme véhicule pour 
les pommadés contenant des alcaloïdes. o. bimor. 

^4) Li6 résumé des expériences expérimentales et cliniques 
de Landolt sur les avantages de Talypine en comparaison de 
la cocaïne, est le suivant : Talypine est un moyen, anesthé- 
sique, qui a, à dose égale un moindre effet et qui produit une 
hypérémie légère contrairement à Tahémie de la cocaïne, elle 
provocpie la même destruction de Tépithélium de la cornée. 
L'alypine a Tavantage de ne pas agrandrir la pupille et de ne 
pas augmenter la tension du globe oculaire. Elle est donc 
préférable pour le glaucome et pour les corps étrangers, quand 
les ouvriers ne veulent pas interrompre leur travail. 



25) Haas recommande la sonde armée avec du nitrate 
d'argent, décrite par Aurin (cf. Rev. génér. d'opht., igoS, 
p. gS) pour la blépharite ulcéreuse et angulaire, la kératite 
vésiculaire, l'ulcère infiltré et serpigineux, le ptérygion, la 
fistule du sac lacrymal et après avoir fait l'excision du sac 
lacrymal. La sonde est supérieure au crayon de nitfate parce 
qu'elle ne cautérise pas le tissu normal voisin. Pour rendre 
plus commode l'usage de la sonde Haas a composé une trousse 
contenant plusieurs sondes d'une épaisseur et d'une forme 
différentes (fabriquée par le Medicin Waarenhaus à Berlin.) 

o. smoN. 

26) . Avec les deux appareils nouveaux de Hoppe les valeurs 
obtenues pour l'acuité visuelle sont supérieures aux résultats 
avec les autres méthodes, principalement pendant le crépus- 
cule, o. smoif. 



Le Gérant ; P. Massom. 



Lyon. ^ Imp. A. Rit •{ O*, 4t rue QwUÏ. — 40690 



N*10 31 OCTOBRE 1907 



MÉMOIRES ORIGINAUX 



Travail de la Clinique ophtalmologique de V Université 
de Lyon. 

De l'ablation des Tumeurs du nerf optique 
avec oonserration de l'œil. 

Par le D' Laden GRANDCLÉMENT 

Ex-Interne des Hôpitaux de Ljon. 



Depuis longtemps, les opérateurs ont tenté d'aborder la 
région rétrobulbaire en conservant ToBil, mais les tentatives 
restèrent pendant longtemps peu nombreuses, et du reste peu 
encourageantes. De Graefe disait encore en 1864 qu'il était 
impossible de conserver l'œil quand la tumeur siège dansTen- 
tonnoir musculaire. C'était condamner les tentatives faites 
contre les tumeurs du nerf optique. 

En ce qui concerne plus particulièrement celles-ci, on fait 
habituellement remonter les premiers essais, couronnés de 
succès, à Scarpaet à Critchett; mais dans ces deux cas, il s'a- 
gissait de tumeurs de Torbite n'ayant aucun rapport avec le 
nerf. 

Il faut arriver en 1874 pour trouver le premier cas vrai- 
ment incontestable présenté par Knapp à la Société d'ophtal-- 
mologie d^Heidelberg. 

Le procédé auquel il eut recours fut employé après lui par 
de nombreux chirurgiens avec des résultats variables, jusqu'à 
ce que Krônlein préconisa la résection temporaire de la paroi 
orbitaire externe. Au moyen de ce nouveau procédé appliqué 
pour la première fois par Braunschweig à l'extirpation d'un 
néoplasme du nerf optique (tSgS) les tentatives deviennent 
plus nombreuses et les résultats meilleurs. 

26 



434 MÉMOIRES OWGÏIfAUX. — L. GRANDCLÉMEIfT 

Enfin, à la dernière réunion de la Société française d'oph- 
talmologie, M. le professeur RoUet rapportait quelques obser- 
vations de tumeurs de Torbite extirpées par rorbitotomie 
simple ; parmi elles se trouvait un cas de tumeur du nerf 
optique. 

C'est de ce dernier dont nous voulons nous occuper ; car, 
ayant eu l'occasion de revoir le malade onze mois après Topé- 
ration, il nous a paru intéressant de comparer les résultats 
obtenus au moyen des différents procédés. 

Nous avons pu réunir 63 cas publiés d'extirpation de néo- 
plasme du nerf optique avec conservation de l'œil; nous rap- 
portons ailleurs ces observations en détail^. 

L'ablation avec conservation du globe oculaire n'est pas 
applicable à toutes les tumeurs de l'orbite. Si elle est parfai- 
tement justifiée lorsqu'on se trouve en présence d'une tumeur 
bénigne, elle doit êtrecomplètementrejetéedèsqu'il s'agitd'une 
tumeur maligne. L'exentération sous-périostée de la cavité a 
seule quelques chances de mettre à l'abri d'une récidive. 

Les tumeurs du nerf optique semblent faire exception à cette 
règle ; car, si l'on est en droit de les considérer comme mali- 
gnes de par leur nature histologique et surtout leur évolution 
constante vers la cavité intra-cranienne, elles présentent d'au- 
tre part un certain nombre de caractères anatomiques, que 
nous allons résumer, qui les rendent justiciables du traitement 
conservateur. 

Ces tumeurs sont tout d'abord toujours encapsulées. Elles se 
développent en dedans de la gaine durale qui reste saine et 
protège les tissus de l'orbite contre l'envahissement néopla- 
sique. L'œil est en outre toujours intact et il semble que la 
lame criblée qui se laisse si facilement forcer de dedans en 
dehors par les tumeurs intra-oculaires oppose une ' résistance 
spéciale aux néoplasmes venant du nerf. Enfin, jamais d'en- 
gorgement ganglionnaire ni de métastase et évolution extrê- 
mement lente qui permet d'espérer même plusieurs années 
après le début un résultat définitif. 

Le seul fait qui assombrisse le diagnostic de ces néoplasmes, 
et doive faire craindre une terminaison fatale en cas d'abla- 

* L. Grandclénient, Th, de Lyon, juillet 1907* 



IfÉMOItVES ORIGINAUX. — L. GRANDCLÉMENT 435 

tion incomplète, est leur marche constante vers la cavité intra- 
crânienne, qu'elles envahissent en suivant les gaines du nerf. 
Mais dès que la tumeur a dépassé le trou optique, ce n'est 
pas Texentération qui permettra d'en poursuivre les prolonge- 
ments au niveau de la base du crâne. 

Malgré ces faits, quelques auteurs prétendent encore que 
l'énucléation permet seule une extirpation complète. Or, nous 
avons pu réunir 107 cas d'opération radicale et 63 d'opération 
conservatrice ; c'est un nombre suffisant pour établir ime com- 
paraison. 

Parmi les premiers, il existe 27 cas de mort ou de récidive 
soit 25,2 pour 100. Parmi les cas mortels, 11 sont dus à des 
accidents infectieux, ce qui réduit à 16 le chiffre des récidives 
(i4, 8 pour 100). 

Parmi les 63 cas d'opération conservatrice nous trouvons 
8 morts ou récidives (12,7 pour 100) parmi lesquels 2 infec- 
tions, ce qui laisse 6 récidives, soit 9,5 pour 100. Il existe 
d'autre part, des survies de quatorze ans (Griming), six ans 
(Braunschweig) et plusieurs de trois et quatre ans. 

Quelle que soit donc la valeur très relative que Ton doive 
attribue^ à toute statistique, nous pouvons conclure de ces 
chiffres que les présomptions que gardent encore certains chi- 
rurgiens contre la méthode conservatrice sont mal fondées, 
et que l'on peut obtenir avec elle des résultats définitifs aussi 
parfaits qu'après l'ablation de l'œil. 

Nous allons maintenant comparer entre elles les diverses 
méthodes opératoires. Trois procédés opératoires ont été appli- 
qués à l'extirpation des tumeurs du nerf optique avec conser- 
vation tle l'œil : 1® L'opération transconjonctivale de Knapp; 
2® l'opération de Krônlein ; 3® l'orbitotomie simple. 

Nous les étudierons dans cet ordre et nous verrons quels 
sont ceux qui méritent d'être retenus. 

I. Opération de Knapp. — Nous ne voulons pas entrer 
dans le détail de ce procédé que l'on trouvera décrit par La- 
grange, avec les modifications qu'il lui a fait subir, dans son 
Traité des Tumeurs de VOrbite. Nous rappellerons seulement 
qu'il consiste à aborder la région rétrobulbaire en incisant le 
cul -de-sac conjonctival après avoir agrandi l'ouverture palpé- 



436 MÉMOIRES ORIGIHÂUX. — L. GRANDGLÉMENT 

brale en sectionnant la commissure. Ce procédé nécessite la 
section d'un et souvent de plusieurs muscles droits : c'est là son 
grand défaut. Nous avons pu trouver 27 cas opérés suivant ce 
procédé. Des tentatives plus nombreuses ont été faites, mais 
on fut alors amené à énucléer Tœil au cours même de l'opéra- 
tion, soit pour se donner plus de jour, soit dans la crainte des 
récidives. Si nous éliminons 2 cas dans lesquels il y eut mort 
par infection et 3 autres où Ton fut obligé d*énucléer quelques 
jours après l'opération, à cause des phénomènes doulou- 
reux (Alt, Braunschweig, Vacher), il nous reste à étudier 22 cas 
dans lesquels Tœil a été conservé et le malade suivi im temps 
suffisant pour apprécier le résultat. 

Il y eut quatre récidives entre six mois et un an après Topé- 
ration, et les malades succombèrent avec des phénomènes de 
tumeur intracranienne. 

Dans les jours qui suivent immédiatement l'intervention, 
l*œil est complètement immobile dans la majorité des cas. Le 
ptosis est noté dans 8 cas, mais il s'améliore généralement 
plus tard. 

Une complication beaucoup plus grave et qui apparaît chez 
presque tous les malades, malgré les précautions prises de 
protéger l'œil par la blépharorraphie, "est celle qui résulte des 
lésions cornéennes. Dans 5 cas seulement, la cornée est restée 
normale et transparente. Dans tous les autres, il y eut des dé- 
sordres d'intensité variable. Parfois, c'est un simple trouble 
parenchymateux qui rétrocède en partie, mais dix fois, il y eut 
une ulcération qui, dans 5 cas, fut suivie de perforation 
et de disparition presque complète de l'œil. La tension est 
toujours très diminuée dans les jours qui suivent, et ce phéno- 
mène ne fait que s'accentuer dans la suite. 

Si nous considérons maintenant les résultats éloignés, nous 
voyons que le ptosis s'améliore généralement d'une façon 
sensible. Les paralysies oculaires n'ont malheureusement pas 
un sort aussi heureux, et il est mentionné dans presque toutes 
les observations, qu'au bout de plusieurs mois l'œil est im- 
mobile ou n*a que de très faibles mouvements. Ce sont les 
mouvements de latéralité qui sont les plus compromis. 

Ces paralysies seraient encore un des moindres inconvé- 
nients de ce procédé ; mais il est très rare de voir l'opération 



MÉMOIRES ORIGII^AUX -- L. GAANDGLÉMfiNT 437 

de Knapp suivie d'une conservation parfaite du globe lui- 
même. Même en Tabsence des complications cornéennes dont 
nous avons parlé plus haut, Tœil conserve très rarement sou 
volume normal. Il diminue progressivement, s'enfonce de plus 
en plus dans l'orbite et finit, dans les cas les plus mauvais, 
par disparaître complètement. Sur les 22 cas dans lesquels le 
malade a été suivi un certain temps, Tœil n'a conservé son 
volume normal que dans 1 1 cas, et encore plusieurs d'entre 
eux furent perdus de vue au bout de quelques semaines. 

Il est à remarquer que les cas qui furent suivis du meilleur 
résidtat, sont ceux dans lesquels on put se contenter d'une 
petite ouverture conjonctivale et de la section d'un seul mus- 
cle droit. 

Les complications oculaires que l'on observe après l'emploi 
de ce procédé (lésions cornéennes et atrophie de l'œil), doivent 
surtout être mises sur le compte de troubles trophiques dus à 
la suppression de la presque totalité des voies de nutrition de 
Toeil. Car si les vaisseaux ciliaires postérieurs sont sectionnés 
dans tous les procédés, l'opération de Knapp entraine la. sec- 
tion de la majorité des vaisseaux ciliaires antérieurs prove- 
nant des artères musculaires et qui auraient pu remplacer les 
premiers . 

Les résultats de l'opération de Knapp, sont en somme à tous 
les points de vue peu satisfaisants, et nous allons voir que les 
procédés qui respectent le cul-de-sac conjonctival sont infini- 
ment préférables. 

II. Opération de Krônlein. — Nous ne voulons pas rappe- 
ler ici la technique de l'opération imaginée par Krônlein en 
1886, ni les services qu'elle a déjà rendus dans la chirurgie de 
l'orbite, nous renvoyons pour cela aux travaux de Chaillous*, 
Lagrange^, Domela-Nieuwenhuis*, Helbron*. Nous considé- 
rons seulement les résultats que l'on est en droit d'en attendre 
pour les tumeiu*s qui nous occupent. 

Nous avons pu réunir 35 observations publiées avec détails, 

i Ghaillous, Th. de Paris, 1900. 

s Lagrange, Bull, et Mém. de la Soc, fr» d*Opht,t 1903.-» Traité des tumevrs 
de Vœil et de V orbite j 1904. 
8 Domela-NieuwenhuiSi Beitrâge z. KrônleirCschen Opération^ Berlin igoS. 
4 Helbron, Zur Krônlein' schen Opération^ Berlin. i^oS. 



438 MÉMOIRES ORIGINAUX. *- L. GRANDCLËHENT 

plus 3 cas rapportés dans le cours de la discussion qui a suivi 
la présentation du cinquième malade de Golowine à la Société 
de médecine de Moscou, mais sur lesquels nous avons trop 
peu de renseignements pour en faire cas. 

Nous ne trouvons qu'un cas dé mort vingt-sept jours après 
Topération (Braunschweig) par envahissement intracranien; 
mais il existait avant Topération des signes non douteux de 
tumeur cérébrale. Un seul cas de récidive (Helbron) s'est pro- 
duit dans Torbite quatre ans après l'opération . Enfin l'opé- 
ration est de date encore trop récente, étant donné sur- 
tout la rareté de ces néoplasmes, pour que Ton puisse trouver 
des survies considérables. Les plus longues sont de cinq 
ans (Braunschweig), quatre ans (2 cas de Golowine) et deux 
ans et demi (Franke). 

Comme nous l'avons fait pour l'opération de Knapp, nous 
étudierons ici les résultats immédiats et les résultats 
éloignés. 

Les suites opératoires immédiates sont en général bien meil- 
leures que pour l'opération de Knapp. Il n^est fait mention que 
trois fois d'une hémorragie rétrobulbaire qui n'eut en aucun 
cas de suites graves (EUinger, Chevallereau et Chaillous, 
Scheffels). 

Les lésions cornéennes sont moins fréquentes et surtout 
beaucoup moins graves. Les quelques ulcères que l'on ti^ouve 
signalés, se cicatrisent rapidement et semblent surtout dus au 
contact des fils de la blépharorraphie avec la cornée. Chez 
trois malades seulement, il y eut des troubles graves (ulcè- 
res étendus avec hypopyon) (Golowine, Ruschaupt, Schef- 
fels). Le malade de Ruschaupt dut être énucléé. 

L'étude des résultats éloignés porte sur 33 cas en défal- 
quant le cas de mort et l'œil énucléé; mais nous ferons 
remarquer que six de ces malades furent perdus de vue rapi- 
dement. 

Le globe oculaire se conserve généralement bien, et dans 
aucune observation nous ne trouvons signalée la diminution 
de tension et de volume. 

Il n'en est plus de même de sa mobilité : le ptosis est noté 
dix-huit fois à des degrés divers. Il est encore complet plu- 
sieurs mois après l'opération dans six cas. Dans tous les 



MÉMOIRES OAIGIIIAUX. ^ L. GRANDCLÉMfiNT 439 

autres, il s'améliore plfogressivement pour disparaître même 
complètement dans quelques-uns. 

L'état de la mobilité du globe est noté dans 28 observa- 
tions. Dans 10 cas Tœil est encore complètement immobile 
plusieurs mois après l'opération. Dans les 1 3 autres cas, il 
n y a abolition ou limitation des mouvements que dans une 
ou plusieurs directions. 

Enfin nous signalerons 3 cas d'ablation avec conservation 
de la vision (Lankton, Pockley, Helbron). Dans le cas de 
Lankton,il ne s'agissait que d'une ectasie kystique des gaines 
qui nécessita seulement une ponction. Le nerf optique s'atro- 
phia dans la suite. 

III. Orbitotomie, — Les incisions simples de Torbite pour 
aborder les tumeurs situées sinon derrière Tœil, tout au moins 
à côté de lui sont déjà anciennes ; mais c'est surtout pour les 
ostéomes que ces procédés sont utilisés. Plus récemment la 
voie orbitaire a été suivie par les rhinologistes pour aller à la 
recherche des suppurations des cavités sinusiennes de la face 
et principalement des cellules ethmoïdales postérieures et du 
sinus sphénoîdal (Laurens, Chipault, Guisez). Elle n'avait 
jamais servi à l'extirpation des tumeurs situées en arrière de 
Tœil dans l'entonnoir musculaire. 

Voici l'observation résumée de notre cas, recueillie à la cli- 
nique de M. le professeur RoUet*. 

L. B., vingt ans, manœuvre, entre àla clinique le 24 juillet 1906. 
Exophtalmie droite datant d'un mois ; ni céphalées, ni vomisse- 
ments. Œil immobile. V. = 0. Papillite. Rien aux sinus. Rien à la 
palpa tion. 

3i juillet. — M. Rollet fait une large incision curviligne interne. 
Le doigt introduit profondément sent une tumeur englobant le 
nerf optique : elle est isolée et extirpée. 

Dix jours plus tard la plaie est cicatrisée; Texophtalmie a dispa- 
ru. Le i^' septembre 1906 le malade part^ l'œil est mobile dans 
tous les sens. 

Juin 1907. — Le malade est revu. L'œil est absolument normal, 
ni enophtalmie, ni exophtalmie. Mouvements parfaits dans toutes 

1 Voyez in-exteriÈO dans notre thèse, observation LXL 



440 MÉMOIRES ORIGINAUX. — L. GRÂNDCLËMBNT 

les directions comme le montrent les cinq photographies prises à ce 
moment. La cicatrice est invisible pour toute personne non pré- 
venue^ elle n'est pas adhérente. 

La tumeur dont nous donnons une photographie grosseur natu- 
relle avait i4 millimètres d'épaisseur et 27 millimètres de long. 
C'était un sarcome à cellules fusiformes. 



Comme on peut en juger par les cinq photographies du 
malade prises ojize mois après ropération,le résultat fut par- 
fait; L'œil a conservé son volume et sa forme et les mouve- 
ments s'exécutent également dans toutes les directions. Il 
existe seulement un peu de larmoiement dû probablement à 
ce fait, que l'incision ayant été faite sur le bord interne de 
l'orbite a sectionné les voies lacrymales malgré les précau- 
tions qui avaient été prises de récliver en dehors le sac lacry- 
mal. 

Prenant ce cas comme type, voici la technique générale que 
nous conseillons; elle s'applique à toutes les tumeurs de 
l'orbite, le siège de l'incision seul variera suivant les cas. 

Premier temps : Incision cutanée. — Faite exactement au 
niveau du rebord osseux de l'orbite en sectionnant d'un seul 
coup si possible la peau et le périoste jusqu'à l'os. On ne 
devra pas hésiter à donner à cette incision une certaine lon- 
gueur, c'est-à-dire le tiers environ du pourtour osseux de 
l'orbite. Ce ne sera que dans les cas de diagnostic de siège 
incertain que l'on se bornera tout d'abord à une simple inci- 
sion exploratrice qui pourra, suivant le cas, être agrandie ou 
au contraire refermée, et remplacée par une incision plus éten- 
due au point où la tumeur aura paru être plus facilement 
accessible. Dans aucun cas on devra ouvrir le cul-de-sac 
conjonctival ni se donner du jour par une incision transver- 
sale, la section de la commissure par exemple. 

Deuxième temps : Décollement du périoste. — Se fera à la 
rugine sur toute Fétendue de la paroi orbitaire qui correspond 
à l'incision cutanée. Ce temps est important. On doit péné- 
trer jusqu'au fond de l'orbite en laissant les parties molles de 
la cavité protégées par le périoste décollé. 

Troisième temps : Ouverture de Vorbite. — En réalité l'or- 
bite est ouverte, mais nous voulons parler ici de la capsule 









Tumeur extirpée à ce malade (grosseur naturelle). 



MÉMOIRES ORIGINAUX. - L. GRANDCLÉMENT 441 

fibreuse que forme le périoste aux parties molles de la cavité. 
Cette enveloppe fibreuse sera ouverte de préférence au moyen 
d'un instrument mousse et parallèlement aux muscles droits 
entre deux d*entre eux pour éviter de les blesser. Le doigt 
introduit alors à l'intérieur de Tentonnoir musculaire pourra 
facilement l'explorer. La tumeur sera libérée en se servant le 
moins possible d'instruments tranchants pour éviter l'hémor- 
ragie. 

Pendant les deux derniers temps, l'œil est récliné par un 
aide contre la paroi orbitaire opposée soit à l'aide d'un écar- . 
leur, soit mieux au moyen d'une cuillère à café comme le 
conseille M. RoUet. 

En outre de ce cas, M. le professeur RoUet a appliqué ce 
procédé chez trois autres malades avec des résultats aussi 
satisfaisants. Il ne s'agissait, il est vrai, que de tumeurs 
bénignes ou situées en dehors de l'entonnoir musculaire 
contre la paroi osseuse. L'observation que nous rapportons 
montre qu'il est possible d'atteindre par ce procédé la région 
la plus profonde et la plus inaccessible de la cavité orbitaire 
et d'en extraire une tumeur d'un volume moyen. 

Nous n'irons pas jusqu'à prétendre que cette méthode 
pourra dans tous les cas remplacer l'opération de Krônlein, 
qui devra évidemment être appliquée aux tumeurs volumi- 
neuses et très adhérentes. Mais nous croyons que l'orbito- 
tomie devra être toujours le premier temps de l'opération, et 
que ce n'est que secondairement, après s'être rendu compte 
du volume et de la situation de la tumeur que l'on pratiquera, 
s'il y a lieu, la résection de la paroi orbitaire externe. 

Nous reproduisons ici, hors texte, un dessin du fond d'oeil 
de notre malade fait un mois après l'opération. Il est fortement 
décoloré, mais déjà moins cependant que quelques jours après 
l'intervention. Les vaisseaux bien que très amincis con- . 
tiennent cependant du sang et il existe autour de la papille 
quelques points de dégénérescence. Lorsque nous revoyons 
le malade onze mois plus tard l'aspect du fond de Tœil est 
redevenu à peu près normal. Il existe seulement une petite 
plaque pigmentée en dedans. 



442 REVUE GÉlfÉRALE 



REVUE GÉNÉRALE 



(1) 



ANATOMIE ET EMBRYOLOGIE 

i) Wolfpum. — Le développement et la structure normale du corps viité 
(Zur Entwicklungp und normalen Struktur des Glaskœrpers) (Areh, f, 
Ophth,,LXy^ aao-267, 1907}. 

a) Elsohnig et Lauber. — Les cellules de l'iris dites à massue (Ueber die 
sogennanten Klumpenzellen der Iris) (Arch. f. Ophth.^ LXV, 428-440, 1907). 

3) Carlinl (V.). ~ Le tissu élastique en rapport avec les glandes de Moll 
tll tessuto elastico in rapporto con le glandole di Moll) (Annali di OtUlmO' 
logia^ Vol. XXXVI, Fasc. 3-4, pp. 23 1 et 234, avec une planche, 1907). 

i) Voici les conclusions du travail de Wolfram. Le corps 
vitré a une origine purement ectodermique et il provient de 
la rétine. 

Au début, il y a des fibres radiaires qui émanent des fibres 
de Millier de la rétine, puis il se produit des anastomoses 
transversales qui se développent avec la partie ciliaire de la 
rétine. 

Le mésoderme n^a dans le développement du corps vitré que 
des fonctions nutritives en lui fournissant des vaisseaux. Il 
n'existe pas de membrane hyaloïde, c'est la membrane limi- 
tante interne de la rétine qui sépare la rétine du corps vitré. 

Le canal hyaloïdien n'est pas une formation constante dans 
Tœil adulte ; lorsqu'on le trouve, c'est qu'il y a en même temps 
persistance de Tartère hyaloïdienne. l. dor. 

a) Elschnig et Lauber pensent que les cellules de l'iris dites 
à massue sont de même nature que les cellules pigmentées du 
feuillet rétinien de Firis et n'ont aucune parenté avec les 
cellules du stroma irien, bien qu'elles soient enclavées dans 
le stroma. l. dor. 

3) Carlini a constaté que le tissu conjonctif entourant les 

^ Les articles dont nous indiquons seulement les titres, sans analyse, 
ne contiennent rien de nouveau. 



PUTSIOLOGIE 443 

glandes sudoripares modifiées du bord palpébral, ou glandes 
de MoU, est très riche en éléments élastiques, qui forment un 
feutrage épais au-dessous de la membrane propre des utricu- 
les. Il n'est pas possible d'affirmer que ce tissu élastique ait 
une action sur l'origine et le dispositif des dilatations du tube 
sécréteur des glandes en question. a. a. 



PHYSIOLOGIE 



i) Ovlo(G.)* — Observations sur la tache aveugle de Mariette (Osservazioni 
sulla regione cieca di Mariette) (Annàli di OtUlmologia, vol. XXXVI, 
pp. 3 A ii5, 1907). 

a) Bos«alino (D.)« — Encore un mot sur la visibilité des rayons X (Ancora 
una parola sulla visibilita dei raggi X) (Annali di Ottalmologia^ vol. XXXVI, 
fasc. 5, pp. 364-366, 1907). 

3) WolfFlin (G.). — ^influence des movens artificiels sur Inadaptation A 
Tobscurité (Ueber die Beeinflussung der Dunkeladaptation durch kunst- 
Uche Mittel) (Arch. f. Ophih., LXV, 3o2-3ao, 1907). 

4) Lohmann. — Recherches sur Tadaptation et sa signification dans les 
affections du fond de l'œil (Untersuchunçen uber Adaptation und ihre 
Bedeutung fur Ërkrankungen des Augenhintergrundes) (Arch. f, Ophih,, 
LXV. 365-417, 1907). 

5) Boraohke (A.). — La signification du trou du miroir et la rotation de 
Tombre skiascopique (Ein experimenteller Beweis der Bedeutung des Spie- 
gelloches fiir die skiaskopische Schattendrehung) {Arch, f. Ophth., 196-200, 
1907). 

6) Nepveu. — Sur les réactions à la lumière du tissu de Tiris (Acad^ des 
ScienceSy ai mai '907). 

i) La monographie, absolument remarquable, de Ovio^ dé- 
bute par une étude historique de la question se rapportant à une 
centaine de travaux, depuis Mariotte (1669) jusqu'à nos jours. 
Cet historique met au point la question et prépare le terrain à 
Tétude critique, que Tauteur fait suivre, sur les méthodes 
d^examen, sur les mensurations et calculs permettant de définir 
la forme, les dimensions, la situation de la tache aveugle, sa 
fonction sensorielle, les phénomènes qui s'y rapportent dans 
le champ visuel. Suivent les expériences personnelles de 
Tauteur, portant surtout sur la tache aveugle considérée par 
rapport à l'irradiation et à l'accommodation, et sur la perception 
de lumière, de couleur, celle des formes et des dimensions, 
en ce qui concerne la région de Mariotte. Voici quelques 
conclusions : 



444 REVUE GÉNÉRALE 

Dans les phénomènes visuels qui se rapportent à la tache 
de Mariotte, Tirradiation exerce une grande action. L'accom- 
modation n'a pas grande influence sur les dimensions et la 
situation de la tache aveugle : pendant l'effort accommodatif le 
punctum cœcum semble s'abaisser légèrement, ce qui pourrait 
tenir à l'abaissement du cristallin constaté ces temps derniers 
comme phénomène constant de la tension accommodative.Au 
bord de la tache aveugle existe une zone appréciable de cécité 
relative pour le blanc, et une zone un peu plus étendue de 
cécité relative pour les couleurs, La perception des couleurs, 
à proximité de la tache aveugle, se comporte d'une façon 
analogue à ce qui arrive pour la périphérie du champ visuel. 
La perception des formes et des dimensions, explorée en fonc- 
tion de la tache aveugle, donne des résultats très variables, les 
objets paraissant tantôt se compléter, tantôt s'interrompre, 
et cela parce que, en correspondance de la région de Mariotte, 
nous n'avons pas de sensations, mais simplement l'illusion de 
sensations. A proximité de la tache aveugle se manifestent 
facilement des phénomènes de fatigue, surtout pendant les 
expériences des lumières colorées, et ces phénomènes de fati- 
gue sont les mêmes que pour la périphérie de la rétine. 

A. ANTOVBLLI. 

2) Par des recherches personnelles, Bossalino conclut que, 
dans l'état actuel de nos moyens d'expérimentation, les rayons 
de Rôntgen ne sont pas utiles pour la perception des couleurs 
et qu'ils ne manifestent aucune influence sur la rétine soumise 
à l'excitation des lumières colorées habituelles. a. a. 

3) Wôlfflin a établi par des mensurations précises que la 
strychnine et la brucine augmentaient la sensibilité lumineuse 
de l'œil adapté à l'obscurité, mais l'action topique de la 
strychnine n'a pas pu être démontrée. Le médicament agit 
aussi bien sur les deux yeux et il n'y a aucune différence entre 
l'action de l'injection à la tempe et de l'injection au bras. 



4) Lohmann étudie l'adaptation à l'obscurité dans les diffé- 
rentes affections du fond de l'œil avec l'idée qu'il existe deux 



AlfATOMIE PATHOLOGIQUE 445 

systèmes rétiniens, Tun qui adapté l'œil à la vision à la lumière 
et l'autre qui adapte l'œil à Tobscurité, et que ces deux systè- 
mes peuvent être altérés isolément. l. dor. 

5) Nepveu a repris l'étude de la réaction de Tiris à la 
lumière, en dehors de tout réflexe, dans Tœil énucléé ou la 
chambre antérieure isolée. 

L'auteur a constaté que, loin d'être, comme il a toujours été 
admis, d'après les expériences de Brown-Séquard, un fait 
isolé, particulier à la physiologie des poissons et des batra- 
ciens, Virritabilité lumineuse directe se rencontre chez toutes 
les classes d^animaux i iris^ sauf les mammifères. Chez les 
céphalopodes, elle existe à un faible degré, tandis que les 
chromatophores de l'iris font office de dilatateurs. Chez les 
poissons, trois types de réaction: i® resserrement prompt et 
stable ; 2° resserrement stable encore, mais vingt fois plus 
lent ; 3^ pour la plupart des poissons, oscillations se fixant en 
resserrement maximal. Ce dernier type est celui des batraciens 
et des reptiles. 

Le phénomène existe chez les oiseaux : résultat fort imprévu 
pour des animaux à sang chaud avec iris à fibres striées. Ici, 
peu ou point d'oscillations. Réaction considérable chez les 
nocturnes, paradoxale chez la mouette. Aucune réaction chez 
les colombins et les gallinacés. Aucune chez les mammifères. 

Les particularités du phénomène sont donc variables et ne 
se distribuent guère selon les affinités zoologiques, tandis que, 
au contraire, la similitude des réactions à la chaleur se ren- 
contre sans exception dans toute la série, et sans spécificité 
pour les radiations de diverses longueurs d'onde. r. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 

t) Brons (C). — Contribution à l'étude des diplocoques ne prenant pas le 
Gram. (Ein Beitra^ zur Frage der gramnegati ven Diplococccn der Bindehaut) 
(Klin, Monntsbl.y 1907, janvier, p. i). 

2) Stook. — La nature tuberculeuse de Tinflammation chronique de l'œil et 
de ses annexes en particulier de l'uvéite chronique (Tuberkulose als Aetio- 
logie der chronischen Entziindungen des Auges und seinen Adnexen beson-^ 
ders der chronischen Uveitis) fArc^. /". Ophth,, LXVI^ pp. 1-104, 1907). 



446 REVUE GÉNÉRALE 

3) Biroh-Hipsohfeld. — Nouvelle contribution A l'étude de raction des 
rayons X sur rœil humain (Weiterer Beitrag zur Wirkung der Rœntgen* 
strahlen auf das menschliche Auge) {Arch. J. Ophth,, LXVl, pp. 104-iao , 
■907). 

4) Von Hippel (E.). — La production expérimentale de cataracte congéni- 
tale chez le lapin avec remarques sur la microphtalmie et le colobome pal- 

gébral concomitants (Ueber ezperimentelle Erzeugung von angeborenem 
tar bei Kaninchen nebst Bemerkungen ûber gleichzeitig beobachteten 
Mikrophthalmus undLldcolobom)fiircA./'. Ophih,, LXV,pp. 326-36i, 1907). 

1) Le travail de Brons est la continuation des recherches 
d^Axenfeld et Krukenberg sur les diplocoques de la conjonc- 
tive ne prenant pas le-Gram. Il s'agit surtout de déterminer 
les rapports entre ces diplocoques qui ne «ont pas très rares 
sur la conjonctive et d'une part le gonocoque, de Tautre^ le 
pneumocoque, en un mot, de les classer dans un des groupes 
déjà connus. Des sept cultures originales que Brons eut à sa 
disposition et qui proviennent, soit de conjonctives normales, 
soit d'autres affectées d'un léger catarrhe, six présentèrent des 
caractères identiques^ tandis que la septième en différa sen- 
siblement. Pour les six premières, la décoloration prompte et 
positive par le Gram était absolument caractéristique. Les 
petits diplocoques présentaient, dans les préparations prises 
directement dans la sécrétion, la forme typique (Semmelform) 
des petits pains viennois, exactement comme les gonocoques 
dont il était quelquefois impossible de les différencier. En 
général, ils étaient plus gros et formaient quelquefois des 
tétrades. Lorsque dans la sécrétion on trouvait des leucocytes^ 
les diplocoques existaient aussi à Tintérieur des cellules, mais 
en nombre moins grand que pour les gonocoques. La crois- 
sance était très abondante sur les milieux . nutritifs ordi- 
naires. Les cultures étaient à gros grains, avaient un bord 
particulièrement dentelé et, lorsqu'elles étaient vieilles de 
quelques jours, on pouvait facilement les enlever en totalité du 
milieu de culture. Elles prospéraient aussi à la température 
de la chambre et restaient vivantes des semaines et des mois. 
Si donc dans quelques cas peu fréquents il était difficile dans 
les préparations directes de la sécrétion de les différencier des 
gonocoques, les cultures présentaient par contre des différences 
si typiques qu*il était impossible de les confondre. L'aspect 
caractéristique de la culture, sa croissance abondante, même 
à la température de la chambre sur tous les milieux, Faspect 



AlfATOMIE PATHOLOGIQUE 447 

de reau de condensation, ragglutination spontanée et Tinca- 
pacité de faire fermenter le sucre étaient autant de caractères 
qui empêchaient immédiatement de confondre ces six cas 
avec le gonocoque. 

Egalement vis-à-vis des méningocoques qui, dans les pré- 
parations directes de la sécrétion sont très semblables aux 
gonocoques, il était facile par la culture de les différencier des 
six cas. Et ici il ne s'agissait pas seulement de Taspect exté- 
rieur de la culture (celle du méningocoque est gris clair avec 
des bords nets) et de son développement, mais l'examen de 
ragglutination et surtout de sa manière de se comporter sur 
les différents milieux contenant du sucre étaient caractéris- 
tiques. 

Si Axenfeld et Krukenberg avaient déjà pu démontrer que 
ces diplocoques, négatifs pour le Gram, qu'ils avaient trouvés 
sur la conjonctive étaient peu pathogènes et se différenciaient 
sûrement des gonocoques et méningocoques, ils n'avaient pas 
réussi à les classer dans une famille déterminée de bactéries. 
Mais les recherches de ces dernières années ont réussi à 
élucider cette question, et il n'est pas douteux que les six 
cas de Brons doivent être compris dans la famille aujour- 
d'hui bien caractérisée du microcoque catarrhal. Des diploco- 
ques et tétracoques avec formation de chainettes, négatifs 
pour le Gram, la croissance sur tous les milieux de culture, à 
37 degrés et même à la température de la chambre^ la pelli- 
cule sur le bouillon, l'agglutination spontanée, l'absence de 
fermentation du sucre et la longue vie sont les caractères 
qui distinguent la famille du microcoque catarrhal et que 
nous retrouvons pour les diplocoques de Brons. 

Mais le fait est qu'en dehors des familles connues des gono- 
coques, méningocoques et du microcoque catarrhal, le 
septième cas de Brons est un autre diplocoque négatif pour le 
Gram existant aussi sur la conjonctive. En effet, ses cultures, 
ses propriétés biologiques différent assez des six autres cas, 
pour qu'on doive le considérer comme le représentant d'une 
famille encore peu connue. 

Au point de vue pratique on peut tirer de ces recherches 
les conclusions suivantes : 

Dans la plupart des cas dont la marche clinique correspond 



448 K£VUE GÉNÉRALE 

à la gonorrhée de la conjonctive, l'examen de la sécrétion 
suffit pour faire le diagnostic de la gonorrhée. Mais si l'on 
trouve dans la sécrétion d une conjonctive normale ou atteinte 
d^un léger catarrhe des diplocoques (semmetfôrmig) conmie 
les petits pains viennois, de grandeur variable et décolorés 
par le Gram, rares à l'intérieur des cellules et mêlés à d'autres 
bactéries, on peut sûrement exclure une ancienne gonorrhée 
et admettre qu'il s'agit du microcoque catarrhal. Dans quel- 
ques cas exceptionnels, qui présentent la marche clinique de 
la gonorrhée de la conjonctivite, le diagnostic certain entre le 
gonocoque et le microcoque ne pourra être établi que par les 

cultures. krukbrbbro. 

2) Stock a établi au moyen d'injections intraveineuses de 
cultures de tuberculose pratiquées à des lapins qu'il existe à 
côté de Tiritis tuberculeuse nodulaire typique une forme dans 
laquelle on ne peut trouver de nodules dans l'iris qu'à im 
examen minutieux pratiqué à la loupe binoculaire et une forme 
dans laquelle on ne voit même aucun nodule et où il n'y a 
qu'une inflammation banale de l'iris. Il a observé chez ces 
mêmes lapins des lésions diffuses de la cornée rappelant abso- 
lument le tableau de la kératite parenchymateuse. Il conclut 
de ces faits qu'il existe une tuberculose inflammatoire à côté 
de la tuberculose nodulaire. Cliniquement il trouve des 
malades atteints d'iritis d'apparence banale et qui réa